La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- ABONNEMENTS
- ancic et (jOi.otciics : Un an. . — Six mois .
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- QUARANTE-HUITIÈME ANNÉE 1920 — PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C“, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- 48e ANNÉE. — N° 2388.
- 3 JANVIER 1920
- ET
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- COMMENT SE FABRIQUE UN KODAK
- Les méthodes de l’industrie américaine nous sont souvent proposées comme modèles, et leur rendement cité à l’appui de ce que sont capables de réaliser une organisation réglée dans ses moindres détails et un outillage sans cesse perfectionné.
- Pour en analyser un exemple concret, il nous a paru intéressant de jeter un coup d’œil sur les établissements fondés par M. George Eastman, l’inventeur et constructeur d’un appareil photographique universellement connu : le Kodak.
- La Compagnie Eastman possède à Ro-chester cinq grandes Usines affectées chacune à une production spéciale : Kodak - Park Works, Caméra Works,
- Premo Works, Folmer-Century Works et llawk-Eye Works. L’établissement de Kodak-Park, qui est le plus grand et emploie environ 4500 hommes et 2200 femmes, a pour objet la fabrication des films, plaques et papiers sensibles, ainsi que des divers produits chimiques utilisés en photographie. Les usines Premo et Folmer-Century sont réservées à des appareils spéciaux, tels que les chambres noires datelier et de reportage, les agrandisseurs, etc., et les objectifs sont fabriqués dans l’usine de Hawk-Eye (littéralement : œil-de-faucon).
- Nous ne décrirons ici que la Caméra Works, où se fabriquent les Kodaks proprement dits et les Brownies (appareils simplifiés et d’un extrême bon marché). Cet établissement occupe 2700 ouvriers des deux sexes. Sur une longueur de 224 m. et une
- 48* Année. — 1“ Semestre.
- surface d’environ 2 hectares et demi, s’élèvent différents batiments de six étages. La consommation annuelle de matières premières y atteint les chiffres suivants : aluminium, 144 t. ; cuivre, 600 t. ; fer ou acier, plus de 700 t. ; cuir, 675000 m2;bois, 450 000 m. de planches.
- Pour faciliter le maniement des matières premières, celles-ci sont d’abord débitées de manière à laisser le minimum de déchets à l’estampage. Plusieurs batteries d’emporte-pic-ces sont utilisées pour fabriquer les pièces métalliques. La plus grande batterie, constituée par 102 machines à estamper, occupe tout le rez-de-chaussée d’un des bâtiments. Une batterie de 28 tours fabrique jusqu’au plus petit détail des obturateurs. D’autres sont affectées à l’estampage du cuir, La figure 1 représente une des grandes presses à estamper qui établissent, d’un coup, la carcasse de la chambre noire. Celle-ci est en tôle pour les Brownies et en aluminium pour les grands Kodaks. Les autres pièces sont fabriquées, soit par des machines à estamper ou à percer, soit par des tours automatiques adaptés chacun à une fabrication spéciale. La figure 2 représente une batterie de 88 de ces machines. Leur production hebdomadaire est, normalement, de 1 million de pièces, mais cette quantité est souvent dépassée de moitié.
- Toutes les pièces métalliques visibles à l’extérieur des appareils sont nickelées dans de grands bacs à électrolyse. Les pièces intérieures doivent
- 1. — L
- Fig. i. — Une presse à estamper.
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- COMMENT SE FABRIQUE UN KODAK
- pyramide à bases rectangulaires en aluminium. La plus large base est portée par une poignée en bois. Des bandes de papier sont automatiquement collées transversalement, pour raidir la monture et déterminer la position des plis. L’enveloppe extérieure, en cuir, est alors collée, et la forme ainsi garnie est placée dans une presse à main. On voit deux de ces presses, au centre de la figure 5. Dès que la colle a fait prise, le soufflet est retiré de la forme et porté, par une table tournante à pivot incliné, vers un autre établi, où les plis sont d’abord esquissés et serrés à la main, puis pressés par une machine. Les formes dégarnies sont placées sur une gouttière en pente, où elles glissent et retournent
- Fig. 2. — Batterie de tours.
- être noircies. A cet effet, elles sont enduites de vernis Japon, au moyen d’un pinceau à air comprimé, une sorte de pulvérisateur dont la figure 3 montre le fonctionnement. Les pièces ainsi noircies sont enfermées dans de grands fours, où le vernis sèche rapidement.
- Le cuir est employé, soit pour recouvrir les chambres noires, soit pour confectionner les sacs et les soufflets. Ces derniers font l’objet de manipulations particulièrement intéressantes. La figure 4 représente une des salles destinées à ce travail, exécuté par des jeunes filles. La
- Fig. 4. — Une salle de jabrication des soufflets.
- doublure intérieure du soufflet, en toile caoutchoutée, est posée sur une forme spéciale, un tronc’ de
- Fig. 3. — Application du vernis noir.
- vers l’ouvrière chargée de l’application de la doublure.
- Le cuir est également employé pour recouvrir les parois extérieures des chambres noires. Quand il a été collé, les bordures sont durcies au fer chaud. Les pièces ainsi recouvertes sont ensuite serrées dans une puissante presse, qui imprime sur le . cuir des gaufrages décoratifs.
- Chaque phase de la fabrication est l’objet de soins attentifs, mais aucun organe n’en exige autant que l’obturateur (nous ne nous occupons pas ici de l’objectif, fabriqué dans une autre usiue). En égard au degré de précision requis dans la fabricatioii dès obturateurs, celle-ci peut
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- COMMENT SE FABRIQUE UN KODAK
- Fig. 5. — Application d’un soufflet sur la forme.
- être comparée à une manufacture de montres. Les pièces plates sont estampées; les pièces rondes, exécutées au tour; mais, pour l’assemblage et le montage, il faut des ouvriers bien exercés, et Ton choisit pour ce travail ceux qui ont de petits doigts et le sens du toucher très développé. Les mêmes aptitudes sont requises de ceux qui façonnent et ajustent la clé du rouleau porteur de film.
- Dès que les divers organes fabriqués séparément sont terminés et contrôlés, ils sont mis en réserve, jusqu’au moment où l’on en aura besoin dans les salles d’assemblage.
- Une de ces salles est représentée parla figure 6. I tement. Les idées nouvelles sont d'ailleurs fré-Elle est divisée, dans le sens de la longueur, par J quemment sùggérées par les ouvriers eux-mêmes,
- et ils y sont poussés par un moyen très efficace d’encouragement, car tout perfectionnement réalisé vaut à son auteur une récompense pécuniaire souvent très élevée. Toute idée émise, soit par un chef de service, soit par un employé ou ouvrier, est immédiatement examinée par le service d’essais. Si le résultat de cet examen est favorable, les plans et modèles sont aussitôt établis, et le service d’évaluation les prend en mains. Si l’innovation proposée semble praticable, les plans et modèles retournent au service d’essais, pour régler la technique de la fabrication, puis dans le service de l’outillage qui prépare le matériel nécessaire à la fabrication en série.
- C’est par cette méthode que la fabrication
- Fig. 6. — Un atelier d’assemblage et de montage.
- plusieurs rangées d’établis: chaque appareil circule d’établi en établi, affecté chacun au montage d’une pièce, jusqu’à ce qu’il soit complètement achevé, prêt à l’usage. De la salle d ’assembl âge, il est porté au service d’inspection, où il est soumisà1 une vérification très attentive, puis, finalement, au service d’emballage et d’expédition (fig. 7), où, après un dernier examen, il est enfermé dans une boîte en carton, avec une notice qui en précise le mode d’emploi.
- Indépendamment des services de fabrication et de contrôle, fonctionne un « département de recherches », qui constitue un organe très important de l’entreprise. Des ingénieurs, des mécaniciens et des dessinateurs y sont constamment occupés à chercher de nouvelles améliorations. Les chefs des divers services d’exécution coopèrent avec eux, de sorte que les perfectionnements proposés peuvent être appliqués très promp-
- Fig. /• — Atelier d’emballage.
- du Kodak n’a cessé de se perfectionner, et la production actuelle est le fruit de plus de trente ans
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- 4 == UNE PLANTE INDUSTRIELLE POUR NOTRE EMPIRE AFRICAIN
- d’efforls persévérants. Rappelons, à ce propos, que l’invention du Kodak remonte à 1888. Après avoir créé son châssis à rouleaux pour papier négatif (les films en celluloïd n’ont été fabriqués que plus tard), M. Eastman avait voulu mettre entre les mains des novices de l’art photographique un appareil très simple et très bon marché. Une petite boîte contenant un objectif simple et un châssis à rouleau permettait de prendre jusqu’à 100 clichés sur papier, sans autre préparatif que de viser et presser un bouton. Cette disposition, aujourd’hui banale, constituait alors une innovation capitale, presque une révolution, et c’est pourquoi le nom du Kodak est resté, poutr
- beaucoup, synonyme de photographie à l’usage des amateurs. Il n’est pas rare, aujourd’hui, de voir, dans des articles de journaux ou dans des romans, le mot « Kodak » employé dans un sens général, au lieu de l’expression « appareil photographique ».
- Au fait, pourquoi ce nom? Inutile d’en chercher l’étymologie : il n’y en a point. Les fabricants de cet appareil ont voulu lui donner un nom facile à prononcer, facile à écrire, facile à retenir et à l’abri des procès en contrefaçon. Le mot qu’ils ont créé dans ce but semble bien avoir satisfait aux conditions requises, et il a eu la rare fortune d’être employé dans tous les pays dù inonde. Erxest Coustet.
- UNE PLANTE INDUSTRIELLE POUR NOTRE EMPIRE AFRICAIN :
- L’Agave sisalana, plante textile, source d’alcool et de cellulose.
- La mise en valeur de nos colonies est, à l’heure présente, une des grosses préoccupations de ceux qui travaillent à notre, relèvement économique. D’un empire, où la nature a répandu de nombreuses richesses, nous n’avons pas toujours su tirer les multiples ressources que nous offrent ses mines, ses gisements, ses bois et ses forêts; enfin il est fréquemment arrivé de constater que les essais d’acclimatation ne recevaient pas des Pouvoirs publics tous les encouragements mérités.
- Nous tenterons de montrer dans cette chronique l’intérêt que présenterait pour l’Afrique française, la culture rationnelle d’une plante textile, qui a fait la fortune de la presqu’île infertile du Yucatan et, comme nos lecteurs connaissent l’Agave sisalana (*), nous insisterons particulièrement sur l’utilisation industrielle de la pulpe de défibrage, source d’alcool et de cellulose.
- Rappelons d’abord l’importance économique de la fibre.
- Chaque année, du port de Progreso, sortent des balles — 400 ou 500 000 — le plus souvent à destination de Nevv York ou de la Nouvelle Orléans ; l’exploitation atteint en temps normal le chiffre de 20 à 25 millions de francs. Le « sosquil » nettoyé et filé, se transforme en « hinder twine », fils employés par les machines faucheuses-lieuses, et son seul rival sur le marché est le chanvre de Manille.
- Depuis quelques années, les planteurs de « hene-quen », les baciendados, se rendant un compte exact du profit qu’ils pourraient retirer de certaines qualités particulières au « sisal »(1 2), notamment de la .faculté qu’il possède de supporter sans dommage un contact prolongé avec l’eau, ont commencé à fabriquer eux-mêmes, tout d’abord la ficelle commune, puis le câble de marine de 60 mm. Une usine, l’impartial, fonctionne à Mérida et suffit
- 1. La Nature, n° 2314.
- 2. Les mots « heneqùen », «sosquil », « sisal » s’emploient indistinctement êt, aü Mexique même, pour désigner, la fibre non travaillée et le « binder twine. »
- à peine aux besoins locaux. Nous citons ce fait pour montrer que l’emploi du henèquen, en corderie* sparterie et brosserie rend illusoire tout encombrement du marché. Ajoutons qu’il peut être intéressant d’utiliser la fibre à la confection, non seulement de tissus grossiers pour sacs, mais aussi de tissus pour ameublements de campagne. Les Indiens Mayas font, sur des métiers primitifs, des étoffes, rappelant le jusi et le sinamay de Manille, tandis que des chapeaux, genre Panama, et des babouches manufacturés à La Havane, sont la preuve de dé-^ bouchés rémunérateurs pour une nouvelle industrie textile.
- Est-il bêsoin d’ajouter l'intérêt qu’il y aurait, pour le consommateur français, utilisant, chaque année pour ses seules machines agricoles, 10000 t. de sisal, à ne plus être tributaire des colonies anglaises et allemandes? Il lui serait avantageux, à coup sûr, d’acheter à Gabès, Sfax, Sousse ou Tunis, du heneqùen indigène, qui, à qualité pour ie moins égale, serait à prix plus bas que le produit étranger, les courtiers de Londres et de Hambourg livrant une fibre reçue d’Amérique, de l’Afrique orientale ou des îles Hawaï, et par suite lourdement grevée de frais de transport. Enfin l’outillage national, qui a su, même au cours de la guerre, développer chez nous l’industrie du jute, permettrait sans nul doute un emploi plus général du textile qui nous occupe.
- Pour lui rendre la tâche plus aisée, nous allons demander au lecteur de suivre avec nous les différents travaux d’une installation yucatèque, qui a fonctionné sous nos yeux, aux environs de Motul.
- Le défibrage, — La « finca », d’importance moyenne, traite chaque jour 50000 feuilles, et ‘il faut une telle quantité de matières premières — nous insisterons sur ce point — pour qu’il s’agisse vraiment d’une exploitation industrielle.
- Par bottes de cent, d’un poids moyen de 50 kg, les feuilles arrivent sur des wagonnets et passent à la défibreuse. Celle-ci comprend comme organe
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- UNE PLANTE INDUSTRIELLE POUR NOTRE EMPIRE AFRICAIN
- essentiel, deux roues épaisses dont les jantes, larges de 50 cm, sont munies de couteaux de bronze, et qui tournent à une vitesse de 150 à 200 tours par minute; efies soumettent la feuille, entraînée par une chaîne, à une sorte de battage énergique. D’un côté, on recueille une pulpe verte, en pâte, de l’autre, des fibres humides, longues d’environ 1 m., que de jeunes Indiens vont élendre sur des fils de fer au soleil; elles y restent environ quarante-huit heures. Après quoi, on les agite pour en faire tomber les résidus cellulosiques, et on les soumet à la presse qui en fait des balles prismatiques, dont le volume est sensiblement d’un mètre cube.
- Le traitement de la pulpe. — Il est faux de prétendre que le bétail en est friand. Jusqu’à ces derrières années, on la recueillait dans des wagonnets qui la portait au loin, au travers des plantations.
- Elle fermentait rapidement, ce qui n’était pas sans de multiples inconvénients ; les foyers pestilentiels qui se produisaient ainsi, au voisinage des grandes installations, aidaientaudé-veloppement d’un moustique, véhicule de la fièvre jaune, la Stego-mya fasciata, dont la piqûre est particulièrement dangereuse pour les Européens.
- Voici quelques chiffres qui fixeront les idées sur la valeur économique de ce sous-
- produit. Certains ont été soumis à notre Académie d’Agriculture (1) et permettent de préciser l’intérêt que doit présenter Y Agave sisalana, pour le Nord Africain.
- Les moyennes sont fournies pour une période de trois mois, précédant l’époque des grandes pluies.
- La composition de 100 kg de feuilles fraîches s’est établie ainsi :
- Fibres commerciales (sosquil ou sisal) . . . . 4,73 )
- Eau emportée par elles au séchoir et-débris oui- ( 7,02
- lilisables............... . ...............-5,19 S
- pulpe sèche.. .... 3,429
- Jus sucré.............88,65
- Pulpe fraîche
- 92,8
- Fig. i. — Agave sisalana, var : henequen vert ou sisal, en pleine production (vers la ioe ou la 12e année). L’Indien Maya coupe les feuilles avec son outil favori le « machete».
- Travail mensuel. . 24 jours
- Feuilles coupées et
- défibrées. ... 1 200 000
- Production en marchandes. Pulpe fraîche.
- libres
- 54 t. 600 t.
- "Les feuilles avaient pour longueur, au maximum 1 m. 40, au minimum 0 m. 95, le poids du millier oscillait entre 480 et 1400 kg.
- 1. Paul Baüd : De l’utilisation de la pulpe de défibrage de certains agaves, Bulletin des Séances, janvier 1911.
- Pour ce dernier enfin, on trouve pour cent :
- Eau..............86,9
- Extrait sec. . . . 11,81, dont 5 de sucres fermentescibles.
- Cendres . . . . . 1,29
- C’est donc, chaque jour de travail portant sur 5q000 feuilles, une production de 1400 kg de fibres sèches et un résidu — pulpe fraîche — de 27 à 28 tonnes contenant environ 1500 kg de sucre.
- Comment extraire celui-ci? La pression s’impose immédiatement à l’esprit, mais elle exige une dépense de force considérable et les petites installations, comme celles que nous décrivons, utilisent la macération.
- Recueillie dans des wagonnets, la pulpe est déversée dans une sorte de silo d’où une chaîne à godets l’amène au niveau supérieur de vastes foudres. Le jus n’est pas tellement caustique qu’il attaque, comme on l’a écrit, le métal ou le ciment des canalisations ; il n'en exerce pas moins une action corrosive sur l’épiderme des Indiens, seule main-d’œuvre possible en ce désert qu’est l’intérieur du Yucatan. Il produit une sorte d’exanthème, colorant la peau en rouge, mais sans apparence de vésicules. Les dosages faits, après décoloration et précipitation par l’acétate de plomb des gommes et des matières pectiques, ont généralement donné une acidité correspondant à 15 gr. d’acide sulfu rique au litre.
- La pulpe tombe ensuite dans une sorte d’auge, large de 60 cm, où l’entraînent des palettes de bois; un Indien, armé d’une fourche, l’arrête devant le macérateur en chargement.
- La marche méthodique de la batterie est en tous points conforme à celle d’une sucrerie ou d’une distillerie, avant l’emploi des diffuseurs; l’extraction du jus sucré se fait à l’eau chaude, mélangé
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- de vinasses rejetées par l’alambic, et la pulpe, complètement, épuisée peut être recueillie, dans le but d’en recueillir une cellulose propre à la fabrication des papiers communs (fig. 2).
- Le gros inconvénient de la méthode est la difficulté que présente la vidange des macérateurs, si on n’a pas pris le soin de les munir de larges portes; il reste, en effet, avec la pulpe des fibres assez longues qui forment des écheveaux compacts et s’enchevêtrent à l’orifice où ils forment obstacle. Bien entendu, chaque macérateur doit être muni d’un faux fond de bois, percé de trous, ce qui permet au liquide à peu près clarifié de passer d’un appareil dans le suivant.
- En résumé, pour la batterie de huit appareils, contenant 50 hectolitres chacun, la pulpe est mise
- La fermentation dure, suivant les conditions climatériques, de 50 à 56 heures et le « vin » est envoyé à la colonne, du genre de celles qu’on emploie, en France et en Belgique, pour les moûts épais (fig. 5).
- Il y a intérêt à obtenir des phlegmes, titrant 50-52°, ce qui produit de 15 à 1600 litres par 24 heures; le rectificateur ne devant fonctionner qu’un jour sur trois.
- L’opération la 'plus délicate est de beaucoup, la préparation des levures pures.
- Pareil à toutes les plantes sucrées, l’agave porte, notamment à la base de ses feuilles, le ferment nécessaire, et celui-ci est en abondance sur le tronc, à l’époque de la floraison qui indique la mort prochaine du henequen. C’est alors que jaillit la
- Transporteur de pu/pe
- Æv. /L4J1 I -1....1 111)11,/
- Elévateur de pu/pe
- D
- Déf/breuse
- Fîbre
- tu
- 8atterie de Macérateurs
- Pompe
- . vers /<? IrSi séchoir
- Fig. 2. — Les feuilles portées à Vhacienda passent dans la raspadora ou dèfibreuse. Le binder tvnne part au séchoir, tandis que la pulpe est envoyée vers la batterie de macérateurs pour l’extraction du
- jus sucré.
- à macérer, durant sept heures ; elle reçoit six fois du jus sucré dont la densité va en augmentant, une fois, la première, de l’eau chaude étendue de vinasses.
- A sa sortie du dernier macérateur, le jus est envoyé par une pompe dans un cuiseur du genre Krüger, d’une capacité de ! 2 hectolitres ; on réalise ainsi sous une pression de 2 kg une vingtaine de cuites par jour, chacune dure une heure, 4 minutes étant prises pour la charge, 10 pour la vidange. L’opération a pour but de saccharifier .certains sucres supérieurs et d’aseptiser le moût.
- . De l’autoclave, celui-ci passe dans une cuve, où l’addition d’un lait de <Baux neutralise l’excès d’acide, et de là dans un réfrigérant tubulaire, d’une longueur voisine de 75 m. où sa température s’abaisse à 28°-29°.
- La suite des opérations rappelle une distillerie de mélasses; une petite cuve permet l’entretien de levains purs, venus d’un appareil spécial, genre Fernbach, et c’est avec le jus qu’elle contient, en pleine fermentation, qu’on ensemence les cuves ouvertes.
- hampe florale (‘), le barejon, extrêmement riche en sucre, comme si celui-ci refluait des feuilles, aussi le tronc sert-il à la fabrication d’un alcool particulier, le « mescal » qu’on obtient ainsi :
- La partie ligneuse enlevée à coups de machete, large couteau dont l’Indien ne se sépare jamais, la pulpe est découpée en morceaux de la grosseur du poing, et doucement cuite au four, sur des pierres. Reprise ensuite par l’eau chaude, elle fournit un jus jaune.pâle, de saveur amère, qui entre spontanément en fermentation, ou que certains ensemencent avec le « vin » d’une noix de coco. Au bout de quatre ou cinq jours, on distille et l’alcool obtenu est mis de côté, deux ou trois ans ; il rappelle alors les produits de nos pommes normandes; on dit même que les gourmets placent le crû le plus fameux, le tequila, sur le même rang que le Calvados d’une bonne récolte.
- Avec la feuille, il ne saurait être question d’ob-
- 1. Rappelons à ce sujet, que dans d’autres parties du Mexique, se trouve Y Agave mexicana, aux feuilles peu riches en fibres, fouruissant le jus sucré dont la fermentation donne la boisson nationale, le pulqué.
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- tenir une liqueur. L’alcool, riche en furfurol, doit fournir l’industrie et non l'alimentation; une rectification, menée avec soin permettrait son emploi en parfumerie, car des huiles essentielles lui donnent un léger arôme. Sans doute, une sélection des levures indigènes laisserait entrevoir de meilleurs résultats mais, dans son état actuel, la question n’en présente pas moins un intérêt pour nos propriétaires coloniaux.
- Une telle culture doit être développée en Afrique.
- — En ne considérant d’ailleurs que la valeur marchande de la fibre, les essais de culture, tentés par les Sociétés allemandes dans la vallée du Cameroun, et par des Compagnies anglaises, aux Indes et aux Iles Hawaï, ont dépassé toutes les espérances.
- Naturellement, on ne saurait laisser la plante livrée à elle-même, et poussant à l’état sylvestre, comme au Yucatan, où la main-d’œuvre intelligente et les voies de communication faisant défaut, aucune culture scientifique n’est possible. Si le terrain reste six ans sans produire, car toute coupe des feuilles est nuisible avant cet âge, et la vie de /’Agave sisalana est en raison inverse de la rapidité de son rendement, il ne manque à aucune autre exploitation, nulle terre arable n’étant nécessaire au rhizome, qui croît même sur les roche s calcaires. Ce qu’il importe c’est de réaliser, dans la mesure du possible, des conditions de climat rappelant celles du Bas Mexique. Là cependant, il semble qu’une « saison » de l’alcool soit à envisager. De juillet à
- Cafome i ipistilier
- Produits de tète Produits de cœur Produits de queue
- <ta à a <'
- q q 4> j I | t Transporteur \de \pu/pe \ | |||
- Charge
- Batterie de Macêrateurs
- Fig. 3. — Le jus sucré, cuit sous pression, est refroidi, puis ensemencé de levain pur, avant de subir la fermentation alcoolique. L’appareil producteur de levure, la cuve à levain et la colonne à distiller reposent sur une plate-forme, à la hauteur du premier étage {partie grise).
- Dans l’étude qu’il a consacrée à Y Agave sisalana, notre consul à Honolulu, M. Marquès a pu écrire, « le produit seul de la première récolte avait suffi « pour rembourser, en laissant un bénéfice, le « prorata annuel de toutes les dépenses d’établisse-« ment, préparation du sol, érection des bâtiments « et des prises d’eau et salaires.
- « Le bénéfice minimum par acre, tous frais « payés, ne doit jamais être moindre de 500 francs. » Insistons sur ce point à savoir que : dans l’approximation du rendement, il n’était question que de la vente de la fibre, la pulpe étant jetée au vent.
- Or, considérons une plantation de 500 hectares, dans un terrain absolument impropre à toute autre culture', en marche normale, elle aurait à défibrer chaque jour 80 000 feuilles et sa production annuelle
- se décomposerait ainsi : ^ n :
- « Sosquil » pour « binder twine ».......... 700'tonnés!
- Alcool à 90°........................ 3500 hectol.
- Tâte à papier, venue de la bagasse retirée des
- macêrateurs............................. 200 tonnes.
- Il est inutile de commenter de tels chiffres.
- septembre, chaque -journée est marquée par une pluie torrentielle qui dure une ou deux heures. Les cellules de la feuille absorbent l’eau avec une remarquable facilité; c’est ainsi que la teneur en sucre baisse au point de ne fournir que des chiffres voisins de 1,5-2 pour 100; l’extraction du jus sucré n’est plus intéressante,
- La situation favorable de la Tunisie. — Il semble qu’une zone particulièrement indiquée pour la culture sur une grande échelle est la partie du Sahel, comprise entre la mer et la ligne ferrée de Sousse à Sfax. La bordure du golfe, de Maharès à Gabès présente, elle aussi, de sérieux avantages ; proximité du chemin de fer, et main-d’œuvre peu coûteuse,.
- Le voisinage des phosphates de Gafsa rendrait facile des essais pour l’amendement du terrain. Des plants sauvages, qui donnaient 5 pour 100 de fibres, en ont fourni 6,52, après addition d’un peu de superphosphate au calcaire entourant le rhizome.’ line expérience, portant sur 20 000 feuilles a, en I effet, donné les résultats que voici :
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- MOUSSEMS, MARABOUTS ET LÉGENDES DE L'ISLAM
- Poids de mille feuilles ..... 521 l<g
- Fibres emportées au séchoir. . . 57 — Pulpe'fraîche..............; . . 46i —
- d’où pour la composition centésimale :
- Matière, sèche 17,26 .
- Eau perdue au séchoir Jus sucré . . .
- Fibres commerciales .... Fibres courtes et pulpe sèche.
- 6,52
- 9,74
- 4,41
- 78,31
- La question de l'acclimatation ne se pose guère. Le Directeur du Jardin botanique du Gouvernement général de l’Algérie, le Dc Trabut, écrivait, voici déjà treize ans : « Sous nos climats, le sisal prend les mêmes proportions que dans son pays d’origine ; il donne une fibre aussi abondante et d’aussi belle qualité... c’est un textile de premier ordre, complètement acclimaté dans les parties les plus chaudes du Sahel. »
- La Tunisie présente encore un nouvel avantage
- sur nos autres possessions africaines ; sa production aurait à fournir non seulement le marché français, qui s’approvisionnait avant la guerre à Hambourg, mais aussi les marchés roumains et russes. La vie normale une fois revenue dans ces pays, le développement de la culture mécanique y nécessitera à coup sûr de nombreuses faucheuses-lieuses, utilisant le binder tvvine. .
- Mais la réussite est subordonnée à cette condition : voir « grand » dès le début. Il importe, non pas de recommencer des essais déjà faits et qui faussent tout établissement des prix de revient, mais d’admettre que le capital restera improductif, durant cinq ou six ans, pour permettre ensuite la coupe quotidienne de 60 à 70 000 feuilles.
- C’est ainsi, seulement, qu’on peut voir dans le sisal, une plante industrielle, au même titre que le lin, le chanvre ou la betterave.
- Xavier Lafargue.
- MOUSSEMS, MARABOUTS ET LÉGENDES DE L’ISLAM
- Le Moussem, pèlerinage annuel, fête religieuse de l’Islam, a toujours été au Maroc le carrefour où se rencontrent périodiquement les commerçants et où l’on fait l’échange des produits de l’industrie des régions les plus lointaines, — c’est une foire indigène, un grand marché, un souk en plein vent.
- Une Ivoubba, une source sacrée, la sépulture d’un marabout vénéré, sont les lieux de rendez-vous des tribus qui ne peuvent s’offrir un pèle- • ~
- rinage à la Mecque-
- Àu jour dit, des confins du Maroc, accourent les fidèles et les mercanlis. Sur les pistes du Moghreb qui conduisent au pèlerinage, ce n’est qu’une longue caravane. Chameaux au pas cadencé, mulets trottinant, bour-riquots aux " charges énormes composées de tentes, de sacs d’orge, de tapis, d’objets les plus divers, suivis d’Arabes en guenilles, cheminent sous un soleil de plomb, conduits par des gens de toutes conditions, le cou tendu, vers le point d’eau réparateur.
- Au pied d’une colline et près d’une source fraîche, üne Koubba toute blanche est là, marquant le lieu de repos d’une sainte : Lalla Mimouna. C’est la première étape du grand Moussem de Moulay Bou Selham.
- La deuxième étape sera Mechra bel Hader où
- Fig. i. — La Koubba de Sidi Abderaman, lieu de pèlerinage, occasion d’un moussem.
- dort depuis dix siècles un grand saint : Moulay Bou Selham.
- Qui était Lalla Mimouna? La grande vénération dont elle est l’objet est entourée d’un tissu de légendes, mais la plus répandue assure que lorsque Moulay Bou Selham avait ordonné à la mer de le suivre, le saint avait juré que l’eau ne reviendrait en arrière que lorsque les filles de Fez seraient venues s’y baigner. Au ' - ~ ” dire des uns, Lalla Mi-
- * • ' ’ mouna les y aurait
- E:r amenées.
- *
- L’immense camp s’organise maintenant, les tentes se montent, les hêtes en liberté s’ébrouent, débarrassées du pesant barda, les gens s’agitent avec des cris, des fumées bleues montent vers le ciel de feu, le signal de la fête sera bientôt donné.
- Autrefois, dit Jean Mellix, dans l’histoire romaine il y avait de ces camps et de ces foires où les gens s’assemblaient pour traiter des affaires comme en un immense Forum, échanger des produits, des présents, dés moissons.
- Pareil à ces camps établis pour l’entrevue de quelque Frahçois Ier, avec d’autres seigneurs, dans le faste déployé au Camp du Drap d’Or, entouré de toute sa cour et de ses chevaliers superbes, il s’é-
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- - -... MOUSSEMS, MARABOUTS ET LÉGENDES DE L’ISLAM
- tend à perte de vue, mais cette mêlée ne va pas sans ordre. Des rues sont formées par l’alignement des tentes rutilantes des notables, les tentes des marchands et les plus modestes campements des meskines.
- Les souks divers ont leur emplacement déterminé ainsi que le champ des fantasias. Du haut de la colline, l’ensemble de cette ville aux tentes blanches qui a surgi spontanément est absolument féerique.
- La multitude témoigne sa joie par des cris frénétiques. Le déploiement de richesse des kébirs, des caïds, des cheiks, des mothasseb aux selles de velours et de soie richement brodées d’or, aux étriers larges tout ciselés est inouï.
- Quelle prestance ont tous ces cavaliers aux mou-kalas cloutés d’argent, incrustés d’ivoire, aux poignards recourbés, ciselés, dont la poignée porte des cabochons, avec leur corne à poudre pendue par
- Fig. 3. — Moussent de Moulay Bou Selham, vu en avion, les tentes groupées par tribus.
- des cordons de soie écarlate, avec ces armes barbares qui rappellent l’époque byzantine. Les croquis marocains de Jean Mellix sont des peintures prises sur le vif.
- La fête commence. Au milieu des remous et des flots de poussière, précédés de musiques et d’étendards, suivis de serviteurs, les caïds se portent au galop vers le terrain des fantasias, salués par une foule en délire pendant que de fantastiques harkas dévalent les pentes dans des nuages de poudre.
- L’heure consacrée à la sainte, à Lalla Mimouna, est très brève, on va faire de courtes prières et quelques ablutions à la Koubba, et vite l’on vient aux jeux et aux affaires. Les galopades effrénées simulant des combats, accompagnées de pétarades, vont ainsi se succéder sans interruption et l’on admirera le faste de Tune ou de l’autre tribu, l’adresse des cavaliers à jeter en,l’air et à rattraper en pleine charge le vieux moukala fumant.
- Mais les affaires commencent à se multiplier.
- Fig. 4. — La tente d'un riche caïd.
- Fig. 2. — Le tombeau de Lalla Mimouna.
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- Le camp réservé aux cotonnades, aux soieries, aux foulards n’est plus qu’une masse sans nom de burnous, de haïks aux vives couleurs.
- On crie, on discute, on s’appelle. Les caouadjis, les changeurs, les marchands de thé à la menthe, les marchands de fruits secs, de figues, de dattes, de henné font des affaires d’or.
- Les femmes voilées de laine épaisse supputent des gains, les yaouleds se poursuivent, des chevaux mal entravés s’enfuient dans des ruades. Par l’ouverture d’une tente, des filles risquent un œil tout en préparant le méchoui, le couscous et le thé.
- La nuit même, ce spectacle fantastique s’éclaire de mille feux dans la transparence des tentes. Partout s’élèvent des fumées, des parfums. Sous les grandes tentes tapissées de haïtis multicolores, les visites se font dans l’encombrement des coussins, sur des tapis de haute laine, avec des salamalecks courtois.
- Des tambourins et des violons s’en mêlent, accompagnant le chant aigu des chirates. Et la fête dure une partie de la nuit.
- Puis c’est la levée du camp au clair delune, le matin, pour Meehra bel flader, le départ des pèlerins pour les tombeaux maraboutiques de Moulay bou Selham.
- Des burnous s’agitent et s’allongent en des ombres impressionnantes, quelques lanternes se meuvent çà et là et sous la toile des gourbis on roule les nappes et les tapis, les couvertures enveloppent les coussins, les ustensiles à faire le thé entassés pêle-mêle dans des chouaris, les piquets de tente arrachés, les mulets chargés, et en roule avant que la piste soit surchauffée.
- Les riches marchands, sur de beaux mulets, voisinent avec les Arabes en haillons qui ne trament, eux, que leur misère. Et c’est avec mélancolie que l’on voit s’éloigner ces pauvres hères que le fanatisme fait marcher à la rencontre de la mer, les poussant vers le tombeau de l’énigmatique marabout avec la même foi que leurs seigneurs et maîtres.
- Le camp n’est plus... et la longue file de bêtes et de gens a disparu dans le jour naissant derrière une ondulation de terrain.
- Seuls, quelques mendiants à la curée recueillent les petits tas d’orge abandonnés par les mulets.
- La-bàs, au bord de la lagune, ce sera la réinstallation du camp, la répétition des fantasias, le sonk animé et le pèlerinage aux deux koubbas. Meehra bel Hader est un douar établi près de la Merdja es
- Zerga, petit golfe formé d’eau de mer, relié à l’Océan par un chenal qui passe entre les deux marabouts de Moulay bou Selham et de Sidi Abdel Djelil et Tagyar.
- Quelle est donc l’origine de ces pèlerinages?
- Il en a été pour l’Islamisme comme pour toutes les belles religions, simples à leur origine, compliquées ensuite par les schismes, les confréries et par la multiplicité des saints.
- En effet, au début, point de sacrements, pas de cérémonie, pas de mosquée, pas d’autel, pas de prêtre.
- Plus tard dans cette religion dont le premier principe est l’égalité entre les humains, on a vu se former des castes, une sorte de clergé, des ordres religieux, d’où sortirent les sectes malékite, hanba-lite, chafaïte et hanafite provenant des différentes
- interprétations du Coran. Les Oulémas, les Khalifes, lettrés, interprètes en quelque sorte autorisés à expliquer le Coran à la foule ignorante, profitèrent de ce nouvel état social.
- La « fetona » qui peut être comparée aux déclarations du Saint-Siège apparaît, rendue par les Oulémas subventionnés des chefs des différents états musulmans. Les Oulémas eurent leur hiérarchie, les Muphtis, les Cadis, les Imams, les Khalifes, les Chérifs sont autant de hiérarchies.
- Mais toute cette organisation ne détient pas au pays de l’Islam tous les ressorts de la société; la force de l’Islam réside dans une puissance à côté, un monde mystérieux qui tire son prestige de ce qu’aux yeux des fidèles, il le tient de Dieu lui-même.
- J’ai nommé les sociétés secrètes des Derviches deslvhouan.
- Le fanatisme de l’Inde, par son mysticisme, a créé le soufisme ou l’anéantissement de l’individualité par les pratiques extatiques, les jeûnes et la vision divine.
- Alors, comme l’extase aux premiers temps du christianisme poussa au désert, on vit se peupler les pays désertiques par des contemplatifs. Mais si de cês extatiques, le Derviche fut un illuminé, un faiseur de miracles, le chérif, devenu le marabout des peuples arabes, a exercé une influence considérable sur la masse du peuple musulman qui conserva des anciens marabouts le souvenir pieux des bonnes œuvres qu’ils ont accomplies durant leur vie
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- contemplative. Ils donnaient alors un haut exemple de moralité et de vertu.
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- Au Moghreb, si les saints ont différents titres honorifiques, selon leur confrérie, rien ne les différencie. Un seul signe distinctif extérieur, c’est le chapelet. Il y a des marabouts de toute catégorie, depuis le solitaire pouilleux et le Derviche sordide, jusqu’au marabout princier, comme le chérif d’Ouezzan.
- Des marabouts puissants, comme Sidi ben Daoud de Bou el Djad ont, comme le sultan,
- l’avait pris pour arbitre. C’en est assez pour que la vox populi le sacre marabout.
- Sa réputation de sainteté s’affermit, il peut se permettre des goûts plus luxueux — on lui donne un terrain, une femme; on lui apporte des cadeaux, on lui sait gré de bénir le sol par sa présence — on est très fier de ces saints locaux et on aime à les opposer aux saints de la tribu voisine. Il y a au Maroc des tribus qui sont peuplées de ces petits saints.
- Les marabouts devenus célèbres se donnent tout le confort possible et leur embonpoint dénote qu’ils ont rompu avec l’ascétisme.
- Mais d’une façon générale on peut dire que la
- adopté le parasol. Us sont marabouts de naissance. 1
- Adéfaut d’une généalogie bien établie, quiconque peut devenir par ses seuls efforts un marabout. L’ascétisme a pris pied dans l’Islamisme, c’est maintenant la voie normale qui mène à la sainteté dans la religion musulmane.
- L’aspirant marabout se retire sous un olivier, dans une grotte, dans un gourbi abandonné. Là, dans la retraite et le silence, il se livre à la prière, il jeûne; il importe qu’il soit étranger, nul n’est prophète en son pays, aussi bien dans l’Islam qu’ailleurs.
- Au bout d’un certain temps, le bruit se répand qu’un homme venu de loin, généralement du fond de l’Occident, un ermite, s’est installé dans la contrée. On subvient 'a ses besoins, il refuse tout superflu; on insiste près de lui, il consent à rester dans le pays.
- Un ou deux événements heureux se produisent-ils? on les attribue à la bénédiction attachée’ à sa présence; pour peu qu’il ait un jugement droit, il réussit à apaiser quelque conflit dans lequel on
- j vénération des tribus du Maroc pour leurs marabouts est justifiée et fort légitime car, presque partout les marabouts ont été pour les populations de véritables bienfaiteurs.
- Seuls dans l’espèce d’anarchie où étaient, hier encore, plongées les tribus du Maroc, seuls au milieu des guerres perpétuelles, au milieu des conflits permanents qu’aucune autorilé n’était de force à régler, seuls au milieu du débordement des passions, ils représentaient le savoir, la justice, la clémence. Leur neutralité habituelle dans les querelles quotidiennes leur donnait les moyens de s’interposer pour dénouer les conflits d’intérêt et leur caractère sacré leur assurait le respect de leurs décisions.
- Enfin, ils faisaient pénétrer quelque instruction dans les têtes dures berbères, ils avaient le monopole de l’enseignement musulman qui fut la source, même rudimentaire, de grands progrès moraux.
- Les Zaouias étaient à la fois un temple où s’accomplissait le culte, où se vidaient les différends, une
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- école où l’on enseignait les rudiments des sciences coraniques, .un refuge où les pauvres, les voyageurs pouvaient se faire héberger sans que rien leur fût demandé et un asile inviolable pour les opprimés.
- Les services ainsi rendus par les marabouts sont incalculables et ont laissé dans les légendes de nombreuses traces.
- On ne peut passer sous silence les services que certains marabouts ont rendus dans ces pays troublés. Les marabouts de Kenatsa se sont faits protecteurs des caravanes et, après paiement d’une redevance, leur permettaient de voyager en sécurité.
- Des saints comme Sidi Ali Bou Tlelis, devançant de célèbres sociétés modernes, défendaient les
- mauvais traitements envers les animaux domestiques et poursuivaient de leur malédiction les conducteurs qui brutalisaient leurs bêtes.
- Des saints plus directement utiles à l’agriculture sont ceux qui se sont occupés de capter des sources ou de creuser des puits.
- Notre devoir est de tenir compte de leur influence occulte et noire politique au Maroc est inspirée de ce devoir à chaque fête religieuse, en autorisant, en facilitant, en développant le culte des saints et des saintes du peuple. Comme nous facilitons chaque année le voyage à la Mecque, le Protectorat au Maroc s’occupe avec les autorités chérifiennes de l’organisation des moussems et notre sollicitude est vue avec bienveillance de nos protégés.
- Henri Catherine.
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- Séances de novembre et décembre 1919
- Des microorganismes vivant dans le papier. — M. Galippe vient de découvrir dans le tissu d’un papyrus de l’époque ptolémaïque des bacilles ovoïdes et des microcoques qui, après trois heures d’hydratation, se montrèrent doués de mouvement. Leur sommeil avait duré 21 siècles, car ils sont identiques à ceux que décèle l’examen des gaines foliaires et des tiges du Cype-rus que les Egyptiens employaient à la fabrication de leur « papier ». Les expériences de M. Galippe avaient déjà mis en évidence la résistance des infiniment petits à la chaleur et aux antiseptiques; elles prouvent aujourd’hui que le temps lui-même est sans action sur eux.
- A propos de la photométrië hétérochrome. — Pour réaliser avec certitude la photométrië des sources de couleurs différentes, quelques auteurs ont préconisé la réduction de la mesure d’intensité lumineuse à une mesure radiométrique, faite à l’aidé d’un boïomètre, ou d’une pile thermoélectrique, chacune des radiations étant affaiblie proportionnellement au coefficient de sensibilité de l’œil à son égard. Pour ce faire, il importe soit de filtrer la lumière au travers de solutions à pouvoir absorbant convenablement choisi, soit d’appliquer à chaque radiation de la lumière, décomposée en spectre, l’affaiblissement convenable.
- Le dispositif préconisé par M. Blondel comprend un spectroscope à un seul prisme et une chambre noire, dont la glace dépolie, faite en verre d’albatrine mince, comporte un diaphragme découpé suivant les courbes des coefficients de visibilité qu’ont établies Ivœnig, Herbert et Ives. — Le thermo-élément reçoit ainsi toute l’énergie lumineuse provenant de l’écran et les déviations du galvanomètre sont suffisamment grandes pour permettre de faciles mesures.
- Temps et température de formation d'un astre. — Reconnaissant que la température moyenne d’un astre reste sensiblement égale à la température superficielle de formation, donnant au Soleil une température interne voisine de 12 000°, soit le double de la température de sa surface, évaluant enfin sa masse à 2xl03° kg,
- M. Peronnet établit que le temps de formation de cet astre n’a pas dù dépasser de 2 à 6 millions d’années.
- Un soleil de 600 000° comme température superficielle, aurait dù se former en 500 jours et pour atteindre 6 millions de degrés, la nébuleuse se serait contractée en 7 heures.
- Le plateau de Millevachts. — Formé par trois grands compartiments et d’âge probablement miocène, ce plateau forme un vaste bastion de 2000 km2, dont le plus haut sommet ne dépasse pas 980 m.
- Une note de M. Ph. Glangeaud signale Faction sur le modelé actuel de l’érosion pluviale et torrentielle, en même 1emps qu’elle appelle l’attention sur les très nombreuses tourbières qui, soit au fond des vallées, soit à la place d’anciens méandres, pourraient donner lieu à une exploitation rationnelle, source de bénéfices importants.
- La cinématographie des mouvements atmosphériques. — Avec l’appui de l’Institut de France, M. Garri-gou-Lagrange a pu mettre au point l’appareil cinématographique qui lui permet d’enregistrer toutes les transformations que, pendant plusieurs mois, l’atmosphère a subies, à la surface de l’Europe et de l’Asie. 11 y a là une technique qui, jointe à la connaissance de la circulation générale, rendrait facile la prévision des périodes de froid et de chaleur et fixerait à l’avance leur importance et leur durée.
- La miellée du peuplier. — Les travaux de MM. Ma-quenne, Bourquelot et Herissey ont décelé la présence du glucose, de la mannite et de la dulcite, dans les différents enduits sucrés qui recouvrent parfois la face supérieure des feuilles, chez le Platane, le Fusain du Japon,et le Tilleul. M. Georges Tanret vient de caractériser le mëlézitose, dans la miellée du Peuplier, et pour expliquer le mécanisme du phénomène, ce chimiste croit moins à une exsudation propre des feüilles qu’à l’exçrétion de pucerons, qui, fixés aux nervures, projettent, par leur extrémité anale, de fines gouttelettes sucrées.
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- La destruction du charançon. — M. Gabriel Bertrand et ses collaborateurs poursuivent leurs études sur l’utilisation de la chloropicrine. Jusqu’ici, le charançon du riz et le charançon des céréales comptaient parmi les insectes les plus nuisibles à l’agriculture ; contre eux, on usait soit du pelletage souvent renouvelé, soit du chauffage vers 50°, soit enfin de f ensilage ou de l'empoisonnement par le sulfure de carbone. La méthode préconisée par les savants de l’institut Pasteur est d’une extrême simplicité : il suffit de verser 20 ou 25 gr. de chloropicrine sur chacun des sacs, couchés sur le sol d’un local clos, pour obtenir, au bout d’une vingtaine d’heures, la mort de tous les coléoptères. On les retrouve presque tous sortis des grains, qui, après passage au tarare, peuvent être, sans inconvénient donnés en nourriture aux animaux.
- La structure de notre univers stellaire, —^ Complétant des travaux antérieurs, un mémoire de M. Emile Belot établit que la genèse dualiste — choc d’un noyau sphéroïdal sur une nébuleuse amorphe — explique la formation d’un système planétaire ou d’une nébuleuse spirale et réunit ainsi en une synthèse unique, la structure du système solaire et celle de notre univers stellaire.
- La cinématographie en couleurs. — Les établissements Gaumont ont repris les idées déjà vieilles de cinquante ans, qu’ont émises Charles Cros et Ducos du Hauron : il s’agit, on le sait, de prendre trois clichés, à travers des chromofiltres, teintés chacun en l’une des trois couleurs fondamentales dont la transposition donne le blanc. De ces clichés, on tire des diapositives, et chacune de celles-ci étant doublée de son filtre générateur, on projette simultanément, et sur un même écran, à l’aide de trois objectifs identiques.
- La grande difficulté consiste à obtenir une coïncidence parfaite., le moindre décalage d’un monochrome suffisant à produire un déplacement énorme de l’image. M. Gaumont a résolu le problème, par l’adjonction d’un correcteur, permettant de régler la position de deux des objectifs, par rapport au troisième pris comme centre (voir l’article de la page suivante).
- Préparation de l’acroléine. — Utilisé comme gaz asphyxiant, ce produit de déshydratation de la glycérine, qui constituait jusqu’en 1914 une curiosité de laboratoire, a dû être préparé en très grandes quantités par certaines usines dépendant du matériel chimique de guerre. MM. Charles Moureu et A. Lepape ont réussi à améliorer le rendement en aldéhyde en chauffant une pâte formée de quatre parties de sel catalyseur —mélange de SO4 KH et de S04K2 — et d’une partie de glycérine. On peut ainsi opérer sur des masses de trialcool initial dépassant deux tonnes, et fournissant par opération environ 930 kgs d’acroléine. La préparation industrielle de celle-ci est donc un fait accompli.
- Un nouveau stéréoscope, — Ressemblant à un classeur de modèle courant, l’ingénieux appareil, construit par M. André Chéron, comprend deux glaces sans tain, inclinées à 45® sur le cliché et disposées symétriquement de part et d’aulre de celui-ci. Munissant l’instrument de deux paires d’oculaires, on obtient un dispositif qui permet à deux personnes de voir en relief et simultanément le même positif sur verre.
- L’action des microbes du sol sur la cyananude. — Le mécanisme de la transformation de la cyariamide calcique en urée a donné lieu à deux hypothèses : dans l’une, les bactéries de l’humus auraient le rôle le plus actif, dans l’autre, l’hydrolyse serait due simplement à l’action physico-chimique de certains colloïdes. MM. Mazé, Vila et Lemoigne ont cultivé en présence de cyanamide quelques espèces de bacilles : B. prodigiosus, B. coli, B. cloacae. Ils arrivent à cette conclusion : dans un sol fertile en humus, l’action des bactéries, alors très abondantes, l’emporte en rapidité sur celle des colloïdes, tandis que l’inverse a lieu dans les terrains acides.
- Les résultats ainsi acquis sont en concordance parfaite avec ceux que donne la pratique agricole.
- Sur la richesse en cuivre des terres cultivées. — Tout pied de vigne, subissant chaque année quatre oü cinq traitements au sulfate de cuivre, un hectare de terrain reçoit ainsi de 50 à 60 kgs de sel cristallisé, représentant environ 15 kgs de Cu. On pouvait se demander si, à la longue, une telle quantité de métal n’exercerait pas une action nocive. Un long mémoire de MM. Maquenne et Demoùssy, résume les expériences qui ont porté sur un grand nombre de terrains les plus divers. On doit en déduire que, sans doute, le cuivre, subissant une série de réactions encore mal connues, devient inoffensif, en pénétrant dans le sol, où il est amené à un état spécial d’insolubilité. Quoi qu’il en soit, rien ne permet encore la moindre inquiétude sur l’avenir de nos terres à vignobles.
- Le pouvoir ozogéhique de la radiation solaire. — Jusqu’à ce jour, on n’avait pu définir, à très haute altitude, la part qui revient à la radiation solaire dans la transformation de l’oxygène atmosphérique en ozone. Les expériences de M, Raoul Bayeux, faites à l’Observatoire du Mont-Blanc à l’aide d’un tube de quartz et de l’oxygénateur de précision ont montré que :
- 1) à 4360 m., la radiation solaire ne produit aucune polymérisation de l’oxygène ;
- 2) l’ozoné des couches moyennes et basses de l’atmosphère ne doit rien à une action directe et locale du soleil.
- La cure solaire tant préconisée depuis quelques années, aurait donc dés effets thérapeutiques qu’on ne saurait imputer à l’ozone. ^
- L’électrolyse des solutions de fer. — Les nouvelles applications de la loi de Faraday à la fabrication des tubes de fer par dépôt électrolytique, donnent un intérêt tout particulier à la note de M. Albert Noyés.
- Tandis que là chute de potentiel entre deux électrodes de même métal est due uniquement, dans le cas du cuivre, à la résistance ohmique de l’électrolyte, des résistances passives peuxent intervenir si on opère avec des sels de nickel, de cobalt et de fer. L’auteur du travail que nous analysons montre que le voltage minimum pour électrolyser Une solution ferreuse, entre électrodes de fer électrolytique (cas de moindre passivité envers les acides), baisse avec l’élévation de température, pour toucher à un minimum vers 110° et recommencer à croître au delà. M. Noyés a constaté en outre qüe le dépôt par watt-heure est fonction du voltage et augmente quand celui-ci diminue.
- La survie définitive. — Chirurgien de l’Ecole nan-céenne, M. Barthélemy complète les expériences classiques de Bayliss. Les expériences qu’il a pu entreprendre
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- sur une série de sept chiens, lui permettent de poser en principe qu’au moyen d’injeclions intraveineuses d’eau salée gommée (NaCl 9 pour 1000, gomme arabique 60 pour 1000),'il est possible de lutter contre l’anémie aiguë avec autant d’efficacité et à bien meilleur compte que par la transfusion de sang ou de plasma.
- Un tel traitement a pu d’ailleurs s’appliquer, avec succès, sur un blessé saigné à blanc par section incomplète des deux fémorales et traité in extremis.
- La mesure par la force électromotrice d’une couche de métal d’épaisseur minima. — Quand on recouvre une lame de platine d’un dépôt électrolytique, la force électromotrice devient invariable dès que l’épaisseur atteint 0[i[i,7 pour le cuivre, 2(j.a dans le cas du zinc. M. Stéphane Procopiu s’est proposé de rechercher l’influence du métal constituant la cathode (Pt, Àg, Al, Fe, Ni) à l’aide d’une solution de sulfate de zinc, et de tracer un graphique donnant sur l’abscisse le point d’épaisseur minima, qui doit être dépassée pour qu’elle marque le début de la variation de la force électromotrice.
- La cinématographie ultra-rapide. — Pour l’étude de certains problèmes de balistique, il a fallu user d’une méthode cinématographique exigeant parfois la prise de 20 000 clichés par seconde. L’éclairement de l’objet,
- grâce à une série d’étincelles provenant d’une petit e bouteille de Leyde chargée à 5000 volts et régularisées par soufflage ; permet à MM. Abraham et Bloch, ainsi qu’à M. Bull d’opérer avec objectif découvert et film sensible enroulé sur tambour cylindrique en rotation rapide. On doit atteindre une fréquence de 80 000 étincelles par seconde, d’où le nombre de clichés possibles vraiment fantastique pour un temps aussi court.
- Election. — Le mois de novembre a vu entrer à l’Académie des Sciences, M. Ch. D. Walcott, élu associé étranger en remplacement du Br Metchnikoff.
- Délégué de l’Association française pour l’Avancement des Sciences, aux fêtes universitaires de Strasbourg, M. Charles Moureu a fait une longue conférence sur Lavoisier et ses continuateurs, où il marqua la place prise par les savants français dans l’évolution de la science chimique, et ses applications industrielles.
- Cette étude a été présentée par son auteur à l’Académie des Sciences, le jour où le Prince de Monaco attirait l’attention de ses confrères sur le groupement international créé pour l’organisa lion rationnelle de l’étude océanographique de la Méditerranée.
- Paul B.
- CINÉMATOGRAPHIE EN COULEURS GAUMONT
- Les établissements Gaumont ont présenté à l’Académie des Sciences, dans sa séance du 10 novembre dernier, une remarquable série de films en couleurs représentant le Défilé de la Victoire aux Champs-Elysées le 14 juillet dernier, des fleurs, des papillons, des paysages de France.
- Le Défilé de la Victoire a été depuis présenté au public au cinéma de l’Hippodrome et chacun a pu admirer la justesse des couleurs, la précision des contours, la fixité de projection qui font de ces films une chose unique et toute nouvelle.
- Jusqu’à présent, presque tous les films en couleur étaient des films ordinaires dont chaque image avait été simplement coloriée à la main. H y a loin de ce procédé lent, coûteux et inexact à la prise directe des vues en couleurs, à laquelle les établissements Gaumont se sont appliqués depuis des années et qu’ils viennent de remarquablement réussir.
- Aujourd’hui, grâce à eux, ce dernier procédé est devenu pratiquement réalisable, comme on a pu en juger par les nouveaux films qu’ils viennent de projeter.
- On sait que la photographie des couleurs peut être obtenue par divers moyens : les interférences de Lippmann, les filtres colorés de Lumière, les épreuves triples à travers trois écrans différemment colorés.
- C’est cette dernière méthode, imaginée par Charles Cros en 1867 et Ducos de Hauron en 1868, qu’ont choisie les établissements Gaumont.
- Les pellicules sont impressionnées par trois simultanément à travers trois filtres colorés : orange, rouge et violet. Elles sont ensuite projetées simultanément par trois sur un même écran, au moyen de trois objectifs identiques et superposés, munis chacun d’un écran de même teinte que celle employée lors de la prise de vues.
- Comme le signalait M. Carpentier lors de la première présentation à l’Académie des Sciences : « quand on connaît les difficultés qu’on rencontre à obtenir trois diapositives appropriées à la projection trichrome et quand on songe à l’aggravation qui, pour leur obtention, résulte en cinématographie du nombre de prises de vues et de projections exigé, de la rapidité avec laquelle les opérations se succèdent et de la brusquerie, peut-on dire, avec laquelle s’exécutent les mouvements, on ne peut marchander les éloges à ceux qui ont su vaincre ces difficultés.
- « Parmi ces difficultés, une des plus grandes certainement réside dans le repérage parfait et continu des images sur l’écran. Pour concevoir l’importance de la condition à réaliser, il faut savoir que les diapositives projetées mesurent 13 mm sur 24 mm et que le grossissement approche en surface le coefficient 15 000. Or, le plus petit décalage d’une monochrome donne naissance sur les contours des images à des cernes colorés qui jettent le trouble, mangent.les menus détails et détruisent, en un mot, la finesse de la projection. On se fait
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- UNE TOUR POUR GARER LES AUTOMOBILES
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- une idée de la petitesse du déplacement de elictié qui suffit pour produire sur l’écran un décalage exhorbitant.
- « Pour rétablir la coïncidence, fortuitement détruite, des trois monochromes, il suffit évidemment de ramener deux d’entre elles sur la troisième, prise comme centre. Pour déplacer, d’autre part, une monochrone sur l’écran, il suffit de déplacer sur sa planchette F objectif qui la projette. Tout revient donc à pouvoir régler exactement la position de deux objectifs. C’est ce que permet d’effectuer aisément, à distance, un organe ingénieux qui a reçu le nom de correcteur. Le correcteur consiste en un petit caisson, à travers le fond supérieur duquel émergent deux leviers verticaux, mobiles en tous sens autour de genouillères inférieures, commeles leviers qui, dans les a-xions, servent à actionner les plans gouvernails. Chacun de ces leviers, que l’opérateur peut saisir entre les doigts, contrôle une des monochromes déplaçâmes et son action, laquelle
- dépend de la position qu’il reçoit, est immédiatement transmise, par fil électrique, avec une extrême sensibilité, à l’objectif correspondant. »
- Pour cela, le caisson du correcteur renferme le dispositif suivant :
- Un moteur électrique D actionne, au moyen de deux engrenages hélicoïdaux v et v' un axe vertical a sur lequel est calé un plateau conique de friction p.
- Sur ce même axe vertical tourne librement un même plateau conique de friction p'.
- Un cône de friction p" transmet le mouvement de rotation du plateau p au plateau p', ces deux plateaux tournent donc en sens contraire.
- La manœuvre de chacun des objectifs est faite
- Schéma du correcteur Gaumont.
- par l’intermédiaire d’un équipage composé d’un axe vertical b portant, vers le milieu de sa longueur, une poulie de friction c. Cet axe traverse deux électros suçeurs d et d' qui ont pour fonction, suivant qu’on envoie le courant à l’un ou à l’autre, d’amener la poulie c en contact avec le plateau p ou avec le plateau p'. Cette poulie reçoit ainsi un mouvement de rotation dans le sens correspondant.
- Ce mouvement de rotation est transmis à l’axe de manœuvre de l’objectif par l’intermédiaire de deux pignons d’angle e et f.
- Chacun des objectifs o1 et o3 est manœuvré par un équipage analogue commandé par les deux cônes de friction p et p'. L’objectif o2 seul reste fixe et
- on image sert de repère.
- Le moteur D tournant d’une façon continue, l’observateur, assis devant l’écran et qui a devant lui un manipulateur à deux manettes pour commander l’une l’objectif o1, l’autre l’objectif o3, n’a qu’à manœuvrer la manette convenable dans un sens ou dans l’autre pour faire monter, descendre, marcher à droite ou à gauche, l’une ou l’autre des monochromes, dès qu’elles tendent à s’écarter de leurs positions normales. La manœuvre est d’une facilité et d’une rapidité surprenantes. Le premier venu, du premier coup, l’exécute aisément et, pour un opérateur exercé, elle devient - instinctive et instantanée comme les réflexes de l’organisme.
- Quelques autres perfectionnements caractérisent l’œuvre des établissements Gaumont ; l’un des plus importants concerne le choix des teintes des chromofiltres qui a permis d’atteindre dans la reproduction des couleurs une exactitude très grande.
- Les beaux films présentés à l’Institut ont prouvé que la cinématographie en couleurs vraies est aujourd’hui pratiquement résolue. A. Breton.
- UNE TOUR POUR GARER LES AUTOMOBILES
- La curieuse construction, représentée sur la figure ci-contre, que nous empruntons à Scienlific American, n’existe encore que dans l’imagination de son inventeur, M. Eug. G. Higgins, de Jackson (Michigan). Mais ce simple dessin représente une tentative ingénieuse pour résoudre un problème
- qui, dans toutes les grandes villes, devient chaque jour plus difficile, celui du garage des automobiles; dans les grandes cités surpeuplées, les locaux libres se raréfient à l’extrême, tandis qu’au contraire l’automobilisme se- développe rapidement; les remises pour automobiles font défaut et les pro-
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- 16 ======== UNE TOUR POUR GARER LES AUTOMOBILES
- priétaires de ces voitures sont souvent fort embarrassés. On est donc amené à construire de grands garages collectifs, eux-mêmes fort coûteux en raison du prix élevé du terrain. Pour cette raison, les garages collectifs eux-mêmes ne peuvent s’étendre en proportion des besoins. M. Higgins propose tout simplement de gagner en hauteur la place qu’il serait trop coûteux de chercher en surface. C’est la
- s’ouvrent des compartiments, qui sont des loges à automobiles. Toutes ces loges ont un deuxième débouché sur une rampe analogue mais de plus faible diamètre placée au centre de la tour ; c’est par cette rampe que descendent les voitures pour quitter le garage.
- On voit que les voitures montent et descendent toutes dans le même sens, de sorte qu’il n’y a pas
- Conception de la tour pour garer les automobiles.
- solution employée dans les maisons d’habitation à nombreux étages. Les États-Unis, avec leurs sky-scrapers à 60 étages, en détiennent le record.
- L’idée de parquer les automobiles dans un sky-scraper paraît au premier abord plus que paradoxale. Mais à la réflexion on se convaincra qu’elle n’est pas irréalisable. La construction que préconise M. Higgins est une grande tour large et haute; à l’intérieur une rampe en hélice part du bas de la tour, et atteint le sommet ; son pas est calculé de façon que sa pente soit admissible pour les automobiles. Tout le long de cette rampe
- à craindre de rencontres fâcheuses, entre voitures montantes et voitures descendantes.
- Il est difficile de parler d’étages dans une construction en spirale ; mais nos lecteurs nous comprendront si nous désignons sous ce terme, l’espace compris dans une spire complète de l’hélice. M. Higgins prévoit 40 voitures par étage, et 18 étages dans la tour qui aurait donc une capacité de plus de 700 voitures.
- Reste à savoir s’il se trouvera un constructeur assez audacieux pour entreprendre un semblable édifice. R. Villers.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE.
- N° 2389.
- 10 JANVIER 1920
- LA T. S. F. EN SOUS-MARIN
- ïig-1-
- Au début de la guerre, les sous-marins qui, comme tout navire de guerre, disposaient d’une émission et d’uné réception radiotélégraphiques lorsqu’ils naviguaient en surface, se trouvaient complètement isolés du monde dès qu’ils faisaient leur replongée.
- Comme les postes fixes qui avaient des ordres ou des avisa leur communiquer ne pouvaient pas savoir les heures où le sous-marin pouvait les entendre, les communications radiotélégraphiques entre la côte et le sous-marin étaient très aléatoires et de fait on ne pouvait, pour rester en relation avec le submersible , absolument pas compter sur la T.
- S. F.
- Des essais très intéressants furent faits au
- début de 1917 par M. le lieutenant de vaisseau de Broglie au laboratoire de recherches organisé à Toulon par le Ministère des Inventions avec l’aide des services de la Marine et, vers la fin de cette même année, une réception radiotélégraphique fonctionnant en plongée était donnée à tous les sous-marins et leur rendait les plus précieux services.
- L’idée et la mise au point de ce dispositif de réception étaient dues à M. de Broglie.
- La radiotélégraphie militaire avait fourni l’amplificateur puissant sans lequel il eût été impossible de réaliser des portées intéressantes.
- Le schéma de la réception sous-marine est assez simple en son
- principe et dérive directement des réceptions sur cadre dont nous avons parlé à propos de la radiogoniométrie. Il y eut de sérieuses difficultés d’exécution qui furent très heureusement surmontées.
- Un cadre formé d’une spirale de fil est fermé sur une capacité variable ; aux bornes de celte capacité qui permet d’accorder le système cadre-capacité sur la longueur de l’onde à recevoir, on branche un amplificateur à résistance à 8 lampes dont la figure I donne l’image.
- 48’ Année. — 1" Semestre-
- Amplificateur a resis lance servant a l'écoute à l'intérieur du sous-marin.
- C’est un amplificateur à 8 lampes.
- Fig. 2. — Grand cadre de réception dont le sous-marin lui-même forme l’un des côtés.
- I
- Les 6 premières lampes de cet amplifiesteuiv-amplifient le courant haute fréquence de réception et forment détecteur en même temps, les 2 dernières amplifient le courant téléphonique, résultat
- de la détection. j L’amplificateur et la capacité variable étaient placés dans le sous-marin. La partie un peu délicate de l’installation consistait en la mise en place du cadre. Ce cadre ne pouvait être mis à l’intérieur du sous-marin dont la coque aurait formé cage de Faraday. Il fallait donc l’installer à l’extérieur et de façon qu’il fût à même de supporter les différences de pression considérables coiTespondant aux différents niveaux des plongées, tout en gardant son isolement.
- Le dispositif qui a paru le plus pratique a consisté à placer le cadre dans une caisse en bois et à remplir cette caisse d’une sorte de brai. La caisse était fixée dans une fenêtre ad hoc percée dans une tôle entourant la passerelle de navigation en surface du sous-marin (fîg. 3). Deux cadres semblables étaient d’ailleurs placés de part et d’autre de l’axe du sôus-marin et, étant donnée la forme de la passerelle, faisaient entre eux un angle d’une quaran-tuine de degrés. Un commutateur, placé à proximité de l’opérateur, permettait de se brancher sur l’un ou l’autre des cadres ou même de les mettre en service simultanément soit en parallèle, soit en série. Les cadres de réception ont, on le sait, un effet directif très net. La réception est maxima quand le plan du cadre passe par le poste émetteur. Elle est minima ou nulle quand le plan du cadre est dans une position perpendiculaire à la précédente. Avec ce dispositif de 2 cadres à 40°, on était sûr, quelle que fût la position du sous-marin et quel que fût le correspondant d’être toujours dans une position favorable pour la réception avec l’un au moins des cadres.
- Les résultats ont été très bons. Les postes à
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- LA T. S. F. EN SOUS-MARIN
- grandes puissances et à grandes longueurs d’ondes ont été reçus à des distances dépassant largement 1000 km, alors que le sous-marin avait jusqu’à 5 m. d’eau au-dessus du haut des cadres. A ce moment, le sommet du périscope était à 2 m. au-dessous du niveau de la mer et, par conséquent, la réception se trouvait largement assurée pour une position du sous-marin le laissant complètement invisible.
- On écoulait les grands postes français de Lyon et de Nantes, le poste italien de Rome, le poste allemand de Nauen. Nantes avec ses 100 kilowatts
- changeait pas sensiblement en plongée. La réception est d’autant meilleure que l’eau est moins conductrice. Plus l’eau est chaude et salée, plus elle absorbe l’onde hertzienne. Les résultats seraient bien meilleurs dans la Baltique, mer froide et relativement peu chargée en sel que dans la Méditerranée.
- Enfin, il est intéressant de noter qu’au point de vue mécanique, le sous-marin a pu descendre à 35 m. sans que les cadres de réceplion aient souffert de l’énorme pression correspondante.
- Grâce à ce remarquable dispositif de réceplion, les
- Fig. 3. — La passerelle du sous-marin.
- On aperçoit la fenêtre dans laquelle se place .e cadre récepteur. A gauche, on voit la caisse qui contient le cadre. Elle s'ajuste dans la fenêtre percée à travers la tôlerie de la passerelle.
- dans l’antenne était entendu à Gibraltar (1250 km), les cadres étant à 4 m. sous l’eau. On l’entendait dans les mêmes conditions encore à Brindisi (1750 km), Nauen était entendu dans toute la Méditerranée, Lyon, bien inférieur en 1917 à ce qu’il est maintenant, était entendu dans les mêmes conditions que Nantes. On a pu encore, mais très exceptionnellement, entendre ces grands postes avec 10 m. d’eau au-dessus des cadres. A noter que les parasites souvent violents à la surface étaient très affaiblis sans toutefois disparaître complètement cjuand on recevait en plongée. A noter aussi, ce qui n’était pas évident a priori, que les divers moteurs électriques qui fonctîorinent dans le sous-marin en plongée n’ont donné d’ennuis que dans quelques cas isolés et que la longueur d’onde ne
- équipages en plongée ont pu comme les poilus dans leurs tranchées, rester en contact avec le monde et avoir le communiqué quotidien, précieux réconfort quand on était aussi loin de tout. Les sous-marins pouvaient aussi, et le dispositif avait surtout été réalisé pour cela, recevoir des ordres et des renseignements militaires. Ils n’étaient plus perdus dans les profondeurs des eaux. L’onde hertzienne leur portait sous les vagues des renseignements, des nouvelles, des ordres. Le dispositif de M. de Broglie fut adopté non seulement par les sous-marins français, mais aussi par les anglais et les américains.
- Ces derniers firent de leur côté des essais et cherchèrent à remplacer le petit cadre de M. de Broglie par un cadre de grande dimension dont la
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- coque du sous-marin formait un des côtés et dont une partie seulement était en dehors du navire (schéma de la figure 2).
- Les résultats de la réception faite sur amplificateur français semblent là aussi avoir été satisfaisants.
- La réception sous-marine donnant d’excellents résultat1?, on fut naturellement amené à essayer de réaliser une émission sous les eaux. On émit soit sur un cadre dont malheureusement le rayonnement ne portait pas très loin, soit sur une antenne fortement isolée et que des flotteurs maintenaient
- à la surface de l’eau. On ne dépassa pas des portées de 15 milles, mais la tentative était intéressante et méritait d’être signalée. Il ne semble pas que l’émission sous-marine soit destinée à faire de très grandes portées en l’état actuel de la technique.
- Il est d’ailleurs toujours loisible au sous-marin d’émerger pour émettre et de faire avec une antenne et un poste de type normal des portées du même ordre que celle de tout autre navire d’un tonnage similaire muni d’un poste de T. S. F. de même puissance. Un Radio.
- «üî*
- LES IDÉES NOUVELLES SUR LA NATURE DES PHÉNOMÈNES PHYSIQUES
- II. — La théorie chimique de l’évaporation, de la condensation, de l’adsorptton. Le mécanisme de l’action des catalyseurs^1)
- Structure de ta surface des solides. — L’étude des rayons X, pour féconds que soient les renseignements qu’elle nous a déjà fournis, ne donne aucune indication snr la structure superficielle des corps qu’il y aurait cependant le plus grand intérêt à connaître, puisque les réactions auxquelles participent des solides sont toujours pratiquement des réactions superficielles. Il faut donc nous adresser à d’autres phénomènes et opérer par déduction indirecte. Voici comment raisonne Langmuir.
- L’énergie qu’il faut dépenser pour éloigner l’un de l’autre les atomes des corps solides est mesurée par la chaleur d’évaporation. L’étude de la compressibilité nous permet d’autre part de calculer l’énergie nécessaire pour faire varier les distances interatomiques. En comparant ces deux phénomènes, il est possible de déterminer la distance à laquelle les forces atomiques se font sentir. En supposant que lés forces attractives entre atomes varient proportionnellement à leur déplacement par rapport à leur position d’équilibre, Langmuir a calculé que les forces attractives entre atomes passent par un maximum lorsque les atomes sont à des distances supérieures de 10 à 50 pour 100 aux distances pour lesquelles ils sont en équilibre stable et qu’elles deviennent pratiquement nulles quand la distance devient le double de la distance correspondant à l’équilibre. Les valeurs numériques pour le maximum des forces d’attraction correspondent à une distance des atomes supérieure d’environ 0,06 XlO-8 à la distance pour laquelle la force attéaclive est nulle.
- Par suite de ce très petit rayon d’action des forces atomiques, Langmuir conclut que les distances auxquelles les atomes peuvent s’écarter de leur position d’équilibre dans les solides sont petites, comparées à leurs distances mutuelles. Dans ces conditions, la surface d’un solide (ou d’un liquide) n’est pas constituée, comme l’a supposé Van deé Waals, par exemple, d’une série de couches de transition dont les densités varient graduellement de celles du solide (ou du liquide) à celle du liquide (ou de la vapeur). Au contraire, la transition est brusque et la surface d’un cristal constitue une sorte échiquier renfermant un nombre déterminé d’atomes, de nature déterminée et disposés suivant les
- 1. Voir Nature, n° 2582, 22 novembre 1919.
- nœuds d’un réseau plan. Dans les cases vides entre ces atomes et dans l’espace extérieur au cristal, avoisinant immédiatement sa surface, existe un champ de force beaucoup plus intense que celui qui règne à l’intérieur du cristal.
- Théorie de la sublimation des corps solides — La
- sublimation comporte deux opérations distinctes : l’évaporation et la condensation.
- Lorsqu’un cristal est en contact avec sa vapeur saturée la vapeur doit se condenser constamment sur le solide pendant que celui-ci s’évapore avec la même vitesse. Par suite, quand une molécule frappe la surface du solide, ou bien elle est réfléchie par la surface, ç’est-a-dire qu’elle rebondit élasliquement, ou bien elle se condense, c’est-à-dire qu’elle est retenue par les forces attractives de façon à former, tout au moins temporairement, partie du solide. Il est important de savoir approximativement quelle fraction du nombre total de molécules frappant la surface est réfléchie par celle-ci. Dans la théorie cinétique classique, on admet que les molécules sont parfaitement élastiques. Cette conception est si bien admise, que toutes les applications de la théorie cinétique aux solides et aux liquides ont été faites en supposant que les chocs entre les gaz et les surfaces des solides et des liquides sont également élastiques.
- Or, l’étude de la conductibilité thermique des métaux conduit au contraire à la conclusion que les collisions des molécules contre les corps solides sont en grande majorité inélastiques. Le mécanisme de la condensation d’une vapeur serait alors le suivant :
- Dans la vapeur, le libre parcours moyen des molécules (à la pression atmosphérique) est de l’ordre de 10~5 cm. Quand une molécule s’approche à environ 2xl()-8 cm. de la couche superficielle d’atomes du corps, elle se trouve attirée par la surface. La force attractive, quand la molécule continue de s’approcher du corps, croît jusqu’à un maximum, puis décroît et s’annule lorsque la molécule est à une distance d’environ 0,6X'10-S cm du point où l’attraction était maxima. La position correspondant à l’attraction nulle peut être considérée comme Une position d’équilibre. Par suite de son énergie cinétique, la molécule sera, en général, entraînée un peu plus loin, elle dépassera la position d’équilibre, mais alors
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- elle sera soumise à des forces répulsives de grande intensité. Elle reculera donc, repassera par la position d'équilibre et, si son énergie cinétique est suffisante, sortira de la zone d’attraction, c’est-à-dire qu’elle sera réfléchie.
- En général, cependant, par suite de la nature inélastique des chocs, la molécule ne s’échappera pas ; elle sera condensée. La condensation d’une vapeur sur un solide est donc indépendante de la température de la surface. Ce résultat, paradoxal à première vue, n’est pas en contradiction avec l’expérience, puisque ce que nous observons, c’est la différence entre la condensation et l’évaporation.
- S’il est exact que, pratiquement, toutes les molécules frappant la surface s’y condensent, la raison pour laquelle elles se disposent régulièrement pour former une masse cristalline n’est pas évidente. Voici l’explication propose par Langmuir.
- Chaque molécule qui a frappé la surface s’est bien condensée, mais une grande quantité de molécules s’évaporent de nouveau ultérieurement. Ce sont celles qui, au moment de leur rencontre avec la surface, ne se sont pas trouvées la frapper en un point correspondant à un nœud du réseau cristallin en voie de développement. Les forces secondaires qui s’exercent entre cette molécule et les molécules du réseau sont moins grandes qu'entre une molécule du réseau et les molécules voisines. Par suite, elle sera retenue moins fortement par la surface et pourra la quitter ultérieurement.
- Nous avons vu que la condensation des vapeurs sur les solides est pratiquement indépendante delà température. Il n’en est pas de même pour l’évaporation qui augmente rapidement avec la température.
- Langmuir donne la représentation matérielle suivante du mécanisme de l’évaporation. Imaginons un grand nombre de halles pesantes suspendues (suivant un réseau à deux dimensions) au plafond par des ressorts d’acier, chaque balle étant également reliée à ses voisines par des ressorts tendus. Si l’on met en mouvement un certain nombre de ces halles, leur énergie se communiquera rapidement aux autres et toùt l’ensemble sera en état d’agitation. Quand un état de régime sera atteint, les vitesses des balles seront réparties suivant la loi des probabilités, c’est-à-dire suivant la loi de distribution de Maxwell.
- Si les ressorts sont tels qu’ils cassent au-dessus d’une certaine élongation, de temps à autre, une balle qui aura un déplacement vertical trop considérable brisera ses ressorts et tombera : la molécule se sera évaporée.
- La vitesse d’évaporation est donc déterminée par le nombre d’atomes superficiels qui, par seconde, ont une vitesse anormale. A l’aide de la loi de distribution de Maxwell, on calcule facilement le nombre, et par suite, la vitesse d’évaporation. -
- Adsorption des gaz par les solides. — Si, dans la condensation d’une vapeur, toutes les molécules frappant la surface y sont retenues, il doit y avoir un temps perdu avant qu’elles puissent s’évaporer de nouveau.
- 11 en résulte donc une accumulation de molécules sur la surface du solide, ce qui constitue le phénomène appelé adsorption.
- , Si la surface est celle d’un cristal, il n’y aura qu’un nombre défini de c ises de l’échiquier par centimètre carré susceptibles de retenir les molécules gazeuses. D’autre part, les forces qui s’exercent entre deux couches de molécules gazeuses superposées à la surface d’un cristal sont en général inférieures à celles existant entre
- la surface et la première couche. Par suite, la seconde couche s’évaporera pratiquement tout entière. De sorle que lorsque les cases convenables ont été occupées par une molécule gazeuse, toutes les autres molécules qui viendront heurter le cristal en ces points seront réfléchies.
- Preuves de la nature chimique des phénomènes d’adsorption. — L’hydrogène atomique produit par chauffage d’un fil métallique dans l’hydrogène sec à très basse pression a une remarquable tendance à êtreadsorbé par les surfaces. Ce résultat est difficile à concilier avec la théorie physique générale du phénomène qui suppose que la pellicule gazeuse adsorbée est formée par une couche de gaz fortement comprimée; il serait naturel de s’attendre, dans le cas de l’hydrogène, gaz de faible densité, à ce que le phénomène soit peu marqué. De plus on pourrait croire que ces pellicules gazeuses, dans un vide très poussé, se mettent rapidement par évaporation en équilibre avec l’espace environnant.
- Or, même dans les vides les plus parfaits, des quantités d’hydrogène de l’ordre de 0,01 à 0,03 mm3 la pression atmosphérique) sont retenues par centimètre carré de verre et y restent adhérentes pendant plusieurs jours ; 'a pellicule est donc très stable. Langmuir attribue cette stabilité à l’affinité chimique non saturée de l’hydrogène, et il a calculé que la quantité adsorbée correspond aune couche uniforme d’un atome d’épaisseur.
- Des résultats analogues ont été trouvés pour l’oxygène adsorbé par les filaments de tungstène: 15 pour 100 des molécules d’oxygène rencontrant le filament à 2270° absolue réagissent pour donner l’oxyde WO3. En même temps il se forme une pellicule stable entre les atomes d’oxygène et ceux de tungstène, qui persiste même à 3500° absolus et à très basse pression. Il ne faut pas la confondre avec l’oxyde WO3 qui se volatilise et distille vers 1200° absolus.
- On peut reconnaître de plusieurs manières l’existence de cette couche d’atomes. Ainsi, une pression de 0,01 barye d’oxygène (10-6 atm) abaisse l’émission d’électrons par le filament chauffé à la température de 1800° absolus, à une très petite fraction de sa valeur normale. De même, si un filament à 1500° absolus est soumis à l’action d’un mélange d’hydrogène et d’oxygène, ce dernier se comporte comme s’il n’y avait pas d’hydrogène : l’oxydation du filament se produit et il ne se passe aucune réaction entre l’hydrogène et l'oxygène, aucune réduction de WO3 formé, aucune formation d’atomes d’hydrogène. Lorsque tout l’oxygène a été consommé, brusquement l’hydrogène disparaît, se dissocie en atomes qui réagissent sur le WO3 déposé sur le ballon. En même temps l’émission d’électrons augmente d'intensité. On conclut de ces résultats que même à très basse pression et à 1500° absolus, la surface du filament est entièrement couverte par une couche d’oxygène empêchant l’émission normale d’électrons et la formation d’atomes d’hydrogène.
- La couche d’oxygène a donc des propriétés totalement différentes de celles d’un « gaz comprimé » ou d’une couche d’oxyde et les expériences s’interprètent facilement si on suppose que l’oxygène est « chimiquement » combiné avec les atomes de tungstène. Les deux valences de l’oxygène sont saturées par le tungstène, de sorte que les molécules d’hydrogène frappant la surface ne peuvent réagir avec l’oxygène, ou venir en contact du tungstène. D’un autre côté les atomes hexavalents de tungstène superficiel ne sont pas saturés par l’oxygène, de sorte qu’ils sont fortement retenus par les couches profondes
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- LES IDÉES NOUVELLES SUR LA NATURE DES PHÉNOMÈNES PHYSIQUES 21
- du métal. Ce n'est que lorsqu'ils sont saturés par l’oxygène, pour former WO5 qu'ils deviennent libres et peuvent s’évaporer.
- L’oxygène, en empêchant la dissociation de l’hydrogène par le filament de tungstène chauffé, se comporte clairement comme un poison catalytique.
- L’ammoniaque à basse pression est décomposée rapidement par un filament de tungstène à 1000° absolus. Cette décomposition ne se produit pas, même à 2000°, s’il y a des traces d’oxygène présent. Le tungstène s’oxyde comme s’il n’v avait pas d’ammoniaque et WO distille à 1500°. L'oxygène est encore un poison même dans le cas présent où il s’agit d’une simple dissociation de l’ammoniaque par la chaleur.
- Des phénomènes particulièrement intéressants sont observés dans le cas d’un mélange d’oxygène et de cyanogène. Ce dernier corps est un poison plus actif que l’oxygène et il empêche l’oxydation tant qu’il n’a pas été décomposé en azote et oxyde de carbone. On sait d’ailleurs que le cyanogène supprime les propriétés catalytiques des métaux, en particulier du platine.
- Les expériences sur les filaments de carbone, ont montré que l’oxygène est un poison pour la réaction entre le carbone et l’oxyde de carbone, et que cette action était due à la présence d’une pellicule d’oxygène adsorbée remarquablement stable, si stable même qu’il faut un chauffage dans le vide à 2300° pendant une demi-heure pour la faire disparaître. Certainement cette pellicule est constituée suivant le schéma ci-dessous, d’atomes d’oxygène combinés par leurs valences primaires au carbone du filament.
- Couche d’oxygène
- Corps du filament.
- Un cas intéressant est celui d’un filament de tungstène chauffé à 2700° dans une atmosphère raréfiée d’oxvde de carbone dans une ampoule dont les parois sont refroidies par de l’air liquide. Dans ces conditions, le tungstène est attaqué par l’oxyde do c'arbone CO, et il se forme une pellicule très stable qui distille avec une vitesse constante (indépendante de la pression de CO), en donnant le composé WCO. Le fait remarquable est que si la température du ballon est élevée à — 20° par exemple, l’oxyde de carbone n’attaque plus le tungstène du filament et se combine seulement avec les atomes évaporés pour donner encore le composé WCO.
- La structure probable de la pellicule adsorbée est :
- O
- c
- O
- c
- w
- Couche superficielle
- Corps du filament.
- La force d’union entre O et C et C et W est si grande que tout le groupe WCO distille comme une seule molécule.
- L’action des gaz sur rémission d’électrons des métaux chauffés comme preuve de l’existence d’une couche adsorbée stable. — L’expérience a montré avec le tungstène que dans tous les cas où l’on employait un gaz chimiquement inerte, l’émission d’électrons par le filament chauffé n’était pas modifiée, tandis que tous les gaz qui se combinent avec le tungstène diminuent cette émission.
- Il est raisonnable de penser que cette action est due à la couche adsorbée. Par exemple, l’oxygène et la vapeur d’eau ont une influence très grande sur l’émission, tandis que l’acide carbonique, qui n’est pas un poison catalytique, n’en a aucune.
- Les couches adsorbées qui se forment sur tout ou partie de la surface du filament ont l’épaisseur d’une molécule, rarement de deux ou plus.
- Des résultats très intéressants ont été observés avec un filament de tungstène chauffé dans le méthane (CH4), le cyanogène (C2N2), ou d’autres gaz susceptibles de fournir du carbone au filament. La plus petite trace de carbone (suffisante sans doute pour former une couche moléculaire sur le filament), réduit au 1/3 par rapport à un filament non contaminé, l’émission des électrons. Mais un filament qui a adsorbé du carbone n’est plus sensible au bombardement par les ions azote. En d’autres termes, l’azote n’a plus d’effet sur l’émission des électrons.
- Plus remarquable encore est l’action de l’oxygène, qui, au lieu d’abaisser l’émission du filament carboné, l’augmente progressivement; l’oxygène se combine au carbone, puis lorsque ce dernier a entièrement disparu, l’oxygène attaque alors le filament, et brusquement l'émission tombe à 1 pour 100 de sa valeur précédente. Quand tout l’oxygène en excès a réagi, le filament redevient sensible au bombardement par les ions azote positifs; le courant thermo-ionique diminue lorsque le voltage augmente. Ces expéiiences mettent très nettement en évidence la relation intime de l’émission électronique et de l’activité chimique du filament.
- Ainsi, à l’aide de quelques hypothèses très simples, que de nombreux faits expérimentaux ont confirmées, Langmuir est arrivé à une conception rationnelle et particulièrement heureuse du mécanisme intime non seulement des phénomènes très connus, tout au moins quant à leur marche « macroscopique » comme l’évaporation et la condensation, mais encore il a pu édifier une théorie, vérifiée par l’expérience, des actions jusqu’ici mystérieuses des poisons catalytiques et des surfaces solides sur les réactions chimiques.
- Dans un prochain article nous exposerons les acquisitions nouvelles dues à Langmuir relatives à la structure et aux propriétés de la surface libre des liquides. Nous étudierons en particulier les pellicules liquides qui se forment lorsqu’un liquide huileux est répandu sur une nappe d’eau.
- H. VlGKEROÏN.
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- LE REBOISEMENT ET LA NAVIGATION
- Une'nation ne peut développer son activité économique qu’à la condition de disposer d’un outillage correspondant à tousses besoins. Les Allemands l’avaient parfaitement compris, et avaient multiplié leurs voies ferrées, étendu leur réseau de navigation intérieure, perfectionné leurs ports. La guerre nous a enseigné combien la France était, à ce point de vue, insuffisamment préparée, et une réaction s’affirme, à l’heure actuelle, contre les errements du passé. De grands travaux sont décidés, ou même en cours de réalisation pour l’amélioration de nos ports; une réfection de nos voies de fer est envisagée avec la substitution de la traction électrique à la traction à vapeur dans les régions riches en houille blanche; enfin, un grand programme de modernisation de la voie d’eau a été étudié, et a même déjà reçu un commencement d’exécution. Le Parlement est saisi d’un projet de loi touchant l’aménagement du Pihône; la construction du canal d’Alsace, pour permettre à la navigation rhénane d’atteindre Mulhouse, va être entreprise cet hiver. Un Congrès, tenu à Tours, a jeté les hases d’un plan d’aménagement du bassin de la Loire ; on va sous peu aborder les problèmes relatifs à la Garonne et aux canaux du Midi. Un grand effort va donc être tenté pour la mise en état de notre réseau de navigation intérieure, qui pourrait être parfait, et n’a jamais représenté qu’un outil médiocre.
- C’est ainsi qu’on s’est récemment aperçu que le trafic fluvial était trop souvent suspendu par la pénurie passagère des eaux, laquelle réduit l’alimentation des canaux et interdit à la batellerie, dans les rivières à cours libre, le franchissement des seuils créés par le dépôt des matériaux détritiques. On s’est rendu compte — mieux vaut tard que jamais ! — que le problème de la navigation intérieure était dominé par celui du régime des eaux. Mais celui-ci ne saurait être résolu par de simples opérations d’endiguement ou de dragages, destinées à accroître la profondeur du lit et à régulariser le courant. L’édification de barrages-réservoirs dans les hautes vallées, pour atténuer les inondations et rendre aux rivières, pendant les étiages, le cube d’eau emmagasiné, ne saurait pas davantage suffire pour discipliner complètement les cours d’eau à régime torrentiel, car il faut à la fois accroître l’abondance des eaux nécessaires à la navigation et diminuer l’apport des matériaux alluvionnaires. Et l’on a bien voulu reconnaître qu’il fallait aborder la question dans toute son ampleur, et qu’un aménagement rationnel des grands bassins nationaux, aü titre de la navigation comme de la production de force motrice, impliquait n :cessai-rement un reboisement des vallées supérieures des bassins, formule qu’avaient préconisée depuis plusieurs années — mais sans grand succès — M. l’Inspecteur des forêts L.-A. Fabre, M. Raoul dé Clermont, M. Descombes, l’infatigable promo-
- teur de l’Association de l’Aménagement des montagnes, M. Pierre Buffault, et d’autres. Cette théorie de la connexion étroite qui doit exister entre le reboisement et le regazonnement des pentes d’une paît et, de l’autre, les mesures de régularisation des cours d’eau est aujourd’hui officiellement admise, et les partisans du reboisement ont pu enregistrer avec satisfaction, aux récents Congrès de navigation de Strasbourg et de Tours, l’adhésion pleine et entière à leurs vues donnée par le corps des Ponts et Chaussées et M. l’inspecteur général de la Brosse, grand maître de la houille blanche.
- Le reboisement — on est enfin d’accord à ce sujet — n’est pas seulement nécessaire pour atténuer les inondations enjréduisant le débit maximum des cours d’eau, mais il tend aussi bien à accroître le débit minimum des rivières, accroissement indispensable à une navigation permanente. M. Des-combes disait excellemment au Congrès de Strasbourg: « Les deux problèmes, en apparence distincts, sont identiques, car l’un et l’autre se proposent de faire débiter plus régulièrement par le thalweg la quantité totale d’eau que l’atmosphère lui fournit annuellement. A toute augmentation du débit dans certaines saisons correspondent des réductions dans une autre, et réciproquement, de façon que les considérations développées en 1910 par MM. A. Picard et Daubrée, dans leurs rapports sur l’inondation de Paris, sont applicables à la navigation comme à l’atténuation des crues. »
- Comment agit effectivement la forêt relativement au débit des cours d’eau? M. Descombes exposait à Strasbourg qu’elle joue une fonction régulatrice indéniable. Belgrand, en 1846-1852, dans ses célèbres Études hydrologiques, puis, en 1861, MM. Jeandel, Cantegril et Bellaud avaient signalé cette action bienfaisante de la forêt.
- Des travaux récents, du plus haut intérêt, ont précisé les caractères de cette action.
- MM. Hall et Wash ont étudié les variations de régime dans les rivières américaines des Appalaches, et leurs observations sagaces ont nettement mis en évidence l’amélioration hydrologique provenant d’un reboisement méthodique, et les aggravations résultant de déboisements intempestifs.
- Examinant les opérations effectuées dans les bassins du Cumberland et de la Red-liiver, pendant deux périodes de huit années, les ingénieurs américains ont pu constater que le régime de la Red-River s’était sensiblement amélioré à la suite de plantations judicieuses, cependant que le régime du Cumberland s’était modifié dans un sens défavorable après de malencontreux déboisements. Dans le premier cas, les crues ont diminué, et les étiages sont devenus moins.fréquents, tandis que, dans le second, les jours de basses eaux se sont notoirement accrus, en même temps que les jours de crues. C’est ce qui ressort lumineusement du tableau ci-contre.
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- DÉSIGNATION TAUX °/0 du reboisement NOMBRE NOMBRE
- de de
- PÉRIODES de leur bassin. Jours de crues. Jours de basses eaux.
- UES
- Cours d’Eau augmen- diminu- par différences par différences
- tation. tion. période. + — période. H- —
- Cumberland , 1890-1898 t 1899-1907 1 Il 0 / 1 1 /o 89 1 261
- ; » 102 13 )) 1.576 315 »
- 1 Red-River 1 ; 1892-1899 J »>o 87 826
- ] 1900-1907 < 1 1 60 » 27 208 » 618
- Des expériences comparatives analogues ont été faites pour d’autres régions, et ont fourni des résultats non moins édifiants. À la suite de pluies
- Glommen. Il est vrai que cette dernière est fort boisée (boisement 31,5 pour 100) et que celle du torrent haut pyrénéen est, au contraire, complète-
- diluviennes en 1875, le bassin de la Pique (Haute-Garonne), où le coefficient du boisement était de 40 pour 100, ne fut presque pas éprouvé, cependant que des inondations terribles affectaient le bassin voisin de l’Onne, où le boisement n’excédait pas 5 pour 100. De nombreux ponts furent détruits, et Luchon fut envahie par les eaux.
- Le Glommen (Norvège), en crue le 12 août 1908, ne causa que des effets anodins, tandis que le torrent de Soubralet, le 9 septembre 1906, détruisit cinq maisons du village de Betpouey, provoquant un désastre que M. L. Rudaux signala en son temps dans La Nature. Cependant le pluviomètre n’avait enregistré que 30 mm dans la région de Betpouey, tandis que les instruments météorologiques indiquaient 52 et 44 mm dans la vallée du
- ment dénudée. Enfin, dernier exemple, nous voyons dans Belgrand que le 10 février 1852, malgré des pluies diluviennes, le ravin boisé de la Grenetière a été moins affecté par les crues que le bassin ouvert du Bouchât, où les chutes d’eau furent moins abondantes, mais dont les terrains basiques sont dépourvus de bois.
- C’est qu’en effet, dans tous les cas, l’arbre se constitue le grand régulateur de l’eau, dont il réduit alternativement les crues redoutées des régions inondables, et la pénurie si nuisible à la navigation (Descombes).
- L’arbre, en second lieu, est un admirable pourvoyeur d’eau. On savait déjà que le voisinage des forêts accroît la pluviosité d’un dixième environ. M. Descombes a rappelé au Congrès de Strasbourg
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- Fig. 3. — La brèche de Bauveau (au fond) et la Montagne de Vielle Aure (à droite), vues du bord delà Neste d’Aure. Territoire en voie de reboisement par les soins de /'Association centrale pour l’aménagement des montagnes.
- que l’arbre soutire aussi aux condensations occultes des eaux abondantes. Ce fait a été mis en lumière par le professeur Marloth, qui a observé, au Cap de Bonne-Espérance, qu’un pluviomètre surmonté d’un petit arbre artificiel accusait 16 fois plus d’eau qu’un pluviomètre voisin dépourvu de cet accessoire. L’Association pour l’aménagement des Montagnes a, par de nombreuses expériences, prouvé la confirmation du fait.
- Une importante quantité d’eau provenant de ces condensations occultes, et recueillie par les arbres, pénètre dans le sol, et contribue à l’alimentation des sources. Ce phénomène a été décelé à Guéret, en 1908. Une coupe dans une hêtraie avait réduit de moitié le débit des sources alimentant la ville, ce qui justifie, dans une certaine mesure, l’adage « si vous voulez de l’eau, faites des bois ». Tels sont les deux effets essentiels de la forêt sur l’eau. Cependant, des déboisements ont été pratiqués en France depuis de longues années, dont les résultats ont été néfastes au point de vue du régime des rivières. M. Descomhes a pu dire sans exagération que notre régime hydrologique s’est aggravé considérablement depuis un siècle au grand dommage de la navigation, de la houille blanche et des régions inondables.
- Le régime de la Garonne s’est notablement modifié à la suite des déboisements du haut bassin. Ainsi, le débit de crues à Toulouse s’est élevé de 4300 m3 en 1775 à 4500 en 1835, et 6000 en 1875; conséquemment, les niveaux au-dessus de l’étiage sont passés de 6 m. 36 à 6 m. 60 et 8 m. 72. L’aggravation du régime se poursuit de nos jours. En ces vingt-cinq dernières années, la moyenne des écarts de débit a triplé, et la moyenne des débits
- minimum s’est abaissée de 31 à 30 m3. Corollairement, la formation des atterrissements dans l’estuaire s’est développée.
- Mais on a pu remarquer également que la batellerie n’a plus accès à Toulouse, si ce n’est par la voie des canaux, et qu’elle atteint péniblement Agen, tandis qu’il y a vingt ans, nous confiait naguère M. le Président de la Chambre de Commerce d’Agen, des bateaux apportaient par le fleuve aux grandes foires age-naises du Gravier, des chargements de céramiques toulousaines.
- Le régime de la Seine s’est aggravé dans les mêmes conditions par la dénudation de son bassin supérieur.
- Mais que dire du bassin de la Loire ? M. P. Buffault faisait ressortir, avec une vigueur particulière, au Congrès de Tours, les erreurs commises.
- Le bassin ligérien occupe 739 388 hectares.
- Or, le coefficient de boisement ne dépasse pas 14 pour 100 dans la montagne, 5 pour 100 sur les coteaux, 4 pour 100 dans la plaine.
- Jadis, l’étendue boisée était beaucoup plus considérable.
- Mais les générations d’antan ont dépouillé les environs du Mézenc à tel point « que la campagne
- Fig. 4.
- Èboulis de Mousquadès, photographiés en août içi3. Ceséboulis, absolument nus en iço5, se sont enherbés spontanément. Ils sont aujourd’hui presque entièrement recouverts.
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- Fig. 5. — Les éboulis de Gabardèric (vallée d’Ossau), en 1908, avant l'intervention de /'Association centrale pour l’aménagement des montagnes.
- présente un aspect désertique, et que les habitants en sont réduits à brûler dans leurs foyers des plaques de gazon, enlevées sur le penchant des montagnes ».
- Le régime du fleuve a été complètement modifié par ces dénudations criminelles. En 1559, disait M. Buf-fault à Tours, la Loire était flottable jusqu’à la limite de l’Ardèche, et Brives recevait par eau les bois de la forêt de Bauzon (Ardèche). En 1668, M. de Froidour était envoyé par Colbert pour étudier la possibilité de rendre à nouveau le fleuve flottable. Il ne semble pas y avoir réussi.
- Le caractère torrentiel de l’Ailier provient surtout de l'insuffisance de boisement de son bassin supérieur (12,45 pour 100) et de celui de ses affluents. Les coupes maladroites et abusives opérées n’ont pas seulement provoqué dans la suite des crues subites et fréquentes de la rivière. Elles ont fait disparaître toute navigation. Le flottage par trains et radeaux, qui s’exerçait jusqu’en 1825 aux environs de Langeac, n’est plus qu’un souvenir. Quant à la batellerie elle semble n’avoir jamais pratiqué l’Ailier. Cependant, Mme de Montespan s’embarquait jadis à Moulins (1676); en 1819, le port de Moulins enregistrait encore 2178 bateaux, et en
- Fig. 6.1—La'dénudation du Caslellar en août içiç. La" végétation commence à s’implanter dans les failles du rocher; il était absolument nu en 1912.
- 1823, 4728. En 1845, les bateaux à vapeur transportaient 20 000 voyageurs et 35 000 tonnes de Pont-du-Château à Moulins. Ce trafic a été complètement anéanti. Le plateau de Millevaches était jadis couvert de futaies. L’archéologie nous apprend que le haut-bassin était boisé jusqu’au xve siècle ; aujourd’hui, le taux de boisement des Millevaches n’excède pas 3,85 pour 100, celui de la Vienne supérieure 6,81 pour 100. Au xixe siècle, même, le déboisement n’a pas été interrompu : 24 700 hect. de châtaigneraies ont été abattues dans la Haute-Vienne.
- Qu’en est-il résulté? C’est que la Loire, jadis « voie navigable de premier ordre », a cessé d’être accessible à la batellerie. Souvenons-nous qu’en 155L l’ambassadeur anglais, marquis de Nor-thampton, allait, avec sa suite, d’Orléans à Nantes, dans cinq grands bateaux couverts de cabanes et que Gaston d’Orléans, pendant son exil à Blois, pouvait se rendre par eau en Bretagne.
- « En 1680, 1684 et 1689, Mme de Sévigné se rendait d’Orléans aux Rochers « par la délicieuse route de Loire », et trouvait à Orléans vingt bateliers se disputant l’honneur de la conduire. De nombreuses gravures du xvme siècle représentent Orléans et Blois, animés par de véritables flottilles d’embarcations de tout genre. Des services réguliers de bateaux à vapeur fonctionnaient jusqu’à Nevers dans la première moitié du xixe siècle. »
- Enfin, M. le maire de Tours rappelait, à la séance inaugurale du Congrès du 21 sept. 1919, qu’il y a moins d’un siècle, le trafic par eau atteignait, dans la capitale du Jardin delà France, autour de 450000 tonnes. Voilà les résultats auxquels a conduit une politique d’imprévoyance. Le déboisement a modifié le régime des eaux, etrendu, de plus en plus, l’accès des cours d’eau impraticable à la batellerie.
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- Nous tendons à suivre une voie diamétralement opposée ; nous voulons développer notre réseau de navigation. Nous devons donc remédier aux fautes du passé, et, au premier chef, nous préoccuper de restaurer notre domaine forestier dans les hauts bas-sinsfluviaux. C’est, semble-t-il, la condition préalable nécessaire à la réalisation du programme envisagé. Ce n’est pas, toutefois, que rien n’ait encore été fait danscesens.M. Buffault indiquait qu’à la fin del918, les communes et particuliers avaient reboisé 17 400 hect. du bassin de la Loire, 18 250 de celui de l’Ailier, 14 550 de ceux du Cher et de la Vienne, tandis que l’État s’occupait lui-même de restaurer 5000 hectares. Des travaux analogues ont été entrepris dans les Alpes, les Pyrénées, les Cévennes Orientales.
- Toutefois, l’œuvre à accomplir est d’une autre envergure.il sied en etfet, à la fois, d’améliorer les forêts existantes et d’étendre les périmètres boisés. La dépense pour l’ensemble du pays a été évaluée
- par M. Descombes à 2 milliards. Il y a évidemment là un obstacle à aplanir. Il faudrait également faire pénétrer dans l’esprit de nos populations rurales l’idée que le reboisement est d’une nécessité absolue, ne fut-ce que pour assurer, dans l’avenir, par son influence sur le régime fluvial, une meilleure circulation des marchandises. 11 faut, enfin, moderniser la législation forestière, légèrement archaïque.
- La forêt intéressant l’amélioration indispensable de la navigation n’est plus une affaire privée ou locale. Le reboisement devient une entreprise d’ordre collectif et national, comme la mise en valeur des ressources hydrauliques. Il doit donc être étudié par les pouvoirs publics comme un des éléments du plan de réorganisation économique du pays. Entreprendre la transformation radicale de notre réseau de navigation intérieure sans se préoccuper du reboisement des bassins supérieurs des cours d’eau constituerait une hérésie. Auguste Pawlowski.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de décembre 1919.
- La synthèse cle l'ammoniac et l'emploi des fortes pressions. — M. Georges Claude vient de déterminer pour la réaction Az2 4- 3Hâ = 2AzII3, les valeurs approchées des teneurs, en fonction de la température et de la pression.
- Le catalyseur, en grains fins et chauffé électriquement était renfermé sur une longueur de 10 cm dans, un tube de 8 mm de diamètre intérieur et les pressions mises en œuvre ont atteint successivement 600, 800, puis 1000 kg au centimètre carré. Opérant à 600°, avec un débit de 100 m3 par litre .de catalyseur et par .heure, l’auteur a. pu obtenir une teneur en ammoniac dé 25 pour 100, soit un rendement de 40 pour 100 et par suite 6 grammes à 25 pour 100 par gramme de catalyseur et par heure, contre 0 gr. 5 à 6 pour 100, chiffre que n’ont jamais dépassé les opérateurs de la Badische Anilin. C’est là un gros succès pour la science française et là synthèse de l’ammoniac est bien près de sortir du laboratoire pour passer sur la scène industrielle.
- Les injections de gomme après hémorragie. — Le professeur Charles Richet revient sur les conclusions du Dr Barthélemy et rappelle le mémoire qu’il établit en collaboration avec P. Brodin et de Saint-Girons. A son sens, dans cet ordre d’idées : injections de plasma ou d’eau salée, des expériences concluantes ne peuvent être faites
- que sur des animaux ayant perdu au moins 70 pour 100 de leur sang.
- Une équation caractéristique appropriée à l’air atmosphérique. — M. Ed. Fouché s’est préoccupé d’établir des coefficients présentant une utilité pratique, pour un gaz fictif qu’il appelle aéroïde et dont les propriétés physiques seraient aussi voisines que possible de ce mélange complexe qui constitue l’air atmosphérique. La forme de l’équation caractéristique est celle de Clausius.
- Elle donne J^p + j (v — b)~RT où p repré-
- sente la pression en kilogrammes par mètre carré, v le volume d’un kilogramme de fluide, avec &= 0,00085, n = 0,00035; R = 29,3 et <p = (3 —a log T où a= 18,662 et, p = 55,914.
- Le concours des arbres pour soutirer de l’eau à l’atmosphère. — Le mémoire de M. Paul Descombes signale l’importante action hydrologique due aux forêts ; les arbres provoquent, en effet, et sans pluie, une notable condensation des eaux météorologiques. Il en résulte que la houille blanche sera d’autant plus abondante dans nos montagnes, que celles-ci seront couvertes de forêts plus étendues et le prix du kilowatt-an devient ainsi fonction du reboisement (voir l’article ci-dessus).
- Paul B.
- L’INSTITUT ROCKEFELLER
- M. John D. Rockefeller vient de faire à l’Institut qui porte son nom un nouveau don de 10 millio ns de dollars pour le développement des recherches médicales. A cette occasion, nous tenons à faire connaître à nos lecteurs l’organisation et le fonctionnement de cet Institut.
- L’Institution Carnegie se propose d’encourager la recherche, la découverte et l’application des connaissances humaines au bien-être de l’humanité. Son champ d’action est théoriquement sans limites. L’Institut Rockefeller, au contraire, limite strictement son action à un seul point du domaine scienti-
- fique : la recherche médicale. C’est sur ce point qu’il concentre la puissance des moyens matériels mis à sa disposition par le milliardaire dont il porte le nom.
- La recherche médicale ne constituant pas un des départements de l’Institution Carnegie, il n’y a pas
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- L'INSTITUT ROCKEFELLER . : 27
- de concurrence entre les deux fondations. On peut même dire qu’elles se rendent service l’une à l’autre, Rockefeller soulageant Carnegie en se chargeant d’une partie de son programme, Carnegie fournissant, sur certaines branches, à Rockefeller, d’utiles contributions aux points de vue de la biologie, de la nutrition, de l’embryologie, etc.
- Ceci dit pour marquer la différence essentielle des deux établissements. Rendons à César ce qui est à César en spécifiant que l’Institut Rockefeller a précédé de deux ans l’Institution Carnegie. Le premier don de John D. Rockefeller est en effet de 1900.
- Au commencement de l’année dernière, l’Institut Rockefeller possédait pour plus de 15 600000 dol-
- titute), sont nommés sans limitation de temps, les membres associés (associate members of the Insti— tute), le sont pour une durée déterminée. Les adjoints (associate assistants et fellows) ne sont pas nommés pour plus d’un an.
- L’administration proprement dite est assurée par un bureau à la tète duquel se trouve un régisseur général.
- L’Institut Rockefeller se livre exclusivement à la recherche. Il ne donne pas d’enseignement, et les malades qu’il traite dans ses hôpitaux sont seulement des malades atteints des affections, objets des études des membres de l’Institut. Ils sont choisis dans ce but et aucune rétribution ne leur est
- Fig. i. — L’ensemble des bâtiments du Rockefeller Inslitute.
- lars de propriétés et bâtiments, tant à New York que près de Princeton. Il était à la tête d’un capital de 12 millions de dollars environ et son revenu annuel régulier se montait à quelque chose comme 2 millions de francs. Il a de plus à sa disposition le legs de Henry Rutherford qui a laissé 200000 dollars en vue de favoriser les recherches sur le cancer. Enfin un fonds de 580 000 dollars est affecté à des prévisions de retraite pour les membres de l’état-major scientifique.
- Cet état-major est organisé de la manière suivante : l’Institut fonctionne sous la direction de deux conseils. Un de six administrateurs proprement dits, l’autre de 7 directeurs scientifiques. Les membres de l’Institut sont au nombre de 8, avec 8 membres adjoints. En plus il y a 20 adjoints, 18 assistants ét 8 simples fellows.
- Les membres de l’Institut (members of the 1ns-
- demandée. Tous les membres du personnel scientifique sont dressés et entraînés à leur rôle par une préparation antérieure. Pendant le temps de leur attachement à l’établissement, ils lui consacrent leur activité tout entière. Ils s’interdisent tous travaux au dehors. Les découvertes qu’ils peuvent faire appartiennent à l’Institut qui les livre à l’humanité tout entière, afin de répondre à la généreuse idée du fondateur.
- L’Institut comprend actuellement trois sections : les laboratoires (organisés en 1904), placés sous la direction du Dr Simon Flexner; l’hôpital, fondé en 1910 et dirigé par le Dr Rufus Cole ; le département de la pathologie animale, formé en 4914 sous le contrôle du D1- Théobald Smith. Les deux premières sections fonctionnent à New York même, dans la Cité, à l’extrémité de la 66e rue, en face de l’East River. C’est une position splendide dont notre pre-
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- mière gravure donne une idée. La pathologie animale est installe'e à Princeton, dans le New Jersey.
- Les laboratoires de New York sont affectés à la bactériologie et à la pathologie (Dr Simon Flexner), à la physiologie (Dr S. J. Meltzer), à la chimie (Dr P. A. Levene), à la chirurgie (D1' Alexis Garrel)
- sont point distraits de leur tache scientifique par des services publics, consultations, analyses, etc., comme à l’hôpital ordinaire, ni par les soucis de l’enseignement, comme dans une Faculté où le maître doit préparer ses cours et où l’étudiant est poussé dans le choix d'un sujet d'étude par son intérêt
- n n.n n n run
- Fig. 2. — Le laboratoire de pathologie animale, à Princeton.
- et à la biologie (Dr Jacques Loeb). Ils ont été inaugurés en 1904.
- Au mois de juin 1916, l’Institut a fait ériger un hôpital démontable spécial de 50 lits dans sa propriété de New York. Cet hôpital est sous la direction de notre éminent compatriote, le Dr Alexis Garrel, revenu de France pour enseigner aux chirurgiens militaires — et civils — les méthodes de traitement des blessures infectées, préalablement pratiquées par lui à Compiègne. Il est inutile de souligner l’importance qu’a prise cette fondation quand lts États-Unis sont entrés à nos côtés dans la fournaise de la guerre mondiale.
- Notre première gravure montre la disposition générale des constructions de New York, la deuxième et la troisième donnent une vue des constructions de Princeton. La quatrième montre l’aspect d’une salle,, d’hôpital. Aucun luxe inutile extérieur. A l’inté-"
- personnel plutôt que par celui de la science générale.
- Les quelques noms que je viens de citer sont garants de la haute valeur scientifique de ceux qui travaillent à l’Institut Rockefeller. Il est bien évident que, pour remplir le but de son fondateur, celui-ci doit donner dans son organisation une place importante au service des publications de ses travaux. Il remplit cette fonction de la majiière suivante.
- D’abord deux journaux mensuels. The Journal of experimental Medicine et The Journal of Bio-logical Chemistry. Ensuite la réimpression, à des intervalles irréguliers, des études des membres de l’Institut sous le titre de Studies from the Rockefeller Inslituie. Enfin, pour les questions d’une étendue incompatible avec les publications ordinaires de journaux et de revues, des monographies (Monographs of the Rockefeller Institute).
- La dernière monographie, publiée en octobre 1917,
- Fig. 3. — Le pavillon d'isolement, à Princeton.
- rieur, par contre, toutes les commodités susceptibles d’économiser le temps précieux des chercheurs. L’hôpital peut recevoir 70 malades au maximum. L’union intime du laboratoire et de la clinique permet à chacun de donner avec la moindre dépense son maximum d’effort.
- On peut dire que, dans les conditions où fonctionne l’Institut, ses membres sont les serviteurs uniques de la science médicale. Ce n’est qu’indirec-tement que le public profite de leurs travaux. Mais ces travaux peuvent justement être poussés avec une plus grande activité parce que leurs auteurs ne
- est l’œuvre des Drs Avery, Chickering, Rufus Cole et Dochez. Elle est relative au traitement de la pneumonie lobaire aiguë par un sérum approprié. La pneumonie cause dans le monde autant de décès que la tuberculose proprement dite. Elle est aussi fréquente dans la période d’activité de l’existence, entre 20 et 50 ans, que chez les jeunes gens et les vieillards. Son étude systématique est donc d’un intérêt incomparable. Le sérum antipneumo-coccique préparé et employé à l’Institut a donné des résultats extrêmement intéressants. Sur 107 cas particulièrement étudiés, il a été constaté seule-
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- ment 8 décès, soit 7,5 pour 400 au lieu de 25 à 30 pour 100 qu’on observait auparavant.
- Une statistique curieuse montre la très grande importance des études relatives à la prévention et au traitement de la pneumonie. Sur 297 personnes prises au hasard, c’est-à-dire sur lesquelles on ne possédait aucun renseignement particulier, 116 ont été trouvées avec des pneumocoques dans les sécrétions buccales et 181 sans traces de ces microbes.
- Ces pneumocoques appartiennent à plusieurs confréries dont la virulence n’est pas identique et dont certaines se rencontrent plus fréquemment. La monographie dont nous nous occupons donne des détails très précis sur la préparation, la conservation et l’emploi des sérums appropriés à la lutte contre ces diverses catégories d’infiniment petits. Les auteurs y préconisent à la fin la vaccination prophylactique au moins dans les cas où la pneumonie existe à une sorte d’état épidémique intense. Cette vaccination aété tout récemment recommandée par le major H.-J.
- Nicliols, de l’armée américaine.
- On comprend le souci qu’inspirait aux maîtres
- américains la santé des troupes dont chaque jour augmentait le nombre sur le front occidental de la guerre. C'est à l’intention précisément des médecins et chirurgiens de l’armée américaine en Europe, que le I)r Simon Flexner a publié une brochure technique sur la méningite cérébrospinale, son mode d’infection, les moyens de la prévenir et son traitement spécifique.
- La méningite cérébrospinale est produite par des microcoques qui se développent tout d’abord sur les muqueuses nasopharyngiques. Ces infiniment petits passent de là dans les méninges où leur prolifération détermine les accidents extrêmement graves que tout le monde connaît et qu’accompagne une mortalité considérable. D’après les dernières statistiques connues avant la guerre, le pourcentage des décès a atleint 75 pour 160 en France, 77,7 en Belgique, de 70 à 80 pour 100 en Grande-Bretagne, 74 pour 100 au Transvaal, 80 pour 100 en Palestine, 67 pour 100 en Allemagne. Le traitement de la maladie par le sérum de l’Institut Rockefeller a permis de réduire considérablement cette proportion de décès. Dans le Texas, par exemple, au cours des années 1911-12-13 alors que la mortalité atteignait
- 77 pour 100 chez les individus non traités, elle descendait à 37 chez ceux ayant reçu les injections de sérum:
- Partout, on a obtenu depuis cette époque des résultats analogues. Dans certains cas, la mortalité est descendue, par l’emploi du traitement au sérum, de 52 à 18 pour 100.
- L’Institut Rockefeller a étudié environ 1500 cas de méningite cérébrospinale. Ce chiffre permet d’arriver à des conclusions sérieuses. Il montre, d’autre part, que la méningite cérébrospinale est loin d’être aussi rare que certains se l’imaginent parfois. Sa transmission s’effectue d’ailleurs le plus simplement du monde, par la parole, l’éternuement, le crachement, ou même simplement par la poignée de main lorsque cet organe a été en contact avec le - nez, la bouche
- ou la barbe infectés.
- Ces deux exemples mettent en lumière la méthode de travail et l’utilité d’un établissement organisé sur les bases de l’Institut Rockefeller. Il s’agit d’utiliser le mieux possible, dans le domaine médico-chirurgical, une dotation considérable. Le mieux est évidemment de ne pas disséminer les fonds disponibles sur une quantité de sujets divergents mais, au contraire, de les concentrer sur un nombre restreint d’études qui pourront être poussées à fond par l’union intime de la clinique et du laboratoire et l’emploi seulement d’un personnel scientifique déjà rompu à la pratique et à la technique médicale, que rien ne distraira du but offert à ses efforts.
- Nous avons déjà signalé ce principe fondamental dans un rapport de M. Woodward, directeur de l’Institution Carnegie. Il convient de féliciter les deux milliardaires, émules dans l’œuvre du progrès scientifique, d’avoir compris que dans le domaine immense de la science comme dans celui de la littérature, il « faut savoir se borner ». Les deux grands Instituts fondés par eux sont, en quelque sorte, complémentaires l’un de l’autre. Toutefois ils laissent encore une très large place à occuper par ceux qui, enrichis dans les affaires, voudront suîvre leur trace, mériter de l’humanité un peu de cette reconnaissance que l’argent ne peut obtenir qu’employé à des œuvres désintéressées.
- , Léopold Reverghon.
- / ig. 4. — b ne salle de Vhôpilal, à l'Institut Rockefeller.
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- QUELQUES ISOLANTS A LA GOMME LAQUE
- 30
- Dans un récent article du 15 novembre 1919 paru dans la Revue des Produits chimiques sur les applications de la gomme laque, nous avons délibérément laissé de côté celles de beaucoup les plus considérables par les industries qui y ont trait, par le chiffre des affaires qu’elles suscitent : les applications qui se rapportent à la fabrication de matières isolantes moulées.
- Cés matières sont présentées au public sous les noms les plus variés, sous les coideurs, sous les aspects les plus divers, tantôt sous forme d'articles d’utilité domestique (boutons), tantôt sous celles d’articles de luxe, et le plus souvent sous la forme de bases d’appareils électriques, de coupe-circuits, de pavillons téléphoniques, etc. ; des usines occupant des centaines, des milliers d’ouvriers manufacturent ces produits.
- , Nous avons analysé diverses de ces matières et nous pensons pouvoir être agréable aux lecteurs de ce journal, en leur communiquant les résultats de ces analyses.
- Car nous ne nous sommes pas bornés là; une fois l’analyse faite (toujours incomplète), nous avons procédé à la reconstitution par tâtonnements des mélanges qui nous paraissaient les meilleurs : deux échantillons (A) et (B) du commerce, nous avaient donné
- A : cendres 52 °/0; R : cendres 35 %•
- L’analyse qualitative nous avait révélé, outre la gomme laque et la colophane en grandes quantités, la présence de petites quantités de paraffine et de naphtaline.
- L’examen microscopique de la poudre épuisée par l’acétone, nous a montré nettement la présence de •kieselguhr, de déchets d’amiante et de paillettes de mica.
- Arrivés là, l’analyse minérale ne pouvait plus rien nous donner. En effet, comment du dosage de Si O2, CaO, MgO, Na20, K20, inférer la proportion de mica, talc, amiante et kieselguhr. Ceci nous a paru un problème insoluble. Aussi, nous nous sommes décidés à la méthode expérimentale : nous avons reconstitué divers mélanges, les avons fondus, moulés sous pression, et nous nous sommes arrêtés aux deux qui vont suivre comme étant les meilleurs, tant au point de vue du prix, que de la valeur mécanique et isolante.
- Formule I Formule II
- Gomme laque orange . 31,0 31,0
- Uolophane. ..... 16,0 16,0
- Kieselguhr 16,0 0
- Mica 3,0 5,0
- Talc 25,0 .25,0
- Naphtaline . . . . . 1,0 2,0
- Paraffine 1,5 5,0
- Amiante 6,5 10,0
- Résinâtes .:.... 0 10,0
- •Cendres expérimentales. 52 % 35 7a
- La deuxième formule est un peu plus chère que la première.
- Voici le mode expérimental de préparation de ces matières.
- On fond avec précaution la gomme laque et la colophane, on ajoute les résinâtes de chaux, qui ont pour but d’élever le point de fusion, puis la paraffine et la naphtaline. On ajoute ensuite le mélange des charges. Il ne faut pas se dissimuler que ce mélange doit être fait avec le plus grand soin, et énergiquement brassé. Si la matière n’arrivait pas à absorber toutes les charges, on pourrait ajouter encore vers la fin, un peu de paraffine supplémentaire. Une fois la matière bien homogène, on peut l’employer de suite. Mais nous nous en sommes mieux trouvés de la rouler en (Jaques, de la concasser grossièrement. Au moment de l’emploi, nous la ramollissons à nouveau par un chauffage modéré sur une plaque. Ces matières doivent être moulées sous pression. Elles se démoulent facilement des moules à noyau de formes diverses suivant la complication des formes à obtenir. L’art du mouleur est d’ailleurs un petit monde à lui seul, et nous n’aurons pas la prétention de l’esquisser en quelques lignes.
- Des mélanges comme ceux que noiis venons d’indiquer, sont modifiables en bien des points.
- La cherté de la gomme laque, qui de 2 fr. 50 avant guerre, a passé actuellement de 15 à 20 francs et plus, a incité à en diminuer la proportion ; mais n’oublions pas que ceci a toujours lieu aux dépens des qualités diélectriques et aussi des propriétés mécaniques.
- Néanmoins, on peut introduire des asphaltes, voire même des brais, dans de tels mélanges.
- Certaines matières même, à base purement de brais et d’asphaltes, donnent des produits remarquables et que l’usage a consacrés comme succédanés de l’ébonite, pour les applications les plus diverses (caisses d’accumulateurs, pièces massives, pièces d’ornement). Citons entre toutes, la gummite que fabrique la Compagnie générale d’Électricité.
- Nous avons eu la curiosité d’en analyser un
- échantillon. Nous avons trouvé :
- Densité .......... . . . . 1,572
- Cendres. .......... 52,00
- Perte acétonique............12,50
- Perte soude alcoolique (sur le résidu épuisé par l’acétone). . . 1,20
- Perte pyridine (sur le résidu précédent) .................. 50,00 (Brai).
- Chlore. . . ........ traces
- Soufre total ............ traces
- Inconnu et non dose.......4,30
- L’extrait acétonique se comportait comme de la colophane. La matière, débarrassée de colophane et de Brai* semble uniquement composée de mica.
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- QUELQUES ISOLANTS A LA GOMME LAQUE :
- Nous avons reconstitue le mélange :
- Brai..................... 33
- Colophane....................... 13
- Mica . ........................53
- mélange qui doit être aggloméré à de formidables pressions, peut-être 100, peut-être 200 kilogs par centimètre carré.
- Mais nous ne pouvons faire que des hypothèses, n’ayant jamais vu fabriquer ce produit, qui est très beau,d’un diélectrique parfait, mais qui, suivant d’aucuns, ne vaudrait pas 1 ebonitecomme propriétés mécaniques. En tout cas, c’est un produit bon marché étant donné ses constituants. Il exige pour son moulage, dit-on, un matériel considérable.
- Il existe un grand nombre de matières isolantes
- Vue extérieure
- très haute, tension, la pièce 2 est sphérique, à 2 gorges perpendiculaires dans lesquelles les crochets, viennent s’encastrer (fig. 2').
- La matière isolante, chaude et semi-fluide, est coulée, bourrée dans ce noyau; elle l’entoure également par le moule.
- On presse un temps très court et l’on démoule ; ce qui se fait très fa<ûiomenL
- Voici comment on fait ces noyaux :
- On précipite une quantité connue de silicate de soude, par une quantité connue de sulfate de magnésie de manière à obtenir du silicate de magnésie ; on lave à fond jusqu’à absence totale d’alcalis. La pâte encore humide de silicate de magnésie est malaxée, avec des quantités variables de talc exempt de fer (éviter les serpentines ver-
- Coupe
- Fig i. — Constitution des isolants pour lignes de traction.
- A noyau creux.
- à base de brais et d’asphaltes. Les brais de sléari-nerie, les brais de distillation des goudrons de bois, que l’on appelle « goudron végétal » donnent dans les mélanges de très bons résultats. On dit que le brai de coton (provenant du traitement sulfurique I de la purification des huiles de coton) donne aussi de bons résultats. Nous ne sommes pas fixés sur ce sujet.
- Disons quelques mots en passant, de la fabrication de certains articles moulés du domaine courant, mais peu connus du public (quant à leurs dispositions). Nous voulons parler des boules d’isolement pour lignes de traction.
- Ces boules sont constituées par un noyau creux À, aux extrémités duquel se trouvent 2 forts crochets B B (fig. 1).
- Dans ce noyau sont 4 alvéoles telles que C.
- Les deux crochets BB sont séparés par une petite pièce ayant la forme (2) en un corps isolant en céramique dont nous parlerons plus loin, quant à sa fabrication.
- Lorsqu’on fait des isolateurs pour courants en
- dâtres). On a ainsi une matière pulvérulente queTon moule sous de fortes pressions. On sèche longuement ces matières moulées et une fois bien sèches, on les cuit avec précaution. On a ainsi des matières I moulées qui valent, comme isolement, les meilleures stéatites naturelles. Bien faites, sans défauts homogènes, elles supportent les rudes efforts de traction que l’on exige dans certains cas.
- Ainsi une simple petite boule de tramway doit supporter 500 kg de traction, à chaque bout.
- Quant aux « accordéons » de télégraphie sans fil, pièces pesant 2 à 2,5 kg, le noyau antérieur doit y supporter les tensions considérables des antennes.
- Mais on comprendra que sur un sujet aussi délicat intéressant l’armée, nous nous bornions à de très faibles indications.
- Il est donc possible de constituer à partir de la gomme laque un grand nombre de pièces isolantes dont les usages, déjà nombreux, ne pourront que se multiplier avec le développement des industries électriques.
- Albert Butin.
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- LE GIGANTESQUE BOUDDHA DE PEGU
- Cette, statue, qui est la plus grande de toute l’Asie, et qu’on peut ranger parmi les plus grandes du monde, a 62 m. de longueur. Elle est située dans la province de Pegu (Birmanie), et représente Bouddha allongé sur un lit de repos. Elle a pour piédestal une plateforme de briques longue d’une centaine de mètres.
- Les archéologues ne sont pas d’accord sur son âge. Les uns en attribuent la fondation à l’empereur Alompra, qui soumit, au commencement du xvrne siècle, toutes les peuplades des bassins de
- du fondateur du bouddhisme pour le « croquer ».
- Malheureusement, rien n’indique dans les écrits des disciples du grand philosophe qu’il ait jamais mis le pied hors des Indes, bien que de nombreuses villes de Ceylan, du Thibet, de Chine, réclament l’honneur de l’avoir eu pour hôte.
- L’artiste birman s’est manifestement inspiré de la période de recueillement du prince hindou qui, à l’âge de 29 ans, abandonna son royaume pour se plonger dans la méditation. Il ne revint de son exil volontaire qu’au bout de six ans et, pour
- Fig. r. — La statue de Bouddha couché, à Pegu (Birmanie).
- l’Iraouaddi et du Saluen, et réalisa l’ünité nationale.
- Mais d’autres la font remonter au vie siècle de notre ère, en avançant, d’après des légendes locales, qui ne s’appuient d’ailleurs sur aucun document authentique, qu’elle remplaça une statue moins imposante qui datait des premiers âges du bouddhisme ou, tout au moins, de l’époque de son introduction en Indo-Chine.
- Les, bonzes de Pegu prétendent que cette antique statue, aurait été façonnée « d’après nature », et que Siddhârtha Gautama se serait reposé sur son emplacement, alors qu’il recherchait les régions désertiques pour y méditer sur le salut de l’humanité. En artiste birman aurait profité du sommeil
- prêcher son évangile, prit le nom de Bouddha Cakia-Mouni.
- On suppose que la gigantesque statue était, à l’origine, protégée contre les intempéries des saisons par un temple construit de matériaux légers, qui fut détruit par un incendie. Il y a une vingtaine d’années, le Gouvernement britannique donna ordre de l’abriter sous un hangar de charpentes métalliques et de tôle galvanisée. Les pylônes furent mis en place.
- Mais cette photographie, de date très récente, paraît indiquer que les travaux ont été décommandés, et que lé « Sage par excellence », continuera à méditer sous le soleil et sous la pluie.
- V. F.
- ' Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahufie, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- 48e ANNÉE. — N- 2390.
- 17 JANVIER 1920
- LE PARC NATIONAL DE TASMANIE
- La Nature vient de recevoir, grâce à la grande I Le parc couvre une étendue de 108 km2; il est obligeance de M. Clive E. Lord, curateur du Muséum | traversé par la Russell Falls River, affluent ouest
- Fig. i. — Une cascade dans les parties basses du Parc national. (Photo Beatue)
- de Hobart, le rapport sur le parc national récemment crééJen Tasmanie, et une série d’intéressantes photographies de cette réserve que nous sommes heureux de présenter à nos lecteurs.
- Le parc a été ouvert le 15 octobre 1917.
- Chose curieuse, on connaît mal encore l’emplacement et la géographie de cette réserve.
- D’après les noms des montagnes et cours d’eau qu’elle renferme, on voit qu’elle occupe une partie du comté de Buckingham qui a été jusqu’ici fort peu explorée et se trouve encore presque entièrement vierge.
- 48’ Année. — 1" Semestre.
- du Derwent, le principal fleuve de la Terre de Van Diemen, qui débouche dans l’Océan Pacifique à Hobart. La partie occidentale du parc est montagneuse et renferme les deux pics de Mount ^ Fielcl, celui de l’est et celui de
- » • 1 l’ouest connu
- aussi sous le nom du pic de Hum-boldt ( 1496 m.). Ce dernier sur-plombede900m. à pic la vallée Florentine. Le parc contient aussi les magnifiques chutes de Russell et de Lady Barron et plusieurs lacs : Fenton, Belton, Belcher.
- Le parc a été entièrement clôturé de façon à remplir son rôle de réserve pour les animaux et
- 5. — 55.
- Fig. 2. — Aspect du plateau. (Photo J.-W. Beattie)
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- LE PARC NATIONAL DE TASMANIE
- national. (Photo. Clive Lord)
- les plantes indigènes. Une organisation contre les feux de brousse a été prévue.
- On atteint le parc, en partant de Iiobart, au moyen du chemin de fer de la vallée du Denvent sur lequel vient d’être ouverte une station spéciale : National Parle. Une route spéciale conduit à l’entrée où se dresse une grande maison construite pour le campement des visiteurs, une double rangée de saules doit border cette route. Un garage d’automobiles vient d’être prévu. Une route de 7 milles vient d’être tracée dans le parc même jusqu’au lac Fenton et permet d’accéder à la partie située sur le
- plateau ; elle traverse des sous-bois d’une grande beauté. Un sentier atteint aujourd’hui le lac Dobson et sera élargi en route carrossable. Du lac Dobson au Mound Field West il n’existe qu’une piste rocailleuse, bordée de cairns indiquant le chemin.
- Aucune carte du parc n’existe encore, mais seulement un croquis et un modèle en relief que l’on complétera à chaque nouvelle expédition. Un guide illustré est en préparation pour les futurs touristes.
- Pour le moment, les visiteurs sont encore peu nombreux. Les habitants de Hobart, un groupe d’enfants sont bien venus jusqu’à l’entrée du Parc
- Fig. 5. — Le lac Seal.
- (Photo Beattie)
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- LE PARC NATIONAL DE TASMANIE —i- 35
- Fig. 6. — Le lac Dobson. (Photo Beattie)
- Fig. 7. —La montagne neigeuse vers le Mont Fieli, à 1200 mètres d’altitude. (Photo Beattie)
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- L’INDUSTRIE DES CORPS RADIOACTIFS
- national, mais la région montagneuse n’est même pas encore totalement explorée.
- L’organisation et l’administration de la réserve sont confiés par le Gouvernement tasmanien à un comité de douze membres choisis parmi les divers groupements scientifiques du pays. Ce comité a déjà entrepris le repeuplement en poissons des lacs de montagne.
- Outre ses beautés géographiques naturelles, le Parc national de Tasmanie présente maintes autres curiosités, surtout celles de sa faune.
- On sait que la Tasmanie a une population animale très particulière, voisine mais différente de celles de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, à analogies lointaines avec celle de l’Amérique du Sud.
- Parmi les mammifères, on ne trouve que là les rats d’eau (Hydromys chrysogaster) ; les souris aux pieds basanés (Mus fuscipes), les diables (Sarco-philus) et dasyures, les monotrèmes : les échidnés et ornithorhynques, etc., et surtout toute cette série de marsupiaux : kangurous et wallabies,
- herbivores rats-kangurous (Phascolomys), taupe à poche (Notoryctes), loup à poche ou thylacine, souris marsupiales, etc., sans compter un fourmilier, une espèce de paresseux et tant d’autres animaux étrangers à l’Europe et étranges pour nous.
- Les oiseaux ne sont pas moins particuliers, depuis le casoar et l’émeu, jusqu’aux plus petits passereaux.
- Il en est ainsi de toute la faune, et de la flore également, jusqu’aux champignons inclus, puisque l’un d’eux, la Cyttaria du hêtre, est localisé uniquement en Tasmanie, en Nouvelle-Zélande et dans le Sud-Amérique.
- Le Parc national de Tasmanie a donc une ulilité incontestable. 11 gardera les aspects les plus originaux de l’île dont les photographies ci-dessus ont permis de juger la beauté ; il sauvera la faune indigène de la destruction — directe ou indirecte — liée fatalement à la civilisation qui a déjà fait disparaître quelques-unes des plus étranges bêtes de l’Australasie. René Merle.
- L’INDUSTRIE DES CORPS RADIOACTIFS
- Comment on %* pèse ” un corps radioactif.
- Dans un précédent article (n° 23.79) nous avons examiné rapidement ce que pouvait être une industrie, ayant pour objet l’extraction de quelques milligrammes d’un corps actif, d’une tonne de minerais très complexes.
- Nous allons voir aujourd’hui quelques-unes des propriétés et des méthodes de mesures des corps radioactifs.
- On peut définir un atome radioactif comme étant un système instable en perpétuel état de désintégration, et tendant vers la formation d’un édifice atomique en apparence stable, en passant par une série de stades intermédiaires plus ou moins bien définis.
- Cette désintégration se fait avec dégagement d’énergie, la masse atomique se dégrade des poids atomiques élevés aux poids atomiques faibles, avec émission de particules de matière, supports de charge électrique élémentaire, tout cela constituant ce qu’on appelle le rayonnement du corps radioactif.
- Ce rayonnement comprend :
- Les projections corpusculaires : rayons a, particules chargées positivement et analogues aux rayons canaux des tubes à vide ;
- Rayons |3, particules chargées négativement et analogues aux rayons cathodiques ;
- Les perturbations électro magnétiques comprenant :
- Les rayons y, pulsations d’éther analogues aux rayons X et des rayonnements calorifiques et- lumineux.
- Tous ces rayonnements ne coexistent pas forcément dans une transformation radioactive donnée. On ne trouve en général que l’un ou l’autre des rayonnements.
- On a même pu prévoir, dans le cas d’un corps déterminé ayant un rayonnement a ou p quel* serait le poids atomique du corps résultant, et le changement de série qu’il éprouverait dans la classification périodique de Menleleef.
- En particulier, le projectile a a été reconnu assimilable à l’atome d’hélium de poids atomique = 4. Tout corps émettant un rayonnement a verra donc son poids atomique diminuer de 4 unités pour chaque transformation et sera une source d’hélium. Les expériences ont vérifié ces faits.
- Ainsi donc les corps radioactifs seraient des corps simples, instables et fortement exothermiques, et que leur explosion seuie nous rend perceptibles (sauf pour le radium, l’émanation... qu’on connaît par leurs propriétés chimiques).
- A l’origine, on avait pensé que ces corps n’étaient peut-être que des transformateurs d’énergie rayonnante et Becquerel avait assimilé au début le rayonnement de l’uranium à une phosphorescence.
- Tout récemment, M. J. Perrin [Annales de Physique) a imaginé une théorie qui évoque ces premières hypothèses où les rayonnements radioactifs étaient comparés à des phosphorescences ou des fluorescences. Là, les radiations excitatrices ne seraient plus des rayons lumineux mais des perturbations de longueur d’onde très courte provenant des parties centrales du globe terrestre et émises par des • combinaisons atomiques inverses des désintégrations radioactives que nous observons en surface.
- Quoi qu’il en soit de l’origine de ces différents rayonnements, c’est par eux que se manifestent les corps radioactifs, et ce sont eux que nous utilisons pour la mesure, la différenciation et l’application de ces produits.
- Ces rayons a, (3, y (canaux, cathodiques, X) ont en effet les mêmes propriétés que leurs analogues des tubes à vide. C’est ainsi qu’avec eux on provoquera des phosphorescences, on observera des phénomènes d’ionisation, on impressionnera des plaques et des écrans à travers des corps opaques, etc.,..
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- L’INDUSTRIE DES CORPS RADIOACTIFS
- En particulier les phénomènes d’ionisation vont nous permettre de caractériser et de mesurer ces corps actifs dont beaucoup sont impondérables dans l'es limites où nous pouvons les obtenir.
- Si dans le voisinage d’un conducteur isolé et chargé, on approche un corps rayonnant du gënre de ceux dont nous parlons, les molécules de l’air, sous l’action des chocs multiples des corpuscules émis par les corps radioactifs avec des vitesses voisines de celle de la lumière, vont être dissociées en leurs charges élémentaires qui obéiront aux forces du champ électrique et produiront ainsi un courant électrique. C’est la mesure de ce courant plus ou moins intense selon l’intensité même du rayonnement qui le produit qui nous donnera un procédé de mesure (électromêtres, électroscopes).
- En réalité on ne pèsera donc pas les corps actifs, mais on fera sur eux une mesure de rayonnement.
- Bans le cas du radium en équilibre, cette mesure de rayonnement, faite comparativement à un étalon de radium, nous donnera exactement la quantité de sel pur contenue dans l’échantillon, comme le ferait une balance extrêmement précise.
- Dans le cas d’autres corps radioactifs que l'on n’a pu isoler à l’état pur, on n’aura qu’une mesure de rayonnement comparée à celle du Radium.
- Et l’on dira, inexactement du reste, qu’on a n milligrammes de mésothorium, d’émanation, etc..., alors que l’énoncé à peu près correct serait le suivant : « on a une quantité de rayonnement analogue à celui de n milligrammes de radium, ce rayonnement pouvant être attribué à du mésothorium, de l’émanation, etc.... »
- Pour de telles mesures de rayonnement du reste on utilisera selon les cas les rayons a seuls ou les rayons y.
- Dans le cas du radium (et nous entendrons par ce mot de radium l’ensemble à l’équilibre, un mois après sa préparation au minimum, du radium lui-même et de tous ses produits de désintégration) le rayonnement a forme les 9/10 du rayonnement total alors par exemple que le rayonnement y n’en sera que le centième.
- Ceci nous indiquera déjà que pour avoir la plus grande sensibilité dans la mesure, on emploiera les rayons a dans les mesures de produits pauvres et les rayons y pour les produits concentrés.
- Il est bien évident cependant que telle que. nous venons d’en exposer le principe, cette méthode nous indiquera simplement que le corps étudié a un rayonnement a ou un rayonnement y d’une intensité donnée mais sans pouvoir nous indiquer à quel corps radioactif il appartient.
- Dans le cas du radium cependant nous aurons un procédé d’analyse absolument précis qui est le suivant : parmi les produits d’évolution des corps actifs il en est qui sont des gaz, actifs eux-mêmes, c’est-à-dire se désintégrant à leur tour avec émission de rayonnement, et qu’on appelle des émanations.
- C’est ainsi que nous connaissons les émanations du radium, du thorium et de l’actinium.
- Mais les émanations de thorium et d’actinium ont des durées de vie extrêmement courtes, c’est-à-dire que leur désintégration se fait en quelques secondes ou quelques minutes, alors que celle du radium se fait en plusieurs jours.
- Si donc on entraîne par un courant d’air les gaz « émanés )> d’une solution d’un produit actif et qu’on laisse cet air abandonné à lui-même deux ou trois heures, l’émanation du radium persistera seule. Et si l’on intro-
- duit cet air dans un appareil d’ionisation (électroscope cylindrique, condensateur cylindrique), la mesure du rayonnement résultant sera attribuable au radium seul.
- Quand le rayonnement n’est pas attribuable au radium, la recherche du corps actif est extrêmement délicate et difficile.
- Au point de vue quantitatif, on évaluera le rayonnement a ou y soit par comparaison avec du radium (mesuré dans les mêmes conditions), soit en unités électrostatiques par comparaison avec un condensateur absolu.
- Au point de vue qualitatif, on combinera entre elles un certain nombre de méthodes dont nous allons énumérer rapidement les principes :
- 1° Méthode chimique. — Chaque corps radioactif a un voisin chimique auquel il ressemble tellement qu’il en est inséparable. On fera donc sur le corps étudié quelques essais de séparation analytique ou d’entraînement pour déterminer avec quel corps ou groupe de corps s’en va l’activité.
- En pratique, ettte méthode est extrêmement délicate et décevante, d’; bord parce qu’elle porte sur des quantités infinitésimales de matière; ensuite un corps actif n’est jamais seul. 11 porte avec lui tous ses « enfants », ses produits de désintégration. Ceux-ci ont également leurs voisins chimiques, très différents les uns des autres. L’activité du corps initial va donc se scinder en plusieurs groupes qu’il deviendra très difficile de débrouiller. Il est arrivé, même dans de semblables essais, que le corps initial, à rayonnement faible quand il était isolé, était laissé de côté, tandis qu’on se lançait à la suite de certains de « ses enfants )) très actifs mais à vie très courte, si bien qu’après quelques heures ou quelques jours il ne restait plus rien.
- 2° Étude de pénétration. — Les corps ayant été séparés en groupes ainsi qu’il vient d’être dit, et possédant ainsi une première indication, en étudiera quel genre de rayonnement donne chaque portion (essais de déviation électro-magnétique, pouvoir d’arrêt des écrans métalliques) et l’on étudiera la pénétration de ce rayonnement :
- Parcours dans l’air pour les rayons a (courbes de Bragg).
- Absorption dans les métaux (aluminium, plomb), pour les rayons y.
- 5° Enfin pour préciser les indications ainsi obtenues par ces méthodes, il ne restera plus qu’à étudier la période de transformation de la substance. Cette période de vie est la propriété la plus caractéristique des corps radioactifs. L’évnlution de chacun d’eux se fait en un temps donné, strictement constant, et sur lequel aucune de nos méthodes physiques n’a pu agir, ni pour le ralentir ni pour l’accélérer.
- La vie de ces corps, et par suite la variation de leur rayonnement, est toujours représentée par une courbe exponentielle du genre e“X£ dans laquelle t est le temps et X une constante caractéristique du corps radioactif : la constante de temps.
- Tout corps radioactif se détruira (ou se formera à partir d’un autre corps radioactif) suivant une loi de ce genre et telle qu’à chaque instant la quantité qui se détruit (ou qui se forme) est proportionnelle à la quantité restante.
- On suivra donc la variation de l’intensité du rayonnement avec le temps pour tâcher de préciser la période d’évolution de la substance [étudiée et qui sera de cette façon parfaitement connue.
- Mais hélas, toutes ces belles choses, assez simples en
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- LA NOUVELLE AUTRICHE D’APRÈS LE TRAITÉ DE SAINT-GERMAIN
- théorie, sont souvent impraticables, parce que, ne l’oublions pas, ces corps sont en état de perpétuelle évolution.
- A peine une séparation chimique effectuée, chaque corps continuant à évoluer pour son compte, n’est déjà plus simple et le rayonnement qu’il émet n’est qu’un rayonnement résultant. Chaque courbe d’évolution sera
- la courbe moyenne de plusieurs existences superposées entre lesquelles il deviendra difficile de choisir.
- Enfin la vie de beaucoup est si fugitive qu’elle ne laisse pas le temps de faire la plus petite préparation chimique ou la plus petite mesure.
- M. Dememtkoüx.
- Ingénieur-chimiste E. P. C.
- LA NOUVELLE AUTRICHE D’APRÈS LE TRAITÉ DE SAINT-GERMAIN
- Le traité de Saint-Germain, signé le 10 septembre dernier entre les puissances alliées et associées d’une part, et l’Autriche de l’autre, consacre le démembrement de la monarchie des Habsbourg. Au lieu et place de l’empire dualiste on trouve maintenant la Tchécoslovaquie, la Pologne, la Roumanie, la Serbie-Groatie-Slovènie (*), l’Italie et de l’ancien état de choses il ne subsiste plus que deux témoins : une Hongrie qui sera largement amputée et une Autriche singulièrement réduite. Par suite, toutes les cartes de cette partie de l’Europe centrale devront être entièrement refaites; les dessinateurs-géographes ont donc du pain sur la planche.
- Une comparaison fera saisir immédiatement l’ampleur des désannexions subies par l’Autriche. Alors qu’en 1914 la Cisleithanie, c’est-à-dire l’empire d’Autriche, à l’exclusion du royaume de Hongrie, occupait une surface de 500 000 km2 et comptait 28 millions d’habitants (recensement de 1910), aujourd’hui elle ne contient plus que - 82 800 km2 environ, soit un peu plus que la Bavière et le Bade réunis et moins de 7 millions d'habitants. De ses anciennes provinces, l’Autriche ne garde que celles composant son domaine alpestre et devient ainsi une sorte de grande Suisse, encore ne possède-t-elle point les importantes ressources industrielles de la Confédération helvétique. Grande puissance avant la guerre, elle descend au rang d’un état de troisième ordre.
- Quelles sont aujourd’hui les frontières de l’Autriche? c’est ce que nous allons indiquer d’après le traité et la carte qui l’accompagne, en nous bornant à signaler leurs particularités les plus intéressantes. Remarquons d’abord qu’à la différence du traité de Versailles, celui de Saint-Germain n’institue qu’un seul plébiscite. Le bassin de Klagenfurt étant revendiqué à la fois par l’Autriche parce que contenant une nombreuse population allemande et par l’état serho-croate-slovène comme habité par des Slovènes, il a été stipulé que les populations de cette région seraient appelées à se prononcer sur leur sort. En vue de la consultation populaire instituée par le traité, le pays a été divisé en deux zones. Le plébiscite aura lieu d’abord dans la zonel (voir la carte n° 2) comprenant les parties occidentale et méridionale du bassin; s’il est favorable à l’Autriche, il décidera de la nationalité de toute la région con-
- 1. Nom donné dans le traité à la Yougo-Slavie et qui en conséquence devient la dénomination officielle du nouvel État.
- testée. Le scrutin est-il, au contraire, favorable aux Yougo-Slaves, la zone II sera appelée à son tour à faire connaître son avis. Cette décision, au premier abord tant soit peu bizarre, est fondée sur les conditions ethnographiques du pays.
- D’après Cvijic, la principale autorité scientifique yougo-slave et dont les travaux sont inspirés uniquement par le souci de la vérité (1 ), la zone I est occupée entièrement par des Slovènes, tandis que la zone Il renferme un certain nombre de Slaves germanisés depuis une soixantaine d’années. Si donc les habitants du territoire I expriment le vœu de demeurer Autrichiens, a fortiori ceux de la zone II en partie germanisés partagent ce sentiment; donc inutile de les appeler au scrutin. Au contraire le plébiscite institué dans la zone I donne-t-il la majorité aux Yougo-Slaves, il devient nécessaire de consulter à leur tour les habitants de la zone II qui en raison de la présence d’éléments germanisés parmi eux sont peut-être d’un avis différent.
- Ceci dit, passons à la description rapide des nouvelles limites de l’Autriche. A l’ouest et au sud-ouest aucun changement. Les frontières avec 1’ « Allemagne » (2), et avec le Liechtenstein ainsi
- 1. Consulter à ee sujet la Carte ethnographique des régions septentrionales yougoslaves et sur celte même feuille le cartouche -..Environs de Celovec (Klagenfurt) dans Jovan Cvijic, professeur à l’Université de Belgrade, agréé à l’Uni versité de Paris, Frontière septentrionale des Yougoslaves (avec trois cartes en couleurs hors texte), Paris 1919, Imprimerie Laliure. En outre de ce mémoire il a été distribué pour la défense des intérêts territoriaux yougoslaves plusieurs brochures intéressantes sur les conditions ethnographiques, historiques et géographiques des confins autrichiens et Slovènes. Nous citerons notamment : La question du Prekmurje, de la Stijrie et de la Larinthie, étudiée et présentée par I. Zolger, M. Brezigar, L. Erlich, N. Zupaniç. La Carinthie, Paris, 1919, lmp. « Graphique », in-8 de 47 p. avec une carte hors texte ; La Frontière Slovéno-A llemande, 12 pages et 2 tableaux (sans nom d’auteur ni d’éditeur) ; Celovec (Klagenfurt), 11 p. (sans nom d’auteur ni d’éditeur).
- Quand la Conférence de la Paix clôturera ses travaux, il sera intéressant d’établir la bibliographie de tous les mémoires et de toutes les cartes publiés par les ditférenls états à l’appui de leurs prétentions. Le nombre en sera à coup sûr respectable. Si à cette statistique on ajoulait les imprimés exécutés par ordre du Conseil Suprême, on arriverait à un total m-llement fantastique. Pour les industries du livre la paix aura été lage d’or, sauf pour notre Imprimerie Nationale qui pendant cette période aura été sou-mUe à un véritable surmenage.
- 2. La carte jointe au traité ne mentionne ni la Bavière, ni le Wurtemberg, non plus que le Bade. Entravers de ees différents pays on trouve inscrit le seul nom d’Allemagne.
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- que celles avec la Suisse jusqu’à quelques kilomètres à l’ouest de la Reschen-Scheideck demeurent telles qu’elles existaient en 1914. La Reschen-Scheideck est, soit dit en passant, le col très bas (1494 m.), bien connu des touristes, par lequel passe la route de Méran à Landeck, ou de la haute vallée de l’Adige à celle de l’Inn. Mais à partir de là c’est le bouleversement complet des anciens tracés. Avant 1914, la frontière austro-italienne s’accrochait sur celle entre Suisse et Autriche à la Dreisprachenspitze (2843 m.) (Pic des Trois-Langues) immédiatement au-dessus du célèbre col du Stelvio ; par le traité de Saint-Germain ce point d’intersection se trouve reporté à environ 53 km. plus au nord et à 4 km. à l’ouest de la Reschen-Scheideck, à la cote 2645 dénommée Grubenjoch dans le texte, ce qui paraît absurde puisqu’il s’agit, suivant toute probabilité, d’une cime et que le vocable jocli signifie col (‘).
- De ce Grubenjoch au Pec (2) sur les Karawanken où elle rencontre la ligne de délimitation entre l’Italie et l’État serbe-croate-slovène, la nouvelle frontière italo-autrichienne est, dans presque toute son étendue, une excellente frontière naturelle. Sauf dans deux très courtes sections, partout elle est marquée par la ligne de partage des eaux entre le bassin de la mer Noire et celui de ITAdriatique, formée des plus hautes crêies des Alpes orientales. Ce sont d’abord de la Reschen-Scheideck au pic des Trois-Seigneurs (Dreiherrnspitze) (3505 m.), les Alpes glacées de l’Ôtztal, du Stubaital, du Zillertal et l’extrémité ouest du Ilohe Tauern ; puis la crête également enveloppée de glaciers avec des cimes de 5400 à 3500 m. se détachant du pic des Trois-Seigneurs vers le sud et isolant les eaux coulant vers l’Adige de celles allant à la Drave, ensuite le remarquable rempart rectiligne des Alpes Carniques, séparant le bassin de la Drave de ceux du Sextenbach, de la Piave, du Tagliamento et qui déjà avant la guerre constituait une partie de la frontière italo-autrichienne; enfin l’extrémité occidentale des Karawanken jusqu’au Pec.
- Les deux courtes sections de ce vaste périmètre, où la ligne de démarcation est établie conventionnellement se rencontrent dans des dépressions découpant les Alpes orientales : le Pustertal, le
- 1. Le 75 000° austro-hongrois, du moins le tirage que nous possédons, ne porte point la cote 2645 sur la crête entre l’Inn et son affluent le Still Bach, que suit la frontière austro-suisse dans les parages qui nous intéressent ; en revanche il mentionne le Grubenjoch mais sans qu’on puisse savoir à quel passage s’applique ce nom. D’après la position de ce mot, il peut désigner aussi bien un ensellement orienté est-ouest sur la crête entre Inn et Stille Bach, qu’un passage ouvert nord-sud dans un contrefort de la chaîne, au pied oriental du Jochbodenkopf. En général, sur le 75000e austro-hongrois il est difficile de reconnaître l’emplacement des cols dans la haute montagne à moins qu’ils ne soient traversés par une piste. Evidemment les rédacteurs du traité ont su ce qu’ils voulaient dire, mais ils ne se sont point préoccupés d’exprimer leur pensée en langage clair.
- 2. Prononcez Petch. Le traité désigne par erreur ce point sous le nom de Pec.
- long sillon est-ouest qu’emprunte la ligne ferrée Franzensfeste-Villach, et h vallée de la Gailitz, affluent de droite du Gail.
- Ces deux tracés conventionnels assurent à notre allié la possession de positions géographiques très avantageuses. Dans la traversée du Pustertal, au lieu de suivre la ligne de partage des eaux, la frontière s’en écarte pour passer à l’est du bourg d’innichen et remonter plus loin sur les Alpes Carniques. Par suite l'Italie acquiert les sources de la Drave, et, ce qui est beaucoup plus important, la vallée de son tributaire, le Sextenbach laquelle aboutit au sud à un col très bas (1682), le Kreuzberg ou Monte-Croce di Comelico, donnant accès dans la haute Piave. Par ce passage, notre allié pourra prolonger jusqu’à la ligne Franzensfeste-Villach la voie ferrée arrêtée actuellement à Pieve di Cadore et procurer ainsi à Venise un débouché direct vers le nord en même temps qu’établir une nouvelle liaison des pays italiens avec ,les territoires allemands dont il devient propriétaire dans le Pustertal.
- Dans la vallée de la Gailitz le tracé adopté est non moins intéressant. De la crête des Alpes Carniques, la frontière passe sur les Karawanken en coupant en direction est-ouest cette vallée ouverte, comme une crevasse, entre les deux chaînes. En conséquence l’Italie devient propriétaire de la vallée supérieure de la Gailitz et, avec elle, de Tarvis, nœud très important de voies ferrées. En ce point convergent les lignes sur Venise par Udine, sur Lioubliana (Laybach) et Trieste, enfin sur Vienne par Villach et le Semmering comme sur Salzbourg.
- Au Pec (1509 m.) commence la mitoyenneté de l’Autriche successivement avec la Serbie-Croatie-Slovènie, la Hongrie et la Tchécoslovaquie. A quelques kilomètres à l’est de cette cime, se rencontre la limite méridionale du bassin de Klagen-furt lequel s’étend jusqu’au confluent delà Drave et du Lavant. Sur ce périmètre d’un développement de 90 à 100 km, la frontière reste donc indéterminée jusqu’au jour où le plébiscite ou les plébiscites auront décidé du sort de la région. A partir du confluent précité, la ligne de démarcation, de nouveau fixée par le traité, se prolonge vers l'est à travers les derniers renflements des Alpes et le long de la Mur, le grand affluent styrien de la Drave, jusqu’aux environs de Radkersburg. A quelques kilomètres à l’est de cette ville elle tourne ensuite en direction générale nord-nord-est à travers la plaine hongroise pour venir couper le Danube, à 4,5 km. en amont de Presbourg, Bratislava, dans le vocabulaire géographique tchèque, le seul qui doive être désormais employé pour la Tchéco-Slovaquie. Sur la rive nord du grand fleuve, après avoir suivi le March ou Morava qui, avant la guerre, délimitait de ce côté l’empire d’Autriche et le royaume de Hongrie, la frontière prend une direction générale est-ouest en épousant le plus généralement les limites de la Haute et de la Basse-Autriche et des anciennes provinces de Bohême et la Moravie, maintenant la Tchéco-
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- Slovaquie, pour rejoindre l’ancienne frontière allemande au Blockenstein (1378 m.), dans le Bôhmer-wald.
- La caractéristique du traité de. Saint-Germain, c’est, comme nous l’avons indiqué déjà, la réduction territoriale considérable qu’il impose à l’Autriche. Le partage des dépouilles du vaincu n’est pas encore terminé. En tout cas dès maintenant, la Tchéco-SIovaquie reçoit la Bohême et la Moravie; plus tard sa part s’augmentera d’une portion tout au moins de la Silésie autrichienne ; à la
- c’est-à-dire sa frontière naturelle; de ce côté elle réalise donc ses aspirations nationales séculaires.
- Pin outre de ces pertes territoriales, le traité de Saint-Germain impose à l’Autriche une servitude de passage au profit de la Tchéco-SIovaquie. Cet état se trouvant au centre du continent, et entouré de puissances qui ne lui sont pas précisément sympathiques, les puissances alliées et associées lui ont assuré un débouché sur l’Adriatique; pour cela elles lui ont donné le droit de faire circuler ses trains sur deux lignes ferrées empruntant le territoire
- Nouvelle frontière de l'Autriche
- [TTprrm Territoires de l'ancien 1111 [ 1111 Empire d'Autriche devenus Indépendants ou annexés par Ses voisins
- Territoire hongrois attribué a ! Autriche par le traité . de S-Germain.
- Bassin'de Khgenfûnt soumis à un plébiscite.
- es mh* Anciennes frontières de
- l'Empire d'Autriche-Hongrie
- l^.Morie
- CARTE SCHEMATIQUE Montrant les Annexions subies par l'ancien Empire d'AUTRICHE
- Echelle
- 50 100 150 200 250 k.
- Fig. i. — La nouvelle Autriche dans l'ancienne Autriche-Hongrie.
- Pologne ira toute ou partie de la Galicie; la Roumanie acquiert, en vertu du traité, la Bukovine et la Serbie-Croatie-Slovènie, la majeure partie de la Dalmatie, la Carniole, et quelques cantons de la Styrie, auxquels s’ajoutera plus tard une portion de l’Istrie; enfin l’Italie s’annexe de vastes territoires alpins, en attendant le règlement de la question de l’Adriatique. Notre sœur latine obtient non seulement le Trentin, l’Ampezzo, les vallées ladines des Dolomites, mais encore les vallées allemandes du haut Adige, de l’Eisack, de la Rienz, de Sexten et le Pustertal occidental. Elle s’agrandit dans le Tirol de 10 000 km2 environ, les deux tiers de l’Alsace-Lorraine, occupés par 500 000 à 600 000 habitants. L’Italie atteint ainsi la crête des Alpes,
- autrichien : l'une partant de Bratislava et aboutissant à Fiume, l’autre allant de Budweiss (Budejovic en tchèque) à Trieste par Lienz et Klagenfurt.
- Si l’Autriche subit des amputations considérables au nord, au sud et au sud-est, en compensation elle s’agrandit quelque peu du côté de l’est, par l’annexion d’une bande de territoire hongrois adjacente à la frontière de 1914 entre les deux moitiés de l’ancien empire et qui comprend la majeure partie du lac de Neusiedeln. Ce rattachement a été décidé en raison de la présence d’une nombreuse population allemande dans cette région.
- Si les limites entre la Serbie-Croatie-Slovènie et l’Ilalie, non plus que celles entre l’état yougo-slave et la Hongrie, comme entre ce dernier état et la
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- Fig.
- MORÀYIE
- B O H
- AUTRICHE
- C O
- Traité de Paix de SïGermain Echelle
- è 10 20 30 M) 50
- Légende
- Nouvelles limites.
- Zones de plébiscite dans le Bassin de K/agenfurt.
- Partie de ! ancien.Royaume de Hongrie annexée'à /Autriche.
- Servitude de passage au profit de la Tchèco - Slo vaquie.
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- Tchéco-Slovaquie, ne sont pas encore fixées, le traité apporte des précisions à leur sujet en ce qu’il indique leurs points de recoupement sur la frontière autrichienne. Ainsi c’est du Pec que partira vers le sud la ligne de démarcation vers l’Adriatique entre l’Italie et la Serbie-Croatie-Slovénie, à travers l’Istrie et c’est sur la ligne de partage des eaux entre la Raab et la Mur, à 2 km. est du village de Toka que s’embranchera sur la frontière d’Autriche, celle commune à la Serbie-Croatie-SIovènie et à la Hongrie. Enfin le traité stipule que le point de recoupement des trois frontières d’Autriche, de Hongrie et de Tchéco-Slovaquie se trouve à quelques kilomètres au sud de Bratislava (Presbourg), près du village d’Antonienhof. De cette disposition résulte le fait très important que l’état tchéco-Slovaque devient propriétaire d’une tête de pont sur la rive droite du Danube autour de Presbourg, avec la servitude, il est vrai, de n’y élever aucun ouvrage militaire.
- En outre des clauses territoriales, il nous paraît opportun d’en signaler d’autres d’un caractère dilférent, particulièrement intéressantes pour les artistes, pour les historiens, comme pour les savants. Dans le cours du xvme siècle, les princes de la maison d’Autriche qui régnaient en Italie, considérant les richesses artistiques de ce pays comme leur appartenant en propre, envoyèrent à Vienne les objets de leur goût, tandis que les empereurs enlevaient aux résidences de Bohême des collections au profit de leurs palais de Vienne. D’autre part, en 1794, sous prétexte de « les mettre en sûreté », les Autrichiens transportèrent dans leur capitale des trésors et des manuscrits de Bruxelles; puis, une fois la tourmente passée, ils oublièrent de les rendre. Enfin en 1859, fuyant la révolution italienne, le duc de Modène emporta des tableaux et des manuscrits d’une grande valeur, à titre de souvenir, sans doute.
- L’article 195 du traité de Saint-Germain décide qu’un comité de trois juristes examinera les conditions dans lesquelles ces déménagements ont été opérés, et, s’ils ont eu lieu en violation des droits des provinces italiennes, la Commission des réparations ordonnera leur restitution. L’Italie est autorisée à réclamer les médailles faisant partie de l'héritage des Médicis, le mobilier et la vaisselle d’argent de cette même famille, la gemme d’Aspasios, les anciens instruments d’astronomie et de physique de l’Académie del Cimenlo enlevés à Florence, trois manuscrits, un tableau et des dessins du Corrège emportés par le dernier duc de Modène, 98 manuscrits enlevés des bibliothèques de Naples en 1718 par ordre de l'Autriche, les objets exécutés au xnè siècle pour les î ois normands de Sicile et qui étaient employés au couronnement des empereurs, emportés de Palerme, enfin des documents soustraits des archives d’État de Milan, Mantoue, Venise, Modène et Florence. La Belgique réclame un tableau de Rubens, des armes et des armures provenant de l’ancien arsenal,de Bruxelles, des coins de mon-
- naies et de médailles, le trésor de la Toison d’Or jadis conservé à Bruxelles et transporté en Autriche, enfin les manuscrits originaux de la carte choro-graphique des Pays-Bas autrichiens dressée de 1770 à 1777 par le lieutenant général comte Jos de Ferraris avec tous les documents relatifs à cette carte. De son côté la Pologne demande la restitution de la coupe d’or du roi Ladislas IV enlevée lors du premier démembrement, et la Tchéco-Slovaquie des manuscrits, d’anciennes cartes et des objets d’art emportés de Bohème au xvme siècle par ordre des empereurs d’Autriche et au. xixe par François-Joseph Ier.
- La nouvelle Autriche, formée d’un bloc compact de sept millions d’habitants de langue allemande, restera-t-elle un état indépendant tel que l’a constitué le traité de Saint-Germain ou ne subira-t-elle pas une irrésistible attraction vers l’Allemagne? Cela dépendra pour une bonne part de la politique que suivra l’Entente à son égard. Signalons, à ce propos, que, profitant de la dépréciation de la couronne: les Anglais se sont assuré des participations importantes dans de grandes affaires autrichiennes, notamment dans la Compagnie de navigation du Danube. En tout cas, une tendance à la dissociation se manifeste déjà dans le nouvel état. Le Vorarlberg demande son incorporation dans la Confédération helvétique et le Tyrol a réclamé son union avec le Reich allemand. Dégagés maintenant de leurs liens de fidélité traditionnels à l’égard des Habsbourg, les montagnards des Alpes orientales se tournent aujourd’hui vers l’Allemagne, d’où depuis une quarantaine d’années leur vient le plus clair de leurs ressources et qui leur a appris à regarder de son côté plutôt que du côté de Vienne.
- Cette désorbitation politique du Tyrol dont les conséquences peuvent devenir considérables, a été l’œuvre du Club alpin allemand-autrichien. Avec une très grande habileté, cette société a fait servir l’industrie des voyages à des fins annexionnistes. Loin d’être un groupement dont l’activité se dépense principalement en manifestations oratoires, comme tant de sociétés alpines en d’autres pays, le Club alpin allemand-autrichien comptait, avant la guerre, plus de 120 000 adhérents parmi lesquels dominait l’élément allemand proprement dit, et possédait de puissantes sections dans toutes les grandes villes de l’Allemagne, à Berlin, à Breslau, à Hambourg, à Dresde comme à Francfort et à Munich. Chacune de ces sections s’était constituée la marraine d’une vallée du Tyrol et s’attachait à l’aménager pour le tourisme, organisant des compagnies de guides, ouvrant des sentiers, construisant de spacieux et confortables refuges dans la haute montagne. En même temps, par une publicité intelligente, le Club alpin allemand autrichien amenait dans les Alpes orientales des foules de touristes de plus en plus nombreuses chaque année. Dès lors le Tyrol, naguère si déshérité, a connu le bien-être ; naturellement ses habitants ont évolué vers les auteurs de
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- leur prospérité et peu à peu ont adopté leur mentalité et leurs tendances politiques. Chez ces anciens vaincus de 1866 il n’était pas rare de trouver, ornant les salles des auberges, des chromos représentant leurs vainqueurs, Guillaume Ier et Bismarck, collées de chaque côté du Christ traditionnel. Absorbée par de plus graves préoccupations, la Conférence n’a pas pris garde à cette organisation. Elle est pourtant susceptible de créer de graves difficultés aux alliés, notamment à l’Italie dans les territoires de langue allemandequ’elle vient de s’annexer.
- Le traité de Saint-Germain, rédigé en français, en anglais et en italien, forme un volume in-4° de 202 pages accompagné d’une carte. Souhaitons que dans la hâte des dernières retouches, quelque clause importante n’ait point été oubliée, comme cela est arrivé pour le traité de Versailles. En tout cas, le texte a été établi avec une rare négligence et un mépris déconcertant de la clarté dans l’expression.
- Exemple: d’après l’article 27, les limites de l’Autriche sont fixées ainsi qu’il suit : « 1° avec la Suisse et avec Lichtenstein (sic) la frontière actuelle; 2° avec l’Italie de la cote 2645 (Grubenjoch) ».... La frontière austro-suisse de 1914 s’étend jusqu’au Stelvio; le traité ne spécifiant pas que cette frontière ne vaut plus aujourd’hui que jusqu’à la cote 2645, point de départ de la nouvelle démarcation entre l'Italie et l’Autriche, il en résulte, comme le fait observer judicieusement le secrétaire de la Société de Géographie de Londres, cette situation extrava-
- gante que d’après le texte du traité, lequel fait foi, l’Autriche reste propriétaire de la ligne formée par l’ancienne frontière commune avec la Suisse, c’est-à dire des bornes qui la jalonnent, dans le secteur compris entre la cote 2645 et le Stelvio.
- L’orthographe des noms des lieux est aussi négligée que la rédaction, le terme allemand spilze est toujours écrit spitz, et, pour la même localité on emploie dans le texte français tantôt la forme allemande, tantôt la forme italienne.
- Aux délégations des différentes puissances alliées qui ont élaboré cet instrument diplomatique, des géog/aphes aussi nombreux que savants étaient pourtant attachés, mais comme dit un proverbe norvégien : « Plus il y a de cuisiniers pour faire la soupe, plus elle est mauvaise >>. Peut-être, il est vrai, les hauts plénipotentiaires n’ont-ils pas jugé à propos de faire appel au concours d’aussi minces collaborateurs pour la rédaction des stipulations territoriales.
- La carte jointe au traité de Saint-Germain est, comme celle du traité de Versailles, un report de la carte du monde au millionième dressée pendant la guerre par la Société de Géographie de Londres sous la direction de l’état-major britannique, sur lequel les stipulations du traité ont été portées en surcharge. Notons à ce propos qu’à la Reschen-Scheideck elle trace la nouvelle frontière à environ 5 km. au nord du pont sur lequel elle passe!
- Charles Rabot.
- MASSACRES D’OISEAUX
- J’ai exposé récemment (n° 2386) les incalculables services agricoles que nous rendent les oiseaux, en sus de leur intérêt scientifique et de leur charme. Je tracerai à pré-sent le honteux tableau de leur extermination par l’homme aveuglé, puis celui des effroyables désastres économiques résultant de cet odieux massacre. Je démontrerai ensuite qu’aucun succédané, ni les insectes carnivores, ni surtout les traitements artificiels, ne sauraient remplacer l’efficace et gratuit secours de notre avifaune, et enfin j’étudierai le problème, aujourd’hui primordial, de sa protection et de son repeuplement.
- Outre les hivers rigoureux, les passereaux comptent une foule d’ennemis naturels : éperviers,
- Fig. i.
- Gobe-mouches gris poursuivant une Piéride du chou.
- chats, écureuils, chiens errants, renards, serpents, belettes, etc. Or, l’homme, qui devrait faire pencher en faveur de ses auxiliaires ailés la balance de l’équilibre vital, conspire au contraire de tout son pouvoir à les exterminer.
- Les ornithologistes américains viennent d’ériger une stèle à la mémoire d’une dizaine d’espèces d’oiseaux entièrement anéanties « par des hommes civilisés ». Ils eussent pu ajouter : « soi-disant ». En Europe, on peut évaluer au quart le nombre des espèces éteintes, ou à peu près, depuis un siècle. Ce sont surtout les. échassiers, les palmipèdes et les passereaux humicoles qui figurent dans ce nécrologe. Les espèces jadis communes se raréfient. Ge
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- MASSACRES D’OISEAUX
- sont d’ordinaire les plus intéressantes et les plus utiles : traquets, épeiches, huppe, engoulevent, rossignol des murailles, bergeronnettes, etc. Le
- Fig. 2.
- Guêpes et mouches attaquant des Reines-Claude (*)
- découragement paralyse les éleveurs qui voudraient doter notre pays d’espèces nouvelles, ou réintroduire les anciennes. Un gamin à carabine ruinera le résultat d’années d’effort. Tel fut le cas en Franche-Comté pour la gelinotte, dans le Gard pour le guêpier. M. Xavier Raspail signale dans l’Oise 24 espèces éteintes depuis 1892, sur 42 qui fréquentaient son parc.
- À la honte de notre prétendue civilisation, partout où l’Européen pénètre, il s’acharne à exterminer les plus exquises créatures. Nous tuons en Algérie les cigognes qui nichaient en paix sur le toit de l’Arabe; l’Anglais a dépeuplé d’ibis les rives du Nil; l’Allemand, le Hollandais trafiquent des derniers oiseaux de Paradis; les colons italiens ont anéanti la moitié de l’avifaune argentine ; le merveilleux oiseau-lyre n’est plus qu’une légende australienne. L’Afrique, jusqu’alors inviolée, voit nos explorateurs et nos mercantis dépeupler ses forêts et ses lacs. Le mammifère n’est pas plus épargné que l’oiseau. Dans le récit d’un missionnaire, je lis que de pauvres nègres de Zanzibar vinrent supplier certains trafiquants d’épargner les bêtes de leurs forêts : « Pardon, dirent-ils, et pitié pour nos singes qui n’ont jamais fait de mal à personne, qui ne volent point, qui ne mangent que quelques fruits! Ils vont en famille boire à la rivière, et de peur de salir leur robe blanche sur la route, chacun relève la queue de celui qui le précède. » 0 nègres, qui exprimiez ainsi votre naïf enthousiasme de la nature, vous êtes les sauvages; et le Sicilien, massacreur d’hirondelles, est le civilisé ! Civilisés aussi, les snobs parisiens, leurs femmes aux toilettes éhontées, qui viennent corrompre les familles de pêcheurs, sur la côte bretonne, et dépeupler la mer de ses cormorans et de ses courlis!
- 1. Figures extraites du livre de M. A, Godard. Les oiseaux nécessaires à l'agriculture. Perrin^et G'®, éditeurs, Paris.
- A Dakar, les Européens massacraient jusqu’aux vautours, auxquels leur rôle hygiénique, seul obstacle à la peste, a valu le surnom de charognards. Il a fallu qu’en mars 1914 un décret de la métropole essayât d’arrêter ce carnage imbécile.
- On trouvera dans mon livre : Les Jardins-volières un tableau plus complet de ces exterminations, opprobre de la civilisation germano-latine. Après M. Faguet et M. Edmond Perrier, m’indignerai-je des modes scandaleuses qui dépeuplent de merles verts, de toucans, d’oiseaux-mouches, de rolliers, les forêts tropicales? Dans les Florides, au Congo, en Asie, on fusille sur leurs nids les aigrettes blanches. Sir Henry Berthoud nous renseigne sur les affreuses tortures infligées aux paradisiers pour les tuer sans gâter leur plumage.
- Le directeur de la puissante Ligue nord-américaine pour la protection des oiseaux (à laquelle la nôtre hélas! est réduite à mendier un secours), William Hornaday a publié les résultats d’une navrante enquête sur l’extermination mondiale de la faune ailée; le titre, plus optimiste (2), indique les moyens de réagir. Le pigeon voyageur américain que l’on dénombrait par milliards il y a cinquante ans, est classé désormais parmi les espèces éteintes.
- Le dégoût me saisit à la pensée d’esquisser les hécatombes en Europe, de redire les bergeronnettes massacrées « par tombereaux » dans les Landes, les villages italiens mobilisés pour la curée des pinsons migrateurs, les caisses de minuscules cinis expédiées d'Espagne dans nos départements du sud. Et c’est partout: en Sicile où le massacre des hirondelles constitue une industrie; dans les îles de la Baltique, où les pêcheurs se ruent à la tuerie des pluviers et des courlis.
- En France, l'abus de cette industrialisation agri-
- Fig. 3.
- Olives attaquées par la mouche de l'olivier (Dacus olex).
- cole, qui semble à nos législateurs et à beaucoup
- 1. Perrin, éditeur, 35, quai des Grands-Auguslins, Paris, VIe (4 fr.).
- 2. Wild Life conservation (New York, Zoological Society).
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- de nus agronomes le dernier mot du progrès, ne menace pas seulement de transformer en Sahara nos campagnes privées de sources et de saisons régulières par le déboisement et la suppression des étangs; cet abus contribue aussi, et puissamment, à la disparition des insectivores. La faucheuse mécanique, les poisons agricoles, le remplacement des baies touffues par des fds de fer, les sarclages multipliés enlèvent aux oiseaux beaucoup d’abris, les privent de nourriture hibernale, les intoxiquent ou détruisent leurs couvées. Dans les régions comme la Bretagne, où se sont perpétuées jusqu’ici les paisibles exploitations rurales d’autrefois, les passereaux abondent encore, et les ravages des insectes restent insignifiants, en même temps que le sol n’est pas épuisé par la culture intensive qui sacrifie l’avenir à un douteux bénéfice pour le présent.
- Mais la véritable cause de l’extinction de notre faune ailée, c’est ce braconnage éhonté, toléré par l’opinion et par les pouvoirs publics, et qui sévit, avec des procédés différents, sur la presque totalité de notre territoire. Fusil du petit chasseur, poste à feu, dénichage, collets, massacres nocturnes au filet ou au bâton, pantières, tirasses, lanterne à acétylène, noix vomique, une imagination infernale emploie tout pour exterminer les chanteurs de nos bois, ces êtres exquis dont toute l’existence se consume à protéger nos récoltes contre les pullulantes légions des insectes. La tuerie des pinsons dans le Nord, des alouettes, des bruants dans le Centre, s’ajoute aux honteux massacres d’hirondelles, de rossignols, de bergeronnettes, etc., dans tous nos départements du Midi.
- M. Duriez traçait récemment ce tableau du bra-
- Fig. 5.
- Tronc de pommier creusé par le cossus gâte-bois.
- connage dans le Sud-Est : « A Nice, il se vend des paniers, d’oiseaux, venant d’Italie et dénommés d’un façon variée. À Saint-Paul, village situé entre
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- Vence et Cagnes, les orangers et les oliviers sont malades, et les auteurs responsables sont les insectes
- Fig. 4. — Rameau de vigne attaqué par les Pyrales a, papillon ; b, chenille de la Pyrale de la vigne.
- que les oiseaux, et pour cause, ne dévorent plus. Chacun est plus ou moins chasseur ou piégeur, et comme le véritable gibier manque, on se rabat sur les petits oiseaux ; les citadins sont encore plus redoutables que les ruraux, ignorants qu’ils sont des intérêts de l’agriculture. En résumé, situation déplorable, sans oublier les méfaits des chats, qui détruisent, sur tout le littoral, les couvées qui avaient eu la chance inouïe d’être épargnées par le chasseur ».
- Dans le Centre, les traînées de collets en temps de neige détruisent, sous couleur d’alouettes, une multitude d’autres passereaux. Les tendeurs de ces collets prétendent, qu'appâtant avec des graines, ils ne capturent que des oiseaux nuisibles. Spécieux paradoxe! Si la plupart des insectivores émigrent, il nous reste néanmoins beaucoup de passereaux qui ne se rabattent sur les végétaux quà défaut d'insectes. Les bruants, l’alouette lulu, le pinson, les mésanges, qui détruisent, en été, des myriades d’altises, de charançons, de cochylis, sont capturés, en hiver, par bandes entières, lorsque l’on appâte avec certaines graines que plusieurs insectivores acceptent comme -pis-aller.
- Les ravages de la cochylis en Anjou tiennent surtout à l’extermination, par les collets, de l’alouette lulu, du bruant zizi, du linot et de divers autres grani-insectivores, qui nichaient dans les vignes et nourrissaient d’insectes leurs couvées.
- Sauf dans quelques chasses gardées, on ne tue guère les éperviers et autres rapaces diurnes, très nuisibles. En revanche presque partout, en France, on tue les rapaces nocturnes. J’ai vu une troupe de hiboux brachyotes, venue à la suite d’une inva-
- Ision de mulots, détruits jusqu’au dernier par des abrutis, très fiers de leur exploit.
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- Après de pareils actes de sau\agerie, exercés aussi contre les chouettes sédentaires, étonnez-vous que les campagnols ravagent les moissons !
- Depuis une cinquantaine d’années, la multiplication des permis de chasse et le braconnage de tonte sorte ont amené aussi la disparition progressive des autres oiseaux.
- Pour légitimer leur massacre, on les calomnie. Une revue s’indignait hier que l’on vendit, aux Halles de Paris, l’un de nos passereaux les plus utiles, le gobe-mouche gris, que dans le Midi on a grand soin d’appeler bec-figue, comme si deux ou trois figues picorées peut-être par cet oiseau pouvaient entrer en ligne de compte avec les millions de mouches, de papillons de cochylis, de moustiques et de punaises dont il nous débarrasse !
- Les Grecs, dont l’imagination personnifiait les forces cosmiques ou les attributs de la Providence, avaient divinisé en Némésis la vengeance spontanée des attentats contre la Nature. Nos monstrueuses hécatombes d’oiseaux reçoivent depuis un demi-siècle leur récompense.
- Vers 1860, le président Bonjean annonçait au Sénat tous les fléaux que la disparition des passereaux viticoles devait entraîner pour la vigne. La stupide destruction des pics-verts et autres grimpeurs a provoqué de même des désastres dans nos forêts. Nous voyons les campagnols ronger les sainfoins depuis que l’on a décimé hiboux et chouettes. Dans nos villes, le pullulement des moustiques coïncide avec la diminution des hirondelles.
- Les naturalistes ont rempli tout leur devoir en signalant les catastrophes qui résulteraient de l’extermination des oiseaux, dont une centaine d’espèces sont déjà anéanties en Europe. Ce n’est pas notre faule si les mesures nécessaires n’ont pas été prises pour enrayer ces destructions! Aujourd’hui, sans être prophète, on peut prédire la famine avant une dizaine d’années, car les insectivores ou les grani-insëctivores qui protégeaient nos moissons contre la cécydomie, le charançon, le taupin, la noctuelle, etc... sont menacés à leur tour.
- Déjà, au xvine siècle, Frédéric II, ayant fait exterminer les moineaux de Prusse, parce qu’il les avait vus manger ses cerises, avait dû en léimpor-ter d’autres, à la suite des désastres causés par les chenilles dans ses Etals.
- Les Etats-Unis it l’Australie ont renouvelé cette expérience. Aujourd’hui, en France, les invasions des petits rongeurs ajoutent leurs ravages aux dégâts dus aux insectes, que M. de la Sicotière estimait, en 1876, devant le Sénat, à une perte annuelle d'un müliay'd. Depuis lors ce chiffre s'est accru.
- « Il est d'observation constante, dit M. Magaud d’Aubusson, que le nombre des insectes augmente clans une région à mesure que décroît le nombre des oiseaux insectivores. Or, ceux-ci n’ont cessé de diminuer avec une rapidité désolante. Jadis les bois et les champs étaient peuplés d’oiséaux de
- toutes sortes, et surtout d’incomparables virtuoses; on peut maintenant parcourir les vallées et les plaines sur une vaste étendue sans entendre un seul chant d’oiseau. Ce silence présage la ruine des espérances du cultivateur; et en effet l’armée innombrable des insectes nuisibles accomplit son œuvre sournoise de destruction, sans que nulle force au monde puisse arrêter sa marche, car l’Oiseau, l’éliminateur puissant, a vu ses rangs s’éclaircir, tandis que la prodigieuse fécondité des insectes renouvelle sans cesse et sans obstacle leurs légions dévastatrices. Aucune des richesses agricoles de l’homme n’échappe à leurs atteintes : sa moisson, sa vendange, les fruits de ses vergers, l’herbe de ses prairies, les arbres de ses forêts. »
- Voici nos pépinières atteintes à leur tour. Les préfets ordonnent l’échenillage des baies. Mais la chenille des haies reste sur les haies, et celles du cerisier ou du pommier sur ces arbres.
- Les racines de toutes les légumineuses sont rongées par les courlilières; la bruche ne nous laisse des lentilles que l’enveloppe; une enquête sur les siliques du colza révèle que 236 grains sur 504 sont dévorés par divers insectes. La destruction des bergeronnettes livre les fraisiers aux noctuelles (ou vers gris.) Le ver blanc, les myriades de pucerons achèvent la dévastation de nos potagers, que ne [ rotègent plus le rouge-gorge, l’accenteur mouchet ou les fauvettes.
- « Celte année (1911), écrit un viticulteur cha-rentais, M. Nicolle, j’ai eu un pommier abîmé par le puceron lanigère. Au début de l’invasion j’ai, sans pouvoir y réussir, fait le possible pour l'arrêter. U y a deux mois environ, une fauvette à tête noire est venue faire son nid dans un poirier voisin. Elle a complètement débarrassé mon pommier de ses pucerons. Elle s’y tenait presque constamment. » Puissent méditer cet exemple les agriculteurs qui cherchent de vains remèdes à la dévastation de nos vergers par les chenilles! Le négril ravage nos luzernes; alouettes et farlouses dévorent le négril, mais tous hs engins sont employés pour exterminer ces passereaux.
- L’hylésine, lephlæotribe ont presque annihilé les récoltes d’olives dans les départements où l’on tue tout ce qui vole, jusqu’au troglodyte et au roitelet.
- Que n’a-t-on pas tenté contre les ravages du hanneton? Dans la propriété où se précisent mes observations, les hannetons ont cessé d’être un fléau depuis qu’y reparaissent sansonnets, grives, corneilles. Les petites chenilles se raréfient, la verdure renaît dans la proportion exacte où se multiplient mésanges, fauvettes et grimpeurs.
- Tout le jour, en toute saison, l’on voit dans nos campagnes le minuscule grimpereau gravir un tronc de la base à la cime, visiter chaque fente, happer un ver, une larve, puis voler avec un léger cri à un autre arbre où il recommence la même opération salutaire. Ce pur insectivore est l’un des plus indispensables protecteurs de nos futaies. On
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- ne l’en fusille pas moins dans certaines régions, et l’on s’étonne ensuite du dépérissement des arbres !
- M. A. Barbey, dans son Traité (Tentomologie forestière, écrit : a Le bupreste du chêne, attaquant surtout les branches exposées au soleil, donc celles qui sont placées en évidence, on a remarqué que certains oiseaux, les pics en particulier, perforaient les rameaux en voie de dépérissement pour tâcher de dénicher les larves. La protection des oiseaux insectivores est donc une mesure utile dans le cas présent. Malheureusement le bupreste du chêne étant surtout un parasite des chênaies du Midi, il ne faut pas trop compter sur la protection des oiseaux dans une région où l’on fait une guerre acharnée à tout ce qui vole ».
- Les hêtres de Fontainebleau ont éprouvé des ravages particulièrement intenses de la part d’un charançon de petite dimension, l’orcheste danseur, qui dessécha complètement un grand nombre d’arbres. En 1902 et durant les années suivantes, les hêtraies de plusieurs régions eurent à souffrir de l’invasion de ce dangereux coléoptère. La forêt d’Orléans, en 1902, fut dépouillée de sa frondaison sur une superficie d’environ 1100 hectares par les chenilles du bombyx disparate.
- N’accusons plus ici les Méridionaux, mais les forestiers et les propriétaires du Nord, et du Centre, assez ignorants de leurs intérêts pour détruire comme nuisibles les pics, les épeiches et les sittelles. Quand enseignera-t-on l’ornithologie économique dans les écoles forestières?
- L’hygiène est intéressée elle-même à la conservation du loriot, qui détruit la mouche charbonneuse, et des latirostres, nos uniques protecteurs contre les mouches et les moustiques, véhicules d’épidémies. Florent-Prévost a trouvé dans un estomac d’hirondelle 509 mouches, cousins, escarbots ou diptères.
- La disparition, complète dans certaines régions, des passereaux viticoles, les plus exposés au plomb du petit chasseur et aux intoxications par traitements chimiques, a produit les résultats suivants : en 1906 l’eudémis occasionne pour vingt millions
- de ravages dans la Gironde. La cochylis, les pyrales, l’hyponomeute, etc., ne sont pas moins redoutables.
- En août 1919, M. Léonard indique une moyenne de 85 chenilles pour 100 grappes dans un vignoble bordelais. La Bourgogne, où les oiseaux sont mieux respectés, est beaucoup plus indemne jusqu’ici. En Anjou, récolte du vin blanc totalement nulle sur les coteaux du Layon où la tirasse, la tapette, les petits chasseurs et le dénichage ont exterminé la faune ailée.
- On peut se passer devin, mais non de pain. Or la destruction des lulus, farlouses, traquets, coche-vis et bergeronnettes ne cause pas moins de désastres dans nos céréales, livrées aux attaques du taupin, du charançon, de l’oscine ravageuse, de la cécy-domie, etc., Le blé est rongé dans sa racine par le zabre bossu, puis les épis sont vidés par d’autres insectes. Le charançon et le ténébrion poursuivent jusqu’au grenier l’œuvre de mort. Ajoutez les ravages des mulots que réprimaient jadis hiboux et chouettes.
- M. Henri Kehrig, directeur de la Feuille vinicole de la Gironde, écrivait : « On ne va pas impunément à l’encontre des lois naturelles; tôt ou tard, quand l’équilibre des choses est rompu, elles se vengent, car tout se tient, tout s’enchaîne. C’est en vain que l’on cherche à endiguer le torrent déchaîné, il passe.
- « On s’ingénie à trouver des remèdes coûteux, et difficiles à appliquer, pour détruire les insectes parasites, et l’on néglige ce facteur : la protection de l’Oiseau. »
- Oui, nous courons aux pires et à d’imminents désastres, très probablement à la famine, sûrement à un continuel renchérissement des denrées, si l’opinion publique ne s’émeut pas sur la destruction des derniers oiseaux, si les pouvoirs publics la tolèrent encore, et s’obstinent à attendre le secours de traitements artificiels dont je démontrerai prochainement le coût effroyable et la fréquente inanité.
- André Godard.
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- LE SCIALYTIQUE, APPAREIL D’ECLAIRAGE SANS OMBRES PORTÉES
- Le scialytique, comme son nom l’indique (skia, ombre; luo, je dissous) est un appareil destiné à éclairer sans ombres portées. Son inventeur, M. le professeur L. Vérain, l’a étudié spécialement en vue des interventions chirurgicales.
- Les chirurgiens désirent tous disposer d’un éclairage intense, égal, éclairant le champ opératoire jusque dans ses moindres détails. Un grand nombre d’appareils ont déjà été imaginés dans ce but. L’éclairage indirect par de fortes lampes résoud le problème, mais d’une façon coûteuse. Les lampes à
- Surface sdairet,
- Fig. i. — Marche des rayons dans le scialytique.
- Etant donné que l’appareil comporte une cinquantaine de glaces réfléchissantes, on conçoit facilement que l’interposition d’un corps opaque entre un miroir et le champ opératoire voit son ombre neutralisée par les rayons réfléchis par tous les autres miroirs. Avec cet appareil on peut donc occuper n’importe quelle position au-dessus du champ opératoire, sans que l’éclairage de celui-ci en soit sensiblement diminué. L’optique deFresnel recueillant presque tous les rayons lumineux émis par la source, une lampe de 100 bougies suffit amplement pour ob-
- Fig. 2. — Le scialytique dans la salle d’opération.
- miroirs réfléchissants, portées par le chirurgien ou par un aide, sont toujours encombrantes.
- M. Yérain a trouvé une solution élégante par un appareil fixe éclairant sans ombres portées.
- Le principe de son appareil est fort simple. Une source lumineuse S (fig. 1), peu étendue, est placée au foyer d’une optique de révolution A, optique de Fresnel telle que celle des phares, c’est-à-dire à échelons pour lui donner une ouverture notable sans trop augmenter son poids. Les rayons lumineux sont ainsi condensés en une nappe lumineuse très intense comprise entre deux plans sensiblement parallèles PP'. Autour de l’optique, sur un cône admettant le même axe, sont placés une cinquantaine de miroirs trapézoïdaux M, M, qui renvoient la lumière vers le bas, en une tache lumineuse éclairant fortement le champ opératoire.
- tenir un éclairage parfait. A aucun moment le chirurgien ou ses aides ne peuvent voir la source lumineuse, leur accommodation n’est donc jamais troublée.
- L’appareil peut recevoir des formes et des dimi n-sions différentes suivant le but auquel on le destine. Grâce à sa suspension parfaitement équilibrée, il est aisément orientable dans toutes les directions (fig. 2).
- La lampe est introduite par un artifice à la partie supérieure de l’appareil et soutenue par une tige traversant le bouchon de cet orifice. Un réglage à coulisse permet la mise en place de la lampe au point précis qui donne la plus grande intensité de lumière. Tout l’appareil peut être incliné dans n’importe quel sens au moyen de poignées en métal nickelé stérilisables, que le chirurgien ou son aide peuvent donc manipuler au cours de l’intervention. A. Breton.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahtjre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE.
- A LA FRONTIERE DES INDES
- 24 JANVIER 1920
- L’Hindou-Kouch, qui forme la frontière Nord-Ouest de l'Inde, est l’un des massifs montagneux les plus formidables de la terre. Ses sommets granitiques atteignent des altitudes de 6000 m., et bon nombre de ses vallées supérieures n’ont jamais été explo-lées par des voyageurs européens.
- C’est dire que son ethnographie est fort imparfaitement connue.
- Elle est, d’ailleurs, assez compliquée, autant qu’on puisse en juger par les rai res relations scientifiques publiées sur cette région, et dont la plupart ont pour auteurs des
- officiers ou fonc- Fig. i.
- tionnaires anglo-indiens, chefs ou membres d’expéditions militaires organisées pour punir les tribus montagnardes, après leurs sanglantes razzias dans les plaines avoisinantes.
- Depuis un demi-siècle, il ne se passe pas d’année que l’Angleterre n’ait à soutenir ou à entreprendre une guerre dans ce massif. L’année 1919 n’a pas fait exception à la règle. Afridis,
- Machouds, Moh-mands, excités par des émissaires afghans, ou même, croit-on, par des Tureo-mans bolcheviks, ont attaqué les postes anglo-indiens et causé maints dommages aux populations de la frontière.
- C’est pour en finir avec cette guerre perpétuelle, et aussi pour assurer sa pénétration en Afghanistan, que le Gouvernement des Soviets menace de lancer contre les Indes, que l’Angleterre a commencé des travaux considérables dans la fameuse Passe de Khyber, qui est la principale porte des Indes vers l’Ouest.
- Une armée de coolies militarisés y construit une route cariossable. Pour faciliter le transport des
- marchandises et du matériel de guerre, on construit actuellement le long de la passe, entre le terminus du chemin de fer de Péchawar et la frontière, un wire ropewai/, va et vient aérien.
- On a justement parlé de la région caucasique
- comme d’une véritable macédoine de races, chaque vague d’invasion asiatique qui déferlait sur ce rempart de l’Europe y ayant déposé quelques éléments ethniques. La même remarque s’applique au massif de l’Hin-dou-Kouch, rempart de 1 Inde contre l’Asie Cen-trale.
- Les innombrables invasions qui, depuis la préhistoire, se sont ruées à la conquête des fertiles plaines de l’Indus et du Gange, ne pouvaient franchir cette formidable barrière que par deux ou trois routes naturelles : celles des passes de Khyber et de Kurram, qui débouchent sur l’Afghanistan, et celle de la passe de Tochi, qui n’est utilisable que pour des piétons.
- On retrouve, dans les hautes vallées qui avoir-sinent ces passes, des races très variées qui représentent les vagues successives de l’invasion. Certaines tribus font remonter leur origine à l’invasion grecque : elles auraient pour ancêtres des soldats d’Alexandre le Grand, et des ethnographes avertis ont retrouvé chez elles des vestiges de culture hellénique.
- D’autres seraient issues des Israélites expatriés en Mésopotamie, qui, cherchant à secouer le joug de leurs maîtres, se seraient enfuis vers l’Est. Cette prétention trouve un argument dans les écrits du Prophète Esdras, qui expose que les dix tribus exilées se réfugièrent dans le pays d’Arsareh, qui
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- lin village Pathan, dans la Khyber Pass.
- 48* Année. — 1er Semestre-
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- A LA FRONTIERE DES INDES
- pourrait être le Hazarah, nom afghan d’une région de l’Hindou-Kouch.
- Enfin, d’après leurs traditions orales, certaines tribus afghanes seraient originaires de Syrie, d’où Nabuehodonosor aurait transporté en masse leurs turbulents ancêtres dans les parties les plus reculées de la Médie et de la Perse.
- Des éléments mongoloïdes empruntèrent également les routes historiques de l'Hindou-Kouch, •chassés de leurs hauts plateaux par quelque grande poussée de peuples. On retrouve leurs traces et leurs caractéristiques crâniennes chez de petites peuplades montagnardes.
- Mais la plus grande des invasions historiques fut celle des Aryens, cette race supérieure et prolifique, originaire, croit-on, deBactriane, qui soumit, écarta ou détruisit les autres races, et, de siècle en siècle, finit par conqué-rirl’Inde,peuplée de mongoloïdes et de négroïdes.
- Les Aryens s’établirent fortement dans l’Hindou-Kouch, mais sans réussir à en expulser les aborigènes, que l’on retrouve encore dans des vallées inaccessibh s, races inférieures, à peau noire, que l’on englobe dans la dénomination de Dravidiens.
- D’autres races à peau blanche ou bronzée, celles des Balochs et des Brahuis, que l’on croit être originaires du Turkestan, envahirent plus tard la vallée de l’Indus par les passes du Sud-Ouest, celles du Nord-Ouest étant barrées par les Aryens.
- La situation ethnique était déjà fort compliquée, comme on le voit, quand se produisit la poussée islamique. Les Aryens fixés en Afghanistan Oriental refusèrent, pour la plupart, d’embrasser la nouvelle religion, et se réfugièrent dans les hautes vallées de l’Indou-Kouch, principalement dans le Kafiristan (le pays des Infidèles), où ils se mélangèrent plus ou moins aux autochtones à peau noire et à nez aplati, d’où la formation de nombreuses sous-races.
- Il est d’autant moins facile de décrire scientifiquement cette macédoine ethnique, que la linguistique ne fait qu’embrouiller davantage la situation. Par exemple, les Ghilzaïs, fort nombreux au Sud de la Passe de Khyber, sont considérés comme des Afghans, dont ils ont adopté la langue et la religion, alors qu’ils sont de pure race turque.
- D’autre part, comme nous l’indiquions plus haut,
- ce coin de l’Asie est au moins aussi fermé à l’exploration que l’était le Thibet, il y a une dizaine d’années. Au Nord de la vallée de Péchawar, s’étend une vaste région, occupée par des tribus belliqueuses, où la pénétration est une impossibilité. Nous tn dirons autant du Kafiristan, où les deux seuls \oyageurs qui ont pu le visiter, et fort partiellement, ont rencontré des traces matérielles de culture grecque.
- Nous suivrons donc l’exemple des ethnographes anglo-indiens, qui englobent sous le nom de Pathans les tribus occupant la frontière Nord-Ouest des Indes, en rappelant qu’elles forment un groupe, et non une race, qu’elles parlent des langues très différentes, et qu’elles n’ont d’autre lien que la religion, lien d'ailleurs assez lâche, puisque plusieurs
- de ces tribus montagnardes sont musulmanes en apparence, et idolâtres en réalité.
- La tribu-type est celle des Afri-dis, le II au de cette partie de l'Inde. Ils formaient une nation puissante et prospère, au temps où ils adoraient le feu sacré et pratiquaient les principes de Zoroastre. Ils obéissaient alors à un chef unique, ou roi.
- Fut-ce leur conversion à l’islamisme qui disloqua leur vie nationale? Ils s’éparpillèrent en autant de tribus indépendantes qu’il y avait de vallées dans leur pays, et l’anarchie devint leur principe de gouvernement. Quand ils n’organisaient pas d’expéditions contre leurs voisins, c’était entre eux qu’ils se battaient.
- On évalue actuellement leur nombreà 300000 âmes. Si la nation a dégénéré, le physique de la race est resté intact. Ce sont de superbes hommes, hauts de taille, bien découplés, aux traits fins, qu’encadrent des cheveux qui ruissellent jusqu’aux épaules.
- Leur réputation de tireurs est justifiée. Dès l’enfance, ils apprennent à manier la carabine, et le tir est leur sport national. Tant qu’ils ne disposaient que d’armes fabriquées par des arquebusiers indigènes, leurs fréquentes rebellions ne tiraient guère à conséquence.
- Mais, depuis une quinzaine d’années, ils ont pu se procurer des fusils à longue portée, de fabrication européenne, qui ont fait de ces merveilleux I tireurs des ennemis redoutables.
- Fig. 3. — L’entrée de la Khyber Pass ; caravane de chameaux, mulets et poneys; à gauche, le transporteur aérien en construction.
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- Ils les obtiennent par l’intermédiaire de contrebandiers afghans qui vont en prendre livraison sur quel [ue plage déserte du golfe Persiqne, où les caisses sont débarquées par des voilières arabes, malgré l’active surveillance des navires de guerre britanniques.
- Ces astucieux montagnards ont, d’ailleurs, plus d’une ruse dans leur sac. Comme d’autres tribus de même race et de même langue ont accepté depuis longtemps la suzeraineté anglaise, et que leurs hommes sont admis comme volontaires dans les régiments indigènes, les Àfridis, cachant leur véritable origine, contractent un engagement — et désertent à la première occasion avec armes et bagages.
- Ils sont toujours prêtscà risquer leur liberléou leur vie pour se procurer un fusil de bonne marque, un Enfield, un Snider, un Martini-Ib nri, fusils ou carabines d’ordonnance. Ils excellent à se faufiler en plein jour dans une caserne de Péchawar ou de toute autre ville-frontière, en mettant à profit la relève d’un régiment européen ou indigène, et s’esquivent avec une ou plusieurs armes dissimulées sous leurs hardes llollantes.
- Leur code de moralité se borne à trois obligations : le droit d'asile, qui leur fait une loi d’accueillir et de protéger même leur ennemi mortel qui frappe à leur porte en suppliant; l’hospitalité offerte à tout venant ; la vendetta, à la manière corse.
- Voleurs et assassins, ils sont aussi parjures, et ne se croient pas liés par les serments les plus solennels. Les liens du sang eux-mêmes ne comptent pas pour eux, ainsi que l’exprime un de leurs proverbes : « Aide un cousin pauvre, mais sers-t’en. Quand il est petit, joue avec lui. Quand il a grandi, attaque-le ».
- L’Afridi professe un islamisme très conventionnel, auquel il mélange un vieux restant de croyances aux superstitions bouddhistes. Il rend un culte à des génies protecteurs. Et il viole ouvertement la loi du Coran en buvant du vin fermenté. Les femmes se montrent à visage découvert.
- Tous les villages àfridis sont situés dans des vallées inaccessibles. Ils sont formés de groupes compacts de maisons, encerclé chacun par une
- Fig.'4. — La construction d’un transporteur.
- Fig. 5. — Un pont métallique dans les passes.
- haute muraille crénelée. Chaque enceinte est flanquée d’une tour élevée, ronde ou carrée, qui sert de suprême refuge aux défenseurs, quand ils ne peuvent plus tenir derrière la muraille. Pour grimper au sommet, les Àfridis emploient des chevilles de bois mobiles, qu’ils retirent de leurs trous au cours de l’ascension. .
- Jusqu’en ces derniers temps, les expéditions pu-nitives organisées contre ces écumeurs de la frontière nécessitaient le déploiement de forces considérables. Avant d’atteindre les villages coupables, les colonnes étaient décimées par les centaines de tireurs d’élite embusqués au passage des défilés.
- Après une marche épuisante par des sentiers impassables, l’expédition trouvait le village abandonné. Les tours étaient détruites à la dynamite, et la colonne rebroussait chemin pour repasser par ces défilés où d'invisibles et insaisissables ennemis la décimaient à nouveau.
- Les indomptables montagnards reprenaient possession de leur village, relevaient leurs tours, recommençaient à razzier les tribus de leur race, soumises au Gouvernement Anglo-Indien. Et c’était à recommencer, tous les deux ou trois ans.
- Depuis le printemps dernier, l’Angleterre emploie plusieurs de ses escadrilles à cette interminable guerre de montagne. Ce sont maintenant les aviateurs qui vont bom-
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- barder les villages rebelles. Au début de novembre 1919, la tribu des Machouds, proche parente des Afridis, et leur voisine, attaquait à l’improviste une colonne en marche et s’emparait de plusieurs postes. L’apparition de six avions de bombardement, étranges oiseaux que ces sauvages aperce-, vaient pour la première fois, suffit à calmer leur ardeur belliqueuse. Ils dépêchèrent leurs chefs pour implorer la paix, et livrèrent, sans discuter, le tribut de bétail qu’on leur imposa.
- Il faut rendre cet hommage à nos Alliés et amis qu’ils conduisent cette interminable guerre de frontière aussi humainement que possible. Imaginez à leur place des Allemands : ils auraient exterminé depuis longtemps toutes ces tribus belliqueuses, comme ils le firent des Herreros et des Hottentots de leur colonie africaine.
- En 1915, quand il dut punir une autre tribu de Patlians, celle des Mohmands, le Gouvernement des Indes prit le parti, pour éviter l’effusion du sang, d’organiser le blocus des rebelles. Une barrière de fils de fer barbelés, flanquée de block-houses espacés de 110 à 150 m., et longue ,de plusieurs centaines de kilomètres, fut élevée autour du territoire des rebelles, qui ne tardèrent pas à se soumettre.
- Il faut souhaiter, au nom de la science, que l’Angleterre vienne enfin à bout de ces peuplades indomptables, et qu’on puisse étudier sans danger cette région de l’Hindou-Kouch et du Kafiristan, qui réserve de très importantes découvertes à l’ethnographe, comme à l’archéologue et à l’historien.
- Y. Foiibi.w
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- Le quinzième Salon de l’Automobile a été une manifestation de transition destinée au client d’après-guerre ; on a même pu dire à juste titre qu’il était le « Salon des nouveaux-riches » : Au Grand Palais fleurissaient les grosses voitures, jouant plus ou moins à la Rolls-Royce bien connue; les 8 et les 12 cylindres remplissaient de leurs descriptions les colonnes des journaux. Certains créateurs de voitures légères de premier ordre n’osaient pas aborder la grande série, pour diminuer le prix de revient et les mettre le plus tôt possible à la portée de tous; d’autres, au contraire, abordaient résolument la question, mais on voyait avec peine les prix d’avant-salon avoir une tendance à la hausse pendant celui-ci pour venir ensuite déliasser la proportion normale sur laquelle on était en droit de compter après les promesses de l’été 1919.
- Dans ces conditions, une tendance générale s’est établie chez les constructeurs, de consacrer cette période d’incertitude à une production limitée de voitures de grand luxe. On comprendra, à vrai dire, un peu cet état d’âme, mais la majorité du public n’y trouvait pas son compte et il eut fallu souvent considérer que l’automobile, pendant la crise de transport et des trains omnibus avec correspondance inexistante, devenait une nécessité sociale, non de luxe, mais d’affaires.
- On peut donc se demander a priori pourquoi dans cette difficile progression du véhicule normal (ni réaction, ni révolution) la presse technique a si peu encouragé les efforts de ceux qui se sont attachés au difficile problème du petit véhicule utilitaire.
- L’industrie de la motocyclette, il est vrai, a présenté des modèles nouveaux, pas toujours d'un prix démocratique, mais d’une commodité d’utilisation incontestable. La récente manifestation du salon
- anglais et les preuves du développement américain dont l’exemple des armées du général Pershing a fait ressortir des adaptations innombrables chez nos alliés, permettent de se poser la question : pourquoi le développement français du motocycle n’a-t-il pas suivi, pendant la guerre, celui des Anglais et des Américains?
- Plusieurs raisons en sont la cause :
- Chez nous, les voitures de réquisition ont fourni un nombre respectable de spécimens aux états-majors. Nous avions de plus ces voitures surplace, dans toutes les régions de la France, et pendant longtemps il a suffi de puiser, malheureusement sans méthode préalable, dans les ressources nationales de voitures pour satisfaire dans un minimum de temps, tous les besoins urgents et, on l’assure du moins, toutes les fantaisies des états-majors.
- Chez nos alliés, au contraire, il fallait importer, et importer coûte que coûte, puisque d’une part nos fabriques de motocycles suffisaient à peine aux demandes militaires étant utilisées dans une très grande proportion par la fabrication des obus; que, d’autre part, l’importation était d’autant plus difficile que les voitures de tourisme occupaient une place dans les bateaux vingt fois plus importante que les légères motocyclettes qu’on emballait si facilement pour les loger, soit à fond de cale, soit dans les entreponts qui ne pouvaient guère accepter d’autres véhicules que ces engins légers et peu encombrants.
- On a donc vu se produire ce paradoxe des armées françaises utilisant le stock des importateurs, tandis que nos alliés pouvaient donner à l’emploi de leurs motocyclettes un développement, au point de vue militaire, nettement plus important que le nôtre. J’ai donc pensé que nos lecteurs aimeraient à se faire une juste idée de l’état d’avancement de Fin-, dustrie des motocycles en mettant en parallèle nos
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- systèmes dont l’adjonction du side-car a si complètement multiplié les emplois, avec ceux adoptés par les fabricants alliés de cycle-cars qui se confondent presque avec la voiturette, pour arriver dans l’évolution technique à la fabrication de la petite voiture.
- Une observation, bien symptomatique résulte de la lecture de notre important confrère l'Auto lorsqu’il a posé à ses lecteurs, et que ceux-ci y ont répondu avec beaucoup de discerne ment du reste, la question suivante :
- « Qu’est-cc que vous désireriez avoir comme cycle-car » 7
- On a vu ces lecteurs indiquer les tendances destinées soit à perfectionner ce qui existait avant la guerre, soit aussi à utiliser des idées nouvel les sur la valeur desquelles il est difficile en tout cas de se prononcer.
- Les motocyclettes exposées au quinzième Salon de l’Automobile ont présenté des dispositifs très variés de moteur et de transmission. Le public avait, avant la guerre, l’habitude de considérer la motocyclette comme un cadre, plus solide, il est vrai, que le cycle, entre les tubes duquel on plaçait un moteur à ailette à un cylindre vertical ou à deux cylindres en V, attaquant la roue d'arrière par une simple courroie.
- Cette routine n’a pas survécu à la guerre.
- L’une des plus anciennes des firmes qui ont travaillé la question a adopté résolument le moteur horizontal; les constructeurs de Grenoble, Magnal-
- permet d’attaquer la courroie que l’on fait maintenant exclusivement en caoutchouc (fig. 1).
- Peugeot est resté fidèle à son moteur à ailettes
- Fig. 2. — Bloc Ballot.
- Debon, ont en effet un moteur horizontal à cylindres opposés, à refroidissement par ailette, dont le carter inférieur contient une boîte.à deux vitesses qui
- Fig. — La motocyclette Magnat-Debon.
- en V, mais sa transmission a été améliorée par une courte chaîne qui transmet le mouvement à une boite de vitesse, simplifiée du reste, qui attaque à son tour la courroie proprement dite.
- 11 en est de même des motocyclettes Georges Lévy, à cela près qu’on y est partisan du remplacement de la courroie par une chaîne.
- A coté de ces modèles devenus classiques, nous trouvons Douglas qui depuis longtemps déjà compose sa machine avec son moteur à 2 cylindres opposés et sa transmission par chaîne, boîte de vitesse et courroie décrite ci-dessus.
- Nos constructeurs ne sont pas encore complètement fixés sur le mode de standardisation qu’il convient d’adopter pour l’ensemble général de la motocyclette.
- C’est ABC qui dispose le moteur à cylindres opposés, non plus dans l’axe longitudinal de la machine comme Douglas ou Magnat-Debon, mais dans une situation perpendiculaire avec l’adjonction d’un embrayage, d’une boîte à 4 vitesses et dont une chaîne forme le dernier élément de la transmission.
- C’est Janoir qui utilise le moteur horizontal avec un dispositif de transmission différent;
- C’est Blériot dont les deux cylindres sont verticaux et parallèles avec une boîte à deux vitesses formant bloc, et la transmission par courroie.
- C’est enfin Alcyon qui a un dispositif analogue, mais avec un monocylindre Ballot; ce dernier est entré résolument dans la voie du « deux temps » dont la construction n’a jamais été suivie en France, comme celle que nous promet aujourd’hui le recordman de vitesse d’Indianapolis et le grimpeur de côte de Gaillon. Le bloc moteur Ballot et son adaptation sur quelques types de motocyclette méritent une mention spéciale et les photographies (fig. 2, 3, 4) permettent de comprendre le dispositif du groupement de ses organes et son mode
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- Fig. 3. — Bloc Ballot.
- d’aftache sur Je cadre de la motocyclette.
- Si de la description générale des machines, on passe aux détails d’exécution, nombreuses sont les innovations intéressantes : les suspensions ont été beaucoup mieux étudiées qu’avant guerre ; non seulement toutes les fourches avant sont élastiques, mais souvent la selle est suspendue. Dans la Georges Lévy, la selle porte une double suspension par un ressort à lame vers l’avant, s’appuyant sur une articulation du cadre, et vers l’arrière par des ressorts à boudins spéciaux permettant un réglage combiné qui donne un confort tout particulier. Dans la Motosacoche, la selle et les marchepieds, sont solidaires et cet ensemble mobile est équilibré par un puissant ressort à boudin; les chocs de la roule et le poids du motocycliste sont répartis entre la selle et les repose-pieds au moyen de deux parallélogrammes qui amortissent l’amplitude du mouvement. Dans la moto A. B. C., son constructeur la Socilété Gnome et Rhône , n’a pas hésité à employer les ressorts à lames horizontaux, à lame maîtresse unique fixée d’une part au cadre et de l’autre solidaire de la roue, les contre-caisses alternant au-dessus et au-dessous de la lame maîtresse, pour permettre de réaliser un système statique tel que le mouvement llécbissantestnul en son milieu.
- Les freins ont été si longtemps imparfaits que ceux qui tenaient quelque peu à leur peau devaient s’abstenir de descendre en montagne des côtes un peu longues, sous peine de n’ën sortir qu’après la fâcheuse bûche ; j’ai pour ma part quelques mauvais souvenirs à ce sujet de la motocyclette Werner, avec son moteur accroché sur la fourche avant,
- qui faisait penser à un trépidateur dont on ne pouvait se détacher que par une rotation un peu trop intempestive autour de son axe. Il n’en est plus maintenant ainsi, et dès que les constructeurs ont ressenti le besoin de vendre des motocyclettes véritablement utilitaires, ils ont résolu élégamment le problème des freins ; on trouve aujourd hui sur les machines de 1920 des freins à serrage intérieur par segments extensibles. Certains sont munis de ces garnitures en Ferrodo qui sont une des trouvailles de la construction automobile. A. B. C. a des freins ainsi perfectionnés aux deux roues, G. L. à la roue arrière seul» ment, mais ce sont des dispositifs qui permettent d’assurer la sécurité du motocycliste dans des conditions réelles de bon fonctionnement.
- Un des graves inconvénients de la motocyclette d’autrefois était l’impédimenta du changement de pneumatique lorsqu’il fallait faire passer la chambre à travers le buisson épineux des pièces métalliques de l’arrière d’une motocyclette. Le mieux qui pouvait vous arriver était de vous couvrir les bras de boue ou de poussière quand cette opération, encore trop fréquente, hélas ! vous survenait en pleine route. La roue démontable a résolu celte difficulté et les fabricants de side-cars n’ont pas tardé à trouver un logement relativement pratique à ce si utile accessoire. Il en découle que les trois roues du side-car et de la motocyclette sont interchangeables, la quatrième étant toujours prête à remplacer celle qui aurait caressé un peu trop galamment les aspérités de la route; à l’heure actuelle, un écrou à oredle à dévisser la roue dont le pneu est hors d’usage se détache sans acrobaties de la machine soutenue par la fourche ad hoc.
- Fig. 4. — Bloc Ballot.
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- Enfin qui ne se souvient de la gymnastique que devait faire le motocycliste pour laneer son moteur en poussant sa machine et en faisant de la voltige pour se mettre en selle ; les « vieux » repoussaient avec horreur cette acrobatie. De nombreux constructeurs ont résolu le problème par un petit lanceur au pied que l’on a dénommé Kick-Starter; notre grande firme nationale, j’ai nommé Peugeot, m’a communiqué un dessin de cet appareil qui donne d’excellents résultats (fig. 6) ; le coup de piei agit sur un rochet qui permet ainsi de lancer le moteur en ayant mis au préalable le changement de vitesse au point mort; il permet de régler la carburation et le point d’allumage avant de se lancer sur la route.
- Il n’est pas jusqu’au pot d’échappement qui n’ait
- la prétention de devenir un véritable :-ilencieux et de rendre ainsi le passage de la motocyclette presque agréable pour les riverains des routes.
- D’une façon générale, le gros progrès de la construction de la motocyclette actuelle est l’adoption presque générale du bloc-moteur qui permet le réglage très exact, le graissage assuré et la protection contre la poussière de tous les organes mécaniques ; dans cet ordre d’idées le bloc moteur Ballot donne avec les dispositifs de Blériot et d’A. B. G., les réalisations les plus intéressantes du quinzième Salon de l’Automobile.
- Le cycl,e-càr est l’adaptation du système de construction des motocychs, à une capacité plus importante de transport et à une commodité plus grande d’utilisation.
- En France, le vainqueur du Grand Prix de 1915 a réalisé ces desiderata, mais il est arrivé trop tard paraît-il, pour nous les faire essayer au Salon ; la Bédélia a inspiré d’autres constructeurs et j'ai vu avec plaisir se développer les petits véhicules à
- Fig. b.
- La motocyclette A.B.C. Vue du côté opposé à la chaîne.
- deux places, à centre de gravité surbaissé, facilement logeables et petits consommateurs d’essence.
- La disposition des sièges varie suivant les modèles; le Morgan et le Cyclauto sont des véhicules à trois roues à sièges côte à côte; le premier a une roue motrice unique à Barrière et deux roues directrices; le second une roue directrice à l’avant montée sur une fourche de motocyclette et les deux roues motrices à l’arrière. Les dispositifs de transmission découlent du système adopté. Le moteur Bilemps du Cyclauto, à deux cylindres verticaux (75x75) avec circulation d’eau et radiateur, attaque par une chaîne garantie la boîte de vitesse à système planétaire et deux courroies trapézoïdales complètent la transmission. La suspension arrière par ressorts à lames assure une grande douceur de roulement.
- Morgan est resté fidèle aux chaînes ; sa transmission comporte un arbre longitudinal partant du moteur en Y placé à l’avant et deux chaînes mises en action, alternativement, pour constituer les deux vitesses II a donné des’ preuves de sa robustesse en gagnant, il y a quelques années, la catégorie des véhicules à trois roues dans le grand prix de l’A. C. F.
- Le Cycle-car G. N., d’origine anglaise, mais construit par Salmson, utilise un système à 4 chaînes donnant trois vitesses avant et une arrière; son dispositif à deux places côte à côte légèrement décalées paraît avoir en Angleterre un très vif succès.
- Dans la voiturette Sky, la construction comporte
- ktg- 7-
- La motocyclette A.B.C. Vue du côté chaîne.
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- LA GUERRE NAVALE EN 1919
- Fig. 8. — La motocyclette Blériot.
- un châssis en frêne sur lequel la carrosserie est suspendue; son moteur Bitemps monocylindrique à refroidissement par l’air agit par un changement de vitesse à friction et une chaîne sur les roues arrière.
- Le cycle-car Ajams comprend, au contraire, un moteur en V à refroidissement d’eau, un embrayage cône-cuir, une transmission longitudinale à cardan, et un essieu arrière sans différentiel ; la [construction du châssis, qui sert d’ossature à la carrosserie, est le triomphe du tube soudé à l’autogène.
- Que reste-t-il à souhaiter pour voir se développer en France ces petits véhicules démocratiques et populaires? Il faudrait d’abord que le goût du public s’y porte plus qu’il ne s’y est porté. Actuellement notre public a une méfiance des transmissions à friction et de l’attaque des 'roues par courroies. Je crois, pour ma part, que cette méfiance est irraisonnée, le problème des courroies notamment devrait être résolu par les expériences techniques que le laboratoire de l’Automobile Club de France a décidé récemment de poursuivre d’une façon scientifique. C’est un dispositif économique et dont, pour ma part, je n’ai jamais eu à blâmer les résultats.
- Les systèmes de changement de vitesse par friction sont plus délicats à réaliser, mais l’absence d’engrenages ou de pignons de chaînes donne une économie de construction et une facilité de conduite qui s’adapte bien au rôle que doivent remplir ces petits véhicules.
- Enfin, il faut’demander pour leur développement et leur réussite, que nos bonnes routes de France retrouvent leur splendeur d’avant-guerre. Les Cycle-cars fonctionnent sans dommage pour la chaussée même aux grandes allures; ils se glissent facilement dans les endroits encombrés ; leur suspension doit être suffisamment soignée pour que les réactions de la route ne portent dommage ni au mécanisme ni aux voyageurs. Le public seul déci-
- Fig. g. —Le châssis tubulaire de la voiturette Ajams.
- dera de la valeur économique de ces véhicules légers, maniables et de construction bon marché.
- Lucien Périsse.
- Ingénieur ries Arts et Manufactures.
- LA GUERRE NAVALE EN 1919
- Les Bolchevistes de Cronstadt.
- 1
- Le 28 août 1919, dans l’obscurité de la nuit, entre deux et trois heures du matin, un essaim de canots à moteur britanniques pénétra audacieusement au cœur de la forteresse de Cronstadt; il y torpilla une escadre dont la destruction s’imposait pour la sécurité de la Baltique. L’affaire, au sujet de laquelle le Times seul a publié quelques .détails, a été à peine mentionnée dans les journaux de France. Elle mérite mieux ; elle fait grand honneur à nos excellents alliés, Elle est le dernier épisode bavai de la grande guerre.
- A la vérité, les navires torpillés le 28 août n’arboraient point le myillon germanique, ils étaient bolchevistes. Peu'itiifiorte ' le pavillon. Boches, bochewitchs ou bolchevistes, c’est tout un. Lénine, agent avoué du Kaiser, chargé par lui d’infuser le
- virus du marxisme intégral et de dresser ainsi le gouvernement des Soviets contre la république des Zemtswoset de la Douma, est toujours, après comme avant le traité de Brest-Litovsk, le serviteur fidèle de la Germanie. Il a été, et il reste l’Enver-Pacha de la Russie.
- L’embochage de la Russie n’a d’ailleurs rien de comparable à celui de la Turquie organisé par une faction militaire toute puissante. En Russie, l’élément militaire a été fidèle à la patrie, fidèle au devoir envers ses alliés. Nous voyons la Russie loyale se défendre partout. À Cronstadt même, un simple étudiant, par le seul ascendant de sa parole, a pu tenir tête quelque temps aux missionnaires des Soviets. L’élément bolcheviste était sur la Hotte, dans les équipages de la flotte.
- Dans Cronstadt, l’escadre tombée aux mains de nos ennemis comprenait les deux cuirassés Pelro-
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- Fig. i. — Cronstadt et ses abords.
- pavlosk et Andrei-Pervozvanni et le croiseur Rur'ik disposé en navire dépôt pour les sous-marins. Les données principales de ces bâtiments sont :
- Dépla- cement. Vi- tesse. Armement.
- tonnes. n. mm mm mm
- Petropavlosk.... 23,000 23 XII 305 XVI 120
- Andrei-Pervozvanni. 17.400 18 IV 305 XIV 203 XII120
- Punk 15.170 21 IV 254 VIII 203 XX 120
- Ajoutons les croiseurs Pamyat-Azov et Oleg, de
- 6675 tonnes, 25 nœuds, et l’éclaireur Novik, plus trois ou cinq sous-marins, autant de grands torpilleurs d’escadre et autant de petits torpilleurs. Cette force constituait une menace redoutable pour les dragueurs de mines des alliés, qui travaillaient au dégagement des passes en vue du futur ravitaillement de Pétrograd. Elle inquiétait également les armées lettones et esthoniennes qui opéraient contre les contingents germaniques, soi-disant composés de volontaires.
- Cronstadt offrait aux Bolcbevistes un repaire à peu près impossible à réduire par une attaque de vive
- Canon Lems dm.bf*
- S?oT TÜ
- O O O O
- O O O O
- Fig. 2 et 3. — Plan, coupe et élévation du C. M, B. de 55 pieds.
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- force. L’îlot ferme, en effet, le fond du golfe de Finlande, qui n’e-t qu’un vaste bas-fond. Le port, ouvert du côté sud, où l’eau est profonde, est accessible du côté ouest par un étroit chenal dragué à 9 m. ; il communique à l’est avec l’embouchure de la Né va par le prolongement de ce chenal dragué à 7 m. 90. C’est la passe sud, le long de laquelle tout navire faisant route vers Pefrograd passe littéralement sous le canon de la forteresse, sans pouvoir bombarder à distance.
- Entre l’îlot et la côte de Courlande, règne le banc d’Oranienbourg, où la profondeur ne dépasse nulle part 2 m. 70 et descend par endroits à 0 m. 60, même dans le voisinage du chenal.
- Au nord, vers la Finlande, il y a plus d’eau. La ligne des fonds de 5 m. n’est pas très éloignée de la côte. Au large de cette ligne les fonds atteignent 7 m. en certains endroits; mais des navires de plus de 4 m. de tirant d’eau ne pourraient guère tourner Cronstadt. Le nom donné à « la passe du nord » est trop prétentieux. De simples embarcations calant 1 m. et même moins y courraient des dangers d’échouage, car la profondeur est de 0 m. 80 seulement, sur un haut-fond voisin de l’itinéraire suivi dans l’attaque britannique.
- La Russie ne s’était pas fiée aux avantages de cette situation hydrographique, pour assurer la sécurité complète de Petrograd. Entre la Courlande et la Finlande elle a barré la route à tous les bâtiments, même à ceux du plus faible tirant d’eau. Elle a établi à cet effet deux lignes de batteries fondées en mer, l’une du nord au sud entre Cronstadt et la Courlande, l’autre de l’ouest à l’est entre Cronstadt et la Finlande. L’ile elle-même est défendue, du côté du sud, par cinq forts beaucoup plus puissants, portant les noms de Constantin, Pierre Ier, Alexandre, Paul Ier et Nicolas. Toutes ces batteries, tous ces forts sont bien armés d’artillerie. Ils avaient leur garnison de canonniers.
- Aux moyens de défense qui viennent d’être énumérés, ajoutons-en un qui n’est pas le moindre : l’enlèvement de toutes les balises ou bouées. De plus le voisinage d’une force britannique à Bjôrkô, sur la côte de Finlande, avait éveillé la vigilance des Bolchevistes. Une grand’garde de torpilleurs, avec le Novik pour chef de file, avait mission de patrouiller devant le port.
- L’amirauté britannique, dans la variété de ses classes de bâtiments, possède plusieurs modèles de très petits torpilleurs, les coaüal moior boals
- désignés parles initiales C. M. R., très propres à sillonner le golfe de Finlande. Il en existe trois types, l’un de 70, le second de 55, le troisième de 40 pieds de longueur; les données principales sont :
- 70' .55' 40'
- Déplacement en charge . 20 l(Ü5 5,5
- Puissance du moteur . . 700 ch. 500 250
- Vitesse 26 u. 55 à 56 54
- Tirant d’eau 1 m. 59 0,96 0,95
- Equipage 6 5 5
- L’armement se compose d’une ou deux torpilles placées dans une auge longitudinale d’où on les fait simplement glisser à l’eau derrière le gouvernail du canot. La torpille, prenant sa vitesse, passe aussitôt sous la quille, en raison de la faiblesse du tirant d’eau.
- Comme artillerie une mitrailleuse modèle Lewis double.
- La coque très élastique est composée d’un double
- bordé en acajou, appuyé sur des membrures en orme d’Amérique.
- La grande vitesse est due à la propriété de la coque de glisser sur l’eau, l’avant déjaugeant complètement par l’effet même de la marche.
- Les qualités de marche des bateaux-glisseurs sont connues de tous les amateurs de sports maritimes.
- Il
- Les C. M. B. de 55 et de 40 pieds furent seuls envoyés dans la Baltique. Ils constituèrent l’élément principal d’une force placée sons les ordres de l’amiral Sir Walter Cowan qui établit sa base à Bjôrkô sur la côte de Finlande. Aux canots étaient joints une escadrille aérienne, un destroyer au moins, le Patrol, un navire le Delhi, servant probablement de dépôt, et un petit croiseur le Vindictive aménagé en navire tremplin pour le transport et le lancement des avions. Un champ d’aviation fut, dès l’arrivée, défriché et dressé. A la fin de juillet, les avions survolaient Cronstadt; ils bombardaient le port, sans parvenir à toucher les navires. Ils prenaient les photographies, qui allaient permettre d’arrêter avec précision le programme d’une opération décisive. Le blocus, établi immédiatement, s’était montré efficace, cari 'Oleg, sorti de Cronstadt, fut poursuivi et torpillé par un motor-boat de Bjôrkô; mais le blocus aurait duré longtemps. Sir Walter Cowan résolut d’en finir par un coup de force.
- Fig. 4. — C. M. B. Modèle de Sir J. Thornhycrojt en mer à grande vitesse.
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- L’expédition reçut pour chef le Commander Claude C. Dobson. Elle comprenait sept canots de 55 pieds et un de 4ü. Quatre ou cinq de ces huit canots portaient deux torpilles, les autres une seule. Elle était appuyée de huit avions embarqués sur le Vindictive. Pour la clarté du récit, nous désignerons les canots par les huit lettres allant de A à II ; la lettre A. est appliquée au canot qui portait le Commander Dobson.
- Le programme était de torpiller les deux cuirassés, les deux croiseurs, tout ce qui pourrait être détruit de la flottille de grand’garde, et enfin la porte de la principale forme de radoub. Cette tâche était répartie d’avance entre les commandants. Celle de l’escadrille aérienne était de devancer de cinq minutes l’attaque des canots, d’attirer sur elle, d’abord les faisceaux lumineux des projecteurs,
- III
- A son entrée dans le bassin, le Commander Dobson, sur le canot A, avait avec lui deux autres canots seulement, le B sur son avant et le C sur son arrière. La lueur des projecteurs, des fusées éclairantes, du tir de l’artillerie, permettait de distinguer les navires à quai, dont la disposition doit avoir été à peu près celle indiquée sur la figure 1. Le navire-hôpital fut épargné, par respect pour la Croix de Genève. Le canot B, entré le premier, se charge aussitôt du Ihirik qu’il torpille conformément à son programme. Le A lance ses deux torpilles à Y Andrei-Pervozvanni. Le C arrivant ensuite lance à son tour une torpille au Pervozvanni, puis il torpille le Petropavlosk de fi
- "*ÏOe 30" o^V-^'360 J3s*~3V Ifô*"
- Fig. 5 et 6. — Cuirassé de 4 m. 5o de tirant d'eau pour la navigation fluviale. Longueur : 142 m. 5o.
- ensuite le tir de l’artillerie, et aussi d’utiliser le mieux possible ses bombes et ses mitrailleuses.
- Le rendez-vous fut pris au large de la pointe Inomeni, à minuit. La nuit était obscure, l’emploi de signaux lumineux formellement interdit. Le départ eut lieu aussitôt, à la vitesse de dix-neuf nœuds. On courrait transversalement au chenal du nord. La flottille passa au sud du fort n° 4, situé évidemment au nerd delà ligne des forts 8, 11, 9, sans doute près de la côte. Elle franchit ensuite la ligne de défense entre les forts 8 et 10. A ce moment, il y avait quelque peu de retard. L’escadrille aérienne, bien qu’elle n’eût quitté le Vindictive qu’après les canots, était déjà en pleine action. Le Commander Dobson eût donc souhaité forcer de vitesse, mais les difficultés de la navigation l’obligeaient à ralentir. Le Novik qui fut d’abord rencontré, et qui était mouillé dans le chenal, ne donna pas signe de vie, non plus que. n’en avaient donné les forts 8 et 10. Les marins bolchevistes ont le sommeil profond. Le fort Nicolas resta également silencieux. Le torpillage du Novik étant remis à plus tard, la passe d’entrée du bassin central fut atteinte sans éveiller l’attention, tout entière portée sur les avions.
- près qu’il en reçoit les éclats. Ce fut l’affaire d’un instant.
- Le Rurilc s’était couché sur le flanc. Les deux cuirassés, qui calent normalement 8 m, 50 et 8 m.5ü, étaient restés droits en touchant le fond, sans s’immerger sensiblement. Le Pervozvanni était en feu, le Petropavlosk était relativement peu endommagé.
- Un feu violent de mitrailleuses et de fusils répondit de tous côtés à l’explosion des torpilles. Il était surtout vif de la part du Petropavlosk.
- Les trois buts principaux de l’expédition dans le bassin central se trouvaient atteints; seul le croiseur Pamijat Azov restait intact, ainsi que la porte de la grande forme de radoub. Le Commander Dobson, toutes ses torpilles dépensées, n’avait plus qu’à sortir au plus vite de la fournaise avec le A suivi de B et de C.
- Il est possible que l’œuvre de destruction ait été complétée par le canot II qui, d’après le rapport des aviateurs, est entré dans le bassin après la sortie du commander Dobson.
- Pendant les exploits des canots A, B et C, le canot G, commandant Agar, accomplissait la mission
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- spéciale dont il avait été chargé. Il attaquait la | flottille de grand’garde et torpillait le Novik. Le canot E, que des accidents de moteur avaient retenu en arrière et avaient empêché d’entrer dans le bassin, voulut apporter son concours au G, en attaquant un torpilleur qui accourait au secours du Novili, mais ses torpilles furent immobilisées dans leur auge par les projectiles du torpilleur. ÎNous allons retrouver le canot E se distinguant pendant le retour, en secourant un compagnon en détresse.
- IV
- La retraite commença avant le lever du jour, vers deux heures du matin. Elle fut, comme
- Le G a disparu après avoir torpillé le Novik. 0 i suppose qu’il a voulu effectuer sa retraite le long de la passe sud et qu’il y a été détruit par le feu des forts, apres s’être peut-être échoué.
- Les cinq canots qui rallièrent la base n’y parvinrent pas sans quelques incidents. Le E, en partie désemparé comme il a été dit, traversant la ligne des forts dans sa retraite, y aperçut le F en détresse à la suite d’avaries dans ses deux moteurs, lise porta résolument à son secours, l’accosta bord à bord, sous le feu ennemi, et le prit à la remorque.
- Les avions revinrent tous à Bjorko, sauf un seul, qu’un arrêt de moteur avait obligé d’atterrir sur une plage de sable, près de la [jointe de Sliers. Ce der-
- OQ.
- Fig- 7. — Coupe du cuirassé passant par une des tourelles. Largeur de la coque : 20 mètres.
- l’attaque, protégée par les avions qui lancèrent leurs dernières bombes au bon moment. Elle se fit par la même route que l’attaque, mais non avec la même sécurité. Les forts purent découvrir les canots, ils les saluèrent de leur feu de canons, de mitrailleuses et de fusils. Le fort n° 4 se distingua par son activité.
- A Bjôrkô, trois canots, le B, le H, le G, manquèrent à l’appel. Leur sort n’a pu être exactement déterminé dans l’obscurité,
- Le B, après avoir torpillé le Rurik, pourrait avoir été détruit dans le bassin central même, où le Commander Dobson l’a vu pour la dernière fois. Peut-être faut-il au contraire l’indentifier avec une épave en flammes aperçue près du Novik.
- Le H entré plus tard dans le bassin central, où il a déchargé ses deux torpilles contre des buts restés inconnus, a été vraisemblablement incendié et coulé dans ce même bassin.
- nier avait eu une première panne dès le départ, il avait même commencé une manœuvre d’atterrissage : arrivé à cinquante pieds du sol, après une descente de quatre cent cinquante, il avait pu se remettre en marche. Il avait alors repris sa route vers Cronstadl où il avait dépensé deux rubans de sa mitrailleuse.
- A 2 h. 55 m., un avion aperçut pendant la retraite, deux canots qui naviguaient de conserve, peut-être le A et le C. L’un d’eux étant tombé en arrière à la suite de quelque avarie de moteur, l'avion alla prévenir par signaux le Patrol et le Delhi pour appeler à l’aide ; il revint ensuite près du canot qu’il trouva rétabli et mis en marche. Au total, les avions eurent une part importante dans le succès de l’expédition. Il est à noter qu’ils furent moins arrêtés que les canots par des pannes de moteur.
- Tel a été le dernier épisode de la grande guerre, épisode très à l’honneur de la marine britannique,
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- 61
- LA GUERRE NAVALE EN 1919
- qui méritait d’être raconté avec détail, parce que le détail seul permet d’apprécier les difficultés et les risques de l’entreprise.
- V
- L’après-guerre. — La leçon des grands événements accomplis depuis dix-huit mois a montré l’influence du rôle joué par la marine, dans la paix, succédant à son rôle militaire dans la guerre.
- La France n’a rien, certes, à envier à personne, comme récompense morale de ses sacrifices. La politique, qui lui a fait épuiser ses ressources à la fabrication du matériel de guerre pour ses alliés et pour elle, a-t-elle reçu sa récompense?
- La voix de la France dans les conférences où s’élaboraient les clauses du traité, n’aurail-elle pas eu plus d’autorité si l’effort de ses marins avait pu correspondre à celui de ses soldats? Pour répondre, songeons un instant à l’action possible d’une division de nos Béarn devançant la grande flotte britannique, arrivant avant elle à la rescousse de l’amiral Beatty, écrasant des lourdes bordées de douze pièces de 540 mm., les Dreadnougts germaniques qui ont anéanti les croiseurs de l’amiral Jellicoe.
- Ce sont là questions à reléguer dans les discussions du passé. L’avenir intéresse davantage.
- La marine aura sa part dans les sacrifices exigés par notre situation financière. Elle les peut supporter. Sacrifions le nombre; mais attachons-nous d’autant plus à la qualité. Gardons notre rôle de pionniers dans la recherche du navire de guerre idéal, plus puissant que tous ceux de sa vitesse, plus
- rapide que tous ceux de sa puissance. Le problème ainsi posé n’est pas facile. Sans remonter plus haut dans l’histoire, nous l’avons résolu avec le Napoléon puis avec la Gloire, au siècle dernier. Nous avons rencontré l’occasion de le résoudre, il y a quelque trente ans. Y renoncer de parti délibéré serait la pire des fautes.
- Ne perdons pas de vue les compétitions qui se laissent prévoir et même se déclarent ouvertement. Nous ne visons ni au premier rang, ni au second, ni peut-être au troisième. Nous n’en deviendrons pas moins, par une sage politique navale, une force dont l’appoint peut être décisif dans la balance. Une
- telle situation ne serait point pour diminuer le prix de notre alliance, pour tel ou tel de nos amis à la poursuite, soit de la domination, soit de l’équilibre sur les océans.
- N’oublions pas non plus que la France a une . frontière fluviale à défendre. Le Rhin protège mal l’Alsace. Son cours est dominé de près par les hauteurs de la Forêt Noire, par le Ivaiserstube surtout. Une flotte puissante sur le canal latéral du Rhin, avec sa base à Strasbourg, peut seule remédier à notre infériorité. Les figures 5, 6, 7 représentent les batteries flottantes amphidromes qui peuvent être le noyau de cette flotte. La Nature a consacré quelques lignes à ces bâtiments, à la fin de son numéro du 14 juin 1919. Leur avant-projet avait été étudié dès l’automne 1918, en vue de la protection de la Belgique et de la France s’étendant sur tout le cours du Rhin I entre la Hollande et la Suisse. Ni la "'! France, ni la Belgique, ne doivent î désespérer de voir le problème de leur sécurité présenté quelque jour avec cette ampleur.
- Les données principales des batteries flottantes futures du Rhin ont été publiées dans la revue La Marche de France, numéro du 1er mars 1919. Leur déplacement est de 10 000 tonnes, leur tirant d’eau de 4 m. 50. Leur artillerie, représentée sur les figures ci-dessus, comprend cinq puissants obusiers de 540 mm, destinés à conlrebattre les batteries de la Forêt Noire, et vingt canons de 140 pouvant balayer la rive du fleuve.
- La défense navale de la frontière belge et française seraitle corollaire d’un projet plus grandiose, celui de la création d’une voie maritime, Anvers-Marseille, par l’Escaut, le Rhin et le Rhône, en liaison avec
- I
- Fig. q. — Sous-marin qui a arrêté en mars içi8 les paquebots espagnols Infanta Isabel de Borbon et Montevideo et a menacé ce dernier de l'amener en Allemagne.
- Cette photographie a été prise en mer par un passager du Montevideo, M. Tchou-Ven, directeur au Ministère de l’Instruction publique de Pékin.
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- Dunkerque et avec tous les canaux de France. Par cette voie, des cargos de mer de 10 000 tonnes de déplacement et 4 m. 50 de tirant d’eau transiteraient, sans rompre charge, entre la mer du Nord et la Méditerranée.
- Des deux secteurs Escaut-Rhin et Saône-Rhône delà voie maritime, le premier pourrait paraître le seul à répondre à des éventualités de guerre, le second ne répondant qu’à des opérations d’ordre commercial et économique. Une conclusion différente résulte de l’examen de la situation créée en 1919 par le traité de paix. La Belgique et la France n’ayant pas leur frontière militaire, la situation reste menaçante.
- La barbarie impénitente d’outre-Rhin ne s’est pas soustraite, elle est incapable de se soustraire à
- son rêve éternel de pillage et de meurtre. Dans la guerre future dont elle caresse l’espoir, une place d’honneur (Elire teuton) revient de droit à la guerre sous-marine sans merci, qui a fait tant de victimes parmi les non-combattants, qui a causé de si cruelles angoisses au printemps 1917.
- Il ne saurait être indifférent d’épargner les dangers de la longue route de mer qui, d’Anvers, Rotterdam ou Dunkerque à Marseille, contourne la France et F Espagne, à nos bons navires de commerce, à leurs équipages, à leurs passagers. Il faut avec nos navires et ceux de nos alliés comprendre ceux de tous les pays neutres, que n’ont guère ménagés les forbans du vingtième siècle.
- E. Bertin.
- Membre de l’Institut.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de décembre 1919 et janvier 1920.
- Le rôle du fer dans la casse des vins. — Toujours acide, le vin attaque la tôle non protégée des wagons-foudres. Les sels ferreux ainsi formés s’oxydent à l’air et la casse bleue se produit sans que le rôle des diastases y soit prépondérant. Pour éviter un tel accident, le vin soutiré doit, d’après M. André Piedallu, être maintenu en milieu réducteur, dans des fûts soigneusement méchés.
- L’adrénaline et la quinine. — La nicotine et l’adrénaline ont une action analogue sur l’ensemble des fonctions qu’on attribue au muscle cardiaque. L’appareil nerveux accélérateur subit, de leur fait, une véritable paralysie. MM. Clerc et Pezzi ont pensé qu’il serait facile d’en déduire un antagonisme entre la nicotine et l’adrénaline.
- Leurs expériences ont montré que si l’adrénaline excite le centre bulbaire du pneumogastrique, la quinine le paralyse ; pour la pression artérielle, le premier alcaloïde est hypertensif, et le deuxième hypotensif. Mais il faut noter cependant, dans ce dernier cas, une action vaso-constrictive commune aux deux substances.
- Le rôle des mouches dans la propagation du trachome. — Dans toute la région méditerranéenne, les conjonctivites sont extrêmement fréquentes et la saison des mouches, en Tunisie, coïncide avec celle où les trachomes se comptent en plus grand nombre. La note de MM. Charles Nicolle, Cuénod et Blanc indique, qu’on doit incriminer la mouche domestique.
- Cet insecte peut, d’après les expériences de ces savants, transmettre la conjonctivite aiguë et le trachome, pendant un délai de 24 heures, après qu’il a touché un œil malade. Le résultat ne diffère point si le produit virulent, qui sert à l’ensemencement, a été conservé six heures (cas de linges souillés).
- A propos des Çyclostègues. — Revenant sur un mémoire de d’Orbigny, M. Douvillé montre, que pour instituer un ordre des Çyclostègues, en faveur des Fo-raminifères à développement annulaire, il importe non seulement de faire intervenir la nature du test, com-
- pact ou poreux suivant les cas, mais encore de ne voir dans la forme cycloslègue, que le fait d’un mode de croissance particulier, dépendant d’une vie spéciale, et, par suite, insuftisant pour montrer des liens de filiation directe. Ces derniers ne peuvent s’établir que par l’étude des premières phases du développement.
- Semis comparés à une haute altitude et dans la plaine. — M. Gaston Bonnier a constaté, en opérant sur des plants vivaces, que les échantillons cultivés aux diverses altitudes, s’adaptent au climat subalpin ou alpin, au point de paraître, par des variations dans la forme et la structure, donner naissance à des races que certains botanistes ont décrites comme des espèces particulières. Les nouveaux essais du professeur de botanique à la Sorbonne ont porté, dans les Pyrénées et à Fontainebleau, non pas sur des êtres complètement développés et séparés en deux individus, mais bien sur des semis. Les résultats acquis viennent à l’appui de la théorie de Lamarck et montrent, dès le début de l’évolution, une notable adaptation au milieu extérieur.
- L’analyse physico-chimique des précipités. — Une nouvelle méthode basée sur l’emploi d’un appareil spécial permettant le mélange dans un temps très court de deux liquides, a donné à M. P. Jolibois l’occasion de caractériser un nouveau phosphate de chaux, intermédiaire entre (P04)âII3Ca2 et(P04)-Ca3. Il semble que l’on peut désormais, et bien mieux que par les méthodes classiques, être fixé sur la constitution des précipités par un mélange de deux solutions salines.
- Une nouvelle forme complexe du sulfate chromique. — Le récent travail de M. Recoura apprend que le sulfate gris-lilas, précipité de sa solution par l’alcool, perd spontanément,les deux molécules d’eau qu’il contient en excès pour arriver bientôt, par une sorte de rétrogradation. à la composition du sulfate violet.
- Sur les argiles. — Il apparaît, d’après la communication de MM. Léon Bertrand et Lanquine, qu’il y aurait gros intérêt à introduire, dans! l’étude des argiles, l’exa-
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- UN NOUVEL APPAREIL POUR LA MESURE DE LA TENSION SUPERFICIELLE 63
- men pétrogrnphique en lames minces au microscope polarisant. On ne doit plus, en effet, calculer la proportion des micas en leur attribuant tous les alcalis mis en évidence par l’analyse chimique et celle-ci ne suffit pas, pour un silicate d’alumine, à donner des indications sérieuses sur ses qualités céramiques.
- Les souillures du lait. — La pénurie de litière, conséquence immédiate de la disette de fourrage, explique la quantité d’éléments étrangers contenus dans certains laits de la région parisienne. C’est ainsi que le Dr Bordas a trouvé parfois un gramme de matières excrémentielles au litre et une richesse bactérienne de 20 millions de germes par centimètre cube. Or, des milliers d’enfants du premier âge sont nourris artificiellement, et meurent du fait de l’ingestion de semblables aliments. Il est de toute urgence qu’un ensemble de précautions, imposées par des règlements d’hygiène publique, vienne les mettre à l’abri d’un tel danger.
- Sur le parasitisme d'une algue rouge. — On sait que les épiphytes s’appuient simplement sur les algues, alors- que les endophytes pénètrent plus ou moins dans les tissus, et le parasitisme peut être inter ou intracellulaire. La note de M. Sauvageau est consacrée à P. fas-tigiata qui, rare sur les Fucus, explique sa présence sur rAscophyllum nodosum par une adaptation spécifique à la vit* parasitaire.
- L'aluminium spontanément oxydable à l'air. — Revenant sur certains faits déjà consignés dans sa thèse de doctorat, M. Kohn-Abrest attribue à une transformation allotropique l’existence de l’aluminium spontanément oxydable, isolé par distillation dans le vide du métal commun.
- Production de l'oxyde de carbone dans la flamme des différents gaz. — MM. Kling et Florentin se sont
- préoccupés de comparer les quantités de ce composé mises en liberté par les appareils de chauffage et d’éclairage domestiques (bec Bunsen, fourneau à flamme libre ou écrasée, bec papillon, etc.). Ces chimistes ont ainsi prouvé que le fonctionnement de certains de ces dits appareils si répandus est tellement défectueux, qu’il donne naissance à des dégagements d’oxyde, nettement supérieurs à ceux qui pourraient résulter des fuites d’une canalisation normale de gaz de ville chargé de gaz à l’eau.
- La composition chimique des algues marines. — Une variation saisonnière affecte la valeur nutritive de ces végétaux. M. Lapicque a constaté qu’à partir du printemps, le suc cellulaire s’enrichit en laminarine et en mannite, tandis qu’il s’appauvrit en sels. Un tel phénomène est le résultat du tarvail chlorophyllien, fonction de l’éclairage.
- Élections. — Au cours du mois, les Membres de l’Académie ont appelé à eux M. Paul Janet, en remplacement du Dr Landouzy et M. Louis Lumière, élu dans la Division des applications de la Science à l’Industrie.
- Bureau de l’Académie. — Au cours de l’année nouvelle, l’Académie des Sciences sera présidée par M. Henri Deslandres, directeur de l’Observatoire de Meudon, assisté de M. Georges Lemoine, vice-président et des deux secrétaires perpétuels, MM. Emile Picard, pour les sciences mathématiques, et Alfred Lacroix, pour les sciences physiques.
- La stabilisation de l’acroléine. — Les précédents mémoires de M. Charles Moureu et de ses collaborateurs du Collège de France ont porté sur les propriétés de l’acide benzoïque et du phénol contre la formation du disacryle aux dépens de l’acroléine. La nouvelle note de ces menus savants définit l’action des mono et des di-phénols, suivant leur degré de concentration. Paul B.
- UN NOUVEL APPAREIL POUR LA MESURE DE LA TENSION SUPERFICIELLE
- La tension superficielle est, si l’on en juge par les écarts existant entre les chiffres donnés par différents auteurs, l’un des phénomènes les plus difficiles à mesurer. Une douzaine de méthodes au moins ont été proposées et essayées depuis un siècle, et il semble bien qu’aucune d’elles ne donne, pour un liquide déterminé, des résultats identiques. Ces méthodes peuvent se subdiviser en deux catégories : dynamiques et statiques, et l’on ne peut vraiment comparer que les nombres fournis par les techniques appartenant'a l’une de ces deux familles. Un exemple le montrera clairement :
- Tens. superfic. en dynes.
- Mèth. statique (Tube capillaire,
- Liquide Méth. dynamique surface libre au con-
- — (Jet ondulatoire) tact de sa vapeur).
- Eau (à 0) ..... 73 73
- Oléate de soude. . . 26 79
- Acide heptylique . . 54 68
- Parmi les méthodes statiques, on compte : la
- méthode des gouttes pendantes (stalagmométrie), l’ascension dans un tube capillaire, l’adhérence d’une surface, d’un cadre vertical (Searle), d’un anneau (Weinberg), l’excès de pression dans une bulle sphérique produite dans le liquide, la mesure directe de la courbure d’une goutte (Lippmann),ete. ; parmi les méthodes dynamiques : ondulations capillaires, jet rebondissant, goutte rebondissante, jet ondulatoire, etc., etc.
- Ces différentes techniques demandent toutes beaucoup de temps. De une heure, minimum, à plusieurs heures, sans compter le temps considérable que nécessite le montage de certains appareils. Elles sont extrêmement coûteuses (méthode de Lippmann) ou compliquées et délicates (méthodes dynamiques) et sont parfois si peu précises qu’il faut effectuer 200 mesures et prendre une moyenne (méthode des gouttes). De plus, les méthodes courantes (gouttes, tube capillaire) ne peuvent s’appliquer rigoureusement dans le cas des solutions colloïdales.
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- 64 UN NOUVEL APPAREIL POUR LA MESURE DE LA TENSION SUPERFICIELLE
- C’est pour reme'dier à ces inconvénients que nous avons mis au point l’appareil dont suit la descrip-
- Fig. i. — Appareil de mesure de la tension superficielle.
- lion. Les mesures sont extrêmement rapides (15 à 20 secondes), ce qui est particulièrement appréciable pour l’étude des substances organiques s’altérant rapidement; les lectures sont directes sur un cadran, une très petite quanliLé de liquide (0,5 à 2 cm3) est suffisante, l’instrument est robuste et simple.
- Ainsi qu’on s’en rend compte d’après l’examen de la figure 1, le principe n’est pas nouveau, c’est à l’arrachement d’un anneau qu’on a recours ; l’effort nécessaire pour produire l’arrachement n’est plus emprunté à des poids, portés sur une balance de précision, mais au couple de torsion d’un fil métallique commandé par un bouton b, lequel agit par l’intermédiaire d’une vis tangente, dissimulée derrière le cadran. L’index a indique le degré de torsion. Le fonctionnement de l’appareil se comprend' dès lors de soi-même : lorsque l’adhérence a élé obtenue eu amenant, au moyen de la crémaillère, le verre de montre contenant le liquide au contact de l’anneau de platine calibré h, on tourne le boulon b jusqu’à ce que la rupture se produise. On lit le chiffre indiqué sur le cadran, et, comme l’appareil a été primitivement « standardisé » au moyen de poids (pour l’eau par exemple), une simple proportion indique la tension en dynes. Par exemple, on a obtenu à 25°, 151° de déviation pour 77 dynes. Les lectures obtenues avec une série de sérums sont 95, 97, 100, 104, les tensions superficielles seront :
- 131
- 77
- 95
- x
- 97
- x
- 100
- x
- 104
- x
- soit: 55,8 — 57 — 58,8 — 61,1 dynes.
- Il est inutile, dans la majorité des cas de standardiser l’appareil fréquemment. Néanmoins, si l’on préfère, pour plus de sûreté, vérifier au moyen de poids,, on peut le faire en moins de cinq minutes,
- et l’on possède alors une mesure absolue. 11 suffit d’effectuer une mesure avec une substance quelconque (de l’eau de préférence, qui a la tension superficielle la plus élevée), puis de ramener le fléau cl à la position horizontale sans toucher au bouton b, mais en mettant des poids sur un petit morceau de papier, de poids connu, placé sur l’anneau, dans l’étrier. La formule
- A-H?
- 2L
- où A est la tension en dynes, M le poids nécessaire pour ramener le levier d à l’horizontale, g, l’accélération de la pesanteur 981, et L la longueur de l’anneau en centimètres (4 cm), donne, par définition, la tension superficielle. On n’a donc affaire, ni à des mesures indirectes, ni à une formule compliquée. Pour les mesures de liquides biologiques, le verre de montre est porté sur une platine chauffante de microscope, chauffée électriquement et munie d’un régulateur de température (thermostat) qui la maintient à 37°. Pour les autres liquides, il est recommandable de faire les mesures à 0°.
- Quant au degré de précision obtenu, il suffira de jeter un coup d’œil sur le diagramme ci-contre, pour voir qu’il est excellent. Les résultats obtenus avec l’appareil y sont comparés avec les mesures de Weinberg, qu’on peut considérer comme étalons (Recueil des constantes, Société de physique). L’expérience a prouvé que, pour la faible torsion
- Courbe de /appareil '
- Courbe de Weinberg (Etalon) Lectures contrôlées par des poids Chiû/es obtenus par simple lecture au cadran et proportion
- Fig. 2. — Comparaison des courbes.
- du fil, les lectures sont proportionnelles à l’effort en grammes.
- Lecomte du Nouy,
- Docteur ès Sciences. Chef de Laboratoire |du D' Carrel, à l’Institut Rockefeller, New-York.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9. à Paris.
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- LA NATURE- — N- 2392.
- 31 JANVIER 1920
- Fig. i. — Les diverses formes du Phylloxéra vastatrix.
- i, œuf d’hiver ; 2, jeune éclosant ; 3 3', gallicolcs dessus et dessous ; 4, gallicole adulte pondant ; 5, feuille de vigne avec galles (vue en dessous); 0, galle grossie vue de profil; 7, la même coupe montrant uh gallico.lc entouré de jeunes et d’œufs ; 8, galles vues en dessus montrant les brosses de poils fermant l’ouverture; 9, racines grossies aux radicicoles; 10, 11, radicicoles; n, nymphe; i3, ailé; 1414', mâle; i5 i5', femelle ; 16, femelle morte à côté de son
- œuf d’hiver.
- du Phylloxéra de la vigne pouvait se résumer de la manière suivante :
- Le Phylloxéra présente de 6 à 8 générations de
- 48” Année. — 1" Semestre
- dent tout l’été et vivent sur les racines ; à la dernière génération, c’est-à-dire vers la lin de l’été, quelques-uns de ces parasites montent vers les
- 5. - 65.
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- 66 r-~ -...rrrr— LE CYCLE BIOLOGIQUE DU PHYLLOXÉRA
- tiges et deviennent, après une dernière mue, des femelles ailées. Celles-ci pondent, à l’envers des feuilles, dés œufs de deux grosseurs ; les petits donnent des mâles et les gros des femelles aptes à la fécondation (Phylloxéras sexués). Les sexués sont aptères, dépourvus de suçoir et de tube digestif. Après l’accouplement, chaque femelle pond un seul œuf (œuf d'hiver) qu’elle dépose sous l’écorce. Il en sort, au printemps, un individu aptère et par-thénogénétique; celui-ci monte vers les feuilles, y produit des galles et donne naissance parthénogé-nétiquement à des jeunes qui descendent vers les racines et constituent la première génération des individus d'été pris comme point de départ.
- Telle était du moins l’opinion de M. Balbiani, professeur au Collège de France. Mais, d’après les recherches que MM. Grassi, Foa et Granderi ont faites de \ 905 à 1908, à Pise et à Palerme, il y aurait un certain nombre d’erreurs dans le résumé précédent. Ces erreurs porteraient principalement sur les passages soulignés.
- Voyons tout d’abord comment se comporte le Phylloxéra sur les vignes européennes et sur les vignes américaines.
- Sur les vignes européennes, on n’observe l’insecte sous ses trois états (larve, nymphe et insecte parfait) que sur les racines. 11 y a donc des larves aptères radicicoles parthénogénétiques, c’est-à-dire capables de se reproduire sans accouplement, des nymphes avec rudiments d’ailes, enfin des insectes ailés.
- Le nombre des générations aptères diminue si la nourriture devient rare. Nous avons même pu, en soumettant des Phylloxéras radicicoles à un jeûne forcé, hâter leur nymphose et leur passage à l’état d’insectes ailés, capables de propager, au loin, le terrible fléau
- Quant à la forme gallieole, vivant sur les feuilles de la vigne où elle provoque, par ses piqûres, la formation des galles auxquelles elle doit son nom, elle est excessivement rare sur les vignes européennes.
- Sur les vignes américaines, on n’observe l’insecte qu’à l’état aptère et sur les feuilles seulement (très rarement sur les racines résistantes?) Les galles qu’il détermine se présentent comme de petites protubérances verdâtres ou rougeâtres, pouvant atteindre quelques millimètres de diamètre et faisant saillie à la face inférieure de la feuille. A la face supérieure de celle-ci, immédiatement au-dessus de la galle, on remarque une petite fente, une ouverture garnie de poils raides. Il n’y a généralement dans chaque galle qu’une seule pondeuse, de couleur jaune-orange, entourée de nombreux œufs ou de jeunes, si l’éclosion a déjà eu lieu. La fécondité de ces phylloxéras gallicoles est très grande, un seul insecte pouvant déposer jusqu a 300 œufs dans une galle. Certaines galles, plus grosses que les autres, peuvent renfermer deux ou plusieurs pondeuses.
- Les jeunes phylloxéras éclos s’échappent de la galle ; les poils fermant l’orifice de celle-ci étant dirigés de bas en haut, les jeunes peuvent facilement en sortir, mais aucun insecte ennemi ne peut y pénétrer. Ces jeunes s’installent soit sur la feuille même portant la galle d’où ils se sont échappés, soit sur d’autres feuilles plus tendres. Ils provoquent, à l’endroit où ils se sont installés, à la face supérieure de la feuille, une dépression du parenchyme foliaire, bientôt suivie d’une hypertrophie des tissus, d’où la formation de la galle qui fait saillie à la face inférieure de la feuille. L’orifice de la galle indique donc le point par lequel l’insccte a peu à peu pénétré dans la substance même de la feuille. Quant aux poils recouvrant la galle, ce ne sont que des poils épidermiques de la feuille, modifiés et hypertrophiés.
- Les galles devant se former à la faveur de l’accroissement foliaire, il est bien évident que les jeunes phylloxéras gallicoles ne s’attaqueront qu’à de jeunes feuilles, en voie de croissance, et non à_des feuilles adultes ayant terminé leur développement, sur lesquelles la formation des galles ne pourrait avoir lieu.
- Les galles peuvent aussi se développer sur les jeunes tiges, les pétioles des feuilles et les vrilles; cela se voyait déjà aux époques géologiques (').
- Nous avons déjà fait remarquer que la forme gallieole du Phylloxéra est extrêmement rare sur leÿ feuilles des vignes indigènes, mais elle montre une préférence plus marquée pour les feuilles des vignes américaines. De plus, les galles formées sur les premières sont petites, peu nombreuses ; elles ne renferment que des insectes de faible taille, dont les œufs pondus en petit nombre n’arrivent souvent pas à l’éclosion.
- Le Phylloxéra évite donc les racines des vignes américaines résistantes pour se porter sur leurs feuilles, et il évite les feuilles des vignes européennes pour se porter sur leurs racines.
- On doit se demander maintenant quel rôle joue la forme gallieole dans le cycle biologique du Phylloxéra. On croyait, naguère encore, que de l'œuf d’hiver, pondu sur vieux bois, s'échappait un jeune phylloxéra qui pouvait, ou bien monter sur les feuilles pour y développer des galles, ou bien descendre dans le sol et s’attaquer aux racines. Or, les recherches de MM. Grassi, Foa et Granderi établirent nettement que de l’œuf d’hiver sort toujours un phylloxéra gallieole, c’est-à-dire un insecte capable de développer des galles sur les feuilles et rien autre : l’insecte issu directement de l’œuf d’hiver ne peut s’établir sur les racines.
- Les mêmes recherches modifient encore un point concernant la descendance du Phylloxéra adé. On admettait que l'insecte ailé pondait deux sortes d’œufs, les uns, petits, donnant des mâles, les
- 1. A. Picadd, Les ancêtres de la vigne, La Nature, tcr octobre-1892.'
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- LE CYCLE BIOLOGIQUE DU PHYLLOXERA — ----• 67
- autres, plus gros, donnant des femelles. Apres fe'condation, la femelle pondait l’œuf d’hiver. Eh bien! MM. Grassi, Foa et Granderi ontremarqué que chaque phylloxéra ailé ne pondait qu'une sorte d'œufs, ou despetits donnant naissance à des mâles, ou de plus gros donnant naissance à des femelles, de sorte que, pour permettre la fécondation de l’œuf d’hiver, il faudrait encore qu’il (y eût rencontre entre les individus issus d’ailés différents.
- Les recherches dont nous venons de parler expliquent deux particularités curieuses : la rareté de l’œuf d’hiver et sa localisation presque générale sur les vignes américaines, puisqu’il doit s’en échapper un phylloxéra galli-cole qui ne trouve une nourriture agréable que sur les feuilles de ces vignes.
- L’œuf d’hiver étant rare, la forme gallicole qui en dérive doit l’être aussi et ne sera qu’une apparition momentanée et passagère. Il est certain, en effet, d’après ce qui a été observé en Europe, que la forme gallicole ne rentre pas nécessairement dans le cycle biologique du Phylloxéra et qu’elle n’est indispensable, ni à la vitalité, ni à la propagation de l’espèce ; ce n’est que 8, 10, 15 et même 50 ans apiès l’apparition de l’insecte radicicole que les galles phylloxériques ont été observées sur les feuilles des vignes américaines elles-mêmes.
- La théorie de Balbiani qui voulait que la forme ailée du Phylloxéra ainsi que l’œuf d’hiver fussent nécessaires à la régénération de l’espèce disparaît de ce fait. En même temps, les badigeonnages d’hiver destinés à la destruction de l’œuf d’hiver, et, partant, à la destruction totale du Phylloxéra, apparaissent presque inutiles.
- Mais alors, comment les foyers phylloxériques, qui sont souvent si éloignés les uns des autres, prennent-ils naissance? On sait, par expérience, que les jeunes phylloxéras radicicoles se déplacent très facilement. Ils gagnent souvent la surface du sol, sur lequel ils se déplacent avec rapidité. Ils s’élèvent sur les souches, sur les sarments, sur les herbes des vignes. Ce sont eux surtout, transportés
- par le vent ou par tout autre procédé artificiel, qui provoqueraient l’extension du fléau dans les pays atteints.
- Le phylloxéra gallicole, issu de l’œuf d’hiver, gagne dès le mois de mai les feuilles de la vigne américaine ; c’est sur les feuilles de la base des sarments qu’apparaissent les premières galles. Des œufs pondus dans ces galles sortent des insectes qui, durant les premières générations, sont tous gallicoles, c’est-à-dire capables de développer des galles sur les feuilles, mais non d’infecter les racines. Ces gallicoles se répandent sur les jeunes feuilles, passent d’une pousse à une autre et déterminent de nou velles galles. — Les galles ne renferment que des individus aptères, sans ailes, par the'nogénéti-ques ; nous savons déjà que les nymphes et les ailés proviennent des générations radicicoles. Mais, un peu plus tard dans la saison, à un moment qui varie avec les conditions climatériques, on voit apparaître dans les galles des individus capables de descendre sur les racines et de s’y fixer pour y produire des nodosités et des tubérosités comme le font les phylloxéras radicicoles. Ces phylloxéras (gallicoles à type radicicole) présentent certains caractères morphologiques qui les rapprochent des radicicoles vrais Ils gagnent les racines, soit en se laissant tomber des feuilles, soit en descendant le long des sarments et de la souche. Arrivés aux racines, ils renforcent les colonies radicicoles dont ils adoptent entièrement le mode de vie. Lors de la chute des feuilles, les gallicoles à type radicicole abondonnent les parties aériennes pour se réfugier sur les racines.
- La nécessité d’un phylloxéra, issu de l’œuf d’hiver pour la production des galles, ainsi que la migration sur les racines des gallicoles à type radicicole, expliquent pourquoi une espèce américaine peut fort bien, une année, être -couverte de galles phylloxériques, et ne plus en présenter les années suivantes.
- Ces galles phylloxériques nuisent-elles au déve-
- Fig. 2. — Le cycle du phylloxéra.
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- 68 ------ LA JONCTION PAR EAU DU
- loppement de la plante? Autrement dit, exercent-elles une inlluence directe sur la vie de la vigne? Si cette influence existe, elle est assurément négligeable. D’abord les galles se produisent de façon très irrégulière et épargnent souvent pendant de longues années des plantations auparavant fortement atteintes; puis, même couverte de galles phylloxériques, la vigne américaine ne souffre ni dans sa croissance, ni dans son développement normal : la plante ne s’en ressent pas plus que d’une attaque d’érinose.
- Dans les régions où on lutte encore contre le phylloxéra, les vignes qui présentent des galles phylloxériques doivent être détruites. Eiles sont à considérer, en effet, comme des foyers phylloxériques, les gallicoles à type radicicole quittant à un moment donné les feuilles pour se rendre sur les racines. Mais il ne faudrait pas croire que la forme gallicole du Phylloxéra joue un rôle particulièrement néfaste dans la propagation du fléau : il ny a pas de relation entre Vapparition des galles sur les
- LA JONCTION PAR EAU DU RHIN
- ' La voie navigable
- La création d’une artère de navigation entre le Rhin et l’Escaut, susceptible de permettre le déchargement ou l’embarquement à Anvers des marchandises à destination ou en provenance des régions rhénanes, de l’Alsace, de la Suisse, et môme de l’Europe centrale, s’est posée de longue date. Le problème prend aujourd’hui un particulier intérêt du fait de la réannexion de l’Alsace-Lorraine à la mère-patrie, et de la nécessité de soustraire les campagnes du Rhin moyen à l’influence germanique et au contrôle économique du port de Rotterdam P).
- Anciens projets. — C’est en 1626 que pour la première fois, on songea à relier le Rhin à l’Escaut par une voie de navigation intérieure. Le canal projeté devait unir Rheinberg à l’Escaut par Guel-dre et Yenloo. La section orientale de cette voie fut seule entreprise soùs le nom de canal Eugénien, sur les ordres de l’infante Isabelle Eugénie. Mais, à plusieurs reprises, la Hollande intervint militairement pour interrompre les travaux, qui furent définitivement abandonnés en 1647, lorsque les traités de Westphalie attribuèrent aux Néerlandais le territoire desservi par le canal.
- Il appartenait à Napoléon, devenu empereur, de reprendre le projet oublié, au lendemain de l’incorporation du Rhin à la Fiance. Sur ses instructions, un programme de travaux fut élaboré. La voie nouvelle devait s’embrancher sur le Rhin à Grimmlinghausen, au Sud de Neuss, traverserYier-sen, Grefrath, Venloo, Weert, Bocholt et Ilerenthaïs, pour atteindre Anvers. Les opérations furent inau-
- 1. Un récent accord aurait été conclu avec des financiers anglais pour l’exécution de la voie Escaut-Rhin, qui préoccupe vivement l’opinion publique en Belgique.
- RHIN, DE LA MEUSE ET DE L ESCAUT
- feuilles et la progression de l'invasion dans le vignoble. Ainsi, en Sicile, dans l’ile d’Elbe, les vignobles ont été en maints endroits entièrement détruits par le phylloxéra avant que l’on ait constaté aucune galle phylloxérique sur les feuilles ; il en a été de même dans beaucoup de vignobles français. Au contraire, dans la province de Novare, on rencontre dans certaines régions de vignoble de très nombreuses galles, alors que, d’après Cuboni, l’invasion phylloxérique n’y fait depuis quelques années que fort peu de progrès. La forme gallicole du phylloxéra ne contribue donc que d’une seule manière à la propagation de l’insecte, en renforçant à un moment donné les colonies radicicoles.
- En résumé, il est superflu de dire que les planls greffés sur américains ne porteront pas plus de galles phylloxériques que les plants indigènes non greffés, le porte-greffe, c’est-à-dire la vigne américaine, étant planté en terre et ne développant pas de feuilles. A. pJCAÜD<
- Professeur à l’École de Médecine de Grenoble
- , DE LA MEUSE ET DE L’ESCAUT
- Strasbourg-Anvers.
- g urée s, dès 1806, entre Grimmlinghausen et Pan-ninghen. Encore une fois, ce projet devait être abandonné lorsque la Hollande fut isolée de la France par les traités de 1815. Une partie de cette œuvre existe encore, sous le nom de canal du Nord, vers Panninghen. Le reste de la voie fut remblayé.
- Cependant, en 1828, les Anversois réclamèrent énergiquement la reprise des études du canal du Rhin, lis se heurtèrent, tout d’abord, à la mauvaise volonté de leurs voisins, qui tenaient à conserver la prééminence à Rotterdam, puis, en 1856, ils obtinrent partiellement gain de cause, et, en 1842, un crédit de 1 750 000 francs fut voté pour la construction d’un tronçon de la ligne Anvers Bois-le-Duc devant rattacher l’Escaut au canal de Maestricht. Ge tronçon fut inauguré le 22 août 1844 : la seconde section, qui devait prendre fin à Ilerenthals, fut entreprise aussitôt, et l’ensemble de la voie était achevé en 1854. Mais le prolongement vers le Rhin de cette artère ne fut pas exécuté.
- 11 faut atteindre la fin du xixe siècle pour voir surgir de nouveaux projets de jonction Escaut-Rhin.
- Les projets d’avant-guerre. -— C’est de l’Allemagne que vint, tout d’abord, l’initiative d’ouvrir des communications nouvelles entre Anvers et le Rhin moyen, à la suite de l’essor industriel des campagnes rhénanes.
- La ville de Crefeld, grand centre germanique des textiles, présentait, en 1873, un projet, établi par le professeur hollandais Ilenket, et tendant à relier Uerdingen à Anvers par Bochum, Crefeld, Schmal-broich, Hérongen, Slaasbrée (près Yenloo).. Cette voie devait emprunter, ensuite, à partir de Neder-weert et jusqu’à Bocholt, le canal de Bois-le-Duc à
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- Maestricht. Vingt ans plus tard, rien n’ayant été fait, la chambre de commerce de Munchen-Gladbaeh faisait dresser par MM. Lontag et Havenstadt un
- franchi la Meuse par un pont canal et elle eût gagné Crefeld-Uerdingen, par Gladbach et Fischelen.
- Tous ces tracés ne prévoyaient que l’usage de
- Le réseau navigable entre le Rhin et la mer.
- nouveau projet de tracé, Le canal envisagé eût emprunté le canal d’Anvers à Bocholt ou canal d’Escaut-Meuse et le canal de Maestricht à Bois-le-Duc jusqu’à Neeroeleren. AStockem, l’artère projetée eût
- bateaux de faible tonnage, Ils n’avaient aucunement pour objet d’ouvrir une voie internationale à grande section.
- Aussi, à la veille de la guerre et en raison même
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- LA JONCTION PAR EAU DU RHIN, DE LA MEUSE ET DE L’ESCAUT
- du développement de la navigation intérieure en Allemagne, et aussi de la prochaine mise en valeur de la Campine belge, plusieurs ingénieurs suggérèrent-ils de nouvelles combinaisons, mieux appropriées pour assurer un trafic continu et intensif entre le Rhin et l’Escaut.
- Au point de vue topographique, les régions que le canal doit traverser pré;entent les caractères suivants : le sol s’abaisse du Sud vers le Nord, et les vallées des rivières sont presque uniformément orientées Sud-Nord, sauf entre Meuse et Escaut où l’orientation est plutôt Nord-Ouest. Il en résulte que la voie, qui doit se diriger d’Ust en Ouest, doit franchir une série de lignes de faite, dans la zone comprise entre le Rhin et la Meuse en particulier, tandis qu’à l’Ouest de la Meuse il est possible de lui faire suivre le canal de la Meuse à l’Escaut.
- Les projets Hentrich, Valentin et Schneiders ont tenu grand compte de ces considérations orographiques.
- Le premier emprunte résolument le canal d'Anvers à Bocholt, coupe le canal de la Campine à son extrémité, se confond avec le canal de Maestricht à Bois-le-Duc jusqu’à Nederweert, suit le canal du Nord jusqu’à Panninghen, franchit la Meuse en aval de Belfeld, dessert h< uth, Broech, Crefeld, et aboutit au Rhin près d’Uerdingen. Sa longueur serait de 172 km, plus deux embranchements, l’un vers la Meuse à Venloo, l’autre vers Munchen-Gladbach, centre usinier d’importance.
- Ce tracé comporte 12 écluses ; son bief départagé serait placé à la cote 42, et la batellerie aurait à descendre 38 m. 50 pour gagner Anvers, et 17 m. dans la direction du Rhin. -
- On peut reprocher à ce projet la médiocrité de sa liaison éventuelle avec la Meuse par une échelle d’écluses, et la nécessité d’une canalisation préalable de la Meuse à l’aval de Liège « pour assurer par cette voie la continuité du trafic s’exerçant- par la Meuse ».
- La dépense probable était naguère évaluée à 51 millions de marks pour un canal susceptible de recevoir des bateaux de 1000 tonnes ; à 85 millions de marks si l’on voulait porter à 2000 tonnes la capacité de la batellerie.
- Le projet Valentin n’a envisagé que l’utilisation de bateaux de 2000 tonnes. Aussi les frais prévus excédaient-ils 155 millions de marks, dont 75 pour la Prusse.
- La voie s’embrancherait sur le Rhin en face de Dusseldorff à l’embouchure du canal de l’Erft; quittant Neuss, elle décrirait un arc de cercle vers le Sud-Ouest, couperait le canal du Nord, suivrait assez sensiblement la ligne de Neuss à Munchen-Gladbach, desservirait cette ville et Rheydt, remonterait la vallée de la Nier jusqu’à Odenkirchen, s’inclinerait vers le Sud-Ouest jusqu’à Gerlenkerchen, vers l’ouest jusqu’à Settard et atteindrait la vallée de la Meuse vers Elsloo. Elle emprunterait ensuite pendant plusieurs kilomètres ladite vallée, pour franchir la rivière non
- loin de Maestricht, se diriger vers Hasselt, suivre la ligne du canal d’Hasselt jusqu’à Quaedmechelen. S’orientant, enfin, vers l’ouest, le canal gagnerait Ilerenthals, où il se confondrait avec le canal de la Campine transformé.
- La voie principale aurait 194 km de longueur. La cote maximum serait de 65 m. 50. Pour racheter une dénivellation de 60 m. côté Escaut, et 52 m. 80côté Rhin, 12 écluses seraient construites. En outre, des embranchements industriels ont été étudiés vers les charbonnages néerlandais du Lim-bourg (Heerlen), Aix-la-Chapelle, Eschweiler, Stau-fenberg et Viers-Suchteln.
- Un dernier tracé avait été élaboré en 1915 par l’ingénieur Schneiders, auteur déjà de plusieurs projets de canaux.
- L’origine du canal devait être vers Bonn. La voie devait desservir Erp, Duren, Eschweiler, localités industrielles importantes, passer la frontière à Ubache, franchir la Meuse à Elsloo, au Nord de Maestricht, gagner Beeringen au cœur des houillères de la Campine, par Genck, et, de là, emprunter le tracé des canaux futurs du Brabant, c’est-à-dire se confondre avec le Démer canalisé. Une jonction avait été prévue sur Louvain, une autre avec le canal du Buppel à Bruxelles.
- Des embranchements pourraient être poussés sur Euskirchen, Stolberg, centre de la métallurgie du zinc, Aix-la-Chapelle, Mulh.
- Plusieurs variantes ont, d’ailleurs, été imaginées ; Schneiders, par exemple, a proposé d’utiliser, à partir de Beeringhen et jusqu’à Neeroeteren, le canal de Hasselt, de gagner Herenthals, et, de ce point jusqu’à Anvers, de mettre à profit le canal de l’Escaut-Meuse.
- L’auteur a également suggéré de faire partir le canal entre Cologne et Bonn, et de gagner Elsloo par Jülich.
- Dans ce dernier cas, la longueur de la voie serait abaissée à 195 km au lieu de 205 par Duren.
- Toutefois, le tracé Schneiders présente l’inconvénient grave d’être plus onéreux que les autres (150 millions de marks), d’obliger la batellerie à franchir la cote extrême de 152 m. Le projet rectifié de 1917 prévoit seulement une altitude maximum de 104 m. ; enfin il comporte un grand nombre d’écluses — 25 ou 17 selon le cas. Techniquement et financièrement le projet Hentrich est le plus acceptable. Economiquement, il est particulièrement favorable aux intérêts d’Anvers, car il réalise le trajet le plus court entre Anvers et la West-phalie (*). Par contre, il a le tort de ne pas desservir la Campine, dont les charbonnages vont rapidement
- \. Distances d’Anvers aux ports du Rhin par le proje Hentrich et les voies existantes :
- Duisbourg. . Dusseldortî . Cologne. . . Mayence . .
- 220 km. (219)
- 207.5 (251)
- 275.5 (307)
- 448 (479 5)
- Worms . . . Mannheim. , Ludwigsliatcn
- 517 km. (551 551 (565,5)
- 555 (509)
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- LA JONCTION PAR EAU DU RHIN, DE
- être mis en valeur, et il faudra nécessairement construire une voie d’eau dans ces régions.
- Les projets précités n’avaient pas rencontré d’obstruction systématique de la part du gouvernement hollandais, qui comptait, en échange de son acquiescement, obtenir la canalisation de la Meuse moyenne jusque-là refusée par la Belgique, et l’abolition des droits de navigation sur le Rhin allemand.
- La Belgique était très enthousiaste en faveur de l’ouverture du canal Rhin-Escaut. En Allemagne, au contraire, les avis étaient partagés. La presse germanique faisait valoir que, dans le cas où la Belgique reprendrait son entière indépendance, la création d’une voie directe Anvers-Rhin aurait pour effet de favoriser en Allemagne occidentale la concurrence commerciale belge; tandis que d’autres voyaient dans la construction de cette voie une occasion nouvelle de placer Anvers sous la dépendance de l’Empire.
- Les projets de guerre. — La guerre survint sur ces entrefaites. L’idée de joindre l’Escaut au Rhin, de faire d’Anvers un port allemand devait venir à l’esprit de ceux qui pensaient ne plus jamais devoir se dessaisir du gage anversois.
- Aussi la Baudirektion, de Bruxelles, étudiait-elle, dès 1915, un tracé de voie de navigation intérieure, d’après lequel le canal, quittant le Rhin au nord de Cologne, traverserait le bassin lignitifère, s’incurverait vers le Sud, suivrait la ligne de Cologne à Duren, et gagnerait Escbweiler, après avoir desservi Arnalsweiler et Stohlberg. La voie devait ensuite passer à 5 kil. d’Aix-la Chapelle, se poursuivre sur Moresnet, franchir la Meuse au Nord de Visé, laisser Tongres au Nord, emprunter la vallée de la Herk jusqu’à Diest, celles du Demer jusqu’à Mechelen, Me la Dyle jusqu’au Ruppel, et par le Ruppel et l’Escaut, aboutir à Anvers.
- Ce projet devait élever le bief de partage à la cote 255, et comporter 29 écluses, dont quelques-unes rachetant 20 mètres de chute.
- La dépense paraît hors de proportion avec les résultats à entrevoir, outre que le trajet serait exagérément allongé, comparativement aux projets précités.
- C’est pourquoi l’Allemand Rosemayer proposait une formule différente. Voyant très grand, M. Rosemayer émettait un projet « colossal » pour bateaux de 4000 tonnes.
- La Gazette de Cologne (27 mars 1915) a longuement et complaisamment exposé le plan de l’ingénieur d’outre-Rhin.
- Le canal se détacherait du Rhin à Widdig, passerait à LO. de Cologne, à l’E. de Poulheim, au N. de Gladbach, au S. de Ruremonde et Stevensweert, laisserait à l’écart les houillères de la Campine belge. A partir d’Herenthals, la voie emprunterait le canal actuel agrandi et modernisé. Vers le N., l’artère serait prolongée jusqu’à Uerdingen. La longueur totale de la voie atteindrait 242 kilomè-
- LA MEUSE ET DE L ESCAUT ........................ 71
- très. Il n y aurait que 6 écluses, pour racheter une dénivellation de 55 mètres. Le canal comporterait une largeur de 70 mètres au plan d’eau, et un mouillage de 6 mètres.
- Malheureusement, cette proposition relève plus du domaine du rêve que d'une conception exacte de la réalité.
- M. le directeur général des Ponts et Chaussées de Belgique Grenier a qualifié le projet « de fantasque et d’irréalisable ». « Certes, ajoute l’éminent ingénieur bruxellois, la technique moderne ne connaît plus d’obstacles, mais il faut s’imposer des limites aux difficultés à vaincre, envisager le revenu d’une voie navigable, examiner si les dépenses à faire pour vaincre les obstacles sont en rapport avec le rendement, le trafic probable du canal. Or le doute ici n’est pas possible. »
- M. Grenier observe, d’autre part, que les dimensions données à la section transversale ne se concilient pas avec la vitesse de 9 kilomètres à la descente, prévue par l’auteur.
- D’autre part, Rosemayer projette, pour l’alimentation du canai, d’enlever 150 mètres cubes par seconde au lac de Constance ou à d’autres réservoirs suisses ; dans le cas d’impossibilité, il suggère d’emprunter l’eau au Rhin. M. Grenier remarque que le cube précité représente près du cinquième du débit du Rhin, que, par conséquent, ce prélèvement serait dangereux pour la navigation rhénane elle-même.
- Enfin pourquoi exiger un mouillage de 6 mètres quand le Rhin n’est accessible qu’aux bateaux de 5 m. 50 de creux ?
- Il nous reste à dire un mot du projet Van Bogaert. Le directeur des chemins de fer de l’État belge admet la supériorité de la rivière navigable sur un canal quelconque, aussi perfectionné soit-il. Il a donc songé à dériver le Rhin vers Anvers.
- Le tracé de la dérivation passerait au N. de Kempen, près de Duisbourg, traverserait la Meuse à l’aval de Ruremonde, pénétrerait en Belgique au N.-O. de Maeseyck, longerait la frontière hollando-belge, et gagnerait Anvers par Desschel, Casterlé et Schilde.
- La pente serait de 0 m. 12 par kilomètre; la vitesse du courant serait donc d’environ 0 m. 80 par seconde. La voie emprunterait au Rhin normalement 150 mètres cubes par seconde. En temps de crue ou de sécheresse, deux écluses entreraient en jeu, l’une à l’origine de la dérivation sur le Rhin, l’autre près de Ruremonde, et le Rhin détourné fonctionnerait comme un canal.
- Une branche spéciale desservirait Maeseyck.
- Ce projet a soulevé de vives critiques de la part deM. le directeur général Grenier, qui lui reproche : 1° de faire des emprunts au Rhin trop élevés (80 m. c.), en temps de sécheresse, emprunts que ne toléreraient ni l’Allemagne, ni la Hollande; 2° de créer, à la traversée de la Meuse, un bief où se déposeraient les limons du Rhin, au grand dam
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- 72 LA CULTURE DE L'HUITRE PERLIÈRE DANS LE GOLFE DE CALIFORNIE
- de la navigation de la Meuse ; 5° d’avoir suggéré des manœuvres irréalisables à l’issue du canal, à Anvers; 4° de vouloir rendre aride la Campine en imaginant d’y creuser des tranchées profondes dans un sol des plus perméables; 5° de compromettre éventuellement l’alimentation en eau potable d’Anvers, qui reçoit les eaux de la Campine,
- Ce que doit être la voie nouvelle, — M. le directeur général Grenier, auquel le gouvernement belge a confié les fonctions de haut commissaire royal en pays occupés, a récemment fait connaître au Congrès de la navigation de Strasbourg les vues de la Belgique touchant la jonction Rhin-Escaut, prévue officiellement dans le Traité de Versailles de 1919.
- Destiné à concurrencer le Rhin, « fleuve incomparable » pour les prix de fret, la nouvelle voie ne saurait être trop largement conçue, sans, toutefois, présenter des conditions d’établissement irréalisa-sables.
- La capacité des bateaux sera donc de 2000 tonnes (unités de 100 m. de long, de 12 de large, de 2 m. 75 de creux), type admis pour la Meuse canalisée et les futurs canaux du Brabant.
- Conséquemment on donnera à la voie une largeur de 26 mètres au plafond et un mouillage
- de 4 mètres sur les bords et de 4 m. 75 sur l’axe.
- Afin d’éviter des éclusages trop nombreux, qui réduisent le débit de l’artère et la durée de rotation du matériel, il faudra établir de longs biefs, avec un minimum d’ouvrages. Les ponts laisseront toujours un tirant d’air de 7 mètres.
- La voie doit avoir son origine à Ruhrort et aboutir à Anvers.
- On devra s’efforcer de la tracer autant que possible en territoire belge. On gagnera donc rapidement Bocholt.
- France et Belgique sont intéressées à l’exécution prochaine de la nouvelle voie de navigation, qui doit restreindre la puissance d’attraction delà Germanie, établir des relations par eau faciles entre l’Alsace et la mer du Nord, favoriser le développement du bassin houiller de la Campine, en grande partie aux mains de nos industriels. La France doit aussi s’employer de toutes ses forces à l’exécuLion du canal projeté, qui constituera pour l’Entente une arme efficace dans la lutte économique que l’Allemagne, abattue, mais non annihilée, ne manquera pas d’engager contre ses adversaires d’hier, pour gagner les bénéfices de la paix, après avoir perdu la guerre.
- Auguste Pawlowski.
- LA CULTURE DE L’HUÎTRE PERLIÈRE DANS LE GOLFE DE CALIFORNIE
- L’exploitation des gisements perliers du Golfe de Californie remonte aux premiers temps de la conquête espagnole, ce fut même la première entreprise de ce genre qui se trouva aux mains des Européens, lesquels jusqu’alors a-vaient toujours été tributaires des Orientaux dans le commerce des perles.
- Cette exploitation fut d’a-, bord pratiquée par les navigateurs venus dans ces parages pour faire l’exploration du pays et ensuite par les colons espagnols qui vinrent s’établir peu à peu loral. : . . ;
- Pendant près de deux siècles la pêche des huîtres perlièresjm méléagrines s’effectua à l’aide de plongeurs de tête (buzos de cabeza) que l’on-recrutait
- Fig. i.
- sur les contrées voisines du lit-
- principalement parmi les indiens Yaquis et mayos qui passaient à juste titre pour les plus habiles plongeurs et marins de la contrée. Cet état de choses
- dura jusqu’en 1880,époque où le scapha ndre qui avait été essayé avec succès aux pêcheries de perles de Panama fit son apparition . dans le golfe de Californie et où son usage, grâce aux nombreux avantages qu’il offrait, ne tarda pas à se généraliser et se substituer aux procédés primitifs ,jusqu’alors em-; ployés.
- ‘ : A vec la pêche •• .-y telle qu’on la
- pratiquait,! aussi bien avec la plonge; de tête, qu’avec celle exécutée a l’aide fdù : scaphandre, on eut lieu à plusieurs reprises de constater que les gisements perliers ou placeres de perlas, comme les nomment les indigènes, finissaient au
- Le vapeur Paris et voiliers pécheurs de pertes i; dans le Qolfe de'Californie.' • '•
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- LA CULTURE DE L’HUÎTRE PERLIÈRE DANS LE GOLFE DE CALIFORNIE 73
- bout d’un temps plus ou moins long par s’épuiser et qu’ils devenaient alors complètement improductifs pendant souvent un très grand nombre d’années.
- De cet état de choses, il résultait que celte entreprise était tout à fait aléatoire et que si parfois elle avait pu donner de rapides fortunes, elle pouvait aussi devenir une cause de ruine pour le pays et pour beaucoup d’entrepreneurs.
- Pour obvier à cet inconvénient et faire de la pêche de la méléagrine dans le golfe de Californie, une entreprise vraiment industrielle et profitable au pays, M. Gaston Vives qui depuis longtemps exerçait la pêche des perles dans cette contrée, prit, il y aura bientôt une trentaine d’années, l’initiative de pratiquer méthodiquement et en grand l’élevage du précieux mollusque.
- Le but poursuivi était non seulement d’opérer par des ensemencements périodiques de jeunes coquilles, l’entretien permanent des fonds ainsi que leur repeuplement lorsqu’ils avaient été épuisés ou détruits par des pêches inconsidérées, mais aussi d’augmenter les surfaces de production par la création et l’aménagement de fonds artificiels capables de fournir aux méléagrines tous les éléments nécessaires à leur existence et à leur développement intensif.
- Grâce à de patientes et minutieuses recherches, menées sans interruption pendant de nombreuses années, la culture de l’huître perlière dans le golfe de Californie est maintenant un fait dûment acquis, ainsi que cela fut constaté en 1912 lors de l’expédition scientifique de l’Albatros, par M. Ch. Ilaskins
- Fh
- La recherche des perles dans les huîh du bateau principal.
- Fig. 2. '— Pointe nord de Vile de Espiritu Santa, vue prise de Los Islotes del Norte.
- Townsend (Bail. Nat. ÈisL, New York, 1916, p. 599).
- Dans le bénéfice de l’ostréiculture perlière, il y a à considérer deux choses, la production intensive de la nacre, matière première de choix, trouvant un large débouché dans les arts et l’industrie de luxe et ensuite le privilège de la perle; mais ce dernier ne paraît guère) avoir subi, du moins jusqu’ici, d’amélioration sous le rapport du rendement, la rencontre d’une perle de valeur étant toujours un événement fortuit et assez rare ; néanmoins avec un très grand nombre de coquilles mises en culture on doit forcément augmenter les chances de ce bénéfice éventuel.
- La direction et l’administration de la culture delà méléagrine, ont leur siège à La Paz, capitale de la partie méridionale du territoire de la Basse Californie.
- L’exécution des travaux de cette entreprise de culture maritime, s’effectue jusqu’à présent seulement autour des trois grandes îles, de San José, Espiritu Santo, et Ceralbo, lesquelles sont situées à proximité de la baie de La Paz.
- Le travail de l’ostréiculture perlière comporte trois opérations successives : la récolte du naissain, son parquage, son ensemencement définitif sur les fonds perliers.
- La mise en œuvre de ces trois opérations requiert une installation représentant un capital très important; car outre le matériel courant employé pour la plonge au scaphandre, qui pour la circonstance n’a pas subi de modifications, cette entreprise exige des constructions spéciales tant marines que terrestres et qui consistent alors en viviers,
- es à bord
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- Fig. 4. — Le barrage du fond de la baie de San Gabriele et les établissements~de culture de l’huître perlière.
- magasins, hangars, habitations d’ouvriers, etc.
- Le travail principal de la culture perlière s’exé-cute dans la baie de San Gabriel au sud de l’île d’Espiritu Santo; cette baie, bien abritée par une enceinte montagneuse, est suffisamment spacieuse, pour offrir un excellent port où peuvent, au moment des tempêtes, se réfugier les escadrilles de pêche; de plus la constitution naturelle de ses fonds offre un champ d’expérience bien conditionné pour les essais en grand de la culture de la méléagrine.
- L’agencement de la baie de San Gabriele, pour le travail marin de l’ostréiculture perlière, consiste en un certain nombre de viviers communiquant entre eux et disposés en chicanes, lesquels font partie d’une digue en maçonnerie qui clôture complètement une anse située à la partie nord-est de la baie et la transforme en une lagune, n’ayant d’autre issue à la mer, que par l’intermédiaire de portes d’écluses placées aux extrémités des viviers.
- Cette lagune artificielle a pour objet d’utiliser le mouvement des marées afin d’entretenir, sur toute l’étendue des viviers, le courrnt permanent indispensable à la biologie de la méléagrine, courant tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, que l’on peut régler à volonté au moyen de vannes.
- Les viviers sont en outre pourvus de toitures qui garantissent les élevages contre les' ardeurs directes et excessives du soleil, dont les effets pourraient être pernicieux pour les jeunes coquilles au moment des basses eaux. . ;
- L’opération initiale de la culture de la méléagrine consiste dans la récolte du naissain en pleine mer ; elle s’effectue à l’époque de l’année où a lieu la ponte du mollusque et où les larves qui en résultent viennent, pendant une courte durée, flotter en masse à la surface des eaux en formant des essaims que véhiculent les courants superficiels.
- Pour capter ces essaims errants et leur offrir des points de fixation pour le moment où les individus
- deviendront définitivement sédentaires, M. G. Vives a imaginé un système de collecteurs à la fois simples et pratiques, qui, tout en soustrayant les larves à leurs ennemis, leur fournissent sur un espace restreint de très nombreux points de fixation pour l’accomplissement de la période critique de leur première transformation.
- Le collecteur de naissain consiste en un caisson d’environ 2 mr> de capacité, que l’on maintient flottant et à poste fixe à l’aide d’une chaîne ancrée sur les fonds.
- Les parois latérales de cet appareil sont à claire-voie, de façon à permettre facilement l’accès à l’intérieur de tout être véhiculé par les courants.
- Ce caisson est garni à l’intérieur de branchages, de lattes, de tessons ou de débris de coquilles à surface rugueuse, en un mot de toutes sortes de matériaux, susceptibles de laisser dans l’intérieur une libre circulation de l’eau, tout en offrant de nombreux points appropriés au fixage des larves lorsqu’elles vont subir leur métamorphose.
- Ces appareils, lorsqu’ils ont été placés dans des situations convenables et aux moments opportuns, recueillent, en un temps relativement très court, une quantité considérable de naissain, qui peut alors s’évaluer à plusieurs milliers d’individus par caisson.
- Lorsque les jeunes coquilles issues des larves ont atteint une taille d’environ 1 cm, ce qui demande en général un mois, les appareils collecteurs sont amenés au rivage et retirés de l’eau. Là on procède sans plus tarder à la récolte du naissain contenu et qui souvent forme des agglomérations en grappes, sur les matériaux de retenue; on le détache avec précaution afin de ne pas le blesser, puis on le répartit suffisamment espacé sur
- Fig 5.
- Vivier à huîtres.
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- LA CULTURE DE L’HUITRE PERLIÈRE DANS LE GOLFE DE CALIFORNIE 75
- de nouvelles assises, consistant en tuiles, pierres plates, débris de grosses coquilles, etc., que l’on transporte ensuite aux viviers afin que les jeunes coquilles, en émettant un nouveau byssus, se fixent définitivement sur ces nouveaux emplacements qui serviront ultérieurement à les transporter aux endroits convenus pour l’ensemencement en haute mer.
- Cette opération doit s’exécuter assez vivement afin de soustraire les jeunes méléagrines aux effets désastreux de la dessiccation.
- Le séjour dans les caissons collecteurs ne doit pas non plus se prolonger trop longtemps, car le naissain risquerait là de se trouver étouffé par les envahissements d’animaux sédentaires tels que ascidies composées, éponges, etc., dont le développement en nappe sur les matériaux de fixation pourrait devenir une cause de destruction.
- Lorsque l’on reconnaît que l’installation des jeunes méléagrines sur leurs nouveaux supports est convenablement achevée, on procède à la troisième et dernière opération qui consiste dans l’ensemencement des fonds destinés au repeuplement.
- Cette opération définitive est pratiquée par les équipes de scaphandriers qui vont alors déposer sur les endroits choisis les élevages prélevés aux viviers.
- Comme la méléagrine, tant qu’elle n’a pas atteint une certaine dimension, est exposée sur les fonds à être la proie de nombreux animaux et en particulier de certains poissons voyageant en troupes nombreuses, on est contraint d’avoir recours à des moyens de protection qui doivent varier suivant la conformation des fonds.
- Dans les endroits rocheux et bien accidentés, la nature suffit presque à elle seule à fournir l’abri protecteur, mais sur les situations planes comme par exemple celles que les plongeurs désignent sous les noms d'arenales, blanquizciles, chicharonales, lesquels constituent presque toujours des superficies bien nivele'es, où on a l’avantage de pouvoir placer les coquilles en alignements et par conséquent d’établir des champs réguliers, on est obligé d’avoir recours à des moyens de défense contre les destructeurs.
- Les moyens de protection les plus communément
- Fig.. .7'. — Branchages de là caissè à. naissain, recouverts de Méléagrines, montrant un commencement d'envahissement par des ascidies composées.
- Fig. 6. — Caisse collectrice de naissain.
- employés dans ce but consistent dans l’établiss:-ment de rocailles artificielbs et dans la pose d’appareils en treillage plus ou moins semblables à ceux que l’on emploie dans l’ostréiculture ordinaire.
- Ce dernier système de protection est maintenu en position, pendant un certain temps; on le relève lorsque l’on juge que les coquilles ont atteint un développement suffisant pour être en éLat de résister à la voraciLé de leurs ennemis.
- Lorsque les fonds ont été convenablement aménagés, leur entretien n’exige plus guère que de simples soins de surveillance afin de s’assurer de leur bon état.
- L’huitre perlière du golfe de Californie est considérée par les conchyliologistes comme étant une variété naine de la Meleagrina margaritifera L. à laquelle on a appliqué la spécification de mazatla-mca Jans , sa taille maximum n’excède guère 18 cm chez le sujet bien adulte, tandis que dans l’espèce type de l’océan Indien, elle peut facilement atteindre 30 cm; sa nacre passe pour être plus brillante et plus transparente que celle de cette dernière.
- D’après ce que l’on a pu observer, cette variété demande, dans les conditions normales, environ quatre ans pour atteindre sa dimension maximum, passécette époque la coquille ne s’accroît plus qu’en épaisseur.
- La culture de l’huître perlière telle que l’a mise au point M. GasLon Vives, apporte une heureuse innovation dans l’histoii’e des pêcheries de perles, car en ce qui concerne le golfe de Californie, dont l’étendue des gisements perliers est relativement restreinte, elle permet de faire une entreprise continue et qui n’est plus soumise aux hasards des repeuplements spontanés des fonds épuisés par des pêches destructives et inconsidérées.
- Mais si cette culture permet une production intensive du précieux mollusque des mers tropicales, il n’en est pas tout à fait de même de celle de la production de la perle fine, celle-ci comme on l’a dit plus haut demeure toujours une chose extrêmement rare ainsi qu’en témoigne la haute valeur quelle atteint dans le commerce de la joaillerie ; les essais tentés pour sa production intentionnelle n’ont jusqu’ici abouti à aucun résultat. Léon Diguet.
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- LE MAZOUT
- Son emploi pour le chauffage des chaudières et des fours.
- La question de l’emploi du mazout pour le chauffage est à l’ordre du jour. Nous traversons une pe'riode de crise aiguë de combustible et l’on cherche de tous côtés des remèdes ou des palliatifs. La plus grande partie des combustibles que nous brûlons nous vient aujourd’hui de l’étranger. Les sauvages destructions opérées par l’ennemi dans nos mines du Nord ont creusé un déficit annuel de 20 millions de tonnes de charbon dans notre production nationale déjà déficitaire avant la guerre; il nous faut donc importer des tonnages beaucoup plus élevés qu’au! refoi s. Dans ces conditions, l’emploi des huiles lourdes de pétrole qui, à poids égal, représentent au moins un tiers de calories en plus que le charbon, paraît fort intéressant. On . peut y voir en effet un moyen de réduire le tonnage de nos importations, et, dans une certaine mesure, de diminuer la crise des transports.
- Mais, d’autre part, il ne faut pas perdre de vue que la production du pétrole dans le monde est limitée.
- Les États-Unis représentent le plus puissant des producteurs, et toute l’huile qu’ils extraient chaque année ne suffirait pas à satisfaire nos seuls besoins en combustible. En fait, on importe actuellement 5000 tonnes de mazout par mois, chiffre infime devant les 5 millions de tonnes de charbon rigoureusement indispensables à nos besoins. Ajoutons que le transport des huiles exige des navires et des wagons spéciaux ; leur nombre est limité, des aménagements spéciaux sont nécessaires dans les ports et les centres de distribution : tout cela n’est pas immédiatement extensible. Des dispositions sont prises pour accroître, dans les mois prochains, nos importations et nos moyens de stockage. En tout état de cause, si l’on arrive au chiffre de 100 000 tonnes par mois, ce sera un beau résultat.
- 11 faut donc considérer le mazout, non comme un combustible destiné à remplacer le charbon, mais bien comme un appoint. Le combustible liquide présente du reste de très grands avantages
- techniques; le plus frappant est qu’il permet de réaliser dans les chaufferies de machines à vapeur une considérable économie de main-d’œuvre. Aussi, étant données les limitations de nos ressources, convient-il surtout d’envisager les applications industrielles du mazout, à l’exclusion du chauffage domestique. Dans l’élude qui suif, nous indiquerons ce qu’il faut connaître des propriétés physiques des huiles lourdes, et au moyen de quels appareils elles peuvent être utilisées pour le chauffage industriel.
- Classification des huiles. — Les pétroles sont constitués par des mélanges d’hydrocarbures.
- On les classe généralement en pétroles de la série Cn H5n +2 et en pétroles de la série G" II211.
- Les pétroles de Pennsylvanie sont constitués par des hydrocarbures de la première série, ceux du Mexique, de Russie et du Texas par des hydrocarbures de la deuxième série, et enfin ceux de ['Illinois par un mélange d’hydrocarbures des deux séries.
- Par la distillation fractionnée du pétrole brut, on obtient successivement :
- 1° Les essences légères. 2° Les huiles lampantes (luciline, oriflamme, etc.).
- 5° Les huiles lourdes comprenant : les huiles de graissage et les huiles lourdes à brûler (mazout, astalki, fuel oil, gaz oil, etc.).
- 4° Les paraffines et les vaselines.
- 5° Le coke de pétrole.
- Ces produits de distillation sont caractérisés par leurs constantes physiques, savoir :
- Leur densité.
- Leur point d’éclair.
- Leur point d’inflammabilité.
- Leur point d’ébullition.
- Leur point de congélation.
- Leur coefficient de dilatation.^
- Enfin leur pouvoir calorifique.-.
- Densité. — Pour pouvoir être utilisée comme combustible, l’huile doit avoir une densité voisine de 0,8.
- Fig. i. — Brûleur Ferguson.
- Le combustible liquide est amené sous pression par le tuyau A, et arrive par un tube central à la soupape S. L’air à la pression de 400 mm. arrive au
- brûleur B par le tuyau T. Une partie s'échappe concentriquement à la soupape S, vaporise et brûle l’huile qui suinte autour de la soupape. L’augmentation de température qui en résulte porte au rouge les parois de la chambre de combustion et l’huile se gazéifie. L’arrivée d’air principale dans le haut de la chambre de combustion se fait par le conduit C. La vanne V sert à régler le débit d’air.
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- LE MAZOUT
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- Point d’éclair. — Le point d’éclair est la température à laquelle les produits les plus légers se dégagent en quantité suffisante pour former avec l’air un mélange explosif, sans que la combustion de ce mélange entraîne celle de l’huile. Si le point d’éclair est trop bas, l’huile ne peut être utilisée comme combustible.
- En général il ni devra pas être inférieur à 100° centigrades. Pour le mazout, il est compris entre 110 et 150°.
- Point d'inflammabilité. — Le point d’inllamma-
- diamètre est muni à la partie inférieure d’un tube de 20 mm. de longueur et de 1 mm. 08 de diamètre. On y verse 240 cm3 d’huile et on note le temps nécessaire pour l’écoulement de 200 cm3. Si on divise le résultat obtenu par le temps nécessaire à l’écoulement de la même quantité d’eau, à 20° on a la viscosité spécifique de l’huile.
- Nous donnons dans le tableau suivant la viscosité spécifique de diverses huiles minérales : la viscosité spécifique de l’eau étant par définition égale à l’unité.
- biülé est la température à laquelle l’huile prend feu ; l il varie entre 175 et 210° pour les huiles destinées au chauffage-
- Point d’ébullition. — Pour les huiles destinées au chauffage,, le point d’ébullition doit être supérieur à 280°.
- Point de congélation. — La connaissance de ce point est nécessaire pour savoir s’il y aura lieu de réchauffer l’huile ou non. Le point de congélation s’abaisse quelquefois à — 15°, mais en général il est supérieur à 0°.
- Viscosité. — La viscosité est le frottement intérieur du fluide. Il est indispensable de la connaître pour prévoir les conditions dans lesquelles s’effectuera l’écoulement de l’huile dans les canalisations.
- Engler définit la viscosité spécifique de la façon suivante : un réservoir cylindrique de 106 mm. de
- Densité Point Point Viscosité spécifique
- d’éclair d’inllam. 20° 50° 105
- 0,904 170 207 8,65 2,65 1,7
- 0.891 li)l 182 4,77 1,86 1,5
- 0,905 165 ; 202 3,10 1,5
- 0,894 159 270 7,60 3,60 1,5
- Coefficient de dilatation. — Le coefficient de dilatation étant très élevé, il est nécessaire d’en tenir compte dans le calcul des réservoirs destinés à emmagasiner l’huile, il est bon de prévoir une dilatation de 45 litres par mètre cube pour une variation de température de 50°.
- Pouvoir calorifique. — La meilleure méthode pour le déterminer consiste à employer la bombe de Mahler.
- D’après les essais faits par M. Malher, le pouvoir calorifique de l’huile lourde est compris entre 10 et 11.000 calories.
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- Installation du chauffage aux huiles lourdes. — Une installation de chauffage aux huiles lourdes comporte :
- 1° Un dispositif de déchargement de l'huile (\ui consiste en général en tuyaux flexibles et pompes.
- 2° Des réservoirs d'emmagasine ment que l’on aura soin d’établir à une certaine distance des chaudières ou des fours et en ménageant un espace vide pour la dilatation. Une conduite à la partie supérieure du réservoir permettra l’échappement des gaz qui peuvent se dégager.
- 5° Des réservoirs de réchauffage, le réchauffage sera en effet indispensable avec toutes les huiles en hiver, et il sera nécessaire avec les huiles lourdes presque en toutes saisons. D’autre part, il y a intérêt à réchauffer l’huile pour favoriser sa combustion.
- 4° Une pompe pour aspirer l’huile et l’envoyer aux réservoirs de distribution des appareils d’utilisation. .
- 5° Des réservoirs de distribution sur lesquels seront branchés les tuyaux allant aux brûleurs.
- 6° Des filtres établis en divers points de l’installation.
- 7° Des brûleurs.
- Brûleurs. — Les brûleurs peuvent se classer suivant trois types :
- 1° Brûleurs à pulvérisation mécanique.
- 2° Brûleurs à pulvérisation par l'air comprimé.
- <5° Brûleurs à pulvérisation par la vapeur.
- Brûleurs à pulvérisation mécanique : Us sont employés, dans la marine et dans les installations à terre très importantes ; mais leur fonctionnement est délicat, jls nécessitent un appareillage compliqué et ne peuvent s’adapter facilement aux petites installations.
- Brûleurs à pulvérisation par l'air comprimé : Ils sont très couramment employés surtout pour le chauffage des fours. Ils présentent l’avantage de donner une plus haute température de flamme que les brûleurs à vapeur; mais, par contre, ils nécessitent l’installation de ventilateurs ou de compresseurs.
- La pression de l’air peut varier de quelques centaines de grammes à plusieurs atmosphères, selon que le brûleur est à haute ou à basse pression. Il y a lieu d’être très prudent dans le choix des Lrûleùrs à basse pression qui ne donnent pas toujours des résultats satisfaisants.
- Brûleurs à pulvérisation par la vapeur : Ce sont les plus simples et les plus couramment
- employés surtout pour le chauffage des chaudières. Quelques-uns injectent l’huile sous forme de nappes horizontales, en éventail; les autres, qui sont les plus nombreux, injectent le combustible liquide sous la forme d’un jet divergent et fonctionnent comme éjecteur. Dans ces derniers, l’huile pénètre tantôt par la périphérie du jet, tantôt par la partie centrale.
- Certains brûleurs se composent de plusieurs éjecteurs, qui aspirent l’air extérieur en même temps que l’huile. Le combustible est donc déjà mélangé avec le comburant avant d’entrer dans le foyer.
- La consommation de vapeur de ces appareils varie entre 2 à 10 pour 100 de la production totale de la chaudière . Il faut compter en moyenne sur une consommation de 5 pour 100.
- À titre d’indication, nous donnons ci-contre les schémas d’un brûleur à air comprimé, et d’un brûleur fonctionnant soit à la vapeur, soit à l’air comprimé.
- Dans le brûleur à air comprimé représenté par la figure 1, le combustible liquide, amené sous pression par le tuyau A, arrive par un tube central à une petite soupape S qui est soulevée d’une quantité proportionnelle au débit réglé par un robinet R.
- L’air à la pression de 400 mm. arrive au brûleur B par le tuyau T. Une partie de cet air s’échappe concentriquement à la soupape S, vaporise et permet la combustion d’une très faible partie de l'huile suintant .autour de. la soupape S.
- La combustion de celte huile élève rapidement les parois de la chambre de combustion au rouge, et celte élévation de température gazéifie l’huile en un mélange d’oxyde de carbone, de méthane, cl’éthane et de plus ou moins d’hydrogène, dans le cas du pétrole d’Amérique et d’autres composés hydro-carbonés, si l’on emploie du pétrole de Russie.
- Dans le haut de la chambre de combustion se fait la principale arrivée d’air par le conduit T, et cet air secondaire fournit au gaz d’huile ainsi formé, la quantité d’oxygène nécessaire à sa combustion.
- Le débit de l’air peut être réglé de façon parfaite, au moyen de la vanne Y, et les proportions d’air primaire et secondaire sont réglées au moyen de bagues rapportées à la mise en service.
- Dans le brûleur représenté figure 5, le combustible est divisé en couches minces, dont la section
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- croît dans le sens du courant jusqu’à l’orifice de sortie où s’elïeclue la pulvérisation, sous l’action de la vapeur ou de l’air comprimé qui débouche d’un orifice central et de plusieurs orifices latéraux percés obliquement.
- D’autre part, les couches de liquides sont divisées en couches élémentaires par des nervures.
- Ce dispositif permet de pulvériser le liquide à l’intérieur même du brûleur.
- La pression du fluide nécessaire à la pulvérisation varie entre 5 et 5 atmosphères suivant la fluidité du liquide.
- Adaptation des chaudières pour le chauffage aux huiles. — Les dispositions à adopter
- entre elles des intervalles pour l’arrivée de l’air de combustion.
- D’une façon générale, plus la circulation de l’eau sera active dans la chaudière et moins les dispositifs de protection auront d’importance.
- Allumage de la chaudière. — On commencera par faire un feu de charbon pour réchauffer la chambre de combustion et porter la chaudière à une pression suffisante pour le fonctionnement des brûleurs.
- Dans d’autres cas, on aura recours à l’air comprimé pour alimenter les brûleurs pendant l’allumage, ou à la pulvérisation mécanique obtenue par une pompe électrique ou une pompe à bras.
- Fig. 4. — Installation d'une chaudière avec brûleurs à huile lourde.
- dépendent du type de la chaudière, et il ne peut être donné de précisions à ce sujet, chaque cas particulier nécessitant une étude spéciale. Cependant, d’une façon générale, le jet du brûleur ne devra jamais être dirigé sur une surface de chauffe afin d’éviter les coups de feu qui se produiraient si le brûleur venait à faire chalumeau, et aussi pour éviter l’extinction de la flamme, et la condensation de l’huile sur les tôles.
- Pour que l’huile brûle dans de bonnes conditions, il est nécessaire que la chambre de combustion soit à haute température.
- Pour réaliser ces conditions, tantôt on disposera une murette en briques, sur laquelle le jet en combustion viendra s’écraser, tantôt toute la surface de chauffe avoisinant l’extrémité du brûleur sera garnie de briques réfractaires. Enfin dans certains cas, le brûleur sera disposé dans un avant-foyer. La grille sera garnie de briques réfractaires, laissant
- Enfin pour la mise en inarche on peut aussi se servir d’une petite chaudière auxiliaire.
- Transformations des chaudières pour le chauffage central, en vue de l'emploi des huilés lourdes. — Les chaudières pour chauffage central, en raison des conditions très particulières de leur établissement, se prêtent en générai assez mal aux transformations pour brûler des huiles lourdes, à l’exception cependant de celles qui comportent un foyer sans magasin de combustible et qui se chargent comme les chaudières ordinaires par une porte de foyer.
- Dans ces dernières en effet, les brûleurs peuvent être adaptés facilement et la chambre de combustion est suffisamment grande pour permettre un revêtement réfractaire intérieur destiné à protéger les tôles contre les coups de feu.
- Avec le chauffage à l’huile, il devient nécessaire de surveiller d’une façon permanente le fonction-
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- nement de la chaudière, car il n’existe pas à notre connaissance d’appareils établis en vue d’une marche automatique.
- Fours. — 11 n’y a pas de difficulté à employer l’huile lourde pour le chauffage des fours, et de nombreuses applications de ce procédé ont été faites en Russie, en Amérique et en Angleterre pour les fours de forge, les fours à réchauffer, les fours à creusets, etc.
- Certains industriels ont même adopté le combustible liquide pour la fabrication du verre.
- L’emploi de l’huile est surtout commode et avantageux pour le chauffage des fours à marche intermittente avec arrêts fréquents et dont la mise en température doit être rapide.
- Chauffage mixte par l’emploi combiné des huiles lourdes et des combustibles
- Les huiles lourdes et les combustibles liquides, en général, ont le grand avantage d’être d’une manipulation commode, de réduire considérablement le travail du chauffeur, et de permettre une mise en pression ou en température rapide.
- Par contre, la surveillance des feux devra être plus active et demandera de la part du personnel une certaine expérience assez délicate à acquérir.
- En outre, comme nous l’avons dit précédemment, pour la mise en marche, il faudra souvent prévoir des dispositifs compliqués.
- En règle générale, l’huile lourde n’est avantageuse pour le chauffage que si son prix ne dépasse pas deux fois celui du charbon, ce qui ne veut pas dire que son emploi doit toujours être rejeté si ce prix maximum est dépassé.
- Étant donné que les foyers installés en France
- ht! île
- Fig. 5. — Brûleur Wavre.
- solides — Ce procédé consiste à. brûler sur la grille un combustible solide en même temps que de l’huile est injectée dans le foyer, ce qui permet d’augmenter rapidement la production de la chaudière et de faire ainsi facilement face aux pointes. Il permet aussi de brûler plus facilement et dans de meilleures conditions les combustibles de qualité inférieure, tels que : mauvais charbons, lignites, tourbes, etc.... La haute température dégagée par l’huile ainsi que le brassage des gaz par le jet du brûleur améliorent la combustion et le rendement se trouve notablement augmenté.
- Avantages et inconvénients de l’emploi des huiles lourdes pour le chauffage. —
- sont disposés pour brûler du charbon, les transformations ne s’imposent que dans la mesure juste suffisante pour parer à la crise de combustible.
- Nota. — L’huile lourde de pétrole peut être remplacée par :
- 1° L’huile lourde de houille, obtenue par distillation du goudron provenant des cokeries ou des usines à gaz;
- 2° le goudron lui-même;
- 3° l'huile de schiste, obtenue par distillation de schistes bitumineux.
- M. Clerget.
- Ingénieur de l’Office de chaude rationnelle.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de janvier 1920, ,
- ^ Les spectres d’arc direct des métaux à point de fusion peu élevé. — Utilisant d’abord le courant de la Ville à 110 volts, puis l’alternatif à 50 périodes, M. de Gramont a pu, malgré la haute température de l’arc, étudier celui-ci entre fragments de métaux facilement fusibles, tels que Zn, Cd, Sn, l’b, Sb, Bi, etc. Il résulte de ses expériences que les difiérenls spectres ne doivent pas être considérés cçmme toujours identiques à eux-mêmes, et les variations dans l’intensité, comme dans
- l’apparition des raies, semblent dépendre étroitement de l’ampérage du courant.
- La fabrication de l’alcool à partir du gaz de houille. — La communication de M. E. de Loisy rappelle la synthèse bien connue — réalisée par Marcellin Berlhelot et l’application industrielle qui peut en résulter fera prochainement l’objet d’un article dans La Nature.
- Paul B.
- Le Gérant : P. Masson. — lmp. Lahübe, rue de Fleurus, 9, à Pans.
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- LA NATURE.
- N» 2393.
- 7 FÉVRIER 1920
- L’ILE DE FRANCE AU XXe SIÈCLE
- L’honneur de la découverte de l’île Maurice est presque aussi disputé que le lieu de la naissance d’Homère. Les historiens et les érudits sont loin d’être d’accord et on ne peut que citer la date approximative de 1507, si l’on veut que ce soit Diego Rodriguez Pereira, un des capitaines d’Albu-querque, qui ait le premier abordé dans l’ile ; celle de 1509, si cette découverte est attribuée à Diego Lopes de Siqueira, ou enfin celle de 1512, si l’on
- Cinq ans après, la France s’empara de l’île, mais les premiers colons n’y arrivèrent qu’en 1722. Pendant les premières années de l’occupation française, la colonisation se développe avec lenteur, mais Mahé de La Bourdonnais, nommé gouverneur des îles de France et de Bourbon en 1734, lui donne une impulsion telle que l’île s’en ressent jusqu’aujourd’hui. Il crée des ateliers, bâtit des magasins, des casernes, des usines, construit des
- Fig. i. — La cote escarpée : Les falaises du Souffleur. (Cliché C. Drenning.)
- maintient la tradition d’après laquelle Pedro Masca-renhas, non seulement fut le parrain de l’archipel, mais encore en eut le premier connaissance. D’autres enfin hasardent la date de 1529, et même, contre toute évidence, celle de 1545. Il semble cependant que les Arabes en soupçonnaient tout au moins l’existence. .
- Les Portugais n’occupèrent pas leur nouveau domaine et se contentèrent d’y relâcher de loin en loin. En 1598, l’amiral Van Neck en prit possession au pom des Pays-Bas. Le récit de ce voyage est le premier qui donne sur Maurice des détails intéressants. En 1638, les Hollandais s’y établirent. Cette occupation, toujours précaire, n’ayant pour but que l’exploitation, et, hélas! la destruction de la faune et de la flore indigènes, prit fin en 1710.
- navires, multiplie les essais de culture, et est récompensé de son activité et de son dévouement par un emprisonnement à la Bastille.
- Sous ses successeurs, le commerce, l’industrie deviennent florissants. Les guerres de la Révolution et de l’Empire enrichissent l’île de France du produit des prises faites par les corsaires. Enfin, l’Angleterre, lasse de payer tribut aux hardis marins qui, partant de Port-Louis, lui capturent ses vaisseaux, se décide à une expédition formidable. Le général Decaen, gouverneur des îles de France et Bonaparte (car Bourbon a déjà échangé le nom compromettant de l’ancienne dynastie contré celui de la nouvelle), disposait d’un peu moins de deux mille hommes de troupes régulières, et de quelques bataillons de gardes nationaux. Les troupes
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- 48* Année. — 1" Semestre-
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- L’ILE DE FRANCE AU XX' SIECLE
- Fig. 2. — La côte basse: Plage de la pointe d’Esnr; au second plan, plantations de filao (Casuarina). (Cliché C. Drenning.)
- britanniques s’élevaient à 23 590 combattants.
- Malgré cette infériorité écrasante, Decaen n’hésite pas à résister, et, après les premiers combats, ne consent à signer la capitulation qu’à des conditions telles qu’il en a été rarement accordé à une garnison.
- Depuis un peu plus d’un siècle, l’ile vit sous la domination britannique. Elle a subi le contre-coup de l’abolition de l’esclavage; de violents cyclones, des épidémies, des épizooties l’ont éprouvée tour à tour, la mettant à deux doigts de la ruine. L’énergie des descendants des anciens colons français a su vaincre toutes les circonstances adverses et maintenir la prédominance de leur race dans ce lambeau détaché de la mère-patrie.
- L’ile est constituée par un plateau central, dont l’altitude varie de 500 à 650 m. Quelques chaînes de collines basaltiques forment une sorte de couronne, restes peut-être d’un gigantesque cratère, où subsistent encore de petits cratères secondaires. Mais l’activité volcanique a disparu depuis des siècles* l’action des agents atmosphériques a nivelé les terres, et la superficie presque totale de Maurice est cultivable.
- Le sol est ferrugineux, moins fertile peut-être que celui de l’île voisine de Bourbon, il n’offre pas à la culture les difficultés qui existent dans les îles de formation ignée récente. Ce sont de vastes plaines ondulées, descendant en pente douce vers la mer; les plages, et une partie des côtes sont formées de sables corallifères ; au Sud et à l’Ouest s’élèvent de hautes falaises.
- Les forêts ont fait place aux cultures. Seules quelques régions plus accidentées, au Centre et à l’Ouest, en ont conservé des vestiges, où s’est réfugiée la faune indigène, ou plutôt ce qu’il en reste. Indépendamment du Dronte et des tortues géantes, si connues, l’île a perdu au xvne et au xvme siècle une douzaine d’espèces d’oiseaux, dont
- quelques-uns étaient remarquables, tels que VAphanapteryx, râle bizarre, qui n’a plus d’autre analogue que les Ocydromes de la Nouvelle-Zélande, deux espèces de Hiboux, le Pigeon hérissé, genre spécial aux îles de l’océan Indien, un Autour, un Héron, etc. De grands lézards, mesurant plus d’un demi-mètre, d’autres plus petits, ont également disparu.
- L’acclimatation de végétaux et d’animaux de toutes les régions du globe, mais plus spécialement d’Asie, a donné au pays un caractère cosmopolite, que la population confirme. Dans ce petit territoire, à peine aussi grand que la moitié des Alpes-Maritimes, grouille une population de 580000 âmes, dont 60000 descendants des anciens colons, 40000 Africains, 270000 Hindous, quelques milliers de Chinois complètent cette population hétérogène. Les propriétaires d’usine ou de vastes domaines sont en presque totalité d’origine française, mais près de la moitié des terres a été vendue à de petits cultivateurs indiens.
- La production totale de sucre a été de 235 000 t. en moyenne pour les six dernières années, ce qui fait ressortir la production des 52 usines à 4400 t.
- Fig. 3. — La flore indigène : Forêt de Kanaka. (Cliché C. Drenning.)
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- L 1 LE DE FRANCE AU XXe SIECLE --— ------ 83
- environ. Quelques-unes, très rares, produisent la totalité des cannes quelles manipulent, mais la plupart ne cultivent qu’une certaine étendue de terres, et achètent les cannes des grands et petits cultivateurs de leur circonscription. Il en résulte de multiples accords, depuis le simple achat quotidien à la tonne aux bascules appartenant aux industriels et ouvertes à une clientèle flottante, jusqu’à des contrats de longue durée, où ceux-ci s’engagent à prendre à leurs usines les cannes des planteurs, et à leur donner une part du sucre produit, part qui varie de 66 à 72 pour 100 du poids de sucre provenant desdites cannes. La différence indemnise l’usinier de ses frais de fabrication, et constitue son bénéfice.
- Ce système n’a été appliqué que depuis une vingtaine d’années, et a donné des résultats considérables; les usines trop faibles pour soutenir la concurrence, ou mal placées pour s’assurer une clientèle fixe, durent fermer leurs portes, et leurs propriétaires morceler leurs terres, ou consentir des arrangements avec les usines centrales qui s’organisent peu à peu.
- D'ici quelques années, il est probable qu’il ne
- Fig.. 4.
- La flore acclimatée : Jardin des Pamplemousses.
- Fig. 5. — Un village : La plaine Magnien.
- subsistera plus que la moitié des usines existant actuellement; en 1881 il y en avait 170.
- Un réseau très complet de chemins de fer à voie étroite, propriété des usines, dessert ces cultures, et permet d’extraire des champs non seulement les cannes produites sur le domaine, mais aussi celles des cultivateurs.
- Le chemin de fer de l’État aide également au transport des cannes, et monopolise à peu près celui des sucres à la capitale.
- Le sucre produit est d’excellente qualité. Avant la guerre, il était presque exclusivement exporté sur les marchés de l’Inde, niais depuis, réquisitionné par la Commission britannique des sucres, il a pénétré chez tous les Alliés.. En 1916, la France en a reçu 110 090 t., d’après les statistiques officielles, quelque peu plus, si l’on tient compte des réexportations du Royaume-Uni sur nos ports.
- L’amélioration de l’outillage a élevé le pourcentage de sucre blanc granulé, qui a passé de 70 pour 400 à 95 pour 100 dans les meilleures usines, et l’extraction générale a également été portée de 9,92 pour 100 en 1904 à 10,65 pour 100 en 1914, en moyenne ; quelques usines dépassent notablement ce chiffre.
- Les cultures secondaires, tout en n’étant pas absolument négligées, n’occupent qu’une place très inférieure dans la richesse agricole du pays. La vanille, dont la production avait atteint près de 18 000 kg en 1879, est tombée au chiffre dérisoire de 250 kg. L’aloès, qui représentait avant la guerre 2 à 3000 t. de fibres à l’exportation, ne figure plus que pour 1200 t.; le thé suffit à peine à la consommation locale. Cependant ces trois industries utilisent la plupart du temps des ter-raius impropres à la culture de la canne.
- Tributaire de l’Inde et de la Cochinchine pour le riz, qui forme la base de l’alimentation de presque toute la population, de l’Inde pour les sacs d’emballage, de Madagascar pour les bœufs de boucherie,
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- L’ILE DE FRANCE AU XX« SIÈCLE
- de la France et de l’Angleterre pour les vins, les conserves alimentaires, les engrais chimiques, les machineries, etc., l’ile ne peut vivre que par un commerce intensif.
- La nature l’a dotée d’un port spacieux, abrité des alizés, d’accès facile et commode, que des travaux peu coûteux pourraient améliorer à un tel point, que les plus grands navires y feraient leurs opérations à quai. Des intérêts privés, assurément fort respectables, mais qui nuisent au bien général, ont jusqu’ici entravé toute perspective d’amélioration.
- Cependant les opération s se font rapidement : les Compagnies qui en ont rle privilège possèdent un outillage nombreux de chalands et de remorqueurs, qui cependant entraîne une double manipulation des marchandises.
- Le mouvement maritime, intense au temps des voiliers et des petits navires à vapeur, a considérablement diminué comme unités, mais non comme tonnage; celui-ci, au contraire, a presque doublé depuis 40 ans.
- La récolle de sucre assure un fret rémunérateur aux armateurs. Quelques chiffres compléteront cette étude en donnant le total de la valeur des importations et des exportations avant et après la guerre.
- En 1914, le total des importations s’élevait à 38 millions de Roupies, et celui des exportations à 60 millions, dont R. 57 800 000, pour le sucre seul. En 1917, ces chiffres passaient respectivement à R. 41 800000 pour les importations et à R. 62000000 pour les exportations. Cette année, la récolte de sucre seule a été vendue pour 1\. 100 000000 qui, au taux actuel du change, représentent quatre cents millions de francs!
- J’ai ailleurs fait valoir les raisons de sentiment qui poussent les Mauriciens d’origine française à
- réclamer le retour de l’ile de France au pays qui lui a donné son nom. L’écho que cette demande a trouvé dans toute la presse et dans les cœurs français nous suffit. Mais les gouvernements sont tenus à plus de réserve, et doivent peser le pour et le contre dans le
- mystère des chancelleries. L’ile Maurice, si on ne considère que le point de vue matériel, est nécessaire à la France, et indispensable aux îles voisines, aussi bien à sa sœur,la Réunion, qu’à Madagascar. Si l’on songe, en effet, que ce domaine immense ne possède pas 4 millions d’habitants, que ceux-ci doivent être dirigés, instruits, civilisés ; qu’à part quelques fonctionnaires, et de plus rares négociants, la France ne peut exporter des co’ons : tandis qu a l’ile Maurice une population exubérante de vie est trop à l’étroit dans son ile, que l’excédent des familles mauriciennes, si nombreuses, peut et doit s’expatrier; qui ne voit l’incomparable avantage que notre grande colonie retirerait de l’union étroite desf trois îles. Mais si l’ile
- Maurice est un tel joyau, peut-on demander à l’Angleterre d’en faire l’abandon? Si pour nous elle incarne le souvenir de nos gloires maritimes et coloniales, si elle est indispensable au développement de nos colonies de l’océan Indien; pour l’Angleterre, elle n’est, suivant l’opinion d’unhommed’ÉtatQ), qu’un minuscule nid d’orages de l’océan Indien, ou d’après d’autres (2), qu’un fardeau pour l’Amirauté britannique. L’échec des tentatives d’assimilation delapopm lation d’origine française est notoire. La rétrocession de Maurice par nos alliés pourrait être une preuve tangible de l’alliance qui nous unit, et de notre côté;’ nous pourrions leur consentir des avantages pour les dédommager de leur sacrifice. P, Carte.
- 1. Sir Franck Athclstane Swettcnhani. Also and Perhaps,
- 2. 11.‘"Francis Skrin’e. Times du'15 juin 1919. -•
- Fig. 6. — Une plantation de canne à sucre à Mon Désert; au fond, la montagne du Lyon.
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- LES CELLULES ALLEN-MOORE ÉLECTROLYTIQUES
- Nous avons décrit récemment (n° 2574) la fabrication du chlore telle qu’elle a été montée dans un grand nombre d’usines françaises par un procédé mis au point par la Société pour l’Industrie Chimique à Bâle, dit « procédé de Monlhey ».
- Nos amis canadiens, disposant entre autre énergie, des chutes du Niagara, ont étudié de leur côté l’importante question des gaz de guerre; ils étaient arrivés, d’après Scientific Américain Supplément, à produire quotidiennement 100 tonnes de chlore par .jour, qu’on transformait en 40 tonnes de chlore liquide, 40 à 50 tonnes de phosgène ou oxychlorure de carbone, et 55 tonnes de chlorure de soufre pour ypérite.
- De pareilles fabrications avaient occasionné l’installation d’usines considérables ; en examinant méthodiquement et pendant plusieurs années l’é-lectrolyse de la saumure, les A-méricains ont réalisé une cellule sensiblement différente des cellules européennes, et donnant un rendement de courant beaucoup plus avantageux.
- La caractéristique principale de la cellule « Allen-Moore » se trouve dans une conception particulière du diaphragme.
- Au lieu que dans l’appareil Monthey, la paroi semi-perméable est en somme réalisée par une toile d’amiante enroulée autour des baguettes en fer formant cathode, et se présente sous l’aspect d’un grand nombre de sacs étroits et allongés ; dans l’appareil américain, le diaphragme est constitué par une grande plaque en carton d’amiante de 5 in. de longueur sur 1 m. 50 de largeur; les électrodes bordent cette plaque à droite et à gauche ; la solution d’électrolyte arrive constamment dans le compartiment intérieur, traverse le diaphragme, et s’écoule par l’extérieur. Elle est au voisinage du diaphragme soumise à une électrolyse intense; la vitesse du courant l’entraînant constamment hors du champ électrique aussitôt traitée, ce dispositif empêche les actions secondaires néfastes qui limitent le rendement; et le coefficient de la cellule est extrêmement élevé, du fait qu’il n’y a pas d’électrolyte à l’extérieur de la cathode.
- Lorsqu’une cellule est employée normalement, il n’y a pas de formation d’hypochlorites, comme c’est quelquefois le cas avec les cellules où il y a de la saumure à l’extérieur des cathodes ; car la soude
- caustique revient alors à travers le diaphragme : l’avantage est donc notoire, car les hypochlorites sont des oxydants énergiques, qui attaquent et rongent rapidement les anodes : le charbon est brûlé, comme par un simple brasier, et disparaît peu à peu, transformé en gaz carbonique.
- Le rendement garanti par les constructeurs américains apparaît particulièrement intéressant : 92 pour 100 de la théorie, en quantité de courant.
- On sait qu’un ampère traversant de la saumure,met en liberté, d’après les lois de Faraday, l’équivalent en sodium, de 1 milligr. 118 d’argent; ce sodium est transformé instantanément en soude caustique ; si le courant a été donné pendant une heure, c’est-à-dire s’il a passé 5600 ampères, on aura produit théoriquement 1 gr. 49 de Na OH; le rendement annoncé de
- 92 pour 100 correspondrait donc à 1 gr. 57 de Na OH. On peut alors calculer le nombre de kilowatts-heure consommés pour la fabrication d’une tonne de soude caustique : les cellules tra-vaillentsouslSOO ampères et 5 volts 8 par cellule ; en 24 heures, elles auront consommé
- X 24 kw-h, lesquels ont libéré au
- sein de l’électrolyte une quantité de soude représentée par 49,320; pour en libérer 1000 kg, il faut multiplier le chiffre précédent par 20, 26 : on obtient ainsi 2772kw-b,et ce petit calcul, type des calculs de rendement électrolytiques, montre queles cellules Allen-Moore, électrolysant sous 3 volts 8, consommeront 2772 kw-h par tonne de soude. Dans certaines installations, où elles travaillent sous 4 volts 8, les mêmes équations, pour la même production conduisent à une consommation de 3063 kw-h, soit approximativement 507 kw-h pour 100 kgs Na OH : et l’expérience ne manque pas de vérifier la théorie. Comme avantages accessoires de cet appareil, on peut remarquer que la seule partie de la cellule qui demande à être renouvelée est le diaphragme, et cette opération n’exige que le travail de 2 hommes pendant 2 heures ; la durée normale de la pièce est 2 à 3 mois. Les anodes durent 12 à 18 mois. Enfin la soude étant exempte d’impuretés, l’usure excessive des tubes d’évaporation est évitée, et le cylindre commercial de soude caustique fondue se présente sous l’aspect d’une masse absolument blanche. Le chlore est très pur et dépourvu d’oxygène. A. Koeiiler.
- Fig. i.
- Elévation et coupe d'une cellule électrolytique Allen-Moore.
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- LE SALON DE L’AERONAUTIQUE
- I. — Aviation.
- Le salon de l’Aéronautique a été certainement un immense succès. ;
- Des centaines de milliers de visiteurs se sont pressés autour des stands ; tous voulaient se rendre
- plus luxueuses limousines automobiles terrestres.
- Pour la première fois, le public français a pu étudier les immenses progrès qui ont été réalisés par la plus stupéfiante des sciences en cinq ans
- Fig. i. — Le Blériot-Mammouth.
- 2 mécaniciens allant visiter un des moteurs supérieurs.
- compte de visu si véritablement il était possible de voyager sur certains itinéraires internationaux avec autant de confort que dans les wagons de chemin de fer. Leur étonnement fut vif de découvrir des limousines aériennes semblables en tous points aux
- d’elîorts acharnés pendant lesquels ni l’argent, ni les vies humaines ne furent ménagés. Le salon de l’Aéronautique a été divisé en plusieurs sections : Aérostation, Aviation, moteurs, hydro-güsseurs, hangars, matières premières, etc... Nous ne noterons,
- Fig. 2. — Le Goliath de Farnian.
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- LE SALON DE L’AÉRONAUTIQUE
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- pour ne pas être entraînés trop loin, que les efforts intéressants pour l’avenir de la navigation aérienne.
- La caractéristique générale de cette exposition est le gros effort fait par les constructeurs aéronautiques pour quitter les conceptions idéalistes et aborder les réalisations pratiques. On constate une tendance très nette à « commercialiser » l’aviation, et à délaisser les appareils d’exhibitions ou d’acrobatie dans lesquels la légèreté de la construction ne permettait de réaliser de bonnes caractéristiques de vol qu’au délriment de la robustesse des organes. Simplicité, démontabiiité, robustesse sont les qualités qui ont été recherchées aussi bien du côté des cellules que du côté des moteurs.
- En ce qui concerne l’aérostation, rien de particulièrement nouveau n’est à signaler au point de vue commercial. Différentes marques françaises exposent des modèles réduits des dirigeables souples qui ont été utilisés par l’armée.
- Aviation. — Nous pouvons, pour faciliter nos recherches, diviser les avions exposés en 4 catégories, ce qui nous permettra de les comparer utilement entre eux en considérant en vue de quelles fins ils ont été conçus et construits. Nous tâcherons de juger leurs valeurs, si tant est qu’il soit possible de le faire sans que nous connaissions quelles sont leurs qualités réelles en vol et leurs possibilités d’utilisation au cours d’une exploitation pratique,
- Ces quatre catégories seront ; 10 celle des avions à grosse capacité destinés au transport public d’au moins 8 à 10 passagers; 2° celle des avions dits « de tourisme », destinés à transporter de 2 à 10 passagers environ; 3° celle des avions dits « de sport » ne transportant que leur pilote ; puis enfin la 4me catégorie comprenant les avions spécialisés pour les opérations de guerre, pour les courses ou les avions destinés aux expériences.
- !
- Parmi les gros avions de transport public, nous trouvons le fameux « Goliath » de Tarman. Les
- Fig. 4. — Acrobaties d'un mécanicien allant resserrer en plein vol le joint d’un moteur.
- 1 Sortie du fuselage; 2 Le mécanicien s’assoit sur le 3 La réparation dans un vent de 140 km-h.
- Fig. 3. — Caudron tri-moteur.
- Intérieur de la cabine.
- lecteurs de La Nature le connaissent et nous ne nous étendrons pas sur lui, ses caractéristiques n’ont point changé. C’est le seul avion français de cette classe qui ait fait ses preuves; remarquable par la simplicité de ses lignes, par son haut rendement en poids transporté, en égard à sa puissance motrice qui n’est au total que de 500 HP, il possède une cabine pour 15 passagers, gaie et confortable. Le seul reproche que nous puissions lui faire est la disposition de ses deux moteurs placés entre les plans et extérieurement au fuselage; cette formule ne permet au cours de vol aucune réparation, nous ne pouvons pas tenir compte des acrobaties; celles-ci dans certains cas ont été accomplies par un mécanicien qui réussit à gagner l’un des moteurs et à lui faire une petite réparation de fortune. Cet inconvénient nous paraît suffisant pour entraver l’essor commercial des formules actuelles ; c’est une insuffisance dé conception, nous nous hâtons de déclarer quelle s’applique,d’ailleurs,à tous les gros avions publics exposés. Nous nous excusons de parler souvent de cette faiblesse que nous croyons être l’un des défauts, rédhibitoires des formules actuelles pour l’avenir de la navigation aérienne. «
- Symétriquement disposé, se trouve le ; nouveau rival du Goliath, le « Mammouth » de Blériot. Get avion est véritablement colossal, les lecteurs de La Nature le connaissent déjà (n° 2380). Sa puissance (de 1200 HP) est répartie entre 4 moteurs Hispano de 300 IIP, disposés suivant une formule toute personnelle à M. Blériot et àj l’ingénieur anglais Tarrant. . . > ; ,
- A première. vue nous ne. saisissons pas fort bien! pourquoi, deux des moteurs sont allés se nicher ;aux points les plus élevés de l’avion. Peut-être est-ce pour éviter que deux des hélices ne travaillent médiocrement dans les remous des deux autres ainsi que le fait se produit dans la
- réservoir;
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- Fig. 5. — Triplait Caproni 900 HP. Cabine centrale pour 20 passagers. .
- plupart des avions à 4 moteurs montés en tandem?
- L’un des inconvénients de cette position des moteurs fixés sur le plan supérieur réside dans l’éloignement des points de traction du centre de gravité, ce qui peut donner lieu à un couple bascu-leur dangereux, c’est cette rupture d’équilibre qui causa la catastrophe du Tarrant anglais à 6 moteurs. Il nous semble que de moyennes solutions sont intervenues précédemment soit en plaçant les 4 moteurs dans un même plan (Sikorsky, Voisin triplan 1913), soit mieux en modifiant le pas et la vitesse de rotation des hélices arrière (Voisin 1918, Hand-ley-Page Y. Bristol triplan, etc...) Si déjà au point de vue de l’équilibrage la formule Blériot paraît discutable, que dirons-nous de l’accessibilié des moteurs supérieurs : ceux-ci, même au sol, ne peuvent être atteints que par des acrobates ou à à l’aide d’une échelle spéciale analogue à celle des pompiers ? Quelles doivent être les difficultés matérielles d’un changement de moteur si l’on ne dispose pas d’un outillage spécial et que de pertes de temps ne sont pas entraînées par la seule vérification d’une bougie encrassée au moment du départ. En dehors de ces critiques le Blériot-Mammouth possède des aménagements spacieux qui lui permettent de transporter 28 passagers, c’est la capacité d’un autobus parisien. Les essais de ce gigantesque engin seront des plus intéressants à suivre et permettront de porter un jugement exact sur sa valeur commerciale. Nous nous permettons toutefois de faire remarquer la sur-chage excessive de cet avion qui porte 50 kgs au mètre carré. Souhaitons que son étude ait été plus poussée que celle de son devancier qui s’est brisé en l’air au cours de son premier vol.
- Le troisième avion français rentrant nettement dans cette catégorie est le nouveau trimoteur Gaudron, terminé à la veille du salon. C’est un grand biplan dont la formule est dérivée de celles de certains Rie-'
- senflugzeug allemands, sa puissance motrice est de 750 HP répartie en 3 moteurs Salmson 250IIP; deux moteurs sont placés entre les plans et extérieurement au fuselage, le troisième est placé à l’avant de ce fuselage, La surface portante est considérable et atteint 155 m2. La cabine est luxueuse et comporte même un cabinet de toilette 1 Dans l’ensemble leC. 25, qui n’a pas encore volé, ne fait ressortir aucun perfectionnement technique sur ses devanciers; sa construction paraît même un peu arriérée (nombreux câbles de renfort, eic...) et un peu légère pour le poids total en vol qui serait de 7U00kg.
- L’hydravion de haute mer Lioré et Olivier profile sa silhouette trapue sous la coupole centrale ; hydravion à coque, biplan et trimoteur. Ses trois moteurs lui donnent une puissance de 900 HP, deux sont montés entre les ailes et extérieurement au fuselage, ce sont des 300 HP Hispano; le troisième, un Salmson 250 HP, est placé au-dessus de la pointe avant de la coque et fixé à la partie antérieure de la cabine à passagers.
- C?est l’existence de cette cabine qui paraît être le caractère prédominant de cet hydravion. Rompant avec la tradition qui plaçait les passagers dans la coque même, MM. Lioré et Olivier ont disposé cette cabine au-dessus de la coque et entre les plans. Nous pouvons nous demander pour quelles raisons cette solution a été adoptée. Si nous la comparons
- Fig. 6. — Handley-Page type W8-1920 (900 HP.). Remarquer la simplicité de-.a cellule.
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- avec la formule courante utilisée par les spécialistes d’hydravions de haute mer tels que Curtiss, Gosport, nous ne voyons pas que la solution Lioré et Olivier procure plus de confort aux passagers ni plus de robustesse à la construction générale ; par contre, nous voyons que la cabine extérieure offre, en premier lieu, une sérieuse augmentation de poids puisqu’elle s’ajoute à la coque et, en second lieu, qu’elle présente une augmentation notable de résistance à l’avancement. Quoi qu’il en soit, cet avion, qui n’a pas encore été essayé, semblait attirer sérieusement l’attention des marins ; ce type doit, d’ailleurs, être utilisé pour relier en quelques heures Marseille et la côte africaine.
- L’Italie, dans cette catégorie, présente un immense triplan Caproni de guerre; c’est ce modèle qui légèrement transformé au point de vue du logement des passagers est utilisé en Italie pour les transports aériens publics. Ce triplan que connaissent les lecteurs de La Nature (n° 2346) est bifuse-lage et trimoteur; son mode de construction est un peu ancien datant de 1916, nous y trouvons trop de mâts, de câbles, de renforcements extérieurs, enfin sa surface portante paraît ne pas être en proportion avec ses dimensions d’encombrement, cela tient, comme nous l’avons fait remarquer précédemment (n°2346), à la profondeur insuffisante de ses plans porteurs. Sarpuissance motrice, de 600HP seulement, n’est certainement pas en proportions avec les caractéristiques qu’on pourrait demander à une pareille masse.
- Les frères Caproni ont fourni, pendant la guerre, un tel effort technique vers les avions à grande puissance que l’on s’étonne de ne pas constater un meilleur résultat de leurs recherches actuelles. L’Italie eut pourtant la conception du grandiose en aéronautique et nous aurons sans doute à parler prochainement de leurs projets d’hydravions géants aménagés pour 150 passagers!
- La Grande-Bretagne de son côté est représentée au salon par l’un des plus beaux avions de trans-
- Fig. 8. — Le monoplan de,course Louis Clément (ingénieur Moineau).
- Train d’atterrissage replié dans les ailes.
- 7. — Triplan Bristol (4 moteurs de 400 HP).
- ports publics qui ait jamais fait ses preuves. Un seul modèle d’avion géant fut exposé bien que notre alliée soit avec l’Allemagne le pays qui ait fait en cette malière le plus d’elîorts pour créer des avions puissants et bien conçus. Sans parler des Handley-Page, nous trouvons dans ce pays les Bristol-Pullmann, les Yickers-Vimy, les Kangouroo, les Airco, etc...
- L’avion Handley-Page W 8 exposé est véritablement remarquable; il représente la synthèse de toute l’expérience qu’a pu acquérir cette marque au cours d’une année de transports publics.
- Le W 8 est un compromis entre le modèle à 2 moteurs datant de 1917 et le 4 moteurs de 1918. Cet avion est du type classique, biplan, sa caractéristique est de jouir d’une puissance motrice de près de 1000 HP, ce qui représenté le double de la puissance du Goliath-Farman et presque l’égalité avec le Blériot-Mammouth, il n’a cependant que deux moteurs Napier. Ces moteurs sont placés à l’extérieur et nous ferons par là même à l’Handley-Page les mêmes reproches qu’au Goliath. Le W 8 vole à la vitesse de 185 km à l’heure et transporte ses 15 passagers et leurs bagages dans une cabine qui est vraiment le dernier mot du confort. A cette cabine s’ajoute un cabinet de toilette et enfin une cabine de téléphonie sans fil qui permet aux passagers de communiquer avec le sol.
- Notons que pour la première fois, Handley-Page renonce au stabilisateur arrière biplan, qui le caractérisait, pour revenir à la formule monoplane classique ; sans doute ce retour vers la simplicité est-il rendu possible par la grande vitesse de l’avion; grâce à elle, il ne faut plus de surfaces aussi considérables aux éléments des gouvernes.
- Le, W 8 est construit avec une sobriété de ligne, une simplicité et une robustesse qui font de cet avion l’un des mieux adaptés aux services commerciaux de l’avenir.
- Nous nous permettrons de signaler, quoique seulement une réduction en ait été exposée, le grand triplan Bristol Pullmann ; nous le présentons parce qu’il est utilisé en Angleterre depuis pas mal de
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- Fig. 9. — Le Bristol “ Baby ”.
- Moteur 40 HP Siddeley.
- temps et qu'il est comparable par ses qualités avec l’Handley-Page et le Farman.
- C’est un triplan à fuselage central, sa puissance est de 16()0 IIP, constituée par 4 moteurs montés en tandem, sa cabine est luxueusement aménagée pour 14 passagers qu’il enlève à la vitesse de 170 km à l’heure.
- Voisin expose une réduction de son triplan, nous l’avons jadis présenté aux lecteurs de La Nature. Sa conception est trop ancienne pour qu’il puisse être utilisé en vue de fins commerciales. Breguet enfin nous annonce un nouvel avion le « Léviathan » dont la conception est toute moderne. Equipé avec un groupe moteur de 1000 IIP, cet avion aura une chambre des moteurs logée dans le fuselage central et les 4 moteurs de 250 IIP actionneront une seule hélice placée à l’avant du fuselage. Nous reparlerons de cet avion si intéressant quand sa construction sera plus avancée.
- Nous en avons terminé avec les avions à grosse capacité sans avoir réellement trouvé autre chose qu’une bonne adaptation des avions de guerre à la navigation commerciale. Il est regrettable que l’autorité militaire, qui seule eut l’occasion de faire les études nécessaires, n’ait pas présenté sous formes de maquettes les ’> ^ -
- si intéressants appareils géants projetés ou réalisés outre-Bhin. Nous tâcherons de revenir sür ce sujet.
- II
- Yien nen t en s ui te les avion s m oyens.
- Cette catégorie d’appareils a été gé-léralement conçue suivant la formule monomoteur. Nous trouvons là une transformation plus ou moins poussée des avions de guerre de la série « corps d’armée ».
- Le fuselage a été agrandi et transformé en cabine confortable, mais exiguë. Bréguet, Nieuport, H. Potez, Airco et Westland ont créé des types d’avions comparables ; leur puissance varie de
- 500 à 450 HP; leur capacité est de 6 à 8 passagers assis.en cabines closes bien capitonnées, chauffées, claires et accessibles, ce sont enfin de véritables limousines aériennes de luxe qui transportent leurs passagers sans heurts ni trépidations à des vitesses de 150 à 180 km-h. Ces avions sont utilisés sur les lignes aériennes actuelles, ils sont encore malheureusement réservés aux voyageurs fortunés.
- Tous ces avions précédemment cités ont été conçus suivant la même formule classique, biplans, monomoteurs, à fuselage-cabine central et munis du train d’atterrissage en V avec 2 roues. Le Bréguet, dont l’armature est entièrement métallique, se créera sûrement une belle place parmi les flottes de nos compagnies aériennes.
- D’autres avions peuvent se classer dans la même catégorie; le bimoteur Bernard, formule classique de guerre aménagée pour passagers; le Latécoère qui assure le service Toulouse-Babat ; le Fiat dit «transatlantique », le plus puissant avion monomoteur, dont le moteur de 700 HP et la capacité des réservoirs permettraient une aisée traversée de l’Atlantique, puisqu’il peut voler 20 heures à la vitesse de 250 km-h. Spad expose des avions de formule courante à 1, 2 et 3 places, admirablement construits pour les grandes vitesses, mais qui paraissent plutôt destinés à d’habiles professionnels qu’à des touristes. De Marçay présente une charmante petite limousine, légère, gracieuse de forme, oiseau blanc de grand luxe.
- Cette dernière catégorie d’avions moyens de tourisme offre encore moins d’innovations, sauf en ce qui concerne le travail des carrossiers de luxe à la mode.
- III
- Dans les avions de sport, par contre, se manifestent quelques nouvelles idées. Dans la recherche de la simplicité, de la légèreté et de la maniabilité*, 'certains constructeurs ont fait merveille; souhai-
- Fig. 10.
- L’avion Fiat transatlantique, le plus puissant monomoteur (700 HP). ", Remarquer le haubannage de la cellule.
- tons pour tous que les résultats pratiques n’amènent pas trop de déceptions.
- Le petit avion H. Potez sera classé ici à cause de
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- LE SALON DE L’AÉRONAUTIQUE ‘ ' 91
- sa légèreté. Biplan à fuselage, il possède un moteur de 50 HP d’automobile, refroidi par Pair. La position de ce moteur est curieuse, il est en effet vertical, les cylindres sont refroidis par l’air, et l’hélice est actionnée par un renvoi à pignons d’angle. La consommation ne serait que de 15 litres à l’heure, ce qui en rendrait l’utilisation économique. Le châssis d’atterrissage à 4 roues met les amateurs dans l’impossibilité de capoter, sauf en cas d’écrasement. Son poids total en vol ne dépasse pas 420 kgs. '
- L’avion de Marçay s’intitule le plus petit avion du monde; de fait, son encombrement maximum n’est que de 4 mètres sur 4 m. 50; sa surface portante est de 8 m2 5, et son moteur de 10 HP ne consomme que 5 litres à l’heure! Inutile de dire que cet avion est monoplace. Étant donnée sa faible surface de 8 m2 5, nous n’osons porter de jugement sur ses possibilités de vol.
- Le stand Louis Clément présente deux créations de Moineau, l’ingénieur qui conçut l’avion monomoteur bihélice. Le premier avion est un petit tri-plan à fuselage muni de trois roues d’atterrissage ; le moteur est un 30 HP Anzani qui se trouve derrière les plans, tandis que l’hélice se trouve en avant du fuselage, commandée par un long arbre creux. La surface portante de cet appareil est de 13 m2, et son poids en plein vol n’étant que de 170 kgs, les surfaces ne travaillent qu’à 13 kgs au mètre carré, ce qui doit donner d’excellentes qualités de vol.
- Moineau expose ensuite un avion tout différent, an monoplan de cobrse aux lignes merveilleuses qui d’ailleurs ressemble étrangement à l’hydravion italien des frères Ricci. Lorsque cet avion est en vol, le pilote replie son train d’atterrissage dans l’épaisseur des plans, et le moteur n’a plus à vaincre que la résistance à l’avancement du fuselage et des
- ailes. Ces ailes sont extrêmement robustes, quoique n’étant haubannées ni par câbles, ni par jambes de
- Fig. ii. — Avion Henri Potez 5oHP. Remarquer la position verticale du moteur. Les culasses des 4 cylindres sont refroidies directement par l’air.
- Remarquer aussi le train d’atterrissage.
- forces extérieures. Le début de chaque aile forme un angle avec l’horizontale, afin de donner à l’avion de la stabilité latérale et des facilités de réglage de l’aile. Le moteur est un 180 HP Hispano qui doit fournir une jolie vitesse de vol.
- Bristol expose un petit avion de sport, un peu plus grand que le de Marçay 10 HP, mais qui a l’immense supériorité de voler parfaitement bien et d’atteindre 1800 m. d’altitude, son poids en vol est de 310 kgs, sa vitesse ds 130 km-h., son moteur un 40 HP, 2 cylindres ne consomme que 13 litres à l’heure, enfin son encombrement n’est que de 6 mètres sur 4 m. 55.
- IV
- Tous les avions commerciaux ont été passés en revue. Il nous reste à mentionner l’exposition de Voisin qui présente un avion de guerre, muni d’un canon, de mitrailleuse, de bombes, de TSF, de matériel de signalisation, etc.
- Signalons l’avion exposé par Boul-ton and Paul, sa formule est courante, c’est celle d’un biplan à fuselage et monomoteur; sa fabrication est toute particulière, il est en effet entièrement métallique, les montants, les poutres, les nervures elles-mêmes sont en duralumin. Le constructeur n’a pas voulu avoir recours à la soudure pour assembler toutes les pièces, mais bien aux assemblages par rivets ; cette méthode nous rappelle celle qui présidait à la construction des immenses Zeppelins, elle a pour but d’éviter les inconvénients du duralumin qui, chauffé pour la soudure, perd toutes ses qualités de résistance.
- Nous pensons que certainement ce procédé de construction métallique, à l’exclusion du bois, est le seul qui puisse s’accommoder avec les néces-
- Fig. 12. — Limousine Nieuport.
- Surface portante : 65 m2. Puissance : 480 HP. Poids à vide : i5ookg. Charge utile : 900kg. Poids total : 2400 kg. Vitesse : 190 km-h.
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- 92 ....... LE SALON DE
- Trip/an Louis C/èment (Moineau) 30 fP
- Monopian de Course L ouis C/êrpent- Moineau
- Fig. i3. — Tableau comparatif des avions de sport.
- sites à venir delà navigation aérienne et notamment avec les changements de température et d’hygrométrie qu’auront à supporter les avions qui, partant de
- Tableau
- des caractéristiques des principaux avions du Salon Aéronautique.
- MARQUE ET TYPE Surface portante Puissance totale. Poids en plein roi Charge utile Charge au ni. carré Vitesse.
- M HP. Kgs. K.gs. Kgs. Km-h.
- Farman-Goliath . 165 500 S 4625 2630 28 160
- Blériot-Mammouth 150 1200 H 7525 5550 50 150
- Caudron C. 25. . 155 750 S 5500 2080 55,5 160
- Lioré et Olivier. . 90 410 SH 3900 1400 43,5 150
- Caproni ... . . 200 600 F 7700 2700 58,5 140
- Handley-Page W 8. » 900 N 545" >, . » 180
- Bristol Pullmann.. 177 1600 L 8100 5100 45 160
- Bréguet » 450 R » >, » 170
- Nieuport. .... 65 4’0 R 2400 900 37 190
- Henri Potez . . . 43 370 LD 1645 550 38.5 195
- Airco . . ... . 4 .450 N 2100 690 „ 210
- Westland. . ... 40 275 RR 1610 » 40,5 180
- Fiat 80 700 F 4750 2350 50 250
- De Marçay. . . . 15 60 G 580 200 25,5 140
- Henri Polez . . . 19 50 P 420 200 22
- De Marçay. . . . 8,5 10 A 18 • 84 22,5 105
- Moineau monoplan. 16 18‘> H 67(i 90 42 „
- Moineau triplan. . 13 30 Az 169 80 13 »
- Bristol 10 40 Sy 309 100 51 128
- Salmson; R: Renault; P: PoleZ;
- H:Hispano; LD: Lorraine-Diétrich; À: ABC;
- F : Fiat; RR ; Rolls-Royce; Az : Anzani;-
- ÎN : Napier ; G: Rhône; Sv : Sidd-dey.
- L : Liberty;
- l’Angleterre froide et brumeuse se retrouveront quelques heures plus tard sous le soleil torride, et desséché du Sahara.
- Notons qu’un constructeur français, Besson, créateur pendant la guerre d’excellents hydravions
- Limousine Brè^uet L/mous/ne Airco
- Limous me de ta C'F
- Transaérienne Miauport
- Limousine We<$Manct
- Limousine ftenriPotez
- Fig. 14. — Tableau comparatif des silhouettes des avions à moyenne capacité.
- L’AÉRONAUTIQUE .....;........
- très étudiés, expose un petit hydravion à coque tri-plan et muni d’un petit moteur 60 I1P. Ce constructeur expose aussi une maquette assez curieuse de quadriplan; en effet, pour diminuer le nombre de mais et de câbles constituant les parties nuisibles des surfaces portantes et également dans le but de diminuer la hauteur excessive que devrait atteindre un quadriplan, les plans sont disposés par paires en tandem, mais décalés en hauteur, de telle manière que les montants arriérés de la cellule avant sont communs avec les montants avant de la cellule arrière. Si cette solution est heureuse au point de vue constructif pur, nous pensons qu’elle l’est moins au point de vue aérodynamique, les
- Barman Goliath
- B/ériot- Mammouth
- Handley Page W. 8
- Lioré ef Olivier
- Caudron c.25
- Fig. ï5. — Tableau comparatif des silhouettes des avions à grosse capacité.
- plans arriérés trop proches des plans avant travaillent médiocrement dans leurs remous.
- M. Damblanc, un inventeur, expose le modèle d un avion nommé Alérion ou avions à voilure tournante. Procédant à la fois de l’hélicoptère et de 1 aéroplane, les surfaces sustentatrices sont constituées par des pales immenses d’hélices ressemblant à de petits plans de Nieuport Bébé; l’inclinaison de ces pales est variable et permet, par suite de l’utilisation de diverses composantes, d’obtenir au choix la vitesse de translation horizontale ou la vitesse ascensionnelle. Deux moteurs actionnent ces hélices géantes dont la surface totale portante serait de 40 m2. Cette surface suffirait à sustenter en vol plané l’ensemble de l’appareil en cas de panne des moteurs. Nous ne pouvons que souhaiter bonne chance à cet inventeur qui cherche à mettre la navigation aérienne à la portée des plus maladroits des mortels et nous tiendrons les lecteurs de La Nature au courant des résultats des essais.
- (A suivre.) Jean-Abel Lefranc.
- Breveté mécanicien.
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- L’ENCÉPHALITE LÉTHARGIQUE
- A diverses reprises, au cours de ces dernières semaines, les journaux quotidiens ont attiré l’attention du public sur une affection de nature mal définie, qui menacerait de s’étendre et peut-être de causer des ravages, surtout venant s’ajouter à la grippe dont de divers côtés on signale des épidémies renaissantes.
- C’est de l’encéphalite léthargique, dont à diverses reprises il fut d’ailleurs récemment question dans les diverses sociétés médicales et plus particulièrement à l’Académie de Médecine, que nous voulons ici parler.
- Signalée pour la première fois le 22 mars 1918 à la Société médicale des hôpitaux par M. le Dr Netter, l’encéphalite léthargique qui donna lieu alors à de multiples observations, a fait chez nous depuis la fin de novembre dernier, une nouvelle et regrettable réapparition.
- Ce n’est pas que les cas soient extrêmement nombreux. Dans sa communication du 6 janvier dernier à l’Académie de Médecine, M. Netter en signalant ce retour offensif de l’encéphalite léthargique, déclarait avoir personnellement observé depuis le 26 novembre 12 cas seulement de la maladie répartis dans les divers quartiers de Paris et avoir eu en plus connaissance d’une vingtaine d’autres cas.
- Depuis lors, du reste, d’autres praticiens ont pareillement signalé quelques cas de l’affeclion et en particulier le professeur Combemaie et le Dr E. Dubot qui l’ont rencontrée dans la région lilloisè.
- Mais, qu’est-ce exactement que cette maladie qui suscite ainsi présentement l’attention?
- Encore que peu connue de la grande majorité des médecins, elle n’est point nouvelle.
- Bien avant 1917, où elle fut observée en Autriche et aussi en Australie, elle fit à diverses reprises, mais sous d’autres noms, des apparitions qui ne passèrent point inaperçues.
- C’est ainsi, notamment, qu’en 1889-1890, dans la province de Mantoue, au moment où l’épidémie de grippe entrait en décroissance, l’on signala une maladie mystérieuse qui, à la suite d’un état léthargique, causait fréquemment la mort du malade, tantôt en quelques heures, et tantôt seulement après un nombre variable de jours. Cette affection, baptisée alors du nom de Nona en Italie, fut observée et décrite simultanément dans divers pays, notamment en Bulgarie, en Autriche, en Allemagne et, un peu plus tardivement, en Angleterre et en Amérique, puis en Suisse et aussi en France, recevant tantôt le nom de catalepsie grippale, tantôt celui de polioencéphalo-myélite ou encore de polioencépbalite.
- Quoi qu’il en soit, l’encéphalite léthargique, dont le caractère épidémique ne paraît aujourd’hui pas douteux, malgré la sévérité de son pronostic, puisqu’elle entraîne une mortalité qui, d’après les divers, observateurs, peut varier entre 4,5 et 55 pour 100 des cas constatés, ne paraît pas être très redoutable; sa contagiosité demeurant en somme assez faible.
- L’affection, en règle, habituelle, débute brusquement par des frissons, de la céphalée, de la fièvre, de la courbature et parfois des vomissements; souvent aussi, avant tout autre symptôme, durant deux à trois semaines, le malade est en proie à des malaises et à une fatigue généralisée.
- Trois symptômes essentiels dominent. C’est d’abord la somnolence qui survient souvent insensiblement. Le malade est envahi par une torpeur irrésistible ; ses yeux se
- ferment malgré lui et il tombe dans un sommeil si profond parfois qu’il devient impossible de l’en faire sortir pour le faire manger et qu’il faut alors recourir pour l’alimenter aux lavements nutritifs.
- Cette somnolence cependant n’est pas toujours invincible; parfois elle n’einpêche point de lever le malade qui alors se réveille un peu, fait quelques pas chancelants, prêt à tomber si on ne vient à le soutenir. Parfois aussi, il se réveille suffisamment pour répondre de. façon plus ou moins cohérente aux questions qu’on lui adresse, puis s’endort à nouveau profondément.
- Dans certains cas, sa somnolence est coupée de cauchemars, de crises d’agitation et alors on le voit se lever brusquement de son lit, faire quelques pas, puis retomber dans le sommeil.
- Dans les cas devant se terminer par la mort, enfin, la somnolence s’aggrave, le coma s’installe et la respiration s’altère, devenant sterloreuse ou'irrégulière, présentant des alternatives de précipitation ou de ralentissement.
- Si le malade doit guérir, au contraire, la somnolence s’atténue peu à peu, la conscience reparaît par instants, et le sujel, au lieu de dormir sans arrêt, présente simplement des crises de sommeil qui le font s’endormir brusquement quand il s’assied ou même alors qu’il est debout.
- De ces attaques de sommeil dont la durée fort variable peut être longue, le malade une fois guéri a perdu toute souvenance.
- Yoilà pour le premier symptôme essentiel.
- Le second consiste dans des phénomènes de paralysie plus ou moins complète des nerfs du cerveau moyen et en particulier des nerfs moteurs de l’œil qui, le plus souvent, sont les seuls atteints. De ceux-ci, du reste, les plus communément touchés sont ceux commandant la musculature extrinsèque de l’œil, si bien qu’on constate communément chez les maiades le ptosis double ou tout au moins un ralentissement considérable du fonctionnement des muscles releveurs de la paupière supérieure, souvent du strabisme interne ou externe et parfois aussi de la diplopie, c’est-à-dire une vision double des objets. Souvent encore les malades présentent du nystagmus et l’on voit alors leurs deux globes oculaires animés d’oscillations involontaires, continuelles, lentes ou rapides, dans le sens horizonlal et parfois dans le sens vertical.
- Pour les muscles internes de l’œil, ils sont moins fréquemment touchés par la paralysie. On observe, cependant, dans certains cas, de l’inégalité pupillaire et souvent de la paralysie de l’accommodation.
- Chez les sujets atteints d’encéphalite léthargique, enfin, on rencontre encore fréquemment des paralysies faciales plus ou moins complètes, qui sont habituellement doubles, et apparaissent tantôt au début de la maladie et tantôt quand sa phase aigue est terminée.
- .Le troisième symptôme essentiel de l’encéphalite léthargique, enfin, est la fièvre ou mieux un état infectieux fébrile qui tantôt, franc, net, s’accompagne de frissons, d’un état saburral prononcé des voies digestives, haleine fétide et constipation; et tantôt, au contraire, est passager et de faible intensité.
- Dans les cas graves devant se terminer par la mort, la température sera toujours élevée, aux environs de 39° à 40° avec seulement de faibles rémissions matinales.
- Tels sont les symptômes essentiels de la maladie
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- ACADÉMIE DES SCIENCES =
- Celle-ci, comme nous l’avons déjà noté, est de pronostic variable, présentant au point de vue de sa marche deux formes bien distinctes : 1° une forme aiguë mortelle d’ordinaire en huit à douze jours, d’aspect grave dès son début, avec température élevée, persistante, léthargie complète ou entrecoupée d’exacerbations délirantes, état infectieux grave, haleine fétide, etc.; 2° une forme curable, à début insidieux, dans laquelle la fièvre peu élevée ne persiste guère et dont les symptômes s’atténuent vite ou tout au moins présentent des rémissions.
- Dans ce dernier cas favorable, la maladie dure des semaines et parfois jusqu’à quatre mois et alors les malades, durant un temps prolongé, conservent des troubles du caractère, une faiblesse excessive et une tendance prononcée au sommeil.
- Dans l’épidémie actuelle, l’on retrouve les diverses formes de l'affection grave ou légère. Parfois, comme l’a observé notamment M. le professeur Achard, l’encéphalite peut s’accompagner d’une réaction méningée qui pourrait, à l’occasion, égarer le diagnostic; parfois aussi, comme l’a observé M. Netter dans ces derniers temps, les paralysies oculaires et crâniennes peuvent faire défaut.
