La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET- DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- France et Colonies : Un an.
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- LA NATURE
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- E,1LPMMT wfeafc*»] tt/SMSJŒTBâîE
- QUARANTE-HUITIÈME ANNÉE 1920 — DEUXIÈME SEMESTRE
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- MASSON ET C'\ ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- SMYRNE
- LA COURONNE DE LTONIE(')
- A l’heure où la question de Smyrne va être réso- | lue d’une façon que nous espérons définitive, nos J
- Le cadre de cet article est trop restreint pour qu’il nous soit possible de relater les diverses
- Fig. i. — La forteresse
- lecteurs liront sans doute avec intérêt quelques détails sur cette ville fortunée, dont la possession fait l’objet d’une des principales revendications du Gouvernement hellénique.
- 1. Les vues qui accompagnent cel article ont été prises par M. Edmond Boissonnas, lits du photographe genevois bien connu Fred. Boissonnas, au cours d’un voyage de documentation photographique sur les côtes de l’Asie Mineure, au moment même où les troupes helléniques, régulièrement mandatées par la Conférence de la Paix, y opéraient leur débarquement (mai 1919).
- 2. Photographies extraites de l’album : Smyrne, par Fued. Botssokxas, introduction de Ed. Chapuisat, 48 plM Collection L’Image de la Grèce, éditions d’Art Boissonnas, Genève.
- 43’ Année — 2" Semestre.
- Mont Pagus et la ville (-).
- légendes ayant trait à la fondation de Smyrne ; nous ne pouvons songer non plus à retracer les diverses fluctuations par lesquelles passa cette ville au cours des âges, depuis sa fondation — ou plutôt sa reconstruction — par Alexandre le Grand.
- Du resté, bien qu’elle ait contribué, peut-être plus qu’aucune autre ville d’Asie, à enrichir les collections des antiquaires de l’Europe, Smyrne ne possède plus aujourd’hui qu’un petit nombre de monuments remarquables, parmi lesquels nous citerons : le Petit Aqueduc « au Prophète Élie »
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- SMYRNE : LA COURONNE DE L’IONIE
- Fig. 2. — Le Petit Aqueduc « au Prophète Élie
- (lig. l2), construit dans un site grandiose où les longues caravanes de chevaux et de chameaux accentuent encore la solennité des lignes ; le, Grand Aqueduc d'Alexandre (fig. 4), ainsi nommé en mémoire du fondateur de la ville, et enfin la forteresse— en partie byzantine— du Mont Pagus, dont nous reparlerons plus loin.
- Un coup d’œil vraiment imposant s’offre au voyageur à l’entrée de la splendide rade de Smyrne; de fort loin déjà, la ville apparaît, accoudée au bord de la mer et déroulant dans la lumière d’Orient la ligne étincelante de ses quais.
- Le port — vaste bassin abrité de 630 m. de long sur 300 m. de large — présente une animation extraordinaire; c’est toujours, et en toutes saisons, une véritable forêt de mâts, tandis qu’à l’horizon des pavillons de toutes les nations cinglent, impatients, vers la rade qu’ils animent et enrichissent. Comme tant d’autres ports voisins : Priène, Éphèse, Milet, celui de Smyrne aurait été complètement ensablé par les atterrissements de l’Hermus si l’on n’avait, au siècle dernier, entrepris de grands travaux destinés à reporter l’embouchure du fleuve dans le golfed’Àgria, près de Phocée; exécutés sous la direction de l’ingénieur français A. Rivet, ils furent terminés en 1891.
- La ville s’élève en amphithéâtre sur la pente du Mont Pagus (160m.), couronné par la citadelle que reproduit notre figure 1. Cette vue permet de distinguer assez nettement les diverses parties de la cité : c’est tout, d’abord, au pied de la forteresse, la ville turque, dans laquelle est enclos le quartier Israélite ; puis viennent les quartiers arménien et grec, et enfin celui des Européens, qui longe la mer.
- Le quartier turc (fig. 6), que l'on
- atteint au sortir du Bazar, présente un amas pittoresque de toits bruns, de façades claires et d’enclos secrets, qu’une haie d’immenses cyprès protège du vent d’Ouest. Plus de cent mosquées y élèvent dans le ciel la flèche aiguë de leurs minarets ; les autres constructions, pour lesquelles le bois seul a été employé, contrastent avec celles du quartier franc, qui sont de pierre ou de marbre. Nous n’étonnerons sans doute personne en disant que ce n’est pas la propreté qui distingue le quartieris-raélite de Smyrne. Cependant il mérite une visite, surtout au jour du sabbat, en l’honneur duquel les habitants de cette partie dé la ville revêtent leur pittoresque costume de fête. Les Juifs de Smyrne servent en général d’intermédiaires entre les négociants des divers comptoirs et parlent presque tous très couramment plusieurs langues. Du reste, ici comme ailleurs, ils vivent isolés^ et, sauf de très rares exceptions, ne contractent d’alliances qu’entre eux.