- En ce qui concerne la propagation de l’affection, la coïncidence de l’épidémie d’encéphalite avec la recrudescence de la grippe montre que les conditions favorables à l’expansion des deux maladies sont analogues, mais n’implique nullement, comme certains tendraient à le penser, que l’encéphalite léthargique soit une déter-
- mination particulière de la grippe. En réalité, certaines particularités relevées dans Dévolution de l’épidémie actuelle tendraient à rapprocher l’encéphalite de la polyomyélite infantile. Le germe de l’une et l’autre de ces deux maladies, comme Krauss, Lœwe et Ilirschfeld en ont fourni expérimentalement la preuve, évolue de même manière.L’inoculation, après filtration préalable à des cobayes ou même à des lapins des produits de sécrétion provenant de la gorge ou du nez, a donné en effet à ces animaux une maladie transmissible dont les symptômes rappellent ceux constatés chez l’homme. De même l’ensemencement sur milieu convenable de fragments des centres nerveux de sujets malades permet de constater l’existence de colonies microbiennes rappelant fort celles qu’on observe dans la poliomyélite tout en différant nettement cependant.
- La nature contagieuse de l’encéphalite léthargique, du fait de ces résultats expérimentaux, n’est donc nullement douteuse. Quant à la virulence même du germe, elle ne semble pas très grande, ce qui n’implique pas, cependant, qu’il ne faille prendre de sérieuses précautions pour s’en défendre.
- Aussi les précautions les plus minutieuses s’imposent-elles à tous ceux qui doivent approcher des personnes ayant entouré des malades, celles-ci étant presque sûrement de ce fait même des porteurs de germes qu’elles abritent alors dans la bouche, le nez ou la gorge.
- Dr Georges Vitoux.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de janvier 1920.
- Vhgdrogénation du lactose. — Les essais de Bou-chardat ont montré, en 1871, que sous l’action de l’amalgame de sodium, le sucre de lait fournit la dulcite, en même temps qu'un peu d’alcools éthylique, isopropy-lique et hexylique. En utilisant à 500° le nickel, l’abbé Senderens a mis en évidence une réaction secondaire, dont l’importance augmente avec l’activité du catalyseur. Le stade aldéhydique étant dépassé, l’acétal atteint à son tour donne le galactose, point de départ de la dulcite, et le glucose qui produit par la suite la sorbite restée en solution. Les liqueurs évaporées, après extraction de la dulcite, cristallisent bientôt pour fournir un sucre jusqu’ici inconnu et auquel l’auteur donne le nom de laclosite.
- La chaîne du Caucase. — Depuis une douzaine d’années, on a reconnu les couches mésozoïques du Trias supérieur qui reposent sur le palézoïque. Les documents fournis par MM. Baldanoff et Robinson ont permis à M. Lebedeff de retrouver les gisements de calcaires gris et de schistes comprenant des veines de charbon, dont la teneur en cendres ne dépasse pas 14 pour 100. L’àge de ces couches peut être ainsi fixé approximativement : elles se relâchent aux parties moyennes et supérieures du Carbonifère et non au Dévonien, comme certains auteurs l’ont écrit.
- La flore bactérienne des eaux d’égout. -- On connaît. depuis les travaux de Fowler, d’Audern etdeDienert, les phénomènes chimiques qui se produisent aii cours de l’épuration par le procédé des « boues activées », et les essais de Rdssel et de Bartow ont décelé la nature biologique des phénomènes de la nitrification. La note des
- Drs Courmont et Rochaix porte sur le rôle des espèces microbiennes des eaux épurées ; elles sont toutes aérobies, les chromogènes non liquéfiantes prédominent et le nombre des races différentes est extrêmement réduit.
- Le rôle du cuivre dans le règne végétal. — M. Gué-rithault ayant estimé que par kilogramme de tissu sec la teneur en cuivre ne dépasse pas quelques milligrammes, les valeurs extrêmes étant fournies par la genlianè (4 mmg. 6) et l’avoine (17 mmg.), MM. Maquenne et Demoussy ont repris un grand nombre de dosages, en utilisant la méthode au ferrocyanure cuprozincique, dont l’avantage est de s’appliquer, avec précision, à moins d’un décigramme de cendres.
- Leurs essais ont porté non seulement sur les légumineuses, les céréales et les fruits qui entrent dans notre alimentation, mais encore sur les espèces forestières communes. Ils en concluent que le cuivre est, chez les végétaux, un élément essentiellement diffusible et migrateur, au même titre que ceux reconnus jusqu’ici nécessaires à leur croissance et qu’il suit au cours de leur déplacement. Mais il n’est pas encore possible de dire si la teneur en métal, inférieure à la dose toxique, est nécessaire, favoi’able ou seulement indifférente à" Dévolution et si la migration constitue un phénomène physiologique normal.
- La transparence atmosphérique et sa diminution à Paris. — On sait combien l’absorption de la lumière par l’atmosphère trouble les expériences de photométrie pratiquées à grande distance. Elle est essentiellement variable, d’une journée à l’autre, et même au cours d’une même expérience. La transparence atmosphérique
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- LES MOUVEMENTS DU PÔLE TERRESTRE
- peut se mesurer par une méthode différentielle, analogue à celle qu’utilise, pour déterminer les pouvoirs absorbants des liquides et l’opacité des clichés photographiques, l’instrument de MM. Fabry et Buisson. L’appareil présenté par M. Blondel utilise un double prisme et dérive directement du spectrophotomètre.
- Cette note a été complétée, dans la même séance, par une communication de M. Louis Besson sur les observations faites au sommet de la Tour Saint-Jacques depuis 25 ans, et qui démontrent qu’à Paris, le trouble de l’air, naturellement variable avec les conditions météorologiques, a lentement augmenté pendant la période
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- de 1895 à 1914 pour subir une croissance brusque, au cours des cinq années qui ont suivi.
- La conservation des oranges. — Les essais de M. André ont été entrepris pour étudier les modifications éprouvées par les matières sucrées pendant la conservation des oranges en milieu aseptique. Il semble que, à l’intérieur des tissus du fruit, le mélange des sucres et de l’acide citrique ne soit pas aussi homogène que dans les essais m vitro, ce qui expliquerait pourquoi la vitesse d’inversion est nettement plus lente dans le premier cas que dans le second. Paul B.
- LES MOUVEMENTS DU POLE TERRESTRE
- On sait que les astronomes appellent précession le mouvement par lequel l’axe de la terre — la ligne qui passe à la fois par le centre du géoïdeet par ses pôles — décrit, en une période de 26 000 ans, un cône de demi-angle 23° autour de la perpendiculaire au plan de l’écliptique. C’est à ce mouvement que la distance angulaire de l’Étoile polaire à la ligne des pôles doit de n’avoir pas une valeur constante, et de varier, au contraire, d’une façon continue, quoique très lente. Il y a environ 4ü00 ans, vers le début des observations astronomiques, cette distance angulaire était de 12°; elle est actuellement de I°10', et elle tombera à moins d’un demi-degré (27',5) vers l’an 2100, après quoi, recommençant à croître peu à peu, elle arrivera à nouveau au bout de 13 000 ans, à la valeur de 46°; ce sera alors Véga, ou Yalphpi de la Lyre<qui se trouvera, vis-à-vis de la Terre, dans la position que l’Étoile polaire occupe de nos jours par rapport à la ligne des pôles terrestres, en attendant qu’après une nouvelle période de 13000 ans l’Étoile Polaire et la ligne des pôles soient revenues à leur position réciproque de l’an 2100.
- La découverte de la précession et sa mesure déjà fort approchée, ont été effectuées dès le ne siècle avant notre ère par l’astronome d’Asie Mineure Hipparque, de qui on a pu dire qu’il a été le plus grand astronome de tous les temps.
- L’n autre mouvement des pôles, ou, si l’on veut, de la ligne des pôles terrestres, la nutation, fut découvert en 1747, par l’immortel astronome anglais Bradlèy, à qui l’on devait déjà la découverte (1725-1728) de l’aberration de la lumière (et, par conséquence, une des premières déterminations, déjà très remarquable de précision, de la vitesse de la lumière) : Bradley sut reconnaître en effet que l’aberration ne suffit pas à rendre complètement compte des déplacements apparents qu’on observe dans la situation des étoiles, et qu’il fallait, pour les expliquer, adjoindre à son action celle d’un balancement de l’axe de la Terre, lui faisant décrire en 18 ans 2/3, autour de sa position moyenne, un petit cône à base elliptique, dont selon les valeurs aujourd’hui admises, le grand axe mesure 18",42 et le petit àxe 43",72.
- Ces deux mouvements de l’axe terrestre sont dus-Newton l’a démontré pour la précession, puis d’Alembert pour la nutation — aux attractions combinées qu’exercent le Soleil et la Lune sur le géoïde terrestre.
- Dans une récente étude publiée dans la revue internationale de synthèse scientifique Scientia (1er juillet 1919, pp. 10-16), l’astronome Sir F. W. Dyson, de l’observatoire royale de Greenwich, donne un résumé fort clair des recherches plus modernes qui ont abouti à la détermination d’autres mouvements périodiques de l’axe de rotation terrestre, s’ajoutant à ceux de précession et de nutation. A l’inverse de ces derniers, ces mouvements nouvellement reconnus sont sans rapport avec les attractions lunaire et solaire, et tiennent seulement aux conditions propres d’équilibre du globe terrestre aux divers moments successifs de sa rotation.
- Déjà Euler, au xvme siècle, étudiant le mouvement général d’un corps rigide, symétrique autour de son axe, comme la Terre, et doué d’un mouvement de rotation autour d’un autre axe quelconque, était arrivé, par le calcul, à conclure que son axe de rotation changerait, au cours du mouvement, à la fois de direction dans l’espace et dans’ le corps même. Selon lui, l’axe de la Terre, conservant à très peu de chose près la même direction par rapport à l’espace céleste, décrirait à l’intérieur du globe un cône ayant pour base un cercle d’une dizaine de mètres de rayon autour du point fixe considéré comme le Pôle Nord. Selon Euler, la durée de cette révolution, marquée, pendant son accomplissement, par un changement régulier de la latitude des lieux de la Terre, aurait été de 305 jours.
- Les recherches entreprises pour vérifier la théorie d’Euler restèrent, d’abord, vaines pendant plus d’un siècle : l’accord sembla se faire parmi les astronomes que si cette oscillation libre avait jamais existé, comme il paraissait en effet probable, elle s’était amortie peu à peu et avait fini par disparaître, Des recherches, dues d’abord à Küstner, vers 1885, puis à d’autres, ont fini cependant par remettre en valeur la conclusion où était arrivé Euler, et l’ont, tout en la précisant et en la modifiant,* finalement confirmée.
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- LES MOUVEMENTS DU PÔLE TERRESTRE
- Fig.
- Il apparut d’abord à Küstner qu’une série d’observations, faites par lui, à Berlin, en 1884-1885, ne pouvait s’expliquer que si la latitude de ce lieu avait changé pendant leur cours.
- L’Américain Chan-dler, sur cette annonce du résultat de Küstner, reprenant l’étude d’observations qu’il avait effectuées à la même date, reconnut également qu’elles impliquaient une variation progressive de la latitude; puis, dépouillant à nouveau une double suite d’observations anciennes faites, les unes de 1865 à 1875 à Pulkovo, les autres à Washington de 1862 à 1867, il fit voir qu’une variation périodique de la latitude est en effet un phénomène constant,
- comme l’avait annoncé Euler, la période n’ayant point, à vrai dire, les 305 jours d’Euler, mais 450, soit environ 14 mois.
- A la suite de ces travaux, les observations se multiplièrent, d’abord, de 1890 à 1000, par des astronomes différents, travaillant suivant des plans analogues, mais de façon indépendante, et aboutissant enfin au dépouillement, par l’Association géodésique internationale et sous la direction du D1’ Al-brecht, de Potsdam, d’observations d’un grand nombre d’observatoires donnant la position du pôle de rotation par rapport au pôle de figure à différents moments de ces onze années. On s’éleva ensuite à un plan plus systématique, avec six observatoires établis à la même latitude (39° 8') et à des longitudes telles que leur suite formait autour du globe un polygone fermé (Mizusawa au Japon, Tschardjui en Asie Centrale, Carloforte en Sardaigne, Cincinnati et Gathersburg au centre des Etats-Unis, Uluah à l’ouest
- —- La courbe des déplacements du Pôle depuis igoô.
- Fig. 2. — Le mouvement de précession de l'axe de la Terre (période : i3oooans).
- de ceux-ci) et faisant, sinon tous, du moins par couples, leurs observations sur les mêmes étoiles. On a pu ainsi déterminer, en enregistrant avec un soin minutieux les variations de latitude, que le mouvement de l’axe de rotation de la Terre, autour de sa position moyenne, se compose de deux mouvements circulaires, l’un d’une demi-amplitude moyenne de 0",18 en une période de 432j ours, l’autre d’une demi-amplitude de 0",U9 en une période d’un an.
- L’explication généralement admise pour ces mouvements est celle qui a été donnée par Newcomb. Celui de la période de douze mois aurait sa cause dans les déplacements annuels de masses qui se produisent à la surface de la terre, glaces polaires, pluies, mouvements de l’atmosphère accumulant des épaisseurs d’air considérables en hiver sur les continents refroidis (on a noté, par exemple, la
- constante grande hauteur systématique du baromètre en Sibérie pendant cette saison), et les rejetant en été sur les océans. Celui de la période de quatorze mois répondrait au déplacement calculé par Euler, mais en substituant au globe terrestre rigide qu’il avait envisagé un globe élastique, d’une élasticité qui paraîtrait voisine, dans son ensemble, de celle de l’acier.
- On voit que si ces petits mouvements ont une amplitude extrêmement faible, leur étude conduit a des résultats de haut intérêt. Comme le dit Sir F. W. Dyson : a l’allongement de la période libre d’Euler, qui a passé de 505 à 452 jours, estune mesure de la transformation élastique de la Terre due à la force centrifuge, et nous renseigne sur la rigidité de notre Planète. » J.-P. Lafitte: '
- Le Gérant : P. Masso.w — Imprimerie Lahüre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2394.
- LE PÉTROLE EN ALSACE
- 14 FÉVRIER 1920
- Comme si le sous-sol alsacien, en bon patriote qu’il est, avait réservé celte agréable surprise pour fêter le premier anniversaire de la réunion de notre chère province à la mère-patrie, ce fut au début de décembre 1919 que les mineurs de Péchelbronn mirent à jour la première source jaillissante qu’on ait découverte en Alsace.
- Son débit est de 50 tonnes par jour en pétrole brut, chiffre qui augmente, dans de fortes proportions, le rendement total de la concession. La
- chelbronn, pour les dix premiers mois de 1918.
- Le nom de Péchelbronn, qui est, pourtant, d’origine fort ancienne, comme nous allons le voir, ne figure pas sur les cartes géographiques, même sur les plus détaillées.
- Après avoir désigné longtemps un simple trou de source (sa signification, en dialecte alsacien, est source de bitume), il fut appliqué à tout l’ensemble d’une concession qui s’étend sur les territoires d’une 'trentaine de bourgs ou villages.
- hig. i. — La source jaillissante de Péchelbronn.
- moyenne des années écoulées de 1882 à 1917 avait été de 17545 tonnes.
- L’Alsace possède trois principaux centres pétrolifères : Péchelbronn, Biblisheim, et Dürrenbach. Le premier est, de beaucoup, le plus important.
- On en jugera en comparant ce chiffre de 17 545 tonnes au rendement moyen des puits de Biblisheim, qui, pendant la même période, n’a été que de 5777 tonnes..
- Quant à la troisième concession, d’exploitation moins ancienne, elle n’a fourni qu’une moyenne annuelle de 965 tonnes, pour les années écoulées de 1892 à 1917.
- Les plus récentes statistiques, que nous trouvons dans T Historique de Péchelbronn, dont l’auteur, M. Paul de Chambrier, fut longtemps le directeur technique de l’exploitation du même nom, accusent un rendement de 42 805 tonnes aux mines de Pé-
- La ville la plus rapprochée est SouIlz-sous-Forêts, située dans le département du Bas-Bhin, à mi-chemin entre Ilaguenau et Wissembourg. La raffinerie de Péchelbronn est reliée à Soultz,-depuis quelques années, par une voie ferrée longue de 4 kilomètres, et aussi par une pipe-line qui alimente de pétrole brut la raffinerie de Soultz.
- Nous trouvons, dans l’ouvrage de M. P. de Chambrier, des détails très intéressants sur le passé multi-séculaire des mines alsaciennes, dont l’existence paraît avoir été connue bien avant le Moyen Age.
- Un prêtre alsacien, professeur aux universités de Strasbourg, de Bâle et de Heidelberg, Jacob Wim-pheling, publia, en 1498, un ouvrage où l’on apprend que les paysans « se servaient depuis longtemps du bitume de Péchelbronn », qui s’écrivait alors Bechelbronn.
- En 1584, paraît à Francfort un ouvrage « scien-
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- 48” Année. — 1“ Semestre.
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- LE PÉTROLE EN ALSACE
- tifique », dont l’auteur, un médecin de Worms, célèbre les « vertus spirituelles et corporelles » de l’eau bitumineuse de Péchelbronn.
- En 1592, un autre livre, dont l’auteur est le bailli de Wœrth, ville voisine, mentionne les différents usages auxquels se prête la source.
- Les paysans en tirent une « graisse minérale » dont ils se servent pour graisser les roues des voitures et pour guérir les plaies. 11 parle aussi d’un médecin qui distille la roche molle bitumineuse , qui affleure aux alentours du mince filet d’eau.
- Il obtient ainsi une huile, qu’il décore du nom pompeux de Mu-miam ver ata nativam, et qu’il vend comme une panacée contre la goutte, les enflures et le lumbago.
- Il est curieux de remarquer, en passant, que, dans tous les pays de la terre, qu’il s’agisse de l’Europe, de l’Asie ou de l’Amérique, l’huile de pterre a servi, tout d’abord, de remède, et que ce n’est -que-longtemps plus tard que l’homme a découvert ses propriétés combustibles et éclairantes.
- Rappelons, à ce propos, que la fontaine pétrolifère de Galvan (Hérault) voyait accourir les malades bien avant la période gallo-romaine, et que, de temps immémorial, les Indiens de Pennsylvanie et de l’Ontario utilisaient les suintements de pétrole, recueillis dans des puits, comme remèdes contre diverses maladies.
- Sans nous attarder à mentionner les autres traités du xvie siècle qui parlent du pétrole alsacien, constatons que la première concession d’exploitation de la source qui nous occupe remonte à 1627. Jusqu’à preuve du contraire, c’est la plus ancienne,concession de gisement pétrolifère enregistrée par l’histoire.
- Elle fut accordée, par le comte de Hanau-Lichtenberg, seigneur du pays, à un certain Michel Wecker, qui s’occupait depuis longtemps de la vente des produits de la source. 11 les écoulait principalement en Hollande.
- L’acte de concession, valable pour vingt ans, mentionne que l’huile précieuse, découverte par suite d’une bénédiction de Dieu le Tout-Puissant, provient d’un or sulfuré, et qu’elle possède, parmi
- ses nombreuses propriétés, celle de rendre l’eau imputrescible pendant cinq ou six ans.
- Hélas ! La bénédiction ne s’étend pas au concessionnaire,qui, par manque de capital, abandonne bientôt son entreprise. Ce n’est que soixante-dix ans plus tard, en 1700, qu’un chimiste d’Ober-bronn, nommé Aulber, sollicite et obtient une concession héréditaire.
- Il installe un atelier, où il décante- l’huile, a-vant de la vendre à Francfort. Mais sa petite usine, qu’il appelle « le Laboratoire », est pillée et incendiée en 1702 par des soldats anglais, au cours de la guerre de la Succession d’Fspagne. Lue autre tentative prend place en 1720. Le nouveau concessionnaire, qui porte le nom prédestiné de Fours, échoue lamentablement après six mois d’exploitation.
- Mais, voyons à quels procédés primitifs les exploitants ont eu recours jusqu’ici. De mémoire d’homme, ils n’en connaissent qu’un, qui est de creuser autour de la source un puits large de 5 pieds à son sommet, et profond de 12 pieds.
- Pour prévenir les accidents, les autorités communales de Lampertsloch, le village voisin, ont fait établir un gardé-fou autour du trou. L’huile s’amasse sur la surface de l’eau, et on la recueille à la cuiller,
- Fig. 2. — Le puits de la source jaillissante.
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- Les paysans s'avisent plus tard d’un procédé moins simpliste. Fixant une planchette au bout d’un bâton, ils la font glisser sur la surface, et raclent ensuite au couteau les gouttes d’huiles qui adhèrent aux fibres de bois.
- Ils recueillent ainsi jusqu’à 4 livres d’huile par jour. Quand ils constatent enfin, après deux ou trois générations, que le rendement est tombé à rien, ils creusent un nouveau puits à quelques pas de l’ancien.
- Mais le sort de Péchelbronn va se décider rapidement, alors que sa source est sur le point de tomber dans l’oubli. Un enfant du pays,
- Jean-Théophile Hœffel, étudiant en médecine à Strasbourg, a choisi, pour sa thèse latine de doctorat, l’étude des sources du Hanau.
- Il la présente à la Faculté de Médecine en 1754. C’est la première lois que les sources bitumineuses sont étudiées scientifiquement, et qu’une tentative rationnelle est faite pour en expliquer la formation.
- Il a étudié les affleurements de sable bitumineux ou d’asphalte non seulement dans le voisinagejJ%,la source, mais encore à plusieurs kilomètres de distance. Et il précise l’endroit où un puits rencontrera d’abondants gisements d’asphalte, prédiction scientifique qui fut réalisée longtemps plus tard.
- Le rendement 'de la source de Péchelbronn est tombé à un litre. Il fait vider entièrement le puits, et, supprimant ainsi la contre-pression de l’eau, il obtient un rendement dix fois plus grand.
- Pour sa thèse, il aborde l’étude chimique de l’huile minérale, et effectue des distillations très compliquées. \réritable novateur, il obtient du pé-
- Extraction du sable pétrolifère par appareil élèvaloire.
- trole lampant, dont il décrit la combustion, mais ne se rend pas compte de l’importance de sa découverte. ' j
- Un an plus tard, ses idées sont mises en application. Un médecin grec, Eyrinis, entreprend l’exploitation à ciel ouvert du minerai bitumineux, puis, creuse une galerie à flanc de colline. C’est à cette date (1755) que s’ouvre l’histoire industrielle de Péchelbronn.
- En 1740, on établit aux abords des gisements un atelier où le sable bitumineux est traité à l’eau bouillante, et où l’on obtient de l’huile de pétrole et autres produits en distillant l’huile brute dans un alambic de fonte.
- Cette date donne donc aux raffineries de Péchel-bronn cent quatre-vingts ans d’existence, qui font d’elles la pliis ancienne distillerie de pétrole du monde. En 1745, elle se servait H déjà des produits de sa distillation, en les coupant d’huiles végétales, pour éclairer la mine et les ateliers.
- Il nous est impossible de suivre, pas à pas, le développement de cette industrie alsacienne. Ses progrès furent souvent retardés par des accidents, qui re multipliaient à mesure que les puits prenaient de la profondeur.
- Dans bien des cas, il fallait se résoudre à abandonner puits et galeries, envahis par des eaux contre lesquelles les pompes à bras ou à balancier étaient impuissantes. A partir d’une certaine profondeur, le grisou fit de constantes apparitions, et l’on eut à déplorer de fatales explosions.
- En janvier 1867, à 83 m. de profondeur, les ouvriers reneontrè-
- Fig. 4. — Pompe à pétrole brut.
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- Fig. 5. — La source jaillissante découverte lëj5 die. 1919.
- rent une poche de pétrole, la première dans l’hisloire J de la mine, puisqu’elle n’avait exploité jusqu’alors I que de l’huile de suintement. Dès ce moment, le rendement augmenta dans de grandes proportions;
- Avec l’adoption d’un matériel perfectionné, la production marcha bientôt à pas de géant. De 1867 à 1888, elle avait été de 1-4427 tonnes de graisse vierge. Mais, maintenant que le profondeur des puits permettait d’atteindre l’huile brute légère, la production passait à 35 267 tonnes d’huile brute légère pour la période 1882-1889.
- A cette dernière date, la famille Le Bel, qui possédait en propre la concession des mines depuis 122 ans, et en avait dirigé l’exploitation de père en fds, vendait ses droits et propriétés, pour une somme de 5 millions de marks, à une société anonyme, en prenant soin qu’elle ne lut constituée que par des Alsaciens.
- Tout en poursuivant l’extraction du sable pétrolifère par puits et galeries, la Société Péchelbronner Oelbergvverkc poussa activement l’extraction du pétrole brut, en multipliant les sondages, et en généralisant, pour cette extraction, l’emploi de pompes puissantes.
- La production d’huile brute doubla presque en un an, passant de 6181 tonnes en 1899 à 11 703 tonnes en 1890. Jusqu’en 1898, elle se maintint entre 11 000 et 15000 tonnes. Puis, de 1898 à 1903, elle atteignit une moyenne annuelle de 15 000 tonnes.
- En 1906, la Société exploitait par pompage 74soar-
- ces, dont la profondeur variait entre 100 et 562 m., les plus productives étant celles situées entre 150 et 250 m.
- Mais, en pleine prospérité, la Société alsacienne se voyait contrainte à la liquidation. Les pétroliers américains l’obligeaient à limiter sa production d’huile brute; le fisc allemand venait de réduire de 10 marks à 6 marks par 100 kg les droits d’entrée sur les pétroles étrangers.
- Perdant confiance en l’avenir, les administrateurs accueillaient les offres d’une Société prussienne, la Deutsche Tiefbohr-Aktiengesellschaft, qui, moyennant payement d’une somme de 12500000 marks, acquit les droits, installations et outillage de l’ancienne Société.
- Les 5000 actions de cette dernière, émises à 1000 marks, avaient rapporté, pendant seize années, 7608 marks chacune. Leur cours avait atteint, en 1904, le chiffre de 4750 marks.
- Nous arrivons a la dernière phase de l’exploitation des gisements alsaciens, phase qui s’étend de 1906, date delà fondation de la Société prussienne, à 1918, date de sa mise sous séquestre.
- La nouvelle Société s’empressait d’importer un outillage de sondage mécanique. Les sondages devenaient plus nombreux et plus profonds, quelques forages étant poussés jusqu’à plus de 1000 m.
- *L.a/production augmentait dès lors dans des proportions considérables. De 17 227 tonnes qu’elle, était en 1906, elle passait à 39 497 en 1913. Après une notable diminution s’échelonnant sur les trois
- Fig. 6. — Extraction du sable pétrolifère.
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- années suivantes, elle atteignait 59 667 tonnes en 19:17.
- Ces chiffres ne concernent que la concession de Péchelbronn. Si nous y ajoutons la production de Biblisheim et de Dürrenbach, concessions qu’avaient achetées la même Société, nous trouvons que la production totale des trois concessions alsaciennes passade 22 023 tonnes en 1906 à 46 911 tonnes en 1917.
- Déjà, depuis plusieurs années, M. P. de Chambrier, directeur technique de la concession dePéchel-
- pas encore atteint une longueur de 10 mètres, que, déjà, elle servait de galerie d’écoulement à l’huile retenue dans le sable , gras.
- En huit mois, on avait déjà retiré du puits Noellenburg, 7000 tonnes d’huile, bien que . la couche de sable bitumineux fût à peine entamée. Pendant les dix premiers mois de 1918, date à laquelle s’arrêtent les statistiques que nous avons pu nous procurer, la production de ce même puits fut de plus de 11000 tonnes.
- Il convient de préciser que ces chiffres ne con-.
- Fig. 7. — Batterie d'alambics en cascade pour rectification des essences.
- bronn, avait démontré que, pour une tonne cl'huile extraite par pompage, il s’en perdait cinq, inaccessibles, à l’action des pompes. II proposait donc dé. récupérer. ces cinq tonnes perdues en les atteignant par des travaux de mine. , >
- Mais, à l’époque.où' il formula sa brillante, mais audacieuse théorie, le prix de vente du ipétrole iet de ses produits n’était pas assez rémunérateur pour autoriser Texploitation minière, des gisements. Il le devint quelques années plus tard, avec la guerre, qui provoqua üne hausse considérable.
- Dès lors, la direction, de Péchelbronn remit à l’étude les. plans de M. de Chambrier. En 1916, elle se décidait à faire creuser un puits, qui fut inauguré le 20 avril 1917, et reçut le nom de M. Ncel-lenburg, directeur général de la Société.
- La théorie de M. de Chambrier reçut aussitôt une éclatante confirmation. La première galerie n’avait
- cernent que l’huile extraite par pompage, lisseront considérablement augmentés quand on remontera le sable d’où a suinté cette huile, pour le laver à l’eau bouillante.
- Devant ces résultats, on ne peut que partager l’opinion du savant ingénieur, quand il prédit que, tôt ou tard, ses méthodes d’exploitation minière seront) appliquées,dans le monde entier. L’huile brute devenant plus rare, et, conséquemment, plus chère, on se résoudra à réexploiter ; les sources considérées comme épuisées en poussant des galeries qui libéreront l’huile retenue par ,des filons d’argile formant autant de cloisons étanches», ou par d’autres obstacles (défaut de pente, vallonnements de la couche de sable, etc.). ' w.. 1,
- Si les calculs de M. de Chambrier s’appliquent.à tous les gisements pétrolifères du monde, si l’huile recueillie par jaillissement ou par pompage, ne
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- représente que le cinquième de l’huile en existence dans ces gisements, c’est une formidable re'serve de pétrole qui attend le pic du mineur, et qui élargit singulièrement l’horizon industriel.
- Nous oserons reprocher à l’auteur de n’avoir pas poussé à ifond sa très intéressante dissertation sur l’origine des gisements de Péchelbronn. Il lui paraît inadmissible — ce dont nous le félicitons, car l’hypothèse de l’origine animale ou végétale du pétrole nous a toujours semblé absurde — que l’huile de Péchelbronn « se soit fabriquée sur place, par la décomposition des restes d’animaux ou de végétaux ».
- Sa conclusion, basée autant sur l’étude des couches que sur de curieuses expériences de laboratoire, que nous regrettons de ne pouvoir exposer, est que la dépression qui existait dans cette partie de l’Alsace à l’époque oligocène fut comblée par un afflux d’eau limoneuse qui transportait un sable imprégné d’huile. Quant à cette huile elle-même, « il ne lui paraît pas impossible.,. qu’elle se soit formée dans les couches profondes de la croûte terrestre.... »
- Cette conclu-soin du praticien expérimenté qu’est M. de Chambrier est une nouvelle confirmation des théories sur l’origine du pétrole que mon maître et ami, M. l’Ingénieur Henri Lenicque, a formulées récemment dans son admirable Géologie nouvelle. La Vérité est en marche !
- Nous ne saurions terminer cet article sur Péchelbronn sans consacrer quelques lignes à ses raffineries, et à leur état actuel. Elles furent considérablement agrandies dès 1906, et doublèrent en sept ans leur capacité de travail.
- De 1906 à 1909, elles traitaient une moyenne annuelle de 16000 tonnes d’huile brute, chiffre qui s’éleva, de 1910 à 1914, à 24000 tonnes. Il convient d'ajouter à ces chiffres les rendements moyens annuels des raffineries de Soultz-sous-Forêts (5000 tonnes), deBiblishei#if5000à 10000tonnes), et de Dûrrenbach (5000"tonnes).
- Pendant la guerre, ces raffineries (qui furent bombardées le 30 juillet 1915 par une escadrille française), se consacrèrent plus particulièrement à la fabrication d’huiles de graissage pour chemin de
- fer, produit dont elles tirèrent des bénéfices considérables.
- En 1917, la compagnie allemande entreprit la construction d’une grande raffinerie centrale, capable de travailler 75 000 tonnes d’huile brute par année. Comme le constate M. P. de Chambrier, « la nouvelle usine n’était pas encore achevée lors de la libération de l’Alsace par l’armée française ».
- En consacrant cette étude à Péchelbronn, nous n’avons pas eu la prétention d’écrire l’histoire du pétrole alsacien. Il nous eût fallu, pour cela, parler des innombrables échecs que provoqua le succès même de Péchelbronn.
- Pendant les quinze dernières années du siècle passé, la Basse-Alsace vit sévir sur toute l’étendue de son territoire, une véritable oil-fever, à l’Américaine. Cette « fièvre de pétrole » avait été provoquée par la nouvelle, répandue surtout en Allemagne,qu’on venait de découvrir à Péchelbronn des sources d’huile à grand débit.
- Des légions de prospecteurs, commandités par les banquiers de Francfort et de Berlin, accoururent d’outre-Rhin, et toute la région qui s’étendait au sud et à l’ouest de la concession de Péchelbronn se couvrit de tours de forage.
- Dés aventuriers appliquèrent le procédé américain de la saltedmine, qu’un traducteur inexpérimenté pourrait donner comme une mine de sel. Disons donc que « saler une mine » consiste à semer de la poudre d’or dans un terrain que le « saleur » vendra à quelque naïf comme terrain aurifère à haute teneur.
- En Basse-Alsace, les « saleurs » allemands s’installaient n’importe où, mais avec un matériel fort imposant. Quand leur sondage avait atteint une vingtaine de mètres — profondeur décente — ils y versaient quelques bidons d’huile brute, et s’empressaient de convoquer l’ingénieur des mines.
- Le digne fonctionnaire constatait que le sondage débitait du pétrole. Sur sa déclaration, les « saleurs » obtenaient une concession, qu’ils repassaient à leurs compères de la banque allemande. Ce n’était plus que jeu d’enfants pour former une Société anonyme à gros capital.
- Ces escroqueries coûtèrent des sommes considéra-
- Fig. 8. — Appareils rectificateurs.
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- = LA PÊCHE DES ÉPONGES DANS L'ANTIQUITÉ
- blés à lepargne allemande. On peut en dire autant des tentatives honnêtes qui s’acharnèrent vainement à la recherche du pétrole alsacien. Vers 1890, les concessions accordées formaient un total de 80000 hectares, où celle de Péchelbronn n’entrait que pour un neuvième. Par contre, sa production d’huile brute était dix fois supérieure à celle de toutes les autres concessions réunies.
- Dès 1897, toutes les sociétés fondées en Basse -Alsace depuis douze ans avaient disparu, à l’exception d’une petite société strasbourgeoise, qui exploitait le gisement de Dürrenbach, et d’une société hollandaise, concessionnaire des gisements de Biblisheim et d’Oberstritten.
- Ces deux sociétés disparurent à leur tour pour se fondre avec celle de Péchelbronn, fusion qui donna
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- naissance à la Société prussienne dont nous avons parlé plus haut.
- De tous les efforts infructueux'qui s’acharnèrent sur le sous-sol alsacien, un seul mérite une mention spéciale.... Mais ilia mérite bien!
- Un industriel de Niederbrück, près Massevaux, M. J. Yogt, s'était laissé gagner, lui aussi, par la « fièvre du pétrole ». 11 se consacra, tout d’abord, à la fabrication des" appareils de sondage et de pompage, et devint le principal actionnaire de la Société strasbourgeoise mentionnée ci-dessus.
- Quelques années plus tard, il entreprit des sondages aux environs de Mulhouse. Il ne rencontra pas le pétrole qu’il cherchait. Mais il trouva mieux : les fameux gisements de potasse, qui ouvrent à l’Alsace un horizon industriel illimité. V. Forbin.
- LA PÊCHE DES ÉPONGES DANS L’ANTIQUITÉ (’)
- Les peines, les fatigues et les dangers de la pêche des éponges, telle qu’elle était pratiquée dans l’antiquité sur les côtes de la Grèce méridionale, de Mellespont, des Syrtes (Tunisie et Tripolitaine), de l’île de Rhodes, et de la Lvcie en Asie Mineure, ont été retracés par Pline le naturaliste et surtout par Oppien, auteur du poème en grec sur la Pêche. Par la grande variété des usages que l’on faisait des éponges chez les Grecs et*' chez les Romains (2), nous pouvons juger de l’importance de leur trafic : pour l’alimenter, des pêcheurs ou plongeurs, que l’on appelait aussi chasseurs ou coupeurs d’éponges s’exposaient à des aléas terribles et aux attaques d’adversaires redoutables parmi les animaux de la mer.
- Pour recueillir les éponges dures, ou molles, ou fuies, par 10 a 25 mètres de fond, il fallait plonger, car le filet n’était pas employé. Le pêcheur avait soin de s’abstenir d’un long sommeil, d’une nourriture et d’une boisson trop abondantes, et il devait garder sa respiration libre jusqu’au moment de son entrée dans l’eau. Outre les invocations obligatoires aux divinités de la mer, on prenait une autre précaution préalable avant l’opération : celle de s’assurer autant que possible si l’on n’apercevait pas, du rivage ou de l’embarcation, les poissons plats connus sous différents noms, anthlas, callichthijs, serran, fiatole, etc., que l’on appelait communément poissons sacrés; car on s’imaginait que, pour une raison ou pour une autre, partout où se montraient ces derniers il n’y
- 1. Comparer, pour la façon dont on opère actuellement : Paul Privat-Deschanel, La pêche des éponges et la spon-giculiure en Tunisie [La Nature, 38° année, 2e semestre, n° 1948, 14 septembre 1910, 4 fig.).
- 2. L’usage des éponges pour la toilette et le nettoyage est déjà indiqué dans Y Iliade et dans l'Odyssée. La pratique régulière de la pèche des éponges sur les côtes helléniques est bien attestée à partir du ve siècle apres J.-C. Par la suite, les anciens employèrent les éponges, en dehors des usages domestiques, non seulement pour effacer l’écriture et les couleurs, pour fabriquer des pinceaux, ou pour rembourrer dans certains cas les vêtements ou divers ustensiles, mais encore comme auxiliaires de la thérapeutique dans des circonstances innombrables. Voir l’article Spovgia (par M. Mau-bice Besnier) du Dictionnaire des Antiquités de Daremriîrg et Saglio.
- avait pas d’animaux malfaisants, et que l’on pouvait plonger sans crainte dans ces parages.
- Pour la plongée, le: pêcheur se passait autour des reins une très longue corde; d’une main, il tenait un gros poids de plomb, et de l’autre une serpe bien affilée ; à la ceinture, il portait un trident ou un stylet pour se défendre à l’occasion contre les animaux marins; il res-'pirait encore librement par le nez, mais il tenait en réserve dans la bouche une préparation huileuse blanche. Encouragé par ses compagnons, il se précipitait dans les flots ; s’il avait une hésitation, elle devait être courte, car il fallait hâter la manœuvre. Le plomb servait à l’entraîner plus rapidement vers le fond. En entrant dans l’eau, il laissait échapper l’huile qui calmait l’agitation des vagues et, par là même, assurait la transparence des eaux(1).
- Parvenu à destination, il apercevait les éponges, noirâtres, fortement serrées les unes contre les autres, adhérentes aux rochers et plus ou moins résistantes (2). En un clin d’œil, il en coupait un certain nombre avec sa serpe, exactement à la façon d’un moissonneur : puis il agitait vivement la corde, indiquant par là à ses compagnons qu’il était temps de le remonter à la surface. En effet, outre l’attaque d’un animal ennemi, il redoutait la suffocation et l’obscurcissement des eaux dûau liquide vaseux que les éponges sectionnées répandaient autour d’elles.
- Non sans raison, le poète Oppien s’apitoie sur la des-
- 1. Les anciens connaissaient cle très longue date les propriétés de l’huile répandue sur la mer et ils ne se sont pas fait faute de l’utiliser, non seulement en cas de danger, mais dans les plongées ou même simplement pour favoriser leurs pêches les plus ordinaires (Voir La Nature, 15° année, 2“ semestre, 23 juillet 1887, n° 738, p. 120).
- 2. Plusieurs auteurs, Aristote et Pline en particulier, nous ont laissé des observations très curieuses et très intéressantes sur les éponges. Ils savaient qu’elles étaient vivantes, mais l’idée qu’elles sont constituées par des colonies d’individus était la dernière qui pouvait se présenter à leur esprit. Constatant d’une part qu’elles avaient l’aspect des plantes, et lçur reconnaissant dlautre part une sensibilité manifeste, croyant même qu’elles avaient la faculté de se contracter, au moindre contact, ils les rangeaient dans une classe intermédiaire entre les animaux et les végétaux.
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- tinée de ces malheureux, leurs craintes, leurs faiblesses, leur épuisement. Les victimes de cette existence tragique étaient en effet nombreuses; les eaux étaient le théâtre d’embuscades dangereuses qu’amplifiait l’imagination. À toute approche suspecte, le plongeur tirait brusquement sur la corde et se débarrassait de ses fardeaux. On redoutait surtout-les cétacés (au sens étendu de monstres marins). Quand le danger était réel,.il se pouvait que, malgré toute hâte, la corde fût hissée trop tard et que l’infortuné pérît à mi-route. Pline décrit le combat contre les canicules (de la famille des squales ou chiens de mer) : il faut, dit-il, aller résolument au-devant d’elles et prendre l’offensive, avec le stylet ou .le trident, car elles craignent autant l’homme que celui-ci a peur d’elles. Le pêcheur est remonté en môme temps avec la plus extrême rapidité, le moment le plus dangereux est celui où il atteint la surface, car à l’instant où il va sortir de l’eau, il tourne le dos à l’adversaire; le mieux est de pelotonner son corps en houle pour offrir ainsi le moins de prise possible à l’ennemi. Le pêcheur
- d’éponges avait également la terreur du poulpe et de la seiche. Oppien le montre aussi en butte à la julis, poisson rouge ou multicolore fort agressif, dont les troupes nombreuses pouvaient le cerner, l’acculer et le déchirer : on identifie ce poisson mal connu avec les labres ou les girelles, voraces assurément, mais dont les anciens s’exagéraient apparemment les dispositions belliqueuses.
- Enfin, d’après Pline, les pêcheurs d’éponges éprouvaient une curieuse sensation de cauchemar : ils disaient qu’une espèce de nuage, de la forme des poissons plats, s’amoncelait sur leur tète, les oppressait et les empêchait de remonter à la surface, ils se croyaient obligés de le transpercer avec leurs stylets, pour l’écarter. Ils donnaient le nom d’ animal-nuage ou A'animal-brouillard à ce phénomène dans lequel quelques-uns s’imaginaient sans doute voir un monstre réel et qui s’explique assurément par un effet physiologique tout naturel, ainsi que le soupçonnait déjà Pline, qui l’attribuait à l’éblouissement ou à la peur. G.-A. Huckel.
- LES ABATTOIRS INDUSTRIELS
- A l’heure actuelle, il existe trois types principaux d’abattoirs.
- Le type le plus primitif représenté par la tuerie privée, à l’usage du petit commercant, est toujours
- chargés d’assurer l’inspection des viandes et la police sanitaire des animaux les ont condamnés depuis longtemps.
- Le type d'abattoir dit moderne, réalisé d’abord
- Fig. i. — Vue des Stock- Yards de Chicago.
- en honneur dans les campagnes; on en trouve jusqu’aux portes de Paris. Bien souvent les abattoirs publics ne sont, même dans les villes, que des agglomérations de tueries privées. Le procès des tueries particulières et des abattoirs du type cellulaire ou à échaudoWs r'est plus à faire. Les hygiénistes, les économistes, les services vétérinaires
- dans les pays de l’Europe centrale, préconisé en France depuis quelques années seulement, constitue un progrès sur les abattoirs anciens, en ce sens qu’il permet de faire respecter les lois d’hygiène, les règlements d’inspection des viandes et toutes les mesures sanitaires du bétail. Il devient un instrument de progrès, au point de vue économique,
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- Figfa. — Le marché aux bestiaux de Chicago.
- lorsque les opérations peuvent s’y faire en série par des entreprises d’abatage. Les installations d’abattoirs à porcs, avec si and d’abatage en surélévation et appareillage moderne, comme il en existe à Zürich, Dresde, Edimbourg ] 'constituent ! déjà un progrès dans ce sens. Il faut bien reconnaître cependant que l’abattoir municipal, même moderne, reste un établissement ouvert à tous les bouchers qui, d’une manière générale, y travaillent sans avoir souci d'intensifiër le rendement. Les études que nous avons données au sujet des abattoirs les plus modernes ont établi que les conditions de travail y sont toujours onéreuses. Les taxes qu’on y perçoit sont nombreuses et importantes. L’abattoir moderne, du type préconisé par les Allemands a pour effet, d’accroître le prix de revient de la viande.
- Le troisième type d’abattoir, encore peu développé en Europe/est caractérisé par une industrialisation portée au plus haut degré, non seulement dans les méthodes d’abatage, mais encore et surtout
- dans l’exploitation de divers sous-produits : cuirs, sang, suifs, déchets divers. Il a reçu le nom d'abattoir industriel.
- Y.
- * *
- Depuis quelques années seulement, on se préoccupe d’établir en France des abattoirs industriels. On a commencé par un timide essai à Aubervii-liers (Seine), en 1902. Après des tentatives infructueuses à Créteil (Seine) Graville-Sainte-Honorine, près du Havre, des abattoirs-usines ont été installés à Chasse-neuil (Vienne), près Poitiers, h PouzaugesetàLa
- Roche-sur-Yon (Vendée). D’autres sont en création à FenoUillet, près de Toulouse, à Cantaranne près de Rodez, à Chasseneuil (Charente), à Clamecv (Nièvre).
- Des projets existent pour Saint-Denis, La Courneuve (Seine), Lisieux, etc. En Algérie, un abattoir à moutons a été édifié à Maison-Carrée, près d’Alger. 4
- Fig. 3. — Abatage des bœufs.
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- A l’étranger la tuerie industrielle fonctionne depuis longtemps. Elle est très répandue aux Etats-Unis, en Irlande,- en Danemark, en Australie. On en a étudié d’importantes dans l’Amérique du Sud. Celle de Swift à Monlévidéo peut faire 280 bœufs à l’heure. Quelques timides essais ont été tentés près de Vienne (abattoir a porcs), à Stavanger (Suède), àOss (Hollande)..,.
- D’une manière générale, les pays de l’Europe centrale n’ont pas rapidement évolué dans cette voie. La tuerie industrielle a été l’apanage des pays pratiquant l’exportation.
- Les abattoirs américains (firmes Armour, Swift, Morris...) sont de beaucoup les plus importants de tous les abattoirs ' industriels. Il en existe de très grands à Chicago,
- Saint-Paul, Cincinnati.
- L’abattoir industriel se distingue de l’abattoir public ordinaire par quelques caractères dont l’importance economique et hygiénique ne peut manquer de retenir l’attention.
- Par suite de la disposition en étages (jusqu’à quatre ou cinq),
- la surface nécessaire se trouve réduite et les dépenses en acquisitions de terrain, construction et exploitation sont singulièrement diminuées. Quelques bâtiments importants suffisent où l’abattoir moderne exige des constructions éparpillées et nombreuses (on en compte une trentaine au moins dans les grands abattoirs municipaux modernes).
- Les animaux vivants pouvant avoir accès à pied aux étages les plus élevés où on les abat, les viandes et les sous-produits arrivent aux ateliers des étages inférieurs par le jeu de la pesanteur.
- Pour faire glisser les bêtes entières accrochées ou les bœufs dépouillés sur des rails disposés avec pente convenable, ou pour diriger les divers sous-produits par des chutes ou manches aux ateliers qui leur sont réservés, les efforts nécessaires sont tout à fait faibles.
- Dans un abattoir industriel, comme dans toute usine bien comprise, les produits de l’abatage
- Fig. 4. — Machine américaine pour le levage des bœujs.
- progressent aussi vite que possible en suivant des chemins tout tracés et sans qu’à aucun moment il y ait chevauchement gênant ou retour en arrière incommode et onéreux.
- La force motrice intervient pour lever les bœufs assommés en vue de la saignée et les autres animaux sacrifiés sans avoir été au préalable étourdis (treuils à frictions actionnés par f électricité). L’usage d’appareils spéciaux pour faire progresser les car casses d’animaux au coursée l’habillage n’est justifié que si l’abattoir atteint un haut degré de rendement.
- Il en est de même des trottoirs^ roulants que certaines firmes ont installés aux États-Unis.
- La force motrice entre en jeu également pour actionner tous les appareils des ateliers qui traitent les sous produits.
- L’exploitation dessous-produits assure leur transformation en denrées non susceptibles de s’altérer et partant facilement vendables.
- Les transformations ayant lieu sur place et les sous-pro-' duits étant toujours frais, les incommodités sont réduites au strict minimum.
- Les cuirs, descendus au sous-sol par les gaines qui s’ouvrent dans la salle d’abatage sur le trajet parcouru par les animaux au cours de l’habillage, sont immédiatement traités (lavage, salage) et empilés en attendant la vente.
- Contrairement à ce qui a lieu à La Villette, on ne voit pas les abords des salles d’abatage encombrés de cuirs qui laissent exsuder de; liquides sanguinolents, souvent malodorants, et sont une gêne pour la circulation.
- Lorsque des prélèvements doivent être effectué.'', pour la fabrication du museau du bœuf par exemple, on n'attend pas que les peaux aient été souillées, livrées aux centres de tannage et qu’elles soient parfois échauffées.
- Il est à noter que les cuirs, ayant été détachés avec beaucoup de soin par des ouvriers spécialisés et très habiles, sont sans entailles ni coutelures et que leur valeur commerciale s’en trouve accrue.
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- Cette valeur commerciale peut encore être augmentée lorsqu’une direction unique préside à l’exploitation de l’abattoir et permet d’exiger des approvisionneurs certaines garanties de propreté qui, en hiver, manquent toujours à La Villette. Nous voulons parler de la suppression possible des kilogrammes d’excréments adhérents aux membres et dont les cuirs sont surchargés. Les tanneurs signalent depuis longtemps les inconvénients du « crottage » : disparition de la fleur du cuir aux points où la peau est irritée par les amas de bouse desséchée, perforations possibles, etc.
- Tandis qu’à La Villette on attend trop souvent que les têtes, ou « canards », soient plus ou moins polluées, par la fange du sol des cours d’abatage pour prélever les mu-queusés palatines qui entrent dans la composition de la salade de museau de bœuf, dans les abattoirs industriels bien tenus, les* têtes, comme tous les sous-produits renfermant encore des. parties comestibles, sont reçues dans un atelier spécial et mises à dégorger dans des bacs d’eau, glacée.
- On peut ainsi les traiter sans tarder au mieux des intérêts de l’industrie #et de l’hygiène. Les cervelles sont détachées en évitant les souillures accidentelles, on prévient par ce moyen leur précoce décomposition.
- De même, les panses ne sont pas jetées sur le sol des ateliers d’abatage au risque d’y être polluées avant l’enlèvement des suifs; la dégraisse est faite avec méthode et propreté : les panses sont vidées, le contenu est dirigé sur un atelier en vue de la fabrication de pâte à papier ou de la préparation d’aliments composés destinés aux herbivores. Jamais on ne-voit, comme à La Villette, des tonnes de contenus gastriques envoyées à l’égout pêle-mêle avec les sangs et les détritus divers.
- Les intestins ou boyaux qui, à Paris, sont vidés d’une façon primitive, malpropre et répugnante dans les cours de travail, à quelques mètres de l’endroit où l’on prépare les viandes et récolte les suifs comestibles, sont l’objet de plus de soins dans les abattoirs industriels. Descendus par des manches aux ateliers qui leur sont réservés, ils
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- Fig-. 5. — Appareil de levage des porcs.
- sont usinés dans des locaux où l’on ne perçoit pas l’odeur écœurante des boyauderies de la région parisienne. Traités sur place, on n’a pas à débourser des frais de camionnage considérables, comme cela se produit à La Villette pour tous les sous-produits qui sortent de l’abattoir à destination d’usines éloignées de plusieurs kilomètres et, le plus souvent, en dehors de Paris. Exempts d’altérations par ' fermentation et de toute érosion, les boyaux obtenus acquièrent une grande valeur. L’industrie des saucisses et saucissons en utilise d’ailleurs sur place une grande partie.
- Les gras comestibles sont traités avec la plus minutieuse propreté. Transportés à l’aide de chariots toujours très propres, reçus dans des bacs remplis d’eau glacée, ils sont débarrassés de toute trace de sang, raffermis et soumis au broyage à l’étage le plus élevé de l’usine où ils parviennent par des appareils « convoyeurs » spéciaux. Fondus, ils servent à préparer les oléos, la margarine, les graisses alimentaires, etc. On n’assiste jamais, dans les margarineries d’abattoirs industriels bien tenus, aux pertes d’oléos que subissent fatalement les fondoirs qui travaillent des suifs mal récoltés, sales, insuffisamment refroidis et échauffés. L’opération du « grenage » (séparation de l’oléo et de la stéarine) qui doit toujours avoir lieu à une température favorable aux cultures bactériennes, né peut être effectuée en toute sécurité si l’on traite des suifs malpropres. Les directeurs d’abattoirs industriels bien installés et bien dirigés le savent ; c’est ce qui explique la sévérité des mesures de propreté édictées par eux.
- Les débris comestibles retirés des diverses parties du corps autres que les quartiers de viande, ainsi que les viscères, sont envoyés à des ateliers spéciaux et traités avant d’avoir pu être l’objet de souillures %t de fermentations. Les viandes assainies et toutes celles que les services compétents déclarent vendables sous certaines conditions peuvent être livrées à un étal spécial de basse boucherie.
- Les viandes saisies et tous les débris non utilisables pour l’alimentation sont recueillis en vue de leur mise en valeur. Dès appareils modernes les
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- cuisent et les transforment en engrais pulvérulents. Le sang non employé à la fabrication du boudin est dirigé vers le rez-de-chaussée par des canalisations ad hoc, faciles à nettoyer, pour y être également traité. À La Villette, beaucoup de sang est jeté à l’égout. Celui qui est recueilli dans les immondes puisards d’échaudoirs se trouve additionné de liquides (eau, urine) ; il en résulte que, pour le transformer en engrais sec, la quantité de combustible nécessaire est considérable (1). Les 8 millions de litres de sang (1GU fûts de 200 litres par jour) récoltés annuellement aux abattoirs de Paris font l’objet de dépenses de camionnage qui s’élèvent à plus de 100 000 francs. Un abattoir industriel traitant le sang sur place éviterait une telle dépense et n’exposerait pas les Parisiens à respirer l’odeur épouvantable dégagée parles fûts à sang toujours crasseux et repoussants. On contribuerait ainsi grandement à la suppression des « odeurs. de Paris » qui proviennent des points de la banlieue où l’on traite quantité de sous-produits putréfiés ou en voie de putréfaction.
- Beaucoup de déchets sont poussés aux ordures au grand détriment de l’agriculture. Les abords de la tuerie des porcs de La Villette sont souvent encombrés de débris organiques qui donnent asile aux mouches et fermentent. Tout ce qui est aujourd’hui cause d’inconvénients et de dangers peut devenir source de profits dans une usine bien comprise et bien tenue.
- Il va sans dire que l’abattoir industriel a, comme annexe obligée, le frigorifique, dont l’utilité paraît encore problématique à nombre de bouchers en gros de La Villette. Faut-il ajouter que si on pouvait entreposer des viandes réfrigérées aux abattoirs au lieu d’avoir trop souvent en réserve du bétail sur pied que guette la fièvre aphteuse, les variations brusques des cours, intimement liées aux opérations qui ont pour effet de raréfier ou d’encombrer le Marché aux Bestiaux, cesseraient d’exister.
- L’économie réalisée par suite du travail en grand et de l’application de méthodes qui ont fait leurs preuves permet d’obtenir l’abatage au plus bas
- i, IT. Martei,. L’Industrie de l’Equarrissage, 1912, p. 196.
- prix. Tandis qu'à La Villette des équipes de quatre ou cinq hommes seulement assurent le travail de l’abatage et de l’habillage des bœufs, aux Etats-Unis, le personnel employé dans les abattoirs industriels est extrêmement spécialisé. D’après Wilder dans un établissement où l’on abat 60 têtes de gros bétail à l’heure, le même bœuf doit passer par les mains d’une cinquantaine de catégories d’ouvriers : abat-teur, ouvriers passant les entraves et levant les bêtes assommées, bouchers s’occupant du travail des têtes, saigneur, ouvriers posant les supports qui maintiennent l’animal en position dorso-lombaire, bouchers chargés de lever les entraves, ouvriers spécialisés dans la dépouille des membres antérieurs et du cou et l’ablation des ris, ouvriers chargés de dépouiller les membres postérieurs et
- d’ouvrir l’abdomen, garçon ra-masseur de pieds, spécialistes chargés de lever la peau du tronc, sans incisions ni coutelures, lorsque l’animal est encore sur le sol, enleveur d'épiploon, scieur de sternum, scieur de bassin, accrocheur , garçon chargé d’enlever les cordes, ouvrier habile pour détacher la peau de la croupe, laveur de pieds, dépouilleur de queue, garçons tiranl et frappant les cuirs pendant la dépouille, bouchers pour dépouiller le dos, ouvriers assurant l’éviscération, scieurs de queue, accrocheurs, transporteurs de cuirs, préleveurs de suifs,etc. Chaque ouvrier acquiert pour le travail qui lui est confié une dextérité considérable.
- Lorsqu’il s’agit de traiter les porcs, le travail, pour être différent, n’en est pas moins rapidement effectué, puisque le rôle de la machine devient plus important encore : levage des porcs pour être conduits au rail de saignée, échaudage, grattage, tout se fait mécaniquement et avec une rapidité remarquable.
- Les. statistiques bien tenues des grandes firmes américaines établissent que l’abatage d’un bœuf et tout le travail nécessaire pour livrer la viande prête à la vente en détail ne revenaient qu’à 1 fr. 25 avant la guerre actuelle. Or, à La Villette, un tel travail, opéré suivant des habitudes vieillotes, coûtait à cette époque huit à dix fois plus.
- Est-il besoin de dire que l’abattoir industriel possède une section sanitaire et que toutes les ins-| tallations y sont réalisées de manière à permettre
- Fig. 6. — Cuve à èchauder les porcs.
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- au service vétérinaire d’agir en toute liberté? La concentration des abatages permet en outre de réduire l’importance numérique du personnel sanitaire et du personnel auxiliaire tout en assurant une meilleure surveillance. On chercherait en vain ces avantages dans les abattoirs à échaudoirs et même dans les abattoirs modernes. Quelques autres remarques doivent être faites au sujet du fonctionnement des abattoirs industriels américains.
- Il est à noter qu’aux Etats-Unis, les animaux ne sont jamais l’objet de mauvais traitements. On sait trop qu’il se produit des pertes de viandes dans les chambres froides lorsqu’on a affaire à des masses musculaires contusionnées et à des membres meurtris. A La Villette, les mauvais traitements dont souffrent les animaux sont nombreux. Les bouviers et leurs chiens sont sans pitié. Les patrons sont incapables d’obtenir que le débarquement, la conduite et l'embarquement se fassent sans force coups
- ce sens que la viande est souvent très polluée au cours des manipulations ?
- Les Américains attachent une grande importance à la conservation du peaucier sur les épaules, le dos et les avant-bras, à la fente régulière du sternum toujours opérée à la scie, à l’opération qui consiste à détacher les pieds de manière à laisser le plus de peau possible après le cuir, à la propreté extrême des manipulations dont les suifs sont l’objet et à la récolte de tous les débris.
- Contrairement à ce qui se passe à La Villette ou les bœufs sont essuyés au cours de l’habillage avec des linges d’une propreté douteuse, par dés mains dont la netteté est loin d’être toujours satisfaisante, les grands abattoirs industriels n’estiment l’habillage du gros bétail parfait qu’autant que les carcasses ont subi un lavage complet. On utilise à cet effet des brosses d’un modèle spécial (fountainbrush) permettant l’arrivée, en: abondance d’eau chaude à
- Fig. 7V— Machiné à épiler les porcs sur chemin roulant, après cchau.iage.
- de bâtons, de fouets ou d’aiguillons. Il en résulte que les lards se conservent mal à la salaison, que les jambons subissent des transformations qui les rendent peu appétissants ou parfois même immangeables et, qu’aux abattoirs, il n’est pas rare de trouver à la porte des échaudoirs des pieds d’animaux absolument couverts d’hémorragies dues aux contusions.
- Dans les couloirs d’abatage des grands abattoirs américains, les bœufs sont conduits avec douceur. Les bouviers se servent de bâtons à bout arrondi, parfois même terminés en boule. Dans quelques abattoirs, on fait usage de hâtons électriques (50 à 40 volts) pour hâter le déplacement du gros bétail que l’on dirige dans les couloirs vers les caisses d’abatage ou pens.
- Les animaux y sont assommés à la massue. Les beefpackers prétendent, non sans apparence de raison, que les animaux assommés par ce procédé ont une émission sanguine plus abondante et quasi parfaite. Cette question de la saignée a une grande importance aux Etats-Unis où l’on consomme les viandes après un séjour plus ou moins prolongé au frigorifique. Faut-il rappeler qu’à La Villette, les méthodes d’abatage laissent beaucoup à désirer en
- 65 degrés sur les surfaces à déterger. Les bœufs subissent ce lavage après la fente. Aussitôt après, les surfaces mouillées sont essuyées à sec, avec soin, et les bœufs envoyés dans un local ventilé qui précède l’antichambre et les chambres frigorifiques. La viande « ressuyée » séjourne de 16 à 24 heures dans l’avant-frigorifique à 3-4 degrés^ Elle reste au frigorifique à 1-2 degrés pendant une semaine et plus.
- 11 va de soi que les frigorifiques sont entretenus avec toute la propreté désirable. On éponge les murs et les portes, de manière à toujours avoir des surfaces nettes. On étend sur le sol un épais lit de sciure de bois formant matelas, changé entièrement au moins une fois par semaine. Le dispositif adopté pour la réfrigération (curlainsyslem) permet d’avoir des chambres froides dont les murs et plafonds sont absolument débarrassés de toute canalisation. Les quartiers de viande sont accrochés sur rails aériens et isolés les uns des autres. Le maintien des frigorifiques à la température convenable fait l’objet des préoccupations les plus grandes des beefpackers. Le débit de la saumure au fur et à mesure des besoins est effectué avec la précision désirable. Un employé spécial assure ce travail de réglage
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- dont dépend la bonne conservation des viandes.
- C’est dans les frigorifiques des beefpackeæs que les bouchers détaillants opèrent leurs achats* à des heures de vente nettement arrêtées. Les prix s’y débattent comme au marché de gros des échaudoirs de Là Villette. Lorsqu’un acheteur a choisi un morceau et a convenu du prix avec le vendeur, il le marque à l’aide d’une fiche portant sa carte. Si les affaires ne se font pas sans bruit, par contre on ne fume pas et on palpe les viandes à vendre beaucoup moins qu’on ne le fait à Paris. Les viandes achetées, découpées ou non, sont livrées le même jour par service automobile, en voitures réfrigérées, munies ou non de linge, mais toujours soigneusement entretenues et fermées. Ces habitudes, qu’il faudrait introduire à La Villette, contrastent singulièrement avec les nôtres. Faut-il redire que les voitures ouvertes de nos bouchers, les bannes plus ou moins grasses et souvent crasseuses des « meneurs » de viandes de Paris, et les énormes paquets d’abats dont on encadre les chargements de viandes constituent un défi^permanent aux règles les plus élémentaires ,de l’hygiène.
- Ajoutons enfin que la viande sortant des mains des bouchers en gros de La Villette est, en été, d’une conservation très difficile. Les pratiques irrationnelles et malpropres que nous avons souvent signalées expliquent aisément le caractère plus périssable des viandes ën question. Une simple énumération de ces pratiques (^ dispense de commentaires : destruction et ensemencement des centres nerveux à l’aide d’un jonc malpropre, emploi de matériel défectueux (tinets crasseux, billots, cror. chets et ficelles souillés), soufflage, essuyage des viandes à l’aide de torchons mal nettoyés, dépouille et parage avec des couteaux non désinfectés, fente avec des instruments souillés, échaudoirs obscurs, mal entretenus ; personnel ne disposant ni de vestiaire, ni de lavabo, ni de water-closets modernes.
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- X X
- Eu résumé, l’abattoir industriel comparé 'a l’abattoir ordinaire et à l’abattoir moderne du type le plus perfectionné s’en distingue par les caractéristiques suivantes dont l’importance économique et hygiénique ne peut échapper à personne
- 1° L’abattoir industriel étant disposé en étages, la surface de terrain nécessaire, les dépenses de construction se trouvent singulièrement réduites.
- 2° L’abatage des animaux ayant toujours lieu aux étages les plus élevés où les sujets à.abattre par-l viennent par des rampes appropriées,1 l’emploi de la force motrice pour faire progresser les viandes et les sous-produits se trouve réduit au strict minimum. La main-d’œuvre est forcément moindre.
- 3° Les abatages ayant lieu en série, le personnel préposé à l’abatage et à l’habillage des animaux est naturellement appelé à se spécialiser. Par la divi-
- (1) Voir les Abattoirs publics, 1906, tome II. (Inspection des abattoirs par Martel).
- sion du travail, des économies de main-d’œuvre se trouvent réalisées au point que le prix de revient del’abatage d’un bœuf peut être beaucoup diminué.
- - kes- mêmes remarques s’appliquent à l’abatage et à l'habillage des- porcs où la presque totalité du travail est assurée mécaniquement ainsi qu’à l’abatage des autres animaux de boucherie.
- 4° Les bénéfices à retirer de f abatage industriel sont encore plus grands lorsqu’on envisage l’exploitation des sous-produits : cuirs, pieds, têtes, viscères, graisses, sang, détritus, viandes saisies, etc...
- Les sous-produits transformés en denrées non susceptibles de s’altérer sont plus facilement vendables. Leur transformation ayant lieu sur place, les frais de camionnage de la matière à traiter sont nuis, alors qu’ils sont extrêmement élevés avec le système actuel. Les incommodités dues à l’exploitation sont réduites au strict minimum, l’usinier travaillant toujours avec des denrées fraîches. Les viandes assainies restent sous le contrôle constant du service vétérinaire sanitaire, depuis leur retrait de la vente courante jusqu’à leur débit dans des étaux spéciaux.
- 5° Les viandes préparées dans l’abattoir industriel sont de facile et bonne conservation parce qu’elles sont proprement travaillées. Elles sont conservées au frigorifique que précèdent une salle de ressuyage et un avant-frigorifique. Les frigorifiques tiennent une grande place dans l’abattoir industriel. Ils permettent le stockage et partant empêchent les variations brusques des cours du marché aux bestiaux) actuellement à la merci dés corporations qui le fréquentent.
- * 6° La propreté des salles de travail, des frigorifiques et des voitures à viandes des abattoirs industriels contraste singulièrement avec la malpropreté des échaudoirs de La Villette et des véhicules qui à Paris transportent les viandes et les abats.
- 7° L’inspection sanitaire du bétail et des viandes est infiniment plus facile dans l’abattoir industriel : que dans l’abattoir moderne le plus perfectionné.
- ; On peut réaliser une économie considérable de personnel technique et de personnel auxiliaire, tout en garantissant un contrôle plus étroit. Le contrôle sanitaire des échaudoirs actuels est difficile et souvent imparfait. Avec l’abattoir industriel, l’examen ; des sujets malades est rendu plus facile parce que les installations se prêtent à la recherche des sujets ‘ atteints et à l’examen attentif de ceux que le service sanitaire fait retirer de la circulation (station spéciale pour le garage des bêtes malades, salle
- * d’autopsie, laboratoire, etc...).
- ; Les considérations qui précèdent ont été exposées , par nous au Conseil d’hygiène et de salubrité de la | Seine en 1918, à l’occasion de la reconstitution des ] abattoirs^de la Villette. Le Conseil a adopté à l’una-! riimité cette façon de voir et a demandé que les ! nouveaux abattoirs aient désormais un caractère nettement industriel. H. Martel.
- Membre de l’Académie de Médecine Chef du service vétérinaire sanitaire de la Prélecture de police.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de janvier 1920.
- L’iris de l’œil chez le crocodile. — Le mémoire de MM. Grynlellt et Carrère montre que les éléments musculaires y dérivent de la cupule optique et le fait est aussi évident pour le dilatateur que pour le sphincter.
- La Mante religieuse et ses parasites. — M. Chopard a étudié les conditions de vie d’un Scélionide, long de 5 mm qui s’attaque à Mantis religiosa L. et se blottit sous l’aile ou l’élytre, contre des parties latérales du méso- et du méta-thorax, en des points abrités du contact des pattes. Il ne quitte son habitat de prédilection qu’au moment de la ponte de son hôte et gagne alors la région génitale, [pour passer sur doothèque en forma-
- tion. Il en est parfois rejeté et, dans ce cas, meurt épuisé après avoir erré un certain temps.
- L’eau oxygénée et les microorganismes du lait. — On a pu remarquer que l’eau oxygénée ajoutée au lait pasteurisé disparaît au bout de quelques heures, avant toute modification de l’acidité, sans qu’il soit normal d’attribuer le phénomène à des catalases physiologiques ou microbiennes. Le mémoire de M. Fouassier établit que les germes (subtilis, tyrolhrix, oïdium, levure, ferment lactique), pour lesquels le pouvoir catalysant est le plus élevé, présentent des spores résistant parfaitement à la température qu’exige la pasteurisation. Paul B.
- i
- UNE MAIN AUTOMATIQUE POUR MUTILÉS
- C’est une belle œuvre que lourde à nos mutilés de la inlirmité. 11 y a là un vaste nos inventeurs et l’on peut coup d’initiatives heureuses. Parmi celles-ci, il convient de mentionner celle de M. Despinasse, qui vient de réaliser une main artificielle automatique dont nous avons pu constater le bon fonctionnement.
- Le mutilé muni de cette main la fait travailler
- celle de rendre moins guerre leur glorieuse champ d’action pour y signaler déjà beau-
- -.8..
- SB
- Chaînette.^...
- Fig. 1.
- Coupe d’un doigt de la main automatique.
- par de simples mouvements du bras ou de l’épaule, il peut lui faire saisir un objet de forme quelconque, les doigts de la main automatique épousent d’eux-mêmes le contour de l’objet et le serrent énergiquement presque comme le fe rait une main véritable.
- La main artificielle peut donc tenir et manier un outil, porter un fardeau; nous avons vu un mutilé porter ainsi de son bras amputé un poids de 10 à 12 kg, et cette main artificielle ne pèse pas plus de 350 grammes.
- La caractéristique essentielle de la main imaginée par M. Des-
- i;7SÏ\i
- Fig. 2. — L’ensemble du mécanisme de la main automatique.
- tig. 3.
- Le doigt articulé est pourvu de phalanges M N en acier.
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- 112 — 1 - '' —: UNE MAIN AUTOMATIQUE POUR MUTILÉS
- S
- Fig. 4. — Mutilé se servant de la main articulée pour prendre une mesure avec un pied à coulisse.
- pinasse, c’est que chaque doigt peut poursuivre sa course de préhension indépendamment des autres, bien qu’il n’y ait pour commander le mouvement de l’ensemble qu’un tendeur unique, manœuvré par le bras ou l’épaule du mutilé. De plus les doigts peuvent à volonté être bloqués à un moment quelconque de leur course.
- Examinons de plus près l’anatomie de cette main : chaque doigt, sauf le pouce, a ses trois phalanges articulées ; les os y sont représentées par 2 lames d’acier M et N (fîg. 3) pouvant pivoter respectivement autour des aies 0 et 0' ; elles sont placées à l’intérieur de phalanges en bois dont elles sont solidaires.
- Le mouvement de ces 2 lames d’acier, c’est-à-dire le mouvement du doigt, s’obtient au moyen de deux poulies R, R', montées respectivement sur les axes 0 et 0' ; sur ces poulies s’enroule un fil tendeur P en corde à boyau, dont l’une des extrémités est fixée en S à la phalange terminale, dont 1,’autre bout, après s’être enroulé sur les poulies R et R', vient s’enrouler sur la poulie Rj (fig. 1) montée sur une barre B, dont nous allons voir le rôle.
- Si l’on tire sur le fil, les articulations joueront et le doigt se pliera comme le montre la figure 3.
- Si nous regardons maintenant l’ensemble de la main, laissant de côté le pouce qui n’est pas articulé (fig. 2), nous voyons le fil tendeur de l’index s’enrouler sur la poulie 1 fixée à la barre B, et là venir s’enrouler sur la poulie 2 fixée à la même barre, gagner les articulations du médius, et venir s’attacher à la phalange supérieure de celui-ci. Pareillement, l’annulaire et le petit doigt sont commandés par un même fil qui s’enroule sur les poulies 3 et 4.
- C’est la barre B qui communique aux cordes des doigts la tension qui les met en mouvement. Elle-
- même est commandée par le tendeur unique T, attaché au bras ou à l’épaule de l’amputé. Ce tendeur lorsqu’il subit une traction met en mouvement le tambour G qui entraîne à son tour le galet Gj celui-ci en tournant enroule la chaînette X, et celle-ci attachée à la barre B exerce sur elle une traction qui se transmet aux 4 doigts et leur fait prendre une position de préhension ; tant qu’ils ne rencontrent pas d’obstacle les doigts continuent à se serrer en même temps que la barre B s’abaisse. Mais que l’un des doigts vienne à rencontrer un obstacle, qui l’empêche de continuer à se refermer, la corde qui tend le doigt en question, roule sur les poulies des articulations, tandis que les 3 autres cordes continuent à exercer leur effort de traction par l’intermédiaire de la barre B qui a pris une position oblique, un cliquet spécial C bloque automatiquement la chaînette X et par suite les doigts dans toutes les positions.
- Lorsqu’on veut lâcher, on tire à nouveau sur le tendeur T ; le galet Gt, qui s’est libéré du tambour G, dès qu’on?, cessé la traction, est amené à sa position de fin de course; une came qu’il porte soulève le cliquet de blocage et les articulations sont alors toutes ramenées à leur position normale par les ressorts de rappel y et le tendeur T dissimulés dans chaque doigt (fig. 1).
- 'La main imaginée par M. Despinasse est, on le voit, très ingénieuse et néanmoins d’une construction très simple; son maniement ne l’est pas moins. Elle semble bien réaliser un appareil réellement pratique, apte à rendre de grands services à de nombreux mutilés.
- R. Villers.
- Fig. 5. — Travail du bois avec la main articulée.
- Le Gérant : l*. Masson. — lmp. Laucre, rue de Fleuras. 9, à l’aris.
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- LA NATURE,
- N° 2395.
- 21 FÉVRIER 1920
- L’HYDROGLISSEUR DE LAMBERT
- L’hydroglisseur est une embarcation d’un principe original; elle est à fond plat; son tirant d’eau est aussi faible que possible ; elle est mue par une hélice aérienne (fig. 1).
- Les avantages que l’on doit tirer du principe des bateaux glisseurs sont à première vue de s’affranchir :
- 1° de l’inertie de l’eau que le navire doit déplacer,, pour se fendre un passage dans la masse liquide ;
- 2° de la résistance due au frottement sur les parois immergées du navire.
- Il ne reste donc plus à vaincre en vitesse que
- peut circuler dans les rivières les plus encombrées par les herbes ;
- 5° la grande vitesse est obtenue pratiquement.
- En effet, un autre point de vue fort intéressant est le peu de force motrice nécessaire pour obtenir des grandes vitesses.
- Nous pouvons môme constater ce résultat assez paradoxal qu’à partir d’un certain point la vitesse augmente considérablement et cependant la puissance demandée est sensiblement la même.
- Prenons comme exemple le type. commercial des hydroglisseurs de Lambert qui a été employé cou-
- Fig. i. — L'hydroglisseur de Lambert.
- la résistance de l’air sur les parties non immergées, et la résistance produite par le glissement sur une émulsion d’air et d’eau.
- A ces avantages primordiaux s’en ajoutent d’autres qui, tout en paraissant.secondaires, ont amené le bateau glisseur à être considéré comme un engin indispensable pour circuler sur nos rivières coloniales, ce sont :
- 1° tirant d’eau en vitesse, nul; 20 cm, à l’arrêt.
- 2° absence complète de tout sillage et vagues après le passage des bateaux ;
- 3° par le fait que l’appareil est hors de l’eau, il est insensible aux courants et remous les plus violents; aucune différence de vitesse appréciable n’a pu être constatée entre la montée et la descente d’un fleuve ;
- 4° grâce à son hélice aérienne, le bateau glisseur
- 48* Année. — 1" Semestre*
- ruminent par les Anglais en Mésopotamie et dont de nombreux exemplaires commencent à sillonner notre domaine colonial.
- Cet appareil pèse en ordre de marche 2500 kgs environ; l'hélice est actionnée par un moteur Salmson 250 HP. Pour gagner le point du diagramme où la courbe fait un brusque crochet (fig. 5), il lui faudra employer 120 HP ; à partir de ce moment le bateau déjauge et nous constatons que s’il lui a fallu 120 HP pour arriver à 30 km à l’heure, 130 HP lui suffiront pour faire 60 km à l’heure, 160 HP pour faire 70 km à l’heure qui est la vitesse moyenne de l’appareil. A partir de ce moment, la résistance de l’air entrant presque uniquement enjeu, la courbe augmentera régulièrement jusqu’à 90 km à l’heure, qui est la vitesse
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- L'HYDROGLISSEUR DE LAMBERT
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- — Gfi&seur --—Coque immergée
- Vitesse uniformément accélérée
- Fig. 2. —Efforts de traction d’un hydroglisseur et d’une coque ordinaire.
- maxima de cet appareil d’un type commercial (fig. 5).
- Ainsi donc, pour atteindre et maintenir sa vitesse moyenne de 70 km à l’heure, l’Hydroglisseur n’aura besoin que de la moitié' de sa puissance, c’est ce qui a permis d’utiliser pratiquement les moteurs d’aviation et d’en obtenir une durée à l’usage presque égale aux moteurs d’automobile.
- Prenons maintenant la courbe du canot automobile ordinaire, elle va en augmentant sans cesse et nous constaterons que tandis qu’il lui faudra 250 HP pour atteindre 55 km à l’heure, 125 HP seulement seront utilisés par le bateau glisseur pour faire une même vitesse.
- Les diagrammes de la figure 2 ont été obtenus en remorquant à vitesse uniformément accélérée un modèle de glisseur et un modèle de coque immergée, tous deux du même poids, l’effort de traction étant enregistré au dynamomètre.
- On remarquera que le glisseur offre plus de résistance que le canot aux faibles vitesses, mais qu’après avoir atteint une vitesse suffisante pour déjauger, la résistance tombe brusquement et se maintient (malgré l’augmentation de vitesse) au tiers environ de la résistance maxima.
- La coque d’un canot, elle, continue à opposer de plus en plus de résistance, à mesure que la vitesse augmente ; cette augmentation de résistance étant sensiblement proportionnée au carré de la vitesse, tandis que la puissance absorbée augmente comme le cube. Pour le glisseur, la résistance de l’eau
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- Fig. 3. — Puissance dépensée à différentes vitesses.
- n’est plus qu’une résistance de frottement sensiblement proportionnelle à la vitesse.
- Ces résultats ont été confirmés en 1913, dans des épreuves publiques. En effet, officiellement chronométré, M. Paul Tissandier fit à Triel une vitesse de 98 km. 600 à l’heure, avec un moteur de 160 HP ; ce record fut battu de 2 km à Monaco.par un canot automobile dont la coque était munie de 1200 HP.
- Ce n’est qu’après de patientes recherches que le ' comte de Lambert est parvenu aux résultats actuels. Après de longues expériences sur des modèles, il construisit en 1904 un appareil muni de-12 HP de Dion-Bouton qui réalisa la vitesse de 36 km à l’heure. A cette époque, cette vitesse parut énorme et les expériences eurent un grand retentissement. En 1906, M. de Lambert construisait le premier bateau mû par une hélice aérienne et réalisait avec un moteur Antoinette 50 HP une vitesse de près de 60 km à l’heure (1).
- En 1913, les expériences furent reprises et les modèles actuels furent créés.
- Comme nous le disions plus haut, ces appareils
- Fig. 4. —,Uiv hydroglisseur à cabine pour passagers.
- sont appelés à transformer la vie dans les colonies et dans tous les pays où les rivières sont les seuls moyens de communication. Ils permettent de faire en quelques heures des parcours péniblement accomplis en plusieurs jours.
- Ils ont été couramment employés pendant la guerre en Mésopotamie et du rapport officiel on peut extraire le passage suivant :
- « Les bateaux ont fait de nombreuses et excellentes randonnées dans les environs de Bagdad durant le dernier hiver. Souvent des parcours de Bagdad à Baïdji (180 milles) ont été effectués dans l’un et l’autre séns en 5 h. 1/2 ou 6 heures avec une consommation d’huile et d’essence inférieure à celle des autres bateaux sur ce même parcours.
- « De Bagdad à Kut-el-Amara, il fallait 6 heures et le bateau revenait le même jour dans le même laps de temps.
- :1. Voir La Nature, 1905.
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- = les aliments azotés et les vitamines
- Fig. 5. — L'hydroglisseur de Lambert, type colonial. i, caisson; 2, carlingue; 3, capot; 4, nourrice d’eau ; n, moteur ; 6, chaînes ; 7, hélice, ; 8, pylône ; 9, gouvernail; 10, bastingage ; 11, manivelle de mise eu
- marche: 12, silencieux; 10, plaque guide-essieu;
- 14, volant; i5, pare-brise : 16, drosse; 1-, dais.
- « Je dois dire également que le glisseur a fait de l’excellent travail sur l’Euphrate d’année dernière. » Le gouvernement français à son tour en a décidé l’emploi dans toutes nos colonies et bientôt les
- voyageurs de ces contrées lointaines ne connaîtront plus les angoisses des longs et fastidieux voyages accomplis si péniblement sous un soleil de plomb.
- 11. VlLLEIlS.
- LES ALIMENTS AZOTÉS ET LES VITAMINES Ç)
- Les aliments azotés sont des composés organiques contenant: de l’azote combiné au carbone, à l’hydrogène et à l’oxygène; parfois, il s’y ajoute du soufre ou du phosphore, plus rarement du fer ou de l’iode.
- Nos connaissances précises sur ce groupe de substances sont récentes et encore très incomplètes.
- On reconnut d’abord l’albumine du blanc d’œuf qui est restée le type des matières azotées, puis la fibrine du sang, la caséine du lait, le gluten des céréales ou fibrine végétale, sans pouvoir déterminer leur composition ni savoir si elles élaient réellement distinctes. Puis on y ajouta la gélatine provenant de l’ébullition prolongée des matières vivantes et la chondrine des cartilages qu’on distingua des précédentes groupées sous le nom de protéines (malières de premier rang). La liste s’allongea successivement des globulines du sang, de la vitelline du jaune d’œuf, de la créatine du muscle, etc.
- L’analyse chimique élémentaire, seule possible penr dant longtemps, montrait dans tous ces corps des molécules si complexes qu’on n’en pouvait rien conclure sans autre fil conducteur. La molécule d’albumine d’œuf donnerait pour formulé approchée G2S0Il10t>Az070ial S3;
- 1. Extrait du volume Alimentation et Ravitaillement qui vient de paraître. Collection « Les Leçons de la guerre », Masson cl O, éditeurs, prix : 8 l'r.
- celle de protéine de l’hémoglobine du sang de chien Q726jjim^zi9iQ2HSs, à quelque chose près.
- On chercha à classer ces produits si nombreux et si variés par leurs caractères physiques (température de coagulation, action sur la lumière, etc.), à les grouper en familles naturelles par leurs réactions chimiques (action dés alcalis, des acides, réactifs spéciaux). Puis on pratiqua une analyse plus fine des matières azotées naturelles et de leurs produits de transformation, en les décomposant d’une manière progressive et ménagée au moyen de la baryte (Schutzenberger), de l’acide chlorhydrique (Kossel), des ferments, d’autres substances encore.
- Les divers procédés mis en œuvre donnèrent des résultats très concordants et aboutirent — après les travaux de toute une génération de chercheurs— à extraire des complexes azotés une série de corps chimiquement définis, les acides aminés, dont les groupements très divers expliquent la variété des produits naturels qui existent dans l’organisme, où beaucoup constituent la madère vivante ou protoplasma.
- La collaboration patiente des chimistes et des physiologistes réussit ainsi à mettre de l’ordre dans la foule des matières azotées et à les classer rationnellement. Ce travail, non encore terminé, permet aujourd’hui de distinguer les groupes suivants :
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- 116 .....----LES ALIMENTS AZOTES ET LES VITAMINES
- Substances albuminoïdes 1 albumines,
- naturelles..............| globulines.
- ,,, . ..n t ( albutnoses et peptones.
- Albuminoïdes de trans- \ . r 1
- n . • < polypeptides.
- lormation..............) r .y r
- ( acides amines.
- glycoproléides et nucléopro-
- téides.
- gélatines, élastines et kéra-
- Les substances albuminoïdes naturelles se présentent en solutions colloïdales dont on peut les précipiter (coagulation) par la chaleur, les acides minéraux, l'alcool, divers autres corps. C’est ce qui se produit devant nos yeux quand le lait caille, quand on cuit un œuf, quand une hémorragie s’arrête.
- On y distingue les albumines, solubles dans l’eau pure, et les globulines, insolubles. Elles sont associées dans le sang, le lait, le muscle, l’œuf, et l’on connaît mal leurs différences essentielles.
- Lorsqu’on fait agir sur les substances albuminoïdes naturelles les sucs digestifs, gastrique ou pancréatique, on voit apparaître des produits incoagulables qu’on appelle albumoses et peptones. Ces corps seraient des polypeptides très complexes dont on sait isoler un certain nombre d’acides aminés.
- Nous ne voudrions pas entrer ici dans le détail de la constitution de ces corps, qui ne pourrait être abordée que par des chimistes entraînés, et que l’on trouverait d’ailleurs, si l’on en avait la curiosité, dans les traités de chimie biologique.
- Pour en donner une idée, nous dirons que ces acides aminés sont des acidés organiques dans lesquels un atome d’hydrogène est remplacé par une molécule d’amine JNH2, radical dérivé de l’ammoniaque. Ainsi, à l’acide acétique, le vinaigre, correspond l’acide amino-acétique, le plus simple des acides aminés actuellement connus, qui porte le nom de glycocolle.
- Comme les acides organiques sont très nombreux, ils peuvent donner une grande variété d’acides aminés, et comme à ces molécules peuvent s’ajouter des fonctions alcool, phénol, sulfure, etc., on voit à quelle complication on doit aboutir.
- En réalité, on est loin d’avoir terminé celte série de recherches, et l’on ne connaît encore que quelques-uns de ces corps bien définis : le glycocolle, l’alanine, la va-line, la leucine, l’isoleucine, la sérine, l’acide glutamique, l’acide aspartique, la lysine, l’arginine, l’hysti-dine, la cystine, la tyrosine, la phénylalanine, la proline, le tryptophane.
- Fischer a réussi la synthèse de divers polypeptides à partir d’acides aminés et réalisé ainsi des corps dont certains se rapprochent des peptones et même des albumoses obtenues à partir des substances albuminoïdes naturelles.
- On conçoit l’intérêt théorique de ces travaux qui nous mettent sur la route de la synthèse de la matière vivante. On verra un peu plus loin leur importance pratique pour l’alimentation.
- Toutes les matières azotées de l’organisme ne se résolvent pas en acides aminés.
- On a réuni sous le nom de protéides des complexes albuminoïdes dans lesquels entre une substance non albumineuse qui peut être un sucre, une nucléine, un pigment.
- Le type des protéides sucrés ou glycoprotéides est la
- mucine du mucus des bronches et de l’escargot, d’où l’on peut extraire une glucosamine.
- Les nucléoprotéides qu’on trouve dans les noyaux de toutes les cellules sont formés d’un albuminoïde et d’un corps phosphore, la nucléine, décomposable elle-même en un albuminoïde et un acide phosphoré, l’acide nucléique. On en rapproche les paranucléoprotéides également phospborées : la caséine du lait, la vitelline du jaune d’œuf, la zéine du maïs, l’hordénine de l’orge, la gliadine du blé. Le type des pigmentoprotéides est fourni par l’hémoglobine du sang dans laquelle une albuminoïde est soudée à un pigment ferrique, l’hématine.
- On réunit sous le nom d’albuminoïdes des substances azotées qui ne rentrent pas exactement dans les deux groupes précédents des albuminoïdes et des protéides. Parmi elles, les plus connues sont la gélatine, l’élasline des fibres élastiques, les kératines des poils et des ongles. A cette longue énumération, il faut encore ajouter une catégorie de substances encore mal définies auxquelles Funk a donné le nom de vitamines, bien qu’elles ne soient pas certainement aminées, que les auteurs américains préfèrent appeler facteurs accessoires de l’équilibre et de la croissance, et pour lesquelles Abderhalden vient de créer le mot eutonines.
- Ces substances, dont l’une indispensable à l’équilibre de poids, est soluble dans l’eau, une autre nécessaire à la croissance est soluble dans les graisses, se sont révélées au cours de recherches sur le traitement de maladies particulières : scorbut, béribéri, pellagre, qu’on réunit maintenant sous le nom de maladies de carence ou d’avitaminose.
- Nous ne connaissons encore que les heureux effets de ces substances sur la santé, sans avoir découvert leur véritable nature chimique.
- L’organisme vivant renferme 16 pour 100 de corps azotés de toutes ces sortes, la moitié de la matière organique qu’il, contient. Ce sont eux qui forment le noyau et le protoplasma des cellules, la substance véritablement vivante. Celle-ci s’use par le fonctionnement et doit trouver dans la nourriture les matériaux nécessaires à son entretien, à sa reconstitution incessante, à son accroissement pendant le jeune âge.
- Les substances azotées se trouvent dans tous nos aliments d’origine organique, tant animaux que végétaux. L’œuf de poule en renferme 12 pour 100, le lait de vache 4, la viande de 15 à 20, le poisson de 10 à 20, les fromages de 25 à 55 pour 100. Certains végétaux sont tout aussi riches : les haricots, pois, lentilles en contiennent 20 à 25 pour 100, le blé 10, les légumes verts et les fruits beaucoup moins.
- Introduites dans le tube digestif, ces matières azotées sont attaquées successivement dans l’estomac par le suc gastrique qui les démolit en peptones et polypeptides, puis' dans l’intestin par le suc pancréatique et le suc intestinal qui poussent la dégradation jusqu’aux acides aminés.
- C’est probablement sous cette forme que les aliments., albuminoïdes sont absorbés et passent dans le sang, après quoi, les diverses molécules se recombinent en de nouveaux groupements propres à l’espèce et au tissu qui les incorporent.
- On est moins bien renseigné sur le mécanisme de la digestion des protéides.
- On admet actuellement que l’organisme ne peut transformer les acides aminés les uns dans les autres et qu’il doit se contenter de ceux que lui apporte la digestion. Nous verrons bientôt l’importance pratique de cette
- Protéides. . . Albuminoïdes.
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- LES ALIMENTS AZOTÉS ET LES VITAMINES
- donnée en même temps que les faits sur lesquels elle s’appuie.
- Les complexes d’acides aminés fournissent à la matière vivante les matériaux nécessaires à sa réparation. Il est possible que, chez les jeunes, la croissance exige des molécules plus complexes que, chez l’adulte, l’entretien des composés déjà existants dont une partie seule s’userait, l’autre étant persistante.
- Des substances azotées introduites dans le corps par chaque repas, il semble que la matière vivante n’einploie qu’une partie à se renouveler ; l’excédent ne parait pas s’accumuler dans des réserves, comme les substances organiques non azotées; il serait donc brûlé à mesure au contact des tissus.
- La destruction des albumines se ferait par une série de dédoublements aboutissant à des acides aminés qui, à leur tour, s’oxyderaient en abandonnant leur radical amine sous forme d’ammoniaque; celle-ci se combinerait aux acides de l’organisme qu’elle neutraliserait, et notamment à l’acide carbonique avec lequel elle donnerait finalement par déshydratation de l’urée ; on trouve dans l’urine et la sueur ces sels ammoniacaux et cette urée qui représentent à peu près les huit dixièmes de l’azote introduit dans l’organisme. Le reste serait excrété sous des formes plus complexes.
- Nous ne pouvons nous étendre ici sur ces questions difficiles et encore imparfaitement connues.
- Nous dirons seulement quelques mots du cycle de l’azote.
- Les déchets azotés de l’organisme sont des substances fermentescibles que des microbes transforment en sels ammoniacaux. L’urée donne ainsi du carbonate d’ammoniaque.
- D’autres bactéries font avec ces sels des nitrites, puis des nitrates.
- D’autres encore fixent directement sous la même forme l’azote de l’air.
- . Les plantes se nourrissent de ces nitrates, en construisent les protéines de leur propre protoplasma.
- Les animaux qui les mangent y trouvent les acides aminés tout formés dont ils constituent leur matière vivante, avant que de libérer l’azote qui y entre pour un nouveau circuit bactéries -> plantes -> animaux.
- Les matières azotées de notre nourriture n’ont qu’ac-cessoirement un rôle énergétique. Elles peuvent bien aider à fournir la chaleur nécessaire à l’organisme et c'est à cela que servent celles que nous ingérons en excès. Il est possible aussi qu’elles fournissent en se décomposant des hydrates de carbone et des graisses qui vont s’ajouter aux réserves de combustibles. Mais ces transformations sont d’un très faible rendement. D’après ce que nous venons de voir, leur rôle capital est d’apporter les acides aminés indispensables, et probablement aussi les constituants des nucléoprotéides, que les autres sortes d’aliments ne peuvent fournir. Ce sont essentiellement des aliments plastiques et non respiratoires.
- Leur absence totale dans la ration ne tarde pas à provoquer la mort. On le sait depuis fort longtemps et Magendie l’a démontré par expérience il y a plus d’un siècle.
- La question qui reste ouverte est de savoir la qualité et la nature de ces substances qu’on doit introduire dans notre alimentation.
- On a pu nourrir un chien pendant plus de six mois uniquement de viande maigre, mais ce régime, possible pour un carnivore, ne conviendrait certainement pas à l’homme. D’abord, il faudrait, pour subvenir à tous les
- besoins, une quantité énorme de viande — plus de 2 kg par jour — qu’on ne pourrait supporter sans dégoût ni sans malaises. Puis, économiquement, les matières azotées coûtant toujours beaucoup plus d’argent à produire que les aliments non azotés, il y aurait là un gaspillage économique qui s’ajouterait au gaspillage physiologique. On admet, pour l’homme, que la ration d’albuminoïdes ne doit pas dépasser 300 gr. par jour dans nos pays.
- Le vrai problème est de connaître le besoin minimum d’albumine, celui qu’on est obligé de satisfaire sous peine d’accidents.
- Tant qu’on ne soupçonnait pas la destinée des matières azotées dans l’organisme, on se contentait d’évaluer leur quantité en azote. L’urine de chaque jour représente une sortie de 16 gr. d’azote environ, correspondant à quelques 100 gr. de composés azotés. C’est à peu près au même chiffre qu’on arrive quand on considère la consommation d’une population européenne s’alimentant librement. Mais, nous avons vu qu’une partie de cet azote est en excédent des besoins réels.
- Lapicque a signalé que les ’ Abyssins et les Malais se contentent d’une ration plus faible, 1 gr. par jour et par kilogramme de poids. Des Européens, soumis à des régimes alimentaires expérimentaux ne contenant que 70 à 80 gr. d’albumine par jour, ont pu se maintenir en santé. Pendant le siège de Paris, en 1870, les bataillons de mobiles n’avaient pas disposé de plus de 68 gr.
- On a discuté de savoir si cette ration limite est la plus avantageuse pour la santé et pour la race ou's’il ne vaut pas mieux l’augmenter. Tant que l’on croyait à une différence essentielle entre animaux et végétaux, on pouvait également se poser la question s’il faut demander l’azote de préférence aux uns ou aux autres.
- De tout temps, certaines personnes ont répugné, par sentiment, à manger de la viande ; cette abstention était une règle de certaines religions et l’est encore pour les brahmanes. Actuellement, on rencontre de nombreux adeptes du végétarisme qui apportent à leur conviction toutes sortes d’arguments. Comme preuve d’activité intellectuelle due à l’application de leur doctrine, ils citent Newton écrivant V Optique, pendant qu’il ne se nourrissait que de pain, d’eau et de vin; comme preuve de force physique, les coureurs hindous, les paysans russes, les portefaix turcs, beaucoup de sportifs et bien d’autres éncore. Ils accusent la viande d’introduire dans l’organisme des toxines, des poisons, qui l’usent prématurément. Us répètent que les animaux carnassiers sont violents et combatifs. Il est certain que le régime végétarien a ses avantages. Au point de vue thérapeutique, il est le seul qui convienne à certains malades de la nutrition, aux goutteux, aux arthritiques. Au point de vue économique, il est de beaucoup le moins coûteux et permet à ceux qui ne disposent que de faibles ressources d’acquérir plus de nourriture. En temps de disette, il devient pour beaucoup une nécessité. Mais il ne faudrait pas le pousser jusqu’à ses extrêmes limites, jusqu’au végétalisme, supprimer tous les produits animaux, quels qu’ils soient ; lait, beurre, fromage, œufs, sous peine d’accidents dont on comprendra la cause tout à l’heure.
- Le régime végétarien devient facilement insuffisant et provoque alors des troubles de dénutrition. Certains l’accusent de ne pas permettre l’effort prolongé et d’inciter le travailleur à chercher dans l’alcool le tonus , qui lui manque. En 1764 déjà, Haller attribuait au défaut de viande sempér debilitatum ad labores, ad Venerem inertius et Geoffroy Saint-Hilaire y voyait.la»cause.première de l’autorité des Anglais sur les Irlandais man-
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- 118 .... — LES ALIMENTS AZOTES ET LES VITAMINES
- geurs de pommes de terre et les Hindous qui s’interdisent de toucher aucun animal.
- Y a-t-il donc un optimum d’azote et la composition du régime alimentaire d’un peuple influe-t-elle sur sa destinée, son caractère, sa fécondité? Cette question de philosophie physiologique est loin d’ètre absurde a priori, mais on ne peut la résoudre simplement. Tout ' d’abord, il faudrait savoir si l’on doit préférer la bonté à la puissance, l’action à la contemplation. C’est tout le problème de la destinée. Et puis, si l’on pouvait choisir, resterait à examiner la valeur de tous les arguments invoqués. Parmi les gros mangeurs de viande, il y a bien les Allemands à qui nous ne voulons pas ressembler en ce moment, mais aussi les Anglais qui nous sont fort sympathiques. Les Japonais qui ne mangent pas de viande et ne prennent qu’un peu de poisson sont réputés pour leur activité et leur esprit d’entreprise. L’Européen qui absorbe facilement un excès de viande dans les pays froids ne peut en supporter beaucoup sous les tropiques.
- En attendant que la lumière se fasse, il est sage de s’en tenir à la tradition qui a l’avantage d’être une expérience séculaire. Puisque l’homme est omnivore, que sa dentition, que tout son tube digestif sont faits pour manger aussi bien la viande que les végétaux, il est bon d’introduire dans notre alimentation l’une comme les autres.
- Quand on examine la ration d’individus se nourrissant librement, sans idées préconçues, on y trouve environ moitié d’albumines animales et moitié de végétales. C’est une heureuse proportion à laquelle on peut s’arrêter.
- D’ailleurs, la question ne peut plus se poser du besoin minimum d’azote, ni du rapport nécessaire des aliments animaux et végétaux. Les découvertes sur les acides aminés l’ont totalement déplacée. Puisque l’organisme a besoin d’un certain nombre d’acides aminés qu’il ne peut fabriquer par ses propres moyens, il faut qu’il les trouve dans la nourriture, que celle-ci les apporte tous.
- Nous avons vu que notre connaissance des acides aminés est encore très imparfaite. Nous n’en connaissons qu’une vingtaine et leur nombre est certainement beaucoup plus grand. Mais nous savons déjà que chaquë aliment ne contient pas tous ceux qu’on rencontre dans notre organisme.
- Le blanc d’œuf manque deglycocolle, d’arginine, d’his-tidine; la caséine du lait ne contient pas de glycocolle; la gélatine-n’a ni cystine, ni tyrosine, ni trvptophane; la gliadine du blé n’a ni cystine, ni phénylalanine ; la zéine du maïs manque de glycocolle et de cystine, etc.
- Une nourriture azotée fournie par un seul de ces corps serait insuffisante, quelque quantité qu’on en absorbe. On pourrait dépasser 100 gr. d’albuminoïde par jour sans combler le déficit. Un régime qui ne comprendrait comme aliments azotés que de la gélatine et de la zéine, par exemple, n’empêcherait pas d’être privé de cystine ou de la gliadine.
- On a expérimenté sur les animaux, le rat en particulier, l’effet de rations ainsi composées.
- Une nourriture suffisante pour assurer tous les besoins d’énergie, renfermant tous les sels' hydrates de carbone et graisses nécessaires, mais manquant de lysine, arrête net la croissance des jeunes ; celle-ci reprend dès qu’on ajoute de nouveau la lysine au régime. L’absence de cystine n’empêche par moins le développement. L’absence d’arginine, et surtout d’histidine, non seulement arrête la croissance, mais' encore amène une rapide perte de poids. >
- On a pu établir pour quelques-uns de ces corps la quantité que doit en contenir la ration. Il ne faut donc plus parler d’un minimum d’azote, mais bien d’une série de minima de lysine, de cystine, d’histidine, et de tous les acides aminés indispensables, connus ou encore à découvrir. -,
- bien plus, la proportion de chacun d’eux nécessaire pour maintenir l’équilibre chez l’adulte n’est pas du tout la même que celle indispensable à la croissance chez le jeune. La lysine qui n’a que peu d’influence sur l’équi-libre est capitale pour le développement: elle peut être rare dans le régime de l’adulte, elle doit abonder dans celui de l’enfant.
- Le lait, dans sa complexité, est le seul aliment azoté parfaitement équilibré que nous connaissons pour le jeune.
- Les acides aminés ne sont probablement pas les seules matières azotées indispensables. Il en est d’autres dont l’étude chimique est moins avancée, mais dont les effets physiologiques sont non moins saisissants.
- Dans les pays où l’on se nourrit principalement de riz, on observe une maladie fréquente, le béribéri, caractérisée par des paralysies, des contractures et des atrophies musculaires. Eykman a montré qu’elle ne se rencontre que chez des individus mangeant du riz décortiqué. On peut reproduire la maladie chez des poules ou des pigeons en ne leur donnant que du riz poli et la guérir à volonté en ajoutant la cuticule du riz à la ration. Funk a isolé de la cuticule un produit aussi efficace qu’il a dénommé vitamine. Cette vitamine perd ses effets quand on la chauffe quelque temps à 120°. Or. on connaît d’autres maladies qui n’apparaissent que chez des individus nourris uniquement d’aliments stérilisés, tel le scorbut des marins et des explorateurs, qu’on traite d’ailleurs par le jus de citron frais, la maladie de Barlow des nourrissons alimentés, au biberon, de lait stérilisé, qui cesse quand, perdant la crainte exagérée des microbes, on donne un peu de lait cru. On a rapproché toutes ces maladies, différentes d’aspect, sous le nom de maladies par carence, pour indiquer que leur cause est un manque qualitatif de l’alimentation.
- Les physiologistes américains ont distingué dans les vitamines deux facteurs, l’un soluble dans les graisses, nécessaire à la croissance, l’autre soluble dans l’eau, nécessaire à l’équilibre de poids. Peu à peu, le problème des vitamines se rapproche de celui des acides aminés, sans qu’on sache encore si les deux se confondront.
- Peut-être, un jour, quand cette chimie sera plus avancée, .pourra-t-on parler d’un minimum d’azote extrêmement réduit? Peut-être aussi, réalisant la prédiction de Berthelot, nous offrira-t-on de quoi refaire nos albuminoïdes sous forme de boulettes de lysine ou de comprimés d’histidine?
- En attendant, la seule conclusion immédiatement pratique à tirer de toutes ces études est celle que nous fournissait déjà le bon sens : varier son alimentation suffisamment pour être certain d’y trouver tous les composés indispensables, n’exclure aucun des aliments qui entrent dans la composition traditionnelle de nos repas. On verra plus tard si l’on peut mieux faire.
- Même alors, les chimistes n’iront pas jusqu’à supprimer notre tube digestif qui réclamera toujours, pour bien fonctionner, un certain volume et une certaine consistance, pas plus qu’ils ne toucheront à l’appétit qui donnera toujours raison à une bonne cuisine.
- B. Legendbe.
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- LA PLANÈTE MARS ET LES COMMUNICATIONS INTERPLANÉTAIRES
- La planète Mars redevient de temps en temps le sujet des conversations générales, et l’on prétendait, hier encore, que j’en suis un peu responsable par les études et les ouvrages que j’ai publiés depuis une quarantaine d’années sur ce monde voisin. Une conversation de M. Marconi a remis tout récemment sur le tapis, la question des communications interplanétaires par les ondes éthérées et l’existence d’humanités analogues à la nôtre sur les terres du ciel, et nous ferons aujourd’hui un voyage d’un instant sur le globe martien, pour répondre aux curiosités exprimées, remettant, toutefois, à quelques mois un article détaillé sur les dernières découvertes faites depuis quelques années, cette planète revenant précisément en ce moment en une nouvelle période d’observations qui durera plusieurs mois, jusqu’en juin, et apportera sans doute de nouveaux documents à notre connaissance. Tous les soirs, actuellement, Jupiter, extrêmement lumineux, frappe les regards des contemplateurs du ciel et nous invite à lui faire une visite prochaine. Mars le suivra.
- Les habitants de Mars nous adressent-ils des signaux? C’est peut-être la centième fois que la question est posée.
- Voyons d’abord de quoi il s’agit dans l’incident actuel.
- Certaines stations du réseau Marconi, à New York et à Londres, auraient perçu des signes d’origine inconnue dans les transmissions radiotélégra-phiques. Dans ces interruptions, quelques signes apparaissent plus fréquemment que d’autres, notamment les trois frappements, qui dans le code Morse représentent la lettre S. Il est, je pense, superflu de remarquer pour nos lecteurs que cette correspondance avec la lettre S n’a rien à faire ici, et n’a aucune signification grammaticale. Ces sortes d’interprétations ont été signalées simultanément de Londres et de New York, avec la même intensité, ce qui a conduit M. Marconi à déclarer au Daily Mail, qui me l’a communiqué, que dans sa pensée elles proviennent d’une très grande distance, en comparaison de celle qui sépare ces deux points géographiques, cette parallaxe angulaire, comme on dit en astronomie, étant négligeable pour un signal parti d’un point quelconque du système planétaire.
- Si les interprétations du savant inventeur italien sont fondées, nous pouvons nous demander, toutefois, pourquoi on n’a rien observé de particulier à la Tour Eiffel, ces interruptions devant agir à la fois sur toute la Terre, et Paris ne faisant qu’un avec Londres pour cette réception.
- Il convient toujours de regarder à proximité avant de s’égarer au loin et de chercher midi à quatorze heures. Ces bruits exceptionnels n’auraient-ils pas pour cause» tout simplement, des' interférences dues à des appareils mal réglés? En
- cas de non-simultanéité des ondes émises, des effets de ce genre peuvent se produire. Les ingénieurs radiotélégraphistes n’ont pas été sans imaginer cette hypothèse.
- Remarquons, en passant, que ces interruptions ne doivent pas être confondues avec celles que les spécialistes nomment « parasites », c’est-à-dire avec cette sorte de « friture » irrégulière que nous entendons notamment lors des orages lointains. C’est tout autre chose. Les lecteurs de La Nature connaissent ces variétés, étudiées notamment dans un excellent article du 23 août dernier.
- Ne cherchons la cause dans les espaces célestes, que s’il est bien avéré qu’elle ne gît pas dans les opérations terrestres, de diverses natures.
- En cette occurence, le premier coupable serait le Soleil.
- Nous avons vu ici même, dans notre étude du 1er novembre dernier, que l’année 1919 a été marquée par des phénomènes solaires intenses qui, notamment du 10 au 12 août, ont amené les perturbations magnétiques signalées dans les observatoires et troublé les communications télégraphiques et téléphoniques. Des éruptions formidables ont lancé des flammes, à la surface du Soleil, jusqu’à plus de 700 000 km de hauteur,... à plus de deux fois la distance d’ici la Lune ! Ces tempêtes solaires ont leur retentissement sur la Terre entière,: et les lecteurs du Bulletin delà Société Astronomique de France ont eu sous les yeux les protubérances gigantesques de l’éclipse totale de soleil photographiée sau Brésil le 29 mai et les constatations inattendues des vérificateurs de la théorie d’Einstein.
- Oui, ces perturbations radiotélégraphiques peuvent avoir pour origine les tempêtes magnétiques de l’astre immense aux rayons duquel la vie de la Terre est suspendue.
- Mais, s’il y a des symptômes de manifestations intentionnelles, comme on a cru le remarquer, on ne peut guère qu’invoquer l’intervention de mondes habités, et Mars se présente en première ligne à notre esprit, parce que c’est celui que nous connaissons le mieux.
- Pour un observateur placé sur Mars, notre planète Terre est une étoile splendide, comme Vénus pour nous. C’est l’étoile du matin et du soir, Lucifer et Vesper. Notre monde est très beau, vu de loin.
- La planète Mars gravitant autour du Soleil, le long d’une orbite extérieure à celle que la Terre décrit annuellement autour du même astre, un instant de réflexion suffit pour se rendre compte qu’aux'époques où elle passe en opposition avec le Soleil,:elle se présente à nous avec son hémisphère complètement éclairé et nous permet ainsi de l’observer en détail; Aussi sa géographie est-elle incomparablement mieux connue que celle des autres planètes.
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- 120 = LA PLANÈTE MARS ET LES COMMUNICATIONS INTERPLANÉTAIRES
- Nous aurons lieu de passer prochainement en revue les observations que l'on se prépare à faire pendant les mois qui vont venir. Bornons-nous aujourd’hui à placer devant nos yeux une bonne carte géographique martienne, ou, pour parler plus correctement, une carte aréographique. Je choisirai dans ce but un excellent planisphère martien cons-
- réseau de canaux qui mettent en communication toutes les mers entre elles est, sans contredit, le caractère le plus singulier de cette topographie. Sa régularité ne semble-t-elle pas indiquer une œuvre intentionnelle des habitants de Mars?
- Les taches rondes aux intersections des canaux sont-elles des lacs ou des oasis?
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- Planisphère général Dressé par M. G. Fournier, d’après les observations
- truit par mon collègue de la Société Astronomique de France, M. G. Fournier, sur l’ensemble des observations faites en 1907, 1909, 1911 et 1912 aux observatoires Jarry-Desloges, du Revard, du Masse-gros et de Sétif, et publiées en 1915 au BulletinMe cette Société. L’examen de cette carte donne une idée complète de l’aréographie. On voit qu’il n’y a pas sur cette planète de grands océans analogues à notre Atlantique et à notre Pacifique, mais seulement des méditerranées et des lacs. Le curieux
- Nous aurons lieu de discuter plus tard toutes les questions qui se présentent. Signalons, sans attendre, que ces aspects sont très variables. Ainsi, par exemple, on peut remarquer au méridien 90° une tache ronde double appelée « lac du soleil » . Elle se montre souvent ronde et parfaitement simple. On l’avait d’abord choisie comme origine des longitudes ; mais dans mes premières cartes, j’ai adopté pour cette origine une baie double, que l’on voit à la longitude 0° et que j’avais appelée « Baie du Méridien ».
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- Elle varie également d’aspect. Plus variable encore se montre une;;mer assez vaste, autrefois triangulaire, désignée sur mes premières cartes (il y a un demi-siècle) sous le nom de « Mer du Sablier » et qui, sur la carte présentée ici, offre des contours arrondis tout différents. Les canaux, eux aussi, se montrent très variables, tantôt simples, tantôt doubles.
- n’est pas téméraire de le supposer habité par des êtres intelligents et d’admettre même qu’ils puissent essayer de communiquer avec nous.
- Sont-ils aussi intelligents que nous? se demandé quelquefois notre naïveté enfantine.
- L’état actuel de la civilisation mondiale répond, me semble-t-il, à la question. La bêtise humaine
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- du monde de Mars.
- faites aux observatoires Jarry - Desloges.
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- Il est probable que ces « mers » n’ont que très peu d’eau, car on en voit le fond, et que ce sont là des marais ou, bien souvent, des plaines végétales dont l’intensité varie avec l’humidité.
- On a parfois aperçu, çà et là, des points brillants, que l’on a interprétés pour des signaux optiques, mais qui paraissent plutôt dus à des neiges et à des cimes éclairées par le soleil, le long du terminateur, méridien du lever ou du coucher du soleil.
- Nous sentons, à l’aspect de ce monde voisin, qu’il .
- est si immense, si formidable, si universelle qu’il semble difficile d’admettre qu’ils ne soient pas plus avancés que nous, surtout si, comme il est probable, Mars est antérieur à la Terre de plusieurs millions d’années.
- Pour ma part, il me semble que si les citoyens de Mars ont voulu nous adresser des signaux, ils l’ont essayé depuis longtemps, depuis cent mille ans peut-être ou davantage, et qu’ils ont bien pu y renoncer, à force de constater qu’ils y perdaient leur
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- temps et que nous étions incapables d’y répondre.
- 11 n’y a, du reste, pas même un siècle que les instruments d’optique ont permis à l’humanité terrestre de découvrir sur Mars une planète comparable à celle que nous habitons.
- On ne parle jamais de Vénus. Pourtant, elle est moins éloignée de nous que Mars, et nous voit dans son ciel comme nous voyons Mars, c’est-à-dire avec tous les détails de notre géographie. Des signaux célestes pourraient également nous être adressés de cette sœur jumelle de la Terre.
- En résumé, en ce qui concerne la question posée à la curiosité générale par les signaux Marconi à interpréter, le plus probable, devons-nous penser, est d’attribuer ces interprétations aux tempêtes magnétiques du Soleil, tout en admettant qu’il n’est pas du tout absurde de supposer que les autres mondes de notre système solaire, notamment nos voisins Mars et Vénus, soient en situation d’essayer ces communications. La Terre n’est pas seule dans l’univers, comme l’enseignait la doctrine géocen-trique et anthropocentrique d’autrefois.
- Camille Flammarion.
- LES NOUVEAUX PROCÉDÉS DE CONSTRUCTION
- Nous avons, dans un précédent article, examiné « les constructions Bessonneau » en ciment armé. Nous avons représenté ces constructions comme un des meilleurs exemples de la méthode de fabrication en série et en ateliers.
- Le procédé Ferrier, que nous voulons aujourd’hui étudier, est basé sur un autre principe.
- La théorie qui prétend industrialiser la construction, l’exécuter entièrement en usine pour n’avoir à procéder sur le chantier qu’à un simple travail de pose exécuté avec le concours d’un nombre très réduit d’ouvriers, n’est réalisable qu’en faisant appel à de gros capitaux. Cette méthode n’est logique et possible que pour une industrie puissante dans ses moyens d’exécution.
- M. Ferrier a voulu venir en aide aux entrepreneurs qui, dans les régions libérées, se heurtent à une quasi impossibilité, quand il s’agit de recruter la main-d’œuvre très spéciale dont on ne saurait se passer pour exécuter , des travaux en ciment armé suivant les méthodes ordinaires. Il a voulu également réduire au minimum le cube de bois nécessaire à l’exécution des coffrages.
- Dans ce but, M. Ferrier a établi des moules en bois qu’il amène à pied d’œuvre..Ces moules sont employés de deux façons différentes. Tantôt, pour les poteaux et les fermes légères par exemple, les éléments sont moulés à terre, puis levés et mis en place ; tantôt au contraire (telle est la méthode em-
- ployée pour certaines poutres, notamment), ces moules sont hissés à l’emplacement voulu et là se comportent comme de véritables coffrages, qui, permettant de couler l’élément béton à la place même qu’il doit occuper dans la construction. Cela autorise le constructeur à profiter du moment d’encastrement à la , s jonction des po-
- teaux et des poutres. M. Ferrier fait observer que le monolithisme intégral n’existe pas de fait dans les constructions en ciment armé qui sont réalisées selon le procédé - habituel. Le travail de coulage est en effet arrêté chaque soir pour être repris le lendemain matin après une dizaine d’heures d’interruption durant lesquelles le ciment qui a fait prise se raccorde mal avec le béton frais que l’on vient juxtaposer. Partant de ce principe, M. Ferrier admet que la soudure qu’il opère entre un élément sec et la poutre qu’il coule en liaison avec lui est de même valeur qualitative que celle admise parles partisans du monolithisme.
- Ainsi le « procédé Ferrier » apparaît comme une méthode mixte. Elle se prévaut d’une réelle standardisation puisqu’elle fait emploi de moules de dimensions appropriées à des éléments identiques entre eux ; en cela le procédé Ferrier se rapproche des idées inspiratrices de la méthode de fabrication en ateliers. D’autre part, le fait de couler en œuvre des éléments en faisant emploi de moules hissés à la place que doit occuper cet, élément dans la
- Fig. i. — Levage d’une ferme shed en béton armé du système Ferrier.
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- LES NOUVEAUX PROCÉDÉS DE CONSTRUCTION
- construction, tend vers un point de vue identique à celui qui a donné à Edison, à MM. Harmset Small l’idée de leurs si curieuses maisons coulées d’un seul bloc.
- Sur ces données, M. Ferrier a établi une série de types de construction dont les deux plus intéressants sont une toiture en shed et une toiture parabolique„à grande portée.
- L’une et l’autre, au demeurant, sont issues d’une même conception.
- Sur une ossature de poteaux et de poutres, on hisse une ferme en ciment armé. Cette ferme, une fois en place, est liaisonnée avec l’ossature portante. Puis toutes ces fermes sont réunies au moyen dépannés; l’inven-
- Fig. 2. — Construction en béton armé, système Ferrier,
- supprime les forêts de madriirs et d'ètais nécessaires aux cof-• . jrages.
- (Remarquer à terre les moules | de ferme shed).
- Fig. 3. — Un chantier de béton armé, ancien système..
- Les coffrages exigent une quantité énorme de bois et de main-d’œuvre.
- En résumé, si le procédé Ferrier n’oflre pas dans son ensemble les avantages incontestables des méthodes de fabrication en ateliers (qui présentent sur toute autre l’avantage indiscutable d’une fabrication régulière indépendante des variations météorologiques), il facilite grandement aux entrepreneurs l’exécution de travaux dans les régions démunies de toutes ressources, et assure une réelle économie, tant par suite de la rapidité plus grande d’exécution que du fait de l’économie réalisée sur le cube de bois employé pour les coffrages. Raymond.
- tour parvient à constituer ainsi une sorte de comble prêt à supporter la couverture.
- Celle-ci peut être réalisée de deux façons différentes. Ou bien l’on pose sur ce comble des tuiles de grandes dimensions en ciment armé ; ou bien l’on procède à la mise en place entre les divers éléments constituant la structure du comble, de véritables coffrages amovibles en tôle. Il suffit alors de disposer judicieusement les armatures et de procéder au coulage qui donne lieu alors à une toiture monolithe, surtout si, pour son exécution, le constructeur fait emploi du « cernent gun », appareil à projeter le ciment, fort ingénieuse conception sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir.
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- L’ÉTABLISSEMENT DE BAINS DE LA VILLE DE STRASBOURG
- Parmi les établissements publics de la ville de Strasbourg, l’un des plus intéressants cà étu-
- dier est l’Établissement de bains municipal.
- Nous allons le décrire rapidement, en en montrant les caractéristiques et en signalant l’intérêt qu’il y aurait à construire, dans les grandes villes françaises, des établissements analogues.
- Aspect général. — La vue générale (fig. 1) permet de se rendre compte des dimensions imposantes de ce bâtiment, qui est empreint, d’ailleurs, de la lourdeur caractérisant la plupart des monuments construits par les Allemands en Alsace.
- L’architecte a bien essayé de surmonter le bâtiment de toits pointus, à lucarnes étagées, qui font le charme des vieilles maisons avoisinant la cathédrale de Strasbourg ; mais il est loin d’avoir pu réaliser un ensemble harmonieux.
- Sur cette vue on distingue le perron donnant accès au vestibule en demi-cercle et les deux corps de bâtiment, à gauche et à droite du perron, réservés l’un aux hommes et l’autre aux femmes.
- Sur la gauche on aperçoit un pignon du bâtiment réservé aux « bains médicaux ». Cette annexe a été construite en 1911 alors que le bâtiment principal date de 1908.
- Pénétrons dans l’établissement : dans le vestibule elliptique pourvu de garages à bicyclettes se trouvent la caisse et le guichet de distribution de linge. *
- Le bâtiment de droite réservé aux hommes comprend des cabines pour bains en baignoire et une piscine.
- Salles de bains. — Il y a en tout 24 salles de bains, répartiés en trois clasçes, correspondant aux 3 étages du bâtiment. Ces salles de bains sont amé-
- nagées d’une façon très moderne, avec baignoires en céramique formant bloc avec les parois de la cabine, et permettant ainsi un nettoyage facile. Suivant la classe elles sont plus ou moins luxueuses, mais toujours très propres.
- Piscine. — La partie la plus intéressante de l’établissement est la vaste piscine (fig. 5) qui mesure 24 m. 50 de long sur 12 m. de large, avec une profondeur allant de 50 cm à 3 m.
- Elle contient en tout 520 m3 d’une eau fréquemment renouvelée et maintenue à la température de 22° environ. Tout autour et sur deux étages sont disposées les rangées de cabines, et à l’extrémité de la piscine, les douches et bassins spéciaux pour le lavage des pieds, où l’on est obligé de venir se savonner avant de plonger dans l’eau bleue du grand bassin.
- La décoration de cette immgnse salle est sobre, mais très bien réussie, et des vitraux de couleur y répandent une lumière dorée.
- Le bâtiment de gauche, réservé aux femmes, présente exactement la même disposition et comporte 24 baignoires et une piscine de 17 m. 50 de longueur, de 9. m. 40 de large (contenance 280 m3).
- Fig. 2. — Les bains romains. — Piscines.
- Fig. r. — Vue générale de VÉtablissement.
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- L’ETABLISSEMENT DE BAINS DE LA VILLE DE STRASBOURG
- Bains romains. — Au premier étage, entre les deux piscines, sont disposés les bains romains (ou bains de vapeur) luxueusement installés, avec leur salle de repos (iig. 5), leur salle de douches (fig. 4), les cabines spéciales où l’on prend des bains de vapeur et les petits bassins où l’on pénètre successivement pour passer de la température élevée des étuves à la température normale. Des revêtements en marbre décorent ces salles.
- Nous ne pouvons décrire en détail l’établissement de bains médicaux qui nécessiterait une étude spéciale.
- Disons cependant qu’il compte de nombreuses salles d’hydrothérapie, mécanothérapie, et des cabines où l’on peut prendre les bains les plus variés : bains de boue, bains sulfureux, etc.... Un médecin consultant est attaché à cet établissement et peut donc suivre sur place les cures faites par les malades.
- Détail amusant : l’établissement comporte une salle spéciale pour le lavage des chiens, avec cages chauffées pour permettre leur séchage, et, en nous montrant cette salle, le directeur nous disait que certains chiens venaient, seuls, gratter à la porte toutes les semaines à la même heure pour prendre leur bain.
- Une lingerie est annexée à l’établissement.
- Les salles de machines où l’eau d’alimentation est chauffée et répartie entre les diverses canalisations des piscines et baignoires, sont bien aménagées. La salle des chaudières comporte 5 chaudières de 90 m2 de surface de chauffe chacune, dont deux sont constamment en service. La consom-
- Fig. 4. — Les bains romains — La salle de douches.
- Fig. 3. — Les bains romains. — La salle de repos.
- mation de charbon par jour atteint le chiffre de 6 tonnes.
- Au cours de cette visite rapide, il nous a été impossible d’étudier en détail l’installation et l’organisation de l’établissement, mais les spécialistes ne devront pas manquer de le faire.
- Le luxe intérieur de la piscine, la recherche du confort et de l’hvgiène dans les moindres détails en font un lieu où l’on se rend encore plus par plaisir que par utilité.
- Administration. — Après cette description il nous reste à dire quelques mots de /’Administration de l’Établissement et de son budget.
- C’est un établissement municipal, administré par des fonctionnaires de la ville de Strasbourg, chargés spécialement de ce service sous le contrôle des organismes directeurs de la ville. Les frais de construction se sont élevés à 2 millions 1/2 de francs, de sorte qu’en tenant compte de la valeur des terrains sur lesquels les bâtiments ont été construits, on peut estimer à 3 millions de francs la valeur totale de l’édifice.
- Budget. — Le budget de l’établissement rentre dans le budget général de la ville; mais il en est fait un bilan séparé. C’est ce bilan que nous allons donner ci-dessous pour l’année 1917 :
- S Frais généraux ............... 590.000 fr.
- Appointements et salaires du personnel........................ 140.000 »
- ( Recettes. . . ................. 400.000 »
- l Subvention de la ville....... • 150.000 »
- On voit que la ville fournit, pour équilibrer le
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- 126 —... ACADÉMIE DES SCIENCES
- budget, une Subvention sérieuse, mais qui n’est pas excessive si l’on tient compte des avantages multiples qu’un établissement de ce genre apporte à ia collectivité, et notamment des économies qu’il permet de faire par ailleurs par suite de l’amélioration de l’hygiène publique.
- Par suite des difficultés économiques actuelles, ce budget n’a d’ailleurs pas un caractère stable.
- Les prix viennent d’ètre augmentés récemment.
- Actuellement, les principaux tarifs sont les suivants :
- Bains chauds en baignoire, 0 fr. 90 à. 2 fr. suivant la classe.
- Natation (piscine) :
- 0fr60 serviette comprise.
- 0fl30 pour les écoliers.
- 0fl'25 le samedi après-
- midi.
- Caleçons de bain, 0fr/10.
- Bains romains (bains de vapeur), 3 francs.
- On voit que ces prix n’ont rien d’excessif. Mais ils permettent de réaliser des recettes importantes, si l’on songe que 1000 à 1200 personnes fréquentent chaque jour l’établissement de bains (maximum
- des entrées : 3000 environ) et que 150 personnes environ, par jour, prennent des bains médicaux (maximum des entrées 300 environ).
- Conclusion. — En terminant cette étude, on peut formuler le vœu que les grandes villes françaises soient dotées prochainement d’établissements de ce genre. Certes nos architectes pourront faire des bâtiments plus harmonieux de lignes,
- [mais ils devront étudier ^avec soin l’aménagement intérieur des piscines, et l’établissement de Strasbourg, très moderne, leur sera un exemple utile.
- Que nosMunicipalités se mettent à l’œuvre : en créant dés établissements de bains, elles contribueront à inculquer au peuple les notions de propreté et d’hygiène, à améliorer la salubrité publique et elles montreront que la race française de demain veut profiter des progrès de la science et de l’hygiène pour vivre saine et forte.
- A. Antoine.
- Ingénieur des Ponts et Chaussées.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de janvier 1910.
- Essai .de coordination chronologique des terrains quaternaires. — M. Charles Deperet a déjà analysé les étages marins dans les régions non glaciaires de l’ancien continent. Il a pu ainsi établir une relation entre les glaciations du Nord de l’Europe et celles du Sud. Son dernier mémoire étudie les dépôts des côtes britanniques et fixe l’altitu,de théorique que devait avoir chacun d’eux par comparaison avec les terrasses correspondantes : Sicilienne, Milazienne, Tyrrhcnienne ou Monastirienne, de la chaîne des Alpes.
- Les moteurs à explosion pour atmosphères raréfiées. — Les progrès sans cesse croissants de l’aviation élèvent de plus en plus la hauteur du plafond possible à nos appareils. M, Jean Villey s’est efforcé d’établir les gains qu’on doit réaliser sur le couple massique, en adaptant spécialement le moteur au fonctionnement dans l’atmosphère raréfiée. correspondante, soit en améliorant le rendement thermique de la cylindrée, soit en élevant la qualité de celle-ci par un enrichissement en oxygène.
- Les avantages des pressions très élevées dans la synthèse de l’ammoniac. —Le procédé, allemand, mis en œuvre à l’usine d’Oppau, n’emploie guère de pressions supérieures à 200 atmosphères, ce qui nécessite plusieurs passages des gaz sur le catalyseur. Poursuivant des
- études qui l’amènent à penser que le procédé Solvav est à la veille d’une transformation radicale, M. Georges Claude préconise les pressions de 1000 atmosphères dans des appareils successifs avec élimination de l’ammoniac liquide — et non en solution aqueuse — pour éviter toute dépense du fait du relèvement de la pression et réaliser en outre l’élimination continue des gaz inertes;, comme l’argon.
- Oxydation réversible de Vazotite de sodium. —- Aü laboratoire, la préparation de l’oxygène pur s’est réalisée longtemps par la seule décomposition du nitrate de soude, le résidu retiré de la cornue étant constitué par l’azotite dont les constantes thermiques viennent d’ètre établies par MM. Matignon et Monnet. Ces savants ont réalisé l’oxydation du nitrite sous une pression d’oxygène de 175 atmosphères, il semble qu’il y ait là un point intéressant l’industrie des nitrates synthétiques préparés au four électrique, car les gaz entraînés donnent, on le sait, un mélange d’azotite et d’azotate. L’essentiel est«de trouver un catalyseur suffisamment actif pour utiliser l’oxygène de l’air. ;
- L’élongation de la lige chez les plantes étiolées.
- On a remarqué que les parties aériennes des plantes cultivées à la lumière sont vertes et courtes, alors qùe
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- LA PREMIÈRE EXPOSITION AÉRONAUTIQUE
- celles des plantules qui ont poussé à l’obscurité sont jaunes ou blanchâtres et portées par de longues tiges. M. Henri Coupin attribue le phénomène de « nanisme » à la production d’une substance due à la sécrétion interne des chloroleucites, la formation de la tige chez la plante étiolée venant de la non-assimilation causée par l’absence de rayons lumineux.
- Les ossements de poissons des pays-bas du Tchad.
- — M. Jacques Pelegrin a étudié les échantillons rapportés par la mission du lieutenant-colonel Tilho. Leur examen montre qu’à une époque relativement récente, le régime hydrographique des régions arides qui s’étendent aujourd’hui au nord et au nord-est du Tchad était complètement différent de ce qu’il est aujourd’hui, et comportait une série de grands lacs abritant des espèces de forte taille comme les Laies.
- Pai i. B.
- LA PREMIÈRE EXPOSITION AÉRONAUTIQUE
- Vers le milieu du siècle dernier, une pléiade d’ardents novateurs créa un mouvement pour la Navigation aérienne par le plus lourd que l’air ; ce mouvement suivait les travaux et tentatives d’Hen-son en Angleterre et de Seguin en France; il précédait les admirables études de Marey, de Pénaud, de Crocé-Spinelli, de Louvrié. La réalisation immédiate donna peu de chose, mais avec de la persistance et des encouragements, le résultat aurait dû être tout autre, et quand on relit maintenant les travaux de Pénaud, on se demande si Nadar n’avait pas raison en proclamant : « que si l’homme n’avait pas encore volé, c’est qu’il ne le voulait pas. »
- Et l’homme n’avait-il pas déjà quitté le sol? On pourrait le croire également en lisant le Mémoire sur l'Aviation, de Seguin (J.
- Pouvons-nous mettre en doute ce qu’atlirme cet inventeur de génie, l’élève et le confident scientifique de Joseph de Monlgolfier? Or, il nous affirme dans son Mémoire, que l’appareil tout entier qu’il avait construit, quitta le sol à plusieurs reprises(2).
- En tous les cas, il est curieux aujourd’hui, à l’époque même où la question de l’hélicoptère est revenue à l’ordre du jour, à l’heure où un appareil, subventionné par le Gouvernement français (3), va commencer ses expériences, de rappeler Ta croisade de Nadar, de La Landelle et Ponton d’Amécourt pour la solution du plus lourd que l’air par l’hélice.
- C’est en 1863, que Nadar fonda la Société d’En-couragement pour la Navigation aérienne, par les appareils plus lourds que l’air. Une conférence eut lieu dans le grand atelier de Nadar. Celui-ci lut son Manifeste de l’Autolocomotion aérienne; sur une table était exposé le petit hélicoptère à vapeur du
- 1. Mémoire sur l'Aviation ou navigation aérienne, par JI. Seguin aîné, correspondant de l'Institut. Paris, A. Trainblav, èd. 1866.
- 2. Marc Seguin naquit en 1780, il était (ils de Marc-François Seguin, président du Tribunal de Commerce d’Annonay, et de Maric-Augustine-Thérèse de Montgolficr, sœur des frères de Monlgolfier. Joseph de Monlgolfier prit en affection, son neveu Marc Seguin et se chargea de son instruction scientifique.
- 3. Hélicoptère de l’ingénieur Damblanc, en construction à Yillacoubiay.
- vicomte de Ponton d’Amécourt, dans les airs voletaient des hélicoptères à ressorts de La Landelle. On put croire au succès!
- La malheureuse idée de Nadar de se servir du plus léger que l’air pour gagner les capitaux nécessaires au plus lourd que l’air vint tout compromettre. Les différentes ascensions du ballon Le Géant, loin de rapporter de l’argent, en coûtèrent énormément. Nadar, lassé, presque ruiné, abandonna la partie.
- Ces effets né furent pas complètement perdus, puisque ce mouvement se continua en Angleterre. En 1866, l’Aeronautical Society était fondée avec les appuis les plus hauts; à sa tête se trouvaient?le duc d’Argyll, le duc de Sutherland, Lord Richard Grosvenor, Lord Dufferin, James Glaisher, directeur de l’Observatoire de Greenwich.
- C’est à cette Société que nous devons l’Exposition de locomotion* aérienne ; elle fut organisée en 1868 au Cristal Palace.
- Cette Exposition ne manqua pas de visiteurs, nous dit A’Illustrated Times du 4 juillet 1868, dont nous donnons ci-contre la première page ; les exposants furent au nombre de 77.
- La gravure que nous reproduisons mérite une attention toute particulière, car nous y voyons, à côté de projets de rêveurs, des appareils dignes de voler. On y voit un remarquable triplan à deux héi-lices, œuvre de Slringfellow ; cet appareil avait 2 m. d’envergure et était muni d’un moteur à vapeur.
- Dans l’angle à droite est le modèle de la nacelle à deux hélices de l’aéroplane d’Henson construit en 1842 (*). A gauche, posées à terre, les ailes de M. Spencer qui aurait accompli un vol de 160 pieds. Plus au fond, le cerf-volant porte-amarre de sauvetage de M. Rogers. Le dirigeable est celui de Ca-
- 4. Hcnson construisit son appareil eh 1842. L’envergure était de 50 m. et la profondeur d’aile de 10 m. La qüeue avait 15 à 16 m. de longueur, au-dessous de la queue était le gouvernail. Cet aéroplane qui pesait 1500 kg envirén avait été, pour faciliter le lancement, monté sur 3 roues; les deux hélices avaient 7 m. de diamètre, malheureusement, la machine à vapeur n’avait que 20 chev., il ne put donc s’enlever. IJenson n’en est pas moins un remarquable précurseur qu avait conçu l’aéroplane à peu près tel qu’il est de nos jours.
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- mille Vert, précurseur de nos vedettes actuelles.
- Parmi les moteurs légers exposés, on pouvait admirer :
- 1 moteur de 4 HP de Slringfellow pesant 10 kg au cheval.
- 1 moteur rotatif, le premier dans ce genre, Behrcns^-Giffard, 3 HP, 210 kg avec eau et charbon.
- d'une huile minérale; cependant,, les moteurs à vapeur seuls donnèrent un résultat et purent satisfaire aux conditions du concours.
- Cette Exposition eut un grand retentissement; elle fut le couronnement de ce mouvement pour le plus lourd que l’air qui, lancé en France, se continua en Angleterre ; l’ambiance, si favorable, si né-
- Fig. i. — La première exposition de locomotion aérienne à Londres, en i8ô8 (d’après ia gravure de Vépoqtie de l’Illustrated Times).
- I moteur de Ponton d’Amécourt 5/4 de cheval, 5 livres anglaises.
- 16 moteurs légers étaient exposés et le 1er prix de 2500 francs fut décerné à Stringîellow dont un des moteurs donnait 1 HP et pesait 8 kg environ, avec eau et son combustible alcool.
- II est curieux de noter que sur les 16 appareils exposés, 9 devaient être mus par la vapeur, 7 par le gaz ou des substances explosibles.
- La machine de M. F.-J. Money était inscrite comme machine utilisant l’explosion du gaz ou
- cessaire aux inventeurs était créée; les premiers maillons d’une chaîne qui, en passant par lesMarey, les Mouillard^ les Tatin,. les Ader, devait nous mener aux réalisateurs, venaient d’être rivés.
- Trente-cinq ans après l’homme avait volé (1 II).
- ; Paul Tissandier.
- 1. C’est en effet le 17 décembre 1905, que les frères Wright accomplissaient à Dayton, leur premier vol. L’appareil pesait 355 kg, il avait 12 m, d’envergure, 48 m2 de surface. Il était propulsé par deux hélices a-lionnées par un moteur de 10 HP pesant 65 kg environ.
- Le Gérant ; P. Masson. — Imprimerie Lauuue, rue de Fieurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2396.
- 3 AVRIL 1920
- GÉNIES ET PAGODES ANNAMITES
- Au ve siècle de notre ère, le Bouddhisme fut apporté en Indo-Chine en passant par le Cambodge et par la Chine; il venait remplacer le Brahmanisme cruel.
- De même que l’on a pu reconstituer l’histoire des Pharaons à l’aide des inscriptions des colonnes des temples de Thèbes et de Memphis, nos savants ont dévoilé les secrets du bouddhisme dans le sanscrit des grandes pagodes d’Angkor.
- Leurs inscriptions nous ont déjà dévoilé les beautés d’une religion qui impose le devoir de pratiquer la vertu et qui a fait que les races di-
- douceur, la bienveillance, la tolérance. « Ne faites pas à autrui ce qui serait déplaisant pour vous-mêmes. » C’est la loi de Bouddha qui recommande la charité envers tous les hommes, même envers les ennemis.
- Ce que Bouddha appelle le Nirvana, c’est l’état de béatitude auquel arrive l’homme quand il éteint dans son cœur les passions et les idées mauvaises, c’est la vertu-, tonte désintéressée, sans l’appât des récompenses du Ciel ni la crainte des châtiments de l'Enfer, mais avec la seule sanction que donne l’accomplissement du
- verses qui peuplent l’Extrême-Orient vivent juxtaposées les unes aux autres fondues en une seule race homogène, la race jaune.
- Le Bouddhisme n’admettant pas les castes a eu pour conséquence d’unifier les populations qui le pratiquent : tous les citoyens sont égaux. Les seules distinctions sociales proviennent des charges de l’État qui sont accessibles à tous, c'est donc le mérite seul qui les ditlerencie.
- Il est pratiqué d’une façon très suivie, bien qu’il soit pourvu d’un clergé peu nombreux, les bonzes. Son enseignement se fait surtout dans la famille, érigée elle-même en un véritable culte.
- La doctrine bouddhique apporta au monde la légende attendrissante de son fondateur, ses récits d’édification simples et touchants, ses maximes d’amour et de charité universelle qui prescrivent la
- 48‘ Année. — 1" Semestre.
- Bien, la satisfaction intérieure du devoir accompli.
- Dans cette religion, le Bouddha est un dieu, et de ses principes, on pourrait dire, pour simplifier, qu’ils réunissent tous les préceptes moraux qui sont la base d’une société presque idéale, en y ajoutant un culte exagéré des ancêtres, des liens de famille et un amour très développé du prochain.
- Les lettrés suivent la doctrine de Confucius, toute philosophique, qui comporte un enseignement de morale pure et dont le seul culte est d’adorer le Ciel et la Terre.
- Dans la campagne verte des rizières, les pagodes dont l’angle des toits se relève très curieusement vers les replis ajourés des dragons ailés qui veillent sur le faîte, sont très nombreuses et égaient un paysage toujours joli. Elles sont décorées intérieu-
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- 130 :— ... GENIES ET PAGODES ANNAMITES
- rement d’images du dieu au gros ventre, symbole de la prospérité. Un autel est réservé aux mânes des ancêtres et dans une autre pièce où sur la natte de jonc, des cai-battes de riz et de sel attendent le passant pour les laïs de bienvenue, on reçoit charitablement le voyageur sans gîte. Toute une population laborieuse et honnête est vouée à cette religion basée sur de séculaires croyances du beau et du bien. L’hospitalité est largement pratiquée et la charité est tellement naturelle chez eux que le mendiant y est presque inconnu
- Mais il en a été du Bouddhisme comme d’autres religions, simples à leur origine, compliquées ensuite par les schismes ; les confréries et la multiplicité des saints, le culte exagéré des ancêtres a conduit aux croyances fétichistes et superstitieuses.
- L’influence des génies s’exerce parmi ces populations un peu à la manière des vaçous de l’Inde dans des interventions plus ou moins puissantes. Ils président à la pluie, à la foudre, aux astres, aux montagnes, aux forêts et leur action heureuse ou néfaste se retrouve dans tous les incidents de la vie et surtout dans les accidents naturels ou qui peuvent s’expliquer scientifiquement.
- Le mâ-qui (diable) revêt toutes les formes, tous les aspects, il est la cause des tortures endurées par un malade, il occasionne la mort du patient, il l’accompagne à sa dernière demeure ; pour le conjurer, ses parents et amis se livrent à des gestes et suivent des rites grotesques. Il est sous terre, près des tombeaux, dans la sève des banioms qui tordent leurs troncs noueux. On le retrouve dans la tempête qui fait gémir les grands bambous, il arrache les coi-nhas et les paillotes, il est sous les eaux tumulteuses qui culbutent les sampans dans
- les rapides. Il revêt la forme du tigre auquel on élève des mausolées et des pagodes. Et dans toute grotte on a élevé des autels curieux pour . chasser les mauvais génies qui l’habitent.
- C’est au Laos que se sont conservées ces croyances superstitieuses avec le plus d’acuité. En Annam, au Tonkin et en Cochinchine, le Bouddhisme est moins fétichiste.
- Mais il y a un palliatif, et heureusement pour le voyageur, on peut conjurer le sort et civiliser ces
- mauvais Esprits — Qmonenjuge par ce récit.
- Sur un grand fleuve du Tonkin, bordé de bambous emmêlés de lianes inextricables où se balançaient d’innombrables bouzous (singes verts), mon sampan glissait, doucement poussé par les rameurs à la cadence d’une mélopée nazil-larde. Un roulement de tonnerre d’abord lointain së rapprochait.
- Le courant devenant de plus en plus rapide, la pirogue chargée accosta à la berge devenue rocheuse, et mes rameurs, après l’avoir amarrée, sautèrent lestement à terre et se mirent à recueillir du bois mort pour faire cuire letiou-tiou (riz).
- On m’expliqua que ne pouvant seuls remonter les rapides, il fallait attendre le renfort d’une autre barque.
- Le temps ne compte pas dans ces voyages d’exploration; au bout de cinq heures, un autre sampan était venu s’amarrer près du nôtre, et après conciliabule, tous les sampaniers réunis, abandonnant la deuxième barque à la garde d’une congaïe, se mirent à tirer la nôtre à la cordelle en suivant à pied le sentier de halage tout rocailleux.
- Un seul coolie resté à bord près de moi, barrait à l’aide d’une godille pour éloigner l’esquif de la berge escarpée où s’échouaient de gros flocons d’écume.
- Fig. 2. — Entrée de la pagode du Grand Bouddah.
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- Le spectable était émotionnant.
- La barque remontait lentement le courant rapide d’où émergeaient de gros rochers noirs au milieu d’un fracas assourdissant.
- Le fleuve ^grondait entre deux à pics de rochers et sur la berge opposée, tout en haut, une pagode aux toits recourbés cachait un. autel dressé aux génies des ondes en furie.
- Un gong résonnait sourdement, couvrant le bruit des cascades. Un bonze jetait des fétiches en papier enflammés dans le courant pour conjurer le mauvais sort.
- Tout à coup, je reçus une élingue en pleine figure. Un cri sortit de vingt poitrines : la cordelle de lianes venait de se rompre!
- La lourde barque libérée, pivota, et entraînée, d’une vitesse vertigineuse elle se mit à dévaler en bondissant.
- J’eus la vision nette du naufrage.
- Se présentant en travers, elle Courait sur un brisant! Le coolie près de moi s’était jeté au fond de l'embarcation en criant : Oh ïa oïl tietzoï! » (oh là là ! je suis mort!)
- Arrachant la godille de ses mains défaillantes, je l’arc-boutai à temps sur le récif au risque d’être rejeté par dessus bord. Le choc fut rude. Le lourd sampan pivota sur le remous formant un bourrelet d’eau, et, de l’avant, il fila de%ouveau en frôlant son sabord dans un arrachement sur le rocher noir.
- Le gong battait à coups précipités, un nouvel éléphant de papier tout en flammes vint choir dans le courant. C’en était fait. Nous étions sauvés : le mauvais génie nous avait honorés de sa clémence et, désemparés, nous godillions maintenant vers la berge dans les eaux plus calmes du bief inférieur. Nos coolies vinrent recommencer la tentative qui
- Fig. 3. — Cérémonie bouddhique.
- réussit cette fois, mais je ne tentai pas deux fois le mauvais sort, et c’est à pied que je franchis le seuil terrible, derrière les sampaniers qui ahan-naient en chantant leur invocation, cependant que le gong,Tà haut, tonnait toujours.
- Et je m’acquittai avec le bon dragon du fleuve par une obole au bonze pour l’entretien de sa bienheureuse pagode et la confection de ses fétiches sacrés.
- Il y a beaucoup d’accommodements avec ces terribles génies.
- Etudiant le tracé d’un chemin de fer, j’eus la malencontreuse idée de faire passer le piquetage de l'implantation d’un bel alignement droit à proximité d’uq tombeau séculaire.
- . Aussitôt le Ly-thuong (chef de village), accompagné du mandarin et des bonzes, vint m’expliquer que la tranchée couperait la queue du dragon qui passait justement là sous terre !
- L’affaire alla loin, le tong-dôc (chef de province) en fut saisi, et j’allais être obligé de sacrifier mon bel alignement pour une variante éloignant Taxe de mon tracé à l’aide d’une grande courbe, lorsque mon interprète, très versé dans la connaissance de tous ces génies, me donna l’idée de parlementer avec eux.
- Le sacrifice d’un malheureux buffle fournit à un respectable festin composé de tiou-tiou assaisonné de nuoc-mam (jus de poisson fermenté) le tout arrosé de choum-choum (eau-de-vie de riz) qui fut célébré sur les lieux hantés. .
- Les notables y furent conviés, on brûla des fétiches, de nombreux pétards intimidèrent le fameux dragon qui se civilisa immédiatement et permit le creusement de la tranchée sacrilège. ?
- On sait que les jaunes sont des
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- GÉNIES ET PAGODES ANNAMITES
- artificiers de premier ordre, ce furent eux qui inventèrent la poudre. Aussi, n’est-il pas de fêtes rituéliques sans pétards, sans feux d’artifices souvent compliqués.
- Au mois de mai, c’est la fête des fusées (boum dang fay). Nhaqués et congaïes revêtus de leurs plus beaux atours se dirigent vers la pagode où les bonzes doivent réciter les prières d’usage.
- De tous côtés, on leur apporte des offrandes. Les prières finies, on promène dans les rues du village processionnellement des fusées composées de bambous creux renfermant de la poudre de salpêtre, de charbon et de soufre. Le soir dans la cour de la bonzerie sont disposés deux immenses tam-tams formés de troncs d’arbre creux sur lesquels sont tendues des peaux de buffle.
- Sur un signal, deux hommes frappent à tour de bras sur ces tambours improvisés et se démènent en poussant des hurlements diaboliques jusqu’à ce qu’un d’eux s’avoue vaincu et cède sa place à un autre. Pendant toute la nuit un cortège parcourt le village, musique en tête s’arrêtant à chaque coi-nha où on leur offre de l’eau-de-vie de riz (choum-choum) ; les tams-tams font rage et leur bruit est dominé par la grosse voix des gongs. Les pétarades partent avec mille fusées et l’ivresse de la fête bruyante est portée à son comble.
- La fête des morts, celle des Eaux, des grillades, celle des parasols toutes se ressentent du culte des fétiches. Elles tiennent une place importante dans les coutumes du pays et prennent le sens de fêtes nationales à côté desquelles se placent des fêtes locales. Mais toutes ces fêtes ont pour but l’apaisement des génies et des esprits malfaisants (boun lieng phi). Les fêtes du dragon et de la licorne sont les plus typiques. ;
- Le dragon d’Annam est leur emblème, on le retrouve au fronton de leurs pagodes et dans tous leurs objets du cuite.
- Lorsqu’une éclipse de lune a lieu, les Annamites disent que l’astre est dévoré par un dragon venu du ciel. De tous les villages s’élève alors un vacarme effroyable, tams-tams, gongs, pétards s’en donnent à qui mieux mieux jusqu’à la fin de l’éclipse qui consacre la fuite du dragon effrayé par le bruit et qui n’a pu continuer à manger la lune.
- Je me souviendrai toujours d’un certain 14 juillet passé à Bah-ninh, où après la revue des tirailleurs nous avions inscrit dans nos réjouissances un amusement occidental.
- Une grande montgolfière multicolore avait été gonflée en brûlant de la paille de riz. De ses flancs rebondis, sur lesquels s’inscrivaient deux yeux énormes et une bouche ricanante, s’échappaient de grosses bouffées de fumée noire à chaque balancement.
- Au lieu de s'élever gracieusement dans l’azur du ciel tonkinois, elle fuyait dans le vent à faible hauteur et nous suivions des yeux son vol pesant du haut des murs de la. vieille citadelle. Parvenue au-
- dessus du village de Nu-phoc, dans la rizière, elle s inclina soudain, vomissant une volute de fumée épaisse. La bouche du monstre menaçait le village de son ricanement sardonique. Ce fut une fuite éperdue et le village se vida de tous ses habitants qui fuyaient en s’enlisant dans la rizière.
- Le monstre, devenu ma- avait failli les dévorer tous! Il n’est pas de pagode qui n’ait revêtu de caractère artistique, et c’est un fait curieux, à côté de la légèreté des paillotes de jonc et de bambous, recouvertes de feuilles de latanier, qui servent d’habitation aux indigènes, de constater la solidité et l’élégance des monuments de leur culte.
- Construites en pierres, ornées de bois précieux sculptés, les pagodes renferment des objets d’art la plupart en métaux précieux.
- Généralement surélévé, on accède au temple par un escalier de pierre gardé par deux tigres ou deux éléphants sculptés également dans la pierre. Le toit élégant de tuiles vernissées aux multiples pans à différentes inclinaisons, est surmonté de dragons qui se découpent sur le ciel et qui dardent leur langue fourchue sur un immense anneau sertissant un vitrail de couleur. Les abouts des chevrons sont de bois dur sculpté et reposent sur des colonnades de bois de fer généralement laquées rouges avec des chapiteaux dorés.
- Les cloisons sont en bois très ouvragé, et un gros bouddha doré est placé sur l’autel au fond de la pagode. Il est assis et entouré de divinités debout. Des glaces, des ors verts et jaunes des laques brillent à travers la fumée des baguettes d’encens piquées dans des vases précieux.
- Toutes les pagodes sont belles et nombre d’entre elles sont célèbres et réellement remarquables.
- Mais à côté des belles pagodes des villes ou de la cour de Hué par exemple, sans cesse entretenues, repeintes, redorées, avec leurs offrandes brillantes de clinquant tout neuf, combien plus poétiques sont les vieilles pagodes séculaires de la brousse épaisse, dont les ruines couvertes de mousses ne semblent être soutenues que par les mille lianes puissantes des vieux baniads sacrés qui les abritent.
- Les marches en sont disjointes et dans le calme religieux de leur autel sombre, l’on n’entend que le bruit monotone de l’imperceptible vrille du ver qui ronge ses vieux panneaux sculptés, cependant qu’au dehors, dans l’épaisse frondaison des vieux arbres, le cri sauvage du paon en rompt seul le silence plein de mélancolie.
- Le vieux bouddha de bronze doré, au symbolique nombril pareil à l’œil d’un cyclope, est là, dans l’obscurité où luit son ventre énorme, accroupi depuis des siècles sur un monstre aux cent gueules : la si belle religion aux préceptes merveilleux a pour dieu cet assemblage hideux d’un bouddha difforme et ventru assis sur une hydre menaçante !
- Seule dans un coin, une vieille jbaïa à la figure plissée de mille rides, squelette flottant dans ses haillons, accroupie comme son dieu tutélaire, mâche
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- lentement sa chique de bétel qui met à sa bouche édentée une salive sanguinolente, et, distraitement, ses mains osseuses délient un paquet de baguette d’encens. Elle semble avoir, depuis des siècles, entretenu la petite lueur fumante du culte ancestral.
- Au loin, dans la rizière ensoleillée, un nhâque enfoncé jusqu’à mi-jambes dans la rizière éblouis-
- sante de soleil, dépique le riz dont le grain à la blancheur nacrée nourrira les siens
- Et je médite longuement sur le rôle qui nous est dévolu là-bas, d’élever jusqu’à nous ces peuples laborieux, de débarrasser l’âme indigène de la mauvaise herbe du préjugé et de la superstition, tout en laissant intact leur culte de la tradition en ce qu’il a de bienfaisant et de moral. Henri Catherine.
- II
- SALON AÉRONAUTIQUE
- Les moteurs (i). — Nous allons passer en revue les différents slands des moteurs du Salon.
- L’importance de cette partie mécanique de la technique aérienne est primordiale. Dès que
- faible consommation, c’est-à-dire, des moteurs économiques.
- Nous voyons aussi que des formules de moteurs autrefois abandonnées redeviennent en faveur, ainsi
- 6 cylindres en I 300 tP
- /2 cylindres en V 600 fP
- /8 cylindres en W 300 tP
- 24 cylindres en X
- . 1200 fP
- 24 cylindres en
- 1200 IP
- Fiai- 300 Renault eoo Lorraine /ooo Peuc/eot soo Panhard 750
- /8 cylindres en 2 étoiles accouplées
- 300 HP
- Sa!ma on Joo
- Fig. i. — Schéma comparatif des différentes formules utilisées actuellement dans la construction
- des moteurs d’aviàtion.
- Si nous supposons que tous les cylindres sont égaux et d’une puissance de 5oHP, nous voyons que la formule i donne 3oo HP, la formule 2, 600 HP, etc., sans que ces augmentations de puissance nécessitent d’améliorations techniques dans le rendement thermique des cylindres. Les puissances de 900 et i2cn HP sont obtenues sans que les dimensions d’cnco sobrement 'croissent sensiblement.
- naît un type de moteur plus puissant ou plus perfectionné, aussitôt le constructeur d’avions ou « avion-neur» crée un type nouveau d’avion destiné à utiliser les centaines de nouveaux chevaux qu’il a ainsi à sa disposition. Au progrès des moteurs est lié le progrès aéronautique futur.
- L’évolution actuelle des moteurs se manifeste par deux ordres de recherches : l’un est né pendant la guerre et consiste à étudier des moteurs de plus en plus puissants afin d’augmenter la vitesse ou la capacité des avions ; l’autre tendance par contre est née de la paix, elle cherche à obtenir des moteurs légers, peu puissants, extrêmement robustes, et de 1. Voir La Nature, n° 2320.
- en est-il avec les moteurs fixes en étoile à refroidissement par air ; cette formule dérivée des Anzani d’avant-guerre, abandonnée vers 1914-1915, a été reprise vers 1918 par nos alliés les Anglais, puis de nouveau par nous.
- Le groupe des moteurs à grande puissance était, au début de la guerre, représenté par les 130 HP Canton, au moment de l’armistice les unités courantes étaient de 400 HP (Liberty, Renault, Lorraine) ; au Salon actuel, nous voyons des unités nouvelles dont la puissance varie de 500 à 1000 HP. Ces puissances formidables ont été obtenues, dans la plupart des cas, en généralisant la formule dont nous avons, dans un article précédent (LaNature, n° 2355), si-
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- Fig. 2. — Moteur Lorraine Dietrieh 1000 HP,
- 24 cylindres. Soupapes commandées par culbuteurs.
- dépassé la formule en \Y en adoptant la formule en x qui comporte 4 rangées de cylindres actionnant le même vilebrequin et fixés sur le même carter.
- Nous pourrions même penser que les moteurs de l’avenir seront des moteurs à x rangées de cylindres actionnant le même vilebrequin, c’est-à-dire une série de plusieurs moteurs en étoile accolés les uns avec les autres. Salmson avait amorcé cette formule en assemblant deux moteurs en étoile dans son type 500 HP qui, en somme, comportait 9 rangées de 2 cylindres actionnant le même vilebrequin ; en supposant que nous accolions 4 de ces moteurs, nous obtiendrions un groupe homogène de 72 cylindres, très léger et dont la forme d’encombrement serait cylindrique.
- Notons le retour victorieux des moteurs fixes en
- gnalé l’apparition avec le moteur Na pier; nous voulons parler de la formule qui utilise sur un vilebrequin unique trois plans de cylindres. Cette formule a pris, par opposition avec les moteurs verticaux en I et avec les moteurs en Y, le nom de moteurs en W.
- Cette nouvelle orientation de formule a été entraînée par les mêmes raisons qui ont amené la modification des moteurs verticaux d’automobiles en moteurs en V ; c’est-à-dire par le désir de diminuer le poids proportionnel des moteurs en n’augmentant dans leur accroissement que ceux des éléments qui réellement sont créateurs de la puissance, soit le nombre des cylindres, tout en conservant à l’usage commun les éléments de transformation (vilebrequin, réducteur), de fixation (carter) ou d’appareillage (pompes à huile, à eau, magnétos, démarreur, etc.) De grandes améliorations ont été ainsi obtenues en ce qui concerne le poids des moteurs à mesure que les puissances croissaient. Nous pouvons prendre en exemple les moteurs Sunbeam dont le 100 HP pèse 181 kg, soit 1,81 kg au cheval, le 300 HP pèse 383 kg, soit 1,27 kg au cheval, le 420 HP pèse 453 kg, soit 1,07 kg au cheval et enfin le 800 HP pèse 880 kg, soit 1,1 kg par cheval.
- Certains constructeurs sont allés plus loin et ont
- Fig. 3. — Moteur 8oo HP Sunbeam. Remarquer les'6 soupapes par cylindres.
- Fig. 4. — Nouveau moteur d’aviation Fiat 3oo HP, 9 cylindres^en étoile.
- étoile; en dehors du nouveau Salmson 520 HP, nous trouvons au salon un Fiat en étoile et toute la pléiade des Cosmos anglais et des A, B. C. Tous ces moteurs nouveaux ont donné complète satisfaction ; au faible poids, ils joignent un faible encombrement et une grande accessibilité de tous leurs organes, et de grandes marques d’avions anglais les préfèrent maintenant même aux célèbres Rolls-Hoyce.
- Parmi les moteurs les plus puissants, signalons le nouveau Renault de 600 HP, 12 cylindres en Y, pesant seulement 530 kg, sa cylindrée est de 33 litres 900, c’est le type le plus courant de moteurs.
- Panhard expose un moteur de 650 HP conçu suivant une toute nouvelle formule, soit 4 rangées de cylindres, dont les plus extrêmes ne sont pas à plus de 180° l’une de l’autre. Ce moteur n’a que 16 cylindres, chaque rangée ne comportant que
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- 4 cylindres ; son encombrement ne dépasse pas sensiblement celui d’un 450 HP Renault d’avant-guerre. L’accessibilité des différentes pièces nous paraît trop délicate.
- Lorraine Dietrich paraît s’être rallié nettement pour tous ses modèles récents à la formule en W, notamment en ce qui concerne le 400, le 600 et le 1000 HP. Le 4000 HP est un 24 cylindres, chacune de ses 3 rangées comporte donc 8 cylindres. 1/alésage est faible (4 26 mm) mais la course fort longue (200 mm). Le dispositif d’allumage est tout particulier ; ce moteur est en effet allumé par le dispositif Delco.
- Deux génératrices verticales sont actionnées directement par le vilebrequin, le courant électrique produit se rend dans une batterie d’accumulateurs, puis aux 4 rupteurs distributeurs
- Fig. 5. — Le moteur Cosmos Jupiter 5oo HP. Fixe en étoile, refroidissement par l’air, poids 288 kgs.
- horizontaux; ceux-ci comportant chacun les plots pour 12 cylindres.
- Bréguet nous montre une conception toute moderne et qui correspond, tout à fait aux nécessités actuelles. Cette conception est un groupe 800/4 000 H P, composé de 4 moteurs Bugatti de 8 cylindres verticaux chacun. Ces 4 moteurs actionnent par l’intermédiaire d’embrayages spéciaux un seul arbre d’bélice; cette hélice peut donc être mue par 4, 2, 3 ou 4 de ces moteurs dont chacun fournit de 200 à 250 HP. Ce dispositif sera particulièrement intéressant pour de gros avions de transports publics, il sera nécessaire de prévoir une hélice à pas variable qui permettrait d’utiliser au mieux la puissance fournie par le moteur.
- Fiat présente son moteur de 700 HP, 12 cylindres d’un modèle-tout à fait classique. Chaque cylindre est muni de 4 soupapes.
- Fig. 6. — Vue latérale de 6 des 12 cylindres du moteur Renault 600 HP.
- Les commandes de soupapes se font par arbre à came supérieur et enclos dans un carter.
- Sunbeam, dont les moteurs conduisirent victorieusement le R-34 au-dessus de l’Atlantique, expose un nouveau et puissant moteur de 800 HP, 12 cylindres en Y. Chaque cylindre est muni de 6 soupapes, ce qui est,, croyons-nous, une nouveauté le chiffre de 5 soupapes n’ayant été atteint que sur le Maybach allemand. L’alésage est de 480 et la course atteint 210 mm, ce qui donne des dimensions considérables aux cylindres dont la puissance unitaire dépasse ainsi 66 HP I
- Peugeot a récemment sorti de ses ateliers un moteur de 600 I1P, 12 cylindres en Y ne pesant que 550 kg et un moteur 500 HP qui ne pèse que 450 kg et ne tourne qu’à 4400 tours. Sa particularité est d’être en X, à raison de 4 cylindres par rangée, l'ensemble est curieux et permet une bien meilleure accessibilité des organes que sur le Panhard en 2 Y, de plus l’équilibrage des forces d’inertie primaires et secondaires semble parfait.
- La Société anglaise Cosmos expose son moteur en étoile fixe de 500 HP ; ce moteur appelé le « Jupiter » offre cette particularité, qui paraissait tout récem-
- Fig, 7. — Moteur Farman 600 HP (/920).
- 18 cylindres en trois rangées, démarreur électrique.
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- Fig. 8. — Vue du nouveau moteur Salmson 5oo HP (içiq), formé par l’accouplement de deux moteurs de 25oHP.
- L’unification des carters et des organes auxiliaires des moteurs^permet d’obtenir le cheval au poids de i kg 17, ce qui rend ce moteur plus léger proportionnellement que les moteurs rotatifs (1,25 à i,3o).
- A, étoile avant de 2 cylindres. B, étoile arrière de 2 cylindres
- Dans le même ordre d’idée, A. B. C. a sorti un 10 IIP qui équipe le petit avion de Marçay et Armstrong Sid-deley un moteur de 40 HP très léger toujours suivant la même formule de 2 cylindres opposés.
- En fait de moteurs rotatifs, nous voyons comme nouveauté intéressante le 60 HP Gnome et Rhône, 9 cylindres ; d’un faible encombrement, d'une marche très régulière, ce moleur est monté sur la plupart des avions français de sport ou de petit tourisme.
- Salmson et Renault, désireux d’utiliser les moteurs d’aviation qui ne sont plus utiles dans l’armée, ont prévu les transformations nécessaires pour actionner avec leurs moteurs de série des génératrices électriques ou des pompes à haut débit. Salmson notamment, afin de moins fatiguer les organes de ses moteurs et de leur donner une robustesse comparable à celle des moteurs industriels, diminue la vitesse de rotation de 1600 tours à 1Ô00, il étrangle les gaz, diminue la compression et n’utilise ainsi son moteur de 250 HP qu’à 110 HP. Si cette utilisation donne de bons résultats, la France aurait la possibilité de fournir l’étranger de groupes électrogènes légers et très maniables, qualités qui seraient particulièrement appréciées dans tous les pays neufs.
- Les hydroglisseurs. — Nous ne donnerions qu’une incomplète hu-
- ment irréalisable pour des moteurs de cette puissance, d’être à r* froidisse-mentpar air ; son poids de 290 kg est remarquablement faible et en fait le moteur le plus léger du monde; malgré cette légèreté qui pourrait faire douter de ses qualités de robustesse, de grands constructeurs tels que Bristol l'apprécient autant que les moteurs classiques à eau et équipent avec lui des avions de transports publics tels que le Bristol Pul-mann. La même marque expose le « Lucifer » qui muni de 3 cylindres en Y ne pèse que 127 kg et fournit 100 HP, c’est un moteur parfait pour le tourisme.
- Clergetet Blin ont donné naissance à un moteur de 16 HP, 2 cylindres opposés, d’une marche parfaite et destiné aux tout petits avions.
- Fig. '9. —.Groupe quadri-moteur Bréguet.
- A, premier moteu’-. B, deuxième moteur. C, troisième moteur. D,^quatrième m heur. E, embrayage automatique. F, moyeu et tronçon de l’hélice de tooo HP. L’arbre de l’hélice passe entre les deux moteurs avant.
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- pression du salon si nous ne disions pas quelques mots des hydroglisseurs. La France est un pays de rivières navigables, les constructeurs d’hydroglisseurs cherchent à uliliser ces voies si pittoresques pour créer un nouveau genre de tourisme. Les canots automobiles coûtent cher, consomment beaucoup pour leur vitesse faible et ne peuvent accéder aux rivières peu profondes.
- Trois modèles différents d’hydroglisseurs sont exposés. Celui du comte de Lambert est l’hydroglisseur classique constitué par une surface glissante supportant la cabine à passagers, l’hélice est aérienne comme dans tous ces glisseurs ; la surface est construite de façon à se déjauger hors de l’eau même à faible vitesse (v. n° 2395).
- L’hydroplane Levasseur est plus récent de conception ; une charmante carrosserie d’automobile contient les passagers, et est luxueusement aménagée, l’avant, forme capot et abrite le moteur. Ce moteur est du type usité pour les automobiles soit de 8/10 HP, soit de 16/20 HP; il commande, par un
- Fig. io. — Hydroplane Levasseur.
- arbre et deux jeux de pignons d’angle, une hélice aérienne placée sur un socle à l’arrière de la carrosserie. Le tout est fixé sur deux flotteurs cylindriques profilés en forme de sifflet. L’hélice est à pas variable, ce qui est une nquveauté tout à fait intéressante. Les yariations du pas sont commandées de l’intérieur r de la. cabine et permettent d;obtenir, sans toucher au régime du moteur, toutes lès variations de vitesse y compris la marche arrière. 5
- M. Marcel Besson, dont nous signalions la curieuse maquette de qua-druplan, expose un hydroglisseur relevant également d’une nouvelle conception. Cet appareil fait appel a la. sustentation, hydro-pneumatique, ; ; il est supporté en . vitesse par. la -double réaction de l’air et de l’eau. L’air s’engouffre, en effet, sous le caisson central dont la courbure rappelle celle des ailes d’avions, et comprimé
- Fig. il. — Le vilebrequin et Ve:mbiellage du moteur Lorraine iooo HP.
- 3.bielles par maneton.
- par cette surface constitue un véritable matelas élastique entre la coque et l’eau.
- Sur cette coque est montée une cabine à passagers spacieuse et confortable, le moteur placé à l’avant actionne une hélicë à deux pales montée sur un socle. La direction est obtenue au moyen d’un vaste gouvernail de direction placé à l'extrémité du fuselage. L’ensemble est plaisant à l’œil et l’ap-, pareil paraît susceptible de rendre de,grands services sur tous les fleuves qui ne peuvent être doublés par une voie ferrée.
- Nous voyons que ,les constructeurs français ont réalisé une exposition remarquable de toutes Jeurs productions. Si en 1914, le nombre des ouvriers employés dans les usines d’aviation n’était en France que de 12 000, ce chiffre en 1918 atteignait 200 000 ! Des usines nouvelles et formidables se sont créées pendant la guerre et ont pu porter la production annuelle de 1000 avions à près de 40000; ces usines cherchent actuellement à ne pas perdre tout ce qu’elles ont acquis d’expérience et de science : les unes fabriquent des wagons, d’autres des canots automobiles, d’autre des automobiles, hélas ! trop luxueuses, d’autres des machines à coudre et â
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- 138 LES IDÉES NOUVELLES SUR LA NATURE DES PHÉNOMÈNES PHYSIQUES
- écrire, d’autres des moteurs Diesel et des machines agricoles. Enfin d’autres ont foi dans l’avenir de la navigation aérienne et tentent de remettre au point les engins merveilleux qui nous libéreront des difficultés terrestres pour nous transporter, comme en un conte de fée, dans un tourbillon d’air et en
- quelques heures, de la grise Europe occidentale vers le lumineux et reposant Orient; souhaitons-leur de promptement réussir dans leurs recherches afin que notre génération puisse en profiter.
- Jean-Abel Lefranc.
- Breveté mécanicien d’avions.
- LES IDÉES NOUVELLES SUR LA NATURE DES PHÉNOMÈNES PHYSIQUES O
- ‘ III. — Les propriétés des liquides.
- La constitution des lames d’huiles étendues sur l’eau.
- Analogies entre les solides et les liquides. —
- Les différences entre les propriétés des solides et des liquides sont beaucoup plus faibles que celles entre les liquides et les gaz. La variation de densité en passant de l’état solide à l’état liquide est négligeable, comparée à la variation qui accompagne la transformation d’un liquide en vapeur aux pressions ordinaires.
- De même la compressibilité, le coefficient de dilatation, les chaleurs spécifiques, les indices de réfraction et les autres propriétés optiques, les constantes diélectriques, les conductibilités thermiqués des solides et des liquides ne diffèrent pas notablement. _
- Celles des gaz sont tout autres. Ainsi les propriétés similaires du mercure solide et liquide forment un contraste frappant avec celles de là vapeur dé mercure qui est incolore, transparente et ne conduit pas l’électricité.
- En fait, liquides et solides ne se distinguent que par la mobilité et les propriétés qui en découlent. Comme conséquence de cette mobilité, le réseau fondamental des atomes que nous avons . rencontré dans les solides devient essentiellement irrégulier. La viscosité et l’élasticité des liquides sont naturellement totalement différents des mêmes propriétés pour les solides.
- Quant à la tension superficielle, que l’on considère comme particulière aux liquides, il n’y a pas à douter que les solides ne possèdent aussi une énergie superficielle et si elle n’apparaît pas manifestement, c’est par suite de la mobilité insuffisante de leurs molécules. Lorsqu’un liquide a une conductibilité électrolytique, la conductibilité du solide correspondant est généralement beaucoup plus faible, par suite de la mobilité moindre des ions. Mais lorsque la conductibilité est de nature métallique, la différence de conductibilité entre les deux états est peu sensible.
- Les forces intervenant dans la structure des liquides né sont donc pas essentiellement différentes de celles que nous avons étudiées à propos des solides. Si celles-ci sont d’origine chimique? (valences primaires et secondaires) on peut aussi
- 1. V. nos 2582, 22 novembre 1919 et 2589,10 janvier 1920.
- admettre qu’il en est de même pour les actions s’exerçant entre atomes et groupes de molécules dans les liquides.
- La mobilité d’un liquide est, par suite, due à un déplacement, une variation, des positions relatives des atomes chimiquement combinés les uns aux autres. La mobilité des atomes à l’intérieur d’une molécule n’est pas autre chose que le phénomène de tautomérisation. Il se présente plus fréquemment lorsque l’union est réalisée par les valences secondaires. D’après cette conception, la viscosité des liquides dépend de la fréquence avec laquelle les changements tautomères se produisent entre atomes à la périphérie des groupes de molécules. Nous allons étudier en détail le phénomène.
- Lames d'huile étendues -sur l’eau. — Quand une très petite quantité d’huilè est placée sur une large surface d’eau, elle s’étale rapidement jusqu’à ce qu’une aire déterminée ait été ainsi couverte. Le phénomène a été étudié par MM. Pockels, Rayleigh et en France par Devaux (2).
- Rayleigh, en mesurant la tension superficielle en fonction de l’épaisseur de la pellicule d’huile, a trouvé des résultats que traduit la courbe 1 ci-contre. Une huile, par exemple, n’a une action sensible que lorsqu’elle est en quantité suffisante pour former une couche de 1,3 XlO-7 cm. d’épaisseur (point S de la courbe). Quand l’épaisseur augmente, la tension superficielle diminue rapidement (portion ST), puis ensuite ne varie plus que lentement.
- L’explication proposée est la suivante : quand le nombre de molécules d’huile sur l’eau est petit, ces molécules pouvant se déplacer librement n’ont pas d’action sur la tension superficielle (RS). Quand, au contraire, elles se rapprochent par suite de leur plus grande abondance, les forces d’attraction mutuelle entrent en jeu, la pellicule devient continue et modifie complètement la tension superficielle. Dans ces conditions, la chute ST de la courbe correspond à l’existence d’une couche moléculaire d’huile. Le diamètre d’une molécule de l’huile considérée serait donc l,3xl0~7 cm. Suivant Rayleigh le point T correspond à la formation d’une couche de deux molécules d’épaisseur.
- 2. Voir La Nature n° 2044, 27 juillet 4912.
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- LES IDÉES NOUVELLES SUR LA NATURE DES PHÉNOMÈNES PHYSIQUES 139
- Réalisation des expériences. — Comme ces expériences sont extrêmement faciles à effectuer sans matériel spécial, nous allons donner quelques indications sur leur réalisation pratique.
- On remplit à demi d’eau une cuve photographique dont on saupoudre légèrement la surface de talc. En soufflant sur la surface, on rassemble le talc et les autres impuretés à une extrémité de la cuve (fig. 2).
- On place ensuite une bande de papier A sur la surface de l’eau en la maintenant à l’aide des pouces contre les deux parois opposées de la cuve. En balayant la surface de l’eau par déplacement de cette bande, toutes les impuretés sont rassemblées en C et on a ainsi une surface d’eau parfaitement propre que l’on saupoudre à nouveau de talc.
- Ceci étant fait, on trempe dans l’huile un fil métallique fin et on enlève les gouttelettes visibles qui se forment lorsqu’on le retire. En amenant au contact de l'eau l’extrémité huilée du fil, on dépose une quantité extrêmement petite de matière. On voit immédiatement le talc fuir la pointe du fil ; il se forme un cercle dépourvu de talc autour de cette pointe et l’action s’étend jusqu’à une certaine distance. Si on a déposé une très faible quantité d’huile, le cercle est peu étendu et on peut, en touchant une autre région de la cuve, en former un second qui s’étendra sans influer sur le premier, à moins qu’il ne vienne au contact.
- On peut procéder différemment : toucher d’abord la surface propre avec la pointe huilée, puis la saupoudrer de talc. En soufflant sur la surface, au point D, on rassemble tout le talc en E, mais pas plus loin. La portion propre D correspond évident ment à de l’eau non huilée, tandis que la surface E est couverte par une pellicule d’huile. Pour mesurer cette surface exactement, il suffit de rectifier son contour F. Pour cela, on place la bande de papier mobile B sur la cuvette et on la rapproche de A jusqu’à ce que tout l’espace compris entre B et A soit couvert de talc (fig. 2, 3e dessin).
- Devaux a mesuré les surfaces couvertes et pesé les quantités d’huile employées. Pour cela, il pré-
- Fig. 2. — Mesure de l'épaisseur d'une lame d’huile.
- pare une solution diluée (au millième) d’huile dans la benzine, et, avec une pipette, il met une ou deux gouttes de cette solution sur la surface de l’eau. La benzine s’évapore et l’huile reste. On en
- connaît exactement le poids, on mesure la surface couverte et on en déduit immédiatement l’épaisseur de la couche. Devaux admet qu’elle n’a qu’une molécule d’épaisseur.
- Prenons par exemple la trioléine; Devaux trouve
- 0 12 3 4- 5 6 7 8
- Epaisseur
- Fig. i. — La tension superficielle d’une lame d’huile en fonction de l’épaisseur de la lame.
- pour épaisseur de la pellicule 1,1 xi O"7 cm. Or, on connaît le poids moléculaire de la trioléine, sa densité, et d’autre part le nombre de molécules de trioléine dans une molécule-gramme (nombre d’Avo-gadro). Un calcul élémentaire permet de déduire de ces données et des résultats expérimentaux, le diamètre d’une molécule de trioléine; on trouve 1,13 XlO~7, ce qui vérifie l’hypothèse de Devaux que la couche est unimoléculaire.
- Cause de l'étalement de l'huile à la surface de l'eau. — Il est naturel de penser qu’elle réside dans l’attraction des molécules de l’huile par les molécules d’eau. D’après ce que nous avons vu dans l’article précédent, nous ne devons pas regarder cette attraction comme émanant de la molécule entière, mais bien comme due à la présence dans cette molécule de groupes d’atomes actifs.
- Considérons l’acide oléique, par exemple. Il n’est pas douteux que les groupements carhoxyles ont une grande affinité pour l’eau; la solubilité des acides dans l’eau, rapprochée de l’insolubilité des hydrocarbures correspondants, en est la preuve. Cette affinité est due aux valences secondaires très énergiques qui caractérisent les dérivés oxygénés. D’autre part, les hydrocarbures ont une affinité mutuelle supérieure à celle qu’ils ont pour l’eau : ils sont en général solubles l’un dans l’autre, tandis qu’ils sont insolubles dans l’eau.
- Par suite, lorsque l’acide oléique est placé sur l’eau, il est probable que les groupes carboxyles se dissolvent dans l’eau, c’est-à-dire se combinent chimiquement avec l’eau (par leurs valences secondaires). Les longues chaînes hydrocarbonées ayant une grande affinité mutuelle et au contraire une très faible pour l’eau, ne seront pas solubilisées.
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- C’est donc la présence de groupes actifs dans la molécule qui provoquerait l’étalement de l’huile sur l’eau. On peut par suite assurer que les huiles sans groupe actif, comme les huiles paraffinées, le benzène, le cymène, etc., ne présenteront pas le phénomène. C’est ce que vérifie l’expérience.
- Ainsi la surface de la pellicule huileuse sera, dans la théorie de Langmuir, formée par les chaînes hydrocarbonées placées verticalement côte à côte au-dessus de la surface libre de l’eau, tandis que les groupes carboxyles seront en dessous de cette surface, combinés à l’eau.
- « En général l’expérience montre que les doubles liaisons augmentent la solubilité dans l’eau, ce qui tend à faire supposer que, comme les groupes carboxyles, les doubles liaisons sont entraînées en dessous de la surface libre pour se combiner à l’eau. On peut calculer la surface couverte par chaque molécule aussi facilement que l’épaisseur de la pellicule. Cette surface est équivalente à la section transversale de la molécule dans un plan parallèle à la surface de l’eau. L’épaisseur de la pellicule est équivalente à la longueur de la molécule dans une direction perpendiculaire à cette surface.
- Si la racine carrée de la section droite des molécules diffère de l’épaisseur de la pellicule, on aura une preuve directe que la molécule n’est pas sphérique.
- Détermination de la dimension des molécules. — Langmuir a opéré en dissolvant l’huile ou la graisse dans la benzine (50 milligr dans 100 cm3) et en déposant une ou deux gouttes de solution sur la surface de l’eau. On mesure facilement l’aire couverte et en la divisant par le nombre des molécules introduites (en utilisant le nombre de Millikan pour N nombre de molécules dans une molécule-gramme, 6,062 X1023), on a la surface occupée par chacune d’elles.
- On constate ainsi que la section droite des molécules varie considérablement, de 21 à 126 x 10-16 cm2. Les trois acides saturés, palmitique, stéarique et cérotique occupent environ la même surface (21 à 25 X 10~16 cm2) quoique le nombre d’atomes de carbone dans leurs molécules passe de 16 à 26. Chaque molécule de tristéarine occupe 66.10~16 cm!, ce qui est exactement 3 fois la surface correspondant à une molécule d’acide stéarique. D’autre part, la molécule du palmitate de cétyle occupe une surface de23.10~16 cm2 à peu près égale à celle de l’acide stéarique.
- O
- On voit par suite que chaque groupe C
- \
- ; O —
- recouvre une surface de 23.10-16 cm2, qu’il se' trouve dans un acide ou un éther. Cette surface est indépendante de la longueur de la chaîne hydrocarbonée à laquelle le groupe actif est attaché. ; :
- Les mesures confirment donc la théorie de Langmuir. r
- On peut aussi calculer la longueur des molécules dans une direction perpendiculaire à la surface. Le volume de chaque molécule est en effet égal à
- t étant le « volume moléculaire », N étant la aol d
- constante d’Avogadro.
- En divisant ce volume par la section droite de la molécule, on a sa longueur. Les résultats sont rassemblés dans le tableau suivant :
- Corps Section droite Longueur Longueur par atome de carbone.
- Acide palmitique . 21.10- lfi 24.10-® 1,5 .10-®
- — stéarique . . 22 25 1,39
- — cérotique . . 25 31 1,20
- Tristéarine. . . . 66 25 1,32
- Acide oléique. . . 46 11,2 0,62
- Trioléine .... 126 13 0,69
- Triélaïdine. . . . 120 13,6 0,72
- Palmitate de cétyle. 23 41 2,56
- Alcool myricycle . 27 41 1,37
- On voit d’après ce tableau que les molécules sont
- très allongées ; pour l’acide palmitique par exemple, la molécule est 5,2 fois plus longue que large, ce qui indique que la molécule se place bien verticalement sur la surface, comme le suppose la théorie. La molécule de tristéarine a la même longueur que celle d’acide stéarique, mais une section triple ; par suite, les trois groupes actifs sont venus en contact de l’eau tandis que les chaînes hydrocarbonées forment un faisceau au-dessous de la surface. Le cas du palmitate de cétyle est intéressant; la longueur de sa molécule est 41.40“8 cm, soit approximativement le double de celle de l’acide palmitique tandis que son diamètre moyen est à peu près le même. La molécule renferme deux longues chaînes hydrocarbonées reliées par un groupement carboxyle.
- Dans l’acide palmitique, la longueur d’une telle chaîne est 24.10-8 cm. La théorie de Langmuir nous amène à conclure que le groupement carboxyle repose sur la surface de l’eau et que les 2 chaînes sont érigées côte à côte au-dessus de cette surface ; les 2 chaînes ont une longueur double de celle qu’elles ont dans l’acide palmitique, ce qui donne finalement pour la molécule la même section.
- Les chaînes n’ont donc pas une dimension définie et peuvent être regardées comme très flexibles. Dans l’acide palmitique, l’arrangement est sans doute analogue à
- CH2 Cil2 GH2
- GH2 GH2 CH2
- tandis que dans le palmitate de cétyle il est plus vraisemblablement
- H H H H
- i il i — c—c — c — i; v
- ; h ii ii il ;.
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- LES IDEES NOUVELLES SUR LA NATURE DES PHÉNOMÈNES PHYSIQUES 141
- Si on rapporte la longueur à l’atome de carbone, on voit que dans tous les cas, sauf le palmitate de cétyle, les distances des atomes de carbone sont moindres que celles correspondant à l’arrangement des atomes dans le diamant, distance qui peut être considérée comme la distance minima à laquelle les atomes puissent s’approcher (1,54.40 cm). Ce résultat prouve que les atomes dans les chaînes hydrocarbonées ne sont pas disposés linéairement, mais en zig-zag.
- Mesure des forces capillaires des pellicules d'huile. — Pour continuer l’étude du phénomène, il faut mesurer les forces mises en jeu dans l’étalement de l’huile sur l’eau. En effectuant les expériences de Devaux, on est frappé par la grandeur des forces capillaires dues aux lames d’huile. Si les bandes de papier ne sont pas fortement fixées aux bords de la cuve, elles peuvent être déplacées par la lame d’huile qui s’étale.
- Langmuir a réussi à peser les forces capillaires à l’aide d’un appareil très simple représenté par la figure 5.
- L’eau est placée dans une cuve émaillée T qui a environ 60 cm de long et 15 cm de large. Au-dessus de la cuve on dispose une petite balance munie d’un couteau reposant sur un plateau de verre, attaché à un support S. À l’une des extrémités du fléau de la balance se trouve un contrepoids tandis que l’autre extrémité porte un petit couteau K' auquel est suspendu un petit plateau P. Deux tiges de verre R et R' réunies au couteau se prolongent et passent à travers deux petits trous percés dans la bande de papier B qui flotte sur la surface de l’eau dans la cuve.
- Pour empêcher le papier d’être mouillé par l’eau, on le plonge dans une solution de paraffine et de
- Fig. 4. — Courbe des forces exercées par une lame d’huile.
- benzine. La longueur de la bande de papier est environ de 5 mm, elle doit être moins large que la cuve, de façon qu’elle puisse se déplacer librement sans toucher les parois de la cuve.
- La surface de l’eau entre les bandes de papier A et B est recouverte par une pellicule d’huile en déposant sur l’eau une ou deux gouttes d’une solution d’huile dans le benzène.
- En déplaçant la bande de papier A on repousse
- Fig. 3. — Appareil Langmuir pour peser les forces capillaires.
- la pellicule d’huile jusqu’à ce qu’elle commence à résister au mouvement. Elle exerce alors une force sur la bande de papier B. Cette force tend aussi à faire glisser l’huile le long des extrémités de la bande B dans l’espace H situé derrière la bande B. Pour empêcher ce mouvement on dirige deux jets d’air rasant la surface de l’eau au moyen de tubes F et F' disposés entre les extrémités de la bande B et les parois de la cuve. La quantité d’air envoyée est réglée et maintenue constante en en laissant une partie s’échapper par un tube plongé dans l’eau à une profondeur donnée. Deux morceaux de feuille de métal D et D' fixés aux bords de la cuve limitent autant que possible l’action du courant d’air aux extrémités de la bande de papier B.
- Avant de commencer l’expérience on envoie le courant d’air; les impuretés sur la surface H sont rejetées de l’autre côté de B et la surface de l’eau est nettoyée en l’essuyant avec une bande de papier C. Toutes les pellicules contaminées sont ainsi obligées de passer dans l’espace J d’où on les enlève à l’aide de papiers plongés dans l’eau. La pression d’air, ou la balance, est réglée de telle façon que le milieu de la bande de papier B soit exactement au-dessous du point de repère qui est attaché à l’extrémité de la règle divisée M.
- Un poids de 50 milligr, est placé sur le plateau de la balance. II oblige les baguettes R ainsi que la bande B à se déplacer (à gauche de l’appareil) jusqu’à butter sur un arrêt, qui n’est pas indiqué dans la figure.
- La bande de papier A est posée à la surface de l’eau et déplacée jusqu’à ce qu’elle soit au contact de la bande B afin de voir s’il ne reste aucune contamination de la surface de l’eau. Ordinairement quand H est amené à une distance de 10 mm. de B, celui-ci se déplace le long de A à cause de la contamination résiduelle.
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- Quand le bord de la bande de papier est juste au-dessous du point J, la force exercée par la pellicule d’huile doit être égale au poids mis dans le plateau P, multipliée par le rapport des bras du levier de la5balance (environ un tiers). La distance entre les bandes de papier A et B est relevée sur le mètre M.
- De cette manière on détermine les contaminations résiduelles qu’il est difficile d’éviter entièrement.
- Après s’être assuré de la propreté de la surface, on met une ou deux gouttes de la solution benzénique sur l’eau entre A et B et un poids de 50 milligr. sur le plateau. La bande A est alors déplacée jusqu’à ce que la pellicule d’huile exerce une pression suffisante pour l’amener sous le point d’équilibre. On fait la lecture sur la règle divisée. Ensuite on met un autre poids de 50 milligr. et on déplace de nouveau la bande A jusqu’à ce qu’on ait atteint le point d’équilibre. On ajoute ainsi successivement des poids de 50, 100 ou 150 milligr. jusqu’à ce que la pellicule d’huile ait été réduite à un espace de quelques millimètres.
- La force agissant sur la bande A peut être considérée comme une fonction de l’aire comprise entre les bandes A et B. Une courbe type est donnée sur la figure k.
- Quand l’aire dépasse une certaine limite définie Q, il n’y a pratiquement aucune force agissant sur la balance, mais quand la surface décroît, la force augmente rapidement jusqu’à ce quelle atteigne une valeur limite au point M.
- Les poids mis sur les plateaux peuvent être considérés comme les ordonnées, tandis que les distances en centimètres sont considérées comme les abscisses. Avec un corps tel que l’acide palmitique, la surface de l’eau (comme le montrent les poussières) reste mobile seulement jusqu’à ce que le point S soit atteint. Toute la surface devient alors rigide, c’est-à-dire que toutes les particules de poussière sur la surface demeurent fixées dans leurs positions relatives. Lorsque la pellicule est réduite au delà de ce point, toute la surface se comporte comme une membrane élastique. La pellicule elle-
- DES SCIENCES ................................
- même reste cependant entièrement invisible jusqu’en un point voisin de H où la surface commence à se rider et présente une apparence particulière (lignes striées).
- D’un autre côté, lès pellicules liquides, telles que celles produites par l’alcool cétylique ou l’acide oléique conservent leur mobilité même lorsqu’elles ont été réduites à une très petite fraction de leur surface primitive.^
- Nous ne suivrons pas Langmuir dans les conséquences qu’il déduit de ces résultats. Qu’il nous suffise de dire qu’il arrive à assimiler la pellicule d’huile à un gaz et à déterminer des lois analogues à celles qui régissent les systèmes gazeux.
- Si nous avons développé avec quelques détails cette partie du travail du savant américain, c’est parce qu’elle permet à tout esprit curieux de réaliser, à peu de frais, des expériences très intéressantes, faciles à interpréter et qui permettent d’apporter à la science des renseignements précieux. On se plaint souvent en France du manque de moyens d’action des laboratoires et on croit y trouver la raison du peu de développement des recherches scientifiques dans notre pays. Des travaux comme ceux de Langmuir, de Rayleigh, de Devaux, de Miss Pockel montrent jusqu’à l’évidence que pour faire de remarquables découvertes point n’est besoin d’un coûteux outillage ni de puissants moyens d’action.
- Pour nous résumer, quelque imprévues que soient les conceptions de Langmuir, quelque paradoxales que puissent paraître certaines hypothèses, l’ensemble de son mémoire forme un tout extrêmement intéressant, tant par le nombre et la diversité des problèmes soulevés que par les aperçus nouveaux qu’il renferme et les conséquences des théories nouvelles sur la structure cristalline.
- Paru pendant la guerre, à une époque où d’autres préoccupations retenaient l’attention des hommes du vieux continent, ce mémoire a passé inaperçu et nous avons cru rendre service aux lecteurs de La Nature en l’analysant avec quelques détails.
- H. Vicneron.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de janvier et février 1920.
- Anaphylaxie à l’antipyrine. — Les travaux du pro-esseur Charles Richet tendent à prouver que les albuminoïdes déterminent des modifications humorales qui aboutissent à l’état anaphylactique. MM. F. Widal et Pasteur, Vallery-Radot établissent que des cristalloïdes peuvent avoir la même action et leur mémoire, consacré à l’antipyrine, semble avoir une portée d’ordre général, car leurs observations ont suivi dans ses moindres détails le cycle entier des époques de sensibilisation et de désensibilisation chez une malade hospitalisée à l’hôpital Cochin. Dans -l’état actuel de' la question, il est probable que l’anaphylaxie alimentaire intervient pour modifier notre état d’équilibre perpétuellement instable et nous consti-
- tuer une personnalité humorale, de même que les sensations antérieures et les souvenirs nous créent une personnalité psychologique.
- L'étude de Vultra-violet extrême. — L’emploi d’un spectrographe à prisme et lentilles de quartz, fonctionnant dans l’air, avec des plaques Schumann, avait permis à MM. L. et Eug. Bloch d’étudier les spectres d’étincelle d’un certain nombre de métaux, dans la région comprise entre les longueurs d’onde 2100 et 1850 U. A. Les expériences viennent d’être reprises par leurs auteurs qui remplacent le quartz par Ja fluorine et suppriment toute absorption par l’air en plaçant dans *le vide
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- — PRODUCTION DE MOUCHES A CORNES
- la plaque photographique ; le temps de pose était de cinq à dix minutes, les raies de l’aluminium et du mercure jouaient le rôle de raies-étalon.
- Les propriétés chimiques de Vhumxis. — Certaines remarques faites par des combattants au début de la guerre, ont amené MM. G. du Bellay et Marcel Hou-dard à penser que le sol possède un pouvoir absorbant à l’égard des émanations nocives. Ces deux chimistes n’ont pas hésité à se prêter eux-mêmes aux essais et l’un d’eux,
- M. Iloudard, est décédé, à la suite d’une maladie contractée au cours de ses études relatives à la chimie de guerre. Ils ont réussi à prouver que la terre retient le bromure de benzyle, le chlore et'l’oxychlorure de carbone. Cette fixation des gaz, facilitée par l’humidité, croît avec la quantité de débris végétaux contenus dans le terreau, et c’est ainsi que le professeur Lapicque fut amené à construire un dispositif, permettant aux hommes de respirer sans masques sous les abris.
- Paul B.
- PRODUCTION DE MOUCHES A CORNES
- Le modelage
- Dans la séance du 10 novembre dernier, M. le Professeur Cuénot, de la Faculté des Sciences de Strasbourg, a présenté à l’Académie des Sciences une note fort intéressante sur la coaptation des fémurs antérieurs et de la tête chez les Phasmes.
- On sait que chez un très grand nombre de Phas-mides, les fémurs antérieurs présentent dans leur région proximale une partie amincie et courbée, la concavité étant du côté de la tête ; dans la pose de repos diurne, lorsque les pattes antérieures s’étendent en avant et s’accolent dans le prolongement du corps, en formant à elles deux une mince gouttière rigide dans laquelle se logent les antennes rapprochées, les courbures fémorales moulent exactement la tête, en dessous des yeux, en laissant ceux-ci à découvert. Les deux autres paires de pattes ne présentent rien de semblable.
- Cette forme particulière se retrouve aussi bien chez les Phyllies que chez les Bacilles et les Carausius.
- On sait que chez tous, l’adulte se tient fréquemment les pattes antérieures étendues, la tête dissimulée entre elles, ce qui lui donne l’aspect d’une tige; on a supposé que cette attitude contribue à dissimuler l’insecte aux yeux de ses ennemis et par suite à protéger l’espèce; c’est même un des.exemples de mimétisme les plus communément cités (voir La Nature, nos 2127 et 2263).
- On a beaucoup discuté sur le mécanisme de ce logement moulé dans les pattes antérieures pour la tête et les antennes, forme qui existe dès la naissance, lorsque le jeune sort de l’œuf.
- Comme le remarque M. le Professeur Cuénot,
- « même si l’accolement des pattes antérieures est un détail qui a quelque utilité au point de vue défensif, il est évident qu’il n'a cette valeur qu’à l’état actuel de perfection, et qu’on ne peut concevoir un processus de variation lente, suivie de sélection favorisant les individus dont les pattes, par variai ion fortuite, avaient la possibilité de se rapprocher un peu de la ligne médiane.
- C’est du reste l’argument que l’on a opposé à Darwin au sujet du rôle constructeur delà sélection naturelle, pour les organes dont l’utilité n’est admissible que dans un état parfait. Les stades de début ne peuvent avoir aucune utilité et par
- de la chitine.
- conséquent ne donnent pas prise à la sélection.
- Il n’y a pas à songer non plus à une mutation de hasard, ayant produit d’un seul coup le dispositif coaptatif, suivie d’une sélection qui aurait favorisé les mutants, mieux protégés que les Phasmes non modifiés. C’est tout à fait invraisemblable, d’abord en raison de la perfection mécanique du dispositif ; ensuite, si les Phasmes pouvaient vivre et persister avanf 3’apparition de la mutation, c’est qué celle-ci n’était pas indispensable;, elle ne pouvait donc pas constituer un avantage tel que les Phasmes non modifiés disparussent fatalement devant les autres.
- A leur tour, les Lamarkistes diront que les Phasmes, éprouvant le besoin d’accoler les pattes en avant, ont fait des efforts tels que les fémurs antérieurs, relativement malléables, se sont courbés en pressant contre la tête ; après un certain nombre de générations, la courbure s’est fixée dans l’ontogénèse, si bien qu’elle apparaît maintenant chez l’embryon, sans rapport aucun avec la cause mécanique qui a provoqué son développement chez les Phasmes éclos. »
- En fait, aucune de ces interprétations n’est satisfaisante, et. la réalité est d’ailleurs bien plus simple. La courbure des pattes n’existe pas chez l’embryon : elle apparaît seulement à l’éclosion et par un mécanisme très simple que M. Cuénot a bien observé chez Carausius morosus. Au moment où l’insecte sort de la Coque, son corps courbé en arc fait saillie le premier; la tête, les antennes, les pattes et l’extrémité de l’abdomen restent encore engagés ; puis la région céphalique se dégage, mais res le coincée entre les fémurs antérieurs; c’est à ce moment que la chitine des pattes encore molle se modèle sur celle de la tête déjà plus dure. Quand l’éclosion est terminée, la chitine devient partout résistante, mais elle a alors acquis la forme remarquable qui a tant fait couler d’encre. L’adaptation parfaite des pattes autour de la tête et des antennes n’a donc aucune portée finaliste; c’est seulement un modelage de la chitine pendant l’éclosion.
- M. Cuénot en tire cette conséquence que « son apparition est due à un accident mécanique fortuit, indépendant de toute question d’utilité ou d’usage ; l’animal en tire parti pour prendre pendant le jour
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- une attitude particulière, qui peutlui être commode pour le repos ou avantageuse au point de vue de la ressemblance protectrice; mais c’est le dispositif coaptatif qui a déterminé l’attitude et non point celle-ci qui a provoqué l’apparition du dispositif. »
- Cette plasticité particulière de la chitine au moment de la métamorphose n’avait pas suffisamment attiré l’attention.
- Elle est cependant remarquable, puisque M. le Professeur Mercier, de la Faculté des Sciences de Caen, a pu l’utiliser pour produire de véritables
- leur vésicule frontale et l’insinuent entre le tampon de coton et la paroi du tube de verre, essayant ainsi de s’ouvrir un passage. On voit la vésicule se dilater, puis revenir sur elle-même. Cet état de chose peut durer de 5 à 6 heures, Au bout de ce laps de temps, sous l’influence des phénomènes d’oxydation qui se produisent, la chitine qui revêt le corps, prend une teinte d’un brun plus foncé et devient plus résistante. JLes contractions de la vésicule frontale sont plus rares et moins rapides. Si bien qu’il arrive un moment où, à la suite d’une
- 1. Tête normale de Fucellia maritima. — 2. Modification obtenue par M. le Professeur Mercier. 5. Tête de Phasme montrant la position des membres.
- monstres, des mouches à cornes (Comptes rendus de la Société de Biologie, 29 novembre).
- Il avait rencontré à Luc- sur-Mer, dans la zone littorale, un Diptère, Fucellia maritima, dont un individu présentait une petite corne insérée entre les yeux. Pour déterminer le mécanisme de cette malformation, il essaya de la reproduire expérimentalement.
- Il plaça donc des pupes de Fucellia maritima dans de petits tubes de verre d’un diamètre tel qu’une mouche adulte ne pût s’y retourner, ces tubes étaient fermés à chaque extrémité par un tampon de coton.
- «Dès l’éclosion, dit-il, les mouches issues des pupes cherchent à sortir des tubes. Elles gonflent
- dernière extension, la vésicule ne peut revenir suri elle-même et persiste sous la forme d’un petit prolongement qui, finalement, devient une véritable corne. »
- Voici donc un nouveau cas de modelage de la chitine qui n’aboutit, cette fois, à aucune formation utile pour l’animal.
- Ces deux observations, presque simultanées, montrent tout ce qu’il y a encore à apprendre de l’examen des métamorphoses des insectes. Une étude des conditions mécaniques de l’éclosion révélerait certainement de nombreux faits du même genre et apporterait bien des lumières à ces questions obscures —- et souvent mal posées — du mimétisme et de l’adaptation. René Merle.
- Le Gérant : P. Masson. — lmp. Lahure, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N°s 2397-2398.
- 10 AVRIL 1920
- COMMENT ON PRÉPARE UNE MOSAÏQUE
- L’emploi de petits cubes multicolores, pouvant former, par leur assemblage, des dessins aux lignes régulières, de véritables tableaux même, aux teintes vives et indélébiles, remonte aune époque déjà fort ancienne.
- Quelques mosaïques retrouvées récemment et
- propriétaire de terrains situés à Souzy-la-Briche, où cette mosaïque fut retrouvée presque intacte, enfouie à une assez grande profondeur, entre les fondations d'une construction qui n’était autre, ainsi que le prouvent le plan de cette construction et des monnaies et médailles retrouvées en même temps, qu’une riche villa de l’époque gallo-romaine, appartenant sans doute à quelque fastueux Romain, et qui fut vraisemblablement détruite par les Iluns.
- De plus en plus, à la suite des travaux
- /'
- Fig. 3. — Mise en place des morceaux sur papier collé.
- restaurées, ornent les salles de nombreux châteaux, mosaïque romaine delà salle des gardes du château deChastellux (Yonne) entre autres, et d’églises non moins nombreuses, parmi lesquelles celles de Ger-migny-des-Prés, dans l’Orléanais, bâtie par l’évêque Théodulphe, sous Charlemagne, en possède une datant de cette époque. Celles de l’église Saint-Vincent, aujourd’hui Saint-Germain-des-Prés, à Paris, construite par Childebert, étaient également célèbres.
- Non moins précieuse est celle que fit restaurer, dans son château de Morigny, M. de Saint-Périer,
- 48* Année. — 1" Semestre»
- Fig. 2. — Taille au lapidaire sur meule de zinc enduite de grès.
- montrant la nocivité des poussières qui s’attachent aux tapis, tapisseries et tentures, les mosaïques, qui constituent des surfaces lavables au premier chef, sont employées pour la décoration des murailles et du sol. Dans le premier cas, elles prennent le nom de revêtements, celui de dallages dans le second cas.
- Pour qui n’a pas assisté à la pose d’une mosaïque, il est difficile de comprendre comment les petits morceaux colorés qui la composent peuvent etre assemblés avec une régularité aussi parfaite. Bien que ce travail demande beaucoup de goût, d’habileté et de doigté, il ne présente cependant aucune difficulté insurmontable, et vous vous en convaincrez aisément si vous voulez bien nous suivre chez M. Biret, mosaïste entrepreneur, à qui l’on doit, entre autres, les mosaïques des magasins du Printemps, de là Samaritaine, de la maison Potin et des magasins Dufayel.
- Pour la préparation d’une mosaïque, le premier
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- COMMENT ON PRÉPARE UNE MOSAÏQUE
- travail à effectuer est un plan de l’endroit à décorer. Celui-ci terminé, le mosaïste s’entend avec le propriétaire,, lui demande ce qu’il désire, lui soumet des modèles et arrête avec lui le genre de décoration convenable.
- Alors entrent en jeu les dessinateurs qui, à l’atelier, établissent, d’après les désirs du client, une maquette grandeur nature pour chaque partie à décorer. Cette maquette, qui est parfois de fort grandes dimensions, est colorée suivant des conventions arrêtées, suivant aussi la teinte des parties avoisinantes, avec lesquelles la mosaïque doit s’harmoniser, ou sur lesquelles, au contraire, elle doit trancher, et cette maquette en couleurs est soumise au client.
- Après retouche, s’il y a lieu, et acceptation définitive, la maquette est calquée, et le dessin obtenu reproduit sur une feuille de papier sulfurisé, de couleur jaunâtre.
- Cette feuille est ensuite percée de trous nombreux suivant les lignes du dessin etponcéeaudos, de façon à détruire les bavures des trous. Elle prend alors le nom de poncif. Elle est posée à l’envers sur une feuille de papier préalablement rendu humide à l’aide d’une é-pônge imbibée d’eau, et un tampon , imprégné d’un mélange d’ocre rouge et de dextrine, est passé sur le poncif. La dextrine, aux endroits, où le poncif est percé de trous, se fixe sur le papier humide, retient avec elle l’ocre rouge, et, le poncif enlevé, le dessin apparaît, à l’envers, sur la feuille de papier humide.
- C’est sur eette feuille qui mesure, au plus, 60 cm. X 40 cm. que va se faire l’exécution, c’est-à-dire la pose des petits fragments de marbre, de
- Fig. 4
- Préparation de la maquette en couleurs.
- Fig. 5. — Morceaux en cours d'exécution.
- grès cérame ou d’émaux de Venise qui composeront la mosaïque.'
- Le marbre et le grès cérame sont seuls employés pour les dallages. Pour les revêtements, au contraire, et dans les 3/4 des cas, il est fait usage des émaux provenant de Venise ou de la Maison Bapte-rosses, de Briare, les marbres et grès cérame n’étant guère utilisés que dans 1/4 des cas.
- Les dimensions des morceaux de marbre employés sont très variables. 11 n’en est pas de même des grès cérame, qui mesurent tous, à très peu de chose, près, 15 cm. X15 cm.X5 cm. Ces petits grès viennent en général des usines du Nord. Ils sonts cuits à une très forte température, après coloration dans la masse à l’aide des oxydes d’antimoine, de cobalt, de cuivre, du peroxyde de manganèse, etc.
- La composition des émaux de Venise est totalement inconnue et constitue un secret de fabrication. Leurs dimensions courantes sont 10 cm. X10 cm. X5 cm,, mais il y en a de beaucoup plus petits, et aussi de plus grands, de façon à s’adapter à tous les travaux, de sorte que ces dimensions sont très variables.
- La diversité des teintes, pour ces émaux, est infinie. On en compte plus de quinze mille. 11 est fait également des émaux or, argent et platine, composés, pour chacun, d’un talon de verre et d’une mince feuille d’or, d’argent ou de platine, recouverte d’une feuille tout aussi mince de verre. Ces émaux, qui se font en toutes nuances,
- pour les dégradés, sont ainsi absolument inaltérables.
- Placé devant la maquette, ou, lorsqu’il s’agit d’un dessin se reproduisant à l’infini, bordure en
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- COMMENT ON PRÉPARE UNE MOSAÏQUE
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- couleurs, par exemple, d’un fragment de maquette de mêmes dimensions que la feuille qu’il doit établir, l’ouvrier enduit cette feuille sur une petite partie, d’une dissolution de gomme arabique, et, choisissant dans les sébilles placées autour de lui, et où il a, préalablement, déposé les petits parallélépipèdes de marbre, de grès ou d’émail qui vont lui être nécessaires, un fragment d’une teinte semblable à celle delà maquette, il le pose sur la feuille enduite de gomme, appliquant sur la colle la face la plus unie, la plus régulière, celle qui devra être vue lorsque la mosaïque sera en place, l’autre face
- Pour les travaux fins, les dessins compliqués, il n’est pas fait usage de poncifs; et toutes les feuilles sont dessinées à la main, et à l’envers, avant la remise à l’ouvrier, qui y colle les morceaux avec la maquette ou un carton grandeur nature devant les yeux. :
- Les feuilles sont ensuite découpées suivant les contours du fragment qu’elles portent, sauf une petite languette de papier sur laquelle est inscrit un numéro d’ordre destiné à faciliter la mise en place. Ces feuilles sont alors portées à l’endroit à décorer.
- Pour les dallages, la partie à recouvrir de mo-
- Fig. 6. — Mosaïques romaines découvertes en i883 à Souzy-la-Briche, et remontées dans le château du Comte de Saint-Périer, à Morigny près d’Étampes.
- devant se trouver en contact avec l’enduit qui retiendra les morceaux.
- Les fragments de marbre ou de grès trop gros ou dont la forme ne correspond pas aux lignes du dessin sont taillés sur un bloc de fer appelé « fer » à l’aide d’un outil aux extrémités coupantes, qui porte le nom de « marteiine », cette taille ayant lieu, pour les travaux très fins, sur un bloc de bois.
- Les émaux sont également quelquefois taillés au « lapidaire », disque horizontal de zinc, recouvert de pâte de grès que l’ouvrier fait tourner de la main gauche à l’aide d’une manivelle, pendant que, de la main droite, il présente l’émail au disque ou meule. Pour le placement de ces petits morceaux, il s’aide d’une pince avec laquelle il saisit le fragment et le pose sur la feuille enduite de gomme.
- saïque est laissée environ 12 centimètres plus bas que la surface à obtenir. Il y est étendu, à la pelle, une couche de 6 cm. environ de mâchefer pilé, régularisé à la truelle, et parfaitement égalisé à la règle. Sur ce fond est déposée une couche d’environ 3 cm. de béton de chaux et sable (un peu plus de sable que de chaux) pour les grès, 2 cm.. seulement pour le marbre, puis, pour le grès, 5 mm. environ, ét, pour le marbre, 1 cm. d’un enduit formé pour 1/3 de ciment portland et chaux et pour 2/3 de brique pilée. Cette chape est tirée parfaitement droite et horizontale, à l’aide de la règle, puis les feuilles sont mises en place, le papier dessus, et l’ouvrier appuie jusqu’à ce que les petits morceaux entrent bien dans l’enduit. Le papier est alors mouillé et enlevé, les lignes qui ont pu être défor-
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- mées, redressées, et, en un mot, le dessin mis au point. On y passe alors un rouleau, puis l’ouvrier dresse le tout avec une tapette, ou planchette de bois dur de 15 cm. X 12 cm.xScm. Puis il pose sur les morceaux cette tapette sur laquelle il frappe à l’aide d’un marteau, de façon à obtenir une surface parfaitement hoiizontale. Le ciment qui souille les morceaux est ensuite enlevé avec une toile à laver, l’ouvrier fait les raccords et dépose sur le tout un coulis de ciment destiné à combler lés joints. L’excédent de ce ciment étant enlevé avec de la sciure de bois, le travail est terminé pour les grès.
- La mosaïque marbre est ensuite grésée avec une pierre de grès, dont l’une des faces, parfaitement régulière, est fixée au bout d’un manche de fer, et que l’on promène sur les marbres comme le frotteur fait de son bâton de cire.
- Pour les revêtements, les feuilles sont préparées de même façon que pour les dallages. Dans le mur, et notamment dans les murs de brique, sont enfoncés des clous à grosse tête plate, clous mariniers ou clous à bateaux reliés par des fils de fer. Sur cette armature est appliqué un crépi d’environ 1 cm. 1/2 de brique pilée et ciment, puis un
- second enduit, d’environ 5 mm. d’épaisseur, composé de :
- Brique pilée et tamisée 50 0/0 Chaux grasse 50 0/0
- Ciment Portland 20 0/0
- Le même enduit est appliqué au dos du morceau, de façon à rentrer dans les joints, puis ce morceau est mis en place. Après enlèvement, comme
- ci-dessus, du papier, puis redressage des lignes, raccords et mise au point terminés, un mastic coloré, de composition et de couleur variables suivant les tons à raccorder, est introduit dans les joints.
- Lorsque le tout est sec, la surface est lavée avec un mélange d’acide muriatique et d’eau (1/10 environ d’acide muriatique) , puis séchée à l’aide de chiffons. Le travail est alors terminé.
- C’est, en somme, dans la préparation des feuilles que réside surtout la partie vraiment intéressante de ces applications qui permettent de recouvrir sol et murailles de décorations toujours originales, souvent même artistiques, qui, si elles coûtent cher, présentent au moins l’avantage d’être pratiquement indestructibles. Georges Lanorville.
- fig- 7-— Scène de pêche exécutée en mosaïque et réalisant l’effet d’une véritable peinture.
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- Dans un article précédent nous avons indiqué les nouveaux procédés de préparation des dérivés nitrés eri partant de la mine inépuisable que représente l’atmosphère. Si ces procédés constituent la meilleure garantie que les générations futures ne manqueront pas de ces précieuses substances, indispensables à la vie moderne, que sont les dérivés nitriques et ammoniacaux, ils n’ont pas fait disparaître les anciennes méthodes, purement chimiques celles-là, qui, grâce aux perfectionnements techniques, sont encore à égalité avec les préparations synthétiques.
- Parlons d’abord des dérivés nitrés. Le minerai classique d’azote nitrique est le nitrate de soude dont les gisements occupent d’énormes étendues dans les vallées de Tarapaca et de Tocama sur les côtes du Chili et du Pérou. Etrange contrée que celle où se trouvait jusqu’à présent la source de fertilisants du monde entier! Un désert abs du, sans végétation aucune (il n’y pleut guère qu’une
- fois tous les trois ans) dont l’atmosphère extra-sèche est le siège perpétuel de phénomènes électriques extrêmement curieux, éloigné de la mer de 50 à 90 km, à des centaines de kilomètres de tout ravitaillement, de toute civilisation, et où cependant plus de 150 usines préparent sur place les quelques 2 500 000 tonnes de nitrate qui partent mensuellement des ports du Chili et du Pérou pour fertiliser le sol du monde entier (5,6 pour 100 en Angleterre, 5,3 pour 100 en Allemagne, 14,3 pour 100. en France, 12 pour 100 en Belgique, 6 pour 100 en Hollande, 22 pour 100 en Amérique, 0,5 pour 100 en Espagne en 1912).
- Malgré l’importance de l’exploitation, on compte que pendant 150 ans environ les gisements actuels pourront satisfaire aux besoins mondiaux.
- Le nitrate de soude existe sous forme de « caliche » renfermant de 10 à 80 pour 100 de nitrate de soude, le reste étant surtout formé de chlorure de sodium.
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- L’exploitation très simple, puisque le banc de minerai est presque à fleur du sol, est complétée par un enrichissement par dissolution dans l’eau chaude' suivie d’une évaporation qui, en éliminant les sels étrangers moins solubles, donne finalement le produit commercial à 95-96 pour 100 de nitrate.
- Le nitrate de soude sert surtout comme engrais (80 pour 100), le reste étant utilisé pour la préparation de l’acide nitrique (15 pour 100) et du nitrate dépotasse ou salpêtre (5 pour 10D).
- Pour produire ce dernier corps, dont la plus grande consommation est la confection des poudres noires, on emploie une réaction de double décomposition avec le chlorure de potassium (provenant des mines de Stassfurt).
- Chlorure Nitrate Nitrate Chlorure de potassium de soude de potassium de sodium
- K Cl -j- NO3Na == NO3 K + Na Cl.
- La réaction se produit parce que NO3 K est beaucoup plus soluble dans l’eau chaude et beaucoup moins soluble dans l’eau froide que le nitrate de soude (*).
- Le produit obtenu est d’une grande pureté.
- Comme autres nitrates à usages industriels, signalons le nitrate de chaux (salpêtre de Norvège) produit, comme nous l’avons vu, en partant de l’acide nitrique synthétique, et qui tend à remplacer comme engrais le nitrate du Chili.
- Le nitrate d’ammoniaque, fabriqué en Allemagne principalement en combinant l’ammoniaque et l’acide nitrique de synthèse (procédé Ostwald) est aussi obtenu (brevet Wedekind) en traitant le
- nitrate de chaux par le sulfate d’ammoniaque suivant la réaction :
- Nitrate Sulfate Sulfate Nitrate
- de chaux d’ammoniaque de chaux d'ammoniaque.
- lN03)2Ca + SO1 (NH4)2 = S04Ca + 2 NO3 Ntl4.
- Enfin, en traitant le nitrate de soude du Chili par le plomb à 450°, on obtient suivant la réaction :
- Nitrate Plomb Nitrite Oxyde de soude dé soude de plomb
- NO3 Na + Pb = NO2 Na + Pb O
- du nitrite de soude dont plus de 5000 tonnes sont utilisées annuellement dans l’industrie des matières colorantes pour faire des diazotations.
- Nous avons vu que par les procédés électriques, on obtient directement le nitrite en faisant barboter les gaz (bioxyde et peroxyde d’azote) provenant du four électrique dans une solution de soude ou de carbonate de sodium.
- 1. 100 gr. d’eau dissolvent :
- De la préparation de l’acide nitrique en partant du nitrate du Chili, préparation classique, nous ne dirons rien, si ce n’est que le rendement de la réaction utilisée
- Nitrate Acide de s-oude sulfurique
- NO3 Na +"SO*H* =
- Sulfate Soude de soude
- SO*NaH + NO3 II
- Four pour préparer le nitrure d'aluminium par le procédé Serpek.
- NO3 K NO3 Na Na Cl K Cl
- A 20° 32sr 88^ 36er 34*
- A 100° 246 176 59,6 56,5
- est amélioré lorsque l’on opère dans le vide (procède Yalentiner). Après cette rapide révision des modes de préparation des nitrates et de l’acide nitrique par voie purement chimique, nous allons examiner les procédés d’obtention de l’ammoniaque et des sels ammoniacaux.
- Avant la découverte des procédés synthétiques, tout l’ammoniaque était préparé par la décomposition des matières organiques, soit par distillation, soit par fermentation.
- C’est surtout la distillation du charbon en vue de la fabrication du gaz d’éclairage qui fournissait la majorité de l’amnioniaque ; les fours à coke et les procédés, de gazéification du charbon, de la tourbe, etc., ne s’étant développés que plus récemment.
- On peut classer comme suit les principales sources d’ammoniaque :
- 1° Chauffage du charbon.
- a) Pour la préparation du coke métallurgique. — Avant la guerre 80 pour 100 du sulfate d’ammoniaque était obtenu à partir des fours à coke, en Angleterre 60 pour 100 et aux États-Unis 20 pour 100 seulement. En France cette préparation n’était pour ainsi dire pas connue et, dé ce fait, non seulement nous étions tributaires de l’étranger pour ce produit de première nécessité qu’est le coke pour la métallurgie, mais encore nous perdions tous les sous-produits extrêmement rémunérateurs qu’on en peut extraire.
- p) Pour Vobtention du gaz d’éclairage. — 20 pour 100 de la production du sulfate d’ammoniaque provenaient en 1910 des usines à gaz.
- 2° Distillation des schistes bitumeux. — Particulièrement en Écosse, de 3 000 000 de tonnes de schistes bitumeux, on a extrait 62 000 tonnes de sulfate d’ammoniaque. Comme il existe de nombreux gisements dans le monde, il y a là une source importante d’ammoniaque à exploiter.
- 5° Distillation de la tourbe. — Ce combustible inférieur trop négligé est une riche source de composés ammoniacaux (2,05 à 4 pour 100 d’azote) et de nombreux procédés ont été récemment proposés pour leur extraction.
- 4° Préparation du gaz à l’eau. — La diffusion de plus en plus grande du gaz à l’eau comme procédé de chauffage industriel met à la disposition de l’industrie des quantités considérables de sels ammoniacaux.
- 5° Gaz des hauts fourneaux. — L’azotè contenu dans le charbon brûlé dans les hauts fourneaux, s’échappe en partie tout au moins sous forme d’ammoniaque et, en Angleterre seulement plus de 20 000 tonnes de sulfate d’ammoniaque ont été ainsi préparées.
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- 6° Distillation des vinasses de betterave. — Jusqu’à ces dernières années, on se contentait de calciner les vinasses de betterave pour en extraire les sels de potasse. Bueb et Yennator ont réussi, en les distillant dans des cornues en fer, à en extraire les composés azotés.
- 7° Distillation des os, des peaux et autres matières organiques azotées. — Bien que les matières organiques et en particulier l’urine, renferment des quantités importantes de sels ammoniacaux (100 000 habitants peuvent fournir par an 6000 tonnes d’azote), ces sources d’ammoniaque sont actuellement presque inexploitées.
- Ainsi que nous venons de le voir, c’est surtout sous forme de sulfate que l’on recueilleles dérivés ammoniacaux. Ce corps,dont la production mondiale était estimée en 1911 à 1 150 000 tonnés, est surtout employé comme engrais.
- Etant donnée la diversité des sources que nous venons de passer en revue, il sortirait du cadre de cette étude même de signaler les méthodes et appareils employés-dans l’industrie. Nous ne donnerons donc que le principe des opérations.
- C’est la préparation du gaz à l’eau,, du gaz d’éclairage et du coke métallurgique qui fournit actuellement la majeure partie de l’ammoniaque employée. Les gaz produits, avant d’être livrés à la consommation, passent dans •des laveurs où les sels ammoniacaux se dissolvent et donnent alors la « liqueur ammoniacale » d’où l’on retirera l’ammoniaque. .
- A cet effet, on chauffe la liqueur à l’ébullition ; une partie des sels ammoniacaux (carbonate, sulfite, cyanurel se décompose. On traite ensuite à l’ébullition par un lait de chaux qui libère l’ammoniaque engagée dans des combinaisons plus stables (sulfate, chlorure). Le gaz obtenu est envoyé directement dans une solution d’acide sulfurique à 42-46° Baumé.
- Le gaz Mond, dont l’usage se répand de plus en plus dans l’industrie, est aussi une source importante d’ammoniaque. On sait que le gaz Mond est obtenu en traitant le charbon au rouge par un mélange d’air et de vapeur d’eau. Il se compose presque entièrement de CO et d’hydrogène, 80 pour 100 environ de l’azote du charbon sortant sous forme d’ammoniaque, tandis que dans les procédés indiqués plus haut le rendement n’excède pas 20 pour 100.
- La cyanamide permet de préparer également l’ammoniaque et par suite ses sels. On sait que le produit commercial contient environ 50 pour 100 de cyanamide calcique (CaNCN) et 50 pour 100 de charbon sous forme de graphite. En le traitant par l'eau, à l’état de vapeur surchauffée on a la réaction.
- Cyanamide Eau Carbonate Ammoniac calcique de chaux
- CaNCN + 5HsO - CO3Ca + 2 NH3.
- Le résidu peut être traité soit pour recueillir le graphite (on dissout alors le carbonate de chaux par un acide), soit pour redonner un mélange de chaux et de charbon (par calcination) que l’on utilise à nouveau dans les fours à carbure après addition du complément de charbon.
- Les nitrures et particulièrement le nitrure d’aluminium du procédé Serpek, donnent aussi de l’ammoniaque.
- On sait que la bauxite (alumine naturelle hydratée) chauffée à 1700 degrés dans un four électrique en présence d’azote, donne la réaction :
- Alumine Charbon Azote Nitrure Oxyde d’aluminium de carbone.
- Al2 O3 + 3C + N2 = 2 Al N + 3CO.
- L’absorption commence vers 1100°, et augmente de
- rapidité jusque vers 1800-1850°. A cette température, elle est très violente et le nitrure d’aluminium produit est chimiquement pur. Plus haut vers 2000° par exemple, le nitrure se décompose.
- Le schéma de l’installation est représenté figure 1. Deux cylindres A et B superposés tournent en sens inverse. La bauxite pulvérisée est introduite en C et se calcine dans le cylindre A sous l’action des gaz chauds provenant du Second cylindre B dans lequel se produit la réaction, et du générateur de gaz H qui fournit également de l’oxyde de carbone. L’air admis par les carneaux iv, x, y, z facilite la combustion de CO et les chicanes V empêchent les fumées du foyer auxiliaire C de souiller les gaz. La bauxite ainsi fortement chauffée tombe dans la trémie D où elle se mélange avec le charbon introduit par le carneau latéral t. La masse passe ensuite dans le cylindre B où se produit la réaction et qui porte un four électrique F qui porte la masse à 1800°. L’azote provenant du générateur ILS (qui-donne un mélange de gaz pauvre renfermant 70 pour 100 d’azote et 50 pour 400 de CO à 400° environ). Le produit de la réaction se rassemble sous-forme d’une poudre grise dans la chambre K.
- Si on décompose ensuite le nitrure d’aluminium parla Soude on a :
- Nitrure Soude Ammoniac Aluminate d’aluminium de sodium
- AIN + 5 Na OII = NH3 + A103Na3.
- L’aluminate de sodium formé peut servir à la préparation de l’alumine pure qui sera transformée ensuite en aluminium très pur.
- A côté de ces sels ammoniacaux, il existe une catégorie de composés renfermant de l’azote dont l’importance, nulle pour l’agriculture, est cependant essentielle pour certaines industries et dont nous allons dire quelques mots pour terminer. Nous voulons parler des cyanures.
- Jusque vers 1890, le cyanure de potassium (KCN), produit extrêmement toxique dont la production ne dépassait pas 100 tonnes par an, était utilisé dans l’industrie de la galvanoplastie et en photographie.
- En effet le cyanure de potassium dissout les sels d’or, d’argent, de nickel pour former des cyanures doubles. En élèctrolysant ces solutions, on obtient un dépôt du métal précieux sur les objets métalliques à recouvrir placés à l’électrode négative. La préparation du cyanure était effectuée par fusion des ferrocyanures avec les alcalins.
- En 1887, Mac Arthur et Forrest prirent leurs brevets pour l’emploi des solutions diluées de cyanures de potassium et de sodium dans l’extraction de l’or de ses minerais, et cette date marque la naissance d’une industrie extrêmement importante et assez peu connue en France.
- C’est grâce à la découverte de Mac Arthur et Forrest que l’industrie de l’or a pu se développer au Transvaal. En effet, la faible teneur des minerais et son état de division extrême rendaient inapplicables les méthodes d’extraction usuelles. Mais si l’on traite le minerai pauvre par une solution étendue de cyanure de potassium, l’or passe en solution sous forme de cyanure ouble suivant la réaction
- Cyanure Or Eau Oxygène Cyanure double Potasse
- de potassium d’or et de potassium
- 4 KCN + 2 Au + II20 + 0 = 2RAu (CN)2 + KOI!
- On précipite ensuite l’or par le zinc, suivant la réaction
- Cyanure Zinc Cyanure double Or double de zinc et de potasse
- 2KAu(CN)9 + Zn = K2Zn (CN)2 + 2Au
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- LA SYNTHÈSE INDUSTRIELLE DE L’AMMONIAC
- La concentration optima de la solulion est de 0,25 pour 100, mais des solutions diluées à 0,0005 pour 100 ont encore une action sensible. La consommation de solution est de 33 pour 100 du poids du minerai traité.
- Pour donner une idée du progrès immense que fit réaliser cette découverte à l’industrie aurifère sud-africaine, rappelons seulement qu’auparavanl aucune gangue (tailings) n’était traitée et que la « Robinson » ayant équipé une installation de cyanürulion de, 75 000 francs réalisa jusqu’à 50 000'francs de bénéfices mensuels par le traitement des tailings résiduaiz’es.
- Les méthodes de préparation du cyanure de potassium sont nombreuses. La plus ancienne, aujourd’hui aban -donnée, consistait à traiter à chaud par le carbonate de potassium bien desséché, le ferrocyanure de potassium. La réaction est la suivante :
- Fe(CN)«K* + CO3 K* = 5KCN + KCNO + CO* + Fe
- 11 se forme en même temps du cyanate de potassium.
- Disons un mot de la préparation du ferro-cyanure de potassium obtenu primitivement par action du fer sur les résidus d’abattoirs : sang, cornes, peaux, etc., il est maintenant produit à partir des fours à gaz. En effet, 100 kg de charbon, si on pousse la distillation à fond, donnent 30 à 40 gr. d’acide cyanhydrique résultant de l’action de l’ammoniaque sur le chai bon au rouge
- Ammoniac Charbon Acide Hydrogène cyanhydrique
- NH3 + C = 1NCH + H2
- Il est vrai qu’en plus haute température, la vapeur d’eau redécompose l’acide cyanhydrique pour redonner de l’ammoniaque
- H2 O + NCH = Nil3 + CO
- Aussi l’acide cyanhydrique ést-il surtout recueilli dans les usines à gaz et non dans les fours à coke.
- Ce gaz est alors envoyé soit à travers une masse d’oxyde de fer qu’on lave ensuite à l’eau, soit dans une solution de sulfate ferreux.
- Signalons en passant que le bleu de Prusse est un mélange de sels ferreux et ferriques cyanurés (on admet généralement .qu’il est formé par du cyanure ferroso-ferrique). ! -
- Actuellement pour transformer le ferrocyanure en cyanure, on utilisé sur une large échelle le procédé d’Erlenmeyer qui consiste à chauffer avec du^sodium. La réaction est la suivante
- Ferrocyanure Sodium Cyanure Cyanure Fer de potassium de potassium de sodium
- Fe(CN)6K4 + 2 Na = 4KCN + 2NaCN + Fe
- Une autre préparation, dite préparation de Siepermann, consiste à chauffer le carbonate de soude mélangé de charbon au rouge dans une cornue parcourue par un courant d’ammoniaque. Il se forme d’abord du cyanate de potassium, décomposé par le charbon en cyanure.
- Dans le procédé de Castnertrès employé en Allemagne,
- 1 ammoniac sec réagit .sur le sodium pour donner de l’amidure de sodium, suivant la réaction
- Ammoniac Sodium Amidure .Hydrogène de sodium
- . , NH3 -j~ Na ==. Na N H2 -j- Il
- En ajoutant à la masse fondue du charbon, il se forme de la evanamide sodique
- Amidure Charbon Cyanamide Hydrogène de sodium sodiquè
- ' Na NU2 + C — "Na2 CN2 + 411
- qui à plus haute température et en présence d’un excès de charbon donne Je cyanure
- Cyanamide Charbon Cyanure sodique de sodium
- Na2N2C -f- C = 2NaCN
- Depuis 1900 environ, on retire des quantités impor-- tantes de cyanure des résidus de jus de betterave des sucreries qui auparavant étaient simplement brûlés pour en extraire les sels de potassium. Il suffit de surchauffer très fortement les gaz provenant de la distillation des résidus pour obtenir de l’acide cyanhydrique que l’on transforme ensuite en cyanure.
- Enfin la cyanamide calcique (qui renferme 50 pour 100 de charbon) chauffée en présence de chlorure de sodium ou d’un mélange de charbon et de carbonate de soude donne du cyanure de sodium directement utilisé dans la métallurgie de l’or. Les réactions sont les suivantes :
- CaCN2 + G + 2 Na Cl = Ca Cl2 + 2Na CN ou Ca CN2 -f C + CO3 Na2 = CO3 Ca + 2 Na CN
- Tels sont les derniers perfectionnements et les principaux emplois des dérivés azotés. On voit par ce rapide exposé, que dans tous les domaines de l’industrie moderne, l’azote joue un rôle prépondérant. Grâce à la réserve inépuisable que constitue l’atmosphère et aussi grâce au fait que l’azote, après son emploi dans l’agriculture, retourne tôt ou tard dans l’atmosphère, accomplissant ainsi un cycle séculaire, il est certain que ce corps aura dans les temps futurs une importance sans cesse grandissante. Aussi nous a-t-il paru intéressant de donner aux lecteurs de La Nature une vue d’ensemble sur cette question. II. Vigneron.
- LA SYNTHESE INDUSTRIELLE DE L’AMMONIAC PAR LE PROCÉDÉ GEORGES CLAUDE
- Jadis l’air et une fumure primitive suffisaient pour rendre au sol les éléments azotés que lui enlèvent, chaque année, les récoltes. Mais aujourd’hui il faut s’adresser à des engrais méthodiquement choisis pour redonner aux champs épuisés par la culture intensive, les quantités considérables d’azote nécessaires à des ensemencem*»ts rémunérateurs. On les leur incorpore sous deux
- formes principales : les nitrates et le sulfate d’ammoniaque. Or les gisements du Chili, qui produisent la presque totalité des nitrates naturels, s’épuisent peu à peu. D’autre part, les procédés de combinaison directe de l’azote et de l’oxygène extraits de l’atmosphère, quoique industrialisés actuellement, fournissent de l’acide nitriefue à un prix relativement élevé. De son côté, le sulfate d’ammo-
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- LA SYNTHÈSE INDUSTRIELLE DE L’AMMONIAC
- Fig. i...— Colonne Claüdfe pour la production de l'azote extrait de l’air par liquéfaction.
- niaque provenant du traitement des sous-produits de la fabrication du gaz d’éclairage et du coke ne suffit plus aux demandes sans cesse croissantes de l'agriculture mondiale.
- Dès lors on comprend l’intérêt qui s’attache à la découverte récente par M. Georges Claude d’une méthode très simple de synthèse de l'ammoniaque. A la vérité, la fixation directe de l’azote de l’air et de l’hydrogène pour former l’ammoniac, hanla le cerveau de nombreux chercheurs depuis un demi-siècle, soit en vue de fabriquer des explosifs, soit dans des buts pacifiques. C’est d’ailleurs, selon les propres paroles de M. Matignon professeur au Collège de France, un problème qui « domine aujourd’hui toute la chimie minérale ».
- On ne s’étonnera donc pas qu’avant la guerre, plus de 500 millions de francs aient été engagés pour résoudre la question soit dans des usines en marche comme celles de la compagnie Norvégienne de l’azote ou de la Badische Anilin und Soda Fabrik, soit dans des laboratoires scientifiques ou industriels tels ceux de Guye à Genève, d’Haber d’abord à Carlsruhe, puis à Dahlem près Berlin, etc. En outre, plus d’un millier de chimistes prirent des brevets décrivant des méthodes plus ou moins, économiques pour obtenir la combinaison de cet azote, qu’on considérait autrefois comme un gaz nerte, autrement dit incapable d’entrer en réaction! Nous n’avons pas l'intention dé passer en revue les travaux de ces précurseurs plus ou moins habiles, plus ou moins heureux. Qu’il nous suffise de cons-
- tater que ces techniciens suivirent dans leurs recherches deux voies différentes : les uns se proposaient de réaliser la synthèse directe en unissant l’azote de l’air à l’hydrogène produit par la vapeur d’eau en présence d’un catalyseur, les autres s’efforcèrent de combiner l’azote avec un métal, puis de détruire ultérieurement la combinaison obtenue avec formation d’ammoniac.
- Quand M. Georges Claude, déjà créateur de l’industrie de l’air liquide, s’attaqua à la solution de cet ardu prpblème, il ne voulut pas à l’exemple de l’allemand Haber construire de colossales usines. Il s’ingénia, au contraire, à mettre en oeuvre des appareils peu compliqués et aux dimensions aussi réduites que possible. Les vues ci-jointes prises dans les établissements de la Société chimique de la Grande Paroisse près Montereau où il achève la mise au point industrielle de son procédé, prouvent
- qu’il y a parfaitement réussi à des hyperpressions allant jusqu’à 1000 atmosphères pour unir l’azote et l’hydrogène. Les artilleurs savaient seuls utiliser jusqu’ici des pressions de cet ordre de grandeur dans les canons de gros calibres mais d’une manière inter^ mittente et pendant de très courtes durées. De leur côté, les physiciens Tammann et Bridgman avaient réalisé des pressions de 11 000 atmosphères; toutefois il s’agissait, en l’espèce, d’expériences de laboratoire et non d’applications pratiques. L’incontestable mérite de M. Claude est d’avoir démontré la possibilité de reculer beaucoup la limite des pressions utilisées jusqu’ici dans l’industrie et qui n’allait pas au delà de 150 à 200 atmosphères. Chose paradoxale à priori, l’étanchéité s’obtient plus facilement à 1000 atmosphères qu’à 100; car, à débit de gaz égal, le joint est bien plus petit en raison de l’énorme réduction du volume des appareils. Ainsi les cuirs emboutis des compresseurs de l’usine de Montereau se comportent parfaitement à ces pressions élevées sans que se révèle la plus petite fuite entre eux
- Et pourtant il s’adresse
- Azote pur
- Oxygéné pur
- Fig. 2.
- Coupe schématique de la colonne Claude pour la production d’azote par liquéfaction.
- A, arrivée de l’air comprimé; B, échangeur de température; F F'F', faisceau tubulaire dans lequel l’oxygène et l’azoté se liquéfient; C E. canalisation servant à remonter les gaz liquéfiés au sommet de l’appareil; X, colonne de distillation ; RR', robinets; T, sortie de l’oxygène pur; T', sortie de l’azote pur.
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- LA SYNTHÈSE INDUSTRIELLE DE L'AMMONIAC
- et les pistons plongeurs ; quant à leurs parois, les métallurgistes se chargèrent sans peine d’en établir l’épaisseur pour qu’elles résistent en toute sécurité.
- En possession de ces considérations théoriques et de ces remarques générales, voyons comment la synthèse de l’ammoniac s’opère dans l'usine de Montereau.
- Les gaz amenés, selon les proportions indiquées par l’équation :
- Azote Hydrogène Ammoniac
- N2 -f- 2113 = 2 NH3
- et préalablement comprimés à 200 atmosphères,
- achève de se détendre dans le cylindre d’un second appareil provoquant une nouvelle liquéfation.
- Pour séparer l’oxygène de l’azote dont se compose l’air liquide ainsi produit, on met à profit leur différence de volatilité (fig. 2). On dirige le mélange gazeux comprimé dans des colonnes de distillation X suivant les règles usitées pour la rectification de l’alcool. L’oxygène se condense surtout au début et l'azote, se liquéfie à la fin. En déversant donc ce dernier en E au sommet de l’appareil, on relient aisément l’oxygène des gaz sortants et on réalise simplement la séparation des fluides. De l’oxygène
- Fig. 3. — Salle d'.èleclrolyse pour la fabrication de l’hydrogène.
- passent ensuite à 1000 atmosphères par le simple jeu de 2 cylindres dont la grandeur semble insignifiante, vu l’ampleur du résultat final.
- L'azote s’extrait de l’air par liquéfaction dans une colonne figurée ci-contre (fig. 1 ). Le fonctionnement de cet appareil repose, comme on le sait, sur l’accumulation du froid résultant d’une série de détentes successives du gaz comprimé. Mais à l’encontre de Linde qui provoque la détente de l’air en le faisant écouler par un simple robinet, ce qui produit un faible abaissement de température, M, Claude détend son air comprimé tout en le forçant à pousser le piston d’une machine. Par suite de cette détente avec travail extérieur, le gaz se refroidit beaucoup plus.
- Un compresseur amène l’air préalablement desséché à la pression de 40 atmosphères et le fluide vient, après sa détente, circuler autour du faisceau tubulaire qui forme le premier liquéfacteur, puis
- presque pur se recueille par le tuyau T tandis que l’azote s’écoule par la canalisation T'.
- Les différents organes de la colonne sont enveloppés dans une épaisse couche de coton de verre qui s’oppose aux rentrées de chaleur et un cylindre de tôle protège le tout. Quelques vannes de commande des robinets et des manomètres complètent l’appareil.
- D’autre part, on obtient l'hydrogène électrolyti-quement par l’une des méthodes ordinaires (lig. 3). A Montereau, six génératrices électriques Schneider de 1900 ampères chacune fournissent du courant continu aux 72 bacs de la salle d’élèctrolyse.
- Cela fait on prépare, à l’avance, le mélange gazeux (azote et hydrogène) en ayant soin de le débarrasser de toutes traces d’oxygène avant son passage sur la matière catalysante, puis on l'hyyercomprime à 1000 atmosphères. Des manomètres métalliques mesurent celte haute pression dont on maintient la
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- 154 : .r—. — LA SYNTHÈSE INDUSTRIELLE DE L'AMMONIAC
- Fig. 4. — Deux des hypercompresseurs de l’usine de Montereau. Ces appareils aux tubes si déliés permettent de comprimer le mélange gazeux azote-hydrogène à 1000 atmosphères.
- valeur constante par le réglage de l’admission à /’hypercompresseur (fig. 4). Le faible débit gazeux se règle au moyen d’un robinet pointeau disposé en aval du tube et les teneurs en ammoniac se déterminent en faisant passer les gaz sortants dans une solution titrée sulfurique, puis dans un compteur à gaz.
- Afin d’éviter une explosion possible, le tube renfermant le catalyseur et dans lequel s’opère la synthèse de l’ammoniac, est mis dans un puits en béton armé sis à l’extérieur des bâtiments (fig. 5). Chaque tube à catalyseur estlongde 2 m. 50, épais de 2 centimètres et à un diamètre intérieur de 0 m. 18. Une fois amorcée, la réaction se continue sans difficultés. Chose remarquable : ces pressions énormes se manient avec-facilité comme l’indique la théorie.
- Les appareils ne laissent éehapper aucune vapeur nocive dans l’air de la
- salle; les joints de l’hypercompres-seur restent parfaitement étanches et des tubes minuscules suffisent pour véhiculer des masses considérables de gaz. On recueille l’ammoniac liquéfié dans des tubes d’acier et les dissolutions ammonicales plus ou moins concentrées dans des tou-ries de verre (fig. 6).
- A l’usine, qui se trouve encore dans la période de mise au point, sont annexés des laboratoires ou M. Claude et ses aides étudient méthodiquement les différents catalyseurs. Ils se servent pour leurs expériences d’un bloc bétonné divisé en 4 compartiments renfermant chacun un tube à réaction. La photographie ci-contre '(fig. 7) représente l’ensemble de l’installation. Chaque tube contient sur une longueur de 10 centimètres un catalyseur différent qu’on dispose à l’endroit où les couples des pyromètres, destinés à surveiller la marche des réactions, indiquent la constance de la température; en ce point, débouche une dérivation amenant le mélange gazeux sous 1000 atmosphères. A la sortie de chaque compartiment les gaz barbotent dans un flacon contenant de l’acide sulfurique, lequel ne laisse passer que l’azote et l’hydrogène non combinés. Ceux-ci traversent ensuite des compteurs, qu’on aperçoit sur le devant de la maçonnerie et qui accusent immédiatement leurs proportions respectives dans le mélange.
- Lors de notre visite à l’usine de Montereau l’ai-
- Fig. 5..— Puits en béton armé situé à l'extérieur des bâtiments et dans lesquels on isole les tubes renfermant les catalyseurs, en vue d’éviter les accidents en Cas d’explosion.
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- LA SYNTHÈSE INDUSTRIELLE DE L’AMMONIAC . 155
- Fig. 6. — A gauche, installation pour recueillir Vammoniac liquéfié dans des tubes d’acier.
- A droite, touries dans lesquelles on verse les dissolutions ammoniacales plus ou. moins concentrées.
- mable et savant inventeur, tout en ne nous spécifiant pas la composition du catalyseur dont il garde le secret pour l’instant, a bien voulu nous indiquer qu’il permet la combinaison de 40 pour, 100 des gaz mis en œuvre contre 12 pour 100 seulement dans le procédé allemand. Et même notre compatriote escompte des réactions plus complètes dans un avenir prochain.
- En définitive, ce qui distingue l’élégante méthode Georges Claude pour fabriquer synthétiquement
- l’ammoniac du procédé inventé par l’allemand Haber c’est la supériorité incontestable de son rendement. À égalité de volume, ses tubes catalyseurs produisent 25 fois plus que les colossales installations d’Oppau près de Ludwigshafen et de Merseburg près de Halle dans lesquelles le chimiste boche réalise actuellement sa fabrication.
- On saisit, dès lors, l’importance capitale de cette industrie naissante. La production . de l’ammoniac synthétique au moyen de l’azote extrait de l’air (source inépuisable) et de l’hydrogène assure à la France, en temps de guerre, la possibilité de fabriquer sans limite les explosifs nécessaires à sa défense, et, en temps de paix, d’obtenir à bon marché le sulfate d’ammoniaque, cet engrais indispensable au développement de son agriculture.
- Peut-être même la nouvelle technique aura-t-elle une répercussion sur d’autres industries chimiques. La fabrication de l’ammoniac synthétique se ramène, en effet, à un problème d’obtention économique de l’hydrogène puisque contre 1 atome d’azote peu coûteux, elle exige 3 atomes d’hydrogène très cher et difficilement purifiable. Or M. Claude se propose de substituer aux sources actuelles (sous-produit de la soude dans l’électrolyse du sel marin ou eau décomposée par le fer rouge), le gaz des fours à coke mal utilisé aujourd’hui,. car il renferme
- Fig. y. — Installation pour l’étude des catalyseurs dans le laboratoire de l’usine.
- Le bloc bétonné est divisé en 4 compartiments renfermant chacun un tube avec catalyseur. Sur le devant, on voit les compteurs que traversent les gaz après avoir barboté dans des flacons contenant de l’acide sulfurique qui retient l’ammoniac et laisse passer l’azote et l’hydrogène non combinés.
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- 50 pour 100 d’hydrogène de bas pouvoir thermique par rapport aux 9000 calories du méthane qui s’y rencontre'avec lui. Si donc on éliminait l’hydrogène du gaz des fours à coke, cela remédierait à cet inutile gaspillage. Après avoir débarrassé ce gaz de sa benzine, de son ammoniac et de son toluène, M. Claude conseille d’achever son épuration par barbotages dans un solvant approprié.
- D’autre part, la nouvelle synthèse permettra sans doute de modifier la fabrication de la soude par le procédé Solvay, en évitant l’emploi de la chaux totalement perdue avec le chlore sous forme de chlorure de calcium dont l’évacuation est, en outre,
- difficile. Enfin le hardi chercheur compte parvenir de la sorte à changer l’ammoniaque en un produit transportable et facilement utilisable comme engrais. Et conséquence heureuse, chaque fois qu’on fixe une tonne d’azote, on obtient 5 tonnes de carbonate de sodium, à titre de sous-produit gratuit tandis ‘qu’on libère les quantités énormes d’acide sulfurique qu’il aurait fallu pour nei traliser les solutions ammoniacales des usines à gaz ou du traitement des eaux vannes. .Et la liste des transformations en germe dans cette importante conquête de la chimie française semble loin d’être close !
- Jacques Bover.
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- La T. S. F. à bord des dirigeables et avions. — Les postes émetteurs et les réglages d’artillerie. — La réception à bord des avions. — Les appareils à grande portée. — La téléphonie à bord des avions. — La direction par T. S. F. — Les avions télémécaniques.
- La T. S. F. pour l’aéronef comme pour le navire, est l’unique moyen de communication. Aussi, dès
- masse de l'avion
- f ressort de
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- ”ea<*/0
- Fig. I.
- Émission en montage direct par bobine et accus.
- Le secondaire d’une bobina d’induction est relié à l’antenne d’une part, à la masse de l’avion de l’autre.
- que parurent avions et dirigeables, chercha-t-on le moyen d’y installer la télégraphie sans fil. On se heurta tout de suite à des difficultés spéciales, moins graves pour le dirigeable que pour l’avion. Il fallait à bord de ce dernier une émission de faible poids, surtout au début de l’aviation, où les appareils étaient prévus très « juste ». La réception à bord paraissait impossible, étant donné le bruit et les trépidations. Toutes ces difficultés devaient être vaincues pendant la guerre. On réussit non seulement à doter les aéronefs d’une émission puissante, quoique légère, et d’une réception qui fonctionnait aussi bien qu’à terre, mais encore on mit au point la téléphonie sans fil, à bord, et grâce à la T. S. F. on réussit à diriger les avions, comme nous le verrons plus loin.
- Nous allons d’ailleurs suivre pas à pas les merveilleux progrès de la Radiotélégraphie ancienne, en exposant successivement : 1° les essais d’appareils antérieurs à la guerre ; 2° le développement considérable pris par la radio ancienne pendant les hos-
- tilités ; 3° les études en cours au moment de l’armistice, et lès résultats acquis ou qui semblent prochains.
- A. Ce qu'il y avait avant la guerre. — Il y avait des postes de dirigeables et des postes d’avions.
- Dès l’apparition des dirigeables, on chercha à y installer la T. S. F. Des postes assez analogues aux postes decampagne sur autos, mais dont l’alternateur était entraîné par un des moteurs du dirigeable, permirent des portées intéressantes. Le dirigeable offrait assez de place disponible pour qu’on pût y installer à distance respectueuse des moteurs une réception d’un type courant. Dès 1910, des essais furent entrepris pour obtenir la liaison radiotélégraphique entre les ballons, la tour Eiffel et les places de l’Est. Ils donnèrent entière satisfaction. Chaque année, aux grandes manœuvres, le dirigeable de service restait en liaison avec les postes à terre que nous venons de nommer. On réalisa ainsi des intercommunications entre Clermont-Ferrand et Paris et, d’une façon générale, entre la région du Centre où évoluait le dirigeable et les places de l’Est. Le capitaine Ferrié fit lui-même les premières études et les premiers vols, et préluda ainsi au rôle si important qu’il devait jouer pendant la guerre, rôle de direction et de réalisation en tout ce qui touchait les appa-
- ) a/ternaleur ' mu par/féfice
- Émission en montage direct par alternateur.
- reils et les méthodes. Le matériel des dirigeables fut beaucoup moins modifié que tout autre pendant
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- la guerre. Gela tient à ce que les dirigeables ne jouèrent pas grand rôle. Il y eut divers types de postes de puissance variant de 500 à 2000 watts. Les derniers types d’alternat eurs étaient mieux étudiés au point de vue mécanique et électrique, que les premiers, mais le matériel de dirigeable resta néanmoins assez semblable à lui-même pendant toute la durée des hostilités. C’est pourquoi nous n’en parlerons pas davantage et réserverons surtout ce qui nous reste à dire au matériel d’avion. Ce dernier a changé nombre de fois et s’est adapté, comme nous le verrons, aux besoins et auxapplications les plus variés.
- Avant la guerre, le matériel radiotélégraphique d’avion n’était pas très différent dans son principe de celui des dirigeables. On ne cherchait qu’à émettre. La réception à bord, que l’apparition des amplificateurs a seule rendue possible, semblait parfaitement irréalisable. De plus, on cherchait la grande portée, 100 ou 15U kilomètres. L’avion d’artillerie n’avait que de rares partisans. L’aviation semblait, outre son rôle éventuel de bombardement, être réservée à la reconnaissance lointaine. On voulut lui donner un moyen de communication qui rattachât l’aviateur à sa base et lui permît de transmettre au fur et à mesure les résultats de sa reconnaissance. On montait, à cette époque, à bord des àvionsun poste de T. S. F. qui comportait tous les organes d’un poste ordinaire de campagne. Alternateur mû par le moteur de l’avion, circuit oscillant chargé par cet alternateur et dont les capacités étaient des bouteilles de Leyde (tubes Mosciki), éclateur à étincelles soufflées, antenne formée d'un fil pendant sous l’avion et électriquement isolé de celui-ci, terre du poste remplacée par un contrepoids formé de toute la masse métallique de l’avion. L’ensemble du matériel pesait 60 kgs environ, et l’on réussit effectivement à obtenir les portées de 100.à 150 km. que l’on désirait. On réalisa la liaison Chartres-Villacou-blay, puis Villacoublay-Laval. Le capitaine Brertot effectua les premiers vols, piloté par l’adjudant Ménard, qui devait devenir pendant la guerre un de nos plus hardis chasseurs ; le capitaine d’artillerie Denis de Lagarde prit une part active à ces essais et devait finalement y trouver la mort. Ils furent arrêtés peu avant la guerre, le résultat cherché ayant été obtenu.
- elf vgr/ab/e f Variomelre J
- En résumé, vers 1914, nous disposions comme radio aérienne d’un poste émetteur et récepteur pour dirigeable, qui donnait de 4 à 500 km. de portée, et qui devait être peu modifié, et d’un poste
- V.
- antenne
- self secondaire
- <o
- -*"=> self
- capacité
- secondaire
- détecteur
- E>.
- téléphone
- capacité primaire
- £ L'alternateur débite dans un circuit oscillant dont une partie est dans l’antenne
- terre
- Fig. 3. — Schéma de la boîte de réception donnée à tous les groupes d’artillerie et aux états-majors.
- uniquement émetteur d’avion, lourd, encombrant, peu apprécié des aviateurs, mais qui réalisait une portée allant à 150 km. Nous allons voir ce que la guerre a fait de ce matériel.
- B. Ce qu’on a réalisé pendant la guerre. — On a doté les avions de réglage d’artillerie, de postes émetteurs à étincelles. Les avions d’infanterie et de reconnaissance ont été munis de postes récepteurs. Les avions réglant les canons à très longue portée ont été dotés de postes à ondes entretenues à la fois émetteurs et récepteurs.
- Tel est le matériel qui était universellement adopté vers la fin de la guerre. Nous allons en parler plus en détail maintenant, nous réservant de traiter dans un autre paragraphe, des appareils moins courants, mais d’un intérêt non moins grand et dont beaucoup étaient entièrement au point quand survint l’armistice.
- a) Matériel d'émission pour le réglage d'artillerie du début delà guerre. — Les avions du début de la guerre, ils étaient d’ailleurs peu nombreux, n’avaient pas la T. S. F. Les aviateurs étaient hostiles à ce procédé de transmission dont les avantages leur échappaient et dont ils ne voyaient que les inconvénients matériels : le poids et l’encombrement. Les observateurs qui partaient en reconnaissance au début de la campagne rendaient compte à l’atterrissage des résultats de leur mission et n’éprouvaient pas le besoin d’user du poste de T. S. F. qu’on avait prévu pour eux. Plus tard, ils firent de la photographie, et l’on peut dire que le rôle que l’on destinait en temps de paix à la T. S. F. d’avion ne fut jamais rempli pendant la guerre. Au contraire, les observateurs d’artillerie sentirent tout de suite et impérieusement la nécessité d’une bonne liaison entre l’avion de
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- réglage de tir et la terre. On essaya bien de signaler les points d’arrivée des projectiles, par des mouvements convenus de l’avion visible de la terre, ou bien par des fusées tirées par l’observateur. Les résultats furent médiocres.
- La T. S. F. se révéla rapidement comme le seul moyen efficace de faire connaître à la batterie le résultat de son tir. Les premiers essais de cette T. S. F. à petite portée datent d’octobre 1914, dès la stabilisation des armées consécutive à la lre bataille de la Marne. Les canons que l’on réglait étaient encore à portée relativement réduite. La T. S. F. par suite, n’avait pas besoin d’être entendue à plus de quelques kilomètres. On commença par donner aux aviateurs une bobine genre Ruhmkorff, alimentée par des accumulateurs et dont les deux extrémités du secondaire é-taient reliées, en même temps qu’à l’éclateur, à l’antenne d’une part et de l’autre à la masse métallique de l’avion formant contrepoids électrique. L’antenne se composait d’un fil métallique tendu par des poids, enroulé au repos sur un rouet èt traversant l’avion par l’intermédiaire d’un tube isolant pour venir pendant l’émission flotter derrière lui. La longueur du fil déroulé variait de 60 à 120 mètres en général.
- Ce dispositif simple, dont la figure 1 donne le schéma, réalisait des portées dé 4 à 5 km. pour une énergie au départ d’une trentaine de watts. On recevait l’émission de l’avion sur un poste récepteur qui d’abord fut extrêmement simple, il ressemblait à ces postes que tout le monde a connus et qui servaient à prendre l’heure de la Tour. L’antenne de réception se composait d’un Y porté par des perches en bambou.
- A l’émission ,par bobine et accus succéda bientôt une émission plus compliquée et dont la source d’énergie était un alternateur mû par hélice, l’hélice étant actionnée par le déplacement même de l’avion. Comme le nombre d’avions qui devaient émettre simultanément dans la même région allait sans cesse en augmentant, on chercha à réduire les brouillages au minimum. On y réussit en différenciant les émissions d’avions, d’abord parla longueur d’onde (plus ou moins de fil déroulé), et ensuite par le son.
- Des éclateurs tournants montés >sür l’arbre de
- l’alternateur, et dont le nombre des dents pouvait varier, donnaient un nombre d’étincelles à la seconde qui était fonction du nombre de dents. Chaque étincelle actionnait le téléphone du récepteur qui vibrait ainsi avec une fréquence directement liée au nombre des dents de l’éclateur tournant.
- Jusqu’à l’apparition de l’artillerie lourde à grande puissance, on fit toujours de l’émission en montage direct, un transformateur élévateur de tension dont le primaire était alimenté par l’alternateur jouait le même rôle que la bobine d’induction du montage primitif (fig, 2).
- La T. S. F. sur avion qui fonctionnait sur tout le front dès mars 1915 fut employée en grand pour la première fois aux attaques de septembre 1915. Malgré que le matériel fût encore rudimentaire
- (l’alternateur à hélice n’était pas encore sorti),les résultats furent excellents. L’artillerie, aveugle jusque-là, avait trouvé ses yeux, et l’ennemi, qui ne se mit à la T. S. F. sur avion que plus de 6 mois après nous, fut immédiatement convaincu par arguments frappants de la supériorité du procédé.
- L’alternateur à hélice qui date du début de 1916 fut employé en grand à la bataille de la Somme. Il y eut là jusque 2 et 3 avions émettant simultanément par kilomètre de front et les brouillages furent très peu importants. Il est vrai qu’une excellente boîte de réception avait été donnée entre temps aux exécutants. Elle permettait des accords beaucoup meilleurs que les postes de réception composés d’une simple bobine et dont on avait d’abord fait état. Son schéma donné par la figure 3 montre qu’elle se composait essentiellement de 2 bobinages et de 2 capacités montés suivant une disposition qui est actuellement commune à toutes les boîtes de réception. '
- À la Somme également, on commença à régler de façon méthodique les canons à longue portée de l’A. L. G. P. Il s’agissait de faire des portées supérieures à celles dont avaient besoin l’artillerie de campagne ou l’artillerie lourde ordinaire. Il fallait en même temps ne pas brouiller les antennes qui faisaient d’autres réglages. Pour y parvenir et en attendant les appareils spéciaux à ondes entretenues qui devaient apparaître plus tard, on employa les mêmes alternateurs à hélice, mais marchant
- Fig. 5. — Les divers types de récepteurs à bord.;
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- avec des longueurs d’onde plus longues (plus de fil déroulé), et en montage indirect. Le montage indirect (fig. 4) consiste essentiellement à débiter non plus directement dans le système antenne masse de l’avion, mais dans un circuit oscillant intermédiaire ayant une longueur d’onde bien définie et sur laquelle on accorde l’antenne. On obtient ainsi des émissions plus pures et qui permettent des accords plus précis à la réception.
- Ainsi, au moment de la bataille de la Somme (juin 1916), le réseau radio-aérien se présentait de la façon suivante. À terre, chaque groupe ou groupement d’artillerie, chaque état-major, chaque escadrille disposait d’une boîte de réception dernier type et d’une antenne en V, montée sur perches de bambou.
- Les avions étaient munis d’alternateurs à hélice, marchant en montage direct et sur des ondes allant de 100 à 300 m. pour les réglages ordinaires (portées demandées de 4 a 6 km). Ces mêmes alternateurs marchant en montage indirect et sur des longueurs d’ondes plus grandes (350 à 500 m.) réglaient l’A.
- L. G. P. (portée exigée de 8 à 15km).
- A noter que cette même année 1916 marque l’apparition aux armées du 1er poste de téléphonie sans fil et la généralisation des amplificateurs à basse fréquence dont la mise au point remontait à 1915. Nous reparlerons plus loin de ce poste de téléphonie, poste d’avion qui fut essayé au moment de Verdun, donna de bons résultats et devait être le 1er d’une longue série de postes émetteurs ou émetteurs-récepteurs d’ondes entretenues.
- b) La réception à bord. — L’aviateur que sa T. S. F. mettait en liaison avec le sol, éprouva tout de suite le besoin d’un accusé de réception. On essaya de lui parler depuis la terre par des procédés simples dont les deux principaux furent le panneau et le projecteur. Avec 3 panneaux de toile de 2 m. sur 1 m. on pouvait faire un nombre respectable de combinaisons dont chacune correspondait à une phrase simple connue de l’aviateur, par exemple : la batterie est prête ; nous avons mal entendu, répétez votre signal ; ou encore nous interrompons le tir, etc. Le nombre de phrases de cette espèce, pouvant intéresser un observateur d’artillerie, était assez réduit pour que 3 panneaux fussent suffisants pour tout dire. On essaya néanmoins d’en dire da-
- vantage, soit avec un projecteur pointé sur l’avion et qui transmettait des signaux Morse, soit avec un panneau unique dit à éclipse blanc sur une face et grisâtre sur l’autre et qu’un ingénieux jeu de tirettes montrait au ciel par sa face blanche ou dissimulait en lui donnant une couleur neutre. En montrant ce< panneau sur son côté blanc pendant des intervalles de temps courts ou longs on envoyait également du Morse. Projecteurs ou panneaux à éclipses n’étaient pas toujours très bien lus par les observateurs. Il fallut chercher quelque chose de plus étudié. Les techniciens de la R M le trouvèrent sans peine.
- La réception à bord parut surtout intéressante pour l’observateur monté dans l’avion d’infanterie ou l’avion de commandement. En effet à l’avion d’arlillerie, spécialisé dans les réglages de lir, était venu très rapidement s’adjoindre l’avion d’infanterie destiné aux reconnaissances à petite portée et qui n’avait rien de commun avec l’avion de reconnaissance proprement dit qui, lui, ne fut jamais doté de la T. S. F. L’avion d’infanterie devait ou bien observer nos propres lignes et renseigner le commandement sur la façon dont avaient progressé nos troupes ou bien observer les lignes ennemies et signaler tout ce qui lui paraissait intéressant, rassemblements et objectifs pouvant être battus par notre artillerie, mouvements et préparations visibles d’attaques pouvant renseigner le commandement. Cet avion d’infanterie rencontrait donc dans sa mission beaucoup plus d’imprévu que l’avion de réglage de tir et il pouvait sembler intéressant de lui donner des ordres, ordres très variés et qui ne pouvaient pas tous être prévus comme pour l’artillerie dans un code réduit de panneaux.
- Recevoir à bord les signaux d’un projecteur était très aléatoire ; l’expérience l’avait prouvé I 11 fallait donc recevoir la T. S. F. Avant la guerre, nous l'avons dit, la réception à bord était considérée comme impossible à cause de la trépidation et du bruit des moteurs. Il fallait donc ou imaginer une réception qui n’intéressât pas l’oreille ou renforcer la réception ordinaire de façon à la rendre perceptible, quels que fussent les bruits extérieurs. C’est ce dernier procédé qui devait donner des résultats pratiques dès que les amplificateurs eurent été mis au point. Avant ce moment, M. Dufour avait
- Fig. 6. — Appareil à ondes entretenues pour les réglages de /’A.L.G. P.
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- Fig. 7- -donnant tension
- - Dynamo à hélice 3 20 volts pour la plaque des postes d’k. L G. P.
- imagine un r e-eepteur très ingénieux qui permettait de lire effectivement les signaux. Sans entrer dans le dé-1 ail de l'appareil, nous dirons simplement que l’onde hertzienne avait pour elfet de déplacer une goutte de mercure incluse dans un tube capillaire et dont l’ombre se projetait sur un verre dépoli. Quand l’onde cessait d’arriver, la goutte reprenait sa position de repos. L’observateur ayant le verre dépoli sous les yeux, lisait les déplacements courts ou longs de la goutte et les transformait en signaux Morse. Ce dispositif parfait au point de vue théorique avait un gros inconvénient pratique. L’observateur, de par son rôle même, regardait bien plus souvent le paysage que son appareil et comme il n’y avait aucun appel, bien des signaux lui échappaient; ou, s’il était attentif aux signaux de son appareil, il manquait des observations qui pouvaient être très intéressantes. En d’autres termes il aurait fallu doubler l’observateur d’un télégraphiste n’ayant pas d’autre consigne que de regarder la goutte de mercure de l’appareil Dufour. Cet observateur spécialisé qui aura sa place au même titre que l’opérateur radio de navire sur les grands aéronefs qui se font à présent n’existait sur aucun avion de guerre. Ces derniers avaient plus besoin de mitrailleurs que de télégraphistes et ce fut l’observateur qui, jusqu’à la fin des hostilités, remplit en même temps les fonctions de radio. Comme ses yeux étaient pris ailleurs, il fallut revenir à la réception par l’oreille que la mise au point des amplificateurs rendait possible.
- Nous avons déjà parlé des récepteurs à bord dont les premiers types comportaient 3 lampes à 3 électrodes, la première servant de détecteur, les 2 dernières d’amplificateur à basse fréquence. Plus tard on créa un type à 4 lampes. La première amplifiait le courant de réception qui parcourait l’antenne, la 2e lampe détectait, les 2 dernières amplifiaient le courant détecté. Les 1ers types de récepteurs à bord pouvaient recevoir des ondes dont la longueur était comprise entre 400 et 1000 m, Le dernier modèle fonctionne pour la gamme 250-1200. C’est un appareil de ce type dont le Goliath était muni et qui lui a permis, concurremment avec un poste émetteur à étincelles
- d’une puissance de 50ü watts et dont nous parlerons plus loin, de prendre contact avec une vingtaine de postes à terre et de transmettre ou recevair une quarantaine de télégrammes à des distances du correspondant qui atteignaient 500 km.
- La réception à bord, dont 4 avions par escadrille étaient munis vers la fin de la guerre, n’a peut-être pas rendu tous les services qu’elle aurait pu rendre pour la raison fort simple que les observateurs n’eurent pas en général les loisirs ni le goût de devenir bons lecteurs au son et qu’il aurait fallu à bord un observateur spécialisé qui existera certainement dans les avions de l’avenir. Au point de vue technique, le problème était parfaitement résolu et des raids comme celui du Goliath le démontrent surabondamment. La figure 5 représente les divers types de récepteurs à bord créés par la R. M.
- c) L’émission à ondes entretenues pour l'A. L. G. P. (artillerie lourde à grande puissance). — Les canons du nouveau programme d’artillerie portant de plus en plus loin, il fallut prévoir des réglages à très longue distance. 11 y avait intérêt pour les gros calibres, dont les projectiles étaient coûteux, à ce que l’avion de réglage fit ses observations très près du but. Pour réaliser des portées suffisantes il eût fallu, si on avait gardé l’émission amortie, des appareils puissants qui auraient sérieusement brouillé les réceptions des antennes de l’artillerie de campagne ou de l’artillerie lourde ordinaire. On fut donc amené à installer à bord des avions qui réglaient l’A. L. G. P. des appareils à ondes entretenues qui permettaient des portées bien suffisantes pour une faible énergie au départ facile à réaliser et qui n’étaient rigoureusement pas entendus par les récepteurs à galène dont étaient munies les antennes ordinaires d’artillerie.
- Le poste à la fois émetteur et récepteur que l’on installa à bord des avions d’A. L. G. P. était tout à fait analogue au poste du réseau de division dont nous avons parlé dans un précédent article (voy.
- Fig. 8. — L’alternateur Y, son transfo, son circuit oscillant _et son variomètre.
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- n° 2369 de La Nature) (fig. 6). Il a été établi par M. Guüoïi. Il comprenait 3 lampes émettrices montées en parallèle et 3 lampes réceptrices dont la première servait de détecteur et les 2 autres d’amplificateurs basse fréquence. Un commutateur à plusieurs contacts faisait passer instantanément d’émission à réception. La gamme des longueurs d’onde allait de 500 à 750 et prenait immédiatement au-dessus de la gamme des ondes amorties d’avion. Comme source d’énergie on employait un accumulateur de 6 volts pour chauffer le filament des lampes, un bloc de piles de 56 éléments pour la tension plaque des lampes de réception (40 volts). La tension plaque des lampes d’émission (320 volts) était donnée par une petite dynamo mue par hélice (fig. 7).
- Le poste correspondant de ce poste d’avion et qui fut donné aux groupes d’A. L. G. P. comportait les mêmes six lampes et les mêmes organes. Son montage intérieur était un peu ditférent et permettait des portées assez sérieuses, au moins triples de celles du poste d’avion. On réalisa avec ce poste et sur antenne basse (fil à 7 m. du sol soutenu par 2 perches en bambou couplées) environ 100 km de portée. On cherchait des portées de cet ordre pour que le groupe d’A. L. G. P. put rester en liaison avec son escadrille qui était souvent très éloignée de lui et qu’on munissait d’un appareil à ondes entretenues d’un type analogue.
- Entre poste à terre et poste d’avion la portée pratique fut de 25 à 30 km, ce qui suffisait aux réglages que l’avion d’A. L.'G. P. devait faire. La possibilité de transmettre dans les deux sens était particulièrement précieuse pour des réglages faits
- Fig. g.
- Machine donnant à la fois le courant pour la T. S. F. et celui nécessaire au chaujjage de l’avion.
- avec des projectiles coûteux et qu’on avait intérêt à soigner au maximum. Les résultats furent excellents.
- d) Il nous reste, avant de passer aux études en cours et aux appareils dont l’emploi n’était pas encore généralisé au moment de l’armistice, à jeter un coup d’œil d’ensemble sur le réseau général de la radio aérienne au moment où se déclencha l’offensive de 1918.
- Nous avions à cette époque des escadrilles attachées aux corps d’armées et dont les unes réglaient l’artiilerié lourde de ces C. A., les autres fournissaient les avions de réglage de l’artillerie de campagne et les avions d’infanterie. Ces mêmes avions faisaient les reconnaissances à longue distance et prenaient les photographies qui rendirent tant de services au cours de la guerre.
- Rattachées aux armées, nous avions les escadrilles de réglage de l’A. L. G. P., les escadrilles de bombardement et de chasse. Aux bombardiers, on chercha à donner la téléphonie sans fil et la goniométrie à bord, aux chasseurs on voulut donner la T. S. F. également, mais on dut y renoncer : leurs acrobaties aériennes s’accommodaient mal d’une antenne pendante et l’antenne fixe tendue sur les ailes ne rayonnait pas assez. Tout cela était encore à l’étude en 1918 et nous en parlerons en détail plus loin. Il n’y avait d’ailleurs rien de définitif parce que le rôle même des bombardiers et des chasseurs n’était pas encore définitivement arrêté et que les méthodes d’emploi étaient encore changeantes.
- L’avion d’artillerie, l’avion d’infanterie au contraire avaient des consignes et une méthode de travail bien arrêtées. Leur matériel de T. S. F. était par suite très au point.
- Un alternateur unique très léger (4 kg environ) donnant 120 watts de puissance utile et qu’on appelait l’alternateur Y était monté sur tous ces avions (fig. 8). Il était mû par une hélice à pas variable dont la surface offerte au vent se réglait automatiquement d’après la vitesse de l’avion pour que le nombre de tours restât constant. Cet alternateur Yétait monté en excitation directe et sur des longueurs d’onde allant de 120 à 300 m. dans tous les avions réglant l’artillerie de campagne ou observant l’infanterie.
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- Il était monté en excitation indirecte sur les avions réglant l’artillerie lourde.
- Les -avions destinés à l’observation d’infanterie étaient munis d’un récepteur à bord.
- Tel était le matériel des escadrilles de corps d’armée. Quelques-unes furent, au lieu de l’alternateur Y, munies d’une machine différente qui fournissait, outre les 120 watts alternatifs de l’Y, 500 watts continus destinés au chauffage des passagers et du pilote et aussi au réchauffement de l’huile. Ces machines, naturellement, beaucoup plus lourdes que l’Y (15 kg environ) pouvaient être entraînées par hélice ou par le moteur de l’avion. La ligure 9 représente l’une d’elles.
- Le matériel à terre se composait de postes unG quement récepteurs, postes à galène donnés à tous les groupes, groupem ents d’artillerie et à tous les états-majors jusqu’au régiment d’infanterie inclus (ftg. 10).
- A l’escadrille, ce poste récepteur était doublé pàf un poste é-metteur à ondes entretenues qui pouvait, soitcom-muniquer avec les récepteurs à bord, soit entrer dans le réseau radiotélégraphique du corps d’armée. Les escadrilles d’armées, si l’on met à part bombardiers et chasseurs, se bornaient aux escadrilles d’A. L. G. P. dont le matériel à ondes entretenues a été décrit plus haut, l’escadrille et les groupes ou groupements d’A. L. G. P. disposaient d’un matériel très analogue à celui des avions, très analogue aussi à celui du réseau des divisions.
- En résumé, à tous les groupes, à tous les groupements (l’A. L. G. P. exceptée), à tous les états-majors un poste à galène uniquement récepteur. A toutes les escadrilles, à tous les groupes d’A. L. G. P. un poste émetteur et récepteur à ondes entretenues.
- Et là-haut, sur les avions innombrables dont se remplit le ciel des jours de bataille, l’alternateur Y envoyant ses ondes de 120 à 500 m., soit en émission directe, soit en émission indirecte, et çà et là, sur les avions d’A. L. G. P. un poste aondes entretenues qui émet et reçoit et dont la portée est 3. à
- fois celle de l’Y. Ce dispositif permettait de mettre usqu’à cinq avions par kilomètre de front sans que lés brouillages eussent des conséquences fâcheuses.
- il faut noter d’ailleurs que les signaux de réglage très simples, plusieurs fois répétés, passaient mieux dans le tohu-bohu des réceptions simultanées qu’un télégramme de longue haleine même rédigé en clair, ce qui était $’ailleurs formellement défendu.
- On peut dire qu’en 1918 l’aviation d’artillerie était, au point de vue T. S. F. comme au point de vue emploi général* parfaitement au point. Partie de presque rien, elle ^vait satisfait à tous les desiderata des artilleurs. Sa T. S. F. ne donnait lieu qu’à des éloges, elle répondait pleinement aux espoirs qu’on avait fondés sur elle, elle le devait aux habiles techniciens dont le général Ferrié dirigeait les travaux.
- Il nous reste à présent à parler des études en
- cours vers la fin de l’année 1918 et dans le courant de l’année suivante.
- C. Études en cours. — Nous distinguerons les études réellement nouvelles, comme la gonio-métrie à bord d’avion et la télémécanique, de celles qui visaient à mettre au point ou à développer des appareils usités depuis longtemps déjà comme la téléphonie à bord ou les appareils de télégraphie à grande portée ; nous commencerons par ces dernières.
- a) Appareils de télégraphie à grande portée. — Nous avons vu que de tels appareils existaient avant.la guerre mais qu’ils furent peu employés et qu’on n’avait d’ailleurs pas eu le loisir de les adapter au rôle qu’ils devaient jouer. La question fut reprise par la marine pour les hydravions. La guerre à son tour, quand il fut question de bombardements méthodiques à longue distance, sentit la nécessité d’employer à nouveau des postes émetteurs puissants. On créa pour les hydravions comme pour les aviçns un alternateur de 500 watts semblable dans son principe et son montage à l’alternateur Y et mû comme lui par hélice. Il pesait une vingtaine de kilogrammes et donna des portées atteignant 300 km sur terre et 500 sur mer (contre 70 pour l’Y), la réception étant munie d’un amplificateur. Les dirigeables français avaient d’ailleurs un poste analogue vers la fin de la guerre.
- Cet alternateur de 500 watts (fig. 11) donnait une émission amortie à étincelles. On a cherché également à réaliser Im poste à ondes entretenues
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- puissant. La véritable difficulté du problème était d’installer sur l’avion une source à haut voltage permettant l’alimentation des plaques d’un poste à lampes. Aussi chercha-t-on longtemps à réaliser un petit arc. alimenté sous 200 volts seulement. Les constructeurs ne réussirent pas à le mettre au point et l’on revint au poste à lampes. Le dernier modèle qui semble devoir donner toute satisfaction utilise des lampes plus fortes que celles du poste de J’À. L. G. P. Il est analogue à un poste déjà créé en 1916 pour certains services à terre. Au lieu de mettre 4 à 5 dixièmes d’ampères dans l’antenne, on pourra y mettre 2 ampères. Les plaques seront alimentées par une dynamo fournissant du courant à 800 volts et mue par hélice. Il y aura simplement lieu de prendre de grandes précautions pour l’isolement des conducteurs.
- La question semble dès à présent résolue et de très bonnes portées pourront être obtenues.
- b) Téléphonie sans fil à bord d'avion. —
- Nous avons dit dans notre article sur les lampes à, 3 électrodes que tous les postes émetteurs d’ondes entretenues pouvaient faire indifféremment de la télégraphie ou de la téléphonie, la portée étant simplement très réduite pour cétte dernière. La téléphonie sans fil à bord d’avion n’est donc pas une nouveauté. Elle date de l’époqüe où l’on mit pour la première fois un poste à lampes à bord. Ce 1er poste était d’ailleurs spécialisé précisément pour la téléphonie et remonte au début de 1916. Ce fut le 1er poste réalisé par M. Gutton et le début de toute une longue série.
- Le poste d’A. L. G. P., dont nous avons parlé plus haut, pouvait faire lui aussi de la téléphonie à bord. Mais l’aviation ne commença à demander la téléphonie que le jour où l’on organisa méthodiquement l’aviation de bombardement. On désirait un poste qui permît aux avions d’une même escadrille partant en expédition de converser entre eux. On désirait une portée suffisante pour assurer cette intercommunication entre avions, mais réduite néanmoins pour ne pas'gêner des avions éloignés. M. Gutton construisit un poste dont la figure 12 donne l’image et qui donna toute satisfaction. On obtenait la portée réduite demandée en déroulant très peu d’antenne ou en travaillant sur une antenne
- fixée à demeure sur l’avion et affectant la forme d’un W tendu entre la place de l’opérateur, l’extré-milé de la queue et des ailes.
- Au contraire, avec une antenne normale, le même poste donna des portées tout à fait intéressantes ; 20 km entre la terre et l’avion, 40 km entre l’avion et la terre, 10 km entre 2 avions. Cette portée entre avions varie un peu suivant la position relative des avions, mais reste toujours de l’ordre de quelques kilomètres.
- La téléphonie à bord et entre avion et poste à terre était parfaitement au point dès les premiers mois de 1917. Elle présente toujours sur la télégraphie les inconvénients que nous avons précédemment signalés : moindre portée toutes choses égales d’ailleurs, réception devenant inintelligible longtemps avant de disparaître complètement parce qüe certaines voyelles portent moins que d’autres, brouillages plus fréquents.
- A noter comme emploi intéressant de la téléphonie sans fil à propos d’avion, les transmissions faites par les postes de téléphonie sans fil à grande puissance du Champ de Mars et du Bourget et que les avions du camp retranché de Paris entendirent sur leur petit récepteur de bord jusqu’à Amiens, à une distance dépassant 100 km.
- c) La goniométrie à bord d'avion. — Nous, en avons déjà parlé dans notre article sur la radiogoniométrie en général (n° 2361 de La Nature). Nous rappellerons simplement qu’on peut faire le point à bord d’un aéronef de plusieurs façons différentes.
- 1er Procédé. — L’avion transmet et des postes goniométriques, placés à terre, lui passent l’angle que faisait au moment de la transmission la droite qui les joint à lui avec le nord géographique. Le point s’obtient en traçant sur une carte les droites correspondant aux indications de 3 postes récepteurs au moins, ces droites doivent se recouper au point d’où l’avion avait transmis.
- Le procédé présente deux inconvénients évidents : 1° on est mal installé en avion pour ce travail de cartographie et de report d’angles ; 2° l’avion quand il a déterminé son point est déjà très loin de l’endroit où il avait transmis et n’es,t jamais très bien renseigné sur sa position actuelle. ,fi
- Fig. 12.
- Le poste de téléphonie sans fil à bord d’avion, au premier plan, le microphone pour parler, le casque pour écouter.
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- 2° Procédé. — C’est le poste à terre qui transmet et l’avion qui reçoit. La méthode est la même que celle créée pour les dirigeables à Saint-Cyr en mai 1916. C’est dans cette voie qu’ont été orientées les recherches récentes sur la goniométrie à bord.
- Pour comprendre ce qui se passe, il faut se souvenir de ce fait dont nous avons précédemment donné l’explication en tous détails : quand un cadre récepteur tourne autour d’un axe vertical, la position pour laquelle son plan passe par le poste émetteur correspond à une audition maxima. La position perpendiculaire à la précédente correspond à une audition minima ou nulle. On peut alors ou bien recevoir le poste émetteur à l’aide d’un cadre mobile placé dans le fuselage fermé sur un appareil de réception et avec lequel l’observateur cherche l’extinction du correspondant ou bien munir l’avion d’un cadre fixe et chercher l’extinction en plaçant ce cadre dans la position favorable p;ir une manœuvre de l’avion.
- Par le-1er procédé, on réalisé des extinctions très nettes, mais quand on a déterminé ainsi la direction du correspondant, il faut la comparer avec une direction fixe, celle du nord magnétique et l’on se heurte, à .............
- cause de l’inertie du compas toujours en retard par rapport aux mouvements brusques de l’avion, à de grosses difficultés pour avoir un angle précis qui permette, en recevant 2 ou 3 postes, de procéder à un recoupement exact. On est arrivé cependant à obtenir des erreurs de boussole qui ne dépassent pas beaucoup les erreurs même de la mesure goniométrique.
- Le 2e procédé (cadre fixe disposé à demeure sur l’avion) permet de se diriger de façon un peu grossière, mais sans erreur dangereuse, sur un poste émetteur qui n’est pas trop près. On peut, par exemple, disposer le cadre fixe de façon" que son plan soit perpendiculaire à la direction de marche de l’avion. En manœuvrant cet avion de façon que le poste émetteur soit reçu au minimum, on est sûr que l’axe de l’avion passe, à très peu près, par le poste émetteur (fig. 13). Autrement dit on se dirige à l'aide du cadre sur ce poste émetteur sans qu’il soit nécessaire de tracer des droites et de reporter des angles sur une carte. Le procédé n’est pas très précis, mais l’expérience a démontré qü’il donnait des résultats très suffisants. 11 présente cependant un inconvénient. Si le poste sur lequel on se dirige cesse de transmettre, on peut rester un certain temps sans s’en apercevoir puisque, normalement, on le reçoit peu ou pas, tant qu’on se dirige sur lui, Il faut donc pouvoir vérifier de temps à autre que le poste transmet toujours. On peut le faire en déplaçant l’avion ou encore en dis-
- posant un 2e cadre perpendiculaire au 1er et qui, par le jeu d’un commutateur, remplace le 1er sur l’appareil de réception. Quand le 1er cadre donne une réception minima et qu’on est par conséquent dans la bonne direction, le 2e cadre donne l’audition maxima et permet de vérifier que le correspondant est toujours là. La solution que les dernières expériences ont donné comme la plus pratique, serait le cadre mobile que l’on fixerait lorsqu’on le voudrait. Ce cadre placé dans le fuselage permettrait de chercher, en le mettant dans la position de réception maxima, le poste sur lequel l’avion désire se diriger. Ce poste Une fois trouvé le cadre pourrait être fixé dans une position perpendiculaire à l’axe de l’avion et l’on se dirigerait en cherchant l’extinction comme il est dit plus haut. De temps à autre, il suffirait de déplacer le cadre pour savoir si le correspondant émet toujours.
- Les réceptions amorties ont paru pendant quelque temps beaucoup plus faciles à goniométrer que les entretenues. Ceci était un gros inconvénient, car tous les postes puissants tra-A/ 7 vaillent en entretenues. Mais
- par des artifices de récep-'bon dans le détail desquels //& nous n’entrerons pas ici, et
- . .............Xf en particulier grâce à l’em-
- i ploi d’amplificateurs conve-
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- Fig. i3. — Le cadre à bord de
- 3pP
- goniométrique fixe l’avion.
- nables, on a réussi à goniométrer sur ondes entretenues également. La question de la goniométrie à bord d’aéronet’ à laquelle les travaux de M. Armagnat ont fait faire de grands pas, semble très près d etre complètement au point. Dans les grands raids qui seront maintenant de plus en plus nombreux, le cadre goniométrique sera l’accessoire obligé du navire aérien qui pourra se relever grâce à lui sur les phares hertziens lesquels, en des points bien déterminés, transmettront en permanence pour qu’on se dirige sur eux.
- d) Télémécanique. — On a réussi à mettre à bord des avions un appareil récepteur de T. S. F. qui, muni d’amplificateurs spéciaux et de relais convenables, transforme le signal reçu par onde hertzienne en un mouvement des organes de direction ou d’équilibre de l’aéronef. On peut ainsi diriger depuis la terre ou du haut d’un 2e avion pilote, les mouvements d’un avion sans passager à bord. La télémécanique commence à sortir de la période des essais. Elle semble devoir se prêter dans un avenir prochain à des applications très intéressantes. *
- Il nous reste pour conclure à jeter un coup, d’œil sur l’équipement dont seront dotés les avions qui vont, chaque jour plus nombreux, tenter les grands raids qui seront bientôt de la pratique courante. /Nous verrons ainsi le chemin parcouru depuis octobre 1914 et aussi depuis 1912, depuis le
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- moment où on commençait à installer des postes émetteurs sur les premiers aéronéfs.
- Un avion de grand raid sera muni d’un poste émetteur puissant, d’un poste récepteur à grande amplification, d’un cadre goniométrique destiné à lui permettre de faire sa route.
- Pour que le cadre rende à l’avion tous les ser- . vices que l’on peut en attendre, il faut une organisation mondiale de phares hertziens qui n’est pas encore faite, mais qui le sera certainement bientôt.
- Le Goliath, dans son raid Paris-Dakar, n’avait pas ce cadre goniométrique qui lui aurait sans doute peu servi faute de correspondants à émission assez puissante, mais il avait un émetteur de 500 watts, qui réalisa par-dessus la mer des portées de 500 km ; il avait aussi un récepteur à 4 lampes qui lui permit d’entrer en relation avec une vingtaine de postes pendant son voyage et de transmettre en recevant l’accusé de réception un assez grand nombre de télégrammes qui arrivèrent à bon port.
- Le matériel de bord pour le moment semble au point. Ge qui manque encore pour que la radio aérienne ait tout son rendement; mais ce qui ne manquera certainement plus très longtemps, c’est l’organisation à terre, contrepartie nécessaire de ce qui existe à bord. Quand les aérogares seront aménagées avec leurs postes émetteurs et récepteurs de T. S. F. les postes émetteurs donnant les renseignements météorologiques et répondant à toutes les
- demandes de l’avion, les postes récepteurs prêts à enregistrer toutes les communications d’en haut; quand des phares hertziens judicieusement placés permettront à l’avion de faire sa route dans la brume et en toutes circonstances, alors la navigation aérienne tirera de la T. S. F. tout ce que le navire a déjà pu en tirer et davantage encore, la sécurité de marche quand rien d’anormal ne se passe à bord, et en cas d’accident le prompt secours que le signal de détresse réussira presque toujours à déclencher.
- Les émissions hertziennes à terre ont rendu et rendent de jour en jour des services plus inappréciables. Mais les mêmes services sont rendus par des câbles et par des lignes télégraphiques ou pourraient l’être. Les émissions de T. S. F. à bord des navires ne peuvent être remplacées par rien. Un navire sans T. S. F. navigue encore fort bien s’il ne peut plus parler avec la terre. La T. S. F. au contraire semble inséparable de l’avion. Nôn seulement elle le rattache à la terre, mais encore elle lui permet de faire sa route. Sans elle, il est muet, sourd et souvent aveugle. La radio aérienne plus encore que la radio maritime et surtout que la radio terrestre est absolument indispensable. Ses progrès sont particulièrement intéressants et les services qu’elle va rendre en temps de paix ne le céderont en rien au rôle remarquable qu’elle a joué pendant la guerre. Un Radio.
- LE MATÉRIEL DE TRANSPORTS SUR LES VOIES NAVIGABLES FRANÇAISES
- ET SA MODERNISATION
- Parmi les grands projets en cours de réalisation, dans le but de remédier à l’insuffisance de notre outillage national, figure celui de la transformation et de l’extension de nos voies de navigation intérieure. On s’est aperçu, au cours de la dernière guerre, et plus encore peut-être au lendemain de l’armistice, que la voie d’eau, auxiliaire indispensable du rail pour l’acheminement des marchandises pondéreuses, était, en France, impuissante à répondre aux besoins du commerce et de l’industrie.
- Elle manque, en effet, totalement d’homogénéité, aucun plan d’ensemble n’ayant présidé à l’exécution de nos canaux; son gabarit est, presque toujours, trop faible, encore que le programme Freycinet-Baudin ait apporté quelques améliorations à la dimension des écluses ; enfin, l’absence, quasi totale, de ports outillés, le nombre trop restreint des raccordements avec les chemins de fer paralyse, dans une large mesure, son trafic et réduit sa capacité d’utilisation.
- En particulier, l’étroitesse des diverses artères, et des ouvrages qui les accompagnent, est une cause d’infériorité pour la voie d’eau au regard du rail.
- Insuffisances de la voie d’eau. — Si l’on en excepte les grandes rivières navigables et certains canaux du Nord, à section élargie, on doit considérer que le réseau de navigation national n’est accessible qu’aux embarcations de 300 tonnes, dont la circulation est commandée par les dimensions des ouvrages d’éclusage : longueur
- 38 m. 50; largeur, 5 m. 20; profondeur d’eau 2 m. ; dimensions adoptées dans le programme de Freycinet. Mais, il s’en finit, toutefois, que cette formule ait été généralisée.
- La profondeur d’eau dans la cuvette ou le lit des rivières descend trop souvent au-dessous de 2 mètres. Le mouillage ne s’élève qu’à 1 m. 85 sur le canal du Berry, 1 m. 80 sur le canal du Midi et sur ceux de Fûmes et Givors, 1 m. 70 sur partie du canal de Calais (section de Guines), 1 m. 60 sur les voies de la Dive et d Ille-et-Rance, 1 m. 50 sur le canal de la Colme et le canal de Lunel. Le canal du Nivernais accuse 1 m. 50 à 1 m. 60 de mouillage, celui du Rhône-au-Rhin i m. 20, celui de la Vire 1 m. 10.
- Même situation préjudiciable au trafic sur les cours d’eau. C’est ainsi qu’on voit le mouillage moyen fléchir à 1 m. 60 pour le Rhône à l’aval de Lyon et jusqu’à Arles; 1 m. 60 également pour la Seine, à l’amont de Monte-reau ; 1 m. 50 pour la Vilaine et la Sèvre Niortaise ; 1 m. pour la Garonne entre Agen et Castets; 0 m. 50 à 0 m. 70 pour la Loire à l’amont d’Angers.
- Lesouvrages en service sur ces voies ne sont pas moins insuffisants. La longueur des écluses n’excède pas52m. 20 sur le canal de la Dive ; 30 m. 65 sur le canal latéral à la Garonne ; 50 m. 50 sur partie du canal du Rhône-au-Rhin; 30 sur le canal du Midi; 29 sur le canal d’Orléans, 27 m. 75 sur les voies du Berry et de la Sauldre;
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- 27 sur le canal d’Ille-et-Rance ; de 25 à 26 sur les artères de Nantes à Brest, de Givors, de Marans à La Rochelle, et enfin 20 m. 40 sur le canal de la Vire. La largeur des mêmes ouvrages ne dépasse pas 4 m. 50 à 4 m. 73 sur le Blavet, le canal de Nantes à Brest, ceux de l’Rle-et-Rance et de Givors; 4 m. 20 sur le canal de la Vire, et même 5 m. 70 sur la voie du Berry et 2 m. 70 sur la Sauldre.
- L’important canal de l’Ourcq, qui dessert Paris, n’a que des écluses de 5 m. 20.
- Il en résulte que la batellerie a dû adopter, pour ses besoins, des types de bateaux très différents et de capacité variable, modelés au service des voies.
- Les bateaux de rivière utilisés. --À l’heure actuelle, les principaux types en service sont les suivants :
- Ie La bélandre du Nord, longue de 40 mètres, large de 20, portant environ 280 tonnes; 2° le chaland, de 500 à 2000 tonnes, employé sur la Seine et certaines voies du Nord ; 3° les flûtes et> toues de la Haute Seine, pouvant charger de 180 à 220 tonnes; 4° la flûte de l’Ourcq, dont l’enfoncement ne saurait excéder 0 m. 90, et dont la capacité voisine 60 tonnes; 5° le Montluçon ou berrichon, de 27 m. 50 de long, 2 m. 55 de largeur, et d’un tonnage analogue ; 6° le margotat parisien de 40 à 50 tonnes ; 7° les Nantais, à fond plat, de 100 tonnes, et les bateaux d’Hennebont, réservés aux canaux bretons; 8° les barques, sapines et contritions des canaux du Midi, de 45 à 190 tonnes, et d’un port de 25 à 160 tonnes; 9° les barques du Rhône, de 100 à 300 tonnes, parfois pontées et larges, en certains cas, de plus de 7 mètres; 10° les gabares des canaux maritimes et basses rivières.
- Le manque d’homogénéité du réseau fluvial français oblige, pour les grands trajets, à des transbordements onéreux et fallacieux, qui grèvent sensiblement les frets.
- Aussi le Ministre des travaux publics et le commerce ont-ils justement envisagé la modernisation des artères de navigation nationales et l’augmentation de leur gabarit actuel. Mais quel devra être ce gabarit? Certains ont estimé que pour les canaux dont ,1a transformation s’impose le gabarit de 300 tonnes pourrait suffire. Telle est l’opinion exprimée par les représentants des Chambres de commerce de Guyenne pour le canal du Midi. Au contraire, Toulouse a revendiqué énergiquement que cette voie puisse recevoir des bateaux de 600 tonnes.
- Le gouvernement fait présentement modifier les ouvrages du canal du Rhône-au-Rhin pour la circulation de bout en bout de la voie d’unités de 300 tonnes. Mais M. l’Ingénieur en chef Schwob a préconisé la construction d’un canal de 600 tonnes. Ce même gabarit devrait être adopté, d’après M. l’Ingénieur en chef Imbeaux, pour les voies alsaciennes-lorraines et le canal de la Marne-au-Rhin.
- De nombreuses voix se sont élevées en faveur de la généralisation du gabarit de 1000 tonnes, tout au moins pour toutes les grandes voies d’échanges, et surtout comme corollaire à l’aménagement du Rhône, le projet approuvé par la Chambre des Députés prévoyant la possibilité d’employer sur le fleuve discipliné des chalands de 1000 tonnes.
- Il est assez difficile de préciser, pour l’instant, la décision définitive qui sera adoptée. Cependant, on peut dire que le canal à grande section tendra à remplacer les voies archaïques de l’avant-guerre.
- Dans ces conditions, continuera-t-on à faire circuler sur nos artères perfectionnées les innombrables types de bateaux qu’on y voit encore? Les usagers de la voie d’eau
- ne l’ont pas pensé, et ils. ont jugé que la standardisation s’imposait, pour la batellerie comme pour beaucoup d’autres industries. Certains d’entre eux ont donc recherché quel type serait susceptible de rendre les meilleurs services.
- M. Lavaud, sous-directeur de la Société de Touage et Remorquage, technicien autorisé, a été ainsi amené à poser les principes qui doivent présider à la confection du matériel navigable de demain.
- La péniche flamande, avec son tonnage de 285 tonnes, n’a pas répondu aux espoirs qu’on fondait sur son utilisation. En raison de sa faible capacité, elle implique des prix de fret élevés. En accroissant son tonnage, ne pourrait-on abaisser les tarifs? D’aucuns l’ont supposé, et ont préconisé l’emploi de péniches de 600, 1000, voire 2000 tonnes. Mais, il sied aussitôt de remarquer que la diminution des prix de fret, corrélative à l’extension de la portée du bateau, n’est possible qu’à la condition que les frais de construction et d’exploitation de l’embarcation ne s’exagèrent pas simultanément. L’expérience apprend qu’on peut ainsi relever le tonnage des péniches de 285 à 550 tonnes sans dépense supplémentaire sensible, et que, d’autre part, au point de vue de l’exploitation, les résultats les plus économiques paraissent être obtenus, sur la Seine, avec le chaland de 700 tonnes.
- Néanmoins, on doit envisager l’augmentation de puissance de notre outillage industriel, et de la voie d’eau en particulier.
- Il semble donc qu’on puisse ramener à trois types principaux les bateaux nécessaires à la navigation fluviale de demain.
- Sur la Seine, à l'aval de Paris, et la Loire maritime, où le mouillage ne saurait tomber au-dessous de 4 m. 50 lorsque seront achevés les travaux en cours, il sera loisible d’utiliser les chalands de mer de 1500 à 2000 tonnes, embarcations qui ne sauraient circuler sur des canaux et nos rivières intérieures.
- Sur 1e Rhône, il convient de distinguer la section à l’aval de Lyon du Haut-Rhône.
- Les ingénieurs suisses avaient admis pour le Haut-Rhône l’usage du matériel de 600 tonnes, ayant 65 mètres de long, 7 m. 90 à 8 m. 20 de large, et 1 m. 80 de tirant d’eau, dimensions qui se rapprochent sensiblement de celles adoptées pour les barques exploitées actuellement, sur le Rhône moyen, par ri; Compagnie Lyonnaise de Navigation et Remorquage: 67x7,90 X2.50 (portée : 625 tonnes).
- Néanmoins, comme sur le Rhône, à l’aval de Lyon, le tonnage de 1000 tonnes doit être réalisé, il importe de prévoir la possibilité de convoyer les marchandises, sans transbordement, jusqu’à Genève. Dans ce cas, le matériel du Bhône devra mesurer 75 à 78 m. de long, 10 à 10 m. 50 de large; 2 m. 50 de creux. Avec un tirant d’eau de 1 m. 80, ces bateaux porteront environ 1000 tonnes en lourd, cette portée pouvant être également atteinte sur la Saône, à l’aval de Chalon. Le même matériel, avec 2 m. 25 à 2 m. 50 de tirant d’eau et un creux correspondant, pourrait véhiculer plus de 1200, tonnes.
- H importe de considérer que des bateaux de ce type auraient accès sur le canal du Rhône-à-Cette (branche principale) avec ses écluses de 80 mètres sur 12 et ses buses à 2 m. 50.
- Enfin, sur les canaux du Nord à Paris, M. Lavaud préconise le bateau de 60 à 65 mètres de longueur, de 7 m. 80 à 8 m. 20 de largeur, et de 2 m. 50 de creux.
- Ce genre d’embarcation pourrait circuler avec un
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- LA DIRECTION DES NAVIRES DANS LA BRUME
- chargement de 790 tonnes sur le canal du Nord, dont les ouvrages ont été fixés à 65 x 8,50 X 2,50.
- Sur le canal Saint-Denis, porte de Paris, les mêmes péniches pourraient élever leur portée à 900 tonnes, si l’on consentait seulement à généraliser les ouvrages de 62 m. 50 de longueur et le tirant d’eau de 2 m. 70.
- Enfin, les unités précitées pourraient charger 1000 tonnes sur la Seine.
- Des modifications accessoires permettraient d’emplover sur ces voies les chalands du Rhône.
- Tous les calculs précédents ont été établis en admettant que le coefficient de déplacement du bateau voisine 0,83. L’ancienne péniche avait un coefficient de 0,99, et
- les chalands de 0,96 à 0,98; mais on a observé que les coefficients supérieurs à 0,85 entraînent de grosses dépenses de traction lorsque le courant est un peu marqué.
- Les considérations que nous venons d’exposer montrent que le gabarit de 1000 tonnes est celui qui siérait le mieux à une navigation économique, que le mouillage de 2 m. 50 doit être généralisé sur toutes les voies à grand trafic; qu’enfin la batellerie nationale, modernisant ses méthodes, tend à substituer au matériel en service deux ou trois types seulement de bateaux, pouvant accuser un rendement maximum avec des frais aussi réduits que possible. Auguste Pawlowski.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de février 1920.
- Les lunaisons et les périodes pluvieuses. — De nombreuses controverses ont été engagées sur une relation possible entre les lunaisons et les séismes; on a cru longtemps à une répartition saisonnière des tremblements de terre, et pour ceux-ci, à la suite de Montessus de Ballore, les géologues acceptent la théorie des effondrements en mosaïque du sol. Pour M. Eugène Mesnard l’intervention de la lune et du soleil dans la production des phénomènes ‘météorologiques n’est pas douteuse, et les réfutations opposées jusqu’ici provenaient de l’impos- • sibilité où l’on se trouvait d’établir un accord satisfaisant entre les dates des lunaisons, et celles des manifestations athmosphériques.
- Biologie de la Lamproie marine. — Le cycle biologique de Petromyzon marinus L. nous est encore presque complètement inconnu. Des observations de M. L. Léger, on peut distinguer dans la vie de ce cyclostome trois périodes : 1° la période larvaire, en eau douce, et longue de plusieurs années ; 2° la période de croissance en mer, à régime carnassier parasitaire; 3° la période sexuelle, à alimentation ralentie et bientôt nulle, marquée par le début du retour dans les fleuves, souvent avec les convois d’Aloses ou de Saumons.
- La déshydrogénation des alcools par oxydation catalytique. — L’argent très divisé, obtenu par précipitation de sa solution de nitrate à l’aidé de l’aldéhyde formique et placé sur un support inerte comme l’amiante, constitue un excellent catalyseur. On peut ainsi procéder au voisinage de 250° à une oxydation par l’air atmosphérique, en employant non pas une sèule, mais deux ou trois masses catalytiques placées en série. Les expériences de MM. Charles Moureu et Mignonac ont donné les meilleurs résultats avec les alcools : méthylique,
- éthylique, butylique normal, amylique, allylique, ben-zylique,cinnamique, isopropyliqüe et butylique secondaire.
- Les traces d’iode trouvées dans l’air et dans les eaux. — M. Armand Gautier rappelle que la recherche de l’iode dissous dans certaines eaux de mer ne donne que des résultats négatifs et que le métalloïde s’y décèle à l’état insoluble (Algues ou Plankton). C’est ainsi qu’en 1899, ce savant ne put signaler la présence d’iodure en solution dans les eaux mères des salins méditerranéens.
- Étude du vol à voile dans la Haute-Guinée. — On sait que certains oiseaux évoluent dans l’air, sans donner aucun mouvement des ailes, et ce vol « à voile » a été le sujet de nombreuses théories, dont les plus connues sont dues à Cousin, à Lanchester et à Mouillard. En utilisant les cerfs-volants anémomètres du Service des Inventions, M. P. Idrac a pu opérer aux environs de Dakar et faire des sondages utiles aux différents points d’évolution des voiliers, tels que le Percnoptère moine et le Pseudogyps africanus. Il semble acquis, à l’heure présente, que cës oiseaux utilisent l’énergie interne du vent, sans qu’on puisse cependant affirmer que c’est là la cause unique de leur vol très particulier.
- Les nappes alluviales du Lot aux environs de Fumet. — Près du pont de Libos et de l’ancien château de Perricard, il existe une succession particulièrement nette de quatre nappes alluviales étagées. Une étude de M. Roncieux vient confirmer les hypothèses du général de Lamothe, touchant les oscillations rythmées du niveau de la mer pendant le post-pliocène. L’amplitude de chacune d’elles aurait été uniforme dans le golfe de Gascogne comme sur les côtes de la Méditerranée et de la Manche. P. B.
- LA DIRECTION DES NAVIRES DANS LA BRUME
- Nous avons déjà parlé du procédé employé pendant la guerre pour guider les navires amis 'a travers les champs de mines, défendant certaines régions maritimes. Un câble est posé au fond de la mer dans Taxe du chenal libre ; il est parcouru par des courants électriques qui sont perçus à bord du
- navire, et permettent de le guider. Le câble est un véritable fil d’Ariane que le navire suit automatiquement. Il n’est’ pas douteux que ce procédé ne puisse s’appliquer utilement pour guider les navires les jours de brume, dans les passes dangereuses qui précèdent l’entrée de nombreux ports. C’est ce que
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- propose on ingénieur américain, M. Mariott, dont la Revue générale cl'Électricité traduit l’étude. M. Mariott a expérimenté le système dû à un jeune ingénieur de Los Angeles, Earl. S. Hanson, et les résultats prouvent que ce dispositif est suffisamment mis au point pour entrer dans le domaine des applications.:
- La première installation pratique un peu complète a été effectuée sur le « S. S. Tourist » de la ligne Kennedy, Navy Yard Route, en utilisant le câble sous-marin de l’armée américaine reliant l’île Bainbridge au Pier n° 8 dans Pugcl'Soimd N;t\\ Yard.
- tion radiogoniométrique ordinaire au moyen de cadres mobiles et d’amplificateurs à 3 étages. Il fallait pour entendre les signaux ne pas s’éloigner du câble de plus de 100 à 200 mètres.
- On conçoit également qu’au moyen de deux câbles, l’un destiné à guider les navires entrant au port, l’autre les navires sortant et, chacun parcouru par les signaux différents ne pouvant se confondre, on puisse éviter les collisions en mer et les catas trophes trop nombreuses dont, de ce fait, les brouillards ont déjà été la cause. De plus, à chaque intervalle d’un mille, le câble est recouvert d’une enve-
- Projet de câbles de direction à l’entrée du pont de New York.
- Les câbles émettent des ondes électriques. Celles-ci sont perçues à bord du navire au moyen- d’un appareil radiogoniométrique qui permet de diriger le bâtiment.
- Au moyen de récepteurs appropriés installés à bord, le commandant du navire a pu se guider au son et suivre le câble très exactement. En beaucoup de circonstances, l’expérience a montré que cette méthode permet au navire de se guider plus facilement que par l’observation des bouées, alors même que celles-ci étaient visibles à grandes distances. C’est peut-être que le courant de dérive est plus facile à percevoir par la méthode électrique qu’en essayant de rester en ligne avec les bouées.
- On envoyait dans le câble un courant alternatif de 500 périodes, de 40 volts, de 0 ampère, 7 ; sur lequel on effectuait un signal Morse convenu quelconque.
- La réception se faisait à bord comme une récep-
- loppe de plomb qui arrête les ondes électriques. Au passage de ce point, il y a donc interruption momentanée des signaux à bord. Un pilote peut ainsi se rendre compte assez exactement du point où il se trouve.
- Nous reproduisons ci-contre, d’après Electrical Expérimenter, un projet de pose de 2 câbles permettant l’accès au port de New York. Dans le dispositif que représente notre figure, le navire est muni de deux bobines réceptrices; l’iune à bâbord, l’autre à tribord, reliées ci un amplificateur, Le pilote reçoit les signaux au son, il sait que, pour suivre le câble, il faut qu’il entende des sons d’égale intensité dans chacun des téléphones dont il est muni et il agit sur la barre du gouvernail en conséquence.
- ie Gérant : P. Masson. — Imprimci’ie Laijobe, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. - N» 2399.
- 17 AVRIL 1920
- LE MOUTON
- Son rendement. — Son avenir au point de vue français.
- Il n’y a pas d'industrie qui donne de plus forts rendements que l’élevage du mouton, lorsqu’d est fait en grand : la laine fournit le revenu annuel ; le troupeau s’accroît sur lui-même, en suivant une progression géométrique; le champ s’améliore par le piétinement et l’engrais des animaux et la main-d’œuvre nécessaire est. relativement peu de chose (un homme par 5000 moutons suffit en certains pays).
- Les modesles notes qui vont suivre et qui ont pour objet de vérifier l’exactitude de ces données n’ont d’autre mérite que d’être le résumé d’observations prises et pour ainsi dire vécues sur place dans l'hémisphère sud.
- On savait par l’histoire ancienne que le mouton pouvait vivre à peu près sous tous les climats, mais c’est l’essor de l’élevage du mouton dans l’hémisphère Sud qui offre l’exemple le plus frappant de la pullulation du mouton et des bénéfices qu'elle procure.
- Jadis, le mouton était inconnu dans l’Afrique du Sud et aujourd’hui cette région (notamment le Natal) possède 32 millions de moutons.
- Il n’y avait pas un mouton dans l’Amérique du Sud lorsqu’elle fut découverte, et les Républiques Argentine et Orientale ont maintenant environ 115 millions de ces animaux si utiles.
- Le premier mouton fut importé en Australie en 1793, — la première toison de laine australienne n’est arrivée à Londres qu’en 1807 — et aujourd’hui l’Australie nourrit annuellement de 80 à 100 millions de moutons. Or 100 millions de mou-
- tons, ce n’est pas seulement 100 millions de valeurs vendables à un certain prix, c’est 100 millions de
- progression
- Fig. i. — Iles Malouines : fonderie de suif de mouton à Port-Darwin.
- fois la progression continue du double revenu de la laine et de la viande se répétant et se répercutant au fur et à mesure que les agneaux se multiplient.
- En Nouvelle-Zélande, ce n’est qu’en 1840 que le premier mouton fut importé. En 1860, elle n’avait encore que 2400 000 ovins et elle en a aujourd’hui 26 millions.
- Un tel accroissement magique n’a rien d'éton-nant : 2000 brebis donnant chacune un agneau par an, arriveraient à produire un troupeau de 4000 animaux la première année; de 19 000 la cinquième et de 150000 la dixième. Avec une telle géométrique », on aboutit vite au million.
- Mais peut-être vaut-il mieux sortir des généralités : examinons donc plus en détail, si on le veut bien, l’extrême pointe de l’Amérique du Sud.
- Les îles Malouines ou Falkland Islands sont, comme on sait, situées au Bout du Monde, en face du détroit de Magellan, pas bien loin du cap Ilorn. Pas un arbre n’y pousse. Leur seule végétation est de l’herbe et delà mousse sur des rochers. En 1852, s’est formée à Londres, sous le nom de Falkland Islands Company, une Société pour les mettre en valeur. L’exploitation périclita d’abord. En 1867, la Compagnie
- Fig.
- 2. — Iles Malouines : le dépeçage des animaux. était décidée à tout abandonner,
- 12. — 169.
- 48 Année— 1”' Semestre.
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- LE MOUTON
- Fig. 3.— Iles Malouines : embarquement de moutons.
- lorsqu’un fait inattendu, savoir quelques bêtes à laine, abandonnées à elles-mêmes sur un îlot, et retrouvées là quelques années après, en nombre et en état florissant, vint transformer la faillite en une magnifique prospérité.
- Aussitôt qu’ils furent informés du fait, les intelligents directeurs de la Falkland Islands C° décidèrent de consacrer désormais tous leurs efforts à l’élevage du mouton. Résultat : Pas un coin des îles Malouines qui ne soit aujourd’hui couvert de moutons. Elles en nourrissent autant quelles peuvent en porter (800000). Et de 1880 à 1890, la Falkland Cy n'a jamais distribué moins de 15 pour 100 à ses actionnaires, de 1890 à 1900 jamais moins de 20 pour 100, et depuis lors encore davantage.
- Si, laissant de côté les îles Malouines, on examine l’essor de sa voisine, la Patagonie, on assiste au même spectacle d’une fortune stupéfiante, grâce au mouton : Sur ces territoires de la Patagonie, considérés il y a peu d’années encore comme déserts, stériles, sans eau, pour ainsi dire inutilisables et presque inhabitables, paissent aujourd’hui 20 millions de moutons. Ces animaux y vivent sans abri, malgré les grands froids et les neiges de l’hiver, et les petits bergers des Malouines qui, en 1883, eurent les premiers l’audace d’amener sur ces ri^ vages désolés quelques centaines de moutons sont tous aujourd’hui millionnaires.
- Quels bénéfices donne donc une « eslância » dans ces parages?
- Voici un extrait d’une lettre d’un Français des plus honorables, qui possède — en simple location — une part d’. « estancia » au fin fond de la Patagonie, un peu au sud du Rio Santa-Cruz, à quelque 550 kilomètres des rivages de la mer : « Nous avons commencé, écrit-il, à exploiter il y a 8 ou 9 ans. Sur nos 110000 hectares, nous avons 36 000 moutons à l’entrée de l’hiver, ce qui fait plus de 55000 avec les agneaux, en été. Nous avons eu l’été dernier 20000 agneaux (108 pour 100 du nombre des brebis mères). Notre récolte de laine est déjà vendue, laine sur le dos des moutons, "à 25 piastres les 10 kilos (piastres argentines). Nos moutons donnent en moyenne 3 kilos 500 de laine et au-dessus. Les moutons valent aujourd'hui une livre sterling pièce; c’est logique, vu que chaque animal donne cela de laine, sans parler de l’agneau ».
- A l’appui de ces données, on pourrait citer maints autres exemples. Le plus typique est peut-être celui de là « Compania Explotadora delaTierra de! Fuego ». En 1894 seulement a pris corps la Société qui devait la première essayer de mettre en valeur ce pays jusque-là si mal réputé qui avait nom la « Terre de Feu ». Il s’agissait d’exploiter un million d’hectares confiés pour 20 ans en concession gratuite par le gouvernement chilien. Le centre des terrains était la baie ce Inutile », nom peu encourageant. Le capital initial fut de 1250000 piastres
- Fig, 4. — Débarquement de moutons aux îles Kerguelen, septembre içi3.
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- LE MOUTON
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- chiliennes (ce qui, à l’époque, représentait à peu près deux millions et demi de nos francs), mais seulement 40 pour 100 en furent effectivement versés. En 1894, 5000 moutons furent amenés (des Malouines), puis 15000, puis 2000, en tout 22 000. Dès 1896, la Société était à même de faire figurer sur ses livres un bénéfice de 5 pour 100, en 1897 de 10 pour 100, en 1898, 1899 et 1900 (chaque année) de 15 pour 100. Ces bénéfices commencèrent à former la boute de neige formidable qui va être décrite. Au bout des cinq premières années, le capital entier se trouvait intégralement complété sans bourse délier.
- En 1900, la Société possédait 140000 moutons et ce Iroupeau s’augmenta alors de 75 000 agneaux (rendement de plus de 100 pour 100 des brebis mères, nous avons même vu un troupeau de 1000 brebis ayant donné, cette année-là, 2000 agneaux).
- En juillet 1904, la Société possédait 340000 moutons et le dividende distribué dans l’année atteignait 55 pour 100.
- Depuis lors, la prospérité n’a fait que s’accroître, si bien que la « Sociedad Explotadora de la Tierra del Fuego » après avoir dédoublé et encore dédoublé ses actions est aujourd’hui à capital de 1800000 livres sterling, on entend bien : 1 million huit cent mille livres sterling. Son actif réel représente près de 4 millions de livres sterling. Au moment de la dernière tontè, elle avait sur ses 945000 hectares :
- 1.184.224 animaux adultes.
- 502.171 agneaux de l’année (marques avant décembre).
- 1.(386.395
- Les 1 184224 animaux tondus ont donné 8 547 143 livres de laine qui ontproduitl 886657 livres sterling, et le bénéfice net de l’année a été de 1 101 542 livres sterling.
- Dividende distribué : neuf shillings par livre terling, soit 45 pour 100.
- Ainsi, voilà une Société qui a débuté il y a à
- Fig. 5.— Une partie du troupeau d’une ferme australienne.
- peine 25 ans avec seulement 1 million de francs effectivement versé, qui a aujourd’hui un capital représentant 75 fois plus et qui distribue 45 pour 100 de dividende sur cette fortune foisonnante. N’est-ce pas prodigieux?
- Et ces exemples, pris un peu au hasard dans des pays de climats très différents n’incitent-ils pas à faire des essais d’élevage de mouton dans certaines des colonies françaises?
- Le prix de la viande a augmenté considérablement dans notre pays. Le cheptel a consiédrable-ment diminué depuis la guerre. Déjà avant la guerre, la France versait annuellement à l’étranger plus de 600 millions, chaque année, rien qu’en .ichats de laine. Depuis la guerre, c’est par centaines de millions qu’elle achète à l’étranger des viandes frigorifiées. La situation est donc inquiétante et il faut se hâter d’y mettre un terme.
- Aussi, un comité d’études vient-il de se former autour de la Société de géographie commerciale du Havre pour essayer de propager l’élevage des moutons dans les colonies françaises. De précieux encouragements lui sont déjà arrivés, mais il faudrait nlus que des bonnes volontés isolées. Il faudrait l’union de toutes les personnes et de toutes les forces du pays pour la propagation de l’élevage du mouton dans notre immense domaine colonial. Pour
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- L’ARGENT
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- bien faire, il faudrait une sorte de coopération où tous les pouvoirs producteurs, comme on dit en e'conomie politique, vivraient et agiraient d’accord.
- Qu’il nous soit permis de suggérer l’idée de quelque chose de très simple et qui n’offre rien de nouveau, puisque le principe en remonte à l’origine du monde, savoir : l’Union, l’Association, solide et intime, la Fusion des trois éléments classiques de la production : la terre, le capital et le travail.
- Disons pour préciser que l’Etat, les Colonies, les Départements français mettraient à la disposition d’un consortium les terrains disponibles, tandis que les capitalistes lui offriraient un capital, que les travailleurs et les éleveurs mettraient en avant leur bonne volonté, leur peine et leurs soins.
- Est-il chimérique d’espérer qu’un groupement de ce genre, s’appliquant au domaine français, arriverait à nourrir en France et aux Colonies :
- Régions dévastées .... . . 3 millions de moutons
- Algérie . . 10 ))
- Tunisie . . 2 »
- Maroc . . 12 J)
- Soudan . . . 5 »
- Madagascar . . 5 )>
- Nouvelle Calédonie. . . . . . 1 )>
- Kerguelen et Crozet. . . 300.000 moutons.
- Une quarantaine de millions de moutons?
- Est-ce vraiment trop pour notre domaine colonial, le plus grand du monde après celui de l’Angleterre? Nous ne le croyons pas. Et si l’on appliquait à ce troupeau quel qu’il soit, les mêmes rendements et bénéfices réalisés en Australie, aux îles Malouines, en Patagonie ou à la Terre de Feu, à quel profit n’arriverait-on pas pour le ravitaillement national en viande et en laine, et à quelle récompense en espèces sonnantes pour tous les bons Français ayant participé à cette oeuvre nationale!
- ftené BossièPiE.
- Secrétaire général de la Société de Géographie du Havre.
- L’ARGENT
- Tout le monde souffre de la crise de la monnaie divisionnaire : les pièces d’argent disparaissent peu à peu de la circulation ; et en attendant l’émission de coupures en papier, le public les remplace par les moyens de fortune assez incommodes : timbres-poste, tickets de métro, etc. Qu’est devenue la monnaie d’argent? Il est assez difficile de le dire en toute certitude ; mais il paraît fort probable ou qu’elle est thésaurisée, ou qu’elle passé à l’étranger par contrebande. Le prix de l’argent métal est en hausse continue; on cotait le 29 mars dernier 600 francs le kilog. C’est dire que la pièce de 5 francs contient au cours actuel 13 fr. 50 d’argent. C’est une prime énorme à la refonte ou à l’exportation clandestines. On comprend devant de pareils prix que la Monnaie vienne de renoncer à frapper de nouvelles pièces; on peut même s’étonner que cette mesure n’ait pas été prise plus tôt. Ouest le temps où la pièce d’argent avait une valeur nominale supérieure presque de moitié à sa valeur réelle?
- L’augmentation du prix du métal argent est un signe certain de sa raréfaction dans le monde. En fait, le même phénomène se manifeste dans tous les pays. C’est ainsi que le Gouvernement anglais se propose de ramener de 925 à 500 pour 1000 le titre des monnaies d’argent de la Grande-Brelagne.
- Comment expliquer la rareté de l’argent? Le Gouvernement des Indes Britanniques, particulièrement intéressé à la question en raison de la grande consommation d’argent faite dans ce pays, a chargé les professeurs MM. G. Cullis et Garpenter d’une enquête sur la production mondiale de l’argent. Notre confrère Nature résume le rapport des deux savants enquêteurs. Nous lui empruntons les chiffres ci-dessous.
- Jusqu’en 1860, la production mondiale annuelle d’argent « fin n était de 933 tonnes. Elle a augmenté d’une façon à peu près continue jusqu’en 1912; elle atteignait alors 7247 tonnes. A partir de ce moment on
- enregistre une diminution continue dans la production. Cette diminution atteint 1570 tonnes en 1917.
- C'est le continent américain qui est le principal producteur d'argent : en 1912, il fournissait 82,5 pour 100 de la production mondiale. Sur le contingent américain, 42 pour 100 provenaient du Canada et des États-Unis; 32 pour 100 du seul Mexique.
- La production canadienne est en décroissance sensible, en raison de l’épuisement des gisements de Cobalt; la production des États-Unis au contraire est en hausse; mais la production totale de ces deux pays reste à peu près constante. Par contre, au Mexique, on enregistre depuis 1912 une chute considérable; au lieu des 2300 tonnes produites annuellement dans la période de 1910 à 1913, ce pays ne donne plus, de 1914 à 1917, que 948 tonnes par an ; soit une diminution de plus de 1350 tonnes.
- C’est donc la baisse de la production mexicaine qui est presque exclusivement responsable de la diminution de la production d’argent. Les troubles intérieurs dont ce pays est la victime en sont la cause.
- En même temps que baissait la production de l’argent, les besoins de métal blanc augmentaient dans tous les pays. Tous les belligérants ont retiré de la circulation la monnaie d’or, èl ont été, en conséquence, amenés- à frapper des quantités importantes de monnaie d’argent; la Grande-Bretagne, dans la période 1915 à 1918, a utilisé dans ce but 3359 tonnes d’argent fin contre 968 tonnes dans la période 1910-1913.
- La Chine qui était grande exportatrice d’argent de 1914 à 1917, période au cours de laquelle elle en a vendu 2595 tonnes, est devenue au contraire très gros acheteur et son intervention pèse fortement sur les marchés. ,,
- L’Inde anglaise qui a toujours été importatrice d’argent a accentué ses achats pendant la guerre et depuis la fin des hostilités; elle a vendu, en effet, une
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- LA HOUILLE BLANCHE AU MAROC —............. 173
- grande quantité de produits de tous genres, à haut prix; la balance commerciale qui lui est très favorable se liquide en argent. On estime que l’Inde a absorbé dans les trois dernières années 15 551 tonnes d’argent, c’est-à-dire presque la totalité de la production mondiale durant la même période.
- Ainsi les causes prédominantes de la rareté de l’argent sont la paralysie des mines mexicaines d’une part, d’autre part les gros besoins de la Chine et de l’Inde, expression de la prospérité matérielle acquise par ces deux pays pendant la guerre.
- XXX
- LA HOUILLE BLANCHE AU MAROC
- Maintenant que le Maroc est dégagé de l’hypothèque qui pesait sur ses destinées, il va pouvoir reprendre l’essor remarquable qu’il avait pris avant la guerre, malgré la contrainte imposée par l’acte d’Algésiras.
- L’opinion publique ne connaît le Maroc que par l’affaire d’Agadir, les massacres de Fez et par les vagues entrefilets des grands périodiques qui relatent de temps à autre les méfaits d’Abdel - Malek, du Raissouli, ou d’El Hiba ; pour certains, le Maroc est un pays d’élevage dont l’avenir agricole promet d’être brillant ; on a peu parlé de ses ressources minières, sinon à propos des fameux prospecteurs Mannes-mann, et d’ailleurs la^géologie en est actuellement peu connue.
- Beaucoup de gens ignorent également ses richesses forestières et l’on commence à peine à parler de la beauté de ses sites et de l'exploitation possible du tourisme.
- Mais surtout, d’une manière générale, on ne conçoit pas un Maroc industriel.
- Evidemment , un pays riche en matières premières ne peut prospérer qu’à la condition d’y rencontrer sur place du combustible et de la main-d’œuvre.
- Les recherches et forages en cours n’ont pas encore donné de résultats probants au sujet du pétrole, et la houille noire y fait défaut.
- Quant à la main-d’œuvre, si l’Administration du
- Protectorat a réussi a venir en aide à la métropole dans une période critique, en lui fournissant quelques milliers d’ouvriers marocains, il ne faut
- pas en conclure ex abrupto que la main-d’œuvre y abonde.
- 11 faut donc chercher à substituer la machine à l’ouvrier, et si cette machine, suppléant ainsi au manque de main-d’œuvre, peut être alimentée, malgré l’absence de combustible, le problème industriel ne sera pas loin d’être résolu.
- Ce qui.-* doit alimenter demain la machine au Maroc, c’est l’énergie provenant de la houille blanche. Le Service de l’Hydraulique qui fonctionne à la Direction de l’Agriculture à Rabat a conduit avec activité les opérations de l’inventaire des ressources hydrauliques du Maroc et le service météorologique suit; la question plu-viomélrique de très près. On a tout naturellement pensé à utiliser les ressources en eau courante au point de vue agricole : il y a dé riches terres irrigables et un climat privilégié et l’industrie y étant embryonnaire il était normal de suivre les directives delà politique des améliorations agricoles.
- Mais déjà les événements nous devancent; des villes comme Casablanca réclament impérieusement un outillage économique mieux approprié et pour en jalonner les progrès, des foires, des expositions s’y succèdent. . . ; , ;
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- Fig. i. — Carte pluviomètrique du Maroc.
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- Ces manifestations ont servi surtout à nous démontrer leurs besoins en énergie industrielle, Or, l’énergie a tirer du charbon y est condamnée d’avance, à cause de la crise terrible que subit l’industrie minière mondiale.
- Puisque le Maroc est un pays qu’on a surnommé le Far-West de la France à cause de l’explosion de vitalité extraordinaire dont il a fait preuve et de la rapidité avec laquelle il est sorti de sa léthargie et de sa routine séculaires, faisons-le profiter du dernier cri du progrès en le dotant d’un outillage moderne; il faut lui appliquer dès maintenant l’énergie hydroélectrique.
- Le pays étant favorisé par de nombreux cours d’eau permanents, il s’ensuit qu’on pourra y capter l’énergie nécessaire à la continuation de son essor. Sans les exigences de la guerre, nul doute que notre législation n’eût pu sortir aussi vite des vieux errements qui, dans les mines aussi bien qu’au sujet de l’utilisation des « eaux tombantes » empêchaient notre industrie nationale de prospérer.
- La ville de Grenoble connaît depuis deux ans une grande prospérité, elle est devenue la capitale de la houille blanche ; les essais d’utilisation des forces hydroélectriques des torrents se sont multipliés dans toute la région du Dauphiné et du Lyonnais; l’électrochimie et l’electrométallurgie y ont fait des progrès remarquables; des papeteries ont doublé leur production, des ganteries, des usines de tissage y ont trouvé l’énergie à bon marché.
- La liste des chutes d’eau exploitées en France actuellement serait trop longue à établir, on sait que la puissance installée est de 2 265 000 HP et l’on peut augurer que dans quelques années, les chemins de fer qui subissent une crise très grave à cause du manque de charbon, seront certainement traetionnés électriquement, Et si l’on compare le rendement, on'verra que l’énergie cinétique (celle de la houille blanche ) est susceptible de se transformer en énergie calorifique presque intégralement (75 pour 100 de rendement) tandis que l’énergie calorifique (celle du charbon) ne peut se transformer en énergie mécanique qu’avec un rendement pratique de 15 pour 100, [pourcentage qui a baissé
- considérablement depuis la guerre au point d’être cause des retards considérables dans l’horaire des trains.
- Au Maroc comme en France, sachons donc bénéficier des avantages que nous donne notre situation privilégiée à ce point de vue, ne nous laissons pas distancer, équipons nos chutes, et pour les Finances chérifiennes, il ne pourra en ressortir que des avantages.
- Le régime de la concession des forces hydrauliques en France a, en effet, augmenté notre richesse nationale, et l’Etat perçoit des redevances fiscales qui sont de simples droits de statistique des redevances contractuelles qui déterminent par Cahier des Charges la participation de l’Etat aux bénéfices des Sociétés, et des redevances proportionnelles au
- nombre de kilowatts-heure produits.
- Il était difficile dans la métropole de concilier les droits millénaires de riveraineté avec le développement de notre industrie qui exigeait l’expropriation dans bien des cas; les difficultés dans un pays neuf sont moins grandes : notre souci de respecter les usages et les coutumes de nos protégés peut se concilier avec elles, et ce sera relativement facile ; car le code des eaux musulman est inspiré du plus large esprit démocratique au sujet de la distribution et de la jouissance des eaux domaniales publiques dans la traversée des terrains privés.
- La loi sur l’énergie hydraulique qui vient d’être votée constitue une œuvre très moderne dont une partie des clauses pourra être appliquée au,Maroc avec les variantes nécessaires qui devront être étudiées le plus rapidement possible. Comme en France, le législateur devra s’inquiéter de l’avenir et prévoir une exploitation rationnelle de ces richesses naturelles. Les « barreurs de chutes » devront être empêchés de les accaparer au profit de l’intérêt privé, et un plan d’ensemble dans la création de chutes s’impose.
- Tout d’abord, si l’hydraulique agricole doit jouer un rôle prépondérant dans le développement économique du Maroc, il semble a priori, que pour réserver à l’irrigation une partie des eaux courantes de nos fleuves, on ne doive concéder l’ex-
- Fig. 2. — L’Oum er Rebia supérieur vu à 3ooo m. en avion. Reconnaissance permettant de voir les nombreux rapides et tes biefs.
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- plôitatiori de leur énergie latente qu’aux endroits situés en amont de la plaine irrigable afin d’éviter des mécomptes dans l’avenir.
- Et ce principe s’accorde très bien avec la néces-
- l’aménagement économique d’une plus grande chute; alors le rôle de l’Empire Chérifien se bornera à accorder une concession d’aménagement déchûtes d’eau suivant un plan d’ensemble pour obtenir le
- Fig. 3, — Chute d’eau à Fez aménagée pour fournir l’éclairage électrique.
- sité d’équiper des chutes économiquement, car c’est précisément dans les parties les plus accidentées d’un cours d’eau qu’il est possible de créer des chutes économiques. Toutefois, dans les parties où les rivières présentent le plus dedéclivité, encore faut-il se réserver l’avenir en faisant l’évaluation complète de la force totale à en tirer.
- Dans une chute à créer, il y a toujours sur le cours d’eau envisagé une portion limitée sur laquelle on peut établir l’usine, où le prix de revient de la puissance aménagée sera réduit au minimum, mais cette puissance ne correspond qu’à une portion très faible de l’énergie totale disponible.
- Les demandes de concession se trouvent la plupart du temps dans ce cas; si donc, le Protectorat, envisageant l’intérêt général, cherche à utiliser totalement l’énergie à provenir d’un oued, depuis sa source jusqu’à son « foum » ou débouché dans la plaine, il se pourrait qu’il arrive à des solutions impossibles parce que l’unité de puissance équipée atteindra un prix de revient impraticable et il ne trouvera jamais de société d’exploitation consentant à produire de l’énergie à perte.
- On ne trouvera donc que des industriels sollicitant
- maximum d’énergie avec le plus petit nombre d’usines, dût-on pour arriver à ce résultat grouper par un procédé quelconque les intérêts divers qui auraient en vue la réalisation des chutes partielles. Il faudra aussi penser à imposer l’unification de fréquence du courant en vue de la répartition des disponibilités plus tard. G’cst quelque chose comme l’unification des écartements de voies de tous les réseaux de chemins de fer. Enfin, pour régulariser la production d’énergie, sans doute verrons-nous préconiser l’emploi des barrages-réservoirs comme on a fait en Italie, en Amérique et même en France depuis peu de temps ; y. . \ l’agriculture ne pourra
- ~ * - S également qu’y gagner.
- ’ I' ‘‘^4^ ^ o Nous sommes à
- ^ l’heure des grands pro-
- jets et le Maroc saura s’affranchir des fluctuations qu’imposent à son développement la rareté du charbon et du fret. Son grand programme de construction et d’exploitation des chemins de fer dépend des mesures que l’on va prendre pour exploiter ses richesses hydrauliques. Grâce à la possibilité de transporter l’energie électrique à distance dans ses régions désertes, on verra surgir l’activité industrielle qui les peuplera et les enrichira.
- A peine y a-t-on parlé des possibilités en houille
- Fig. 4. — Une chute de l'Oued Derna.
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- blanche, que Casablanca réclame des tramways, son port en construction des grues électriques, ses
- /Fig. 5. —t. Un-torrent en pays Zaïan.
- abattoirs municipaux et ^frigorifiques trouveront le moyen de fabriquer la glace, broyer les os, manutentionner les sous-produits.
- Les huileries, savonneries, malleries, brasseries, les scieries, les moulins, les ateliers de construction, l’éclairage des villes, l’ozonisation et l’épuration des eaux, tout cela demande de la force que l’on aura sur place.
- Peut-on déjà parler des mines? Près des gisements de phosphates d’El Boroudj et de la Mamora on pourra fabriquer l’acide sulfurique, ailleurs on pourra mouvoir des câbles transporteurs, fabriquer du carbure, du cyanamide de calcium, exploiter par Télectrolyse le cuivre du Souss, fabriquer de la soude caustique, des nitrates de chaux et tous engrais nécessaires à l’agriculture en captant l’azote de l’atmosphère par les procédés modernes du four électrique. On pourra enfin exploiter plus rationnellement les carrières pour nos ports et pour les constructions rurales en abaissant le prix des matériaux.
- La première application est à faire à l’éclairage des villes. Quant aux chemins de fer, le réseau projeté est de 510 kilomètres pour le Tanger-Fez et de 870 pour le reste, il peut être électrifié.
- Pour ces 1200 kilomètres est-il besoin de diréque l’on trouvera les 52 000 chevaux nécessaires à l’exploitation puisque l’usine hydroélectrique prévue à Boa Laouane sur l'Oum er Rebia fournira à elle seule 25000 chevaux?
- Quelles sont donc les réserves en houille blanche au Maroc?
- En ne considérant que le Maroc Occidental, laissant de côté les possibilités de l’Oued Loukkos dans la zone espagnole, nous remarquerons que c’est du Moyen Atlas que partent les fleuves qui peuvent fournir la force motrice.
- L’Oum er Rebia qui prend sa source à l’altitude de 5000 m. environ, baigne le pied de la Kasbah de Tadla à la cote 400 après un parcours d’une centaine de kilomètres. Au Tadla, il débite à l’étiage 26 mètres cubes par seconde, ces chiffres seuls diront les milliers de kilowatts que pourra fournir l’exploitation de son énergie cinétique. De même que l’on songe en France à aménager sur tout le parcours du Rhône une série d’usines pour capter toute l’énergie potentielle de son courant, on pourra dans la partie déclive intéressante aménager de la même façon l’Oum er Rebia.
- La concession qui a été donnée à Bou Laouane et qui va nécessiter une dépense de 8 à 10 millions pour sa mise en valeur n’est pas située dans la région des rapides, mais se trouve au contraire dans laplaineà proximité des villes de Settat, Azemmour, Casablanca et Mazagan. C’est une basse chute, donnant, pour 4 kilomètres de canal, 12 mètres de dénivellation à la boucle de Si Saïd-Machon, pour un débit de 270 mètres cubes-seconde, soit 25000 chevaux effectifs. . ..
- Le principal affluent de l’Oum er Rebia, l’oued el Abid, possède un profil plus intéressant encore, car il roule 50 m3 d’eau par seconde sur une longueur d’environ 90 km descendant de l’altitude 5100 jusqu’à 560, lieu de son confluent.
- A Dar Kaï d Embarek, il sera facile d’y équiper une chute donnant 100000 chevaux.
- La région de Fez-Meknès, riche en eaux courantes, possède un réseau hydrographique assez serré etdes sources abondantes : l’oued Ifrane, dont la concession est demandée, peut donner 5000 chevaux; l’ouedTi-
- Fig. 6. — Cours d’eau dans le Moyen Atlas.
- grira 2000, l’innaouen 5000 ; l’oued Bou Fehkrane fournira la lumière électrique à la ville de Meknès. / Les chutes,, de l’oued Cheracher et de l’oued Bou Kerakeb sont aménagées par la Compagnie Fasi d’é-
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- lectrieité pour fournir la force motrice et la lumière à la ville de Fez.
- Pour Marrakech, une concession d’exploitation de chutes d’eau a été demndéî sur l’ouedTensift, sur l’oued Ufis et sur l’oued Tessaout.
- Le Service du Génie aménage à Béni (Mellal la chute de la Mrelia pour éclairer la ville et le poste. Dans la région de Demnat, il existe de belles cascades près de Tanant. L’accaparement des eaux de l’oued el Akhdar a été également sollicité par l’industrie privée ainsi que l’oued Reraya où il a été prévu un barrage réservoir important qui nécessitera une dépense d’environ trois millions.
- Fig- 7-,
- L’Oum er Rebia à Tadla.
- A Mechra el Mellah, sur la Moulouya, une usine hydroélectrique de 40 000 chevaux a été étudiée.
- Enfin, de nombreuses requêtes ont été présentées au sujet de l’utilisation de quan tité de chutes d’eau moins importantes comme celles de l’oued el Hassar, l’oued Ourika, l’oued Rdom, l’oued Mellah, l’oued Gherrat, pour l’installation de moulins, de brasseries, etc. Il convient également de dire'qu’il existe des oueds dont le cours n’est pas suffisamment reconnu comme celui de l’Agoundis en pleine montagne ; d’aucuns se trouvent en partie dans la zone dissidente non encore pacifiée comme le cours supérieur de l’oued Derna.
- ACADÉMIE I
- Séances de févrii
- i ’
- Le rôle du bourrelet chez les plantes greffées. — Toute greffe, ou « olobidiose », provoque la formation d’un bourrelet qui, au niveau de la bouture, lie le sujet au greffon. Là les vaisseaux ligneux prennent une forme spéciale et les parenchymes prédominent longtemps. M. Lucien Daniel estime que ce bourrelet contribue à modifier des états biologiques et détermine un antagonisme entre l’hypo- et Tépibiote; dé là la création d’organes réparateurs, externes ou internes, du typé pur des
- Nous ne citerons que pour mémoire les nombreux petits moulins arabes qui s’étagent sur les seguias, dans les ravins de l’Atlas et qui font de l’huile d’olivette ou la mouture du maïs.
- Sur les 2 800 000 chevaux qu’on reconnaît à l’Oum er Rebia seul, ne retenant qu’un seul million de chevaux praticables, on pourra en attribuer autant à tous les autres cours d’eau si l’on ne considère que les demandes de concession ou études déjà faites.
- C’est donc un tôt il de 2000000 chevaux que nous pouvons ajouter aux neuf millions récolés dans la Métropole et qui permettront à notre pays de
- Fig. 8. — Un torrent formé par les neiges dans le Moyen Atlas.
- conserver le rang auquel il doit se maintenir.
- Ces deux millions de chevaux-vapeur disponibles correspondent à 17 millions de tonnes de charbon ; on peut se représenter le fret considérable qu'il faudrait immobiliser pour introduire cette quantité de combustible au Maroc. Par l’essor rapide qu’a pris son développement, le Maroc impénétré, inconnu hier encore, doit devenir le joyau le plus moderne de nos possessions du Nord de l’Afrique, et après sa longue léthargie, il se doit d’acquérir une prospérité industrielle remarquable à l’aide de l’outillage économique moderne que lui donnera la houille blanche. Henri Catherine.
- iS SCIENCES
- et de mars 1920
- associés ou réalisant des hybrides de greffe. On sait qu’en viticulture ces derniers ont rendu les plus grands services ; des recherches doivent s’orienter dans cette voie nouvelle, notamment au sujet des arbres fruitiers.
- Les microretassures des lingots d’acier. — Un défaut local, solution de continuité oji inclusion de produit étranger, cause la rupture d’une pièce métallique ; c’est dans l’ignorance des modes de formation de tels points
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- faibles que les cahiers des charges imposent des coefficients de sécurité très élevés. M. Georges Charpy a constaté dans des lingots d’acier, avant tout travail de laminage ou de forgeage, de petites cavités se produisant partout où une goutte de métal peut rester un instant à l’état liquide au sein de parties solidifiées. Il a établi le mécanisme de leur formation et vérifié que le travail à chaud du métal peut, suivant les cas, atténuer ou développer considérablement de pareils défauts. Il en est de même du forgeage et du laminage qui doivent dorénavant faire l’objet d’une étude systématique, sans que le seul souci des praticiens soit d’arriver le plus vite possible à une forme extérieure déterminée.
- Quelques nouveaux spectres d'étincelle. — A l’aide du spectrographe à prisme de fluorine du type Broca-Pellin qu’ils ont soumis récemment à l’examen de l’Académie, MM* Léon et Eug* Bloch viennent de faire des mesures de longueur d’onde dans l’ultra-violet extrême et leurs dernières expériences ont porté,sur le cadmium, le nickel, le bismuth et l’argent.
- Action de l'eau sur le chlorosulfonate de méthyle. — Le phénomène est des plus complexes et MM. Guyot et Simon viennent d’en déceler les différentes phases. Il y a tout d’abord formation du sulfate acide qu’un excès d’eau peut décomposer en acide et alcool, la réaction étant limitée par l’éthérification inverse* Quand la proportion d’eau pst tout à fait minime, une concentralion des acides donne une importance prépondérante à l’attaque de l’alcool méthylique libéré, d’où une production synthétique de plus en plus accentuée du chlorure de méthyle.
- La préparât,on catalytique des éthers oxydes. —
- , L’alun calciné constitue un excellent catalyseur de déshydratation, si bien que l’alcool éthylique a pu être transformé en éther oxyde avec un rendement de 71 pour 100. M. A. Mailhe et F. de Godon ont réussi l’opération en partant de solutions alcooliques ne marquant que 55-60°, et leurs derniers essais ont porté sur les éthers oxydes des alcools supérieurs au terme en Câ, ainsi que sur les éthers mixtes de deux alcools différents.
- Sur les halos extraordinaires. — Autour du Soleil ou de la Luné apparaissent parfois des halos circulaires analogues à ceux de 22° et 46°, le rayon seul les en distingue* M. Louis Besson reprend 26 observations, dont la première remonte à Scheiners pour préciser les caractères des halos signalés par van Buissen, Rankin, Burney, Dutheil et Feuillée.
- La flore du fromage de Brie. — La végétation fongique joüe un rôle important dans l'affinage, et les microbes disséminés dans la masse du caillé donnent naissance à différentes fermentations ; le sucre de lait et la matière azotée subissent ainsi l’action des bactéries protéolytiques. M. Loubière a isolé un assez grand nombre de Champignons, aidant le Pénicillium, et déterminé pour deux d’entre eux les caractères morphologiques et les modes de reproduction.
- Sur la dératisation par la chloropicrine. — Le rat joue un rôle prépondérant dans la propagation de la peste bubonique — le sang de l’animal malade renferme des bacilles, transmissibles à l’homme par les puces qui vivent dans le pelage du rongeur. — MM. Gabriel Bertrand et Brocq-Rouheu, continuant leurs essais pour l’utilisation de la chloropicrine, voient dans la vapeur de cette substance un des meilleurs agents de dératisation.
- Action des vapeurs toxiques sur les végétaux. — MM. Guérin et Lormand ont successivement étudié l’influence sur la vie des plantes, du chlore, du chloro-formiate de méthyle, de la bromacétone et de l’ypérite. Les rameaux ou les boutures en pots étant maintenus pendant une heure ou deux dans une atmosphère" à
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- i000 &az ^dié, h?s auteurs ont constaté la chute
- des feuilles, par suite de plasmolyse ou contraction protoplasmique, mais le plus souvent de nouvelles pousses réapparaissent et la plante finit par reprendre une végétation normale,
- Sur la production de la chlorophylle. — M. Henri Coupin s’est préoccupé de savoir pendant quel laps de temps, les végétaux doivent être exposés, chaque jour, à la lumière, pour que la matière verte des feuilles commence à se montrer. D’une espèce à l’autre, les résultats sont extrêmement variables; enfin, les parties d’une même plante qui contiennent en plus grande quantité les substances de réserve, sont celles qui verdissent le plus rapidement.
- Les bétons légers. — S’autorisant des heureux résultats acquis au pont d’Asnières et dans les appontements de Lestonnat, à Bordeaux, M* Charles Rabut préconise le béton de mâchefer, qui, pour une même teneur en ciment après contraction, pèse de 30 à 40 pour 100 moins que le béton de gravier et fournit un surcroît de puissance des plus intéressants,
- La [durée de vol et la viUsse des aëioplai es. — S’inspirant de ses travaux antérieurs et des communications présentées par lui, en juin et juillet 1919, M. Raleau cherche à établir les limites qu’imposent aux aviateurs, les modes d’action dont ils disposent à l’heure présente. II semble, d’après l’éminent ingénieur, qu’un vol de 7000 km sans escale est un maximum bien difficile à atteindre : l’avion devrait emporter une charge d’essence et d’huile, double de son propie poids, et le pilote aurait à se tenir, pendant plus de dix heures à une hauteur voisine de 8000 m* Enfin, si le moteur est assez puissant' pour que le poids total enlevé tombe à 3 kg 5 par cheval, la vitesse maxima est de 128 m. 5 par seconde, soit 463 km. à l’heure. On sait que Sali Lecoinle a déjà atteint 276 km. sur son INieuport.
- Sur les alliages de cuivre, de zinc , et de nickel. —-L’industrie utilise fréquemment un alliage contenant 50 pour 100 de Gu, pour 5 de fii et 45 de Zn; de couleur jaune pâle, il est très difficilement oxydable. M. Léon Guillet montre qu’en abaissant la teneur en cuivre, pour augmenter le pourcentage de nickel, on obtient de nouveaux laitons, dont la charge de rupture varie de 45 à 75 kg, pour un allongement de 45 à 18 pour 100, et qui se caractérisent par une grande facilité de forgeage à température élevée.
- L'influence du calcium sur la végétation. — Ce métal représente pour les plantes le meilleur antidote du cuivre et MM. Maquennne et Demoussy établissent que son action est d’ordre physiologique ; l’évolution du végétal nettement favorisée le met en état de résis tance, en même temps que son augmentation de volume, provoque la diffusion du cuivre, pour empêcher, dans certaines limites, toute accumulation dangereuse de ce dernier métal.
- Paul B.
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- INFLUENCE DE LA NEIGE SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA VÉGÉTATION
- AU PRINTEMPS
- Un proverbe paysan, dit « neige en février vaut du fumier ». Les intéressantes observations suivantes que nous communique M< Peyriguey Jacques, aide météorologiste agricole à Montpellier, justifient pleinement ce vieux dicton.
- « kuMoni-Aigoual, Cévennes méridionales (Gard), le sol a été couvert de neige pendant 187 jours de l’année météorologique 1916, dont 172 jours consécutifs, offrant ainsi au sol et aux végétaux, pendant la période d’hiver et de printemps, un écran thermique les protégeant contre les gelées.
- 1^ fonte de la neige étant d’autre part assez lente permet encore au sol et aux végétaux de profiter de l’apport en acide nitrique et en azote ammoniacal qui leur est fourni par celte fusion. Cet apport joint à l’action des premiers rayons de soleil donne lieu au départ immédiat et au développement très rapide de la végétation dont les effets sont comparables à ceux obtenus en agriculture par un apport de nitrates au printemps.
- Nous avons ainsi et surtout remarqué, en mai, le bourgeonnement et la feuillaison complète des hêtres dans une période de cinq jours.
- a) Effet» thermiques. — Les températures de la neige et de l’air ont été obtenues à l’aide de thermomètres secs ; elles ont été prises dans la neige à 0 m. 10 et à 0 m. 20 de profondeur et à 0 m. 20 au-dessus de la surface de la neige ; ces observations ont été effectuées pendant les mois de février à mai inclusivement.
- Yoici, réunies par décades, les températures moyennes mensuelles de la neige et de l’air' pendant les mois de février à Mai exclusivement. Nous avons négligé de mentionner les températures de ce dernier mois, car du fait de la fusion, celles de la neige furent constamment de 0 degré.
- PÉRIODES , Févi’ier. Mars. Avril.
- A O™ 21) ! au-dessus du sol.
- lro décade -4,6 — 5,0 5,0-
- 2e décade - 1,3 1,4 0,4
- 3e décade • • - 2,8 1,3 7,0
- Moyenne des jours. ..... — 2,9 — 0,8 3,9
- i A 0m10 dans la neige.
- lr° décade - 2,2 — 4,1 0,0
- 2e décade • - M -1,2 — 0,5
- 3° décade • • • - - 2,3 - 0,6 — 0,1
- Moyenne des jours - U» - 2,0 — 0,2
- A 0m 20 1 dans ta neiqe.
- lre décade — 2,2 -4,0 ' 0,0
- 2e décade. - 1,5 - 1,2 — 0,5
- 3e décade. . ... . • - . . - 2,1 — 0,.4 - 0,1
- "1‘ , Moyenne des jours — 1,8 — 1,8 — 0,2
- Il en résulte que la variation de la température moyenne de cet écran thermique est dans la neige à 0 m. 20, nulle pendant les mois de février et de mars; qu’à 0 m. 10 dans la neige, elle est de 0°,2 et qu’à 0 m. 20 au-dessus de la neige elle est de 2°,1.
- Au mois d’avril elle est, dans la neige, nulle pendant les première et troisième décades et presque constante pendant la deuxième décade ; celle de l’air est très variable pendant toute cette période.
- Le diagramme ci-joint (fig. 1) montre que les variations des températures de l’air sont beaucoup plus importantes que celles de la neige et que l’amplitude de ces températures est de :
- DANS h A NEIGE AU-DESSDS DE LA NEIGE
- Février. . . . . . . 5°,1 Février ..... . 11°,5
- Mars. . . . . . . . 7°,4 Mars . .16°,4
- Avril. . . . . . . 0°,3 Avril . 21°,8
- Il permet ensuite de comparer à première vue les nombres des tableaux ci-dessus et de se rendre rapidement compte de l’efficacité de l’écran que constitue la neige pour la préservation des végétaux contre les gelées.
- b) Evaluation des quantités d’azote nitrique et ammoniacal apportées par la fusion de la neige ou de la pluie. — La neige est toujours plus riche que la pluie en acide nitrique et la proportion d’ammoniaque existant dans l’eau de pluie est toujours plus considérable que celle de l’acide nitrique^
- La neige est également plus riche que la pluie en ammoniaque.
- A l’observatoire de Montsouris, la dose d’acide nitrique moyenne des années 1880 à 1894- donnée, par l’eau de pluie ou de fusion de neige, est de 400 milligr. d’acide par mètre carré et par an, soit 4 kg à l’hectare.
- Également à Montsouris, M. Albert Lévy a trouvé que la quantité d’azote ammoniacal, versé par les pluies ou les neiges sur le parc, a été pour une période moyenne de 20 ans (1876-1895) de 1 gr. 086 par année et par mètre carré, soit 10 kg 860 d’azote ammoniacal à l’hectare.
- Or, comme notre étude n’a porté que sur une seule période de neige, nous prendrons les chiffres de l’observatoire de Montsouris qui sont presque identiques à ceux que nous avons trouvés, et nous aurons comme apport total des composés azotés fournis au sol et aux végétaux par la fusion de la neige et par la pluie, et pour une hauteur moyenne d’eau de 551 mm. par année, soit 0 gr. 400 de quantité moyenne d’azote nitrique par mètre carré
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- LES MACHINES A ÉCRIRE EN BRAILLE
- / ; v,; :: , . Février 2 3 4 S 6 7 8 9 /O // 12 13 /•# tS 16 17 18 19 20 2/ 22 23 24 2S 26 27 28 29 JO 3t
- 5° + 0’ : & 10° 'eu ?/0° eu 5 + c. - ï> c. 'CU t'O” /5‘ iO° + 5° 0° S° i s*
- ac 4 & \ Si Sns 4 t\ A? \ Y .* s' i
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- i- N 7 t * N , \çte / / * \ / i f w t i
- SS S K & ê j f ,
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- Fig. i. — Diagramme indiquant les variations de température dans l’air et dansja neige
- à diverses profondeurs.
- de surface et 1 gr. 086 de quantité moyenne d’azote ammoniacal par mètre carré de surface, nous trouvons doûc que le sol s’enrichit, à Montsouris, par an et par hectare de 14 kg 860 d’azote total-.
- Pour le Mont-Aigoual nous trouverons, pour une période de 6 mois (décembre à mai inclus) et pour une hauteur d’eau de pluie ou de fusion de
- neige de 1621 mm 7, que le sol s’est enrichi de : . 44.860 xl^ .7 =45kgm üôl
- de composés azotés par hectare, dont les effets sur le développement de la végétation sont par conséquent comparables à ceux d’une fumure azotée moyenne. »
- LES MACHINES A ÉCRIRE EN BRAILLE
- Braille, en 1829, imagina son système d’écriture pour aveugles. Chaque lettre de l’alphabet est figurée par des points imprimés en relief dans une feuille de papier . Les points — de 1 à 6 pour chaque lettre, disposés sur deux lignes verticales parallèles — forment 63 groupements différents. Grâce à un toucher affiné et délicat, l’aveugle peut lire cette écriture avec les doigts. Le système Braille a été successivement appliqué à l’écriture de toutes les langues vivantes et mortes, à des écritures variées abrégées et sténographiqués, à - la notation musicale/à la réprésentation des signes de calcul; i ï
- On écrit le Braille à l’aide d’un appareil simple et peu coûteux composé, d’une plaque de métal, zinc ou aluminium, creusée de sillons parallèles et entourée d’un cadre servant, à maintenir immobile une feuille de papier;. Sur les bords du cadre, à des distances égales à i’ëspace qui doit 'séparer les lignes consécutives, sont percés des trous dans lesquels s’enfoncent deux tenons placés aux extrémités d’un guide ou réglette. Ce guide est formé d’une laine de cuivre ou de nickel portant une ou plusieurs rangées d’ouvertures rectangulaires. Chaque ouverture laisse à découvert trois des sillons de
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- la plaque de sorte que l’écrivain, au moyen d’un poinçon, place sans hésitation, le long des bords verticaux des rectangles, les points constituant les lettres. Avec la tablette, qui n’a subi depuis son invention que des améliorations de détail, le voyant ou l’aveugle, un peu exercé, peut écrire facilement, mais assez lentement puisque la plupart des lettres sont composées de 4 à 6 points et exigent pour chaque point un mouvement du poinçon.
- Aussi bien, depuis longtemps déjà, on a cherché, en utilisant des organes mécaniques, à rendre l’écriture d’aveugle plus rapide et plus régulière. Le Musée de l’Association Valentin Haüy renferme plusieurs appareils conçus dans ce but, notamment le raphigraphe imaginé dès 1845 par un aveugle du nom de Foucaux. Dix tiges en acier verticales ou poinçons imprimeurs, réunis par une monture en forme d’éventail, gaufrent, sous la pression des doigts, une feuille de papier tendue horizontalement.
- Depuis lors les machines à écrire en caractères ordinaires sont entrées dans l’usage courant. Ne pourraient-elles servir de modèles pour la construction de machines à écrire en Braille? La première idée qui vient à l’esprit, c’est de transformer la machine ordinaire en substituant aux caractères d’imprimerie usuels des caractères portant des points en relief suivant le système Braille. Cette conception simpliste est pratiquement irréalisable, car la frappe du caractère ne serait pas suffisante pour produire un gaufrage de plus d’un millimètre dans un papier un peu épais surtout lorsque le caractère comprend quatre, cinq ou six points. Par suite on a été amené à la construction de machines à écrire en Braille utilisant des poinçons. Chaque poinçon poussé à fond imprime son point sur une feuille de papier appuyée contre une matrice présentant une petite cuvette correspondante.
- D’après ce principe de la décomposition de la lettre Braille en ses éléments, en 1892, l’Américain Hall a construit une machine à écrire en Braille qui fonctionne convenablement et est encore actuellement en usage. Elle a l’aspect d’un petit piano à six touches de 23 centimètres de largeur. Chacune des touches est fixée à l'extrémité d’un levier qui, par son mouvement de bascule, commande un second levier et un poinçon qui imprime un point
- Fig. 2. —- Machine Stainsby pour écrire en Braille.
- Fig. i. — Tablette et poinçon pour écrire en Braille.
- de bas en haut dans la partie arrière et centrale de l’appareil. L’opérateur peut se relire de gauche à droite au fur et à mesure de son travail. L’avancement du papier, porté par un chariot à glissement, s’effectue de lettre à lettre automatiquement tandis que l’espacement des mots résulte de la pression d’une touche supplémentaire centrale.
- Les machines Lotz (française), Ceresoto (italienne), Pitch (allemande) ne diffèrent pas sensiblement de la machine Hall.
- La machine anglaise Stainsby est plus simple encore comme mécanisme. Elle se compose de deux jeux de trois leviers entre-croisés dont les extrémités sont placées au-dessus de la feuille de papier à imprimer si bien que l’opérateur qui écrit doit avancer ses coudes et tenir les deux mains tournées en sens inverse dans le prolongement l’une de l’autre. Chaque levier en s’abaissant agit sur un poinçon vertical. La machine elle-même se déplace automatiquement en même temps qu’elle écrit. Elle imprime en creux et il faut retourner la feuille pour la lecture.
- Avec les machines Hall ou Stainsby un dactylographe exercé écrit de 20 à 30c mots à la minute, c’est-à-dire trois fois plus vite environ qu’avec une planchette, mais elles sont imparfaites > à certain point de vue. La pression sur une touche ne détermine le déplacement que d’un seul poinçon. L’écriture d’un signe nécessite donc l’emploi simultané de un à six doigts. On comprend dès lors la difficulté à vaincre pour la personne qui commence à écrire en Braille et qui doit composer chaque lettre. Une longue pratique de l’écriture Braille, soit plusieurs mois d’apprentissage, sont indispensables pour écrire avec une machine Hall ou Stainsby rapi dement et sans faire trop de fautes. Il faut une attention particulièrement soutenue quand il s’agit de copier de la musjque.
- De là l’intérêt d’une machine à écrire en Braille fonctionnant à la manière des machines à écrire ordinaires dans lesquelles chaque touche sous la pression d’un seul doigt détermine automatiquement le mouvement simultané de tous les poinçons servant à l’inscription d’une lettre ou d’un signe.
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- Fig. 3.
- Machine à écrire Lalliè
- pour écrire en caractères Braille.
- Le problème est complètement résolu dans la machine Lallié. La machine ressemble à première vue à une machine à écrire ordinaire, mais son clavier comprend 63 touches, c’est-à-dire tous les caractères Braille ou combinaisons réalisables avec les 6 points.
- De la barre transversale fixée sur les montants latéraux de l’appareil, part un col de cygne dont l’extrémité se termine par une surface plane creusée de six petites cuvettes qui font exactement face aux têtes des six poinçons imprimeurs verticaux. Entre les cuvettes et les poinçons, un espace de quelques millimètres est réservé au passage du papier (non représenté sur la figure) qui se déplace grâce au mouvement du chariot et de la rotation entre des cylindres en caoutchouc.
- Dans la partie arrière de la machine sont logés les organes qui sont indispensables à la distribution des mouvements. La figure schématique permet de comprendre immédiatement le fonctionnement. Six cadres rigides superposés A1, A2, A3..., qui ont 30 cm environ de longueur sur 5. ou 6 de largeur, peuvent osciller sur des tourillons B1, B2, B3.... Sur le bord antérieur de chaque cadre, en son centre, est fixée une goupille dont la saillie supporte l’extrémité inférieure d’un poinçon vertical P. L’extrémité supérieure du poinçon gaufre, en s’élevant, > le papier en D. Chacun des cadres reçoit son mouvement 'de bas en haut par l’intermédiaire d’une dent d’un peigne vertical E.
- Il y a nécessairement autant de peignes que de signes différents à imprimer . Le peigne soulevé actionne suivant le nombre et la position de ses dents, un ou plusieurs cadres et par conséquent les poinçons qui correspondent à l’impression d’une lettre ou d’un signe déterminé. (Le peigne représenté porte deux dents F F' qui agiront sur les cadaès À1 et A4}. Le peigne se déplace dès
- qu’on exerce une pression sur la touche T placée à l’extrémité du levier L qui le commande et il reprend sa position primitive par l’effet d’un ressort de rappel R.
- La machine dans son ensemble a les dimensions d’une machine à écrire ordinaire, mais son mécanisme est d’une extrême simplicité. Le modèle déposé à l’Association Valentin Haüy a été établi suivant les indications de l’inventeur, sans difficulté, grâce à l’intelligente collaboration d’un mécanicien de Nantes, M. Moison.
- Dès lors qu’une touche correspond à une lettre, avec la machine Lallié, un opérateur écrit en Braille correctement et sans apprentissage et peut atteindre bientôt une grande rapidité d’écriture.
- On obtient une grande douceur de touche, même pour la lettre é composée de 6 points, car l’effort à exercer dépend de la longueur du bras du levier qui agit directement sur le peigne.
- Toute personne de bonne volonté devient donc capable de copier rapidement et sans beaucoup de peine des textes pour livres d’aveugles. La nouvelle machine rendra des 'services aux aveugles mutilés ne disposant pas de leurs deux mains et ne pouvant pas par conséquent écrire avec les machines Hall ou Stainsby.
- Un aveugle pourra désormais copier un texte imprimé qu’il lit en même temps avec l’autre main libre, ce qui était jusqu’à présent impossible.
- Tout progrès facilitant la confection des livres d’aveugles et permettant d’enrichir leurs bibliothèques doit être signalé, car il n’est personne qui ne s’estime heureux d’apporter quelque adoucissement à la terrible infirmité.
- Norbert Lai,lié,
- Lauréat de l’Académie des Sciences
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- Fig. 4-
- Mécanisme de la machine Lallié.
- A, A?A3, plateaux ou cadres mobiles.
- B, B'* Br,i tourillons servant d’appui aux cadres, — E, peigne vertical. FF!,'Dents du peigne commandant la partie antérieure du cadre,—L, levier,
- Prpoinçon imprimeur solidaire d’un cadre. — R, ressort de rappel pressant le peigne. — T, touche portant la lettre.
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- LES SERVITEURS ÉLECTRIQUES
- Les applications de l’électricité dans l’économie domestique deviennent de plus en plus nombreuses. Les plus connues sont évidemment, en dehors de l’emploi des moteurs pour les brosses à parquets, moulins à café, machines à coudre, etc., nettoyage par le vide, celles qu’on utilise pour le chauffage, la cuisson électrique avec toute la série d’appareils : bouillottes, fers à repasser, grilloir à pain, chauffe-fer à friser, etc., qu’on peut voir aux devantures des électriciens.
- Une utilisation moins répandue, tout au moins dans nos contrées, est celle qui permet de réaliser mécaniquement le lavage du linge, le repassage et également le lavage de la vaisselle. Bien entendu, ces appareils, relativement compliqués et par suite assez chers, sont surtout applicables à des maisons importantes, telles que : hôtels, collèges, coopératives, etc, Néanmoins étant donné la rareté de la main-d’œuvre actuelle, il nous semble intéressant de faire connaître ces procédés à nos lecteurs, procédés qui sont de plus une application originale du moteur électrique.
- La machine à laver le linge existe en différents modèles, tous américains ou presque ; les principaux types sont ceux de la Compagnie Hurley (fig. 1) et de la Western Electric C° de New York (fig. 5). Le principe est toujours le même; le moteur électrique agit au moyen d’une disposition d’engrenages pour communiquer un mouvement de rotation à une sorte de tonneau en bois, lequel contient le linge à laver. Ce tonneau se meut dans une caisse remplie d’eau de lessive.
- Dans le modèle de la Western Electric C° (fig. 3), le cylindre ou tonneau tourne d’abord dans un sens, puis dans l’autre, et il continue alternative-
- Fig. /. — Machine à laver le linge.
- ment ainsi son fonctionnement, ce qui brosse le linge et permet d’en faire sortir les souillures.
- Dans la machine Thor de la Compagnie Hurley, la rotation du cylindre a lieu toujours dans é
- même sens, ce qui n’exige pas un mécanisme aussi compliqué. Pour éviter que le linge ne reste en paquet, le cylindre ou tonneau en érable blanc (fig. 2) porte à l’intérieur des barres appelées élé-
- Fig. 2. — Vue intérieure d'un tonneau Thor à laver le linge.
- vateurs, lesquelles remontent le linge et le laissent ensuite retomber dans l’eau savonneuse chaude. A chaque chute, l’eau passe à travers le linge, ce qui enlève les souillures, grâce d’ailleurs au malaxage. Toutes les pièces en bois des tonneaux laveurs ne comportent aucun angle et sont polies, ce qui permet sans crainte le lavage des linges fins. Ces machines de différents types ont été largement utilisées pendant la guerre par l’American Red Cross en France.
- Pour procéder à l’opération du lavage, on remplit le tonneau de linge à peu près à la moitié et on met de l’eau en quantité suffisante pour couvrir juste le linge. On tourne le commutateur et le lavage s’opère seul. Une fois l’opération terminée, on arrête le moteur. On embraye ensuite les rouleaux caoutchouc ou tordeurs à tension réglable, on fait passer entre ces rouleaux le linge qu’on retire du tonneau et le linge est essoré très complètement par pression, ce qui enlève la presque totalité du liquide (fig. 5).
- Aujourd’hui que le blanchissage atteint des prix élevés, les laveuses électriques sont intéressantes et l’économie qui en résulte amortit rapidement la machine. Aucune connaissance spéciale n’est nécessaire, puisqu’il suffit de brancher le moteur à la douille d’une lampe à incandescence et de tourner un. commutateur.
- Ces machines se font en plusieurs grandeurs, galvanisées ou en cuivre. Leur contenance varie de 6 à 20 draps, de 120 à 400 serviettes. Les grands modèles sont applicables aux hôtels, collèges, hospices, etc., car ils permettent de faire rapidement des blanchissages considérables.
- Certains modèles, tels que le type 1900, ont une caisse oblongue et le mouvement oscillant fait circuler l’eau en forme de 8 couché (un mathématicien dirait lemniscate). La caisse est en cuivre pol
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- LES SERVITEURS ÉLECTRIQUES
- (fig. 6) et on trouve également dans cette machine les rouleaux d’essorage.
- Cette machine se complète par la repasseuse
- Fig. 3. — Essorage du linge lavé.
- électrique. Dans le système delà Western Electric Cy, c’est, le moteur de la laveuse, qui, au moyen d’une courroie, peut actionner la repasseuse. La Compagnie Hurley a un moteur indépendant pour la machine à repasser (fig. 4).
- Cet appareil supprime le repassage à la main qui est long et pénible. Le fer à repasser électrique a amélioré le travail fatigant du repassage, la machine à repasser supprime presque complètement la main-d’œuvre.
- Le principe est d’avoir une calandre qui tourne et entraîne le linge en le pressant contre un sabot poli qui est chauffé régulièrement par le gaz ou la gazoline. Une légère pression uniforme fait dispa-
- Fig. 4. — Machine à repasser avec moteur indépendant.
- raître tous les- plis et lustre le linge. Les largeurs des machines vont de Om. 97 à 1 m. 27 et pour repasser les draps, il suffit de les plier en deux.
- Le mécanisme de la machine à laver la vaisselle est forcément des plus simples., car on ne pouvait songer à procéder de la même façon que pour le linge, étant donnée la fragilité des objets.
- L’établissement de la machine à laver la vaisselle
- construite par la Western Electric C* a réalisé l’apparence d’une table dont le dessus est en aluminium et qui comporte des pieds en acier. L’intérieur est constitué par un bac en cuivre et c’est dans des sortes de paniers placés dans ce bac qu’on dispose les pièces à laver (fig. 5).
- Le moteur électrique actionne un axe qui comporte des palettes en acier. Ces palettes projettent le liquide avec violence contre les pièces à laver et la circulation intense qui en résulte provoque le départ de toutes les souillures des ustensiles.
- Tous ces appareils peuvent être qualifiés comme
- Fig. 5.— Vue extérieure et intérieure d’une machine à laver la vaisselle.
- l’indique le titre de cet article, de l’épithète « serviteurs électriques » et leur emploi aujourd’hui n’est pas négligeable, d’autant plus qu’il s’agit en l’espèce de serviteurs dociles, exacts et méticuleux et pour lesquels les dépenses sont connues et établies une fois pour toutes.
- E. Weiss.
- Fig. 6. — Machine à laver à caisse oblongue.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahïre, 9, rue dé Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE.
- 24 AVRIL 1920
- — N05 2400-2401. —'..............:...
- SERVICES IRREMPLAÇABLES DES OISEAUX
- Je veux, après avoir précédemment démontré (La Nature, nos 2586 et 2590) l’utilité des Insectivores, prouver que, ni les conditions atmosphériques, ni les traitements chimiques, ni surtout quelques insectes carnivores, rien n’est capable de préserver notre agriculture des fléaux déchaînés par la destruction criminelle, et criminellement tolérée, des oiseaux. Je pourrais même dire : encouragée, puisque l’autorisation pour les permissionnaires de chasser sans permis a inculqué' l’habitude du massacre à des milliers dé jeunes gens qui, aujourd’hui, au lieu de travailler aux reconstructions sociales, continuent de fusiller, avec ou sans permis, pinsons et mésanges. Pour comble d’insanité, au lieu de surtaxer fortement la poudre et le petit plomb, et de décupler les amendes pour braconnage d’oiseaux utiles, la Chambre précédente, que la nouvelle déjugera, je l’espère, a écrasé d’impôts les chasses gardées, dernier refuge de notre avifaune!