- « De toutes les communautés du vilayet », nous dit Cuinet, « c’est celle des Grecs orthodoxes qui possède, d’une façon générale, le plus d’instruction et de bien-être ». Une visite au quartier grec de Smyrne ne fait que confirmer cette observation, et quelques chiffres en montreront mieux encore la justesse. Dans la ville seule, les Grecs entretiennent 79 écoles, fondées par eux, et que fréquentent 19 913 élèves, filles et garçons. En outre, ils ont à Smyrne 55 églises et 133 prêtres; pour l’ensemble du vilayet, les chiffres s’élèvent respectivement à 198 et 573. Ces chiffres témoignent, plus que de longs discours, de l’immense effort accompli par l’Hellénisme dans cette région, effort rendu possible grâce à la générosité, envers leur patrie, des Grecs enrichis à l’étranger.
- Le quartier arménien n’offre rien de bien remar-
- Fig. 3. — Les quais.
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- SMYRNE : LA COURONNE DE L'IONIE
- quable, si ce n’est la gare très animée de Basma-Khâtié, et, à un quart d’heure environ de celte dernière, le Pont des Caravanes, jeté sur le modeste
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- Le quartier franc ou européen occupe la parlic la plus opulente de la ville; il est peuplé principalement d’Anglais, de Français, d’Italiens, d’Autri-
- Fig. 4.
- Le Grand Aqueduc double dit d'Alexandre.
- torrent désigné à tort ou à raison sous le nom d’Oued-Mélès, en souvenir d’Homère. De construction moderne, ce pont sert de voie de passage aux nombreuses caravanes qui se rendent dans l’intérieur ; c’est ce qui lui a valu son nom.
- chiens et de Levantins. Les quais qui le bordent sont la gloire de la Smyrne moderne et la promenade préférée de ses habitants; construits de 1868 à 1880 par une Société française, ils s’étendent de la caserne d’infanterie, au sud, jusqu’à la gare
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- 4 ....SMYRNE : LA COURONNE DE L’JONÎE
- Fig. 5. — Le vaisseau de guerre grec Lemnos en rade de Smyrne.
- du chemin de fer d’Aïdin, au nord, sur une longueur de près de 4 kilomètres (fig. 5).
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- Smyrne « l'Infidèle » compte actuellement plus de 250 000 habitants, dont près des 2/5 sont Grecs. D’après une récente statistique, la population totale du vilayet est de 416 000 habitants, dont 244 000 Hellènes et 96 000 Turcs seulement; une fois de plus, ces chiffres démontrent avec quelle maîtrise l’Hellénisme a su s’imposer dans cette région.
- Toute cette population déploie son activité dans le cadre le plus aimable qui soit. La riante animation de la ville, baignée par la lumière marine, contraste avec le calme des campagnes avoisinantes, d’une richesse merveilleuse, et où l’on voit pointer au milieu d’une végétation puissante un grand nombre de maisons de plaisance bâties à l’italienne.
- Le climat de Smyrne, qui est à peu près celui de la zone méditerranéenne, est fort sain ; dans les hauts quartiers en particulier, l’air est rafraîchi, môme pendant les périodes les plus chaudes de l’année, par le vent léger nommé imbat. Malheureusement celui-ci ne suffit pas toujours à neutraliser l’effet désastreux des vents brûlants du midi, qui anéantissent souvent en quelques heures la végétation des orangers et des citronniers.
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- La situation exceptionnelle de cette ville, l’étendue et la sûreté de sa rade, la facilité de ses communications par chemins de fer et par caravanes avec les parties les plus reculées de l’intérieur, en ont fait la place de commerce la plus importante du Levant, après Constantinople. C’est l’entrepôt général des produits de l’Asie Mineure, ainsi que de ceux de l’industrie européenne et des denrées coloniales importées en échange. Le mouvement commercial se chiffre actuellement par 110 millions environ pour l’exportation, et par plus de 80 millions pour l'importation.
- Plus de 7000 vapeurs et voiliers viennent chaque année jeter l’ancre dans le port de Smyrne. Sur les quais, parcourus par une ligne de tramways cl
- pavés de larges dalles de laves du Vésuve, viennent s’accumuler les vallonéesÇ) de Dikéli et de Baliam-bol, les raisins secs et les figues fameuses, l’opium, les sels de Phocée, les blés hcira-gueuz et dêvi-dichi et les tapis d’Ouchak et de Gueurdez, qui s’engouffrent ensuite dans les cales des cargo-boats et des caboteurs.
- Une visite qui s’impose au voyageur désireux de se faire une idée précise de l’activité commerciale de Smyrne, c’est celle du quartier marchand du centre (fig. 7), où sont entreposés tous les produits agricoles et industriels de la région, parmi lesquels nous citerons, outre ceux énumérés ci-dessus, les lapis de haute laine nommés « Sofrali » (2), les « Sedjadès », très finement tissés, et ces tissus de coton dits « Manoussa », employés pour l’amep-blement et l’habillement, et qui proviennent du sandjak de Dénizli. Mentionnons encore les fameux raisins Sultanieh ou sidtanines, aux petits grains sans pépins, et dont les longues grappes pèsent parfois plus de 2 kg.
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- * :i:
- A l’heure où nous écrivons ces lignes, la question de l’attribution de Smyrne n’est pas encore définitivement tranchée, mais il paraît de plus en plus certain que c’est à la Grèce qu’incombera le soin de veiller désormais au développement de cette ville
- 1. Écorce -rugueuse du gland de clicno, employée pour tanner les cuirs.
- 2. Parce qu'ils sont ornes au centre d’une rosace qui marque la place de la table ou « solra ».
- Fig. 6. — Un cimetière turc.
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- LES DANGERS DE LA HOUILLE BLANCHE
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- fortunée et d’assurer, par des mesures libérales, la libre coopération de tous les cléments de raf,es et de religions diverses qui la composent.
- Tous les amis de l’Hellénisme — et ils sont nomb r e u x en France — sc réjouiront de celte attribution qui permettra au peuple grec, si longtemps opprimé par le joug turc, de témoigner de son génie commercial et de réaliser quelques-unes de ses légitimes as-
- Fig. 7. — D.xns le quartier marchand du centre.
- pirations. Il y a déjà nombre d’années, un journaliste athénien comparait fort justement la nation hellène à une cariatide sur laquelle le sort se serait plu à accumuler
- les fardeaux les plus divers. Mais le peuple grec n’a pas plié sous le faix, et, bien loin d’aspirer au
- repos, il ne demande au contraire qu’à étendre le champ de son activité, désormais libérée de ses entraves. Celle-ci trouvera donc à s’exercer utilement sur les côtes de l’Asie Mineure, et grâce à elle, Smyrne, « la couronne de l’Io-nie » et « l’ornement de l’Asie », verra sans doute renaitre la prospérité que lui valut le règne de ses anciens conquérants, et qu’elle est déjà bien près d’avoir recouvrée.
- M. T.
- LES DANGERS DE LA HOUILLE BLANCHE
- La crise clu combustible, le besoin pour la France de tirer le maximum de ressources de son propre sol, ont conduit à envisager Vexploitation intensive de nos chutes d’eau et même de nos cours d’eau.
- Cette politique, qui doit produire des résultats bienfaisants à tant d’égards, peut cependant ne pas être sans dangers.
- Les dérivations exécutées pour alimenter lesusines hydroélectriques ne peuvent pas ne pas avoir de répercussions sur le régime des cours d’eau et celles-ci, ne sont pas sans éveiller certaines inquiétudes.
- Ce. sont ces appréhensions que nous avons demandé à M. Pech d’exposer ici afin de faire connaître à nos lecteurs les diverses faces du capital problème de 1a. houille blanche. N. D. L. R.
- L’exploitation intensive de la houille blanche, envisagée par des esprits mieux- intentionnés que pratiques, présente, non seulement l’inconvénient d’èlre rarement’ rémunératrice lorsqu’il s’agit de rivières, mais encore le vice rédhibitoire de déterminer un ralentissement de l’usure des graviers par le courant, appelé fatalement à occasionner, d’abord le surhaussement des radiers des cours d’eau et l’accroissement corrélatif du nombre et de la violence des inondations, et ensuite la formation de marais dé part et d’autre du lit surhaussé.A propos de l’inconvénient il nous suffira de mentionner le fait décisif suivant :
- La Société des Forces Motrices du Rhône, qui, seule en France, a fait une tentative d’exploitalion de grande rivière, a laissé tomber en caducité la concession — à elle accordée par la loi du 9 juillet 1892 — de la chute en amont de sa dérivation, et a demandé récemment le supplément de force motrice dont elle avait besoin à la chute alpine des Sept-Laux aménagée à grands frais à 2000 m. d’altitude et complétée par une conduite électrique de plus de 150 kilomètres.
- Quant aux conséquences du ralentissement de l’usure des graviers par le courant, elles sont de nature à restreindre non seulement l’exploitation des chutes sur les rivières, mais encore dans les montagnes.
- Par définition, en effet, celte exploitation enlève l’eau à sa fonction naturelle : l’usure des cailloux descendus des montagnes et astreints à atteindre la mer dans un temps donné sous peine de provoquer le surhaussement du radier et des inondations.
- a) Dérivation. — L’ex'emple suivant met en évidence les dangers énormes de ce ralentissement avec l’emploi des dérivations.
- En dépit de l’abondance de ses eaux et de la violence de ses crues, plus fortes de moitié que celles de la Seine à Paris — 5700 m5 contre 2500 m5 — et quatre fois plus fréquentes, l’Ain 11e parvient à évacuer ses graviers qu’avec la pente de 1 m. 50 par kilomètre.
- Après son confluent avec le Rhône beaucoup moins incliné — 0,12 par kilomètre — à cause de la ténuité des matériaux entraînés, la pente s’abaisse à 0,80 et se maintient à ce chiffre jusqu’à la Mulatière, soit sur 55 kilomètres.
- Là elle est ramenée à 0,47 par le gros débit de la Saône — 200 m3 —- dépourvu de tout élément volumineux à. cause de la presque horizontalité du radier — 0,05 par kilomètre — et elle ne subit plus de modification appréciable que 70 km en aval, au confluent de la Cance.
- Si donc au moyen du dérasement des cols, de faible
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- 6 ....... LES DANGERS DE LA HOUILLE BLANCHE
- relieï d’ailleurs, de 'Fassin et de Briguais, l’on dérivait la Saône dans la vallée du Garon, qui aboutit à Givors ,{v. lig. 1), pour y exploiter son énergie hydraulique, le Rhône privé de l’action réductrice de l’affluent verrait sa pente monter de 0,47 à 0,80 sur les 18 km compris entre l’ancien et le nouveau confluent et, à la Mulatière, son radier, qui aujourd’hui est coté 157,50, serait surhaussé de 18(0,80 — 0,47 = 0,55) = 5 m. 94 (’).