- Durant les deux premières années de guerre, la chasse ayant été interdite, les oiseaux s’étaient multipliés, et la diminution des insectes, l’abondance des récoltes en avaient aussitôt résulté. Je ne citerai que l’exemple suivant publié par M. Georges Avril :
- « Bonne en 1916, excellente en 1917, satisfaisante en 1918, la récolte des olives s’annonce favorablement pour 1919. Constatons : mobilisé, le cultivateur qui, chez nous, ne va pas aux champs sans sa pe'toire, histoire de descendre un « passe-ron » entre deux coups de bêche, a laissé les becs-fins en paix. Les petits oiseaux ont mis cette trêve à profit. Ils ont multiplié. Ils ont gobé force mouches Keiron, dont les larves constituent le parasite
- Fig. 2. — Loriots jaunes (Oriolus galbus).
- Le mâle apporte une chenille à la femelle couvant.
- (Cliché Ad. Burdet).
- 48* Année. — 1" Semestre.
- le plus redoutable de l'olive, et.., nous avons eu beaucoup d’olives. »
- Nous verrons avant trois ans les résultats agri-
- Fig. i. — Faucon cresserelle (Falco tinninculus) apportant une souris à ses petits au nid. (Cliché Ad. Burdet) (*).
- coles de la recrudescence actuelle de notre anarchie cynégétique, si le Parlement ne se hâte pas de l’enrayer! Car, en dépit de tous les préjugés de la routine et des dénégations intéressées, je répète que rien n’est capable de suppléer aux services de nos auxiliaires ailés.
- D’abord pas la température. Vainement, le cultivateur s’obstine-t-il à espérer le grand hiver qui gèlera les chenilles, l’été torride qui brûlera « les mauvais germes », les insectes reparaissent après comme avant. En outre, ils sont coupables de méfaits dont on accuse souvent la température. M. Rendu observe par exemple : « On ne voit que trop souvent au printemps les boutons du poirier, du cerisier, mais surtout ceux du pommier, au lieu de s’ouvrir avec les progrès de la végétation, perdre peu à peu leur coloration verte et prendre à la fin une teinte jaunâtre très prononcée. Pour beaucoup de jardiniers, cet accident qui coïncide fréquemment avec la lune rousse est occasionné par l’influence lunaire ou bien par des vents secs et froids. C’est là une erreur populaire. La maladie dont les plantes sont alors atteintes s’explique tout naturellement; elle provient de la piqûre d’un insecte : l’anthonome. »
- La température n’exerce qu’une action très limi-
- 1. Les photographies illustrant cet article ont été communiquées par la Ligue française pour la Protection des oiseaux, 198, boulevard Saint-Germain, Paris.
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- SERVICES IRREMPLAÇABLES DES OISEAUX
- Fig. 3.— Troglodyte mignon (Troglodytes parvulus) rentrant an nid, une chenille au bec.
- (Cliché Ad. Burdet).
- tée sur les maladies des végétaux. Son action bienfaisante contre les insectes est quasi nulle par le froid; elle s'exercerait plutôt dans les étés secs, mais seulement restrictive, car les générations de la cochylis, par exemple, reparaissent avec une intensité foudroyante dès la première saison pluvieuse. Ce n’est donc pas’ de l’état du ciel qu’il faut attendre le salut de nos récoltes.
- Pas davantage des traitements chimiques, quoiqu’ils constituent le seul palliatif un peu efficace aux maux déchaînés par la diminution des oiseaux, et que d’ailleurs leur utilité puisse se combiner parfois avec celle de nos auxiliaires naturels, quand ceux-ci ont été numériquement trop réduits pour lutter contre une invasion d’invertébrés. Il sied de ne pas englober dans la même réprobation certains produits qui ruinent inutilement les agriculteurs au profit de mercantis ou d’annonciers sans scrupules, et les traitements qui, comme le sulfate de cuivre, ont donné d’heureux résultats.
- Mais ces traitements eux-mêmes offrent de graves inconvénients. J’ai démontré ailleurs (*), et ne puis résumer ici, le danger de quelques-uns pour les animaux domestiques ou l’homme lui-même. Et aucun d’eux n’est sans péril pour la végétation, car les plantes s’alimentent et respirent comme nous; or, pense-t-on qu’un homme enduit de chaux, pommadé d’alun, abreuvé d’acides, nourri de poisons variés, présenterait un cas de robustesse et de longévité? La dégénérescence de nombreuses pépinières, le ralentissement des sèves, l’insipidité des fruits tiennent souvent aux drogues dont on sature les végétaux.
- En outre, une multitude d’insectes échappent à l’action des traitements chimiques.
- 1. Voir Les Jardins-Volières et Les Oiseaux nécessaires à iAgriculture (Perrin).
- M. G. Battachon, inspecteur de l’Agriculture, écrivait : « En matière de destruction d’insectes, les oiseaux sont outillés comme nous ne le serons jamais. Avec toute notre science, tous nos engins perfectionnés, tous nos produits chimiques, nous sommes incapables d’arriver aux résultats qu’ub-tiennent nos aides ailés avec leurs yeux et avec leur bec, à la seule condition d’être suffisamment nombreux. »
- Les expériences de laboratoire deviennent souvent inapplicables en pratique. On peut détruire quelques moustiques en versant du pétrole sur un bassin ; mais essayez donc de remplacer le travail des hirondelles dans les marais de la Camargue, ou celui des pics et des mésanges dans les forêts!
- Dans les vignes elles-mêmes, suppose-t-on que les sulfateuses iront, comme le bec des traquets et des ortolans, chercher les parasites au revers des feuilles ou sous les écorces? Elles détruiront juste assez d’insectes pour empoisonner avec leurs cadavres les passereaux qui s’en nourrissent, car voilà sans doute une nouvelle cause de la disparition presque complète des insectivores qui protégeaient spécialement la vigne.
- Yos chaux, vos aluns atteindront-ils, comme le bec des fauvettes et des pouillots, la chenille sur le bourgeon, puis sur la fleur, enfin sur le fruit? Seront-ils présents, assidus, à chaque transformation de la feuille qui germe, du grain qui mûrit? « On comprend sans peine, observe M. Rendu, qu’il n’existe pas de remède contre l’invasion du charançon cou-sillonné ; qui donc aurait la pensée d’attaquer chacune des galles du navet? »
- A combien de traitements, prônés comme infaillibles, les agriculteurs ont-ils dû renoncer! La chaux en poudre contre le négril, par exemple. A chaque page des traités d’agriculture, on lit des aveux comme celui-ci : « Nul moyen connu pour détruire la noctuelle du blé », ou : « On ne connaît aucun moyen d’arrêter les dégâts de la mouche
- Fig. 4. — Mésange bleue (Parus cæruleus) portant une chenille à ses petits dans un nichoir. (Cliché Ad. Bfirdet )
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- des cerises. » Pardon ! Il en existe un : c’est de respecter les loriots et les gobe-mouches. Les premiers ne croqueront une cerise qu’après s’être gavés d’insectes ; les seconds ne touchent pas même à ces fruits.
- Mais le plus grave inconvénient de tous les traitements artificiels est le coût et le travail qu’ils exigent, alors que l’oiseau, lui, ne réclame rien, ou un insignifiant salaire de fruits. Le coût de la production \inicole a triplé depuis les fléaux qui coïncident exactement avec la disparition des tra-quets, linots, bruants, etc. A supposer que, sur cent, deux ou trois drogues soient efficaces, et encore quand la saison s’y prête, alors, ou bien tous les viticulteurs traitent, et voilà un impôt d’un ou deux milliards prélevé par les chimistes sur l’agriculture; ou bien, au milieu du désastre général, quelques cultivateurs se tirent d’affaire en chassant l’eudémis, la pyrale ou la cochylis chez le voisin, et c’est le consommateur qui paie la note. Que l’on s’étonne ensuite du renchérissement des denrées !
- Chaque époque a sa démence contagieuse, son emballement sur un mot vide de sens ou gros de désastres. Aujourd’hui, c’est l’Industrialisation de l’Agriculture, un terme aussi barbare que la chose. Et il ne s’agit pas seulement des oiseaux que l’on s’efforce en vain de remplacer ; il s’agit du climat désertique que nous prépare le déboisement, qui a tari les sources et raréfié les pluies partout où on l’a pratiqué. Les honnêtes utopistes, les myopes de laboratoire, et les exploiteurs madrés qui les suivent, n’en continueront pas moins, après tant d’expériences désastreuses, à nous proposer d’autres panacées. Voici que, sans s’inquiéter des impossibilités pratiques, du coût et du labeur, du danger surtout, l’on nous conseille d’utjliser contre les insectes les gaz asphyxiants! Le Parlement va-t-il nous endetter encore de quelques millions au profit de nouveaux budgétivores, ou écoulera-t-il enfin le cri unanime des agronomes sérieux et des sociétés
- Fig. à. — Étourneau vulgaire (Sturnus vulgaris), un ver blanc au bec, rentrant au nichoir.
- (Cliché Ad. Burdet).
- Fig. 5. — Rouge-gorge familier (Rubecula familiaris) apportant des insectes à ses petits.
- (Cliché Ad. Burdet).
- d’Agriculture qui réclament une protection efficace des oiseaux utiles?
- Car un progrès vers l’évidence s’est opéré dans les esprits depuis l’époque où M. Battachon écrivait :
- (( Les plus merveilleuses drogues des chimistes n’ont jamais valu, et ne vaudront jamais, quelques couples de mésanges, de fauvettes, contre la marée envahissante des insectes destructeurs. Voilà ce que l’on ne sait pas en France, et cette ignorance est navrante.
- « Et alors aujourd'hui, nos cultivateurs, qui ont détruit ou laissé détruire les auxiliaires que la nature leur avait donnés, réclament à cor et à cri qu’on les défende contre les insectes qui se multiplient et qui dévastent leur bien. Ils supplient qu’on leur en donne au moins les moyens ! Et pour remplacer maladroitement et coûteusement les oiseaux qui ne sont plus, ils achètent des appareils de toutes sortes, et du savon, et du pétrole, et de l’alcool, et du goudron, et de la nicotine, et du lysol. — Que sais-je? Ils sont tout prêts à arseniquer les fruits et les légumes, et ils pulvérisent, ils flambent, ils badigeonnent... et, malgré toutes leurs peines et tous leurs frais, la gent malfaisante et prolifique de leurs ennemis continue à grouiller, à pulluler! »
- Aujourd’hui, de la Provence, du Languedoc, l’on me signale la trop tardive indignation des vignerons et des agriculteurs contre les laceteurs et oiseleurs de toute sorte. Un journaliste de Toulouse m’écrivait : « Il est peu de régions où le manque d’oiseaux soit aussi lamentable que dans la nôtre. Leur destruction a été aussi funeste qu’on pouvait s’y attendre. »
- En revanche, la Bretagne, qui s’est préservée dû déboisement et protège ses oiseaux, continue de montrer des moissons lourdes d’épis, et sur la côte, des vignes chargées de raisins. Puisse-t-elle continuer d’ignorer l’anarchie de la chasse et aussi
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- Fig. 2. — Torcol vulgaire (Yunx torquilla), le bec plein d’œufs de fourmis.
- (Cliché Ad. Burdet).
- l’introduction de certains engrais chimiques, destructeurs des insectivores !
- Devant l’impuissance ou le coût décourageant des traitements artificiels, les régions dévastées par les fléaux agricoles ont fini par comprendre que l’on ne viole point impunément l’équilibre des lois naturelles. Dès lors, l’État, mis en démeure de protéger les oiseaux, mais harcelé par les bénéficiaires de l’anarchie cynégétique, s’est décidé à multiplier les insectes. La légende des insectes utiles, ceux qui dévorent les autres, s’est accréditée ; et tandis que le Gouvernement refusait le moindre subside aux Ligues désintéressées des protecteurs de l’Oiseau, il fondait à grands frais plusieurs stations entoenologiques. Je ne prétends pas que l’oiseau et l’invertébré carnivore ne puissent collaborer à la sauvegarde de nos récoltes. Ils peuvent le faire en paix, quoi qu’aient insinué certains entomologistes — non du reste les plus sérieux qui, comme MM. Marchai, Faytaud, etc., reconnaissent l’utilité de l’Oiseau, et comme Henri Fabre affirment : « Sans les oiseaux la famine nous décimerait ». Hormis les pies et quelques rapaces, très peu d’oiseaux peuvent digérer les carapaces des gros invertébrés carnivores ; les insectes mous, les plus nuisibles, constituent la nourriture presque exclusive des grimpeurs et des passereaux.
- . Incontestablement, divers parasites de la végétation sont combattus par quelques invertébrés. Néanmoins, les services rendus par les insectes carnivores ne peuvent soutenir aucune comparaison avec l'utilité des oiseaux. En effet :
- 1° hn nombre immense d'insectes très nuisibles échappent entièrement aux attaques des autres invertébrés. Au contraire, tous ont pour ennemis
- une ou plusieurs espèces d’oiseaux. Quinze ou vingt espèces d’insectes carnivores ne sauraient remplacer nos 150 à 200 espèces de Passereaux et de Grimpeurs insectivores, sans cesse en chasse contre les centaines de sortes de larves et de vers qui ravagent nos cultures. Pour ne citer que les plus connues et les plus dangereuses de celles-ci, 13 dévastent les céréales, 24 les arbres fruitiers, 18 les forêts, et un nombre encore plus grand s’acharnent contre les plantes potagères, les fleurs, le houblon, la vigne. Plusieurs de ces sortes d’insectes parasites engendrent des millions, parfois des milliards de rejetons en une seule année, lorsque les oiseaux, et aussi quelques autres adversaires comme le crapaud et le lézard, ne restreignent pas leur effroyable pullulement.
- « Le rôle clés insectes utiles, m’écrit un naturaliste, M. Plocq, est insignifiant. Alors même qu’un calosome ou un carabe doré mangerait deux ou trois chenilles, qu’est-ce que cela auprès d’une fauvette qui en avale plus de cent en une journée? »
- 2° Les insectes utiles parce qu'ils en combattent d'autres deviennent eux-mêmes nuisibles par leurs propres dévastations. Tels les capricornes, les perce-oreilles. La courtilière détruit quelques vers, mais surtout les racines des légumineuses ; les guêpes chassent les tenthrèdes, mais elles dévorent les fruits; une petite mouche, le pteromalus, mange Faleucite, mais elle-même est extrêmement nuisible. L’araignée, qui se repaît de mouches, est dangereuse ou du moins gênante pour l’homme.
- Combien le travail du bouvreuil contre les antho-nomes vaut-il mieux que celui du Bracon venator, insecte qui pond ses œufs dans le corps des larves
- Fig. 8. — Pic-èpeiche (Picus major), le bec chargé d’insectes, arrivant à son nid, dans un tronc de vieux peuplier.
- (Cliché Ad. Burdet).
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- LA PURIFICATION ÉLECTRIQUE DES GAZ
- du charançon du pommier, et ne fait guère que substituer ainsi un parasite à un autre !
- Le zabre bossu qui, à l’état d’insecte parfait, dévore quelques pucerons, exerce, à l’état de larve, d’effroyables ravages dans les céréales.
- Dans d’autres classes que celle des insectes, le même phénomène se reproduit. Les petits rongeurs sont détruits par les hiboux, absolument inoffensifs, ou parles vipères, les belettes, animaux eux-mêmes dangereux ou nuisibles. La supériorité de Voiseau s'affirme donc encore ici.
- 5° Enfin, les prôneurs des insectes carnivores expliqueront-ils pourquoi les fléaux agricoles coïncident toujours exactement avec la disparition des oiseaux? J'imagine que nos Tartarins ne tirent pas encore les guêpes ou les araignées ! Or, partout où ils massacrent engoulevents, traquets, ortolans, becs-fins, aussitôt la cochylis, l’eudémis, cent autres parasites occasionnent d’irréparables désastres. Ce sont donc bien réellement les oiseaux, et non quelques invertébrés, qui nous protégeaient avec efficacité contre le pullulement des parasites.
- Je n’ajoute pas l’argument esthétique ; personne, j’imagine, ne préférerait par goût propager la
- punaise et l’araignée plutôt que le rossignol ou le rouge-gorge! Les larves de Cadellés, qüi dévorent quelques charançons, infectent autant qu’eux le froment et sont tout aussi répugnantes. De même pour un petit papillon grisâtre qui s’attaque au ténébrion (ou teigne de farine). Qui pourrait préférer ces ignobles insectes à la bergeronnette, autrement efficace qu’eux dans sa lutte contre les vers qui vident les épis ou corrompent la farine?
- En résumé, si, par exception, quelques oiseaux sont partiellement nuisibles, et quelques insectes partiellement utiles, néanmoins une loi supérieure s’affirme : celle que la classe entière des oiseaux nous est indispensable contre la classe entière des insectes.
- Quel service rendraient donc à notre pays les fondateurs des stations entomologiques, s’ils consentaient à les transformer en Instituts ornithologiques, comme celui des États Unis, ou à propager la méthode des nids artificiels qui a sauvé les forêts de Hongrie ! J’exposerai, dans un prochain article, les résultats obtenus par les initiateurs de l’ornithologie économique.
- André Godard.
- LA PURIFICATION ÉLECTRIQUE DES GAZ
- S/cc/r/ a e/e
- Le principe de cet intéressant procédé a été déjà décrit dans le n° 2222 de La Nature.
- Rappelons qu’il consiste à faire passer les gaz à débarrasser de poussières entre 2 plaques réalisant un champ électrique puissant ou dans un cylindre dont un fil occupe l’axe et constitue l’électrode à haute tension, tandis que les parois du tube sont en communication avec la terre.
- La purification électrique des gaz permet de dépouiller ces gaz de toutes particules solides et liquides de matières qu’ils entraînent. Tel est le cas des fumées dégagées par certaines.; e-minées, celui des poussières de ciment, de talc ou
- j£/yjemé>/e e/c/rpe /rps/ee/Zs/oy c/e
- /ÿ'ec/jùf/kï/fofj Æ/e Fig- i-
- de toute autre matière en poudre s’échappant de broyeurs ou de séchoirs, etc.
- Rappelons encore que les premiers essais industriels pour capter les poussières furent faits vers 1885 en Angleterre par sir Oliver Lodge à l’aide de machines statiques mais que ces appareils, trop délicats, ne permirent pas la généralisation industrielle du procédé à cette époque.
- On eut ensuite recours, pour obtenir la haute tension nécessaire, à l’emploi de transformateurs statiques complétés par des soupapes trieuses ou des redresseurs rotatifs redressant les ondes du courant alternatif haute tension ainsi produit.
- ec/r/
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- 190 ======== LA PURIFICATION
- Nous avons figuré ci-dessous (fig. 2 et 3), l’un de ces redresseurs rotatifs; celui qui)est utilisé en
- aiguille à la masse.
- Fig. 2. — Redresseur industriel pour haute tension. Vue de face.
- France,pour la précipitation électriquedes poussières, par la Société de Purification industrielle des Gaz.
- Le' but de ce redresseur est analogue à celui du collecteur d’une dynamo; il permet d’obtenir le champ électrique toujours de même sens qui est indispensable pour imprimer aux particules à capter un mouvement de cheminement de direction constante entre le fil qui occupe le centre du tube et les parois dudit tube sur lesquelles la poussière vient se précipiter.
- Certaines difficultés ont été rencontrées à l’origine pour la production des très hautes tensions électriques nécessaires à l’emploi de ce procédé; mais, actuellement, ces difficultés ont été surmontées ; des tensions de 50 000 à 100 000 volts sont obtenues. d’une façon courante.
- Dès 1908, plusieurs Universités américaines se mirent à la besogne et, l’un des chercheurs, le professeur F. G. Cottrell, se distingua particulièrement dans çe travail et imprima à l’application de ce procédé de précipitation électrique une impulsion remarquable.
- ^ Il est précisément fait allusion dans le n° 2392 de notre Revue à une grande usine américaine qui applique ce procédé ; il s’agit de la Fonderie d’Ana-conda dans l’Etat de Montana aux États-Unis. Nous avons signalé que cette usine est pourvue d’une cheminée qui est la plus grande du monde; elle mesure 175 m. 50 de hauteur sur 18 m. de diai-mètre, et sert à l’évacuation des gaz débarrassés de leurs poussières par umprécipitateur Cottrell.
- Les applications de la précipitation électrique sont très nombreuses : nous avons déjà cité celles relatives à certaines fumées, aux poussières de produits broyés ; il faut y ajouter le traitement des gaz qui se dégagent des fours à pyrites (gaz entraînant des particules d’oxyde de fer), celui des buées provenant des fours de concentration de l’acide sulfurique, de grillage de minerais, etc. . (
- On débarrasse ainsi les gaz de substances de valeur ou bien'on empêche les poussières nuisibles
- ÉLECTRIQUE DES GAZ-------------------:------—
- de porter tort aux usines qui les produisent et aussi à leurs voisins. .
- On pourrait penser qu’il est nécessaire d’avoir une forte proportion d’impuretés dans les gaz afin d’obtenir un rendement appréciable, ce qui se produit presque toujours dans les fumées de fours métallurgiques où l’on recueille un nombre de grammes élevé par mètre cube de gaz trailé.
- Comment se comporte le procédé quand la proportion d’impuretés , à retenir n’est plus que la centième ou même la millième partie des quantités ci-dessus? Une expérience pratique récente, faite par la société dont nous avons cité le nom au sujet des redresseurs, a prouvé que l’on pouvait obtenir de bons résultats même dans ce cas qui est fréquent dans l’industrie.
- L’installation en question se trouve au Pecq dans la station d’essais de la Société 1’ « Azote français » !
- La fabrication de cette station d’essais concerne la production du peroxyde d’azote qui est obtenu, par l’oxydation de l’azote de l’air atmosphérique, au moyen d’un four Guye perfectionné, lequel comporte la récupération par le froid et l’emploi de l’oxygène.
- Au cours de cette production de composés oxy-génés de l’azote, certaines particules de cuivré métallique, qui sont transformées en poussières très fines d’oxyde de cuivre, sont entraînées dans le courant gazeux, le problème posé consiste à les en extraire.
- Le gaz à dépoussiérer est à 300° centigrades, ce qui est prohibitif pour l’application des filtres ordinaires ; le procédé électrique offre ici l’avantage de se prêter à ces conditions sans aucune difficulté.
- L’appareil installé a donné lieu à des essais exécutés avec grand soin par l’usine du Pecq. Après avoir fait passer dans les tubes de précipitation électrique un volume gazeux d’environ 20 000 m3, le gaz n’entraînant avec lui que 1000 gr. de pous-
- secteur
- Fig. 3. — Redresseur industriel pour haute tension. Vue de profil.
- sières d’oxyde de cuivre en suspension très diluée, (5 cenligr. par mètre cube) , on a constaté qu’il n’y avait plus trace d’oxyde de cuivre dans les échangeurs de température, c’est-à-dire en fin de fabrication. !
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- LES CAUSES DU RAYON VERT z.;;::.:: ...............191
- Cette installation étudiée spécialement.en vue du but particulier poursuivi est représentée sur la figure 1.
- On voit à gauche le tableau qui dessert le groupe électrique haute tension, lequel permet la production d’un champ, puissant. A droite se trouve le filtre électrique proprement dit qui comprend un certain nombre de tubes métalliques verticaux, le gaz à dépoussiérer est refoulé dans ces tubes, il en sort pratiquement épuré.
- Le degré d’épuration obtenu dans de telles condi-
- tions permet évidemment d’entrevoir de nombreuses applications .de la filtration électrique, notamment dans la filtration des gaz de hauts fourneaux, la purification de l’air à envoyer dans des séchoirs exigeant un air dépoussiéré, etc.... Ce procédé trouvera peut-être son application dans le domaine de l’hygiène. En tout cas, il. n’est plus besoin d’aller aux États-Unis, en Angleterre et... en Allemagne pour nous émerveiller maintenant sur cet emploi original de l’électricité. g Weiss,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- LES CAUSES DU RAYON VERT
- Lorsque le soleil achève de disparaître derrière l’horizon de la mer, le dernier'témoin de sa présence est quelquefois un rayon d’un vert émeraude, dont la durée est très brève et l’éclat très vif.
- Pour tous ceux auxquels il a été donné de le voir dans les conditions où il se manifeste dans toute son intensité, le rayon vert est un des beaux spectacles de la nature. Il est rare sous nos climats, mais on l’observe fréquemme n t dans la Méditerranée orientale, et il est presque de règle dans la mer Rouge.
- Les causes semblent en être demeurées assez cachées ; on a contesté sa réalité objective, ce qui dispensait de toute tentative d’explication physique, et l’on a voulu trouver cette dernière dans une action purement physiologique ; enfin, pour montrer jusqu’où on a poursuivi la recherche de ses causes, je mentionnerai que, lors de la découverte des nouveaux gaz de l’air, il y a quelque vingt ans, on pensa voir, dans l’absorption au travers de l’un d’eux, se traînant en quantité notable au niveau de la mer, la raison de cette teinte particulière donnée au dernier rayon du soleil.
- La question m’ayant été récemment posée, j’eus l’occasion d’en faire part à M. H. Chrétien, le sagace et érudit astronome de Nice, et c’est au cours de notre conversation que furent émises les hypothèses desquelles il semble que soit sortie une théorie satisfaisante du mystérieux phénomène.
- D’abord, diverses observations ont établi que la présence de la mer n’est pas nécessaire à son ajspa-rition. M. Chrétien a vu le rayon vert se produire lorsque le soleil disparaissait derrière l’Esterel, lui-même étant sur le mont Gros, de telle sorte que le
- dernier rayon était sensiblement horizontal. Cette observation élimine toute une série d’hypothèses auxquelles on pourrait être tenté d’avoir recours.
- Le spectre du rayon vert ne semble pas avoir été observé; on peut le regretter, car, selon qu’il présenterait des raies, des bandes, ou encore une teinte continue, on serait conduit à invoquer des causes bien distinctes?
- Les réflexions totales, dues à une stratification
- déterminée des couches d’air, bien. que possibles, exigeraient un tel ensemble de circonstances peu probables en elles-mêmes, que l’on pourrait à peine concevoir la fréquence du rayon vert dans des conditions dont la plus essentielle qui nous ait toujours été indiquée est un horizon absolument exempt de brume.
- Cherchons donc l’explication dans la superposition des phénomènes classiques de la dispersion et de l’absorption.
- Près de l’horizon, la partie très réfrangible du spectre ne franchit qu’une faible épaisseur de l’atmosphère, et l’on peut dire que, pratiquement, les radiations solaires qui atteignent horizontalement un observateur s’arrêtent peu après le vert. Or, la réfraction atmosphérique relève,, comme on sait, la position d’un astre vu à l’horizon, et l’action est d’autant plus forte que la radiation considérée est plus réfrangible. Le vert disparaît donc après le rouge, et la seule chose que nous devions nous demander est la valeur, appréciable ou négligeable, de l’écart entre l’extinction de ces deux teintes.
- Pour une radiation quelconque, le chemin parcouru sera, par exemple, la ligne AB, incurvée vers le bas dès que le rayon atteint la limite pratique de l’atmosphère; au moment précis, où l’astre dis-
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- paraît, le dernier segment est horizontal, et l’observateur croit apercevoir l’astre dans la direction BC; le relèvement est l’angle ADC.
- Dans les conditions normales, cet angle est de 36'. A l’équateur, où les astres parcourent 15 degrés par heure, le relèvement retarde le coucher de 144 secondes de temps.
- Or, l'indice de réfraction de l’air est normalement égal à 1,000 292, et la dispersion, du vert moyen au rouge moyen, 0,000 002. Ce dernier nombre n’est pas rigoureux, puisqu’il se rapporte à des positions moyennes, arbitrairement choisies; mais, entre toute paire de radiations qualifiées rouge ou vert, l’écart reste de l’ordre indiqué ci-dessus. En le conservant pour simplifier, nous trouvons un rapport de la réfringence totale, égal à 1/146, et nous en concluons qu’entre la disparition du rouge et celle du vert, il s’écoule assez exactement une seconde.
- Si l’écart était beaucoup plus bref, les deux impressions se confondraient; s’il était beaucoup plus long, les apparences ne pourraient pas bénéficier d’un puissant .adjuvant, qui est l’impression de contraste.
- Les dernières teintes du soleil à l’extrême horizon sont nettement rouges; l’œil qui les observe est donc partiellement insensibilisé au rouge, et en conséquence, hypersensibilisé au vert. La sensation verte, dernière sensation lumineuse, succédant, à une seconde d’intervalle, à la sensation rouge, est donc renforcée, et ces causes réunies, l’une physique, l’autre physiologique, engendrent le rayon vert.
- Un ensemble si simple de causes semblerait devoir produire plus souvent un phénomène, en somme assez rare. Pourtant, pour peu qu’on y réfléchisse, on comprend qu’il en doive être ainsi. La pureté absolue de l’horizon apparaît, en effet, comme une condition irréductible de sa production, et, d’autre part, si l’on considère la disparition du
- soleil derrière une montagne, sous un angle tel que les brumes soient généralement absentes, l’intervalle de temps écoulé entre le passage du rouge et celui du vert est trop court pour que les sensations soient distinctes. En effet, à 10 degrés au-dessus de l’horizon, le relèvement n’est plus que 5 minutes d’arc, et la disparition successive du rouge et du vert se produit dans un espace de temps à peine supérieur au dixième de seconde. D’ailleurs, à cette altitude, le soleil apparaît encore très blanc, et l’œil ne bénéficie pas, comme à l’horizon, de la sensibilisation au vert et de l’absorption à partir du bleu.
- Les conditions physiques de l’apparition du rayon vert doivent être souvent mieux remplies le matin que le soir. Mais les conditions physiologiques — action préalable du rouge et fixation de l’œil sur le point à observer — ne le sont pas, et seule une attention soutenue, préparée par une étude systématique, pourrait donner la sensation du rayon vert.
- Dans les régions arctiques, le phénomène pourrait prendre un aspect particulier, lorsque le soleil aborde l’horizon sous un angle très aigu. Même, pour une latitude donnée, et à un jour déterminé, le soleil frôle l’horizon pendant un temps qui se chiffre par de nombreuses minutes. Là, si l’atmosphère est pure, les causes physiques peuvent être dissociées des causes physiologiques, et le rayon vert peut apparaître comme un phénomène durable, mais d’un éclat évidemment atténué.
- Peut-être a-t-il été observé. Toutefois, il est lié à des conditions étroites de lieu, d’instant, de pureté de l’atmosphère. Souvent, on n’observe que ce que l’on sait devoir se produire ; la réalité physique du rayon vert durable étant connue dans les conditions qui viennent d’être décrites, on est en droit de penser que quelque observateur attentif aura le privilège de constater son existence.
- Ch.-Ed. Guillaume.
- Correspondant de l’Institut.
- UTILISATION DES BOIS COLONIAUX
- La France trouvera dans ses colonies les bois qui lui manquent.
- La reconstitution de nos régions dévastées par la guerre, la réédificàtion de 250000 immeubles démolis, la remise en état de nos voies ferrées et de nos mines, l’achèvement de grands travaux suspendus pendant les hostilités et enfin la construction d’une flotte commerciale importante, vont exiger des importations de bois évaluées, pour une première période de 10 ans, à 80 millions de mètres cubes.
- Nous ne pourrons pas trouver assez de bois en France, et ces 80 millions de mètres cubes devront nécessairement venir du dehors, parce que nos ressources forestières sont épuisées par l’exploitation trop intensive de notre domaine métropolitain,
- durant cinq années de guerre. Ainsi, nous nous trouvons aujourd’hui dans la nécessité d’augmenter considérablement notre consommation de bois, en même temps qu’il devient urgent de restreindre notre production pour ménager l’avenir de nos forêts.
- Au moment même où notre situation financière est encore mal stabilisée, il nous faudrait donc payer à l'étranger une somme en or évaluée à plus de dix milliards de francs. Si l’on tient compte de la hausse que ne manqueront pas de provoquer les demandes concurrentes de l’Angleterre, de l’Allemagne et de l’Italie, gros importa-
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- teurs dès avant la guerre, et si l’on y ajoute les bénéfices prélevés par les exploitants et les transporteurs étrangers, ainsi que la dépréciation correspondante de notre change, on voit que cette somme n’est qu’un minimum et on imagine facilement les résultats désastreux d’une pareille situation.
- Or, la France peut et doit trouver dans ses colonies tous les bois dont elle a besoin, non pas seulement des bois de luxe ou « bois des îles » comme on le croit généralement, mais aussi et surtout des bois communs ou bois d’œuvre.
- Nos ressources coloniales Sont telles à ce point de vue, que pour un domaine forestier ne couvrant pas moins de 90 millions d’hectares, c’est-à-dire près de deux fois la superficie totale de la France, on peut dire qu’elles sont pratiquement illimitées, si nous avons soin de les exploiter rationnellement.
- Cependant, pour des raisons diverses : production à peine suffisante aux besoins locaux pour l’Afrique du Nord, éloignement et écoulement facile de leurs produits dans les pays circon-voisins pour l’Indo-Chine ou Madagascar, la métropole ne peut songer actuellement à tirer de ces dernières colonies autre chose que leurs essences précieuses ou des bois ouvrés.
- Nous nous occuperons donc ici seulement de nos colonies de l’Atlantique, les seules auxquelles on ait l’intention de faire immédiatement appel pour les bois d’œuvre communs et qui représentent du reste 60 millions d’hectares de forêts, dont 12 pour la Côte d’ivoire, 50 pour le Gabon, 15 pour le Caméroun et 5 pour la Guyane.
- Nous allons d’abord examiner brièvement le milieu où poussent ces bois et la situation respective des quatre colonies de l’Atlantique — I.
- Nous étudierons ensuite plus longuement {'objet lui-même, e’est-à-dire les différentes espèces de bois susceptibles d’être mises en œuvre par l’industrie métropolitaine — II.
- Enfin, nous insisterons sur le moyen de réaliser une exploitation qui, bien comprise, doit être d’une durée indéfinie — III. '
- I
- Nos grandes colonies forestières de l’Atlantique.
- Côte d’ivoire. — Douze millions d’hectares de forêt bordent la côte jusque sur la plage avec une profondeur moyenne de plus de 300 km.
- Cette colonie exportait en 1913 : 42 700 tonnes de bois, composé en majeure partie d’acajou de Grand-Bassam ; mais certaines variétés pourraient avantageusement être utilisées en Europe pour y remplacer la plupart des espèces : sapin, chêne, noyer, etc... On en pourrait tirer, disent les statistiques, trois milliards de mètres cubes.
- Les moyens de transport y sont faciles. De nombreux cours d’eau parallèles dont quatre grands fleuves pénètrent profondément l’hinterland et se jettent dans des lagunes navigables en bordure des côtes. Il faut y ajouter un chemin de fer de pénétration ouvert sur plus de 500 km et un important système routier praticable aux automobiles durant la saison sèche.
- Le gros obstacle à l’exportation, commun du reste à tous les ports de la côte Nord du golfe de Guinée, consiste dans la barre. On y a remédié pour Grand-Bassam par le moyen d’un wharf.
- Par contre en l’absence de tous moyens mécaniques et par suite de la faible densité de la population dans la forêt, la question de la main-d’œuvre se pose avec une certaine acuité. Les ouvriers suffisent actuellement pour les exploitations existantes, mais si l’emploi de machines ne se généralise pas pour les travaux de force, leur nombre sera sous peu absolument insuffisant.
- Pour assurer le développement des entreprises il conviendra de rechercher ailleurs, au Soudan par exemple, les travailleurs nécessaires. Ceux-ci (et surtout lorsque sera achevé le grand chemin de fer transafricain de rocade), pourront être progressivement orientés vers des engagements à court terme, ce qui leur permettrait de revenir périodiquement se reposer dans leur pays d’origine.
- 11 n’y a là qu’une question d’organisation qui se concilie parfaitement du reste avec le rôle d’éducateurs que nous avons assumé vis-à-vis de primitifs chez lesquels nous nous sommes installés.
- Gabon. — La forêt s’étend sur une zone de trente millions d’hectares bordant la côte, et dont la profondeur augmente progressivement du sud au nord pour déborder vers l’Est sur le Moyen-Congo au delà de la Sangha et jusqu’à l’Oubangui. L’exploitation portait principalement sur l'Okoumé : (134000 tonnes en 1913) et sur l'Acajou Côte d'Afrique, mais d’autres essences pourraient être utilisées au même titre que le noyer et le chêne.
- S’il n’existe dans la colonie ni chemin de fer, ni route, on y trouve par contre un admirable réseau
- Fig. i. — Forêt de A' Zita Zambi. iV' limba (Terminalia) de i m. 5o de diamètre.
- (Cliché Sargos)
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- Fig. 2. — Kouilou, forêt de Kamba, Moabi de 7 m. 40 de circonférence.
- (Cliché Sargos)
- de fleuves, lacs et lagunes, aux rives boisées, et 3 excellents ports où la barre ne se fail pas sentir : Cocobeach, Libreville et Cap Lopez (Port-Gentil), ce dernier desservi par l’Ogooué. Aussi les exploitants sont-ils nombreux.
- En revanche on souffre au Gabon d’une pénurie de main-d’œuvre inquiétante. Gomme à la Côte d’ivoire, il faudra s§ préoccuper d’y amener des travailleurs et s’efforcer en -même temps d’utiliser davantage une race vigoureuse de l’intérieur, celle des Pahouins, où l’on recrute dès maintenant d’excellents bûcherons.
- Cameroun. — Nous retrouvons ici la forêt gabonnaise couvrant tout le sud de la colonie jusqu’au Nord de Duala sur 15 millions d’hectares. '
- Les Allemands orientés d’abord vers les cultures riches (cacao, tabac, bananes, etc.) ne se sont préoccupés qu’assez tard de l’exploitation forestière. Leurs exportations en 1911-1912-1913 n’avaient pas dépassé respectivement 7000, 12000, puis 23000 tonnes de bois comprenant surtout de l’okoumé, de l’acajou, de l’ébène. Mais très vite ils trouvèrent la solution pratique en créant sur place des scieries pourvues d’un outillage complet. Six fonctionnaient déjà en 1914. Les ressources du pays sont considérables et facilement accessibles. Duala, excellent port d’embarquement où la barre ne se fait pas sentir, est desservi par deux lignes ferrées et un important réseau de voies navigables.
- Quant à la main-d’œuvre, on la trouve assez fâcheraient sur place.
- Guyane. — C’est un pays moins facile à exploiter au point de vue forestier bien qu’on y trouve les essences les plus variées, à la fois comme bois d’œuvre et comme bois de luxe. La main-d’œuvre, en effet, est presque totalement inexistante et cette pénurie d’ouvriers est très grave. Les moyens de transport sont encore insuffisants : pas de chemins de fer, pas de routes, des fleuves nombreux mais coupés de rapides qu’on pourra, du reste, par la suite rendre flottables assez facilement. II y a
- 2 ports ; mais celui de Cayenne étant actuellement envasé, celui de Saint-Laurent-du-Maroni est seul utilisable immédiatement.
- Comme on le voit, nos colonies de l’Atlantique sont une mine inépuisable de richesses qu’une organisation bien comprise peut nous permettre de réaliser à bref délai.
- Nous n’avons pas le droit de nous désintéresser d’une entreprise qui doit éviter à la France une exportation de plus de 10 milliards d’or.
- Dans la période de crise que nous traversons, il serait criminel de ne pas le comprendre.
- II
- La matière première.
- Etude technique des bois coloniaux. — En
- fait de bois coloniaux, on ne connaissait guère jusqu’ici en France que quelques bois précieux dénommés pompeusement et inexactement « bois des îles » et dont l’usage était réservé-à l’ébénis-terie d’art. Encore la production en était-elle insignifiante puisque nous importions ’ par an environ
- 3 millions de mètres cubes de bois divers, alors que
- nos colonies fournissaient à peine 200000 mètres cubes dont la plus grande partie d’ailleurs allait à Liverpool et à Hambourg. 1
- Il a fallu les dures nécessités de la guerre pour qu’on s’avisât de remarquer que nos massifs coloniaux contenaient non seulement de l’acajou, du palissandre ou de l’ébène, mais encore tout le bois d’œuvre nécessaire à nos besoins.
- On doit d’ailleurs reconnaître qu’avant la guerre lé prix peu élevé des bois d’Europe les faisait préférer; aujourd’hui les bois coloniaux, malgré la hausse du fret, peuvent entrer en concurrence avec ceux d’Europe dont la valeur a quadruplé.
- Aussi, afin d’encourager les exploitations à leur
- Fig. .3. — Kouilou, forêt de N' Zita Zambi. Creusement d’une pirogue dans un N' limba de r m. 10 de diamètre à 20 m. de hauteur.
- (Cliché Sargos)
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- début, l’État français achèté-t-il aux Colonies les bois tout venant à 75 francs lé mètre cube débité, amêné au port d’embarquement. Ce prix, qui nous paraît très bas, est relativement élevé dans ces pays où les bois Sur pied ne èoûtent rien. Il diminuera avec l'amortissement des installations et les améliorations mécaniques cjpi permettront plus d’économies de main-d’œuvre.
- Les bois coloniaux ont désormais un Etat Civil ”. — Une autre raison très sérieuse du défaut d’emploi des bois coloniaux était l’ignorance dans laquelle se troùvaiént à leur égard les commerçants de la métropole et les exploitants coloniaux eux-jnêmes.
- On ne savait quel nom donner exactement à chaque espèce, car le fouillis de la nomenclature africaine est'inimaginable, et il était à peu près impossible de s’y reconnaître au milieu d’appellations indigènes qui,' pour une même essence, varient souvent plusieurs fois, dans un rayon de quelques kilomètres.
- Il existait bien déjà’ des études botaniques très sérieuses de la flore forestière de la Côte-d’Ivoire et du Gabon, entreprises par M. Pierre, le R. P. Klaine, le professeur Lecomte et M. Auguste Chevalier; mais.il restait à compléter quelques lacunes pour des especes industrielles, peu remarquées jusqu’alors au point dé vue scientifique; et il fallait surtout ne pas se perdre dans les virtuosités de chercheurs d’essences inédites. Enfin on ne possédait rien de définitif sur les flores forestières du Cameroun et de la Guyane.
- En 1917, grâce à la haute impulsion de M. le général de division Chevalier, directeur du Génie et de M. Routteville,, inspecteur général des Ponts et Chaussées et inspecteur des Travaux publics de toutes nos colonies, les Ministres de la Guerre, de l’Armement et des Colonies, se . mirent d’accord pour envoyer à la Côte-d’Ivoire, au Cameroun et au Gabon, une mission d’études composée de blessés de guerre .ou d’évacués du front français dont on
- Fig. 4. — Rouilou, forêt de N' Zita Zarnbi. Creusement d’une pirogue dans un N' limba de 1 m. 10 de'diamètre à 20 mètres de hauteur. ‘ ^
- i. i : ; 1: '
- (Cliché Sargos)
- 1
- Fig. 5. — Cameroun.' Estacade sur la Moanga. ‘ (Cliché'.Section,photographique, de l’Année.,)
- confia la direction à un technicien, inspecteur des eaux et forêts.
- Ce fut la Mission,' Bertin qui dressa en quelque sorte Yétat civil des. essences africaines et acheta les premiers stocks utilisés par la guerre.
- Mais il ne suffisait pas d’identifier ces essences et de les baptiser, il était encore, indispensable d’étudier leurs propriétés physiques, ainsi que leur valeur industrielle et commerciale. v;
- Les échantillons intéressants rapportés ‘par la Mission Forestière Coloniale furent donc soumis en France à des essais physiques et mécaniques qui en ont déterminé toutes les caractéristiques. : densité, dureté, résistance à la flexion, à l’écrasement, a la fente, essais à bc scie,; à la toupie, au rabot, passage à l’éLuve, bref, toutes les épreuves permettant de se rendre compte de leurs qualités pratiques.
- Toutefois, comme on peut s’en rendre compté, des essais coûteux de ce genre ne peuvent guère être pouruivis par un particulier qui, de plus, dans son intérêt même, se garderait soigneusement de divulguer les résultats obtenus.
- Ceci ne peut être l’œuvre que d’un organisme d’État fonctionnant dans un intérêt général, sur la création et le rôle duquel nous reviendrons. ,
- Pourtant concurremment aux recherchés ' dé l’État, nous devons mentionner que les grands réseaux de chemins de fer français firent étudier les bois coloniaux propres aux travaux de chemins de fer par un spécialiste éminent, M. le gouverneur des Colonies Salesses, constructeur et directeur des chemins de fer de la Guinée Française.
- Hétérogénéité de la forêt tropicale. — ü existe encore une autre cause qui a fait obstacle jusqu’à présent à la vulgarisation de l’idée d’exploitation de la forêt coloniale, c’est son manque d’homogénéité.
- Les peuplements équatoriaux comprennent en effet un mélange pied à pied de nombreuses espèces très dissemblables, de telle sorte que, pour arriver dans des conditions suffisamment rémunératr ices à l'exploitation de la'moitié ou des 2/3 des-arbres, il faut nécessairement envisager l’utilisatioifdahs chaque
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- Fig. 6. — Cameroun. Traînage des billes de bois à Kompina.
- (Çlichê'.Section pliotograpliique de l’Armée.)
- colonie d’une quarantaine d’espèces analogues à nos bois de France et choisies parmi les plus fréquentes.
- Ce fut précisément le rôle de la ,Mission Bertin de déterminer ces espèces et d’en faire connaître les possibilités d’utilisation. Le chef de cette mission insista personnellement sur la nécessité primordiale de faire, parmi plusieurs centaines d’essences, un choix pratique des bois vraiment abondants, afin de ne pas s'égarer dans le dédale des curiosités botaniques, car on ne peut retenir dans l’industrie les innombrables variétés qui préoccupent les botanistes de la zone tropicale.
- Avec les besoins actuels qui sont considérables, les bois ainsi sélectionnés par la mission forestière seront rapidement connus si les Colonies entreprennent un peu de réclame ; les cours réels s’établiront d’eux-mêmes et on pourra ensuite envisager l’utilisation totale de la matière ligneuse des forêts tropicales par la mise au point des industries de déchet : fabrication des pyroligneux et des alcools méthy-liques avec les bois lourds et riches en goudron, fabrication des pâtes de cellulose pour la papeterie en utilisant les fibres des essences légères et peu colorées.
- On possède déjà des preuves concluantes de la qualité et de la bonne conservation des bois coloniaux. — Les bois coloniaux n’ont pas seulement été étudiés au laboratoire où leurs coefficients de résistance sont excellents, ils ont fait leurs preuves de solidité et de durée : aux colonies, dans nombre de constructions indigènes ou européennes ; et en France même : on peut voir notamment à Bordeaux, au quai La-tule un pavillon édifié au printemps 1916 avec des bois d’Afrique d’espèces très peu estimées pourtant.
- Ces essences inférieures font preuve de toutes les qualités requises pour les bois d’œuvre. ,
- Les études déjà effectuées permettent de grouper les espèces de bois coloniaux suivant leurs usages par analogie avec les essences d'Europe les plus employées. — On trouvera dans les publications de la mission forestière coloniale (*) les renseignements techniques détaillés sur chacun des bois étudiés.
- Signalons seulement ici pour mémoire que la Commission officielle des bois coloniaux comprenant des parlementaires, des marchands de bois, des architectes, des entrepreneurs, etc..., a trouvé parmi (es seuls bois de la Côte-d'Ivoire, du Cameroun et du Gabon :
- 10 espèces de densité variant entre 0,270 et 0, 625, couleurs allant du blanc uni aH blanc grisâtre, pouvant remplacer le peuplier, le grisard et le tulipier d'Amérique.
- 17 espèces de densité comprise entre 0,425 et 0, 625, couleurs blanche, rosée et jaunâtre, pouvant remplacer les pins et sapins.
- 15 espèces, densité 0,575 à 0,950, eouleurs rose, grise, jaune ou brune, pouvant remplacer le chêne et le teck.
- 2 espèces analogues au hêtre et au platane.
- 5 espèces semblables au charme et à Yaeacia.
- 12 espèces de densité 0, 500 à 0,950, aux belles couleurs variées allant du jaune paille au rouge corail, et qui fournissent des bois de toute première qualité pour Y ébénisterie et le placage.
- Enfin toute une gamme de 22 bois lourds pouvant être utilisés pour traverses de chemin de fer,
- 1. Voir à ce sujet les volumes édités par E. Larose, 11, rue Yictor-Cousin, Paris.
- Les bois de la CI . . . . Les bois du Gabon .... La question forestière coloniale (2 vol) . .
- Les bois du Cameroun . . Les bois de la Guyane . .
- par la mission Bertin.
- khi
- Fig. ?.
- Eléphant d’Afrique traînant une bille à la mission Sainte-Anne. (Mission Bertin.)
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- matériel roulant, travaux de mines, pilotis, constructions navales et usages variés.
- On voit donc que pour tous les usages, nos forêts coloniales fournissent en abondance des bois déjà expérimentés que nous devons faire connaître au public et exploiter sans retard.
- III
- La mise en œuvre. Aménagement et exploitation des forêts coloniales.
- Ce dont il importe avant tout de se rendre compte, c’est que l’exploitation de nos forêts coloniales ne doit pas être considérée uniquemen comme un expédient né des nécessités du moment.
- Or, personne n’ignore plus aujourd’hui qu’en matière forestière, les répercussions d’un geste trop hâtif ou inconsidéré peuvent se faire sentir d’une façon désastreuse dix ou vingt ans plus tard. Malgré la rapide évolution des végétaux sous les tropiques, les générations forestières se succèdent toujours lentement et s’engendrent l’une de l’autre, en sorte que les soins au peuplement actuel préparent le semis futur. Il ne faut pas croire pourtant que les mesures rationnelles de conservation soient contraires à l’assiette de coupes lucratives qui dépendent précisément de l’enrichissement des massifs, c’est ce qui n’a pas été suffisamment compris jusqu’à présent, et cette erreur conduit directement aux deux écueils ci-après.
- Premier danger à éviter : Anéantissement de la végétation forestiere. (ruine physiologique des massifs). — Nous n’insisterons pas sur le rôle de la végétation forestière envisagée comme régulatrice du
- Fig, 9. — Scierie à Duala Akiva,,Cameroun. Cliché Section photographique de l’Armée.)
- Fig. 8. — Chargement d’un train à Ono. (Mission Bertin )
- climat et sur les inconvénients à ce point de vue de la ruine végélale et physiologique des massifs boisés.
- A l’heüre actuelle déjà, au Sénégal, au Tonkin. à Madagascar, la diminution de la végétation ligneuse a produit des effets déplorables. En Afrique Equatoriale même, beaucoup de coloniaux affirment la régression de la forêt devant le désert.
- Mais pour- remplir ce rôle protecteur indispensable, il suffit d’une végétation quelconque : une brousse d’arbres ou d’arbrisseaux sans valeur aura sur.le climat une influence presque aussi bienfaisante qu'un peuplement précieux.
- Deuxième danger à éviter : Ruine économique. - D’autre part dans la mise eh œuvre d’une exploitation commerciale, il faut avant tout se préoccuper d’éviter la ruine économique, c’est-à-dire la disparition des espèces fournissant des bois appréciés du commerce.
- Les deux choses : ruine économique, ruine végélale, sont intimement liées. Lorsqu’une brousse sans valeur a pris la place des grands arbres, elle est, elle-même, bien près de disparaître, au premier caprice des hommes, ou devant l’incendie pour céder la place au désert.
- C’est sous cet angle, et en tenant compte des lois générales dégagées par dix siècles de pratique sylvicole, qu’il convient de résoudre le problème.
- En fait, grâce à la vigueur admirable des recrus forestiers sous l’équateur, on peut dire que dans la zone équatoriale humide de l’Afrique, nous en sommes seulement au premier stade de l’évolution, c’est-à-dire à la transformation de la forêt riche en brousse de peu de valeur.
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- L’exploitation pratique des forêts coloniales peut être envisagée à l’heure actuelle de deux façons :
- a) Couper la seule espèce lancée dans le commerce : (acajou de la Côte-d’Ivoire ou Okoumé du Gabon) en essayant de réaliser à côté un petit nombre d’essences de bois précieux.
- C’est la manière purement commerciale des coloniaux actuels. Elle conduit à l’épuisement en bonnes espèces de toutes les régions accessibles et par conséquent à l’avortement de toute entreprise d’une certaine envergure et d’une certaine durée.
- Et comment enpourrait-il être autrement? Dans une parcelle contenant 60 gros arbres, il existe un seul acajou adulte et fertile; le concessionnaire recherche cet acajou, le découvre et l’abat immédiatement;
- Les grands arbres de toutes espèces qui l’entourent étalent immédiatement leurs branches sur son cadavre et tous les jeunes acajous éclos de l’unique semen-cier sont- bien vite étouffés.
- Voilà comment s’exerce l’action de l’homme civilisé.
- De son côté, l’indigène agit sur des surfaces plus grandes encore;1 car un village de deux cents noirs à peine maintient à l’état dé brousse sans valeur plusieurs dizaines de milliers d’hectares. L’indigène trouve en effet plus simple, tous les trois ou quatre 'ans, pour entretenir ses cultures vivrières, de défricher et d’incendier la forêt’vierge afin d’y installer de nouveaux jardins, plutôt que de nettoyer et de fumer les emplacements cultivés, envahis nécessairement au bout de quelques années par un recru forestier abondant.
- Ainsi donc par suite des exploitations exclusives de bois précieux et par suite des cultures mouvantes des indigènes, la forêt équatoriale se transforme si vite en brousse sans valeur que dans moins de dix ans, si l’on n’y prend garde, il deviendra très difficile d’installer dans nq? colonies des exploitations durables.
- Si l’on continue à écrémer sans cesse les forêts coloniales on doit s’attendre à ce que, à brève échéance, cette Mine de l'air en apparence inépuisable n’ait bientôt plus que des minerais trop pauvres et trop disséminés pour payer les frais d’extraction.
- l .
- b) L’autre méthode d’exploitation consisterait à abattre la plupart des arbres pour les écouler comme bois communs. La coupé faite de proche en proche donne > en effet une production beaucoup plus économique.
- C’est ce que demande la Métropole qui manque de bois à bon marché. C’est aussi l’intéfêt des coupeurs de bois précieux qui'abaisseront ainsi'leurprix de revient.
- Cette deuxième manière, accessible.'surtout aux indigènes et aux entreprises à grand, rendement, se contentant i d’uh petit bénéfice unitaire,1 sera très facile à conduire, avec l’appui de* l’État, paf des méthodes techniques fôresti'èrés, veré- î’enrichissè-ment progressif des massifs en essences de •choix.'
- Si nos prodigieux peuplements équatoriaux n’ont pas été, jusqu’à ce jour, exploités. avec, autant d’intensité ! que les forêts pourtant plus modestes, des régions arctiques, tout aussi primitives et encore moins habitées, c’est que ces forêts du Nord sont homogènes et ne contiennent paS de matériaux inertes, tous les bois, y étant utilisables. ‘
- C’est vers cet état que doit tendre la forêt équatoriale pour qu’une exploitation y soit vraiment rémunératrice'. Ce n’est donc pas seulement pour ménager un avenir lointain, mais surtout pour l’organisation présente d’exploitations lucratives que l’intervention des techniciens forestiers est indispensable. L’exploitant et le forestier doivent agir simultanément et non pas successivement. Quand la coupe est achevée, il est trop tard pour conserver des semenciers.
- Pour préserver nos forêts africaines il faut donc veiller à la conservation de ces semenciers d’essences de choix en abattant tout autour les arbres qui pourraient gêner leur développement. Or ces arbres sont précisément pour la plupart des bois d’œuvre susceptibles de remplacer tous nos bois d’Europe. Il suffirait seulement de les faire connaître sur le marché. /
- Ainsi l’exploitation dans chaque colonie d’une quarantaine ou même seulement pour commencer d’une vingtaine d’essences nous donnerait tout le bois qui nous manque, en même temps qu’elle assurerait la conservation et l’amélioration de la forêt.
- Mesures générales à adopter dès maintenant pour la sauvegarde de nos forêts équatoriales. —- A... Accorder de préférence les grandes concessions aux coupeurs de “ bois communs ”. — En conséquence,, l’Etat et les colonies doivent encourager le plus' possible l’installation des exploitants qui tireront de la forêt-autre chose que des bois précieux. Sans doute les coüpeûrs d’acajou ou de bois des» îles forment un (élémèht très utjlepour, d’évolution économique de
- Fig. io. — Grand Bassam. Appontement et wharf. (Cliché Sargos.)
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- la colonie, mais faute de place disponible il convient dès maintenant de faire un choix et de réserver surtout les grandes concessions forestières de longue durée aux coupeurs de bois nouveaux, non classés comme « Bois des îles ».
- Un moyen particulièrement simple pour arriver à ce but serait d’imposer à l’exploitant l’extraction d’un cubage donné, par chantier, sous menace de déchéance partielle ou totale. :
- D’autre part, afin de ne pas immobiliser trop longtemps, pour le bénéfice exclusif d’une seule exploitation, dès espaces considérables, il serait prudent de prévoir une clause obligeant le concessionnaire à rendre au domaine, tous les dix ,ans par exemple, dans le cas d’une concession treritenairè, une fraction équivalente au tiers ou au quart de son terrain. Le cessionnaire choisirait lui-mê- • •
- me les parcelles à restituer j tout en-y conservant naturellement' les installations telles que chemins de fer, places de dépôt, etc., indispensables a la marche générale de son entreprise.
- B. Classement des massifs en forêts libres ' et forêts soumise« au. régime forestier. —
- Mais , s’il convient de protéger les forêts, il ne faut pas dépasser la mesure et s’exposer ainsi au reproche d’apporter des entraves au développement des autres entreprises et en particulier de l’agriculture.
- A l’heure actuelle nos. forêts équatoriales, à l’exclusion de rares propriétés et de quelques concessions de durée plus du moins longue, dépendent presque toutes du domaine de l’Etat.
- Il conviendrait dé les classer en forêts libres et forêts soumises au régime forestier.
- Dans les forêts libres, le concessionnaire aurait le droit d’exploiter sans aucun contrôle, de défricher même et d’agir à son gré. Au lieu d’appauvrir indistinctement tous les massifs, il est plus indiqué de permettre le déboisement des plainés les plus fertiles, susceptibles de cultures, ou des endroits se prêtant mal à la croissance ou à l’exploitation des bois.
- Les fo?'êts soumises au régime forestier devront comprendre au contraire 40 pour 100 de l’étendue totale de chaque colonie. On admet, en effet, que sous les climats équatoriaux pour assurer sa constance et sa régularité au régime météorologique et cultural d’un pays, il doit s’y trouver 40 pour 100 de forêt, 50 pour 100 de cultures, 10 pour 100 d’agglomérations urbaines et jardins.
- Dans cette étendue de 40 pour 100 du territoire à soumettre au régime forestier et à conserver en nature de forêts riches, les parcelles boisées, bien entendu; ne seront pas mises en « défenS » ou ën « réserves » avec interdiction d’y pénétrer ou d’y couper quoi que ce soit. Polir empêcher l'abus, il hé faut pas interdire V Usage: 11 est évident qu’on les exploitera pour en tirer le meilleur parti possible. Mais, leur exploitation sera réglée de façon à éviter leur'appauvrissement èn jeunes sujets de valeur. A ces' fins, les forêts'soumises au: régime forestier seront finalement aménagées ; c’est-à-dire au sens « 'technique » du mot, divisées en séries de parcelles parcourues successivement tous les dix ans ou avec ûhë périodicité moindre par ides coupes vendues à des concessionnaires exploitants. Il faudra réduire au strict minimum la possibilité d’abattre les bois précieux seuls exploités aujourd’hui et faciliter au contraire par tous les . moyens la coupe des' essences de second et troisième ordre qu’il s’agit de faire apprécier aux consommateurs et aux industriels de tous pays.
- Organisation d’un service forestier colonial. — La formule du traitement des forêts coloniales est donc très simple en théorie ; mais son application en pratique est délicate et on conçoit qu’il soit indispensable de s’entourer de techniciens. II est donc nécessaire de recruter dans les meilleures conditions possibles le personnel qui vaeomposer le service forestier colonial dont on réclame la création depuis de longues années déjà. Il faudra veiller surtout à ce que là direction en soit confiée à des forestiers professionnels diplômés de l’Ecole Forestièré de Nancy ou, à défaut, à des élèves sortant de l’Ecole Coloniale et ayant passé un examen spécial à l’Ecole forestière de Nancy. " '
- Sans instituer un mandarinat exclusif, il importe avant tout d’éviter avec soin de recruter un'personnel supérieur incompétent, car les conséquences d’une erreur en matière forestière ne sont pas visibles au début, sinon par des techniciens très avertis. L’expérience a montré qu’un service forestier colonial sans contrôle technique extérieur et dirigé par des fonctionnaires zélés et intelligents, mais non professionnels, se cantonne dans les matières d’administration générale sans aborder la question sylvicole, toujours délicate pour des profanes qui pourront s’effrayer d’un sous-bois inoffensif, alors qu’ils ne
- Fig. ii.
- Port-Gentil. Équarrissage des grumes d'Okoumé. .
- (Cliché Sargos.) •. :
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- s’apercevront pas de l’e'chec d’une régénération irrémédiablement compromise. Ce personnel supérieur instruira à son tour un deuxième échelon, celui des conducteurs des forêts coloniales ayant eux-mêmes sous leurs ordres comme troisième échelon des brigadiers et des gardes de race blanche et surtout de race indigène pour la surveillance des forêts soumises au régime forestier.
- Ce sera le rôle de tous les agents à tous les degrés d’étudier 1er massifs forestiers, puis de dégager et de mettre à exécution les règlements convenables.
- Ils agiront sous le contrôle d’une inspection technique résidant en France et formant l'Office des Forêts Coloniales ou Office des Bois Coloniaux.
- Par des missions fréquentes dans les diverses colonies et par un contact étroit avec les forestiers métropolitains, cet organe sera chargé de former et de recruter le personnel, de maintenir la tradition, et de faire poursuivre, avec une même unité de vue, les recherches qu’il faudra bien confier à des fonctionnaires différents, en raison des relèves coloniales fréquentes.
- Bases des règlements forestiers coloniaux. Aménagement et sylviculture générale. —
- À titre de documentation première et pour fixer les idées, on peut grouper, sous la forme concise ci-après, un projet de réglementation pratique en douze points qui serait comme le dodécalogue de là foresterie coloniale.
- 1u Classement des mass fs coloniaux « en forêts libres » et « forêts soumises au régime forestier ».
- 2° Distinction en essences de choix et en espèces inférieures.
- 3° Imposition d'une taxe de repeuplement par arbre abattu appartenant à la catégorie des essences de premier choix.
- 4° Obligation de réserver par fraction de dix hectares, de 40 à 80 porte-graines, distants l'un de l'autre d'au moins 20 m. en tous sens et appartenant aux 30 meilleures espèces arrivées à dimension de maturité.
- 5° Interdiction générale de couper les espèces de choix n ayant pas encore atteint les dimensions de maturité.
- 6° Absence de toute redevance pour la coupe et l'exploitation des essences de rebut.
- 7° Régénération par rejets de souche (c'est-à-dire : exploitation en taillis) chaque fois qu’il sera avantageux de produire des petits bois.
- 8U Affectation momentanée, à la création d'un service forestier, d'un crédit équivalant, dans chaque colonie, à toutes les recettes provenant du domaine forestier.
- 9° Réglementation des défrichements effectués par les indigènes.
- 10° Replantation des cultures vivrières mouvantes dans toutes les enceintes où l’on voudra conserver des forêts soumises au régime forestier.
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- 11° Eclaircie ou dépressage de jeunes tiges de bonnes espèces.
- 12° Aménagement des forêts au sens forestier du mot.
- Ces douze règles constituent un code assez complet des soins à donner aux forêts encore existantes. Mais bon nombre de nos colonies souffrent déjà d’un déboisement exagéré qui a détruit le régime des fleuves (Sénégal par exemple) et considérablement réduit les eaux disponibles pour l’irrigation
- Dans ces régions, il faudra évidemment entreprendre les vastes reboisements qui s’imposent aujourd'hui du fait de l’imprévoyance de nos devanciers. Le prix élevé de ces travaux fera réfléchir, il faut l’espérer, aux fâcheuses conséquences que peut entraîner une jouissance mal comprise.
- Conclusion.
- En résumé, comme on le voit, la question de l’utilisation des bois coloniaux par la métropole se présente comme parfaitement réalisable dans un court délai en l’état actuel des moyens.
- En ce qui concerne les voies de communication, chemins de fer et cours d’eau reliant les chantiers aux ports d’embarquement, il y a sans doute des améliorations à apporter pour intensifier les exploitations. Mais ce qui existe peut suffire au début pour la production immédiate des bois.
- Sous le rapport de la main-d’œuvre, la situation est satisfaisante au Caméroun, et partout ailleurs on trouve des ouvriers plus facilement que dans la forêt du Brésil ou dans celles du Nord et de la Laponie.
- De plus il ne faut pas s’exagérer les difficultés provenant du manque de fret par suite de l’accumulation des transports en retard. Sans doute des spéculateurs tenteront de maintenir les cours élevés actuels; mais, bientôt cependant, les transports retardés se liquideront, et les bois communs d’Afrique pourront alors parfaitement supporter les frais de la traversée jusqu’en Europe. Le tonnage maritime mondial était, dit-on, de 40 millions de tonnes en 1912 ; malgré les destructions par mines et sous-marins et grâce aux constructions en cours, il doit être voisin de 45 millions de tonnes en fin 1919 et il atteindra 55 millions de tonnes en fin 1920. Pour peu qu’on mette au point une navigation partielle par chalands ou même par radeaux, on voit que la question des transports maritimes sera facilement résolue. Il faut seulement encourager et au besoin subventionner les premiers affrètements pour la Côte d’Afrique. L'Etat doit soutenir toutes les initiatives pour la création de flottes^colo-niales.
- Enfin pour la préparation immédiate des stocks que les navires pourront bientôt embarquer, il est indispensable que des débouchés réguliers et durables soient assurés pendant quelques années
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- aux bois des colonies, par d’importants achats consentis par l’État, les Compagnies de chemins de fer et les municipalités. C’est à cette condition seulement que les producteurs pourront organiser leurs exploitations avec l’outillage mécanique et les méthodes modernes leur permettant d’abaisser peu à peu leur prix de revient et de concurrencer les bois de toute provenance. Pour ce qui est des marchés passés par l’État, cette partie du programme à remplir est déjà, depuis deux ans, en voie d’exécution avec les achats officiels pour le compte des régions libérées. Il importe de les continuer si l’on veut éviter ce résultat aussi paradoxal que désastreux d’acheter à l’étranger moyennant une formidable exportation d’or les produits que nos colonies tiennent à notre disposition en quantités surabondantes.
- Toutes les difficultés matérielles peuvent donc être facilement résolues. Par contre le gros obstacle d’ordre moral auquel il faut résolument s’attaquer, c’est l’inertie faite d’ignorance que l’on rencontre en France dès que l’on parle de bois coloniaux.
- Il faut que la Corporation du Bois arrive à s’assimiler quelques idées nouvelles : ne pas considérer nos colonies comme plus éloignées que le bout du monde; exiger l’inscription des bois coloniaux sur les cahiers des charges ; abandonner celte croyance risible que les acajous Cuba, Tabasco, Saint-Domingue, ont une valeur exceptionnelle, alors que ce sont pour la plupart, surtout depuis la guerre, des acajous de notre Côte-d’Ivoire, manœuvres par des bateaux américains et naturalisés pour en hausser le prix de vente ; désirer la prospérité de nos Colonies en les obligeant ainsi à produire; établir enfin le nationalisme commercial.
- Or il est évident que l’industrie privée seule ne peut pas s’imposer les frais nécessaires à l’élude patiente et raisonnée des diverses espèces les unes après les autres, ni surtout les frais inhérents à l’étude des méthodes sylvicoles à appliquer à chacune des essences qui auront été retenues par le commerce.
- Il est donc absolument nécessaire de créer d’une façon’ stable et définitive un organisme d’état, l'Office des forêts coloniales ou Office des bois coloniaux êtabli en France et près de qui pourraient se documenter les Chambres syndicales du Bâtiment, du Sciage, d’Architecture, d’Ebénistes, le Faubourg Saint-Antoine et tous les intéressés.
- Ce service avec les fiches botaniques, forestières, commerciales et industrielles de chaque bois fournirait des échantillons, communiquerait des références et dirigerait la production aux colonies par des conseils techniques et par des règlements sylvicoles. Il aurait l’incontestable avantage d’être un Office technique supérieur, travaillant sans esprit parti-
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- culariste, à la fois pour tous les producteurs coloniaux et pour tous les industriels métropolitains Disposant de crédits suffisants, il importerait en France chaque année quelques centaines de mètres cubes de chaque variété de bois, et pourrait les céder aux industriels désireux de les expérimenter sous réserve que les travaux soient exécutés suivant un programme bien défini.
- Le service actuel des bois coloniaux semble tout désigné pour suivre ce programme. Pour cela il faudra le doter de crédits suffisants pour payer l’exploitation, les manutentions elles transports de bois jusqu’à pied d’œuvre, pour acheter l’on tillage indispensab'e, pour surveiller le travail dans les diverses usines, même pour accorder des subventions aux pionniers de cette industrie nouvelle.
- Voilà le vérilable rôle dé l’État et de s.es services techniques. A côté des essais de laboratoire forcément un peu théoriques, ce programme d'essais industriels désintéressés constitue l’acte capital à accomplir pour le lancement pratique des bois coloniaux.
- Les nombreuses expériences déjà effectuées sont concluantes. 11 reste à vulgariser leur résultat et à en faire profiter la Nation. Déjà avant la guerre, l’Allemagne commençait à monopoliser le commerce de l'Okoumé, du Gabon. Allons-nous recommencer éternellement à nous laisser souffler nos découvertes et resterons-nous tributaires de voisins plus réalistes et plus aptes à faire passer du laboratoire à l’industrie nos inventions heureuses ?
- Il faut réagir, et à litre de conclusion pratique, voici le programme à exécuter immédiatement comme suite aux travaux déjà effectués :
- 1° Pour faire connaître et apprécier les qualités et la variété de ces nouvaux bois : faire appel aux maisons intéressées à leur succès et céder à prix réduits à ces commerçants quelques lots déjà stockés par l’administration. La première réclame sera bien faite par les intéressés.
- 2° Pour prouver la durée et la solidité de ces essences, obtenir du Ministère des Bégions Libérées les crédits nécessaires àlaconstruction dans les diverspays dévastés de 200 édifices entièrement en bois coloniaux. Les stocks nécessaires existent aux colonies.
- 3° Pour provoquer l’éclosion d’exploitations coloniales actuellement encore trop rares : continuer les achats de bois déjà amorcés par l’État (seul acheteur possible pendant la période où les bois ne sont pas connus).
- Cdt. A. Bertin
- Inspecteur des eaux et forêts Chef de la Mission forestière coloniale.
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- LE NOUVEAU PORT DE PÈCHE DE LORIENT
- Au moment où l’on éprouve le besoin d’utiliser toutes les ressources nationales pour le relèvement économique de la France, il est naturel de chercher à intensifier l’exploitation des richesses que nous offre la mer tout le long de l’imiuense étendue de nos côtes.
- Le Commissariat de la Marine marchande a donc, dès 1918, décidé—sous réserve de l’approbation duParlement— la création de quatre grands ; ports de pêche analogues à ceux que possèdent l’Angleterre à Grimsby, Hull, Aberdeen; l’Allemagne à Gestmunde ; la Hollande à Ymuiden.
- Ces ports seraient : pour la mer du Nord et la Manche, Boulogne qui est déjà un centre de pêche très important mais qui ne possède pas d'installations spéciales comme en possèdent les ports étran- ‘ gers que nous venons de citer.
- Pour les côtes de l'Atlantique : Lorient et La Rochelle.
- Pour la Méditerranée : Cette ou Port-de-Bouc.
- Nous ne nous occuperons ici que du port de pêche de Lorient, le seul du reste qui soit déjà en cours de construction.
- Avantages de la situation de Lorient. — Et d’abord, pourquoi ce choix de Lorient?
- Lorient est surtout connu comme port de guerre, comme grand arsenal spécialisé dans la construction des cuirassés et des croiseurs.
- Mais Loriént est aussi —- ce qu’on sait moins — le centre d’une région maritime où la pêche est très développée, comme lé montrent les chiffres suivants que nous _ empruntons au rapport de M. Verrière, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, l’auteur du projet que nous exposerons plus loin.
- Sur toute là côte Atlantique, de Brest à la Bidas-soa, la France possède une flottille de pêche jaugeant environ 100 000 tonneaux. Sur la côte sud de Bretagne, d’Audierne à la Loire, on compte 5000 bateaux de pêche jaugeant 45 000 t., c’est-à-dire près de la moitié du total précédent. Dans les
- quartiers de Lorient et Groix, sur une étendue de 15 à 20 km sont concentrés 1360 bateaux jaugeant au total 23 434 t., c’est-à-dire plus de la moitié du tonnage correspondant à la côte sud de Bretagne et près du quart du tonnage de toute notre flotte de pêche atlantique.
- De plus, par sa situation géographique, Lorient commande la région maritime — particulièrement’ poissonneuse — qui: s’étend du cap Finis-terre (pointe nord-ouest de l'Espagne) à la côte sud d’Irlande. En effet, par suite de la forme particulière de nos côtes qui, du nord au sud, dessinent une courbe vers l’est, Lorient est plus rapproché du cap Finisterre que La Rochelle ou les Sables-d’Olonne et l’est autant qu’Arcachon (*).
- Lorient a de plus, sur ces trois ports, l’avant tage d’être beaucoup plus rapproché des bancs situés au large: de l’entrée de la Manche, Banc Parsons, de la Grande Sole, de la Petite Sole, Haut-Fond de la Chapelle, etc., qui sont particulièrement riches en poissons, formant un champ de pêche d’une étendue comparable à celle de la mer du Nord et infiniment moins exploitée.
- Ajoutons que la rade de Lorient offre des mouillages profonds, admirablement abrités de la mer du large, avec des passes d’accès praticables pour les bateaux de pêche du plus fort tonnage, à toute heure de marée, cè qui lui donne un grand avantage à ce point de vue sur tous, les ports concur-rénts de la côte atlantique. " ,
- ; Toutes ces considérations expliquent comment, sans qu’on y ait fait presque aucune installation spéciale, le port de Lorient a déjà vu croître cette branche de l’industrie maritime dans des propor-? tions considérables, le poids du poisson entré dans
- 4. Les distances exactes sont, :
- De Lorient au cap Finisterre 360 milles.
- De La Rochelle au cap Finisterre 380 milles.
- D’Arcachon au cap Finisterre 360 milles.
- Ancien M'n<fe Lar,mûn KeéJievt (ôeJvedère J ' *
- Situation du port de Kéroman,
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- LE NOUVEAU PORT DE PÊCHE DE LORIENT ....— 203
- Fig. 2.
- Plan du nouveau port de pêche.
- ce port étant monté de 1 200 000 kg en 1903 à plus de 10 millions en 1913 0). ‘
- Emplacement du port. — La rade de Lorient, très découpée, présente plusieurs ' anses ou baies susceptibles d’être aménagées en ports de pêche. Sur la côte Est se trouvent déjà des centres de pêche plus ou moins importants, Port-Louis,
- 1. Verrière.
- Priantec, Lomikélique. Mais les baies de cette partie delà rade seraient trop éloignées du centre principal des affaires. Elles seraient aussi trop éloignées de la grande voie ferrée Paris-Orléans à laquelle on ne pourrait les raccorder que par la construction d’une ligne spéciale d’environ 15 km.
- Le choix s’est porté sur l’anse de Keroman située sur la côte Ouest de la rade, en aval de Lorient, à 1500 m. seulement du port de commerce et des
- Fig. 3.— Vue perspective du port, tel qu’il sera.
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- quais. Cette anse est à proximité de l’entrée de la rade, avantage important pour les bateaux à voile qui, par vents contraires, n’auront pas à louvoyer trop longtemps pour atteindre le port. De plus, la région où elle se trouve est sulfisamment éloignée du mouillage habituel des grands navires et de l’entrée du port de guerre. On n’aura ainsi aucune difficulté sérieuse à redouter en ce qui concerne les mouvements des navires entrant dans l’arsenal maritime ou en sortant. Seule, la passe intérieure, entre Port-Louis et Keroman, sera commune au port de guerre et au port de pêche sur une longueur de 1800 à 2000 m. Mais une réglementation spéciale a été prévue pour le cas où de très grands navires — cuirassés ou croiseurs — auraient à utiliser celte passe.
- Aussi, sous réserve de cette réglementation, le choix de l’anse de Keroman a-t-il été unanimement
- cote de ces basses mers étant d’environ 1 m. au-dessus du zéro des cartes marines (niveau des plus basses mers), on a été conduit ainsi à donner à l’entrée du port et au Grand bassin une profondeur de 4 m. au-dessous de ce zéro.
- Le Bassin long sera dragué seulement à 3 m. au-dessous de ce même niveau, profondeur largement suffisante pour les bateaux à voile auxquels il est destiné.
- Les quais seront formés par des plateformes en béton armé s’appuyant sur des pieux verticaux, de manière que les navires puissent accoster et se mettre bord à quai.
- L’ensemble des deux bassins sera séparé du large par une digue qui s’étendra sur une longueur de 2500 m. entre la pointe de La Perrière et celle de Keroman, laissant du côté de celle-ci une entrée large de 90 m. Le port sera ainsi parfaitement pro-
- GOUPE AB
- Echtlk ?
- Fig. 4. — Coupe à travers le quai du Bassin long.
- approuvé par toutes les Commissions maritimes et militaires appelées à se prononcer sur ce choix.
- Description du port. — L’anse de Keroman est actuellement encombrée de vases découvrant plus ou moins à basse mer. Il faudra donc la draguer pour lui donner les profondeurs nécessaires. Le total des dragages montera à 450 000 m3 sur lesquels il y aura seulement 10 000 m3 de dérochages. Les matières ainsi obtenues serviront au remblaiement de la partie de l’anse sur laquelle s’élèveront les constructions que nous décrirons plus loin.
- D’après le projet — très étudié et très bien compris dû à M. Verrière, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées — le port aura une superficie totale de 54 hectares dont 46 hectares de terre-pleins et 8 hectares de plan d’eau. Il sera divisé en deux darses ou bassins : le Grand Bassin, d’une superficie de 51 300 m2 destiné aux chalutiers à vapeur, et le Bassin long d’une superficie de 26 400 m2 destiné aux autres bateaux, à voile ou à moteur.
- Les quais accoslables auront un développement total de 1900 mètres linéaires.
- Les profondeurs sont prévues pour que les chalutiers, dont le tirant d’eau en pleine charge est au maximum de 4 m, 75, puissent entrer et sortir, même aux basses mers ordinaires de vive eau. La
- légé de la houle. Celle-ci, du reste, n’entre que très rarement dans la rade de Lorient, par suite de • l’étroitesse du goulet large à peine de 500 m. entre Port-Louis et Kernevel et par suite de l’abri que forment au large les bancs et hauts fonds bordant les passes d’accès dans le Sud.
- Les navires seront donc en eau calme dans le port, quels que soient les vents régnants, et pourront s’y livrer en toute sécurité" aux opérations de chargement et de déchargement.
- La digue extérieure (fig. 5) servira de quai à charbon. les cargos pouvant l’accoster sans entrer dans le port, du côté du large, et y décharger leur charbon. Cette digue sera desservie par une double voie ferrée se raccordant avec la grande ligne de-Paris-Orléans.
- Le déchargement du poisson provenant des chalutiers à vapeur se fera sur le quai nord du Grand Bassin ainsi que sur la partie Sud du bassin long, au total sur 320 m. de quai.
- Ces quais seront bordés de halles et de magasins. La halle de vente publique aura 12 m. de large. Des chariots électriques assureront le transport rapide et intensif des caisses de poissons entre les bateaux et cette halle.
- Celle-ci (fig. 4) donnant d’un côté sur les quais,
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- LE NOUVEAU PORT DE PÊCHE DE LORIENT
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- s’ouvrira de l’autre. sur des magasins qui seront loués aux mareyeurs. Ces magasins seront pourvus de l’e'clairage électrique, d’une canalisation d’eau et d’une distribution de froid.
- Le mareyeur ayant rentré dans son magasin le poisson qu’il aura acheté à la halle de vente, n’aura plus qu’à composer les caisses à expédier et à mettre ces caisses dans les wagons stationnant à sa porte. Il y aura en arrière des magasins trois voies permettant la formation simultanée de trois trains.
- Le quai Ouest du Bassin long sera spécialement affecté aux petits bateaux qui font la pêche des poissons pouvant être mis en conserve tels que sardines et maquereaux. Aussi les terre-pleins voisins, au lieu d’être réservés à des magasins de mareyeurs, seront-ils affectés à des usines de conserves.
- Le fond du Bassin long sera occupé par un slip de 90 m. pouvant tirer de l’eau, soit un seul navire de cette longueur, soit 2 chalutiers ou 4 dundees.
- Ces bateaux, au lieu de rester sur le slip pendant toute la durée de leurs réparations, comme cela se fait partout, seront, par
- une disposition très ingénieuse, tirés à terre et amenés dans des sortes de rues perpendiculaires à l’axe du bassin. Ces rues seront bordées d’ateliers munis de l’outillage nécessaire pour les réparations.
- On pourra aussi y construire des bateaux, et ce sera un élément de succès de plus pour le nouveau port, car la région de Lorient est jusqu’ici assez démunie de chantiers de construction de ce genre, et l’on est obligé de s’adresser à Paimpol ou aux Sables d’Olonne pour y trouver les gros voiliers ou dundees spécialement affectés à la pêche hauturière.
- Le détail estimatif de tous les travaux précédents monte à une somme globale de 25 millions de francs.
- Frigorifique. — Il faut qu’un grand port de pêche soit outillé de manière à pouvoir assurer la conservation du poisson assez longtemps pour en
- Fig. 5. — Coupe à travers la jetée du Grand Bassin.
- empêcher la perte dans le cas de très grande abondance momentanée.
- C’est à cela que servira le frigorifique dont les plans sont dus, comme les précédents, à TVL l’ingénieur en chef Verrière:
- Des températures pouvant aller jusqu’à — 12° serviront à produire la congélation nécessaire pour une conservation prolongée. Pour la réfrigération, qui exige des températures moins basses et suffit pour conserver le poisson pendant quelques semaines, les installations seront faites dans les magasins mêmes des mareyeurs qui recevront le froid produit par le frigorifique.
- La capacité de stockage du frigorifique sera de 2000 tonnes de poisson.
- Le frigorifique sera aussi une usine de glace. Il en produira 120 tonnes par jour et pourr en stocker 1500.
- Ajoutons que des études sont en cours pour la création de wagons frigorifiques destinés à transporter le poisson , dans les centres de l’intérieur et jusqu’à l’étranger. On espère arriver ainsi à concurrencer à Bâle — qui est le grand entrepôt de poisson de l’Europe centrale — les arrivages des ports hollandais et allemands de la mer du Nord.
- Extensions futures. — Le port dont nous venons de faire la description pourra suffire à une flotte d’environ 100 chalutiers à vapeur, 200 gros voiliers, 200 petits. Il serait ainsi de l’ordre d’importance du port de'Gestmünde.
- Si, dans un avenir plus ou moins éloigné, il devenait insuffisant, on pourrait l’agrandir et presque le doubler en utilisant une autre anse située dans le Nord-Est de l’anse de Kerôman et dans le voisinage immédiat de celle-ci (4). Avec cette extension le port de pêche de Lorient serait plus grand que ne l’est actuellement le port de Grimsby, le plus vaste du monde.
- F. La Porte,
- ingénieur-hydrographe en chef de la Marine.
- t. Les ouvrages projetés dans, cette anse sont indiqués eu ponctué sur lajigure 2. :
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- L’EXPÉDITION POLAIRE DE ROALD AMUNDSEN
- Après plus de dix-huit mois de silence, Amundsen vient de donner de ses nouvelles. Le célèbre explorateur est parti de Norvège dans les premiers jours de juillet 1918 avec le projet de compléter le cycle de ses victoires par la conquête du Pôle Nord. Monté sur le Maud, le plus solide navire destiné à la navigation dans les glaces qui ait jamais été construit, avec seulement huit compagnons, Amundsen sé proposait de reprendre le programme dé Nansen modifié toutefois par l’expérience de la célèbre expédition du Fram. En conséquence, il devait suivre la côte nord de l’ancien continent, puis, une fois arrivé à 100 milles dans l’est des îles de la Nouvelle Sibérie, pénétrer dans la banquise et se laisser ensuite charrier avec cette masse de glace par le courant partant dans la direction du nord-est. Lorsque la dérive l’aurait amené à une très haute latitude, l’intrépide Norvégien abandonnerait son navire et marcherait vers le Pôle en avançant sur la banquise, puis se rabattrait vers la terre Grant, à l’ouest du détroit de Smith, où des dépôts doivent être installés à son intention. L’explorateur propose, mais les glaces disposent. Dans sa nouvelle entreprise Amundsen n’a pas été favorisé par la chance qui l’avait servi dans ses précédentes expéditions. Alors que durant l’été 1878, Nordenskiold, au cours du célèbre voyage du Vega, avait trouvé des eaux presque libres tout le long de la côte nord de Sibérie jusqu’aux approches du détroit de Bering, qu’en 1893 Nansen avait pu atteindre les parages des îles de la Nouvelle Sibérie au cours d’une seule saison de navigation, Amundsen a été depuis son départ constamment entravé par les banquises. Loin d’arriver aux îles de la Nouvelle Sibérie au début de l’automne 1918, comme il l’aurait fait si la saison eût été normale, il a été arrêté par les glaces dès le cap Tcheliouskine, la pointe septentrionale de l’ancien monde, et contraint d’hiverner près de ce promontoire fameux.
- L’année 1919 ne paraît pas avoir été plus favorable à la réalisation du programme de l’expédition norvégienne. Un bref télégramme d’Amundsen, reçu à Kristiania le 31 mars par la voie d’Amérique, annonce en effet qu’il hiverne actuellement sur la côte nord de Sibérie aux îles Ayan, dans 1^ baie Tchaun, à 120 milles à l’est de l’embouchure de la Kolyma (70°de latitude environ). L’explorateur n’a donc pu encore entrer dans la banquise àl’est des îles de la Nouvelle Sibérie, et commencer sa dérive vers le Pôle." Les obstacles que les glaces ont opposés à sa marche lui ont aussi fait perdre deux ans. L’expédition est approvisionnée pour cinq campagnes ; la dérive du Fram ayant duré trois ans, il est possible qu’avant de se lancer dans l’inconnu du bassin polaire, Amundsen juge prudent de venir dans un port de l’Alaska faire son plein de vivres.
- Le télégramme annonce, en outre, qu’à la fin de la première campagne, en octobre 1918, alors que l’expédition était déjà bloquée près du cap Tchéliouskine, deux de ses membres sont partis pour rallier les premiers postes russes, chargés probablement d’un important message de leur chef. Les deux explorateurs, bien que possédant une très grande expérience de l’Arctique, ne
- sont point arrivés à destination. Peut-être l’état de trouble dans lequel se trouve la Sibérie explique-t-il l’absence de nouvelles à leur égard ? Souhaitons que cette hypothèse se vérifie sans trop l’espérer.
- Comment un télégramme expédié des déserts glacés de la côte nord de l’Asie a-t-il pu arriver à destination ? C’est ce que nous allons maintenant expliquer. La côte septentrionale de Sibérie entre l’estuaire de la Kolyma et l’entrée nord du détroit de Bering renferme quelques petits clans de Tchouktches chasseurs et pêcheurs. Au cours du voyage du Vega, pendant son hivernage à environ 600 km. à l’est du point où Amundsen se trouve arrêté, Nordenskiold entra en relations avec ces indigènes et par leur intermédiaire réussit à envoyer de ses nouvelles en Suède. Son courrier fut porté par des Tchouktches à Anadyr, poste situé à l’embouchure du fleuve du même nom dans la mer de Bering et qui est le grand centre de ravitaillement des indigènes dispersés dans les immenses solitudes de l’extrémité nord-est de l’Asie, puis transmis de là à Irkoutsk et finalement à Stockholm. Le voyage fut seulement long. Le message, parti le 6 octobre 1878 de la côte nord de Sibérie, ne parvint que le 16 mai suivant en Suède! Pour envoyer de ses nouvelles, Amundsen a employé le même procédé que son célèbre prédécesseur. Le télégramme de l’explorateur norvégien est, en effet, daté d’Anadyr où, suivant toute vraisemblance, il a été apporté par des indigènes que l’expédition a rencontrés sur la côte nord de Sibérie. Mais, depuis quarante ans, les communications ont été singulièrement améliorées même dans ce coin perdu de l’Asie boréale. Une station radiotélégraphique existe aujourd’hui à Anadyr et, dès qu’elle a été en possession du message d’Amundsen, elle l’a immédiatement transmis aux Etats-Unis, probablement par la voie de l’Alaska.
- Le télégramme de l’illustre explorateur norvégien intéressera vivement les géographes : d’autre part, il paraît devoir entraîner des conséquences curieuses dans le domaine de la politique étrangère. 11 y a quelque temps, le gouvernement des Soviets a radiotélégraphié à celui de Kristiania pour solliciter, au nom de l’humanité, son assistance en faveur d’un brise-glace russe parti d’Archangel et entraîné par' la dérive au milieu de la banquise de la mer de Kara. 85 marins et passagers sont exposés à mourir de faim et de froid sur ce navire nullement équipé en vue d’une détention prolongée au milieu des banquises. La nouvelle a éveille une vive émotion en Norvège et une expédition de secours est envoie d’organisation. Sur ces entrefaites est arrivé le télégramme d’Amundsen annonçant la disparition de deux de ses compagnons en Sibérie et, à son tour, le gouvernement de Kristiania a radiotélégraphié à celui des Soviets pour lui demander de faire rechercher les deux Norvégiens disparus.
- C’est ainsi que des incidents de l'exploration polaire ont fourni au gouvernement de Moscou l’occasion d’entrer en relation avec les pouvoirs établis d’un pays étranger.et de rompre la quarantaine établie jusqu’ici autour de lui.
- Charles Rabot.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de février et mars 1910.
- ,4 propos des xntamines. — Les animaux recevant une nourriture stérilisée à h%ute température, meurent de maladies de carence, dont les symptômes ont reçu le nom d’avitaminose. Le Dr Portier et Mme Lucie Randoin concluent à la création des vitamines dans le tube digestif d’un animal soumis à un régime dévitaminisé, et cela, grâce aux bactéries intestinales. Il y a là un fait à rapprocher des observations signalées, pour les animaux, par Bierry, Osborne et Mendel et, pour les plantes, par Bottombey.
- Elections. — Au cours du mois de février MM. Lugeon, Leclerc du Sablon, L. Bianchi, Camille Yiguier et Fowler, ont été élus membres correspondants, pour les sections respectives de minéralogie, de botanique, de géométrie, d’anatomie et d’astronomie. Enfin, MM. Ciamician et Michelson ont pris rang d’associés étrangers, en remplacement de Sir William Ramsay et de Lord Rayleigh.
- Un nouveau glucoside. — La'Tacine de Scabiosa succisa (vulg. Herbe de Saint-Joseph) jouit d’une grande réputation en médecine populaire, soit qu’on l’ordonne sous la forme d’extrait dans les maladies des voies respiratoires, soit qu’on la préconise sous forme de bains contre les affections de la peau. MM. Bourquelot et Bridel viennent d’en extraire, outre le saccharose qu’ils ont fait cristalliser, un glucoside hydrolysable par l’émul-sine (avec formation de glucose et d’un produit jaunâtre, insoluble dans l’eau) auquel ils ont donné le nom de scabiosine.
- La perte d’énergie dans le diélectrique des câbles. — Professeur à la Faculté des Sciences de Lille, M. Swyngedamv a montré que dans les câbles industriels servant au transport de l’alternatif, les pertes décroissent quand la température du métal s’élève. En opérant sur l’ensemble de trois conducteurs de 15 mm2 de section,d’une longueur de 20 m., établi pour une tension de 10 000 volts (50 périodes) et renfermés dans un tube de plomb, M. Rennesson vient de faire, dans le but de vérifier la loi précitée, une série d’essais, soit à tension, soit à température variable, en laissant constants les deux autres facteurs : fréquence et température ou tension et fréquence.
- L'invertine dans le miel pur d’abeilles. — Le nectar des fleurs contient du saccharose, et l’inversion s’accomplissant dans le jabot de l’abeille, le dédoublement du biose a lieu par la formation de deux isomères : glu-
- cose et lévulose. M. Alain Caillas vient de déceler dans le miel pur la diastase invertine produite par l’insecte et ce fait explique les variations que le temps introduit dans la composition d’un produit pur, jusqu’au moment où s’établit un équilibre, et s’arrête l’action du ferment soluble. Dans les cas d’atonie ou de paresse de l’intestin, le miel peut d’autant mieux rendre de bons services qu’il constitue déjà un aliment particulièrement assimilable.
- Les plantes et les champignons symbiotiques. — Il semblait jusqu’ici que,, seules les plantes vivaces sauvages pouvaient héberger des champignons et, cela à l’encontre des végétaux annuels qui en paraissent dépourvus. Noël Bernard avait même basé sur cette remarque une théorie donnant une origine cryptogamique aux organes pérennants. M. Magrou vient de vérifier sur une Papilionacée, YOrobus Coccineus, la règle de l’immunité vis-à-vis des champignons de mycorhizes et analysé son mécanisme. D’autres expériences ont porté sur des pieds de Solanum nigi-um et de Mercurialis (peren-nis et annua) et l’auteur en . conclut que : dans les cas de symbiose,1 le) tronc mycélien a résisté à la phagocytose, celle-ci se limitant aux arbuscules alors que dans les exemples d’immunité, le mycélium a été détruit, soit dès les premières tentatives de pénétration, soit lors d’un large envahissement des racines,
- A propos des huîtrières. — Les bancs naturels, jusqu’à la guerre peu recherchés pour l’engraissage des mollusques, prennent à l’heure actuelle une grande importance, l’élevage artificiel dans les parcs ayant été fort négligé au cours de ces dernières années. Une note de M. J.-L. Dantan expose quelques observations- faites lors de nombreux dragages, et préconise certaines mesures qui nous permettraient de retirer de notre domaine public maritime une richesse dont nous laissons perdre environ les neuf dixièmes.
- Procédé biochimique pour caractériser le glucose. — L’extraction d’un milieu aussi complexe qu’un suc de plante d’un sucre particulier est des plus difficiles, et pour caractériser le glucose, sans s’astreindre à l’isoler préalablement, on emploie soit la réduction de la liqueur cupro-potassique de Fehling, soit la formation d’une osa-zone par réaction sur l’acétate de phénylhydrazine. Renversant le procédé de recherche des glücosides par l’émulsine, MM. Bourquelot et Bridel établissent un mode opératoire qui permet non seulement de déceler à coup sûr le glucose, mais encore de fixer son importance parmi les produits réducteurs d’un suc végétal. Paul B.
- LA RETOUCHE MÉCANIQUE DES CLICHÉS PHOTOGRAPHIQUES
- L’ÉLECTROGRAPHE
- Tout le monde sait que rarement un cliché photographique, si artistique soit-il, peut donner d’emblée une épreuve parfaite. Il faut souvent corriger son excès de netteté ou des violentes oppositions de lumière ; qualité parfois en paysage, mais défaut capital dans le portrait. De là est née la retouche, artifice correcteur dont usent tous les procédés photographiques.
- Au temps du collodion, de regrettée mémoire, la
- couche sensible présentait une sorte de duvet argen-tique sur lequel on promenait presque parallèlement la pointe d’üne aiguille aux endroits voulus. Cette intervention, qui nécessitait une légèreté de main inouïe, égalisait la poussière impalpable, en atténuant les rides, effaçant les taches, arrondissant les aspérités, produisant en un mot une douceur de modelé impossible à obtenir sur le grain plus ou moins ténu de la gélatine actuelle. Ici, c’est la
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- 208 --- LA RETOUCHE MÉCANIQUE DES CLICHÉS PHOTOGRAPHIQUES
- pointe d’un crayon qui agit, et dépose une partie infinitésimale de ses molécules; mais, comme elle prendrait mal sur la couche glissante et dure, on frotte cette dernière aux endroits à modifier avec un vernis spécial, un peu poisseux (appelé Matto-lin), lequel permet à la mine de plomb d’y laisser son empreinte... et aussi aux poussières ambiantes. Comme pour le collodion, il faut là une grande sûreté de main et certaines connaissances anatomiques, afin de ne pas dénaturer les traits d’un visage par un coup maladroit... et irréparable ! Or, cette légèreté manuelle n’est pas donnée à tout le monde, et l’on a maintes fois songé, pour la remplacer, à des dispositifs de commandes mécaniques faisant accomplir au porte-mine un frottement demi-rotatif sur la surface à retoucher. Malheureusement, ces procédés exigent le maintien constant du crayon sur le cliché, et sont loin de valoir les touches si variées et si intelligentes de l’outil tenu entre les doigts de l’artiste retoucheur.
- Ce problème de la retouche mécanique vient d’être repris, et paraît avoir reçu une solution très satisfaisante par l’appareil auquel ses inventeurs ont donné le nom d’Electrographe. Cet appareil permet d’entreprendre la retouche des clichés sans aucun apprentissage ni aptitudes particulières. Au lieu de promener la pointe du crayon sur le cliché, il la projette mécaniquement, avec une rapidité et une force réglables ad libitum, de façon à faire varier l'intensité de l’opération. Le rôle du retoucheur se borne alors à maintenir et à diriger l’électro-graphe sur les points voulus.
- Nous allons décrire brièvement cet intéressant instrument : c’est un véritable petit marteau frappeur électrique.
- 1° Sa construction. — Il comporté tout d’abord une enveloppe extérieure À de forme tubulaire, dans laquelle se trouve une bobine électrique B, munie intérieurement d’un noyau de fer doux G, et alimentée par des fils d, e, reliés au dispositif rupteur que commande la génératrice d’électricité. A la partie inférieure de cette enveloppe se trouve un bouchon F qui est le support du trembleur, maintenu en position convenable par la vis G. Un tube H contenant le porte-mine I, coulisse à frottement très doux dans ledit support F.
- A l’extrémité supérieure du tube H est fixé un ressort à boudin K. La partie supérieure du tube H supporte un bloc de fer doux N aboutissant à proximité de l’extrémité supérieure du noyau de la bobine, de telle façon que le tube H constitue
- l’armature mobile de cette bobine. En un point convenable, à proximité de la face supérieure du support F, le tube porte une collerette (ou embrasse) 0, venant appuyer, en position de repos, sur un ressort P. Un orifice de graissage Q, permet la lubrification du tube H dans le support du trembleur. Enfin l’enveloppe est fermée à sa partie supérieure'par un obturateur.
- 2° Son fonctionnement. — L’appareil étant relié à un rupteur avec interrupteur électrique convenable, si du courant est envoyé dans ce rupteur, la bobine B est excitée en synchronisme avec le fonctionnement de ce rupteur ; elle détermine, lors de son excitation, l’attration de son armature grâce à la présence du bloc de fer doux N. Lorsque le courant est coupé par le rupteur, l’aimantation du noyau C cessant, le tube 11 est happé par son ressort K, qui projette le porte-mine I sur la surface à retoucher; mais au moment de venir en contact avec cette surface, la collerette 0 vient porter sur le ressort amortisseur P, empêchant que le contact du crayon ou mine J présente le caractère d’un choc. Le coup porté est très doux, mais on peut en augmenter l’intensité comme on. le verra plus loin. En tenant l’appareil à une distance convenable du cliché à retoucher, la mine exécutera une série de pointillés suivant le rythme du rupteur, et l’opérateur déplaçant l’appareil pourra effectuer la retouche avec la finesse désirée, en déterminant la formation d’un champ de pointillés sur les parties à retoucher.
- Pour faire varier la rapidité du mouvement de va-et-vient du crayon, on agira sur le rupteur.
- Pour régler la force des retouches du crayon, il suffit de faire varier la position du support F du trembleur, ce qu’on obtient en desserrant la vis G, puis en faisant coulisser ce support dans l’enveloppe cylindrique A. Plus le support du trembleur sera dégagé de son logement, c’est-à-dire plus l’espace existant entre C et N sera grand, plus le ressort sera tendu lors de l’attraction de la bobine, et par conséquent plus son attraction sur le porte-mine sera forte, plus son action sur la gélatine sera énergique...*.
- En résumé l’électrographe exécute la retouche par pointillés d'étendue et de vigueur variables au gré de l’opérateur.
- Le procédé s’applique avec le même succès à l’établissement des dessins en noir et en couleurs.
- R. Villers.
- Fig. i.
- L’électrographe.
- Le Gérant : P. Masson, — Imprimerie Lahüre, rue de Fleuras, 9, à Pans.
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- LA NATURE. — N° 2402.
- Ier MAI 1920
- LES CIRQUES DE LA LUNE
- Prenez une photographie de la Lune et, à côté, à échelle convenable, une photographie de plaque de blindage entamée par des projectiles d’essai : corn-
- tails, à un cirque lunaire, avec sa ceinture, son rempart de pics aigus, comme le trou d’obus aux contours déchiquetés par les bavures et les arrache-
- Fig. i. — Photographie de la Lune.
- parez et vous trouverez que, sans efforts d’imagination, il est très facile de prendre la photographie de la plaque pour celle du paysage lunaire et réciproquement.
- Rien, en effet, ne ressemble dans tous les dé-
- 48" Année— 1" Semestre-
- ments du métal. Et bien d’autres détails de la topographie lunaire, érosions, rainures, sillons, tramées rayonnantes, etcv., concourent à parfaire cette complète similitude d’effets, évocatrice d’une similitude de cause.
- 15. - 209.
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- 210 r......... — LES CIRQUES DE LA LUNE
- Aussi, au siècle dernier (1846), un astronome étranger, Gruithuisen, émit-il l’idée que ces innombrables trous à la Lune, qu’on se plaisait à baptiser cratères, pourraient bien n’être que des entonnoirs de projectiles célestes, de ces astéroïdes dont on sait aujourd’hui qu’ils circulent en nombre infini dans le grand espace, donnant en particulier lieu aux étoiles filantes et aux bolides, lorsqu’ils pénètrent dans notre atmosphère.
- Un peu plus tard1, un autre savant, français, des plus éminents, Cornu, s’appliquait à démontrer que les taches solaires ont même origine, et qu’elles ne sont aussi que le résultat des incessantes chutes d’astéroïdes sur la surface fluide de l’astre central.
- Le savant étranger et le savant français sont morts, n’ayant sans doute rien abandonné de leurs idées, mais n’ayant pas su ou pas osé les imposer. Il semble vraiment que la Science s’effraie des conséquences de pareilles conceptions et du bouleversement qu’elles apporteraient dans le faisceau des théories actuellement courantes sur la Physique du Monde. Alors, on ferme les yeux, et ne pouvant plus nier, depuis un siècle, l’existence de cette force extra-terrestre, onia tient pour négligeable et on lui refuse toute discussion sérieuse. Cette indifférence, en quelque sorte systématique, part d’une double erreur de principe : que voit-on dans ces pierres du ciel qui nous arrivent de temps à autre sous forme de météorites?De simples cailloux, de quelques grammes, parfois de quelques kilos, venant avec un peu de fracas, mais sans force, mourir sur le sol ou y creuser un trou, insignifiant à côté de l’entonnoir du moindre de nos projectiles de guerre. On n’ignore pas sans doute qu’il en est de plus gros, mais si rares qu’il semble inutile d’en faire état. Première erreur. On est aujourd’hui en possession de statistiques déjà fort développées de chutes de météorites. On y trouve naturellement les pierres en nombre d’autant plus restreint qu’elles sont plus volumineuses, mais dépassant parfois le poids de plusieurs tonnes et s’échelonnant suivant une loi assez régulière pour permettre d’établir une formule donnant la probabilité d’une chute de poids déterminé dans un laps de tenips donné. Or, notre Univers renferme, nous le savons, à côté des grands corps célestes, soleil, étoiles, planètes, tout un monde d’éléments beaucoup plus petits, mais considérables encore à-côté de nos simples cailloux, corps dont le cortège des planétoïdes qui circulent à bonne portée de nos lunettes entre Mars et Jupiter peut fournir la mesure : il en est de centaines de kilomètres de diamètre, dont le poids se chiffrerait par des milliards de tonnes : il en existe de même autour de Saturne, vraisemblablement autour du Soleil : il y en a dans l’infini de l’espace, de toutes dimensions, de toutes les grandeurs jusqu’à celles des immenses soleils comme Sirius, qui peuplent les lointains du Ciel ;
- 1. Premier Congrès pour l’Avancement des Sciences (Bordeaux, 1872).
- bref, continuité absolue des masses cosmiques dispersées dans cet univers à travers lequel notre petit monde solaire chemine à raison de 20 km à la seconde. Rien n’est donc plus légitime que d’étendre aux âgés passés et à venir la formule qui se déduit des observations de deux ou trois siècles seulement, et alors on devra tenir pour probable que s’il nous est arrivé en moyenne une pierre de 1000 kilogr., une tonne, tous les 500 ans, il en est tombé et en tombera une de 10,000 tonnes tous les 100 siècles, cataclysme formidable dont nous ne" devons pas souhaiter de voir la réalisation sur notre Terre, encore qu’il ait dû déjà s’y produire et y laisser de colossales traces, mais dont on peut affirmer qu’il serait de taille à engendrer un des plus grands cirques lunaires : et qu’est-ce que 100 siècles à côté de l’âge de la Lune, de la Terre, du Soleil qu'e les évaluations les plus timides fixent à des millions de siècles?
- Donc, sous ce seul aspect déjà, la théorie de la formation des cirques lunaires par l’action météorique est fort soutenable; mais, il est une autre considération qui lui donne encore beaucoup plus de poids.
- De ce que les météorites arrivent à peu près sans vitesse au sol, on perd la notion principale de leur prodigieuse puissance : ce qu’il faut se dire, c’est que ces corps, au moment où ils atteignent notre atmosphère ou la surface lunaire, sont animés de la vitesse, à peine concevable, de 12 à 72 km à la seconde, c’est-à-dire qu'ils sont doués d’une force vive, d’une énergie mécanique dont on pourra se faire une idée en considérant qu’un fragment de 10 gr, gros comme une pièce de 10 centimes, possède à pareille vitesse la même puissance qu’un train entier dévalant en pleine marche dans notre atmosphère : une météorite de 1 kg représente 100 trains, et sur le Soleil', où la vitesse d’arrivée est 10 fois plus considérable encore que sur la Terre, ce qui centuple la force vive, ce serait 10 000 trains. On se doute que l’extinction, d’une pareille énergie, aux dépens des atmosphères terrestre ou solaire, ne va pas sans des troubles multiples et profonds, et l’on voit quelle base nouvelle et puissante cette considération offre à la Météorologie, à la Physique du monde. En ce qui concerne la Lune, qui n’a pas d’atmosphère, le phénomène est des plus simples et s’analyse aisément. Le planétoïde, subitement arrêté à la surface de l’astre, y développe d’abord son énergie en chaleur, chaleur qu'on peut évaluer et qui, cent fois suffisante pour amener inslanlanément à la fusion, puis à la volatilisation la masse entière de l’astéroïde, en fait soudain un globe énorme doué d'une irrésistible force de pénétration. Ainsi s’expliquent les dimensions considérables des cirques, leur forme généralement circulaire et l’infinie variété des accidents lunaires.
- C’est cette thèse fort simple qui vient d’être reprise par un astronome français, M. Bosler, dans
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- LES CIRQUES DE LA LUNE —.....—...........211
- la revue VAstronomie, et. après lui, par un Américain, M. Herbert Yves, sur la remarque que les trous d’obus relevés par les avions offrent bien des
- sens de la vitesse d’impact, c’est-à-dire fait emporte-pièce, tandis que dans nos projectiles, la vitesse d’expansion latérale l’emporte sur la vitesse de
- traits de ressemblance avec les cirques lunaires. Il faut observer cependant que la comparaison avec les trous de plaques de blindage reste beaucoup plus saisissante, ce qui tient à ce que le projectile céleste, même vaporisé, travaille surtout dans le
- pénétration, d’où une sorte de balayage, d’étoile-ment sur les bords de l’entonnoir qui ne se retrouve qu’exceptionnellement dans les cirques.
- Quoi qu’il en soit, l’assimilation s’impose et une seule objection subsiste en face de la théorie météo-
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- UN CRATÈRE MÉTÉORIQUE SUR TERRE
- rique. Se peut-il que des phénomènes aussi considérables ne se soient jamais produits sous nos yeux et que, depuis des milliers d’années que des milliers d’observateurs scrutent scrupuleusement les astres et les planètes, on n’ait enregistré aucune manifestation de cet incessant bombardement ni constaté la puissance de ses effets. ,
- L’objection serait sérieuse si elle était fondée : elle ne l’est point Laissant de côté pour l’instant le Soleil et la Terre sur lesquels les manifestations des projectiles célestes abondent et ne sont malheureusement que trop sensibles, tenons-nous-en à la Lune : nombreux et incessants, peut-on dire, sont les changements notés par les astronomes à la surface de l’astre : en 1864 déjà, M. Weeb en signalait de multiples : on en a relevé d’autres depuis et non des moindres, puisque l’on a constaté piès d’Hyginus l’apparition d'un nouveau cirque de 4500 mètres de diamètre. 11 y a plus, dans nombrei d'éclipses, depuis cent ans, la surface obscure de la Lune ou son contour ont montré des lueurs, des points brillanls, des tramées lumineuses, des flammes, phénomènes ^restés énigmatiques et qui, ainsi que
- je l’ai montré il y a près de quarante ans1, s’expliquent le plus simplement dans l’hypothèse météorique, puisque chaque chute est nécessairement accompagnée d’un développement considérable
- de chaleur lumineuse.
- L’heure est donc venue d’accorder à cette hypothèse l’attention et l’étude qu’elle sollicite et de ne plus rester indifférent. à cette grandiose illustration de l’une des plus grandes forces de la nature. Par le spectacle de ses prodigieux effets sur la Lune et sur le Soleil, nous apprendrons ce qu’ils peuvent être sur notre propre planète et nous n’irons plus chercher ailleurs la cause des formidables cataclysmes qui périodiquement, a\ec une foudroyante brutalité viennent, comme hier aux Mats-Unis, semer en quelques iustants sur de vastes espaces, les ruines, la dévastation et la mort.
- Général Chapei..
- 1. Aperçu sur le rôle des astéroïdes dans la Physique du monde (1883).
- 2. Les belles photographies de la Lune qui illustrent cet article nous ont été obligeamment communiquées par notre confrère YAslrojiomie,
- Fig'. 3. — Comparaison des cirques lunaires el des trous d’obus dans une plaque de blindage.
- i, 2, 3, sont des trous d’obus; q, 5, 6, 7, sont des cirques lunaires empruntés aux photographies lunaires reproduites ci-contre.
- UN CRATÈRE MÉTÉORIQUE SUR TERRE
- l.E CANON DIABLO
- Dans le précédent article, M. le général Chapei a exposé les raisons qui appuient l’hypothèse, défendue en particulier par M. Bosler, selon laquelle les cratères lunaires sont dus à des bombardements météoriques.
- On pourrait se demander, comment il se fait que la Terre ait échappé aux bombardements qui ont atteint son satellite, si rapproché d’elle?
- Il faut dire, tout d’abord, quela présence de l’atmosphère terrestre suffit à volatiliser, avant h ur arrivée
- Escarpement
- Escarpement
- r Roche enptece g''Rocheen place r
- Fig. 1. —' Coupe du cratère du canon Diablo [Arizona).
- au sol, la plupart des projectiles aériens qui tombent dans le champ d’attraction de notre globe. En
- m forêt * •
- c/e Cèdres •
- Fig. 2. —Distribution des masses de fer météoriques autour du Meteor Crater.
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- effet, le frottement de L’air sur des corps animés d’une vitesse vertigineuse comme celles des bolides, provoque une énorme élévation de température dans ces corps, et suffisante pour les volatiliser partiellement. Des calculs approximatifs faits d’après le nombre de chutes d’étoiles filantes observées à la surface de la terre, permettent d’évaluer à 2 millions de tonnes par an, la masse des matières cosmiques ainsi projetées sur notre terre. La plupart s’y retrouvent en fines poussières. Mais nous recevons aussi des projectiles plus volumineux, ce sont ceux qu’on désigne sous le nom d’aérolilhes. On n’en a jamais encore observé, il est vrai, qui par leurs dimensions ou leurs poids, aient pu former sur notre globe un cratère comparable au plus petit de ceux que l’on remarque sur la surface lunaire. Mais on a la preuve qu’il est tombé déjà
- LES ACÉTATES
- Leurs emplois. — Matières plastique Perles imitées. — Irichrorhie. —
- La cellulose est, on le sait,l’élément principal des parois des cellules des plantes ; elle y est présente sous forme d’hydrate de cellulose combinée avec divers autres éléments. C’est un composé de carbone, d’hydrogène e.t d’oxygène; sa formule chimique est de la forme (G6II10 0s)n, l’exposant n étant indéterminé. 11 y a donc une grande variété des celluloses; l’un des types les plus simples est la ouate, cellulose de coton purifiée.
- La cellulose peut s’unir aux acides organiques pour former des éthers, ses combinaisons avec l’acide acétique donnent les acétates de cellulose, qui ont reçu, i n ces dernières années, des applications industrielles très variées et très intéressantes et ont donné naissance à une industrie importante.
- Nous empruntons à l’excellent ouvrage \') de MM. Clément et Rivière, La Cellulose, récemment paru, les détails qui suivent sur les emplois de ces composés..
- C’est le chimiste français Schutzenberger qui en 1869 a le premier isolé les acétates de cellulose, eh éthérifianl la cellulose sous l’action de l’anhydride acétique, en* tubes scellés, à 180°. De nombreux chimistes recherchèrent ensuite des procédés pratiques pour obtenir ces produits ; citons les travaux de Fnfnchimont, Girard, Cross et Bevan, llenckel von Donnersmark, Lederer, Wohl, Clément et Rivière, etc. Yers 1908, la Société Baver d’Klberfeld commença à mettre en vente en grandes quantités l’acétate de cellulose sous le nom de cellite.
- L’acide acétique a pour formule Cil3 — CO — 011. Les acétates de cellulose sont des corps de composition très variable, selon le degré d’acétvlalion, c’est-à-dire selon le nombre de molécules d’acide acétique que l’on fixe sur une même molécule de cellulose, et aussi selon le degré plus ou moins élevé de polymérisation du produit.
- Il y a donc toute une gamme d’acétates de cellulose, de pi'opriétés physiques ou chimiques différentes.
- Fabrication. — Le' principe de la fabrication indus-
- 1. La Cellulose, par Clément et Rivière. Reranger, éditeur. Paris 1920.
- sur la terre d’énormes météores ; le Meleor Crater, à proximité du cafion Diablo, dans l’Arizona (Etats-Unis), le démontre ; c’est un lac de forme parfaitement circulaire, et la coupe verticale des terrains en bordure, que nous empruntons à un excellent article de M. Bosler dans VAstronomie (juin 1919), montre que ce cratère a exactement la conformation d’un entonnoir, explicable par l’explosion d’un projectile; il ne peut s’agir d’un cratère volcanique, le terrain n’est nullement volcanique; par contre il est jonché dans le voisinage d’une multitude de débris de fer météorique, comme le montre la carte ci contre que nous empruntons au même article; c’est donc bien à la chute d’un aérolithe gigantesque qu’il convient d’attribuer l’origine de ce curieux lac et l’on peut affirmer que la Terre possède au moins un cratère lunaire.
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- DE CELLULOSE
- — Enduits pour avions, tissus, etc. Vernis. — Films ininflammables.
- trielle la plus fréquemment employée consiste en l’acétylation d’hydrocelluloses particulières, au moyen d’anhydride acétique. La réaction qui serait très violente est modérée par l’addition d’acide acétique cristallisable qui dilue la masse.
- La réaction n’est possible qu’en présence de faibles quantités d’agents catalytiques, tels que : acide sulfurique, acides sulfoniques, mélange sulfonitrique, brome, etc.
- La cellulose s’acélyle ainsi, et l’acétate de cellulose produit, étant soluble dans l’acide acétique, reste en solution dans la masse de réaction. On pourrait alors le précipiter en diluant cette solution dans l’eau ; mais on obtiendrait un produit trop acélylé et peu intéressant pour les applicalions.
- On le désaeétyle alors partiellement, au moyen d’agents acides, dans certaines conditions de température et de durée.
- La solution acétique est ensuite précipitée par de l’eâu au moyen d’un mélangeur ; l’acétate de cellulose est séparé des petites eaux acétiques par turbinage. Il est ensuite parfaitement lavé, séché, et quelquefois moulu.
- Cette méthode de fabrication est dite « par dissolution ». La matière première employée est presque toujours le coton, celui dont on se sert pour faire de la poudre B, on a pu employer aussi, mais plus difficilement, le papier pur lin. On a envisagé également l’usage de la fibre de bois, mais sans obtenir jusqu’ici de résultats satisfaisants.
- Le coton doit subir un traitement préalable qui le transforme en une hydrocellulose spéciale ; on le fait macérer dans un mélange d’acides appropriés, par exemple mélange d’acide acétique et d’acide sulfurique, ou mélange d’acide nitrique et d’acide sulfurique, etc. On le lave et on le sèche.
- L’anhydride acétique et l’acide acétique nécessaires pour la fabrication sont obtenus à partir de l’acétate de chaux. Depuis peu, on envisage la production directe de l’acide acétique par synthèse à partir de l’acétylène.
- L’industrie de l’acétate de cellulose paraît être née
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- en 1905 dans les établissements Bayer à Elberfeld. En 1913, une grande Société française, la Société chimique des Usines du Rhône à Sains-Fons, a commencé à son tour cette fabrication ; la Société du cellonit de Bille, à la même époque, commençait également à produire. L’importance de la production mondiale était alors de 200 tonnes par an.
- La guerre a donné une vive impulsion à l’industrie de l’acétate de cellulose, MM. Clément et Rivière estiment à 600 tonnes par an, la seule production française en 1918.
- Les emplois de l’acétate de cellulose pour la Défense nationale ont été considérables : enduits d’aviation, plaques ininflammables, lunettes de masques contre les gaz, etc. La guerre terminée, l’industrie cinématographique offre à l’acétate de cellulose un important débouché, pour les films ininflammables. L’industrie des matières plastiques est également appelée à en utiliser une grande quantité.
- Les applications de l’acétate de reOulose. — Nous allons examiner avec MM. Clément et Rivière les principaux emplois actuels de l’acétate de cellulose.
- a) Matières plastiques. — La principale des industries de matières plastiques est celle du celluloïd : le celluloïd est une nitrocellulose stabilisée avec du camphre; c’est une matière extrêmement inflammable ; de plus le camphre est devenu extrêmement rare; aussi la substitution de l'acétate de cellulose au celluloïd semble-t-elle appelée à se répandre.
- Une masse plastique à base d’acétate de cellulose se compose de deux corps : l’acétate de cellulose et le « plastifiant » ou solvant lourd. L’union intime de ces deux corps et la production des masses brutes à base d’acétate de cellulose s’opère par l’intermédiaire d’un solvant liquide volatil.
- L’acétate de cellulose est lui-même une masse plastique : sous l’action de la chaleur et de la pression, il peut en effet se souder, s’agglomérer à lui-même par l’intermédiaire d’un solvant volatil en faible quantité. On peut faire des plaques, des blocs d’acétate de cellulose pur. Mais les qualités essentielles de souplesse, de ténacité, ne s’acquièrent que par l’adjonction du plastifiant.
- L’un des plastifiants les plus employés est la triacé-tine : éther acétique de la glycérine ; on y adjoint toujours un produit ignifugeant, en général du phosphate triphénylique ou tricrésylique.
- Le solvant volatil employé est soit un mélange d’alcool méthylique et de tétrachloréthane, soit un mélange d’alcool méthylique, de benzine et de tétrachloréthane ; les proportions sont les suivantes :
- 100 kg d’acétate de cellulose, 300 kg de tétrachloréthane, 50 kg d’alcool méthylique, 25 kg d’ignifugeant ; ou 12ôkg d’acétate, 100 kg d’alcool méthylique, 100 kg de benzine, 75 kg de plastifiant, 31 kg d’ignifugeant.
- Dans les deux cas, on obtient après malaxage et chauffage à 60 ou 70°, une masse colloïdale, qu’on lamine, que l’on presse et que l’on sèche. On obtient ainsi le corps plastique brut, sous forme de feuilles, de joncs ou de tubes.
- On les façonne ensuite par sciage, découpage, travail à chaud, dans des moules ou sur des tables chauffantes, ou encore avec des presses à estamper, découper, border, incruster. On procède ensuite au polissage, au vernissage et à l’ornementation.
- On réalise des imitations d’ivoire, d’écaille,. de corail, d’ambre, de corne, de marbre, de jade, etc.
- De là, une variété infinie des formes et des usages
- dont la bimbeloterie, la tabletterie, et les industries travaillant autrefois la corne et l’écaille ont 1 iré grand parli. Nous ne saurions énumérer toutes les applications de ces produits. Signalons-en quelques-unes : objets de toilette et de parure, articles de fumeurs, montures de brosse, jouets, tètes de poupée, dés, dominos, bou'es de billards; équerres, règles à calculer, protection des affiches au moyen d’une feuille transparente; vitres et lunettes pour automobiles, dirigeables, etc., etc.
- L’industrie des fleurs artificielles a tiré un superbe parli des feuilles minces d’acétate de cellulose; elles sont estampées à froid à la machine, puis gaufrées à chaud ou par l’action d’un liquide; elles sont ensuite colorées au pinceau ou à l’aérographe. Toutes les imitations de feuillages et de fleurs naturelles sont possibles et les produits obtenus sont ininflammables.
- Notons encore les abat-jour, les tulipes électriques, les globes fabriqués avec les feuilles minces et translucides d’acétate de cellulose.
- b) Enduits. — L’acétate de cellulose a également de nombreux emplois, à l’état de dissolution dans des solvants appropriés, pour constituer des vernis et enduits. Ces solvants sont très nombreux : chloroforme additionné de 10 pour lOl) d’alcool méthylique, tétrachloréthane additionné de 10 pour 100 d’alcool méthylique, formiate ou acétate de méthyle ou d’éthyle, acétone, qui sont des solvants volatils. 11 y a également de nombreux dissolvants peu volatils : nilrobenzine,' aniline, phénols, triacé-tine, etc., etc.
- Les solvants solubles dans l’eau, tels que les acétates de méthyle, d’éthyle, l’acétone, ont des inconvénients. L’évaporation des dissolutions, provoquant un refroidissement, une certaine quantité de vapeur d’eau atmosphérique se condense sur la couche de vernis; il en résulte des précipitations d’acétate de cellulose, la pellicule est plus ou moins opaque et sans solidité.
- On remédie à cet inconvénient par l’adjonction au dissolvant de corps dits antidépolissants, tels que éther acétylacétique, alcool benzylique. furfurol, alcool dicéto-nique.
- Les dissolutions concentrées d’acétate de cellulose sont désignées sous le nom de collodion, par analogie avec les dissolutions de nitrocellulose, les.dissolutions plus étendues sont des vernis ou des enduits.
- Une des principales applications des enduits est l’imperméabilisation des matières telles que toiles, étoffes, carions, papiers. On étend l’enduit au pinceau et on laisse sécher; il se dépose à la surface de l’objet à protéger une pellicule mince, transparente et invisible.
- Les enduits à l’acétate de cellulose «ont très employés pour les toiles d’avions, ils donnent des surfaces polies qui diminuent le frottement de l’air et sur lesquelles l’eau ne peut séjourner. L’huile du moteur est sans action sur eux. En outre, ils augmentent la résistance des toiles. On applique en trois couches environ 1050 gr. d’enduit par mètre carré de toile.
- Yers le début de 1918 on produisait en France par jour environ 10 tonnes d’enduit pour aéroplane.
- L’enduit préconisé par MM. Clément et Rivière est une dissolution d’acétate de cellulose dans un mélange d’acétone, d’alcool, de benzine et l’acétylacétate d’éthyle.
- On a également proposé l’emploi des enduits à l’acétate de cellulose pour les toiles de ballon ; celles-ci, à l’encontre des toiles d’avions, doivent rester souples ; jusqu’ici elles ont été constituées avec des tissus enduits au caoutchouc. Le caoutchouc a le grave inconvénient d’être perméable à l’hydrogène.
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- FABRICATION DE LA BRIQUE SI L1CO-CALCAIRE
- Pendant la guerre, on à constaté que les enveloppes extérieures des zeppelins étaient enduites à l’acétate de cellulose. MM. Clément et Rivière ont également obtenu d’excellents résullals en enduisant les loiles à ballons d’une couche de gélatine glycérinée qu’ils recouvraient ensuite d’acétate de cellulose mélangé à certains assouplissants.
- Ces enduits, convenablement préparés, s’emploient encore comme apprêts pour les tissus, les chapeaux de feutre, les tissus, les pailles et plumes, auxquels ils donnent rigidité et imperméabilité. Les linges lavables dits américains qui ont remplacé les produits en celluloïd peuvent être obtenus par trempage dans l’acétate de cellulose.
- On peut aussi s’en servir pour coller les tissus : on obtient ainsi des tissus biaisés ou doublés.
- c) Imitation des perles fines. — C’est une des plus curieuses applications des produits à base d’acétate de cellulose. L’industrie des perles fines imitées remonte au milieu du xvne siècle. Un ouvrier parisien, nommé Jacquin, eut alors l’idée d’ulilLer à cet effet les écailles de l'ablette en émulsion ammoniacale, émulsion connue aujourd’hui sous le nom d’essence d’Orient. La préparation de ce produit est des plus laborieuses : il faudrait 20 à 50 000 poissons pour obtenir 1 kg d’écailles au dernier degré du traitement ; les écailles brutes sont broyées pour délacher la partie brillante et nacrée qui seule constitue l’essence d’Orient, puis tamisées.
- Jusqu’ici, on incoiporait l’essence d’Orient à une solution de gélatine. Avec la pâte blanche et chatoyante ainsi obtenue, on enduisait l’intérieur de petites sphères en verre mince, et on achevait le remplissage de la perle en coulant à l’intérieur de la cire fondue. Ces perles n’avaient pas l’aspect de la véritable perle, puisque leur surface était en verre.
- L’acétate de cellulose a permis de perfectionner le procédé primitif. L’essence d’Orient déshydratée est incorporée à des dissolutions d’acétate de cellulose. Cette déshydratation s’opère en remplaçant peu à peu l’eau ammoniacale par de l’alcool ou de l’acétone. Des boules de verre pleines sont enduites de ce produit et l’on obtient ensuite des perles très solides et résistantes à l’humidité. Par des procédés ingénieux, on donne à ces perles l’irisation des perles véritables, et il devient difficile de les en distinguer à première vue.
- d) bichromie. — Les solutions très étendues d’acétate de cellulose^ donnent par évaporation des pellicules extrêmement minces, dont l’épaisseur est de l’ordre du millième de millimètre, et qui donnent lieu à des phénomènes lumineux d’interférence.
- Si l’on coule à la surface d’un liquide coagulant : eau,
- benzine, une solution diluée d’acétate de cellulose, il se forme une pellicule irisée qui peut être recueillie sur un papier ou sur une étoffe préalablement apprêtée.
- On obtient ainsi les étoffes à couleurs changeantes. MM. Clément et Rivière ont appliqué ces procédés d’irisation aux colorations des toiles d’avions, qui prennent ainsi des couleurs vaiiables selon l’éclairage. Des essais de ce procédé ont été faits pendant la guerre.
- e) Vernis. -- Des dissolutions d'acétate de cellulose dans des mélanges detétrachloréthane-alcool et d’acétone, étendues à 2 ou 5 pour 100 constituent d’excellents vernis pour bois et métaux. On leur donne facilement toutes les colorations désirées.
- On emploie 'également l’acétate de cellulose comtne vernis isolant pour l’électricité, notamment pour faire des conducteurs dits émaillés.
- f) Films cinématographiques. — L’acétate de cellulose permet d’obtenir des films ininflammables, aussi trouve-t-il dans l’industrie cinématographique un champ d’applications qui paraît appelé à se développer, bien qu’actuellement la majorité des films soient encore en celluloïd, produit extrêmement dangereux et qui a donné lieu à de nombreux et graves accidents.
- On emploie pour fabriquer les films des collodions l’acétate de cellulose : liquides visqueux d’une parfaite limpidité. On les obtient par dissolution de l’acétate de cellulose dans un mélange de solvants lourds et de solvants volatils.
- Les solvants lourds qui peuvent être employés dans ce cas, sont le phlalate de méthyle, la triacétine. Le solvant volatil utilisé est en général l’acétone.
- Le collodion était autrefois coulé sur des glaces dont la longueur peut atteindre 65 m. ; par évaporation on obtenait une pellicule très souple, et transparente. Cette pellicule était ensuite émulsionnée et détachée de la table de coulée.
- Ce procédé de coulage n’est plus guère employé ; on se sert maintenant de machines rotatives ; la couche de collodion est disposée sur un ruban sans fin en cuivre nickelé, entraîné d’un mouvement lent par une ou deux poulies.
- L’épaisseur de la couche de collodion est réglée au moyen d’un couteau. Les solvants volatils s’évaporent, pendant le mouvement du ruban, et l’on obtient ainsi des films aussi longs qu’on le désire.
- On voit par cet aperçu l’immense variété des applications dont est susceptible l’acétate de cellulose. L’industrie à laquelle ce corps a donné naissance, a déjà pris parmi les industries chimiques une place importante qui est appelée à s’agrandir encore. A. T.
- FABRICATION DE LA BRIQUE SILICO-CALCAIRE
- La brique silico-calcaire ne date que de quelques années; mais bien que l’Art'de la Construction dispose d’une très grande variété de matériaux, elle a rapidement gagné la faveur des architectes et des entrepreneurs. Il est évident qu’en raison des circonstances actuelles, elle est appelée à une' utilisation plus générale.
- C’est vers 1877 que le chimiste allemand Zerni-chow résolut le premier la prise, par réaction de vapeur sous pression, des mortiers silico-calcaires,
- c’est-à-dire chaux et sable, moulés à la presse. En 1880, Michaelis, autre technicien allemand, connu par des études et des recherches sur les éimenls, chaux et mortiers, prit un brevet pour la fabrication d’agglomérés de chaux et de sable. Michaelis, sachant par les expériences de Zernichow que la silice n’est pas attaquée par la chaux dans les conditions habituelles de pression et de température, pensa avec juste raison qu’en modifiant les conditions de pression et de température, il était possible de produire
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- FABRICATION DE LA BRIQUE S1L1CO-CALCA1RE
- Fig. /. — Trommel biconique pour l’extinction de la chaux.
- des agglomérés pouvant résister à des efforts mécaniques considérables, par suite de la formation de silicates agrégeant les particules de sable.
- Il ne faut pas évidemment confondre cette méthode par réaction de vapeur sous pression avec le procédé consistant simplement à mouler le mortier sec de sable et de chaux, et à exposer ensuite en plein air les briques ainsi obtenues. Bien que l’air, par son acide carbonique et le temps, amène leur durcissement, on n'a jamais que des briques de mortier et non des briques silico-calcaires. On a des carbonates, autrement dit des produits dont la valeur est relative, alors que dans le silico-calcaire la nouvelle combinaison chimique est un hydrosilicate de chaux très dur phjsiquement, inattaquable par les agents atmosphériques et notamment par la gelée et la chaleur, du moins au-dessous de certaines températures déjà très élevées.
- Bien que le silico-calcaire u’atleigne pas les résistances d’ailleurs inutiles de quelques marques de briques d’argile cuites, on peut affirmer que les résistances données par lui sont largement suffisantes. Parfois, étant bien fabriqué, il accuse des résistances de 100 à 500 kg par centimètre carré. En Allemagne, conformémént aux instructions en vigueur pour les briques d’argile cuites, le Syndicat des fabriques de briques silico-calcaires a fixé la résistance à la pression nécessaire des bonnes briques silico-calcaires à 140 kg par centimètre carré. La plupart des usines obtiennent, en employant du bon sable, une force portante de plus de 200 kg par centimètre carré, soit des briques supérieures en résistance aux briques d’argile.
- Les briques silico-calcaires donnent les habi-
- tations les plus sèches et les plus sainps de toutes. Au début d’une pluie, elles absorbent l’eau avec rapidité, en surface toute fois, mais la pluie terminée, contrairement aux briques d’argile, elles la rejettent au'si vite, c’est-à dire qu’elles sèchent dans un très court espace de temps. La porosité (absorption d’eau) est de 0,134 pour 1000. Leur ingélivité a été prouvée par de nombreux essais exécutés en France, au Laboratoire d’essais du Conservatoire des Arts pt Métiers et au Laboratoire de l’École des Ponts et Chaussées; en Belgique, au Laboratoire des Ponts et Chaussées de Malines ; en Allemagne, par l’Institut royal d’épreuves de matériaux de Gross-Lichterfelde près Berlin. Dans tous ces établissements, on n’a constaté aucune trace apparente de désagrégation après cet essai très dur de 25 gels et dégels.
- D’après M. Féret, du Laboratoire des Ponts et
- Fig. 2. — Moulin à boulets.
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- Fig. 3. — Autoclaves à briques.
- Chaussées de Boulogne-sur-Mer, le silieo-calcaire est indécomposable à l’eau de mer, c’est-à-dire qu’il résiste à l’action désagrégeante du sulfate de magnésie de l’eau de mer ; placé dans une solution de sulfate de magnésie, un bloc en silico-calcaire n’aurait pas subi la moindre attaque par l’eau de mer après deux années de séjour dans un pareil milieu. Il résisterait aussi aux acides et se comporterait si bien dans les salles d’accumulateurs qu’on utiliserait avantageusement ce nouveau matériau dans les fabriques de produits chimiques, partout où la
- Fig. 4. — Mélangeur à meules verticales à 2 auges superposées.
- maçonnerie peut être atteinte par des acides. A ce point de vue, les briques d’argile cuites les plus dures ne peuvent rivaliser avec les briques siliro-calcaires.
- De nombreux incendies ont montré que le silico-calcaire avait une résistance au feu dépassant les prescriptions admises pour les briques d’argile. On a construit avec, non seulement des cheminées d’usines, des fours circulaires pour la cuisson des briques, etc., mais les nouvelles briques ont encore été employées comme matériaux réfractaires dans les conduites à feu des fours précités, les garnissages de chaudières, etc. Convenablement fabriquées , les briques silico-calcaires ont dans la pratique une durée d’environ 2/5 de celle des briques réfractaires ordinaires.
- Leurs dimensions toujours uniformes, leur forme rigoureuse à angle droit, aux faces lisses, aux angles vifs, rendent les briques silico-calcaires de beaucoup supérieures à la plupart des briques d’argile. Généralement, on les utilise en parement nu, sans crépissage ou autre décoration. En contact constant avec l’air, elles acquièrent la propriété de durcir de plus en plus, confirmant ce fait, expérimentalement et scientifiquement démontré, que, tandis que le bloc naturel suit la commune loi de l’usure et de la désagrégation, la pierre artificielle fabriquée suivant certaines conditions
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- peut, au contraire, avec le temps se durcir et se solidifier.
- Sur la cohésion du mortier et du crépi avec les briques silico-calcaires, des essais innombrables ont été faits pratiquement qui ont donné les meilleurs résultats. Les constructions en briques silico-calcaires acquièrent une solidité et une dureté toute particulière par le fait que le mortier leur donne une cohésion bien plus forte qu’aux briques d’argile, étant de même nature que les briques qu’il lie.
- Ce n’est qu’en 1897 et 1898 que les procédés réellement industriels de fabrication ont été mis à jour, car il fallut imaginer et construire, de toutes pièces, un matériel mécanique permettant à la nouvelle industrie de se développer. Au début, deux procédés de durcissement par l’action de la vapeur d’eau se trouvèrent en présence : la marche à basse pression et celle à haute pression. La première fut bientôt abandonnée, car outre sa lenteur, il était douteux que la réaction chimique entre les éléments pût avoir lieu; en fin de compte, le produit final ne présentait aucun avantage, tant au point de vue de la cohésion qu’à celui de la résistance. Par contre, le procédé à haute pression donne des produits remarquablement homogènes et d’une solidité que nul matériau artificiel n’a encore atteinte. Le durcissement se fait dans des autoclaves ayant de 10 à 20 m. de longueur sur 2 m. de diamètre (fig. 5) et capables de résister à des pressions de 8 à 10 atmosphères; il suffit de 8 à 10 heures de séjour dans ces sortes de chambres de durcissement pour produire la combinaison de l’hydrate silico-caleaire et le durcissement de la brique qui, au sortir de cet appareil, peut immédiatement être utilisée.
- Les seuls constituants utiles et nécessaires sont le sable et la chaux, sans addition quelconque déliant. Presque tous les sables sont aptes à la fabrication des briques silico-calcaires pourvu qu’ils soient composés essentiellement de sable quartzeux ou d’autres matériaux siliceux, comme c’est presque partout le cas. On ne lave pas le sable, mais on l’emploie tel qu’on l’extrait. En général, la présence des petites pierres n’a aucun inconvénient, au contraire; si les grains sont d’inégales grosseurs, elles donnent au mélange de chaux et de sable la cohésion la plus favorable.
- Une quantité'notable de marne calcaire seule rend le sable moins bon, parce que la marne ne participe
- pas à la transformation chimique en silicate de chaux. Si le sable contient beaucoup d’argile ou de glaise en"gros morceaux, il faut le tamiser ; mais si l’argile ou la glaise est finement divisée dans la masse du sable, et pas en trop grandes quantités, ce n'est pas un inconvénient ; des briques ainsi fabriquées ont un son clair et net et sont de meilleure qualité que la plupart des briques d’argile. Quand le sable contient en grande quantité du gravier et d’autres pierres de la grosseur d’un pois à celle d’une noix, ces pierres doivent être, avant le mélange, soit enlevées par tamisage, soit broyées. L’addition de gravier ainsi broyé augmente la qualité de la brique, en économisant sur la consommation de la chaux. Des essais ont montré qu’avec du gravier ou des pierres pulvérisées et la moitié de la dose normale de chaux, on obtenait des briques silico-calcaires surpassant comme qualité et dureté les meilleures briques d’argile. Par suite, la fabrication des briques silico-calcaires sera profitable dans les régions où l’on trouve peu de sable naturel, si l’on peut préparer à bon compte du sable par une simple installation de broyage.
- Théoriquement, presque toutes les chaux peuvent être utilisées, mais celle qui convient le mieux est de la bonne chaux grasse ordinaire, calcinée, telle qu’on l’emploie partout pour le mortier et qu’on peut facilement se procurer chez le plus proche chaufournier. Avant tout, on veillera à n’employer que de la chaux pure et fraîchement cuite. Pour les grandes installations, il est recommandé d’installer un four spécial à chaux, les frais de production de la chaux étant ainsi très minimes.
- Les proportions des constituants sont, pour 1000 briques façon Bourgogne 0m 215x0,105 X 0,055, de : 2 1/4 m3 de sable, 200 kg de chaux, et l’on compte en général une consommation de 100 kg de charbon tant pour la force motrice que pour la production de la vapeur nécessaire aux autoclaves et au maximum une journée de salaire d’un homme.
- Etant donnée la faible quantité de chaux mélangée au sable, il est de toute nécessité que l’homogénéité du mélange soit parfaite. La chaux doit être uniformément répartie dans toute la masse et surtout y être dans un état de division exlrême. Sortant des fours, la chaux est en blocs plus ou moins gros, de plus, elle est anhydre. Les procédés de fabrication ont, bien qu’ils soient d’une simplicité extrême, une grande influence sur le résultat final : c’est un des
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- facteurs les plus importants à faire entrer en ligne de compte, car tel sable et telle chaux qui, employés dans des conditions déterminées et bien étudiées, donnent des résultats parfaits, peuvent ne produire que des matériaux médiocres, s’ils sont travaillés de façons différentes.
- Trois modes opératoires sont préconisés pour arriver à une fabrication régulière de la brique
- soit que l’usine la produise elle-même. Celte extinction de la chaux est d’un intérêt prépondérant et le point capital — longtemps méconnu de ce procédé est celui de briqueter un mélange intime de sable et de chaux parfaitement éteinte. Généralement, l’extinction de la chaux se fait dans un cjlindre que l’on garnit de chaux vive et de la quantité d’eau jugée nécessaire et auquel on donne
- Fig. 6. — Élévation et plan schématiques d’une briqueterie silico-calcaire par silotage [production journalière : 10000 briques).
- a, moulin à boulets. ] 1, plaques tournantes.
- b, palier pour la chaux broyée. m, chariot transporteur.
- c, mélangeur. n, autoclaves.
- d, élévateur distributeur. o, chaudière à vapeur.
- g, silo à mortier. p, machine à vapeur.
- h, élévateur de mortier, q, transmission.
- i, crible. r, salle de service.
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- “S//////////* 'M/K/mm.
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- silico-calcaire : le premier dit par hydratation qui consiste à ajouter au sable de la chaux éteinte ; le second connu sous le nom de procédé par silotage dans lequel on mélange le sable avec la quantité nécessaire de chaux vive en poudre, on humecte, puis le tout est laissé en digestion pendant un certain temps ; enfin, le troisième dit par extinction consiste à mélanger le sable avec la chaux vive pulvérisée et à l’éteindre dans des appareils spéciaux à l’aide de vapeur d’eau sous pression.
- Procédé par hydratation. — Dans l’application de ce procédé, on emploie de la chaux éteinte à l’avance, soit qu’on l’achète aux fabricants de chaux,
- un mouvement lent de rotation. I a chaux s’éteint en développant une certaine quantité de chaleur occasionnant une pression dans le cylindre par suite du dégagement de vapeur. L’opération d’extinction dure de 10 minutes à une heure. Il faut veiller à ce que toute la chaux soit parfaitement éteinte avant de procéder au moulage des briques, parce que la dilatation de la chaux vive qui se. produirait dans les briques moulées en amènerait la destruction complète pendant le durcissement.
- Procédé par silotage. — On utilise ici la chaux vive en poudre, obtenue au moyen d’appareils de broyage habituels tels que concasseur à mâchoires,
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- broyeur à boulets (fig. 2), tube finisseur, etc. Ensuite, cette poudre de chaux est mélangée au sable dans des auges mélangeuses de modèles variés et le mélange obtenu est déversé dans de grands silos dans lesquels il séjourne 24 heures, 48 heures au plus, si l’on veut obtenir un travail parfait, pour permettre à l’humidité du sable d’agir complètement sur la chaux. Il est, en effet, de toute évidence que, si le silotage est écourté, il restera dans le mélange de la chaux non éteinte qui amènera la désagrégation des briques au contact de la vapeur d’eau dans l’autoclave. Il est, par conséquent, de toute nécessité de laisser le mélange suffisamment longtemps pour permettre à la chaux de s’hydrater.
- Procédé par extinction. — Dans ce procédé, l'appareil d’extinction de la chaux appelé « trom-mel » (fig. 1), vaste cylindre muni d’ailettes mélangeuses, est à doubles parois entre lesquelles on fait arriver de la vapeur d’eau pour éviter que la chaleur dégagée pendant l’hydratation tle la chaux soit employée à échauffer la masse de fonte. L’appareil étant chaud, on verse par le trou d’homme, la quantité de sable et de chaux, on ferme la trappe, on met les ailettes en mouvement à l'aide d’engrenages. puis on fait arriver de l’eau en quantité mesurée à l’aide d’un bac doseur placé au-dessus ; on ouvre ensuite la vanne de l’appareil pour injecter de la vapeur jusqu’à ce que le manomètre atteigne une pression de quelques kilogrammes, qu’on laisse pendant 20 minutes environ. Le malaxage a lieu au moyen de deux ailettes coudées, remuant et brassant continuellement la masse.
- Certains de ces appareils"pouvant contenir jusqu’à 6 tonnes de malières sont pratiques, assurent une extinction absolue de la chaux, sèchent parfaitement le sable, mais malheureusement sont coûteux.
- La chaux seule ou mélangée au sable étant parfaitement éteinte, il s’agit ensuite d’obtenir un mélange aussi parfait que possible. On peut utiliser à cette fin les appareils plus haut indiqués ou une simple auge transporteuse à hélices dans laquelle au lieu d’une hélice se meu\ent deux arbres à palettes tournant en sens contraire. Le plus souvent, on utilise les mélangeurs à meules verticales (fig. 4), excellents comme finisseurs, qu’il est facile de placer directement au-dessus des presses.
- Briquetage. — Pour la transformation du mortier en briques, il existe un grand nombre de presses : presses hydrauliques, presses mécaniques. Les premières sont jusqu’ici peu employées ; quant aux secondes, elles existent en différents types : verticaux, horizontaux et à table tournante,
- ayant chacun leurs qualités et leurs défauts.
- La presse verticale, surtout utilisée en Amérique, fabrique généralement plusieurs briques à la fois ; elle est extrêmement puissante et peut être à action progressive ou à choc. La presse à choc n’est pas à recommander à notre avis, car le choc a le défaut de produire une sorte de feuilletage de la matière et de ne pas remplir toujours exactement les angles ; cependant, si les briques ainsi produites sont appelées à être recouvertes d’un enduit, cet inconvénient est moindre.
- La presse horizontale, très employée en France notamment pour la fabrication des briques de laitier, se compose de deux bâtis tirant l’un sur l’autre; la matière à comprimer arrive par la trémie supérieure est précipitée dans une alvéole, puis comprimée entre deux plaques de compression attirées l’une vers l’autre par un train d’engrenages, poussée en avant et maintenue quelques secondes dans le vide, enfin la tête de devant continuant son chemin se sépare de la brique. C’est le moment pour l’ouvrier de cueillir la brique ; celle-ci cueillie, le mouvement inverse se produit et la trémie laisse de nouveau passage à la quantité de sable nécessaire
- Mais la presse la plus employée est celle dite à table tournante, ainsi dénommée parce que les moules se trouvent incrustés dans une table tournant sur son axe et présentant successivement devant l’ouvrier cueilleur autant de briques qu’elle possède d’alvéoles. Certaines de ces presses (fig. 5) sont capables de fabriquer 800, 1600 ou 2400 briques à l’heure.
- Cuisson. — Les biiques prises à la main sur la table de la presse sont empilées sur des wagonnets pour être enfournées sur-le-champ dans l’autoclave, immense cylindre horizontal en tôle, dont la porte se manœuvre à l’aide d’une chaîne, d’un chemin de roulement ou d’un contrepoids (fig. 3). Les briques restent ordinairement dans l’autoclave 8 à 10 heures sous une pression de 8 à 10 kg ou aimosphères comme nous le disons plus haut. Généralement, on fait communiquer les autoclaves entre eux, de façon que lorsque l’opération de durcissement est terminée dans un autoclave, on puisse envoyer la vapeur dans celui qui vient d’être chargé au lieu de la rejeter en pure perte dans l’atmosphère.
- L’opération terminée, les briques sont enlevées, prêtes à être consommées immédiatement.
- La fig. 6 montre schématiquement l’organisation d’une fabrique de briques silico-calcaires par silotage et à raison de 10 000 par jour. Le personnel ouvrier nécessaire comporte 8 hommes. M. Bousquet.
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- La fourmi d’Argentine, Iridomyrmex humilis, est une petite fourmi (fig.. 1), originaire de l’Amérique du Sud, qui a la plus mauvaise réputation. Jusqu’à présent, elle était restée cantonnée dans son
- continent d’origine, mais depuis quelque dix ans, elle tend à s’installer et à s’acclimater en Europe et elle vient de débarquer tout récemment en France.
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- M. le professeur Marchai et M. R. Poutiers viennent de signaler à l’Académie d’Agriculture le danger dont elle nous menace et contre lequel il convient d’organiser la lutte immédiatement.
- Nous empruntons à leur communication les délaps suivants qu’il est bon de faire connaître.
- Aisément transportée, sans qu’on s’en doute, à bord des bateaux, dans les colis de denrées alimentaires, de plantes vivantes, de bois de chauffage et même de matériaux de construction où elle installe parfois ses nichées, elle est apparue il y a une trentaine d’années à la Nouvelle-Orléans d’où elle s’est étendue à la Louisiane, puis aux élals voisins. Elle a de même débarqué en Californie et les savants américains du Bureau d’En-tomologie ont déjà entrepris contre elle une bataille acharnée qui n’est pas finie.
- D’autres bateaux l’on amenée à Madère, aux Açores, puis au Portugal dans les régions de Lisbonne et Oporto où M. Marchai signalait ses ravages en 1914. On la vit paraître ensuile à Dublin, à Bruxelles, à Breslau dans des jardins botaniques où elle resta localisée à cause du climat défavorable.
- Il fallait donc s’attendre à la voir apparaître un jour ou l’autre en France. C’est, hélas 1 chose faite aujourd’hui. Il est probable même qu’elle y est arrhée il y a déjà plusieurs années. On l’a remarquée pour la première fois, à Tamaris, près de Toulon, où elle aurait été importée avec des plantes de l’Amérique du Sud; elle s’y étend déjà sur plus de 10 hectares. Un autre foyer plus vaste a été reconnu à Cannes sur 150 hectares. Il est possible que d’autres existent entre les deux localités.
- Comment reconnaître ce nouvel ennemi? MM. Marchai et Poutiers nous préviennent que la fourmi d’Argentine ne présente pas un aspect insolite et qu’on peut aisément la confondre avec les fourmis indigènes: Ils en donnent le signalement suivant :
- Ouvrières d’une teinte brune, uniforme, longues d’environ 2 mm 5. Pétiole reliant l’abdomen au thorax formé d’un seul article et se relevant dorsa-lement en une écaille anguleuse légèrement inclinée en avant;
- Nymphes jamais entourées de cocons;
- Mâles ailés d’environ 5 millimètres;
- Reines perdant leurs ailes après l'accouplement, ayant environ 6 millimètres.
- Ocelles absents chez les ouvrières, présents chez les reines et les mâles.
- Les mœurs de la fourmi d’Argentine commencent à être bien connues.
- Ces fourmis établissent leurs nids près des maisons qu’elles envahissent; on les trouve l’été sous des pierres et divers autres abris, l’hiver, en colonies beaucoup plus nombreuses au pied des arbres, dans les tas de fumier ou de feuilles en décomposition . Les groupements d’hiver peuvent compter plusieurs centaines de reines et des myriades d’ouvrières-au printemps, ils se désagrègent en une grande quantité de petites fourmilières qui s’éloignent et essaiment 1e fléau.
- Celui-ci a des conséquences variées. Très petites, les fourmis s’introduisent à travers les mailles des garde-manger où elles dévorent les provisions les plus variées : matières sucrées, pain, viande, etc. Elles envahissent les cuisines, les salles à manger et couvrent tous les mets de milliers d’ouvrières. Elles grimpent sur l’homme pendant son sommeil, assaillent les poules couveuses qui délaissent leurs œufs, lés clapiers, les ruchers,où elles consomment le miel. Les Américains, qui les connaissent bien, admettent qu’elles appauvrissent les cultures en protégeant les pucerons et les cochenilles contre leurs ennemis et quelles arrivent, par leur pullulation, à rendre les maisons inhabitables.
- Comment nous débarrasserons-nous de cette nouvelle « peste »? Les entomologistes des États-Unis qui sont passés maîtres dans l’art d’opposer un insecte à un autre, ne lui ont pas encore trouvé d’ennemi efficace. Force est donc pour le moment de nous limiter aux méthodes chimiques, en recourant aux insecticides.
- Les plus sûrs semblent être les sirops arséniés contenant 0,05 à 1 pour 1000 d’arséniate ou d’ar-sénite de soude. En les distribuant au printemps, on voit les ouvrières s’en nourrir, en apporter aux larves et l'on détermine ainsi un empoisonnement
- Fig. i. — La fourmi .d’Argentine (Iridomyrmex humilis) très grossie d’après Newell et Barber.
- a, mâle; b, ouvrière; c, reine; a, b, ct, forme de la tête chez le mâle, l'ouvrière et la reine ; a2 b2 c2, forme du pétiole.
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- îent de toute la colonie. La poudre de pyrèthre parait très efficace.
- Les bandes gluantes, les bandes d’étoffe imprégnées de sublimé, les barrières de naphtaline, les ruisselets d’eau courante, arrivent à en isoler les habitations. Par contre, elles traversent très aisément une flaque d’eau stagnante, voire même une couche de pétrole épandue à la surface de l’eau.
- L’hiver, on peut provoquer leur rassemblement dans des caisses remplies de feuilles en décompo-
- sition qu’on détruit ensuite ou qu’on enfume.
- Enfin, on peut encore se servir contre les nids de sulfure de carbone préconisé aux États-Unis, ou mieux encore, semble-t-il, de chloropicrine essayée avec succès par MM. Marchai et Poutiers.
- Souhaitons que la lutte s’organise au plus tôt dans les localités envahies et que le Service des Epiphylies qui, sous la direction du professeur Marchai, a déjà rendu tant de services, arrête la propagation de ce nouveau fléau. René Merle.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mars 1920
- La purification électrique de l’air. — Depuis quelques années, certains industriels ont été amenés à précipiter les particules solides entraînées par les courants gazeux et à munir leurs installations de chambres à poussière ou d’appareils de 'filtration. On peut citer parmi eux les fabricants d’acide sulfurique et de ciment. Au Collège de France, le professeur d’Arsonval fait poursuivre des essais en vue dev purifier l’air de nos stations climatériques, voisines d’usines installées au cours de la guerre,
- et de fixer le rôle de l’ozone dans toute purification causée par le passage d’un courant électrique.
- La conjonctivite granuleuse chez le lapin. — Des expériences antérieures leur ayant montré la sensibilité du chimpanzé et du magot au virus trachomaleux, MVL Nicolle, Cuénod et Blanc résument une série de travaux montrant que le lapin permet une étude expérimentale particulièrement aisée de la conjonctivite granuleuse. P. B.
- I«BÎ*
- LES APPAREILS DOMESTIQUES DE NETTOYAGE PAR LE VIDE !
- La poussière est un agent de propagation véritable pour tous les microbes, spécialement pour celui de la tuberculose et cependant cette poussière se dépose partout dans l’intérieur des appartements,
- étant donnée la crise du personnel domestique.
- Les divers types de ces appareils sont extrêmement nombreux; nous nous proposons d’en citer quelques-uns et de décrire le fonctionnement et
- Fig. 1.
- Aspirateur fonctionnant sur une conduite d’air comprimé.
- Fig. 2.
- Balai mécanique à turbine à main.
- Fig. 3.
- Bouches d’aspiration.
- A, pour tentures; B, pour meubles; C, pour escaliers; D, pour murs, etc:
- dans les escaliers, dans les ateliers et également sur les vêtements.
- Le brossage, le balayage, l’époussetage enlèvent le plus gros de cette poussière, en font pénétrer une partie dans l’intérieur des tissus et pour les particules les plus ténues et les plus dangereuses, ces opérations les disséminent dans l’air et également dans la gorge de l'opérateur; on change la poussière de place, on ne la supprime pas.
- Le moyen radical est l’essuyage au chiffon humide qui, n’est pas toujours applicable. On le remplace avantageusement par le nettoyage par
- le vide, qui, de plus, a la grande qualité d'être rapide, et ceci n’est pas négligeable aujourd’hui, l’usage détaillé de ce nettoyage. Le principe consiste à aspirer de l’air par une embouchure qu’on met en contact avec l’endroit à nettoyer. Cette embouchure est souvent combinée avec une brosse et la poussière aspirée par l’air vient se déposer dans un récipient collecteur.
- On peut distinguer les types suivants :
- 1. Appareils fonctionnant à l’air comprimé. — (Quand on dispose d’une canalisation d’air comprimé.)
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- Fig. 4.
- Aspirateur avec pompe à main.
- Fig. 5.
- Aspirateur électrique.
- Fig. 6.
- Aspirateur pour tapis.
- Ces appareils ont leur fonctionnement basé sur le principe de l’éjecteur à vapeur. L’air arrive sous pression par un orifice de petit diamètre et il est projeté dans un cône renversé, ce qui produit, en entraînant l’air extérieur, une dépression dans le corps de l’appareil. On promène l’appareil comme un balai mécanique sur les parties à dépoussiérer en maintenant l’orifice bien à plat. La poussière est recueillie dans un sac le long du manche (fig. 1).
- 2. Balais mécaniques à turbine à main. — Ce genre de nettoyeur n’est autre qu’un balai mécanique, dans lequel le mouvement des roues actionne un petit ventilateur qui aspire l’air à travers l'ouverture où agit la brosse. Il permet de procéder à ce genre de nettoyage avec un appareil léger sans le secours d’aucun agent autre que l’opérateur. Il est précieux quand on n’a pas l’électricité (fig. 2).
- 5. Aspirateur à pompe à main. — Ces appareils sont plus lourds et plus efficaces que le précédent ; ils aspirent l’air à travers les gros tapis, le mouvement de la pompe pneumatique se fait à la main au moyen d’un levier (fig. 4), on peut ajuster'à l’appareil des organes divers suivant la nature des pièces à nettoyer. Le collecteur peut être démonté facilement pour être vidé au dehors.
- 4. Aspirateur à pompe é lectrique. — Ce sont les mêmes que précédemment, mais la pompe est
- Fig. 7.
- Aspirateur Simplex.
- mue électriquement. Ce sont des appareils puissants et d’un fonctionnement énergique qui ont une bonne action sur les étoffes épaisses (fig. 5).
- 5. Balais mécaniques à turbines électriques. —
- C’est le même genre d’appareil que celui indiqué au paragraphe 2. Le ventilateur centrifuge aspirant et soufflant est actionné par un moteur électrique qu’on branche sur une douille de lampe d’éclairage.
- La variété de ces appareils est extrêmement grande, mais ils ne diffèrent que par la disposition relative des organes. Certains ont le moteur horizontal (appareil Thor), d’autres vertical (Le Tourbillon, le Simplex). La brosse qui tourne, comme dans le balai mécanique ordinaire, a une forme hélicoïdale et les roues sont placées, soit dans la caisse (Simplex), soit à l’extérieur (Tourbillon) ; elles sont en général en fibre, quelquefois on y ajoute des roulettes de direction (Tourbillon), mais ce n’est pas nécessaire. Le moteur électrique tourne à 3000 tours et les ailes du ventilateur sont fixées sur son axe, l'interrupteur est placé sur l’extrémité du manche, par conséquent à la portée de la main.
- On peut, grâce à l’articulation du manche, passer l’appareil sous les lits, dans les coins très facilement.
- On peut enlever l’embouchure et la remplacer par un ajutage qui comporte un tuyau, à l’extré-
- Fig. 8. — Appareil Thor.
- Fig. 9. — L’appareil démonté et ses accessoires.
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- LES APPAREILS DOMESTIQUES DE NETTOYAGE PAR LE VIDE
- Fig. io. Nettoyage- d'un
- Fig. i3.
- Vidange du sac à poussières.
- mité duquel on peut placer des outils différents, tels que : bec pour nettoyer les draperies, tentures, etc., brosse et aspirateur combinés pour murs, boiseries, livres, effets, fourrures, etc.
- Enfin,- on peut faire agir l’appareil comme souffleur au moyen d’un raccord spécial, ce qui permet de chasser la poussière d’endroits inaccessibles, de nettoyer la carrosserie d’une automobile, etc-
- Pour le balayage des planchers,
- ,,v . on ajoute souvent un raccord feutré
- qui forme joint: pour ramasser les fils sur les tapis, certains modèles emploient un peigne caoutchouc amovible (Thor).
- 6. Aspirateurs à turbine électrique. — Ces appareils sont du même genre que ceux du paragraphe 4, mais la pompe est remplacée par un ventilateur aspirant et soufflant. Le type « Ouragan » a la forme d’une boîte qui est à poste fixe dans la pièce où on travaille et l’opérateur agit avec différents appareils munis d’ajutages appropriés, tels que : bec pour travail rapide sur planchers, tapis; bec pour travail sur tapis épais; bec avec brosses pour tentures; brosse pour vêtements, livres, etc., enfin, embouchures de forme appropriée pour cadres, bibelots, endroits inaccessibles.
- L’avantage de la turbine sur la pompe est de donner un plus grand déplacement d’air et d’avoir une aspiration régulière.
- L’appareil comporte un filtre à trois épaisseurs de tissus qui retient les poussières fines, les éléments plus gros retombent au fond de la boîte.
- Dans les immeubles importants, les établissements publics, un appareil de ce genre est appelé à rendre de grands services, notons : châteaux, hôtels, théâtres, dancings, etc. Il donne de bons résultats dans les grandes bibliothèques où on peut, sans sortir les livres, enlever la poussière; dans les ateliers, tels que filatures ; dans les imprimeries, pour le nettoyage des casses, etc.
- Nous connaissons certains propriétaires, qui même appliquent utilement, avec succès, l’appareil muni d’une brosse au nettoyage de leurs chevaux et d’autres animaux.
- De même que les balais à turbine, on peut employer les aspirateurs comme souffleurs et cela permet leur application au nettoyage de la carrosserie, à l’entretien des banquettes et coussins intérieurs.
- Nous ne doutons pas que nos lecteurs n’apprécient l’emploi des appareils que nous venons de leur présenter.
- La série des gravures leur montrera, mieux que toute description, l’utilité de ces «serviteurs électriques» qui viennent s’ajouter à la liste déjà importante : fers à repasser, lessiveuses, etc. E. Weiss.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue dé Fleurus, à Pans.
- Fig. il. Brossage d'un
- tapis.
- Fig. 14’
- Pansage d'un cheval.
- Fig. 12.
- Nettoyage d'un chapeau.
- Nettoyage
- Fig. i5.
- d'une bibliothèque»
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- LA NATURE. — Nos 2403-2404.
- 8 MAI 1920
- LA CRISE DU CHA
- /mport. 1438.000 t.
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- 22. S/O. 00 or.
- Les savants, les philosophes et les romanciers se sont souvent complu à évoquer les temps où l’humanité, poussée par une fièvre de production toujours accélérée, aurait épuisé ses gisements de houille. Notre époque aura le privilège singulier de voir se réaliser ces anticipations. Le charbon de terre, pain de l’industrie, se raréfie chaque jour, non pas comme l’avaient prévu les prophètes, par épuisement des ressources naturelles, mais-hélas par la volonté même de l’homme. C’est la guerre d’abord, qui provoque en Europe la destruction d’un grand nombre d’exploitations prospè-
- Imp.
- /7.526.000\
- t.
- 36.000.0001 t.
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- sièges ainsi détruits produisaient autrefois 20 millions de tonnes par an. Il faudra 10 ans d’un travail acharné et 5 milliards de dépense pour les remettre dans leur état d’avant-guèrre. Nos houillères du Nord ne sont pas lés seules victimes : lés puits de pétrole de Roumanie, de Galicie, les charbonnages de Pologne ont également beaucoup souffert. On ne sait pas encore exactement quel est le sort des exploitations pétrolifères de .Russie. La guerre a donc tari de nombreuses sources de combustibles. Mais depuis que le travail pacifique a repris, on constate en outre une diminution généraleet considérable durendement dans toutes les mines restées intactes ; le déficit qui en résulte est supérieur à celui qui provient des destructions de la guerre : réduction de la journée de travail, abaissement du rendement des ouvriers, grèves incessantes, troubles politiques et sociaux, affectent la production universelle et paralysent tour à tour les charbonnages du monde entier.
- Les répercussions de cette situation sont particulièrement cruelles pour notre pays ; privés de par la volonté de l’ennemi de la moitié de nos ressources nationales, nous sommes forcés de nous procurer au dehors, à des conditions déplus en plus onéreuses, un tonnage énorme, insuffisant cependant pour faire face aux besoins normaux de notre industrie. Le relèvement des ruines de nos régions dévastées, le rétablisse-mentde notre situation économique exigeraient de l’industrie uneactivité plus intense qu’avant la guerre. Mais la pénurie de combustible paralyse son effort et ne lui permet qu’une production bien inférieure à celle d’avant-guerre.
- Les transports se ralentissent, les hauts fourneaux éteignent leurs feux les uns après les autres; les manufactures ferment leurs portes ; les produits fabriqués se raréfient et leurs prix s’élèvent vertigineusement. Nous nous trouvons ramenés brutalement, dans l’ordre économique, à plus de 30 ans en arrière. I. —7 La production française avant, pen-
- et après la guerre.
- Exp.
- !034.0001
- 1913, la
- Exp.
- t. s.opo.ooot.
- §
- Etais-Unia Angleterre Allemagne Au tr.-Hong. France Belgique
- Fig. i. — Production et consommation de charbon des différents pays en içi3.
- res. La France, plus que. tout autre pays, a été douloureusement éprouvée. La plupart de nos mines du Nord et du Pas-de-Calais ont été ruinées de fond en comble par l’ennemi, méthodiquement et sauvagement, sans raison militaire. Les
- 48* Année. — 1*r Semestre*
- France produisait 40844000 tonnes provenant de plusieurs bassins houillers. Le plus important d’entre eux, et, le seul dont la production enregistrât une progression sensible et continue, était le grand bassin du Nord et du Pas-de-Calais, s’étendant de-
- 16. — 225
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- 226 ......:;. LA CRISE DU CHARBON
- puis la frontière belge, au nord-est de Valenciennes, jusqu’à la Lys à l’ouest de Béthune et de Bruay. Sa longueur estde 110km, sa largeur de 5 à 15 km; elle se rétrécit vers l’ouest et n’atteint plus que 600 à 700 m. dans la région de Fléchinelles. La superficie totale est de 130000 hectares.
- Ce bassin comprend les puissantes exploitations de Anzin, Aniche, Courrières, Lens, Liévin, Béthune, Maries, Nœux et Bruay.
- 11 donnait en 1913 un tonnage de 27 389000 t. dont 20 millions pour les seules exploitations du Pas-de-Calais, les plus récentes. C’était alors l’orgueil industriel de la France; on y trouvait l’outillage le plus récent et le plus perfectionné ; tous les progrès techniques y étaient accueillis avec faveur et encouragés; les méthodes d’exploitation étaient des modèles de science et de sagesse ; les progrès sociaux y étaient suivis avec non moins d’attention, comme en témoignent les magnifiques cités ouvrières qui entouraient les exploitations. Aujourd’hui tout cela n’est plus que décombres.
- Le plus important de nos bassins houillers est ensuite celui de la Loire, dont le centre est Saint-Étienne et Rive-de-Gier ; il donnait en 1913 une production de 3796000 t.
- Puis vient le bassin de Bourgogne et du Nivernais, au centre duquel est le Creusot, et qui comprend les mines de Blanzy, Montceau-les-Mines, Épinac; il fournissait 2 412 000 t. Le bassin du Gard, avec les mines d’Alais et d’Aubenas, donnait 2137 000 t. Le bassin du Tarn et de l’Aveyron, avec Aubin, Albi, Carmaux, donnait 1 988 000 t.
- Viennent ensuite les gisements du Bourbonnais et d’Auvergne, avec Commentry, Saint-Éloy, Cham-pagnac, Brassac, etc., donnant 1 529000 t. Les Alpes, dans la région du Dauphiné (La Mure), nous donnaient 376 000 t. Enfin nous avions encore de petits gisements dans l’Hérault, la Creuse, la Corrèze, dans la région de Poitiers et dans la partie sud des Vosges.
- Notons aussi l’important bassin de lignite du Fuveau, dans les Bouches-du-Bhône, qui donnait 712 000 t. de combustible et alimente la région industrielle de Marseille.
- La production nationale était loin de suffire alors à nos besoins. Nous établirons plus loin le bilan comparé de la consommation française avant et après la guerre.
- Voyons ce qu’est devenue la production depuis les hostilités. On connaît les événements : la région du Nord étant envahie et occupée d’une façon permanente par l'ennemi dès les premiers jours d’octobre 1914, la totalité du bassin houiller du Nord, la majeure partie de celui du Pas-de-Calais nous'étaient enlevés; les belles exploitations de Lens, Courrières, Liévin* Béthune, se trouvaient pour plusieurs années dans la zone même des combats et quotidiennement exposées de ce fait-à la destruction par l’artillerie; la zone occupée par l’ennemi représentait une production de 20 millions de tonnes en 1913. Une
- partie des mines de Béthune, celles de Nœux, Bruay et Maries, purent seules être maintenues en exploitation; la plupart, à proximité immédiate du front, sous les bombardements, dans des conditions qui font honneur à l'héroïsme du personnel.
- La France, ainsi privée d’une partie de son charbon, avait cependant bientôt à faire face à des besoins constamment croissants de matériel de guerre. Obligée d’improviser toute une gigantesque industrie de guerre, il lui fallait toujours plus de charbon. On intensifia donc, par tous les moyens, la production des houillères disponibles, d’abord ralentie par la mobilisation.
- On rappela à la mine les mineurs du front, des prisonniers leur furent adjoints, et l’on exploita avec le seul souci d’accroître à tout prix la production.
- Le tonnage extrait en 1914 avait été de 26 568258 t. En 1915, il tombe à 19 525 863 t. ; en 1916, il remonte à 21 310000 t. ; en 1917 à 28 891 723 t., sur ce chiffre, le bassin du Pas-de-Calais, à lui seul, bien qu’en pleine bataille, bien que nombre de ses installations de surface reçoivent de graves blessures, fournit le chiffre glorieux de 11 450465 t.
- En IMS, le début de l’année est marqué par une nouvelle avance ennemie dans la région de Béthune, la production devient impossible dans nombre de concessions, puis c’est la victoire et en novembre la libération du territoire : nous retrouvons enfin nos mines prisonnières, mais dans quel état!
- Dans cette année critique, la production française est tombée à 25 millions de tonnes dont près de 9 millions pour le Pas-de-Calais, en recul de 2 500 000 t. sur l’année précédente, par suite des événements militaires. •
- Nous voici à l’année 1919; la paix n’est pas signée, mais la guerre est terminée, l’heure a sonné d’aborder la lourde tâche de relever nos ruines. Nos régions les plus actives sont en partie rasées, en tout cas savamment pillées. Il faut reconstituer au plus vite un outillage immense. A la production du matériel de guerre succède celle du matériel de paix. Le charbon est plus indispensable que jamais; on pouvait espérer que la fin des hostilités, la libération de la région houillère du Pas-de-Calais et du Nord, amèneraient une augmentation de notre production, il n en est rien; il nous faut constater avec tristesse que le tonnage extrait des mines françaises (la Lorraine non comprise) tombe à 19056000 t., en diminution de 6 millions de tonnes sur celui de 1918, année de guerre, où des milliers de mineurs travaillèrent sous les obus.
- Les causes de cette baisse sont multiples : crise . de main-d’œuvre provoquée d’une part par le retrait des prisonniers ennemis, d’autre part par la démobilisation des mineurs et le retour de ceux du Nord à leur région d’origine où le plus souvent aucune usine n’est encore exploitable; les méthodes d’exploitation sont modifiées, la guerre a fatigué les mines,
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- et il faut revenir, sous peine de compromettre l’avenir, à des procédés plus rationnels, mais de rendement moindre. Mais ce n’est pas tout : la cause principale de la diminution de notre production est, il faut bien le dire, dans la réduction des heures de travail, dans l’abaissement du rendement individuel de l’ouvrier mineur et dans les grèves qui à plusieurs reprises suppriment toute extraction. Et nous constatons là un phénomène mondial ; il affecte à peu près tous les charbonnages de l’univers, et cette diminution consciente et voulue a déjà coûté au monde beaucoup plus de charbon que les aveugles destructions de la guerre.
- Ainsi, la production des États-Unis qui était de 517 millions de tonnes en 1915, après avoir atteint le point culminant de 614 millions de tonnes en 1918, descend à 495 millions en. 1919.
- En Angleterre, la production journalière du mineur tombe de 1 t. en 1915 à 0 t. 94 en 1918. En Allemagne, la Ruhr qui en 1915 donnait 114 500 000 t., avec 427 000 ouvriers, n’en produit plus que 70958 000 tout en employant un personnel plus nombreux ; le bassin silésien tombe de 48 800000 t. à 25 500000.
- L’Economist évalue à 215 millions de tonnes la diminution de l’extraction mondiale de charbon par rapport à 1914 où elle fut d’environ 1250 millions de tonnes.
- Cette-situation a pour effet de créer une pénurie mondiale de combustible, qui se traduit par une hausse générale des prix; pour la France, obligée de s’approvisionner en partie au dehors, cette hausse s’aggrave encore du fait du change et nous voyons le charbon atteindre des prix fantastiques, qui dépassent près de 10 fois ceux d’avant-guerre.
- II. — La consommation de charbon en France en 1913 et en 1919.— La production houillère de la France était déjà fortement déficitaire en 1915. Le développement continu de notre industrie accroissait chaque année les quantités que nous étions obligés d’acheter à l’étranger. Nous importions en 1915 un total de 19 797 000 t. de houilles et d’agglomérés auquel il convient d’ajouter 5070000 t. de coke, presque exclusivement destiné à la métallurgie.
- Il est intéressant d’examiner quels étaient nos fournisseurs :
- L’Angleterre nous livrait 11452 2891. de houille, la Belgique 4510 907, l’Allemagne 5 678 410. Quant au coke, il était presque en- totalité fourni par l’Allemagne (2592 897 t.) et livré aux
- établissements sidérurgiques de Meurt he-et-Moselle. La Belgi-que nous en donnait 547 228 t. et la Hollande 111814.
- Nous exportions nous-mêmes 1511055 t. de charbon et agglomérés et-206 677 t. de coke.
- Notre consommation, si l’on tient compte qu’une tonne de coke est produite par la distillation de 1,5 t. de charbon, peut donc s’expri-
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- /. 0-30. s oo t.
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- Fig.
- La production
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- et les importations de charbon en France en içiq et içi3.
- France Angleterre Oe/g. Allem.
- 40. 844.000 tonnes 11.452.000 tonnes 43/0.0001. 3.673.0001.
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- mer globalement par 62 850000 t, de charbon.
- En 1919, notre situation est profondément modifiée, notre production nationale s’abaisse pour les raisons indiquées plus haut; nous récupérons, il est vrai, les houillères de la Lorraine annexée, nous occupons la Sarre, et le traité de Versailles, signé le 28 juin 1919, nous accorde la propriété entière et absolue de ses mines de charbon. D’autre part, l’Allemagne est tenue de nous faire des livraisons de charbon à titre de réparation des dommages dont elle est responsable.
- Mais aucune de ces sources supplémentaires n’arrive à combler notre déficit, la consommation de 1919 pour la France d’avant-guerre, sans compter l’Alsace et la Lorraine, se monte à environ 58500000 t., soit environ 24 millions de tonnes de moins qu’en 1915; ce chiffre éloquent ne demande pas de commentaire.
- La consommation de l’anne'e 1919 peut s’établir comme suit : production française 19 056 000 t., dont il convient, de défalquer 1 700 000 t. exportées ; importations de la Sarre et de la Lorraine, 2500 0001. ; importations de l’étranger, 18851 0001., qui se répartissent comme suit : 15 646 000- t. d’Angleterre ; 1 734 0001. de Belgique ; 1 030 000 t. d’Allemagne; 420 000 des États-Unis.
- Il y a lieu d’y ajouter le coke pour lequel nous n’avons pas encore les chiffres exacts d’importation ; celle-ci se montait à 426 000 t. pour les 8 premiers mois de 1919 dont 565 000 en provenance d’Angleterre. Dans les derniers mois de l’année, les livraisons de coke allemand qui ont été d’environ 140000 t. par mois ont dû relever ce total.
- On voit la part importante qui, dans notre consommation, revient au charbon anglais; l’Angleterre se trouve être aujourd’hui le seul pays qui reste exportateur de charbon, quoique dans une proportion bien moindre qu’en 1915; aussi peut-elle vendre son charbon très cher, et son prix se trouve encore accru pour nous du fait du change ; les achats de charbon anglais constituent donc pour notre pays une très lourde charge, chaque jour croissante, qui ne pourra être diminuée que par l’augmentation de la production nationale et par les livraisons du charbon allemand prévues au traité de paix. L’exportation totale de l’Angleterre en 1919 a été de 58400000 t. contre 98000000 en 1915; la France se trouve donc être aujourd’hui le principal client charbonnier de la Grande-Bretagne. Une des conséquences de cette situation est la grande activité de nos ports charbonniers de l’Atlantique; au premier rang se trouve Bouen, dont le trafic en charbon a plus que doublé depuis 1915.
- III. — Le charbon de Lorraine et de la Sarre. — On peut être étonné de la contribution relativement faible apportée par la Lorraine et la Sarre à la consommation française. Il ne faut pas oublier que les charbonnages de cette région ont à alimenter les industries nombreuses de nos provinces dés-annexées, et celles du territoire de la Sarre lui-
- même. En outre, ils ont eu, comme les charbonnages du reste du monde, à traverser en 1919 de redoutables crises de production, aggravées pour la Sarre par les difficultés nées du régime provisoire d’occupation, qui a précédé la mise en application du Traité de Paix.
- Le bassin houiller de Lorraine, prolongement de celui de la Sarre, comprend comme exploitations les plus importantes, celle de Petite Bosselle, près de Forbach, celles de la Houve et de Sarre et Moselle. Il produisait en 1913 un tonnage de 3 817 000 t., en 1919 il a donné 2 376000 t.
- Les mines de la Sarre, autrefois propriété de l'État prussien, aujourd’hui de l’État français, à l’exception de quelques mines indépendantes, donnaient en 1915 un tonnage de 13 217000 t.
- La consommation de T Alsace-Lorraine en 1913 était de 11 5000001., celle de la Sarre de 5 444 0001., au total : 16 574 000. On voit que la production de la Sarre et de la Lorraine suffisait à peine à équilibrer la consommation de ces deux régions et ne laissait qu’un très faible solde disponible.
- il ne paraît donc pas prudent de compter aujourd’hui sur leurs charbonnages pour faire face au déficit français.
- En 1919, la production de la Sarre a été inférieure à 3 millions de tonnes; il est vrai que, actuellement, le travail a repris d’une façon presque normale; l’extraction mensuelle augmente rapidement et dépasse maintenant 600 000 t.
- IV. — Le charbon allemand. — Combien l’Allemagne doit-elle nous livrer de charbon?
- Voici la clause du traité de paix qui concerne la France à cet égard:
- « L’Allemagne livrera à la France 7 millions de tonnes de charbon par an pendant 10 ans. En outre, l’Allemagne livrera chaque année à la France une quantité de charbon égale à la différence entre la production annuelle avant la guerre des mines du Nord et du Pas-de-Calais détruites du fait de la guerre et la production du bassin couvert par ces mines pendant l’année envisagée. Cette dernière fourniture sera effectuée pendant 10 ans et ne dépassera pas 20 millions de tonnes par an pendant les 5 premières années et 8 millions pendant les années suivantes.
- « Il est entendu que toute diligence sera faite pour la remise en état des mines du Nord et du Pas-de-Calais. »
- L’évaluation de la quantité de charbon représentant le déficit à combler peut prêter à discussion; nous ne croyons pas qu’elle ait été jusqu’ici précisée. Il nous paraît toutefois légitime de la fixer pour l’année 1920 à 20 millions de tonnes.
- C’est donc 27 millions de tonnes qui devraient nous être fournis à partir de la ratification du Traité de Paix, soit 2 250 000 t. Or, en février dernier, les livraisons se sont montées à 320000 t. de charbon et à 222 000 dè coke équivalant à 296 000 de houille, donc au total 616000 t. ; nous sommes
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- LA CRISE DU CHARBON —. — 229
- donc loin de compte; les événements de la Ruhr amènent de nouveaux retards aux livraisons, et il est malheureusement à craindre queU’AUemngne continue à ne pas se conformer aux, stipulations du traité.
- La France, qui s’est engagée à restaurer avec le maximum de diligence les houillères sinistrées, a au contraire tenu sa parole. Les travaux sont poussés aussi activement que le permet la fourniture du matériel, et déjà nous voyons le charbon sortir des puits saccagés; la production mensuelle des mines de l’arrondissement minéralogique de Douai qui toutes ont été sinistrées, est passée de 1535 t. en janvier à 109000 en décembre, et elle continue à progresser rapidement.
- L’Allemagne ne nous livre pas tout le charbon sur lequel nous sommes en droit de compter. Mais, dirart-on, est-elle en mesure de le faire? Pour répondre à cette question, il faut examiner sa situation d’avant-guerre : outre la Sarre et la Lorraine dont elle est définitivement privée à notre profit, outre la Haute-Silésie également perdue pour elle, elle possédait l’important bassin de la Ruhr qui produisait 103 millions de tonnes en 1912, celui de Basse-Silésie, 5 millions; celui de Thuringe, 5 millions ; celui d’Aix-la-Chapelle 3 millions ; au total plus de 116 millions. Il est vrai que les fournitures qiie l’Allemagne est tenue de faire à la France, à l’Italie et à la Belgique, au moins dans les premières années, se montent à 41 millions de tonnes, et l’on dit que la production de la Buhr est tombée à 71 millions de tonnes en 1919. Il n’en est pas moins certain que si l’Allemagne tient ses engagements, il lui restera pour ses besoins nationaux un solde de charbon égal ou supérieur au tonnage que la France a pu, à grand’peine, se procurer en 1919.
- A ceux qui jugeraient que c’est insuffisant pour alimenter l’industrie allemande, on peut demander si, à l’heure des réparations, il est admissible que la victime soit plus mal traitée que le bourreau.
- Du reste, dans certains plaidoyers qui ont été prononcés en faveur de l’adoucissement du traité, on a négligé de mentionner un combustible qui constitue une ressource fort importante, le lignite; l’Allemagne en extrayait 87 millions de tonnes en 1912, et elle garde tous ses gisements et toute sa production. La disette de combustible la menace donc beaucoup moins gravement que nous-mêmes, elle peut et elle doit nous fournir le charbon sans lequel notre pays ne se relèverait que très difficilement.
- De l’étude qui précède, il résulte que la France, avant la guerre, demandait à l’étranger le tiers du charbon qu’elle consomme, et aujourd’hui plus de la moitié. Elle le reçoit en partie de ses amis qui le lui vendent fort cher, en partie de ses ennemis qui
- ne cherchent qu’à s’affranchir du tribut que leur impose le traité de Versailles.
- Notre approvisionnement est donc fort précaire et exposé à de pénibles à coups. Il se complique d’une difficulté de transports provenant des longs Irajets qui séparent les mines productrices du lieu d’emploi.
- Concluons donc : puique nous sommes réduits à la portion congrue, il importe d’utiliser au mieux la maigre ration dont nous disposons : donc supprimer tous les gaspillages trop nombreux encore, rechercher et appliquer les méthodes les plus rationnelles et les plus économiques pour l’emploi du combustible. Il y a dans cette voie de grands progrès à accomplir; faut-il rappeler que les foyers domestiques en particulier, sont de grands consommateurs de charbon et qu’ils le brûlent avec un rendement déplorable; les innombrables petites machines à vapeur dispersées dans diverses industries sont dans le même cas, elles consomment 4 ou 5 kg de charbon là où une machine moderne à grande puissance en consomme à peine 2. Le développement des grandes centrales électriques et des réseaux d’énergie électrique doit porter remède à celte dispersion ruineuse. Le développement des moteurs à gaz pauvre doit également être une source d’économies. Il y aura lieu aussi de généraliser les procédés de contrôle de chauffe, pour les chaudières, les chargements mécaniques, et d’étudier de près des procédés nouveaux, comme la pulvérisation du charbon qui permet d’employer des combustibles de qualité inférieure, les divers procédés de carbonisation, etc. Il conviendrait aussi d’étudier plus à fond la constitution même de la houille ; il est assez curieux de constater que nous connaissons à peine, pour ne pas dire pas du tout, la constitution chimique de cette substance si essentielle à notre civilisation.
- Il ne suffira évidemment pas d’économiser le charbon il faudra aussi mettre en valeur toutes les sources d’énergie dont nous disposons : au premier rang, la houille blanche qui pendant la guerre a fait de rapides progrès, passant de 750 000 HP à 1 300 000 HP; nous avons là encore une abondante richesse à mettre en-valeur. L’aménagement du Rhône à lui seul pourrait donner 700 000 chevaux.
- La force motrice du vent n’est pas à négliger ; et la rareté du charbon aidera sans doute à la résurrection, sous une forme plus moderne, que l’antique moulin à vent.
- Enfin, à côté de ces ressources certaines, on peut en placer d’autres encore un peu hypothétiques, comme le développement de la production de l’alcool dans les colonies, ou l’utilisation dé la force motrice des marées et des vagues. Dans ces domaines, tout est encore à créer. A. Dessol.
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- UN NOUVEL APPAREIL ENREGISTREUR POUR L’ETUDE DES LOIS DE LA DYNAMIQUE
- ET LA. COMPOSITION DES MOUVEMENTS VIBRATOIRES
- Tous nos professeurs de l’Enseignement secondaire reconnaissent volontiers que la plupart de
- Fig. i. — L'enregistreur universel de M. Gueugnon.
- leurs élèves éprouvent de grosses difficultés lorsque, dans la préparation du second baccalauréat, il leur
- faut aborder la théorie des divers mouvements vibratoires et l’étude de leur composition.
- De nos lycéens, les uns, sensibles au raisonnement mathématique, satisfont leur esprit d’un exercice d’algèbre, qüi masque souvent à leurs yeux le phénomène physique; les autres, sans prendre la peine d’exercer le moindre sens critique, acceptent d’emblée les résultats acquis et l’énoncé des lois qu’ils vérifient.
- Fig. 2. Ajoutez à cela
- Détails de l'enregistreur que, disposant d’un
- Gueugnon. temps extrêmement
- limité, le professeur doit, de ce fait, réduire le nombre des expériences délicates à régLr, et qu’en-fin, les exercices pratiques, faits en dehors des classes, n’ont pas donné, faute d’une surveillance impossible à réaliser sur un grand nombre d’auditeurs, et d’un outillage suffisant, tous les résultats qu’on se croyait en droit d’espérer.
- Il importe, pour ces multiples raisons, de doter au plus tôt nos laboratoires d’appareils robustes, de maniement simple, et qui, mettant en évidence les différents éléments d’un phénomène, le « disséquant » en quelque sorte, laissent, autant que possible, un procès-verbal, de lecture facile.
- Professeur à l’École normale de l’Enseignement technique, M. Gueugnon a construit un enregistreur universel, dont nous allons, après en avoir décrit les organes essentiels, tenter de montrer, sur des exemples classiques, pris d’abord dans le cours de Mathématiques élémentaires, les nombreux avantages.
- Description de l’appareil. — Imaginez une machine d’Alwood, dont la poulie entraîne avec elle un léger tambour d’aluminium, de même axe, et recouvert d’une mince couche de caoutchouc, permettant l'adhérence parfaite d’une longue bande de pa-pier.
- Nous avons en cette dernière la surface d’enregistrement, qu’on sait animer, suivant les besoins, d’un mouvement uniformément accéléré, uniforme ou périodique.
- Perpendiculaire à son plan, un stylet, monté sur un chariot mobile, peut être réglé, à l’aide d’une vis micrométrique, au point d’entrer à son contact, par •l’intermédiaire d’un mince filet d’encre, dont le frottement ne saurait diminuer l’exactitude du tracé, réalisé d’ailleurs avec la précision du tire-lignes.
- Enfin, un régulateur à rouages d’horlogerie, sert aussi bien à l’entraînement du chariot, qu’à celui de deux plateaux-manivelles, pour transformer, dans l’étude des alternatifs, un mouvement circulaire en un mouvement périodique, et cela à la façon d’une bielle. Si nous montons enfin le stylet sur la tige d’un Loi*de la pendule oscillant, la pointe per- chuté des mettra le « tracé » du temps, sur corps.
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- la feuille où se mesureront les espaces (*).
- Quelques expériences classiques feront de suite ressortir l’ingéniosité de l’inventeur; elles auraient de plus l’énorme avantage de pouvoir se réaliser sous les yeux d’une classe entière.
- Vérification des lois de la dynamique et des lois de la chute des corps. — Le stylet étant immobile, tournons la roue de façon à remonter la feuille de papier, et ce, pour tracer une verticale AB. Faisons ensuite fonctionner l’appareil en machine d'Atwood; les poids M* et M2 sont égaux, la niasse additionnelle M sera arrêtée au bout d’un moment, par le curseur évidé, disposé en telle position qu'il agisse au moment où le stylet rencontre un point de AB, et, par un levier spécial, nous d éclenche-rons le mouvement quand le pendule passera à la verticale.
- La courbe (fig. 3)se tracera devant l’opérateur, qui constatera sans peine : 1° que les longueurs 0mt, 0m2, 0m5, 0mi sont entre elles comme 1-4-9-16; 2° qu’àl partir de M les longueurs MN, NP, PQ, sont égales ; il en déduira spontanément que les espaces sont proportionnels aux carrés des temps et que la surcharge cessant d’agir, le mouvement est devenu uniforme. Une rapide mesure avec un double décimètre le persuadera enfin que l’accélération est égale nu double de
- l’espace parcouru pen dant le temps unité.
- Prenons ensuite trois masses additionnelles égales, et plaçons l’une sur Mt les deux autres sur Ms, nous obtenons la courbe 4, la force agissante étant m,
- Fig. 4.
- Lois de la dynamique.
- r t \ \
- \ \ \ / X’ / / . i ^
- \ \ \ \ / i i F F
- \ i 1 / t >0-
- / / / t \ \ \ \ \ m
- i \ m
- i t \ \ f
- t \
- / t t \ J L
- célération correspondante y est telle que y{ — 20A. Dans un nouvel essai, les trois masses étant portées sur ra2, la force entraînant la poulie devient 3m, o et sur la nouvelle courbe y$se mesure par 26'A'. Il est o nettement visible que D'A'= 3OA, d’où la proportionnalité des forces aux accélérations (fig. 4).
- Passons maintenant à l’appareil classique de Morin. Pour les élèves le raisonnement le plus simple se résume ainsi : le cylindre étant animé d’un mouvement uniforme, on a x=at ; le mobile soumis à l’attrac- ^ lion terrestre parcourt des espaces?/, tels que y = kP et l’élimination de la
- L/\ /\
- V / Mj Mz
- et
- M \ \ \ \k M’
- \ \ \ \ l \ \
- 1 \ 1 l \\ \ H, \ \
- 1 1 t 1 1 i i ' -A \ \ L l 1 i N'
- i 1 i i i i I i i i i i i i |f
- . Fig. à.
- Lots de la chute dès corps.
- cc
- variable t, donne l’expression y—k — qui représente
- une parabole. C’est tout. L’obligation d’appliquer exactement une feuille de papier fort, sur un cylindre vertical de 1 m. 50, puis de la fendre suivant une verticale, enfin de la dérouler pour permettre des mesures, fait, qu’en général, on doit se contenter de montrer aux audileurs un tracé fait sous d’autres yeux que les leurs.
- L’appareil de M. Gueugnon donne une vérification bien autrement rapide. La feuille participe au mouvement uniformément accéléré de la poulie, qu’entraîne la masse additionnelle m et le pendule anime le stylet d’un mouvement uniforme. Si un dispositif ingénieux fait se déclencher à la fois, le poids moteur et le chariot, l’origine de la . courbe n’est plus à déterminer — par la suite et grâce à
- Fig. 5.
- L'appareil Gueugnon disposé pour, l’étude dés fonctions pètiàiiques.
- ac-
- 1. Pour de plus amples détails de construction, nous renvoyons le lecteur aux deux belles études que M. Pouchollea publiées dans le Bulletin de l'Enseignement technique (30 mars 1918 et 26 avril 1919). Elles contiennent les précisions les plus utiles sur cet appareil et nous avons dû, au cours de cette chronique, leur faire de larges emprunts.
- Fig. Y-
- Analyse d'un mouvement périodique.
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- une construction géométrique — et l’accélération est donnée par 2MN. Bien plus, comme l’indique Mf la figure 5, si, munissant le pen-
- dule (qui, d’autre part, monté en « Kater » permet la détermination de g) d’un fil avec contrepoids, et passant sur la gorge de la poulie, nous le faisons osciller dans le plan de cette dernière (fig. 6), le stylet glissant, d’un mouvement uniforme, celui de la feuille devient périodique. La sinusoïde résultante se superpose à la parabole et la vérification de la loi devient évidente. Pour MN = 4M'N'
- (fig- 7(et 8).
- Ce n’est pas tout. A un moment déterminé, la masse M étant arrêtée par le curseur et la feuille reprenant une allure uniforme, on peut obtenir du traceur qu’il donne le vecteur résultant. Celui-ci est rigoureusement tangent à la courbe, d’où la conclusion : à tout instant, la vitesse est proportionnelle à la pente de cette droite sur l’axe ox des temps; l’emploi des dérivées, qui doit suivre l’expérience, ne fait que confirmer, dans l’esprit du spectateur, la notion de « vitesse » en un point donné. Enfin, modifiant la valeur de M, pour accélérer le mouvement de la feuille, on voit la parabole changer de forme, s’aplatir, vérifiant ainsi le troisième principe fondamental de la dynamique.
- Calcul d’un moment d’inertie. — Sans sortir encore du programme des Mathématiques élémentaires, la mesure d’un moment d’inertie est rendue possible.
- Quand l’appareil fonctionne en machine d’Atwood, on doit considérer l’ensemble : arbre-poulie-tambour et faire intervenir sa masse qui ne saurait être négligeable. Or, mesurons la hauteur h, dont est descendue la masse M et la vitesse v acquise par le système; pour celle-ci, elle s’obtiendra dans l’unité de temps qui suit la suppression de M.
- Si, à fond de gorge, la poulie a un rayon ?’, sa V
- vitesse de rotation ^ et son moment d’inertie I,
- cz
- Fig. 8. Dispositif d’étude des sinusoïdes.
- Dispositif pour l’étude des fonctions sinusoïdales.
- S SS
- CMs - OMi ' OMz
- Fig. io
- Fig. U.
- Composition de mouvements sinusoïdaux.
- donnent, en écrivant que le travail accompli par la Pesanteur vaut la moitié de l’énergie cinétique acquise
- expression d’où il est facile de tirer la valeur de I.
- Entrons maintenant dans l’étude des mouvements périodiques proprement dits.
- Fonction sinusoïdale. — Séparé du pendule, le stylet s’actionne par un régulateur de vitesse et décrit des espaces égaux dans des temps égaux; ces derniers sont donc « graphiquement » mesurables. Le pendule oscillant, transmet à la feuille son mouvement alternatif, et suivant qu’on le maintient immobile en déplaçant le traceur, ou qu’au contraire, il se balance, le style restant fixé, on obtient l’axe x'ox ou l’axe y'oij. Combinons les deux mouvements : la fonction périodique simple est représentée, des deux points de vue géométrique et cinématique, par le sinusoïde où les élongations -successives se mesureront sans effort. Imaginons en même temps qu’un mobile se déplace avec une vitesse constante w sur la circonférence de centre 0
- ly
- . Fig. 12.
- ^Mouvements périodiques de directions angulaires.
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- dli
- Fig. i3. — Expérience des battements réalisée par l’appareil Gueugnon.
- telle que la distance angulaire 2r.AB soit parcourue dans le temps d’une période pendulaire; il suffira de présenter la figure 7 à un élève quelconque, pour qu’instinctivement et par comparaison des différentes grandeurs, l’égalité mt =)âN et la convention 0B==a lui montrent que l’élongation est, à tout moment t, donnée par y = a sin wt, si
- 27T
- on pose w = y*-
- S’agit-il de lui faire comprendre comment se composent deux mouvements de cette nature. Dans nos lycées, la règle en usage consiste le plus sou-
- auquel le régulateur d’horlogerie donne un mouvement uniforme, et, fixant à l’axe même du porte-stylet, le rôle de l’axe du galet, on transforme simplement ledit mouvement en « alternatif » ; un second plateau-manivelle P2, pourra par la suite fixer à la feuille d’enregistrement un mouvement périodique (fig. 9).
- Actionnons P4 et P2, portés par le même arbre et animés d’une même vitesse w, et attachons les boutons M, et M2 aü galet de l’axe du porte-stylet ; les mouvements auront même période. Mais-nous pourrons faire varier l'amplitude en plaçant M* et M2 à
- Fig. 14. — Courbes de Lissajous tracées par l’appareil Gueugnon.
- vent en l’addition de deux sinus, et n’est déjà que difficilement compréhensible à un élève de philosophie sortant des cycles A et B.
- Légèrement modifié, l’appareil Gueugnon supprime ce gros inconvénient.
- Revenons à la figure 8, et imaginons que le vecteur OM soit entraîné d’un mouvement uniforme ; au point M attachons les deux extrémités d’un fil passant dans la gorge d’un galet, dont l’axe perpendiculaire au plan du tableau se déplace parallèlement à lui-même de Cj (quand M est en MJ, en C2 (quand M est en MJ. A très peu près, le mouvement de G reproduit celui de N, il est donc périodique simple. En rendant M solidaire d’un plateau P1?
- des distances différentes du centre, et la phase en les disposant dans des plans faisant entre eux un angle <p.
- Composition de divers mouvements. — L’addition de deux fonctions sinusoïdales, de même période et en phase, donnera la courbe (fig. 10) où l’amplitude résultante 0S5 sera la somme arithmétique OSj, 0S2, et la règle de Fresnel se traduira immédiatement par un graphique, bien plus clair à l’esprit d’un étudiant que la somme de deux vecteurs.
- Il constatera enfin, par une seule mesure, que l’amplitude OS3 est bien égale à la diagonale du parallélogramme construit sur OMj et 0M2 (fig. 11)
- Fig. i5. — Autres courbes de même nature.
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- T
- Dans le cas d’un déphasage égal à les vecteurs
- Z
- sont naturellement en opposition, et, on conçoit clairement, par ce seul fait et comme l’a très bien noté M. Poucholle, que deux courants alternatifs, 1
- décalés d’une ^ période et alimentant chacun un
- réseau d’éclairage, n’allument aucune lampe dans un fil commun de retour.
- Prenons le cas de deux mouvements de période, de phase et d’amplitude quelconques. On réalise, dans tous les cours, l’expérience des battements, par l’observation de deux diapasons identiques, qu’on met en activité, après avoir modifié la période de l’un d’eux, en surchargeant une de ses branches d’une boulette de cire. Lé premier rang des auditeurs entend seul une série de renforcements et d’affaiblissements du son, se reproduisant à des intervalles d’autant plus éloignés que les composants sont plus près de l’unisson. Encore pour qu’il soit facile à saisir, le phénomène doit-il être fourni par des intensités très voisines, car les battements présentent une intensité presque quadruple suivie de silences complets. Quant à l’étude analytique, qui conclut à la fréquence du nouveau périodique par la différence des fréquences composantes, c’est là encore un pur exercice de calcul établissant que la période
- s’exprime par
- 2 7U
- Wj-CDg
- (üi
- et (o2 étant les vitesses
- angulaires proposées.
- La courbe que nous reproduisons (fig. 13) est d’une autre éloquence ; et il y aurait simplement à revoir les graphiques donnés par des mouvements dont les périodes sont dans un rapport simple (1 à 2, 1 à 3, etc.) et qu’on prendrait en phase ou en opposition de phase, pour montrer que le théorème de Fourier est général, qui annonce qu’ « un « mouvement périodique, si compliqué soit-il, peut « être considéré comme résultant d’un certain nom-« bre de mouvements pendulaires simples, dont les « périodes sont des sous-multiples de la sienne ». Pour un jeune esprit, la composition d’un son et de ses harmoniques, ne présente alors aucune difficulté et la notion de « timbre » s’impose, à notre avis, plus nette que par l’analyseur d’Helmholtz ou l’appareil de Kœnig.
- Mouvements périodiques de directions angulaires. — Venons-en à des expériences d’un niveau plus élevé et qu’on réalise seulement dans nos Facultés.
- En premier lieu, donnons à ces mouvements même période T ; les amplitudes respectives étant a et b et le décalage d, il convient d’éliminer t entre les deux relations :
- x = a sin 2 tc y = b sin27t
- ï
- d
- pour en arriver à l’expression :
- X‘
- a}
- v? 2 xy cos 2 Tid b*~ ' ab
- sin22txd
- qui définit la trajectoire résultante sous la forme d’une ellipse inscrite dans un rectangle de côtés a et b. Elle se réduit à une droite pour d — o et
- sa Torme dépend du rapport ^ et de d.
- 1
- Avec a et b positifs, pour o<id<C^ la vibration
- 1
- est gauche, et pour ~.<^d <Cl> elle devient droite.
- Si a = b l’ellipse se transforme en un cercle, mais le sens de la marche est différent suivant que
- d ~ou d = | (fig. 12).
- Or, l’intérêt de cette dernière expérience, faite avec l’appareil Gueugnon, est qu’elle réalise une vitesse constante pour un vecteur amplitude cons-tan l et le principe de l’alternomoteur, à champ magné-lique tournant, ne s’exprime plus par une suite de calculs, comme c’est l’usage le plus répandu, en faisant encore la somme de deux sinus (cas de courants dils diphasés).
- Si les deux mouvements étudiés diffèrent à la fois par la période, l’amplitude et la phase, nous touchons au cas complexe, qui a fourni à Lissajous, les magnifiques expériences d’optique si bien réalisées au cours du professeur Lippmann.
- Nous n’entrerons pas dans le détail des organes que l’inventeur a dû modifier par l’addition d’un train balladeur et d’engrenages appropriés. Nous nous bornerons à reproduire ici quelques-unes des courbes obtenues et qu’il nous a suffi de photographier sur la feuille même d’enregistrement de l’appareil Gueugnon (fig. 14 et 15).
- *
- * *
- Pris parmi beaucoup d’autres, ces exemples auront certainement montré tout l'intérêt pédagogique que présenteun tel appareil.
- Nous ne saurions trop insister sur l’aide précieuse qu’il doit apporter au professeur et à ceux qu’il enseigne.
- Il contribuera à persuader ceux-ci, et mieux que tout raisonnement, de la nécessité de l’expérience.
- Quand l’œil a été frappé, le cerveau garde un souvenir durable, et il convient de lutter contre la tendance trop répandue, qui fait que beaucoup de nos élèves apprennent les sciences physiques dans les traités, sans demander à vérifier par eux-mêmes l’exactitude de lois, dont ils se contentent souvent d’enregistrer le seul énoncé dans leur mémoire.
- Paul Bud:
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- LES INSTALLATIONS MODERNES DE FILTRATION INDUSTRIELLE
- EN AMÉRIQUE
- Quand on parcourt les mines d’or américaines et que l’on visite leurs installations en vue de la récupération des métaux précieux, on est surpris de l’importance de leur outillage mécanique, de leur matériel moderne si pratique. Que ce soit aux mines d’or de South Dakota ou à celles de New Mexico ou dans le Colorado, on s’arrête — presque étonné — devant le développement considérable du machinisme industriel et le personnel restreint appelé à le manoeuvrer et à le surveiller.
- L’électricité, l’air comprimé, la force hydraulique, la vapeur ont été docilement mis au service de l’ouvrier pour faciliter sa tâche et pour fournir à l’industrie les moyens les plus rationnels en vue du meilleur rendement chimique.
- Dans les mines d’or en particulier, les installations de broxage et de filtration ont une importance capitale, car si les moulins doivent diviser la matière pour mieux permettre à la cyanuration de s’emparer des métaux précieux qu’elle emprisonne, la tiltration accompagnée du lavage vient extraire dans la poudre stérile la solution cyanurée riche. C’est poyrquoi dans ce traitement, la filtration a besoin d’être judicieusement conduite et comme le tonnage des minerais d’or à traiter quotidiennement est très grand, eu égard à leur faible teneur en or et argent, la filtration comporte de volumineuses solutions extrêmement difficiles à filtrer. La boue cyanurée
- très fine colmate rapidement les tissus filtrants. Comme chaque kilogramme de minerai pulvérisé
- Fig. i. — Un feuillet de filtre Zénith à immersion.
- Sur la plaque métallique centrale, le tissu filtrant est fixé comme l’indique la partie soulevée au bas du feuillet à droite.
- ne doit être rejeté comme « tailings » qu’après avoir formé automatiquement un gâteau de porosité uniforme sur les feuillets des filtres, pour réaliser un lavage subséquent parfait et une récupération totale des solutions cyanurées riches, le technicien familier avec les filtrations industrielles conçoit de très nombreux lavages et envisage de très grandes difficultés pour atteindre cet épuisement parfait. Nos méthodes sont si différentes que cette appréhension paraît légitime, mais en s’éclairant des perfectionnements réalisés dans le Nouveau Monde et en adoptant ses méthodes modernisées adéquates à ses conditions de travail, on va juger que le problème — si complexe soit-il — peut être résolu efficacement, économiquement en donnant des rendements pratiques insoupçonnés.
- L’application des filtres à immersion a facilité beaucoup le traitement des minerais d'or et devant les résultats favorables obtenus, elle a été généralisée dans toute l’industrie chimique.
- Dans d’eutres fabrications, les tambours filtrants continus, les sécheurs rotatifs, les épaississeurs ou clarifi-caleurs continus ont été des innovations très heureuses qui ont rapidement forcé toutes les portes des usines américaines et qui sont aujourd’hui demandées avec insistance
- Fig, 2. — Une batterie de 3 groupes de filtres soulevés au-dessus des réservoirs de liquide boueux à filtrer.
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- 236 INSTALLATIONS MODERNES DE FILTRATION INDUSTRIELLE EN AMÉRIQUE
- par les industries françaises se modernisant.
- Grande capacité de production, traitement automatique et continu, réduction de la main-d’œuvre, rendement industrie! supérieur, etc., tels sont les principes adoptés dans le machinisme américain en général et dans la filtration plus particulièrement.
- Qu’est ce qu’un filtre à immersion? Nous sommes accoutumés à voir le filtrage s’opérer dans des chausses coniques en feutre ou en toile dont la forme nous est révélée par les pains de sucre ou dans les plateaux de filtres-presses qui nous don-
- façon à dissoudre la solution riche occluse ou à obtenir un gâteau exempt du liquide primitif qui le souillait. Pour accroître la siccité, on peut prolonger l’aspiration lorsque le gâteau est hors du liquide pendant son transport sur la plateforme de déchargement où la pâte est définitivement expulsée par l’air comprimé dans une trémie qui la dirige sur des wagonnets ou sur un transporteur ad hoc.
- On peut, suivant les besoins et suivant les installations, faire voyager les filtres à immersion d’un réservoir à l’autre et finalement vers la trémie de
- Fig. 3. — Un filtre Zénith est immergé dans un réservoir de lavage.
- Au premier plan, vaste trémie où l’on procède, au moyen de l’air comprimé, au rejet de la pâte
- collée au tissu filtrant.
- nent des tourteaux à section carrée ou rectangulaire. Nous sommes habitués à envisager que le liquide filtré doit passer de l’intérieur à l’extérieur du milieu filtrant soit par la pesanteur, soit par la pression. Dans le filtre à immersion, c’est l’inverse qui se produit. Le liquide clair est aspiré par succion de l’extérieur à l’intérieur de la cellule et la pâte se forme à la surface extérieure du tissu filtrant. Pour l’en détacher, rien de plus simple. Il suffit de retirer tout le filtre du réservoir alimenté par le liquide boueux et de remplacer le vide qui agit lors de l’immersion des cellules par l’air comprimé. La pâte est ainsi rejetée : s’il est nécessaire de la laver auparavant, on immerge le filtre dans un deuxième réservoir de lavage rempli d’eau et l’on continue l’aspiration au travers de la pâté de
- déchargement au moyen de ponts roulants électriques ou mus à l’air comprimé ou faire circuler les liquides successivement dans les bassins et finalement rejeter la pâte que l’on vidange par des tuyauteries installées dans les fonds de forme de pyramide renversée des réservoirs.
- Malgré la facilité apparente du déplacement des liquides dans la disposition des filtres fixés à immersion dont chaque cycle d’opération demande de 2 h. 1/2 à 5 heures, on lui préfère souvent le système mobile où, grâce au dispositif mécanique et électrique, le transport d’une batterie de filtres dans les bacs successifs, s’opère en moins d’une minute pour chaque transfert. Enfin, dans certains cas particuliers, les filtres Zénith sont immergés à l’intérieur de réservoirs fermés dans lesquels le
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- INSTALLATIONS MODERNES DE FILTRATION INDUSTRIELLE EN AMÉRIQUE 23?
- liquide arrive sous pression. De cette façon, au vide produit dans les feuillets, s’ajoute la pression extérieure du liquide. On peut ainsi accroître dans une certaine mesure le débit de ces filtres à immersion.
- Tous ces différents types de filtre sont surtout employés à la filtration des liquides boueux où les particules solides sont à un extrême degré de finesse, de ténuité et de ceux se rapprochant de l’état colloïdal, c’est-à-dire nécessitant un temps assez long pour la formation d’un gâteau sur la surface des cellules. Ces filtres sont tout indiqués
- Quelle est l’efficacité du procédé Moore qui utilise ces types de filtres? Dans les mines d’or où l’on pratique la cyanuration, après filtration et lavage, la tonne de « tailings » est rejetée à 0,0775 milligramme d’or et à 0,93 milligramme d’argent, résultat satisfaisant si l’on tient compte que les solutions contiennent 2,5 gr. d’or et 0,9 d’argent à la tonne. Gomme les « tailings » sont déchargés des filtres avec 30 pour 100 d’humidité, il en résulte que l’on a une perte inférieure à 1 gr. d’or et à 0,5 d’argent par tonne de minerai traité,
- Fig, 4. — Une batterie de 2 groupes de feuillets qui descendent au moyen de l’air comprimé dans le réservoir pour travailler sous le vide à la filtration du liquide.
- pour les argiles, le sulfate de baryte, le noir animal, l’oxyde de plomb, les corps gras, etc.
- Quel est le débit d’un tel filtre? Naturellement c’est très variable suivant la viscosité du liquide, l’état colloïdal de la matière insoluble, etc. Pour prendre un exemple, un appareil de 10 feuillets, mesurant 1 m. 60x0 m. 85 immergés dans un liquide contenant de l’hydrate ferrique dans la proportion de 1 partie de matière solide pour 10 parties de liquide peut filtrer 2 tonnes par jour.
- Ce grand rendement résulte de la porosité que conserve la pâte par le fait de la succion et de l’écourtement des périodes de nettoyage. Le rejet de la pâte, le levage et le transport d’une batterie de plusieurs filtres ne nécessitent guère que 10 à 15 minutes.
- perte considérée pratiquement comme irrécupérable.
- Naturellement les problèmes de la filtration industrielle sont trop complexes pour que les mêmes appareils conviennent à tous les cas et c’est pourquoi les Américains s’adressent aux tambours filtrants lorsque la proportion des particules solides, du précipité augmente notablement par rapport au liquide.
- . Qu’est-ce en principe qu’un tambour filtrant? Un cylindre horizontal baignant dans la boue liquide sur la périphérie duquel la pâte est releuue par le vide, tandis que le liquide traversant le tissu filtrant est aspiré par une pompe à vide. Si nous supposons ce tambour tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, et divisé par une série de compartiments parallèles à l’axe, on conçoit qu’il puisse entraîner
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- Fig. 5. — Tambour filtrant continu Zénith à petite capacité.
- Vue du tambour sans tissu filtrant et du dispositif pour laver la pâte.
- ainsi la pâte collée sur la surface latérale du cylindre et la rejeter suivant une g'ûiératri e au moyen de l’air comprimé ou de racloirs appropriés. On en conclut que cet appareil fonctionne d’une façon continue pourvu qu’on alimente régulièrement l’auge en liquide boueux et que le tambour tourne lentement sans arrêt. On réalise le rejet automatique de la pâte épaissie et lavée si on le désire et ces opérations ne demandent aucun travail manuel de la part de l’ouvrier ; celui-ci, n’ayant plus qu'à exercer une simple surveillance et à pratiquer des manœuvres faciles, peut diriger un vaste atelier comportant de nombreuses unités et atteignant une capacité de production très importante.
- Basée sur ce principe général, l'in-dusl rie américaine dispose de trois appareils visant à des buts différents :
- Le tambour filtrant continu : le sécheur rotatif, le clarificateur-épais-sisseur continu
- Ces trois types sont constitués par des cylindres à axe horizontal dont la surface latérale sert de surface filtrante : les cellules parallèles à l’axe sont juxtaposées suivant les générateurs du cylindre et recouvertes à l’extérieur par le tissu filtrant, tandis que leur base est en communication avec l’appareil à vide par un agencement spécial. Dans la rotation du cylindre, on peut obliger chaque cellule
- à présenter sa base devant une pièce fixe à tiroir concentrique fournissant l’air comprimé. Si nous supposons que ce phénomène se produise sur une seule génératrice du cylindre alors quelle va se rapprocher de l’horizontale, on voit que la boue qui a pu adhérer à toute sa surface latérale par le fait du vide sera rejetée suivant cette génératrice et entraînée hors de l’auge contenant le liquide boueux.
- Le tambour filtrant continu Zénith est équipé avec des agitateurs pour le liquide boueux, des pulvérisateurs d’eau pour le lavage de la pâte et des sabots de pression pour repasser les fissures de la pâte et donner un supplément de siccité au gâteau.
- Pendant chaque révolution du tambour, la pâle adhérente au tissu est lavée, séchée et rejetée comme un long ruban sans fin. Cet appareil a un rendement supérieur à n’importe quel filtre-presse. Il s’adapte aux matériaux relativement faciles à filtrer au sein d’un liquide boueux comparativementépais,car iln’estpas économique de faire tourner ce filtre à une vitesse inférieure à l/10e de révolution par minute. Duraut ce temps, il doit se former une couche de pâte solide d’au moins 6 mm d’épaisseur sur la périphérie du tambour.
- Dans le cas où le tissu filtrant se colmaterait rapidement et arrêterait le débit du liquide, on emploie de la mousseline écrue à plus larges
- Fig. 6. — Sécheur rotatif continu.
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- INSTALLATIONS MODERNES DE FILTRATION INDUSTRIELLE EN AMÉRIQUE 239
- mailles et on se sert, au fur et à mesure que le gâteau se forme, des particules solides comme lit filtrant proprement dit. On obtient ainsi un liquide clair en même temps qu’un grand débit et l’on détache le gâteau du tambour dans sa rotation par un dispositif de racloir qui laisse toujours une mince couche ou « matrice » d’environ 2 mm d’épaisseur sur le tambour pendant toute sa rotation.
- Quelle est la capacité de filtration d’un tambour filtrant continu? Prenons pour base une solution caustique contenant du carbonate de chaux. Un appareil moyen de 1 m. 80 de diamètre et de 0 m. 90 de large à haute contenance traite par jour 50 tannes en poids sec de carbonate de chaux. En
- ployé pour les solides filtrants rapidement et pour les métaux de densité élevée : sulfate d’ammoniaque, sables, etc.
- Un sécheur rotatif de 1 m. 60 de diamètre et de 0 m. 95 de hauteur construit en plomb durci avec tissu en laine peut traiter par jour 50 tonnes de sulfate d’ammoniaque, avec 3 chevaux de force pour sa rotation.
- Quel serait le nombre d’essoreuses qu’il faudrait employer pour un travail équivalent? Quel serait le personnel ouvrier nécessaire? Pour la conduite du sécheur rotatif Zénith, un ouvrier suffit.
- Pour terminer, il faut signaler le clarificateur rotatif en tout semblable au tambour filtrant avec cette différence qu’il est enfermé totalement à
- de pression rjéJL* Rejet de la
- Alimentation. liquide f-boueux h-
- Pompe
- Fig. 7• — A gauche, tambour filtrant continu;'au centre, tambour rotatij à trémies séchantes;
- à droite, clarificateur continu.
- effectuant le lavage du précipité, on recueille un volume total d’eau de lavage égal au volume primitif du liquide filtré et le gâteau renferme 30 pour 100 d’humidité. Avec le bicarbonate de soude, on atteint 50 tonnes par jour. On peut admettre que la capacité du tambour filtrant est approximativement proportionnelle au carré de la surface filtrante, Le sécheur rotatif possède une série de trémies juxtaposées également parallèles à l’axe du cylindre et disposées radialement. Chaque trémie au-dessous même du fond filtrant est réunie par un moyeu formant valve à tiroir à une série de tuyaux permettant chacun l’application de la succion pendant un arc déterminé. ,
- Le tambour tournant en marche normale, les trémies sont alimentées en chute libre à environ 30° avant qu’elles atteignent le zénith. En ce point on applique la succion dont on prolonge l’effet suivant un arc de 90° environ. Les métaux ou solides sont lavés, égouttés, puis séchés. Le vide est alors automatiquement coupé et lorsque la trémie descend au-dessous de l’horizontale, son contenu se détaché automatiquement par l’effet de la pesanteur ou de l’air comprimé. La trémie tourne alors à vide jusqu’à ce qu’elle reçoive une nouvelle charge. Le tambour à trémies séchantes est surtout em-
- l’intérieur même d’une enveloppe et complètement immergé dans le liquide à filtrer.
- La surface latérale est composée d’une série de compartiments peu profonds recouverts par le tissu filtrant, chacun d’eux est réuni par sa tuyauterie à une pièce centrale sur laquelle roule à frottement doux une boîte concentrique où aboutissent les tuyauteries de vide et d’air comprimé. On peut faire agir ainsi l’un ou l’autre de ces éléments en différents points du tambour pendant chaque révolution.
- En marche normale, le liquide à filtrer est alimenté à niveau constant à l’intérieur de l’enveloppe métallique. Pendant la rotation le vide est appliqué aux compartiments au fur et à mesure qu’ils s’élèvent et se continue jusqu’à un tour presque complet. Le liquide clair aspiré filtre tandis que les particules solides se déposent sur le tissu filtrant Quand les compartiments arrivent au haut de l’auge, l’aspiration est automatiquement coupée, l’air comprimé appliqué et les particules solides adhérentes rejetées dans un comparliment de dépôt, d’où la masse pulpeuse ou la boue est extraite par uné pompe centrifuge. Cet appareil a remplacé.en Amérique les encombrants décanteurs rencontrés autrefois dans les papeteries, dans les usines à pâte mécanique pour la récupération de la pâté à
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- 240 •== ESSAIS D’ÉLECTROCULTURE PAR EFFLUVATION
- papier dans les eaux rrésiduaires. Il 'est employé dans toutes les industries qui rejettent des volumes très importants d’eaux ou de liquides tenant en sùspension de très faibles quantités de particules solides ayant pourtant quelque valeur. D’un encombrement très réduit, 1’éclaircisseur évite la multiplication des bassins de décantation dont le rendement n’est d’ailleurs jamais très satisfaisant. Il permet au chef de fabrication de contrôler rigoureusement la queue de toutes les transformations de la matière en traitement.
- Nous pourrions continuer ici à passer en revue
- tous les systèmes perfectionnés dont dispose l’industrie aux Etats-Unis pour lutter encore avantageusement malgré le salaire élevé de l’ouvrier. La guerre aura eu des enseignements profitables au point de vue des progrès accomplis dans notre industrie nationale. Il s’agit de la maintenir au rang qu’elle doit avoir pour que ces produits fassent bonne figure sur tous les marchés du monde. Pour cela, il faut qu’elle profite de l’outillage modernisé. L’exemple de la filtration industrielle mérite d’être
- Sll*v’' Léonce Fabre,
- Ingénieur-chimiste conseil.
- ESSAIS D’ÉLECTROCULTURE PAR EFFLUVATION
- Sur l’initiative de M. Breton, directeur des Inventions, une Commission d’électrocullure fut instituée en 1918, en vue d’étudier l’action de l’électricité sur la végétation. C’est là une question fort ancienne qui depuis plus d’un siècle a fait l’objet des recherches de nombreux savants, sans qu’il ait été possible de tirer dès conclusions catégoriques de leurs travaux. Les résultats obtenus en Angleterre en 1912 par le professeur Lemstrom, plus récemment par Sir Oliver Lodge et un grand nombre d’expérimentateurs travaillant sous sa direction, au moyen du procédé d’effluvation ont ouvert cependant des perspectives encourageantes. Il était donc intéressant de contrôler et de préciser ces résultats.
- La Commission française a institué une série d’essais poursuivis en 1918 et surtout en 1919 à la station biologique de Boulogne-sur-Seine ; le professeur Ileim en rend compte dans le Bulletin de la Direction des Recherches scientifiques, industrielles et des Inventions. Diverses circonstances ont obligé de commencer tardivement les essais de 1919, ce qui n’a pas permis d’obtenir encore des résultats parfaitement démonstratifs. Néanmoins les constatations faites sont extrêmement intéressantes : les travaux de la Commission se poursuivront du reste au cours de la présente année.
- Voici d'abord en quoi consiste le dispositif très simple qui fut employé : 1° un dispositif électrique producteur de courant à haute tension (15 000 volts environ); 2° un réseau aérien par lequel s’exerce l’effluvation.
- Le dispositif électrique, destiné à la production de courant à haute tension, était constitué par un appareillage radiologique intensif Gaiffe. Le pôle négatif du secondaire du transformateur était réuni à une plaque de tôle de 1 m2 enterrée à 1 m. 50 de profondeur environ ; le pôle positif était directement mis en communication avec le réseau aérien d’effluvation. Il n’a pas été fait usage de soupapes destinées à empêcher le passage, dans le circuit, de l’onde inverse, qui dans les dispositifs radiologiques, atteint parfois le 1/5 de Fonde directe.
- Le réseau, disposé au-dessus du sol à une hauteur de 2 m. environ, se composait, pour chaque parcelle de cultures soumises à l’effluvation, de 6 fds de fer galvanisé de 5/10 de millimètre de diamètre, tendus à 0 m. 80 d’écartement l’un de l’autre au-dessus des cultures. Les extrémités étaient attachées par l’intermédiaire d’un crochet en verre et d’un tendeur en caoutchouc, à deux gros fils de fer tendus transversalement sur deux cloches isolantes, fixées aux extrémités de poteaux placés aux angles des parcelles. Grâce à une couche de vernis au
- copal, dont était recouvert le verre, l’isolement a été très satisfaisant. Le dispositif permet en outre de déplacer librement, au-dessus des cultures, les fils du réseau. L’emploi de fils très fins a permis de ne pas faire usage de soupapes ou de dispositifs analogues, destinés à ne laisser passer le courant que dans le sens convenable. Ces appareils arrêtent en effet l’une des ondes de la bobine, mais absorbent une partie d’énergie très appréciable. Le réseau à fils fins utilisé a servi lui-même de soupape et ne laissait passer le courant que dans le sens convenable.
- Les parcelles irradiées étaient au nombre de deux. Les parcelles témoins au nombre de trois, situées à 40 m. environ du terrain électrifié, et séparées de lui par un rideau d’arbustes, qui assurait, au point de vue du transport par le vent, de l’air ionisé, une protection suffisante. Les sols des deux lots étant homogènes et identiques, les conditions culturales étaient identiques pour les parcelles électrifiées et pour les parcelles témoins.
- L’effluvation était pratiquée en deux séances quotidiennes : l’une à 6 heures du matin, l’autre à 18 heures environ. La durée de chacune étant d’environ 1 h. 1/2 à 2 heures suivant le temps. Par temps très chaud et par ciel très découvert, la séance du malin était supprimée, landis que celle du soir était prolongée d’une heure. En outre, le temps d’application de l’effluve était environ doublé par temps couvert ou pluvieux. Les parcelles furent irradiées, à ce régime, depuis le 25 juillet jusqu’au 15 octobre 1919.
- Voici maintenant les résultats constatés :
- Dès les deux premières semaines d’effluvation, une différence se manifestait entre plantes irradiées et plantes témoins. L’application de l’effluve était faite sur des plantes dont la végétation était déjà pour la plupart d’entre elles assez avancée. Néanmoins, très nettement et au bout de peu de temps, l’influence de l’effluvation sur la végétation s’accusait pour certaines espèces^: salsifis, poireaux, choux, tabac.
- L’accélération de végétation fut particulièrement marquée pour la floraison anticipée des tabacs.
- Les tabacs effluves commencèrent leur floraison vers le 18 septembre, alors que les témoins furent grillés par les gelées d’octobre avant d’avoir pu épanouir leurs fleurs. Il y eut entre les deux lots une différence de croissance considérable; les tabacs électrifiés atteignirent une hauteur de 1 m. 20 environ, alors que les témoins-atteignirent une hauteur maxima de 0 m. 50. Le développement foliacé fut aussi beaucoup plus accusé pour
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- MOTEUR STILL A COMBUSTION INTERNE ET A VAPEUR
- les tabacs électrifiés que pour les tabacs témoins.
- Les choux forment, d’une manière générale, un cœur plus serré, sous l’influence de l’effluvation, mais le poids de matière végétale créée n’est pas accru. Les cardons n’ont pas accusé un écart appréciable de développement.
- Les céleris, au contraire, acquièrent sous l’influence de l’effluvation un développement notablement supérieur.
- Les pommes de terre électrifiées fournissent une récolte d’un quart supérieure (augmentation de rendement de 25 pour 100). La densité des tubercules des plantes électrifiées est supérieure (1086) à celle des plants témoins (1071) et leur teneur en amidon plus forte : 16 au lieu de 12,8.
- L’effluvation n’augmente en rien le rendement des betteraves (demi-sucrièresj mais accroît notablement (de 15 à 20 pour 100) la richesse en sucre.
- Les bettes, poireaux, carottes, navets, topinambours, haricots, laitues, accusent une croissance un peu plus rapide sous l’influence de l’effluvation, mais sans modification de rendement.
- Des mesures furent effectuées régulièrement sur des plantes à pousse rapide : les ansérines. Ces mesures indiquent une accélération nette dans la croissance.
- La Commission poursuivra ses travaux en 1920, avec un programme d’expériences plus complet.
- X
- MOTEUR STILL A COMBUSTION INTERNE ET A VAPEUR
- I. Rendement et puissance des moteurs à combustion de construction antérieure au moteur Still.
- — Les machines motrices dont lé rendement est le
- 64 pour 100 de l’énergie totale que dégage la combustion.
- Que devient cette chaleur perdue?
- Valve d'arrêt
- Vapeur
- Chaudière
- Cylindre
- à
- combustr.‘
- Air
- carburé.
- Echappement des gaz après combustion à . . 5oo°environ. Jf
- Cylindre a vapeur
- Arrivée déau
- Température Finale dechappf 60 ° environ. Fig. i. — Schéma de fonctionnement du moteur Still.
- plus élevé sont, on le sait, les moteurs à gaz et les moteurs Diesel. Les premiers ont un rendement de 25 pour 100; c’est-à-dire qu’ils transforment en travail utile le quart de l’énergie contenue dans le combustible qui les alimente. Supérieur encore au moteur à gaz, est le moteur à combustion interne, alimenté par un combustible liquide, brûlant sous une forte compression. C’est le moteur Diesel. Un Diesel à 4 temps a réalisé un rendement de 36 pour 100 ; c’est le record actuel.
- Ainsi, même avec le meilleur des moteurs connus, la transformation en force motrice laisse perdre
- 1° Les gaz résultant de la combustion s’échappent du cylindre moteur à une température très élevée entraînant avec eux une part considérable d’énergie calorifique;
- 2° La circulation d’eau qui refroidit constamment le cylindre du moteur chauffé par la chaleur dégagée dans la combustion, emporte, elle aussi, une part importante de chaleur.
- Par exemple, dans un moteur à explosion de construction courante, sur 100 calories fournies par la combustion de l’essence, 25 seulement sont transformées en travail mécanique utilisable sur le volant
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- MOTEUR STI LL A COMBUSTION INTERNE ET A VAPEUR
- du moteur, 30 sont emportées par l’eau de circulation du cylindre, 35 par les gaz d’échappement et 10 sont dissipées en chaleur rayonnée, en transformations moléculaires ou en frottements.
- De plus, des quatre phases du cycle d’un moteur à combustion à quatre temps — explosion du mélange combustible et expansion de ce mélange, — échappement des gaz provenant de la combustion, aspiration du mélange combustible, compression de ce mélange, la première phase seule est motrice et produit de l’énergie ; par suite, la puissance, c’est-à-dire la quantité de travail utile produit par unité de temps sur le volant du moteur, n’est pas aussi élevée, pour un moteur d’encombrement déterminé, qu’on pourrait l’espérer. En outre, il est nécessaire de combiner plusieurs cylindres moteurs à quatre temps sur un même arbre moteur.
- II. Principe du moteur Still et avantages principaux. — Dans ces derniers mois, un moteur d’un principe tout nouveau vient de faire son apparition chez nos amis d’Angleterre. Mis au point après des travaux et essais de longue haleine, le moteur Still semble devoir battre le record du moteur Diesel. Aussi croyons-nous intéressant d’exposer ici son principe, qui en fait, à la fois, un moteur à combustion et une machine à vapeur chauffée par les chaleurs perdues du moteur à gaz.
- Le premier dispositif caractéristique du moteur Still, consiste à entourer le cylindre du moteur d’une chemise d’eau qui, en absorbant la chaleur transmise par les parois du cylindre, transforme l’eau partiellement en vapeur que l’on utilise.
- Afin que celte vapeur présente une température et par suite une force élastique maxima qui lui permette de se prêter à une bonne utilisation, il faut que la chemise d’eau soit une véritable chambre d’évaporation faisant partie du circuit d’une chaudière à vapeur. Pour cela, cette chemise d’eau est en communication directe à sa partie inférieure avec la chaudière et se remplit d’eau à la température de cette chaudière; à sa partie supérieure elle communique avec la partie supérieure de la chaudière. Ainsi en pratique, la température de l’eau de la chemise refroidissante sera d’environ 190° et la pression de la vapeur d’environ 13 kg par cm*.
- Dans ces conditions, la chaleur dégagée par les parois du cylindre du moteur sera utilisée à la vaporisation d’une certaine quantité d’eau de la chemise refroidissante dont la température restera d’ailleurs sensiblement constante.
- Les conséquences de cette première disposition du moteur Still sont les suivantes :
- Les 30 calories qui étaient dissipées dans l’exemple précédent par la circulation d’eau froide autour du cylindre sont en majeure partie récupérées et utilisées à la vaporisation d’une certaine oùantïté d’eau. La vapeur formée peut rentrer dans le cylindre d’une'’ machine à vapeur et produire ainsi une transformation partielle des 30 calories
- en travail mécanique sur le volant de celle machine.
- Le rendement de la transformation initiale est par suite amélioré d’une façon sensible.
- De plus, la chemise d’eau, maintenant le cylindre du moteur à une température d’environ 190°, produit le chauffage rapide à cette même température du mélange combustible qui est introduit dans le cylindre à la température de l’air extérieur; pat-suite, l’allumage au démarrage est facilité, et le degré de compression nécessaire pour cet allumage est réduit.
- Pendant la phase motrice du cycle, c’est-à-dire pendant la combustion et l’expansion des gaz, la température uniforme et relativement élevée des parois, réduit la quantité de chaleur que perdent ces gaz par transmission à travers les parois du cylindre. Une certaine quantité de chaleur ainsi économisée est transformée en travail sur le piston.
- Les pertes d’énergie par frottement dans le cylindre sont considérablement réduites par suite de la température élevée des parois de ce cylindre; par exemple, ces perles dues au frottement s’abaissent à la moitié de leur valeur initiale lorsque la température de l’enveloppe d’eau s’élève de 18° à 100°. La combinaison de la chemise d’eau de refroidissement avec Une enveloppe isolante réduit d’ailleurs les pertes de chaleur par rayonnement à l’extérieur.
- Le deuxième dispositif caractéristique du moteur Still réside dans l’emploi des gaz d’échappement pour vaporiser une certaine quantité d’eau de la chaudière. Ce dispositif consiste à faire circuler d’une façon méthodique les gaz d’échappement dans des jeux de tubes verticaux autour desquels passe l’eau de la chaudière et dans des chambres que traversent les conduits d’alimentation d’eau de la chaudière. Les gaz qui sortent du cylindre moteur à une température de 500° environ, s’échappent ainsi dans l’atmosphère à 6ü° environ. On peut donc dire, approximativement que les 9/10 de l'énergie calorifique utilisable qu’ils contiennent a été transmise à l’eau de la chaudière et a produit la vapori sation d’une certaine quantité de cette eau, la vapeur ainsi formée pouvant d’ailleurs être transformée partiellement en travail sur un piston suivant le cycle de la machine à vapeur.
- Ce deuxième dispositif a donc lui aussi pour effet d’améliorer sensiblement le rendement du moteur à combustion.
- Le troisième dispositif caractéristique du moteur Still réside dans l’emploi de la vapeur, sous-produit de ce moteur, et dont nous avons vu précédemment les conditions de formation. Cette vapeur peut être en principe utilisée dans un moteur à vapeur quelconque. Mais les transmissions à distance de la vapeur entraînent des pertes par condensation, et réduisent le rendement de la transformation. Dans le moteur StiU* la vapeur produite
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- :...... PROCÉDÉS DE MESURE DE
- est utilisée sur la face du piston du moteur à combustion, opposée à la face sur laquelle agissent les gaz provenant de l’explosion.
- Ce dispositif a pour.effet de réduire les pertes de vapeur par condensation dans les conduits de transmission. De plus, la vapeur se détendant dans le cylindre qui est maintenu à la température de la chaudière est en quelque sorte surchauffée par les parois du cylindre et actionne le piston dans des conditions favorables de transformation. La vapeur, dans sa détente, absorbe aussi de la chaleur que lui fournit le piston, ce qui est un excellent moyen de refroidir ce piston. L’emploi de la vapeur au moment du démarrage rend la mise en marche du moteur facile et rapide.
- Enfin, l’action de la vapeur a pour effet, d’accroître la puissance du moteur. On a vu, en effet, que dans un moteur à 4 temps, de construction connue, 5 courses sur 4 du cycle n’étaient pas motrices. Par l’emploi de la vapeur, 2 de ces 3 courses sont rendues motrices, celle qui correspond à l’échappement des gaz provenant de la combustion et celle relative à la compression du mélange combustible. Si par exemple, on admet que la pression de la vapeur dans la chaudière soit de 5 kg par centimètre carré, pendant les 2 courses ci-dessus, le volant du moteur recueille un travail représenté par 5 kgX^ V — Y étant le volume du cylindre. Si, d’autre part, la pression des gaz de la combustion est de 6 kg 3, le travail fourni au volant du moteur pendant la course du piston correspondant à l’explosion et l’expansion du gaz sera de 6 kg 3 X V.
- Par conséquent, les travaux fournis au volant du moteur pendant un cycle, suivant que la vapeur
- PROCÉDÉS DE MESURE DE
- Comme le dit, dans un ouvrage récent (1), le Dr Gallavardin, médecin des hôpitaux de Lyon,
- « c’est exagérer à peine que de dire que la sphygmo-manométrie est aux affections chroniques ce que la thermométrie est aux maladies aiguës ».
- La sphygmomanométrie, c’est la mesure de la pression du sang dans les artères, qui peut renseigner à la fois sur l’état physiologique du cœur, des vaisseaux et des reins.
- Voici pourquoi.
- Le cœur et les artères sont élastiques et, par leurs muscles, pressent sur le sang qu’ils renferment. La preuve en est que dès qu’on se coupe, le sang apparaît et coule aussi longtemps qu’un caillot n’a pas bouché l’orifice. Mieux, si l’on égorge un lapin ou un poulet, le sang gicle avec force ,des grosses artères du cou. La pression y est donc considérable.
- 1. La tension artérielle en clinique, sa nature, sa valeur séméiologique par Je docteur Gallavardin, 2e édition, 1 vol. in-8°, iîOO figures. Masson et Gl°, éditeurs.
- LA TENSION ARTÉRIELLE
- agit ou non sur le piston du moteur, sont entre eux
- j i J 1^,3 .rtu
- dans le rapport de soit 2,5 environ.
- Les puissances du moteur dans les deux hypothèses sont entre elles dans le même rapport que ci-dessus.
- Cet accroissement considérable de puissance permet au moteur Slill de s’adapter aisément à la traction des trains par locomotives, car il permet de réaliser des démarrages puissants et de supporti r des surcharges importantes.
- La figure ci-contre est une coupe schématique d’une installation motrice mixte, système Sti 1, fonctionnant à combustion et à vapeur. Dans cette installation où sont groupées les trois caraclérn-tiques essentielles du moteur Still, un brûleur auxiliaire est prévu pour le chauffage de la chaudière à vapeur.
- III. Résumé. — En résumé, le moteur Slill réunit dans un même appareil le moteur à combustion interne et la machine à vapeur ; il utilise, pour les hautes températures et les pressions élevées de la combustion, le ejele du moteur à con -bustion interne, et, pour la récupération de la chaleur des gaz d’échappement et de l’eau de refroidissement, le cycle de la machine à vapeur.
- Le moteur Still réalise, au dire de ses promoteurs, grâce à son habile récupération d’énergie calorifique, un rendement de 40 à 50 pour 100, soit une amélioration de 50 pour 100 sur le rendement moyen du moteur à combustion. Enfin, il fait profiter le moteur à combustion des facilités de manœuvre de la machine à vapeur, réalisant des démarrages puissants et rapides et supportant des surcharges importantes. J.-G. de Keiiavenant.
- LA TENSION ARTÉRIELLE
- Fig. i. — Méthode de Bloch.
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- PROCÉDÉS DE MESURE DE LA TENSION ARTERIELLE
- Fig. 2. — Sphygmomanomètre de Potain.
- Les physiologistes ont montré qu’elle est produite par les contractions rythmiques du cœur, agissant comme une pompe foulante et envoyant à chaque battement un flot de sang dans l’aorte. À chaque contraction ou, comme on dit, à chaque systole, la pression devient maxima. Pendant que la poche du cœur se remplit à nouveau, des valvules, véritables soupapes, ferment la communication avec l'aorte où la pression baisse peu à peu jusqu’à un certain minimum. Bientôt un nouveau coup de piston, une nouvelle systole, ramène la pression sanguine à son maximum. Celle ci oscille donc constamment entre deux valeurs, qu’on a estimées chez l’homme à environ 90 et 150 mm. de mercure, ce qui donne une pression moyenne de 120 mm., soit un sixième d’atmosphère.
- Naturellement, ces chiffres n’ont rien d’absolu. Ils sont beaucoup plus faibles à la naissance, augmentent pendant l’enfance et l’adolescence, sont un peu plus petits chez la femme que l’homme. Toutes les grandes fonctions de l’organisme : respiration, digestion, sommeil, travail musculaire, exercent
- sur la circulation une action qui se traduit par des variations de pression sanguine.
- Mais on comprend aussi qu’une lésion quelconque de l’appareil circulatoire retentira également sur la pression et que celle-ci, si on peut exactement la mesurer, montrera et même dans certains cas révélera les défauts de fonctionnement du muscle cardiaque, des valvules, de l’aorte, etc.
- C’est à ce titre que la sphÿgmomanométrie intéresse les médecins qui lui demandent de plus en plus de fournir une base objective à la clinique et d’étayer l’auscultation.
- Le premier qui mesura la pression sanguine fut probablement Stephen en 1744. Ayant réuni un long tube de verre à une canule introduite dans l’artère crurale d’une jument couchée sur le dos, il vit le sang monter jusqu’à une hauteur de 2 m. 50. Le procédé ne pouvait êtrétel quel appliqué aux malades! Plus d’un siicle passa avant qu’on réalisât
- Fig. 3. — Mode d’emploi du sphygmomanomèlre.
- Fig. 4. — Méthode de Riva-Rocci.
- un p rocédé clinique et non sanglant. Ceux qu’on possède aujourd’hui, et ils sont nombreux, reposent tous sur le même principe de la mesure de la contre-pression nécessaire pour arrêter les battements artériels.
- Le plus simplç de ce genre est probablement le procédé de Bloch que représente la fi g. 1. Ce médecin saisit le poignet du malade, le pouce appuyé sur l’artère radiale de façon à sentir le pouls. Au moyen d’une tige appuyée sur un ressort, il presse sur l’ongle du pouce jusqu’à ce que le pouls ne se sente plus; à ce moment il lit la pression exercée sur la tige graduée de son espèce de dynamomètre.
- Cette méthode a été justement critiquée. On lui reproche de ne pas donner de résultats comparables d’un moment à l’autre, ni d’un observateur à l’autre : selon que la surface du pouce qui appuie est plus ou moins étendue, qu’il fait lui-même pression et qu’il porte sur un plan plus ou moins résistant, à travers une couche graisseuse plus ou moins
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- PROCÉDÉS DE MESURE DE LA TENSION ARTERIELLE -.....- 245
- Fig. 5. — Sphygmo-signal de Vaquez.
- épaisse, les indications sont très discordantes.
- Barch a- cherché à supprimer cette intervention du pouce de l’observateur en le remplaçant par une pelote élastique. Son appareil, perfectionné par Potain, est le plus souvent connu sous le nom de sphygmomanomètre de Potain. Il comprend (fig. 2 et 5) une balle creuse de caoutchouc À (dont une partie à paroi mince B est appuyée sur le poignet) reliée par un tube souple à un manomètre à cadran. On gonfle un peu la balle au moyen d’une pompe branchée sur l’ajutage R, de façon à amener l’aiguille du manomètre à la division 5. L’appareil est alors employé comme le montre la fig. 3. Potain trouvait ainsi une pression moyenne normale de 14 à 20 centimètres de mercure. L’épaisseur des tissus interposés entre la balle et l’artère et la mobilité de celle-ci expliquent que ces pressions sont trop élevées.
- Pour éviter cette fuite du vaisseau devant la pression, Riva-Rocci imagina de mesurer la pression artérielle, non plus au poignet, mais au bras, sur l’humérale, en enserrant le membre dans un
- A.C.
- Fig. 6. — Détails du sphygmo-signal.
- brassard (fig. 4) qui comprime régulièrement tout autour. Le brassard, inextensible, comporte à sa face interne une poche de caoutchouc reliée d’une part à un manomètre et de l’autre h une poire à compression. Le médecin tâte le pouls de son malade, puis presse la poire jusqu’à ce que les battements artériels cessent; à ce moment il lit la pression exercée sur le manomètre; c’est la pression qui arrête l’onde sanguine, équivalente par conséquent à la pression artérielle maxima.
- La méthode de Riva-Rocci a eu un très grand succès et a été emp’oyée par un nombre considérable de médecins. Beaucoup Se sont ingéniés à modifier de diverses façons l’appareil primitif, changeant la largeur du brassard, son mode d’attache, la disposition du manomètre, la forme de la pompe de compression, etc. Nous ne voulons pas entrer ici dans le détail de toutes ces variantes.
- Nous signalerons seulement l’appareil le plus perfectionné de ce genre, le sphygmo-signal de Vaquez (fig. 5). La fig. 6 fait comprendre son fonctionnement. À mesure qu’on comprime, le brassard B’ au moyen de la pompe, on voit l’aiguille du signal se déplacer puis se mettre à battre de plus en plus fort; la pression continuant d’augmen-
- Fig. 7. — Schéma de la méthode de Pachon.
- Fig. 8. — Oscillomètre de Pachon.
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- 246 ...... PROCÉDÉS DE MESURE DE LA TENSION ARTÉRIELLE
- ter, les battements diminuent, puis cessent. La pression indiquée par le manomètre à cet instant est celle qui contre-balance la pression maxima et
- Fig. 9.— Sphygmotensiophone de Vaquez et Laubry.
- arrête l’onde sanguine, à vrai dire, l’expérience a montré que cette mesure n’est pas rigoureusement exacte et que, lorsque les battements cessent, la circulation n est pas encore arrêtée.
- Tous ces procédés donnent avec plus ou moins d’approximation l’indication de la pression maxima ou systolique. 11 est également fort intéressant de connaître la pression minima ou diastolique, celle qui est due à la tension de la paroi artérielle entre deux pulsations.
- Marey a posé nettement le principe de ces mesures que Pachon a réalisé pratiquement.
- Comme nous venons de le dire à propos du sphygmo-signal de Vaquez, les oscillations de la paroi artérielle sous l’influence des chocs sanguins, passent par un maximum quand la contre-pressù a exercée dans le brassard est égale à celle de l’intérieur du vaisseau. Une pression moindre diminue l’aplatissement diastolique, une pression plus forte gêne la dilatation systolique. En faisant varier la pression dans le brassard, on constatera donc des oscillations maxima quand la pression indiquée par le manomètre (celle du brassard) correspondra à la tension diastolique de la paroi artérielle.
- Pachon a réalisé, sous le nom d’oscillomètre, un très ingénieux appareil pouvant être aisément employé. L’oscillomètre se présente sous l’aspect représenté fig. 7. Le bras étant entouré du brassard B (fig, 8), la chambre élastique de celui-ci communique par le tube A avec le boîtier métallique hermétique et rigide E dans lequel est enfermée une cuvette anéroïde C.
- Boîtier E, capsule manométrique c et brassard B sont normalement en communication par les conduits f, b, a. Une pompe P permet d’établir toute pression voulue dans le système constitué par ces organes; le chiffre de pression est donné par le
- manomètre M ; une valve d’échappement v permet de diminuer ad libitum la valeur du régime de pression préalablement établi.
- Une fois une pression quelconque établie, si l’on veut reconnaître l’amplitude des pulsations artérielles à ce régime, il suffit d’agir sur l’organe séparateur S, dont la manœuvre intercepte la communication entre le boîtier E, d’une part, et le système composé du brassard B et de la capsule manométrique c, d’autre part. A ce moment, les variations de pression créées dans le brassard par les variations rythmiques de volume du segment de membre exploré sont transmises exclusivement à la capsule manométrique, qui les traduit nécessairement à tout régime de contre-pression avec une sensibilité constante et maximale, puisque ces variations de pression surprennent toujours la capsule manométrique dans un état de tension nulle, ses parois supportant à l’exterieur comme à l’intérieur la pression de régime à laquelle on fait la lecture, et donnée par le manomètre M. Dans ces conditions, on reconnaît aisément la pression minima ou diastolique : c’est celle qui permet les plus grandes oscillations; on peut également mesurer la pression maxima ou systolique : c’est la pression limite où les oscillations disparaissent.
- Au lieu d’observer les battements par les déplacements d’une aiguille, on peut aussi les percevoir à l’oreille par l’auscultation. Laubry a imaginé sous le nom de sphygmophone un appareil d’écoute des battements artériels comparable à ceux qu’on emploie communément pour le cœur.
- Enfin, tout récemment, MM. Vaquez et Laubry
- Fig. 10. — Aspect du sphygmotensiophone.
- ont réalisé un dernier appareil, le sphygmotensiophone dont la fig. 10 reproduit l’aspect. Il comporte un brassard de 12 centimètres de large qu’on fixe rapidement en tirant les deux barrettes qui serrent
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- ACADÉMIE DES SCIENCES .............— 247
- les trois boucles d’arrêt. Le brassard porte le manomètre indicateur de pression ; sa chambre de compression est reliée à une poire qui sert à élever la pression jusque vers 25 centimètres. Fixé au-dessous du brassard se trouve' le sphygmophone sur lequel on place le sthétoscope biauriculaire. La fig. 9 montre le mode d’emploi de l’appareil. Après avoir bloqué l’artère humérale par compression, on décomprime lentement et progressivement jusqu’au moment où le sang, recommençant à circuler, détermine une première vibration; la pression alors indiquée par le manomètre est celle de la. tension systolique ou maxima. On continue à décomprimer graduellement : les vibrations demeurent quelque temps assourdies, mais ne tardent pas à devenir plus sonores, prenant parfois le
- timbre d’un souffle; elles atteignent un maximum d’intensité, puis décroissent durant un temps plus ou moins long pour disparaître brusquement ou subir tout au moins une diminution telle qu’elles deviennent presque imperceptibles. La pression indiquée par l’aiguille, du manomètre au moment de cette disparition ou de cet étouffement subit des vibrations, correspond à la tension diastolique ou minima.
- Les chiffres obtenus chez des sujets normaux d’âge moyen sont généralement de 12 à 14 pour la tension maxima, de 8 à 9 pour la pression minima. Au-dessous de 7 d’une part, au-dessus de 16 d’autre part, on se trouve en présence de cas pathologiques que ces appareils permettent de déterminer exactement. R. M.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de février et mars 1920.
- Les essais au chalumeau. — M. Braly soumet à l’Académie un dispositif très simple demandant un matériel réduit et susceptible de rendre les meilleurs services aux prospecteurs. Il permet, en effet, des essais concluants sur des minerais complexes, à l’état de simples mouches ou de paillettes.
- Détermination des Amanites vénéneuses. — Traitées par une goutte ou deux- de certaines solutions aqueuses très faciles à se procurer (acides minéraux ou potasse), les Amanites donnent des réactions colorées qui permettent de distinguer immédiatement les espèces les plus- toxiques. Le mémoire de M. J. Barlot mentionne, en outre, que les trois variétés mortelles se caractérisent par une « hémoréaction », qui leur est commune et se décèle grâce à la coloration en noir du peridium et du stipe au contact de sang frais (homme ou mouton), additionné de ferrocyanure de potassium.
- L'épuration des eaux d’égout. — La boue, soumise alternativement à l’aération et au repos, acquiert peu à peu, on le sait, la propriété d’épurer l’eau d’égout avec laquelle on la met en contact, cela en présence de l’oxygène de l’air, et depuis les travaux do MM. Schlœsing et Münlz, qui ont montré le rôle des ferments nilreux et nitrique, on admet que l’action épuratriée se fait suivant un mécanisme analogue à une fermentation : disparition de l’ammoniaque, d’abord tr ansformé en acide nilreux, pour aboutir au stade final d’acide nitrique. Opérant à des températures comprises entre 0 et 55°, M. R. Gambier établit qu’à 0° l’épuration est complète en 17 heures; à 5°, elle demande 4 heures, mais son maximum d’activité est aux environs de 25° à 37°; contrairement à ce qu’on pourrait croire, il n’v a plus formation d’acide azotique et ce n’est qu’au-dessus de 30° que l’acide nitreux se manifeste en quantité appréciable. Une note ultérieure du même auteur fera connaître les recherches d’ordre chimique ou bactériologique, qui seules peuvent permettre une utile discussion des faits précités.
- Pour M. Dienert qui se préoccupe des mêmes problèmes, on obtient avec toutes les eaux des dépôts actifs, qu’il
- s’agisse d’eaux d’égout, d’eaux de rivière ou de puits. Pendant quelques jours, les organismes semblent inactifs et laissent leurs aliments inaltérés, brusquement leur action s’accélère et il y aurait là un phénomène analogue à l’accoutumance d’une levure à un sucre, ou à l’acclimatation d’un microbe à un antiseptique particulier.
- La structure de la cellule végétale. — A la théorie de M. Guilliermond, qui admet que les diverses sécrétions de la cellule viennent d’un seul élément, M. Dan-geard oppose des observations tendant à reconnaître trois systèmes d’éléments figurés : le vacuome, qui donne naissance aux corpuscules métachromatiques et à l’anthocyane, le plastidome, dont la fonction est de produire les pigments chlorophylliens et l’amidon, enfin le sphéroïde, riche en nombreux globules ou mierosomes, qui élaborent probablement les substances oléagineuses.
- Du rendement dans le sciage à main des métaux. — Les appareils d’enregistrement Marey mettent en évidence la fatigue supplémentaire que cause à l’ouvrier, l’effort parasitaire de frottement, qui s’ajoute à l’effort nécessaire de poussée, et peut aboutir au coincement de la lame. Augmenter la voie de la scie constitue une solution coûteuse, puisqu’elle cause un déchet plus grand, sans pour cela éviter toute rupture de la lame. Le mieux est de recourir, comme le prétend M. Qh. Frémont, à un support pendulaire guide-lame, dorit le premier résultat est de fournir des surfaces de sciage, régulières : et planes, même dans lelcas de coupes biaises.
- Sur un néphélémètre. — Un tel appareil a pour but de déterminer la .concentration de milieux troubles, et ses applications sont des plus nombreuses : formation des précipités,’ titrages d’émulsions microbiennes ou colloïdales, dosages par4 précipitation, etc. La relation de Richard et Wilson, généralisée par M. Boutaric, lie l’intensité de la lumière transmise par le milieu à étudier, et celle de la lumière incidente, à la masse totale des particules en suspension. Elle a permis à MM. Ghéneveau et Audubert de construire un instrument dont la précision est comprise entre 2 et 5 pour 100. Paul B.
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- LES NEMICHTHYS DE LA MER DE NICE
- En mars 1909 et en 1911, au mois de mars également, les pêcheurs de Nice capturèrent dans la baie des Anges, un poisson aussi curieux que rare : le Nemichthys scolopaceus de Richardson que l’on ne rencontre généralement qu’à de très grandes profondeurs, dans les régions intertropicales de l’Océan. Les deux spécimens de cet animal ont été présentés et cédés à vil prix à feu M. Louis Gai, préparateur naturaliste niçois, qui les a revendus tous les deux fort cher au Muséum de Vienne (Autriche).
- L’un de nous a eu la bonne fortune de voir pendant quelques instants, presque immédiatement après sa capture, l’animal pêché en 1911, mais pas assez longtemps cependant pour pouvoir en faire une description complètement détaillée.
- était de la même couleur que la région dorsale.
- Le genre Nemichthys a été décrit pour la première fois, en 1848, par Richardson et plus tard en 1854 par Lowe sous le nom de Leptorynchus et par Brand sous celui de Belonopsis.
- L’espèce scolopaceus a été décrite à plusieurs reprises, mais, d’après M. le professeur Roule, la diagnose la plus précise est fournie par Brauer en 1906, dans un ouvrage sur les poissons des profondeurs de la mer (Die Tiefsée Fische).
- Jusqu’à ces dernières années, l’espèce en question n’avait été draguée que dans les grandes profondeurs de l’Océan. Elle n’avait jamais été rencontrée dans la Méditerranée, en dehors cependant de deux spécimens, dont l’un est mentionné par V. Ariola (Res ligusticae XXI.. — Pesci nuovi o rari
- \
- Le Nemichthys scolopaceus.
- Ce curieux poisson mesurait 0 m. 95 de longueur de la pointe des mâchoires à l’extrémité de la queue et à peine 0 m. Ul d’épaisseur dans sa partie la plus large.
- La tête était nettement distincte du reste du corps auquel elle était attachée par un cou étroit et mince. Elle était relativement petite, courte et fine et se prolongeait en avant, par deux longues mâchoires largement fendues, minces et étroites en forme de bec de Becasse (Scolopax), d’où son nom spécifique de scolopaceus. Les yeux étaient gros et saillants.
- Le corps, comprimé latéralement, était muni d’une nageoire dorsale fine et délicate, dentelée sur toute sa longueur. La nageoire ventrale était également longue; l’anale ne possédait que des rayons filamenteux, Les pectorales étaient petites et munies de neuf à dix rayons (long. 0 m. 027, larg. 0 m. 005).
- La queue était filiforme. C’était plutôt un filament et sa longueur était d’un peu plus du quart de la longueur totale de l’animal.
- La tête était jaunâtre, finement poinlillée de brun. Les faces operculaires et la gorge avaient des reflets vert-bleuté. Le reste du corps était jaune verdâtre sur le dos, brun noirâtre à la région ventrale et brun rougeâtre sur les côtés. Le filament caudal
- per il golfo di Cenova. Annali del Museo Civico di storia naturale di Genova, t. XLI) comme pêché à Gênes et dont l’attribution générique est discutable. L’autre, capturé vivant en 1908, dans la rade de Toulon au pied de la tour Balagnier et conservé dans la collection de la station de biologie marine de Tamaris-sur-Mer, a été décrit par M. Roule, dans les Annales de l'Institut océanographique de Monaco. Tome 1er. Il mesurait 1 m. 445 de longueur.
- La capture à Nice des deux individus que nous signalons, n’est pas sans rapport avec celles que nous venons d’indiquer.
- Elle présente un véritable intérêt scientifique, car non seulement elle contribue à enrichir la faune déjà si riche du golfe de Nice et elle prouve que malgré les recherches et les investigations les plus minutieuses faites jusqu’à ce jour, une partie de l’ichthyologie méditerranéenne nous échappe encore, mais en outre elle démontre qu’il existe une liaison entre la faune méditerranéenne et celle de l’Atlantique intertropical d’une part, et de l’Océan Indien d’autre part où l’espèce en question avait été seulement rencontrée jusqu’ici, grâce à des dragages à de grandes profondeurs.
- E. Caziot et Pierre Isnard.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2405. — -...... —.... 15 MAI 1920
- LE CENTENAIRE DE LA MACHINE A CALCULER INDUSTRIELLE
- Il y a quinze ans (27 août 1904) La Nature donnait un important et substantiel article de M. Maurice d’Ocagne sur les machines à calculer. L’auteur passait successivement en revue les additionneurs avec ou sans touches, les appareils à multiplier par additions successives et par application du principe des tables de Pythagore, les machines à différences spécialement employées à la construction des tables et les machines algébriques et analytiques dont quelques-unes sont extraordinairement compliquées.
- On pouvait lire dans cet arLicle les lignes suivantes : « C’est au financier alsacien Thomas, de Colmar, que revient sans conteste le très grand mérite d’avoir réalisé la première machine à multiplier et à diviser rapide, robuste et fonctionnant en toute sûreté. C’est en 1820 que Thomas créa son Arithmomèlre dont, depuis lors, le type n’a cessé de se perfectionner sous la direction du constructeur Payen.
- Très répandu dans les grands établissements financiers, il a fourni une carrière qui a dépassé aujourd’hui trois quarts de siècle, attestant de hautes qualités pratiques. »
- En 1920, l’Arithmo-mètre est devenu centenaire et c’est pour une revue française un double plaisir de rappeler le nom de Thomas, dont la petite patrie vient de redevenir française après 47 ans de domination étrangère. A l’occasion de cette éplié-méride, M. Malassis, un Français particulièrement compétent dans les questions de calcul mécanique, inventeur lui-même de divers perfectionnements fort ingénieux, signalés par M. d’Ocagne dans le Calcul simplifié et par l’ingénieur général Jacob dans le Calcul mécanique, a eu l’idée d’organiser une petite manifestation accompagnée d’une exposition d’appareils et de machines (1). En signalant cette
- 1. C’est la Société d'encouragement pour l'industrie nationale qui a tenu à réaliser le projet de M. Malassis. La manifestation aura lieu en juin, 44, rue de Rennes, au siège de cette Société à qui l’industrie française doit tant.
- intéressante initiative aux amateurs et aux constructeurs, je voudrais revenir sur certains points auxquels M. d’Ocagne, dans l’article précité, n’a pu que faire allusion.
- D’abord, disons quelques mots de Thomas. Thomas avait été fonctionnaire du Ministère de la Guerre sous le premier Empire. Il avait rendu des services non dénués d’importance à ses chefs, particulièrement au courç. des campagnes d’Espagne. Retiré du service pendant la Restauration il s’était consacré d’une façon à peu près exclusive aux opérations financières, spécialement à celles d’assurances. Il fut un des premires champions de l’assurance en France où il fonda en 1819 la Compagnie du Phénix puis plus tard celles du Soleil et de l’Aigle. Frappé de ce qu’ont de fastidieux et de pénible les longs et continuels calculs nécessités par le fonctionnement de ces établissements, stimulé par le résultat négatif des efforts.de ceux qui, avant lui, s’étaient attelés à cette tâche, Thomas s’était juré de construire la machine pratique à multiplier et à diviser. Il en présenta le premier modèle en 1820. La Société d’En-couragement lui fit un accueil fort bienveillant sur l’élogieux rapport de Francœur (1821). La croix de la Légion d’honneur vint couronner ce succès.
- Son appareil mis pratiquement sur pied, Thomas dont le nom était devenu Thomas de Colmar, suivant une coutume assez répandue, s’ingénia à le perfectionner. A l’exposition de 1855 il en présenta un exemplaire donnant le produit de quinze chiffres par quinze chiffres.
- Le système entraîneur de l’Arithmomètre est le cylindre cannelé imaginé par Leibnitz et appliqué par lui dans la machine que ce grand mathématicien-philosophe fit construire en 1694 et qui reposa depuis lors — n’ayant jamais pu fonctionner — d’abord à Gôttingen, puis à Hanovre. On a prétendu
- 18. - 249.
- Fig-, i. — Biaise Pascal.
- Inventeur de la première machine à calculer.
- 48° Année— 1*’ Semestre-
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- 250 :.LE CENTENAIRE DE LA MACHINE A CALCULER INDUSTRIELLE
- que Thomas avait pu avoir connaissance de cette machine, alors qu’t lle était dans la première de ces deux villes. Bien que possible, cela est très douteux. La machine de Leibnitz, pour ingénieuse et originale qu’elle fût, était fort oubliée au temps du Congrès de Vienne. Même en eùt-il eu connaissance, Thomas n’aurait pas son mérite diminué. Il lui resterait la gloire d’avoir établi un appareil dont cent ans de pratique n’ont pas épuisé le succès.
- C’est en 1849 que Maurel et Jayet, de Voiron (Isère), soumirent à l’Académie des Sciences une machine à calculer, basée sur l’entraîneur à cylindre cannelé, mais présentant cette merveilleuse particularité de réduire la multiplication à l'inscription du multiplicande et du multiplicateur. Le multiplicande s’inscrit au moyen de tiges que l’on tire en avant de la machine, et le multiplicateur au moyen d’aiguilles que l’on déplace sur des cadrans par des clés à oreilles.. Théoriquement, la machine de Maurel et Jayet est parfaite. Il est en effet impossible de réaliser plus simplement un produit. Malheureusement la complication de ses organes et leur délicatesse l’ont empêché d’entrer dans la pratique. Quelques exemplaires seulement —une trentaine — ont été construits dans les ateliers de l’horloger Winnerl, dit-on. On en peut voir un au Conservatoire des Arts et Métiers.
- La machine de Maurel et Jayet fut fort bien accueillie par l’Académie et une Commission, nommée pour l’examiner en détail, en fit, par la plume de Binet, un fort élo-gieux rapport. L’année suivante, sur le rapport du général Piobert, le prix Montyon de mécanique fut attribué à cet instrument dont l’Académie décida l’acquisition d’un exemplaire. Une lettre de Maurel et Jayet nous apprend que cette acquisition n’avait pas encore été réalisée (Q en 1859, et que, à cette date, les deux inventeurs croyaient avoir apporté à leur instrument les derniers perfectionnements dont il était susceptible.
- Le succès de Maurel et Jayet auprès de l’Académie semble avoir piqué Thomas au vif. Nous le voyons en effet soumettre, le 15 février 1854, au jugement de la docte assemblée, la description de son Ari-thmomètre perfectionné et lui présenter un modèle de l’instrument ainsi modifié. L’Académie nomma pour cet examen une Commission dont le rapporteur fut Mathieu, beau-frère d’Arago.
- Mathieu rédigeaunrapporttrèsfavorableconcluant à l’approbation de la machine de Thomas par l’Académie. Cette approbation incita Thomas — décrivait
- 1. Elle ne paraît pas l’avoir été depuis.
- encore son nom de Colmar entre parenthèses — à solliciter l’admission de l’Arithmomètre au concours de 1855 pour le prix de Mécanique. La machine fut en effet réservée pour ce concours, mais il n’en est fait aucune mention sur le Palmarès de 1855.
- La principale machine à multiplier qui fasse concurrence à celle de Thomas est celle connue en France sous le nom de Dactyle, établie d’après les principes du russe Ohdner — antérieurement à 1878 — et utilisant comme entraîneur la roue à nombre de dents variables. Cette machine, telle que la construit en France la maison Chateau, est indécomptable. Ce qui n’est pas le cas des modèles allemands très nombreux construits sur les mêmes données.
- Qu’elles soient à cylindres cannelés, de dentures inégales ou à roues au nombre de dents variables, les machines en service actuellement font la multiplication par additions successives. C’est encore un Français qui, le premier, imagina de faire cette opération d’après le principe de la table de Pylhagore. Ce Français est Léon Bollée, qui produisit sa machine en 1888. Il était alors âgé de 18 ans seulement et ignorait à peu près tout ce qui s’était fait avant lui dans Je domaine du calcul mécanique. Mais il y avait déjà sept ans que ce jeune prodige, émule de Pascal, s’ingéniait à fabriquer des instruments de calcul. Sa machine de 1888, qui figura à l’Exposition de 1889, est l’aboutissant pratique de ces essais, effectués dans la fonderie de cloches de son père.
- Dans la machine de Bollée, au lieu d’être obligé de faire comme dans les machines ordinaires, pour écrire un produit, autant de tours de manivelle qu’il y a d’unités dans les chiffres du multiplicateur, on n’en a qu’un seul par chiffre à effectuer. Ainsi pour multiplier un nombre quelconque par 9876, il laut, dans les machines ordinaires 9 H- 8 -+- 7 -h 6 tours de manivelle, que celle-ci soit verticale comme dans la Dactyle ou horizontale comme dans l’Arithmomètre. Dans la machine Bollée il en faut seulement quatre. On voit l’énormité du progrès.
- Trois ans après l’Exposition, Léon Bollée produisait un autre type de sa machine dans lequel tout calcul impossible ou faux, toute fausse manœuvre, refusait mécaniquement de s’effectuer. De plus, les opérations que j’appellerais volontiers rétrogrades, comme la division et la racine carrée s’effectuaient automatiquement, et cela était la conséquence naturelle des enclenchements mécaniques et des dispositifs de liaison des organes de l’instrument.
- Quiconque a manipulé une machine à calculer
- Fig. 2. — Thomas. L’inventeur de l’Arithmomètre, première machine pratique pour multiplier et diviser.
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- ordinaire, Dactyle ou Àrithmomètre, sait avec quelle facilité, dans une division, par exemple, on franchit le chiffre réel du quotient pour faire apparaître à gauche du reste de la division une ribanbelle de 9. La machine de Bollée évite cette fausse manœuvre en déplaçant automatiquement le chariot d’un rang vers la gauche dès que le chiffre vrai du quotient est apparu. Dans ces conditions, il suffit de tourner la manivelle sans s’inquiéter du nombre de tours qu’on lui fait faire. Elle se bloque elle-même lorsque tout est terminé.
- M. D’Ocagne nous apprend, dans le Calcul sim-
- la merveilleuse lucidité et de la puissante pénétration de cet esprit perspicace et subtil.
- Le terme « regrettable » est d’autant mieux de mise ici que Léon Bollée s’était attelé aussi à la construction des machines à différences dont la première idée paraît revenir au Hessois Muller (1786). L’Académie des Sciences de Paris a eu à s’occuper de l’examen de plusieurs machines de ce genre, spécialement dé celles des Suédois VViberg et Scheutz père et fils. La machine de Scheulz a servi à calculer de nombreuses tables. Léon Bollée avait tracé le plan d’une machine à différences
- Fig. 3. — Léon Bollée.
- A 19 ans, manipulant une machine à calculer.
- plifie, que des « essais suivis ont montré que la machine Bollée automatique peut effectuer à l'heure» en marche normale, une série de 100 divisions, 420 racines carrées et 250 multiplications de l’étendue de* 10* X 1010 = 1019, division de 1019 : 109 = 1010, racines de \J 1018= 109. Elle peut calculer 4000 termes d’une progression arithmétique dont la raison ne dépasse pas 10 milliards et à peu près autant d’une table de carrés des nombres jusqu’à 100 quintillons. »
- Les principes de Bollée ont été appliqués par Steiger dans la machine dite Millionnaire que l’on pouvait voir fonctionner à la dernière exposition d’aéronautique, au stand de MM. Doux et Deléamont. Il est certainement très regrettable — pour la machine à calculer tout au moins ! — que Léon Bollée ait abandonné un domaine dans lequel il avait fait de si brillants et extraordinaires débuts. Il est vrai que c’est l’automobile qui a bénéficié de
- « capable d’opérer sur des 'différences du vingt-septième ordre ». M. d’Ocagne a dit avec raison à propos de cette machine : « II n’est pas d’application où l’approximation exigée atteigne des différences du vingt-septième ordre; on est donc en droit de dire que pratiquement cette machine donnerait, pour la construction des tables, une précision indéfinie. »
- Quoi qu’il en soit, et bien que ce soit particulièrement hors de chez nous que les progrès de détails aient été apportés dans cette industrie savante, il n’en demeure pas moins que la France peut revem diquer avec ceux de Pascal, de Thomas de Golmar, de Maurel et Jayet et de Léon Bollée, quatre des plus beaux noms dont l’histoire de la machine à calculer s’enorgueillisse. Nous trouvons ici une preuve de plus que pour l'esprit d’invention et d’ingéniosité, la France ne le cède à personne.
- Cette agréable constatation a un revers.
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- 252 ...LE DANGER DES ONDES HERTZIENNES
- S
- Au point de vue de la construction proprement dite, la France est restée très en retard sur l’étranger. En Allemagne, en Suisse, aux États-Unis, des usines importantes se sont attachées à produire des machines qui rentrent, au fond, dans les divers types ici mentionnés, mais auxquelles on a apporté de nombreux perfectionnements, des améliorations de détail. Les États-Unis se sont consacrés spécialement aux appareils à additionner tels le Compto-
- seulement, met en relief l’importance de la demande en fait d’appareils à calcul. 11 serait à désirer que nos construct"él¥s4rançais donnent une impulsion un peu plus vite à la construction des machines à calculer proprement dites, nous voulons dire, à celles établies en vue des quatre règles et de la racine carrée. Actuellement, et depuis longtemps, la demande est beaucoup plus forte que la production. En ne satisfaisant pas cette demande, nos
- Fig. 4. — La machine Maurel.
- meter de Felt et Tarrant, l’additionneur de Bur-roughs, et surtout la caisse enregistreuse des frères Patterson laquelle est destinée à donner surtout le contrôle des opérations du comptant dans les magasins.
- M. d'Ocagne nous apprend, dans le Calcul simplifié, que, il y a dix ans, les frères Patterson fabriquaient par an soixante mille caisses de ce type. Ce chiffre colossal, atteint en vingt aus de pratiqué
- fabricants ouvrent de leur propre main la porte à la fabrication étrangère.
- Et en même temps, ils négligent un profit légitime, ce qui est un comble pour un constructeur.
- Souhaitons que le centenaire de Thomas les rende moins incrédules au succès)
- Léopold Reyerchon .
- LE DANGER DES ONDES HERTZIENNES
- Les ondes hertziennes, qui de plus en plus nombreuses sillonnent l’espace, sont-elles sans dangerii-Ne peuvent-elles produire des étincelles qui, prenant naissance en des points insoupçonnés, provoquent des incendies ou des explosions? Dès 1914, ici même (voy. n° 2124 du 7 février 1914) M. Duroquier jetait un cri d’alarme et' exposait quelques expériences et observations troublantes. Nous devons à la vérité de dire que ses avertissements furent assez mal accueillis dans les milieux techniques et ne furent guère pris au sérieux.
- Depuis lors, deux témoignages nouveaux et importants se sont produits en faveur de la thèse de M. Duroquier; l’un est dé M. Georges A. Le Roy qui a fait l’an
- dernier une intéressante communication à l’Académie des Sciences, l’autre est de Njkola Tesla, l’un des pères de la télégraphie sans fil et l’un des ply/j grands inventeurs de notre temps, qui n’hésite pas attribuer’ aux ondes hertziennes l’incendie récent et inexpliqué d’un dirigeable américain, survenu au cours d’un, vol à Chicago
- M. Le Roy a étudié au laboratoire l’action incendiaire des ondes hertziennes, et il a construit, pour effectuer ses investigations,un appareil qu’il dénomme résonnateur inflammaievr. C’est un résonnateur de Hertz A, dont les extrémités s’engagent dans un ballon en verre
- à 4 tubulures ; ces extrémités sont petites et vissent dans
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- LA DOMESTICATION DE L’ÉLEPHANT D AFRIQUE AU CONGO ..: 253
- 2 écrous ; elles peuvent recevoir à leurs extrémités des électrodes Ct' C2 de forme et de nature diverses. L’étincelle du résonnateur éclate donc ici en vase clos, en contact avec les substances inflammables qu’on étudie; le ballon est muni en outre à sa tubulure supérieure d’un thermomètre T, d’un manomètre M et d’un tube abducteur II. La tubulure inférieure livre passage à travers un presse-étoupe à une tige D qui porte un plateau en mica, sur lequel on place la substance à étudier. On peut enfin chaufferie ballon dans un bain d’huile.
- M. Le Roy produisait des ondes au moyen d’une bobine de Ruhm-korfî. Malgré les intensités électriques restreintes mises en œuvre, il a pu déterminer à la distance de quelques mètres l'inflammation de substances combustibles diverses, fulmi-coton, amadou, étoupes, papier, coton ou ouate, laine émincée. L’inflammation lui a paru facilitée par l’emploi d’électrodes en fer.
- « Ces expériences de laboratoire présentent, dit M. Le Roy, des points de similitude caractérisée avec ce qui existe dans la pratique courante quant à l’incendie des ballots dé coton, tels que les établit l’industrie. En èflpt, lesdites ballés de coton brut sont encerclées, Sous compression, par des bandes ou cercles en fer. Si, au cours des transports, un cercle vient à se trouver rompu ou dériveté et disjoint sous l’action de la force d’expansion centrifuge du coton comprimé, ou par une autre avarie telle qu’un choc,il en résultera une minime solution de continuité métallique dans le cercle, par quoi se trouvera réalisée une sorte de résonnateur hertzien.
- Sous l’influence des ondes électriques, émises par la télégraphie sans fil (mais pouvant aussi résulter de l’électricité météorologique), des étincelles éclateront au point de solution de continuité, et, se trouvant en contact avec des fdoches de coton, elles enflammeront celles-ci, déterminant ensuite l’incendie du ballot et des ballots voisins. )
- Voici maintenant ce que déclare Nikola Tesla dans la revue américaine Electrical Expérimenter, en rappelant ses travaux célèbres sur les effets d’induction des courants, à très haute fréquence.
- « Je sais, par expérience, dit-il, que faute de précautions spéciales des incendies et des explosions peuvent être produits par les transmetteurs sans fil. Dans mes expériences de Colorado, lorsque l’installation était puissamment excitée, les parafoudres des distribu-lions électriques, dans un rayon de 12 milles (19 km), étaient court-circuités par des arcs continus, plus intenses et plus persistants que ceùxqui prennent naissance dans les orages électriques ordinaires. ))
- Tesla rappelle qu’il a allumé, par induction, des lampes à incandescence à de grandes distances du point où était produite l’énergie électrique. Dans une de ses expériences, il a allumé plusieurs lampes à 50 mètres de distance.
- Récemment un dirigeable, sur lequel on fondait de grands espoirs, prit feu à Chicago à sa première sortie et l’ôn n’a pu trouvera cette catastrophe aucune explication plausible. M. Tesla n’hésite pas à en rendre responsables les ondes hertziennes.
- Ainsi, l’on peut considérer aujourd’hui comme établi que l’énergie que nos postes radios mettent en jeu dans l’espace peut, dans certaines circonstances, prendre des formes dangereuses, et provoquer des incendies ou des explosions.
- C’est là un danger contre lequel il y a lieu de se mettre en garde ; les accidents seront rares sans doute; mais s’ils intéressent une cargaison de matières inflammables ou explosives, les conséquences peuvent être tragiques. Il sera donc bon de vérifier, dans des cas analogues, que les précautions contre les décharges électriques sont toujours minutieusement prises. R. V.
- —oc
- Eig. i-
- Résonnateur injlammateur de M. Le Roy.
- L’ÉLÉPHANT D’ASIE ET LA DOMESTICATION DE L’ÉLÉPHANT D’AFRIQUE
- AU CONGO BELGE
- Le roi Albert vient d’engager, par l’intermédiaire du vice-roi des Indes, plusieurs cornacs et aides cornacs hindous, pour compléter le dressage des éléphants qui sont domestiqués depuis plusieurs années dans Ja station d’Api (Uele), au Congo belge. .
- L’entreprise si intéressante, commencée par Léopold II, entre ainsi dans une voie nouvelle, qui complétera les résultats obtenus par le directeur d’Api, le commandant Laplume.
- L’utilisation de l’éléphant pour la guerre et pour les* transports est réalisée depuis bien des siècles en Asie. Les Grecs d’Alexandre le Grand eurent à combattre des phalanges de ces animaux.
- Beaucoup plus tard, les Carthaginois firent usage d’éléphants africains, plus grands et plus féroces que l’éléphant d’Asie, et armés d’énormes défenses, dont ils se servaient d’une manière redoutable dans les combats.
- L’histoire rapporte que le général carthaginois
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- 254 -— LA DOMESTICATION DE L’ELEPHANT D’AFRIQUE AU CONGO
- Hamilear fit écraser, par ses éléphants de guerre, ses soldats révoltés. Les charge< des éléphants, rendus furieux par des boissons fortes, par les cris et les aiguillons des cornacs, décidèrent la victoire dans plus d’une bataille de l’antiqiiilé.
- Les monnaies romaines de Scipion et de Caracalla portent des figures d’éléphants, reproduisant très exactement les caractères distinctifs de l’éléphant d’Afrique.
- Après la chute de l’empire romain, la domestication de l’éléphant d’Afrique fut-complètement abandonnée. Pendant plus de douze siècles, on n’en fit plus mention. L’éléphant africain était tenu pour un animal féroce et indomptable ; le secret de son dressage semblait perdu. Les essais timides, pratiqués
- gnèrent à la nage le rivage distant d’environ 300 mètres. Toutes les populations du littoral accoururent pour contempler ces mastodontes, qui obéissaient avec une grande intelligence à toutes les volontés de leurs cornacs.
- L’expédilion, conduite par un consul anglais M. Carter, comprenait 700 porteurs. Chaque éléphant reçut une charge de 500 kilogs, et remplaça donc 20 porteurs.
- La route menant vers le Tanganika présentait malheureusement des passages difficiles, d'immenses marécages où les éléphants enfonçaient jusqu’au poitrail, des jungles épaisses où l’on devait tailler une route à la hache et, de plus, des parties i arides où les vivres et l’eau faisaient défaut. Le
- Fig. i. — Les chasseurs d’éléphants du commandant Laplumeen içoà.
- dans plusieurs colonies, n’avaient donné aucun résultat pratique; exécutés sans méthode et sans esprit de suite, ils n’avaient porté que sur des sujets isolés.
- Mais, en 1878, le roi des Belges, Léopold II, organisa des expéditions antiesclavagistes ayant pour objectif le lac Tanganika.' Frappé par les difficultés considérables du transport des approvisionnements à travers l’Est Africain, il fit acheter aux Indes quatre éléphants dressés, à savoir; deux mâles : Sundergrund et Nad^rbux, et deux femelles : Sousan-Kali et Puimalla. Un état-major de treize mahouls ou cornacs les accompagnaient.
- Celte entreprise avait pour origine le voyage que le roi Léopold avait fait à Ceylan, lorsqu’il était encore prince héritier. Ayant étudié les services que rendait l’éléphant aux Indes, le roi réélut d’acclimater au Congo belge des éléphants indiens, et, en cas de réussite, de créer au centre de l’Afrique des établissements de dressage, à l’instar de Ceylan.
- Les quatre ^éléphant s arrivèrent à Dar-es-Sâlam , le 1er juin 1879. Hissés hors de la cale au moyen de palans, ils furent déposé dans la mer et ga-
- mâle Sundergrund périt bientôt, frappé d’insolation ou d’apoplexie.
- La caravane de Carter rejoignit à Mpwapwa celle du commandant belge Popelin, et s’engagea dans l’U-gogo, dont les habitants furent frappés de stupéfaction et d’épouvante à la vue des éléphants. Jamais il ne leur était venu à l’idée que ces gigantesques animaux, si redoutés en Afrique, qui éventrent les buffles, déracinent les arbres des forêts et, de leurs barissements, font trembler le pori (brousse), pussent s’apprivoiser et obéir à l’homme.
- On avait traversé les deux tiers de l’Ugogo, quand le second mâle, Naderbux, tomba malade et dut être abattu.
- Les épreuves des hommes et des deux éléphants restants devinrent terribles dans le désert de la Mngonda-Mkali, contrée sinistre, succession de roches abruptes et d’inextricables halliers aux cruelles épines.1 L’éau et les fourrages manquaient.
- Quinze jours se passèrent sans rencontrer un village ou le moindre vestige de culture. Cependant les deux femelles arrivèrent à Tabora,
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- et firent dans cette ville une entrée triomphale.
- Carter quitta Tabora quelques jours plus tard et s’avança vers Karema, poste fortilié établi par les Belges sur le lac Tanganika. L’éléphant Souzan-Kali, malade depuis quelques jours, mourut subitement en vue de Karema.
- La vieille femelle Pulmalla, l’éléphant pilote le mieux dressé et le plus intelligent, arriva donc seule à destination.
- On attendit les ordres du roi. Celui-ci considéra l’entreprise comme ayant donné des preuves d’utilité suffisantes pour justifier sa continuation.
- En novembre suivant, un second Anglais, M. Ca-denhead, et deux Belges, MM. Burdo et Roger, quittèrent l’Europe pour rejoindre Carter, se rendre avec lui aux Indes et acheter de nouveaux éléphants. Les trois voyageurs arrivèrent sans encombre à Karema, où Putiîîàlla faisait la joie de la petite colonie et des indigènes. On ne parlait que d’elle, de ses tours de force et de ses espiègleries, et le poste était devenu un lieu de pèlerinage pour toutes les peuplades des environs du lac.
- Carter et Cadenhead, emmenant avec eux les cornacs hindous, quittèrent Karema le 12 juin 1880 sans se douter qu’ils marchaient à la mort. Leur caravane fut attaquée quelques jours plus tard par 3000 Rouga-Rougas de Mirambo et de Simba. JLes deux Européens, les Hindous et les porteurs périrent massacrés, malgré leur défense héroïque.
- Peu après le drame, l’éléphant Pulmalla, qui, après le départ de son cornac, refusait toute nourriture, déclina brusquement et mourut.
- Le roi Léopold estima que ces expériences avaient démontré la possibilité d’employer utilement les éléphants en Afrique, à condition de leur faire suivre des routes tracées, de leur assurer une abondance de nourriture et de boisson, et de les faire conduire par des cormes expérimentés. L’éléphant d’Afrique, très abondant au Congo, habitué au
- Fig. 2. — /eune éléphant nouvellement capturé dans l’Uele.
- climat, insensible aux attaques de la mouche tsé-tsé, paraissait beaucoup mieux approprié que l’éléphant d’Asie, aux conditions spéciales des transports africains.
- Le roi choisit, pour diriger l’entreprise de capture et de dressage des éléphants sauvages, le commandant Laplume. Cet officier, qui avait bataillé pendant six ans dans l’Uele avec Chaltin et commandé le poste de Redjaf, qui était de plus un chasseur très expérimenté, fut envoyé au Congo en juillet 1899, pour commencer le dressage des éléphants.
- Après avoir examiné au Gabon la façon dont un colonial français avait dressé un jeune éléphant, parfaitement apprivoisé, Laplume s’établit à Kira-Vungu, dans l’Uele.
- Quaire ans plus tard, bien qü’il eût dû livrer dix-huit combats aux indigènes pour réprimer une révolte, il avait déjà capturé et dressé 12 éléphanteaux.
- En 1904, il atteignit, au prix d’une peine énorme, le nombre de 28 éléphanteaux bien portants, sachant tirer la charrue et transporter des matériaux.
- On peut dire que, dès cette époque, la capture et le dressage de l’éléphant d’Afrique étaient résolus.
- Le Commandant Laplume avait d’abord essayé des trappes indigènes, trous profonds, couverts de branchages, dans lesquels les éléphants tombaient et pouvaient être ligotés.
- Une ligne de trappes, longue de plus d’un kilomètre, barra la savane entre la rivière et la forêt.
- Un jeune éléphant ne tarda pas à y tomber, mais les éléphants sauvages accoururent, le saisirent avec leurs trompes et le retirèrent de la trappe. Un second éléphanteau se fit prendre; il avait deux mètres de taille et portait des défenses respectables. Les éléphants sauvages qui voulaient le délivrer furent, cette fois, écartés à coups de fusils, mais, le captif mourut subitement, au
- Fig. 3. — Dressage des éléphants à la station d’Api. (Cliché Thélie, 1914.)
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- moment où on allait le faire sortir par un plan incliné. Ces morts subites sont fréquentes chez les éléphants à la suite de fortes émotions.
- Laplume essaya ensuite une forte enceinte ou Kraal, comme on en emploie aux Indes pour capturer l'éléphant. Elle est précédée d’un couloir largement évasé dans lequel, au moyen de plusieurs centaines d’indigènes, on rabat les troupeaux d’éléphants. L’expérience réussit très bien et plusieurs éléphants furent enfermés, mais il fut impossible de s’en rendre maître : c’étaient des adversaires de grande taille, d’une sauvagerie inouïe et si dangereux qu’il fallut leur rendre la liberté.
- C’est alors qu’on trouva le meilleur moyen de capture, encore employé aujourd’hui. Les chasseurs ayant abattu une lemelle suitée, le petit, qui n’avait que 90 centimètres de hauteur, essaya de fuir dans la forêt. Mais les chasseurs, tous anciens soldats de Laplume, très agiles et audacieux, se jetèrent sur l’animal, et malgré les menaces du troupeau sauvage, le renversèrent, l’entravèrent au moyen de lianes et le ramenèrent triomphalement dans l’enclos.
- Plusieurs autres furent capturés de la même façon,
- Une nouvelle difficulté se présenta toutefois, car ces éléphants, trop jeunes, moururent rapidement, bien qu’on leur sacrifiât toutes les boîtes de lait condensé que possédait le poste.
- Les chasseurs s’attaquèrent donc à des jeunes de plus en plus grands, ayant 1 m. 15 à 1 m. 20, au moment de la capture, et arrivèrent même à prendre de vive force des animaux mesurant 1 m. 50 et armés de défense de 50 centimètres de longueur. .
- Des éléphants de cette taille sont habitués à se nourrir de feuillages et brindilles d’arbres et peuvent être conservés en captivité sans grandes difficultés.
- La station de dressage d’éléphants fut transférée
- à Api en août 1904. Elle ne comprenait au début qu’un enclos de 2 ares, ombragé de quelques arbres. Deux indigènes y habitaient avec les éléphants, et, à force de patience et de douceur, leur inspirèrent confiance.
- On put bientôt les laisser sortir journellement de leur enclos et pâturer dans la brousse. Ils sortent au point du jour, reviennent s’abriter au poste durant les heures chaudes de la journée et pâturent encore dans la soirée. Quelques friandises, bananes, manioc, pain de maïs, les attendent à leur rentrée et les récompensent de leur bonne volonté. Le troupeau est mené chaque jour à la rivière pour s’y baigner et s’y divertir. La docilité de ces animaux est parfaite. Quand on essaya de faire porter un cornac par les plus grands éléphanteaux, ils résistèrent d’abord avec violence, mais s’habituèrent assez vite à porter, soit un homme, soit une charge.
- On fit ensuite des exercices de traction en attelant les éléphanteaux à un tronc d’arbre dont on augmenta le poids petit à petit; puis on attela des chariots.
- Bref, en 1907, il y avait à Api 25 éléphants, dont la taille variait de 1 m. 50 à 1 m. 72. Us se comportaient fort bien, se laissaient monter facilement, même par des Européens.
- On leur faisait faire fréquemment des promenades d’entraînement dans lesquelles ils montraient une prudence extrême et une grande adresse ; ils traversaient sans difficulté les marécages, montaient et descendaient les pentes les plus abruptes. On les employait à transporter les briques pour les constructions, à tirer des chariots, à labourer la terre; ils suivaient le sillon très attentivement, comme le feraient les bœufs les mieux dressés.
- La difficulté principale provient de la mortalité considérable de la première année de captivité et qui résulte, soit de marasme, soit de brimades ou
- Fig. 4. — Le bain journalier à Api, içoq.
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- Fig. 6. — Transport de troncs d'arbres à la station à'Api.
- sévices infligés par les plus anciens éléphants sur les jeunes nouvellement capturés, soit, enfin, de la difficulté avec laquelle se guérissent les plaies, même légères et superficielles.
- L’insolation est également très à craindre : l’éléphant sauvage se met toujours à l’ombre pendant la grande chaleur.
- Au premier janvier 1918, le poste de Api renfermait 30 éléphants. Le plus âgé est une femelle, capturée en 1902, haute de 2 m. 09. L’éléphant qui a la plus grande taille est aussi une femelle, nommée Marie, capturée en février 1905 et mesurant au garrot 2 m. 26. La plupart des éléphants ont
- plus de 1 m. 80; cinq d’entre eux dépassent 2 mètres; deux n’ont que 1 m. 45. La dernière recrue, l’éléphant Pamba, est une femelle capturée en janvier 1914 et mesurant 1 m. 45.
- On ne commence le dressage proprement dit, que lorsque les éléphants ont l’âge voulu et une taille d’environ 1 m. 80.
- La croissance est mesurée régulièrement : elle fut en 1917 de 2 à 7 centimètres en 9 mois.
- Les captures n’ont pu être recommencées depuis 1914, le Commandant Laplume ayant passé deux ans comme prisonnier de guerre en Allemagne et son adjoint, M. Magnette, ayant également été retenu
- Fig. 7. — Jeunes éléphants labourant à Api.
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- en Europe par la guerre. D’ailleurs, le Gouvernement du Congo, cherchant à réaliser des économies, avait fait suspendre les captures et même le dressage des éléphants.
- Il s’en fallut donc de peu qu'une des initiatives les plus intéressantes prises, par les Belges en Afrique, ne fut abandonnée avant d’avoir pu produire un effet utile.
- Mais le Roi Albert, qui porte le plus vif intérêt à tous les progrès de la colonie belge, prit à sa charge particulière les frais de la station et pour arriver plus rapidement à des résultats plus pratiques, fit engager aux Indes un personnel spécialiste, chargé d’essayer à Api les méthodes indiennes de dressage, de harnachement et de travail. Ces cornacs demandèrent aussitôt une longue liste de médicaments indispensables pour traiter les éléphants malades ou blessés. Les essais d’utilisation systématique seront commencés sous peu et sous une forme commerciale, c’est-à-dire que les animaux travailleront chaque jour pendant plusieurs heures, la durée du travail étant proportionnée à l’àge de chaque animal.
- Les éléphants d’Api appartiennent à la grande
- race congolaise, bien distincte de la race plus petite qui habite les marécages de la frontière orientale.
- L’éléphant d’Afrique, présente, en effet,'plusieurs variétés, différant sensiblement par leur taille et par la forme des oreilles.
- Contrairement à ce que l’on admet souvent, l’éléphant d’Afrique n’appartient pas à la même espèce zoologique que l’éléphant d’Asie. Il se distingue par une têle allongée, flanquée d’énormes oreilles, armée de défenses puissantes et d’une trompe fortement annelée. La ligne du dos, très caractéristique, est nettement ensellée, l’échine formant sur la croupe une bosse prononcée. La queue est longue et terminée par une forte touffe de longs crins noirs. L’éléphant d’Asie, au contraire, a la têle courte, le front énorme et saillant, de petites oreilles, des défenses presque toujours petites ou nulles, un dos convexe et jamais ensellé, une queue courte. Le nombre de doigts n’est pas le même. Enfin, la taille de l’éléphant d’Afrique dépasse de 1 à 2 pieds celle de l’éléphant asiatique.
- Edm. Leplau.
- Professeur à l'Univcrsiié de Louvain. Directeur General de l’Agriculture au Ministère des Colonies de Belgique.
- LES ÉLÉMENTS
- Leur classification. — Leur filiation. — Leur constitution.
- La presse quotidienne a fait grand bruit récemment autour des travaux de l’école anglaise et particulièrement de ceux du professeur Rutherford sur la transmutation de la matière. Le problème scientifique peut d’ailleurs être considéré comme résolu depuis le jour déjà lointain où Curie a découvert le radium qui, spontanément, se désintègre pour donner finalement naissance à l’hélium. Mais, tandis que cette désintégration échappe entièrement à notre contrôle et continue immuable quelles que soient la température, la pression et les actions physiques auxquelles on la soumette, il est d’autres transformations que nous pouvons provoquer, activer ou ralentir. Ce sont les physiciens de l’école anglaise : Ramsay, Rutherford, J.-J. Thomson, pour ne citer que les plus illustres, qui ont étudié ces phénomènes.
- Signalons en passant que dans ce domaine où la voie, comme dans tant d’autres, a été ouverte par un Français, ce sont les savants étrangers qui ont tiré les conclusions et les déductions fécondes. Il est à regretter que la France n’ait jamais que le rôle d’initiatrice et ne profite pas pleinement des idées originales dont elle est la patrie.
- • Quoi qu’il en soit, il est actuellement bien démontré que les éléments, si totalement différents au point de vue chimique, ne sont pas sans étroite relations intimes. Ce sont les divers membres d’une famille, se déduisant les uns des autres. Nous sommes arrivés maintenant non seulement à'con-’
- naître l’élément initial commun, mais encore les groupements de ces noyaux élémentaires particuliers à chaque corps chimique. Ainsi se trouvent justifiées et en même temps élargies les conclusions qui avaient conduit les chimistes à classer les corps suivant certaines familles, en se guidant uniquement sur les analogies de réaction^ ou de propriétés.
- Nous allons passer en revue les principales des nombreuses classifications qui ont ainsi été proposées et indiquer en même temps l’état actuel de nos connaissances sur la structure intime des atomes chimiques.
- Ce n’esl guère que vers 1864 que le développement scientifique de la chimie permit de disposer d’un nombre de données suffisant pour meltre en évidence l’existence de relations entre les propriétés des éléments et leurs poids atomiques.
- Les classifications des éléments chimiques. — Newlands, Loth*rMeyer, Mende'eif. — Newiands, le premier, remarqua que si l’on écrit les éléments dans l’ordre de leur poids atomique, on obtient un système «d’octaves», le premier et le dernier d’une série de huit éléments consécutifs ayant des propriétés analogues, par exemple; le chlore et le fluor, le soufre et l’oxygène.
- Après lui, Lothar Mryer rangea les éléments d’après leur volume atomique, c’est-à-dire le produit de leur volume spécifique par leur poids atomique.
- Si on trace la courbe des volumes atomiques en
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- LES ÉLÉMENTS
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- fonction des poids atomiques, on obtient la figure 1. On voit immédiatement que celte courbe est formée d’une série d’ondes dont les sommets sont occupés par les métaux alcalins. Il exi>te deux ondes de faible amplitude, entre le lithium et le sodium et entre le sodium et le potassium, et deux ondes de grande amplitude entre le potassium et le rubidium et entre le rubidium et le cæsium.
- Les éléments correspondant aux minima des ondes sont le bore, le carbone, l’aluminium, le cobalt, le ruthénium et l’osmium. Us n’appartiennent pas, comme pour les éléments situés aux crêtes, à une même famille, mais à deux groupes nettement
- propriétés élecfrochimiques ; on trouve ainsi que les métaux alcalins en groupe sont les plus fortement électropositifs, tandis que les halogènes sont les éléments les plus électronégatifs, ce caractère variant d'intensité avec la variation du poids atomique.
- Au lieu de s’adresser aux propriétés physiques, Mendeleieff a classé les éléments en s’appuyant sur leur valence, c’est-à-dire d’après le nombre d’atomes d’halogènes ou mieux d’oxygène avec lequel ils sont capables de s’unir. Cette classification célèbre, que nous reproduisons ci-dessous, met en évidence l’exi>tence de groupes, ou séries, au nombre de huit,
- 80 70 60 Qj 5 40 <b 1» O 20 10 n - CS a
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- ^ ne ne - y rr uniwu-ytr tu iw
- O 40 80 120 160 200 220
- Poichs atomique
- Fig. i. — Courbe des éléments par ordre croissant de poids atomiques. s
- (En abscisses : les poids atomiques, en ordonnées les volumes atomiques).
- différents : le bore et l’aluminium n’ayant aucun point de contact avec le cobalt ou l’osmium.
- On remarque qu’il y a une solution de continuité entre le cérium et le tantale et une autre entre le bismuth et le thalium. Dans la première les éléments rares sont venus se placer plus tard.
- Tandis que Lolhar Meyer avait fondé sa classification sur la considération du volume atomique des éléments, on peut prendre d’autres propriétés; par exemple, le point d’ébullition, le point de fusion, les propriétés magnétiques ou électrolytiques.
- C’est ainsi que lorsque l'on électrolyse du chlorure de sodium, l’un des éléments, le sodium, se dégage à la cathode, il est dit électro-positif, le chlore se dégageant à l’anode est dit électronégatif. Ces termes sont d’ailleurs relatifs; par exemple le soufre est négatif, par rapport au sodium, mais positif par ra^ort au chlore.
- On peut classer les éléments suivant leurs
- renfermant des éléments plus ou moins voisins comme propriétés. On préfère généralement la table de Lothar Meyer que nous donnons également et qui rassemble mieux les corps chimiquement analysés, Soddy a proposé également une représentation hélicoïdale assez curieuse que représente la figure 4. Le succès de la classification de Mende-leielf est dû à ce qu’elle a permis de prévoir, dans les cases libres du tableau, l’existence de corps, non alors découverts, dont on a pu décrire a priori les propriétés générales et la place dans les diverses familles. Ces prévisions, qui se sont vérifiées pour le scandium, le gallium, le germanium, l’argon et l’hélium, ne sont pas l’effet du hasard et mettent en évidence, de façon frappante bien que mystérieuse, l’existence d’un lien réunissant entre eux tous les éléments, quelque différents qu’ils soient comme propriétés physiques et chimiques.
- C’est aux phénomènes de radioactivité et aux
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- phénomènes électriques qu’il faut maintenant avoir recours pour pénétrer plus avant dans la cannâis-sanœ de la matière, y découvrir Y électron, constituant essentiel de tous les corps, et avoir une idée suffisamment nette de la structure des édifices électriques que nous distinguons sous le nom d’atomes chimiques.
- De nombreuses conceptions ont été proposées. Nous allons les passer en revue avec quelques détails; malgré leurs différences, nous verrons qu’un certain nombre de faits sont maintenant définitivement acquis et que l’unité de la matière peut être considérée comme démontrée.
- Nous reviendrons dans un article spécial sur la question de l’électron et sur les preuves théoriques et expérimentales de son existence et de ses propriétés. Admettons pour le moment sa réalité. L’électron est un corpuscule d’électricité négative.
- L* constitution de l'atome de J -J Thomson. — L’une des premières conceptions de la structure intime des atomes est due à J.-J. Thomson.
- Puisque l’atome est électriquement neutre, il doit contenir une quantité d’électricité positive égale à la somme des charges des électrons. Nous ne savons que peu de chose sur l’électricité positive et l’hypothèse la plus simple est qu’elle est répartie uniformément sur une sphère à l’intérieur de laquelle les électrons sont distribués. Cette sphère attire les corpuscules vers le centre, tandis que leur répulsion mutuelle tend à les éloigner, de sorte que l’atome est en équilibre interne quand les répulsions équilibrent les attractions.
- J.-J. Thomson a cherché comment se répartissent les électrons à l’intérieur de la sphère quand leur nombre augmente. Le problème devient rapidement trop compliqué mathématiquement si l’on considère la répartition dans l’espace à trois dimensions. Un cas plus simple à traiter est celui de la répartition dans un plan passant par le centre de l’atome. Bien qu’incomplets, les résultats trouvés par J.-J. Thomson sont suffisants pour indiquer la solution générale du problème.
- Si le système ne contient qu’un électron, il se placera évidemment au centre de la sphère.
- S’il y a deux électrons ils se disposeront en deux points A et B situés . sur une droit? passant par le centre 0 de la sphère et tels que
- OA = OB = |~
- Trois électrons se disposeront aux trois sommets d’un triangle équilatéral de côté égal au rayon.
- Quatre électrons ne peuvent être en équilibre dans un plari. Si nous considérons pour un instant la distribution dans l’espace, les électrons se disposeront au sommet d’un tétraèdre, de côtés égaux au rayon de la sphère et dont le centre de gravité est au centre de la sphère.
- Cinq électrons peuvent être en équilibre dans un plan : ils se placent au sommet d’un pentagone régulier.
- Six électrons ne se placeront pas de façon à former un hexagone régulier; l’un d’eux ira se placer au centre et les cinq autres se répartiront aux sommets d’un pentagone régulier. Ce sera ce que l’on appelle un système à deux anneaux.
- Onze électrons donneront encore un polygone régulier à neuf côtés, et un système central formé de deux électrons.
- Continuant à augmenter le nombre des électrons, on voit que le système double devient instable et il est nécessaire d’admettre un système triple. Ceci se produit quand le nombre des électrons varie de 17 à 32. Ensuite apparaît un système quadruple. On peut ainsi peu à peu arriver à la constitution d’atomes à poids atomique élevé.
- Le raisonnement précédent est purement mathématique. On peut vérifier expérimentalement ses conclusions par une très élégante expérience due a Mayer. Il remplace les électrons par de petites aiguilles aimantées montées sur des bouchons mis à flotter sur une cuve d’eau. La sphère d’électricité positive est remplacée par un large aimant suspendu au-dessus de l’eau, son pôle nord dirigé vers le bas si les pôles sud des aiguilles aimantées sont dirigés vers le haut. En ajoutant les équipages aimantés un à un, la configuration d’équilibre s’établit d’une façon très voisine de celle prévue par le calcul.
- De 1 à ,5 petits aimants, l’anneau unique est stable; pour 6 aimants, l’un d’eux vient au centre, les cinq autres se répartissant également autour de lui, etc.
- Une remarque intéressante dans l’étude de la distribution des électrons est la périodicité à certains intervalles de types de distribution similaires. Par exemple l’atome à 1 ou à 6 électrons a un électron au centre, dans le second cas les 5 autres forment l’anneau extérieur 5 — 5. L’atome à 17 électrons est à 3 anneaux 1 — 5 —11. L’atüme à 32 électrons est à 4 anneaux, un électron au centre, un anneau de 5, un de 11 et un de 15, réalisant la combinaison 1 — 5 — 11 — 15. De même l’atome à 49 électrons est à 5 anneaux 1 —5 — 11—15 — 17. Par suite les atomes à 1, 6, 17, 32 et 49 électrons ont des constitutions semblables. On peut donc s’attendre à ce que les propriétés physiques et chimiques dépendant finalement de la structure atomique aient une certaine analogie.
- En même temps, les atomes dans lesquels le nombre d’électrons est compris entre 6 et 17, 17 et 32, 32 et 49 qui ne sont pas construits sur le type 1 — 5 — Il — 15 — 17 auront des propriétés différentes de celles des précédents.
- On voit donc que la théorie des électrons conduit à soupçonner l’existence d’une certaine périodicité dans les propriétés des atomes quand les poids atomiques augmentent. C’est la loi de périodicité de Mendeleieff-Mayer. Il est clair que cette loi fournit un argument en faveur de la structure électronique de la matière puisque cette théorie prédit, tout au moins qualitativement, la loi qui constitue
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- LES ELEMENTS
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- la plus importante généralisation systématique de la chimie.
- La constitution de l'atome suivant Nicholson.
- — Nicholson a présenté plus récemment une théorie qui diffère de celle de J.-J. Thomson en ce que l’électricité positive n’est plus supposée répartie uniformément sur une sphère enveloppe, mais au contraire est concentrée en certaines régions où elle a une densité uniforme ; ces « grains » d’électricité positive ont un petit rayon comparé à celui des électrons. En même temps ces corpuscules positifs sont considérés comme constituant presque entièrement la masse de l’atome. Par suite la structure de celui-ci est planétaire. « Dans un atome complexe, composé de systèmes plus simples, la disposition des charges positives est semblable à celle des électrons qui gravitent autour d’elles et il n’est pas impossible que beaucoup de ces charges positives soient elles-même en révolution. Elles ne sont pas toutes de mêmes dimensions, bien que les différences soient faibles. Leur masse est si grande qu’une perturbation extérieure qui expulserait l’une d’elles du système total, arracherait en même temps un grand nombre des électrons avoisinants de sorte qu’il est impossible d’isoler une charge positive. »
- Cette manière de voir concordait avec les expériences tentées pour isoler l’unité positive dont on a d’autre part la preuve indirecte de l’existence. Un argument en faveur de la théorie de Nicholson est la découverte par W. Ramsay de l’émanation du radium ou niton (nouveau membre d’une série de gaz monoatomiques) donnant finalement l’hélium. « Bien que les constituants de cet atome existent déjà en équilibre instable avec d’autres groupements, dans, l'atome d’émanation, il est difficile d’imaginer paT/quel moyen il peut en être expulsé. » L’explication, presque impossible, si on admet la
- Pour représenter les divers atomes, Nicholson est conduit à admettre l’existence de trois prototypes ; l’hydrogène et deux éléments hypothétiques, le
- Fig. 3. — Classification de Mendeleieff.
- structure de l’atome de J.-J. Thomson, est plus facile dans la conception de Nicholson considérant l’atome comme un système saturnien renfermant un seul noyau positif.
- Groupes Séries
- 2 4 6 8 10 i2
- l. LL K Rb Cs
- EL , Be Ca Se Ba
- m B (SC) Y La _
- w. C Ti Zr> Ce Th
- V. N V Nô (Oi) Ta
- YJ. O Cr Mo W
- vu. F Mn
- Fe Ru OS
- vm| Ni Rh ir
- — — Co PS Pt —
- i. H A/a Cu Ag Au
- n. m. = Mg Ai Zn (sa) Cd in — 7 —
- iy. Si (Gel Sn Pb
- V. P As Sb Bi
- VI. S Se Te
- VE. — Ci Br 1 ~ —
- / 3 5 7 9 11 (13}
- Fig. a. — Classification de Newlands.
- « nébulium » et le « protofluor ». L’atome d’hydrO-gène posséderait 3 électrons, le nébulium 4 et le protofluor 5.
- Dans ces conditions, en prenant pour poids atomique de l’hydrogène 1,008 (ou 16 pour l’oxygène), les poids atomiques des 2 autres atomes fondamentaux de Nicholson sont :
- Nébulium, n = 4 poids atomique 1,6281.
- Protofluor, n = 5 — 2,3615.
- Si l’on suppose que les atomes complexes sont constitués par des groupements de ces prototypes, on arrive aux résultats suivants.
- L’hélium est formé par un atome de nébulium (Nu) et un atome de protofluor (Pf) que l’on peut écrire
- He = Nu-+-Pf
- et le poids atomique ainsi calculé est égal à 3,9896, tandis que les mesures directes donnent 3,99.
- Voici quelques autres exemples tirés des mémoires de Nicholson. V .
- Argon. Poids atomique 39,88 Carbone. — 12*
- Oxygène. — 16
- Fluor. — 19
- Néon. — 20.21
- lOHe = 39,9.
- 2 lie + 411 =12,008.
- 3 Ile + 4H = 15,996. 3 He +7II = 19,020.
- 6 Pf+ 611 = 20,21.
- Rappelons que ces considérations sont, tout au moins à l’heure actuelle, purement spéculatives. Elles n’en sont cependant pas moins le meilleur des nombreux essais tentés pour élucider la constitution des atomes des divers éléments.
- Le nombre atomique. — Théories de Rutherford, de Bohr, de Moseley. — Nous n’avons encore rien dit de net sur le nombre d’électrons renfermés dans un atome quelconque et jusqu’au développement de la théorie des quanta et des idées nouvelles de Rutherford et Bohr (1911-1915), les renseignements étaient extrêmement vagués, Mais, grâce aux recherches de ces deux phv-'
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- siciens et de Moseley, non seulement nous pouvons dire aveu certitude quel est le nombre d’electrons dans un atome, mais en même temps, nous touchons à la signification profonde du poids atomique découvert depuis plus d’un siècle par les chimistes. Énonçons tout de suite ce résultat fondamental : les nombres atomiques indiquent la charge du noyau positif de l’élément. C’est-à-dire que si e est la charge électrique positive du noyau de l’atome d’hydrogène, et N le nombre atomique d’un élément (J) (en général, N est la moitié du poids atomique), la charge du noyau positif de cet élément sera Ne. Ainsi les relations que l’on a pu établir entre les nombres atomiques et les autres quantités physiques ou chimiques relient ces propriétés à la charge électrique du noyau. On voit immédiatement
- l’atome de Rutherford est instable quant à l’atmosphère électronique. Bohr considère que lorsque les électrons décrivent ainsi une de leurs orbites, c’est-à-dire lorsque le régime intérieur est stationnaire, l’atome ne rayonne pas d’énergie et n’en absorbe pas. Au contraire, comme une série de tels états stationnaires peut être réalisée dans un même atome, lorsqu’un électron passera d’une orbite à une autre, d’un régime stationnaire à un autre régime stationnaire, il y aura absorption ou émission d’énergie à ce moment. L’idée de quanta s’introduit ici très simplement; l’émission ou l’absorption de radiations d’une certaine fréquence n se fait lorsque l’électron passe d’un régime à un autre et la quantité d’énergie mise en jeu est de la forme lie, h étant la constante de Planck. C’est-à-dire que
- Fig. 4. — Représentation hélicoïdale de la loi périodique d’après Soddy.
- l’importance considérable de ce résultat et les nouveaux horizons qu’il ouvre aux savants. Aussi allons-nous essayer d’indiquer brièvement comment on est arrivé à rétablir;
- A cet effet, considérons la structure de l’atome proposée par Rutherford ( 19 H) ; une charge centrale concentrée en un noyau, et entourée d’une « atmosphère » d’électrons décrivant certaines orbites. Pratiquement, toute la masse de l’atome est due au noyau, dont les dimensions sont considérablement plus petites que celles de l’atome. Les électrons sont disposés en plusieurs <c atmosphères » concentriques, chacune d’elles ne renfermant qu’un petit nombre d’électrons.
- Bohr a complété la description de Rutherford en faisant intervenir la théorie des quanta. En effet,
- 1
- 1. Le nombre atomique d’un: élément représente la position de cet élément dans la liste complète des éléments classés par poids atomique croissant. Nous la reproduisons à la fin de cet article.
- l’énergie est émise par grains, par'quantités finies, par quanta en un mot, sous l’influence des agents extérieurs et non pas de façon continue. On est conduit naturellement à cette conception quand on considère la lumière émise, lorsque l’orbite des électrons est altérée, car s’il en était autrement, la longueur d’onde de la radiation varierait graduellement, ce qui est contraire à l’expérience. C’est d’ailleurs la considération des radiations émises par les corps qui a permis de justifier la théorie de Buhr. On sait, en effet, que sous l’action du bombardement cathodique, les corps émettent un spectre de rayons X caractéristique, comprenant plusieurs radiations, dont l’analyse par les cris-, taux (0 permet de calculer la longueur d onde.
- Moseley a étudié systématiquement la relation entre la nature de l’élément étudié et la fréquence de la radiation émise. En comparant la racine
- t. Voir La Nature, n° 2143 — 20 juin 1914.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
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- carrée de la fréquence au nombre atomique de l’élément, Mo>>eley a trouvé qu’une relation linéaire existait entre ces deux quantités. Par suite, le nombre atomique que nous avons défini plus haut a une signification physique profonde.
- Rutherford et Geiger ont alors trouvé le résultat que nous avons donné; N, le nombre atomique (en général égal a la moitié du poids atomique) représente le nombre d'electrons présents dans l’atome;
- il y a donc 2 électrons dans l’hélium, 3 dans le lithium, 8 dans l’oxygène, etc.
- On voit donc que nos connaissances concernant la structure intime des atomes des éléments sont à l’heure actuelle assez précises pour que nous entrevoyions les causes intimes des relations mises en évidence par les classifications chimiques fondées sur des considérations d’un ordre tout différent.
- H, Vigneron.
- Tableau des poids atomiques.
- Éléments. Sym- boles. Poids atomiques Éléments. Sym- boles. Poids atomique
- Hydrogène.. H l7008 Titane . . Ti 48/1
- Hélium . ; He 4 Vanadium . V 51
- Lithium . Li 6.94 Chrome . . Cr 52
- Glucinium Gl 9,1 Manganèse . Mn 54,95
- Bore . . . B 11 Fer. . . . Fe 55,84
- Carbone . C 12,05 Nickel. . . Ni 58,68
- Azote . . N 14,01 Cobalt. . . Co 58,97
- Oxygène . 0 16 Cuivre. . . Cu 63,57
- Fluor . . Fl 19 Zinc . . . Zn 65.37
- Néon . . Ne 20.2 Gallium . . Ga 69,9
- Sodium . . Na 23 Germanium. Ge 72,5
- Magnésium Mg 24.32 Arsenic . . As 74,96
- Aluminium Al 27,1 Sélénium . Se 79,2
- Silicium. . Si 28,3 Brome. . . Br 79.92
- Phosphore . P 51,04 Krypton . . Kr 82,92
- Soufre . S 52,06 Rubidium . Rb 85,45
- Chlore. . Cl 35,46 Strontium . Sr 87,63
- Argon. . A 39,88 Yttrium . . Y 89
- Potassium . K 39,1 Zirconium.. Zr 90,6
- Calcium . . Ca 40,07 Niobium. . Cb 93,1
- Scandium . Sc 44,1 Molybdène . Mo 96
- Eléments. Sym- Poids Éléments. Sym- Poids
- boles. atomiques boles. atomiques
- Ruthénium. Ru 101,7 Dysprosium. Dy 162,5
- Rhodium . Rh 102,9 Holmium . Ho 163,5
- Palladium . Pd 106,7 Erbium . , Er 167,7
- Argent . . Ag 107,88 Thulium. . Tm 168,5 :
- Cadmium . Cd 112,40 Ytterbium . Yb 173,5
- Indium . . In 114,8 I.utelium. . Lu 175
- Etain . . . Sn 118,7 Tantale . Ta 181,5
- Antimoine . Sb 120,2 Tungstène W 184
- Tellure . . Te 127,5 Osmium . . Os 190,9
- Iode . . . I 126,92 Iridium . . Ir 193,1
- Xénon. . . Xe 150,2 Platine. . . Pt 195,2
- Cæsium . . Cs 132.81 Or ... . Au 197,2
- Baryum . . Ba 137,57 Mercure . . Hg 200,6
- Lanthane . La 139 Thallium Ti 204,0
- Céri um . . Ce 140,25 Plomb. . . Pb 207,2
- Praséodyme. Pr 140,9 Bismuth . Bi 208
- Néodyme. . Nd 144,3 Niton . . . Nt 222,4
- Samarium . Sa 150,4 Radium . R a 226,0
- Europium . Eu 152 Thorium . . Th 232,4
- Gadolinium. Gd 157,3 Uranium. . U 238,5
- Terbium. . Tb 159,2
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mars 1920.
- La prévision du temps. — Tous les traités de météorologie s’accordent a dire que l’apparition des cirrus est un indice de mauvais temps. Une telle règle ne peut s’appliquer sans un coefficient de certitude;que MM. Re-boul et Dunoyer ont déterminé à la suite d’expériences, échelonnées sur deux périodes, dont l’une de douze mois, faites à la station du plateau de Malzéville.
- La respiration des plantes parasitées par les champignons. — Los essais antérieurs avaient montré à M. Nicolas que les champignons exagèrent la transpiration des végétaux qu’ils envahissent et que les Fuma-gines notamment gênent l’assimilation chlorophyllienne. La méthode de l’air confiné vient d’être appliquée par ce savant à des expériences comparatives, portant sur des tiges, des pétioles, des limbes foliaires ou des inflorescences.
- Le pouvoir dynamogène de l’alcool. — Sur une telle question, les physiologistes sont loin de réaliser un
- accord unanime, et les opinions sont des plus partagées. M. Athanasiu vient de poursuivre une série d’études sur le travail des muscles de l’avant-bras, fléchisseurs des doigts. Il en a conclu que non utilisable par l’organisme, et ne pouvant s’incorporer au protoplasma vivant, l’alcool reste pour celui-ci une substance non seulement étrangère, mais encore toxique et paralysante. De là toute la série d’illusions, soit d’échauffement, soit de force plus grande, qu’il procure à ses victimes.
- Le rôle du bétail dans la défense contre la malaria*. — Les animaux domestiques exercent une forte attraction sur les anophélines et les recherches effectuées par M. Jean Legendre mettent en évidence le rôle de premier ordre qu’ils jouent dans la protection de l’homme contre le fléau paludéen. Ce qui ne doit pas d’ailleurs faire négliger les ennemis naturels des moustiques, notamment les poissons, qui se nourrissent particulièrement de larves de culicides,
- Paul B.
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- GAZOMETRES GIGANTESQUES
- Nous, empruntons à notre confrère Scientific American, une figure représentant le montage d’un des plus grands gazomètres du monde, le gazomètre de 280000 m3 de l’usine à gaz de Chicago. Il mesure 82 m. de diamètre et le sommet de ses appareils de guidage est à 69 m. au-dessus du sol. Ce réservoir n’est pas, du reste, le plus grand du monde. Le record est détenu par le gazomètre de Astoria, Long Island, près de New York aux Etats-Unis, qui a une capacité de 420000 m3.
- Vient ensuite celui de East-Greenwich, en Angleterre, qui cube 350 000 m3 et mesure 90 m. de diamètre et 60 m. de hauteur. Le gazomètre de Manchester est de 296 000 m3. Celui de Chicago ne vient donc qu’au 4e rang, qu’il partage avec deux
- second cylindre télescopique et ainsi de suite. Les gorges remplies d’eau assurent une fermeture hermétique.
- Il est piquant de se reporter aujourd’hui à un siècle en arrière, au moment où le gaz d’éclairage faisait, en Angleterre, ses débuts industriels. Les premières cloches gazométriques employées par Murdoch étaient de 8 m3, elles étaient en bois. Pendant longtemps, on ne dépassa pas les capacités d’une centaine de mètres cubes; c’est la crainte injustifiée des explosions qui fut la cause de cette stagnation/Bien que la masse de gaz enfermée dans le gazomètre, ne soit en aucune façon dangereuse, puisqu’il lui manque l’oxygène, élément essentiel à la combustion et à l’explosion, les
- Rivetage du dôme du gazomètre de Chicago.
- autres gazomètres de même capacité montés à New York.
- Après ces géants, citons le gazomètre de Hambourg, 200 000 m3, celui de Bèrlin-Tegel,
- 225 000 m3, celui de la Société du gaz de Paris au Landy, 150 000 m5.
- Tous les gazomètres, les plus grands comme ceux des plus modestes usines sont établis sur le même principe et reproduisent la disposition essentielle adoptée dès le début de l’industrie gazière par Murdoch. Ils comportent un récipient cylindrique en tôle et un bassin rempli d’eau dans lequel il plonge. Lorsque le récipient est vide, il repose sur le fond du bassin, il se soulève au fur et à mesure qu’il se remplit de gaz et s’abaisse lorsque la quantité emmagasinée diminue.
- Lorsque l’on veut réaliser des gazomètres de très^ grande capacité, on les construit suivant le système télescopique. Ils sont alors constitués par une série de cylindres disposés concentriquement, celui de plus faible diamètre formant cloche.
- Le gaz en pénétrant dans le gazomètre soulève d’abord ce dernier, qui porte à la partie inférieure un rebord annulaire ou gorge ; cette gorge, lorsque la cloche arrive en haut de sa course, soulève le
- cloches à gaz, petites ou grandes, ont longtemps suscité les appréhensions du public et même des autorités.
- M. Masse, dans son magistral Traité du gaz, conte l’amusante anecdote suivante : lorsqu’en 1813, une Commission de la Société Boyale de Londres fut chargée d’examiner l’installation de l’usine à gaz établie par Samuel Clegg, un ingénieur gazier célèbre, les membres de cette Commission furent effrayés de ce que le gaz non encore émis, s’accumulait sous la cloche d’un gazomètre, et décidèrent d’obliger l’industriel à ne pas construire de gazomètre ayant plus de 170 m3. Encore ceux-ci devaient-ils être enfermés dans des murs de forte épaisseur et très solides. Tandis que la Commission discutait auprès d’une cloche gazométrique pleine de gaz, Clegg se fit apporter un- poinçon et une chandelle allumée; d’un coup vigoureux de l’outil, il perfora la paroi de la cloche et approcha la flamme de l’orifice. La Commission de la Société Boyale s’enfuit à toute allure et Clegg, resté auprès du gazomètre, regardait paisiblement sortir de la cloche un beau jet de flamme-; la démonstration était faite du peu de danger des gazomètres.
- R. Viliærs.
- Le Gérant : P, Masson. —Imprimerie Laiiüre, 9, rue dé Fleurus, à Pans.
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- LA NATURE.
- 22 MAI 1920
- — N°‘ 2406-2407.
- L’INDUSTRIE DU MAGNÉSIUM EN FRANCE
- Nous n’invoquerons pas, pour attirer l’attention sur les propriétés et sur les emplois intéressants de ce métal, un intérêt national, comme nous l’avons fait dernièrement à propos de l’aluminium (*). On peut, en effet, 'trouver partout les matières premières qui servent à sa production; toutefois, comme sa fabrication industrielle demande de l’énergie électrique, l’intérêt qu’il y a pour notre pays à ne pas la laisser aux mains de nos concur-
- fournissant jusqu’alors le magnésium employé. Il en résulta d’abord une hausse énorme des prix, mais en 1915 différentes Compagnies entreprirent la fabrication dé ce métal, et actuellement les prix se rapprochent de ceux d’avant-guerre. En 1916, quatre producteurs ont fabriqué 75400 livres valant 311500 dollars, soit un prix moyen de 4 dollars la livre. Eu 1917 et 1918, ce prix tomba à 2 dollars. D’après le U. S. Geological Survey
- Usine des Clavaux {Isère), appartenant à la Société d’Électrochimie et d’_.lectrométallurgie. Seule usine Irançaise fabriquant le magnésium.
- rents étrangers apparaît facilement. Nous devons nous trouver en mesure de fournir les quantités de ce métal dont les usages industriels sont déjà intéressants, et qui se développeront au fur et à mesure que ses propriétés seront mieux étudiées et plus connues. Nous devons ajouter que la principale dé nos Sociétés d’Électro-Chimie, afin de satisfaire les besoins de la Défense Nationale, a réalisé la fabrication industrielle du magnésium dans son usine des. Clavaux, nous libérant ainsi de l’Allemagne, d’où nous venait ce métal jusqu’en 1914,
- Aux États-Unis, l’industrie du magnésium doit également son début à la guerre européenne qui supprima les importations d’Allemagne, seul pays
- 1. Voir La Nature, n° 2384 du 6 décembre 1919.
- la production des six premiers mois de 1918 a atteint 116 918 livres.
- De même que l’aluminium, le magnésium est, après le fer et le calcium, un des métaux les plus répandus dans la nature. On le trouve, en effet, sous une grande variété de formes et dans la plupart des minéraux connus, et il semble incontestable que ses emplois actuels, ou ceux que l’on pourra trouver, dépendent de sa production et de son prix.
- Tout le monde connaît le magnésium pour en avoir brûlé à l’état de fil ou de poudre à éclair magnésique pour prendre une photographie nocturne ou l’intérieur d’une grotte obscure. Mais c’est à peu près la seule propriété que beaucoup d’entre nous lui connaissent ; il en a, et est susceptible
- 19. — 265.
- 48* Année. — 1" Semestre.
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- 266 ::." :.—: L'INDUSTRIE DU MAGNÉSIUM EN FRANCE
- d’en avoir beaucoup d’autres, plus intéressantes et d’un ordre industriel plus immédiat.
- C’est surtout, combiné au chlore et à l’oxygène, qu’on le rencontre dans la nature : à l’état de chlorure de magnésium dans les eaux de la mer, uni au chlorure de potassium dans les dépôts des anciens lacs salés dont l’évaporation a formé les fameuses mines de Stassfurth. Combiné à l’oxygène, il constitue la magnésie, substance éminemment réfractaire dont la fusion ne peut êlre obtenue que par l’arc électrique. Cet oxyde forme, avec l’acide carbonique, un carbonate qui existe, parfois isolé, mais beaucoup plus abondamment uni au carbonate de chaux pour former la dolomie. On trouve également ce même oxyde dans un grand nombre de minéraux silicatés : le talc, la serpentine, l’écume de mer, etc.
- Un chimiste français, Bussy, l’isola pour la première fois en 1829 en décomposant le chlorure de magnésium par le potassium, et Sainte-Claire Deville, s’inspirant des travaux qu’il poursuivait sur l’aluminium, remplaça le potassium par le sodium, réalisant ainsi une économie dans sa fabrication.
- Les premières recherches sur la préparation du magnésium par l’électrolyse datent de 1845, époque à laquelle Bunsen reconnut que ce métal pouvait être obtenu par l’action d’un courant électrique sur son chlorure fondu. Il se servait pour ses expériences d’un creuset de porcelaine divisé par moitié par un diaphragme ; deux électrodes en charbon plongeaient dans le liquidet, chacune d’elles étant placée dans un des compartiments formés par la cloison : le chlore se dégageait à l’électrode positive, tandis que le magnésium venait se déposer à l’état de globules sur l’électrode négative. Lé sel de magnésium était maintenu à l’état de fusion par une source de chaleur extérieure. Cet appareil reçut des perfectionnements successifs, par Fischer en 1848, mais c’est à Graetzel que l’on doit le premier appareil véritablement pratique pour la préparation électrolytique du magnésium. L’opération se fait dans un creuset en fer servant d’électrode négative, fermé par un couvercle assez épais, dans lequel passe un tube de porcelaine percé de trous à sa partie inférieure et muni sur le côté d’un tube.de dégagement servant à l’expulsion du chlore dégagé au cours de l’opération électrolytique. Ce tube est fermé par un couvercle traversé par une anode en charbon. C’est cet appareil, légèrement modifié par .Borchers, qu’employaient les Allemands pour la fabrication de ce métal à Hemelingen, en électrolysant la carnallite de Stassfurth. Un certain nombre de cuves, semblablement constituées et chauffées direct ement par un même foyer sont montées en tension et alimentées par la même source de courant.
- D’après Minet, dont nous avons eu à citer le nom à propos dë l’aluminium, si l’on admet que la chaleur de formation du chlorure de magnésium à
- l’état solide et à 15° est de 75,5 Calories, et qu’elle reste constante à mesure que la température s’élève, la force électro-motrice nécessaire pour décomposer ce sel est de 3,3 volts. La quantité de magnésium mise théoriquement en liberté par un courant de 1000 ampères-heure est de 440 grammes. En admettant un rendement de 75 %, la quantité d’énergie indiquée produira 330 grammes de métal. D’après cela, la production d’un kilogramme de magnésium entraînerait une dépense d’énergie de 32 chevaux-heure environ.
- Le magnésium pur est un magnifique métal, blanc comme l’argent, dont il possède l’edat; il est extrêmement léger, un peu plus que l’aluminium, sa densité étant de 1,75. Il est peu malléable et ductile à froid, mais il le devient extrêmement entre 350° et 450° : il peut alors être travaillé et étiré. II est également possible de le filer à la presse hydraulique en le comprimant dans un moule en acier chauffé qui porte à sa partie inférieure une ouverture d’un diamètre égal à celui du fil que l’on veut obtenir. Il fond à 651° et entre en ébullition à 1120°. Son poids atomique, très voisin de celui de l’aluminium, est de 24,3. Le métal à 99,6 de pureté, donne une résistance à la traction de 14 kilos par mm2 et un allongement de de 8 °/0 ; la résistance à la compression du métal coulé est de 24 kilos. Sa chaleur spécifique à 20° centigrades est égale à 0,222.
- Ce métal est complètement inaltérable à l’air sec, mais exposé à l’humidité, il perd sa couleur argentée et se couvre d’une mince couche d’oxyde qui le protège d’une oxydation ultérieure. L’eau pure, à la température ordinaire, n’a aucune action sur lui, mais il la décompose à 500° et une trace d’un chlorure quelconque, ajoutée au liquide, provoque l’attaque du métal. .Alors que les solutions d’alcalis caustiques ou le mélange d’acide sulfurique et d’acide nitrique fumant sont sans action sur lui à la température ordinaire, les acides dilués le dissolvent rapidement avec formation d’hydrogène.
- La principale propriété de ce métal est son affinité pour l’oxygène, beaucoup plus grande que celle des autres métaux communs, la chaleur de combustion d’un kilogramme de magnésium étant de 5950 calories; c’est donc un réducteur des plus énergiques dont les emplois sont nombreux pour la préparation d’un grand nombre de corps minéraux ou organiques : il réduit la plupart des oxydes, en libérant le métal. Cette propriété explique également sa combustion à l’air avec production d’une intense lumière verte et bleue, riche en outre en rayons actiniques. De là cette application pour là photographie, dans les travaux souterrains ou les explorations nocturnes, et son emploi dans la fabrication des poudres éclairantes qui ont été si largement utilisées pendant la guerre sous forme de fusées et de bombes lumineuses. Comme il donne, en outre, pendant sa combustion une fumée très blanche, il fut également employé dans la fabrica-
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- L’INDUSTRIE DU MAGNESIUM EN FRANCE
- tion d’obus traçants et d’obus spéciaux pour détermine le réglage des tirs.
- Les deux principales propriétés du magnésium : grande affinité pour l’oxygène et chaleur très élevée de combustion, en font un élément précieux en métallurgie comme agent désoxydant, particulièrement dans la fonderie des métaux non ferreux.
- En ce qui concerne l’aluminium, par exemple, dont nous avons montré les difficultés qui se présentent lors de sa refonte à cause de son oxydation et d’autres phénomènes encore mal définis, absorption de gaz, etc. ; de petites quantités de magnésium, 1/2 °/o environ, introduites dans le métal fondu ou dans ses alliages les plus communs, rendent le produit plus coulant et conduisent à des moulages meilleurs, plus résistants, plus denses, moins poreux, sans soufflures, et avec une augmentation notable de la résistance à la traction du métal coulé.
- L’introduction du magnésium dans les métaux ou alliages fondus demande une précaution un peu spéciale en raison de sa légèreté : il doit, en effet, être saisi au moyen de tenailles en fer et poussé assez lentement jusqu’au fond du creuset, après qu’il a été retiré du feu, ou dans la poche avant la coulée. On l’introduit par petites quantités, afin d’éviter la rupture de la baguette de magnésium, car les morceaux, plus légers que le métal fondu, viendraient flotter à la surface, s’y enflammeraient en s’oxydant aux dépens de l’oxygène de l’air, au lieu d’absorber celui qui est contenu dans le métal. Après un brassage vigoureux et un écumage, on peut couler à la manière habituelle sans employer aucun fondant.
- Il n’est pas nécessaire de chauffer au-dessus de la température habituelle de coulée, puisque la chaleur produite par la combustion du magnésium est suffisante pour éviter le refroidissement consécutif à l’introduction du métal : on peut même couler à une température plus basse, à cause de l’augmentation de fluidité due à la présence du magnésium, et nous avons vu que c’est une des conditions nécessaires pour obtenir de bonnes pièces fondues en aluminium.
- Le magnésium, non seulement désoxyde l’aluminium en donnant un moulage plus dense, mais il permet une amélioralion des formes et des détails. Il améliore également la résistance aux acides et aux alcalis et les propriétés d’usinage en permettent un poli meilleur et plus durable.
- Le magnésium peut également s’employer pour améliorer, dans les mêmes conditions, la qualité du cuivre, du laiton, des bronzes, du nickel, des alliages de cuivre et nickel, etc. Dans tous ces métaux, la quantité-employée doit être très minime et inférieure à 0,1 %. Elle peut être introduite plus facilement en employant un cuproma-gnésium à 10 % de magnésium;- cet alliage peut être coulé en lingots île formes convenables et employé comme le cuprophosphore : un kilo est suffi-
- sant pour désoxyder 150 à 500 kilogs de cuivre.
- Enfin, comme autres emplois du magnésium comme désoxydant, on peut citer le raffinage des crasses de zinc et son introduction dans les bains de galvanisation : il donne un revêtement plus mince et meilleur avec un fini plus brillant et plus argenté. Peut-être pourra-t-il être appliqué à la désoxydation de l’acier, si l’on trouve un moyen de rendre son activité plus lente et plus modérée.
- Après avoir montré l’importance du magnésium comme agent désoxydant, il nous reste à montrer que ce métal peut être un composant d’alliages dont les emplois sont susceptibles de prendre un développement intéressant.
- Avec l’aluminium, il forme un composé défini : Al3 Mg4 fusible à 469°, blanc d’argent, stable à l’air humide, plus dur que chacun des deux composants ; aussi a-t-il été recommandé pour la fabrication des miroirs.
- Les propriétés de la gamme d’alliages que l’on peut faire avec ces deux métaux sont très différentes, suivant que le constituant principal est l’aluminium ou le magnésium. Sous le nom de magnalium, on a désigné les alliages dans lesquels le magnésium peut entrer jusqu’à 30 %> mais avec des teneurs faibles de 4 à 4 °/0, on obtient déjà des produits dont la résistance est fortement accrue et dont les qualités d’usinage sont parfaites. Avec un léger pourcentage en magnésium, il est possible d’obtenir des moulages ayant une résistance à la traction de 14 à 47 kilogs par mm2 et par un travail mécanique de forgeage, martelage ou étirage, cette résistance peut être fortement augmentée.
- Tout le secret d’un procédé pour améliorer les qualités de l’aluminium, préconisé actuellement par un industriel en Allemagne, et dont la presse étrangère et française s’est faite l’écho, ne consiste pas en autre chose.
- Les alliages d’aluminium et magnésium contenant de 40 à 30 % de ce dernier métal ont un poids spécifique de 2 à 2,5 et une belle couleur blanc argent : ils peuvent être moulés facilement, sont ductiles, résistants et susceptibles de prendre un beau poli; quand la proportion du magnésium augmente, la dureté, la fragilité et l’aptitude au polissage deviennent plus grandes. Le magnalium ordinaire à 40 % de magnésium fond entre 650 et 700°. Le zimalium contient jusqu’à 4 0 % de magnésium et 20 °/0 de zinc. Il est plus dur et plus facile à travailler que l’aluminium et possède une résistance à la traciiou double, avec un poids spécifique de 2,65. On a préconisé également un alliage contenant 96 % d’aluminium, 2% de cuivre et 2 °/0 de magnésium pour les pièces légères soumises à des pressions hydrauliques. Un alliage d’aluminium contenant 5 % de magnésium et 2 % de cuivre a donné, après forgeage, une résistance de 48 kilogs, et un alliage contenant 8 °/0 de magnésium et 2 % de nickel, après martelage, a donné 46 kilogs par mm2.
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- Enfin, l’alliage connu sous le nom de duralumin, contenant de 3,5 à 5,3 °/0 de cuivre, 0,5 % de magnésium et 0,5 % de manganèse, est susceptible de durcir par la trempe et de prendre, lorsqu’elle est suivie d’un écrouissage à froid, lè maximum de dureté. Il fond à 650°; son poids spécifique est de 2,8 il résiste à l’eau de mer et aux acides dilués. C’est le plus remarquable des alliages d’aluminium ; ses propriétés ont été mises en évidence par Wilm, au cours de recherches qu’il fit pendant les années 1903 à 1911. Ses propriétés mécaniqnes sont fortement améliorées par un traitement thermique. Quand il est chauffé à une température de 475° et trempé dans l’eau, on obtient une résistance qui, si on laisse le métal plusieurs jours à la température ordinaire, peut atteindre 40 kilogs par mm?, avec un allongement de 20 % : c’est le seul exemple actuellement connu de telles modifications apportées par le temps aux propriétés d’un métal trempé.
- Tout dernièrement, M. Guillet a cherché à approfondir ce phénomène et a montré qu’un point de transformation se trouvait entre 400 et 450°; que l’on pouvait admettre que la trempe de ces alliages produit le maintien de l’état stable à température élevée, et que la dureté est acquise par un revenu qui peut se produire dès la température ordinaire, mais dont la vitesse est augmentée par une élévation de température ne dépassant pas 200°; il existe donc entre le mécanisme de la trempe de cet alliage et celle des aciers un parallélisme frappant.
- Tout le monde connaît les applications intéressantes de ce métal dans les constructions aéronautiques pendant la guerre, par nous et par nos ennemis. Les poutrelles et croisillons du fameux Zeppelin L. 49, capturé en-France à Bourbonne-les-Bains, étaient constituées avec un métal contenant 4 °/0 de cuivre, 1/2 % de magnésium et 1/2 °/0 de manganèse, donnant 39 kilogs 5 de résistance, mais les rivets d’assemblage étaient fabriqués avec un alliage à 2 % de cuivre
- Les alliages de magnésium avec le zinc ou l’étain sont également intéressants. Le composé Zn2 Mg contenant 15,6 °/o de magnésium et 84,3 de zinc
- fond à .590° et possède des propriétés très semblables à celles du composé Al3 Mg4. II est brillant, d’un beau blanc d’argent, dur, stable dans l’air humide et conviendrait également pour la fabrication des miroirs.
- Le magnésium et l’étain sont presque entièrement solubles l’un dans l’autre. Le composé SnMg2 contenant 71 °/0 d’étain est fusible à 783°.
- Notons également que sur le même dirigeable allemand Zeppelin L 49, on avait trouvé dans le poste de T. S. F. des pièces métalliques ayant la composition suivante : magnésium 91 %> zinc 6 °/0, aluminium 2,5 %> manganèse 0,5 °/0 11 s’agit d’un alliage extrêmement léger, de densité 1,83, fusible à 620°, résistant bien aux alcalis et très semblable au fameux « élektron » que la « Chemische Fabrik Griesheim Elektron » fabriquait déjà avant la guerre et que l’on a retrouvé également dans des percuteurs de fusées.
- 11 semble que ces alliages à haute teneur en magnésium, extrêmement légers, présentent un intérêt en aéronautique et en météorologie.
- Il est encore prématuré de dire quels emplois l’avenir réserve au magnésium ou aux alliages contenant ce métal comme élément principal, mais il semble que ces propriétés lui assurent de nombreux emplois commerciaux.
- Au point de vue électrique, la résistivité du magnésium à 0° est de 4,35 microhms centimètre, soit 39°/0 de la conductivité électrique du cuivre. Sa conductivité thermique est de 0,376; celle de l’aluminium étant de 0,48. Si l’on fait le rapport de la conductivité thermique au poids, ce rappori étant 100 pour le magnésium, on a 86,5 pour l’aluminium, et 9,8 pour le fer. Ces chilires peuvent jeter une lumière particulière sur des problèmes intéressants. Le magnésium possède en outre de bonnes qualités d’usure qui, jointes à sa légèreté, à sa résistance et à sa haute conductivité thermique, permettent d’envisager pour ce métal des applications dans l’industrie et un développement intéressant de ses alliages. _ ,
- Beniî Guérin.
- Rapporteur de la Commission , de l’Aluminium.
- RECRUDESCENCE INATTENDUE DE L’ACTIVITÉ SOLAIRE
- 11 n’est pas de phénomène dans la nature qui ne semble donner parfois un démenti aux vérités les plus scientifiquement démontrées. Tel parait être le cas du réveil inattendu d’activité solaire qui vient de se manifester deux ans après une crête de maximum, tandis que suivant l’oscillation du cycle undécennal, déterminé par plus d’un siècle d’observations, nous nous acheminons vers un minimum prévu. Ce flux anormal — et probablement éphémère d’ailleurs —* se substituant au reflux graduel et régulier, est trop remarquable pour être passé sous silence, surtout si l’on songe que la vie ter-
- restre est régie par le Soleil et que les fluctuations d’activité de celui-ci agissent infailliblement sur notre planète entière.
- Chacun de nos lecteurs sait, en eflet, que le Soleil n’est pas, comme on le croyait autrefois, un somptueux luminaire suspendu immobile à la voûte des cieux, brûlant d’un feu sacré et toujours immuable, mais bien au contraire que c’est un astre très « vivant », si par une extension d’expression de ce qualificatif nous l’appliquons à ce qui est doué de mouvement et d’activité. C’est plutôt Tardent Apollon, aux flèches de flammes, au qua-
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- Fig. i à 6. — Photographie du grand groupe de taches solaires du mois de mars 1920.
- 1, le 19 mars à 1 heure 3g minutes.
- 2, le 20 mars à 4 heures 3 minutes.
- 3, le 20 mars à 22 heures 37 minutes.
- 4, le 21 mars à 23 heures 20 minutes.
- 5, le 23 mars à 4 heures 36 minutes.
- 6, le 25 mars à 22 heures 5b minutes.
- (Photo Quénisset, observatoire Flammarion, Juvisy.)
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- Fig. 7. — L’aurore boréale du 22-23 mars /920.
- Première phase : le 22 a 20 heures, arc seulement.
- Dessin Quénisset, observatoire Flammarion, Juvisy.
- drige impétueux, emportant dans son élan son riche cortège de satellites planétaires vers une destinée inconnue, ou mieux encore, c’est pour la science moderne le puissant creuset dans lequel s’élaborent les radiations fécondes dans lesquelles notre globule terrestre aspire sa vie sans cesse renouvelée.
- Chacun sait aussi — ou devrait savoir — que la surface de l'astre de chaleur et de lumière n’est pas homogènè, qu’elle est d’une mobilité prodigieuse, quelle est le siège de formidables tourbillons dont les manifestations les plus apparentes se traduisent à nos yeux par des taches sombres sur l’éblouissante blancheur du disque, et que ces diverses manifestations solaires sont la clé même de phénomènes terrestres dont l’origine est encore mystérieuse pour l’humanité qui en subit les effets sans en connaître les causes, et sans avoir seulement, en général, la curiosité de les rechercher.
- Depuis les observations du Père Scheiner qui affirma l’existence, jusque-là contestée des taches solaires et les étudia méthodiquement, au commencement du x\ 11e siècle, depuis Gahlée qui, en 1610, s’en servit pour déterminer la rotation du Soleil, et surtout depuis le xixe siècle où Schwabe, de Dessau, entreprit (en 1826) de compter les taches solaires, statistique qui fut le point de départ de notre connaissance de la variation périodique principale de l’aclivitédu Soleil, nosidées sur la constitution de cet astre se sont considérablement transformées.
- S’il est un fait acquis et bien connu parmi les points d’interrogation innombrables que nous pose le très vaste problème solaire, c’est précisément que l’astre de vie et de lumière présente une oscillation régulière, déterminée, dont la période moyenne est de onze années, comme si un mystérieux soufflet attisait rythmiquement les ardeurs du Soleil, pour le laisser se calmer un certain temps, puis se ranimer, atteindre un paroxysme,
- se reposer de nouveau — relativement ! — et ainsi de suite. On peut juger de ces fluctuations par le diagramme ci-joint (fig. 10) qui réunit les courbes des deux derniers cycles complets (1889-1901 et 1901-1903), ainsi que la branche ascendante du cycle en cours et l’ébauche (trait pointillé) de la branche descendante.
- Ce diagramme est tracé d’après les nombres (inscrits dans les montants du cadre) exprimant la surface tachée, corrigée de la perspective due à la position des taches sur la sphère et exprimée en millionièmes de l’hémisphère visible. Depuis le minimum de 1913, ces nombres ont été :
- 1913 ............... 7
- 1914 ............. 152
- 1915 ............. 697
- 1916 ............. 723
- 1917. ....... 1310
- 1918. . ..........1000
- On y voit, notamment, que le dernier maximum a eu lieu en 1917, et que depuis cette époque l’activité de notre céleste foyer est en régression. Or, quelle n’a pas été la surprise des observateurs de constater, au commencement de celte année 1920, une recrudescence inattendue de la fièvre solaire, avec paroxysme à l’avènement même de ce printemps, recrudescence qui s’est traduite par une splendide aurore boréale, visible à Paris et dans ses environs, correspondant à la présence, vers le méridien central du Soleil, du plus beau groupe de taches que nous ayons jamais photographié à mon observatoire de Juvisy depuis près de 40 ans!
- Quelle est l’origine de ce crochet dans la courbe régulière du cycle uudécennal solaire? Que signifie ce sursaut d’activité?
- Avant de nous attaquer aux causes, examinons les faits.
- La première tache d’avant-garde de ce groupe révolutionnaire s’est signalée sur le bord suivant
- Fig. 8. — L’aurore boréale du 22-23 mars IÇ20. Deuxième phase : le 22 à 23 heures 28 minutes, arc et rayons verticaux.
- Dessin Quénisset, observatoire Flammarion, Juvisy.
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- (ou oriental) du Soleil le 1-4 mars, entraînant à sa suite tout un chapelet d’autres taches s’égrenant sous nos yeux à mesure que la rotation de l’astre s’avançait. Les photographies reproduites ici (fig. 1 à 6), qui ont été prises par M. Quénisset du 19 au 25 mars, permettent de suivre son déplacement raduel sur le disque solaire, et, mieux que toute escription, de se faire une idee de la grandeur réelle de ce groupe immense ainsi que des transformations prodigieuses des diverses taches.
- Sur les clichés originaux où le disque solaire
- Nous venons de traverser un hiver d’une douceur exceptionnelle, avec métamorphoses de Nivôse et Pluviôse en Germinal et Floréal. A quelle catégorie des phénomènes solaires devons-nous cet hi\er si clément? Et les neiges abondantes de l’automne dernier tombant au milieu du légendaire « Été de la Saint-Martin » ? Heureux celui qui peut connaître les causes....
- « Félix qui potuit rerura cognoscere causas. »
- En astronomie, nous les connaissons tout de même
- Fig. q, — L'aurore boréale du 22-23 mars IÇ20.
- Troisième phase : le 23 à 1 heure 6 minutes, maximum. (Dessin Quénisset, observatoire Flammarion, Juvisy.)
- mesure 106 mm de largeur, le groupe total, dans le sens des longitudes, en occupe plus de 28, soit un peu plus du quart du diamètre de l’astre, ce qui correspond, vers le centre du Soleil, à plus de 500000 km de longueur. À cette échelle, la Terre serait représentée par un point minuscule de moins d’un millimètre de diamètre, et il faudrait un chapelet de 40 perles juxtaposées grosses comme le globe terrestre pour couvrir l’étendue longitudinale d’un pareil groupe, chaque perle mesurant 12 742 km de largeur (remarquons que pour franchir les 584 000 km qui nous séparent de la Lune, un pont de 30 Terres suffirait).
- La question qui se pose tout naturellement est celle-ci : quelle doit être l’influence d’une telle manifestation solaire sur notre planète errante?
- un peu mieux qu’au temps de Virgile, mais il reste encore beaucoup à trouver pour l’instruction des générations présentes et futures....
- Pour le climat de Paris, cette année, la végétation s’est montrée en avance d’un mois entier sur la normale ! Les périodes normales sont travesties, même dans les moindres détails. Ainsi celle des « Saints de glace » des 11-12-15 mai, qui fait le pendant saisonnal de l’Été de la Saint-Martin, ont été 3 jours de chaleur intempestive, avec 5 degrés au-dessus de la normale. Les Saints de glace de 1920 ont été des Saints de feu.
- Le problème est complexe. La nature présente de singuliers paradoxes. Par exemple, une suractivité du Soleil peut avoir pour résultat à la fois de la chaleur et du froid, la chaleur intensive provoquant
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- une surabondante évaporation des océans, une saturation de l’atmosphère par la vapeur d’eau, et celle-ci, transportée dans les airs à l’état de nuages, retombant ensuite en pluies qui refroidissent l’atmosphère et le sol. Voilà donc deux effets opposés produits par une même cause. En réalité, dans des phénomènes aussi variés que ceux touchant à l’action du Soleil sur la Terre et l’Humanité, il y a lieu d’envisager tout un enchaînement de causes à effets multiples et parfois contradictoires, ce qui rend beaucoup plus difficile à démêler l’écheveau du problème de l’activité solaire et des manifestations terrestres qui en résultent.
- Nous pouvons remarquer ici que les autres planètes, sœurs de la Terre, bercées par là même attraction, enveloppées dans les mêmes radiations, doivent ressentir aussi, plus ou moins intensément, les fluctuations de l’énergie solaire.
- L’observation semble démontrer que la surface chaotique du monde gigantesque de Jupiter manifeste une activité correspondant à celle du Soleil.
- D’autre part, la planète Mars que nous observons spécialement en ce moment semble avoir un été plutôt froid sur son hémisphère boréal, qui est actuellement fortement incliné vers nous, car les neiges qui recouvrent son pôle nord et ses régions arctiques, et que nous voyons fondre parfois en totalité pendant certains étés martiens (ce qui d’ailleurs n’arrive jamais pour la Terre), résistent encore au soleil estival de l’année l920 (le solstice d’été, pour l’hémisphère boréal de ce globe voisin, a eu lieu à une date correspondant à notre 1er février dernier). Comme nous le remarquions plus haut, il y aurait, là encore, sujet à interprétation entre la cause et les effets.
- Le seul effet dûment constaté sur la Terre de l’action produite par le récent et immense groupe de taches, observé sur le Soleil, a été la splendide aurore boréale qui a illuminé le ciel de Paris et de
- ses environs dans la nuit du 22 au 25 mars et.qui â été aussi admirée d'un grand nombre d’autres points de la France, ainsi qu’en Suisse, en Angleterre et aux États-Unis. C’est la plus belle qui ait été visible de nos régions depuis une trentaine d’années. t
- À l’Observatoire de Juvisy, le spectacle fut merveilleux, surtout vers 1 heure du matin, le 23 mars, lorsque tout le ciel du nord s’embrasa d’une phosphorescence éclatante, sillonnée de longs rayons comparables à des feux de projecteurs ou de phares, s’élançant jusqu’à la Grande Ourse, véritable féerie lumineuse toute en vibration et animée de pulsations étranges....
- Une relation incontestable existe entre l’activité du Soleil et le magnétisme terrestre, et nous pouvons penser que cette grandiose illumination aurorale a été le résultat d’un fantastique bombardement de la Terre par des corpuscules solaires électrisés.
- Ce réveil anormal de la fièvre solaire est-il l’indice d’un maximum secondaire, comme cela s’est produit dans le cycle précédent, en 1907, deux ans après le maximum principal de 1905? (voir la fig. 10).
- Il est encore prématuré de se prononcer. Le mois d’avril a été beaucoup plus calme que le précédent au point de vue de l’activité solaire. Le grand groupe du mois de mars est revenu, mais très réduit. Notons que c’est au moins son quatrième retour. Peut-être même son origine est-elle plus ancienne, car il semble qu’il y ait là sur le Soleil une légion d’activité privilégiée où naissent et se reforment depuis plusieurs mois déjà, toujours changeants et transformés, les tourbillons énigmatiques dénoncés par les taches solaires, manifestations d’une activité dont la Terre, à 150 millions de kilomètres, est le jouet mobile. Les fièvres de l’astre radieux n’auraient-elles pas leur contre-coup dans la mentalité des cerveaux terrestres? Sont-ils tous bien équilibrés en ce moment? Camille Flammarion.
- 1890 1895
- 1917 -|500
- • -KB0
- 1890 1895 1900 1905 I9IO
- 1915 1920
- Fig. io. — Variation de la surface solaire tachée.
- MÉTHODES INDUSTRIELLES DE SÉPARATION DES FIBRES ANIMALES ET VÉGÉTALES DANS LES MÉLANGES TEXTILES
- Les laines exotiques, qui nous arrivent en toisons entières de l’Australie, de la République Argentine, de l’Uruguay et du Cap, sont toujours mélangées d’uné foule de débris végétaux ; graines de luzerne, parcelles d’arbustes, feuilles ou d’écorces diverses, dont les moutons de ce pays se chargent en broutant
- ou se frottant contre les arbres ou dans les herbes, et que les industriels qui les reçoivent désignent du nomdegrntterons. Les manufacturiers sontobligésde séparer ceux-ci de la laine avant de la mettre en œuvre, pour qu’on ne les retrouve pas dans le fil qu’ils rendent boutonneux et inégal, ni dans le tissu
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- MÉTHODES INDUSTRIELLES DE SÉPARATION DES FIBRES
- dont ils détruisent l’uniformité et diminuent la valeur, et qu’on ne les voie pas encore après les manipulations de la teinture, du blanchiment et de l’apprêt.
- Le moyen le plus pratique qu’on ait trouvé jusqu’ici de les faire disparaître a été d’utiliser l’action destructive absolue de certains acides énergiques qui attaquent la cellulose et n’exercent aucune action, lorsqu’ils sont convenablement dilués, sur les fibres animales. L’acide sulfurique dans ces conditions et l’acide chlorhydrique gazeux notamment n’agissent pas spontanément, mais si l’on fait intervenir la chaleur et qu’on prolonge son action, les matières végétales en contact avec eux s’hydra^ tent et se transforment en un produit friable, l’hydrocellulose, qu’un battage ultérieur réduit facilement en poudre, alors que les matières de nature azotée ou kéralique comme les fibres animales doivent ,à leur constitution de n’être pas attaquées par eux.
- Lors donc qu’on traite par les a-cides dont nous parlons une laine préalablement lavée et dégraissée dans laquelle se retrouvent des gratterons et qu’on la soumet à une température déterminée que nous indiquerons plus loin, les brins végétaux qu’elle renferme sont transformés et dissociés et elle-même reste intacte. Il ne faut pas cependant s’exagérer outre mesure cette résistance et il est toujours nécessaire de prendre certaines précautions, car lorsque l’acide est un peu trop concentré et par exemple dépasse pour l’acide sulfurique 5° B., l’aspect général du poil de laine change, ses écailles s’ouvrent, il se forme de menus fendillements à leur surface et il s’en détache un grand nombre de fibrilles. Tout au contraire, si l’acide n’est pas d’une concentration trop élevée, non seulement la laine n’est pas attaquée, mais les crochets formés par les écailles du poil ressortent davantage et la prédisposent mieux au foulage.
- Tous les modes de séparation des matières animales et végétales, que dans l’industrie on désigne sous le nom générique à'épaillage lorsqu’il s’agit de produits fabriqués ou de carbonisage lorsqu’on les applique à la laine brute, sont basés sur ce principe; mais ils diffèrent très sensiblement dans leur application ainsi que nous allons l’indiquer.
- Traitement de fa laine. Après avoir été des-
- suintée et dégraissée, la laine brute n’en reste pas moins encore très chargée de gratterons, ainsi, que nous venons de le dire. On a d’abord songé à enlever ceux-ci par des moyens mécaniques et en la passant dans des machines dites échardonneuses, sortes de loups qui, dans tous les systèmes inventés, rejetaient les « chardons » d’un côté et rendaient d’un autre côté la laine exempte de toutes parcelles étrangères dures; mais non seulement cps appareils n’épuraient les fibres qu'en partie, mais ils déchiraient le poil et surtout brisaient les gratterons en les répandant dans la masse par morceaux plus petits et difficiles à enlever. On se contentait ensuite de peigner la fibre, ce qui évidemment la nettoyait quelque peu ; puis, après tissage, on séparait à la main avec de petites pinces (d’où le nom
- d’épincetage donné à cette opération), les parties végétales qui restaient, et après avoir ainsi perdu beaucoup de temps,, on raccommodait les trous formés par l’extraction de ces débris (autre opération désignée du nom de rentrayage). On finit par se convaincre que le traitement chimique donnait de meilleurs résultats.
- L’acide sulfurique fut longtemps le seul préféré. La laine est alors immergée dans un bain de cet acide variant de 1 à 4° B. suivant sa nature et la proportion d’impuretés végétales qu’elle renferme. Le liquide est renfermé dans des cuves en bois revêtues de feuilles de plomb au-dessus de bassins de maçonnerie cimentés ; la" laine de son côté renfermée dans des paniers à claire-voie y reste plongée, suspendue par des treuils. On l’essore au bout de quelque temps dans des paniers également revêtus de plomb et on la porte dans un appareil où elle est étendue sur des claies et chauffée par des tuyaux à ailettes. Elle s’y sèche d’abord pendant deux ou trois heures a une température variant entre 50 et 45° G. et elle s’y carbonise ensuite par un chauffage progressif jusque 70 ou 80° C. L’appareil comprend. deux chambres, l’une pour la dessiccation, l’autre pour le carbonisage, dans chacune desquelles entre un chariot roulant sur rails et supportant un bâts à étages de toile métallique en fer galvanisé sur laquelle on a chargé la laine acidée au sortir de l’essoreuse, t...
- À l’acide sulfurique, dont les difficultés de mani-
- Fig. i. — Type d’appareil à étages pour le traitement des laines par l'acide sulfurique.
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- pulations se devinent et qui exige un essorage centrifuge au cours duquel la laine se feutre fréquemment, beaucoup d’industriels préfèrent l’acide chlorhydrique gazeux et chaud. L’installation qui à cet égard a eu longtemps la préférence consistait en une chambre munie de portes donnant accès sur un plancher perforé qui recevait la matière à traiter : l’acide produit dans des cornues latérales et sur-chaufféees par de gros tubes traversait complètement la matière et sortait par le haut. La température n’excédait pas 70° G. et la laine conservait toujours son brillant et sa douceur. On avait imaginé dans ce sens des appareils à marche continue.
- Mais l’installation la plus moderne qui paraît avoir eu la préférence consiste à renfermer un appareil du même genre dans un four à parois maçonnées. La laine est livrée par une auge alimentaire, et un tablier sans fin garni de pointes l’entraîne dans un batteur à palettes qui l’ouvre, tout en la projetant sur une série de tabliers étagés mobiles au nombre de quatre à six. La longueur de ceux-ci dépend de la production désirée Le tablier inférieur rejette la laine qui a passé d’un tablier à l’autre sous l’action de la vapeur chlorhydrique, et, immédiatement au-dessous, un four perforé livre passage à la chaleur qui se dégage d’une batterie de tuyaux de chauffage. Au-dessus du plafond du four, un ventilateur aspire la vapeur acide et la rejette au dehors. La caractéristique de cet appareil consiste surtout dans son mode de chauffage dans un emplacement restreint : le séchage de la fibre a lieu à son entrée à l’aide de la chaleur perdue et son carbonisage proprement dit à la partie inférieure où elle est portée à une température plus élevée.
- En Angleterre, on a imaginé, pour arriver au même résultat, un séchoir formé d’une table en treillis métallique muni de chaque côté d’un plan incliné de même nature. La laine est alors chargée sur le plan incliné d’avant, elle est successivement refoulée à l’aide de raclettes sur la table centrale, et elle arrive finalement sur le plancher d’arrière, d’où elle est déchargée. Une rangée de tuyaux à ailettes, placée à 25 cm environ du treillis, fournissent le calorique nécessaire. Il existe du reste beaucoup d’autres dispositifs, mais leur principe ne diffère pas de ceux que nous venons de donner comme exemple.
- Il faut maintenant battre la laine pour réduire en poussière les pailles et gratterons carbonisés. On utilise alors le durcissement caractéristique qu’ont pris les particules végétales sous l’influence de l’acide pour leur faire subir un broyage. Celui-ci s’effectue dans une sorte de loup-batteur, qu’on appelle escargasse, composé d’une série de rouleaux très rapprochés superposés deux par deux, soumis à une forte pression à l’aide de ressorts à boudins et sous lesquels passe la laine amenée par un tablier sans fin. Celle-ci, très tassée, est immédiatement ouverte à la sortie de cette opération par
- un tambour armé de pointes, en même temps qu’un aspirateur placé à la partie supérieure enlève la poussière. On lave ensuite la laine une demi-heure dans l’eau froide ou tiède, on l’essore dans une presse à rouleaux, puis on l’immerge dans un bain de soude à 5° B. auquel on a ajouté une petite quantité de carbonate d’ammoniaque. Après une immer- , sion d’un quart d’heure à une demi-heure, on la lave à nouveau. Frottée humide sur un papier bleu de tournesol, la libre ne doit laisser aucune trace rouge et indiquer ainsi que tout l’acide en est éliminé : en cas contraire, il faudrait recommencer un nouveau rinçage.
- Traitement des tissus. — Les matières végétales contenues dans les tissus de laine ne sont pas absolument les mêmes que celles que renferme la laine mère. Il reste bien parfois des restes de gratterons qui ont échappé au traitement chimique, mais le plus souvent les matières végétales qui se trouvent mélangées aux fibres animales proviennent des filaments qui se sont échappés des toiles d’emballage en jute dont on a recouvert les balles de laine. Les toiles sont brunes et la laine en suint se rapproche si sensiblement de cette nuance qu’il n’est pour ainsi dire pas possible de distinguer ces différentes fibres à l’œil nu. On insiste généralement auprès des expéditeurs pour qu’ils intercalent une feuille de papier entre la tode d’emballage et la laine brute de façon à éviter tout contact entre l’une et l'autre* mais ce sont là des frais généraux dont ils font l’économie, surtout en ce moment.
- Au lieu de se faire par voie sèche avec des vapeurs acides, le traitement des tissus a toujours lieu par voie humide. On fait alors passer les pièces au large dans un bac en bois garni de plomb, renfermant soit un bain d’acide sulfurique ou chlorhydrique d’une densité de 2 à 6° B. suivant la qualité de la marchandise, son poids et son pourcentage d’humidité, soit une solution de chlorure d’aluminium. Le bac qui sert de récipient est garni de plusieurs rouleaux conducteurs dans le bain et ex primeurs à la sortie, de façon à obtenir une pénétration parfaite à l’intérieur du tissu et des fibres mêmes. On fait suivre cette opération d’un arrosage régulier* et poussé à fond, évitant le plus possible l’action directe de la lumière et le séchage à l’air, puis on essore. L’essorage se fait par hydro-extraction centrifuge ou par une pompe d’aspiration au large suivant les cas, mais le travail doit toujours être propre et régulier si l’on veut conserver la même quantité d’acide sur toute la pièce. Le séchage et le carbonisage se font ensuite dans des chambres chaudes ou rames avec ou sans chaîne conductrice, chauffées le plus fortement possible au moyen de la vapeur, munies d’une ventilation quelconque pour éliminer l’air humide à l’extrémité. Le mouvement de la pièce y est continu et on doit prendre soin qu’il ait lieu strictement sans arrêts. Le séchage proprement dit s’effectue dans une première chambre à 40 ou 50° C. et le
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- carbonisage dans une seconde sans ventilation dont la température varie de 85 à 92° C. pour les cas de l’acidage sulfurique, 100 à 105° C. pour le traitement par l’acide chlorhydrique, et 110 à 120° G. pour le chlorure d’aluminium qu’on appelle, dans les ateliers, chlorhydrate d’alumine : celui-ci se décompose en acide chlorhydrique qui agit à l’état gazeux et en alumine qui reste fixée sur le tissu. Les deux chambres séparées doivent être bien fermées pour conserver le mieux possible la chaleur, tout en restant facilement accessibles du dehors pour qu’on puisse suivre la marche de l’étoffe, régler la température et la ventilation ainsi que la vitesse de livraison, et pouvoir facilement remplacer les pièces de l’appareil qui seraient détériorées.
- L’une des questions les plus complexes dans lé traitement des tissus est la préservation des atteintes de l’acide des lisières de beaucoup d’étoffes de laine qui sont le plus souvent en colon et qu’il faut nécessairement conserver. On fait usage dans ce but d’alcalis plus ou moins épaissis par de la craie, de l’argile, du ciment, etc., qu’on applique sur les bords de l’étoffe soit à la main à l’aide d’un pinceau, soit automatiquement par la machine elle-même avant l’entrée du tissu dans la chambre. Parlois on a pensé que le plus simple eût été d’employer à cet effet une solution pure de carbonate de soude, mais on s’est aperçu alors que la réaction entre le tissu imbibé d’acide et la solution alcaline était souvent trop énergique, surtout à la place où les deux solutions sont directement en contact, ce qui empêche ensuite une teinture régulière et uniforme, spécialement des couleurs claires. Ce défaut ne provient pas seulement de la formation de sulfate de soude qui serait après tout soluble dans l’eau de rinçage, mais il y a vraiment altération des cellules qui perdent de leur résistance mécanique et aussi de leur affinité chimique pour les matières colorantes. On a souvent vu des pièces se déchirer le long des lisières précisément suivant la ligne où finissait l’action de la solution alcaline. On a essayé plusieurs alcalis et des savons sans obtenir de meilleurs résultats; le silicate de soude donnait de son côté une solution plus douce que la soude, mais il est beaucoup plus difficile à enlever par le rinçage.
- Il y a lieu de remarquer que, dans tous les pro-
- — Appareil pour le traitement des laines sur treillis métallique.
- Fig. 3.
- Fig. 2. — Four à étages pour le traitement des laines par l’acide chlorhydrique gazeux.
- cédés que nous venons d’analyser, une chose reste toujours très délicate, c’est la détermination de la concentration des bains. Le degré d’acidité et d’alcalinité des solutions, qui s’épuisent toujours peu à peu et doivent rester dans certaines proportions définies pour donner un bon travail, demande une surveillance continue. Observons encore que, lorsqu’il s’agit de ménager la matière et de préserver certaines nuances de pièces teintes, on remplace parfois le chlorure d’aluminium par d’autres sels métalliques jugés moins énergiques comme les chlorures de magnésium ou de zinc.
- Voici donc les tissus carbonisés, il s’agit maintenant de procéder à leur « désacidage ». On les rince alors à fond, soit dans des lavoirs ordinaires, soit dans des machines spéciales et au large. Ce rinçage se fait souvent à l’eau pure, mais parfois on le complète par un léger bain de soude en vue de neutraliser tout l’àcide resté dans la fibre ; l’eau ordinaire en effet n’enlève que l’acide adhérent superficiel, tandis que le bain alcalin le fait plutôt disparaître lorsqu’il commence à se combiner à la laine.
- Les dernières opérations ont pour but de transformer en poussière les parcelles végétales des tissus de laine carbonisés.à cet effet on fait passer la pièce entre des rouleaux. Mais il ne faut pas perdre de temps si les pièces restent, après leur séchage, exposées pendant un temps donné au contact de l’air et surtout de l’air humide; la matière reprend de l’eau, les particules carbonisées de la souplesse, et il devient impossible de les faire disparaître du tissu, sinon après un nouveau séchage.
- Traitement des chiffons. — Les chiffons destinés à passer à reffilochage pour faire de la nouvelle laine dite mungo, shoddy, renaissance ou artificielle, destinée de nouveau à être filée et transformée en tissu, doivent également être carbonisés pour être surtout débarrassés des fils de coton qu’ils peuvent contenir. Leur traitement ne diffère en principe de celui de la laine brute que par les opérations antérieures et il s’effectue soit à l’acide sulfurique, soit de préférence à l’acide chlorhydrique gazeux. Evidem-
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- ment, la laine nouvelle qu’on en retire est moins résistante et de bien moindre qualité que la laine neuve,-elle a perdu une partie de ses propriétés feutrantes par suite de l’usure et de la destruction de ses crochets, mais on lui trouve encore des applications intéressantes pour la fabrication des tissus à bon marché, comme le melton par exemple.
- Préalablement triés, les chiffons sont toujours lavés dans de grandes piles à agitateurs, puis soumis à l’action d’un bain chaud de savon et d’alcali pendant plusieurs heures, soit dans des tambours tournants, soit dans des cuves munies d’une pompe aspirante et foulante qui rejette continuellement le liquide à la surface ; après de nouveaux lavages, on les essore et on les sèche dans des chambres simplement chauffées par un calorifère. Lorsqu’ils sont secs, on les pa?se à l’effilochage, à l’aide de loups-déchireurs qui les réduisent en charpie : généralement on fait usage d’une batterie de trois à cinq de ces machines dont les dents sont de plus en plus petites et rapprochées de la première à la dernière. On obtientainsi une sorte d’étoupe'qu’oii soumet alors, comme s’il s’agissait de la laine brute, au traite-tëment à l’acide, au séchage, au carbonisage, au broyage, au désacidage et à un rinçage final.
- Mentionnons cependant que, lorsqu’il s’agit du traitement de ces matières à l’acide chlorhydrique gazeux, les méthodes opératives, étudiées de près dans ces dernières anne'es, ont été méthodiquement scindées et très perfectionnées dans leur ensemble. Lorsqu'e les chiffons ont été placés dans le four à carboniser, on commence par leur enlever leur humidité naturelle par l’introduction d’air surchauffé et les vapeurs s’échappent dans une cheminée par un canal souterrain. Après cette opération, qui dure de 1 heure à 1 h. 1/2, on introduit le gaz chlorhydrique : celui-ci passe d’un pot fermé en grès dans
- , LE VOL SA
- - L’ascension est produite par l’utilisation
- adroite de. la.forcé au vent et nulle autre force n’est nécessaire pour s’élever.
- (Mouillard. Empire de l'air.)
- Si l’on considère les progrès merveilleux réalisés ces dernières années dans le domaine de l’aviation, on ne sait ce qu’il faut admirer le plus de l’ingéniosité des .savants, l’habileté des constructeurs ou l’audace des pilotes. Il y a un peu plus de dix ans seulement, le monde criait au miracle lorsque Blériot franchit le détroit, aujourd’hui la presse signale à peiné' un raid de Londres à Melbourne : la moitié du tour de là .terré en avion. La guerre scientifique que nous venons de vivre a exigé de la part de tous les milieux un effort surhumain et elle peut revendiquer une belle part dans la cause de cette évolution rapide de la construction aéronautique ; il nous a fallu pour gagner la guerre des avions de plus en plus rapides et puissants : il fallait perfectionner plus que l’adversaire pour
- un petit réservoir qui le déverse dans une cornue rotative en fonte chauffée à blanc ; l’acide s’y gazéifie d’une façon complété et comme le cuiseur forme fermeture automatique, le gaz pénètre forcément dans le four : l’opération dure de 1 h. 1/4 à 1 h. 1/2. La carbonisation terminée, le gaz aspiré par un ventilateur passe dans .une chambre à poussière où il dépose les particules détruites du coton qu’il entraîne avec lui et ne s’échappe dans l’atmosphère qu’après avoir été refoulé dans un réservoir en maçonnerie contenant de l’eau, dans laquelle il entre à l’aide de nombreux tuyaux perforés. Au bout d’un certain temps, le gaz partiellement dissous par l’eau peut être récupéré pour une nouvelle opération. Dans les conditions que nous venons d’exposer, le défournage des chiffons carbonisés peut s’effectuer avec la plus grande facilité, sans qu’aucune vapeur acide vienne incommoder les ouvriers.
- Traitement mécanique de la laine. — Lorsqu’il s’agit d’éliminer les gratterons de la laine brute, un certain nombre d’industriels hésitent encore devant les aléas qui peuvent résulter d’un traitement mal compris par voie chimique ou du manque de précautions d’un personnel peu expérimenté, et ils se contentent alors des résultats que leur donne un traitement purement mécanique. Deux appareils, l’un deM. Harmel en France, l’autre de M. Offer-mann en Allemagne sont utilisés à cet effet. Us sont placés à la sortie des cardes dans les établissements industriels. On n’en obtient peut être pas des résultats aussi probants que par les traitements par voie chimique, mais ils sont cependant appréciables, et comme ils laissent la laine intacte et ne demandent aucun soin particulier, dans un grand nombre de cas beaucoup de manufacturiers s’en contentent.
- Alfred Renouard.
- S MOTEUR
- triompher et survivre. An moment où les avions de combat rendent leurs mitrailleuses et remplacent leurs bombes par des sacs postaux, une grave question se pose : Les brillants services de la 5e arme vont-ils voir s’ouvrir devant eux une ère prospère au point de vue économique et la paix va-t-elle nous doter des avions commerciaux? Il n’y a pas, hélas ! de doute possible. INotre belle aviation de guerre est une arme magnifique, mais elle ne saurait jamais prétendre à une autre destinée. L’avion actuel n’a jamais été un oiseau, ni par sa forme, ni par la puissance dépensée, ni par l’économie et le mode du vol. Il est de toute nécessité, si nous voulons devenir les maîtres incontestés de l’air, de revenir aux maîtres de Mouillard,de Lilienlhal, dedemander la solution du problème aux vautours de l’Egypte, aux cigognes de l’Alsace.
- Ces oiseaux en sont encore au vol sans moteur, à ce vol mystérieux qui leur permet de passer des
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- Fig, i. — La buse volant en orbes.
- Fig. 2, — L’épervier en vol à voile fléchi rapide.
- journées entières dans,les airs sans un seul battement et devant lequel les plus grands savants des temps anciens et modernes restent confondus. « Ce qui embarrassait Salomon m’embarrasse aussi », déclara un jour Lord Kelvin à qui l’on posait une indiscrète question sur les mystères du vol à voile. Ces dernières années, quelques observateurs consciencieux, ayant poursuivi leurs travaux et leurs observations dans des conditions parfois très favorables, avec une méthode d’un rigorisme irréprochable, viennent de jeter une lumière imprévue sur la question.
- Nous allons attirer l’attention du lecteur sur quelques facteurs souvent
- négligés dans l’étude du vol sans moteur et toujours oubliés par les quelques inventeurs audacieux qui ont eu le courage de tenter le vol à voile malgré l'indifférence de la masse et l’ironique mépris à peine dissimulé des milieux officiels intéressés.
- Il est une chose bien étrange dans l’histoire de l’aviation et qui a toujours donné à réfléchir à ceux
- Fig. 3. — Vautour en vol en orbes. (D’après Hankin.)
- qui l’ont étudiée de près. Les observateurs-expérimentateurs que l’on s’est toujours plu à considérer comme les créateurs de l’aviation actuelle : Lilienthal et Mouillard, n’ont jamais cru au vol a moteur L’idée dominante, obsédante même de l’auteur de VEmpire de l'air et du Vol sans battement est le souci de reproduire sans efforts, sans travail, les magnifiques orbes du vautour, et le pauvre Mouillard devenu malade et impotent n’imagine son « hydroaéroplane » que pour pallier aux difficultés du départ et de l’atterrissage qu’il considère comme le point délicat du problème. Mais le moteur n’a pas d’autre utilité, a L’ascension directe est produite par l’utilisation adroite de la force du vent et nulle autre force n’est nécessaire pour s’élever »....
- Lilienthal, qui avait effectué plus d’un millier de glissades sur différents planeurs de sa construction, était persuadé de la possibilité et de la nécessité du vol à voile : il n’avait jamais songé personnellement au vol sans moteur et assurait que par un vent de
- 1/of en orbes fvo( horizontal J Vol à voi/e f/échi /’entf8 y>:seconde]
- d'après Hankin
- Voi à voi/e f/échi à vitesse moyenne
- ( 12. mpar Seconde)
- Vol à voile Fléchi rapide f 24 mpar seconde)
- Fig. 4 à 7. — Silhouettés de vautours.
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- 10m., tout volateur n’a plus de travail à fournir pour assurer son vol.
- L’avion à moteur peutdonc être considéré comme une solution étrangère introduite dans le problème de l’aviation.
- Nous ne nous arrêterons point à discuter sa valeur, le temps, mieux que personne, se chargera de la juger. Nous avons acquis une arme terrible, non un moyen de transport pratique.
- Il est de toute nécessité que nous revenions bien vite à la nature, entièrement et complètement, que nous étudiions avec attention les grands maîtres du vol à voile, que nous sachions ce que sont les voiliers, où, quand et comment ils volent. Ce n’est que par une connaissance précise de ces différents éléments que nous arriverons à une solution logique, naturelle du vol.
- Les forêts, les marécages sont traversés aujourd’hui par de belles routes ou de solides voies ferrées. Les océans ont aussi leurs itinéraires, bien recon-
- fV
- Fig. 8 et g. —
- cependant, n’est-ce pas la première condition d’un jugement sain?
- Il existe une théorie au premier acord séduisante du vol à voile, c’est celle qui fait appel aux courants ascendants.
- Ses partisans disent : l’oiseau vole sans battement; c’est vrai, mais il évolue au flanc d’une colline, au-dessus d’un mur, d’une jetée qui donnent au vent une certaine incidence et quoique le voilier ne descende pas, il tombe par rapport à l’air qui le supporte. C’est là l’opinion de H. Maxim, de L. Bollée et de quelques savants qui n’ont en réalité jamais cru au vol à voile parce qu’ils ne l’avaient pas ou peu vu.
- Les travaux tout récents d’un observateur anglais aux Indes, M. Hankin, viennent jeter un jour nouveau sur toute la question. M. Hankin apporte des arguments redoutables contre les « théoriciens du vol ascendant » et, dan s son remarquable ouvrage sur le vol à voile, toute la question du vol sans moteur se
- de vautours.
- nus comme relief, régime de marées et vents Les routes aériennes n’existent pas, quoiqu’on en ait bien voulu dire, l’air est aussi inconnu aujourd'hui qu’il y a cent ans et il est certaines manifestations météorologiques dont le secret est encore bien gardé !... Comment volerait-on avec sécurité dans un milieu inconnu ? Dans la science de l’air, il y a encore quelques éléments qui nous sont étrangers et c’est l’ignorance de ces éléments qui a fait abandonner le vol à voile, malgré les prédictions de Lilienlhal et les exhortations de Mouillard.
- Pour celui qui n’a pas assisté à de belles évolutions de vol à voile, c’est une chose prodigieuse que de concevoir un oiseau pouvant voler sans battement et si vous parlez à ce profane des prouesses des vautours et des milans il vous considérera aussitôt d’un air légèrement dédaigneux semblant vous dire : « Vous croyez à ces choses-là? a et l’on n’ose plus insister de peur d’essuyer une réflexion peut-être plus désagréable. Mais que par un fait du hasard, une buse décrive une orbe majestueuse dans le haut du ciel et aussitôt après avoir curieusement observé le grand oiseau, votre interlocuteur de s’écrier : « Mais je crois que le bout des ailes remue. Oh! regardez il agite la tête » et après s’être perdu en vaines conjectures, en pénibles calculs de l’équivalence des descentes et des montées, on avoue tout de même qu’il y a quelque chose. Combien de théoriciens, de faiseurs de systèmes, n’ont jamais vu un voilier ( évoluer et
- trouve de nouveau posée dans toute son fmpkur par ses nombreuses et précises ol servations faites sous le chaud soleil de l’Inde.
- Il nous montre des nuées de vautours volant sans battement au-dessus de la fabrique de viande de .lharna-Nullah, à des hauteurs variant entre 50 et 1200 m., alors que lefc duvets lancés à la main et à l’aide d’un cerf-volant « dérivent doucement au pas de promenade ».
- Les grandes orbes sont décrites en 8 et 12 secondes toujours avec la même régularité tant que le vent reste faible et constant : si la brise fraîchit les orbes s’allongent et l’oiseau dérive sous le vent. Mais le vol change bientôt, l’oiseau, au lieu de rester toutes voiles déployées sous ce vent plus fort, fléchit ses ailes : la dérive diminue, s’annule et le vol continue aussi souple, aussi aisé qu’auparavant. C’est le vol à voile fléchi. De front les ailes ont l’aspect (fig. 8) et lorsque l’oiseau voyage vent de côté, il s’incline sous le vent comme s’il désirait augmenter la surface offerte (fig. 9).
- Dans ce genre de vol, les oiseaux voyagent souvent à 8 km en ligne droite sans mouvement perceptible des ailes ni déviation quelconque de la ligne de vol. Enfin n’y a-t-il pas lieu de remarquer la curieuse position des ailes dans le vol à voile fléchi qu’aucun observateur fût-il Mouillard n’avait signalée malgré son apparente bizarrerie?
- /Remarquons que l’auteur insiste sur le fait que le vol à voile fléchi n’est possible que si les ailes sont
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- avancées : il y aurait autrement naissance d’un couple entre le centre de gravité et le centre de poussée des ailes qui ferait tourner l’oiseau autour de son axe transverse.
- Deux modalités de vol à voile lïéchi ont été observées : l’un déplace l’oiseau à 24 m. par seconde, l’autre à 8 ou 12 m. seulement. Ces deux vols étant observés concuremment, pourquoi les courants ascendants propulseraient-ils l’oiseau tantôt à 12 m , tantôt à 24 m. par seconde, l’allure restant stable et aisée et enfin, où ces oiseaux se procureraient-ils ces courants lorsque la fumée de la fabrique de viande monte tout droit à 100 m. de haut?
- Car c’est un fait qu’avait signalé Mouillard et que nous retrouvons dans les observations de Hankin : les gros vautours volent en orbes alors qu’il n’y a pas un souffle de vent au sol et que rien ne permet d’affirmer qu’il souffle dans les hautes régions. Ce
- est précisément celle où commencent à s’élever les tourbillons de chaleur qui font trembloter les horizons lointains. Cette coïncidence n’est pas accidentelle : régulièrement, lorsque apparaissent les premiers tourbillons, les vautours commencent leur vol. Faut-il y voir une relation de cause à effet? Non, car nous en avons tous fait l’expérience, ces courants ne sont pas capables d’enlever le plus léger duvet. Où trouver le trait d’union ? Il nous manque un chaînon! Pourquoi l’aile du vautour nous apparaît-elle d’un beau jaune en vol en orbes, alors que toute l’aile est blanche avec une petite marge noire sur les bords et pourquoi cette couleur qui reste invariable quelle que soit l’incidence des ailes, la position du soleil et la teinte du sol, devient-elle plus sombre dans le vol à voile fléchi?
- L’auteur a constaté encore que les vents de tempête aspirent le milan en vol à voile à une vitesse plus grande que s’il était soufflé vent arrière ; cela
- Vol en ondes
- Voi à voi/e Fié ch/ lent © Centre de cjfravité
- Vol à voi/e F/échi rapide
- Fig. io — Sections médianes. — Vautours.
- n’est pourtant pas le mouvement perpétuel, mais c’est un fait, une observation!
- Enfin, il est une constatation particulièrement frappante dans le vol à voile : il ne peut commencer qu’à une heure déterminée de la journée, heure qui de 8 h. 45 en janvier s’avance jusqu’à 6 h. 50 en juin, et les oiseaux ont fort bien conscience qu’ils ne peuvent se lancer avant ce moment précis.
- « Les milans ont l’instinct qu’ils ne doivent pas « se lancer en vol à voile avant 8 h. 50. Ainsi si « dans le matin un coup de canon est tiré près de « la fabrique de Iharna Nullah, milans et vautours, « s’élèvent en battant des ailes et une ou deux « minutes après se posent. Si par hasard le coup « de canon est tiré plus lard, quand l’air est tout « juste voilable pour les milans, ceux qui ne sont « pas encore partis s’élèvent alors, décrivant des « orbes. Les vautours qui ont été dérangés retournent « presque aussitôt au sol. Habituellement, une « demi-heure ou une heure après, l’air est devenu « voilable pour les vautours. Si l’on tire le canon, « quelques vautours qui étaient déjà partis s’élè-« veront en décrivant des orbes.... Les différentes « espèces d’oiseaux voiliers s’élèvent à un inter-« valle bien régulier après les milans et toujours « exactement dans l’ordre de leur poids. Plus « l’oiseau est lourd, plus tard il s’élève » (Hankin. « Le Vol à voile). »
- Si le vol à voile n’était dù qu’au vent, pourquoi des oiseaux attendraient-ils ainsi? Mais cette heure
- n’aurait pas lieu de nous étonner et il y a déjà quelque temps que M. Weiss en Angleterre a constaté expérimentalement ce fait sur des modèles réduits.
- Observant qu’un gros nuage sombre cachant le soleil aux voiliers les oblige à descendre ou à ramer pour se sustenter, il n’hésite plus à consacrer l’existence d’une voilabilité solaire : force due aux radiations calorifiques qui soutient et propulse l’oiseau à la faveur de là moindre brise : c’est là le véritable vol à voile qui n’a rien à voir avec les courants ascendants ou les variations instantanées du vent. Il note enfin les manifestations d’une voilabilité du vent due aux variations de vitesse et de direction du courant aérien qui peut permettre une sustentation sans battement du voilier, mais avec moins de stabilité et moins de sécurité que dans le cas précédent.
- Tel est le squelette de l'élément « observations de vol à voile » du travail de Hankin. Ce n’est là qu’une phase de la question : Yoilà l’oiseau en vol dans son élément; c’est fraîchement; dépecé qu’il faut maintenant l’étudier si nous voulbns connaître les possibilités de son organisme. Nous verrons là aussi que les mouvements nécessaires au vol sans moteur sont restreints, et, qu’en un mot, rien n’est hors de portée de l’intelligence et des forces humaines dans le toujours jeune problème du vol sans moteur que trouva peut-être Icare, mais que nos modernes aviateurs n’ont pas
- encore résolu. T f
- <1. Laffont.
- Membre actif de l’Association française aérienne.
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- LE VOL *A VOILE EN HAUTE-GUINÉE
- Les constatations de M. Idrac.
- Dans l’article précédent, M. Laffont a exposé les observations de M. Hankin sur le vol à toile des grands oiseaux dans l’Inde. Comme on l’a vu, cet observateur e refuse à expliquer ce vol mystérieux par l’existence d’une composante ascendante du vent.
- Il nous paraît utile de mettre en regard des intéressantes constatations de Hankin, les observations que M. Idrac a récemment communiquées à l’Académie des Sciences ('), sur de nombreux cas de vol à voile dans Haute-Guinée.
- M. Idrac a réussi à déterminer les irrégularités du vent, et les composantes horizontale et verticale de sa vitesse aux points d’évolution des oiseaux voiliers. Déga-geons-en de suite, que pour toutes les observations qu’il a faites, les zones de vol à. voile sont celles où le vent a une composante ascendante.
- Pour effectuer ces mesures, M. Idrac a utilisé les cerfs-volants anémomètres du Service des Inventions, qui permettent de mesurer la vitesse et les irrégularités du vent au moyen d’un dynamomètre dont les indications ont été contrôlées par diverses méthodes. De plus pour l’étude particulière de la composante verticale, il utilisait ces cerfs-volants pour servir de support à des corps dont l’inclinaison sur la verticale était fonction de l’angle du vent avec l’horizontale. Cette inclinaison était déterminée du sol par une méthode trigonométrique et en utilisant une lunette de Rochon.
- Concurremment à cette méthode, M. Idrac a mesuré la vitesse du vent par la méthode des ballons-sondes. -Il a opéré surtout aux environs de Dakar et en Haute-Guinée. Voici ce qu’il a constaté :
- i° Le vent a, dans ces régions, presque toujours une
- 1. Séance du 2 lévrier 1920.
- composante verticale, et, si l’on faisait un diagramme de la composante verticale du vent dans un plan horizontal à une certaine hauteur au-dessus du sol, on constaterait l’existence de plages positives (composante ascendante) et de plages négatives (composante descendante), les unes restant fixes (quand elles sont dues à des obstacles naturels), et les autres se déplaçant sans loi apparente et dues à des causes encore indéterminées.
- 2° Les zones où les oiseaux évoluent sans battre des ailes et sans perdre de hauteur ont toujours coïncidé avec les plages de composantes ascendantes. C’est dans ces zones qu’ils se maintenaient en décrivant, soit des orbes, soit des lignes brisées. Ils se déplaçaient avec elles et n’allaient de l’une à l’autre qu’en ligne à peu près droite et sans s’arrêter. Ils pouvaient alors perdre impunément un peu de hauteur qu’ils rattrapaient dans la zone positive suivante; ce qui, à première vue, donne l’impression qu’ils évoluent à voile irrégulièrement dans tout l’espace.
- 5° Aucune liaison n’a pu être établie entre les irrégularités du vent et le vol à voile qui se produit souvent par vent faible et régulier.
- M. Idrac n’affirme pas du ' reste que la composante ascendante du vent soit la cause unique du vol à voile, chez tous les oiseaux voiliers.
- « On ne saurait, dit-il, avant d’avoir fait de nouvelles séries d’expériences, affirmer qu’il rs’existe pas chez d’autres oiseaux voiliers des modes différents d’utilisation de l’énergie interne de l’air. A ce sujet sont particulièrement intéressants les albatros que nous nous proposons d’étudier dans la suite et dont le vol fait dans les mers du Sud l’admiration des voyageurs et des savants qui ont eu l’occasion de.les contempler. »
- LA NÉBULISATION
- On sait combien il est difficile de réaliser un brouillard stable. La plupart des pulvérisateurs ne produisent qu’une pluie fine qui ne tarde pas à tomber. Aussi est-il intéressant de connaître les récents travaux du Dr L.-V. Nicolaï, professeur à l’Université de Pavie, qui paraît avoir résolu la question générale et lui avoir trouvé déjà de nombreuses applications pratiques.
- La « nébulisation », comme il l’appelle, consiste dans la production et l’utilisation de brouillards constitués à l’aide de liquides appropriés aux usages auxquels cette méthode permet de les destiner, c’est-à-dire à des applications hygiéniques, médicales ou industrielles.
- S’occupant d’oto-rhino-laryngologie, le Dr Nioolaï s’était préoccupé de faire pénétrer des produits thérapeutiques le plus loin possible dans les voies respiratoires. Ayant examiné les gouttelettes produites par les divers appareils pulvérisateurs, il aboutit à un mode de production tout nouveau,
- quoique fort simple en employant en sens inverse un injecteur Giffard.
- On sait que les iujecteurs genre Giffard, les chalumeaux genre Bunsen, et les pulvérisateurs en général font appel à l’expansion d’un fluide qui en entraîne un autre par l’aspiration produite par dépression. On sait aussi qu’il existe des pulvérisateurs dont les deux ajutages se terminent sous un angle qui peut atteindre 90°. Les faisceaux de gouttelettes produits par ces appareils sont tous divergents, selon un cône d’angle plus ou moins aigu. Il en résulte que les gouttelettes émises simultanément offrent toute la gamme de grosseurs, soit que certaines se groupent et s’agglomèrent pour en former de plus grosses encore, soit quelles se trouvent formées tout simplement sans méthode et sans contrôle. Ces faisceaux sont essentiellement hétérogènes et laissés à l’arbitraire.
- La Dr L.-V. Nicolaï a donc imaginé un dispositif producteur de gouttelettes d’une grande ténuité,
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- LA NÉBULISATION
- sans nécessiter l’appareillage compliqué et à faible rendement de ces méthodes où Ton fait appel à des trous capillaires au travers desquels les liquides ne peuvent passer utilement que - sous de fortes pressions.
- Dans l’appareil Nicolaï, les liquides sont aspirés par la. dépression que produit l’écoulement d’une veine d’air comprimé à 3 kg et cet écoulement s’effectue circulairement et radialement dans le plan horizontal, donc, selon la plus grande surface géométrique possible. L’espace limitant le passage des fluides est réglé à volonté pour obtenir la résolution optima.
- La nappe ainsi produite pourrait être répandue directement dans l’atmosphère, mais on a intérêt à interposer une cloche à double paroi, en forme de tronc de cône renversé. On augmente encore l’effet sélectif en disposant en chicane des plans où
- Fig. 2. — Principe de l’appareil.
- se heurtent et se brisent les particules qui offriraient une dimension un peu trop grande.
- En agissant ainsi, on dégage à l’orifice annulaire supérieur de l’appareil un brouillard très fin dont l’intensité est proportionnée au débit et dont l’opacité est fonction directe de la densité du liquide employé.
- (Avec des solutions salines à 5° B (solutions d’eaux mères, Salies de Béarn ou autres), le brouillard ne tarde pas à être assez opaque pour absorber les radiations d’une lampe de 50 bougies placée à l m. 50.)
- Le brouillard « nébulisé », constitué par des particules liquides de 1 à 5 microns, se répand dans une ambiance quelconque en participant aux remous dus soit à l’air en mouvement du fait des variations de température des diverses couches, soit au mouvement de brassage créé par la disposition même de l’appareil. Le brouillard « nébulisé » lèche les parois, monte et descend, homogénise 'atmosphère et met plusieurs heures à se déposer.
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- Air
- Fig. i. — Schéma de la nébulisation.
- Le brouillard « nébulisé » est porteur de charges électriques de même signe tendant à se repousser et évitant la condensation, point important pour sa persistance. Grâce à sa ténuité extrême, il pénètre sans mouiller à travers tous les interstices, les tissus, les fourrures, les tentures.
- Le brouillard « nébulisé » peut servir à humidifier l'atmosphère des ateliers à poussières.
- Enfin le brouillard « nébulisé » peut être porteur de solutions salines minérales, balsamiques, etc., qu’il répand d’une façon très homogène.
- Ce brouillard produit artificiellement, examiné au microscope se présente sous la forme de gouttelettes sphériques. Le diamètre de celles-ci leur assigne une tension superficielle très élevée et il va de soi que la faible masse de ces corpuscules les affranchit presque de la loi de gravitation devant la résistance que l’air leur oppose.
- Dans les brouillards naturels, on estime, en général, que la présence d’un noyau de condensation est une des conditions de leur production.
- La « nébulisation » d’une solution saline se comporte comme les brouillards naturels, alors que si l’on nébulisé del’eau pure, le brouillard artificiel est considérablement moins opaque.
- . C’èst en vertu de cette dernière pro- pig, 3.
- priété que l’on peut Détails du nèbulisàteur.
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- 282 .... ' --- LA NEBULISATION
- A-r
- Fig. 4.
- La nébulisation appliquée à la désinfection.
- utiliser la nébulisation à l'humidification industrielle et à l’hygiène des salles dè réunion sans troubler l’atmosphère.
- D’autre part, des expériences faites par le professeur Nicolaï sur la nébulisation, il résulte que :
- 1° L’opacité du brouillard augmente avec la température ;
- 2° Le refroidissement du brouillard rend ce dernier transparent;
- 5° Une élévation ou une diminution de pression n’altère pas la structure du brouillard qui, ramené à la pression atmosphérique, reprend sensiblement son état initial, l’abaissement de température entraîne un dépôt de gouttelettes de rosée sur les parois, ainsi que le veut la théorie.
- La nébulisation étant un mode d’extrême division sélectionnée des liquides, ces derniers peuvent, par la ténuité de leur état, pénétrer toutes les cavités au même titre que l’air qui les véhicule, aussi est-elle tout indiquée pour les traitements appliqués aux cavités naturelles : voies respiratoires, conduit auditif, etc.
- Ce traitement peut être collectif ou individuel.
- La nébulisation s’adapte parfaitement aux inhalatoria et permettrait d’étendre ceux-ci aux écoles, où les enfants y seraient soumis, durant leurs récréations, par exemple, ou, à la salle de gymnastique.
- La nébulisation de certaines eaux anti-scrofuleuses, anti-catarrhales et anLi-grippales, est susceptible d’être pratiquée aisément.
- La nébulisation, effectuée avec des appareils capables de donner un brouillard chaud, présente l’avantage d’introduire celui-ci dans l’appareil respiratoire à la température physiologique, ce qui supprime les irritations, facilite la sécrétion, lîuidifie, réduit les œdèmes des muqueuses ou assèche les lésions.
- La nébulisation permet d’obtenir dans les ambiances diverses tout degré hygrométrique désiré sans porter atteinte aux bronches des personnes qui sont astreintes à séjourner dans les salles où cette humidité est nécessaire, comme, par exemple, dans l’industrie textile.
- On voit par là les multiples applications que peut
- subir le nouveau procédé. Le Dr Nicolaï en a déjà réalisé quelques-uqps que nous signalerons rapidement.
- Désinfection. — La nébulisation peut servir à désinfecter les locaux et le mobilier qui s’y trouve, avec une pénétration telle qu’il assure la destruction des germes pathogènes, infectieux et contagieux.
- Après un temps de contact de 5 à 12 heures, on obtient la désinfection des tapis, tentures, fourrures, garde-robes, mobilier, bibliothèque, papiers, dans toutes les parties du local, des meubles, tiroirs, même sous plusieurs épaisseurs de drap et de papier.
- En moins d’une journée, on peut ainsi procéder à la désinfection d’une habitation entière.
- La désinfection des matelas et en général de tous les oreillers ou coussins souillés de déjections ou. d’écoulements infectieux, ainsi que de tout matériel présentant une épaisseur importante, toujours si difficile, peut être réalisée en produisant un vide relatif avant la nébulisation.
- La désinfection des vêtements est possible en nébulisant autour des liquides appropriés.
- Stérilisation — Dans les hôpitaux, le linge, les champs opératoires, les pansements et les instruments peuvent être stérilisés par le nouveau procédé, ainsi que le matériel dans l’industrie laitière, les margarineries et toutes les industries alimentaires exigeant une très grande propreté.
- Humidification. — L’industrie des textiles exige pour la filature et le tissage des fibres de coton et de lin un degré d’hygrométrie déterminé.
- Grâce au nébulisateur, l’industriel peut être maître du degré d’humidité qu’il désire et ses ouvriers peuvent respirer impunément, tout en évitant le frisage des fibres.
- L’état particulier du brouillard obtenu par la nébulisation laisse croire que celui-ci agît au même titre que les courants de haute fréquence qui ont été expérimentés dans ce but, c’est-à-dire par décharge des corps électrisés, simultanément
- Poste de désinfection
- Fig. 5.
- La nébulisation appliquée à Vhumidification.
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- L ADDUCTION A PARIS DES EAUX DES VALS DE LA LOIRE
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- avec l’apport d’humidité qui est favorable à un meilleur travail.
- Dans l’industrie des poudres et produits chimiques requérant un degré hygrométrique bien défini, soit pour les manipulations, soit pour les combinaisons, ou simplement la conservation, le procédé de nébulisation est aussi tout indiqué.
- Inhalations.— La faculté de résoudre les liquides salins en brouillard excessivement ténu par la nébulisation permet de créer, à l'aide des appareils nébulisateurs, des inhalatoria, tant dans les* villes d’eaux intéressées que dans tout autre lieu: écoles, salles de gymnastique, cliniques ou établissements hydrothérapiques.
- Grâce à la nébulisation, les principes actifs des eaux ou des médicaments sont respectés et appliqués dans les conditions optima.
- Au lieu de créer une atmosphère de brouillard où l'on respire librement, on peut ne créer celle-ci qu’à l’entrée des voies respiratoires au moyen d’un inhalateur.
- D’autres applications peuvent dès aujourd’hui être également envisagées.
- Par exemple, les vers à soie sont décimés par des maladies qui deviennent épidémiques.
- En sériciculture, en horticulture, dans les cultures sous-châssis, le nébulisateur est tout indiqué pour pulvériser les liquides destinés à combattre
- Fig- 6.
- La nébulisation appliquée à l’inhalation.
- les maladies microbiennes ou cryptogamiques.
- Les cinémas, les théâtres, les salles de réunion qui souffrent d’une mauvaise aération, peuvent être désinfectés et humidifiés tour à tour par la nébulisation.
- Le nébulisateur peut apporter une économie sensible dans la carburation pour moteurs à explosion, où l’on sait qu’un gaspillage a lieu à l’heure actuelle avec les meilleurs carburateurs. Le mélange plus intime du comburant sous pression avec le carburant peut donner un mélange plus parfait.
- Le même appareil, convenablement modifié en rapport avec la viscosité des huiles, doit également augmenter le rendement des foyers industriels qui brûlent ces produits.
- Différentes formes de construction sont déjà à l’élude, suivant qu’il s’agit de nébuliser de l’huile légère ou de l’huile lourde comme le mazout.
- On doit pouvoir s’en servir utilement dans l’industrie laitière où l’on veut diviser les corps gras pour les maintenir en suspension dans le liquide (homogénéisation du lait).
- On voit, par cettë brève énumération, que les utilisations pratiques de la nébulisation ne feront pas défaut. Il est même probable que nous en verrons paraître d’autres, inattendues. L’important, sur quoi nous avons voulu insister, c’est le principe nouveau, si ingénieux imaginé par le D1’Nicolaï. R. RI.
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- Paris, avec son appétit pantagruélique, consomme | un tonnage énorme de denrées alimentaires qu’on ne peut toujours lui assurer; pendant la guerre, le ministère des Travaux publics a dû faire assaut d’ingéniosité pour l’approvisionner de charbons et de bois de chauffage, et il n’y a pas toujours réussi au gré des populations de la capitale. Enfin, voici que Paris est menacé de manquer d’eau potable dans un avenir plus ou moins prochain. C’est en vain qu’une édilité prévoyante a discipliné à son profit les eaux de la Vanne, de la Dhuys, du Dur-tain. La soif des Parisiens et banlieusards est telle qu’il faut songer à capter de nouvelles sources. Un moment, on avait pensé à conduire à Paris des eaux du lac de Genève. En dernier ressort, la municipalité de la capitale s’est rabattue sur les vais de la Loire.
- Paris, en effet, absorbe, par les journées chaudes
- | de l’été, plus de 450000 ms par jour, qui lui sont fournis soit en eau de source, soit en eaux de rivières empruntées à la Seine et à la Marne, et livrées au public après filtrage et épuration. Les communes suburbaines de la Seine, de leur côté, consomment quelque 250000 m3 d’eau de rivière plus ou moins épurée. Au total, l’agglomération parisienne réclame 700000 m3 aux jours estivaux. Mais, d’une part, les communes de la banlieue récriminent contre le liquide sans saveur qui leur est distribué; de l’autre, par suite de la congestion urbaine et de la diffusion des pratiques de l’hygiène, les besoins en eau de la capitale vont toujours s’amplifiant. C’est ainsi que nous exigeons aujourd’hui 100 000 m3 d’eau de plus qu’avant la guerre.
- La ville de Paris, devant ces nécessités, et d’accord avec le Conseil général de la Seine, avait, dès
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- avant les hostilités, décidé d’entreprendre îles travaux de captation considérables, et susceptibles de répondre aux exigences non seulement du présent, mais d’un lointain lendemain. ,
- M. l’ingénieur en chef des eaux, Colmet-Daage, M. Dienert, chef du Service de surveillance des eaux d’alimentation, M. le Dr Thierry, chef du Service de surveillance médicale des sources, furent chargés d’étudier les eaux de la, nappe souterraine qui circulent dans les vais de’ Loire. Les conclusions des ingénieurs de la ville semblèrent décisives au Conseil municipal qui, le 26 décembre 4913, donna son approbation au projet d’adduction des eaux de la Loire que lui pré-sen tait M. Colmet-Daage.
- Toutefois, prévoyant de sérieuses difficultés de la part des riverains du fleuve, la ville de Paris stipulait expressément « que le projet comprendrait la cons-truction de barrages-réservoirs destinés à restituer au fleuve en périodes d’étiàges des quantités d’eau supérieures à celles puisées dans la nappe souterraine. »
- D’un autre côté, le Conseil d’hygiène du département de la Seine dans sa séance du 6 mars 1915, et le Conseil supérieur d’hygiène publique de France, le 6 juillet 1914, adoptaient les conclusions de M.leDr Thierry. Conséquemment, après avoir consulté le Conseil supérieur des Ponts et Chaussées — le Conseil supérieur des Travaux publics n’existant pas encore, — le ministre des Travaux publics croyait-il devoir prendre en considération, le 14- mai 1915, le projet de captation des eaux des vais de Loire, et inviter Tes ingénieurs de la Navigation et ceux de la ville de Paris à étudier de concert l’édification des barrages-réservoirs compensateurs, propres à assurer1 l’emmagasinement des eaux de crues et le relèvement des eaux d’étiage, une amélioration de la navigation, et la, production de Pé* nergie électrique. r
- Gr, les projets des ingénieurs de la ville de Paris avaient, jusque-là, tendti surtout à atténuer les crues de la Loirey sans se préoccuper de mettre en
- oeuvre les ressources hydrauliques du torrent. Sur les indications données, au nom des pouvoirs publics, par M. le directeur Mahieu, et les inspecteurs généraux de la Brosse et Sentilhes, la ville modifia donc ses plans primitifs. Les études qu’elle poursuit ne sont pas encore achevées. Du moins sont-elles assez avancées pour que M, Colmet-Daage, aujourd’hui inspecteur général des Ponts et Chaussées, ait pu en donner une idée précise au récent Congrès franco-américain, de la Loire.
- Les vais de la Loire s’étendent entre Briare et Nevers, sur 90 km environ de longueur et 3 en moyenne de largeur. Le sol est ici constitué par dessables d’al-luvions, alternant avec des couches de jars, ou cailloux mélangés de sables.
- La ville de Paris se propose de puiser par pompage dans ces vais \ 12 m3 à la seconde, ou 1 million de mètres cubes par jour.
- Pour rendre l’été au fleuve un cube d’eau supérieur à celui qu’elle utiliserait normalement, pour améliorer le détestable régime de la Loire, la Ville a imaginé d’édifiervime série de barrages, que nous allons successivement examiner.
- 1° Pour les besoins de sa propre consommation , la ville de Saint-Étienne a décidé la construction d’un barrage sur le Li-gnon de la Haute Loire, affluent de la Loire. Cet ouvrage, mesurerait 54 m. de hauteur, et pourrait emmagasiner 35 millions de mètres cubes. Pour l’instant, la construction en a été arrêtée au niveau de la retenue estimée suffisante pour les exigences de la cité stéphanoise. Le complément de dépense serait assumé par la Ville de Paris, qui a même envisagé de porter la hauteur du barrage à.174 m., afin de pouvoir mettre ,en réserve 70 millions de mètres cubes d’eau. |
- 2° Un second réservoir, sur la Loire même, serait établi à Villerest, à l’amont de Roanne. Cet ouvrage, haut de 50 m., pourrait emmagasiner 120 millions de mètres cubes.
- 3° La Ville de Paris avait, également, prévu la création d’un barrage à la Thibonnière, au-dessus
- darraae projeté
- Villeresl
- Barrage Pjfity*
- Barrage
- Fig.
- Les barrages projetés dans le bassin de la Loire.
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- de Saint-Just-sur-Loire, d’une capacité de 80 millions de mètres cubes. Toutefois, cette solution présenterait un grave inconvénient, car elle entraînerait le déplacement de la voie ferrée qui longe la Loire, et serait indubitablement noyée après l’achèvement de la réserve. Aussi, a-t-on pensé à obtenir le même résultat en utilisant le lac d’Issarlès, qui pourrait contenir 30 millions de mètres cubes.
- 4° Enfin, dans le cas où l’on constaterait l’impossibilité de relever à 74 m. de hauteur le barrage de la Valette» sur le Lignon de la Haute Loire, on compléterait le cube nécessaire en créant sur Laise, à Grézolles, un réservoir de 50 millions de mètres cubes. Il est aussi question d’édifier un réservoir de 50 millions de mètres cubes aux Fades, sur la
- sine de Pont-de-TEnceinte et les 9000 de celle de Vendets, étudiées par la ville de Saint-Etienne comme annexes à son projet — en cours de réalisation — d’adduction des eaux du Lignon.
- Sur la puissance obtenue, la Ville de Paris se réserverait l’énergie ne'cessaire pour relever l’eau des puits de captage des vais de Loire, et laisserait l’excédent à la disposition de la région pour l’éclairage des bourgs, les besoins de l’agriculture ou de l’industrie et les transports.
- Les avantages de la solution préconisée par la ville de Paris sont incontestables. L’édification de barrages-réservoirs facilitera, en effet, la régularisation du débit de la Loire, et, corollairement, donnera à la navigation des ressources nouvelles.
- tig. 2. — Barrage de La Valette, vue de l’amont.
- Sioule, lequel assurerait un gros appoint supplémentaire d’énergie àl’hydro-électrique d’Auvergoe. Ces barrages audacieux auraient l’avantage de permettre à la fois Temmagasinement des 210 millions de mètres cubes jugés nécessaires, et la production d’une quantité d’énergie considérable.
- Le réservoir de La Valette pourrait ainsi donner l’été 21 000 chevaux et 46 000 en période d’eaux moyennes sous une chute de 75-150 m., le réservoir de Villerest de 12 000 à 30 000 chevaux, sous une chute de 30 m.f1), enfin le lac d’Issarlès donnerait de 5000 à 25000 chevaux avec 100 m. de chute(2). Au total, de 36000 à 99000 chevaux, auxquels il sied d’ajouter les 4000 chevaux de lu-
- 1. Il y a actuellement à Villerest une petite station de 100 chevaux.
- 2. D’aulres réservoirs ont été aussi envisagés : à Dalle!, en amont de Pont-du-Château, sur l’Ailier (75000m3), à. Aureccurla, Loire (40 000 000 m3) et au col de Gilly entre
- Roanne et le hcc d’Allier (100 000 0,00 m°).
- M. Colmet-Daage a très justement fait valoir à Tours que « pour la régularisation d’un débit, l’établissement d’usines hydro électriques est la formule la plus rationnelle, car il est bien évident que l’exploitant d’une semblable usine a tout intérêt à utiliser le réservoir de manière à rendre le débit aussi régulier que possible pour fournir une quantité d’énergie électrique constante ; l’énergie peut être vendue à un prix beaucoup plus élevé que si on produit, pendant un certain nombre de jours, une grande quantité d’éleclricité", et, pendant d’autres, une très faible. »
- On a calculé que le débit d’étiage de la Loire, à Roanne, serait élevé de 10 m3 par seconde à 50 m3, c’est-à-dire qu’il serait triplé. Ce débit de 50 m3 est normalement assuré durant 6 mois. Il deviendrait donc le débit constant pendant 9 mois de l’année. .
- Les inondations se produisent, dans le bassin de la Loire, en automne surtout, et M. Lévy Salvador
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- a montré que les crues sont particulièrement désastreuses au mois d’octobre. « Sur 15 crues importantes constatées entre 1846 et 1910, 10 ont eu lieu en automne. Seule, la crue très violente de 1856, causée par des pluies diluviennes, s’est produite en. mai. Les 4 autres crues les plus dommageables ont été', par ordre d’importance, celles de septembre 1866, octobre 1846, octobre 1878 et octobre 1872. » Au printemps, la fonte des neiges, d’ailleurs peu abondantes, et les pluies chaudes des premiers orages déterminent bien des crues, mais d’ordinaire bénignes.
- Si l’on songe qu’en octobre les réservoirs pré-
- vant elle des intérêts étroits et mesquins, où la politique s’infiltre. Des voix de la Touraine, duBlésois, de l’Orléanais, du Nivernais, de l’Anjou, se sont élevées au Congrès de Tours de septembre 1919 pour s’opposer à l’exécution des travaux. Les uns ont prétendu, avec quelque mauvaise foi, que la captation projetée abaisserait dangereusement le plan d’eau de la Loire à l’aval de Briare, assertion contre laquelle s’est vigoureusement élevé M. l’ingénieur en chef Kauffmann, d’autres ont prétendu à tort que les puits du Loiret seraient taris et l’horticulture orléanaise paralysée, hypothèse toute gratuite et que rien ne saurait justifier d’autant que les débits
- Fig. 3.— Barrage de La Valette (soulevable jusqu'au niveau AB).
- cités seraient presque vides, et que leur capacité excéderait 270 millions de mètres cubes, on doit admettre qu’il serait possible sinon de supprimer totalement, du moins d’atténuer sérieusement les inondations du bassin ligérien.
- C’est donc avec raison que M. l’inspecteur général Colmet-Daage pouvait proclamer la vertu précieuse des barrages-réservoirs dont nous venons de parler, merveilleux régulateurs du régime du torrent céve-nal, sources d’énergie et de développement industriels et facteurs efficaces contre l’exagération des crues. C’est avec raison qu’il pouvait inviter tous les intéressés à unir leurs efforts pour faire aboutir le projet.
- Mais la ville de Paris devait trouver coalisés de-
- d’étiage seront considérablement relevés. D’autres enfin ont voulu imposer, pour de vagues préjudices éventuels, une lourde contribution à la Ville de Paris, qui a consenti de grands sacrifices pour l’aménagement du Rhône, et qu’on voudrait, encore une fois, exploiter sans vergogne.
- Malgré un vœu sans consistance adopté aux réunions récentes de Tours, les riverains impénitents de la Loire n’ont pas désarmé. Le problème n’est pas résolu. Paris et la Seine ont besoin d’eau. Si les Ligériens, à l’encontre de tous leurs intérêts primordiaux, ne se prêtent pas à un accord, la Ville de Paris est bien décidée à aller emprunter d’autres sources, fut-ce à l’origine de la Seine, ou dans la région du Rhin. Auguste Pawlowski.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mars et avril 1920.
- Élections. — Élus dans les sections respectives de mécanique et d’économie rurale, MM. Mesnager et Lindet, succèdent à MM. Marcel Deprez et Th. Schloesing, tandis que l’Ingénieur Laubeuf prend le dernier fauteuil vacant dans la section d’applications des sciences à l’Industrie. L’Académie a procédé, pendant le mois de mars, à des élections de correspondants et s’est adjoint M. Fowler, Sir James Dewar et Sir Larmor.
- Les vols aux très grandes altitudes. — M. Rateau reprend des idées et des faits énoncés récemment par M. Villev, pour fournir des explications sur les tentatives de vol à 11 000 m. du major W. Schrœder et à 8000 m. du lieutenant Weiss. Au dire de cet ingénieur, la solution du moteur allégé, c’est-à-dire étudié pour n’être jamais alimenté qu’à une pression inférieure à 760 mm, ne peut entrer én comparaison avec celle du moteur suralimenté, formé par l’ensemble moteur-turbo-compresseur. Gette dernière seule doit permettre, avec une augmentation de poids de 20 pour 100, d’exhausser le plafond de 5000 à 3500 mètres.
- Une fructification de champignons toute particulière. — Une note de M. Paul Vuillemin signale une observation trouvée par lui dans les notes de son élève, le Dr Louis Jannin. Il s’agit d’un cas de parasitisme, du développement d’un champignon prolifiant dans le tissu corné et provoquant, chez un agriculteur des environs de Bordeaùx, l’hypertrophie et la dissociation d’un ongle. Sans avoir pu déterminer le genre et l’espèce, le professéur de la Faculté de médecine avait rangé le parasite parmi les Sphaeropsidales dans la famille di s Sphéroidacées Phéosporées.
- A propos de la métallurgie du zinc, — Jusqu’ici on admettait que dans les cornues où l’oxyde est mélangé au carbone, la réduction était en partie produite par l’oxyde de ce métalloïde, les faits se résumant dans les deux formules : ZnO + C = Zn-f-CO ; ZnO + CO = C02 4- Zn, et la température variant de 900 à 1150°, suivant les auteurs. Les expériences de M. Lemarchand montrent que l’action de CO se fait avec une vitesse supérieure à celle de la réduction de CO2 par le charbon; elle commence, contrairement à ce qu’on adrtfet le plus souvent, à température peu élevée (350°), si bien que les industriels exagèrent toujours la quantité de charbon réducteur, celle-ci est intermédiaire entre celles que nécessite les deux réactions possibles ; Zn O ~f G = Zn + CO; 2ZnO + C = 2Zn + CO2. .
- Le dosage du manganèse. — Le procédé Knorr consiste à précipiter MnO2 par le persulfate d’ammoniaque, à dissoudre le magma obtenu dans un excès de réducteur, et à titrer en retour par le permanganate. À un atome de fer, correspondrait 0,491 de manganèse. Sur ce coefficient, les auteurs ne semblent pas d’accord; certains l’évaluent à 0,501. Les essais du commandant Nicolardot établissent que ces écarts qui peuvent atteindre 1,5 pour 100 sont dus à la présence du fer, et le dosage précis ne peut s’obtenir qu’avec une courbe de corrections.
- L’acide nitrique de synthèse. — Jusqu’à présent les meilleurs rendements industriels indiquent de 55 à 65 gr. d’Az03H par kw-heure. La mauvaise utilisation de i’énergie électrique (2,5 pour 100) à la production de l’oxyde azotique vient de l’emploi de l’air atmosphérique, donc humide. M. Ferdinand Gros donne les grandes lignes d’un procédé utilisant des gaz secs, enrichis d’oxygène, avec dispositif récupérant les vapeurs nitreuses par voie physique. Il semble qu’il y a là une indication de la plus grande importance pour une industrie, encore à créer, dans nos.régions alpestres et pyrénéennes.
- La résistance des microzymas à l’action du temps. — On sait que l’ambre est une résine fossile, produit de sécrétion physiologique, provenant de certaines espèces de conifères. M. V. Galippe s’est préoccupé de savoir si les éléments vivants — normaux ou accidentels qu’elle renfermait au moment de sa formation— avaient gardé, malgré le temps, quelque vitalité. L’examen d’échantillons, fournis par les collections du Muséum, a permis de constater la présence de microzymas, de bacilles ovoïdes ou fortement incurvés et de bâtonnets. Ces organismes vivants ont résisté à la fossilisation, et le temps lui-même n’a eu aucune action sur eux.
- L’éruption de la Iiatla. — Silencieux depuis 60 ans, le volcan islandais est entré en violente éruption vers le milieu d’octobre 19] 8.A Reykjavik, éloignée de 170 km, l’épaisseur de la cendre tombée,dans la seule journée du 50 octobre, atteignait 0 mm 08 et sur un rayon de 1000 km. M. Samuel Eggerlsson évalue à 700 millions de mètres cubes, le total des matières solides projetées par les explosions successives, La note de M. A. Lacroix résume les points les plus intéressants qui caractérisent cette nouvelle activité de la Katla.
- Sur les gaz extrêmement divisés, — On sait que, produits au contact des corps sur lesquels ils doivent réagir, les,gaz manifestent, en général, des propriétés particulières, et c’est le cas de l’hydrogène qui, sans qu’il y ait élévation de température, réduit le nitro-benzène au sein duquel il est formé par action de l’acide acétique sur la limaille de fer. M. Zenghelis s’est préoccupé de savoir si l’extrême division des gaz n’était pas la cause de ces phénomènes. Des expériences que résume le mémoire présenté à l’Académie, il conclut que s’il y a excédent d’énergie des atomes libres, il est dû simplement à l’extrême division des gaz agissants.
- L’alcool myricique. — Découvert dans la cire d’abeilles, par Brodie, l’alcool retiré par saponification de la myricine a retenu l’altention de M. À. Gascard. Remontant au carbure saturé primitif, puis étudiant l’éther iodhydrique, ce savant a pu déterminer la composition exacte de l’alcool et lui attribuer la formule C31 H640 jusqu’ici discutée.
- P*m. B.
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- LE MASSACRE DES GRANDS SÉQUOIA DE CALIFORNIE
- Fig. i. — Un Séquoia gigantesque.
- Le Bulletin de mars 1920 de l’Appalachian Mountain (Boston) nous apporte l’invraisemblable nouvelle qu’aux Etats-Unis, le pays par excellence des parcs nationaux et des réserves forestières, certains des arbres géants de Californie seraient menacés de destruction. Le problème des forêts serait devenu critique, parceque, sous prétexte de « besoins actuels urgents », une pression économique irrésistible, quoique aveugle, agit sur le public et les autorités « pour la consommation immédiate » des richesses forestières du pays.
- Un contre-mouvement se produit pour l’achat de la plus grande quantité possible de ces admirables bois rouges de séquoia de Californie, dont trop peu sont protégés par une réserve.
- Ils représentent, dit ce bulletin, « la plus grande, la plus haute et la plus vieille chose vivante du monde, une des merveilles caractéristiques de l’Aiaé-rique, merveille qui se trouve en grave et immédiat danger d’extermination ». Leur âge est évalué de 1100 à 5250 ans, peut-être même plus. Des associations se sont formées pour éviter ce désastre. La pénurie de bois sévit donc aussi de l’autre côté de l’Atlantique, puisque le commerce moderne veut transformer ces rois du monde végétal en poutres, traverses de chemins de fer et échalas !
- « Jamais on ne remplacera les bois rouges. » A notre époque d’expansion industrielle formidable,
- on en arrive à ne plus rien respecter des cascades, des montagnes, des forêts et des autres splendeurs de la nature.
- La progression terrible des besoins, des commodités, des jouissances, vient s’ajouter, pour activer la décrépitude de la terre, à la loi d’usure et de déchéance qui est celle de Dévolution des mondes. Avec terreur on se demande comment on parviendra à enrayer ce conflit entre l’avidité de l’homme et l’épuisement rapide des ressources du globe terrestre. La houille et le pétrole ne sont pas renouvelables ; — la destruction des forêts par l’imprévoyance et le gaspillage devient un crime envers l’humanité de demain; la réduction progressive des moyens de subsistance par l’abandon des cultures et des campagnes, au profit des usines et des villes, augmente de jour en jour l’effroi des économistes et des philosophes.
- La mise en valeur de la houille blanche serait certes un remède excellent et la France est un des pays du monde où la marge de son emploi demeure la plus grande; mais combien on est long à l’organiser! Avec la lenteur des applications et des travaux projetés, on n’entrevoit pas comme prochain le jour où elle rendra tous les services qu’on attend d’elle.
- En tout cas, et même aux Etats-Unis, ce n’est pas par la destruction des forêts qu’on réalisera rapide-le profit latent des forces hydrauliques.
- Faudra-t-il donc reprendre l’étude à peine entamée du captage et l’utilisation de la chaleur solaire? Et quand, elle aussi, aboutira-t-ellé à un résultat?
- E. A. Martel.
- Fig. 2. — Un tronc abattu.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. - N° 2408. ...... _ 29 MAI 1920
- NOUVEAUX TRAITEMENTS DE LA GALE DES ANIMAUX DOMESTIQUES
- Trois genres d'Àcariens, les Sarcoptes, les Pso-rotes et les Symbiotes, déterminent chez les animaux domestiques les différentes maladies cutanées connues sous le nom de gale. Un couple de ces prolifiques parasites pouvant avoir 1 500 000 descendants au bout de 5 mois, on comprend avec quelle extraordinaire rapidité une telle engeance con-
- térébenthine, de goudron, etc.), occasionnaient, sur la peau des animaux galeux des lésions souvent plus graves que leur mal lui-même ! L’écbec des traitements provient d’abord de la fécondité de ces acariens mais surtout de leurs mœurs. La femelle du Sarcopte dépose ses œufs, au fond de galeries sinueuses creusées sous l’épiderme d’un grand
- Fig. i. — Sarcopte de la gale du cheval.
- tamine des équidés ou des chiens, infeste des écuries ou des chenils! En très peu de temps effectivement, lorsque les circonstances s’y prêtent, ces bestioles pullulent non seulement sur la toison des animaux, mais encore sur leurs harnais, dans leurs litières ou leurs mangeoires, sur les instruments de pansage et jusque dans les habits des cavaliers qui les montent ou des palefreniers qui les soignent.
- Et malheureusement les moyens préconisés jusqu’ici pour les combattre (pommades, solutions à hase de jus de tabac, de pétrole, d’essence de
- 48' Année — 1" Semes e
- nombre de mammifères et il n’est pas aisé d’aller les tuer dans leur nid. Le Psorote commun ne se donne pas la peine de forer des sillons sous-épidermiques, il pique la peau de son hôte, ce qui détermine la formation de croûtes au milieu desquelles il s’établit. Le Symbiote commun vit également en société, ne creuse pas non plus de galeries et provoque une gale localisée dont l’extension s’opère lentement.
- Les trois genres d’Acariens peuvent d’ailleurs se rencontrer à la fois sur le même animal ; par suite
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- Pig. 2. — Cheval atteint de la gale sarcoptique.
- de leurs piqûres et du liquide salivaire qu’ils sécrètent, ils amènent une altération de la peau qui se traduit par des rougeurs, des suintements, des croûtes et des démangeaisons intenses. Des trois formes de cette maladie chez le cheval, la gale sarcoptique est la plus dangereuse et la plus difficile à guérir, vu sa grande contagiosité et sa résistance très tenace à l’action des agents curatifs. Au second rang vient la gale psorotique dont l’évolution est plus lente et qui couvre rarement la surface entière du corps. Alors qu’au bout d’un mois, les Sarcoptes envahissent facilement les points les plus éloignés de la peau d’un Équidé, les Psorotes se trouvent encore cantonnés non loin des endroits où ils établissent d’ordinaire leur première colonie (bord inférieur de l’encolure ou base de la queue). Quant à la plus bénigne des gales, la gale symbiotique, elle marche avec une extrême lenteur. Il faut qu’un cheval vive absolument dans la crasse pour qu’elle se propage dans les régions supérieures des membres et du tronc et, selon l’expression du parasitologiste Neumann, « elle ne persiste, pour ainsi dire, que par la volonté du propriétaire » de la bête.
- Les trois genres d’Acariens évoluent à peu près de la même manière et très rapidement. De leurs œufs naissent des larves, qui se changent en nymphes puis en insectes parfaits.
- Un mois après la ponte des œufs, les jeunes femelles se mettent à pondre et d’après certains auteurs, chacune d’elles produit un total de 15 œufs ; d’autres savants avancent même que a ponte continue pendant trois mois, à raison d’un ou deux œufs quotidiens. Si bien que le chiffre de 1 500 000 rejetons indiqués plus haut se trouverait largement dépassé.
- Tenons-nous-en à cette évaluation suffisamment colossale de cette peu estimable famille!
- Quoi qu’il en soit, les Psorotes pondent sur la peau et les larves
- se métamorphosent au milieu des croûtes provoquées par leurs piqûres. Au contraire, comme nous l’avons noté ci-dessus, les Sarcoptes pondent dans leurs galeries; les larves qui éclosent s’y nourrissent durant quelque temps, y subissent leurs mues, puis sortent par les petits orifices qu’on observe sur le trajet du sillon et qu'on cro\ait destinés simplement à l’aération de leur minuscule logis.
- Le rappel de ces données parasitologiques va nous permettre de mieux comprendre la technique de la sulfuration employée en grand pour combattre les épidémies de gale qui éprouvèrent si durement la cavalerie des Alliés au cours de la guerre. Les pauvres chevaux du front, parqués en plein air par tous les temps, devinrent la proie facile des Sarcoptes, des Psorotes et des Symbiotes qui trouvèrent sur leur peau crasseuse un habitat tout à fait à leur convenance! Ces prolifiques Acariens provoquaient chez les « poilus à 4 pattes » couverts de boue, de sueur et pansés à la diable, un prurit intense qui les empêchait de dormir, de manger et finissait par entraîner leur mort par suite de misère physiologique.
- Au cours de ces dernières années, les vétérinaires français s’inquiétèrent donc d’enrayer les progrès effrayants de cette épizootie qui, après avoir décimé les rangs des chevaux de bataille menace aujourd’hui notre cheptel civil. La plupart se rendirent compte alors que les traitements préconisés jusqu’ici pour combattre la gale des animaux étaient non seulement inopérants mais dangereux. Seules les lotions à base de soufre donnaient des résultats appréciables. Le Dr Galès, dans un mémoire publié en 1816, avait déjà découvert le pouvoir acaricide de ce métalloïde et proposé son emploi pour guérir la gale de l’homme. Mais, malgré l'efficacité reconnue des fumigations sulfureuses en l’occurence, le remède
- Fig. 3. — Installation pour appliquer la suljuration aux chevaux galeux.
- L’homme qü’on aperçoit à la fenêtre de l’appentis, tourne la manivelle d’un ventilateur et envoie ainsi les vapeurs sulfureuses dans le box hermétiquement clos où sont enfermés les chevaux à soigner. Seule la tête des animaux sort du box.
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- du sagace précurseur élait tombé dans un injuste oubli.
- Il fallut pour le ressusciter que des spécialistes français Lépinay, Vigelet Chollet fassent aux armées et à l’arrière (1916-1917), de nouvelles recherches sur la question. Des expériences officielles, poursuivies à l’hôpital vétérinaire de Pontoise, sous la direction de M. le vétérinaire principal Jacoulet, leur permirent de mettre au point la méthode dite de sulfuration. Ce traitement simple, économique et rapide guérit, de façon certaine, les chevaux galeux en une ou deux séances selon la gravité et l’ancienneté des lésions. Il nécessite seulement la construction d’un box hermétiquement clos dans lequel on enferme le patient, hormis la tête. Sur les montants de l’édicule constitués par des chevrons entre-croisés à mi-hauteur, on cloue des planches de bois pour former le fond, les côtés etle toit. Quant à la partie antérieure de cette chambre de sulfuration, elle se compose de 2 panneaux mobiles que retiennent des barres transversales engagées derrière des taquets. Le panneau inférieur est plein, celui qui constitue la moitié supérieure se trouve percé d’une ouverture rectangulaire autour de laquelle on fixe de la toile de manière à réaliser une sorte de manchon dont l’extrémité coulissée se serre sur la tète du cheval et permet d’obtenir une fermeture hermétique. Le toit du box est recouvert de carton bitumé. D’ordinaire, l’installation comporte 6 à 10 cellules identiques et un appentis dans lequel on dispose le générateur de gaz sulfureux.
- 11 existe divers types d’appareils sulfurogènes ne différant d’ailleurs les uns des autres que par des détails de construction. Le modèle primitif du service ordinaire de l’armée comprend un foyer hermétique dans lequel un tiroir de forme spéciale renferme le soufre en ignition. Un ventilateur et deux tuyaux percés de trous, de distance en dis-
- Fig. 4. — Appareil sulfurogène Clayton.
- Se compose d'un foyer hermétique dont le tiroir contient le soufre en ignition et d’un ventilateur à main refoulant dans la chambre de traitement l’air chargé de vapeurs sulfureuses.
- tance, s’y trouvent annexés. Ceux-ci parcourent la chambre de sulfuration dans toute sa longueur ; l’un qui sert d’aspiration se raccorde à la partie supérieure du foyer communicant lui-même avec le ventilateur tandis que le second permet le refoulement de l’air saturé de vapeurs sulfureuses.
- Pour opérer, le garçon vétérinaire, après avoir enfermé le cheval dans sa cellule et l’avoir encapuchonné afin d’éviter toute déperdition du gaz désinfectant dans l’atmosphère, enflamme le soufre, puis tourne la manivelle du ventilateur pendant la durée de la séance. L’airde la chambre se trouve alors aspiré dans le foyer où il vient activer la combustion du soufre et se charger par suite de gaz sulfureux avant de retourner dans ladite chambre pour tuer les Acariens. Une ou deux séances de sulfuration de 1 h. 1/2 à 2 heures suffisent pour guérir radicalement un cheval galeux.
- De son côté, M. Clayton applique la sulfuration au moyen des appareils qu’il avait imaginés précédemment pour la désinfection en général. Il s’a-
- Fig. 5. — Dispositif du professeur Henry, d’Alfort, pour traiter un chien galeux par sulfitation
- L’opérateur règle le débit de la bouteille contenant l’anhydride sulfureux liquide.
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- dresse encore aux gaz produits par la combustion du soufre dans un four clos. Un ventilateur envoie également les vapeurs sulfureuses dans une chambre hermétiquement calfeutrée où l’on enferme toujours les animaux à traiter. Nos photographies représentent son installation de Sain t-Ouen, en service depuis plusieurs mois. D’après les constatations insérées dans un rapport officiel et relatant les expériences faites sous le contrôle du vétérinaire principal Jacoulet à l’écurie du 19e escadron du train des équipages, Clayton aurait réussi à guérir, en une seule fois, les 70 chevaux galeux qu’on lui donna à traiter. Le hangar en bois, installé dans la cour de la caserne pour ces expériences, comportait 10 stalles. Les bains donnés avaient une condensation d’au moins 3 à 4 pour 100 en volume d’anhydride sulfureux dans le mélange gazeux et une température dépassant de 10° à 12° la. température extérieure ambiante; ils duraient 1 h. 1/2 à 2 heures. M. Clayton emploie la même technique dans sa station de désinfection de Saint-Ouen et consomme de 600 à 800 gr. de soufre par cheval, selon l’importance, l’ancienneté et la nature des lésions galeuses. Le défaut du procédé est d exiger une installation assez importante.
- Aussi M. Lépinay a-t-il proposé de simplifier les appareils sulfurogènes ou mieux de les supprimer, en substituant aux gaz sulfureux résultant de la combustion du soufre l’anhydride sulfureux liquide qu’on trouve dans le commerce. Cette méthode baptisée sulfitation a subi avec succès les épreuves de contrôle instituées par le service vétérinaire de l’armée et revient un peu moins cher que la sulfuration. Pour ce traitement, en effet, l’appareil-
- lage se réduit aux chambres de désinfection qu’on peut construire avec des planches facilement démontables et transportables. D’autre part, les fabriques de produits chimiques livrent l’anhydride sulfureux liquide en cylindres d’acier de 10,25, 50 ou 100 kg. On met ces tubes dans l’appentis et on envoie le gaz acaricide dans la chambre de sulfitation, au moyen d’une tuyauterie spéciale pourvue d’un instrument doseur, mesurant les 250 à 300 gr. d’anhydride liquide qu’il faut employer par mètre cube d’espace libre dans le box. Cette dose correspond, d’après M. Lépinay, à 700 gr. par cheval environ. On peut aussi, en disposant le tube d'anhydride sulfureux sur une bascule, peser la quantité de liquide nécessaire à la réussite de l’opération On relie le récipient à l’appareillage au moyen d’un tube de caoutchouc souple.
- De son côté, M. le professeur Henry, de l’École vétérinaire d’Alfort, vient d’appliquer tout récemment la sulfitation aux chiens galeux. Il met l’animal dans une simple caisse en bois. Une ouverture, pratiquée dans la paroi supérieure de la boîte et que ferme un couvercle à charnière, permet l’introduction du sujet à traiter. Sa tête passe dans une fenêtre circulaire percée à l’avant de l’appareil, on l’encapiichonne et on la passe dans un carcan pour empêcher le patient de se retirer. En une quinzaine de jours et 2 ou 3 séances d’une demi-heure, un chien galeux est guéri. En définitive, la sulfuration et la sulfitation semblent des méthodes générales de traitement, capables non seulement de tuer tous les Acariens de la gale, mais de guérir encore les derma-tomycoses et les phtiriases, si fréquentes chez les animaux domestiques. Jacques Dover.
- LA TRANSMISSION SANS FIL DE L’ÉNERGIE
- Depuis que l’on connaît les effets de l’induction électrique, on peut dire que les inventeurs ont rêvé au problème de la transmission sans fil de l’énergie. La découverte des ondes hertziennes, le développement des radiocommunications ont fait naître de nouveaux espoirs. Voici de nombreuses années déjà que Tesla a proposé et même expérimenté divers dispositifs pour résoudre pratiquement le problème. Jusqu’ici les efforts tentés n’ont pas eu de succès. La télégraphie sans fil, la téléphonie sans fil, la télémécanique sont bien, si l’on veut, des transmissions d’énergie sans fil, mais dont le rendement est extrêmement faible. Il n’est pas actuellement possible de transmettre économiquement par des procédés de ce genre une puissance utilisable par exemple dans un moteur récepteur.
- Nous trouvons dans un récent article de M. Ben-son, publié par YElectrical Expérimenter de New York, l’exposé d’une conception toute différente et fort audacieuse. Il ne s’agit, pour l’instant et pour longtemps sans doute, que d’une simple spéculation,
- et non d’une réalisation pratique. Mais l’idée est assez originale pour mériter d’être exposée.
- Elle a été suggérée à son auteur par les travaux d’un chercheur anglais, M. Hettinger; celui-ci cherche à réaliser des postes de télégraphie sans fil à grande portée sans antennes matérielles. On sait que tout poste radioélectrique comporte essentiellement un générateur de courants à haute fréquence, et un sysième conducteur, antenne ou cadre métallique, relié à la terre par une extrémité, isolé à l’autre, qui sert à rayonner à travers l’espace l’énergie oscillante qui lui est communiquée par le générateur.. On sait que pour les postes à grande puissance, il faut des antennes de très grandes dimensions et très élevées au-dessus du sol.
- Or les métaux ne sont pas les seuls conducteurs électriques dont nous disposions. Les gaz eux-mêmes dans certaines circonstances, notamment sous l’action des faisceaux intenses de rayons ultra-violets, deviennent conducteurs de l’électricité. On dit qu’ils sont ionisés. M. Hettinger propose donc
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- LA TRANSMISSION SANS FIL DE L’ENERGIE
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- d’utiliser comme antenne, un cylindre vertical d’air atmosphérique ionisé au moyen d’une source puissante de rayon ultra-violets : lampe à arc ou à vapeur de mercure. Ce dispositif est représenté sur la figure 1. Une lampe à rayons ultra-violets, envoie ses rayons à travers un écran métallique perforé qui sert à établir la connexion entre le
- faisceau de gaz ionisé et la terre. On a ainsi un ensemble conducteur qui peut servir d’antenne. Une disposition semblable est reproduite au poste récepteur. Les rayons ultra-violets sont rapidement absorbés par l’air atmosphérique ; la hauteur du cylindre de gaz conducteur et
- Fa>sc?Bu
- Air
- ;isolant
- Usine génératrice dé puissance
- Fig. I.
- Schéma de transmission d'énergie sans fil selon Vidée de M. Benson.
- par suite la portée du poste seront d’autant plus grandes que l’intensité de la source productrice de rayons ultra-violets sera plus forte.
- Il y a donc là une méthode, toute théorique, il est vrai, pour débarrasser les grands postes des constructions métalliques qui les encombrent aujourd’hui.
- M. Benson reprenant l’idée de M. Heltinger, la développe audacieusement et imagine des sources de rayons ultra-violets assez puissantes pour émettre des faisceaux capables de franchir toute l’épaisseur de notre atmosphère, en l’ionisant sur leur parcours. Et voici le parti qu’il envisage d’en tirer.
- L’atmosphère terrestre, dit-il, comporte deux parties : la première au voisinage immédiat de notre sol s’étend sur une hauteur d’une quinzaine de kilomètres, et est composée d’air assez dense pour former isolant électrique; mais aux altitudes supérieures, où l’air se trouve à un état de plus en plus rarélié, les observations montrent que les couches atmosphériques sont ionisées et par suite conductrices de l’électricité; cet état d’ionisation est dû très vraisemblablement aux rayons ultra-violets émis par le soleil et absorbés dans les hautes régions de l’atmosphère terrestre. Ainsi
- Circuits de transmission
- Poste émetteur
- notre globe apparaît comme formé de deux immenses conducteurs électriques, le sol d’une part, la haute atmosphère d’autre part séparés par une couche isolante.
- Si l’on réussit à établir des liaisons conductrices entre le sol et la haute atmosphère, on disposera de gigantesques circuits conducteurs sur lesquels
- on pourra transmettre telle puissance électrique que l’on voudra. Ces liaisons conductrices M. Benson les imagine réalisées au moyen de faisceaux de rayons ultra-violets capables de franchir toute l’épaisseur non conductrice de l’atmosphère.
- Ceci admis, on pourra transmettre l’énergie sans aucun conducteur matériel de la façon suivante (fig. 2) : une station génératrice d’énergie A, émet un faisceau B de rayons ultra-violets qui atteint la couche conductrice de l’atmosphère; elle peut transiüettre, sur ce faisceau conducteur d’éner-, gie électrique, des courants électriques qui seront recueillis en un point quelconque du circuit, même fort éloigné de la station à condition que,
- en ce point, la station émettrice puisse fermer le circuit, ce qu’elle fera également au moyen d’un conducteur formé par un cylindre d’air ionisé par des rayons ultraviolets.
- Un navire par exemple, porteur de puissants projecteurs à vapeur de mercure, fermera par ce moyen un circuit récepteur d’énergie partant de la station centrale, passant par le faisceau ultra-violet de cette station, la haute atmosphère ionisée, et venant se relier au sol en passant par les faisceaux récepteurs du navire.
- Un dirigeable pourrait :se servir du même procédé, et serait dispensé d’emporter à bord les puissants moteurs nécessaires à sa propulsion..
- Une question capitale se pose cependant. Quelle est la puissance nécessaire pour réaliser dans l’atmosphère des faisceàux^ionisants de 16, 20 km
- Poste récepteur
- Fig. 2. — Dispositif de M. Heltinger pour réaliser des postes de T. S. F. puissants sans antenne matérielle.
- L’antenne est remplacée par une colonne d’air ionisé au moyen de rayons ultra-violets.
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- de portée? M. Benson ne l’a pas examinée. Et nous ne savons pas si l’énergie à mettre en jeu pour réaliser ces séduisants conducteurs gazeux ne représente pas un chiffre rédhibitoire, supérieur par
- exemple pour un navire, à la puissance nécessaire pour réaliser la propulsion par les vulgaires moyens d’aujourd’hui.
- R. Yillehs.
- CHASSEURS DE FOSSILES
- Tout .s’industrialise à notre époque..., jusqu’à la paléontologie! Le temps n’est plus où de modestes savants passaient le plus clair de leur existence à fouiller les carrières, à la recherche de fossiles qu’ils vendaient aux muséums et aux collectionneurs.
- Maintenant, on produit les fossiles en série! Hâtons-nous de préciser que « produire » ne signifie pas ici « fabriquer » mais bien « présenter », car il s’agit de pièces d’une au-thenticité incontestable.
- Il va de soi que cette industrialisation ne pouvait s’organiser qu’en Amérique, etcela pour di verses raisons. La raison financière, d’abord: Il en coûte des sommes énormes pour organiser méthodiquement la chasse aux fossiles, et, seules, les grandes institutions scientifiques des Etats-Unis sont assez richement > dotées pour se permettre un pareil luxe.
- En outre, la configuration de l’Amérique du Nord s’est prêtée admirablement à la formation de vastes gisements fossilifères.
- Si l’on admet les théories d’Adhémar sur la périodicité des D.duues, on s’explique aisément l’origine et la formation des gisements américains dont nous allons parler. Nous rappellerons Ces théories, en empruntant à la Géologie Nouvelle, de M. l’ingénieur Henri Lenicque, le clair résumé qu’il en a fait.
- Tous les 10500 ans, l’axe de la Terre change de position, faisant alterner le maximum de chaleur solaire entre l’hémisphère Nord et l’hémisphère Sud.
- Il en résulte que, durant celte période, les glaces s’accumulent autour d’un pôle, tandis qu’elles fondent autour de l’autre, d’où un déplacement de la masse liquide des océans du Nord au Sud, ou vice versa, qui se traduit tous les 10500 ans par un diluvium affectant l’un ou l’autre hémisphère.
- Si l’on admet que cette rupture d’équilibre soulève une gigantesque vague qui balaie les continents et en détruit la faune et la flore, et si, d’autre part,
- on embrasse d’un coup d’œil le relief du sol de notre hémisphère, on remarque, en particulier, que cette vague, partant de l’Océan Glacial Arctique dans la direction de l’Equateur, s’engage dans un gigantesque couloir constitué, d’un côté, par les hauts plateaux du Groenland.de l’autre, par le massif des Montagnes Rocheuses, celles-ci présentant à sa ruée deux culs-de-sac dans l'Alberta elle Wyoming.
- Or, c’est précisément dans l’Alberta (Canada) et dans le Wyoming (Etats-Unis) qu’ont été découverts, voici une quinzaine d’années, les plus grands et les plus abondants dépôts de faune préhistorique connus jusqu’à ce jour.
- C’est de ces deux localités que l’on a retiré les centaines de dinosaures qui ont enrichi les galeries paléontologiques des deux mondes, sans parler de ÏEokippus (î’ancêtre du cheval) et d’autres formes animales de haute importance.
- Cette observation dévoile le mécanisme du diluvium, au moins en ce qui concerne le Nouveau Monde, ou plutôt sa moitié septentrionale. Elle reconstitue la ruée de l’épouvantable « raz de marée» qui anéantit l’abondante faune, évoluée depuis le précédent diluvium sur les immenses plaines de l'Amérique,du Nord.
- Et on le voit balayant devant lui des milliers de carcasses, les roulant dans ses flots, jusqu’à l’infranchissable obstacle que lui oppose la haute barrière des Montagnes Rocheuses, et les déposant en viasse dans les deux anses où viennent tournoyer ses remous.
- Ce fut par un heureux ensemble de circonstances que les gisements du Wyoming vinrent à la connaissance de la Science. Cette région désertique, justement appelée Bad Lands (Terres Mauvaises), n’était pas de nature à attirer les chercheurs de fossiles, et d’autant moins qu’elle était entièrement privée de communications avec le monde extérieur.
- Un jour, un prospecteur, qui avait quelques notions de paléontologie, chercha refuge, sous la me-
- Fig. i. — Les débris de la fameuse hutte d’os, qui fit découvrir les gisements du Wyoming.
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- nace d’un orage, dans une hutte abandonnée, élevée jadis par quelque chercheur d’or. Il fut frappé de l’étrange aspect des matériaux employés dans sa construction, et remarqua qu’ils avaient une « consistance osseuse ».
- Plus tard, il communiqua son observation à un sa\ant. U American Muséum of Natural History, de New York, fut avisé, et une expédition s’én fut visiter la cabine du chercheur d’or. Elle constata que ses énormes moellons étaient bel et bien les vertèbres d’un gigantesque reptible.
- 11 fut facile de retrouver l’endroit où le mineur avait trouvé à Heur de terre ses précieux matériaux, d’où la découverte du gisement du Wyoming, qui a livré, et livre encore, des trésors paléozoologiques inestimables.
- La découverte des gisements de l’Alberta est de date plus récente. En procédant à des relèves topographiques, des ingénieurs du Gouvernement Canadien avaient remarqué, sur le cours de la rivière Red Deer, de nombreux fossiles que les pluies avaient partiellement dégagés de leur gangue de grès.
- L’American Muséum dépêcha bientôt son savant collaborateur, M. Barnum Brown, qui s’est acquis une renommée universelle comme « prospecteur de fossiles ». Son expédition fut transportée à pied d’oeuvre par le chemin de fer de Calgary-Edmonton.
- Pour explorer le lit de cette rivière torrentueuse, l’expédition dut construire un bateau plat, long de dix mètres sur quatre de largeur, et dont la plateforme fut pourvue d’une toile de tente qui abritait les couchettes du personnel.
- Ce radeau emportait dix tonnes de provisions et de matériaux (plâtre de Paris pour l’enchâssement des ossements, planches pour la construction des
- - La carrière de Dinosauriens d’Aurora, Wyoming.
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- caisses d’emballage, etc.). Deux grandes rames, longues de sept mètres, permettaient de le diriger.
- Le bateau fut abandonné au courant, tandis que les explorateurs scrutaient à l’œil nu ou, à la jumelle les falaises qui se déroulaient devant eux. Enfin, M. Barnum Brown releva des indices encourageants, et le radeau fut échoué.
- Sautant à terre, les savants eurent la joie de constater que toute la face de la falaise était comme hérissée d’énormes ossements à partir d’une hauteur de huit à dix mètres au-dessus du niveau des eaux.
- Des sondages, exécutés en arrière de cette façade, démontrèrent qu’on se trouvait en présence d’un immense gisement fossilifère, promesse qui se réalisa bientôt, puisque, en l’espace de quatre années* on en retira quatorze squelettes de dinosaures, longs de huit à douze mètres, et en parfait état de conservation, une vingtaine de crânes de dinosauriens, et de nombreux squelettes incomplets.
- Selon l’expression même de M. Barnum Brown, c’est par centaines que les squelettes des grands reptiles préhistoriques sont entassés dans le bassin du Cerf-Rouge. On se trouve là en présence de véritables « carrières de fossiles inépuisables j).
- Les travaux n’ayant commencé qu’en 1909, nous ne connaissons pas encore toute l’importance de ces trouvailles, quoiqu’on ait déjà la certitude.que la plupart de ces squelettes appartiennent à des espèces nouvelles en paléontologie.
- L’illustre savant qu’est M. Henry Fairfield Osborn, Président de l’Ame-rican Muséum, a dé. rit en 1917 un étrange dionosaure découvert en 1914 dans ce gisement canadien, et qui constitue, selon son expression, a l’une des plus grandes surprises dans toute l’histoire de la science de la paléontologie des vertébrés ».
- Il l’a baptisé Dinosaurus struthio-minius, ou l’imitateur d’autruches. D’après sa reconstitution, rendue facile par la paifaite conservation d’un squelette qui avait gardé, dans son linceul de grès dur, une « altitude vivante », ce dinosaure, le pygmée
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- Fig. 2.
- t
- Fig. 3. — La rivière du Cerf Rouge dont le lit renferme tant de fossiles.
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- du genre, ressemblait effectivement à nos grands oiseaux marcheurs,
- Les mâchoires complètement dépourvues de dents (anomalie que l’on n’a retrouvée chez aucun autre dinosaurien découvert jusqu’à ce jour), sont allongées en forme de bec. Le cou est long et flexible. Les membres postérieurs rappellent étrangement les pattes de l’autruche.
- Renonçant à nous étendre sur cet intéressant sujet, nous parlerons d’un autre gisement fossilifère à grand rendement, dont l’exploitation se poursuit en Californie depuis quelques années.
- Aux environs de Los Angeles, existe un gisement d’asphalte, connu sous le nom de Rancho-la-Brea. En 1874, on en organisa l’exploitation, qui échoua bientôt, l’asphalte recueilli contenant trop d’impuretés.
- Le propriétaire en avait retiré de nombreux ossements. Mais, comme on savait que des animaux domestiques avaient été engloutis dans les sables mouvants de la mare qui entourait le gisement, ces débris n’avaient pas retenu l’attention.
- Enfin, des savants de l’Université de Californie eurent l’occasion d’étudier quelques échantillons, qu’ils identifièrent comme appartenant à des espèces éteintes, et, vers 1910, des sociétés scientifiques commencèrent des recherches méthodiques.
- Elles découvrirent que les sources d’huile minérale de Rancho-la-Brea étaient entourées de « cheminées » d’asphalte mou où s’étaient entassés des milliers de squelettes, d’une variété incomparable, et parfaitement conservés.
- De fait, c’étaient de véritables ossuaires, des « fosses communes » où s’ôtait déversée la faune des
- âges géologiques, et dans des circonstances dramatiques que les fouilles, entreprises en 1915 par l’American Muséum et l’Université de Californie, permirent bientôt de reconstituer.
- Située dans une région semi-désertique, la mare servait d’abreuvoir à tous les animaux fixés dans un rayon de plusieurs lieues. Dans les périodes de sécheresse, la poussière étalait sur la surface de l’eau une pellicule traîtresse, phénomène qui s’y reproduit de nos jours.
- Les bêtes assoiffées, les herbivores surtout, qui s’attardent peu près des sources, où les carnivores leur dressent des embûches, pénétraient précipitamment sur cette semblançe de terrain.
- Dans le nombre, il s’en trouvait qui rencontraient sur leur chemin une de ces « cheminées » d’asphalte semi-liquide. Les malheureuses bêtes cherchaient vainement à dégager leurs pattes. Elles s’enfoncaient progressivement, sucées par l’infernale glue.
- Survenait un carnassier, le tigre à dents-de-sabre [Smilodon californiens), ou le loup à forme gigantesque (Canis dirus), attiré par ses cris d’agonie. Méfiant, le fauve se contentait d’abord de tourner autour de la mare. Puis, la sagesse de l’instinct s’effaçant devant les tiraillements de l’estomac, il s’avançait vers cette proie apparemment toute préparée pour lui, s’engluait à son tour, et, en compagnie de l’herbivore, descendait enrichir le fatal ossuaire.
- C’est par centaines qu’on a tiré du gisement de Rancho-la-Brea des squelettes fossiles, en l’espace de cinq années. Imprégnés d’asphalte, les ossements sont intacts. Mais la chair, la peau, la corne ont été dissoutes par le pétrole, et les squelettes ne sont jamais articulés. Les ossements ont été réunis en
- Fig. 5. — Aspect de la falaise fossilifère.
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- masses compactes par la pression et le mouvement de l’asphalte semi-liquide.
- Le triage de ces amas est loin d’être terminé.
- Les premières études ont démontré que les mammifères carnivores (lions, tigres à dents-de-sabre, loups) et les. grands rapaces (aigles, vautours) avaient payé le plus important tribut à cette trappe meurtrière, ce qui laisse supposer qu’un seul herbivore servit fréquemment d’appât à plusieurs fauves.
- Viennent ensuite les squelettes de grands herbivores : bisons, chevaux, cerfs, Mylodons (gigantesque paresseux terrieole), et autres formes disparues, puis, des squelettes d’échassiers semi-aqüatiques. Les petits quadrupèdes sont rarement représentés, ce qui s'explique par leur légèreté et leur agilité. Il en est de même pour les oiseaux arboricoles.
- Jusqu’ici, et bien que le gisement ait été à peine entamé, les savants américains ont pu identifier une cinquantaine d’espèces d’oiseaux (toutes éteintes) et à peu près autant d’espèces dé mammifères, parmi les tonnes d’ossements recueillis à Rancho la-Brea.
- Mais il est significatif qu’ils n’y ont découvert aucun « souvenir humain », sous la forme d’ossements, d’armes ou d’outils. On peut conclure que l’homme n’avait pas encore fait son apparition sur le rivage américain de l’Océan Pacifique à l’époque où ces milliers d’animaux furent engloutis.
- C’est un argument de plus à l’appui de la théorie qui veut que l’apparition de Y Homo gémis dans le Nouveau Monde soit de date relativement récente.
- Cette monographie de la « chasse aux fossiles » serait incomplète si nous n’y ajoutions quelques détails sur les procédés qu’emploient les chasseurs pour rapporter en bon état leur précieux butin.
- Fig. 7. — Le radeau de l’expédition paléontologique rfe /’American Muséum of Natural History.
- Fig. 6. — Un affleurement de fossiles.
- Nous prendrons le cas des gigantesques sauriens découverts dans l’Alberta par M. Barnum Brown et ses compagnons. On se souviendra que ces squelettes étaient enveloppés et imprégnés de grès. Il convenait donc de les détacher de leur gangue avec les plus minutieuses précautions. Un récit, publié récemment par M. B. Brown dans le Geographical Magazine, va nous initier à ces procédés.
- Armés de petits ciseaux à froid et de marteaux, les savants s’attaquent à l’ossement dont la présence a été révélée par l’effritëment de la falaise. Ils le dégagent le plus profondément possible, à petits coups, s’arrêtant fréquemment pour enlever, avec un pinceau, les débris de grès.
- Après des heures de ce travail minutieux, ils ont enfin des points de repère qui leur permettent de déterminer l’emplacement du squelette. Dès lors, il devient possible d’attaquer le terrain qui le recouvre, soit à la pioche, s’il est friable, soit à la dynamite, s’il s’agit d’une roche dure.
- Quand la plus grosse partie du terrain a été enlevée, on revient au procédé du ciselage, que l’on pousse jusqu’à ce que le squelette soit complètement mis à joui*. On le nettoie à la brosse, avant de le saturer d’une laque spéciale qui soude dans la masse les moindres fragments d’os.
- On achève alors de le détacher de son assise de grès, et, comme on ne saurait songer à l’emporter tout d’une pièce, on le sectionne. Chaque section est enveloppée dans du papier de soie, avant d’être roulée dans des bandelettes qu’on vient de tremper dans du plâtre de Paris convenablement délayé.
- Quand le fossile a été découvert dans une région aussi sauvage que l’Alberta, son transport présente d’énormes difficultés. Il faut d’abord construire sur place des caisses d’emballage proportionnées au volume de chaque section. Si l’on réfléchit qu’un crâne de dinosaure tout emballé pèse environ 300 kilogrammes, et que l’emplacement de la découverte peut être situé à 150 mètres au-dessus delà rivière
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- où. l’attend le radeau, on se fera une idée des obstacles qu’ont à surmonter les chasseurs de fossiles.
- Parfois, quand le fossile n’est pas de proportions gigantesques, et qu’on a des raisons de croire qu’il constitue une espèce nouvelle pour la science, on se résout à 1’emporter tout d’une pièce, sans le dégager de son enveloppe rocheuse. Ce fut ainsi qu’on procéda en 1914 avec le Dinosatimts struthiomicus," dont nous parlions plus haut. . ^
- Au prix de mille difficultés, on transporta à New York le pesant bloc de grès dur qui l’enserrait, et l’exhumation put être effectuée dans le laboratoire de l’American Muséum. Ce laborieux et coûteux effort fut amplement récompensé, piiisqu’il dota la paléontologie d’un squelette rarissime* retrouvé, comme nous l’avons dit, dans une « posture vivante », et avec tous ses, cartilages en place.
- Après nous être étendu sur l’effort méthodique des grandes sociétés savantes, nous signalerons qu’il existe désormais aux Etats-Unis des « prospecteurs de fossiles ». qui sont parfois d’anciens « prospecteurs d’or » désabusés. Ils recherchent le gisement fossilière comme d’autres, le filon aurifère.
- Parcourant à cheval les vastes territoires désertiques du Wyoming et du Colorado, ils scrutent du regard le terrain, guettant les moindres indices. Un objet blanchâtre qui émerge du sol calciné les fait sauter de selle. Et la chance veut, assez fréquemment, qu’ils découvrent là un fossile d’espèce inconnue, qu’ils vendront cher aux grands collectionneurs.
- Nous signalions plus haut la sensationnelle découverte d’un squelette complet de Eohippus, le
- plus lointain ancêtre connu du cheval, mignonne créature dont les pieds portaient quatre doigts. Il ne fut pas découvert par un savant, mais bien par un charretier, nommé William Stein, que les expéditions de l’American Muséum organisées dans le Wyoming employaient au cours de leurs campagnes. Il leur servait à la fois de conducteur et de cuisinier.
- Il prit goût à la chasse aux fossiles, et ce fut au cours d’une prospection sur le plateau de Big Horn qu’il aperçut, émergeant d’un tertre formé d’argile, deux fragments d’os. Quand l’expédition revint l’année suivante, elle se rendit compte delà grande importance de la trouvaille, et le squelette fut transporté tout d’une pièce à New York, avec son assise de roche.
- Il reste à découvrir l’ancêtre de cet ancêtre, c’est-à-dire une forme chevaline dont les pieds portaient chacun cinq doigts. On est matériellement certain qu’elle a existé, puisqu’on a constaté, sur plusieurs squelettes d'Eohippus, un cinquième doigt embryonnaire sur les pieds de devant Et l’on a des raisons de croire qu’elle eut l’Amérique du Nord pour habitat, puisque c’est dans cette même région qu’on a retrouvé tous les chaînons, entre le cheval à quatre doigts et le grand Equus moderne, dont l’espèce disparut du Nouveau Monde longtemps avant que l’homme y fit son apparition.
- De nombreux prospecteurs sont à la recherche de cette forme, dont le squelette se vendra son pesant d’or. Et ce n’est pas beaucoup dire, car cet ancêtre de nos gigantesques Percherons et Boulonnais devait avoir la taille d’un modeste lapin de garenne.
- V. Forbin,
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- SA FABRICATION ET SA CONCENTRATION
- On a justement comparé la place, occupée par l’acide sulfurique dans l’industrie chimique à celle que tient le fer dans les industries mécaniques; c’est que c’est un acide fort, obtenu à assez bon compte en partant de matériaux très abondants dans la nature et capable d’extraire de leurs combinaisons naturelles une foule de produits indispensables à l’industrie.
- Pendant la guerre, il a été fait une formidable consommation de cet acide que M. Nordmann, dans un langage très imagé, a appelé le sang de la machine truerrière; la fabrication en France en a été considérablement développée pour le plus grand bien des industries chimiques de paix à la renaissance desquelles nous assistons maintenant.
- Le moment paraît donc assez bien choisi pour retracer dans les grandes lignes les différents progrès réalisés, depuis une cinquantaine d’années, dans cette fabrication capitale.
- Historicpic. — On a préparé l’acide sulfurique
- dès le xviii6 siècle. Il était alors obtenu en distillant du sulfate de fer provenant d’un lavage de pyrites oxydées et c’est encore cette méthode que l’on employait il y a une vingtaine d’années pour obtenir l’acide sulfurique fumant ou oléum qu’on prépare maintenant par le procédé de contact et dont nous décrirons ultérieurement la fabrication.
- Ce n’est qu’en 1620, que Lémery s’aperçut que la combustion dans l’air humide du soufre, additionné d’un peu de salpêtre, donnait une notable quantité d’acide sulfurique. Une petite usine fut installée à Londres pour exploiter ce procédé. La réaction s’opérait dans des cloches en verre de 300 litres et le prix de l’acide qui, à cette époque, était de 32 francs le kilo, tomba à 6 francs.
- C’est à Birmingham que furent installées les premières chambres de plombé vers 1750, et une nouvelle usine fut construite peu après à Rouen!
- En 1793, Clément et Desormes transformèrent la fabrication intermittente en fabrication continue;
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- Gay-Lussac ajouta aux chambres de plomb la tour dénitrante qui porte son nom, le soufre fut remplacé par les pyrites en 1837 et en 1861, la tour de Glover fut installée.
- Depuis ce temps, de nombreuses modifications ont été faites à diverses pièces de l’appareillage et l’on est arrivé peu à peu à un rendement très satisfaisant
- La fabrication de l’acide sulfurique par oxydation directe de l’acide sulfureux au moyen de catalyseurs en platine n’est industrielle que depuis une ving taine d’années et son prix de revient plus élevé ne lui a pas encore permis de remplacer complètement le procédé des chambres de plomb.
- De nombreuses tentatives ont été faites pour opé-
- favorisait donc la fixation de l’oxygène de l’air. Les théories proposées pour expliquer lé mécanisme de cette oxydation ont été très nombreuses. Il se produit toute une série de réactions intermédiaires dont il n’a pas encore été possible de déterminer exactement les produiLs,car ils ont tous la propriété de se former et de se décomposer très rapidement. On a longtemps admis qu’il ne se formait qu’un seul produit intermédiaire, le sulfate acide de ni-trosyle ou cristaux des chambres de plomb, mais en réalité il y en a plusieurs, dont les proportions réciproques dépendent de la température, de la quantité d’eau et des concentrations des matières en présence.
- L’action des oxydes d’azote sur la formation de
- Fig. /. — Schéma de la fabrication de l’acide sulfurique.
- F, four à pyrites Malétra; a, entrée d’air, déchargement de l’oxyde de fer; r, regards destinés à faire tomber la pyrite de tablette en tablette : m, tuyau de plomb conduisant les gaz au Glover; G, tour de Glover; A, première chambre de plomb : p, pulvérisateur d’eau; B, deuxième chambre; C, troisième chambre; L, tours de Gay-Lussac; S, évacuation des gaz inertes ; h, monte-acide, renvoyant au Glover l’acide sulfurique nitreux du Gay-LussaC; d, monte-acide servant à renvoyer au Glover de l’acide faible des chambres.
- rer l’oxydation de l’acide sulfureux au moyen des oxydes d’azole dans des colonnes pour la mise en contact des gaz et vapeurs avec des liquides ; nous décrirons brièvement tout à l’heure les procédés généralement employés.
- Théorie de la fabrication. — L’oxydation de l’anhydride sulfureux, obtenu par la combustion à l’air du soufre ou des sulfures, peut se faire au moyen de l’oxygène de l’air en présence d’eau avec formation d’acide sulfurique, mais elle est ainsi extrêmement lente. C’est grâce à une réaction auxiliaire qu’elle est devenue suffisamment rapide pour offrir un rendement industriel satisfaisant.
- Lorsqu’on fit les premières expériences sérieuses sur la fabrication de l’acide sulfurique au moyen de la combustion du soufre en présence de salpêtre, on attribua la rapidité de formation de l’acide par l’action oxydante plus énergique du salpêtre, mais on s’aperçut aussi qu Use formait beaucoup plusd'acide sulfurique que la quantité correspondant à l'oxygène du nitre, La production d’oxydes d’azote
- l’acide sulfurique ressemble donc beaucoup aux actions catalytiques; la formation des composés nitrés de l’acide sulfurique est plus rapide que la production de l’acide dans un milieu ne contenant pas d’oxydes d’azote. L’oxygène de l’air est fixé sur le gaz sulfureux au moyen des produits nitreux et, après formation de l’acide sulfurique, les produits nitreux sont constamment régénérés. Une petite quantité d’oxydes d’azote peut donc servir, théoriquement, à oxyder une quantité illimitée de gaz sulfureux ; en pratique, il y a toujours quelques pertes.
- Production du gaz sulfureux. —Au début, le soufre mélangé de 8 à 12 pour 100 de salpêtre, était introduit dans une chambre de plomb dont le fond était recouvert d’une couche d’eau. On enflammait le mélange et l’on bouchait toutes les ouvertures pour laisser réagir les gaz. L’opéra lion était répétée plusieurs fois pour qu’on puisse obtenir un acide susceptible d’être concentré. Ge n’est qu’en 1774 qu’on eut l’idée de faire brûler le soufre
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- Fig. 2. — Tour de Glover.
- Q, massif de maçonnerie; N, entrée des gaz dans la tour; G, grille en ferro-silicium supportant le remplissage; K, remplissage de quartz; L, remplissage d’anneaux de grès; b. distributeur; T, touries d’acide nitreux; M, réservoir d’acide faible;. R, sortie des gaz allant aux chambres.
- séparément et un peu plus tard, la fabrication devint continue.
- On fit uniquement de l’acide sulfurique au soufre jusqu’en 1837, date à laquelle les frères Perret firent les premiers essais de grillage de pyrites. Maintenant la fabrication à partir du soufre, est seulement utilisée pour la production d’acide destiné à la pharmacie.
- Grillage des pyrites. — Les pyrites qu’employaient les frères Perret provenaient de la mine de'Chessy. Cette mine fournissait un sulfure de fer, assez riche en cuivre, qu’il fallait griller pour extraire le métal. Le grillage, qui entraînait les plus grands embarras, devint avantageux quand Michel Perret eut réuni à l’usine une fabrique d’acide sulfurique.
- Il existe quatre variétés de pyrites : la pyrite martiale ou pyrite jaune qui est la plus répandue, la marcassite ou pyrite blanche, la chalcopyrite qui
- est cuivreuse, et la pyrite magnétique dont la teneur en soufre n’atteint pas 40 pour 100.
- On rencontre la pyrite dans la plupart des pays : Angleterre, Norvège, France, Espagne, Autriche, États-Unis, etc. Fit France, il en existe des gisements dans le Rhône, le Gard, l’Ardèche, l’Ariège; c’est la Compagnie de Saint-Gobain qui détient le monopole de la vente de la pyrite indigène.
- Pendant la guerre, YEspagne nous en a livré des quantités énormes provenant des extractions de Rio Tinto, Tarsis et Aguas Ténidas. Les gisements s’étendent, sur la rive gauche de la Guadiana, sur une longueur de 350 kilomètres et une largeur de 50.
- L'Allemagne extrayait annuellement de son sol 150 000 tonnes de pyrites et elle en importait 350 000 tonnes d’Espagne. Elle traitait en outre une grosse quantité de blendes ou sulfures de zinc. La pyrite est grillée en roche ou en poudre ; les fours sont disposés d’une façon spéciale selon que l’on emploie l’un ou l’autre procédé. Le four le plus connu pour le grillage des pyrites en poudre est le four Malètra employé pour la première fois à l’usine du Petit Quevilly, près de Rouen. Il comprend une série de tablettes superposées sur lesquelles la pyrite est étalée et grillée par un courant d’air
- Fig. 3. — Tour de Gay-Lussac.
- A, -tuyau d’entrée ; a, regard en verre ; B, chambre : C, charpente; P, enveloppe] de plomb contenant le remplissage ; p, distribution d’acide ; R, réservoir d’acide sulfurique 62° ; H, tuyau d’évacuation.
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- ascendant. À la mise en marche, il faut que le four soit préalablement porté à une température assez élevée au moyen d’un grand feu de bois; après quoi la pyrite s’enflamme et la chaleur dégagée suffit à la maintenir en combustion.
- Par des regards latéraux, on fait de temps en temps tomber la pyrite d’un plateau supérieur sur le plateau inférieur, le plateau du bas ne contient plus que de l’oxyde de fer que l’on décharge et
- un temps très long pour le rallumer. Ces nombreux inconvénients ont fait substituer aux fours Malétra et analogues des fours mécaniques sur lesquels nous reviendrons en abordant l’étude de l’oléum.
- Les gaz des fours renferment du gaz sulfureux dans la proportion de 6,7 à 8 pour 100, un excès d’oxygène, de l’azote (provenant de l’air) et un certain nombre de gaz issus de la combustion des impuretés que contiennent les pyrites. Ils entraînent
- Fig. 4. — Appareil Kessler pour la concentration.
- A, cheminées; B. brûleurs; K, barrages du saturex; R, regards pour le nettoyage; S,, sortie d’acide; P, feuille de plomb iépaisse formant enveloppe hermétique; a, calottes de barbotage du récupérateur; b, rétrogradateurs ; h, siphon d’entrée d’acide faible ; M, évacuation des gaz; N, fers double té supportant . l’appareil.
- qu’on peut traiter- dans les hauts fourneaux après l’avoir façonné en briquettes.
- Dans quelques installations, le collecteur de gaz sulfureux contient des marmites en fonte dans lesquelles on introduit dunitrate de soude et de /’ acide sulfurique. Elles dégagent de l’acide nitrique bientôt réduit en présence du gaz sulfureux, avec formation de vapeurs nitreuses.
- Les fours Malétra et analogues ont le désavantage de nécessiter une surveillance continuelle. Si l’oxydation est trop rapide, la température s’élève très vite et le soufre des tablettes supérieures peut être en partie volatilisé; une oxydation trop lente au contraire, a pour effet d’éteindre le four et il faut
- mécaniquement des poussières que l’on retient dans des chambres à poussières en maçonnerie disposées en chicanes. Ils rentrent ensuite dans la tour de Glover.
- Tour de Glover. — La tour, que Glover introduisit dans l’appareillage en 1861, est maintenue par une solide charpente en bois et recouverte extérieurement d’une enveloppe hermétique pn feuilles de plomb. Elle repose dans une double cuvette en plomb destinée à recevoir l’acide sulfurique traité et refroidi par un serpentin de plomb à circulation d’eau froide. Le tout est placé sur un massif de maçonnerie.
- Un remplissage de morceaux de quartz, silex,
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- petits anneaux de grès occupe la majeure partie du volume intérieur de la tour. Il est destiné à donner une énorme surface de contact entre les gaz et le liquide constitué par de l’acide sulfurique faible provenant des chambres de plomb et par de l’acide sulfurique nitreux envoyé du bas de la tour de Gay-Lussac. Ces différents liquides sont emmagasinés au haut de la tour dans un réservoir cylindrique et une série de grandes touries en grès. La répartition du liquide sur toute la surface du remplissage est
- 4° De refroidir les gaz des fours qui, entrant dans la tour à 500° environ, en ressortent à 70°.
- Chambres de plomb. — Les gaz nitreux sortant du Glover pénètrent dans des chambres de plomb, généralement au nombre de trois, reliées par de forts tuyaux, et atteignant 5000 mètres cubes de capacité. Elles se composent d’une solide charpente intérieurement garnie de feuilles de plomb. La paroi inférieure est constituée par une cuvette en plomb remplie d'eau dans laquelle les parois laté-
- £tt?er- Super-Q PhosnhalW
- A ccumu/ateura Décapage
- AHzaçine yVumi^e
- Phosphore.
- Y Soude caustique
- Chlore O ^ ,
- P Y Chlorure d'or
- Carbonate O
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- . O-—/ . r/r.. P Co/fodion Ac. cn/orhydriqueO Cau / r)
- - ' - ^ • +*<jCoton
- idenitrique
- Aniline Matières co/or.
- y\li/roôenzine benzine Mêlinite
- Açide
- acef/que
- /« Su/fati cra/umij
- j Sulfate de potasse
- JAtun
- Toluène Nitrotoluène footures
- Bromures
- aBrome
- Ammoniaque
- '\p>Su/fate d'ammoniaque
- Sulfate de cuivre
- w ^ Sulfate de Fer Hydrogéné
- Fig. 5. — Principaux usages de l’acide sulfurique.
- assurée par une série de perforations munies de calottes à joint liquide. On introduit ainsi dans le Glover de l’acide sulfurique à 55° Bauméqui fournit de la vapeur d’eau et se concentre, de l’acide nitrique destiné à compenser les pertes.
- Les gaz des fours, rencontrant l’acide sulfurique faible libèrent de la vapeur d’eau qui, dans le haut du Glover, met en liberté les produits nitreux réduits aussitôt par le gaz sulfureux. La tour de Glover a donc pour effets :
- i° De dénitrer l’acide provenant du Gay-Lussac;
- 2° De concentrer l’acide d’alimentation du Gay-Lussac ;
- 3° D’alimenter partiellement en vapeur les chambres de plomb;
- raies plongent à la façon d’une cloche en formant joint hydraulique.
- Les deux premières chambres sont munies de pulvérisateurs d’eau fonctionnant à peu près comme les vaporisateurs ordinaires. Au contact de ce léger brouillard aqueux, les gaz nitreux donnent de l’acide sulfurique qui se rassemble dans les cuvettes et peut arriver à marquer 53° Baumé. C’est de cet acide qu’on envoie au haut de la tour de Glover au moyen de monte-acides automatiques. -
- Tour de Gay-Lussac. — L’opération doit être réglée de telle manière que tout l’anhydride sulfureux soit transformé en acide sulfurique. Les gaz qui s’échappent de la dernière chambre de plomb sont constitués par de 1 azote, une certaine quantité
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- d’oxygène el des vapeurs nitreuses qui donnent au mélange une teinte rouge. Un regard en verre permet de se rendre compte de la teinte des gaz qui entrent au bas de la tour de Gay-Lussac, colonne carrée de 2 m. de côté et de 8 à 15 m. de haut. Cette colonne est très souvent double.
- Elle est constituée par une solide charpente supportant les parois en plomb et contient un empilage de briques siliceuses. Son but est de récupérer les oxydes d’azote en les dissolvant, dans de l’acide sulfurique concentré à 62° Baumé. Il se forme ainsi de l’acide nitrososulfurique très soluble dans l’acide sulfurique et il ne s’échappe plus, par la cheminée de queue, munie ou non d’un ventilateur, que des gaz inertes contenant une très faible proportion d’oxydes d’azote qu’il faut compenser, comme nous l’avons vu, précédemment, par une addition d’acide nitrique ; la consommation en acide nitrique est à peu près de 500 gr. par 100 kg d’acide sulfurique produits.
- Pendant un certain temps, l’acide sulfurique nitreux du Gay-Lussac était traité par de la vapeur d’eau dans des colonnes dénitrantes et concentré séparément ; on le met maintenant au Glover où il est à la fois dénitré et concentré.
- Rendements. — Théoriquement, 100 kg de soufre donnent 200 kg d’anhydride sulfureux, 306 kg d’acide sulfurique, 525 kg d’acide à 66° Baumé ou 94 pour 100, 374 kg d’acide à 62° et 490 kg d’acide à 50°.
- Avec une chambre de 4000 m3, un Gay-Lussac de 31m3 750 et un Glover de 9 m5 300, on brûle 11 800 kg de pyrite à 50 pour 100 en 24 heures. Il faut 2 kg 250 d’eau par kg de soufre, et, avec une circulation d’acide à 62° de 39 000 litres dans ' le Gay-Lussac et le Glover, on peut obtenir une production de 2 4^750 d’acide à 53° par mètre cube et par 24 heures. Il ne faut pas plus de 500 gr. d’acide nitrique par 100 kg d’acide sulfurique. Pour forcer la production par mètre cube, il faut augmenter notablement la quantité d’acide sulfurique en circulation. On obtient actuellement des rendements de 96 à 97 pour 100 du rendement théorique.
- Concentration. — L’acide sulfurique à 55° provenant des chambres de plomb doit être concentré pour être employé dans la plupart des opérations industrielles.
- L’élimination d’eau se faisait autrefois en chauffant l’acide dans des bassines en plomb posées sur des plaques de fontes directement en contact avec les gaz chauds d’un foyer. La concentration ne pouvait pas toutefois dépasser 60° Baumé, degré au-dessus duquel le plomb se trouvait assez vivement attaqué. On continuait la concentration jusqu’à 66° dans des bassines en platine.
- Ces appareils très dispendieux ont été remplacés par des fours de concentration en lave de Volvic.
- L’appareil Kessler, qui est très employé, se compose d’un saturex, grande caisse rectangulaire
- horizontale en volvic extérieurement garnie d’une épaisse feuille de plomb destinée à former paroi hermétique, et d’un récupérateur comprenant cinq plateaux perforés, également en volvic et munis chacun de 24 ouvertures recouvertes par des calottes de barbotage en porcelaine. L’acide sulfurique faible est introduit à la partie supérieure du récupérateur par un siphon de plomb h ; sur chaque plateau, il s’étale en nappe baignant tous les bords des calottes et dont le niveau est limité par des rétrogradateurs en porcelaine b. Ces organes sont en somme tout à fait analogues aux plateaux des colonnes Savalle.
- . L’excédent d’acide du plateau inférieur tombe dans le « saturex » et forme une nappe d’épaisseur réglée par une petite vanne èn verre placée dans le conduit S.
- La paroi formant plafond du saturex comprend une série de barrages K et, par la vanne située en S, on peut régler le passage destiné aux gaz entre les barrages et le niveau du liquide.
- Des brûleurs à gaz pauvre sont introduits en B dans la cheminée A. En temps normal, leurs flammes montent dans la cheminée A, mais, si l’on met en route un ventilateur puissant tirant par le tuyau M, le tirage s’inverse et les gaz chauds viennent chauffer en surface l’acide du saturex. Les barrages produisent des vagues qui augmentent la surface de contact ; l’acide émet des vapeurs riches en eau qui se mêlent au gaz. Le mélange barbote à travers les plateaux du récupérateur en réchauffant l’acide. Aspiré par le ventilateur, il traverse un condensateur rempli de coke qui retient des particules liquides et se trouve enfin évacué. Un tel appareil peut concentrer en 24 heures 12 à 20 t. d’acide à 53°. La consommation de charbon est de 8 à 10 kg par 100 kg d’acide concentré.
- L’appareil Gaillard qui peut concentrer en 24 h. 40 à 50 tonnes d’acide à 53 se compose d’une tour en volvic garnie de plomb, de 15 m. de haut. Cette tour est assez analogue aux modernes tours de Glover, mais ne comporte pas de remplissage. Les gaz chauds provenant d’un gazogène montent dans la tour; en sens inverse tombe une pluie fine d’acide faible provenant d’un pulvérisateur placé au sommet. Les fines gouttelettes sont concentrées pendant leur chute et on recueille au bas de l’acide à 66°.
- Fabrication de 1 acide sulfurique en colonnes. —
- Lurige avait proposé de substituer des tours en grès aux chambres de plomb et depuis ce temps un certain nombre de procédés ont été présentés. La plupart avaient l’inconvénient de nécessiter une côn-sommation trop élevée d’agents oxydants. La Société allemande « Chemische Fabrik Griesheim-Elektron » a trouvé que le remplacement des chambres de plomb par des tours pouvait se faire sans qu’il en résulte une perte plus forte en agents oxydants, si l’on utilisait de l’acide nitrique en quantité suffisante pour oxyder le gaz sulfureux,
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- Fig. 6. — Les chambres de
- de telle manière qu’aucune trace ne puisse se rendre aux appareils régénérateurs d’acide nitrique. C’est en effet le gaz sulfureux qui rendait impossible la récupération totale des oxydes d’azote.
- Selon cette Société, la production peut être de 100 à 140 kg d’acide à 54° et même à 57-58° par mètre cube de capacité de réaction, contre 5 à 7 kg qu’on peut obtenir avec les chambres de plomb.
- Le procédé Burckhardt, d’après lequel l’acide sulfurique est aussi préparé en colonne, consiste à faire absorber de la vapeur d’eau à des gaz contenant de l’anhydride sulfureux avant de les amener en contact avec l’acide sulfurique nitreux.
- Le volume de réaction des colonnes étant relativement réduit, il est nécessaire d’augmenter dans une très large mesure la surface de contact entre les gaz et les liquides. Les remplissages occupent un volume inutilisé et le mieux est de recourir à une bonne pulvérisation des liquides. On a proposé des colonnes à plateaux munis ;de tubes pulvérisateurs qui semblent devoir donner de bons résultats.
- plomb de l’usine de Nantes.
- Emplois industriels de l’acide sulfurique. —
- Les emplois industriels de l’acide sulfurique sont innombrables, et bien rares sont les industries chimiques qui ne l’utilisent pas.
- La plus grande quantité est absorbée par la fabrication des su]terphosphates, de la soude, des acides chlorhydrique, nitrique, acétique, phosphorique.
- On l’emploie pour préparer l’hydrogène, l’iode, le phosphore, le brome, les acides tartrique, formique, butyrique, etc. La fabrication du glucose, la saccharification des grains, l’épuration des huiles, la préparation de l’éther dit sulfurique en emploient aussi une certaine quantité.
- Les poudreries ont, pendant la guerre, absorbé la majeure partie de la production pour la préparation du coton-poudre et des divers explosifs nitrés. Il faut pour ces industries et pour celles des matières colorantes, des concentrations qu’on ne peut obtenir que par une addition d’oléum ou acide sulfurique fumant dont nous décrirons prochainement la fabrication. Lucien Maugé.
- Fig. 7. — Même usine; appontements sur la Loire.
- Le Gérant : T. Masson. —Imprimerie Lahuke, 9, rue de Fleuras, à Paris.
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- LA NATURE-
- — N°
- 2409.
- L’HÉUCA OU VOITURE A HÉLICE
- 5 JUIN 1920
- Si l’on considère le mode de propulsion d’une voiture automobile ordinaire, on constate qu’elle prend appui sur le sol pour vaincre la résistance de l’air. Si la résistance de l’air n’existait pas, la puissance nécessaire serait 60 pour 100 moins
- nismes barbares, sans aucune vitesse pratiquement suffisante. L’hélice, avec son mécanisme simple, permettra d’établir un traîneau léger,, qui glissera facilement sur la glace, le point d’appui pour la propulsion étant cette fois l’air lui-même dans lequel le
- grande. Il faut ajouter à cette puissance exigée par la pénétration dans l’air, celle qui est absorbée par les organes de transmission depuis le moteur jusqu’aux roues.
- déjà quelques années à
- On a cherché depuis modifier le mode de propulsion de la voiture et le premier moyen qui s’est présenté à l’esprit fut d’utiliser l’hélice de l’aéroplane, du ballon dirigeable.
- Cette application de l’hélice a donné de bons résultats pour la navigation automobile. On sait que l’hydro-glisseur de Lambert, décrit dans le n° 2595 de La Nature, a été employé avec succès pendant la Fig.
- guerre en Mésopotamie.
- Ce mode de propulsion s’appliquera également avec beaucoup de succès aux traîneaux, car l'a on ne saurait prendre, d’adhérence sur le sol. Les essais réalisés avec roues à grappins, avec vis de propulsion ne sont que des tâtonnements qui produisaient des méca-
- 48* Année. 1" Semestre»
- véhicule doit pénétrer. Si l’on passe à la traction sur terre, on voit que la solution de l’hélice aérienne, calée directement sur l’arbre en bout du moteur à essence, supprime beaucoup d’organes délicats qu’on rencontre dans une voiture ordinaire : changement
- de vitesse, embrayages, différentiels, cardans. Nous verrons la chose plus en détail tout à l’heure en décrivant une voiture existante.
- Le rendement d’une voiture à roues motrices,. au moment de la marche en prise directe, atteint au plus 54 pour 100. Sur un véhicule rapide l’hélice permet d’arriver facilement à 70 pour 100.
- Pour les chemins de fer, certain pays voisin a songé à la question, ce qui lui permet d’utiliser ses stocks de moteurs d’aviation. Il suffit d’installer à une extrémité de la voiture le moteur avec Phélice .calée en bout. Étant donnée la rareté du charbon., la crise des transports et la quantité' de moteurs d’avions iuu-
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- Voilure Ilelica en marche.
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- Fig. 3. — La voiture Helica.
- tilisés, peut-être bientôt inutilisables, ce moyen de propulsion pouvait être envisagé tout au moins pour le transport des voyageurs sur des lignes à faible trafic.
- La solution de l’hélice appliquée à la voiture automobile est encore heaucoup plus intéressante, car elle allège considérablement le poids mort ; elle supprime quantité d’organes délicats et chers et elle permet de donner à la carrosserie une forme rationnelle, au point de vue de la puissance de pénétration dans l’air.
- Cette voiture à hélice est aujourd’hui sortie du domaine des possibilités, elle existe, elle a donné des résultats et elle se construit en série.
- Le premier modèle, que représente notre figure 1, date déjà d’avant-guerre, mais son inventeur, M. Leyat, a été ainsi à même de lui faire subir de dures épreuves et de la soumettre à des essais, qui ont été suffisamment probants. Le premier type, qui a été au front et qui a fait des parcours forcément un peu... accidentés, existe encore et nous le verrons réapparaître un jour. Il n’y a donc rien d’étonnant que la confiance soit maintenant légitime et décide les plus hostiles à constater les avantages nombreux de ce genre nouveau d’automobile.
- Tout le mécanisme moteur se compose d’un moteur de 8 chevaux à deux cylindres en Y, avec refroidissement à ailettes. Ce moteur est en prise directe avec l’hélice à quatre pales, qui est placée à l’avant de la voiture. Cette hélice a un diamètre de 1 m. 40 qui ne dépasse pas la largeur de la voiture. Elle est entourée d’un pare-hélice. Il n’y a donc pas d’embrayage, pas de changement de vitesse, pas de pont arrière ; juste la direction et les freins ont subsisté, comme éléments indispensables de la conduite d’une voiture. Le corps de la voiture est donc constitué uniquement par la carrosserie et on a pu lui donner ainsi la forme la meilr -leure. au point .de vue aérodynami-
- que : effilée à l’arrière, plus renflée à l’avant et pour ne pas gêner le glissement de l’air, toute pièce en saillie est prohibée. Sauf forcément les essieux et les roues, les garde-boues à surface génératrice horizontale, tout le reste est enfermé4dans la carrosserie; seule la tête du. conducteur dépasse, protégée par un pare-brise. Dans le premier modèle même, le conducteur était complètement enfermé dans la carrosserie.
- L’ossature de cette carrosserie est établie sous la forme d’une poutre d’égale résistance. Elle est constituée par quatre longerons en bois principaux, qui sont entretoisés par des panneaux de bois contreplaqué : ces longerons travaillent comme une membrure d’avion, mais la poutre d’égale résistance qu’ils constituent est établie dans de très bonnes conditions; sa hauteur étant grande par rapport à sa longueur.
- La porte d’entrée permet d’accéder aux deux places en tandem, les sièges se repliant pour laisser le passage. A l’arrière se trouvent : coffre à outils, à bagages, réservoir d’essence.
- Voyons maintenant les organes particuliers à cette voiture.
- La mise en marche se fait par un câble qui entraîne l’arbre par enroulement sur une poulie ; elle peut se faire de l’extérieur de la voiture, le chauffeur étant près de la porte et ayant sous la main tous les organes de commande : admission, avance, puis : contacts, avertisseurs, compteurs, etc., sur un tableau.
- Ce système de mise en marche supprime tout danger de retour du moteur et rend superflu le démarrage électrique.
- Le volant de direction actionne par pignons et chaîne un tambour à gorge hélicoïdale, sur lequel
- Fig. .4 — Wagon allemand nui par 2 moteurs d’avion de 2co HP chacun, l’un à l’avant, l’autre à l’arriére:
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- L’HÉLICA OU VOITURE A HÉLICE ...............307
- s’enroule un câble d’acier. Au moyen de renvois et de ressorts de tension, il agit sur l’essieu directeur : il est établi réversible, suivant les principes adoptés dans l’aviation militaire.
- Les roues sont du type « Cri-Cri » ; elles sont constituées par une jante d’acier portée par deux llasques en tôle mince, tendues sur le moyeu. Le montage en est facile, sans cric, au moyen d’un système de verrouillage. La solidité de cette roue est plus grande que celle des roues en bois ou à rayons d’acier; l’entretien en est nul.
- La suspension est obtenue à l’avant par deux ressorts à lames longitudinaux. Pour l’arrière, on emploie un ressort à boudin, qui coulisse dans un cylindre clos garni de graisse. Cet essieu arrière, qui est orientable, est contreventé par deux jambes de force en tubes d’acier. Il pivote autour de l’axe du cylindre. Le cylindre est rendu solidaire de la carrosserie par un bâti résistant.
- Une question remarquablement étudiée dans cette voiture est celle du freinage. Le frein principal est sur les roues avant. Il est en effet reconnu que le frein arrière seul, bien qu’adopté universellement, cause de nombreux accidents : dérapages, tête-à-queue et même renversements à la suite de brusques manœuvres.
- À l’intérieur de chaque roue avant est logé un tambour de frein en tôle d’acier emboutie de 20 cm de diamètre. Le frein est du type à deux segments, qui sont garnis de ferrodo et qui viennent s’appliquer sur la paroi intérieur du tambour, sous l’action d’une came.
- La came est commandée par l’intermédiaire d’un arbre avec manivelle, porté par l’essieu avant et actionné par un câble d’acier. La pédale de ce frein est a la portée du pied droit du conducteur.
- Le centre de gravité de la voiture est tel que le poids qui adhère pendant le freinage est une frac-
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- Fig. 6. — Courbe montrant la puissance motrice nécessaire à la marche uniforme en palier pour les 3 voitures ci-dessus.
- CcmOouuuttlicus tuwx. 100 lîm.
- Fig. 5. — Courbes montrant les consommations théoriques aux ioo km. par tonne de poids utile d'une voiture Helica, d'unc voiture Benz ioo HP, d'une voiture 3o HP.
- tion importante du poids de l'ensemble; ceci empêche tout patinage des roues et rend le freinage très efficace. A 35 km à l’heure, l’arrêt brusque peut être obtenu sur 5 mètres.
- Le frein arrière, identique au précédent, sera actionné par une pédale de gauche. Celte pédale peut par un enclenchement actionner le frein avant; par une crémaillère, être immobilisée en position du freinage.
- Au repos, à l’arrêt et à la mise en route du moteur, on freine sur les quatre roues; mais la disposition qui permet ainsi le freinage avant isolément évite l’emploi du freinage arrière seul, lequel est cause de tant d’accidents.
- Dans l'Hélica le freinage sur les roues avant est d’une grande simplicité, parce qu’elles ne sont ni motrices, ni directrices. Ce délàil est important puisque dans l’automobile le freinage sur l’avant a souvent été repoussé, malgré ses avantages à cause de la complication de construction due à ce que les roues avant sont directrices.
- De cette simplicité des freins de l’Hélica résulte une grosse économie de construction, une grande facilité d’entretien et de démontage et enfin un important facteur de sécurité.
- La voiture Hélica est un engin conçu de toute pièce d’une façon homogène; elle est venue au monde avec tous ses organes de fonctionnement parfaitement appropriés à elle. Ce n’est pas, comme l’automobile, un être hybride auquel on ajoute chaque jour un dispositif qu’on a fini par reconnaître intéressant à la longue.
- Le freinage avant n’est pas encore tombé complètement dans le domaine de la pratique courante et, en tout cas, il reste l’apanage dt-s voitures chère-;. Mais sou importance est telle au point de vue de la sécurité des automobilistes et de celle des piétons, que cette seule condition suffirait à assurer
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- L’HYGIENE DANS LES ABATTOIRS INDUSTRIELS
- à l’Hélica une supériorité, en admettant qu’elle ait sur tous les autres points les mêmes défauts que l’automobile, c’est-à-dire le gaspillage d’essence et de pneus, le prix initial élevé, la lenteur, la difficulté d’entretien.
- Dans la voiture à hélice, le freinage est simple, par suite de construction robuste, premier facteur de sécurité. Il est efficace, il arrête environ deux fois plus vite que le frein arrière, deuxième facteur de sécurité important; enfin troisième point capital : i) supprime d’une façon absolue la tendance au tète-à-qucue. Il possède encore une autre qualité qui est l’économie de pneus.
- Malgré la faible puissance du moteur, qui n’est que de 8 chevaux, on peut, grâce à la légèreté et à la forme rationnelle de la voiture, à l’absence de force perdue en transmissions mécaniques, arriver à une vitesse de plus de 80 km à l’heure, tout en ne consommant que 4 litres environ aux 100 km. Les remous de l’air au passage de la voiture sont peu importants et la poussière soulevée est faible, d’ailleurs la légèreté et l’absence de roues motrices font que l’usure de la route est nulle, qu’aucun patinage n’est à craindre. En marche normale en palier, il n’y a pas de vent produit. Au démarrage le vent est insensible pour celui qui est en dehors de la voie du véhicule. En arrière, à pleine puissance la vitesse du vent n’arrive pas à 50 km à l’heure et encore cela n’a lieu qu’aux démarrages difficiles.
- La souplesse de la conduite font de l’Hélica une voiture de ville parfaite ; sa faible consommation
- et sa vitesse lui permettent d'assurer des déplacements éloignés et rapides des personnes. Enfin le poids de la voiture complète en ordre de marche n’est que de 225 kg (empattement 2 m. 95; voie 1 m. 40 ; roues de 650 X 65), ce qui permet d’envisager l’utilisation sur de mauvaises routes. Pour les colonies en particulier, où les réseaux routiers sont imparfaits, souvent constitués par de simples pistes en sable, en cailloux ou en terre, la voiture normale s’ensable et s’embourbe ; aussi la préférence a été donnée à la voiturelte, au cycle-car qui « passent mieux ». Pour ces pistes, il faut rejeter la propulsion par le sol.
- La voiture Iléiica n’a que des roues porteuses, elle ne creuse donc pas l’ornière, qui amène fatalement l’enlisement. Elle passera ainsi sur tous les sols, sans usure,immodérée de pneus et de chambres à air. D’ailleurs son poids faible facilite le dégagement si le véhicule est embourbé ou enlisé.
- Le colonéloigné des grands centres pourra se déplacer rapidement, grâce à la vitesse de la voiture, à meilleur marché que par voie ferrée, étant donnée la faible consommation. Enfin le prix d’achat est inférieur à celui des voitureltes et des cycle-cars, il n’est pas comparable à celui d’une voiture.
- 11 faut noter également que le système du refroidissement du moteur.se fait efficacement sans radiateur à eau, au moyen de l’hélice, au ralenti comme en vitesse et ces considérations sont intéressantes quand il s’agit de traverser des régions à température élevée, et très sèches, comme dans l’Afrique du Nord par exemple. E. Weiss.
- L’HYGIÈNE DANS LES ABATTOIRS INDUSTRIELS
- Il ne faudrait pas croire qu’aux États-Unis, les abattoirs industriels aient toujours été des établissements construits et entretenus suivant toutes les prescriptions de l’hygiène. On se souvient qu’en 1905, A. Smith, correspondant de The Lancet, pénétrant dans le domaine des beefpackers, fit connaître l’étonnante malpropreté des plus grands abattoirs du monde, l’insuffisance de l’inspection des viandes, le danger de savoir le fonctionnaire qui contrôle à la merci des changements politiques et les salaires ridicules des inspecteurs noyés au milieu de colossales fortunes. On doit savoir qu’en 1905, l’élection du Maire de Chicago eut lieu grâce à la violente et juste campagne faite en faveur de la réorganisation de l’inspection des viandes. Cette réorganisation accomplie dès août 1905 fit que l’on put retirer de la consommation en cinq mois une quantité six fois supérieure à celle qui l’avait été au cours des sept mois de l’année.
- The Committee of lhe U. S. Department of Agriculture ne voulut pas reconnaître le bien fondé des révélations du journal The Lancet.
- Aux attaques justifiées de la Revue médicale
- anglaise vinrent s’ajouter celle de U. Sinclair dont le célèbre roman La Jungle ne fut pas accepté par la librairie américaine, peu soucieuse d’entrer en lutte contre la puissante corporation des packers. Toutefois, les éditeurs de New York envoyèrent des avocats à Chicago en vue de vérifier le bien fondé des assertions de Sinclair. Ceux-ci en rapportèrent l’impression que s’il y avait matière à procès en publiant ce roman, les faits dénoncés étaient exacts. Sinclair, que ces échecs n’avaient pas découragé, fit appel au public dans Appeal to Reason, la revue hebdomadaire de Kansas City. Des subsides lui vinrent par cette voie et The Jungle put paraître. L’émotion que cette publication souleva aux États-Unis et dans tout l’univers fut telle que les beefpackers sentant leur cause mauvaise se tinrent cois. C’est alors que Uoosevelt se souvenant qu’à Cuba, à la tête de ses cavaliers volontaires, il avait souvent souffert de la mauvaise qualité des conserves distribuées aux troupes fit nommer une commission d’enquête composée de vétérinaires techniciens du Ministère de l’Agriculture et du procureur général Mac Cabe. Le rapport de cette Commission, publié
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- en juillet 1906 par The Lancet, concluait en demandant d’urgence un service d’inspection vétérinaire offrant toutes garanties, une loi spéciale relative à l’ouverture, à la construction et au fonctionnement des abattoirs industriels, et toutes mesures capables de protéger les travailleurs des abattoirs et les consommateurs. Entre temps, un ancien inspecteur des viandes, le Dr Milnes, avait été révoqué en 1905 pour avoir osé dire ce qu’il savait de l’intransigeance de ceux qui exploitaient les grandes tueries sans le moindre souci de l’hygiène (New York Herald, 10 juin 1906).
- Fort heureusement, depuis quelques années d’importantes réformes ont été accomplies dans ce domaine. La Circulaire 175 du Bureau de l'Industrie animale (The sariilary construction and erjuipment of Abattoirs and Packing homes 1911) fait remarquer que la loi de 1906 qui a réorganisé
- économique imposées aux États-Unis sont comprises avec beaucoup de bon sens et d’esprit de méthode. Nous les rappelons ci-après :
- Choix d« l’emplacement. — Le choix d’un emplacement pour la construction d’un abattoir aux États-Unis comporte la nécessité de prévoir le facile raccordement aux voies ferrées. Mais comme la plupart des abattoirs industriels sont établis au voisinage des ports ou des rivières navigables, on doit se préoccuper de l’étiage du fleuve ou des variations du niveau de la mer. Trop souvent l’évacuation des eaux résiduaires devient difficile en raison meme du niveau trop bas du sol. Un bon drainage de l’usine est cependant indispensable. On doit souvent recourir à l’intervention de la force mécanique pour la vidange des caves et les résultats qu’on obtient sont rarement satisfaisants. Les locaux inondables sont toujours de mauvais ateliers
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- Fig. i. — bigurc schématique montrant les diverses opérations de l'abatage et de la préparation des porcs.
- l’inspection des viandes aux Etats-Unis n a pas prévu un titre spécial relatif à l’agencement hygiénique des abattoirs et tueries, mais qu’il convient de modifier les conditions d’installation anciennes en vue d’obtenir les transformations désirables. Fort de ce que la loi prévoit que les abattoirs doivent être entretenus en bon état de propreté, le ministère exige des réformes considérables en ce qui concerne les établissements à créer et se contente de constater que pour les' anciennes usines étant bâties en bois, il est difficile d’obtenir leur modernisation complète.
- La circulaire de 1911 pose en principe que la propreté générale est aussi indispensable à l’abattoir qu’elle est la condition sine quanon du succès à la salle de chirurgie de l’hôpital. Les moyens puissants d’aération sont incapables de supprimer l’odeur étrange, pénétrante que Sinclair désigne comme étant « forte, crue et simple, riche, chaude et un peu rance » ; l’essentiel est de s’arranger pour qu’elles ne puissent prendre naissance. Les mauvaises odeurs étant surtout dues à la prédominance et à l’imprégnation des bois qui entrent dans la construction des abattoirs, les services d'architecture sont invités à prendre toutes les précautions désirables pour éviter ces causes d’insalubrité.
- Les prescriptions d’ordre sanitaire et d’ordre
- pour le traitement des viandes et des sous-produils d’abattoirs.
- Il importe aussi d’éviter que le sous-sol de l’abattoir soit tellement bas qu’on ne puisse le rendre sec par un drainage approprié.
- Il arrive que dans les petites usines, le rez-de-chaussée est utilisé en partie pour le logement du personnel. Un tel état de choses n’est pas désirable. Les locaux d’habitation ne doivent jamais prendre jour au fond de cours et de passages encombrés de sous-produits traités ou à traiter. De telles installations ressemblent trop à ces cités ouvrières insalubres et surpeuplées que les hygiénistes condamnent. L’air qui arrive dans les divers locaux d’une tuerie industrielle doit être absolument pur.
- Éclairage. — L'éclairage sidéral et la luminosité des ateliers sont à rechercher avec un maximum d’intensité. Les caves à salaisons peuvent être à la rigueur éclairées artificiellement, le sel épandu à la surface du sol remplaçant jusqu’à un certain point le rôle antiseptique de la lumière naturelle. Dans les chambres froides, on évite avec raison l’arrivée d’une trop grande quantité de rayons lumineux.
- Dans tous les locaux où la température est maintenue à l’état normal, on s’arrange de façon à assurer chaque jour l’entrée de là lumière directe de manière à atteindre toute la surface du sol. La
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- lumière est certainement un des plus puissants facteurs d’assainissemenL. La lumière directe doit toujours être préférée à la lumière tamisée dont le pouvoir antiseptique est plus faible.
- Les murs doivent comporter des fenêtres placées au moins à 1 m. 50 (5 pieds) au-dessus de la surface. du sol. La partie la plus élevée des baies d'éclairage doit être située au voisinage du plafond de manière à favoriser l’insolation des salles.
- Pour un atelier de 18 m. 28 de large (60 pieds) il est désirable d’orienter les fenêtres nord-sud de manière à réaliser l’éclairage au maximum.
- Eau. — L’un des soucis constants dans la construction et l’agencement de tout abattoir est de permettre une distribution abondante de Veau froide et de Veau chaude. L’eau employée doit être pure. Elle peut provenir de puits forés, de puits ordinaires, de rivières, de lacs, etc. Lorsque l’abattoir est au voisinage d’une ville on peut avoir recours à la canalisation de la ville pour alimenter l’abattoir.
- Partout où l’eau est indispensable, soit pour le nettoyage des salles, soit pour le travail des produits traités, il est indiqué d’avoir deux canalisations, l’une pour l’eau froide, l’autre pour l’eau chaude.
- Groupement des ateliers. — Le groupement des ateliers doit être effectué de manière à éviter les communications entre les pièces où l’on travaille des produits alimentaires avec d’autres où l’on tire parti des résidus industriels. Les odeurs d’un atelier de traitement de sous-produits industriels ne doivent pas pouvoir pénétrer dans les salles où l’on prépare des produits de charcuterie, des viandes de conserves, etc.
- Imperméabilité des matériaux. — Les matériaux employés dans la construction et l’agencement des ateliers et locaux divers susceptibles d’être souillés par des matières organiques provenant des animaux abattus doivent être imperméables. La porosité des matériaux constitue un facteur d'insalubrité possible. Le ciment et le béton sont assez peu poreux. Le bois et la brique apparente sont perméables. Lorsque les piliers de soutènement sont établis en bois, il est indiqué de les couvrir d’un revêtement métallique afin d’as>urer l’imperméabilité nécessaire. Indépendamment de ce revêtement établi sur une hauteur suffisante, il convient d’exiger l’application de peinture à l’huile de manière à obtenir à la surface des bois apparents îles surfaces lisses et impénétrables aux liquides.
- Les briques sont garnies de ciment lissé. L’emploi de peintures laquées sur les parois formées de matériaux poreux est indiqué. On doit exiger trois couches de peinture à l’huile; toutefois dans les chambres de salaisons, l’emploi de la peinture est à déconseiller.
- Les peintures utilisées ne doivent en aucun cas pouvoir retenir l'humidité. Elles doivent être à base d'huile. Celles qui sont utilisées dans la marine sous le nom de « spar varni&h » conviennent par-
- ticulièrement bien. Le blanc de céruse ou le blanc de zinc sont les agents chimiques qu’il convient d’ajouter à l’huile pour former la base des couleurs employées.
- Pour peindre à la surface du béton, il convient de traiter les surfaces à enduire à l’aide d’une solution faite de sulfate de zinc (à parties égales) que l’on applique à la brosse. Les peintures ne son déposées ensuite au pinceau que lorsque les surfaces traitées sont absolument sèches. Il convient de laisser sécher l’application de sulfate de zinc pendant quarante-huit à soixante-douze heures avant d’employer la céruse ou les colorants à base d’huile.
- Lorsque les locaux de l’abattoir sont exposés aux émanations d’hydrogène sulfuré, on conseille l’emploi des peintures au blanc de zinc ; les couleurs à la céruse ont l’inconvénient de noircir très vite par suite de la formation de sulfure de plomb.
- L’usage des peintures à l’eau doit être réservé aux seuls locaux dont l’hygrométricité de l’atmosphère reste peu élevée.
- En ce qui concerne le choix des couleurs à utiliser, il convient d’éviter l’emploi de peintures qui pourraient masquer les souillures et la malpropreté des locaux. Il faut au contraire que les taches deviennent facilement apparentes lorsqu’elles se produisent.
- Le fer doit être protégé contre la rouille. On emploie à cet effet l’huile, les peintures émaillées les peintures à l’aluminium. Les canalisations plus spécialement exposées aux grandes variations de température sont plus sujettes à la rouille et doivent être protégées plus que d’autres.
- Plafonds — Les plafonds sont établis de manière à présenter une surface plane. — Si l’on utilise les poutres en bois, celles-ci doivent être recouvertes à leur partie inférieure de métal ou d’un enduit de plâtre.
- Les bois et les parties enduites doivent être peints à l’huile. Les peintures employées sont ou la céruse ou le blanc de zinc. Les plafonds ne doivent offrir aucune ornementation. Les surfaces planes et lisses sont seules à conseiller, parce que faciles à entretenir en bon état de propreté.
- Sol. — Deux points importants sont à envisager dans l’établissement du sol des ateliers. Les matériaux utilisés doivent être imperméables afin de permettre les nettoyages à grande eau. En outre, les sols doivent être établis de manière à faciliter l’écoulement rapide des liquides.
- L’asphalte ayant un point de fusion assez élevé est le meilleur revêtement à employer pour assurer l’imperméabilité du sol. Le béton convient bien aussi lorsque le sous-sol est assez solide pour éviter les variations de niveau et le fissurage. La résistance du ciment aüx efforts de traction est faible.
- Lorsque le béton et le ciment reposent sur un sol en bois, le resserrement du bois par dessiccation détermine des fissures. Ces fentes peuvent être réparées, mais le sol ne reste plus absolument im-
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- perméable. L’asphalte a été employé pour remédier à ces inconvénients des sols en béton et ciment, les résultats ont été assez satisfaisants chaque fois qu’on a pris certaines précautions. On réalise une amélioration plus durable et recommandable si l’on recourt aux applications de « granolithic » ou de « granitoïd ». Ces enduits résistants et imperméables sont composés de ciment hydraulique, de pierres broyées, de sable ou de gravier mélangés et additionnés de substances minérales durcissantes telles que la baryte ou la litharge.
- Le plus souvent on fait usage de ciment de Port-land à raison d’une partie de ciment pour une ou deux parties de sable. Les meilleurs ciments sont faits en employant le sable à raison d’une partie seulement pour une partie de ciment. Il n’est pas à conseiller de mettre un simple lit de ciment à la surface du mortier.
- Dans les chambres froides, on doit attendre un temps assez long avant de livrer les locaux aux usagers. On ne doit pas oublier que les basses températures ralentissent la prise du ciment.
- Les sols en briques ne sont pas à recommander, en raison de leur perméabilité et des difficultés que l’on rencontre pour obtehir leur entretien dans de bonnes conditions de salubrité (joints et matériaux plus ou moins résistants suivant les points considérés et le degré de cuisson des briques, perméabilité...).
- Les parquets en bois doivent, pour être déclarés satisfaisants, avoir été établis dans certaines conditions. Leur imperméabilité doit être absolue. Les variations de température ont pour effet de déterminer des variations dans le volume des matériaux. Les sols en bois se fendillent aisément sous l'influence de la sécheresse. Le roulage des chariots a leur surface détermine une usure rapide. L’une et l’autre de ces détériorations rendent le nettoiement difficile et font déconseiller l’usage du bois.
- L'emploi de l’asphalte s’est très répandu. Il exige quelques précautions. On doit tout d’abord avoir soin de recourir aux meilleures marques. Les ouvriers qui l’appliquent doivent avoir une bonne pratique de leur métier. L’asphalte utilisé ne doit pas se ramollir lorsque la température s’élève un peu, ni se fissurer lorsque la température vient à s’abaisser, la composition employée doit être aussi dense que.possible et pouvoir s’étaler commodément à chaud et se bien durcir par le refroidissement.
- On peut substituer l’asphalte au ciment lorsqu’il s’agit de recouvrir un sol en bois, à la condition que le bois soit bien sec et propre au moment de l’application de l’asphalte. Généralement le sol en bois est d’abord recouvert de plusieurs couches de papier imperméable de manière à éviter l’écoulement de l’asphalte liquéfié au niveau des joints du plancher. Le papier reçoit une couche d’asphalte d’environ un demi-pouce d’épaisseur (12 mm 5). Get asphalte est formé de « mastic », « flux » et sable. Sur cette première couche d’asphalte, on
- coule un lit d’asphalte d’un pouce (25 millimètres d’épaisseur). On peut recouvrir l’asphalte de ciment de Portland sec de manière à former une surface lisse et plus résistante.
- Les sols doivent avoir une pente suffisante. On la calcule généralement à raison de 1/4 de pouce (25/4 mm) par pied, soit de 1/48. Aux lignes d’intersection des murs avec le sol, l’enduit d’asphalte doit s’élever à une hauteur suffisante pour éviter l’entrée de l’eau dans les interstices, les infiltrations et tous leurs inconvénients.
- Caniveaux. — Les rigoles utilisées pour l'écoulement des liquides doivent être établies en métal, lorsqu’on a recours au ciment ou à l’asphalte pour les sols des locaux. L’emploi du bois laisse trop à désirer en raison des difficultés rencontrées lorsqu’il s’agit d’établir des joints imperméables aux points de raccordement entre le bois et le ciment ou l’asphalte.
- Water-closets et vestiaires. — Les water-closets sont à prévoir en nombre suffisant et aux endroits les plus convenables. Proprement et simplement agencés, ils doivent être établis à l’aide de matériaux très résistants et faciles à nettoyer. L’eau doit y être distribuée à profusion ainsi que dans les urinoirs. Les chasses d’eau automatiques sont préférables à tout autre système.
- Les Avater-closets et les lavabos doivent être largement éclairés et ventilés. La lumière solaire doit y avoir un accès facile et y être distribuée abondamment. En hiver, si l’on craint le danger de congélation de l’eau, on assure une ventilation mécanique spéciale (*) qui s’ajoute à la ventilation naturelle.
- Les sols, murs et plafonds des water-closets, lavabos et vestiaires doivent être imperméables et lissés de manière à permettre le nettoiement en tout temps. Les peintures à l’huile ou toutes autres peintures imperméables à l’eau doivent recouvrir la surface des murs et du plafond.
- Le vestiaire doit être particulièrement bien aéré et éclairé. On conseille la désinfection périodique de ce local exposé d’une façon plus spéciale aux contaminations et la désinfection des vêtements du personnel.
- Les armoires qui reçoivent les vêtements doivent être partagées en deux groupes. Celles qui servent à garder les vêtements de ville et celles qui doivent recevoir les habits de travail. Les armoires en métal sont les meilleures. Elles doivent être bien ventilées.
- La ventilation des locaux doit assurer une égale température en tout temps. La ventilation assurée exclusivement parles fenêtres ne permet pas d’avoir l’égalité de température désirable. La température obtenue risque d’être trop froide à certains moments. La ventilation permanente seule est capable d’assurer l’évacuation constante des mauvaises odeurs
- 1. GmuiAnDT recommande la ventilation mécanique liée au I système de chauffage central.
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- L HYGIENE DANS LES ABATTOIRS INDUSTRIELS
- que peuvent dégager les vêtements de travail et de réaliser un état sanitaire satisfaisant.
- Les waler-closets doivent êLre individuels. On compte un cabinet d’aisance à raison de 25 hommes et un cabinet d’aisance à raison de 20 femmes. Partout où le personnel est nombreux, il est indiqué de grouper plusieurs waler-closets, chacun d’eux restant séparé des voisins par une cloison qui s’élève sur la plus grande partie de la hauteur. Des précautions doivent être prises en ce qui concerne l’entretien des urinoirs. L’eau doit être distribuée en abondance (*). La ventilation doit être parfaite.
- Des lavabos sont mis à la disposition du personnel; ils sont placés à proximité deS water-closets et des urinoirs.
- Les sols des divers locaux doivent être convenablement drainés, de manière à faciliter l’écoulement des liquides. La pente des caniveaux ne doit pas être inférieure à 1/4 d’inch /dm. 025\
- {-j—Jpar
- pied (0 m. 30).
- Les ouvertures siphonnées de la canalisation souterraine sont disposées de façons diverses (siphons en S, demi S, en P). Elles doivent permettre d’éviter tout refoulement de gaz dans les locaux quelles desservent. Les canalisations doivent avoir des diamètres appropriés aux besoins. Tous les joints doivent être étanches, c’est-à-dire imperméables à l’air et à l’eau. Dans les chambres froides contenant des canalisations susceptibles de se givrer, des gouttières spéciales doivent être prévues en vue de recueillir les eaux de dégel ou la glace au moment du dégivrage.
- Les sols, murs, etc., doivent être nettoyés à fond au moins une fois par jour. Chaque étage doit avoir sa canalisation et son canal de décharge individuel allant au collecteur du bâtiment principal de l’abattoir industriel.
- Ventilation. — La ventilation des locaux est assurée à raison de 2000 à 3500 pieds cubes (100 m3 environ) d’air par heure et par personne travaillant dans les locaux de l’abattoir. L’air se trouve renouvelé environ deux fois par heure lorsque la quantité d’air fournie’par personne varie entre 1000 et 1800 pieds cubes. L’air ne doit pas
- 4. Paul Gerharüt fait observer que les urinoirs à-l'huile et inodores sont incoïuius aux Etats-Unis. ' 1 ' : 1
- être introduit avec beaucoup de vitesse. L’air de ventilation doit être aussi pur que possible. Le courant d’air créé doit être imperceptible, la vitesse n’excédant pas 3 pieds à la seconde. L’air amené doit pouvoir diffuser dans les diverses parties des locaux.
- La ventilation naturelle résulte des courants qui s’établissent par les ouvertures des pièces (fenêtres, portes), sous l’action des différentes températures entre l’air intérieur et l’atmosphère du dehors sous l’influence des vents en rapport avec l’orientation, etc. Lorsque le gaz carbonique de l’atmosphère n’excède pas 6 à 7 pour 10 000, l’air est de bonne qualité. Une teneur en gaz carbonique plus élevée signifie que la ventilation naturelle est insuffisante. _
- On y supplée par la ventilation artificielle. En
- principe, on réalise la ventilation par aspiration et non par propulsion. Le plus simple est d’introduire le,conduit d’eau chaude ou la canalisation de vapeur dans un puits de ventilation. Quelle que soit la source de chaleur, le mieux est de la placer au fond du puits et non au sommet, excepté lorsque l’on désire extraire la vapeur d’eau en excès d’une salle par un conduit vertical construit en métal.
- Le grand désavantage de la ventilation par les canalisations de chauffage consiste dans l’irrégularité de l’aspiration.
- On fait le plus souvent usage de ventilateurs mécaniques. Ceux-ci agissent de deux façons. Les uns ont un effet axial (ailettes inclinées),.les autres ont une action centrifuge (ailettes incurvées). Les ventilateurs sont utilisés, soit pour l’extraction, ' soit pour la propulsion de l’air.
- Plusieurs conditions sont requises pour obtenir une bonne ventilation artificielle :
- 1° Prendre de l’air pur, à 10 ou 15 pieds au moins au-dessus du sol et en dehors des endroits plus particulièrement contaminés, tels que les parties de l’abattoir où sont les étables, les porcs, les ateliers de fabrication d’engrais, etc. ;
- 2° Filtrer l’air sur coton, ou le laver en le faisant passer sous une pluie artificielle ou l’épurer par le feu. L’humidité de l’air d’aération ne doit pas être trop élevée, surtout lorsqu’il s’agit de ventiler les chambres froides;
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- L’HYGIENE DANS LES ABATTOIRS INDUSTRIELS
- 5° La température de l’air introduit doit être contrôlée régulièrement ;
- 4° La canalisation d’amenée de l’air de ventilation doit être agencée de façon à pcrmetlre une épuration facile. Ceci est surtout nécessaire dans le cas de ventilation par propulsion. Les puits d’appel d’air doivent être très proprement tenus.
- La ventilation par aspiration est moins coûteuse que la ventilation par propulsion. Elle a l’inconvénient de ne pas permettre un contrôle constant de l’air aspiré. On s’expose à ventiler les locaux avec l’air déjà impur. On a souvent avantage à combiner les deux méthodes.
- Agencement. — L’n-gencement des locaux de l’abattoir doit revêtir un caractère sanitaire très marqué. La pierre, le métal, le verre et en généra Lies matériaux imperméables et imputrescibles sont les meilleurs et doivent être seuls préconisés. Le bois n’est admis qu'à titre tout à fait exceptionnel. Il est d’ailleurs très vite détérioré par les intempéries (sèche-' resse,mauvais temps...)
- Toute la partie mécanique, les tables, les tréteaux et autres parties de l’installation intérieure ou extérieure doivent être établies de manière à permettre facilement le nettoyage et la désinfection. L’emploi du zinc n’est pas à recommander en raison de la malléabilité et du peu de résistance de ce métal que les acides même légers (jus de viande...) peuvent attaquer. On ne conseille pas davantage l’usage des tables en bois. Le plateau de chaque table doit être protégé soit par du verre, soit par tout autre revêtement dont l’usage démontre la valeur. La pierre dite « soapstone » est très avantageuse. Le ciment est parfois utilisé aussi, mais son emploi n’est pas à recommander. Quant aux pieds de table, ils doivent être établis en métal. *
- Les chariots sont généralement en bois, ou en fer et bois* en fonte émaillée. Ces chariots en fonte émaillée ne conviennent nullement en raison de leur poids excessif (Q et parce que l’émail éclate au
- 1. Dans The Jungle (p. 104) Sinclair avance que les cha-riols en usage aux Packing bouses de Chicago sont tout en fer et qu’on met une soixantaine de jambons dans chacun pour le transport de l’atelier de fumage au • monte-charge.
- moindre choc. Tous les chariots doivent être nettoyés chaque jour par immersion dans un bassin ad hoc et désinfectés en même temps. Le nettoyage des angles et des parties rentrante^ effectué à la brosse doit être l’objet de soins spéciaux en l’aison des difficultés qu’il y a à les rendre propres.
- Les transporteurs aériens sont de divers systèmes. Les treuils les plus fréquemment employés sont à courroie (treuils à friction). Il est recommandé de les tenir en parfait état de propreté.
- Les chutes doivent avoir leur surface intérieure aussi lis«e que possible. Il est préférable de les établir en fonte avec l’intérieur émaillé ou étamé. Les porcelaines émaillées (tuyaux de 15 pouces, soit 57 cm 52 de diamètre) se trouvent lacilement. Elles convie nnent pour établir ces chutes. Les joints de ces tuyaux de porcelaine émaillée doivent être établis au ciment contenant de la litharge et de la glycérine. Ce ciment est acide et imperméable. Il se prête très bien aux dilatations et aux rétractions que peuvent subir les tuyaux. Toutes les chutes doivent avoir de nombreux trous à main de manière à en lacili ter le nettoyage.
- Tout abattoir moderne doit posséder une buanderie avec appareil pour le lessivage à la vapeur de manière à permettre de blanchir lé linge des ouvriers.
- On ne doit pas manquer d’établir les constructions de manière à les rendre impénétrables aux rats. Ceux-ci, en effet, abondent toujours dans les abattoirs en raison des détritus de viandes qu’ils y rencontrent . Les ! rats font leurs terriers et leurs nids dans les murs et dans le sol surtout aux endroits où il existe du bois. Si l’on utilise les charpentes et les bâtis en bois, les piliers doivent toujours être noyés à leur base dans un béton bourré de briques ou de pierres. Les planchers en bois doivent reposer sur briques ou blocs de dallage ou ciment. Les plateformes et rampes doivent être ouvertes à l’avant et pavées en dessous. Les murs des chambres de réfrigération doivent être établis en matériaux impénétrables aux rats (rat-proof
- L’usage de trolleys aériens devrait êlre substitué à celui des chariots roulant sur le sol et poussés, « au pas de course d
- après Véchaudage et Vépilage.
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- 314 .-. —...... UN GEYSER DANS LE PUY-DE-DOME
- material). Les espaces isolants de ces murs doivent être protégés contre les rats par une cloison métallique établie au niveau du plancher et du plafond. Toutes les ouvertures (baies d’aération, fenêtres, ouvertures de canalisation) doivent avoir des appareils de protection contre les rats.
- Enfin, contre les mouches, il convient de prévoir
- pendant l’été des grillages métalliques aux fenêtres
- et aux portes. TT ,,
- r H. Martel,
- Membre de l’Académie de Médecine,
- Cliel' du Service Vétérinaire Sanitaire delà Préfecture de Police.
- UN GEYSER DANS LE PUY-DE-DOME
- Le geyser des Martres d’Artières.
- Divers indices permettent d'espérer la présence du pétrole dans le sous-sol du Massif Central. L’Administration des Mines, sous la direction de M. P. Termier, a entrepris une campagne d'investigations et un certain nombre de sondages.
- L’un d'entre eux a donné naissance, le Yb novembre 1919,a un puissant geyser. M.Ph. Glan-geaud, professeur à la: Faculté des Sciences de Clermont -Ferrand,chargé du contrôle scientifique des sondages, vient de donner dans une communication à l’Académie des Sciences, sur ce remarquable phénomène des renseignements circonstanciés qu’il a bien voulu compléter vour La Nature.
- Les geysers émettent-ils tous de l’eau bouillante et fonctionnent-ils tous de façon identique et avec un moteur analogue? Celui qui est né le 15 novembre 1919 aux Martres-d’Artières (Puy-de-Dôme) dans la plus vieille région volcanique du Massif Central,'dans cette Limagne si riche par son sol, ses eaux minérales et ses dégagements énormes d’acide carbonique, apporte une nouvelle contribution à l’étude de cette question.
- Le phénomène geysérien se produisit à 415 m. de profondeur, au cours de l’exécution d’un sondage pour recherche du pétrole, sondage entrepris par l’Administration des Mines pour le compte de l’Etat et dont cette Administration a bien voulu me confier le contrôle scientifique. Après avoir traversé des sédiments variés de l’Oligocène et deux niveaux de bitume, la sonde pénétra dans une nappe d’eau minérale à 31°, qui jaillit violemment à l’extérieur,
- sous l’action de l’acide carbonique qu’elle renfermait.
- La projection s’éleva d’abord à 15 m. du sol, puis, durant quelques jours, le jaillissement
- fut irrégulièrement intermittent, pour reprendre cinq fois de suite une ampleur de plus en plus grande, comme hauteur et comme débit.
- Le 20 décembre, à minuit, une violente explosion réveilla les habitants des villages v oisins. Après un repos de 3 jours, sous la poussée de l’acide carbonique, le geyser fonctionnait de nouveau et projetait à l’extérieur une tige de sonde, de 180 m. de long, pesant environ 2 tonnes et. demie, que l’on avait descendue dans le trou pour reprendre le travail. Le jaillissement, cette fois, ne dura que 8 heures. Après un nouveau repos de 4 jours, il reprit avec une plus grande violence. L’eau minérale qui émergeait ainsi brusquement d’une profondeur de 415 mètres, d’abord limpide, se troublait rapidement par la transformation à l’air de plusieurs de ses sels, et elle entraînait avec elle une notable quantité de bitume, de sables et d’argiles provenant des couches quelle désagrégeait en route et qu’elle accumulait. autour de l’édifice du sondage, comme autour du cratère d’un volcan.
- La tour de sondage, la machinerie et les arbres du voisinage furent bierîtôt incrustés d’une couche de carbonate de chaux blanchâtre, qui donnait au paysage un aspect hivernal. L’activité se maintint constante pendant 9 jours et 8 heures, et cessa le 3 janvier, pour redevenir intermittente après quelques heures.
- Vue des appareilsde sondage après l’éruption du geyser.
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- UN GEYSER DANS LE PUY-DE-DOME
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- Après 21 jours de repos, le 27 janvier, l’activité geysérienne reprit par une violente projection de gaz, de bitume et d’eau minérale à 29°. L’eau sortait par la tige de sondage, et entre tige et colonne, ce qui diminuait le débit. Dès qu’on put enlever la tige, le débit redevint considérable (80 litres par seconde). Le 28 février, nouvel arrêt du geyser après des intermittences de plus en plus affaiblies et une agonie de 2 jours, et enfin descente de l’eau dans le trou de sonde à 150 m. du jour. On observe encore un fort bouillonnement et l’eau remonte de nouveau, mais il n’est pas certain qu’il y ait encore éruption d’eau.
- Le jaillissement, gêné par la lige, a duré 51 jours de façon continue. Il se termina par une violente explosion, uniquement gazeuse.
- Ce qu’il faùt retenir des jaillissements du geyser des Martres , c’est la puissance et la durée des jaillissements, dont une régularisation semble possible ; c’est aussi l'abondance de l'acide carbonique émis, qui produit une véritable émulsion avec l’eau minérale. Le geyser des Martres a rejeté, en 51 jours, de façon continue, environ 220 000 m3 d’eau minérale, c’est-à-dire une quantité égale à celle que fournissent, en un an, toutes les sources minérales du bassin de Vichy. La totalité des substances dissoutes dans cet.te eau, dont une partie se précipitait dans les ruisseaux sous forme de carbonate de chaux et de fer (travertin), fut de près de 1800 tonnes et le volume des substances solides rejetées (sables et argiles) dépassa 2000 m3. Le bitume compte, à lui seul, pour quelques centaines de kilogrammes par jour. .
- Il ne semble pas douteux que la nappe minérale
- Fig. 2. —Le geyser de Martres d'Arti'eres.
- On aperçoit la colonne d'eau qui a traversé la tour de sondage et sort à i5 m. au-dessus de son toit qu’elle a emporté. L’eau retombe en jaillissant sur les flancs.
- ne se reconstitue vers 400 m., durant les périodes de repos, et que l’acide carbonique provenant peut-être de failles (si nombreuses en Limagne) en relation avec cette nappe ne s’accumule sous une pression de plus de 40 atmosphères.
- Quand cette accumulation est suffisante, la colonne d’eau est soulevée et le jaillissement reprend, pour diminuer progressivement après une
- descente de l’eau de 150 mètres à 500 mètres, en moyenne.
- L’eau a une te m p érature trop faible (50°) pour intervenir comme moteur du geyser.
- C’est donc u-niquement l'acide carbonique qui est l'agent provocateur et le moteur de l’éruption.
- Voici les résultats des analyses des gaz et de l’eau minérale du dernier jaillissement opérées, les premières par MM. Moureu et Lepape, les secondes par M. Fric :
- ' Composition centésimale du gaz brut du geyser, par MM. Moureu et Lepape :
- Pour 100
- Gaz brui.
- Anhydride carbonique . . Oxygène Azote . Gaz combustible. . 98,80 0,02 4,15? 0,12?
- Gaz rares :
- Argon traces de Krypton et de Xénon. Hélium H-traces de néon. . .... . 0,01655 0,00065 0,01 m
- Analyse chimique de l'eau minérale du geyser, par M. Fric.
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- 316 ---LA CAMPAGNE D’AMUNDSEN EN 1919 DANS L’OCÉAN GLACIAL
- Par lilre. gr.
- Anhydride carbonique libre.......... 0,7 J 0
- Bicarbonate de sodium (Co3 H Na). . . 6,403
- » de calcium (Co3 H)2 Ca . . 1,268
- » de magnésium (Co3 H)2 Mg. 1,164
- Sulfate de calcium......................0,027
- Chlorure de potassium........... 0,657
- » de sodium................. 2,105
- Ammoniaque. . .......................... 0,0037
- Brome, lithium ................ traces
- Silice.............................. 0,128
- Carbonate ferreux Co3Il)2Fe......... 0,066
- Total (non compris CO2 libre). 11,821
- Le geyser des Martres n’est pas le seul geyser français, mais il est de beaucoup le plus puissant. Il en existe un à Vesse, près Vichy (jaillissement trois fois par jour, 6 m. à 8 m. de haut; eau bicarbonatée sodique) ; un autre à Vais, Ardèche (geyser de 72 m. de profondeur dans le granité, jaillissement toutes les 3 heures; hauteur 15 m. ; durée 10 minutes; température de l’eau minérale (16°). Signalons aussi le geyser éphémère de Montrond (Loire) qui, en 1881, prit naissance dans un sondage de 450 m. de profondeur.
- Au contraire des geysers du Massif Central, qui sont rares et qui ont été provoqués par des sondages, ceux d’Islande qui sont très nombreux et dont certains ont des jaillissements atteignant 60 m. sont des phénomènes naturels produits par un moteur différent. C’est la vapeur d’eau sous pression qui produit leur jaillissement et non l’acide carbonique. Les eaux rejetées sont à la température d’ébullition et chargées de silice qui se dépose autour de l’orifice en même temps qu’ir'se dégage de l’acide sulfhydrique et de l’acide sulfureux. Les phénomènes geysériens d’Islande et de France, semblables en apparence, sont donc très différents en réalité. Quant aux geysers de Yellowstone Park, aux États-Unis, ils constituent un intermédiaire entre ces types extrêmes, car il en est chez lesquels l’action de l’acide carbonique s’ajoute à celle de la vapeur d’eau et qui déposent des incrustations calcaires. »
- Epilogue. — Une montée importante de bitume dans la colonne de tubes obstrue l’orifice du geyser et arrête, au moins momenlanément, ses éruptions.
- Pu. Glangeaud,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Clermont - Ferrand.
- LA CAMPAGNE D’AMUNDSEN EN 1919 DANS L’OCÉAN GLACIAL
- Quelques jours après la publication de notre article sur l’expédition polaire du capitaine Roald Amundsen, un second télégramme du célèbre explorateur est arrivé, donnant des détails circonstanciés sur sa campagne de 1019.
- Rappelons qu’Amundsen a quitté la Norvège septentrionale, au début de juillet 1918, sur le navire Maud pour faire route le long de la côte septentrionale de Sibérie et que trois mois plus tard il fut bloqué près du cap Tchéliouskine, la pointe suprême du Vieux Monde vers le nord, où il a passé l’hiver 1918-1919. Sur celte première campagne, nous ne possédons encore aucun renseignement. Ainsi que nous l’avons précédemment raconté, deux membres de l’équipage qui quittèrent l’expédition en octobre 1918 pour apporter en Europe les rapports de leur chef ne sont pas arrivés à destination; suivant toute probabilité, ces messagers ont disparu dans l’épouvantable désert glacé que forment les toundras riveraines de l’Océan Glacial.
- En 1919, annonce le dernier télégramme d’Amundsen, seulement le12 septembre, il put quitter les abords du cap Tchéliouskine ; telle était encore à cette date tardive la solidité de la banquise qui retenait le navire que pour lui faire recouvrer la liberté de ses mouvements, on dut faire sauter et forcer un banc de glace large de 2500 m. et dont l’épaisseur n’était 'pas inférieure à 2 m. ,70 ! A peine en route, l’expédition faillit de nouveau être bloquée; devant la côte nord de la presqu’île orientale de Taïmour qui constitue la saillie la plus septentrionale du continent asiatique et dont le cap Tchéliouskine forme l’éperon le plus proéminent, la banquise était de nouveau impénétrable. Pour triompher de cet obstacle, Amundsen n’eut d’autre ressource que de raser la côte en passant sur des hauts fonds où son navire n’avait que
- 0 m. 15 d’eau sous la quille. Au delà les difficultés devinrent moindres et le 19 septembre, l’expédition franchissait le chenal séparant l’archipel de la Nouvelle-Sibérie du delta de la Léna. Au delà, la mer paraissant libre, on mit le cap sur l’ile Jeannette, située dans le nord-est de l’ile de la Nouvelle-Sibérie, la plus orientale de ce groupe de terres. Mais dès le 75° de latitude nord, le navire se Irouva arrêté par les glaces. Dans ccs mêmes parages, en 1915 et 1914, des bateaux russes chargés de l’exploration de celte partie de l’Océan Glacial s’étaient également heurtés à une formidable banquise. La présence, permanente semble-t-il, d’un pareil amoncellement de glaces dans cette région conduit à penser qu’il existe une terre entre les îles de la Nouvelle-Sibérie et l’île Wran-gel, comme d’ailleurs l’affirment d’anciens récits de chasseurs. *
- Dans cette partie de l’Océan Glacial passe, croit-on, le courant qui charrie les banquises vers le nord-ouest à travers le bassin polaire, et que l’expédition norvégienne comptait utiliser pour parvenir au Pôle. En conséquence, le navire fut amarré à un gros bloc pour commencer la dérive. Là, nouvelle déconvenue; on s’aperçut bientôt que le courant, au lieu de porter vers le nord-ouest, comme on s’y attendait, poussait, au contraire, vers le sud, à raison d’un mille et demi à l’heure. D’autre part, impossible de pénétrer plus avant au milieu des glaces et d’atteindre une zone où les eaux se meuvent dans la direction désirée ; la banquise est pour cela trop compacte. Dans ces conditions, la retraite s’imposait et Amundsen n’eut d’autre ressource que d’aller hiverner sur la côte ouest des îles Ayane, dans la baie Tchaun.
- Trois jours après son arrivée au mouillage, le navire reçut la visite des Tchouktches qui së disposaient à abandonner la côte pour aller passer l’hiver dans l’intérieur
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- MÉTHODE DE DISTRIBUTION DU BÉTON PAR GRAVITÉ ......317
- des terres. Le Dr Sverdrup, médecin du bord, accompagna ces indigènes et resta huit mois au milieu d’eux. Ce long séjour lui a permis de recueillir des renseignements du plus haut intérêt sur ces primitifs. Mais communiquer avec l'Europe afin de mettre ses compatriotes au courant de sa situation, restait le principal souci d’Amundsen. À cet effet, le 20 octobre, il fit partir un de ses compagnons pour Nijni-Kolymsk, bourgade russe située sur la Kolvma en amont de l’embouchure de ce grand fleuve, où devait exister une station télégraphique. La mission n’eut aucun résultat, Nijni-Kolymsk se trouvant coupé de touie communication depuis le début de la guerre. Quelques semaines plus tard, deux autres membres de l’équipage s’acheminèrent alors vers Anadyr, sur les bords de la mer de Béring, où est installée une puissante station de T. S. F. De ce poste est parti le télégramme que nous analysons, comme le précédent message d’Amundsen. D’Anadyr, les deux Norvégiens ont passé ensuite sur l’autre rive de la mer de Bering et sont parvenus à Nome, dans l’Alaska; delà, l’un d’eux a continué vers l’Europe, chargé des rapports d’Amundsen. D’ici quelques semaines, nous aurons donc des détails sur cette très intéressante entreprise.
- Le chef de l’expédition termine son télégramme en
- annonçant son arrivée sur le Maucl, pour la fin de juillet prochain à Nome. Dans ce port, il compte refaire son plein de vivres et d’essence, puis reprendre la mer aussitôt après pour entrer dans la banquise dans les parages de l’ile Wrangel, au nord-ouest du détroit de Béring, et commencer la dérive qui doit le porter au Pôle. Ce sera, annonce-t-il, une nouvelle campagne de cinq ans dans les glaces!
- Qu’entre l’ile Wrangel et l’archipel de la Nouvelle-Sibérie, l’expédition ait constaté une dérive des eaux vers le sud, cela n’infirme en rien l’existence, plus au nord, d’un courant portant au nord-ouest. Ce courant doit déterminer des remous sur ses bords, et c’est, suivant toute probabilité, un de ces remous que les Norvégiens ont rencontré à l’est des îles de la Nouvelle-Sibérie. Dans une pareille entreprise, la condition essentielle du succès est la patience; or, Amundsen en est abondamment pourvu ! En tout cas, dès maintenant, le célèbre explorateur a ajouté un nouvel exploit à la liste de ses mémorables victoires contre les glaces. Après avoir accompli le passage du Nord-Ouest, et vaincu le Pôle Sud, il vient de franchir le Passage du Nord-Est. L’illustre Norvégien se trouve être ainsi le seul navigateur qui ait réussi à doubler les deux continents par le nord.
- Chaules Rabot.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’avril 1920.
- Le zinc dans l'organisme humain. — Employant les méthodes de destruction des matières organiques, établies par J. Ogier et M. Denigès, M. Sinicho Giaya établit que la présence du ziijc est constante dans les viscères humains et qu’elle correspond par organe à l’ordre décroissant suivant : cerveau, poumon, estomac, foie, reins, intestin, cœur, rate. Elle varie depuis l’enfant de trois mois jusqu’à l’homme de 70 ans, de 0 gr. 0009 à 0 gr. 005 pour 100.
- La faune marine du golfe de Marseille. — Depuis une vingtaine d’années, M. A. Vayssière s’est attaché à l’exploration de la côte occidentale entre l’anse de Mé-jean et le port de Carro; il a pu conclure à l’existence d’une faune spéciale, assez restreinte et différente de celles que présentent les côtes de la région niçoise. Sa note dénombre les Cœlentérés, les Echinodermcs, les Crustacés, les Acéphales et les Gastéropodes prosobranches fournis par des triages nombreux dans les fonds de filets des pêcheurs de Carry.
- Le transport de Vénergie électrique. — Malgré les
- imperfections des alternateurs de grande puissance à courant constant, il semble intéressant d’utiliser, pour les longues distances, les propriétés de la ligne quart d’onde. Elle permet en effet de maintenir une tension constante à l’arrivée, sans que soit à craindre une surtension excessive le long de la ligne. Le mémoire de M. Brvlinski attire l’attention sur la ligne demi-onde définie par cette condition que : la durée de propagation le long de la ligne est exactement égale à une demi-période du courant.
- La distillation cZe » chlorobenz-ènes. — La fabrication du diamidophénol et des noirs au soufre oblige l’industrie des produits chimiques à livrer le chlorobenzène. par grandes quantités. Il s’ensuit donc que l’acheteur doit être en mesure d’analyser un produit brut, mélangé de benzène, et de ses dérivés chlorés. M. F. Bourion s’est appliqué à la recherche d’une méthode par distillation qui donne des résultats extrêmement satisfaisants, mais demande des opérations fort longues et des calculs assez pénibles.
- Paul B.
- *
- MÉTHODE DE DISTRIBUTION DU BÉTON PAR GRAVITÉ
- Les entrepreneurs chargés d’organiser un. chantier de construction s’inquiètent d’abord des moyens nécessaires pour amener les matériaux h pied d’œuvre. A l’aide de petits chemins de fer Decau-ville ou de convoyeurs aériens, de grues ou de
- monte-charge, il leur faut, en effet, transporter des milliers de tonnes de fer ou de ciment, de madriers, de plâtre ou de sable, de briques ou de pierres aussi vile et aussi rapidement qüe possible. Or comme le choix dés appareils de levage et dé manu-
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- 318 : MÉTHODE DE DISTRIBUTION DU BÉTON PAR GRAVITÉ
- Fig. i. — Vue générale du chanlier de /’lnterconnecting Railway montrant une installation système Lakewood, pour distribuer le béton par gravité.
- treprises américaines l’utilisent actuellement et il serait désirable que son emploi se généralisât en France. Ce système, imagine par l’ingénieur Lakewood, et exploité actuellement dans notre pays par « Allied Maehi-nery Company », n’exige pas, du reste, un matériel compliqué. Comme nos vues permettent de s’en rendre compte, il comprend un pylône porteur d’un monte-charge et une trémie dont on règle la hauteur à volonté, une bétonnière à commande mécanique placée au bas du pjlône et des goulottes ou gouttières pouvant distribuer le béton aux divers points de l’ouvrage. Avec une installation moyenne de ce type servie par cinq ouvriers, on met en place 150 nr de béton par heure. Deux des hommes travaillent à la bétonnière, un autre fait fonctionner le treuil, le quatrième surveille le remplissage de la trémie portée par le pylône
- On voit la disposition d'ensemble des pylônes, des trémies et des gouttières de distribution. (Construction d’un viaduc.)
- tention influe beaucoup sur la durée et le prix de revient des travaux, ils doivent étudier avec soin toutes les données de ce problème, moins simple qu’il ne paraît, avant de se prononcer pour telle ou telle solution, avant d’adopter un des nombreux systèmes, dus à l’ingéniosité des techniciens modernes.
- Quoique bien souvent les spécialistes se laissent encore guider par la routine dans leurs projets d’installations des chantiers, ils doivent cependant observer certaines règles générales. En premier lieu, il faut que le transport et le levage des matériaux s’effectuent directement et de préférence au moyen d’un seul appareil ; qu’en outre le travail de ce dernier soit continu si possible et la surface qu’il occupe très restreinte ; enfin ils auront soin de proportionner la puissance des engins au poids à transporter et de rendre leur fonctionnement automatique si faire se peut.
- La nouvelle méthode de distribution du béton par gravité (fig. 1), que nous allons décrire, remplit la plupart de ces conditions théoriques. Aussi presque toutes les grandes en-
- Fig. 2. — Pylône d'acier avec gouttière de distribution portée par un derrick.
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- MÉTHODE DE DISTRIBUTION DU BÉTON PAR GRAVITÉ —-......- 319
- à l’origine des goulottes et le dernier se tient au lieu de déversement du béton dans les formes.
- Examinons maintenant chaque partie du système plus en détail, à commencer par le pylône (fig. 2). La forme et la nature des matériaux qui le composent varient selon l’importance du chantier. Sa charpente réalisée d’ordinaire en cornières de section carrée, de 2 m. à 2 m. 40 de côté, comporte parfois des montants verticaux en bois avec des barres horizontales et diagonales seules en cornières. Cette ossature se divise en sections de 15 pieds (4 m. 57) de hauteur, facilement transportables et qu’on réunit au moyen de simples assemblages à boulons. On opère leur montage sans avoir besoin d’écha-
- du pylône, permet son basculage au haut de sa course et sa vidange dans la trémie de déversement. En cours d’ascension, un verrou maintient la benne dans sa position verticale et lorsqu’elle arrive à la hauteur désirée, un taquet déclenche le verrou, et, libérée, elle bascule, se vide puis se redresse automatiquement une fois déchargée.
- D’autre part, il existe plusieurs genres de trémies (fig. 3). Le modèle de plus courant se monte sur un cadre qui coulisse :1e long du pylône et que des palans permettent de disposer à volonté. Dans un autre type de trémie, l’arrière de celle-ci pénètre à l’intérieur du pylône et reçoit directement le béton ; à sa base, se trouve une chaîne terminée par
- Fig. 3. — Installation Lakewood. distribuant le béton par gravité. A gauche, pylône métallique, trémie et gouttières.
- faudage. On assemble, en effet, chaque tronçon en utilisant une plateforme posée sur la section précédente et on atteint ainsi jusqu’à 61 m. de hauteur. Pour réaliser des élévations moindres, on conserve les sections de base et de tête et on supprime autant de tronçons intermédiaires qu’on désire. Un haubannage de câbles métalliques assure la rigidité du pylône. Notons qu’on monte parfois ce dernier ainsi que la bétonnière sur un chaland ou sur des trucks cheminant sur des voies ferrées (fig. 5).
- Le fonctionnement de la benne du monte-charge s’explique aisément. Parvenue à sa position inférieure au bas du pylône, cette benne provoque le basculage de la gouttière de décharge de la bétonnière et se remplit. Puis une fois pleine, l’homme met en action le treuil. La benne monte et alors celle-ci relève la gouttière, ce qui empêche l’écoulement du béton jusqu’à la descente suivante. La benne établie à l’intérieur d’un robuste cadre en profilé porte, de chaque côté de la caisse, un segment de roulement qui, en glissant sur les profils
- un crochet et qui supporte la gouttière de distribution. Enfin dans les chantiers très importants, la trémie comprend deux ajutages de départ destinés à alimenter deux goulotLes de distribution.
- Signalons maintenant les particularités des gouttières (fig. 4) qui amènent le béton aux endroits voulus. Ce sont, d’ordinaire, de simples rigoles demi-cylindriques dont des cornières raidissent les bords et que des barres transversales renforcent de distance en distance; elles se composent de tronçons articulés mesurant chacun jusqu’à 15 m. de longueur. La goulotte de départ reçoit le béton par une caisse sans fond disposée à son origine ou par une tubulure cylindrique coudée. Si besoin est, on installe deux gouttières se succédant l’une l’autre ou articulées au moyen d’un coude à rotule. Quant à la suspension de ces goulottes* on la réalise soit . au moyen de câbles mou fiés attachés au sommet du pylône si la hauteur est suffisamment grande et la portée assez faible ou bien, lorsque l’extrémité de la première goulotte se trouve trop rapprochée de
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- METHODE DE DISTRIBUTION DU BÉTON PAR GRAVITÉ
- Fig. 4. — Trémie de distribution installée sur pylône en bois avec double gouttière pour l’écoulement du béton.
- terre, on la soutient soit à l’aide d’un échafaudage quelconque, soit à la volée d’un derrick.
- Pour des constructions plus considérables (gares, viaducs ou édifices importants et élevés), on emploie un mode de suspension plus compliqué constitué, en principe, par dés cables rattachés au sommet du pylône principal et aboutissant à d’autres tours. Les gouloltes se trouvent alors suspendues au câble porteur par une série de palans et leur ensemble forme une chaîne plus ou moins longue, plus ou moins sinueuse qui distribue le béton en n’importe quel endroit du chantier. Mais, en ce cas, l'établissement du système Lake-wood nécessite une pente uniforme et suffisante, car si elle est trop faible le béton s’arrête en cours de route et si elle est trop forte, les divers éléments de ce dernier se séparent. L’expérience a permis de déterminer empiriquement les inclinaisons nécessaires au bon fonctionnement de l’installation. Pour que le béton s’écoule sur une longueur de 15 m., la pente à donner aux gouttières doit atteindre 16 cm par mètre et pour les distances plus considérables, il faut l’augmenter proportionnellement. Ainsi pour 50 m., elle est de 25 cm par mètre et pour 155 m., il suffit de 55 cm par mètre. Enfin, d’une manière générale, la-pratique a montré, que plus ^le béton renfermait de sable, mieux il glissait, que la pente favorable
- variait avec la composition du béton et qu’on devait l'augmenter lorsque la teneur en eau diminuait. En appliquant judicieusement ces diverses règles, le système Lakewood donnera toutes satisfactions aux entrepreneurs de maçonnerie et leur permettra de réaliser une économie sensible de main-d’œuvre lorsque les travaux à exécuter nécessitent la distribution d’au moins 1500 m3 de béton sur le chantier.
- En ces temps où la rareté de la main-d’œuvre paralyse nombre de travaux importants voire urgents, il nous a paru intéressant de signaler une méthode qui a largement fait ses preuves chez nos amis d’outre-Atlan-tique, et qui permet d’effectuer rapidement un gros cube de béton. Des méthodes analogues s’implanteront chez nous, il n’en faut pas douter. Les États-Unis, comme nous aujourd’hui, ont toujours souffert d’une pénurie de main-d’œuvre. Ils y ont remédié à force d’ingéniosité mécanique. Jvcqcks Boyer.
- Fig. 5. — Installation Lakewood montée sur rail.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Iahüke, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2410.
- 12 JUIN 1920
- LE “ HOOD ”, CUIRASSÉ MASTODONTE ANGLAIS
- En 1915, l’Amirauté anglaise apprit que l’Allemagne mettait en chantiers 5 croiseurs de bataille de la classe Graff von Spee, à bord desquels devaient être montés des canons Krupp du calibre de 45 cm. Aussitôt, fidèle à ses traditions qui veulent qu’elle ne se laisse jamais distancer en matière navale, l’Angleterre mit à l’étude les plans de 4 navires de combat auxquels furent d’avance, attribués les noms des amiraux anglais célèbres : Hood, Anson, Rodney, Home.
- Le Ilood seul a été terminé. Lorsque survint la
- à la lumière de ses enseignements les plans du Hood et à les retoucher. En augmentant légèrement le tirant d’eau primitif et en consentant une légère réduction théorique de la vitesse, on bénéficia d’un accroissement de tonnage de près de 5000 tonnes qui permit diverses améliorations. Elles portèrent principalement sur une meilleure protection des flancs et des ponts. On augmenta jusqu’à 50°l’angle de tir maximum des 8 pièces de 45 cm et par conséquent la portée de ces pièces. D’autres arrangements furent faits quant à l’armement en
- big. i. — Le Ilood à Ix mer.
- défaite définitive des armées allemandes, l’Amirauté fit suspendre la construction d’un certain nombre d’engins de guerre de puissance formidable, dont quelques-uns ne seront peut-être jamais révélés. Les 5 cuirassés frères du Hood furent du nombre.
- L'historique de la conception du Hood et de ses congénères a été fait par l’auteur des plans, sir Eus-tace d’Eyncourt, Directeur des constructions navales de la flotte britannique, à la dernière conférence des « Naval Architects » à Londres. Le premier projet date de 1915. Il devait réunir les derniers perfectionnements en fait de protection de la coque sous l’eau, de la vitesse, de l'artillerie, etc. Le plan adopté fut passé en commande en mars 1916, et le 51 mai de la même année la bataille du Jutland se livra.
- Cet engagement, le plus grand des temps modernes, amena naturellement l’Amirauté à considérer
- torpilles, et enfin, les soutes à muni Lions furent mises à l’abri des déflagrations des torpilles et des mines. On se rappelle que quelques bâtiments anglais périrent, au Jutland, victimes d’explosions de leurs soutes à poudres consécutives à des atteintes de torpilles; on a voulu parer à ce grave danger.
- De tout ceci il est résulté que le Hood déplace définitivement 41200 t. avec un stock de 4 200 t. de combustible liquide qui peut être notablement accru.
- Voici quelques autres détails sur ce navire qui constituera probablement le type auquel se rattacheront, de plus ou moins près, les bâtiments de combat des flottes à venir.
- La longueur du Hood est de 288 m., sa largeur maxima de 55 m. La puissance de ses machines atteint 444 000 chevaux avec une vitesse escomptée de 51 nœuds. Ces 144 000 chevaux qui s’appliquent
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- 48' Année. — 1" Semestre.
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- 322 .. LE “ HOOD ’ , CUIRASSÉ MASTODONTE ANGLAIS
- seulement à la machinerie principale se répartissent par 56 000 sur chacun des arbres des 4 hélices. C’est le record de la puissance développée sur une machine marine. Celles du Hood sont des turbines à engrenage. Elles occupent 5 compartiments. Celui qui est le plus sur l’avant contient les deux engins des hélices extérieures. Les machines des deux hé-
- du flanc est la suivante : elle s’étage en 5 hauteurs égales. Le can inférieur qui couvre la flottaison a 36 cm d’épaisseur au milieu du navire, et s’amincit à 18 et 15 cm sur l’avant et l’arrière. Les cans du milieu et supérieur ont respectivement 21 et 15 cm d’épaisseur au milieu. La tour de commandement ou blockhaus est cuirassé à 55 pouces.
- l6jyro Compas
- 4 canons de 15 pt
- 4 canons de 15 pouces
- Turbim s
- = = ~5uufvs à projectiles
- big. 2. — Coupe longitudinale et plan.
- lices intérieures occupent chacune un des deux autres compartiments.
- La vitesse primitivement attendue avant l’ac-CFoissement du tonnage était de 32 nœuds (avec un tonnage de 56000 t.). Avec les 41 000 t. auxquelles on est arrivé on comptait sur 51 nœuds.
- Les chaudières, au nombre de 24, sont du type à petits tubes avec tirage forcé et réparties en 4 chaufferies. Sir Eustace d’Eyncourt a résolument adopté ce système qui procure une grande économie de poids et d’espace et qui figurait sur tous les plans des Capitalships que l’Amirauté allemande sé proposait de construire, au temps de sa grandeur !
- Il est à peine besoin de dire que le pétrole est le seul combustible employé à bord du Hood.
- L’armement comprendra 8 pièces de 45 cm,
- 12 de 15 cm, 5 et 4 de 12 cm contre les avions.
- Les 8 canons de 45 cm sont placés 2 par 2 en 4 tourelles cuirassées axiales situées 2 à l’avant, 2 à l’arrière, ceux de 15 cm sont en casemates sur les flancs, 6 de chaque côté. Le cuirassement du flanc est de 36 cm au milieu du navire, de 19 cm à l’avant et à l’arrière. La disposition delà cuirasse
- Au moment de déterminer le calibre de la grosse qr-tillerie, de vives discussions se sont produites. On avait pensé à mettre à bord des Hood 6 canons de 54 cm au lieu des 8 de 45 cm, l’argument principal en faveur des canons de 54 cm étant que son projectile pèse 1600 kg environ contre 965 pour le projectile de 45 cm. Mais le poids du canon de 54 cm est de 165 tonnes, contre 98 pour le canon de 45 cm. Puis, en fait, on a constaté que le tir du canon de 45 cm est remarquablement précis jusqu’à 30000 mètres et, qu’à cette distance, il perce encore une cuirasse d’épaisseur respectable et on s’est alors décidé pour ce
- calibre qui donnait un volume et une rapidité de feu compensant largement la puissance supérieure de l’obus de 54 cm.
- Le cuirassement du Hood est un notable progrès sur celui des cuirassés anglais du type Queen Elizabeth lancé en 1913. Or la Queen Elizabeth est un des navires qui a été le plus sévèrement engagé à la bataille du Jutland où, à cause d’une avarie à la drosse de son gouvernail, il a tourné en rond assez longtemps -à petite distance de la ligne des cuirassés allemands, et a subi un terrible feu concentré, recevant 35 obus de gros calibre,
- Pont supérieur
- 'Pont principal \ cuirassé \Niveau de /'eau
- ~TXPônt inférieur
- Compartiment
- étanche
- de protection contre les torpilles
- Pétrole
- Citernes à eau douce
- Compartiment
- d'air
- Fig. 3. — Coupe de profil.
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- LE “ HOOD ”, CUIRASSÉ MASTODONTE ANGLAIS ;. . 323
- Fig. 4. — Le Hood. — Embarquement d’un canon de 45 cm.
- dont aucun ne lui a causé d’avaries graves. On est donc justifié à croire que les flancs du Hood sont également à l’abri des coups dangereux,
- Le Hood porte 2 tubes lance -torpilles de 65 cm sous-marins, et 4 de même calibre au - dessus de l’eau.
- Mais la grande singularité du Hood est l’énorme vitesse à laquelle pourra se mouvoir cette masse de 42000t.
- Cette vitesse est de 6 nœuds supérieure à celle de la Que en Elizabeth dont le déplacement est seulement de 27 500 t. Elle a atteint aux essais le chiffre de 52,7 nœuds, soit près de 60 kilomètres à l’heure, les turbines développant 150 000 chevaux avec 206 tours des hélices 1 En pleine
- charge la vitesse a encore été de 51 nœuds 9.
- Une des plus importantes leçons tirées des expé-ciences de la guerre sur mer comporte l’absolue
- nécessité de munir les navires modernes d’un dispositif qui réduise au minimum les dangers d'avaries par l’explosion contre la coque des torpilles à grandes charges, employées actuellement et dont les Allemands ont fait un terrible usage.
- L’Amirauté anglaise a adopté dans ce but une sorte de soufflage ou de double coque qui s’étend sur toute la partie de la carène accès sible aux torpilles. Ce soufflage (bulçje, en anglais), provoque l’explosion de la torpille assez loin de la coque principale pour que ses effets soient bien amoin-
- Fig. 5. — Un jeu de turbines à engrenage du Hood.
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- 324 LE REPEUPLEMENT DES OISEAUX INSECTIVORES PAR JARDINS-VOLIÈRES
- dris et rendus à peu près inoficnsifs. Le Ilood est, bien entendu, muni de ce bulge, dont les détails figurent sur le schéma qui représente une coupe transversale à hauteur du compartiment des chaudières (fig. 5). L’opinion de sir Eustace d'Eyncourt sur la valeur de ce système est la suivante : on peut dire que ce dispositif de protection défend le navire contre les attaques par la torpille aussi complètement que sa cuirasse et sa structure générale le défendent contre les projectiles.
- Il est bon de noter que la protection par bulge avait déjà été étudiée avant la guerre sur de. vieux croiseurs du type Edgar.
- Plusieurs des bâtiments anglais construits pendant la guerre étaient munis de ce dispositif, et aucun de ceux qui l’avaient reçu n’a été coulé par torpilles, ni même sérieusement endommagé. On a donc tout lieu de penser qu’on lient le remède contre le danger des explosions sous-marines.
- Les grandes dimensions du llood ont permis de soigner tout particulièrement les logements des officiers et de l’équipage, si bien que pour le confortable, les aménagements du nouveau cuirassé constituent un record. On y trouve notamment de
- nombreuses salles de bain, des lavabos, des salles de récréation, etc., des cuisines et des boulangeries, le tout installé d’après les conceptions les plus modernes.’ Dès avant la guerre, l’Amirauté avait chargé une Commission d’étudier ce qu’il y avait lieu de faire en cette matière et les indications qu’elle a fournies ont été scrupuleusement appliquées sur le Hood.
- Le prix du Hood s’élève à la coquette somme de 6 000000 delivres. En calculant la livre au taux d’avant-guerre, qui doit être la base exacte d’une comparaison, c’est, 150 millions de francs! Le coût par tonne est de 145 livres. L’augmentation sur les prix d’avant-guerre est de 60 pour 100. L’opinion que l’on peut porter sur Je nouveau type de bâtiment de combat réalisé par sir Eustace d’Eyncourt a été exprimée à la conférence des « Naval Àrchitects », par le conslructor-commander de la marine américaine E. S. Land. Ce qu’on peut en dire de plus flatteur a-t-il dit, est qu’il est difficile de discerner si le Ilood est un croiseur de bataille ou un cuirassé de ligne, et comme Limitation est la forme la plus sincère de la flatterie, je dois dire.que les États-Unis ont copié le Hood. Comm1 Sauvaire Jourdan.
- LE REPEUPLEMENT DES OISEAUX INSECTIVORES PAR JARDINS-VOLIERES
- Pour repeupler un pays en oiseaux insectivores, dont nous avons montré les services irremplaçables à l’agriculture, deux moyens se présentent : l’élevage de ces oiseaux dans des Jardins-volières ; la protection des couvées et le nourrissage des oiseaux en liberté. Nous examinerons aujourd’hui le premier de ces moyens.
- Les volières permettent l’élevage, par les parents, d’oiseaux insectivores, larvivores, ou meme semi-granivores, dont il serait presque impossible de se procurer artificiellement la nourriture du premier âge. Ainsi pourrait-on sauver beaucoup d’espèces menacées de disparition.
- Établies au centre de vignobles, ou de toute autre culture, elles les protègent efficacement contre les insectes, pendant la période de nidification, qui est aussi celle où les ravages des insectes sont le plus à craindre.
- Elles permettent de propager dans une propriété les espèces d’oiseaux que l’on préfère y voir pour leur beauté ou leur chant.
- Elles permettent d’étudier de près les mœurs des oiseaux dans leurs rapports avec leur progéniture.
- Les observations qui m’ont suggéré l’idée de ces volières à grillage mobile sont les suivantes :
- Presque tous les passereaux et grimpeurs sont susceptibles de nicher et de couver en grande volière ; mais les petits périssent faute d’insectes et de larves.
- Les jeunes, placés dans une cage, sont nourris presque toujours par les parents restés en liberté.
- Les espèces de nos climats nichent dans les memes mois.
- On voit des lors l’économie de mon système :
- Conserver les adultes dans la volière fermée jusqu’à cc qu’ils y aient niché.
- Leur rendre la liberté à cc moment, afin qu’ils se procurent au dehors la nourriture qu’ils rapporteront à leurs couvées dans la volière. La volière sera donc close pendant 10 mois environ, et ouverte en mai et en juin.
- J’insiste préalablement sur l’immense avantage de loger les oiseaux dans un jardin-volière clos sur les quatre côtés, non par un grillage, mais par un mur. On évite ainsi les courants d’air, l’indiscrétion des visiteurs, .l’introduction, si le mur est haut et bien lisse, des petits rongeurs et des serpents. Mais surtout les oiseaux ne ressentent pas ainsi l’impression de leur captivité par la vue du monde extérieur; point essentiel pour la nidification. La toiture seule sera constituée par un grillage mobile, maillé à 1 centimètre.
- Il n’est du reste pas indispensable que ce grillage mobile règne sur toute la surface de la toiture. Pour économiser les frais d’installation et le travail de déplacement des panneaux, il suffirait de faire alterner un panneau fixe avec un panneau mobile. L’oiseau pour rentrer au nid pourra hésiter un moment, mais découvrira bientôt l’accès.
- Si l’on redoute que, dans la saison où la volière sera ouverte ainsi par le haut, les rapaces y pénètrent, l’on pourra établir, au-dessous de chaque
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- LE REPEUPLEMENT DES OISEAUX INSECTIVORES PAR JARDINS-VOLIÈRES 325
- panneau mobile, un panneau fixe, maillé celui-ci à 6 cm environ, et qui permettra aux captifs de sortir sans, permettre aux pies et aux éperviers d’entrer. Ceci dans l’hypothèse où les oiseaux que l’on élève ne dépasseraient pas la taille du bruant.
- Les plans ci-joints éclairciront la disposition de la volière de repeuplement que je préconise. On peut augmenter ou restreindre les dimensions que j’indique; mais les détails d’aménagement, quoique bien simples en apparence, résultent de longs tâtonnements et ont tous leur utilité.
- Le plan (fig. 2) indique les trois parties dont il est préférable de composer la volière de repeuplement :
- 1° Une logette (C) pouvant servir d’abri en hiver pour les espèces délicates d’oiseaux, et, en toute saison, servant à loger les vers de farine et les nourritures diverses des couples reproducteurs;
- .2° Un pansoir (A) communiquant librement avec le jardin (B) et recouvert d’un vitrage opaque ou de tuiles, etc., comme la Logette;
- 5° Le jardin (B) où nicheront les oiseaux.
- Quant aux murs de clôture (D), on les proportionnera à l’étendue du jardin-volière. Pour celui
- 1" 5m
- Fig. t. — Coupe à travers la logette et le jardin.
- extérieure, dont la saillie s’opposerait mieux encore à cette intrusion {%, fig. 1).
- Pour la même raison, aucun arbre extérieur no devra allonger de branches au-dessus de l’enclos.
- Les oiseaux, habitués à ne pas sortir, devront y être excités, lors de l’ouverture des panneaux, en disposant, par exemple, sur le grillage, leur nourriture favorite. Pour faciliter cet entraînement, et aussi la manœuvre des panneaux mobiles, il importe que les murs aient peu d’élévation.
- Des fondations un peu profondes empêcheraient l’entrée des souris par galeries souterraines; une revêture en ciment serait indiquée, si l’on ne regardait pas à la dépense.
- Les murs seront percés, à l’intérieur, de trous nichoirs ou abris pour les mésanges, bergeronnettes, etc.... On en variera la forme et la dimension (/', n).
- Des plantes grimpantes serviront de perchoirs ou de places de nidification pour les fauvettes, bruants, etc....
- La couverture en grillage est la question importante et un peu plus compliquée, celle sur laquelle repose tout le système d’élevage par les parents momentanément rendus à la liberté.
- Dans le plan 2 la partie B indique les différentes parties de cette couverture, tandis que A et C figurent un plan sur le sol. J’ai voulu éviter, par cette irrégularité du plan horizontal, la multiplicité des croquis.
- Évidemment il paraîtrait d’abord plus simple d’établir un toit entièrement mobile, composé de châssis en grillage que l'on retirerait ou replacerait l’un après l’autre. Ce système peut s’adapter à une volière de petite dimension. Mais avec une plus grande étendue, l’on se heurte à l’ennui d’un travail compliqué, et, ce qui est plus grave, au danger d’effaroucher les oiseaux qui s’enfuiraient par les châssis ouverts tandis qu’on replacerait les premiers. Il importe donc que, même opérée la nuit, comme elle dort toujours l’être, la manœuvre des châssis soit simultanée.
- Il suffit qu’un châssis sur deux soit mobile, car les oiseaux finiront bientôt par retrouver l’entrée, surtout si le châssis mobile, replacé sur le châssis fixe, rend celui-ci moins.transparent.
- Voici, en conséquence de tout ceci, la disposition que je préconise (plan 2) :
- que j’indique, ces murs pourraient avoir 0 m. AO environ d’épaisseur, et 2 m. 50 ou 5 m. de hauteur.
- Il est préférable de couvrir la logette en verre opaque ou teinté, comme le pansoir, afin que les oiseaux aient plus de lumière et qu’aucune fissure ne puisse se produire comme dans les toits d’ardoise, tuile, etc....
- Le verre ne doit pas être transparent, parce qu’à l’époque de l’élevage libre, les oiseaux pourraient se consumer en vains efforts pour rentrer dans l’enclos de ce côté, au lieu de se diriger vers le grillage ouvert.
- Les murs seront bien lisses à l’extérieur, afin d’empêcher l’intrusion des rongeurs, chats, etc. Il serait même bon d’ajouter au haut une corniche
- Fig. 2. — Plan de volière.
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- 1° Un assemblage de châssis fixes, solidement encaslres dans les murs, et maillés alternativement à 1 cm (f) et à 6 cm (o) ;
- 2° Reposant sur les bords latéraux de cet assemblage fixe, une bande de fer, ou rail plat (j-k-l-m^n) servant à la manœuvre des châssis décrits ci-après;
- o° Une rame de châssis mobiles, maillés à 1 cm et (dans la position fermée de la volière) reposant sur les châssis fixes maillés à 6 cm (o).
- Pour ouvrir la volière, on repoussera cette rame au-dessus des châssis /'.
- Une tringle de fer (g-h) munie d’une poignée (h) et rivée à chaque châssis mobile aux points g facilitera cette manœuvre.
- Pour refermer la volière, on retirera la tringle en sorte que les châssis mobiles se replacent sur les châssis o; un butoir (i) permettra de les attirer à fond, afin qu’il ne subsiste aucun intervallepar où s’échapperaient les oiseaux.
- L’espace en hauteur séparant les châssis supérieurs des châssis inférieurs ne devra pas dépasser 1 cm, pour ne pas livrer de passage aux oiseaux, dans la position fermée, entre les châssis fixes et les châssis mobiles maillés à 1 centimètre.
- En conséquence, le rail plat (j-k-l-m-n) sur lequel glissent les châssis mobiles ne devra avoir que 1 cm d’épaisseur. 11 pourra avoir de 10 à 15 cm de largeur.
- Une difficulté naît dans la partie j-k où il n’existe pas de mur pour supporter les châssis et le rail. Ce mur sera remplacé par une poutrelle de fer sur laquelle reposera un bord des châssis inférieurs. Au-dessus d’eux le rail continuera son cadre horizontalement bien uni, pour faciliter la manœuvre des châssis mobiles.
- Les châssis mobiles seront entourés d’un cadre de fer aussi léger que possible, mais rigide et de forme ronde, pour glisser plus aisément sur le rail. Ils auront 1 m. de largeur sur une longueur égale à celle du jardin à couvrir (5 m. dans mes plans) avec 4 ou 5 cm en plus dans ce sens pour bien reposer sur le rail.
- Certaines dispositions pourront varier suivant les localités. Ainsi, dans un climat pluvieux, il sera bon de déverser hors du jardin l’eau du toit en verre (r-s) au moyen d’une gouttière. Dans un climat sec où il sera préférable d’alimenter naturellement le bassin-abreuvoir, on pourra abaisser
- la saillie t (plan 1) au-dessous du bord du toit en verre qui s’égouttera dans le bassin.
- La porte extérieure de la logette, (2, a) sera pleine et munie d’une bonne serrure. La porte intérieure [b) sera vitrée afin d’éclairer la logette.
- Dans le jardin (fig. 5), un étroit bassin (18), peu profond et très évasé, afin d’empêcher la noyade des jeunes oiseaux, pourra être alimenté par le toit de la logette.
- Un monlicule (15) servira aux oiseaux nichant sur les talus. Il sera planté d’arbustes touffus (ronces, ajoncs).
- Un espace libre (19) sera ensemencé en seneçon, mourron, et en raclures de greniers, pour procurer un lieu de nidification et aussi de la nourriture à divers grani-insectivores (alouettes, etc.).
- Pour la nourriture et la nidification des bacci-insectivores l’on plantera, selon leur besoin d’orientation, divers arbustes touffus et à baies, par exemple des buissons-ardents (6, 1), des genévriers (9, 14), des lierres (5, 4, 5), et encore, aux places indiquées par les autres chiffres, des soleils, des églantiers, etc....
- Le pansoir (A) abritera quelques souches et troncs creux (16) pour les grimpeurs ou les mésanges, et un tas de fagots (17) où nicheront les accenteurs, rouges-gorges, etc. On pourra placer aussi là quelques nichoirs en bois. Ce pansoir sera sablé.
- Soins et entretien. — Pour l’entretien de la volière et de ses hôtes, les soins hygiéniques, le nourrissage des couples reproducteurs quand la volière est fermée, la préparation du nichage, etc..., je ne puis que renvoyer le lecteur à mon livre : Les Jardins-Volières (*).
- Choix des espèces. — J’espère que toutes ces indications suffiront pour que l’on puisse faire établir ce système de volière par un architecte intelligent.
- Aux avantages que j’ai indiqués au début de cette étude, l’on peut ajouter ceux-ci :
- Améliorer la santé des oiseaux captifs par leur nourriture naturelle pendant les mois de nidification.
- / Permettre l’élevage d’insectivores exotiques.
- Quant à l’utilité agricole, une de ces volières contenant une vingtaine de couples reproducteurs, d’espèces variées, comme le permettent les dimen 1. Perrin, 55, quai des Grands-Auguslins,Paris, VIc(4fr. 50)
- • 15 •
- Fig. 3. — Plan du jardin.
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- LA TRANSMISSION SONIQUE DE L’ÉNERGIE -.. — 327
- sions dés plans ci-joints, suffirait à protéger contre les insectes plusieurs hectares de vignes, de vergers, ou d'autres cultures.
- Reste la question du choix des espèces. Ne l'envisageons qu’au point de vue de la défense agricole contre les insectes.
- Il faut malheureusement renoncer à l’élevage des muscivores (engoulevents, hirondelles, gobe-mouches) à cause de l’impossibilité de nourrir en hiver les couples reproducteurs.
- Les autres purs insectivores (troglodytes, etc.) exigeraient des soins très compliqués.
- Le choix devrait porter sur des demi-insectivores que l’on peut à la rigueur nourrir en hiver de fruits ou de grains, mais qui, au printemps, sont, pour leurs petits et pour eux-mêmes, insectivores ou larvivores. Les plus indiqués seraient les mésanges, bruants, pinsons, fauvettes, alouettes, bergeronnettes, etc.... Toutefois, même en hiver, il conviendrait de ne pas supprimer entièrement aux couples reproducteurs la nourriture animale, vers de farine ou pâtées à base de viande, si l’on veut obtenir une bonne reproduction. Le moineau, alter-
- nativement utile et nuisible aux céréales, serait extrêmement utile au centre d’une vigne, car il dévore non seulement le vér, mais aussi le papillon de la cochylis.
- Le système d’élevage que je préconise peut, sans grands frais et avec certitude, sauver notre agriculture. Un seul couple de mésanges dans un verger de pommiers, ou d’ortolans dans un petit carré de vigne, suffirait à, assurer une récolte d’excellents fruits. Je l’affirme à la suite de longues expériences personnelles.
- La seule difficulté sérieuse réside dans l’humeur querelleuse de certaines espèces, comme les mésanges. Les bruants, le linot, l’accenteur mouchet, le pinson, les alouettes seraient plus faciles à associer, et aussi utiles contre les insectes. Quelques tâtonnements dans cette voie seront évidemment nécessaires ; mais la question du repeuplement des oiseaux, et aussi celle de leur protection extérieure qui la domine, doivent tenir la première place dans les préoccupations de nos agronomes, s’ils veulent désormais faire œuvre utile.
- André Godard.
- LA TRANSMISSION SONIQUE DE L’ENERGIE
- Les procédés Constantinesco.
- M. Constantinesco, ingénieur roumain, a imaginé et mis au point, après de longues recherches, de fort curieux procédés de transmission de l’énergie. Les méthodes qu’il emploie paraissent entièrement neuves ; à tel point qu’il a fallu créer pour les désigner, un vocable nouveau, le mot sonicilé.
- Le principe des procédés Constantinesco est le suivant : l’énergie est transmise au moyen de vibra tions se propageant à travers un milieu liquide, de même que les ondulations d’un courant électrique se propagent le long d’un conducteur métallique. Les ondes ainsi employées sont de même nature que les ondes sonores, et c’est précisément en étudiant l’harmonie musicale et ses lois, que M. Constantinesco a été conduit aux applications mécaniques que nous allons exposer. De là le nom de sonicité qu’il a imaginé pour grouper sous une même appellation les phénomènes dont il a étudié les lois et recherché les applications.
- L’une des plus connues aujourd’hui, celle qui a révélé au public technique le nom de M. Constantinesco, est la transmission sonique employée pendant la guerre à bord des avions pour commander le tir des mitrailleuses à travers les hélices. Mais bien d’autres applications semblent réservées à ces procédés nouveaux.
- Tout instrument de musique est, si Ton veut, un appareil de transmission et de transformation d’énergie sonore. Mais les quantités d’énergie ainsi transmises par les cordes ou par l'air sont infimes, et ne peuvent se prêter aux applications mécaniques.
- Le premier problème qui se posait pour l’inventeur était donc de transmettre par vibrations sonores des quantités notables d’énergie. Il fallait ensuite trouver des appareils récepteurs capables dé transformer cette énergie vibratoire en énergie mécanique, c’est-à-dire par exemple en mouvement alternatif d’un piston, ou un mouvement de rotation d’un rotor.
- M. Constantinesco a eu recours aux liquides comme milieu de propagation des ondes vibratoires. Les liquides-sont très employés en mécanique, pour transmettre des pressions, c’est le principe de la presse hydraulique, c’est celui de nombreux appareils transformateurs de vitesse, qui ne sont, eux aussi, en définitive, que des transmetteurs et transformateurs d’énergie. Mais ces appareils diffèrent complètement par le principe de ceux de M. Constantinesco; on peut assimiler les premiers aux appareils électriques à courant continu; tandis que les derniers représentent les machines et transmissions électriques à courant alternatif.
- Nous verrons plus loin que cette assimilation est plus qu’une simple image, qu’il y a un parallélisme frappant entre les phénomènes soniques et les courants électriques alternatifs, et que toute machine utilisant une de ces catégories de phénomènes, a son homologue dans l’autre catégorie.
- I. Les liquides sont compressibles — Les canons soniques. — On lit, dans la plupart des traités classiques, que les liquides, l’eau en particulier, sont incompressibles. Si Ton s’en tenait à cette affirma-
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- LA TRANSMISSION SONIQUE DE L’ÉNERGIE
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- tion, il serait impossible de concevoir une transmission d’énergie, par ondes, à travers un liquide.
- Mais, en fait, il n’en est rien. Les liquides, sous fortes pressions, sont élastiques et compressibles et se comportent comme de véritables ressorts.
- Il n’esf*pas inutile de le démontrer. Voici les preuves qu’en donne M. Constantinesco, dans une intéressante étude que publient les Annales des Mines de Roumanie.
- L’auteur a construit un appareil qui consiste en un obus où entre un demi-litre d’eau. Il y plaça un piston de 15 mm de diamètre; sous une pression de 5 tonnes, ce piston pénétra de 200 mm dans l’eau.
- Pour rendre l’expérience plus concluante, on laissa tomber un poids de 200 kg d‘ une hauteur de 2 m. 50 (fig. 1) sur le piston de l’obus. Sous la pression du coup, le piston atteint un certain niveau dans l’obus; puis le liquide se décomprime et rejette le poids en arrière; il retombe à nouveau et ainsi de suite jusqu’à amortissement complet. L’appareil se comporte comme un ressort.
- Et que l’on ne dise pas que, en réalité, c’est l’enveloppe métallique du récipient qui est la cause de ces phénomènes. En fait, l’eau que contient l’obus est cent j;ois plus compressible que l’acier qui l’entoure. '-fc
- De ces observations simples dérivent déjà certaines applications intéressantes que nous signalerons en passant; l’expérience ci-dessus montre que
- Fig- 2. — Mortier sonique de tranchée,
- sans poudre, sans bruit, sans fumée.
- l'on peut réaliser de puissants ressorts sans arcs d’acier. M. Constantinesco a établi sur ce principe un canon de tranchée fonctionnant sans poudre, sans bruit, sans fumée. * '
- C’est une bouteille d’acier contenant normalement 3 litres d’huile; une pompe spéciale permet d’élever la pression du liquide à 2000 atmosphères, en y injectant une quantité supplémentaire de 250 cm". L’expansion du liquide permet de lancer un projectile de 8 kg à 500 mètres.
- M. Constantinesco a construit un lance-bombe plus perfectionné permettant de lancer dans les mêmes conditions un projectile de 100 kg à 100 m. La compression du liquide y est réalisée par l’explosion d’une cartouche de cordite ; l’énergie dégagée par l’explosion est absorbée par le liquide qui la restitue en chassant le projectile avec une pression constante pendant tout son trajet dans l’âme du canon.
- II. La transmission des ondes vibratoires dans les liquides. — Une colonne de liquide fortement comprimé se comportera donc comme un véritable ressort.
- Considérons une conduite L, remplie d’un liquide bien exempt de bulles d’air ou de gaz et terminée à chaque extrémité par un piston étanche (fig. 5).
- A L B
- Fig. 3. — Transmission monophasée d’énergie sonique.
- Imprimons un choc brusque au piston A; une onde naît dans le liquide, c’est-à-dire que dans le voisinage immédiat du piston, le liquide est brusquement comprimé, puis se décomprime, et ce phénomène se propage de proche en proche jusqu’en B, avec une vitesse qui n’est autre que la vitesse du son dans le liquide, environ 1200 m. à la seconde. Si la longueur de la conduite est convenablement choisie, l’onde fait mouvoir le piston B qui constitue donc un récepteur.
- Supposons maintenant le piston A animé d’un mouvement vibratoire, obtenu par exemple en le faisant attaquer par une bielle animée d’un mouvement de rotation.
- Il imprimera au liquide des alternances de pression et de décompression qui se propageront dans la conduite, de la même façon qu’un courant électrique alternatif se propage le long d’un fil de cuivre.
- Si l’on étudie la question de près, on trouve qu’il y a là plus qu’une simple analogie ; l’étude de ces vibrations exige que l’on tienne compte de 4 coefficients : élasticité, masse du liquide, frottement et pertes, qui correspondent très exactement en langage électrique, à la capacité, à l’induction, à la résistance, et aux pertes électriques.
- Fig. i. — Appareil pour démontrer la compressibilité des li-
- quides.
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- Conduite •son/que (diphasé)
- Conduite s onique (Cf phase )
- _______________ Capacité
- Point neutre
- Fig. 4.
- Transmission triphasée d'énergie sonique.
- Générateur
- Moteur synchrone triphasé
- Conduite sonique (I™phase)
- La différence de pression entre deux points de la conduite correspond à la différence de potentiel ; le produit de la vitesse du liquide en un point par la section de la conduite correspond à l’intensité du courant électrique.
- M. Gonstantinesco admet que la loi du frottement « sonique » est analogue à la loi d’Ohm en électricité; c’est-à-dire qu’une perte de pression entre deux points d’une conduile est proportionnelle au courant et à la longueur de la conduite. Ce dernier point n’est qu’à peu près exact, mais l’erreur ainsi commise est en pratique assez faible pour être négligée.
- Ainsi, il y a parallélisme absolu entre les phénomènes de transmission des courants électriques et ceux des courants soniques. Donc, toute propriété, établie en électricité, toute machine électrique s’appuyant sur ces phénomènes, ont leur traduction en sonicité.
- C’est cette traduction que M. Constantinesco s’est efforcé de réaliser pour un grand nombre de ma-
- Fig. 5. — Principe d'un moteur sonique di induction.
- chines, et il a ainsi réussi à établir des appareils d’une extrême originalité, en même temps que d’une grande simplicité.
- Revenons au cas le plus simple de transmission sonique, représentée figure 4, et qui correspond au courant électrique monophasé. Supposons le piston R immobile, tandis que le piston A, mû par un moteur, se déplace d’un mouvement alternatif. Les ondes originaires du piston A se transmettent le long de la conduite en donnant naissance à des zones de compression et à des zones de raréfaction Elles se réfléchissent sur le piston B et reviennent à leur point de départ; si la longueur AB est un multiple de la longueur d’onde, les ondes de retour se superposent exactement aux ondes directe? et après plusieurs pulsations la pression s’accroît jusqu’à l’infini. La conduite se brisera.
- Si la longueur AB n’est pas un multiple de la longueur d’onde, le piston A est soumis à des réactions qui rendent très difficile le maintien de la vitesse du moteur sans que la conduite se divise en multiples de la longueur d’onde. Dans ce dernier cas, la pression croissant à l’infini, la conduite ne peut résister.
- La transmission des ondes n’est pratiquement possible que si le piston B peut prendre exactement le même déplacement que le piston A, par exemple s’il est commandé par une manivelle identique tournant avec la même vitesse, la longueur de la conduite étant un multiple de la longueur d’onde; il faut, en outre, que le récepteur puisse absorber toute l’énergie transmise.
- Le problème est donc assez complexe : M. Constantinesco a constaté que si on place à l’origine de la conduite une bouteille d’acier pleine d’un liquide quelconque, les difficultés issues de la superposition des ondes disparaissent ; celles-ci ne se superposent que jusqu’à une certaine limite de pression et l’amplitude, au lieu de devenir infinie, est limitée par la bouteille à une valeur convenable. La bouteille joue le rôle d’un condensateur électrique disposé en parallèle sur un circuit à courants alternatifs.
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- En définitive, une transmission sonique comprend en principe : un piston animé d’un mouvement de va-et-vient dans un cylindre, une bouteille pleine d’un liquide en communication avec le cylindre, une conduite pleine de liquide sous pression, et un moteur sonique.
- On pourra, tout comme en électricité, réaliser des transmissions triphasées au moyen de 5 conduites du type ci-dessus, dans lesquelles les pistons produiront des ondes de mêmes période et amplitude, mais présentant d’une conduite à l’autre, une différence de phase de 120° (fig. 4).
- Signalons un fait curieux qui montre bien le parallélisme de l’électricité et de la sonicité; si on interrompt la conduite sonique en un certain endroit et qu’on la remplace sur une certaine longueur par un tube très étroit, on aura l’équivalent d’une résistance insérée dans un circuit électrique. L’énergie électrique s’y transforme en chaleur. La même chose se produit dans le rétrécissement de la conduite hydraulique, le liquide peut atteindre dans cette région une température élevée; M. Constan-tinesco a pu obtenir ainsi une température locale de plus de 100°. Avec un tube disposé pour bien rayonner la chaleur, il pouvait en 2 minutes amener un verre d’eau à l’ébullition.
- Cette expérience atteste qu’on peut transmettre de la chaleur à distance par un tube renfermant de l’eau froide.
- Les moteurs soniques. — M. Constantinesco a étudié toutes les classes de moteurs soniques correspondant aux moteurs électriques connus : moteurs synchrones ou asynchrones, moteurs monophasés, biphasés, triphasés, etc., moteurs à collecteurs.
- Le moteur sonique monophasé est, comme en électricité, d’une réalisation assez difficile. Le moteur triphasé est *d’une réalisation et d’un maniement beaucoup plus simples. C’est une manivelle attaquée par 3 pistons formant entre eux des angles de 120°. La condition nécessaire pour obtenir un couple constant sur cette manivelle est que les ondes actionnant les 5 pistons soient représentées par une fonction sinusoïdale pure et qu’elles soient déphasées de 120° l’une par rapport à l’autre (fig. 4).
- Ce moteur tourne exactement à la vitesse de synchronisme du générateur et avec un couple constant. Mais il ne démarre pas sous charge. Pour changer son sens de rotation, il suffit de croiser 2 phases tout comme en électricité.
- M. Constantinesco a réalisé également la traduction du moteur d’induction de Tesla.
- Trois cylindres fixes AL A2 A- (fig. 5) munis chacun d’un piston et reliés à une conduite sonique sont en contact par leur piston avec un anneau d’acier trempé B, pouvant supporter d’assez fortes pressions. Cet ensemble constitue le stator.
- A l’intérieur de l’anneau B est placé un autre anneau C maintenu rigoureusement concentrique
- au premier grâce à des billes de roulement. A l’intérieur de l’anneau C, et en contact avec lui, sont 5 autres pistons D2 D3, se déplaçant dans des cylindres soniques. L’anneau extérieur et les 5 pistons représentent le rotor. Les pistons représentent les spires d’induction du rotor.
- Voyons ce qui se passe lorsqu’on envoie un courant sonique triphasé- dans les 3 pistons du stator. Les pressions soniques issues des ondes produisent sur les pistons du stator 3 forces qui se dirigent le long des axes de ces pistons. Ces 3 forces sinusoïdales appliquées sur l’anneau extérieur se composent en une seule force de grandeur constante, appliquée au centre de l’anneau. En direction, elle tourne d’un mouvement uniforme autour du centre. De plus, le courant sonique produit des déplacements des pistons dans les cylindres du stator qui se combinent en un déplacement du centre de l’anneau, déplacement de grandeur constante. Le centre de l’anneau décrit un petit cercle, mais l’anneau ne tourne pas, il oscille seulement d’une façon particulière.
- Le déplacement de l’anneau extérieur entraîne le déplacement de l’anneau intérieur qui lui est concentrique, et le déplacement des anneaux entraîne celui des pistons du rotor relativement à leurs cylindres.
- Les pistons intérieurs commenceront donc à pomper eux aussi et produiront dans leurs cylindres respectifs, par trois canaux communiquant avec une chambre centrale commune, trois courants soniques, qui sont la traduction des courants d’induction dans le rotor. Ces courants soniques engendrent à leur tour des pressions soniques dont la combinaison produit sur l’anneau intérieur une résultante génératrice d’un couple qui entraîne le rotor, les pistons et les cylindres intérieurs.
- Tout comme dans un moteur d’induction triphasé, on modifiera le couple en modifiant la résistance de frottement qui se manifeste dans les canaux du rotor.
- Nous en avons assez dit pour faire comprendre le principe des moteurs soniques. On mesurera aisément tout l’intérêt de ces appareils quand on saura que M. Constantinesco en a construit qui ont un rendement égal ou supérieur à celui de moteurs électriques de même puissance. Les moteurs ne comprennent que des pièces mécaniques de la plus rustique simplicité : pas d’enroulements complexes, délicats à exécuter et à entretenir, pas de mécanisme compliqué ; ils n’emploient comme matériaux que de la fonte et de l’acier; pas de mica, de cuivre, comme dans les moteurs électriques. De même les transmissions sont en acier et non en cuivre, si coûteux aujourd’hui.
- Les installations soniques sont susceptibles de rendre la plupart des services que l’on attendrait d’une transmission électrique et quelques autres que l’on n’obtient que difficilement avec les appareils électriques, comme, par exemple, le fonctionnement sous
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- LA TRANSMISSION SONIQUE DE L’ÉNERGIE
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- l’eau. M. Constantinesco a construit des moteurs qui fonctionnent complètement immergés.
- Les applications des transmissions soniques. — Toutes ces qualités assurent aux transmissions soniques de multiples applications.
- Enumérons-en quelques-unes.
- a) La commande des hélices et des machines-outils. — M. Constantinesco a construit des transmetteurs de puissance pour avion où un seul moteur à explosion attaquait 2 hélices ; la puissance était transmise par le moteur thermique à deux moteurs soniques triphasés de \ 80 chevaux chacun, attaquant chacun une hélice; ces moteurs tournaient à 1000 tours et pesaient 50 kg. Pour les avions géants, dont on envisage la construction, la transmission sonique offrira une solution élégante du problème difficile de l’attaque des nombreuses hélices qui actionnent l’appareil. On sera ainsi dispensé de monter sur les ailes elles-mêmes, au mépris des lois de l’équilibre et de celles de la résistance des matériaux, de lourds moteurs placés dans une position dangereuse. Un constructeur anglais étudie une transmission sonique pour un avion géant de 50 tonnes, à 8 moteurs de 625 HP, tous groupés dans la coque centrale.
- La solution sonique est également très séduisante pour les dirigeables et même pour les navires où elle semble appelée à rivaliser avec les engrenages réducteurs de vitesse, ou avec l’électricité pour transmettre de la machine à l’hélice l’énergie motrice.
- Il est évident que la transmission sonique se prête également à la commande des machines-outils dans les ateliers.
- b) Pompes sans soupape. — Une colonne sonique présente des points de compression et des points de raréfaction. M. Constantinesco s’est servi de cette propriété pour aspirer de l’eau au point de raréfaction d’une colonne sonique, pour la refouler
- Fig. 7.
- Moteur sonique triphasé pour ateliers.'
- Fig. 6.— Perforateur sonique rotatif pour métaux.
- au point de compression et pour réaliser ainsi une pompe pompant les liquides à des centaines d’atmosphère de pression et ce, sans le concours de soupape.
- c) Marleau-riveur. — C’est une masse fixée par 2 ressorts et qui reçoit la pression sonique alternative transmise par une conduite sonique monophasée.
- Il y a lieu de remarquer que ce dispositif est la traduction en sonicité du chapitre d’électricité relatif à la T. S. F.
- d) Dispositif d’injection du pétrole dans les moteurs Diesel. — L’aiguille d’injection est d’habitude, dans les moteurs Diesel, commandée par une came qui la soulève de façon à laisser passer au moment voulu la quantité de pétrole nécessaire refoulée par une pompe.
- M. Gonstantinesco supprime la came et actionne l’aiguille par les ondes soniques; celles-ci sont transmises par l’huile d’injection elle-même; c’est l’onde qui ouvre l’aiguille et injecte une partie de l’huile.
- Mieux encore, M. Constantinesco commande par des conduites soniques toutes les soupapes du moteur. L’expérience a été faite avec succès sur un moteur de T 200 HP.
- Du reste les ondes soniques se prêtent admirablement à toutes les opérations qui exigent une synchronisation ou un décalage dans le temps d’une durée déterminée.
- Commande des mitrailleuses d'avions. —Voici par exemple le dispositif de commande des mitrailleuses d’avion, dont il a été construit 40 000 pour l’aviation anglaise.
- Le problème était le suivant : il s’agissait de faire tirer la mitrailleuse à travers l’hélice sans risque de rupture pour celle-ci ; c’est-à-dire de faire passer
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- CHAUDIÈRES CHAUFFÉES A L'ÉLECTRICITÉ
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- les balles tant que l’hélice n’est pas en face du canon de la mitrailleuse.
- La solution consiste à synchroniser au moyen d’une conduite unique le mouvement d’une pièce mobile du moteur et celui d’une gâchette déclanchant le départ de la balle.
- Ce dispositif permettait avec deux mitrailleuses de tirer 2400 balles à la minute. Il assura rapidement aux aviateurs anglais, en 1917 et 1918, la maîtrise de l’air.
- On peut entrevoir encore toute une série d’autres applications : notons seulement pour terminer, qu’il y aurait sans doute d’intéressantes études à faire sur la transmission des ondes soniques parles canalisations d’eau. Les phénomènes de coups de bélier qui se produisent d’une façon parfois si désastreuse dans les conduites forcées des ùsines de houille blanche ne sont, à tout prendre, qu’une manifestation excessive de l’énergie sonique.
- A. Troi.lkr.
- CHAUDIÈRES CHAUFFÉES A L’ÉLECTRICITÉ
- Cette question qui déjà avant la guerre s’était posée dans certains pays pauvres en charbon et riches en électricité, tel que la Suisse, prend dans les circonstances actuelles une importance capitale.
- Il va de soi qu’on ne cherchera pas à produire, dans une chaudière électrique, de la vapeur pour lui faire actionner un moteur; dans ce cas l’utilisation directe de l’électricité offre une solution beaucoup plus élégante, d’un rendement et d’un bon marché infiniment supérieur. Mais beaucoup d’industries (papier, teinturerie, brasserie, etc.) emploient la vapeur en tant que vapeur, une chaudière leur est donc indispensable, et c’est dans ces cas que la chaudière électrique pourra s’imposer.
- Avant de passer aux différents systèmes de chaudières qui ont été préconisés et exécutés, vojons un peu quelles sont les conditions auxquelles doit satisfaire une bonne chaudière et quels sont les moyens que la science met à notre disposition pour les réaliser.
- Pour s’imposer à l’acheteur, une chaudière électrique doit, comme toute machine d’ailleurs, présenter un bon rendement, c’est-à-dire transformer utilement une grande partie de l’énergie que nous lui fournissons. Les chaudières électriques répondent à cette condition d’une manière particulièremènt satisfaisante, puisqu’elles transforment en moyenne le kilowatt en770 kilocalories effectivement utilisables, atteignant ainsi un rendement de 90 pour 100. Ce rendement doit être qualifié d’excellent, les meilleurs chaudières ordinaires atteignant difficilement 85 pour 100.
- Une seconde condition à laquelle doit répondre toute bonne machine, c’est d’être simple, de nécessiter le minimum d’entretien, d’être par suite bon marché. Ici l’avantage de la chaudière électrique sur la chaudière ordinaire s’affirme avec une supériorité incontestable. Les figures montrent leur grande simplicité, leur fonctionnement est automatique ; elles ne nécessitent donc ni chauffeur ni mécanicien chargé de contrôler le manomètre et le niveau d’eau. Leur réglage supprime tout danger en interrompant automatiquement le courant lorsque cela devient nécessaire.
- A priori, nous pouvons utiliser soit du courant
- continu, soit du courant alternatif, leur action au point de vue thermique étant la même. La loi de Joule s’applique dans les deux cas.
- Nous avons encore deux possibilités quant à la façon dont nous produirons cette chaleur. Nous pouvons utiliser le courant pour chauffer des fils, qui, à leur tour, chaufferont l’eau, ou aussi, l’envoyer directement dans l’eau qui servant de conducteur s’échauffera en vertu de la loi de Joule. Enfin il nous reste une troisième possibilité, c’est de combiner les deux précédentes.
- Si,comme nous l’avons vu, on peut utiliser indifféremment du courant continu ou de l’alternatif, il n’est pourtant pas dit que nous puissions envoyer n’importe quel courant dans n’importe quelle chaudière électrique. Le courant continu ne peut être employé que dans le cas où tous les conducteurs sont isolés de l’eau, cela, en raison d’une décomposition possible de l’eau. La décomposition électrolytique de l’eau donne naissance à un mélange de gaz, qui sous l’action de causes minimes (échauffement, lumière...) explose avec violence, il faut lors de la construction de la chaudière veiller avec soin à ce qu’elle ne puisse pas se produire. Sous faible tension l’alternatif peut être employé dans tous les systèmes, par contre sous haute tension il est inutilisable dans les chaudières à résistance (fig. 1).
- Dans les chaudières à résistance isolée de l’eau, on envoie dans les fils un courant tel qu’ils s’échauffent. Le meilleur matériel pour ces fils est l’acier au chromo-nickel, à peu près introuvable depuis la guerre, on lui substitue généralement le fer. La température de ces fils de fer ne doit pas, en marche normale, dépasser 400°, si on ne veut pas voir l’appareil se détruire rapidement. Les détails de construction sont donnés sur la' fig. 2. Chaque tube plonge dans l’eau et contient une certaine longueur de fil de fer isolé. Ces tubes sont construits en séries, on en assemble un certain nombre par chaudière suivant la quantité de vapeur qu’elle doit fournir.
- Ce système est excessivement simple, il se prête très bien à la fabrication en séries, tous les tubes étant identiques et comme ils représentent la seule partie capable de se détériorer, toute réparation est rapidement effectuée en remplaçant simplement le
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- tube défectueux. Un rhéostat permet un réglage rapide et commode.
- Lorsqu’on doit se servir de courant alternatif à basse tension on peut utiliser le dispositif très simple de la fi g. 2. Le rendement dans ce cas est facilement de 95 pour 100, l’installation d’un bon marché qui ne semble pas pouvoir être dépassé. Par contre il n’est pas question d’une fabrication en séries comme précédemment; chaque chaudière doit être adaptée aux conditions particulières de courant et de rendement en vapeur qu’on exige d’elle.
- S’illaut travailler avec des courants à haute tension, les chaudières à résistance que nous venons de décrire ne peuvent plus être employées. On a alors recours à un autre système, les chaudières à électrodes, dont le type est la chaudière Revel (fig. 3).
- Le couiant est amené par deux électrodes fixes, généralement en fer, le circuit est fermé par l’eau de la chaudière'. Le réglage est automatique Lorsqu’il y a grande consommation de vapeur, sa tension
- Il reste encore à faire face à une objection qu’on pourrait faire à ceux qui préconisent l’emploi des chaudières électriques. Nous avons vu comment on élimine le danger que présenterait une décomposition de l’eau; mais, dira-t-on, le dépôt de calcaires qui se produit dans chaque chaudière ne va-t-il pas en recouvrant les parties métalliques opposer au courant'une barrière infranchissable?
- Ici un fait très intéressant vient nous tirer d’embarras. Grâce au courant, aucun dépôt adhérent ne peut se former ; le calcaire de l’eau se dépose sous forme de vase qui se rassemble au fond de notre chaudière et qu’un robinet ad hoc permet de soutirer de temps en temps.
- Ges quelques indications montrent déjà suffisamment les avantages des chaudières électriques, leur belle simplicité et le peu d’entretien qu’elles exigent. D’un seul mouvement, nous pouvons fermer ou ouvrir le circuit, donc mettre en marche ou arrêter le fonctionnement de notre chaudière. Sécurité abso-
- Fig. i, — Chaudière à résistance isolée de Veau.
- Fig. 2. — Chaudière pour courant alternatif à basse tension.
- Fig. 3. — Chaudière à électrode type Revel.
- baisse, l’eau monte entre les électrodes, par suite un courant plus intense pourra passer, d’où résultera une plus grande production de vapeur. Si au contraire la production de vapeur est trop grande, elle refoulera l’eau, un courant plus faible passera à travers l’appareil et la production de vapeur diminuera. Un commutateur automatique coupe le courant lorsqu’il dépasse certaines limites. Ce système se fait avec des tensions pouvant aller jusqu’à 6000 volts. Son rendement atteint 95 à 98 pour 100.
- Depuis la construction de Revel, plusieurs usines se sont mises à fabriquer des chaudières à électrodes. Mais en principe c’est toujours la même chose, seules des questions de détails se trouvent traitées différemment.
- lue. Nous avons vu le dispositif de réglage des chaudières à électrodes, il ne laisse rien à désirer. Dans les autres systèmes, un commutateur automatique et un commutateur actionné par la vapeur mettent à l’abri, l’un contre une élévation de température anormale de; fils, l’autre contre une élévation de pression dangereuse.
- Les multiples avantages sur la chaudière ordinaire, surtout lorsqu’il s'agit de petites installations où un personnel expérimenté fait défaut (chauffage central, blanchisserie, etc.) semblent devoir ouvrir à a chaudière électrique un bel avenir partout où le prix de l’électricité lui permettra de travailler aussi ou presque aussi économiquement que la chaudière à charbon. G. H.
- L’ENSEIGNEMENT AGRICOLE DANS L’ÉCOLE PRIMAIRE
- , Le grave malaise économique dont nous souffrons suscite la volonté d’y trouver des remèdes. Il en est de compliqués, que seuls peuvent appliquer — quelquefois en se trompant — ceux qui se sont exclusivement voués à l’étude des rouages sociaux, en général, des. finances, en particulier. Il en est de simples, que devine le bon sens et que les spécialistes placent au-dessus de tous les
- autres : le développement de l’agriculture et celui de l’industrie : le travail, en un mot.
- Le travail, le labour, mot sublime qui signifie avant tout, les soins donnés à la terre nourricière, voilà ce qui peut, ce qui doit nous guérir.
- Aussi bien que les ministres, la partie saine de la population l’a compris. Le paysan accomplit âprement
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- sa besogne. Le champ ancestral ne lui suffit plus; il en veut-davantage, qu’il paye sans marchander, car il a un peu d’argent et beaucoup de billets : il est riche, plus riche que le bourgeois dont la maison de campagne et le jardin lui font envie et qu’il payerait tout aussi loyalement (il n’a rien d’un bolcheviste) que la pièce de terre. Il a si amoureusement taillé, fossuré, sulfaté sa vigne : il a si bien soigné ses bœufs, si bien ensemencé les profonds sillons, si abondamment arrosé ses légumes, si bien engraissé son porc et ses poulets et si bien profité de la hausse de toutes ces bonnes choses, qu’il ne pense qu’à continuer et qu’il se garde d’envoyer ses fils au lycée. Et les jeunes anciens riches aussi, songent à la terre : ils lui voient des charmes, inconnus alors qu’elle rapportait peu. il vaut mieux, quand on n’a pas de vocation spéciale, être agriculteur qu’avocat ou chef de bureau. De part et d’autre, l’idéal n’est pas très haut, puisqu’il a pour but l’argent. 11 n’en est pas moins providentiel, c’est-à-diie fait pour nous sauver, puisque le travail en est le moyen.
- Mais, comme les besoins sont grands et pressants, il est nécessaire que l’intelligence préside au travail, afin que la production atteigne le maximum. Si nos cultivateurs ont une grande expérience, ils ont encore de la routine, de l’ignorance ; on combattra cette routine et cette ignorance. C’est l’intention expresse de notre Ministre de l’Agriculture.
- Dans un article du Figaro intitulé M. Ricard d la réforme agraire (27 janvier 1920), M. Georges Bourdon écrit ceci : Ce que M. Ricard, dès les premiers moments de son installation, a hésité à me confier de ses intentions, je crois l’avoir découvert dans un document d’une importance capitale. Il y a très peu de temps, le Ministre de l’Agriculture a pris soin d’établir les lignes générales d’un programme « tendant à l’intensification de la production et à la réforme des méthodes administratives ».... Pour le produit, ce double principe : à chaque terre sa vraie culture; à chaque culture, toute la terre qui lui convient. » Pour pénétrer le paysan de ce principe, il faut lui donner une instruction appropriée. .
- Et nous entrons ici dans la partie la plus originale du projet ministériel.... « On créera à l’école primaire un enseignement agricole populaire, qui sera complété par un enseignement post-scolaire.... La propagande se fera, non par des procédés didactiques et froids, mais par des conférences familières, surtout par des conversations, des démonstrations pratiques, des promenades, des affiches, des tracts illustrés, — même par le cinématographe. »
- M. Ricard, que l’Ecole de Grignon s’enorgueillit d’avoir eu pour élève et dont la haute compétence s’affirme dès le début de son ministère, sait certainement que Renseignement agricole dans les écoles primaires a déjà occupé trois Ministres, de l’Instruction publique, il. est vrai : Victor Duruy, en 1869, M. Léon Bourgeois, en 1890, M. Jean Dupuy, en 1895.
- Et voici le début d’une circulaire de Victor Duruy :
- * « Monsieur le Préfet,
- « L’Empereur, dont la sollicitude s’est toujours montrée si attentive à la prospérité et au développement de l’Agriculture, a, depuis plus de 15 ans, fourni, sur sa cassette particulière, les sommes nécessaires pour introduire, à titre d’essai, dans un certain nombre d’écoles primaires, l’enseignement théorique et pratique de cet art....
- « Déjà, dans toutes les écoles normale-s et dans un grand nombre d’écoles primaires, les élèves sont initiés
- aux connaissances générales de l’Agriculture, et, dans les jardins ou terrains dépendant de ces établissements, ces jeunes gens mettent en pratique les leçons qui leur sont données. Il importe qu’ils ne demeurent étrangers à aucun progrès et que leurs maîtres soient associés aux expériences sérieuses qui sont faites pour donner à l’Agriculture les agents de fertilité les plus efficaces.
- (( Ce qui manque dans un trop grand nombre de cultures, c’est l’engrais, et les instituteurs primaires sont, moins que tous autres, en mesure de se procurer ce puissant moyen de production.
- « Des expériences considérables sont poursuivies depuis longtemps à la ferme impériale de Vincennes, et la doctrine des engrais chimiques, qui occupe une si grande place dans les préoccupations du monde agricole, y est née sous l’initiative de l’Empereur. »
- Quatorze cents champs d’expériences scolaires furent, à la suite de cette circulaire, créés par les soins et sous la direction de Georges Ville, professeur au Muséum.
- Vingt ans plus tard, et vraisemblablement souS l’inspiration de l’apôtre qu’était ce Maître, la République reprenait l’idée de l’Empire, et Georges Ville présidait à l’établissement de 1000 nouveaux champs d’expériences. Cet enseignement excita, dit un Rapport d’inspecteur,
- « un véritable enthousiasme dans l’esprit des élèves et des professeurs ». Enthousiasme qui se communiqua aux cultivateurs eux-mêmes : il y eut des communes où le nombre des essais d’engrais chimiques s’éleva à plusieurs centaines. Douze cents champs scolaires provoquèrent en une année 50 000 essais.
- Quel était le programme de ces champs d’expériences?
- « Fournir la démonstration des données fondamentales sur lesquelles repose la doctrine des engrais chimiques, et faire connaître les substances fertilisantes que le sol contient et celles qui lui manquent.
- « Suivant la destination qu’il doit recevoir, il faut en régler l’économie d’une manière différente.
- « A la rigueur, on peut se borner à une seule culture et à trois ou quatre combinaisons, pour lesquelles la disposition d’un are suffit.
- « Si on pouvait consacrer trois ou quatre ares de terre, au champ d’expériences, on ferait bien de répéter les mêmes combinaisons d’engrais sur trois ou quatre plantes différentes. »
- Ces lignes sont extraites d’un admirable petit livre, par demandes et réponses, catéchisme de l’agriculteur,
- Y École des Engrais chimiques; le tract enfin, préconisé par M. Ricard, qui devrait être répandu par milliers dans les campagnes, même aux frais de l’Etat, car il ne faut pas oublier que si le gain est le but étroit du paysan, son travail n’en profite pas moins au pays tout entier.
- Nous ne parlerons pas ici du champ d’expériences de Vincennes, cette vaste. annexe du cours du Muséum, professé avec tant d’éclat par Georges Ville. Nous voulons rester dans notre sujet, qui est l’enseignement agricole à l’école primaire; mais nous voulons aussi montrer quelle était l’autorité de celui qui savait parler aux petits paysans, aussi bien qu’aux grands propriétaires et aux ministres.
- Il y a deux parties dans ses travaux : une partie théorique, une partie pratique. Il arriva, par la science, au' problème social, qu’il aborda franchement.
- Né à Pont-Saint-Esprit, en 1821, il s’en vint étudier à Paris, riche seulement de lui-même, de sa jeunesse, de son intelligence, de sa curiosité de la Nature, de ses idées généreuses. Au bout de plusieurs années qui, sans doute, furent dures, il fit part à l’Académie des Sciences
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- de • ses travaux, et l’on peut lire, dans les Comptes Rendus, les notes intitulées : Sur l'assimilation de l'azote de l'air par les plantes et sur l'influence (pi’exerce Vammoniaque sur la végétation, t. XXXI, p. 577 (21 octobre 1850); Recherches expérimentales sur la végétation, t. XXXV, p. 650 (1852) ; Absorption de l'azote par les plantes, avec un important Rapport de Ghevreul sur ce Mémoire, t. XXXVIII, p. 706, 723 (1854) et t. XLf, p. 757 (1855); De Vétat auquel on trouve, quand il est absorbé, l’azote que les plantes tirent de l’air, t. XL111, p. 143, etc.
- Entre temps, en 1855, avait paru, in-folio, magnifiquement imprimé, chez Victor Masson, un volume intitulé Recherches expérimentales sur la végétation, par M. Georges Ville, où la fixation .de l’azote de l’air par les plantes est établie , et démontre'e au moyen d’expériences exécutées avec un soin méticuleux, que l’on ne peut comparer qu’à celui dont la chirurgie moderne entoure ses grandes opérations.
- Depuis la découverte de Pasleur, les travaux de Berthelot, on fait intervenir dans la physiologie végétale les ferments du sol : ferments humificateurs, nitrificateurs, dénitrilicateurs, fixateurs d’azote. Au temps de Boussingault et de Geôrges Ville, on n’avait, ni tant de lumière,— ni tant d’ombre, et la question se posait avec une simplicité redoutable : D’où vient l’azote des plantes? Priestley et Ingenhousz avaient répondu : c’est l’azote de Pair qui sert à la nutrition des plantes; mais ils ne l’avaient pas démontré. Saussure et d’autres admirent que l’azote, en effet, entre dans'cette nutrition, mais comme ’ extrait de l’ammoniaque. Boussingault ne se prononça pas. Ses expériences avaient péremptoirement établi que les plantes cultivées dans du sable calciné empruntent de l’azote à l’atmosphère. Le doute n’était possible que sur un point : la source à laquelle elles l’empruntent : débris ou poussières organiques, ammoniaque, azote de l’air à l’état élémentaire.
- Puis, avec un remarquable esprit de contradiction, allié à un fâcheux manque d’à-propos, Boussingault en arriva (1852) à nier formellement l’absorption de l’azote de l’air par les plantes.
- Cependant, après la longue série des expériences auxquelles nous avons fait allusion, après des résultats irréfutables, Georges Ville conclut : « L’azote de l’air est directement absorbé par les plantes. »
- Mais elles peuvent aussi l’extraire de l’ammoniaque et si on ajoute l’alcali volatil à l’air, la végétation y prend une activité remarquable. Seulement, il ne peut être question là que de culture en serré, ce qui n’est pour ainsi dire rien, relativement aux besoins de l’homme. Il fallait donc, surtout, pourvoir à la culture des champs. Or, avant même de batailler à coups d’expériences, Georges Ville, assistant en étudiant à une leçon de J. B. Dumas, sur la fermentation du sucre, se disait :
- « pourquoi la science ne produirait-elle pas les végétaux, comme la chimie a réalisé certains produits que les végétaux contiennent? Pourquoi ne fabriquerait-elle pas tous ces composés vivants que l’économie sociale réclame ? Produire une plante de toutes pièces, collaborer à l’œuvre de vie, apprendre à commander à la végétation ». Tel fut le rêve ambitieux de cet adolescent. Ce rêve est devenu une réalité, ce paradoxe a pris corps.
- , ,11 avait pour ses expériences, choisi un sol ne pouvant rien céder au végétal : du sable calciné.“Dans ce support ingrat, arrosé d’un peu d’eau distillée, du blé avait poussé, très chétif, par le seul effort de la semence et avait même donné un vestige de récolte : 6 gr. pour
- 1 gr. de semence, et cet excédent portait seulement sur le carbone, l’hydrogène et l’oxygène, pris à l’eau et à l’air. Dans un autre pot, le chercheur ajouta au sable calciné, les produits essentiels de l’humus et n’obtint encore que 6 gr. de récolte. Il tenta une autre combinaison : au sable, il ajouta la cendre d’une gerbe de blé, et cette fois la récolte fut de 8 gr. Avec des composés azotés, il obtint 9 gr. Enlin, il associa l’azote avec les minéraux que laisse la combustion végétale et dans ces conditions « la plante émergea du sable comme elle eût émergé de la terre la plus fertile et la plus grasse; le blé atteignit 1 m. ou 1 m. 50 de hauteur; son grain était bien organisé; ses feuilles superbes, ses épis pleins. La végétation était conquise ! »
- Georges Ville ne s’en tint pas là. D’expériences en expériences, il en arriva à cette règle générale : « Dans le sable calciné, il faut dix minéraux et de la matière azotée; dans les terres naturelles, il faut trois minéraux et de la matière azotée; mais, au sein de cet engrais complet composé de quatre termes, il y a trois éléments: l’azote, le phosphate de chaux et la potasse qui, suivant la nature des végétaux, peuvent jouer tour à tour le rôle d’élément régulateur de la récolte.... Tantôt, c’est l’azote dont l’action domine; tantôt, c’est la potasse; tantôt, c’est le phosphate dè chaux. Tout dépend de la nature de la plante, qui choisit elle-même, en vertu de ses idiosyncrasies intimes, son engrais préféré, sa dominante. C’est ainsi que le phosphate de chaux qui, pour ta canne à sucre, est la dominante, devient l’élément subordonné pourles légumineuses et pour le blé. ))
- On se figuré le nombre incalculable d’expériences, à Vincennes, principalement, qu’il fallut pour trouver la dominante de chaque' plante utile. Georges Ville avait créé la doctrine des engrais chimiques, c’est-à-dire fait, comme il le disait, une révolution en agriculture.
- C’était un philanthrope et un patriote. Il voulait le bien-être pour tous les peuples; mais il avait surtout en vue la gloire et le bonheur de la France, qu’il ne manquait jamais de célébrer à la fin de ses nombreuses conférences populaires.
- C’est ainsi que je lui ai entendu dire vingt ans après la guerre de 1870 : « Depuis vingt ans, la France a traversé de douloureuses épreuves; depuis vingt ans, elie n’a cessé de travailler péniblement à reconstituer toutes ses forces défensives, son armée, son outillage et à asseoir sur des bases solides et fructueuses, l’enseignement des nouvelles générations.
- « Eh bien! pendant cette période ardue, pendant que la France accouchait, dans la douleur et l’amertume, de si grandes choses, la science française s’occupait de conquérir ces applications nouvelles, de formuler les lois qui les expriment, lois qui seront au siècle prochain, l’expression de la charte des sociétés démocratiques. L’honneur de cette révolution pacifique appartient tout entier à la France. Je suis heureux de pouvoir le proclamer bien haut, honorant ainsi la Vérité, la Science et la France elle-même ! »
- De telles paroles ne font-elles pas de cette petite étude historique, un article d’actualité, de cette actualité, qui est de tous les temps, comme les appétits de l’homme. Et c’est ainsi qu’au lendemain des guerres civiles, qui avaient mis aux prises le Monde entier des Anciens et épuisé l’Italie, Mécène, de la part d’Auguste commandait à Virgile, d’écrire les Géorgiques.
- Stanislas Meunier,
- professeur au Muséum.
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- MACHINE DE BROSSERIE POUR AVEUGLES
- . La machine que vient d’invenler M. VoIIet permet à des aveugles de couper et d’égaliser des
- brosses sans crainte d’accidents. Jusqu’ici on confiait ces opérations à des spécialistes qui les exécutaient toujours à la main, et fort lentement, tandis qu’avec le nouvel appareil, les ouvriers atteints de cécité pourront s’en charger et faire même plus d’ouvrage que les clairvoyants!
- La rapide-coape (fig. I), comme la nomme son inventeur, se compose essentiellement de 4 lames fixées en biais sur une pièce tournant entre 2 manchons à billes. Grâce à des poulies actionnées par une dynamo, ce système se déplace circulairement devant un couteau fixe horizontal, réglable en hauteur et en profondeur au moyen de trous ovalisés. Les lames riiobiles, agissant par rapport au contenu fixe comme de véritables ciseaux, coupent avec facilité n’importe quelle garniture de brosses : soies de porc, crins de cheval ou fibres végétales.
- Le dispositif de guidage, fixé au bâti de la machine, comporte un coulisseau, commandé par deux boutons molletés actionnant une crémaillère destinée au réglage vertical de l’ensemble. Le bouton molleté de gauche sert à la manœuvre du coulisseau et celui de droite au serrage.
- En outre, une traverse à rainure, placée à la partie supérieure du coulisseau permet de déplacer les supports de guidage dans le sens horizontal, tandis que leur fixation s’opère à l’aide d’écrous à oreilles et d’après la largeur des brosses à couper; ces supports portent également deux réglettes à demeure dont les angles vifs facilitent le guidage des bois, et deux autres réglettes mobiles qu’on élève ou qu’on abaisse, grâce à des écrous â oreilles suivant le travail à effectuer. Enfin, selon les dimensions des brosses à couper, on retire à volonté de la machine l’une ou l’autre paire de réglettes. Les derniers organes ont pour objet d’empêcher la ma-
- tière débordant extérieurement de s’écarter pendant la coupe, et on obtient de la sorte un éga lisage très parfait (fig. 2). Quand on veut fabriquer des brosses bombées, il suffit d’ajouter une cale entre la brosse et le support de guidage.
- D’autre part, toutes les pièces de la rapide-coupe Vollet sont interchangeables; à la vitesse maxima de 1500 tours, elle absorbe seulement une force motrice d’un demi-cheval environ et peut se fixer sur un établi ou un support quelconque.
- Avec cette machine, un aveugle coupe 23 douzaines de brosses à l’heure, alors qu’un voyant n’en égalise que 5 douzaines à la main durant le même temps.
- Aussi, vu son faible poids (55 kg), son encombrement minime (400 mm X 400 mm) et sa robustesse, son emploi se généralisera, sans nul doute, dans tous les ateliers de brosserie où, en remplaçant les ciseaux, elle fera réaliser une grande économie de main-d’œuvre.
- Jacques Boyer.
- Fig. 2. — Ouvrier aveugle égalisant une garniture de brosse avec la rapide-coupe.
- Fig. i. — La rapide-coupe Vollet démontée.
- A gauche, les 4 lames et le couteau fixe; à droite, le dispositif de guidage.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- la nature.
- N° 2411.
- 19 JUIN 1920
- CHR0N0PH0T0GRAPHIE DES PROJECTILES A RAISON DE 15000 A 20000 IMAGES PAR SECONDE
- Dans le langage courant, prendre un instantané i revolver parcourant 600 m. par seconde ou des consiste à fixer, sur une plaque ou une pellicule | obus cheminant dans l’air, à la vitesse de 800 à
- Fig. i. — Stand d'expériences four le tir au fusil.
- A gauche du stand : la grande lentille plan-convexe. — Au milieu : opérateur avec l'usil muni du dispositif pour déclenchement automatique des étincelles au moment du départ du coup de feu. — A droite : cadre muni du fil dont la rupture par le projectile détermine l’arrêt des étincelles. — En arrière : ensemble du dispositif électrique.
- sensible, l’image d’une scène qui dure un dixième, un centième de seconde, voire même des mouvements d’êtres animés ou de machines, qui se succèdent à des intervalles inférieurs à un millième de
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- Fig. 2. — Schéma du dispositif électrique employé par M. Bull pour l’étude des phénomènes de balistique.
- B, bobine d’induction; C, condensateur de grande capacité; E, éclateur; I, interrupteur; R, résistance; c, condensateur de petite capacité.
- seconde. Avec les objectifs extra-lumineux et les émulsions très rapides d’aujourd’hui, un disciple de Daguerre, connaissant la technique de ôon art, exécute sans difficultés de tels travaux. Mais quand il s’agit de saisir au vol des balles de fusil et de
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- 900 m. pendant le même temps, le problème se complique singulièrement. Si l’on débouche, en effet, un appareil photographique ordinaire'durant un dix-millième de seconde, seulement, lors du
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- Fig. 3. — Schéma du système optique et photographique.
- M, miroir parabolique en verre argenté; E, foyer du miroir et lieu de production des étincelles électriques; tt, trajectoire suivie par le projectile P; L, lentille plan convexe; O, objectif de l’appareil chronophotographique.
- passage d’un projectile d’arme à feu dans le champ de l’objectif, ledit projectile aura parcouru 6 cm et ne donnera sur la, plaque qu’une ombre vague. Il fallait donc, parvenir à abaisser singulièrement la durée de l’exposition pour pouvoir
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- CHRONOPHOTOGRAPHIE DES PROJECTILES
- appliquer la photographie aux éludes balistiques.
- Aucun dispositif mécanique ne permettant d’atteindre cette limite, les physiciens s’adressèrent à l’é-lectricilé, seule capable de les aider en l’occurence.
- Fig. 4. — Films relatifs au canon de-3~.
- A, clironophotographie du départ de l’obus.
- Première phase : apparition de l’anneau gazeux dû à l’air chassé par l’explosion. — Deuxième phase : apparition des gaz de la combustion ayanf l'usé autour du projectile. — Troisième phase : le projectile apparaît, immédiatement suivi de la grande masse des gaz.
- B, sur ce film on voit de petites étincelles entourant le projectile, probablement des grains de poudre enflammés. Noter aussi l’inclinaison de l’axe du projectile sur la trajectoire vers la fin de l’épreuve chronopho-tographique.
- Ils imaginèrent des dispositifs électriques particuliers donnant tous une étincelle très brillante et en même temps de très courte durée. Conséquemment, le circuit dans lequel elle éclate doit avoir une assez grande capacité et une induction propre
- extrêmement petite; autrement dit, il est très court et renferme un condensateur. En outre, afin d’obtenir l’étincelle au moment désiré, le projectile lui-même ferme le circuit.
- L’idée première de telles expériences appartient au D1' Mach, professeur à l’Université de Prague, et remonte à l’année 1881. Mais ce fut seulement en 1884 que le savant bohémien, aidé de son élève Wenl-zel, obtint des photographies nettes d’un projectile pendant le tir ainsi que de Fonde aérienne sonore produite par l’étincelle électrique. Cependant il se vit. dans l’impossibilité d’enregistrer Fonde de condensation aérienne précédant le projectile et comme il attribuait la cause de cet insuccès partiel à la faible vitesse initiale de la balle (240 m. à la seconde), la plus grande d’ailleurs qu’il pouvait réaliser dans son laboratoire urbain, il pria son collègue, le professeur Salcher, de Fiume, mieux installé que lui pour l’exécution de semblables travaux, de continuer ses recherches selon un programme qu’il lui traça. En collaboration avec le professeur Riegler, Salcher se mit donc à l’œuvre et, dans le courant de 1886, il prit, grâce à la méthode de Mach, des photographies très petites mesurant .3 à 4 mm de diamètre et représentant des projectiles de différents fusils animés de vitesses initiales variables (458 à 550 m. par seconde).
- De son côté, C. V. Boys, de la Société Royale de Londres, répéta les expériences de Mach et Salcher une dizaine d’années plus tard. A l’aide d’une étincelle éclatant à l’air libre, sans le secours d’aucun appareil d’optique ni de lentille, il projetait, sur une plaque photographique, l’ombre de balles de fusils à magasin parcourant 600 m. à la seconde. Ces documents lui permirent de faire d’intéressantes constatations sur les mouvements des projectiles et des gaz pendant le tir. Plus près de nous, divers auteurs, entre autres Cranz et le général Journée, s’attaquèrent au même sujet. A son tour, M. Lucien Bull, sous-directeur de l'Institut Marey, entreprit pendant la guerre, sur la demande de la Direction des Inventions, de nouvelles études de chronophotographie balistique que nous allons décrire brièvement.
- À l’instar de ses devanciers, le savant expéri-
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- mentateur utilise l’électricité comme source lumineuse, et voici le principe de sa méthode. L’étincelle éclate devant un miroir concave, en un point situé sur l’axe principal, de manière que les rayons viennent converger après réflexion dans l’objectif de la chambre photographique. La surface entière du miroir se trouve alors illuminée par l’étincelle et puisque le projectile traverse le faisceau lumineux il s’y silhouette. Donc, en produisant une série d’étincelles, à intervalles réguliers et très courts et en déplaçant avec une grande rapidité la surface sensible sur laquelle se peignent les images successives du projectile, on pourra chronophotographier les diverses phases du phénomène. Les photographies et schémas ci-contre permettent de se rendre compte des appareils employés par M. Bull et de leur montage.
- Le dispositif électrique (fig. 2 et 8) qu’il utilisa a été décrit par MM. Abraham, L. et E. Bloch dans une communication à la Société française de physique (19 décembre 1919). Il comprend un condensateur de grande capacité C chargé
- l’aide d’une bobine d’induction B et d’une soupape de Yillard à un potentiel V de 10 à 12 000 volts de manière à constituer une importante réserve d'électricité. D’autre part, un circuit, formé d’une forte résistance (100000 ohms par exemple) et un interrupteur, relie ce condensateur à l’éclateur E sur lequel on met en dérivation un petit condensateur c de faible capacité. Supposons le grand condensateur chargé et fermons l’interrupteur, l’électricité s’écoule à travers le circuit et charge le condensateur, en un temps fonction du potentiel V, de la résistance B et de la capacité c. Ensuite quand le potentiel du petit condensateur atteint une valeur suffisante pour franchir l’espace entre les électrodes, l’étincelle éclate et celui-ci se décharge. Puis le cycle recommence et au fur et à mesure que la charge du grand condensateur C diminue, les étincelles se suivent de moins en moins fréquemment. D’ailleurs, en soufflant les étincelles avec un jet d’air comprimé pour éviter la formation d’un arc et tout en maintenant constants les facteurs V et c ainsi que la longueur des étihcelles, on règle la fréquence de
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- de ces dernières avec une extrême précision. On dispose les électrodes entre lesquelles jaillissent
- les étincelles au foyer principal F d’un miroir parabolique M en verre argenté, de 40 cm de diamètre (fig. 5). Ce miroir réfléchit la lumière émise en un faisceau de rayons parallèles sur une len-
- Fig. 5. — Films montrant ;le groupement des plombs à la sortie du canon 'des fusils de chasse.
- .4, canon lisse de fusil de chasse ordinaire.
- B, canon « Choke » (légèrement rétréci à la sortie), en arrière, fragments de boutre qui suivent la décharge.
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- Fig. 6. — Appareil clironophotographique.
- (Objectif, tambour, porte-film à l’intérieur de la boîte, moteur électrique et rhéostat).
- tille plan convexe L d’égal diamètre qu’on place k o m. en avant et qui fait converger le faisceau dans l’objectif 0 de l’appareil photographique. Pour ne pas briser les instruments pendant le tir et ne rien perdre du champ, on installe l’arme de façon que la trajectoire t, t du projectile P passe à égale distance entre le miroir et la lentille. Quant à Pappareil chronophotographiqiie (fig. 6), il se compose d’une caisse en bois hermétiquement close et portant l’objectif à son extrémité antérieure. A l’intérieur de la boîte se trouve un cylindre léger en duraluminium qu’un moteur électrique peut faire tourner à raison de 12 000 tours par minute. Un film cinématographique s’enroule sur ce cylindre qui, monté sur un axe horizontal, vient présenter successivement tous les points de sa circonférence au foyer de l’objectif. La vitesse du film atteint donc 100 m. par seconde, ce qui permet la dissociation, durant ce court laps de temps, soit de 10 000 images de 1 cm de large, soit de 20 000 images de 5 mm. Enfin on a disposé un obturateur entre l’objectif et le film, de façon à pouvoir opérer en plein jour. Des circuits électriques lient directement l’ouverture et la fermeture de cet obturateur au début et à la fin des phénomènes étudiés.
- Maintenant que nous connaissons les différents appareils chronophotographiques, électriques et optiques, voyons comment on assure leur étroite liaison afin que la pellicule sensible puisse enregistrer de 5000 k 20000 images par seconde, pendant les temps très courts que mettent les projectiles k parcourir le champ photographique.
- Qu’il s’agisse du canon de 57 mm, de fusils de chasse ou de guerre ou bien de revolver, les slands d'expériences ne diffèrenl pas sensiblement en principe. Pour le premier cependant, M. Bull opérait dans un baraquement élevé k l’extérieur des bâtiments de l’Institut Marey et les projectiles allaient s’enterrer dans une butte gazonnée sise à quelque distance tandis que, pour les balles de fusil et de revolver, le stand d’expériences se trouvait dans une salle où il avait installé une caisse à sable afin de les arrêter après leur passage rapide dans le champ photographique.
- Il établit donc directement, sur la gâchette même déclenchant le percuteur du canon, du fusil ou du
- revolver, un contact électrique (fig. 8) destiné à commander l’obturateur. Celui-ci s’ouvre pendant l’inflammation de la charge de poudre et le mouvement de recul libère les étincelles. D’autre part, une petite masse pesante, susceptible de glisser librement k l’intérieur d’un tube fixé directement sur le canon, porte k son extrémité antérieure une lige effilée. Avant l'expérience, une mince feuille isolante sépare cette pointe d’un contact en plomb également fixé sur le canon, mais isolé électriquement de lui. Au départ du coup, le contact en plomb, après avoir percé la feuille isolante, se pique sur la pointe de la petite masse qui ne bouge pas par suite de son inertie. Alors le circuit, reliant le grand condensateur à l’éclateur, se ferme immédiatement tandis que la série des étincelles commence. Quant au cadre de bois que nous apercevons, à une certaine distance du tireur, sur notre photographie, il sert à repérer les opérations. Il porte, en effet, deux fils conducteurs, situés en dehors du champ mais dans l’axe du tir et que le projectile coupe au passage. La rupture du premier arrête les étincelles tandis que celle du second ferme l'obturateur.
- Grâce à cette ingénieuse méthode, M. Bull a pu obtenir de très remarquables chronophotographies des projectiles dont nous reproduisons ci-contre quelques parties caractéristiques et qui demandent certaines explications. Sur les films relatifs au canon de 57 mm (fréquence 5000 images par seconde), se voient nettement les phases du phénomène (fig. 4). On distingue d’abord l’apparition de l’anneau gazeux dû à l’air chassé par l’explosion et qui se forme à 70 cm environ du canon dont il s’éloigne en s’élargissant à une vitesse de 60 m. par seconde. Viennent ensuite les gaz de la combustion qui fusent autour du projectile, puis ce dernier se montre immédiatement suivi de la grande masse
- Fig. 7.
- Canon de 37 mm. disposé pour l'expérience.
- A l’extrémité du tube se trouve le système de déclenchement automatique des étincelles.
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- LA SÉRICICULTURE FRANÇAISE
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- gazeuse et en quatrième lieu se révèlent de petites étincelles (probablement des grains de poudre en-ilammés) autour du projectile.
- Les films concernant les fusils de chasse (fig. 5) montrent, entre autres particularités intéressantes, le groupement des plombs h la sortie de l’arme ; ils sont éparpillés avec les canons lisses des fusils de chasse ordinaires alors que les choke bored
- les gaz fusant autour de la balle et dont la vitesse, très grande au début, diminue' rapidement. Une fois le projectile complètement sorti de l’arme, les gaz s’échappent par l’orifice, annulaire à cet instant, le dépassent et l’enveloppent dans un cône fuligineux. Puis quand ils perdent de leur vitesse, la balle les dépasse et redevient visible à une distance d’environ 15 cm de la bouche du revolver. Un peu
- Fig. 8. — Dispositif électrique Bull.
- A gauche : 3 condensateurs formant réservoirs d’énergie. Bobine d’induction et soupape Villard permettant la charge des condensateurs. — A droite : miroir parabolique avec le porte-étincelles au centre. Pompe et réservoir d’air comprimé pour le soufflage des étincelles. — Au-dessus : voltmètre électrostatique. Au-dessous du pare-étincelles : batterie de bouteilles de Leyde destinées à augmenter l’éclat des étincelles.
- (âmes légèrement rétrécies à la bouche) donnent des décharges plus ramassées.
- Dans les films relalifs aux revolvers obtenus par M. Bull, la fréquence des images atteint de 15 000 à 20000 images par seconde. On aperçoit d’abord l’extrémité du canon à gauche de d’épreuve, puis
- plus loin, le projectile traverse une planche mince en sapin dont les éclats se distinguent nettement à droite et à gauche de la balle, et, chose curieuse, quelques-unes de ces brindilles de bois possèdent une vitesse dépassant celle du projectile.
- Jacques Boyer.
- LA SERICICULTURE FRANÇAISE
- L’économie nationale française peut fonder de belles et solides espérances sur l’industrie'textile'de la soie. Approximativement notre situation commerciale des tissus et articles de soieries y compris les objets de passementerie et de bonneterie se présente ainsi j1) :
- Production normale. . . 600 millions de francs
- Exportation totale. . . . 400 —
- Importation . . .. . . . 49 —
- Consommation intérieure. 250 . —
- Notre commerce d’exportation qui, d’après ces chiffres,
- absorbe les deux tiers de notre production, peut se développer considérablement. Au prix de quelques modifi-
- 1. Rapport général sur. l'Industrie française. Ministère du Commerce et de l’Industrie, 1010. Imp. Nationale.
- cations‘dans la conduite des opérations commerciales relatives aux tissus de soie et de perfectionnements mécaniques dans leur fabrication, nous pouvons prendre une place prépondérante sur le marché des États-Unis dont l’activité est très grande. L’Amérique du Sud et l’Asie nous offrent aussi de sérieux débouchés.
- Ces vues d’avenir ont une importance qui ne peut échapper à personne au pays de la « fabrique lyonnaise » universellement réputée. Elles nous ont engagé à résumer, pour les lecteurs de cette Revue des Sciences et de leurs applications à l’Art et à l’Industrie, l’essentiel de la question de la sériciculture.
- C’est ainsi qu’on désigne l’ensemble des. opérations nécessitées par l’élevage du ver à, soie fait dans le but d’obtenir soit des œufs pour la reproduction, soit le
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- LA SÉRICICULTURE FRANÇAISE
- cocon, véritable bobine dont le fil peut être dévidé (*).
- Evolution de la sériciculture en France. — Du temps de Colbert, les éducateurs français du ver à soie livraient annuellement à la consommation environ 200 000 kgs de cocons donnant 15 à 18 000 kgs de soie grège.
- Le tableau suivant résume le développement de la production séricicole de 1750 à 1852 exprimée en kilogrammes de cocons :
- Période. Moyenne annuelle.
- 1750-1780............. 6.600.000 kg
- 1781-1820............. 5.000.000 —
- 1821-1830............. 7.000.000 —
- 1851-1840............ 14.000.000 —
- 1841-1845............ 17.000.000 —
- 1846-1852............ 24.000.000 —
- L’année 1853 avec une production de 26 000 000 kilogrammes marqua l’apogée de notre sériciculture.
- A cette époque nous filions à partir de nos cocons plus de 2 000 000 de kilogrammes de soie grège; l’avenir paraissait des plus brillants. Les belles espérances furent de courte durée et les statistiques montrèrent à partir de 1854 la diminution irrégulière, mais continue du rendement séricicole français. Les causes en furent : les maladies du ver à soie qui décimèrent nos magnaneries et la première apparition sur le marché européen des soies asiatiques.
- Voici des chiffres relatifs à là période 1854-1891 :
- Période. Moyenne annuelle. w
- 1854 ...........
- 1855 ...........
- 1856-1857. . . . 1858-1859-1860. .
- 1861.............
- 1862-1875. . . . 1876 ............
- 1890 . .•.......
- 1891 ...........
- 21.000.000 kg 19.000.000 — 7.000.000 --11.000.000 — 8.000.000 — 11.000.000 — 2.000.000 — 9.000.000 --7.000.000 —
- Ces documents font apparaître un léger redressement de la production vers 1858-1860 et un autre pendant la période 1862-1875. Le premier correspond à l’introduction, chez nos éducateurs d’œufs, de Bombyx des provinces danubiennes et caspiennes : Bulgarie, Valachie, Géorgie, Arménie, Caucase ; elle ne donna pas de résultats durables. Le deuxième fut provoqué par l’application pratique des procédés de lutte contre les maladies du ver à soies dus aux célèbres recherches commencées par Pasteur en 1855, qui coïncida avec l’utilisation des œufs japonais présentant une résistance plus grande à une de ces maladies, la pébrine.
- D’après Alfred Picard {-), la proportion des graines du Japon dans l’approvisionnement des éleveurs français, après avoir atteint 70 pour 100 en 1869, s’abaissa progressivement; en 1878, elle ne dépassait guère 20 pour
- 1. La soie naturelle est la fibre sécrétée par la larve d’un Lépidoptère nocturne de la famille des Bombycides, le Bombyx mori. Il existe un grand nombre de races du Bombyx mori auxquelles on demande actuellement encore les 3/10 de la soie consommée dans le monde entier. Certains vers appartenant à des groupes Bombyx, Anthœrœa, Attacus, Philosamia, vivent à l’état sauvage ou demi-sauvage. Ils fournissent environ 35 millions de cocons par an d’où on tire 2 millions de kilogrammes de « soies sauvages ». Une espèce d’araignée, l’IIalabé de Madagascar, file une soie qui peut être utilisée industriellement.
- 2. Le Bilan d’un siècle, 1900.
- 100 et, depuis, elle est devenue insignifiante. Le a grainage )), cette branche de la sériciculture qui vise l’obtention des œufs et non du cocon à filer, s’est rapidement organisé suivant les préceptes scientifiques pastoriens. Elle ne peut être incriminée comme étant une cause d’affaiblissement de la production séricicole française. Notre exportation d’œufs a pris un certain développement : en 1900 par exemple, près de 50 000 kg de graines évalués à 6 880 000 francs ont été expédiés.
- Malgré les travaux de Pasteur, les recherches effectuées dans des laboratoires parmi lesquels il faut citer celui de Montpellier créé en 1876 et celui de Lyon créé en 1885; malgré aussi les apports dans nos magnaneries de graines étrangères, la sériciculture continua à péricliter.
- Les primes allouées par le gouvernement ne purent enrayer cette déchéance d’une des branches autrefois florissante de l’activité nationale; sous leur influence momentanée la production atteignit 10 millions de kilogrammes de cocons en 1895 et 9 millions en 1894.
- Pour la période décennale 1891-1900 la moyenne annuelle de la récolte fut 8 458 17 6 kg avec un maximum de 10 584 491 kg et un minimum de 6 885 587 kg. La moyenne de production tomba à 7 millions de kilogrammes de 1900 à 1910.
- Au cours des sept dernières années la baisse du rendement de la sériciculture française s’est encore accentuée j1).
- Production séricicole française depuis 1914.
- Années. Production en kgs. Valeur en francs.
- 1914 5.067.000 19.908.000
- 1916 2.820.000 12.024.000
- 1918 3.010.000 22.257.000
- 1919 2.671.000 20.121.000
- Si la production de 1914 à 1919 accuse un fléchissement de près de 50 pour 100 on remarque par contre une légère augmentation de la valeur pécuniaire.
- Les variations du prix des cocons. -— Pendant la première moitié du xixe siècle où la production de la sériciculture subit un accroissement qui la porta à son maximum en 1855, le prix du kilogramme de cocon monta de 3 à 4 francs environ à 4 fr. 50.
- La diminution du rendement séricicole provoqua l’augmentation des prix jusqu’à celui de 8 francs le kilogramme en 1858. Ils se maintinrent à ce niveau avec quelques fluctuations pendant une dizaine d’années, puis la décroissance devint la règle jusqu’à notre époque de hausse générale du coût des objets et matières.
- Prix du kilog de cocons frais de 1890 à 1919.
- Années. Prix en francs.
- 1890-1900 2,55 (prixminimum).
- 1908 5,00 »
- 1914 3,92 »
- 1916 4,26 »
- 1918 7,58 »
- 1919 7,53 »
- 1. Office de renseignements agricoles du Ministère de l’Agriculture.
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- LA SÉRICICULTURE FRANÇAISE
- Causes de la décadence de la production séricicole française. — L’examen des statistiques du rendement de noire sériciculture montre que celte industrie agricole fut au même point au début du xxe siècle qu’à la fin du xvm* et au milieu du xixe. A ces époques, c’est à environ 7 millions de kilogrammes de cocons que pouvait être évaluée la production annuelle. Si on lui compare la production de la première année d’après guerre on voit que celle-ci représente, avec 2 677 000 kgs, seulement ses 58 centièmes. Le rapport avec la production maxima réalisée pn 1855, 26 millions de kilogrammes, est alors de 10 pour 100 environ.
- La diminution, des dernières années doit être pour une part attribuée à l’influence perturbatrice de la guerre. Comment d’autre part expliquer celle du temps de paix qui coïncide avec une augmentation des besoins du tissage français de la soie ?
- En 1915, la France a produit 500 000 kgs de soie grège et en a consommé 5 109 000 kgs sur 7 545 000 kgs qu’elle a importés. La même année, elle a travaillé sur 8 414 541 kgs de soie grège, la production mondiale étant évaluée à 25 à 27 millions de kilogrammes (»). A cette forte consommation de soie grège en face d’une faible production des cocons devait correspondre une augmentation du prix de ces cocons. Nous venons de marquer par des chiffres la diminution de leurs prix en période normale. Cette constatation nous amène à concevoir la cause principale de la décadence de notre sériciculture comme étant extérieure à elle-même. Les maladies du ver à soie dans nos magnaneries ont eu évidemment une influence. Elle n’a pas été très profonde grâce aux grands progrès techniques, dont d’ailleurs la sériciculture mondiale a profité, et qui sont l’œuvre de l’Ecole Pastorienne.
- Le rendement de la graine de Bombyx s’est toujours maintenu à un taux satisfaisant. La cause première, celle qui a fait baisser le prix du cocon, qui a rendu la sériciculture peu rémunératrice étant donné le coût de la main-d’œuvre .française, aussi faible soit-il dans nos régions séricicoles, c’est l’introduction sur le marché français des produits de l’Asie.
- Défalcation faite des cocons réexportés, l’importation des cocons étrangers pris surtout dans le Levant atteignit de suite, après l’apparition des maladies du yer à soie dans nos établissements séricicoles, une moyenne annuelle de 1210000 kg pendant la période 1857-1876. L’excédent des entrées de cocons sur les sorties tomba à 590 000 kg par an pendant la période 1877-1886, à 149 000 kg en 1887, à 55000 en 1888. En 1889, dit Alfred Picard (2) les filateurs français n’employaient même plus intégralement la récolte indigène.
- L’influence du Levant se faisait alors sentir sous la forme d’importations, non de cocons, mais de soies grèges dont une partie était filée en Extrême-Orient, suivant les procédés européens, provoquant ainsi, après la dépression séricicole, une crise de l’industrie du dévidage déjà en déclin depuis 1855. Vers l’année 1875, il existait en France 27 250 bassines de filatures. Le dénombrement de 1888 n’en compta que 10 500. Les statistiques de 1912 et 1915, d’après M. Lucien Romier(3), sans être satisfaisantes marquent un temps d’arrêt dans cette diminution.
- 1. Lucien Romier. Enquête sur la production française et la concurrence étrangère. Assoc. Nat. d’Expansion économique.
- 2. Loc. cit.
- 3. Loc. cit.
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- Voici des chiffres relatifs à l’importation brute des
- cocons (*) : Années. Poids des cocons importés.
- 1897. . . . . . 1.201.541 kg
- 1901. . . . . . 566.582
- 1905. . . . 182.502 — .
- 1906. . . . . . 685.114 —
- 1905. . . . . . 581.600
- Pour l’année 1915 elle s’est élevée à 464 900 kg, de provenance turque, russe, espagnole et coloniale, représentant une valeur de 5 500000 francs.
- Si on peut espérer voir la filature de la soie surmonter la crise provoquée par la grande puissance exportatrice de l’Asie, grâce à l’amélioration du rendement de son outillage, il n’en est pas encore de même pour la sériciculture.
- Le tableau suivant montre l’importance de la déchéance de celte industrie agricole depuis le début du siècle.
- Décadence de la sériciculture française.
- Années. Nuinbrc de sériciculteurs. Graines mises en incubation par onces de 23 grammes.
- 1902 128.000 »
- 1904 125.244 »
- 1908 123.804 187.073
- 1912 99.000 ))
- 1914 83.525 108.943
- 1916 52 758 61.765
- 1918 60 057 67.156
- 1919 52.041 65.953
- Est-elle définitive? Nous vivons une époque où tout pronostic d’ordre économique est pour le moins délicat. Néanmoins on peut admettre que les hauts prix atteints par les soies grèges amèneront une recrudescence momentanée de la production séricicole.
- Les cocons secs qui valaient 17 fr. 50 le kilogramme en mars 1916, 50 francs à la fin de juillet 1919, 70 à 75 francs en février 1920, ont atteint en avril dernier le prix de 107 à 110 francs à Marseille pour les premiers choix du Levant. Ces prix permettent de prévoir que la valeur des cocons frais de la prochaine récolte indigène atteindra 15 à 20 francs le kilogramme.
- A ce prix, a-t-on dit (2), l’élevage des vers à soie, fait en famille, sans avoir recours à la main-d’œuvre salariée, est une excellente affaire, étant donnés les frais restreints qu’il nécessite, surtout si l’éducateur possède la feuille de mûrier.
- « Une oncé de 50 gr. de bonne graine, élevée dans ces conditions, et rationnellement conduite, peut produire facilement 65 kg de cocons qui, vendus 15 francs le kilogramme, laisseront au magnanier, en y ajoutant la prime *de 60 centimes allouée par l’État, un bénéfice net d’au moins 900 francs et cela, après un mois et demi d’occupation, dont 12 jours tout au plus de gros travail, ce n’est point à dédaigner. »
- Il ne faut pas oublier que la sériciculture est une industrie agricole des pays où ie travail est bon marché. Cette condition primordiale pour son établissement se
- 1. A. Beauquis. Histoire économique de la soie.
- 2. Appel aux éducateurs de ver à soie par le directeur de la station séricicole d’Alais, 1920.
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- 344 ..............—....... — LES RACES
- réalisera-t-elle à nouveau en France ? C’est peu probable et, l’intérêt national bien compris, est sans doute de chercher à la faire pénétrer dans les occupations habituelles des peuples de nos colonies. Nous reviendrons sur cette question bien attrayante mais bien compliquée de la sériciculture coloniale.
- Si elle peut être résolue, il faut nettement employer ici le conditionnel, n’aurions-nous pas alors, à notre disposition de quoi alimenter dans de bonnes conditions nos filatures de la métropole qui représentent une quinzaine de mille travailleurs et la tradition d’un
- DE LA RUSSIE ......... .............
- labeur de (haute finesse que l’Italie et même la Chine ont pu atteindre sans cependant la dépasser. Elles seraient sans doute encore capables de prétendre à la suprématie par une judicieuse alliance des qualités d’ouvriers autochtones avec l’utilisation des techniques nouvelles visant à la rapidité de production et au bon marché qui est à notre époque un des éléments essentiels de la valeur commerciale des objets dans la vente desquels intervient la mode.
- Albert Rang,
- Docteur ès sciences, ingénieur-chimiste.
- LES RACES DE LA RUSSIE
- La révolution, survenue pendant la guerre, suivie de la dislocation de l’empire des tzars, l’incertitude actuelle sur les destinées prochaines de la Russie, suffiraient à rendre intéressante une étude sur les diverses races de cet immense pays, sans compter la documentation ethnographique qu’elle nous apporte sur le principal lieu de passage et de mélange des peuples entre l’Europe et l’Asie.
- Le Dr Aies Hrdlièka, curateur au National Muséum des États-Unis, bien connu par ses nombreux et remarquables travaux d’anthropologie, vient d’apporter une importante contribution à cette question des races russes, dans une des publications de la Smithsonian Institution parue au moment de la paix. Nous la résumerons ici.
- Le Dr Hrdlicka admet que la Russie d’Europe a commencé d’être peuplée à la fin du paléolithique, d’après quelques squelettes rappelant le type de Neanderthal trouvés en Pologne et dans le sud-ouest. A la fin des temps néolithiques et aux âges du bronze et du fer, un peuplement beaucoup plus important se produisit, venant non seulement d’Europe mais aussi du Caucase et des steppes asiatiques. En effet; on trouve des traces des races ouralo-altaïques j usqu'au sud de Moscou et jusqu’en Finlande, en Esthonie et en Livonie, des restes touraniens et iraniens jusqu’au delà de la Caspienne. Ces mouvements de l’est vers d’ouest durent être complexes, bien que nous ne puissons pas les suivre en détail, faute de documents.
- Les premières, tribus dont le nom nous est parvenu sont les Cimmériens dont l’appellation se retrouve dans le mot Crimée et les Tauriens qui ont fourni Taurica, l’autre ancien nom de la même Crimée. Les Cimmériens, les plus anciens, devaient occuper une partie de la Crimée et les terres voisines de la mer d’Azov; d’affinités caucasiques et asiatiques, ils durent entrer en contact avec les Thraces .et d’autres groupes Européens ; au Caucase, ils disparurent plus de 1000 ans avant l'ère chrétienne, remplacés par les Scythes. Les Tau-riens, très barbares et probablement d’origine tou-ranienne, occupèrent la presqu’île au temps des Grecs puis disparurent aussi.
- L’expédition de Darius (environ 512 avant J. C.),
- les récits d’Hérodote (environ 450), nous montrent sur les rives du Pont-Euxin des Scythes d’origine asiatique. D’autres tribus de même origine : Turcs, Tartares, Finnois, Hongrois, Lapons, plus ou moins mêlées de sang mongol, nomades, peu cultivées, occupaient toute la Russie. Celles du Nord restèrent sporadiques et ne jouèrent aucun rôle dans l’histoire ; celles du Sud, plus nombreuses, mieux organisées formèrent la Scythie d’où partirent du me au xme siècle de notre ère maintes invasions désastreuses pour l’Europe : Huns, Avars, Turcs, Tartares, etc. Les Grecs nommaient Scythiens tous les peuples, nomades ou agriculteurs occupant le sud de la Russie, quelle que soit leur race. Ils les rencontrèrent sur les côtes de la mer Noire quand ils commencèrent à la coloniser et distinguèrent les Scythiens de l’Est, les plus nombreux, Tartares ou Turcs probablement mêlés d’iraniens ; les Scythiens à l’Ouest du Borysthène (Dnieper), Slaves d’origine européenne parmi lesquels les Neuri ou Norici, les Alazones ou Galitshani de Galicie et les Borysthé-nites. Les Scythiens déployaient leur activité guerrière surtout vers l’Asie Mineure et la Perse, et l’expédition de Darius ne fut probablement qu’une réponse a l’une de leurs invasions. Au début de l’ère chrétienne, la Scythie perdit sa puissance devant les invasions de tribus asiatiques : les Goths, les Huns, les Khazars. Ceux-ci semblent avoir suivi deux directions principales : du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest.
- Les Goths étaient d’origine Scandinave et venaient de la Baltique ou la traversaient; une île y porte encore leur nom, Gothland et les anciennes annales de Russie appellent cette mer la mer des Variags ou des Scandinaves ; ils débarquaient probablement sur la côte prussienne, vers l’embouchure de laVis-tule où ils se fixèrent un temps; au commencement du ine siècle, ils descendirent vers la Scythie, la mer Noire, le Danube, les Carpathes du Sud et se divisèrent en Yisigoths de l’Ouest et Ostrogoths de l’Est. Les Ostrogoths se fixèrent à l’Ouest de la mer d’Azov jusqu’en 575 où ils furent attaqués par les Huns, tombèrent sous leur domination et s’enfuirent dans le Sud-Ouest de l’Europe. Les territoires qu’ils avaient envahis étaient peuplél de
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- LES RACES DE LA RUSSIE.................... 345
- Vendes ou Slaves, d’Alares, d’Hérules probablement de race nordique ou alpine qui les absorbèrent par amalgame, si bien qu’après l’invasion hunique, ils laissèrent peu de traces et influè-
- tartare et mongolique; [leur langue était de la famille ouralo-altaïque. Ils débordèrent du Sud de la Russie vers l’Ouest de l’Europe, jusqu’aux champs catalauniques, en France. Après la défaite
- Fig. r. — Les principales migrations à travers la Russie.
- rent très peu sur le type des populations indigènes.
- La grande invasion hunique, une des plus grandes migrations asiatiques, occupa la Scythie,. l’Ukraine, la Bessarabie ; les Huns qui arrivèrent par les vallées du Don et de la Volga étaient un mélange des races
- d’Attila, puis sa mort, leur pouvoir sur l’Europe centrale disparut rapidement et ils retournèrent à l’Est du Dnieper où l’on perd leurs traces. Se mêlèrent-ils aux populations du Sud de la Russie où les détruisirent-ils, on ne sait.
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- 346 -.....v . ---- LES RACES
- De 600 à 900, on trouve une nouvelle unité ethnique, les Khazars, venus probablement du Caucase et de l’Asie Mineure, qui s’étendirent de la Caspienne à la Crimée. C’étaient des civilisés, sachant construire des villes, commerçant par mer, qui méritèrent les noms qu’on leur donna de Phéniciens et de Vénitiens de la mer Noire. Ils dominèrent les Slaves agriculteurs du Dnieper, puis vers 740, se convertirent au judaïsme. Aux ixeet xe siècles, ils furent submergés par les Russes et disparurent au xie. Durant leur occupation, ils avaient subi une série d’invasions des tribus turques et tartares dont les plus importantes seules nous sont connues : Bulgares en 482, Avars en 557, Polovtsi, Magyars, etc., aux ixe et \c siècles. Tous ces envahisseurs étaient des mélanges de race blanche (asiatique occidentale) et de race jaune (mongolique), nomades, ravageurs, qui retardèrent beaucoup la civilisation du Sud de la Russie et son peuplement par les Slaves.
- Les Slaves étaient peut-être déjà les Budini dont parle Hérodote, qui s’étendaient vers l’Est de la Russie. Au ive siècle, les Goths conquirent les Vendes ou Vénètes, noms primitifs des Slaves qui ne s’appellent ainsi qu’à partir des chroniques byzantines du vie siècle. Vers le milieu du vie siècle, les Vénètes occupaient le versant nord des Carpathes, les sources de la Vistule ; sous le nom de Sclavènes ils s’étendaient jusqu’au Dniester et sous celui d’Antes jusqu’au Dniéper. Aux ixc et xe siècles, on rencontre leurs postes avancés jusqu’en Esthonie et entre le Don et la Volga. D’autres traces existent depuis le vie siècle des Balkans à la Poméranie, de la Bohême jusqu’à l’Elbe, en Pologne et en Galicie. Dispersés en tribus souvent ennemies, ils finirent, selon Nestor, le plus ancien historien de la Russie, par décider d’appeler un chef de sang étranger qui les unit. Ils choisirent trois frères variags ou Scandinaves, dont l’aîné s’appelait Rurik. Les deux autres étant morts rapidement, Rurik resta seul et groupa tous les groupes slaves sous son pouvoir. Les historiens russes modernes préfèrent à cette histoire l’hypothèse que les tribus^slaves, souffrant constamment des incursions des Scandinaves mieux armés et plus batailleurs, finirent par appeler à leur secours d’autres Variags qui prirent le pouvoir. Telle est l’origine de la Russie. Le mot « Rus » apparaît à cette époque; son sens primitif était blond et s’appliquait probablement aux étrangers conquérants; il désigna bientôt toute la nouvelle nation slave.
- Les débuts de l’histoire russe sont un mélange de guerres extérieures, de luttes avec les tribus asiatiques du Sud et du Sud-Ouest, d’ajustements intérieurs souvent violents. Les Slaves, très prolifiques, s’étendent dans toutes les directions, surtout vers le Nord-Est et le Nord-Ouest où ils absorbent les tribus finnoises. En 1226, tout le Sud de la Russie est envahi par les Tartares ou Mongols qui occupent jusqu’à l’Ukraine, la Pologne, la Galicie et la Hongrie; les Russes s’enfuient et le pays se
- >E LA RUSSIE ..==;
- dépeuple. La horde jaune arrête le développement russe pour plus de deux siècles et les envahisseurs se fixent dans certaines parties. En Crimée, ils formèrent un gouvernement qui persista jusqu’en 1785.
- Par contre, dans le Nord et vers l’Est, les Russes s’étendirent jusqu’à l’Océan, jusqu’à l’Oural et passèrent même en Sibérie. Jusqu’au xvie siècle, la Sibérie était exclusivement peuplée de tribus mongoles très primitives, plus ou moins nomades, peu prospères dont certaines étaient probablement les restes des grands envahisseurs de race jaune. Dès le xie siècle, des Russes passèrent l’Oural, mais ce n’est qu’en 1580 qu’ils entreprirent la conquête de la Sibérie. Un Cosaque du Don, Yermak, disgracié en Russie, y pénétra avec 1656 hommes et prit possession d’un territoire deux fois grand comme toute la Russie d’Europe. En moins d’un siècle, les Russes apparurent sur la côte Pacifique et peu à peu les indigènes disparurent devant l’immigratinn russe.
- Tandis que les Russes s’étendaient vers l'Est, le Sud restait fortement imprégné par l’invasion tar-tare. Aujourd’hui encore, on y trouve de nombreuses traces de sang jaune, surtout le long de la Volga, au Nord de la mer d’Azov, en Grimée et au Caucase. L’Ukraine ou Petite Russie, le cœur de la Russie d’alors, fut ravagée et dépeuplée ; ses habitants émigrèrent d’une part vers l’Ouest aux sources du Dniester et de la Vistule et jusqu’en Galicie et en Pologne/ En 1246, un missionnaire catholique, Piano Carpini qui traversa la Petite Russie, raconte que le bord des routes et les champs voisins étaient jonchés d’ossements et que Kiev, l’ancienne capitale ne comptait plus que 200 maisons. Ce n’est qu’au milieu du xve siècle que la Petite Russie commença à se repeupler; elle fut alors, sous le nom d’Ukraine, annexée à l’état de Pologne-Lithuanie.. Les hordes jaunes se dispersant en même temps que la Russie moscovite augmentait de puissance, il redevint possible d’y vivre en sécurité, les riches magnats polonais acquirent alors de vastes espaces de terre où ils attirèrent les paysans polonais, heureux de se débarrasser du servage. La Pologne se dépeupla au profit de la Russie du Sud, mais les nouveaux immigrants étaient surtout des paysans de race russe qui avaient pu conserver leur nationalité pendant les deux siècles de leur exode.
- Aujourd’hui encore, la Petite Russie diffère des autres parties de l’immense territoire, par s*es dialectes, ses vêtements, son folklore et avant la guerre, les Empires centraux aimaient à souligner ces légères différences dans le but de détacher l’Ukraine delà Russie. En outre, l’Ukraine et la Bessarabie reçurent une masse de Juifs, lors de l’emigration de ceux-ci en Russie, ce qui fut un nouvel élément de séparatisme.
- Vers le xvie siècle, en même temps que les termes d’Ukraine et de Petite Russie (Mala Rossia) apparurent ceux de Grande (Velika) et Blanche (Biela) Russie. Ces désignations, en partie conventionnelles, en partie géographiques, ne correspondent pas à
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- LES RACES DE LA RUSSIE
- dés différences ethniques. Tout au plus, la Russie Blanche fut-elle influencée dans son langage et ses coutumes par ses voisins de Pologne et de Lithuanie tandis que la Grande Russie ou Moscovie subit l’action des Finnois Ougriens qu’elle absorba.
- Les trois grandes divisions du peuple russe subsistent encore ; mais anthropologiquement et ethnologiquement, elles diffèrent fort peu et l’Empire russe formait une unité très homogène qu’il faut souhaitervoir rétablir, enopposition avecTAllemagne.
- La population de la Russie d’Europe et d’Asie comptait, au moment de la dernière guerre, 178 millions d'habitants, très prolifiques, en bon état physique, présentant le plus grand excédent de naissances sur les décès de toutes les nations de race blanche.
- D’après le professeur Niederle, de Prague, les diverses races se répartissaient ainsi en 1910 •
- Russie d'lioro|>c. Pologne russe. Finlande. Caucase. Silifrie. Asie centrale.
- Slaves. . . . 80o,o 6,7 0,2 54.0 81,0 8,9
- Polonais. . . 1,2 71,8 — 0,3 0,5 0,1
- Lithuaniens . 3,0 O.ô 0,1 0,2
- Finnois . . . 5,6 0,1 86,7 0,1 1,1 0,2
- Germains . . 1,4 4,5 13,0 0,6 0,1 0,1
- Juifs .... 4,0 13,5 _ 0,4 0,5 0,1
- Caucasiens. . — — _ 26,2 —
- Arméniens. . 0,1 — — 12,0 ' 0,1
- Turcs etTatars 4,9 0,1 _ 20,2 8,3\ 85,5
- Mongols . . . 0,2 — — 0,2 6,2* 0,2
- Autres . . . 1,6 0,2 0,1 5,9 VI 4,8
- On voit quelesraces, autres quela slave de la Russie d’Europe, sont numériquement peu importantes.
- Les Cofaques, célèbres par leur héroïsme romantique, forment une classe de cavaliers irréguliers, ayant de nombreux privilèges. Vivant aux frontières du Sud, continuellement en guerre ou en contact avec les Turcs et les Tartares, ils devinrent le rempart militaire de la Russie. Aujourd’hui, ils forment douze subdivisions dont beaucoup de sang mêlé et quelques-unes non russes. Leurs exploits s’étendent du Danube à l’Océan Pacifique et ils ont joué un grand rôle dans la conquête de la Sibérie. *
- Les Polonais, de sang slave, étaient avant la guerre 11 millions dans l’Empire russe, dont les neuf dixièmes groupés en Pologne; ils sont aussis prolifiques que les autres Russes.
- Les Lithuaniens, entre la Prusse orientale et Riga, ont une origine très discutée. Leur langue primitive avait des affinités avec le sanscrit et Ile russe. Ils ressemblent physiquement aux Polonais et aux Grands Russiens, avec quelques caractères Scandinaves, notamment les cheveux blonds. Ils se divisent en Borusses, Lettons et Lithuaniens proprement dits. Annexés à la Russie en 1797, ils comptent aujourd’hui un peu plus de 4 millions d’habitants, moitié Lettons, moitié Lithuaniens; les Borusses, complètement détruits au xme siècle par lés chevaliers de l’Ordre Teutonique, sont en nombre infime.
- 347
- Les Livoniens, à l’Est du golfe de Riga, sont une race finnoise éteinte et remplacée aujourd’hui par des Lettons et des Esthoniens.
- Les Tchouds ou Esthoniens, d’origine finnoise également, s’étendent du golfe de Riga à celui de Finlande. Unis à la Russie dès 1030, ils comptent aujourd’hui 5 à 600 000 personnes. Les efforts des Germains pour les « christianiser », poursuivis depuis le xme siècle, n’ont abouti qu’à la haine.
- Les Finnois ou Finlandais ont été cédés par la Suède à la Russie en 1809. La Finlande compte aujourd’hui 2 700 000 Finnois, 350 000 Suédois, 8000 Russes, 2000 Allemands, 1700 Lapons. Ceux du Nord ou Caréliens ont conservé leur aspect et leur langue asiatiques, ceux du Sud sont de sang plus mêlé.
- Les Lapons ou Samoyèdes, au nombre de moins de 20000, existent encore tout au Nord, vers la Suède.
- D’autres tribus finno-ougrianes sont cantonnées dans l’intérieur de la Russie, notamment sur la moyenne Volga et la Kama : Mordva, Tcheremis, Voguls, Votiaks; ellês sont les restes de la population primitive, en voie d’absorption par lajrace slave.
- Les Turco-Tartares occupent encore, au nombre de 7 millions, une partie du Sud de la Russie et du Caucase : Tartares de Crimée, Tartares de Kazan, Bashkirs, Tchuvash, Kirghiz.
- Le Caucase, avec ses 15 millions d’habitants, est un mélange de nombreuses races qui y ont cherché refuge; les Slaves y comptent pour près de 40 pour 100.
- La Sibérie et la Russie d’Asie ont environ 11 millions d’habitants dont plus des neuf dixièmes mélangés de sang russe. On y trouve 500 000 Turco-Tartares, 300 000 Mongols, 70 000 Tongues, 55 000 Ghiliaks, Chukchis, Koriaks, Yukaghirs, Kamchadals, Esquimaux. Aucun, sauf dans le Tur-kestan, n’a d’aspirations nationales.
- Les Juifs, venus surtout d’Allemagne, pendant les persécutions du Moyen Age, sont environ 4 millions dont 1 300 000 en Pologne, 50000 au Caucase, 50 000 en Sibérie et en Asie centrale. Physiquement, ils ressemblent complètement aux Russes sauf les Karaïtes de Crimée et de la Russie de l’Ouest, à affinités tartares.
- Les Germains, cantonnés surtout dans les villes des régions riches, comptaient avant la guerre 1 800 000 représentants. Ils étaient les principaux propriétaires fonciers des provinces baltiques et formaient des colonies agricoles dans le Sud. L’émigration allemande en Russie, commencée au xvie siècle, devint intense sous Pierre le Grand qu appela un certain nombre d’entre eux comme ouvriers ou marchands.
- En 1762, ils furent autorisés à créer dans le Sud de la Russie, des colonies agricoles qui s’étendirent jusqu’au Caucase, sans se mélanger avec les habitants. Cette colonisation fut activée pendant la seconde moitié du xi»® siècle et peut-être même
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- 348 LA RÉCUPÉRATION DES SOUS-PRODUITS DANS LES INDUSTRIES AGRICOLES
- dirigée par le gouvernement allemand dans un but économique et probablement aussi stratégique.
- Telle est la situation ethnographique actuelle de la Russie,
- Le D1’ Aies Hrdlicka, après l’avoir si clairement et si complètement examinée, en tire des remarques d’un intérêt si actuel que nous ne pouvons mieux faire que les reproduire in extenso.
- « Laissant de côté, dit-il, toutes les particularités ethniques de détail et localisées, nous voyons le problème des races de la Russie, européenne aussi bien qu’asiatique, extrêmement simple. Sur une grande partie de ce vaste territoire, nous trouvons un léger fond de Finno-Ougriens d’origine asiatique occidentale, avec des traces de mélange mongol. Le Sud de la Russie est depuis longtemps la principale route des migrations asiatiques vers l’Ouest; ses peuples sont en partie iraniens, beaucoup plusturco-tartares. Turco-Tart&res et Finno Ougriens sont des mélanges des races blanche et jaune et leur influence raciale et culturale persiste encore. Le long de la Baltique, nous trouvons les Finnois dans le Nord ; les Lithuaniens, probablement mélange de Slaves et de Scandinaves, dans le Sud et l’Ouest. Partout ailleurs, la Russie est slave, aussi bien les Polonais de l’Ouest que les Russes du Centre et de l’Est. Le caractère slave de la Russie est également vrai de
- la Sibérie et en grande partie aussi du Caucase. En Asie Centrale seulement, les éléments russes sont encore dépassés en nombre par les Turco-Tartares.
- Anthropologiquement, la race slave est bien développée, virile, résistante, pleine d’avenir. C’est la grande réserve de la population européenne. Si elle n’a pas atteint le degré de culture des nations occidentales et méridionales, les causes n’en sont pas raciales mais géographiques. Il ne faut pas oublier que la Russie, en servant de tampon entre le reste de l’Europe et l’Asie a rendu grand service aux nations plus occidentales, mieux protégées.
- Quel sera l’avenir de la Russie? L’anthropologiste peut en être garant quand d’autres hésitent.
- Les Slaves de Russie sont aujourd’hui plus de 100 millions et ils s’accroissent chaque année de 1 700 000. Cette vitesse d’augmentation esf plus grande qu’en aucun autre pays d’Europe et ne diminuera probablement pas d’ici longtemps, dans les conditions de vie rurale actuelle. Un tel taux de croissance d’une forte portion de la race blanche est un élément qui doit finalement la faire prévaloir sur toutes les oppositions. Le géant russe peut avoir ses Dalilas, intérieures ou extérieures, mais elles ne pourront le tenir ligotté toujours. La .Russie ne peut avoir qu’un avenir proportionné à ses forces et à sa puissance. » D. C.
- LA RÉCUPÉRATION DES SOUS-PRODUITS DANS LES INDUSTRIES AGRICOLES
- Les nouveaux procédés pour l’utilisation des vinasses de distillerie.
- Les conditions économiques particulièrement dures qui sont celles de la reconstruction, dans les départements libérés, des usines soumises pendant quatre ans à la destruction systématique de l’ennemi, et l’obligation où vont se trouver leurs propriétaires de ne négliger aucune source de bénéfices possibles ; telles sont les deux raisons essentielles' qui vont mettre au premier rang des problèmes touchant les industries agricoles dérivées de la betterave sucrière, l’utilisation rationnelle des sous-produits.
- Aussi allons-nous consacrer cette étude aux résidus de la distillerie, connus sous le nom de vinasses, et qui sortent de la colonne, à peu près dépouillés de tout l’alcool éthylique fourni par la fermentation du sucre.
- On ne saurait s’attendre à un produit de composition constante. Celle-ci dépend non seulement de la racine travaillée — variétés Vilmorin, Fouquier d’Hérouel, Wanzelebey, Brabant à collet rose ou vert — mais encore du procédé mis en œuvre pour l’extraction du moût : macération, diffusion ou pression. Ceci explique les différences notables que le tableau suivant met en évidence; nous l'empruntons à l’un des plus récents travaux de MM. P. Ver-bièse et Darras-Verbièse. Il porte sur quatre échantillons, fournis par des distilleries de betteraves.
- Mode d'extraction- ’ 'Pression Diffusion
- Deux Trois Pulpes non
- ; pressions. pressions. pressées. pressée.
- Densité 1010 r Acidité en 1010 1011 1008
- au ) SCDH- . 1,6 gr 1,95 gr 2,2 gr 1,9 gr
- litre lExlraitsec. 24,63 » 19,56 » 18,57 » 18,06 »
- [ Cendres. . 6,04 » 6,40 » 6,158 » 5,86 »
- au ( ’ Azote. . . 1,114 kg 0,485 kg 1,012 1,045
- m. P2O5. . . 0,211 » 0,513 » 0,409 0,406
- cube ( ; Ksp ... 1,69 » 1,668 » 1,811 1,544
- De tels résultats peuvent encore s’exprimer en les rapportant soit à la tonne de racines traitées, ’ soit à l’hectolitre d’alcool produit.
- Dans le premier cas, ils donnent :
- Azote 1,814 kg 1,379 1,566 1,283
- P2 O5 (acide phosphorique). 0,359 » 0,458 0,552 0,499
- K2O (potasse) 2,875 » 2,335 2,445 1,653
- Dans le second :
- Azote 3,60 » 2,689 3,142 1,604
- P203. ..... 0,652 » 0,854 1,270 0,624
- K2 O. ; . . . . ' 5,459 » 4,555 5,623 2,060
- Si l’on veut bien considérer que, pendant la « campagne », certaines de nos usines traitaient de 500 à 700 t. de betteraves par 24 heures et que la
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- LA RÉCUPÉRATION DES SOUS-PRODUITS DANS LES INDUSTRIES AGRICOLES 349
- production des seuls alcools de mélasses dans le département du Nord, s’élevait en moyenne à 800 000 hectolitres, on conçoit sans peine tout l’intérêt que présente l’utilisation de ces vinasses, puisqu’il la veille des hostilités, elles représentaient une valeur de 5 fr. 50 à 4 fr. 50 par tonne de betteraves pauvres, et de 5 francs à 5 fr. 50 dans le cas de racines riches en sucre.
- Notons enfin que les règlements d’administration publique ne permettent pas leur déversement dans les cours d’eau, sans épuration préalable et que
- fermentation ammoniacale. On l’amenait ensuite aux terres d’irrigation par des tuyauteries de fonte, de plomb ou de ciment.
- Mais l’obligation de ne jamais utiliser deux années de suite la vinasse sur un même champ, les difficultés nombreuses qu’entraînait son emploi comme engrais et qui diminuaient ainsi sa valeur d’achat, la difficulté enfin, chaque saison plus grande, de trouver un sol à irriguer, ont amené les distillateurs à la recherche de nouveaux modes d’utilisation que nous allons passer rapidement en revue après
- Vinasse refroidie, alcatinisée et Soumise a la Fermentation
- Gaz
- Ammoniac Acide carbonique Hydrogène Méthane
- Moût à distiller A. Sulfate d’ammoniaque (Fnqrais)
- AC,<^e /TL •
- fermentation reçus dans sulfur/que'^s^ . Sulfate de ^ âcarôonate
- ^ tnmêthy/amine Fabrique de cy-----------------------------
- Acide nron ionique / CH?CH3. C00H.
- _ Mélange AAcidebutyrique d'acides gras\ych?ch?ch*cooh.
- Acide acétique CH?COOH.
- Glycérine Acides bibasiques
- cyanure Fabrication des couleurs, du celluloïd, de ta soie artificielle. du camphre des essences, etc...
- (Alimentation.
- A cétate de
- cei/uiose, etc.
- Acide malique Csfi3(0H)(cooh)2 A eide succintque COO £H-(CHS) - coq H Acide tartrique CsHs(OH)s(cooHjs Sulfate de potasse {Engrais^ \ - -
- Fig• i-
- Schéma indiquant les divers produits obtenus dans le traitement des vinasses par le procédé Effront.
- l’évacuation en puits perdu n’est pas toujours pos-. sible.
- Distilleries de betteraves. — Si nous remontons à l’Enquête de 1905, sur 321 installations en plein fonctionnement que toucha la demande du Ministère de l’Agriculture, 223 se servaient des vinasses en irrigation, 7 ne les utilisaient qu’en partie, 23 enfin les laissaient simplement s’infiltrer peu à peu dans le sol.
- De ces réponses, on pouvait déduire qu’environ 4000 hectares servaient de champs d’épandage et qu’en trois mois chacun d’eux recevait un millier de mètres cubes. On admettait alors que ce traitement économisait chaque année de 200 à 400 kg de fumier par are, que le terrain fût planté de betteraves, de pommes de terre, de maïs ou constituât une prairie artificielle. Le plus souvent, l’acidité de la vinasse gênant l’action des cônes et des bâtonnets nitreux et nitriques, on la recueillait dans des bassins de décantation où s’établissait bientôt une
- avoir rappelé les expériences de M. Rolants, pour l’application des procédés biologiques au cas où le rejet dans un cours d’eau est la seule solution à envisager.
- Diluées avec toutes les eaux de presses, les petites eaux de lavage et les eaux de vidange des diffuseurs, les vinasses sont déversées dans un grand bassin de décantation où la fermentation ammoniacale peut être amorcée par^la neutralisation au calcaire. Le tout part ensuite vers des bacs munis de siphons à amorçage lent et à décharge rapide qui les distribuent sur des lits bactériens à percolation au moyen de rigoles, de drains ou de tubes métalliques (*).
- Ce n’est là, répétons-le, qu’un pis aller. Leur richesse en azote, en potasse et en acide phospho-rique fait des vinasses de betteraves, un engrais précieux, en même temps qu’il est possible de
- 1. Voir \'Épuration des Eaux d’égout, par le docteur Calmettc, 9 vol., Masson et C‘°.
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- 350 LA RÉCUPÉRATION DES SOUS-PRODUITS DANS LES INDUSTRIES AGRICOLES
- récupérer des acides gras et de la glycérine, comme nous le verrons par la suite.
- Une solution ingénieuse fut, il y a quelques années, préconisée parM. Paul Kestner. Elle constituait déjà un sérieux progrès sur le simple épandage. On concentrait dans un appareil à quadruple effet, genre Barbet, jusqu’à la densité voisine de 4l)° Bé, puis on mélangeait le sirop obtenu à des mottes de tourbe. La masse séchée par les vapeurs perdues de l’usine, constituait un engrais complet.
- Pour l’extraction de la glycérine, il suffisait de garder la première phase du procédé, en ajoutant deux caisses à l’appareil d’évaporation (Indre), ou bien en laissant couler la vinasse en couche mince dans une atmosphère portée à 200-250°.
- Un jet de vapeur aidant à la séparation de la glycérine, celle-ci était entraînée par une tubulure en même temps quedes goudrons, dont on la séparait par une simple distillation.
- L’appareil de Thiery placé au contraire la surface d’évaporation dans une enceinte où l’on fait le vide, et la glycérine se recueille sur les parois d’un réfrigérant. D’autres inventeurs, notamment MM. Sa-vary et Barbet, ont préconisé, le premier, uneaddition de sulfate d’ammoniaque à la vinasse concentrée, suivie d’un entraînement à la vapeur surchauffée, le second l’extraction de la glycérine par un osmoseur spécial à contre-courant d’alcool.
- Voici l’essentiel sur les principaux procédés employés jusqu’en 1910, pour les résidus des distilleries de betteraves. C’est pour l’agriculture, bien plus que pour l’industrie chimique, qu’ils semblaient présenter un sérieux intérêt, car les petites installations, les plus nombreuses, traitent en somme des racines recueillies sur leurs propres terrains qu’ont
- amendés les vinasses des années précédentes.
- Distilleries de mélasses. —Dans ce cas, le sous-produit qui nous occupe contient, d’une façon générale, des acides organiques qui ont été déplacés par l’acide mis aux diffuseurs, des matières azotées sous la forme de bétaïnes et d’amino-acides, enfin des sels alcalins, si bien qu’au litre on peut y trouver jusqu’à o gr. d’azote et 15 de potasse.
- L’idée la plus ancienne se résume ainsi : une
- évaporation, suivie d’une calcination, pour la fabrication d’un salin brut, à diriger vers les raffineries qui en séparent du carbonate de soude, du sulfate et du chlorure de potassium.
- Quelques procédés en usage. — Les progrès consistent successivement en la concentration par effets multiples soit sous le vide, soit au contraire sous pression.
- C’est ainsi que furentconstruits, nous l’avons indiqué, les ingénieux appareils de Barbet, d’Ya-rian et de P. Résiner, et qu’on put, suivant Boulanger (*), abaisser à 82 kg 500 la dépense en combustible par hectolitre d’alcool à 90°, qui s’élevait d'abord à 145 kilogrammes.
- Mais tous ces procédés avaient un inconvénient capital : la perte complète des matières azotées, dont la valeur dépasse celle du salin. A ce sujet, M. Yasseux a pu dire avec raison qu’une usine traitant 15 0001. de mélasses perdait, par la calcination 180 t. d’azote qu’on estimait, voici 10 ans, 1 fr. 30 le kg. C’est alors qu’il eut l’idée de concentrer la vinasse et de l’additionner d’acide sulfurique en quantité suffisante pour que se produisît une cristallisation rapide du sulfate de potasse à séparer
- 1. Encyclopédie agricole Wèry. Distillerie. J.-B. Baillière.
- Fig. 2. — L'appareil à double effet sous pression P. Résiner.
- Le premier corps reçoit de la vapeur vive et la vapeur du second chauffe les colonnes à distiller ou rectifier l’alcool. La concentration est poussée jusqu a i5° Beaumé, point où la plupart des vinasses brûlent sans addition de combustible.
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- LA RECUPERATION DES SOUS-PRODUITS DANS LES INDUSTRIES AGRICOLES 351
- par décantation et turbinage. L’eau mère évaporée dans le vide donnait bientôt une masse pâteuse, se solidifiant par refroidissement, et constituant ainsi un engrais organique, se nitrifiant avec facilité. Une telle méthode permettait de récupérer par tonne de mélasse entrée dans l’usine 80 kg de sulfate de potasse à 80 pour 100 et 150 kg de l’engrais précité.
- Rappelons le procédé Vincent, très en faveur voici trente ans, et qui soumettait la vinasse concentrée à la distillation sèche dans des cornues en fer. On obtenait ainsi :
- Un charbon léger, à envoyer au four Porion, pour l’extraction de la potasse ;
- Des gaz combustibles, riches en hydrogène, oxyde de carbone et méthane;
- Un liquide de condensa tion, chargé de sels ammoniacaux, d’acides gras, de goudrons, et de sels de triméthy-lamine, qu’on soumettait au processus suivant.
- La température s’élevant lentement à 525°, on recueillait un mélange d’ammoniaque et d’amine tertiaire, sous l’action d’un excès d’acide chlorhydrique, cette dernière donne lieu à la réaction : Az (CH3)3-h 4HC1 = 5CH3Cl -4- AzfDCl.
- Le passage à l’état de ni, puis de monométhyl-amine se faisait suivant :
- (CI13)3AzH-HC1=(CH3)2AzH + CH3CL (C H3)2 Az H 4- H Cl = (CH3) Az II* H-CH2Cl.
- Si bien qu’à la distillerie Tilloy-Delanne, de Courrières, on retirait des vinasses : 1600 kg de sels ammoniacaux, 100 kg de méthylène, et 1800 kg de dérivés aminés. Ces derniers s’utilisaient principalement pour la fabrication du chlorure de méthyle, qu’on séchait et qu’on liquéfiait.
- Le procédé Gimel concentrait le liquide primitif jusqu’à 55° Bé et, distillant en présence de chaux, fournissait aussi de l’ammoniaque, du chlorure de méthyle et un engrais non hygroscopique, tandis que la méthode de Rivière précipitait les sels alcalins à l’état de fluosilicate, qu’on transformait ensuite en silicate, puis en carbonate, sans que pour cela fussent perdus l’azote et la glycérine.
- Mais il faut en venir aux travaux de M. Effront,
- pour trouver un procédé chimique, séparant la matière nitrée des bases alcalines, rendant ainsi à coup sûr sa transformation rapide en ammoniaque.
- Tout d’abord, l’auteur eut recours à la colophane ou aux a-cides. Pour les vinasses de betteraves ou de mélasses, on chauffait, à 200° et pendant une heure, le liquide venu de *la colonne à distiller, concentré à WBé et additionné de 50 pour \ 00 de résine. Puis, on faisait passer alternativement de l’air et de l’acide carbonique.' Le distillât se re cueillait, en milieu acide, où l’ammoniac se fixait à l’état de chlorure ou de sulfate. Le résidu, traité par l’eau chaude, laissait, d’une part, lu résine qui rentrait dans une nouvelle série de réactions, d’autre part, une substance, qui concassée, était portée ou rouge sombre dans des cornues de fer et soumise à l’action d’un courant d’air surchauffé.
- Lorsqu’on séparait les bases alcalines de l’azote, par un acide — et c’était le cas pour les vinasses de grains — la marche ne différait que par quelques points de détail des opérations précédentes ; on négligeait, bien entendu, la récupération de l’acide ou du sel ajouté au début.
- Le second procédé est des plus élégants; il a fait ses preuves, et c’est par lui que nous allons termi-
- Fig. 3. — Triple effet Kestner.
- L’appareil est composé de caisses à descendage et fonctionne sous vide. Le premier corps peut ou non fournir de la vapeur aux colonnes.
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- 352 LA RÉCUPÉRATION DES SOUS-PRODUITS DANS LES INDUSTRIES AGRICOLES
- ner cette étude. Déjà appliqué aux usines de Nesles, il devait, à la veille de la guerre, s’appliquer dans les distilleries de Corbebem et de Quesnoy-sur-Deule.
- Gomme l’a parfaitement dit M. Matignon (’) : le problème consistait à trouver des amidases capables d’isoler à l’état d’ammoniaque les groupements AzlI2 des acides aminés, des résidus de la molécule des albuminoïdes complexes pouvant fournir des acides gras.
- Le mode opératoire se résume ainsi :
- A leur sortie de la colonne à distillation continue les vinasses sont refroidies à 35-40°, neutralisées au lait de chaux, puis alcalinisées par un peu de
- (CH3)3Az -f CO2 + H20 = C03H*Az (CH3)3
- sesquicarbonate de Irimcthvlaminc
- CO3H'2 Az (CH3)3 -h KCl = CO5KH + Az (CH3)3. HCl
- soit aux usines de cyanures, puisqu’à 100°, on obtient un mélange de méthane et d’acide cyanhydrique d’après
- Az (CH3)3 = HCAz+2CH*.
- Ce qui reste dans la cornue est acidulé, avant de subir une seconde distillation.
- Le distillât donne un mélange, qui, soumis par la suite aux différentes opérations d’évaporation et de rectification, fournit les acides butyrique, pro-pionique et acétique aux différents états de pu-
- Fig. 4. — Appareil Barbet.
- L’ensemble A (faisceau tubulaire)et B (évaporateur) constitue le premier effet; F,G, constitue le second; L, le troisième. L’ordre de succession est pour la vapeur AEL;pou le liquide LA E. De la seconde caisse E F, lesiropde vinasse passe dans le bac Q qui alimente le four à potasse T. Le tubulaire L joue pour la colonne M le rôle de
- chauffeur.
- potasse. Le milieu doit être atcalin, en effet, quand on ajoute de 5 à 7 pour 100 d’un levain riche en levure de bière et ferment butyrique. Pendant six heures, on aère activement ; on constate au bout de ce temps, la production d’ammoniaque, d’acide carbonique, d’hydrogène, et même de méthane. La fermentation est terminée entrois jours, on soutire le liquide clair et on sépare ses composants.
- Après une nouvelle addition de chaux et de carbonate de potasse, on distille l’ammoniaque et les amines se recueillent, dans une quantité déterminée d’acide sulfurique qui fixe d’abord l’alcali. On obtient ainsi un mélange de sulfate d’ammonium et de sulfate de triméthylamine. Ce dernier sel pourra fournir l’amine soit au procédé Ortlieb et Müller, qui pour l’obtention du carbonate de potasse, utilise les deux réactions :
- 1. Communication à la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale (1914).
- reté et de concentration demandés par l’industrie.
- Enfin, comme ullimes produits restent la glycérine et les acides bibasiques fixes (succinique, malique et tartrique) imprégnant le sulfate de potasse résiduel.
- Si bien que par hectolitre d’alcool à 100°, soit pour 1700 kg de betteraves de densité 5,5, on recueille : 30 kg du mélange : sulfate d’ammoniaque et sulfate de triméthylamine ; 30 kg d’acides gras ; 5 kg d’acides bibasiques fixes ; 3 kg de glycérine.
- Sans compter le sulfate alcalin.
- Le schéma de la fig. 1 précisera mieux la marche du procédé et montrera l’utilisation des sous-produits qu’il permet de libérer.
- Les résultats fournis jusqu’à la veille de la guerre, étaient tels qu’ils ont légitimé, à nos yeux, le long-développement que nous avons soumis à l’attention de nos lecteurs. Paul B.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleurus, 9, à Pans.
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- LA NATURE-
- — N° 2412.
- 26 JUIN 1920
- LA T. S. F. ET LA PÉDALE
- Les ecteurs de La Nature ont été longuement documentés sur la T. S. F. de guerre. Tout pourtant n’a pas été dit; nous voudrions leur signaler aujourd’hui une tentative ingénieuse qui semble avoir donné des résultats avantageux.
- Un poste d’émission, même à faible puissance, ne peut fonctionner sans une dépense respectable d’énergie électrique. Or, si l’on emploie des accumulateurs, surtout pour des postes portatifs, on se heurte manifestement à plusieurs inconvénients : d’abord, les boîtes d'accus, même lorsqu’elles ne contiennent que deux ou trois éléments, sont toujours lourdes et encombrantes ; et puis ce réservoir électrique est un auxiliaire délicat et capricieux, qui profite des moindres occasions pour se vider plus ou moins et ne plus vouloir rien donner; enfin, même à service court et intermittent, une batterie, dans les meilleures conditions, ne peut pas durer plus de huit jours en ordre de travail, surtout si l’on emploie, comme c’était le cas au cours de la campagne, des éléments de 40 ou de 60 ampères-heure; et alors les radios devaient s’appuyer des pèlerinages laborieux pour transporter à l’arrière, à force de bras, les batteries épuisées en échange'des batteries rechargées.
- Il y avait là évidemment, surtout pour des unités obligées à de fréquents et rapides déplacements, une
- Fig. 2. — Dispositif français, montrant l'alternateur Y à éclateur tournant entraîné par la roue arrière d'une bicyclette ordinaire et relié par trois fils sous cuir à l'ensemble émission-réception type Y-B. ~
- Fig. i. — Tanfiem allemand, équipé avec alternateur français type Y, relié à un ensemble émission-réception.
- source d’ennuis; et les armées devaient organiser, tout près des lignes, un service de recharge et de réparations qui exigeait un matériel coûteux en même temps qu’il immobilisait un personnel nombreux.
- Aussi chercha-t-on de bonne heure à demander à des génératrices l’énergie électrique nécessaire. On disposa d’abord dans de petits coffrets des dynamos réduites et légères, qui, grâce à une multiplication étudiée, pouvaient être entraînées à bras par une manivelle, sans de trop gros efforts.
- Ce dispositif fut adopté pendant assez longtemps pour un certain nombre d’installations. Nous ne saurions dire si le rendement fut en rapport avec les desiderata; en tout cas, la manœuvre de la manivelle, pendant la durée des transmissions, n’avait rien de bien attrayant. Mais quel était donc le service de guerre qui avait en soi de l’attrait!
- Dans le même but, les Allemands avaient mis au point une espèce de tandem, dont, au cours de nos avances, nous prîmes plusieurs exemplaires, et qui nous expliquèrent ces étincelles à fréquence progressivement décroissante par lesquelles un certain nombre de postes de tranchées terminaient leurs messages (um um).
- Ces tandems (fig. 1) ne portaient pas de roues et se fixaient dans les cagnas au moyen de quatre tenons enfoncés dans le sol et suffisamment écartés pour donner à l’ensemble une grande stabilité. Ils étaient constitués par un bâti tubulaire léger et démontable, supportant 2 selles, 2 guidons, 2 pédaliers et, en arrière sur une tablette, le générateur mécanique. Ce qui caractérise plus spécialement ce dispositif est le principe du pédalage. Les deux pédaliers étant solidaires au moyen d’une chaîne sans fin, on peut entraîner l’ensemble, si l’on est seul, en s’installant indifféremment sur n’importe quelle selle, et si l’on est deux, les efforts combinés s’ajoutent pour agir sur la grande roue dentée avant, qui fait corps avec le premier pédalier par
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- 48’ Année.
- 1” Semestre.
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- 354 _______. LA T. S. F. ET LA PÉDALE
- Fig. 3. — Tandem italien
- sa masse et avec le second par une chaîne de liaison. Cette première roue dentée, au moyen d’une seconde chaîne, entraîne un petit pignon, qui est fou sur l’axe du second pédalier et par suite indépendant de lui, mais ne fait qu’un avec une seconde grande roue dentée, qui, par l’intermédiaire d’une troisième chaîne, entraîne enfin le pignon de la génératrice. Cette double multiplication permettait de donner à la dynamo une grande vitesse de rotation, sans exiger ni un effort considérable ni une allure exagérée.
- Ces dynamos à moteur humain alimentaient de courant continu de petits postes portatifs émetteurs-récepteurs (fig. 4), très ingénieusement combinés et très soigneusement construits, si soigneusement même, qu’en les étudiant, on peut se demander si l’on se trouve en face d’un travail de guerre ou d’une construction d’avant-guerre, et sur lesquels il serait, croyons-nous, intéressant de revenir.
- S’inspirant évidemment de l’idée allemande, les Italiens construisirent pour leurs armées un appareil du même genre, bien exécuté, soigné, solide (fig. 5), mais qui ne paraît pas en progrès sur l’original, tant au point de vue du démontage et de la facilité du transport qu’à celui du principe de multiplication.
- La France voulut faire mieux. Le tandem allemand, pour être mis en place, devait être démonté en plusieurs pièces, confié à plusieurs hommes puis remonté à l’endroit du travail, car il semble qu’on put difficilement le faire passer tout d’une pièce à travers les boyaux étroits ou les tranchées contournées. L’Établissement Central du Matériel Radio-télégraphique (E. C. M. R.) étudia donc le moyen d’adapter une génératrice sur une bicyclette ordinaire, capable d’être amenée à pied d’œuvre par son seul conducteur, soit en l’enfourchant, soit en la poussant devant lui ; susceptible même d’être transformée en un instant en moyen de locomotion normal, par l’enlèvement facile de la machine électrique.
- Pour cela (fig. 2) fut ajustée et serrée solidement sur la partie supérieure de la fourche arrière, une pièce massive de bronze percée dans toute sa largeur, d’un trou horizontal. Dans ce trou, formant palier, s’engageait à frottement doux un axe boulonné à angle droit sur le collier qui enserrait la
- génératrice. Celle-ci avait reçu sur son arbre, en place de la poulie d’entraînement, un petit pignon dont la circonférence légèrement concave et caoutchoutée reposait directement sur le pneu arrière, et un volant en fonte de 0 m. 25 de diamètre pour atténuer les à-coups de puissance provenant de la manipulation. On aperçoit très nettement ce volant sur la figure 1, qui représente un tandem allemand équipé avec un alternateur français adapté. Un ressort à boudin, accroché d’une part à la carcasse de la génératrice et de l’autre à l’axe de la roue arrière de la bicyclette, augmentait l’adhérence et réduisait le patinage. Enfin, un porte-bagages réversible pouvait soit se poser àterrepour le travail, soitsercle\er et recevoir la génératrice pour les déplacements.
- Au début de 1918, on équipa à la R. M. un certain nombre de ces bicyclettes, les unes avec un alternateur type Y employé sur les avions, avec éclateur tournant de 12 ou 24 dents, complété par un ensemble émission-réception à excitation indirecte, les autres avec une dynamo 320 volts, pour charger les plaques des lampes dans les poste's émetteurs à ondes entretenues.
- Cet ingénieux dispositif devait, pour les ondes amorties, mettre dans une antenne basse d’infanterie, avec prise de terre normale, une intensité de 1A à 1A,2 avec portée de 5 km, et dans l’antenne en Y sur perches, 1A,2 à 1A,4 avec une portée double.
- Au premier abord, l’idée était séduisante, et nous avons été maintes fois témoin de l’admiration émue des officiers de tout grade auxquels on faisait la présentation du nouveau dispositif. L’admiration, hélas ! tombait vite, quand, assis sur la selle, courbé sur le guidon, il s’agissait, à toute allure, de charger les capacités du poste et de permettre même la simple mise au point de l’éclateur tournant.
- On pensa alors sans doute à construire un tandem léger, roulant et pliant; malheureusement il ne put être achevé et amené dans les laboratoires du Champ de Mars que le matin même de l’armistice. La guerre était finie ; les pensées et les cœurs étaient à la paix; on négligea donc de pousser plus avant des études et des constructions désormais inutiles. R. D. B.
- Fig. 4. — Poste émission-réception alleman (, alimenté dans les tranchées par le tandem.
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- LA FABRICATION DE L’ACIDE SULFURIQUE ET DE L’OLÉUM PAR LE PROCÉDÉ DE CONTACT
- L’acide sulfurique fumant (acide deNordhauscn) était obtenu autrefois par le traitement du sulfate ferreux à une forte chaleur. Depuis une trentaine d’années, on le prépare en grand par oxydation directe du gaz sulfureux au moyen d’un catalyseur de platine.
- En 11)00 déjà, la firme allemande Badische
- conférence du Dr Knietscli reproduite dans plusieurs ouvrages et périodiques lrançais, notamment dans le Moniteur scientifique du Dv Quesneville, en 1902. Il paraît donc utile de faire actuellement, pour le public scientifique, un exposé rapide des procédés employés pour cette importante fabrication.
- Historique. — Humphrey Davy découvrit, en
- Fier. t. — Four mécanique pour le grillage des pyrites (Systems Harris). a, introduction de la pyrite en poudre ; A, sole de séchage; R, râteaux munis de dents inclinées pour ramener la pyrite aux orifices de chute b, c, d, e; A'A", arbres tournants distributeurs d'eau froide dans les râteaux ; E, système d’engrenages ; B, K, O, soles de grillage ; b, c, d, e, orifices par lesquels descend la pyrite ramenée par les râteaux; e, M, transporteur à vis sans fin pour l’évacuation des résidus de grillage; h, rigoles d’entrée d’air contenant les ferrures du four et assurant ainsi leur refroidissement; r, registre d’entrée d’air; s, sortie des gaz de grillage; N, carneau d’entrée'd’air secondaire
- C, collecteur de gaz de grillage.
- A ai Un and Soda Fabrik produisait annuellement 116000 t. d’acide sulfurique fumant ou oléum. La consommation de ce produit et de l’acide sulfurique ordinaire n’a pas cessé de s’accroître depuis et la production française qu’on pouvait évaluer à un million de tonnes en 1913 était, en 1918, de plus de 2 millions. La production des États-Unis, qui était de 4 millions de t. en 1913, est passée en 1918 à 10 millions de tonnes. .
- Avant 1914, l’oléum était surtout produit par l’Allemagne et ce n’est guère que depuis celte date que la France l’a fabriqué en grand. C’est pour cette raison que, chez nous, la littérature technique n’abonde pas en renseignements sur cette question. Il n’existe guère, comme étude approfondie, qu’une
- 1817, les propriétés catalytiques du platine et Peregrine Philipps, fabricant de vinaigre à Bristol, appliqua cette découverte à la préparation de l’anhydride sulfurique. Il fit breveter son procédé en Angleterre (Patent anglais 6096 en 1831). Dôbereimer contrôla les affirmations de Philipps en 1852 et dit à la fin d’un travail sur la préparation d’éthers-oxydes à l’aide du noir de platine : « J’ai pu condenser en acide sulfurique fumant, à l’aide de mousse de platine humide, un mélange de deux volumes d’anhydride sulfureux et un volume d’oxygène ».
- En 1853, Sneider affirma avoir résolu le problème de la fabrication de l’acide sulfurique sans chambres de plomb. Desormes lui écrivait à cette
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- 356 == LA FABRICATION DE L’ACIDE SULFURIQUE ET DE L’OLÉUM
- époque : « ... Je suis convaincu qu’on pourra en tout, cas, avant dix ans, fabriquer en grand l’acide sulfurique à partir de ses constituants sans employer ni chambres de plomb, ni acide azotique, ni azotates; ne vous laissez donc pas abattre et attelez-vous avec courage à celte tâche importante ». Un insuccès complet brisa de grandes espérances.
- Laming employa de la pierre ponce, bouillie avec de l’acide sulfurique concentré, passée dans de l’eau ammoniacale, séchée et additionnée de 1 pour 100 de bioxyde de manganèse. Ses tentatives ne furent pas non plus couronnées de succès. Jullion [Patent anglais 11 425 en 1846) revendiqua le premier l’empl-»i de l’amiante platiné.
- En 1852, Wohler et Mahla montrèrent que, comme la mousse de platine, les oxydes de cuivre, de fer et. de chrome ont aussi une action catalytique sur le mt lange anhydride sulfureux et oxygène et que le mélange d’oxydes de cuivre et de chrome est particulièrement actif. Winckler, en 1875, publia les résultats de ses travaux et fabriqua de l’acide sulfurique fumant en utilisant des mélanges purs d’anhydride sulfureux et d’oxygène.
- Cette fabrication ne devint enfin industrielle que lorsque la Badische Anilin und Soda Fabrik, qui disposait déjà de puissants moyens, fit entreprendre, sous la direction du Dr Knietsch, une étude minutieuse et systématique des conditions physiques et chimiques les plus favorables à la combinaison des gaz. Cette puissante Société tint assez longtemps secrets ses procédés de fabrication, mais des indiscrétions commises à son préjudice l’obligèrent à se couvrir par des brevets. Depuis ce temps, le procédé de contact industrialisé par la Société badoise n’a guère subi que des perfectionnements de détails.
- Préparation du mélange gazeux. — L’acide sulfurique fumant préparé par Winckler était obtenu par la combinaison catalytique de gaz purs provenant de la décomposition de l’acide sulfurique suivie d’une déshydratation. Les tentatives faites pour utiliser ce procédé industriellement en employant les gaz de combustion des pyrites avaient toujours échoué parce que les impuretés provenant du grillage produisaient rapidement une sorte d’empoisonnement de la masse catalytique.
- Les gaz produits par le grillage des pyrites renferment en effet du soufre, du fer, du manganèse, du cuivre, de l’arsenic, de l’antimoine, du phosphore, du mercure, du plomb, du zinc, du bismuth, du sélénium, etc.
- Parmi ces impuretés, l'arsenic, le plomb et le mercure ont une influence particulièrement nuisible.
- L’élimination de ces impuretés a été obtenue par différents procédés de purification que nous étudierons plus loin et aussi par l’emploi de fours de grillage perfectionnés.
- Fours mécaniques pour le grillage des pyrites.
- — Depuis une vingtaine d’années de nombreux systèmes de fours de grillage ont été présentés ;
- quelques types, particulièrement bien établis, sont généralement employés dans l’industrie et, parmi eux, nous citerons le four Moritz et le four Harris.
- Le four Moritz est de forme cylindrique et mesure 5 m. 20 de haut et 4 m. 70 de diamètre; il possède 8 soles superposées. La pyrite, introduite à la partie supérieure, descend à travers les soles, en sens inverse de la montée des gaz. Elle est continuellement bradée par un système agitateur mécanique comprenant un arbre vertical muni à la hauteur de chaque sole, de deux bras amovibles formant râteaux. Le refroidissement de tout ce système constitué par des organes métalliques creux est fait au moyen d’une circulation d’air. La surface totale des soles atteint 104 m2 et ce four peut griller journellement 7 à 12 t. de pyrites.
- Le four Harris, représenté schématiquement par la figure 1, est assez analogue à celui que nous venons de décrire; cependant, sa forme est parallélépipédique et le refroidissement du système agitateur est fait par l’eau.
- Le mélange gazeux sortant des fours à pyrites contient en moyenne 6 pour 100 d’anhydride sulfureux, 12 pour 100 d’oxygène et 82 pour 100 d’azote, c’est-à-dire 4 ou 5 fois plus d’oxygène que n'en exige l’oxydation théorique de l'anhydride’, les principales impuretés sont de la vapeau d’eau, de l’acide arsénieux, des poussières de pyrites et du soufre volatilisé.
- Epuration du mélange gazeux. — Les poussières entraînées mécaniquement par les gaz et dont-la formation, dans les fours mécaniques, est considérablement réduite sont arrêtées dans des chambres à poussières en maçonnerie, au moyen d’un ralentissement dans la vitesse d’écoulement et par des changements continuels de direction provoqués par des cloisons en chicane donnant une longueur totale de passage de 60 mètres. L’élimination des poussières est aussi obtenue quelquefois par précipitation électrique suivant le procédé Cottrell.
- Pour retenir l’acide arsénieux, les gaz sont soumis à un refroidissement au moyen d’un courant d’acide sulfurique dans une tour de Glover analogue à celle que nous avons décrite dans un précédent article. L’acide employé doit posséder une concentration de 50 à 60° Baumé pour que les poussières d’oxyde de fer soient complètement dissoutes; d’autre part, pour dissoudre l’acide arsénieux dont la solubilité diminue lorsque le degré Baumé augmente, il faut employer de l’acide à 30-40°. Pour cette raison, on adjoint généralement au Glover une tour de lavage de 9 m. de haut et de 3 m. 50 de diamètre, construite'en briques vitrifiées revêtues de plomb.
- L’arrosage de cette tour se fait en trombe. Toutes les dix minutes, un siphon à amorçage automatique situé à la partie supérieure, envoie dans la tour 1000 litres d’acide.
- La tour de lavage est suivie par une série de
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- LA FABRICATION DE L’ACIDE SULFURIQUE ET DE L’OLÉUM :----357
- 4 filtres à coke chargés de retenir les poussières qui ont pu échapper aux appareils précédents et les gouttelettes liquides entraînées mécaniquement. La surface filtrante totale de ces filtres peut atteindre 90 m2. Chacun d’eux comprend 6 couches de coke de '250, 120, 25, 8, 6 et 4 mm de diamètre.
- A la sortie des filtres à coke, les gaz arrivent au bas d’une tour de séchage de 9 m. de haut et 2 m. 50 de diamètre. Cette tour, tout à fait ana-loguè à la tour de lavage, est arrosée par de l’acide sulfurique fort qui retient la vapeur d’eau.
- Le dernier appareil d’épuration est un scrubber en tôle de 4 m. de haut et 1 m. 50 de diamètre qui contient plusieurs couches de silex. A la sortie de ce cylindre, les gaz sont repris par un ventilateur muni d'un purgeur d"huile. Ce ventilateur, qui nécessite une force motrice de 18 HP, tourne à 250 tours-minute et peut donner un débit de 2500 m3 à l’heure.
- Réchauffage des gaz.
- — Les gaz ne pouvant être purifiés qu’au moyen d’un refroidissement graduel et la catalyse ne pouvant, d’autre part, se produire qu’à une température relativement élevée, ils doivent, après lavage, filtration et séchage, être réchauffés.
- Le réchauffeur est généralement constitué par un foyer dont les gaz chauds passent à travers un faisceau de tuyaux renfermé dans une chambre de combustion en maçonnerie. Les gaz passent dans ces tuyaux et sont alors dirigés sur la chambre de contact dans laquelle un échangeur de calories achève de les porter à la température requise.
- Chambre de contact. — Cette chambre est en effet constituée par un cylindre en tôle de 5 m. de haut et 2 m. de diamètre. La paroi est double, et c’est entre les deux tôles qu’arrivent les gaz. Ils pénètrent à l’intérieur par la partie supérieure et doivent traverser, avant de sortir par un tuyau inférieur, 4 ou 5 couches de matière catalytique supportées par des plateaux perforés et séparées par des disques en fonte qui forcent les gaz très
- chauds produits par la réaction à lécher les parois du cylindre à travers lesquelles se fait l’échange de calories.
- Le passage à travers les masses catalytiques du mélange d’oxygène et de gaz sulfureux produit l’oxydation de ce gaz sulfureux avec un dégagement de 32 calories.
- Préparation des masses de contact. — Pendant de nombreuses années, on a employé de la mousse de platine ou du noir de platine sur un support réfractaire constitué par de l’amiante ou de la ponce; la difficulté avce laquelle se fait la récupération du platine, a fait renoncer à cette méthode et l’on emploie généralement maintenant un support soluble, tel que du sulfate de magnésie. Le sulfate de magnésie, cristallisé à 7 molécules d’eau, doit être absolument exempt d’arsenic qui, comme nous le verrons plus loin, constitue pour le catalyseur en platine un poison des plus énergiques. On traite ce sel par la chaleur 'a 400-450° et l’on obtient une masse solide que l’on passe dans un concasseur, puis dans un tamis pour obtenir des grenailles de 8 à 12 mm de diamètre, qui constitueront lé support du catalyseur.
- Le platine est utilisé à l’état d’acide chloro-platinique, très soluble dans l’eau et renfermant 40 pour 100 de métal. On fait une solution aqueuse à 10 gr. de platine par litre et, au moyen d’un pulvérisateur, on arrose avec cette solution les grenailles étalées sur des dalles émaillées de telle manière que le support contienne, selon les cas, de 2 à 3 pour 1000 de platine métallique. Un séchage pendant 10 minutes à 350-400° a pour effet d’évaporer l’excès d’acide chlorhydrique et une partie de l’eau.
- Après disposition des masses dans la chambre de contact, on fait passer les gaz, et l’acide chloro-platinique se trouve réduit par le gaz sulfureux. Le catalyseur devient aussitôt très efficace et quand la température, qui s’élève rapidement grâce au caractère exothermique de la réaction, atteint
- Fig. 2. — Chambre de contact à faisceau tubulaire.
- a, entrée des gaz autour des tubes de réaction et dispositit assurant l’échange méthodique des calories; A, entrée des gaz dans les tubes; b, tubes garnis d’amiante platiné; B, sortie des gaz.
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- 450°, la catalyse est complète. Son rendement varie en fonction : 1° du débit gazeux; 2° delà teneur en gaz sulfureux; 5° de la température d’entrée des gaz.
- Empoisonnement et «génération des masses.
- — Gomme les diastases organiques, le catalyseur de platine doit, être soigneusement soustrait à l’action de certains minéraux agissant comme de véritables poisons. Ceci est la raison d’être de l’appareillage considérable d’épuration que nous avons décrit précédemment. L’arsenic, qui est le plus redoutable de ces poisons, peut se présenter sous forme d'acide arsénieux ou d'hydrogène arsénié. Le premier est à peu près totalement arrêté dans la tour de lavage; mais le second, qui peut prendre naissance par l’attaque du fer par de l’acide sulfurique arsenical, n’est arrêté par rien. Il se fixe sur le platine et quand la proportion atteint 1 pour 100 de la quantité de platine, le catalyseur devient complètement inactif. On peut le régénérer par un arrosage de la masse à l’eau régale ou récupérer le platine par dissolution du support dans l’eau.
- Différents types de catalyseurs et chambres de contact. — A la « Badische... » le Dr Knietsch, employait comme catalyseur l'amiante platiné. On l’obtient en imbibant de l’amiants en floches avec une solution de chlorure de platine rendue légèrement alcaline par addition de carbonate de soude. On ajoute un réducteur tel que le formiate de soude et on chauffe au rouge. Le platine est réduit à l’état métallique très divisé ; on lave la masse pour éliminer les dernières traces de matières salines.
- Celte préparation était introduite dans des tubes réunis en faisceau comme le montre la figure 2 et placés dans un cylindre à double enveloppe.
- La circulation des gaz issus de la réaction se fait, en sens inverse de celle du mélange sulfureux et l’on récupère ainsi les calories dégagées par l’oxydation. Cette méthode de refroidissement, dit le D1' Knietsch, « présente quatre avantages principaux :
- 1° On évite la surchauffe de l’appareil et on le maintient à une température telle qu’on puisse obtenir le rendement théoriquement le plus élevé, 96 à 98 pour 100 ;
- 2° La marche à froid empêche que les appareils qui sont en fer, ne soient prématurément détruits par la chaleur;
- 3° On évite la surchauffe de la masse de contact et on lui conserve ainsi pendant des années la même activité.
- 4° On élève la production de la masse de contact et par conséquent de l’appareil ; on envoie constamment de nouvelles quantités de gaz sur les couches supérieures de la substance active sans que la masse même de celle-ci soit surchauffée, réalisant ainsi la température la plus favorable pour obtenir la puissance de production maxima.
- Peu à peu les tubes garnis de substance active
- ont été remplacés par des plateaux perforés recouverts d’une épaisseur plus ou moins grande de matière et l’on s’en tient généralement maintenant à ce dispositif. Le platine est réparti, par exemple, de la manière suivante :
- Platine Sulfate de magnésie
- Couche supérieure . • <> kg 800 kg
- 2e couche • ^kg 800 kg
- 3e couche . . . . . • 2 kg 800 kg
- 4e couche 2 kg 800 kg
- pour une chambre de contact destinée au traitement du gaz provenant d’un four Harris grillant, en 24 heures, 10 à 12 tonnes de pyrites.
- Absorption de l’anhydride sulfurique produit dans les chambres de contact. —- L’anhydride sulfurique est difficilement absorbable par l’eau ou l’acide sulfurique dilué et seul l’acide sulfurique à 97-99 pour 100 est susceptible de l'absorber instantanément et complètement. Cette constatation a été faite par le Dr Knietsch, et les différentes causes de cette particularité apparaîtront clairement après un examen attentif du graphique ci-contre (fig. 5). « La courbe des points d'ébullition, dit le Dr Knietsch, présente en cet endroit un maximum remarquable tel qu’en distillant de l’acide plus dilué ou plus concentré, on tend également à obtenir dans la cornue de l’acide à 98,3 pour 100. Cet acide passe alors constamment à 330° en distillant comme une substance pure (*}.
- « De même, la tension de vapeur à 100°, par exemple, est si faible pour un acide de cette concentration, qu’on peut à peine la mesurer avec des instruments ordinaires.
- a C’est aussi pour cette concentration que la contraction est maxima ; le poids spécifique est en effet plus élevé que celui des acides plus concentrés et moins concentrés.
- « C’est également en ce point que la courbe des conductibilités électriques commence à s’élever pour atteindre un maximum de concentration correspondant au monohydrate.
- « C’est là aussi, dans une certaine mesure, que la passivité du fer commence à se manifester. La puissance d’absorption d’un acide de cette concentration est telle qu’on arrive, avec un seul appareil, à dépouiller entièrement de son anhydride un gaz circulant rapidement ».
- En maintenant constamment la concentration à 97-99 pour 100 au moyen d’un apport continuel d’eau ou d’acide faible et en recueillant le trop-plein, on obtient donc du premier coup de l’acide sulfurique sensiblement au maximum de concentration.
- Les absorbeurs sont de grands cylindres en tôle de 6 m. de long et 1 m. 50 de diamètre. On en prévoit habituellement cinq placés horizontalement et parallèlement à des niveaux croissants depuis le
- 1.. Nous verrons plus tard que la même particularité existe pour l’acide nitrique.
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- : LA FABRICATION DE L'ACIDE SULFURIQUE ET DE L’OLÉUM
- 359
- n° 1. De cette manière l’acide peut être amené d’un absorbeur au précédent au fur et à mesure de sa concentration, selon le principe du contre-courant, mais jamais la concentration de l’acide du cinquième absorbeur ne doit être inférieure à 97 pour 100.
- L’oléum généralement utilisé dans les grandes industries organiques contient 20 pour 100 d’anhydride sulfurique.
- Différents degrés commerciaux de l’acide sulfu-
- 7° L’acide à 66 couvert, concentré à 500° ;
- 8° L’acide à 66 ordinaire, concentré à 260° ;
- 9° L’acide à 60 contenant 56 pour 100 d’eau ;
- 10° L’acide à 53 des chambres de plomb ;
- 11° L’acide glacial à 64 bihydraté, cristallisant en gros prismes transparents rappelant le sulfate de soude et fondant à -h 4° ;
- 12° L’acide à 62° contenant 2/5 de monohydrate et 1 /5 d’eau ;
- lV scosités
- -100 -
- I 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70%
- ACIDITÉ TOTALE EN ACIDE SULFURIQUF 30*H2 DEGRES BAUME ,20°l30°,40°,50°
- O >20% 40% 60% 80%
- ANHYDRIDE SULFURIQUE TOTAL SO3
- 20% 30% 40% ‘ 50%
- Graphique indiquant les principales propriétés physiques de l’acide sulfurique et de l’oléum aux différentes concentrations.
- Fig. 3.
- Échelles graduées : OX, anhydride sulfurique total contenu dans l’acide sulfurique et l’oléum ; a, b, degrés Baumé de l’acide sulfurique; b, c, teneurs des différents oléums en anhydride sulfurique dissous pourcent; L, M, acidité calculée en mono hydrate sulfurique SOIF o/o; OY densités; hk, points de fusion en degrés centigrades.
- Courbes : A, densités à i5°; F, points de fusion ; B, densités à 3o°; E, ébullition, départ ioo°, maximum 338°; N, chaleurs de dissolution; G, tensions de vapeur; D, viscosités; K, coefficients d’attaque du fer et du zinc; H, résistances électriques.
- Les lignes verticales pointillées indiquent les différents acides et oléums commerciaux.
- Exemple : les échelles L, M, a, c et OX se correspondent et si Ton prend par exemple l’acide à 980/0 de monohydrate, on voit que la ligne verticale pointillée représentant cet acide coupe l’échelle LM en son point 98, l’échelle ab des degrés Baumé au point 66°, l’échelle OX de l’anhydride sulfurique total au point 79,6; elle coupe la courbe des densités A au point correspondant à la densité 1840 ou 1,84 sur l’échelle OY, la courbe des points de fusion F au point / correspondant à -+ 3° sur l’échelle hk. La situation spéciale de l’acide à 98 0/0 par rapport aux différentes courbes apparaît clairement.
- rique et de l'oléum. — On fabrique couramment dans l’industrie :
- 1° L’anhydride sulfurique 100 pour 100;
- 2° L’oléum à 70 pour 100 d’anhydride;
- 5° L’acide pyrosulfurique à 45 pour 100 d’anhydride ;
- 4° L’oléum 20 pour 100 ;
- 5° L’acide sulfurique pur 100 pour 100 S041P ;
- 6° L’acide sulfurique à 98 pour 100, concentré à 538° C;
- 13° L’acide à 57 trihydrate (60 pour 100 monohydrate et 40 pour 100 d’eau).
- L’avenir du procédé de contact. — Vers 1865, à propos des essais faits par Kuhlmann pour préparer l’acide sulfurique par l’oxydation catalytique, Mallet disait dans le Dictionnaire des Arts et Manufactures : « La réaction est bien nette, bien positive, l’acide sulfurique se forme et il est constant que l’acide sulfurique ainsi formé doit contenir très peu d’eau, qu’on pourrait ainsi arriver à obtenir de
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- l’acide presque anhydre. Malheureusement, la force catalytique de l’éponge de platine ne tarde pas à s’émousser et, pour lui rendre sa première énergie, il est indispensable de porter le platine à une température rouge. Ainsi l’expérience vint bientôt prouver à M. Kuhlmann qu’il fallait renoncer à l’idée d’introduire cet ingénieux procédé dans les fabriques d’acide sulfurique, qui n’ont aujourd’hui, on peut
- le dire sans crainte, plus de grands perfectionnements à espérer ».
- Aujourd’hui, le procédé de contact est utilisé pour produire d’énormes quantités d’oléum; on l’emploie aussi pour la préparation de l’acide sulfurique «... et l’on peut prévoir, dit le professeur Ostwald, qu’il fera bientôt disparaître l’ancien procédé ». Lucien Mau ;é.
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- Les Concluses constituent un des coins les plus pittoresques et les plus ignorés de notre beau département du Gard.
- Je viens de les revoir par un jour de grand soleil qui faisait flamboyer les hautes falaises crétacées, mais qui n’arrivait point à éclairer complètement le fond des ravins boisés.... Il j a là, à côté d’un spectacle des plus grandioses, une admirable leçon de choses, offerte par la nature, qui mérite tout au moins une description sommaire.
- Je tiens à prévenir cependant que si certains points sont accessibles à tout le monde, les intrépides seuls pourront jouir du spectacle dans toute sa sauvage grandeur (1).
- Le Merderis et Y Aiguillon sont deux pauvres cours d’eau qui prennent leur source non loin des pentes du Bouquet, l’uii près de Yalérargues, l’autre près de Fons-sur-Lussan. Ils traversent une plaine marneuse assez étendue, puis pénètrent dans le calcaire massif, le premier aux environs de la Lègue, le second entre Prades et Lauron, à une altitude d’environ 220 mètres. Ils se rejoignent après leurs cluses à une distance de 6 km — à vol d’oiseau — et dans ce parcours, ils ont abaissé le niveau de leur lit de plus de 100 mètres! Si l’on tient compte que l’altitude du plateau se maintient supérieure à 300 m., on aura une idée du prodigieux escarpement des parois.
- Ces deux canons, et principalement le second — celui d’Aiguillon, auquel les habitants du pays
- 1. Voir dans les Mémoires de la Société de Spéléologie (1003), l’étude spéciale que nous avons consacrée à l’hydro-iogie de cette région.
- donnent plus particulièrement le nom de Concluses (conques cluses) — constituent un exemple des plus typiques de l’action mécanique des tourbillons.
- Le Merderis tire son nom de son état croupissant
- et malpropre ; il se perd dans les cailloux en amont de sa cluse calcaire. Pendant la plus grande partie de l’année, on n’y rencontre plus une seule goutte d’eau et les grandes pluies d’automne parviennent à peine à ranimer son lit. Aussi, dans la partie moyenne de son cours, les arbustes ont-ils envahi le fond du canon au point d’en rendre la descente presque impossible.
- Le première partie de la gorge ne présente qu’un intérêt secondaire. Bientôt Cependant le lit s’abaisse considérablement, les parois offrent des escarpements de plus de 100 m. et le paysage devient très impressionnant. Voici la Combe du Loup, véritable bout-du-monde, qui n’offre qu’une seule issue, à son confluent avec le Merderis. Mais c’est surtout un peu plus bas, sous la ferme de la Quiquié, que le spectacle devient merveilleux. Le lit du ravin n’a souvent que 3 ou 4 m. de largeur, et les parois s’élèvent à pic de chaque côté. L’action mécanique des eaux courantes peut être ici prise Sur le vif. Les cascades, les défilés, les marmites d’érosion ne se comptent plus. Les coudes du ravin sont très nombreux et très brusques, et chaque fois qu’une paroi rocheuse est venue barrer le lit du ruisseau, il s’est produit des tourbillonnements qui ont affouillé le calcaire et creusé de larges excavations.
- A la Font de Quaire-Pattes, la seule qu’on rencontre en ces parages solitaires, les eaux ont formé un abri très étendu, mais très bas où l’on ne pé-
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- Fig. i.
- Carte des « Concluses » de Lussan.
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- Fig. 2 à 6 — Quelques aspects des Concluses de Lussan.
- àjgauche, le Roc de VAigle, à droite, vue au milieu des Etroits.
- Le canon de Concluses à Lussan : Le portail (phot. Mazanne).
- En bas :
- à gauche, rochers aux environs de Malpas. à droite, début du chenal des Étroits.
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- nètre qu’en rampant sur les mains et sur les genoux.
- Le'point le plus curieux se trouve à quelques centaines de mètres en aval. Les murailles rocheuses offrent un prodigieux à pic de près de 200 mètres. Elles sont taraudées, contournées de mille manières ; on y voit jusqu’à deux et même trois étages d’abris superposés. Du fond de cette étroite fissure, il faut lever la tête pour apercevoir le ciel lumineux. Nous avons donné à ce coin ignoré le nom de « les Abris ».
- La gorge prend fin à quelques distance sans qu’on ait rencontré la moindre réapparition du ruisseau souterrain. A l’extrémité se trouve une faille qui court vers Goudargues, les eaux d’inondation ont creusé là un grand trou où elles disparaissent sous les pierrailles. La source de Goudargues — une des plus belles de notre Midi — n’a probablement pas d’autre origine que les eaux stagnantes du Merderis englouties à l’entrée de la cluse.
- Plus favorisé que le Merderis, Y Aiguillon ne disparaît pas complètement au seuil de sa gorge calcaire; il coule encore jusqu’au milieu du canon, mais son débit diminue insensiblement et se réduit à un mince filet d’eau. Bientôt même — surtout en été — l’absorption est complète, et, par des canaux invisibles, la rivière va rejoindre le Merderis souterrain.
- Un peu en aval de l’entrée, assez majestueuse, on remarque trois superbes « conques » étonnamment régulières, connues sous le nom de « las Très Tinos ». C’est la première cascade. A partir de cet endroit, et presque à chaque contour du ravin, nous trouverons une cascade le long de laquelle le tourbillonnement des eaux a produit comme un chapelet de grandioses marmites de géants, toujours remplies d’une eau colorée en vert sombre. Certaines n’ont pas moins de 8 à 10 m. de diamètre. Plusieurs doivent communiquer entre elles par des voies souterraines. Presque toutes ont un nom spécial; l’une des plus grandes — la tino de Joseph — rappelle un pénible événement (suicide). Aux abords du « Serre de Saint-Martin », les affouillements deviennent innombrables. Mais ici, le paysage est plus ample qu’au Merderis ; on en saisit plus aisément la majestueuse grandeur. D’ailleurs, la vue de toutes ces conques où l’eau prend de belles teintes d’émeraude contribue à l’animer quelque peu.
- Ce sont d’abord les abris ou baumes du Bœuf, puis ceux de Y Autel et du Malpas, gigantesque rocher à pic que l’on ne contourne qu’avec peine. Les promontoires alternent d’une rive à l’autre, forçant la rivière à de nombreux contours. Le plus beau de tous est le Cul-de-Bœuf dont le nom est assez explicite. En amont, le vent s’engouffre dans une fente produisant un bruissement particulier : d’où le nom du Roc du papier.
- En aval, sur la muraille verticale du Roc de l’Aigle, trois énormes nids accrochés au rocher,
- témoignent suffisamment, que ce roi de l’air est encore seul maître en ces farouches solitudes. Bientôt les deux parois s’écartent l’une de l’autre pour former un cirque délicieusement boisé; c’est le Plan du Banquier. A droite, le Serre de Saint-Martin, couronné par les ruines d’un oppidum celtique, projette une ombre immense dans la vallée. A gauche, le long d’une muraille prodigieuse, taillée à l’emporte-pièce, un sentier vertigineux s’élève jusqu’au point culminant du plateau où veille, depuis des siècles, le plus beau menhir de notre Midi.
- Au delà du cirque, les deux lèvres du canon vont à la rencontre l’une de l’autre et le ravin paraît définitivement barré. En se rapprochant, on distingue cependant une étroite fissure à travers laquelle le ruisseau est parvenu à se frayer un passage. C’est la partie la plus sauvage et la plus intéressante du canon. Elle débute par importait gigantesque aux parois largement excavées à la base, mais si rapprochées au sommet, qu’un homme vigoureux franchirait aisément l’espace qui les sépare (Saut-du-Loup). En aval, la gorge est si étroite (de 4 à 5 m.) et si élevée (150 m.) que nous n’avons pu l’explorer qu’au prix de difficultés inouïes. Tantôt, il faut suivre le lit du ravin et se livrer à des prodiges d’équilibre à travers les marmites échelonnées. Tantôt, au contraire, il faut s’accrocher aux parois verticales et avancer lentement, les pieds suspendus dans l’abîme.
- Actuellement, la descente des Étroits doit être considérée comme impossible. 11 faut souhaiter vivement qu’une passerelle convenablement installée, comme celle des Gorges du Fier, puisse permettre à tout le monde l’accès de cette merveille unique dans la région.
- Après avoir contourné le Puech Bénard, passé sous le Roc de la Fortune et celui des Barbajoou (Hirondelles grises), le lit du ravin s’étale dans une combe beaucoup moins tourmentée et ne ressemble plus qu’à un triste chemin pierreux; c’est la fin du merveilleux canon.
- L’Aiguillon, comme le Merderis, ne présente sur l’une et l’autre rive que quelques grottes insignifiantes. La pente exceptionnellement rapide n’a pas permis à ces ruisseaux de lancer des dérivations à droite ou à gauche. Ils creusent surtout en profondeur. Leurs gorges constituent, nous l’avons dit, un remarquable exemple du travail mécanique des eaux courantes. Elles fournissent en faveur de la thèse de M. le professeur Jean Brunhes, sur la Tactique des tourbillons, tout un ensemble de faits absolument concluants.
- L’action tourbillonnaire est visible partout, sur toute la longueur des Concluses. Lorsqu’une des grandes marmites vient à se dessécher, en été, on observe que le fond en est rempli de nombreux cailloux blancs sphériques, généralement plus gros qu’un œuf, mais moins gros que la tête. Il est visible que tous ces cailloux contribuent à la fois à l’élargissement des cuves. Mais ils n’entrent en
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- action que lorsque le volume d’eau est suffisant, surtout pendant les crues exceptionnelles. A ce moment, l’action tourbillonnaire, combinée à la pression, doit être formidable au fond de ces couloirs étroits et le long des cascades.
- En somme, le régime actuel de ces gorges peut être résumé de la manière suivante :
- 1° Un travail souterrain invisible, travail effectué
- d’une façon permanente le long de fissures d’ordre tectonique, par les eaux disparues en amont de la gorge ;
- 2° Un travail intermittent qui s’effectue en pleine lumière à l’époque des crues violentes et qui se manifeste surtout par l’action mécanique des tourbillons.
- Feux Mazxuric.
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- Fig. i. — Un transport aérien pour chargement fluvial. (Région de Mons-Hainaut).
- A part de rares exceptions, on constate dans tous les pays, une accentuation de l’insuffisance de la production charbonnière. Une des causes essentielles de cette situation est la fréquence des conflits d’ordre économique ou d’ordre politique, mais il ne faut pas tenir pour négligeables (et en France particulièrement), l’insuffisance de la main-d’œuvre, la réduction de l’horaire de travail et le désastre subi durant la guerre, par nombre d’installations charbonnières des bassins envahis.
- Et nous en passons.
- Au surplus la résultante est toujours la même : la pénurie des produits charbonniers s’accentue. Non seulement, elle atteint la consommation domestique astreinte au rationnement, mais elle contrarie aussi la restauration des autres industries tributaires : la métallurgie, la verrerie, les industries d’alimentation, du vêtement, de la construction, sans compter que la hausse constante des charbons de soute favorise l’agiot du fret.
- La Belgique n’est pas épargnée. Il s’en faut. Non seulement elle ne parvient pas à satisfaire ses propres besoins, mais il lui est impossible de tenir
- ses engagements vis-à-vis du Gouvernement français. On sait en effet qu’en suite d’un accord entre les départements ministériels intéressés, la Belgique devait livrer mensuellement à la France 200000 tonnes de combustible divers. Or, elle livre à peine de 55 à 50 000 tonnes. Le déchet est sensible. U ne faut donc pas s’étonner qu’il y ail parfois en France, dans les milieux économiques, un certain énervement contre les autorités belges... qui n’en peuvent mais....
- Le gouvernement belge et les groupements industriels patronaux -et ouvriers se sont émus de cette situation. La question a été examinée avec beaucoup d’attention et des solutions ont été proposées. Elles diffèrent. Et nous n’étonnerons personne en disant que les organismes intéressés y ont apporté parfois un esprit personnel. C’est humain.
- Cependant, il semble résulter de toutes les propositions émises et surtout des tendances qui se manifestent que, la bonne volonté de tous aidant, un sérieux développement de l’industrie charbonnière belge ne tardera pas à se manifester.
- Fig. 2. — Les travaux de foncement de nouveaux puits. : (Région du Centre-Hainaut.)
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- Nous dirons plus loin sur quelles bases celte évolution se manifestera. Mais en attendant il nous paraît nécessaire de montrer quelle est actuellement la situation de la production charbonnière belge.
- Durant 1919 il y euten Belgique un fléchissement manifeste de la production sous l’empire de toutes sortes de circonstances : la réduction du travail, les grèves, etc. Tous les bassins du pays subissaient cette crise : les trois bassins du Hainaut (Charleroi, Borinage et Centre), la région de Namur, le bassin de Liège et celui du Limbourg.
- C’est ainsi qu’en juillet 1919 la production moyenne du pays était de 86,8 pour 100 de celle de l’avant-guerre. La production totale des mines belges était 1 467 420 tonnes en juillet 1919 et majorée de 192050 tonnes en juillet de la même année. Cette production était assurée par 147 471 ouvriers, dont 54 481 au Borinage, 24751 dans le Centre, 46 596 dans le pays de Charleroi, 9901 dans la région de Namur, 56 104 dans le bassin de Liège et 1558 dans le Limbourg. Cette totalité était supérieure de 1200 environ à celle de juin.
- Comme nous le faisions remarquer, à première vue, il y avait progrès sur 1914, puisqu’en juin 1914, on ne comptait que 147 226 ouvriers. Mais en réalité, il n’y avait progrès que dans deux bassins importants, ceux du Borinage et du Centre. Ailleurs, à Liège, à Charleroi, à Namur, il y avait déchet, et déchet sensible, car le progrès constaté ailleurs est dû à l’arrivée des ouvriers de la Flandre. Or, la plupart de ces ouvriers ne sont employés que dans des travaux secondaires et non dans les travaux de l’abatage proprement dit.
- En octobre dernier, la production belge était de 1 884 740 tonnes équivalente ou presque à celle de 1915, exactement de 99 pour 100.
- Le résultat était remarquable et peut-être unique dans l’industrie minière mondiale, parce qu’il se produisait malgré la réduction de l’horaire de travail à 8 heures et demie. Mais la progression s’est accentuée.
- Il y a quelques semaines, le Département de l'Industrie et du Travail a fait connaître qu’en mars dernier, la production globale minière belge avait été de 105 pour 100 de celle de 1915. Certes il y a eu une augmentation sensible de l’effectif ouvrier, mais il ne faut pas oublier que la journée de 8 heures est établie en Belgique alors que l’horaire de 1915 était de 10 heures.
- En conclusion on peut dire que le résultat atteint est remarquable et qu’il y a lieu de s’en féliciter. Cette progression, peut-être unique dans les annales minières, surtout en raison des circonstances, est due à deux causes essentielles : la bonne volonté apportée par le salariat ouvrier, désireux de ne pas porter préjudice au pays du fait de la réduction du travail et l’initiative dont fait preuve l’industrie elle-même.
- Et ce dernier facteur n’est pas le moins intéressant. Nous assistons, en effet, à une transformation
- radicale de l’industrie charbonnière belge. Trop longtemps maintenue en des procédés d’exploitation presque surannés, trop morcelée, cette industrie n’assurait pas un rendement suffisant. Il fallut la guerre et surtout les exigences de l’essor économique qui a suivi le conflit, pour montrer combien il importait d’entreprendre une intensification de la production par la modernisation de l’outillage.
- Et actuellement tous les charbonnages des bassins belges étudient ou transforment les procédés d’exploitation. Les chantiers sont étendus. On crée de nouveaux sièges d’extraction ; on multiplie les centrales électriques, les triages, les lavoirs, les batteries de fours à coke, etc.
- Dans les travaux du fond, les procédés mécaniques d’abatage tendent à remplacer le travail à main, malgré les difficultés rencontrées dans les chantiers de faible « puissance », étroits ou contrariés par des « failles » qui dérangent la veine. L’emploi des haveuses mécaniques, des marteaux-pics se généralise. Au transport par chevaux dans les bouveaux de roulage, on substitue la traction électrique ou l’air comprimé.
- La transformation ne s’arrête pas à ces entreprises intérieures. Bésolument les sociétés minières entament des travaux de creusement de nouveaux sièges, sans compter que dans le Limbourg les premiers puits sont déjà en extraction et que l’on active la mise en état de nombreux autres sièges.
- C’est surtout dans la région du Hainaut, proche de la frontière française que les entreprises de construction de nouveaux sièges sont entamées. Il y a là une zone non encore exploitée qui continue — nous l’avons marqué il y a quelques années dans une chronique qui parut dans La Nature — le bassin français d’Anzin, de Thivencelle et de Quievrechain.
- C’est ainsi que l’Ouest de Mons va construire deux nouveaux charbonnages, à quelques kilomètres de la frontière, près de Quiévrau et que la même Société va remettre en activité un siège à Baisieux. De même le charbonnage d’Hensies-Pommerœul, tout proche lui aussi de la frontière, a entamé les travaux de foncement d’un nouveau siège. Et d’autres sont à l’étude, toujours dans le bassin de Mons.
- Il n’en va pas autrement dans les autres bassins du Hainaut. A Bessaix, un double puits va être établi. Du côté de Charleroi, on nous signale deux sièges en préparation à Marcinelle-Nord et à Ham-sur-Sambre.
- Et ce n’est pas tout.
- Dirons-nous enfin que le Gouvernement a décidé de faire un essai de nationalisation minière, en réquisitionnant le charbonnage de Wandre (région de Liège) qui appartenait avant la guerre à une Société allemande et dont les rendements d’exploitation sont avantageux.
- Bref, l’élan est donné et on estime que de cet ensemble de faits résultera, avant longtemps, une
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- augmentation très sensible de la production minière-belge, au profit de tous.
- Evidemmenttoutes ces transformations sont légitimées par les circonstances et par une meilleure compréhension des besoins du pays. C’est entendu. Mais on aurait mauvaise grâce à ne, pas marquer l’esprit
- d’initiative, la méthode et la pondération de tous les facteurs de production, du salariat aussi bien que des sociétés industrielles. Et à dire vrai, il y a peut-être l'a un exemple et une leçon.
- Marius Renard.
- Directeur de l’Institut provincial des Arts et Métiers du Ilainaut Membre du Conseil Supérieur de l’Enseignement technique.
- L’INSTITUT INTERNATIONAL D’AGRICULTURE DE ROME
- Primo vivere, deincle philosophai'i, dit un axiome célèbre. Il faut d’abord vivre. Cetie nécessité place au premier rang des industries l’agriculture. A aucune époque plus qu’aujourd’hui l'importance de l’industrie agricole ne s’est montrée essentielle, fondamentale. La faiblesse des récoltes combinée avec la pénurie des transports a conduit beaucoup de peuples au bord de la faminù en même temps que favorisé les tractations et spéculations scandaleuses dont le public est victime en dépit de la solidarité humaine dont on parle tant surtout depuis qu’on la pratique peu.
- Il est de toute nécessité aujourd’hui que tous les peuples ayant une agriculture s’ingénient à lui faire rendre le maximum dans les conditions les plus avantageuses, de manière à atténuer les conséquences désastreuses de la guerre et à favoriser le relèvement des autres industries. Le moins d’importations possibles, surtout en matières d’alimentation, c’est devenu une condition capitale de la reprise de notre vie économique normale.
- Mais pour augmenter la production et le rendement, il importe de se tenir au courant des progrès réalisés non seulement autour de soi, mais dans les régions les plus éloignées. Rien ne doit être négligé. Il faut profiter de toute initiative heureuse. D’où la nécessité d’un organisme centralisateur qui ne peut être qu’international. Cet organisme existe depuis une quinzaine d’années. C’est l’Institut International d’Agriculture de Rome que pourtant, bien peu d’intéressés connaissent et que ces lignes ont pour objet de signaler à l’attention publique.
- La fondation de l’Institut International d’Agriculture est due à l’initiative généreuse de Victor Emmanuel III, roi d’Italie. Le souverain avait reçu en audience l’Américain David Lubin, promoteur de l’idée de cette institution. Il fut immédiatement frappé de l’utilité de sa réalisation et, le 24 janvier 1905, il écrivait à son premier ministre, M. Giolitti, la lettre qui peut passer pour la charte constitutionnelle de l’Institut.
- Voici en quels termes le roi s’exprime dans cette lettre :
- « Les classes rurales qui sont généralement les plus nombreuses et ont partout une grande influence sur le sort des nations, ne peuvent cependant, dispersées comme elles le sont, faire ce qu’il faudrait pour améliorer les diverses cultures et les distribuer suivant les besoins de la consommation. Elles ne peuvent pas non plus défendre suffisamment leurs intérêts sur le marché qui, pour les produits les plus importants du sol, s’étend de plus en plus jusqu’à se confondre avec le monde entier.
- « Il pourrait donc être de la plus haute utilité de fonder un Institut international qui, en. dehors de toute visée politique, se proposerait d’étudier les conditions de l’agriculture dans les différents pays du monde et signa-
- lerait périodiquement la quantité et la qualité des récoltes, de manière à en rendre la production plus facile, le commerce moins coûteux et plus rapide, de telle sorte que les prix en fussent mieux établis. Agissant d’accord avec les Offices nationaux créés à cet effet, il fournirait aussi des informations précises sur les conditions de la main-d’œuvre agricole dans les différents pays de manière que les émigrants puissent s’en servir comme d’un guide utile et sûr; il provoquerait des accords en vue d’une défense commune contre les maladies des plantes et du bétail, contre lesquelles une défense localisée est moins efficace. Il exercerait enfin une action opportune sur le développement de la coopération rurale, des assurances et du crédit agricole. »
- Il y a dans ces quelques lignes un programme substantiel qui embrasse tous les grands desiderata du monde agricole. L’invitation du roi fut entendue. Et la réalisation de l’idée de David Lubin ne tarda pas. Le 28 mai 1905, une Conférence internationale se réunissait à Rome et aboutissait, le 7. juin, à une Convention qui consacrait la création de l’Institut.