- Naturellement le comblement du lit se poursuivrait à l’amont de la Mulatière, de sorte que, à la traversée de Lyon, le radier du fleuve se trouverait non plus à 8 m. en contre-bus des quais, mais seulement à 2 m. et réduirait la section mouillée au point de provoquer le déversement des eaux dans les rues au moindre surélè-vement du niveau.
- Sans conteste possible, identique est l’effet de toutes les dérivations effectuées en vue de l’exploitation de la force motrice, avec cette particularité aggravante toutefois, que le débit en est ordinairement égal à celui moyen, tandis que, dans l’exemple ci-dessus, le débit de la Saône représente touL au plus le tiers de celui du Rhône à l’aval de la Mulatière.
- Mais, dira-t-on, peut-être, les conséquences de la dérivation hypothétique totale de la Saône, qui comprend les crues, ne sauraient être les mêmes pour les dérivations de force motrice dont le débit ne dépasse guère celui moyen, c’est-à-dire un volume relativement faible et sans puissance d'usure appréciable des graviers.
- Cette manière de voir est inexacte parce qu’elle confond le déplacement des graviers, qui ne s’effectue guère qu’en temps de crue, avec le travail de leur usure par le courant qui est incessant quoique à peu près localisé en basses et moyennes eaux dans les rapides des points d’inflexion entre coudes opposés.
- Ainsi sur le rapide de Baussan en amont de Bourg-Saint-Andéol, la vitesse de l’eau du Rhône à l’éliage est sensiblement plus forte que pendant les grandes crues et l’usure des graviers est loin d’y être négligeable d’abord parce qu’elle est continue, et ensuite parce qu’elle porte sur les graviers les plus volumineux, ceux pour lesquels le seuil est le point d’arrêt obligatoire.
- Du reste les chiffres du tableau suivant permettent de se rendre un compte à peu près exact de l’influence re-
- 1. Bien plus, sans qu’il soit besoin d’exploitation de force motrice, la seule division d’une rivière en deux bras suffit pour provoquer un raidissement du radier. Ainsi entre la Cèze et la Sorgues, où le Rhône coule , tantôt dans un lit unique et tantôt en deux bras, la pente du premier est moitié moindre que celle des seconds, 0,25 contre 0,52 par kilomètre.
- lalive des dérivations sur le coefficient d’usure en question, bien que leur établissement ait nécessité :
- 1° La fixation, arbitraire mais sans inconvénient, du débit maximum de la dérivation au décuple de l’éliage, qui est supposé de 10 m5, et dont le travail d’usure est pris pour unité ;
- 2° Deux hypothèses : la proportionnalité — à peu près exacte — du travail d’usure au carré de la vitesse de l’eau, et celle — seulement approchée — de cette vitesse au débit ( Voir le tableau ci-dessous).
- Il semble inutile d’aller plus loin car le débit quaran-tuple de celui de l’étiage correspond en général à une crue ordinaire.
- Ainsi dans le.cas— qui est l’ordinaire — de la dérivation du débit moyen pour l’exploitation hydraulique, l’usure des graviers du cours d’eau saigné devient nulle
- pendant la moitié de l’année, est ré-duite de trois quarts pendant la moitié au moins du temps restant, et ne se rapproche du chiffre, actuel qu’au moment des très grandes crues. De celte modification d e l’écoulement actuel des graviers le résultat est d’une détermination facile.
- Pendant les eaux moyennes et les petites crues, le radier se raidira en bordure de la dérivation, prendra un équilibre instable par rapport aux crues extraordinaires qui surviennent sur toutes les rivières à des intervalles généralement fort longs, et enfin, croulant sous l’action d’un de ces flots accidentels, donnera naissance à une coulée terrible capable d’ensevelir sous un amas de cailloux toute la région en aval du débouché de la dérivation au changement de pente de la vallée.
- dépit en MÈTRES CURES D'J noms dY.a;: VACATION DS l’üSLRK actuelle (j) VARIATION DE L'IIS DRE APRÈS LA DÉRIVATION VARIATION DE LA .DI.lîïNTTfON de l'usure RAPPORT DE LA DIMINUTION DE L’USURE A LA TOTALITÉ
- 10 à 100 1 à 100 0 1 à 100 1 à 1
- 100 à 2' 0 100 à 400 0 à 100 100 à 500 l à 0,75
- 200 à 500 400 à 900 100 à 400 300 à 500 0,75 à 0,55
- 500 à 4001900 à 1000 1 400 à 900. 500 à 700 0,55 à 0,44
- Tel est le sort qu’immanquablement réserve à Gre-
- 1. Au point de vue absolu, ces chillVes, comme il a été dit, ne présentent aucune exactitude parce que la vitesse en un point donné n’est pas proportionnelle au débit, mais, au point de vue relatif, ils doivent être considérés comme décisifs parce que ces deux éléments varient dans le même sens, et, malgré les modifications que les chiffres des diverses colonnes devraient subir pour être exacts, ceux de la diminution de l’usure n’en resteraient pas moins impressionnants.
- Ain //
- Pente Kiy/Ain
- //Pente HH.
- J / ipso
- fthonePPpp Pente Hit.
- OJ2
- Pente Otflo \ is Mulatière
- \ Pente Om47- monterait à O P80 après ta dérivation de ta Saône
- non supposée de ta Saône
- Fig. i. — La vallée du Rhône depuis le confluent de l'Ain jusque Givors.
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- LE CADASTRE ..: .. ;...7
- noble l'exploitation intensive du Drac et, de la Romanche et aux plaines de Cavaillon cette de la Durance.
- Comme on sait, cet inconvénient majeur de l’exploitation de l’énergie hydraulique fut signalée à la tribune du Sénat par MM. Flaissières et Delahave, dans une forme vague peut-être, mais formelle. Bien que l’observation touchât, aux parties vives de la loi, M. l’Ingénieur en chef, Commissaire du Gouvernement, s’abstint d’y répondre et le Sénat, sans insister, passa outre.
- Plus tard à la Chambre et h l’occasion de l’aménagement du Rhône, cette même question fut soulevée, sans émouvoir davantage soit la Chambre, soit le Gouvernement, malgré l’autorité de l’orateur,
- M. le député Margaine, ingénieur des Ponts et Chaussées.
- Ce dernier vote, tout au moins peut être réformé par le Sénat, mais l’autre est acquis.
- Une question se pose donc à son sujet : n’a-t-il pas donné force de loi à ;des dispositions frappées par avance d’inutilité?
- En tout état de cause la nécessité est indiscutable d’exiger des demandeurs de concessions de chutes, non seulement le projet de l’organisation proposée pour le captage de l’énergie, mais encore les dispositions prévues par eux pour remédier aux conséquences du ralentissement qu’elles apporteraient à l’usure des graviers (').
- 1. De telles dispositions seront rarement faciles à découvrir. En tout cas, inadmissible est le dragage de ces graviers et leur entassement à l’extérieur en forme de crassier, car la
- Si le Comité des forces hydrauliques • se refuse à imposer de telles sujétions, l’on peut tenir pour certitude que les Conseils Généraux des départements, menacés de voir leurs cours d’eau devenir les dépotoirs des déchets de l’exploitation hydraulique, exigeront que l’Administration effectue, une fois par an au moins et contradictoirement avec leur représentant, un relevé des profils kilométriques transversaux des rivières. Alors se posera
- celte première question : à qui incombera le payement des frais?
- Infailliblement et quelle que soit la lenteur du surhaussement du lit, sa réalité n’en sera pas moins établie par ces mesures précises, et alors s'imposera la solution de l’une ou de l’autre des deux questions suivantes :
- 1" Comment assurer l’immuabilité du radier, notamment au cours des coulées de matériaux insuffisamment réduits à prévoir pendant les crues extraordinaires soit comme amplitude, soit comme durée?
- 2° Dans le cas d'impossibilité reconnue de réalisation d’une telle immuabilité, que faire des dérivations ou des barrages créés pour l’exploitation de l’énergie et causes premières de tout le mal? L. Pecti,
- disparition de la carapace formée par eux déterminerait, le creusement par le courant du sous-sol, qui sous toutes nos grandes rivières est atfouillable, augmenterait la section mouillée, au point de supprimer les inondations dans toute la partie déclive des vallées et pour ce motif accroîtrait proportionnellement l’importance de celles de la région maritime et sans pente.
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- btvors la MuiaNere
- An thon Bières
- A — Radier actuel du f/eut/e B - Berge
- B/- Quais de Lyon C - Radier que prendrait ie F/eut/e après ia dërivatton de ia Saône
- Fig. 2. — Profil en long du cours du Rhône.
- LE CADASTRE
- Ce qu’il a été; Ce qu’il est; Ce qu’il sera.
- Le plus grave souci de l’heure présente est de savoir comment nous arriverons à équilibrer notre budget. Les anciennes impositions sont déclarées insuffisantes à atteindre ce but; mais avant d’en établir sans cesse de nouvelles, il serait peut-être bon de chercher à améliorer le rendement de celles que nous possédions depuis un siècle, et particulièrement d’établir avec justice et clarté l’impôt national par excellence, c’est-à-dire l’impôt foncier.
- Cette contribution suppose l’existence d’un cadastre, état descriptif et évaluatif de toutes les propriétés immobilières, dressé dans chaque commune ; le principe, sous diverses modifications, en est
- resté le même en tous temps et dans tous les pays. Un historique sommaire va nous permettre de constater, avecM. Arnoux, que « la création du cadastre remonte à la plus haute antiquité, et que son histoire se confond, pour ainsi dire, avec l’histoire économique des peuples. »
- I
- L'histoire du cadastre. — Le document le plus ancien que nous possédions jusqu’ici, une tablette chaldéenne découverte à Telloh, nous donne le plan et la description du territoire de Doun-gi-sil-kalam-
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- 8 . _v= LE CADASTRE
- na, nom qui signifie « la ville de Dunghi, le pasteur de l’Univers » ; or, ceci se passait aux environs de l’an 4000 avant Jésus-Christ. Sa contenance, vérifiée par les plus minutieuses opérations, était de 10 882 hectares 966896; nous avons l'a une idée de l’exactitude avec laquelle, suivant les inscriptions de la tablette : « Les préposés au mesurage Avil-Idda et Ur-Ea ont mesuré, et Avat-Belit, le vérificateur des poids du Roi Ine-Sim, a calculé, l’année où celui-ci détruisit la ville de Sasru. » Des tablettes postérieures nous donnent également les plans de maisons, de champs et de canaux, en l’année 5758 avantl’ère chrétienne.