- Aujourd’hui soixante États en font officiellement partie. Sur les 1700 millions d’habitants que renferme l’univers terrestre, il n’y en a guère qu’une trentaine qui soient restés en dehors. C’est donc l’Institut le plus vaste qui existe.
- Sa direction est confiée à une Assemblée générale et à un Comité permanent. L’Assemblée se réunit tous les 2 ans. Chaque Etat peut avoir un représentant au Comité permanent, ou se faire représenter par le délégué d’un autre État. La seule condition à ces remplacements est que le Comité permanent ne compte pas moins de 15 membres effectifs.
- Le Comité permanent élit pour 3 ans un Président et un Vice-président qui sont rééligibles, et forment avec les présidents des quatre grandes commissions (Administration générale, Statistique, Renseignements agricoles et maladies des plantes, Institutions économiques et sociales) un Comité spécial, sorte d’émanation du Comité permanent.
- Actuellement, le président de l’Institut internationa d’Agriculture est le marquis Capelli. Le vice-président est, depuis la création, M. Louis-Dop, délégué de la France, qui a eu l’amabilité de nous documenter sur une institution à laquelle il se dévoue passionnément depuis 15 ans.
- Les recettes de l’Institut sont formées par un revenu de 300 000 lires par an, don du roi d’Italie, les contributions des Etals adhérents, les intérêts du fonds de réserve, la vente des publications. Pour la dernière année normale de son existence avant la guerre (1914), les prévisions de recettes étaient de 1 172 835 lires et celles des dépenses de 921500 lires. Le fonds de réserve se montait alors à 500000 lires.
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- 366 : L’INSTITUT INTERNATIONAL D’AGRICULTURE DE ROME
- Les États adhérents sont classés en fl catégories suivant qu’ils ont réclamé 1, 2, 5, 4 ou 5 voix. Les Étals à 5 voix paient 16 cotisations unitaires de 2500 francs, soit en tout 40 000 francs. Les États à 4 voix paient 8 parts, ceux à 5 voix 4, ceux à 2 voix 2 et ceux à 1 voix 1. Les États de la première catégorie— à 16 parts de cotisation — sont : l’Allemagne, l’Argentine, l’Autriche, le Brésil, la Chine, la Turquie, l’Espagne, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, le Japon, la Roumanie et la Russie.
- La guerre a naturellement apporté des perturbations dans le fonctionnement de l’Institut qui devra être modifié d’après les nouvelles divisions géographiques de l’Europe. Ses re elles se sont aussi trouvées affectées par le cataclysme que nous venons de traverser, un certain nombre d’Etats ayant oublié d’exécuter leurs engagements financiers.
- L’organisation intérieure de l’institut a fait l’objet d’un règlement élaboré par le Comité en 1908. Elle est fort libérale. Elle prévoit un secrétaire général, deux chefs de division, un bibliothécaire, des chefs de section, des adjoints au secrétaire général, des rédacteurs-traducteurs, des commis et des sténo-dactylographes. Les traitements d’avant-guerre étaient de 1800 à 3240 francs pour les dactylos, de 2400 à 5400 pour les commis, de 4000 à 8000 pour les rédacteurs, de 6000 à 9000 pour les adjoints, de 10 à 15000 pour les chefs de secli in et le bibliothécaire, de 20 000 pour les chefs de division et de 22 000 pour le secrétaire général.
- Aucun prélèvement n’est effectué pour la retraite sur les appointements, mais chaque mois l’Institut verse, en dehors de ces appointements, 15 pour 100 de leur valeur au crédit des employés. Les deux tiers de ces versements sont capitalisés, l’autre tiers sert à payer les primes d’une police d’assurance mixte qui sera remise au titulaire à son départ avec le produit de la capitalisation, ce dernier toutefois à condition que cet employé ait 8 ans de services.
- La durée des Congés annuels qui peuvent être pris en une ou plusieurs fois, à n’importe quelle date, est de 60 jours pour tous les chefs de service, de 45 jours pour les rédacteurs et de 30 jours pour les commis et dactylos. .
- L’Institut est superbement installé dans l’ancien palais Mancini, donné par le roi d’Italie. Les quatre grandes sections entre lesquelles il partage son activité sont d’abord le Secrétariat général dont dépendent, outre U Administration générale, la Bibliothèque elle Bureau de Législation agricole. La bibliothèque comptait déjà au moment delà déclaration de guerre plus de 35000 volumes et 28 000 brochures (*). Elle publie depuis 1909 un Bulletin bibliographique hebdomadaire, donnant les titres et sommaires des ouvrages dont elle s’enrichit. Le Bure.au de législation agricole édite de son côté un Annuaire donnant en français les lois et règlements les plus importants promulgués au cours de l’année précédente dans tous les pays adhérents.
- Le Bureau de statistique générale a sur les bras un travail formidable consistant à coordonner les statistiques
- 1. Actuellement elle compte environ 70 000 pièces. Le nombre des Revues reçues est de 2660.
- du monde entier. Il remplit sa tâche au moyeu d’un Bulletin mensuel, d’un Annuaire de statistique agricole, et de Monographies spéciales. Parmi les monographies éditées par ce Bureau, signalons le petit Becueil des coefficients pour la conversion des poich, mesures et monnaies au système métrique décimal, dont la troisième édition date de 1912, et les Bases théoriques de la statistique agricole internationale, par le professeur Ricci.
- Le Bureau de statistique générale public également des Feuilles de documentation, des Isoles statistiques sur les céréales, une Revue des engrais et produits chimiques utiles à l’agriculture, et une Revue des aliments concentrés pour le bétail. Ces deux Revues sont annuelles.
- Le Bureau des renseignements agricoles et des maladies des plantes publie un Bulletin mensuel de renseignements agricoles en cinq langues et des Monographies.
- Le Bureau des Institutions économiques et sociales publie également un Bulletin et des Monographies dont les plus importantes se rapportent à la Coopération agricole dans les divers pays.
- On trouvera sur l’œuvre de l’Institut international d’Agriculture une brochure substantielle, qui résume son action, due à la plume de M. Louis-Dop, délégué français et vice-président de l’Institut. Cette plaquette constitue la meilleure justification d’une institution qui a déjà rendu les plus grands services et est destinée à en rendre d’immenses dans un monde ou la solidarité agricole est devenue le premier des besoins. L’agriculture est l’industrie primordiale, celle qui permet à toutes les autres de subsister. Dans certains pays, elle est beaucoup plus avancée que dans d’autres. La France, malheureusement pour elle, en ce moment, ne figure pas parmi les premiers. Ses terres ne produisent guère que la moitié de ce qu’elles devraient produire, et. ce défaut de rendement est en grande partie la cause de la crise économique intense que nous traversons. Lorsque les méthodes culturales les plus perfectionnées auront obtenu droit de cité à travers tout le pays, nous serons définitivement assurés contre les risques de retour du pain brun et du régime de restrictions qui jusqu’ici n’a guère amené qu’un développement de la spéculation.
- Le jour où ses gouvernants sauront le vouloir, la France n’aura besoin de personne, pas plus au point de vue industriel qu’au point de vue agricole. L’Institut International d’Agriculture, en vulgarisant les procédés et méthodes de tous les initiateurs, contribuera à hâter l’arrivée de ce jour. II suffit pour cela que le Ministère de l’Agriculture et les Syndicats agricoles travaillent à la diffusion de ses utiles publications. Nous ne devons pas oublier qu’une lumière sous le boisseau, fut-elle étincelante, n’est que simples ténèbres (*).
- Léorou) Reveiu.iion.
- 1. Nous ne devons pas oublier non plus que l'Institut constitue une sorte d’agent moral de propagande française. D’après son statut constitutionnel, la langue agricole est la langue française. Toutes les mesures qu’il emploie sont empruntées au Système ‘métrique qui sert à la réduction de toutes les unités étrangères.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’avril et mai igao.
- L’indice condylien. — On sait que le condyle représente en somme la contre-empreinte osseuse de la cavité articulaire supérieure de la première cervicale. En multipliant par 100 le rapport des diamètres antéropostérieur et transverse, le Dr Baudoin obtient un indice, extrêmement précieux en préhistoire, pour l’étude des grands ossuaires néolithiques, où les crânes sont toujours brisés. Pour le sexe masculin, en effet, les chiffres varient de 40 à 50, pour le sexe féminin de 50 à 70. De • plus, on peut diagnostiquer ainsi le sexe d’après de simples dessins ou des photographies delà norma inferior, quelle que soit l’échelle de la figure.
- Le rendement des appareils pélagiques. — La note de M. Louis Boutan résume deux expériences qui mettent en évidence l’importance de la nature du filtre pour le rendement de la pêche pélagique : on doit en effet obtenir un passage rapide de l’eau, tout en évitant le colmatage des animaux recueillis.
- L’appendice cæcal du lapin. — Pour M. Portier, les vitamines ne sont autre chose que des nucléines fécondatrices, et dès qu’un animal n’en trouve plus dans sa nourriture, il héberge au milieu de ses tissus une bactérie, une levure ou un protozoaire, qui peut en produire. Or, le lapin est un des mammifères qui se préservent le mieux des accidents de la carence; les microorganismes de son intestin pénètrent dans le milieu intérieur, au niveau des lymphoïdes, pour y être phagocytés, de là une production continue de nucléine. En cherchant à voir, comment se comporte cet animal quand on le prive de l’appendice cæcal, M. Portier a constaté que la portion terminale du cæcum se modifie, s’infiltre de lymphocytes, et régénère ainsi un nouvel organe, qui possède les mêmes caractères histologiques et physiologiques que celui dont on a fait l’ablation.
- La rétention lactée. — Elle se produit lorsque le lait collecté dans les sinus, les conduits et les acini n’est pas complètement évacué par la traite ou la succion. De là une tension intra-glandulaire et des changements dans la composition du lait qui, au dire de M. Porcher, ne sont pas, comme on le croit souvent, le fait d’une affection ou d’une maladie aiguë, telles que la pneumonie ou la fièvre typhoïde.
- La stérilisation par les acides. — On admet, le plus souvent, une relation étroite entre le pouvoir nocif des acides sur les bactéries et la concentration des solutions en ions hydrogène. Le mémoire de M. Àubel résume les essais qui ont porté sur le bacille pyocyanique, et semblent montrer que la nature de l’acide a un rôle plus important que le nombre des cathions.
- L’origine des Orbitoïdés. — Leur groupe comprend les Foraminifères à test poreux, qui se sont développés à la façon des Orbitolites, en vivant comme eux sur les algues. Leur parenté avec les Arnaudiella a permis à M. Douvillé d’avoir une indication utile sur les formes spiralées ancestrales.
- Le cup-ferron. — Ce sel d’ammonium d’une hydroxy-lumine précipite le fer et le cuivre en solution acide, de
- là son emploi en analyse et M. Auger vient, à la suite d’une série de dosages, de constater son utilité pour la recherche du vanadium et de l’uranium.
- L’acide iodique employé comme réactif. — M. De-nigès établit le rôle très important que l’acide iodique peut jouer en microchimie. Sa solution h 10 pour 100, donne, même lorsqu’il s’agit de sulfates, des cristaux très caractéristiques d’iodate de Ba, de Ca ou de Sr. La réaciion est suffisamment sensible pour déceler des traces de métal ; elle permet par exemple, avec moins de 1 mmg de S0*Ba, qu’on réduit à la flamme du Bunsen, de séparer l’ion métal, à l’état d’iodate, de l’ion soufre, mis en évidence par le nitroprussiate de sodium.
- La conservation des traverses de chemins de fer. — Le manque de créosote a obligé les Compagnies à utiliser d’autres antiseptiques et, sur leur demande, MM. Devaux et Bouygues ont entrepris une étude systématique, dont l’importance ne saurait échapper aux yeux des moins prévenus, quand on rappelle que l’ensemble des réseaux français consomme annuellement 6 millions de traverses, dont la durée varie entre 10 et 20 ans. D’après ces ingénieurs, le fluorure de sodium, s’il présente en lui-même les qualités demandées, n’en doit pas moins être rejeté pour lavprotection des bois soumis aux intempéries, parce qu’il en est rapidement enlevé et les laisse ainsi sans défense.
- Les hydrolyses par ionisation mécanique de l’eau.
- — Des essais antérieurs ont montré à MM. Abelous e Aloy que la pulvérisation d’une solution de saccharose, ou le passage d’un gaz inerte, détermine l’interversion d’une partie du sucre. De nouvelles expériences leur ont montré que la simple agitation provoque l’hydrolyse partielle de l’amidon, du lactose, des graisses neutres et de la fibrine. Les effets s’augmentent par élévation de température ou addition de sucs digestifs bouillis.
- Le sous-azoture de carbone. — Le professeur Moureu a eu la touchante pensée de rendre un hommage ému à la mémoire de son brillant collaborateur, J.-Ch. Bon-grand, tué sur le front de Lorraine en avril 1916. La note qu’il présente à l’Académie résume les expériences en cours en août 1914 sur le sous-azoture de carbone C4Az2, expériences qui viennent d’être reprises au Collège de France! par M. Mignonac.
- La recherche spectrographique des métaux. — M. de Gramont revient sur les communications de M. Dele-zenne, touchant la présence du zinc dans les organismes humains, pour indiquer que la méthode des spectres de dissociation dans l’étincelle, obtenus par l’intermédiaire des sels alcalins en fusion, s’applique à la recherche de la majorité des métaux (l’uranium et les terres rares font exception), et d’une partie des métalloïdes dans toutes sortes de cendres. Elle est d’ailleurs d’une sensibilité extrême et qui dans le cas des sels de fer atteint le millionième.
- Le refroidissement à l’intérieur d’un lingot d’acier.
- — Les attaques au réactif cuprique ou à l’àcide sulfu-îique dilué font ressortir les zones structurales qui
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- prennent naissance pendant le refroidissement dans la lingotière ou le moule de sable. La nouvelle technique de MM'. Descolas et Pretet renseigne sur la progression du phénomène au sein de la masse ; elle donne, dans la section du lingot brut, le tracé de lignes orthogonales aux surfaces de solidification. Les dessins très nets ont permis de préciser le mécanisme du fonctionnement de la masselotte.
- Réactions réversibles de l’eau sur le tungstène et ses oxydes. — En prolongeant l’action d’un courant de vapeur d’eau sur du tungstène chauffé au rouge, l’oxydation laisse obtenir TuO’’. M. Georges Chandor a noté la série d’équilibres qui admet comme phases solides les oxydes intermédiaires.
- Le rhodium colloïdal. — L’alliage zinc-rhodium ayant été obtenu, et le premier métal éliminé par l’eau régale, MM. Zenghelis et Papaconslantinou ont réduit le chlorure par l’acide formique pour obtenir le rhodium à l’état colloïdal. Ils eurent par la suite des solutions assez concentrées pour pouvoir étudier l’action catalytique, notamment dans la synthèse de l’ammoniac.
- Une nouvelle plante à coumarine. — Signalée dans une trentaine de plantes [notamment, la Flouve, les Mé-
- lilots, l’Aspérule et la Lavande], la coumarine vient d’être décelée par MM. Guérin et Goris dans les feuilles de Me-litlis Melissophyllum, et cette Labiée la renferme sans doute à l’état de glucoside dédoublable par l’émulsine.
- Les gaz de combat. — M. André Mayer, qui a créé le Service d’études physiologiques des corps nocifs utilisés pendant la guerre, vient d’établir un classement de ces toxiques d’après leur mode d’action. Parmi les suffocants, il cite les cétones bromées, la chloropicrine, l’acroléine, le chlore et les vapeurs nitreuses ; parmi les irritants, les arsines halogénées et la phénylcarbylamine dichlorée ; enfin parmi les vésicanls, le sulfure d’éthyle dichloré et certaines arsines.
- Sur la pelletiérine et lamélhylpelletiérine. Tanret découvrit quatre alcaloïdes dans l’écorce de grenadier, et malgré leurs efforts, Hess et Eichel n’ont pu déceler celui qui est doué de pouvoir rotatoire. M. Georges Tanret établit une fois de plus, que la faiblesse des rendements (5 cg au kg d’écorces) rend l’étude de l’iso— pelletiérine particulièrement délicate, et marque avec quelle prudence on doit, dans la préparation, avoir recours aux alcalis et aux réactions qui nécessitent l’emploi de la chaleur.
- Paul B.
- LA PROPULSION PAR RÉACTION
- M. E. H. Lemonon décrit, dans Y Aérophile, un nouvel appareil de propulsion par réaction imaginé par M. F.-H. Melot. Le principe de cet appareil consiste à produire des jets de gaz à très grande vitesse, comme dans une fusée. Il en résulte pour tout l’appareil un mouvement de recul auquel s’ajoute l’effet de la pression des gaz d’échappement sur l’air ambiant ; on con-çoit qu’on puisse ainsi obtenir une propulsion continue.
- Le rendement théorique des engins moteurs de ce type n’est pas extrêmement
- élevé ; mais comme ils suppriment l’emploi de tous organes intermédiaires, le rendement réel d’une installation de ce type peut se trouver supérieur à celui d’un moteur à essence, par exemple, actionnant une hélice.
- Aussi la propulsion par réaction a-t-elle toujours séduit les inventeurs. M. Melot a réalisé un appareil d’essai qui a donné des résultés encourageants.
- Il se compose de plusieurs trompes en série. Un combustible, de l’essence par exemple, est amené sous pression à un brûleur en même temps qu’un comburant qui sera généralement de l’air. Le
- débit en est mesuré par un robinet à pointeau.
- Le mélange combustible ainsi formé est allumé à la mise en marche et une fois pour toutes par une bougie du type ordinaire; la combustion continue à s’accomplir d’une façon ininterrompue dans une chambre à parois réfractaires.
- Les gaz brûlés sont évacués par une tuyère dans
- les trompes.
- Celles-ci ainsi que h tuyère ont un profil étudié pour assurer la meilleure détente des gaz. Le jet de gaz chaud sort de la tuyère à une vitesse
- qui peut atteindre 1200 à 1500 m. à la seconde : à l’entrée de chaque trompe il aspire de l’air ambiant qui vient enrober le jet de gaz aussi parfaitement que possible; le gaz cède une partie de sa vitesse à l’air et provoque une violente aspiration à l’entrée de chaque trompe; le mélange d’air et de gaz s’échappe dans l’atmosphère par un divergent.
- L’inventeur espère réaliser ainsi un moteur pour aéroplane ne pesant pas plus de 500 gr. par cheval. Ce moteur serait idéalement simple puisqu'il n’aurait aucune partie tournante. R. Villers.
- __Ain
- /^~8ougiedemise Brûleur l erpHâhche,—Juyene
- Combustible
- Gaz brûlés
- Sens d'avancement
- Coupe de l’appareil Melot.
- ffefotilemi
- Le Gérant : P, Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue dé Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE
- QUARANTE-HUITIÈME ANNÉE — 1920
- PREMIER SEMESTRE
- ffal
- M
- INDEX ALPHABETIQUE
- A
- Abattoirs industriels, 104.
- — : livgiènc, 508.
- Académie des Sciences ; comptes rendus des séances, 12, 26, 62, 80, 94, 111, 126, 142, 167, 177, 207, 222, 247 , 265, 287 , 517 , 567.
- Acétates de cellulose, 215.
- Acide nitrique de synthèse, 287.
- — sulfurique : fabrication, concen-
- — iodique : réactif, 567.
- 1 ration, 298.
- — sulfurique : procédé de contact,
- 555.
- Acier : micrcirelassures des lingots, 177. Acroléine : préparation, 15.
- — : stabilisation, 65.
- Adrénaline et quinine, 62.
- Aéronautique : première exposition, 127.
- — : Salon, 86, 155.
- Aéroplanes : durée du vol et vitesse,
- 178.
- Agave sisalana, plante textile, source d’alcool et de cellulose, 4.
- Agriculture : enseignement à l’école primaire, 535.
- — : Institut international de Rome,
- 565.
- Air atmosphérique : équation appropriée,
- 20.
- Supplément au n° 2412 de La Nature
- Air : purification électrique, 222. Alcools : déshydrogénation par oxydation catalytique, 167.
- Alcool : fabrication à partir du gaz de houille, 80.
- — myricique, 287.
- — : pouvoir dynamogène, 265. Algues marines : composition chimique,
- 65.
- Algue rouge : parasitisme, 65.
- Aliments azotés et vitamines, 115. Alliages de cuivre, zinc et nickel, 178. Alsace : pétrole, 97.
- Aluminium spontanément oxydable à l’air, 65.
- Amanites vénéneuses : détermination, 247.
- Ammoniac : avantages des pressions très élevées dans la synthèse, 126.
- — ; synthèse industrielle par le
- procédé Georges Claude, 151.
- — : synthèse par emploi des furies
- pressions, 26.
- Amundsen : expédition polaire, 206.
- — : campagne dans l’Océan Glacial,
- 516.
- Analyse physico-chimique des précipités, 62.
- Anaphylaxie à l’antipyrine, 142.
- Annam : génies et pagodes, 129. Antipyrine : anaphylaxie, 142.
- Appareil enregistreur pour l’étude des lois de la dynamique, 230.
- Appendice caecal du lapin, 367.
- Arbres : concours pour soutirer de l’eau à l’atmosphère, 26.
- Argent, 172.
- Argiles; 62. du 26 juin 1920.
- Aspirateurs de poussière, 222.
- Astre : temps et température de formation, 12.
- Atmosphère : cinématographie des muu-. vements, 12.
- — : diminution de transparence à
- Paris, 94.
- Automobiles : tour de garage, 15. Autriche nouvelle d’après le traité de Saint-Germain, 58.
- Aveugles : machine de brosserie, 336.
- — : machines à écrire, 180.
- Azote : industrie chimique des composés, 148.
- Azotite de sodium : oxydation réversible, 126.
- Azolure de carbone, 367.
- B
- Bains : établissement de Strasbourg, 124.
- Belgique : développement de l’industrie minière, 565.
- Béions légers, 178.
- — méthode de distribution par gravité, 517.
- Bois coloniaux : utilisation, 192.
- Bouddah gigantesque de Pegu, 52.
- Boues activées : llore bactérienne, 94. Brique silico-ealcaire : fabrication, 215. Brosserie : machine pour aveugles, 336.. Brume : direction des navires, 167.
- 26
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- 370
- C
- Calcium : inlluencc sur la végétation, •178.
- Canon ltiajdo, "212.
- Carbone : suus-azulure, 567.
- Casse des vins : rôle du fer, 62.
- Catalyse : déshydrogénation des alcools par oxydation, 167.
- : préparation des éthers-oxydes, j 178.
- Caucase, 94.
- Cellules Allen-Moore électro lytiques, 85. Cellule végétale : structure, 247. Chalumeau : essais, 247.
- Champignons : frue ti lient ions particulières, 287.
- Charançon : destruction, 15.
- Charbon : crise, 225.
- Chaudières chauffées à l'électricité, 552. Chlorobenzènes : distillation, 517. Chlorophylle : production, 178. Cldoropicrine : dératisation, 178. Cldurosulfonale de methlye : action de l’eau, 178.
- Chronophotograpliie des projectiles, 557. Cinématographie en couleurs, 15.
- — — Gaumont, 14.
- — des mouvements atmosphériques,
- 12.
- — ultra-rapide, 14.
- Claude : procédé industriel de synthèse de l’ammoniac, 151.
- Concluscs de Lilssan, 360.
- Condyle : indice, 567.
- Conjonctivite granuleuse chez le lapin, 099
- Constantineseo : procédés, 527. Construction : nouveaux procédés, 122. Coumarine : nouvelle plante, 567. Cratère météorique sur terre, 212. Crocodile : iris de l’œil, 111.
- Cronsladt : Itolchevistes, 56.
- Cuirassé anglais Hood, 321.
- Cuivre : richesse des terres cultivées,
- I T
- 10.
- — : rôle dans le règne végétal, 94. Cup-ferron, 567.
- Cvanamide : action des microbes du sol,
- \d.
- Cycles-cars et molocycleltes au Salon de l’Automobile, 52.
- Cyeloslègues, 62.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Eaux des vais de Loire : adduction à Paris, 285.
- Eclairage sans ombres portées, le scialytique, 48.
- Electricité. : chautlago des chaudières, 552.
- — : serviteurs, 185.
- Electrocullure : essais par effluviution,
- 240.
- Eleelrographe, 207.
- Electrolyse : cellules Allen-Moore, 85.
- — des solutions de fer, 15. Eléments : classification, filiation, constitution, 258.
- Eléphant d'Afrique : duinesliealion au Congo belge, 255.
- Energie : transmission sans lil. 292.
- — électrique : transporl, 517. Encéphalite léthargique, 95. Enseignement agricole à l’école primaire,
- 555.
- Eponges : pèche dans l’antiquité, 105. Eruption de la Kalia, 287.
- Escaut, Rhin, Meuse : jonction par eau,
- 68.
- Essais au chalumeau, 2'*7. Ethers-uxvdcs : préparation catalytique, 178.
- F
- Eaunc marine du golfe de Marseille, 517.
- Fer : electrolyse des solutions, 15.
- Ecrricr : nouveau procédé de construction. 122.
- Fibres animales cl végétales : séparation industrielle, 272.
- Filtration industrielle : installations modernes en Amérique, 235.
- Flamme des différents gaz : production d’oxyde de carbone, 65.
- Force élcctromotricc d’une couche de métal, 14.
- Fossiles : chasseurs, 294.
- Fourmi d’Argentine eu France, 220.
- Fromage de Brie : llore, 178.
- G
- D
- Diélectrique des câbles : perle d’énergie, '2Ô7.
- Distillerie : nouvelles Utilisations des vinasses, 348.
- E
- Eaux 'd’ég'out : libre b'a’clériénfie, 94. —: : 'épdralitm, 24-7.
- Gale des animaux domestiques : nouveaux traitements, 289.
- Gaz de combat, 307.
- — extrêmement divisés, 287.
- — : purifkafiôn électrique, 189.
- — toxiques : action sur des végé-
- taux, 17S.
- Gazomètres gigantesques, 264.
- Génies et. pàgôdes annamites, 129. Geyser dans le Puy dé Dômè, ->14. Glucose : procédé biôchimique peur le caractériser, 207.
- Glucoside nouveau, 207.
- Gomme laque : isolants, 50.
- Greffe : rôle du bourrelet, 177.
- Guerre navale en 1919, 56.
- Gueugnon : appareil enregistreur pour l'élude dos lois de la dynamique, 230.
- û
- Halos extraordinaires, 178.
- Uéliça, 305.
- Hémorragie : injection de gomme, 20. Hood, cuirassé mastodonte anglais, 521. Houille blanche au Maroc, 175.
- Huître perlière : culture dans le golfe.
- de Californie, 72. iluilrières, 207.
- Humus : propriétés chimiques. 143. Hydrogénation du lactose, 94. Hydroglisseur de Lambert, 115. Hydrolyses par ionisation mécanique de l'eau, 567.
- Hygiène dans les abattoirs industriels, 308.
- I
- lie de France au xxc siècle, 81.
- Indes : à la frontière, 49.
- Indice condylien, 507.
- Institut Rockefeller, 20.
- — international d’agriculture île Rome, 565.
- Invertine dans le miel, 207.
- Iode : traces dans l’air et les eaux, 167. Ionisation mécanique de l’eau : hydrolyse, 367.
- Iris de l’œil chez le crocodile, 111. Islam : moussems, marabouts et légendes, 8.
- Isolants à la gomme laque, 30.
- J
- J a r d i n s - v o 1 i è r e s, 324.
- K
- Kalia : éruption, 287.
- Kodak : comment ii se fabrique, 1.
- L
- Lacloso : hydrogénation, 94.
- Lait : èau oxvgcncè et microorganismes,
- 111.
- : rétention, 367.
- — : souillures, 62.
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- Lamproie murine : biologie, 107.
- Lapin : appendice, 567,
- Lingots (l’acier : microçdassures, 177.
- — : refroidissement, .707.
- Loire : adduction des eaux à Paris, 283. Lorient : nouveau port de pèche, 202. Loi : nappes alluviales aux environs de l'iunel, 107.
- Lunaisons et périodes pluvieuses, 107. Lune : cinpies, 209. laissai! : Gond uses, 300.
- M
- Machine de brosserie pour aveugles, 530. Machine à calculer : centenaire, 219.
- — à écrire en braille, 180. Magnésium : industrie en France, 265. Main automatique pour mutilés, 111. Malaria : rôle du bélail dans la défense,
- 203.
- Manganèse : dosage, 287.
- Manie religieuse et scs parasites, Il 1. Maroc : houille blanche, 173.
- Mars : communications inlcrplanélaires. 119.
- Maurice (Ile) au XX" siècle, 81.
- Mazout, 70.
- Métal : force électromolrice d’une couche d’épaisseur minium, 14.
- Métaux : recherche speelrographique. 507.
- Meuse, Escaut, Rhin : jonction par eau, 68. Mieroorganismes vivant dans le papier, 12. Mierozymas : résistance à l’action du temps, 287.
- Miel d’abeilles : invertine, 207.
- Miellée du peuplier, 12.
- Millevaches : Plaleau, 12.
- Mines : développement en . Belgique. 565.
- Mosaïque : préparation, 145.
- Moteurs à explosion pour almosplières varéliées. 126.
- Moleur Slill à combustion interne et à vapeur, 241.
- Molocyelettes el cvcle-cars au Salon de l’Automobile, 52.
- Mouches à cornes : production, 143.
- — : rôle dans la propagation du tra-
- chome, 62.
- Mousseins, marabouts et légendes de l’Islam, 8.
- Mouton : rendement, avenir, 169. Mutilés : main automatique, 111.
- N
- Nappes alluviales du Lot, 167.
- Navires : direction'dans la brume, 167. Nébulisation, 280.
- Neige : influence sur la végétation, 179. Neinichthys de la rner de Nice, 248. Néphélémèlrc, 247.
- Nettoyage par le vide : appareils domestiques, 222-
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- O
- Œil du crocodile : iris. III.
- Oiseaux : massacres, 43.
- — : services irremplaçables, 185.
- Oléum : procédé de cunlael, 555.
- Ondes hertziennes : dangers, 252. Oranges : conservation, 95.
- Orbilolites : origine, 367.
- Oxydation réversible de l’azotitc de sodium, 126.
- Oxyde de carbone : production dans la llamme des différents gaz, 65.
- Ozone : pouvoir delà radiation solaire,15.
- P
- Pagodes et génies annamites. 129. Papier : mieroorganismes, 12. Parasitisme d’une algue rouge, 65.
- Parc national de Tasmanie, 53.
- Paris : adduction des eaux des vais de Loire, 285.
- Pèche des éponges dans l’antiquité, 105. Pcgu : gigantesque bouddha, 52. Pélagiques (Appareils) : rendement, 567. Perle : culture de l’huître dans le golfe de Californie, 72.
- Pétrole en Alsace, 97.
- Peuplier : miellée, 12.
- Pliotométric hétérochrome, 12. Phylloxéra : cycle biologique, 65. Physique : idées nouvelles sur la nature des phénomènes, 19, 158. Plantes étiolées : élongation delà lige, 126. Plateau de Millevaches. 12.
- Pluies et lunaison, 167.
- Pôle terrestre : mouvements, 95. Poissons des pays lias du Tchad : osse-mouls, 127.
- Port de pèche de Lorient, 202. Précipités : analyse pli vsieo-elihnique, 62. Projectiles : chronopliotograpliic, 557. Propulsion par réaction, 508. Purification électrique de l’air, 222.
- — — des gaz, 189.
- Puy de Dôme : geyser, 514.
- Q
- Quaternaire : essai de coordination chronologique, 126.
- Quinine el adrénaline, 62.
- R
- Races de la Russie, 544.
- Radiation solaire : pouvoir ozogénique,
- 15
- Radio aérienne, 150.
- Radioactifs : industrie des corps, 56.
- = 371
- Rats : eliloropierine, 178.
- Rayon vert : causes, 191.
- Réaction : propulsion, 568.
- Reboisement cl navigation, 22.
- Respirai ion des [liantes parasitées par des champignons, 265.
- Rliiu, Meuse, Escaut : jonc lion par eau, 68. Rhodium colloïdal, 567.
- Rockefeller Instilute, 26.
- Rome : Institut international d’Agri-eullure, 565.
- Russie : races, 544. ,
- S
- Salon de l'Aéronautique, 86, 133.
- — de l’Automobile : motocyclettes et cycles-cars, 52.
- Sciage à main des métaux : rendement, 247.
- Scialytique, appareil dcclairage sans ombres portées, 48.
- Semis comparés à une haute altitude et dans la plaine, 62.
- Séquoia de Californie : massacre, 288.
- Sériciculture française, 341.
- Serviteurs électriques, 185.
- Soleil : recrudescence inattendue de l’activité, 268.
- Sonique (Transmission) de l’énergie, 527.
- Sous-marin : T. S. F., 17.
- Spectres d’arc direct des métaux à point de fusion peu élevé, 80.
- Spectres d.'ctincelle nouveaux, 178.
- Spcclrograpliic des métaux, 567.
- Stéréoscope nouveau, 13.
- Stérilisation par les acides, 567.
- Strasbourg : établissement de bains, 121.
- Sulfate (-bromique : nouvelle forme complexe, 62.
- Survie définitive, 15.
- Symbiose de -plantes et champignons, 207.
- Synthèse industrielle de l’ammoniac par le procédé Georges Claude, 151.
- T
- Tasmanie : [tare national, 33.
- Tchad : ossements de poissons, 127.
- T. S. F. aérienne, 156.
- — et pédale, 555.
- — en sous-marin, 17.
- Temps : prévision, 263.
- Tension artérielle : procédés de mesure, 255.
- — superlieiellu : nouvel appareil do mesure, 63.
- Terrains quaternaires : essai de coordination chronologique, 126.
- Terres cultivées : richesse en cuivre, 15. Textiles : séparation industrielle des fibres animales et végétales, 272.
- Tige : élongation chez les plantes étiolées, 126.
- Tour pour garer les automobiles, 15. Trachome : rôle des mouches dans lu propagation, 62.
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- 372
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Traité de Saint-Germain : Autriche nouvelle, 58.
- Transmission sans (il de l’énergie, 292.
- Transport d’énergie électrique, 517.
- Traverses de chemin de 1er : conservation, 507.
- Tungstène réactions réversibles de l’eau, 567.
- U
- Ultra-violet extrerïre=r442. Univers stellaire : structure, '15.
- V
- Végétation : inllucnec du calcium, 178.
- — : iniluunce de la neige, 179. Végétaux : action des vapeurs toxiques,
- 178. .
- Vins : rôle du fer dans la casse, 62. Vinasses de distillerie : utilisation, 548. Vitamines, 207.
- — et aliments azotés, 115.
- Voies navigables françaises : matériel de transport, 165.
- Voiture à hélice, 505.
- Vols aux très grandes altitudes, 287.
- Vol sans moteur, 276.
- Vol à voile en Ilaute-Guince, 167, 280.
- I
- Zinc : métallurgie, 287.
- — dans l’organisme humain, 517.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- \t \
- A. T. — Les acétates de cellulose, 213. — Le vol à voile en llaute-Guinée, 280.
- Antoine (A.). — L’établissement de bains de la Ville do-Strasbourg, 124.
- B. (Paul). — Académie des sciences : comptes rendus des séances, 12, 26, 62, 80, 94, 111, 126, 142, 167, 177, 207, 222, 247, 263, 287, 517, 567.
- Baud (Paul). — Appareil enregistreur pour l’étude dos lois de la dynamique, 250. — La récupération des sous-produits dans les industries agricoles, 548.
- Bertin (Commandant A.). — Utilisation des bois coloniaux, 192.
- Bertin (E.). — La guerre navale en 1919, 56.
- Bossière (René). — Le mouton, 169.
- Bousquet (M.).— Fabrication de la brique silico-cabaire, 215.
- Boyer (Jacques). — Synthèse industrielle de l’ammoniac par le pi’océdé Georges Claude, 151. — Nouveaux traitements de la gale des animaux domestiques, 289. — Méthode de distribution du béton par gravité, 517. — Machine de brosserie pour aveugles, 536. — -Chronopholographie des projectiles, 537.
- Breton (A.). —Cinématographie en couleurs Gaumont, 14.— Le Scialytique, appareil d’éclairage sans ombres portées, 48.
- C. Ih — Chaudières chauffées à l’électricité, 352.
- Carié (P.). — L’Ue de France au ,xxe siècle, 81.
- Catherine (Henri). — Moussems, marabouts et légendes de
- l’Islam, 8. — Génies et pagodes annamites, 129. — La houille blanche au Maroc, 173.
- Caziot (E.) et Isnard (Pierre). — Les Nemiclilhys de la Mer de Nice, 248.
- Chapel (Général). — Les cirques de la lune, 209.
- Clerget (M.). — Le mazout, 76.
- Coustet (Ernest). — Comment se fabrique un Kodak, 1.
- D. C. — Les races de la Russie, 344.
- Dëmenitroux (SI.).— L’industrie des corps radioactifs, 36.
- Dessol (A.). —La crise du charbon, 225.
- Diguet (Léon). — La culture de l’huître perlière dans le golfe de Californie, 72.
- Fabre (Léonce). — Les installations modernes de filtration industrielle en Amérique, 255.
- Flammarion (Camille). — La planète .Mars et les communications interplanétaires, 119. — Recrudescence inattendue de l’activilé*solaire, 268.
- Forbin (V.). — Aux frontières de l’Inde, 49. — Le pétrole
- . en Alsace, 97. — Chasseurs de fossiles, 294.
- Glangeauo (Pu.). — Un geyser dans le Puy-de-Dôme, 514.
- Godard (André). — Massacres d’oiseaux, 45. — Services irremplaçables des oiseaux, 185. — Le repeuplement des oiseaux insectivores par jardins-volières, 524.
- Guérin (René). — L’industrie du magnésium en France, 265.
- Guillaume (Cu.-Ed.). — Les causes du rayon vert, 191.
- llur.KEL (G.-A.).— La pêche des éponges dans l’antiquité, 103.
- IIutin (Albert). — Quelques isolants à la gomme laque, 50.
- Isnard (Pierre). — Voir E. Caziot.
- Keravenant (J.-G. de). — Moteur Still à combustion interne et à vapeur, 241.
- Koehler (à.). —Les cellules Allen-Moore éleclrolyliqucs, 85.
- Lafargue (Xavier). — I/agave Sisalana, 4.
- Laffont (J.). — Le vol sans moteur, 276.
- Lafitte (J.-P.). — Les mouvements du pôle terrestre, 95.
- Lai.ué (Norbert). — Les machines à écrire en Braille, 180.
- Lanorville (Georges). — Comment on prépare une mosaïque, 145.
- La Porte (F.). — Le nouveau port de pêche de Loiicut, 202.
- Lecomte du Nouy. — Un nouvel appareil pour la mesure de la tension superficielle, 63.
- Lefranc (Jean-Abf,l). — Le Salon de l’Aéronautique, 86, 153.
- Legendre (R.). — Les aliments azotés et les vitamines, 115.
- Leplae (Edm.). — L’éléphant d’Asie et la domestication de l’éléphant d’Afrique au Congo belge, 253.
- Martel (E.-A.). — Le massacre des grands Séquoia do Californie, 288.
- Martel (II.). — Les abattoirs industriels, 104. — L’hygiène dans les abattoirs industriels, 508.
- Maugé (Lucien). — L’acide sulfurique : fabrication, concentration, 298, — La fabrication de l’acide sulfurique et de l’oléum par le procédé de contact, 555.
- Mazauric (Félix). — Les Conduses de Lussan, 560
- Merle (René). — Le parc nalional de Tasmanie, 53. —Production de mouches à cornes, 145. — La fourmi d’Argentine en France, 220.
- Meunier (Stanislas). — L’enseignement agricole à l’École primaire, 353.
- Pawlowski (Auguste). — Reboisement et navigation, 22. — La jonction par eau du Rhin, de la Meuse et de l’Escaut, 68. — Le matériel de transport sur les voies navigables françaises et sa modernisation, 165. — L’adduction à Paris des eaux des vais de Loire, 285.
- Périssé (Lucien). — Motocyclettes et cycles-cars au Salon de l’Automobile, 52.
- Peyriguey (Jacques). — Influence de la neige sur la végétation au printemps, 179.
- Picaud(A-). — Le cycle biologique du phylloxéra, 65.
- R. D. B. — La T. S. F. et la pédale, 353.
- B. M — Procédés de mesure de la tension artérielle, 243. — La nébulisation, 280.
- R. V. — Le danger des ondes hertziennes, 252.
- Rabot (Charles). — L’Autriche nouvelle d’après le traité de Saint-Germain, 58. — L’expédition polaire de Roald Amundscn, 206. — La campagne d’Amundsen en 1019 dans l’Océan Glacial, 516.
- Rabio (Un). — La T. S. F. en sous-marin, 17. — La radio aérienne, 1 56.
- Banc (Albert). — La sériciculture française, 541.
- Raymond, — Les nouveaux procédés de construction, 122.
- Renaud (Marios). — Le développement de l’industrie minière belge, 563.
- Renouard (Alfred). — Méthodes industrielles de séparation des fibres animales et végétales dans les mélanges textiles, 272.
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- 374 -r: •. —.: :_____- LISTE DES AUTEURS
- Rkvekciion (LÉopor.n). — L'Institut Rockefeller, 26. — Le centenaire de la machine à calculer industrielle, 249. — L’Instilut International d’Agriculture de Home, 565.
- Sauvaire Jourdan (Gommandant). — Le llood, cuirassé mastodonte anglais, 521.
- Tissandiku (Paul). — La première exposition aeronautique, 127.
- Tr.oi.LEK (A.). — La transmission sonique de l’énergie, 527.
- V. F. — Le gigantesque Houddah de Pegu, 52.
- Vigneron (IL). — Les idées nouvelles sur la nature des phénomènes physiques. '19. 158. — Les industries chimiques des composés azotés, ILS. .— Les éléments, 258.
- A: il le rs (H.). — Une tour pour garer les automobiles, 15. — Une main automatique pour mutilés, 111. — L’hydroglisseur de Lambert, 115. — L’électrographe, 207. — (iazo-mètres gigantesques, 264. — Transmission sans fil de l’énergie, 292. — La propulsion par réaction, 368.
- Vitoüx (IK Georges). — L’encéphalite léthargique, 95.
- Weiss (F.). — Les serviteurs électriques, 185. — La purification électrique des gaz, 189. — Les appareils domestiques de nettoyage par le vide, 222. — L’Ilélica ou voi turc à hélice, 505.
- K. —• Essais d’électroculture, par e.l'lluvation, 240.
- XXX. — L’argent, 172.
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-
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- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. - ACADÉMIE DES SCIENCES
- Quelques nouveaux spectres d'étincelle............178
- Sur les qui- extrêmement divisés..................287
- Recherche speclroscopique des métaux..............367
- Refroidissement à II intérieur d'un lingot d acier . . 56b
- . Coin pies rendus des sonnées (Paul P.). 12, 26, 62, 80,
- 04, III, 126, 142, 167, 177, 207, 222, 247. 267»,
- 287, 517................................,.................767
- Il — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- La planète Mars cl les communications interplanétaires
- (C. Flammarion)................................ . . 119
- Les cirques île la lune (Oénéral Giiarel)................209
- Un nouvel appareil enregistreur pour l’étude des lois de
- la dynamique (P. Raur).............;...... 230
- Le centenaire de la machine à calculer industrielle
- (U. Reverciion).......................................249
- Recrudescence inattendue de l’activité solaire (G. Flammarion) ..............................................268
- Temps et température de formation d’un astre. . . 12
- Là structure de notre univers stellaire................ 15
- Équation caractéristique appropriée à l'air atmosphérique............................................ 26
- III. - SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. Physique.
- L'industrie des corps radioactifs (M. Demenitroux) . . . 36
- Nouvel appareil pour la mesure de la tension superli-
- cielle (Lecomte du Nouy). ............................ 63
- Les idées nouvelles sur la nature des phénomènes physiques (II. Vigneron) 7 .......... . 19, 138
- Les éléments (II. Vigneron)............................258
- Transmission sans fil de l’énergie (11. Vu.i.ers)...292
- Transmission sonique de l’énergie (A. Troller). . . . 527
- Chronophotographie des projectiles (.1. Rover).........537
- La mesure par la force électromotrice d une couche
- de métal d’épaisseur minima..................... . 14
- Spectres d’are direct des métaux à, point de fusion
- ]7cu élevé.......................................... 80
- Etude de T ultra-violet extrême .*............. 142
- Mie.rnretassures des lingots d'acier.................. 17,7
- 2. Chimie.
- Les industries chimiques des composés azotés (II. Vigneron).....................................
- Synthèse industrielle de l’ammoniac par le procédé
- Georges Claude (.1. Boyer).....................
- Les acétates de cellulose (A. T.).................
- L’industrie du magnésium en France (R. Guérin) . . . L’acide sulfurique : sa fabrication et sa concentration
- (L. Maugé).....................................
- Fabrication de l’acide sulfurique et de l’olcum par le
- procédé de contact (L. Maugé)..........
- Préparation de l’acroléine........................
- L'électrohy se des solutions de fer...............
- Synthèse de Vammoniac et emploi des fortes pressions . .........................................
- L’analyse physico-chimique des précipités.........
- Une nouvelle forme complexe du sulfate c/vomique. L’aluminium spontanément oxydable à l’air .... Production de l'oxyde de carbone dans la flamme
- des différents gaz . . . ......................
- Stabilisation de l'acroléine......................
- Fabrication de l’alcool à partir du gaz- de houille .
- Hydrogénation du lactose.........................
- Avantages des pj'essions très élevées pour la synthèse de T ammon iac. .............
- Oxydation réversible de Vazotitc de sodium ....
- Propriétés chimiques de l’humus..................
- Déshydrogénation des alcools par oxydation catalytique .....................................
- Traces d’iode trouvées dans l’air et les eaux. . . . Action de l'eau sur le chlorosulfonale de méthyle .
- Préparation catalytique des éthers-oxydes........
- Alliages de cuivre, zinc et nickel................
- Nouveau glucoside. . ............................
- Procédé biochimique pour caractériser le glucose. .
- Les essais au chalumeau..........................
- A propos de la métallurgie du zinc............. .
- Dosage du manganèse............................ ,
- L'acide nitru/ue de synthèse................... .
- L’alcool, myricique. .............................
- Distillation des chlorobenzènes ..................
- Le cup-ferron.....................................
- Le sous-azoture de carbone.......................
- Réactions réversibles de l’eau sur lé tungstène et ses
- oxydes.................. . . ..................
- Rhodium colloïdal.................. .............
- Uaz de combat................................
- 148
- 151
- 215
- 265
- 298
- 13
- 13
- 26
- 62
- 62
- 63
- 63
- 65
- 80
- 94
- 126
- 126
- 143
- 167 167 178 17 178 207 207 247 287 287 287 287 517
- 567 367
- 568 568 568
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- 376
- TABLE DES MATIÈRES
- IV — SCIENCES NATURELLES.
- i. Géologie. — Physique du globe.
- Les mouvements du pôle terrestre (J.-P. Lafitte). . . 95
- Chasseurs de fossiles (V. Fobbin).....................294
- Un geyser dans le Puy-de-Dôme (Pu. Gi.angeaiib) ... 514
- Le plateau de Millevaches............... .... 15
- Sur les argiles.................................... 02
- .1 propos des Cycloslèques............................ G5
- La chaîne du Caucase.................................. 94
- Les ossements de poissons des pays bas du Tchad . 157
- Essai de coordination chronologique des terrains
- quaternaires...................................... 120
- Nappes alluviales du Lot aux environs de Fumet . 167
- L'éruption de la Kalia................................287
- JT origine des DrbUounés..............................567
- 2. Météorologie.
- Les causes du rayon vert. (Cn -En. Guillaume)...... 191
- Le pouvoir orogénique de la radiation solaire. . . 15
- Transparence atmosphérique : sa diminution à
- Paris............................................. 94
- Lunaisons et périodes pluvieuses..................167
- Halos extraordinaires...............................178
- Ncphêlémèlre........................................247
- Prévision du temps.................................2(35
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Massacres d'oiseaux (A. Godaiui)..................... 45
- Le cycle biologique du phylloxéra (A. Picaub) .... 05
- La culture «le l'huître perlière dans le golfe de Californie (L. Diguet)................................... 72
- La pèche des éponges dans ranLiquilé (G.-A. IIuckei.) . 105
- Les aliments azotés et les vitamines (R. Legendre) . . 115
- Production des mouches à cornes (R. Meiii.i:)........145
- Le mouton, son rendement, son avenir (R. Bossière). 169 Services irremplaçables des oiseaux (A. Godahd). . . . 185
- La fourmi d’Argentine cn France (R. Merle)...........220
- Les Nemichthys de la mer de Nice (Caziot et Isnard) , 218
- L’éléphant d’Asie et la domestication de lcléphant d’Afrique au Congo belge (E. Lgpi.ae)...................255
- Nouveaux traitements de la gale des animaux domestiques (J. Boyer)....................................289
- Repeuplement des oiseaux insectivores par jardins-
- volières (A. Godard)..................................324
- La sériciculture française (A. Rang)....................341
- Microorganismes vivant dans le papier................ 12
- La destruction du charançon............................. 15
- L’iris de l'œil chez le crocodile....................111
- La manie religieuse et ses parasites....................111
- Biologie de la Lamproie marine..........................167
- Dératisation par la chloropicrine....................... 178
- A propos des vitamines. ................................207
- Inverti ne dans le miel pur d'abeilles...............207
- ^4 propos des huilrières................................207
- Conjonctivite granuleuse chez le lapin..................222
- I*ouvoir dynamogène de l'alcool.........................263
- Résistance des microzymas à l’action du temps . . 287
- Le zinc dans l’organisme humain.........................517
- Faune marine du golfe de Marseille.............. 517
- Rendement des appareils pélagiques..................... 367
- L’appareil cæcal du lapin...............................567
- La rétention lactée.................................... 567
- Hydrolyse par ionisation mécanique de, l’eau . . . 567
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Reboisement et navigation (A. Pawi.owski)............
- L’Agave sisalana, plante textile, source d’alcool et de
- cellulose (X. I.afahgue)...........................
- Influence de la neige sur la végétation au printemps
- (J. Peyriguey).....................................
- Utilisation des bois coloniaux (commandant A. Rertin).
- lissais d’élcetrocullure par ellluviation (X.).......
- Massacre des grands Séquoia de Californie (E.-A. M.ui-
- TEI.)..............................................
- L'enseignement agricole à l’école primaire (St. Meunier). Récupération des sous-produits dans les industries agricoles (P. Bach;......................................
- L’Institut international d'Agriculture de Rome (L. Re-
- VEIiCIIOx'1........................................
- La miellée du peuplier...............................
- Faction des microbes du sol sur la cyanamide . . Sur la richesse en cuivre des terres cultivées . . . Concours des arbres pour soutirer de l’eau à l'almo-
- sphère ............................................
- Le rôle du fer dans la casse des vins................
- Semis comparés à une haute altitude cl dans la
- plaine.............................................
- Sur le parasitisme d’une algue rouge.................
- Composition chimique des algues marines..............
- Rôle du cuivre dans le règne végétal.................
- Conservation des oranges.............................
- Elongation de la tige chez les plantes étiolées. . .
- Rôle du bourrelet chez les plantes greffées..........
- Flore du fromage de R rie-...........................
- Action des vapeurs toxiques sur les végétaux . . .
- Production de la chlorophylle........................
- Influence du calcium sur la végétation...............
- Plantes et champignons symbiotiques..................
- Structure de la cellule végétale . ... •.............
- Respiration des plantes parasitées par les champignons ...............................................
- Fructification de champignons toute particulière. . Nouvelle plante à cou-marine.........................
- 22
- 179 192 240
- 288
- 555
- 518
- 565
- 12
- 15
- 15
- 26
- 62
- 62
- 65
- 63
- 91
- 95
- 126
- 177
- 178 178 178 178 207 247
- 265
- 278
- 368
- V. - GÉOGRAPHIE. - ETHNOGRAPHIE.
- Moussems, marabouts et légendes de l’Islam (H. Catherine).................................................. 8
- L’Institut Rockefeller (L. Reverchon).................... 26
- Le gigantesque Bouddah de Pegu (V. F.)............... 52
- Le parc national de Tasmanie (R. Merle).............. 35
- L’Autriche nouvelle d’après le traité de Saint-Germain
- (C. Rabot) ........................................... 58
- A la frontière des Indes (V. Forbin)................. 49
- L’ilc de France au xx° siècle (P. Carié)............. 81
- Le pétrole en Alsace (V. Forbin)..................... 97
- Génies et pagodes annamites (II. Catherine).............129
- La houille blanche au Maroc (II. Catherine).............173
- Le nouveau port de pêche de Lorient (F. La Porte). . 202
- L’expédition polaire de Roald Àmundsen (C. Piabot) . . 206
- Un cratère météorique sur terre : le caùon Diablo . . 212
- La campagne d’Amundscn en 1919 dans l’Océan Glacial
- (C. Rabot)............................................516
- Les races de la Russie (1). C.).........................344
- Les Concluses de Lussan (F. Mazauiuc)...................360
- L’indice condylien......................................567
- VI. - HYGIÈNE. - MÉDECINE.
- L’encéphalite léthargique (IM G. Vitoux).................. 93
- Les abattoirs induslriels^ll. Martel).....................104
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-
-
- PARIS, IMPRIMERIE GÉNÉRALE LAJIURE 9, Rue de Fleuras, 9
- p.377 - vue 381/586
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-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- L’établissement de bains de la ville de Strasbourg- (A.
- Antoine).............................................124
- Procédés de mesure de la tension artérielle (H. M.) . . 245
- La nébulisation (R. M.).................................280
- 1.'hygiène dans les abattoirs industriels (11. Martel) . . 508
- La survie définitive...................... .... 15
- Les injections de gomme après hémorragie .... 20
- L'adrénaline et la quinine.............................. 02
- Le rôle des mouches dans la propagation du trachome................................................. (J2
- Les souillures du lait.................................. 05
- Flore bactérienne des eaux d’égoul ..................... 94
- L’eau oxygénée et les microorganismes du lait. . . 111
- Anaphylaxie à l'antipyrine. ............................142
- Détermination des Amanites vénéneuses...................247
- Evaporation des eaux d’égoul............................217
- Utile du bétail dans la défense contre la malaria. . 205
- La stérilisation par les acides . . . •..............507
- Vil. — SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Le scialytique, appareil d’éclairage sans ombres 'portées
- (A. Biieton).......................................... 48
- Le mazout (II. Gleruet)................................. 76
- Main automatique pour mutilés (R. Yillers)...............111
- Gomment on prépare une mosaïque (G. La.norville) . . 145
- Les machines à écrire en Braille (N. Lallié).............180
- Les appareils domestiques de nettoyage par le vide (Ë.
- Weiss)................................................222
- Les installations modernes de tiltration industrielle en
- Amérique (L. Faure)...................................255
- Moteur Still à combustion interne et à vapeur (J.-G. de
- Keravenant).......................................... 241
- Méthodes industrielles de séparation des libres animales et végétales dans les mélanges textiles (A. Renodard). 272 Transmission sonique de l'énergie (A. Troi.ler) .... 527
- Machine de brosserie pour aveugles (J. Boyer)............556
- Le développement de l'industrie minière belge (M. Bénard) ..................................................565
- La propulsion par réaction (R. Yili.ers).................368
- Rendement dans le sciage à main des métaux ... 217
- 2. Photographie.
- Gomment se fabrique un Kodak (E. Cogstet)......... 1
- Cinématographie eu couleurs Gaumont (A. Breton) . . 14
- M propos de la pliolomélrie hétérochromc............ 12
- Cinématographie des mouvements atmosphériques . 12
- La cinématographie en couleurs...................... 13
- Un nouveau stéréoscope.............................. 13
- La cinématographie ultra-rapide..................... 14
- 3. Electricité.
- La T. S. F. en sous-marin (Un Radio)............... 17
- Quelques isolants à la gomme laque (A. Butin) .... 50
- 377
- Les cellules Allen-Moore électrolytiques (A. Koeiiler) . 85
- La radio aérienne (Un Radio)...............................156
- Les serviteurs électriques (E. YVeiss).....................185
- La purification électrique des gaz (E. Weiss)...........189
- L’Electrographe (R. Yillers).............................. 207
- l.c danger des ondes hertziennes (R. Y.)................252
- T. S. F. et pédale (R. I). B.)..........................355
- Perte d’énergie dans le diélectrique des câbles. . . 207
- Purification électrique-de l’air. .........................222
- Transport de l’énergie électrique..........................317
- 4. Travaux publics. — Art do l’ingénieur.
- Les nouveaux procédés de construction (Raymond) . . . 122
- FabrieaLipn de la brique silico-calcaire (M. Bousouet). . 215
- Gazomètres gigantesques (R. Yillers)....................204
- L’adduelion à Paris des eaux des vais de Loire (A. Paw-
- lowski).................................................285
- Méthode de distribution du béton par gravité (.1. Boyer). 517
- Béions légers..............................................178
- 5. Transports.
- Une tour pour garer les automobiles (R. Yili.ers) ... 15
- Motocyclettes et cycles-cars au Salon de l’Automobile
- (L. Périsse)...........-,.......................... 52
- La jonction par eau du Rhin, de la Meuse et de l’Escaut
- (A. Pawloavski).................................... 08
- L’hydroglisseur de Lamlurt (11. Yillers)..............113
- Le matériel de transport sur les voies navigables françaises et sa modernisation (A. Pawlowski).............105
- L’Hélica ou voiture à hélice (Ë. Weiss)...............505
- Conservation des traverses de chemins de fer . . 507
- 6. Aviation et aéronautique.
- Le Salon de l’Aérouautique (J.-A. Lefraxc) . . . 80, 135
- l.a première Exposition aéronautique (P. Tissa.ndier). . 127
- Le vol sans moteur (J. Laffont)......................27(î
- Le vol à voile en Haute-Guinée (A. T.)...............280
- Moteur à explosion pour atmosphères raréfiées. . . 120
- Elude du vol à voile en Haute-Guinée.................107
- Durée du vol cl vitesse des aéroplanes...............178
- Les vols aux très grandes altitudes..................287
- 7. Marine.
- La guerre navale en 1919 (E. Bertin)............... . . 50
- Direction des navires dans la brume...................167
- Le Hood, cuirassé mastodonte anglais (Comm1 Sauvaihe-Jodrdan)..............................................521
- VIII. - QUESTIONS ÉCONOMIQUES.
- L’argent (YYX)........................................172
- La crise du charbon (A.. Dessol)......................225
- FIN DUS TABLES
- Le Gérant : P. Masson.
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
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- Avis de l’Administration. — L’échéance cia 31 décembre étant l’une dos plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnées dont l’abonnement se termine avec le numéro du 27 décembre (n° 2887) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement. Une quittance sera présentée aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, nauront pas, avant cette date, renouvelé oif.donné ordre contraire,
- ,..L-lLiiï,
- N° 2388. — 3 Janvier 1920.
- Supplément.
- INFORMATIONS
- Une tempête au Mont Wilson. — Le Monthly Wea-they Review relate une terrible tempête qui s’est abattue sur l’Observatoire du Mont Wilson les 24, 25 et 26 novembre 1918. Le vent atteignit une vitesse de 90 milles à l’heure le 24 à 4 h. ^5 du matin et resta très violent pendant 52 heures. Les bâtiments de l’Observatoire
- n’ont pas souffert, mais les arbres environnants ont été brisés ou arrachés. Un pin de 1 m. 5o de diamètre qu’on estimait âgé de 35o à 400 ans a été cassé ; 6 furent déterrés avec leurs racines. Cette tempête fut tout à fait exceptionnelle, puisque aux environs on ne connaît pas d’autres arbres antérieurement déracinés. La figure ci-jointe montre les arbres arrachés près de l’Observatoire et tombés tous dans la même direction.
- Un curieux cas de dérive. — Le 17 mai dernier, l’aviateur britannique Hawker parlait de Terre-Neuve pour franchir l’Atlantique nord. A 900 milles dans l’est du cap Race, son avion tombait à la mer et durant huit jours on crut l’intrépide champion perdu, lorsqu’on apprit son sauvetage par un vapeur danois. Pendant que Hawker flottait en détresse sur l’Océan, suivant l’habituie des marins lorsqu’ils se trouvent en péril, il lança à la mer des documents informant de sa situation désespérée et contenus dans des bouteilles.
- Le 20 novembre dernier, soit juste six mois après cet événement tragique, une de ces bouteilles a été recueillie par un pêcheur norvégien devant Jœderen, la large plage de l’extrémité sud-ouest de la péninsule Scandinave. Elle contenait le document suivant inclus dans une enveloppe portant le timbre du Foreign Office : « Adrift 900 miles East of Cape Race. Blanc jibbed corne at once. Hawker, British competitor Daily Mail air Race. »
- Suivant toute vraisemblance, la bouteille a été portée par le Gulf-Stream jusqu’au nord de l’Ecosse, et de là a passé dans la mer du Nord où, sous la poussée du courant se mouvant en sens inverse des aiguilles d’une montre qui se manifeste dans cette mer, elle est descendue d’abord au sud, puis a remonté vers le nord le long'de la côte du Jutland pour arriver finalement sur la côte sud-ouest de Norvège.
- Les lignes nouvelles construites par le P.-L.-M. pendant la guerre. — La guerre a eu pour effet d’arrêter la plupart des travaux nouveaux en cours sur nos réseaux de chemins de fer. Certains cependant qui présentaient une importance nationale considérable ont été continués, malgré les difficultés nées de la guerre et achevés. C’est le cas, sur le P.-L.-M., de la ligne Frasue-Yallorbe ouverte le 16 mai 1915 et de la ligne Miramas-L’Estaque ouverte le i5 octobre 1915. M. Jauguin, dans la Revue générale des Chemins de fer, décrit en détail ces deux figues.
- Le Frasne-Yallorbe, voie d’accès au Simplun, raccourcit la distance entre Paris et Milan et facilite la traversée du Jura. Sa mise en service présentait une grande importance au point de vue de nos relations avec la Suisse et l’Italie. Celle ligne à double voie mesure 24383 m.; elle présente deux ouvrages remarquables par les difficultés qu’a rencontrées finir construction; ce sont la traversée des Marais de Sainte-Marie et le souterrain du Moût d’Or. La ligne passe entre les lacs de Remoray et de Saint-Poiut à travers une prairie marécageuse formée sans doute par les apports du Doubs qui ont séparé en deux l’ancien lac unique. Le terrain de cette prairie comprend une couche supérieure de tourbe de 1 m. 00 à 2 m. d’épaisseur; puis sur une profondeur de 20 à i5 m. de la vase moire gluante sans consistance, puis jusqu’à une profondeur de 6i m., un limon calcaire plastique gris peu consistant, le tout contenu dans une cuvette de moraine glaciaire (blocs, argile, cailloux). On ne voulut point faire un pont sur la vallée; il eût coûté trop cher ; on se décida à la franchir par un remblai de 36o m. de long. C’était une dangereuse solution que de fonder ainsi sur la vase. L’expérience le prouva. Il fallut tout d’abord dévier le cours du Doubs à travers la falaise calcaire constituant la rive, côté Frasne, du marais. Quant au remblai, fait de déblais rocheux, au cours du chargement, il s’ouvrit de 5 à 6 m. sur 3o m. de long; il fallut remblayer la crevasse avec de la bonne terre pilonnée. A noter que le remblai a soulevé de chaque côté, dans la prairie marécageuse, des vagues de plus de 100 m. de large et 6 m. de haut.
- Le souterrain du Mont d’Or a 6099 m. de long; il a été attaqué par les deux extrémités ; deux incidents sérieux se produisirent en cours de construction; le 23décembre 1912, à 4273 m. de la tête du côté Suisse, l’eau jaillissait brusquement d’une faille; la venue d’eau était de 5ooo litres à la seconde. C’était un vrai torrent qui emporta 17 000 m5 de remblai, coupa deux chemins, et fit tarir plusieurs sources du versant français. Il fallut en quelque sorte laisser se vider la montagne, puis établir un barrage en maçonnerie. Le .18 avril 19ï3, à 4407 m. de la tète Suisse, nouvelle venue d’eau de 10000 litres à la seconde. Il fallut des ti’avaux assez importants pour en venir à bout, tout en maintenant un régime normal des eaux sur le versant français. Malgré ces difficultés, la construction du tunnel était achevée en avril igi5.
- L’autre ligne achevée par le P.-L.-M. pendant la guerre est celle de Miramas-l’Estaque, elle mesure 60814 m. Son utilité était de compléter la deuxième artère à double voie entre Marseille et Paris en évitant le tunnel de la Nerthe. Elle comporte un ouvrage remarquable,
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- INFORMATIONS
- le viaduc de Garonte qui traverse l'étang de Caronte situé entre l’étang de Berre et la mer; c’est un viaduc métallique de 943 m. de long; il comporte au-dessus du canal maritime une travée tournante de 114 m- de long.
- La production houillère de l’Espagne. — L’extraction du charbon en Espagne a considérablement augmenté dans ces six dernières années. Alors qu’en 1913 elle atteignait à peine 4.3 millions détonnes, en 1918 elle s’est élevée à près de 7,2 millions, soit une augmentation de 66 pour 100. En une seule année, de 1917 à 1918, l’accroissement de la production n’a pas été inférieure à 1,1 million de tonnes. D’après les Commerce Reports auxquels nous empruntons celte statistique, les 7,a millions de t. obtenus en 1918 se décomposent en 5,8 millions de houille grasse, de 785 629 de lignite et 617 207 d’anthracite. En six ans, i’extraction de l’anthracite a presque tiùplé.
- La conduite de pétrole la plus longue du monde.
- — L’Anglo-Persian Oil Company qui possède, comme on sait, de riches gisements de pétrole en Mésopotamie, envisage la construction d’une conduite pour amener sa production dans un port de la Méditerranée, probablement à Caïffa. Cette conduite aurait une longueur de 55o à 65o km, et son prix d’établissement atteindrait approximativement 25o millions de francs, la livre sterling calculée au cours normal. Malgré l’énormité de la dépense, la Compagnie estime que l’opération sera avantageuse en raison Mes économies qu’elle permettra de réaliser sur le transport de l’huile par mer.
- L’itinéraire suivant lequel la conduite sera installée n’est pas encore fixée, ajoutent les Commerce Reports de Washington auxquels nous empruntons ces renseignements. D’après un projet, elle suivrait le chemin de fer de Bagdad ; d’après un autre, elle franchirait directement le désert de Syrie pour atteindre la Méditerranée. Dans ce dernier cas, comment franchirait-elle le Libau. l’Anti-Liban et la fosse de Jourdain, c’est ce que l’on ne nous dit pas.
- Les industries électro-chimiques et électro-métallurgiques des Pyrénées. — La région pyrénéenne, suivant l’exemple du Dauphiné, est en voie rapide de développement industriel. Elle le doit à la mise en valeur des chutes d’eau dont elle dispose. La puissance utilisée aujourd’hui est sur le point d’atteindre i5oooo k\v, c’est-à-dire dix fois le chiffre de ce qui existait en 1914. M. Giran, professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse, donne, dans la Revue générale à’Electricité, un aperçu sur cet essor industriel. On fabrique dans les Pyrénées de l’aluminium (i5oo t. par an) à l’usine d’Auzat sur le Vie d’Essos, du carbure de calcium (4000 t. par an) à Auzat, au Castelet sur l’Ariège et à Boussens sur la Garonne; l’industrie de la cyanamide a pris depuis la guerre un grand développement; une grande usine a été aménagée par l’Etat sur le plateau de Lannemezan et est sur le point d’enlrer en exploitation ; alimentée provisoirement pendant la guerre par l’usine électrique de Soulom, des chemins de fer du Midi, elle doit emprunter son énergie à 1 usine d’Eget sur l’Oule (10000 chev.), à celle de Saint-Lary, sur la Neste-d’Aure (20000 chev.), à celle d’Arreau sur la Neste-du-Louron (10000 chev.), à celle de Loudonvielle sur le même cours d’eau (10000 chev.), soit 5o 000 chev. qui seront transportés sous 73000 volts, plus tard sous 120000. Une autre usine, celle de Marignac, doit mettre 40000 chev. sub* la fabrication de la cyanamide et fournir 120 t. par jour. Les mines de Carmaux ont créé une centrale thermique de 20 000 kilow. sans faire également de la cyanamide.
- L’acide azotique est fabriqué par le procédé Birke-land et Eyde à l’usine (3e Soulom, de la Compagnie Norvégienne de l’azote. De nombreux établissements hydroélectriques fabriquent des ferro-alliage s, en traitant des minerais de la région ou d’Espagne : citons l’usine de Pierrefitte-Nestalas (5ooo chev.), d’Arreau, de Hèches-Rebouc où l’on se propose également de fairè du fer électrolytique. L’industrie de la fonte dite synthétique, née pendant la guerre, s’est, elle aussi, rapidement développée ; usine d’Eygun sur le gave 'd’Aspe, usine du Boucau alimentée électriquement par la centrale de Licq-Atherey, de Mouguerre près de Bayonne, de Floure-sur-l’Aude, etc.
- L’industrie des abrasifs est représentée par l’usine de Sarraneolin et celle de Mercus, près de Foix; la première fabrique de l’aloxite (bauxite fondue au four électrique) ; la seconde du borocarbone.
- Enfin l’on fabrique électrolytiquement du chlore, du chlorure de chaux et de la soude caustique à Boussens, sur la Garonne. Cette usine utilise comme matière première les eaux de Salies-du-Salat, riches en chlorure de sodium.
- Nouveau procédé industriel de fabrication de l’acide lactique. — MM. Bonneli et Gulninelli ont fait breveter un procédé industriel de fabrication de l’acide lactique basé sur l’emploi, comme matière première, du jus brut de betterave sortant des diffuseurs et ensemencé avec du ferment lactique, capable de transformer le saccharose en acide lactique. On estime que le nouveau procédé, appliqué dans une usine annexée à une sucrerie, doit présenter un réel intérêt pratique.
- Lorsque, après avoir ensemencé de ferment lactique le jus de betterave, on constate que la fermentation est commencée, on la propage à travers les différentes cuves. Par une injection d’air, on brasse le liquide, puis on ajoute du carbonate de chaux, de façon à conserver une acidité libre de 5 à 7 grammes par litre (acidité calculée en acide sulfurique).
- Pour soustraire la masse à la fermentation butyrique, quand tout le saccharose a été transformé, on extrait le liquide et on procède à sa défécation par un traitement avec i,5 à 2,5 pour 100 de chaux vive. L’excès de chaux est neutralisé par un barbottage d’acide carbonique et la masse est refoulée vers des filtres-presses d’où la solution de lactate de calcium coule claire, avec une légère teinte jaune-paille.
- On passe ensuite à l évaporateur et on concentre à 3o° ou 32° Baumé, de façon à obtenir un acide lactique à 4o-45 pour 100. La solution à concentrer étant complètement neutralisée, on a la possibilité d’employer des récipients en fer ou en fonte.
- La solution de lactate de calcium est décomposée chaude par de l’acide sulfurique à 53° Baumé; dans des récipients e3i bois doublés de plomb et munis de serpentins réfrigérants pour abaisser la température. La masse est ensuite essorée pour séparer le sulfate de chaux, et l’acide lactique peut être amené au degré voulu d’acidité. Les eaux de lavage sont repassées en fabrication.
- Le procédé imaginé par MM. Bonneli et Gulninelli fait l’objet de la demande de brevet français n° 190589. Nous eu donnons la quintessence en raison de la technique qui le caractérise et du nouvel élément qu’il apporte à l ulilisation industrielle de la betterave à sucre.
- Le laboratoire d’essais mécaniques et métallurgiques de'l’institut Polytechnique de l’Université de Grenoble. — Les métallurgistes et constructeurs de la région de Grenoble, préoccupés de donner un essor plus grand à leur industrie locale, se sont entendus pour réunir les fonds nécessaires à la création d’un laboratoire d’essais mécaniques et métallurgiques. Ces sommes ont été remises à l’Institut Polytechnique de l’Université, et c’est ainsi que, sans attendre le vote de crédits problématiques, ces hommes d’action, ne comptant que sur eux-mêmes, ont devancé les initiatives officielles et vont pouvoir réaliser immédiatement une œuvre d’une utilité incontestable. Le personnel est déjà recruté et, par une innovation heureuse, il a été, son chef en tète, choisi dans l’industrie. Les locaux du nouveau laboratoire existent. 11 ne reste plus à faire que l’installation des machines. Outre les résultats immédiats que va pouvoir fournir le laboratoire lorsqu’il sera en possession de son outillage, on ne doit pas oublier que la recherche scientifique et industrielle est une nécessité pour toute nation qui veut se maintenir au niveau de ses voisines. Le laboratoire de Grenoble est modeste, mais, conscient des services qu’il rendra, il veut grandir et, pour l’y aider, il fait appel à tous ceux qui s’intéressent au développement de notre industrie métallurgique. Ils peuvent, par des dons, sans spécifications, ou avec des destinations spéciales (achat de machines ou d’appareils, types d’études déterminées, bourses pour les chercheurs), faciliter grandement une œuvre dont les industriels grenoblois ont le mérite d’être promoteurs, mais dont ils ne peuvent à eux seuls assumer toutes les.charges.
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- Utilisation d’une bobine à 2 curseurs. — Les montages qui précèdent confondent entièrement le circuit détecteur dans le circuit antenne-terre ; cette dépendance forcée ne permet pas de modifier l’accord d’un des circuits sans désaccorder automatiquement l’autre. L’emploi d’une bobine à deux curseurs affranchit, en partie, ces circuits de leur mutuelle sujétion.
- 11) Dans cette combinaison le circuit d’antenne comprend l’aérien et la portion d’enroulement comprise entre A et B ; le circuit détecteur comprend, en plus du détecteur et du téléphone, la portion d’enroulement comprise entre A et C. Sans être absolument indépendants, puisque les spires qui réalisent l’accord d’antenne font aussi partie de l’enroulement utilisé pour l’accord du circuit détecteur, ces circuits peuvent être accordés séparément et la correction du réglage de l’un ne modifie pas nécessairement le réglage de l’autre.
- Pour utiliser le dispositif, on donne à l'enroulement compris entre A et C une valeur moyenne proportionnée à la longueur d’onde à recevoir, on règle ensuite l’importance de AB jusqu’à ce que le son perçu dans les téléphones atteigne une hauteur maxi-ma et on revient au circuit détecteur dont on corrige l’accord en modifiant la position de C.
- 12) Même montage que le précédent, mais légèrement plus sélectif.
- 13 ) La présence d’un condensateur variable dans le circuit détecteur permet un accord plus précis de ce circuit dont il diminue également l’amortissement imputable à la résistance du détecteur et à l'insuffisance du condensateur shuntant le téléphone.
- Un condensateur variable de .oo3 microfarad placé, selon le schéma n° i3, dans un circuit détecteur, peut faire varier à lui seul dans la proportion de 1 à 3 la gamme d’accords de ce circuit.
- 14) Le dispositif n° 14 est celui qui assure la meilleure sélection des radiotélégrammes lorsqu’on fait
- usage d’une bobine à deux curseurs. Il ne présente aucune difficulté de réglage.
- Pour la recherche d’une émission, on place le curseur B en A à l’entrée de la bobine, le condensateur réglable étant à zéro, on parcourt a-lors l’échelle
- des accords par le seul déplacement du curseur C. Si l’accord voulu n’est pas réalisé lorsque le curseur arrive vers ü, ayant parcouru toute la bobine, on utilise le condensateur variable.
- On ne doit pas oublier que dans un circuit oscillant, l'accord doit toujours être cherché par une augmentation de la self et qu’il est avantageux de réduire le plus possible le facteur capacité. C’est donc seulement dans
- V-. • >5y
- LA T. S: F. DES AMATEURS .... ^
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- LES MONTAGES (Suite)*
- le cas où la valeur de la self disponible est trop faible pour réaliser cet accord qu’on peut utiliser l’appoint d’une capacité auxiliaire.
- Lorsque, en tenant compte de l’observation qui précède, nous au-
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- rons obtenu une réception maxima, nous pourrons l’améliorer encore en faisant varier la position du curseur B, et en corrigeant le désaccord que ce déplacement entraîne néces-sairement dans le circuit détecteur.
- 15) Une variante de la
- combinaison précédente, un peu moins sélective.
- 16) Le montage indiqué par le diagramme n° 16 exige sans doute un réglage moins minutieux que les deux précédents, mais il est aussi moins connectif.
- 17, 18, 19). Ces trois diagrammes représentent trois positions d’un 1 1
- même montage. ^ LU
- Nous le recommandons tout particulièrement aux amateurs de T.S.F. encore peu exercés parce qu’ilpermet de passer aisé-ment d’une position favorable à la recherche des émissions à une position facilitant leur sélection.
- Le schéma n° 17 montre l’arrangement des appareils en position omnibus pour la recherche des émissions ; leVondensatear variable est au zéro et le curseur C est placé à l’extrémité de l’enroulement connecté à la terre, la seule manoeuvre de Bsuffitpour parcourir toute l’échelle des accords réalisables avec la bobine de self.
- Dans la position figurée sur le schéma n° 18, le curseur C a été relevé ; le circuit d’antenne qui traverse la bobine de B en ü est partiellement commun avec le circuit détecteur qui comprend la portion de bobine comprise entre B et C.
- L’accouplement des deux circuits est dit serré.
- Le diagramme n° 19 montre au contraire les deux circuits en accouplement lâche, la partie du circuit d’antenne comprise entre B et Ü étant complètement en dehors du circuit détecteur. L’emploi d’un accouplement lâche entre le circuit d’antenne et le circuit détecteur rend
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- possible une sélection presque parfaite des radiotélégrammes puisqu’il évite la réaction mutuelle des circuits chevanchants, obstacle insurmontable à un réglage précis.
- Utilisation d’une bobine à 3 curseurs. — L’emploi d’une bobine à 3 curseurs permet de séparer entièrement le circuit d’antenne et le circuit détecteur lorsque cette séparation est nécessaire pour assurer l’élimination de signaux perturbateurs.
- 1. Voir n° 2387 du 27 Décembre 19rq.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- 20) Le schéma n° 20 représente la meilleure utilisation connue d’une bobine d’accord à 3 curseurs. Cette combinaison assure une excellente sélection des messages et l’élimination des bruits parasites dus aux décharges atmosphériques ou aux phénomènes d’induction dans le voisinage des lignes parcourues par des courants électriques, lorsque l’énergie perturbatrice n’est pas très importante.
- Pour utiliser ce montage, on commence p*ar donner une valeur de self moyenne au circuit détecteur en séparant convenablement les curseurs B et C, le condensateur variable étant à zéro ; on accorde alors le circuit antenne-terre par la manœuvre du curseur D, après quoi on parfait le réglage du circuit détecteur. Lorsque les deux circuits, convenablement accordés, donnent une réception maxima, on serre ou on relâche leur accouplement en déplaçant simultanément les deux curseurs B et C entre lesquels le même nombre de spires doit être maintenu.
- 20
- 21) Ce dispositif, un peu plus compliqué que le précédent, est à recommander dans le voisinage de lignes
- alimentant des arcs électriques; il est préventif des perturbations causées par l’induction de ces lignes. La valeur de la capacité variable et le nombre des spires entre B et D ont une grande influence sur l’élimination des bruits parasites.
- 22) Même genre de combinaison que la précédente, un peu moins sélective, mais aussi d’un réglage moins minutieux.
- 23) Le pouvoir sélectif de ce dispositif est plus marqué que celui des deux précédents, il est particulièrement efficace contre les troubles causés par les décharges atmosphériques. Le rôle du
- condensateur variable directement relié à l’antenne est prépondérant pour l’élimination des signaux parasites. (A suivre.) A. Duroquier.
- c{§tn$. Mécanique *«&,
- Appareil indicateur de niveau ’à'distance B. E. I. C.
- — L’indicateur de niveau, système B. E. I. C. permet d’évaluer avec une approximation très grande, et cela à distance, le volume d’un liquide contenu dans un réservoir placé hors de la vue de la [personne à renseigner*
- Son fonctionnement est le suivant :
- Un plongeur cylindrique 1 est placé dans un réservoir 2. Ce plongeur reçoit de la part du liquide 1 immergeant une poussée qui est transmise à une capsule anéroïde 3. Cette capsule, qui est remplie d’air à la pression atmosphérique est reliée, par l’intermédiaire d’un tuyau 4 de diamètre et longueur parfaitement déterminés, à une autre capsule'5 semblable à la première et également remplie d’air à la pression atmosphérique. La transmission de poussée reçue par la capsule 3 à la capsule 5 se fait par l’intermédiaire du petit conduit 4 également rempli d’air à la pression atmosphérique, ce qui réalise une transmission pneumatique. Sur la capsule 5 et obéissant à ses variations de volume est monté un petit appareil amplificateur 6, commandant uue aiguille 7 qui indiquera sur un cadran gradué à la demande 8 les variations de quantités de liquide dans le réservoir.
- Pour éliminer toute action autre que la poussée sur l’ensemble 3, 4, 5, c’est-à-dire les variations de pression et de température dans le milieu où doit fonc-
- tAppareil indicateur de niveau à distance B. E. I. C.
- tionner l’indicateur de niveau, la dénivellation entre le réservoir et le cadran indicateur, un deuxième système compensateur, composé de la capsule 9, du tuyau 10 et de la capsule 11, de volume, de position, et de parcours les plus identiques possibles au premier système 3, 4, 5, est adjoint à l’appareil. La capsule 11 est reliée à la capsule 5 et l’aiguille 7 n’indiquera que la poussée reçue par 3, les autres actions extérieures se aisant sentir sur les deux circuits en sens inverse et par suite s’annulant.
- Une enveloppe de protection du plongeur 12 rend l’appareil moins fragile. Elle augmente la bonne tenue de l’aiguille par le fait que le plongeur n’obéit pas à toutes les impulsions accidentelles du liquide du réservoir que l’on obtient par suite de réservoir monté sur un véhicule à la suite de secousses ou de cahots ; la communication se faisant par de petits trous 13 suffisants pour obtenir le niveau, mais freinant les remous intérieurs du liquide.
- Dans le cas où à l’intérieur du réservoir il y aurait une forte pression, la transmission de la poussée pneumatique est remplacée par une transmission hydraulique et un troisième tuyau de réunion de la boîte cadran, qui sera prévue étanche au réservoir, est à joindre pour établir l’équilibre des pressions sur tout le système 3, 4, 5 et 9, 10, 11.
- Cet appareil s’applique donc aux avions, automobiles, wagons, navires, citernes, chaudières et bacs à acides, etc..., il peut transmettre des indications à des distances atteignant 200 mètres.
- Son prix unitaire pour automobile est de 25o francs. Il est en vente au Bureau d’études industrielles et commerciales, 61, avenue de la Grande-Armée, à Paris.
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- VARIÉTÉS
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- Les plantes sauvages qui commencent à fleurir en janvier. — Il n’est pas nécessaire d’être un savant pour savoir que les diverses espèces de plantes ne fleurissent pas toutes en même temps et qu’en automne et, surtout, en hiver, on perdrait son temps à parcourir les champs et les bois pour faire un bouquet, dont la confection, au printemps ou en été, ne demanderait que quelques instants. Mais si l’on cherche à se rendre un compte exact des fluctuations de l’épanouissement des fleurs, on n’arrive, même avec des livres spéciaux, à n’avoir que des notions vagues. Le tableau ci-dessous relatif à la flore française fera connaître quelques précisions sur la question :
- Nombre d'espèces commençant à lleurir.
- Janvier . .......
- Février................
- Mars...................
- Avril..................
- Mai....................
- Juin...................
- Juillet................
- Août...................
- Septembre..............
- Octobre................
- Novembre...............
- Décembre...............
- Toute l année..........
- Ne fleurissant jamais . .
- 1 2
- 47 186 667 1228 1147
- 795 1 2‘2 36 6
- 5
- Ces fluctuations sont évidemment en relation avec la température moyenne de chaque mois qui, depuis le Jour de l’an jusqu’à la Saint-Sylvestre, est successivement (à Paris) : de 2°,3 (janvier) ; 3°,6 (février) ; 5°,9 (mars) ; g°,9 (avril) ; i3° (mai) ; i6°,5 (juin) ; i8°,3 (juillet) ; 170,7 (août); 14°»7 (septembre); io°,i (octobre); 5°,8 (novembre); 2°,7 (décembre).
- Laissant de côté, pour l’instant, les autres mois, je ne m’occuperai aujourd’hui que du mois de janvier, durant lequel, comme l’indique le tableau ci-dessus, 12 espèces commencent à fleurir, ce qui étonnera sans doute car, durant ce mois, il ne fait pas précisément très chaud.
- Le type de la plante hivernale est Y Hellébore fétide, appelée aussiMords-cheval, Patte-d'ours, Pied-de-griffon, Pose-de-serpent, qu’il n’est pas rare de rencontrer sur les coteaux calcaires pierreux. Elle se reconnaît facilement à sa teinte sombre, à son odeur désagréable — comme l’indique son nom — à sa souche qui ressemble à des griffes, à ses feuilles curieusement découpées et à ses fleurs verdâtres, penchées, bordées de pourpre ou de rose foncé. Autrefois employée'pour chasser les vers
- intestinaux et guérir les maux de dents — ce qui ne vaut pas un bon dentiste — elle n’est plus, aujourd’hui, d’aucun usage, sauf qu’elle est, parfois, utilisée en médecine vétérinaire, et que, très résistante au froid, elle peut être plantée dans les jardins pour garnir les massifs durant l’hiver. Il est bon de savoir qu’elle est vénéneuse et, par suite, qu’il ne faut pas la laisser brouter parles bestiaux, lesquels, d’ailleurs, ontl’instinct delà dédaigner.
- Sur les coteaux siliceux, on peut rencontrer la Gagée de Bohême, aux fleurs verdâtres en dehors et jaunes en dedans, et qui n’a pas plus de 3 à 8 cm de haut.
- Le Midi est un peu plus copieusement fleuri avec le Pétasites odorant, que sa bonne odeur a fait appeler Héliotrope d'hiver et dont les capitules sont d’un violet très clair; Y Ail Petit-Moly, aux fleurs d’un blanc pur; trois Narcisses à l’odeur suave, le Narcissepapyracé, le Narcisse d’Italie et le Narcisse doré ; le Crocus nain, aux fleurs violettes, spécial à la Corse.
- Les plantes que je viens de citer sont des herbes. En janvier commencent à fleurir aussi quelques arbres ou arbustes. C’est, en particulier, le Noisetier, où il y a deux sortes de fleurs, les unes semblables à des bourgeons desquels sortiraient trois ou quatre petits prolongements rouges, les autres comparables, par l’aspect, à des chenilles jaunes et qui rentrent dans la catégorie de ce que les botanistes appellent des « chatons », chatons qui ne tardent pas à tomber et à joncher le sol; ce sont les premières de ces fleurs qui, plus tard, beaucoup plus tard, donneront ces noisettes que tout le monde se plaît à croquer.
- Parmi les arbustes, il faut citer la Bruyère portugaise, des landes et talus de TOuest; la Bruyère de la Méditerranée, aux fleurs roses, des landes humides de la Gironde; enfin le Fragon épineux ou Ruscus. Ce dernier, plus connu sous le nom de Petit Houx, esÇcommun dans les bois ; il a des feuilles coriaces et très piquantes, sur le milieu desquelles s’insèrent de petites fleurs violacées insignifiantes. Bien qu’il ait plutôt l’air « en zinc » et que son toucher n’ait rien d’agréable, on le cultive dans quelques jardins. Quand il porte des fruits, baies rouges de la grosseur d’une cerise, on le voit souvent en vente chez les fleuristes. Des camelots le vendent également dans les rues de Paris en y ajoutant, pour agrémenter (?) une grande fleur en papier — vague fleur de chrysanthème — dont l’aspect semble destiné à faire hurler les gens de goût. Parfois aussi les marchands attachent au sommet des rameaux des amas compacts de baies rouges qui proviennent, non du Petit-Houx lui-même, mais d’une plante très différente, le Houx. Ce n’est peut-être pas très « botanique», mais le bon public n’y regarde pas de si près. H. Coupin.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Coloration rosé© des bois. — Pour donner aux bois la coloration rosée, il suffit de les faire macérer dans une décoction plus ou moins concentrée de bois du Brésil, suivant teinte désirée. Bien entendu s’il s’agit de produits ouvrés, la dessiccation ultérieure devra être effectuée sousjjpresse pour éviter le gauchissement.
- Dépolissage des lampes électriques. — Préparer •les deux solutions \
- A) Eau............... 100 cm5
- Gélatine dure....... 8 gr. 5
- Chlorure de baryum. . 8 gr. 5
- B) Eau................100 cm5
- Sulfate de soude ... 6 gr, 5
- Verser goutte à goutte la solution B dans la solution A encore tiède et agiter jusqu’à l’obtention d’un Produit homogène. Tremper dans ce mélange encore tiède les lampes à dépolir et laisser sécher.
- Désétamagej[du cuivre. — Le meilleur procédé pour désétamer un vase de cuivre nous paraît être de le mettre à digérer dans l’acide chlorhydrique concentré et froid lucide muriatique du commerce); dans ces conditions,
- l’étain seul se dissout, le cuivre n’étant attaqué qu’à chaud.
- Dessins sur fond noir. — Les dessins sur papier ou carton noir s’exécutent habituellement à la gouache. Dans le cas de dessins à la craie, celle-ci pourrait être fixée par une solution alcoolique de gomme laque, par exemple :
- Gomme laque............5 gr.
- Résine copal........... 5 —
- Alcool à 95° 1/2 litre.
- On peut procéder soit par vaporisage, ce-qui est préférable, soit par immersion.
- Peinture à la chaux. — Préparer
- Craie lévigée . . . . 33o
- Chaux éteinte . . . . 33o
- Caséine . . 60
- Colle forte . . . . . 80
- Silicate de soude. . . 120
- Alun . . 80
- Dissoudre séparément la caséine, la colle forte et l’alun dans l’eau chaude, ajouter la chaux et le silicate, puis la craie, étendre d’eau jusqu’à fluidité convenable,
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Nettoyage des statuettes’en plâtre. — Il s’obtient en appliquant une bouillie claire formée d’eau et d’amidon ; après séchage l'amidon se détache sous forme d’é-cailles qui entraînent avec elles toutes les souillures. On termine par époussetage au moyen d'un pinceau très propre.
- Soudure de l’aluminium. — La soudure de l’aluminium est une opération délicate ; un des bons procédés qui ont été indiqués, consiste suivant M. Isidore Mahu, à employer la soudure suivante :
- Zinc pur...................70 parties
- Etain......................3o —
- Argent.....................3,2 —
- Cuivre.....................0,8 —
- Après fusion, on ajoute 10 parties de calamine, brasse le mélange et coule dans des lingotières. On trouvera dans les Recettes de Vatelier, p. 8i (Masson, éditeur, -.120, boulevard Saint-Germain), une étude très complète sur la question.
- Formule de stuc. — Une bonne formule de stuc est la suivante :
- Préparer la solution :
- Eau......... 1 litre
- Gélatine............ 20 grammes
- Alun................ 40 —
- Gomme arabique . . 280 —
- Et se servir du mélange obtenu pour gâcher :
- Plâtre............... 2 kg
- Dans le cas où on désirerait un stuc coloré ou marbré, on y incorpore des matières minérales inertes : ocres jaune ou brune, outremer, bleu de Prusse, vert de chrome, etc.
- Colles résistant à l’humidité pour le collage du bois. Colles pour panneaux contreplaqués. — Chacun de nous connaît l’importance de l’industrie des panneaux contreplaqués. Sièges et bureaux, meubles divers, panneaux de toute espèce sont constitués par des feuilles extra-minces de bois de peuplier, d’aulne, etc., collées à contre-fil, c’est-à-dire de telle sorte que le sens du fil de la feuille supérieure soit perpendiculaire au sens du fil de la feuille inférieure.
- Généralement ces panneaux sont formés de 3 ou 4 plaquages. Les panneaux ainsi collés sont tels (quand ils sont bien collés, sous de fortes pressions) que l’on ne parvient qu’à grand’peine à les séparer par toutes petites portions, au couteau. Il arrive même souvent que la rupture a lieu en un autre endroit qu’à la surface collée. Mais, pour arriver à un tel résultat, il faut employer des colles spéciales dont nous allons parler, et un matériel de pression à chaud très coûteux, de telle sorte qu’une telle industrie exige de grands capitaux, de grands stocks de bois de peupliers ou bois connexes, de grands espaces pour leur écorçage, le séchage méthodique des rondins débités en feuilles égales, en un mot un grand nombre de conditions économiques et techniques- réunies.
- Nous possédons en France, surtout depuis que la guerre nous y a obligés, un certain nombre d’usines fabriquant le panneau contreplaqué, surtout pour aéroplanes (hélices, etc.). Les colles employées sont en général à base de certaines matières albuminoïdes telles que le produit connu commercialement sous le nom de « sang cristallisé ».
- Ce produit que sait fabriquer l’industrie française n’est autre chose que du sang d’abattoir défibriné et
- partiellement débarrassé d’hémoglobine, concentré ensuite sous pression réduite.
- Il se présente sous la forme de lamelles noir rougeâtre, facilement solubles dans l’eau en un liquide que l’on emploie dans la proportion de 20 à 3o de produit pour 90 d’eau et parfois plus.
- D’ailleurs, ceci est une question de viscosité à'connaître, et varie avec le temps du passage entre les plaques chauffées à la vapeur et la pression de cette dernière.
- En général, 10 à i5 min. de passage entre des plateaux chauffés à io5/no° suffisent amplement.
- Ce produit valait 100 à 110 fr. avant la guerre ; nous en ignorons le prix actuel.
- On peut aussi faire des colles à la caséine solubilisée, mais ces dernières n’ont pas donné jusqu’ici de bons résultats pour les panneaux contreplaqués.
- Voici ci-dessous diverses formules de solubilisation de la caséine pour fabriquer des colles caséinées.
- Cette dernière, qui valait 90 à 100 fr. avant la guerre, vaut actuellement le triple.
- I. Caséine bien dégraissée et bien repré-
- cipitée............................. 100 gr.
- Ammoniaque à 8°....................... 20 cm3
- Eau.................................. 5oo c. c.
- II. Caséine .............................. 100 g r.
- Borax................................. 10 —
- Eau.................................. 5oo c. c.
- III. Caséine..............................1000 gr.
- Carbonate de soude.................10/15 —
- Eau.................................. 85o c. c.
- IV. Caséine.............................. 200 gr.
- Ammoniaque ordinaire . . . • - • • 4o —
- Eau.................................. 760 —
- V. Caséine.............................. 200 —
- Ammoniaque............................. 3 —
- Chaux éteinte......................... 20 —
- Eau........................._... . . 777 —
- Beaucoup de colles à la caséine sont employées dans le commerce. Une certaine obscurité règne sur ce sujet.
- Les colles obtenues par la cuisson des détritus de poisson, surtout des têtes, et leur concentration ultérieure, donnent d’excellents résultats. Mais on doit les désodoriser, ce qui n’est pas facile.
- M. F. L. Browne donne dans le Chem, and Met. Engin., 1919, 21, p. 136/138, une formule pour la préparation d’une colle humide qui ne se prend jamais en masse.
- Laisser tremper 100 gr. de caséine dans i3o à 280 gr. (quel écart) d’eau durant i5 min. ; ajouter un mélange de i ) à 22 gr. de chaux éteinte et de 90 gr. d’eau et ajouter finalement 70 gr. d’une solution de verre soluble à 35° B.
- On voit par la diversité de ces chiffres, que ces formules n’ont rien d’intangible : c’est à chacun à étudier de près le cas qui l’intéresse.
- Revenant pour terminer aux colles pour panneaux contreplaqués, nous croyons intéressant de signaler que nous avons tenté d’enduire de produit de condensation formophénolique, des feuilles de bois que nous avons ensuite collées fil contre fil, et chauffées ensuite à la presse. Les résultats, bien qu’encore incomplets, ne laissent pas que de donner l’espoir d’un bon résultat. Ce procédé aurait l’avantage d’aseptiser admirablement les panneaux et d’empêcher la pourriture sèche, pour ainsi dire indéfiniment, puisque les corps de la série bakélitique sont de parfaits antiseptiques.
- Albert Hutin.
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Questions à nos lecteurs. — Jppareil pour le réglage automatique du foyer d'une chaudière. — M. Roger Bouget, 211, cours de la Somme, à Bordeaux, de-
- mande s’il existe un dispositif simple permettant régler automatiquement le tirage d'une chaudière chauffage central à eau chaude.
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- Demande. — M. Pontonnier, instituteur à Ambel, par Corps (Isère), cherche à se procurer les n0’ 2338 et 2346 de La Nature.
- Réponse. — A propos du taquin. — L’introduction du taquin en France remonte à 1880. A cette époque,
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- divers auteurs, mathématiciens ou nou, se sont occupés d’établir la théorie de ce jeu; depuis, le silence s’est fait sur le taquin.
- En cherchant dans mes papiers, je n’ai retrouvé trace que de trois études : la clé du taquin ou la solution des quinze, par P. Henry Fleury, Marseille, 1880; le Dernier mot du taquin, par Piarron de Mondésir, La Nature, 1880; Récréations mathématiques, par Edouard Lucas, Paris, 1882-1892. De Flacellière.
- M. R. Gsell, à Paris. — 11 y a deux sortes de « calories », la grande calorie est la quantité de chaleur nécessaire pour élever de i° la température de x kg d’eau; la petite calorie, mille fois plus petite que la grande calorie est la quantité de chaleur nécessaire pour élever de 1 degré la température de 1 gr. d’eau.
- M. Guy de Cour-ville, à Paris. — Le vernis en question est un vernis gras à base de gommes résines ; voxis trouverez dans les Recettes de l’atelier, pages 214 et suivantes, de nombreuses recettes qui vous permettront de le reproduire.
- M. R. Dollinger, à Saverne. — Vous trouverez tous les détails nécessaires à la fabrication des plaques photo graphiques dans l’ouvrage Traité de la préparation des produits photographiques, par P. Ganichot, chez Mendel, éditeur, 118, rue d’Assas, à Paris.
- N° 11795. •— i° L’antenne dont vous disposez sera certainement suffisante pour vous permettre une bonne réception des signaux de la station du Champ-de-Mars. Soignez tout particulièrement l’isolement de votre collecteur d’ondes.
- 20 Nous sommes persuadé qu’un détecteur électro-lytique peut suffire pour la réception que vous désirez; néanmoins un détecteur à cristaux aurait notre préférence ; son emploi simplifie l’agencement du poste récepteur et améliore la réception.
- 3" Nous vous donnerons prochainement dans Lui Rature toutes les indications pour réaliser vous-même à peu de frais tous les appareils d’une table de réception pourvue des plus récents perfectionnements.
- M. J. P., avenue Saint-Saëns, à Béziers. — i” La question des engrais catalytiques a fait l’objet d’études et d’expériences dont les résultats ont été publiés, avant la guerre, dans diverses publications scientifiques et techniques. Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécialement consacré à cette question, et nous n’avons pas non plus connaissance que de nouvelles expériences aient été faites depuis 1918-1914. Tous pourriez vous adresser à M. le professeur Gabriel Bertrand (Laboratoire de Chimie biologique, 26, rue Dutot, Paris, 15°) qui a étudié ces engrais et publié en 1912 les résultats de ses essais d’engrais manganèses. Demandez-lui, notamment, communication de ses observations présentées au Congrès de Paris (i5-i6 mars 1912) : Sur quelques résultats obtenus par l’emploi des engrais catalytiques {Bulletin de l’Association des Chimistes de sucrerie et de distillerie de France et des colonies, avril 1912), et la brochure Sur le rôle des infiniment petits chimiques en agriculture (Conférence au VIIIe Congrès international de chimie appliquée, New York, septembre 1912). Voyez, en outre, aux adresses suivantes : M. La-galu, professeur de Chimie agricole, Ecole nationale d’Agricullure de Montpellier; consultez : Progrès agricole et viticole (M. L. Degrully, directeur), à Montpellier; Journal d'Agriculture pratique (Librairie agricole, 26, rue Jacob, Paris, 6e); La Vie agricole et rurale (19, rue Hautefeuille, Paris, 6°); demander les fascicules de ces publications, dans lesquels sont publiées des études sur les engrais catalytiques. Rapport de M. Gabriel Bertrand sur l’emploi favorable du manganèse comme engrais (Académie des Sciences, 18 décembre '9°5); Rapport de M. Garola, directeur de la 'Station agronomique d Eure-et-Loir, à Chartres (essais sur betteraves) (Conférence au Congrès international de l’Association des chimistes de sucrerie et de distillerie, en 1911 ).
- 20 Avant la guerre, les maisons suivantes s’occupaient d’engrais catalytiques : Poulenc frères, g3, rue Vieille-du-Temple, Paris, 4° (sulfate de manganèse desséché et pulvérisé) ; Chenal, Douilhet et Cie, 22, rue de la Sorbonne, Paris, 5" (sulfate de manganèse) ; Société des mines de Las Cabesses, 25, rue des Martyrs, Paris, 9e (carbonate de manganèse, mélangé de carbonate de calcium, manganèse, chaux manganésée; Bellanger, 63, eue des Poissonniers, à Saint-Denis (Seine) (sulfate de
- manganèse) ; Mines de la Ferronnière, par Arques (Aude) (siège social, 10, rue d’Alger, Paris, ier (chaux manganésée) ; Marius Fossat, 6, rue des Deux-Emmanuel, à Nice (engrais manganésé riche, pour cultures florales et arboriculture de luxe); Georges Grisel, à Chaumont-en-Vexin (Oise) (magnésie manganésée, sulfate de manganèse).
- Il faut remarquer que la question des engrais catalytiques est encore du domaine expérimental.
- 3° Pour la culture du citronnier-bergamotier, voyez les ouvrages suivants : Les orangers, citronniers et cédratiers et autres aurantiacées comestibles, par R. de Noter, F. Sahut, Chou^et et Ch. Rivière, 1 vol. ; Les cultures sur le littoral de la Méditerranée, par E. Sauvaigo, 1 vol.; Cultures du Midi, de l’Algérie et de la Tunisie, par Ch. Rivière et H. Lecq, x vol. (Coulet et fils, éditeurs, 5, Grand’Rue, Montpellier). Voyez aussi, à Roquebrun (arrondissement de Béziers), la culture suivie pour le cilronnier-oi’anger ;
- 4° Pour l’utilisation de la bergamote en confiserie, voyez aux divers chapitres du Manuel du Confiseur, par Henri Blin, 1 vol. 5 fr. 40 (Mulo, éditeur, 12, rue Haute-feuille, Paris, 6e);
- 5° Pour la fabrication de l’essence de bergamote, nous ne connaissons pas d’ouvrage traitant spécialement cette question; demandez à la bibliothèque de la revue, La Parfumerie moderne (Gattefosse, éditeur, 19, rue Camille, Lyon).
- M. Van Rende, à Bimxelles. — i° Vous trouvex’ez à vous documenter sur les abattoirs, en consultant les ouvrages suivants : Les Abattoirs modernes, par Mes-nager, 1 vol. ; Abattoirs et marchés, par Piettre, 1 vol. ; Les Industries des abattoirs, par L. Bourrier, 1 vol. (Baillière et fils, éditeurs, 19, rue Hautefeuille, Paris, 6°) ; Les abattoirs publics, construction et agencement, 1 vol., par J. de Loverdo ; Inspection, législation, par H. Martel, J. de Loverdo et Mallet, 1 vol. ; L’Examen des viandes, par H. Martel, 1 vol. (Dunod et Pinat, éditeurs, 47, quai des Grands-Augustins, Paris, 7e) ; Premier Congrès international du Froid, Paris (1908), volume II (mêmes éditeurs). Voyez aussi à la Librairie agricole (26, rue Jacob, Paris, 6°). Consultez M. Moussu, professeur à l’Ecole vétérinaire d’Alfort, auteur d’importants travaux sur les abattoirs. Dans la revue, L’Hygiène de la viande et du lait (40, rue des Moril-lons, Paris, i5°), de nombreuses études ont été publiées sur les abattoirs, le tx'aitement et l’inspection des viandes, l’utilisation des déchets et résidus des abattoirs ; demandez les fascicules contenant ces études;
- 2’ Pour installations d’abattoii’s, voyez aux adresses suivantes : La Manutention mécanique industrielle, 87, rue Lafayette, Paris, 9e; Société générale des abattoirs municipaux de France, 11, rue Blanche, Paris, 9e; Société d’installation d’abattoirs modernes, E. Grand pierre, G. Poutet et Cie, 16, boulevard Magenta, Paris, 10e; Installations d’abattoirs modernes et hygiéniques, mécanique moderne, 9, boulevard Lobau, à Nancy ; Abattoirs mécaniques, Gustave Diémer, 12, rue de Bonse-cours, à Nancy; Falcot et Cie, 24, chemin de Vaques, à Lyon; Société Edelmann et Cio, 55, quai Valmy, Paris, 10e; Installations frigorifiques d’abattoirs, B Lebi’un, 4L rue Lafayette, Paris, 9e; Accessoires pour abattobrs ; Guérin frères, 10, rue de Laborde, Pai’is, 8e;
- 3° Voyez les études suivantes : les Nouveaux abattoirs d'Angers-, Projet d’Abattoir communal ou iâter-communal ; Utilisation des déchets d'abattoirs dans le Journal d’Agriculture pratique, n0" 5 et 6, des ier et 8 février 1912, n° i5, du 10 avril 1913 ; nos 22 et 2.3 des ier et i5 novembre 1917 (Libraii-ie agricole, 26, rue Jacob, Paris, 6e);
- 4e Pour la conservation, le fumage, le séchage et la congélation des viandes, voyez : Manuel des Conserves alimentaires, par Henri Blin, 1 vol. 5 fr. 40 (Mulo, éditeur, 12, rue Hautefeuille, Pains, 6°); La conservation des substances alimentaires, par Urbain, 1 vol. 4 fr. 5o (Dunod et Pinat, éditeurs).
- M. A. V., boulevard Pr'ésident-Wilson, à Bordeaux. — Le plan que vous vous proposez d adopter pour préserver vos lainages des invasions de mites, (teignes) est évidemment rationnel, mais sa complète efficacité dépendra du mode d’exécution et des soins apportés au traitement des lainages, tapis, fourrures, etc., avant leur transfert dans la pièce dont il s’agit. Il faut de méticuleuses px-écautions pour éviter d’y introduii-e des
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- larves ou des papillons. Toutes les laines et fourrures devront être préalablement battues et exposées au grand air, où on les visitera très minutieusement pour éliminer les cocons soyeux dans lesquels sont renfermées les chrysalides, ces cocons étant l’indice d’une éclosion prochaine.
- Un bon moyen de préservation consiste à envelopper les lainages dans des toiles préalablement trempées dans une solution de sel marin (i kg de sel pour 20 litres d eau) et séchées à l’ombre. La conservation dans des caisses très hermétiquement closes est à conseiller; l’herméticité est assurée plus complètement au moyen de bandes de papier collées tout autour du couvercle et sur les fissures des parois s’il en existe. Le poivre, le camphre, la naphtaline, la poudre de pyrèthre peuvent être utilisés dans les caisses. L’essence de serpolet,
- que l’on peut se procurer chez le pharmacien, est aussi un préservatif facile à employer. On prend, par exemple, un quart de litre de cette essence, puis, dans un flacon à large goulot, on introduit des morceaux de vieilles éponges, sur lesquels on verse l’essence; ensuite, on place le flacon débouché dans la caisse, l’armoire ou le placard où les lainages et fourrures doivent être conservés.
- Dans les caisses, on saupoudre les lainages avec du poivre ou avec de la poudre de naphtaline non éventée.
- Mais il faudrait, d’autre part, et autant que possible, faire disparaître de l’immeuble le foyer d’invasion constitué par les débris de feutre existant entre plafond et plancher, en ayant recours à l'introduction de naphtaline suivie de l’obturation complète de tous joints et fissures.
- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits franco de port et aux prix nets marqués, à réception d'un mandat postal ou d1 une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.)
- L’électricité à la portée de tout le monde, par G. Claude. 8e édition, revue et mise à jour, in-8, 672 p., 228 fig. Dunod et Pinat, éditeurs. Paris 1919. Prix 12 francs (majoration comprise)».
- M. G. Claude est aujourd’hui célèbre par ses machines à l’air liquide et par de nombreuses inventions dans les domaines les plus divers. Ce livre, œuvre de jeunesse, éci'il dans un style vif, parfois humoristique, u a rien perdu de l’attrait qui fit son succès à sou apparition. Les phénomènes essentiels de l’élec-Iricité, ceux qu’il faut connaître pour comprendre les applications industrielles de l'électricité sont exposés avec une remarquable clarté, et leur compréhension est rendue accessible à tous, au moyen de comparaisons simples et frappantes. Notons une attachante causerie sur les ondes hertziennes, les rayons cathodiques, les rayons X et le radium. Le livre de M. Claude qui a rendu déjà tant de services à plusieurs générations, mis au courant des derniers progrès de la science, est assuré de continuer longtemps encore sa brillante carrière.
- Annuaire de la houille blanche française, publié par A. Pawloswki, 3e année 1919-1920, 12 pl. de Laborde. Paris.
- Outre des renseignements financiers sur les diverses sociétés qui se rattachent à l’utilisation de la houille blanche, cet annuaire contient une partie technique intéressante : étude de la houille blanche en France avant et pendant la guerre ; une note de M. Imbeaux sur les forces hydrauliques du Jura, des Vosges et de l’Alsace-Lorraine ; une étude de M. Tochon sur l’électrification des chemins de fer; un exposé de la question du Rhône ; enfin, la législation de la houille blanche.
- Guide pratique du chimiste de charbonnages et fours à coke, par'Pim,. Reimen. i vol. in-16 (12-18 cm.). Ch. Béranger, éditeur. Paris et Liège, 1919. Relié toile. Prix : 9 francs.
- Cet ouvrage vient à point pour combler une importante lacune dans la bibliographie des ouvrages de sciences chimiques. Sans doute, il existe de nombreux ouvrages intéressants, traitant de l’analyse des charbons et des cokes métallurgiques, mais celui que M. Reimen présente au public s’en différencie parce qu’il donné de nombreux guides pour l’analyse des charbons et des dosages des sous-produits, qui s’obtiendront pendant la fabrication du coke, notamment du sulfate d’ammonium, des eaux ammoniacales, du goudron, des benzols et des gaz, essais physiques des cokes défournés.
- Adductions et distributions d’eau. Type de rapport explicatif et justificatif de l’alimentation en eau d’une ville, pour petites villes ou communes, par J. Gilbert.
- 1 vol. in-4, 34 p., 6 pl. Dunod, Paris. Prix net : 6 fr.
- Ce rapport contient la description complète et pré-cise des travaux et les calculs des organes de la distribution; il donne la nature des conduites, le mode d’assemblage des tuyaux, les dépenses du projet et les dépenses annuelles du service des eaux.
- Le rapport de M. Gilbert est un modèle du genre « dont les jeunes ingénieurs, dit M. G. Bechmann dans son avant-propos, feront sûrement leur profit et qui mérite de leur êlre recommandé ».
- Manuel de culture mécanique, par C. Julien, i vol. 128 p., fig. Hachette, Paris. Prix : 4 fr,
- Excellent ouvrage de .vulgarisation écrit par le Président de la Chambre syndicale de la Motoculture. S’adressant au paysau, il lui explique les travaux de culture, comment la force mécanique peut s’y substituer à la force animale, les divers systèmes de motoculture, leur utilisation rationnelle, leur prix de revient.
- Abrégé d’histoire générale. Essai sur le passé de l homme et des sociétés humaines, par Charles Riciiet, membre de l’Institut, 1 vol. in-8, 600 p., 10 caries. Hachette. Paris.
- Comme le dit l’auteur dans son avant-propos, « le monde se précipite vers lavenir avec une telle rapidité, qu’on n’a pas le droit de s’appesantir sur les multiples détails du passé, quand ils ne comportent pas quelques conclusions fécondes pour les choses du présent. » C’est dans cet esprit qu’il aborde la synthèse des grands événements historiques et des grands mouvements intellectuels. II décrit la formation des sociétés humaines, puis, il y a 3ooo ans, l’apparition des penseurs, il y a 3oo ans celle de l’imprimerie, il y a 100 ans celle de la science. A travers les événements, il suit les puissances qui ont successivement conduit le monde : l’église, la royauté, la science. Il juge,, du point de vue de la morale la plus élevée les activités et les hommes. Ce livre d’histoire, écrit par un grand savant pour les jeunes, est la meilleure leçon qu’on puisse leûr enseigner.
- Sévérac-le-Château en Rouergue, par le Dr Jean-A. Molinié. 1 vol. in-16, 54o p., 3i pl. Carrère, Rody.
- Cette étude historique, fortement documentée, retrace la vie d’une petite cité du grand Causse, voisine des gorges du Tarn, éloignée des grandes voies de communication. Cette situation lui a créé une histoire particulière, où les grands événements de l’histoire nationale n’interviennent le plus souvent qu’amortis, à moins qu’il ne s’agisse de guerres intérieures où le Causse devient le refuge des révoltés.
- Comme le dit Maurice Barrés dans sa préface, ce livre enseigne aux Français la connaissance d’un coin de leur pays et des monuments de leur histoire. Cette monographie est donc un intéressant modèle d’histoire locale.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2389
- 10 Janvier 1920.
- •<
- 3Sao
- INFORMATIONS
- >«
- HORAIRE DES PRINCIPALES ÉMISSIONS RADIOTÉLÉGRAPHIQUES
- Les heures sont comptées de o à 24 (Temps moyen de Greenwich)
- I h. Paris = FL. Longueur d’ondes 8.000. E mission sur ondes entretenues.
- 4 h. Coltano = ICI. — 6.5oo. — amorties.
- 4 h. 3o. Paris = FL. —. 8.000. — entretenues.
- 7 h. Berlin = LP. — 5.5oo. ^— amorties.
- Carnarvon = MUU. — 14•oops entretenues.
- Nantes = UA. — 11.0/10. %r\ entretenues.
- Nauen r= POZ. — 5.$00. - . i" \ X» v: amorties.
- 9 h. Carnarvon = MUU. — 14.sQ.ep. entretenues.
- 9 h. 3o. Whitehall = BYA. — 2 .jâooj.vv, \_w' amorties.
- 9 h. 45. Nauen —POZ. — 5-fe-. .JjfT amorties.
- Paris — FL. — 2.6 amorties.
- 9 h. 56. Paris — FL. — 2.6oox^: amorties.
- 10 h. Cleelhorpes — B YB. — 3.000. - _ amorties.
- 10 h. 45 . Paris = FL. — 2.600. — amorties.
- 11 h. Moscou — MSK. — 5.000. — amorties.
- 11 h. 10. Scheveningue = PCIL — 1.800. — amorties.
- 11 h. 45. Nantes = UA. — 11.000. — entre le n lies.
- 11 h. 56. Nauen —POZ. — 5.5oo. — amorties.
- i3 h. Moècou — MSK. — 5 .ooo. — amorties.
- i3 h. 29. Madrid = EGC. — 2.000. — amorties.
- i5 h. Paris = FL. — 3.200. — amorties.
- Nauen = POZ, — 12.500. — entretenues.
- 16 h. Paris = FL. -- 2.600. — amorties.
- 16 h. 3o. Carnarvon = MUU. — 0 0 0 — entretenues.
- 1 7 h. Moscou = MSK. ... 5.000. — amorties.
- 17 h. 3o. Nauen = POZ. — 12.600. — entretenues.
- 18 h. Carnarvon = MUU. — 14.000. —- entretenues.
- Paris = FL. — 8.000; — entretenues.
- 18 h. 15. Nantes = UÀ. — 11.000-. — entretenues.
- 19 h. Nauen = POZ. — 12.600. — en tr et en ues.
- 20 h. 3o. Whitehall = BYA. —• 2.800. — amorties.
- 21 h. 3o. Paris =? FL. — 2.600. — amorties.
- 22 h. Cleethorpes = BYB. — 3.000. — amorties.
- Mos,cou = MSK. — 5.ooo. — amorties.
- Horsea = B YC. — 4.5oo. — entretenues.
- 22 h. 3o. Poldhu = MPD. — 2.800. — amorties.
- 23 h. 29. Paris = FL. — 2.600. — amorties.
- 23 h. 45. Paris = F’L. — 2.600. — amorties.
- Service de presse.
- — divers.
- — presse.
- — divers.
- — presse.
- — divers.
- — divers.
- — presse. Bulletin météorologique. Service divers.
- Bulletin météorologique. Signaux horaires. Bulletin météorologique. Signaux horaires.
- Service divers.
- Bulletin météorologique. Service divers.
- Signaux horaires. Services divers.
- Bulletin météorologique. Service de presse. Service divers.
- Bulletin météorologique. Service de presse.
- — divers.
- — divers.
- — presse.
- — presse.
- — divers.
- — divers.. Bulletin météorologique. Bulletin météorologique. Bulletin météorologique. Service divers.
- Service de presse.
- — presse. Battements pendulaires. Signaux horaires.
- Les postes d’Arlington (NÀA-6ooo-émission sur ondes entretenues), Clifden (MFT-36oo-émissiou sur ondes amorties), Glace-Bay (GB-75oo-émission sur ondes amorties) travaillent jour et nuit. La station de Carnarvon (Pays de Galles) travaille souvent avec la station espagnole d’Aranjuez (EAA). La station de Eilvese (Hanovre) (OUI-i5 ooo-émission sur ondes entretenues) correspond également dans la matinée avec Aranjuez. Le poste de Lyon (YN-14 ooo-émission sur ondes entretenues) transmet surtout la nuit à partir de 1 heure du malin. La
- station de Rome (IDO-i 1 ooo-émission sur ondes entretenues) travaille assez irrégulièrement. Coltano transmet l’après-midi et dans la soirée. La station de Horsea ne transmet qu’aux heures paires. Gibraltar, BWW possède une émission sur ondes entretenues à 2700 et une émission sur ondes amorties à 4600; il transmet de jour et de nuit ('). F. Diroquier.
- 1. L’hor.ure dos transmissions radiottdégraphiques est sujet à de fréquentes modifications; les indications qui précèdent sont donc données sous toutes réserves.
- Nécrologie. — Le Dr Aitken. — Un grand savant anglais, peu connu en France en dehors d’un cercle assez étroit, le D1 Aitken, vient de mourir à l’àge de 80 ans. Il consacra sa longue existence à l’étude de la météorologie, et il y marqua son passage par une découverte de la plus haute importance; dans un mémoire sur les brouillards, les poussières et les nuages, publié en 1880, aujourd’hui classique, il établit avec, évidence qu’il faut à la vapeur pour se condenser en brouillard, ou en nuage, un support constitué par des particules de poussières invisibles. Cette découverte a eu sa répercussion dans toutes les branches de la physique.
- Le D' Aitken a mené une existence extrêmement retirée; ce grand travailleur était un modeste qui fuyait les titres, les emplois et les honneurs, et son nom était sans doute aussi peu répandu dans le grand public anglais qu’en France.
- Emploi de l’aviation pour la chasse à la baleine.
- — Nos alliés américains n’hésitent pas à employer les
- procédés les plus modernes pour la poursuite et la capture des grands cétacés. M. William N. Kelly, mécanicien surveillant de la « Consolidated Whaling Corporation », société qui possède deux stations de pêche dans l’île de la Reine Charlotte, a tenté d’employer l’aéroplane dans l’industrie de la pêche baleinière. Les premières expériences ayant donné des résultats satisfaisants, il a été décidé que l’hydroplanc serait employé à la « Ryuquot Whaling Station » pendant deux semaines, au cours de cette saison, alin de se rendre un compte exact des, services pratiques qu’on peut retirer de son usage.
- The Pacific Fisherman (n° 9, vol. XVIII, sept. 1919) fournit à ce sujet les intéressantes indications suivantes : M. Kelly signale, qu’alors qu’un observateur à bord d’une baleinière ne peut apercevoir et signaler la présence d’uu cétacé que lorsque le bâtiment s’en trouve éloigné de 4 à 5 milles environ, un aviateur en aéroplane le vei’rait probablement à 3o milles de. distance. Il pourrait, après avoir « localisé » avec précision le lieu où se trouve l’animal, en signaler la présence, par « sans fil »,
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- à lu baleinière qui prendrait alors de suite les mesures nécessaires pour le capturer. Actuellement, les navires se livrant à cette chasse n’étant pas munis d’appareils l’adiotélégraphiques, et les baleinières n’ayant une vitesse que de quelques nœuds, les opérations de chasse s’effectuent sans méthode et ne permettent pas d’en obtenir tous les profits qu’on pourrait en retirer.
- L'alcool moteur et la banane. — Tout le monde reconnaît l'intérêt national que présenterait l’ulilisalion généralisée de l’alcool comme agent de chauffage ou de force motrice; l'avantage est évident : l’alco'd est un produit du sol ; il peut être fourni en quantités illimitées. Sou emploi peut nous affranchir d’une partie du lourd tribut payé à l’étranger sous forme de charbon, de pétrole, d’huiles lourdes et d’essence. Mais, il y a une condition essentielle : il faut que le prix d’achat de ce combustible ne dépasse pas* celui des combustibles actuellement en usage. Or, on peut estimer que le prix de revient de l’alcool de betterave, lorsque les distilleries du Nord seront remises en marche, ne sera pas inférieur à ioo fr. l’hectolitre, prix prohibitif peur les alcools industriels. M. E. Barbet, le spécialiste bien connu des questions de distillerie, préconise, dans Y Outillage, le recours à nos colonies; grâce au soleil, la production par hectare en substances hydrocarbonées y est bien supérieure à ce qu’elle est sous nos climats tempérés. M. Barbet recommande tout particulièrement l’utilisation de la banane, plante robuste et prolifique dont la côte du Soudan est le principal habitat. Les Allemands avaient créé au Cameroun des plantations gigantesques, mesurant parfois 20 ooo hectares d’un seul tenant. Des résultats obtenus dans ces plantations, on tire les conclusions suivantes : on peut compter 2000 bananiers à l’hectare, donnant 40000 kg de fruits frais, d’où l'on tire 10000 kg de farine séchée et un rendement de 4ooo à 44oo litres d’alcool par hectare ; tandis qu’en France, dans les meilleures conditions, la betterave n’en fournit que la moitié. De l’étude de M. Barbet, il résulte qu’il y aurait intérêt à transporter en France la farine sèche et à la distiller sur le sol métropolitain. Le matériel industriel pour créer ces distilleries de bananes existe, il n’y a qu’à employer les appareils énormes que les poudreries ont installés pendant la guerre pour produire de l’éther et pour rectifier les produits de récupération.
- Le sucre et l’alcool de nipa. — La crise sucrière européenne appelle de nouveau l’attention sur les ressources coloniales dont ou se préoccupait déjà avant la guerre.
- Aux îles Philippines, l’industrialisation du palmier nipa en vue de la production du sucre, de l’alcool et de diverses boissons fermentées, a pris un intéressant développement.
- Le palmier nipa, appelé couramment Nipa, croît dans les terrains marécageux, à l’embouchure des rivières. Il occupe de vastes étendues dans la baie de Manille et sur le littoral des provinces de Pangasnia, de Tayabas et des îles de Panay, Samar et Mindanao. Une des plus grandes forêts exploitées aux Philippines s’étend sur le rivage de la baie de Manille; sa superficie est de 6450 hectares divisés en sections d’un hectare chacune et comprenant une moyenne de 700 à 800 plants en plein rapport, dont la culture est confiée à des ouvriers chargés de livrer à la distillerie le produit appelé tuba.
- La feuille du palmier nipa est utilisée pour la toiture des cases des indigènes. Le fruit, assez agréable au goiït, est consommé cru ou conservé dans du sirop de sucre.
- Le nipa n’est incisé qu’à l’âge de cinq ans. Le suc est recueilli, en temps normal, pendant six mois, de juillet à décembre, dans des tuyaux de bambou d’une capacité de 2 litres, appliqués au tronc de l’arbre. Le suc de nipa élaboré produit, dans la proportion de 10 pour too environ, un alcool dont la teneur varie de 4.1 à 7,5 pour 100; on estime qu’avec de meilleures méthodes de transport et de distillation, il serait possible de récupérer les 5o pour 100 d’alcool qui vont aux déchets dans la plupart des usines. En se basant sur une production moyenne de 86000 litres de suc par hectare (2000 plants par hectare, à raison de 43 litres chacun), le rendement en alcool devrait être, au minimum, de 5ooo litres à 95 pour 100 d’alcool.
- Le For Eastern Review. fait couu.aî.tre les résultats des recherches faites par le Bureau des Sciences de Manille, et notamment par son chimiste, M. Gibbs, sur l’industrie et sur l’avenir commercial de l’alcool et du sucre de nipa. On constate que 90 millions de litres de suc de palmier, élaborés par quarante-huit distilleries, ont fourni 9700000 litres de preuve (alcool), pendant une année fiscale (ier juillet 1909-30 juin 1910). La consommation par tète d’habitant est de 1 litre 36.
- On fabrique, avec l’alcool rectifié obtenu du suc de nipa, vingt-deux boissons, notamment l’anisette, l’ani-sado, le gin. les vins de coco et de nipa, dont le degré alcoolique varie de 10 à 55 pour 100. Le palmier nipa contribue à la production totale dans la proportion de 93 pour 100; c’est donc, parmi les palmiers exploités pour l’industrie de l’alcool, celui qui est le plus utilisé. M. Gibbs estime qu’en améliorant la fabrication, certains breuvages alcooliques extraits du suc fermenté du nipa et du cocotier pourraient titrer jusqu’à 5o pour 100 d’alcool et être exportés avec succès, grâce à leur goût spécial.
- Il résulte des travaux auxquels s’est livré le Bureau des Sciences de Manille que le suc de nipa peut être, de même, employé avantageusement à la fabrication du sucre, fabrication qui serait extrêmement intéressante. La production de sucre de fermentation, qui est perdue par suite de l’élaboration défectueuse de ce liquide, s’élèverait de 14 à i5 pour 100 Dans les essais faits à Manille, par M. Gibbs, 4 litres de suc de nipa, traités par les procédés chimiques, ont donné a36 gr. de su-crose qui, soumis à l’ébullition et à l’air, ont produit des cristaux blancs d’un bon grain pesant 157 gr. et polarisant à 96,8 Les mélasses, soumises à une nouvelle cuite, ont fourni 79 gr. de sucre jaune polarisant à 93,8. Les secondes mélasses, de même couleur, mesurant 20 cm3, polarisaient à 58,6.
- En se basant sur une production de 86000 litres de suc par hectare, et en évaluant à 12 pour 100 au minimum la proportion de sucre, le rendement en sucre par hectare serait de 10428 kg à 96 pour 100. De ces recherches, on a pu conclure que le nipa constitue une source certaine de profits pour la fabrication du sucre. Le prix de revient du raffinage devant être moins élevé qu’avec la canne à sucre, et le sucre étant une matière première dispendieuse pour la fabrication de l’alcool, l’établissement de raffineries de sucre apparaîtrait comme plus avantageux à l’industrie du nipa que l’établissement de distilleries.
- Dans tous les cas, c’est là une industrie qui est appelée à rendre de très grands services à la colonisation dans les'pays où croît le palmier nipa. Bien plus — et suivant l’avis de M. Gibbs, — on pourrait escompter, quoique dans de moindres proportions, la valeur commerciale du cocotier, du palmier buri et du palmier à sucre, dont les sucs distillés fournissent également du sucre, de l’alcool et même du vinaigre.
- La sucrerie coloniale, qui exploite la canne, voit donc s'augmenter, par l’industrialisation du nipa, les éléments qui doivent contribuer à sa prospérité.
- Henri Blin.
- Maladie cutanée provoquée par un chargement d’orge. — MM. les docteurs Loir et Legagneux viennent d’annoncer à l’Académie de Médecine qu’ils ont observé au Havre, deux ou trois heures après un déchargement d’orge, chez 4t ouvriers qui avaient manipulé l’orge ou qui avaient été en contact avec les poussières, une maladie cutanée caractérisée d’abord par un prurit intense, puis par une éruption. Cette affection guérit par le traitement de la gale; elle est causée par un acarien pédicu-.loïde qui fut retrouvé aussi à l’examen de la poussière de l’orge, ce qui explique sa dissémination même chez les gens qui n’ont pas manipulé les sacs.
- Les familles logeant à bord des péniches où étaient déposés les sacs d’orge furent infectées. La rapidité d’apparition des lésions permit d’en déterminer la cause et d’établir un traitement curateur et prophylactique.
- C’est depuis 1911 la sixième épidémie de ce genre qui se produit au Havre. MM. Loir et Legagneux proposent, pour en éviter de nouvelles, la sulfuration des cales, des bains-douches pour les ouvriers, et la possibilité de changer de vêtements en quittant le travail. *
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- LA T. S. F. DES AMATEURS [Suite) (Voir 2887 et *388).
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- 2.4*
- Utilisation d’un transformateur d’induction. — Le trans-fornaateur d’induction est l'appareil d’accord et de réglage le plus pratique et le plus efficace pour assurer une réception parfaite des radiotélégrammes.
- Les deux circuits qui composent un tel appareil étant complètement indépendants, et leur accouplement étant susceptible de varier d’une valeur nulle à une valeur très grande, il est possible de réaliser avec eux des réglages précis, harmonisés pour un maximum d’effet.
- 24) Le diagramme n° 24 représente le plus simple des montages avec transformateur. . " " ^pw ;r On utilise ce dispositif de la manière suivante : le circuit détecteur étant réglé à une valeur moyenne de self-induction par le jeu du curseur C, on accorde le circuit d’antenne appelé aussi circuit primaire, après quoi on corrige, s il y a lieu, l’accord du circuit détecteur ou secondaire-, en dernier lieu on parfait la réception en relâchant plus ou moins l’accouplement des. deux circuits. Celte manoeuvre est d’autant plus aisée que les bobines constituant un transformateur sont mobiles à l’intérieur l’une de l’autre.
- a5) Par commodité, l’enroulement secondaire d’un transformateur d’induction n’est habituellement réglable que par plots et chaque variation d’accord exige l’appoint ou la suppression dans le circuit détecteur d’une fraction d’enroulement de 10 ou 20 spires à la fois; il s’ensuit qu’un accord satisfaisant ne peut être obtenu par la seule utilisation de l’enroulement et que l’emploi d’une capacité variable auxiliaire est indispensable pour suppléer, dans le circuit détecteur, à l’insuffisance d’une self-induction inévitablement approximative. Le dispositif représenté par le schéma n° 25 répond à cette exigence.
- Si le réglage du circuit secondaire exige, par exemple, pour une réception donnée, la mise en circuit de 64 spires, l’accord sera réalisé en prenant 6 fractions de 10 spires ou 3 fractions de 20 spires selon le fractionnement adopté, et le déficit de self-
- induction des 4 spires manquantes sera comblé par l’apport jd’un supplément de capacité fourni par le condensateur variable.
- 26) Le diagramme n° 26 représente le dispositif employé au poste de la Tour Eiffel pour la réception a-vec détecteur à cristaux : le
- téléphone est shunté par un condensateur fixe de . 004 microfarad et le détecteur par un condensateur variable de 0 à . oo3 microfarad.
- 27) Nous préférons le montage n° 27 au montage précédent. On peut dire que c’est le montage populaire par excellence; c’est celui que nous recommandons aux amateurs en raison de sa facilité de réglage et de l’excellence de son rendement.
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- oq*
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- fC/
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- 27
- 28) L’appoint d’une self additionnelle dans le circuit d’antenne permet la réception des très grandes longueurs d’onde ; la mise en série dans ce même circuit d’un condensateur variable permet, au contraire, la
- récep t ion
- d’ondes plus
- courtes que
- l’onde carac-
- téristiqu e de
- l’antenne . Le
- dispos itif
- n° 28 qui réu-
- nit ces < deux
- avantage s est
- donc à adop-
- ter par les
- amateurs qui
- veulent assu-
- rer à leur
- table de : ré-
- ception une
- échelle d’ac-
- co r d s |l t r è s
- étendue.
- mmm.
- 28
- cuu u •
- Circuits trieurs. — On obtient avec les dispositifs représentés par les schémas n° 29, n° 3o et n° 3i des effets sélectifs absolument merveilleux, malheureusement le réglage en est assez compliqué et le rendement parfois médiocre. L’accou-plementdes circuits pri- [|J maire et secondaire ne se fait plus ici directement mais par l’intermédiaire d’un ou de plusieurs circuits auxiliaires dont le nombre améliore la sélection mais affaiblit progressivement l’intensité des signaux.
- Nous ne conseillons
- Circuit intermédiaire
- ~3â
- - n II
- iS Hr
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- 2S
- donc l’emploi de ce dispositif que lorsqu’il y a nécessité absolue d isoler rigoureusement une réception.
- Pour utiliser le montage représenté par la
- figure 29, on règle le primaire et le secondaire du transformateur sur l’émission à recevoir en couplant directement ces circuits. Ce réglage réalisé, on éloigne le primaire P du se-condaire S jusqu’à ce que l induction de celui-là sur celui-ci devienne sans effet.
- On introduit alorsres-pectivement dans le primaire et dans le secondaire l’une des bo-binesjumelles du circuit intermédiaire et par le jeu du condensateur variable monté en parallèle avec ces bobines, on fait réapparaître les signaux éteints, On corrige ensuite s’il y a Heu le réglage des différents circuits.
- Le condensateur variable du circuit intermédiaire aura toujours une grande capacité, 01 de microfarad, par exemple, et les bobines jumelles une self-induction relativement petite.
- 3o) Le diagramme n° 3o montre le condensateur du
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- circuit intermediaii’e disposé eu série avec les bobines jumelles; la valeur de l’inductance totale de ce circuit est double de la valeur d’inductance d’une des bobines.
- Sur le diagramme 29, au contraire, le condensateur est en parallèle avec les bobines ; l’inductance totale du
- circuit intermédiaire n’y est plus que la moitié de l’inductance d’une bobine. Pour la réception des petites longueurs d’onde, on utilisera donc le montage n° 29 • pour celle des grandes longueurs d’onde il sera plus avantageux d’adopter celui que représente la figure 3o.
- 35) Le diagramme n° 35 représente la combinaison la plus sûre pour éliminer les parasites violents et les troubles d’induction au voisinage immédiat de moteurs, d’alternateurs et de lignes parcourues par des courants alternatifs.
- 36, 37) Les montages figurés sur les schémas n° 36 et
- n° 37 conviennent aux postes récepteurs dont l’antenne ne peut être suffisamment développée. L’aérien est bouclé et les deux extrémités en sont reliées séparément aux appareils récepteurs. Cette disposition permet d’introduire dans la boucle une capacité qui en augmente la longueur d’onde.
- 31 ) Le schéma n° 31 représente un dispositif trieur utilisant deux circuits intermédiaires.
- Dispositifs complexes d’accord et de réglage. — Les diagrammes qui suivent indiquent différentes combinaisons de montage utilisables dans des condi tions particulières ot pour parer à des diffi cultés de réceptionanor males.
- 32) A proximité d’um station émettrice de T S. F., la disposition des appareils récepteurs se Ion le diagramme n° 3 c éliminera, en partie, les causes perturbatrices des transmissions voi sines.
- 33) Plus simple que 1< W////f//////Z, précédent,maisutilisan
- deux prises de terre éta blies sur le même plat à 1 m. 5o l’une de l’autre le dispositif n° 3a permet d éliminer la gêne causée pai les parasites atmosphériques violents. Le réglage de h bobine de gauche est celui qui influé sur l’éliminatior des troubles. 1 “
- 34) L’adoption du montage n° 3/» est recommandée aux amateurs dont les appareils de réception seraient fâcheusement influencés par le voisinage de moteurs électriques ou de lignes parcourues par des courants.
- 'Antenne en boude
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- 38) Le diagramme n° 38 est une réplique du schéma n° 35 adaptée à une antenne en boucle.
- Les amateurs de T. S. F. trouveront un réel intérêt à réaliser les différents montages que nous venons de décrire et même à en combiner de nouveaux. Ces essais seront pour eux un passe-temps instructif, riche peut être d’une heureuse découverte ; ils seront étonnés parfois de l’importance de l’ordre dans lequel sont reliés sur une table de réception les divers appareils et l’effet d’un arrangement favorable sur la netteté ou sur la force des signaux perçus; ils se rendront compte aussi, en variant la nature des détecteurs, la résistance des téléphonest. la valeur des capacités et des selfs que tel dispositif donne suivant les éléments qui le composent, des résultats non identiques et qu’on ne peut, pour cette raison, comparer utilement la valeur de deux appareils différents sur un montage unique.
- •Franck Duroquier.
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- Nouvelles météorologiques. — Notre but. — Faire connaître les phénomènes météorologiques les plus intéressants , tenir nos lecteurs au courant des travaux effectués tant en France qua l’étranger; accueillir toutes les observations qui paraîtront etre de quelque profit pour la Physique du globe ; au besoin suggérer certaines observations à faire... en voici d’ailleurs un exemple entre mille : il arrive qu’un nuage isolé, du type des strato-cumulus, passe sur le ciel. Un grand intérêt pour la météorologie dynamique s’attache au fait de savoir si le passage d’un nuage s’accompagne d’une faible augmentation delà pression barométrique. Naturellement un seul observateur peut attendre longtemps avant de voir ce phénomène se produire dans des conditions, qui permettent de vérifier le point litigieux... par contre, avec un grand nombre d observations, les chances augmentent d’obtenir une réponse précise.
- En somme, sans aller plus loin, nous voulons être l’intermédiaire des chercheurs et des curieux de la Physique du globe.
- Quelques records météorologiques pendant l’année '919. —- La pression barométrique e,Ile-même s’est signalée à 1 attention des observateurs : le minimum observé à Paris le 5 janvier, 722“'",4, est le plus faible que l’on ait enregistré depuis plus d’un siècle en ce mois. Rappelons que la plus basse pression, qui ait été notée, dans les mêmes conditions, non pas seulement en janvier, mais pour toute l’année, est de 718"’"' en novembre 1916.
- Par contre, le mois de juin établit le record de la plus haute pression mensuelle avec le 10. Il en
- est.de même pour octobre où l’on a noté 773"™,8, chiffre qui n’avait pas encore été atteint pendant ce mois-là.
- Passons à un autre sujet : février 1919 établit peut-être le record de la pluie avec 89""” d’eau mesurés à Saint-Maur. Seul le mois de février 1817 pourrait le dépasser, 1 Observatoire de Paris ayant enregistré 97““ d’eau, quantité évidemment eupérieure à celle de cette année, mais qu il faudrait très probablement réduire, en tenant compte de l’exposition du pluviomètre.
- Mars est normal comme température, mais avril compte une journée, celle du 28, qui établit le record du froid à cette date avec une moyenne de 2°,o, inférieure de 90 à la normale. Par contre, le mois de mai est remarquable par ses températures élevées : d’ailleurs les mois de mai. des cinq années consécutives de 1915'à 1919 ont tous été très chauds, notamment celui de 1917, qui fut particulièrement doux.
- Juillet 1919 est exceptionnellement froid : c’est, dans la série des observations du Parc Saint-Maur, celui qui présente la température moyenne la plus basse (i5°,2) inférieure même à celle du mois de mai précédent qui ' était de i5°,4.
- Après des mois secs (août, septembre, octobre), nous arrivons en novembre qui se signale par de basses températures, l’abondance et la fréquence des chutes de neige : on a compté 7 joürs de neige, ce qui est sans précédent en novembre depuis l’origine des observations de Saint-Maur. Tous nos lecteurs ont encore présentes à l’esprit ces chutes précoces de neige, malgré la douceur de la température pendant la plus grande partie de décembre, qui a pu les faire oublier.
- Rarement une année présente un aussi grand rapprochement entre les dates extrêmes des chutes de neige : la dernière du printemps s’est produite le 29 avril et la première de l’automne le 29 octobre.
- Les gelées aux États-Unis. — Le département de l’Agriculture aux Etats-Unis vient de 'publier un volume intitule Fvosts and the Growing Season, ce qu’on peut traduire par Les gelées et la saison des végétations. C’est une collection de cartes en couleurs et de diagrammes qui montrent la date probable de la première gelée de l’automne et de la dernière gelée du printemps. Pour ce travail on a utilisé les observations de 4000 stations environ, dont plus de 600 ont une série dépassant 20 années.
- Les gelées étant caractérisées par une température « sous l’abri » égale ou inférieure à o°, à l'air libre le thermomètre descend plus bas encore, de sorte que ces gelées peuvent être considérées comme mortelles pour les plantes, dans certaines conditions.
- Nalurellement, dans un pays qui présente des climats aussi divers que les Etats-Unis, on trouve de grandes
- variations d une année à 1 autre pour la période sans gelée probable ; pour quelques stations, les dates delà première et de la dernière gelée de l’année peuvent s’étendre sur une durée de près de deux mois.
- Sauf vers Key West, il n'y a aucune région des Etats-Unis où la gelée soit inconnue ; la ligne traçant la limite des régions où il gèle au moins une année sur deux, exclut seulement une petite partie de la Floride et descend jusqu’au 26e parallèle.
- La ligne de la dernière gelée, se produisant avant le iCl mars, coupe la Floride et suit à peu près le littoral jusqu à la Nouvelle-Orléans. Dans le Nord, les gelées peuvent encore arriver à la fin mai et même après le ior juin dans les régions élevées de l’Ouest. Les gelées précoces d’automne n’ont pas lieu avant le ier décembre dans la Floride et dans quelques régions du Sud-Ouest; sur les confins du Nord-Ouest elles commencent en septembre. En résumé, il n’y a qu’un quart environ du pays ou il y ait une période moyenne de 210 jours sans gelée.
- D autres cartes montrent enfin la probabilité pour qu’il gèle une, deux ou trois semaines après la date moyenne s’il s’agit du printemps, ou avant s’il s’agit de l’automne.
- Ces documents seront de la plus grande utilité pour les. agriculteurs, qui sont ainsi renseignés sur la possibilité d’une culture dans une région quelconque et sur la valeur du danger que cette culture peut courir du fait des gelées.
- Variation de la constante solaire. — L’Observatoire de la Smithsonian Institution poursuit avec une grande activité, sous la direction de C. G. Abbott, ses recherches sur le rayonnement solaire. Il ne se borne pas seulement aux observations actinométriques faites dans les observatoires de Washington, du mont Wilson et du mont Whitney aux Etats-Unis ; il assure en outre des expéditions scientifiques en d’autres points du globe, judicieusement choisis, pour obtenir des données complémentaires qui, comparées à cglles d’Amérique, permettent de faire des déductions intéressantes. Ainsi on avait quelque doute sur la constance de la constante solaire, bien que ces mots accouplés semblent contradictoires. En 1911-1912 M. Abbott fit, pour vérifier le fait, des observations en Algérie où les conditions atmosphériques pouvaient être présumées très différentes de celles du mont WJlson. La station choisie, sur les conseils de M. Gonnessiat, directeur de l’Observatoire d’Alger, fut un hameau nommé Bassou sur un plateau au sud de Médéah. Les résultats de cette campagne ont été très concluants : le soleil n’envoie pas une quantité de chaleur constante à la limite de l’atmosphère ; son rayonnement éprouve des variations qui se font sentir en même temps à Bassou et au mont Wilson.
- Gomme, par suite de l'éloignement des deux stations, les .causes météorologiques ne paraissent pas en jeu, il faut bien admettre une influence extérieure à la terre, soit une variation du soleil lui-même, soit l’affaiblissement de son rayonnement, du fait de l’interposition de matières cosmiques, d’essaims météoriques.
- Ces résultats viennent d’être précisés par la campagne de.1918, qui s’est poursuivie en même temps au mont Wilson et à Calama au Chili. Des variations à courte période du rayonnement solaire sont confirmées et leur origine'doit se trouver dans le soleil lui-même.
- On a pu d’ailleurs tirer de ces observations une conséquence pratique pour les prévisions des variations de température : M. Abbott indique que celles-ci ont pu être annoncées avec un grand succès par le Service météorologique de FArgentine auquel étaient télégraphiés les résultats des observations faites à Galama.
- Une dépression capricieuse. — Généralement la marché des dépressions est assez régulière dans nos régions (Ouest-Est)-et cette régularité est pour beaucoup dans le succès des pronostics officiels des temps à venir.
- Cependant, sur cent dépressions qui partent de l’Amérique, trente à peine traversent F Atlantique pour atteindre 1 Europe. Parmi celles-ci il faudra probablement compter la tempête essuyée par le navire de guerre britannique Cæsar dans les parages des Bermudes à la fin de septembre igi5. Le centre de la bourrasque a en effet décrit une boucle fermée ainsi qu’en font foi les observations, la tempête s’étendant plus ou moins surtout
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- VARIETES
- vers l’Ouest dans le mouvement de retour du minimum .
- Une Société météorologique en Amérique. — Une Société météorologique est en formation aux Etats-Unis. Son objet est de combler les besoins d’un échange mutuel d’idées entre les personnes que peuvent inté-
- resser les phénomènes de l’atmosphère et d’aider au progrès des recherches. Ce but sera poursuivi par des réunions communes avec l’Association américaine pour l'A. S., par la publication d’une revue mensuelle contenant « news, announcements, notes and queries. »
- Sylvère Boisthorec.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Peintures aux silicates. — M. Coffignier ayant été chargé pendant la guerre d’analyser au Laboratoire de la Section technique de l’Artillerie les peintures à base de silicate de soude, largement employées comme ignifuges, vient de publier dans la Revue de Chimie industrielle les constatations qu’il a faites.
- Le mode d’emploi des peintures aux silicates est celui indiqué par Nimbeau :
- i° Donner une première couche de silicate non teinté, en employant une solution marquant 220 B;
- 20 Donner une seconde couche avec une solution de silicate marquant 24° B et teintée à la nuance voulue avec des terres colorées, de l’oxyde de zinc, du noir;
- 3° Terminer par une application de teinte préparée comme ci-dessus, mais avec une solution de silicate marquant 26° B.
- Les peintures grises étaient composées de :
- Première formule : eau 49>4o pour 100; silicate de soude 4>8o; carbonate de chaux 35,40; sulfate de baryte 8,75; outremer et noir i,65.
- Deuxième formule : eau 67,35 pour 100; silicate de soude n,o5; carbonate de chaux 19,10; silice et alumine 1,20; noir i,3o.
- Troisième formule : eau 4*,55 pour 100; silicate de soude 11,70; carbonate de chaux 4l65; silice et alumine i,5o; noir 3,60.
- Quatrième formule : eau 56,20 pour 100; silicate de solide 11,60; carbonate de chaux 10; talc 21,60; outremer et noir 0,60.
- Cinquième formule : eau 56,10 pour 100; silicate de soude 11,3o ; carbonate de chaux 11,90; talc 20,10; outremer et noir 0,60.
- Une peinture bleu clair contenait : eau 65,40 pour 100; silicate de soude i3,20; outremer i,5o; carbonate de chaux 4>3o; oxyde de zinc i5,20; oxyde de fer et alumine 0,40.
- Toutes se conservaient assez bien, à la condition d’être soigneusement bouchées.
- Artifices lumineux. — Il a été fait pendant la guerre une véritable débauche de fusées éclairantes de tous genres et l’industrie des artifices, réduite en temps de paix, aux feux de joie des jours de grandes fêtes publiques, a pris du même coup un développement imprévu.
- Voici la composition de quelques-uns des mélanges illuminants les plus employés; en règle générale, ils contiennent tous un combustible produisant une vive
- lueur et un agent éclairant.
- i° Nitrate de baryum...............33 pour 100
- Magnésium enrobé.................34 —
- Nitrate de potassium............29 —
- Ce produit a été très employé par l’armée anglaise ; le magnésium y est enrobé dans de la parafline ou de la cire de carnauba ; le produit enrobant est chauffé jusqu’à la fusion et l’on y plonge le magnésium à recouvrir. Le but de cette opération est de préserver le magnésium contre une oxydation trop rapide en magasin.
- 20 Mélange employé par les armées anglaise et alle-
- mande.
- Nitrate de baryum...........61,8 pour 100
- Soufre...................... 15,9 —
- Aluminium......................22,3 —
- Ce mélange ne s’enflamme que par l’intermédiaire d’une composition amorçante.
- 3° Carbonate de cérium......... 8,8 pour 100
- Chlorate de potassium . . . . 66,9 —
- Gomme laque.................... 16,4 —
- Bitume...................... 8 —'
- Ce mélange donne une lueur rouge.
- 4° Chlorate de potassium .... 55 pour 100
- Carbonate de cérium............. 10 —
- Aluminium....................... 25 —
- Bitume.......................... 10 —
- donne également une lueur rouge.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison do l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- M. F. U, à Saint-Gervais (Loir-et-Cher). — Nous ne connaissons pas, à l’heure actuelle, de firme construisant l’appareil broyeur, de pëtit ou moyen modèle, et du type spécial qui vous intéresse, pour la transformation en farine du foin de luzerne. Ce genre d’appareil est d’usage courant aux Etats-Unis. Vous auriez chance de trouver ou d’obtenir une indication, croyons-nous, en recherchant parmi les firmes qui construisent les broyeurs d’os de petit et de moyen modèles, et parmi celles qui s’occupent de matériel avicole. Vous pourriez demander aux adresses suivantes : Comptoir Général de l’élevage, 106, rue Lafayette, Paris, 9e; Devoisin*, 38, rue Caumartin, Paris, 8e; Damerval, à Saint-Léger-du Bourg-Denis, par Darnélal (Seine-Inférieure) ; Daniel, rue du Laos, 5, Paris, i5° ; Debernard, 71, avenue d’Italie, Paris, 13e; Faul, 47> rue Servan, Paris, n°;Franky-Farjou, à Houdan (Seine-et-Oise); Gobin, 12, quai de
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- la Mégisserie, Paris, 1er; Goujon, à Langeais (Indre-et-Loire) ; Etablissements Voitellier, à Mantes (Seine-et-Oise) ; Moret, 26, rue Rougemont, à Tonnerre (Yonne) ; Poinsot frères, à Gambais (Seine-et-Oise); Reignoux, à Bléré (Indre-et-Loire); Semet, à Houdan; Serreau, à Châteaurenault (Indre-et-Loire). En outre, se renseigner au Secrétariat de la Chambre syndicale des constructeurs de machines agricoles, 10, rue de Lancry, Paris, 12e. La Station d’Essais de machines du Ministère de l’Agriculture (Directeur, M. Max Ringelmann), 2, avenue de Saint-Mandé, Paris, 120, est particulièrement qualifiée pour renseigner, en l’état actuel de la question dont il s’agit.
- Dr C. G., h Pau. — Le mieux est de remettre une pièce en se servant d’une vieille pellicule débarrassée de sa gélatine par ébullition dans l’eau additionnée de carbonate de soude.
- Une fois bien sèche, le collage s’effectuera facilement avec une dissolution composée de :
- Celluloïd.........................) ~
- Acétone...........................) a
- Cercle du Lycée Jeeinson-de-Sailly, à Paris. — Le violet de Paris qui sert habituellement à la confection des encres est très soluble dans l’alcool, nous pensons
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- que lu macération des feuillets tachés dans l’alcool à brûler du commerce, par séjour prolongé, vous donnera satisfaction sans qu’il y ait à craindre affaiblissement de l’écriture à l’encre ordinaire. S’il restait encore des traces violettes après l’opération, quelques touches locales avec une solution de peroxyde de sodium les feraient disparaître. Rincer ensuite pour éliminer l’excès de réactif.
- M. Ch. Simon, à Bàle. — Le produit connu sous le nom de bakélite doit parfaitement convenir dans le cas que vous nous indiquez, il est tout à fait inattaquable par le mercure et très adhérent sur le fer. Pour tous renseignements s’adresser aux Etablissements Lavalette,
- 175, avenue de Choisy, Paris, i3e.
- M. L. Buffet, à Paris. — Yôus trouverez tous renseignements sur l'aluminium dans l’ouvrage suivant : Métallurgie de l aluminium, par Wickersheimer, Dunod et Pinat, éditeurs, 47» quai des Grands-Augustins, Paris.
- /. B., N° B'j. — i° La préparation de l’eau de Javel par double décomposition entre le chlorure de chaux et le carbonate de soude a lieu suivant la formule ci-dessous :
- (C10)2Ca + GO5Na2 = 2 (ClONa) + CO Ca.
- Le chlorure de chaux étant supposé à no° chloro-métriques, il faudrait en prendre ii5 gr. et y ajouter pratiquement 23o gr. de carbonate de soude cristallisé pour obtenir un litre d’eau de Javel à 120 chloro-métriques.
- 2° Leçons de chimie (métalloïdes, métaux, chimie organique) par Basin, chez Yibert, éditeur, 62, boulevard Saint-Germaiu. Le Problème de chimie élémentaire, par Maillard, principes et exemples de solutions, même maison.
- M. R. Pinon, à Reims. — Nous croyons que l’utilisation la plus pratique des vieilles capsules et du papier d’étain est de les homogénéiser par fusion puis, après analyse par un laboratoire, de les enrichir en étain pur pour les amener à la composition d’une soudure normale (plomb 66, étain 33) dont la vente est assurée directement. A notre avis, tout procédé de séparation grèverait inutilement l’opération. Voyez cependant l’ouvrage Récupération de Vétain, librairie d’éditions techniques, 16, rue du Pont-Neuf, Paris.
- M. Alfred Pache, à Lausanue. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur l’électrolyse de l’eau, mais vous trouverez des renseignements très complets sur la question dans le Dictionnaire de Wurtz, 20 supplément, p. 41S, ainsi que dans l’ouvrage Préparation des produits chimiques par V éleclrolyse du Dr Karl édité chez Dunod et Pinat, 47, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. F. Andréa, à Mahon, Espagne. — i° Les produits employés pour le polissage des métaux sont le tripoli, le rouge d’Angleterre, la craie, la potée d’étain, le carbonate de magnésie, chacun d’eux doit être parfaitement débarrassé, par délayage dans l’eau et décantation, des matières granuleuses qui pourraient rayer ;
- 20 Les bâtons servant à fixer les disques sont à base de gomme laque et de résine.
- M. Delmasure, à Roubaix. — L’opération du carbonisage ou épaillage de la laine dans le but de la débarrasser des fibres végétales qu’elle renferme, consiste à l’imprégner de solutions faiblement acides puis à l’exposer à une température de i3o° environ. Dans ces conditions les fibres végétales sont attaquées et se réduisent en poussière que l’on peut facilement éliminer par battage, tandis que la laine ne subit aucune altération. Consultez les ouvrages suivants : Apprêts des tissus de laine, par H. Lagache, chez Dunod, éditeur, 47» quai des Grands-Augustins; Industrie des tissus, par Joulin, Baillière, éditeur, 19, rue Hautefeuille, Paris.
- P. B. 47_77- — i° Chimie générale, par Schutzen-berger, chez Masson, 120, boulevard Saint-Germain; — 2° Manuel de céramique industrielle, par Arnaud et Franche, Dunod et Pinat, éditeurs, 47» quai des Grands-Augustins.
- Bibliothèque de Cette, Hérault. — i° La chloropicrine est très soluble dans l’alcool, il suffit d’en pulvériser une solution à 5 pour xoo sur les parties infestées par les punaises, mais son emploi est fort désagréable à cause de son action irritante sur les muqueuses ; — 20 Nous ne croyons pas qu’il soit avantageux de recouvrir le chaume d’un enduit imperméable, l'humidité sous-jacente qui serait entretenue aurait pour conséquence une destruction rapide de la paille au lieu d’en augmenter la durée.
- M. Caperan, agent-voyer principal, à Muret. — i° La composition des ciments variant de marque à marque, l’enduit étant plus ou moins soigné, sa date plus ou moins ancienne, il est préférable de procéder à des essais de qualité et de quantité de chlorure de zinc ;
- 20 Vous pourriez faire le fond avec de la peinture à la chaux, bien plus durable à l’extérieur et plus, économique que la peinture à l’huile. Yos inscriptions peuvent également être faites à la chaux avec colorants : noir de charbon, noir d’ivoire, bleu d’outremer, etc.
- Vous pouvez encore protéger le tout contre les intempéries par une couche de silicate de potasse (incolorej à 35°.
- Il existe enfin un certain nombre de peintures spéciales pour ciment. La sidérosthène, usines Pearson, 43, rue Pinel, à Saint-Denis (Seine).
- Euchromine (peinture silicatée), 9, rue du Congo, Pantin (Seine).
- Le silexore, 7, avenue Trudaine, Paris.
- 3° Vous pourriez voir auprès des spécialistes suivants : Compagnie Française d’outillage pneumatique, 22, boulevard de Grenelle, Paris; Société anonyme des établissements Voisin et CiQ, 96, rue Antonin-Raynaud, à Levallois-Perret (Seine); Compagnie Ingersoll-Rand, 33, rue Réaumur, Paris; Glaenzer et Perreaut, 18, faubourg du Temple, Paris.
- M. le lieutenant B., à Avesnes. — Vous trouverez toute la documentation utile sur la technique industrielle de transformation pratique des fruits, notamment des pommes, poires, etc., et concernant les conserves de fruits, fruits secs, fruits confits, préparation industrielle des pulpes de fruits, utilisations en confiserie, marmelades, compotes de fruits, confitures, gelées, pâtes de fruits, etc., dans les ouvrages suivants : Nouveau manuel complet du Confiseur et du Chocolatier, par Henri Blin, 1 vol. 5 fr. 40; Nouveau Manuel complet de l’Alimentation, tome IL Conserves alimentaires, par le même auteur, 1. vol. 5 fr. 40 (L. JVIulo, éditeur, 18, rue Hautefeuille, Paris, 6e). Voyez aussi : Traité pratique du séchage des fruits, par J. Nanot etC.-L. Gatin,
- 1 vol. 4 fr. 5o. Conserves de fruits, par Antonin Rolet,
- 1 vol. 8 fr. 2o (Librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris, 70).
- M. le Commandant L., à Belfort. — Vous trouverez des plants d’eucalyptus, notamment chez des pépiniéristes des départements du littoral méditerranéen. Voyez aux adresses suivantes : Eugène Revest fils, pépinières du Pont-d’Aran, à Bandol (Var); Jacques-Ma-rius Laplanche, à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône) ; Pépinières Salomon, à Draguignan (Var) ; Pépinières de la Villa Thuret, à Antibes (Alpes-Maritimes). Ce renseignement pourrait être donné également par M. V. Davin, jardinier en chef du Jardin botanique de Marseille; M. L. Laurent, conservateur de botanique au Muséum de Marseille; leur écrire, sous les auspices de notre collaborateur Henri Blin. Si la plantation doit être faite dans la région toulousaine, il y aurait lieu de s’adresser, pour toutes indications utiles, à la Direction départementale des Services agricoles de la Haute-Garonne, à Toulouse.
- M. H. Dumas, à Sanarq, Var. — L’ébonite est moulée en cours de fabrication. Après avoir lavé le caoutchouc à la soude, on le malaxe vers 5o à 6o° C, avec 20 à 35 pour 100 de fleur de soufre; puis on met dans des moules appropriés et on introduit le tout dans une chaudière à vulcaniser où on maintient une pression de 4 1/2 atmosphères pendant 8 à 12 heures.
- Comme ouvrage à consulter, nous pouvons vous inâi-quer : Le caoutchouc, par Maigne et Petit, chez Mulo, éditeur, 12, rue Hautefeuille.
- La fibre est un isolant artificiel obtenu par mélange de sciure de bois et d’un agglutinant à base de résines que l’on soumet vers 8o° à une pression de 5o atmosphères. L’opération du moulage ne présente pas de particularité.
- M. Camion, à Yivier-au-Court, Ardennes. — Le cas que vous nous signalez de papiers de valeur altérés par un séjour en milieu humide, s’est présenté trop souvent pendant la guerre. Nous avons eu particulièrement à nous occuper de cette question et avons obtenu des résultats très satisfaisants pour le décollage par macération dans l’eau de malt. Quant à la reconstitution des écritures, elle est toujours délicate et demande une grande expérience. On se sert habituellement comme
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- réactifs, de l'infusion de noix de galle, du ferrocyanure de potassium ou des sulfures alcalins.
- M. Banian, à Versailles. — L’application du goudron à chaud, telle qu’elle se pratique habituellement, a pour effet de le faire pénétrer profondément, il faut donc le dissoudre, le ramener à la surface, puis l'absorber par un corps poreux. Nous pensons que vous obtiendrez un bon résultat en appliquant une pâle de terre à foulon et de benzine lourde, l’opération devra être répétée plusieurs fois, mais avec de lapatience vous devez réussir.
- M. Simon, à Montmorillon. — i° Les empreintes digitales sont dues à la matière grasse déposée par les parties en reliefs de la peau. Aux endroits touchés, le papier n’est plus mouillé, il suffit donc de passer au moyen d’un pinceau doux, de l’encre ordinaire, pour que les empreintes se détachent. Les vapeurs d’iode peuvent être employées dans le même but à la condition que le papier soit encollé à la fécule;
- 2° Le produit désigné sous le nom d huile de cèdre est la partie liquide (cédrène) du résultat de la distillation du bois de cèdre dans la vapeur d’eau. Son point d’ébullition est de 227° C et sa densité o,g84- Les aiguilles de cèdre peuvent être traitées de la même façon que le bois. Nous ne connaissons pas de débouché important à celte matière.
- M. Storace, à Nice. — Pour marquer les caisses d’emballage en bois brut, on se sert habituellement de noir de fumée imbibé d’une solution de soude caustique à 10 pour 100, celle-ci solubilise les matières résineuses qui accompagnent le carbone et assurent une fixation suffisante, en même temps qu’un léger gonflement du bois favorise* la pénétration.
- Mme Tardivaud, à Longpont, Seine-et-Oise. — i° L’huile de liu employée dans la formule dont vous parlez a effectivement pour but d’assurer la souplesse ; d’autre part, son oxydation à l’air donne naissance à une pellicule très mince jouant le rôle de vernis. Un excès irait à l’encontre du but à atteindre;
- 20 La cire d’abeilles est d’origine animale ; au contraire, la cire de Carnauba provient d’un végétal, le palmier du Brésil, elle fond à 83° et se recueille à la surface des feuilles;
- 3° Pour fabriquer des cirages ou pâles destinés aux cuirs jaunes ou rouges, consultez les Recettes de l’atelier, pages 275 et suivantes (Masson, éditeur);
- 4° Adresses de fabricants de boîtes métalliques et bidons, Arion, 1 bis, rue Tardieu, 180; Carnot, 3,
- rue d’Argout; Compagnie générale de ferblantei’ie, 58, boulevard National, à Clichy ; Dreyfus, 24, rue de La-gny, à Montreuil; Franck, i5o, rue du Vivier, à Auber-viiliers (Seine).
- Fabricants de boîtes en carton : Baudet et Delasalle, 85, rue du Temple, 3e; Boudier, 60, avenue Jean-Jaurès ; Catoire et Marret, 10, rue des Ardennes, 19e; Grum-bach, 11, rue Euryale Dehainin, 19e; Stcrson, 4o, rue Hemet, Aubervilliers (Seine).
- M. Pivert, à Epinay-sur-Orge. — Le spath fluor ou fluorure de calcium est très répandu dans la nature, il se présente à l’état de fluorine en cristaux cubiques ou cubes modifiés sous des couleurs variées, jaune, verte, violette ou blanche, sa densité est de 3,18 et sa dureté de 4- On la rencontre dans presque tous les filons métallifères accompagnant la galène, la blende ou la pyrite.
- Les principaux gisements sont en France dans 1 Allier, le Puy-de-Dôme, la Loire et aux environs de Paris, à Neuilly. A l’étranger, le spath est exploité dans le Hartz, en Cornouilles, en Bohême et Bavière.
- M. Le Masqueriey, à Briouze, Orne. — Vous trouverez le vernis d’imprimeur à base d’huile de lin suroxydée dans les maisons suivantes : Charbonnel et Valette, 13, quai de Montebello, 5°; Laflèche-Breham, 12, rue de Tournon, 6e; Lefranc, 12, rue de Seine. Quant à la lilharge, elle est de vente courante chez tous les marchands de couleurs ou droguistes.
- M. Gauvrit, aux Sables-d’Olonne, Vendée. — L’acide oléique CiS II31 O1- — 23a demande pour sa saturation 17 gr. d’ammoniaque AzH3, par conséquent pour neutraliser un kilogramme d’acide oléique, il faudrait 60 gr. d’ammoniaque, soit en ammoniaque liquide du commerce à 220 B, une quantité finale de 3oi grammes.
- M. R. P., à Avignon. — Il ne faut pas exagérer le danger de manipulation de l’acide fluorhydrique, quelques précautions sont seulement à prendre, c’est pourquoi nous vous conseillons de marquer vos lampes à incandescence au moyen d’une encre préparée ainsi :
- Saturer par l’ammoniaque, versée goutte à goutte, l’acide fluorhydrique du commerce, jusqu’à neutralité; y ajouter un volume égal du même acide et épaissir par du sulfate de baryte en poudre fine. Ecrire en se servant d’une plume d’oie ou d’un morceau de bois taillé, on peut également se servir d’un pochoir découpé dans une lame de plomb. La maison Faure et Kessler, de Clermont-Ferrand, vendait avant la guerre une encre à graver sur verre, préparée d’une façon analogue.
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits, franco de port et aux prix nets marqués,'à réception d'un mandat postal ou d’une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) ....... —
- Les Cahiers de la Victoire. Sous l’armure. (Les chars d’assaut français pendant la guerre), par le lieutenant Lestringuez.. 1. vol. u5o p. La Renaissance du Livre, éditeur, Paris, 1919. Prix : 5 fr. net.
- Dans un style vif et vivant, parfois passionné, l’auteur conte la naissance difficile du char d’assaut, les efforts et les peines de son créateur le colonel Estienne, puis le prodigieux pullulement du cuirasse terrestre en 1918 et ses hauts faits héroïques sur les champs de bataille de 1917 et 1918.
- Rapports et procès-verbaux de la Commission instituée en vue de constater les actes commis par l’ennemi en violation du droit des gens. X-XI-XII, Imprimerie Nationale, 1919.
- Remaniements territoriaux déterminés par la Conférence de la Paix. ior fascicule comprenant l’Alsace et la Lorraine, la Belgique et les Pays rhénans, l’Allemagne, la Tchéco-Slovaquie, l’Autriche, là Hongrie, l’Italie, la Pologne. Supplément aux « Cartes d’étude »
- de Marcel Dubois et E. Sieurin, 6 cartes, Masson et C‘°, Paris. Prix : o fr. 75.
- Les grottes de Grimaldi (Baoussé-Roussé), t. I, fasc. IV. Géologie et paléontologie (fin), par M. Boule, professeur au Muséum. 1 vol. grand in-40, n pl. Imprimerie de Monaco.
- Fin de la description des ossements recueillis dans les grottes de Grimaldi; ils se rapportent à i38 espèces dont 52 mammifères, 72 oiseaux, 4 reptiles, 2 batraciens et 8 poissons, formant une riche faune pléislocène, dont chaque échantillon est soigneusement décrit et rapproché des types voisins pliocènes et actuels. Une iconographie remarquable contribue à faire de ce travail un document précieux pour l’ctude des derniers temps géologiques.
- Altitude and Health,, par F.-F. Roget, i vol. in-8°, 186 p., Constable et C'°, Londres. Prix net cartonné : 12 sh.
- Série de 3 conférences faites "à Londres par le privat-docent de l’Université de Genève sur l’influence de l’altitude sur la santé. L’auteur passe en revue les conditions météorologiques des' montagnes, leurs effets physiologiques, l’action des rayons solaires et montre l’importance des stations alpines, non seulement pour la cure de la tuberculose, mais encore pour le traitement de nombreuses victimes de la guerre.
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- N1' 2390.
- 17 Janvier 1920.
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- INFORMATIONS
- Puits de pétrole jaillissant en Alsace. — M. Henri Bérenger, commissaire général aux essences et combustibles, vient d’être informé par M. de Chambrier, directeur général des mines de pétrole de Péchelbronn, qu’un nouveau forage établi dans une région encore peu exploitée de la concession vient d’atteindre la nappe pétrolifère.
- Celte source de pétrole jaillissante donne un débit quotidien de 3o tonnes. Ce fait est extrêmement intéressant pour l’avenir de Péchelbronn, car jusqu’ici il n’avait été trouvé à cette profondeur (435 m.) que des indices d’huile de peu d’importance et jamais de sources jaillissantes.
- Péchelbronn est en Basse-Alsace. Ses sources de pétrole, avec celles de Schwabviller et de Lampertsloch avaient été exploitées par les Allemands, mais elles n’avaient fourni à elles trois, en i8j5, que 14849 quintaux. Le rendement actuel de Péchelbronn est dix fois supérieur à celui que fournissaient alors les trois puits.
- Supplément.
- été formidable.
- La consommation de cès—p_______ _
- Outre 16 millions de cartes d’état-major au 1/80 000e et 4 millions de cartes au 1/20000°, le S. G. a dû faire imprimer aux autres échelles.
- En 1914.......... 3oo cartes.
- i9t5......... 913.000 —
- 1916.........3.507.000 —
- «917.........4.4‘*7-Ooo —
- 1918.........4 460.000 —
- Si l’on ajoute à ce travail cartographique celui des sections topographiques, des groupes de canevas de tir, des sections de repérage par le son, créés aux armées ; les services de fabrication des instruments d’optique et de matériel topographique, le service des plans-reliefs et le bureau météorologique militaire à l’intérieur, on peut se faire une idée de l'importance — imprévue avant la guerre — acquise par le Service géographique de l’Armée.
- Bâtiments pour usines d’explosifs et magasins contenant des matières dangereuses. — J. Frenz, à Gôln Nippes, a pris en igi5 un brevet intéressant pour la construction de bâtiments et magasins pour la fabrication des explosifs (Br. ail. 313 764 du 19 juin 19x5).
- Il s’agirait de murs en ciment spécial, friable et poreux, dans lequel se trouvent noyés des réseaux de métal déployé. Ces murs sont assez résistants pour supporter des chocs moyens, mettons par exemple l’explosion d’un bâtiment voisin. Si une explosion violente a lieu dans le bâtiment lui-même, voici ce qui se passe : le béton se brise en fragments pas plus gros que les mailles du métal déployé. Les mailles elles-mêmes se brisent, si l’explosion est par trop violente, en petits fragments qui ne sont pas très dangereux.
- La métallurgie lorraine. — Le Bulletin de la Statistique générale de la France analyse une brochure récente du capitaine Witzig, chef du service des forges en Lorraine : Note sur la métallurgie en Lorraine, qui contient les renseignements suivants :
- Les usines de Lorraine libérée comportent 68 hauts fourneaux, 27 convertisseurs et 10 fours Martin; elles occupaient 22000 ouvriers en 1919, soit presque autant qu’en 1913 ; leur production a progressé comme suit; en milliers de tonnes métriques.
- Fonte Acier. Demi- produits. Produits finis.
- 00 00 296 49 24 24
- 19°° 1141 392 801 170
- 1910 24o5 x597 618 596
- 19*3 3462 2263 797 1364
- *9*4 2724 1870 716 94o
- 19*5 1721 1008 290 609
- i9ï6 1918 1402 44o 829
- *9*7 1824 1558 449 873
- 19*8 i443 1864 326 789
- Depuis novembre 1918, les usines qui appartenaient à des sociétés allemandes fonctionnent sous le contrôle du Service des forges ; leurs pi>oduits sont vendus par des comptoirs de Paris : groupement des fondeurs sinistrés pour les fontes de moulage, groupement des sinistrés du Nord et de l’Est pour les demi-produits et produits finis.
- La cartographie de guerre. — La Géographie publie une élude d’ensemble sur la cartographie de guerre et le Service géographique de l’armée, si remai'quable-nxent dirigé par le général Bourgeois. Nous en extrayons les quelques chiffres suivants qui montrent son activité. En plus des cartes d’état-major au 1/80000°, utiles seulement dans la guerre de mouvement, il a fallu établir Pour la guerre de tranchées des plans directeurs à plus grande échelle. Le Service géographique a ainsi inscrit le front français tout entier dans 55o feuilles au 1/20 ooo°; *1 a en outre tracé 35o feuilles de plans au 1/100008 et 4oo au i/5ooo“.
- Commerce entre l’Indo-Chine et le Japon. — L’Entente publie, d’après les renseignements donnés par F Osaka Mainichi, une étude sur la situation des échanges commerciaux entre l’Indo-Chine et le Japon. Avant la guerre, les échanges étaient peu intenses : l’Indo-Chine livrait au Japon surtout du riz; le Japon exportait peu dans notre colonie à cause des tarifs douaniers qui'l’obligeaient à transiter par Hong-Kong. On ne comptait guère que 3oo Japonais établis en Indo-Chine. Pendant la guerre, cette situation a changé. Les minerais de zinc du Tout in, jadis exportés par les Allemands, ont été dirigés sur le Japon (629 200 yen en 1915, 2 335 000 en 1916). Les bateaux anglais faisant le service entre Hong-Kong et l’Indo-Chine ayant diminué de nombre, la compagnie améiûcaine de navigation Pacific Mail ayant suspendu ses transports, on a vu pax*aître dans les ports indo-chinois un plus grand nombre de navires japonais.
- A Saigon, le nombre des navires entrés pendant ces trois dernières années se répartit ainsi :
- 1916 1917 1918
- France I7.45o 16.996 427
- Angleterre . . . 583 3 94 233
- Amérique. . . . 166 *99 267
- Norvège .... j 36 119 142
- Pays-Bas.... 46 52 45
- Japon 56 243 409
- Russie 21 6 20
- Gi'èce I 3
- Chine 151 557 271
- La Compagnie japonaise Oska-Strôsen Kaisha a établi un service régulier Formose-Saïgon-Bangkok-Singa-pour. On peut donc prévoir une forte augmentation du courant d’échanges entre l’Indo-Chine et le Japon.
- Le mouvement des prix en Alsace-Lorraine. —
- Le Bulletin de la Statistique générale de la France publie les résultats d’une enquête à laquelle vient de procéder l’Office de statistique d’Alsace et Lorraine sur le mouvement des prix depuis le début de la guerre.
- En transformant les mai'ks en francs à leur valeur nominale de 1 fr. 25, en considérant pour les prix de gros 38 marchandises diverses et importantes dont 17 denrées alimentaires, pour ceux de détail i3 dem-ées les plus usuelles, exactement dans les mêmes conditions qu’on établit les statistiques des autres villes françaises, enfin en faisant égal à 100 les prix pratiqués en juillet 1914, on constate les variations suivantes :
- Prix de gros. Denrées alimentaires. Alsace el Lorraine. Autres villes de France.
- Septembre 1919 . . . Matières industrielles. 3o4 >87, t
- Septembre 1919 . . . Prix de détail.^ 354 4I9.5
- 3e trimesti’e 1919. . . •••97 • 6 289.8
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- INFORMATIONS
- Ou voit qu en Alsace ei eu Lorraine, l'augmentation des prix de gros est sensiblement plus faible qu’eu France, tandis que le coût de la vie, conditionné par les prix de détail, y est sensiblement le même.
- La question du Brontosaure. — Car il y a une
- « question du Brontosaure », soulevée par une dépêche du correspondant de l’Agence Reuter à Buluwayo (Rho-désie), et qui relate les faits suivants :
- Dans le courant de décembre, deux prospecteurs belges, MM. Gapelle et Lepage, arrivaient dans celle ville, après avoir traversé une région inexplorée du Congo. Une empreinte étrange attirait leur attention, dans le voisinage d’une lagune. Ils suivaient la piste durant une vingtaine de kilomètres, et apercevaient une créature qu ils prenaient à première vue pour un rhinocéros, en raison de la corne qu’elle portait sur le museau. S’approchant plus près, ils remarquaient que son corps était entièrement recouvert d’écailles, qu’elle portait une bosse sur l’échine, et était munie d’une queue à 1 attache massive, rappelant celle du kangourou. Us tiraient quelques coups de fusil. Le monstre agita sa tête dans l’air et disparut dans la lagune.
- Là se borne leur récit, qui a soulevé d ardentes controverses dans la presse anglaise, et a fourni à la nôtre sujet à des plaisanteries faciles. Je demande à déposer de certains faits, que je verse aux débats. En 1912, par l’intermédiaire d’un compatriote fixé à Dar-es-Salam, je fis la connaissance d’un autre Français, collecteur d’histoire naturelle, qui affirmait avoir rencontré dans le Sud du Congo, à 1 ouest du lac Tanganyilca, des animaux inconnus, d’aspect et de dimensions monstrueux, de mœurs amphibies. Je sus plus tard qu’il s’était rendu à Hambourg pour entretenir Karl Hagenbeck de sa découverte, et que le fameux belluaire avait tenté de lui arracher des précisions géographiques, tout en lui offrant ioo ooo marks pour la capture d un de ces mystérieux animaux, somme que le collecteur jugea trop médiocre. J’apprends maintenant que Hagenbeck déclara en 1914 à M. Walter Wynans, le sportsman et chasseur bien connu, qu’il croyait à l'existence de broutosaures dans une région marécageuse du CoDgo, que deux de ses collecteurs les avaient aperçus à plusieurs reprises, à des dates différentes, et qu il allait en tenter la capture. La guerre éclatait bientôt. Hagenbeck mourait deux ans plus tard.
- En 1915, je lus dans un journal de Londres que des officiers anglais avaient rencontré dans cette même région du lac Tauganyika des monstres « qui leur avaient paru d’un autre âge ». Dans le courant de la même année, des officiers belges firent un récit analogue. Enfin, on a appris récemment que le Smithsouian Insti-tute qui, après tout, n est pas dirigé par de petits garçons, avait organisé à grands frais une expédition chargée de rechercher ces brontosaures, dont l’existence lui avait , été révélée par deux collecteurs dignes de créance. Malheureusement, à la traversée de la Rho-désie, l’expédition perdit plusieurs de ses membres dans une catastrophe de chemin de fer..
- Evidemment, ces faits ne prouvent pas que l’Afrique centrale soit encore peuplée de dinosauriens. Mais, quand plusieurs personnes, déjà familières avec la grande faune africaine, rapportent, à plusieurs années d intervalle, qu’elles ont aperçu, dans les mêmes parages, la même créature, on peut prêter l’oreille à leurs récits sans leur demander si elles n’auraient pas été les victimes du mirage ou des fièvres. L’histoire de l’okapi, dont nous ignorions récemment encore l’existence, est faite pour nous rendre prudents. On ne saurait contester que l’exploration de l’Afrique est loinjd’être complète, et que de vastes parties du Continent Noir ne sont encore connues que sur le parcours des rivières qui les traversent. Il est possible, et même probable, que ces régions abritent des espèces animales complètement inconnues. On peut en dire autant delAmérique du Sud, du Nord de l’Asie, de l’Alaska, et aussi d’une bonne partie de l’Australie.
- Quant à la survivance de formes animales qui paraissent classées pour toujours dans le monde des fossiles, scientifiquement on ne saurait en nier la possibilité. N’a-t-on pas découvert, en explorant les eaux profondes de l’Océan, de nombreux animaux, qui forment l’un des premiers échelons de la vie animée, et qui firent leur apparition des centaines de siècles avant les reptiles?
- Un géologue éminent, M. l'ingénieur Henri Lenicque, l’auteur de la Géologie nouvelle, que je consultai sur cette question, a bien voulu me déclarer :
- « Après tout, il n’y a pas impossibilité scientifique à ce qu’il ait persisté dans la nature des formes animales dont l’existence nous avait échappé, parce qu’il reste encore des coins inexplorés dans notre monde terrestre. Je ne suis pas absolument iucrédule sur la possibilité de la survivance de certaines espèces regardées comme disparues.... Qui vivra, verra si nous possédons encore sur terre des contemporains des grands déluges, que n’ont pas submergé les terres équatoriales.... »
- A cette déclaration d’un sage, nous ajouterons qu’une expédition est partie le 25 décembre de Londres dans le but d’explorer à fond la partie du Congo où MM. Gapelle et Lepage disent avoir aperçu le grand dinosau-rien. Nous ne sommes pas assez cruel pour demander... la peau du brontosaure ! Mais, si les explorateurs pouvaient rapporter son portrait, dûment impressionné sur la plaque sensible, leurs noms passeraient certainement à la postérité.
- Y. Forbin
- Perforation de la racine pour augmenter le développement foliaire. — Dans la Revista de Agriculture, Coniercio y Trabajo, M. A. L. Reyes décrit la méthode récemment imaginée par le professeur Mario Calvino, directeur de la Station agronomique de Santiago de la Vegas, à Cuba, comme moyen pratique d’horticulture intensive, qui consiste à perforer horizontalement la racine primaire pour obtenir un plus fort développement foliaire chez les plantes que I on cultive précisément pour leurs feuilles (chicorée, laitue, persil, etc.). L’auteur a expérimenté cette méthode, à la susdite station, en opérant sur des plants de persil. Les plantes opérées atteignirent un diamètre de 80 cm et une hauteur de 40 cm; les témoins, respectivement, 55 et 3o cm.
- Injections dans les plantes pour augmenter leur rendement. — Le Bulletin de l'Institut international d Agriculture rend compte d’expériences faites à la Station agronomique de Santiago de las Vegas, à Cuba, par son directeur, M. M. Calvino, sur l’effet des injections dans les plantes.
- Les botanistes russes ont étudié les premiers ces effets, mais c’est le professeur Petit, de Paris, qui en a fait l’application dans un but agricole. Quand l’auteur était directeur de la Station agronomique centrale du Mexique, il y entreprit, en 1912, une série d’expériences pour se rendre compte de la valeur pratique de ces injections. Un vieux poirier qui se couvrait chaque année de fleurs, mais qui ne portait jamais de fruits, fut soumis au traitement suivant : un peu au-dessus du sol, le tronc de l’arbre fut perforé jusqu’à la zone des faisceaux fibro-vasculaires et l’on inséra dans le trou un petit tube de verre, qui communiquait, au moyen d’un tuyau de caoutchouc, avec le fond d’un récipient (placé à 1 m. 5 au-dessus du sol) contenant la solution nutritive suivante : eau 18 litres -|- sulfate de fer 19 gr. -|- nitrate de soude 10 gr. L’arbre absorba la solution en 3 jours environ. Le mois suivant, ses feuilles étaient plus grandes et plus brillantes que celles des témoins (deux autres vieux poiriers qui, comme lui, fleurissaient abondamment, mais ne donnaient pas de fruits), et il noua de nombreux fruits, qui se développèrent très bien ; quant aux témoins, ils n’en donnèrent aucun.
- En 1913, opérant toujours sur un poirier stérile, M. Calvino employa la solution suivante : eau 20 litres -j- superphosphate 5 gr. -f- sulfate de phosphate 5 gr. -f- nitrate de soude 5 gr. -4- sulfate de fer 5 gr. Le poirier absorba plus de 5o litres de cette solution à l’époque où la floraison était imminente; celle-ci fut vigoureuse et il y eut des fruits. Un lilas greffé sur troène et soumis au même traitement eut une floraison beaucoup plus abondante et vigoureuse.
- Cette méthode opératoire ouvre de nouveaux horizons : injection chez les plantes de virus atténués de maladies bactériennes; injection de substances végétales (camphre, etc.) pour donner de la vigueur à la végétation; injection d’une solution du produit demandé à la plante (par exemple de sucre chez la canne à sucre) pour créer 1’ « habitude à la substance » et obtenir ainsi des variétés plus productives, etc.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- *>> Mécanique ^
- Amélioration d’un tour à pédale. — Le tour à pédale courant n’a en général qu’une seule pédale, de sorte qu’on ne peut donner qu’une seule impulsion par tour.
- Cette disposition peut être améliorée facilement en ajoutant une deuxieme pédale comme l’indique la ligure ci-contre.
- Sous le banc du tour on fixe par un étrier une poulie à gorge. La deuxième pédale sera faite avec une pièce de bois dur d’environ 8 à io cm de largeur et de 2 à 3
- Zcpédale
- Charnière
- Fig. 1. — Tour à deux pédales.
- d épaisseur, sa longueur sera celle de la pédale du tour. Cette pédale est articulée par une charnière à une pièce de bois dur, un morceau de madrier fixé sur le plancher. Elle est reliée à la pédale du tour par un cordage qui passe sur la poulie à gorge.
- On compi’end facilement que l’action du poids sur la première pédale du tour donne une impulsion quand cette pédale descend. Quand elle remonte c’est la pression du pied sur la deuxième pédale qui donne une impulsion par l’intermédiaire du cordage en faisant remonter la première.
- De cette façon, on peut actionner le tour en faisant avec les pieds le mouvement de marquer le pas sur place.
- Cette modification permet avec un peu d’habitude d’utiliser au maximum le travail de l’opérateur. Elle est très simple à établir et pourra rendre des services au tourneur amateur.
- Manière de tourner des tiges sans tour. — Quand on veut fabriquer des petits appareils électriques, petites
- Tigeàioun
- Fig. 2. — Décolletage fans tour.
- bobines, on a souvent besoin d’usiner de petites entre-toises en laiton qu’on doit épauler aux extrémités. Quand on n’a pas de tour, il est difficile d'exécuter ces épaule-
- ments à la lime où à la meule d’une façon régulière
- Nous allons indiquer la méthode pour décolleter ces pièces sans l aide d’un tour. La figure 2 représente le dispositif.
- On prend un bloc de fibre de bois dur ou d ébonite, la fibre étant la matière préférable. Cette pièce sera fixée entre les mors d’un étau.
- La tige laiton à tourner passera librement dans un trou percé dans le bloc : elle devra tourner facilement sans jeu. Un autre trou percé dans le côté du bloc permettra de laisser passer l’outil qui devra être placé dans la bonne disposition de travail désirée. Ace moment, on bloque l’outil avec une vis de serrage.
- L’outil doit être ajusté de façon que le métal enlevé donne le diamètre à obtenir en une seule passe.
- La tige sera serrée dans le nez d’un drill à main et la pièce à tourner sera mobile devant l’outil fixe comme sur un tour ordinaire. Le bloc de fibre jouera le rôle de la lunette fixe d’un tour, le drill constituant la poupée. Ce procédé donne de bons résultats avec des pièces à usiner en métal tendre tel que le laiton par exemple.
- *»> 'Electricité
- Construction d’un moteur synchrone schématique. — Les moteurs qui fonctionnent sous le courant alternatif sont de deux sortes : ceux dont la vitesse peut être quelconque, dits moteurs asynchrones et ceux dont la vitesse est liée à la périodicité du courant alternatif. Ces derniers sont dits- moteurs synchrones. Ce sont, en
- Disque frein
- &
- bornes•
- Courant
- réalité, des alternateurs; les pôles de l’induit doivent passer devant les pôles inducteurs en concordance avec le changement du sens du courant.
- On peut réaliser simplement' un petit moteur synchrone schématique qui
- permettra de vérifier tou- f?fVYV\
- tes les caractéristiques de ces moteurs.
- Décrivons d’abord la manière de construire le moteur ; nous verrons les particularités de fonctionnement ensuite.
- Le type choisi est celui du moteur à fer tournant.
- L’induit ou partie mobile sera constitué par une pièce polaire de sonnerie Fig.
- ou un morceau d’acier ~
- d’environ 5 cm de longueur. On perce un trou dans le centre exact de cette pièce, afin d’y passer l’axe qui sera en laiton. Pour fixer l’armature sur l’axe on fera passer l’axe à frottement dans deux petites rondelles en caoutchouc qui formeront serrage d’une façon suffisante.
- L’armature support sera faite comme l’indique la figure 5 avec du , laiton plat et sera coudée. La partie supérieure sera percée d’un trou pour laisser passer l’axe librement.
- On pourra pour faciliter la rotation mettre un peu d’huile sur les parois du trou. A la partie inférieure, la patte sera repliée de manière à emprisonner une plaque de verre. Le trou qu’on aura percé dans la partie repliée laissera passer l’extrémité inférieure de l’axe. Cette extrémité tournée
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- «
- eu pointe formera un pivot sans frottement appréciable.
- L’électro formant inducteur sera constitué par une bobine de sonnerie ordinaire avec son noyau. Cette bobine sera fixée sur la planchette qui sert à supporter 1 induit au moyen d'une pièce en fer-blanc qui forme bride et entoure la bobine. On placera cette bobine de manière que l’axe du noyau soit un peu au-dessus de l’induit et à environ 3 mm de distance.
- Quand le moteur est assemblé, on donne le courant, mais en ayant soin, puisqu’on a du courant à iio volts alternatif, d’interposer un petit transformateur Ferrix par exemple utilisé pour faire fonctionner les sonneries avec du i 10 volts. Si l’on n’a pas de petit transformateur, on placera une lampe dans le circuit comme cela est indiqué surle schéma 4, afin de ne pas faire de court-circuit et de ne pas griller la bobine de sonnerie; celle-ci, en effet, n’est en général pas établie pour fonctionner avec une tension aussi élevée que le 110 volts.
- On pourra vérifier que le moteur synchrone doit tourner à la vitesse du courant alternatif. Pour cela, on donne avec l’index une impulsion à l’induit et, apr<>s quelques tâtonnements, on s’apercevra que la vitesse de l’induit doit avoir une valeur déterminée pour que la rotation continue seule sous l’action de l’inducteur.
- On vérifiera aussi que, quelle que soit la force demandée au moteur, la vitesse de rotation ne changera pas. Pour cela on monte un petit disque en bois sur l’axe à la partie supérieure et avec le doigt on peut faire frein sur ce disque.
- Quelle que soit la pression qu’on exerce, la vitesse ne changera pas.
- Cependant à un moment donné, la pression dépassant une valeur critique déterminée, le moteur s’arrêtera. On vérifie ainsi que le moteur synchrone ne peut dépasser une puissance critique déterminée par ses dimensions et ses caractéristiques.
- Si le moteur s’arrêtait toujours, c’est que le courant employé serait trop faible ou que l’inducteur serait trop loin de l’induit.
- Enfin la vitesse de l’induit doit être égale à la pulsation dit courant alternatif ou en être un multiple. Par conséquent avec quelques essais on pourra faire tourner l’induit à la vitesse du synchronisme, puis à une vitesse d'ouble, triple, etc , et arriver toujours à un bon fonctionnement régulier et constant.
- Rappelons en terminant qu’il est indispensable d’avoir du courant alternatif qu’on pourra reconnaître facilement sur la lampe avec un aimant (voir Recettes de l’Atelier). La lampe placée dans le circuit peut servir d’interrupteur pour couper le courant. En la retirant de la douille en effet, le courant est coupé dans l’inducteur.
- Objets utiles
- Le « Premier Pas
- Fig. 6. — Le « Premier Pas
- Ce petit appareil s’offre i la jeune mère pour pro voquer et guider le premiers pas de bébé Il vient hardimen prendre la place di disgracieux et encom brant panier ou chario antique.
- Il a été visé, dans soi exécution, à la réalisa tion des avantages sui vants :
- Aspect coquet. Sta bilité parfaite. Légè reté (2 kg). Mimmun d’encombrement. Soli dité. Détails de fabri cation tels que : exclu sion de tout angle vif adaptation éventuelle di rouleltes caoutchoutée! en rendant 1 usage pos sible en appartement. Contrairement
- . # viucuv a
- chariots antiques dans lesquels l’enfant est emprison: et dont il subit, plus qu il ne les provoque, les mouv ments désordonnés, le « Premier Pas. tout en offra
- un appui égal ne tolère qu’un déplacement, face à F enfant-qui est précisément celui de la marche normale-Bébé appuyé sur son
- fer rond
- tube
- fer rnéjojal
- Fis
- petit guide et retenu à lui ou non, par courroie, provoque inconsciemment par son simple poids le mouvement d’avancement utile. Le seul instinct d’équilibre le porte alors à mettre un pied en avant: la répétition de ce mouvementamène le résultat cherché.
- Le « Premier Pas » est construit par M. Le-breton, 10, rue Saint-Sébastien, Paris.
- La fourchette universelle. — Cette fourchette a été imaginée surtout pour les mutilés, elle permet de couper ses aliments d une seule main.
- La fourchette proprement dite A est coudée et placée à l’extrémité d’une tige B, qui s’engage dans le manche D.
- A l’extrémité inférieure de celui-ci est fixée une lame coupante C qui constitue le couteau ; elle est mobile et peut tourner librement autour de la tige B.
- Comment donc fonctionnera l’appareil ? On pique verticalement la fourchette dans l’aliment à couper, en exerçant une légère pression sur le manche pour faire descendre le couteau qui glisse le long des dents delà fourchette; avec 2 doigts, on fait tourner le couteau, de droite à gauche et de gauche à droite; dans cette rotation, il découpe circulai-rement un morceau qui reste piqué à la fourchette; on cesse d’appuyer sur le manche, le couteau revient à sa place, et il ne reste plus qu’à porter la fourchette à la bouche.
- La fourchette universelle est en vente chez M. Paul Denoux, 49- rue Claude-Bernard, Paris, et chez Mathieu, 3o, rue Le Peletier, Paris.
- 8
- A
- Fis. 8.
- Le « Klippa », chambre noire extramince. — Ce appareil de poche, établi seulement pour le format 61/2X9, peut recevoir soit des plaques, soit des pellicules. C’est, croyons-nous, le plus mince des appareils photographiques construits jusqu’icipour cette dimension.
- Le cadre arrière et le porte-objectif sont reliés par un soufflet et maintenus à l’écartement voulu par deux volets ajourés. Fabriqué en un alliage d’aluminium très rigide, l’appareil ne pèse que 600 gr.
- Replié, il n est pas plus épais qu’un jeu de cartes (2 cm)
- Il est muni d’un viseur clair, et le porte-objectif est mobile dans le sens vertical. L’objectif est, soit un rectiligne ordinaire, soit un a-nastigmat, à monture hélicoïdale, pour la mise au point, avec indication des distances, et obturateur central faisant la pose ou l’instantané, jusqu'au 3ooe de seconde, — Le a Klippa » est en vente, à Paris, chez M. W. E. Dunmore, 19,boulev. Montmartre.
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- VARIÉTÉS
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- Q*,.
- Les vins gelés. — L'influence d'un froid modéré est utile pour que les vins nouveaux se dépouillent d’une façon satisfaisante, c’est-à-dire laissent précipiter les diverses matières insolubles qu’ils tiennent en suspension; mais l’excès en ce sens leur est souvent préjudiciable, puisque les vius gelés sont modifiés dans leur goût et jusqu à un certain point dans leur structure.
- Cette modification peut d’ailleurs être heureuse et quelques œnologues l’ont érigée en système, mais ce n’est pas le lieu de s’en occuper ici, et il convient de se borner à appeler l’attention de nos lecteurs sur les inconvénients qui résultent de la congélation des vins et sur les moyens propres à les combattre.
- Ces moyens sont de deux sortes : préventifs et curatifs.
- Moyens préventifs. — Un vin a d’autant plus tendance à geler qu’il est moins alcoolique ; pour les vins à faible titre 170 à 8° environ), la congélation commence quand la température descend au-dessous de — 4°> t£m~ dis que pour ceux titrant plus de io°, la formation de glaçons ne commence qu’à une température inferieure à — 6°. Ces deux notions de fait indiquent les_ précautions qui doivent être prises pour soustraire le vin à la congélation en le préservant des températures capables de la déterminer ; les chais doivent être bien clos, pourvus au besoin de doubles murailles et de doubles portes dans les régions à climats hivernaux rudes, chauffés même par des braseros à coke pendant les époques très froides.
- Quand il est indispensable de faire voyager le vin en fûts et de le placer par conséquent sur les trucks découverts qu’emploient les compagnies de chemin de fer, il est prudent d’envelopper les fûts de paillassons ou d’un matelas de paille retenu par des bâches.
- Moyens curatifs. — Mais, malgré ces précautions, la congélation peut se produire. Deux cas sont alors à considérer.
- i° Si le vin est faible en alcool, il faut soutirer aussitôt que possible, de façon à séparer la partie liquide de la partie solide.
- La première contient l’alcool, toutes les matières colorantes qui y sont solubles, la glycérine, le plus grand nombre des éthers et des éthers-sels, et à peu près tous les divers principes fixes du vin. La seconde contient l’eau de constitution, avec, en solution, quelques substances colorantes et une faible proportion d’autres substances qui y sont retenues mécaniquement. Si l’on se borne à faire fondre la glace ainsi isolée et à mêler le liquide de fusion au liquide demeuré en dehors de la
- congélation, on obtient un vin profondément modifié dans sou aspect, dans son goût et dans sa structure. Il a perdu une partie de sa couleur; les pigments rouges précipitent, l’aspect général est paillé et présente à peu près la couleur orangée du vin très vieux. Le goût est, lui aussi, artificiellement vieilli, une portion de l’arome est changée, le mordant est atténué et le bouquet accru en finesse. A certains points de vue, une amélioration est donc produite, mais à d’autres, et notamment en ce qui concerne la verdeur, la précipitation de la crème de tartre, rendue insoluble par le froid, ce dont l’analyse chimique rend compte, peut être la cause d’une dépréciation. Il faut donc, le mélange une fois effectué, ajouter par hectolitre 20 grammes d’acide tar-trique pour rendre au vin sa composition initiale, puis soutirer et coller, si au bout de quelques jours on aperçoit un certain louchissement.
- 2° Si la richesse alcoolique dépasse io°, la séparation de la masse solide n’est pas utile ; il vaut mieux laisser les choses en l’état et attendre que la fusion intégrale soit accomplie; on ajoute alors 20 gr. d’acide tartrique par hectolitre, puis on colle au bout de quelques jours.
- Toutes les opérations décrites doivent être, dans la mesure du possible, faites à l’abri de l’air, car le contact de l’oxygène produit souvent sur les éléments constitutifs des vins gelés des modifications chimiques dont la résultante est de déterminer un goût de cuit; en prenant soin de les y soustraire, on obtient des vins très gardés, très frais et très fruités, dont la robe vieillotte n’est pas une tare.
- Certains œnologues conseillent d’ajouter non de l’acide tartrique, mais 12 à i5 gr. d’acide citrique par hectolitre ; le résultat obtenu est bon, mais cette pratique doit être néanmoins déconseillée : l’addition d’acide citrique dans le vin à cette dose introduit un produit étranger, ce qui ne peut être admis en aucun cas. Il faut pousser très loin le scrupule en matière alimentaire, et je considère, pour moi, comme de stricte honnêteté, de faire figurer sur les factures de vente, la mention ; « Ce vin, qui a été gelé, a reçu 20 gr. d’acide tartrique par hectolitre. » C’est une précaution qui doit être nécessairement prise toutes les fois qu’on veut rester dans les limites étroites d’une honnêteté commerciale scrupuleuse. S’il peut sembler que cette mention soit de nature à rendre la vente plus difficile, je ne vois qu’un seul moyen auquel on ne déniera pas le mérite d’être radical : préserver les vins de la gelée pour n’avoir pas besoin de les soigner. Prévenir, d ailleurs, ne vaut-il pas toujours mieux que guérir? Francis Marre.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Béton d’argile cuite et vitrifiée. — En remplaçant la pierraille par des morceaux d’argile non seulement cuite, mais vitrifiée, on obtient un béton de poids spécifique faible.
- La terre, qui peut être préparée par la méthode ordinaire, reçoit dans des moules, tous semblables comme grandeurs, une forme sphérique. Les globules ainsi moulés sont cuits — puis glacés si la terre utilisée ne vitrifie pas — de façon à les rendre imperméables, à leur donner une surface pouvant assurer au sable une adhérence suffisante afin d’obtenir la rugosité voulue. Ensuite, on laisse refroidir les globules. Le sablage a lieu quelle que soit la nature de l’argile mise en œuvre.
- Les globules cuits et refroidis ont des dimensions variant entre o m. 006 et o m. 018 de diamètre; dans tous les cas on peut adopter telle dimension suivant l’usage auquel est destiné le béton qui est constitué comme habituellement : sable ordinaire, chaux ou ciment. Ces éléments sont disposés dans des moules où le liant est ensuite versé, de préférence sous une ceriaine pression afin d’assurer le dégagement de l’air enclos et éviter la formation de bulles.
- Durcissement des surfaces bétonnées. — Voici, d’après le journal anglais Concrète, une formule et une
- méthode de préparation d’une solution durcissante pour les surfaces en béton, telles que parquets. Ajouter lentement 37 gr. d’acide sulfurique concentré du commerce à 5o litres d’eau froide aussi douce que possible. Chauffer ce mélange jusqu’à son point d’ébullition ; y verser petit à petit environ 12 kg 5oo de sulfate d’alumine en poudre. Agiter quand la dissolution est terminée, laisser refroidir et reposer pendant quelques heures. Puis filtrer à travers une mousseline.
- La surface bétonnée doit être préalablement lavée avec soin; la solution durcissante est ensuite appliquée lorsque ladite surface est bien sèche. On recommande de faire quatre applications en augmentant chaque fois la proportion du durcissant. Ainsi la première couche se composera de 3o parties de durcissant pour 70 parties d’eau, la seconde de quantités égales de T un et de l’autre, la troisième de 70 parties du premier pour 3o parties de la seconde, enfin la quatrième application sera une solution de sulfate d’alumine presque pur dans l’eau acidulée. On a soin de laisser s’écouler un intervalle de 24 heures entre deux couches successives.
- Une solution de 5o litres est reconnue suffisante pour le traitement complet d’une surface de 4 ù 8 m® selon la porosité du béton.
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- BOITE AUX LETTRES
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- Fabrication des piles sèches. — Le type de la pile sèche est la pile Leclanché qui date de 1868. Actuellement, nous dit Y Outillage, l’industrie des piles sèches, surtout pour les besoins des moteurs à essence, a atteint un développement considérable, puisqu’on y utilise annuellement 25 000 tonnes de pyrolusite à haute teneur en manganèse, autant de coke de pétrole et de graphite, 10000 t. de zinc, sans parler du chlorure de zinc, du chlorure d’ammonium, des électrodes de charbon, du papier et des matières isolantes à base de paraffine et de brai.
- Le récipient de zinc généralement a o m. 06 de diamètre et o m. 16 de hauteur; le zinc est garni intérieurement d’un papier spécial au sulfite jouant le rôle de la cellule poreuse des piles du début. Le mélange dépolarisant est fortement tassé autour de l’électrode de charbon ; ce mélange se compose de coke de pétrole finement moulu, de graphite, de pyrolusite et de l’électrolyte. Le récipient est rempli de ce mélange jusqu’à o m. o3 des bords. On replie ensuite le papier et on le garnit de sable ou de sciure de bois; on scelle le tout avec du brai chaud.
- L’usure du zinc est presque nulle. Le papier employé doit être assez poreux pour permettre à l’électrolyte de diffuser; mais il doit avoir des pores assez petits pour empêcher le passage des fines de carbone et de pyrolusite; enfin il doit pouvoir absorber plusieurs fois son poids d’eau et ne pas contenir dans sa fabrication de particule métallique. Le sel ammoniac doit être pur.
- -Le graphite ajouté au bioxyde de manganèse et au coke de pétrole n’a pour but que de rendre le mélange plus conducteur. Quant au coke de pétrole, résidu de la distillation du pétrole brut, il doit, pour être rendu conducteur, être calciné ; il acquiert de cette façon une bonne densité. La malaxation de la pierre de coke, de la pyrolusite et du graphite doit être telle que le mélange intime de ces trois éléments forme une masse poreuse solide. Le chlorure de zinc doit être exempt de métaux lourds.
- Moyen économique de nettoyer les vitres et les glaces.— On se sert habituellement, dans ce but, soit de blanc d’Espagne, soit d’argile blanche moulée, parfois vendue colorée en rose ; mais il existe un moyen beaucoup plus simple qui n’oblige pas à passer beaucoup de temps pouy enlever dans les coins le blanc restant.
- Il suffit de prendre un vieux journal, de le tremper dans de l’eau vinaigrée (une cuillerée à bouche de vinaigre pour un demi-litre d’eau) et de frotter la vitre ou la glace avec cette éponge d’un nouveau genre. On est surpris de voir la facilité avec laquelle toutes les souillures adhérentes sont enlevées. Comme elles sont surtout dues à des dépôts de nature calcaire, l’acide acétique du vinaigre les transforme en acétates très solubles.
- Pour terminer on prend un autre journal propre, non mouillé et l’on essuie la vitre; nul besoin de chiffons, le papier suffit, il n'y a pas de peluche et la vitre sort resplendissante de netteté de ce traitement peu coûteux et pratique. (Laboratoire de la Nature.)
- Taches d’huile sur les parquets. — Lorsque par suite d’un accident, de l’huile a été répandue sur un parquet, il en résulte des taches que les savonnages les plus énergiques ne peuvent réussir à enlever, par suite de la pénétration profonde de la matière grasse dans l’épaisseur du bois; d’autre part, les lames du parquet sont désencaustiquées et la teinte plus claire de la partie lessivée attire encore davantage l’attention.
- Il existe cependant un moyen très simple basé sur la capillarité, il consiste à recouvrir, le plus tôt possible, l’endroit taché, d’un corps absorbant en poudre, de préférence du plâtre, mais qui peut être remplacé par des produits que l’on a sous la main, du blanc d’Espagne pulvérisé, de la farine ou de l’amidon de blanchisseuse d’une épaisseur de 2 à 3 cm.
- On laisse l’absorbant à demeure et, le lendemain, on l’enlève pour le remplacer par du produit neuf en changeant chaque jour la matière qui a produit son effet. Au bout de très peu de temps la tache a complètement disparu, le parquet est intact et n’a subi aucun changement d’aspect par rapport aux parties environnantes.
- Nous donnons en toute confiance le procédé que nous avons expérimenté après renversement d’une veilleixse, le résultat a été complet.
- (Laboratoire de La Nature.)
- Poudres à souder le fer. — Pour faciliter la soudure du fer par martelage des pièces chauffées au rouge blanc, on saupoudre les surfaces à réunir de substances empêchant l’oxydation et formant un laitier dont le départ facilitera l’adhérence. M. Robin a indiqué dans la Revue de Mécanique les formules suivantes pour préparer de telle poudre :
- f Limaille de fer ............... 6 gr.
- ^ ) Sel ammoniac................... 14 —
- j Ferrocyanure de potassium. ... 1.4 —
- \ Borax........................ 100 —
- I Piésine. . ....................~ 3o gr.
- j Alun............................. 3o —
- g / Sel marin....................... 10 —
- j Sel ammoniac.....................i5o —
- I Borax............................3oo —
- ( Sulfate de zinc.................. 20 —
- Il est bon d’ajouter à ces poudres un peu de sable si l’on veut souder le fer, ou un peu d’argile si l’on soude l’acier.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les iaits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et ’es recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- Scyalitique. Pour les renseignements, s adresser à M. le Dr Yérain, 58 bis, rue de la Commanderie, Nancy.
- Rectification. — La Société des Entreprises Simon-Larves qui exploite le procédé de fabrication d’acide sulfurique par contact a été mentionnée dans notre Boîte aux Lettres avec une adresse inexacte : son siège est 39, rue delà Boétie, Paris et non 3g, rue Cambon. Cette Société nous informe également qu’elle est représentée pour toute la Belgique exclusivement par M. van Marcke de Lummen, 222, rue Royale, à Bruxelles.
- Renseignements. — Fournitures de matériel élec-
- trique. — En réponse à des questions posées par plusieurs de nos lecteurs, MM. Choteau et Dijeon, directeurs de l’Electro-machine, 124, boulevard Richard-Lenoir, Paris, nous informent qu’ils sont fournisseurs de petit matériel électrique, moteurs, dynamos, machines-outils mues électriquement (meules, perceuses, etc.).
- Herbe du Soudan. — M. René J. Libos, ingénieur agronome à Nîmes, nous informe qu’il dispose d’une quantité de semence de Sudan-Grass suffisante pour ensemencer 2 ares, au prix de 3 francs franco.
- Communications. — A propos de Vutilité des oiseaux (n° a386). Un de nos abonnés, M. F. Gillet, nous écrit :
- « Dans le bel article paru dans le numéro du 20 décembre, l’auteur expose en consciencieux observateur les services que nous rendent ces précieux auxiliaires.
- « Mais quels résultats peut-on espérer obtenir puisque la fabrication des pièges contre les petits oiseaux est autorisée ?
- « Dans mon village on peut voir des centaines de ces
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- BOITE AUX LETTRES
- engins chez un épicier et, hélas 1 ils se vendent ; beaucoup d’enfants en ont entre les mains.
- « La guerre, par ses dévastations et ruines, a refoulé bien des animaux dans notre région : nous sommes à 11 km de Reims. Les moineaux sont certainement plus nombreux ici celte année et pour quelques peccadilles de blé qu ils mangent, ou n’emploie qu un remède : les détruire. A côté de celà on ne voit pas les dégâts occasionnés parles rongeurs, rats et souris, contre lesquels il faudrait nous défendre, mais l’épicier ne tient pas de nasses !
- « Voilà ce qui se passe dans mon village qui est viticole et agricole.
- « Il faut donc se résigner, impuissants à empêcher de commettre de tels crimes contre nos meilleurs auxiliaires, sans même parler malheureusement des dénicheurs qui, au printemps, jeudis et dimanches, passent ces jours de congé à la recherche des nids.
- « C’est navrant. »
- Un étrange phénomène. — M. Cousin, de Domfront, nous écrit : « J’ai observé en 1900, juillet ou août, à Meuthon S. Bernard, un phénomène qui me paraît avoir une cei taine analogie avec celui que vous signalez dans le n° 2377 de La Nature.
- « Par temps très clair, vers 5 ou 6 heures du soir, un nuage s est formé au-dessus du lac d’Annecy présentant très exactement la forme d’un dirigeable ou d une saucisse et de couleur gris foncé. Au-dessous se trouvait un autre nuage beaucoup plus petit de même couleur ressemblant bien à un œuf et qu’on aurait pu croire pondu par le premier.
- « Ces deux nuages ont persisté jusqu’à la nuit. »
- Question à nos lecteurs. — Cadran solaire. — M. Jourdan, château de Goiat, par Bongé-Chambalud (Isère), désire connaître l’adresse d’une maison établissant des cadrans solaires.
- Réponses. — Jeu de taquin. — M. Paul Cistac, de Bordeaux, nous informe qu’une théorie mathématique de ce jeu a été exposée dans un article de M. Ed. Lucas, paru dans la Bevue Scientifique, 1881, ior semestre,
- p. 783. _
- Questions de teintures. — La décoration des étoffes par enlevages et reteinture nécessite des connaissances très étendues sur les propriétés des matières colorantes, il ne peut s agir d’un seul procédé, mais de variantes avec chaque cas, suivant les couleurs et la nature des fibres, ce qui nécessite de nombreux tours de main.
- P°ur enlevages, veuillez vous reporter à l’article de la Boîte aux lettres, paru dans le n° 2364, réponse à M. Hunolt. Nous croyons, d’autre part, que pour le second temps de 1 opération, c’est-à-dire la recoloration au pochoir, il serait avantageux de se servir de couleurs à 1 albumine qu une simple exposition à la vapeur d’eau bouillaute suflirait à fixer. Voir Teinture et impression, .encyclopédie Billon, chez Nolo, 49» quai des Grands-Augustins.
- M. M., à Cherchell (Alger). — A défaut d’explications sur le mode opératoire employé dans les tentatives faites pour obtenir, avec la betterave à sucre, un sirop destiné à la consommation familiale, on ne peut discerner les causes des insuccès éprouvés ; l’écueil rencontré est dans la persistance du goût de la betterave.
- Voici un moyen simple et pratique pour bien réussir, en évitant cet inconvénient :
- Nettoyer très soigneusement les betteraves en les laissant immergées dans l’eau pendant quelques minutes ; les laver et brosser ensuite, et les découper en menus morceaux ou cossettes très minces, fines, que l’on verse dans un tonneau dont on a enlevé un fond et que l’on a muni d’un robinet à sa partie inférieure. Sur les cossettes, on jette de l eau bouillante, en ayant soin de bien les immerger, puis on couvre et entoure le tonneau d une toile repliée plusieurs fois et on le laisse ainsi une heure, en l’agitant de temps à autre sans le découvrir, après quoi on filtre le liquide sur une toile ou on l’évacue par le robinet. Il reste à. évaporer à feu nu ce liquide filtré, jusqu’à ce qu’il ait une consistance sirupeuse. Pendant la concentration au feu, il faut a\oir bien soin d’enlever toute l’écume qui surnage, car c’est grâce à cette opération qu’on fait disparaître du sirop obtenu le goût désagréable de la betterave. Ce sirop, encore chaud., est mis en bouteilles que l’on bouche bien hermétiquement pour empêcher toute formation de moisissures. Ne pas pressurer les cossettes après la macé-
- ration, et compter que 70 litres de cossettes, fournis par 33 litres de betteraves, doivent recevoir 38 litres d’eau bouillante.
- M. B. d'A., à Quinéville (Manche). — A notre avis un constructeur de couveuses artificielles peut très bien se charger d adapter a la couveuse un régulateur de température du type qu’on lui indique, et le régulateur métallique Cyphers est très facile à établir. Nous ne connaissons pas de firme s en occupant d’une façon spéciale. La transformation à apporter n’est pas très compliquée, et il vaut toujours mieux être guidé par le constructeur pour la réaliser soi-même. Le régulateur Cyphers peut agir suffisamment à 410.
- bous pourriez vous adresser aux constructeurs de couveuses artificielles connaissant bien la question de fonctionnement par régulateur. Nous indiquons : Goujon, à Langeais (Indre-et-Loire); Reignoux, à Bléré (Indre et-Loire) ; Avicultura-Jersey, 8, rue du Louvre, Paris, ier; Comptoir général de l’Elevage, 106, rué Lafayette, Pans, io°. Voyez, pour plus amples renseignements : Ecole d’aviculture à Gambais (Seiue-et-Oise) ; Franky-Farjou. directeur de l’Ecole d’aviculture pratique. à Houdan (Seine-et-Oise) ; Poinsot frères, à Gambais.
- M. Simon Benoît-Gonin, à Septmoncel. — Si la photographie dont vous désirez avoir Un cliché sur pellicule est une épreuve non montée sur un support opaque, vous pouvez en effectuer la reproduction par transparence, en mettant dans un châssis-presse le côté émulsionné de la pellicule en contact avec 1 image positive. Le temps de pose sera naturellement d’autant plus long que le papier est moins transparent. Si ce papier n’a pas une texture très homogène, ses irrégularités seront évidemment reproduites sur la pellicule. Dans ce cas, comme au cas où 1 épreuve serait collée sur carton, la reproduction devra être effectuée à l’aide d’un appareil photographique muni d’un objectif rectilinéaire (aplanat ou anastigmat), en ayant soin d’assurer le parallélisme exact du modèle et de la surface sensible. Pour obtenir une reproduction à taille égale, le tirage de la chambre noire doit etre égal au double de la distance focale principale. S il vous est impossible de réaliser ces conditions avec 1 outillage dont vous disposez, vous aurez encore la ressource d’exécuter la reproduction « par différence de voile », procédé qui a été décrit dans le Supplément de La Nature, n° 2218, du ior avril 1916.
- Lieutenant-colonel Clark, à Pans. — Vous trouverez la description du stéréo-comparateur dans I,a Lumière, par A. Turpain, p. 182 à 186 (Ch. Delagrave, éditeur), et dans le Traité général de photographie en noir et en couleurs, par E. Coustet, p. 444 à 447 de la 5e édition (librairie Delagrave). Un instrument plus simple, mais basé sur le même principe, le stéréoscope du comman-dapt Coradin, a été décrit dans La Nature, n° 2365, du 26 juillet 1919, p. 52.
- M. de France-de Tersant, à Paris. — i° Les transformateurs pour sonneries sont en effet agencés pour donner un voltage de 3, 6 ou 8 volts, mais l’intensité est extrêmement faible. Pour l’augmenter il faudrait diminuer les résistances des secondaire et primaire. Vous pourriez vous adresser à un constructeur de ces petits appareils, par exemple chez Ferrix, 38, boulevard Saint-Michel ou chez Chavepayre, 21, rue Morand, et leur soumettre vos désiderata.
- 20 La locomotive fonctionnant indifféremment avec le courant alternatif et le continu a son moteur monté en série. Elle fonctionne avec un ampérage faible et elle doit avoir une résistance ohmique peu importante, ce qui explique qu’elle marche avec une lampe en série et de plus un rhéostat.
- Si la deuxième locomotive est identique, elle doit fonctionner de la même manière ou bien il y a quelque chose de défectueux. Comme elle fonctionne avec un accumulateur de 6 volts nous pensons que sa résistance ohmique est un peu plus forte que celle de la première et que par suite.avec la lampe en série l’intensité n’est pas suffisante. Vous pourriez essayer en montant une lampe d intensité beaucoup plus forte, par exemple 5o ou 100 bougies, mais en ayant soin de vérifier si avec le diamètre du fil du moteur vous pouvez vous permettre d y laisser passer une intensité de cette nature. Pour vous renseigner exactement il faudrait voir les deux appareils et les vérifier.
- E. D., & Lille. ~ Chimie physique et Mécanique chi-
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- BIBLIOGRAPHIE
- ÊM
- 'Sfp-'.
- inique : La chimie physique par vau T’ Hofî (Hermann, éditeur), introduction à la Chimie générale, par Copaux (Gauthier-Yillars, éditeur). Traité de chimie générale de Nernst, a vol. (Hermann, éditeur). Leçons sur le carbone, par H. Le Chatelier (Hermann, éditeur). Chimie organique Notions fondamentales, par Moureu (Gau-thier-Villars, éditeur). Traité de chimie organique de Béhal (Doin, éditeur). Chimie minérale : Traité de Moissan (Masson, éditeur).
- T. J. M., à Paris. — i° Nous ne connaissons pas en France de fabricants de machines sensitives multiples. Par contre, beaucoup pour ne pas dire tous les construc-leurs établissent la sensitive à une broche à billes ou simplement sur coussinets trempés.
- Vous trouverez des indications sur des machines multiples en consultant les maisons suivantes entre autres : Slokvis, io3, rue Lafayette ; Ailied Machinery, 19, rue de Rocroy; Fenvick, 8, rue de Rocroy; Ran-degger et Niestlé, 188, boulevard Voltaire.
- S’il s’agit de petites perceuses multiples ou simples comme nous le pensons, il y en a d’excellentes de construction suisse. Les maisons ci-dessus pourront vous renseignera ce sujet.
- 20 Adresses d’émailleurs sur métaux genre pièces de machines à coudre : Degrais, 54, avenue de Clichy; Pied frères, 37, quai de Seine; Minot, 46, rue Servan; Racloz, 144, rue Oberkampf. ,
- M. Duteil, à Lyon. — Chaque fabricant a une composition spéciale pour ses vernis isolants. Il est assez difficile de vous donner exactement leurs formules. Le principe est de dissoudre de la gomme laque dans l’alcool, la plus ou moins grande quantité de gomme laque employée donnant un vernis plus ou moins épais. Vous trouverez tous les genres de vernis isolants chez Avtsine et Cie, 13, rue du Départ: Ranglaret, 20, rue de la Chapelle, à Paris.
- a0 Toutes les maisons fabriquant des câbles électriques vous fourniront des fi!s isolés. Citons pour fils très fins, à Paris : Etablissements Meng, 78, rue Bolivar; Lacoste, 28, boulevard de Strasbourg; Larsonneau, 29, rue de Cloys, à Lyon; Compagnie générale des câbles de Lyon, 41, Chemin du Pré-Gaudry et les Etablissements Grammont, à Lyon.
- M. du Bois d'Enghien. — La surface chauffante décrite nécessite un fil de nickel de 3o/io à 32/10 de diamètre avec 10 m. de longueur environ. Elle est établie pour marcher sous 110 volts.
- Puisque vous avez du 220 volts il faut dans l’égalité E
- I — — doubler la résistance R afin d avoir la même
- valeur de I, c’est-à-dire la même consommation de courant.
- ‘ Pour doubler R deux moyens sont applicables :
- iD Doubler la longueur du fil et prendre 20 m. au lieu de 10. Cela nécessite une résistance d’encombrement double, mais a l’avantage de donner une plus grande valeur à la surface rayonnante.
- 20 Employer une section moitié par le fil, par suite
- prendre un fil d’un diamètre égal au quart de celui indi" qué, c’est-à-dire du 7/10 ou 8/10 au lieu de 3o/io ou 32/10; la résistance aura le même encombrement car le fil aura toujours 10 m. de longueur.
- Le même raisonnement s’applique au calcul du fil du tapis chauffant.
- Le réducteur consomme environ 55o watts à 600 watts ; le tapis chauffant a sensiblement la même consommation. Le kilowatt-heure coûtant o fr. 80, il en résultera une dépense horaire de :
- o fr. 80 X 0,600 soit o fr. 48 à o fr. 5o.
- Ces appareils sont surtout intéressants pour un chauffage instantané, rapide et de peu de durée.
- Si on les utilise continuellement,,il y a intérêt à bénéficier d’un tarif spécial consenti par les secteurs, mais cela oblige à avoir une canalisation spéciale et un compteur distinct de celui d’éclairage.
- M. Lonville, à Paris. — Le procédé ozofer permet de transformer une couche de gélatine en planche phototypique par simple application d’un bleu non développé. Le papier au ferro-prussiate, après exposition à la lumière sous le calque à reproduire, contient deux sortes de sels de fer : ceux qui ont été réduits par la lumière n’agissent pas sur la gélatine; mais ceux qui, protégés par les opacités du phototype, sont restés dans leur état primitif, ont la propriété de rendre la gélatine imperméable. Il s'ensuit que cette gélatine, mouillée, pourra être encrée comme en photocollographie. Ce procédé a été perfectionné par M. H. Claude (25, rue Dareau, Paris), qui lui a donné le nom de graphitique. La couche de gélatine est ainsi préparée :
- A) Eau......................80 c. c.
- Gélatine..................20 gr.
- B) Eau......................20 c. c.
- Sulfate de fer............ 1 gr.
- On laisse la gélatine se gonfler à froid, pendant 1 ou 2 heures, dans la quantité d’eau indiquée en A, puis on la fait fondre au bain-marie. Qand la fusion est complète, on ajoute la solution B, et Ton coule le mélange sur une plaque de. zinc. Dès que la couche est refroidie et ne colle plus au toucher, on y applique l’épreuve au ferro-prussiate. Celle-ci doit être employée telle qu’elle était au sortir du châssis-presse, sans avoir subi aucun lavage. L’application s’effectue simplement à la main. On peut s’aider d’une raclette, mais il faut la passer légèrement et rapidement. L’épreuve au prussiate ne doit pas séjourner sur la pâte : il faut l’enlever aussitôt appliquée. Ce contact d’un instant a suffi pour communiquer à la gélatine la propriété de ne retenir l’encre grasse que sur les points correspondant aux ombres du positif. Pour obtenir des reproductions indélébiles, il suffit donc de passer sur la pâte un rouleau garni d’encre phototypique et d’y appliquer la feuille de papier ou la pièce d’étoffe sur laquelle doit s’effectuer l’impression. La pression de la main est suffisante pour obtenir immédiatement une épreuve. On encre ensuite de nouveau, et l’on continue le tirage, qui peut fournir une centaine d’épreuves.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits franco de port et aux prix nets marqués, à réception d'un mandat postal ou d'une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.)
- U électrochimie et' V électrométallurgie, par Albert Levasseur, 2° édition. In-8° de 267 pages, 43 fig. Dunod - et Pinat, éditeurs, Paris, 1919. Prix : 12 francs (net).
- Cet ouvrage est avant tout didactique. Il s’adresse
- à des élèves ingénieurs à qui il faut tracer les grandes lignes des fabrications électro-chimiques et électrométallurgiques. Il faut donc tout d’abord les initier aux connaissances scientifiques générales qui dominent toutes ces industries. C'est ce qu’a fait l’auteur dans la première partie de son livre. Vient ensuite l'étude à grands traits des fabrications, procédés et appareils.
- La Dame de Cristal, par le D1 Lucien Graux, i vol. in~i6. L’Edition française illustrée, 3o, rue de Provence, Paris. Prix net : 4 fr. 5o.
- Roman d’aventures se déroulant dans les paysages des Andes, au Chili et posant un cas psycho-physiologique encore mal défini.
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- LA NATURE
- Supplément.
- Nu 2391
- 24 Janvier 1920.
- INFORMATIONS
- Les moteurs d’avion pendant la guerre. — Au
- cours d’une récente conférence à la Société clés Ingénieurs civils, le commandant Martinot-Lagarde a exposé les progrès réalisés pendant la guerre dans la fabrication des moteurs d’avion. En 1914» la France possédait surtout des moteurs à refroidissement par air, tixes Renault ou rotatifs Gnome, Rhône, Clerget, de 70 a 80 chev.; un seul à refroidissement par eau en étoile, le Salmson i3o chev. Sous la poussée des besoins, la puissance des moteurs est passée progressivement de 80 à i5o, 200, 3oo, 45o chev.', la vitesse des avions croissant parallèlement de 80 à 220 km à l’heure. Les moteurs à refroidissement par air ont fait place aux moteurs refroidis par circulation d’eau. La légèreté a été demandée à l’augmentation de rendement, à l’augmentation de vitesse et de compression, à l’emploi de
- 1 aluminium dans les pistons, et d’aciers spéciaux. Les principaux moteurs français qui ont pris part aux dernières batailles sont le Renault, 3oo chev. 12 cylindres en Y ; le Salmson, 260 chev. 9 cylindres en étoile ; le Lorraine-Dietrich, 275 chev. ; l'Hispano-Suiza, 220 chev. A l’amnistie, des moteurs plus puissants commençaient a sortir, le 3oo chev. Hispano, le 4°° chev. Lorraine-Dietrich, le 45o chev. Renault permettant à nos avions de chasse de monter à 4°oo ni. en 12 à 16 minutes, avec une vitesse de 220 km à l’heure à cette altitude. Le poids du moteur passait de r9 z4 à 1919 de 2 kg à o kg 8 par cheval. La production des moteurs en France a suivi une progression rapide : de 49 par mois en août 1914, à 4200 en octobre 1918. On a construit pendant la guerre près de 90 000 moteurs représentant 100 millions d’heures d’ouvriers, une puissance de près de 20 millions de chevaux-vapeur et une dépense de plus de
- 2 milliards.
- La police « ailée » de Californie. — Les Etats-Unis lurent le premier pays à instituer une police montée. Epris de records, ils ont voulu prendre les devants sur tous les gouvernements du monde en donnant à l’aviation une application judiciaire; d’où la création d’une police ailée qui rend déjà des services appréciables.
- C’est à l’Etat de Californie que revient cette ultra-moderne initiative. L ’Jerial Pat roi fut créée au cours de l'été dernier. Elle débuta avec deux avions’que mon-
- taient des aviateurs démobilisés qui avaient acquis leur expérience sur les champs de bataille de France.
- Quelques jours après sa création, un crime ensanglantait un village de la région de Sacramento : deux misérables assassinaient une famille de fermiers, et s’enfuyaient avec leur butin.
- Dès que la nouvelle parvint aux autorités de Sacra-mento, l’un des « gendarmes-aviateurs » prit son vol dans la direction prise par les malfaiteurs, dont le but était de gagner la Sierra Nevada. Deux cavaliers attirèrent bientôt son attention aux abords d’une passe.
- La robe des chevaux répondant au signalement transmis par la police, il se décida à agir, sans plus attendre.
- Descendant à 3o m. du sol, il ordonna aux fuyards de s arrêter. Comme ils n’obéissaient pas assez, il laissa tomber une grenade, à titre d’avertissemeDt !
- Stupéfaits, domptés, les criminels sautèrent de selle, et, sur un nouvel ordre (hands up!), levèrent les bras en l’air. Tout en tournant au-dessus d’eux, l’aviateur leur commanda de rebrousser chemin en abandonnant leurs montures. Un quart d’heure plus tard, les prisonniers et leur escorte aérienne atteignaient un village, et 1 aviateur transférait sa double prise aux mains du shérif.
- La gendarmerie aérienne venait de faire de brillants débuts. Elle ne s en tint pas là. On l’employa avec grand succès à surveiller les immenses forêts de l’Elat de Californie, toujours exposées, durant les étés secs, à de désastreux incendies. En quatre circonstances, elle put signaler a temps des commencements d’incendie qui furent conjurés.
- Notre photographie, prise le 10 novembre dernier sur l’aérodrome de La Marina, près San Francisco, montre que la Patrouille (Aérienne vient de créer un nouveau record. Le policeman-aviateur Ivan R. Gates prit livraison d’un prévenu, nommé James Kelly, à Alameda, où il avait été arrêté, et le conduisit par la voie des airs à l’aérodrome où l’attendait une automobile cellulaire.
- L aviation étend ses domaines et poursuit ses conquêtes. Qui eût osé prédire, il y a dix ou douze ans, que nous aurions un jour — un jour prochain — le « panier à salade » aérien ?
- Le « bateau volant » d’un célèbre inventeur. —
- Malgré ses soixante-treize ans, le Dr Alexander Graham Bell, l’inventeur du téléphone, l’illustre savant à qui la Science est redevable de tant de -découvertes de haute importance, a conservé une étonnante activité cérébrale.
- L an dernier, il publiait ses admirables travaux sur « l’Hérédité et la longévité », théorie basée sur des statistiques embrassant une longue suite de générations. Aujourd hui, il livre à l’industrie de la navigation automobile un flying bout dont les essais, exécutés dans les eaux canadiennes, au large de l’ile du Cap-Breton, paraissent avoir été couronnés de succès.
- La presse américaine n’ayant pas encore publié de descriptions techniques du nouvel appareil, nous devons nous contenter des notes trop sommaires que notre correspondant canadien a jointes à ses photographies.
- La coque affecte la forme d’un sous-marin ou d’un flotteur. L’intérieur est aménagé en cabines. La force motrice est fournie par deux moteurs Liberty de 400 HP, montés aux deux extrémités d’une superstructure débordant de chaque côté, et formant ailerons.
- Des lames [bladesI sont disposées sous la coque. Elles sont réparties en quatre groupes de neuf lames : un à l’avant, un à l’arrière, et un sous chaque « aileron ». Ces lames sont étagées, ce qui donne à chaque groupe l’apparence d’une échelle double renversée, la pointe en bas.
- Au repos, la coque cylindrique repose sur l eau. Mais, dès que l'appareil prend de la vitesse, la pression de
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- beau le soulève. Ouaud il dépasse la vitesse de Go milles (environ ioo km) à 1 heure, il perd contact avec la surface, el ne repose plus que sur les quatre lames formant le sommet des groupes en échelle. Dans cette situation, le dessous de la coque se maintient à environ l m. 35 dë la crête des vagues.
- La vitesse maximum qu'ont fournie les essais du II. (7.-4 a été de 71 milles (soit environ 114 km). Les passagers ont constaté l’absence totale de vibrations, de secousses, de roulis, même pendant les marches à grande vitesse.
- «i On aurait pu déjeuner très confortablement sur le pont, a déclaré un passager, tandis que le bateau volait en vitesse sur une mer agitée. »
- Il ne nous appartient pas de dire si le flyiug boni du I)' Alexander G. Bell est destiné à un brillant et durable avenir, mais la belle réputation de son inventeur est une raison suffisante pour qu’il retienne l’allenlion des spé-* cialistes.
- Standardisation. — AI. Dubois, Ministre du Commerce el de l’Industrie, assisté des deux vice-présidents, MM. Le Chalelier et (juillet, a présidé, le 2 > novembre, uue importante séance de la Commission permanente de standardisation. Un certain nombre de travaux soumis à l'enquête, en septembre dernier, ont été définitivement adoptés.
- Sont donc standardisés :
- Cahiers des charges des chaux et ciments, des pierres de taille et des tuiles. Unification des verres à vitres et des verres de lampes de mines. Spécification d’un cuivre type recuit pour 1 industrie électrique. Règles de la distribution et de la transmission de l’énergie électrique. Règles pour les machines électriques (matériel de fraction excepté). Câbles armés. Gainer des charges des briques en terre cuite et silico-calcaires. Unification des profilés, des centres pour travaux entre pointes, des clavetages, des arbres porte-fraises, des cadrans indiquant les déplacements des chariots et organes divers de machines-outils, des sens de manœuvre d’embrayage, d’avance et de réglage des machines-outils. Unification de la partie des chariots de tours et machines diverses recevant les outils. Unification des emmanchements coniques démontables.
- Fouilles en Chaldée. — Le Mouvement Géographique résume un rapport de M. H. R. Hall, du British Muséum, sur les fouilles qu’il a entreprises en Chaldée.
- Les fouilles entamées l’an dernier à Abou Chahreïn (l’ancienne Eridou) par le capitaine Campbell Thompson furent poursuivies par M. Hall, qui fit, entre autres, de précieuses découvertes d’objets de l’époque de Ur-Ninà, dans un endroit actuellement désert et appelé Tell el Ma’abed, à une dizaine de milles au nord de Chahreïn et à quatre milles à l’ouest du Tell el Mogyyar (Ur des Chaldéens).
- Sur le tertre inférieur du Tell (collinel. un des premiers princes du pays érigea, environ 3ooo ans avant f.-C., une petite construction religieuse, faite de briques piano-convexes, qui sont, en Babylonie, l’indice d’une ancienneté extrême. Dans cette construction, M. Hall recueillit une série d’objets des premiers âges de l’Euphrate, extrêmement intéressants, parmi lesquels des tètes de lion et de panthère, grandeur naturelle, et des figurines représentant des taureaux, faites de cuivre pur, repoussé ou coulé, bourrées de bitume ; les yeux, la langue et les dents des lions sont faits de pierres noires, rouges et blanches.
- M. Hall découvrit aussi un aigle à tête de lion s’efforçant d’atteindre deux cerfs — symbole ou emblème de Lagach — en cuivre, long de huit pieds et haut de quatre, des colonnes de bitume, revêtues de mosaïques de pierres noires et rouges et de nacre, représentant des triangles et des carrés — pierres fixées au bitume à l’aide de fils de cuivre.
- Des fouilles systématiques, pratiquées à Ur même, au sud de la tour du temple, bien connue des troupes d’occupation, et située au sud de Nasirieh, amenèrent la mise au jour d’une habitation, bien construite, élevée probablement par Ur-Engur, de la première dynastie de Ur, environ 2400 ans avant J.-C.. abandonnée, puis réparée et occupée au temps d’Assurbanipal et de Xerxès par des prêtres qui y ont laissé leurs comptes de ménage et leurs papiers d’affaires sous forme de tablettes
- à caractères cunéiformes. On découvrit encore le grand mur extérieur du temple, bâti en briques grossières, épais de 38 pieds et renfermant des chambres ; on y recueillit des objets identiques à ceux trouvés à Chahreïn et à Tell el Ma’abed.
- Les tertres de Ur sont remplis d urnes funéraires en poterie, généralement disposées sans ordre parmi les ruines plus anciennes des rues de la ville. Plusieurs de ces sépultures furent fouillées et on y trouva des poteries et des accessoires funéraires datant du vi° au iv° siècle avant J.-C. Toujours le squelette est replié sur lui-même.
- On voit que les fouilles archéologiques du corps expéditionnaire de Mésopotamie ont été fertiles. Leur dépouillement apportera une ample moisson de nouveaux documents sur l’ancienne Chaldée.
- La chloropicrine insecticide et raticide. — La
- Xature a déjà signalé à diverses reprises les nouveaux emplois de la chloropicrine, gaz de guerre, préconisé par M. Gabriel Bertrand pour la destruction d’insectes variés, tels que la punaise des lits, le charançon du blé, d’acariens comme la gale du cheval, cfc.
- Pendant que ces communications se suivaient à l’Académie des Sciences, l’Académie d’Agriculture entendait le récit des essais effectués avec la même chloropicrine, par la Station entomologique de Paris, à la demande des régions libérées, pour la destruction des campagnols. M. Paul Yayssière, qui avait déjà organisé la lutte contre les sauterelles dans la Crau au moyeu du même produit et des lance-flammes, a choisi comme terrain d’expériences la région de Soissous, absolument infestée. 11 a injecté la chloropicrine soit pure, soif émulsionnée par 10 et 20 pour 100 de savon potassique, dans les trous de campagnols ; il l’a épandue à la surface du sol et, dans les deux cas, les résultats ont été excellents. M. Ringelmann a préconisé particulièrement, comme étant les plus simples, l’arrosage au moyen des tonnes habituelles, l’introduction dans le sol par scarificateurs ou cultivateurs.
- La chloropicrine paraît donc un produit de choix pour la lutte contre les ennemis des récoltes. La seule ombre au tableau estia déclaration de M. Haller : a II ne faut pas se faire d’illusion sur la quantité de chloropicrine qu’on pourra mettre à la disposition des agriculteurs. Ils ne pourront en obtenir que jusqu’à l’épuisemept des stocks existants, car s’il fallait en préparer uniquement pour cet usage, le remède reviendrait beaucoup trop cher. »
- Comité interministériel des plantes médicinales et des plantes à essences. — La France détenait autrefois le premier rang pour la cueillette et la culture des plantes médicinales; mais elle s’est vue, peu à peu, ravir sa place par la concurrence ctrangè’re et surtout par l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie. Ne pouvant plus recevoir pendant la guerre les produits dont nous avions besoin, on a cherché de divers côtés à remédier à 'cet étal de chose.
- C'est en vue de grouper tous ces efforts, pour orga niser et intensifier la culture, la récolte et la préparation des plantes médicinales, que fut créé, par décret en daL du 3 avril 1918, le Comité des plantes médicinales, transformé bientôt en Comité interministériel des plantes médicinales pi des plantes à essences.
- De ce Comité central dépendent des Comités régionaux répartis dans toute la France, à Paris, Rennes, Nantes, Nancy, Lyon, Montpellier, Clermont-Ferrand, Bordeaux, Toulouse, Dijon, Besançon, Poitiers, Tours, Marseille et Angers. De même ont été créés des sous-comités à Rouen, Caen, Bourges, Grenoble, Lons-le-Saunier, Yesoul, Besançon, Laval. Les colonies sont représentées par le Comité d’Alger et le Comité régional de Tunis.
- Les ressources de cette organisation d’utilité publique sont constituées par une subvention annuelle de l’Etat, de Soooo fr., et par les cotisations de l’industrie, soit i5oooo fr. au minimum.
- Pour compléter l’œuvre de ces Comités d’études, on a créé VOffice national des matières premières pour la droguerie, la pharmacie, la distillerie et la parfumerie, société d’étude, de recherches et de propagande, dont le but est de contribuer à l’organisation en France du marché des drogues, et d’étendre leur production pour rendre le pays indépendant du marché étranger.
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- CM
- CE QU’IL FAUT SAVOIR D’ÉLECTRICITÉ (Suite, (Voir N- a38o, 238., 'i3S3 et .385).
- Chute de potentiel dans un circuit. — Tout cou rant qui traverse un conducteur y dépense des joules.
- Nous savons qu’un courant de io ampères, qui . traverserait la résistance AB — 2 ohms , (tig. i ) fournirait par seconde I2 R joules, soit :
- io2 X . = 200 joules.
- A B
- Fît
- Cette énergie de 200 joules aurait été fournie par les 10 coulombs qui sont passés de A à B pendant ce temps, chaque coulomb a donc dépensé
- —2 — 20 joules. Nous disons que, de A à B,-le courant
- a perdu 20 volts.
- Soit une dynamo D (fig. 2) qui fournit un courant de 5o ampères dans une ligne de 200 m. de longueur (longueur simple! et de 2.5 mm2 de section, ce qui revient à
- 2-r
- no volts au départ
- faire passer 2 ampères au mm2 : la résistance du fil est de o ohm.008 par mètre, soit 0,008 X4°° — ou,32 pour la ligne entière.
- . L’effet Joule I2 R —5o2 x o,3. = 800 joules.
- T , I2 R Tri 800 „
- La perte en volts —= TR = -— = 10 volts.
- 1 1 5o
- Le moteur M ne recevra pas 110 volts puisque 16 volts se sont perdus en ligne, mais 110 — 16 = 94 volts.
- La dynamo D débite 5o X 110 =
- transport a//er perte /G vo/ts
- Utilisation moteur 78 vo/ts
- JOOA
- transport retour perte IG vo/ts Lia. 3.
- 55oo watts et le moteur ne reçoit que :
- 50x94=4700 watts.
- La chute de voltage dans le circuit peut être représentée parle graphique ci-contre (fig. 3).
- Supposons maintenant que la demande de courant vienne à doubler au point B, l’intensité sera 100 ampères en ligne et la chute de voltage 3a volts, de telle sorte que nous n’aurons plus que 78 volts aux bornes des moteurs. Ce transport d’énergie s’effectue donc dans des conditions très onéreuses puisque pour recevoir 78 X 100 = 7800 watts, nous en perdons : 100 X 32 3200 en ligne. Cela nous montre que nous serons obligés de diminuer la résistance de la ligne et par conséquent d’augmenter sa section.
- Soit à chercher la section du câble pour une perte en
- ligne de 5 volts et
- transport a/ter perte 8 vo/ts une intensité de
- 100 ampères ; la résistance sera donc telle que IR—5 volts; donc
- 5
- R = — = ow,o5-100
- Ce qui correspond à un câble de 128 mm2 qui aura 14 mm 7 de diamètre etpèsera 1200 kg au kilomètre. Dans les distributions d’éclairage, les lampes sont parties depuis l’usine tout le long de la canalisation ; en résulte que celles qui sont éloignées sont à ira vol-
- Uti/tsation moteur D4- vo/ts 50 A
- — •*“ “”*** -----ir
- transport retour perte 3 vo/ts
- Fie.
- tage plus faible que les autres. En général, on impose à la Société qui distribue le courant de maintenir aux bornes des lampes un voltage qui ne diffère pas de plus ds 3 pour 100 du voltage normal inscrit sur la lampe. Cette clause impose à la Société d’avoir des fils de section convenable. Si la consommation vient à augmenter, la perte en ligne qui est IR augmentera aussi et les dernières lampes ne donneront plus leur éclairage normal. La Compagnie devra alors refaire ses lignes ouïes doubler de manière à diminuer la résistance en augmentant la section.
- Transport de l’énergie. — Le calcul fait plus haut pour un transporf à 110 volts montre que, pour une perte admise de 5 pour 100, une distance de 200 m. et une puissance de x 1 ltw, il a fallu utiliser un câble de 128 mm2 pesant 1200 kg au kilomètre; la densité du
- , . . 100 .
- courant était de —- = o%8-x 28
- Si nous avions à franchir 1 km au lieu de 200 m. avec la même perte admise de 5 pour 100, nous aurions ira câble qui aurait ow,o5 de résistance pour 2 km, soit ow,025 au kilomètre, ce qui nous donne un câble de 640 mm2 pesant 6240 kg au kilomètre.
- La densité possible serait donc : = oiiî6.
- On voit immédiatement que les conducteurs auraient des poids énormes et que, industriellement, le transport ne serait pas possible. En pratique avec 110 volts, on ne peut guère rayonner au delà de 200 m. autour de la centrale.
- Elevons le voltage à 44° volts, et calculons encore ce transport de 11 kw à 1 km ; si la perte admise est 5 pour 100, elle sera de 22 volts; 1 intensité
- 10 °°- — 25 ampères?; la résistance de la ligne deviendra 44o v
- o ohm 88, soit o ohm j4 par kilomètre corresponds
- dant à un câble de 38 mm2 de section et pesant 353 kg au kilomètre.
- Dès maintenant, nous voyons que pour transporte!* une puissance dans de bonnes conditions, il faut élever le voltage. Les grands transports se font sous des d. d. p. de 5oooo, 76000 et 100000 volts; sous ce dernier voltage chaque ampère correspond à une puissance de x36 HP, aloi's qu’il faut G3,7 pour transporter 1 IIP à 11 o volts. A. Dxîi.avie,
- Professeur d’Flecti'icilè imliHli'ii-11c.
- “Photographie
- Portraits films Eastman. — La Société Kodak vient de lancer, sous le nom de « portrait-film », une nouvelle pellicule destinée à l’obtention des figures dans leurs moindres détails. Pour cela, l’émulsion possède un grain d’une très gi-ande finesse et la minceur du support supprime le halo. Le « portrait-film » a tous les avantages des pellicules : il est léger, incassable, peu encombrant et permet la retouche sur les deux faces.
- Le meilleur moyen de s’en servir est de le placer dans le porte-film métallique Eastman qui assure'une planéité parfaite à la pellicule. Celle-ci est maintenue de ti'ois côtés, par les rebords du porte-film, qui, à son tour, est mis en lieu et place de la plaque dans les châssis.
- Pour reconnaître facilement le côté sensible du côté support en chargeant les porte-film, on a faillé dans un côté de la pellicule une encoche en forme de Y. Il suffit que cette encoche se trouve placée en haut et à main droite de l’opérateur en glissant la pellicule dans le porte-film pour être certain que l'émulsion se trouve du bon côté.
- Une feuille de papier noir est insérée entre chaque pellicule. Elle servira à couvrir les films, dauKle cas où on devra expédier ceux-ci non développés ou si on est obligé de surseoir au développement pour un temps assez prolongé.
- En vente chez Kodak, 3t), avenue Montaigne, Paris, et chez tous les dépositaires.
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- m:
- c£§^ Objets utiles
- Support à ressort pour lampes Pigeon. — Ce
- support très simple, mais extrêmement pratique, est constitué par un fil d’acier de 3 mm 5 de diamètre et de longueur, déterminée pour faire pince et support. Dans sa partie médiane, il forme un arc dont les extrémités portent une spire extérieure. Le point de départ de cette spire donne l’extrémité de la pince, et la partie inférieure, la base. Le pas est l’épaisseur du boudin à passer. Avant d’arriver à leur point de raccordement, les deux branches sont pliées en arrière sur le même plan, suivant un angle d’environ 200 et coudées, à une certaine longueur, perpendiculairement à la base. Elles sont légèrement relevées, de manière à permettre
- FL. :>.
- Support pour
- prend le diamètre voulu pour roitlisser le long de la tige filetée.
- La partie B de la tige' du boulon offre un diamètre inférieur à celui des parties A et C ; lorsque l’écrou
- Ecrou unlcsscrrahlc.
- quitte la partie filetée il arrive en B, et sous l’effet de l’élasticité du métal il se referme, il lui est impossible désormais de se revisser sur la tige C et de se desserrer; par suite du fait que le diamètre de cette tige est plus grand que celui de l’écrou, la tige C forme donc butée. Pour assurer le serrage, on dispose d’avance sur la partie B de l’écrou un certain nombre de rondelles, for mant l'épaisseur voulue pour donner un serrage parfait.
- Cet écrou a été imaginé et est fabriqué par M. Yernel, 69, rue Caulaincourt, Paris.
- JoUetS - oî
- Le cône volant. - Voici un petit jouet, simple et charmant. Il figurait au concours Lépine. Il comporte un petit volant A, en papier, en forme de cône, équilibré par 4 tiges égales, qui au repos lui servent de
- C
- J
- Fig. 7. — Le cône volanf.
- un. serrage contre celles-ci. Une boucle à chaque bout permet la fixation au moyen de vis.
- D’une grande simplicité, pratique et résistant, ce support constitue une nouveauté et réalise les 3 points : ordre, économie, propreté. Prix: 1 fr. 10, nickelé 1 fr. 5o franco. M. Desbans, 17, rue Robert-Fleury, Paris, i5e.
- ffllecctmcfue
- Ecrou indesserrable. — Le problème de l’écrou indesserrable est un de ceux qui ont le plus tenté les chercheurs, son importance pratique suffit du reste à justifier ces efforts. Mais les solutions qui sont entrées dans le domaine des applications sont peu nombreuses.
- La question en effet est complexe : on demande à l’écrou indesserrable de se mettre en place et de se retirer aussi aisément qu’un écrou ordinaire, on lui demande également de ne pas entraîner de dépense supplémentaire sensible ; on élimine ainsi tout dispositif entaché de la moindre complication.
- L’écrou indesserrable imaginé par M. Vernet a certainement le mérite de la simplicité, et il est bien rigoureusement indesserrable.
- Nous avons représenté le dispositif sur la figure 6; A est un boulon, muni d’une tête filetée C; l’écrou D qui doit s’engager sur la tige G est d’un diamètre plus petit que cette tige. Pour lui permettre néanmoins de s’engager, il a été fendu dans le sens de la hauteur suivant E ; la tige G est légèrement conique à son extrémité, ce qui permet d’engager l’écrou; on continue à visser, grâce à la fente, l’écrou s’ouvre légèrement et
- support. Le but est la tige B; il s’agit de porter le cône A par la voie des airs, et sans y toucher, sur la tige B.
- Le joueur dispose à cet effet d'un tube coudé G avec lequel il souffle sous le cône A. Celui-ci s’élève et flotte littéralement; il faut alors le conduire, sans chute, sur
- la tige B, puis le replacer sur ses pieds. Et la chose n’est pas aussi facile qu’elle le paraît. Les enfants et même leurs parents y trouveront un agréable amusement. Le cône volant est en vente chez M. Lagarde, 22, avenue des Ternes, Paris. Prix 2 fr. 5o franco par poste.
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- La terre à foulon. Le kieselguhr. — Ce produit employé depuis un temps immémorial dans le foulage des draps sert actuellement à une foule d’autres buts. Entre autres, il sert a blanchir les graisses, huiles, corps gras en général. La maison de Haen vendait avant la guerre, sous le nom de silicate spécial de magnésie, de Eüllererde (J), un produit qui, battu avec les corps gras fondus, et filtré ensuite, permettait d’obtenir des huiles claires et peu colorées.
- On s en sert beaucoup comme charge des papiers peints, comme substitut du talc, comme charge des caoutchoucs manufacturés, des ébonites; on s’en sert en médecine pour faire des cataplasmes et comme antidote dans les empoisonnements par les alcaloïdes. On s en sert surtout, dans le raffinage du pétrole (2), après les purifications sulfurique et sodique. Une bonne terre à foulon pour le raffinage des huiles comestibles doit être sans saveur, pour ne pas communiquer une mauvaise odeur aux huiles ; elle doit retenir très peu d’huile et ne pas prendre feu spontanément.
- Puisque nous sommes sur le sujet des terres à foulon, parlons un peu des kieselguhrs qui s’en rapprochent beaucoup.
- Les kieselguhrs portent des noms bien différents : atmoïd,. nantusi, terre d’infusoires, diatomite, randa-nite, silice fossile, tripolis.
- li en existe à Oberlohe (Hanovre), en France, à Mu-rat(>), en Algérie, à Ouillis, près Mostaganem, en Amérique du Nord, en Angleterre, etc.
- On admet que des carapaces de diatomées et des algues microscopiques se sont accumulées dans des eaux calmes, douces ou saumâtres, formant ainsi des dépôts actuels de kieselguhr. Ces carapaces et ces algues sont formées d’un grand nombre de vacuoles remplies d’air, de telle sorte que l’air occupe 85 pour ioo et plus du volume total. C’est en ce volume d’air contenu dans les kieselguhrs que consiste la principale propriété de ce produit.
- t Les gisements du kieselguhr sont généralement constitués par des bancs horizontaux interstratifiés avec des argiles, appartenant au tertiaire et le plus souvent au-dessus des marnes pliocènes.
- Les qualités d’un kieselguhr sont :
- I. Minimum de chaux et d oxyde de fer, en un mot, de produits attaquables aux acides dilués. Nous verrons plus loin Fessai que l’on en fait à ce point de vue.
- II. Teneur maxima en silice.
- III. Densité apparente minima qui correspond à une absorption d’eau maxima.
- Ainsi les kieselguhrs d’Ouillis (Mostaganem) ont un coefficient d’absorption de l’eau de i65.
- Les diatomées que l’on y rencontre sont de la classe des Coscifiôdicus et des Rtidilurîons à lamelles rondes.
- On y trouve aussi des restes d’éponges.
- Voici a analyses de kieselguhrs d’Ouillis, Mostaganem que nous empruntons à cette Société. La i"' est faite par M. Campredon, de Saint-Nazaire; la 2° par -U . Giacomelti, de Marseille. ’
- Ce sont les ircs qualités :
- Silice . .......
- Alumine . ... .
- Oxyde de fer......
- Chaux...........
- Magnésie. ......
- Acide sulfurique . . . Acide phosphorique. . Eau (combinaison). . . Pertes non dosées . .
- ro (2)
- 88.3o 90.18
- °-99 2.67
- 1.01 0.66
- o.3o 0.35
- 0.07 traces.
- 0.27 néant.
- o.ox néant.
- 8.80 0.25 V3* 00 1T5
- Oxyde de titane. Soude potasse
- 100.00
- néant. . néant,
- néant. o.3o
- 100.00
- i. 10 francs le quintal en iç)i3-i/,.
- Dans le raffinage des pétroles, lampants et. des essences, le battage avec les terres à foulon a surtout pour but la décoloration complète, surtout pour la fabrication des pétroles, dits de « luxe ».
- 3. Citons encore en France les gisements importants du Puy-de-Dôme, de l’Ardèche, ceux de l’Indre.
- Ce qui, ramené à là matière déshydratée, ferait :
- Pour le i" cas . . . Silice pour ioo = gS.8.
- Pour le 2° cas. , . . Silice pour ioo — 95.8.
- Les bonnes qualités d’un kieselguhr sont de deux sortes, lune relative a leur faible densité apparente, fonction de la grande quantité d’air qu’ils recèlent, là seconde, relative à leur faible teneur en matières solubles dans les acides dilués.
- Pour apprécier la densité apparente d’un kieselguhr commercial, on en pèse 200 gr. et l’on apprécie le volume qu’il occupe, sans tassement dans une grande éprouvette. ”
- On peut aussi mesurer le volume d’eau qu’il absorbe par divers moyens que chacun peut concevoir.
- Pour apprécier 1 attaque des kieselguhrs, on se sert d’acide sulfurique à 200 B, dont on laisse 200 c. c. en contact avec 2 gr. de kieselguhr, à l’étuve à 60-70°. On filtre ensuite, on lave à fond et on calcine. On détermine ainsi la, perte, qui, diminuée de l’humidité à io5-no°, donne l’attaque par les acides.
- La densité apparente des kieselguhrs varie beaucoup suivant leur origine, de o,3 à 0,4. Les kieselguhrs de Hanovre donnent des chiffres encore plus bas.
- L’attaque par les acides varie de 3 à 5 pour 100.
- On emploie l’acide sulfurique à 20° B. et la température de 60-70°, parce que les kieselguhrs servent beaucoup pour charge, des ébonites destinées aux accumulateurs, qui fonctionnent dans les cales des sous-marins à, cette température parfois, et à cette concentration d’acide sulfurique.
- Passons aux emplois nombreux du kieselguhr. Elles sont basées sur sa porosité, son inertie, son imputres-cibilité et son incombustibilité, et, en outre, sur la faculté qu’il a de ne pas conduire les ondes calorifiques et électriques.
- Le kieselguhr entre donc, par suite de cette deimière qualité, dans tous les isolants de la chaleur et de l’électricité.
- !• -y Calorifuges des conduites de vapeur, d’air comprimé des cylindres de machines à vapeur.
- C’est un des calorifuges les plus efficaces, bien qu’un peu cher comme frais de première installation.
- IL — Filtrage et clarifications des vins, huiles, graisses, cires, sirops. Nous en avons parlé plus haut.
- III. .— Imbibés de nitroglycérine, ils constituent la dynamite.
- Tel a été leur premier emploi qui dure toujours.
- . L est trop connu pour que nous nous y appesantissions.
- 1 y. vm a entoure les tournes d acides et produits dangereux, pour qu’en cas de chocs durant les manipulations et les transbordements, le kieselguhr absorbe la fuite qui s’est produite.
- V. — Produits de propreté et d’entretien, pâtes à polir les métaux. Les fines aretes des diatomées rayent imperceptiblement les métaux et les nettoient ainsi/
- VI. Charge du caoutchouc, ébonite, matières plastiques à l’eau de gomme-laque et autres.
- VII. — Charge de certaines matières colorantes.
- VIII. Quand on coule de l’acier dans les lingo-ticres, il est excellent d en enduire ces dernières.
- IV. Briques isolantes, réfractaires, calorifuges, pour garnir les fours de toute espèce, des échangeurs de température, les appareils à concentrer l’acide sulfurique. Les kieselguhrs sont des plus employés dans les industries chimiques.
- N. — Briques et panneaux incombustibles, insonores et légers, surtout employés dans les constructions en ciment armé.
- En somme, comme on le voit, le kieselguhr possède un grand nombre d’applications. Nous en avons suffisamment en France et en Algérie pour nous passer de 1 importation allemande d’avant la guerre j1).
- Albert Hutin.
- 1. Avant la guerre, les bons kieselguhrs valaient de 60 à 100 iranes la tonne sur wagon. Ils valent, actuellement, de i3o à 200 francs. C’est une matière qui, par son volume, est tarifée spécialement comme transport.—
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Jteo
- ose
- Encaustique à base de gomme laque, — La formule est la suivante :
- Faire dissoudre 4 gr. de gomme laque en écailles dans 3a gr. d’alcool à 900, ce qui demande un temps assez long, 24 heures au moins.
- D'autre part on dissout 4 gr- d’huile de lin dans 16 gr. d’essence de térébenthine et on mêle intimement les deux solutions en versant lentement la première dans la seconde; finalement on ajoute 4 gr. d’ammoniaque liquide du commerce et on agite vigoureusement jusqu’à homogénéité parfaite.
- Conservation de la colle. — Le meilleur procédé de conservation de la colle à base de gomme arabique consiste à amener l’acide gummique à l’état de gummate d’alumine qui est imputrescible.
- Pour cela, après avoir obtenu la dissolution de la gomme dans les proportions normales de :
- Gomme arabique........... 55 grammes.
- Eau froide............... 100 —
- ou y verse en agitant une dissolution de :
- Sulfate neutre d’alumine . 1 gr. 5
- Eau tiède................10 grammes.
- Il se forme alors un précipité de sulfate de calcium, on laisse reposer quelques jours et on décante alors le liquide limpide qui se trouve à la partie supérieure.
- Remarque : On ne doit employer que du sulfate d’alumine exempt de fer, sans quoi la colle prendrait une teinte rougeâtre.
- Formule de Schiedam. —Le schiedam est habituellement obtenu en cours de fabrication de l’alcool par passage des vapeurs dans une boîte contenant des baies de genièvre, mais on peut aussi l’obtenir ainsi :
- Faire macérer pendant 24 heures après broyage :
- Baies de genièvre.............o kg 5oo
- Alcool à 900............. 3 lit. 200
- On distille ensuite et recueille 3 litres d’un produit désigné sôus le nom d’esprit de genièvre.
- Pour obtenir le schiedam de vente on mélange :
- Alcool à 900..................2 lit. 5oo
- Eau distillée.................4 lit- 5oo
- Esprit de genièvre............. 3ooo litres
- Comme dans toute préparation de spiritueux, il est
- essentiel de laisser « mûrir » assez longtemps avant de consommer pour obtenir le moelleux.
- Remise à neuf des cuirs de chaises. — i° Pour remettre à neuf les cuirs de chaises altérés par l’usage, appliquer au moyen d’un tampon la crème ci-dessous :
- Cire jaune............... 90 grammes.
- Essence de térébenthine. . 200 —
- Après dissolution au bain-marie, ajouter par petites portions, en remuant constamment, un mélange obtenu également à chaud de :
- Savon commun............... 10 grammes.
- Eau de pluie...............200 —
- S’il s’agit de cuirs bruns, ajouter à cette crème avant refroidissement la quantité de vésuvine nécessaire pour obtenir la teinte désirée, soit 1 à 2 gr. environ pour les proportions ci-dessus.
- Dans le cas où les cuirs seraient éraillés, il serait bon de passer avant application de la crème une couche de brou de noix qu’on laisserait bien sécher.
- 20 Comme colle pour rapprocher les fragmenls on peut employer :
- Colle de poissons...........5o grammes.
- Eau froide..................5o —
- On laisse gonfler pendant 24 heures, puis fait dissoudre au bain-marie, on ajoute alors :
- Bichromate de potasse ... 1 gramme.
- Glycérine....................5 grammes.
- Après séchage et exposition à la lumière, cette colle devient complètement insoluble et insensible à l’humidité.
- Encre décalcable :
- Bleu de méthylène . .
- Alcool à 90°........
- Après dissolution ajouter :
- Eau.................
- Glycérine ..........
- in grammes. 20
- (oo grammes. 10 —
- Nettoyage des étoffes imperméabilisées aux sels d’alumine. — Pour les étoffes, non caoutchoutées, on peut se servir de tétrachlorure de carbone qui a l’avantage de ne pas être inflammable et est sans action sur les produits imperméabilisateurs.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d'abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- «
- M. G. Ménager, à Versailles. — L’ouvrage le plus récemment publié sur la fabrication du sucre et son raffinage est le Traité de Grobert., Labbé, Manoury et de Vresse (1913), celui pour le contrôle chimique est le Manuel d'analyses de sucrerie et de raffinerie de Ch. Fribourg ; .vous trouverez ces deux publications à la librairie Dunod et Pinat, 47, quai des Grands-Augustins.
- M. A. Bourdy, à Marseille. — Le liquide excitateur est simplement une dissolution de chlorhydrate d’ammoniaque à 5o gr. par litre, immobilisée par de la gélose ou agar-agar.
- M. Dehillerin, à Paris. — i° Il existe actuellement un certain nombre d’alliages ferro-silicium qui résistent parfaitement aux acides et qui sont connus sous les noms de Borkers, Monarty Parr, Narki, Stellite, Pickup,
- Tantiron, Illium, etc;, leur composition est voisine de la suivante :
- Fer.......................85 pour 100.
- Silicium .................i5 —
- La maison Bouchaillier, de Grenoble, fabrique sous le nom d’Elianite un alliage qui a été utilisé dansde but
- ci-dessus pendant la guerre pour la fabrication en grand de l’acide picrique, cette maison doit être en mesure de vous fournir tous appareils pour vos opérations de déro-cbage.
- 20 L’absorption des vapeurs d’acide chlorhydrique peut évidemment se faire par une solution alcaline, employez de préférence le carbonate de soude et disposez un aspirateur pour assurer le barbotage.
- M. Ramonède, à Levallois-Perret. — Le défaut que présentent les bords de vos clichés est connu sous le nom de « voile marginal. » On ne le constate plus que rarement sur les plaques de préparation récente; mais, sur celles qui ont été longtemps en magasin, il peut résulter d’un lavage insuffisant de l’émulsion, ou d’une inégalité .dans le séchage, ou encore de radiations émises par les papiers d’empaquetage. La cause en serait alors imputable au fabricant, et, si vous possédez un lot de plaques en cet état, vous ne pourriez en tirer parti qu’en détruisant le voile parles procédés habituels de régénération', tels que ceux qui sont décrits dans nos Recettes photographiques (voy. La Nature, Suppléments du 19 juin 1915 et du 27 septembre 1919). Toutefois, il peut aussi se faire que le défaut en question provienne d’une toute autre, cause, étrangère à la qualité de ré-mulsion, et que l’on pourrait qualifier de « pseudo-voile marginal » : il s’agit de la lumière réfléchie sur les parois de la chambre noire, quand la peinture n’en est pas assez mate. Dans ce cas, il suffit d’interposer un
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- BOJTE AUX LETTRES
- cadre noir limitant le taisce'au lumineux, comme nous l’avons précédemment indiqué (Supplément de La Nature du 28 juin 1919).
- M. Ilédouin, Centrale p. B, Lycée Saint-Louis. — L erreur vient de ce que par suite d’une coquille on a porté du nickel de 3o/io au lieu de 3o/ioo. D’ailleurs pour le tapis chauffant on a bien imprimé du maillechort de o,25 millimètres. Limité théorique de résistance est celle d’une colonne de mercure de 1 mm3 sur 1 m. Le coefficient de * conductibilité est théoriquement la longueur de fil qui a la même résistance que l’étalon. L’inverse est le coefficient de résistivité.
- Pratiquement, la résistivité pour les métaux est en microhms-centimètres, par suite, c’est la résistance d un fil de 1 cm3 sur 1 cm; pour le mercure, au lieu d être 1 ohm, elle sera : 1 divisé par 10% soit environ roo microhms. En refaisant votre calcul avec 3o/ioo vous trouverez :
- R
- 1 t,9j 0,7098
- 1 T 110
- ohms 1 = ——
- L intensité est environ 6,5 ampères. Cette consommation de 6,5 ampères qui est trop forte puisque R augmente avec t° et que votre valeur de p trop faible doit être environ 12,35, représente à peu près celle d’une lampe de 200 bougies à filament de charbon. Forcément si la canalisation d’éclairage n’était prévue que pour une lampe de 32 bougies par exemple le fil chaufferait et les fusibles sauteraient, mais une canalisation est établie d’abord avec des coefficients de sécurité et toujours pour une quantité de lampes au moins égale à i5o à 200 bougies.
- D’ailleurs, quand le courant est utilisé pour le chauffage couramment, les secteurs en général placent un compteur spécial avec une canalisation distincte, les tarifs n’étant pas les mêmes pour cette utilisation du courant.
- Enfin, notez que l’ohm-étalon, établi' j5ar décret du 25 avril 1896, correspond à la résistance à un courant invariable d’une colonne de mercure à o°, pesant 14 gr. 4521 de section constante et d’une longueur de 106 cm 3 : c’est Y ohm international. U ohm légal était avant ce décret d’une longueur de 106 cm seulement. De sorte que la résistivité du mercure est 94,34.
- M. A. Chartron, à Saint-Marlin-le-Vinoux (Isère). — i° La réponse faite à M. Hédouin s’applique identiquement à votre demande, car vous avez fait la même erreur. En prenant 7 m. de maillechort 32/100 de résistivité 20,8 environ pour l’alliage courant vous obtiendrez environ 18 ohms et par suite une intensité de :
- ——j soit G ampères environ.
- 20 L’échaulfement d’un conducteur est donné par la
- formule :
- (/
- O:-,--!.... X-1-
- 2 Tl3 h ,1 (T
- dans laquelle h est un coefficient suivant le fil, .1 l’équivalent mécanique de la calorie.
- Le premier facteur est constant pour un fil donné. L’élévation de température est proportionnelle au carré de l’intensité du couranÿ et inversement proportionnelle au cube du diamètre du fil. Un fil de 1 mm de diamètre fond à : cuivre, 80 ampères; maillechort, 40,8 ampères; fer, 24 ampères; plomb, 10,8 ampères.
- 3° L acier prend une teinte bleu foncé quand après avoir été trempé on le recuit, c’est-à-dire quand on le chauffe doucement a une température inférieure à 7000. La teinte^bleu foncé est voisine de 6oo° environ. L’acier peut être bleui à froid en le frottant avec un chiffon de laine imbibé d’une solution d’alcool, d'acide azotique et de sulfate de cuivre dans le double du poids d’eau environ. En séchant, on obtientune teinte solide et brillante.
- M. A. D., rue Legendre, Paris. — L’écureuil se nourrit surtout de cônes de pins, de châtaignes, de faînes et de glands. Dans les forêts de conifères, il recherche les graines renfermées dans les pommes de pin. Les avis se partagent quant au point de savoir s’il est nuisible ou utile, et pour ce qui a trait à sa classification à cet egard, il convient de s en referer aux arrêtés préfectoraux sur la chasse et la destruction des animaux nuisibles.
- En tout état de cause, il est certain que l’on doit empêcher l’abondante multiplication des écureuils,
- parce qu ils détruisent les nids des petits oiseaux et mangent les noix, les châtaignes et autres fruits. Nous ne voyons aucun appât susceptible de les tenter, car ils sont doués d’une admirable sagacité pour le choix de leurs aliments.
- Pour les détruire on peut employer soit le fusil, soit le piégeage. L’écureuil est facile à tirer surtout dans la saison du rut, pendant laquelle il est moins méfiant. Le moyen de s’en débarrasser serait une charge de plomb n 6. Le piegeage est peu pratiqué parce qu’on ne se préoccupe que rarement de détruire les écureuils. Mais concurremment a la chasse au fusil et à la destruction des nids, lorsqu’ils sont assez apparents, on peut néanmoins essayer des appâts comme les carottes trempées dans une solution de sublimé, ou de noix vomique, ou de strychnine, ou encore des noix, noisettes ou amandes, traitées semblablement et disséminées hors de portée du gibier.
- Ln ce qui concerne 1 emploi d un piege ou d’un engin de destruction quelconque, il y aurait lieu de consulter un ou plusieurs fabricants de pièges. Voyez : Ch. Hitté, 33, rue des Bourdonnais, Paris ier; Àurouze, 8, rue des Dalles, Paris ior.
- M. F. R., avenue de la Grande-Armée, Paris. —-T Ouvrages traitant de l’extraction des huiles (ricin, arachides, coton, etc.) : Fabrication et raffinage des huiles végétales, par J. Fritsch, 1 vol., i5 fr. ; Leshuiles, graisses et cires, par le D1 Lewkowitsch, traduit de l'anglais par Boutoux, 3 vol., 78 fr. ; Technologie, méthode de préparation, de raffinage et d’examen, tome II (1 vol., 36 fr.) ; Manuel du fabricant et épurateur d'huiles végétales et animales, par N. Chryssochoïdès, 2 vol., 16 fr. 80 (Mulo, éditeur, l2, rue Hautefeuille| Paris, 6°). Les ouvrages de J. Fritsch et Boutoux se trouvent à la revue Les Matières grasses (49, rue des Vinaigriers, Paris, 10), qui a publié de nombreuses études techniques sur les procédés modernes d’extraction, épuration, raffinage et sur le matériel d’huilerie (consulter la collection); Les corps gras, huiles végétales, etc., par A.-M. Willon, 1 vol. : 6 fr. (Nolo, éditeur, 53 bis, quai des Grands-Augustins, Paris’ 6e); L’Arachide, culture, produit, commerce, huiles, tourteaux, etc., par J. Adam, 1 vol. : 7 fr. 20; L’Arachide, par M. Dumas, 1 vol. : 1 fr. 5o ; Le Ricin, culture, industrie, commerce, par Marcel Dubard et Ph. Eberhardt,
- 1 loi. . 4 fv. 20, Culture et industrie du cotoii aux Etats-Unis, par F. Bernard, 1 vol. : 6 fr. (Challamel, éditeur, 17, rue Jacob, Paris, 6n). Voir aussi la revue L’Agriculture pratique des pays chauds (même éditeur), qui a publié de nombreuses études sur le ricin, l’arachide, le coton et leur industrialisation. Le matériel agricole a l Exposition de 1900, par Max Ringélmann,
- 1 vol. : 12 fr. (Dunod et Pinat, éditeurs, 47, quai des Grands-Augustins, Paris, 6U).
- 20 Matériel pour fabrication et épuration des huiles. Voyez aux adresses suivantes : Edouard Bataille, avenue Malakoff, Paris, 18°; Abel Pitre, 174, rue de Courcelles, Paris, 17 ; A. Olier et C10, 14, rue du Pérouzet, à Argen-teuil (Seine-et-Oise) : Valette, Garreau et Cio, 34, roule de Cusset, à Vichy (Allier) ; Société des procédés « Ergho », 1, place de Tende, à Nice (Alpes-Maritimes); Laurent et Collot, à Dijon; Greenwood etBatley, Limited, Albion, Works, Leeds (Angleterre) ; Société Grasso, à Bois-le-Duc (Hollande); Meunier et Chauvet, Pont d’Arenc, à Marseille; Th. Roux, 16, rue Gérin, à Marseille ; Lobin, à Aix-en-Provence ; Victor Coq, à Aix-en-Provence; Filtres Philippe, Heibig, 188, rue du Faubourg Saint-Denis, Paris, io°; Filtres Simoneton, 4L rue d Alsace, Paris, 10e. Pour tout ce qui concerne renseignements, devis d’installation de matériel d’huilerie, voyez à la revue Les Matières grasses (précitée), M. de Mauvert, ingénieur spécialiste.
- M. M. E., rue Sainte-Anne, Paris. — Le nom cité dans l’article sur l’Exploitation de la race ovine Karakul pour la fourrure (n° 2377 de La Nature), est bien exact. Le lieu indiqué se réfère au domaine où furent faites les expériences d’élevage, c’est-à-dire en Prusse (Saxe). Vous le trouveriez sans doute sur une carte détaillée. Mais la citation ne présente, en somme, qu’un intérêt documentaire, en ce qu’elle fixe l’attention sur les résultats que 1 on peut obtenir de cei élevage sur les terres pauvres, sablonneuses, comme celles du nord de la Prusse^ En l’espèce, il y a interprétation excessive, puisqu’il s’agit non pas d’un élevage parfait, développé
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- BOITE AUX LETTRES
- dans uu pays, mais d’essais ayant donné des résultats favorables sous ce climat et sur ces terres. Le terme « place » est de même impi-opre. 11 n’y a pas lieu de voir, dans cette citation, autre chose qu’une indication
- d’ordre scientifique, zooteelmique, en vue d’appeler l’attention sur ce qui pourrait être tenté, en France, dans des conditions agrologiques et climatologiques analogues.
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- 5feD
- 70D
- BIBLIOGRAPHIE
- (30-
- OSSC
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Les envois sont faits, franco de port et aux prix nets marqués, à réception d'un mandat postal ou d’une valeur sur Paris. (Tenir compte des majorations temporaires indiquées.) ....- —-
- IIindu Aehievements in Exact Science, par Benoy Kumar Sarkar. i vol. in-16, 82 p. Longmans, Green and Co, New York. Prix cartonné : 1 dollar.
- Petit livre ayant pour but de montrer les liaisons chronologiques et les affinités logiques entre la science hindoue et les connaissances des Grecs, des Chinois et des Arabes. Résumant en quelques pages les découvertes de l’Inde en chaque science, l’auteur montre qu’il n’y a aucune tendance essentiellement différente entre les esprits orientaux et occidentaux. Les lecteurs européens trouveront dans ce livre un bon résumé de la science hindoue ancienne et médiévale, trop peu connue ici.
- La probabilité dans les tirs de guerre, par Jean Aubert, lieutenant d’artillerie, préface de M. d’Ocagne. 1 vol. in-8° raisin (162 X a5o) de viii-i32 p., avec 37 figures dans le texte, Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1919. Prix : 9 fr.
- Le présent ouvrage a été conçu, dans le feu de l’action, par un jeune officier d’artillerie pratiquant, pendant quatre ans et demi, des tirs de guerre, et se pénétrant sur place des conditions où s’offrent, dans la pratique, les problèmes que ce tir soulève.
- L’auteur étudie les diverses méthodes de tir, la question de la précision de détermination de l’écart probable d’un canon et les divers problèmes soulevés par le tir simultané de plusieurs pièces : régimage, réglage par pièce ou par salve, mesure de l’écart probable dans la salve. Ces problèmes sont étudiés en atmosphère invariable, puis dans les conditions du lir réel. L’ensemble forme un travail clair, original et pénétrant qui forme une importante contribution à l’étude mathématique des problèmes du tir.
- Alternating current work, par A. Shore. i vol. i63 p. The Wireless Press, éditeur. Londres, 1919. Prix net : 38h 6d net.
- Résumé très clair, à l’usage des étudiants en T. S. F., des principes et des formules fondamentaux concernant les courants alternatifs.
- La théorie et la pratique des radiocommunications, par L. Boutijillon. Tome Ier (Introduction à l'Etude des Radiocommunications) 1 vol. in-8°, g5 figures. Prix net : 20 francs. Delagrave, éditeur. Paris, 1919.
- C’est un traité d’ensemble que l’auteur a entrepris d écrire sur la science des radiocommunications, science jeune 'encore, mais déjà si riche en travaux théoriques et en résultats pratiques. Ce premier volume est consacré à l’exposé des connaissances théoriques générales, qui sont à la base même de tous les problèmes relatifs aux ondes hertziennes : étude mathématique du champ électromagnétique, étude générale de la propagation des ondes électro-magnétiques, et établissement des équations fondamentales ; c’est ensuite l’étude des oscillateurs ouverts et fermés, l’exposé des conditions générales de la réception et de l’émission, le calcul des antennes et des portées. Ce savant ouvrage rendra de grands services à tous ceux qui entreprennent l’étude poussée à fond des radiocommunications.
- Telephony without wires, par Courset. x vol. illustré, 414 p. The Wireless. Press, éditeur. Londres* 1919. Prix, i5 sh. net.
- L’auteur expose les divers systèmes qui ont été mis en œuvre pour réaliser la téléphonie sans fil, pour s’étendre surtout sur ceux qui utilisent les ondes hertziennes, les seuls qui aient pratiquement réussi ; l’auteur suit pas à pas les progrès de la technique, en décrivant sobrement, mais très clairement, la plupart des appareils qui ont été expérimentés, jusqu’aux plus récents, ceux à amplificateur dont nos lecteurs connaissent le succès. Le livre deM. Coursey est un exposé à la fois historique et technique des plus intéressants.
- L'Anatomie de la voiture automobile. Tome II : Le
- ’ changement de vitesse, embrayages et freins, par F. Carlès, Dunod et Pinat, éditeurs, Pai*is, 1919, 1 vol. 19 X 28 de 206 p., avec 177 figures. Broché (majoration comprise) 3i fr. 5o.
- Ce volume, publication posthume, est la suite d’un utile ouvrage commencé avant la guerre. Le ior volume traitait du châssis. Celui-ci réunit des articles publiés vers 1914 dans la Vie Automobile.
- On"y trouvera, exposées avec clarté, précision, une classification très nette et une description des appareils de changements de vitesses de tous systèmes, suivies d’une étude très poussée sur les embrayages et les freins.
- L'Aviation de Transport. L’évolution de la construction de 1907 à 1919 et la réalisation des avions de transport. IJutilisation économique des appareils, par L. Hirschauer, Dunot et Pinat, éditeurs, Paris, 1919. 1 vol. 19 x 28 de a33 p., avec 26 figures et 3 cartes hors-texte. Prix (majoration comprise) 33 francs.
- Dans une première partie, l’auteur examine « l’évolution suivie par la construction d’aviation de 1907 à fin 1919 )> et en déduit les caractéristiques des avions de transport réalisables actuellement d’abord et dans un a^gnir de l’ordre de i5 à à 20 ans ensuite.
- Cette étude comporte la description détaillée (dimensions de la machine, surface portante, puissance du moteur, devis des poids, résultats obtenus aux essais officiels ou en course, etc.) de 60 appareils, des plus anciens tels les Wright, Bléi’iot, Voisin, Antoinette... jusqu’aux plus récents comme les Bré-guet, Spad, Farman, Goliath, Vickers-Vimy....
- La seconde partie traite de « l’utilisation commerciale des avions de transport ». Les éléments du problème sont analysés en détail.
- Examens de laboratoire du médecin praticien, par le Dr Guy Laroche. 1 vol. in-12, 41a p., z 1 x fig., n pl. Collection du Médecin praticien. Masson et Cie, Paris. Prix net : x5 francs.
- La guerre a prouvé à nombre de praticiens les services que le laboratoire peut rendre à la clinique. Ils ont vu comme l’examen microscopique ou bactériologique peut compléter le diagnostic, le préciser même dans les cas difficiles. Aujourd’hui, pour beaucoup de maladies, la fièvre typhoïde, la tuberculose, l’angine diphtérique entre autres, on en conçoit plus un examen au lit du malade qui ne serait pas complété par un examen au laboratoire. Comment pratiquer ce dernier? Le D' Guy-Laroche explique avec clarté et précision ce que le praticien peut et doit faire lui-même ; examen complet dans les cas simples, prélèvements pour le laboratoire lorsqu’un matériel spécial et complexe est nécessaire. Les médecins y trouveront toxxs les renseignements pour l’étude et l’interprétation des caractères physiques, chimiques, cytologiques, bactériologiques . des membranes, liquides pleuraux, liquide céphalorachidien, sang, crachats, urines, selles, pus.
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- LA NATURE
- Supplément,
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- INFORMATIONS
- 31
- N° 2392
- Le gigantesque pont à bascule de Chicago. —
- Chicago, la « Reine des Lacs », inaugurera incessamment un pont à bascule qui se classera comme le plus grand et le plus long des ponts de cette catégorie en existence.
- Il a 100 m. de longueur environ,et est situé à la hauteur de la Douzième Rue. Le poids formant balancier pèse près d’un million de livres, soit environ 453 tonnes.
- Cons truit par une Compagnie de chemins de fer de l’Illinois, il servira exclus ivern enl au passage des trains sur la Chicago River. Les travaux auront duré a5 mois.
- Rappelons eue Rotterdam fut la première ville du monde à construire un pont à bascule. Il fut terminé e n 1881. Il assure le passage des trains et des gros camions à travers le Bin-ueuhaven.
- . Chicago a-dopta bientôt le même type et lauya un pont à bascule i!e (il m. de
- . loug, qui pas-
- sa, à l'époque, pour une merveille industrielle.
- I.,u Rivière de Chicago est un cours d’eau de ru| ucité médiocre, qui cause plus d’ennuis à la grande ville qu’il
- ne lui rend de services. Ses méandres ont arrêté le développement de plusieurs quartiers. O11 avait projeté de la détourner dans un lit artificiel qui l’eùt déversée en ligne droite dans le Lac Michigan.
- Mais l’évaluation des dépenses fit reculer la municipalité. En outre, les hygiénistes émirent la crainte que les travaux eussent pour premier résultat de bouleverser les conditions sanitaires de la ville, dont-le sous-sol, imprégné d’eau, est drainé par le lit tortueux de la rivière.
- D’après les géologues, cette rivière a un passé grandiose. Au lieu de se jeter dans les Grands Lacs, elle leur servait de déversoir, à l’époque où ces derniers vestiges d’une mer intérieure se déversaient dans le bassin du Mississipi.
- Importations de mazout. — Le colonel Bordage, délégué du Commissaire général aux essences et combustibles, a récemment exposé devant le Comité de l’Exploitation des Ports les prévisions d’importation en France — et par suite de consommation — des huiles lourdes de pétrole. Il estime à 5 millions de tonnes la quantité nécessaire par an, dont 5ooooo en huiles lourdes
- pour moteur Diesel à combustion interne et 4 5oo 000 cir-vA; huiles lourdes pour foyers, répartis ainsi :
- Tonne.-.
- Région Nord et Est : Dunkerque, Calais. . 1.000.000
- Région parisienne : Havre, Rouen...........2.000.000
- Région Sud-Ouest, Centre : Saint-Nazaire,
- La Pallicc, Bordeaux.................... 1.000.000
- Région Sud-Est : Balaruc, Marseille. . . . 1.000.000
- On prévoit en outre une importation mensuelle de 35oooo t. de pétroles lampants et 45 000 t. d’essences.
- Le colonel Bordage estime que la construction d’un pipe-line du Havre à Paris, pour le transport des huiles lourdes, présente de sérieuses difficultés de réalisation à cause de la viscosité du mazout aux températures ordinaires, ce qui rendra incertains le pompage et l’écoulement dans la conduite.
- 11 préconise la construction d’une flotte française spécialement outillée pour ces transports et comprenant des unités de gros tonnage, dépassant 10000 t. pour se libérer des frets étrangers. (Bulletin hebdomadaire de la Navigation et des Ports maritimes.)
- La plus Jjaute cheminée du monde. — i.a Notai e a déjà décrit la plus haute cheminée du monde, celle de Saganoseki, au Japon, et étudié les effets du vent suide pareilles tours.
- Aujourd’hui le record de la taille pour les cheminées passe en Amérique, à la fonderie d’Auaconda, dans 1 Etat de Montana, aux Etats-Unis. Cette nouvelle cheminée, construite en briques sur une base de ciment
- coulée sur le roc, a les dimensions suivantes, comparées aux autres cheminées monstres déjà construites :
- Anaconda
- Saganoseki
- Di amèlre Diurne Ire
- Hauteur. au sommet. à la base.
- nouvelle. 1 75 m. 5o 18 m. 22 m. 80
- ancienne. 90 m. 9 m. 9 m. 40
- 171 m. 7 m. 20 11 m. 70
- . . . . . 171 m. 7 m. 90 8 m. 3o
- Cette cheminée est destinée à une installation de traitement électrique Coltrell des fumées chargées de poussières d’or, d’argent, de cuivre et d’arsenic qui étaient jusqu’à présent perdues.
- 33
- 5
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- INFORMATIONS
- La photographie ci-jointe qiie nous reproduisons d’a-près 1 Engineering Aeirs Record montre la nouvelle et l’ancienne cheminée d’Anaconda.
- Le transport de l’énergie électrique d’Angleterre en France.- — Nous importons actuellement de grandes quantités de charbons anglais; le tonnage en est probablement le double de ce qu’il était avant la guerre; tout le monde sait à quelles difficultés donne lieu le transport de ces quantités immenses, pour lesquelles ni nos ports, ni nos voies de communications n’ont été aménagés. Ne serait-il pas plus simple, plus économique, au lieu de transporter ce combustible par les procédés taut soit peu barbares en usage, de recourir dans ce cas encore à la fée électricité ; c’est-à-dire de transformer une partie au moins de ce charbon en énergie électrique en Angleterre même, et de transporter l’énergie ainsi produite par câble jusqu’en France. Telle est, d après la Journée industrielle, 1’intéressaute suggestion qu’un électricien d’une indiscutable compétence, M. L. Neu, vient de soumettre au Ministre de la Reconstitution industrielle. Les lieux d’utilisation ne seraient pas éloignés de plus de 200 à 3oo km du centre de production. On sait que les distances de cet ordre n’ont rien qui fasse reculer les techniciens. Il reste la question du franchissement du Pas de Calais. Mais, dit IM. Neu, c’est une question résolue depuis fort longtemps; on sait construire des câbles sous-marins pour courant haute tension ; uue installation de cette nature fonctionne depuis plusieurs anuées entre le Danemark et la Suède à e5 ooo volts pour une puissance de àoooo kiloualts.
- Les chemins de fer de l’Afrique tropicale.
- Le Mouvement Géographique énumère les voies ferrées existant actuellement, au cours d’une étude sur la politique suivie parla France, 1 Auglcterre et l’Allemagne dans leurs colonies de l’Afrique tropicale.
- Colonies françaises. — L’Afrique Occidentale française comporte les ligues suivantes : Saint-Louis-Dakar t iD4 km!; Kayes-Bamakou (555); Konakry-Niger (588); Cotonou-Tchaourou; Thiès Kaycs (048); Bingerville-Nigcr (012); Porto-Novo-Pobé. Eu 1914, l’eusemble des Irouyons eu exploitation atteignait 2600 km et avait coûté 2)8 millions de construction.
- L Afrique Lquatoriale française nu encore aucune ligue ferrée.
- Colonie* anglaises. — La Gambie n’a pas de voie ferrée ; elle n’en a d’ailleurs pas besoin, puisqu’elle est allongée en bordure d’uu fleuve navigable. Sicrra-Leone et la Gold Coasl possèdent chacune un réseau ferrée partant eu éventail de la côte. Le réseau de Sierra Leone comprend actuellement une ligne de 357 km eu exploitation et une de 133 en construction; celui de la Gold Coasl une ligne de 357 km de Goomassie au port de Sekondi en exploitation, l’autre côtière de Goomassie à Accra en construction.
- La Nigeria a .3 lignes groupées en un réseau : Lagos-Miuna (667 km); Baro-Minna-Kano (569 km), Zaria-Bukeru (142 km) en exploitation.
- La Rhodesia est reliée au Cap par le Trausafricaiu qui atteint Bulouayo depuis 1897; Salisbury est relié au port portugais de Beira ; une ligue de 975 km. en part vers Buluwayo et Victoria-Kajua.
- Le Nyassaland n’a que 181 km de voie ferrée entre Blautyre, au centre du pays, et Port-Flerald, terminus de la navigation sur le Shire.
- L’Afrique Orientale anglaise possède uue ligne de 941 km de Port Florence, sur le lac Victoria, à Mombasa, sur la côte, un embranchement de i52 km allant au lac de soude de Magadi; une ligne de 97 km de Ginja, sur le lac Victoria, à Kakindre sur le lac Choga.
- Ex-colonies allemandes. — L’Allemagne est tard venue a 1 expansion coloniale. En 1904, elle n’avait encore en Afrique que 479 km de voies ferrées dont 38a dans l’Afrique du Sud-Ouest aux gisements de diamants .et de cuivre. A la fin de 1910, on comptait 4176 km en exploitation dans les mêmes territoires, dont 2086 dans le Sud-Ouest. Les principales lignes sont ; au Togo, une ligne perpendiculaire à la côte ; au Cameroun, deux lignes du port de Duala à la Sanga et au Chari ; dans le Sud-Ouest, deux lignes reliant les ports de Sxvakopmund et de Lmderitz-Baie à l’intérieur ; en Afrique Orientale, la ligue de 1404 km de Dar-es-Salam au Tanganika."
- Colonies portugaises. — Daus l’Est Africain, les lignes Beira-Umtali, Beira-Zambèze et Zambcze-Chiré sont propriétés anglaises. Daus l’Augola, une ligne portugaise relie Saint-Paul de Loanda à Arnbaca (364 km) et se prolonge jusqu’à Malange (140 km); une autre, projetée pour 2.49 km et construite sur r4 1, va de ,Mossa-médès aux plateaux de 1 intérieur. Au Bçnguela, une entreprise anglo-belge a construit 5.î6 km d’une ligue destinée à relier la côte au Katanga.
- L importance de ces chemins de fer pour l’œuvre de pénétration et de mise en valeur de l’Afrique centrale
- Moloiiii'S.
- Sénégal . . Guinée. . . . . Sierra Leone. . Côte de I Ivoire Côte de l’Or. ,
- Togo...........
- Dahomey . . ,
- Lagos..........
- Nigeria .... Kamerun . . . Sud-Ouest allemand . . Rhodcsie . Afrique ori< allemande Afrique oric auglaisc . Angola . .
- graphique :
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- I 02,. 1 2.5,000
- 107.815.000 59.060.000
- Production française des aliments concentrés pour le bétail. — Nous extrayons des Feuilles de Documentation de 1 Institut international d’Agriculture les renseignements suivants, relatifs à la France, concernant la production des aliments concentrés pour le bétail, capitale comme ou sait pour notre élevage.
- Mil milliers ileNjuiiitau.v.
- Sous de seigle..............
- — — froment..............
- Brisures et son de riz. . . . Tourteaux de Iiu............
- — d’arachides......
- — de graines de coton
- de sésame ....
- — de colza et navette
- — de coprah ....
- — de palmiste . . .
- Cossettes de sucrerie. . . .
- Mélasses ...................
- Touraillous.................
- Brèches desséchées..........
- Résidus divers de brasserie .
- difficultés actuelles rencontrées pour maintenir notre troupeau en état.
- 1915 1918
- 2.348, 2.06 l
- 7. a5o 1 I . 96 2,
- 60 o. 13
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- Construction de « Cernent gun » en France. —
- D’après la Cernent and Engineering News, Ja Cernent Gun CJ Inc. d’Allentown (E. U.) va installer en France une usine pour la construction de cernent gun dont nous avons parlé dans La Nature 16 mars 1918 (n°a32o). Ces appareils seraient destinés à l'édification économique et rapide des innombrables bâtiments de toutes sortes dont le besoin est si impérieux dans les régions libérées.
- Cette usine serait établie dans la banljeue industrielle de Paris ; les frais de premier établissement s’élèveront à un demi-million de dollars. „
- Le- 2e Congrès de l’Habitation. — Il se tiendra à Lyon, à la Foire de printemps, du 10 au 14 mars prochain. Son, programme est des plus intéressants ; il comporte,l'étude de l’organisation de la cité moderne ; cités-jardins, lutte contre les fumées, utilisation des combustibles, transports, etc., l’étude des habitations à bon marché, celle des procédés de constructions modernes ; standardisation des matériaux, taylorisme, réemploi des vieux matériaux, l’organisation de l’entreprise, et la formation professionnelle de l’ouvrier.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ><
- Mécanique
- Construction d’un tour d’amateur avec une vieille bicyclette. — Avec le modernisme qui préside en ce moment à la production des machines-outils, on ne rencontre plus guère dans le commerce de tours très
- poupée fixe
- poupée mobile support i—i
- bon marché d’amateurs susceptibles d'être employés pour le travail du bois par exemple.
- Pour le travail du métal, il existe encore beaucoup de petits tours, genre tours d’horlogers, qui permettent à l’amateur de se distraire en construisant de petits objets mécaniques. Néanmoins il faut encore compter une somme assez ronde pour l’achat de tels outils.
- Le débutant, certes, voudra quelque chose de très simple, surtout s’il s'agit de tourner quelques menus objets en bois. Avec un peu de patience, quelques achats peu dispendieux et les organes d’une vieille bicyclette, qu’on peut trouver à la foire à ferraille, il est facile relativement de se construire un tour à bois.
- Examinons schématiquement un tel appareil (fig. i). Le tour se compose d’un banc monté sur pieds. Ce banc supporte 3 organes : la poupée fixe qui supporte l’axe, lequel tourne avec la roue de commande ; la poupée mobile qui se déplace longitudinalement suivant la longueur de la pièce à supporter pendant le travail; le support de l’outil à bois qui permet de le maintenir pendant qu’il enlève des copeaux, l’outil étant maintenu à la main. La roue de la poupée fixe est actionnée par un volant et une courroie; le volant est commandé par l’axe qui porte les pédales. Eu général, un siège approprié permet au tourneur de s’asseoir pendant le travail. Voyons comment nous allons pouvoir réaliser ces différents organes au moyen de procédés simples et économiques.
- Construction du banc. •— Le banc du tour demande à être établi d’une façon rigide. De préférence, on prendra deux madriers, que l’on fera raboter et blanchir
- ITSO
- Fig. 2. — Banc.
- par un menuisier à la raboteuse mécanique, afin d’avoir des surfaces bien unies. La longueur du banc sera celle qu’on désire, néanmoins il ne faut pas aller au delà de 2 m. à cause de la stabilité et de l’encombrement; ou n’aura guère à tourner-de longueurs plus grandes que celle d’un pied de table par exemple, et un banc de i xn. 5o sera amplement suffisant.
- Les pieds du tour seront constitués par des chevrons entretoisés et les deux parties du banc seront réunies également par des chevrons pour donner de la solidité. Entre les deux madriers, ou laissera un espace de quelques centimètres, ce qui constituera une rainure
- dans laquelle se déplaceront les vis de fixation du porte-outil et de la poupée mobile.
- Les pieds, du côté de la poupée fixe, seront réunis par deux traverses, destinées à supporter les axes du volant et des pédales. On aura ainsi un ensemble suivant le schéma de ia figure a.
- Organes du mouvement. — Le volant sera constitué par la roue arrière d’une bicyclette; on enlèvera les pneumatiques et on aura ainsi une roue à gorges à roulement à billes (fig. 3).
- Du côté extérieur, l’axe sera supporté par un fer plat qui sera fixé à la partie supérieure du banc; du côté intérieur par une petite équerre de fer. Ces deux pièces métalliques joueront vis-à-vis de la roue de bicyclette le rôle de la fourche du cadre ; on fixera l’axe sur ces pièces par les boulons comme dans une bicyclette ordinaire.
- L’axe qui comporte les pédales sera constitué par une tige d’acier de 20 mm de diamètre qui sera coudée à chaud (fig. 4) pour idéaliser une forme de vilebrequin d’automobile. La distance d sex’a égale à celle d’une branche-support de pédales de la bicyclette; nous verrons comment on pourra utiliser les pédales tout à l’heure. Cet axe tournera dans des paliers qu’on trou-
- V\ roue en bois -A égorge
- \ roue de X \ bicyclette
- L
- meule
- L, longueur entre pointes. H, hauteur de pointes.
- palier
- dentées
- - Ensemble
- Plan.
- B
- vera dans le commerce, qu’on pourra prendre simples en fonte ou bien avec bagues bronze et graissage, ou bien si on veut avec roulements à billes, mais dans ce dernier cas ils seront assez chers ; le fonctionnement serait par contre excessivement doux.
- Ces paliers seront supportés par les traverses reliant les pieds du banc.
- Du côté de la poupée fixe, à l’extérieur, on fixera sur l’arbre par un clavetage la grande roue
- dentée du pédalier, dans le même aplomb vertical que la roue deutée du volant précédemment fixée.
- La chaîne de la bicyclette réunissant ces deux roues dentées permettra d’entraîner le volant par l’action des pieés.
- Si le banc est long, l’axe inférieur fléchira. On pourra alors rapprocher le palier extrême
- FL. 3.
- Modificnlion.
- (fig. 5) et le fixer sur une semelle inter-
- -ffl-
- péc/u/g
- - Utilisation pédales.
- médiaire reliée au pied du tour par deux morceaux de chevrons.
- Nous avons dit qu’on pouvait utili- ‘ ser les pédales de la bicyclette. Pour cela (fig. 6), l’axe sera constitué par 2 parties coudées a et b et une entre- Fig. G.-toise médiane c. C’est sur ces pièces dRS que Taxe de chaque pédale sera fixé comme l’indique la figure et pour cela les parties rondes de 1 axe seront aplaties à la forge à l’extrémité ou limées pour recevoir les écrous de fixation. L’entretoise médiane sera en fer plat, un peu décalée et gauchie afin que les pieds ne se contrarient pas dans leurs mouvements de pédalage.
- M 35
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-
- ! SCIENCE APPLIQUÉE i
- 'i\V,
- Le siège (fig. 7) sera constitué par la selle de la bicyclette qui sera fixée sur une barre de fer carrée, laquelle sera supportée par uu trépied constitué avec des chevrons; cette selle sera donc susceptible d’être inclinée comme celle d’une bicyclette ordinaire.
- Voilà donc l’ossature du tour et la force motrice installée; il suffit maintenant de construire les organes d’utilisation et de travail. Etudions-les successivement.
- Poupée fixe. — La poupée fixe supporte l’axe qui reçoit le mouvement du volant et qui entraîne la pièce à tourner. L’axe sera constitué par une petite barre d’acier de 20 mm qui tournera dans des paliers de préférence à billes. Ces paliers seront supportés par des pièces de bois dur, en chêne par exemple, qui seront fixées solidement sur le banc.
- La hauteur du centre des paliers au-dessus du banc sera telle qu’elle permettra de tourner des pièces du plus grand diamètre qu’en veut usiner ; une bonne dimension est i5o mm environ.
- Sur l’axe on fixera une poulie à gorge au moyen d’une clavette solide. La poulie à gorge sera eu bois ou mieux en métal. Dans ce dernier cas, il vaut mieux se la procurer toute faite et la faire fixer sur l’axe par
- un mécanicien.
- L’arrêt de l’axe PI dans le sens longitu-P dînai
- || une goupille ou mieux P par une bague d’ar-|§ rèt de transmissions,
- plateau
- 0 u
- r i m
- 'M
- P
- %
- Fig. ()• — Poupée lixe.
- qu on se procurera 1 ig. S. — Axe de poupée lixe. facilement.
- La poulie à gorge doit être dans le même plan vertical que le volant et ces deux organes seront reliés par une courroie ronde de 7 min à 9 mm de diamètre.
- Si l’on veut plus de puissance, on prendra une poulie plaie et une petite courroie de i5 mm de largeur environ.
- A l'extrémité intérieure de l’axe, on aura fait pratiquer un filetage qui permettra de fixer le plateau devant supporter et entraîner la pièce à tourner, ou mieux un petit maudriu qu’on trouve dans le commerce.
- Poupée mobile. — Cette pièce doit supporter une contre-pointe qui permet de tourner des pièces longues, en les maintenant à l’extrémité. Elle sera constituée par un bloc de bois de chêne qui reposera sur le banc. A la partie inférieure, ce bloc aura, faisant corps avec lui par un goupillage, une tige filetée et uu sommier en bois qui pourra être serré sous le banc par un écrou; ceci permettra d’immobiliser au point voulu du banc la pièce en bois formaut poupée mobile.
- Cqtte poupée portera à la partie supérieure une tige filetée formant contre-pointe et placée, à la même hauteur que l’axe de la poupée vhdeserpage fixe. La tige pourra être réglée
- longitudinalement par vissage et dévissage au moyen d’une petite manivelle. Elle sera bloquée par une vis de serrage fixée à la partie supérieure ou par un écrou. Cela permet de tenir la pièce à tourner, de la placer et de l’enlever facilement. Il permet de déplacer l’outil devant
- bann
- cura
- T
- Fig. iû. — Poupée mobile
- Support d’outil, la pièce. On le constituera par une petite barre d’acier taillée eu biseau et fixée par du fer plat à uu support en bois dur du genre de celui de la poupée mobile. Les organes de fixation sur le banc seront du même genre et la barre pourra être placée parallèle ou oblique à l’axe du banc au point voulu de ce dernier.
- Le tour est définitivement constitué. On pourra l’agrémenter d’une petite meule eu grès placée à la partie extrême de l’arbre de la poupée fixe, ce qui permettra d’affûter les oütils rapidement. Néanmoins cette dispo-
- rs
- TF V
- sition est mauvaise, car la poussière du grès détériorera 1res vite les paliers. Le four ainsi décrit est agencé pour travailler du bois ou des matières tendres : fibre, ébonite, etc. Si on voulait tourner des pièces métalliques, il faudrait faire agir les pédales modérément de manière à donner à l’axe de la poupée une vitesse réduite.
- On pourrait dans ce cas chercher à se procurer d’occasion ou neuf un petit chariot porte-outils qui permet de charioter de petites pièces sans avoir à faire effort avec la main sur l’outil. Ce chariot serait placé aux lieu et mferP!at
- place du 230rfe"0UfÉ décrit; l’avance de l’outil se fait alors par vis et manivelle. Nous don- gjjj nerons ultérieurement un moyen de le construire soi-même, mais cela nécessite déjà une connais- Fig n. — Support sauce manuelle appréciable de d’outil,
- la mécanique.
- Le tour décrit permet au moyen d’un petit mandrin porte-mèches de percer des trous dans des pièces métalliques. Il suffit de fixer au bout de l’arbre le petit mandrin avec sa mèche et de présenter bien perpendiculairement la pièce à percer.
- On peut également visser sur l’arbre une brosse à polir, une petite meule émeri et parfaire ainsi de petits travaux d’amateur intéressants. E. Weiss.
- Graissage des transmissions sans échelle. — Le
- graissage des transmissions est en général fait pendant les heures d’arrêt d’atelier. A ce momenl-là, l’homme chargé du graissage se déplace avec son échelle à chaque palier et le travail est assez long et dangereux.
- Nous allons indiquer un moyen de se passer d’échelle et ce procédé pourra être appliqué, sinon au graissage général, du moins, il rendra des services dans le cas où l’on serait obligé de graisser pendant les heures de travail. A ces heures-là, en effet, il est toujours long et souvent dangereux de se promener avec une' échelle dans les lignes de machines.
- Le réservoir à huile est cons- pig, ta._Appareil de gr.-iis-
- titué par un fragment de tube sage des transmissions, de 5 cm de diamètre et par deux
- chapeaux de tube vissés aux extrémités avec de la céruse, afin de former un bon joint étanche à la pression.
- Sur le chapeau supérieur, on fixe un robinet de remplissage à entonnoir, une valve de chambre à air et un robinet d’écoulement avec un système de pointeau et de levier.
- Sur ce dernier robinet, on ajuste un long tube de 5 à 6 mm de diamètre dont l’extrémité sera courbée de manière à conduire facilement l’huile dans le palier graisseur. Le tube doit descendre tout près du fond du cylindre.
- Voici comment on emploie l’appareil : Le cylindre est rempli d’huile jusqu’aux 2 tiers environ et au moyen d’une pompe de compression on comprime de l’air dans le cylindre jusqu’à une force raisonnable. On peut utiliser pour cela des bouteilles d’acide carbonique employées pour le gonflement des pneumatiques.
- Par suite de cette pression, quand ou ouvrira le robinet d’écoulement, l’huile montera dans le
- tube et pourra s’écouler dans le godet graisseur du palier.
- Avec uu peu de pratique, on acquerra de la précision et de l’habileté dans ce nouveau procédé de graissage.
- Fig. 1 '3. de
- F.mploi appareil.
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- Les plantes sauvages qui commencent à fleurir en février. — Bien que février n’ait généralement que 28 jours et que la température moyenne (à Paris) ne soit que de 3°,6, durant ce mois, 47 espèces de plantes sauvages trouvent moyen d’y épanouir leurs fleurs, ce qui permet aux botanistes de faire connaissance avec 3$ genres et 23 familles. Dans ce nombre, il y a plusieurs arbres et arbustes, dont YAnagyre fétide ou Bois-puant, aux fleurs jaunes tachées de noir et dont les graines constituent un vomitif puissant, mais dangereux en raison de la cytisine quelles renferment; VAjonc d'Europe, qui, malgré ses piquants très abondants, constitue un excellent fourrage — d’où son nom de Luzerne des pays pauvres; — le Daphné Morillon ou Bois-joli, qui doit, ce gentil nom à ses fleurs roses se développant avant les feuilles; le Daphné Lauréole ou Laurier des bois, aux fleurs jaune verdâtre; Y Orme champêtre, si répandu partout; le Saule Faux-Daphné, aux chatons brunâtres; trois espèces à’Aunes, hôtes des endroits humides; la Viorne-Tin, plus connue sous le nom de Laurier-Tin, qui pousse spontanément dans les bois et les garrigues du Midi et qui est très appréciée des fleuristes pour la facilité avec laquelle elle se conserve dans l’eau des vases de fleurs; le Genévrier de Phénicie, des coteaux arides du Midi; le Genévrier à encens, des rochers calcaires des montagnes du Dauphiné ; la Passerine des teinturiers, qui n’a pas plus d’un demi-mètre de haut.
- Les plantes' herbacées ne sont pas moins variées.
- Dans les bois poussent : YEranthis d'hiver, dite aussi Hellébore d'hiver ou llelléborine, dont la fleur unique, de couleur jaune, est entourée de sortes de feuilles découpées en éventail; la Violette blanche qui, rare dans l’Ouest et le Centre, ne se trouve guère — et encore très exceptionnellement — que dans l’Est et le Midi; la Primevère à grande fleur, qui est si jolie par elle-même, qu’on la cultive telle quelle dans nombre de jardins; la Petite Pervenche, aux fleurs d’un bleu idéal; le Perce-neige, une des rares plantes sauvages qui soit connue de tout le monde et dout chacun connaît la grâce de ses fleurs blanches suspendues comme des clochettes; la Nivéole printanière, des bois des régions montagneuses de l’Est, que plusieurs horticulteurs cultivent dans leurs jardins pour les vendre au public sous le nom de Perce-neige, mais que les botanistes reconnaissent de suite à ce que, dans la Nivéole, les 6 pièces de la fleur sont toutes de même longueur (au lieu que les plus intérieures soient plus petites) et terminées, chacune, par une pointe verte, ainsi que par l’odeur agréable des fleurs, odeur qui n’existe pas chez le tremblotant Perce-neige, qui, se contente, pour plaire, de sa grâce virginale.
- Dans les champs, peut se rencontrer le Muscari de Lelièvre, aux fleurs d’un bleu vif assez foncé et exhalant, durant un petit nombre de jours, une odeur suave.
- Sur les vieux murs, abonde la Drave 'printanière, petite par la taille — elle n’a pas plus de 3 à i5 cm de haut — mais grande par la place qu’elle occupe dans la
- philosophie botanique. Elle doit sa notoriété à notre compatriote Jordan qui l’a étudiée avec soin et, malgré son apparence insignifiante, y a reconnu plus de 200 variétés. Il a pu, en outre, cultiver celles-ci dans un petit jardin botanique — qui ne devait pas être plus grand qu’un tablier — et a reconnu que les caractères de ces « variétés » se maintenaient, même au bout de plusieurs générations, ce qui, généralement, n’a pas lieu avec les « variétés » des autres plantes, qui, au bout d’un nombre variable d’années, passent insensiblement de l’une à l’autre ou retournent au type normal. Lesdites « variétés » se comportaient donc comme de véritables « espèces » et c’était là, pour la science, un résultat extrêmement intéressant, qui, depuis, a suscité de nom-, breuses controverses dans le monde des biologistes, les uns partisans, les autres adversaires du « jordanisme ».
- Sur les rochers du bord de la mer croissent le Co-chléana du Danemark, qui passe pour anliscorbutique ; la Lavatère maritime, aux fleurs d’un blanc rose rappelant celles des Guimauves ; la Unaire réfléchie et Y Euphorbe péploïde, qui n’ont d’intérêt que pour les botanistes; la liomulée Bulbocodium et la Bomuléc de Co-lumna, toutes deux aux fleurs liliacées.
- Dans les montagnes, malgré le froid, commencent à fleurir le Crocus printanier, aux fleurs de teintes multiples, et le Crocus aux couleurs variées, qui est un des premiers Crocus introduits dans les jardins d’agrément, où, depuis, il a donné naissance à quantités de variétés horticoles, différant entre elles par leurs coloris et leurs panachures.
- C’est, naturellement — vu la tiédeur relative du climat — dans le Midi, que l’on a le plus de chance d’y voir des plantes commençant à fleurir dès février. On a plaisir à rencontrer : Y Anémone couronnée, que les fleuristes cultivent aussi dans les jardins pour la confection de superbes bouquets; la Pâquerette annuelle, sœur méridionale de notre humble pâquerette; Y Anthémis brunie, qui pousse dans les lieux frais; la Pervenche intermédiaire, dont le nom vient que, par ses caractères, elle est intermédiaire entre la Petite et la Grande; la Campanule « grosse racine, qui, semble-t-il, mériterait d’être cultivée; la Véronique Cymbalaire, recherchée des seuls botanistes convaincus ; la Gagée feuillée, aux fleurs jaunes en dedans et vertes eu dehors; le Muscari de Motelay, aux fleurs odorantes d’un bleu violet; la Jacinthe d'Orient, souche probable de toutes les Jacinthes horticoles que tout le monde connaît; le Narcisse Tazette, aux fleurs extrêmement parfumées, blanches, avec une couronne jaune; le Narcisse douteux, aux fleurs entièrement blanches; la Nivéole jolie, qui mérite bien son nom; YOrchis à longues bractées, qui est une rareté.
- Enfin, le -botaniste allant en Corse y peut récolter, en fleurs, la Succovvie des Baléares, la Gagée de Gra-nalelli, la Bomulée ligurienne et le Crocus corse, qui enrichissent beaucoup son herbier, car, on ne les trouve guère que dans notre belle île méditerranéenne.
- Henri Courtn.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Pour rendre transparentes les enveloppes de lettres :
- Prendre : Gomme laque blanche. 20 grammes.
- Baume du Canada . . 4
- Alcool à qâ0 G. L. . . 2.5o cm3
- Laisser digérer trois ou quatre jours en agitant fréquemment ; lorsque la dissolution est complète, filtrer sur coton en couvrant l’entonnoir de manière à éviter l’évaporation de l’alcool, recueillir la solution limpide dans un flacon pouvant se fermer à l’émeri.
- Choisir d'autre part un papier mince homogène et appliquer au moyen d’un pochoir ayant une forme appropriée une»couche de la dissolution ci-dessus.
- Laisser sécher, puis passer à l’étuve présentant une température de yo(> à 8o°, presque instantanément la gomme laque foud et donne la transparence au papier.
- Le même résultat peut être obtenu en repassant au moyen d’un fer creux à eau chaude, employé pour le lustrage, en interposant une feuille de papier buvard ; mais l’opération est moins facile et le résultat moins parfait. ' [Laboratoire de La Nature.)
- Colle forte résistant à l’humidité :
- Faire à chaud la dissolution suivante :
- Borax....................... 3o grammes.
- Eau de pluie............... 5oo —
- Ajouter ensuite :
- Gomme laque en écailles. 60 grammes.
- Porter à l’ébullition que l’on maintient jusqu’à dissolution complète eu remplaçant, si besoin est, l’eau évaporée pour éviter la concentration.
- A employer tiède de préférence.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- jg?.
- Pour désulfater les accumulateurs. — On commence par débarrasser les bacs du liquide acide qu’ils contiennent en se servant pour cela d’un siphon, puis on le remplace à deux ou trois reprises par de l’eau distillée de façon à bien rincer les plaques.
- Finalement on introduit une solution de soude caustique à 4° Baume et on charge l’accumulateur comme d’habitude. Pendant cette opération le liquide doit rester alcalin, au cas contraire on ferait une nouvelle addition de soude, dans ces conditions les plaques positives doivent prendre la teinte marron caractéristique de 1 oxyde puce de plomb, on arrête alors le courant de charge, vider le bac, toujours par siphonnage, de sa solution alcaline et la remplacer par la solution sulfurique courante pour remettre la batterie en fonctionnement normal.
- _Enduit inattaquable aux acides pour cuves en
- ciment .
- Amiante en poudre..........2000 grammes.
- Sulfate de baryte en poudre . 1000 — Silicate de soude à 5o° B. . . 2000 —
- On mélange intimement l’amiante et le sulfate de baryte, puis on y verse peu à peu en remuant le silicate de soude de manière à obtenir une pâte bien homogène. On ajoute ensuite toujours par petites portions une quantité d’eau suffisante pour obtenir la fluidité voulue.
- Appliquer au pinceau deux ou trois couches sur le ciment à protéger, en attendant que la couche précédente soit sèche avant d’en appliquer une nouvelle.
- Cet enduit résiste très bien en présence des acides minéraux tels que les acides sulfurique et chlorhydrique, par suite on peut également l’employer dans le cas d acides organiques à action moins énergique comme 1 acide acétique, ainsi que cela se présente fréquemment.
- Teinture des peaux de lapins en roux genre castor. — i° On commence par dégraisser soigneusement les peaux en les passant dans un bain de carbonate de soude et de savon à 10 gr. par litre environ.
- 20 Faire une dissolution de :
- Paramidophénol ..... 5o grammes. Carbonate de potasse. . . 10 —
- Eau...................... 25o —
- et mélanger au moment de l’emploi avec :
- Bichromate de potasse. . 12 grammes.
- Eau......................?.5o —
- Appliquer à froid sur le poil avec une brosse douce, la peau étant étendue chair en dessous sur une planche de façon que le liquide imprègne uniformément.
- La couleur se développe en un quart d’heure environ et se fixe seule, on termine par un rinçage à l’eau douce et on laisse sécher après clouage des bords.
- Pour terminer on enduit le côté chair de glycérine étendue et on lustre le poil par une couche d’huile très légère.
- Savon liquide pour les mains :
- Alcol dénaturé............. 1/2 litre.
- Savon de Marseille râpé. 5oo grammes. Potasse des peintres ... 40 cm3
- Faire dissoudre au bain-marie tiède en prenant toutes précautions contre l’inflammation de l’alcool. Laisser refroidir, filtrer au bout de quelques jours et conserver en flacons bien bouchés.
- Siccatif pour carrelages. — Sous le nom de siccatif on désigne habituellement un enduit à base de gomme laque destiné à redonner de l’éclat aux carreaux qui servent pour le pavage des cuisines ou des demeures anciennes ; on peut le préparer à peu de frais de la façon suivante :
- - Prendre : Gomme laque en écailles. . . 200 gr.
- Carbonate de soude cristallisé. 100 — Eau............................ 1000 —
- Faire bouillir jusqu’à dissolution complète de la gomme laque et incorporer suivant que l’on désire une teinte jaune ou rouge :
- Ocre ou rouge d’Angleterre. . 5oo grammes.
- L’enduit s’applique au pinceau, puis on laisse bien sécher jusqu’à durcissement complet.
- N. B. —- On peut remplacer la gomme laque plus économiquement par la résine ordinaire ou colophane, mais la solidité est moins grande et le résultat moins parfait.
- Irisation du cuivre. — La méthode suivante, imaginée par Puscher, donne au cuivre et au laiton des teintes irisées du plus bel effet. Elle consiste à former en surface des couches très minces de sulfure de plomb, qui donnent naissance au phénomène physique des anneaux colorés.
- On commence par préparer une solution composée de :
- Hyposulfite de soude . . 90 grammes.
- Eau distillée..........1000 cm3
- D’autre part on fait une dissolution de :
- Acétate neutre de plomb . 3o grammes.
- Eau distillée ...............1000 cm3
- On mélange les deux liquides et on y plonge les objets à iriser, puis on élève doucement la température aux environs de 8o°-90° C. Dans ces conditions, il se produit une réaction lente qui précipite du sulfure de plomb sous une forme très adhérente. Suivant l’épaisseur de la couche, on obtient les colorations les plus variées, dont on suit l’apparition progressive, en tenant compte cpie le premier dépôt ne donne pas d’irisation, celle-ci n’étant due qu’à la superposition des couches.
- On peut remplacer l'acélate de plomb par le sulfate de cuivre dans les mêmes proportions et opérer de la même façon. Au début, il se produit d’abord un très beau rouge, remplacé ensuite par un vert peu avantageux, mais auquel succèdent finalement des irisations vertes et rouges donnant l’aspect flammé si recherché aujourd’hui.
- Lorsque le ton désiré est obtenu, on riuce à beau pure et sèche dans la sciure de bois.
- Entretien des cuirs de Cordoue. — Habituellement on se sert d’huile de poissons pour entretenir la souplesse des cuirs de Cordoue, mais nous préférons la préparation ci-dessous :
- Suif purifié............100 grammes.
- Huile d’olives .... 10 —
- Térébenthine............. 5 —
- A appliquer au moyen d’un tampon de laine en faisant bien pénétrer dans l’épaisseur du cuir.
- Dépilatoire.— Le meilleur dépilatoire, ne présentant pas de dangers d’intoxication, est le sulfhydrate de sulfure de calcium qui porte aussi les noms de sulfure sulfuré ou d’hydresulfate de chaux; on l’obtient en opérant ainsi :
- Prendre : Chaux vive. ... 100 grammes.
- Eau ordinaire. . . 100 —
- Eteindre la chaux avec très peu d’eau et lorsqu’elle a fini de fuser étendre avec le reste de l’eau de façon à obtenir une bouillie claire dans laquelle on fait passer un courant d’hydrogène sulfuré jusqu’à refus, ce que 1 on constate à la coloration verdâtre que prend la masse.
- Pour l’emploi, ajouter peu à peu en agitant une quantité égale d’amidon au moment de s’en servir et enduire de la pâte ainsi obtenue la partie à épiler de manière que la couche appliquée présente une épaisseur de un à deux millimètres, au bout de deux à trois minutes l’effet est obtenu, on lave à l’eau tiède et on poudre à l’oxyde de zinc.
- N. B. — Dans le cas où on opère au-dessus des lèvres, il est prudent d’enduire celles-ci de vaseline et de boucher les narines au moyen d’un tampon de cotou pour ne pas être gêné par l’odeur sulfureuse.
- L’épilation par l’électrolyse ou galvanocaustique consiste à faire passer un coui’ant continu dans l’épaisseur des tissus, en se servant d’une aiguille de platine introduite près du bulbe pileux x'eliée au pôle négatif d’une batterie de piles, l’autre pôle étant constitué par une plaque métallique humide appliquée sur le corps. La destruction du poil est due à la production de soude caustique naissante par électrolyse des sels contenus dans les tissus.
- Réservoirs souterrains de liquides inflammables.
- — Un arrêté du Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes, en date du 2.5 décembre der-
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- nier [Journal Officiel du 3p décembre 1919), fixe les conditions suivantes que doivent remplir ces réservoirs :
- Art, Tr. — Tout réservoir souterrain destiné à l’emma-gasinement des liquides inflammables devra être construit on forte tôle solidement assemblée et absolument étauclie. Sa parfaite étanchéité sera vérifiée avant la mise en service par un essai à l’eau sous la pression de 1 kg. .Une attestation signée du constructeur fera connaître la dgTe de 1 essai, ses conditions et ses résultats; elle sera jointe à la demande d’autorisation ou à la déclaration.
- Un réservoir construit avec d’autres matériaux offrant des garanties équivalentes pourra être accepté sur la demande du pétitionnaire ou déclarant adressée au préfet. La demande, accompagnée de toutes les indications nécessaires, sera transmise par le Préfet au Ministre du Commerce qui statuera par voie d’arrêté.
- Toutes les ouvertures ou raccords devront être à la partie supérieure du réservoir et au-dessus du niveau du liquide contenu.
- Art. •>,. — Le réservoir sera établi au-dessous du niveau du sol environnant; sa paroi supérieure devra être à 5o cm au moins de ce niveau. Il sera placé dans une fosse maçonnée parfaitement étanche et disposé de façon qu il existe un espace de 5o cm au moins entre ses parois et celles de la fosse, pour en permettre la visite. Cet espace pourra soit être laissé vide, soit être rempli de sable ou de terre.
- S il existe un vide entre les parois de la fosse et celles du réservoir, la fosse sera fermée par un plancher continu, solide., épais et résistant au feu. Lès ouvertui'es permettant de descendre dans la fosse seront fermées par des tampons jointoyés.
- Si l’espace séparant les parois de la fosse de celles du réservoir est entièrement rempli de sable ou de terre, la couche de sable ou de terre recouvrant la paroi supérieure du réservoir aura une épaisseur de 5o cm au moins. Un tuyau rigide partant du point le plus bas de la fosse et aboutissant à lextérieur sera disposé à travers la couche de sable ou de terre, de façon qu’en produisant une aspiration à l’extrémité extérieure avec un appareil approprié, la présence du liquide inflammable ou de sa vapeur au fond de la fosse puisse être constatée.
- Des précautions seront prises pour protéger efficacement le réservoir contre l’oxydation.
- Dans le cas où l’on devrait circuler ou faire passer des voitures au-dessus de la fosse, celle-ci devrait être recouverte d-un plancher incombustible assez résistant pour éviter que le réservoir ne soit détérioré.
- Art. 3. — Des dispositions seront prises pour renouveler complètement l'atmosphère de la fosse avant d’y descendre.
- Il est intè'rdit de faire du feu ou d’en apporter dans le voisinage de la fosse, d’en approcher un moteur à feu et d’y descendre avec une lumière susceptible d’enflammer un mélange d’air et de vapeurs dégagées par les liquides inflammables.
- Art. 4. — Les opérations de remplissage et de vidange du réservoir se feront sur un sol incombustible, étanche et disposé de façon à recueillir les égoutlures.
- Art. 5. — Il est formellement interdit de réunir, dans un dépôt pourvu d’un réservoir souterrain et en dehors de ce réservoir, des approvisionnements de liquides inflammables qui, additionnés à l’approvisionnement contenu dans le réservoir, formeraient un total dépassant
- la quantité admise selon la classe à laquelle appartient le dépôt.
- Toutefois, cette interdiction ne s’applique j>as aux liquides momentanément entreposés dans le dépôt pendant le remplissage ou la vidange du réservoir, à la condition que ces opérations soient effectuées sans interruption et ne durent que le temps strictement nécessaire. En cas de vidange du réservoir, les récipients contenant les liquides seront enlevés aussitôt qu’ils a liront été remplis.
- Pour empêcher les aiguilles de se défiler. — Le Dr Olivier raconte dans la Presse Médicale comment, dans une ambulance au pied de THartmannswillerkopf, il apprit un tour de main-commode en chirurgie, mais qui peut servir aussi en bien d’autres circonstances.
- « Une nuit, dit-il, j’eus plusieurs blessés à opérer pour plaies du ventre et à chacun je fis une série de sutures de l’intestin. Le déülage se produisit plusieurs fois et, comme je ne possédais pas d’aiguilles à chas fendu, je ne tardais pas à manifester quelque impatience. C’est alors qu’un infirmier me dit que, lorsque j’aurai terminé, il m’indiquerait un « truc » de son métier empêchant ce défilage. Je lui demandai quel était son métier. « Cordonnier » me dit-il. Il ajouta : c’est le « truc des cordonniers », et il m’apprit l’artifice que les gravures ci-jointes expliquent mieux que toute description. »
- On détord légèrement le petit chef, puis on fait passer le grand bout dans l’œil ainsi produit. On tord à nouveau et l’on amène le croisement des deux fils contre la tête de l’aiguille en tirant le plus grand fil.
- Il n’y a ainsi aucune épaisseur gênante arrêtant le passage du fil.
- Ce tour de main sera certainement bien vu des couturières !
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- BOÎTE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison do l’abondance de la correspondance et ’es recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives ai»x appareils décrits. —
- Chauffage au mazout. — Commejsuite à l’article publié ci-contre, nous croyons utile de faire connaître quel’Office central de chauffe rationnelle, dout l’un des ingénieurs
- a bien voulu, sur notre demande, rédiger l’étude que nos lecteurs ont pu lire, est un organe subventionné par le gouvernement et créé, pour aider les industriels à faire des économies de combustible dans leurs usines; il se charge de l’établissement de tout, projet de chauffage et en particulier de ceux relatifs à l’utilisation des huiles lourdes. Son adresse est : 5, rue Michel-Ange, Paris, 160.
- Réponses. — M. Pellelan, à Constantine. — L’adresse exacte du dépositaire de la bakélite est la suivante :
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- BOITE AUX LETTRES
- Etablissements Lavalctlc, 1’jB, avenue de Choisy, Paris. Nous avons déjà fait cette rectilication dans nos dernières réponses aux abonnés.
- M. Mosniev, à Ainbert. — Pour faire disparaître les traces de moisissures sur le cuir, il suffit de frotter les parties altérées avec un chiffon imbibé d’essence de térébenthine puis de laisser sécher à l’air. Finalement on passe une couche très légère d’encaustique.
- Ecole Dorian, à Paris. — i° Dans le cas où l’encre qui a produit les taches est à base de couleurs d’aniline, encre violette par exemple, le meilleur moyen à employer est de laver sans frotter avec un tampon de coton imbibé d’alcool à brûler. Si l’encre au contraire était à base de sels de fer et campêche il faudrait se servir d’une solution concentrée de sel d’oseille (bioxalate de potasse) ; terminer par un lavage à l’eau tiède.
- 2° Les traits de crayon sur la peinture s’enlèvent soit avec la mie de pain, soit avec une gomme très douce, mais il restera très probablement une trace due à ce que la couche de peinture aura été éraillée.
- M. Guisard, à Sâo Paulo, Brésil. — i° La viscose doit être préparée au moment de l’emploi, car au'bout de peu de temps, sept à huit jours, elle se prend en un coagulum inutilisable, par conséquent il ne peut être question de l’acheter chez un fabricant.
- 20 La préparation de la soie de viscose est plus avantageuse que*celle de la nitro-cellulose, elle ne nécessite pas en effet l’emploi de l’acide nitrique toujours très coûteux, ni la dénitration.
- 3° Bien que le principe chimique qui donne naissance à la viscose ne soit pas brevetable, tout au moins en France, de nombreux brevets ont été pris à ce sujet sur les différentes manières d’opérer et il faudrait trouver un procédé nouveau pour échapper aux dits brevets.
- 4° Yous trouverez tous renseignements sur la fabrication des soies artificielles ainsi qu’une documentation très complète au point de vue théorique dans l’ouvrage : Les matières cellulosiques, par Beltzer et Fersoz, chez Béranger, éditeur, i5, rue des Saints-Pères.
- M. Decausmaker, à Ghlin. — Nous pensons que vous obtiendriez satisfaction de l’emploi de la viscose comme enduit résistant aux alcalis, sa préparation a lieu de la manière suivante :
- On imprègne complètement ioo gr. de pâte de bois chimique au moyen d’une lessive de soude caustique non carbonatée à 26° Baume, puis après imbibitiou on presse fortement la masse pour l’amener au poids de 3oo gr.
- Le produit est alors déchiqueté et introduit dans un flacon de verre bouché à l’émeri et on verse dessus 46 gr. de sulfure de carbone, on agile et laisse en contact 24 heures prenant soin de temps à autre de secouer le flacon.
- Peu à peu la masse jaunit, devient brune et diminue de volume. On voit que la réaction est terminée quand le produit est homogène.
- A ce moment on verse peu à peu en remuant 65o gr. d’eau distillée froide, puis on laisse digérer à nouveau, la solution visqueuse devient homogène et épaisse, elle contient alors environ 10 pour 100 de viscose et peut être employée comme vernis qui, après séchage et durcissement à l’air, résiste fort bien aux alcalis.
- M. Julio Roberts, à Barcelone. —Yous trouverez tous les renseignements utiles sur les ocres, gisements, extraction et traitement dans l'ouvrage de P. Hubert édité par Dunod et Pinat, 47, quai des Grands-Augustin s.
- M. Roger Hentges, au Pouliguen. — i" La loi du i5 juillet 1880 dit expressément : « Les ouvriers travaillant chez eux ou chez des particuliers sans compagnons, ni apprentis, soit qu’ils travaillent à façon, soit qu’ils travaillent pour leur compte et avec des matières à eux appartenant, qu’ils aient ou non une enseigne ou une boutique » sont dispensés de la patente par l’article 17-5°. Le même article ajoute : « Ne sont point considérés comme compagnon ou apprenti la femme travaillant avec son mari, n Si donc vous vous trouvez dans ces conditions, vous n’êtes point assujetti à la patente.
- 20 L’enlèvement des taches de café a lieu avec facilité en imprégnant d’un mélange à volumes égaux de glycérine et de jaune d’œuf, on laisse imprégné de la mixture
- pendant une journée puis ou lave à l’eau douce. En ce qui concerne les piqûres dues à l’humidité, faire dissoudre dans un verre d’eau une cuillerée à café de sel ammoniac et une cuillerée de sel de cuisine, imbiber les taches de ce liquide, exposer au grand air jusqu’au lendemain, puis laver abondamment à l’eau claire.
- 3° Comme ouvrage de botanique populaire décrivant les plantes de nos climats et leurs différents usages et propriétés, voyez la série Plantes des prés et des bois, éditée par lvlincksieck, 11, rue Corneille.
- 4° Appareillage d’herboristerie, broyeurs, malaxeurs, etc. Maisons YYallois, avenue Dubonnet, à Levallois ; Tcslu, 8, rue Campagne-Première (14e)-
- 5° Les cacaos sont solubilisés par addition de carbonates alcalins dans une proportion qui ne doit pas excéder 3 pour 100 de potasse lv-O, le même traitement ne peut être appliqué au café dont l’arome serait complètement modifié.
- M. G. Van Vyvc, à Caulille, Belgique. — Les renseignements que vous désirez avoir vous seront fournis par la Direction des Poudres, 147, rue de Courcelles, tous les marchés ayant passé par ce service pendant la guerre.
- M. Boulcstreau, à Paris. — Yous pouvez essayer des couleurs à l’albumine en passant à l’étuve à 8o° C. l’objet décoré. Il y a dans ces conditions, insolubilisation et fixation suffisante pour résister à un lavage sans frottement.
- M. Bernard Rouvière, à Dijon. — i° Nous publions d’autre part dans les Recettes, manière de procéder pour désulfater les accumulateurs. 2" La colle pour
- celluloïd s’obtient en faisant dissoudre 5 gr. de celluloïd dans un mélange de :
- Acétate d’amyle. ... 10 grammes.
- Acélone...................10 —
- Ether sulfurique ... 10 —
- Ce mélange étant très inflammable, n’effectuer les manipulations qu’à grande distance d’un foyer ou de préférence à la lumière du jour.
- M. Dany, à Bihorcl-les-Roucn. — L’acide oléique ainsi que toutes les huiles est complètement inerte en présence de l’eau et ne présente aucune avidité pour elle; quant aux cires d’abeilles de Carnauba, du Japon et de Chine elles sont solubles en toutes proportions dans l’essence de térébenthine et donnent ainsi une encaustique plus ou moins épaisse.
- Lycée de Chambéry. — On ne traite par le Bessemer acide que des fontes provenant de minerais très purs exempts de soufre et de phosphore. En effet, le phosphore n’est pas éliminé dans le cas d’un garnissage siliceux et l’hypothèse de concentration de cet élément dans le métal paraît plutôt justifiée par la constitution des scories aux différents stades de l'opération, la teneur en acide phosphorique de celles-ci va toujours en diminuant jusqu’au moment de l’addition du spiegel.
- Acide i>lios|ihoiïque.
- Après 8 minutes............ 4.14 pour 100.
- — 1 5 mi nu! es....... 2.3 J —
- — 18 minutes.......... 2.20 —
- D’autre part on constate qu’une fonte renfermant 1,46 pour 100 d’acide phosphorique donnerait un acier à 1.77.
- Quant à l’utilisation de ces scories en agriculture, nous pensons que l’appréciation de leur solubilité par l’acide citrique est tout illusoire, la lerre arable ne représente pas un milieu acide et c’est plutôt par double décomposition en formant des sels alcalins que l’acide phosphorique est assimilé. Nous croyons donc que les scories siliceuses pourraient entrer au même titre que les scories basiques dans l'emploi agricole, n’était leur teneur beaucoup plus faible en élément fertilisant.
- M. Nicoulès, à Chaton, par Parigné-l’Evêque. — Pour transformer l’enduit dont nous avons donné la formule dans les Recettes de l’atelier, p. 265, en un produit donnant un Ion noir, il suffit d’incorporer à la dissolution tiède de colle forte du noir de fumée en quantité suffisante pour obtenir l’intensité de ton désirée, puis de passer ensuite au bain de bichromate comme précédemment.
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- LA NATURE
- Supplément.
- Nu 2393 7 Février 1920.
- »<
- *SD
- INFORMATIONS
- >
- Le réseau routier du Maroc. — Le Maroc possède aujourd hui, dit la Géographie, 2074 km de routes principales et 569 km de routes secondaires : les premières sont des routes à plateforme de 8 m. et chaussée de 4 m. ; les routes secondaires ont une plateforme de 6 m. et une chaussée de 3 m. Les routes principales sont :
- Casablanca-Rabat : g3 km. ; Rabat-Tanger, 147 km en zone française ; Kenitra-Fez, 156 km; Ivenitra-Meknès, 60 km; Meknès-Fez, 5o km; Souq-el-Arba du Gharb à Bad-Tiouka 59,8. Casablanca-Marrakech : 239 km 2 ; Casablauca-Mazagan, 97 km 3 ; Mazagan-Marrakech, ig5 km 6; Mogador-Marrakech, 187 km; Mazagan-Mogador, 182 km; Safli à Marrakech, uo.km; Berce-chid au ladla, loi km 4; Salé à Mekncs, ia5 km; Fez a laza, 60; — Oudjda à Taza, i5o km.
- Les grandes routes aériennes pour 1920. —
- D’après l’organe officiel de l’aviation britannique, la route aérienne du Caire au Cap pourra être « mise en exploitation » dès le retour de la belle saison. 24 aérodromes ont été établis sur toute la longueur de l’itinéraire. Chacun d’eux comporte des réservoirs d’essence et d'huile pour le ravitaillemmit des avions.
- La dépense totale, supportée par le Gouvernement britannique, aidé par des subventions des colonies ou gouvernements intéressés, s’est élevée à 50000 livres sterling. Les aérodromes seront bientôt pourvus de postes de T. S. F\
- La plus longue solution de continuité de la ligne Caire-Cap est de 3oo milles. C’est dire que le plus long vol sans arrêt que les avions auront à fournir sera de 5oo km environ.
- On annonce l’imminente création d’une ligne aérienne entre l’ile de Cuba et Key-West, îlot relié à la pointe de la Floride par une voie ferrée construite sur pilotis. Bile emploiera huit aéroplanes, dont deux Goliaths Barman,.
- La ligne aérienne postale qui fonctionne actuellement, entre Nexv-\ork et Chicago va être prolongée jusqu’à San-Francisco. Les autorités postales ont fait construire, dans ce but, des aéroplanes fournissant une vitesse maximum de 25o kilomètres.
- On poursuit l’établissement d’une ligne aérienne postale entre l’Europe et l’Amérique du Sud. Les principales étapes seront : Londres,. Paris, Madrid, Rabat (Maroc), Bathurst (Gambie), port anglais situé au sud de Dakar, et à peu près sur le même méridien.
- De ce point, les avions auront à franchir la partie la plus étroite de l’Océan Atlantique pour atteindre Per-nambouc (Brésil septentrional). Ce vol d’une seule traite comportera 2,35o kilomètres. Il sera grandement facilité par la régularité des vents et courants aériens qui régnent dans la région équatoriale.
- On espère inaugurer, dès le printemps, une ligne postale aérienne entre Londres et Madrid, et. organiser des lignes secondaires entre les principales villes d’Espagne.
- On signale de Terre-Neuve l’emploi de petits dirigeables pour signaler aux navires de pêche le passage des énormes troupeaux de phoques qui, à la fin de chaque hiver, descendent des parages du détroit de Baffin avec la débâcle des glaces.
- Sur la frontière du Mexique, la police emploie désormais des aéroplanes pour découvrir, dans les régions désertiques, les cachettes des voleurs de chevaux et de bétail. ,
- A signaler aussi la prochaine ouverture d’un Congrès aéronautique Pan-Américain à La Havane, qui siégera du 21 février au icr mars, et auquel ont été invitées toutes les républiques du Nouveau-Monde.
- La reconstitution des régions dévastées. — Les
- chiffres suivants extraits du Rapport général sur l’industrie française donnent une idée de la situation dans laquelle les opérations de guerre et les dévastations ennemies ont placé les régions autrefois si prospères du Nord de la France. Pour les houillères, M. Dubois, au nom de la Commission du budget, évalue à 3 2.34 millions la somme à dépenser pour les reconstituer; il
- convient d’y ajouter 1 o 16 millions pour défaut d’exploitation. Pour l’industrie métallurgique, il faudra dépenser 4800 millions pour reconstituer l’outillage de sidérurgie et de grosse métallurgie; les perles en matières premières sont évaluées à 1 800 millions, les pertes par defaut d exploitation à 8 752 millions. Pour lindustrie du lissage, les pertes seraient :
- 2 925 millions pour les lissages de laine.
- 7^7 — — de coton.
- — — de toile.
- J07 — — cie tulle.
- Pour l’industrie chimique . . 4 172 millions.
- la sucrerie.................. q-,3 __
- la distillerie............ 7(3 [ __
- la meunerie................... 428
- la verrerie................... 407 __
- l’huilerie..................... 2o5 __
- la brasserie.................. 116
- I oui 1 agriculture, on compterait un dommage global de 21 milliards. °
- Enfin les dommages causés aux chemins de fer sont évalués à 6266 millions; ceux des voies navigables à 485; ceux des routes, forts, ponts à 1 3oo. °
- Les pertes de numéraire et les pertes commerciales sont évaluées à 59 5oo millions.
- Le total se monte à 119801 millions.
- II convient d’ajouter que ces chiffres ne sont que des approximations, dont beaucoup sont peut-être en dessous de la vérité.
- On voit l’immensité de la tâche qui incombe actuellement à notre pays et qui est certainement sans précédent dans l’histoire d’aucun peuple.
- Démographie de la Prusse et de la Bavière pendant la guerre. — Le Bulletin de la Statistique générale de la France vient de reproduire les données suivantes publiées par la Slatistische Korrespondcnz, sur le mouvement de population de la Prusse. Rappelons que celle-ci comptait 4oi65ooo habitants au dernier recensement de 1911.
- Années :
- 1914 1915 1916 1917 Mariages : 1918
- 280.197 177.500 176.872 198.573 Naissances vivantes : 167.4.5O
- * OC 0 890.73/, O7O.028 Ou', .534 Mo ri-nés : 462.134
- 35 9 ; 8 28.107 2 1.635 18.6O7 Décès : 14 .0.31
- 700 828 yoü.oa.i 787.OG9 848.5-9 612.433
- Excédent des nais ,?anccs (-f) nu tics décès | ;-i :
- h Vj-7 52 — 11.311 — 111.646 — a .4 3.11 /, 5 — I50.299
- En Bavière, laquelle comptait 6 887 000 habitants en 1911, les statistiques publiées par le Reic/isanzeiger donnent les résultats suivants :
- Années :
- 1913 1914 1915 1916 Mariages : 1917 1918
- 48.433 42.722 22.q36 27.3.4g Naissances : 32.g3g 38 285
- 207.457 204.707 i55.85o tiG.5o3 Décès : 112.477 114.726
- 120.703 151 .g/,3 152.773 102.971 1 42.832 167.4 11
- Excédent des naissances (-)-) ou des décès (—)
- 86.7.5.4 ’-f- 52.764 -f 3077 — 36.468 - -3o.355 - — 02 685
- Ces chiffres, qui ne tiennent pas compte des pertes d’hommes en guerre, montrent l’influence du conflit mondial sur la population civile des deux plus grands états de l’Allemagne.
- On pourra les comparer aux données démographiques des départements non envahis de la France, relatives à la même période, parues dans le u° 2353 de ha Nature.
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- INFORMATIONS
- Tremblement de terre au Mexique. — Nous connaissons maintenant divers détails sur les tremblements de terre ressentis au Mexique dans la nuit du 3 au 4 janvier dernier. On ressentit trois chocs successifs : le premier à 21 h. 45, le deuxième et le plus violent à 22 h. 25, le troisième plus léger à 23 heures. L’épicentre était au sud du golfe du Mexique à environ 5o milles à l’ouest'de Vera-Cruz. La rivière San-Francisco changea de cours, des milliers d’arbres furent arrachés dans une forêt voisine de Vera-Cruz tandis que la ville'même se trouvait brusquement privée d’eau et de gaz par rupture des conduites. La zone où l’on constata des dégâts fut considérablement étendue ; jusqu’à Mexico même, les murs de grands immeubles furent lézardés. D’après les renseignements des observatoires sismologiques, la cause de ce tremblement de terre réside dans le volcan d’Orizaba où un nouveau cratère est apparu.
- La flotte suisse. — Ce n’est pas pour évoquer le célèbre amiral que celte information est écrite.
- Le Mercure Suisse rappelle que la guerre a posé cette question d’une manière très aiguë. En 1917, la Confédération a sérieusement envisagé l’achat d’uu certain nombre de navires de commerce qui auraient navigué sous le pavillon rouge à croix blanche pour aider au ravitaillement du pays, devenu difficile. Après réflexion elle a préféré faire affréter les bateaux nécessaires par un groupement intitulé « Union suisse de transports maritimes ». Celle-ci a disposé, jusqu’au mois de juin 1919, de 20 vapeurs, dont 12 anglais, 4 américains, 4 espagnols, naviguant sous leurs pavillons d’origine. La plus grande unité de cette flotte est VAitualita de 9400 tonnes, la plus petite l'//e de Ceylau de 2405 tonnes.
- Cette « marine suisse » 11’aura qu’une durée éphémère.- L écusson fédéral et le pavillon national qui ont flotté et flottent encore sur mer ne larderont pas à disparaître des océans... avant qu’un amiral ait été désigné!
- Les cultures de la Tchéco-SIovaquie. — Le Bulletin de la Statistique de VInstitut international d’Agriculture du mois de décembre donne les renseignements suivants sur les principales cultures du nouvel Etat tchéco-slovaque :
- Surface Production Rendement
- ensemencée en par
- en lia. quinta ux. hectare.
- Froment .... 340.595 5.o5o.157 14.8
- Seigle ^38,340 8.097.787 lo.q
- Orge 363.832 4.3o5.35q 11.8
- Avoine 556.529 5.861.171 10.5
- Maïs 14.858 — —
- Lin 15.099 — —
- Houblon .... 8.586 —
- Pomme de terre. 363.299 — —
- Production mondiale du sucre. — Le Mouvement géographique publie, d’après la circulaire Bauwens et Weicherding, d’Anvers, les renseignements suivants sur la production du sucre dans le monde :
- 1916 17 1917-18 1918 19 1919 20
- Tonnes. Tonnes. Tonnes. Tonnes.
- Sucre de canne.. Sucre de belle- 11.235.010 11.279.000 11.965.000 12.261.000
- rave (Amérique) . . . 717.000 694.000 697.900 870.000
- Sucre de bette-
- rave (Europe) . . . . 5.006.000 4.247.800 .5.658.000 3.469.000
- 16.088.000 17.220.000 16.520.000 16.600.000
- MM. Willett et Gray, qui ont recueilli ces données, font ressortir que la production de sucre de la présente campagne reste inférieure de 280000 t. à celle de
- 1913-14.
- On remarquera, d’autre part, que la production européenne a notablement fléchi. De 5 006 000 t. en 1916-17, elle est descendue en 1919-20 à 3469000t., soit une réduction de plus de 3o pour 100. Et si Ion se reporte à la pi'oductipn de 1910, laquelle était de 8 millions io5 000 t., la réduction se chiffre par 57 pour 100.
- Récolte du vin en France en 1919. — Le Journal Officiel publie, d’après les relevés de la Direction générale des Contributions indirectes, la statistique suivante, exprimée en hectolitres :
- 1918 1919
- Récolte, . 42.264. 136 51.461.887
- Stock. . , 2.008.977 1.034.024
- Total. . 4i-'273.ii3 52.495.911
- Au 3i décembre dernier, 9 685 i5'2 hectolitres étaient sortis des chais des récoltants et 8064125 hectolitres existaient en stock chez les commerçants en gros. 140 >77 hectolitres avaient été réquisitionnés par l admi-nislration militaire dans les quatre départements grands producteurs du Midi (Hérault, Gard, Aude, Pyrénées-Orientales). Le reste est à notre disposition aux prix que vous savez !
- Palmiers monstrueux. — La Revisla de Agricullura Comercio y Jrahajo du Ministère d’Agriculture de Cuba publie xiue intéressante étude de M. Merlino Cremata,
- Tijj. 1 et 2, — Palmiers bifurques.
- de la Station agronomique de Santiago de las Vegas, sur des palmiers à tronc ramifié. L’un d’eux présentait une bifurcation au tiers supérieur du tronc (fîg. 1); un autre avait son tronc brusquement renflé en un épaississement d’où partaient neuf tiges (fig. 2). On sait que normalement, les palmiers pnt un tronc unicjue, non divisé. La cause de ces ramifications exceptionnelles est inconnue.
- Métamorphose de l’Axolotl, r— On sait que l’Axolotl est la larve aquatique d’une salamandre terrestre dont le nom est Amblystoma. Dans nos pays, l’Axolotl ne prend jamais la forme adulte et se reproduit tout en conservant son aspect extérieur larvaire. Cependant, deux fois déjà on a pu transformer un Axolotl en Amblys-lome en l’obligeant à vivre à l’air, dans la mousse humide ou dans une quantité d’eau lentement décroissante. M. Julian S. Huxley, d’Oxford, vient d’annoncer à Nature qu’il a réussi la même métamorphose par un autre moyen, en nourrissant deux jeunes Axolotls de thyroïde de bœuf. En quinze jours, les animaux changèrent de couleur, leurs branchies se résorbèrent et ils purent respirer hors de l’eau à partir de la troisième semaine.
- On savait déjà que la thyroïde de mammifère active les métamorphoses des têtards de grenouille. Le fait annoncé par M. Huxley montre que cette action est générale.
- Réouverture du cours de la Société française de photographie. — Le cours public de photographie en vingt leçons, confié à M. Ernest Cousin par la Société française de photographie, s’est rouvertpourla 2O0 anncc, le lundi 19 janvier à 9 heures du soir, et continue les lundis suivants, à la même heure, dans l’Hôtel de la Société, 5r, rue de Clichy, à Paris. Les dames sont admises.
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- CE QU’IL FAUT SAVOIR D’ELECTRICITE (Suite)
- (Voir Ncs 2880, -a38i, a383, -2385 et 2391).
- Les courants dérivés. — Considérons les conducteurs ANB, AMB, qui valent respectivement 4 ohms et 1 ohm, soumis à une différence de potentiel de 4 volts. La loi d’Ohm s’appliqueà chacun de ces conducteurs(fig. 1 ).
- Dans le fil ANB, de résistance 4 ohms, l’intensité est 1 ampère.
- Dans le fil AMB de résistance 1 ohm, 1 intensité est 4 ampères.
- Remarquons tout de suite que les intensités sont inversement proportionnelles aux résistances ;
- L’intensité totale sera égale à la somme des intensités dans les dérivations, c’est-à-dire 5 ampères; les conducteurs ANB et AMB pourraient ainsi être remplacés par un autre conducteur dont la résistance serait ow,8 et qui,
- en efïet,[laisserait passer : — = 5 ampères.
- 0,8
- Soient r et r' les résistances des dérivations, i et ï les intensités correspondantes, I l’intensité totale, E la différence de potentiel entre A et B et R la résistance équivalente à celle des dérivations. On a successivement :
- E
- T
- et comme I = / 4- i' il vient
- et en divisant par E
- E
- R
- T
- ÏÏ =
- E
- 1 t
- r + 7
- Ainsi deux fils de résistance 3 et 4 ohms branchés en
- dérivation équivalent à une résistance R telle que :
- I 1 1 7 1, . T. 12
- r- — - -j— = — d OU R =------
- R 3 4 12 7
- De même, si l’on connaît la résistance R et une des résistances r' il est facile de trouver l’autre.
- Voici par exemple un shunt Chauvin et Arnoux (fig. 2) qui est branché avec son ampèremètre. L’ensemble de la dérivation est de 40000 microhms ou 0^,04. L’ampèremètre muni de ses cordons a une résistance de o<",948, il va nous être facile de déterminer la résistance du shunt :
- Soit x cette résistance, l’expression
- R
- - -}- ~ devient ici :
- I _l—L_ oc 0,948
- 0,04
- d’où l’on tire : x ~ow,o4i7.
- Pour l’intensité de 1 ampère,la diff. de potentiel aux bornes du système sera de : 1 Xo“,o4 — oT,o4.
- Le courant qui traverse l’ampèremètre sera donc :
- °T-°4 , .
- —— = 04042 0,940
- et lé' courant dans le shunt : i3 — o3,o42 = o”,958.
- Pour cette intensité de o",o42, l’aiguille marquera la totalité de la graduation, soit 100 divisions, c’est le courant maximum qui devra traverser l’ampèremètre. Avec un courant de 100 ampères, l’aiguille doit marquer encore 100 divisions, le courant dans l’ampèremètre doit donc être ca,o42, le courant dans le shunt de 100 — oa,o42 = 99\g58 et comme la d. d. p. sera toujours ov,o4, la résistance du shunt sera :
- ------ = 400 microhms ib.
- • 99-9^8
- Mesure des résistances de quelques échantillons de fils. — Si l’on possède des shunts étalonnés, il est facile en les utilisant d’obtenir avec précision les mesures des faibles résistances.
- L’échantillon AC (fig. i) est mis eu série avec le shunt, ou
- fait passer le courant et l’on note la division à laquelle s’arrête l’aiguille de l’ampèremètre placé aux bornes du shunt. On le porte ensuite svir le fil et on fait glisser le contact C jusqu’à ce que A' indique t ^
- le chiffre qui a été noté. Dans ces conditions, la résistance AC est égale à celle du shunt.
- 11 sera bon, pour la précision de la méthode, de choisir une intensité telle que le fil AC 1 *S- ’•
- ne chauffe pas. S’il
- en était autrement, la mesure, effectuée à la température du fil d’ailleurs indéterminée, ne serait plus vraie à la température ordinaire. On voit aussi que les résistances ainsi mesurées pourront être munies de bornes et constituer de véritables étalons suffisamment exacts pour les mesures courantes.
- Application des déiivations à !a mesure des résistances. Pont à fi'. — Réalisons le montage indiqué figure 4; lorsque le galvanomètre n’indique aucune déviation, c’est que les deux points A B, sont au même potentiel; on a donc :
- ir — ï >! ou - (1)
- ir
- il en résulte aussi que l’intensité en AD est i, et que l’intensité en BD est i’.
- De même la chute de voltage de A à D, soit ix, est égale à la chute de B àD, soit i'R, donc :
- i R
- i.r = iR ou - ----- — 2
- donc : en constatant que (1) et mun on a :
- C___R
- r x
- d’où
- x
- ont un rapport corn-
- — R :
- r
- Si le fil ÀB est bien calibré, on a : -
- /
- ï'
- d’où r
- Rxr
- t r
- 4 r- i A *—-prt—-
- i\
- pi h
- IL
- Le fil AB pourra être constitué par un fil de mai Ile -chort de 1 m. à i rn. 20 de longueur, de 2 mm2 de section. On disposera le fil devant une règle graduée et on fera glisser le contact c jusqu’à ce que le galvanomètre reste au zéro. A ce moment on applique la formule précédente.
- La précision sera d’autant plus grande que
- les résistances R et .r seront plus voisines ; dans ce cas, le point C se rapprochera du milieu de AB.
- Il est donc possible de construire soi-même un pont à fil. Le seul appareil à acheter est un galvanomètre sensible qui pourrait être, par exemple, un microampèremètre Chauvin et Arnoux.
- On disposerait de résistances R différentes, par exemple de ow,i, 0^,5, 1 ohm, 5 ohms, 10 ohms, 20 ohms, en maillechort. La maison qui fournirait le fil consentirait très probablement à étalonner èes résistances.
- La source de courant à utijîgërest une pile Leclanché ordinaire. Ou pourra de cette manière mesurer avec une approximation suffisante la résistance d’un échantillon de fil, celle des enroulements d’un transformateur, d’un induit, d’une section d’un enroulement, la résistance d’une sonnette, d’un relai, etc.
- PontdeWheatstone(fig. 5).—Dans le pouldeW’heulstoue,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- le rapport -p ne peut varier d'une manière continue comme
- da;is le pont à corde; on;peut lui donner les valeurs
- 1 i
- suivantes-: --, —i, 10, ioo de telle sorte que
- xoo 10 ^
- R R
- les valeurs correspondantes pour x sont : --, —, R
- io R, ioo R. On amène le galvanomètre au zéro en modifiant la résistance R que l’on peut faire varier d’ohm en ohm. Supposons que la résistance à
- ir=}f=:inJrU=U
- infini
- ZOOO
- Schéma du pont à décades de Carpentier.
- dèle dit sport en a 9,5. C est en somme les dimensions ordinaires des canifs usuels ; bien entendu, le prix ne
- mesurer soit 2 ohms,628, nous prendrons le rapport r
- p ~ 100 et nous trouverons que pour R = 262 ohms,
- 1 aiguille se déplace légèrement dans un sens alors qu’elle se déplace en sens inverse pour R = 263 ohms. La résistance est ainsi comprise entre 2,62 et 2,63.
- Comme on le voit, nous ne pouvons obtenir dans ce cas la valeur vraie de la résistance.
- Les résistances qui ne sont pas utilisées sont court-circuitées par des chevilles ainsi que cela est indiqué pour la résistance 5ooo.
- Supposons maintenant que la résistance x d’une valeur de 100 ohms par exemple ait été mesurée en r' i
- prenant - etR= 1000, le galvanomètre était alors
- rigoureusement au zéro. Faisons varier x d'une façon insensible et régulière et ne touchons pas à R. Le galvanomètre ne sera plus au zéro et son aiguille déviera d autant plus que x s’éloignera davantage de 100 ohms. Lés indications du galvanomètre sont donc fonction de la résistance x, de telle sorte qu’il pourra être gradué en ohms, le chiffre 100 ohms correspondant au zéro. Nous en verrons bientôt une application intéressante.
- A. Delavie.
- Processeur il’Élcrlricité industrielle.
- Objets utiles
- Canif-revolver. Nous signalons à l’attention de nos lecteurs une petite originalité américaine, le canif -revolver, qui sous un volume réduit permet de tirer une petite cartouche.
- Le fonctionnement est indique sur la figure ci-jointe. Le canif est tenu dans la main droite, à l’arrière et avec le pouce, on leve le loquet A. Avec la main gauche, on fait basculer le canon R pour le rendre vertical afin d’y introduire la cartouche qui peut être à blanc ou à balle. On remet en place le canon, on assure le loquet et on arme le chien C, ce qui prépare le canif à faire feu.
- Pour faire partir le coup, le canif est tenu dans la main droite, le pouce place sur le chien prêt à presser la détente.
- Evidemment vous n obtiendrez pas avec ce minuscule revolver uné précision remarquable, mais ce sera un f ffui pourra quelquefois vous tirer d’une situation difficile. En tout cas, c est un objet à deux fins, ce qui est une probabilité de moins pour l’oublier quand on sort de chez soi. Il n’est guère plus encombrant qu’un canif, le petit modèle a 7,5 cm de long; lp grand juq-
- Fiiî. 6.
- Le canif-revoL
- suit pas la même échelle de comparaison et cela ne saurait surprendre.
- L’instrument se trouve chez Cowdrey, 17, Ballerv-Place, New York.
- Chauffage
- Régulateur pour chauffage central à eau chaude. — En réponse à une demande parue dans la Boîte aux Lettres, ne 2388 de La Nature (3 janvier 1920), M. Ro-manetto, pharmacien à Annonay, nous écrit : « J’emploie depuis 6 ans un régulateur thermométrique très sensible et à peu près indéréglable que j’ai fait construire moi-même, n’ayant rien trouvé de pratique dans le commerce. Ci-contre dessin et légende suffisantspour l’exécution.
- A. Chaudière à eau chaude tubulaire ;
- CC. Cheminée et boîte à fumée ;
- T T T. Départ de l’eau de chauffage ;
- V. Yase étanche greffé sur le tuyau T et protégé contre le refroidissement;
- V.,. Vases remplissant à peu près complètement le précédent;
- Vo. Vase de petit diamètre communiquant avec Y, et ouvert à sa partie supérieure;
- F. Flotteur;
- s. Poulie supportantléflotteur F;
- S. Poulie multiplicatrice du mouvement du flotteur reliée par le fil L aux soupapes R de la cheminée et O du cendrier.
- Le vase V4 est rempli de liquide .ainsi qu’une partie de Va et cet ensemble constitue un thermo-
- E. Weiss.
- - /
- Foy ?/’
- Cendrier
- Fig.
- mètre dont le flotteur F transmet les variations aux prises d’air O et R.
- Le contrepoids P équilibre convenablement le poids de ces soupapes et du flotteur, de façon qu’à la température ordinaire, la soupape O soit ouverte et la souple ï| fermée.
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- VARIÉTÉS
- Le fruit du cactus. Ses utilisations. Ses inconvé nients. Les fruits du cactus portent les noms les plus divers ; figues de Barbarie, poire épineuse (prie kl y pear des Australiens), poire de peste, pour exprimer sa prolifération rapide, raquettes, etc.
- En Algérie, en Tunisie, le cactus sert de muraille impénétrable autour des habitations de la campagne. Un buisson de cactus protège mieux une habitation contre les voleurs de troupeaux que le réseau barbelé le mieux conçu, que la muraille la mieux construite.
- Ceux qui connaissent les environs de Sfax ont vu ces buissons épineux qui entourent les habitations, des kilomètres durant avant d’arriver à Sfax. Le spectacle est des plus curieux. Mais cela n est rien comparativement à certaines parties de l’Australie, où le cactus est tellement abondant que l’on a dû songer, soit à utiliser les finit s et les feuilles charnues énormes, soit à. procéder au déracinage systématique. C’est surtout dans le Queensland et dans la Nouvelle-Galles du Sud que les cactus abondent. On y estime à 22 millions d’acres la superficie qu’y occupe ce végétal gênant (9 700 000 hectares), soit le ij6 de la superficie de la France.
- Et ce qui est le plus désolant, c’est que cette superficie augmente chaque année de 1 million d’acres ce qui donne une idée de la vitesse de reproduction de cette plante.
- Au point de vue botanique, cette plante appartient au groupe des « Opuntia », Opuntia Inermis et Opuntia Monacantha.
- Son utilisation. Dans les époques de sécheresse, le bétail consent à consommer les feuilles débarrassées des épines, mais quel travail! On m’a dit que les chameaux pouvaient les consommer telles quelles, mais j’en doute. En toutcas cen’estpasune ration normale; il fautlamélan-gerà autre chose. Elle contient trop d’eau et de ligneux.
- A Ceylan, dans le Sud-Afrique, dans l’Hindoustan, les feuilles sont employées comme engrais vert, et enterrées dans des tranchées de 4.5 à 5o cm. de profondeur.-
- En Espagne, en Sicile, on a fait de l’alcool avec les fruits, mais sans grand succès. Il faudrait 140 livres de fruits pour produire 4 litres 5 d’alcool à ioo°. Mais pour que l’opération puisse réussir, il faut obtenir 10 tonnes de fruits par acre (4400 m2) et il faut en outre un procédé rapide et bon marché pour récolter les fruits. Même avec la main-d’œuvre indigène, bien bon marché cependant, le prix de revient de la tonne de fruits est trop élevé pour que cette industrie soit vraiment rémunératrice.
- On a essayé de faire de l’alcool avec les feuilles charnues du cactus, mais le rendement en alcool est
- ridiculement faible, o,5 pour 100 du poids des feuilles.
- Les résidus de cette fabrication ont été essayés pour la fabrication du papier, mais la fibre est trop courte et ne se feutre pas.
- Lès fruits peuvent produire 10 pour 100 du poids du fruit sec, en cendres, qui contiennent la moitié de leur poids de sels de potasse. Il semble que cela ne paie pas les frais de la récolte et de l’incinération.
- Sa destruction.^,-- Les moyens mécaniques sont impossibles ou tellement coûteux qu’il n’y faut pas songer. L’emploi des composés arsenicaux semble beaucoup plus intéressant. ^
- La solution d’acide arsenique à 2,5 pour 100 de Ass03 est employée à raison de 2,5 litres par 5o kg de plantes (620 gr. de As* O» pour 10 kg de plante à détruire).
- Si l’on peut procéder par pulvérisation, on peut se contenter d’une once d’une solution de 25 pour 100 de As2 O" par 5o kg de plante à détruire (soit 16 gr. de As2 Os par 100 kg de plante à détruire).
- Le gouvernement du Queensland a fait ériger une petite usine de As2 O5 dans ce but. On se sert aussi de de As Cl3 (trichlorure d’arsenic) pour le pulvériser dans les buissons les plus épais. Il en existe une usine à Melbourne.
- On s’est aussi servi d’un mélange de As2 O* (acide arsénieux), de soude caustique et de se] commun; mais ce mélange exige beaucoup d’eau, et l’eau est souvent un produit rare dans les lieux où croît ce végétal indésirable.
- Le prix de cette destruction varie entre 2 livres et 4 livres par acre (5 livres à 10 livres 6 shilling par hectare). r
- H y a un bon bénéfice si la terre récupérée est fertile, mais il n’en est pas toujours ainsi.
- Ou a également essayé de détruire les cactus par 1 action de certains insectes et. de certains champig’nons. Le Ministre de l’Agriculture de la Nouvelle-Galles du Sud a promis 100000 francs à 1 auteur d’une découverte efficace de ce genre. Il en est de même dans le Queensland.
- Le laboratoire édifié pour cette étude de chimie biologique, qui intéresse tous les pays tropicaux, reçoit 3oooo francs par an sans compter 20000 francs par an pour chaque entomologiste (J).
- Qui veut la fin veut les moyens pensent, avec raison nos amis australiens. M. Lebureau d’Australie a les idées larges. Albert Hutin.
- 1. Renseignements issus en partie du Bull, m, Just. Se. etlnd Austral, 1919.
- ,J§SÜ
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- X-:.
- Nouveau procédé de détection de l’oxyde de carbone. — L’oxyde de carbone, on le sait, est un gaz extrêmement délétère, mortel même à faibles doses, dont le plus grand danger réside dans son absence d’odeur. Produit par la combustion incomplète du charbon, il se dégage chaque fois que le tirage de nos cheminées devient insuffisant. Si les accidents mortels sont exceptionnels, les malaises produits par son mélange en minimes quantités à l’air que nous respirons sont fait banal et meme trop souvent méconnu.
- Il y a donc un intérêt de premier ordre à pouvoir déceler la présence de l’oxyde de carbone dans l’atmosphère, même aux très faibles doses —- souvent moins d’un millième — où il ne provoque pas d’accidents immédiats.
- Le.problème est difficile à cause des faibles affinités chimiques de ce gaz, et si beaucoup de procédés ont déjà été imaginés aucun n’est tout à fait satisfaisant. Beaucoup, exigent une installation compliquée et une manipulation délicate. En voici un, beaucoup plus simple, que MM. Desgrez et Labat viennent de faire connaître à l’Académie de Médecine après l’avoir imaginé et expérimenté pendant la guerre.
- Voici, d’après ces deux auteurs, le mode de .j>repa-ration et d’emploi de leur réactif :
- Préparation. — Une grande feuille de papier non collé, à grain fin, est plongée dans une solution aqueuse, au centième, de chlorure de palladium neutre. Après dessiccation, autant que possible dans l’obscurité, la feuille est découpée en bandelettes de i5 x 55 millimètres. Le papier réactif ainsi obtenu présente une coloration jaunâtre. Si 1 on en plonge une bandelette dans l’eau, sur la moitié de la hauteur, qu’on la retire rapidement, en l’agitant pour égoutter l’eau en excès, et qu’on la suspende dans l’atmosphère suspecte, on voit se produire, en 5 ou 6 minutes au plus, le virage de la couleur du papier, qui passe au gris léger, au brun ou au noir foncé, suivant les proportions d’oxyde de carbone. La portion de la bandelette qui n’a pas été trempée dans 1 eau ne se prêtant, en un temps aussi court, à aucuue réaction sensible, sert de terme de comparaison pour apprécier l’intensité du virage. La présence d’hydi'ogène sulfuré peut provoquer le noircissement du papier sans présence d’oxyde de carbone, mais si les gaz de l’atmosphère suspecte traversent un tube contenant de l’acétate de plomb, cette cause d’erreur se trouve évitée, et
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- d’ailleurs l’hydrogène sulfuré se révèle par son odeur. | Pour mettre à profit la réaction I précédente dans les conditions les plus favorables, on emploie un appareil très simple (fig. i) composé d’un flacon F, fermé par un bouchon traversé par un tube de verre T ; ce tube contient de l’acétate de plomb qui arrêtera éventuellement l’hydrogène sulfuré. À sa partie supérieure, il porte une poire de caoutchouc P. Le bouchon présente une rainure permettant le passage de l’air intérieur lorsque celui-ci sera chassé par les compressions successives de la poire et remplacé par l’air à examiner. Le même bouchon porte, à sa partie inférieure, un crochet G auquel on adapte le papier réactif conservé à part, dans un flacon bien bouché et à l’abri de l’humidité.
- Mode opératoire. — A la partie supérieure d’une lame de papier réactif, on fait un trou à l’aide d’une épingle; on trempe le papier dans
- l’eau d’où on le retire rapidement. Après l avoir égoutté par agitation, ou le üxe au crochet C et on replace le bouchon sur le flacon.
- Par une vingtaine de compressions de la poire P, on remplace l’air du flacon par l’air extérieur. Pour une proportion d’oxyde de carbone de i/3ooo à 1/1000 en volume, on voit, au bout de 5 à 6 minutes, le papier prendre une teinte grise très nette. Au-dessus de la dose de i/iooo, la réaction est d’autant plus rapide et la teinte d’autant plus accentuée que la dose d’oxyde de carbone est plus forte.
- S’il s’agissait d’examiner l’air d’un local inoccupé dans lequel on soupçonnerait la présence de fortes proportions d’oxyde de carbone, on préparerait, à l’extérieur, le papier et l’appareil; on pénétrerait dans le local juste le temps d’effectuer le prélèvement et on ressortirait aussitôt pour examiner le papier.
- Voici donc un moyen simple, à la portée de tous, pour s’assurer de la salubrité de l’air des logements pendant la saison d’hiver, alors qu’ils sont presque toujours clos et munis d’appareils de chauffage. Si, exceptionnellement, le brunissement du papier pouvait être dit à un autre gaz que l’oxyde de carbone, par contre, le fait qu’il ne vire pas est une garantie absolue de l’absence de danger. R. M.
- JfcD
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Oüâf
- Blanchiment des manches de couteaux en os ou en ivoire. — On commence par laver dans une solution de carbonate de soude à 5 pour too, après rinçage on sèche et place dans une caisse vitrée ou mieux sous une, cloche de verre, en mettant à côtp un vase plat contenant de l’essence de térébenthine. Le tout est exposé à la lumière pendant quelques jours et de temps à autre on retourne les objets, le blanchiment est rapide et se trouve activé si les pièces à blanchir sont disposées sur de petits chevalets en zinc plutôt que de les mettre aplat.
- Enduit rouge pour lampes électriques de labo-
- ratoire :
- Prendre : Auramine............... . 3 gr.
- Safranine................... o gr. 5o
- Acide acétique cristallisé. 5 gr.
- Gélatine blanche .... 20 —
- Eau........................5oo —
- Faire gonfler la gélatine dans l’eau pendant 12 heures, dissoudre ensuite au bain-marie et ajouter successivement dans la solution chaude l’auramine, la safranine, puis l’acide acétique.
- Après avoir rendu bien homogèue on trempe les ampoules dans le liquide tiède et on laisse sécher.
- Colle pour le cuir :
- Gutfa-percha divisée .... 25 gr.
- Sulfure de carbone.........200 cm5
- On laisse digérer dans un flacon bien bouché, en agitant fréquemment jusqu’à dissolution complète, puis on ajoute :
- Essence de térébenthine . . 200 cm3
- Après homogénéisation on laisse reposer et on décante le liquide clair dont on se sert pour enduire les parties de cuir à réunir, préalablement passées au papier de verre et dégraissées au moyen d’un chiffon imbibé d’essence. Finalement on presse et laisse sécher avant de mettre en service.
- Noircissement du fer ou de l’acier :
- Acide chlorhydrique concentré . 3o gr. Bichlorure de mercure. . . . . 10 —
- Bichlorure de cuivre............ 5 —-
- Chlorure de bismuth............. 5 —
- Perchlorure de fër.............. 5 —
- Faire dissoudre dans l’ordre indiqué, en chauffant légèrement au besoin; laisser refroidir et ajouter :
- Alcool à 900....................a5 cm3
- Pour l’emploi, étendre de son volume d’eau et enduire l’objet de la mixture au moyen d’un pinceau sans garni-
- ture métallique en répétant l’opération jusqu’à intensité voulue.
- Pour bonne conservation du bronzage, faire ensuite bouillir l’objet dans l’huile de lin.
- Pour rendre transparentes les enveloppes de lettres. — On commence par découper dans une plaque de zinc une ouverture aux dimensions de la surface que l’on veut rendre transparente, puis on l’applique sur l’enveloppe et on badigeonne la partie libre de la mixture
- suivante :
- Cire blanche...............^. 20 gr.
- Essence de térébenthine. . 1000 cm3
- On laisse sécher, puis on passe à l’étuve chauffée vers 8o» C.
- Nickelage direct de l’aluminium. — Il est assez difficile de déposer directement sur l’aluminium une couche bien adhérente de nickel. Aussi jugeait-on généralement nécessaire, dans les ateliers électrochimiques, d’effectuer le nickelage sur un dépôt préalable de cuivre, de fer ou de zinc. M. J. Canac a réussi à obtenir un dépôt direct en couche adhérente, après avoir décapé l’aluminium de la façon suivante.
- Le métal est d’abord passé dans une solution bouillante de potasse caustique ; on le lave, puis on le brosse avec un lait de chaux; après un lavage à l’eau pure, on l’immerge pendant quelques minutes dans un bain de cyanure de potassium à 2 pour 100. On le lave de nou-
- veau et on le trempe dans :
- Eau.....................5oo c. c.
- Acide chlorhydrique.... 5oo gr. Fer...................... 1 —
- Celle immersion est prolongée jusqu’à ce que l’aluminium prenne un aspect particulier, rappelant le moiré métallique du fer-blanc soumis à l’action de l’acide chlorhydrique et de l’acide nitrique. Après un dernier lavage à l’eau pure, on procède au nickelage, dans le
- bain suivant :
- Eau...................... 1000 c. c.
- Chlorure de nickel. ... 5o gr.
- Acide borique. ..... 20 —
- Le dépôt est très solide et supporte le martelage. On peut courber les plaques sans provoquer des craquelures, et c’est seulement par cassure que l’aluminium est mis à nu. Le métal supporte réchauffement, sans déformation, jusqu’au point de fusion de l’aluminium. Il ne s’altère pas à l’air humide, résiste à la plupart des réactifs chimiques et n’est pas attaqué par les vins et les alcools. L’emploi en est tout indiqué dans les cas où l’on a besoin d’un métal léger, résistant et inaltérable.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d un interet general qm lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond egalement, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qm lui parviennent accompagnées d’une bande d ahonnemc jt. lin raison de l’abondance de la correspondance et des reclicn .ms souvent necessaires, il ne peut être répondu que dans un delai de dix à quinze jours. *
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les
- dCP,°MMlrmPn.Ur la FranCe des CMul^ AUen-Moore sont MM. Phillips et Pain, i, rue Taitbout, Paris.
- Réponses.— M. Ducourret, à Clichy.- Le reboucha™ des fissures dans la fonte se fait très facilement et avec une gi ande adhérence, au moyen du mastic suivant, à la condition que Je mêlai soit bien décapé et exempt d'oxydation.
- Un mélangé : Fleur de soufre. . . . gr.
- Sel ammoniac.......... 3 ______
- Limaille de fer ... . 95 —
- Et on imbibe le produit d’une solution renfermant ô pour 100 de vinaigre, additionnée de quelques gouttes d acide sulfurique, de telle manière que l’on obtienne une pale épaisse. On se sert de celle-ci pour reboucher les cavités, on lisse au moyen du couteau de vitrier et laisse durcir quelques jours.
- M. le D' Vautier, à Jouy-en-Josas. — 1° Les tubes 1 ormes d un bout pour baromètre normal sont de fabrication courante et se trouvent chez tous les fabricants de verrerie soufflée : Fontaine, rue Monsieur-le-Prince ; Chenal et Douilhet, rue de la Sorbonne. -2° Le mercure se debarrasse facilement des impuretés accidentelles, poussières, débris, oxyde, par filtration ou plutôt par écoulement dans un cornet de papier à la partie inférieure duquel on ne laisse, qu’une très petite ouverture, toutes les impuretés non solubles sous forme d’amalgame sont retenues par les aspérités du papier et le mercure s écoulé limpide et brillant.
- M. Varennes, à Asnière.s. — Nous ne connaissons pas la marque spéciale dont vous parlez, mais il s’agit très pi obablement d une formule analogue à la suivante :
- Nitrate d’argent................. a5 gr.
- Chlorure de sodium ...... iQO ___________
- Crème de tartre............... g0
- Après broyage on mélange intimement.
- Pour l’usage, délayer un peu de la poudre dans une quantité d eau suffisante pour former une pâte et appli-quci en frottant sur 1 objet que l’on désire argenter, taire plusieurs applications, laver, sécher et polir avec un chiffon fin.
- M. B. B., à Cognac. — Il est très facile de roder les bords d un récipient pour obtenir une fermeture hermétique. Pour cela, on prend une plaque de verre épaisse que 1 on met à plat sur une table en interposant une sei\ietle pliée en quatre de façon à donner de la souplesse à 1 installation et à éviter la résonance. Puis on saupoudre la plaque de sable fin que l’on humecte d’eau en quantité suffisante pour obtenir une pâte fluide. On applique alors le bord à roder et on tourne doucement jusqu’à ce que l’usure ait déterminé un plan parfait sur le bord, ce dont on se- rend parfaitement compte, les parties enlevées étant dépolies, alors que les parties non atteintes restent transparentes. Finalement avec une toile émeri mise à cheval sur le bord on abat les arêtes et on obtient ainsi en 10 à i5 minutes le résultat désiré.
- Au cas où on désirerait faire le rodage à l’intérieur d’un couvercle formant capuchon, on opérerait de la meme manière en introduisant la bouillie sableuse entre les bords du récipient et ledit couvercle auquel on donnerait ün mouvement giratoire. Dans ce cas il faut, bien entendu, que les parties à joindre ne présentent pas primitivement de jeu, ce que le rodage ne ferait qu’augmenter.
- à Paris* ~~ l° C’est habituellement le bisulfite de chaux qui est employé pour muter les boissons, c’est-à-dire empêcher la fermentation-; la dose à employer est de i5 à 20 gr. par hectolitrè et son emploi est sans danger, mais l’acide sulfureux mis en-liberté par les acides organiques n’est pas sans action sur les produits qui donnent le bouquet, en particulier dàns le cas du cidre, tin essai préalable sur une petite quantité s’impose avant de traiter la totalité afin de se rendre compte de l’effet produit.
- 2 L expérience que vous nous sigualez, de remise en foiicliouueinént d’une pile pou,r lampe de poche en la
- traitant comme un accumulateur, n’est pas, croyons-nous, une recharge dans le sens exact, car l’un des produits constitutifs, 1 ammoniaque du chlorhydrate, a disparu sous forme de gaz dans le fonctionnement de 1 élément de pile par suite de la réaction :
- 2 (AzH4 Cl) + Zn = ZnCl2 -f 2 AzH» ^ .2H A*.
- Nous pensons qu il y a seulement revivification du dépolarisant et reformation de bioxyde de manganèse après électrolyse de l’eau
- Mn'-O5 -f- O = i(MaO!).
- Ce qui permet à la pile de fonctionner à nouveau si elle renferme encore suffisamment de chlorhydrate d’ammoniaque et de zinc.
- M. Bakx, à Niçe. — T Nous publions d’autre part une recette pour le noircissement du fer et de l’acier.
- 2° Les lampes demi-watt sont à filament de tungstène obtenu par réduction de l’oxyde de ce métal.
- d/.. H. Gillya Boufarik. — Pour désodoriser les récipients ayant contenu du pétrole ou de 1 essence, on commence par les remplir d’eau complètement de manière à enlever le plus possible par dégorgement le produit résiduel, ce qui en meme temps chasse la masse gazeuse odorante qui remplit la cavité. Ensuite 011 rince avec un lait de chaux à io»Baumé, on laisse en contact quelque temps, rince et traite par une solution de chlorure de chaux dans les mêmes conditions de concentration et de duree. Finalement on rince à plusieurs eaux en prenant soin de toujours remplir.
- M. Destriau, à Bordeaux. — 1° Le télescope de Foucault n est pas à proprement parler un appareil spécial, ce n’est autre chose que le télescope de Newton dont vous trouverez la description dans tous les traités de physique auquel on a apporté les modifications suivantes : Les miroirs sont en verre argenté au lieu d’être en bronze, ce qui donne une plus grande clarté, et leur forme est parabolique au lieu de sphérique d’où suppression de l’aberration de sphéricité. Le petit miroir incliné à 45° est remplacé par un prisme à réflexion totale, la
- quantité de lumière réfléchie est ainsi plus grande. Lnfin 1 image reelle ainsi ^obtenue étant beaucoup plus nette peut supporter un grossissement plus fort et on substitue à la lentille oculaire de Newton un oculaire à quatre lentilles formant oculaire terrestre qui redresse 1 image et permet de diminuer la longueur de l’instrument.
- 2 L uranium s extrait de 1 uranite en opérant ainsi : le minerai finement pulvérisé est attaqué par l’acide azotique, on évapore à sec et reprend par l’eau qui laisse le sulfate de plomb, l’arséniate et l’oxyde de fer. Le liquide filtré est concentré jusqu’à commencement de cristallisation. Les cristaux séparés sont traités par l’éther qui seul dissout le nitrate d’urâne, lequel reste à l’état de pureté après évaporation du solvant.
- Par calcination, le nitrate donne de 1 oxyde d’uranium que l’on transforme en chlorure, celui-ci fondu avec le sodium fournit l’uranium métallique en globules après lixiviation à froid.
- M. J. B. — Le carbure de calcium a pour point de départie carbonate de calcium qui par calcination donne la chaux nécessaire à 1 opération éleciro-cliimique, il n’y aurait donc pas d utilisation nouvelle du calcaire. Quaut à 1 emploi de 1 acétylène pour le chauffage elle est subordonnée au prix de vente du carbure qui est encore trop élevé; théoriquement, la puissance calorifique de l’acétylène est de i43o calories au mètre cube ou de 12200 au kilogramme. On peut espérer que la mise eu valeur des chutes d’eau permettra dans un avenir prochain d’obtenir le carbure à des prix plus avantageux.
- Dr A. F., à Montastruc-la-Conseillère. — i° Aucune coloration des parquets ne peut être effectuée d’une façon durable et résistant au lavage, car elle serait forcément superficielle. Le but ne pourrait être atteint que par une teinture des lames de parquet dans la masse avant la pose.
- a0 Les taches données parle bicarbonate de soude sur les meubles sont dues à la formation d’un savon par action alcaline sur le vernis qui se trouve détruit. Le seul remède est de dévernir entièrement,puis revernir à nouveau.
- 3° Guide du chauffeur d'automobile, par Zérolo, cliez Garnier, 8, rue des Saints-Pères, 3 fr. plus majoration. Manuel de l'automobiliste, par Razaud, Société dedi-tious, .-jo, rue de Seine, 3 fr. plus majoration.
- M. JT. Juin, a Lyon. — iu Les principales revues de
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- BOITE AUX LETTRES
- chimie qui paraissent eu France sout les suivantes : Annales de chimie analytique et de chimie appliquée, 13, rue de l’Odéon; Revue de chimie industrielle, 53 bis, quai des Grauds-Augustins ; Revue générale de chimie pure et appliquée, 15.5, boulevard Beaumarchais'; Annales de chimie et de physique, 120, boulevard Saint-Germain; Journal VIndustrie chimique, 32, rue Le Pe-letier; Chimie et industrie, 3q, rue des Mathurins; Le chimiste droguiste, 19, rue Jean-Jacques-Rousseau; Bulletin de la Société chimique de France, 120, boulevard Saint-Germain ; Revue des produits chimiques, 54, rue Turbigo ; Bulletin de l'Association des chimistes de sucrerie et de distillerie, 156, boulevard Magenta; Revue générale des matières colorantes, 4, rue de Stockholm. 20 Les meules ou agglomérés d’émeri sont constituées par un mélange de gomme laque, de résine et d’émeri plus ou moins gros suivant le service que
- doit faire l’appareil, ou peut prendre comme type les
- proportions suivantes :
- Gomme laque............... 2 kg 5oo
- Colophane................ 1 kg
- Emeri en grains..........10 kg
- On commence par fondre à feu doux la gomme laque et la résine, puis on y incorpore l’émeri, on moule à chaud sous pression et démoule après refroidissement. Avant de faire usage de la meule, il est nécessaire de décaper la surface par immersion dans un bain de soude caustique à 5° B environ.
- M. Bonnet-Thirion, à Paris. — L’ouvrage le plus récent que nous connaissions sur la question est celui de Maigne : Caoutchouc et gui la percha; éditeur, Mulo, 12, rue Hautefeuille, pour renseignements spéciaux, adressez-vous au journal Le caoutchouc, 49> rue des Mnaigriers, à Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
- OÉC
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous tes ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée des frais de port et d’emballage (pour la France, 5 °/0 des prix marqués; pour VÉtranger, 10 °/0. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.) =========
- Calcul, construction et essais d’une dynamo à courant continu, par F. Nègue. i vol. grand in-8e ( 16 X 25 cm), 302 lig. Béranger, éd., Paris 1919. Prix br. : 22fr. 5o.
- Cet ouvrage, professé à l’Institut électrotechnique de Lille, expose une méthode claire et rationnelle de calcul et construction d’une dynamo à courant continu. Un grand nombre d’exemples et d’applications facilitent la compréhension des méthodes exposées.
- Cours d’électrotechnique générale et appliquée, le courant alternatif, généralités, bobines et transformateurs, lignes de transmission, surtensions, par R. Swvn-giïdauw. i vol. grand in-8° (i6X25 cm), 234 fig- Lé-ranger, éditeur, Paris, 1919. Prix broché : 26 fr. 25.
- Ce volume étudie d’abord les propriétés du courant alternatif qui ne dépendent que de la période, il aborde ensuite les méthodes propres à la forme sinusoïdale; la décomposition de Fourieren harmoniques, les courants polyphasés, les bobines et les transformateurs et convertisseurs statiques et les compteurs. Dans la deuxième partie l’auteur s’est attaché surtout à l’étude des lignes et des surtensions; il a étudié successivement les phénomènes de capacité, de self-induction, l’effet Kelvin, les accidents de surtensions possibles dans les réseaux de faible et de grande étendue, par ondes stationnaires ou mobiles, par oscillations diverses produites par fermeture ou ouverture d’interrupteurs, phénomènes orageux, etc. Tous les faits précis et instructifs, relevés par l’expérience des réseaux, sont soigneusement notés et les moyens préventifs sont examinés pour chaque cas particulier. Ce livre n’est pas seulement un livre d’élèves, mais il rendra service aux ingénieurs praticiens à qui les phénomènes de surtensions réservent parfois tant de mécomptes.
- Les glaciers et les montagnes, par Stanislas Meunier. 1 vol. in-16, 262 p. Bibliothèque de Philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix net : 5 fr. 75.
- Notre éminent collaborateur, professeur au Muséum, vient d’écrire un livre qui, en même temps que la description de l’un des traits les plus grandioses du globe, donne l’explication de phénomènes dont la parfaite intelligence est seulement d’aujourd’hui. C’est dire qu’il s’adresse au grand public, amateur d’idées et aussi de la merveilleuse histoire de notre planète. L’activité véritablement vitale du glacier y est présentée sous un jour saisissant et la progression des rubans de glace s’y révèle, grâce à l’harmonie qui régit toute la nature, comme une simple variante,
- dont les conditions sout néanmoins très spéciales, des réactions qui, par le charriage des lames rocheuses souterraines, engendrent des chaînes de montagnes, notion nouvelle qui paraîtra indubitable au lecteur.
- Essai d’olfactique physiologique, par A. Hevninx. Thèse de la Faculté de Médecine de l’Université de Bruxelles. 1 vol. in-4, 290 p. Yve Larcier, Bruxelles.
- Gros travail de physique physiologique pour connaître le mode d’action des odeurs sur l’appareil olfactif. L’auteur passe en revue les sources d’odeur, la propagation de celles-ci, l’appareil récepteur au moyen d’une bibliographie très complète. Il cherche la forme de l’énergie odorante et, après avoir discuté les nombreuses théories actuelles, il aboutit à cette conception que les molécules odorantes sont douées de vibrations de l’ordre de l’ultra-violet et forment sept groupes : âcre, pourri, fétide, brûlé, épicé, vanillé, éthéré, correspondant à des longueurs d’ondes l comprises entre o.35 et 0.20 g. Ces molécules se condensent sur le mucus olfactif et lui communiquent leurs vibrations. Le pigment des cellules olfacto-sen-sorielles amplifie probablement cette action par résonance.
- Contribution à la physiologie de la vision, par sm Charles Wiieatstone ( i838-i 85a). Traduit de l’anglais, complété par des conseils pratiques et des planches d’exercices pour faciliter la vue à l’œil nu du relief des clichés stéréoscopiques, par Pierre Th. Duiour. 1 vol. in*4, 87 p., 4 pi- Imprimerie La Concorde, Lausanne.
- Le mémoire de Wheatstone, dont la première partie parut en 1838 et la seconde en i85a aux Plüloso-phical Transactions de Londres, est l’ouvrage fondamental relatif à la vision binoculaire, dont il découvrait le rôle dans la perception du relief. M. Dufour a tenu à publier la traduction française de ce travail classique qui n’a pas vieilli. Il l’accompagne de conseils et de planches pour que chacun s’exerce à voir les clichés stéréoscopiques sans stéréoscope.
- Universitatum et eminentium scholarum Index generalis. Annuaire général des Universités, publié sous la direction de R. de Montessus de Ballore. i vol. in-18, 768 p. Gaulhier-Yillars et Ci8, Paris. Prix net :
- Jusqu’à présent les renseignements de cette nature ne se trouvaient que dans des Iahrbücher tels que Minerva. Nous ne pouvions laisser aux Allemands le monopole des annuaires internationaux dont ils usaient trop à leur profit. Ce livre est une de nos plus utiles réactions de victoire. L’ouvrage mis à jour par les autorités universitaires de chaque pays à la date la plus récente comprend des renseignements généraux sur l’organisation de l’enseignement dans chaque état, l’énumération des Universités et Ecoles, les cours qui y sont professés, les noms des professeurs. Une table alphabétique permet de retrouver facilement ces derniers. Enfin, une liste spéciale indique les savants qui désirent échanger leurs travaux.
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- LA NATURE
- ‘ Supplément.
- N» M94
- 14 Février 1920.
- Un carieux phénomène. — Relativement au « curieux phénomène » publié sous ce litre dans le u° du iS octobre 1919 (communication du capitaine Arduiu), et dans celui du i3 décembre 1919 (communication de M. Pasque), M. Haret nous adresse les détails suivants, pour contribuer à l’éclaircissement de cette question :
- « Dans les montagnes Bucegi (Roumanie), il y a la cabane dite « Casa Caraiman » à 2100 m. d’altitude, située dans la Valea Jepilor, une des plus escarpées et des plus intéressantes vallées de ce gigantesque massif. Celle-ci est bordée à droite (Sud) par les parois souvent à pic des Jepii-Mici (21S0), et à gauche (Nord) par la formidable muraille rocheuse du Caraiman (2390). Au fond (Ouest) se trouvent les Babele (2220), et, à l’Est, l’ouverture béante de la vallée, qui, dégringolant une pente effrayante, donne libre accès aux plus puissants courants aériens.
- « La Casa Caraiman est construite donc au fond de la vallée, à 3oo m. au-dessous des plus grands sommets environnants et sur le bord même d’un précipice d’au moins 400 m. de profondeur. A partir de cet endroit et jusqu’à 200 m. plus bas, la vallée, dont la largeur générale moyenne est approximativement de 100 m., pré-
- Motagna âaàa Mare
- * Sommet Caraiman 2.397
- Motagna Sabc/e 2.200
- /jrète de /& paroi rocheuse du Caraiman
- Ja Casse de gauche
- gcipice
- tic /ocrent de VafêâTJepiiar '£ ‘éehancrure de droite
- *Jepiiar
- "Arête rocheuse des Jépf
- Sommet Jepii M ici
- 2.2SO
- sente deux échancrures; celle de droite ne nous intéresse pas, tandis que celle de gauche se rétrécit en une véritable casse alpine, large d’une dizaine de mètres, le long de laquelle un violent courant d’air circule parfois de bas en haut.
- « Par les matinées fraîches et sereines, on peut avoir la chance de rencontrer ce souffle puissant, lequel alors est si fort qu’il peut rendre la descente dangereuse. »
- « Une fois échappé à l'étreinte de ce couloir rocheux, c'est-à-dire une fois la Casa Caraiman dépassée, le courant débouche dans l’élargissement supérieur de la vallée, où l’air qui se dilate brusquement continue son mouvement ascendant, en léchant, de façon discontinue, tantôt les parois des Jepi, tantôt celles du Caraiman.
- « En ces moments, dans le fil de la vallée, il y a peu ou pas de vent. Autrement dit, le point Casa Caraiman devient en ces circonstances la base d’un mouvement giratoire, provoqué par l’enceinte naturelle environnante, haute de 200 à 3oo m., au diamètre d’environ 200 m., et dont le centre serait une cascade A à une centaine de mètres en amont du point B ou Casa Caraiman,
- « Pour achever la description de cette région, j’ajoute que chaque fois que le courant d’air suit un mouvement ascensionnel à gauche de la Casa Caraiman, du brouillard blanc apparaît au-dessus de cette maison, lequel disparaît d’habitude complètement plus haut. Ce phénomène s’explique aisément. L’air, emprisonné dans le couloir rocheux, contient naturellement de l’humidité à l’état invisible, laquelle, lorsque la dilatation brusque a lieu, se condense et devient visible. Plus haut, cette vapeur d’eau suivant avec une grande vitesse la trajectoire autour des crêtes sommitales, où elle rencontre certainement des régions plus froides, une augmentation passagère de pression et surtout un air très sec, redevient invisible. C'est ici que le phénomène intéres-
- sant, ayant beaucoup d’analogie avec celui observé par MM. Ard-uin et Pasque, commence.
- cc Lorsque le courant d'air qui traverse le couloir rocheux suit avec violence un mouvement ascensionnel, on peut observer, du centre A, la formation périodique d’un nuage blanc comme la neige, à forme parfaitement définie — qui est exactement celle de notre enceinte naturelle — et dont les bords sont nettement tranchants. Tant que le tourbillon souffle avec furie, le nuage, malgré la limpidité toujours resplendissante du ciel, persiste. Il suffit que le vent saule — accident fréquent lorsque le mauvais temps approche — ou qu’il tombe pour que le nuage se dissipe instantanément, et, chose intéressante, toutes les étoiles cachées antérieurement derrière ce nuage, glissent rapidement vers l'Est, c’est-à-dire vers l’ouverture de la vallée, pour revenir insensiblement à leur place primitive quelques instants après. Tout cela nous dit que, pour que ce dernier phénomène ait lieu, un régime de rafale est nécessaire, et son explication serait la suivante : j’ai dit que le courant d’air contient de la vapeau d’eau, et certainement beaucoup de vapeur d’eau, amassée et charriée au-dessus des grandes étendues de forêts situées entre 800 et 1700 m. d’altitude. Au centre A de ce mouvement de translation, l’air est immobile, et les conditions de pression, de température et de densité sont telles, que 1 humidité y est attirée avec force, aspirée, condensée en nuage et accumulée tant que dure le souffle de la rafale. Celle-ci calmée, le nuage se dissipe vers 1 Est, s’évapore et redevient invisible. Le phénomène recommence aussitôt qu'un nouveau souffle de la rafale intervient.
- « La réfraction de la lumière stellaire à travers ces différentes couches d’air, au moment de lu disparition du nuage géométrique, dont la densité et la température doivent être très différentes, expliquerait suffisamment l’impression de chutes d étoiles qu’a l’observateur. Le courant d’air ne peut s’écouler que vers l’Est, seul côté ouvert; au N., à l’O. et au S. s’étendant la grande masse du massif des Bucegi. Ce détail topographique montrerait encore que ce phénomène se passe à une faible hauteur, qui ne dépasserait pas 2400 m,, c’est-à-dire 1 altitude moyenne de ces magnifiques montagnes ».
- « Ce phénomène est rare. J’explore et j étudié les Bucegi, depuis 18 ans; pendant ce long intervalle, je me suis trouvé à la Casa Caraiman 69 fois et à toutes les heures du jour ou de la nuit, et je n’ai eu la chance d’une pareille observation que 3 fois : la'nuit du 28-29 juillet igo3 à 4 h.-3o du matin; la nuit du 3o-ic‘‘juillet 1907 à 4 heures du malin et la nuit du 4-5 août igi5, de 4 à 5 heures du matiu ».
- « Ainsi que je 1 ai dit plus haut, le phénomène ne peut se produire qu à 1 aube, par ciel absolument pur et par ouragan E.-O., qui se transforme en tourbillon supérieur, après le passage à travers l’échancrure rocheuse de gauche. Au moment du lever du soleil, de brusques sauts de température se produisent sur ces hautes cimes. Grâce à eux, nous pouvons assister à la chute des étoiles.
- « Vu la similitude de ce phénomène avec celui observé par MM. Arduin et Pasque, je pense que la seule vraie explication est celle donnée par M. Pasque et par moi; en l’espèce, un mouvement tourbillonnaire cause le phénomène entier; je ne crois pas qu’on puisse encore soutenir la théorie du mirage. »
- Michel Haret. Géographe et naturaliste amateur, membre du Club Alpin français et de la Société Itoyale de Géographie roumaine, Bucarest.
- Crayons de plombagine. — 11 a dû bien souvent venir à l’idée de quelques-uns de nos lecteurs de se demander quelle a été l’origine du crayon dont nous nous servons depuis notre enfance, et qui était déjà un objet de première nécessité pour bien des générations qui ont devancé la nôtre.
- Si l’on en croit M. Anisworth Mitchell qui s'ost passionné pour cette question, au point de vue chimique, aussi bien eu ce qui coucernc les recherches pour la détermination de 1 âge des écrits faits au erayen, que de
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- INFORMATIONS
- I origine des crayons ayant produit telle ou telle écriture, les premiers crayons dateraient du commencement du xvt° siècle.. Ils étaient composés d’alliages de plomb en baguettes ; ces baguettes étaient enveloppées dans des feuilles de parchemin. On s’en servit jusqu’au xvin' siècle. On se servit aussi du classique mélange de d’Àrcet, i5 parties de plomb, 8 de bismuth et 2 d’étain.
- L’alliage de Rose eut aussi un certain emploi :
- i partie de plomb, î d’étain et 2 de bismuth.
- Certains de ces alliages étaient additionnés de quelque peu de mercure, afin de leur communiquer moins de dureté, c’est-à-dire de ne pas rayer le papier trop profondément. L auteur rappelle les crayons de Garlier, encore en usage en Allemagne, qui sont composés de 70 parties de plomb, 3o parties de bismuth, et 8 de mercure.
- Jusqu’en i56o, on ignorait ce qu’était le graphite, puisque c’est à cette époque que furent découvertes les mines de graphite de Borrowdale, dans le Cumberland; aucune autre mine de graphite ne fut découverte en Europe, jusque vers i85o.
- Le graphite divisé en tiges fines avec une lame formant coin était collé dans une tige de bois rainé. L’autre tige était collée ensuite.
- La première trace d’écriture faite avec un crayon de plombagine se trouve dans un livre de Gesner : « De rci’um fossilium Lapidum et Gemraarum Gencre ». Année 1565, vol. il, p. ioî>.
- Dans sou texte, l’auteur déclare que la matière nouvelle, qui sert à faire les crayons, est une sorte de plomb qu’il appelle « antimoine anglais ».
- Cœsalpinus (De metallicis, Libri Très), Paris, 1602, chapitre vm, page '86, lui donne le nom de pierre de Flandre, car il était importé d’Angleterre par les Flandres; les Allemands l’appelaient bismuth, le considéraient comme un alliage d’antimoiue et d'autres métaux.
- C'est .Scheelc, qui, en 1779, montra la nature carbonée du graphite, lire (1823) disait que l’on améliorerait les crayons de. graphite en les imprégnant d’huile : on les rendait plus doux. D’autre fois, on les chauffait dans des creusets lutés, alin de les rendre plus durs, suivant l’usage auquel les crayons étaient destinés.
- Vers 1840, les mines de Borrowsdale, qui étaient les seules connues au monde, s’appauvrissant, on rechercha les moyens d’utiliser les « fines » de graphite, accumulées depuis de longs siècles, et jusqu’alors sans usage.
- Le brevet Brochedon (Br. anglais 9977 de 1843) fut longtemps employé pour le travail de ces « fines ».
- Il consistait à soumettre la poudre extra-fine de graphite à une pression formidable de 5ooo tonnes par pouce carré ; en même temps la masse pressée se trouvait soumise à un vide relatif. On obtenait ainsi des blocs de graphite, susceptibles d’être sciés aussi bien que du graphite naturel.
- Disons maintenant quelques mots de l’historique des crayons Faber fabriqués dès 17O1 à Nuremberg.
- Ils étaient composés de graphite pulvérisé, de soufre, de gommes résines, etc.
- Et terminons par quelques indications sur la fabrica tion des crayons Conté ; la première usine en fut fondée en 179b.
- De l’argile lévigée extra-fine est mélangée en pâte line avec du graphite et de l’eau. Cette pâte est boudinée on fils fins. Ces fils sont séchés soigneusement et chauffés en creuset lu té et collés, comme à l’habitude, dans des bois rainés.
- La dureté du crayon varie avec les proportions relatives d’argile et de graphite.
- Dans la suite, on ajouta de la cire au mélange. Mais cette cire était introduite dans le mélange graphite argile par le moyen du vide. La cire remplissait ainsi les pores du mélange et donnait du glissant au crayon. On a ajouté dans la suite du noir de fumée, du soufre, de la résine. Les anciens graphites du Cumberland avaient une grande douceur, mais actuellement on en a d’aussi bons.
- Les graphites sibériens sont les plus réputés après ceux de Suède. Ceux de Madagascar sont excellents aussi.
- Ce qu’il faut considérer dans un graphite, c est :
- i° La proportion de carbone;
- 20 La proportion de silicates;
- 3° La proportion de fer.
- Outre ces conditions, la texture, microscopique à aussi uuc très grande importance. Il faut aussi tenir compte de l’examen microscopique des traces laissées sur le papier.
- Ainsi, des graphites de Borrowdale, pauvres cil carbone, ont donné des résultats meilleurs que d autres plus riches en carbone. Axkert Butin.
- La production artificielle du diamant. — Les
- Transactions oj'the Royal Society, de Londres, du 16 décembre, contiennent un mémoire de Sir A. Parsons sur les recherches qu’il a entrepi’ises dès 1887 en vue de la production du diamant au laboratoire. 11 a fait agir isolément ou simultanément sur différents produits carburés : la pression, la compression brusque, les hautes températures, les agents chimiques, le vide, les rayons X.
- Tous les hydrocarbures, les chlorures et les oxydes de carbone déposent du carbone amorphe ou du graphite quand on les chauffe électriquement sous des pressions allant jusqu’à 6000 atmosphères.
- À iSooo atmosphères, chauffés électriquement, le charbon et tous les graphites sont transformés, soit en graphite mou, soit, d’abord vaporisés, puis condensés à l’état de graphite mou.
- Une rapide compression, une pression momentanée de i5ooo atmosphères, et une température supérieure à celle de la vaporisation agissant sur un mélange gazeux d oxyde de carbone, ou d’acide carbonique, d’hydrocarbure et d hydrogène inclus dans du fer fondu, donnent naissance à un diamant. Il est probable qu’une pression momentanée de 3ooooo atmosphères est nécessaire à sa formation.
- L’auteur a refait toutes les expériences qui auraieut fourni du diamant, il ne s’en est pas produit. Là présence du fer paraît cependant nécessaire. Le poids des diamants obtenus, toujours microscopiques, est 1/20000 de celui du fer dans le cas le plus favorable.
- Un agent thérapeutique mercuriel nouveau et de grande puissance. — Le Journal of Society of Chemical, hidustry du i5 janvier 1920, page 14 R, signale une série d’études faites par les Drs Young, White et Swarlz, de l’hôpital Johns Hopkins, qui les ont amenés a la découverte d’un composé thérapeutique très actif, très nocif pour les bacilles les plus rebelles, et relativement très peu toxique pour l’homme. Il aurait des qualités pénétrantes, quoique peu irritantes.
- C’est la dibromoxymercurefluoresciuc ou son sel de soude; ce dernier contiendrait ah pour 100 de mercure .
- Une solution au 1/1000/ tuerait le B. coli et le staphylocoque doré en une minute. L’organisme pourrait tolérer ce corps-à cette dilution, de 1 à 3 heures, sans inconvénient pour la vessie. Les injections sous cutanées à 1 pour 100 ne causent pas de douleur. Ce médicament est encore à l’élude, mais il donnerait les plus grandes espérances.
- Un pipe-line du Havre à Paris/— IJn projet a été récemment soumis au Ministre des Travaux publics et pris en considération, pour, la construction d’une canalisation ou pipe-line destinée à amener directement le mazout du Havre à Paris.
- D’après la ’ Revue générale d’Electricité, ce projet comporte : i° la construction et l’exploitation d’un appontement dans le bassin de marée du Havre devant servir à 1 accostage des tanks-steamer apportant les mazouts;
- 20 La construction d’un pipe-line de a5 cm de diamètre intérieur pour le transport des mazouts, avec 5 stations de pompage et de réchauffage; le débit maximum serait de 45oo t. par jour;
- 3° La construction d’un autre pipe-line établi au-dessus du précédent de 10 cm de diamètre intérieur avec les mêmes stations de pompage, destiné au transport du pétrole et de l’essence, et débitant 1000 t. par jour.
- L’itinéraire des canalisations projetées passe par Bol-bec, Tvetot, Barantin, Rouen et Pontoise, en suivant les routes. Des réservoirs d’environ 60000 t. de capacité sont établis aux stations de départ et d'arrivée. La dépense est évaluée à 90 millions de francs.
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- SCI EN
- jp. w
- V- i—l
- Chauffage
- Marmite norvégienne à lampe. — La marmite norvégienne, mise à la mode pendant la guerre enraison de la rareté du combustible, n’a rien perdu de son intérêt. Le combustible n’est pas près de se faire moins rare. L’appareil ci-dessous, imaginé par M. Bréon, est simple et pratique. Il offre la particularité de pouvoir être chauffé, et cela au moyen d une lampe à pétrole ordinaire. Il se compose d’une, chambre cylindrique en fer-blanc AA dont les dimensions dépassent, en tous sens, celles du vase destiné à contenir les aliments à cuire. Cette chambre est fermee en haut par un couvercle mobile muni d un tube TT, en bas par un fond portant également un tube qui vient y déboucher et dans lequel vient prendre place concentriquement la cheminée en verre de la lampe.
- Le vase de cuisson en fer battu, ou mieux en alumi-
- nium, repose sur 3 lames en
- .Couvercle & charnières
- Vaie <ie 'cj/ssa/i
- Muruiite norvégienne
- !'lg. I
- fer-blanc, coudées EEE, de sorte qu’entre lui et la chambre AA existe un espace annulaire d ans lequel circulent les gaz chauds fournis par la lampe L.
- La chambre métallique AA est encore entourée d’un cylindre de carton fort, fermé en bas oe par un fond en bois auquel est adapté en son centre un tube de carton d’amiante. Elle peut être retirée facilement de celte enveloppe pour en faciliter le neltoyage^s’il y a lieu.
- Enfin le tout est installé dans une caisse en planches , remplie de sciure de bois tassée. Un coussin MM, rempli de plumes ou de paille de bois, laisse passer en son centre le tube du couvercle delà chambre AA et assure la conservation de la chaleur pour la partie supérieure.
- Le contenu du vase de cuisson étant amené à l’ébullition sur un fourneau quelconque, on introduit ce vase dans la chambre AA en se ser-
- vant d’une anse amovible consistant en un simple lîl de fer mi peu fort coudé a fois à angle droit et terminé à ses a extrémités par des boucles qui s’accrochent aux oreilles GG. .
- On met eu place ensuite le çouvercle BB, le coussin annulaire MM, on rabat le couvercle à charnières de la caisse, on allume et règle la lampe L. Les gaz chauds qui en sortent circulent tout autour du vase de cuisson et s’échappent au dehors de la caisse par le tube TT.
- La vapeur qui se forme dans ce vase peut aussi s’échapper au dehors de la caisse par le tube S, concentrique à TT, dont est muni le couvercle en son centre. .
- Cet appareil est sans doute un peu plus compliqué que la marmite norvégienne ordinaire, mais il a sur celle-ci des avantages importants. -
- i° Maintien autant qu’on le veut de la température d’ébullition par les gaz chauds émis par la lampe;
- '.j.° Il n’est pas nécessaire de tenir plein' de liquide le vase contenant les aliments; il peut n’être rempli qu’à i/a, au i/3, aui/4; '
- 3° On peut, en ouvrant le système, regarder à tout moment ce qui s’y passe sans craindre le refroidissement, la chaleur qui se perd au moment de l’ouverture étant rapidement rendue par la lampe;
- ,-j° Il ü’est pas nécessaire de faire cuire partiellement
- sur un fourneau certains aliments pendant r quart d’heure, i demi-heure, i heure, suivant les barèmes livrés avec les norvégiennes du commerce, puisqu’on dispose constamment de la température de ioo° C. ;
- 5° On peut évaporer en partie les jus et sauces qui baignent les aliments et les concentrer, la vapeur pouvant s’échapper facilement en dehors par le tube S.
- La dépense supplémentaire n’est sans doute pas nulle, mais très faible, malgré le prix actuellement élevé du pétrole. Une lampe à pétrole dont le bec a un diamètre de 18 mm brûle par heure io grammes de pétrole à o fr. 90 le litre, soit ofr. on et maintient l’ébullition dans un vase plein d’eau de 10 litres de capacité.
- La cuisson terminée, on retire le vase central à l’aide de l’anse amovible qu’on adapte facilement à ses oreilles.
- M. Bréon, de Sernur (Côte-d’Or), qui nous a indiqué la construçtion ci-dessus, ajoute que depuis 2 ans il se sert couramment d’une marmite semblable qui lui donne toute satisfaction.
- 'Electricité
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- ï t- 1 >
- — Panneau boulon. t'hiipie support.
- Installation de sonneries volantes avec un circuit fixe. — Quand une personne, souffrante par exemple, se trouve dans une chambre d’une maison, elle doit avoir le moyen de pouvoir appeler à sou aide quelqu’un au moyen d’une sonnerie électrique.
- Si la personne requise doit changer fréquemment d’emplacement, il en résulte qu’il faut installer une sonnerie dans chaque pièce, ainsi qu’un bouton d'appel, et il s’ensuit un système assez complexe deréseau de fils, ce qui exige une plus grande quantité de piles.
- Nous allons indiquer un artifice qui n’emploie que deux fils et qui permet d’avoir un bouton d’appel dans tous les endroits que l’on veut, tout eu donnantle moyen de déplacer la sonnerie au point désiré sans aucun aul re 1 ravaii que la mise en place pour accrochage.
- On préparera autant de boutons d’appel que l’on désire sur des panneaux supports (fig, 2). Ces panneaux comportent un bouton ordinaire de sonnerie à la partie inférieure, relié à 2 vis électriquement. Ces deux vis constituent des bornes, ce qui permettra de placer le bouton en dérivation sur la ligne à •2 fils comme l’indique la figure f\.
- Ces panneaux seront placés par exemple à la tôle des lits dans les chambres.
- La sonnerie qui sera unique ou multiple, qu’on voudra ap- ;
- peler eu un ou plusieurs endroits à la fois, sera constituée ainsi ;
- Un panneau de bois comportera une sonnerie ordinaire etunepile sè-che(fig.3). Lesboi-nes seront constituées par deux agrafes qui permettent d’accrocher le panneau sonnerie surlepanneaubou-lon. Il f au tdoneque l’écartement des agrafes d soit le 'même que celui d. des vis bornes des tableaux boulons.
- Les connexions sont les suivantes.
- Le fil va de l’agrafe de gauche à une nerie, puis de la 2“ borne au charbon zinc de la pile à l'agrafe de gauche.
- suivant
- borne de la soude la pile et du
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- m
- SCIENCE APPLIQUÉE
- np.
- Le panneau sonnerie, quand il sera placé sur l'uu quelconque des panueaux bouton, fermera le circuit sur la sonnerie, car le poids du panneau sonnerie agissant sur les vis du panneau boutou donnera un contact suffisant (fig. 4).
- Comme uous l’avons dit, on peut avoir un ou plusieurs panneaux sonnerie. Le fait d’appuyer sur un des boutons fera fonctionner les sonneries. Quand la personne qui doit être appelée change de local, elle dé-
- -— Schéma de l'installation. Appel seul.
- croche son panneau sonnerie et le place sur le panneau bouton de la chambre où elle se rend.
- Quaud dans un endroit ou u’a qu’à être appelé saus jamais avoir à appeler, ou peut, sur le panneau bouton, se contenter d’installer les a vis.
- Il est à remarquer qu’avec ce dispositif, si au poste d’appel on installe ün panneau sonnerie, le poste d appel
- T
- Fig. — Appel et réponse.
- pourra être averti par le poste récepteur que l’appel a été entendu. En effet, si ou cousidère la figure 5 schématique, quand le poste i appuie sur le boutou, il fait marcher la sonnerie de son poste, mais aussi celle du poste a. Cela résulte de ce que chaque sonnerie a sa pile indépendante. Le poste u à son tour fait marcher sa sonnerie et celle du poste i eu réponse de l’appel.
- Enfin, si les lignes sont assez longues ou si l’on désire avoir un appel puissant, on pourra disposer a piles au lieu d’une sur le panneau sonnerie. Mais il est intéressant de noter que pour le poste réponse ou peut employer un élément de pile très faible afin d’avoir une sonnerie réponse qui ne tinte que faiblement pour ne pas énerver un malade.
- Il est d’ailleurs facile d’assourdir le bruit d’une sonnerie avec un timbre garni d’un peu de feutre ou de flanelle.
- Les dispositions de panneaux sonnerie pourront être variées. C’est ainsi que la figure 6 représente l’emploi d’une pile sèche carrée et d’une sonuerie ronde, ce qui constitue un panneau moins volumineux que la sonnerie ordinaire. E. Weiss.
- *»> Mécanique
- Une application de la bicyclette. — La bicyclette est un mode de locomotion remarquable par l'économie d’efforts qu’elle réalise. C’est qu’elle utilise au mieux le jeu des muscles puissants du mollet et de la cuisse. D’autres appareils bien connus utilisent également le fonctionnement de ces muscles, à d’autres fins, il est vrai, que celles du tourisme ou de la course sur route;
- c’est par exemple le tour au pied, la meule du rémou leur, bref tous les appareils à pédales. M, Barbot. a imaginé un dispositif simple et léger, permettant de transformer presque instantanément la bicyclette en une machine-outil mue au pied. On voit de suite l’intérêt du système: uu rémouleur, par exemple, qui se déplace de village en village pour exercer sa profession, effectuera rapidement son déplacement sur sa bicyclette; arrivé au village, il transformera en quelques instants sa bicyclette en une meule au pied, puis, sa clientèle satisfaite, il remettra son coursier d’acier en ordre de marche et repartira vers une nouvelle localité et de nouveaux clients.
- Voici comment s’effectue la transformation en question :
- Sur le moyeu arrière, du côté opposé au pignon de chaîne, on monte une grande poulie ; il faut pour cela démouler la roue; de même sur la roue avant on monte
- Fig, 7. —> Bicyclette transformée en meule de rémouleur.
- à chaque extrémité du moyeu uue poulie de diamètre convenablement calculé. La bicyclette est soulevée au-dessus du sol au moyen de 2 légers trépieds sur lesquels s’appuient les moyeux avant et arrière, munis à cet effet d’écrous spéciaux avec prolongements filetés. Les 2 roues sont ainsi entièrement libres ; l’opérateur assis sur la selle met en mouvement le pédalier, le mouvement de la roue arrière se communique à la roue avant au moyeu d’une courroie reliant la poulie montée sur le moyeu arrière à la poulie montée du même côté sur le moyeu avant. Le mouvement de la roue avant à son tour se transmet à la meule au moyen de renvoi par courroies et poulies, commandé par la deuxième poulie du moyeu avant.
- Pour monter la meule sur la bicyclette, on se sert d’un arbre qui supporte la meule, et que l’on fixe par les raccords aux branches inférieure et supérieure du cadre.
- Tout l’attirail nécessaire pour cette transformation est peu encombrant et d’un poids acceptable.
- Au lieu d’une meule, on pourrait de même monter une scie circulaire, une machine à polir et saus doute bien d’autres outils.
- L’appareil est construit par M. Barbot, 10, rue de l'Alma, Asnières.
- __g___
- /h_____lk
- f‘S- 6.
- Dispositif avec pile carrée
- et sonnerie ronde.
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- LA T. S. F. DES AMATEURS (Suite).
- L'ANTENNE ET LA PRISE DE TERRE
- Importance de l’antenne et de 1* prise de terre. — Qu’il s agisse de transmission ou de réception, l’antenne et la prise de terre constituent les deux organes les plus importants d un poste de T. S. F. Tant valent l’antenne et la terre, tant vaut le poste, dit-on très justement.
- La première préoccupation dans l’installation d’une station fadiotélégraphique sera donc de réaliser un
- Station défavorablement placée
- Station favorablement placée
- Mi
- Choix de
- l'emplacement d’une station.
- collecteur d’ondes et un contrepoids aussi parfaits que possible et appropriés au service qu’ils doivent assurer.
- Fn général, une antenne qui donne de bons résultats pour la transmission en donnera également pour la réception, le contraire n’étant pas nécessairement vrai. Une antenne uniquement destinée à recevoir n’a pas besoin, pour le peu d’énergie qui circule sur ses fils, d’un isolement comparable à celui qu'exige une antenne radia-triee soumise à une charge électrique loti jours très élevée.
- _ Nous conseillons de toujours établir l’autenne comme si elle devait pouvoir transmettre, mieux vaut excès que manque de précaution.
- Emplacement d’une antenne et d’une prise de terre. ____
- Le choix de l'emplacement d’une antenne de T. S. F. ne doit pas dépendre du hasard; on cherchera autant que possible à placer le collecteur d’ondes dans un lieu bien dégagé, loin de tout obstacle naturel, forêt ou colline, susceptible de former écran et d’absorber l’énergie hertzienne. On assurera le bon fonctionnement d’une antenne au voisinage d un tel obstacle en laissant entre elle et lui une distance égale à trois fois la hauteur de l’obstacle (fig. i), distance indispensable pour que les ondes subissent une diffraction suffisante et atteignent le collecteur. Il ^ y a intérêt aussi à orienter l’antenne dans une position favorable au travail quelle doit accomplir, certains types d’aérien ayant des propriétés nettement directives. La figure a souligne, pôur une antenne en nappe, le caractère de son pouvoir de rayonnement.
- Quant à la prise de terre, il importe de l’établir dans un sol bon conducteur, c’est-à-dire humide et peu caillouteux, au bord d’une rivière, d’un étang ou d’un marais, par exemple, ou bien encore sous un massif ombragé, sous une pelouse, à l’entrée d’une cave, au voisinage d’un puits, dans une terre meuble plutôt que sous un sol battu.
- Dimensions de l’antenne. — Les dimensions de l’an-lenne dépendent par-dessus tout de sa destination. Il y a avantage à leur donner une valeur qui détermine une onde fondamentale de longueur aussi rapprochée que possible de la longueur des ondes à émettre ou à recevoir.
- Les mesures que nous indiquons dans ce chapitre permettent, sans désavantage, un accord de l'antenne sur une échelle de longueurs d’ondes suffisamment étendue pour satisfaire aux exigences de postes d’expériences ou d’étude.
- La hauteur de l’antenne a une importance capitale, l’efficacité du radiateur ou du collecteur d’énergie augmentant avec elle; son étendue dans l’espace dépend de la mesure de l’oude fondamentale qu’on désire lui assurer.
- L’oude fondamentale, ou longueur d’onde propre d’une antenne, dépend de sa capacité et de au self-induction.
- On accroît, la capacité en augmentant le nombre de ils qui constituent 1 aérien et la self-induction en allon géant ces fils.
- ri?0!116 ^0it LaS Perdre de vue ffue si l’addition d’un fil à la nappe d’une antenne augmente sa capacité, elle îrmnue en même temps, quoique dans une moindre proportion, la valeur de sa self-induction; il sera donc plus efficace d’allonger les fils d’une antenne lorsqu on voudra en augmenter la longueur d onde que de multiplier le nombre de ces fils.
- La capacité d’une antenne augmente également lorsqu’on rapproche les fils du sol. Ce procédé n’apporte toutefois aucun bénéfice puisque, en diminuant la hauteur de l’aérien, il réduit en même temps sou efficacité.
- D’une manière générale, la longueur de Fonde fondamentale d’une antenne est égale à quatre fois la longueur totale de l’antenue mesurée des appareils à l’extrémité de la nappe la plus éloignée. Cette relation varie légèrement avec la forme et la hauteur des antennes; ainsi la longueur d’onde d’une antenne verticale ou horizontale à fils parallèles est égale à 4 ^°is >/4t L longueur totale de l’aérien; elle est d environ 5 fois cette longueur pour une antenne en T et peut atteindre 7 et 8 fois la même mesure dans une antenne en parapluie.
- Constitution^ de l’aérien. — La nappe aérienne d’une antenne doit être constituée, de préférence, par des fils en métal non magnétique : cuivre, bronze, aluminium, i^e fil de cuivre étamé a une supériorité évidente sur tous les attires fils.
- Pour des nappes de grande étendue, ou utilise le fil d’aluminium en raison de sou faible poids. Par économie, le fil de fer galvanisé peut être employé pour des antennes uniquement destinées à la réception.
- Le diamètre des fils composant une antenne ne doit pas être inférieur à a mm (20/10) ; il n’y a pas avanlaoe à dépasser ?» mm à 3 mm 1/2. ^
- Isolement de l’antenne. — Le plus grand soin doit être apporté au bon isolement de l’antenne.
- La suspension des fils sera assurée par des isolateurs robustes suffisamment longs pour que le voisinage des mâts, des supports et des attaches ne puisse soustraire aucune partie de l’énergie recueillie ou transmise.
- Ces isolateurs seront paraffinés ou bitumés afin d empêcher 1 humidité des jours de brouillard ou de pluie de former une couche plus ou moins conductrice à leur surface. Ils seront nettoyés de temps à autre, surtout au voisinage des usines et des villes pour enlever les traces de poussières métalliques ou de charbon que le vent et la fumée y déposent à la longue.
- Un chapeau protecteur en porcelaine, coiffant le sommet du mât, portera la nappe d’antenne en assurant son parfait isolement.
- Les haubans destinés à maintenir un mât et les câbles
- de retenue doivent être constitués par des cordeaux paraffinés à chaud ou goudronnés.
- Si la hauteur des mâts ou le poids de l’autenne exige des câbles de retenue métalliques, ceux-ci doivent être isolés du sol et-coupés par des isolateui's.
- La nappe aéi’ienne sera de toute nécessité éloignée des arbres, des cheminées, des murs, des toits dont la proximité l’influencerait défavorablement; cet éloignement sera de 4 ou 5 m. au moins.
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- VARIÉTÉS
- J%£r2.
- Des fils télégraphiques, téléphoniques ou d’éclairage peuvent induire des courants parasites dans une antenne à i5 cl ao m. de distance.
- A plusieurs centaines de mètres l’une de l’autre, deux antennes réceptrices réagissent encore mutuellement.
- Le fil de descente qui relie la nappe de l’antenne aux appareils doit éviter le voisinage des murs, on l’en tiendra éloigné de i m. à t m. 5o environ.
- L’entrée de poste se fera par le centre d’une planchette de bois paraffinée ou vernie remplaçant une vitre dans le châssis d'une croisée ou mieux encore par une pipe en porcelaine fixée sur le montant de la fenêtre qui ne porte point la crémaillère de fermeture (fig. 3). Un bouchon paraffiné engagé dans le tuyau de la pipe maintiendra le (il d’entrée de poste et fermera hermétiquement l’ouverture (fig. 4).
- Différentes formes des antennes. — 11 y a six ou sept types classiques d’antennes : l’antenne verticale, l’antenne
- en Y, l’antenne coudée, l’antenne en T, l’antenne en éventail et l’antenne en parapluie ; mais les combinaisons de ces différents types sont presque innombrables.
- Laissant de
- côté les antennes difficilement réalisables pai>l’étudiant ou l'amateur, nous ne décrirons que la construction de celles de forme ordinaire, coudée, en T et en parapluie. Nous signalerons ensuite quelques collecteurs d’ondes
- Fig. 3.
- KtUrre de poste.
- Pipe en porcelaine
- frêne paraffinés de o m. t*n de longueur et 0 m. o3 de diamètre rattachés à la vergue.
- Une corde en V soutient en équilibre le hamac formé par les vergues et les fils et par l’intermédiaire d’un isolateur en bois goudronné ou verni de o m. 5o de lou~
- Souc/e
- isolateur
- //gaturi
- fil horizontal de /a nappe
- attache sur /a vergue
- Fi g.
- Mode (Fuitache des lils.
- suspend au chapeau sont bouclés sur la
- gueur el o m. 04 de diamètre le isolant d’un mât-support (fig. fi).
- En A, B, C, D les quatre fils gorge de l’isolateur (fig. 7) el leurs extrémités sont réunies à 3 ou 4 m. au-dessous en une épissure serrée et sou dée d’où part le fil d’entrée de poste relié aux appareils (lig. 8).
- Toutes les épissures destinées à assurer un raccord électrique des fils doivent être soigneusement établies. Les extrémités des fils, sur une longueur de 10 cm, sont nettoyées au papier d’émeri afin d'enlever toute trace d’oxydation; la moitié de chaque toron est ensuite enroulée c-n spires très serrées sur une moitié de l’autre toron. Les deux boudiné lies qui résultent de cette opération sont pressées entre les mâchoires d’une foi te pince dans le sens latéral et dans le sens de la longueur; après cela, on
- xf'.
- résine
- Fig. si.
- •Antenne en I,.
- moins imposants ou de fortune, mais pouvant servir néanmoins à des expériences intéressantes.
- Antenne coudée en L. — La figure 5 montre la disposition des éléments d’une nappe d’antenne coudée.
- les saupoudre copieusement de fer à souder on les recouvre d’une couche d’étain qui fait corps avec elles et, pénétrant jusque dans les interstices, assure une connexion parfaite (%• 9)-
- Comme m â t-s u p -port, un sapin bien droit de, o m. 3o de diamètre à la base et de 18 â •20 m. de hauteur est facile à trouver. Aussitôt abattu, l’arbre doit être écorce, plusieurs semaines sont néces-saires à sa dessiccation, il est ensuite badigeonné avec une mixture au sulfate de cuivre ou au crésyl.
- L’excavation cylindrique destinée à recevoir
- el à l'aide d’un
- épissure
- / B
- 7
- Fig 9.— Connexion îles (if-s.
- et à maintenir le pied du mât aura une profondeur de 1 m. 3o et un diamètre à peine supérieur à celui de ce dernier.
- Il est nécessaire de creuser >cette excavation avec une barre à mine et de procéder à;j l’enlèvement de la terre au moyen d’une cuillère faite d’une boîte de conserve
- Entre deux vergues de bambou ou de frêne, recouvertes autant que possible d’une couche de peinture au vernis et mesurant 3 m. environ de longueur, sont tendus parallèlement à 1 m. de distance quatre fils de 5o à 60 m, de longueur.
- Les exîrémités de ces fils sout fixées à de petits isolateurs constitués par des cylindres d’ébonite ou de
- Fig. 10.-
- - Montage (l’un mal.
- plate fixée à l’extrémité d’une petite perche.
- Le trou achevé, on creuse une rigole eu pente ayant le diamètre du mât et partant de la surface du sol à 3 m. environ de l’excavation pour atteindre cette dernière à mi-hauteur comme le montre la ligure 10.
- (A suivre.) Franck Duroouteh.
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- JfcD
- Ipc
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- . Traitements applicables aux fûts à mauvais goûts. — Les fûts peuvent être plus ou moins avariés, avoir tel ou tel mauvais goût de nature à les rendre inutilisables si on ne les soumet pas à un traitement, approprie à l’altération qui rendrait impossible la conservation des vins et autres boissons enfûlés.
- Moisissure. — Lorsqu’il n’y a que quelques douelles atteintes de moisissure, on les remplace, mais si l'altération est plus grave, voici comment il convient d’opérer :
- Détartrer et racler le fût à l’intérieur, le rincer avec une solution composée de 6 à 8 litres d’acide sulfurique dans ioo litres d’eau (verser l’acide dans l’eau; ne pas faire le contraire). Employer 5 litres de cette solution par hectolitre de capacité, rouler le fût, le rincer à l'eau légèrement alcaline, puis à l’eau pure. En cas d altération intense, il faut raboter les douelles ou brûler, avec la lampe de soudeur, toute la couche imprégnée de moisissure et racler ensuite.
- Goût de croupi. — Cette altération résulte d’un trop long séjour de l’eau dans les fûts lorsqu’on met ceux-ci tremper. Le moyen d’éviter cette altération c’est d’empêcher la corruption de l’eau de trempage en introdui-lant dans cette eau du métabisulfite de potasse à la dose de 5 à io gr. par hectolitre.
- Goût de pourri. — On traite de la manière suivante : Introduire dans la futaille, préalablement remplie d’eau, io à i5 gr. de permanganate de potasse par hectolitre; agiter en tous sens pour faire dissoudre le permanganate, laisser séjourner la solution pendant trois ou quatre jours, en ayant soin d’agiter de temps à autre; évacuer le liquide et rincer ; renouveler l’opération si le goût de pourri persiste. Faire un abondant lavage à l’eau pure, laisser égoutter et mècher fortement au moyen de comprimés de soufre remplaçant avantageusement la mèche soufrée.
- Goût de lie, de sec, goût de fûté. — 11 (faut d’abord, par un raclage énergique, débarrasser la futaille des lies sèches, après quoi on remplit d’eau bisulfitée qu’on laisse séjourner pendant quelques jours, puis on procède à un lavage, eu brossant, avec une solution composée de 5oo gr.- d’acide chlorhydrique dans io litres d’eau;
- ensuite, on rince à grande eau, ou laisse égoutter et on donne un soufrage.
- L’étuvage prolongé, à la vapeur sous pression, suivi d’un lavage acidulé à l’acide sulfurique, donne de très bons résultats. On a encore le procédé de lavage avec une solution composée de ioo gr. de bisulfite de chaux dans io litres d’eau, dose par hectolitre de capacité. Un second lavage est fait avec une solution d’acide sulfurique à 2 pour ioo ; on termine par un rinçage à l’eau pure.
- Les fûts ainsi restaurés ne peuvent être employés pour eufûter de l’eau-de-vie.
- Pour assurer l’étanchéité des fûts, outre les soins ordinaires, il est utile d’additionner l’eau de trempage de 5 pour ioo de métabisulfite de potasse.
- Goût de piqùé. —"Les futailles à goût de piqué ont une odeur de vinaigre plus ou moins prononcée. Dans le cas où ce goût n’est que faible, il suffit de faire des lavages avec une solution de carbonate de soude ou de potasse à 5 pour ioo.
- Si la « piqûre » est très accentuée, il faut px’océder de la manière suivante : Détartrer, puis verser une solution de soude ou de potasse bouillante-, à raison de 200 à 25o gr. pour 100 litres d’eau chaude et par hectolitre de capacité. Bouder et agiter le fût en tous sens afin que le liquide pénètre partout. Ces opérations doivent être complétées par uu premier rinçage à l’eau acidulée à 1 pour 100 d’acide sulfurique, et uu second rinçage à l’eau pure. Après égouttage, le fût est méché et bondé hermétiquement.
- Goûts de* gras et de tourne. — Les fûts ayant contenu du vin atteint de « graisse » ou de « tourne », altérations assez graves, doivent être lavés avec une solution de métabisulfite de potasse à 5o ou 100 gr. par 10 litres d’eau et par hectolitre de capacité, ou bien le fût, préalablement imbibé d’eau, est soumis à un fort soufrage.
- Quand l’altération est très accentuée, i.1 y a lieu de procéder à un lavage avec une solution de permanganate dépotasse à raison de iS à 20 gr. pour 100 litres d’eau.
- Toute la vaisselle vinaire doit -être soumise à des soins d’entretien rigoureusement appliqués pour éviter le retour des altérations dout nous venous d’indiquer les traitements rationnels.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Uaus la boite aux lettres, la Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés, tille répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondauee de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresse relative aux appareils décrits. — Main automatique .• M. Despinasse, inventeur, 36, rue Emile-Littré, Saint-Etienne.
- Antenne et prise de terre. — Adresses de fournisseurs pour le matériel nécessaire à la fabrication des appareils décrits.
- Chapeau isolant pour autenue, poulies et pipes en porcelaine, isolateurs divers : Manufacture parisienne d'appareillage électrique, 14, rue de Cofnmines, à Paris. Fil de cuivre clamé 20/1 o, 8 fr. 5o le kg, 2 kg 80 les toom. — nu 20/10, 8 fr. 10 — — —
- —_ — ' 5/io, 8 fr. 5o — ' o kg 175 les 100 m.
- Tréfilerie Geoffroy ci Delore, 28, rue des Chasses, à Clichy (Seine).
- Tuyaux en fonte (pour mût. d’antenne), 5o mm long., 2 m. poids, 22 kg à 127 fr. pour 100 kg. Chappée et fils, Le Mans (Sarthe•).
- Tuyaux en fonte, d'occasion : au prix de la ferraille chez les entrepreneurs.
- Paraffine, goudron, 1 résyl : Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Tendeurs, grillage, lii de fer : chez tous les quincailliers.
- Réponses. — M. Ardi-’ouze, à Biarritz. — 1” La réussite dauo la préparation des sulfures phosphorescents est sur-
- tout’subordonnée à la nature du calcaire employé. D’après les recherches de Yerneuil, le meilleur résultat serait
- obtenu ainsi. On fait un mélange de :
- Coquilles d’huîtres pied de cheval. 100 parties.
- Soufre pulvérisé.................. 3o —
- Sous-nitrate de bismuth........... 0,2 —
- Alcool à 90°......................100 —
- On évapore doucement l’alcool, puis on chauffe le toxxt au rouge cei’ise pendant vingt minutes.
- La matièx'e ainsi préparée produit, paraît-il, la plus belle phosphox'escence connue.
- 20 Les rayons ultra-violets et leurs applications industrielles, par le D1 Nogier, chez Dunod et Piaat, 47 > quai des Grands-Auguslius, à Paris,
- M. A. Meyster, à Neuchâtel. —Vous pouvez parfaitement obtenir une reproduction de dessin au trait dans un atelier exposé au nord. Le soleil est d’autant moins nécessaire que vous désirez avoir des claii’s très trans-pai’ents et des noirs opaques, ce qui conduit à sous-exposer. Les plaques lentes que vous avez employées .conviennent bien à cet objet : avec uu temps de pose réduit et un révélateur à l’hydroquinone ou au pyro-gallol suffisamment bromure, vous devez obtenir les oppositions voulues. Si les contrastes ne sont pas encore assez accentués, éclaircissez les^blancs dans le réducteur de Farmer (voy. Supplément de L.a Nature du 27 décembre 1919, p. 206), puis, api'ès lavage, renforcez les noirs à l’iodure mercurique, ou, s’il faut un renforcement très intense, recoux'ez au procédé décrit dans notre Suppléaient, dxx 28 juin 1919, p 144*
- L. G. 134. — Photographie. r" Les plaques « Process » sont spécialement destinées aux travaxxx de reproduction
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- BOITE AUX LETTRES
- cl joignent à la commodité du gélalinobromui-elaperfec- | lum des résultats que le collodion permettait seul d’obtenir auparavant. 11 en existe de plusieurs sortes, suivant la nature des travaux à exécuter. Adresse des fabricants : Wratten et Waimvright Lld, à Croydon (Angleterre). — ï° Poiir éclaircir les blancs et renforcer les noirs sur plaques au gélatino, ou emploie les affàiblisseurs et les renforçateurs indiqués dans tous les Traités de photographie. Toutefois, pour les plaques « Process », les fabricants conseillent de s’en tenir au persulfate d’ammoniaque et à l’iodure mercurique. — 3°La maison Guil-leminot vous renseignera volontiers sur les produits qu’elle fabrique actuellement (adresse, 22, rue de Chà-teauduu, à Paris). — 4° Pour pelliculariser une plaque ordinaire, on la laisse d’abord séjourner, pendant une
- heure, dans :
- Eau...........................100 c. c.
- Carbonate de soude............. 5 gr.
- Formol . ..................... 20 c. c.
- On essore ensuite la couche à l’aide de papier à filtrer, on l’incise avec la pointe d’un canif à quelques millimètres autour du sujet, ou tout près des bords, et l’on plonge la plaque dans une solution d’acide chlorhydrique à 5 pour *100. La pellicule ne tarde pas à se soulever, et il est très facile de la détacher complètement, en l’aidant avec le doigt. Popr faire adhérer la pellicule à la plaque qui doit lui servir de nouveau support, on recouvre préalablement la glace d’une solution tiède de gélatine à i,5 pour 100. Si, au contraire, on désire avoir une pellicule libre, on la reporte sur nu verre ciré : la pellicule, une fois sèche, s’en détachera sans difficulté. Pour cirer le verre, on le frotte avec un tampon de toile imbibé d’une solution de cire dans l’essence de pétrole. Après séchage, on frotte énergiquement avec une flanelle. On renforce généralement la pellicule en coulant d’abord sur la plaque cirée une couche de collodion à 3 pour 100 de fulmi-coton. Sur cette première couche, on étend :
- Fau............................ 1000 c. c.
- Glycérine................ . . 5 c. c.
- Gélatine......................... 5o gr.
- Solution d’alun de chrome à
- 10 pour 100................... 10 c. c.
- Quand le support ainsi préparé est parfaitement sec, on y dépose la pellicule, qui ne tarde pas à y adhérer fortement. Après dessiccation, il est utile de collo-dionner aussi la surface libre de la pellicule, afin de protéger plus complètement l’image. Pour détacher le tout de la glace, il suffit de glisser un canif le long des bords, entre le verre et la pellicule.
- M. RomaneIto, à Annonay. — Piles sèches. — Les piles que vous demandez ne sont autres que les piles sèches oi’dinaii’es. La pâle molle et noirâtre est constituée par uu mélange dépolarisant de bioxyde de manganèse et de chai’bon de bois, imbibé de sel ammoniac et de chlorure de zinc. Vous ti’ouverez toutes les indications de fabrication de ce genre de piles dans le n° 2o3£ de la Nature ou plus complètement dans les Recettes de l'Atelier, page 125. Vous n’aurez qu’à appliquer le procédé indiqué aux dimensions de la pile à établir et aux conditions spéciales telles que dimensions des boi’nes et emplacements des contacts.
- Dv R. Lavie, à Paris. — Moulage d’une lampe 12 volls sur un circuit 110 volts. — Etant donné que vous voulez monter une lampe 12 volts sur un circuit à no volts, vous devez monter en série une insistance qui devra absorber 110 volts moins 12, soit 98 volts. Pour ti’ouver la résistance ’ohmique de ce rhéostat vous devez appliquer la formule :
- E = R X I
- or ici : E — 98 et 1 ~ 5 ampères, par conséquent :
- De plus cette résistance doit être constituée par un conducteur capable de laisser passer 5 ampères sans chauffer trop. Nous vous conseillons d’employer du fil mailleehort ou nickel de 3o/ioo de millimètres qui pourra vous constituer une insistance de chauffage du genre de celle décrite dans le n° 2386 de La Nature.
- E. J)., à Lille. — i° Peut-on se servir des fils téléphoniques comme antennes? — Nous vous déconseillons absolument de vous servir pour antenne des fils téléphoniques qui passent à proximité de votre toit. Ces fils sont, en effet, la propx-iété de particuliers pour qui votre installation servait un sujet de trouble dans le fonctionnement de leur appareil téléphonique en même temps qu’elle constituerait un intolérable moyen de surprendre des conversations privées. L’Administration des Postes ne manquerait pas de vous poursuivre et nul ne pourrait l’en blâmer.
- En ce qui concerne le second projet d’antenne que vous nous soumettez, nous vous engageons à disposer vos fils en nappe horizontale à fils parallèles et à suspendre le hamac ainsi constitué aussi près que possible du faîte de vos intirs de manière à ce que le collecteur d’ondes soit suffisamment dégagé. Nous vous recommandons la lecture de notre prochain article sur l’antenne où vous trouverez tous les renseignements de détail utiles pour votx-e installation.
- 20 Formalités pour installer un poste de T. S. F. — Des x'enseignements qui nous parviennent de tous côtés, il ressort que l’Administration des P. T. T. se montre bienveillante aux amateurs sans-filistes et ne remarque pas les antennes que quelques amateurs installent pour la réception des signaux horaires. et des télégrammes météorologiques, sans en avoir obtenu l’autorisation. Cette installation n’en reste pas moins soumise à l’obligation de la déclaration et au paiement annuel d’un droit de statistique de 5 francs.
- M. Winckler, à Lyon. — Pour l’installation que vous projetez il est nécessaire de connaître la puissance exigée par votre pompe et la dimension du pétrin mécanique afin de pouvoir établir uu projet complet. De même il faut connaître le nombi'e de bougies des lampes que vous comptez utiliser avec le plan des locaux afin de calculer la puissance absorbée par les conducteurs.
- Comme moteur à essence actionnant une machine productrice d’électricité, nous pensons à priori , quune puissance de 5 à 6 chevaux serait suffisante ; il s’agit d’une élude complète d’installation qui sort du cadiu de la petite correspondance et. vous devx-iez vous adresser à un installateur qui vous établira projets et devis.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée des frais de port et d’emballage (pour la France, 5 °/0 des prix marqués; pour VÉtranger, 10 °/0. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.) .............
- Formulaire aide-mémoire de l'électricien praticien, par E. Mariïc. 1 vol. in-18 de 466 pages avec 400 figures et tableaux, 12 francs. Librairie J.-B. Baillière et fils, Paris, 1920.
- Cel ouvrage est plutôt uu manuel qu’un formulaire;
- #4 5
- il condense en 5oo pages les notions délectircite indispensables à tout, praticien.
- IJ alimentation rationnelle des bêtes bovines, par Moreac-Bérillon. x vol. in-16, 160 p., 12 fig. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris. Prix : 2 fr. 5o.
- Excellent petit livre qui passe en revue, après 1 ex-posé des notions générales sur l'alimentation, les méthodes pour fixer les rations les mieux appropriées aux diverses phases de l’existence des animaux e suivant les produits qu’on veut eu tirer. Les règles a suivre dans l’alimentation des jeunes élèves, des vaches laitières, des bœufs de travail, des bêles a l'engraissement, sont exposées avec clarté et précision.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2395
- 21 Février 1920.
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- INFORMATIONS
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- La destruction et la restauration des houillères du Nord. — En prenant la présidence de la Société des Ingénieurs civils, AI. Grüner dans son discours inaugural a tracé un émouvant tableau de la situation de nos houillères du Nord ; ces exploitations autrefois si prospères, et si nécessaires à l’équilibre économique de notre pays, ont été détruites de fond en comble par l’ennemi avec une sauvagerie méthodique qu’il est bon de connaître endélail. C’est à partir du milieu de t915 que les Allemands décidèrent de rendre inexploitables les houillères les plus voisines du front. Ils devaient plus tard appliquer le même régime à toutes celles qui existaient sur le territoire occupé par eux. L’enquête poursuivie ces derniers mois a obligé les Allemands à préciser les dates et les conditions des destructions. La précision et la promptitude des réponses fournies par les ingénieurs d’outre-Rhin montrent, dit M. Griiner, « avec quelle méthode il a été procédé à ces destructions, avec quelle ponctualité étaient dressés et envoyés au Grand Quartier pour y être classés et conservés, les procès-verbaux des destructions, avec quel soin ces rapports étaient dépouillés et suivis d’ordres sans cesse renouvelés d’avoir à reprendre leffort de destruction jusqu à ce que le résultat cherché fût complètement obtenu. »
- Dès 1 hiver 1914-1915, les officiers allemands vivaient dans la perpétuelle et bizarre anxiété de voir surgir en arrière de leurs lignes des bataillons français qui auraient cheminé sous terre par les galeries des mines situées sur le front. Les premières mesures prises : suppression de l’aérage dans le puits, chute brutale des cages d’extraction au fond des puits, parurent insuffisantes. On voulut, en provoquant la montée des eaux, réaliser un bouchon hydraulique.
- Vers septembre 1910, les ingénieurs allemands s’essayent à faire sauter à la dynamite les cuvelages des puits 8 de Courrières et 6 bis de Liévin. Mais malgré l’emploi de charges de i5o kg, les résultats sont des plus médiocres.^ En octobre 1915, on s’attaque à 3 puits des mines de Liévin, au moyen de charges descendues sur des poutres aux niveaux jugés convenables pour provoquer des venues d’eau. Nouvel échec; le béton des cuvelages résiste. En novembre, on s’attaque à 4 nouveaux puits avec un peu plus de succès. Mais l’ennemi ne se contente plus de remplir d’eau les galeries et chantiers; désormais, ce n’est plus un but militaire qu'il poursuit; il veut priver à jamais la France du charbon nécessaire a sa résurrection économique d’après guerre; ou encombre les puits de débris et matériaux de tous genres : cages, bennes, cables, cadavres d’hommes et d’animaux, au milieu desquels on projette des obus chargés, des caisses de dynamite avec le ferme espoir de provoquer des explosions au cours des travaux de sauvetage. Ce n’est pas tout; à certains niveaux, dans plusieurs puits, on a poussé des galeries circulaires autour de la colonne des puits, et on y a fait exploser des fourneaux de mines pour ébranler ou faire ébouler des parties entières de colonnes de puits. Ainsi successivement tous les puits de la concession de Liévin sont dynamités. Puis, c’est le tour des 20 puits de Lens sur lesquels l.es Allemands s’acharnent pendant plus de 8 mois, jusqu’à ce qu’enfin l’inondation des galeries soit réalisée jusqu’à fleur de sol. Et ce n’est pas encore tout, à Lens, à Liévin, à Courrières, Dourges, l’Allemand s’attaque ensuite aux installations de surface, de façon à reculer à une date indéterminée le commencement des travaux de restauration; il est décidé à ne rien laisser d’utilisable : salle par salle, machine par machine, pièce par pièce, tout est dynamité et réduit en miettes; il ne reste rien "qui soit même réparable. Les maisons ouvrières à leur tour sont rasées. Et voici un exemple de sauvagerie particulièrement raffinée; c’est un puits qui débouche en plein marais ; l’ennemi à 8 ou 10 m. de profondeur pousse une galerie partant des puits sous les batiments de surface ; par de puissants fourneaux de mines, il produit un vaste entonnoir-où chavirent toutes les installations de surface. Ailleurs le visiteur épouvanté s’arrête au bord d’un entonnoir de 40 à 5o m. de diamètre où tout a disparu.
- Il ne faudrait pas croire que ces desh-uclions barbares se soient limitées à la zone voisine du front; c’est au contraire à l’arrière, là où l’on peut organiser à loisir, que l’ennemi a accumulé les plus miuutieuses destructions. En octobre 1918, forcé de se replier sous la pression des alliés, l’ennemi met le feu aux charges d’explosifs qu il avait longuement et savamment préparées. En quelques jours tous les puits, les bâtiments, les exploitations qui avaient fonctionné jusque-là, sont réduits en poudre et mis dans l'état que nous venons de d ire. ^
- Et voici le bilan : 220 fosses, qui en 1913 extrayaient 20 millions de tonnes de charbon, sont rendues inutilisables pour de longues années; pour certaines, il faudra 10,ans de travaux acharnés avant qu’elles soient restaurées. Les mines sont remplies de 60 à 80 millions de mètres cubes d’eau; et c’est sans doute le double ou le triple qu'il faudra évacuer avant d’atteindre les brèches des cuvelages et d’aveugler les torrentielles venues d eau. Le problème de l’évacuation de cette quantité d’eau formidable dans un pays plat, presque au niveau de la mer, ne laisse pas que d’être fort préoccupant. Cent mille ouvriers mineurs sont sans abri; plus de meubles, de vêtements., ni de toits; le dommage matériel dépasse 2 millards et demi.
- Qu’a-t-on fait pour réparer ce désastre sans exemple ? Depuis i5 mois on s’est mis au travail avec énergie ; ce long délai a été employé à déblayer le carreau des mines des débris métalliques qui les obstruent, environ 200000 tonnes. On commence à organiser l’épuisement des eaux. Un vaste réseau électrique qui amènera de Béthune l’énergie nécessaire est à peu près achevé. Mais que de difficultés à prévoir, que de problèmes à résoudre, pour reconstruire solidement, au milieu des enchevêtrements inextricables, des éboulis dangereux, des galeries effondrées, des fourneaux de mines, des entonnoirs - gouffres qui ont absorbé des bâtiments entiers?
- C’est par congélation et cimentation qu’il faudra tenter de reprendre ces puits dont les superstructures ont été entraînées dans le fond.
- La science et l’énergie françaises viendront à bout, n’en doutons pas, de ces redoutables difficultés. Mais d’ici là, nous souffrirons d’une grave disette de combustible qui compromet tpute notre renaissance économique et qui impose aux populations de cruelles souffrances. L’Allemagne, quia voulu la guerre, a froidement commis ce nouveau crime. Aujourd’hui, conformément au traité de paix, elle doitnous fournir le charbon quinous manque par sa faute. Elle le peut, il faut qu elle s’exécute ; ce 11c sera que justice élémentaire.
- La houille blanche au Canada. — D après le Times Engineering Supplément, le Canada possédait, au début de 1919, 666 usines hydroélectriques représentant uue puissance totale de 2 3o5 3io chev. C’est là un chiffre imposant.
- On escompte cependant pour l’avenir de nouveaux progrès dans le développement de la houille blanche au Canada; une grande usine de 25o 000 chev. est en construction sur le Niagara, qui portera à 700000 chev. le total de l’énergie empruntée aux célèbres chutes. De nombreuses autres usines de moindre importance sont en construction ou en projet.
- Enfin, on étudie un projet de mise en valeur de la puissance du fleuve Saint-Laurent, en vue de l’électrification des chemins de fer d’Ontario et de Québec ; on capterait 3 millions de chevaux. La réalisation de ces divers projets mettra vraisemblablement le Canada au premier rang parmi les pays utilisant la houille blanche.
- Le chemin de fer de Mésopotamie. — Les Anglais poussent activement la construction d’un chemin de fer reliant Bagdad à Bassora, et qui constitue le prolongement du célèbre chemin de fer de Bagdad. La ligne comporte 3 sections Bassora-Ur (208 km); Ur-llilla (262 km); Hilla-Bagdad (90 km). La i'° et la 3e section sont achevées, la 20 est eu cours d'exécution.
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- INFORMATIONS
- Le commerce extérieur de la FfafiCë. — Le Journal Officiel vient de publier le tableau suivant, extrait des documents statistiques établis par l'Administration des Douanes sur le commerce de la France pendant les années 1919 et 1918.
- Valeurs des marchandises importées et exportées (commerce spécial).
- (Taux d évaluation lixés par la commission des valeurs pour 1918.)
- DÉSIGNATION ANNÉE 191!) ANNÉE IMS A t liAI KNTATUIX en 11111).
- IMI'OUTAÏIOVS 0 en u liliions do Ira lies.
- Objets d'alimentation, . . . , S.O-nj ^ â . 6'3 (j - •U'Fj
- Matières nécessaires a ('indus-
- trio 1 i . 22 1 10 o65 ’>. 15.î
- Objets fabriqués 7-107 6.5y3 1 ,'ïh
- totaux 78 1 CO O 7 • i 7
- rxrimuvmt.Ns (')
- Objets d’alimentation . . . , 1)6 () D 9 3 in
- Matières nécessaires à l’indus-
- trie 1 q'iti 1)1)7 !.)3<j
- Objets fabriqués à 2 s 3 2.8 1 2 2.',70
- Lotis postaux. ....... il) - ><)
- Totaux 8 71 '3 - i 722 - 3. qqo
- 1. V compris les opérations enregistrées par les bureaux d’Alsace et de Lorraine.
- En igid, dernière année normale d’avant-guerre, les importations n’avaient atteint que 84'2i millions dont 1817 pour les objets d’alimentation et les exportations 6880 millions dont 838 pour les objets d’alimentation.
- L’énorme écart entre nos importations et nos exportations actuelles, plus de 21 milliards, représente notre déficit commercial. En fait, il est encore plus grand puisque les prix des objets sont évalués aux taux de 1918, et qu’ils ont augmenté depuis.
- Ce bilan montre nettement notre inquiétante situation commerciale et ce qu’il faut faire pour la rétablir : diminuer les importations alimentaires et d’objets fabriqués, augmenter les exportations de ces derniers.
- Les produits dérivés du sang : albumine, hémoglobine, « sang cristallisé ». — Le sang des chiens, chevaux, moulons, bœufs, contient approximativement par litre 70 gr. d’albumine (sérine).
- Si nous considérons une ville de 200 000 âmes, on admet qu’on y tue eu moyenne une grosse bête par jour et par 1000. âmes, soit 200 saignées par jour. Chaque saignée fournit de 10 à 20 litres de sang. Prenons i5 lit res en moyenne, ce qui donne 0000 litres de sang, soit 210 kg d’albumine par jour.
- Si l’on joint à cela les sangs des chevaux, moutons, veaux, on peut admettre, pour une ville type de 200 000 âmes, de 25o à 3oo kg d’albumine récupérable.
- Un litre de sang a une teneur en hémoglobine de 120 gr. en moyenne: sang d’homme, 120 gr. ; de chien, ï35 gr. ; de mouton, 112 gr. ; de bœuf, 119 gr.
- Les 3ooo litres traités ci-dessus journellement donneraient 36o kg d’hémoglobiue.
- Rappelons en peu de mots la préparation de la sérine (albumine de sang) :
- On a au préalable fait coaguler le sang ; le coagulum sera traité comme il est indiqué plus loin en vue de l’extraction de l’hémoglobine.
- Ou étend le sérum d’un peu d’eau, on précipite par un peu d’acide acétique la caséine et la paraglobuline. On filtre, on alcalinise légèrement et l’on procède à la dialyse sur baudruche.
- Les peptones, les matières ..non extractibles, les sels, passent à l’extérieur de la baudruche.
- Le résidu évaporé dans le vide est broyé finement.
- Si l’on veut faire des espèces fines, on lave à l’alcool éthéré et l'on sèche.
- Malgré tout, la sérine (albumine du sang) a toujours une odeur sui generis.
- Les établissements qui, à ma connaissance, fabriquent de l’alb umine et de l’hémoglobine, sont :
- Cliu-Byla, à Gentilly; Bourgeois-Deschiens, à Auber-villiers ; Givaudan Lavirolte, à Lyon; Aguettant, à Lyon.
- Ce court aperçu relatif à la préparation de l’albumine du sang étant terminé, passons à l’extraction de l’hémoglobine.
- Le coagulum, exempt de sérum, est bien pressé, humecté, puis repressé, et ainsi de suite. 11 est séché, épuisé à l’éther chargé d’acide oxalique. On obtient ainsi une solution rouge clair.
- On sature exactement avec de l’ammoniaque; il se précipite de l’oxalate d’ammoniaque insoluble en ce milieu. On filtre, on fait cristalliser.
- Quiconque a des excès de sang qu’il ne pourrait transformer ni en sérine, ni en hémoglobine pour la vente (admettons pour cause de trop bas cours ou de mévente) aura toujours la faculté d’en faire un corps de vente facile, et peu connu : le « sang cristallisé ».
- Ce corps, au nom bizarre, n’est autre que du sang défibriné, concentré dans le vide, et amené à l étal de paillettes dont l’aspect lamellaire et quasi cristallisé a été la cause de ce nom.
- Ce corps, une fois dissous, sert à préparer des colles extra-fortes, par simple addition d’eau tiède, et chauffage subséquent des parties à coller, telles que colles de panneaux contreplaqués de vente facile, étendue et sûre.
- Personnellement, nous en avons fait et employé.
- Ce produit se vendait avant guerre de 1 fr. 20 à 1 fr. 5o le kilogramme.
- Actuellement il [a dû suivre le mouvement ascendant de toutes choses.
- Nous pensons qu’il y aurait lieu, dans bien des villes, de songer à l’utilisation rationnelle des sangs. 11 est loin d’en êti’e partout ainsi. J.-B. Pj;rkghin.
- Les Nouvelles Hébrides. — On sait que cet archipel, situé dans le Pacifique, à l’est de l’Australie était l’objet, au moment où la guerre éclata, de l’examen d’une commission franco-anglaise chargée de définir son statut. Depuis, on n’en a plus parlé. Aujourd’hui les représentants des intérêts français dans les territoires nationaux du Pacifique, désirant voir régler cette question en même temps que toutes les questions coloniales nées de la guerre, viennent d’adresser à la presse le vœu suivant :
- « Considérant que le drapeau français est engagé dans l’archipel des Nouvelles-Hébrides depuis plus d’un demi-siècle ;
- Considérant, d’aulre.parl, que les Nouvelles-Hébrides sont une dépendance géographique de la Nouvelle-Calédonie, dont elles forment le complément économique indispensable ;
- Considérant que la forte prédominance des éléments nationaux est attestée par les chiffres suivants :
- Population européenne en 1918 : 664 Français, 262 Anglais ;
- Propriété foncière en 1918 propriété française, 617000 hectares; propriété britannique, 129000 hectares ;
- Mouvement commercial en 1912 : sur un mouvement commercial de 7866000 fr., la part de la France était de 5 309000 fr. et celle de l’Angleterre de 2 556 000 fr.
- Considérant enfin que toutes les colonies allemandes du Pacifique, situées au sud de l’Equateur, à la prise de possession desquelles la France a participé, ont été incorporées à l’empire britannique ; qu’en particulier la Nouvelle-Guinée, l'archipel Bismarck et les îles Salomon allemandes ont été spécialement attribués à l’Australie ;
- Emet le vœu que notre gouvernement, faisant appel au sentiment de haute équité de l’empire britanniqtie, insiste pour qu’il soit mis fin au régime provisoire du condominium par l’annexion pure et simple de ç.et archipel au domaine colonial français, en respectant scrupuleusement les intérêts britanniques moraux et matériels constitués dans ce6 îles. »
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- IgD
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Qtft
- >•
- O^c
- Mécanique . ,
- Construction d’une petite horloge à eau. —
- M. J. Large, fils, nous communique le moyen de cons-' truire aisément une petite horloge à eau. On reconnaîtra le 'principe de l’antique clepsydre qui a longtemps servi à donner l’heure à l'humanité civilisée.
- x° Description de l’appareil. — L’appareil se compose d’un cylindre réservoir R (fig. i), percé d’un trou très petit à la partie inférieure, afin de permettre l’écoulement de l’eau goutte à goutte. Il est suspendu par 2 fils qui s’enroulent dans le sens indiqué (fig. 1), sur un tambour T à axe horizontal, assez léger, et supporté par une armature métallique.
- 2" Un cylindre plongeur 1’ de diamètre légèrement inférieur à celui du premier cylindre R et de même hauteur, qui est suspendu au tambour T par un seul (il enroulé à égale distance des deux autres, mais en sens inverse il est guide par une poulie libre, de même diamètre que le tam-iCadran bour, ceci pour que
- le cylindre P puisse descendre dans R sans le toucher.
- Avec 1 enroulement inverse des fils il est évident que lorsqu’un des cylindres monte, l’autre descend et vice-ver-sa.
- C’est sur l’axe du tambour que* sera fixée l’aiguille A unique, amovible , devant indiqtier l’heure.
- Fonctionnement.— On remplit d’eau bien propre le réservoir R, puis on leste avec de la grenaille de plomb le cylindre P jusqu’à ce que, son poids étant très légèrement supérieur à celui de R, il descende pendant que R monte et plonge dans l’eau que contient ce dernier, mais il reçoit alors de la part de l’eau une poussée de bas en haut, qui s’oppose à sa descente et finalement l’arrête. L’appareil est en équilibre et peut commencer à fonctionner, à ce moment l’aiguille que porte l’axe de T peut être mise à l’heure.
- L’écoulement du liquide commence; tout le monde sait que, sans l’interposition d’un mécanisme, l’eau coulerait d’abord assez vite en raison de sa hauteur, mais celle-ci diminuant il en serait de même de la vitesse d’écoulement.
- Avec le mécanisme simple que nous venons de voir, c’est différent.
- Lorsqu’une certaine quantité d’eau, d’un poids p s’écoule de R, le réservoir devenant plus léger de cette quantité, ne peut plus équilibrer le poids constant P
- Fig. 2._Réglage du plongeur et monte, tandis que P des-
- de l’écoulement, cend à nouveau jusqu’à ce qu’il reçoive une poussée suffisante. Or, d’après le principe des corps flottants, il plongera jusqti’à ce qu’il ait déplacé un volume d’eau de poids égal à p, quantité écoulée, ce qui fait donc remonter l’eau du réservoir au niveau initial, en même temps le tambour T a tourné d’une certaine fraction de tour.
- Avec ce mécanisme si simple, l’écoulement des gouttes est fort régulier, ainsi que le mouvement de l’aiguille.
- Pour pouvoir régler aisément l'écoulement et avec
- FL
- Scli
- K-nia de l'appareil
- fois
- précision il est préférable de placer un petit pointeau à vis au fond de R (fig. 2). :.....
- Proportions des différentes parties. — Les cylindres doivent dvoir une hauteur égale environ à 4 fois leur diamètre et à 7 fois le diamètre du tambour ( 2 iz XD ), afin que celui-ci fasse au moins 2 tours si l’on place un cadran de 12 heures.
- L’appareil peut être construit assez simplement avec de petites boîtes en fer-blanc, cylindriques ayant à peu près les proportions indiquées.
- L’aiguille doit être très légère (bois ou aluminium) et équilibrée sur l’axe afin de ne modifier en rien le mouvement de l’ensemble, quant au cadran il n’est ni difficile à faire, ni à placer.
- La figure 3 montre la disposition la plus simple à donner à l’appareil.
- Seul le réglage est délicat, mais c’est à faire une pour toute.
- Tabouret à hauteur réglable automatiquement au pied. — Uue
- foule de cas se présentent où il peut être commode d’avoir à sa disposition un siège à liauteur variable. Divers modèles existent déjà, soit à vis, soit à crémaillère, mais tous exigent un réglage à la main et une perte de temps.
- M. Quiniou, ingénieur des Arts et Manufactures, s’est vu poser le problème par des chirurgiens, désireux d’opérer sans fatigue en disposant d’un siège de hauteur facilement réglable, par des radiologistes qui, les mains tenant l’écran, explorent le malade soumis aux rayons X, depuis là tête jusqu’au ventre. Dans tous ces cas, on ne peut songer à libérer les ...—
- mains,embarrassées ;
- ou soigneusement nettoyées, pour toucher au siège. Force était donc d’imaginer un système simple de manoeuvre au pied.
- M. Quiniou a résolu le problème de la manière suivante (fig.'4) :
- Le siège S, solidaire d’une tige verticale T, a des tendances à s’élever; une chaîne C fixée d’une part à la partie inférieure de T, et d’autre part à un contre-poids P,passe sur uue poulie p.
- Pour arrêter la lige au point désiré, un levier L articulé en o repose sur l’ap- - , • ' . L
- pui A dans sa position inférieure; dans cette position, la pointe de L est engagée dans un des creux pratiqués sur un côté de, T, par conséquent la tige ne peut descendre; elle ne peut non plus remontera cause du poids rie L.
- Fiv.
- 5.—- Le tabouret à hauteur'réglable automatiquement-iyi pied.'
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- ü
- Si l’on appuie sur la pédale M articulée eu N, la lige t remonte le levier L; celui-ci décrit un arc de cercle autour de Û et soulève légèrement T, qui a d’ailleurs tendance à remonter, la pointe de L s’écarte de T et libère celle-ci qui remontera jusqu’au bout de sa course si on n’intervient pas. <
- La personne assise veut-elle descendre le siège, elle appuie légèrement sur le siège et, au point désiré, elle quitte la pédale M, et l’appareil est bloqué.
- Veut-elle le remonter, elle se soulève sur son siège jusqu^au point désiré, elle libère alors M, et T qui montait est bloqué. Un seul essai suffit pour se familiariser avec ce mécanisme qui est très simple et d’une sûreté absolue.
- Sur la photographie est figuré un siège en forme de selle, car c’est la forme qui convient le mieux pour être commodément assis, debout ou dans les positions intermédiaires entre cette position et la position basse. Le bâti est triangulaire, mais on comprend bien que le mécanisme décrit peut être appliqué à tout autre forme de siège, même de style.
- Cet ingénieux tabouret à élévation et descente au pied par un seul levier, avec arrêt automatique, peut servir à de multiples usages. Il est construit par M. Quiuion, a6, rue des Lyonnais, Paris.
- Élevage
- L appareil est tenu eu main comme tous les appareils a main et se déplace de la même manière. Pendant 1 opération, les soies des brosses agitent les poils, les brossent,* pendant que le peigne de l’étrille gratte la surface du cuir et dégage la crasse, la boue, entre les poils. TI est logique, d’admettre que le traitement avec cet appareil est plus efficace, plus énergique et beaucoup plus rapide que le procédé ordinaire. De plus, et c’est Là un avantage également appréciable, l’homme n’est pas exposé à respirer toutes les impuretés que détache l’étrille et qui l’enveloppent parfois comme s’il était plongé au milieu d’un nuage éminemment antihygiénique. Ici l'aspirateur ne laisse échapper aucune parcelle de poussière; toutes (les impuretés se rassemblent dans le collecteur de poussières habituel. L inventeur ne spécifie pas dans son brevet à quel genre de moteur il a recours, mais on peut suppléer à cette absence de renseignements et imaginer un appareil à pied qui sera suffisant pour le traitement d’un seul animal. Dans les écuries ou les étables très peuplées, on peut utiliser un moteur mécanique sur lequel seront groupées, chacune par une canalisation spéciale, autant d’élrilles que 1 on voudra et qui fonctionneront toutes simultanément. Leur nombre dépendra du personnel dont ou dispose. Un agencement de ce genre conviendrai! tout à fait dans les régiments de cavalerie où le pansage est toujours long et rarement convenablement fait.
- Le pansage par le vide. — Le nettoyage par le vide ayant conquis les appartements va s’emparer peu à peu de toutes les dépendances de l’habitation eu attendant qu il soit appliqué dans la toilette féminine, ce qui ne
- saurait tarder. En somme, la distance n’est pas bien grande entre les tapis, les tentures, les animaux naturalisés et les animaux vivants. Or,cette distance vient d’être franchie très élégamment par un inventeur américain, lequel n’a certainement pas encore dit son dernier mot.
- M. J. J. Slevin vient d’imaginer, en effet, une étrille pneumatique qui fonctionne exactement comme les aspirateurs de poussière et doit sans aucun doute donner des résultats plus rapides et plus complets que peuvent le faire l’ensemble des opérations constituant le pansage habituel. Notre confrère le Génie Rural vient de publier le brevet de cette iuvention que nous nous empressons de décrire.
- La nouvelle étrille se présente sous la forme d’une étrille ordinaire. La carcasse métallique A porte un raccord B dans lequel vient s’engager le tube souple relié à l’aspiration. Une pièce C, également métallique à bords extrêmes relevés, permet d’engager une courroie D à l’aide de laquelle on promènera l’étrille sur l’épiderme de l’animal, ainsi qu’on le fait habituellement.
- La carcasse A sert également de base à une sorte d’enveloppe métallique E faite en aluminium qui entoure l’étrille et maintient rigides les soies de deux brosses G placées à chaque extrémité de l’appareil. L’espace compris entre les brosses est réservé aux lames de 1 étrille H assemblées deux à deux comme les deux branches d’un U. L’une de ces branches est dentée, les dents étant à pointes basses et arrondies, suffisamment efficaces pour le travail à accomplir et non nuisibles à la peau de l’animal. La seconde branche est lisse afin d’empêcher les dents de la lame précédente de presser trop durement. C’est là d’ailleurs le procédé normal de fabrication de ces appareils.
- Chaque double lame est évidée sur une certaine longueur dans la partie qui leur sert de base. Il suffit de laisser une certaine longueur de métal à chaque extrémité pour permettre de les fixer par des vis sur la partie inférieure de la carcasse A. On constitue ainsi entre chaque lame un espace vide par lequel les poussières détachées sont aspirées directement. Ce vide se prolonge également sous les brosses afin de ne laisser s’échapper aucune poussière avant ou après le passage des lames dentées.
- /leur
- 'Divers
- Emploi des encres de couleurs. — Souvent dans un bureau de dessins, ou emploie dans Un même plan îles encres de couleur. Quand on en a une certaine variété, il arrive que le dessinateur qui utilise une encra d’une couleur déterminée, lorsqu’il passe à une autre, oublie de changer de porte-plume ou prenne une -plume qui n’est pas celle destinée à- la couleur en question.
- Voici une disposition qui évite ces inconvénients.
- Une pièce de bois devra comporter une rigole destinée à recevoir les bouchons el une série de trous.
- Chaque couleur aura un trou pour la bouteille d’encre el devant entre la bouteille et le dessinateur un trou pour le porte-
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- LA T. S. F. DES AMATEURS
- Suite)
- VANTENNE ET LA PRISE DE TERRE (Y
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- Fig. U. — Dressage du mât.
- Nous avons vu précédemment comment ou préparait le Irou nécessaire pour implanter un mal danfenne.
- Le pied du mât est alors amené dans la rigole et vient butter sur la paroi du trou; il suffit de 4 ou 5 hommes, dont ), armés de longues fourches, pour dresser peu à pende màt (fig. u) ; lorsque ce dernier arrive à la position verticale, il
- chapeau _/? . -, -, , ,
- ^ ------«ex tombe de lui-
- même au fond de l'excavation et reste debout.
- Il n’y a plus qu’à combler le déblai avec un mortier très liquide de sable et de chaux.
- Nous conseillons de percer le tronc du mât d’un trou destiné à recevoir
- uue barre de fer au moyen de laquelle on pourra faire pivoter le màt lorsque la tension et le poids de l’antenne l’auront à la longue déformé; il faut procéder à cet essai une fois ou deux avant que le mortier de chaux ne se soit tout à fait durci au pied du mât (fig. 12).
- La figure 11 montre l’équipement complet du mât avant l’opération de la mise debout; le chapeau isolateur a été fixé au mât par une tige de fer sur laquelle il est lui-même scellé ; la poulie accrochée à l’isolateur par un gros fil de fer porte en sa gorge le filin de Fig. i?.. retenue qui servira à monter l’antenne
- et auquel on a donné la forme d’une longue boucle ayant presque la hauteur du mât.
- La figure 6 de notre précédent numéro représente l’un des mâts de l’antenne maintenu par deux haubans réglés des tendeurs comme en utilisent les jardiniers pour leurs réseaux d’espaliers; le mât de droite est consolidé par un câble prenant appui en son centre sur le sommet arrondi d’une équerre métallique.
- Il est avautageux d’avoir un hamac d antenne aussi horizontal que possible, toutefois il est bon de relâcher un peu la tension du filin de rete-
- l’1 1 >• nue
- 1 o rs-
- ^jue l’antenne ne doit pas être utilisée de quelque lernps, cette précaution ménage un peu la force
- /so/ateur
- par
- p/anchehe
- fl. ir,.
- .Lorsqu’on utilise à la réception un amplificateur, ces dimensions peuvent être considérablement réduites.
- Lorsque l’emplacement dont ou dispose est réduit et. qu on veut établir une antenne en boucle, il y a lieu de constituer la nappe par un nombre pair c)e fils. Les extrémités de ces derniers seront reliés électriquement par un fil du côté de la vergue la plus éloignée des appareils (fig. i/,)( ils seront reliés par moitié du côté du poste où ils pénétreront par deux câbles isolés (fig. i5).
- La figure 16 représente une antenne coudée utilisant deux cheminées d’usine comme supports.
- Antenne en T. — La construction de ce type d’aérien ne diffère de la précédente qu’en ce que
- les fils- de descente partent du milieu de la nappe au lieu de partir de son extrémité (fig. 17).
- Pour une hauteur et des dimensions du hamac identiques à celles de l’antenne coudée dont nous venons de parler, la longueur d’onde propre de l’antenne en T n’est plus que de a3o m. environ.
- L’efficacité de rayonnement de l’antenne en T est maxima à la fois dans les deux directions de ses extrémités. Son rendement est. excellent, mais la charge des fils de descente, au centre de la nappe, exige des supports très robustes ; c’est la forme
- d’antenne la plus commune à bord des navires.
- Antenne en parapluie*— Cette antenne a l’avantage de ne nécessiter qu’un seul mât que peuvent haubauner, en
- porce/aine
- Fil
- ep/ssures soudées
- retenue
- Fii
- if.
- épissures soudees Fig. 10.
- de résistance des supports. Le dispositif d’attache de m ligure i3 permet une manœuvre rapide du filin de i’etenue. Il peut être nécessaire de fixer aux extrémités es vergues des cordelettes destinées à corriger l’équi-îbre du hamac, ces cordelettes seront goudronnées et s attacheront à une petite poulie de porcelaine fixée au
- ^âf à 2 m. sol.
- b antenne construite sur les données qui précèdent aura une longueur d’onde proche de 3oo m. et une e-apacité de . 0004 microfarad environ. Son efficacité 8eva maxima dans la direction du fil a A.
- Fig.
- partie, les fils mêmes de l’aérien, mais il a l’inconvénient d’exiger un emplacement étendu.
- La figure 18 fait comprendre le montage d’une antenne en parapluie ; la plupart des renseignements déj.à fournis sont ici utilisables.
- Le mât que représente notre gravure a i5 m., il est constitué par 3 tuyaux de fonte de 4 m- de longueur et 6 cm de diamètre provenant d’une ancienne canalisation d’eau. Ces 3 tuyaux, solidement boulonnés et hau-bannés par des câbles en fil de fer. coupés par a isolateurs;, spnt surmontés d’une perche en chêne verni
- i 61 |ÜÊb
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- VARIETES
- Æ-
- •Soc/e
- ' tuyau de fonte
- Kif
- Kl.
- piquet de retenue
- Fil
- 9.0.
- portant, le chapeau isolateur auquel est attaché l’aérieu.
- Le mât, doit être complètement équipé avant d’être dressé. Au collier intérieur du premier tuyau de fonte est solidement fixé un socle de bois mesurant 40 X 4o cm et suffisamment épais pour porter la charge de l’antenne et du ruât (fig. 19).
- Entre les colliers de raccord de chaque tuyau il est absolument indispensable de disposer un joint en bois de chêne de 2 cm d’épaisseur qui permettra de boulonner
- très fortement les colliers Joint en bas sans crainte de les briser, surtout si l’on a pris soin de placer sous les têtes des écrous de serrage une ron-delledemétal suffisamment large. .
- Les brins d’anlenue, au nombre île 4» mesurent do ni. environ ; il est rigoureusement indispensable qu’ils aient tous la même longueur et que leurs extrémités soient à une hauteur égale du sol afin qu’à leur jonction commune toutes les ondes stationnaires le long de ces fils soient dans la même phase et. s’ajoutent intégralement.
- Chaque brin aboutit à un isolateur et se trouve prolongé par un filin de retenue de 12'à i5 m. qu’on attache à un piquet fixé au sol à environ 40 m. du pied du mât. La tension de ce filin est réglable par je dispositif très simple que représente la figure 20.
- Pour la mise debout du mât métallique, il est nécessaire que chaque extrémité des filins et des haubans soit tenue par une personne placée à peu près à l’endroit où le câble sera fixé à son attache au sol; il importe également que les efforts de traction des personnes tenant les câbles s’exercent en concordance afin chapeau en porceisine que le mât conserve une position favorable d’équilibre.
- Le mât tubulaire que nous venons de décrire est également utilisable pour suspendre une antenne coudée ou • ‘d- j |- une antenne
- en T.
- Dispositifs divers d’antennes d’amateuts. — La figure 21 représente une anteunp en parapluie fixée sur un mât de 3 m. au fronton d’un petit chalet. Pour parer à la faible hauteur du support et à l’exiguïté de l’emplacement, les filins prolongeant lés fils radiants ont été
- accrochés à des arbres et à des poteaux qui les maintiennent à 4 m. du sol. Le fil de descente d’antenne est éloigné des murs et du toit par un bout-dehors de 2 m., à l’extrémité duquel il est retenu par une petite poulie en porcelaine.
- ~ Sur la figure 22
- Fig. 22. est représentée une
- , antenne unifilaire
- suspendue au clocher d’une chapelle, cette installation facilement réalisable est tout à fait pratique et n’occasionne aucune dépense, le collecteur d’onde reste à peu près invisible. Une disposition peu encombrante d’antenne eii boucle est représentée par la figure 23. Un tel aérien donne de bons résultats dans un lieu bien'dégagé.
- L’antenne en éventail de la figure 24 est aussi d’une construction facile. Il est important que les isolateurs
- placés à l’extrémité des fils soient à 4 ou 5 m. au moins des arbres et que tous les fils aient la même longueur et soient à la même distance du sol. La figure 2.4 montre deux procédés de réception intéressant, tout particulièrement les touristes.
- Antenne terrestre. — La partie inférieure dudessin(fig.2â) représente un petit poste récepteur portatif coünecté à un fil conducteur nu ou isolé étendu à terre dans une direction opposée à la direction de la station écoutée et jouant le rôle de collecteur d’onde. Plus on se trouve éloigné de la station émet-trice, plus ce fil doit être étendu ; pour la réception des si • gnaux de la station du Champ de Mars on comptera en moyenne 5o m. par 100 km.
- Une canne métallique enfoncée de 25 à 3o cm en sol humide est utilisée comme prise de terre.
- Antenne portée par cerf volant. — La partie supérieure du dessin représente une réception sur antenne portée par cerf-volant (fig. 26).
- Nous recommandons tout particulièrement ce mode de réception qui donne des résultats absolument merveilleux.
- L’intensité des signaux reçus ainsi axec un simple fil collecteur de 3oo m. est surprenante et l’efficacité de l'antenne s’étend à une distance bien supérieure à celle atteinte par tous les autres types d’aérien.
- La figure 26 représente le cerf-volant qui nous sert pour nos expériences, le croquis coté qui l’accompagne permettra à chacun de construire avec quelques mètres [de calicot, ou avec deux vieilles toiles de lente, un planeur capable de l 'g. 24.
- s’élever par temps
- presque calme (à partir de 3 m. à la seconde) et d'enlever plusieurs centaines de mètres d’antenne.
- Le cerf-volant est constitué par deux cellules à côtés égaux formant chacune un parallélépipède légèrement apla-ti, l’une des diagonales mesurant 75 cm et l’autre 1 mètre.
- Deux ailerons triangulaires peuvent être montés sur les arêtes situées aux extrémités de la grande diagonale pour augmenter la surface portante de l'appareil et lavo-riser son essor lorsque le vent reste faible.
- corde de retenue
- f/cei/e de retenue
- \antenne
- Pour construire le" cerf-volant porte-antenne, on découpera dans une ; pièce d’étoffe deux bandes de 2 m. 40 de longueur sur 38 cm de largeur. On formera ensuite deux écharpes fermées en réunissant respectivement les extrémités de chaque bande par une coulure et on les montera, en s’inspirant de la ligure 26» slJ‘ quatre baguettes de bambou de 1 cm de diamètre et de
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- VARIÉTÉS
- no cm de longueur, chaque petit pauneau devant avoir même largeur : AB = BG = CD — DA.
- Ou fixera sur la baguette Ac et sur la baguette Cg, |iar quelques points de gros lil, les ailerons triangulaires dont le croquis indique les dimensions.
- Sur la baguette B/', on placera l’émerillon L dont les deux petits câbles devront avoir très exactement les
- Baguettes en roseau
- j) r>.\7i ^—c b
- /) ai.AT,..jr. f
- A aC
- e ....g
- 1 a--------JW..
- Fig. 2(3.
- JCj
- dimensions données et devront être attachés aux points A cl F.
- Deux baguettes de yS cm et 2 baguettes de 1 m., terminées par des crochets ouverts, auront leurs extrémités engagées dans de petits anneaux de cuivre fixés aux deux bouts des baguettes montantes et serviront à maintenir la rigidité du cerf-volant.'Pour plus de sécurité, deux bambous tendeurs supplémentaires peuvent être disposés au centre de l’appareil dans l’espace vide qui sépare les deux cellules. Une baguette de 1 m. 80 passant dans deux anneaux en a et en c maintiendront les pointes des ailerons tendues lorsqu’il y aura lieu d’utiliser ces derniers.
- Ainsi constitué, le cerf-volant est facilement démontable, puisqu’il suffit d’enlever les baguettes croisées pour pouvoir le rouler autour des quatre petits bani bous formant arêtes ; il n’est pas alors plus encombrant qu’un parapluie.
- il est bon de lâcher le planeur avec une ligne de retenue en chanvre d’une centaine de mètres environ afin de faciliter la manœuvre du lancement lorsqu’on se trouve dans un endroit peu dégagé où le vent souffle irrégulièrement ou faiblement. Lorsque le vent se fait sentir régulièrement à ras de terre, il suffit de dérouler une cinquantaine de mètres de corde de 2 à 3 mm de diamètre, d’attacher un des bouts à un piquet ou à un treuil et de raccorder l’autre bout à l’émerillon bridé sur l’appareil; puis, prenant celur-ci par deux montants, on s’éloigne dans la direction du vent jusqu’à ce que la corde se trouve tendue, on élève alors le planeur à bout de bras pour le lâcher lorsqu’on sentira l’effort du vent. L’appareil atteint très vite une trentaine de mètres de hauteur.
- On revient au treuil ou près du piquet et l’on n’a plus
- qu à dérouler la longueur de corde nécessaire pour que le cerf-volant atteigne l’altitude désirée.
- Lorsque le vent est faible, il est préférable de faire présenter le cerf-volant à la brise et l’on fait ascension-ner l’appareil en courant un peu, il atteint ainsi une hauteur de 75 à 80 nf. où il trouve habituellement un courant d’air plus puissant.
- A 100 ou i5o m,, le vol du planeur est suffisamment slable pour qu’ôn puisse accrocher à la corde de retenue le fil conducteur qu’on laissera monter avec elle et qu’on utilisera comme antenne.
- Le cerf-volant dont nous venons de donner la description nous a permis d’employer une antenne unifilaire de 4oo m. en câble très léger avec laquelle nous avons retui les postes américains avec une intensité tout à fait remarquable.
- Un fil nu ou isolé de même longueur que l’antenne peut tenir lieu de prise de terre s’il est étendu sur le sol au-dessous du fil aérien.
- Il est nécessaire de renoncer à la réception sur antenne portée par cerf-volant les jours d’orage; il est également prudent de laisser traîner à terre l’extrémité du fil conducteur pendant la durée de son ascension et jusqu’au moment où étant connecté aux appareils de T. S. l’\, on n’a plus à redouter qu’il se charge à un potentiel dangereux.
- Les arbres peuvent être utilisés comme antennes, aussi bien pour la transmission que pour la réception. La figure 27 représente une réception de ce genre.
- Une fiche métallique est enfoncée de 4 à 5 cm dans le tronc d’un arbre au tiers de sa hauteur et se trouve reliée électriquement par un fil souple aux appareils de transmission ou de réception.
- La prise de terre est constituée par des fils isolés posés sur le sol et rayonnant autour du pied de l’arbre; un grillage métallique peut également être utilisé, il est alors avantageux de le placer sur des brindilles de bois mort qui l’isoleront du sol.
- Plusieurs arbres peuvent être réunis en parallèle ; c’est avec des peupliers, et surtout avec des platanes, que
- nous avons obtenu les meilleurs résultats; des sapins, au contraire, nous ont semblé de médiocres collecteurs d’ôndes.
- Dans un rayon de 3oo km autour de Paris, ce genre de réception peut être utilisé comme moyen de fortune pour recueillir les transmissions de la puissante station de la Tour Eiffel ; au delà, l’emploi d’un amplificateur pourra seul assurer une bonne réception.
- (A suivre.) Frank Duuoquier.
- Jêcï
- NOUVELLES MÉTÉOROLOGIQUES
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- Les courants verticaux dans l’atmosphère. —
- M • Brazier, au cours de la première réunion de la Société Météorologique, a présenté un nouvel appareil pour la mesure et l’enregistrement de la composante verticale du vent. La connaissance de celle-ci est de la plus haute importance, non seulement pour que nous puissions mieux saisir la structure des courants atmosphériques mais encore du point de vue pratique de l’aviation. Remarquons, eu effet, qu’un courant descendant de 5 m.
- par seconde équivaut pour l’avion à une surcharge momentanée d’une dizaine de kilogrammes.
- Jusqu’à ce jour les courants verticaux n’avaient guère été l’objet de mesures directes, si l’on excepte l’anémomètre installé par M. Angot vers 1890 au sommet de la Tour Eiffel. Cet instrument se composait de quatre ailettes planes inclinées à 4^°> Ie moulinet ordinaire de l’anémomètre Richard pouvant tourner autour d’un axe vertical. Le tout était placé à l’intérieur d’un cylindre
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- NOUVELLES MÉTÉOROLOGIQUES
- vertical ouvert aux deux bouts, qui arrêtait les effets latéraux du vent.
- Cet appareil présente, comme bien on pense, un grand moment d’inertie dont l’action se répercute sur les mesures etïecluées.
- Une méthode indirecte pour l’étude des courants verticaux est née du lancer des ballons pilotes. On sait que ceux-ci- s’élèvent avec une vitesse constante comme le montrent la théorie et les expériences qui ont été faites.
- Si donc on détermine la position réelle du ballon par des visées à deux théodolites, on connaîtra la vitesse exacte du ballon et par comparaison avec la vitesse théorique le courant vertical qui a accéléré ou retardé son ascension. La méthode ne permet naturellement d’obtenir que des vitesses moyennes pendant une ou deux minutes. L’appareil de M. Brazier présente à cet égard une grande supériorité eu enregistrant les vitesses instantanées. On doit donc souhaiter vivement que M. Brazier trouve les ressources nécessaires pour pouvoir installer un de ses anémomètres au sommet de la Tour Eiffel.
- Une pluie exceptionnelle. — Elle s’est produite à Bordeaux dans la journée du ier octobre 1919. Le pluviomètre de l’observatoire de Floirac a enregistré une hauteur totale de 111 mm., en 8 heures consécutives de 3 h. à 11 h. du matin, soit une intensité de 7 mm 23 par minute.
- La quantité d’eau recueillie ne constitue certainement pas un record, mais ce qui en est probablement un c’est l’intensité de la pluie pendant une durée aussi prolongée.
- La Société météorologique de France. — La Société Météorologique, l’une des plus anciennes Associations scientiliques de notre pays (sa création remontant à 1848), vient de reprendre ses travaux.
- La guerre a répandu, comme on sait, les connaissances météorologiques et a démontré leur utilité. D’un autre côté le développement de l’aéronautique rend plus nécessaire que jamais le groupement de toutes les personnes qui étudient les phénomènes de l’atmosphère et la mise en commun des découvertes de chacun.
- Le Bureau de la Société a été ainsi constitué :
- Pi ésident : M. Maillet, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées. Vice-Présidents : M. Gariel, membre de l’Académie de Médecine et le colonel Renard.
- La propagation de la chaleur dans les couches basses de l’atmosphère. — Nous avons établi que les échanges calorifiques qui se produisaient pendant la nuit dans les couches basses de l’atmosphère étaient différentes suivant qu’il s’agissait de couches immédiatement voisines
- du sol, celui-ci prenant alors une importance prépondérante comme corps rayonnant, ou bien de couches situées à quelques centaines de mètres. Nous avons été ainsi amené à séparer, pour l’étude des phénomènes calorifiques, le voisinage du sol de l’atmosphère libre.
- Dès que l’on s’élève dans l’atmosphère, le coefficient de rayonnement diminue nettement.
- En hiver de o,o36 à 0,014 (sommet Tour Eiffel).
- En été do o,o3o à 0,019 ( id ).
- Cette décroissance ne peut être attribuée à la diminution de la température de la pression atmosphérique, comme le montrent les expériences de laboratoire. 11 faut donc admettre que le refroidissement des couches basses de l’air ne se produit pas comme celui d’un corps solide placé dans une enceinte à température constante.
- D’un autre côté, il y aurait lieu de séparer nettement les phénomènes du jour de ceux de la nuit, puisque l’apport de chaleur ne se produit que pendant la période éclairée. Malgré ces deux distinctions inévitables, nous voudrions montrer ici qu’il y a une certaine liaison entre les échanges calorifiques du voisinage du sol et ceux de l’atmosphère libre.
- Cette liaison doit se trouver dans uu brassage des couches* dont l’origine est double : ries remous verticaux, causés par les aspérités de la surface du sol et même par ses dénivellations ; V les remous d’ordre calorifique, dus aux différences momentanées de température et par suite de densité entre masses d’air immédiatement voisines. Les signes qui manifestent ces deux sortes de remous sont nombreux et n’ont pas besoin, d’être rappelés ici. Le premier facteur agit pendant toute la journée; le second principalement pendant la période diurne d’éclairement.
- Ce brassage par mouvements turbulents, d’origine dynamique ou d’origine convectionnelle, rappelle tout à fait l’agitation moléculaire des gaz. On peut donc sc demander si, dans l’atmosphère, il n’y aurait pas une sorte de conductibilité convectionnelle qui jouerait le même rôle que la conductibilité classique pour les gaz. Autrement dit, peut-on appliquer à ces phénomènes la théorie de la propagation de la chaleur de Kourier avec un coefficient de conductibilité convenable?
- Le coefficient de conductibilité qu’on déduit des calculs effectués est environ ioü plus grand que celui obtenu pour les gaz dans les expériences de laboratoire.
- Par ailleurs le coefficient de frottement déduit des phénomènes atmosphériques est égal à 5,6 X 106 fois celui qu’on trouve expérimentalement (A. Kerflom Upsal, 1908).
- Ces deux rapports sont sensiblement du même ordre et c’est là, il faut le reconnaître, un résultat curieux.
- SyLVÈKE BoiSTlIOKEL.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans hi mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnemeat. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Questions à nos lecteurs. —- Réparation des bateaux. — M. IV. A., à Beeringen, Belgique, cherche des ouvrages traitant de la construction et de la réparation des péniches et autres bateaux en fer ou béton.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Nouveaux procédés de construction : Société anonyme des Procédés Terrier pour le Ciment armé, 29, rue Lemer-cier, Paris.
- Communications. — Régulateurs de tirage pour les chaudières de chauffage central à eau chaude. — En réponse à la question posée dans notre numéro du 3 janvier, M. Mesnager, 16, rue Albert-Joly, Versailles, nous écrit : « J’ai chez moi une chaudière Idéal qui possède un régulateur agissant sur le registre du cendrier. Il se compose d’un thermomètre métallique à dilatation de liquide, placé à la partie supérieure de la chaudière et qui agit sur le registre par l'intermédiaire d’un levier
- à 2 branches formant ressort et d’une chaînette fixée a l’extrémité d’une de ces branches. Lorsque la chaleur écarte les deux branches de l’appareil, la chaînette se relâche et ferme l’arrivée d’air.
- Notre correspondant ajoute que les résullals de cct appareil, excellent en principe, sont en pratique très insuffisants, et qu’il y aurait intérêt à régler Fentree d’air par un organe léger en tôle, dont le poids serait mieux que la lourde porte de fonte, en rapport avec l’effort développé.
- Réponses. — M. Laubreaux, Nouméa. — Voici quelques adresses de constructeurs de maisons démontables ou non en ciment armé :
- Société du ciment armé de Nogent-sur-Marne, 138, avenue des Champs-Elysées, Paris; Etablissements industriels de Nanterre et Gennevilliers, io5, rue Saint-Lazare, Paris; Société anonyme des Etablissements B. R. B-, 60, rue Caumartin, Paris ; Société la Pierre de taille artificielle ( Rustic-House ), quai dé Passy, 36, Paris; Compagnie d’entreprises de constructions modernes, 77, rue Saint-Lazare, Paris; Société des constructions coulées (Fildier), 6, rue Montalivet, Paris; Société anonyme de travaux Dylc et Bacalau, 15, avenue Matignon, Paris.
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- LA MATURE
- Supplément.
- N° 2396 3 Avril 1920.
- <TD
- N FORMAT] ON S
- La grève des Imprimeurs. — La Nature a subi, d’une façon particulièrement pénible, la répercussion de la grève des imprimeries de Paris; tandis que les journaux imprimés en province et dans la grande banlieue ont pu continuer à paraître, notre journal, imprimé à Paris et affilié au Syndicat de la Presse Périodique a du suivre la discipline patronale en se refusant à céder à des exigences dont nous ne discuterons pas ici la légitimité mais qui eussent entraîné une telle augmentation de dépenses quelles eussent nécessairement abouti à la disparition de la plupart des journaux scientifiques.
- Actuellement les prix de l’édition de La Nature relatifs au papier, à iimpression, au façonnage, aux frais divers de manutention et d’expédition se trouvent, pour l’ensemble, majorés, par rapport à ceux d’avant-guerre, de plus de 875 pour xoo; le prix de l’abonnement est loin d'avoir été jusqu’à présent augmenté dans les.mêmes pioporlions, et avant de suivre les journaux politiques dans les augmentations, malheureusement justifiées, qu’ils vont appliquer et qui varient entre 3oo et 400 pour 100 des prix d’avant-guerre, il était de notre devoir, dans l'intérêt de nos abonnés, de chercher à limiter la progression toujours croissante des prix.
- Nous ne pouvons, en présence de l'encombrement des imprimeries, au lendemain d’une grève de près d’un mois, avoir la prétention de publier en plus des numéros réguliers, tous les numéros en retard, mais nous publierons après celui-ci, une série de numéros doubles de façon à dédommager nos abonnés de l’interruption de là publication.
- Nous remercions nos lecteurs, comme nos dévoués collaborateurs, d’avoir secondé nos efforts en acceptant de bonne grâce une interruption de publication rendue nécessaire par une question d'intérêt général.
- La Direction.
- Les grandes éruptions du Soleil. — L'Astronomie vient de publier"une traduction de l’étude consacrée par M. Edison Pettit dans V Astrophysical Journal aux protubérances gigantesques observées sur le soleil, notamment le 29 mai dernier lors de l’éclipse totale, etle 15 juillet suivant. Notre éminent collaborateur, M. Camille Flammarion, a exposé dans son bel article sur le Soleil (Yoy. n° 2879, l°r novembre 1919) ce que sont les protubérances : éruptions vaporeuses, projections à travers l’espace de véritables flots dé particules électrisés. « Ces éruptions solaires varient de forme, de grandeur, et s’élèvent fréquemment à des centaines de milliers de kilomètres au-dessus du globe ardent. » La première des protubérances étudiée par M. Pettit a été observée d’abord le 22 mars, puis les 27, 28 et 29 mai lors de l’éclipse totale de Soleil; elle fut suivie jusqu’au 5 août; elle apparut comme une fantastique éruption; de très belles photographies prises le 29 mai en ont enregistré d'heure en heure les diverses phases; on se croirait en présence des flammes d’un colossal incendie. La protubérance apparut le 28 mai comme une arche gigantesque parallèle au limbe, s’appuyant sur 2 colonnes situées par —070 et —4>°- Le 29 mai l’arche s’agrandit, la hauteur augmente; puis l’arche se rompt, et la nappe supérieure étalée sur une étendue de 585 000 km, s’éloigne de la surface solaire comme un colossal nuage de feu. Elle est alors à 320000 km d’altitude (5h32m4is); l’ascension du reste ne s’arrête pas là : à 6h 42™ elle commence à manifester une structure en spirale, comme si toute sa masse était tordue par un gigantesque ressort; son point culminant atteint 400000 km à 6h 3a ; 5aoooo km à 7hi9; 660000 km à 71' 57 et 760000 km à 8h23. Cette remarquable protubérance a duré 4 mois avant son extinction totale. *
- L’autre protubérance photographiée par M. Edison Pettit, le i5 juillet, lendemain de son apparition, atteignit 720000 km au-dessus de la surface solaire et elle offrit la singularité qu’ « au lieu de se disloquer soudainement, elle se déploya comme une bande élastique dont le centre s’élevait rapidement pendant que les côtés s’étiraient et devenaient plus ou moins droits, de sorte que la forme d’ensemble rappelait celle d’un triangle
- isocèle. » L’ascension de ce nuage protubérantiel fut extrêmement rapide; en ih 26"1 il franchit en hauteur 53oooo km, trajet qui correspond à plus de i3 fois le tour du globe terrestre.
- Les constructions de navires en 1919. — Le fJojd Begisier publie la statistique de construction de navires marchands en 1919; il en résulte que dans cette première année de paix, il a régné dans le monde entier une intense activité sur les chantiers de constructions navales. Les pertes de tonnage provoquées par la guerre sous-marine seront, à ce taux de construction, promptement réparées. Il a été construit, en effet, 2433 bâtiments de plus de 100 t., jaugeant au total 7 144 549 t. contre 1866 bâtiments représentant 5 447 444 t. construits en 1918. En 1918, il avait été construit 1760 bâtiments, au total 3332 882 t., et cette production constituait un record. Mais les centres de production se sont complètement modifiés avec la guerre. Les Etats-Unis qui 11’oc-cupaient en 19L1 qu’un rang plutôt modeste sont devenus les plus puissants constructeurs dû monde avec. 85a bâtiments de mer, jaugeant 3579826 t. contre 228232 t. en 1913. L’Angleterre qui tenait autrefois, et de loin, le premier rang, est sérieusement distancée; elle n’a construit que 612 bâtiments, jaugeant i 620442 t. ; elle avait produit, en 1913, 688 bâtiments, au total 1 982 i53 t. Au troisième rang se place aujourd’hui le Japon qui a construit 133 bâtiments de 611 883 t. contre i5i de 64 664 t. en 1918. Le développement rapide des constructions maritimes aux Etats-Unis et au Japon est un événement à noter et à retenir, qui ne manquera pas d’avoir d’importantes conséquences. Le Canada lui aussi prend une place honorable parmi les pays constructeurs avec une production de 235 bâtiments de 398 495 tonnes.
- Ce pays a décuplé sa production de 191.3.
- Vient ensuite la Hollande avec 137 086 t., léger progrès sur le chiffre de 1913 ; l’Italie, grâce à Trieste, progresse à 82713 t., contre 5o356. Viennent ensuite : la Norvège avec 5y8 t. ; l’Espagne avec 52 609 t. ; la Suède avec 50971 t. ; le Danemark avec 87766, et enfin au dernier rang, hélas, la France, qui n’a construit que 34 bâtiments d’un tonnage total de 82 663 t., contre 89 bâtiments et 176095 t. en igi3.
- Cette statistique ne comprend pas l’Allemagne pour laquelle les renseignements font défaut.
- Notons aussi dans l’intéressante statistique du Lloyd que 5 navires construits en Angleterre, représentant .82936 t., sont munis de moteurs Diesel.
- La plupart des bâtiments construits en 1919 sont en acier, cependant ce métal est devenu relativement si rare et si cher que l’emploi du bois a repris une certaine extension, 621 navires, au total 721046 t., ont été construits en bois, et 10 navires en béton armé.
- L’alcool-moteur. — Nous avons souvent. attiré l’attention sur l’intérêt de l’emploi de l’alcool dans les moteurs. 11 y a dans le monde entier pénurie de combustibles, et non seulement de charbon, mais de combustibles liquides. Les moteurs à explosion et à combustion interne se multiplient si rapidement qu’il n’est pas déraisonnable de sê demander s’il sera possible de les alimenter tous en pétrole ou essence. Les prix de ces produits augmentent rapidement. L’Engineering montre par un exemple que les difficultés qui ont retardé l’emploi de l’alcool-moteur peuvent être aisément surmontées quand la nécessité s’en mêle. L’Afrique du Sud, au cours de la guerre, n’a pu être que difficilement ravitaillée en combustibles lir quides, elle ne possède par elle-même aucune ressource en huiles minérales; par contre, elle possède au Natal une industrie sucrière florissante, et la production de l’alcool peut s’y développer aisément. On a imaginé dans cette contrée un mélange combustible ainsi composé : 54 pour 100 d’alcool éthylique, 45 pour 100 d’éther, 1 pour 100 de triméthylamine. Le rôle de l’éther est d’élever la tension de vapeur du mélange et de rendre ainsi le combustible plus facile à volatiliser à basses températures que lorsqu’il s’agit d’alcqtol pur. Celui-ci s’enflamme assez difficilement au départ. Rappelons que l’éther se fabrique par distillation de l’alcool
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- INFORMATIONS
- en présence do l’acide sulfuri([uo. Co dernier n’agit que comme catalyseur et n’est pas altéré par la réaction, il n’y a donc pas à envisager de grandes dépenses pour la production de l’éther. Le 3° constituant, la triméthyl-amine, est une ammoniaque composée; elle sert tout d abord de dénaturant grâce à son odeur extrêmement pénétrante; elle a encore un autre rôle : lors de la combustion de l’alcool dans le moteur, il se forme parfois un peu d acide acétique qui a une action corrosive néfaste sur les organes du moteur; la triméthylaminc présente dans le mélange neutralise l’acide acétique au fur et à mesure de sa formation et empêche les dégâts. La Natalité, tel est le nom donné au mélange que nous venons de signaler, a un pouvoir calorifique inférieur d un tiers environ à celui du pétrole; mais consommée dans un moteur, elle a un rendement thermique plus élevé ; de sorte qu’avec uu poids donné de natalité, employé dans un moteur déterminé, on peut effectuer un parcours qui sera de 85 à 95 pour 100 de celui que l’on obtiendrait avec le même poids de pétrole. L’emploi de ce mélange paraît se répandre rapidement dans toute l’Afrique du Sud.
- Les fours de boulanger chauffés électriquement.
- — Devant la pénurie de charbon qui paralyse une partie de notre industrie, il y a grand intérêt à substituer partout où la chose est possible, au chauffage par le charbon, le chauffage électrique lorsque le courant provient de chutes d’eau. En Suisse, où l’on éprouve au point de vue charbon des difficultés analogues à celles qui se présentent en France, on s’est préoccupé de réaliser électriquement le chauffage des fours de boulanger qui absorbe annuellement 35oooo à 870000 tonnes de charbon. Des expériences effectuées et que relate le Bulletin de VAssociation suisse des Electriciens, il résulte que, avec du courant à o fr. o5 le kilowatt, la cuisson du pain s’effectue plus économiquement dans un four électrique que dans un four au charbon, avec du charbon à 100 fr. la tonne. Les frais d’entretien des fours sont minimes et la cuisson du pain est aussi parfaite que clans les fours au charbon. Il est à noter aussi que la cuisson s’effectuant la nuit, les centrales électriques consentent en général pour le courant des prix plus bas que pour le courant livré le jour. 11 y a là en tout cas l’objet d’une étude intéressante pour nos régions de houille blanche.
- L’électrisation de l’ébonite frottée avec de la chaux vive. — La Revue Scientifique résume une communication de M. Borrini à la Société suisse de Physique sur certains phénomènes électriques curieux présentés par l’ébonite. Ou sait qu’un bâton d’ébonite frotté avec un morceau de drap s’électrise négativement. Mais si on le frotte au préalable avec de la chaux très sèche, il s’électrise ensuite positivement sous le frottement du drap. Si on frotte avec de- la chaux vive la moitié d’un bâton d’ébonite, elle s’électrise positivement quand on la frotte avec un morceau de drap, tandis que le reste du bâton s’électrise négativement. La partie du bâton frottée à la chaux a conservé 5 à 6 mois la propriété de s’électriser positivement par le frottement du drap; au bout de ce laps de temps elle ne donnait plus ni électricité positive, ni négative. Frottée de nouveau avec de la chaux vive, elle a repris la propriété de se charger positivement, lorsqu’on la frotte avec du drap.
- La standardisation. — La Commission permauente de standardisation instituée au Ministère du Commerce, et dont nous ayons déjà signalé les importants travaux, vient de publier une série de nouveaux fascicules édictant des règles d’unification pour les produits suivants :
- Emmanchements coniques démontables;
- Clavetages;
- Arbres porte-fraises et accessoires pour fraises à trou cylindrique ;
- Chariots de tours et machines diverses recevant les outils ;
- Cadrans indiquant le déplacement des chariots;
- Centres pour travaux entre pointes ;
- Unification des sens de manoeuvre d’embrayage, d’avance et dë réglage, etc., des machines-outils;
- Unification des profils ;
- Spécification d’un cuivre type recuit;
- Unification des machines électriques;
- Câbles isolés au papier imprégné ;
- Vocabulaire électrotechuique ;
- Conditions techniques de la distribution cl de la transmission de l’énergie électrique ;
- Pierres de taille; tuiles mécaniques; briques; verres à vitres;
- \erres de lampe de mines;
- Cahier des charges pour fournitures de liants hydrauliques.
- Enseignement du moteur Diesel. — On sait 1 avenir industriel qui est réservé au moteur Diesel et à ses multiples applications. Il est par suite curieux qu’un enseignement spécial sur celte question n’ait pas encore été institué.
- INous apprenons avec plaisir que cette lacune vient d être comblée; un cours très développé sur les moteurs Diesel et semi-Diesel vient d’être créé à l’Ecole supérieure d’Aéronautique et de Construction mécanique.
- Ce cours a été confie à M, Dumanois, ingénieur principal de la Marine, qui est l’un des spécialistes les plus distingués en cette matière.
- Les récoltes françaises en 1919. — La Nature a déjà publié les données statistiques officielles relatives au blé. Voici aujourd hui celles des autres récoltes, telles qu’elles viennent de paraître au Journal Officiel :
- Surfaces ensemencées quantités récollées
- en mille. Iweliircs. en mille uuinlaiiv.
- 1914 1919 1914 1919
- Maïs 456
- Millet 17
- Sarrasin ; 451
- Pommes de terre. . 1.487
- Rutabagas et navels
- fourrages .... 175
- Topinambours. . . 109
- Choux fourragers . 2 5o
- Betteraves à sucre. 13 3
- — de distillerie. 59
- — fourragères . 653
- Prairies artificielles. 2.876
- — temporaires . 3oi
- Fourrages verts au-
- nuels 724
- Prés naturels . . . 4.718
- Lin 18
- -99 5.722 2.99°
- 18 136 124
- 3oi 5.824 2.67 »
- 280 1 19.927 77.685
- 1.40 31.3o4 •7-799
- IOI 17.865 11.5 61
- 177 74-95i 4 0.4
- 66 87.510 10.83o
- 20 28.094 3.471
- 525 198.594 104.933
- 092 128.651 7 5.151
- 3l6 10.875 8,2 8 4
- 611 137.3o3 59.586
- 731 i5 178.657 128.156
- Clniuvre.
- uranie
- Ç filasse ) graines
- i5
- *34
- 6
- 18
- 61
- 20
- 9
- 27 2 2
- 85
- j 26
- 6 9 31 241
- .418
- 62
- 241
- 601
- 464
- 60
- G8
- 20
- 141
- 742 38 102 233 318
- Houblon Tabac. .
- Haricots.
- Lentilles Pois . .
- Fèves. .
- Féveroles
- Nos lecteurs trouveront intérêt à comparer les surfaces consacrées aux diverses cultures l’année du début de la guerré et l’année dernière. Ils verront que toutes ont considérablement diminue sauf celles qui nécessitent une faible main d’œuvre et sont destinées à l'élevage du bétail. La comparaison , des récoltes est encore plus lamentable, la pénurie d’engrais ayant ajouté ses effets à celle de la main-d’œuvre.
- Un tel tableau trace notre devoir d’aujourd’hui : il nous faut immédiatement produire plus, pour avoir suffisamment de nourriture malgré les difficultés des transports et la cherté des frets, pour diminuer nos achats à 1 étranger néfastes pour noire change. Espérons que les conditions météorologiques aideront l’effort qu’il faut préconiser partout et que la prochaine récolte de 1920 montrera un progrès marqué vers le retour aux productions normales !
- Conserves de cerf. — E Océanie française annonce que l’usine de conserves de Néméara, en Nouvelle-Calédonie, qui absorbe de a5 à 3o têtes de bétail bovin par jour, a tenté, en outre, la fabrication de conserves de cerf en boîte.
- Les cerfs achetés aux chasseurs 23 fr. pièce sont transportés jusqu’à l’usine par camions. Un premier essai a complètement réussi.
- La pullulation des cerfs devenant en Calédonie un fléau, comme en Australie celle du lapin, c’est évidemment très bien d’en tirer une ressource. Verrons-nous bientôt ces conserves sur le marché français ?
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- r. Photographie - 4
- Reproductions de menus objets sans ombres portées. — Les photographies de menus objets, tels que médailles, insectes, fleurs, plantes, pièces de bijouterie, articles de modes, préparations anatomiques, etc., laissent souvent à désirer par suite des ombres portées qui nuisent à la netteté des contours. Ces ombres sont difficiles à éviter, quelle que soit la disposition de l éclai-rage, si l’on se borne à placer les objets sur un support opaque. Il vaut mieux employer une glace sans tain, séparée du fond par un intervalle d'environ 20 cm. Si la glace est verticale, les objets à photographier devront être maintenus à l’aide de colle ou de cire, et cette opération risque de les détériorer ou de les déformer. Il est préférable de les poser simplement sur une glace horizontale ou faiblement inclinée, maintenue à la distance voulue du fond par des supports quelconques, par exemple deux piles de livres. Le fond sera constitué par une feuille de papier, de nuance gt'ise, choisie de manière à bien mettre en valeur les modèles. L’appareil
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- ordinaire, sans prisme, montée verticalement à laide d’un support à équerre. — En vente chez Calmels, i5o, boulevard Montparnasse, Paris.
- Le « Parabolux », projecteur électrique pour agrandisseur. — La vogue des appareils photographiques de poche a répandu l’usage des agrandissements, car il est rare que les épreuves directement tirées par contact soient intéressantes quand leur l'or-
- Flg. r. — Support pour la reproduction de menus objets sans ombres poriéos.
- sera incliné de façon qne l axe optique soit perpendiculaire à la glace. Il existe à cet effet des pieds à tête basculante et des supports à équerre très simples et peu coûteux.
- Pour des travaux suivis, il conviendra d’avoir un outillage spécialement créé dans ce but. La figure ci-dessus représente un support très soigneusement établi. Le porte-modèle est constitué par une glace sans tain au-dessous de laquelle est disposé un fond de drap gris neutre sur cadre mobile à pivots. Ce cadre peut aussi recevoir une glace étamée pour les reproductions en transparence. Lorsqu’on veut conserver les ombres portées parles objets on interpose un papier ou un tissu de nuance appropriée.
- La mise en plaque s’effectue 'en faisant monter ou descendre l’ensemble ci-dessus, au moyen d’une vis sans fin commandée par une manivelle que l’on voit à l’arrière, où se trouvent des échelons pour l’accès de la chambre noire. Celle-ci, représentée en pointillé, est munie d’un prisme à réflexion totale. Cette disposition fournit des images inversées de droite à gauche, à moins d’exposer les plaques verre en avant et gélatine en ^arrière. L’inversion est cependant nécessaire quand la n eproduction est faite en vue d’impressions photomécaniques (phototypie, similigravure, etc.); mais, dans autres cas, il sera plus simple d’employer une chambre
- l'ig. à. — Fc « Parabolux ».
- mat ne dépasse pas 4,5 >< G ou 6,5 X 9 cm. L opération 'ybe l'agrandissement était jadis assez délicate et. nécessitait un matériel encombrant; et coûteux ; elle est devenue :xÿrêmement simple, aussi simple qu’un tirage par contact, depuis la création des agrandisseurs (ou cônes âl^grandissement). Cependant, lorsqu’on .veut opérer à la tsbiière artificielle, on éprouve parfois quelque difficulté r éclairer l’image d’une manière parfaitement uniforme. Employer un condensateur serait compliquer l’installation, et d’ailleurs il faudrait, pour chaque opération, exécuter un nouveau réglage : ou retrouverait aiusi, encore aggravées, les difficultés de l’agrandissement à la lanterne.
- Ces difficultés sont évitées par le Parabolux qui permet d’opérer à la lumière artificielle aussi aisément qua la lumière du jour. Il se compose (lig. 2) d’un miroir parabolique, en métal argenté, au centre "duquel est disposée une lampe électrique. Une monture en ébénisterie s’adapte au corps antérieur de l’agrandisseur, de telle sorte que le cliché reçoit un éclairage uniforme sur toute sa surface, sans qu’il soit nécessaire de procéder à aucun.réglage. — Le Parabolux est construit par les Etablissements Tiranty, 91 et ioS, rue La-fayette, à Paris.
- Lanterne de projection portative. — Tout en possédant les qualités optiques et mécaniques d'un instrument de premier ordre, la lanterne « Gnome » (fig. '}) ne présente aucune difficulté de manipulation et peut être mise entre des mains inexpérimentées. L’éclairage est fourni par une lampe électrique à filament métallique de forme spéciale (Ept-projectious). Le j^asse-vues peut recevoir tous les dispositifs sur verre, y compris les formats stéréoscopiques , jusqu’à 8,5 X 10 inclus , et donner des proj ections de grandes dimensions : 1 m. 75
- X 1 m. 40, à 4 rode distance. L’appareil est léger, de faible volume, assez élégant
- pour figurer dans.un salon. Un couvercle en métal verni permet de le transporter aisément, à la main, lorsqu’on désire donner une séance de projection hors de chez soi. — Cette lanterne est construite par les Etablissements Tirauty, 91 et io3, rue Lafayette, à Paris.
- Lanterne pour laboratoire photographique. —
- Voici un mode de construction à la portée de tous, qui nous est indiqué par un de uos lecteurs, M. Linot.
- Prendre une boîte de gaufrettes à côtés carrés avec son couvercle et un 2e couvercle. Dans le fond de la boîte A découper une fenêtre B en ménageant un rebord de 2 à 3 cm, de même dans le couvercle C une fenêtre D. La fenêtre B sera obturée avec du papier « Yirida »
- Fis;. 3. — La lanterne « Gnome
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- M'
- SCIENCE APPLIQUEE
- soigneusement collé par ses bords sur la boite A et une bande de papier noir mi-partie sur le papier Virida, mi-partie sur le fond de la boîte assurera une étanchéité parfaite. La fenêtre D sera obturée dans les mêmes conditions par du papier « Rubra ». Sur un des côtés supérieurs de la boite percer un trou juste suffisant pour laisser passer le lil de la lampe et obturer soit avec du mastic, soit avec tout autre corps, de façon qu’aucune lumière ne puisse filtrer.
- Cette lampe sera commandée directement par le commutateur.
- Fonctionnement. — La lampe étant allumée, les couvercles D et E étant mis en place sur la boîte on aura une lumière rouge. En enlevant le couvercle E on aura une lumière verte. Pour l’éclairage du laboratoire ou l’impression des papiers au bromure, il suffit d’enlever le couvercle D, mais il est plus pratique d’avoir un commutateur à 2 directions commandant soit la lanterne, soit une autre lampe.
- <£§tn& Chauffage
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- Le « Xylotherme » ou poêle à sciure de bois. —
- Cet appareil de chauffage puissant et économique est basé sur le principe du gazogène utilisant toutes les réactions chimiques provenant d’un combustible chauffé tel que : sciure de bois, lignite, déchets de bois, vieux papiers, chiffons, feuilles d’arbre, déchets de toute sorte.
- Le gaz pauvre ainsi dégagé brûle à l’intérieur de l’appareil et se lamine ; autrement dit s’écoule en spirale sur les parois métalliques de la partie supérieure : le chapiteau, en y laissant toute sa température au profit du chauffage
- demandé. C’est ainsi qu’en pleine marche, les parois supérieures atteignent environ 4000, alors que les gaz évacués dans la cheminée ne se trouvent plus qu’à -iS ou 'le0.
- Le chapiteau est de deux formes différentes pouvant s’adapter simultanément sur le même corps de chauffage suivant les besoins. Le premier qui est celui de l’appareil de chauffage pour appartement est rond (o m. 60 de diamètre) (fig. 5) ; il est prévu pour laminer complètement les gaz enflammés et les utiliser par radiation sur une très grande surface par un dispositif de spirales. Le second est un chapiteau de forme elliptique de o m. 80 de large servant uuiquement pour la cuisine ; il est percé de trois trous recevant des rondelles de diamètres différents, permettant d utiliser tous genres d’ustensiles de cuisine. La température obtenue sur le foyer central est d environ 4oo°> ce qui permet une cuisson plus rapide que dans des fourneaux de cuisine ordinaires.
- L’appareil se charge avec 10 kg de sciure de bois ou autres déchets combustibles. Cette charge dure 10 heures en pleine marche, 24 heures alternées et 48 heures en veilleuse, sans recharge et sans aucune surveillance.
- Son rendement est plus élevé que celui des meilleurs appareils de chauffage. Il est prévu pour le chauffage de joo mJ à i5 et 200, avec nue température extérieure de — 8°. En veilleuse, la température du chapiteau est d’environ 85° et bien suffisante pour maintenir un appartement de 3 à 4 pièces tempéré. Le réglage se fait à la base en modifiant la quantité d’air par un régulateur; en ouvrant entjèrerpent ce dernier, Vdppa-
- reil passe eu quelques minutes de 85° à 4oon, ce qui explique les multiples applications auxquelles le Xyln-the rmerépond : chauffage pour appartement, de cuisine, chauffage central.
- Il se raccorde avec toutes les cheminées par de petits tuyaux de 82 mm environ et même le plus souvent en le branchant directement sur une tôle fermant complètement le logement d’une grille de cheminée. Son encombrement est de 1 m. de hauteur sur o m. 60 de diamètre; son poids, 25 kg..— Comptoir d’applications industrielles, 47,' rue Molière, Lyon.
- ïp> Mécanique <*]
- Mise en place de vis à bois de grandes dimensions. — Pour visser de grosses vis à bois, on prépare en général un avant-trou avec une vrille à main ou un vilebrequin portant une mèche.
- La vis est alors facilement placée dans l’avant-trou ainsi préparé et il est facile de commencer la rotation de la vis, d’abord avec la main, puis javec un tournevis.
- Quand on arrive presque en fin de course, la résistance du bois sur les filets devient très grande, le tournevis échappe et on détériore la fente de vis ce qui rend encore plus difficile la prise de la lame du tournevis.
- On sait que dans ce cas on relire la lame du tournevis et on la fixe à la place de la mèche d’un vilebrequin. On peut ainsi appuyer fortement la lame dans la fente
- place d’une vis à bois.
- de la vis et procéder facilement au vissage grâce, au levier que forme l’arc du vilebrequin.
- Mais si 1 on n’a pas de vilebrequin, on est obligé de préparer un grand avant-trou et encore, dans ce cas, il est impossible de visser à bloc.
- La figure indique la manière de se procurer un vilebrequin de fortune en coudant un tournevis à lame très longue forgé spécialement. Grâce à ce subterfuge, on pourra mettre en place de très grosses vis avec une facilité relative.
- Confort et habitation
- Parquets-tapis en mosaïque de bois. — Ces parquets sont constitués par une multitude de petits cubes et de petites lames en bois riches naturels (chêne, noyer, acajou, etc.), de 6 mm d’épaisseur, collés sur une forte toile, disposés en mosaïque suivant les dessins que l’on désire.
- Ils se fabriquent en une seule pièce selon le plan de la pièce à tapisser. Pour la manipulation, le transport et la pose, on les roule et on les déroule comme un tapis ordinaire ou un linoléum. Ils se posent sur un sol quelconque compact, uni et parfaitement sec : vieux parquets usés, carrelages, aire en ciment, faux plancher sapin, etc.
- On peut ainsi, en une seule journée, établir un véritable parquet de luxe sur un parquet vieux, laid ou usé, sans pour cela être obligé à modifier ou à dégrader le local.
- Leur entretien se fait de la même façou que pour les autres parquets. Ils peuvent résister à l’usure très longtemps, dans les conditions normales, c’est-à-dire autant que les autres parquets de luxe en marqueterie. Ils sont plus insonores qûe les parquets ordinaires et très hygiéniques ; les joints, imperceptibles ne l’etiennent pas les poussières. Leur aspect est très artistique. — établissements E, Brousse, p, rue de Lagny, Paris.
- t
- 1 ampe pour laboratoire photographique.
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- VARIETES
- LA T. S. F. DES AMATEURS (Suite).
- VANTENNE ET LA PRISE DE TERRE (Voir n" ; et ^g-jj
- Antenne sur fil téléphonique d’abonné. — Les personnes qui ont chez elles un poste téléphonique ont à leur disposition, dans le fil de ligne qui les relie au bureau central, une antenne suffisante pour la réception de radio-télégrammes émis aux plus grandes distances. Il leur suffit de réunir la borne de leur appareil marquée L à un poste récepteur de T. S. F. en s’inspirant du montage de la figure 28.
- L’installation de ce dispositif ne trouble en rien le fonctionnement du téléphone d’abonné et des appels par sonnerie peuvent retentir même au cours d’une réception radiotélé-graphique.
- Comme, le plus souvent, le fil qui relie l’abonné au central téléphonique a une longueur importante, il y a avantage pour régler la longueur d’onde fondamentale du collecteur à disposer entre les appareils de I . S. I'. et- la terre un condensateur réglable avec dispositif de mise en court-circuit.
- Airenne sur circuit d’éclairage. — On peut utiliser sans danger comme antenne l’un des fils d’une canalisation d éclairage électrique parcourue par du courant continu ou par du courant alternatif. Le montage des appareils se fait selon le schéma de la figure 29. On veillera soigneusement, à ce que le condensateur intercalé entre la prise de terre et les appareils ne soit jamais court-cire,uité. Ce condensateur devra être à fort isolement; on emploiera pour sa construction dix ou douze feuilles d’étain de la grandeur d’une carte "de visite par armature en les séparant par une feuille mince de mica les débordant de 1 cm environ sur les 4 côtés.
- Si la longueur d’onde du fil utilisé comme collecteur était de beaucoup supérieure à la' longueur des ondes à recevoir, on ajouterait à la suite du condensateur de sécurité un condensateur variable ordinaire.
- Une lampe placée sur le circuit peut rester allumée pendant une réception" mais il est préférable de l’éteindre, les signaux y gagneront en netteté. Il est indispensable, bien entendu, que le fil qui a été sectionné pour être relié aux curseurs de la bobine d’accord ne soit pas le fil que coupe éventuellement la clef d’allumage de la lampe.
- Un autre procédé, offrant plus de sécurité encore et dispensant de l’emploi d’un condensateur d’arrêt, consiste à brancher, en bonne liaison électrique, sur l’un des conducteurs du circuit d’éclairage, un fil sonnerie, d’une dizaine de mètres de longueur dont l’extrémité libre est enroulée à tours jointifs sur uu tube de carton, ou un cylindre de bois, de .4 à 5 cm de diamètre; pardessus cet enroulement est disposé de la même façon, et convenablement isolé du premier, un second enroulement de même fil qu’on utilise comme antenne en reliant son extrémité aux appareils.
- A Barcelone en Espagne, et à Forcalquier dans les Alpes, les télégrammes météorologiques et les signaux horaires français sont reçus par ce moyen avec une très grande intensité.
- Avant de procéder à l'équipement d’un dispositif de réception sur circuit d’éclaii’agc, et pour éviter la piqûre désagréable quoique inofïensive d’un courant de 110 ou r-'.o volts, il est prudent d’enlever les fusibles de pro-
- tection placés sur la canalisation à son entrée dans 1 immeuble.
- Les plombs fusibles sont toujours facilement accessibles et dans la plupart des installations il suffit d’enlever le couvercle de la petite boîte en porcelaine qui renferme ces plombs pour couper radicalement le circuit.
- Lorsque les connexions entre les appareils de T. S. F. et 1 un des fils de la canalisation d’éclairage sont éta-
- - isolateurs
- blies, on remet en place ies fusibles.
- Antennes intérieures.
- — Les différentes variétés d’antennes dontnous nous sommes occupés jusqu’ici sont plus ou moins des collecteurs ^ d’ondes aériens ; ce sont évidemment les mieux Fig. 3o.
- placés pour capter l’é- -•
- nergie hertzienne qu’absorbent toujours un peu les murs des habitations ; néanmoins, il est possible d’installer à 1 intérieur d un appariement des collecteurs suffisamment efficaces pour assurer la réception d’émissions radioté-légraphiques très éloignées. C’est ainsi qu’à Anché, près de Chinon, nous avons installé dans notre grenier une antenne intérieure qu’une faveur de M. le Ministre de la Guerre nous
- isolateurs
- a meme permis de conserver pendant la durée des hostilités et qui nous permet de recevoir la plupart des émissions européennes.
- Cette antenne est constituée par une grille de huit fils de cuivre élamé de 2 mm de diamètre et 9 m. de longueur. Cette nappe est soigneusement isolée sur de petites poulies en porcelaine suspendues à la charpente du toit par des filins paraffinés.
- Les fils sont distants les uns des autres de ^5 cm et sont écartés des murs de 1 m. au minimum; ils sont équipés en antenne bouclée selon le dessin de la figure 3o.
- On peut remplacer la grille à fils parallèles par deux grillages métalliques (fig. 3ij.
- Les deux fils d’entrée de poste qui relient les deux moitiés de l’antenne aux appareils doivent éviter le plus possible le voisinage des murs, ils seront recouverts sur toute leur longueur d’un guipage isolant ü’ès épais; du fil lumière 20/10 convientpar-faitement pour cet usage.
- Antenne sur cadre. — Un collecteur d’onde tout à fait réduit Uest le cadre radiogoniomé-trique représenté parla figure 3 2 ; il est très facile à construire et Fig. 3a.
- permet, avec un amplificateur,
- ia réception d’un très grand nombre d’émissions
- Sur une caisse sans fond, faite en bois bien sec e verni, mesurant 1 m. de côté et om. 20 de hauteur, 01 enroule à tours jointifs trente spires de fil de cuivri 20/10 isolé à la gutta (fil lumière). Cet enroulemen comprend deux coupures : l’une après la 5” spire, l’auln après la i5°. Chaque extrémité des trois portions d’en roulement ainsi déterminées aboutit à une borne.
- La fin dit premier enroulement et le début du secom aboutissent respectivement à deux bornes qui se fou face à 3 cm de distance; cette disposition, qui se répèt pour la seconde coupure, permet d’utiliser l’enroule ment entier ou seulement une fraction,
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- VARIÉTÉS
- Ainsi entre les bornes i et 2, on utilisera 5 spires, ce qui pourra être suffisant pour la réception des très petites longueurs d’onde; entre 2 et 5, on utilisera io spires, on en disposera de i5 entre 4 et 6- En fermant la seconde coupure par un lil reliant 4 et 5, on aura, entre les bornes 3 et 6, i5 spires ; enfin, toules coupures fermées, les bornes extrêmes permettront d’utiliser tout le cadre. Ces variations sont largement suffisantes pour assurer avec un dispositif approprié, dont la ligure 33 indique le principe, une réception très étendue.
- Le cadre radiogoniométrique jouit de propriétés rigoureusement directives; il n’est influencé que par des ondes provenant d’une direction située dans le plan des spires; il peut ainsi servir à déterminer la position d’une station dont on perçoit l’émission.
- Dans un rayon assez étendu autour de Paris, le cadre radiogoniométrique décrit peut être utilisé avec un dispositif récepteur ordinaire pour la réception des signaux horaires et des bulletins météorologiques.
- Pour faciliter l’orientation rapide du cadre dans la recherche d’une émission, ce dernier est habituellement suspendu en équilibre par une cordelette au-dessus des appareils. Les bornes commandant les enroulements et qui figurent sur le côté du cadre dans notre dessin seront avantageusement placées sur la face inférieure du cadre, ce qui facilitera leur liaison aux appareils.
- An ter ne constituée par une canalisation d’eau ou de gaz. — Dans la région parisienne et dans un rayon de i5o à •200 l<m autour de la slation du Champ de Mars, les signaux horaires et bulletins météorologiques peuvent être reçus en utilisant comme collecteur d’ondes une canalisation d’eau ou de gaz. Le montage des appareils est représenté par la ligure 34.
- Prise de terre. — La constitution d’une bonne prise de terre exige des soins tout particuliers; contrepoids de l’antenne, elle doit avoir une surface suffisamment étendue pour que sa liaison avec le sol offre le moins de résistance possible; miroir électrique de l’aérien, elle doit être située à proximité de celui-ci et de préférence
- coke pu/ver/se & tasse
- dans une position symétrique. Un fil gros et court présentant un minimum de résistance et de self-induction doit être utilisé pour la relier aux appareils.
- Ou réalisera une prise de terre convenable avec une plaque de tôle galvanisée de 1 m. carré de surface, enfouie à om. 5o environ dans le sol, à proximité des appareils.
- Il est bon de coucher la plaque dans un lit de coke soigneusement pilé comme le montre la ligure 35, qu’on maintiendra humide par de très fréquents arrosages en été.
- Un ruban de cuivr e ou de tôle galvanisée de 3 cm de largeur reliera la plaque aux appareils de T. S. F. ; ce ruban sera rivé sur la plaque et une soudure assurera la valeur électrique de la connexion (fig. 36).
- Un grillage métallique de 1 m. de largeur et de 8 ou 10 m. de longueur, étendxc sur le sol au-dessous de l’antenne, peut tenir lieu, sans désavantage, de prise de terre. Franck Dtjroquif.r.
- amplificateur Fig. 33.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. File répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. F.n raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut, être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Communications. — Appareil broyeur pour la transformation en farine du foin de luzerne. — M. Grafîé, ingénieur à Paris, nous écrit : « Comme j’ai eu depuis une dizaine d’années l’occasion d’utiliser un broyeur désintégrateur avec succès pour des matériaux assez divers, je crois utile de vous faire connaître le constructeur : Etablissement Olier, à Argenteuil, et de vous proposer éventuellement de fournir à votre abonné M. F., à Saint-Gervais, tous renseignements sur cet outil. »
- Réponses.— M. Devouteau, à Oran. — i° L’acide chlorhydrique n’exerce pas d’action sur le chlorure de sodium, seule la question de solubilité pourrait intervenir, mais nous ne voyons pas l’avantage de cet emploi, car il serait très difficile ensuite de débarrasser le seÇle l’acide ; — 20 Le broyage du sel présente toujours des difficultés par suite de là présence des sels déliquescents de magnésium, le seul moyen pratique est le raffinage avec pêchage du sel purifié à mesure de sa précipitation; — 3° L’appareil Piccard pourrait vous être fourni par tous les grands constructeurs de chaudronnerie industrielle : Fievet et Pingris, 54, boulevard Montebello, à Lille ; d’Hennezel et Cardon, à Saint Quentin ; Crepelle Fon-
- taine, à La Madeleine-lès-Lille ; Mollet Fontaine, à Lille ; Barbet, 5, rue de l’Echelle, à Paris; Oranger, 3o, rue des Peupliers, Paris, i3e; — 4° Comme ouvrage spécial consultez Le sel de l Encyclopédie industrielle, de Billon, chez Albin Michel, rue Huyghens, Paris; —5° Pour l’acide chlorhydrique commercial ou esprit de sel, voir l’ouvrage du même auteur Le chlore et scs dérivés.
- Les carboniques liquides, à Nantes.—Vous trouverez tous les renseignements sur l’extraction de la vaseline dans les ouvrages suivants ; Le pétrole et ses applications, par Dentsch de la Meurthe, éditeur Nolo, 53 bis, quai des Grauds-Auguslins ; Dictionnaire de Chimie industrielle, par Villon et Guichard, fascicule Ze Pétrole, chez Dunod, éditeur, 47> quai des Grauds-Auguslins.
- M. Henri Auclert, à Montmarault (Allier). — Il est très facile d’enlever les inscriptions à l’encre sur les étiquettes en celluloïd, il suffit pour cela de les frotter très légèrement au moyen d’un chiffon imbibé d’acétone, le résultat est immédiat, au besoin on polit ensuite avec un tampon de drap laineux
- M. le DT Vidal, à Plougastel-Daoulas. — Les ouvrages les plus récents que nous pouvons vous indiquer sont : Manuel pratique du savonnier, par Calmels et Wiltner et le Manuel du Parfumeur, du même auteur, édités chez Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augustins.
- M. Cliaumetie, à Corbeil. — La stéaiite qui porte aussi les noms de talc ou craie de Briançon est un silicate hydraté de magnésie qui ne fond que très difficilement à la température du chalumeau. Sa densité est de 2,5 à 2.8 et sa dureté de 1 à t,5, c’est-à-dire qu’elle
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- BOITE AUX LETTRES
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- se laisse rayer par 1 ongle cl peut se travailler au cou-leau, elle est flexible mais non élastique, le toucher en est onctueux. La stéatite se trouve principalement dans le lyrol,Tes Alpes (Saint-Gothard et Chamonix), ainsi qu’en Sibérie.
- M. Hubert Mecus, a A\ yneghem. — i° Les ouvrages suivants vous donneront, pensons-nous, toute satisfaction : Les Sociétés commerciales, Manuel pratique de législation et de comptabilité, par Paul Lagarde et Léon Balardon, Dunod, éditeur, 47, quai des Grands-Augus-tins. Zn comptabilité des Sociétés, par Louis Daubresse, a la Librairie Comptable, rue du Parc, à Mons (Belgique) ; — a0 II ne nous est guère possible de déterminer la composition de ces rondelles sans échantillon, car les produits qui les constituent en dehors de la libre de bois, sont variables suivant l’usage auquel elles sont destinées. D’une manière générale on peut se servir de gélatine, gomme laque, etc. ; — 3° Les seaux, cuvettes en pâte de bois, sont recouverts d une couche de viscose.
- M. Laurent, Paris. — Vous pourriez essayer du procédé suivant qui donne habituellement de bons résultats : passer une éponge imbibée de-vinaigre sur une feuille de. copie de lettres et. après l’avoir essorée, 1 appliquer sur le texte; puis serrer énergiquement. Imbiber ensuite une feuille de papier buvard d’une solution de bicarbonate de soude, l’essorer également, mettre au contact, presser; finalement séparer les feuilles.
- M. G. Simard, à Saulxier. — Nous avons donné dans le n" a388 du 3 janvier une série de formules pour le collage des bois, vous pourriez également essayer de celle-ci qui donne une colle liquide à froid et de grande adhérence: Préparer suivant la méthode courante une solution de cplle forte par macération pendant ia heures dans 1 eau froide et liquéfaction à chaud après gonflement. Ajouter alors le dixième de son volume de silicate de soude, rendre homogène et laisser refroidir.
- M. Legrand, à Paris. — i° La pile dont vous nous parlez ne nous paraît pas devoir être d’un emploi pratique, car le chlore gazeux présente l’inconvénient d’attaquer les objets métalliques avoisinants; — a0 La question de synthèse des hydrocarbures sans spécification est trop vaste pour que nous puissions y répondre dans la « Boîte aux Lettres » ; — 3° Comme ouvrages traitant des pdes les plus récentes voyez : Les piles hydroélectriques, par Escarcl, chez Dunod, 47, quai des Grands Auguslins ; Les piles, par Fabry, éditeur Masson.
- M. J. M., à Chambéry. — Les stylographes sont obtenus avec l’ébonile.' Pour la réparation on se sert d’un mastic formé de 5o gr. de colophane et a5 gr. de caoutchouc. On commence pai’ fondre la colophane, puis peu à peu on y incorpore le caoutchouc coupé en menus fragments. Au moment de l’emploi on fond à nouveau le mastic et on enduit du produit liquéiîé les parties à x’ejoindre, on serre fortement et maintient la pression plusieurs heures, puis on enlève les bavures.
- Rue Gantagrel, à Paris. — Les cadrans lumineux sont recouverts d’un vernis, auquel on a incorporé un sulfure phosphorescent, dont la coloration de la lueur varie suivant la base combinée, violette pour le strontium, verte pour le baryum, jaune avec le calcium. Veuillez vous reporter pour la préparation à notre « Boîte aux Lettres » du n° 23g-2, 3i janvier 1910.
- M. LL. ILurand, a Rouvres. — Les fosses septiques sont établies pour un régime bien déterminé, c’est-à-dire fonction du nombre de personnes devant l’utiliser.
- L acide sulfurique ne doit pas être employé attendu que vous empêcheriez par la suite le fonctionnement même de la fosse, autrement dit le développement et le travail des ferments uilrificateurs. Le mieux est delà vider, puis de la remplir selon les indications données en premier lieu par le constructeur de cette fosse.
- A/, le JL Veillon, à Launaguet. — Parquets sans joints. — Voici quelques compositions plastiques d’après les brevets pris parleurs inventeurs :
- Composition Scholz. — Consiste en un mélange de magnésite, de sciure de bois et de matières colorantes amenées à uu état plastique par leur mélange à une solution de chlorure de magnésium à laquelle on peut ajouter de l’acide phosphorique, de l’oléine et de l’écume provenant du chauffage de l’huile de lin.
- Cette composition destinée au revêtement d’aires ou de surfaces quelconques peut être étendue à la truelle sur toute fondation convenable.
- Composition Pinh. — Consiste eu un mélange de
- matières fibreuses telles qu’asbeste, bois désintégré, liège, magnésie calcinée et chlorure de magnésium. A ce mélange sont ajoutés 5 à 10 pour 100 d’acide oléique et de phosphate ou d’acide phosphorique pour neutraliser l excès de chlorure de magnésium, l’acide oléique retardant l’action de l’acide phosphorique ou des phosphates.
- Composition Frass. — On ajoute à une solution de chlorure de magnésium de l’asbeste et du talc, puis des matières inertes et colorantes, enfin de la magnésie.
- M. LL. Saugeron, àlsmaïlia. Photograph e.— i° Pour revivifier les papiers au bromure, les exposer 1 ou 2 secondes à la lumière, puis les plonger dans une solution fraîchement préparée de bichromate dépotasse à 3 pour 100 ou de sulfate de cuivre à 8 pour 100 (filtrer, si le liquide est trouble). Après 5 ou 6 minutes d’immersion, laver à grande eau pendant une demi-heure et laisser sécher. Si le papier est très ancien ou est resté longtemps exposé au jour, le bain régénérateur sera ainsi composé :
- Eau bouillie et filtrée. . . 100 c. c.
- Sulfate de cuivre . . . . 8 gr.
- Sel de cuisine............. 3 gr.
- Les papiers ainsi traités perdent de leur sensibilité : l’impression en sera 3 ou 4 fois plus lente qu’aupara-vant. — 20 La gomme laque s’oxyde joeu à peu et devient insoluble. Vous pourriez sans doute en dissoudre une partie en la broyant et en prolongeant l’ébullition du dissolvant alcalin (borax et carbonate de soude). La gomme laque est de plus eu plus falsifiée depuis quelques années : on peut considérer comme impur tout échantillon qui, traité par l’éther de pétrole, abandonne plus de 5 pour 100 de son poids à ce dissolvant. — 3° Pour blanchir la gomme laque blonde en écailles, on la fait dissoudre dans un alcali, on traite la solution par l’hypochlorite de soude, on reprécipite, par l’acide sulfurique, on lave à l’eau chaude, et l’on malaxe de manière à séparer la masse de l’eau de lavage. — 4° Les épreuves au chromate de cuivre dont les blancs sont voilés peuvent être éclaircies dans une solution de permanganate de potasse au millième. On y laisse les épreuves jusqu’à ce que les grandes ombres semblent un peu baisser. On lave ensuite jusqu’à ce que l’eau ne se colore plus en rose, puis on passe dans une solution de sultite de soude à 5 pour 100 : les blancs s’y épurent rapidement, et l’image reprend peu à peu sa teinte primitive. — 5° Des lampes à filament métallique disposé de manière à concentrer la lumière sur une très petite surface ont été construites pour éclairer le Parabolux, appareil d'agrandissement, en vente chez M. Tiranty, 91, rue Lafayette, à Paris. Ces lampes sont établies pour les voltages usuels .Vous pourriez également vous procurer des lampes répondant aux conditions requises à la Compagnie Thomson-Houston, 10, rue de Londres, à Paris.
- M. M. R. à Cosne (Nièvre). — Le sucre est un antiseptique actif qui, ajouté au lait, doit contribuer à la conservation de ce liquide, mais le succès du procédé que vous vous proposez d’employer pour conserver indemne de toute altération du lait condensé non sucré, dans des boîtes en consommation pendant quelques jours, dépend évidemment du traitement qui a été suivi pour la concentration, c’est-à-dire de la proportion d’eau enlevée au lait.
- Dans l’industrie, on pousse la concentration jusqu’à la densité de 1,870 à i,38o, à la température de + i5°, et le lait ne contient plus que 25 à 3o pour 100 d’eau lorsqu’il est mis en boîtes. Le sucre est ajouté au lait, avant toute manipulation, dans la proportion de 60 à 75 gr. par litre. Plus on restreint la quantité d’eau, plus ou augmente les chances de conservation. Il .faudrait faire un essai sur une boîte, en procédant de la manière suivante.: chauffer au bain-marie, jusqu’à 6o°, en ajoutant du sucre dans la proportion de 9 ou 10 parties pour 100 de lait, bien couvrir la boîte pour en soustraire îe contenu aux influences extérieures et la placer en dehors de la cuisine, dans un endroit à basse température.
- T. S. F. — M. Joly, Paris. — Ecoles pratiques de T. S. F. : Ecole radioélectrique, 11, rue Cambroune, Paris; Ecole Radio, 69, rue Fondary, Paris.
- ,/. Lucius. — i° Vous pouvez étalonner approximativement vos réglages sur ces données en prenant comme base de comparaison la valeur de la self-induction supplémentaire introduite dans votre antenne pour uu accord de celle-ci sur une émission familière de longueur d’onde connue, par exemple celle des signaux horaires français utilisant une longueur d’onde de
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- BOITE AUX LETTRES
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- 2600 m, Si l’accord de voire antenne pour cette réception nécessite l’appoint de quarante spires de voire bobine de self, vous ne vous éloignerez pas d’un accord convenable pour une longueur d’onde double en doublant également le nombre des spires en circuit; il est de même vraisemblable qu’avec vingt spires seulement vous vous rapprocherez d’un accord pour i3oo m. de longueur d’onde.
- Cette façon de procéder, nous le répétons, ne saurait fournir des repères précis et la relation entre le nombre des spires actives des appareils d’accord et la mesure des longueurs d’onde varie d’un poste à un autre suivant l’imporfance du collecteur aérien.
- 2° Une conduite d’eau métallique de xoo m. à quelque distance qu’elle soit du poste écouté constitue une excellente prise de terre pour un poste récepteur.
- 3° Le réglage de votre réception dépend par-dessus tout de la longueur d’onde propre delà ligne d’éclairage que vous voulez utiliser.
- Prenez l’un des deux fils aboutissant à une lampe
- électrique, dénudez une portion de ce ül et brancliez-y un câble bien isolé, du fil sonnerie par exemple, dont vous enroulerez 8 ou io m. à tours jointifs sur un tronçon de manche à balai. Disposez autour de cet enroulement un autre enroulement de même sens, fait de même fil et soigneusement isolé du premier ; vous pourrez utiliser ce second enroulement comme antenne.
- Les signaux de la Tour Eiffel sont ainsi reçus à Barcelone avec une grande intensité ; à Forçaiquier sur une ligne de force motrice de i3 km, un procédé analogue permet une réception excellente des signaux de plusieurs stations européennes.
- 4“ L’appareil dont vous parlez ne possède pas de dispositif d’accord, son bon fonctionnement dépendra donc uniquement de la longueur d’onde propre du collecteur que vous utiliserez avec lui pour une réception déterminée. Si la période normale du collecteur s’accorde avec celle de l’onde à recevoir, votre appareil vous donnera satisfaction; dans le cas contraire, il sera indispensable de lui adjoindre un dispositif d’accord.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée des frais de port et d’emballage (pour la France, 5 (>j0 des prix marqués; pour VEtranger, io°/0. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.) ________ ,
- Traité de chimie analytique appliquée, par Y. Yilla-vecciiia, traduit et annoté par P. Nicolardot, t. I, in-8°, 526 p., 59 fig-, Masson et Cic, Paris. Prix net : 24 francs.
- Le livre du professeur Yillavecchia décrit clairement et complètement les méthodes et règles à suivre pour l’examen chimique des principaux produits industriels et alimentaires. L’auteur a su choisir les seules utiles parmi toutes celles de la chimie analytique générale et de la physico-chimie. L’ouvrage est donc un guide très sûr et très simple pour les chimistes industriels. Le traducteur, M. Nicolardot, a adapté avec sa grande compétence l’œuvre italienne aux besoins français en y introduisant les renseignements et les exemples spécialement nécessaires à pos chimistes. t
- Le tome I traite des eaux, des produits chimiques, des engrais, des matériaux de liaison, des métaux et alliages, des combustibles, du goudron de houille et de ses déi’ivés, des huiles minérales, des matières grasses et produits industriels provenant de leur traitement. Le tome II et dernier paraîtra au mois de juin prochain.
- L’essor des industries chimiques en France, ressources et avenir de ces industries, par Eugène Grandmougin. 2°édition, revue et augmentée. 1 vol. i6X‘a5, viii-028 pages. Dunodet Pinat, Paris. Prix net : 24 francs.
- Dans cette seconde édition, l’auteur a remanié non seulement le texte primitif, mais il a ajouté quelques nouveaux chapitres sur l’électrochimie et l'électrométallurgie, sur les chaux et ciments, la céramique et la verrerie, sur les petites industries minérales et organiques, etc. L’ouvrage, ainsi complété et mis à jour, est le plus moderne et le mieux renseigné qui existe actuellement sur les ressources et l’avenir des industries chimiques françaises. En outre de nombreuses données économiques et statistiques très complètes, il contient aussi d’intéressantes suggestions techniques.
- L'étatisme industriel, par R. Carnot, i vol. in-16, 223 p. Payot, Paris. Prix net : 4 fr. 5o.
- Dans ce plaidoyer, très clair et très précis contre l’étatisme, l’auteur montre par des exemples ses
- défauts : manque d’initiative, hausse des prix de revient, baisse du rendement, répercussions nationales et internationales, caractère illogique du, recrutement des cadres, etc. Il en conclut que la collectivité ne saurait que perdre à l’étatisation de l’industrie et qu’on doit éviter de l'étendre en un temps de si grave crise.
- Aliments sucrés : sucres, miels, sirops, confitures, sucreries, sucres de réglisse, par Eue. Roux et C.-E. Muttelet. 1 vol. in-18, 470 p. Béranger, Paris. Prix net : 12 francs.
- Cet ouvrage de la collection des Manuels pratiques d’analyses chimiques comprend deux parties : la première intitulée « Méthodes générales d’analyses et de recherches », indiquant les procédés à employer pour rechercher les différents éléments qui peuvent être contenus en commun dans les aliments sucrés, tels que sucres, matières colorantes, antiseptiques, édulcorants, acides végétaux, substances odorantes; la deuxième « Méthodes particulières d’analyses et de recherches », où chaque aliment sucré est traité sépar rément. Un appendice réunit les différents règlements français et étrangers qui régissent la fabrication et la vente des produits alimentaires sucrés.
- Starfishes of the Philippine Seas ’and adjacent II citer s, par Walter K. Fisher, i vol. in-8, 712 p. 156 pl. Smithsonian Institution, Washington.
- Histoire de la musique, des origines au début du xxc siècle, par M. J. Combauieu.
- Tome III. De la mort de Beethoven au début du x.\® siècle. 1 vol. in-8° n-6(i8 p., avec nombreux textes musicaux, Armand Colin, Paris. Prix net, broché : i5 fr. ; relié, 24 fr.
- Yoici le dernier volume d’une Histoire de la musique qui, des conceptions primitives jusqu’à l’art savant de nos contemporains, montre la formation et l’évolution des genres et leur relation avec la vie sociale ; étudie les hommes et analyse les œuvres aux deux points de vue technique et esthétique; s’efforce enfin de mettre ordre et clarté dans un monde de merveilles où trop souvent l’on s’aventure au hasard.
- Ce tome III traite d’abord de la période romantique : origines, développement, œuvres principales, ramifications, rapprochements. Berlioz, Wagner, Schumann sont étudiés en eux-mêmes et par rapport à leur temps et leur milieu, puis dans leur lignée. Les contemporains français ou étrangers sont groupés suivant leurs affinités et leurs origines. Enfin, après avoir indiqué les courants nouveaux, M. Combarieu résume l’évolution musicale et essaie de pressentir l’œuvre de demain.
- Le tome III se termine par un Index par noms propres et par matières de tout l’ouvrage.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- Nt:’ 2397-2398 10 Avril 1920.
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- Les traversées de l'Afrique en avion. — La grève des imprimeurs nous a empêchés de rendre compte en leur temps des deux remarquables séries de tentatives effectuées par les Français d’une part, par les Anglais de l’autre, pour survoler en avion une grande partie de 1 Afrique. 11 s’agissait, pour les Français, de relier par dessus le Sahara l’Algérie au Soudan; un grand soldat, le général Laperrine, conquérant et pacificateur du Sahara, a trouvé malheureusement au cours de ce raid une mort tragique. Les Anglais, de leur côté, cherchaient à réaliser par la voie aérienne la jonction du Cap au Caire, le rêve de Cecil Rhodes.
- La traversée du Sahara avait été étudiée avec soin par les autorités algérienue’s et de l’Afrique occidentale ; l’itinéraire prévu passait approximativement par In-Salab, ladjema, Tamanrasset, Timelloulin, Tiu-Zaoulen, Kidal, Bourem, avec atterrissage à Tombouctou, Une escadrille de 3 avions Bréguet, moteur Renaut 3oo IIP, quittait Villacoublay le 28 janvier pour gagner Alger par la voie des airs; l’un deux, monté par le commandant \uillemin et le lieutenant Chalus, arrivait à Alger le 3o janvier; le second, monté par le lieutenant, Dagneaux et son mécanicien, arrivait le 2 février ; le 3° dut abandonner en cours de route. Une escadrille algérienne, sous les ordres du commandant Rolland, devait également participer au grand raid ; c’est surjTtin des avions de cette escadrille, piloté par 1 adjudaut Bernard, secondé du mécanicien Vasselin, que prit place le général Laperrine. Tous les appareils étaient rendus à In-Salah le 17 février. C’est de là que partirent le lendemain, à 7 h. 3o, les avions de Bernard et du commandant Vuil-lcmin pour tenter la partie la plus dure de la traversée. Les deux avions furent bientôt séparés l’un de l’autre par la brume. Dix heures plus tard, le commandant Vuillemin, entraîné par une forte dérive vers l’Est, atterrissait à 200 km de Gao, puis reprenait l’air pour rejoindre ce poste. La traversée du Sahara était uu fait accompli. Quant à l’avion qui portait le général Laperrine, on fut un mois sans nouvelles de lui ; enfin une des patrouilles envoyée à la découverte le retrouva le 22 mars à 120 km à l’Est de Tin-Zaouten brisé par un atterrissage malheureux; le général, grièvement blessé, avait succombé le 5 mars après une affreuse agonie de i5 jours. Les deux aviateurs étaient indemnes. Le commandant Vuillemin, de son côté, avec une ténacité admirable, de Gao continuait son raid vers Dakar; parti le 7 mars de Gao, après escales à Tombouctou, Segou, Bamako, Rayes, il arrivait le Ier avril à Dakar* Tout le voyage Yillacoublay-Sahara-Dakar, a été effectué avec le meme appareil.
- Le raid projeté par les Britanniques était encore plus ambitieux et non moins ardu que celui des Français ; il n’a pu être mené à bonue lin, mais il n’a pas eu un dénouement aussi tragique que le précédent. Il s'agissait de franchir une distance de 8000 km au-dessus de régions en partie inconnues; l’itinéraire emprunte la vallée du Nil, survole l’Ouganda, la. région des Grands Lacs, la Rhodésie, le Transvaal et la colonie du Cap. On avait préparé 24 terrains d’atterrissage échelonnés sur le parcours. Quatre avions : 3 Vickers-Vimy et uu Handley-Page devaient tenter l’aventure ; deux d’entre eux ne dépassèrent pas Kharloum. L’avion des capitaines Cockerell et Broome, un Vickers-Vimy de 35o chevaux, portant 5 passagers, partit le 24 janvier de Londres par la voie des airs, il arrivait à Héliopolis le 4 février; au Caire, il embarquait le Dr Chalmers-Mitchell, et prenait son départ le 6 février; l’avion était à Khartoum le 8, à Jebelein le 10, il franchit la région du Lac Victoria et atterrit le 26 àTabora, dans l’ancienne colonie allemande de l’Est Africain. Le lendemain, un accident de moteur force l’avion à atterrir, une termitière le fait capoter, l’appareil se brise et la randonnée ne peut être continuée, la distance franchie au-dessus du continent africain était de 4^3i km. Inutile de dire que ce voyage fut fertile en aventures et en observations intéressantes.
- Deux officiers siid-africains, le lieutenant-colonel Van Ryneveld et le lieulenant Braüd, accomplissaient à la meme date un raid également remarquable. Partis de Londres sur un Vickers-Vimy, le 4 février, ils gagnent
- Turin en 10 heures ; le 6 février, à la nuit, ils quittent Tarente pour survoler la Méditerranée, prennent terre le lendemain matin en Tripolitaine, et de là le même jour gagnent Solloum, près Héliopolis. Le 10, ils repartent du Cap, une panne met leur appareil hors de service à mi-chemin de Kharloum. Un autre appareil leur est fourni par l’aviation militaire britannique. Le 22 février ils reprennent leur vol, et le 28 février atteignent Abercorn en Rhodésie septentrionale; le ic“' mars ils sont à Uivjngstone, le lendemain à BuluAVayo, où leur avion est endommagé par un atterrissage trop brusque. Ils n’étaient plus qu’à 2100 km du Cap.
- Records de hauteur atteints par un aviateur américain. — L’aA'ialeur Roland Rohlfs sur un triplan Cur-liss a effectué, en septembre dernier, de remarquables vols de hauteur : le i3 septembre, il atteignit en une heure 1 altitude de 104^0 m. Le 18 septembre, dans un vol officiellement contrôlé, il atteignit l’altitude de c)85o m. 11 y a lieu à ce propos de remarquer la difficulté qu’il y a à comparer les altitudes atteiates par divers aviateurs. On prend les indications du baromètre enregistreur placé à bord de l’appareil; des pressions enregistrées déjà sujettes à correction, on déduit phr diverses formules la hauteur atteinte. Les résultats varient suivant la formule adoptée. Aussi, faut-il approuver, avec M. Campbell Wood qui aborde ce sujet dans l’AérophUe, la décision prise par la F. A. I. de standardiser les méthodes d’appréciation d’altitude. Depuis le icr janvier 1920, ce n’est plus la hauteur atteinte ni l’altitude qui servent de critérium pour les records mondiaux, mais la pression atmosphérique elle-même (exprimée en mètres d’altitude d’après un barème uniforme). Le détenteur du record d’altitude sera le pilote qui aura volé dans l’air le moins dense. Et c’est bien le point important, dans l’état actuel de l’aviation à grande hauteur. C’est cette donnée qui caractérisera le mieux la valeur de l’appareil, la. souplesse du moteur et l’endurance du pilote.
- L’aéroplane électrique. — Au fur et à mesure de son développement, l’aéroplane s’arme de moteurs de plus en plus puissants; la tâche du pilote qui doit à la fois diriger son appareil et contrôler cette gigantesque usine de force motrice devient de plus en plus lourde. On ne peut songer sans appréhension aux difficultés de pilotage d’un appareil qui comporté comme force motrice plusieurs centaines de chevaux-vapeur. 11 y a là, dans 1 état actuel des choses, une limitation certaine au développement des appareils à grande puissance. Aussi la question préoccupe-t-elle les inventeurs. Notre confrère de New York, VElectrical Expérimenter, signale qu’un expert en aviation, M. IL Woodhouse, a dressé les plans d un aéroplane à transmission électrique. Cet engin comporterait une force motrice indépendante , de 6000 chevaux, fournie par moteurs à essence et transformée en courant électrique, qui serait distribuée à des moteurs commandant les hélices. Cette solution est manifestement inspirée de celle qui vient d’être expérimentée en grand dans la marine américaine pour la propulsion électrique des navires. On en saisit de suite les avantages : des mécaniciens s’occupent exclusivement de contrôler les groupes motoélectriques ; le pilote n’a qu’à s’occuper de la manœuvre de son appareil. De plus on peut ainsi donner facilement aux hélices la vitesse de rotation la plus avantageuse. Mais ce dispositif n’ira pas sans occasionner un surcroît considérable de poids : aussi l’auteur ne l’envisage-t-il que pour un avion géant qui porterait 73 à 100 passagers; l’envergure serait de 72 m., la longueur de 54 mètres.
- Un autre ingénieur, M. W. Whitney Christmas, préconise une autre solution qui ferait de l’aéroplane une sorte de tramway aérien; plus de moteur thermique à bord de l’avion; rien que des moteurs électriques qui seraient alimentés par un fil, sorte .de trolley, empruntant à un câble de distribution de force le courant qui lui serait nécessaire. Cette conception pour l’instant nous paraît rester dans le domaine de la fantaisie. Il y aurait enfin une 3° solution : celle qui Consisterait, à alimenter
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- INFORMATIONS
- les moteurs élcclriques à bord de l'avion par ujie transmission d’énergie sans lil. Ce sera pcitt-ctre là l’avion de l'avenir. Rappelons à ce propos que pendant la guerre d inlcrcssaules expériences oui été faites en France, pour contrôler et diriger à distance par ondes hertziennes au moyen de dispositifs télémécaniques uu avion sans pilote. Ces expériences avaient donné des résultats très encouragcauts.
- Concours d'aviation. — Toute une série de concours d’aviation est annoncée pour l’année 1920. Signalons tout d’abord les épreuves d’hydravions de Monaco qui se disputeront du 18 avril au 2 mai 1920. Elles comportent en premier lieu : un grand prix doté de 1 60 000 fraucs de prix, destiné à mettre eu évidence les appareils capables d’effectuer un service postal régulier entre la Erauce et la Tunisie; le parcours, qui représente 2000 km environ, est le suivant :
- iro étape, Mouaco-Ajaccio ou Bastia-Bizerte (75o km environ).
- 2e étape, Bizerlc-Tuuis-Sousa-Bizertc (200 km environ).
- 3“ étape, Bizerte-Monaco ('5o km environ).
- Le classement s’effectuera d’après la régularité de la marche et la vitesse moyenne de l’hydravion. Celui-ci doit emporter un minimum de 400 kg de tonnage utile. Le meetiüg de Monaco comporte de plus deux autres concours pour hydravions : l’un de vitesse, 1 autre de hauteur.
- Vers la fiu septembre ou le commencement d’octobre 1920, sera courue en France la coupe Gordon-Benne U d'aviation : épreuve de vitesse sur 3oo km, au-dessus de la campagne en un circuit fermé de 100 km avec départ et arrivée sur un aérodrome.
- La coupe d’aviation maritime Jacques Schneider se disputera également en 1920 vers la lin août à Venise, sur une distance de 200 milles marins. L’épreuve aura lieu en mer sur circuit fermé de 5 milles de développement au minimum. Les appareils admis à ce concours doivent porter 3oo kg de lest, et être capables, eu outre, de naviguer sur itn parcours de quelques milles en circuit fermé.
- Ee journal Y Auto a institué un-prix de 10000 fraucs dit du grand écart de vitesse, à disputer du 1" avril 1920 au Ier juillet 1920 sur l’aérodrome de Villaeoublay, il sera décerné au pilote qui aura réalisé le plus grand écart de vitesse en vol et à l’atterrissage et sur la distance la plus courte.
- MM. Michelin, les généretix Mécènes de l’aviation, ont créé un prix de 5ooooo francs inspiré par une pensée un peu analogue : son but est de développer les qualités de souplesse de l’avion; l’épreuve imposée est la suivante : l’appareil ayant préalablement satisfait à certaines conditions de sécurité doit s’enlever d’un point situé dans un rayon de x5 km autour du château de Versailles, aller virer autour de la cathédrale de Reims et revenir au point de départ à une vitesse moyenne minima de 200 km à l’heure, puis repartant de là sans atterrir parcourir en une heure, au minimum, une dislance de 10 km. L’atterrissage devra s’effectuer sans casse, et sur 5 m, au plus. L’appareil devra porter une charge utile de 200 kg au moins. Le prix sera décerné au premier concurrent français qui aura satisfait au programme ci-dessus avant le iel octobre 1980.
- IY Aéroclub de France fera disputer eu 1920 uu prix de 100 000fraucs.
- Les communications entre la Lorraine, la Sarre et l’est de la France. — Les voies de communication qui reliaient la France d’avant 191 \ à la Lorraine libérée, et pat* elle à la Sarre et la rive gauche du Rhin, sont manifestement insuffisantes pour faire face au trafic important que vont provoquer le rattachement de la Lorraine avec ses puissantes usines sidérurgiques, et le mouvement des charbons de la Sarre et de la Ruhr, nécessaires pour cpmbler le déficit dè nos mines du Nord détruites.
- En novembre 1918, l’importante ." artère Paris-Mé-zières-Longtiyon, qui nous relie au Luxembourg et au nord de là Lorraine, était pour une longue durée mise hors de service parles destructions de l’ennemi, et'la ligne Paris-Strasbourg avec son embranchement Frouard-Metz dut assurer un trafic dépassant sa capacité. Il fallut aviser d’urgeuce aux moyens d’alléger sa tâche. On exécuta à Erouard un raccordement direct pour éviter
- en ce point le rebroussement des traius Paris-Metz et vicc-versa. Le quadruplemenl de la ligne Frouard-Pagny-sur-Moselle fut entrepris sur une partie de son parcours. Enfin diverses mesures furent prises pour améliorer Tcxploilation.de la ligne Paris-Strasbourg. Ces diverses mesures d’urgence restent insuffisantes. Un projet de loi qui vient d’être déposé par le Gouvernement prévoit la construction en première urgence : i° d’une ligue à double voie de Lérouville à Metz, empruntant une ligne à voie unique existant d’Onville à Thiaucourt avec raccordement à Onville vers Conflaus et à Arnaville vers Metz ; — a" d’une ligne à double voie de Pont Saint-Yinceut à Blainvillc. Le montant des dépenses prévues pour ces travaux est de 74 millions de francs.
- Le projet prévoit eu 2“ urgence : une ligne à double voie reliant la section Naucy-Frouard-Paguy-sur-Moselle à un point de la ligne de Metz à Strasbourg situé entre Metz et Bsnestrofî. Montant des dépenses : 18 millions.
- Il prévoit en outre l’amélioration et le développement des voies navigables par le doublement des écluses et des passages rétrécis du canal de la Marne an l\hin de Yitry-le-François à Strasbourg et celui des écluses du canal des Houillères de la Sarre, par la canalisation de la Moselle entre Metz et Thionvilic, par la canalisation de l’Orne et la canalisation de la Ecnlsch. Ces trois dernières voies seront aménagées pour des embarcations de 600 tonnes. Le montant des dépenses pour les voies navigables est évalué à i5o millions.
- Trafic des ports français en 1919. — Le Bulletin de la navigation et des ports maritimes publie le tableau suivant des poids des marchandises débarquées et embarquées dans les 4o principaux ports maritimes français
- en 1919.
- Désignation des ports.’ Marchandises débarquées. Marchandises l'iiibarquces.
- (en tonnes) (en tonnes)
- Dunkerque 2.754.868 (») '97'739
- Gravelines 34.429 f) 1.361
- Calais 1 . 188.584 (*) 4.8.487
- Doulogne 893.296 (') 71 • 6tkJ
- Et-Valéry-sur-Somme . 118 663 (') 6q5
- Le Tréport. 697.087. (•) 12.665
- Dieppe 773.080 F) 57.256
- Kécamp 178.734 6.124
- Le Havre 4.109.700 0 4;8.9o5
- Duclair 70.o35 1.808
- Rouen. 8, 1 o3.610 (1 ) 134.865
- Honfleur. ...... 299-9a ' (*) 59.669
- Trouville §7‘679 (l) i6.096
- Caen 799.683 4. .856'
- Cherbourg 422.378 (M 69.609
- Granville ...... 186.954 ii.3o3
- St-Malo-Sl Servait. . . 754.374 53.627
- Morlaix 23.2 5 >. 6.198
- Brest 896.OI.4 F); 76.658
- Lorient ....... 286.699 (') 115.586
- St-Nazairc ..... 2.222.093 F) 3 3 5.2 3 6
- Nantes. 1.541.681 (') 166.900
- Les Sables d’Olonne . 62.782 .24.128
- Marans 12.245 2.388
- La Rochelle-Pallice. . 991.908 (') 43.682
- La Rochelle-Ville. . . 246.8.7 (F 66.786
- Rochefort ; 292.863 F) 27.001
- Tonnay-Charente . . . 141.9:2 38.625
- Mortagne-sur-Giroiide. 9.232 7 • 7 H
- Pauillac . 143.360 (M 38. 141
- Blaye 1.3,027 (M 9-947
- 8.12.3'.026 (') 919.430
- Bayonne. . . .... 443.o58.(ij . . 58.602
- Port-Vendres ; . . . . 97.594 6.624
- Cette . . . . . . ,.- . 885.710 (') 208.005
- St-Louis-du-Rhône . , u34.og8 87.324
- Port-de-Bouc. . . , , 50.782 43.749
- Marseille. , . . . . . 4.199.83g (') 1.128,04b
- Toulon . . ... . . ; 20.722 7.227
- Nice. ... . . , . . 133.740 39.118
- Totaux. . . . 37.628.091 0.176.438
- On remarquera le déséquilibre entre les importations et les exportations, si néfaste à tous points de vue et qui, notamment, a obligé un très grand uombre de navires à quitter nos ports sur lest.
- 1. Fn comprenant le tonnage pour les troupe» alliées.
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- INFORMATIONS
- Les percées des Vosges. — Une loi du 28 mars dernier vient de déclarer d’utilité publique l'établissement :
- i° D ud chemin de fer à double voie destiné à relier les lignes de Remiremout cà Saint-Maurice et de Saint-Maurice à Bussang à la ligne de Ivruth à Mulhouse, en empruntant tout ou partie des voies en exploitation entre Remiremont et Bussang;
- 2° D’un chemin de fer à voie unique de Saint-Dié au col de Saales.
- Les acquisitions de terrains, les terrassements et les ouvrages d’art importants sur la ligne de Saint-Dié-Saales seront, toutefois, exécutés pour deux voies.
- La récolte des fruits en 1919. — Le Ministère de l’Agriculture vient de publier au Journal Officiel les résultats des récoltes de 1919.
- La production de pommés et de poires à cidre, particulièrement abondante, a fourni 29 483 44o quintaux de fruits qui ont donné 21 780880 hectolitres de cidres ou poirés,
- Les cinq années précédentes avaient donné :
- rouîmes et poires. Cidres et poirés.
- OuinUuix. Hectolitres-.
- 19*4- .... 24 '•*54.140 17.080.060
- * Ç) 15.......... 3 7.354.960 29.507.000
- 1916. . . .. . 8.826.100 6.409.710
- *9*7................ 34.865.6oo 26.061.960
- *9*8. ...... 2.o3'i.45o i.6o5.3ao
- Pour les autres fruits, la production de 1919 a été quintaux :
- Pommes à couteau................1.971.700
- Poires .......................... 398.92a
- Châtaignes.............. 1 . 373.715
- Noix............................ 307.21g
- Olives....................... 3g8.5/0
- Pêches .......................... 139.790
- Abricots . . ..................... 43.653
- Cerises........................ '164.166
- Prunes . ........................ 168.764
- Prunes à pruneaux................. 78,278
- Oranges............................ 3.i85
- Mandarines ................ . 1.240
- Citrons ............................ 800
- Fraises,......................... 66.547
- Framboises. ....................... 8.078
- Cassis............................ 24.260
- Groseilles......................... 9.161
- Amandes........................... 27.738
- Noisettes............................ 808
- Figues ...... T . . . . 22.785
- La statistique officielle indique en outre 385 quintaux de-truffes qui ne peuvent être classées comme fruits.
- Les automobiles aux Etats-Unis. — Le Temps donne, d’après le service de statistique des Etats-Unis, les renseignements suivants sur la circulation des automobile^.
- Le nombre des véhicules enregistrés pour l’année 1919 s’élève au total formidable de 7 5s3 664 automobiles, ce qui pour une population totale de 106877895 habitants, représente une moyenne d’un véhicule automobile par 14 habitants.
- L’augmentation de la circulation pendant l’année 1919 a été de 1 434 909 automobiles, soit 4000 véhicules par jour, _
- A titre de comparaison, on comptait, lors du dernier recensement français, en 1914, environ une automobile par 400 habitants.
- Quant à la production, elle est ainsi établie. On a fabriqué, en 1919, 1 Sooooo automobiles de tourisme et 3o5o00 camions ou ,,véhicules industriels. L’augmentation de la fabrication totale a été de 1 025 000 véhicules sur les chiffres de 19*8.
- Mais il est à remarquer que la production de l'année dernière n’est pas la production-record, celle-ci a été atteinte en 1917, avec 1 740 792 véhicules.
- Envisageant la fabrication en cours de 1920, le service des statistiques fait connaître que : 1* la force moyenne des automobiles sera de 26 chevaux ; 20 le prix moyen atteindra 2536 dollars.
- Quant aux particularités techniques, si l’on considère tuo voitures, on peut compter que sur ce nombre : 99 voilures sont munies d’une mise eu marche auto-
- matique ; 57 sont à 6 cylindres; 3i à 4 cylindres; gà 8 cylindres; 3 à 12 cylindres.
- Ou voit que l'importance croissante de l'industrie automobile américaine correspond au développement extraordinaire de la circulation, laquelle promet d’atteindre 9 à 10 millions de véhicules au cours de cette année.
- Ressources actuelles en froment dans la Russie méridionale. — A défaut de données officielles sur les récoltes des céréales de la Russie, l’Institut International d’Agricullure croit utile de publier dans un supplément spécial du Bulletin de statistique agricole et commerciale toute information dont on peut disposer, bien que ne s’appliquant qu’à une partie de la Russie. 11 est à remarquer que les données se réfèrent aux provinces de la Russie méridionale les plus productives en céréales (Ukraine, Territoires* du Térek, du Don et du Gouban), et qui ordinairement alimentent la Russie septentrionale.
- Une mission britannique, envoyée dans la Russie méridionale par le Conseil Suprême économique en vue d’étudier les conditions économiques de ce pays, surtout en ce qui concerne la production des /céréales, avait communiqué qu’en 1919 la récolte de froment en Ukraine (cette région produisit pendant la période quinquennale 1909-1913 plus de 40 pour 100 de la production totale de froment dans laRussie d’Europe, non compris la Pologne) était exceptionnellement abondante, se chiffrant par environ 90 millions de quintaux par rapport à environ 73 millions, production moyenne de la période quinquennale antérieure à la guerre, laissant un excédent d’environ 17 millions de quintaux.
- Pour le seigle, la Mission britannique estimait pour 1919 une production en Ukraine (qui pendant la période quinquennale 1909-1913 produisit 20 pour 100 environ de la production totale de seigle dans la Russie d’Europe non compris la Pologne) d’environ 47 millions de quintaux par rapport à 41 millions, moyenne de la période quinquennale antérieure à la guerre, laissant ainsi un excédent d’environ 6 millions de quintaux.
- Parlant, la Mission britannique estimait que pour la totalité des territoires comprenant, en plus de l’Ukraine aussi les gouvernements du Couban, du Don et du Térek, il existait un excédent disponible de froment d’au moins i5 millions de quintaux. Celte estimation était établie après, déduction faite des quantités nécessaires aux besoins des régions considérées et de ceux des autres pays,de la Russie. Les pays qui font l’objet de l'estimation représentaient environ les deux tiers de la production totale de froment de la Russie d’Europe (non compris la Pologne), et ce d’après les données moyennes de la dernière période quinquennale antérieure à la guerre (1909-1913).
- L’Institut International d’Agricnlture est à présent en possession des données de la production de céréales au Couban. Le gouvernement de ce territoire, mettant en regard les données de la production de 1919 (environ *6 millions de quintaux de froment et 9 millions d’orge) avec celles de la consommation probable, estime que la récolté de 1919 laisserait à elle seule disponibles pour l’exportation environ 4 3ooqoo quintaux de froment et 3 700000 d’orge. Pour obtenir la quantité totale exportable, il y aurait lieu d ajouter à ces chiffres les stocks des céréales provenant des récoltes précédentes,
- Ces récentes communications du gouvernement du Couban ne font que donner une plus grande valeur aux conclusions auxquelles la Mission britannique est arrivée au sujet de l’existence d’une quantité de froment exportable des régions considérées par elle et se chiffrant par au moins i5 millions Me quintaux.
- La ferme annexe de Eltsine. — La construction du matériel de culture mécanique est une industrie relativement jeune en France.
- Le scepticisme des populations rurales sur les services fidèles et surs que peut réaliser la traction mécanique s’est trouvé rapidement vaincu par l’extension considérable qu’a prise l'automobile de poids lourd pendant la guerre et aussi par la nécessité où la culture française s’est trouvée dé parer à la pénurie d’animaux de trait et de main-d’çeuvre.
- Nous croyons utile de signaler, dans le domaine de cette industrie nouvelle, 1 initiative liçureuse prise par un important constructeur, les usines f.atil.
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- INFORMATIONS
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- Ces établissements, spécialisés dans la construction des tracteurs routiers, ont créé, eu pleine guerre, la charrue automobile <t Tourand-Latil » qui n’a pu être construite à ce moment qua un petit nombre d’exem-ptaires, la fabrication des usines étant entièrement absorbée par la construction des tracteurs d’artillerie. Aujourd’hui au contraire, la fabrication du matériel agricole est devenue une branche importante de leur activité.
- Estimant que la conception d’un matériel x’ationnel ne peut s’appuyer que sur expérimentation quotidienne, réalisée sur les tex-rains de cullux-e, les usines Lalil ont adjoint un domaine agricole à leur industrie de construction.
- Une ferme de i/jo hectares, située à quelques kilomètres des usines, a été acquise, permettant la possibilité de poursuivre des expériences sur une vaste étendue de terres s’étendaut en plains et se prolongeant en coteaux. Tel est le remarquable champ d’études qui a été réalisé.
- Sur ce terrain, destiné à une production normale, les charrues ont été mises à une épi-euve continue. Le type original de l’appareil a ainsi subi des améliorations dictées par l’expérience.
- Il a évolué insensiblement et ses constixxcteurs sont à même aujoux-d’hui de livi’er, soit un matéx-iel complet de labourage pour labours profonds ou labours légers, soit seulement un tracteur disposé pour traîner tout type d instruments aratoires.
- Le mode d’attelage de la charrue au ti*acleur employé jusqu’ici a subi récemment une amélioi’ation importante dont l’emploi est adopté sur les nouveaux appareils construits et qui est facilement applicable sur les appa-xeils de construction antérieure. Ce dispositif très simple permet de conserver à l’appareil l’avantage considérable du relevage automatique de la chai’rue par la chèvre du tracteur, tout en laissant à la charrue en travail une aisance complète, et au tracteur une facilité de conduite remai'quable.
- Cette mise au point et les perfectionnements considérables réalisés sur les tracteurs Tourand-Latil résultent de l'application d’un principe excellent, à savoir que l expéx-ience de la terre peut seule conduire l’ingénieur à des solutions heureuses en matière de construction de matéx’iel agi’icole.
- Floraison précoce. — Un de nos abonnés, M. P. Déguilhem, pharmacien à Monbahus, nous avait adressé le 4 mars dex-nier un bouquet de Heurs que la grève des imprimeurs a laissé faner avant que nous puissions le présenter à nos lecteurs.
- Ce bouquet compi’enait des (leurs épanouies de pru-nier d’ente, un bourgeon de marronnier ouvert, des bourgeons de poii’ier et de cerisier et une branche de lilas prêt à fleurir. M. Déguilhem ajoutait :
- « Ces témoins pris en plein vent indiquent mieux que toute desci-iplion l’état très avancé de la végétation dans le sud-ouest.
- Toutes les plantes en général sont en avance d’un bon mois.
- Ainsi le prunelier sauvage est en fleur depuis le x5 février, il en est de même du narcisse; la cardamiue des prés depuis le 12 février.
- L’aspect de la natux^e, si toutefois la même température se maintient, aura changé du tout au tout à la lin mars au lieu du 25 avxûl. Ceci est fonction de la température que nous subissons depuis le a’3 février; les maxima oscillent entre 170 le 24 février et.200 le 3 courant, et en outre le régime persistant des vents d’entre Sud et Sud-Est. »
- Réglementation des petits postes récepteurs de
- T. S. F. — Le décret ministériel Axant les conditions dans lesquelles les particuliers seront autorisés à installer à leur domicile une antenne réceptrice de télégraphie sans fil est enfin paru, il porte la date du 27 février 1920.
- Illégal, en droit, parce qu’il fait dépendre l’autorisation à accorder de l’acquittement d’un impôt annuel de 5 francs sur l’opportunité duquel les Chambres n’ont point délibéréj ce décret nous semble encore inapplicable en fait, l’état actuel de la T. S. F. permettant la réception clandestine de tous les radiotélégrammes, et lad minis ti’ation des postes et télégraphes n’ayant aucun droit pour s’introduire dans les laboratoires privés et en réglementer l’agencement.
- Quoi qu’il en soit, nous conseillons aux amateurs de
- T. S. F. de montrer à l égard de l’administration plus de bonne volonté qu elle n’eu a montré jusqu ici à leur égard et de se soumettre aux prescriptions du décret du 27 févxier 1920. Peut-èti’e que l’espoir de toucher chaque année ses petites étrenues — comme le facteur — encouragera-t-il l’administration des postes à se montx’er moins hostile à la vulgarisation en 1 rance de la télégi’aphie nouvelle.
- Sont Axées ainsi qu’il suit lès conditions réglant 1 établissement et l’usage, par des particuliers, des postes l’adio-électriques destinés uniquement à recevoir les signaux horaires et les télégrammes météorologiques :
- Art. ier. — Les demandes d’autorisation doivent êtxe adressées au directeur des postes et des télégraphes du département dans lequel le poste sera installé.
- Les pétitionnaires doivent indiquer l’endroit précis où fonctionnera le poste et fournir la description des appareils utilisés. Ils ont à jusliAer, le cas échéant, de leur qualité de Français.
- Art. 2. — L’autorisation est accordée :
- 1° Par le directeur de* postes et des télégraphes iuléi-essé, loi’sque le pétitionnaire est de nationalité française ;
- 20 Par le sous-secrétaire d’Etat des postes et des télégraphes, à qui la demande aura été transmise par le directeur et avec son avis, si le pétitionnaire est sujet étranger.
- L’autoi’isatiou est d’ailleurs suboi'donnée à l’avis des autorités militaires (généixxl commandant le corps d’armée) dont dépend le point considéré lorsque le poste dont la concession est sollicitée est situé en un point distant de 5o km ou moins des frontières terrestres, et à l’avis des autorités maritimes (préfet maritime) dont dépend le point considéré lorsque le poste est situé en un point distant de 5o km ou moins des frontières maritimes.
- Art. d. — Les postes récepteurs visés à l’article i’>r ne peuvent être utilisés que pour la réception des signaux horaires et des télégrammes météorologiques, loute transmission de signaux est formellement interdite.
- Art. 4. — Le contenu des radiotélégrammes, autres que les télégrammes météorologiques, qui seraient éventuellement perçus par les postes récepteurs autorisés ne doit être ni inscrit, ni divulgé à qui que ce soit, en dehors des fonctionnaires désignés par l’administration des postes et des télégraphes ou des officiel s de police judiciaire compétents.
- Il ne devra être fait aucun usage de ces télégrammes.
- Art, 5. — L’Administration des postes et des télégraphes se rései've d’exercer sur les postes récepteurs autorisés tel contrôle qui lui semblera convenable.
- Art. 6.— L’Etat ne sera soumis à aucune responsabi-lité à raison de l’utilisation des postes récepteurs de T. S. F. dont la concession aura été accordée.
- Art. 7. — Les concessionnaires sont tenus de notiAei' aux directeurs des postes et des télégraphes toute xnodi-fication qu’ils se proposent d’apporter dans l’installation de leur poste.
- L’Administration des postes et des télégraphes peut, d'ailleurs, à toute époque et pour quelque cause que ce soit, suspendre ou révoquer les autorisations accordées sans qu’elle soit tenue de payer une indemnité quelconque ou de faire connaître les motils de sa décision.
- Ces autorisations ne comportent aucun privilège et ne peuvent faire obstacle à ce que des autorisations de même nature soient accordées ultérieurement à un pétitionnaire quelconque. Elles ne peuvent être transférées à des tiers sans le consentement exprès et par écrit de l’Administration des postés et des télégraphes.
- A la première réquisition de l’Administration des postes et des télégraphes, tout concessionnaire devra immédiatement mettre son poste hors d’état de fonctionner.
- Art. 8. — Le concessionnaire devra se soumettre à toutes les dispositions réglementaires ou fiscales résultant des lois, décrets ou règlements qui interviendraient ultérieurement en matière d’établissement ou d’usage des postes de télégraphie sans fil.
- Art. 9. — Le concessionnaire devra acquitter un droit de statistique fixé à 5 francs par an et pour chaque poste récepteur autorisé. Cette redevance est due pour l’année entière.
- Art. 10. — Les frais de timbre applicables aux actes relatifs aux autorisations de postes horaires sont à la charge du pétitionnaix'e.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Qflt..
- CE QU’IL FAUT SAVOIR D’ÉLECTRICITÉ (Suite:)
- Variation de la résistance des conducteurs avec la température. —- Le nombre a qui exprime la résistance des conducteurs de i m. de longueur et de i mm2 de section, s’entend pour des températures de i5° en général. Mais ce nombre augmente avec la température, et il faut en tenir compte dans les calculs si l’on ne veut pas commettre des erreurs graves. Voici quelques résultats d’expériences effectuées sur le fer, le cuivre et le maillechort :
- i“ Fer : longueur i mètre; section o mm2, a3S ;
- 55
- R —0",4‘>- à o°; diamètre----millimètre.
- IOO
- Intensités Densités de. courant lîésisl anr.es Observations.
- 1 ampères d = l
- i,35 5-7 o">,54 assez chaud
- 3,8 16 o"*, 7 8 chaud
- 5.9 28 1^,89 carbonise le bois
- 20 Cuivre : longueur t mètre; section 0 mm2, 780;
- R — 0"‘,02 2 à o°; diamètre 1 mm.
- I d = ‘ S I! Observations.
- 2,7 3,4 0W,032
- 20 20 O".,025 chauffe très peu
- 32 40 o"', 029 chaud
- 3° Maillechort ; section 0 mm2, 785 ; R = i>',i à o°.
- 1 d = i 1! Observations.
- t,6 2,04 1,11 légèrement chaud
- 2,8 3,6 1,12 chaud
- 4 5.. 1,13 chaud
- 6.9 8,8 i,3 très chaud
- 8,6 10,9 1,37 carbonise le bois.
- De ces essais, nous pouvons tirer trois conclusions
- importantes :
- a) La résistance du fer et du maillechort augmente considérablement avec la température.
- b) On peut faire passer dans un (il de cuivre de 10/10 de diamètre des intensités considérables sans avoir à redouter d’échaufîement dangereux.
- Nous voyous en effet que ce fil qui n’a que o mm2, 785 de section porte 20 ampères en chauffant très peu. On pourrait sans danger y faire passer 10 ampères à l’air libre. Cela correspondrait en effet à faire rayonner par sa surface latérale qui est de 3i cm3 une énergie égale à l’effet joule qui se produit dans le fil, soit l2 R = 2"',4.
- La surface de refroidissement pour chaque watt serait 31cm2
- ainsi de ----= i3 cm2, alors qu’il suffit de 10 cm2 de
- 2,4
- surface par watt, pour n’avoir pas à craindre d’échauf-fement.
- c) La résistance du fil de maillechort n’a pour ainsi dire pas varié ; dans les projets de résistances en maillechort, nous ne tiendrons donc pas compte des variations de la température.
- Formules qui donnent les résistances à diverses températures. — L’expérience montre que si la résistance est 1 à o°, elle est donnée à 1° (t inférieur à iooü) par la relation suivante :
- Rt=z:i-f-bt, définissant ainsi un coefficient b dit coefficient de température dont les valeurs sont les suivantes :
- Cuivre pur. ...... b = 0,004
- Aluminium.............. . b = 0,0042
- Nickel.................... b = o,oo53
- Fer ...................... b = o,oo53
- Platine.....................b = 0,002 5
- Ainsi, la résistance de 1 ohm en fer à o° vaut à 5o° : R..rt = o,oo53 x 5o = i'",255 et à ioo° : R,7I0== i"* -(- oo,53'x 100= i">,53. et une résistance de 20w à o° vaudrait à 100" :
- R,00 = Ru(i-F bt) = 3o«,6.
- Avec un fil de cuivre dont la résistance est i<>,.55 à i5°, la résistance à oü R„ serait telle que :
- R1b = R„(i -fb X 15}
- 1. Voir La .Vatnre, u"* a38o, a38i, a383, a385, :>.3ç)i et aFj'i.
- U U U
- i+bXi!
- Lorsqu’on dépasse ioo°, la valeur ainsi trouvée pour la résistance est un peu trop faible ; la formule qui rend le mieux compte du phénomène est alors la suivante :
- Rt = Ro (1 -F bt -j~ ci2)
- dans laquelle c vaut environ o,ooooooG.
- Ainsi une résistance en platine de 100 ohms à o° vaud ra :
- à ioo° : R100 = 100 ( t + o,ooa5 X iooJ= ia5 ohms, à 2000 : R200 = 100(1 + o,ooa5 X 200-)- 0,0000007 X 2002) — i5
- à 3oo° : Rnno= 100 ( 1 + 0,0025 X 3oo 4- 0,0000006 X 3oo2) = i8o"\4. à 4 oo° : R/((l0 = 209, f». à 5oo° : R,;00 = 240*'. à 6oo° : R(.00= 271,6.
- Avec le fer ou le nickel dont le coefficient de température b est beaucoup plus élevé, o,oo53 au lieu de o,oo25, l’augmentation de résistance eût été encore beaucoup plus sensible. Une résistance en fer de ioom à o° vaut 3giti,6 à 6oo°.
- Applications à la mesure des températures.
- — Dans les essais de machines, on détermine à quelle température les divers organes sont portés afin de voir si l’élévation de la température est compatible avec une bonne marche de.la machine.
- On y arrive eu se servant de thermomètres plats qui se posent sur les différentes pièces ; cette méthode, bonne l'g. 1.
- lorsqu’il s’agit de mesurer les températures des graisseurs, du collecteur, ne convient qu’imparfaitemeut lorsqu’il s’agit de déterminer la température des enroulements. On arrive à de meilleurs résultats en mesurant leur résistance à froid et après fonctionnement.
- Far exemple, voici les résultats obtenus avec une dynamo Schneider de 110 volts, 22 ampères :
- i° Mesures à froid dans les inducteurs :
- I = i",23 E = 111 volts R == 90"’ température 15°.
- 20 Mesures effectuées après deux heures de marche à pleine charge :
- I — ia,o5 E = 111 volts R = 1 o î 1°.
- Le coefficient de température pour le cuivre est de 0,004. la résistance de l-’enroulement à o° est :
- R„
- Ri
- 90
- -f- bl~ 1 -)- 0,004 X i5 Nous avons donc la relation :
- 84w.9-
- Rt = R„ (1 -f bt) ou : 104 = 84,9 (1 -f 0,004 t.)
- d’où l’on tire : t = 56°.
- La méthode est très commode et donnera de très bons résultats si les lectures sont bieu faites ; il faudra donc se servir d’un ampèremètre sensible permettant d’évaluer le centième d’ampère (fig. i).
- Si l’on ne dispose que d’ampèremètres industriels, il vaut mieux déterminer la résistance par une autre méthode; en se servant par exemple des petits voltmètres de poche pour 4 ou 6 volts, dont quelques-uns ont une résistance voisine de ioû ohms (fig. 2).
- Nous mettons le voltmètre en série avec la résistance à mesurer et nous trouvons les nombres suivants : t
- L’aiguille, au lieu d’indiquer 4 volts comme elle ferait: si le voltmètre était brauché directement aux bornes, des accus, ne marque pas tout à’ fait 2 volts, prenons i\q5.
- Si le voltmètre a une résistance de 100 ohms, la d. d. p. à ses bornes étant D.qS, il est traversé par un'
- 77 g-
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- 1Ü
- SCIENCE APPLIQUÉE
- courant : I
- c,95.
- ioo
- c’est cette même intensité qui traverse le circuit total composé de la résistance du voltmètre augmentée de celle de l’inducteur. Cette résistance totale R est soumise à une d. d. p. de 4 volts; l’intensité qui la traversé est :
- I =
- !'
- R
- d’ôù
- R/
- R 203. ~ 203
- IOO
- io3
- donc :
- ohms ; comme on le voit nous avons une différence de 1 ohm, avec la précédente mesure, mais l’erreur relative est faible et la température calculée avec ce nouveau chiffre sera de 54°.
- Thermomètre à résistance. — Prenons un fil de fer d’une résistance de 100 ohms à i5°, et portons-le à une température que nous voulons déterminer; nous voyons maintenant que la mesure de la température se ramènera à une mesure de résistance.
- Si la température dépasse ioo0, il faudra applique!' la formule complète :
- IL = Rn ( r 4- bt -J- ct~)
- R,
- l,’=r+ibî:=9,',’5;
- si la mesure nous a donné une résistance de i5o ohms, nous aurons donc :
- i5o = 92,5 (1 -(- o,oo53 t -j- o.oûooooG f2j ,
- équation du 2' degré qui donne t = 109°.
- La précision avec laquelle nous connaîtrons t dépendra de celle avec laquelle nous aurons fait la mesure de la résistance.
- 11 est facile de construire soi-même un thermomètre , , . K r.
- a résistance en se servaut d’un fil de fer de —— de mm
- IOO
- de diamètre par exemple quel’on trouve dans le commerce. On calculera sa longueur pour une résistance de 20 ohms à i5lJ— soit environ 48 m. Si l’on veut un appareil de dimensions moindres, on prendra un fil plus fin. Le fil, enroulé en hélice sur un cylindre d’amiante est recouvert d’un deuxième cylindre également en amiante et terminé par deux bornes.
- Le tout est fortement fretté de manière à maintenir solidement le fil dont les spires dilatées par la température, pourraient se toucher. Les deux bornes sont reliées à deux fils qui aboutissent à la salle d’essais ou au bureau. Le thermomètre peut être placé où l’on veut, une simple lecture faite en A permettra de déterminer la température de l’endroit où il se trouve (fig. 3).
- On conçoit que l’on puisse avoir plusieurs thermomètres dont les fils aboutiront à la salle d’essais. Il suffira d’un seul appareil de mesure et d’ün commutateur pour pouvoir déterminer successivement les diverses résistances. Bien mieux, l’appareil de mesure qui est Un ampèremètre sensible, pourra être gradué en ohms pourvu que tous les thermomètres aient la même résistance et que la batterie E donne tiu voltage constant. On peut même dans ce cas graduer le cadran en ohms et en degrés, et obtenir ainsi directement les diverses températures où les différents thermomètres ont été portés.
- Emploi du thermomètre à résistance. — La propriété caractéristique de ces appareils qui est de permettre la mesure des températures à distance, leur assigne un rôle important dans l’industrie. Ils permettent des mesures variant -de — 200° à 4- 7000. On les emploie : dans l’industrie frigorifique où ils permettent de contrôler à chaque instant les températures des chambres froides, dans les cales, les soutes des transatlantiques, pour mesurer la température de l'etnt d’alimentation et
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- fia. 3.
- de 1 eau d évacuation des chaudières, pour donner la température de la vapeur à la sortie des chaudières. Ils sont employés aussi pour mesurer la température dans les transformateurs à huile, etc.
- Réalisation industriel'e du thermôfnètfe à résistance. — La résistance est constituée par une spirale eu platiné de 100 ohms noyée dans du quartz qui l’isole complètement et la pro^ tège contre toute influence chimique.
- L’appareil de mesure est un galvanomètre sensible. La résistance forme l’une des brandies d’un pont de Wheatstone. Le ponl est équilibré pour que le galvanomètre reste au zéro pour une température déterminée.
- Lorsque la température de l’élément varie, un courant traverse le galvanomètre qui est gradué directement en degrés (fig. 4).
- Les fils BC peuvent avoir jusqu’à 5oo m. de longueur. On commutateur permet d’introduire successivement les divers éléments entre B et D. On a ainsi un procédé commode permettant d’avoir à tout instant, sans aucun déplacement, les températures des différents points d’une installation. A. Dfxavie.
- Prol'csscur «IV‘lcrIrit-it*' iiuliislricllr.
- *l> Tourisme
- Auto-Wheel. — Bien peu de nos lecteurs connaissent la transformation rapide que l'on peut faire d’une bicyclette ordinaire en motocyclettelégère au moyen delà moto-roue, c’est-à-dire d’une roue portant sa force motrice.
- Ce petit moteur monocylindrique de 1 IIP, à refroi* disseur par ailettes, fait le travail et, avec ses 5.4 mm d’alésage et ses 54 mm de course, exerce une puissance infiniment plus grande que celle produite sur la pédale par un cycliste. La roue, qui mesure o m. 5o de diamètre, est montée sur moyeu à bain d’huile, Le moteur est supporté par un châssis en U, en acier étiré, sans soudure. Le centre de gra-vité se trouvant \ très bas, l’équilibre est donc bien assuré.
- L’auto-wheel (fig. 5 et 6) travaille parallèlement à la roue de bicyclette, à environ o m. 10 d’écartement ; elle est munie d’un bandage pneumatique, renforcé, de 5oo/38. Comme ce bandage n’a pas à supporter le poids du vélo ou de son occupant, il n’est
- pas nécessaire de gonfler la chambre à air à bloc ; les meilleurs résultats sont atteints avec un gonflement modéré de 1 kg,
- Le cadre portant la moto-roue est fixé au cycle par trois points et retenu au moyeu arrière par un écrou ; il est joint également au tube du cadre, du côté de la chaîne ainsi qu’au montant droit, par l’intermédiaire d’attaches. Cette triple jonction assure la rigidité et transmet parfaitement l’effort de traction. sur le cadre du cycle. Le levier contrôlant la vitesse est fixé sur le guidon, au moyen de deux simples boulons.
- Le carburateur, entièrement automatique, amène le mélange fjqns le cylindre où il est allumé par une étin-
- I..............
- Fig. â. — bicyclette munie de son « Auto-Wheel ».
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- mS-
- celle, L explosion du niéIautre gazeux pousse le piston et fait tourner l’arbre coudé iransmèttant le mouvement aux engrenages dont l’iin se trouve monté au point extrême de l’arbre à cames. A l’autre bout de cet, axe est fixé un pignon de chaîne, celle-ci transmettant le mouvement à la roue motrice.
- Le réservoir à essence contient environ 2 litres, ce qui est suffisant pour 75 km. Un silencieux faisant corps avec le carter supprime tout bruit désagréable. Le graissage est aussi automatique.
- L’auto-wheel communique à la bicyclette une allure de 4 à 3o km à l’heure. On voit qu’avec ce moteur adjuvant, il est permis à bien des personnes, jeunes ou âgées, possédant déjà un vélo, de résoudre facilement le problème des déplacements à bon marché.
- Prix : 920 francs Constructeurs : Monet et Goyon, 57, rue du Pavillon, à Mâcon (Saône-et-Loire).
- Auto-mouche. -- Cette petite voiturelle (fig. 7) est une heureuse combinaison du vélocimane construit par la même maison à l’usage des mutilés ou personnes âgées et de l’auto-wheel plus haut décrite.
- Elle se compose d'un cadre spécialement renforcé avec suspension élastique, il est muni à l’avant d’un garde-boue eu tôle emboutie. Les roues sont également renforcées avec pneumatiques de section de 38 mm; les
- deux roues ar-x'ièreonto m. 05 de diamètre, celle d’avant o m. 5o, diamètre de l’auto-wheel. Tous ces pneus sont interchangeables.
- La manette d accélération se trouve à portée voulue de la main. Les manivelles servent à la mise en marche, à la direction et au freinage. Le frein agit à l’intérieur du moyeu avant; il est d’une puissance énergique et s’actionne par une légère pression en arrière sur les manivelles.
- Le groupe moteur esllixé au milieu de l’essieu arrière à l’aide d’un support articulé, transmetlantl’efîort de propulsion à la voituretle sans lui communiquer de trépidation.
- Prix 1900 francs. Constructeurs : Monet et Goyon, à Mâcon.
- Cyclo-tracteur. — Le cyclo-tracteur (fig. 8 et 9), est un groupe moteur amovible de 11 kg environ, se mon-
- 1____
- Vue de l’« Auto-Mouche
- Viirvclette munie du « Cyclo-Tracteur
- tant et se démontant rapidement sur toute bicyclette d’homme ou de dame. Son embrayage comme son débrayage se font en marche, ce qui permet dans la même promenade l’emploi seul de la marche au moteur pour la vitesse, l’usage exclusif de la pédale pour l’exercice ou le régime alterné, roue libre en descente, pédale en palier, moteur en côte ou avec veut contraire.
- Le moteur monocylim|rii|ue à 4 temps a 5o mm d’alé-
- sage et, 55 mm de course; il est muni d'une soupape d’admission automatique et d’une soupape d’échappement commandée. La puissance est de 1 1/4 HP au régime normal de a5oo tours-minute.
- L’allumage est produit, par magnéto à haute teusion ; la bougie placée au fond du cylindre assure un parfait et haut rendement. Le réservoir contient 1 litre 1 /•>. d’essence. Le carburateur du type 'FUI est automatique et par la simple manoeuvre de sou boisseau permet de faire varier la vitesse de 6 à 29 km à l’heure.
- La transmission est obtenue par un galet entraînant la roue avant, directement par friction sur le pneu. L’embrayage par vis hélicoïdale permet d’amener progressivement le galet en contact avec le pneu. Le décompresseur, dont la commandé est ramenée au guidon, permet de supprimer l’action du moteur en maintenant la soupape d’échappement soulevée.
- Pour monter le cyclo-tracteur sur uue bicyclette, il suffit de Fig. 9.
- desserrer les deux écrous de la Vue <hi ’< Cyclo-Tracteur», roue avant et ajuster les deux
- pattes d’attache du cyeLo-lracteur sur l'axe du moyen; de sortir le plongeur du guidon, de l'introduire dans la douille correspondante du tracteur et remettre le plongeur dausle tube de direction; de vérifier que le milieu de la poulie motrice est bien susceptible de venir en contact avec le milieu delà baude do roulement du pucu ; de bloquer fortement tous les écrous, notamment ceux du tube de direction et du moyeu de la roue avant; enfin de fixer sur le guidon la manette du déoompresseur.
- Prix : 490 francs. Constructeur : Construction française des Automobiles de place, 2, place Collango, à Levallois-Perret (Seine).
- Voiturette électrique « l’Eiectricar ». —- Au dernier Salon de l’Automobile figurait une petite voilure mue électriquement par un moteur d’une puissance normale de 1/2 HP actionné par des accumulateurs au plomb, à 4 éléments d’un voltage de 8 volts et d’un ampérage de 200 ampères-heure environ.
- Un volant sert à la fois à la direction,,au changement de vitesse et au freinage de la voiture avec une manette pour la mise en marche et la marche -arrière. Aucune connaissance ni mécanique ui électrique n’est spécialement nécessaire ; tant que la batterie d’accumulateurs
- Fig. ^10. — L’Klectricar.
- est chargée, la voiture marche sans qu’on ait besoin d’en vérifier les organes.
- Le chiffre de 5o km de son rayon d’action, sans recharge d’accumulateurs, est suffisant pour répondre à la plupart des besoins des personnes auxquelles celte voiturette est destinée : docteurs, vétérinaires, agents d’assurances, représentants de commerce, etc., et même au besoin pour des convalescents, mutilés, vieillards, voulant se promener dans la campagne. Au surplus, rien n’empêche dans des cas spéciaux de posséder une batterie d’accumulateurs de rechange.
- Sa vitesse varie de 3 à 12 km à 1 heure; c’est la moyenne pprmalémeut pratiquée par les cyclistes a ni a-
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- SCIENCE APPLIQUEE
- leurs qui fout de la promenade et du petit tourisme. Dans les centres, cette vitesse n'est du reste pas dépassée comme moyenne par les automobiles à essence. Avec elle, on est constamment maître de la direction et l’on peut s’arrêter pour ainsi dire sur place. Le démarrage instantané est très souple, attendu que le départ se fait à la vitesse de 3 km. Le changement de vitesse est progressif, passant graduellement de 3 à 12 km. Sa douceur est sans pareille, ce qui augmente à la fois le confort delà voiture et la durée de ses organes qui ne reçoivent aucune secousse brusque susceptible de les abîmer. Elle monte, à une vitesse supérieure au pas, des côtes atteignant i5 pour 100. Elle est parfaitement silencieuse.
- Sa longueur totale est de 2 m. 20 environ, sa plus grande largeur o m. 90 et occupe un emplacement inférieur à 2 m2, c’est-à-dire qu’elle peut se loger dans un coin de petite remise. Son poids eu ordre de marche est de i5o kg, ce qui permet son transport par chemin de fer. Sa force permet de transporter 100 kg, c’est-à-dire une personne d’uu poids moyen et de menus bagages.
- Les roues sont munies de bandages Ducasble increvables et n’ayant jamais besoin d’êlre regonflés. L’éclairage petd se faire avec une lanterne d’un type quelconque : huile, acétylène ou même électrique.
- Prix : depuis 2Ôoo fr., toute carrossée. A. Couaillel, constructeur, 134, boulevard de Clichy, Paris.
- Construction
- « Le Qolpo ». — De tous temps, les industries qui ont eu à utiliser le bois ou la tôle ont eu à souffrir des inconvénients particuliers à ces matières. Le bois, même
- Fig. 11. — Construction d’un châssis en « Golpo ».
- d’une siccité parfaite, reste très hygrométrique. La tôle, même soumise à un décapage précédant la peinture, garde toujours des possibilités d’oxydation.
- Depuis la guerre, ces inconvénients se sont encore aggravés du fait de la réquisition des stocks de bois secs et de l’exploitation intense des forêts françaises. Pendant de longues années le bois restera rare et cher. La tôle, par suite de la situation particulière de l’industrie métallurgique, reste une matière première d’un prix très élevéuécessitantune main-d’œuvre coûteuse.
- La carrosserie automobile, la construction de matériel roulant et de maisons économiques, les chantiers d’embarcations légères, toutes grosses consommatrices de bois ou de tôles durent par la force même des choses chercher dans des procédés nouveaux une solution à cette crise aiguë.
- Elles semblent bien l’avoir trouvée dans un mode de construction ingénieux et pratique qui déjà avant la guerre était bien connu des spécialistes, mais auquel les nécessités de l'heure semblent, réserver un développement considérable.
- Ce procédé a reçu de ses inventeurs le nom de « Golpo ». Il consiste principalement en l’application sur toute carcasse de menuiserie, carrosserie, wagon, bateau, charpentes de toitures, d’un treillage métallique qui, grâce à sa contexture spéciale, peut épouser toutes les formes et tous les cintres ; sans martelage ni estampage par la seule pression de la main. Travail qui ne nécessite aucune main-d’œuvre spéciale. Le treillage dont la grosseur varie selon les besoins est ensuite revêtu sur ses deux faces d’un enduit dont l’épaisseur également variera de 5 mm à i5 mm selon les résistances demandées. Cet enduit, dont la contexture rappelle celle du bois, sèche rapidement, mais avant d’avoir atteint sa dureté définitive il est possible de le raboter et de le poucer. On peut ensuite le peindre et le vernir comme un panneau de bois ou de tôle.
- On saisit tout de suite les avantages de ce procédé qui permet aux carrossiers d exécuter sans tôle ni tôliers les emboutis les plus délicats. Des carrosseries de ce genre construites avant la guerre out donné des résultats absolument concluants au point de vue de la solidité, de la rigidité et de la peinture.
- La construction du matériel de chemin de fer devait plus que toute autre être séduite par celle idée nouvelle. On connaît tous les déboires que causent aux compagnies les toitures de wagons, qu elles soient en toile, en zinc ou même eh cuivre rouge. La toile sèche se fendille et brûle au contact des escarbilles, le zinc se dilatant et se rétrécissant tour à tour ne tarde pas à s.e fendiller, le cuivre rouge enfin d’un prix très* élevé n’est pas non plus sans défaut.
- Le « Golpo » a permis l’exécution de toitures d’une seule pièce, sans joint, sans lissure, sans soudure. Mieux encore ! employé pour le revêtement entier dè toitures et côtés d’un wagon restaurant de C'" Internationale des Wagons-Lits, il a parfaitement résisté à une expérience de cinq années consécutives. On a même pu observer dans l’ensemble du wagon une rigidité plus grande qu’avec tout autre mode de construction. Si l’on ajoute à cela que le « Golpo » est absolument incombustible et calorifuge, on conçoit tous les avantages que l’on peut tirer de son emploi dans les transports en commun ainsi que dans la réparation rapide du matériel usagé, dont la rareté îles matières premières retarde la remise en état.
- Toujours pour les mêmes raisons, les constructeurs d’embarcations légères ont été amenés à utiliser le « Golpo ». La coque des bateaux eu bois nécessite une main-d’œuvre habile et coûteuse. Les fissures, quel que soit le soin apporté à leur établissement, sont fréquentes et donnent lieu à infiltrations.
- N’était-il pas séduisant, au premier chef, de pouvoir revêtir la carcasse du bateau d’un treillage et d’un enduit qui en épousait les formes les plus délicates et joignait à cela une garantie absolue d incombustibilité rendue si précieuse à une époque où l’emploi des moteurs se répand de plus en plus.
- 11 est possible maintenant d expédier dans les colonies sous un volume réduit les membrures d’une coque dont on pourra sur place assurer le revêtement : on voit tout de suite l’économie d’en-combreinent et de fret.
- Nous avons dit que le « Golpo » s’employait en pâle étendue sur un treillage métallique; c’est là une de ses applications. Sans treillage il permet des revêtements isolants, insonores, étanches. Sur un béton ou un plancher, il constitue les parquets sans , joints dont l’emploi à juste titre se généralise chaque jour, car il supprime les fentes disgracieuses et antihygiéniques des parquets de bois, il peut avantageusement remplacer dans les endroits publics lep tapis si coûteux aujourd’hui et toujours d’un entretien difficile.
- Cet aperçu rapide permettra d’apprécier les avantages très séduisants de ce nouveau procédé ; nous n’avons cité cependant ici, où la place nous est limitée, que les principales applications du « Golpo », mais son emploi s’étend chaque jour et beaucoup d’industries pourront y trouver un remède passager ou définitif aux difficultés nées de la guerre.
- Les procédés « Golpo » sont exploités jiar la Société Française des procédés « Golpo », 3i, avenue de Neuilly, Neuilly-sur-Seine.
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- T. S. F. DES AMATEURS
- CONSTRUCTION D’UNE BOBINE D’ACCORD RÉGLABLE PAR CURSEUR
- Le plus simple des appareils utilisés en télégraphie sans (il pour assurer le réglage d’une table de réception est la « bobine d'accord » appelée aussi « bobine de self. »
- Cet appareil consiste essentiellement en un enroulement de fil isolé bobiné à tours jointifs et dont une
- Fig. 1.
- portion plus ou moins grande peut être utilisée pour augmenter la self-induction d’un circuit oscillant.
- La construction d’une bobine d’accord est un exercice de travail manuel tout à fait élémentaire.
- La figure i donue idée d’ensemble de l’objet à réaliser. Le modèle que nous conseillons d’adopter utilise trois’ curseurs et permet l’essai de différentes combinaisons de montage dont nous avons exposé précédemment la valeur; mais l’amateur qui borne son ambition à la seule réception des signaux horaires et
- le/nent.^ Ça^ca$_se
- des télégrammes météorologiques français pourra sans inconvénient faire l’économie de deux curseurs.
- Les dimensions que nous proposons de donner à une bobine d’accord n’ont rien d’absolu, elles peuveut être légèrement modifiées. Toutefois, notre modèle est d’un format pratique, suffisant pour une bonne réc.epliou des longueurs d'onde comprises dans les limites courantes.
- La réception des émissions « transatlantiques » exigera l’appoint d’une bobine de self supplémentaire, mais celle dernière ne servira que pour cet usage et il
- sera indispensable de l’enlever pour recevoir les radiotélé-grammes transmis sur petites et moyennes longueurs d’onde.
- Ébénisterie. — La monture de la bobine d’accord se compose d’un socle rectangulaire et de deux joues carrées maintenant solidement entre elles une carcasse isolante portant l’enroulement.
- Le socle a une longueur de . >6 cm, une largeur de 16 et une épaisseur de a. Les joues mesurent 14 cm de côté, elles ont la môme épaisseur que le socle sur lequel elles sont fixées au moyen, de deux vis à tête plate de 4 cm de longueur (fig. 2 et 3).
- Il est prudent de préparer le passage de ces vis à travers le socle en pratiquant dans celui-ci des trous cylindriques d’un diamètre légèrement inférieur à celui des vis, comme il est bon d’amorcer la prise de ces dernières dans la base de chaque joue en y ménageant deux piqûres de vrille ou de foret.
- Leux disques eu bois ayant 11 cm de diamètre et 2 d’épaisseur sont utilisés pour servir de fonds et de
- support au tambour portant l’enroulement et sont fixés par deux vis de 3 cm au centre des joues comme l’indiquent les figures 4, 5 et 6.
- Choix du fil. — Du fil de cuivre de huit dixièmes de millimètre de diamètre, isolé à la soie, doit être employé de préférence à tout autre. Notre bobine en utilisera i’3o m. environ.
- J)is Cf ne -
- Joue.
- Cd/‘C-:ISS(\
- s; mmmmmm
- Il serait préjudiciable au bon fonctionnement de lappareil d’adopter un diamètre de fil inférieur à’6 dixièmes.
- Le fil de cuivre isolé au colon convient au même titre que celui isolé à la soie pour la fabrication des bobines d’accord, il a sur llôr-L
- lui l’avantage d’un prix
- de revient moins élevé, mais l’aspect de l’enroulement après le vernissage laisse un peu à désirer.
- On ne doit pas utiliser, par contre, le fil isolé à la gutta (fil sonnerie) parce que le dénudage de ce fil est toujours défectueux quelque soin qu’on y apporte.
- L’emploi du fil émaillé, bon tout ' ,
- au plus pour la confection de jouets électriques, est également à rejeter.
- La faible épaisseur de l’isolant qui recouvre le fil émaillé détermine dans la bobine de self des effets de capacité tout à fait nuisibles ; les spires de l’enroulement sont d’autre part très difficiles à fixer et leur dénudage ne peut s’opérer qu’à la lime au détriment de leur solidité et de leur bon isolement.
- Carcasse. — La carcasse ou tambour servant do support à l’enroulement est un tube de 3o cm de longueur et 11 cm de diamètre, le plus souvent en carton fort,
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- quelquefois en celluloïd ou en ébonile. Rèyletn
- Un cylindre de métal ou de fibre ne peut être utilisé ; un mandrin en bois a le grand inconvénient de subir, en séchant:, un retrait qui relâche la rigidité indispensable des spires de l’enroulement.
- On trouve commu- Fig. 0.
- nément des tubes de
- carton chez les artificiers et chez les fabricants de boîtes et cartonnages.
- Il est aisé de construire soi-même un tube de carton très solide en enroulant autour d’un rouleau de bois ou autour d’un tuyau de poêle en 7 ou 8 couches serrées
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- imprégnées de colle forte un ruban de papier d’emballage ou de papier bulle. On laisse sécher 24 heures sous bonne ligature, après quoi on vernit soigneusement intérieurement et extérieurement le cylindre de carton ainsi obtenu.
- Enroulement. — L’enroulement se fait à tours jointifs en serrant le plus possible le fil sur la carcasse de manière que les spires ne puissent ni glisser, ni chevaucher les unes sur les autres.
- La figure 7 montre le procédé à employer pour arrêter solidement le début de l’enroulement. L’extrémité du fil
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- T. S. F. DES AMATEURS
- est prise dans une petite boucle faite au moyeu d’un ruban d'un centimètre de largeur dont les deux bouts en partie maintenus par les premières spires de la bobine, peuvent être tirés pour immobiliser le fil embrassé par la boucle.
- Le sens adopté pour enrouler le fil d’une bobine de self est indifférent; mais il est préférable, pour éviter
- toute erreur, d’adopter un sens unique d’enroulement, par exemple celui de marche des aiguilles d’une montre, pour la confection des appareils de T. S. F. sauf, bien entendu, le cas ou le sens des enroulements est obligatoirement déterminé.
- L’extrémité du fil entièrement bobiné est immobilisée par sou passage dans trois œillets disposés à 2 cm les uns des autres au bord de la carcasse.
- Lorsque l’enroulement est achevé et ses extrémités fixées, on le badigeonne soigneusement et à trois reprises avec un vernis à la gomme laque composé selon la formule suivante :
- Somme laque en^écaille. . . 8 grammes
- Alcool à brûler............. 100 —
- Fig. 8.
- ()•
- Fig. 10.
- Ce vernis, en pénétrant entre les fibres de la robe isolante protégeant le conducteur métallique, agglomère solidement les spires entre elles et les fixe sur la carcasse de carton.
- Dénudage. — L’opération du dénudage des spires de la bobine d’accord le long de la génératrice parcourue par le contact du curseur est assez délicate. Elle ne doit jamais être faite à la lime, non seulement parce que le conducteur métallique est entamé par la lime, mais en-
- T
- 1 >
- Fig. Tl
- core parce que ce procédé effiloche la soie ou le colon de la robe isolante et détermine par endroits, entre les spires dénudées, de fines aigrettes dont les duvets viennent s’interposer entre le contact du curseur et l'enroulement.
- Les figures 8, 9 et 10 expliquent la façon de réussir un dénudage sans défaut.
- Tout d’abord, on limite la partie à dénuder par deux traits de crayon parallèles; celle-ci doit correspondre
- très exactement à la course du curseur le long de sa — réglette.
- A l’aide d’une lame de ca-
- nif bien effilée, on pratique une légère incision sur la robe isolante du fil de chaque coté du tronçon de spire compris entre les deux lignes parallèles, en opérant le plus possible au fond de la rainure qui sépare les spires entre elles. Les portions d’isolant h enlever se soulèvent alors naturellement sons la lame de canif et se détachent par petites plaques, laissant à nu le chemin du curseur.
- Réglettes et curseurs. — Lés réglettes portant les curseurs sont constituées par des tiges de laiton pleines ou creuses; elles mesurent cm de longueur et 8 mm de côté sur la section.
- Des bornes ttvee vis à bois de 20 mm fixent chaque
- extrémité des réglettes sur les joues de la bobine et sont utilisées pour établir les connexions.
- Le curseur que représente la figure 12 est un modèle classique très facile à construire. La glissière est taillée dans un morceau d’ébonite ou de bois dur. ébène, chêne ou noyer ; le ressort de contact est découpé dans une lame de métal llexible [ plaque vibrante de téléphone, par exem-
- ple ) •
- La figure i3 donne les dimensions de la glissière et la figure 11\ celles du ressort.
- Quatre petites pointes (semences à tête ronde
- de 5 mm) servent à fixer le ressort sur la glissière.
- Il est important de relever légèrement la languette du ressort vers l’intérieur de la glissière afin d’assurer un bon contact sur la réglette ; et d’arrondir l’extrémité du bec du curseur pour obtenir un glissement sans heurt sur les spires dénudées.
- Un modèle de construction plus simple encore, puisqu’il peut être découpé d’une seule pièce, est le curseur que représentent les ligures 1 5 et 16.
- L’appareil est découpé, à l’aide de ciseaux de couturière, dans un ruban métallique de 98 mm de longueur sur i/j ruai de largeur en s’inspirant du croquis de la figure i5. Lesentaillos en croix représentées 1• 1'•
- en i et en j se font avec N
- un petit burin en plaçant le ruban sur uuc enclume ; les ailettes triangulaires qui résultent de ces entailles sont repliées à l’intérieur du curseur pour frotter légèrement sur la réglette et assurer ainsi la stabilité du curseur.
- L’extrémité de la languette /'doit être engagée dans la fente ménagée vers b et recourbée dé mauière à maintenir la rigidité du dispositif.
- Deux petites joues en bois de 20 mm x 14 mm 2 mm d’épaisseur peuvent être placées sur les cotés ouverts du curseur où les maintiendront quatre petites
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- pointes de 5 mm de longueur. 11 est iudispeusable, dans ce cas, de percer les huit œillets destinés au passage des pointes avant le pliage du ruban découper
- Montage de la bobine d’accord. — On peut procéder maintenant au montage de l’appareil dont on a achevé la construction des éléments.
- La première opération consiste à fixer la joue avant de la bôbiue sur le socle. Ou relie ensuite le début de l’enroulement à la borne 4 qui est la <c borne d’entrée ».
- Après avoir légèrement encollé le pourtour du disque vissé surlajoueavant, on coiffe ce disque avec la bobine orientée de façon que les chemins dénudés correspondent e.xactetnent à la position des curseurs.
- On encolle de même façon le disque de la
- joue arrière qu’on introduit eusuite dans l’ouverture libre de la carcasse et on fixe la joue sur le socle.
- . On place enfin les réglettes après les avoir munies de leurs curseurs.
- Un gros cordonnet ou un ruban de velours de quelques millimètres de largeur collé en bordure à chaque extrémité de la bobiue, dissimulera, au besoin, la partie de la carcasse que ne recouvre pas l'enroulement et donnera ii l’appareil im cachet de fini qui pourrait lui manquer sans cela, Franck Duhooi.iiïh.
- i 82 M
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- 70D
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- La voûte céleste en 1P20 (1 ). — La Un du grand cataclysme qui, pendant près de cinq années, a tenu tous nos regards dirigés sur la surface de plus en plus ensanglantée de notre planète, nous permet à présent de relever la têtè et de contempler le ciel. La Nature reprend aujourd'hui la publication du Bulletin astronomique qu’elle donnait depuis longtemps au début de chaque trimestre. Ce Bulletin devient mensuel, c’est-à-dire plus vivant que le précédent, puisque sa périodicité plus fréquente permettra d’avoir mieux présents à l’esprit les phénomènes qui vont se produire. .
- Le nombre de personnes possédant lés instruments d’optique : télescopes, lunettes, éqüatüriaux, longues-vues, ' jumelles, et des instruments scienlilîques accès-, soires, tels qüe appareils photographiques, lanternes d’agrandissements, microscopes, appareils d’électricité, voire même stations de T. S. F. augmente chaque jour.
- Il y a moyen de tirer parti de -tout ce matériel scientifique, en apparence très disparate, pour faire de l’Astronomie, une Astronomie attrayante, car elle joint à l’observation des phénomènes une pratique, qü’affèction-nent les amateurs. Tirer le meilleur parti du matériel que l’on possède, accroître sa puissance, l’appliquer à des recherches suivies pouvant donner lieu à des travaux utiles, enregistrer des phénomènes que l’on pourra ensuite analyser à loisir, faire adapter'les moyens dont ou dispose à l’étude des événements célestes qui vont se produire, tel est le résultat que nous chercherons à obtenir dans ces entretiens mensuels.
- L’Astronomie, on l’a souvent dit, est la Science la plus captivante qui soit, mais pour cela, il faut avoir bien compris ses éléments essentiels. Nous nous efforcerons de les rappeler, chaque fois que nous le pourrons, mais nous supposerons què nos lecteurs possèdent déjà des notions suffisantes correspondant, si l’on veut, au programmé développé par notre savant collaborateur Camille Flammarion dans son Astronomie populaire.
- I. Soleil. — Pendant le mois d’avril, par suite du déplacement de la Terre sur son orbite, le Soleil s’élève dans lé ciel boréal. La déclinaison de son centre est de —|— q° 3-2’ le t£r avril, à midi et de -|- 14e1 46' le 3o avril. Se rapprochant ainsi du pôle Nord, la durée de sa présence au-dessus de l’horizon, qui était, pour Paris, de 12’’ 49"' le Ier atteint 14h 29"' le do.
- Le Soleil présente parfois de belles taches. On sait que le nombre et l’étendue de celles-ci varient en une période de 11 années environ. Le dernier maximum d’activité paraît s’être produit en septembre 1917.
- L’observation du Soleil s’impose à toutes les personnes possédant un instrument astronomique.
- 1. Les heures des phénomènes sont données en « temps moyen légal », compté de o h. à 24 h. à partir de minuit. Le tentps moyen légal est le temps moyen de Paris, retardé de <) m. 21 s. (loi du 9 mai 191 l). Pendant les périodes de mise en service de l’heure d’été, les observateurs devront augmenter d'une heure les temps donnés ici.
- Nous reviendrons sur les procédés d’observation. En dehors de l’utilité d’établir très rigoureusement la statistique des taches solaires — ce travail est fait avec un soin particulier dans les observatoires spéciaux — l’observateur apportera une contribution utile en dessinant avec grand soin les taches dans leurs moindres détails, en notant les caractères particuliers de ces taches, leurs transformations successives, leurs colorations, leur réapparition après une demi-rotation solaire, etc. Lumière zodiacale. — On désigne sous ce nom une lueur diffuse qui accompagne le [soleil et s’étend, en forme de cône, à une très grande distance angulaire de lui (fig. 1). Elle n’est visible que lorsque la nuit est
- Fig. t. — La lumière zodiacale (observée à Paris-Auteuil, le 18 avril 1898, 20 h. 35 m.).
- complète. Cette lueur est couchée le long de l’écliptique, dans le zodiaque, d’où son nom. Son intensité est supérieure à celle de la Voie Lactée. Ou la voit d’autant mieux, à la latitude de la France, que le zodiaque ne se confond pas avec les brumes de l’horizon, soit en février-mars-avril le soir, en août-septembre-octobre le matin, avant l’aurore.
- L’observation de la lumière zodiacale consistera spécialement à en dessiner le contour, repéré par rapport aux étoiles et à noter l’intensité et la couleur des diverses parties,
- La lumière zodiacale paraît se prolonger jusqu’à l’opposé du Soleil, où l’on observe une sorte de tache lumineuse connue sous le nom de « lueur anti-solaire » (avant la guerre on l'appelait « Gegenschein »). Déterminer les limites de celte lueur et son intensité.
- IL Planètes. — Le tableau ci-dessous, établi d’après
- Date i Lever Passage (loucher Aseen - Diamètre Constellation •
- ASTIU’. AVRIL à Paris. Méridien de Paris. à P.» ris. siôn droite. Déclinaison. apparent.. et étoile voisine VISIBILITÉ
- 5 511221" 1ih53m 181' 2 G111 o1' 57"’ 4- 6Ü 4' 3 2' 0" 7 Poissons )
- Soleil. . . . i.) 5, *2 11,4i 18,40 I J ) 1 + 9)45 3i,55,a _ ( ))
- i5 4, i : >> >1.49 r8,5 4 2,11 + i3,11 31,Soi 2 , - ) • .
- 5 4,4i 10,28 1G , 1 4 23,3o ’> 0 r* — », 27 - 3,3 t) , '2 1 -/. Poissons Le matin, avant le lever
- Mercure. . . < 10, t3 10,16 iG, 1 16,20
- 4,24 f2 ), ' ) 2 8,2 __ du Soleil.
- 9.5 4 > 1 0. ï > -|- 0, 5 2 7,0 v ^
- 5 4,4S 10.29 16,11 2) ‘>*2 — 4,33 11,0 m Verseau
- Vénus» . . . i5 4 .'I2 10,3 5 16,39 0,18 -|- 0,13 ,0,8 Poissons ' Inobservable.
- ' a5 4,1 5 10,41 17, 6 1, 3 + 5, 2 io,4 v —
- Mars .... . s î. 20,10 »>»7 G ,2.5 14,19 — 1 1 ,45 14, G a Vierge f Toute la nuit.
- c 19,14 18,10 - 0.26 2'», 27 5,37 4 s4:>> 14, 7 13,51 — «o, >9 — 9>r,7 1 a, G i-G,o y. Vierge y. — ^ Opposition le 21.
- Jupiter . . . 1 5 1 I , 2 19,00 2,36 8,4 4 + 19 > 1 36,6 ri Cancer Dans la soirée.
- Saturne. . t 15 13,41 20,47 ?>,43 10,3i -|- 11,26 17, » p Lion 110 partie de la nuit:.
- Uranüs . . . i5 3,3i H, 41 1 Vî; 22,26 — 10,34 > : 4 a V erseau Avant le lever du Soleil,
- Neptune. . . i5 1 1 .3i 19, 1 J », 31 8, .4 5 + 18, 4 2,4 0 Gancer Dans la soirée.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- les données de l’Annuaire Astronomique Flammarion pour 1920, donne les renseignements sommaires pour l’observation des principales planètes. Nous y avons joint quelques données se rapportant au Soleil.
- Mercure atteindra sa plus grande élongation du matin, le 17 avril, à 270 25' ouest du Soleil. Son observation sera cependant très difficile, en raison du peu de temps séparant son lever de celui du Soleil. Mercure sera stationnaire le 2 avril, à 23h. Phase, en fraction du disque totalement illuminé = 1,00; le 5 avril : 0,26; le i5 : 0,44 ; le a5 : o,5g.
- Vénus, trop près du Soleil, se levant très peu avant lui, est inobservable.
- Mars sera en opposition le 17 avril, à l’Est de la brillante étoile l’Epi de la Vierge. C’est donc la période la plus favorable pour les observations. Le diamètre, comme ou l’a vu au tableau ci-dessus, permet l’emploi
- des instruments de petites dimensions. Toutefois, on n’obtiendra une configuration un psu détaillée qu’à partir d’une ouverture de io8mm. Pour reconnaître les détails du planisphère publié pages 120 et 121 du n° 2895, il faut un réfracteur de o m. 25 à om. 35 de diamètre, des conditions atmosphériques spéciales et une assiduité dans les observations de toutes les nuits de l’opposition.
- Jupiter sera en quadrature orientale le 29 avril, et se déplacera très peu sur le ciel en avril, restant au voisinage de ô Cancer. Une petite lunette de 40 à 5o mm permet de voir facilement les bandes nuageuses.
- Les variations rapides des configurations des quatre principaux satellites constituent une observation d'un véritable intérêt. Nous décrirons ultérieurement tous les phénomènes présentés, nous limitant pour ce mois à donner la liste des éclipses et autres phénomènes visibles à Paris.
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DAT E San 1-lite. Phéno- mène H Heure. DATE Satel- lite. Phéno- mène C) Heure. DATE Satel- lite. Phéno- mène C) Heure. DATE Satel- lite. Phéno- inèiKï C) Heure.
- lPr IL P. c. Ih48m 5 I E. f. 20h 3 I I 2 I Im. 1811 54"' 20 I E. f. Oh 2 2 m
- ‘J, IV P. c. 1 ,3o h III P. c. i,’ 3 — I E. f. . 2 2,2 7 — I 0. c. 19, 20
- — TII E. f. 19 j 17 9 III E. c. 19,3; I > I 0. f. i9>42 — II E. f. 20,19
- — II fm. 20,44 — II Im. 2‘5 , I 2 16 III Em. 2.2 5 1 2 :— I P. f. 20,2 2
- . ) I P. c. 1 .26 — III E. f. 23,16 — III E. c. 23,3- I 0. f. 21.86
- — II E. f. 1,5 • > 0 IV E. c. 21,48 '7 II Im. i ,42 2) III Im. 2 2,26
- — 1 O. c. 2,33 1 i I Im. 0,26 18 IJ P. c. 20, 7 — 11 P. c. 22,42
- — I Ira. 22,3.4 — II 0. c. 20, 2 — 11 0. c. 22,40 26 1 Im. 2 2,4 2
- 4 I E. f. 2, 2 — II P. f. 20,26 — II P. f. 2 2 , )Ü 27 I P. c. 20, 0
- — I P. c. 19,53 — I P. c. 21,45 — IV P. f. 28, 8 IV E. f. 20,45
- — 11 0. r. 2,0, 18 — II 0. f. 22 , f) r) — T P. c. 2.3,38 — I 0. c. 21 ,15
- — 1 0. c. 'X 1 . ü — 1 0. c. 22,57 >9(a) I 0. c. 0.5 2 — lit 0. f. 21,22
- — I P. f. 22, 10 1 r> I P. f. 0, 1 -f) II 0. f. t .33 — 1 P. f. 2 2, 16
- — I 0. f. . 18 — I 0. f. 1,15 I Im. 20,47 — II E. f. 2 .3,54
- — I O.f. 28,3 t
- 28 I E. 1. 20,46
- 1. J1, passage devant la planète; F, éclipse dans l'ombre de la planète; O, passage de l'ombre d’un satellite sur le disque de la planète; 1m., Fm., disparition ou réapparition d’un satellite derrière le disque de la planète; c. commencement; I, fin.
- 2. De o b. 52 m, à 1 h. 33, les ombres des satellites I et 11 sur Jupiter.
- 3. De 21 b. 1 :j m à 21 li. 22, les ombres des satellites T et III sur Jupiter.
- Saturne, en avril, se déplacera très peu sur le ciel, dans le voisinage de p Lion. L’anneau peut être vu avec une petite lunette de 40 mm d’objeclif. Les éléments de cet anneau, pour le 7 avril, sont :
- Grand axe extérieur........................4^ >8
- Petit axe extérieur........................ 5",9
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................ 70 4h
- Hauteur du Suleil au-dessus du plan de
- l’anneau................................ 5n4L
- Le plus brillant satellite, Titau, est de 8° grandeur et demie. Voici les dates de ces élongations ; Est, 2 avril, i8h 8m; Ouest, 10 avril,, i2h 9” ; Est, 18 avril, 16h 8n’ ; Ouest, 26 avril, nh im.
- Uranus et Neptune peuvent être trouvés au moyen de leur position exacte sur le ciel et d’une carte détaillée. Nous publierons ces renseignements en temps utile.
- III. Phénomènes divers. — Conjonctions.
- Le 5, à 2h, Mercure en conjonction avec, Vénus, à i° 12 N
- Le 5, à 9'1, Mars Lei5,à 4h, Uranus Le 17, à 1h, Mercure 'Le 17, à >2h, Vénus Le 20, à 41’, Jupiter Le 25, à 22'', Neptune Le 2.5, à 23\ Jupiter Le 27, à a3h, Saturne
- la Lune, à 20 58 N. la Lune, à 6° S. la Laine, h 6°3o'S. la Lame, à 5° 8' S. Neptune, à o° 55' N. la Lune, à 5° 27' N. la lame, à 6° 21' N. la lame, à 70 21' N.
- La conjonction de Mercure et Vénus, du 5 sera particulièrement intéressante à observer à l’aube. Phase de Mercure o,25 (croissant) ; de Vénus 0,92 [gibbeuse (fîg. 2)]. Occultations d'étoiles par la Lune. — Le 80, occulta-
- tion de 4 Vierge (gr. 5,o). Emersion seule visible à Paris, à 20'1 nm. Augle au zénith : 287°.
- MERCURE
- 5 Avril
- — Rapprochement, des planètes Mercure et Vénus an moment de la conjonction du 5 avril.
- Etoiles variables. — Minimum de l’Etoile variable Algol (jî Persée) : 18 avril, à 201' 5im.
- Etoiles filantes. — Le 9 avril, radiant vers ic Hercule. Du 16 au 3o avril, radiant vers r, Bouvier.
- Du 19 au 22 avril, essaim des J.yrides, rapides. Radiant vers 104 Hercule.
- Les 29 et 3o avril, radiant vers le Verseau.
- E.u. Touchet.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- G
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- Préparation des toiles à peindre. — La toile est d'abord soigneusement lixée sflr le châssis au moyeu de petits clous appelés semences, puis on passe une couche de colle de peaux.
- Après séchage parfait, on polit légèrement à la pierre ponce en poudre très line pour enlever* toutes les aspérités.
- Enliu on donne une couche d’impression en couleur blauche ou légèrement ocrée composée d’un tiers de teinte à l’huile courante additionnée de deux tiers d’essence de térébenthine.
- Quelquefois on remplace la colle de peaux par un empois d’amidon cuit obtenu en versant z5 gr. d’amidon délayé à l’eau froide dans un litre d’eau bouillante ; cet encollage conserve une souplesse plus grande que celui à la gélatine. •
- Bronzage du zinc. — Préparer la solution suivante :
- Tarlrate de potasse et de soude. 3o grammes. Soude caustique en plaques. . 4° —
- Eau tiède.....................2 5o
- D’autre part, dissoudre :
- Sulfate de cuivre............. 35 grammes.
- Dans eau tiède................25o
- Verser la seconde solution dans la première cl agiter jusqu’à disparition du précipité qui s'était formé.
- On applique le mélange sur le zinc à bronzer au moyen d’un pinceau à monture non métallique, la coloration est d’abord violette puis elle devient brune ; aussitôt que la teinte désirée est obtenue, on lave à grande eau, sans quoi la coloration passerait successivement au vert, au jaune, puis au pourpre.
- Après séchage on vernit pour assurer la fixité du ton brun.
- Enlevage de la peinture sur le bois. — Habituellement les professionnels de la peinture en bâtiment se servent d’une dissolution de soude caustique qu’ils désignent sous le nom inexact de potasse, mais ce procédé a l’inconvénient d’exercer une action souvent trop énergique sur le bois et en provoque le gonflement, par suite il ne peut être employé sur les menus objets.
- Dans ces dernières années on a utilisé avec succès la propriété des dissolutions de paraffine de ramollir très rapidement la peinture sans effet nuisible sur le support.
- Le mélange est le suivant :
- Parafline.............. 20 grammes.
- Acétode................i5o —
- Alcool à brûler . . . 3oo c. c.
- Benzine................55o c. c.
- On fait d’abord dissoudre la paraffine dans la benzine, puis on ajoute dans l’ordre l’acétone, puis l’alcool à brûler.
- Pour l’usage on applique uue couche de la mixture sur la peinture à enlever, au bout d’un temps très court qui varie avec l’ancienneté, la peinture se ramollit et peut être enlevée par simple grattage avec un instrument mousse.
- Encre pour tampon de machines à écrire.
- Savon mou...............3o grammes.
- Alcool à go°............go
- Glycérine.............. i5 —
- Eau.....................45 —
- Violet de Paris. ... 1 —
- On commence par faire dissoudre le savon dans la moitié de l’alcool et le violet dans l’autre moitié. On mélange cl on ajoute successivement la glycérine, puis l’eau.
- Soudures à Pétain. — La soudure à l’étain est une des opérations courantes que l’amateur doit pouvoir effectuer pour reboucher une fissure ou mettre une petite pièce, par exemple à un ustensile de cuisiuc. Voici comment il convient d’opérer :
- Tout d’abord une condition essentielle de la prise de la soudure est le décapage parfait des parties à réunir, pour cela au moyen d’un couteau on enlève toute trace de rouille ou de vert-de-gris et 011 met à nu le métal sous-jacent.
- Pendant ce temps ou a mis dans un peu d’acide chlorhydrique ordinaire (acide muriatique du commerce) quelques rognures de zinc, il se produit un dégagement d’hydrogène et le liquide s’enrichit en chlorure de zinc, liquide que les plombiers appellent : « acide muriatique décomposé ».
- Au moyen d’une floche de colon enroulée à l’extrémité d’un petit morceau de bois on constitue un pinceau dont on se sert pour badigeonner de chlorure de zinc les parties déjà grattées, toujours pour assurer la prise. Enfin on met à chauffer, de préférence dans un feu de charbon de bois, un fer à souder de grosseur proportionnée à l’objet à réparer qui refroidira d’autant plus le fer que cet objet sera plus gros.
- Le lcr à souder est en réalité une pièce de cuivre taillée en biseau et dont la partie arrière du talon est tenue dans une monture en fer, c’est ce talon que l’on chauffera surtout et non le biseau, celui-ci, au moment de l’emploi, sera frotté vivement sur un morceau de sel ammoniac (chlorure d’ammonium ou chlorhydrate d’ammoniaque).
- Ceci fait, on passe le fer sur un morceau de soudure des plombiers (plomb 66, étain 33), un peu de soudure fond et adhère au fer, on la transporte ainsi sur l’endroit décapé et on dépose la quantité suffisante pour boucher le trou. L’adhérence doit se faire immédiatement, au cas contraire, on gratterait à nouveau et frotterait de chlorure de zinc.
- Dans le cas d’une pièce à remettre on tremperait le morceau de fer-blanc ou de laiton dans le chlorure de zinc et après l’avoir mis en place on déposerait sur le pourtour avec le fer à souder un encadrement qui prendrait à cheval sur la pièce et le support.
- Quand on possède le gaz, on peut se servir de fers à souder chauffés par un chalumeau dont on règle l’arrivée d’air très facilement; on peut ainsi effectuer la totalité de la soudure sans interruption pour changer de fer ou pour le chauffer à nouveau.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction public les faits d’uu intérêt général qui lui sont signalés par scs abonnes. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonneme at. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Construction d’une bobine d’accord. — Adresses de fournisseurs pour le matériel nécessaire à la fabrication des appareils décrits :
- Tubes de carton : Henry Nerson, 64, rue Amelot, à Paris.
- Fil 8/10 isolé à la soie, 19 fr. le kg, o kg 35o les 100 m.
- coton, 14 fr. — — —
- — émaillé, 16 fr. —- o kg 340 —
- Tréfilerie Geoffroy et Delore, 28, rue des Chasses à Clichy (Seine).
- Réglettes eu laiton au poids et au cours : Compagnie française des métaux 76, rue Vieille-du-Temple, à Paris.
- Bornes : Bazarde l’électricité, 34> boulevard llenri-IV, à Paris.
- Vis et pointes : chez tous les quincailliers,
- Gomme laque en écaille : chez les pharmaciens ou droguistes.
- Communication. — Les échelles d’étiage. — Un de nos lecteurs, M. Hanin, nous fait la très juste remarque qui suit. Les échelles d’étiage des rivières ne donnent pas de renseignements sur la hauteur des eaux, par rapport aux terrains avoisinants ; ni le dénivellement de l’eau d’un point à un autre des rivières.
- 11 serait intéressant de les doubler d’échelles de nivellement, reportées au niveau de la mer.
- Réponses.—M. Loudal, àVantua. — Le brouzage du
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- BOITE AUX LETTRES
- ziuc. dont vous nous parlez peut s’effectuer très facile- | nient, nous donnons d’autre part., dans les Recettes et I procédés utiles de ce numéro, la manière de procéder.
- M. E. /., à Tongres, Limbourg. —. i° Nous publions dans les Recettes et procédés utiles de notre journal, la manière de préparer les toiles à peindre ; 20 Les papiers employés pour le pastel sont principalement le papier ponce et le papier velours, leur préparation se fait d’une façon analogue à celle du papier de verre, au moyen de gélatine sur laquelle on répand le produit qui doit donner au papier ses qualités spéciales. La régularité ne peut être obtenue que par des machines, nous ne croyons donc pas que la fabrication de semblables papiers puisse être entreprise par l’amateur avec chances de succès.
- M. Chardin, à Pantin et M. 3o, rue Saint-Denis. — Les encres à tampons de machines à écrire se rapprochent beaucoup des encres à polycopies sur gélatine. Nous publions dans nôtre Supplément hebdomadaire une formule qui, pensons-nous, vous donnera satisfaction.
- M. le Dr A P., à Paris, 6°. — ia Vous trouverez d’autre part, dans les Recettes et procédés utiles, le moyen d’enlever la peinture sur les statuettes de bois, si cette peinture est très ancienne, plusieurs applications et une action prolongée seront peut-être nécessaires; a" Il ne nous est pas possible à distance de déterminer la cause du mauvais fonctionnement d’une cheminée, consultez à ce sujet la brochure de notre collaborateur Legendre : Comment économiser le chauffage, Masson, éditeur, dans laquelle la question des cheminées est traitée avec beaucoup de détails et figures explicatives, vous y trouverez très probablement la solution appropriée au cas qui votas intéresse.
- M. Jean Chalançon. -— La publication des articles de vulgarisation groupés sous la rubrique la T. S. F. des amateurs se poursuivrâ régulièrement dans La Nature, nous n’avons nullement l’intention de renoncer au programme sommairement exposé dans la préface de la première étude cousacrée aux montages des appareils récepteurs.
- 2* Nous avons composé un ouvrage au courant des récents perfectionnements apportés à la télégraphie sans lil : Eléments de télégraphie sans fil pratique, par Franck Duroquier. Cet ouvrage sera mis en vente dans quelques jours; vous y trouverez, très simplement exposés, les renseignements qui vous intéressent.
- Un artilleur, à Briançon et à plusieurs. — La suite des articles de la T. S. F. des amateurs vous donnera entière satisfaction. Prenez patience; le souci de satisfaire toutes les curiosités scientifiques ne nous permet pas de publier plus d’un article par quinzaine.
- Nous vous remercions du bienveillant intérêt que vous portez à notre effort de vulgarisation; nous profitons de l’occasion pour remercier également les nombreux, lecteurs de La Nature qui nous ont écrit à ce sujet; leurs sympathies nous sont un précieux encouragement,
- M. Woutens, à Bruxelles. — Nous vous donnerons prochainement entière satisfaction, la construction pratique d’hétérodynes, d’amplificateurs à basse et à hante fréquence étant prévue dans le plan de nos articles publiés sous la rubrique : La T. S. F. des Amateurs.
- G. Cambcfort. — i° L adjonction d’un troisième lil à votre nappe d’antenne augmenterait évidemment l’intensité de votre réception; mais l’étendue qu’assurent à votre collecteur aérien la hauteur de son support et sou éloignement des appareils est plus que suffisante pour vous donner toute satisfaction et rend çetle amélioration superflue.
- •i° Yos (ils doivent avoir même diamètre et même longueur afin que l’énergie captée par chacun d’eux s’ajoute en phase à leur point de jonction. Maintenez-les parallèles, et les écartant de 2 m. environ au moyen d’une petite vergue de bambou disposée à chaque extrémité de la nappe.
- 3° Vous pouvez utiliser le bronze silicieux; un fil de 20/10 de millimètre de diamètre présente une résistance suffisante pour garantir la solidité d’une nappe de iio m. de portée. Vous pouvez également employer du fil de fer étamé.
- 4" Eloignez l’extrémité des fils à 2 m. du support nu moyen d’une corde paraffinée et d’un isolateur en porcelaine.
- 5° Si vous employez des câbles de retenue métalliques, il faut les couper par deux isolateurs constitués par des bâtons de chêne paraffinés à chaud et mesurant 0,80 de longueur environ.
- M. A. I). C. 215, à Paris. — Il vous a été répondu dans le n° 2891 du 24 janvier dans la partie du journal consacrée aux Recettes et procédés utiles.
- M. F. C.,k Nice. — Nous 11e connaissons pas d’autres recueils à ajouter à la liste Irès complète que vous nous communiquez, cette question s’écarte du reste beaucoup du domaine scientifique.
- M. R. R., à Paris. — i° Gomme matière isolante ou ne peut employer en solution alcaline, le ciment, la ga-lalilhe, ni la fonte émaillée, tous ces produits étant attaqués dans ces conditions ; 20 Le celluloïde ne conviendrait pas mieux à cause du camphre qui est un des constituants. Les meilleurs résultats ont été obtenus avec la toile d’amiante, ainsi que nous l’avons signalé dans un article sur la fabrication électrolytique du chlore n° 237! du 27 septembre dernier.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous tes ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée des frais de port et d'emballage {pour la France, 5 °/0 des prix marqués; pour T Etranger, 10 °/0. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.) .......
- Alimentation et. ravitaillement, par R. Legendre, i vol. in-8, xn-327 p. Préface du professeur Charles Richet. Collection des Leçons de la Guerre. Masson et Cie. Paris. Prix net : ,8 francs.
- Ce livre de notre rédacteur en chef ouvre la collection des « Leçons de la Guerre » destinée à dégager les divers enseignements, nés des expériences difficiles de ces dernières années. Comme le dit le professeur Richet dans sa préface, ce livre est plus qu’utile, né-cessairef Aucun ouvrage n’existe qui expose là question du ravitaillement depuis sa base ; la physiologie de l’alimentatiou jusqu’à ses conséquences en temps de crise ; les restrictions et les réglementations de toutes sortes.
- L’auteur examine d’abord ce qu’on sait actuellement des aliments, de leur composition, de leur valeur, tant comme matériaux de constitution etde réparation de l’organisme, que comme source d’énergie. Puis, par une simple multiplication, il passe aux besoins d’une nation entière. Ensuite, il étudie les données statistiques du ravitaillement : besoins et consommation de la France, production nationale de chaque catégorie d’aliments. Il en déduit les ressources disponibles sur place, les nécessités d’importation, les possibilités d’exportation. Un coup d’œil sur les autres états montre les greniers économiquement utilisables, les pays où nous nous approvisionnons, ceux qui sont habituellement nos meilleurs clients. Ceci l’amène à exposer les questions si actuelles du fret, des douanes, du change qui conduisent à la question des prix et à son aspect actuel, la vie chère. Une troisième-partie est consacrée au ravitaillement pendant la guerre : mesures législatives et administratives, efforts des savants et techniciens, réactions de l’opinion. L’ouvrage se termine par l'exposé de la situation actuelle et des principaux remèdes qu’on y a proposés.
- Celte étude d’ensemble, fort complète, pose de multiples problèmes qui 11e manqueront pas d’iuté-
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- BIBLIOGRAPHIE
- resser vivcmeul aussi bien les médecins que les économistes et les agriculteurs.
- Les médicaments usuels, par le D1' A. Martinet, 5e édition revue et ~très augmentée, 1 vol. iu-8. 715 p. Masson et G1', Paris. Prix net : 16 fr,
- Cette 5° édition moulre tout l’intérêt et tout le succès de l’œuvre du Dr Martinet. Elle se distingue par d’importantes additions : tout d’abord un cha-pilre de généralités sur la pharmacodynamie montre 1’évolution de nos connaissances sur les modes d’action des médicaments. Vient ensuite l'étude dés médicaments usuels, les plus actifs, que l’auteur dégage de la multitude des préparations existantes ; pour chacun, il étudie l’évolution de ses emplois, pourquoi, quand et comment il faut l’administrer. 11 passe ainsi successivement en revue les médicaments modificateurs de la nutrition et de. l'hématose : arsenic, fer, iode, phosphore, alcalins, les cardio-vasculaires et diurétiques : digitale, caféine, théobrominc, ergotiue, adrénaline, les analgésiques et calmants : antipyrine, belladone, bromures, chloral, opium, les stimulants, les purgatifs, les aulithermiques, les anli-rhumaiismattx, les antisyphililiqu.es, les expectorants, les antiinfeelieux.
- Le médecin trouvera pour chacun d’eux les explications les plus claires sur les modes d’emploi, l’action physiologique, les indications.
- Manuel élémentaire de puériculture, par Mme le Dr Cl. Mui.on, préface du professeur Mari-an, 1 vol. in-r6, 200 p., 8 lig. Masson et Ci8, Paris. Prix net : 4 fr. 5o.
- Ce livre, écrit pour les infirmières visiteuses, le personnel des crèches, pouponnières, consultations de nourrissons et œuvres d’assistance à la maternité est la reproduction du cours professé par l’auteur pendant la guerre à l’hôpital-école Edith Cavell. On sait quel grave danger pour les enfants du premier âge fut la mobilisation des femmes dans les usines de guerre : empêchées par leur travail de soigner et de nourrir leurs nouveau-nés, les mères les virent périr en grand nombre. Le même danger subsiste aujourd'hui, inquiétant pour tout le pays. Les sages et clairs conseils du B' Cl. Mulon mettront les mères en garde et enseigneront â tous ceux qui s'occupent de l’enfance ce qu’il faut' savoir et pratiquer pour lutter contre Une des causes les plus douloureuses de la dépopulation.
- Cours de résistance des matériaux. Applications au calcul des éléments des machines (Mécanique, Electricité, Aviation), par J. Bonhomme. In-8“ 16 X 25 de vm-628 p., avec 461 fig- Dunod et Pinat, éditeurs, Paris 1920. Prix, majoration comprise : 49 fr. 5o.
- Les éléments de ce cours ont été enseignés à l'Ecole supérieure d’Aéronautiquè et au cours préparatoire à l’Ecole supérieure d’EÎectricité. II débute par des notions générales de statique graphique et de résistance des matériaux (extension, compression, cisaillement, torsion, flexion, etc.). Il expose ensuite les. méthodes de calcul des diverses pièces entrant dans la construction. 17 chapitres sont consacrés au calcul des pièces de machines (pistons, bielles, arbres, manivelles, engrehages, courroies, volants, cylindres, ressorts, etc.). Les constructions électriques font l’objet de i3 chapitres où sout indiqués les calculs des arcs, des; arbres, des induits, des collecteurs, des inducteurs, des lignes aériennes, etc. Enfin, les 9 derniers chapitres concernent les calculs des appareils d’aéronautique, enveloppes déballons, etc*).
- Eléments de résistance des matériaux, par G. Willems.
- 1 vol. relié in-8°écu, 228 p., 173 fig. Béranger, éditeur. Paris 1920. Prix : i5 francs (majoration comprise).
- Cet ouvragé contient tout ce qui est nécessaire pour résoudre les questions ordinaires de résistance des matériaux. >
- On y trouvera tout d’abord les définitions et principes généraux ; les forces, le travail à la compression et à la tension, la torsion et à la flexion ; le calcul de relfortjrauchànt, des moments d’inertie, de résistance et de flexion, et là détermination par la méthode graphique ou par le calcul.
- Puis vient la résistance des poutres reposant sur deux appuis et libres à leurs extrémités, poutres encastrées aux deux bouts, encastrées d’un côté et libres ou reposant sur un appui de l’autre.
- Ensuite l’application de ces méthodes au calcul des poutres à âmes pleines, poutres à treillis, ponts, charpentes et fermes.
- Enfin un appendice vient terminer cet ouvrage, donnant les dénominations commerciales dès fers, aciers, zinc, quelques renseignements sur les surcharges roulantes, et des tableaux indiquant les coefficients de résistance de la fonte, du fer, de l’acier et de plusieurs autres matériaux.
- Applications de la photographie aérienne (Lecture et interprétation, Stéréoscopie aérienne, Appareils et méthodes pour la photographie aérienne), par L.-P. Clerc. 1 vol. de xvni-35o pages ( 18 >< 1 2 cm), avec lo pl. hors texte et 136 fig. Prix : 7 fr. 5o. Encyclopédie Doin. Paris, 1920.
- La photographie aérienne, du moins avec ses méthodes actuelles, date de la guerre, pendant laquelle elle a pris rapidement une importance considérable. M. L.-P. Clerc, qui a personnellement étudié, théoriquement et expérimentalement, un grand nombre des questions traitées dans ce volume, expose tout d’abord rapidement la lecture et l’interprétation des photographies aériennes.
- Après tin rappel des principes de la stéréoscopie de précision, l’auteur décrit ses applications en photographie aérienne et énonce des règles précises pour le calcul de l’ébart des stations'et pour le montage correct des stéréogrammes. Une troisième partie est consacrée à la phototopographie aérienne. Après un exposé des propriétés métriques des photographies et une discussion des causes d’erreurs, l’auteur décrit ce que devrait être le matériel, et étudie les procédés d’enregistrement de l’orientation dés clichés dans l’espace, le redressement des clichés obliques, et leur utilisation à l’établissement de cartes précises ou de levers sommaires.
- Les gîtes miniers et leur prospection, par J. Roux-Bkaihc. In-8° ifiX'-îS de xxvm-3i2 p., avec 187 lig. Bnnod et Pinat, Paris, 1919. Prix, majoration comprise : 48 francs.
- Cet ouvrage est le premier tome d’uue technologie des minerais complexes. Dans les trois volumes qui la composeront (Les Cites miniers et leur prospection; Les Ateliers modernes de préparation mécanique ; Les Procédés métallurgiques particuliers aux minerais réfractaires), M, Roux-Brahic s’est proposé de faciliter la tâche des ingénieurs qui ont pour mission de mettre en valeur lés mines produisant des minerais complexes. Leur étude attentive a suggéré à l’auteur des aperçus sur l’apparentement des espèces minérales, qui l’ont conduit à des considérations scientifiques et pratiqués intéressantes. Son point de départ est l’étude d’un certain nombre de cas concrets.
- Le gaspillage des combustibles dans leurs usages industriels et domestiques, par L. Berger. 2° édition. 1 vol. in-8, 178 p., fig. Dilnod, Paris. Prix net : 9 fr. 75.
- M. L. Berger signale d’abord le gaspillage effréné et la mauvaise utilisation des combustibles qui n’ont fait que s’accentuer par suite de la guerre. Après avoir indiqué la classification et les qualités des divers combustibles, il en précise l’uliiisation dans les. chaudières, étudie les divers types de foyers, donne les meilleures méthodes de conduite des feux et la façon de contrôler la combustion. Puis, il expose le moyen d’éviter les pertes dans l’emploi des combustibles par de fréquents nettoyages, par le tirage artificiel, par des dispositions rationnelles de tuyauteries et d’accessoires divers. De nombreux tableaux numériques relatifs à la chaleur et à son utilisation complètent ce travail très bien documenté.
- Lé industrie chimique aux Etats-Unis, par Charles Mayer, 1 vol. in-8°, 291 p. Dunod, Paris. Prix net : 9 francs.
- Exposé' statistique de la situation actuelle de lin-
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- BIBLIOGRAPHIE
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- dns trie chimique aux Etats-Unis, qui s est prodigieusement développée pendant la grande guerre.
- Pour chaque produit, on trouve les chiffres de production, 1 indication des principales usines productives aux Etats-Unis, le rendement de ces usines, la valeur moyenne, ainsi que les importations et exportations du produit considéré, etc.
- Les statistiques rassemblées permettent d’établir d utiles comparaisons avec 1 industrie chimique en France, en Angleterre et en Allemagne.
- Les questions de salaires, de tarifs de transport, etc., trouvent place aussi dans ce livre très documenté.
- Au Mai oc, Casablanca, Rabat, Mckncs, par le comte M. de Pékigny. i vol. in-8°, 258 p., 25 gravures et î carte. Paris, Pierre Roger et Cie. Prix, net : 8 fr.
- Elude vivante et documentée qui, mieux que tous les « Raedeker », dirigera les pas des touristes et des colons et développera leur esprit d’entreprise au milieu de la nouvelle colonie si riche et si pleine de promesses.
- Physiology and National Necds, par NV. D. Halliburtox. i vol. in-8, itij p., Constable and Co, Londres; prix cartonné net ! 8 sh. 6 d.
- Série de conférences faites au Kiug’s College de Londres par divers physiologistes anglais pour montrer 1 importance du rôle que la science doit jouer — et qu elle n a pas •— dans les questions économiques actuelles. Les 6 conférences reproduites ici traitent du rôle de la physiologie dans les questions de nutrition et de ravitaillement, des vitamines, du scorbut, de 1 élude physiologique des maladies, de la protection des céréales contre les insectes, des exercices physiques et de la vie au grand air.
- hotcc cl cause, par Frédéric Uoussay, i vol. iu-i6, u5o p. Bibliothèque de philosophie scientilique, Flammarion. Paris. Prix net : 5 fr. 75.
- Exposé des principes que Tailleur, doyen de la Faculté ^des Sciences de Paris, enseigne dans son cours d introduction générale à l’étude des sciences naturelles. Il part de la connaissance et de la réalité examinant les diverses formes de la connaissance, les idées et les laits, la connaissance scientilique, le temps, 1 espace et le mouvement, l’évolution et la création, la force et la matière, la causalité et la finalité, puis il passe à 1 examen du monde, de la vie, de la pensée pour aboutir à considérer l’intelligence et la bonté comme le reflet de notre création, de la cause initiale, reflet qui va s’agrandissant toujours.
- Les merveilles du monde animal. L’idée de Dieu dans les sciences contemporaines, parles D’5 L. et P. Murat. 1 vol. in-8, 3go p. Téqui, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- Recueil de très nombreux documents sur les mœurs des animaux et leurs caractères biologiques où l au-teur trouve la preuve d’une finalité harmonique, en contradiction avec l’évolutionnisme et surtout le mécanisme de la vie. Les principaux chapitres sont consacrés à 1 homochromie et au mimétisme, aux procédés d attaque et de . défense, à la vie sociale, au commensalisme, aux nids et aux migrations, à divers autres instincts.
- L'unité de la science, par M. Leclerc du Sablon, i vol. in-16, 284 p. Nouvelle collection scientifique. Félix Alcan, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- L’auteur passe en revue toutes les sciences et montre leur unité de développement : phase descriptive, puis inductive ou expérimentale, enfin déductive ou théorique. Il montre qu’elles diffèrent surtout par leur degré inégal de développement et insiste sur importance de leurs postulats, de leurs principes d ou découlé toute leur valeur.
- Reme d histoire naturelle appliquée, publiée par la bociélé nationale d’Acclimatation de France, 198, bou-evai d Saint-Germain, Paris. ire partie : manmiaïogie, aquiculture, entomologie, botanique et questions colo-
- niales; 2" partie : ornithologie, aviculture mensuelle. Prix d’abonnement à chaque partie : 25 francs par an.
- En publiant la Revue d'histoire naturelle appliquée, la Société nationale d’Acclimatation de France a pour but de favoriser l’élude et le goût de la zoologie et de la botanique appliquées et d’apporter une contribution nouvelle au bien-être général en faisant mieux connaître et mieux utiliser les ressources de la nature.
- Nous souhaitons prospérité à cette nouvelle et intéressante publication.
- Les équidés domestiques {Le Cheval, l'Ane, le Mulet), par A. Galliek. i vol. in-18, de 38o p., 68 lig. Encyclopédie scientilique. Doin, Paris, Prix cartonné : 7 fr. 5o.
- Bon ouvrage comprenant: iu les notions générales sur l’anatomie, l’extérieur, la physiologie du cheval!
- la production et l’élevage et l’utilisation des Equidés; haras et institutions hippiques; 3° la description de toutes les races ; 40 l’étude des ânes, mulets et bardots.
- Tue Birds of Norlh and Middle America, par Robert Ridgway. i vol. in-8, 8Ô2 p., 34 pl. Smithsonian Institution, Washington.
- Engrais, par E. Demoussy. i vol, in-18, 297 p. Béranger, Paris. Prix net : i5 francs.
- Ce volume contient les méthodes d’analyses officielles fixées en 1897 par le Comité des stations agronomiques, et celles qu’emploient les principaux laboratoires d’analyses d’engrais pour savoir la teneur en principes fertilisants. L’ouvrage se termine par les documents législatifs concernant la vente et la répression des fraudes dans le commerce de ces engrais.
- Economie forestière, par G. Huiiei.. 'T. Il, 20 édition,
- 1 vol, in-8, 5o2 p. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris.
- Le tome II de l’important ouvrage du professeur de l’Ecole de Nancy comprend trois études distinctes : i° la dendromélrie ou cubage des bois, arbres à peuplements ; 20 la formation du produit forestier, le rôle qu’y joue le travail humain; les forces naturelles, le capital et les relations du capital et du revenu; 3° les estimations et expertises forestières. Cette deuxième édition présente plusieurs remaniements, notamment pour les procédés de mesure des arbres. C’est une remarquable étude économique de la valeur des forêts, basée sur l’expérience des exploitations.
- La. valeur d'après-guerre de la terre, par Pierre Caziot, 1 vol. in-18. Baillière. Paris. Prix : 2 francs.
- Ce petit livre constitue pour chacune de nos régions naturelles un inventaire aussi complet que possible de la fortune terrienne française à la lin de la guerre et de l’augmentation de valeur des propriétés rurales.
- Les maladies cryptogamiques des plantes agricoles et leur traitement, par Jakob Eriksson, traduit par Mme Signe FIagman. — Introduction de L. Blaringhem. 1 vol. in-8, 254 p-i i32 fig. et 3 pl. Librairie agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 12 francs.
- Le professeur Jacob Eriksson, de Stockholm, dont la célébrité est universelle, donne ici la description de plus de 200 maladies différentes qui attaquent les céréales, les graminées fourragères, la pomme de terre, la betterave et les autres plantes cultivées pour leurs racines, les Légumineuses cultivées pour leurs grains ou fourragères, le sarrasin, le colza, le lin, le chanvre, le houblon, le tabac, etc.
- Pour chaque maladie, après la description des altérations qu’elle provoque, M. Eriksson indique les traitements à adopter pour la combattre. Des gravures claires et précises complètent les descriptions et aident les déterminations.
- The Maya fndians of Southern Yucatan and Northern British Honduras, par Thomas W. F\ Gann, i vol. in-8°, 146 pages, 84 fig., 28 pl. Bureau of Elhnology, Smithsonian Institution, Washington.
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- LA NATURE
- Supplément
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- N° 2699
- 17 Avril 1920.
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- A. nos Abonnés. — L’encombrement des imprimeries, causé parlasaspeusion du travail-pendant pi es do six semaines, ne permet pas à LA NA TURE de regagner le temps perdu aussi rapidement qu elle le désirerait, pour scs abonnes et ses lecteurs.
- Il lui est impossible de publier successivement la série des numéros doubles qu’elle désire présenter a ses abonnes_ en compensation de l'arrêt forcé de leur publication.
- , Les nécessités l’obligent à intercaler un numéro simple entre deux numéros doubles et à ne publier un de ces derniers que chaque quinzaine. 1
- '"j^'vP^ccdcnt étant double (h- 2397-2:*98), celui-ci est simple (2:J9D), Je prochain sera double (2-i.00-24ül), le suivant simple (2-402), l’autre ensuite double (2400-2.40.4), etc.
- Les explosifs à air liquide. — Ces explosifs ont rei;u pendant la guerre quelques applications. Il semble qu ils auraient pu en avoir davantage. En tout cas, il parait certain qu ils ont un bel avenir devant eux. C’est vers 1897 que se placent les premiers essais. La société allemande Lindc lit expérimenter des cartouches de charbon imprégné d air liquide. En France, Georges Claude fit de nombreuses expériences, et, dès le début de la guerre, proposa pour les bombes d’avion un puissant explosif à base d air liquide qui donna de remarquables résultats. La Revue de Chimie industrielle donne un aperçu des propriétés essentielles de ces explosifs. Les meilleurs, dit-elle, sont à base de pétrole ou de paraffine comme matière oxydable, de lueselguhr comme absorbant, ce dernier produit parfois remplace par du charbon de liège qui agit eu outre comme combustible. Des explosifs de ce genre' ont été utilisés autrefois avec de bous résultats pour le percement du Siraplon. Ils sont voisins en puissance de la dynamite si 1 on utilise de l’air liquide à haut litre en oxygène. Leur gros defaut est leur instabilité due à la perte rapide d’air liquide au moment de l’emploi. On a cherché à y remédier par enveloppement des cartouches, emploi d’euveloppes calorifuges, étuis formés de tubes de carton concentriques à ouvertures contrariées, etc. On a ainsi obtenu une stabilité sullisante pour l’usage.
- Origine du pétrole. — On sait que parmi les théories expliquant la formation du pétrole, il en est une, due à Lngler, qui suppose qu’il provient des matières grasses des animaux et végétaux marins. Ces graisses, saponifiées par l’eau, auraient eu ensuite leurs acides gras décomposés par la chaleur et la pression eu acide carbonique et carbures d’hydrogène. Le Journal de Pharmacie et de Chimie rend compte d’expériences récemment effectuées par MM. A. Piclet et J. l’ocok et publiées par eux daus les llelvctica chim. Acta qui viennent à l’appui de cette théorie.
- La distillation sèche du stéarate de sodium sous une pression de i3 à j5 mm a donné un mélange d’hydrocarbures, liquides ou solides, de la série C"H2"~2. Les quatre plus abondants C'°H22, CUH'°, C15H52 et CoiIL°se sont trouvés identiques aux carbures d’hydrogène de même composition que Mabery a retirés du pétrole de Pennsylvanie.
- L’oléate de sodium, dans les mêmes conditions, a fourni des hydrocarbures de formule générale C”H2n; ceux-ci possèdent tous une double liaison dans leur molécule. Les propriétés des quatre principaux G''’ïfIS, C'oil20, C11 H22 et CI3H'96 se rapprochent beaucoup de celles dhydrocarburcs, existant dans les pétroles américains, sans que toutefois la concordance soit aussi parfaite que pour les carbures saturés.
- Eu revanche, la distillation des sels des acides gras 11’a donné aucune trace d’hydrocarbures napbténiques. La présence de ces corps. dans un grand nombre de pétroles naturels ne peut donc s’expliquer par la môme théorie qui rend compte de la formation des carbures precedents; il faut renoncer à attribuer à tous les pétroles une origine commune.
- La protection du fer. — On se préoccupe de plus en plus d’assurer efficacement la protection du fer contre la rouille; le prix élevé des matériaux de tous genres, la nécessité absolue de réaliser dans tous les domaines le maximum d’économies justifient ce souci.
- La protection des constructions métalliques est assurée communément au moyen de couches de peinture. C’est jusqu’ici la peinturé au minium qui a donné les meilleurs résultats ; les éléments protecteurs sont l’oxyde de plomb et l’huile qui fient ce corps eu suspension.
- The Technical Rcvietv signale, d’après le Journal fur Cashcleuchlung, qu'une méthode toute différente et beaucoup plus économique est actuellement appliquée pour les grands gazomètres de l’usine à gaz de Berlin-Schôneberg. Elle consiste à recouvrir les parois métalliques d’une mince couche d'huile. N’importe quelle huile légère peut être utilisée pourvu qu’elle soit exemple d acide. Dans la cuve à eau du gazomètre, on répand une couche d’huile d’environ 1 centimètre d’épaisseur. Axi fur et à mesure que le gazomètre se vide de gaz, on sait qu’il descend daus la cuve à eau. Au cours de ce mouvement, les parois latérales se couvrent d’une mince couche d hitile, celle-ci assure une protection très efficace; de plus, si un point de la surface commence à se piquer de rouille, l’huile enlève l’oxyde et empêche ainsi la corrosion de se propager. Il faut, bien entendu, peindre la partie supérieure du gazomètre qui ne plonge jamais dans la cuve. L’économie réalisée par ce procédé est considérable ; la dépense d’huile pour le gazomètre de Berlin est évaluée à 35-20 marks. La même protection par la peinture aurait coûté 200000 marks.
- La même Revue signale, d’après Chemical and Metatlnr-gical Engineering, un procédé d’une toute autre nature, pour assurer efficacement la protection d’objets eu fer ou en acier, même de très petites dimeusions; il consiste à les recouvrir par voie chimique d’un enduit phosphatique très adhérent, d’une finesse telle qu’elle ne modifie pas les dimensions et la finesse des pièces. Ce procédé a été imaginé par M. Coslett en 1907. Le principe est le suivant : on emploie une solution de phosphate de fer dans de' l’acide phosphorique faible. On fait bouillir cette solution et on y plonge pendant 3 ou 4 heures les objets en fer ou acier à protéger. Ils se recouvrent d’une couche de phosphate ferreux) extrêmement mince, qui assure une protection très efGcace. MM. Allen et Richards ont modifié récemment le procédé Costlctt en ajoutant à la solution précédente 0,75 pour 100 de bioxyde de manganèse.
- Le coupage sous l’eau par le chalumeau oxyacétylénique. — On sait les immenses services que rendent aujourd’hui les chalumeaux oxyacétyléniques ou oxhydriques pour le découpage des métaux. La guerre, qui a imposé partout les méthodes les plus rapides et les moins coûteuses en personnel, a donné à cette technique relativement nouvelle un développement considérable. Le déblaiement des ruines de la France dévastée lui offre actuellement un vaste champ d’application. Celui-ci paraît devoir se développer encore. La Revue de la soudure autogène nous apprend qu’une importante Société française a mis complètement au point un chalumeau oxyacétylénique permettant le découpage sous l’eau. Le principe de cet appareil réside dans la possibilité d’isoler un flamme oxyacétylénique de la masse d’eau au sein de laquelle elle se trouve, en la maintenant dans un espace alimenté par de l’air comprimé qui refoule constamment cette eau. Cet espace est constitué par une cloche à laquelle est relié un tube muni de raccords amenant l’air; celui-ci est distribué dans la cloche par deux prises séparées. Il est réparti régulièrement par des canaux étudiés spécialement à cet effet et débouche dans la cloche par un orifice annulaire entourant la buse de chauffe. La cloche à air est munie de 3 gtiides en forme de boules qui l’éloignent de la surface à couper. Ces guides maintiennent également la flamme à une distance invariable de la pièce. La mise en marche, le réglage et là manœuvre de l’appareil sont les mêmes que dans tout chalumeau coupeur. On doit disposer eu plus du gaz nécessaire d'une source d'air comprimé réglée à une pression proportionnelle à celle du milieu
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- INFORMATIONS
- liquide où l'on opère, e esl-à-dire variable avec la profondeur à laquelle s’exécute le travail. Les pressions d’oxygène et d’acétylène, ce dernier gaz étant toujours utilisé sous forme d’acétylène dissous, sont elles-mêmes fonction de la pression de i’eàu à la profondeur considérée.
- Les opérations de coupage sont exécutées par un scaphandrier. Celui-ci, avant de plonger, allume et règle le chalumeau à l’extérieur; il fait ensuite envoyer l’air comprimé, réglé d’avance à la pression nécessaire; il plonge alors avec l’appareil allumé.
- Les lueurs vertes de la flamme oxyacétylénique visibles au milieu d’un bouillonnement tumultueux de l’eau lorsque le chalumeau n’est pas encore très profondément immergé, permettent de suivre l’opération. Celle-ci est assez pénible et exige des praticiens très entraînés; néanmoins on a obtenu des résultats remarquables : ainsi, à 5 m. 5o de profondeur, on a pu découper des tôles de 8 à 22 mm d’épaisseur. On a obtenu en 6 minutes une coupe de 4°o mm dans de la tôle de 20 mm. Un certain nombre de ces postes coupeurs ont été déjà fournis aux marines française, anglaise et américaine.
- Nouvelle méthode de protection des rades. — Le Bulletin technique du Bureau Veritas signale, d’après le Times Engineering Supplément, que l’on a, il y a quelque temps, mis à l’essai dans certains ports américains tin dispositif dont le but est d’arrêter sur un certain espace la propagation des vagues. On se sert pour cela de tubes d’acier perforés placés sur le fond et reliés à un compresseur d’air. Le dégagement des bulles d’air déterminerait une accalmie très nette. Le système expérimenté à El Segundo, petit port de Californie, mal protégé, aurait donné de bous résultats.
- Le commerce des Philippines. — La guerre a fortement troublé les courants commerciaux en Extrême-Orient. Un nouvel exemple en est fourni par le commerce des Philippines dont le London and China Télegraph donne des chiffres pour 1918.
- En 1918, les Philippines ont fait 467 587 387 pesos d’affaires avec l’étranger (1 peso — 2 fr. 60). À l’importation, la part des Elats.-Unis a été 60 pour 100, celle du Japon 13, ï, de l’Indochine 7,1, de la Chine 6,7, de l’Australie 0,7. Les Etats-Unis envoient surtout des objets manufacturés, des tissus de coton, des articles en fer ou en acier. Le Japon envoie maintenant beaucoup de cotonnades, l’Australie des denrées alimentaires, l lndochine du riz. Les exportations vont aux Etats-Unis (66 pour 100), en Grande-Bretagne (i4)> au Japon (5,9), à Hong-Kong (3,6 pour 100); elles comprennent surtout l'huile de coco, le chanvre de Manille, le sucre, le tabac et les cigares.
- Action de la chaleur sur les graines de betteraves à sucre. — On sait que le Ministère de l’Agriculture a mis au concours la construction d’appareils de dessiccation des graines de betterave, de manière à assurer leur conservation prolongée tout en maintenant leurs facultés germinatives. M. Tisserand .vient de présenter à l’Académie d’Agriculture un travail de M. Saillard qui précise les températures à ne pas dépasser. Des expériences faites au laboratoire du Syndicat des fabricants de sucre, il résulte qu’uu passage d’une heure à une température de 60 à 700 ne modifié en rien la germination des bonnes graines, tandis qu’à la température dè 8o°, la germination est seulement un peu retardée.
- Le bétail en Allemagne. — Le Bulletin de statistique de V Institut inter national d'Agriculture publie le tableau suivant de la statistique du bétail en Allemagne. Ces chiffres de 1919 ne comprennent pas le bétail des territoires à céder d'après le traité de paix, ni celui du Palatin»t et du Birkenfeld dont le recensement manque.
- 1" décembre 1" septembre
- 1915 1919
- Espèce bovine-... 20.316.948 16.423.832
- Veaux au-dessous de 3 mois. 1,396.267 x. 675.334
- Elèves au-dessous de 2 ans. 6.457.093 5.io5.i43
- Taureaux et boeufs .... 1.493.079 993.184
- Vaches et génisses . . . ,. 10.970.009 8.650.171
- Espèce porcine . . . . . . . Porcelets au-dessous de 3 se- 17.287.211 11.158,858
- maines 2.808.596 2.641.379
- Porcs de 8 semaines à 6 mois. 6.778.694 4.610.058
- — 6 à 12 mois. . . , 5.846.727 2.5y6.781
- — au-dessus de 1 an. 2.853.194 1.308.690
- Espèce ovine 5.073.478 5.823.957
- La production agricole de l’Afrique australe. — La revue South Africa donne les résultats du recensement effectué en 1918 dans l’Union Sud-Africaine, où 10 millions d acres de terre sont cultivés (1 acre = 4o ares), sans compter 8769000 acres réservés à la population indigène. Depuis le précédent recensement de 191 t , l’augmentation de la surface cultivée a atteint i,5 million d’acres. Les cultures qui se développent le plus sont celles du maïs (4 4'i0 986 acres) et du blé (986629). Ou compte a5 millions de moutons à laine, 4,8 d’autres moulons, 6,8 de bêtes à cornes, 8 de chèvres, 1 de porcs. L’élevage du mouton à laine a pris un grand développement ; celui de l’autruche est en recul; les produits laitiers : beurres et fromages augmentent rapidement.
- Souris communistes. — A la dernière séance de la Société Nationale d'Acclimatation, M. Debreuil a signalé qu’il a frouvé en juin, dans un même jiid, quinze jeunes souris; elles semblaient être de trois portées différentes, mais presque du même âge, puisque aucune ne voyait Clair. S’il y avait trois mères, comme cela est vraisemblable, comment allaitaient-elles les petits ? choisissaient-elles les leurs ? En tout cas M. Debreuil pense qu’elles devaient s’entendre fort, bien ensemble et que cette union devait être volontaire.
- M. Maille expliqua que ces phalanstères se constatent fréquemment chez les souris en captivité. Les petits, réunis dans le même nid, tètent indifféremment toutes les mères.
- Le fait paraît donc général, tant chez les souris en captivité que chez celles vivant à l’étal sauvage.
- Le pendule explorateur d’œufs. — A la dernière séance de la Société Nationale d'Acclimatation fut contée une curieuse histoire. On sait que certains sourciers cherchent l’eau souterraine au moyen d’un pendule. M. Le Fort vint déclarer que le même procédé peut servir à deviner le sexe des œufs. D’après lui, il suffit d’une boule de cuivre fixée sur une vis également de cuivre attachée à l’extrcmilé d’une chaînette d’acier non nickelé. En. laissant la boule de cuivre pendre au bout de la chaîne au-dessus de l’œuf à inspecter, la main de lopérateur servant de potence à la chaîne, si l’œuf contient un germe mâle, le pendule se met, au bout de quelques instants, à osciller à la façon du balancier d’une horloge; si, au contraire, l’œuf contient un germe femelle, le pendule décrit un cercle dans l’espace, il lourife. M. Le Fort a fait de nombreuses expériences qui toutes, dit-il, sans aucune exception, ont été couronnées du succès le plus complet. Dans l’une d’elles, sept œufs étaient à expertiser; le pendule donna trois douteux, deux poules et deux coqs. Les œufs furent mis en incubation et donnèrent naissance à quatre poulets dont deux poules et deux coqs; les trois autres œufs étaient clairs.
- Le même procédé, appliqué à l'homme, en plaçant le pendule au-dessus de la main, les doigts largement écartés, indiquerait également le sexe.
- M. Astley aurait réussi les mêmes opérations avec une simple aiguille ou uuc paire de ciseaux en acier suspendue à un fil de soie.
- Toutefois, dans l’un comme dans l’autre cas, certains opérateurs, peu doués, n’obtienuent aucun résultat!
- Les palmiers, les sangliers et les tigres. — Le
- Bulletin de la Société Nationale d'Acclimatation publie une note de M. À. Chevalier qui rapporte qu’une tigresse tua, en Cochinchine, dans une seule expédition, 63 brebis, ceci pour rappeler le fléau que constituent ces*ani-rnaux. Et pourtant à Sumatra on vient d’interdire la chasse du tigre. M. Chevalier explique ainsi cette mesure à première vue paradoxale : on cultive beaucoup à Sumatra l'Elaeis, palmier africain, qui y est parfaitement acclimaté. Les fruits de ces arbres ont été tout à fait du goût des sangliers de ,1’île qui, ayant le vivre assuré, ont fait de la repopulation intensive. Leur pullulement est devenu tel, que les planteurs de Sumatra ont été bien heureux de voir les tigres dévorer une partie de ces sangliers. Diplomates consommés, ils ont pensé qu’il était d’excellente tactique de faire la paix avec les tigres pour se débarrasser des sangliers. Politique dangereuse pourtant, si les tigres, ayant leur sanglier quotidien, se déclarent, eux aussi, partisans des familles nombreuses. Comme quoi la pacifique culture des palmiers pourrait devenir mortelle aux Hollandais.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Electricité
- Interrupteur: permettant de mettre deux lampes en série ou en parallèle. — Supposons qu’on ait une installation de lumière à r io volts. Les lampes sont presque toujours montées en parallèle, ce qu’on appelle également en dérivation, c’est-à-dire que le voltage 1 jo volts est appliqué aux bornes de chaque lampe (fig. i ).
- Si on monte les lampes en série (fig. 2), par deux par exemple, cela permet d’employer des lampes de 55 volts sous le courant 110 volts; en général le montage en série par n lampes permet d’employer avec un voltage E
- des lampes de — volts. L’inconvénient du montage en n 0
- série est que si une lampe claque, toute la série est éteinte sur le conducteur intéressé.
- Supposons maintenant que l’on monte en série sous 110 \olts deux lampes qui sont établies pour fonctionnel- sons ce voltage. 11 n’y aura plus que la moitié du voltage aux bornes de chaque lampe; il en résultera que le filament ne laissera plus passer le nombre d’ampères suffisant pour le rendre incandescent; il rougira pinson moins faiblement et l’on aura un dispositif de veilleuse qu’on obtient, en général, et souvent avec un rhéostat mis en série avec uue lampe. L’inconvénient du rhéostat est de consommer inutilement de la puissance.
- Par suite, si ou a à résoudre le problème de mettre en veilleuse deux lampes, par exemple pour les parties sombres d’un vestibule où l'on passe peu souvent, on aura intérêt à pouvoir changer facilement le montage en
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- Fig. r.
- Montage en parallèle.
- Fig.
- Montage en série.
- série en montage en dérivation par une simple manœuvre d’interrupteur. De cette fa ç ou la puissance consommée sera toujours utile; de plus, la résistance des lampes étant plus forte à froid, l’intensité passant daus les deux lampes montées en série (sera plus faible que celle qui passe daus une lampe seule montée en dérivation. On économisera donc du courant. Il est vrai que le rendement lumineux est plus faible, mais dans le cas présent ce n’est pas le résultat qu’on veut obtenir. L intensité du courant dans les deux lampes en série sera environ le 1/4 de l’intensité nécessaire aux deux lampes en parallèle.
- Pour avoir une manœuvre facile on utilisera un petit interrupteur inverseur du genre de ceux qu’on emploie dans les tableaux de décharge des petites batteries d’accumulateurs. Cet appareil se trouvera facilement dans le commerce : on aura le schéma représenté par la figure 3. A la position supérieure on aura les deux lampes montant en parallèle. Si l’on abaisse le levier et qu’on le place sur les balais à la partie inférieure, on aura le montage des deux lampes en parallèle. Il suffit de suivre les circuits sur le schéma de la ligure.
- Un moyen encore plus simple est celui qui est indiqué par la figure 4 ; on relie par un fil lés deux lampes avant le fil allant aux boutons d’allumage A et B et sur ce conducteur on place un bouton d’allumage et d’extiuc-tiou C. Quand les deux boutons sont enclenchés le courant passe, entièrement dans chaque lampe. Mais il faut avoir soin de laisser déclenché l’interrupteur C sous peine d’avoir un court-circuit.
- Pour passer au montage eu série on ouvre les deux interrupteurs A et B, ce qui éteint les deux lampes. On ferme l’interrupteur' C, ce qui met les deux lampes en série.
- Ce deuxième moyen a l’avantage de n’employer que des interrupteurs ordinaires, mais il a l’inconvénient d’exiger de l’attention, car il ne faut toucher à l’interrupteur C que lorsque A et B sont ouverts. 11 ne faut jamais faire aucune mauœuvre tant que C es}, enclenché.
- Pour revenir du montage série au montage parallèle, il faudra d’abord également déclencher l’interrupteur C avant de fermer À et B.
- Si celte complexité d’attention n’arrête pas l’installa-teur-amateur, nous lui conseillerons soit d’attirer l’attention sur C en le peignant eu rouge, soit de placer les trois interrupteurs dans un petit coffret bien fermé
- Fig. 3.
- fustalFilimi avec un interrupteur.
- Fig. 4.
- Montage à trois iioiifons.
- afin que la manœuvre 11e puisse être faite par un quelconque qui ferait certainement sauter les fusibles.
- Il sera prudent de placer un fusible sur la ligne de C ; ce fusible sera d’un diamètre très faible, plus faible que ceux employés dans le reste de l’iustallation pour une seule lampe puisqu’il ne passe dans la brandie de C qu’un courant d’intensité très faible. En tout cas il faut installer les fils et les interrupteurs scrupuleusement suivant le schéma.
- Installation d’un moteur universel sous ISO ou 220 volts. — Comme suite à l’étude du n° a3y7 dans La Nature du 18 octobre dernier, quelques lecteurs ont fait remarquer qu’ils ne disposaient que de courant-à 220 volts au lieu de 110 volts.
- Remarquons tout d’abord que le moteur à collecteur dont nous avons indiqué la construction est fait pour marcher avec du courant continu.
- Ce moteur étant excité eu série, si l’on intervertit le sens du courant, le sens de rotation ne changera pas. Par conséquent, si on alimente le moteur avec du courant alternatif, on aura un moteur alternatif tournant toujours dans le même sens : moteur à vitesse variable donc dit asynchrone, capable de démarrer en charge. Nous indiquerons un jour le moyen de construire un moteur alternatif soit à champ tournant, soit à induction.
- Donc le moteur dont nous avons indiqué la fabrication peut fonctionner sous 110 volts alternatif ou continu,
- moteur
- 0 vous
- Montage sur 220 volts.
- c’est un moteur dit universel. Le rendement sous courant alternatif sera d’ailleurs mauvais.
- Si l’on a du 220 volts, il y a plusieurs procédés à envisager pour brancher ce dit moteur.
- On peut, sans modifier le moteur, marcher sous 110 volts d’après le schéma figure 5, qui est celui d une distribution à 3 fils. On emploiera des lampes à 110 volts.
- On peut remarquer que nous mettons toujours en série avec le moteur une lampe à incandescence. Voici l’explication de ce dispositif. LJ ou roule ment inducteur est eu fil de 1 mm, sa longueur est de 3o m. et. sa résis-tance est d’euviron o ohm 60. La longueur de l’enroule-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- 4\>,
- ioent induit, en fil de 0,7 mm esl de 44 m. environ; cet enroulement forme un arc multiple ; chaque branche a 22 m. et une résistance de 0,9 ohm. L’arc multiple à deux branches aura donc pour résistance :
- 0,9
- —-> soit o,45 ohm. a
- La résistance totale de l'enroulement série sera donc i,io ohm environ. Si l’on ne mettait pas de lampe il passerait dans le (il un courant de :
- 110
- ----j soit 100 ampères
- 1,10 1
- et le (il serait grillé immédiatement, le moteur détruit.
- Lu effet, avec la section de l'enroulement inducteur qui est 0,78 mm2, l'ampérage admissible est de 2,5 à 3 ampères maximum, ce qui exige pour la résistance ohmique une valeur allant de :
- 110 . 110
- —-• soit 44 a > soit 87 ohms. a,5 5 '
- Si nous ajoutons en série avec le moteur une lampe à filament de charbon, il faudra qu elle soit susceptible de laisser passer a,5 ampères pour donner une bonne puissance au moteur et une consommation de 27.5 watts, ce qui à 3 watts par bougie donnerait une lampe de qo bougies à 100 bougies environ.
- Dans 1 article précédent nous avions indiqué nue lampe de 5 à io bougies seulement, ce qui donnait un
- ht thWÇ/r\ï
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- Hû vo/ts
- Fig. G. — Installation avec rio volts.
- courant d’ampérage faible : 0,2 à 0,4 ampère. On voit, d après les calculs précédents, qu’il est possible de donner une puissance plus grande au moteur en prenant jusqu’à a,5 à 3 ampères d’intensité. Dans ce cas, le moteur aura une puissance consommée de a.5o à 3oo watts, c’est-à-dire une puissance restituée et utilisable de i/5 à i/3 de cheval, car le rendement sera très mauvais.
- Comme l’on n’aura pas facilement de lampes à 90 bougies, on pourra idéaliser des arcs multiples avec 9 lampes de 10 bougies ou 3 lampes de 32 bougies.
- Avec du 110 volts on prendra des lampes à 10 bougies 9 lampes —— ou à 32 bougies — 3 lampes (fig. 6).
- Avec du 220 volts, le fil devra être mieux isolé, la fibre mieux collée de façon qu’il y ait peu de chances de court-circuit. Les 2,5 amperes donneront une consommation pour le moteur de 120X25, soit 55o watts, ce qui représente 180 à 190 bougies qu’on pourra réaliser avec 6 lampes de 3a bougies par exemple et le moteur, sur la tension de 220 volts, aura une puissance double du moteur fonctionnant sous no volts (fig. 7).
- . Si l’on veut réduire la vitesse du moteur, il suffira de diminuer 1 amperage, c est-à-dire pour cela d’augmenter la résistance de l’arc multiple constitué par le rhéostat de lampes. Pour cela on diminuera cette résistance progressivement comme l’on voudra, en retirant du circuit une, puis deux, puis trois, etc., lampes.
- Ceci sera utile si l’on reconnaît, par exemple, que le moteur a tendance à chauffer ou à tourner trop vile, ce qui pourrait compromettre sa solidité dans le cas où sa fabrication n aurait pas été conduite d’une façon très parfaite. j? " yy
- Automobilisme
- Régulateur « Pierce » pour auto-camions. — Cet
- appareil limite automatiquement la vitesse maxima du moteur et, par suite, de l’auto-camion, mais toutefois sans affecter en rien la puissance du. moteur; les vitesses inférieures au maximum sopt obtenues par la manœuvre
- du levier à main, exactement comme si le camion ne comportait pas de régulateur. Le conducteur règle la vitesse comme il convient, puis verrouille le régulateur; après quoi personne autre que lui ne peut rien changer aux dispositions prises.
- Le corps du régulateur esl monté entre le carburateur et Fig. )>. - Régulateur “ Pierre ”.
- le collecteur
- d’admission du moteur. La soupape n’est autre chose qu’un simple papillon analogue à celui des carburateurs, réglant automatiquement l’admission du carburant suivant la vitesse du moteur, et l’interrompant lorsque la limite maxima est prévue.
- Le carter du régulateur contient deux pendules montes sur un axe en rotation et pivotant de telle sorte qu’au fur et à mesure de l’augmentation de la vitesse ils se relevent davantage, fermant progressivement le papillon par 1 intermédiaire d un pistou solidaire de leur déplacement. Quand la vitesse décroît, le piston est aussitôt rappelé en arrière par un ressort antagoniste réglé à cet effet, et l'admission reprend instantanément. L’axe des pendules est monte sur roulements à billes et sort du carier par un bout afin d être accouplé à un arbre en rotation du moteur : arbre à came, arbre de pompe ou arbre de magnéto, au moyeu d’une transmission flexible ou rigide entièrement fermée.
- Constructeur : The Pierce Governor Compauv, à Anderson (Ind-E. U.). . J
- amor-
- A vmu.
- Amortisseur de chocs « Hartford ». — Cet
- tisseur a été spécialement créé pour réduire les oscillations des ressorts des aiUomobiles en reportant la friction produite par ces ressorts sur les amortisseurs. La friction est enregistrée sur un cadran muni d’une aiguille ce qui permet ainsi de régler l’amortisseur suivant la charge de la voiture, la vitesse ou l’état de la route.
- Cet appareil est en acier trempé flexible, soit nickelé, soit verni en noir.
- L9 boucle et les ressorts sont assemblés et renforcés au centre par une bride qui permet d’ajuster l’amortisseur sur n’importe quel châssis, soit à l’avant, soit à l’arrière.
- Constructeur : « Edward Y. Hartford Inc. », 34, Warren Street, New-York (U. S.).
- Amortisseur “ Hartford. ”,
- Phare baladeur « Autoreelite ». — [Ce nouveau phare s’adapte sur n’importe quel pare-brise et peut être porté à une distance de plus de 3 m. Deux tours avec le pouce et l’index suffisent à dérouler le câble. Le dévi-
- Fig. 10. — Phare baladeur (( Autoreelite ”.
- doir automatique fonctionne comme un rideau de fenêtre ordinaire. Il fournit un éclairage puissant qui permet de réparer pendant la nuit les pneus et le moteur.
- Constructeur : Anderson Electric Specialty Company, u8, S, Gliuton Street, Chicago (E. U. A.).
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- VARIÉTÉS
- >.
- Les fumigènes pour la protection des récoltes contre les gelées printanières. — La production des nuages artificiels pour protéger les cultures, en particulier les vignobles, contre les gelées printanières, est le seul remède pratique quand il s’agit de mettre à l’abri du redoutable météore une grande superficie.
- On sait qu en avril et mai, le rayonnement nocturne est particulièrement à craindre pour les jeunes bourgeons, dont la température peut s’abaisser au point que toute source de vie est alors à jamais perdue.
- Paire établir au-dessus du champ uu écran protecteur de famées et de vapeurs pour arrêter les rayons calorifiques, qui par les nuits claires ou sereines vont se perdre dans les espaces célestes, n’est pas une conception née d’hier, puisque Pline, Columelle et, plus près de nous, Olivier de Serres en ont parlé.
- Si 1 on peut employer tout genre de combustible de peu de valeur, herbes sèches, paille et foin avariés, balles de céréales, sarments, branchages de pins, sciure, etc., on ne doit pas oublier que la fumée dégagée doit être abondante, épaisse, lourde, persistante: Ce ne sont pas les fumées les plus noires, comme on pourrait le croire, qui sont les plus efficaces, car cette couleur favorise l’émission du calorique qui va se perdre alors dans 1 espace. Il les faut plutôt jaunes ou blanches. La vapeur d’eau doit donc retenir l’attention, car outre sa couleur elle est une source importante de chaleur. Aussi emploie-t-on des combustibles humides ou les asperge-t-on de purin, qui donne des vapeurs ammoniacales. Un mélange de chaux et de chlorhydrate d’ammoniaque contribue également à former uu écran athermaue excellent.
- Avant la guerre, alors que le vin se vendait bien moins cher, il n’y avait que les propriétaires de grands crus qui pouvaient employer les foyers industriels ou fumigènes, plus maniables" d’un petit volume, faciles à transporter, à conserver, à mettre à l’abri des intempéries. Une fois en combustion on peut même les éteindre, si besoin est, en renversant dessus une caisse en guise d étoufïoir. Mais ces engins grevaient assez les frais généraux de la culture. Aujourd’hui cette dernière considération n’est plus aussi prohibitive.
- Les huiles lourdes, le coaltar, le goudron, le tourteau de créosote, employés parfois dans les foyers mixtes, mélangés aux combustibles ordinaires, peuvent être également utilisés seuls. Mais on reproche parfois à certaines de ces matières quelque difficulté pour les faire briller entièrement quand il se dépose à leur surface un résidu charbonneux. On doit donc s’assurer à l’avance du degré de combustibilité de l’ingrédient. La rosée de la nuit peut être aussi un obstacle. Enfin, quand les craintes de gelée sont dissipées, si l’on n’a pas eu l’occasion de faire usage des foyers, il faut les vider’; le transport est malaisé, les récipients sont parfois incommodes (tuiles) ou fragiles (poteries).
- D une façon générale, ces engins sont placés tout autour du vignoble et, en outre, dans les grandes étendues, sur des lignes parallèles. Les distances à observer sont très variables suivant la configuration du terrain, la nature et le volume de la matière utilisée. Ainsi, les marmites de goudron contenant une dizaine de kilo-grammes sont écartées de 40 à 5o m. en tous sens.
- Les fumigènes, eux, se consument sans flamme apparente, celle-ci étant, si l’on peut dire, ennemie de la fumée.
- Dans le fan\igène Mortier, le produit combustible, formé d'une poudre noire, mélange de goudron et d’une matière riche en oxygène, probablement du nitrate de potasse, est enfermé dans une boîte, et le tout pèse environ 4 kg. On en emploie 10 à i5 par hectare. Pour y mettre le feu on enfonce une allumette tison enflammée, dans une ouverture percée sur le couvercle et borichée, en temps ordinaire, par un petit liège graisseux. Quand la fumée commence à se dégager, on retourne la boite, l’ouverture sur le sol.
- Les foyers Lestout sont constitués par des caisses contenant à peu près 7 kg de matières résineuses ; on les place à des intervalles de 10 m., sur des rangées distantes de 200 à 3oo m. L allumage se fait à l’aide d’une torche, après avoir versé sur le foyer un demi-verre à liqueur d’essence de pétrole.
- Les foyers Maydieu sout composés d’un aggloméré résineux spécial, eu caisses de 7 kg. On les dispose à
- S ou 10 m. sur la ligne, du côté du vent. On les enflamme avec une torche résineuse.
- L, e résineux bordelais Tauzin, en caisses de 20 kg, est lait de vrai amalgamé avec diverses matières. Il faut 6 a 8 caisses par hectare. On enflamme le produit avec une torche de paille, sur le côté ouvert. Quand la caisse est a moitié brûlée on la retourne sur le second côté.
- Les « fumées transportables » Niagara, de la maison t aitre, sont produites par un composé placé dans des cylindres, que Ion allume avec une mèche protégée contre 1 humidité. x »
- • f(>,ies Temstrünn sont préparés avec de la tourbe imbibée de bitume et fortement comprimée, puis percée de trous. On en emploie i5o à 200 par hectare. Ces cônes ont des allumeurs spéciaux, qu’il faut naturellement tenir à l’abri de l’humidité.
- Le tourteau de créosote est placé dans de simples caisses en bois que l’on enfonce un peu en terre. On les dispose autour du vignoble à une distance de 8 m. les unes des autres.
- On sait que pour les récipients à goudron, par exemple, il existe des allumeurs automatiques commandes par un thermomètre avertisseur électrique, que l’on installe à la hauteur des bourgeons. Parfois la sonnerie actionnée par ce dernier prévient le surveillant, qui à laide d’un commutateur fait passer le courant dans la sérié d’allumeurs.
- Ces temps derniers, on a pensé pouvoir utiliser certains engins employés pendant la guerre. Il estj certain que les fumées qu ils produisent ne doivent pas nuire à la végétation par leur acidité ou toute autre propriété.
- Les stocks de ces fumigènes qui existaient au moment de 1 armistice étaient encore très importants ; ils ont été passés au Sous-Secrétariat d’Etat à la liquidation des stocks (19 bis, boulevard Delessert, Paris). Mais il y a lieu de remarquer que ceux qui sont fabriqués depuis déjà un certain temps n ont peut-être pas tous conservé leurs propriétés. Il semble, malgré tout, intéressant que ^Administration de l’Agriculture demande que Pou continue la fabrication de ceux qui peuvent rendre quelque seivice aux viticulteurs. D ailleurs, le général inspecteur permanent des fabrications de l’artillerie (147, rue de Courcelles, à Paris, 18), pourrait donner des renseignements sur les maisons qui ont contribué à leur fabrication.
- On a signale plus spécialement les fumigènes Bereer et Verdier et le Nèbel-topf.
- Les fumées du fumigène Berger, très employé peu-clcUit la. guei re, seraient inofïensives pour les végétaux. Elles sont abondantes et assez lourdes, couvrant de grandes surfaces. Cet engin a été expérimenté à l’Ecole de Montpellier. Ceux de fabrication récente « ont fonctionné très normalement, produisant instantanément une masse énorme de fumée », dit M. Ravaz, dans le Progrès agricole et viticole. N ayant pu, toutefois, en vérifier 1 efficacité en cas de gelée, il la suppose très probable. Mais il a remarqué que des eng’ins formant un autre envoi, provenant du service des stocks, ont laissé à désirer : « Combustion plus lente, inachevée, parfois; allumage difficile, été. Ceux qui sont défectueux sont plus ou moins pâteux ; laissés eu plein air, les pluies les détériorent ».
- Le mélange des substances est basé sur la production de chlorures métalliques, par l’action d’un élément chloré (tétrachloroéthaue ou tétrachlorure de carbone) sur des métaux à l’état naissant par réduction d’oxydes m,éJja,^l(Iues (oxydes de ^er> zinc> cuivre, bioxyde d’étain). L .élément réducteur est le siliciure de calcium, ou Falu-minium en poudre. La fumee formée est composée de charbon et de particules métalliques.
- Dans le fumigène B. Verdier, la production de fumées de chlorhydrate d’ammoniaque est uu peu compliquée. Si elles ne sont réellement pas corrosives pour les végétaux, il est certain qu elles sont doublement intéressantes, puisqu’elles apportent au sol de l’azote, utile pour sa fertilisation.
- M. Caminade signale aussi comme-un des fumigèues les plus simples et les plus pratiques uu engin construit et employé par les Allemands sous le nom de nebel-trommel (tambour à fumée), puis sous celui de nebel-IfPjf après perfectionnement. En réalité, ce fumigène a été inventé par un Français.
- Tl est c|e forme cylindrique ef mesure 90 cm de hau-
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- VARIETES
- teur et 35 cm de diamètre. Un récipient contient un mélange d’anhydride et de chlorhydrine sulfurique. On retire le bouchon et, le faisant tourner de i8o° autour de sou axe, le liquide coule goutte à goutte sur de la chaux vive, au-dessus de laquelle se trouve une toile métallique. Sous l'influence de la chaleur dégagée par la réaction, le mélange se gazéifie en fumée épaisse, qui
- sort par des trous appropriés et, par temps humide, s'étale en très larges nappes. Mais on reproche à ce fumigène, comme à tous les fumigènes allemands, de donner des fumées acides qui peuvent nuire à la végétation. . A. pl0LEX)
- tngéiiiriir-ii^rmioinc. l’.coîe pudique d'Antilles.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- QJfc
- >
- Manière d’utiliser un bouchon
- arrive souvent que les bouchons des fins, bouchons qui sont
- trop gros. — Il bouteilles de vins ns longs, ne peuvent être replacés dans la bouteille,-car le liège comprimé dans le goulot a grossi souvent d’une quantité liés forte.
- Pour replacer ce bouchou sans être obligé de le tourner bout pour bout et d’utiliser le co1é où il y a eu la cire, il suffit de couper une tranche en sifflet dans la partie médiane du gros bout du bouchon. En appliquant avec les doigts les dexix languettes l’une contre l'autre, le bouchou diminue ainsi de volume extérieur et peut rentrer facilement dans le goulot de la bouteille sans crainte de déformation ou d’eflort violent.
- Inscriptions émaillées sur verre. — On commence par imprimer 1 inscription en se servant d’une cache métallique et d’un vernis gras courant, puis on saupoudre avec uu tampon d’ouate imprégné du mélange suivant préalablement fondu, puis purphyrisé :
- Minium. . . .
- Oxyde de zinc.
- Borax.........
- Cryolithe. . .
- i5 grammes. 15 —
- io —
- i o —
- L’objet est alors introduit dans un moufle et on élève progressivement la température jusqu’à fusion de l’émail. Finalement on laisse refroidir très lentement pour éviter la rupture.
- Ou peut aussi obtenir des iuscriptions très tenaces sur verre, par exemple pour les flacons de laboratoire, en écrivant avec une solution de silicate de soude du commerce dans laquelle ou a délajé du minium très fin, après quelques jours l’inscription fait corps avec le support et ne peut s’enlever que par un grattage énergique, cependant sa solidité ne peut être égale à celle de l’émail fondu.
- Ciment pour fixer les pièces de cuivre à la porcelaine. — Dissoudre io gr. de soude caustique dans 5o cm3 d’eau, puis y ajouter peu à peu 3o gr. de colophane en poudre, chauffer au besoin pour faciliter la dissolution de la résine.
- Au moment de l’emploi, additionner ce résinate de solide de 5o gr. de plâtre à modeler et se servir de la pâle ainsi obtenue pour la jonction des pièces en serrant fortement.
- Brunissage du cuivre. — Prendre :
- Eau ordinaire.................... iooo cm3
- Orpiment pulvérisé. ... . 2 grammes.
- Carbonate de soude cristallisé. 20 —
- Faire bouillir quelques minutes et y plonger en remuant constamment l’objet à bronzer, jusqu’à obtention de la teinte désirée, laver et sécher.
- N.-B. — L’orpiment étant vénéneux, prendre des précautions dans la manipulation du bain et le mettre à l’abri pour éviter tout accident d’intoxication.
- Teinture des peaux de lapins. — A. Teinture en noir. — 1“ On commence par dégraisser soigneusement les peaux en les passant dans un bain de carbonate de soucie et de savon à 10 gr. par litre environ;
- Faire une dissolution dans l’ordre indiqué de : Paraphénylèue diamine. . . . 100 grammes.
- Alcool dénaturé............ 1/2 litre.
- Eau ordinaire.............. 1/2 —
- Et mélanger au moment de l'emploi avec
- Bichromate de potasse. . . , a5 grammes.
- Eau ordinaire.............. J/2 Jilre.
- Appliquer à fioid sur le poil avec une brosse douce, la peau étant éleudue chair en dessous sur une planche de façon que le liquide imprègne uniformément.
- Le développement de la couleur a Heu en uu quart d’heure environ, elle se fixe seule. On termine par uu rinçage à l’eau douce, au moyeu d’une éponge on laisse sécher après clouage des bords.
- Enfin on enduit le côté chair de glycérine étendue de son volume d’eau et on lustre le poil avec uue couche d'huile très légère.
- B. Teinture en marron foncé. — On remplace la solution de paraphénylène de la formule précédente par
- Amidol. ...................... 100 grammes.
- Alcool dénaturé............... 1/2 litre.
- Carbonate de potasse .... 4° grammes.
- Eau ordinaire................. 1/2 lilre.
- L’amidol se dissout dans l’alcool et le carbonate de potasse dans l eau, on réunit les deux liquides et, après avoir rendu homogène, ou ajoute une solution laite d’autre part de :
- Bichromate de potasse. . ^ . 21 grammes.
- Eau ordinaire.............. 1/2 litre.
- Le reste des opérations se poursuit comme il a été indiqué.
- Blanchiment des pelleteries. — Parfois les p.eaux sont parsemées de lâches fauves ou grises qui nuisent à l’effet général ; il est facile d’obtenir un blanc uniforme pat l’opération suivante. Dans un bain composé de :
- Eau oxygénée à 12 volumes. . 1000 cm3
- Eau ordinaire.............. 1000 cm3
- Ammoniaque du commerce. . 20 gouttes.
- On plonge les peaux en les malaxant, puis on laisse en contact 4 à 5 heures en les retournant de temps à autre.
- Finalement on sort les peaux et les laisse égoutter, puis on les abandonne à l’air une heure ou deux avant de les rincer, un seul lavage suffit.
- Pour le séchage, prendre les précautions indiquées précédemment.
- Moyen mnémonique pour retenir le nombre n.
- — Le nombre fl, c’est, tout le monde le sait, le rapport de la circonférence au diamètre. C’est uu nombre incommensurable; il peut s’écrire sous forme d’une suite indéfinie de décimales.
- M. A. Hamers, de Bruxelles, rappelle dans Y Astronomie, une vieille règle mnémonique, bieu connue des écoliers d’autrefois, qui permet de retenir le nombre 11 avec 22 décimales. Il u’est pas inutile aujourd’hui de la vulgariser ,à nouveau. La voici. Apprendre la phrase suivante :
- Que j’aime à faire apprendre Un nombre utile aux sages,
- Glorieux A,relnmède, artiste ingénieux,
- Toi de qui Syracuse loue encore le mérite.
- Tl faut compter le nombre çle lettres de chaque mot, et écrire les chiffres les uus à la suite des autres, Cela donne 3,1415926535897932384626.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d abonnement. Ln raison de 1 abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que daus un délai de dix à quinze jours.
- Adresses des appareils décrits. — Les serviteurs électriques : Western Electric Cy, représentée en F rance par « Le Matériel téléphonique», 45, av. de Breteuil, Paris (7e).
- Appareils Thor, Iïurley Machine Cy, à New York, sans agent exclusif, peut se trouver dans différentes maisons en particulier chez Randegger, 188, boulevard Voltaire, Paris.
- Réponses.—Al. E. Ai.,àVannes.—11 existe deux sortes de nigrosines, la nigrosine W insoluble dans l’eau, soluble dans 1 alcool employé pour la fabrication des vernis et la nigrosine soluble à l’eau employée en teinture. Ces deux produits résultent des opérations successives suivantes :
- On chauffe l’aniline pure avec du nitrobenzène, de l’acide chlorhydrique et du fer; dans une chaudière en fonte à feu nu on met par exemple 100 kg d’aniline, 5o kg de nitrobenzène, 60 kg d’acide chlorhydrique, 5 kg de tournure de fer. Il distille d’abord de l’eau chargée , d’aniline; quand la totalité de cette eau est éliminée, il se produit une violente réaction accompagnée de distillation abondante d’aniline et nitrobenzine. Ensuite on chauffe à 1800 jusqu’à ce qu’une prise d’essai se solidifie par le refroidissement en une masse mordorée cassante. Le produit ainsi préparé est insoluble dans l’eau, soluble dans l'alcool en bleu noir, c’est la nigrosine W ou noir N ou noir C N qui est le chlorhydrate de dianilido-phénylbenzo-induline ayant pour formule Cso H27 Az'1 H Cl, couleur à laquelle nous avons fait allusion dans nos formules.
- La masse provenant de l’opération précédente étant concassée, on l’introduit daus cinq fois son poids d’acide sulfurique à 66° Baunié ; il se dégage une grande quantité d acide chlorhydrique ; quand ce dégagement a cessé on chauffe jusqu’à ce qu’une prise d’essai se dissolve dans l’ammoniaque, on obtient ainsi le dérivé sulfone de l'iuduliue ou dianilidophénylbenzo-dnduline sulfonée 11~7 Az'% S O4 H3 dont le sel de soude est soluble dans l’eau, insoluble dans 1 alcool et porte commercialement les différents noms de Bleu solide Coupler, Bleu 2 B, Bleu 6 G, luduline 6 B.
- Nous ne pensons pas que les nigrosines soient vénéneuses par elles-mêmes, mais 1 aniline résiduelle peut ne pas être sans action sur l’organisme ; il convient donc d’exposer assez longtemps à l’air les objets de toilette ayant été teints par ces produits.
- AI. l’abbé Berland, à Gien. — Les jpàtes phosphorescentes sont obtenues en délayant dans une matière agglutinante, gélatine ou celluloïd, un sulfure phosphorescent. Nous avons donné dans la boite aux lettres du iq février dernier, n" '2094, la manière de préparer le sulfure de calcium suivant la méthode de Verneuil.
- M. Guignon Paul, à Miserey. — La préparation de l’eau de Javel ne présente aucune difficulté, il suffit de faire l’acquisition, chez un droguiste, de chlorure de chaux appelé vulgairement poudre de chlore et de carbonate de soude cristallisé ou « cristaux ».
- On délaye 115 gr. de ce chlorure de chaux dans une quantité d’eau suffisante pour obtenir environ un demi-litre, puis on y ajoute une dissolution de a5o gr. do carbonate de soude dissous également dans un demi-litre d’eau.
- Après agitation,, on laisse reposer le carbonate de chaux, formé, puis on décante le liquide clair, ce qui fournit environ un litre d’extrait de Javel à 120 chloro-métriques, ce qui permet d’obtenir 10 litres d’eau de Javel courante.
- M. R. P., à Paris. — Nous pensons que vous obtiendrez un bon résultat pour le garnissage des formes d’un mélange en proportions convenables de spath fluor ou fluorure de calcium et d’une solution saturée de borate de soude, quelques fibres d’amiante pourront également être ajoutées sans que cela soit indispensable.
- .1/. Merle, à Bénesse, Mareunc, Landes. — Le produit connu sous le nom de libre existe en réalité dans le commerce à deux états différents, la libre isolante et la fibre vulcanisée. E11 ce qui concerne la première,
- mous ne pouvons en donner une formule, car chaque fabricant à une composition spéciale de matière isolante, dans laquelle entrent la gomme laque, le caoulchouc, les résines, etc., à côté de la sciure de bois. Quant à la fibre vulcanisée, elle résulte, paraît-il, de l’action du chlorure de zinc sur la cellulose.
- Malgré notre désir, il ue nous est pas possible de traiter in extenso, dans la Boite aux lettres, d’une fabrication spéciale, nos réponses aux questions étant toujours d’intérêt général.
- M. Burthiault, à Constanline. — iu La corne ne peut être fondue, mais elle peut être moulée sous l’action de la chaleur après une macération daus l’eau de plusieurs semaines, pendant lesquelles se poursuit une action bactérienne qui en libère les fibres. Cette préparation est toute empirique, il n’existe pas d’ouvrage sur la question ; 2“ pour la soudure de la corne, il suffi t de tailler les parties à rapprocher en biseau, puis de presser fortement avec des pinces chaudes.
- M. Emmanuel Legrand, ingénieur à Paris. — La préparation des objets moulés en caoutchouc consiste à introduire dans les moules le mélange de caoutchouc et de soufre, puis à porter ensuite à la température voulue de vulcanisation dans des appareils spéciaux toujours assez coûteux. Vous trouverez tous détails sur ces opérations dans l’ouvrage, Le caoutchouc et la gulla-percha, par Maigne, chez Mulo, éditeur, 12, rue Haute-feuille, Paris.
- M. Bruyère, à Bordeaux. — Chaque fabricant emploie un procédé particulier pour fixer les lames de mica dans les feuillures de fonte des poêles à combustion lente, le plus souvent on se sert d’un mélange de carbonate de chaux ou craie et d’une solution saturée de borate de soude, il se forme sons l’action de la chaleur un borate de chaux très adhérent, mais il faut avoir soin de laisser sécher au préalable assez longtemps.
- AI. B. Â. Noufflard, à Paris. — i° Pour le vernissage et la peinture des corps de poupées en carton-pâte, vous pourriez employer une dissolution d’acétate de cellulose dans l’acétone. 20 Les perruques de poupées vous seront fournies par les maisons suivantes : Prieur, rue Michel-le-Comle, 19; Riehort, rue des Archives, 68; Pajeau, rué de la Verrerie, 40; Israël, rue des Archives, 63; Carael, rue des Maudriettes, 6; Geslaud, rue Béranger, 5 bis; Bossuat, rue Nolre-Da-me-de-Nazareth, 28. Les mêmes fournisseurs tiennent également les yeux de verre. 3° La maison Chenal et Do.uilhet, rue de la Sorbonne, livre du kaolin au détail; pour grosse quantité, s'adresser à Orthmans, 54, rue de Bondy.
- Al, Mouchard, à Tunis. — i° L’écran du photomètre de Bunsen utilisé dans les usines à gaz est habituellement constitué par une feuille de papier non huilé, mais paraffiné. Sur chacuue des faces" on colle ensuite une feuille également paraffinée daus laquelle on a découpé une étoile. Lors de l’expérience on déplace l’écx’an à droite ou à gauche sur ie banc, jusqu’au moment où l’éloile apparaît de même éclairement que le fond opaque résultant de la superposition des trois feuilles. 11 suffit alors de faire la lecture des distances de l’écran aux deûx sources respectives, bec de gaz et lampe Careel, les intensités lumineuses sont proportionnelles aux carrés de leurs distances à lecran. 20 Aucune qualité spéciale n’est requise par le papier, sauf celle d’ètre suffisamment miuce pour devenir transparent.
- - C-4, à IL Nord. — La Nature publie dans ce numéro un article sur les machines à laver le linge ou la vaisselle et la machine à repasser.
- La Nature, n° 2^77 du 18 octobre 1919, a décrit toute une série d’applications domestiques du moteur électrique. Nous allons mettre à l’étude la question des appareils de nettoyage par le vide. A titre d’indication, vous pourrez avoir des renseignements sur ces machines diverses aux adresses suivantes : Paz et Silva, 55, rue Sainte-Anne ; Rogers et C'6, 1, rue Saint-Georges ; Blondel, 328, rue des Pyrénées.
- AI. Ogëss, à Gramûlle. — La teinture du cuir s effectue le plus souvent au moyen des couleurs d’aniline solubles à l’huile, telles que les fabrique la Société lyonnaise de matières colorantes, à Lyon. La Grande Industrie tinctoriale, par Beltzer, vous fournira tous les renseignements sur les procédés appliqués. Editeur Dunod, 47> quai des Grauds-Augustins.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de libraire de La* •Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée des frais de port et d’emballage {pour la France, 5 °/0 des prix marqués; pour VEtranger, xo °/0. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.) ._
- ylnnuaire du bureau des Longitudes pour l'année 1920. i vol. illustré. Gauthier-Yillars, éditeur. Paris 1920.
- Ce précieux petit recueil contient, outre les renseignements astronomiques usuels et un chapitre résumant les principales données physiques et chimiques, une note de M. Bigourdan sur la sismologie, un atlas des couslellations, une note de M. Gramoul; sur les spectres stellaires, une étude de M. Bigourdan sur les cadrans solaires, suite à celle publiée dans l’Annuaire de 1 g 18, une note de M. Renaud sur la prévision de la houle, une note de JM. Ch. Lallemand sur les nouvelles unités légales.
- Annuaire astronomique et météorologique pour 1920, par Camille Flammarion, x vol. 363 p. illustré de 122 llg. cart. et diagrammes. E. Flammarion, éditeur. Paris igao. Px'ix ; 7 fi-ancs.
- Parmi les immenses services que M. Camille Flammarion a rendus à la science astronomique, la publication annuelle du. présent annuaire n’est pas l’un des moindres. Elle rend l’observation et l’élude des phénomènes célestes accessibles à tous les observatexxrs de bonne volonté. Comme le dit l’auteur dans une bi’illaute pi'éface, l’astronomie est pour ses adeptes la source des plus pures satisfactions ; de plus c’est la première des sciences et sa connaissance, au moins élémentaire, est indispensable à toute instruction qui veut être sérieuse, complète, intégrale et rationnelle. Cet annuaire comprend tout ce qui concerne 1 ensemble des aspects célestes observables au cours de l’année, depuis les articles de calendrier de chaque jour jusqu’aux détails de toutes les observations à faire surfes étoiles, les planètes, le soleil et la lune. 11 contient en outre une captivante revue des progrès de Tiaslronomie au, cours -del’année écoulée, txné revue météorologique, un chapiti-e de récréations scientifiques, une note sur un calendi-ier rationnel perpétuel et universel, et enfin une instruction à l’usage des amateur-s débutants sur l’emploi des instruments astronomiques.
- Petit atlas céleste, par G. Bigourdan, membre de l’Institut, 1 vol. iu-8 carré (225 ><C i4°)> 56 p. 5 caries en couleur, Gauthier-Yillars, éditeur. Pai'is 1920. Prix : 3 fr.
- Les 5 cartes représentent le ciel tout entier tel qu’il se présente à un observateur placé à l’intérieur de la spjière, Les étoiles sont marquées jusqu’à la ^cinquième gx^andeur inclusivement, parfois même un peu au-delà (5,5). Les éclats des étoiles sont figux-és par un signe. Les figures conventionnelles qui donnent leurs noms aux constellations zodiacales sont indiquées en traits pointillés ; elles le sont aussi pour les plus connues des constellations extrazodiacales. Le texte donne la liste des constellations, lë moyen de les reconnaîlx-e, et les coordonnées des étoiles qui les composent.
- Agenda Lumière-Jougla 'igao. 1 vol. in-x6, 494 P- Etablissement Lumière et Jougla, Paris jet Lyon, Gauthier-Yillars, Paris. Prix, cartonné : 2 fr. 5o.
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- Tous nos lecteurs connaissent ce précieux agenda, plein de renseignements photographiques. On peut bien dire qu’il est impossible de faire de la photographie sans ce petit livre. Aussi l’édition de cette année est-elle assurée du même succès que toutes les pr-écédentes.
- ('uniment j'ai mis en pratique le système Taylor, par Serge FIxîranger. i vol. relié in-8 couronne 100 p.,
- 9 fig. et 3 pl. Ch. Béranger, éditeur. Paris 1920. Prix net : 9 francs.
- Après avoir rappelé brièvement les principes du système Taylor, l’auteur explique comment il a pu l’appliquer avec succès à la fabrication des pièces d’acier au tour dans une importante usine.
- Physiologie normale et pathologique des reins, par JL. Amkahd. 20 éditiou refondue. 1 vol. in-8, 368 p., 4r> lig., 3 pl. Masson et Cie, Paris. Prix net : xo francs.
- Exposé des recherches de l’auteur qui l’ont conduit à établir les lois simples du fonctionnement rénal. Il distingue l’élimination par diffusion des alcools, du chloroforme et celle par sécrétion de Purée, du glucose, des chlorures. Pour ces dernières, il montre qu’elles dépendent du débit cl de la concentration, qu’elles obéissent à une loi mathématique simple devenue classique sous le nom de loi d’Ambarcl. Enfin il signale ses importantes applications au diagnostic des diverses.néphrites. Cette étude li-ès claire d’une question à laquelle M. Ambard a apporté la pins importante contribution intéressera vivement physiologistes et médecins.
- The Sca-Visheries, par J.-T. Jenkxns, i vol. iu-8, 299 p., 53 pl. Constable et C!0, Londres. Prix, relié : 24 sh.
- Remarquable étude économique de la question des pèches en Grande-Bretagne. Partant des données' statistiques pour poser le problème, l'auteur examine l’évolution des méthodes de capture des poissons, ce qu’on sait de pratiquement utilisable de la biologie de ceux-ci, et étudie les principales mesures nécessaires pour développer l’industrie des pêches fortement atteinte par la guex-re : législation, administration, éducation des pêcheurs, recherches scientifiques, aide de l’Etat. L’ouvrage finit par des données sur les divers états et des tableaux statistiques.
- Adam, l'homme tertiaire, par R.-M. Gattefosse, i vol. iu-16, 25o p., Pierre Àrgence, Lyon. Prix net 7 fr. 5o.
- Etude d’anthropologie et de préhistoire d’où l’auteur conclut que nous ne. descendons pas des Francs hauts, lourds et blonds, nous ne sommes pas des Ariens, et nos pères ne vinrent pas des Indes, mais que nos ancêtres descendirent du Pôle Nord devenu depuis inhabitable !
- Dictionnaire étymologique et historique des Anglicismes, par Edouard Bonnaité. Px-éface de M. Ferdinand Brunot, i vol. in-8°, ig3 p. Delagrave, Paris. Prix : broché : i3 francs ; relié, i6fi-ancs.
- S’appuyant sur les derniers travaux des maîtres de la philologie, M. Bonnaffé est arrivé à fixer l’étymologie de tous les termes qui, depuis ale, sterling, milord et haquenée, au moyen âge, jusqu’aux néologismes comme box-calf, 'grill-room, film, pyjama, tank ou tennis, ont franchi le déü-oit où l'Atlantique pour prendi-e place dans notre vocabulaire. Grâce à d’iunom-bi-ables références patiemment relevées dans les ouvrages les plus divers, l’auteur a pu jeter les bases d’une histoire de l’anglicisme en France, travail également précieux pour les amis de l’érudition pure, pour les étudiants de la langue et de la littérature française, et pour tous ceux qui se servent bien souvent de l’anglais sans le savoir.
- La vague mystique, par Jules Sageret, 1 vol. in-16, 180 p. Bibliothèque de Culture générale, Flammarion, Paris. Prix net : 3 francs.
- Exposé très clair des théories philosophiques récentes qui s’écartent dès conceptions rationalistes ou même les combattent. L’auteur montre leur opposition avec l’esprit scientifique; il résume et critique successivement la philosophie d’Henri Poincaré, les conceptions de Duhem sur la physique énex-gétique, le néo-thomisme, le bergsonisme, le pragmatisme, la philosophie de JM . Boutroux.
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- LA NATURE
- Supplément.
- Nts 2400-2401 24 Avril 1920.
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- INFORMATIONS
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- ua* (n.fif-nc;,.
- Expérience sur la gravitation. — Un physicien italien, M. Majorana, vient de faire, nous apprend notre confrère 1 ’Astronomie, une curieuse expérience sur la gravitation qui tend à prouver que l’interposition d’un écran entre une masse matérielle et la terre diminue l’action de la pesanteur. Voici comment procède M. Majorana : aux deux extrémités d’une balance très sensible de Ruepprecht sont suspendues des sphères de plomb pesant environ i kg. La moindre variation dans l’inclinaison du fléau peut être décelée grâce à un levier optique; un point lumineux se déplace sur une échelle placée à 12 m. de la balance et un déplacement de 17 cm correspond à une variation de poids de 1 milligramme. Une des sphères de plomb est entourée de deux sphères concentriques et l’espace compris entre ces deux sphères peut être rempli par un liquide tel que du mercure. Le mercure est introduit dqns cet espace par une pression d’air afin d’éviter les chocs. Le poids du mercure introduit dans cette sorte de chemise atteint xo4 kg. On constate que lorsque le mercure entoure la sphère de plomb, celle-ci est allégée et le point lumineux se déplace de o mm 2 sur l’échelle divisée, indiquant un allégement de 1 millième de milligramme.
- La pesanteur et le mouvement de rotation de la terre. — Un corps en repos à la surface du globe terrestre est soumis à deux forces : l’une est le poids du corps, dirigé suivant la verticale du lieu; l’autre est la force centrifuge, due au mouvement de rotation diurne de la terre; elle est dirigée suivant le rayon du parallèle. Elle est très faible, en raison de la lenteur du mouvement de rotation du globe, 1 tour en,24 heures. Néanmoins, elle se compose avec le poids réel; la résultante est le poids apparent que nous percevons. Qu’arrivera-t-il si le corps pesant est en mouvement ? S’il se déplace dans le sens de la rotation de la terre, la force centrifuge augmente et le poids du corps diminue; s’il se déplace en sens inverse, le poids augmente. On a ainsi calculé qu’un homme pesant 100 kg, se déplaçant au pas, à la vitesse de 1 m. par seconde (3 km 6 à l’heure), perd 2 gr. lorsqu’il marche vers l’Est; au contraire il s’aloxxr-dit de 2 gr. quand il marche vei's l’Ouest; Il est très difficile de mettre ces vai’ialions eu évidence par une méthode expérimentale. Les premières expériences faites dans cet ordre d’idée l’ont, été par Hecker, un savant allemand qui expérimenta à bord de ci’oiseurs russes croisant dans la mer Noire à la vitesse dé 45 km à 1 heure.
- Un savant hongrois, M. Eôtvôs, de Budapest, a réalisé un appareil qui permet de mettre en évidence au laboratoire ces variations de poids, et par suite de donner *une nouvelle démonstration de la rotation de la terre. Le principe en est le suivant :
- Une tige horizontale, lestée par des poids égaux à ses deux extrémités, tourne dans le plan horizontal. Les deux poids se déplacent par suite alternativement vers l’Est et vers 1 Ouest; il suffit pour s’èn convaincre de considérer leur projection sur le plan du parallèle du lieu; dans ces conditions leur poids apparent subit des fluctuations périodiques; celles-ci se traduisent par des vibrations de la tige qui atteignent un régime déterminé. On les met en évidence par un dispositif optique, la tige lestée tourne au moyen d’un mouvement d’horlogerie, autour d’un arbre vertical; sur celui-ci est monté un petit miroir horizontal, sur lequel on projette un rayon lumineux rigoureusement vertical. Ce rayon est réfléchi et renvoyé par un miroir à 45° sur un écran vertical. Si l’appareil était parfaitement centré, Eôtvos démontre que la tache lumineuse sur l’écran tracerait une circonférence complète, chaque fois que la -tige tourne d’une demi-circonférence, les deux cercles correspondant à une rotation complète doivent coïncider. Le centrage parfait étant impossible, ces deux cercles deviennent en réalité deux ellipses d’axes inégaux.
- L’organisation des réseaux de distribution électrique. — L’énergie électrique est actuellement produite dans, de grandes usines centrales qui se sont multipliées en ces dernières années. Chacune dessert un réseau
- déterminé; les différents réseaux sont indépendants les uns des autres. Les grands besoins de force motrice qui se manifestent partout obligent les techniciens à l’echer-cher tous les moyens d’utiliser au mieux l energie disponible. Il est facile de s’apercevoir que l'indépendance des divers réseaux de distribution électrique conduit à des dépenses qui pourraient être réduites par une association intime. Chaque cëntrale, en effet, doit avoir un équipement qui lui permette de faire face à des surcharges momentanées très supérieures à la consommation moyenne.
- Actuellement se manifeste dans tous les pays industriels la tendance à une meilleure organisation des réseaux. Le principe des méthodes nouvelles est de relier entre elles les diverses centrales d’une même région, de façon à répartir les surcharges uniformément sur l’ensemble de ces usines; chacune pourrait en outre servir de secours aux autres, en cas d’accident.
- Une organisation de ce genre est en voie d’exécution en h rance dans les régions lihéi'ées ; les Etats-Unis en ont réalisé plusieurs; l’Angleterre, la Belgique, la Suisse sont également entrées dans cette voie;
- Une centrale électrique chauffée à la tourbe. —
- La tourbe est assez répandue. Certains pays en possèdent d’importants gisements. Mais elle est peu employée comme combustible à cause de son faible pouvoir calorifique et de sa forte teneur en eau. Cependant, depuis 1914, la guerre a raréfié les bons combustibles dont le prix a atteint des taux incroyables. On ne peut donc plus négliger les combustibles inférieurs. On s’est de nouveau attaché à tirer parti de la tourbe.
- Il est intéressant de signaler à cet égard l’existence en Allemagne, à Oldenbourg, d’une centrale électrique qui a été chauffée à la tourbe pendant plus d’un an. Les tourbières utilisées sont exploitées à l’aide d’appareils mécaniques qui réduisent la main-d’œuvre. La tourbe séchée à l’air est brûlée dans les foyers calculés pour fonctionner au charbon et cela sans difficulté. Il est a noter que la façon la plus avantageuse d’utiliser la tourbe paraît être de la distiller; on obtient un gaz à 1 i5o calories au mètre cube, excellent pour les moteurs à gaz et eu outre des sous-produits d’une grande valeur : du coke de bonne qualité, du goudron et de l’ammoniac.
- La télégraphie sans fil transatlantique. — La
- T. S. F., après avoir fait ses preuves.à la guérie, est entrée définitivement dans le domaine commercial. Elle commence même à faire concurrence aux câbles sous-marins. On annonce que la Compagnie Marconi, en Angleterre, accepte les messages commerciaux pour l’Amérique, à des prix inférieurs à ceux des câbles. Les radiogi'ammes s’échangent entre le poste de Carnarvon en Angleterre, et celui de Belmar, dans le New-Jersey. Ces postes sont munis de transmetteurs automatiques à grande vitesse, et sont en outre des postes duplex, c’est-à-dire capables de recevoir et de transmettre simultanément.
- Contre les corrosions du fer. — Le phénomène de la rouille; quoique d’expérience vulgaire, est assez mal expliqué dans son mécanisme. Toujours est-il que l’on observe très fréquemment sur les objets en fer des corrosions d’une inquiétante rapidité. Les études faites au laboratoire semblent prouver que ces corrosions exigent la présence simultanée de l’eau et de l’oxygène ; l’air sec n’agit pas sur le fer; l’eau désaérée est également sans action. C’est donc à l’oxygène, que les eaux ordinaires tiennent en dissolution, qu’il faut attribuer leur action corrosive. De là, M. Walker déduit un procédé de protection qu’il décrit dans Scienlific American. Ce procédé consiste à priver de son oxygène l’eaii qui doit circuler dans des tubes ou récipients en fer, il s’applique surtout aux eaux d’alimentation des chaudières et en particulier des chaudières de. chauffage central. On sait les ennuis qui résultent des fuites dans les canalisations des chauffages centraux à eaxx chaude.
- Pour débarrasser l'eau de l’oxygène qu elle tient en dissohiliou, ou place dans la chaudière des plaques
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- INFORMATIONS
- de fer déployé ; l'oxygène se porte sur ces plaques dé métal qu’il corrode et l’eau devient inactive; les plaques de fer reçoivent le nom de « désactivateurs ». L’eàu aü sortir de la chaudière traverse un filtre à sable qui retient les particules d’oxyde de fer en suspension. Elle peut désormais circuler, dans les canalisations sans provoquer dé corrosions ; du moins c’est ce qu’affirme l’auteur d’apièë dès expériences poiirsuivies pendant i ans sur üiie installation de chauffage central.
- Rbtiëë bit aluminium pour camions autonioBileS.
- — Le Scièhlific 'American annoncé qu’une importante foüdërie d’aluminium expérimente des roues en aluminium pour camions automobiles. Ces roues sont coulées d’une seule-pièce. Lés essais faits au laboratoire et sur route semblent indiquer qiie lés l'oüës de ce type présentent les mêmes qualités de résistance que les roues eh bois ou èn acier. Ellës'ont en outre l’avantage de peser moitié moins que la plus légère dés roues dé tout autre système. Elles diminuent donc le poids non êüspendü de la machine.
- Un nouveau Vésuve. Le volcan Bulusàn de l’île Luçon. — Tout le inondé sait, dit notre confrère YAs-trunoniie, que le Vésuve était au commencement de notre ère un volcan éteint. Ses anciens feux étaient complète-riieut oubliés, à tel point que l'arihêë de Spartacus campait tranquillement dans son cratère. Tout le mondé se souvient aussi de son fameux réveil qui détruisit Hercu-lahoih et Pompéi. Lé volcan Bulùsah vient d’ètrë le théâtre d’un phénomène analogue; c’est lé volcan le plus oriental de l’île LhçoU, du côté dé l’îlë Samar. Il est situé par 120 47* dé latitude Nord et i a4°?4/ de longitude Est. Sa hauteur est de i5oo mètres.. Il n’avàit pas fait parler de lui depuis un temps immémorial et dormait depuis des siècles, sauf de temps à autre un peu de légère fumée. Quelques éruptions én i85a, 1889 et 1894 indiquèrent bien qu’il n’était pas tout à fait mort, comme ceux de notre Auvergne. Mais un véritable réveil commença à se manifester en janvier 1916 et en octobre .1918 àvec grondements, frémissements du sol et vomissements de lavé. Puis le 10 mai 1919, une éruption fantastique s’est élevée vers le ciel jusqu’à 2000 m. de hauteur, si violente que le vent ne put s’opposer à son ascension verticale. Cette éruption ne causa du reste ni mort d’homme, ni dégâts matériels. Rappelons qh’à peu près à la même date, le 20 mai 1919, le volcan Kloet dans l’île de Java entrait en éruption, et que le cataclysme entraîna là mort de plus de 7000 personnes (voir La Nature, n° 2.374> 27 septembre 191g).
- Le plébiscite du Slësvig. — Le premier plébiscite prescrit par le traité de Versailles a eu lieu le 10 février dernier dans le Slësvig du,Nord, pays danois incorporé à la Prüssè depuis 1864. Dans la zone comprisè entre la frontière germano-danoise et une ligne passant par Toender ët Flënsburg, c’est-à-dire sur 390 200 hëctarës, les habitants, évalués à 167000 au récensement de 1910, ont été âppélës à choisir leur nationalité, sous Lé contrôlé et là sauvegarde de détachements alliés, après évacuation dès troupes allemandes. Plus de 100 000 électeurs ont pris part au vote et 75 887 se sont prononcés pour lé rattachement au Danemark tandis que ,a5 aà3 seulement optaient pour l’Allemagne. Ce territoire va donc être rendu à ses anciens et légitimes possesseurs.
- tJn 'deuxième plébiscité a suivi dans le Slësvig central, également arraché âü Danemark par la Prusse, mais plus profondément germanisé. Les premiers. résultats connus indiquent une majorité favorable à l’Allemagne.
- Pëjpulàtiôn dé la Belgique. — Avant la guerre, au 31 décembre 1910, date, dix dernier recensement, là Belgique comptait 7 423 784 habitants. Le, Moniteur belge publié maintenant le releVé officiel de la population au 3i décembre 1918. Nous lui empruntons le tableau suivant :
- Population au 3i dém 1917. . . 7.457 ; 141 + Wf '.-863
- Naissances én 19I8. ...... -J- 85.o56
- Décès en 1918. ........ -—157.340
- Immigration...................-fi-319.760
- Emigration .......... •3a8.3,i4
- Population au 3i déc. 1918. . . 7.407.015 -fi 148.561
- Les nombres en italique sont ceux dès communes où
- il n a pas été possible de réunir les renseignements nouveaux, ils représentent la population de 1913.
- Sur les 7.555.576 habitants actuels, on compte 3.741.o33 hommes et 3.81 4.543 femmes, soit 102 femmes pour 100 hommes.
- Les incendies des forêts du Var en Ï9Ï9. — Le Dr Vidal vient de présenter à l’Académie d’Agriculture un tableau officiel des désastres causés par ces incendies. Sur les 111 000 hectares de bois qui constituent le domaine forestier des habitants du Var, plus de 45 000 sont devenus en 1919 la proie du feu, dont 2460 hëctarës appartenant à- l’Etat, 5390 aux communes et 37 340 a des particuliers. Leè dommages causés par ces incendies ont été évalués à 12 millions, somme de beaucoup inférieure à la réalité, parce qu’il faut tenir compte d’une perte totale de revenus qui durera pendant de nombreuses années.
- Parmi les causes probables des 66 foyers d’inceudie qui ont été officiellement constatés, la Commission d’en-quete, après avoir signalé la sécheresse et la persistance des vents pendant l’été de 1919, a cru devoir écarter la malveillance cômme facteur essentiel (4 cas Seulement); elle en a attribué i5 à l’imprudence ou à la négligence des bergers, des chasseurs et des travailleurs forestiers, tandis que les 47 autres Ont du être déclarés de cause inconnue.
- Lé D‘ Vidal réclame, pour éviter le retour de pareilles catastrophes :
- A. — Que de larges tranchées pare-feu, dont les essences résineuses seraient sévèrement exclues, fussent exécutées dans les versants et sur les^crêtes de façon à s’opposer, soit de l’Est à l’Ouest, soit* du Nord au Sud, à la marche des incendies.
- B. — Que l’usage du petit feu fût encouragé par l’attribution de primes ou de dégrèvements d’impôts.
- C. — Que les pins fussent exclus systématiquement des cantons peuplés de châtaigniers et des diverses variétés de chênes.
- D. — Que des brigades ambulantes, assez nombreuses ei composées d’un agent de l’Administration des Forêts et de rusquiers mobilisés sur les lieux pour exercer une surveillance effective, fussent réparties dans les Maures et dans l’Èsterel, dès le début de la saison sèche.
- E. — Que ces brigades fussent employées sur place à ouvrir et à maintenir en bon état les tranchées pare-feu.
- F. — Que ces brigades fussent reliées entre elles, et à un poste central, par des signaux de convention et aussi par des fils téléphoniques.
- G- — Et qu’enfin, il fût construit, aux frais de l’Etat, un réseau de routes forestières dont l’absence se fait bien cruellement sentir, puisqu’il est impossible sâns elles d’exploiter nos forêts ou de se rendre sur les lieux pour arrêter les feux, et que l’on ne peut même pas tirer un parti quelconque des reliquats des incendiés.
- La production séricicole française. — L’Office de Renseignements agricoles du Ministère de l’Agriculture vient de publier les résultats de l’enquête annuelle sur la production séricicole de la France en 1919. Nous croyons intéressant de reproduire ces données en les comparant à celles de la période de guerre.
- Noitibrc de s'cricicultèürs. . . Grailles misés cri iri'cubalion (par lots de 23 gr.) . . . . Production de cocons frais (en .tonnes).,. ........
- Prix du kilog. de cocons frais (pour .le filage (en francs) . Valeur dé la production (en . millièi’s de francs)...........
- 1914 1916 1918 1919
- 83.825, 52.758 60.057 52.401
- 108.913 61.705. 67.136 63.953
- 5.067 2.820 3.010 2.671
- 3.92 4.26 7.38 7.53
- 19.908 12.024 22.,237 20.121
- La production a donc fléchi de près de 5o pour 100 tandis que sa valeur monétaire a légèrement augmenté.
- Expérience sur l’assimilation chlorophyllienne.
- —- M. Ivo Kukavina, instituteur en Croatie, nous signale l’intéressante et facile expérience suivante destinée à montrer à des élèves l’activité de l’assimilation chloro-phylienne :-On prend un verre plein d’eau et l’on y introduit un ou plusieurs morceaux de tige verte de Bryone, après les avoir un peu pressés entre les doigts afin
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- qu'ils coulent, au fond. Le verre est alors mis au soleil. Au bout de quelque temps, on voit apparaître de petites bulles de gaz (oxygène) à la surfape des tiges ; puis elles grossissent et deviennent assez nombreuses et volumineuses pour faire monter les brins à la surface. Que le verre soit, placé ensuite à l’obscurité ou que la nuit vienne, et les tiges retombent au fond, pour recommencer leur ascension lors d’une nouvelle exposition à la lumière solaire.