- A une époque plus rapprochée de la nôtre, l’Égypte et la Grèce, imitant l’exem- Endroit pie qu’avait donné le roi Darius en Asie Mineure, firent. établir leur cadastre ; celui de l’Attique, gravé sur des plaques de bronze, fut par la suite apporté à Alexandrie, et perdu.
- Rome plaça des bornes cadastrales jusqu’au sud de la Tunisie; quelques-unes d’entre elles ont été retrouvées en 1905 par le commandant Donau, lors d’une expédition dans la région de Gadhamès.
- L’empereur Auguste fit enfin dresser en Gaule des registres de cens, qui servirent pendant neuf siècles, tant bien que mal mis h jour par les Rois Francs, puis par les seigneurs féodaux, au recouvrement des impôts. En 580, Chilpéric ordonna cependant un recensement général et la confection d’un cadastre; mais des troubles signalèrent cet essai de l’autorité royale. Devant l’opposition, le Roi céda, tout en gardant son prestige, car Grégoire de Tours nous relate que Chilpéric voulut voir dans une maladie de ses enfants un avertissement de la Providence, et brûla les registres de sa propre main. >
- Vers 1100, apparaissent les terriers seigneuriaux et les pouillés ecclésiastiques, registres détaillés des fiefs et des bénéfices. Il est intéressant de remarquer qüe le principe de l’évaluation fiscale est alors fondé, non sur la superficie du terrain envisagé, comme opère notre administration actuelle, mais sur sa productivité, déclarée par l'exploitant et vérifiée par les agents spéciaux. Les
- pouillés, par exemple, mentionnent « une pâture qui est propre à engraisser soixante verrats », ce qui donne immédiatement l’idée exacte de sa valeur.
- En 1115, nouvel essai de cadastre général. Une ordonnance de Louis VI le Gros fait connaître : « qu’à la requête de Amédée Leignesin, bourgeois de Paris, expert dans l’art de géométrie, nous l’avons chargé de statuer sur l’arpentage et le mesurage de toutes les terres du Royaume, et nous lui attribuons les gages, droits et émoluments attachés à cet office. » Plus tard, en 1554, Henri II ordonne qu’il soit établi six arpenteurs par bailliage, ce qui donne un total de 1800 géomètres, chiffre que notre administration du Cadastrent jamaisatteint.
- Des plans à vaste échelle sont dressés, peu à peu, dans diverses provinces ; ils sont appelés compoix en Languedoc, péréquai-res dans le Dauphiné. Colbert, après un essai en Guyenne, forme @n 1679 le projet de refaire un cadastre universel; ce n’est qu’en 1700 que ChamilJard en entreprend la réalisation, par les Papiers Terriers du Roi, très intéressant travail que conservent les Archives nationales.
- 1763, Turgot fait ordonner « la confection d’un cadastre général des biens-fonds du Royaume » , édit qui n’est mis à exécution que dans la généralité de Montauban, où le plan est très exactement établi.. Enfin la censive de l’Archevêché de Paris est levée en 1786 par J unie, document parfaitj qui retrace avec fidélité une grande partie des vieux coins de la capitale.
- Tous ces cadastres sont composés d’après un plan dressé à première vue et la déclaration des propriétaires, corrigés par le contrôle de l’arpenteur et ,dû fisc. Ils décrivent sommairement les lieux, et portent toutes mentions intéressant le percepteur : « Maison et trois boutiques où pend pour enseigne les Carneaux, faisant l’autre coin de ladite rue du Pet au Diable ou des Trois-Cou-ronnes, appartenant au Sieur Guibert, greffier..., lequel en a passé déclaration devant Le Moyne et son Confrère, notaires au Châtelet de Paris, le 26 avril 1705. Reçue à la Chambre du Domaine le
- En
- Fig. î . — Cadastre Chaldèen (4000 avant J.-C.) (Extrait de la Revue d'Assyriologie.n0 1, année 1S97.)
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- Fig. 2. — Les Tuileries et le Louvre en >73ç. — Plan de Turgot.
- 15 juillet audit an; chargée vers Sa Majesté de cinq sols de cens par an, payables au jour Saint-Remy. » Malheureusement ces registres, établis une fois pour toutes, sont rapidement mis hors d’usage par les surcharges et rectifications. Au moment de la Révolution, il est devenu nécessaire de recommencer tout ce travail; de plus, les distinctions anciennes, qui séparaient parfois la
- même maison en deux fiefs distincts, se trouvent abolies. Le cadastre doit donc être refait sur de nouvelles bases, et c’est là un des premiers travaux de la Constituante.
- Dès novembre 1790, une loi décide en effet la création des matrices de rôles. Des décrets de principe en réglementèrent l’organisation, en 1791 et 1793. Mais ce ne fut qu’en 1803, et grâce h la
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- volonté personnelle de Napoléon, que l’on appliqua en pratique la théorie prévue. Les travaux se poursuivirent, modifiés par diverses lois et règlements, pendant toute la première moitié du xixe siècle. Le cadastre, originairement établi par grandes masses de culture, fut divisé en parcelles, c’est-à-dire en autant de portions de terrain qu’il y avait, en 1807, de champs distincts, appartenant à un seul propriétaire, affectés à une récolte unique. Une telle unité, essentiellement variable par sa forme et par ses
- 59 départements en ont réclamé la réfection totale, 18 la révision partielle; seuls 12 départements n’ont élevé aucune demande. À l’intérieur des communes, cette réforme est souhaitée par une écrasante majorité de propriétaires. Il est instructif de noter, à titre d’exemple, le vote exprimé à ce sujet par les cultivateurs de la commune de Mignaloux-Beauvoir; ceux-ci avaient été appelés à donner leur avis par leur maire, M. Girault. Sur 85 votants, 79 oui, contre 5 non et 3 abstentions, proclamèrent
- Fig. 4. — Plan photographique en avion du Domaine de la Plaine.