- L’acide carbonique fertilisant. — La Nature parlait récemment de la ferme annexe de l’usine. Est-ce là qu’on obtiendra les plus forts rendements? En Allemagne, M. Riedel annonce dans Slahl and Eisen qu’il vient de se servir des gaz brûlés de moteurs à gaz alimentés par des gaz de hauts fourneaux pour irriguer des champs et leur apporter de l’acide carbonique en excès. Les premiers essais pratiqués dans une serre avec des gaz dilués à o,5o pour 100 arrivant dans l’atmosphère donnèrent des résultats inattendus : récolte de tomates près de 3 fois, de concombres près de 2 fois plus considérable que pour les lots témoins. Les cultures en plein air sur un terrain traversé de conduites perforées amenant les gaz ne furent pas moins favorables. L’auteur a calculé qu’un haut fourneau donnant par jour 1000 tonnes de fer suffirait à traiter par ses craz de combustion une récolte de 4000 tonnes de pommes
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- de terre.
- M. Lebrasseur qui vient de donner au Temps une élude sur les travaux de Riedel y voit le germe d’une technique agricole nouvelle et une possibilité de régénération partielle du charbon brûlé, sous forme de légumes, de grains et de fourrages.
- « J’estime, dit-il, sans faire du roman scientifique, qu’un jour doit venir où, au lieu d évacuer aussi haut que possible en l’air les gaz de combustion dits « gaz perdus », on les enverra sur les champs environnants, afin de les fertiliser et d’augmenter leurs rendements. Je demande instamment que des hauts fourneaux et des stations centrales électriques environnés de cultures s’intéressent à cette question vitale pour le pays et fassent, comme on l’a fait déjà depuis trois ans en Allemagne, des essais industriels sur la « fertilisation carbonique ».
- Mort de l’okapi d’Anvers. — La Nature a annoncé (u° 3372), d’après une information de M. Lhoëst, directeur du Jardin zoologique d’Anvers, l’arrivée dans ce Jardin du premier okapi vivant parvenu en Europe. Aujourd’hui M. Loyer annonce dans la Revue d'histoire naturelle appliquée la mort de cet intéressant animal survenue le 29 septembre dernier, malgré tous les soins dont on l’avait entouré. Il est mort brusquement, en quelques minutes, sans avoir manifesté aucun symptôme morbide. Ce premier essai d’acclimatation a permis de montrer vivant pendant plusieurs mois au public européen un animal dont l’existence avait pendant longtemps été si entourée de légendes et de mystère qu on avait même douté de sa réalité.
- L’élan au Canada. — Le plus grand des mammifères de l’Amérique du Nord, l’élan ou wapiti, se rencontrait autrefois partout en grande abondance. Il a progressivement disparu et ses derniers représentants sont aujourd’hui réfugiés dans les Montagnes Rocheuses, entre le Colorado et la rivière Brazeau. Des troupeaux isolés se cachent en outre dans les forêts du nord du Manitoba et du Saskatchewan. Comme l’élan est tenu de chercher sa nourriture en terrain découvert, ce ruminant est d’une chasse facile et l’espèce serait rapidement éteinte si une législation protectrice énergique n’intervenait pas à temps. La Canadien Gazette annonce que les mesures nécessaires viennent d’être prises.
- Pour le retour des oiseaux dans les régions dévastées. — Les observations les plus concluantes ont prouvé que la guerre a éloigné les oiseaux des régions dévastées. Eu rasant les abris, les arbres, les buissons, elle a détruit leurs demeures, comme celles des hommes. Pour que ces évacués d’un nouveau genre puissent se réinstaller, il leur faut aussi des réserves qui deviendront par la suite autant de.foyers de dispersion. Or, que faut-il en somme à l’oiseau si ce n’est un endroit tranquille où il puisse se sentir en sécurité ? Aussi, sur la proposition de M. Adrien Legros, la Ligue française
- pour la protection des oiscau.r vient-elle d’adresser un appel aux habitants des régions dévastées pour qu’on lui signale et qu’on mette à sa disposition, dans la zone où la bataille fit rage, en bordure d’un terrain bouleversé, un petit bois ou un coin de parc encore debout qui servirait de centre de repeuplement pour les oiseaux. Le Permanent Wild Life Protection Fund des Etats-Unis a mis à la disposition de la Ligue française une somme de 1700 francs qu elle-désire employer à couvrir de nichoirs et à surveiller un premier « sanctuaire d’oiseaux ». Espérons que cet appel sera entendu et que, parmi nos lecteurs, convaincus par les récents articles de M. Godard de l’immense utilité des oiseaux, il s’en trouvera quelques-uns des régions dévastées qui voudront collaborer au repeuplement en oiseaux des déserts créés par les hommes.
- Les sangliers et, la vie chère. — On sait qu un arrêté ministériel du 11 septembre 1917 encourageait la destruction des sangliers en accordant des primes de 5o fr. par sanglier de plus de 3o kg, de 20 et 10 fr. par marcassin. Le sous-secrétaire d’Etat à l’Agriculture vient de le rapporter, dans un grand nombre de départements, pour le curieux motif suivant :
- Il m’a paru qu’en raison de l’élévation du prix de la viande, un sanglier adulte représentait par lui-même une valeur telle que sa destruction pouvait cesser d’être encouragée par une prime de 5o fr., sans qu’on ait à craindre de voir diminuer sensiblement le nombre des animaux tués.
- La crise du logement à Paris. — M. Fiancetle, conseiller municipal de Paris, vient, dans un rapport très documenté, de montrer les principales causes de la crise du logement actuelle.
- Il estime à 600 000 personnes l’augmentation de la population parisienne depuis 1914- Or, ce surpeuplement se complique d'un ralentissement marqué de la construction. De 1910 au 1e1 août 1914, il avait été demandé 872?» autorisations de bâtir des immeubles représentant 3a 162 étages. Depuis cette date jusqu’au i5 mars 1919, les demandes sé sont réduites à 880 comportant seulement 1092 étages. 36 pour 100 des constructions nouvelles depuis la guerre sont à usage industriel ou commercial, le reste seul est destiné à l’habitation. Si l’on considère les maisons réellement construites, on les voit passer de 1200 par* an en moyenne avant la guerre à 280 pendant celle-ci et à 175 en 1919.
- ^ Cette situation, facilement explicable à la fois par le coût de la construction, la pénurie de matériaux et les difficultés de toutes sortes créées aux propriétaires par le moratorium et la taxation des loyers, n’est pas sans présenter les plus graves inconvénients.
- Le Conseil national de recherches de Washington.
- —• La guerre a appris à tous les belligérants l’importance primordiale d’une forte organisation scientitique et partout se sont constitués des organismes nationaux pour orienter et diriger les recherches appliquées d’abord à la guerre, puis à l’agriculture et à l’industrie. En France, on sait que ce rôle a été rempli par le Sous-Secrétariat d’Etat des Inventions transformé depuis la paix en Direction des Recherches scientifiques, industrielles et des inventions. En Angleterre, en Italie, au Japon, au Canada, en Australie, des services plus ou moins comparables ont vu le jour. Aux Etats-Unis, un « National Research Council » a été créé en 1916 pour la préparation à la guerre; il a ensuite collaboré avec le gouvernement à la solution des problèmes les plus urgents posés par l’entrée de l’Amérique dans le conflit mondial. Aujourd’hui, il oriente son activité vers la recherche scientifique appliquée à l’agriculture, à la médecine et à l’industrie. Il est constitué par les représentants élus d’une quarantaine des plus importantes sociétés savantes agissant librement, sans contrôle du gouvernement. Ses crédits sont considérables, comparés aux nôtres, et. il vient encore de recevoir, en commun avec la National Academy of Sciences, un don de 5 millions de dollars de la Carnegie Corporation. Quand les riches entreprises industrielles françaises apporteront-elles une telle contribution aux progrès de la science appliquée dont elles pourraient attendre de si importants bénéfices?
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- -cC
- O
- >•
- CE QU’IL FAUT SAVOIR D’ÉLECTRICITÉ (Suite')
- Calcul pratique des résistances de chauffage. — Un assez grand nombre de lecteurs nous ayant demandé des précisions sur cette question, nous pensons leur être utile en la traitant plus complètement ici.
- Lorsqu un courant traverse un fil, l'énergie fournie par effet Joule, PR watts par seconde, est transformée en chaleur. La température du fil s’élève, et le rayonnement du fil croît à mesure. Le rayonnement est en effet pro-portipnnel à la température ; il arrive donc un instant où 1 énergie fournie par le courant en une seconde est égale à celle qui a été rayonnée par le fil pendant le même temps.
- On peut alors écrire en désignant par S la surface de rayonuement du fil en centimètres carrés, ï la différence entre la température du fil et la température ambiante, C le nombre de calories rayonnées pour une différence de température de i° et pour une surface de i cm2 :
- PR x 0,24 = CST.
- La température du fil est alors stationnaire.
- ?(ous voyons donc l’importance de premier ordre qu aura le facteur C dans le calcul des résistances ; si G est grand, la température T sera relativement faible pour un effet Joule donné, elle montera au contraire si G est faible.
- Détermination de C.
- Nous avons :
- l2 R. X 0.2
- ST
- donc, une résistance étant donnée, nous mesurerons d une part la puissance qu’elle reçoit pour être portée pai^exemple au rouge cerise dont la température est 9000, d’autre part la surface latérale.
- [RÉSULTATS :
- 080
- 1 7^3 r°uge-cerisepour 11 Amp.; d.d.p.=i5volts.
- Puissance : 175 watts, longueur 1 ni. o5, surface latérale 26 cm2.
- r o',24 X 165
- G — '—--------- — 0e,00l6.
- 20 X 90Q
- 'E Fil de ^ rouge cerise pour 19 A. ; d. d. p. = a5 volts. •
- Puissance : 475 watts, longueur 2 m. 5o, surface latérale 78 cm2
- r___oc,24 x 475
- G— - o . -.---— o'",qoi6.
- 78X900
- 3° Fil de—- rouge cerise pour 21 A. ; d. d. p. —21 volts.
- Puissance : 441 watts, longueur 2 m. 5o, surface latérale 8.6 cm2
- n qc,24X44i
- ' : O ,0014.
- i5,
- 86 X 900
- 4° Fil'de rouge cerise pour 31 A. ; d. d.p. = 16 volts.
- Puissance : 496 watts, longueur 2 mètres, surface latérale 98 cm2
- r___°“,34 X 496______
- u ~ — X o%oox3.
- 98 x 900
- 25
- De meme? un fil de — a atteint lp rouge sombre poux’ 55
- 38 ampères, un fil de — est également au rouge sombre pour 10 ampèi’es,
- Remarquons maintenant, qu’il faut être prudent pour la valeur que nous prendrons pour Ç ; si nous admettions une valeur trop forte, telle résistance, calculée ppur supporter le rouge sombre, serait au rouge vif, et telle autre/faite pour le rouge cerise, fondrait.
- Nous admettrons donc un nombre inférieur à tous ceux que. nous avons trouvés pour le maillechort, soit Ocal,OOI2.
- Remarquons en outre que ce coefficient varie avec la manière dont l’enroulement est fait : up fil de mailler chort chauffe d’autant plus que la spirale suivant laquelle
- G-Voir Nature, n»> 238f>, s38i, 2383, 2385, 2801, 23q3 et 2897-2398. ’ ' '
- il est enroulé est plus serrée. Les déterminations précédentes ont été faites avec un paâ de 3 mm. environ.
- Nous sommes maintenant en mesure de résoudre tous les problèmes qui peuvent se poser dans le calcul pratique des rhéostats :
- C Problème.
- Quel est le diamètre à donner à un fil devant poi’ter un courant I, connaissant son coefficient de conductibilité A et la température à laquelle il doit être porté?
- Soit d le diamètre du fil en centimètres, 1 la longueui’ en centimètres, a la résistance d’un fil de 1 mm2 et de 1 mèfre de longueur. La surface latérale est donc : 7rdl centimètres carrés, et le rayonnement pour une température T et une seconde ;
- ndlCT calories.
- Cela est égal à PRXo,î4 calories.
- Evaluons donc R, on a R—^1; 1, étant évalué en mè-
- .
- très, et S, en millimètres carrés
- donc
- li
- _ 1
- 100
- 1 oor.d2
- _
- R:
- 4 ai
- loo'cd- lo.ooo.üd2
- et
- d’où
- PR X o.M
- 4 alP x 0,24 10.000 âd2
- 4alP x 0,24 10,000 itd2
- rrdlGT
- équation qui notis donnera la valeur de d
- V
- 4 al2 X o,?-4 io.oootPCT
- : 0,02 1/
- a P CT
- Exemple. — On veut faire un l’hépstat de_chauffage de 600 watts pour un cabinet, avec un fil de maillechort pour lequel a = 0'>,43. L appax’eil doit marcher 110 volts. Calculer le rhéostat si la atteindre est de 6oo°; 1 = 6 ampères.
- sous température à
- Calcul de d : d
- : 0,214
- P —
- Y 0,0012
- X 36
- 2 X 600
- d = 6/10 de millimètre environ.
- La section d’un tel fil est de o mm2 28, ce qui leur
- ï 19 6~
- Ï9 M
- o mm
- donne une résistance de iw,6 au mètre.
- La résistance totale du rhéostat qui sera
- environ nous donnera une longueur de 12 mètres.
- Enroulé en hélice de 1 cm de diamètre, cette longueur fournira 385 spires. Si le pas de l’hélice est de 3 mm, la longueur du boudin obtenu sera de 1 m. i5. Ce boudin peut être enroulé sur un tube de porcelaine, sur un tube de fer recouvert d’amiante. Si le diamètre du noyau est de 4 cm, nous aurons à enrouler environ 9 spii’es qui occuperont une longueur totale de 12 cm environ. On a donc la possibilité de faire un rhéostat relativement puissant avec un faible poids de maillechort. Le prix d’achat de la résistance serait même actuellement absolument insignifiant.
- 26 Problème.
- Etant donné un fil de diamètre connu, quelle est l’intensité à admettre pour que soit atteinte une température déterminée ?
- Exemple. — Un fil de maillechort (a=o„,,43) a un diamètre de a5/io. Quelle est l’intensité à admettre pour qu’il soit porté au rouge cerise ù 900°.
- Nous allons faire le raisonnement sur un élément de 1 m., le nombre trouvé, étant vrai pour [tous éléments, s’appliquera au rhéostat total :
- Surface latérale : ocm,2 5 x r. X 100 == 78e"’2.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Rayonnement à 9000 :
- ocal,0012 X 78 X 900 == 84 calories, soit 35o watts. Résistance du fil : 'ot„,P7.
- Dqnc : I2 X 0,07 =.35o watts.
- 35o
- ----= 70 amperes.
- 0,07
- 3° Problème.
- Quelle sera la température atteinte par Un fil donné lorsqu’il sera parcouru par un courant déterminé ? Exemple. — Quelles seront les températures atteintes
- par un fil de mailiechort de —, lorsqu’il sera traversé
- ro
- par des courants de 5, 10, i5, 20 ampères.
- La résistance d’un mètre de ce fil est de :
- R== o2,46 environ à chaud.
- La surface de refroidissement est de 3i cm.
- Ën écrivant comme toujours que l’équilibre de température sera obtenu lorsque l’énergie portée par le courant en première seconde sera égale à l’énergie rayonnée, nous aurons le tableau suivant :
- [ Ellet Joule I2 X 0,46. Énergie rayonnée on calories. Calories rayonnées par cm2. Température.
- 0" 08
- 5 10" 5 Ac 5 2 0 © cc r — 66"
- 0,0012
- 10 42,0 10,08 0,3 2 264°
- i5 94,5 22,68 0,72 5 9 40
- 'AO 168,0 40, J2 1,28 io56°
- Un fil de — en mailiechort peut donc être utilisé pour
- porter un courant de i5 ampères. Un tel appareil monté sous 110 volts aurait une puissance de i65o watts, suffisante pour [chauffer une salle à manger, un salon.
- Sa résistance serait de 7w,5 environ et sa longueur 17 m. Ce fil pèserait 120 gr. et coûterait environ 3 fr. 60.
- Nous laissons à nos lecteurs le plaisir de calculer un plateau chauffant constitué par une spirale de mailiechort placée entre deux feuilles d’amiante et maintenue en place par deux plateaux argentés ou nickelés. Ce plateau chauffant, très mobile, peut être placé successivement dans divers récipients qui contiennent le liquide à chauffer (fig. 1).
- Ils calculeront très facilement aussi la résistance susceptible d’être introduite dans un tube argenté afin de chauffer facilement un verre d’éau (fig. 2).
- On trouvera des fils de maille -chort à l'Electro-Matériel, 5 et 7, rue Darboy, Paris XI0.
- 2* On trouve aussi dans cette mai-
- son, qui détaille par petites quantités, tout ce dont on peut avoir besoin comme appareillage électrique. A Delavie,
- Professeur d’Electncilé industrielle.
- **> Physique <r*
- Siphon à amorçage automatique. — Il peut être utile, dans certains systèmes d’irrigation, d’assurer la vidange automatique de réservoirs d’eau lorsqu’ils se trouvent remplis. Le vulgaire siphon semble pouvoir répondre à la question, mais cela ne peut être vrai qüe pour quelques cas particuliers. Si la source qui alimente le réservoir auquel est adapté le siphon est d’un faible débit et celui-ci d’un calibre un peu important, il ne s’amorcera pas automatiquement et fonctionnera en déversoir en ne laissant passer que le débit normal de la source.
- C’est pour arriver à ce résultat d’auto-amorçage, quelque faible que soit la source d’alimentation du réservoir, qüe M. Bréon a imaginé l’appareil décrit ci-après. A peu près en son milieu, une partie de la grande branche du siphon est remplacée par un tube plus large AA A'A' muni dans sa partie supérieure d’une cloison BB. De cette cloison partent 3 tubes (*) dontl’un EE, d’un petit diamètre, est interrompu en DDDD de manière à constituer une sorte de trompe. Le 2e tube, d’un calibre un peu plus fort FF, est coudé de façon à venir déboucher à quelques centimètres au-dessus de la partie basse de la grande branche. Enfin un tube court MMMM, à peu près du même diamètre que la partie non modifiée du siphon, occupe le centre de la cloison BB.
- Fonctionnement. — Le réservoir étant rempli, aussitôt que quelques gouttes d’eau pénètrent dans l’appareil et viennent ruisseler sur la cloison BB, elles trouvent de suite à s’écouler par le tube-trompe EE, en entraînant de l’air qui vient s’échapper en bulles dans le récipient RR plein d’eau et dans lequel plonge, de 1 cm
- Bouchon permettent de passer une fige'dans te trompe E E en cas d'obstruction ______
- M M
- Bague soudée réunissant les deux parties
- M' M
- Boite d'amorçage
- Fig. 3. — Siphon transformant une source a petit débit ëii source intermittente à grand débit.
- environ, l’extrémité de la grande branche. Un» diminution de pression se produit alors à l’intérieur du système, l’eau du réservoir est aspirée et la trompe fonctionne avec plus d’activité. Bientôt, l'eau vient aussi à s’écouler par ie 20 tube FF et contribue encore à entraîner l’air au dehors. Enfin, au bout de quelques secondes, l’eau passe par le tube central MM, le siphon s’amorce et le réservoir se vide.
- Il n’est pas moins nécessaire d’assurer le désamorçage lorsque le réservoir va être vidé. En effet, si on ne prévoyait pas de dispositif dans ce but, la petite quantité d’eau que la source continue à fournir passerait par le siphon, celui-ci restant rempli d’eau. Pour obtenir ce désamorçage, on fait plonger la petite branche I terminée en biseaü dans un récipient de petit volume dans lequel le niveau de l’eau baisse très rapidement vers la fin de la vidange. Une certaine quantité d’air est aspirée en même temps que les dernières portions de l’eau et le siphon se désamorce. Ce réêipiènt est muni d’un grillage pour arrêter les feuilles, débris de bois, etc.
- On peut adopter aussi le dispositif dans lequel la petite branche est remplacée par Une cloche (fig. 4). La boîte de désamorçage est alors annulaire. Le mode de fonctionnement est le même.
- 1. Il -peut, y avoir ml plus grand nombre de tubes.
- prise de
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- L’auteur a utilisé avec succès ce siplion dans les circonstances suivantes : « J’ai, dit-il, dans un jardin en coteau, une petite source qui sort à peu près au milieu de la pente. Son débit s’abaisse en été à i litre 5o par minute. Elle remplit, au bout d’un certain temps, un réservoir portant un siphon automatique qui distribue l’eau à un bélier(') hydraulique. L’eau est ainsi montée à 8 m. de
- Réservoir
- Boitede
- Boite d'amorçage
- Fig. . — Autre disposition transformant une source à petit débit en source intermittente à grand débit.
- hauteur, sans qu’on s’en occupe, à la partie supérieure du jardin où elle est utilisée pour l’arrosage ».
- Ce siphon peut être construit facilement avec des tubes en cuivre pour les petits diamètres, en plomb, en zinc, en tôle galvanisée pour les plus gros. Le premier ferblantier venu peut s’en charger. On peut aussi le faire en verre, ce qui permet d’observer ce qui s’y passe. Son prix est des plus modestes.
- L’inventeur est M. Bréon, à Semur (Côte-d’Or).
- Mécanique
- Vis à bois indévissable. — Il est nécessaire pour certains appareils qui sont à la portée du public de placer des vis à bois (par exemple des gonds de porte)
- Fig. i>. — Vis à bois indévissable.
- alors qu’il est recommandable d’empêcher les malveillants d’enlever ces vis.
- • i. Lé.bélier doit porter un dispositif, à ressort qui assure, sa mise en marche sans intervention. En effet un bélier auquel on donne l’eau ne se met en route que si on actionne, pendant quelques instants, la soupape d’arrêt, avec la main.
- Pour cela généralement, la tète de la vis, au lieu de porter une fente, présente une disposition de trous spéciale, il faut alors employer pour la dévisser une lame de tournevis comportant des tenons qui s’emmanchent dans les trous de la tête de la vis.
- On peut modifier très simplement une vis ordinaire pour rendre le desserrage sinon impossible, tout au moins difficile.
- La figure représente cet aménagement. La face de la vis est limée de manière à former deux plans inclinés de pente opposée. De cette façon, en tournant le tournevis, la lame, faisant effort à l’endroit des flèches en traits pleins qui est surélevé, fera tourner facilement la vis. Pour le dévissage, la lame agit à l’endroit des flèches en pointillé qui est limé et est en pente formant plan incliné. Le tournevis échappera donc sous l’effort et il sera presque impossible de démonter la vis.
- Mise en place des vis. — Dans le n" a36*2 de La Nature nous avons indiqué le moyen de mettre en place les vis et nous indiquions l’emploi de pinces, de graisse consistante ou d’un petit appareil spécial.
- Cet appareil ne peut être utilisé dans les endroits inaccessibles avec peu de place disponible. Voici un
- Mise en place des vis.
- subterfuge extrêmement simple auquel il fallait soDger. On passe la vis dans une petite bande de carton peu résistant, tel qu’une carte de visite par exemple. Cette carte sert à- placer la vis face au logement là où les doigts ne pourraient passer. On engrène la vis de quelques filets avec un tournevis et quand on suppose l’opération suffisamment amorcée, il suffit de tirer la carie qui se déchire. On continue ensuite à faire agir le tournevis jusqu’au blocage.
- Poulie à friction simple. — Dans un atelier de mécanique modeste comme l’est un atelier d’amateur,
- Roue ordinaire ou
- Bois
- Bronze ou \ laiton
- Fig. 7. — Poulie à friction simple.
- il arrive que les organes de transmission plus modernes soient susceptibles de rendre des services. Puisque nous parlons ici des embrayages à friction, ce mécanisme sera commode pour les renvois des petites machines pourvu que l’on puisse établir soi-même ces appareils d’un prix plutôt élevé.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Voyons comment l'amateur mécanicien déjà possesseur d’un atelier un peu important réalisera l’embrayage à friction.
- Le cône de friction sera constitué par des épaisseurs de cuir ou plus économiquement de fibre qui seront découpées en couronnes. Elles seront montées au moyen de boulons à queue recourbée sur les rais d’une poulie à gorge ou d’une simple roue à volant métallique; on pourra utiliser aussi une vieille poulie dont on aura rétréci le limbe au tour.
- Ce cône d’embrayage sera tourné, mais cela n’est pas complètement utile si les rondelles sont bien préparées. La roue sera rendue solidaire de l’arbre.
- La partie mobile qui viendra coiffer le cône sera constituée, comme l'indique la figure 7, de plusieurs épaisseurs de bois assemblées par des boulons en ayant soin que d’une épaisseur de bois à l’autre les fibres du bois soient placées à 9o°afin d’empêcher que l’ensemble ne se déforme et ne joue. La partie creuse qui coiffe le cône aura des dimensions un peu plus faibles que ce dernier, pour éviter que le blocage ne se fasse à fond de course à cause de la présence des boulons et écrous qui seraient gênants.
- La poulie bois est fixée sur une douille cuivre tournée, comportant une rondelle d’assise, par des boulons. La surface extérieure de la poulie sera également tournée. La douille sera à frottement libre sur l’arbre et pourra coulisser librement.
- La barre de manœuvre pourra avoir des dispositions appropriées dans chaque cas ; par exemple, comme le représente la figure 8, elle sera constituée par du fer rond qui forme un collier enserrant et commandant la douille en cuivre et par suite la poulie bois.
- En actionnant le levier, on vient coiffer le cône qui tourne par la poulie bois, laquelle par suite de la friction est entraînée par l’arbre et actionne ainsi la machine. Ce dispositif évite l’emploi d’une poulie fixe et folle et donne une mise en marche aussi progressive qu’on le désire.
- En modifiant ce dispositif et en fixant la poulie bois sur un arbre qui tourne, au moyen d’un clavetage, on pourra employer le cône d’embrayage comme un organe de freinage. C’est lui qui sera commandé par la perche de manœuvre, mais il sera fixé fortement sur cette perche pour qu’il ne puisse tourner. En l’appuyant plus ou moins, on fera frein sur la poulie jusqu’à l’arrêt.
- Fig. 8. — Levier de manœuvre.
- 6
- Fer ordinaire
- Fer façonne-
- Coupe du fer façonné et percé
- Fie
- Le fer à souder façonné.
- pyramide à base, carrée à pointe très émoussée. Ce fer sera percé d’un trou central arrêté vers le milieu, le diamètre de ce trou aura environ 5/10 de m illim è tre à peine. On percera un trou perpendiculaire d’environ 3 mm débouchant sur une face de la pyramide. L’entrée en sera légèrement fraisée.
- Pour se servir de cet appareil, le bâton de soudure sera placé dans la fraisure ; l’étain fond et conle dans le trou pour s’échapper par la
- pointe du fer. Cette dernière étant appliquée exactement sur le trou à garnir de soudure, il n’en résultera aucune perte et un travail très propre pourra être facilement réalisé.
- Le fer à souder forme ainsi réservoir de soudure, on doit avoir
- soin de ne mettre que peu de soudure à la fois et au fur et à mesure du travail. Lorsqu’on a à réunir des câbles ou fils électriques on recommande de souder le joint; là aussi avec un fer ordinaire on dépense beaucoup de soudure alors qu’on n’a besoin que d’une petite quantité pour arriver 'au résultat.
- On peut également éviter cette perte par deux petits agencements simples.
- Pour souder une connexion un peu forte on ménagera sur le fer à souder (fig. n), une entaille en Y dans laquelle reposera la jonction à souder. Le fer chauffé il suffit d’appliquer la bâton de soudure sur le câble à souder.
- Dans le cas de petites épissures de plusieurs fils par exemple de fils de 9/10 de millimètre, il suffira de percer dans le fer un trou borgne qu’on remplira de soudure, le fer une fois chauffé (fig. 12). On aura ainsi un petit bain de soudure liquide dans laquelle on trempe l’épissure qu’on entoure ensuite de toile caoutchoutée ou chattertonnée et l’on aura, sans perte d’étain, réalisé une jonction électrique parfaite.
- Fig, 11. — Emploi du fer façonné.
- Fig. 12.
- Fer à souder pour petits trous et pour fils. — Il
- arrive assez souvent que l’on a à souder des petits trous,
- à remplir de soudure des orifices de faible diamètre et], dans ce cas, l’emploi du fer à souder ordinaire est peu facile. Il arrive que l’on n’emploie alors
- que le coin du fer Fig- 9- — Fel' à souder ordinaire. sur le bâton de sou-
- dure que l’on applique au bord du trou (fig. 9). On perd de cette façon beaucoup de soudure et au prix actuel de l’étain il est intéressant d’éviter cette, perte.
- Pour cela ait lieu de donner ait fer la forme ordinaire en biseau on façonnera l’extrémité à 4 pans en laissant une pointe émoussée; cm obtiendra ainsi une aorte de
- Confection d’une petite meule. — Il est souvent utile d’avoir une petite meule émeri pour affûter les outils d’un atelier d’amateur. Il existe pour cela des modèles qu’on manœuvre à la main avec une manivelle. Les systèmes à pédale coûtent en général assez cher et sont presque toujours d’un encombrement trop considérable pour l’usage restreint que veut en faire l’amateur.
- Nous allons indiquer ci-après le moyen de construire à peu de frais une toute petite meule avec des matériaux faciles à trouver.
- Cet appareil devant tourner à grande vitesse, il est intéressant de réaliser des paliers à billes pour la rotation de l’arbre. Cette condition sera obtenue facilement en employant le moyeu d’une vieille roue avqpt de bicyclette dont on aura séparé la jante et les rayons.
- A. l’encontre du fonctionnement de la bicyclette, l’axe sera la partie qui tournera, tandis que la partie extérieure sera fixe et formera support des paliers à billes,
- . Dans un bloc de bois dur. ou çrçusera une rigole
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- destinée à recevoir le moyeu. La largeur de ce bloc sera telle que les parties recevant les rayons viendront s’appliquer exactement contre les faces latérales du bloc. Sur ce bloc viendront s’ajuster, pour enserrer le moyeu, deux brides en bois qui seront serrées solidement par des vis. Les deux brides de bois ainsi fixées laisseront libre l’acier au trou graisseux’qui se trouve sur le moyeu et qu’on placera à la partie supérieure (tîg. i3).
- Pour éviter que le moyeu ne tourne dans les brides de bois et dans le bloc, on pourra, si l’on veut, interposer une feuille de papier émeri entre le bois et les parties métalliques-. On peut éviter ce dispositif de sécurité en fixant les couronnes extérieures par des petites vis à bois, qui se logeront dans les trous qui sont des-
- (Cf/e emsri
- Fig. l3. — Vue de face et de profil du moyeu de bicyclette sur son socle.
- tinés à recevoir les rayons. Ceci a l’inconvénient de nécessiter un démontage long en cas de vérification de l’appareil.
- La hauteur du bloc de bois sera telle que l’axe se trouve placé à 120 à i5o mm du socle. Ce dernier aura des dimensions suffisantes pour donner une bonne assise à l’appareil.
- Voyons maintenant comment nous allons procéder pour la fixation des meules et de la poulie de commande. Le point délicat est dans l’établissement des pas de vis des extrémités de l’arbre. Si ces pas sont de même sens tous les deux, pendant la rotation, il arrivera par suite de l’inertie ou de la résistance supportée par les pièces, que la poulie par exemple tendra à se serrer, sur le filet de vis et que la meule tendra à se desserrer. Il faut donc que les filetages soient en sens contraire et
- meule
- fixation de la meute
- >»
- Fig. 14. — Poulie et meule.
- nous aurons un pas à droite, du côté de la poulie par exemple, et un pas à gauche du côté de la meule.
- Nous choisissons le pas à gauche pour la meule parce que cela nous permettra d’avoir une tige filetée support plus longue que celle qui se trouve sur un moyeu de bicyclette et que l’on aura une meule ou un appareil d’utilisation écarté du socle, ce qui est préférable pour travailler les pièces ou les outils.
- Confection de la poulie. — La poulie sera en bois; de préférence, on la confectionnera de plusieurs épaisseurs de bois en croisant les fibres de couche à couche, afin d’éviter le jeu ultérieur ; mais étant donné le diamètre faible, 120 à i5o mm, ceci n’est pas indispensable (fig. 14).
- La poulie sera tournée et on pourra y ménager une gorge, si la courroie employée est une courroie ronde.
- On pourra également y placer un maneton manivelle si l’on veut l’actionner à la main ou au pied par l’intermédiaire d’une pédale, comme dans les meules gx-ès
- ordinales. Cette poulie sex-a percée en son centre d’un trou pour recevoir la pièce de fixation sur l’axe. Cette pièce sera tournée dans le genre de celle indiquée par la figure 14. Elle sera en fer ou en fonte, prise dans une pièce de rebut. Elle sera agencée avec un trou taraudé qui viendra se visser sur l’axe du moyeu. Une fois en
- clavettes en acier
- tig. lâ. — Pièce do bronze pour monter lu meule.
- place, on pourra la consolider avec un écrou de blocage, mais cela n’est pas nécessaire, la poulie tendant à se visser sur l’axe. La collerette de la pièce métallique sera percée de 4 trous qui serviront à laisser passer des vis à bois destinées à fixer la poulie sur le*-support. L’ensemble est alors vissé sur l’axe du côté A et est prêt à recevoir la courroie de commande.
- Support de meule. — Pour supporter la meule, il nous faut réaliser un pas à gauche ; pour cela on tournera une petite pièce bronze (fig. i5) qui sera percée et taraudée de manière à se visser à droite sur l’extrémité B de l’axe du moyeu. Cette pièce comportera une tige extérieure filetée à gauche , qui sera d’une longueur suffisante, 3 à 4 cm, pour recevoir la meule et l’écrou de blocage.
- Cette pièce sera percée d’un trou destiné à * laisser passer une clavette du genre de celles qui fixent les branches des pédales ; clavette légèrement conique qui viendra écraser le filet de B, une fois l’ensemble bloqué et qui rendra la pièce en bronze parfaitement solidaire de l’axe.
- La meule sera préparée avec un trou juste pour laisser passer la tige b et le tout sera bloqué avec un écrou à gauche.
- L’ensemble aura l’allure de la figure 16.
- La force motrice pouri’a être fournie par un petit moteur électrique, une transmission mécanique ou, comme on l’a vu tout à l’heure, à la manivelle.
- Au lieu de meule émei'i en grès, on pour-
- F.nsemble de l’apparei
- drap pour le polissage, ou même une petite scie à métaux pour permettre le sciage rapide de petites pièces surtout en laiton.
- Dans ce cas, il faudra agir avec prudence et placer une petite tablette qui servii’a à faire glisser les pièces blesser.
- Cet appareil pouima être facilement installé sur la table d’une vieille machine à coudre et on utilisera la pédale et le volant pour actionner la poulie bois avec une courroie l'onde. On aura de cette façon une installation excessivement commode qui pourra servir à beatx-coup d’usages.
- Fig. 17. — Montage (l’une scie, à scier et à éviter de se
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- T. S. F. DES AMATEURS
- CONSTRUCTION DE CONDENSATEURS FIXES
- Onglet des Jeu/lles paires
- Après la bobine d’accord, l’appareil le plus utile pour compléter l’agencement d’un récepteur de télégraphie sans 111 est le condensateur fixe.
- Ce genre de condensateur est utilisé dans un circuit de réception, soit pour empêcher la mise en court-circuit du détecteur lorsque celui-ci se trouve relié aux extrémités d’un enroulement, soit, plus souvent, pour shunter l’écouteur téléphonique.
- Dans ce dernier cas, le rôle du condensateur fixe est de favoriser l’établissement d’oscillations dans le circuit détecteur et d’obliger le courant direct résultant du redressement des oscillations par le détecteur à passer
- tout entier par le Vis du couvercle téléphone.
- ^ Bornes^ 7 Pour que les
- Couvercle ,<0. “ "X 7^ oscillations restent localisées dans le circuit détecteur et ne traversent pas le téléphone dont la résistance les , % amortirait en partie, il importe que le condensateur-shunt leur offre un passage
- plus facile à franchir que celui offert par l’écouteur. En conséquence, plus la résistance ohmique du téléphone sera faible, plus la capacité du condensateur destinée à la contrebalancer devra être grande.
- La capacité d’un condensateur fixe s’établit habituellement entre .ooi et .004 microfarad.
- La figure 1 représente un modèle de condensateur fixe très facile à construire.
- L’appareil se compose, en effet, d’un petit cahier de feuilles d’étain isolées entre elles et reliées par paires et impaires, chaque groupe constituant une « armature» du condensateur. Le tout est simplement bloqué entre deux planchettes de bois.
- Ebcnisterie. — Le socle de l’appareil (fig. 2) est fait d’une planchette de bois verni ou paraffiné, mesurant 19 cm sur 8 et 10 mm d’épaisseur.
- Une planchette plus mince (5 mm d’épaisseur environ), en ébonite ou en bois dur également verni, ayant même largeur et même longueur que le socle, sert de couvercle.
- Deux échancrures de 10 mm de largeur et if> mm de profondeur sont ménagées au milieu des côtés de 8 cm
- Ong/et des ! Peui J/es impaires
- Fia
- Disposition du condensateur.
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- Fig. 3.
- Couvercle.
- pour permettre le passage des bornes fixant sur le socle le condensateur par ses deux armatures. Ces échancrures se font aisément à l’aide d’une petite râpe demi-ronde, si le couvercle est en ébonite, ou au moyen d’une petite scie à découper, voire même d'un simple couteau, si la planchette est de bois. Dans ce cas, il est nécessaire d’utiliser un bois dur, chêne ou noyer, offrant une rigidité suffisante.
- Les petits trous qui figurent sur notre dessin aux angles du 'couvercle sont destinés â recevoir quatre vis de 1 cm et demi de longueur qui fixeront ce couvercle sur le socle pour maintenir solidement pressé le bloc de condensateur.
- Armatures. — Les armatures du condensateur sont constituées par des feuilles de clinquant découpées selon le croquis de la figure 5, c’est-à-dire mesurant
- 90 mm sur 60, le papier d’étain utilisé pour l’emballage du chocolat convient parfaitement pour cet usage.
- Des feuilles de papier huilé (à l’huile de ricin) ou paraffiné, de minces plaquettes de mica ou de celluloïd -servent à isoler entre elles les feuilles métalliques.
- Ces dernières dépassent de i5 mm à droite ou à gauche, selon qu’elles occupent un rang pair ou un rang
- Fig. 4.
- Feuille isolante.
- Fig. 5. — Feuille d’étain.
- fëu/l/e deta/n
- impair, la feuille isolante sur laquelle chacune est respectivement posée (fig. 6). Cette disposition permet de réunir aisément toutes les feuilles métalliques en deux groupes isolés l’un de l’autre et dont chacun constitue une armature du condensateur.
- Là figure 7 montre de quelle façon doivent alterner les feuilles de clinquant paires et impaires et leur position dans le bloc entre les feuilles isolantes représentées en pointillé.
- Pour augmenter la solidité de l’appareil, il est bon dédoubler la première et la dernière feuille isolante avec des cartes
- paraffinées qui ser- „ fe(J///e ,so/an(e vent de couverture de garde au bloc du condensateur.
- Etalonnage.—La capacité d'un condensateur dépend non seulement de la surface des armatures en regard, ‘ mais encore de Vépaisseur de l’isolant ou « diélectrique » qui sépare les feuilles métalliques entre elles et de la nature de ce diélectrique. Ainsi l’emploi de plaquettes de mica comme isolant assurera à un condensateur une capacité trois ou quatre fois plus grande que ne le ferait, toutes choses égales, l’emploi de feuilles de papier de même épaisseur; et pour des armatures égales et une même variété d’isolant, la capacité d’un condensateur sera d’autant plus grande que l’épaisseur de l’isolant sera plus faible.
- En utilisant du papier écolier paraffiné pour isoler des feuilles de clinquant mesurant 90 mm sur 60, on réalise, à peu de
- l ig. 6. — Position des feuilles.
- Carte isolante
- feuille d'ètafn
- isolante
- Fis
- Montage des feuilles.
- chose près, un condensateur de .004 microfàrad en formant chaque armature par trois feuilles métalliques ; une capacité de .002 mf. n’exigera que deux
- feuilles par armature; une capacité de .0001 mf., deux feuilles pour une armature et une demi-feuille entre les précédentes pour l’autre armature; une capacité de ;ooo5 mf. sera obtenue avec une seule feuille à chaque armature ; enfin les armatures réduites chacune à une demi-feuille, le condensateur n’aura plus qu’uiiè capacité de .00025 mf, v
- Quelque sommaires et approximatives que soient les données qui précèdent, elles suffiront à tous les besoins d’un petit poste d’expériences, surtout si l’opérateur se souvient, à l’occasion, que deux condensateurs groupés <c 'en parallèle » additionnent leur capacité respective alors qu’ils la divisent lorsqu’ils sont montés « en série » ;
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- T, S. F. DES AMATEURS
- en d’autres termes, que deux condensateurs de .004 mf., par exemple, groupés en parallèle équivalent à un condensateur unique de .008 mf., mais ne représentent plus qu’une capacité totale de .003 mf. lorsqu’ils sont montés en série.
- Montagc de l’appareil. — Lorsque le bloc du condensateur est achevé, on le presse un moment sous un fer à repasser légèrement chaud, on fait fondre ainsi la paraffine qui imprègne le papier isolant, assurant sur celui-ci l’adhérence parfaite des feuilles de clinquant. En se refroidissant, la paraffine emprisonne complètement le bloc dans une gaine imperméable.
- Après cette opération, on replie sur la carte supérieure les marges métalliques débordant à droite et à gauche et on les serre dans deux charnières découpées dans un mince ruban de cuivre où de laiton (fig. 8).
- Ces onglets portent sur chaque aile repliée un oeillet destiné au passage de la vis des bornes qui fixeront le
- condensateur sur le socle en assurant une bonne prise de contact sur chaque armature.
- Il est prudent de combler la rainure que laissent
- Ong/et re/ianr Ong/ei c/es feui/ies
- » /es feu///es paires impaires
- Fig. g. — Le condensateur terminé.
- entre eux le couvercle et le socle dont l’assemblage maintient le bloc du condensateur, en y versant un peu de cire ou de paraffine fondue, l’étanchéité ainsi obtenue assurera une valeur constante de la capacité.
- Franck Duroquier.
- Fig, 8, — Charnières.
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- VARIETES
- >’
- La refermentation accidentelle des vins, — Il
- n’est pas rare que les vins jeunes éprouvent un léger mouvement de fermentation lorsqu’arrivent les premiers jours chauds ; c’est un accident qui se produit surtout quand on a récolté des raisins trop mûrs et quand la première fermentation a laissé au vin un goût légèrement sucré. Il est surtout à craindre pour les vins qui ont été sucrés à la cuve quand le sucre ajouté au moût ne l’a pas été dans des proportions convenables : une partie seulement s’en invertit alors et est atteinte par la fermentation alcoolique ; le reste subsiste intact ; c’est lui qui refermente quand arrivent les beaux jours.
- Donc, deux causes à la refermentation accidentelle : excès de degré saccharique ou sucrage effectué de façon malhabile ; elles sont, du reste, bien près de se confondre au point de vue théorique et ont toutes deux pour corollaire une trop faible acidité du moût.
- La fermentation normale de la vendange ne s’effectue, en effet, dans ces conditions optima qu’autant qu’elle a lieu en milieu acide. La première chose à faire au moment du début de la vinification est donc de doser l’acidité du moût, et quand elle est trouvée insuffisante, de l’accroître par l’addition — très licite — d’acide tartrique pur.
- Quand le viticulteur a négligé de * prendre la précaution de doser l’acidité de ses moûts et quand, par suite, il a vinifié un peu à l’aveuglette, il s’expose à divers accidents, parmi lesquels la refermentation intempestive est, sinon le plus grave, du moins l’un des plus fréquents. Il est sage de sa part d’en empêcher la possibilité.
- Il existe pour cela un moyen efficace, pasteuriser le vin, de façon à détruire tous les germes vivants qu’il contient et à le maintenir dans un état de repos biologique absolu et permanent. _
- C’est un moyen qui présente pourtant, outre les aléas qu’il comporte, un inconvénient sérieux, celui de laisser inemployée une certaine quantité de sucre, dont la transformation en alcool serait utile et rémunératrice.
- Aussi la pasteurisation doit-elle être nécessairement suivie d’un dosage du sucre libre, mettant en évidence la teneur en principes sucrés fermentescibles que le vin tient en solution.
- Si l’on a fait uue pasteurisation complète et si l’on est sûr de l’inertie totale du vin produit, on peut, à la rigueur, considérer que le sucre libre donne du moelleux au bouquet ; c’est une théorie que d’excellents œnologues ont soutenue et dont ils ont fourni des raisons très acceptables. Mais elle est un peu hasardeuse et je ne crois, ni qu’il faille l’admettre sans réserves, ni qu’il spit prudçnt d’e» faire la base de sa conduite,
- Il me paraît beaucoup plus sage de détruire ce sucre par une seconde fermentation scientifiquement faite et rationnellement conduite.
- Pour cela, on ensemencera le vin stérile avec des levures sélectionnées, dont le travail biochimique portera son activité sur le sucre libre et le dédoublera intégralement en acide carbonique et alcool, suivant le processus classique et bien connu.
- Mais, c’est là une opération délicate qui ne peut pas être faite à la légère et qui demande l’intervention de techniciens expérimentés.
- Dans l’immense majorité des cas, et notamment dans les petites exploitations, le traitement de la refermenta-tion accidentelle doit être plus simple.
- Il consistera essentiellement à empêcher ou au moins à arrêter la fermentation, qui imprimerait à la masse une série de mouvements capables de la troubler en faisant remonter à la surface les lies et les dépôts précipités au fond.
- Les collages les plus soigneusement faits sont inefficaces ils sont, de plus, dangereux, parce qu’ils introduisent presque toujours dans le vin des substances étrangères pouvant prendre part à des fermentations secondaires et, par suite, donner naissance à des goûts anormaux.
- La seule conduite à tenir est de soutirer, de filtrer à la pâte de cellulose ou au papier et mieux encore à la porcelaine et d’enfûter en tonneaux très fortement mâchés.
- Surtout, il faut se garder d’employer les antiferments du commerce.
- Les meilleurs d’entre eux ne valent rien ; nombre de falsifications décelées par l’analyse, et déférées aux ' tribunaux n ont pas d’autre origine que l’addition au vin d un antiferment contenant de l’acide borique, de l’acide salicylique ou de l’abrastol.
- Il est donc toujours dangereux de s’en servir et les viticulteurs ne doivent pas oublier qu’en le faisant, ils encourent toujours les risques d’une répression, à laquelle il est parfois bien difficile d’échapper, même en arguant d’une bonne foi malaisée à établir,
- Le traitement des refermentations accidentelles se résume donc ainsi :
- En première ligne : pasteurisation, ensemencement avec des levures sélectionnées et fermentation intégrale du sucre en excès.
- En seconde ligne ; soutirage, filtrage, puis enfûtage en tonneaux méchés.
- Jamais et sous aucun prétexte, aucune addition d’anti-ferment.
- Francis Marris.
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- HYGIENE ET SANTE
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- Le nouveau Ministère de l’Hygiène, de l’Assistance et de la Prévoyance sociales. — La guerre a augmenté la valeur du capital humain plus que celle de tout autre.
- Nous manquons de main-d’œuvre et nous en manquerons longtemps encore.
- Le coût de la vie ne sera supportable que si les bras ne manquent pas pour travailler.
- La paix extérieure ne sera assurée que si la population du pays est assez nombreuse et valide pour inspirer aux voisins le respect.
- Ce n’est donc pas uniquement l’amour de la vie, la pitié pour la douleur qui doivent nous inciter à lutter contre la maladie et la dépopulation. Cette lutte est devenue urgente, impérieuse. C’est autant une bonne affaire qu’une bonne action.
- Depuis longtemps, on souhaitait qu’une importance plus grande soit accordée dans le gouvernement à 1 hygiène, à l'assistance et à la prévoyance sociales, et surtout on désirait que les services qui s’occupent de ces questions ne soient plus dispersés entre les divers ministères, séparés, isolés, sans unité de doctrine et d action.
- Cette unité, M. Millerand vient de la créer en constituant par le décret du 20 janvier 1920 un ministère autonome pour s’occuper de tous ces problèmes. 11 en a conlié la charge à M. J.-L. Breton, dont on avait déjà pu apprécier l’activité, le bon sens et l’énergie pendant la guerre, à la tête du sous-secrétariat des Inventions.
- Cette création répond aux vœux si souvent exprimés, tant par le Parlement que par les techniciens, et ne fait d’ailleurs que suivre l’exemple donné par la Grande-Bretagne où un ministère delà Santé, ayant sensiblement les mêmes attributions que le nôtre, a été constitué l’année dernière.
- Quelle action immédiate peut avoir le nouveau ministère sur l’avenir du pays
- Les statistiques nous apprennent que, au début du xix° siècle, sur 100 habitants plus de 3 mouraient chaque année, tandis qu’aujourd’hui moins de 1 meurent. De ce fait, la longévité a fortement augmenté en général, et nous vivons aujourd’hui beaucoup plus vieux que nos ancêtres du temps de Napoléon. Progrès sensible dont on connaît les causes : application des connaissances scientiüques qui font la nourriture, l’habitation, le travail plus sains qu’autrefois, et surtout des découvertes de Pasteur qui ont permis de connaître puis de guérir nombre de fléaux microbiens.
- Mais un tel progrès devrait augmenter sensiblement le chiffre de la population. Or, nous savons tous qu’il n’en est rien. La population de la France est stationnaire et tend même à décroître, alors que celle de tous les autres pays-augmente. La cause en est notre trop faible natalité.
- C’est là le danger pressant, que le nouveau ministre a voulu avant tout étudier pour y trouver les remèdes
- les plus efficaces. A cet effet, il a immédiatement constitué un Conseil supérieur delà Natalité qui s’est aussitôt mis à l’œuvre.
- La question est fort complexe et touche à de multiples questions économiques. Il est bien évident que l’émigration des campagnes vers les villes, la valeur des salaires, le prix de la nourriture, les difficultés de logement, les charges des impôts influent toutes sur le nombre des enfants de chaque famille.
- Il convient donc d’examiner le problème à la fois dans son ensemble et dans tous ses détails.
- Le Conseil a déjà pu intervenir utilement pour faire accorder une diminution du prix du pain aux enfants des familles nombreuses ; il compte prochainement aboutir à faire établir le contrôle du lait destiné aux enfants.
- Il a mis à l’étude les formes multiples d’action susceptibles d’encourager la natalité : assistance aux mères allaitant, primes à la natalité, sursalaire familial, dégrèvement d’impôts en faveur des familles nombreuses, exemption des charges militaires, prestations de soins médicaux, de denrées, etc., moyens répressifs contre la piopagande malthusienne, surcharges d’impôts et de droits successoraux pour les familles sans enfants et les célibataires, etc.
- Sa création même constitue déjà une propagande utile en faveur de la natalité, mais il entend l’étendre parla presse, les tracts, etc.
- Pour la population déjà existante, il importe de réduire au minimum sa morbidité et sa mortalité. Un homme malade coûte cher surtout parce qu’il ne produit pas ; un homme mort coûte encore plus parce qu’il ne créera plus rien, ni enfants, ni travail. Les progrès scientifiques nous fournissent un très grand nombre de moyens d’action efficace contre la maladie et la mort, mais il faut les appliquer. Un enseignement pratique de l’hygiène est donc indispensable, et pour cela une unité de doctrine passant des maîtres des laboratoires aux médecins praticiens et jusqu’aux plus humbles auxiliaires doit être rapidement réalisée. La création envisagée d;un Institut d’Ilygiène répondra à ce but.
- Les lois qui régissent l’hygiène en France doivent suivre les progrès des mœurs et des connaissances scientifiques; plusieurs ont besoin d’être adaptées dans ce sens. Leur réforme a déjà été envisagée.
- Une des causes qui contribuent le plus à l’entretien de la santé est la pratique des exercices physiques et des sports. Il faut donc se préoccuper d’étendre les bienfaits de l’éducation physique à toute la nation.
- Les aliénés constituent un déchet social inutile, coûteux dont l’importance ne fait que croître, hélas ! Les moyens médicaux et sociaux de diminuer leur nombre vont être mis à l’étude.
- Telles ont été les premières préoccupations du nouveau Ministère de l’Hygiène. Souhaitons qu elles aboutissent à des mesures efficaces pour le ..maintien de la santé publique, la diminution de la mortalité, le développement de la population. ^ R. M.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- aflu
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- Procédé à l’huile sur papier non gélatiné. — Nos
- lecteurs connaissent bien le procédé à l’huile (voy. n* 1768, p. 307, et n° a355, Supplément, p. 47)- Ils se rappellent que le papier gélatiné, sensibilisé au bichromate, exposé à la lumière sous un négatif et mouillé, ne retient l’encre grasse qu’en proportion de l’intensité des noirs du positif. Ce procédé se prête particulièrement à l’intervention artistique de l’opérateur et fournit des images inaltérables, mais il n’est pas sans défaut : l’huile s’étale plus ou moins sur la gélatine ; elle rend les blancs sales et graisseux, « savonneux », suivant l’expression consacrée; la surface luisante masque le grain du papier et nuit à la profondeur des ombres; l’encre sèche beaucoup trop lentement, et l’épreuve se gondole. Pour éviter ces inconvénients, on a bien proposé et longuement expérimenté le report de l’image sur du papier
- non gélatiné, mais cette opération supplémentaire complique le procédé et fournit des images inversées de droite à gauche, à moins qu’on n’exécute un contretype symétrique du cliché, ou que celui-ci soit obtenu en exposant la plaque verre en avant et l’émulsion en arrière : dans le premier cas, c’est une complication de plus ; dans le second, le cliché ne peut servir pour d’autres méthodes de tirage qui n’exigent pas le retournement de l’image (papier au citrate, bromure, etc,).
- M. Ch. Duvivier a trouvé un moyen très ingénieux de supprimer toutes ces difficultés. Il a reconnu qu’il était possible d’encrer directement un papier sensibilisé sans gélatine et simplement imprégné d’un très léger encollage à l’amidon. Ses essais ont été effectués sur des papiers d’Arches, n0’ 292 et 1879. On pourra essayer aussi divers papiers anglais,. ainsi que les papiers de
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- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Hollande, et, d'une façon générale, les supports en usage dans le tirage des gravures à l’eau-forte.
- L’encollage est préparé en portant à l’ébullifion un lait d’amidon à 2 pour 100 seulemént, On a ainsi un empois très fluide, dans lequel on trempe le papier. Une demi-minute d’immersion suffit, auprès quoi la feuille est suspendue jusqu’à complète dessiccation.
- Le papier encollé se conserve indéfiniment. Pour le sensibiliser, on le met dans une solution de bichromate de potasse à 2 pour ioo. Au bout d’une minute, on le retire et on le fait sécher dans l’obscurité. Il faut alors s’en servir le plus tôt possible, car il s’altère assez vite.
- L’impression est facile à contrôler, l’image apparaissant en brun sur fond jaune. On l’arrête dès que tous les détails sont visibles, et on lave l’épreuve, pendant une demi-heure, dans l’eau changée au moins cinq ou six fois, de maniéré à éliminer complètement le bichromate. Le papier est alors mis à sécher, pour être ensuite encré n’impôrle quand.
- Avant dé procéder à cette opération, il faut, Uon pas mouiller complètement le papier, comme dans l’ancienne méthode de Rawlins, mais lui donner seulement un certain degré d’humidité. A cet effet, on le pose sur un coussin de buvards mouillés et épongés. L’encrage s’exécute au pied-de-biche enduit d’une encre moyennement dure. Si celle-ci ne prend pas suffisamment, c’est qu’il y a excès d’humidité, et il faut employer des buvards un peu moins imprégnés d’eau. Si, au contraire, l’encre prend partout, il faut mouiller les buvards Un peu plus, ou choisir une encré plus dure. Quand l’image est complète, si lès blancs sont un peu ternis, on les nettoie facilement dans l’éau. L’épreuve est alors suspendue par des pinces ou piquée sur une planchette, et, dès que l’eau s’est évaporée, on pourra la manipuler sans crainte de maculatures, car l’encre a immédiatement pénétré dans les pores du papier.
- On voit que cette méthode est aussi simple que celle de Rawlins et qu’elle aboutit à des résultats semblables à ceux que fournit le report ; elle en réalise tous les avantages, sans en avoir les inconvénients.
- Fixage des papiers aux sels d’argent. — L’élimination imparfaite de l’hyposulfite de soude employé au fixage des photocopies aux sels d’argent en provoque souvent l’altération. Et il est très difficile de faire complètement disparaître les dernières traces de ce sel, ainsi qu’on le constate par certains réactifs très sensibles, tels que lé nitrate d’argent qui, en présence d’un résidu hyposulfureux, produit une tache jaune brun. L’expérience montre qu’un lavage à l’eau courante, même prolongé pendant 24 heures, est encore insuffisant.
- On peut faciliter, dans une certaine mesure, l’élimination du fixateur, en exerçant sur les épreuves des pressages successifs, alternant avec des lavages sommaires. On peut aussi détruire l’hyposulfite resté dans la couché, à l’aide de divers oxydants donnant naissance à des produits très solubles, faciles à éliminer, comme le percarbonate de potassium, l’eau oxygénée ou lé persulfate d’ammoniaque neutres. On peut encore rendre la gélatine insoluble et laver, dans l’eau chaude; mais ce traitement, applicable aux plaques, ne convient guère aux papiers, dont la pâte risque de se désagréger.
- On a remarqué que l'élimination de l’hyposulfite est plus rapide quand le bain de fixage est neuf ou peu usagé. A mesure que le fixateur se charge de sels d’argent, il est de plus en plus difficile d’en débarrasser les épreuves. Le remède â cet inconvénient consiste à immerger les épreuves successivement dans deux solutions d’hyposulfite, dont la seconde aü moins doit être neuve ou peu usagée. Gé procédé avait été déjà préconisé à diverses reprises, notamment par M. Reeb en i8g5, par M. Wallon en 1898, par M. Namias en 1912. MM. Lumière et Seyewetz ont démontré la nécessité du second bain de fixage et précisé les conditions d’emploi de ce bain, de manière à enlever toute trace de substance liyposülfureuse décelable par le nitrate d’argent.
- Ce résultat est atteint le plus rapidement et lé plus économiquement possible en opérant de la façon suivante ;
- i° Fixer d’abord les épreuves comme d’habitude, pendant 5 minutes environ, dans un premier bain de fixage
- plus ou moins usagé, ou bien les traiter par le viro-fixateur, s’il s’agit de virage et fixage combinés ;
- 20 Laver les épreuves pendant une heure environ, en interrompant le lavage tons les quarts d’heure pour les égoutter, les presser en tas à la main, puis les remettre une à une dans la nouvelle eau de lavage ;
- 3° Immerger les épreuves, pendant 5 minutes, dans un nouveau bain d’hyposulfite à 20 pour 100, exclusivement utilisé pour ce second^,fixage ;
- 4° Laver de nouveau les épreuves pendant une heure à une heure et demie, en procédant comme après le premier fixage.
- On s’assure alors qu’une touche de nitrate d’argent faite sur le bord d’une épreuve ne donne plus de colo-x’ation jaune appréciable, au bout de 2 à 3 minutés. Quand le second bain de fixage aura sérvi un certain nombre de fois, on remarquera que le nitrate d’argent produit une tache : c’est l’indice que la solution d’hypo-sulfile est trop chargée en sels d’argent. On pourra, dès lors, l’employer comme premier bain de fixage, et l’on préparera une nouvelle solution fraîche pour le second bain de fixage.
- Correctif contrôlé des épreuves au bromure. —
- M. d’Arcy Power a imaginé une méthode de contrôle dans la correction des épreuves an bromure qui se recommande par sa souplesse et la latitude qu’elle laisse à l’opérateur. Le principe en est de ne faire travailler que des agents dont l’action puisse être à volonté détruite, de manière à permettre le retour à l’état primitif. A cet effet, le réducteur de Farmer est modifié : ou fait agir séparément la solution de ferricyanure de potassium et de bromure de potassium, puis la solution d’hyposulfite, qui dans la pratique habituelle sont mélangées. Le premier bain transforme l’argent de l’image en bromure de teinte laiteuse, que l’hyposulfite dissout ensuite. Si l’action du premier bain a été poussée trop loin, il suffit de laver l’épreuve et de la plonger dans un révélateur suffisamment dilué pour qu’il soit facile d’en arrêter l’action aussitôt que l’intensité voulue est atteinte.
- On peut aussi procéder localement et obtenir ainsi des résultats très variés. Le matériel nécessaire se réduit à quelques feuilles de papier buvard, deux pinceaux en-poils de chameau (un gros et un fin) et un peu de ouate hydrophile.
- Le révélateur peut être quelconque, à l’éxclusiott cependant du pyrogallol.
- L’affaiblisseur est constitué, d’une part, par une solution de 3 gr. de ferrocyanure de potassium et de 6,7 gr. de bromure de potassium dans i5o cm3 d'eau, et, d’auti’e part, par une solution d’hyposulfite de soude à iS ou 20 pour iôo.
- L’épreuve à traiter est d’abord détendue dans l’eau, puis déposée sur une feuille de buvard humide et épongée avec une autre feuille de buvard, On verse, dans un verre, un peu de la solution de ferricyanure et de bromure que l’on étend de plusieurs fois son volume d’eau. On y trempe un pinceau que l’on passe soigneusement sur les parties à effacer ou à affaiblir. Si la surface à affaiblir est assez large, il vaut mieux employer un bain très dilué et en imbiber un tampon de ouate que l’on applique sur l’image. Si, au contraire, il s’agit d’enlever de petits détails, le bain doit être concentré et porté par un pinceau fin et à peine humide. Lorsqu’on a obtenu le degré de réduction désiré, on rince 1 épreuve à 1 eau pure, et l’on fixe dans l’hyposulfite.
- Si, après le premier bain, on voit que la rédaction a été poussée trop loin, on la corrige à volonté par un 'révélateur dilué.
- Le développement local s’effectue de là mêiüe manière que la réduction; il faüt avoir soin d’employer ün pinceâü presque sec et de né pas laisser së prolonger l’action du révélateur. Si. elle paraît trop rapide, on l’arrête instantanément par F application d’un, tampon de oüàte imbibé d’un pèu d’aëide dilué. Une erreur dans cè renforcëtoeiit peut d’ailleurs être corrigée à son tour par ün nouvel affaiblissement, et l’on peut continuel’ ainsi, tant qu’on n’a pas passé l’épreuve dans l’hyposulfite.
- L’originalité de cette méthode consiste à ne procéder au fixage qu’après obtention certaine du résultat désiré et à réserver jusque-là la possibilité de revenir à l’état initial.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS- — I)aas boite aux lettres, la IU'ulaetiou publie J es faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abpnncs. f.lle répond également, dans ia mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — IJ Électrographe est vendu par les Etablissements L. Cavalier, 60-67, rue des Archives, Paris.
- Demandes. —- M. P. Montet, Compagnie française de l’Afrique^ Occidentale, à Kano (Côte occidentale d’Afrique), désirerait se procurer (d’occasion si possible) up bon petit télespope d’amateur pouvant servir pour des travaux d’impprtance moyenne. Un appareil de marque connue serait préféré.
- M. E. Marion, à Saint Léger-sous-Beuvray (Saône-et-Loire). -r- Achèterait n’importe quel prix cartes géologiques de France au 80000e feuilles 124 et i36 d’Autun et de Chàteau-Chinon.
- Erratum. — Dans l’article du icr novembre 1919, sur les corps radio-actifs, le tableau des corps radioactifs de la famille de l’uranium (page 280), doit être corrigé ainsi qu’il suit. En face du mot émanation, on a marqué, entre parenthèses, néon au lieu de niton.
- Réponses. — G. M-, à Bruxelles. — Yoipi quelques adresses de gçanitievs : Edm. Pachy, a3, place de la République, Paris; N. Gourdon, marbreries générales, 33, rue Poussin, Paris; G. Gourdon, i3, rue Bobillot, Paris; Société des granits porpRyroïdes des Vpsges, 4, rue de Çastellane, Paris, ou à Saint-Ame (Vosges); Société des granits de l’Quest, à Nantes (Loire;Inférieure) ; Société française des granits, à Saulxures (Vosges); Société des carrières de granit de Maupertus, 11, rue de l’Abbaye, à Cherbourg (Manche) ; Société de granit, à Abainville (Meurthe-et-Moselle) ; Société granitière du Nord, M. Gandier-Remhaux, à Aulnoye (Nord).
- M. de P., h C. — Le Baros est essentiellement un alliage de nickel et de chrome, renfermant 10 pour 100 environ de ce dernier métal et quelques millièmes de carbone, 4e silicium et de manganèse; cette dernière addition est nécessaire pour que le métal puisse subir le forgeage. Il est fabriqué depuis longtemps, d’une manière courante, aux aciéries d’Imphy. Il a tout d’abord été employé, comme succédané du platine, à la fabrication des poids-étalons (d’où son nom). Qn peut le préconiser pour tous les usages où l’on exige, à la fois, une rigidité xnécanique élevée, une inoxydabilité complète à haute température et une absence rigoureuse d’anomalie thermique, magnétique, dilatométrique, etc., dans un domaine très étendu de température (—2po° à -}- 1200°). - "
- M. Ileybet, au Pornichet. — Pour votre petit transformateur, vous prendrez un noyau fermé de i5 mm2 de section. Il sera feuijleté naturellement.
- Le fil primaire sera en fil émaillé ou sous soie de 18/100 et l’enroulement aura 3200 spires.
- Le fil secondaire sera, en fil émaillé ou sous coton et l’enroulement aura ai'5 spires de 55/iqo.
- Vous abaisserez la tension de 110 à 5 volts environ et votre courant d’utilisation ppqrra être de 1 ampère sous 5 volts. - ,
- Le secteur sur upe phase sera branché sur le fil fin. Le circuit sonnerie sur le gros fil.
- Vous pouvèz utiliser vos feuilles de fer-blanc, à condition de les faire recuire ; cela vous donnera un rendement moins bon que ppur les feuilles de tplp extra douces.
- Nous publierons d’ici peu le moyen de construire soi-même un petit transformateur de sonnerie.
- M. Pion, à Alger. — V Pour tailler des scies çiveu-laiyes à métau», il faut exécuter ce travail sur une machine spéciale. Pour le faire à la main cela nécessiterait une division préalable du disque d’acier qu’on présenterait ensuite devant une fraise qui aurait le profil du creux de la dent, ou devant une meule de ipême-profil. Le disque doit être ensuite trempé et rectifié d’une façon particulière pour éviter le voilement. Ce travail n’est pas du domaine de l’amateur. Qn peut s’ep approcher pu employant des petites machines simples à affûter les scies qui permettront de faire une denture sur des scies
- usagées ou sur des disques d’acier déjà trempé. Ou ne satxrait faire de bon travail ‘sans machine automatique qui fait tourner la scie d’une dent, quand la meule a produit son action.
- 2° Les machines à. affûter les mèches américaines comportent une rigole qui pivote et déplace la pointe du foret devant une meule émeri- La rigole peut être plus ou moins inclinée suiyant l’angle de coupe qu’on désire. Nous ne vous conseillons pas de fabriquer vous-même vos petites mèches américaines, à moins d’en avoir une très grande consommation qui justifierait et la machine et l'outillage nécessaire.
- Bondes mèches ordinaires petites, il suffit d’avpir des outils de précision, genre machines d’horloger, et du soin dans l’usinage.
- M. Séchaud, à Montreux. — Construction d’une sou-pnpe^ électrolytique. — Nous ne croyons pas qu’il soit possible à un amateur de réaliser lui-même une soupape électrolytique fonctionnant dans des conditions satisfaisantes. Les électrodes sont constituées par une feuille de plomb et un alliage d’aluminium spécial. L’électrolyte est une solution d’un sel acide alcalin.
- Ces dispositions font d’ailleurs l’objet de brevets et nous ne pouvons donner des indications absolument précises sur ces appareils qui sont la propriété de constructeurs, leurs réalisations pratiques étant couvertes par lesdits brevets.
- M. Aubriot, Paris. — Le bistre est une condensation abondante et momentanée qui se forme dans les conduits de fumée, quel que soit le combustible employé et quel que soit le foyer desservi. Il ne se produit jamais — sauf pour certains conduits extérieurs en tôle — qu’à la mise en service du foyer, soit pour la première fois, soit apres une assez longue période d’arrêt, alors que le conduit est neuf, humide ou incorporé dans des murs extérieurs, ou enfin placé hors des édifices, et construit soit en briques, en poteries ou eu tôle.
- On sait qu’à l’allumage, il est nécessaire d’établir le tirage au plus vite, de l'échauffer, en un mot, la colonne d air placée dans le conduit, et, pour le faire, on utilise généralement du bois ou des copeaux de bois, c’est-à-dire un combustible à forte teneur d’eau et brûlant avec une forte production de fumee. On conçoit donc que, suivant 1 état ou la situation du conduit, la colonne de gaz chemine plus ou moins mal et que le tirage s’établisse plus ou moins vite.
- Aussi très rapidement, les parois du conduit et du foyer se couvrent d eau qui ruisselle et coule eu sens contraire du courant des gaz, ralentissant leur vitesse. Toutes proportions gardées, on peut dire que la quan-tité de bistre formée est fonction de la nature* et de la position du conduit.'
- Il y a donc lieu de faire visiter le conduit ou d'en rectifier la position afin d’améliorer le tirage.
- M. Dervillé, à Compiègne. — Votre moteur devant fonctionner sous 5o volts (nous le supposons à courant continu), pour le brancher spus 220 volts il faut absorber . 2 20-5o, soit 170 volts. Il faut connaître l’ampérage qui est nécessaire à la pleine marche du moteur, appë-lons-le I. Il faudra monter en série avec le moteur un
- rhéostat de résistance ohmique soit R. Si cette ré-
- sistanpe est en fils métalliques, il faut que le diamètre du fil soit suffisant pour laisser passer l'intensité I sans chauffer d’une façon anormale.
- Le problème pqsç n’est pratique que s’il s’agit d’un, petit moteur. Ppur donner une indication complète, il faudrait connaître la puissance, afin de juger si on peut se contenter d’un rhéostat de lampes, de fils ou d’une résistance liquide, En tout cas, le résultat est déplorable économiquement, puisqu’on dépense 4 fois et demie plüs de puissance qu’il ne faut.
- M. Neuùuvger, à Paris;. —, Les petits batteurs éiecr triques pour cperne fouettée ou boissons 'crémeuses sont constitués par un petit agitateur, amovible ou non, actionné, soit à la main, soit par moteur se branchant sur ame prise de courant. Vous pourrez obtenir reusei-seignements et prix chez M. Blondel, 3a8, rue des Pyrénées, à Paris, qui s’occupe de la vente de ces systèmes américains.
- M. G. Van Ilwf\ — i° D’après la pratique de l’indus-
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- trie française et les résultats obtenus par des essais comparatifs en ces dernières années, voici la nomenclature des meilleures variétés de roses à exploiter en vue de la production de l’essence extraite par distillation :
- Rose de Damas (Bosa Damascena), Rose Cent-feuilles (Basa centifolia), Rose de Provins (Bosa Provincialis), qui sont - les plus anciennes; Bosa moschaia, Bosa Gallica simplex, Rose musquée (Bosa museosa), Roses Nabounand, Van Houtte, Rose de l’Hay, Rose Brunner, Rose Drusky, Rose de Mai (hybride de rose de Provins et de rose Cent-feuilles). Parmi les plus récentes obtentions, nous .signalons les variétés dites La France et La France victorieuse (Gravereaux).
- En outre, de l’avis de parfumeurs réputés, on peut parfaitement s’adresser aux roses de jardins (roses à bouquets) sélectionnées au point de vue du parfum et du rendement èn essence. Parmi les plus odorantes, on peut citer les suivantes : Baronne de Rothschild, Mrs John Laing, Mme Maurice de Luze, François Juran-ville, Gerbe Rose, Marie Baumann, Charles Lefebvre, Etienne Levet, Commandant Félix-Faure, Dupuy Jamain, Prince Arthur, Sénateur Vaisse, A.-K. Williams, Général Jacqueminot, Mme Gabriel Luizet, Hugh Dickson, Horace Vernet, Augustine Grimoiseau, Richmond, Vicomtesse Polkestone, Château de Clos-Vougeot, Général Mac Arthur Betty, John Ruskin, Pady Alice Stanley, Catherine Mermet, Muriel Grahame, Innocence, Mme Cusin, Devoniensis, Souvenir de S. A. Prince, Goubauld, Souvenir de Stella Gray, Souvenir de Wan Robinson, Lady Roberts, Maréchal Niel, Lamarque, L’Idéal, Mme Alfred Carrière, Mme Isaac Péreire, Zéphirine Drouhin, Anna-Maria de Montravel, Léonie Lamasch, Rose d’Ecosse perpétuelle Stanwell Nitida, Altiaca, Indica Semperflorens, François Michelon, Earl of Dufferin, Marie Paviè, Robin Lyth, Prince Arthur, Gladys Harkness.
- Mais les roses les plus odorantes n’étant pas toutes forcément les plus aptes à la production de l’essence, il est évident que, parmi les roses de jardin dont nomenclature est donnée ci-dessus, il conviendrait de faire un choix approprié, basé sur des essais préalables.
- 2° Il n’est guère possible de fixer a priori, surtout à cause des constantes variations de cours de la matière première, et des frais de main-d’œuvre, actuellement, le prix de revient du litre d’essence pure. Le prix de la (leur peut varier de o fr. 5o à i fr. 5o, a francs et même plus, par kilogramme. Il faut 6000 à 7000 kg de fleurs pour obtenir 1 kg d’essence, dont le prix de vente était estimé à 35oo francs, en novembre 1918. Pour plus amples détails sur ce point, voyez à l’adresse suivante : MM. Gattefosse, 19, rue Camille, Lyon.
- D' V. Amoretti à Oneglia. — Voici quelques adresses de fournisseurs qui pourront vous livrer des tubes en amiante : Avtsine et Cie, 13, rue du Départ à Paris ; Henri Laski, i3o, Avenue Parmentier, à Paris; Emile Haefely et Cie à Bâle; H. Weidmann, à Rapperswill.
- M. J. A. S. 1454. — Les principaux fabricants d’alambics sont: Deroy, 71, rue du Théâtre, Paris, 15° ; Egrot, 19, rue Matins; Gazagène, 114, boulevard Voltaire, 11e; Lepage, io5, rue de la Convention, 15°; Guillaume, à Clermont-Ferrand.
- M. Iluguet, à Royan. — i° Nous avons donné dans nos derniers numéros 2392 du 3i janvier et 2393 du 7 février des formules pour rendre transparentes les enveloppes de lettres; 20 Vous avez omis de nous faire connaître quelle était la brochure américaine dont vous désirez connaître le dépositaire en France.
- M. l.eroy, à Elbœuf. — Ouvrages à consulter : I.a galvanoplastie à la portée des amateurs, par Paul Lau-rençon, chez Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augustins. La galvanoplastie, par Minet, chez Masson, 120, boulevard Saint-Germain. Galvanoplastie, par Pfanhauser, traduction Jouve, chez Béranger, i5, rue des Saints-Pères.
- M. Giacomo Buonomo, à Naples. — Les ouvrages suivants vous donneront les indications nécessaires pour l’emploi industriel du lignite : Etude sur les combustibles industriels, par Lencauchez, Nolo, éditeur, 53 bis, quai des Grands-Augustins. La tourbe et le lignite, par Franche, même éditeur; Tes combustibles industriels, de Colomer et Lordier, Les combustibles minéraux, par Urbain et Stanislas Meunier, ces deux derniers ouvrages, chez Dunod, éditeur, 47> quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. Guéret, à Paris. — i° La formule donnée dans les Bccettes du Laboratoire pour le cuivrage du verre est exacte, mais, ainsi que nous avons eu soin d’en prévenir les lecteurs du recueil, l’application de ces Recettes demande souvent quelques essais préalables, qui font connaître les tours de main, impossibles à expliquer et qui deviennent simples lorsqu’on les voit exécuter. Le cuivrage et l’argenture sont de ce nombre. 2° La liqueur de Fehling se vend toute préparée, mais vous pouvez la fabriquer d’après la formule donnée, p. 124 des mêmes Becetles.
- M. Z. Bouet, à Paris. — Les deux emplois principaux de la dextrine sont l’apprêtage des étoffes, toutes les fois que l’on veut donner une certaine raideur à celles-ci, et l’impression des indiennes dans laquelle la dextrine joue le rôle d’épaississant des couleurs. A côté de ces débouchés, il en est une infinité qu’il est impossible d’énumérer, la dextrine servant à remplacer la colle de gomme arabique beaucoup plus coûteuse; gommage des étiquettes, fixations de toutes natures, à la condition que l’objet ue soit pas exposé à l’humidité. La dextrine porte encore dans les usages industriels les noms de leïogomme, gommeline, gomméine, gomme indigène, amidon grillé, etc., elle est obtenue soit par grillage de la fécule,- soit par un traitement acide ménagé.
- M. Henry, boulevard Malesherbes, Paris. — La première synthèse du camphre C10 H " O a été faite par Ber-thelot en oxydant le camphène par le noir de platine ; depuis, Riban a obtenu le camphre synthétique en partant du même corps (camphène lévogyre de l’essence de térébenthine) et se servant du mélange bichromate de potasse, acide sulfurique comme oxydant.
- Les camphènes eux-mêmes prennent naissance, quand on enlève de l’acide chlorhydrique aux monochlorhydrates solides des carbures C10Htfi, tels que le térébeu-thène, en se servant de la potasse caustique.
- Enfin, une synthèse partielle a été effectuée par de Montgolfier en chauffant le camphate de calcium avec le formiate du même métal, réaction qui fournit du camphre et du carbonate de calcium.
- C10 H13 O2)- Ca -f (G H O2)2 Ca == 2 + aCO'Ca.
- Cette synthèse est surtout intéressante, parce qu’elle montre que le camphre est l’aldéhyde camphique.
- M. L.e Quean, Paris. — La fabrication des soldats de plomb ne présente aucun tour de main particulier, puisqu’il suffit de couler le plomb dans des lingotières en deux pièces réunies parune charnière. Ces lingotières pourront vous être fournies à la demande par les fabricants suivants : Carlen, 18, rue de Ménilmontant, 20e; Mérigoux, même rue, 90. Péricaud, 85, boulevard Vol-1aire, 9* ; Ruchot, qi bis, rue de Bagnolet. 20e; Wiers-muller, 8, rue Tourlille, 20"; Yvroud, 35, rue de Paris, à Yvry-sur-Seine.
- M. Vignals, à Montauban. — i° Les températures correspondantes aux pressions de la vapeur dans les chaudières sont :
- 1/2 kg en excès sur la pression atmosphérique : in°7.
- 1 — -- I20P6,
- 2 — — i330g;
- 20 Les fabricants suivants pourront vous fournir des
- appareils pour la stérilisation du lait; Gentile, 49. rue Saint-André-des-Arts ; Leune, 28 bis, rue du Cardinal-Lemoine; Bachelet, 9, rue Rubens; Le Nouveau-Né, 3g, rue La Fafayette; Lefébure, 5, rue Mazet.
- Le mode d’emploi vous sera indiqué èn même temps.
- M. de Ponlbriand, à La Croix-du-Tertre. — i° Vous trouverez de l’acétate de cellulose chez MM. Clément et Rivière, rue de la Cristallerie, à Pantin; 20 Adresses pour fournitures téléphoniques : EtablissementsTIamm, 2r, rue de Ponthieu, Paris, 8e;, Société industrielle des Téléphones, 25, rue du 4 Septembre ; Maison Strauss, 16, boulevard Saint-Denis, 10e; Manufacture parisienne d’appareillage électrique, 14, rue de Commines, 3e.
- M. Bénard, à Cosne. — Nous pensons que la formule de colle donnée dans les Becettes de l’Atelier, p. 282, est celle qui conviendra le mieux, le caoutchouc qui entre dans sa composition ayant pour effet de lui conserver sa souplesse, mais il sera indispensable en outre de clouer les semelles, faute de quoi les parties collées se déplaceraient respectivement pendant la marche et se décolleraient rapidement.
- M. Lemay, à Valenciennes. — Les traînées blanches qui masquent; le côté droit de la photocopie corn muni-
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- quée sont, probablement dues à un petit trou, à une tissure existant sur le panneau antérieur de l’appareil photographique. Les traînées plus minces, contournées et repliées sur elles-mêmes, qui figurent à gauche, ne sont qu un câs particulier du même accident, et sont connues des photographes sous le nom expressif de « vermicelles ». Elles se produisent; d’ordinaire, quand 1 opérateur a transporté son appareil, l’objectif dirigé vers le soleil : la vive lumière, entrant parle trou imperceptible, se projette sur la surface sensible, sous forme d un point qui së déplace eh même temps que l’appareil et se traduit, finalement, par une ligne plus ou moins contournée. Dans le cas que vous nous soumettez, l’accident a été évidemment déterminé, non par le soleil, mais par chacune des cinq lampes électriques qui figurent dans le champ du tableau. Chaque téaînéé part d’une lampe, parce que le trou, la fissure, faisant fonction de sténope, donnait naissance à une image qui coïncidait à peu près, pendant la pose, avec celle qui provenait de
- I objectif. Il serait utile de vérifier attentivement votre appareil et de le tenir, autant qiie possible, à l’abri de la lumière.
- ÆT. P Hebbelyck, à Leysiii. — Voyez l'ouvrage La Lumière, par Turpaiu, chez Delagrave, à Paris.
- d/. Cagct, à BonnèVille. — Voyez les ouvrages suivants .de la collection Roret : Ëbénislô jet table lier; Menuisier en bâtiment; Sculpteur sur bois; Tôlirnèur ; Mulo; éditeur, rue _Hautefeuille, Paris. La librairie Garnier, rue des Saints-Pèrès, Paris, a également des ouvrages relatifs aux travaux de cëtté catégorie.
- Maisons vendant l'outillage : Tiersot, Rougiér et Plé.
- O. M. L. R. —- Voyéz l'ouvrage Sü'vp'ilS et bougies, par Puget, Baillière, éditeur, rue 11 aulefouille, Baris.
- M. Abadie, à Saint-Gaüdens. — i° La difficulté que vous rencontrez dans la mise au point tient probablement au défaut dé parallélisme entre lé plan du verre dépoli (oü dé la surface sensible) et la planchette porté-objectif. Les appareils du type « folding » n’offrent pas toujours la précision nécessaire, surtout lorsqu’ils sont munis d un objectif à grande ouverture, dont la profondeur dé foyer est très restreinte. Il faudrait faire rectifier le chariot mobile. A défaut du constructeur de l’appareil, vous pourriez demander à MM. Poulenc frères, 19, rue du Quatre-Septembre, Paris, s’ils pourraient; se charger dë la réparation; En attendant, vous
- II obtiendrez dés imagés nettes sur toute l'étendue du champ focal qu’éh diaphragmant suffisàïhihent pour accroître la profondeur de foyer.
- ‘J.0, Le réflecteur et la lainpé à source ponctuelle vous seraient probablement fournis, comme pièces détachées du Parabolux, par M. Tiranty, 91, rue Lafayette, à Paris.
- T. S. F. — Marcel Kellèr, à Paris. —• i° Vous trouverez ie renseignement demandé dans nos articles des n®5 2094 et 2395 relatifs à i’antenne.
- 20 La disposition dit fil én Sblénoïde Ou en spirale plate sur lé cadre, son enroulement à tours jointifs ou écartés, n ont pas Un effet différent appréciable Sur l’intensité des signaux perçus. Mais en radiogoniométrie, 1 orientation d un cadre à spirale plate donné des repères de direction beaucoup plus précis. G’est pour cette raison que ié cadré des postes militaires destinés à rechercher remplacement des postes émetteurs est constitué par une spire unique.
- Employez pour la confection de Votre cadre un conducteur souple isolé soüs tresse ; lé fil émail ne convient pas.
- André Pernod. — G Lé circuit d’éclairagé qui vous sert d’antenne est certainement parcouru pàr du courant alternatif; Un léger bruissement ’èst à peu près inévitable dans vos écouteurs. Les armatures dè votre condensateur d’arrêt doivent être solidement bloquées entré deux petites planchettes. Vérifiez l'isolement de vos appareils ; si lès bruits parasites persistent, essayez le montage que nous avons récomffiahdé d’après d’heureux essais réalisés à Barceloné ét à FdKàlquier.
- 20 Une gouttière métallique est un collecteur d’ondes dé fortune qu’On peut utiliser avèc succès à plusieurs centaines dé kilomètres de Paris pour la réception des signaux horaires ét des télégrammes météorologiques ; mais il est préférable de construire une antenne rationnelle bién isolée.
- Nous vous déconseilluns d’utiliser votre gouttière concurremment avec une antenne classique; cette der-
- nièië employée seule vous donnera certainement de meilleurs résultats.
- M. Paucliér, à Paris. — Le tikker est un appareil dont le réglage est très délicat; les meilleures marqués clônüer0Ht Paè satisfaction. Lé tikker se monte indifféremment dans l’ântehnë ou dans le circuit de réception; des montages différents permettent son emploi avec ou sans détecteur.
- Pour la réception des ondes entretenues l’héiérodyne seul doit être recommandé.
- M. Ch., à Poitiers. — Dans le cas considéré, le
- pheüomène répose sur les dëUx ibis suivantes :
- s.) Deux capacités én parallèle s'Ajoutent; ainsi deux condensateurs dé 4 inicrofàëads montés en parallèle fournissent une capabilé totale dé 8 microfaràds.
- b) Bèux inductances en parallèle donnent une inductance totale inférieure à Vinductance la plus faible; deux inductances dé 4 hëniys en parallèle n équivalent P;S • fi11 à une inductance dé 2 henrys. La longueur d onde propre d’une antenne ne se trouve nullement diminuée par 1 addition d’un fil à l’aérien parce que la capacité nouvelle apportée par ce fil (un fil a toujours une certaine capacité) augmente la période de l’antenne plus que la diminution de self-induction occasionnée par 1 appoint de ce fil ne la réduit,
- _M.. le D' ])., à Rouen. — i° Si votre antenne est tthi-filaire, elle nous paraît bien petite pour vous assurer une bonne réception de EL; si, d’autre part, ce collée-tfnî)se.trouve caché Par uu c.oteau faisant écran du côté de PUns, ne cherchez pas ailleurs qiie dans un emplacement défavorable la cause de votre insuccès.
- P Nous vous mdiquerons dans un prochain article un dispositif très simple utilisant une seule lampe et qui agit à la fois comme amplificateur, détecteur et liétéro-dyne permettant la réception dès ondes amorties ët des ondes entretenues.
- 3° Voyez notre réponse à M. Rénâud sür lé même sujet.
- M Renaud, à ierny. — La confection des résistances aù graphite de 4 iüëg’ôlinis et dé 8odoo ohms- utilisées Çjfüs tes amplificateurs à lampes ne présenté aucune difficulté, mais exige beaucoup de soins.
- Il est indispensable dè disposer pour cé travail d’un milliamjièremètre et d’une hattëriëayàhtunvoltage connu.
- On règle la valeur de la résistance en l’intérfcàlànt dans un circuit comprenant là batterie et le milliampère-mètre ; selon que la résistance laisse passer trop ou trop peu de courant; On réduit ou on augmente l’épais-sëur du trait de graphité. Un étalonâge rigoureusement exact est indispensable.
- Une résistance de 80000 ohms intercalée dans un circuit de 80 volts doit laisser passer 1 milliampère dé courant d’après la formule I =-( Intensité = Y°ltaffe \,
- R V Résistance)
- Lorsque nous aborderons dans La T. S. F. des Amateurs la construction des amplificateurs, nous vous donnerons toutes directions et mesures utiles pour fabriquer facilement ces résistances.
- Casteta, à Pans. — i° Dans la télégraphie sahs fil à étincelles, les ondes amorties qui prennent naissance à. chaque étincelle produisent au poste récepteur une déformation de la plaque du téléphone; cette plaque revient à. sa position normale pendant l’intervalle de temps qui sépare deux étincelles, effectuant ainsi’ime ^érie de vibrations, sonores dont la fréquence est celle des étincelles. Mais en télégraphie par ondes entretenues, 1 émission des ondes est continue et 1’intensrté reste constante, la plaque du téléphone constamment impressionnée ne revient pas à la position normale et reste déformée pendant toute la durée d’un signal, ne produisant aucun son. Le tikker a pour but de faire des coupures périodiques dans le circuit de réception pour permettre à la plaque du téléphone dé revenir à la position normale, rendant ainsi sensible à l’oreille l’effet d’un train d’ondes entretenues. Le bruit përçu ne dépend pas des ondes reçues, mais uniquement des interruptions du tikker.
- Le tikker sé place habituellement dans le circuit du détecteur; mais il peut également être monté dans l’antenne.
- . 2° Seuls le tikker et l'hétérodyne permettent la réception des ondes entretenues.
- Là construction d’un hétérodyne est Un,jeu d’enfânt et les résultats qu’il permet d’obtenir sont infiniment supérieurs à ceux dû meilleur des tikkers. ~
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Natureac lient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de io °/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir comple des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.) __________
- Les fours électriques de laboratoire. Analyses et incinérations. Fusions et volatilisations. Essais et recherches chimiques, métallurgiques et céramiques. Trempe et traitements divers des métaux et alliages, par Jean Escarh, ingénieur civil, lauréat de l’Institut. •Ac édition, i vol. i6X'a5 de vi-88 pages, avec 72 fig. Dunod, éditeur, Paris 1920. Prix net : 9 francs.
- M. Escard, après avoir indiqué les qualités que doit présenter un four électrique de laboratoire, étudie les formes adoptées et les combinaisons réalisées en vue d’obtenir le résultat pourstiivi. Son travail examine successivement : les fours à lames ou fils métalliques résistants (nickel, platine) entourant les tubes réfractaires, les fours à arc, les fours à arc et résistance, les fours à résistance, les fours à baius de sels fondus et les fours à induction.
- Cours de métallurgie, par le général Gages. Livre 1. La fonte. Livre IL Elaboration des fers et aciers. 2e édit. 2 vol. illustrés. Librairie de l’Enseignement technique. Paris 1919.
- Ces deux volumes sont la reproduction du cours excellent et universellement réputé que professe le général Gages à l’Ecole spéciale des Travaux Publics. D’une remarquable clarté d’exposition, tenus à jour des plus récents progrès de la métallurgie, ils condensent, sous une forme accessible à tous, l’essentiel de la technique du fer. Le ior volume contient un historique succinct de la sidérurgie, l’étude des minerais, des combustibles, des matériaux réfractaires, la théorie du haut fourneau d’après les données les plus récentes, la classification et l’élaboration des fontes, la construction du haut fourneau, l’étude de la fonderie. Le 2° volume traite de la production des aciers et du fer : puddlage, procédé Bessemer, pi-océdé Thomas, procédé Martin Siemens, procédés au creuset, aciers électriques.
- Le fer et ses dérivés, /. acier dans la construction automobile, par Jean Delestkade. i vol. 14 X 20 de 258 p., avec figures. Dunod et Pinat, éditeurs. Paris 1919. Prix net : 21 fr, 75.
- Ouvrage destiné aux dessinateurs, aux ingénieurs et aux constructeurs d’automobiles, ainsi qu’à leurs chimistes et chefs de laboratoire^
- Il traite surtout des divers aciers, de leurs compositions et de leurs propriétés, des procédés d’analyse en usage dans l’industrie, et du mode de travail à chaud : forgeage, soudure, trempe, cimentation, recuit.
- L’aéronautique pendant la guerre mondiale. 1 vol. in-4 relié toile, qSo pages avec 1000 illustrations. M. de Brunoff, éditeur, Paris 1920. Prix net : 80 francs.
- Ce superbe ouvrage publié sous la direction de M. Marchis, professeur d’aviation à la Sorbonne, met en évidence le rôle glorieux et multiple de l’aviation pendant la guerre; c’est un magnifique tableau non seulement de l’œuvre héroïque des pilotes, mais encore du travail savant et acharné de la pléiade de savants, d’inventeurs, d ingénieurs et de constructeurs dont les efforts ont permis de tenir l’aviation française constamment à la hauteur des circonstances les plus difficiles. L’ouvrage comporte une série d’études rédigées par les spécialistes les plus compétents. C’est à la fois une encyclopédie et un tableau d’histoire vivant, net et frappant. Notons, pour en donner une idée, quelques chapitres. L’aviateur, par le commandant Brocard ; Nos as, par le colonel de Lavergue; L’&viation de reconnaissance, par le colonel Weiller; L évolution
- des avions français, par le colonel Dorand ; Les moteurs par le commandant Marlinot-Lagarde ; La photographie aérienne, par le lieutenant LaLussière ; Les hélices par le colonel Legros; L’électricité dans 1 aviation, par le colonel Petitalot; Les travaux du laboratoire Eiffel, par M. Eiffel; L’aérostation, parle commandant Caquet ; Les parachutes par le colonel Bricard ; L’hydrogène, parle colonel Lerouge; L’effort d’organisation de l’aviation, par le colonel Dhé ; L’aéronautique maritime, parle commandantSauvairc-Jourdan, etc., etc.
- La molécule chimique, par R. Lespieau, i vol. in-16 de la Nouvelle Collection Scientifique, 4 fr. 5o (Librairie F. Alcan). Taris, 1920.
- L’auteur montre comment l’étude chimique des réactions a permis de disséquer les molécules composées, de déterminer la nature et le nombre des atomes qu elles renferment, ainsi que la situation de chacun d’eux par rapport aux autres.
- Le point de départ est pris chez Daltou; 1 auteur montre que la pensée de ce grand savant a été dénaturée, ce qui a eu pour effet de laisser subsister dans l’enseigneiiient ces équivalents déguisés qu’on appelle les nombres proportionnels qui compliquent sans profit l’étude de la chimie.
- Suivant Wurlz, Gerhardt, Williamson, nous voyons naître et croître ces idées de radicaux, de types, de formules développées qui sont une des plus belles conquêtes de la chimie. L’importante notion de valence est mise ici à la place qui lui convient.
- La médecine, par H. Roger, i vol. iu-8, 4F2 p.
- La physiologie, par M. Arthus, 1 vol. in-8, 43o p. Collection des Sciences d’aujourd’hui. Masson et C1". Paris. Prix de chaque volume : 10 fr.
- Le titre de cette nouvelle collection porte : Les sciences d’aujourd’hui : méthodes, résultats, hypothèses. Cela indique l’esprit dans lequel ces ouvrages ont été conçus.
- La Médecine du professeur Roger est un remarquable exposé de celte science, précisant ses lois, ses postulats, ses limites et résumant en un tout ordonné les principaux problèmes qu’elle envisage : Les causes des maladies; La maladie et 1 infection; Moyens d étude des maladies; Les trois périodes de 1 évolution médicale; Les causes des maladies; Les agents chimiques et les intoxications ; Les agents animés : parasites et agents infectieux, principales bactéries, champignons, parasites animaux; Contagion et auto-infection; Mode d action des microbes sur l’organisme ; Les poisons microbiens ; Réaction de l’organisme ; Les auto-intoxications ; L’hérédité; Les réactions morbides; Réaction locale et générale; L’inflammation; La fièvre; Suppuration et gangrène; Tuberculose; Tumeurs; Le problème de l’immunité ; L’évolution en pathologie;^ Les méthodes de diagnostic; Les bases de la thérapeutique : Sérothérapie, Hygiène et prophylaxie, Yaccination.
- Lm Physiologie du professeur Arthus présente un tableau d’ensemble de celte jeune science, aux limites encore imprécises. Elle en marque les méthodes, les étapes, les résultats, l’avenir. Son domaine va de la constatation des faits anatomiques à l’observation directe ou instrumentale des faits mécaniques, physiques, chimiques, histologiques, psychologiques, vitaux; elle y joint l’expérimentation et va jusqu’à l’étude de la pathologie. De son effort d’un siècle, elle a déjà recueilli maints résultats concernaût la vie cellulaire, les phénomènes physico-chimiques, les mécanismes nerveux et humoraux, les intoxications. Elle a encore un champ très vaste de recherches avant d’avoir précisé les phénomènes qui déterminent la vie.
- L'autre guerre. Essais d'assistance et d'hygiène sociales, 1905-1920, par Georges Caiien. 1 vol. in-16, 363 p., Berger-Levrault, Paris. Prix net : 4 francs.
- Suite de conférences et d’études relatives à divers problèmes sociaux actuels : l’état sanitaire de l’armée, les cantines maternelles, la question du logement, le» questions d’assistance, etc.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2402
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- ^'vIer Mai 1920.
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- La propulsion aérienne des péniches. — La loco motion est faite encore aujourd’hui par des procédés qui constituent un vrai gaspillage d’énergie. Ceci est dû surtout à la résistance de pénétration dans l’air.
- La question de l’emploi de l’hélice aérienne se présente donc et ce moyen donne déjà de bons résultats pour des véhicules rapides -. hydroglisseui" Lambert, voiture Hélica. Le système a l’avantage de simplifier considérablement les organes, surtout dans la voiture.
- Ce moyen est-il applicable à des masses grandes, à faible vitesse, tels que les chalands ? Si cela peut se faire d’une manière intéressante, on peut envisager la généralisation d’un mode de propulsion, qui donnerait ainsi des résultats dans le cas le plus défavorable.
- M. Layat, l’inventeur de l’Hélica, par des calculs complexes, que nous ne saurions expliquer ici, a établi rigoureusement des principes que nous nous bornerons à énoncer.
- Tout d’abord, ou trouve que la puissance nécessaire à l’obtention d’une vitesse donnée est inversement proportionnelle au diamètre de l’hélice; le nombre de tours, inversement proportionnel au carré du même diamètre. 11 faut donc employer de grandes hélices, à un nombre de tours peu élevé.
- Si l’on dispose un nombre n d’hélices, la puissance nécsssaire est inversement proportionnelle à la racine carrée du nombre n. Il faut donc avoir n aussi grand que possible, avec des séries d’hélices par paires, éloignées les unes des autres, par exemple de la longueur du chaland ; l’hélice à quatre pales équivalant à une hélice à deux pales.
- Le prix de transport au kilomètre est proportionnel au carré de la vitesse, néanmoins cette dernière ne saurait être diminuée au delà d’une certaine limite, laquelle est fixée par d’autres considérations : main-d’œuvre, amortissement, etc.
- Le rendement mécanique du système est indépendant de la vitesse de marche. De 8,6 pour ioo avec deux hélices, il passe à 12,2 pour 100 avec quatre hélices ; chiffres qui sont du même ordre de grandeur que ceux obtenus par l’hélice marine du remorqueur ; ces derniers sont intermédiaires entre les deux chiffres ci-dessus.
- Le prix d’un groupe motopropulseur à deux hélices, avec moteur à essence de 20 chevaux, revient à environ 5ooo francs, c’est-à-dire le prix d’un cheval de trait. Avec ce groupe, la péniche se déplace à 4 km à l’heure pour 8 fr. 06 le kilomètre. Avec deux groupes, c’est-à-dire quatre hélices, le prix serait abaissé à 5 fr. 68, ce qui nettement indique qu’il faut remplacer la traction hippomobile par l’hélice aérienne.
- Dans le cas où l’on voudrait envisager la force motrice électrique, par exemple avec un trolley sur les berges, le prix du kilomètre est grandement réduit et cela per-, met d’organiser des péniches en cqnvoi (chacune étant automotrice) sans solution de continuité et commandées par un seul mécanicien.
- Si le canal n’est pas électrifié, la solution de la force moti’ice électrique est encore possible au moyen d’un bateau équipé en générateur d’énergie électrique, ce qui permettra au convoi de péniches de continuer sa route, dans des conditions de rendement mécanique supérieures à celles qu’on peut obtenir par remorquage et à plus forte raison par traction animale.
- Il en découle également que l’on peut activer par cette combinaison les manœuvres toujours si lentes de constitution de convois, de mise en route, d’arrêts et d’éclusages, etc.
- Dans les canaux à. section faible, le remorquage par vapeur est impossible, l’hélice marine ne donne rien, mais il est toujours facile par contre de faire passer l’hélice aérienne, qui ne détériorera ni le plafond, ni les rives.
- Les avantages ci-dessus sont établis mathématiquement et ne reposent pas sur des hypothèses conçues pour les besoins de la cause; l’hélice aérienne est le moyen de propulsion le plus rationnel, c’est certainement la solution de l’avenir.
- Les locomotives chauffées au charbon pulvérisé.
- — La Technique moderne donne, d’après Railway Age,
- le résultat d’essais de chauffe au charbon pulvérisé pratiqués sur des locomotives américaines. Ces essais ont été effectués par 1’ « Atchison Topeka Santa Fe Railroad » et par le « Lehigh Valley Railroad. » La question présente un très vif intérêt, car le principal avantage du charbon pulvérisé est de donner des températures de combustion élevées, quelle que soit la provenance du charbon. On sait quelles difficultés rencontre actuellement l’exploitatiôu des chemins de fer français, du fait des qualités inférieures et irrégulières du charbon qu’ils sont forcés de brûler. L’emploi du charbon pulvérisé pourrait apporter un remède à cette situation. Les essais effectués aux Etats-Unis ont fait ressortir une économie de 20 pour xoo et un certain nombre d’avantages importants : moindres variations de la combustion et par conséquent de la puissance motrice, fonctionnement continu sur de plus longs parcours, allumage automatique après un arrêt de la combustion, suppression des fumées, des escarbilles, des étincelles, suppression également des mâchefers qui détériorent la voie. Le chargement se fait automatiquement au moyen d’une machine soufflante, d’où diminution de la fatigue pour le personnel de la machine qui peut être réduit à un agent. Le charbon pulvérisé faciliterait également l’entretien de la machine. Il faut ajouter qu’il présente quelques inconvénients sérieux : il produit l’encrasse-ment de la plaque tubulaire et l’usure rapide de la voûte en briques. 11 faut de plus que le charbon en poudre soit rigoureusement sec. Enfin, il y a des risques d’explosions et d’incendies spontanés.
- Une machine à damer. — La rareté dejj la main-d'œuyre oblige les Services publics à moderniser leurs méthodes. La ville de Paris donne l’exemple; on peut
- voir dans les rues de Paris, sur les chaussées ouvertes pour la pose d’une canalisation, fonctionner une ingénieuse machine à damer qui sert à recombler rapidement la tranchée. Le mécanisme est du reste des plus simples ; il consiste en un pilon métallique, assez pesant, porté à l’extrémité d’un bâti en fer; un moteur à essence, monté sur ce bâti, actionne le pilon par une courroie et un jeu d’engrenages à crémaillère, le pilon est ainsi soulevé; arrivé en haut de sa course, il se décroche et retombe de tout son poids. La machine est montée sur roues et se déplace facilement.
- Un nouveau mode de fabrication du gaz d’éclairage. — On sait comment se fabrique le gaz d’éclairage; du charbon, de qualité spéciale, est distillé dans des cornues; le gaz qui s’échappe est purifié avant d’être livré à la consommation, et il reste dans les cornues comme résidu, du coke; une partie de ce coke est employée au chauffage des cornues. Le reste est vendu comme combustible. Il existe une autre sorte de gaz, dit gaz à l’eau, dont l’introduction en France est réclamée périodiquement, en raison de la simplicité de sa fabrication, et que des l'aisous d’hygiène ont jusqu ici
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- fait rejeter. On le produit en faisant passer de la vapeur d’eau sur du coke au rouge; la vapeur d’eau se dissocie, l’oxygène se porte sur le carbone, et l’on recueille un gaz combustible formé d’un mélange d’hydrogène et d’oxyde de carbone. Le gaz à l’eau se fabrique par des pi'océdés assez divers.
- Un savant technicien du gaz, le professeur autrichien Strache, directeur de la Station expérimentale du Collège technique de Vienne, avait imaginé bien avant la guerre un procédé de fabrication du gaz à l’eau qui combine en quelque sorte ces deux méthodes. Dans ce procédé, tout le charbon est intégralement converti en gaz, dans des conditions qui semblent économiques, mais surtout qui permettent d’employer des charbons de qualité quelconque, même inférieure, avantage extrêmement appréciable dans les pays qui, comme l’Autriche actuelle, sont réduits à se ravitailler en charbon à l’étranger, dans des conditions de plus en plus difficiles. Le procédé Strache a été très discuté par les gaziers au moment de son apparition; des essais faits à Paris, notamment par la Société du gaz, n’ont pas paru confirmer toutes les promesses de l’inventeur.
- On annonce aujourd’hui que 2 villes assez importantes d Autriche, les villes de Graz et de Brünn, viennent d’adopter le système Strache. Les usines à gaz de Fiume auraient également envisagé l’emploi de ce procédé.
- Il nous paraît intéressant de noter à ce propos les caractéristiques essentielles du système, d’après les communications d avant-guerre du Dr Strache; il est probable que des perfectionnements ont dû être apportés depuis lors, mais le principe n’a pas changé.
- Dans un four vertical on place, jusqu’à une certaine hauteur, du coke porté à l’incandescence ; dans une première phase on insuffle un courant d’air chaud ; il se produit une combustion incomplète qui donne un gaz pauvre, riche en oxyde de carbone; on le brûle et la chaleur dégagée sert à chauffer des récupérateurs de chaleur* Dans une deuxième phase, on achève de charger le four avec du charbon ordinaire, et on insuffle, en sens contraire de l’air précédemment admis, delà vapeur d’eau surchauffée par passage dans les récupérateurs de chaleur. C’est la phase de production du gaz à l’eau; en même temps, grâce à la forte température de la vapeur d’eau et des gaz qui continuent à se dégager dans la colonne de charbon et de coke, le charbon distille, abandonne ses produits volatils et à son tour se transforme en coke, qui servira à recommencer le cycle des opérations. On ne retire aucun sous-produit de distillation, mais on obtient un grand rendement en gaz; celui-ci pourrait être vendu à un prix très bas.
- La cascade du Fer-à-Cheval aux chutes du Niagara. — Le Mouvement géographique signale l’appauvrissement progressif de la magnifique chute du Fer-à-Cheval sur la rive canadienne du Niagara. Elle se creuse de plus en plus et va ainsi se rétrécissant. On avait accusé les usines hydro-électriques voisines qui utilisent ses 5o m. de chute dans des dérivations aboutissant à des puits de 40 à 60 m. de profondeur au fond desquels sont les turbines. Depuis 5 ou 6 ans même, toutes les demandes de concessions nouvelles avaient été refusées.
- Dans une brochure intitulée : Le Suicide de la chute du Fer-à-Cheval, M. Harper, ingénieur en chef de l’Hydraulic Power C°, à Niagara, estime que les industries riveraines doivent être mises entièrement hors de cause et que l’appauvrissement du Fer-à-Cheval est imputable uniquement aux phénomènes d’érosion qui modifient le profil du déversoir et ramènent vers le milieu du lit la majeure partie des eaux. La crête même du Fer-à-Cheval s’incurve en se déplaçant vers l’amont; sa longueur est passée de 610 m. en 1842, à 906 m. en 1906.
- On avait déjà constaté le recul de la chute canadienne : 54 à 80 m. selon les points, de 1842 à 1886, soit 1 m. 22 à 1 m. 83 par an. Or, entre l’emplacement actuel des chutes et Queenstown, point d’arrivée des eaux dans la plaine du lac Erié, la rivière traverse un canon d’une profondeur de 5o à 75 m. et d’une longueur de 11 km, dont le barrage paraît avoir successivement franchi tous les points. Les chutes auraient donc mis à peu près 7$oo ans pour remonter de Queenstown au point actuel. Le grand géologue anglais Lyell attribuait à cette phase du recul des cataractes du Niagara une période nécessaire de 35oo ans. D’autres géologues assignent à ce
- recul une durée de 9000 ans; d’autres encore 27 000 ans et même 32 000 ans. Ce dernier chiffre est donné par le Dr Spencer, du Bureau géologique des Grands Lacs.
- Les glaciers artificiels d’irrigation du Karakorum.
- — Le Mouvement géographique signale, d’après M. Dai-nelli du Bulletin du Club alpin italien, un curieux procédé employé par les montagnards du Karakorum pour irriguer leurs prairies pendant la saison chaude. Le Karakorum est cette formidable chaîne de montagnes qui double l’Himalaya à son extrémité Nord-Ouest.
- Les habitants choisissent des points aussi hauts que possible dans les vallons latéraux, fournissant peu d’eau en été à la vallée principale à irriguer. Ces emplacements doivent être encaissés et peu ou pas ensoleillés. Pendant la saison chaude, on y pose des lits successifs et alternés de paille, d’outres pleines d’eau, et si possible d’aiguilles sèches de conifères et même de charbon de bois. On recouvre le tout de cailloux avant la chute des premières neiges. Quand la période des fortes chutes de neige est passée, on recouvre la couche de neige non encore fondue qui est tombée pendant l’hiver, de paille, puis de terre. On recommence la même opération pendant 4, 5 ou 6 ans. L’aire ainsi recouverte de neige gagne très vite en étendue surtout vers l’amont. Le glacier est alors constitué. Il s’entretient de lui-même chaque hiver et il produit un filet d’eau d’un débit constant pendant tout l’été. De semblables glaciers fonctionnent ainsi depuis plus de 40 ans.
- Rendement relatif des produits laitiers. — Le
- Ministère fédéral de l’Agriculture du Canada vient de publier le tableau suivant indiquant les quantités approximatives des divers produits qu’on peut tirer de 100 livres d’un lait moyen contenant 3,5 pour 100 de matière grasse et 12,5 pour 100 de résidu d’évaporation.
- Produits. Poids en livres.
- Fromage........... g,3o + 90 livres de petit lait.
- Beurre............ 4,20 + 90 livres de lait écrémé.
- Lait concentré non
- sucré. ..... 39,68.
- Lait en poudre . . 12,75.
- En estimant à 2,25 cents les frais de fabrication d’une livre de fromage et à 4 ceux d’une livre de beurre, ou arrive aux équivalences de prix suivants :
- La livre de lait coûtant 2 cents, la livre de fromage doit valoir 23,75, celle de beurre 5i,5o.
- Ces évaluations peuvent servir à taxer équitablement les divers produits dérivés du lait.
- Intelligence d’un ours brun. — M. Bauduin raconte dans le Bulletin de la Société nationale d’Acclimatation un trait d’intelligence remarquable de la part d’un des ours bruns de la fosse du Jardin des Plantes, à Paris. Cet ours avait depuis longtemps remarqué que par les fortes pluies d’orage, il arrivait que la partie basse de sa fosse se trouvât inondée, l’orifice d’écoulement de l’eau étant assez souvent obstrué. ' Chaque fois que le phénomène se reproduisait, l’ours en profitait pour prendre un bain et s’ébattre joyeusement dans la mare temporaire et inattendue. Après quoi il allait vers l’orifice et nettoyait la grille avec ses griffes jusqu’à ce que l’écoulement soit rétabli et son logis asséché. En janvier; 1910, lors des inondations de la Seine, la mare reparut dans sa cage, mais cette fois par l’orifice de sortie; pendant quelque temps, il répéta la manœuvre habituelle, espérant déboucher le trou d’écoulement. Voyant son insuccès, il lui vint peu à peu une idée beaucoup plus raisonnable. On venait de vider dans la fosse un tombereau de grosses pierres pour créer un sol sec au-dessus du niveau de l’inondation croissante. Notre ours, après être venu reconnaître la nature de ces matériaux nouveaux, se mit à transporter des pierres une à une vers l’endroit par où l’eau entrait. « Il essaya avec ces pierres, dit M. Beauduin, de constituer un barrage contre Finondation, prouvant, par. cette tentative, qu’il avait compris que cette fois l’eau venait par la gargouille. »
- ^ A ce moment le matériel amené pour encager et sortir les animaux étant prêt, la fosse put être évacuée et les Ours mis en sûreté. 11 fut constaté, après la baisse des eaux, que, pour la construction de son barrage, l’Ours avait transporté une vingtaine de pierres pesant de 10 â 20 kg chacune.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- *-> .'Electricité
- Eclairage électrique réduit permettant la nuit de trouver aisément les commutateurs. — Un de nos
- lecteurs, M. Mounerot-Dumaine, nous fait l’intéressante communication qui suit :
- « Chacun sait que'l’un des inconvénients de l’éclairage électrique des appartements consiste dans la difficulté que l’on éprouve à trouver, dans l’obscurité, l’interrupteur qui doit permettre d’éclairer la pièce dans laquelle on entre. A moins de dispositions spéciales des interrupteurs, l’éclairage d’une pièce que l’on ne fait que traverser est même impossible sans laisser derrière soi la lampe allumée.
- Une installation relativement peu coûteuse et facile à faire soi-même permet de remédier à cet inconvénient, quand le courant dont on dispose est alternatif. Il suffit de se procurer l’un de ces petits transformateurs que l’on trouve chez tous les électriciens et que ceux-ci vendent pour remplacer les piles de sonneries. (Le mien est un Ferrix A donnant 3,5 ou 8 volts.)
- Le voltage du courant, de iio volts, est abaissé à 5 ou 8 volts et peut alimenter en même temps 7 ou 8 de, ces petites ampoules qui sont utilisées pour les lampes électriques de poche. Ces 7 ou 8 lampes sont réparties dans les différentes pièces ou couloirs de l’appartement, elles sont placées en dérivation sur le même circuit (fil pour sonnerie de 9/10) et commandées par le même interrupteur, ou mieux par 2 interrupteurs à 2 directions placés en deux points de l’appartement jugés les plus commodes, de façon que l’on puisse, de ces deux points, allumer ou éteindre ensemble toutes les petites lampes
- éclairant toutes les pièces de l’appartement.
- L’ensemble de l’appartement étant ainsi éclairé, d’une lumière faible, il est vrai, mais suffisante, il est possible d’y circuler sans heurter les meubles ; les interrupteurs et les boutons de porte seront trouvés facilement.
- On aura soin, dans les chambres à coucher, de ne pas placer la petite lampe face au lit, la lueur qu’elle produit sera alors insuffisante pour réveiller un dormeur.
- Dans les pièces déjà éclairées, le supplément de lumière fourni par ce faible éclairage sera insignifiant et ne modifiera en rien l’éclairage de la pièce.
- ! .T’ai constaté, au moyen d’un ampèremètre placé dans le circuit xio volts, avant le transformateur, que les 7 lampes que j’ai placées dans mon appartement consomment ensemble un peu moins qu’une seule lampe de
- 10 bougies à filament métallique.
- Il est nécessaire, en achetant de petites ampoules, de choisir, si cela est possible, celles qui offrent la plus grande résistance. Elles sont, à ce point de vue, très différentes les unes des autres. Certaines donnent un point lumineux très brillant, d’autres ne font que rougir.
- 11 faut éliminer celles-ci et placer dans les pièces les plus grandes, celles qui donnent le meilleur éclairage.
- Il est facile de transformer un bouton de sonnette ordinaire en applique pour les petites ampoules dont je viens de parler : après avoir retiré les ressorts qui se trouvent à l’intérieur du bouton, percer le centre de la planchette qui en forme le fond, d’un trou ayant un diamètre un peu supérieur à celui du culot de la lampe. Une rondelle de métal, fixée par 2 petites vis à la partie supérieure du trou, établit le contact avec l’un des pôles de la lampe tout en la maintenant; à la partie inférieure, une lame de métal faisant ressort, établit le contact avec l’autre pôle. Le centre extérieur du bouton, qui est évasé, sera peint en blanc pour former réflecteur.
- La rondelle A a été découpée dans une feuille mince de cuivre (ou tout simplement de fer-blanc), le trou central a été agrandi de façon à laisser des bavures qui, repliées intérieurement, forment la première spire du pas-de-vis, ce qui est suffisant pour maintenir la lampe et assurer le contact. Une rainure a été faite dans la partie inférieure de la planchette pour y loger le ressort B.
- Il est avantageux de placer les lampes près du plafond où elles sont moins visibles pendant le jour. En outre, le plafond, en réfléchissant la lumière qu’elles fournissent, contribue au meilleur éclairage de la pièce ».
- Transformation d’une sonnerie en appareil enregistreur. Télégraphe Bréguet. — On a quelquefois besoin d’être renseigné sur la quantité de fois qu'un contact électrique a été établi, par exemple nombre d’appels pour une sonnerie, nombre de fois qu’un contact de porte a fonctionné. Le voyant est un appareil indicateur, mais il ne fonctionne qu’une fois et il a besoin d’être réenclanché à la main pour fonctionner à nouveau.
- Il bous a paru iüléi'essant d’étudier le moyen de idéaliser simplement un petit appareil eni’egistreur au moyen d’organes faciles à trouver et à modifier.
- Nous allons utiliser pour cela un éleclro de sonnerie ordinaire trembleuse (fig. 2).
- La sonnei’ie sera équipée en sonnerie à un coup; nos lecteurs en ti’ouveront le moyen dans des articles précédents. Rappelons qu’il suffit de supprimer le contact de la vis à pointe et de faire passer le courant directement dans les bobines; la pièce polaire restera donc attirée
- Tig. 2. — Transformation lie la sonnerie.
- contre les noyaux des bobines tant qu’il y aui’a passage de courant.
- La partie qui forme tige et qui porte la boule, sera remplacée par une tige droite qu’011 terminera par un œil à la partie extrême. Dans cet œil viendra s’articuler un petit axe (voir détails, à droite de la figure). Cet axe traversera les deux branches d’un petit cliquet en laiton qui restera donc très libre et qui tendra à retomber par son poids.
- Le cliquet vient agir sur une roue à rochet en laiton de la manière qu’il est indiqué figure 2.
- On donnera au cliquet une longueur de 40 mm et une épaisseur de 5 mm. La roue à rochet aura un diamètre de 60 mm et une épaisseur de 5 mm. Bien entendu toutes ces cotes ne sont qu’indicatives, car le lecteur sera libre de donner des dimensions plus appropriées aux matériaux et à l’outillage dont il dispose. On comprend parfaitement déjà que lorsque la palette est attirée, le cliquet qui va de droile à gauche fait tourner la roue dans le sens indiqué par la flèche. Lorsque le courant est interrompu, la palette revient en arrière et le cliquet étant libre de remonter pourra glisser sous la grande pente des dents sans provoquer un retour en arrière de la roue.
- Suivant la grandeur du déplacement du cliquet on tracera des dents d’une longueur égale à ce déplacement ou à un sous-multiple; il en x’ésultei^a que, à chaque impulsion, la roue tournera d’un angle égal. En calant sur l’axe de la roue une aiguille qu’on fait déplacer sur un cadran numéroté, on enregistrera le uombi'e de fois que l’appareil a fonctionné.
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- &ti-
- Pour réaliser ce dispositif, la roue à rochet sera rendue solidaire d un axe par soudure, goupillage ou simplement par emmanchement à force. L’extrémité arrière de cet axe sera tournée en pointe et elle viendra s appuyer sur un pivot en acier, qui sera fixé sur la
- planchette qui reçoit 1:ensemble de l’appareil. L’extrémité avant légèrement tournée, sera libre dans une petite traverse laiton de i oo mm de longueur sur 5 mm d’épaisseur et environ 6 à 8 mm de largeur. Cette traverse reposera sur deux colonnes fixées sur la planchette et disposées de manière à ne pas contrarier le '\ §ÿwJ/e_ mouvement de la tige ni du cliquet. Les co-lig. j. Fixation de 1 axe lonnes seront en laiton de la roue. ou en jj0is pjus sjm_
- plement.
- Le cadran indicateur en carton ou en tôle mince peinte sera fixé sur les deux colonnes également ? il sera ajouré à l’intérieur pour laisser passer l’axe.
- L extrémité de 1 axe au dehors de son palier sera limée de manière à être agencée en carré. Sur ce carré on emmanchera l’aiguille en carton ou en métal mince.
- Cette aiguille se déplacera devant des numéros ou des divisions qui seront à une distance angulaire égale au déplacement angulaire de la roue obtenu à chaque manœuvre.
- On a donc le moyen d’enregistrer le nombre de fois qu’un courant a été donné ; il suffira.de placer cet appareil dans le circuit qu’il s’agit de contrôler. Cette mise en circuit ne nuira en rien au fonctionnement des sonneries ; elle accroît seulement légèrement la résistance du circuit. Si cela est nécessaire, on mettra donc une ou deux piles de plus à la batterie de piles.
- On peut employer cet appareil à la réalisation d’un poste télégraphique Bréguet. Pour cela on remplacera les chiffres par des lettres et des signes et suivant la quantité de caractères employés on en déduira la valeur
- Poste B j
- Montage d’un télégraphe Bréguet.
- du déplacement angulaire de la roue dentée, par conséquent le déplacement du cliquet et également le point d’articulation de l’axe du cliquet sur la tige; c’est une petite épure très simple à établir.
- Pour réaliser les postes télégraphiques; on établira deux postes semblables et ou utilisera a manipulateurs
- Morse, qu on pourra établir facilement avec une lame ressort et un petit plot en laiton fixé sur une planchette ; on pourra utiliser encore plus simplement un bouton d appel ordinaire de sonnerie trembleuse.
- Le schéma du montage avec une seule batterie de piles est^ indiqué figure 5. On aura 3 fils de ligne. Sur 1 un des fils sera interçalée la batterie de piles. Les autres fils servent à faire intervenir les manipulateurs de chaque poste A et B.
- Voyons le fonctionnement. Supposons que le poste A veuille envoyer un mot au poste B ; par exemple le mot Oui.
- Le poste A avec son manipulateur donnera autant de contacts qu’il sera nécessaire pour envoyer d’abord la lettre O, puis U, puis I. Il contrôlera facilement son envoi parce que l’appareil qui est à son poste fonctionnera d’une manière identique à celui du poste B.
- Comme il ne s’agit pas d’appareil à rendement, on indiquera simplement que l’aiguille marque une lettre déterminée en maintenant un temps d’arrêt. La fin d un mot ou d’une phrase demandant réponse pourra être indiquée par un signe conventionnel sur le cadran.
- On pourra d’ailleurs y disposer autant de signes conventionnels qu’on voudra et employer par exemple ces postes pour appeler des employés différents placés dans un même bureau, etc. Il suffira d’adapter le fonctionnement aux services qu’on attendra de l’appareil.
- . au ^eu caler sur l’extrémité de l’arbre nue aiguille indicatrice ou y place une petite poulie, on
- contact
- Fig. 6. — Installation d’une rôtissoire.
- pourra réaliser un mouvement circulaire intermittent au moyen de contacts électriques.
- Nous verrons prochainement qu’on peut réaliser facilement un appareil fonctionnant par l’eau et donnant un mouvement de bascule périodique et par suite, si on le désire, un contact électrique à intervalles égaux.
- Sans vouloir faire de cet appareil genre clepsydre et de l’appareil présent une horloge électrique, on peut plus prosaïquement actionner un appareil de réclame lumineux ou plus prosaïquement encore, simplement la broche d’une rôtissoire. Sur la broche on calera une petite poulie et uue petite courroie ronde la réunira à la poulie de l’appareil décrit ci-dessus. Le courant sera établi périodiquement à intervalles sensiblement égaux au moyen de l’appareil basculaire qui fonctionnera par l’eau d’un robinet.
- L’écoulement de l’eau peut d’ailleurs être réglé pour que les intervalles de fonctionnement soient aussi longs ou aussi courts’qu’on le désire.
- La figure 6 représente le schéma de l’installation. Le basculeur figuré à gauche donne un contact à chaque fonctionnement, ce contact ferme la ligne sur une batterie de piles et sur l’électro de l’appareil.
- Il en résulte à chaque fois une rotation de la roue dentée, de la poulie qui en est solidaire et par suite de la poulie et de la broche de la rôtissoire.
- Pour avoir un fonctionnement plus sûr, il sera préférable d’employer une courroie croisée à moins que le frottement ne donne trop de dureté dans le fonctionnement.
- Nous décrirons aussi prochainement un appareil à contact intermittent pouvant fonctionner avec du sable fin au lieu d’eau; le contact étant donné par un moyen assez original.
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- GÊL,
- La voûte céleste en mai 1920 l1). — Deux éclipses caractérisent le mois de mai, l’une de notre Satellite, presque entièrement visible à Pvaris, l’autre du Soleil, observable dans l’hémisphère austral (voir plus loin).
- I. Soleil. — Pendant le mois de mai, le Soleil continue à éclairer de plus en plus l’hémisphère terrestre boréal. Il s’élève dans le ciel et sa déclinaison, de -f- i5°4'le ier mai à midi, passe à-j-21°55' le 3i, à midi. Sa durée de présence au-dessus de l’horizon augmente également. De i4h 32“ le ier elle atteint i5h49m 3i.
- Le i5 mai : demi-diamètre : i5'5o",48- Distance à la Terre : i5i 180000 kilomètres.
- Le 3o mai : demi-diamètre : 15' 47^93 • Distance à la Terre : i5i 690000 kilomètres.
- Au point de vue des observations physiques, nous recommandons l’observation quotidienne des taches, ainsi que nous l’avons dit le mois dernier. On utilisera à cet effet l’un des trois procédés connus : par projection, par l’observation directe, par la photographie.
- Le procédé par projection est, avec la photographie bien entendu, le procédé le plus pratique pour la statistique des taches. Pour leur étude détaillée, l’observation directe est la mieux adaptée aux instruments de moyenne puissance. Ne jamais omettre de munir les oculaires du verre noir protecteur.
- Noter avec soin tout passage de corps noir devant le Soleil.
- Eclipse partielle de Soleil. — Le 18 mai aura lieu une éclipse partielle de Soleil. La grandeur maxima de
- hauteur de la Lune au-dessus de notre horizon, seront : le 6 mai, 26° 5' Sud et le 19 mai, de 200 6' Nord.
- Parallaxe horizontale : 1" mai : 55' 38"; 10 mai : 54' 4y" ; 20 mai, 61' 1"; 3i mai, 54' 26".
- Eclipse totale de Lune du 2-3 mai. — Une très belle éclipse totale de Lune aura lieu dans la nuit du 2 au au 3 mai. En voici les circonstances (ajouter 1 heure pour l’heure d’été) :
- Entrée de la Lune dans la pénombre, le 2, à 221’ 49“,3
- Entrée dans l’ombre..................le 3, à oh om,8
- Commencement de l’éclipse totale . . le 3, à ih 14,n,8
- Milieu de l’éclipse..................le 3, à i1’ 5im,o
- Fin de l’éclipse totale..............le 3, à 2h 27“,2
- Sortie de l’ombre..................le 3, à 3ll4im,i
- Sortie de la pénombre..............le 3, à 4h 52™,7
- Grandeur de l’éclipse : 1225 (le diamètre de la Lune étant pris pour unité).
- Le coucher de la Lune à Paris ayant lieu le [3, à 4h 33m, on voit que cette éclipse sera à peu près entièrement visible à Paris.
- Toutes les personnes qui s’intéressent aux phénomènes de la nature sont invitées à observer cette éclipse. La précision de sa détermination est déjà une belle leçon d’astronomie. L’observation de l’assombrissement graduel du disque lunaire et des teintes qu’il revêt dans la pénombre et dans l’ombre est, en plus, un très joli spectacle.
- Tous les instruments conviennent, quelle que soit leur
- ---JL-.-'—Tg?,........Il11nrr-riuni ll“
- Fig. 1. — Construction schématique d’une chambre noire s’adaptant à une lunette astronomique.
- I. Photographie au, foyer. — II. Photographie par agrandissement direct.
- Ali, corps de la lunette astronomique.— T, tube de mise au point à crémaillère. -— C, coulant porte-oculaire. — O, oculaire. — 1), chambre noire pour photographie au foyer. — D', chambre noire pour photographie par agrandissement direct. — EE', bloc de bois formant serrage sur le tube porte-oculaire. — Pour obtenir L, L'j plus ou moins grande, déplacer EF/ sur le tube C. On peut encore construire la chambre D' en deux parties rentrant l’une dans l’autre pour faire varier le tirage, — Ch., châssis
- photographique dont le volet V est ouvert. .— P, plaque sensible.
- l’éclipse sera de 0,974, le diamètre du Soleil étant pris pour unité.
- Le premier lieu de la Terre où commencera l’éclipse, premier point d’où l’on pourra voir le bord lunaire devant le Soleil) est situé par 43° 2' Est de Paris et 46°3i Sud, Le contact aura lieu à 4h 16m,9. La plus grande phase se produira à 6l1 x4m,8 par io5°38' Est et 69° 22' Sud. La fin de l’éclipse générale aura lieu à 8h i2m,7 par i3i° 3g' Est et 32° 23' Sud. En ce point, le bord lunaire quitte le bord solaire et nul autre point de la Terre, au même moment, n’observe plus d’éclipse.
- Cette éclipse est visible du sud de l’Océan Indien et de l’Australie.
- Lumière zodiacale. —La lumière zodiacale, en raison de la longue durée des jours, et de l’inclinaison de l’écliptique sur l’horizon, devient de plus en plus difficile à observer (voir ce que nous avons dit à ce sujet le mois dernier).
- IL Lune. — Voici les phases de la Lune pour le mois de mai :
- P. L. le 3, à ih 47“; | N. L. le 18, à 6h 25m.
- D. Q. le 11, à 5!‘ 5im; P. Q. le 14, à 2ih nm.
- Les plus grandes déclinaisons atteintes en mai, c’est-à-dire correspondant à la plus faible et à la plus forte
- 1. Les heures sont données en temps moyen légal compté de o heure à 24 heures à partir de minuit. L’heure d’été étant actuellement eu usage, avancer toutes les heures de ce Bulletin de 1 heure.
- échelle. Une bonne jumelle rendra déjà bien des services. Les heureux possesseurs de lunettes et de télescopes seront évidemment les plus favorisés.
- Parmi les observations visuelles à effectuer : noter avec précision les instants des contacts avec l’ombre. Noter les moments du passage de l’ombre sur certains points lunaires bien définis. Dessiner le contour de l’ombre. Noter les couleurs du bord de l’ombre et de la partie éclipsée : celle-ci offre souvent une jolie coloration, on doit songer en effet que si dans l’ombre on voit encore le disque lunaire, c’est parce que la lumière solaire traverse notre atmosphère qui produit parfois de si beaux couchers de soleil. Noter le degré d’opacité de la partie dans l’ombre et rechercher s’il n’y aurait pas des points particulièrement brillants (on a déjà cru observer des cratères en activité ?)
- Prendre des photographies de l’éclipse. — Avec les appareils de petits formats, on peut dire qu’il n’y a rien à tenter. Le diamètre de la Lune sur un cliché est d’environ 1 mm. par 10 cm. de distance focale. On pourra, en dédoublant l’objectif d’un i3 X 18 et allongeant la chambre, prendre des vues en laissant l’appareil fixe sur son pied, à raison d’une vue toute’s les 5 minutes. Faire des vues instantanées au début de l’éclipse, ensuite poser, dans la limite permise par le flou qui se produira. Se rappeler que la Lune se déplace de son diamètre en 2 minutes environ, par suite de la rotation du ciel..., c’est-à-dire de la Terre. On aura ainsi sur une seule plaque une série d’images, comme une bande ciné-
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- matographique. Faire des essais les jours précédents.
- Avec les lunettes ou télescopes, prendre des photographies soit au foyer, soit par agrandissement direct. Adapter sur le tube oculaire, selon le cas, une petite chambre noire que l’on peut construire soi-même (fig. i). Utiliser.de préférence, pour faire légers, les châssis en acier du commerce.On pourra pour fixer les idées,[avec des plaques genre Lumière, étiquette violette, compter, pour la pleine Lune, faire de l’instantané au i/3o ou 1/40 de seconde avec un objectif d’ouverture 1/16. Avec un objectif de 75 mm de diamètre, on pourra obtenir des images de la Lune, au début de l’éclipse, agrandies à 35 mm, avec des poses de l’ordre de 1 seconde.
- Dans le cas d’agrandissement direct, utiliser l’oculaire le moins grossissant. Si l’on peut monter sur sa lunette, une seconde lunette munie d’un oculaire avec croisée de fils, on pomma, si les mouveménts sont très doux, s’en servir pour suivre un détail lunaire pendant la pose qui pourra ainsi atteindre plusieurs secondes. Mais toujours faire des essais la veille sur la Lune presque pleine, pour ne pas 'risquer un insuccès, quand ce ne serait que pour régler la mise au point. *
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Le 21, occultation de l’étoile 68 Gémeaux (gr. 5,i), à a8h 7®. L’immer-
- l'ceflicicnt (Jnillebeul Yillrquier Cnnilrlipc
- Marée du matin. i,o3 71'54“ 8h 54“ 8h 40"’.
- — du soir. . 1,04 20h i6m uo1'58“ ui'1 2"’.
- L'Annuaire du Bureau des Longitudes donne tous les renseignements pour le calcul des marées.
- III. — Planètes. —Le tableau ci-dessous, établi d’après les données de VAnnuaire astronomique Flammarion pour 1920 donne des renseignements sommaires pour 1 observation des planètes.
- Mercure et Vénus, comme on peut le voir dans le tableau ci-dessous, se lèvent en même temps que le Soleil et sont inobservables. Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 26 mai à 2 heures.
- Mars, dont l’opposition a eu lieu le mois dernier, est encore bien placé pour l’observation. Il se couche de plus en plus tôt (4h au début du mois, 2h à la fin). Son rapprochement de la brillante étoile l’Epi de la Vierge fera un beau spectacle céleste à la fin du mois.
- Continuer les observations de la surface avec un instrument aussi puissant que possible. Mars présente une petite phase, au fur et à mesure de-son éloignemeut de l’opposition. Cette phase sera de o",i le 2 mai ; de o",4 le 12 ; de o",q le 22.
- Date : Lever Passage Coucher Ascen - Diamètre Constellation
- ASTRE à au Méridien de Paris. à sion Déclinaison. et VISIBILITÉ
- MAI Paris. Paris. droite. apparent. étoile voisine.
- 5 4h 26“ 11,1 47"' i9h10” 2h 49m + 16015' 3 U 45"43 Bélier ))
- Soleil. . . . i5 4,11 ”>47 19,28 3,28 + 18,52 81,40,96 Bélier »
- 25 3,5g ”,47 i9,36 4, 8 + 20,5; 3i,37,56 T aureau »
- ‘ 5 3,59 10,3i 17 , 2 1,27 + 6,20 6,0 v Poissons
- Mercure. . . ) i5 3,53 10,5q 18, 5 2,33 4- 18,3o 5,4 (i. Poissons Inobservable.
- 25 4,00 11,44 »9,29 3,55 -(- 20,35 5,o Pléiades
- [ 5 3,59 10,47 17,34 1,49 + 9,4» 10,2 0 Poissons s /
- Vénus. . . . < i5 3,46 10, sa 18, 3 2,36 + i3,59 10,0 P Poissons Inobservable.
- 9.5 3,36 11, 4 18,32 3,24 + *7 >43 m,o a Taureau
- Mars . . . . l 17,18 16,20 2 2,33 21,43 3,54 3, 6 13,3 7 13,26 — 9, 5 — 8,29 16,0 i5,4 a Vierge a Vierge ( Presque toute la nuit. Se couche le 31, vers 2 b.
- 2 5 1 .'j , 34 20,58 2,2 2 i3,20 — 8,18 »4,4 a Vierge
- Jupiter . . . 15 9 5 >9 » 7 >12 o,44 8,53 4- 18,28 33,4 a Cancer T° partie de la nuit.
- Saturne. . . i5 11,51 18,48 1,44 10,3o 4-11,3o 16,4 P Lion ils partie de la nuit.
- Uranus . . . i5 i,35 6,5o ii, 5 22,3o — 10,14 3,4 g Verseau Avant l’aurore.
- Neptune. . . »5 9 >34 17 ! 4 0,34 8,45 4-18, 2 2,4 o Cancer ive partie de la nuit.
- sion seule sera visible à Paris, la Lune se couchant à 2 2h 44m.
- Le 23, occultation de 3 Lion (gr. 5,8) de 23h 26™ à 23'* 49“.
- Marées, Mascaret. — L’attraction combinée du Soleil et de la Lune sur la masse des mers donne lieu au phénomène des marées. Connaissant à l’avance l’heure de la marée dans un port (Brest) et les corrections propres aux différents ports par rapport au premier, on peut ainsi savoir à l’avance l’heure de la marée dans chaque station considérée.
- En outre, connaissant le coefficient de la marée et l'unitp de hauteur d’un port donné, en les multipliant, on a la demi-amplitude de la marée dans ce port.
- P. L. du 3 mai, à ih 47,n- Coefficient de marée om,86.
- N. L. du 18 mai, à 6h25“. — im,o4-
- Unités de hauteur pour quelques ports français :
- Socoa 2ra,02 Saint-Malo . . . 5ra,67
- Cordouan 2m,29 Granville. . . . . 6“,25
- La Rochelle.... 2™,67 Cherbourg . . . 2“,82
- Les Sables-d’ülonne 2“,35 Le Havre. . . . 3“,45
- Saint-Nazaire . *. . 2“,63 Dieppe.... - 4m>42
- Brest ....... 2“,63 Boulogne. . . • 4M 7
- Dunkerque . . . 2“,70
- La hauteur totale de la marée de nouvelle Lune, le 18 mai, à Granville, sera donc de : 1,04 X 6,2 5 X 2= 13"’,00.
- Heure probable de l’arrivée du Mascaret, pour les deux marées du 19 mai.
- L’observation des deux satellites de Mars est réservée aux grands instruments.
- Jupiter se rapproche peu à peu du Soleil, mais on peut l’observer aussi facilement pendant la première partie de la nuit.
- Comme nous l’avons fait le mois dernier, nous insis-vons à nouveau sur l intérêt des observations des mouvements des quatre principaux satellites, dont on trouvera les configurations dans Y Annuaire Astronomique.
- Saturne sera stationnaire le 7 mai et arrivera eu quadrature circulaire le 26 mai, il est observable à l’Est de Régulus, au-dessus de l’étoile jp Lion dans la première partie de la nuit. Nous voyons actuellement la face australe de l’anneau, qui se referme peu à peu et va se présenter à nous par la tranche, vers la fin de l’année. Eléments de l’anneau pour le ier mai :
- Grand axe extérieur.................................42" 3
- Petit axe extérieur. ...............................5" 9
- Hauteur delà Terre au-dessus du plan de l’anneau. 8° 3
- — du Soleil — — 5° 19
- Elongations de Titan ; Est, le 4 mai, i5\3 ; Ouest, le 12, 9h,7 ; Est’,1e 20, 14V-* ; Ouest, le 28, 8h,8.
- Uranus sera en quadrature occidentale le 27 mai. Nous indiquerons dans un prochain bulletin, le moyen de le trouver.
- Neptune nécessite pour être observé, de posséder une excellente carte céleste. Nous y reviendrons lors de sa prochaine période de visibilité.
- tül us [jp
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DATE Satel- lite. Phéno- mène Heure. T DATE Satel- lite. Phéno- mène Heure. DATE Satel- lite, Phéno- mène Heure.
- 4 I lm. .Jt ' > ^ m 0 07 I 2 I Im. 2111 2,n 20 I O.f. 2 31144m
- — U Im. 20, 5 I) II 0. c. I9,5l 'I I I E. f. 21, 1
- — m P. f. 20,14 — II P. f. 20 , ï'2 'l'I II E. f. 19,55
- — m 0. c. 21,46 — KO P. f. 20,36 — IV O.f. 22,55
- — 1 P. c. 2i,55 — I O.f. 'i 1 ) 49 — III E. f. 2.3,16
- - — i(>) O.c. 23, 10 — IV Im. 21,53 2 7 1 P. c. 22,14
- 5 1 P. f. 0,11 — II O.f. 22,45 II P. c. 22,44
- — 1 13. f. 22,42 *9 I Im. 23,00 28 1 E. f. 22,57
- 6 IV O.c. o, 8 1K> II P. c. 20, I -, V) I O.f. 20, 8
- — 1 O.f. 19,55 — I P. c. 20,l6 — II E. f. ‘±'1, 3o
- — 11 O.f. 20, 7 — I O.c. 21,28 — III Em. ‘i 2.33
- i I m P. c. 20,41 — 11(0 0. c. 2 2,2t) 3o IV Em. 21,48
- — 11 lut. 22,4.2 — I P. f. 22,33
- — 1 P. c. 23,5i — II 1 P. f. 22,54 1
- I. De 2 > h. io m. au coucher de Jupiter, ombres des satellites I et Ht sur la planète, a. A ai li. /|5 ni., curieuse disposition des satellites !, Il, IV tout près de Jupiter.
- 3. De 22 li. 29 m. à 23 h. 4/,, ombres des satellites I et II sur Jupiter.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions
- Le 1" , à Le 3, à Le la, à, Le i3, à Le 16, à Le 17, à Le 17,4 Le 17, à Le 23, à Le a3, à Le a5, à Le 28, à
- 22
- \ Mars en conjonction avec la Lune, à 20 55' N.
- Vénus Uranus Mercure Mercure Vénus Mercure Vénus 5'1, Neptune, io1*, Jupiter 51', Saturne i6h, Mars
- 20"
- i5h
- i6h
- 8"
- 9"
- i4h
- 21 ''
- ü Poissons (gr. 4>5)
- — la Lune,
- — Vénus,
- — a Bélier [gr. 5,5)
- — la Lune,
- — la J Aine,
- — o Bélier [gr. 5,5)
- — la Lune,
- — la Lune,
- — la Lune,
- —- la Lune,
- a ou 12
- 'N. à 6» 5'S. à 6° 3o' S. à o° 7' N. à x° 23' N. à o° 56' S. ào° 11'N. à 5Ü 27'N. à 6° 21' N. à 70 16' N. à 20 i4'N.
- La conjonction de Mars et de la Lune, du ior mai, sera
- très facilement observable à l’œil nu. Celle du 3, de Vénus et 0 Poissons pourra être faite à l’aube du 2 et du 3, au moyen d’une lunette montée équatorialement. Celle du il devra être faite en plein jour et sera très intéressante à suivre.
- Etoiles filantes. — Du ial au 6 mai, chute des Aqua-rides (Rapides, traînées). Radiant a Verseau.
- Le 22 mai, radiant vers a Couronne.
- Em, Touchet.
- N. B. — Le souci de faire tenir le maximum de renseignements dans un cadre étroit nous oblige parfois à abréger plus que nous le voudrions la description de certains phénomènes. Nous nous efforcerons de préciser ou modifier les passages que les lecteurs de ce Bulletin voudront bien nous signaler.
- 3&D
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. t- Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnemeat. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches souvent nécessaires, il ne peut être répondu que dans un délai de dix à quinze jours,
- Communications. — Le cactus. — M. Lambert, de Tunis, nous communique les renseignements suivants :
- Le cactus a un tronc court et tendre formé par les premières feuilles desséchées, se divisant en plusieurs branches qui portent les feuilles ou raquettes, garnies de piquants ; sur chaque raquette prennent naissance d’autres raquettes qui se multiplient ainsi. Au commencement de l’été, sur les feuille, apparaissent des fleurs jaunes qui deviendront les fruits ou figues de Barbarie ; ces fruits ont aussi des épines que les Arabes enlèvent en les roulant dans du sable, cas ces fruits sont très bons à manger et l’on en fait grande consommation.
- Les indigènes cultivent des cactus dont les feuilles sont dépourvues de piquants et servent à la nourriture du bétail, mais les chameaux et même les chèvres, les mangent avec leurs épines.
- Je citerai même un enfant indigène ayant été hypnotisé par un Aïssaouas, et qui, persuadé qu’il était chameau, mangea des feuilles de cactus ce dont il est mort.
- Questions à nos lecteurs. — M. N. Trieu, à Cac Ba (Tonkin), demande recevoir catalogues outillages et appareillages pour la fabrication des pièces de feux d'artifice ainsi que des formules pour cette fabrication.
- M. Àxiotahi, à Trangli (Pharsalc) Grèce, demande s’il
- existe un journal donnant les prix de tous les minerais sur les marchés d’Europe.
- Demande. — M. F. Moran, rue DonalmAlvarès, 2227, Bueuos-Aires (Argentine), désire acheter :
- i° Des coléoptères fossiles et des empreintes;
- a0 @Des coléoptères de l’ambre.
- Lui faire offres.
- T. S, P. — M. J. Lucius, à Paris, -r- i° Votre longue* antenne peut, en effet, être accordée par le seul jeu du condensateur réglable que vous placerez entre les appareils et la terre.
- 2° Voyez notre prochain article sur la bobine de self.
- 3° Les ondes entretenues n’affecteront nullement votre réception d’ondes amorties. Toutefois, au voisinage immédiat d’une émission sur ondes entretenues des effets d’induction puissants peuvent gêner et même rendre impossible toute autre réception.
- 4° Les transformateurs de l’amplificateur auquel vous faites allusion sont à noyau de fer et du1 type « fermé ».
- Le fil employé est du fil de cuivre bien isolé, de la rosette 8/100 recouverte de soie, par exemple.
- Le premier transformateur a son enroulement primaire constitué par 90 m, de fil présentant une résistance approximative de 3oo ohms, l’enroulement secondaire comprenant 900 m. environ de même fil pour une résistance de 3ooo ohms, Les deux autres transformateurs ont leur primaire identique au précédent, leur secondaire de i5oo ohms de résistance comprend environ 45o m. de fil.
- Les extrémités de l’enroulement primaire du transformateur initial se relient aux bornes du téléphone sur
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- BOITE AUX LETTRES
- lu circuit classique de réception et le téléphone est reporté dans le circuit plaque de la T lampe.
- faites bien attention aux polarités pour la connexion régulière des batteries.
- 5° En utilisant cet amplificateur, vous pouvez réduire trqs sensiblement votre antenne.
- M. J. S., à Paris. — Si l’antenne suspendue entre deux cheminées vous semble encore trop près du toit, ne pourriez-vous appuyer contre ces cheminées deux petits mâts de 5 m. en bambou qui supporteraient votre collecteur à une hauteur raisonnable. Cette disposition n’occasionnerait aucun dom mage à la toiture de l'immeuble.
- M. Cassait, à Saint-Nazaire. — Voire schéma est très bien ordonné. Vous devez établir votre transformateur Tesla pour une longueur d’onde minima puisque vous pourrez par le jeu des selfs auxiliaires augmenter l’inductance des circuits mais non la diminuer en deçà de la limite de votre transformateur. Or, si vous établissez un transformateur convenant à des ondes de 6oo m., par exemple, il sera insuffisant pour des ondes de 3ooo ; je veux dire que l’énergie transmise par le primaire au secondaire sera trop faible; vos circuits seront accordés parles selfs, mais l’accouplement sera si lâche que vous risquez de ne rien entendre.
- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La. Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées oour certains ouvrages.) __
- Cours pratique d’électricité industrielle, par H. Chevallier. Tome 1. Etude des courants continus, propriétés générales, production et utilisation, i vol. relié in-8° carré, de 4oo p., 436 fig., Béranger, éditeur, Paris, 1920. Prix net : 24 francs.
- M. Chevallier expose dans son cours les principes essentiels d’électrotechnique et y rattache l’étude élémentaire des questions d’électricité à l’ordre du jour, telles que : chauffage électrique, lampes à incandescence à faible consommation, transport de l’énergie à distance, accumulateurs au nickel, etc.
- Les progrès de la chimie en. 1918. Traduction française autorisée des Ânnual Reports on the Progress of Chemislry for 1918, de la Chemical Society, publiés sous la direction d’ANnuii Kling, i vol. in-8°, 822 p., Gauthier-Villars et C'°, Paris. Prix : i5 fr. -f- 5o pour 100.
- La Chemical Society de Londres publie chaque année un exposé systématique du mouvement des idées et des faits nouveaux concernant les grandes questions d’actualité chimique. Aucun moyen de docu-, mentation de ce genre n’existant en France, M. Kling en entreprend la traduction. On y trouvera, méthodiquement classées, les analyses précises des travaux de chimie physique, générale, minérale, organique, analytique, agricole, physiologique et de radioactivité.
- Produits hydrauliques, céramique, verrerie, par H. Sal-vetat, préface de M. H. Le Chateliek, membre de l’Institut. 1 vol. relié in~8°éraisin, 335 p., 110 fig.
- (Encyclopédie Chabrié), Ch. Béranger, éditeur, Paris, 1920. Prix net ; 5a fr. 5o.
- La première partie de cet ouvrage est consacrée aux mortiers et au mécanisme de leur durcissement; on y explique les essais de fabrication, de réception et d’identification des ciments, ainsi que la composition chimique de ces derniers et l’analyse élémentaire des matières premières et des produits fabriqués. f L’auteur passe en revue le plâtre, la chaux grasse et la chaux hydraulique, les ciments naturels à prise rapide et à prise lente, le ciipent de Portland, les pouzzolanes, et clôt ce chapitré par un aperçu sur le broyage des mortiers.
- La deuxième partie du livre a trait à la céramique : propriétés de l’argile, procédés généraux et spéciaux de fabrication.
- Enfin une troisième partie est consacrée aux verres, à leurs propriétés physiques et chimiques, puis à la description des divers procédés de fabrication avec indication des prix de revient.
- Calculs graphiques et analytiques du béton armé, par En. Heirivian, ingénieur C. C. M. L. 1 vol. 19X28, 208 p., 141 fig-, Bunod et Pinat, éditeurs, Paris, 1919. Prix net ; 18 francs.
- La cellulose et les éthers cellulosiques, par L. Clément et C. Rivière, préface de M. PIaller, membre de l’Institut. 1 vol. relié in-8° raisin de 355 p., 66 fig., Ch. Béranger, éditeur, Paris, 1920. Prix net : 45 fr.
- MM. Clément et Rivière, spécialistes réputés, à qui l’on doit un procédé pour faire en acétate de cellulose des films ininflammables, ont entrepris de donner sous une forme condensée un résumé substantiel des propriétés de la cellulose, de ses dérivés, et des applications si nombreuses, si diverses auxquelles elles ont donné lieu : nitrocelluloses employées soit comme explosifs, soit pour la fabrication de la soie artificielle suivant la méthode de Chardonnet, soit pour la fabrication du celluloïd, acétates de celluloses, nouveaux venus en somme à la vie industrielle, employés pour faire du vernis, des matières plastiques, des feuilles transparentes, des films incombustibles, voire des perles fines.
- L’ouvrage se termine par une étude complète de l’industrie' des matières plastiques. Cet ouvrage, de lecture agréable et de documentation sûre, rendra de grands services.
- Paper Making and its Macliinery, par T.-W. Chalmers. 1 vol. illustré, 178 p., 144 fig- et 6 planches. Constable et Cie, éditeurs, Londres, 1920. Prix : 26 sh. net.
- L’auteur décrit l’industrie du papier, en se plaçant surtout au point de vue de l’ingénieur, c’est-à-dire qu’il s’est proposé de décrire en détail les machines très diverses employées au cours des phases successives de la transformation de la cellulose. A cet effet, il a visité les usines les mieux outillées de Grande-Bretagne et il s’est attaché à en décrire les machines les plus modernes.
- Cet ouvrage réunit donc une foule de renseignements utiles qu’il était jusqu’ici assez difficile de se procurer; il est très clairement écrit, accompagné de figures et schémas excellents.
- Sludies of lleredity in Rabbils, Rats and Mice, par W.-E. Castle. 1 vol. in-80, 56 p., 3 pl. Publication n° 288 de la Carnegie Institution, Washington.
- La fatigue, par le Dr Joseea Ioteyko, i vol. in-16, 331 p., i3 fig. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix net : 5 fr. 75.
- L’auteur, qui étudie celte difficile question depuis plus de 25 ans, présente ici la conception à laquelle elle est arrivée et l’état actuel du problème. Elle montre le rôle biologique de la fatigue, moyen de protection de l’organisme, étudie son origine, son siège, ses maladies et ses degrés, puis examine la fatigue musculaire, cardiaque, respiratoire, intellectuelle, émotive, et tire de tous ces faits physiologiques les applications qu’ils comportent dans le domaine social : types de travail, entraînement, fatigue industrielle et professionnelle, action pathogène, psychonévroses de guerre.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N™ 2403-2404 8 Mai 1920.
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- INFORMATIONS
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- Statistique d’aviation anglaise. — L’Entente publie la statistique suivante, extraite de documents anglais et relative à l’aviation civile seule, de mai à décembre 1919. Nous la reproduisons ici en signalant à nos lecteurs qu’elle permet des comparaisons utiles avec les données françaises relatives au risque aérien publiées dans La Nature il y a près d’un an (n° 2370).
- Nombre de vols effectués.....................
- Heures de vol . . ...........................
- Distance parcourue (en kilomètres)...........
- Passagers transportés........................
- Marchandises transportées (en tonnes). . . .
- Accidents d’appareils :
- Occasionnant la mort de l’un ou de plusieurs
- occupants de l’appareil...................
- Occasionnant des blessures aux occupants . . Occasionnant la mort d’une personne du public,
- les occupants n’étant pas blessés.........
- Dans lesquels une personne a été tuée ou blessée .....................................
- 35.33o
- 8.368
- 954.13 7
- 64.416
- o
- 4
- 8
- 5
- Total des accidents
- x8
- Distance moyenne parcourue sans accident
- (partiel).................................. .
- Nombre moyen de vols sans accident .... Nombre moyen d’heures de vol sans accident.
- Accidents de personnes :
- Pilotes tués .........................
- Pilotes blessés...............................
- Passager tué..................................
- Passagers blessés.............................
- Tierces personnes tuées (public)..............
- Pilotes tués par 1000 vols effectués..........
- Pilotes blessés par 1000 vols effectués. . .
- Pilotes tués par 1000 heures de vol...........
- Pilotes blessés par 1000 heures de vol. . . . Passagers tués par 1000 passagers transportés. Passagers blessés par 1000 passagers transportés .......................................
- Passagers tués par 1000 heures de vol. . . . Passagers blessés par 1000 heures de vol. . .
- 5 a-. 936 1.960 465
- 4
- 6
- 1
- 10
- 1
- o. 11 0.17
- 0.48
- 0.72
- 0.016
- o. 16 0.06 o.6i
- Les aéroplanes et l’agriculture. — Le Daily Express signale l’emploi des aéroplanes pour ensemencer les terres, dans certaines contrées de l’Angleterre. Beaucoup de personnes n’ont pas cru à cet usage agricole des aéroplanes, mais il est actuellement démontré .qu’un biplan volant très lentement peut ensemencer beaucoup plus rapidement que n'importe quel autre semeur mécanique, lorsque, bien entendu, il s’agit de vastes exploitations.
- Sous-màrin anglais armé d’un canon de gros calibre. — Les premiers sous-marins armés de canons furent des sous-marins allemands, construits avant la
- guerre ; on se demanda même à leur apparition à quoi pouvait servir le petit canon à éclipse dont ils étaient pourvus. La guerre sous-marine devait bientôt nous le révéler. Aujourd’hui l’emploi de l’artillerie à bord des sous-marins n’est plus discuté. Les Anglais viennent de lancer un sous-marin, le M-3, qui est même armé d’un canon de très fort calibre; c’est un canon de marine de 12 pouces, c’est-à-dire d’environ 3oo mm de calibi'e. Le canon est placé à l’intérieur du bâtiment. La bouche est
- pourvue d’un dispositif automatique d’obturation qui empêche l’eau de pénétrer dans l’âme quand le sous-marin est en plongée. Des expériences de tir ont été faites; nous n’en connaissons pas les résultats.
- Un incendie combattu par un sous-marin. — Le
- 24 janvier dernier, une explosion se produisait à bord du steamer américain Marne amarré dans le port de Cristobal, à l’entrée du canal de Panama. Bientôt toute "la cargaison, 160000 fûts de pétrole, 1700 tonnes de mazout, prenait feu et l’incendie devenait rapidement menaçant pour les navires et installations voisines. Il fallait à tout prix s’en rendre maître, et le seul moyen était de couler le navire, mais la chaleur développée était si intense qu’il était impossible de s’en approcher. Deux sous-marins américains qui se trouvaient là reçurent l’ordre de couler le bâtiment à coups de canon. Ils y réussirent en tirant sur la coque du steamer 54 obus de 75.
- Constructions navales anglaises et américaines.
- — L’Entente publie, au sujet de la concurrence actuelle entre les chantiers navals de constructions anglais et américains, les statistiques suivanies qui montrent les phases successives de cette rivalité :
- États-Unis. Grande-Bretagne Exe, ou déficit américain.
- 1913. . . Tonnage 276.448 brut lancé. i.g32.i53 — 1.655.705
- 1914. . . 200.762 1.683.553 — 1.482.791
- 1915 . . . 177.460 350.919 — 47a.459
- 1916. . . 504.247 608.235 — 103.988
- 1917. . . 997-919 x.162.896 — 164.977
- 1918 . , . . 3.o33 o3o 1.348.120 4- 1.684.910
- 19*9 • • • . 4.075.385 1.620.442 + 2,454.943
- Tonnage brut en construction.
- 3o/6 /14.. 148.515 1.722.124 — 1.573.609
- 80 9 /18. . 3.382.709 1.746.933 4- 1.535.776
- 3 r/1 a/18. . . 3.645.919 1-979-95a + 1.666.o33
- 3U3 /19. . 4-185.528 2.2.54.845 4- 2.069.322
- 3o/6 /19.. , 9.874.143 2.624.o5o 4- 1.350.093
- 30/9/ 19, . . 0.470.740 2.816.773 4- 653.975
- 31/12/19.. 2.966.515 2.994-949 —- 27.7,34
- Applications des radiations infra rouges. — La
- Technique moderne expose les intéressantes applications des radiations infra-rouges effectuées pendant la guerre par M. Charbonneau. Il a réalisé tout d’abord uu système de télégraphie optique invisible, dont les signaux ne peuvent être perçus que par le poste récepteur auquel ils sont destinés. Le poste transmetteur comprend un miroir concave, au foyer duquel on place une source riche en rayons infra-rouges, une lampe à incandescence par exemple. L’avant de ce projecteur est fermé par un verre noir qui arrête toutes les radiations visibles. On manipule,en masquant ou démasquant la lampe. Pour recevoir les signaux de cet appareil, il fallait un récepteur spécial. M. Charbonneau a utilisé à cet effet la propriété qu’ont les rayons infra-rouges d’éteindre la phosphorescence du sulfure de zinc insolé. Le récepteur comporte un miroir concave qui reçoit les rayons infra-rouges et les fait converger à son foyer. Une bande sans fin recouverte de sulfure de zinc se déroule en passant par ce foyer. Un mécanisme d’horlogerie assure ce mouvement. L’excitation de la phosphorescence du sulfure de zinc est réalisée par l’action de radiations bleues. On les obtient en filtrant, au moyen d’une solution de sulfate de cuivre ammoniacale, les radiations émises par une lampe à incandescence enfermée dans une boîte bien étanche. Pour la télégraphie en plein jour l’appareil récepteur est fermé par un verre noir et une petite fenêtre permet de faire les lectures. Les radiations infra-rouges par lesquelles se transmettent les messages, en frappant la bande de sulfure de zinc, en éteignent la phosphorescence, et Ton voit apparaître un trait noir. Celui-ci s’efface quand la bande passe devant les radiations bleues excitatrices,
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- INFORMATIONS
- on peut ainsi lire les signaux Morse transmis. Il faut évidemment ua système de pointage permettant aux deux correspondants de diriger l’un sur l’autre les axes optiques de leurs appareils.
- Les faisceaux infra-rouges ont été utilisés par la Marine pour la surveillance de certaines passes. Supposons un poste transmetteur d’un côté de la passe émettant d’une façon continue, un récepteur de l’autre côté ; la passe est pour ainsi dire barrée par un faisceau de radiations infra-rouges. Qu’un bâtiment vienne à franchir la passe, il intercepte ces radiations; le poste récepteur s’en aperçoit immédiatement par l’interruption du trait noir tracé sur la bande phosphorescente Un barrage de ce genre a été installé dans la rade d’Hyères entre l’Estérel et Fort-Pothuau, ces deux points sont situés à io km l’un de l’autre.
- Au lieu d’une bande phosphorescente, M. Charbon-neau s’est également servi avec succès d’une pile thermoélectrique comme récepteur. Les déviations d’un galvanomètre relié à cette pile permettent de lire les messages transmis.
- La protection du fer par oxydation électrolytique.
- — La protection des métaux ferreux par oxydation superficielle est pratiquée depuis longtemps, notamment dans le bronzage des armes. M. Révillon, dans la Revue de Métallurgie, expose un nouveau procédé, dû à MM. Sestini et Piendelli de Bergame, et qui utilise à cet effet, au lieu des procédés chimiques ordinaires, des procédés électrolytiques beaucoup plus simples. Le principe est le suivant : dans une première phase de l’opération, on électrolyse^un bain de ferrite de soude; au pôle négatif, sous l’action de l’hydrogène naissant, il se forme un dépôt de fer qui donne une surface parfaitement décapée, et dans un état électrique particulier qui le rend apte à subir une oxydation ultérieure. Au pôle positif, le fer s’attaque et se dissout, pour maintenir la concentration du bain. Dans la deuxième phase, on renverse le courant ; le métal recouvert du dépôt de fer devient cathode ; le fer réduit dans la première phase s’oxyde, et, dans certaines conditions, si la température est convenable, il passe à l’état d’oxyde magnétique noir. L’oxydation en noir d’oxyde magnétique sur le fer et l’acier possède une grande dureté minéralogique, surtout après quelques jours d’exposition à la lumière. Elle protège complètement les objets contre la rouille. Elle peut être employée pour le bronzage des armes à feu, pour remplacer le vernis dans les appareils électriques, etc
- La solution de ferrite de sodium peut être formée en utilisant, en présence de la soude, le même courant électrique qui servira à l’électrolyse.
- L’oxygène liquide dans les mines. — Nous avons déjà signalé à plusieurs reprises les applications, comme explosif, de l’oxygène liquide combiné avec un combustible pulvérulent. Les explosifs de ce genre ont été employés en grand dans les mines de charbon de Lorraine pendant la guerre. M. Antonin Pol a donné à ce sujet d’intéres&ants détails dans une conférence à la Société de VIndustrie minérale ; de nombreuses exploitations ont monté des machines fabriquant de l’oxygène liquide par le procédé Linde (compression à 200 atm. et détente sans travail). Une installation fournissant 5o litres à l’heure exige un moteur électrique de i5o chev. ; pour 100 litres d’oxygène liquide il faut 3 kg 5oo de potasse caustique et 2 kg 5 de chlorure de calcium. Un litre d’oxygène liquide donne un effet sen-siblemement égal à celui de 1 kg de poudre, il a le précieux avantage de ne pas dégager d’oxyde de carbone ; et il est plus économique que les explosifs ordinaires. En outre, on n’a pas à emmagasiner de substances explosives, toujours dangereuses. Le mélange du comburant et du combustible ne s’effectue qu’au moment même du tirage du coup de mine. Le choix- du combustible permet de plus d’obtenir des effets variés, tantôt brisants, tantôt plus progressifs. Ainsi l’effet doux avec la farine de liège, la sciure de bois, la tourbe, devient plus brisant quand on pulvérise finement le mélange et davantage encore quand on ajoute une poussière métallique (aluminium par exemple). Le combustible pulvérulent est placé dans une cartouche. On plonge celle-ci 5 à 10 minutes dans l’oxygène liquide versé à cet effet dans un vase spécial cylindrique à double paroi. Le mineur, chargé de tirer un coup de mine, trempe la cartouche dans ce vase, la met en place et procède au
- bourrage après avoir mis la mèche et met le feu. La cartouche perd sa force explosive après une demi-heure d attente. Les résultats obtenus dans les mines lorraines permettent de croire que l’emploi de l’oxygène liquide se généralisera rapidement dans les autres mines françaises.
- La prévision des orages dans les stations centrales électriques. — Les grandes stations productrices d électricité, qui distribuent leur énergie sur des réseaux étendus, ont un intérêt manifeste à être avisées à temps des manifestations météorologiques susceptibles de troubler le service. Par exemple, un orage, en été, vient subitement obscurcir le ciel ; aussitôt la demande de courant augmente, parce que les abonnés allument leurs lampes ; à cette époque de l’année la demande moyenne est assez faible ; son augmentation brusque exige la mise en service rapide de chaudières, et l’on sait que cette opération ne peut jamais être instantanée. La centrale est donc exposée à des à-coups brusques auxquels elle ne peut parer, d’une façon onéreuse, qu’au moyen de batteries d’accumulateurs. Si elle pouvait être prévenue assez à l’avance, elle aurait au contraire toute facilité pour alerter ses chauffeurs et se tenir prête. C’est ce qu’a compris la New York Edison Cy. Cette puissante Société, qui dessert une partie de New Lork, a une centrale alimentant 27 sous-stations. Elle commença par organiser un service météorologique, utilisant les avertissements du Bureau météorologique de la ville. Mais ce n’était pas suffisant; les renseignements ainsi obtenus n’étaient pas assez précis ; ils ne permettaient pas de distinguer les orages menaçant la zone intéressant la Compagnie de ceux qui se localisaient en dehors. On fut ainsi amené à construire un détecteur d’orage spécial, qui depuis plusieurs années donne d’excellents résultats. Les orages ou les tempêtes en été sont accompagnés de perturbations électriques qui peuvent être décelées par un détecteur d’ondes analogue à ceux de la T. S. F. On a donc installé à la station centrale un système relié à un cohéreur qui commande le circuit d une sonnerie électrique. Le montage est fait de telle façon que le marteau de la sonnerie serve également de frappeur pour le cohéreur et que tout l’ensemble fonctionne automatiquement. Lorsqu’un orage approche, la sonnerie commence à résonner à intervalles de 5 à i5 minutes; l’orage est alors à 100 ou i5o km et pourra être sur la ville dans un délai de 2 à 7 heures. La sonnerie a donné l’avertissement préliminaire. Lorsqu’elle se met à résonner toutes les minutes ou toutes les demi-minutes, c’est que l’orage se rapproche ; la menace se précise, l’usine fait alerter ses chaudières en réserve et fait préparer la mise en marche des groupes de secours. Une demi-heure ou une heure avant que l’orage atteigne la cité, la sonnerie est actionnée d’une façon continue. On prend alors les dernières dispositions pour faire face aux circonstances. On voit quel secours ce modeste dispositif peut apporter à une grande exploitation.
- Le bilan des engrais dans les cultures. — Le Bulletin des Renseignements de l’Institut international d’Agriculture publie, d’après une étude de M. J. Sebelin, parue dans le Nordisk Jordbrugsforskning, un bilan fort intéressant des quantités de potasse, d’azote et d’anhydride phosphorique soustraites annuellement au sol par les récoltes et de celles qui y retournent sous forme de fumiers et de matières fécales, d’où l’on peut déduire les besoins en engrais chimiques des cultures. Ce bilan a été établi pour les Pays Scandinaves (Danemark, Norvège, Suède), mais il fournit un ordre de grandeur valable pour les autres pays.
- Quantités d’azote, d’anhydride phosphorique et de potasse soustraites au sol par les récoltes en pour ioo^, de leur poids total.
- Récoltes.
- Blé . ........
- Seigle .......
- Orge .............
- Avoine............
- Légumineuses . . .
- Paille de céréales. .
- Pommes de terre . .
- Foin..............
- Fourrages verts . .
- Anhydride
- Azote. phosphorique. Potasse,
- 2.00 0.80 o.5o
- 1.90 0.85 0.60
- 1.53 0.80 0.70
- 1.70 0.70 0.5o
- 3.6o 1.00 1 .25
- 0.70 0.21 I . 12
- 0.3o 0.12 0.60
- 1.70 0.5o I .80
- i,56 0.61 1 ,g5
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- INFORMATIONS
- En calculant par rapport à i hectare, on voit qu’une récolte moyenne lui enlève chaque année 5o kg d’azote, •24 d’anhydride phosphorique et 66 de potasse.
- Les animaux domestiques restituent au sot, par le fumier et le purin, une partie des produits enlevés par la récolte. L’auteur calcule que chaque tête de bétail
- fournit par an : Bovins. Chevaux, Ovins. Chèvres Porcs.
- Purin 2000ks 6ooks 6oks 6okï i8oks
- Azote .... - °/o G 5% 9 0/ 1 Ù 0/ 2 /ü o,5 %
- Anhydride
- phosphorique . — — — — O O O
- Potasse . . . 1,6% u6 % 2,4 % T 0 0 / 1 /O o-7 °/o
- Fumier 5oooks 35ool18 IOOks IÔOke ' 25oke
- Anhydride
- phosphorique . O o” d 0 O O 0,5% o,5 % 0,25 %
- Si l’on y ajoute les quantités d’excreta humains qui peuvent venir s’ajouter aux engrais fournis par les animaux, on arrive à un déficit annuel que M. Sebelin estime à : Anhydride
- Azolc. phosphorique. Potasse.
- Danemark . 67,5 pour 100 69 pour 100 5g pour 100
- Norvège . . 8 — 24 — 12 —
- Suède ... 4b — 57 — 5o —
- Grâce au nombre plus grand de bestiaux et d’habitants par unité de surface de terre cultivée, la Norvège se trouve dans les meilleures conditions. Dans tous les cas, cependant, le déficit est considérable, et si l’on continuait à exploiter les réserves du sol sans contrebalancer le prélèvement de matières fertilisantes au moyen de quantités suffisantes d’engrais chimiques, on finirait par arriver à l’épuisement et à une diminution rapide et continue de l’ensemble des produits récoltés.
- Un semblable bilan serait intéressant à établir pour la France.
- Le bétail des Etats-Unis. — Une statistique établie au icl janvier 1920 et publiée par le Bulletin de statistique de l’Institut international d'Agriculture donne les chiffres suivants :
- Bétail existant dans les fermes et domaines d'élevage.
- Chevaux...................... 21.109.000 têtes.
- Mulets........................ 4.995.000 —
- Bovins....................... 68.132.000 —
- Vaches laitières............23.747.000 —
- Autres bovins........... 44.385.000 —
- Ovins .... 48.615.000 —
- Porcins................ . .' 72.909.000 —
- A cela, il faut ajouter le bétail existant dans les
- centres urbains et les villages qui n’est pas recensé chaque année. Le dernier recensement, datant de 1910, donnait en outre :
- Chevaux..................3.183.000
- Mulets . .................. 270.000
- Bovins.....................1.879.000
- Ovins....................... 3gi.ooo
- Porcins................... 1.288.000
- Pour aviver le coloris des fruits. — Notre collaborateur, M. A. Truelle, donne à ce sujet les conseils suivants dans la Vie agricole :
- La couleur entre pour une large part dans la valeur marchande des fruits, ceux-ci devant satisfaire non seulement le goût, mais aussi la vue du consommateur. On admet que la couleur rouge se développe de préférence à la lumière solaire et lorsque se produisent de nombreuses alternatives de chaleur diurne et de refroidissement nocturne, ce qui est généralement le cas en automne. Les rosées matinales aussi, d’après Bechtle, exercent une action favorable à ce point de vue.
- Partant de ces observations, M. Truelle conseille deux opérations : l’effeuillage et le bassinage,
- L'effeuillage ne doit pas se faire brusquement, trop vite ; il ne faut enlever les feuilles qu’une à une et en plusieurs fois sans les arracher, mais par section du pétiole en son milieu, afin de ménager les yeux de la base. Il ne faut pratiquer l’effeuillage que le soir ou par un temps sombre, alors que la transpiration est notablement ralentie. Pour la pêche surtout, dont l’épiderme est si sensible, il faut ne procéder que graduellement, découvrir le fruit en trois fois, par exemple. Pour les pommes de luxe, en particulier celles de la variété « Api », les horticulteurs font l’élevage dans, des sacs individuels qu’ils déchirent peu à peu au moment
- de la maturité. Us arrivent même à faire pivoter la pomme sur son pétiole pour présenter plusieurs faces au soleil. L’effeuillage se pratique aussi sur les raisins « Chasselas » pour obtenir la dorure.
- Le bassinage consiste en une pulvérisation à la seringue faite pendant les soirées de septembre, quand la journée a été chaude, et visant de préférence le côté exposé au soleil, afin de provoquer le grossissement et le coloris. M. Opoix, jardinier en chef du Luxembourg (à Paris), conseille le bassinage avec de l’eau salée à raison d’une poignée de sel par décalitre d’eau.
- Les chevaux français aux États-Unis. —M. Alfred Grau vient de publier flans le Journal d'Agriculture pratique une intéressante étude sur la réputation des races françaises de chevaux de trait et sur leur demande d’importation aux Etats-Unis. Les Américains recherchent les animaux calmes et puissants, les plus gros et ayant le poids le plus lourd. Que ce soit à cause du climat plus sec ou pour un autre motif, les races en question ont, une fois transportées dans l’Amérique du Nord, une tendance à s’affiner et à décroître de poids et de volume au bout de plusieurs générations, d ’où la nécessité d e renouveler le sang fréquemment par de bons reproducteurs.
- Parmi les races de trait, en France, certaines, comme le cheval de trait du Nord et l’Ardennais, ont beaucoup souffert de la guerre, et il faudra du temps et beaucoup de travail pour les remonter, mais les efforts laborieux ne manqueront pas. A côté de ces races, d’autres n’ont pas souffert, comme les races boulonnaise, percheronne, nivernaise, la race mulassière du Poitou, le cheval de trait breton.
- Aux Etats-Unis, sur 100 chevaux, en moyenne, on compte 82 chevaux de gros trait, parmi lesquels il y a 53 percherons, 12 belges, et seulement 5 à 6 étalons de gros trait,anglais, Glyde ou Shire. Les races françaises y sont appelées au plus grand avenir et il y a lieu, en France, de continuer les efforts d’élevage et de sélection en particulier.
- Pour conserver les œufs. — Le Bulletin de Renseignements de V Institut International d'Agriculture publie les résultats suivants d’expériences faites en 1918 à l’Institut agronomique de Florence par MM. Parserini :
- Les œufs peuvent être conservés à sec pendant plus de 7 mois, pourvu qu’on les ait pris très frais, en les lavant soigneusement, en imprégnant légèrement la coquille avec de la graisse (saindoux) renfermant
- I pour 100 d’acide salicylique et en les conservant dans un local frais et sec. La diminution de poids, due, au moins en grande partie, à l’évaporation de l’eau à travers la coquille, fut, après 231 jours, de 5 pour 100 seulement. En enveloppant chaque œuf ainsi graissé dans du papier huilé, on peut réduire la diminution de poids à moins de 3 pour 100 en 281 jours. Tant dans le premier cas que dans le second, les œufs "Se conservent de telle façon que leur saveur et leur odeur ne sont presque pas altérées et qu’ils ont leur albumine liquéfiée comme les œufs conservés dans l’eau de chaux. L’immersion dans l’eau de chaux donna d’excellents résultats; faite avec des œufs bien frais, lavés avec soin, et avec de la chaux suffisamment pure, comme celle provenant du marbre statuaire, elle permit de conserver des œufs, en milieu frais, pendant 14 mois. Le léger goût de lessive que prennent avec le temps les œufs conservés dans les solutions ordinaires de chaux dépend probablement, non du passage de petites quantités de chaux à l’intérieur de l’œuf, mais d’impuretés de la chaux, en particulier d’hydrates alcalins, car ce goût n’existe pas chez les œufs conservés dans l’eau de chaux suffisamment pure. Certains auteurs admettent que la liquéfaction de l’albumine est causée par le passage de petites quantités d’hydrate de calcium dans l’intérieur de l’œuf. Mais il résulte des expériences actuelles que, même avec la conservation à sec, cet inconvénient ne s’évite pas ; il est donc probable qu’il dépend d’une modification moléculaire que l’albumine subit avèc le temps et peut-être aussi d’un commencement d’hydrolyse des albumines qui la constituent. La stérilisation fractionnée à 6o°, faite avant l’immersion dans l’eau de chaux, ne donne pas de bons résultats. La conservation à sec des œufs préalablement chauffés à 6o° et placés dans des récipients fermés donne des résultats désastreux, que ces œufs soient ou non enduits de graisse ou de gélatine.
- II en est de même pour ceux soumis aux vapeurs d’éther.
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- c^si. “Electricité <^*$3
- Moteur-jouet à courant alternatif. — Nous avons donné précédemment le moyen de construire un moteur électrique à collecteur. Ce moteur comportait des balais, un collecteur et pouvait fonctionner sur courant continu et également sur courant alternatif, puisqu’il était bobiné en série. (Voir n° 2877, 18 oct. 1919.)
- Nous allons décrire aujourd’hui la construction d’un moteur à courant alternatif qui sera très simple et qui pourra même être établi d’une façon très rudimentaire.
- Ce moteur est basé sur le principe des moteurs dits moteurs synchrones. Nous avons donné la description d’un petit appareil de démonstration de la vitesse d’un moteur synchrone, lequel est un multiple de la fréquence du courant alternatif. Le moteur décrit aujourd’hui matérialise pour ainsi dire ce petit appareil schématique de démonstration. (N° 2090, 17 janvier 1920.)
- L’inducteur ou stator sera constitué par un électroaimant fixe parcouru continuellement par le courant; l’induit ou rotor sera formé par des barres de fer
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- Fig. 3. — Vue perspective.
- placées sur deux disques qui seront solidaires de l’arbre.
- L’ensemble aura l’aspect donné parles figures 1, 2 et3. Nous allons décrire successivement chaque partie de l’appareil.
- Appareil inducteur. — Il sera composé de deux bobines et rappellera l’électro-aimant d’une sonnerie trembleuse ordinaire. Les noyaux seront constitués par deux petits barreaux tournés et épaulés en fer de Suède ou en acier très doux (fig. 4). La.partie épaulée sera emmanchée à force dans deux trous percés dans un barreau formant culasse, de 14 cm sur 6 cm et 1 cm 5 d’épaisseur; au centre, cette culasse sera percée d’un trou fraisé qui recevra une vis à bois. Cette vis fixera l’armature de l’électro-aimant sur un socle en bois de a5 cm sur j 5 cm et de 2 cm d’épaisseur.
- Avant de faire usage de celte carcasse, on la fera
- recuire, c’est-à-dire qu’on la placera sur un feu de charbon de bois afin de la porter au rouge et on la laissera doucement refroidir. Une fois refroidie, on la nettoiera en la frottant avec un peu de papier émeri fin. On préparera 4 rondelles de fibre de bois ou de carton, aux dimensions indiquées (fig. 4) de 1 mm d’épaisseur et deux fourreaux également en fibre pour les noyaux des bobines, afin de garnir les pièces métalliques devant porter du fil, d’un isolant approprié.
- Les rondelles seront emmanchées à force dans les noyaux et le fourreau
- Fig. 4- — Armature d’éleetro-aimant.
- ramolli dans l’eau chaude sera collé avec du vernis à la gomme laque. On aura aussi constitué les bobines destinées à recevoir le fil. Chaque bobine sera garnie de fil, mais en ayant soin de faire l’enroulement de même sens, de manière à créer des pôles de même nom aux extrémités correspondantes des noyaux (fig. 5). Les bobines seront bobinées avec du fil de 1 mm de diamètre, recouvert 2 fois soie et garnies complètement.
- A titre d’indication approximative, la longueur de fil sur chaque bobine sera d’environ 220 m. et la résistance de chaque bobine de 4,5 ohms, ce qui fait pour l’ensemble monté en série une résistance totale de 9 ohms. Cela nous servira tout à l’heure.
- L’ensemble ainsi monté est fixé sur la planchette, les bobines sont réunies et les sorties sont amenées à deux bornes qui recevront également les fils d’amenée du courant.
- Partie mobile. — La partie mobile sera constituée par un axe en acier de 1 cm sur 20 cm de longueur, qui portera, fixés sur lui, soit par emmanchement à force, soit par une petite goupille, 2 disques en fibre (fig. 6) ou même en
- bois dur. Sur . zo.
- ces deux disques viendront reposer des barreaux en fer de Suède ou a-cier doux recuit qui seront fixés par des vis sur les disques.
- Ces
- Fig. 5. — .Schénui de 1 enroulement.
- ~1C
- I)
- Arbre
- Fig. 6.
- Pièces mobiles.
- barreaux seront
- en nombre quelconque, 6 ou ,8 de préférence.
- On préparera deux supports pour l’arbre. Ces supports pourront être en bois ou en tôle de 1 cm d’épaisseur (fig. 7). Le trou laissant passer l’arbre sera percé à 166 mm du bas, ce qui laissera un jeu de 1 mm entre la partie mobile et les noyaux des bobines. Si on se trompe dans le perçage on pourra rattraper la différence en plaçant des épaisseurs de papier sous les pattes du support ou sous la culasse de l électro.
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- Enfin si I on veut uu fonctionnement très doux, on pourra placer des petits roulements à billes qu’on trouvera dans le commerce et qui seront emmanchés à force dans des logements préparés dans les supports. Ces supports sont fixés sur la planchette au moyen de vis à bois dans l’axe de l’électro-aimant. D’un côté, l’arbre portera une
- poulie qu’on tourne-Jnufemnntàbü/cs ra dans un morceau de bois ou de fibre et sur laquelle on ménagera une petite gorge pour recevoir une petite corde , jouant le rôle de courroie de commande si cela est nécessaire. De l’autre côté, on fixera sur l’arbre un plateau en métal, par exemple en ' laiton percé de a trous. Une petite rnanetie de mise en marche sera placée dans un des trous pour la mise en route (fîg. 8).
- Voyons comment
- le moteur fonctionne. Le barreau qui se trouve près de 1 électro sera attiré quand le courant sera maximum etle même phénomène se reproduira quand le barreau suivant occupera la même position que le premier et ainsi de suite pour les autres. On voit donc que la vitesse de rotation devra être telle que les barreaux se présentent toujours de la même façon. Si nous avons 8 barreaux
- Fi
- J ‘
- Supports de poulie.
- pat
- exemple le système devra tourner à - de la période
- 8
- — Plateau et manette mise en route.
- ou fréquence du courant. Supposons que la fréquence soit 4o par seconde, il faudra
- i • . 4o
- que la vitesse atteigne —->
- 8
- soit 5 tours par seconde ou 3oo par minute. Si l’on a 16 barreaux on pourra réaliser seulement i5o tours. On donnera^ cette vitesse au début avec la manette et le plateau et il faudra bien des tâtonnements pour y arriver.
- lant que cette vitesse ue sera pas atteinte, le moteur uet sera pas accroché et il s’arrêtera si ou l’abandonne à lui-même.
- Ce moteur a 1 avantage de tourner à une vitesse constante, quel que soit l’effort qu’il donne, bien entendu si cet effort n est pas supérieur à la puissance limite du moteur.
- De plus, tel qu’il est conçu ^ici, le moteur tourner dans un sens comme dans l’autre.
- pourra
- moteur
- Fig. 9- — Schéma des connexions de montage.
- Montage et puissance de l'appareil. — Ce moteur sera branché sur no volts alternatifs, courant qui sert à l’éclairage des lampes à incandescence. La section du fil permet de laisser passer environ 3 ampères ; il faudra donc placer en série un rhéostat de lampes puisque la résistance n’est que de 9 ohms.
- La disposition sera celle de la ligure. 9. On a figuré des lampes de 16 bougies à filament de charbon ordinaire qui consomment environ dans le cas présent 0,4 à o,5 ampère.
- Si on bouche les 6 lampes, le moteur foueliuuuera à
- pleine puissance et il pourra également fonctionner avec 1, 2, etc., lampes jusqu’à 6 et garder toujours la. même vilesse. Plus le nombre de lampes sera grand et plus la puissance limite qui provoque le décrochage sera élevée.
- On peut également monter les 2 bobines de l’électro en dérivation au lieu de les monter en série. De cette façon il pourra passer 3 ampères dans chaque bobiue, donc 6 ampères en tout et la résistance ohmique du moteur ne sera plus que de 2,î5 ohms. Cetle combinaison doublera la puissance du moteur et il faudra uu rhéostat susceptible d’avoir un arc multiple de 12 lampes, 16 bougies.
- Il ne saurait être question d’avoir avec ce moteur un rendement quelconque, ce n'est qu’un jouet. Comme il peut consommer 3 ampères sous no volts alternatifs et qu’il faut estimer que son rendement est très faible, on peut en déduire qu’il ne pourra dépasser i/3o à 1/20 de cheval.. Cela sera suffisant pour actionner de petits appareils. Il ne sera pas réversible, c’est-à-dire qu’il ne pourra pas fonctionner comme génératrice, du moins de la manière dont il est construit. Bien des organes peuvent être simplifiés ; les dimensions peuvent également être réduites et constituer un moteur minuscule en utir lisant par exemple des électro-aimants de sonnerie trem-bleuse.
- Enfin, si on voulait le faire fonctionnel- avec du courant continu, il faudrait que le courant fût coupé après le passage de chaque barreau devant les noyaux. Pour cela il faudrait que le circuit passât par des frotteurs, lesquels s’appuieraient sur un collecteur. Ce collecteur serait constitué par un disque isolant, lequel comporterait des parties métalliques interrompues par des parties de fibre au moment où le barreau dépasserait 1 aplomb des noyaux. Ce système de commutation est facile à réaliser, mais le frottement des balais réduira dans une mesure assez sensible la puissance de l’appareil.
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- Allumeur électrique de gaz avec une bougie d auto. Chalumeau à essence.— Les allumoirs à gaz, au moyen de piles électriques, sont réalisés en inter- Bornes
- posant dans le circuit une bobine de self qui à chaque ouverture, puis fermeture de circuit, donne une étincelle d’extra-courant.
- C’est d’ailleurs l’organe cher de l’installation. Onpeututiliser pour cela une bobine d’induction d’allumage de moteur à explosion et cette idée
- ____60____
- /
- 'Joues'
- ’ iv. 10. — Bobine tic
- ifll.
- d’utilisatioü d’une telle bobine nous a couduità employer la bougie elle-même dans uu atelier pour servir d’allu-rnoir à un chalumeau à gaz; ce qui évite d’avoir le bec-veilleuse, lequel consomme inutilement du gaz, surtout quand les instants de fonctionnement sont assez éloignés. 1
- Voyons comment on peut établir soi-même une bobine de self. Le noyau de la bobine est constitué par un noyau de fil de fer très doux, qu’on assemble en donnant uu diamètre de 20 mm au noyau, lequel aura 120 à 125 mm de longueur. Si on n’a que du fil de fer ordinaire, de préférence de 1J2 mm de diamètre, on constituera le noyau de la même manière en le ficelant avec du petit fil de fer. Ce noyau sera recuit, c’est-à-dire qu’on le chauffera de préférence avec du charbon de bois ou au chalumeau à gaz jusqu’au rouge cerise et qu’on le laissera refroidir lentement. Cette opération élimine les propriétés magnétiques nuisibles du métal.
- Les joues dé la bobine seront constituées par deux blocs carrés de bois dur qu’on pourra recouvrir de vernis à la gomme laque. Le noyau forme entretoise pour ces deux joues, et on l’entoure d’une bande de coton gomme laqué.
- Sur cette bobine, on enroule du fil de cuivre de 5 à 6 dixièmes de millimètre de diamètre, isolé simplement au coton. On a intérêt à avoir un grand nombre de tours. Avec la dimension de la figure, c’est-à-dire Go mm d’éear-temeut entre les joues, la bobine comportera environ [000 tours de fil de (i/io de millimètre, la-longueur de
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- masse
- Support de bougie
- — Montage de la bougie sur un établi.
- fil nécessaire sera d’environ a5o m., le poids à peu près 65o gr. et la résistance ohmique environ j5 ohms. Avec une résistance faible, on n’a pas besoin d’avoir un nombre de piles considérables ; deux à trois éléments sont suffisants.
- Sur une des joues de la bobine, on fixera deux bornes
- d’une vieille sonnerie et on y réunira les extrémités d’entrée et de sortie du fil de la bobine. Enfin la bobine est recouverte d’une bande dé toile gomme laquée pour éviter la détérioration par l’humidité..
- , La bougie sera vissée dans un support en laiton tourné et fileté au pas nécessaire, comme le montre la figure 11. Ce support sera fixé et encastré dans la table de l’établi ou sur un petit bloc de bois indépendant, si on veut le changer de place Facilement.
- Une bougie ayant un pôle à la masse, l’une des vis de fixation du support sera prolongée par une tige de manière à former prise de cotirant avec une rondelle et un écrou.
- Le montage électrique sei’a établi comme le représente la figure-12. Il faut disposer un interrupteur qui permettra d’ouvrir et de fermer le circuit, car la production de l’étincelle ne se fait qu’au moment où le courant est coupé. Cet interrupteur sera un simple bouton poussoir de sonnerie placé sur le montant de l’établi et actionné à la main. Ce peut être aussi un contact à pédale qu’on
- pourra actionner au pied.
- Le fait de produire des appels successifs sur le poussoir donnera autant d’étincelles à la bougie qu’il y a eu de ruptures de circuit. En présentant le chalumeau à ce moment, le gaz ouvert, ce dernier s’enflamme immédiatement, car l’étincelle produite est très chaude. Pendant les périodes d’inutilisation, le chalumeau restera posé sur l’établi sur un support à fourche (fig. i3).
- Pour donner l’air qui est nécessaire au fonctionnement si l’on n’a pas de distribution d’air comprimé, on peut utiliser un petit ventilateur actionné par moteur électrique ou plus simplement un soufflet à pédale d’une forge portative hors d’usage.
- Ce soufflet est d’ailleurs facile à réaliser si l'on a un
- peu l’habitude de travailler le cuir. Dans le cas où le chalumeau est très petit, on peut utiliser un soufflet ordinaire d’un grand modèle. Mais l’inconvénient est que pour avoir une marche régulière de la flamme, il est nécessaire que l’organe soufflant constitue un réservoir d’air régulateur. Nous conseillons donc de s’en tenir aux articles du commerce.
- L’appareil peut fonctionner aussi bien avec le gaz oxhydrique ou oxy-acétylénique.
- On peut réaliser simplement un chalumeau à essence qui, sans donner la chaleur du chalumeau à gaz, pourra rendre quelques services à un amateur, à un garage, à un petit atelier de réparation et donner une installation qui copie l’allumage du moteur d’automobile. C’est le. même principe et la même disposition que les brûleurs à huile lourde.
- Le corps du brûleur est constitué par du tube de io mm de diamètre au maximum qui est soudé de manière à présenter deux arrivées : une pour l'air, l’autre pour le gaz.
- i3.
- Dans l’ajutage qui est conique vient déboucher près de l’extrémité le tube qui amènera l’essence et qui aura un trou de i mm environ. Des tubes de caoutchouc de io à ri mm servent, l’un à amener l’air comprimé ou l’air soufflé par un ventilateur; l’autre plonge simple-plement dans un récipient de gazoline.
- L’air comprimé passant dans l’ajutage forme ti'ompc et aspii*e de l’essence qui passe par le petit tube et sc pulvérise. Ainsi, à la sortie du chalumeau on a un jet
- Tuyau amenant lair comprime
- -isatcur et essence
- — CliMumeaii à
- d’air carburé qui s enflammera très bien avec notre dispositif de bougie d’allumage (fig. 14).
- Ce petit appai’eil un peu délicat à construire rendra de gx-ands services dans un petit atelier. Le seul écueil est de nécessiter un jet d’air assez puissant, car cel appareil fonctionne un peu comme un carburateur. Ou pourra, si l’on veut, produire cet appel d’air par un ventilateur à main qu’on peut à la rigueur établir soi-mème et actionner pai-pédale. E. Weiss.
- Moyen de reconnaître la nature du courant passant dans un conducteur. — Il est facile de recon naître, au moyen d’un aimant, le coui^nt qui alimente une lampe à incandescence. Rappelons que lorsqu’on approche un aimant du filament, celui-ci est attiré si le courant est continu; il est soumis à une série de vibrations si le courant est alternatif (voir La Nature, n° 1906).
- Quelquefois on est désireux de connaître si des conducteurs sont parcourus par du courant continu ou du
- t
- Fit parcouru par du courant alternatif
- Récepteur téléphonique sans membrane
- Récepteur écouteur avec membrane
- Fig. i5. -— Dispositif téléphonique permettant de se rendre compte si un circuit est parcouru par du courant alternatif ou continu.
- courant alternatif, ces conducteurs n’alimentant pas de lampes à incandescence. Par exemple, on voudra reconnaître la nature du courant quand on aura plusieurs interrupteurs et les deux couinants simultanément employés dans une même installation. /
- Pour cela, on utilisera le principe de l’inductiou ou action des variations de champ magnétique sur un circuit placé dans le champ. On sait que le champ produit par un courant alternatif est essentiellement variable. Par conséquent, un conducteùr ou une bobine soumis à l’action du cbamp sera parcouru par un courant appelé courant induit essentiellement variable. C’est le principe du fonctionnement des machines génératrices.
- On prendra deux récepteurs téléphoniques à haute
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- résistance et on les réunira l’un à l’autre, de manière à constituer un circuit complet, au moyen d’un fil souple à deux conducteurs. ' .
- Le premier récepteur A sera privé de sa membrane vibrante et sera plaoé près des conducteurs à examiner en ayant soin de ne pas les toucher. Cela d’ailleurs n’est pas nécessaire au fonctionnement.
- Le deuxième récepteur B sera placé à l’oreille de l’opérateur, mais il sera maintenu complet, c’est-à-dire avec sa membrane vibrante, car il doit agir comme écouteur.
- Voici comment les phénomènes électriques vont se produire, si le courant à essayer est alternatif. Dans ce cas, le champ produit étant variable, il s’ensuit que les bobines du récepteur A soumises à ce champ seront parcourues par un courant induit également alternatif. Par conséquent, il en sera de même pour les bobines de B.
- La membrane de ce dernier récepteur sera alternativement attirée et repoussée ; donc il en résultera une vibration et la production d’un bourdonnement régulier. Ceci permet de déceler le courant alternatif, car il ne se produit rien si l’on a affaire à du courant continu.
- Cette disposition n’exige l’emploi d’aucune batterie de piles avec les récepteurs.
- Si les conducteurs sont placés très haut, on pourra fixer le récepteur A à l’extrémité d’une perche, mais en ayant toujours soin de ne pas toucher les fils conducteurs, surtout si l’on a affaire à des voltages élevés.
- se placer à la place d’une lampe, l'autre extrémité com-portantune petite lampe veilleuse de une à quatre bougies. L’emploi de cette veilleuse est tout indiqué pour certains locaux où l’éclairage réduit doit être permanent, tels que caves, couloirs, chambres de malades ou d’enfants. •
- Le schéma (fig. 18) présente le montage du transformateur globe pour faire fonctionner les sonneries.
- Cet appareil est vendu par les établissements Ran-degger et Niestle, 188, boulevard Voltaire, Paris.
- Petit interrupteur à couteau. — Dans les petits montages nécessités par les récréations électriques de l’amateur électricien, on fait usage d’interrupteurs et le
- Section du levier
- Transformateurs pour sonneries.— La
- question des transformateurs qui peuvent utiliser la tension du courant d’éclairage i îovolts, afin de permettre de faire fonctionner des appareils à bas voltage, tels que les jouets, sonneries, etc..., est, pensons-nous, des plus intéressantes pour nos lecteurs.
- Bien entendu, ces.appareils ne peuvent se brancher que sur du courant alternatif, on ne saurait donc avec eux faire fonctionner les appareils téléphoniques, les tableaux de sonnerie à aiguille aimantée et en
- Ü
- Deux formes du transformateur « Globe ».
- général tout appareil qui exige l’emploi de courant continu.
- IJn nouveau type de transformateur intéressant est le transformateur « Globe » qui est peu encombrant et qui
- comporte une carapace métal-secteur i lique hermétique, laquelle per-
- met de ne craindre ni choc, ni humidité. Son mode de cods-s/abe traction le rend insensible aux
- _ ' mises en court-circuit même
- il prolongées.
- jl j La consommation de courant Sonnent Y nécessitée par l’appareil est tellement minime que les comp-Montagc. leurs ne l’enregistrent pas.
- Il est fait en deux modèles : le modèle globe ordinaire (fig. 16) qui peut être fixé contre un mur près de l’appareil à faire fonctionner, ou bien un modèle avec «ne douille à baïonnette (fig. 17) qui petit
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- Fig. 18.
- plus indiqué pour l’emploi est l’interrupteur ordinaire employé pour l’éclairage domestique. Si l’on a des loisirs et quelques outils, un petit atelier, on peut s’exercer à établir soi-même des petits interrupteurs à levier ou à couteau, qui ont l’avantage, dans une expérience, d’indiquer par leur position, très nettement, si un circuit est ouvert ou fermé.
- La figure 19 représente en élévation et plan l'interrupteur qu’il s’agit d’établir.
- On commence par découper deux plots en laiton de a5 mm sur 10 de large et 4 à 5 d’épaisseur. Dans ces plots on perce trois trous : celui du milieu sert à fixer la vis à bois qui rend le plot solidaire d’un socle ; à une extrémité, un trou est taraudé pour recevoir une vis destinée au fil de connexion, le troisième trou,lisse celui-là, recevra la queue de la borne I du couteau.
- Les bornes du couteau seront en laiton de 8 mm. Elle comporteront une queue qui servira à river la borne sur le plot et une fente qui laissera passer la lame du levier. »o.
- La borne qui formera articulation Interrupteur a 3 lames, comportera un axe de 3 mm sur lequel pivotera le levier. La rainure aura la largeur du levier, c’est-à-dire 3 mm, mais cette dimension sera un peu plus faible pour que le levier force légèrement et forme un bon contact.
- Le levier est constitué par une lame de cuivre rouge ou de laiton de 3 mm sur 8 à 10 mm de hauteur. Sa longueur est appropriée à la distance qui sépare les plots sur le socle. La poulie inférieure de la lame sera légèrement en chanfrein, de manière à faciliter l’entrée dans les rainures. A l’extrémité, on placera une poignée en bois dur, en fibre, en corne ou en ébonite, de la forme montrée par la figure 19, de façon à avoir une manœuvre facile sans contact désagréable pour la'maiu de l’opérateur.
- On a ainsi un petit interrupteur qui peut laisser passer un ampérage assez élevé. Si on veut l’appliquer à une distribution, •>. fils, 3 fils, etc., il est facile de réunir 3 lames levier (fig. uo) par une barretle de bois dur ou de fibre et de commander le tout par une poignée unique.
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- Les emploie de ce petit appareil, qu il est amusant d’établir, seront nombreux. Citons à titre d’exemple l’application à un rhéostat de lampes représenté schématiquement sur la figure 21. Chaque lampe comporte deux interrupteurs sur une branche voisine, ce qui permet de réaliser les combinaisons les plus diverses. Par exemple,
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- Fig. 21. — Schéma d’un rhéostat de lampes.
- en fermant 1 et 14, on dispose les 6 lampes en série; en fermant 1 et i3, seulement 5 lampes.
- En fermant les interrupteurs 3, puis 8 et 12, on réalise un arc multiple de 2 branches qui comportent chacune 2 lampes en série et ainsi de suite.
- On voit par ces exemples, la souplesse de ce rhéostat qui est établi simplement avec des lampes à incandescence ordinaires et qu’on peut varier à volonté, comme nombre et résistance.
- *> Agriculture
- Le cultivateur à main « Abbott ». — La motoculture nous a appris l’efficacité des instruments du genre de celui-ci pour le travail de la terre, surtout
- Fig. 22. — Cultivateur à main « Abbott ».
- lorsqu’elle n’est pas trop argileuse. C’est donc une bonne idée d’avoir réalisé un cultivateur à main pour les travaux des jardins. Comme le montre la figure 22, il est composé, suivant les modèles, de 3 ou 5 dents solidement montées sur un manche. Bien équilibré, il peut remplacer tout à la fois la sarcleuse, la houe et le râteau. C’est l’outil de choix des jardinets; il peut aussi être employé dans les autres cultures nécessitant des soins minutieux : vignes, tabac, etc.
- Le cultivateur Abbott est eu vente à l’Industrie Régionale, 10, rue des Filles-du-Calvaire, Paris, aux prix de 12 francs pour le modèle à 3 dents et de 16 francs pour celui à 5.
- Objets utiles
- Brosse hydraulique A. M. — Cette brosse (fig. 23) résout pour le mieux le problème du lavage des voitures
- Fig. a3. — Brosse hydraulique A. M.
- mettre la brosse en communication avec une prise d eau par un tuyau de caoutchouc d’environ 1 m. 5o de longueur, mais pouvant selon les circonstances être plus long.
- Pendant le lavage, la brosse alimentée d’eau reste constamment propre, la boue étant entraînée au furet à mesure de l’opération par l’eau arrivant en quantité au centre de chaque brosse, aucune parcelle de boue ne peut rester dans les soies et rayer le vernis. Pour des peinturés communes, l’appareil peut être monté.avec des soies extra-dures, du tampico, des fils métalliques, etc.
- Un manche articulé permet d’orienter facilement la brosse dans tous les sens et de nettoyer les endroits inaccessibles. En montant une seule brosse sur un tube coudé convenablement (remplaçant le distributeur), on peut nettoyer aisément les roues métalliques.
- Comme on le voit, cette brosse évite les inconvénients de la lance : gaspillage d’eau, martellement de vernis, introduction d’eau dans le moteur et entre les lames des ressorts, etc., ainsi que de l’éponge qui raye facilement par la boue conservée dans ses cavités ; enfin elle opère avec une grande rapidité. A. Malivernet, constructeur à Beaune (Côte-d’Or).
- La borolime. — L’emploi des abrasifs dans l’industrie mécanique s’est rapidement répandu dans ces dernières années, Tout le monde sait ce qu’est le travail du meulage; une meule mue par un moteur, en général électrique, rectifie les pièces d acier et leur donne rapidement avec une grande précision leurs dimensions définitives.
- On n’avait guère songé jusqu’ici, croyons-nous, à employer également les abrasifs pour le travail à la main. A ce point de vue, on en est toujours à la lime d’acier.
- Cette lacune est comblée par la lime à qui son inven-
- Fig. — La borolime.
- teur a donné le nom de borolime. Elle a la forme et l’aspect d’une lime ordinaire, mais, au lieu d’être en acier, elle est garnie d’un de ces abrasifs très durs qui se fabriquent couramment aujourd’hui au four électrique.
- Elle met donc à la disposition des ajusteurs et artisans un nouvel outil, rapide, qui rendra sans aucun doute de grands services.
- En vente à l’Industrie Régionale, 10, rue des Filles-du-Calvaire, Paris.
- Baignoire pliante,— Cette baignoire est faite en toile caoutchoutée, vulcanisée des deux côtés, souple, facile à rouler et très résistante, solidement fixée sur un cadre en bois de forme semblable à celle de certains lits pliants. Les angles en sont renforcés et une attache réglable maintient les pieds de l’appareil et les empêche de s’écarter.
- Il est est facile d’emplir et de vider cette baignoire qui mesure 5 pieds de long sur 27 pouces de large et 16 pouces de profondeur.
- Pour les personnes qui ont l’eau dans leur apparte-
- comme aussi elle peut être utilisée dans certains travaux du bâtiment. Elle se compose d’un distributeur en bronze d’aluminium, très résistant, muni de 4 tubulures filetées sur chacune desquelles se visse une brosse montée sur une bague également filetée. Un raccord permet de
- ment, il est fourni un siphon automatique spécial, grâce auquel on peut prendre l’eau à même le robinet; un appareil spécial pour la vidange est également fourni sur demande. Constructeur, Robinson Cabinet manufac-ring Company, de Toledo (Ohio. E.-U.).
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- T. S. F.
- DES AMATEURS
- ÇM.
- C5£
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- CONSTRUCTION D’UN CONDENSATEUR VARIABLE
- fcrous de Ad/son des p/açoes
- Fig. î,
- Condensateur ù tiroir.
- Un condensateur variable n’est pas un appareil absolument indispensable sur une petite table de réception de T. S. F.; il y devient cependant un auxiliaire précieux dès qu’on vise à obtenir des accords précis avec des circuits dont la self-induction ne peut varier de façon continue, il offre alors le seul moyen pratique de parfaire un réglage par l’appoint d’un complément de capacité de valeur convenable.
- Il y a deux types classiques de condensateurs variables : un modèle à « tiroir » constitué par des lames qui peuvent se recouvrir plus ou moins en glissant les
- unes sous les autres et un modèle « rotatif » dans lequel une des armatures peut pivoter autour d’un axe pour être engagée progressivement sous l’autre armature qui est fixe.
- Le modèle à tiroir est plus encombrant, moins pratique , mais plus précis et plus stable que le modèle rotatif ; il est aussi d’une construction plus facile et moins onéreuse.
- La capacité d’un condensateur variable dépend évidemment de la surface des armatures en regard, mais aussi, en grande partie, de la distance qui sépare entre elles deux plaques voisines. Les meilleurs condensateurs variables n’ont qu’un demi-millimètre entre plaques, mais ils sont très rares ; le plus souvent on se contente pour cette mesure du millimètre.
- Les petits condensateurs rotatifs vendus par les bazars et constitués par trois ou quatre demi-cercles de tôle n’ont aucune valeur scientifique, la progression de
- la capacité n’y étant pas Joue a romures régulière. Nous leur préfé-
- rons l’appareil de fortune qu’on réalise sans frais en disposant en portefeuille deux plaques métalliques rigides isolées sur leurs bords par un onglet de papier et maintenues sur un côté par une reliure en toile collée au vernis ; on fait varier la capacité de ce condensateur en entr’ou-vrant légèrement ses armatures à la façon d’un livre, en glissant entre elles la lame d’os ou de bois d’un petjt coupe-papier.
- La figure i représente un condensateur variable à diélectrique air dont la construction est relativement aisée. L’appareil se compose de deux joues Fig. a. Socle. portant dès rainures paral-
- lèles servant de rails aux plaques métalliques constituant les armatures et permettant à une partie de celles-ci de glisser plus ou moins sous l’autre moitié; ce dispositif est fixé sur un socle portant deux bornes de connexion.
- Ebénisterie. — Le socle a 20 mm d’épaisseur et mesure i43 mm de largeur sur 240'de longueur. Sur cette planchette sont fixées, par des vis de 4 cm environ, deux joues de ao mm d’épaisseur, hautes de 55 et longues de aoo mm (fig. 2 et 3) ; ces joues sont rigoureusement parallèles, écartées de q3 mm, et portent chacune autant de rainurgs que le condensateur compte de plaque? dans ses deux armatures.
- Pour la clarté du dessin, nous n’avons représenté sur le croquis de la figure 4 que neuf rainures; en réalité, les dimensions données correspondent à une joue portant a4 rainures.
- La première rainure se trouve à 4 mm de la partie supérieure de la joue; elle a 1 mm de largeur et se trouve séparée de la rainure suivante par une épaisseur de bois de 1 mm. La dernière rainure est à 4 mm de la partie inférieure de la joue. Entre ces 2 rainures extrêmes, il y a place pour 22 rainures et 23 intervalles.
- Il est nécessaire d’employer pour la confection des joues du bois bien sec et très dur, de l’ébonite convenant mieux encore.
- Lorsque les joues sont découpées et convenablement rabotées, on y trace avec la pointe fine d’un crayon les 47 lignes parallèles distantes d’un millimètre qui limitent les rainures et les espacements réservés entre chacune ^
- d’elles; puis, à l’aide d’une ^
- scie dont la lame a 1 mm 1 d’épaisseur, on trace les rai- ! nures en leur donnant 4 mm a environ de profondeur. j
- Armatures. — Chaque ar- ^ mature du condensateur comprend 12 plaques. Ces plaques Flg- — Armatures.' doivent avoir 1 mm d’épaisseur
- pour conserver une rigidité dont dépendent, pour une bonne part, la stabilité et la variation régulière de la capacité.
- Elles seront découpées, suivant le schéma de la figure 5, dans une plaque de cuivre, de laiton ou d’aluminium; à défaut de ces métaux, on peut utiliser le zinc qu’on
- Fig. 6.-— Liaison des plaques.
- trouve facilement dans le commerce en toutes épaisseurs.
- Les coins de plaques sont légèrement arrondis, les arêtes adoucies, la surface du métal nettoyée et polie au papier émeri fin.
- Un trou de 3 ou 4 mm est percé au milieu de l’un des bords de chaque plaque pour permettre le passage d’une tige à écrou de 55 mm de longueur destinée à fixer en bloc les 12 plaques de chaque armature.
- L’intervalle de 3 mm, indispensable entre chaque plaque d’une même armature pour permettre la pénétration des plaques correspondantes de l’armature opposée, doit être assuré par pig. — Bloc l’interposition entre deux plaques con- des plaques paires, sécutives d’une languette de plomb de \
- 3 mm, ou par 3 languettes de même épaisseur que les plaques et enfilées comme elles sur la tige de l’écrou de blocage comme le montrent les figures 6 et 7.
- Sur la tranche du bloc des plaques de rang pair (fig. 6, partie de droite), on soude par sa tête plate une petite vis de 2 cm qui servira de support au bouton isolant nécessaire à la manœuvre de l’armature mobile du condensateur.
- Montage de l’appareil. — Lorsqu’on a fixé sur le socle, à l’écartement voulu (93 mm), les deux joues à rainures, on place à l’arrière les deux bornes qui doivent assurer les connexions des armatures du condensateur.
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- S. F.
- DES AMATEURS
- La borne représentée en haut et à gauche du croquis de la figure a est reliée à l’armature mobile par l’intermédiaire d'une lamelle de cuivre dont l’extrémité relevée fait ressort de contact sons la dernière plaque de l’armature. Cette lamelle mesure 1 cm de largeur et 13 de
- longueur; elle est fixée à sa Q?///e(s base sous la borne et aux deux
- tiers de sa longueur sur le Q?i//ets socle par une vis ou une petite
- \ ^ pointe (fig. 8).
- / «v o >-0 La borne de droite est re-
- liée par une languette de 4 cm
- <• pc k .....°^°; environ au bloc des plaques
- de rang impair qu’elle main-Fig. S. Lame de contact. ainsi immobile.
- L’armature fixe doit être mise en place la première en engageant avec soin le bord des plaques dans les rainures respectives destinées à les recevoir; elle est ensuite immobilisée, comme il vient d’être dit, par son attache à la borne.
- L’armature mobile est alors engagée dans les rainures
- de rang pair où elle doit pouvoir glisser librement.
- Il est nécessaire d’épousseter de temps à autre l’appareil pour enlever les poussières qui en se déposant à la surface des plaques pourraient compromettre à la longue l’isolement des armatures.
- Au besoin, il est possible d’enfermer l’appareil que nous avons décrit entre trois planchettes protectrices, une à l’avant, une à l’arrière et la troisième au-dessus des joues à rainures. Une petite lunette découpée au centre de la planchette de face permettra, dans ce cas, le passage d’un plus long bouton isolant permettant la manœuvre de l’armature mobile du condensateur.
- Nous avons marqué sur la joue de droite de l’appareil représenté par la figure i une échelle graduée au millimètre dont les divisions peuvent être utilisées comme repères de réglage en prenant comme index le bord de l’armature mobile. Lorsque l’appareil est clos par des planchettes de garde, ces repères doivent être tracés le long de la tirette fixée à l’armature mobile et le bord de la lunette est alors utilisé comme index.
- F K AN CK DuKOOUIKK.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Précautions à prendre par les convalescents de fièvre typhoïde. — On sait aujourd’hui que les malades atteints de certaines maladies contagieuses peuvent rester porteurs de germes un certain temps après leur guérison. Ils continuent alors, le plus souvent sans qu’on s’en doute, de semer des microbes virulents qui propagent la maladie alentour.
- Pour éviter cette contagion par les convalescents de fièvre typhoïde, le Bulletin Municipal Officiel publie les prescriptions suivantes :
- i° Nécessité absolue de désinfecter les déjections (urines et matières fécales). Pour cela, les convalescents ne devront jamais aller directement aux water-closets, mais bien recueillir les déjections dans un vase contenant une dissolution de sulfate de cuivre (5o gr. de sulfate de cuivre pour un litre d’eau) ou bien d’eau de Javel (i litre d’eau de Javel concentrée pour 20 litres
- d’eau), en quantité suffisante pour que les matières soient recouvertes. Les déjections ne devront être jetées dans les fosses d’aisances qu’après un contact de 3 ou 4 heures avec la solution désinfectante ;
- i° Aussitôt après avoir été à la garde-robe, le convalescent se lavera soigneusement les mains à l’eau et au savon. La même prescription devra être observée par les personnes qui videront et nettoieront les vases ayant contenu les déjections;
- 3° On ne mêlera jamais le linge sale du malade avec celui des autres personnes, sans l’avoir au préalable plongé pendant io minutes dans l’eau bouillante;
- 4e Les convalescents ne devront jamais préparer ni manipuler les aliments destinés aux autres personnes ;
- 5° Ces prescriptions devront être observées pendant deux mois à partir du début de la convalescence.
- R. M.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour givrer artificiellement les vitres d’une fenêtre. — On a préconisé l’emploi d’une solution de sulfate de zinc ou de magnésie dans l’eau légèrement gommée : on badigeonne la surface du verre et au cours de l’évaporation qui suit, le sel dissous cristallise en lins rameaux rappelant ceux des vitres givrées de l’hiver (fig. i). Il importe toutefois, pour obtenir ainsi debeaux résultats, d’observer certaines précautions : employer de l’eau contenant i à 5 pour ioo de gomme arabique et non de gélatine, le liquide ne devant pas dégélifier en refroidissant; étendre une épaisse couche de la solution saline à 5-io pour 100 sur les vitres posées à plat, sans quoi la liqueur s’égoutte et il en reste trop peu pour donner des cristallisations.
- On peut d’ailleurs se servir aussi d’une solution aqueuse non gommée ; au lieu d’avoir des dessins un peu brouillés sur fond mat, on obtient des cristallisations rameuses mieux marquées, mais l’imitation du givre est moins bonne. On peut substituer aux sulfates en question divers autres sels ; les figures formées différeront, auront l’aspect de points isolés de longues aiguilles entrelacées, etc... ; c’est là une façon très intéressante d’étudier la cristallographie des divers sels. En opérant sur des sels efflorescents, les cristallisations obtenues sans gomme prennent à la longue un aspect blanc éclatant très joli, par contre éviter l’emploi de sels déliquescents : les dessins disparaissent très vite ou ne se forment même pas.
- Il est facile d’obtenir enfin des givres de toutes nuances en ajoutant à l’eau gommée des traces d’une
- couleur d’aniline quelconque soluble à l’eau (fuchsine, encre violette, chrysophénine, etc.). Mais on obtient dans ce cas de plus jolies choses en projetant sur le
- Fig. I. — SnlfiUe de zinc (eau pure).
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- verre placé horizontalement et déjà recouvert de la solution, des gouttelettes d’eau différemment colorées : les taches diffusent et forment de très agréables marbrures.“Pour le givrage en couleur unie, on peut d’ailleurs plus simplement employer des sels colorés : sulfate cuprique (fig. 2), chromate et bichromate de potassium. Mais, comme on le voit, les cristallisationsjj obte-
- tant avec un fer chaud la cassure de manière à avoir une section régulière, on fait de très jolies choses àl’aide d’objets les plus vulgaires qui ne semblaient bons qu à être jetés aux ordures. Les litres à goulots ébréchés donneront ainsi des vases cylindriques, un fond de bom-bonne servira pour une jardinière du plus grand effet.
- Nous avons décrit les détails d’application du pro-c édé en prenant comme exemple la décoration d’un bocal; mais la cire peut être appliquée tout aussi bien sur des boîtes en bois ou en carton fort, pour en faire des coffrets originaux ; suides planchettes découpées, transformées de la sorte en cadres, etc.
- (Laboratoire de La Nature)
- Préparation du papier à décalquer, genre carbone. — Faire un mélange très homogène de :
- 20 grammes.
- 2 5 —
- 5o —
- Enduire l’une des faces du papier de la préparation »t laisser sécher légèrement avant emploi.
- Encre noire pour stylo graphes. — Faire une première solution de :
- 20 grammes.
- 125 —
- 5 cm3
- Noir d'ivoire pulvérisé. Bleu de Prusse pulvérisé. Savon mou...............
- Nigrosine VV ou noir C N. Alcool à 95° ......
- Acide chlorhydrique . .
- D’autre part dissoudre :
- Eau gnmincc.
- Fig. 2. — Snllïite cuprique 10 p.
- Eau pure. ] 01).
- Gomme arabique. . . 3o grammes. Dans eau distillée. . . 000 —
- nues de la-sorte imitent le givre naturel de l’hiver bien moins parfaitement que la solution gommée de sulfate de zinc, (Laboratoire de i.a Nature.)
- Procédé original de décoration. — Voici une méthode curieuse permettant de transformer en potiches d’aspect décoratif très réussi n’importe quel bocal de verre ou quel vase de grès, de porcelaine, de faïence ; en boîte à gants original, un vulgaire coffre à chocolat ou à cigares. La surface à ornementer étant d’abord très nettoyée, puis sécher, on fait fondre de la cire à cacheter de bonne qualité dans une vieille casserole. On plonge légèrement dans le bain liquide le fond du" vase et son col, de façon à les garnir d’un bourrelet de cirel Au besoin, on baigne à plusieurs reprises de façon à laisser durcir à l’air chaque couche de cire de manière à obtenir un bourrelet assez épais.
- Ceci fait, on trempe dans la cire fondue une petite baguette telle que crayon, allumette, manche de porte-plume ; on retire la baguette, en raison de la viscosité de la pâte il se produit un étirage. Le mince filet ainsi obtenu est déposé sur la surface du verre par manœuvre très facile de la baguette et du vase à décorer. En déposant de la sorte un grand nombre de petits filets, soit en long, soit en large, mais toujours à dessein un peu irrégulièrement, on arrive à recouvrir presque entièrement la surface à ornementer. Il convient d’ailleurs de s’arrêter de façon à ne pas cacher entièrement le fond.
- Le chauffage doit être effectué doucement et soigneusement en sorte que la masse ne soit ni trop pâteuse ni
- trop fluide, dans le premier cas, les filets sont trop épais, dans le second, il ne s’en forme plus. Si la cire est trop sèche, les petites baguettes déposées sur le verre se cassent facilement ; on remédie à cela en ajoutant à la masse en fusion un peu de suif.
- Finalement, après dernier trempage pour bien finir les bourrelets du haut et du bas, on laisse refroidir. Plutôt que de laisser ainsi la potiche, il est bon de badigeonner toute la cire d’une couche de mixture à bronze. Le tout acquiert de la sorte plus belle apparence et on ne saurait à première vue se douter comment fut faite la décoration, La méthode convient très bien pour tirer parti des objets de verre brisé : en rectifiant et complé-
- Puis ajouter :
- Glycérine................... a5 grammes.
- Mélanger les deux solutions, laisser reposer et filtrer sur un tampon de coton.
- Suivant l’appareil dont il est fait usage, donner la fluidité nécessaire par addition d’une quantité d’eau convenable.
- Colle au caoutchouc. — Préparer un mélange de :
- Sulfure de carbone ..... i25o grammes.
- Essence de térébenthine. . . 100 cm5
- Y faire digérer de la gutta-percha coupée eu petits morceaux, de façon qu’il y en ait un excès et laisser as* sez longtemps pour qu’il y ait saturation en remuant fréquemment. Cette dissolution doit être employée sur des parties bien propres, dégraissées à l’essence et avivées au papier de verre.
- Prendre les plus grandes précautions, pendant les manipulations, en éloignant tout foyer; le sulfure de carbone étant très volatil et inflammable.
- Colle pour fixer le caoutchouc aux métaux. —
- Faire digérer à froid :
- Gommelaque en écailles. ... 10 grammes.
- Ammoniaque à 2-.t°j. . . . . . 100 cm3
- La dissolution est assqz longue et demande plusieurs semaines; au bout de ce temps, on doit obtenir un liquide limpide dont on se sert pour enduire le caoutchouc à fixer, la surface s’en ramollit légèrement et après application, lorsque l’ammoniaque s’est évaporée, on obtient une adhérence parfaite.
- Préparation du papier bleu au prussiate pour dessins plans, etc. — On prépare les solutions suivantes :
- . ( Citrate de fer ammoniacal . 25 grammes,
- j Eau distillée.............. 100 —
- „ ( Ferricyanure de potassium. 45 grammes. 5 \ Eau distillée..............100 —
- On mélange les deux dissolutions au moment de l’emploi et filtre, puis on étend le liquide au moyen d’un pinceau sur un papier très bien encollé.
- Cette opération doit sc faire à la chambre noire, ensuite on fait sécher rapidement.
- Pour le tirage on place le papier derrière le négatif et on expose à la lumière jusqu'à ce que l'intensité soit
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- plutôt supérieure à ce quelle devrait être, ou retire alors du châssis et on lave à l’eau jusqu’à ce que la teinte jaune ait complètement disparu.
- Afin de faire disparaître cette teinte plus rapidement et obtenir plus de brillant, on peut plonger l’épreuve quelques secondes dans un bain composé de :
- Chlorure de chaux...............1/2 gramme.
- Acide chlorhydrique.............. 5 —
- Eau distillée.................. 100 cm5
- On lave enlin abondamment et laisse sécher.
- Cire à cacheter les bouteilles. — M. Pozzi, pharmacien à Troyes, nous communique la composition d’une cire à cacheter les bouteilles qu’il vient de composer.
- Au bout d’un certain temps, dans les caves ou les caveaux humides, la cire ordinaire (mélange de résine 95 et de suif 5, coloré) qu’on emploie pour le cachetage ne lient sur les goulots et sur les lièges que très légèrement, au point qu’un simple mouvement de torsion avec la main suffit à l’en détacher.
- Ayant transporté d’une cave dans uâe autre un vin cacheté depuis une vingtaine d’années, la cire en esf. partie par cette manutention. N’ayant pas été remplacée pour laisser aux bouteilles leur cachet de vétusté» les lièges jusqu’alors intacts, ont été la plupart perforés par des vers et les bouteilles se sont vidées plus ou moins complètement.
- Pour remédier à cet inconvénient, M. Pozzi a imaginé la formule suivante :
- Colophane............ 160 gr.
- Lanoline. ......... 4° —
- Faire fondre et employer tel ou colorer avec des couleurs d’aniline solubles dans les corps gras : rouge au gras, bleu au gras, jaune d’or au gras, noir, etc. L’addition à la cire colorée de paillettes de mica est d’un heureux effet. L’adhérence est remarquable. Pour le nettoyage, passer légèrement les goulots dans une flamme et essuyer immédiatement.
- t/eçtrode tcrm/n
- Comment construire une électrode positive de détecteur électrolytique avec une vieille ampoule électrique. — La recette suivante nous est communiquée par un abonné anonyme.
- Le platine se fait rare et de plus en plus cher, aussi l’amateur « sans-liliste » pourra se trouver assez embarrassé pour fabriquer l’électrode à la Wollaston, dont se compose le détecteur électrolytique. Cependant il existe une source de platine à sa disposition.
- La propriété qu’a le platine de se dilater comme le verre, le fait utiliser dans les conducteurs qui permettent aux courants de pénétrer dans les ampoules d’éclairage électrique. Il y a lieu néanmoins de remarquer que depuis la crise de platine, on soude dans les nouvelles lampes de peu d’intensité le fil de cuivre, venant de l’extérieur au fil de nickel de l’intérieur (ce n’est pas une ampoule de ce modèle qui conviendra).
- On se procurera donc une ampoule hors d’usage, de petite intensité 16 à 25 bougies (de o amp. 14 à o amp. 23 pour 110 volts ; o amp. 07 à o amp. 11 pour 220 volts). Pour avoir des fils de platine assez fins, on détachera du reste de l’ampoule la partie située sous le culot, par où rentre les fils, en conservant la plus grande partie du tube AB. On brisera la tige de verre porte-filaments au-dessous de. la ire couronne C. Puis on sectionnera les fils de celle-ci au ras du verre. Il suffira alors d’entamer le cristal avec une lime, à l’endroit où sortent ces fils de nickel pour mettre les conducteurs de platine à nu sur leur diamètre (partie en hachures). Cette opération est assez longue et exige beaucoup de soin, et autant d’attention. Mais avec un peu de patience on parviendra à un résultat satisfaisant.
- Il sera bon, avant de se servir de cet appareil, de faire baigner pendant 24 heures la partie du bas dans de l'acide sulfurique concentré, pour absorber les débris de métaux enchâssés dans le cristal. Cette électrode est double, c’est-à-dire constituée par deux électrodes à fils de platine. On monte cet appareil comme un détecteur électrolytique ordinaire en se servant alternativement de l’un ou de l’autre fil de platine de l'électrode positive.
- S
- Reliure d’amateur. — M. Biquet, de Marines, nous écx*it :
- Depuis longtemps j’emploie une reliure du même genre que celle décrite au n° 2876, mais faite avec du fil un peu fort, ou de la petite ficelle fine.
- Le croquis ci-joint nous fera facilement voir la manière de procéder.
- On ajuste tous les numéros en les tapant légèrement sur une table et sur deux côtés, sur le dos et sur la tranche supérieure, on fait ensuite tenir tous les fascicules par un aide après les avoir posés sur une planche pour ne pas détériorer le meuble sur lequel on opère.
- Avec une drille on fait 4 trous en employant un toret assez gros.
- Puis avec la ficelle enfilée dans une grosse aiguille (aiguille à réparer les sacs, par exemple), on entre dans le trou n° 1, puis on passe en dessous et ressort par le trou n° 2, ce qui est facilité par l’aide qui tient tous les cahiers ; on entre par le n° 3 pour ressortir par le 4, ou repasse à nouveau mais en sens inverse de façon que la
- ficelle maintienne les cahiers en dessus et en dessous. Quand on ressort par le n” 2, on n’a plus qu’à serrer la ficelle et nouer entre le n° x et le n° 2 (croquis B).
- Pour achever on peut encoller le dos avec de la colle de pâte et poser une couverture souple.
- On peut aussi coller deux cartons sur une toile et coller cette toile axx dos (ci’oquis C).
- Empoisonnement des souris et des rats. — On
- enduit, des petits brins de paille (longue d'une dizaine de centimètres) avec un mélange de :
- Mélasse.............. 100 grammes.
- Phosphore blanc. . . x5 —,
- Farine 5o —
- Sucre.............. 20 —
- Ces brins sont déposés dans les trous des rongeurs : les parasites en passant sont gênés par l’obstacle et le mordillent ; en outre comme en passant l’enduit mélassé colle à leurs poils, ils absorbent en se léchant une nouvelle quantité de poison. (Science pratique.)
- Destruction des mauvaises herbes. — Les herbes qui végètent entre les joints des pavés ou sur les chemins empierrés peuvent être détruites radicalement par un simple arrosage fait copieusement avec un mélange de i5 à 20 litres d’acide sulfurique ordinaire et 80 litres d’eau. Avoir soin de verser peu à peu l’acide dans 1 eau, en remuant, et non de verser l’eau dans l’acide. Ne pratiquer l’arrosage que si chemins, cours ou trottoirs ne sont pas faits en pierres calcaires (ce qu’on reconnaît à l’absence d’effervescence, lors de l’arrosage) : dans ce cas. en effet, le carbonate de chaux serait décomposé par l’acide et on détériorerait l’empierrement sans nuire aux mauvaises herbes.
- (Rabaté, Bulletin de la. Société nationale d Agriculture.)
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent aecompagnées d’une bande <1 abonnement. En raison 4e l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Oscil-lomètre Pachon : Boulette, constructeur, 7, rue Linné, Paris; Sphygmntensiophone Vaquez-Laubry : Spengler, constructeur, 16, rue de l’Odéon, Paris.
- Construction d’un condensateur variable. —
- Adresses de fournisseurs pour le matériel nécessaire à la construction des appareils décrits :
- Paraffine, 5 fr. le kg; Mica en feuilles, de 5 à 12 fr. le kg; Planchette d’ébonite, environ 28 fr. le kg. E. Chambournier, a5, rue de Marseille, à Lyon et 197, boulevard Voltaire, à Paris.
- Plaques d’aluminium, clinquant d’aluminium ; Société VAluminium français, 12, rue Iioquépine à Paris.
- Etain en feuilles, Compagnie française des métaux, 10, rue Volney, à Paris.
- Questions. — Démolition d'an abri en béton armé. — Un de nos lecteurs de Mons, M. Heupgen, a vu pendant la guerre sa cave transformée en abri bétonné contre avion, à l’usage de l’Etat-Major du prince Ruprecht de Bavière. Il désirerait se débarrasser de cet encombrant souvenir, sans faire appel toutefois aux explosifs qui endommageraient le reste de la maison. La démolition au burin exigerait des mois de travail. Existe-t-il des procédés plus expéditifs ?
- Appareils à déparcheminer le café. — M. Jalon, 4, rue de Bonald, Lyon, recherche des constructeurs d’appareils à déparcheminer le café.
- Communications. — Zes perturbations de la T. S. F. dérèglent-elles les montres ? — Un de nos lecteurs, M. Hemmerdinger, nous écrit : « Les perturbations qui se sont produites dans les appareils de T. S. F., ont révélé l’existence de courants magnétiques, jusqu’à présent ignorés, car il n’y avait aucun moyen de les enregistrer.
- Au moment où il a été question dans les journaux, de la surprise des personnes chargées de la transmission des signaux de T. S. F., de remarquer des signaux nouveaux et surtout d’amplitudes extraordinaires, absolument inconnues et d’origine inexplicable, j’avais remarqué, depuis quelques jours, une perturbation complète dans la marche régulière et parfaite d’une montre que je possède depuis longtemps.
- Ma surprise fut extrême, au point que j’avais l’intention de la faire examiner par un horloger, lorsque le même jour où l’on a publié la nouvelle de la perturbation électrique de T. S. F., ma montre a remarché, très exactement et sans arrêt.
- Je constate donc, que sans cette nouvelle, je n’aurais pas pu m’expliquer le mystère de la perturbation de la marche de ma montre, pas plus qu’elle aurait pu être comprise par un horloger, qui aurait, par métier, peut-être trouvé qu’il y avait des poussières dans le mouvement.
- Un de mes amis, qui collectionne des montres et qui a très grand soin de celle dont il se sert journellement, et à qui je disais ma remarque, m’a dit avoir aussi constaté, ces temps derniers, une irrégularité de marche inexplicable dans sa montre.
- Et il a été de mon avis, que ces ondes ou courants magnétiques terrestres, doivent faire l’effet de l’aimant.
- Il serait intéressant de savoir, si parmi vos lecteurs, il en est qui ont constaté les mêmes effets sur des mouvements de montres ou d’horlogerie. »
- U aéroplane électrique. — A propos de notre information sur l’aéroplane électrique (n° du 10 avril 1920), M. Lacour, de Vayres, nous écrit que dès 1912, il a établi, en collaboration avec M. Baelde, électricien, les plans d un aéroplane avec groupe électrogène et moteurs
- électriques indépendants actionnant plusieurs hélices. Ce projet a été soumis en 1915 au Ministère des Inventions.
- Une application de la bicyclette. — M. Caillé-Potié à Romilly-sur-Seine nous écrit qu’il est l’inventeur du dispositif décrit sous ce titre dans notre n°23o4 du 1 4 février dernier.
- Réponses. — Abonné 3608-2197. — Chaudière à vapeur Revel chauffée électriquement : s’adresser à M. Luigi Boselli, 11, Corso P. Nuova, Milan (Italie).
- M. Ferrié, à Belois, par Espezel. — i° Vous trouverez prochainement aux « Recettes et procédés utiles », la manière très simple de souder à l’étain sans qu’il soit nécessaire de posséder un manuel; — 20 Le procédé de fixation de dessin à la craie que nous avons indiqué dans le n° 2388 est à notre avis le meilleur, nous ne voyons pas la nécessité d’en indiquer d’autres.
- M. E. S., à M. — La conservation de la souplesse du caoutchouc est subordonnée au contact de l’air, à l’intervention de la lumière et à la température. Le mieux consiste donc à plonger les objets manufacturés dans de l’eau bouillie, par suite privée d’air, et à placer le tout dans un endroit obscur à température douce constante. De temps à autre, on pourra avec succès imbiber les vêtements ou les chaussures d’une eau légèrement ammoniacale, puis, après quelques heures, on les replongera dans l’eau bouillie.
- M. R. B. 387. — Il ne nous est pas possible de traiter dans la Boite aux Lettres une question aussi étendue que celle de l’obtention des résines synthétiques, mais vous trouverez un exposé très complet dans deux articles delà Revue de Chimie industrielle, l’un de Coflignier, n" 3o8 d’août 1917; l’autre d’Hutin, n° 829 de mai 1919 (Nolo, éditeur, 53 bis, quai des Grands-Augustins) ; — 20 La bakélite se trouve aux Etablissements Lavalette, 175, avenue de Choisy (i3°).
- M. A. II., à L. — D’après M. Isidore Malm, la soudure de Valuminium s’obtient facilement au moyen d’un alliage composé de 70 parties de zinc, 3o d’étain, 3 d’argent et 8 de cuivre. On fait fondre ensemble le zinc et l’étain puis on ajoute l'argent et le cuivre sous forme d’alliage tout préparé tel que la monnaie d’argent divisionnaire à 835 millièmes (pièce démonétisée pour respecter la loi).
- Dr V. W., Amiens. — i° Yous trouverez dans les Recettes de ce journal le procédé pour obtenir des inscriptions émaillées sur verre ; — a0 Nous avons eu connaissance il y a quelques années du moyen employé par les Annamites pour le laquage des dents, mais il nous est assez difficile de préciser dans quel journal colonial a paru cet article, qui ne présentait qu’un intérêt de curiosité. Si nous pouvons le retrouver, nous nous empresserons de vous renseigner.
- Lycée de Chambéry. — Yous pouvez continuer à dire : iù Que l’on réserve au traitement Bessemer acide les fontes pauvres mais non exemptes de phosphore; — u° Qu’en garnissage siliceux, une faible partie de phosphore passe seule dans la scorie finale.
- M. Senkin, à Paris. — Nous pensons que vous trouverez tous les renseignements désirés dans l’ouvrage suivant : Les perles fines et leurs imitations, perles fausses, perles de verre, etc., par Maurice de Keghel, éditeur Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augustins.
- Société minière du Tonkin. — Vous trouverez une étude détaillée sur la fabrication des agglomérés dans l’ouvrage, Combustibles industriels, par Félix Colomer et Charles Lordier, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins. Pour les appareils nécessaires, s’adresser aux maisons suivantes : Pèlerin et C10, 84. rue d’Haute-ville ; Jeannot, à Triel (Seine-et-Oise).
- M. M. G., à Bruxelles. — En vue du nickelage des petits objets, consultez les Recettes de VAtelier, page 178, pour plus de détails voir les ouvrages spéciaux suivants : La galvanoplastie à la portée des amateurs, par Paul
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- Laurençon, chez Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augustin s ; La galvanoplastie, par Minet, éditeur Masson; La galvanoplastie, par Pfanhauser, traduction Jouve, chez Béranger, i5, rue des Saints-Pères.
- M. G. Ferronnière, à Nantes. — Les maisons Fontaine, rue Monsieur-le-Prince et Chenal, rue de la Sorbonne, vous fourniront les matières colorantes demandées. Le vernis tout préparé se trouvait avant la guerre chez Target, rue Saint-Gille.
- M. Julien Noël, à Fontainebleau. — i° Nous ne croyons pas qu’il soit possible de rebronzer par places un objet en acier oxydé sans qu’il y ait formation d’auréoles et de surcharges. Le mieux serait d’enlever complètement l’enduit et de le refaire à nouveau par le procédé que nous avons indiqué dans les Recettes du n° 2390, 7 février 1920; — 20 U extraction de V ammoniaque des eaux ammoniacales provenant de la fabrication du gaz ne présente aucune difficulté, il suffit de les additionner d’un lait de chaux et de recevoir par distillation l’ammoniaque dans de l’eau distillée (employer un flacon de Wolf pour éviter l’absorption). Comme prix de revient pour un produit de laboratoire, il serait certainement plus avantageux de faire acquisition de l’ammoniaque du commerce qui sera en même temps beaucoup plus pure ; — 3° L’obtention des produits plastiques demande une forte pression et n’est pas, par suite, à la portée des amateurs.
- M. Reynaud, à Beauplan (Marseille). — i° La recette que nous avons donnée dans le numéro du 3i janvier s’applique à toutes les peaux, quelle qu’en soit la couleur, mais il est évident que le résultat varie suivant la teinte primitive ; — 2° Pour obtenir l’assouplissement, il suffit d’imbiber les peaux, du côté chair, de glycérine étendue de son volume d’eau,
- M. Mihalopol, ingénieur, à Constanza. — Par ordre d’importance nous pouvons vous signaler les ouvrages suivants : i° Traité de menuiserie, Manuel de l'amateur, par Servière, chez Nilsonn, 73, boulevard Saint-Michel; — 20 Nouveau Vignole des menuisiers, par Coulon, ancien menuisier, ouvrage théorique et pratique à l’usage des ouvriers, contremaîtres et entrepreneurs ; — 3“ Traité de menuiserie, par G. Oslet, architecte et Jeannin, entrepreneur. Ces deux derniers ouvrages chez Dunod, 47, quai des Grands-Augustins.
- Produits VHindou, à Marseille. — La composition à laquelle on s’est arrêté pour la fabrication des crèmes et cirages résulte de l’expérience, le remplacement des matières premières par d’autres aurait pour conséquence de donner des produits ne possédant pas les qualités requises et pourrait discréditer la marque.
- M. William Bonnard, à Nîmes. — La formule d’encre stylographique que nous avons indiquée a donné satisfaction à un grand nombre de nos lecteurs, nous vous conseillons donc de l’essayer avant d’en demander une autre, attendu que par dessiccation les traits obtenus Sont noir bleuté et non bleu comme on pourrait le supposer.
- M. Desbois, à Levallois-Perret. — Le bain dont vous parlez est simplement de l’acide nitrique étendu de son volume d’eau. Il suffit de mettre le liquide dans une capsule en porcelaine avec les grains métalliques et de chauffer doucement ; dans ces conditions les métaux étrangerstau platine seront attaqués et ce dernier restera seul avec l’iridium. Un lavage à l’eau pure enlèvera finalement tous les sels solubles. Il est important de ne se servir que d’acide nitrique pur, car s’il renfermait de l’acide chlorhydrique, ce qui pourrait se présenter dans l’acide du commerce ou eau-forte, le mélange attaquerait aussi le platine.
- M. Anassay, à Marseille. — Il a été répondu à votre question dans les « Recettes et procédés utiles » parus dans le journal n° 2392 du 3i janvier 1920. Veuillez bien vous y reporter.
- M. Henri Jeanson, à Paris. — La nitroglycérine est un liquide huileux jaunâtre de densité égale à 1,60, elle est soluble dans l’alcool, l’éther,- insoluble dans l’eau. La molécule, soit 227 gr., dégage 160 litres de gaz et 356 calories, la réaction est la suivante :
- 2 G3 H5 (Az O5)3 = 6 CO2 4- 3Az* + O+ 5 H2 O.
- Ces données correspondent par suite à 1568 calories au kilogramme.
- M. F. Girardol, à Alfort. — La décoloration du vinaigre de vin s’obtient habituellement par le noir animal. Il faut prendre soin de n’employer que du noir animal lavé à l’acide, car les phosphates et carbonates calciques du noir brut pourraient passer en dissolution.
- M. R. Meus, Isère. — x° Les timbres en caoutchouc s’encrassent par suite de la viscosité de la glycérine qui entre dans la composition des encres et qui retient les menus débris. Pour nettoyer ces timbres, il suffit d’abord de les laver à l’eau, puis ensuite avec un peu d’alcool ; — 20 Pour enlever les tapisseries collées depuis longtemps, lps badigeonner avec une solution étendue de soude caustique (vulgairement potasse des peintres), au bout de quelques minutes elles s’enlèveront par simple grattage.
- M. Tandy, à Graville, près le Havre. — Nous avons donné dans le n° 2392 du 3i janvier dernier une formule pour la teinture des peaux en marron, elle vous donnera, pensons-nous, satisfaction.
- M. H. Fûts ch, à Saint-Mandé. — i0 Le platinage du verre se fait par des procédés analogxxes à ceux décrits pour l’argenture dans les Recettes du L.aboraoire, p. 71 à 76, c’est-à-dire la mise en liberté du métal par un réducteur qui dans ce cas est le formiate de soude, mais l’opération est délicate et demande toujours des essais préalables afin d acquérir le tour de main nécessaire ; — 20 Les cachets en caoutchouc sont obtenus en comprimant dans un moule approprié la feuille constituée par un mélange de soufre et de caoutchouc, ensuite on procède à la vulcanisation en portant à 1807i5o° par vapeur sous pression à 4 atmosphères. Un appareil spécial est nécessaire.
- M. Jules Perelli, à Genève. — Vous obtiendrez le produit désiré en mettant à macérer de la gutta-percha en petits morceaux dans un mélange de 90 parties de sulfure de carbone et 10 parties d’essence de térébenthine. L’opération doit se faire dans un flacon bien bouché et à l’abri de tout foyer, de crainte d’incendie, le sulfure de carbone étant très volatil et inflammable. Employer la gutta en excès de manière qu’il y ait saturation, lorsque le résultat est atteint au bout de quelques jours, après agitation fréquente, on laisse reposer et décante le liquide sirupeux qui est conservé pour l’usage en flacon également bien fermé.
- M. E. Coudoi, à Neuilly-sur-Seine. — On compte habituellement que pour une épaisseur moyenne de bitume de x cm 5 il faut employer 35 kg de produit au mètre carré. Dans ces conditions, une tonne de bitume permettrait de recouvrir environ 3o m“. Quant à l’asphaltage, il nécessite un pilonnage avec des appareils spéciaux qu’il serait nécessaire de se procurer, aussi pensons-nous que le bitumage serait plus facile à effectuer.
- M. Martin, à Villeneuve-Loubet. — i° Vous aurez toutes les indications nécessaires dans l’ouvrage : Petit Traité du peintre amateur, d’Àudran, édité par Guyot, 20, rue des Petits-Champs; — 2° Les maisons suivantes fabriquent couramment des pochoirs : Leblanc, 35, rue Chapon ; Charayon, 7 bis, nie Victor-Chevreuil ; Théve-non, 39, rue Montmorency; Letulle, 47, rue de Turenne ; Omont, seniier des Essarts, à Meudon; Panzani, 97, rue de Charonne.
- M. Albert Lob, à New York. — Adresses demandées : Terre à foulon : Verley, 3o, rue de la Paix, à Vincennes (Seine); Tétrachlorure de carbone : Faron, 148, rue de Grenelle; Sulfate d’alumine : Baignières et Dewisme, 3o, rue Tronchet et Barbe, 11, rue de Castellane.
- M. R. Fugère, à Auch (Gers). — i° L’huile récupérée étant lavée et privée parfaitement d’eau, il suffit d’y ajouter 2 à 3 pour 100 de terre à foulon, battre énergiquement, puis après repos, filtrer sur des déchets de coton. 20 Le dégraissage de la courroie peut être obtenu en saupoudrant celle-ci de la même terre à foulon sur ses deux faces et laissant en contact quelque temps. On renouvelle l’opération jusqu’à ce que le dégraissage soit jugé suffisant. 3° Une force de 8 chevaux correspond à 75x8 = 600 kilogrammètres ; si la chute est de 4 m., le débit doit être de 600 : 4 —i5o litres à la seconde. En admettant un rendement de jS pour 100 à la roue, il faudrait que le débit effectif soit de i5o : 0,75 = 200 litres à la seconde pour produire après ti’ansformation les 8 chevaux demandés.-
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- M. Couvrit, aux Sables-d’Olouue. — 1° La désodorisation complète de l’essence minérale est difficile à obtenir, cependant vous pourriez essayer du traitement suivant : Agiter avec un lait de chaux à io° Baume, laisser reposer, décanter l’essence et l’agiter à nouveau avec un lait de chlorure de chaux également à io° Baume, décanter une seconde fois et laver à plusieurs reprises avec de l’eau pure. Pour l’usage lampant, il convient d’enlever l’humidité résiduelle par un passage sur du sel marin décrépité. 2° Les poudres de bronze ayant une très grande densité, il est impossible de constituer des liquides de densité équivalente pour les maintenir en suspension d’une manière permanente. 3° Les formules que nous indiquons sont forcément réduites à leur expression la plus simple et la totalité des détails qui assurent la réussite ne peut être donnée. Ces détails, il faut les trouver en manipulant soi-même, c’est pourquoi nous demandons à nos lecteurs de ne pas se rebuter après un insuccès, qui n’a pour cause qu’une connaissance incomplète des manipulations, celte connaissance ne s’acquiert que par la pratique.
- M. Poitevin, à Montboyer (Charente). — i° Le phé-nosaljL est un mélange antiseptique formé de :
- Acide phénique............ g grammes.
- Acide salicylique .... i —
- Acide lactique........... 2 —
- Menthol.............. 0,20
- Essence d’eucalyptus. . . o,5o
- Il s’emploie pour l’usage externe en solution à 1 pour 100. 20 L’ouvrage, Corps gras industriels de Perret. Encyclopédie de chimie industrielle, édité par Bernard, 29, quai des Grands-Augustins, vous fournira tous les renseignements nécessaires sur la fabrication des savons.
- M. Fonville, à Paris. — i° Nous pensons que le silicate de soude sirupeux du commerce vous donnera satisfaction pour le collage du carton d’amiante. 20 L’encaustique à la térébenthine convient très bien à l’entretien des reliures, après séchage parfait on polit avec un bouchon neuf. 3° Un vase contenant également de l’essence de térébenthine et placé dans la bibliothèque, chasse les insectes et prévient la moisissure. 4° Pour enlever les plis, imbiber d’eau pure et mettre sous presse après lissage, mais ne pas repasser.
- M. G. B. à Saint-Germain. — Le raphia se teint très facilement par les couleurs diamines, ces produits sont vendus couramment chez les marchands de couleurs pour la teinture des vêtements de coton.
- M. E? Av dis, à Smyrne. — i° Une condition essentielle de conservation des peaux est de les battre fréquemment alîn d’en chasser les mites, puis de saupoudrer de naphtaline. 20 Si les peaux ont été insuffisamment tannées, les plonger quelques jours dans la solution suivante :
- Alun....................... 100 grammes.
- Sel de cuisine.............. 3o —
- Eau.......................... 1 litre.
- Les fixer ensuite sur une planche au moyen de petits clous et les laisser sécher à l’ombre.
- Cercle du Commerce, à Béziers. — La. teinture en rouge des billes de billard s’effectue facilement dans un bain préparé en faisant bouillir 20 gr. de cochenille pulvérisée, 5 gr. de crème de tartre et 8 gr. d’alun dans un demi-litre d’eau. Quand la décoction est faite, on laisse reposer et décante le liquide clair, celui-ci est placé dans un vase étamé et chauffé au bain-marie, on y introduit alors au moyen de pinces la bille de billard préalablement mordancée par un passage à l’eau acidulée à l’acide azotique (quelques gouttes suffisent et un rinçage est nécessaire). On laisse la bille dans le bain jusqu’à ce qu’elle ait pris une teinte rubis. Finalement on l’essuie et la laisse refroidir lentement dans un linge pour qu’il ne se produise pas de gerçures.
- M. G. de Stockent, à Tours. — i° L’acide thiofor-mique CH2SO est obtenu par l’action de l’hydrogène sulfuré sur le formiate de plomb chauffé de 200 à 3oo°, il cristallise en aiguilles qui fondent à 1200, puis se subliment. Ce corps est insoluble dans l’eau, soluble* surtout à chaud dans l’alcool et l’éther. 20 Le trioxyméthy-lène (CH20)R se sublime déjà à ioo°, il fond à i52° et bout presque aussitôt, il est insoluble dans l’eau, l’alcool et l’éther. C’est un polymère de l’aldéhyde formique.
- M. Paul Goichot, à Fribourg. — Pour protéger les
- étiquettes des flacons de laboratoire, il est inutile de préparer un vernis spécial, le produit connu sous le nom de vernis blanc français convient parfaitement et résiste à l’action des vapeurs acides.
- Ecole d‘Agriculture de Tomblaine. — L’insuccès dont vous nous parlez doit avoir pour cause la nature du mastic employé. On trouve, en effet, dans le commerce deux variétés différentes : le mastic en larmes de qualité supérieure, de forme arrondie, peu coloré ou jaune pâle, que l’on recueille sur l’arbre et le mastic, en sorte de qualité inférieure, produit par la résinification du suc laiteux qui, tombant de l’arbrisseau, est recueilli à terre, on lui donne aussi le nom de mastic commun. C’est le mastic eu larmes qui doit seul être employé et qui dans les conditions de l’expérience est parfaitement solubilisé par le chloroforme.
- M. E. Hartmann, à tsenheim-Guebwiller. — 1" Constructeurs d’appareils pour le traitement des résidus d’abattoirs : Charles et C‘% n, rue Bellanger ; Filho, 63, rue de Noisy, à Romainville; Jeannot, à Triel, Seine-et-Oise. 20 Soude électrolytique et carbure de calcium; Grauer et Cie, 76, boulevard Richard-Lenoir. 3° Ether Barbet, 5, rue de l’Echelle. 4° Bevue de Chimie industrielle, éditeur Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augustins.
- M. P. V. D., à Ixelles. — Vous trouverez dans les Recettes et Procédés utiles du n° 2399 une formule de ciment pour la jonction des pièces de cuivre à la porcelaine.
- M. Brignon, à El Ivantara, Tunisie. — Le procédé de conservation qui nous paraît le plus économique en même temps que le plus sûr, pour la conservation des filets de pêche, est à notre avis la formation d’un stéarate de cuivre dans l’épaisseur de la fibre.
- On commence par préparer une dissolution de savon de Marseille à 5 pour 100 dans laquelle on plonge le filet de façon que l’imprégnation soit parfaite. On tord ensuite et immerge dans une seconde dissolution de sulfate de cuivre à 2 pour 100. La précipitation ayant lieu dans la fibre même, la résistance aux altérations est de très longue durée.
- 20 Le kieselguhr étant constitué essentiellement par de la silice, son rôle en céramique est analogue à celui du sable, c’est-à-dire qu’il agit comme dégraissant et évite le fissurage. En présence de bases alcalines et alcalino-terreuses, il peut aussi concourir à la constitution de la pâte et former des silicates.
- M. H. Bailleul, à Auzebosc, par Yvetot. — Nous avons publié dans les Recettes du n° 2399 une formule de bronzage du cuivre.
- M. Salvane, à Montauban. — i° Rien ne s’oppose à ce que l’on démonte une pile sèche pour se reservir du dépolarisant s’il n’est pas épuisé. 20 La solution de chlorhydrate d’ammoniaque à 5o gr. par litre suffit pour l’excitation. 3° Vu le pouvoir antiseptique des sels de zinc, la gélatine peut effectivement être employée pour l’immobilisation du liquide. 4" Toute lampe de faible voltage peut servir de témoin, étant montée en tension, sans avoir recours à un modèle spécial.
- M. Lefranc, à Gien. — Consultez pour laj cristallisation des solutions : Dictionnaire de Würtz, P.-S. Page 1544- Influence de la température sur la solubilité, courbes de Gay-Lussac. Traité de Physique, de Turpain. Cours supérieur, ire CD. Etude des dissolutions, éditeur Vuibert, 63, boulevard Saint-Germain.
- MM. Serny, à Hourtin et Demoulin, à Aury. — Nous avons publié dans les Recettes et Procédés utiles du n“ 2399, nouvelles formules pour la teinture des peaux de lapins et de lièvres. Prière de se reporter au n" 2392 pour la teinture en roux.
- M. Dierick, à Dublin, Irlande. — i° Voir la réponse précédente. Comme ouvrage très complet sur la question, consultez La Grande Industrie tinctoriale, par Beltzer, éditeur Dunod, 47. quai des Grands-Augustins, Paris. %° Le procédé de blanchiment des pelleteries que nous avons indiqué dans le journal peut parfaitement s’appliquer à l’hermine jaunie, mais il est bon de démonter la fourrure. «
- M. Bouton, à Courbevoie. — En réponse à votre question, nous avons publié dans les Recettes du n°2899 une formule de blanchiment des pelleteries; le procédé est très pratique et donne de fort bons résultats.
- M. Pallordet, à Lyon. — Les constructeurs suivants
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- seront à même de vous fournir le matériel nécessaire : Blache, 18, rue Mania; Morane, a3, rue Jenner; Olier, îo, rue de Beaurepaire ; Repiquet, 18, rue de la Folie-Regnault; Valette, à Vichy, Allier; Champigneul, 14V avenue Michel-Bizot.
- M. Picard, à Paris. — La plupart des produits vendus actuellement pour le nettoyage des métaux sont constitués par une solution de savon rendue très alcaline et tenant en suspension une matière abrasive. On peut prendre comme type la formule suivante :
- Eau ordinaire..................1/2 litre.
- Ammoniaque..................... 5o cm3
- Savon de Marseille râpé. . . 100 grammes.
- Tripoli ou terre d’infusoires. 25o —
- Quelquefois pour masquer l’odeur de l’ammoniaque, on ajoute 5 gr. d’essence de mirbane.
- M. Praet, à Gand, Belgique. — Le chlorure de so-
- dium a la propriété de hâter la prise du plâtre. 11 vous suffira donc d’employer pour le gâchage, de l’eau additionnée de sel marin, quelques essais vous renseigneront sur les proportions qui correspondront à la rapidité de prise désirée.
- M. Le P' V. V., à Amiens. — La recette que'nous avons indiquée n’a trait qu’à la préparation initiale, il suffit ensuite d’ajouter la quantité d’alcool nécessaire pour donner au produit la fluidité désirée.
- M. Raymond Peyrac, à Lyon. — Pour rendre étanches les vases dont vous nous parlez, il vous suffira de les badigeonner intérieurement avec une dissolution d’acétate de cellulose dans l’acétone. Ne connaissant pas la porosité des objets en question, nous ne pouvons vous donner la concentration, mais quelques essais préalables sur une petite partie de la pièce vous fixeront rapidement.
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.) ________
- Rapport général sur Vindustrie française, sa situation, son avenir (d après les travaux des sections du Comité consultatif des Arts et Manufactures et la direction des Etudes techniques), 2e partie, Les méthodes d’expansion économique ; 3e partie, Conclusions. Tome III. 1 vol. xm-645 p. Imprimerie Nationale, Paris, 1919.
- Ce 3e volume couronne la magistrale enquête menée par le Ministère du Commerce sur les industries françaises. Il expose les principes qui doivent présider à 1 organisation rationnelle des usines, laboratoires, documentation, méthode Taylor; il étudie la question de 1 enseignement technique et celle des salaires ; un chapitre est consacré à la standardisation comme moyen d augmenter la production et d’abaisser les prix. A cet égard, le rapport préconise également, mais sans grand espoir de succès, la spécialisation des usines. Un autre chapitre est consacré aux associations industrielles et commerciales, à l’organisation des régions économiques, aux foires et expositions. Viennent ensuite l’étude des transports et des ports, celle des questions douanières ; le rôle des colonies dans 1 approvisionnement de la métropole est mis en lumière dans un chapitre spécial. L organisation bancaire necessaire au développement de 1 industrie fait également l’objet d’une intéressante étude. Enfin, la question des brevets d’inventions est examinée ainsi que les différentes mesures proposées pour la protection de la propriété industrielle. La fin du volume réunit les différents vœux émis par les sections du Comité consultatif des Arts et Manufactures.
- Pratique de Vorganisation des ateliers modernes, par Raoul Caillault et Victor Warin, Introduction de M. De Fréminville, ingénieur des Arts et Manufactures, 1 vol. in-4° écu, 160 fi g. et modèles, Delagrave, éditeur, i5, rue Soufflot, Paris, 1920. Prix : 11 fr. ; relié toile : i5 fr. ' ’
- L’objet de ce livre est de mettre d’abord en lumière les principes fondamentaux d’une organisation ration-
- . nelle, de les expliquer, d’en préciser le sens et la valeur. Il s’inspire des méthodes de Taylor pour les adapter à 1 industrie française. Les auteurs ne se sont pas contentés de généralités, ils décrivent minutieusement le mécanisme des méthodes nouvelles de travail et d organisation des ateliers : service des études générales et des devis, la normalisation, l’inter-changeabilite, services techniques de préparation des fabrications, bureau d’études de fabrication, service central d’outillage, atelier d’expérimentation.
- Ils donnent de nombreux exemples pris dans des organisations qui ont fait leurs preuves et une très abondante illustration, figures et tableaux, achève de donner à l’ouvrage un caractère pratique qui le rendra fort utile.
- The Dyeing Lndustry, par S.-H. Higgins. i vol. igo p. Publication de l’Université de Manchester, édité par University Press, Manchester et par Longmans, Green and C°. Londres 1919. Prix : 8 sh. 6 net.
- Cet ouvrage est la reproduction d’un rapport publié avant la guerre sur l’industrie de la teinture, ses procédés et sa situation comparée en Angleterre, Allemagne, Etats-Unis. L’auteur y a ajouté un nouveau chapitre sur les progrès accomplis par cette industrie pendant la guerre, surtout en Angleterre; le chapitre sur la production des matières colorantes a reçu une importante addition exposant ce qui a été fait eu Angleterre pour déloger les Allemands de la position presque inexpugnable qu’ils avaient conquise en Angleterre et en Amérique. Le livre présente donc un double intérêt : technique et historique.
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- Contre les malthusianismes et les gaspillages en agriculture;. Une politique agricole d’expansion et d'exportation basée sur de nouvelles et puissantes industries, par Emile Barbet, i vol. in-16, Chaligny et Larrieu, Paris. Prix net : 5 francs.
- Vigoureux plaidoyer en faveur des industries agricoles : conservation des vins et boissons, sucreries, vianderies, sëcheries, utilisation des sous-produits dont beaucoup sont méconnus ou ignorés et contre les mesures administratives gênant la production et les échanges.
- Monarch, the big Bear of Tallac, par Ernest Thompson Seton. i vol. in-8, 100 dessins. Constable and C", Londres. Prix relié : 7 sh. 6 d.
- Animal Ileroes, par Ernest Thompson Seton. i vol. in-8, 362 p., 200 dessins. Constable and Cb, Londres. Prix relié : 8 sh. 6 d.
- M. Seton se montre dans ces deux volumes un écrivain prestigieux qui rappelle maintes fois Kipling-dans l’observation et l’évocation des mœurs d’animaux. Il montre un talent de dessinateur qui lui permet d’évoquer les scènes les plus diverses. Les nombreux et spirituels croquis en marge des pages ajoutent un agrément de plus à la présentation de ces ouvrages. Le premier est consacré aux aventures de l’ours grizzly dans les paysages des Montagnes Rocheuses ; le second est une suite d’histoires relatives au chat, au chien, au pigeon, au lynx, au loup, au renne, au lapin et forme une série de monographies très vivantes et bien observées. Nul doute que ces deux volumes, traduits en français, ne soient assurés du plus grand succès.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- INFORMATIONS
- N° 2405 15 Mai 1920
- Le moteur rotatif Dâmbtanc. — Ce moteur devait être la révélation de la guerre aérienne de 1918 si la paix n’était survenue. C’est un rotatif du type courant mais qui jouit de la remarquable particularité d’être à compression variable; c’est-à-dire que le pilote a la possibilité, au cours d’un même vol, d’augmenter ou de diminuer la compression des gaz aü moment de leur explosion.
- Rappelons (Voir Nature, n01’ 2356 et ‘iSSy) qu’une des plus grosses difficultés techniques du vol à haute altitude provenait de la baisse de puissance du moteur, celle-ci étant causée par la diminution de la densité de l’atmosphère et, par suite, de la « compression » des gaz. Nous savons que les constructeurs, pour conserver constante la puissance des moteurs èn atmosphère raréfiée, avaient tenté d’augmenter, par construction, la compression de ces gaz, mais que ce palliatif entraînait pour les moteurs appelés à fonctionner un certain temps dans les basses couches de l’atmosphère des efforts anormaux qui ne tardaient pas à les user prématurément. Rappelons aussi que Rateau a imaginé et mis au point un compresseur d’air qui permet de maintenir égale, mécaniquement cette fois, la densité des gaz, donc la compression; mais, outre que ces compresseurs sont lourds, ils ne constituent qu’une solution assez complexe.
- Le moteur Damblanc procède d’une autre méthode; la compression est variable et commandée par le pilote suivant lés nécessités.
- La bielle maîtresse est montée sur le vilebrequin par l’intermédiaire d’un excentrique dont le jeu permet d’augmenter ou de diminuer le volume de la chambre d explosion des cylindres.
- Ce moteur à donné des essais officiels stupéfiants; la compression peut passer de 4.8 à 6.5 et la puissance développée passe alors de 200 HP à 3oo HP, quoique le moteur tourne au même nombre de tours !
- Si nous considérons que ce moteur tte pèse que 200 kg, nous obtenons un poids par cheval de 0.60 kg, ce qui en fait un moteur aussi léger qUe le sont les moteurs Cosmos.
- Cette faculté de compression variable permet au pilote de voler à iooo m. d’altitude par exemple avec une compression normale de 4.8 et de voler, avec le même avion, à 10 000 m. avec une compression de 6,5 nécessaire à cette altitude pour que le moteur garde sa puissance.
- On estimé actuellement que le moteur 200 HP Damblanc permettra d’atteindre normalement Paltitude de iï à 12000 m. ; les derniers résultats ont été si concluants, que Casale, lé recordman de la hauteur, va tenter dans quelques jours de battre SOU propre record sur un avion Spad équipé avec ce moteur.
- Sans doute, grâce à ce nouveau procédé, approchons-nous de la réalisation des vols aux vitesses fantastiques que l’on pourra atteindre dans l’atmosphère raréfiée au delà de 12 000 m.
- Les forcés hydrauliques du Plateau Central. —
- La Société des grands travaux de Marseille vient d’étudier raménagement du Chassezac, le principal affluent de l’Ardèche. Gette rivière qui. à l’époque de ses crues, roule à elle seule un cubage d’eau dépassant le débit normal de la Seine, de la Loire et de là Garonne réunies, se trouve, par contre, à peu près à sec pendant l’été. Son utilisation au point de vue de la force motrice exigera donc une régularisation importante, permettant de constituer pendant la saison pluvieuse des réserves utilisables l’été venu.
- À cette fin, le projet pi'évoit que les hautes vallées de la rivière et de ses deux principaux affluents F Altier et le Borné seraient barrées par dés digues de 80 m, de haut, déterminant la création de trois grands lacs emmagasinant chacun environ a5 millions de mètres cubes d’eati et la quantité d’eau arrivant aux turbines serait, en toute saison, approximativement dé 9 m5 à la seconde.
- La chute totale de 800 m. donnerait, avec une cascade de 3 usines, 200 millions de kilowatt-heure.
- Eu ces temps de crise des combustibles, l’importance de cette entreprise dont le' coût 'total‘atteindra i5o mil-
- lions de francs est évidente et il est à souhaiter que la simplification des formalités administratives, relatives à l’octroi de la concession, permette saus trop de délais dé commencer les travaux.
- Le Kieselguhr dans le Cantal. — A la suite de l’article de notre collaborateur Marcel Hutin sur le Kieselguhr (silice pulvérulente), M. Amând nous écrit que, outre les gisements de l’Ardèche qu’il exploite depuis 1907 aux environs de Privas, il vient de mettre en valeur des carrières nouvelles à Riom-és-Montagne (Cantal). Le gisement aurait une puissance de plus de 200000 tonnes, fournirait une silice extrêmement pure et se classerait parmi ,les plus importants du monde; C’est là un fait fort intéressant, car l’exploitation de ce gisement nous affranchirait pour cette matière des importations allemandes du Hanovre.
- Le fer dans la Meuse. — M. Durandin vient de rappeler dans La Géographie l’intérêt des gisements de fer qui existent sous les côtes et la vallée de la Meuse. Ces couches étaient exploitées jadis et le nom devenu célèbre de Forges, au nord de Verdun, conserve la trace de l’ancienne industrie. Grâce au bois des forêts des Hauts-de-Meuse, la production y était relativement importante. En i835, le département de la Meuse produisait encore plus de fer à lui seul que la Meurthe et la Moselle réunies. En 1864, la Moselle prenait la tête; en 1878, la Meuse ne comptait presque plus, parce que trop loin de la houille nécessaire. Ces gisements de fer existent toujours,facilement, exploitables, et M. Durandin y voit une des causes de l’acharnement des Allemands contre Verdun, après qu’ils auraient reconnu les couches à Saint-Mihiel.
- L’étude méthodique des propriétés physiques et mécaniques des bois. — L’emploi des différentes espèces de bois, la faveur accordée aux différentes provenances sont actuellement, dans l’industrie, pure question d’empirisme. Il n’existe pas d’étude méthodique des qualités de nos diverses espèces indigènes. Cette lacune va être comblée par une heureuse initiative de l’Administration des Eaux et Forêts. Une série de recherches va être organisée par cette Administration de concert avec la Section technique de l’Aéronautique du Ministère de la Guerre, en vue d’entreprendre une étude rationnelle des propriétés des bois indigènes, au point de vue général de leur utilisation,
- L’Administration des Eaux et Forêts recherchera des échantillons de bois de détermination exacte et de provenance sûre. Le laboratoire de la Section technique de l’Aéronautique soumettra ces échantillons aux divers essais mécaniques utiles. Il en communiquera les résultats, avec lès échantillons des bois étudiés, à la Station de Recherches de l’Ecole Forestière de Nancy. Celle-ci sera ainsi dotée d’unë série d’échantillons de bois exactement déterminés, dont les propriétés mécaniques sont connues, collection du plus haut intérêt au point de vue technologique et au point de Vite sÿlvicole.
- L)â zoologie et lé cinéma. — Une importante expédition cinématographique organisée par la grande société scientifique d’Amérique : la Smithsonian Institution, vient de débarquer en Afrique, au Cap. Elle est sous les ordres d’Un naturaliste, M, E. Heller. Son programme est de parcourir la Rhodésie, de gagner les Chutes du Zambèze, d’étudier le Nyassaland ét l’ancienne Afrique orientale allemande. Son but est d’étudier la faune sud-africaine, et dé prendre des films de la vie des principaux animaux de cette région, en particulier des éléphants, qui disparaissent peu à peu sous là poussée de la Civilisation.
- Le poids d’un coup de fouet. — Tous les amis des chevaux répudient l’emploi du fouet pour conduire ces pauvres bêtes, parfois un peu têtues, mais dont, avec un peu de patience et de bons traitements, on arrive cependant à bout, dü moins lorsqu’on n’exige pas d’eux un travail disproportionné avec leurs forces. Même sans avoir la moindre sensiblerie, on ne peut qu’être révolté
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- INFORMATIONS
- par la bralalilé avec laquelle les charretiers fouettent leurs bêtes attelées à de manifestement trop lourds charrois où les automédons de « moteurs à crottin » battent leurs haridelles se tenant à peine sur leurs jambes tremblantes. Les fouets ne se contentent pas, en effet, de faire du bruit, mais sont, vraisemblablement, très douloureux pour la peau qu'ils viennent cingler. On en a une preuve tangible dans les expériences que, dans un journal professionnel, Le Maréchal moderne, vient de rapporter M. R. Gaudin. Celui-ci a voulu savoir quelles sont les pressions produites sur le flanc des chevaux par les différentes lanières de nos fouets, maniés par le même homme. A cet effet, il a fait donner des coups de fouet par un charretier sur une masse de terre glaise un peu humide et homogène. Sous l’action du coup de fouet, la lanière pénètre d’une certaine quantité dans l’argile, qui en conserve l’empreinte ; on évalue, ensuite, par d’autres expériences, quel est le poids dont il faut charger des lanières analogues pour arriver à des profondeurs identiques. Il a ainsi constaté qu’avec le fouet d’un cocher de fiacre, ou peut donner un coup de fouet égal à 34 kg; avec celui d’un camionneur, 54 kg si la lanière est carrée et 66 kg si elle est ronde; avec celui d’un charretier, muni d’un fouet à lanière conique dite « queue de rat », 142 kg. Bien que la peau des chevaux soit moins sensible que la nôtre, on peut avoir une idée approximative de la douleur que cela peut causer en remarquant qu’un coup de règle de 2 à 3 kg sur la paume ou le dos de notre main tire des larmes aux yeux des galopins les plus « rossards ». Dans un fouet, la partie la plus douloureuse n’est pas, comme on pourrait le croire, la mèche, qui est plutôt destinée à claquer et dont la force est ralentie par l’air qu elle a dù déchirer. M. Gaudin, à ce sujet, a constaté que la lanière du fouet pénètre de moins en moins profondément dans la terre glaise au fur et à mesure que la longueur et le diamètre de la mèche augmentent; les chevaux doivent donc estimer que cette dernière est plutôt utile que nuisible.
- Action des rayons ultra-violets sur les vitamines.
- — On sait que l’on distingue aujourd’hui deux sortes de vitamines, celles solubles dans les graisses, nécessaires à la croissance, et celles solubles dans l’eau, antinévritiques et antiseprbutiques. M. S. Zilva a étudié l’action des rayons ultra-violets sur chacune de ces deux catégories et il vient de rendre compte de ses observations dans le Biochemical Journal. Les premières sont détruites après une exposition de 8 heures aux rayons ultra violets tandis que les secondes persistent. Ce fait a une importance pratique, car l’on peut se demander si la stérilisation du lait par les lampes à vapeur de mercure ne supprime pas les vitamines indispensables à la croissance des enfants.
- Les rayons X au service de l’art. — La Rôntgen Society de Londres vient de présenter au public une exposition des radiographies les plus variées dans les galeries de la Royal Photographie Society. Notre confrère anglais Nature cite parmi celles-ci les plaques exposées par M. Heilbron, représentant des tableaux anciens. M. Heilbron appliqua les rayons X à la recherche des fraudes en matière d’art. Certaines couleurs employées autrefois sont beaucoup plus opaques que les mêmes couleurs actuelles, ce qui permet souvent de déceler les restaurations, les additions ou les copies. Deux exemples typiques étaient exposés. Un concerne une madone peinte sur bois par un maître hollandais du début du xvi° siècle; les rayons X y révèlent sur les bras raides et d’une attitude peu naturelle la peinture ancienne d’un enfant Jésus, invisible aujourd’hui; l’autre analyse une Crucifixion d’Engelbrechtstz, les rayons X y montrent de nombreuses restaurations et notamment le changement du portrait de la donatrice agenouillée à droite.
- Les rayons X peuvent donc rendre de grands services à l’expert d’art et probablement aussi pour l’étude des anciens manuscrits et des palimpsestes. C’est là une nouvelle application inattendue de la physique.
- Effort des Etats-Unis pour l’enseignement supérieur. — L'Entente annonce que 70 établissements d’enseignement supérieur américains préparent une campagne de propagande dans le but d’obtenir 200 millions de dollars pour leur agrandissement et l’amélioration des traitements des professeurs et savants.
- Dans chaque district, on organise des meetings, des dîners d’anciens étudiants. On envoie des circulaires et de nombreux articles de propagande sont publiés d’une façon ininterrompue dans la presse quotidienne. Les cinq plus grandes universités du pays : Harvard, Princeton, Cornelf, Northwester et New-York, demandent à elles seules 70700000 dollars. Ensuite viennent quelques institutions spéciales comme l’Institut de technologie de Massachusetts, qui demande 8000000 de dollars.
- Certains collèges féminins, comme Mount Holicks, Bryn Mawr et Smith Collège, font aussi des souscriptions. Parmi les universités, certaines ont déjà reçu des legs couvrant une partie de la souscription. C’est ainsi que Mr Henry G. Frick, le grand métallurgiste américain qui vient de mourir, a légué 10 millions de dollars à Princeton ; 5 à Harvard et 5 à l lnstitut de technologie de Massachussets. Ce dernier a aussi reçu la promesse d’une forte somme de Sir Coleman du Pont, le grand fabricant de munitions, à condition que la somme supplémentaire soit souscrite par d’autres personnes.
- C’est la Northwester University de Chicago qui demande la plus forte somme. Elle a besoin de 2Ô 000 000 de dollars dont 10 millions pour la construction de nouveaux bâtiments et pour le fonds de roulement de ses besoins normaux.
- Elle se propose en particulier d’augmenter les honoraires des professeurs. -
- Au second rang se place l’Université de Pittsburg. Elle se propose d’obtenir 16 millions de dollars par une campagne de longue haleine répartie sur plusieurs années.
- Puis vient l’Université de Harvard qui a déjà obtenu 12000000 de dollars sur les i5 millions demandés. Le revenu de ces 12 millions de dollars, soit 800000 dollars, sera consacré à l’augmentation des traitements des professeurs. Ceux-ci ont déjà reçu une première augmentation dé 3o pour 100 qui sera portée à So pour 100 quand la souscription sera close. Harvard se propose de constituer un fonds de réserve de 1 000000 de dollars pour organiser de nouveaux cours. Une somme égale serait consacrée aux salaires des professeurs de l’Fcole dentaire dont 80 pour 100 jusqu’ici ne reçoivent aucun traitement. Un autre million sera consacré à l’enrôlement de nouveaux professeurs de chimie et iôoooo dollars à des professeurs d’éducation physique.
- Quand l’Université de Princeton reçut le legs Frick de 10000000 de dollars, sa campagne pour obtenir 14000000 subit un fléchissement. Mais elle reprit tout son élan quand les chefs de l’Université déclarèrent que les deux sommes étaient également nécessaires.
- L’Université Cornell va commencer incessamment sa campagne pour obtenir 10000000 de dollars. La moitié de cette somme sera mise en réserve et le revenu servira à accroître le traitement du personnel caseignant.
- Une autre souscription de 10000000 de dollars est préparée par l’Université de Boston.
- Nos Universités françaises auront-elles de pareilles aubaines, elles dont les crédits étaient déjà très insuffisants avant la guerre ?
- Congrès 'international des màthématiciens. —
- Dans sa première réunion du 24 décembre 1919, le Comité National Français des Mathématiques, après avoir choisi comme président d’honneur : M. Jordan; président : M. Picard; vice-présidents : MM. Appell, Borel, Lecornu, Le Roux; Secrétaire général : M. Kœ-nigs ; s’est occupé de l’organisation du Congrès des mathématiciens qui, suivant le vœu émis à Bruxelles par l’Union Internationale provisoire] des mathématiciens, doit se tenir à Strasbourg, en 1920.
- Ce Congrès réunira les mathématiciens des nations de l’Entente et ceux des nations neutres. La date de l’ouverture est fixée au 22 septembre.
- Il se divisera en quatre sections qui seront subdivisées elles-mêmes en autant de sous-sections que le nombre et la nature des communications l’exigeront.
- Section I. — Arithmétique — Algèbre — Analyse.
- — IL — Géométrie.
- — III. — Mécanique — Physique mathématique. Mathématiques appliquées.
- — IV. — Questions philosophiques, historiques, pédagogiques.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *»> Mécanique
- Mécanisme à fonctionnement intermittent. — Il
- est quelquefois intéressant d’avoir un mécanisme produisant des mouvements intermittents. Nous verrons d’ailleurs, après avoir construit l’appareil, de quelle manière on pourra l’utiliser.
- La force motrice que nous emploierons sera la gravité et l’élément qui donnera les variations de poids sur le levier sera fourni par l’eau d’un robinet.
- Le principe choisi est le suivant. Aux extrémités d’un levier se trouve une tare constituée par une charge de grains de plomb et à l’autre extrémité un récipient qui reçoit le liquide. Quand le levier bascule, le récipient se vide et le levier revient à sa position de départ. Un dispositif spécial et simple permet de déclencher le mouvement de bascule au moment où l’équilibre est rompu.
- Voyons comment on peut établir simplement ce petit appareil. La figure i donne une vue d’ensemble. Nous ne donnerons pas de dimensions de l’appareil, car elles
- Il faut, par un artifice, produire un déclenchement brusque à un moment donné. Ce sera un accroissement
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- Commande d'une roue à rodu-r. mouvement intermittent.
- échancrure
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- Fia. i. — Vue d’ensemble et vue en bout du mécanisme à fonctionnement intermittent
- dépendent de l’usage auquel on le destinera et de l’amplitude des oscillations exigées.
- Le levier sera constitué par deux planchettes assemblées et formant un léger coude. L’angle obtus aura environ x5o°.
- A l’extrémité gauche, on fixe un crochet qui supportera un petit récipient destiné à recevoir la grenaille de plomb formant lest. A l’autre extrémité droite est fixée une petite boîte métallique qui doit contenir l’eau.
- Ce levier est supporté par un axe fixé entre deux montants en bois et deux butées sont constituées par deux traverses qui forment également eutretoises pour les montants. Les montants sont assujettis sur une base de superficie assez grande pour éviter tout basculement.
- Les butées ont pour objet de limiter l’amplitude des
- oscillations, du levier gauche d une part et du levier droit d’autre part.
- L’axe du levier sera arrêté par des goupilles et il devra être très libre dans son logement.
- Voyons le fonctionnement si l’appareil reste conçu de cette façon. Le levier est équilibré de manière que le lest A le place dans la position A1ASJ en ayant une action prédominante en A,, cette position étant limitée par la butée de gauche. Le bassin à eau étant placé sous un robinet, l’eau le remplit peu à peu comme en A2 et l’augmentation de poids fera tourner lentement le levier.
- A la position C, et C2 le niveau de l’eau est horizontal et si le réservoir n’est pas plein il continue à se remplir, mais la position tendant à atteindre et B2, il arrivera un moment où le réservoir se videra de la même quantité d’eau que celle qui provient du robinet et nous aurons une position d’équilibre, par conséquent, pas de mouvement du levier.
- rigole pour la bille
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- 0 I 0
- Fig. 2. — Détail du levier.
- brusque de poids sur le levier de droite qui permet d’atteindre la position B2 rapidement et une fois le réservoir vidé, le lest l’emportant, il faut que l’ensemble revienne à la position de départ. Pour cela, nous emploierons une bille de
- ... pierre ou mieux d’acier qui rou-
- lera dans une rigole constituée par une feuille de tôle ou de fer-blanc, disposée comme l’indique la figure 2 et fermée aux deux extrémités.
- Voyons comment le fonctionnement va se faire. Au départ, la bille se trouve sur la partie gauche du levier; position AtA2. Le réservoir se remplit d’eau peu à peu et on arrive à la position C4 C2, la Bille, à ce moment-là, se trouve juste au-dessus de l’axe.
- Dès que le levier de droite continue le mouvement, il n’est plus horizontal et la bille roule immédiatement jusqu’à l’extrémité de la rigole. Il en résulte une rupture brusque d’équilibre et le levier bascule jusqu’à la butée pour arriver à la position BjB2. Le réservoir se vide rapidement; on peut accélérer la chute de l’eau en échancrant la paroi droite du réservoir jusqu’à une certaine hauteur. L’équilibre est à nouveau rompu brusquement, le lest l'emporte et lappareilrevientimmédiatement à la position de départ, la bille parcourant à nouveau toute la rigole.
- La durée du mouvement peut être réglée par l’écoulement de l’eau qui pourra se faire goutte à goutte ou couler en filet mince.
- Bien entendu, il faudra quelques tâtonnements, mais ce sera facile puisqu’il estpossible de diminuer ou d’augmenter le lest de la partie gauche. Tout dépend évidemment du poids de la bille et de la grandeur du récipient d’eau.
- Cet appareil peut être employé à beaucoup d’usages. A la rigueur, si l’on pouvait arriver à un fonctionnement mathématique
- et si les mouvements de bascule se produisaient à intervalles réguliers, il pourrait servir à'mesurer le temps. Pour cela, il faudrait que l’écoulement du robinet fût rigoureusement constant, que le récipient d’eau se vidât à fond de course de la mêinè façon.
- Ne soyons pas si exigeants et contentons-nous d’applications moins scientifiques.
- Au moyen d’un mécanisme de leviers articulés, on pourra actionner une roue à rochet d’un mouvement intermittent. L’axe de cette roue pourra actionner par exemple une rôtissoire et permettre de remplacer le mécanisme d’horlogerie souveut eu réparation (fig. 3).
- axr du doigt du levier
- levier
- montée
- descente
- plan
- Fig. 4- — Détail tin doigt.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- «
- La roue à roehet est actiounée par uu doigt D. Ce doigt, comme le montre le détail de la ligure 4, vient buter dans le mouvement de levée et entraîne la roue dentée. Dans le mouvement de descente le doigt est libre de basculer; il ne peut entraîner la roue qui résiste grâce à un doigt d’arrêt, lequel ne permet pas à la roue de tourner en arriéré. C’est le même mécanisme que celui qui existe dans les treuils qui servent à monter les fardeaux et dans le mouvement de descente automatique de l'outil dans la perceuse.
- La figure 5 représente un dispositif plus simple, qui permet d’avoir un contact électrique intermittent.
- Pour cela, on dispose sur le levier de droite un taquet qui vient appuyer sur une lame-ressort formant contact. Les parties métalliques seront supportées par des traverses isolantes en libre ou en ébouite s’il s’agit de courant à tension d’éclairage. Bien entendu, on pourrait utiliser un bouton-poussoir ordinaire, mais il exige souvent Fig. d. — Contant électrique un effort trop puissant. Le intermittent. mieux serait de prendre un
- contact de porte qu’il est facile d’établir soi-même.
- Ce contact intermittent permet d’actionner à distance un mouvement au moyen d’un électro-aimant.
- Enfin, mentionnons un usage destiné aux chimistes ou aux pharmaciens qui doivent agiter des solutions d’une façon intermittente. Pour cela la bille sera remplacée par la bouteille elle-même qui, posée en travers, roulera sur le levier. Il faut avoir soin de ménager un chemin de roulement et des butées suffisantes vu le poids du flacon à agiter. Weiss.
- Moyen de retirer un boulon cassé. — Il arrive fréquemment qu’un boulon de serrage, un boulon prisonnier casse quand on le bloque à fond. Comme par malchance, la cassme se fait toujours dans la partie
- iuacessible, de sorte que l’extrémité cassée reste au fond du trou et qu’elle est très difficile à retirer.
- Pour cela, on peut chercher à faire tourner ce tte pièce cassée en y pratiquant des encoches et en essayant de faire agir un chasse - goupille ou autre outil par petits coups de marteau répétés. On peut aussi percer la pièce et la tarauder à gauche de façon à y adapter une pièce filetée à gauche qui, une fois bloquée, permet de desserrer la partie cassée.
- Tous ces moyens sont peu pratiques et peu rapides ; en tout cas ils exigent, surtout le dernier procédé, un outillage qu’on ne possède pas toujours.
- Voici une manière pratique qui permettra d’avoir toujours sous la main les instruments nécessaires.
- On percera dans la pièce à retirer un trou en rapport avec le diamètre de la tige cassée; par exemple une tige de i5 mm comportera un trou percé de 5 mm en son centre.
- On prendra ensuite une pièce d’acier trempé ou prenant la trempe. Cette pièce, qui aura un diamètre de 6 à 7 min par exemple, sera préparée à la meule émeri. D’un côté on ménagera des faces carrées qui perraet-
- Bou/on casaè dans /ecfue/ on a préparé fe trou pour t'outil
- Outil préparé
- Section c/a /‘extrémité
- ' petit
- oueS"
- «K. 6.
- tront de faire agir ultérieurement une clé anglaise. A l’autre extrémité, ou prépare une section triangulaire à arêtes très vives en ayant soin que le triangle équilatéral de section aille en augmentant de la pointe au corps, la section de départ pouvant rentrer facilement dans le trou percé. Cet outil sera trempé s’il ne l’est déjà. On enfoncera cet outil à force dans le trou préparé de manière à rendre solidaire l’outil et la pièce cassée. Avec une clé anglaise, on pourra alors essayer de tourner l’ensemble pour le dévisser et on y arrivera avec succès.
- Ce dispositif est appliqué souvent avec une lime dont on enfonce la queue à force dans le trou percé. Nous estimons qu’avoir une série d’outils préparés comme il est indiqué ci-dessus est infiniment plus pratique, surtout qu on peut en préparer d’avance de différentes grosseurs suivant les dimensions éventuelles des pièces cassées.
- Pour préparer ces petits outils, on pourra utiliser avec succès des tarauds usagés, ou même cassés, dans lesquels la partie carrée est déjà préparée.
- Ce procédé rendra service à des petits ateliers de réparation, à de petits garages et même à l’amateur mécanicien qui, pins qu’un autre, est obligé de parer à l’insuffisance d’outillage et qui doit constamment exercer son ingéniosité.
- Photographie
- ‘ Summum ”.
- Le « Summum », appareil stéréo-panoramique. —
- Cet appareil, qui permet d’exécuter soit des clichés stéréoscopiques, soit des vues panoramiques 6XLÎ, offre des qualités de légèreté et de solidité qui le feront particulièrement apprécier par les amateurs pratiquant le grand tourisme. Construit en dur aluminium, le. fût est d’une rigidité à toute épreuve, bien que beaucoup moins lourd que les appareils de même format en cuivre ou en
- nickel, et ne risque pas de jouer, comme l’ébénisterie, sous l’action de la chaleur ou de l’humidité. Il est renforcé par deux cadres internes et une ceinture cornière qui achèvent d’en faire un bloc homogène absolument indéformable.
- Le réglage optique, souvent pratiqué par calages eu papier sous l’obturateur, est ici remplacé par un système de boîte coulissante assurant le parallélisme nécessaire. Les décentrements (hauteur, bas et panoramique), les coulissements des châssis et magasins se font sur fibre vulcanisée évitant tout grippage. Le décentrement en hauteur est immobilisé par des crans repères, qui ont l’avantage d’éviter la chute de la planchette, chute qui se produit souvent, à la longue, sous l’action du poids des objectifs et des obturateurs.
- La mise au point, par montures hélicoïdales des objectifs, et le réglage des diaphragmes-iris sont accouplés par bielles. Le viseur est du type à cadre. La position horizontale de l’appareil est contrôlée à l’aide d’un pendule concordant avec les mires de centrage. L’obturateur est du type à guillotine. Le verre dépoli est réversible pour l’emploi des plaques autochromes. Il est complété par une chambre noire en maroquinerie.
- Le Summum peut indifféremment recevoir, sans aucun adaptateur :
- i° Des châssis simples pour plaques ordinaires ou pour autochromes ;
- a0 Un magasin « Erro », pour ia plaques;
- 3° Un magasin du même type pour 6 plaques ;
- 4* Un châssis à films-packs.
- Le photographe peut ainsi composer son équipement à sa guise, suivant ses goûts ou ses ressources.
- Le Summum est construit par M. Louis Leullier, i, quai d’Austerlitz, à Paris.
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- VARÎ ETES
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- COMMENT ACHETER LES FRUITS FRAIS ? — LES CERISES
- Les cerises sont les premiers fruits qui, sous le climat parisien, procurent aux privilégiés le plaisir de les cueillir et de les manger à l’arbre; ce sont aussi les premiers qu’on voit apparaître sur les marchés et dans les rues. Les principales régions de production sont : la région parisienne, notamment la banlieue sud-ouest, la région lyonnaise, la Provence, l’Anjou, l’Orléanais, la Bourgogne et la Champagne. Paris constitue leur principal débouché qui est complété par des exportations en Angleterre, en Suisse et en Allemagne.
- Quelles variétés acheter de préférence? — Sous le nom générique de cerises, employé pour simplification, il faut comprendre quatre groupes de fruits qui, malgré un certain aspect de parenté, se différencient suffisamment par la forme, le coloris, la chair et surtout par la saveur et la maturité. Ces quatre groupes sont : i° les Cerises proprement dites; a0 les Griottes; 3° les Bigarreaux; 4° les Guignes. Il conviendrait peut-être d’ajouter un cinquième groupe, les Amarelles, intermédiaires entre les cerises et les griottes, mais comme il est plus admis à l’étranger qu’en France, je n’en tiendrai pas compte sous ce nom.
- Voici, entre plusieurs variétés, celles qu’on rencontre le plus souvent sur les marchés ; elles sont toutes de première qualité.
- i° Cerises proprement dites. — Ce groupe renferme des fruits à saveur douce ou légèrement acidulée, à chair tendre et juteuse, à jus presque incolore. Ces cerises sont généralement les plus estimées pour la table.
- La Belle d’Orléans et Y Impératrice Eugénie sont les deux plus hâtives, mais-je ne les mentionne qu’à ce titre, car elles ne viennent pas souvent sur le marché.
- Anglaise hâtive (Royale Hâtive, May Duck). — Fruit gros, arrondi, coloris rouge foncé, chair rüuge grenat. Douce-acidulée. Maturité, début de juin. C’est la variété la plus répandue dans les culturels et celle qu’on trouve le plus facilement sur les marchés; elle est également l’objet d’une exportation assez grande en Angleterre.
- Belle de Choisy. — Fruit moyen, rond, coloris ambré-rose, chair douce. Maturité fin juin.
- Beine Ilortense. — Fruit très gros, fruit ovale, coloris rouge vif, saveur douce acidulée. Maturité vers la mi-juillet.
- Belle de Cliâtenay. — Fruit gros, cordiforme, rouge vif ou rouge brun, saveur douce-acidulée. Maturité fin juillet.
- Montmorency. — Les variétés désignées sous ce nom appartiennent aux « Amarelles. » Les trois plus connues sont : a) Montmorency à longue queue ou Petit G oit et; h) Montmorency à, courte queue ou Gros Gobet ; c) Montmorency de Sauvigny. Elles ont pour caractère commun d’être très acides, la seconde plus que les autres. Les fruits sont moyens et d’un rouge franc, surtout ceux de la Montmorency à courte queue qui, un peu plus gros que les autres, sont marqués d’un sillon rouge. Le' pédoncule est long chez la première, court chez la seconde et moyen chez la troisième. Maturité en juillet.
- 2° Griottes. — Elles se distinguent des autres cerises par une très forte acidité ; on les trouve surtout sur les marchés de l’Est où la Griotte du Nord occupe la première place. Les fruits sont gros, le coloris est pourpre noir et la chair rouge. Maturité en août. Ils ne conviennent pas pour la table, mais pour les conserves et les ratafias.
- ')° Bigarreaux. — Ils sont caractérisés par une chair ferme, croquante, douce et par leur coloris qui correspond à quatre nuances : blanche, rose, rouge et noire ou pourpre.
- Bigarreau Jaboulaf. — Fruits par trois, gros, cordi-formes, coloris pourpre presque noir. Maturité fin de mai.
- Bigarreau blanc. — Fruit en cœur, assez gros, à peine rosé au soleil et blanc à l’ombre. Maturité fin de juin.
- Bigarreau Napoléon. — Fruits par deux, très gros, coloris rose tendre, chair blanchâtre. Maturité ro à i5 juillet.
- Bigarreau Beverchon. — Fruit très gros, violacé presque noir, chair très ferme. Maturité fin de juin.
- 4° Guignes. — Elles se reconnaissent à leurs fruits gros, subcordiformes, à leur coloris foncé souvent pourpre et à leur chair molle et très douce. Ce sont elles qui apparaissent les premières sur les marchés.
- Guigne de mai. — Fruit moyen, coloris pourpre-noirâtre, à chair tendre. Maturité fin de mai.
- Guigne noire hâtive à gros fruits. — Fruits gros, à longue queue, pourpre noirâtre. Maturité début de juin. ^
- Guigne Elton. — Fruit gros ou très gros, jaune pâle et rose, très douce et sucrée. Maturité juin à juillet.
- Quand et comment les acheter? — Les cerises fournissent des fruits de primeur par culture naturelle dans le Midi ou par forçage dans les autres régions. On les emballe, tout au début, dans de petites boîtes capitonnées d’ouate ou garnies de papier. Le Midi les envoie en caissettes carrées, longues de o m. a5, larges de o m. 15, hautes de o ip. 07 pouvant contenir 3oo à 4oo gr. Avant la guerre elles se vendaient 2 à 5 fr. la caissette, soit o fr. 60 à 1 fr. 20 le kilogramme en fin mai.
- Les premiers fruits provenant des forceries du Nord se vendaient, en avril, aux Halles, de o fr. 20 à 1 fr. la pièce (J. Yercier), mais combien pâles paraissent ces prix en présence de ceux, aussi fantastiques qu’incroyables, qui ont été réalisés en mars dernier, et qui ont excité la verve ironique de plusieurs chroniqueurs de la grande presse : « la branche, la toute petite branche ornée de 5 cerises seulement, a été vendue 8g francs! soit 17 fr. 80 pièce....
- Successivement, à mesure que la saison s’avance, on les expédie d’abord aux halles des grandes villes de France et de l’étranger en boîtes de 2 kg, puis en paniers d’osier « tortues » de 5 kg, et en pleine saison dans des cageots.
- Si l’on achète de petites caisses de primeur, il faut se rendre compte si les cerises sont de grosseur uniforme, en rangées non trop tassées, bien alignées et serrées l’une contre l’autre, les pédoncules en dedans et, par suite, invisibles, mais avant tout si les cerises ne sont pas fendillées à cause de la légère compression exercée par le couvercle. Lorsqu’on les achète chez le fruitier, on doit veiller à ce qu’elles soient très fraîches, ce qu’on voit à ce qu’elles sont fermes, que leur peau est sèche et luisante et qu’elles possèdent presque toutes leur pruine. Ces qualités ne se trouvent guère, ou bien rarement, sur les cerises que transportent les petites voitures dans les rues, mais il y a lieu de ne point acheter celles qui sont humides, parsemées de marbrures sombres ou fendillées et dont les queues sont desséchées.
- Principaux usages. — En dehors de l’état cru où les cerises sont consommées avec tant de plaisir, elles entrent dans nombre de préparations : confitures, conserves, pâtisseries, etc., qui sont autant du domaine de la cuisine que de la confiserie et de la distillerie. Les cerises douces sont plus recherchées seules ou en mélange avec une petite proportion de cerises aigres pour les gelées, compotes et vins, et ces dernières, notamment les Griottes et les différentes Montmorency, pour les sirops, tartes, conserves au naturel ou à l’eau-de-vie et même au vinaigre sans oublier la pulpe. Les guignes associées aux cerises aigres forment la base du guignolet et de divers l’atafias.
- A ces produits s’ajoxxtent ceux de la dessiccation à laquelle la plupart des variétés se prêtent, à condition que leurs fniits soient fermes. Toutefois, les bigarreaux noirs sont spécialement l'echerchés et les cerises aigres conviennent mieux que les bigai'reaux ordinaires et les guignes. Enfin, comme il ne faut rien perdre, les queues de cerises récoltées et séchées, constituent en infusion une tisane diurétique et les noyaux de cerises concassés peuvent servir à pi'éparer une liqueur imitant le kirsch qu’on obtient natui'ellement par la distillation des vai'iétés spéciales al; des merises sauvages ou cultivées. A, Trueu.k.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les yeux artificiels dans l’antiquité. — M. le professeur van Dhuyse vient de donner aux Archives médicales belges une étude très complète sur cette question : les Anciens ont-ils porté des prothèses oculaires ?
- Les -musées renferment un nombre considérable de momies égyptiennes sur lesquelles on devrait retrouver parfois des yeux artificiels, si ceux-ci étaient déjà employés.
- La question a été fort embrouillée du fait que les momies sont toujours placées dans une enveloppe munie d’un masque facial où les yeux sont représentés soit en
- Fig. i. Fig. 2. Fig.
- peinture, soit par une pierre ou une masse d’argent recouverte d’émail. Evidemment, ces yeux n’ont aucun rapport avec des appareils prothétiques.
- D’autre part, les embaumeurs avaient l’habitude d’énucléer les cadavres qtiand^ils procédaient à leur toilette. Parfois, pour rendre plus exactement l’aspect de la face, ils introduisaient des corps étrangers sous les paupières. C’est ainsi qu’on y a trouvé des morceaux d’étoffe, des petits oignons et plus souvent des pierres taillées, de la cire, voire même des yeux artificiels en marbre, en terre cuite émaillée ou en verre.
- Le Dr van Dhuyse a examiné les yeux encastrés dans les masques qui se trouvent au musée du Cinquantenaire à Bruxelles. Le figure i en représente un spécimen,
- long de 55 mm, taillé dans le marbre, dans lequel une rondelle de verre est enchâssée pour représenter la coraée. La figure a en montre un autre, long de 3i mm en marbre et verre également. A la face postérieure et supérieure se trouve une collerette de bronze dentelée placée au niveau de la paupière supérieure et représentant probablement celle-ci avec ses cils. La figure 3 reproduit un œil en terre cuite émaillée ; la sclérotique est recouverte d’un émail blanc teinté de rose aux commissures, la cornée forme un disque noir encastré dans une dépression circulaire.
- Tout cela n’élucide pas la question de savoir si les Egyptiens faisaient aussi des yeux artificiels pour les vivants. Divers écrivains l’ont supposé sans toutefois en apporter la preuve évidente. On ne connaît qu’un œil de verre qui aurait pu s’encastrer dans l’œil d’un vivant, mais le Dr Flinders Petrie, professeur d’égyptologie à l’University College de Londres qui l’a décrit, ne connaît ni son origine ni le lieu où il a été trouvé.
- Aussi, le professeur van Dhuyse conclut-il prudemment :
- « Aucun document authentique n’établit l’existence de la prothèse chirurgicale chez les anciens Egyptiens. Le haut degré de culture artistique et notamment l’habileté de ce peuple dans le travail du verre et de l’émaillage étaient des conditions favorables pour sa création.
- « L’existence des yeux de marbre et de verre, de terre cuite et émaillée sur les masques funéraires, dans les orbites des momies (Musée de Boulacq), dans les ushabtis et les doubles déposés dans les tombeaux, l’emploi dès la plus haute antiquité d’yeux de pierres de couleur pour donner l’apparence de la vie aux statues, tout cela constitue des arguments indirects en faveur de la prothèse utilitaire ou chirurgicale. » R. M.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
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- Conservation des plaques et papiers photographiques. — C’est ordinairement le chlorure de calcium qui est utilisé pour conserver en atmosphère sèche certaines préparations photographiques, telles que le papier au platine et le papier mixtionné au charbon. Ce sel déliquescent serait avantageusement remplacé par des feuilles de carton grossier préalablement desséchées, puis enveloppées de papier ciré ou paraffiné, de manière à ne laisser libres que deux tranches opposées, afin d’obvier aux inconvénients que présenterait une trop prompte absorption de l’humidité. La simplicité de ce mode de conservation permettrait de remédier, dans une large mesure, aux accidents dus à l’action de l’humidité sur les papiers au gélatinobromure, ou gélatinochlorure, à l’albumine, à la celloïdine, etc., ainsi que sur certains types de plaques.
- Le carton commun ayant un pouvoir d’absorption considérable de l’humidité et renfermant par conséquent toujours, sauf précautions spéciales, un pourcentage d’eau assez élevé, est de ce fait susceptible d’apporter de l’humidité là où elle est le moins désirable. Or, la plupart des paquets ou pochettes de papiers sensibles contiennent une ou deux feuilles de carton, destinées à les raidir et à maintenir les feuilles de papier bien planes. On peut donc attribuer à l’humidité introduite par ces cartons bon nombre d’accidents constatés sur ces papiers et restés jusqu’ici inexpliqués. La cause étant
- trouvée, il devient facile d’y remédier. Les fabricants de plaques et de papiers sensibles devraient désormais prendre la précaution de dessécher à l’étuve, ou par tout autre moyen jugé plus rapide ou plus économique, les cartons destinés à l’emballage des préparations sensibles.
- Images colorées par développement. — La plupart des révélateurs produisent des images colorées : avec le pyrogallol, le ton est jaune-brun; il est brun foncé avec la pyrocatéchine, noir chaud avec l'ortol, gris-bleu avec l’iconogène, etc. Cependant, ces colorations sont généralement faibles. M. R. Fischer en a obtenu de très vives, en ajoutant au révélateur des substances qui s’associent aux produits d’oxydation pour fournir des corps colorés peu solubles. Ainsi, en ajoutant a gr. de trichloronaphtol dissous dans 20 cm5 d’acétone à une solution de 2 gr. de chlorhydrate de ^-phénylènedia-mine et 3o gr. de cai'bonate de soude dans 1000 cm d’eau, on obtient une image vert-bleu. En ajoutant 2 gr. de thymol dissous dans 20 cm5 d’acétone à 2 gr. de chlorhydrate de p-amidophénylène-pipéridine, 4° gr- de carbonate de soude et 1000 cm3 d’eau, on obtient une image bleue. Avec une solution contenant 2 gr. de chlorhydrate de monométhylphénylènediamine, 4° gr-de carbonate de potasse et 1000 cm3 d’eau, à laquelle on ajoute 2 gr. de carbonate de thioindoxyl, on obtient une image orangée.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut, être répondu immédiatement.
- Réponses. — M. Smith, à Sidi-Ferruch et Lassudrie, à Paris.—L’engorgement des conduits de cabinets de toilette
- a presque toujours pour cause la présence de frisures, le carbonate de soude est tout à fait insuffisant pour remédier à cette obstruction ; par contre, la soude caustique à l’état de lessive chaude dissout avec facilité la laine et les cheveux. Dans plusieurs cas, nous avons conseillé ce traitement, qui a parfaitement réussi au bout de quelques heures. La soude caustique se vend couramment chez les marchands de couleurs sous le nom de « potassium des peintres ». En cas d’insuccès, il fau-
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- BOITE AUX LETTRES
- cirait admettre un corps étranger entraîné accidentellement et chercher à le refouler mécaniquement au moyen d’un long rotin, tel qu’on le vend spécialement pour cet usage.
- MM. Montefio et Paullier, à Montevideo. — Pour enlever les taches de goudron sur la pierre, il faut simultanément le dissoudre et l’absorber à mesure qu’il revient à la surface. Ce résultat peut être obtenu en appliquant sur la tache une pâte faite de terre à foulon et de benzine lourde. L’opération doit être répétée à plusieurs reprises pour obtenir l'enlèvement complet, mais avec de la patience vous devez réussir.
- M. A. T)., à Rouen, — La résistance des constructions anciennes ne tient pas au durcissement des pierres ou des grès, mais à celui des liants employés. Les mortiers aériens dont il était fait usage étaient à base de chaux et sable qui, par réactions réciproques, donnent un silicate ; au début, les seules surfaces en contact sont susceptibles de réagir, mais, avecle temps, les combinaisons se font dans toute l’épaisseur et le mortier devient alors aussi dur et même plus que les matériaux qu’il est chargé de réunir et dont la séparation ne peut alors se faire qu’avec la plus grande difficulté. C’est un phénomène analogue qui se produit aujourd’hui en quelques heures sous l’influence de la chaleur et de la pression, quand on fabrique les produits silico-calcaires, briques, moulures, etc.
- M. Lecoaltre, à Avenches, Suisse. — Le seul ouvrage que nous connaissions sur la question est Le Laminage, par L. Genze, éditeur Béranger, i5, rue des Saints-Pères, Paris.
- /. E., 1027. — La gravure sur verre s’exécute en recouvrant d’abord celui-ci d’un vernis composé de 20 gr. d’essence de térébenthine et 100 gr. de cire, vernis liquéfié par la chaleur. Après refroidissement, on trace au moyen d’une pointe les caractères, en ayant soin d’atteindre le verre et on enlève avec un pinceau doux les débris de vernis détachés.
- Si on veut avoir un dessin opaque, on expose la plaque de verre ainsi préparée à des vapeurs d’acide fluor-hydrique, en la plaçant comme couvercle au-dessus d’une cuvette de plomb dans laquelle on délaye du fluorure de calcium par de l’acide sulfurique concentré mis en excès. Quand l’attaque est jugée suffisante, on lave et enlève le vernis par chauffage et se servant d’un chiffon.
- Dans le cas où le dessin devrait être en caractères transparents, on ferait autour de la plaque un rebord en cire et dans la cuvette ainsi constituée, on \erserait de l’acide fluorhydrique aqueux étendu au besoin d’un peu d’eau.
- M. Favier, à Lyon. — Pour effectuer Vimperméabilisation des étoffes au moyen du caoutchouc, on fait se dérouler la toile entre un cylindre et un couteau métallique que l’on peut approcher auss‘i près que l’on veut. Dans l’espace libre on verse uuo dissolution de caoutchouc benzénique. Au passage, la toile s’imprègne d’une quantité de dissolution réglée par l’espace laissé entre le cylindre et le couteau. Ensuite l’étoffe passe sur une table chauffée à la vapeur, la benzine s’évapore et après une circulation à l’air libre de 3 à 4 m. on peut enrouler le tissu immédiatement. On peut ainsi appliquer 10 à 1a couches qui, après séchage, ne représentent que 2/xo de millimètre, car la gomme en absorbant la benzine occupait un volume égal à 20 fois son volume primitif.
- Les imperméables doubles s’obtiennent en appliquant l’une contre l’autre les faces enduites de deux étoffes et en les faisant passer entre deux rouleaux compresseurs.
- On termine par la vulcanisation, soit par passage à l’étuve à i3o°, soit en utilisant le chlorure de soufre en dissolution dans le sulfure de carbone, la couche de caoutchouc étant très mince, la pénétration est suffisante pour une vulcanisation complète. v
- 20 Maisons s’occupant d’imperméabilisation : Demuth, i5, rue de Lyon; Goujard, 12, rue de Valois; Jeanson, 19, rue des Archives ; Yvrine, 69, quaid’Yvry, àlvry-sur-Seine; Olier, 15, rue Saint-Denis, à La Courneuve (Seine) ;
- 3° Ouvrage " traitant de la question : Caoutchouc et Gutta-percka, par Maigne, éditeur Mulo, 12, rue Haute-feuille.
- Cercle des officiers, à Lille. — Les granulés se présentent dans le commerce sous quatre formes principales : les granulés ordinaires, les granulés sphériques, les granulés vermicellés et les granulés effervescents.
- Les premiers sont obtenus eu ajoutant à du sucre semoule ou à du sucre cristallisé le produit médicamenteux dissous dans l’alcool, on brasse et fait sécher à l’étuve, la nature du sucre employé suffit à donner l’aspect désiré.
- Les sphériques rentrent dans la fabrication courante des dragées au moyen de la bassine ou du tonneau par enrobage progressif jusqu’à obtention de la grosseur désirée. On peut se servir directement des grains de sucre, dits nonpareille, que la confiserie livre toute préparée et à laquelle on ajoute comme ci-dessus la substance active dissoute dans l’alcool.
- La fabrication des vermicelles consiste à faire une pâte aqueuse avec le sucre et à forcer celle-ci à passer au travers des trous d’une plaque perforée de telle façon que l’on obtienne de petits cylindres qui sont ensuite desséchés.
- Enfin les effervescents résultent d’un mélange de bicarbonate de soude et d’acide citrique ou tartrique pulvérisés. Un chauffage au bain-marie suffit pour obtenir une pâte, grâce à l’eau de combinaison de ces acides, pâte que l’on bat vivement pour granuler jusqu’à refi'oi-dissement.
- Toutes ces préparations sont suivies d’un criblage destiné à assurer la régularité du produit final.
- M. Osterberger, à Unieux, Loire. — Les poudres pesantes sont habituellement constituées par de la poudre fine ou pulvérin fortement comprimée. On peut également se servir de poudre ordinaire dont on retarde la combustion par addition de bicarbonate de soude dans des proportions que l’expérience détermine.
- Consultez sur cette question l’ouvrage, Les Explosifs, , par Aug. Perret, édité chez Bernard, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. E. Piette, à Paris. — i° Nous avons obtenu de bons résultats de la formule d’encre suivante, pour rubans de machines à éci’ire :
- Savon mou 5 grammes
- Glycérine i5 —
- Eau 45° —
- Alcool à q5u 10 —
- Couleurs d’aniline. . . i5
- On commence par faire dissoudre le savon dans l’eau et la matière colorante dans l’alcool, puis on ajoute finalement la glycérine ; 20 Vous trouverez dans les Recettes de La Nature un procédé de préparation d’un papier genre « carbone ».
- M. Maréchal, à Paris. — i° Les pastels sont constitués essentiellement d’un mélange de craie et d’argile auquel on incorpore la matière colorante dans des proportions convenables pour obtenir la teinte désirée. Après moulage on soumet à une légère cuisson dans des creusets de façon que l’on obtienne une solidité suffisànte tout en conservant à la pâte une certaine douceur; là est le point délicat de l’opération. Bien entendu, il ne faut employer que des couleurs minérales, à l’exception des couleurs végétales ou d’aniline ;
- 20 Un excellent ouvrage sur la question a été publié récemment par Albert Levasseur : L'Electrochimie et l Electrométallurgie, éditeur Dunod, 4”> quai des Grands-Augustins.
- M. L. P., à Lyon. — La cellophane appartient à la catégorie des produits plastiques obtenus au moyen des acétates de cellulose et dont l’emploi a été généralisé pendant la guerre. La fabrication de ces produits comporte essentiellement la dissolution de l’acétate de cellulose par des solvants appropriés, puis une évaporation abandonnant la matière dissoute sous forme de lames minces. Les dissolvants se composent eux-mêmes d’un dissolvant volatil destiné à disparaître : acétone-acétate de méthyle, formiate de méthyle et d’un dissolvant lourd assurant la plasticité triacétine, phtalate de méthyle, etc. Vous trouverez une étude très complète de la question dans l’ouvrage, La Cellulose, par Clément et Rivière, éditeur Béranger, i5, rue des Saints-Pères.
- M. Anastay, à Marseille. — Le phénomène d’irisation que vous nous signalez, a, selon nous, pour origine la formation de couches superposées de sulfure de cuivre qui donnent lieu aux interférences des anneaux de Newton. La naissance de cet hydrogène sulfuré s’explique très bien dans un milieu réducteur, puisqu’il y avait beaucoup de fumée, la houille et surtout le coke contenant des quantités non négligeables de soufre. D’autre part, les objets en cuivre étaient humides, ce qui a per-
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- rnis une condensation du gaz actif à la surface. Nous pensons donc que les essais systématiques devraient jpoiHer non sur des répétitions de combustions imparfaites, mais sur l’emploi direct d’hydrogène sulfuré convenablement dilué d’air, arrivant d’une façoü intermittente, par bouffées, de manière à obtenir des Couches successives et dont l’épaisseur sera réglée par la teneur en produit sulfurant.
- M. Boyer, à Paris. — Toute la difficulté de restauration des livres piqués consiste dans le remontage des feuillets après nettoyage, car il faut un relieur habile pour recoudre en passant le fil dans les anciens troUs, asséz éxactêmeut pour qu’une rdgmire ne soit pas nécessaire, là est le Secret des spécialistes. Quant au blanchiment proprement dit, il ne demande que des précautions courantes en immergeant les feuillets détachés dans un mélange à parties égales d’eau distillée et d eau Oxygénée, le tout additionné de quelques gouttes d ammoniaque. Âu bout d'une demi-heure environ ou plus, suivant l’importance de la tache, on lave à grande eaü, essore entré deux feuilles de buvard et laisse sécher sous presse. En résumé, pour Une réussite complète, le démontage est indispensable, autrement il y a formation de zoüeS et d’auréoles qui nuisent à la perfection du résultat.
- M. d’Hagerne, à Plelan. — i° Le mastic dont il est question dans les Recettes de la Maison est la gomme
- mastic qüi Së retire du lentisqUe par incision de l'écorce. On fait ainsi quatre récoltes par an, de juillet à fin octobre et On obtient deux qualités principales : le mastic en larmes sous formes de boules arrondies recueillies sur l’arbre et le mastic en sorte produit par la résinification du Suc laiteux qui tombe de l’arbrisseau et se recueille à terre, il est souillé d’impuretés. Le premier produit est de qualité supérieure, le second ou mastic commun ne sert que pour les apprêts, a" Le mastic de vitrier diffère complètement de la gomme mastic, il se compose de :
- Blanc de Meudon................5oo grammes.
- Blanc de eéruse en poudre . . 120 —
- Le tout est trituré avec de l’huile de lin siccative, en versant 1 huile peu à peu jusqu’à ce que fon ait obtenu une pâte liante et molle.
- Circulo do Logrones Biblioteca, à Logrono. — Les couleurs d’aniline sont toujours à l’état solide, ce n’est que par la suite qu’on les met en dissolution dans un liquide approprié, eau, alcool, etc., pour l’usage auquel elles sont destinées. Si vous désirez récupérer la matière colorante ainsi solubilisée, il vous suffira de procéder à l’évaporation du solvant, au bain-marie de préférence pour ne pas altérer la couleur.
- MM. Prache, à Ànzin et Masse, à Vendôme. — Voir formule d encre noire pour stylographes, aux Recettes et Procédés utiles de La Nature.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Service die librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvragés.) _
- L’évolution de Vartillerie pendant la guerre, par le général Gascouïn (Bibliothèque de philosophie scientifique du Dr Lebon), i vol. in-18. Flammarion, éditeur. Paris 1920.
- L’auteur; chef d’escadron au début de la guerre, a exercé sur le front tous les genres de commandements d’artillerie. Il possède donc une expérience directe des diverses conditions si changeantes qui ont présidé aux batailles de 1914 et 1918,; et cette expérience donne Une valeur particulière à l’étude critique approfondie à laquelle il se livre sur les conditions d’emploi de l’artillerie au cours des hostillités. La constitution de notre artillerie de campagne en 1914 avait èu comme point dé départ une vue incomplète, sinon inexacte de ce que serait la guerre moderne. Aussi manquions-nous non d’artillerie lourde, mais d’artillerie â tir courbe ; et nous connaissions incomplètement, pour n’en avoir prévu qu’un emploi déterminé, les propriétés de ce canon merveilleux qu’est le 75. L’auteur montre, comment, par tâtonnements successifs inspirés par les circoûstances du moment, on a réagi contré les erreurs initiales ; sans que l’on ait pu cependant arriver à réaliser le matériel qui logiquement eût le mieux convenu. Il fait constater clairement combien la tactique et même la stratégie sont fonction des propriétés du matériel et il démontre, pour conclure, la nécessité de multiplier dans l’armée lès études, sans parti pris, des faits de la güêrre, et de vulgariser dans les cadres de toutes armes et à tous les échelons les connaissances tech« niques.
- Éléments de soudure auto gène, Questions et Réponses, par MM. R. Granjon, P. Rosemberg* et M, Pietïe. Publications de l’Acétylène et de la Soudure autogène, 104, boulevard de Clichy, Paris, 1920, 1 voL in-16 Jésus, 272 p., 220 fig., nombreuses gravures. Prix : 4 fi\
- Cet ouvrage, à la portée de tous, sera le guide pra-
- tique indispensable aux ingénieurs, contremaîtres, chefs d’ateliers et ouvriers soudeurs comme à tous ceux qui veulent pratiquer rationnellement la soudure autogène. Il vient compléter heureusement la série des utiles publications de l’Office de l’Acétylène ; et, comme celles-ci, contribuera à la vulgarisation des meilleurs procédés techniques de soudure autogène.
- Physiology of Farm Animais, par T.-B. Wood et F.-tî.-A. Marshall, iro partie, Généralités. 1 vol. in-8, 204 p., io5 fig. Cambridge University Press. Prix relié : 16 sh.
- Cours élémentaire, basé sur l’histologie et destiné aux étudiants vétérinaires et agricoles. On y trouvera des notions sommaires sur chaque grande fonction et ses organes.
- Quatre leçons sur les sécrétions internes, par E. Gley. 1 vol. in-8, 154 p.”Baillière, Paris.
- Leçons professées en i gi 7 â Barcelone, montrant révolution historique de la question des sécrétions internés, son aspect actuel, l’orientation nouvelle dés recherchés et lès résultats considérables déjà obtenus en ce qui cohcerne les actions humorales, les corrélations de fonction, les causés chimiques du dévelop-pemetit.
- Guide formulaire dés loyers de là guerre jusqu'à et y compris la loi sur la cessation des hostilités, par GüïLLÈMOT-SAiNT-VlNÈfiAuniL 1 vol. in-8, 260p. Librairie dé la Construction moderne, Paris. Prix : 9 francs.
- Ce nouvel ouvrage a comme grande qualité d’ètre précis et complet. Précis, en ce qu’il ne comporte aucune controverse législative ou jurisprudentielle, mais résume sous chaque article de la loi le dernier état, de la jurisprudence. Complet, en ce qu’il comprend l’ensemble de la législation sur les loyers, relevant jusqu’à l’arrêt du 6 janvier 1920 sur la prorogation des baux commerciaux. Des tableaux synoptiques, des formules classées sous les divers articles, une table alphabétique et analytique très complète, font de cet ouvrage un guide pratique et de maniement commode. , i
- Cours d’exercices sur le calcul mathématique, algébrique, différentiel et intégral, par Maurice Laboureur,
- 1 vol. relié in-8" raisin, 818 p., l3o fig. dans le texte. Prix net 3o fr. Ch. Béranger, éditeur. Paris, 1920.
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- LA NATURE
- Supplément.
- 2406-2407 , 22 Mai 1920.
- Redresseurs à vapeur de mercure de grande puissance. .— Tout le monde connaît aujourd’hui la lampe électrique à vapeur de mercure, invention géniale de l’américain P. Cooper-Hewitt. Cette lampe ne laisse passer le courant que dans un sens. Elle peut donc être employée comme redresseur de courant alternatif qu’elle transformera, moyennant un montage approprié, en courant ondulé dont les propriétés se rapprocheront sensiblement de celles du courant continu. Le redresseur à vapeur de mercure est couramment employé depuis longtemps, par exemple à la charge de batteries d’accumulateurs au moyen du . courant alternatif. Presque dès 1 apparition de là lampe à vapeur de mercure, les ingénieurs électriciens virent en elle un instrument susceptible de fournir un jour un appareil redresseur de courants alternatifs, apte à transformer des courants industriels. Le redresseur à vapeur de mercure a l’immense avantage d’être un appareil statique, sans aucune partie tournante ; son rendement au surplus est excellent. La difficulté était de trouver un mode de construction qui permît de le faire traverser par des courants de grande intensité. La question a été beaucoup travaillée avant la guerre en Allemagne, en Suisse et en Amérique. Pendant la guerre la Société Brown-Boveri à Ziirich a réussi à mettre au point cette construction, et à établir des redresseurs de 4oo à 5oo kilowatts. L’enveloppe de ces appareils n’est plus en verre, mais en métal; il a fallu vaincre des difficultés particulièrement épineuses pour réaliser des joints étanches, et pour assurer le refroidissement de 1 enveloppe et des électrodes; chaque installation de redresseurs comporte une pompe, permettant d assurer dans 1 intérieur de la lampe une pression de o,oo5 mm de mercure ; cet accessoire est indispensable, parce que le bombardement des rayons cathodiques prolongé un certain temps dégage du gaz des parois; après quelques mois de service seulement, on. ferme hermétiquement les cylindres où se forme l’arc à mercure. Les jpints hermétiques de l’appareil sont réalisés au moyen de mercure.
- Le grand interet de cette réalisation du redresseur statique à grande puissance, c’est qu’il permet d’entrevoir une transformation de l’industrie électrique. Il est actuellement incontestable qu’il est plus facile et plus économique de produire et de transporter le courant électrique sous forme de courant alternatif ; par contre, il est infiniment plus avantageux de l’utiliser sous forme de courant continu. Les moteurs à courant continu ont en effet une souplesse que n’ont pu atteindre encore les moteurs à courant alternatif, l’avantage est particuliè, rement net lorsqu’il s’agit de traction électrique. Le redresseur à vapeur de mercure semble promettre une solution qui conciliera élégamment les avantages des deux formes de courant électrique : transport à grande distance soup forme alternative ; utilisation sous forme continue,. grâce à des redresseurs composés seulement de récipients métalliques fixes, donc peu coûteux et surtout de manœuvre simple et de bon rendement.
- Les pipe-lines. — On a fait grand bruit, il y a quelque temps, dans la presse quotidienne, au sujet du projet de transport du mazout du Havre à Paris par pipe-line. Nous en avons résumé ici les grandes lignes. L’étonnement que ce projet semble avoir fait naître tient sans doute à ce qu’il n'existe pas encore de transport ée ce genre en France, mais il est de règle dans toutes les régions pétrolifères, et le pipe-line Paris-Havre ne sera qu’une modeste entreprise à côté des gigantesques conduits pétrolifères qui sillonnent l’Amériqué par exemple, et aussi à côté de ceux du Caucase ou de Roumanie.
- M. Guiselin, dans Y Outillage, donne une intéressante étude sur les pipe-lines. Le véritable inventeur de ce mode de transport du pétrole fut un citoyen américain de Jersey, nommé Hutchnings. En 1865, le centre pétrolifère de Oil Creek évacuait sa production au moyen de voitures .à chevaux et de wagons tirés par chevaux sur la voie ferrée. Ce mode de transport était tout à fait insuffisant ; il est vrai qu’il enrichissait les charretiers qui gagnaient alors io à 25 dollars par jour.
- Hutchnings se fit autoriser à construire une pipe-line
- de 5o mm de diamètre pour relier quelques puits à la raffinerie. Cette modeste entreprise souleva l’émotion des charretiers ; l’inventeur passa outre. Mal lui en prit. Les ouvriers détruisirent les conduites au fur et à mesure de leur mise en fonctionnement. Le malheureux Hutchnings, après avoir déployé une énergie et une ténacité admirables, mourut dans la plus noire misère.
- A peu près à la même époque, un Français, Linard, installait, avec le concours de la maison Cail et de la Compagnie Fives-Lille, un système de canalisation pour relier les râperies de betteraves aux raffineries de sucre, et y porter les jus sucrés provenant de champs de culture éloignés.
- En i865, un autre pionnier américain, Harly, reprit l’idée de Hutchnings ; la conduite qu’il fit établir fut également incendiée par les ouvriers. Mais cette fois le Gouvernement la fit reconstruire et protéger par des équipes de gendarmes. Les résultats de l’exploitation furent convaincants ; et le système, au bout de quelques années, commença à se développer. En 1880, on construisait une pipe-line de 235 milles de longueur entre Colle-grave et Philadelphie.
- C est John D. Rockefeller, directeur de la Standard Oil’ qui donna aux pipe-lines américaines l’impulsion définitive. Il couvrit les Etats-Unis d’un gigantesque réseau de tuyauteries accompagné de dépôts, réservoirs, stations de pompage, formant dans l’ensemble la plus formidable entreprise industrielle du dernier siècle.
- La longueur totale des pipe-lines américaines dépasse aujourd’hui 12000 km, assurant un transport journalier de plus de 80 millions de litres.
- Le système des pipe-lines s’est implanté dans toutes les régions productrices de pétrole. C’est ainsi que Bakou est relié à Batoum sur la mer Noire par une conduite de plus de 1000 km de long, construite de 1897 à igo5.
- Les pipe-lines existent également au Mexique. La Roumanie avait commencé, en igi3, la construction' d’un important réseau devant relier le centre pétrolier de Baïcoï à Constantza. Cette entreprise a connu un sort tragique, les travaux, interrompus en 1913 lors de la guerre bulgaro-roumaine, repris en 1914, durent être de nouveau abandonnés en 1916 lors del’invasion allemande. Les Allemands, qui avaient grand besoin de pétrole, modifièrent les pipe-lines établis parles Roumains, démolirent une partie des canalisations existantes, pour se raccorder au Danube. L’installation fonctionna jusqu’en 19x8, mais les envahisseurs l’endommagèrent en se retirant. Elle a été remise en marche en mars 1919 au prix d efforts surhumains et comprend maintenant 362 km de conduite.
- Le pétrole en France et dans les colonies. — La
- France manque de charbon, encore en extrait-elje de son sous-sol un tonnage appréciable, mais le pétrole et les produits dérivés sont entièrement importés de l’étranger. Le plus important producteur est les Etats-Unis. La consommation des combustibles liquides, d’une part, des essences pour automobiles d’autre part, s’y développe avec une telle rapidité que l’on peut craindre de voir à bref délai les exportations diminuer, et en conséquence la France éprouverait de grandes difficultés à se ravitailler.
- Cette situation dangereuse n’a pas échappé aux Pouvoirs publics, qui depuis quelque temps favorisent les recherches de pétrole sur notre sol.
- De nombreux indices permettent, en effet, d’espérer que la. France et ses colonies recèlent des ressources pétrolifères encore ignorées. Voici, d’après une intéressante communication de M. Cadoux à la Société de Statistique de Paris, quelle est la situation actuelle. -
- Des indices pétrolifères ont été constatés dans les Basses-Pyrénées, à Saint-Boes, dans l’Hérault, à Gabian, où l’on a retrouvé des puits forés au xvii6 siècle, dans les Landes à Bastennes, dans l’Ardèche à Privas, dans le Gard, près d’Anduze, d’Auzon, à Servas, et Saint-Jean de Mai’uéjuls.
- Des affleurements de pétrole ont été encore signalés dans 1 Ain, au nord de Bellegarde, dans la concession
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- INFORMATIONS
- de Seyssel où se trouvent les grands gisements de Challenge.
- On a trouvé dans la Haute-Loire des couches fortement imprégnées de pétrole à Saint-Martin-de-Fugères, aux Sognès, aux Avits en Cochon. Dans l’Isère on a constaté que les grès houillers sont imprégnés de pétrole' sur une épaisseur de 80 cm.
- Ce ne sont là que des indices encourageants pour l’avenir. Mais il y a mieux : en Algérie, il existe déjà des exploitations qui sans doute pourraient être développées : les pétroles algériens sont déjà régulièrement expédiés aux raffineries de Frontignan à raison de x5o à 200 tonnes par mois. Les recherchés algériennes, commencées en 1897, sont poussées activement depuis deux ans : 3 puits forés en 1914 dans la région sud de Relizane ont déjà justifié les espoirs fondés sur le pétrole algérien.
- Au Maroc, des sondages sont commencés depuis 1918 : le forage de Djebel Tselfat au sud de Rifï rencontrait, le 7 novembre 1919, la nappe de naphte à 90 nj- ; le débit de cette première nappe est évalué à 2600 litres par jour.
- En Tunisie également se poursuit une campagne de sondages ; une exploitation, celle de Tilouanet, est déjà entrée dans la période industrielle.
- L’Afrique du Nord paraît donc offrir des ressources pétrolifères certaines, qui permettent d’entrevoir à brève échéance une production intéressante.
- Enfin on a signalé également du pétrole à Madagascar et en Indo-Chine, mais les renseignements sont encore vagues.
- Applications nouvelles du ciment armé. — Le bon
- marché relatif des constructions en ciment armé, comparé au prix actuel des constructions métalliques, donne à ce matériau un nouvel essor.. Le champ de ses applications est du reste beaucoup plus étendu qu’on ne l’imaginerait au premier abord. La nécessité aidant, on lui a trouvé, dans ces derniers temps, des emplois réellement imprévus. M. Leineiugel Le Cooq, dans une récente conférence à la Société des Ingénieurs civils, en a cité de remarquables exemples. Pendant la guerre, on eut à se préoccuper, au cours de l’année x 918, de construire des affûts-trucks pour batteries de gros calibre ; mais on se heurta à de graves obstacles du fait de la difficulté des approvisionnements en acier, tôles et profilés, et de la pénurie de main-d’œuvre spécialisée en constructions métalliques. Le colonel Lucas-Girardville, directeur des Services techniques de l’artillerie, lourde sur voie ferrée, eut alors l’idée de construire ces affûts-trucks en ciment armé. C’était une innovation audacieuse ; M. Leinekugel Le Coq fut chargé de la mettre à exécution : le succès de l’entreprise confirma toutes les espérances, et eu août 19.18, on était à même de construire trois affûts de ce type par semaine ; les modèles d’essai satisfirent aux essais les plus sévères ; sur les affûts-trucks d’essai, deux furent même munis de boggies en ciment armé.
- Le même ingénieur construisit, pour soutenir les cadrqs servant à mesurer, par le procédé Boulangé, la vitesse des projectiles d’artillerie lourde, des pylônes de grande hauteur en ciment armé et câbles, construits au moyen d’éléments identiques de 5 m. de haut, exécutés au niveau du sol ; le montage de ces pylônes était facile et rapide, ils offrent au vent une résistance parfaite.
- Le conférencier signale ensuite, le système de tuiles minces en ciment armé inventées par M. Minart, inspecteur général des Ponts et Chaussées. Il a construit des tuiles de ce type ayant comme dimensions 3mio X i“5o, couvrant chacune 4 ni2, 35, qui sont utilisées au hangar d’hydravions de Cherbourg. Il a JaRu une charge, totale de i2oo kg répartie uniformément sur une tuile, de ce modèle pour en obtenir la rupture. On peut poser ces tuiles sur des pannes écartées de 3 m. Elles pèsent 40 kg au mètre carré, c’est-à-dire le même poids que les tuiles ordinaires. Il y a là un mode de couverture fort intéressant pour les toitures à reconstruire dans les régions dévastées.
- Les exemples; cités par M. Leinekugel Le Coq montrent- que le ciment armé peut trouver d’utiles emplois dans des domaines très divers, et notamment dans la: construction mécanique.
- Nous pouvons ajouter que l’on se préoccupe de l’utiliser' dans, la» construction des machines-outils, pour la construction, de certains bâtis, et même dans la con-
- struction des machines électriques, pour les bâtis et carcasses de dynamos,
- Les chemins de fer des colonies françaises. —
- Le Ministère des Colonies vient de publier au Journal Officiel la statistique des chemins de fer des colonies françaises, non compris l’Algérie, la Tunisie et le Maroc, de igi3 à 1918. Nous en extrayons les données suivantes relatives à 1918 :
- Longueur Voyageurs Tonnes Recettes
- Ligne. exploitée par km par km totales
- km millions millions millions
- Haïphong à Yunnan-Sen . 859 x65 46 11.9
- Hanoï à Namquan. . . . 167 26,1 3,i i,4
- Hanoï à Vinh-Benthuy. . 326 60,9 12,2 3,i
- Saigon à Mytho 70 22,7 1,6 i,4
- Saigon à Khanhoa. . . . m 3«,9 i3,9 2,8
- Tourane à Dongha . . . 175 11.9 0,6 o,5
- Côte d’ivoire. . . . . . 3i6 12,7 2,9 1,2
- Dahomey. ... . . . 294 8.7 2,8 i,4
- Est Dahoméen 8x 1.9 0,4 0,2
- Dakar à Saint-Louis . . 262 31,4 21,1 5,3
- Kayes au Niger 555 25,6 i4.9 3,3
- Thiès à Kayes ..... 444 i9.9 8,1 2,8
- Kayes à Ambidédi . . . 44 1,2 0,2 0,09
- Guinée . . 662 l6,5 9.7 2.7
- Tamatave à Tananarive . 386 22,1 16,2 3,4
- Réunion 126 9.1 4,2 1,6
- Djibouti à Addis-Abeba . 783 14,3 25, I 6,i
- Nouvelle Calédonie . . . 29 1,0 0,4 0,14
- Karikal.à Péralam(1 ). . 23 7-5 0,4 0,11
- Poudichéry à la rivière
- Gingyl1) 12 6,2 1,1 0,18
- Le service géologique de la Grèce. — Il y a quelques mois, le Ministère des Travaux Publics de Grèce a créé un service géologique de la Grèce sous la direction du Dr M. Const. A. Kténas, professeur à l’Université d’Athènes.
- Ce service publie une revue dont le premier numéro vient de paraître sous le titre : Mémoires du Service géologique de la Grèce. Nous croyons utile de signaler cette intéressknte initiative qui témoigne de l’activité intellectuelle renaissante au pays qui fut le berceau de notre civilisation.
- Nos importations de tabac. — En ce moment où l’on cherche par tous les moymis à diminuer nos dépenses à l’étranger, un député, M. Morinaud, vient de demander au Ministre des Finances quelles sont nos importations de tabac et quelles sommes elles nous coûtent. Le Ministre a répondu au Journal Officiel :
- Les achats effectués en 1919 se répartissent comme suit par pays étranger :
- o) Tabacs en feuilles :
- Etats-Unis d’Amérique. . Quantités achetées en kilogrammes. 28.802.056
- Cuba 98.207
- Iles Philippines 4.3oo.823
- Colombie . . . . . . 2.921.964
- Saint-Domingue 2.641.764
- Paraguay 696.333
- Argentine . . . \ . . - 220.2X1
- Brésil ...... 6.760.519
- Birmanie ......... .. . . . . 3.814.ix5
- Indes anglaises ....... 1.042.992
- Angleterre ...... 929869
- Grèce 140.o5o
- Indes néerlandaises . . . 770.689
- b) Produits fabriqués : Cigares de la Havane , . Quantités achetées. (Nombres de cigares pu de kilogr.) . . . . n .800.000 cigares.
- Cigares de Manille . . . . . . . 3.5i2.555 —
- Cigares du Mexique. . . . . . , 3.688,700 —-
- Produits fabriqués américains , . ?4.655 kg 3525
- Cigarettes brésiliennes. . . . . . 149.67Ù kg 420
- Produits fabriqués anglais . . . , 154.872 kg 9925
- Cigarettes égyptiennes. . . . . . 61.420 kg 970
- x. Données relatives à xç> 15 ; celles plus récentes manquent.
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- INFORMATIONS
- La somme totale payée à l’étranger pour l’achat des tabacs figurant au tableau ci-dessus s’est élevée à ig3 200000 francs.
- Les ressources de la Bessarabie. — D’une brochure sur l’état économique de la Bessarabie, publiée par M. Ion G. Pelivan, nous extrayons les renseignements suivants : la surface totale est de 455 myriamètres carrés dont 417 labourables et seulement 252 cultivés. En 1912, les récoltes donnaient 54 millions de poudes (de 16 kg) de maïs, 32 de blé, 11 de seigle, 35 d’orge, 5 d’avoine, 6 de pommes de terre, 10 de foin, i56 de paille. L’excédent des récoltes sur les quantités nécessaires aux ensemencements et à l’approvisionnement de la population atteignait la moitié de la production. La Bessarabie comptait 12 villes, 5 bourgs, 1857 villages et 719 hameaux et comprenait 3 millions d’habitants.
- La faîne et l’huile de faîne. — La faîne est le fruit du hêtre ; l’huile que l’on en extrait, comparable à l’huile d’olive et pouvant se conserver pendant très longtemps, des mois et même des années, était jadis très employée surtout dans nos régions du Nord et de l’Est. On cite que dans la seule forêt de Retz, près de Soissons, on récoltait annuellement pour plus de 80000 kg d’huile, et il en fut ainsi jusqu’en 1869.
- D’après la Vie agricole et rurale, la composition centésimale de la faîne serait la suivante :
- 100 pour 100.
- Eau..................... 16,25
- Protéine brute. ....... 17,25
- Matières grasses........ 24,16
- Extractifs non azotés. . . . 19,47
- Cellulo se.............. 19,15
- Cendres.................. 3,72
- La récolte a lieu entre le 20 septembre et le 3o octobre. Les faînes récoltées sont déposées sur une aire couverte et aérée où on les remue chaque jour avec une pelle en bois pour éviter réchauffement et la moisissure. Vers décembre, on les porte au moulin où elles sont réduites en pâte par meules.
- Deux procédés d’extraction sont utilisés. Le passage à froid est le meilleur; il donne une huile visqueuse, jaune clair, agréable au goût. Le rendement n’est que de 16 à 17 pour 100, mais en reprenant les marcs avec de l’eau chaude, on peut récupérer 3 à 4 pour 100 d’huile. Le passage à chaud donne un rendement plus élevé, mais l’huile y prend une certaine âcreté qu’on peut faire disparaître en mélangeant l’huile avec de l’eau froide. Malgré tout, elle est de moins bonne qualité, aussi ne l’emploie-t-on que pour l’éclairage et la savonnerie.
- Le résidu de fabrication constitue un tourteau, lequel, décortiqué, convient très bien pour la nourriture du bétail; non décortiqué, il peut servir comme chauffage.
- Un hêtre peut fournir de 10 à 180 litres de faînes, selon sa grosseur; le minimum étant donné par l’arbre de 1 m. de tour, le maximum par celui de 3 m. En moyenne, un peuplement de hêtres de 80 à 90 ans peut donner, à l’hectare, 25 hectolitres de faînes ; celui de i5o ans, 5o hectolitres. Un hectolitre de faînes produit généralement 10 kg d’huile.
- Nos forêts de l’Est et de Normandie renfermant beaucoup de hêtres, il y aurait grand avantage à récolter les faînes, non point seulement en vue de l’alimentation des hommes et des animaux, mais encore pour l’industrie de la savonnerie.
- La soie de muscle. Quelques années avant la guerre, les Allemands entreprirent de sérieuses recherches pour développer les sources de production de soie artificielle. Il nous souvient que, dans la revue Les Inventions illustrées, M. Ch. Clevenat fit connaître, notamment, qu’un docteur allemand avait pris un brevet pour un nouveau procédé ayant pour objet de fabriquer une soie artificielle en tirant celle-ci de la chair musculaire des animaux.
- Les difficultés rencontrées par l’industrie textile allemande viennent de ramener l’attention sur cette question, et comme les « ersatz » auxquels l’industrie allemande a dû recourir, dans de nombreuses catégories de produits, ont suscité, tout au moins, un désir de con-
- naître les moyens mis en oeuvre pour les obtenir, on a voulu savoir ce qu’est en réalité la « soie de muscle ».
- La matière première de laquelle est extraite cette soie artificielle est la chair musculaire du cheval et du bœuf en particulier.
- Le point de départ de l’invention, c’est l’utilisation de la chair qui reste des chevaux abattus pour cause d’accident et des bœufs refusés par le service sanitaire, les uns et les autres étant livrés à l’équarrisseur. Cette chair, de peu de valeur, constituerait une matière première d’un prix peu élevé.
- Yoici, dans ses grandes lignes, la caractéristique du procédé imaginé pour extraire de la chair musculaire des animaux de rebut une soie se prêtant à de nombreuses utilisations :
- La chair est mise à macérer dans un premier liquide dont le rôle est de dissocier les fibres musculaires, de dissoudre la matière qui les soude entre elles. Ces fibres se présentent sous forme de filaments courts et lâches. On les laisse séjourner alors quelque temps dans un second liquide, dont l’action, comparable à celle du tanin, est de rendre la matière insistante et soyeuse. On obtient, en dernier lieu, des fibres d’une longueur moyenne de 5 cm, plutôt rugueuses au toucher, et ressemblant, jusqu’à un certain point, à la soie sauvage.
- La partie non fibreuse de la chair, qui n’a pas été dissoute, peut encore servir; elle est vendue aux fabriques de colle.
- La principale propriété industrielle du produit ainsi obtenu résiderait dans la grande facilité qu’il possède, à l’instar de la soie, de se caoutchouter et vulcaniser. Laissé dans un bain de caoutchouc, pendant deux heures .consécutives, à une pression de 4 atmosphères, il est imperméabilisé comme l’est le tissu de soie traité dans des conditions semblables.
- La soie artificielle ainsi préparée pourrait être utilisée dans la fabrication des enveloppes isolatrices, des pneumatiques, des enveloppes de ballon, etc.
- Quant à son prix de revient, il serait peu élevé, la chair d'équarrissage n’étant pas un produit très coûteux, non plus du reste que les liquides composants employés pour la traiter, liquides tenus secrets par l’inventeur, qui estimait que la vente de la chair restant après la dissolution des fibres musculaires peut couvrir une partie des frais d’achat.
- La question est de savoir comment peut se réaliser la filature de cette soie artificielle, comment les touffes de filaments musculaires peuvent être transformées en fils, et quels matériel et outillage cette transformation nécessiterait. On a étudié la question dans les ateliers allemands et on a prévu, paraît-il, que le procédé de filature de la laine cardée est celui qui conviendrait le mieux au travail de cette fibre animale.
- Les techniciens de l’industrie textile ont là un fait de nature à les édifier relativement aux efforts que l’on fait en Allemagne pour trouver de nouvelles sources de production des tissus de soie.
- Économie de production du lait et de la viande.
- — Le Comité d’Alimentation du National Research Council des Etats-Unis vient d’étudier le rendement en lait et en viande du bétail bovin, dans le but de connaître l’économie de la production de ces deux aliments et décider lequel doit être encouragé. Le Dr Armsby a établi qu’une vache restitue 18 pour 100 de la nourriture qu’on lui accorde sous forme de lait, tandis qu’un bœuf n’en rend que 3 1/2 pour 100 sous forme de viande. En Angleterre, on a calculé que pour obtenir 100 calories de nourriture pour l’homme, il faut donner à une vache bonne laitière *3oo gr,, à une pauvre en lait 2x^00, à un bœuf de 2 ans et demi 4000 gr. d’amidon ou d’équivalent, soit un'rendement respectif de 20, 12 et 6 pour 100. Le professeur Wood a estimé qu’une vache rend sous forme de lait, de viande de veau et de bœuf, 1/120 de la nourriture quelle consomme, tandis que le bœuf n’en restitue que 1/64°. Cooper et Spillmann ont évalué à 4 ou 5 fois le rendement en nourriture humaine d’une vache comparée à un bœuf, tous deux vivants sur la même^surface de champ. Si l’on ajoute que le lait, outre sa valeur énergétique, contient beaucoup plus de sels de chaux et dfe vitamines que la viande, la conclusion pratique de tous ces faits est celle qu’en tire le National Council : il faut encourager la production du lait plus que celle de la viande.
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- Mécanique
- Construction d’ürte machine à glace domestique.
- — La conservation par le froid se généralise dans les contrées à étés chauds. Quand on vêtit installer Uné glacière domestique, on a toujours recours à l’emploi de la glace qu’on ne peut se procurer que dans les villes où se trouvent les fabriques. Cette glace n’est consommable que si l’eau employée est d’une pureté absolue.
- Industriellement le refroidissement ou même la fabrication de la glace sont basés sur la détente de certains gaz comprimés. Cette détente absorbe de la chaleur, ce qui provoque, sur les parois des canalisations où elle se produit, un abaissement de température parfois considérable.
- Quand on a en vüe l’installation d’unè petite glacière domestique poür une agglomération déjà de quelque importance telle que : coopératives, grandes fermes, propriétés, en général éloignées de tout centre producteur de glace, il peut être intéressant de réaliser une usine à glace en miniature, qu’on peut se procurer d’ailleurs commercialement. Néanmoins, il n'existe guère de constructeurs pour les très petites installations et c’est cette lacune qu’a voulu combler M. Coggéshall, qui a donné dans Popular Mechanics toute une série de dessins d’exécution d’une telle disposition. Nous allons les passer en revue en leur appliquant des dimensions métriques, et en y apportant quelques modifications que nous'a suggérées de notre côté notre expérience technique.
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- Plan
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- Faisceau du condenseur.
- Galopin
- portant de*! ai/eô de ventilateur
- Condenseur pour la compression du yez
- Moteur
- Tout d’abord ce travail est plus qu’un travail d’amateur; il exige déjà, outre une certaine habileté, des moyens mécaniques ; mais on peut suppléer à leur absence en faisant exécuter quelques travaux par un ouvrier. Les méthodes indiquées sont les plus économiques possibles, mais l’ensemble entraîne à des frais assez élevés, qui ne se justifieraient que par une utilisation pratique.
- Enfin il est préférable d’avoir comme énergie le Courant électrique, comme nous le verrons plus loin.
- Le principe du fonctionnement est indiqué figure i : un Compresseur comprime le gaz dans un condenseur et une soupape ou robinet détendeur le conduit dans un radiateur de froid placé dans la glacière. Le gaz détendu retourne à la soupape d’aspiration du compresseur.
- Les gaz qu’on peut employer pour la détente sont les suivants en pratique : le gaz ammoniac, l’acide carbonique, l’acide sulfureux. Commercialement, celui qu’on emploie de préférence est le gaz ammoniac. L’acide carbonique exige de hautes pressions qu’ôn ne saurait employer dans le cas présent. L’ammoniac a le grand inconvénient de ne poüvoir être mis èn contact avec le laiton ou le cuivre. Pour ces raisons le gaz qu’il est préférable ici d’émployer pour un usage domestique est l’anhydride sulfureux, lequel peut être acheté liquéfié en bouteilles spéciales. Il agit comme agent absorbant la chaleur et cela ne nécessite en aucune façon le graissage intérieur du compresseur.
- Moteur et. compresseur. — Le moteur sera de préférence un moteur électrique de Un quart de Cheval, tournant à 1800 toùrs par minute environ. Dans le cas où l’on n'aurait pas d’électricité à sa disposition, on pourrait utiliser un moteur à essence du genre de celui qu’on emploie sur les motocyclettes de faible puissance. Cela entraîne évidemment une petite complication pour un fonctionnement continu.
- Sur 1 arbre du moteur, on cale une poulie de 75 mm de diamètre et de 3o à 35 de large. Cette poulie pourra être tournée dans un disque de bois dur, composé de plusieurs épaisseurs de bois à contre fil.
- On doit choisir avec soin le compresseur nécessaire, qui sera du type à air froid. Le diamètre du piston sera de 40 à 5o mm
- maximum et la Tube * 6"». oa/vamaé
- course de 60 à 5o mm seulement. La vitesse de rotation ne devra pas dépasser 700 tours ; 5oo à 600 sera une bonne vitesse moyenne. La poulie ou le volant de commande aura un diamètre en rapport, suivant la Vitesse ; il est facile d’ailleurs de modifier en conséquence le diamètre de la poulie du moteur.
- Certains compresseurs sont équipés avec une soupape de sûreté qui fonctionne quand la pression devient dangereuse ; mais ici, avec la puissance faible du moteur, cet accident n’est pas à craindre, par conséquent on calera cette soüpape pour éviter toute déperdition de gaz.
- L’emplacement étant en général limité, le moteur sera placé près du compresseur et on sera obligé d’employer un galet enrouleur pour la courroie ou galopin. Ce galet sera fourni par le fabricant de compresseurs et on pourra disposer des ailes de ventilation sur ce galet, de façon à déterminer un courant d’air refroi-disseùr sur le circuit de condensation des gaz.
- Condenseur. — Afin de dissiper la chaleur produite par la compression des gaz, la compression se fait dans un faisceau tubulaire. La vue générale de ce condenseur est indiquée figure 4 et les détails d’exécution figures 2 et 3.
- Quarante longueurs de tubes, filetés à chaque extrémité, de 6 mm de diamètre intérieur, sont employées pour cela. Ils sont en fer galvanisé et, au moyen de raccords, on constitue un réfrigérant en formé de spirale aplatie de 20 sections élémentaires. Les joints sont chauffés, avec une adjonction de très peu d’acide et de soudure, afin déformer un ensemble nè pouvant laisser échapper aucun gaz. Le tout est supporté par une charpenté simple en planches assemblées. Le robinet D sert à faire communiquer le faisceau avec le réservoir et on peut ajouter si l’on veut un manomètre qui contrôlera la pression (fig. 1).
- Lé robinet détendeur a une grande importance. Il est placé à la fin du faisceau ; il permet au gaz froid à liquéfier Aans le condenseur de passer en jet de vapeur et de se détendre rapidement.
- On peut utiliser nimporte quel système pourvu qu’il soit bon, et il doit être placé lé plus près possible,, du radiateur de froid, afin de commencer utilement et immédiatement Son action réfrigérante.
- Radiateur de froidi — Le faisceau tubulaire* dans lequel
- se produit la détente des gàz, présente plus dè difficultés de construction que le précédent. Au lieu de fer galvanisé, afin de faciliter le rayonnement du froid, il est préférable d’employer du tube cuivre ou laiton de 6 mm de diamètre en grandes longueurs. On pourra utiliser également les raccords galvanisés pour la jonction des éléments avec avantage. On emploiera huit éléments constitués comme celui qui est représenté figure 4. A la partie inférieure, on ménage un espace libre qui permet de placer un récipient, où l’on peut mettre de
- Un elemen 'r de Condenseur
- Fig. 3.
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- s
- SCIENCE APPLIQUÉE
- «
- l'eau si l’on Veut obtenir de la-glace. Les extrémités du faisceau passent à travers les parois de la chambre froide, parois qui doivent cire épaisses cl en matière
- électriques simples, comme, l’indique la ligure 5.
- Un appareil, cîit thermostat, est placé dans la chambre froide; il est ajusté pour fonctionner au degré choisi.
- Robinet . Rob/nêf a J-\/o/eô
- Robinets
- simples
- Robinet ê J voies
- Cuvette à g/ace
- Fig. —" Ensemble de l’installation et éléments de tuyauterie de lu chambre à troidi
- isolante. On connecte ses extrémités, d une part au robinet détendeur, de l’autre au compresseur. Le faisceau est supporté par des brides en laiton, lixées dans les parois de la chambre froide.
- Thermostat de contrôle. — 11 n’est pas nécessaire que
- Interrupteur
- Circuit de sonnerie
- Circuit du relai
- fig. 5. — Diagramme du fonctionnement électrique d’arrêt et de mise en marche automatique du moteur (cas du moteur électrique).
- le compresseur soit toujours eu action. Les alimeuls se conservent mieux quand la température est froide et
- Circuit d'allumage
- constante; le degré préférable est d’environ 7 à H° C dans la chambre froide et la température, de préférence, doit rester constamment à la valeur choisie. On peut arriver à ce résultat au inoyen de quelques appareils
- Lorsque ce degré sera dépassé, un circuit électrique est établi et fonctionne à travers un relai (ou bobine) qui commande le courant de fonctionnement du moteur électrique, Quand la température s’abaisse par trop, le relai coupe le courant qui se rétablit lorsque la température revient au point voulu.
- Si l’on a peur que le relais ait des ratés à la remise
- Ensemble
- Vue de coté des blocs
- ViS-
- borne
- 50
- O
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- O
- Epaisseur 20 mm
- Bloc d'attache ue le lame
- 2 blocs </c contact . Vis borne
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- Vis de '''contact
- Epaisseur
- /Smm
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- •e 40
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- Cuivre Q
- Contact *--20n
- Eig.
- Ensemble et détails du thermostat.
- en roule, on peut disposer supplémentairement un circuit avertisseur, qui fait fonctionner une sonnerie d’a-larnte quand le courant du moteur devrait être coupé. On peut aussi la faire fonctionner quand la température continue à s’abaisser par trop. *
- Dans le cas oit l’on emploie un moteur à essence, le circuit qui sera coupé sera celui de l’allumage du
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- moteur, qui se fait par bobine et piles ou magnéto (fig. 6). Le moteur s’arrête tout seul, mais il ne peut repartir de même et pour être averti du moment où l’on doit le remettre en marche, il est facile de combiner un circuit de sonnerie qui fonctionnera avec le thermostat, quand la température sera plus élevée que le degré fixé. -
- Le principe du thermostat est basé sur la différence de dilatatiou ou plutôt de contraction de métaux différents. Dans le cas présent, si on soude ensemble une
- Bobine
- ,Borne
- Fig. 8. — Itelais. — Eascmbie, vu de face et de profil.
- lame de fer et une lame de cuivre et que l’on maintienne une extrémité rigide, l’ensemble s’incurvera du côté du cuivre si la température s’abaisse, et du côté du fer si la température s’élève. Un appareil établi sur ces données peut être construit facilement, suivant les indications de la figure 7. Les plots de contact peuvent être réalisés en plaçant un petit rivet de cuivre oit de quelque alliage d’argent, qu’on soudera sous forme de pastilles. Les mêmes pastilles peuvent être placées à l’extrémité des vis de contact. Les blocs sont en laiton et fixés sur une plaque en marbre, en ébonite ou simplement en bois gomme laqué. On peut entourer l’appareil d’une tôle perforée formant protecteur et qui laissera l’échange de température s’effectuer sans inconvénient. Sur ce protecteur, on peut placer un thermomètre, qui sert de guide pour le réglage et de contrôle pour le bon fonctionnement.
- Relais servo-moteur. — Le courant de fonctionnement du moteur étant à une tension relativement élevée, on e peut le faire passer par les contacts du thermostat,
- r on aurait des étincelles gênantes. Il est nécessaire d’employer un relais du genre de celui qui est dessiné sur les figure 8 et 9. La bobine formant électro-aimant peut être celle d’une forte sonnerie ou d’un appareil téléphonique.
- Elle doit avoir la puissance nécessaire à un bon fonctionnement. Le bras du relais comporte un plot fer doux sur lequel agit l’électro et un support de balai en charbon de lampe à arc, qui peut venir se coller, quand l’électro attire le bras, sur un balai fixe. On a une vis de butée et une vis de réglage de tension, qui agit sur un ressort soudé sur le bras. Le fil de l’électro vient s’attacher à deux bornes, nou figurées sur le dessin, qui vont au circuit du relais de la figure 5. Tant que le couvant passe dans l’électro, le bras vient mettre les charbons en contact et permettre au courant d’aetionnement du moteur de passer. L’ensemble de l’appareil sera monté sur une plaque d’ardoise ou de marbre.
- Montage général, — Sur un panneau de bois, on dispose le relais, l’interrupteur de ~
- la batterie de piles, l’interrupteur général avec les fusibles et la sonnerie d’alarme. Le socle de l’ensemble de l’installation sera constitué par des planches collées et vissées ensemble à contre-fil, en interposant sous les organes en mouvement des plaques de feutre ou de caoutchouc afin d’éviter les vibrations et le bruit. Le condenseur est assemblé et monté sur un grand côté du socle au moyen d’équerres en fer qui le maintiennent (fig. 3). Devant, on place le moteur, le compresseur et le galopin formant ventilateur. On met en place la courroie qui relie ces trois appareils. Le ra’diateur de froid est placé dans la chambre de réfrigéi’ation ; les tuyaux sont connectés aux endroits convenables. Sur le tuyau de retour on
- dispose un robinet A et un robinet B. Ce dernier sert à charger l’appareil! en gaz. En dessous de B est un robinet d’échappement d'air G, qui sera employé comme ©n le verra plus loin (fig. 1).
- Le refoulement du compresseur est connecté à un robinet D, analogue à A. Ces deux robinets sont normalement ouverts et ne doivent pas être tournés quand le système est en fonctionnement régulier. Le tableau électrique est placé de face, au centre. Le thermostat est fixé sur une paroi de la chambre froide et les connexions électriques sont faites comme l’indique la figure 5, au moyen de fils conducteurs sous eaout-, chouc.
- Fonctionnement, — L’installation est donc prête à fonctionner. On ouvre d’abord tous les robinets ; on graisse les paliers et les parties en mouvement, on fait tourner le moteur et on vérifie que les appareils tournent bien.
- On laisse ensuite B ouvert et on ferme Cet A. L’air est aspiré par B et est comprimé dans l’ensemble.
- Comme la pression croît, on peut vérifier le bon état des joints, d’abord avec le manomètre, puis ensuite en badigeonnant les points suspects avec un peu d’eau de savon, appliquée au moyen d’une petite brosse. Toute fuite produit des bulles de savon indicatrices. Peu à peu, on constate toutes les fuites et on les répare en refaisant les joints qui doivent être parfaitement étanches pour la bonne marche de l’installation.
- Cette étanchéité ayant été bien vérifiée, on peut charger avec du gaz. L’anhydride sulfureux est acheté en bouteilles, liquéfié. Une quantité de 2 kg et demi à 3 kg sera suffisante pour une charge. On ferme les robinets D, B et le robinet purgeur d’air C. Les robinets A et E sont ouverts, ainsi que la purge d’air F. On laisse tourner le compresseur pendant quelque temps de façon que le plus d’air possible de la tuyauterie soit pompé et expulsé par F. Dans l’intervalle, on a relié la bouteille de gaz avec la tubulure libre du robinet B. Rapidement, on ferme F et A et on ouvre D et B. Le fluide réfrigérant est pompé par le compresseur et envoyé dans le condenseur. On ouvre la purge d’air C de façon que l’air s’échappe au fur et à mesure qu’il est remplacé par du gaz. On le ferme aussitôt que le gaz apparaît par l’ajutage libre de C. Quand l’appareil est complètement chargé, on ferme B et on enlève la bouteille. Il n’est pas nécessaire de recharger l’appareil si les robinets B, C et F sont bien fermés et étanches, de façon que le gaz ne puisse s’échapper.
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- Fig- 9-
- Relais. — Détails.
- Les robinets D et A ne doivent jamais être touchés, car. aucune manœuvre n’est plus nécessaire quand le système a sa charge de gaz.
- Pendant que le compresseur tourne, on ajuste le robinet détendeur E. On ne saurait donner des directives précises pour ce réglage. Il faut arriver à obtenir une marche qui produise le maximum de froid dans le faisceau de détente. On observe l’action du thermostat et on la compare avec les lectures du thermomètre. On règle les vis de contact, de façon à obtenir le fonctionnement du relais à la température fixée. Par contre, quand la température baisse au-dessous d’une limite donnée, le relais doit être coupé électriquement et le
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- M
- moteur stoppe. Une fois tous ces réglages opérés, le fonctionnement régulier de l'installation n’exige plus qu’un graissage à intervalles réguliers des parties en mouvement.
- pQ/qt'èej,
- Col/ereife
- barbon
- Filtre à huile. — La récupération des huiles de graissage dans un atelier mécanique se fait au moyen d’essoreuses dans lesquelles on place les copeaux huileux provenant du travail des machines. Cette huile essorée, pour être employée sans danger, ni crainte,
- doit être de préférence filtrée. De même, l’huile des paliers doit être renouvelée de temps à autre. Cela est encore plus vrai quand on s’adresse à l’automobile, qui pour réaliser un bon fonctionnement et une usure faible des organes doitavoir assez fréquemment l’huile de graissage renouvelée.
- Toutes ces huiles usagées contiennent des impuretés, des fines particules métalliques en suspension et qu’il est facile d’enlever par la filtration. Il existe depuis longtemps de nombreux modèles de filtres plus ou moins compliqués; mais, pour acheter ces appareils, le mécanicien ingénieux n’a pas besoin de faire agir son intelligence. Il est plus élégant évidemment de chercher à établir soi-mème un appareil simple, susceptible de rendre les mêmes services qu’un appareil catalogué. Nous allons indiquer la façon d’établir à très peu de frais, dans un garage par exemple, un filtre à huile usagée.
- Si l’on veut réaliser un grand débit relatif, par exemple de 8 à io litres à l’heure, on emploiera le dispositif suivant. On prendra un fût de 5q litres soit en bois avec une cannelle ou bien un tonnelet métallique comme ceux qu’on emploie pour le pétrole ou l’essence. Du côté opposé à celui du robinet de vidange, on enlèvera le fond, soit complètement, soit en découpant une ouverture circulaire d’un grand diamètre. On placera dans cette ouverture une toile ou un canevas assujetti par des cordes, par exemple une toile de sac fera parfaitement l’affaire. On préparera ensuite avec du fer-blanc ou une vieille boîte un petit cylindre terminé en entonnoir, la partie en entonnoir étant garnie d’une toile métallique fine mais résistante. On peut agrémenter ce cylindre de jpoignées et d’une collerette qui la fera reposer sur le fond du tonnelet. Cela est laissé à l’habileté et à la patience de l’amateur. Dans la partie où se trouve la toile métallique, ou place une couche de char-
- bon de bois en petits mor«
- Fil tre rapide à de bois.
- Fig. il.
- par
- — Filtre lent nipillarifé.
- ceaux, plus ou moins fins, suivant la rapidité de filtration que l’on désire. On verse l’huile dans l’entonnoir. Le charbon retient les impuretés; il agit comme absorbantpourle cambouis, les crasses del’huileet enfin la toile retient les fragments qui n’auraient pu être arrêtés par le charbon (flg. io).
- ® Bien entendu, ce filtre doit être nettoyé de temps à autre dans toutes ses parties, le charbon doit être changé à des intervalles plus ou moins rapprochés suivant le débit qu’on demande au filtre. Ce genre de filtre sera employé avec utilité dans les ateliers déjà importants d’environ i5o à 200 machines-outils et dans les garages qui comporteront environ i5 à 20 voitures; car, ainsi que nous l’avons dit plus haut, on a intérêt à changer fréquemment l’huile de graissage d’une voiture.
- Si l’on n’a pas besoiu d'un aussi grand débit, ou si l’on veut une huile complètement propre, on établira up filtre par capillarité, ce qui est tout à fait simple à réaliser.
- On prendra un petit récipient d’une dizaine de litres environ et on soudera une petite goulolte à la partie
- supérieure. On emploiera toujours le récipient; de 5o litres environ comme précédemment avec le robinet de vidange. Ces deux réservoirs seront placés à une différence de niveau comme l'indique la figure 11. L’huile usagée est versée dans le réservoir supérieur. La filtration s’opère par capillarité au moyen d’une mèche qui forme une espèce de siphon, si on a soin de ménager l’extrémité libre plus basse que le niveau du fond du petit récipient. Cette mèche repose dans la goulotte où on peut la fixer par une ficelle.
- Les matières qui pourront constituer la mèche seront le feutre blanc qu’on peut découper sous forme d’une lanière, la mèche de coton qui n’est pas à trop recommander, enfin le bourrage d’amiante sous forme de cordon comme il est employé pour les garnitures de presse-étoupes.
- Bien entendu, à intervalles assez rapprochés, on changera cette mèche en la remplaçant par une neuve ou bien en se contentant de nettoyer la vieille mèche à l’essence. Ce filtrage par capillarité est parfait;, car l'huile seule passe dans la mèche. L’inconvénient est la lenteur de la filtration. Elle varie plus ou moins suivant les dimensions de la mèche employée. Néanmoins, comme la filtration se fait toute seule, on emploiera ce dispositif avec, de bons résultats pratiques pour des petits ateliers ou pour les garages particuliers, dans lesquels le nombre de voitures est en général assez restreint.
- Anneau blanc
- Disque couleur
- Peinture sur tourillon.
- Signaux optiques d’élévation de température. —
- Certains sels chimiques, tels que les iodures doubles métalliques, ont la propriété de changer de couleur à une température déterminée. Le refroidissement les fait d’ailleurs revenir à leur couleur primitive. Si l’on veut déterminer le moment où une pièce de machine, un réservoir, un cylindre de moteur, atteint une température critique pour le fonctionnement par exemple, on pourra placer sur la pièce à observer une peiuture à base d’iodure qui sera visible de loin.
- Ce procédé a été employé en Angleterre avec succès et nous trouvons le procédé de préparation desdites peintures dans Journal of Chemical Indus try.
- On emploie l’iodure double de mercure et de cuivre qui est vermillon pjg I2 vif et qui devient rouge-brun à 6o°-7O0, l’iodure double de mercure et d’argent qui est jaune citron pâle et qui devient carmin vif à 90^-100°.
- Ces sels sont préparés par les méthodes chimiques ordinaires puis séchés et réduits en poudre après un lavage qui donne un produit très pur, ce qui est nécessaire pour l’usage qu’on veut eu faire.
- On en fabrique une peinture émail en les mélangeant à un vernis incolore qui résiste aux températures à essayer. Au moyen de cette peinture, on applique sur les pièces des taches de couleür indicatrices, qui sont ensuite vernies à l’épreuve des huiles de graissage.
- Les applications de cette signalisation de température sont nombreuses et très variées.
- En premier lieu, il faut noter la surveillance de réchauffement anormal des arbres et des paliers de transmission, des tourillons, etc.
- Quand un palier est un peu inaccessible, il est toujours mal graissé et l’on ne s’aperçoit du mauvais fonctionnement que par la fumée de l’huile surchauffée, quand le palier est grippé, ou presque.
- L’avertisseur à l’iodure, visible de loin, rendra là de réels services. S’il s’agit d’un tourillon, l’extrémité comportera un disfjue en iodure entouré d’un anneau au blanc de zinc lequel rend la couleur plus visible (lig. 12). S’il s’agit d’un palier, l’arbre au voisinage du palier comportera une baude en iodure entourée de deux bandes au blanc de zinc (fig. 1?,). Quand la peinture change de couleur, le fonctionnement est défectueux, l’ouvrier ou le contremaître le voit par un simple regard et il est facile d'y remédier par nettoyage ou graissage.
- Dans les industries chimiques, dans les tours à réchauffage d’air, ou peindra un grand œil-de-bœuf sur
- Palier _
- bandes blanches
- Bande couleur
- Fit
- 1.3. — Peinture sur arbre,
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- le réservoir à surveiller et cette tache colorée pourra être surveillée de très loin. Cela s’applique entre autres aux chemises de refroidissement des moteurs, aux pompes de compression, aux pompes à vide, aux réservoirs d’alimentation d’air saturé de vapeur d’eau pour gazogènes, aux réchaufîeûrs d’alimentation d’eau des chaudières, etc. (fig. 14) Naturellement on emploiera soit l’iodure double cuivre-mercure, soit l’iodure double argent-mercure, suivant que le point critique à surveiller sera voisin de 7°° ou de ioo°. On pourra même combiner un'mélange proportionné des deux sels pour réaliser la surveillance de températures intermédiaires.
- Cet avertissement optique, visible à grande distance, permet de remédier à bien des ennuis, car il donne le moyen de faire le nécessaire à temps et d’éviter ainsi une perte souvent considérable et dangereuse.
- **> Photographie -c*
- Photographie à la lumière artificielle. Lampes à poses multiples. — L’emploi de la lumière artificielle se généralise, dans les ateliers de photographie, où elle permet d’opérer par tous les temps, à toute heure du jour ou de la nuit, et d’obtenir des résultats très réguliers. Cependant, la plupart des appareils à photopoudres se prêtent assez mal à l’exécution rapide de plusieurs poses : après chaque opération, il faut regarnir ou changer les lampes, y mettre de nouvelles doses de poudre, ou même, si l’allumage est provoqué par l’incandescence d’un fusible, effectuer les connexions d’un nouveau fil. Celte perte de temps est d’autant plus inopportune que le modèle, après une première pose, rectifie souvent de lui-même ce que celle-ci pouvait
- avoir de défectueux, et l’opérateur habile doit saisir l’instant favorable à l’exécution d’une seconde pose, ou même de plusieurs autres, qu’il importe d’effectuer coup sur coup.
- C’estpour éviter toute interruption intempestive dans le travail que MM. Jouven et Roussel ont créé l’appareil d’éclairage à six poses dont la figure i5 donne une vue d’ensemble et dont la figure 16 montre, en plan, le plateau supérieur. Celui-ci porte six lampes et six réflecteurs en cuivre. Chaque lampe se compose d’une gouttière destinée à recevoir la charge de photo-poudre et deux conducteurs séparés par un faible intervalle dans lequel jaillira l’étincelle électrique qui mettra le feu aux poudres. Le plateau tourne sur un axe vertical, qui porte aussi une roue dentée, reliée par engrenages à un pignon solidaire de la manivelle D. Le rapport des engrenages est tel que le plateau tourne d’un sixième de tour quand l’arbre de la manivelle a fait un tour complet. Les six lampes étant garnies d’avance de leurs doses de poudre viennent ainsi tour à tour se placer au-dessus de deux lames élastiques qui mettent en communication les deux fils ‘d’allumage des poudres avec les conducteurs AA'
- reliés au circuit secondaire d’une bobine d’induction. Celle-ci fonctionne soit avec le courant de la ville, soit à l’aide d’un accumulateur. Après chaque pose, il suffit d’appuyer légèrement sur le levier C et de tourner la manivelle D jusqu’à ce que le levier C retombe de lui-même dans le trou ménagé à cet effet ; le plateau a alors tourné d’un sixième de tour, et une nouvelle lampe est prête à fonctionner.
- Le plateau peut être, déplacé le long du bâti vertical : généralement, il est monté à l’extrémité supérieure pour les poses en pied, et à la moitié de la hauteur pour les poses en buste. Une vis de serrage à tête moletée B l’immobilise dans la position voulue. L’appareil, tout en cuivre et acajou, est assez robuste pour se prêter à un travail intensif. Il est construit par les Etablissements Ch. Martel, 87, avenue de la République, à Paris.
- CtjÿîvS, Automobilisme
- Attache-fil P. C. de bougies d’allumage. — Ce
- nouvel attache-fil, remarqué au dernier Salon de l’Automobile, s’adapte à tous les systèmes de fixation que comportent les bougies d’allumage (tête, gorge, écrou). Son mode d’accrochage rapide assure un contact parfait et une sécurité absolue au point de vue fixation; il s’impose notamment dans le cas des bougies à écrou.
- L’écrou de la bougie est d’abord bloqué une fois pour toutes ; l’attache-fil se fixe ensuite dans la gorge même de l’écrou. Un bouton isolant en permet le démontage pendant la marche du moteur sans inconvénient pour l’opérateur. Le système P. C. évite donc de démonter l’écrou, de le perdre dans les tôles, et ce qui est pire, de le voir tomber dans le cylindre par le trou de la bougie démontée. Même au cas où l’écrou se débloque en marche, il ne peut se perdre, car il est toujours maintenu par l’attache-fil.