- La comparaison des plans 4, 5 et 6 montre l'inutilité des archives cadastrales telles qu’elles existent actuellement dans la plupart de nos communes. On peut constater notammment : i° que chaque mas s’est considérablement développé, 2° que la rivière a changé de cours, 3”-que la route a été déviée, 40 que la plupart des parcelles cadastrales se sont
- modifiées. (Cliché de la C" Française Aérienne.)
- dimensions, nécessitait la constante mise à jour du cadastre, impossible en pratique jusqu’ici. Et c’est pourquoi, après maintes dispositions périmées, nous nous trouvons aujourd’hui sous le régime de la loi de 1898 : ensemble de mesures provisoires, que nous subissons depuis vingt ans.
- II
- Le cadastre actuel. — Aujourd’hui, l’état du cadastre, comme il était possible de le prévoir, souffre singulièrement de cette situation. Périmé, incomplet, injuste, le plan cadastral est une gêne pour l’administration, une source de mécontentements pour les contribuables. De 1871 à 1903,
- la nécessité de la réfection cadastrale : tant les paysans portent intérêt à ce qui touche leurs champs. Sur certains états figurent parfois des inscriptions fantaisistes; M. Girault cite le cas d’un contribuable décédé depuis 23 ans, et dont le nom figurait cependant sur les matrices de rôles.
- Il importe, en effet, qu’une révision méthodique des documents cadastraux soit faite à des périodes assez rapprochées. Sinon, ceux-ci ne forment plus qu’une archive inutile, et perdent leur principale raison d’être. La mise à jour périodique, facile, est ainsi la condition indispensable et le corollaire de tout établissement du cadastre. Il est regrettable que les méthodes employées ne permettent pas de
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- Légende
- Æ’iwv d'upixj fihotiqrafihul ï-Mtutn
- Compagnie Aérienne Frumyirse,
- 'Mas de la Plaine /
- PLAN
- DOMAINE DE LA PLAINE
- Communes de Mauguio et Mudaison
- Fig. 5. — Plan au trait établi d'après la photographie d'avion ci-contre
- Fig. 6. — Extrait du Cadastre officiel (février 1920)
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- suivre d’uue façon pratique les mutations et les transformations de la matière imposable, et que les plans correspondent trop rarement à l’état actuel de ce qu’ils représentent.
- Un bon cadastre est donc une nécessité au point de vue fiscal, pour l’établissement de tout impôt foncier, et par conséquent des nouvelles cédules. Mais les juristes réclament aussi une délimitation exacte des terres, remplaçant au besoin le titre de propriété, et pouvant servir de base à la réforme hypothécaire. Une proposition de loi a également été votée en 1917 par le Sénat, sur l’initiative du Dr Chauveau; elle a trait au remembrement agricole, organisant un meilleur groupement des parcelles actuelles, afin d’en permettre une plus avantageuse utilisation. De nombreux travaux publics, dont les crédits sont ou seront votés, vont transformer la géographie de la France; enfin les Régions Dévastées, bouleversées, où tout point géodésique, toute limite antérieure à la guerre, sont abolis, vont renaître à la vie. Obligation nécessaire avant 1914, inévitable aujourd’hui, l’heure est donc venue de refaire notre cadastre, et cela dans le plus bref délai.
- On avait cependant hésité jusqu’ici à entreprendre ce grand travail, car le prix demandé en semblait excessif. L’appréciation la plus communément adoptée fixait celui-ci, en 1905, aux environs de 600 millions; et il aurait fallu un minimum de 25 années pour réaliser l’œuvre complète. Aucun Parlement n’a osé assumer cette responsabilité; on s’en est tenu aux demi-mesures de la loi de 1898, qui permet aux communes dont le cadastre date de plus de 50 ans, d’en réclamer la réfection. Mais cette réfection se fait en partie à leurs frais, ce qui n’incite pas les municipalités, isolées, ignorantes et pauvres, à prendre d elles-mêmes l’initiative de la réforme. Grâce à cette organisation défectueuse, les opérations cadastrales se poursuivent sans méthode d’ensemble, tantôt au Nord, tantôt au Midi de la France; les frais et les délais s’en trouvent considérablement augmentés.
- Pendant ces années perdues, la situation ne s’est vraisemblablement pas améliorée; en 1910, M. Girault pouvait écrire : « La réfection du cadastre, c’est, en France, le plus grand service qu’une administration intelligente puisse rendre à la propriété rurale ».