- On remarque le peu de Ion- F'S’ ,7> — Attache-fil P. C gueur de cet attache-fil; en
- aucun cas, même dans les torsions accidentelles les plus accentuées, il ne peut venir faire masse avec le corps de la bougie. Ceci permet donc la suppression delà douille eu ébonite (d’où diminution de poids, de prix et de main-d’œuvre de montage).
- Le fil conducteur se fixe sur l’attache-fil d’une façon simple et solide, tout en supprimant la goupille qui, généralement, sectionne le fil au travers duquel elle passe, dans le mode de fixation de la plupart des systèmes actuels. En outre, cet attache-fil permet d’utiliser les fils de bougies de toutes dimensions. — MM. Caillau et Cie, constructeurs-mécaniciens, ia3, route de Versailles, à Billancourt (Seine).
- Bande d’étanchéité pour auto. — Cette invention a été créée plus particulièrement pour, capots d’autos Ford. Mais il est certain qu’elle peut être appliquée après modifications de détail sur d’autres types de capots.
- Cette bande d’étanchéité qui s’adopte entre le tonneau et le capot de l’auto a pour but d’empêcher la pluie d’entrer dans la bobine d’induction et de mouiller les fils qui en partent, et par là elle empêche les courts-circuits par les temps d’orage. Elle se fixe en permanence à la voiture, formant un second bourrelet à l’extrémité postérieure du capot, qui n’est pas sans rehausser l’aspect même de l’auto.
- Constructeurs : The Perkins-Campbell Company, à Cincinnati (Ohio = E. U.).
- Bande d’étanchéité pour auto.
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- T. S. F. DES AMATEURS
- CtSL,
- CS&T
- CONSTRUCTION D’UN TRANSFORMATEUR D'INDUCTION A ACCOUPLEMENT VARIABLE
- Le transformateur d’induction communément employé en télégraphie sans fil pour obtenir .dans un circuit de réception une bonne sélection des radio-télégrammes consiste essentiellement en deux enroulements réglables complètement séparés, mais susceptibles d’agir-inducti-vement l’un sur l’autre.
- L’un des enroulements, celui qu’on désigne sous le nom d’enroulement primaire ou plus couramment de primaire, est intercalé dans le circuit de l’antenne; l’autre enroulement, dit secondaire, fait partie du circuit du détecteur.
- Ces deux enroulements sont disposés, le plus souvent, sur deux cylindres creux de carton ou d’ébonite qui pénètrent l’un dans l’autre; cette disposition télescopique est commode pour faire varier la valeur de l’accouplement des deux circuits par le simple déplacement de l’une des bobines; mais d’autres procédés peuvent être utilisés à cette fin, par exemple, le pivotement d’une des bobines sur une charnière ou autour d’un axe perpendiculaire au plan des spires, ou encore le déplacement latéral sur un même plan lorsque les enroulements sont constitués par des spirales plates.
- On donne habituellement au fil de la bobine primaire un diamètre supérieur au fil de la bobine secondaire, bien qu’il n’y ait à cela aucune nécessité impérieuse.
- Les dimensions des enroulements d’un transformateur de réception doivent être rigoureusement déterminées
- Joue avant
- Joue arriéré
- Joue mobi/e
- Curseur
- Ma nette fia mure
- - P'JLJJJA: {JjÇQQdame
- Fig. [. — Transformateur d’induction.
- et réduites au minimum indispensable ; on ne gagnerait rien au point de vue sélectif à réaliser un appareil ayant un primaire et un secondaire très étendus. En règle générale, on donne aux deux enroulements des dimensions aussi semblables que possible, en tenant compte qu’ils doivent pouvoir se recouvrir entièrement en laissant un très petit espace entre eux.
- Dans un accord serré, l’intervalle entre le primaire et le secondaire ne doit jamais dépasser 8 à io millimètres.
- La figure i représente le type classique du transformateur d’induction. Ce modèle, très facile à construire, est pratique et précis.
- Les dimensions que nous recommandons de donner à l’appareil, et qui ont été arrêtées après de nombreux essais comparatifs, suffiront pour assurer, avec l’appoint éventuel de la bobine d’accord déjà construite, la réception de toutes les longueurs d’onde courantes des postes de bord et des stations continentales. Quant aux ondes de ioooo à 20000 m. des services transatlantiques, leur réception exigera en plus l’utilisation d’une seconde bobine de self dans le circuit d’antenne et d’un condensateur variable dans le circuit détecteur.
- Ebénisterie. — L’ébénisterie de notre transformateur à accouplement variable comprend un socle rectangulaire et trois joues de forme carrée, dont deux sont fixées à demeure sur le socle, elles maintiennent la bobine primaire et portent son curseur de réglage; la troisième joue, qui est mobile, porte la bobine secondaire et le jeu de plots correspondant au fractionnement de l’enroulement.
- Le socle est fait d’une planchette de i5 mm d’épaisseur mesurant 3o cm de longueur et i5 cm de largeur.
- Il porte, en son milieu, sur une longueur de 12 cm, une rainure de 6 mm de largeur environ destinée à ser-
- vir de guide à un ergot fixé à la base de la joue mobile, dont le déplacement se trouve ainsi rigoureusement limité à un mouvement de va-et-vient sur un même axe.
- Cette rainure (fig. 2) se fait sans difficulté à l’aide d’une petite scie à
- découper; surtout ^________________________________^ t
- si on a pris soin ' J
- J
- de tracer au crayon ^ - -les bords de l’é- j chancrure pour ; servir de repère à Sj . j j la scie et d’amorcer le chemin de 1 |
- celle-cipar un trou T-LLi
- de foret ou de J/Ji/sL ______________J/41C—-üû----JfL J
- vrille, à chaque extrémité du croquis 2 Ije soc e"
- directeur.
- Les trois joues utilisées comme supports des enroulements ont mêmes dimensions; elles ont i5 mm d’épaisseur et i3 cm de côté.
- La joue arrière que représente la figure 3 porte sur le côté deux bornes A et Û auxquelles aboutissent respectivement le début de l'enroule1 ment primaire et le curseur dont le déplacement sur les spires de la bobine détermine l’autre extrémité de l’enroulement utilisé;
- Deux autres bornes a et a>, placées sur la face extérieure de cette joue, sont reliées par deux connexions souples isolées, lune au premier plot de la bobine secondaire et l autre à la manette de
- réglage; elles commandent ainsi l’entrée et la sortie de l’enroulement mobile.
- Un^ disque de bois de 9 cm de diamètre et 5 mm d’épaisseur, fixé au centre de la face intérieure de la
- £Up/ot o
- /a manette
- Fig, 3. — La joue arrière.
- Anneau en bois
- Fig. /,. Fig.
- La joue avant.
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- Fig. 6.
- joue arriéré, est aestine a servir ae support a la carcasse de l’enroulement primaire dans les conditions que nous avons exposées à propos de la construction d’une bobine d’accord.
- La joue avant porte en son centre une ouverture cir-
- culaire de 10 cm de diamètre destinée à laisser pénétrer la bobiné secondaire à l’intérieur de la bobine primaire dont une extrémité est, en effet, appuyée sur cette joue et s’y trouve maintenue, affleurant le bord de
- Joue mobi/e (face)
- \ÊC39i Joue mobi/e (arriére )
- Fig. 7.
- La joue mobile.
- l’ouverture, par un collier de bois ayant 5 mm d’épaisseur, pour diamètre extérieur 114 mm et pour diamètre intérieur à peu près le diamètre extérieur de l’enroulement secondaire ; les figures 4, 5 et 6 montrent le détail et l’ensemble de cette disposition.
- La joue mobile, dont la figure 7 représente la face intérieure et la figure 8 la face extérieure, sert de support à la bobine secondaire. Elle porte d’un côté, en son centre, un disque en bois de 90 mm de diamètre et 1 cm d’épaisseur sur lequel vient s’emboîter l’extrémité de la carcasse secondaire (fig. 7).
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- T. S. F. DES AMATEURS
- 9. —• L’enroulement secondaire.
- Au centre de la face extérieure (fig. 8), une demi-circonférence de 35 mm de rayon est tracée qu’on partage ensuite en dix parties égales pour percer à chaque division un trou.de 1 mm de diamètre environ. Ces trous qu’on fait très commodément avec un foret ou une petite vrille doivent traverser la joue et le disque ; ils servent de canaux pour amener les fils aboutissant aux fractionnements de l’enroulement secondaire sous les plots correspondants dont ces trous marquent approximativement la position.
- Le petit ergot placé à la base de la joue mobile, et destiné à guider le déplacement de cette dernière le long de la rainure pratiquée dans le socle, peut être
- constitué par une grosse 'T.'VfhT,"."'' pointe sans tête ou par une Q cheville cylindrique en bois (manche de porteplume d’écolier) de 5 ou 6 mm de diamètre et de 1 cm environ de longueur.
- Enroulement primaire. — La carcasse de l’enroulement primaire est constituée par un tube de carton de 10 cm de diamètre et i3 cm de longueur. Le fil utilisé pour l’enroulement est du fil de cuivre isolé à la soie (deux couches) de 8/10 de-millimètre de diamètre, bobiné à tours jointifs à partir de 1 cm du bord de la carcasse et jusqu’à 5 millimètres environ du bord opposé.
- On se reportera pour les soins à apporter au bobinage et le procédé à employer pour le dénudage du fil au chapitre que nous avons consacré à la construction d’une bobine d’accord.
- Enroulement secondaire, — L’enroulement secondaire est établi sur un tube de carton de 9 cm de diamètre et i3 cm de longueur; il commence aussi près que possible du bord de la carcasse, dans la partie qui pénètre à l’intérieur ' de la’ bobine primaire, de manière que les premières spires des deux enroulement^ se trouvent exactement superposées dans la position d’accouplement serré.
- Pour confectionner l’enroulement secondaire, il est pratique de percer tout d’abord sur la carcasse, le long d’une génératrice, et à 12 mm les uns des autres, une série de dix trous ayant un diamètre suffisant pour le passage d’une boucle du fil à bobiner et, à hauteur du dernier trou, parallèlement au bord de la carcasse, une série d’œillets, doubles cette fois, mais semblablement espacés. On donne à chacun de ces œillets uu numéro d’ordre qui constitue un repère rendant impossible toute erreur dans l’établissement de la bobine (fig. 9).
- Le fil que nous conseillons d’employer ici, est du fil de cuivre de 4^/100 de millimètre de diamètre, isolé à la soie. L’extrémité du fil constituant l’entrée de l'enroulement passe dans l’œillet n° o, traverse l’intérieur de la carcasse et vient s’attacher sur le double œillet marqué du chiffre o'. Une longueur de fil de 8 cm doit
- rester libre en o' pour être rattachée, par la suite, au plot correspondant d’un clavier de réglage.
- L’opération du bobinage commence alors en adoptantpourle sens d’enroulement celui déjà choi-sipourlabohineprimaire.
- Quand on arrive, ayant achevé le premier fraclionnement de vingt spires, à hauteur de I œillet n° 1, on maintient soigneusement l’enroulement d’une main pour passer de l’autre le fil replié en boucle dans cet œillet (fig. 10); on rattrape la boucle à 1 intérieur de la bobine et on la noue solidement en 1' où on la laisse pendre aussi de 8 centimètres.
- Le bobinage se continue de même façon jusqu’à l’œil-let u° 9 qui marque la fin de l’enroulement secondaire dont la longueur totale mesure à ce point 60 m. environ.
- 11 est indispensable, pour fixer l’enr.oulement secondaire sur sa carcasse et assurer l’isolement des spires, de passer sur la bobine terminée une ou deux couches de vernis à la gomme-laque.
- Réglette et curseur. — Pour la construction du curseur, on se rapportera aux explications et données déjà four-
- Fig. 10.
- u- - 50-,^ Le bobinage.
- Bouton /sofônt
- (ame de_eon_(a_c
- clous de tapissiez'
- rondelle
- Fis
- La manette.
- est une braguette utilisable comme
- r
- nies. La réglette doit avoir j6 cm de longueur, elle peut etre fixée sur les joues qui maintiennent l'enroulement primaire'au moyen de deux vis à bois en cuivre de >. cm de longueur.
- La connexion qui relie le curseur à la borne Q est prise à l’extrémité de la réglette entre deux petites rondelles sous la vis de fixation ; un fil de cuivre nu, un ruban métallique, un petit câble souple conviennent par-faitementpour cet usage. Laprise de contact sous la borne doit également être assurée par le serrage de l’extrémité du câble de connexion entre deux petites rondelles.
- Manettes et plots. — Le réglage de l’enroulement secondaire, difficile à réaliser par curseur, se fait commodément par le déplacement d’une manette sur un clavier de plots.
- Ces plots, pour lesquels il serait superflu de confectionner ou d’acheter des pièces spé^ ciales, sont très avantageusement constitués par des clous de tapissier à tête ronde en cuivre.'On trouve chez les quincailliers une grande variété de modèles dont quelques-uns sont tout à fait pratiques.
- La manette que représente la figure 11 et que les figures 11 et i3 décomposent en ses éléments est d’une construction tout à fait simple.
- D’un prix de revient presque insignifiant, ce modèle est néanmoins plus robuste et plus commode que les petites manettes du commerce empruntées aux jouets électriques.
- La pièce principale du dispositif métallique, mobile autour d’un axe, balais de contact sur les plots.
- Cette languette est commandée par un bouton isolant que traverse librement une vis à ressort qui la fixe au centre de l’éventail formé par le jeu de plots et règle sa pression surces derniers.
- La manette ne re^-pose pas directement sur la joue
- mobile du transformateur; elle repose sur une rondelle métallique fixée à la joue et reliée par une connexion souple à la borne m. Cette rondelle, qui a une épaisseur légèrement inférieure à celle des plots, mesure x5 mm de diamètre et porte en son centre une lunette de 5 mm. destinée au passage de la vis servant d’axe de rotation à la manette.
- La figure i3 donne le croquis et les cotes des diverses parties de l’appareil.
- La vis à bois, les petites rondelles qui servent de bases d’appui au ressort sont à la portée de tous.
- La languette est découpée ou dressée à la lime dans une petite plaque de laiton de 1 mm 1/2 d'épaisseur. Les arêtes de ses bords sont légèrement arrondies vers la partie qui frotte sur les plots afin de .lui assurer un glissement sans heurt.
- Quant au bouton isolant, il est fait de bois ou d’ébonite ; son axe est suffisamment évidé pour permettre le passage sans froL tementde la vis à ressort, et une
- virole, encerclant sa base, doit assurer sa fixation par soudure sur la languette.
- Les marchands d’accessoires pour briquets et les quincailliers vendent des petits ressorts cylindriques ; mais il est facile de fabriquer celui qu’exige notre dispositif en détrempant au feu un fil d’acier ou une fine aiguille à tricoter pour l’enrouler en spirale autour d’une pointe de 4 mm de diamètre ; on redonne ensuite son élasticité première au métal, en plongeant à la température du rouge brun la boudinette ainsi obtenue dans un bain savouueux.
- Fig. 12. — Détails de la manette.
- Boqlon/sgla/il - fiÿ- ü Àojs Bgnde/le . B essorl . ǰQ.#gi/e.
- \_iajne_ de contact iïondel/e
- >3. —= Montage de la manette.
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- s.
- F. DES AMATEURS
- La figure i3 montre l’agencement des différentes parties de la manette.
- Montage du transformateur d’induction. —: Lorsqu’on a réuni et préparé les divers éléments dont se compose le transformateur on procède à leur assemblage.
- En premier lieu, il convient de placer la bobine primaire entre les joues qui la maintiendront, de fixer ces joues sur le socle, de disposer convenablement le curseur
- de réglage en face du chemin dénudé sur l’enroulement et d’établir les deux connexions terminales en tenant compte des conseils que nous avons donnés à propos de la construction d’une bobine d’accord.
- On achève ensuite le montage de la bobine secondaire, en commençant par passer chaque fil ou boucle, arrêtés au bord de la carcasse, dans le canal qui correspond sur la joue mobile au plot auquel doit aboutir cette connexion.
- 1 A,
- Montage du transformateur.
- Lorsque tous les fils ont été passés dans les canaux, on enduit d’une couche de colle forte les bords du disque de bois fixé sur la- joue mobile et on y engage Fouver-ture du tube de carton portant l’enroulement.
- On ferme l’autre extrémité du tube au moyeu d’un disque semblable au précédent et sur lequel on a
- jj. | i-f ( -O-Bat, rLï- j
- ménagé deux canaux que traversent deux conducteurs souples isolés d’une longueur de 3o cm environ reliant respectivement aux bornes a et w de la joue arrière du transformateur le plot o et la manette placés sur la joue mobile.
- Il ne reste plus qu’à fixer en bon contact électrique sous le plot qui lui est destiné chacun des fils qui se hérissent sur un demi-cercle à la surface de la joue mobile (fig. 14). Aussi minutieuse que soit cette opération, elle ne présente aucune difficulté. Si l’on craint de ne pouvoir réussir une soudure du fil à l’intérieur de la capsule formant la tête du clou de tapissier, il suffit d’enrouler l’extrémité dénudée autour d’une boulette de papier d’étain qu’on emprisonne sous la capsule et que celle-ci écrase lorsqu’on enfonce le clou sur la joue.
- En engageant plus ou moins dans le bois la vis centrale de la manette, on augmente plus ou moins la pression de la languette sur les plots ; on ne perdra pas de vue en fixant cette vis que si une pression insuffisante peut déterminer un mauvais contact, une pression trop forte gêne, par contre, la manœuvre de la manette et peut détériorer les plots.
- 11 est bon, enfin, de recouvrir l’enroulement secondaire d’une enveloppe protectrice faite d’un morceau de velours uni, peu épais, de toile ou de papier verni; cette robe empêche le frottement des spires sur le bord de la lunette de la joue fixe du transformateur à chaque variation de l’accouplement des bobines et les garanti1 contre une détérioration accidentelle.
- Franck Dujîoquijïr.
- WD
- Les naissances multiples, sance quadruple. — Les ou du moins pas assez.
- A entendre ce cri d’alarme depuis longtemps — et non sans de sérieux motifs — jeté par tous les démographes, on pourrait penser que les familles françaises sont communément incapables de jamais devenir des familles nombreuses.
- Il n’en est rien, heureusement.
- Notre infécondité, hélas ! trop réelle au temps présent, n’a point de raisons physiologiques et nos femmes, ni plus ni moins que celles des autres pays actuellement plus favorisés sous le rapport des naissances, sont parfaitement capables de devenir les heureuses mères d’enfants nombreux, sains et vigoureux.
- De temps à autre, au surplus, certaines d’entre elles, particulièrement vaillantes, en donnent la preuve péremptoire.
- Et c’est ainsi que tout dernièrement, à l’Académie de Médecine, M. le professeur Pinard pouvait rapportera ses collègues l’histoire infiniment rare et particulièrement instructive d’une vaillante maman française, Mme Debreuil, de Saint -Hilaire-de-Vaust (Vendée), qui, voici aujourd’hui cinq années — c’était exactement le 26 avx-il 1915 — alors qu’elle était déjà mère de six enfants tous vivants, donna le jour simultanément à quatre bébé s parfaitement constitués, deux garçons et deux
- filles aujourd’hui tous grands à souhait et bien portants. De telles naissances multiples, qui chez nombre d’animaux mammifères constituent la règle courante, sont au contraire, dans l’espèce humaine, tout à fait exceptionnelles.
- Déjà les naissances gé mellaires sontchezl’homme relativement rares, 1 fois sur 891 si l’on en croit la statistique générale dressée naguère par Veit d’après un relevé portant sur i3 mil lions de naissances.
- Un tel nombre, du reste, n’a rien d’absolu.
- L’observation, en effet, nous apprend que les jumeaux sont d’autant plus fréquents dans un pays que les naissances y sont aussi plus nombreuses. Et c’est ainsi, par exemple, qu’on compte une naissance double sur 5o,o5 en Russie, 1 sur 64 en Irlande,, t sur 31,62 en Norvège, 1 sur 56,2 en Wurtemberg, x sur 89 en Pi’usse et, 1 sur 99 en France.
- Que si, à présent, nous passons aux naissances triples, nous voyons qu’elles sont beaucoup plus rares.
- D’après les mêmes statistiques de Veit, en effet, de telles naissances se rencontreraient 1 fois seulement sur 7910, leur fréquence variant du res te avec les pays, exactement dans le même sens que le font, comme nous venons de le noter, les gémellaires.
- Ainsi, on î-elèverait en moyenne 1 naissance ti'iple sur 4o54 en Russie, x sur 499*> en Irlande, 1 sur 544^
- A propos d’une nais- 11
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- )Ji
- eu Norvège, i sur 6464 clans le Wurtemberg, 1 sur 7820 en Prusse et 1 sur 8i56 en France.
- Quant aux naissances quadruples, inliniment moins nombreuses encore, elles se rencontreraient, d’après Veit, 1 fois seulement sur 071 126 et, d’après un autre auteur, A. Puech, elles seraient même beaucoup plus rares, en France au moins, où l'on en compterait tout juste 1 sur 2074306.
- De tels chiffres montrent-d’autant mieux le réel intérêt du cas rapporté par M.le professeur Pinard que, dans celui-ci, à l’encontre de la règle habituelle, les enfants sont venus tous quatre à terme et bien vivants, comme en témoigne sans réplique la curieuse photographie que nous reproduisons et qui fut faite le 26 avril 1916, c’est-à-dire exactement jour pour jour un an après la naissance des quatre bébés.
- C’est que, dans l’espèce humaine, les conceptions multiples ne sont guère favorables, en général, au développement régulier des enfants.
- La mortinatalité, déjà plus forte chez les jumeaux que
- chez les enfants isolés, s’accroît eu effet de manière considérable dans les naissances triples pour devenir I pour ainsi dire la règle normale dans le cas des naissances quadruples et enfin la règle constante dans celui des naissances quintuples ou sextuples dontles auteurs ont signalé quelques exemples infiniment rares.
- Ce n’est donc pas à tort, on le voit, que M. le professeur Pinard, en faisant parta l’Académie de Médecine du résultat de la naissance quadruple survenue en igi5 à Saiut-Hilaire-dc-Yaust (Vendée), signalait ce cas comme étant particulièrement remarquable.
- Exceptionnel ! Il l’est en effet doublement, et parce que de telles naissances multiples sont en elles-mêmes extrêmement rares, mais surtout parce qu’il est inliniment plus rare encore de les voir couronnées par de beaux enfants vivants et capables de vivre, comme ce fut le cas pour ceux de Mme et de M. Debreuil.
- Quel dommage pour notre pays, n’est-il pas vrai, qu’une telle exception ne puisse se métamorphoser en règle! D' Georges Yitolfx.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Pour percer le verre au vilebrequin. — M. Henri Yigreux, dans son ouvrage Le soufflage du verre, donne la recette suivante : on se sert d’un poinçon carré en métal très dur ou mieux d’un vilebrequin portant une mèche de même métal. On trempe l’extrémité de l’outil dans de l esseuce de térébenthine dans laquelle on a fait dissoudre un peu de camphre. En agissant alternativement de droite à gauche, puis de gauche à droite, on arrive à percer un trou presque aussi aisément que dans du bois. Au lieu du liquide précédent, on peut se servir de la mixture suivante, souvent employée dans l’industrie : 60 gr. d’essence de térébenthine dans laquelle on laisse digérer 8 jours, 125 gr. de sel d’oseille et 8 gousses d’ail.
- Procédé pour conserver le cidre doux. — Le traitement auquel le cidre doit être soumis est d’autant plus facile à appliquer qu’il se résume à assurer une fermentation lente jusqu’à ce que la totalité du sucre que contient le cidre soit transformée en alcool ; la fermentation doit donc être surveillée très attentivement, et c’est généralement après soutirage que la seconde fermentation qui se produit satisfait à la condition nécessaire pour que le cidre se conserve doux. Au début de cette fermentation — qui n’est plus tumultueuse, mais calme et ne se développe que très lentement — ayez soin d’empêcher la pénétration de l’air; posez la bonde sur le fût et recouvrez-la d’un linge propre chargé de deux bonnes poignées de sable ; de cette façon, on laisse s’échapper l’acide carbonique produit en plus ou moins grande quantité, tout en mettant obstacle à la pénétration de l’air. Pour que la transformation complète du sucre en alcool se fasse progressivement et avec régularité, .il faut laisser le cidre au repos dans une cave fraîche et abritée contre les brusques changements de température.
- Le fût doit être fermé avec la bonde lorsque la fermentation, restée lente, est devenue très faible.
- De temps à autre, durant les premiers jours, il faut enlever la bonde pourvoir si la fermentation est arrêtée, ou à peu près, ensuite on peut boucher le fût hermétiquement. Si le cidre avait tendance à prendre une pointe d'aigre, après avoir été ainsi traité, il faudrait avoir soin d’entretenir la fermentation lente, et, à cet effet, ajouter, de temps à autre, 5o à 100 gr. de sucre par hectolitre.
- Pour conserver lainages et fourrures pendant l’été. — On emploie souvent le camphre, la naphtaline,
- le tabac, toutes substances iueflicaces. L’illustre entomologiste de Sérignan, F. Fabre, conseille de préférera tous ces procédés l’emploi d’un simple journal. On doit le choisir assez grand pour que les pièces à garantir soient complètement enveloppées, une assez grande bordure restant qui est repliée sur elle-même et fixée avec des épingles. Est-ce l’odeur de l’éncre typographique qui éloigne les insectes? Toujours est-il que mites et teignes ne pénètrent jamais dans un paquet fait de la sorte pour y déposer leurs œufs.
- Pour combattre la maladie des tubéreuses. —
- Voici comment M. Varaldi conseille d’opérer. Tous les bulbes avant d’être plantés seront soigneusement examinés. On opère à l’époque où les feuilles, en voie de formation, sont encore cachées à l’intérieur du bulbe. A l’aide d’un couteau, on enlève une petite tranche parallèle au disque du bulbe. Quand on n observe aucun anneau brunâtre sur la surface coupée, le bulbe est sain, dans le cas contraire, on enlève toutes les parties colorées. En outre, il convient de désinfecter le sol par des injections au pal de sulfure de carbone, lequel détruit les anguillules parasites de la plante.
- (Bulletin scientifique de Roure Bertrand.)
- Essai facile de la résistance des matériaux. — 11 est souvent utile de se rendre compte de la résistance de matériaux à l’écrasement, et il est facile d’obtenir ce renseignement, à l’aide d’un simple étau de serrurier.
- On calcule d’abord la puissance de l’étau de la façon suivante. Eu faisant dix tours de manivelle on mesure quel est le déplacement de la mâchoire de l’étau, mettons 5o mm. Si la manivelle a o m. 200 de longueur, la circonférence décrite par son extrémité développe 1 m. 256, et en multipliant par le nombre de tours 10, le résultat 12 m. 5Go représente le déplacement de l’extrémité de la manivelle nécessaire pour faire avancer la
- mâchoire de 5o mm. La proportion ---------= 251 repré-
- sentant la multiplication de l’effort exercé à l’extrémité de la manivelle, un étau à déplacement parallèle est préférable.
- La matière à essayer est disposée en petits cylindres de un ou plusieurs centimètres carrés de section et d’une longueur égale au diamètre. Ce cylindre est placé entre les mâchoires et légèrement serré pour que les faces portent bien; s’il le faut, on interpose une miuce
- “HUI 156 i!$*
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- cale de fer afin que la barre de manivelle reste un peu relevée sur l’horizontale.
- A l’extrémité de cette barre, allongée d’un seul côté, par un crochet en fort fil de fer recourbé, on fixe un plateau suspendu par des fils de fer, comme un plateau de balance. Ce plateau est pesé et le poids de la manivelle d’étau évalué suivant son volume.
- Enfin, sur le plateau, on ajoute successivement des poids jusqu à ce que le cylindre d’essai commence à s’écraser.
- Le poids nécessaire, plus celui du plateau, plus la moitié du poids de la manivelle, multipliée par a5i, donne le poids qui écrase le cylindre de X centimètres carrés de section. (Communiquépar M. Ilanin.)
- jteo
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. -— Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les
- Nébulisateurs du Dr Nicolaï sont en vente chez M. Do-gilbert, 68, rue Réaumur, Paris.
- Réponses. — M. G. Kehrer, à Laeken, Bruxelles. — A notre avis, l’appareil le plus pratique pour la production de Yhydrogène sulfuré est encore celui de Sainte-Claire Deville modifié par Lavaud de l’Estrade en le plaçant sur un support parallélogramme qui permet de soustraire immédiatement le sulfure de fer à l’action de l’acide. Bien entendu, une sorte de faux fonds en morceaux de verre doit toujours être constitué pour surélever le sulfure.
- M. F. Gïlon, à Nogent-sur-Marne. — i° Nous pensons que le meilleur résultat vous sera donné, pour le bakélite, parla gomme laque; quant à la galalithe, il faut se servir d’une solution faible de soude caustique et mettre
- sous presse.
- a0 Colle à la caséine :
- Caséine........................ 35 grammes.
- Chaux éteinte en poudre ... 3o —
- Silicate de soude.............. 20 —
- Ammoniaque à 220................ 5 —
- Eau............................ 10 —
- Délayer la caséine avec le silicate de soude, y ajouter la chaux mouillée par l’eau et finalement compléter par l’addition d’ammoniaque.
- M. Thomas, à Charleville. — Nous avons publié dans les Recettes et Procédés utiles, la formule demandée pour la préparation de la colle au caoutchouc, elle convient particulièrement pour la réunion de la gomme au métal.
- M. E. Tissot, h, Genève. — Pour recoller les bandages de caoutchouc sur la jante des roues métalliques, vous pourrez employer la colle spéciale dont nous avons donné la recette, nous pensons qu’elle vous donnera satisfaction (n° du 8 mai 1920).
- M. A. Tarisse, à Castillonnès. — Vous trouverez la manière de préparer le papier pour bleus dans les Recettes et Procédés utiles du numéro du 8 mai 1920.
- Capitaine Mallet, à Trung-Khanh-Phu (Tonkin). — Il n’y a eu, depuis 1914. aucune nouveauté sensationnelle en optique stéréoscopique. Les anastigmate de bonne marque employés avant la guerre sont encore utilisés aujourd’hui et n’ont pas été dépassés. Parmi les nouveaux appareils, nous vous signalons le Summum, stéréo-panoramique 6 X 13, à la fois très léger et très rigide, en duraluminium, construit par M. Louis Leul-lier, 1, quai d’Austerlitz, à Paris.
- Lieutenant M., à Ain. — Pour accoler des pellicules de film-pack à une plaque de verre, de manière à les faire tenir dans une cuve à rainures ou dans un panier porte-plaques, vous pouvez employer la cire à sceller ou l’adhésif aü celluloïd. Dans le premier cas, il suffit d’intercaler, entre le verre et la pellicule, sous chacun de ses quatre coins, une petite boulette de cire. Une légère pression assurera l’adhérence pendant les opérations et, après dessiccation, la chaleur de la main suffira pour détacher la pellicule de son support provisoire. Quant à l’adhésif au celluloïd, il faudra n’en déposer qu’une très petite goutte à l’extrême bord des coins, car, pour séparer la pellicule, il sera généralement nécessaire de couper avec la pointe d’un canif les par-
- ties adhérentes. L’adhésif au celluloïd, très, employé
- dans l’industrie cinématographique pour coller les films
- bout à bout, se trouve dans le commerce, mais peut aisément être préparé par quiconque possède quelques pellicules ho.rs d’usage. Celles-ci sont d abord trempées dans l’eau chaude et dépouillées de leur gélatine, puis essuyées et dissoutes dans l’acétone, que l’on additionne généralement d’acétate d’amyle, bien que ce ne soit pas indispensable. La formule suivante nous a donné de bons résultats :
- Acétone............................5o c. c.
- Acétate d’amyle....................5o c. c.
- Celluloïd.......................... 2 gr.
- M. F. Junod, à Lausanne.—T. S. F. Les conditions dans lesquelles il vous faut établir votre poste récepteur, nous paraissent suffisamment favorables pour que la réception des signaux horaires et des bulletins météorologiques émis par la station de la Tour Eiffel soit assurée avec elles à 45o km de Paris.
- Etablissez une antenne à fils parallèles bien isolée et orientez l’entrée de poste du côté de Paris.
- L’appareil Ducretet est un instrument sérieux qui vous donnera toute satisfaction ; vous pourrez, en effet, lui adjoindre une petite self supplémentaire constituée par un simple enroulement de fil isolé (40 à 5o m.), sur une bobine quelconque de 7 à 8 cm de diamètre.
- M. Jacques Souliac, à Paris.—T. S. F. Le cadre radiogo-niométriquepeut être utilisé à l’intérieur d’une chambre murée; mais il est évident que l’absorption par les murs réduira quelque peu son efficacité et qu’il serait préférable de le9placer dans une cabane en planches, dans un grenier ou à l’extérieur. En augmentant d’un étage ou deux l’amplification des signaux votre réception intra muros sera convenablement assurée. Employez dans votre jardin une antenne à fils parallèles dominant les murs ou atteignant autant que possible leur faîte. Quatre où six fils de l3 m. bien isolés et éloignés des murs constitueront un bon collecteur que vous pourrez au besoin équiper dans la forme en boucle, (voyez La Nature, n° a38g, schémas de montage n0’ 36 et 37).
- M. Lesseur. — Les renseignements que vous ' désirez font l’objet d’un prochain article.
- M. Louis Quet, école Saint-Nicolas, à Igny. — L'encre grasse pour tampons en cuivre s’obtient très facilement
- en broyant :
- Noir de fumée...............i5 grammes.
- Huile de lin siccativée. ... 85 —
- Il est essentiel d’employer de l’huile de lin cuite, sans quoi l’impression manquerait de netteté à cause des bavures.
- Si on voulait obtenir une encre de couleur, il suffirait de remplacer le noir de fumée par de l’indigo pour l’encre bleue ou par du cinabre pour l’encre rouge.
- MM. Tony et Àucher, à Paris. — Nous pensons que vous trouverez les renseignements . désirés sur les gommes laques dans le Manuel du Fabricant de vernis, de Coffignier, éditeur Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augustins. Consultez également la Revue de Chimie industrielle, numéro de février 1919, dans laquelle a paru une étude très intéressante par Marcel Gillet, au sujet de l’analyse des gommes ; enfin nous signalerons, à titre documentaire, Vernis, mastics, enduits, d’Auguste Perret, édité chez Bernard, 29, quai des Grands-Augus-tins.
- M. de Lezinier, à Marseille. — Nous ne possédons pas d’autres renseignements que ceux indiqués dans notre Boîte aux Lettres, relativement à l’obtention du Sulfure de calcium phosphorescent; cette fabrication est toute empirique et les spécialistes se gardent de faire
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- BOITE AUX LETTRES
- connaître (les tours de main qui leurj permettent, dans une certaine mesure, de réussir.
- M. Albert Jarrin, à Saint-Etienne de Cuines. — La nature des essences à moteurs est très variable et dépend non seulement de l’origine du pétrole brut initial, mais encore de la façon dont la distillation a été conduite. On doit donc s’attendre à l’époque actuelle à de grandes variétés de composition, le marché devant se contenter des produits disponibles sans que l’on puisse songer à en modifier les caractéristiques, tout au plus une rectification permettrait-elle un classement, mais elle n’est pas du domaine de l’amateur.
- M• Dupuy, à Sainte-Radegonde. — Le procédé suivant, imaginé par M. Janet, permet de déceler très facilement le courant alternatif sur une plaque de cuivre on étale une feuille de papier imbibé d’une solution de ferro-cyanure de potassium et d’azotate d’ammonium, on fait passer le courant à travers la feuille de papier en prenant pour électrodes la lame de cuivre reliée à l’un des fils et une pointe de fer fixée à l’autre fil. Avec un courant continu la solution saline est électrolysée, de l’oxygène se porte à l’anode, si c’est la pointe de fer qui s’y trouve, elle le recouvre d’oxyde ferrique qui, au contact du ferrocyanure, donne du bleu de Prusse. Si donc on fait glisser la tige de fer sur le papier on aura un trait continu, mais dans le cas d’un courant alternatif la tige de fer est alternativement anode et cathode et on obtient alors un trait discontinu qui révèle la nature du courant.
- La solution révélatrice s’obtient en mélangeant des volumes égaux de solutions saturées de chacun des sels sus-indiqués, puis on étend de deux fois son volume d’eau.
- D' Mathieu, à Chinon. — L’ouvrage suivant : Les Alcaloïdes naturels de YEncyclopédie chimique, de PTémy, vous donnera, pensons-nous, toute satisfaction, au sujet de la fabrication que vous désirez entreprendre ; l’éditeur est Dunod, 47, quai des Grands-Augustins. Quant aux bacs de cristallisation, à notre avis, il est préférable de les prendre en grès vernissé.
- M. Emile Durand, à Bruxelles. — i° Les alliages au ferro-cérium, découverts en igo3 par Welsbach, étaient primitivement constitués *par 65 pour 100 de fer et 35 pour 100 de métaux rares, cérium, lanthane, didyme, néodyme, praséodyme et samarium, aujourd’hui ils ne renferment plus que i5 pour 100 de fer.
- La matière première est le résidu de la’fabrication des manchons à incandescence, après traitement des sables monazités pour l’extraction du thorium, les sels résiduels ,sont transformés en chlorures que l'on électro-lyse à l’état anhydre, ce qui donne [un mélange de métaux rares ou mischmetal. C’est ce produit qui est allié au fer pour donner le ferro-cérium.
- Souvent on ajoute au mischmetal pour le durcir 2 pour 100 de bismuth ou d’antimoine ; au contraire pour obtenir un métal doux, on additionne de 5 pour 100 de cuivre.
- Les produits phosphoriques renferment en outre presque toujours du silicium qui provient des creusets.
- M. Robberecht, à Waereghem. — On donne facilement aux boissons la propriété de garder la mousse après agitation ou lorsqu’elles ont été gazéifiées, il suffit de les additionner de glycyrrhyzine ou simplement d’extrait de réglisse.
- Le même résultat peut être obtenu avec la saponine empruntée à la saponaire ou au bois de Panama, mais nous faisons toutes réserves pour cet emploi de la saponine dont l’usage continu peut ne pas être sans danger et qui est, croyons nous, interdit en Belgique.
- MM. Brenot frères, à Paris. — La préparation de « l’eau à souder » né présente aucune difficulté, il suffit de prendre l’acide chlorhydrique du commerce appelé vulgairement acide muriatique ou esprit de sel et d’y ajouter des débris de zinc jusqu’à ce que celui-ci ne soit plus attaqué. On laisse reposer, décante la solution de chlorure de zinc et y ajoute 20 pour 100 de sel ammoniac ; après dissolution le liquide est prêt à être employé.
- M. Chapsal, à Paris. — Le produit dont vous nous parlez est un caoutchouc vulcanisé dans les conditions normales de composition et de température, mais nous ne voyons pas que la pression excessive puisse présenter des avantages, car la formation des bulles gazeuses doit être entravée ; veuillez du reste vous reporter à l’article
- que nous avons publié dans La Nature n° 2363, page 5o du Supplément. Quant à la mise en pratique du procédé, nous ne pensons jms qu’elle ait eu lieu, le journal Le Caoutchouc, 49, nie des Vinaigriers, sera peut-être à même de vous renseigner plus complètement à ce sujet.
- M. A. Baudassé, à Béziers. — i° En principe les colles ne doivent être préparées qu’au moment de l’emploi, si on veut en obtenir le maximum de puissance adhésive ; — 20 On peut cependant ajouter aux colles des antiseptiques dont les principaux sont l’alun, le sulfate de cuivre, le chlorure de zinc, mais au bout de quelque temps ceux-ci peuvent modifier la nature de la substance constitutive de la colle ; —3° La colle obtenue est translucide ; — 40 II est préférable de s’en tenir à la colle bichromatée; — 5° Consultez l’ouvrage très complet de Margival, Les colles, éditeur Masson.
- M. E. Gripekoven, à Bruxelles. — x° Pour recoller l’écaille sur le métal, commencer par ramollir celle-ci dans l’eau bouillante et l’appliquer chaude sur l’emplacement de telle façon qu’elle prenne la forme voulue et la conserve en refroidissant, puis enduire l’écaille d’une dissolution de gorpme laque dans dix fois son poids d’ammoniaque (cette dissolution doit se faire à froid et dure 2 à 3 semaines), mettre en place et maintenir au moyen de ficelles ou de pinces de façon à serrer le plus fortement possible; — 20 Pour enlever l’oxyde de cuivre ou de zinc qui s’est formé au contact de l’air humide passer dans l’eau acidulée au vingtième par de l’acide sulfurique, rincer et sécher à la sciure de bois; — 3° Plonger l’objet à dérouiller dans une solution de chlorure stanneux sans excès d’acide, pendant 2 heures, laver et sécher comme ci-dessus. (Le chlorure stanneux s’obtient facilement en faisant dissoudre jusqu’à refus des feuilles d’étain telles que papier à chocolat dans l’acide chlorhydrique.)
- M. Ch. de Bussac, à Clermont-Ferrand. — 1° Vous trouverez les cours de la baryte dans le journal La Revue des produits chimiques, 54, rue Turbigo, à Paris; — 20 Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur la question.
- M. Paul Hebbelyck, à Leysin (Suisse). — Toutes les parties de la plaque, si on se sert d’un objectif bien construit, se trouvent au point simultanément, aussi bien au centre que vers les bords, parce que cet objectif est corrigé, c’est-à-dire établi de telle façon qu’à partir d’une certaine distance, l’objet se comporte comme s’il était à l’infini, tous les foyers secondaires se trouvant dans le plan du foyer principal. La correction porte en particulier sur l’aberration de sphéricité, en donnant aux lentilles une forme convenable qui amène les rayons marginaux à se comporter comme des rayons centraux.
- M. L. M. P., h Nancy. —- h’encre rouge à la cochenille s’obtient en faisant bouillir dans un demi-litre d'eau 3o gr. de carmin et iz5 gr. de crème de tartre; après décoction on ajoute goutte à goutte de l’ammoniaque jusqu’à ce que l’on ait obtenu la nuance désirée, on filtre et on ajoute un peu de sucre pour donner du corps. Vu la difficulté de s’arrêter à temps, avant un virage au violet par l’ammoniaque, il nous paraît préférable de préparer beaucoup plus facilement l’encre à l’éosine en prenant :
- Eau distillée....................5oo grammes.
- Eosine............................ 5 —
- Glycérine neutre................. i5 —
- Comte de Peyronnet, à Paris. — Nous ne connaissons
- point d’autre matière réfractaire que l’amiante et le mica qui puisse se trouver dans le commerce en feuilles de moins de 1 mm d’épaisseur et d'un prix peu élevé.
- Commandant Beirlaen. à Bruxelles. — Nous ne vous conseillons pas d’entreprendre la préparation du papier au bromure, qui exige une installation spéciale et un matériel asssz coûteux. Il n’en est pas de même pour les papiers au chlorure, dont la sensibilisation n’offre pour l’amateur aucune difficulté insurmontable. Vous trouverez les indications nécessaires à ce sujet dans le Traité général de Photographie en noir et en couleurs, par E. Coustet (Delagrave, éditeur), chapitre X, p. 207 et suivantes de la 5e édition.
- M. G. de Beaurepaire, à Charolles. — Pour exécuter un cliché de projection sans l’intervention d’aucun procédé photographique, on peut exécuter un dessin à la pointe sur une plaque de verre préalablement recouverte
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- BOITE AUX LETTRES
- d’un vernis opaque. Ce vernis doit être tel qu’il résiste bien et ne s’écaille pas sous la pointe. En voici une for-
- mule qui donne de bons résultats :
- Baume de Canada....................i
- Essence de térébenthine rectifiée . 2
- Siccatif liquide.....................o,25 à o,5
- On y ajoute du noir de fumée jusqu'à consistance d’onguent, et l’on étend cette mixture sur le verre au moyen d’une queue-de-morue en petit-gris.
- M. J. B. C. B., à Pierre-Buffière (Haute-Vienne). — Nous ne possédons pas les indications que vous demandez sur les firmes construisant les machines à travailler la paille, et nous n’avons rien publié, quant à présent, sur l’industrie dont il s’agit. Mais, pour ce qui concerne particulièrement le matériel employé pour la fabrication du clissage, des paillons ou enveloppes pour bouteilles, c’est à Bordeaux, centre important de fabrication de çes articles spéciaux, que vous trouveriez, croyons-nous, les maisons faisant les machines destinées à cette industrie, Vous pourriez demander des adresses à M. L. Mathieu, directeur de la Station œnologique et agronomique de Bordeaux, à M. Henri Kelvrig, 45, rue Notre-Dame, à Bordeaux.
- D’autre part, si vous disposez d’une grande quantité de paille de seigle, notez qu’il serait peut-être plus avantageux de fabriquer des paillassons pour l’horticulture. Cette fabrication est très simple, et la paille de seigle lui convient tout particulièrement. On peut faire usage des métiers à paillassons, non moins simples, notamment celui imaginé par Hauguel, jardinier à Montivilliers (Seine-Inférieure), et celui de Genty (perfectionnement de l’ancien métier à paillassons des jardiniers). Pour les maisons de construction de machines à travailler la paille, vous auriez sans doute aussi des indications en vous adressant à la Direction de la Station d’Essais de machines du Ministère de l’Agriculture, 2, avenue de Saint-Mandé, Paris, 12e.
- M. Ch., rue de Sèvres, à Paris. — En principe, le
- meilleur mode de conservation des œufs est celui qui permet, par un traitement approprié, par exemple, stérilisation et réfrigération combinées (procédé Lescardé), de les soustraire d’une façon absolue à l’action des microorganismes. Il existe une technique minutieusement réglée dans tous les détails, laquelle permet d’obtenir, par la méthode associant la réfrigération à la stérilisation préalable, des résultats de premier ordre.
- Mais c'est une méthode industrielle à conseiller pour la conservation de grandes quantités d’œufs, et vous ne dites pas si tel est votre objectif, ou s’il s’agit seulement de conserver des œufs en petites quantités pour les usages domestiques. Dans ce dernier cas, le mode de conservation qui, selon nous, serait le moins aléatoire, serait le procédé au silicate de potasse (verre soluble). Les œufs ne doivent pas avoir plus de cinq jours (au maximum). Voici le mode opératoire :
- Verser dans un vase en terre vernissée ou autre récipient très propre 126 gr. de silicate de potasse par litre d’eau froide, préalablement bouillie, de manière à bien recouvrir de liquide les œufs que l’on aura introduits, très propres, dans ce récipient, avoir soin de verser la solution lentement et veiller à ce que tous les œufs soient complètement immergés. Placer le récipient bien couvert, dans un endroit frais — à la cave — et les œufs se conserveront jusqu’à cinq mois. Mais, lorsqu’on veut mettre dans l'eau bouillante les œufs qui ont été ainsi conservés, il faut prendre la précaution de les percer, au préalable par le gros bout, avec une aiguille, sans quoi l’air, ne pouvant plus s’échapper par les pores, à cause du revêtement de silicate de potasse, les ferait éclater.
- Voyez Manuel de l’Alimentation, 2° partie; Conserves alimentaires (chapitre Conservation des œufs), par Henri Blin, 1 vol., 6 fr. 76 (Mulo, éditeur, 12, rue Haute-feuille, Paris, 6e).
- On trouve aussi, dans le commerce, des produits pour conserver les œufs. Voyez, notamment, Société des I Combinés Barrai, 11, rue Lecuirot, Paris, 140.
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- BIBLIOGRAPHIE
- CSsT
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
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- Cours de mécanique rationnelle, avec de nombreuses applications à l’usage des ingénieurs, parL. Legrand, professeur à l’Université de Liège, Paris, 1920. 1 vol. relié in-8 raisin, de 618 p. et 364 fig- dans le texte. Ch. Béranger, éditeur. Paris, 1920. Prix net : 48 fr.
- Cet ouvrage se divise en 3 parties.
- i° La Cinématique : Cinématique du point, mouvement rectiligne, mouvement curviligne, mouvement projeté, composition des mouvements d’un point matériel, cinématique des systèmes ;
- 20 La Statique : Composition et conditions d’équilibre des forces, étude des conditions de repos ou de mouvement des systèmes matériels non libres, forces centrales et forces élémentaires parallèles ;
- 3° La Dynamique : Moments d’inertie, théorèmes généraux et principes des travaux virtuels.
- Le lecteur trouvera de nombreux problèmes et applications à la suite de chacune des questions traitées dans ce volume.
- Histoire des sciences physiques, chimiques et géologiques au xix° siècle, par Albert Bordeaux, i vol. in-8, 661 p. Béranger. Paris. Prix, relié : 3o francs.
- Description des progrès de la mécanique, des diverses parties de la physique, 4e la chimie et de la géologie, suivie de listes chronologiques et de notices biographiques sur les principaux savants.
- L’acier. Aviation, Automobilisme. Constructions mécaniques, par le lieutenant-colonel C, Grard. i vol. grand in-8, ii3 fig., 21 pl. Berger-Levrault, éditeur. Paris, 1919. Prix net : 3o francs.
- Cet ouvrage consacre les sanctions de la guerre, en ce qui concerne le travail des aciers destinés aux constructions automobiles, aériennes et mécaniques. Il traite du contrôle des aciers, du forgeage, laminage, matriçage, estampage; il étudie à la lumière des connaissances modernes sur les aciers, leurs traitements thermiques : recuit, trempe, revenu, cémentation. Il énumère les caractéristiques des divers aciers employés dans l’industrie : aciers ordinaires et spéciaux. Un chapitre important est consacré aux cahiers des charges et à la standardisation des aciers. Enfin l’ouvragei se termine par l’exemple d’une étude méthodique complète, d’un acier spécial. Ge traité qui résume l’expérience d’un technicien des plus avertis rendra de grands services à tous les praticiens de la construction mécanique.
- L'aviation commerciale. Revue mensuelle. Organe de la Ligue des pilotes-aviateurs. 1, rue Taitbout, Paris. Abonnement pour la France : 8 francs,
- Les pilotes-aviateurs étaient xoooo pendant la guerre. Il semble que les autorités négligent un peu et laissent se disperser cette force, malgré les éminents services qu’elle a rendus. Mais les pilotes ont décidé de se grouper, et comme premier témoignage de la vitalité de leur groupement, ils entreprennent la publication d’une revue qui promet d’être très vivante et très documentée.
- La technique du froid, par Lehnert, traduit par G. Der-mine, préface de M. J. de Loverdo. 1 vol. in-8, illustré, 2e édition. Delagrave, éditeur, Paris, 1920. Prix : 6 francs.
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- Après avoir exposé d’une façon succincte les applications variées du froid dans l’industrie, l’auteur décrit les types principaux des éléments constitutifs d’une installation frigorifique, en se plaçant au point de vue pratique. Par des exemples pris dans la pratique, il indique le mode de calcul d’une installation de ce genre.
- Le soufflage du verre dans les laboratoires scientifiques et industriels, par Henri Yigreux, 2e édition, i vol. in-8, 268 p., 256 fig. Dunod, Paris. Prix net' : i5 fr.
- Le soufflage du verre est une nécessité pour tous les travailleurs de laboratoire. La Nature a consacré un article à l’ouvrage de M. H. Yigreux, lors de son apparition. Le lecteur trouvera dans cette nouvelle édition des renseignements complémentaires sur lafabrica-tion des thermomètres médicaux, des yeux artificiels, des perles de verre et enfin quelques indications sommaires sur la construction des ampoules à rayons X.
- Comment prévoir le temps, météorologie pratique, par l’abbé Tu. Moreux, p. in-8, 270 p., 4b fig., Dunod, Paris, 1919. Prix : 9 francs.
- Le savant directeur de l’Observatoire de Bourges condense dans ce 25° ou 3o° de ses livres toujours bien accueillis les notions de météorologie indispensables ; il y a ajouté un curieux chapitre sur les proverbes et dictons météorologiques ; mais il devra, dans une prochaine édition, tenir compte des idées nouvelles sur les erreurs de la pluviométrie (Yoir Ch. Rabot, n° 2351, 8 février 1919) et les condensations occultes sur les arbres, rochers, glaciers (Marloth, Perès, Reed, P. Descombes, Association nationale des Aménagements des Montagnes).
- Notice météorologique sur les côtes françaises de la Manche et de l’Océan Atlantique, par M. Rouen. 1 vol., 135 p., 29 pl. hors texte. Publication du Service hydrographique de la Marine. Imprimerie Nationale. Paris, 1919.
- Rien de plus utile au progrès de la science météorologique et au développement de ses applications, que les monographies locales, aussi étudiées que possible, comme celle-ci. L’étude de M. Rouch, aujourd’hui chef du Service de la Météorologie maritime, porte principalement sur les renseignements météorologiques intéressant les aéronautes : vent, brume, nébulosité, complétés par quelques données sur les types de temps et les trajectoires de dépressions. Le travail a été effectué d’après les. observations de 10 années (1899 à 1908) du service hydrographique de la marine.
- Ze Maroc. Géographie. Histoire. Mise en valeur, par Yictor Piquet. 3° édition, entièrement mise à jour. 1 vol., 484 P-> 5 cartes hors textes. Armand Colin, éditeur. Paris, 1920. Prix 12 francs.
- Le Maroc est aujourd’hui mieux qu’une colonie, c’est l’embryon d’une nouvelle France africaine. Aucun Français n’a donc le droit d’ignorer ce pays. L’ouvrage de M. Piquet permet de s’en former rapidement un aperçu complet et exact ; on y trouvera une esquisse de la géographie physique et économique du pays, un résumé de son histoire depuis l’époque romaine jusqu’à la période contemporaine, l’exposé du mécanisme du protectorat, des heureuses mesures législatives et financières par lesquelles le général Lyautey a rendu au pays la prospérité matérielle et le fait évoluer vers une civilisation moderne. Signalons encore d’intéressants chapitres sur les travaux publics, le commerce et la colonisation, enfin un exposé de la situation de Tanger et de la zone espagnole.
- L’Egypte moderne, par G. Lecarpentier, i vol. in-8, 23g p., 21 fig. et 1 carte. Pierre Roger et Cio, Paris. Prix net : 8 francs.
- Tout le monde connaît l’histoire de l’ancienne Egypte, mais l’activité économique de l’Egypte contemporaine est très généralement ignorée. L’ouvrage de M. Lecarpentier apparaît opportunément pour la faire connaître à l’heure même où des événements politiques graves attirent sur ce pays l’attention du
- monde entier. Admirablement documenté et rédigé dans un style alerte, ce nouveau livre de la série des Pays modernes expose la vie agricole, industrielle et commerciale des habitants de la vallée du Nil et de cet immense pays neuf qu’est le Soudan anglo-égyptien.
- Fruits, et légumes de primeur. Culture sous verre et sous abris. Tome I. Légumes, par J. Nanot et R. Vuigner. 1 vol. in-16, 370 p., 88 fig. dont 4 hors texte. Librairie Agricole de la Maison Rustique. Paris. Prix : 10 francs.
- Il n’existait pas jusqu’à présent de traité complet et détaillé en langue française consacré aux cultures de primeur. Cet ouvrage paraît donc appelé à rendre les plus grands services aux amateurs comme aux praticiens du métier.
- Le tome I examine les conditions générales : sol, abris, châssis, coffres, outillage, fumier, couches, chauffages divers et décrit les cultures de haricot, fève, pois. C’est un guide fort utile à tous les jardiniers.
- Utilisation des algues marines, par C. Sauvageau. i vol. in-16, 390 p., 26 fig. Encyclopédie scientifique. Doin, Paris. Prix, broché : 7 fr. 5o, relié 9 francs.
- La Nature a déjà parlé des essais tentés pendant la guerre pour utiliser les algues de nos côtes à la nourriture du bétail. Le professeur Sauvageau, spécialiste de l’algologie, reprend ici la question dans son ensemble. Il passe en revue les utilisations agricoles, industrielles, alimentaires, médicinales de ces végétaux, dont beaucoup constituent de petites industries peu connues. Il le fait très complètement, et avec un esprit critique constamment en éveil.
- La cachexie aqueuse par distomatose, par A. Blanchard et A. Garnier, i brochure in-8, 23 p. Syndicat agricole du Bassigny, Malroy (Haute-Marne). Prix :
- 1 fr. 25.
- Brochure de propagande décrivant les ravages que cause la douve du foie chez les moutons (pourriture du foie) et son traitement efficace par l’extrait éthéré de fougère mâle.
- The Arctic Prairies, par Ernest Thompson Seton. i vol. in-8,. 3o8 p., 125 fig. Constable et Cio, Londres. Prix, relié : 8 sh. 6 d. '
- Récit d’un voyage de 2000 milles en canot à la recherche du caribou, jusqu’à la région au nord du lac Aylmer, dans le nord du Canada. Ces notes, alertement écrites, fournissent maints renseignements sur l’histoire naturelle et l’ethnographie de territoires encore peu connus, du Mackenzie notamment.
- The Physiology of Vision, with spécial Reference to Co-lour Blindness, par F.-YV4 Edridge-Green. i vol. in-8, 280 p., 23fig. G. Bell and Sons, Londres. Prix, relié : 12 sh.
- Exposé très clair et très simple de la vision des formes et des couleurs, contenant une critique serrée des théories insuffisamment appuyées par des faits. L’auteur examine d’abord les visions mono- et binoculaire, puis aborde l’étude des sensations causées par les lumières colorées. Il aboutit par une longue série d’expériences à une nouvelle théorie de la vision d’après laquelle les rayons lumineux libèrent le pourpre rétinien des bâtonnets, qui excite les cônes et provoque un flux nerveux vers le cerveau. L’excitation et l’influx diffèrent selon la longueur d’onde des rayons lumineux qui sont l’origine des sensations de lumière et de couleur. Les différences d'e sensations ont donc une origine physique, périphérique.
- Les transformations sociales des sentiments, par Fr. Pauliian. 1 vol. in-16, 288 p. Bibliothèque de. Philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix net : 5 fr. 75.
- L’auteur examine comment les idées, les désirs, les tendances se modifient en prenant part à la vie de l’organisme, de l’esprit, de la société, dans deux directions, vers la spiritualisation et vers la socialisation.
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- Supplément.
- Téléphonie sans fil. Expériences en cours. — De très intéressantes expériences de téléphonie sans fil se poursuivent actuellement presque chaque jour entre Londres et Rome.
- Ces expériences consistent surtout en conversations anglaises et italiennes, ces dernières d une netteté tout à fait remarquable due sans doute à la sonorité particulière de la langue italienne.
- Le 5 mai dernier, entre 9 heures et 10 heures (heure nouvelle), nous avons assisté à un échange de conversations, à l’audition d’un chœur et d’une partition musicale exécutée par un orchestre.
- Nous ignorons s’il s’agit en la circonstance d’émissions de sons naturels ou d’émissions de sons préalablement enregistrés sur des disques de machines parlantes et reproduits par un diaphragme microphonique dont les variations de résistance, agissant sur un circuit oscillant d’ondes entretenues, y provoqueraient des mouvements de fréquence sonore.
- Quoi qu’il en soit, les amateurs peuvent juger par eux-mêmes du caractère de ces émissions en les écoutant sur une antenne moyenne avec un poste récepteur ordi-nairc utilisant un détec teur à cristaux.
- Les moteurs d’avion à turbo-compresseur. — On
- sait que les moteurs d’avion, apx hautes altitudes, éprouvent des difficultés, en raison de la raréfaction de l’air, à s’alimenter en gaz carburant, et que l’on a été amené à imaginer divers dispositifs pour surcomprimer l’air aspiré par le moteur. Parmi ceux-ci se trouve le turbo-compresseur rotalif inventé par M. Rateau ; cet appareil qui tourne à 3o 000 tours à la minute est actionné par les gaz d’échappement du moteur lui-même. Mis au point au moment de l’armistice, il devait être monté sur de nombreux avions à qui il aurait donné l’incontestable suprématie sur les appareils adverses. Le lieutenant Weiss dans une conférence à l’Aéro-Club a donné d’intéressants détails sur les essais réels effectués avec cet appareil sur un avion Bréguet qu’il pilote : le moteur est un Renault 300 HP. Le poids de l’avion en charge est de 1700 kg. Avant l'emploi du turbo-compresseur la vitesse réalisée à 6000 m. d’altitude était de 14$ km à l’heure. Le turbo-compresseur a permis une augmentation de vitesse de 5o pour 100. C’est ainsi que le lieutenant Weiss a pu aller de Paris à Lyon en 2 heures, à la vitesse de 2i5 km à l’heure. Il estime qu’avec une charge normale, on pourra aller jusqu’à 375 km à l’heure; mais que cette limite sera dépassée difficilement, notamment en raison des difficultés de pilotage.
- A cette vitesse, on effectuerait en 3 heures la traversée de la Méditerranée, de Miramas à Alger. On pourrait, avec le turbo-compresseur, voler à des altitudes supérieures à 10000 m. Mais le conférencier estime que l’augmentation de vitesse réalisée ne serait pas compensée par les inconvénients inhérents au séjour à cette altitude, résultant du froid et de la faible pression. La Section Technique de l’Aéronautique a décidé de faire construire 20 avions Nieuport avec moteurs Hispano-Suiza-3oo HP à turbo-compresseurs.
- M. Rateau a confirmé les indications de M. Weiss au sujet de la vitesse limite et montré que l’on ne peut espérer dépasser notablement la vitesse de 4uo km à l’heure; pour l’atteindre, du reste, il est indispensable de pratiquer le vol aux hautes altitudes ; les surcompresseurs sont nécessaires. De plus il est nécessaire d’organiser pour le pilote et les passagers des cabines closes à pression constante.
- Véhicules électriques à récupération. — Les automobiles électriques ont eu leur heure de succès. Depuis ils ont été supplantés par le véhicule à moteur à explosion. Cependant ils offrent des avantages de souplesse, de conduite facile qui ne sont pas à négliger et qui semblent leur réserver encore un champ d’applications assez étendu, par exemple pour les voitures de ville, obligées de subir des arrêts fréquents.
- M. Steinmetz, l’ingénieur-conseil bien connu de la grande Société électrique américaine : la General Electric C°, étudie depuis plusieurs années la mise au point
- N» 240S 29 Mai 1920.
- de véhicules électriquès^à-'&Tm marché. D’après 1 Elec-trical World, il vient de réaliser une voiture offrant des caractéristiques nouvelles et des plus intéressantes au point de vue économique. L’innovation réside dans le mode de commande du moteur électrique qui lui donne les caractéristiques compound en utilisant un élément de batterie d’accumulateurs intercalé dans le circuit d’excitation. Grâce à cette disposition on peut maintenir la vitesse de la voiture, obtenir un démarrage rapide et récupérer l’énergie aux descentes et aux arrêts.
- L’inducteur et„l’induit du moteur tournent eu sens opposé et chacun commande une des roues motrices de la voiture. D’où une notable économie de poids d’une part, suppression du différentiel d’autre part. Un camion construit sur ce principe et portant une demi-tonue utile ne pèse que io45 kg.
- Briques de pierre ponce et briques de Kieselguhr.
- — Les véritables briques de pierre ponce, dit la Revue des Matériaux, sont faites avec une poussière naturelle de lave ou matière volcanique, sorte de sable dont l’agglomération des grains produit une matière très poreuse. Pour les fabriquer, on mélange le sable en question avec une quantité convenable d,e chaux hydraulique et d’eau. On moule et on laisse simplement sécher; ce séchage doit être complet. Il n’y a pas besoin de cuisson. Les hiriques ainsi obtenues sont douces au toucher, mais assez fragiles. Elles ont une faible résistance à l’écrasement. Par contre elles sont très légères : 1000 kg au 1000 de briques ; c’est-à-dire un peu moins du tiers du poids de briques d’argile de même volume. Elles conviennent bien pour les travaux intérieurs ; grâce à leur faible conductibilité thermique, elles constituent d’excellents isolants, à condition de ne pas être soumises à une température très élevée. On peut les employer aussi 'extérieurement, mais en les revêtant. Elles ne valent rien pour être employées concurremment avec le béton. Leur faible résistance mécanique et à la température menace de faire diminuer leur faveur de plus en plus, à cause de la concurrence victorieuse que leur font les briques de Kieselguhr, plus résistantes à tous points de vue, d’un travail aussi facile et d’un pouvoir isolant beaucoup plus élevé.
- La production du pétrole au Mexique. — D’après les Commerce Reports, en 1919, le Mexique a exporté pas moins de 75,7 millions de barils de pétrole. Les expéditions ont lieu par Tampico, Tuxpam, Puerto Lobos, Puerto Mexico; le premier de ces ports est de beaucoup le plus actif; à lui seul il a chargé plus de la moitié de l’exportation mexicaine;
- A la date du 1" novembre ^dernier, on comptait au Mexique 3o5 puits en exploitation, produisant par jour 017000 m3 de pétrole, soit environ 2 millions de barils. Comme les débits sont très variables et que le nombre des puits en activité est lui-même très vax-iable, on ne doit guère compter sur une production quotidienne de plus d’un million de baiils en moyenne.
- La valeur du pétrole exporté s'élève à envii’on 479 lions de fi'ancs au cours normal du peso or.
- Le pétrole en Grande-Bretagne. — Le .Gouvernement britannique se préoccupe activement de rechercher si des gisements de pétrole n’existent pas dans le Royaume-Uni. A cet effet des sondages ont été entrepxàs dans diverses régions, notamment dans le Derbyshii-e et dans le Staffordshire, au sud de Manchester et de Sheftield, ainsi que dans le Midlothian (environs d’Edimbourg). Dans le premier de ces comtés un puits foncé jusqu’à la profondeur dè 1000 m. a rencontré une nappe de pétrole et au début de 1920 il avait déjà donné 3ooo hectol. A cette date, partout ailleurs on n’avait trouvé que des traces d’huile, rapportent les Commerce Reports. Depuis, les recherches ont pris une tournure plus favorable ; d’après les journaux anglais, dans l’ensemble du Royaume-Uni, on aurait déjà obtenu 45oo hectol. de pétrole. De plus les sondages ont. amené la découverte de grosses sources de gaz naturels ; an début de l’àuuée, un puits creusé dans le Midlothian
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- donnait ainsi i -400 m3 de gaz et un forage dans le Uerbyshire atleigoait 1 1 200 rar>.
- Production agricole de l’Alsace en 1919. — La
- statistique" agricole pour l’Alsace et la Lorraine pendant l’année 1920 vient de paraître. En ce qui concerne les superficies cultivées, les récoltes et les rendements par hectare, les résultats des principales récoltes sont les suivants :
- Superficies Quantités Fondements
- cultivées récoltées (en quintaux
- Produits. (hectares) (limites) par hectare
- Froment 103.994 126,4/5 12.2
- Seigle 41.64^ 46,76> 11 .1 15.5
- Orge 4*3.70B 72 3o4
- Avoine 97. 262 1 1 <3.5(3-2 • 12.0
- Autres céréales * . 13.81 i 15.312 11.1
- Pommes de terre . 78.97a 780.047 98.8
- Betteraves à sucre. — fourra- 1.294 32.600 2 51,9
- gères 40.277 1.049 564 260 ..fi
- Houblon 2.566 2.071 8. 1
- Trèfle 35.214" i43.55o 4o. 8
- Luzerne 2 2 . 823 97.824 42.9
- Sainfoin 2.8(35 8.729 3o.5
- Prairies naturelles. •207.611 7 54 4t)4 36.3
- Vignes 2 2. o(36 733.591 ht. 33.2 hl.
- Préservation des bois contre les ravages des tarets.— Si les mœurs du taret.ee mollusque perforant, qui cause dés dégâts, la plupart du temps irrémédiables, dans les pilotis et les bois immergés dans l’eau de mer, ont été minutieusement décrites par de Quatrefages, Deshayes, Hancook, Hasting, Laurent et d’autres savants zoologistes, par contre les avis sont encore assez divisés en ce qui concerne le moyen vraiment efficace à employer pour préserver les bois des attaques de ce ravageur.
- Les œufs du tàret se développent comme ceux de l'huître comestible, entré les lobes de son manteau, et les larves, capables de nager, sont mises en liberté vers le mois de juin. C’est à ce moment qu’elles vieuuent se fixer sur les pilotis, les quilles des navires en bois et sur les charpentes immergées. Presque aussitôt, elles commencent à perforer leur support et à y creuser une galerie d’abord très petite, presque invisible.
- A mesüre que le tarêt grossit, il pousse plus loin sa mine, qui s’élargit progressivement jusqu’à atteindre i cm de diamètre. En même temps, il sécrète au moyen de son matiteau une substance organico-calcaire, dont il revêt les parois de sa demeure.
- Pour chercher sa subsistance, le taret entretient, à
- I aide de deux tuyaux appelés siphons, tin courant d’eau très actif daüs la cavité de son manteati, et sa bouche munie de cils vibratiles recueille tous les animaux microscopiques et les particules alimentaires que contient cette eau.
- Ces mœurs prouvent que, contrairement à ce que l’on a cru, ce mollusque térébrant ne se nourrit pas dé la sciure dé bois provenant dit percement de sa galerie.
- II ne creuse celte galerie que pour se ménager une retraité inaccessible, et c’est ce qui explique l’inefficacité des antiseptiques et des poisoüs injectés dans les bois, poür en teütéF la destruction.
- Si ces substances sont solubles dans l eau de mer, elles peuvent empêcher, pendant un certain temps, rinvasiOn dès lacets, mais dès que les bois ont été suffisamment lavés pbür qüé l’eau qui les baigne ne soit plus vénéneuse, les tarets les perforent sans difficultés; si les matières toxiques sout insolubles dans l’eau de mer, elles n’entravent pas davantage leur œuvré destructrice.
- Les bois, imprégnés avec le sulfate de cuivre, le sulfate dé fer, l’acétate de plomb, le silicate de soude, le chlorure de calcium, oü recouverts de peinture ou enduits divers, ne résistent pas aux attaques des tarets.
- Il en est de même du mailletage, opéi’ation très coûteuse, longtemps pratiquée eu Hollande. Elle consiste â revêtir les pilotis d’une armature de clous à tête carrée, sé joignant exactement.
- Le doublage avec des lames de 'cuivre constitue un inode de protection efficace, poürvu qu’il soit complet, mais c’èst aussi un procédé coûteux, employé seulement pour lès coques dès uavirès et les portes d’écluses.
- Les èxpériencès de M. Forestier, ingénieur en chef
- des pouls et chaussées, ont montré que l’injection de créosote dans des bois tendres donne de bons résultats, aussi a-t-il conseillé, dans les travaux à la mer, la substitution au bois de chêne de bois blancs créosotes. Le travail présenté par M.Snovvà la Société américaine des Jugénieurs civils aboutit à la même constatation.
- M. Snoiv a indiqué également deux autres méthodes dont l’efficacité a été reconnue.
- L’une de ces méthodes est basée sur l’aversion profonde qti’éprouvc le taret pour les assemblages et les joints des charpentes.
- A Sau-Francis'eo, ou a employé avec succès des pilotis mixtes, formés d’une à me en bois plein, à laquelle sont superposées, en nombre suffisant, des planches qui se croisent à angle droit.
- Des pièces ainsi constituées sont demeurées encore intactes après dix ans d’immersion.
- La seconde méthode est basée sur celte constatation : les tarets ne peuvent vivre qu’à la condition d’être Constamment baignés par l’eau; ils ne séjournent pas dans les portions de pieux que l'a marée basse laisse à découvert, ni dans celles qui sout enfouies dans la vase.
- La zone attaquable des pilotis se trouve donc assez restreinte. En Amérique, on entoure cette partie des pieux d’une gaine de ciment ou de béton.
- Ou obtient une préservation aussi efficace et moins coûteuse en entourant les pilotis de tuyaux de poterie remplis de sable.
- Enfin, il est un moyen radical, qui constitue, en fait, le perfectionnement des deux derniers indiqués. Ce moyen consiste à supprimer complètement l’âme de bois du pilotis, que l’on transforme en uné poutre de ciment armé, système qui a été employé à Arcachon pour la construction de deux jetées-promenades.
- 11 existé donc, comme on le voit, des moyens de préserver efficacement les bois des ravages des tarets.
- Débarquement d’un éléphant.. — lin est pas rare de voir embarquer ou débarquer à bord d’un bateau des chevaux ou des bœufs au moyen de sanglés, de cordes et d’un palan. C’est un spectacle banal dans les grands ports. Mais ce n’ést pas tous les jours qu’on y voit daUs la même posture un éléphant. Récemment, le vapeur City of Ma/iila, revenant des Indes, apporta en Amérique deux jeunes éléphants, des singes, des kangourous, des hyènes et divers autres' animaux destinés au Jardin
- zoologique de Boston. On décida d’amener à terre les éléphants après les avoir attachés à un palan. Bien que très jeunes, cela ne parut pas de leur goût et Popular Science Monthly qui raconte ce débarquement ne cache pas que le petit « Paul » et surtout la petite « F rida », dont on voit le portrait ici, manifestèrent leur mécontentement de ce procédé. « Frida » apparaît ici furieüse, l’ûeil brillant, la bouche serrée et nul doute qu’elle uc goûte que médiocrement jusqu’ici l'immigration dans la libre Amérique.
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- 3teo
- SCIENCE APPLIQUÉE
- >*
- r-
- Eleclricité
- Fig. i.^
- l'rini'ipp du transformateur.
- Construction d’un petit transformateur. Les
- transformateurs sont des appareils qui permettent de changer soit la tension d’un courant alternatif, soit son intensité, en l’élevant ou l’abaissant de la quantité que l’on désire. L’amateur électricien les utilise pour actionner au moyen d’un courant d'éclairage alternatif à 11 o volts
- des appareils qui ne peuvent fonctionner qu’à un voltage bas comme des jouets électriques, des sonneries, etc.
- Voyons en quelques mots le principe du transformateur et les données théoriques du fonctionnement.
- Supposons que l’on ait a circuits fixes bobinés sur un circuit en fer doux. Le premier est en fil fin, le second en gros fil. Si le fil fin est parcouru par un courant alternatif il en résulte un flux magnétique alternatif qui agit sur le deuxième circuit en donnant uaissauce à une force électromotrice alternative.
- Le premier circuit, dit inducteur, est appelé primaire, le second circuit, dit induit, est appelé secondaire. Si et ??0 sont les nombres de tours des deux circuits, le l'apport de transformation m est
- _/?2
- ~~ n,
- Tôle <le 1er doux.
- et la tension secondaire dans le cas où le courant induit est i 10 volts alternatif sera :
- E
- X zu volts alternatif.
- Bien entendu, l’opération de transformation ne se fait pas sans pertes dans le fer, dans le cuivre. Elles sont minimum quand le poids de cuivre du primaire égale le poids de cuivre du secondaire et que ces poids sont le plus élevés possible.
- Evidemment la question rendement a un intérèl mé diocre dans le cas qui nous occupe et les appareils bon marché ont des enroulements primaires en fer ou en lerro-nirlcel qui est plus économique et plus résistant.
- Mais il est aussi facile de construire quelque chose de bien en dépensant très peu en plus. Nous allons, donc donner (es croquis et les indications nécessaires pour construire un transformateur qui aura un rendement suffisamment bon d’environ 85 à 90 pour 100.
- Le procédé le plus pratique pour constituer le noyau sera de le faire en O de la façon suivante.
- On prend de la tôle de fer doux qu’on découpe en languettes de 4/IO de millimètre d’épaisseur, 16 mm de largeur et 260 à 270 mm de longueur (fig. 2). On façonnera, en enlevant les bavures, 36 à 40 de ces languettes qu’on fera recuire soit au gaz, soit sur un feu de charbon de bois, comme pour la fabrication des induits de moteur.
- On préparera les bobines qu’on trouvera aux dimensions du croquis (fig. 3), on les gommelaquera et on enroulera dessus.
- iu Bobine primaire de 25 mm de longueur, recouverte de 3200 tours de fil de cuivre émaillé de 18/100 de millimètre de diamètre.
- 20 Bobine secondaire numéro 1. Cette bobine a 10 mm de largeur; on la garnira de 126 spires de fil émaillé de 55/ioo de millimètre de diamètre.
- 3° Bobine secondaire numéro 2 qui a i5 mm de longueur. Elle aura 2i5 spires de fil de 55/ioo.
- Comme précaution, surtout à la bobine primaire, on garnira le noyau bois de la bobine de toile isolante collée à la gomme laque et les bobines finies, seront recouvertes de vernis et de toile isolante.
- Le bobinage pourra se faire sur une machine à coudre en remplaçant la navette par un petit manchon en bois,
- Kig. 3. Bobine,
- tenant la bobine sur le dispositif à bobiner les navettes On laissera les sorties et entrées de fil avec des Ion
- Fig.
- Fixation du transforma leur.
- Fig. !\. — Montage du liiaiis{(ji,maienr.
- gueurs suffisantes pour aller aux bornes de connexion.
- Les tôles du noyau seront placées les unes sur les autres de manière à former un barreau carré de 16 mm de côté;-ces tôles seront, chevauchées comme l'indique la figuie 4 et, on les maintiendra provisoirement d'un côté paruneficelle solide.
- On placera les bobines comme l’indique le croquis 4, mais en ayant soin queles enroulements soientde même sens.
- On les fait glisser au milieu du barreau et, on les assujettit par des petites cales en bois.
- Pour fermer le circuit magnétique, on courbe les tôles de manière à former un O, les joints seront chevauchés grâce au ehevauchage des éléments de tôle et on les maintiendra solidement ensemble parune ligature serrée en cordonnet gommelaqué à spires jointives, pour que cela ait un aspect propre.
- On prépare une petite planchette en bois gommelaqué de 120 mm de long et 80 de largeur.
- On place sur cette planche le transformateur qu’on maintient par deux petits étriers en laiton qu’on visse sur la planche (fig. 5).
- On fixe devant la planchette 5 bornes du type employé dans les sonneries ordinaires. Enfin, si l’on est fervent amateur en ouvrages on bois, ou peut fabriquer un couvercle avec des
- trous pour le pas- firima/re second
- sage des' fils et noosf»™ usures usures
- des crochets de fixation, ainsi que des pattes pour suspendre l’appareil au mur.
- Il n’est pas nécessaire, étant donné la faible tension de l’appareil , d’empêcher qu’on y touche , cependant l’amateur facétieux et maniaque, qui ne veut pas qu’on détraque ses appareils, peindra en blanc « danger de mort » ou une tête de mort avec deux tibias.
- Le plus fort est fait, il n’y a plus qu’à brancher les fils des bobines. Les fils de la bobine primaire viendront aux bornes P ; la bobine secondaire numéro 1 aura son fil d’entrée à la borne 1. son fil de sortie à la borne 2 ; la bobine numéro 2 aura son fil d’entrée relié à la borne 2, le fil de sortie à la borne 3.
- Fig.
- I.a huile (in transformateur.
- //O volts S volts J volts
- A vo/ts
- -, — Les connexions <ln translor-mntcnr.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Fis. K.
- Autre mode de déennpage des tôles.
- Qu’arrive-l-il pendant, le fonctionnement? On branche une phase du courant alternatif, c’est-à-dire normalement le courant à iro volts alternatif du circuit d’éclairage aux bornes P et on obtient (fig. 7) :
- Entre les bornes 1 et 2 une différence de potentiel
- de 3 volts.
- Entre les bornes 2 et 3 une différence de potentiel de 5 volts.
- Parsuite,entre 1 et 3, une différence de potentiel de 8 volts.
- On choisira entre ces voltages celui qui convient le mieux à l’appareil à utiliser.
- L’interrupteur pour la mise en marche, ou le bouton d appel
- s il s’agit d une sonnerie, sera avantageusement placé sur le circuit à 110 volts, ce qui met le transformateur hors circuit quand on ne s’en sert pas, mais il faut avoir des boutons spéciaux bien isolés.
- Bien entendu, cet appareil n’est qu’un jouet, mais avec les indications données, c’est malgré tout un jouet scientifique établi suivant les théories du meilleur rendement.
- Si l’on veut avoir un appareil plus mécanique on pourra découper les tôles en forme de grille à trois barreaux, celui du milieu étant fendu à une extrémité pour permettre d’y placer les bobines (fig. 8) et ces fentes étant chevauchées dans l’empilage des lôles.
- Photographie
- « Le develop films ». — Ce petit appareil a pour but de faciliter aux amateurs-photographes le développement des pellicules, opération toujours quelque pèu incommode. Son principe est de donner un moyen ..... 4 1 simple et pratique pour manier
- “ le film dans la cuvette de déve-
- Fig. 0-
- Fig.
- Fig. n.
- loppernent. Il comporte (fig. 9) une tige verticale à coulisse 8 et 4, que l’on fixe sur un socle 1 muni de rouleaux?.; au sommet de la tige, sur une poulie passe une cordelette 5 terminée par des piuces 8 ; on fixe le film par l’une de ses extrémités à l’une de ces pinces ; ou le fait passer sous les rouleaux, et l’on fixe l’autre extrémité à la deuxième pointe de la cordelette. Dès lors, en tenant la tige d’une main, de l’aufre on donne à la eordejetjp un mouvement de
- va-et-vient, et le film est, ainsi, sans aucune difficulté, baigné à volonté dans le liquide développaient La tige est à coulisse, ce qui permet d’en régler à volonté la hauteur selon la longueur du film à développer.
- Quant à la cordelette, elle est munie à chaque extrémité d’un ressort à boudin 6, grâce auquel le film est toujours bien tendu.
- Le develop films a été imaginé et est construit par M. Nicoulès, à Parigné-l’Evêque (Sarthe).
- Chauffage
- <1*
- Fi". \‘.i. — Fourneau •> Express ».
- Fourneau à charbon de bois « Express ». — Cet
- appareil se compose d’une sorte de cube en tôle ouvert d’un côté pour permettre de glisser un tiroir contenant le charbon de bois. L’allumage s’obtient par l’inflammation de l’alcool mis dans un petit godet, lequel, placé sous le charbon de bois, enflamme ce dernier.’
- Pour éteindre, il suffit de fermer une porte latérale à glissières de prise d’air et de placer le couvercle.
- Au dire de l’inventeur, ce fourneau ne dégage pas de fumée et s’allume rapide -ment ; la chaleur est
- intensifiée par la présence d un foyer en toile métallique; il se règle facilement et parfaitement en raison de la disposition de la prise d’air ; enfin son extinction est immédiate. Dès lors, pas de perte de combustible et utilisation entière du calorique émis.
- Objets utiles
- Le « Baquet-Tub ». — On sait que le « Tub », si pratique pour ceux qui ne disposent pas d’une salle de bains, ne garantit que très imparfaite-m ent des éclaboussures ; de plus, après usage, le tube est encombrant et difficile à vider, voire même à nettoyer.
- M. Mantelet fils, l’inventeur du «Collier-douche ». vient de créer un nouveau système de récipient pour l’eau des douches qu’il a dénommé le « Baquet-Tub », lequel constitue un précieux auxiliaire del’ingé-nieux « Collier-douche » que nous avons signalé il y a juste vingt ans à cette même place et qui est connu maintenant . dans le monde entier.
- Nous reproduisons ci-dessous l’aspect du « Baquet-Tub » monté et démonté. Plié, le « Baquèt-Tub » n est pas encombrant et peu servir aussi soif de bain de pieds ou de baquet pour les petits savonnages de la maison.
- Le « Baquet-Tub » est beaucoup plus haut et beaucoup plus large que l’ancien tub (hauteur o m. 65, envergure 1 m. 85) de sorte qu’il protège parfaitement de toutes les éclaboussures de la douche. Le baquet récepteur est en pulpe de bois comprimé, ce qui évite toute sensation désagréable en mettant les pieds dans le tub ; l’armature, munie d’un rideau imperméable, est; démontable en quelques secondes et tient; la place d’un parapluie fermé, une fois démontée.
- Demander uotiee i\|. Mantelet, 79, rue de Turbigo
- Fît ri»? •*%.
- Fig. <3.
- Baqiiet-Ttib
- Fig. 14.
- L’appareil (ernié.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- — Position tlu Soleil, au Solstice d’Eté.
- La voûte céleste en juin 1920 (>). — Aucun phénomène astronomique très important ue caractérise le mois de juin..A signaler à l’attention des observateurs parmi les phénomènes de ce mois : le solstice d’été, le 22 juin; le rapprochement de Mars et de la Lune, dans la nuit du 24 au 25 juin; la plus grande élongation de Mercure, le 29.
- I. Soleil. — Pendant ce mois, le Soleil atteint sa plus grande déclinaison boréale, -f- 23° 27', au moment du solstice d’été : 21 juin, à i7h4o'".
- Cette date marque, pour l’hémisphère terrestre nord, l’époque des plus longs jours. A la latitude de Paris, la nuit n’est même pas complète pendant plusieurs jours de suite. On admet, en effet, que la nuit est complète quand le crépuscule astronomique est terminé. Celui-ci cesse quand le centre du Soleil est à plus de 180 sous l'horizon. Pour Paris, à minuit, au solstice d’été, comme le montre la petite figure jointe (fig. 1), le Soleil n’est qu’à 1711 43' lors de son passage inférieur au méridien. 11 en résulte qu’à cette époque de l’année, la nuit n’est jamais totale et l’éclat de ce crépuscule est encore très sensible, au point de pouvoir être photographié. Les observateurs possédant des objectifs photographiques lumineux pourront refaire avec avantage les photographies que nous avions obtenues avec M. Quénisset, au sommet delà Tour Eiffel, dans la nuit du 23 au 24 juin 1 897 et dont La Nature a donné une reproduction dans son n® 1628 du f> août 1904.
- Nous prions le lecteur de se reporter à cet article et nous attirons sou attention sur l’intérêt d’une étude photométrique du phénomène du crépuscule de minuit.
- Les jours augmentent de durée jusqu’au 21 juin et, à partir de cette date, vont commencer à décroître. De là1' 49"’ le. Ier, la durée du jour atteint ifih 8"’ pour retomber à 16'' 4m le 3o.
- Au point de vue des observations physiques , les observateurs continueront le dessin et la statistique des taches, soit par projection, soit par observation directe.
- Pour cette dernière, il est absolument indispensable de munir les oculaires d’une bonnette à verre noir, ou d’employer l’oculaire d’Herschel. Pour le procédé par projection, le dispositif de la figure 2, que tout observateur possédant une lunetfepeut construire lui-même, à très peu de frais, donne ^toute satisfaction, 11 a l’avantage de permettre l’observation simultanée du
- Soleil par plusieurs personnes. La légende de la figure indique suffisamment le moyen de construire le support spécial pour l’observation du Soleil. On y apportera toutes les variantes que l’on jugera utiles. Pour les dimensions, suivant l’instrument dont on dispose, les déterminer en recevant l’image du Soleil sur un carton tenu à la main
- ?.• Les heures sont données eu a temps moyen légal » eomplé de uh à 2V1 ù pariii> de minuit. L'heure d’été étant actuellement eu service, aun'/iieiilcr d’iint: heure tons les temps donnés irj.
- Coupe faite par le centre de la Terre T, à minuit:, au moment du Solstice d’été. L’angle fait par la direction du pôle et l’horizon de Paris (ou un plan parallèle passant en Tî est. égal à la latitude du lieu ou 48° .W. La distance du Soleil à l’Equateur (sa déclinaison) est de 2.3° Tien résulte que l’abaissement du Soleil sous l'horizon est égal, sur la ligure, à 90°—(480 5o'-j- ?.3° a-') — 1 y ./,3' (voir le texte) et que le crépuscule astronomique dure toute la nuit. La réfraction atmosphérique, dont il n’est pas tenu compte ici, relève encore le Soleil et augmente l’importance do crépuscule de minuit.
- ou posé de manière à recevoir cette image. Pour utiliser les disques spéciaux pour la mesure des taches que 1 on trouve dans le commerce — et dont uous donnerons ultérietirement la description — construire le support de manière à donner à l’image solaire un diamètre de o m. iô ou de o m. 20,
- Nous recommandons aux observateurs l’étude delà couleur des taches solaires et, à ceux qui possèdent l’outillage convenable, l’étude photographique sur plaques autochrqmes de ces taches. Il y aurait grand intérêt à posséder des clichés en couleurs des taches solaires. Obtenir également des photographies rapprochées du disque entier de manière à réaliser de belles stéréoscopies donnant le relief de la surface ou du moins du globe solaire.
- Lumière zodiacale, lueur antisolaire. — Ces phénomènes sont peu visibles, à la latitude de la France, à cette époque de l’année, l’écliptique étant trop incliné sur l’horizon, et le point de l’écliptique opposé au soleil trop peu élevé pour observer la lueur « anti-solaire ». Voir ce que nous avons dit à ce sujet ici même (n° 2397-2898, p. 83).
- il. Lune. — Phases de la T .une pendant le mois de juin.
- P. L. le iei', à n1' iKm ;
- D. Q. le 9, à i8h 58”’ ;
- N. L. le 16, à j3h 4 1 ;
- P. Q. le 23, à 61' 49'" ;
- .Age de la Lune, à midi, le 14j,2 ; le 16 : ‘.'.g1,2 ; le 17: 0É9 ;
- 61 juin : le 3o :
- à o1' 54’ 24" ; le 16
- L, partie arrière du corps de la binette. — O, oculaire. — E, écran sur lequel se forme l’image SS’ du Soleil. —- AA', axe optique (doit être perpendiculaire à E). — P, collier de serrage 56 fixant an moyen de l’écrou V sur la monture M et serrant sur L. — (MF, plateforme glissière, avec rainure, sur laquelle se déplace l’écran I*', que l’on fixe avec l’écrou "VL — J, jambe de force. — C, carton entourant'la lunette et protégeant E des rayons solaires. Toute la monture doit être très rigide et très légère. Employer du sapin ou du peuplier. La partie P peut être en métal, bonifier ce collier de drap pour protéger la lunette.
- ,9. Ajouter pour les autres jours, i jour par jour écoulé depuis le T' on le 17.
- Parallaxe de la Lune : le 6 juin, i° i' 19"; le 26 : 5 j' 57'.
- Marées. Mascaret. — Plus grandes marées du mois (heure de la pleine mer à Brest) :
- 2 juin, à îfi1' 34'" : coefficient, o'”,78; 17 juiu, à 1 G1' /*•.>."' :
- coefficient, i“'g2; 18 juin, à 41'57™ : coefficient, l"',02.
- . Le phénomène du mascaret s’observe, en général, quand le coefficient de la marée est supérieur à 1"',00. Il sera peu sensible en juin, en raison de la faible hauteur des marées de ce mois. Mais les conditions atmosphériques, le quantité d’eau débitée, etc., influent très fortement sur la. production de ce phénomène.
- III. Planètes, — Le tableau ci-dessous, établi au moyen des données extraites de V Annuaire astronomique Flammarion pour 1920, donne les renseignements sommaires pour l’observation des principales planètes.
- Mercure atteindra sa plus grande élongation du soir, le 29 juin, à 25° 4F à l’est du Soleil, Nous recommandons de le rechercher quelques jours avant et après cette date. Dans des circonstances favorables, c’est-à-
- avec un éclat, supérieur à celui d’une étoile de
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- deur. Mais, fréquemment, et; ce sera le cas ce mois-ci, la planète se trouve noyée dans le crépuscule et sa recherche, sens équatorial, donnera lieu à quelque difficulté.
- Phase, en fraction du disque totalement illuminé = 1,00 : 4 juin, 0,89; 14 juin, 0,68; 24 juin, o,49-
- Vénus arrivéra en conjonction supérieure avec le Soleil dans les premiers jours du mois prochain. Elle est inobservable.
- . Mars, très près de la belle étoile « Vierge, sera stationnaire le ier juin, à 22h. A partir de ce moment, la combinaison de son mouvement avec celui de la Terre lui fera rebrousser chemin, et de rétrograde son mouvement redeviendra direct.
- La distance à la Terre augmente et le diamètre apparent diminue de : i3"8 le Ier juin, il n’est plus que de
- Saturne, à l’est de Régulus, entre les étoiles rr 3 et p Lion, peut encore être observé avant minuit. Les élé ments de l’anneau qui entoure la planète sont les suî vants, à la date du 2 juin :
- Grand axe extérieur........................... 89" 9
- Petit axe extérieur. ............................5" 3
- Hauteur delà Terre au-dessus du plan de l’anneau. 7Ü42'
- — du Soleil — — 40 4 9'
- Nous voyons actuellement la face australe de l’anneau et le Soleil éclaire cette même face. Si nous étions transportés sur l’anneau de Saturne, les deux derniers chiffres que l’on vient de lire représenteraient la hauteur de la Terre et du Soleil au-dessus de l’horizon, figuré par le plan austral de l’anneau. A. la fin de Tannée, l’anneau de Saturne se présentera à nous juste par la tranche.
- Voici les élongations de Titan, le plus brillant, des
- Date : Lever Passage ( ‘.oueher Asren - Diamètre Constellation
- A STB lî MAI i Pai is. au Méridien de Paris. IV 1 'is. si on (1 roi lu.. Déclinaison. apparent. et érnile voisine, VISIBILITÉ:
- •>h > 5im 1 1 " 49"' I 91 48" 4h 57"* + 2 39' 3 v 3 T' (i Taureau .
- Soleil. . . . m ) 4» i i 51 19 54 5 38 ~|— A > A 1 31 31, 4 Taureau ))
- 2b > ,> 5o 11 53 19 5 fi ‘A 20 + -G A 'X 3 1 ) 1 . A Gémeaux
- ♦ Mercure. . . 6 4 5 5 3 3 18 5 R 12 47 13 26 13 43 A I 2 I 2 I 1 33 2 9 5 5 5 1 10 8 9 + 25 + 2 4 -j- 20 21 19 54 5.4 6.4 7,6 (t Taureau g Gémeaux j 0 Gémeaux Etoile dn soir à la fin du mois.
- . • 6 3 *9 11 17 19 5 4 a5 -f 21 1 I 9,« a Taureau \ Ç Taureau ( Inobservable.
- Vénus. . . . 16 3 3x 11 3o 19 3o 5 17 + A 9,8
- a 6 3 4i 11 44 19 48 6 11 + 23 45 9,6 g Gémeaux
- Mars .... t6 . 14 14 47 16 20 10 19 35 I 0 32 54 i3 19 i3 a3 — 8 — 9 4l A 7 13.4 12.4 a Vierge a Vierge . Pendant la 110 partie ^ de la nuit.
- 2b i3 3i 19 4 0 18 i3 32 — 10 34 t r,4 a Vierge
- Jupiter . . . I () 8 O i5 2.5 22 49 . 9 12 + 17 A 3o', 8 0 Cancer Dans la soirée.
- Saturne. . . 1 (> 9 53 16 47 2.3 4° 10 35 + *0 56 15.6 p Lion 110 partie de la huit.
- Uranus . . . ] (l a 3 3o 4 4;-> O 0 22 3! — 10 0 3,4 a Verseau Après minuit.
- Neptune. . . ib j 41 15 1 ‘1 A 3o 8 48 -j- | 7 5i 2,4 0 Cancer Inobservable.
- ! 8 le 11 et de 11" 8 le 21. Mars présentera une phase
- sensible à la fin du mois : 1" 3, soit de 0,11 du diamètre.
- Continuer l’observation physique de la planète au moyen d’instruments aussi puissants que possible.
- Les premières observations de l’opposition actuelle ont révélé la réapparition d’une très petite tache blanche, analogue à de la neige, située à la longitude 128° et à la latitude boréale 210. Cette tache, spécialement étudiée par l’astronome Schiaparelli, en 1879, qui l’a appelée Nia: Ofympica, avait disparu depuis plusieurs années. Elle vient d’être réobservée à l’observatoire temporaire de M. Jarry-Desloges, à Sclif (Algérie), par M. Georges Tournier.
- Jupiter n’est plus visible qu’au début de la soirée, se couchant à la fin du mois vers 2211.
- Le plan dete orbites des satellites passe en ce moment par la Terre, de sorte que l’on assiste fréquemment à des éclipses des satellites les uns par les autres. Voici encore quelques-uns des phénomènes que l’on pourra observer.
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- Heure.
- 21h l6n'
- 20 32
- 21 2 1
- 21 4®
- 22 I 20 2 1 20 26
- DATE, Satel- lite. Phéno- mène Heure. DATE Satel- lite. Phéno mène
- 4 ' I Im. 21h 27” l > I E. f.
- H Im. 20 3 >4 JI P. f.
- — I P. f. 20 58 16 III P. f.
- I O.f. 22 2 — III O.c.
- 9 TIT O.f. 21 18 — IV E. c.
- 12 I P. c. 20 4° *2 t I O.f.
- , I O.c. 21 41 — II P. c.
- L’explication des phénomènes précédents est donnée dans le n° 2397-2398, page 84.
- satellites (8* grandeur) : Est, 5 juin, i3\4; Ouest, i3 juin, 8h 3 ; Est, 21 juin, i3'' i ; Ouest, 29 juin. 8h,2.
- Uranus, dans le Verseau, sera stationnaire le 10 juin, à 21’. A. partir de ce moment, son mouvement sera rétrograde. Il se déplacera très peu pendant le mois de juin. On l’observera dans la seconde-partie de la nuit. Pour le trouver, s’aider d’une bonne carte céleste et de la position donnée plus haut. Il présente l’éclat'd’nne étoile de 6e grandeur. Quelques observateurs arrivent à le suivre à l’œil nu. Aveu un instrument de moyenne puis sance, Uranus offre un disque bleuâtre d’environ 4"' de diamètre. L’observàlion des quatre satellites est réservée aux grauds instruments.
- Neptune est inobservable.
- IV. Phénomènes divers. —_ Conjonctions Le 8, à a3\ Uranus en conjonction avec la Lune, à 6° o'S.
- Le 16, à 5\ Vénus Le 18, à 5'\ Mercure Le 19, à i5h, Neptune Le 20, à 2h, Jupiter Le 21, à t5\ Saturne
- la Lune, à a° 53' N; la Lune, à 6° 32.' N. la Lune, à 5° 21' N. la Lune, à 6° i5' N. la Lune, à 7° 1 ' N.
- la Lune, à o° 5(V N. phénomènes sera intéressant
- 24 au 2,5. A Paris- même, la con-la Lune se couchant
- le
- juin
- Le 26, à 4h,Mars
- Le dernier de ces suivre dans la nuit du jonction ne pourra être observée, le 25, à oh iom.
- V. Constellations. — Au Zénith le Dragon, Hercule.
- Au Nord, : La Petite Ourse, Céphée, Cassiopée, Le Cocher, Persée, Andromède glissant à l’horizon nord.
- A l’Est : Le Cygne, le Dauphin, l’Aigle (Voie lactée), la Lyre.
- Au Sud : La Couronne boréale, le Serpent, Ophiuchus, le Scorpion, la Balance.
- A l’Ouest : La Vierge, la Grande Ourse, le Lion, les Gémeaux sont près de l’horizon.
- Au Sud-Ouest : Le Corbeau, la Coupe, l’Hydre.
- Les étoiles du Centaure et du Loup passent à l’extrême horizon sud pour Paris. En. Tour.iirr.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le kaolin, succédané du sous-nitrate de bismuth.
- — Le sous-nitrate de bismuth est un produit classique de la phai*macopée, dont la réputation s’étend sur plusieurs siècles sous les noms variables de marcassite blanche, blanc de fard, magistère, bismuth.
- C’est une poudré blanche, insoluble dans l’eau, qui a Pavantage de ne pas être absorbée par la muqueuse intestinale et par conséquent de ne pas produire les effets toxiques des autres sels de bismuth.
- On l’emploie principalement aujourd’hui dans les cas d ulcère de l’estomac, où sou action est particulièrement heureuse et ellicace. Le malade subit un lavage de l’estomac, puis absorbe un lait de bismuth obtenu en agitant 10 à 20 gr. de sous-nitrate dans ioo à i5o gr. d’eau tiède; aussitôt après, il se couche et reste quelques minutes sur le dos, sur le ventre et sur chacun des deux côtés. Dans chaque position, le bismuth se dépose sur la paroi stomacale, il y forme un enduit qui isole l’ulcère et diminue les sensations intolérables de brûlure que cause le passage des aliments ; il supprime ainsi les vomissements et facilite la cicatrisation.
- Depuis la guei’re, malheureusement, les sels de bismuth sont devenus très chers et encore plus rares. Leur emploi est rendu presque impossible pour les malades indigents.
- Le Dr Georges Hayem, qui avait préconisé et introduit en Krance l’usage du sous-nitrate de bismuth, le matin à jeun, contre toutes les douleurs gastriques, a été conduit à chercher un succédané moins coûteux et plus aisé à se procurer.
- Il vient de faire part à l’Académie de Médecine de ses recherches dans cette voie. Nous ne pourrions mieux faire que de reproduire la partie de sa communication parue au Bulletin on il signale les résultats qu’il a obtenus.
- « ,1e propose, dit-il, à cet égard l’emploi du kaolin.
- Ce corps est une argile blanche employée dans la fabrication de la faïence et de la porcelaine.
- C’est une masse terreuse se présentant sous forme de poudre impalpable, composée de silice, d’alumine, d oxyde de fer et de magnésium, d’une insolubilité dans 1 eau et dans les liquides organiques à peu près parfaite.
- .l’ai essayé le kaolin pour la première fois en 1915, comme succédané du sous-nitrate de bismuth, dans un caq d’ulcère et les résultats de cette pratique ayant été favorables, j’en ai étendu l’usage à tous les états dans
- lesquels je prescris habituellement le sous-nitrate de bismuth.
- Le kaolin bien lavé n’a pas de goût très prononcé et peut être employé délayé dans l’eau sans correctif, le le fais prendre à la même dose et dans les mêmes conditions que le bismuth. Mais, comme il est moins lourd, il faut laisser passer une bonne demi-heure après l’ingestion avant de prendre le premier repas.
- Pour éviter l’écœurement ou la sensation d’un goût désagréable, on peut aromatiser la poudre à l’aide d’essence d’anis, à la dose d’une demi-goutte par paquet de-20 gr., ou d’essence de menthe à la dose d’un tiers de goutte par paquet.
- De même que le sous-nitrate de bismuth, le kaolin est un désinfectant et un désodorisant des selles ; il lui est même supérieur au point de vue des effets sur l’intestin, car il tend à en calmer les troubles et à en régulariser le fonctionnement.
- Mais il serait fort exagéré de dire qu’il peut remplacer complètement le sous-nitrate de bismuth, car les effets en sont moins réguliers et moins soutenus. Il faut le regarder simplement comme un bon succédané, pouvant être d’effet suffisant dans bien des cas.
- Au point de vue pratique, il a l’avantage considérable d’être beaucoup moins coûteux que les sels de bismuth, et la différence de prix est particulièrement notable en ce moment.
- L’histoire de l’emploi thérapeutique de kaoliu n’est pas compliquée. . „
- Ce corps n’a été utilisé que pour l’usage externe jusqu’en igoti. On l’employait comme antiseptique dans le traitement des plaies ulcéreuses et on en attribuait les propriétés bactéricides à l’état de sécheresse du produit. Stumpf, en 1906, après s’être rendu compte que ses qualités persistaient après addition d’eau, en proposa l’usage dans les infections intestinales, particuliè-ï’ement dans le choléra asiatique.
- Depuis cette époque, divers praticiens l’ont préconisé dans la diarrhée chronique, dans le météorisme intestinal et dans les états mal délinis que les Allemands désignent sous le nom de catarrhe de l’estomac ou de l’intestin.
- Tous ont recherché l’action désinfectante du médicament. Il me semble bien être le premier à le proposer cumme succédané du sous-nitrate de bismuth, non seulement pour exercer cet effet de désinfection, mais pour calmer les douleurs des gastro-entéropathes, » JLAt^
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Lfaus la boite aux lettres, la Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui -sont signalés par sus abonnés. Hile répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements cpii lui parviennent accompagnées d’une bande d'abonnement. F.u raison de l'abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Appareils à nettoyer par le vide. — Lés adresses des appareils décrits dans le numéro 2402, sont les suivantes :
- i° Appareils à air comprimé, Dürey-Sohy, 17, rue Le JBrun, à Paris; 2" Balai turbine à main, Blondel, J28, rue des Pyrénées, Paris; 3° Aspirateurs à pompe, Whitfield Aviation 1/, 10, Dave Street, Iligh Holborn, Londre's ; 5° Balais électriques ; Thor, chez Blondel, 328, rue des Pyrénées; Tourbillon : Paz et Silva, 55, rue Sainte-Anne; Simplex: Randegger et Niestlé, 188, boulevard Voltaire ; 6° Aspirateur à lurbiüe, Paz et Silva, 55, rue Sainte-Anne.
- Demandes. — M. Lefebvre, Lycée Michelet, à Vanves, demande s’il y a des constructeurs d’automobiles qui ont étudié un système de pédales (débrayage et frein) permettant une conduite facile de la machine aüx mutilés ne pouvant plus se servir que d’une jambe.
- Communications. — Tubes eu amiante pour T. S. F.
- M. Jobard ainé, impasse Mutin, à Dijon (Côte-d’Or), noue écrit qu i! esl fabricant de tubes, roudelleo, joints, et cônes en amiaute.
- Réponses. — N. O. A., à Paris. — 1" OuvrageîTjTïïÏÏ^ais sur les nouvelles théories physiques : L’atome, par Jean Perrin. Alcan, éditeur ; Le radium, par Soddy, traduit par Lepàpe. Alcan, éditeur. Paris, 1920; Transmutation de la matière, par J.-.l. Thomson, traduit par Moureu. Gauthier-Villars, éditeur. Paris, 1919; Les idées modernes sur la constitution de la matière. Conférences faites eu 1912 par Bauer, Blanc, Bloch, Mme Curie, Debierne-Duuoyer, Langevin, Perrin, Poincaré, Weiss. Gauthier-Vilîars, éditeur; Théorie du rayonnement et les quanta, par Langevin et de Brôglie. Gaulhier-Vil-lars, éditeur, 1912; Sur les théories de la lumière el de T électricité, voyez : Théorie de Maxwell, par il, Poincaré (Collection Scientia), chez Gauthier-Vilîars; L’Optique' de Wood, chez Gauthier-Vilîars ; Science el méthode, par H. Poincaré, chez Flammarion (au sujet de la théorie dé la Relativité).
- En ce qui concerne la théorie ultra-moderne d’Einstein, il vous faudra consulter des articles, tels que ceux de L. Bloch, dans la Revue générale des Sciences, de Langevin, Bulletin des Electriciens, janvier 192b.
- 2" Siphon recorder de Lord Kelvin est üti appareil très sensible destiné à enregistrer graphiquement les messages transmis sur les câbles sous-marins. C’est un galvanomètre comportant une bobine placée entre les pôles d’uu puissant électro-aimant. Cette bobine reçoit les courants venant du cable, el subit èn conséquence un déplacement dans un sens ou daus l’autre, suivaut
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- BOITE AUX LETTRES
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- le sens de ecs courants. Elle est reliée par uu fil tendu à un petit siphon de verre qui plonge dans un réservoir contenant de l’eau colorée et qui est mis en vibration continuelle par un vibrateur électrique, de manière que l’encre en sorte constamment sous forme de petites gouttelettes, projetées sur une bande de papier se déroulant devant le siphon à la manière habituelle. Les mouvements de la bobine transmis au siphon se traduisent par l’inscription d’une ligne à courbes ondulées. Comme chaque lettre est caractérisée par les mouvements déterminés de la bobine, on obtient ainsi une impression télégraphique visible que l’on appelle écriture du recorder.
- ./. de Bautel, à Mussy-sur-Seine — Le fer à souder percé n’existe pas dans le commerce, il est facile à réa-
- liser soi-même au moyeu d’un bloc de cuivre rouge qu’on usine. On peut, si l’on n’a pas d’outils nécessaires, le faire construire par uu petit mécanicien auquel^lcs croquis publiés dans La Nature suffiront amplement. «
- Usine Arys, à Courbevoie. — La Western Electric est représentée en France parla Sté le Matériel téléphonique, 45, avenue de Breteuil. La Compagnie Hurley a pour agent la Société Randegger et Niestlé, t88, boulevard Voltaire, à Paris.
- José Durant y Ventosa, à Barcelone. — L’adresse de la Société de purification industrielle des gaz est rue Saint-Lazare, 48. Nous lui faisons parvenir votre lettre.
- Capitaine Lunet. — L’appareil de la figure 4 est un appareil anglais construit par Whitfield Aviation IA, à Londres, 10, Bave Street, Idigh Holborn.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La. Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °j0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.) .......
- Préparation météorologique des voyages aériens, par J. Rouen, i vol. illustré 67 p. Masson et C,B, éditeurs. Prix net : 6 francs.
- Ce petit ouvrage n’est pas un traité de météorologie, mais un guide à la portée de tous, qui permettra à tout aéronaute de déterminer de quels renseignements climatologiques il doit se munir pour organiser à l'avance un voyage aérien. Ces renseignements sont de la plus haute importance, comme eu témoignent tous les grands raids récents; la connaissance des caractéristiques climatologiques des diverses régions survolées est aussi indispensable au navigateur des airs que l’était au marin la connaissance des vents au terups de la marine à voile.
- Métallurgie des alliages métalliques et des métaux autres que le fer, par le général Gages (cours de métallurgie professé à l’Ecole spéciale des Travaux Publics). 1 vol. illustré 43a p. Librairie de l’Enseignement technique. Paris, 1919.
- Ce traité est un ouvrage didactique de premier ordre ; la clarté de l’exposition le met à la portée des étudiants les plus novices; il n(en contient pas moins le maximum de connaissances indispensables aux jeunes ingénieurs. Une première partie est consacrée à la délicate et essentielle théorie des alliages; la deuxième partie traite des procédés d’élaboration des principaux alliages et des métaux autres que le fer. Enfin la troisième partie traite de leurs propriétés mécaniques et de leurs applications industrielles.
- Eléments de télégraphie sans fil pratique. Notions élémentaires, construction d’appareils et installation de postes d'expériences. Applications delà T. S. T\, par F. Duroquier (2e édition). 1 vol. in-16 avec de nombreux schémas, plans et figures de l’antenne. Bunod, éditeur, Paris, 1920. Prix : 7 francs.
- La T. S. F. est aujourd’hui une grande industrie d’une technique très savante. Mais au fur et à mesure que ses applications se développent, elle devient l’auxiliaire chaque jour plus apprécié des météorologistes, des navigateurs maritimes ou aériens, des agriculteurs, etc., elle joue un rôle chaque jour croissant dans la vie moderne. Il est donc nécessaire que ses principes deviennent familiers à tous ceux qui désirent utiliser ses services. C’est cette tâche de vulgarisation que s’est assignée M. Buroquier. Il n’est pas nécessaire ici de faire l’éloge de son talent que nos lecteurs peuvent apprécier fréquemment. Il est bon tout au moins de dire l’utilité de cette œuvre qui peut sembler futile à de graves techniciens. Bisons bien
- haut qu’il n’existe pas de passe-temps plus utile, plus instructif, plus apte à former l’intelligence pratique de la jeunesse, que celui qui consiste à monter et à combiner des appareils de T. S. F. Ne méprisons pas celle pléiade d’amateurs dont M. Buroquier a puissamment contribué à multiplier le nombre; nous leur avons dû, au cours de la guerre, de pouvoir former rapidement ces légions de sans-filistes qui ont tant contribue à la victoire. Le petit livre de M. Buroquier explique clairement en quoi consistent les appareils et les organes essentiels de la T. S. F., y compris les plus récents. Il indique ensuite les montages essentiels et la façon de construire simplement, pratiquement, les divers appareils nécessaires à l’amateur. C’est un guide sûr et expérimenté qui peut être suivi en toute confiance.
- Comment organiser les usines et entreprises pour réaliser des bénéfices, par C. U. Carpenter, traduit et adapté de l’anglais par Serge Merangek. 4e édition.
- 1 vol. 25g p. Béranger, éditeur, Paris 1920.
- Ce livre appartient à la nombreuse catégorie d’our-vrages qu’a fait éclore le système Taylor. Carpeuter s’inspire manifestement des idées du grand initiateur américain; mais le caractère essentiellement pratique, vécu, de ses observations et conseils donne à sou œuvre une note d’originalité qui la distingue nettement de celle des simples commentateurs du maître. Signalons dans cet utile ouvrage un chapitre sur la. réorganisation des usines qui déclinent, un autre particulièrement digne d’être médité sur les réunions de consultation du personnel Les chapitres sur l’outillage, l’usinage, l’emploi de l’acier sont une application directe des méthodes et résultats de Taylor. Notons encore un intéressant chapitre sur le contrôle des prix de' revient.
- f.e sympathique et les systèmes associés, par A.-C. Guillaume. 1 vol. in-8, 160 p., 21 lig. Masson et C"), Paris. Prix net : 6 fr. 5o.
- Le sympathique est un système organique encore très mystérieux, malgré les nombreuses recherches dont il a été l’objet de la part des anatomistes, des physiologistes et des cliniciens. Notre collaborateur, le B‘ Guillaume, entiœprend dans ce petit livre d’établir le bilan du peu que nous savons et de montrer l’importance qu’aurait tout progrès dans ce domaine obscur.
- La Grèce immortelle. 7 conférences faites par Homolle, Beschamps, Biehl, Croiset, Andréaoès, Bertrand, Baud, Boyy, à l’occasion d’une exposition de vues de Grèce, recueillies par F. Boissonnas. 1 vol. in-8, 264 p., 8 héliogravures, 1 carte, nombreuses vignettes, Boissonnas, Genève.
- Belle édition, ornée de magnifiques gravures, traitant de divers aspects de la Grèce : le génie dans l’art grec, les îles, Salonique, l’Olympe, le génie grec dans la littérature, la Grèce devaul le Congrès, le soleil et les paysages.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- INFORMATIONS
- Les amorces actuelles du futur Transasiatique méridional. — Les différents empires, royaumes ou colonies, qui composent l’Asie méridionale, possèdent tous des réseaux ferrés plus ou moins étendus, mais demeurés jusqu’ici complètement isolés. Ces systèmes de voies de communication sont au nombre de cinq : il y a d’abord nos lignes indo-chinoises, puis le réseau du Siam et celui des Etats malais de la presqu’île de Ma-lacca, les lignes de Birmanie, enfin le réseau anglo-indien, de beaucoup le plus développé. Pendant la guerre un premier pas a été fait pour réunir ces différents tronçons. Eu 19x8, le réseau siamois a été soudé à celui de la presqu’île de Malacca et actuellement les trains circulent de Bangkok à Prai, en face Georgetown.
- Un second progrès dans la même direction est imminent. Les Commerce Reports de Washington annoncent que le gouvernement anglo-indien prépare la jonction des lignes de Birmanie avec celles des Indes. Le tracé qui paraît devoir être adopté emprunterait le llukong, c’est-à-dire la haute vallée du Chiudwin, affluent de 1 iraouaddy et relierait Ledo, le terminus nord-est du réseau de l’Assam, au pied des monts Patkoi, à Mogaug, le point le plus septentrional atteint par le rail en Birmanie. La longueur de la ligne en projet ne dépasserait pas 455 km et le principal ouvrage prévu serait un tunnel de i5oo m. ouvert à la cote 825, à travei’s la chaîne Patkoi. Lorsque cette ligne sera achevée, le rail s’étendra sans solution de continuité des frontières de l’Afganistan aux bouches de l’Iraouaddy; seuls, les réseaux du Siam-Malacca et celui de l’Indo-Chine demeureront isolés. Dans un avenir prochain on sera donc, amené à envisager la jonction de ces deux systèmes et leur union avec celui Indes-Birmanie, puis le raccordement de l’ensemble de ces lignes avec le réseau européen de manière à créer un Transasiatique du Süd faisant pendant au Transsibérien.
- D’ores et déjà, la jonction des chemins de fer de l’Inde avec l’Europe est prévue soit par Bagdad et Bassorah, soit par la Perse et le Caucase, soit par l’Asie centrale russe. Les deux premiers tracés entraîneraient la construction de milliers de kilomètres de voies nouvelles, tandis que la troisième solution est beaucoup plus avancée et serait peut-être même en cours de réalisation sans la révolution russe. '
- Depuis plusieurs années, le réseau de l’Asie centrale atteint la frontière nord de lAfganistan à Kouchk, au sud de Merv et le réseau anglo-indien a été prolongé à travers le Beloutchistan jusqu’à New-Chaman, à la frontière sud de ce même empire; aussi bien, entre les terminus des rails russe et anglais, n’existe-t-il plus qu’une solution de continuité large de 760 km — la distance de Paris' à Tarascon. — Pour la combler, une ligne est projetée, traversant l’Afganistan en direction süd-est par Herat et Kandahar; le principal obstacle que les ingénieurs auraient à vaincre sur ce trajet serait le franchissement d’un contrefort de l’Hindou-Kouch.
- D’autre part, pendant la guerre, en 1915, une seconde antenne du réseau russe a été poussée en direction des Indes par la construction de la ligne de Bokhara à Temès, sur le haut Oxas, à la frontière nord de l’Afga-nistan. De ce côté, la lacune existant entre le terminus du rail russe et Pechawer, la tête de ligne des chemins de fer anglo-indiens vers le nord-ouest, est uji peu plus large qu’entre Kouchk et New-Chaman, elle s’élève à 880 km, quelques kilomètres de plus que la distance _de Paris à Marseille; en outre, elle est occupée en partie par un mur formidable, la chaîne de l’Hindou-Kouch, un des plus puissants reliefs du globe. Néanmoins, pas davantage que les Alpes, cette crêté ne constitue un obstacle invincible; à la suite d’études sur le terrain, les ingénieurs russes ont même conclu à la possibilité de son franchissement dans des conditions relativement faciles. Dans leur pi’ojet, la ligne destinée à relier le réseau russe à Pechawer traverserait l’Hindou-Kouch sous le col de Kawak (8490 m.) par un tunnel de •ro km 8 et passerait par Caboul.
- Bref, il n’existe qu’un vide large de moins de 900 km pour qu’un ruban de rail continu unisse les ports de la mer du Nord les plus proches de l’Angleterre aux Indes
- N° 2409
- S Juin 1920.
- britanniques. D’après les calculs de M. Henry Baker, ancien attaché commercial de l’Ambassade des Etats-Unis à Petrograd, publiés par la Geogruphical Res'iew de New-York, la distance par voie de fer de Ilœk van Holland, tête de ligne sur la mer du Nord de la grande voie Cologne-Berlin-Varsovie-Moscou, à Delhi, serait de 8480 km par Orembourg, Kouchk et New-Chaman et de 9120 par Temès et Caboul. La longueur du tronçon à construire n’est donc que le dixième de la distance totale. En tout cas, dès aujourd’hui, des trains peuvent circuler directement de Moscou à la frontière nord de l’Afganistan et les bolcheviks utilisent largement cette voie pour faire pénétrer leur propagande et leurs émissaires dans les Indes.
- On voit combien la construction du Transasiatique par le sud est avancée. Dans l’état de trouble où se trouve actuellement l’Asie antérieure, il est douteux que la Grande-Bretagne veuille faciliter les relations de son empire des Indes avec ces foyers d’agitation; en attendant que le calme renaisse dans ces contrées et que l’on puisse travailler à la jonction des réseaux européen et asiatique, l’exemple donné par le gouvernement anglo-indien, en ce qui concerne la Birmanie, nous montre l’intérêt qu’il y aurait à envisager le raccordement de notre réseau indo-chinois avec celui du Sium. Une importante lacune du Transasiatique se trouverait ainsi comblée et. de ce fait la date du jour où il sera possible d’aller par rail de Paris à Hanoï se trouverait rapprochée.
- CllAKLES RaIXOT.
- Les lignes de navigation japonaise. — D’après un rapport du ministre de Norvège à Tokio [Norges Utenrikshandel, numéro du r5 avril 1920), la flotte commerciale du Japon comptait, en fin 'décembre 1919, unités au-dessus-de 1000 tonnes brutes, représentant 2 4*23 000 tonneaux de jauge. 401 vapeurs (806400 tonneaux de jauge) sont employés dans les mers du Japon et de Chine et 028 atteignant 1 56oooo tonnes de jauge sont affectés à des lignes transocéaniques. Le tableau suivant indique le nombre et le tonnage des navires en service sur ces dernières roules : i° Hongkong-( Shanghaï-Yokohama à côte ouest de l’Amérique du Nord (deux lignes subventionnées : l’une sur Puget Sound, l’autre sur San Francisco), 19 vapeurs, 217500 tonnes; 20 Japon-New York : 11 vapeurs, 60000 tonnes ; 5° Japon-Melbourne (ligne subventionnée) : 20 vapeurs, 76000 tonnes ; 4° Japon-côte est de l’Amérique du Sud ; 10 unités, 60 5oo tonnes ; 5° Iles du Pacifiques austral Jr unités, 129000 tonnes; 6° Lignes d’Europe : i35 vapeurs, 72o5oo tonnes; 70 Japon-Indes: 39 vapeurs, 148800 tonnes; 8° Japon-Singapour-Pacifique austral : 7 navires, 17000 tonnes; 90 Indes-Méditerranée : 7 vapeurs, 20000 tonnes; io° en Méditerranée : 3 navires, 9000 tonnes; 1 xu Yokohama, Honolulu-Santa Cruz, Le Callao, Yalparaiso (ligne subventionnée) : 3unités, 24 800 tonnes ; 12° Japon-Pacifique austral-Indes, : 10 unités, 24000 tonnes ; i3“ Japon-Calcutta-New York : 5 vapeurs,
- 28400 tonnes; 140 Japon-Méditerranée : 8 navires," 3o 000 tonnes. Comme le montre cette statistique, le Japon est actuellement le grand roulier des mers entre l’Extx’ême-Orient et l’Europe et en même temps développe d’une manière remarquable son activité dans le Pacifique.
- Protection contre l’oxyde de carbone — Tout le monde sait que l’oxyde de carbone est un toxique des plus dangei’eux; il agit en se substituant à l’oxygène dans l’hémoglobine des globules du sang et amène rapidement la mort. Pendant la gueri-e, on a eu à se px'éocr cuper de la protection contre l’oxyde de carbone, l’éclatement de certains projectiles explosifs en atmosphère confinée, le tir des mitrailleuses sous casemate produis saient de notables quantités d’oxyde de carbone et out provoqué nombre d’accidents graves. Divèi's remèdes ont été adoptés dans les ai*mées belligérantes. Aux Etats-Unis, MM. Lainb, Bray et l'Yager, du Bureau des Mines, ont imaginé un produit absorbant l’oxyde de carbone et lui ont donné le nom de Hopcalite.. Ce pro^ dxiil. semble avoir donné atxx essais des x'ésullals sâtis-
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- INFORMATIONS
- faisants. Il consiste en un mélange de 5o pour ioo de bioxyde de manganèse, 3o pour ioo d’oxyde de cuivre,
- 1 "> pour ioo d’oxyde de cobalt, 5 pour ioo d’oxyde d’argent. Ce produit se place, dans les boîtes absor bantes des masques à gaz ordinaires. 11 perd graduellement son efficacité par absorption d’humidité. On peut cependant sontrôler son état par l’augmentation du poids de la boite qui iudique l’absorption d’eau.
- Fibres nouvelles pour pâtes à papier. — La Revue Le Papier nous annonce que M. Àriés vient de prendre un brevet pour l’utilisation des aiguilles de pins maritimes en vue d en extraire de la pâte à papier. L avantage, au dire de l’inventeur, serait d’éviter : l’écorçage, le coupage en petits morceaux et l'enlèvement des nœuds, enfin le meulage comme on le fait pour la pâte de paille.
- Le procédé Chaptal pour fabriquer du papier en partant du sarment de vigne (rendement do pour 100 d’après les essais de l’Ecole de papeterie de Grenoble), va être exploité en grand... en Espagne. Trois usines vont bientôt fonctionner, deux à la Kioja, la troisième entre Valence et Alicante.
- Enfin, M. Matrot, chimiste, vient de faire une étude très complète sur l’utilisation de certaines de nos plantes et bois coloniaux. 11 préconise plutôt les seconds parce qu’ils offrent l’avantage de pouvoir être abattus au furet à mesure des besoins ; ils seraient transformés en demi-pâte alcaline et eùvoyés écrus en France, attendu que la fabrication de la pâte mécanique serait trop onéreuse sur place (manque de force motrice). En raison de leur prix de revient minime, il signale aussi que les sous-produits d’exploitations agricoles ou industrielles ont de grandes chances d’être utilisés par la papeterie.
- L’alfa en Algérie. — En ce temps de crise du papier, Y Entente rappelle les ressources de matière premièi-e que nous possédons en Algérie.
- La superficie des terrains d’alfa affermés dans les trois départements de l’Algéi-ie, dit-elle, comprenait en i885, r og5 583 hectares ; en j8815, i 121 717 hectares ; en 1887, 1 278 85-2 hectares et actuellement, 1 358 xoo hec-lares.
- Il a été récolté 2639277 quintaux d’alfa en i885;
- 2 240 020 quintaux en 1887 et 2 385 200 quintaux en ces derniers temps. Il reste plusieurs millions d’hectares inexploités.
- L’exportation de l’alfa qui n’était que de-37759 quintaux en 1868, a atteint dès 1870, 4134^*3 quintaux; en 1885, elle atteint le maximum de g<*5 43a quintaux pour redescendre ensuite.
- De tous temps, l’Angleterre importe plus d’un tiers d’alfa* de plus que la France. Avant la guerre l’Allemagne se fournissait chez nous d’alfa.
- La France exploite la plus grande surface tandis que les Anglais consomment 80 à 90 pour 100 de la récolte. Il y aurait donc intérêt à ce que les papeteries françaises emploient l’alfa en plus grande proportion.
- Un succédané de Phuile de lin. — A une époque où la récolte du lin est pauvre en maintes régions, il est intéressant de noter que l’on vient de découvrir eu Amérique un succédané de l’huile de lin qui ne coûterait que les deux tiers environ du prix du produit véritable. Cette substauce est désignée sous le nom ds linseed OU adulterated et est fabriquée par la National Linseed Company, de Clevevand (Ohio, E.-U.).
- Les fabricants affirment que ce nouveau produit remplace parfaitement l’huile de graine de lin pour tous les usages, sauf potir les usages médicinaux.
- Un « ruban » à ensemencer. — L'Exportateur Américain, n° de février dei-nier, nous apprend que l’Àmerican Seedtape Company, dè Newarlc (N. «L, E.TJ.) vient de trouver un nouveau procédé pour la fabrication de « rubans » à ensemencer. Après de nombreuses expériences, la Compagnie conclut que le meilleur moyen de fabriquer cet article était d’envelopper la graine ou la semence dans un ruban en papier de soie spécial lequel, à peine mis en terre, se désagrège et disparaît entièrement.
- Son prix modéré et aussi le fait que son emploi permet de réduire la main d œuvre à l’extrême le rendent très, intéressant pour les travaux de jardinage et d’hor-ticulture.
- L3S ejngrais radioactifs. — Les décheLs des matières premières dont sont extraits les métaux radioactifs peuvent, d’après M. Durand [La Vie agricole et rurale), mélangés avec des engrais, en accroître l’action fécondante. Plusieurs expérimentateurs, à la suite des premiers essais de M. Daniel Berthelot, ont démontré d’appréciables augmentations de rendement en grande, culture.
- La radioactivité semble surexciter l’activité des cellules, contribuer au développement radiculaire, et, en outre, donner de l’activité aux ferments nitrificateurs et favoriser les réactions chimiques du sol et des engrais. Ainsi les substances radioactives joueraient le rôle de stimulants des éléments nutritifs fournis par les engrais.
- Nos importations de plantes médicinales. — On
- sait que, depuis un an, il existe au Ministère du Commerce cm Of ficc national des maiières premières pour la droguerie, la pharmacie, la distillerie et la parfumerie qui se préoccupe d’encourager la récolte et la culture des plantes médicinales. 11 vient de publier les chiffres des importations en France pendant l’année 1919 des plantes qu’on trouve également dans notre pays. Ils prouvent Futilité de sa propagande. Les voici, exprimés en tonnes :
- Absinthe............ 6
- Aconit 1 feuilles) ... 2
- — (racines) . . . 2
- Angélique........... g
- Arrête-bœuf......... 12
- Armoise............. 8
- Bardane.............21
- Belladone (feuilles). . 3
- Bouillon-blanc. ... 4
- Bourrache........... 9
- Bnsserole...........65
- Camomille romaine . 4i
- Capillaire.......... x3
- Centaurée........... 12
- Chiendient..........127
- Colchique (semeuces). 2
- Coquelicot..........67
- Datura ....... 48
- Douce-amère .... 11
- Eucalyptus ..... i5
- Fougère mâle.... 1 x
- Frêne................ 10
- Gentiane ...... 16
- Germandrée.......... il
- Guimauve (fleurs) . . 70
- — (racines). . 2
- Iris. ................355
- •lusquiame (semences). 4
- Maïs (stigmates). .
- Marjolaine .... I O
- Mai’rube 1 -
- Mauve (fleurs). . . ‘X X
- Mélisse 5
- Menthe 4
- Matricairc x 5
- Noyer (feuilles) , . 5
- Oranger (feuilles) . > 1
- Pariétaii’C 1 ^
- Patience )
- Pensée sauvage . .
- Pied de chat. . . . 5
- Queues de cerise . 9"
- Réglisse 62
- Romarin 1 5
- Roses . 1 (O
- Saponaire . )
- Sauge 38
- Scille f
- Sureau (lleursl . . ,)
- Thym .FF
- Tilleul (fleurs). . . • 2 34
- Tussilage >8
- Valériane >?.
- Vex^veine «3
- Violettes 48
- Les œufs d’autruche. — M. IL Jumelle vient de présenter à la Société Nationale d’Acclimatation une note sur la longue durée de conservation des œufs d’autruche. Des œufs qui lui furent envoyés de. ïéluar, le 22 août 1919, emballés dans une simple caisse, lui arrivèrent à Marseille le 12 décembre, encore parfaitement mangeables.
- La longue conservation de ces gros œufs est connue de la Société d’Acclimatation : M, Bermenier lui avait déjà parlé des œufs d’autruche qu’il ouvrait et dans lesquels il puisait suivant ses besoins, pendant plusieurs jours; M. Debx'euil conserve des œufs de Nandous et d’Emeus pendant pRis de deux mois sans aucun soin particulier.
- En France, les œufs d’autruche pourraient doue être utilisés, avec avantage, dans bien des cas et, entre autres, pour les besoins de la pâtisserie. Malheureusement, quoique le plus grand nombre de ces œufs ne soit pas mis en incubation, la production actuelle n’en semble ni assez importante, ni assez régulière, pour permettre des marchés rémunérateurs aux éleveurs. Dans ces conditions, il pourrait être plus intéressant de chercher à les conserver en les desséchant,
- Un œuf d’autruche [Strulluo Came la s) a environ 17 cm de hauteur sur t3 cm 8 de largeur.
- Son poids est : blanc, 1180 gr ; jaune, 365 gr; coquille, 25a gr; déchet (peau), i5 gr; soit un total de 1810 gr.
- Le volume intérieur est de un litre cl demi.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- »lv Chauffage <«*
- Le chauffeur « Bienvenu ». — Nombreux sont les combustibles qu’on a proposés pour remédier û la crise du charbon, et plus nombreux encore les systèmes d appareils de chauffage qui ont vu le jour depuis la guerre. Tourbe, lignite, agglomérés ont alimenté nos poêles et nos calorifères, et leur emploi plus étendu et plus rationnel eût amélioré la crise dont nous souffrons.
- Cette crise n’est pas près d’être résolue et l’on a raison de continuer à chercher des palliatifs au mal qui doit durer encore longtemps.
- Pour suppléer au gaz, sur lequel beaucoup de gens avaient compté et qui fait trop souvent défaut dans
- maints endroits, on a imaginé un petit appareil très simple , le « chauffeur Bienvenu », pouvant s’adapter à tou tes espèces de po< les, cuisinières, grilles, etc.
- Alimenté au pétrole lourd, ce chauffeur produira lui-même le gaz qu’il brûle, donnant une flamme bleue sans carbone et ne produisant aucune fumée ni poussière. Il brûle un mélauge de 80 pour ioo d air et 20 pour 100 d’huile. Il est assez facile de se procurer de l’huile de chauffage, dans quelque endroit qu’on se trouve, alors que les autres combustibles ne sont pas toujours aisés à obtenir.
- Le chauffeur n’a qu’un faible encombrement et se transporte très facilement. Il offre sur les fourneaux à pétrole ou aulres actuellement en usage 1 avantage de fournir une chaleur intense, grâce à des plaques spéciales qui se trouvent sur le passage des flammes qu’elles étalent.
- La dépense de combustible est faible si 1 on considère qu’il ne brûle que 4 litres 1/ d’huile en 10 à 20 heures, suivant l’intensité du chauffage, et qu'il fait bouillir i35 litres d eau en 20 minutes.
- Il se compose de deux parties : le réservoir à huile et le chauffeur proprement dit.
- Le réservoir (fig. 1 ), d’une capacité de 5 litres environ, est muni d un robinet à obturateur situé à sa
- partie inférieure.
- Un tuyau d’a lim enta -tion le fait communique» avec le chauf-<oi> feur.au moyen de raccords vissés.
- Le chauffeur (fig. • 2) estforméd’un récipient de fonte, sorte de caisse rec-t a n gulaire revêtue d’a-lug. 2. —- Chanffcni'. mianleetdont
- le fond est
- percé d’ouvertures de ventilation. Cette caisse mesure i3 cm de long sur 10 cm de largeur et 5 cm de hauteur. Elle contient un tube en U communiquant avec un autre tube de même forme, placé au-dessus de lui. Le tube supérieur ou tube de vaporisation porte les deux plaques mobiles destinées à disperser les flammes, le tube inférieur est percé de deux petits, orifices d’échappement des gaz.
- L installation très simple dure à peine trois minutes. Le chauffeur étant place dans le foyer du poêle (fig. 3), ou sous la grille à chauffer, le réservoir est accroché au mur à une certaine hauteur. En le mettant à 1 m. 5o au-dessus du niveau du chauffeur, ou obtient la pression qui donnera le maximum de chaleur.
- /as flammes
- Tube supérieur iv" vaporisation V-" tiaccord
- Tube inférieur W
- dammnte
- Ouvertures de •'“nidation
- Echappement
- dunaz.
- ,<________
- Réservoir et chauffeur sont mis en communication par le tuyau d’alimentation, les raccords étant soigneusement vissés avec des pinces, pour éviter toute fuite d’huile. Puis le réservoir est rempli d'huile filtrée, le robinet du bas étant fermé.
- Pour allumer, on verse un peu d’esprit de bois dans la caisse du chauffeur et I on enflamme. La combustion a pour résultat d’échauffer fortement le tube supérieur.
- Lorsqu’elle est achevée, on donne un tour à 1 obturateur du robinet du réservoir que 1 on referme aussitôt. Il s’écoule une petite quantité d’huile qui se vaporise à son passage dans le tube chauffé et commence à s échapper par les orifices du tube inférieur sous forme de gaz.
- On ouvre alors le robinet pour laisser couler l’huile et l’on allume le gaz, en ayant soin d’orienter les plaques bien au-dessus des flammes qu’elles doivent étaler. Ces plaques, par leur mobilité, permettent de diriger la chaleur sur le foyer, sur le four ou pour le chauffage de l’eau.
- Il faut, avant d’utiliser l’appareil, s assurer avec une épingle que les trous d’échappement ne sont pas obstrués, ce qui donnerait, une flamme irrégulière et dansante. Veiller de même â ce que le chauffeur soit posé bien d’aplomb dans le foyer.
- Lorsqu’on s’est, servi du chauffeur et qu’il est enrore très chaud, on verse un peu d'eau froide dessus, c’est tout le nettoya ge qu’il nécessite
- Suivant les usages auxquels il est destiné : chauffage domestique ou bien industriel, le chauffeur « Bienvenu » est de plus ou moins grandes dimensions.
- Les petits modèles, comme celui que nous décrivons, suffisent pour l’emploi journalier des maisons privées, la cuisson des aliments, le chauffage dune pièce, d’un atelier, d’un garage; le chauffage des radiateurs de voilures, etc. Ils rendent de grands services à la maison de campagne, à la ferme, sur les bateaux ; pour les salles de bains, les hôtels et restaurants.
- Plus importants, on les adapte aux systèmes de chauffage à eau chaude, d’où leur utilité dans les maisons particulières, les écoles ou colleges, salles de cinéma, etc..
- Un troisième modèle est construit spécialement pour les blanchisseries, boulangeries et brasseries; le plus grand sert au chauffage des chaudières et peut être même employé pour les locomotives.
- ri«. 3. — Ensemble de l’installation.
- Automobilisme
- Injecteur d’essence pour moteur à explosion. —
- La mise en route d’un moteur à explosion n’est pas toujours chose aisée, surtout par les temps froids. On a beau tourner la manivelle, pour provoquer l’aspiration du mélange dans l’uu des cylindres, le moteur se refuse à partir; cela tient à ce que, à ce moment, la carburation et la vaporisation du combustible se font mal, et les proportions du mélange air, essence, nécessaires pour un allumage facile ne sont plus respectées. Le remède classique est d’injecter de l’essence directement dans un cylindre. Mais il y a intérêt à exécuter correctement et sans complications cette opération.
- L’injecteur E. U. K. permet de le faire, et supprime tous les ratés au départ.
- Il se compose d un petit réservoir cylindrique en cuivre (de om. 63 sur o m. ü5) qui se fixe sur le tablier ou eu tout autre endroit convenable. Ce réservoir est rempli d’essence et contient une pompe. Quand on manoeuvre la pompe, l’essence est. envoyée par un petit
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- tuyau dans la tubulure d admission du moteur et y pénètre en passant dans un gicleur qui la réduit en brouillard.
- L essence ainsi atomisée forme avec l’air contenu
- Fig. \ — lnjeeteur d'essence E. U. K.
- dans le tuyau d’admission un mélange explosif aussi riche qu’on le désire. Aussi, dès que 1 on a donné la main ou au démarreur électrique la rotation exigée
- pour le démarrage du moteur, celui-ci se met-il aussitôt en marche.
- Cet appareil se recommande notamment pour les tracteurs agricoles et pour tous les moteurs ali-mentés avec des combustibles pour lesquels le départ est. difficile, tels que benzol, pétrole lampant.
- L injeeteur E. U. K., est en vente chez Kirby, Beard et C ', 5, rue Auber, Paris.
- Châssis extensibles pour autos Ford. — La simplicité avec laquelle ce dispositif mécanique, capable de transformer rapidement une voiture de tourisme du type Ford, peut être monté sans-que l’on ait à démonter aucune autre pièce et l’excellente qualité de l’acier dont il est fait constituent les deux principales caractéristiques de 1 appareil. En outre, il u est nullement nécessaire, comme on pourrait le croire, de percer le châssis pour le montage du dispositif.
- Lorsque la voiture est ainsi transformée en camionnette. elle se trouve allongée de Jo cm, ou moins, sui-
- l’ig. (’>. — (.liâssis extensible pour auto Ford.
- vaut les besoins, et peut supporter une charge utile d une tonne.
- Constructeurs : Combined Manufacturers’ Fxported Znc., •>,r)0 West 54,h Street, à New-York.
- **> Photographie
- Le Verographe. Cet appareil stéréoscopique, établi en d formats '(4,5 x 10,7, 6 XÔ et 8 X 16}, est caractérisé par un volume très réduit et un poids minime, bieu qu’il soit tout en cuivre gainé et d’une rigidité bien supérieure à celle des chambres noires en bois ou en aluminium. Le panneau antérieur, qui porte les objectifs et l’obturateur, coulisse sans jeu sur une surface métallique dressée mécaniquement, pour le décen-Irement en hauteur, entraînant avec lui le viseur qui
- indique ainsi exactement le champ embrassé par les objectifs, quelle que soit la position de ceux-ci. A l'arrière de la chambre s adaptent, soit un châssis-magasin, soit des châssis simples. Le premier, du type Jacquet, à ô ou a i t plaques, offre l'avantage d’isoler et de bloquer toujours dans le plan focal là plaque exposée, de manière à assurer la précisiou de la mise au point. Ce magasin est interchangeable, sans adapleur et sans différence de /wÆ foyer,avec les châssis métalliques simples de type normal, pour plaques en noir ou en couleurs.
- L’obturateur, à vitesses variables,
- est muni d’un frein pneumatique et fonctionne à l’arrière des objectifs. Ces derniers, choisis parmi les meilleurs anastigmats, sontà mise au pointréglée par mouture hélicoïdale dissimulée dans la boîte de 1 obturateur et se trou vent ainsi protégés contre les chocs. L‘ s distances sont indiquées par une double échelle, l’une pour les plaques en noir, l’autre pour les plaques en couleurs. On sait que ces dernières étant exposées verre en avant et gélatine en arrière exigent un tirage un peu plus court que les autres (1 mm ’>) ; avec le Verographe, il suflit. d agir sur un levier commandé par une manette antérieure entre les objectifs et de placer l’aiguille sur le mot « couleurs » pour que la mise au point se trouve exactement corrigée.
- Le Verographe se fait également avec déoentremenl panoramique. 11 est construit par les Etablissements Tiranty, 91, rue La Fayette, à Paris.
- Verographe Tiranty.
- Appareil pour le tirage rapide des papiers photographiques. — M. Golesceano, fils du médecin roumain bien connu, a imaginé pour le tirage des papiers au bromure, positifs, etc., un appareil, le « Quick » qui a 1 avantage d’assurer une manœuvre rapide et d’éviter les fuites de lumière susceptibles de voiler les surfaces sensibles sé trouvant dans le laboratoire. La ligure S donne l’aspect, général du « Quick». Pour s’en servir, il suffit de relever le couvercle, de placer sur le verre dépoli qu’on voit au-dessous le cliché et le papier à impressionner, de rabattre le couvercle et d’allumer la
- Fig. S. — J.e « Onick ».
- lampe électrique inférieure. Après un temps d’exposition convenable, on éteint, on ouvre, et il reste seulement à changer la feuille de papier pour préparer Une nouvelle épreuve.
- Le (( Quick » assure donc une grande rapidité de tirage; il évite toutes les manipulations de châssis-presses ; il permet d’obtenir des épreuves de divers formats. Enfin, il peut servir aisément à la retouche des clichés.
- Le « Quick » est vendu à l’Ageuce des dernières Nouveautés électriques, 71, rue Yàudamme, Paris (14").
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- VARIETES
- COMMENT ACHETER LES FRUITS FRAIS ? - LES GROSEILLES
- Parmi les fruits à baies, les groseilles sont ceux qu’on rencontre le plus souvent sur les marchés, aux étalages des fruitiers et dans les rues. Rien qu’elles soient cultivées dans un grand nombre de départements, leurs grandes régions de production sont, d après leur genre, pour les groseilles à grappes ordinaires, la banlieue parisienne, la Meuse et le Puy-de-Dôme; pour les cassis, la Bourgogne, la Somme, l’Oise, la Seine-et-Marne, la Sarthe ; pour les groseilles à maquereau, la Normandie et le Nord. Paris reçoit annuellement plus de 5 millions de kilogrammes de groseilles et près de > millions de kilogrammes de cassis.
- Quelles variées acheter de préférence? — On divise les groseilles tantôt en deux groupes, tantôt en trois : les groseilles à grappes, les groseilles-cassis, les groseilles à maquereau. Je me range parmi ceux qui n’en reconnaissent que deux : les groseilles à grappes, les groseilles à maquereau, et voici les principales variétés de ces deux groupes qu’il vaut mieux acheter.
- i° Groseilles à grappes. — Ce groupe renferme des variétés à fruits rouges, blancs ou noirs.
- Variétés à fruits rouges. Hâtive de Berlin. — Grappe de longueur moyenne, fruits moyens, rouge foncé. C’est la plus précoce elle nnirit lin juin.
- Cerise. — Grappe assez longue, fruits très gros et bien acidulés. Maturité lin juillet. Il y a plusieurs sous-variétés.
- La Vcrsaillaise. Belle grappe longue, fruits assez gros. C est peut-être la plus estimée et celle qu’on trouve le plus souvent sur les marchés avec la Versaillaise blanche qui possède toutes ses qualités. Maturité fin juillet.
- Rouge de Hollande. — Grappe lougue, étroite et peu serrée; fruits assez gros, rouge clair. Maturité On juil-lel. De même que pour la sorte précédente, il existe une variété à fruits blancs également estimée.
- I ictoria. — Grappe longue, étroite et peu serrée, fruits assez gros, rouge clair. C’est la plus tardive des variétés. Maturité juillet-août.
- Variétés à fruits blancs. — Les deux variétés à préférer sont la Versaillaise blanche et la Blanche de Hollande dont la maturité a lieu en juillet.
- Variétés à fruits noirs. — Il n’y a guère que deux variétés qui viennent sur le marché; ce sont :
- Cassis Royal de Naples. —- Grappe longue, fruits gros et très parfumés. C est la plus belle et la meilleure variété de ce groupe. Maturité au commencement de juillet.
- Cassis ordinaire. — Grappe assez petite et irrégulière, fruits moyens».
- 2° Groseilles à maquereau. — Ce groupe compte un grand nombre de variétés d’origine anglaise, de coloration jaune, rouge ou verte, très cultivées en Angleterre ou l’on en fait encore une plus grande consommation que de groseilles à grappes. Il y en a, cependant, plusieurs qui sont propagées dans nos jardins et, parmi celles-ci, se recommandent : Golden Drop, à fruits jauues poilus, maturité au commencement de juillet; Green. Océan, à fruits verdâtres, mi-duveteux, et surtout Witihams Induslry, à fruits très gros, rouge-vif, poilus, maturité en juillet. Cette'variété, qui est aussi estimée en France qu'en Angleterre, doit être achetée de préférence aux autres.
- Fntre nos variétés françaises, le choix doit se porter
- sur (irosse rouge dont il existe deux représentants, l’un hâtif, à fruits rouge foncé et poilus mûrissant fin juin, i autre tardif dont la maturité arrive fin juillet.
- Quand et comment les acheter? — La réc olte des groseilles a lieu de la fin de juin à la mi-août, A l’état de primeur leur commerce n’est pas très imporiant. En Angleterre, on expédie surtout en caissettes de groseilles à maquereau enveloppées dans des feuilles de papier blanc sur les côtés, le dessus recouvert d’un papier parcheminé ou paraffiné, et un peu plus lard en i/û ou en ifx sieves.
- La saison bat son plein en juillet, les groseilles arrivent alors dans des corbeilles carrées, des paniers rectangulaires, etc., c’est le moment pour les maîtresses de maison de faire leur provision, soit qu’elles les récoltent, soit qu elles les achètent. Dans le premier cas, il faut avoiivsoin de les cueillir par uu beau temps, et quand ils sont bien mûrs lorsqu’ils sont destinés à la consommation immédiate de la table ou à des préparations économiques; mais, s ils doivent voyager, il importe de les récolter un peu avant leur maturité pour qu’ils parviennent en bon état.
- Dans le second cas, celui des achats, il faut examiner eL les pédoncules et les grains de la grappe. Si les premiers sont mous, flétris ou desséchés, si les seconds sont humides, poisseux ou â demi écrasés, il n’y a pas lieu de les prendre, car ils tomberaient vite au pouvoir do la fermentation, <c tourneraient », et deviendraient hors d usage, attendu que ce sont des fruits périssables.
- 1 audis que s ils sont fermes, pleins et bien pourvus de leur coloris naturel, on peut les conserver quelques jours et d’autant plus qu il est facile de recourir .aux vapeurs d’acide sulfureux.
- Des cassis, en dehors des caractères ci-dessus, doivent exhaler à l’odorat, même avant la dégustation, leur parfum qui est si caractéristique.
- Principaux usages. — Les groseilles à grappes ont été pendant longtemps au premier rang des fruits les plus employés pour les usages domestiques. La gelée de groseilles est toujours tenue pour la gelée ménagère pat excellence, surtout quand elle est faite avec les fruits rouges qui conviennent mieux que les fruits blancs parce que leur jus se gélifie plus facilement. Employées seules ou mélangées en une certaine proportion avec d autres fruits, cerises ou framboises, elles servent à préparer des confitures, conserves, gelées, sirops, sucs, ratafias, vins.
- Les cassis, très peu employés comme fruits de table, le sont en grande partie pour la confection de la liqueur de cassis, liqueur très saine, universellement connue et fort peu coûteuse quand elle est faite à la maison. La pulpe, qui n’est qu’une sorte de conserve au naturel, doit également y trouver place, car elle permet de transformer les fruits, au moment voulu, en confiture, gelée ou liqueur.
- Eufia, les groseilles à maquereau, quoique beaucoup moins employées chez nous qu’en Angleterre, se prêtent aux mêmes usages, de sorte que si la maîtresse de maison hésite à en assaisonner le poisson qui leur a donné son nom, elle peut les faire consommer à l’état cru, ou en confectionner des tartes, â moins qu’à l’imitation de la femme du vicaire de Wackefield, elle ne préfère en préparer un excellent gooseberry-wine. A. THUF.i.i.r.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Ott'
- L’encéphalite léthargique et son traitement. —
- Au cours de l’une de ses dernières réunions, l’Académie de Médecine — qui, le 3 février dernier, sur la demande dé M. le Dr Netter, émettait l’avis qufil y avait lieu de demauder aux autorités publiques de rendre obligatoire la déclaration des cas d’encéphalite léthargique et qui se proposait alors pour centraliser- ces déclarations —- procédait, conformément à une proposition faite à cet effet par M. le professeur de Lapersonne, à la nomination d une Commission pour l'étude de cette maladie, commission composée de MM. les professeurs Chauf-
- fard, Widal, {Pierre Marie, de Lapersonne, Léon Bes-nard, Achard et de M. le Dr Netter.
- Rien de plus justifié qu’une telle décision !
- C est, en effet, que l’encéphalite léthargique, maladie grave, dont la nature essentielle demeure toujours mal connue, mais dont le caractère épidémique en revanche ne paraît aujourd’hui plus douteux, encore que sa contagiosité paraisse assez faible, continue à sévir de par le monde, faisant ici et là des victimes.
- Et celles-ci ne sont pas, hélas! en nombre négligeable. Si nous en croyons M. Netter qui, assurément, ne parle
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- [«ut» à lu légère, bien qu’on ne puisse eu l'absence de déclarations obligatoires ou même facultatives dresser de statistiques exactes, il semble qu’à Paris seul l’on puisse fixer à plus de i5oo le nombre des cas observés, ceux-ci atteignant environ ioooo pour l’ensemble de notre seul pays.
- La mortalité de l’encéphalite léthargique atteignant souvent le tiers des cas, on se rend aisément compte de l’importance particulière qu’il y aurait à disposer contre cette affection d’une thérapeutique sûrement efficace.
- Mais, hélas, il n’en est point encore ainsi, ce qui ne veut pas dire, cependant, que nous soyons complètement désarmés vis-à-vis d’elle.
- En effet, comme très à juste titre le notait récemment M. Netter dans une communication des plus intéressantes à l’Académie de Médecine, « il existe des médications tout indiquées découlant de la connaissance de la maladie ».
- Celle-ci, qui présente une analogie évidente avec la poliomyélite, affectant comme elle les centres nerveux et se fixant sur les centres ganglionnaires, paraît être provoquée par un virus filtrant devant se rencontrer au niveau des éléments nerveux, tout en étant également présent dans le nez, la gorge, la bouche.
- Des expériences poursuivies an cours de ces dernières années en Angleterre, en Amérique, d’autres toutes récentes en France par MM. Levaditi et Ffarvier, sont venues du reste confirmer ces prévisions sur l’analogie de l’encéphalite avec la poliomyélite, tout en établissant bien, cependant, qu’il s’agit de maladies distinctes.
- De ces constatations, naturellement, découlent certaines indications.
- La première qui s’impose à l’esprit est, comme l’a fort justement fait observer M. Netter, de chercher à neutraliser dans les centres nerveux mêmes le virus de l’encéphalite en recourant pour cela, comme il a du reste été fait non sans succès dans le cas de la poliomyélite, à des injections iutra-rachidiennes de sérum provenant de sujets atteints antérieurement de la maladie à combattre.
- Eh dépit de certains résultats obtenus par divers auteurs qui ont eu recours à cette méthode, il ne semble pas, cependant, qu’on doive à l’heure actuelle s y arrêter.
- Autrement en est-il, en revanche, de l’administration par la voie buccale de 1 hexaméthylène tétramine ou for-mine, donnée à doses fractionnées. Ce produit passant dans le liquide céphalo-rachidien paraît y exercer une action utile vis-à-vis de l’agent virulent de l’encéphalite dont on peut encore entreprendre de favoriser l’élimination rapide par la salive en administrant au malade du jaborandi ou de la pilocarpine, concurremment avec une quantité convenable, d’adrénaline qui touche le cœur et permet d.e combattre l’asthénie, fréquente chez les malades.
- Mais jusqu’ici, dans tous les cas graves d’encéphalite léthargique, la médication de choix, celle qui a donné les résultats les plus satisfaisants, est sans conteste possible l’abcès de fixation déterminé par une injection d’essence de térébenthine.
- M. Netter, dans une première communication à l’Académie de Médecine (séance du 3o mars 1990), signalait les avantages de cette pratique dans les termes suivants : « Chez tous nos malades atteints de formes graves, nous injectons le plus tôt possible, dans la région externe de la cuisse, i ou 2 cm3 d’essence de térébenthine dans le but d obtenir la formation d’un abcès.
- « Nous ne saurions trop recommander cette pratique qui, au cours de la dernière épidémie de grippe, nous a permis de sauver beaucoup de nos malades.
- « Ses effets ne sont pas moins merveilleux dans l’encéphalite léthargique. »
- Et huit jours plus lard (séance du (i avril), revenaut. sur l’importance thérapeutique de ces abcès de fixation, il ajoutait : « Dans ma communication de mardi dernier, j’ai fait ressortir les heureux résultats des injections de térébenthine dans le traitement des encéphalites léthar giques graves.
- <t Je voudrais aujourd’hui conseiller de généraliser ces injections au traitement des encéphalites aussitôt le diagnostic établi et cela sans les limiter aux cas graves. »
- Ce n’est d ailleurs pas sans de sérieuses raisons que M. Netter tient un semblable langage.
- Son expérience personnelle lui permet de le faire. Sur 9,5 malades graves n’ayant point reçu d’injection d’essence de térébenthine, il eut en effet à regretter ri décès, soit un peu plus de 5o pour 100 du nombre de ses malades, alors que sur un autre groupe de 19 malades injectés et ayant fait un abcès qui put être incisé, il n’eut à déplorer qu’une seule mort, celle d’une jeune femme enceinte d’un peu plus de trois mois. Or, tous les médecins savent que chez ces dernières malades l’encéphalite léthargique revêt un caractère particulièrement grave.
- Mais, à ce propos, il n’est pas sans intérêt de consta ter que ce n’est pas d’aujourd’hui seulement qu’a été reconnue cette signification favorable des abcès !
- Le père même de la médecine, le vieil Hippocrate, qui connaissait bien le lethargus, avait observé leur heureuse action. Et c’est ainsi qu’il disait : « Les ma lades qui réchappent du lethargus sont pris généralement d’empyème », d’empyème, c’est-à-dire font une collection purulente en un point quelconque de l’organisme.
- Fncore que l’épidémie soit présentement en décroissance, ainsi qu’il ressort d’une enquête poursuivie par les soins du Ministère de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, il n’était point sans intérêt de préciser que notre thérapeutique ne se trouve aujourd’hui nullement désarmée vis-à-vis de l’encéphalite léthargique dont l’épidémie actuelle aura été surtout redoutable pour les adultes, la maladie ayant atteint ceux-ci deux fois plus souvent que les enfants et n’ayant que très exceptionnellement touché les sujets âgés de plus de 60 ans.
- Et c’est là une circonstance d’autant plus importante à connaître que jusqu’ici nous demeurons toujours imparfaitement fixés sur les modalités de la transmission de la redoutable affection et par là même impuissants à en assurer de façon certaine la prophylaxie.
- Le contage de l’encéphalite léthargique, admettons-nous communément, est, suivant toute probabilité, véhiculé par la salive; mais, il convient aussi de reconnaître, en raison de la longue persistance* du virus daus les centres nerveux, que la période durant laquelle les malades sont susceptibles de transmettre leur affection doive être très étendue et aussi que la maladie puisse être contractée au contact d'un convalescent ou encore, comme l’a noté M. Netter, a à celui d’un sujet atteint d’une forme, fruste, larvée ou même d’un sujet sain ayant entouré un malade. »
- Ce sont là, on le voit, des modalités bien diverses.
- Elles ne sauraient par fortune influer en rien sur l’essence même d’un mal assurément en soi fort redoutable mais qui, cependant, peut aujourd’hui nous apparaître comme assez rassurant, et parce qu’il tend à s’atténuer comme le constatent les enquêtes officielles, et surtout parce que désormais, comme nous le notions tout à l’heure, nous nous trouvons sérieusement armés pour le combattre. Dr Georges Vitaux.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- atft.
- Succédanés du café. — Le café a subi, hélas ! la loi commune qui actuellement afflige toutes les denrées, la hausse constante du prix de vente. Il est possible, dans les ménages 3e l’additionner de quelques succédanés qui le rendent plus économique, s’ils ne lui apportent pas l’arome, la saveur et les propriétés toniques et stimulantes spéciales, recherchées dans la boisson, dues, comme l’on sait, à la caféine, transformée en méthyl-
- amine pendant la'torréfaction des précieuses amandes.
- La betterave, la carotte et la chicorée sont trois racines qu’il est assez facile de cultiver dans les jardins. A défaut de cette production familiale, on peut s’en procurer sur les marchés, ou dans les épiceries. C’est, d’ordinaire, d’octobre à janvier que l’on prépare la poudre qui va servir à l’usage que nous venons d’indiquer.
- On prend une partie de betteraves, une de carottes
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- cl deux de racines de chicorée. Ou découpe ces produits eu morceaux à l’aide d’un coupe-racines ou de tout autre appareil, et les sèche séparément à l’étuve. La chicorée est prête après 24 h-> & carotte après 3o h., et la betterave après 36 h. Le rendement est, environ, de 22 pour 100 pour la chicorée, 12 pour la carotte, et ii pour la betterave.
- Au sortir de l’étuve, les cossetles sont portées dans un fourneau, après les avoir arrosées avec de la mélasse. La quantité qu’il faut employer de cette matière sucrée, la température que l’on doit maintenir, et la durée de 1 opération, dépendent de la qualité et de l’état des racines. La pratique est le meilleur guide ici.
- Quand la matière est sèche, il ne reste plus qu’à la réduire en poudre, en se servant d’un moulin. Mais il ne faitl pas arriver à un trop grand degré de finesse. Cette poudre est ensuite mise, en la comprimant fortement, dans des cylindres, ou cartouches de papier.
- Pour préparer le café de seigle, on fait macérer les grains pendant une nuit dans de l’eau froide. Après ce temps, on laisse écouler le liquide, et on le remplace par de l’eau pure fraîche que l’on chauffe aussitôt à i’ébullition. Les grains gonflent, puis s’ouvrent. On les jette alors sur une passoire, et les lave à trois reprises avec de l’eau bouillante. Quand la matière est bien égouttée, on la sèche rapidement au grand soleil, ou, mieux, dans un four, une étuve, un évaporateur.
- Les grains sont passés, alors, dans un brûleur où on les torréfie comme on le fait du café. Après les avoir réduits en poudre, on les conserve dans un récipient bien bouché. Pour utiliser la matière, on la mélange par moitié avec le café. On peut l’employer seule, aussi, après l avoir fait bouillir un quart d’heure (60 gr. pour 3 tasses).
- Ou traite de même, l'orge, le lupin, les pois chiches.
- < >11 sait que l’on se sert aussi des glands.
- Les figues ont l’avantage, comme les betteraves, d’apporter avec elles de la matière sucrée. On utilise, généralement, dans ce but, les figues sèches de deuxième qualité, ou plus ou moins avariées.
- D’après le Dr Trabut, la torréfaction des fruits demande un peu d’attention. Dans le brûloir à café ordinaire, on n’en brûle ordinairement qu’une partie et on 11e cuit pas l’autre. Il faut une chaleur régulière et soutenue, aussi l’étuve convient-elle mieux que le rôtisseur à café. Les figues brunissent, sont presque noires, tout en restant encore molles. A, ce moment, il convient de les laisser à l’air; elles deviennent assez, dures et cassantes pour être moulues ou pilées.
- La poudre obtenue, qui devra être fine, pour que les graines soient bien divisées, est assez avide d’eau. On doit la conserver dans du papier imperméable. En général, on la place dans des boîtes en carton, où elle ne farde pas à s’agréger en une pâte cassante. On peut aussi, et c’est là un procédé qui paraît pratique, agglomérer le produit en tablettes, faciles à diviser. Les fragments, jetés dans l’eau chaude, se désagrègent immédiatement.
- Dans les régions où la ligue entière sèche mal, il est encore possible de préparer les fruits pour le café, en les ouvrant. La dessiccation au soleil est alors plus rapide et ces ligues, peu présentables, conviennent très bien pour la torréfaction. Enfin, les figues noires, plus rustiques, plus faciles à sécher, et parfois plus fertiles,
- peuvent trouver là aussi un débouché avantageux.
- Toujours d’après l’auteur que nous citons plus haut, le café de figues est, au moins, aussi colorant que là chicorée. Il a un goût trouvé agréable par beaucoup de dégustateurs, qui provient des nombreuses petites graines pilées avec la pulpe.
- Comme la chicorée, ce produit doit être employé surtout dans le café au lait, où l’on peut facilement 1 introduire dans la proportion d’un tiers. Pour les enfants, cette quantité peut être dépassée. On peut même faire du café au lait avec le seul café de figues, ce qui n est pas possible avec la chicorée.
- Rappelons que 100 kg de figues sèches donnent 71 kg de poudre sèche de café, que ce produit avait remplacé, pour une bonne part, la chicorée dans les pays de l’Europe centrale, qui s’approvisionnaient en Turquie et jusqu’en Algérie., Antonin Rolist
- liigénieui'-agrimmiir.
- Id-oie pratique (TAulilirs.
- Pour septionner un flacon de verre. — Voici un procédé simple indiqué par Electrical Experimental.
- . Prendre une barre de fer de t cm de diamètre environ ; la chauffer au rouge à une extrémité ; appuyer cette extrémité surune brique ou tout autre support ininflammable, comme l’indique la figure.
- Puis prendre le flacon, le faire tourner lentement eu le maintenant bien en contact avec la tige de fer jusqu’à ce que celle-ci cesse d’être rouge.
- Plonger alors rapidement le flacon dans un seau d'eau froide. Si l'opération est bien exécutée, il se produit une fine craquelure circulaire grâce à laquelle le flacon se sectionne de lui-même avec autant de netteté que si ou l’avait découpé au diamant.
- Pour retenir le nombre ~ — Dans le numéro 2099
- de La Nature, nous avons donné un moyen mnémonique pour retenir le nombre ic avec 22 décimales. Il arrive aussi que l’on a à faix-e la division d’un nombi’e entier N par izr opération assez longue à faire. On peut évidemment remplacer la division
- N ' .... 1
- — par la multiplication i\ X — >
- à condition de se souvenir de la valeur de - Pour cela,
- uu de nos lecteurs de Sotteville-lès-Rouen nous indique un moyen facile.
- « Les > journées de iS3o suivies de 89 renversé ». 11 suffit d’écrii-c les nombres contenus dans cette phrase, dans l’oi'dre où ils sont énoncés en remplaçant comme il est dit 89 par 98, ou a ainsi :
- — o,3183098-
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- Q0E.
- osé
- AVIS- — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés, l-'.lle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus suuvcnt. nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Abonné 4167-3302, à Oran. — Comme ouvrages à la fois scientifiques et pxatiques, traitant de l’élevage industriel du poulet : incubation artificielle, élevage et engraissement, et de, la production intensive des œufs, 011 peut s’arrêter aux suivants, à consulter et comparer
- pour avoir toute la documentation utile eu. vue d’uue entx-eprise industrielle visant à la fois la production du poulet et celle des œufs : Aviculture, par Ch. Voitellier, x vol. 10 fr. ; Les mois avicoles, par Henri Voitellier (couvées, cours pratique d’incubation, élevage, croisements, etc.), 1 vol, 7 fr. ; L’Incubation artificielle et la basse-cour, par le même, 1 vol.. 7 fr. ; La Basse-cour pratique, par E. Lemoine, x vol. 7 fr. ; Conseils pratiques sur Vincubation, l'élevage et Vengraissement des volailles, par J. Rodillou, a vol., i5 fr. ; Incubation, 1 vol., 5 fr.; Elevage et engraissement, 1 vol., 10 fr.; La Basse-cour productive, pai' Louis Bréchemîn, 2 vol.
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- BOITE AUX LETTRES
- (Punies), 14 fi-. ; Poussins ci poulets, par le même, i vol., ifr. 5o; La poule qui pondra 3oo œufs par an, parle même, i vol., ofr. 60 ; De la sélection des pondeuses, i vol., 5 fr., chez l'auteur, P.-H. Pavillon, à Beauvais, par Thouars (Deux-Sèvres). Pour les autres ouvrages, .voir Librairie agricole, 26, rue .Tacob, Paris, G0.
- M. Ch. B., à Chàtellerault. — i° Il est assez difficile de détermiuer les causes des diverses anomalies que présentent les œufs de cane, sans être à même de se rendre compte de visu de ces auomalies. En tout cas, les œufs hardés, qui sont des œufs dépourvus de coquille, dénotent une cause d’ordre physiologique. Le plus souvent, on explique l’absence de coquille par une fécondité trop grande de la cane (comme de la poule), relativement à sa puissance digestive, et surtout à l’insuffisante quantité de calcaire dans l’alimentation.
- Les sujets que l’on engraisse trop, ou dont la ponte est excessive sous 1 influence d’un régime alimentaire trop riche, trop excitant, donnent des œufs dont la coquille est très mince ou qui, parfois, n’ont pas du tout de coquille. Dans les pays où l’élément calcaire est rare, les œufs sont plus souvent à coquille mince, ou sans coquille, que dans les pays calcaires.
- Il serait indiqué d’ajouter aux aliments des coquilles d’huîtres pilées, ou du grain chaulé, ou encore des lima-
- çons; les coquilles de ces mollusques concourent à la formation de la coquille des œufs.
- La ponte fréquente, le fort poids de certains œufs etl’auo-malie de leur constitution peuvent provenir d’un état de plé tliore, engendrant l’infécondité des œufs, et la cause déterminante pourrait être due à un excès de nourriture.
- •2° Nous ne connaissons pas de tourteau composé spécialement pour 1 alimentation des volailles, mais on peut employer les tourteaux d’arachides et de palmistes en mélange dans les rations de pâtées; ce sont des aliments concentrés, surtout riches en protéine et en matière grasse. Pour ces tourteaux, voyez aux adresses suivantes ; Rocca, Tassy, de Roux, 46, rue Brefeuil, Marseille; Verminck, 18, boulevard de la Corderie! Marseille; Victor Régis, 69, rue de la Palud, Marseille; Wayant, Marseille; Maurel et Prom, Bordeaux.
- En ce qui concerne les aliments composés, provendes pour volailles, voici des adresses : Duquesne, à Mont-for t-sur-Risle (Eure); P. Pitance, 10, rue Daulne, à. Lisieux; Dautreville, e5, rue des Francs-Bourgeois, Paris, 4e; Comptoir général de l’élevage, 106, rue Lalayette, Paris, io°; Jersey-Farm-Avicultura, 8, rue d’1 Louvre, Paris, iM ; G. Pitre, 36, rue Godot-de-Mauroy, Paris, 9"; Lacourt, à Broué (Eure-et-Loir); A. Renard, à La Celle-Saint-Cyr (Yonne); Ponderie Ovidor, Sainte-Marguerite, Marseille; Roger, à Poissy (Seinc-et-Oise).
- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. -- Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. __
- Manuel de topométrie. Opérations sur le terrain et calculs, par Jules Baillaud. i vol. 19X28 de v 111-221 pages, q3 fig. Dunod, éditeur, Paris 1920. Prix net 19 fr. 5o.
- L’auteur a rassemblé les calculs et discussions auxquels donne lieu la préparation d’un levé.
- Le manuel traite surtout des opérations fondamentales de la topométrie de position, le nivellement, l’intersection, le relèvement, le cheminement.
- L’auteur s’est étendu sur les procédés astronomiques d orientation. Il expose aussi le problème de la représentation sur un plan d’une calotte terrestre. 11 termine par quelques considérations sur les triangulations complémentaires.
- Radiotélégraphie pratique et radiotéléphonie par P. Mau-kek, 1 vol. 16 x 25 de 386 p. avec 261 fig. Dunod. éditeur, Paris, 1920. Prix net ; 21 francs.
- Le livre de M. Maurer contient aussi peu de formules que possible et s’adresse à ceux qui veulent acquérir des notions sérieuses de T S. F.
- La première partie contient des données générales sur les oscillations électromagnétiques.
- Dans la deuxième partie, ces notions sont appliquées ù la radiotélégraphie.
- Dans la troisième, on étudie l’émission, la réception a\ec ses dispositifs nouveaux, les ondes entretenues, la direction des ondes et les systèmes principaux de radiotélégraphie. Dans un chapitre spécial, les divers systèmes de radiotéléphonie sont expliqués. Enfin, la quatrième partie montre l’utilisation de la radiotélégraphie à la guerre et à la marine, etc..., et décrit les mesures pratiques réalisées en T. S. F., la recherche des défauts et les essais des tubes à vide.
- L'Atelier moderne de Construction mécanique. Construc-lion, outillage et direction, par Osçar FL Pebrigo, traduit de la 2" édition américaine par Maurice Varinois. 1 vol. i6x-2.5 de xxv-dqG-p., avec 219 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1920. Prix net ; 25 fr. 5o.
- L’auteur examine les dispositions et les modes de construction les plus recommandables, l’installation du chauffage, de l’éclairage, et de la force motrice, l’organisation des ateliers, magasins et bureaux; il indique des méthodes de direction et de comptabilité industrielles, en vue d’augmenter le rendement du personnel et des machines.
- Méthodes économiques de combustion dans les chaudières à vapeur, par J. Izart. 4° édition complètement refondue. 1 vol. ifix 25 de xvi-383 p., 1 i5 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1920. Prix net : 25 fr. 5o.
- L’économie de combustible est aujourd’hui un problème dont la solution s’impose à tous.
- Dans cette nouvelle édition, l’auteur s’est efforcé de multiplier les renseignements pratiques et a développé les questions .de contrôle de la chauffe, de mesures et d’instruments de mesures,d’organisation de l’exploitation d une chaufferie et de recherche des prix de revient de la vapeur.
- Mes combats, par Real F'oxck. Préface du maréchal Foch. 1 vol. 25o p. Flammarion, éditeur, Paris, 1920. Prix net ; 5 fr. 75.
- C’est le récit simple et sans phrase des exploits épiques du plus célèbre de nos aviateurs de chasse. Beaux exemples d’énergie, de sang-froid, de sacrifice à la patrie ; leçons nécessaires à la formation morale des jeunes générations.
- Pensées sur la science, la guerre et sur des sujets très variés, glanées par Maurice Lecat. i vol. in-8, 478 p. Lamertin, Bruxelles. Prix : 02 fr.
- Suite de pensées extraites des ouvrages les plus variés et classées par catégories de sujets.
- Le problème de l'Espace par I. Alvarez de Tuleuo, 1 vol. in-8, 3o3 p. Félix Alcan, Paris. Prix : 7 fr. 5o plus 20 pour 100.
- L’auteur étudie les géométries euclidiennes et non euclidiennes et les figures irrégulières des espaces supérieurs tout en établissant la supériorité de la géométrie d’Euclide, confirmée par les organes du ?ens, de l’espace qu’il étudie et décrit dans la deuxième partie de l’ouvrage consacrée à la physiologie et aux maladies de l’orientation et de Péquilibre, 11 termine sou ouvrage par 1 exposé de sa « Science inlerspa-liale », domaine du quatrième espace et de toutes les pensées métaphysiques qu il y rattache.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N 2410 12 Juin 1920.
- INFORMAT] ONS
- Signaux horaires émis sur ondes entretenues.
- Les stations radiotélégraphiques de Lyon (YN) et de .Nantes (UA) procèdent chaque jour à l’émission de signaux horaires spéciaux destinés à l’aviso Aldébaran.
- Ces signaux ont pour objet l’étude du rayonnement des émissions de Lyon et de Nantes sur ondes entretenues et de la variation du champ inducteur créé par ces émissions en fonction de la distance.
- Les installations nécessaires à la réception à bord ont été faites sur YÀldébaran d’après les plans et sous la direction de M. le lieutenant de vaisseau de Belleseize.
- h’Aldébaran a quitté Toulon au mois d’août dernier et se trouve actuellement dans l’Océan Pacifique; il a pu aller jusqu’à notre antipode sans perdre le contact avec la station bretonne. Les signaux destinée à Y Aldébaran ont une précision horaire qui permet à cet aviso de suivre la marche de ses chronomètres pour les besoins de la navigation courante.
- Lyon procède à l’émission des signaux dits « AldéLa-ran » de 8 h. 45 à 8 h. 58, au moyen d’un arc ou d’un alternateur à haute fréquence, sur une longueur d’ondes de i 5 3oo m. cl selon le diagramme suivant :
- 1r’ Minute
- 2’ Minute
- J? Minute
- 5': Minute
- Gv Minute 7e Minute
- Nantes répète ces signaux quatre fois par jour en utilisant une émission entretenue (arc chantant) ; de 8 h. 2I à 8 h. 3x sur 9.000 m. delongueurd’ondes, de io h. L! à io h. 3i sur i i.ooo —
- de 20 h. z3 à 20 h. 3i sur 9.000 —
- de 20 h. 53 à 21 h. 01 sur 11.000 —
- Les applications industrielles du fer pur. Le
- métal Armco.— Le fer pur se fabrique en général par le procédé du puddlage; cette technique est en voie de décroissance rapide, l’acier s’étant dans la plupart des applications induslrielles substitué au fer pur. 11 l’a emporté, grâce surtout à son bon marché et à ses qualités de résistance mécanicjue. Néanmoins le fer pur a un certain nombre de propriétés que ne possède pas l’acier, notamment .une grande résistance aux corrosions, en outre une malléabilité beaucoup plus grande. Aussi assistons-nous aujourd’hui à une curieuse réhabilitation du fer pur : en Amérique, de grands efforts ont clé faits en ces dernières années pour moderniser la technique quelque peu désuète du puddlage. D’autre part, des procédés nouveaux de production du fer pratiquement pur se sout fait jour : 1 un s’est développé en France, c’est le fer électrolytique dont nous avons déjà parlé; l’autre est un procédé spécial d’affinage au four Martin basique, pratiqué eu Améi’ique et par lequel on obtient un fer doux de grande pureté qui a reçu le nom commercial de métal Armco (American Rolling Mill C"). M. Gouvy vient de communiquer à la Société des ingénieurs civils les renseignements qu’il a recueillis sur ce métal au cours d’une mission récente aux Etats-Unis.
- Le fer Armco a les caractéristiques suivantes : résistance moyenne . 33 a 34 kg pour 29 kg garantis; allongement moyen : 3i pour xoo pour 22 pour 100 garantis; limite élastique : 21 kg 5 pour une striction de 75 à 78 pour 100. L’analyse chimique révèle une teneur moyenne de 99,8 pour 100 de fer. La proportion des impuretés est donc très faible ; on y trouve des traces de silicium, soufre, phosphore, carbone, manganèse et cuivre.
- Le métal, de cassure soyeuse, se soude parfaitement, présente une grande x-ésistance à la corrosion, même par les acides, et offre une bonne conductibilité élec-tiùque, tout comme le fer électrolytique. D’après les nombx-euses applications déjà réalisées, on en envisage les emplois suivants : canalisations, égouts, caniveaux, etc.; tôles pour toitures; réservoirs d’eau et silos à grains en tôle galvanisée; gazomètres et tanks à pétrole; bacs, cuves, tonneaux divers exposés à l’humidité et aux agents atmosphériques; constructions métal-liques appelées à une grande durée ; fils télégraphiques (à cause de sa bonne conductibilité) ; baguettes d’apport pour soudure autogène ; tubes soudés; réservoirs à acide sulfurique.
- Le métal Armco est actuellement fabriqué en grand aux usines de Middletown (Ohio). Cette fabi’ication exige une haute température et des précautions assez minutieuses. Aussi est-elle grande consommatrice de chaxbon et son prix de revient est-il assez élevé.
- L’industrie du fer électrolytique en France. —
- Noti-e regretté collaboi'ateur, M. Jean F.scard, a exposé ici récemment en quoi consistait la fabrication du fer électrolytique ainsi que le grand intérêt pratique offert par ce produit de création récente ( Voy. n* 2086, 20 décembre 19x9). Le métal ainsi fabriqué est très pur et offre une grande résistance aux corrosions; il se prête particulièrement bien aux applications électriques et a en outre des propriétés mécaniques intéressantes ; M. Guillet a donné à une récente conférence de la Société des ingénieurs civils quelques renseignements complémentaires sur la situation de cette industrie qui piend en France un sérieux développement.
- MM. Boucbayer et Viallet ont monté à Gx’euoble un ti'ès vaste atelier qu’ils vont considérablement agrandir incessamment et dans lequel on fabrique notamment des tubes sans soudure. La Société de Firminy possède à Bioupéroux un important atelier où l’on fabrique des lingots. D’autre part, on établit en ce moment en Italie une usine considérable pour la fabi-ication directe des fers électrolytiques.
- Dans celte induslxûe nouvelle, on obéit à plusieurs suggestions : i° obtenir un métal pur afin de se passer, notamment pour la fabrication des aciei’s au creuset, des fers de Suède couramment utilisés jusqu’à ces dernières années. 2“ fabxûquer directement des objets finis, tubes, tôles, etc. Il convient d’ajouter que la fabrication directe des tôles présente encore quelques difficultés.
- La potasse en Espagne. — En 1912 et 1913, on a x'econnu l’existence de la potasse en Espagne dans le bassin qui entoure Cardoua, Suria et Manresia. Le Génie Cisàl résume sur ces nouveaux gisements un inté-î-essant mémoire de M. Hoyt Gale du Geological Surrey des Etats-Unis. >
- Cardona est le siège d’une importante exploitation de sel gemme ; celui-ci constitue sous une forme très pure la masse sous-jacente qui, recouverte de gypse et d’ax'-gile, porte le nom de sel de Cardona. Elle est connue depuis Strabon et exploitée depuis fort longtemps.
- On a trouvé à Cardona des dépôts de chlorure de potassium pur (de faible épaisseur, il est vrai).
- A Suria, la découverte de la potasse a été faite en 1912 par un groupe français qui a entrepris d’actives recherches. On a reconnu comme exploitable une zone étendue de terx’ain, comprenant 2 à 3 couches de c-ar-nallite à 12 pour 100 de potasse et 1 à 2 couches de sylvinite à 20 pour 100 de potasse, en lits réguliers d’une épaisseur de 2 à 3 m. chacun. Le bassin paraît recéler au moins 200 millions de tonnes de potasse pure. Les préparatifs d’exploitation paraissent activement poussés: Un puits est foncé déjà à plus de 60 m. Un autre sera ci’eusé à 5oo m. du premier. D’après M. Hoyt Gale, l’exploitation de la potasse pourrait commencer dès le milieu de 1920.
- Le bassin houiller d’Héraclée. — Le bassin houillcr d lléraclée, dont il est souvent question depuis quelque temps est situé sur la înve sud de la mer Noire, à seu-
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- INFORMATIONS
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- lement i5o milles marins de Constantinople. Son étendue en direction est-ouest atteindrait 100 km et ses ressources un milliard de tonnes ; ajoutons que pour la sortie de son extraction cette région dispose de deux excellents ports naturels : Héraclée et à i5 km environ plus à l’est Zongouldak, En raison de sa proximité de l’Italie, on voit dans ce bassin la source future d’approvisionnements de la péninsule en combustible minéral ; de là, l’attention dont ces gisements de l’Asie Mineure ont bénéficié dans ces derniers temps et la note que les Commercial Reports, le moniteur officiel du commerce des Etats-Unis, viennent de leur consacrer.
- D’après ce document, leur situation ne serait pas actuellement très brillante. Toutes les installations érigées avant la guerre à Zongouldak ont été détruites par les bombardements de l’escadre russe, et le mouillage d’Héraclée se trouve encombré par des épaves; de plus ce port est dépourvu d’entrepôts, d’engins de levage, de voies ferrées. Par suite, l’embarquement du charbon s’opère Suivant des procédés très primitifs et très lents et à grands frais ; résultat : une tonne de houille d’Héraclée revient à Constantinople à peu de chose près au même prix que du charbon anglais de première qualité, et elle lui est très inférieure. En second lieu, la main-d’œuvre dans les mines est lente et inexpérimentée. Les ouvriers sont des cultivateurs des environs ; ils sont peu payés, mais produisent très peu; en 11 heures de travail ils n’abattent en moyenne que 314 kg de charbon, et ils chôment il\o jours par an ! En bons disciples de Mahomet, jamais ils ne vont à la mine les innombrables jours de fêle du calendrier musulman. De plus, le charbon d’Héraclée ne possède qu’un pouvoir calorifique relativement faible (moins de 8000 calories) et est très friable. En revanche c’est un excellent charbon à gaz et à coke. A ces deux points de vue le bassin de l’Asie Mineure présente donc pour l’Italie un intérêt capital.
- Trois Sociétés possèdent des concessions dans cette région : la Société française d’Héraclée, la Société germano-belge Bender-Eregli, enfin un consortium italien. La Société d’Héraclée est de beaucoup la plus importante; sa production en icpo atteindra 700000 tonnes, d’après les Commerce Reports-, en août dernier elle s'est élevée à do000 tonnes; en outre, toujours suivant la meme source, elle possède de vastes terrains qui n’ont pas été jusqu’ici attaqués et qui seraient très riches. Les gisements français ont le privilège d’une situation très voisine de la mer, c’est par Zongouldak qu’ils exportent leur extraction. L’exploitation germano-belge n’est pas encore organisée; en août dernier, elle n’a donné que 778 tonnes, et c’est à dos de mulets qu elle achemine sa production vers le rivage. Quant aux con-, cessions italiennes qui sont très étendues, elles n’ont été jusqu’ici l’objet d’aucun travail. Cn. Raijot.
- Découverte du pétrole en Grèce. — Le soldat n’est pas seulement l'admirable combattant que l’on sait; une lois la lutte terminée, il devient un énergique pionnier de la mise en valeur du pays dans lequel il se trouve cl lorsqu’il part, il laisse derrière lui des signes visibles de son œuvre bienfaisante. Ainsi, cn Grèce, dans la plaine de Elorina, des officiers du génie français ont entrepris des sondages pour la recherche du pétrole, et ces opérations ont obtenu le plus grand succès, annoncent les Commerce Reports. D’après un rapport du Consul îles Etats-Unis à Salouiki, un des puits foncés par nos officiers donnerait 5o bariis de pétrole par jour, et tout indique que la région renferme d’abondants gisements d’huile et de gaz naturel.
- Les terres transportées par le vent. MM. A. N. YViuchell et E,. R. Miller ont profité dune tempête de neige qui a sévi n,Madison (Wisconsin) le 9 mars 1918, pour mesurer la quantité de particules terreuses entraînées par le veut. Les environs de Madison étaient couverts d’une épaisse couche de neige légèrement teintée en brun-rouge. Ils tirent fondre la neige, puis évaporer l’eau en résultant. Il leur resta environ 1 gr. par litre de dépôt terreux, correspondant à 5 gr, de poussières par mètre carré de sol. Ces particules provenaient du Nouveau Mexique et del’Arizona, à i5oo km environ dans le sud-ouest, comme ou pouvait en juger par leur composition minéralogique. Celte chute de neige teintée de poussières terreuses ayant couvert un
- très large espace, les auteurs estiment à r million de tonnes lu poids de terre transporté par le veut depuis les régions désertiques pendant cette seule tempête. Le vent seul suffit donc à produire une érosion et un transport considérables des roches des régions sèches vers les régions humides où elles contribuent à former le sol végétal.
- La formation technique dans les Universités françaises. — Les Universités font aujourd'hui une large part à la science appliquée et aux spécialisations industrielles. Elles ont créé de nombreux diplômes ou certificat d’Universilé, qui consacrent ces études. Le Bulletin administratif de l’Instruction publique (3 avril) en donne la nomenclature avec les dates de leur institution. Nous la reproduisons, groupée par spécialités, d’après la Revue Scientifique.
- Diplômes :
- De Docteur ès sciences biologiques : Nancy ;
- D’Ingénieur mécanicien ; Nancy, Toulouse;
- — • Electricien : Grenoble, Lille, Nancy, Toulouse ;
- Chimiste : Paris, Alger, Besançon, Bordeaux, Caen, Clermont, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nancy, Poitiers, Rennes, Toulouse.
- — Chimiste analyste : Poitiers:
- — Métallurgiste : Nancy ;
- Agricole : Toulouse ;
- — Papetier : Grenoble ;
- — Horloger : Besançon ;
- Brasseur : Nancy;
- — Géologue : Nancy ;
- De Mathématiques générales : Lyon ;
- De Mathématiques de l’ingénieur : Besançon;
- D’études aérodynamiques : Nancy.
- De licenciés : mécanicien, physicien, chimiste, géologue . Lille ;
- De Pharmaciens (étrangers) Paris, Bordeaux, Lyon, Montpellier, Nancy.
- De Médecine légale et psychiatrie : Paris, Lille, Lyon;
- De Médecine coloniale : Paris, Bordeaux;
- D’Etudes de médecine coloniale : Marseille ;
- D’Etudes de pharmacie coloniale : Marseille;
- D’I lydrobiologie et pisciculture : Toulouse;
- D’Electrolechniquc et de mécanique : Caen ;
- D’Electricité appliquée : Besançon ;
- Dé Conducteur industriel : Alger :
- D’Etudes biologiques : Nancy;
- De Géologue minéralogiste : Alger;
- De Chimiste agricole : Poitiers;
- D’Etudes d’agronomie : Caen, Lyon, Nancy ;
- D’Etudes supérieures de sciences appliquées à l’agriculture : Poitiers :
- D’Agriculture : Besançon :
- D’Etudes œnologiques : Dijon;
- Ceistii ic.vts :
- D’Hygiène : Lille, Lyon, Toulouse :
- D’Etudes hydrologiqucs . Toulouse :
- De Sciences appliquées au génie civil : Alger .
- D’Etudes électrotechuiques : Grenoble ;
- D’Electricité industrielle : Alger, Clermont;
- De Brasserie : Nancy ;
- De Laiterie : Nancy ;
- D’Etudes commerciales : Caen, Grenoble, Nancy, Poitiers.
- Brevets :
- D’Electricien : Poitiers;
- D’Etudes électrotechniques : Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Poitiers;
- D’Electricité industrielle : Alger, Clermont, Marseille ;
- De Conducteur électricien : Grenoble, Toulouse ;
- De Conducteur papetier : Grenoble ;
- De Chimie industrielle . Alger, Marseille :
- De Chimie agricole : Clermont ;
- D’Œnologie : Dijon ;
- D’Horloger régleur : Besançon.
- Nous remarquons qu’il ne figure, dans cette nomenclature, aucun diplôme d’Université de météorologie, alors que des enseignements spéciaux sont faits à Nancy cl à Strasbourg.
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- Mécanique
- Compresseur d’air pour ateliers et garages. — L’air comprimé est un agent moteur cl une remarquable souplesse. Le développement de l’électricité, multipliant les réseaux sur lesquels il est si facile de brancher des moteurs extrêmement maniables, a fait un peu reléguer dans l’ombre l’air comprimé. Cependant celui-ci a des avantages propres indéniables; les principaux sont les suivants : il n’exige, pour être produit ou utilisé, que des dispositifs mécaniques simples et robustes, tandis que le moteur et les appareils électriques comportent toujours des organismes délicats qui ne sont bien connus que des spécialistes.
- Pour l’automobile notamment, l'air comprimé peut rendre de très grands services : démarrage, gonflement de pneus, actionnement d’outils dans l’atelier de réparation, manœuvre de crics, etc. La façon la plus pratique d’utiliser l’air comprimé est de l’employer comprimé à haute pression dans des bouteilles d’acier bien connues. Encore faut-il être en mesure de recharger aisément ces bouteilles lorsqu'elles sont vides, d’où l'intérêt qu’il y a à disposer d’un groupe compresseur facile à installer et à manœuvrer, et permettant d’effectuer aisément cette rt'charge.
- C’est, le problème qu’a résolu M. Luehard, en cons-
- Fiç;. r. — Compresseur d’air Iiiirliard.
- Iruisant un petit groupe compresseur très compact et de très faible encombrement; il se compose de !\ cylindres montés 1 à ?. en tandem, et réalise la compression étagée de l’air en 1 étapes. Les deux cylindres inférieurs sont à basse pression, ils ont 56 mm d’alésage et compriment l’air à 5 kg. Le cylindre supérieur est à moyenne pression et amène l’air à >5 kg; enfin le cylindre haute pression l’amène à i5o kg. Après chaque échelon de compression, l’air au sortir du cylindre passe dans un serpentin, placé dans un bac à eau et y dissipe la chaleur qu’il a emmagasinée du fait de la compression. A la sortie du dernier cylindre un épurateur retient toute l’huile que l’air aurait pu entraîner. L’appareil peut être commandé soit par la transmission générale de l’atelier, soit par un moteur indépendant.
- L’arbre du compresseur tourne à environ iooo tours à la minute; le modèle donnant 5 m? à l’heure sous i5o kg pèse 160 kg et absorbe une puissance de 3 HP seulement.
- En vente chez Luehard, air, boulevard Pereire, Paris.
- Gabion « Pal vis
- Le dispositif suivant, de création relativement récente, est d origine italienne ; il est basé sur l’emploi de gabions spéciaux, dits « Palvis ». Le gabion « Palvis » est un matériau ayant la forme d’un prisme droit à section rectangulaire, constitué par une armature en grillage galvanisé que l’on remplit de cailloux (fig. a); il se compose essentiellement de deux parties : i° la semelle de fondation ; %" le corps de l’ouvrage.
- La semelle de fondation assure la protection du talus ou de la berge contre les affouillements. Elle est formée de gabions de faible épais- seur, o m. 5o; très largement débordante, elle a pour objet de s incliner au fur et à mesure que l’afïouillement se produit, de manière à limiter son importance (fig. 3).
- La longueur de la partie débordante de la semelle par rapport au corps de l’ouvrage doit être égale à deux fois la profondeur des atîouille-ments possibles, mesurés à partir du niveau du sol sur lequel repose la semelle de fondation.
- Quant au corps de l'ouvrage, il est constitué par des gabions de dimensions variables disposés suivant un ou plusieurs étages, c’est-à-dire selon la hauteur que l’on veut donner à l’ouvrage de protection et le travail auquel il doit résister (fig. ti.
- L’armature d’un gabion consiste en un treillis métallique à mailles double torsion, en fils de fer galvanisés. Les mailles affectent la forme d’un hexagone qu’on aurait allongé dans le sens d’une diagonale. Les fils galvanisés sont déterminés, soit par leur diamètre au i/ioe de mm, soit par le n° de la jauge de Paris.
- Pour monter un gabion, celui-ci étant déplié et étendu à plat sur le sol, on dresse les deux parois verticales (II et IV) et les deux têtes T, de manière à former une boite dont le couvercle (I) serait ouvert, comme l'indique la figure a; avec des bouts de fil galvanisé de longueur convenable, on ligature très solidement toutes les arêtes. Ainsi monté, on transporte le gabion à remplacement qu’il doit occuper définitivement dans l’ouvrage de protection en construction. Pour cela, on le place dans le sens convenable et de façon que le nombre des côtés libres du couvercle du gabion qui pourront; venir (lorsqu’on fermei'a celui-ci) en contact avec les arêtes des gabions voisins, soit minimum. Cette opération facilite considérablement, par’la suite, le bouclage du gabiou. •
- On ligature soigneusement et solidement les arêtes verticales du gabion avec les arêtes verticales des gabions voisins, puis à l aide d’une masse en bois, on applique les parois ou les têtes du gabion contre les
- **> Travaux Publics
- La protection des berges des rivières et torrents.
- — Des dispositifs sont, depuis quelques années, présentés pour la protection des talus et des berges des fleuves et torrents et même pour le rivage maritime. La plupart sont en ciment armé comme le revêtement de Murait, les plaques Moinier, les dalles Muller; d’autres en briques spéciales montées sur armatures métalliques comme le revêtement Yilla et la cuirasse flexible Decau-ville, dont La. Nature a parlé en son temps.
- gabions voisins, et avec des fils galvanisés on ligature également les faces en contact le plus près possible des arêtes de base. Des piquets en fer de i m. 5o environ de longueur, placés aux angles de la paroi verticale (opposée à la charnière du couvercle du gabion), sont dressés verticalement et enfoncés dans le sol à l’aide d’une masse eu fer. Ces piquets ont pour but de tendre les têtes de ladite paroi dans l'alignement qui est lixé.
- Les gabions de la semelle de fondation sont remplis de cailloux roulés on galets de dimensions telles qu’ils ne puissent passer en aucun sens à travers les mailles du treillis métallique formant l’armature, et on les dis-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- poüe grossièrement à la main, de façon qu’ils laissent entre eux le moins de vide possible. Pour remplir les gabions du corps de l’ouvrage, on dispose contre le grillage formant les faces du gabion un parement de gros cailloux (galets ou déchets de carrière) ne pouvant passer en aucun sens â travers les mailles du treillis métallique; dans la partie centrale du gabion, si l’on ne possède pas suffisamment de gros cailloux, on remplit avec des cailloux de dimensions plus petites ne passant
- Fit?-4-— Un ouvrage en gabions Palvis.
- cependant, en aucun sens, dans un anneau de o m. o/, de diamètre.
- Au cours du remplissage, on dispose à l’intérieur des gabions des tirants ayant pour but de rendre solidaires les faces opposées du gabion; ces tirauts sont constitués par des bouts de fil galvanisé et la ligature porte sur plusieurs mailles ; on a ainsi des tirants reliant les têtes aux parois verticales, des tirants reliant ces parois entre elles et dans les gabions de la semelle de fondation des tirauts verticaux reliant la base au couvercle.
- Quand le remplissage du gabion est fait, on rabat le couvercle qu’on tire à la main de façon à rapprocher ses fils de bordure le plus possible des fils de bordure des parois verticales. Tous ces fils sont tordus ensemble au moyen d’une tige en fer, ou clé, chaque o m. ao environ; les fils de bordure des autres faces sont également tordus, et, le bouclage étant opéré, on ligature très solidement les fils de bordure du couvercle avec les fils de bordure voisins des gabions contigus,
- Grâce à ces dispositions, l’ensemble d’un ouvrage de protection effectué en gabions « Palvis » constitue un véritable bloc ayant sur les blocs similaires en maçonnerie l’avantage d’être éminemment flexible.
- Le gabion « Palvis » a été utilisé dans de nombreux travaux de colmatage, soit pour livrer à la culture des terrains gagnés ou consolidés, soit pour installer sur ces terrains des bâtiments d’usines.
- Ce dispositif de protection de berges et talus est de nature à retenir l'attention des constructeurs et des propriétaires de terrains par sa facilité de construction et sa faible dépense.
- Objets utiles
- Humecteur de ruban gommé à cacheter « Liberty». — Ce ruban gommé à cacheter permet de faire
- des paquets d’une manière plus rapide et plus aisée. On humecte simjjlement le côté gommé, on colle le ruban en place et ainsi le paquet se trouve solidement et proprement attaché. Il a l’avantage d’être moins cher que la ficelle et de ne pas glisser.
- Quant au ruban, il se fournit en rouleaux, en toutes largeurs et couleurs, qui s’adaptent sur n’importe quel
- humecteur; ceux-ci comportent différentes grandeurs.
- Constructeurs : Liberty Paper Company, 5a, Vander-bilt avenue, à New York.
- Ventouse « Tenon ». — Cette ventouse que I on a pu voir à la Foire de Paris est constituée par un globe en verre muni à son extrémité d’un système à valve s’ouvrant automatique -ment lorsqu’on produit le vide dans le verre par une pompe ordinaire à bicyclette dont on a auparavant retourné l’embout de cuir, et se fermant dès que l’on arrête l’action de la pompe.
- Pour s’en servir, appli quer de la main gauche la ventouse sur la peau, placer l’ajutage n de la pompe sur l’ajutage I de la ventouse « Tenon », en maintenant en même temps cette dernière sur la peau; on fait le vide en tirant le cylindre vers le haut, une ou plusieurs fois suivant qu’on désire le vide plus ou moins complet, En général, cinq à six coups de pompe suffisonl
- Le vide voulu atteint, on relire simplement la pompe de la valve, le clapet g appuie sur sou siège par le ressort k, et le vide existant dans le récipient conser v e celui-ci tout le temps necessaire.
- Pour retirer la ventouse, il suffit de tirer la tige i vers le dehors d’une façon lente et continue, ce qui détruit l’action du videparla communication du récipient avec l’atmosphère.
- Comme on le voit, cetle ventouse supprime à la fois tout danger de brûlure, attendu qn’il n’y a pas de coton ou d’alcool à enflammer, et toute douleurpourlaposerou l’enlever puisque son action Fig. — Détails,
- est lente, régulière et réglable ; ellepeut enfin être appliquée par foute personne alors que les ventouses ordinaires ou à robinet sont d'un emploi relativement délicat et demandent une main experte. Cette ventouse a été l’objet d’un examen favorable de la part de la Société de Médecine de Paris.
- Ventouse « Tenon », ao5, boulevard de Strasbourg, Boulogne-sur-Seine (Seine).'
- Trousse d’outils portative extra-plate. — Réunir toute une série d’outils nécessaires aux automobilistes, aux électriciens, aux mécaniciens, en un seul que l’on ne peut perdre et qu’on est sûr d’avoir sous la main, tel est le but réalisé par la trousse Electro-M. S. Elle est beaucoup plus commode que la trousse habituelle des automobiles, dont chaque outil constitue un élément séparé qu’on risque de perdre ou d’oublier, si bien que la trousse devient rapidement incomplète.
- La figure 8 représente ouverte et fermée la trousse de réglage pour le démontage des magnétos. On y trouve un tournevis robuste, deux clés de 6 mm pour les vis platinées et les conl re-éçrous, une clé en tube de 8 mm. pour la vis centrale du. rupteur, une lame-gabarit pour régler l’écartement des vis et électrodes des bougies, une lime douce pour le nettoyage. La trousse, très piale, peut se fixer par un anneau à la chaîne de poche.
- Cette trousse est en vente au prix de 7 fr. ào aux Appapejls Electro-M. S., 98, rue Lamarck, Paris.
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- Trousse Kleetro-M. S.
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- VARIÉTÉS
- L,es microbes dans la valeur hygiénique de l’œuf frais. — Eh quoi! vont peut-être dire certains lecteurs, y aurait-il quelque inconvénient à consommer un œuf frais, si bien isolé dans sa prison de pierre ';' Peut-il y avoir un aliment plus saiu ; ne le recommande-t-on pas, d ailleurs chaque jour aux convalescents et aux malades ; tout cela ne serait-il encore qu’illusion?
- ITélas. 1 œuf frais n est pas toujours sans reproche. Nous disons toujours,_ car il faut s’empresser d’ajouter que ce n est qu exceplionnellement qu'on doit lui imputer des méfaits graves. r
- Linossier dit que les œufs, meme très frais, peuvent donner naissance à des phénomènes d’intoxication (urticaire) intense, surtout chez les dyspeptiques. On doit s'abstenir d’en manger, par exemple dans le cas de fièvre typhoïde. On a constaté aussi que l’abus des œufs crus engendre l’entérite.
- Mais ce qui nous intéresse surtout ici ce sont 1rs microbes. Si 1 œuf est mangé frais, ils n’ont guère eu le temps d'élaborer des produits nuisibles, et si on le mauge cuit, la chaleur a détruit ces germes étrangers, ioutefois, si la plupart des microbes sont sans danger pour le consommateur dans les conditions ordinaires, il est des cas où il peut en être bien autrement. On n’a pas oublie, dans les annales médicales, par exemple, ce repas de noces qui, à Cholet, entraîna la mort de 10 convives sur >8, a la suite de l’ingestion d’un gâteau à la crème où s'était multiplié à l’aise un bacille du groupe des paratyphoïdes.
- L infection de 1 œuf se produit-elle dans l’ovaire même de la poule où se forme le jaune ; dans l oviducte ou ce dernier s’entoure d’albumine; sont-ce les germes qu’il y a dans le cloaque qui souillent la coquille au moment de la ponte; les microorganismes de l’air peuvent-ils traverser la coque avec les gaz qui pénètrent dans l’œuf, ou seulement quand ils sont en contact direct avec cette dernière dans les matières qui la salissent ?
- Ce sont là tout autant de questions qui ne paraissent pas avoir été encore bien élucidées.
- Du fait que 1 on a pu trouver des vers dans les œufs, et même les débris d’un h aime Ion dans le jaune, il n’y a rien d (donnant qu’ils puissent s’infecter dans le corps même de la poule.
- l'avre et Garin ont signalé, en effet, en iqid, un nématode vivant, YITetoralàs inflexa. Ils rappellent, à la suite de Stephen Àrtault (189 >), que depuis les faits semblables décrits au xvie siècle par Licet, Fabrice d Aquapendente et Aldrovandi, une vingtaine d’auteurs l’ont mentionné ou étudié également. L’Ascaride en question, parasite de l’intestin de la poule, comme cet autre llelminlhe le Distoma ovaium, répond bien aux petits serpents des anciennes descriptions des monstres de 1 oeuf, puisqu'on en a trouvé, de nos jours, mesurant jusqu’à 6 cm de longueur.
- D après Caldwell etMason, qui ont examiné a5io œufs frais (60 poules), à Rhode-Island, c’est plutôt le jaune qui i enferme des bactéries (8,8 pour 100; le pourcentage d infection par poule et par an oscillait entre 2,8 et t5 pour 100). De lavis de ces expérimentateurs, il semble pour le moins difficile que la pénétration se fasse à travers la coquille après la ponte, ou lors du passage de l’œuf daus le cloaque, ou pendant la fécondation, ou bien encore à la formation du blanc et de la coquille. Il paraît plus probable quelle soit surtout le fait d organismes inoffensifs se trouvant occasionnelle-
- ment dans 1 ovaire. Ils n’ont pu déterminer aucune variation saisonnière définie dans la teneur en bactéries des œufs examinés.
- Bushnell et Maurer (Etats-Unis) ont constaté aussi que dans les œufs frais, le blanc est moins atteint que le jaune. La^plus grande partie des microbes qu’ils ont caractérisés croissent abondamment à la température ordinaire des chambres (200 C) et restent à peu près inactifs à celle du sang (38°). Le nombre des œufs contaminés augmente légèrement avec l’âge des poules; il y a d ailleurs de grandes différences d’une poule à 1 autre et aussi, pour une même poule, suivant la saison. Celles qui vivent au grand air sont moins contaminées;
- 1 alimentation avec des pâtées molles augmente le nombre des œufs infectés. Ceux qui sont pondus en été contiennent plus de bactéries que ceux d’automne et de printemps. Il y a de fréquentes et fortes différences entre le nombre des œufs infectés et celui des œufs gâtés. L’augmentation dans l’infection et la diminution dans la conservation n ont pas nécessairement une marche parallèle, car c’est plutôt la qualité que la quantité du contenu bactérien qui conditionne la conservation.
- lxn ce qui concerne les œufs fécondés, Caldwell et Mason ont constaté à peu près le même degré d’infection chez les u-ufs fertiles (6,9 pour foo swv 4a2 examinés), que chez les œufs stériles (8,9 pour 100 sur 81 à œufs).
- Pour Bushnell et Maurer," l’accouplement n’augmente pas 1 infection ; 1 accroissement des œufs avariés paraît être une conséquence, directe ou indirecte, du développement de l’embryon.
- Enfin, Léo Rettgor dit que les œufs fécondés ne paraissent pas se putréfier plus vile que ceux qui ne le sont pas, car ils 11e contiennent pas plus de microbes que ces derniers.
- Certains estiment que dans des conditions normales, la coquille est imperméable aux germes; mais si elle est sale, il est possible qu’ils puissent la traverser. D ailleurs, les microrganismes se logeraient presque (ous entre la coque et la membrane vitelline. Si l’infec-tion gagne le blanc elle ne peut être très rapide, car les liquides muqueux se prêtent mal à la propagation des microbes.
- Otlo Maurer, qui a examiné au Kansas 6000 œufs, a conclu que la coquille, et surtout la mince pellicule interne, opposent une barrière infranchissable à la propagation des germes venus du dehors.
- Cependant, les moisissures peuvent franchir la coque, ainsi que l'ont expérimenté M. Linde t.,;de’I’Inslilul Agronomique, en déposant les œufs sur des lils de moisissures, et M. Husson, à Grignon, en frottant par places la coquille avec de la pulpe de pomme de terre ensemencée. On sait que la moisissure sécrète un acide qui attaque la matière minérale. Au mirage, on voit des taches de moisissures, ou boutons,. surtout dans la chambre à air.
- Quoi qu il en soit de la genèse de la flore bactérienne-de l’œuf, il "est certain que tous les œufs se gâtent à la long-ue, et qu’ils sont alors dangereux pour la consommation. Si on veut les conserver un certain temps, il faut viser à empêcher ou à ralentir les échanges gazeux avec le milieu externe, la pénétration occasionnelle des germe s, et le développement des microbes qu’ils peuvent déjà contenir à la ponte. .
- A. Rolkt, Ingànicui'-ngrcnoinc, Kc.ole pratique d'Antibes.
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- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
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- Développement pendant les grandes chaleurs. — Dans les bains dont la température dépasse a5ü, la gélatine se gonfle outre mesure, se ramollit, devient visqueuse et cède au moindre attouchement. Vers 3o°, la plupart des émulsions se couvrent de réticulations (teseau de craquelures, donuant à 1 image un aspect cloisonné), et aucuue ne résiste à une température supérieure à 135°. Ces inconvénients sont faciles à éviter lors-qu on peut se procurer de la glace ; mais l’emploi des réfri-
- gérants y est pas toujours possible, et, dans les pays tropicaux, il ne faut pas songer à opérer avec des révélateurs dont la température atteint et dépasse même 400.
- On connaît bien des moyens de rendre la gélatine insoluble, mais tous ne conviennent pas. Ainsi, le formol n est pas à conseiller, parce qu’il contracte trop la gélatine, qui se détache du verre, au bout d’un certain temps. Quant aux sels de chrome ou d’alumine, ils ne compromettent pas l’adhérence de lq couclie; seulement.,
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- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- le sulfite que .contiennent presque tous les révélateurs provoque la formation d’un précipité de sesquioxyde de chrome ou d’alumine et empêche l’insolubilisation.
- M. Bunel a proposé l’emploi de sulfates alcalins, qui n’insolubilisent pas définitivement la gélatine mais l’em-péchent de fondre dans le révélateur chaud. 11 a préconisé, notamment, l’emploi du sulfate de potasse et de borax dans un révélateur au métol-hydroquinone non bromuré et contenant de l’acétone à la place de l’alcali. La fusion de la gélatine est ainsi complètement évitée, mais les images sont voilées.
- MM. Lumière et Seyewetz ont observé qu’un excès de sulfite de soude empêche la fusion de la gélatine à 4o°, sans cependant la rendre définitivement insoluble. Il suffit d’éliminer le révélateur par des lavages à l’eau pure, pour que la gélatine soit ramenée à son état primitif. On peut alors la durcir dans l'alun, si l’on doit prolonger les lavages avec de l’eau trop chaude. Toutefois, ce moyen ne peut pas être employé lorsqu’on développe au diamidophénol, car un excès de sulfite dans ce révélateur déterminerait un voile. Dans ce cas, les sulfates alcalins, et notamment le sulfate d’ammoniaque, donnent d’excellents résultats. Ces composés, qui provoquent un voile intense dans les révélateurs alcalins, ne produisent rien de pareil dans le révélateur au diamidophénol, qui ne contient point d’alcali et pourra être ainsi préparé :
- Eau . . . ................... 1000 c. c.
- Diamidophénol..................... 5 gr.
- Sulfite de soude anhydre. . . io
- Sulfate d’ammoniaque .... ••.>./>o -
- Bromure de jaotassium. ... 3 -
- A la température de °>8° à 4°"> ce bain fournit d’excel lentes images, en 3 minutes environ.
- Voici maintenant deux exemples de révélateurs supportant sans incouvéniént Un excès de sulfite :
- i° Eau.......................iooo c. c.
- Métoquinone................ •! gr.
- Sïilllte de soude anhydre. . . 200 —
- Bromure de potassium. . . . •>. gr. à
- Durée normale du développement à 4o° : 3 minutes.
- 2° Eau.......................... iooo c. c.
- Métol (ou génol)............ i gr. 5
- Hydroquinone................ i gr. 5
- Sulfite de soude anhydre . . . 200 gr.
- Carbonate de soude anhydre . io —
- Bromure de potassium.... a gr. 5
- Durée du développement : 3 minutes.
- Le révélateur à l’acide pyrogallique convient également au développement à haute température. Ce bain produit sur la gélatine une action tannante, qui l’empêche de fondre dans l’eau chaude; mais il brunit rapidement et communique alors à la couche une teiute jaunâtre, qui ne nuit pas à la qualité des photocopies, mais rend le tirage plus lent.
- La chaleur augmente la tendance que certaines émulsions ont à se séparer du verre, surtout dans les révé-ateurs alcalins. Ce décollement sera évité si l’on a soin de passer tout autour de la plaque, avant de 1 immerger, un corps gras quelconque, par exemple une chandelle ou un morceau de paraffine, appliqué sur les bords de la couche de manière à y tracer un liséré imperméable à l’eau.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS: — Dans la boite aux lettres, la lîédaetiou publie les faits d’uu intérêt général cjui lui sont signalés par ses abonnés. Klle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d'une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent necessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Erratum. — le Meteor Craler. -— Le Meteor Crater, cette curieuse excavation circulaire que l’on attribue au choc d un bolide et dont nous avons rappelé l'existence (n° 24o2, p. 2i3), à propos de 1 article de M. le général Chapel sur 1 origine des cratères lunaires, n’est pas un lac. ainsi que nous l’avons écrit par erreur. M. E.-À. Martel. notre ancien directeur, qui l a visité, nous écrit que le Meteor Crater n a jamais retenu une goutte d eau. Il mesure, ajoute-t-il, 36 m. de saillie sur le sol environnant, avec 170 m. de creux et 1200 m. de diamètre. Une description complète de ce site extraordinaire, résumant les travaux publiés en a été donnée par M. E. de Mar-gerie dans les Annales de Géographie, du i5 mars igi3.
- A propos de sirènes. — M. Pellerin, de Liège, nous demande l’origine d’une sirène empaillée qui se trouve
- au Musée Slracké, à Mariakerke, et dont il nous envoie la photographie ci-jointe. Nous nous souvenons avoir lu une étude sur ces monstres obtenus artificiellement en
- montant ensemble une extrémité postérieure de poisson, des membres antérieurs de quadrupède, un torse et une lêle sculptés, qui furent en vogue à une époque. Du de nos lecteurs pourrait-il nous renseigner d une manière plus précise
- Réponses. M. Lefebvre, à Vanves. — Photographie. i° Vous ne nous dites pas si votre paramidopiiénol est à l’état de base libre ou de chlorhydrate. Dans le premier
- cas, la formule type est :
- Eau........................... 1000 c. c.
- Sulfite de soude anhydre ... i5o grammes.
- Litbine caustique............. 8
- Paramidopiiénol (base libre|. . 20 —
- On fait dissoudre dans l’eau d abord le sulfite de soude, puis la litbine, et enfin le paramidopiiénol. On agite jusqu’à dissolution complète. Les flocons légers qui se forment quelques instants après n’offrent aucun inconvénient. La lithine ne convient qu’à la condition de n’êtrepas carbonatée ; aussi faut-il la conserver en flacou | bien bouché, pour qu elle n’absorbe pas l’acide carbo-| nique de l’air.
- Dans le second cas, là formule normale est :
- Eau..............................1000 c. c.
- Chlorhydrate de paramidopiiénol. 5 grammes.
- Sulfite de soude anhydre .... A —
- Carbonate de potasse............. 2a —
- Cette solution est un peu moins active que la première, mais convient néanmoins, comme elle, aux clichés instantanés. Pour le développement lent, l’un et l’autre de ces bains doivent être dilués, de 5 à 10 fois.
- 2° Il est parfaitement possible de construire, avec un petit outillage d’amateur, un agrandisseur permettant de tirer des épreuves gx 12 de clichés /\,5 X 6 ou 6xi3. Un petit objectif couvrant la surface du cliché est suffisant; vous en trouverez divers modèles, chez Krauss, 20, rue de Naples; Degeu, 3, rue de la Perle; Roussel, 3, boulevard Richard-Lenoir, etc. Nous vous signalons aussi un mode de construction, facile et peu coûteux, d’après des modèles découpés que fournit M. Léon Bailly, 5 bis, rue Damas, à Noisy-lc-Sec. Les agrandisseurs ainsi exécutés peuvent donner des résultats intéressants, même sans objectif, par l’emploi du
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- sténopé (livré avec les modèles) ou d’un verre de bésicle que l’on trouve à bas prix chez, tous les opticiens.
- Mme B. L., à Fontenay-le-Comte (Vendée). — La fabrication des superphosphates se fait en grand, dfpis des usines spéciales; mais les procédés que l’industrie met en œuvre, étant très simples, peuvent être employés par les cultivateurs. Votre lettre n’indique pas la teneur en acide phosphorique des phosphates employés; néanmoins, nous pensons que le procédé dont vous parlez doit donner un résultat satisfaisant si l'ou tient compte des observations suivantes :
- Lorsqu on verse de l’acide sulfurique sur du phosphate tribasique de chaux, il se produit une vive effervescence; l’acide sulfurique s’empare d’une partie de la chaux du phosphate, pour former du plâtre et du phosphate-acide de chaux, ou superphosphate, qui est soluble dans 1 eau et, par conséquent, immédiatement assimilable par les plantes, tandis que le phosphate tribasique n’est pas soluble.
- Pour obtenir cette réaction, il faut, effectivement, à peu près poids pour poids de phosphate et d’acide sulfurique à 53°, exactement p5 d’acide sulfurique pour ioo de phosphate tribasique de chaux. Mais ce que l’on vend, dans le commerce, sous le nom de phosphate naturel, ne contient pas que du phosphate de chaux; ce phosphate peut contenir encore, en proportions notables, du carbonate de chaux, du fluorure de calcium,- de 1 alumine, du sesquioxyde de fer, etc., qui se combinent également avec l’acide sulfurique et en absorbent une partie.
- Il suit de là que le cultivateur voulant fabriquer lui-même son superphosphate ne peut pas déterminer la quantité d acide sulfurique à employer d’après le- seul dosage en phosphate tribasique de la poudre de phosphate qu’il emploie, dosage que le vendeur lui garantit sur facture. Il doit donc s’adresser à un chimiste qui, en lui donnant l’analyse de ce phosphate, lui indiquera la proportion d’acide sulfurique nécessaire pour transformer tout le phosphate insoluble en phosphate soluble. Avec'cette indication du chimiste, le cultivateur peut opérer, pour ainsi, dire, à coup sûr. Il faut 25 à 3o kg d eau par ioo kg de phosphate. Sur la pâte obtenue, on verse l’acide sulfurique dans la proportion indiquée par 1’analyse, et on brasse énergiquement pendant 25 à 3o minutes. -
- M. J. Galano, à Paris. — Balais de sorgho. — Nous navons pas les adresses demandées concernant le matériel pour les fabriques de balais de sorgho; mais nous croyons que vous obtiendriez sûrement des indications très précises en dirigeant vos recherches dans la région de la Haute-Garonne où se pratique cette industrie, notamment à Grisolles (Tarn-et-Garonne) (à 27 km de Toulouse) qui est le centre lu plus important pour la fabrication des balais de sorgho; avant la guerre, on y comptait huit fabriques, et il en existait également à Grenade, Yillemur, Villebrumier. Pour monter une fabrique en Algérie, il serait utile de voir ce qui se fait dans la région précitée; nous indiquons, en particulier, la fabrique fondée en iqo3, sous le titre de « Société ouvrière coopérative des fabricants de balais de Grisolles ».
- La paille de sorgho livrée à la manufacture par les cultivateurs est d’abord trempée dans l’eau et tenue, pendant 10 à 12 heures, dans une chambre hermétiquement fermée, dans laquelle on brûle du soufre. Les vapeurs sixlfureuses blanchissent les pailles, qui sont ensuite triées par ordre de qualité et de longueur, puis on rogne les liges, on épluche les panicules, desquelles on retranche les brins trop-courts, pour les utiliser à part, après quoi la paille passe à l’atelier de montage, Un monteur ordinaire peut faire, en moyenne, 5o balais par jour. Il reste ensuite à tresser, coudre, rogner, brosser ou peigner, parer, et emballer.
- Selon toutes probabilités, vous obtiendrez des adresses en. les demandant à l'Office économique de Toulouse (Directeur ; M. Guitard), ainsi qu’aux Directeurs départementaux des Services agricoles, à Toulouse, et à Mon-tauban, et à la Direction de la Station d’Essais de machines, à Paris, 2, avenue de Saint-Mandé, 12*.
- Denizot, à Angers.— T. S. F. — i° Nous ne pouvons pas vous donner avec précision les mesures que doit atteindre votre antenne intérieui'.e, puisque nous ignorons l’espace dont vous pouvez disposer. Etablissez votre collecteur d’onde daus l’une des formes décx'ites dans noire article
- consacré à l’antenne, en lui donnant le plus grand développement possible.
- La rame de fils téléphoniques qui passe au-dessus de votre toit, influencera très certainement votre collecteur intérieur; mais il se peut que ce soit au bénéfice de votre réception.
- 2" La disposition en « zig-zag » ne saurait convenir pour donner un développement efficace à une antenne unililaire. Les différentes portions dix fil replié sur lui-même seraient le siège de courants de sens contraire dont les effets inductifs se neutraliseraient réciproquement ;
- 3°. Nous vous donnerons dans un px-ochain article la manière de construire les transformateurs à noyau d’un amplificateur à basse fréquence ;
- 4° Avec les lampes françaises, on utilise pour le chauffage du filament deux accumulateurs de 40 à 60 ampères-heure. Nous vous recommandons la marque Tudor dont les appareils sont très constants. Pour la tension de plaque, une batterie de 40 à 80 volts est ordinairement employée. Constituez la vôtre au moyen de 10 à 20'petites piles pour lampes de poche.
- Bibliothèque des officiers, 168' R. I. — T. S. F. ____
- Nous vous donnerons prochainement satisfaction en consacrant un article de la T. S. F. des amateurs aux détails de construction d’un amplificateur à résistances. Nous vous donnerons le moyen de vous passer d’appaxœils de mesure pour réaliser vos résistances.
- M. Jean G., à feaint-Etienne. — T. S. F. — Le dispositif dont vous nous communiquez le schéma est bien réalisé ; mais il convient surtout aux l'éseaux de très grande étendue.
- Nous vous conseillons de vous brancher directement sur l’un des conducteurs de votre circuit d’éclairage — le fil neutre de préférence si vous avez affaire à du courant triphasé étoilé — et d’intercaler une capacité variable entre ce conducteur et vos appareils. Plus grand est le développement du réseau d’éclairage, plus petite doit être la capacité introduite en série avant la self.
- Si votre réseau est souterrain, ne serait-ce qu’en partie, il ne faut point espérer l’utiliser pour une réception de T. S. F.
- La réception sur circuit-d’éclairage est d’autant meilleure que le réseau est mieux isolé. L’installation de nouveaxix postes d’amateurs sur la canalisation affectera nécessairement le vôtre et vous obligeixx à modifier son réglage.
- M. Cazes, à Saint-Lô. — L’article détaillé sur les moteurs à vent va paraître dans un prochain numéi'O. L’adresse de M. Fayard de Mille est Marnas par Sainle-Uze (Drôme). Dans la science appliquée, nous indiquerons sous peu le moyen de construire soi-mème une petite éolienne, et par la suite également le moyen de construire xx peu de frais un conjoncteur-disjoncteur de charge de batterie.
- Le moteur à vent vertical dont vous parlez est le moteur Costes, décrit dans le n°2i7t de La Nature, 8 m ai xgiS.
- M. Villement, a Oran.— L’agave. — i° Documentation sur la culture et l’industrialisation des Agaves textiles ; voyez les études et ouvrages spéciaux ci-aprcs : L. Guillo-chon, Les Agaves textiles en Tunisie (Vie agricole et rurale, n° 5?., du 23 décembre 1916); Agaves et Four-crovas textiles, par M. Adam {Bulletin de la Direction de l’Agriculture, Tunis, juillet igo5j ; Cultures du Midi, de l’Algérie, de la Tunisie et du Maroc, par-Ch. Rivière et H. Lecq, 1 vol., 7 fr. 5o ; J.es cultures coloniales : Plantes textiles, pai' Henri Jumelle, 1 vol., 3 fr. ; Les Plantes industrielles, tome Tr : Plantes textiles (agave, rt/oèx, etc.), par Gustave Heuzé, 1 vol., 5 fr. 25; Culture et préparation du Sisal (Hennequen), par A. Mai’quès,. 1 vol., bîv.fjS; L’agave, culture et exploitation, par F. Michotte (L’Agriculture pratique des pays chauds, n05 106 à 1x7); L’industrie des fibres d'aloès à l’üe Maurice, par André Magnan de Bellevue (même revue, n° 111).; Le sisal a l lie Maurice, par Bouame (même revue, n° 81); Culture du sisal, par Marquès (même revue, nos 60, 61, 62, 63).
- 20 Pour l’utilisation industrielle de la fibre de l’agave, voyez : Z« pulpe de défibrage de l'agave rigida, var. sisalana, par P. Dechambre, A. Hébert et F. Heim (L’Agriculture pratique des pays chauds, n° 75); L'Industrie et le Commerce des tissus, par G. Joulin, 1 vol., 9 fr. (Pour les ouvrages mentionnés ci-dessus, voir Librairie Challamel, 17, rue Jxxcob, l’axis, 6e); Pour la ficelle,
- HeTÎB3>
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- voir Manuel du Cordier, par (1. Laurent, 1 vol., 5 fr. a5 (L. Mulo, éditeur, 12, rue llautefeuille, Paris, 6°).
- Fn outre, de nombreux articles sur l’agave ont été publiés parle Journal d’Agriculture tropicale, rue Jeanne-d’Arc, Paris, i3°.
- D’autre part, vous pourriez aussi vous adresser, pour ce quia trait à la culture et à l’exploitation dans l’Afrique du Nord, à M. L. Guillochon, attaché au Service Botanique, à Tunis (sous les auspices de notre collaborateur, M. Henri Blin); à M. le Dr Trabut, chef du
- Service Botanique de l’Algérie, à Alger, et à M. E. Prudhomme, Directeur du Jardin colonial de Nogent-sur-Marne (Seine).
- M. Vignals, à Monlauban. — Nous estimons que pour diminuer le voltage aux bornes de la batterie il est nécessaire d augmenter la valeur des rhéostats. Nous vous conseillons de soumettre lé cas à la Société d’Elec-tricité Mors, 23, rue de la Bienfaisance, à Paris, qui construit les soupapes Nodon et qui vous renseignera certainement d’une façon précise.
- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 % pour. frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ,
- Le problème de V Univers', par A.-A. de Mokaes Car-valiio. 1 vol. in-8, 551 p. Lisbonne.
- Revue des principales forces, depuis la gravitation, la chaleur, la lumière, jusqu’à la vie et l’àme. L’auteur découvre partout deux substances : la matière et le fluide éthéré ou esprit, antithétiques, le second agissant sur la première ; il ramène à ce dualisme l’explication de tous les phénomènes.
- Osservazioui et Ilicerchc sperimentale suite scintille continue, par Lavoro Amaduzzi. t vol., 60 p., 12 fig-,
- I pl. en couleur. Nicolo Zaniehelli, éditeur. Bologne (Italie).
- Aciers, fers, fontes, par Alexis J agi.) e et. Tome II : Préparation. Haut fourneau. Four à puddler. Creuset. Four Martin. Convertisseur. Four électrique. 1 vol. i >X2i de Yin-197 P ’ !I7 Dunod, éditeur.
- Prix net : 14 fr. 25. '
- Ouvrage consacré à l’élaboration des fers et des fontes; c’est un livre d’enseignement qui expose l’essentiel, sans trop entrer dans les détails.
- Construction et installation modernes des . ateliers et usines, par Paui. Ra/ous, 5° édition, revue et mise à jour. In-8 de 546 p., 3o3 lig. Dunod, éditeur. Paris, 1920. Prix net : 33 francs.
- L’auteur met en évidence les progrès réalisés dans l’aménagement, l’organisation et le fonctionnement des usines modernes.
- A la différence de la précédente, cette édition comporte une étude plus développée des questions de ventilation, qui reçoivent tous les jours des applications plus nombreuses dans le fonctionnement des établissements industriels.
- Les appareils de levage, de transport et de manutention mécanique applicables dans diverses fabrications sont aussi 1 objet d’une étude plus approfondie.
- Enfin, dans les chapitres spéciaux, M. Paul Razous décrit quelques types d’usines destinées à des fabrications déterminées^: hauts fourneaux, aciéries, usines métallurgiques, laminoirs, fonderies, ateliers de travail des métaux et de réparation mécanique, ateliers de travail du bois, filatures et tissages, industries agricoles, fabriques de produits chimiques.
- Essais sur Vorganisation dans les affaires, par Paul Garel. t vol. 1.4X2* de vi-176 p. Dunod, éditeur. Paris, 1920. Prix (majoration comprise) : 6 fr. j5.
- Cet ouvrage débute par un examen des mouvements exécutés par les ouvriers, d’après la méthode de Taylor. L’auteur expose ensuite une méthode pour rechercher, dans les bureaux, le rendement maximum.
- II étudie enfin le système du classement méthodique dans les affaires.
- Manual of Meteorology, par Siu Napier Shaiy, part, iv,
- 1 vol. illustré, 166 p. Cambridge University Press. Londres, 1919. Prix net : 12 sh. 6.
- Cette 4° partie du magistral ouvrage du Directeur de l’Oflice météorologique d’Angleterre est consacrée aux relations qui existent entre le vent et la distribution de la pression barométrique, sujet captivant quoique complexe et encore bien obscur; il met en jeu, d’une part, l’observation patiente, minutieuse et précise des phénomènes quotidiens qui se déroulent dans toute l’épaisseur de l’atmosphère et d’autre part le calcul mathématique appuyé sur toutes nos connaissances de la mécanique et de la thermodynamique des gaz. Ces questions sont remarquablement exposées par Sir Napier Shaw.
- Foresls, Woods and Trces in relation to Uygiene, par Augustine Henry. 1 vol. in-8, 314 p- ,49 fig’ Constable and Co. Londres. Prix relié : 18 sh.
- Les arbres et les bois ont de multiples rapports avec l’hygiène, que l’auleur met en évidence dans ce volume, développement de trois conférences <c Chadwick » faites à Londres en 1917. L’auteur, professeur de foresterie, passe en revue 'l’influence des forêts sur le climat, sur l’épuration des eaux superficielles, leurs avantages comme lieux de sanatoria, l’action des parcs et des arbres dans les villes, l’afforestation des marais. Une revue de la situation forestière de la
- ’ Grande-Bretagne termine ce livre, situation aggravée par la guerre, à laquelle le remède sera le reboisement,
- Le fond de la mer, par L. Joubin. i vol. in-16, 192 p., 48 fig., 3i pl. Bibliothèque des Merveilles. Hachette, Paris. Prix : 5 francs.
- En une série de chapitres bien illustrés, l’auteur fait connaître les conditions de vie des êtres dans l Océan, 4a nature et les mouvements de l’eau de mer, les mœurs les plus curieuses de ses habitants. Cette œuvre de vulgarisation intéressera ceux qui villégiaturent au bord de la mer sans en connaître l’histoire naturelle.
- La chute de l'humanité,, par Maurice Piiusis. 1 vol. in-8, 96 p. Librairie Terrier, 59, rue de Paradis, Paris. Prix : 5 francs.
- Réquisitoire contre notre régime de vie auquel l’auteur propose comme remède 1 alimentation par les fruits crus.
- Les s’olels du dyplique, par Etienne Fournol. 1 vol, in-16, i52 p. Berger-Levrault. Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- Ces volets sont l'Orient bolcheviste et l’Occident actuel. L’auteur les étudie dans leur opposition et apporte ses réflexions sur les événements qui suivent la guerre pour distinguer, dit-il, les raisons qui obscurcissent pour nous la joie d’un des plus grands moments de gloire de la patrie.
- T.e livre épique : Anthologie des I)o'emes de la Grande Guerre, par Ernest Prévost et Charles Doenieu. i vol. in-18, 890 p. Chapelot. Paris. Prix net : 7 fr.
- Recueil de poèmes choisis parmi ceux qui donnent la sensation la plus vivante et la plus vibrante, la plus sincère et la plus lyrique de la guerre.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2411 19 Juin 1920.
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- INFORMATIONS
- Le plus puissant moteur à gaz du monde. — C’est un moteur à gaz de haut fourneau construit par la Société Cockérill à Liège. Sa puissance est de 8ooo chevaux. Ce moteur a eu une histoire agitée : en août 1914, au moment de l’invasion de la Belgique, il était en montage aux usines de Liège. Les Allemands laissèrent continuer ce montage et permirent la mise en marche. Lorsqu’ils furent bien sûrs, dit la Revue universelle des mines, que son fonctionnement était irréprochable, ils le réquisitionnèrent, le démontèrent avec soin et le transportèrent en Allemagne ; ils enlevèrent le hall qui l’abritait et détruisirent les appareils accessoires dont ils n’avaient pas besoin. Le gigantesque moteur fut remonté dans un établissement sidérurgique de Duisbourg; l’opération était en cours lorsque l’armistice fut signé. Le service de la récupération lit restituer l’engin à la Société Cockerill qui l'a fait retransporter à Liège, où on le remonte une fois de plus en y apportant certains perfectionnements. C’est un moteur à 4 cylindres groupés deux à deux en tandem et dont les pistons attaquent par 2 manivelles extérieures aux paliers l’arbre portant l’alternateur. Le diamètre des pistons est de 1 m. 3oo, la course de 1 m. 5oo, le nombre de tours de 94 par minute. La consommation en 1914 par cheval-heure effectif était de aiào calories pour le gaz, 40 litres pour l’eau de refroidissement, et 1 gr. 1 pour 1 huile.
- Un dispositif particulièrement intéressant est à signaler : la chaleur contenue dans les gaz brûlés sortant du moteur est utilisée dans une chaudière spéciale pour produire de la vapeur à 8 atmosphères. Celle-ci actionne une turbine. On peut ainsi récupérer i3 pour 100 de la puissance des moteurs à gaz.
- Les nouvelles arroseuses-balayeuses de la Ville de Paris. — La Ville de Paris modernise son outillage
- municipal. Depuis quelques semaines on peut voir circuler de belles voitures automobiles à la fois ari'oseuses et balayeuses, qui réalisent une forte économie de main-d’œuvre. Voici les caractéristiques principales de ces véhicules construits par la maison de Dion-Bouton. Ils sont mus par un moteur vertical à 4 cylindres de 20 HP tournant en régime normal à 1200 tours. Le changement de vitesse permet de réaliser 4 vitesses de 2 km 8 à 17 km. *
- Ghaque voiture porte une tonne à eau de 36oo litres ; communiquant avec 2 boîtes d’arrosage placées à l’avant, un peu en arrière des roues avant. Ces boîtes permettent un écoulement de 200 litres d’eau à la minute, sur une largeur de 14 m. Une pompe cèntrifuge actionnée par le moteur refoule l’eau à la pression voulue dans ces boites. Le conducteur l’embraye au moyen d’un levier à main.
- Quant au balai, il est actionné par un arbre parallèle à l’arbre du multiplicateur du différentiel et commandé par celui-ci.
- L’industrie diamantaire en France. — Paris est devenu le marché mondial des pierres précieuses ; il doit cette situation privilégiée au goût de ses artisans, bijoutiers et joailliers, qui ont assuré au bijou français une clientèle mondiale. Aussi de tous les. coins de l’uni-
- vers, diamants, perles et pierres précieuses affluent ils vers notre capitale pour y être transformés en bijoux et réexportés. Les diamants suivent "un cycle assez curieux; extraits des mines de l’Afrique du Sud où de l’Amérique, il n’en parvient à l’état brut qu’une très faible quantité à Paris, où cependant la plupart d’entre eux reviennent à l’état taillé pour y être soit négociés, soit montés. La taille s’exécute -presque exclusivement en Hollande où elle est le monopole d’environ 20 000 ouvriers diamantaires. C’est ün travail extrêmement délicat, dont la technique exige un difficile apprentissage pratiqué dès l’enfance, et dont les règles sont tenues quasi secrètes par leurs détenteurs. Les diamantaires hollandais constituent une corporation soumise à une discipline très stricte et extrêmement jalouse de son privilège. Elle ne permet la formation que d’un nombre limité d’apprentis, et n’autorise pas ses adhérents à essaimer à l’étranger et à créer ainsi une concurrence éventuelle. C’est ce qui explique que l’art de tailler le diamant soit resté localisé en Hollande jusqu’à nos jours. C’est là que les rares diamantaires qui exercent en d autres pays doivent obligatoirement aller se former. La corporation diamantaire de Hollande vient cependant, en faveur de la France, de se départir quelque peu de sa sévérité traditionnelle. Elle a consenti à aider à la formation d’un millier d’apprentis diamantaires français à recruter parmi les orphelins de la guerre et parmi les mutilés à rééduquer.
- La direction de cette œuvre philanthropique qui procurera un riche gagne-pain à un certain nombre de nos concitoyens à été assumée par un industriel français, quia entrepris dans la région parisienne la construction d’une école modèle de taillerie de diamants. C’est là que seront formés les apprentis diamantaires, ceux-ci devenus ouvriers, contribueront au développement d’une industrie qui constitue une des grandes sources de richessè de notre pays.
- Les dunes de Hollande. — Les Hollandais se sont souvent demandé, non sans inquiétude, d’où vient le sable des dunes qui bordent leur rivage. Provient-il de la désagrégation du sol du pays, auquel cas la disparition de la Hollande serait certaine dans rxn laps de temps assez court? Ou bien est-il apporté d'autre.part par la mer, ce qui assurerait la sécurité d’un rempart toujours croissant contre l'invasion de l’eau?
- Le Dr P. Tesch vient de publier, dans le Bulletin de la Société Royale Néerlandaise de Géographie, les résultats de son enquête sur ce sujet. Le Mouvement Géographique en résume les conclusions de la manière suivante :
- Le I)r Tesch rappelle que Staring estimait, en 1856, que les sables des plages et des dunes littorales de son pays devaient être considérés comme un dépôt de diluvium, transformé par lès vents et les flots, aux temps diluviaux, en dunes et bancs. Cet auteur soutenait que ce sablé ne pouvait provenir des rivières débouchant dans la mer du Nord, non plus que de la contrée disparue qui unissait l’Angleterre à la France, ainsi que l’avait prétendu, en i854, l’ingénieur français Marchai.
- Dès lors, la théorie de Staring fut admise en Hollande, sauf par Eug. Dubois qui, en 1911, puis en 1 g 15 et en 1916, exprima la conxùction que les sables des plages et des dunes des Pays-Bas sont originaires de la Manche, ont été et sont encore fournis par la dégradation constante, sous l’action de l’érosion marine, des roches armoricaines, dont la Bretagne, la Normandie, les îles de la Manche, la Cornouaille et le West-Devonshire doivent être considérés comme des vestiges.
- Le Dr P. Tesch partage l’opinion d’Eug. Dubois. La branche du Gulf-Stream qui pénètre par la Manche dans la mer du Nord a une vitesse amplement suffisante pour transporter des sables comme ceux des côtes de Hollande. D’autre part, l’examen de la composition minéralogique des sables du littoral des Pays-Bas ne laisse subsister aucun doute sur leur origine; ils proviennent certainement de roches archéennes et paléozoïques, surtout des côtes françaises et anglaises de la Manche et des îles anglo-uormandes. Les côtes crayeuses plus à
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- INFORMATIONS
- l’est, de Torquay à Douvres et du Havre à Calais, contribuent aussi à alimenter les dépôts de sable du sud de la mer du Nord.
- M. Tesch conclut en disant qu’à part les dunes de Bergen-Schoorl — dont l’origine est spéciale — la masse principale du sable des plages et des dunes néerlandaises a été amenée et est amenée encore des côtes de la Mauche par le courant. Celte origine permet aux Hollandais d’envisager avec confiance l’avenir de leur pays : le sable que la mer du Nord enlève aux dunes est remplacé continuellement par des apports frais.
- La France consolide la Hollande.
- Cette théorie s’applique aussi, évidemment, aux sables de la côte flamande.
- Le papier pour améliorer les cultures de cannes à sucre. — L'Entente signale un nouveau procédé imaginé par M. C. F. Eckart, administrateur de la plantation Olaa, aux îles Hawaii, qui consiste à recouvrir les champs de cannes à sucre de feuilles d’un papier de résistance telle que seules les jeunes pousses de canne parviennent à les percer tandis que les autres plantes restent étouffées sous cette enveloppe imperméable.
- Selon M. Eckart, ce procédé a procuré une économie de 80ooo journées de travail dans l’année, représentant une somme de ‘240.000 dollars. M. Eckart estime que la main-d’œuvre sera réduite en 1922 d’environ 5o pour 100, grâce à son procédé.
- Le caoutchouc en 1919. — L’Exportateur français publie la statistique suivante de la production et de la consommation du caoutchouc, en 1919, dans les divers pays du monde :
- Production.
- Tonnes.
- Brésil 35.000
- Afrique occidentale 5oo
- — orientale . 5.000
- Centre Amérique 1 5oo
- Indochine . 3.000
- Malaisie-Ceylan ....... 289.000
- Total . 334.ooo
- Consommation.
- Angleterre. . 3o,ooo
- Allemagne-Autriche . . . . . 2,000
- F rance . 20.000
- Russie i . 5oo
- Japon-Australie . 7.5oo
- Italie-Æspagne-Scandinavie . . 7.000
- Amérique-Canada i3o.ooo
- Total 298.000
- Comme on le voit, la production dépasse la consommation d’une quantité assez notable pour que des stocks pâlissent se-reconstituer.
- Le nouveau marché des fourrures à Montréal. —
- Le Canada est un des plus grands producteurs de fourrures du monde, sinon le plus grand ; néanmoins jusqu’ici il ne possédait pas de marché indigène pour la vente de cet article important du vêtement féminin, et il était obligé d’envoyer ses produits aux grandes ventes aux enchères qui ont lieu à Londres et également depuis la “ guerre aux Etats-Unis, à New York et à Saint-Louis. Pour remédier à cette situation, un consortium canadien s’est constitué à Montréal, annonce le Moniteur officiel du Commerce de Norvège (Norges Utenrikshandel) et a organisé dans cette ville un marché des fourrures qui consiste, comme à Londres, en adjudications publiques de tous les stocks envoyés à époques à peu près fixes.
- La première réunion a eu lieu à la fin de mars dernier; son succès a été considérable, le montant des ventes s’est élevé à un peu plus de cinq millions de dollars, soit dans les 70 millions de francs au cours de l’époque.
- Le principal lot était formé par le castor ; il ne comprenait pas moins de 17 2,90 peaux ; leur prix a varié de 4o à 100 dollars, en hausse énorme sur les cours d’avant-guerrè. En 1914 une peau de castor était payée entre 6,75 et 8 dollars ; soit 40 francs pour les plus beaux échantillons, alors qu’en 1920 la première qualité est montée à
- 1400 francs environ. 4'8o renards argentés ont été mis aux enchères et adjugés à des prix variant de 200 à 800 dollars : une peau particulièrement belle a été adjugée i56o dollars à une maison de New York, soit près de 22 000 francs ! Il importe de remarquer que ces ventes ont porté uniquement sur des renards argentés sauvages et non sur des exemplaires domestiqués de 131e du Prince Edouard. On sait que depuis quelques années cette terre canadienne est devenue un centre d ’élevage de renards argentés afin d’alimenter les marchés de leur belle fourrure; ainsi en 1919 les fermes de l’île en question ont vendu 35oo peaux.
- A l’adjudication de Montréal le renard blanc n’a pas dépassé 70 dollars, la loutre 90 à io5 et l’hermine a varié de 5o cents à 4 dollars. Le plus gros stock était formé par le rat musqué : pas moins de 820000 peaux. Quelques lots de ce petit mammifère ont atteint les cours les plus élevés qui aient été jamais enregistrés pour cette fourrure, soit 7,50 dollars pièce.
- Si à ces prix on ajoute les majorations énormes que les fourreurs leur font subir dans la vente au détail, on comprend que pour la moindre peau grande comme les deux maips on demande aujourd’hui le billet de mille. On a, il est vrai, la ressource du lapin, et déjà ce petit animal est largement représenté dans les étalages, déguisé sous des appellations exotiques qui cachent sa vulgarité origiuelle. Chaules Rabot.
- Une couveuse gigantesque en 1677. -- Ou aurait tort de croire que l'incubation artificielle est de date relativement récente. Voici un document irréfutable qui prouve que l’invention en est très ancienne. Il est extrait du Recueil des communications faites à l’Académie des Sciences au xvn“ siècle. Le voyageur anglais qui a vu fonctionner l’immense couveuse qui laisse bien loin derrière elle tout ce que le progrès moderne a pu imaginer de plus parfait, nous décrit simplement le procédé employé au Caire en 1677 ! mais il est permis de supposer que l’incubation artificielle était pratiquée en Egypte depuis déjà longtemps.
- On remarquera que le four-couveuse servait aussi d’éleveuse-séelieuse et qu’il comportait un régulateur de température. Quant au thermomètre, les paupières baissées des Egyptiennes en tenaient lieu... modestement !
- « La manière dont on fait éclore les poulets au Caire, communiquée par M. Georges Eut, président du Collège des médecins de Londres. » .
- « On commence à chauffer les fours à la mi-janvier et on emploie chaque matin 100‘livres pesant de fiente de chameau pour le chauffage et la même quantité chaque nuit, ce qu’on continue jusqu’au milieu du mois de février; à ce moment, les fours sont si chauds qu’il n’est pas possible de tenir la main sur les murailles. Ensuite on met les œufs dans le four pour faire éclore les poulets, ce qu’on continue successivement jusqu’à la fin de May. On les met d’abord sur une couche de foin dans le four d’en bas, qui est ras du sol; il y rentre ordinairement 7 à 8000 œufs ; on n’en met que deux couches l’une sur l’autre. On fait les feux pour les fours supérieurs dans de longs foyers en forme de canaux peu profonds, pour recevoir le feu qui communique sa chaleur au four inférieur dont nous avons parlé.
- « On laisse les œufs pendant 14 jours et 14 nuits dans le four d’en bas, ensuite on les transporte dans celui d’en haut qui est immédiatement au-dessus On n’y fait plus de feu, mais on retourne tous les œufs quatre fois par jour. Le 210 ou le 220 jour les poulets sont éclos; on ne les fait pas manger le ier jour; le second, les femmes les nourrissent de blé et autres graines menues. Le maître du four prend un tiers des œufs pour sa peine ; il doit remettre les deux autres tiers en poulets, répondant de ceux qui peuvent être volés ou cassés.
- « On a soin que les œufs ne soient jamais plus chauds qu’il ne faut pour qu’on puisse les endurer sur la paupière des yeux fermés. Lorsque les poulets sont éclos, on les remet dans le four d’en bas qui est couvert de foin. Il y a sous ce foin du son pour sécher les poulets. Pour régler la chaleur, on ouvre ou on ferme avec de l’étoupe des trous pratiqués dans l’épaisseur des parois du four. »
- Collection académique (année 1677). Tome IR p. 477.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Construction d’un four électrique de laboratoire à résistance. — Dans un laboratoire, il est souvent indispensable d’atteindré des températures voisines de iooo° à iioo0, soit pour la fusion par exemple ou pour toute autre opération exigeant ces températures élevées, telle que la préparation d’alliages divers.
- Nous ne parlerons pas des différents appareils employés pour cet usage, nous dirons simplement que le four électrique à résistance permet de résoudre élégamment le problème, car il assure un fonctionnement régulier, avec une propreté nette des opérations ; ceci le rend supérieur nettement au four à gaz et à plus' forte raison aux petits fours à moufle qu’on chauffe au charbon.
- Peut-on construire soi-même un four électrique à résistance? La chose est relativement facile et nous en trouvons les données numériques établies par M. Thomas Benson dans « Popular Mechanics ». Nous allons indiquer le procédé ingénieux qui réalise la construction de deux sortes de fours, lesquels permettent de ré-
- Fig. I, — Four vertical à résistance, avec dispositif pour la fermer au mica quand on l’emploie couché.
- pondre à toutes les exigences d’un laboratoire ordinaire. Bien entendu, nous établirons les données de M. Benson en mesures françaises, afin cjue quelques-uns de nos lecteurs ne soient pas désorientés par les unités anglaises de mesure.
- La figure i représente la disposition adoptée pour un premier type de four vertical qui sera employé comme four de fusion et avec lequel il sera facile de préparer des alliages d’aluminium par exemple. La température maximum atteinte sera de noo° et on pourra évidemment réaliser des températures plus basses en employant des résistances de lampes.
- La chambre du four sera constituée par un vase poreux du genre de celui qui est employé dans les piles à deux liquides. Ses dimensions sont environ 5 cm de diamètre sur 12,5 à i3 cm de hauteur. La résistance chauffante sera enroulée en spirale à spires non jointives directement sur le vase poreux; elle sera formée par 10 à ii m. de fil nickel-chrome de 9/10 de mm de diamètre (jauge américaine n° 20).
- La première spire est fixée solidement sur le vase avec du fil de fer; on peut alors enrouler facilement le fil également; cependant, à la partie ouverte du vase, les spires seront plus rapprochées, de manière à donner une plus grande chaleur en raison des pertes par rayonnement, plus intenses en ce point.
- Celle résistance chauffante doit être noyée dans une matière réfractaire qui isolera les spires les unes des
- autres et préservera le fil de l’action de l air et des vapeurs acides. Le meilleur mélange employé pour cet usage consiste en une partie de kaolin avec trois parties de terre de quartz; on les mélange avec de l’eau de manière à en former une pâte que l’on entarlinera régulièrement sur le fil et entre les spires. La cuisson de cette pâte sera faite au moyen du courant électrique passant dans le fil, de manière à donner une chaleur moyenne. Quand la pâle est sèche, on remplit avec de la pâte les quelques fissures produites dans la pâte précédemment cuite.
- Cet ensemble doit être monté dans une chambre isolante destinée à retenir la chaleur.
- Pour cela, on prépare une petite caisse carrée ou ronde avec du carton d’amiante qu’on assemble avec des agrafes en fil de fer par exemple. L’ensemble du four sera placé au rentre 'et le remplissage sera fait avec du coton d’amiante pressé fortement. On pourra jiréparer au préalable remplacement du four en le remplaçant par une forme cylindrique en bojs de même diamètre.
- Le couvercle sera fait en carton d’amiante de 7 à 8 mm d’épaisseur, on y fixera les bornes d’arrivée du courant qui pourront être des bornes d’une vieille sonnerie. On peut egalement y fixer des poignées. Un trou central est ménagé, du même diamètre que la chambre du four. Le fil dont on a laissé une partie en dehors de la pâte réfractaire sera relié aux bornes et le four est prêt à être utilisé (fig. 1).
- Le montage sera fait avec un rhéostat de lampes permettant de passer i5 à 20 ampères. Etant donnée la résistance du fil, dans le cas présent, le rhéostat comprendra 6 lampes de 3oo bougies à filament métallique. Les lampes seront montées sur une planchette avec un interrupteur et des fils souples se rendant aux bornes du four (fig. 2).
- Le four est utilisé dans la position verticale pour fondre des métaux ou alliages, mais si l’on veut simplement chauffer des solides, on peut l’utiliser couché; c’est là que la forme carrée est préférable/' Au moyen des poignées ressorts, on pourra glisser une plaque de mica, de manière à pouvoir observer constamment ce qui se passe dans le four pendant l’opération.
- Le rhéostat de lampes permet de régler le courant en
- arnvee de courant
- 6 lampes 16 bougies
- interrupteur
- Fchrma des connexions
- du four.
- am/ante
- bornes
- Fig. 3. — Foui à moufle.
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- diminuant progressivement le nombre de lampes on série, ce qui augmentera la résistance de l’arc multiple formé par les lampes et, avec une seule lampe par exemple, on 11’aura plus sensiblement que 3 ampères passant dans le fil.
- Un four de plus grande dimension agencé en four à moufle est indiqué par la figure 3. La méthode de construction est absolument la même, la différence étant dans l’intensité de courant demandée qui est plus grande.
- L’enroulement est constitué par 22- m. environ de fil nickel-chrome de 1,4 mm de diamètre (jauge américaine, n° 17). La pièce formant chambre du four est un
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- moufle réfractaire de 7$ mm de large, 140 mm de long et 60 moi de haut, qu'on trouvera chez les fournisseurs de produits de laboratoire. L’enveloppe du four est la même, mais elle est renforcée par une chemise solide en tôle mince ou en fer-blanc. Le devant cependant est en carton d amiante épais dans lequel est ménagée une ouverture correspondant à celle du moufle. La porte est également en amiante ; elle pourra être renforcée par un petit encadrement métallique; elle repose sur deux charnières. Les bornes sont placées à l’arrière du four, isolées de la plaque extérieure en tôle s’il y a lieu.
- L’élément chauffant est préparé de la même façon que précédemment avec la pâte à base de kaolin.
- Ce four fonctionne avec 3o ampères sous 110 volts. On peut brancher directement le fotir sur le 110 volts et, pour avoir un réglage souple, on peut employer un rhéostat à liquide.
- La température peut être déterminée par un q>yro-mètre simple ou par des témoins d’épreuve.
- On pourra ainsi calibrer empiriquement le four et établir une échelle de correspondance entre la température obtenue et l’intensité du courant consommé.
- Ce four, en dehors des emplois au laboratoire, pourra servir dans un atelier pour la trempe de petits outils de précision, tels que des fraises en acier rapide pour la trempe desquelles la température de trempe doit être précise. Grâce à l’échelle des degrés et des intensités, on pourra arriver ainsi à d’excellents résultats. Le prix d’achat des matières nécessaires n’excédera pas une trentaine de francs environ.
- 1 figure 6 fait comprendre le fonctionnement. Lorsque le I robinet est fermé, la pression, de l'eau ne s’exerce pas | sur le presse-étoupe. Quand on l’ouvre, l’eau arrivant
- Fig. f>. — Le robinet de la Victoire.
- Chauffage
- Radiateur « JVIothere ». — Les résistances électriques de chauffage agissent le plus généralement par rayonnement. Ceci est parfait pour chauffer de petits espaces, mais présente un inconvénient quand il s’agit de locaux importants.
- Cette lacune est comblée par un radiateur électrique d’un type nouveau, système Mothère, que représente la figure. La résistance chauffante est formée d’un conducteur enrobé dans une matière spéciale qui évite la détérioration et l’oxydation du fil. Elle donne un isolement parfait entre les spires et constitue de plus iin accumulateur de chaleur.
- Cet ensemble se trouve placé dans une partie annulaire de l’appareil,^ par conséquent l’air est chauffé par rayonnement de la surface extérieure du radiateur et par convexion puisque la cheminée cen-Fig. 4. — Radiateur traie intérieure de l’appareil est « Mothère ». soumise à un tirage actif. L’air chauffé de cette deuxième manière s’échappe par les trous du chapeau de l’appareil.
- Cette disposition a pour résultat de réduire la consommation. A titre d’indication, l’appareil se fait entrois types de consommations respectives : 3,5 ampères, 6 ampères et 8 ampères. Ces types assurent respectivement chacun une température de 180 dans des salles de 20 m3, 60 m3 et 80 m3. Enfin notons que le socle et le chapeau eu aluminium et le corps en tôle émaillée donnent à 1 ensemble un aspect agréable.
- Chez Piandegger, 188, boulevard Voltaire, Paris.
- Objets utiles
- Le robinet de la Victoire. — Ce robinet, d’un modèle nouveau, présente un certain nombre d’avantages qu’on ne trouve généralement pas réunis : il possède un brise-jet évitant les éclaboussures qui peut se démonter et se nettoyer facilement; il a sa poignée d’ouverture exactement au-dessus du jet, par coüséquent plus près de la main que dans la plupart des robinets; il peut donner un débit variable, simplement par l’intercalation de rondelles appropriées, si bien qu’un seul type suffit pour tous les usages.
- La figure 5 montre l’aspect de ce robinet dont la
- par le conduit horizontal monte verticalement dans la chambre du clapet, puis redescend en sens inverse par un conduit différent dans la chambre du brise-jet.
- Fig. 6. — Coupe à travers le robinet.
- Son poids total est de 38o gr., sa hauteur de i3 cm.
- Le robinet de la Victoire est fabriqué par « Bloctube », 1, rue de Bellevue, Boulogne-sur-Seine (Seine).
- Scie Spiralée. — La Foire de Paris vient de révéler cette nouvelle scie qui sera précieuse dans l’atelier de l’amateur.^ La figure 7 explique suffisamment son aspect. Elle se fait en toutes longueurs depuis a5 cm et en tous diamètres. Cette scie, grâce à sa constitution particulière, permetle découpage très rapide, en tous profils des métaux et autres matières. Elle a l’avantage, étant ronde et cou-pant^sur tout son pourtour, de pouvoir suivre tous les traces sans qu’il soit nécessaire de tourner l’objet à découper, ou la scie elle-même. Etant faite en acier flexible de
- Fig. 7. — La scie spiralée.
- haute résistance et de grande dureté, elle n’est pas fragile et peut se tendre fortement. Elle sera utile aux serruriers pour les garnitures de clés, etc., aux monteurs en bronze et enfin à tous les industriels s’occupant de découpage.
- La scie spiralée est fabriquée par M. Petit, 52, rue de Chalon, Paris, 120,
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- VARIÉTÉS
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- Comment prolonger de quelques jours la durée des fruits périssables? — Dans une année d’abondance de fruits',- toute maîtresse de maison bien entendue doit chercher à profiter des prix généralement bas auxquels ils sont vendus pour préparer les différents genres de conserves qui lui serviront plus tard à garnir et parer la table familiale d’agréables et succulents desserts. Mais il arrive parfois que, séduite par leur bon marché, elle se laisse entraîner à en acheter une telle quantité qu’elle manque du jtemps nécessaire pour les mettre en état de subir les opérations auxquelles ils sont destinés. Ce retard qui n’a guère d’inconvénient quand il s’agit de fruits à chair dure tels que les pommes, les poires, les coings, etc., en a beaucoup, au contraire, si ce sont des fruits à pulpe molle comme les fraises, les cerises, les groseilles, les pêches, etc., qu’on désigne sous le nom de fruits périssables, lesquels, si le retard est notable, « tournent », c’est-à-dire se décomposent plus ou moins et deviennent complètement inutilisables.
- Aujourd’hui, où la recommandation de ne rien perdre est plus absolue que jamais, surtout en matière d’alimentation, il est d’un réel intérêt d’indiquer aux maîtresses de maison comment prolonger de quelques jours la durée des fruits périssables. Il ne peut être question ici que d un procédé susceptible d’une application ménagère et non industrielle, et ce procédé, qui n’est autre que la réduction en petit de celui qui est employé depuis longtemps dans la confiserie, est le soufrage, ou son autre forme un peu moins connue, le sulfitage.
- Soufrage des fruits. — Mode d’action. — La combustion du soufre dans l'air produit, comme l’on sait, de l’acide sulfureux qui, en sa qualité d’antiseptique puissant, jouit de la faculté, sinon de détruire complètement, du moins de paralyser, pour un temps qui dépend de sa proportion dans le milieu où il se trouve, la plupart des microgermes : bactéries, champignons, levures, etc., qui s’attaquent à la fois aux sucres et à la pulpe et désorganisent plus ou moins vite les fruits. Il s’agit donc de mettre ceux-ci dans une atmosphère d’acide sulfureux qui les en imprègne suffisamment pour rendre inactifs les divers organismes qui se trouvent à leur surface et dans les premières couches de leurs tissus où ils ont pénétré par les fissures de leur peau.
- Procédé. — Comme la maîtresse de maison ne dispose généralement que de quelques kilogs, elle peut se servir d’une vieille armoire ou d’une grande caisse pourvu qu’elle puisse fermer hermétiquement. Il importe que ce récipient soit placé dans un local possédant une fenêtre pour permettre plus tard la ventilation des vapeurs de soufre. Yoici comment il faut opérer.
- On fixe dans la pièce ou dans le récipient trois ou quatre claies en forme d’étagères sur lesquelles on étale les fruits en une couche mince de 5 à 6 cm environ, de manière que les vapeurs d’acide sulfureux la traversent facilement. On installe dans la partie supérieure, en prenant les précautions nécessaires contre le feu, un petit réchaud contenant des charbons allumés sur lesquels on étend des morceaux de soufre en canon, On calfeutre hermétiquement pour éviter que les vapeurs né puissent s’échapper; on colle, au besoin, des bandes de papier sur toutes les jointures.
- On ne peut fixer exactement le poids de soufre à brûler, mais en sachant que, pendant le blanchiment qui précède la dessiccation des fruits, on brûle dans la boîte à blanchir 20 gr. de soufre par mètre cube de capacité, il est facile de s’en rendre compte en calculant sur ce poids après avoir déterminé le volume de la pièce ou du récipient. Le temps que doit durer le soufrage varie avec le genre de fruits et leur grosseur. On l’estime, en moyenne, entre 6 à 8 heures pour les cerises et les petits fruits et 10 à 12 heures pour les gros fruits à noyau. Il n’y a là, toutefois, qu’une indication, carie soufrage n’est achevé que lorsque la décoloration complète est atteinte.
- Quand il en est ainsi, on ouvre toutes les issues, on ventile fortement pour chasser toutes les vapeurs soufrées qu’il ne faut pas respirer; on examine les fruits et s’il y en a qui soient trop incomplètement décolorés, on les soumet à un nouveau soufrage, On jette alors les fruits bien préparés dans un récipient rempli d’eau fraîche que l’on maintient dans un endroit obscur et aussi froid que possible où ils peuvent attendre une huitaine de jours avant d’être employés.
- L’état dans lequel ce procédé laisse les fruits convient très bien pour leur transformation en compotes, marmelades, fruits confits, etc., mais il en est un peu différemment pour leur usage à l’état cru, car ils ont perdu une partie de leur parfum et de leur saveur.
- Sulfitage des fruits. — Ce procédé, qui est plus simple que le précédent, consiste dans l’emploi d’un bisulfite alcalin dont le meilleur est le métabisulfite de potasse contenant à l’état pur et récent 52 à 57 ponr 100 de son poids d’acide sulfureux. La raison de son emploi tient à ce que ce sel dissous dans un liquide ou une boisson possédant son acidité normale, subit un dédoublement qui met en liberté son acide sulfureux, lequel exerce une action antiseptique à la manière ordinaire, et elle est d’autant plus certaine que la dose de métabisulfite est plus forte et l’acidité du milieu plus élevée. La loi en autorise l’usage pour la stérilisation partielle et temporaire des fruits périssables.
- Mode d’emploi. — On peut opérer sur des fruits simplement mondés restés entiers ou sur des fruits sectionnés plus ou moins, dénoyautés comme c’est le cas pour les cerises et les pêches. La dose de métabisulfite varie entre o gr. 20 et o gr. 5o par litre d’eau qu’il faut employer au minimum du besoin. Si, lorsqu’on met en œuvre des fruits entiers, l’on voit que la décoloration ne se fait que lentemeut, cela tient à ce que le phénomène d’osmOse ne s’effectue guère, et il y a lieu d’ajouter 1 gr. environ d’acide tartrique par litre, qui met l’acide sulfureux en liberté. Quand les fruits sont sectionnés, le milieu devient vite acide et le gaz dégagé les décolore en peu de temps.
- Pour se servir des fruits, on les enlève de l’eau bi-sulfitée et on les lave à l’eau froide potable, afin d’entraîner l’antiseptique avant de leur faire subir les transformations désirées. Le sulfitage, comme le soufrage, enlève aux fruits un peu de leur parfum et de leur saveur, mais cette légère diminution ne saurait entrer en ligne de compte avéc la perte totale qui se produirait si l’on ne recourait pas à l’un ou à l’autre de ces deux traitements. A. Truelle.
- I Membre de l'Académie d’Agricullurc.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Désinfection des crachats des tuberculeux.— On
- sait que les crachats des tuberculeux contiennent, aux périodes actives de la maladie un nombre considérable de bacilles qui se disséminent quand le crachat se dessèche. Ces bacilles, très virulents, sont les agents les plus fréquents de propagation de la terrible maladie. Küss en a compté plusieurs dizaines de mille dans un milligramme de crachat. On comprend la raison des dangers de l’expectoration insouciante, n’importe où, et la recommandation qu’on fait aux tuberculeux d’avoir un crachoir de poche où ils doivent enfermer leurs mucosités si contagieuses, Malgré les recommandations affi-
- chées partout, la précaution de ne pas cracher par terre n’est pas encore entrée dans les mœurs de tous. Et cependant combien y a-t-il de tubereuleux aù début, expectorant déjà des bacilles4de Koch sans le savoir!
- Ce bacille a une particularité très gênante; il n’est pas nu, comme la plupart des autres bactéries, [mais bien enveloppé dans une gaine cireuse qui le protège contre beaucoup de causes de destruction. Si bien qu’il résiste à quantité d’actions qui suffiraient à faire disparaître bien d’autres microbes.
- Les crachats suspects ou dangereux ne doivent donc pas être éparpillés partout, à tous les vents. Le tuber-
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- culeux doit toujours avoir son crachoir et s'en ser\ir. Mais cela ne suffit pas. Il faut ensuite détruire les microbes qu’il y a enfermés et les détruire à coup sûr pour supprimer une des principales causes de propagation de la maladie.
- Les moyens efficaces ne manquent pas et nous profilerons de l’étude que vient d’en faire le I)1 Arnould dans la Revue d'hygiène et de Police sanitaire pour les rappeler à nos lecteurs.
- Ébullition. — L’eau bouillante, la vapeur sous pression suffisent pour tuer les bacilles de Koch, à condition d’agir assez longtemps. Dans les hôpitaux, on dispose pour cela d’appareils spéciaux. Chez soi, le mieux est de verser i5 à 20 gr. de carbonate de soude dans chaque crachoir à désinfecter pour éviter les coagula-''tioiis sur les parpis, ce qui rend désagréable le nettoyage ultérieur. On immerge le crachoir dans une marmite en fer-blanc assez haute pour éviter les projections. On fait bouillir pendant i5 à 20 minutes, on laisse refroidir et l’on rince le crachoir stérilisé sous un filet d’eau. Le seul défaut de cette méthode très sûre est la nécessité de la répéter régulièrement tous les jours, d’occuper le foyer pendant quelque trois quarts d’heure, de la pratiquer l’été dans la cuisine où l’on peut craindre,- en cas de maladresse, la pollution des aliments.
- Incinération. — Beaucoup plus simple et moins désagréable est l’incinération du crachoir avec son contenu. On a imaginé, dans ce but, nombre de crachoirs combustibles remplis de substances absorbantes telles que la tourbe. Mais la nécessité d’un nouveau crachoir chaque jour ne manque pas d’être coûteuse et son incinération oblige à disposer d’un foyer, ce qui devient une complication pendant l’été.
- D ésinfectants chimiques. — On a donc été amené à supprimer l’action du feu en la remplaçant par celle de substances bactéricides variées. Les instructions officielles préconisent la lessive de soude à to pour 100, le cié--vh l sodique à 4 pour 100, l’eau de Javel à i° chlo-
- rométrique, le sulfate de cuivre à > pour 100, le chlorure de chaux à 2 pour 100, le lait de chaux à 20 pour 100.
- Tous ces produits seraient efficaces si, le plus souvent, les bacilles n’étaient noyés dans des mucosités plus ou moins épaisses où l’antiseptique ne pénètre pas, auxquelles même il se mêle très imparfaitement.
- Seuls, le chlorure de chaux à 20 gr. par litre et l’eau de Javel titrant 5° chlorométriques donnent, après 12 heures de contact, une sécurité parfaite, mais tous deux dégagent des odeurs irritantes et ne peuvent de ce fait être versés dans le crachoir qui doit rester constamment à portée du tuberculeux. Après de très nombreuses recherches, on s’est donc arrêté à des mélanges qui attaquent le bacille en fluidifiant le milieu où il est.
- Küss a ainsi préconisé une solution savonneuse de formol composée de :
- Savon noir (savon mou de potasse).............. H gr.
- Carbonate de soude en cristaux (ou lessive de
- soude)........................................10 gr.
- Formol.......................................... 4° —
- Eau................................Q. S. pour 1 litre.
- Elle tue en i5 à 20 heures de contact tous les bacilles tuberculeux des crachats. Les Allemands ont proposé des solutions plus coûteuses telles que le crésylol ou le lusoforme additionnés de lessive de soude.
- On peut préférer la formule française, peu dispendieuse, qui a l’avantage de n’être pas irritante et de faciliter le nettoyage ultérieur des crachoirs.
- Il y a lieu de recommander, pour arrêter la propagation de la tuberculose par les bacilles expectorés, principale cause de contagion du terrible fléau actuel, d’exiger que personne ne crache plus par terre et que les tuberculeux recueillent leurs crachats dans des vases clos qu’on stérilisera par l’ébullition, l’incinération ou la solution de Küss, en observant soigneusement les durées d’action nécessaires à chaque opération de désinfection.
- R. M.
- ><
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Pour retenir le nombre r.. — Dans le n° 2399 du 17 avril dernier, nous avons rappelé un moyen mnémonique pour retenir le nombre %. M. le D' Vollgrafî, de La Haye, nous signale un quatrain différent relevé par lui dans un vieux traité de mathématiques. Le voici :
- Que j’aime à faire connaître un nombre utile aux sages, Immortel Archimède, artiste ingénieur,
- Qui de ton jugement peut priser la valeur ?
- Pour moi ton problème eut de pareils avantages.
- Le premier vers est incorrect et contient un pied en trop; aussi vaut-il mieux maintenir la forme que nous avons publiée qui substitue apprendre à connaître. Le quatrième est d’un sens mal défini, mais le quatrain entier a l’avantage de donner le nombre n avec 3o décimales. En effet en comptant les lettres de chaque mot, on a :
- ic = 3,141592653589793238462643383279.
- Liquide pour nickeler :
- Sulfate de nickel.......... 100 grammes.
- Tartrate neutre d’ammonium . 72 gr. 5
- Tannin.................... o gr. 5
- Faire dissoudre le sulfate de nickel et le tartrate dans un demi-litre d’eau chaude, y ajouter le tanin préalablement dissous dans un peu d’éther, mélanger puis étendre à 2 litres.
- Bronzage du cuivre. — On commence par décaper soigneusement l’objet d’abord à la potasse, puis à l’acide nitrique faible. Ensuite on le plonge dans une^ dissolution chlorhydrique de chlorure d’antimoine, il se produit une teinte noire légèrement violaeée.
- Enlèvement des taches de rouille. — Le procédé le plus simple consiste à placer sur une assiette la partie tachée, puis à l’imbiber largement d’un mélange de 1 partie d’acide chlorhydrique et de 3 parties d’eau, l’oxyde de fer se trouve solubilisé et un simple lavage suffit à l’éliminer.
- Dans le cas où la tache serait très ancienne, ou aurait été passée à l’eau de Javel, on ajouterait à la solution précédente i5 pour 100 de sel d étain et on terminerait comme ci-dessus par un lavage soigné, de façon à ne laisser aucune trace d’acide, lequel, par la suite, pourrait avoir une action fâcheuse sur la fibre ; ce rinçage a donc une importance capitale.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Bans la hotte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses aboiiués. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. E11 raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Réponses. — M. le Dx Lassudrie, à Paris. — Nous avons répondu à vôtre question dans, une précédente Boîte aux lettres en même temps qu’à M. Smith, de Sidi Ferruch, veuillez bien vous y reporter.
- M. Carrel, à Pontarlier. — Agglomérés. Veuillez vous adresser à la Société parisienne des sciures, 22, rue de
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- BOITE AUX LETTRES
- Flandre, qui fournit spécialement les fabriques d’agglomérés; la Société des combustibles économiques, 43, avenue de l’Opéra, sera également à même de vous fixer sur la question commerciale qui vous intéresse; enfin les constructeurs suivants spécialisés dans la fabrication des machines à agglomérer pourront vous donner des renseignements techniques : Breuil, -.>,3, avenue des Marronniers, Nogent-sur-Marne (Seine); Braillon, à Beauvais ; Zondervan, 21, rue Albouy, Paris, io°.
- M. Jean de Brugère, à Paris. — Nous donnons d’autre part, dans les Recettes et procédés utiles, la manière dont il faut opérer pour enlever les taches de rouille ; appliquée avec soin elle donne les meilleurs résultats.
- Baron S. S., à Millau. — Faute de données nouvelles, nous n’avions pu vous fournir de renseignements complémentaires sur la fabrication des panneaux et carrosseries en pâte de bois ; l’article que nous avons publié d’autre part dans la Science appliquée, p. 80 du n° 2897, vous fera connaître quel est l’état actuel de la question.
- M. M. d’A., à Paris. — Le procédé que nous avions indiqué doit convenir pour enlever la peinture qui recouvre la dorure, attendu que par cette méthode, la peinture se soulève en pellicules correspondant au nombre de couches données, mais il est fort probable que vous retrouverez en dessous une dorure très altérée, autrement elle aurait été conservée et non recouverte.
- Produits chimiques d’Alais et de la Camargue. — i° Nous ne connaissons pas de produit suffisamment résistant dans les conditions de l’expérience. 20 Vous trouverez les renseignements nécessaires sur la conservation des bois dans les ouvrages suivants : L’Injection des traverses, par Euverte ; Préparation des traverses à la Compagnie de VEst, par Dufaux; Injection des bois de construction par les déchets de pétrole ; Injection des bois système Ruping, par Lantier; Préparation des traverses à la Compagnie de l'Ouest, par Merklen, Dunod, éditeur, 47, quai des Grands-Augustins, Paris.
- Ph. II., à Pont-d’Ain. — Suivant votre désir, nous rappelons la formule de tannage des peaux de petits animaux déjà parue.
- Racler la peau du côté chair au moyen d’une lame mousse pour enlever tous les débris et membranes, puis immerger dans un bain composé de i5o gr. de sel gris et 5oo gr. d’alun dans 5 litres d’eau. Laisser macérer pendant deux à trois jours en remuant fréquemment, essorer et étendre sur une planche, poil en dessus, en fixant par de petits clous, faire sécher à l’ombre. Pour terminer, assouplir la peau entre les mains et par étirage, enduire le côté chair d’un mélange à parties égalés de glycérine et d’eau pour conserver la souplesse.
- M. IL A. M., à Meslières. — Pour décaper les pièces de cuivre rouge polies à l’huile, on commence par les dégraisser dans un bain de soude caustique à 10 pour 100 porté à l’ébullition. Après rinçage, on passe au bain décapant faible ou bain vieux provenant d’opérations précédentes, puis dans un bain neuf, dit Jbain blanc, constitué par de l’eau-forte ordinaire à 36° B. additionnée de 1 pour 100 de sel marin et 1 pour 100 de suie calcinée. Le passage ne doit durer que quelques secondes, on rince immédiatement et sèche à la sciure de bois.
- M. J. A., à Rouen. — Nous avons déjà donné dans un précédent numéro la recette pour teindre les billes de billard, veuillez vous reporter dans la Boîte aux lettres à la réponse qui a été faite au Cercle du Commerce de Béziers.
- M. Ckarlier, à Glain. — i° Il suffit, pour rendre malléable le celluloïd, de le laisser baigner quelques minutes dans l’eau bouillante. On peut alors sans difficulté lui donner toute forme appropriée. 20 Le collage du celluloïd s’effectue au moyen d'une dissolution de 5 gr.-de celluloïd dans un mélange de 10 gr. acétone, 10 gr. acétate d’amyle et 10 gr. d’éther sulfurique. 3° Journaux : L'Electricien, 18, rue des Fossés-Saint-Jacques; L'Electricité, i3, rue Parrot; L’Electro-Journal, 17, rue de l’Echiquier. 4° Vous trouverez des lentilles pour lampes de poche dans les maisons suivantes : Brack et Stemmler, 120, rue de Charonne ; Comptoir Omnium, r37, rue du Temple; Force et Chevrenay, 38, rue des Pànoyaux.
- M. Iloret, à Saint-Méry (Seine-et-Marne). — i° Le mieux pour remettre votre rouet en état est de le laver à l’eau froide au moyen d’une éponge et d’une brosse,
- puis après séchage parfait à l’ombre, de l’encaustiquer au moyen d’une mixture préparée en faisant dissoudre au bain-marie 5o gr. de cire jaune dans 100 gr. d’essence de térébenthine. Au bout de deux ou trois jours faire briller avec un chiffon de laine et garnir l’appareil d’une floche de chanvre ou de lin peignée. 2°‘Le sel chromique le plus souvent employé est le sel Dronier, mélange d’un tiers de bichromate de potasse et de deux tiers de bisulfate de potasse ou de soude. Il faut dissoudre 3oo gr. par litre de ce sel pour obtenir le liquide excitateur. Comme modèle de pile, adoptez la pile-bouteille qui permet de soustraire immédiatement le zinc à l’attaque par relèvement, lorsque l’expérience est terminée. 3° Filtres pour V épuration des eaux: Brouette (filtre Lutèce), 15, rue des Immeubles industriels; Mallié, 155, rue du Faubourg-Poissonnière ; Buron, 8, rue de F Hôpital-Saint-Louis, Paris.
- M. Perrier, à»Nimes, — 1° On peut préparer une lessive pour le linge, s’employant à froid de la façon suivante :
- h aire dissoudre i^kg de savon de Marseille dans une quantité d’eau suffisante pour obtenir une sorte de bouillie, que l’on verse dans un cuvier contenant 40 à 5o litres d’eau froide, ajouter une cuillerée à bouche d’essence de térébenthine et deux cuillerées d’ammoniaque du commerce ou alcali volatil, puis fouetter le tout avec un petit balai.
- Introduire le linge à laver dans cette lessive, laisser macérer de 3 à 5 heures, savonner ensuite le linge dans les conditions habituelles, en le frottant entre les mains, rincer à l’eau tiède et passer au bleu.
- Ce mode de blanchissage peu coûteux rend le linge parfaitement propre et blanc, il dispense d’employer la brosse et économise le charbon. 20 L’ouvrage le plus récent sur la fabrication des savons est le Manuel pratique du savonnier, de Calmels et Wiltner, paru chez Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augustins.
- M. Poilliot, à Saint-Jean-de Losne. — i° Nous n’avons pas encore eu en main la spécialité pharmaceutique dont vous parlez et ne pouvons actuellement vous renseigner sur sa composition. 20 Le ciment à l’oxychlorure de zinc résiste à là chaleur dans des limites convenables, mais à température élevée il se forme un oxychlorure basique moins résistant. 3° L’emploi du liquide épuisé des piles Leclanché n’est pas à recommander pour constituer le ciment, car il se formerait un oxychlorure ammoniacal ayant pour formule ZnCl-, 3 Zn O , 2AzHs -f- 5 H2O qui n’aurait pas les mêmes propriétés, le mieux est de se servir d’une solution de chlorure de zinc obtenu en saturant jusqu’à refus l’acide chlorhydrique ordinaire ou acide muriatique par des rognures de zinc, puis en étendant d’eau pour amener à une densité de i,5 à i,6, soit 5o à ffo0 Baumé. Prendre en outre soin de mouiller préalablement les parties à cimenter avec ladite solution pour obtenir la plus grande adhérence. 3° Nous vous conseillons, par ordre d’importance croissante, les ouvrages suivants édités chez Dunod, 47, quai des Grands-Augustins : ABC de l'apprenti horloger, par Marcel Bourdais et Grall; L’Horloger à l’établi, guide pratique du réparateur et du repasseur; Le Mémo de l’horloger bijoutier. Vous trouverez également chez Mulo, 12, rue Hautefeuille, des Traités intéressants : L’Horloger, par Lenormand, Janvier et Magnier; L’Horloger rhabilleur, par Persegol.
- M. E. C., à Madrid. — Le traitement des produits à base de terres rares tels que la monazite et les cendres de manchons, en vue de séparer le thorium, consiste essentiellement, sauf quelques modifications propres à chaque opérateur, à appliquer les méthodes de Glaser ( Chemiker Zeitung, XLIII, 612) pour la précipitation des terres rares à l’état d’oxalates et de Frese nius Hiulz (Zeitschrift fiir analylische Chimie, 1896, XXXV, 5 25) pour la séparation du thorium par l’hypo-sulfite. On opère de la façon suivante. -
- Le produit est mis à digérer pendant plusieurs heures dans l’acide sulfurique concentré et froid,.après avoir étendu d’eau ; la silice èst séparée par filtration.
- Le liquide filtré est concentré puis presque neutralisé par l’ammoniaque, acidifié ensuite par Tacide chlorhydrique et précipité par l’oxalate d’ammoniaque, qui donne la totalité des terres rares à l’état d’oxalates insolubles, on laisse reposer une journée, sépare les oxalates, calcine, redissout les oxydes rares et les reprécipite à nouveau pour les purifier.
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- BOITE AUX LETTRES
- Fiualement les oxydes sont redissous dans l’acide chlorhydrique en quantité juste suffisante, la solution est étendue d’eau portée à l’ébullition, presque neutralisée par l’ammoniaque, puis additionnée d’hyposulfite de soude. On fait bouillir une demi-heure, maintient à douce chaleur B à io h. et filtre le précipité d’hyposulfite de thorium basique.
- Le précipité purifié par redissolution et reprécipitation dans les mêmes conditions est enfin redissous dans l’acide chlorhydrique, on sépare le soufre et précipite en dernier lieu le thorium à l’état d’oxalate suivant les précautions précédentes; par calcination on obtient la thorite pure.
- M. J. Laborda, à Burriana. — Projecteurs à la lu-
- mière froide. — Voyez l’article publié par La Au lui c, n" 11)61, 34 décembre 1910, sur les procédés de M. Dus-saud. L’inventeur, M. Dussaud, habite 19, rue Guillaume-Tell, Paris.
- M. Neyrei, à Lyon. — Nous publierons prochainement les indications pour faire un petit transformateur.
- Avec du fil émaillé de 10/100 au primaire vous pouvez prévoir environ 4000 spires et un secondaire 5o/i 00 à raison d’environ 'i5o à 370 spires. Le noyau devra avoir environ i5 X i5 mm.
- Toutes? ces dimensions sont approximatives, car le rendement de ces appareils est forcément déplorable.
- 4218-2862. — Consulter un médecin qui seul peut répondre.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous tes ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.) ---
- Collection Les leçons de la guerre », Masson et C10, Paris.
- Cette collection, paraissant au moment où se dessine nettement le relèvement de notre prospérité nationale, est destinée à présenter au grand public cultivé les données générales qui doivent guider nos efforts d’aujourd’hui. De l’étude du passé d’avant-guerre et des expériences de ces dernières années elle dégage les leçons, les méthodes, les techniques qui permettront d’éviter les erreurs fâcheuses, nous ramèneront vers la prospérité, nous garantiront la sécurité dans le proche avenir.
- L’autorité des écrivains qui, dans cet esprit, ont bien voulu résumer leur science et leur expérience, est un sûr garant de l’intérêt puissant que les lecteurs trouveront dans tous les volumes de cette collection des Leçons de la guerre.
- A celui sur Y Alimentation et le Ravitaillement, récemment paru, viennent aujourd’hui s ajouter quatre nouveaux volumes intéressants à divers points de vue.
- TJ Industrie française. L'oeuvre d hier, l effort de demain, par Léon Guillet, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers et à l’Ecole Centrale et Jean Durand, professeur adjoint à l'Ecole Centrale, 1 vol. in-8°, a83 p., 38 fig. Prix : g francs.
- Les auteurs exposent la situation des principales industries françaises avant la guerre d’après les statistiques de u)i3. Puis ils montrent les influences de la guerre sur leur développement : diminution de la production à la suite de l’invasion, réaction indus-j trielle, changements dans les échanges extérieurs. Ils 'comparent la situation en 1919 après le retour de l’Alsace-Lorraine et pour déterminer vers quel avenir nous allons, envisagent en une série de chapitres remarquables les problèmes actuels de la production : rapports de la science et de l’industrie; standardisation; machinisme; brevets et appellations d origine; régimes douaniers; aide coloniale; formation du personnel. Basé sur les données multiples et précises de la vaste enquête du Ministère du Commerce, dont M. Guillet rassembla les résultats, ce livre est le document le plus utile pour connaître la situation et l’avenir industriel de la France.
- les leçons militaires de la guerre, par le commandant breveté Bouvard, préface du maréchal Pétain, i vol. in-8, 3-20 p. Prix : 9 francs.
- Comme le dit le maréchal Pétain dans sa préface, c’est un grand service à rendre à ceux qui ont fait la guerre que de leur expliquer avec simplicité le pour-
- quoi des choses, d’en souligner la variété et la complexité. Vrai chef-d’œuvre.,, ce livre résume toute la conception française de la guerre. Il débute par un exposé à larges touches du problème de la guerre dans sa généralité : plan, renseignements, durée, main-d’œuvre, ressources économiques, maritimes, industrielles, agricoles, financières. Puis vient l’étude de l’outil de guerre, démonté arme par arme : infanterie, chars blindés, artillerie, aviation, génie et cavalerie, coordination des diverses armes dans les grandes unités. La mise en a;uvre de l’outil de guerre résume en quelque cent pages les conceptions tactiques et stratégiques du grand état-major français, dans l’action du haut commandement et les opérations, depuis la mobilisation jusqu’à la victoire finale. Ce tableau d’ensemble, largement brossé, d’une grande élévation de pensée et d’un style toujours limpide, est le plus vaste exposé de la guerre que nous connaissions. Il aboutit à cette conclusion que la guerre n’étant -pas simplement le choc des armées, mais un problème infiniment complexe, la préparation à la guerre sous toutes ses formes est le devoir évident de chacun, dans quelque activité qu’il s’emploie.
- L Aéronautique. Hier. Demain, par le commandant Orth-lieb. Préface du commandant Wateau. i vol. in-8, 292 p. Prix : 9 francs.
- Ayant vécu toute la guerre aérienne, chargé le premier de l’enseigner à l’Ecole supérieure de guerre, l’auteur se sert de son expérience pour en dégager les leçons. Il passe en revue les progrès d’avant-guerre, la situation à la mobilisation, l’évolution de la cinquième arme, de la bataille de la Marne à celle de la Somme, puis d’avril 1917 à l’armistice et montre à quelles diversités d’emplois elle aboutit : observations et renseignements, bombardement, combat, missions spéciales, ravitaillement, etc. Examinant les ressources finales en personnel et matériel, il conclut à la nécessité d’une aéronautique puissante et largement. développée en temps de paix, d’abord pour son intérêt propre, mais aussi pour éviter les surprises.
- Marine et guerre navale, par le capitaine de frégate Vaschalde. Préface de J. Gels, ancien sous-secrétaire d’Etat à la marine de guerre. 1 vol. in-8, 327 p. Prix : 9 francs.
- L’auteur passe en revue les doctrines et le matériel d’avant-guerre avec lesquels la lutte s’engagea. Puis, il fait le récit des opérations navales, en les groupant suivant leur théâtre et leur caractère, s’attachant aux faits les plus significatifs. Il en dégage les enseignements relatifs aux bâtiments de surface, aux sous-marins et à l’organisation sous-marine, à l’aéronautique, à la défense des côtes, à la T. S. F., etc. De toutes ces expériences groupées, se tdégage le programme naval de demain et celui de l’avenir, que M. Vaschalde expose avec la plus grande compétence. Clairement écrit, agréable à lire, ce livre est le document le plus complet que nous possédions actuellement de la guerre sur mer; il en dégage toute l’importance et nous trace notre devoir d’aujourd’hui.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2412 26 Juin 1920.
- INFORMATIONS
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- Curieuse explication des canaux de la planète Mars. — L’Astronomie signale par curiosité une étude publiée par M. von Kumm dans les Astronomische Nachriehten. L’auteur a constaté que la surface d’une tasse de café noir bouillant sur laquelle tombent les rayons du soleil matinal offre une ressemblance frappante avec les canaux de Mars ! L’aspect observé est produit par des vésicules d’eau, sorte de brouillard de très faible épaisseur qui se forme au contact du liquide bouillant. Le soleil matinal s’explique comme suit : tout d’abord le brouillard tend d’autant mieux à se former que l’air matinal est plus frais. Ensuite les rayons obliques du soleil, par diffraction, font apparaître les vésicules d’eau lumineuses sur le fond noir du café. Ce qui est curieux, ce sont les lignes sombres, fixes si l’on peut dire, comparables aux canaux martiens qui strient la faible couche de brouillard. Le moindre souffle fait tout disparaître. L’auteur assimile les canaux de Mars à un phénomène analogue et admet l’existence de brumes permanentes où aucun vent ne viendrait détruire les lignes formées par les courants ascendants et descendants. Mars aurait conservé .jusqu’à ce joui’ une grande partie de sa chaleur et serait recouvert d’eau donnant lieu à une évaporation continuelle d’épaisseur faible où l’on observerait les apparences décrites ci-dessus.
- L’explication, on le voit, est originale. Mais nous pensons, avec notre confrère Y Astronomie, que le problème des canaux de Mars n’en reste pas moins toujours ouvert.
- Les briques crues dans la construction des maisons. — Les Allemands, manquant du charbon nécessaire pour cuire leurs briques n’hésitent pas aies employer crues. Leurs experts sont d’avis qu’avec une argile convenable, un séchage de 5 à 6 semaines donne à ces briques une dureté suffisante pour une maison ordinaire.
- Cette question est également examinée en Angleterre où certains architectes demandent que des essais de résistance à l’écrasement soient scientifiquement entrepris. On estime — avec juste raison comme nous l’avons traité dans La Nature -- que la résistance de ces briques serait bien suffisante pour l’habitation courante.
- Il en résulterait une économie d’au moins moitié du prix par suite de la suppression de l’achat et du transport du charbon pour les fours, de la main-d’œuvre d’enfournement, de la cuisson et du défournement.
- Il existe encore des maçons qui ont construit des murs intérieurs en briques crues et des plâtriers pour dire que le plâtre prend tout aussi bien que sur les briques cuites. Dans certaines maisons anciennes du Centre et du Midi de la France, on trouve fréquemment non seulement des murs intérieurs entièrement composés de briques crues, mais aussi des murs de façade. Ces habitations ne sont nullement humides et il est possible, en crépissant les murs extérieurs, d’éviter toutes moisissures.
- A cet égard, on a pu voir à la dernière Foire de Paris, au stand de la société Le Matériel, pour céramique et agglomérés, une presse-mouleuse d’un encombrement très réduit et d’un fonctionnement simple, faisant en un seul coup de levier deux briques façon Bourgogne, en terre franche, très régulières de forme, d’arêtes vives, et aux parements latéraux parfaitement lisses.
- La Dodécanèse. — Le traité de paix des alliés avec la Turquie attribue le Dodécanèse à la Grèce. A ce propos, le Mouvement Géographique publie les renseignements suivants :
- Ces « douze îles » : Rhodes, Kharki, Symi, Tilos, Nisyros, Cos, Kalymnos, Leros, Patmos, Carpathos, Cassos et Astropolia, et de nombreux îlots, qui font partie des Sporades méridionales, sont foncièrement hellènes. En effet, elles sont peuplées exclusivement de Grecs, sauf Cos et Rhodes qui, pour une population totale de 45ooo habitants, comptent 37800 Grecs, 4800 musulmans et 2400 juifs.
- Par l’acquisition du Dodécanèse, la Grèce s’accroît de 2600 km2 et de 1x8000 habitants. Elle y gagne en même temps une situation stratégique importante à proximité de la zone littorale de l’Anatolie habitée par des Grecs.
- L’Italie occupa le Dodécanèse en avril 19x2. Le traité de Lausanne du 15 octobre de la même année, qui mettait fin à la guerre italo-turque, autorisa les troupes italiennes
- à demeurer dans les « douze îles » jusqu’à la complète évacuation de la Tripolitainepar les réguliers turcs. Cette situation ne prit fin que dans les dernières semaines de 1919.
- Le cuivre dans la terre et les plantes. — MM. L. Maquenne et E. Demoussy, ayant imaginé une nouvelle méthode extrêmement sensible pour la recherche etledosage du cuivre, l’ont appliquée à de très nombreux échantillons de sol et de végétaux. Ils viennent de communiquer les résultats de leurs recherches à la Société chimique de France qui les publie dans son Bulletin.
- Il est naturel qu’on trouve du cuivre dans les plantes qui ont été sulfatées, mais comme on en rencontre également dans celles dont la culture n’exige pas l’emploi d’anticryptogamiques spéciaux, il faut bien admettre que ce métal se trouve normalement dans le sol. En effet, l’analyse de 140 échantillons de terres très variées a montré la présence constante du cuivre à l’état peu stable, assimilable, dans des proportions très variables. Tandis que des sols non traités : terre de bruyère, terres de labour de l’Aveyron, n’en contiennent que 2 milligr. par kilogramme, certains d’Eure-et-Loir en renferment 14,19 et 3o milligr., un du Finistère 42, des terres maraîchères aux portes de Rouen 65, etc. Les terres à vigne sulfatées sont beaucoup plus riches ; leurs couches superficielles arrivent à des teneurs de 100 et même 260 milligr., ce qui correspond à 200 ou 3oo kg de cuivre xnétallique à l’hectare, équivalant à une tonne de sulfate de cuivre cristallisé. Comme les terres plantées en vigne depuis 25 ou 3o ans n’ont pu recevoir, en comptant 4 ou 5 traitements par an, que 5o à 60 kg de sulfate de cuivre chaque année au maximum, il faut admettre que le sulfate de cuivre n’est pas éliminé par la vendange qui n’en enlève que des quantités négligeables et que le cuivre s’accumule dans le sol. Y a-t-il là un danger pour ces cultures ? Il n’y paraît nullement, le sol fixant le cuivre avec une énergie que les plantes ne peuvent vaincre, échappant ainsi au danger d’intoxication.
- Dans les plantes les plus diverses, on trouve du cuivre partout, depuis la racine jusqu’aux feuilles, fleurs et fruits. Il y est sous une forme mobile; on le trouve surtout dans le jus exti'ait par pression où il se précipite en même temps qu’on coagule les albuminoïdes. Les plantes l’extraient du sol avec avidité puisque des pois peuvent en renfermer 7 milligr. par kilogramme de matière sèche alors que le sol n'en contient que 1 à 2 milligr. Le cuivre est toujours plus abondant dans les parties des végétaux où l’activité est la plus gx>ande. Au printemps, les bourgeons sont plus riches en cuivre que le bois ; puis les feuilles, l’accumulent au maximum ; ensuite le cuivre se dirige vers les fruits; les graines en contiennent toujours notablement. Le cuivre ne se dépose donc pas dans, les végétaux, à la manière de la silice ou de la chaux, comme un élément accidentel. Il paraît jouer un rôle actif dans la végétation, dont l’action reste encore à déterminer.
- L’huile de palme et la guerre. — L’Office national du Commerce extérieur signale le changement appointé par la guerre dans la situalion du commerce de l’huile de palme. Avant 1914, l’Allemagne était le grand ‘ et presque le seul pays importateur. Tandis que l'Angleterre et la France ne traitaient que le coprah et l’arachide, elle monopolisait le trafic des amandes de palmes qu’elle transportait à prix réduits jusqu’à ses huileries métropolitaines. De ce fait, elle pouvait exporter 5oooo tonnes d’huile par an rien qu’en Angleterre. Le blocus arrêta ce trafic, tandis que la Grande Bretagne développait chez elle les indus tries des matières grasses de toutes sortes. La France, disposant d’un tonnage très insuffisant, ne put profiter au'même litre de la situation. Aujourd’hui que les transports se rétablissent, nos huileries ne peuvent que revenir au traitement des arachides, faute d’installations appropriées et le Service du Ravitaillement qui disposait d’un stock de 100000 tonnes d’amandes de palme a dû en rétrocéder la plus grande partie à l’Allemagne, n’en trouvant'pas la vente dans notre pays. Celte situalion est d’autant plus déplorable que les amandes de palme abondent dans l’Afrique occidentale française et dans plusieurs des anciennes colonies allemandes qui nous ont été attribuées..
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- INFORMATIONS
- Le riz rouge. — Les Chinois se servent pour colore^ certains produits alimentaires, notamment les fromages, d’une préparation appelée angkhak. Mrs Margaret B. Church a cherché la composition de cet angkhak dont le mode d’obtention est conservé secret dans plusieurs provinces de la Chine. Elle vient de publier dans le Journal of Industrial and Engineering Chemistry les résultats de ses essais. Le riz rouge des Chinois est dû à la culture sur des grains de riz d’un champignon microscopique coloré : Monascus purpureus. En se développant, celui-ci attaque les grains, ies pénètre, les agglomère, si bien qu’après dessiccation, le milieu de culture se pulvérise en une poussière calaminée inoffensive, pourvue d’un fort pouvoir tinctorial. Le secret de la préparation chinoise réside dans les conditions particulières de température et d’humidité de la culture.
- Contre les corbeaux. — La Vie agricole et rurale rend compte d’un récent Congrès organisé par M. Blanchard, directeur des services agricoles de Seine-et-Oise, pour étudier les moyens de défendre les récoltes contre les corbeaux. Considérant que les corvidés sont actuellement en trop grand nombre et causent de ce fait des dommages de beaucoup plus nombreux que les services qu’ils rendent à la culture, le Congrès a décidé d’organiser la lutte contre les corbeaux. Dans ce but, il a recommandé la destruction des nids ; la chasse des adultes au fusil, dans les parcs; les battues, la chasse au grand duc ; l’emploi d’appàts empoisonnés à la strychnine. 11 a*demandé que les préfets ordonnent la destruction générale des nids de corbeaux avant la sortie des jeunes et que les propriétaires et usagers de bois et parcs qui négligeraient de procéder à cette destruction puissent être poursuivis en responsabilité civile parleurs voisins.
- Le poids du papier carbone. — Ce papier, destiné aux machines à écrire, se fait généralement aux Etats-Unis en 3 épaisseurs ou poids : le papier de 7 livres est appelé papier courant, le papier de 5 livres 1/2 se nomme papier moyen et le papier de 4 livres est désigné sous le nom de papier léger.
- lie papier courant est employé le plus souvent pour le travail de bureau ordinaire, c’est-à-dire pour écrire une lettre, par exemple en duplicata, ou en faire 2 ou 3 copies. Pour ce genre de travail, ce type de papier est supérieur aux deux autres, non seulement parce qu’il dure plus longtemps, mais encore parce qu’il se froisse beaucoup moins facilement. Dé plus, la couche de carbone qui le recouvre est plus épaisse que celle des autres papiers et s’use, par suite, moins rapidement.
- Quand on désire obtenir de 3 à 5 copies, attendu l’épaisseur du papier de l’original, le papier moyen est tout indiqué, mais s’il s’agit de produire un grand nombre de copies d’un même ouvrage, il est bon d employer le papier léger, au moyen duquel on peut obtenir de i5 à 20 copies très nettes. Toutefois la quantité de copies obtenue dépend beaucoup de l’épaisseur du papier de l’original et du caractère de la machine à écrire que l’on utilise. En règle générale, On ne doit se servir du papier léger que lorsqu’on veut expédier la besogne en produisant beaucoup de copies d’un seul coup.
- Le papier que l’on nomme « Billing Carbon » ou papier carbone à factures est généralement employé sur des machines spéciales à facturer qui frappent bien plus fort que les machines à écrire ordinaires. Ceitype de papier pèse environ 10 livres.
- Un bon conseil, à donner aux dactylographes est de les engager à placer une feuille de papier assez épais entre les feuilles dont on se sert et le rouleau de la machine à écrire, de manière à former tampon et à amortir le choc des caractères sur le papier à lettre. En employant cette méthode, on obtient une page plus nette et l’on prolonge la durée du ruban de la machine. La plupart des dactylographes américains, nous, dit l’Exportateur américain, l’ont adopté avec succès.
- Les groupements scientifiques internationaux-— Le Bulletin de la classe des sciences de VAcadémie Royale de Belgique vient de publier le compte rendu dès réunions tenues au Palais des Académies, à Bruxelles, au mois de juillet 1919 par la Conférence des Académies scientifiques interalliées pour constituer à Bruxelles un Conseil international de Recherches comme organisme centralisateur des Conseils nationaux des pays associés et des groupements intellectuels internationaux transformés du fait de la guerre.
- Dans des séances spéciales, furent envisagés les buts à tracer et les moyens d’action à accorder aux divers groupements déjà existants ou en formation. Nous croyons intéressant de les présenter à nos lecteurs.
- Union astronomique internationale. Constituée le 26 juillet 1919, elle réunit entre le Bureau international de 1 Heure existant à Paris et celui des télégrammes astronomiques existant à Bruxelles, les Commissions internationales chargées des études suivantes : relativité; réédition d’ouvrages anciens ; notations, unités et économie des publications ; éphémérides, analyses de travaux et bibliographie; télégrammes astronomiques; astronomie dynamique et tables astronomiques ; astronomie méridienne (y compris la réfraction); recherches optiques théoriques et appliquées relatives à l’astro-uomie et à l’étude physique des instruments; radiation solaire ; spectro-hélio-enregistreur des vitesses ; atmosphère solaire; expéditions astronomiques, éclipses, etc.; étalons de longueur d’onde et tables de spectres solaires ; rotation solaire; observations physiques des planètes; nomenclature lunaire; longitudes par T. S. E. ; variation des latitudes ; petites planètes ; comètes ; étoiles filantes; cartes du ciel; parallaxes stellaires; photométrie stellaire; étoiles doubles; étoiles variables; nébuleuses; classification spectrale des étoiles; vitesses radiales stellaires ; heure ; réforme du calendrier.
- Union géodésique et géophysique internationale. Constituée le 24 juillet 1919, elle comprend les sections de : géodésie (ancienne association géodésique internationale) ; sismologie, (ancienne association internationale de sismologie) ayant son bureau central à Strasbourg; météorologie; magnétisme et électricité terrestres (ancienne Commission internationale du magnétisme terrestre); océanographie physique ; vulcanologie.
- Union internationale de la chimie pure et appliquée. Constituée le 24 .juillet 1919 eu remplacement de l’Association internationale des Sociétés chimiques.
- Union internationale de radiotélégraphie scientifique. Constituée le 26 juillet 1919 en remplacement de la Commission internationale de T. S. F. scientifique.
- Union internationale de mathématiciens. Constituée provisoirement, elle se réunira au Congrès international de Strasbourg, en septembre 1920.
- Union internationale, de physique. — Constituée provisoirement.
- Union internationale des sciences biologiques. Constituée provisoirement, elle comprendra des sections de : biologie générale ; physiologie ; zoologie ; botanique ; sciences médicales ; biologie appliquée ; océanographie biologique.
- Union géographique internationale. Projetée. Elle comprendra des sections de : topographie et cartographie ; géomorphologie (y compris la glaciologie et la spéléologie) ; géographie humaine et ethnographie ; géographie historique ; géographie biologique.
- Union géologique internationale. Projetée. Elle comprendra des sections de : minéralogie et lithologie ; paléontologie ; stratigraphie ; tectonique ; dynamique terrestre ; géologie appliquée ; carte géologique internationale ; bibliographie et compte^ rendus.
- Union technique internationale. Projetée. Elle s’occupera notamment de la standardisation et de la documentation technique. Le projet d’un brevet d’invention international à examen préalable obligatoire se heurtant à des difficultés législatives et économiques, il est considéré comme préférable d’établir un bureau central de documentation en matière de brevets et de préconiser la reconnaissance internationale des brevets d’invention nationaux, après enregistrement et publication internationaux.
- Chaque union, alimentée en ressources pécuniaires par les cotisations des pays adhérents, aidera à l’étude des sciences de son ressort et notamment coordonnera les moyens d’action scientifique par l’établissement de méthodes communes de mesures et par la publication des résultats des recherches.
- Dès maintenant sont envisagés un appui et des subsides aux Tables annuelles des constantes physiques du Dr Marie; aux Science Abstracts, à l’Année biologique du professeur Yves Delage ; aux Physiologi-cal Abstracts; à la Bibliographia zoologica éditée par le Concilium bibliographicum de Zurich; au Zoo-logical Record-, aux Botanical Abstracts; à l’Index Medicus.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Fig. i. — Utilisation (l’une vieille bicyclette.
- Mécanique
- Construction d’un petit moteur à vent. — L’amateur mécanicien ou électricien est toujours à l’affût d’un système moteur économique, car la question de la force motrice, quand on n’a pas de courant électrique à sa disposition, est toujours le point noir du petit atelier que chacun veut avoir et organiser.
- En général, il ne faut pas beaucoup de puissance et l’on n’a en vue bien souvent que l’ac-tionnement d’une petite meule, d’une petite scie, d’un ventilateur ou simplement même d’un jouet.
- Les forces de la nature sont intéressantes à capter. La force hydraulique peut actionner des petites turbines, que nous apprendrons à construira dans un prochain article, mais elle n’est pas d’un emploi général, car tout le monde n’a pas à sa disposition une petite chute, un petit cours d’eau, etc.
- Par contre, le vent existe à peu près partout, il ne coûte absolument rien, il ne demande que la peine de faire une installation.
- Il est possible de construire soi-même une petite roue éolienne simple, du modèle vertical, afin d’éviter d’avoir à combiner le mécanisme d’orientation. Bien entendu, il ne faut pas songer à faire produire à l’appareil que nous allons construire des travaux puissants et rapides, mais il sera très suffisant pour les petits appareils que nous voulons faire tourner, en suivant les dimensions que nous allons indiquer.
- Nous avons utilisé précédemment à peu près toutes les parties d’une vieille bicyclette : pédalier, roue arrière, etc. Il nous reste la fourche avant et la direction que nous allons employer ici. Dans la direction, il y a un palier à billes de butée, qui servira à supporter le poids de la roue à vent.
- La fourche sera coupée (fig. i) et on ne gardera que le tube de direction qu’on scellera dans le pignon de la maison ou du chalet, en agençant les tubes coupés en queue de carpe (fig. 2).
- On prépare un disque en bois, un vieux fond de tonneau par exemple, d’environ 60 cm de diamètre et on monte six rayons sur ce plateau, soit en bois simplement ou, si l’on veut, en petite cornière légère. Ces
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- Fig. ?.. — La tourelle seellée dans le mur.
- rayons auront-environ 80 cm de longueur chacun et on les fixera solidement sur le disque au moyen de vis (fig. 3). A l’extrémité des rayons, on montera une tige verticale de 4o à 5o cm de longueur, qui sera assemblée solidement avec de petites équerres et consolidée par deux fils d’acier, sur lesquels, si on le peut, on installera deux tendeurs pour donner une solidité encore plus grande et rattraper les jeux (fig. 4)- Tout dépend de l’outillage qu’on possède et de la perfection qu’on veut réaliser.
- On prépare ensuite six armatures d’ailerons sur une tige verticale de même longueur que celle fixée à l’extrr-
- Fig. 3. — Construction du disque.
- mité des rayons. La largeur de l’aileron sera environ de 40 à 5o cm, les bords seront arrondis et l’encadrement pourra être fait en bois souple, qu’on devra couder facilement en le mouillant abondamment, comme cela se pratique dans le travail du meuble en bois courbé.
- Sur cet aileron, on applique une toile qu’on tend le plus possible et qu’on assujettit comme la voilure d’un petit aéroplane.Cette toile est ensuite, une fois en place, enduite d’huile de lin cuite, ce qui la protège des intempéries.
- La tige verticale de l’aileron et une tige verticale d’un rayon sont réunies ensemble au moyen de charnières, qui sont disposées de telle sorte que ces sortes de volets puissent s’ouvrir et se fermer tous dans le même sens.
- Ojn a constitué ainsi la partie mo-’trice du moulin à vent; agençons maintenant la transmission du mouvement.
- L’arbre sera constitué par un tube d’acier, qui aura le
- même diamètre que celui du tube de la fourche avant, afin de passer dans le collier de direction. A l’extrémité supérieure, on fixera une petite pièce plate avec une tige intérieure, et sur cette pièce plate on montera le plateau moteur précédemment construit (fig. 3). Une petite bague de hutée sera placée au niveau du tube de direction, afin de laisser reposer le poids de toute la tête et de l’arbre sur le roulement à billes de la direction. On dispose cette bague defaçon quela tête motrice soitau-dessus du toit de la maison, afin de permettre au vent d’agir sur cqtte tête motrice.
- Le tube formant arbre descend de la longueur qu’on veut. S’il est très long, on le maintient par des colliers et si l’on veut même par des roulements à billes. A l’extrémité inférieure, on fixe' sur le tube, au moyen d’une queue intérieure, une roue d’engrenage conique, qui engrènera avec une % c
- autre roue semblable fixée sur un tube, arbre horizontal d’utilisation.Ces engrenages coniques peuvent se trouver facilement dans le commerce, chez les fabricants d articles pour stores-bannes de boutiques par exemple.
- L’extrémité de l’arbre vertical pourra tourner1 soit dans un
- bloc de bois dur, soit dans une petite crapaudine à billes.
- Le tube arbre horizontal sera supporté par deux ou plusieurs petits paliers ordinaires ou à billes, si l’on veut avoir un meilleur rendement.
- Sur cet arbre horizontal seront fixées les poulies de commande des divers appareils à actionner. Dans le cas d’un petit atelier, le renvoi d’angle pourra se faire, soit
- /Aileron
- Fis
- \..
- Un aileron.
- — Mode de travail des ailerons.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- en bas, soit en haut de la fenêtre, en prenant appui sur les pierres d’encadrement. On pourra alors protéger les engrenages par un petit carter.
- Gomment le vent agit-il sur le moulin? Cela se voit nettement sur la figure 5. Les ailes mobiles agissent sous l’action du vent comme la queue d’une girouette. En B, C et D,'le vent n’a aucun effet sur elles; à partir de D, c’est-à-dire en E et F, le vent les plaque sur les rayons et donne une impulsion à la roue motrice. Arrivé en A, l’aileron est repoussé violemment et se met dans la direction du vent.
- Il faut donc que tout cela soit monté encore assez solidement. Sans pouvoir réaliser une force motrice considérable, on aura le moyen d’actionner une petite pompe intermittente, une baratte, un petit broyeur de graines, etc., si ou le désire. Tout dépend évidemment des dimensions données aux ailes et du soin apporté à l’exécution.
- En tout cas une utilisation immédiate pour l’été est l’actionnemeut des ailes d’un ventilateur au moyen d’une petite transmission appropriée. On pourra installer sur l’arbre horizontal un embrayage conique construit comme nous l’avons indiqué précédemment. De cette façon, ou n’utilisera le mouvement de la roue à vent qu’au moment où on le désire, pour faire marcher un appareil.
- *-> Objets utiles -c*
- Presse ménagère universelle. — La rareté et les hauts prix du combustible causent bien des soucis aux ménagères. On avait perdu, aux temps d’abondance, l’habitude d’économiser minutieusement cette substance. Il faut y revenir aujourd’hui et ne rien laisser perdre.
- Or, malgré soi, on laisse perdre des combustibles d’une valeur calorifique certaine. Ce sont tous les poussiers qui, par suite de leur état pulvérulent, ne peuvent être maintenus pour y être brûlés sur les grilles des foyers domestiques.
- Tl est un moyen simple pour tirer parti de ces poussiers ; c’est de les agglomérer. C’est ce que font un certain nombre d’industriels ; mais les briquettes ainsi fabriquées sont vendues, elles aussi, fort cher.
- Il était donc intéressant de donner aux particuliers le moyen de faire eux-mêmes facilement ces agglomérés, pour lesquels ils pourront aisément se procurer et à bon compte la matière première, soit en utilisant les poussiers qui encombrent leur cave, soit en les achetant chez les marchands de charbon qui ne demandent qu’à s’en débarrasser.
- F%. G.
- Presse ménagère universelle.
- C’est ce que réalise la Presse ménagère universelle que représente notre figure 6. Elle se compose d’un pilon vertical, avec lequel on comprime et agglomère les produits pulvérulents dans une espèce de moule métallique. Un levier au pied permet de soulever le moulé lorsque le travail est terminé et de dégager
- aisément le produitagglo-méré (fig. 7). Comine agglomérant on peut utiliser les produits usuellement employés : le brai, l’argile (glaise, marne, marnette), déchets de colles végétales et animales.
- On peut ainsi agglomérer poussiers de charbon, sciures de bois, voire ordures ménagères, et produire de 3oo à 4°o boulets à l’heure, suivant le modèle de presse employé.
- Prix : modèle n
- Fig- 7- —Agglomérés obtenus avi la Presse ménagère universelle.
- tructeur : Oré, 11,
- 1, 47 fr. 75 ; n° 2, 69 fr. 35. rue de la Masse, Caen.
- Cons-
- Bouton de porte. — On sait que les boutons de porte ont le défaut commun que la pression s’exerce sur l’extrémité d’une tige goupillée. La goupille finit par se tordre ou se cisailler, sa chambre par s’élargir; le bouton perd sa fixité, il branle au bout de la tige ; un
- jour la goupille tombe et on la remplace trop souvent par un clou meurtrier.
- Le nouveau bouton Duret avec dispositif à ressort supprime ces inconvénients.
- Le dispositif à ressort supprime les goupilles et leurs inconvénients, pertes des goupilles mobiles remplacées par des clous qui déchirent les doigts, jeu et vacillation par suite d’usure t* rapide.
- Au surplus, la goupille mobile n’offre qu’un serrage très imparfait par suite de l’écartement for- Fig. 8. — Bouton de porte Duret,
- cé des trous qui
- sont percés dans la tige et du reste affaiblissent cette dernière.
- Avec le dispositif à ressort le serrage se fait par la tête du bouton, qui est bien préférable au serrage par écrou au ras de la serrure, qui se desserre souvent.
- Le serrage « système Duret » est précis contre la serrure, il s’obtient en faisant pression snr le ressort qui entoure la douille de la tige et est lui-même protégé par un manchon. En même temps on visse la tête du bouton jusqu’à serrage complet; ensuite on abandonne le manchon dont les pattes viennent se loger dans la tête du bouton (en desserrant d’un huitième de tour s’il y a lieu) et l’empêchent de tourner.
- La largeur de la tête du bouton comme aussi Fig. 9. — Béquille Uuret. le système de béquilles
- empêchent les doigts de toucher le manchon quand l’on veut actionner le foliot.
- Les têtes de boutons peuvent s’exécuter en matières diverses même en bois dur, de même qualité que l’ameublement d’une chambre.
- Le bouton Duret est en vente, 142, rue de Rennes, Paris, 6e.
- Jouets
- La « Rouline ». — Les enfants avaient déjà la patinette qui est l’un des jouets les plus goûtés en plein air. II était donc naturel de chercher à la perfectionner et notamment d’ainéliqrer son mode de propulsion en faisant travailler également les deux moitiés du corps. La « Rouline » semble bien remplir ce but. C’est une patinette à roue arrière motrice actionnée par deux
- i'ig. TO.
- La « Rouline ».
- pédales agissant au moyen de câbles sur une poulie de roue libre. L’enfant, debout sur les pédales, appuyé au guidon de direction qui commande la roue avant, appuie alternativement sur l’une ou l’autre jambe; le mouvement d’abaissement qui en résulte est transformé en mouvement circulaire de la roue arrière qui propulse la « Rouline » et son occupant. Pour le transport l’appareil peut être démonté et plié.— La «Rouline» est fabriquée en plusieurs tailles parles usines Ed. Son etCie, ro3, rue François-!61, Saint-Dizier (Haute-Marne).
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- , LA VOUTE CÉLESTE EN JUILLET J920
- Il y a lieu de signaler, parmi les phénomènes astronomiques les plus importants de ce mois, la conjonction de Mars et de la Lune, le 23; le maximum de l’étoile variable Mira Ceti, et les chutes d’étoiles filantes provenant des essaims des Perséides et des Aquarides.
- I. Soleil, Depuis le Solstice d’été, le 21 du mois dernier, la déclinaison du Soleil a diminué. De + 23° 7' le 1 juillet elle tombe à ~j- i8°i7,le3i. En même temps la durée de presence du Soleil sur l’horizon diminue. De i6h3ra le i“r, elle n’est plus que de i5h7m le 3i.
- Il est assez intéressant de connaître cette variation de la durée du jour pour toute la Terre. Les petits tableaux ci-dessous, .extraits de F Annuaire du Bureau des Longitudes, sont très instructifs à ce point de vue. La durée du jour est comptée du lever du centre du Soleil à son coucher, en tenant compte de la réfraction,
- Latitude. Jour maximum. Jour minimum. Latitude. Jour maximum. J OU P minimum.
- 0° 121 fjlll i2h 4” 5 5o° 161 i8m 8 1 o,n
- 10° 12 40 11 3o 55° 17 17 7 5
- 20° i3 18 10 53 6o° 18 45 5 45
- 3o° 14 2 TO 10 65“ 21 43 3 22
- 40° 14 58 9 16 65° 5q' 24 O 2 3o
- 45° r o 33 8 42 67“ 7' >24 0 O 0
- Pour les latitudes comprises entre les cercles polaires et les pôles, la durée des jours et des nuits augmente très rapidement avec la latitude, comme on peut le voir dans le tableau ci-dessous :
- Latitude. HÉMISPHÈRE NORD HÉMISPHÈRE SUD
- Jour polaire. Nuit polaire. Jour polaire Nuit polaire.
- 7°“ 70 L 55 j. 65 j. 59J-
- 70“ 107 93 IOI 99
- 80" i3? I 2 3 r3o i3o
- 85° i63 15o 156 i58
- 9°" 189 176 182 i83
- Parallaxe horizontale du Soleil le 14 juillet : 8".66 • le 29 : 8",67.
- Distance du Soleil à la Terre le 14 juillet : 151 970000 km ; le 29 juillet : 151770000 km.
- Au point de vue des observations physiques du Soleil, se reporter aux Bulletins précédents.
- Photographie du Soleil. — Les lecteurs de cette revue qui possèdent une petite lunette (ou même une longue vue) pourront réussir de très bonnes photographies du Soleil, en munissant ces instruments d’une chambre noire dans le genre de celle que nous avons décrite lors d’une précédente éclipse (voir La Nature, n° 2402, ior mai 1920). La chambre n°II de la figure 1 conviendra, à condition de la munir en O d’unjobturateur très rapide. Cet obturateur peut se faire au moyen d’une mince feuille d’aluminium pu d’acier, percée d'une fente et glissant devant l’oculaire O. La feuille d’aluminium, guidée entre deux glissières, sera entraînée par un élastique ou un ressort. Les amateurs peuvent imaginer tous les dispositifs d’entraînement et de déclenchement qui leur sembleront le mieux cotfvenir à condition de tenir compte :
- i° Que l’obturation doit se faire sans aucune secousse de la lunette (donc masses mobiles très légères);
- 2° Que 1 éclat du Soleil est tel qu’en général on pose trop (donc emploi d’une fente assez étroite, d’une grande yitesse de déplacement et de plaques lentes).
- 11 n’est pas conseillé de diaphragmer l’objectif ou d’interposer des écrans absorbants sur le trajet des
- [. Les heures sont données en temps moyen légal, compté de o h. à 2/, h. à partir de minuit. L’heure d’été étant actuellement en usage, avancer toutes les heures de ce Bulletin de 1 heure. Le temps moyen légal est le temps moyen de Paris retardé de 0 m. 21 s. C’est le temps de Greenwich,
- rayons lumineux. Toutefois, un écran de bonne composition (teinte et support) placé contre la plaque peut donner de bons résultats, notamment pour corriger le manque d achromatisme chimique de tout le système optique formé par la lunette employée. Dans tous les cas, quelques essais pour obtenir le meilleur temps d’exposition seront à tenter.
- Une bonne photographie du Soleil, prise en vue de la reproduction fidèle des taches et des facules, doit montrer le disque du Soleil plus foncé sur les bords. Dans le cas où tout le disque viendrait gris et les taches faibles et voilées, il y aurait surexposition. Dans le cas où cette surexposition serait encore plus grande, il peut y avoir inversion de l’image (soleil blanc sur ciel gris, sur le négatif.
- Lumière zodiacale. — "Voir ce que nous avons dit de ce phénomène aux précédents Bulletins. En raison de la longueur des jours, cette lueur u’est guère observable en ce moment à la latitude de la France.
- IL Lune. — Voici les phases de la Lune pour le mois de juillet :
- P. L. le
- D. Q. le 9,
- N. L. le i5,
- Plus grandes déclinaisons de la Lune, en juillet, le i3, 2Q°3' Nord; le 27, 19°59' Sud.
- Ces déclinaisons extrêmes indiquent les époques de plus grande et de plus petite hauteur de la Lune sur
- Zienibk
- 8h4ora a 5''5m à 201,25m
- P. Q. le 22, à i9h20,r P. L. le 3o, à 23''iq”
- Fig. 1.
- Hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon à son passage au méridien.
- Cette figure montre que pour avoir la hauteur de la Lune à Paris, le 27 juillet, alors que sa déclinaison australe est de iq°5o', il faut retrancher de 1800 les trois angles 19° 5g' (déclinaison), 90“ (angle de l’équateur avec l’axe du monde) et /,8°5o' (hauteur du pôle à Paris). L’angle x vaut ainsi 2I°ti’.
- l’horizon. Ainsi, à Paris, le 27 juillet, la Lune ne sera qu'à 2101 U au-dessus de l’horizon (fig. 1).
- Périgée de la Lune (plus petite distance de la Lune), le i5 juillet, àoh : Parallaxe : 61T1". Distance = 3584ookm. Diamètre de la Lune =:33'23".
- Apogée de la Lune (plus grande distance de la Lune), le 27 juillet, à i4h : Parallaxe : 54'4". Distancer 4o5 Syo km. Diamètre de la Lune =: ag'do".
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 24 juillet, occultation de l’étoile 41 Balance (gr. 5,3) à 23h34m.’ L’immersion seule est visible, en de mauvaises conditions, d’ailleurs, pour Paris, la Lune se couchant à 23h48m.
- Marées, Mascaret. — Voici l’époque des vacances et des villégiatures au bord de la mer. Le cadre de ce Bulletin ne permet pas de donner tous les éléments pour le calcul — très simple d’ailleurs — de l’heure de la marée et de. son amplitude, pour tous les points du littoral français. On trouvera tous ces éléments dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes.
- Nous avons donné quelques indications sur ce calcul dans notre Bulletin astronomique du mois de mai [La Nature, n° 2402, ier mai).
- Coefficient et heure de la marée à Brest :
- Pleine mer
- P. L. du i01 juillet N. L. du i5 — P. L. du 3o
- 3 juillet, à r7h24" 17,' — à 4h46"
- 2 août, à 17I,3^,n
- Coefficient
- 0^,78 iro,o5 ora,86 .
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Pour les ports de l’Atlantique, l'avance, pour les pleines mers .ci-dessus, varie de i5 à 3o minutes sur les heures données. Pour les ports de la Manche, le retard varie de oh (Brest), à 8h (Dunkerque).
- Heure probable de l’arrivée du mascaret pour les marées de la nouvelle Lune du i5 juillet :
- Date Coefficient Quillebeul Yillequier Caudebec.
- Marée du 17' io5 8hi8m 8h55m 911 4ra
- - 17 Io5 •iO,l43"' 2Ih20m 2Ih29m
- — 18 104 911 7m gh44m
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessous, établi d’après les données de P Annuaire astronomique Flammarion, donne les renseignements sommaires pour l’observation des planètes.
- Mercure pourra être observé, au début du mois, dès le coucher du Soleil, son opposition ayant eu lieu le 29 juin. Mais en raison de la clarté crépusculaire et de son voisinage de l’horizon, cette observation sera de très courte durée. Il sera d’ailleurs en conjonction inférieure avec le Soleil le 27 juillet, à (c’est-à-dire sensiblement entre le Soleil et la Terre). &
- Vénus est inobservable, ses heures de lever et de coucher coïncidant à peu près avec celles du Soleil. Elle sera en conjonction supérieure avec le Soleil, c’est-à-dire au delà du Soleil, le 3 juillet, à 2ih.
- Mars s’éloigne de plus en plus et son diamètre diminue. Gomme en même temps sa distance angulaire au Soleil diminue, son observation ne pourra plus être faite qu’au début de la soirée. La phase s’accentue. Elle est de i",3.
- Grand axe extérieur.............................
- Petit axe extérieur.............................
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de l'anneau — — du Soleil — —
- 4' » 4 6°58' 4° 20
- Le signe — indique qu’il s’agit de la face australe de l’anneau, celle que nous voyons en ce moment, et qui est également éclairée par le Soleil.
- Elongation de Titan : Est, le 7 juillet, à i3hom.
- Uranus devient facilement observable, son opposition se produisant à la fin du mois prochain. Cette planète,
- VERSEAU
- — Marche de la planète Uranus sur le ciel pendant l’année 1920.
- qui gravite à la distance de 2858 millions de kilomètres du Soleil, apparaît dans les instruments avec l’éclat d’une étoile de 6e grandeur environ. Un grossissement approprié la montre sous l’apparence d’un petit disque bleuâtre de 4" environ de diamètre. La carte ci-contre (fig. 2)
- ASTRE Date : JUILLET Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen -sion droite. Déclinaison. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine
- b 3k56" n11 55m 85 i9h54'" 7h im -j- 22° 42' 3i'3i" 2 Gémeaux
- Soleil. . . 16 . 4 5 11 56 29 >9 47 7 42 -(- 21 23 31 31. 2 Gémeaux
- 26 4 17 11 56 5g 19 36 8 22 + J9 27 3i 32, 4 Cancer
- 6 6 11 i3 36 21 0 8 42 + l6 57 9 ! 2 ô Cancer
- Mercure. . 16 5 5n i3 0 20 10 8 46 —)— 14 13 10,8 0 Cancer
- 26 4 47 11 58 19 8 8 23 -j- 14 19 >i,4 a Cancer
- G 3 58 11 5g 20 0 5 ^ + 2 3 19 9>fi 0 Gémeaux
- Vénus. . . iG 4 21 12 12 20 3 7 58 + 21 44 9,8 p Gémeaux
- 9.6 4 48 12 24 20 0 8 49 + *9 6 9,8 0 Cancer
- 6 i3 3o 18 37 23 44 i3 44 — 11 56 10,6 a Vierge
- Mars . . . < 16 i3 14 18 r3 2 3 12 i3 59 — i3 3o 10,0 X Vierge
- 2 G i3 1 17 5 i 2 2 4 2 14 17 l5 12 9,4 ), Vierge
- Jupiter . . 16 6 34 i3 49 21 4 9 35 ~f- 15 15 29,4 a Lion
- Saturne. . 1G 8 9 14 58 . 21 47 10 44 + 9 57 14,8 53 l Lion
- Uranus . . 16 21 3 2 2 46 8 0 22 29 — 10 21 3,6 a Verseau
- Neptune. . 16 5 39 i3 7 20 34 8 52 + 17 36 2,4 ô Cancer
- VISIBILITÉ
- »
- Après le coucher du Soleil, au début du mois.
- (
- S
- 1
- ^Peut
- \ dès
- Inobservable.
- encore être observé l’arrivée de la nui t.
- rdem.
- Idem.
- Presque toute la nuit. Inobservable.
- Jupiter n’est plus visible qu’à l’horizon ouest, en de mauvaises conditions par conséquent. On essaiera encore d’observer les phénomènes suivants du système des Satellites :
- DATE SATELLITE PIIJÉNOMÈNJS „HEURE
- Juillet 3 . . IV E. f. 2oh 54“
- — 7 • II Im. 20 23
- — i3 . . I Im. 20 29
- A noter la curieuse disposition des satellites II, I et IV autour de la planète, le 2 juillet, à 2ohi5m.
- Saturne disparaît également dans la lueur solaire du couchant. Etant à l’Est de Jupiter, il sera observable un peu plus tard que lui (environ 40 minutes). L’anneau se referme lentement comme on peut le voir par la valeur de la hauteur de la Terre au-dessus du plan de l'anneau, qui de 8° 3' le ier mai, était de 7°42/ le 2 juin, sera de 6°38' le 4 juillet et de o° 14' seulement le ier novembre prochain. Eléments de l’anneau le 4 juillet 1920 :
- que nous reproduisons d'après Y Annuaire astronomique Flammarion, permettra de le trouver assez facilement avec une jumelle. Certains observateurs ont pris l’habitude de le suivre à l’oeil nu, mais il faut pour cela jouir d’excellents yeux.
- L’observation des quatre satellites est réservée aux grands instruments.
- Neptune sera en conjonction avec le Soleil au début du mois prochain, il est donc inobservable.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- 4\ Uranus en conjonction avec la Lune, à 5°5o' S.
- 4U, Vénus Mercure
- Le 6, à Le 16, à Le 17, à Le 17, à 3h, Neptune Le 17, à 2 ih, Jupiter Le 19, à 4\ Saturne Le 22, à 2oh, Mercure Le 23, à 6h, Mars Le 27, à nh, Vénus
- la Lune, à 5° 5 g' N. la Lune, à i° i8'N. la Lune, à 5° i5'N. la Lune, à 6° 6'N. la Lune, à 6° 4i'N. Vénus, à 6° 17' S. la Lune, à o° 48' S. Neptune, à i° 4g; N.
- La conjonction du 23 juillet sera très intéressante. La Lune sera au premier quartier, mais la conjonction même ne pourra être observée. Suivre le rapprochement de la Lune et de Mars le soir du 22.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- TW
- Æ-
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol ]' (p Persée) : ît juillet, ih26m; 3i juillet, S1^01.
- Observer pendant tout le mois l’étoile variable Mira Ceti (o de la Baleine) dont le maximum est prévu vers le 10 juillet.
- Etoiles filantes. — Le g juillet, commencement habituel de la chute des Perséides. Radiant initial : o Cassiopée (cet essaim est surtout actif du 9 au 11 août).
- Du a3 au 25 juill. étoiles fil. : radiant : (i Persée.
- Du a5 au 28 — ~ t Pégase.
- Du25au3o — Aquarides— ôVerseau.
- Du 26 au 29 — — o Poisson austral.
- De 27 — — 0 Andromède.
- Du 27 juill. au 4 août— — (3 Triangle.
- Inscrire les trajectoires observées sur une carte spéciale (*), noter l’heure, les caractères spéciaux.^L’atten-1. La Société astronomique de France a édité une carte spéciale, dressée par MM. Touchet et L. Rudaux, pour l’observation des étoiles filantes. S’adresser à M. Ballot, bibliothécaire, 7, rue Suger. Paris.
- tion des observateurs est appelée sur les météores nébuleux. Nous reviendrons spécialement sür cette question dans un prochain Bulletin.
- Y. Constellations. — Yoici les principales constellations visibles en ce moment. Les curiosités les plus remarquables figurent entre parenthèses.
- Au Zénith : le Dragon (v, 41, 0, y). — La Lyre (ô, s, Z, rh a). — Hercule (a, p, p, 96, 0).
- Au Nord : La Petite Ourse (a). — Andromède (7, tc, 46, M. 3i). — Cassiopée (yj, t, 4», o).
- A l'Est : Le Cygne ((3, 0, y, 6iB). L’Aigle (a, r,, i5 II, 7). — Le Dauphin (y, p). — Pégase (1, 3, 85, e, tc).
- — Le Yerseau [Z, 83 h, 4L 94)- — Les Poissons (0., ç, '4* (*)> 77* 35).
- Au Sud : -Le Sagittaire (p, h, g1, 54e1, 21). — Le Scorpion (a, p, v, a, «), — Ophiuchus (36A, 70, 67, p).
- A l’Ouest : La Couronne (C, o, v,, T). — Le Bouvier (a, e, tc, 5, ô, 34).—La Chevelure de Bérénice. — Les Chiens de Chasse (a, 2, M. 3 et 5i). — La Grande Ourse (’Ç, ?, v, :i3h, a, 57). Èm. Touchet.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS- — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les f laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. l’Jle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Erratum. — M. Dogilbert qui nous documenta sur les appareils du Dr L.-Y. Nicolaï, décrits dans notre n° 2406-2407 du 22 mai, nous prie de dire que le seul concessionnaire desdits brevets est M. Henry Garda, 68, rue Réaumur, à Paris.
- Adresses relatives auxappareilsdécrits. — Voiture Hélica (voir n° 2409, 5 juin 1920).— M. Leyat, 27, quai de Grenelle, Paris.
- Communications. — Les perturbations de la T. S. F. dérèglent-elles les montres ? A cette question posée par M. Hemmerdinger, dans notre n° du 8 mai 1920, M. F. E ivoire, à Aigues-Mortes, nous répond :
- « A la lecture de cet article, et sans même avoir atteint les dernières lignes, j’ai constaté que pareil désagrément m’est arrivé à peu près à la même époque. Cela n’a pas duré longtemps, mais c’était exaspérant ; ma montre de la marche de laquelle je n’avais qu’à me louer a subi tout à coup des perturbations que je ne savais à quoi attribuer. De guerre lasse, j’avais pris le parti de la porter chez un spécialiste, lequel, vu la complication de ce mouvement, aurait pu me soulager de 5o francs. J’aurais bien voulu attendre, mais c’était intolérable; des retards, des arrêts; bref, je ne pouvais compter sur elle.
- Brusquement, ma montre s’est remise d’elle-même dans sa marche régulière, et depuis je me retrouve avec l’instrument précis d’autrefois. Il est bien certain que l’horloger aurait trouvé quelque chose dans la montre (peut être par métier), mais assurément, je m’explique maintenant que le grand coupable était probablement l’agent sournois qui avait dérangé le chrono de votre lecteur, je veux dire les manifestations magnétiques.
- Je n’ai pas 'constaté d’autres perturbations sur les grosses pièces de la maison ; mais je ne m’expliquais pas alors cette mystérieuse cause de dérangement de ma montre. »
- La protection du fer par oxydation électrolytique. —-Nous avons résumé dans notre numéro du 8 mai 1920, informations, p. 122, l’article de M. Révillon sur ce sujet publié dans la Revue de Métallurgie et consacré au procédé Sestini et Rendelli, M. Révillon nous écrit qu’il a installé dans son usine de Bagnolet, 2,5, avenue de la.République, un atelier d’essai et de démonstration et qu’il se tient à la disposition de ceux de nos lecteurs que la question pourrait intéresser pour leur faire tous échantillons et ensuite leur installer moyennant licence le procédé pour leur fabrication.
- Demande. — M. Merlin, 25, tue Leplanquais, Mala-koff (Seine), désire acheter une jumelle,à prismes et un stéréoscope 6><i3.
- Réponses. — Mme Pahinel, à Paris. — L’adresse de M. Leyat (Voiture Hélica) est 27, quai de Grenelle.
- M. le commandant du génie G. B., à Liège. — 1° Fabricants et applicateurs de parquets sans joints : E. Carlier (parquet Le Doloment), 77, boulevard Diderot, à Paris; Etablissements E. Brousse, 9, rue de Ligny, à Paris; Douce, Moulin et Cie (parquet le Terrazolith), 64, rue Petit, à Paris ; Société française de ciment Pink, 174, rue du Cardinet, à Paris; Société du Linolparquet, 9, rue du Congo, à Pantin (Seine) ; Société française du Solina, 6, rue Servient, à Lyon; — 20 Nous n’avons pas connaissance d’ouvrages récemment parus sur le bâtiment et l’architecture. Mais comme bons ouvrages, nous vous citons entre autres : l’Art de bâtir, de P. Planat, 5 volumes; Pratique de la mécanique appliquée à la résistance des matériaux, de P. Planat, 3 volumes; Emploi du béton armé, P. Planat, 1 volume; Eléments et théo1 ries de l'Architecture, de J. Guadet, 4 volumes; — 3° Concernant la question spéciale des stands de tir, vous pourriez vous documenter auprès de la maison Berger-Levrault, rue des Beaux-Arts, 5, à Paris, éditeurs d’ouvrages militaires et notamment de la Revue du Génie.
- Mme Paturel, à Paris. — Glacières. — Nous avons donné dans le n° igo5 du 19 août 1911 (Science appliquée) des modes de construction de glacières.
- M. Ch. G., rue Maurice-de-Saxe, Blois. — Documentation pour la culture des chrysanthèmes : Bellair et Bérat, Les Chrysanthèmes, 1 vol. 3 fr. 76; Chabanne et Choulet, Culture des chrysanthèmes, 1 vol. 3 fr. ;
- A. Cordonnier, Le chrysanthème à la grande fleur, 1 vol. 8 fr. ; J. Lochot, Culture des chrysanthèmes, 1 vol. 3 fr. 5o ; Yilmorin-Andrieux, Différentes cultures du chrysanthème, 1 vol. 1 fr. y5; Viviaud-Morel, Instructions sur la culture des chrysanthèmes à la grande fleur, 1 vol. i fr. 65; Ed. Roucayrol, Le chrysanthème et sa culture, 1 vol. 1 fr. ; R. de Noter, Le chrysanthème, 1 vol. 1 fr. Le choix est corrélatif de l’objectif cultural que l’on veut atteindre. Voyez librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris, 7e.
- M. LLurtault, à Chartres. — Aimants. — Pour fabriquer de petits aimants permanents il faut employer de l’acier spécial dit magnétique pour aimants. On les forge, on les ébarbe et on les trempe.
- Pour les aimanter voir ci-dessous la réponse faite à M. Leley, à Marines.
- Pour obtenir un contact sans étincelle de rupture, il faut ou bien faire la rupture à fond de course sur un galet auxiliaire en charbon, ou faire le soufflage magnétique de l’étincelle par un électro-aimant approprié, mais cela ne peut s’établir que pour des appareils importants.
- M. G. L. M., h Versailles. — Il faut compter comme ampérage pratique maximum pour vos fils 3 ampères par millimètre carré. Il vous sera facile de calculer l’intensité pouf chacun des diamètres indiqués.
- Le petit moteur Mécano marche avec des piles. C’est un moteur jouet de faible intensité.
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- BOITE AUX LETTRES |^|*
- Les (ils de résistance de chauffage peuvent, sans inconvénient, être mis en contact avec l’eau. C’est la manière d ailleurs d’essayer ces objets électriquement.
- M. G. Leley, à Marines. — Pour réaimanter une magnéto le mieux est de démonter les aimants et d’entourer une branche avec un bobinage en plus grand nombre de tours possible capable de supporter un très fort ampérage, on peut aller à 25 ou 3o ampères même avec du no volts. Il faut naturellement prendre du courant continu et avoir soin de ne pas faire sauter les plombs de l’installation. Tout dépend de la puissance de votre dynamo, ou de votre compteur dans la distribution.
- Néanmoins, pour obtenir de très bous résultats, nous vous conseillons de donner vos aimants à réaimanter à un constructeur de magnétos qui a pour cela toute l’installation nécessaire.
- M. F. Richard, à Paris. — Construction d'une bobine. — i° Nous ne pouvons dans la petite correspondance donner tous les éléments de construction d’une bobine de Ruhmkorlî, surtout avec toutes les indications détaillées que vous demandez;
- 2° Même réponse pour le petit moteur jouet ; La Nature a donné des exemples de constructions de moteurs de ce genre ;
- 3° Les pièces détachées pour appareillage électrique vous seront fournies par le Bazar d’Electricité, 18, boulevard Henri IY ;
- 4" Pour dissoudre l’oxychlorure de zinc des piles sèches, on peut les traiter par une solution d’alcali à refus ;
- 5° Pour la photographie sur papier de la façon que vous indiquez, il faut du papier, des bains donnant des contrastes. Forcément le positif obtenu manquera de nerf, il sera terne ;
- 6° La Nature a publié le moyen de construire soi-mème un petit transformateur de sonnerie. En tout cas nous ne pouvons donner ici des indications aussi détaillées.
- 7° Même réponse pour le conjoncteur disjoncteur;
- 8° Vous n obtiendrez aucun bon résultat de désaimantation de l’aimant de votre téléphone. Il serait préférable de diminuer le nombre de tours.
- M. Graffe, à Paris. — Allumeur avec bougie. — Il y a, en effet, une légère omission dans la description du fonctionnement de l’allumeur av£c bougie. Dans le cas où, pour simplifier le montage, on emploie, comme cela est indiqué sur la ligure, une bobine de self-induction, l’étincelle qui se produit ne peut être qu'une étincelle d’extra-courant de rupture. Par conséquent il faut laisser le bouton appuyé et former contact entre la masse et la pointe de la bougie avec la tète du chalumeau lui-même. En retirant le chalumeau plusieurs fois, il se produit autant d’étincelles, jusqu’à finalement l’allumage. Le bouton n’est là que comme sauvegarde, pour éviter le débit des piles, si une pièce métallique venait se placer sur la bougie et le court-circuiter.
- Dans le cas où l’on ne voudrait pas procéder à cette manœuvre, on emploierait une bobine d’allumage d’automobile, qui comporte primaire et secondaire et le montage est facile à déduire, le bouton devant naturellement rester intercalé sur le primaire qui comporte les piles. On peut également employer un transformateur de sonnerie pour cet usage.
- M. J. R., au Pin-la-Garenne. — Vous trouverez les renseignements qui vous intéressent dans la petite brochure intitulée : Comment on installe et administre un Cinéma, par E. Kress (Ch. Mendel, éditeur, 118, rue d'Assas, à Paris).
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de io % pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.
- The Year Rook of Wireless. Telegraphy and Telephony. i vol. 1136 p. The Wireless. Press, éditeur, Londres 1920.
- Ce précieux annuaire de T. S. F. qui n’a pas encore son équivalent en France contient, outre des renseignements sur les diverses législations et les règlements concernant la T. S. F. dans le monde, l’énumération des principaux postes et d’intéressantes notes techniques sur les progrès réalisés en 1919 par la T. S. F. en France, Allemagne, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Italie et Japon, et différentes autres questions à l’ordre du jour : brevets, bibliographie, etc.
- Ilot bulb OU Engines and Suitable vessels, by W. Pol-lock. 1 vol. illustré, 4^8 p. Constable et Cie, éditeurs. Londres 1919. Prix : 42 sh.
- L’auteur étudie les moteurs à pétrole à combustion interne, non ceux du type bien connu de Diesel, mais ceux, tout aussi répandus et d’emploi plus facile, dans lesquels on ne pratique que de faibles compressions; la compression s’effectue sur de l’air pur seulement; à ce moment on injecte le liquide combustible qui s’enflamme au contact d’une surface à haute température. C’est le moteur connu sous le nom de semi-Diesel. L’auteur en fait 1 historique, en décrit les principaux modèles, puis en étudie un à un les organes essentiels. Enfin il en étudie l’application comme moteur marin.
- Cours pratique de moteurs industriels à combustion interne, par Ed. Jolly. i vol. 280 p., 184 fig. Préface A. Moutier. Dunod, éditeur, Paris, 1920. Prix : 7 fr. 5o.
- Exposé clair et méthodique des principes généraux qui règlent la construction et l’emploi des divers moteurs à combustion interne : moteurs à explosion ou à combustion type Diesel. En voici les principaux chapitres : généralité sur les moteurs thermiques. Etude de combustibles pour moteurs : les gazogènes, la carburation. Les différents cycles. La puissance et le rendement des moteurs. Les organes des moteurs. L’allumage. La régulation. La mise .en marche. Suivent quelques monographies sommaires.
- Les moteurs à explosion dans Vaviation, par Masméjean et Beréhare. T. II, Généralités sur les moteurs d’aviation, moteurs rotatifs, 1 vol. 332 p., ri3 fig. 8 pl. hors texte. Préface de M. René Besnard. Dunod, éditeur. Paris, 1920. Prix : 17 francs.
- Les deux auteurs, mécaniciens de la Marine, ont joué pendant la guerre un rôle important dans les services de réparation des moteurs d’avion. C’est dire que le sujet est traité avec le maximum de compétence. L’ouvrage débute par l’indication des caractéristiques générales des moteurs d’avions ; il continue
- par l’étude des carburateurs à correction altimétrique,
- celle des pompes à essence, pour aborder ensuite celle des embiellages et distributions. Vient ensuite 1 étude plus détaillée des moteurs rotatifs, suivie de la description méthodique du moteur Gnome, du moteur Rhône, et du Clerget-Blin avec toutes indications pour la conduite et l’entretien de ces moteurs.
- La prolongation de la durée des brevets d’invention, commentaire et texte de la loi du 10 octobre 1919 et du Décret du 8 nov. 1919, par Robert Moureaux. x vol. 38 p. Pédone, éditeur, i3, rue Soufflot. Paris 1920. Prix : 3 francs.
- La loi du 10 octobre 1919 permet aux "titulaires de brevet que la guerre a empêchés d’exploiter leur invention, d’obtenir prolongation de leur privilège pour une durée qui peut atteindre 8 ans, et prévoit aussi des délais ou des réductions dans le paiement des annuités. C’est ce texte important que M. Mou-reaux commente de façon concise et claire.
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- LA NATURE
- QUARANTE-HUITIÈME ANNÉE — 1920
- PREMIER SEMESTRE
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — VARIÉTÉS — HYGIÈNE ET SANTÉ
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ï. — INFORMATIONS.
- Acide carbonique fertilisant.................................
- — lactique : nouveau procédé industriel de fabrication .
- Air liquide : explosifs......................................
- Aéroplanes et agriculture....................................
- — électrique...........................................
- Afrique : traversées en avion .....................
- — australe : production................................
- — tropicale : chemins de fer...........................
- Aitken : nécrologie..........................................
- Albumine.....................................................
- Alcool moteur................................................
- — moteur et banane.....................................
- Alfa en Algérie..............................................
- Aliments concentrés pour le bétail : production française. .
- Allemagne : bétail...........................................
- Allumeur électrique de gaz...................................
- Alsace : production agricole en 1919.........................
- — : puits de pétrole jaillissant. .....................
- Alsace-Lonaine : mouvement des prix..........................
- Arroseuses-balayeuses de la Ville de Paris...................
- Automobiles aux États-Unis...................................
- Autruche : œufs..............................................
- .Aviation anglaise : statistique.............................
- — : concours...........................................
- — : emploi pour la chasse à la baleine.................
- — : police en Californie...............................
- — : records de hauteur............ „................. . .
- — : grandes routes pour 1920...........................
- Avions : moteurs pendant la guerre...........................
- — : moteur à turbo-compresseur.........................
- — traversées de l’Afrique..............................
- Axolotl : métamorphose.......................................
- Baleine : emploi de l’aviation pour la chasse................
- Banane : alcool moteur.......................................
- Bateau volant Graham-Bell....................................
- Bâtiments pour usines d’explosifs............................
- Belgique : population........................................
- .Bell : bateau volant . . ...................................
- Bessarabie : ressources......................................
- Bétail en Allemagne..........................................
- — des États-Unis.......................................
- — : production française d'aliments concentrés.........
- Betteraves à sucre : action de la chaleur sur les graines . . Bois : étude des propriétés physiques et mécaniques . . . .
- — : préservation contre les tarets . ..................
- Briques crues dans la construction des maisons...............
- — de pierre ponce et de kicselguhr.....................
- 99
- 2
- 89
- 121
- 75
- 73
- 9
- 58
- 65
- 10
- 170
- 90
- 125
- 162
- 17
- 17
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- 121
- 74
- 9
- 25
- 73
- 41 25
- 161
- 75'
- 42 9
- 10 25 17 98 25
- 147
- 90
- 123
- 54
- 90
- 137
- 162
- 195
- 161
- Brontosaure : question....................................... 18
- Canada : houille blanche................ . . ................... 57
- Canne à sucre : papier pour améliorer les cultures .... 186
- Cantal : kieselguhr..........................................137
- Caoutchouc en 1919...........................................186
- Cartographie de guerre....................................... 17
- Cernent gun : construction en France......................... 34
- Centrale électrique chauffée a la tourbe..................... 97
- — : prévision des orages...................................122
- Cerf : conserves. . ............................................. 66
- Chaldée : fouilles................................................26
- Chalumeau oxy-acétylénique : coupage sous l’eau.............. 89
- Charbon pulvérisé: chauffage des locomotives.....................113
- Chemins de fer de l’Afrique tropicale........................ 34
- — de l’Asie méridionale. . ................................169
- — des colonies françaises..................................146
- — de Mésopotamie........................................... 57
- Cheminée la plus haute du monde.............................. 55
- Chevaux français aux États-Unis................................. 123
- Chicago : gigantesque pont à bascule......................... 33
- Chlorophylle : expérience sur l’assimilation..................... 98
- Chloropicrine insecticide et raticide............................ 26
- Ciment armé : applications nouvelles........................... 146
- Cinéma et zoologie............................................. 137
- Colonies françaises : chemins de fer.............. 146
- Commerce extérieur de la France.................................. 58
- — des Philippines . . $.................................... QU
- Conduite de pétrole la plus longue. ......................... 2
- Congrès de l’Habitation......................................... 34
- — international des Mathématiciens....................... 158 *
- Conseil National de recherches de Washington................. . 99
- Constructions navales anglaises et américaines. ...... 121
- Constructions navales en 1919............................. . . 65
- Corbeaux : destruction. .........................................194
- Corrosions du fer............................................. 97
- Coupage sous l’eau par chalumeau...................... 89
- Couveuse gigantesque en 1677. ....................'..........186
- Crayons de plombagine............................................ 49
- Cuivre dans la terre et les plantes..........................190
- Damage : machine............................................... 115
- Démographie de la Prusse et de la Bavière.................... . 41
- Dérive : curieux cas............................................. 1
- Diamant : industrie en France....................................185
- — : production artificielle............................... 50
- Dodécanèse .................................................... 105
- Dunes de Hollande................................................185
- Ebonite : électrisation par la chaux vive........................ 66
- L> 26
- Supplément au 11“ 2412 de La Nature du 26 juin 1920.
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- TABLE DU SUPPLEMENT
- Élan au Canada..............................................
- Électricité : transport d’énergie d’Angleterre en France. . . Électrisation de l’ébonite frottée avec de la chaux vive . . . Electrochimie et électrométallurgie dans les Pyrénées . . .
- Éléphant : débarquement.....................................
- Engrais : bilan dans les cultures...........................
- — : radioactifs.......................................
- Enseignement supérieur : efforts des États-Unis.............
- Espagne : production houillère..............................
- — : potasse..........................................
- États-Unis : automobiles....................................
- — : bétail...........................................
- — : chevaux français..................................
- Explosifs à air liquide.....................................
- — : bâtiments pour usinés.............................
- Faîne : huile...............................................
- Fer : contre les corrosions.................................
- — électrolytique : industrie en France............... • •
- — dans la Meuse.......................................
- — : protection........................................
- — : protection par oxydation électrolytique...........
- — pur : métal Armco...................................
- Ferme annexe de l’usine ....................................
- Feuilles : développement par perforation des racines. . . .
- Floraison précoce...........................................
- Flotte suisse...............................................
- Forces hydrauliques du Plateau Central......................
- Forêts du Var : incendies...................................
- Fouet : poids d’un coup.....................................
- Fouilles en Chaldée . . . ..................................
- Fours de boulanger chauffés électriquement..................
- Fourrures : nouveau marché à Montréal.......................
- France : commerce extérieur.................................
- — : récoltes en 1919..................................
- Froment : ressources de la Russie méridionale...............
- Fruits : pour aviver le coloris.............................
- — : récoltes en 1919..................................
- Gaz d’éclairage : nouveau mode de fabrication...............
- Glaciers artificiels d’irrigation au Karakorum..............
- Grande-Bretagne : pétrole...................................
- Gravitation : expérience....................................
- Grèce i découverte du pétrole...............................
- — : service géologique................................
- Grenoble : laboratoire d’essais.............................
- Grève des imprimeurs........................................
- Habitation : congrès........................................
- Hélices appliquées aux péniches.............................
- Hémoglobine.................................................
- Héraclée : bassin Fouiller..................................
- Hollande : dunes............................................
- Houille : bassin d'Héraclée.................................
- — blanche au Canada............................... - •
- — : production de l’Espagne..........................
- Houillères du Nord : destruction et restauration............
- Huile de lin : succédané....................................
- — de palme et la guerre............................ . . .
- Imprimeurs : grève..........................................
- Incendies des forêts du Var.................................
- Indo-Chine et Japon : commerce .............................
- Intelligence d’un ours brun.................................
- Japon et Indo-Chine : commerce..............................
- _____ : lignes de navigation............................. • •
- Karakorum : glaciers artificiels d’irrigation...............
- Kieselguhr dans le Cantal...........fl.................... . .
- — et ponce : briques .................................
- Laboratoire d’essais de Grenoble ...........................
- •Lait et viande : économie de production....................
- _ rendement relatif des produits . ......................
- Locomotives chauffées au charbon pulvérisé. .......
- Logement : crise à Paris........................ ...........
- Lorraine, Sarre et Est de la France : communications. . . .
- — : métallurgie.......................................
- Maladie cutanée provoquée par un chargement dorge. . . .
- Maroc : réseau routier......................................
- Mars : curieuse explication des canaux......................
- 1 Mathématiciens : congrès international.......................
- Mazout : importations . . ..................................
- Mercure : agent thérapeutique nouveau de grande puissance.
- Mésopotamie : chemin de fer ..... ..........................
- Métal Armco.................................................
- Métallurgie lorraine..............................._ • • • •
- Métamorphose de l’axolotl................... ...............
- Meuse : fer.................................................
- Mexique : production du pétrole.............................
- 99
- o4
- 66
- 2
- 162
- 122
- 170
- 138
- 2
- 177
- 75
- 123
- 123
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- 17 147
- 97 177 137
- 89
- 122
- 177
- 75
- 18
- 76 42
- 157
- 98 137
- 26
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- 186
- 58
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- 75
- 125
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- 115
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- 161
- 97
- 178
- 146 2
- 65
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- 113 58
- 177
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- 177
- 57
- 2
- 57
- 170
- 193
- 65
- 98 17
- 114 17
- 169
- 114
- 157
- 161
- 2
- 147 114 113
- 99
- 74
- 17
- 10
- 41
- 195
- 138
- 53
- 50
- 57
- 177
- 17
- 42
- 137
- 161
- Mexique : tremblement de terre.............................. 42
- Mont Wilson : tempête....................................... • 1
- Montréal : nouveau marché de fourrures......................186
- Moteurs d’avion pendant la guerre........................... 25
- — d’avion à turbo-compresseur.............................161
- — Diesel : enseignement................................... 66
- — à gaz le plus puissant du monde. ......................185
- — rotatif Damblanc........................................157
- Muscle : soie...................................................147
- Navires : constructions en 1919 t........... ............... 65
- Nécrologie : Dr Aitken...................................... 9
- Niagara : cascade du Fer-à-Cheval...........................114
- Nipa : sucre et alcool...................................... 10
- Nouvelles Hébrides.............................................. 58
- (Eufs d’autruche.................................................170
- — : conservation..........................................125
- Oiseaux : pour leur retour dans les régions dévastées. ... 99
- Okapi d’Anvers : mort . 1................................... 99
- Orages : prévision dans les centrales électriques...........122
- Orge : maladie cutanée provoquée............................... 10
- Ours brun : intelligence...........J......................... . 114
- Oxyde de carbone : protection....................................169
- Oxygène liquide dans les mines..............................122
- P.-L.-M. : lignes nouvelles construites pendant la guerre . . 1
- Palmiers monstrueux.............................................. 42
- — , sangliers et tigres.................................... 90
- Papier pour améliorer les cultures de canne à sucre .... 186
- — carbone : poids..........................................194
- — : fibres nouvelles ......................................170
- Pendule explorateur d’œuf....................................... 90
- Péniches : propulsion aérienne...................................113
- Pesanteur et rotation de la terre................................ 97
- Pétrole : conduite la plus longue................................ 2
- — en France et dans ses colonies...........................145
- — en Grande-Bretagne.......................................161
- — : découverte en Grèce....................................178
- — : production au Mexique..................................161
- — origine. ................................................ 89
- — : puits jaillissant en Alsace............................ 17
- Phénomène curieux............................................... 49
- Philippines : commerce........................................... 99
- Photographie : réouverture du cours de la Société française. 42 Pipe-lines......................................................145
- — du Havre à Paris................................. - . 50
- Plantes : cuivre ............................................... 195
- — : injections pour augmenter le rendement................. 18
- — médicinales et à essences : comité interministériel. . 26
- — médicinales : importations...............................179
- Plateau Central : forces hydrauliques............................137
- l’once et kieselgiihr : briques.................................161
- Pont à bascule gigantesque de Chicago............................ 35
- Population de la Belgique....................................... 98
- Porls français : trafic en 1919.................................. 74
- Potasse en Espagne............................................ 177
- Prix : mouvement en Alsace-Lorraine............................. 17
- Prusse et Bavière : démographie pendant, la guerre. .... 41
- Pyrénées : industries électrochimiques et électrométallurgiques 2 Racine : perforation pour augmenter le développement foliaire 18
- Rades : nouvelle méthode de protection.......................... 90
- Radiations infra-rouges : applications..........................121
- Radioactifs (engrais)......................................... 170
- Rayons X au service de l’art....................................138
- Récoltes françaises en 1919..................................... 66
- — des fruits en 1919...................................... 75
- Reconstitution des régions dévastées............................. 41
- Redresseurs à vapeur de mercure de grande puissance . . . 145
- Régions dévastées : reconstitution ............................ 41
- Réseaux de distribution électrique : organisation............... 97
- Riz rouge...................................................... 194
- Roues en aluminium pour camions automobiles..................... 98
- Routes : réseau du Maroc....................................... 41
- Ruban à ensemencer..............................................170
- Russie méridionale : ressources en froment. ....... 75
- Sang : produits dérivés......................................... 58
- Sangliers, tigres et palmiers .................................. 99
- — et la vie chère......................................... 99
- Sciences : groupements internationaux...........................194
- Semailles : ruban...............................................170
- Slesvig : plébiscite............................................ 98
- Soie de muscle .................................................147
- — : production française.................................. 98
- Soleil : grandes éruptions...................................... 65
- Souris communistes.............................................. 90
- Sous-marin anglais armé d’un canon de gros calibre. . . . 121
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Sous-marin contre incendie......................................42!
- Standardisation...................................... 26, 66
- Sucre : production mondiale.................................... 42
- Suisse : flotte................................................ 42
- Tabac : importations........................................ 146
- Tarets : préservation des bois.................................162
- Tchéco-Slovaquie : cultures..................................... 42
- T. S. F. : horaire des principales émissions..................... 9
- — : réglementation des petits postes récepteurs .... 76
- — : signaux horaires sur ondes entretenues................177
- — transatlantique......................................... 97
- Téléphonie sans fil.............................................161
- Tempête au Mont Wilson........................................... 1
- Terres : cuivre............................................195
- — transportées par le vent................................178
- Tigres, palmiers et sangliers..................................... 90
- Tourbe : chauffage d’une centrale électrique.................. 97
- Transiatique méridional : amorces.................................169
- Tremblement de terre au Mexique............................. 42
- Ultra-violet : action sur les vitamines...........................158
- Unions scientifiques internationales............................. 194
- Universités françaises : formation technique. ....................178
- Véhicules électriques à récupération .............................(61
- Vent : transport de terres.................................... . 178
- Viande et lait : économie de production.......................147
- Vin : récolte en France en 1919............................... 42
- Vitamines : actions des rayons ultra-violets..................158
- Volcan Bulusan de l’île Luçon. ............................... 98
- Vosges : percées.................................................. 75
- Zoologie et cinéma.............................................. 437
- II. — SCIENCE APPLIQUÉE.
- Amortisseur de chocs Hartford................................... 92
- Attache-fil P. C. pour bougies d'allumage................... 152
- Auto-mouche..................................................... 79
- Auto-Wheel...................................................... 78
- Baignoire pliante...............................................128
- Bande d’étanchéité pour auto.................................. 152
- Baquet-tub..................................................... 164
- Berges : protection par gabion Pal vis......................179 -
- Bicyclette : application. . :.................................. 52
- Borolime........................................................428
- Bougies d’allumage : attache-fil.............................. 152
- Boulon cassé : pour le retirer..................................140
- Brosse hydraulique AM......................................... 128
- Cachetage : humecteur de ruban gommé « Liberty » . . . .
- Canif-revolver.................................................. 44
- Chalumeau à essence.............................................426
- Châssis extensible pour auto Ford...............................172
- Chauffage central à eau chaude : régulateur..................... 44
- Chauffeur Bienvenu..............................................170
- Compresseur d’air pour ateliers et garages . ...................179
- Cône volant..................................................... 28
- Courant : pour reconnaître sa nature............................126
- Cultivateur à main Abbott...................................... 128
- Cvclo-tracteur.................................................. 79
- Develop-films ... 164
- Ecrou indesscrrable . . ........................................ 28
- Eclairage électrique réduit.....................................115
- Encres de couleurs : emplois.................................... 60
- Fer à souder pour petits trous et fils..........................103
- Filtre à huile................................................. 151
- Four électrique de laboratoire à résistance : construction. . 187
- Fourchette universelle ........................................ 20
- Fourneau à charbon de bois « Express » . . . ...................164
- Gabion Palvis...................................................179
- Golpo.......................................................... 80
- Graissage des transmissions sans échelle........................ 56
- Horloge à eau : construction.................................... 59
- Huile : filtration............................................ 151
- Humecteur de ruban gommé à cacheter « Liberty ».................180
- Indicateur de niveau à distance.................................. 4
- Injecteur d’essence pour moteur à explosion.....................171
- Interrupteur à couteau....................................... . 127
- — permettant de mettre deux lampes en série ou en
- parallèle.................................................... 91
- Klippa, chambre noire extra mince. ............................. 20
- Lampes à poses multiples........................................152
- Lanterne pour laboratoire photographique.................... 67
- Lanterne de projection portative....................... . . 67 j
- Machine à glace domestique : construction...................148
- Marmite norvégienne à lampe............................. 5i
- Mécanisme à fonclionnement intermittent.........................439
- Meule : confection............................................. 195
- Moteur à explosion : injecteur d’essence....................474
- — -jouet à courant alternatif.............................424
- — synchrone schématique : construction. .............. 49
- — universel : installation sous 110 ou 220 volts .... 91
- — : à vent : construction. ..........................495
- Outils : trousse portative extra-plate..........................480
- Pansage par le vide............................................. gQ
- Parquets-tapis en mosaïque de bois.......................... 68
- Phare baladeur Auloreelite..................................... 92
- Poêle xylotherme à sciure de bois........................... 6,q
- Portraits-films Eastman..................................... 27
- Poulie à friction simple....................................... 492
- Premier pas . 20
- Presse ménagère universelle.................................496
- Projecteur électrique ï'arabolux............................ 97
- Radiateur Mothère..................................... 188
- Régulateur pour chauffage central à eau chaude ...... 44
- Régulateur Pierce pour auto-camions............................ 92
- Reproductions de menus objets sans ombres portées .... 67
- Robinet de la Victoire......................................488
- Rouline...........................................................
- Scie spiralée...............................................jgg
- Signaux optiques d’élévation de température ....... 152
- Siphon à amorçage automatique ................................ 401
- Sonnerie : transformation en appareil enregistreur..............145
- Sonneries volantes : installation sur un circuit fixe....... 51
- Summum, appareil stéréo-panoramique.........................449
- Support à ressort pour lampe Pigeon.......................... , 28
- Tabouret à hauteur réglable automatiquement au pied ... 59
- Télégraphe Bréguet..........................;...............445
- Température : signaux optiques d’élévation......................151
- Tiges : manière de les tourner sans tour........................ 49
- Tirage des papiers photographiques : appareil rapide. . . . 172 Tour d’amateur : construction avec une vieille bicyclette . . 35
- Tour à pédale : amélioration................................... 19
- Transformateurs pour sonneries..................................127
- Trousse d’outils portative extra-plate...........\ . . . . . 180
- Ventouse « Tenon »............................................ .180
- Vérographe..................................................... 472
- Vis : mise en place............................................ 402
- Vis à bois indévissable ...................................... 102
- — : mise en place ........................................ 08
- Yoiturette électrique............................................79
- III - VARIÉTÉS.
- Les plantes sauvages qui fleurissent en janvier (H. Coupin) . 5
- Les vins gelés (Francis Marre) .................................. 21
- La terre à foulon. Le Eieselguhr (A. Hutin)....................... . 29
- Les plantes sauvages qui fleurissent en février (H. Coupin) . 37
- Le fruit du cactus : ses utilisations, ses inconvénients (A. Hutin). 45 Les fumigènes pour la protection des récoltés contre les gelées printanières (A. Roi.et).............................................. 93
- La refermentation accidentelle des vins (F. Marre). .... 106
- Comment acheter les fruits frais? Les cerises (A. Truelle). . 144 Comment acheter les fruits frais? Les groseilles (A. Truelle). 173 Comment prolonger de quelques jours la durée des fruits périssables (A. Truelle)......................................480
- Les microbes dans la valeur hygiéniquede l’œuf frais (A. Rolet). 181
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- m*
- TABLE DU SUPPLEMENT
- IV. — HYGIÈNE ET SANTÉ.
- Nouveau procédé de détection de l’oxyde de carbone (IL M.). 45
- Le nouveau Ministère de l’Hygiène, de l’Assistance et de là
- Prévoyance sociales (R. M.).................................... . 107
- Précautions à prendre par les convalescents de lièvre typhoïde
- (R. M.)........................................................130
- Les yeux artificiels dans l’antiquité (R. M.).....................142
- Les naissances multiples : à propos d’une naissance quadruple
- (Dr G. Yttoux)................................................155
- Le kaolin, succédané du sous-nitrate de bismuth (R. M.) . . 167
- L’encéphalite léthargique et son traitement (Dr G. Vitoox) . . 175
- Désinfection des crachats des tuberculeux (R. M.)................189
- V. — RECETTES E
- Accumulateurs : pour les dèsulfater.......................... 58
- Aiguilles : pour les empêcher de se défiler.................. 39
- Aluminium : niekelage........................................... 46
- Aluminium : soudure.............................................. 6
- Artifices lumineux........................................... 14
- Béton d’argile cuite et vitrifiée....................... 21
- — : durcissement des surfaces.......................... 21
- Blanchiment des manches de couteaux en os ou en ivoire. . 46
- — des pelleteries. ....................................... 94
- Bois : coloration rosée......................................... 5
- — : enlevage de la peinture............................ 85
- Bouchon trop gros manière d’utiliser.......................... 94
- Bronzage du cuivre . . . ....................................190
- — du zinc . 4............................................. 85
- Brunissage du cuivre. .......................................... 94
- Café : succédanés . . .......................................174
- Carrelages : siccatif.......................................... 58
- Cidre doux : procédé de conservation............................156
- Ciment : enduit inattaquable aux acides......................
- — pour fixer le cuivre à la porcelaine. . ............. 94
- Cire à cacheter les bouteilles . ....................... 152
- Colle au caoutchouc.............................................131
- — : conservation. . . . .............................. . 30
- — pour cuir. . . . . . . . . . . . ............. 46
- — pour fixer le caoutchouc aux métaux..................131
- — forte résistant à l’humidité......................... 37
- — résistant à l’humidité.................................. 6
- Coloration rosée des bois........................................ 5
- Conservation des plaques et papiers photographiques .... 142
- Correctif contrôlé des épreuves au bromure...................108
- Cuirs de chaises : remise à neuf . ........................ . 50
- — : colle... -......... . ..................... 46
- — de Cordoue : entretien. ............................. 58
- Cuivre : bronzage ....................•......................190
- — : brunissage ........................................... 94
- — : ciment pour le fixer à la porcelaine........... 94
- — : désétamage. . .............................. 5
- — : irisation. .......................................... 58
- Décorations : procédé original................................. 131
- Dépilatoire................ . ............................ 38
- Dépolissage des lampes électriques. ......................... 5
- Désétamage du cuivre ................................ . . 5
- Dessins sur fond noir. . .................................... 5
- Développement pendant les grandes chaleurs...................181
- Électrode positive de détecteur électrolytique : construction
- avec une vieille ampoule électrique........................ 132
- Encaustique à base de gomme laque............................ 30
- Encre décalcable................................................ 50
- — noire pour stylographes. . .............................131
- — pour tampon de machines à écrire..................... 85
- Enveloppes : pour les rendre transparentes...............57, 46
- Fer, acier : noircissement. . . . .......................... . 46
- -T- : poudres à souder............. . . , ,.............. 22
- VI. —
- Bulletin astronomique (Em. Touciiet) .... 83, 117, 165, 197
- Élfectrieité : ce qu'il faut savoir (\. Delavie). . 27, 43, 77, 100 Ndüvelles météorologiques (Sylvère Boisthorel). . . . 15, 63 T. Î3. F. des amateurs (Franck Düroqüier) :
- Montages ................................. 3, 11
- FIN DE LA TABLE
- PROCÉDÉS UTILES.
- Fixage des papiers aux sels d’argent......................... . 108
- Fourrures et lainages : conservation pendant l’étc...........156'
- Fûts à mauvais goûts : traitements........................... 85
- Givrage artificiel des vitres...................................130
- Herbes : destruction............................................132
- Images colorées par développement...............................142
- Inscriptions émaillées sur verre................................ 94
- Irisation du cuivre............................................ 38
- Lainages et fourrures : conservation pendant l’été...........156
- Lampes électriques : dépolissage................................. 5
- — : enduit rouge.......................................... 4b
- Matériaux : essai facile de résistance. . . . .............156
- Nettoyage des étoiles imperméabilisées......................... 30
- Niekelage de l’aluminium........................................ 4g
- .Noircissement du fer ou de l’acier............... 46
- Papier bleu au prussiate pour dessins, plans, çtc............131
- — à décalquer, genre carbone . ........................151
- Parquets : taches d’huile....................................... 22
- Peaux de lapin : teinture...................................... 94
- Peaux de lapin : teinture en roux......................... . 38
- Peinture sur le bois : enlevage. -........................... 85
- — à la chaux............................................... 5
- — aux silicates.......................................... 44
- Pelleteries : blanchiment...................................... 94
- Il : moyen mnémonique ............... 94, 175, 190
- Piles sèches : fabrication ........................... . . . . 22
- Plaques et papiers : conservation...............................142
- Porcelaine : ciment pour la fixer ua cuivre.................. 94
- Procédé à l’huile sur papier non gélatiné...................... 107
- Reliure d’amateur.............................................. 132
- Réservoirs souterrains de liquides inflammables ...... 38
- Résistance des matériaux : essai facile......................156
- Savon liquide pour les mains................................... 38
- Schiedam : formule............................................. 30
- Siccatif pour carrelages...................................... 38
- Silicates : peintures.................................. . 14
- Souder le fer : poudres......................................... 22
- Soudure de l’aluminium........................................ 6
- — à l’étain............................................... 85
- Souris et rats : empoisonnement................................ 132
- Statuettes en plâtre : nettoyage................................. 6
- Stuc : formule............................................ . 6
- Taches d’huile sur les parquets................................ 22
- — de houille : enlèvement.................................19U
- Teinture des peaux de lapin...............................38, 94
- Toiles à peindre : préparation. ............................. 85
- Transformateur : construction...................................165
- Transparence des enveloppes............................. 37, 46
- Tubéreuses: pour combattre la maladie. .........................156
- Verre : percement au vilebrequin ..... . .. ..... 156
- — : pour sectionner un flacon.......................... 175
- Vitres et glaces : moyen économique pour nettoyer. .... 22;
- Zinc : bronzage ............................................... 85
- L’antenne et la prise de terre..................53, 61, 69
- Construction d’une bobine d’accord réglable par curseur. . 81
- — de condensateurs fixes.............................105
- — d’un condensateur variable.........................129
- — d’un transformateur d’induction à accouplement variable. T5S
- DU SUPPLÉMENT
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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