- Il était donc intéressant de chercher à obtenir, plus vite et moins cher, le même résultat. C’est pourquoi, dès 1891, on a songé à appliquer à la topographie les procédés que permet l’utilisation des découvertes modernes. À cette époque, un géographe, M. J. Gaultier, suggéra au Comité Consultatif du Cadastre de lever photographiquement des plans, à l’aide d’un ballon captif. Après quelques essais, on dut reconnaître que l’invention n’était pas au point, et l’idée en fut abandonnée. Mais à cette occasion, M. Janssen, président du Comité, prononça ces paroles perspicaces, qu’il convient de rappeler ici :
- « Dans un avenir qui n'est pas éloigné, la photographie pourra apporter à la topographie un concours très précieux, dont nous ne pouvons dès maintenant déterminer les limites. Mais, pour al teindre ce but, il sera indispensable que ce nouvel et admirable instrument soit manié par des mains savantes et habiles. A cet égard, je fais des vœux pour que nos officiers, nos ingénieurs, nos topographes, s’emparent de la nouvelle méthode et créent les' moyens de son adaptation à ce nouvel objet. Elle les récompensera de leurs efforts, et ils auront la patriotique satisfaction de maintenir nos méthodes françaises à l’avant-garde du progrès. »
- Cette heure est aujourd’hui venue, et cela grâce à la guerre. Pendant cinq années, au milieu de tous les dangers, nos avions ont survolé le champ des batailles, prenant des milliers de photographies. Par eux, d’admirables plans ont été dressés, qui permettaient de relever la moindre tranchée, le plus infime accident de terrain. Ainsi la science française a rendu d’inappréciables services à nos poilus dans le combat; demain, à ceux-là redevenus les paysans de la terre de France, elle saura de nouveau leur donner dans la paix l’indispensable et précieux bienfait d’un cadastre excellent.
- III
- Le cadastre et la photographie aérienne. — Il
- est, donc possible aujourd’hui de lever un tracé photographique à l’aide de photographies aériennes. Cette nouvelle méthode a été étudiée dans ses détails les plus précis, afin d’obtenir un résultat rapide, pratique et économique. Il est actuellement convenu que la photographie prise d’avion ne saurait, à elle seule, remplacer le plan cadastral. Mais elle peut, d’une façon remarquable, en simplifier l’établissement; une collaboration étroite de l’aviateur, du géomètre et de l’opérateur photographe donnera le résultat cherché.
- Il faut d’abord demander au géomètre de fendre un réseau géodésique à très larges mailles, qui permette de constituer un tableau d’assemblage des futurs clichés. Cette opération a d’ailleurs été assez exactement effectuée en France, tant pour les cartes d’État-Major que pour le cadastre; 1 est donc possible, sous réserve de rectifications, de se servir des données antérieures. Le géomètre mesurera ensuite sur le terrain, à raison de trois ou quatre points par cliché prévu, les distances exactes qui séparent ces points. Ce travail ne présente pas une grande difficulté, car ces bases déterminées, portant seulement sur quelques centaines de mètres, seront aisément mesurables. Toute latitude sera laissée au géomètre pour le choix de leurs extrémités, à condition toutefois qu’elles soient visibles de l’avion : un angle de toit, une borne blanchie, une tache de chaux, rempliront parfaitement ce rôle.
- L’aviateur n’aura qu’à venir prendre, le jour où la visibilité lui semblera la meilleure, le cliché qui sera ainsi préparé sur le terrain. Suivant l’échelle à
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- laquelle la carte devra être tracée, selon le foyer de son appareil photographique, il se placera à la hauteur convenable. Une- plaque 18x24 peut ainsi représenter de 40 ares à 4000 hectares; la mesure habituelle, afin de donner à l’échelle du 1/1000° les plus minutieux détails, permet de couvrir une superlicie de 40 hectares, par une vue prise à l’altitude de 2500 m. Les clichés se recouperont mutuellement à un certain degré, de façon à éviter les déformations qui pourraient se produire sur leurs bords extrêmes, malgré les perfectionnements de l’objectif. L’avion revenu à terre, le labc-
- l’intéressent. Enfin, il détermine le nivellement, par lever direct sur le terrain.
- Un nouveau procédé, magistralement décrit par une récente brochure de M. Roussilhe, ingénieur hydrographe, directeur au Ministère des Régions libérées, permet même d’établir un nivellement très exact, à l’aide de l’avion-photographe. On utilise à cet effet les recoupements de clichés horizontaux et de clichés obliques, ce qui permet une restitution planimétrique très précise du relief.
- Si le cartographe désire une précision encore plus parfaite, il peut ensuite pousser ses travaux sur le
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- Fig. — Vieux Cadastre français. Pouiilé ds Chailly photographié à la Bibliothèque Nationale.
- ratoire entre en fonctions. Il développe les plaques, en prend le nombre necessaire de contre-types ; il s’occupe de « redresser » les photographies, et de les remettre à l’échelle rigoureusement exacte. Car il est évident que l'horizontalité delà plaque, au moment du déclenchement de l’obturateur, n’aura pas toujours été parfaitement assurée. De même, l’altitude moyenne de l’avion étant, par exemple, de 2500 m , ses hauteurs-réelles auront successivement évolué, dans certaines limites, autour de ce chiffre fixé. On se .sert dans ce but d’un appareil spécial, qui permet de faire ces corrections, et de remettre à l’échelle précise l’image photographique du terrain.
- Celle carte photographique représente exactement les terrains visibles ; le géomètre la reprend, afin de la compléter et d’établir le véritable plan cadastral. Utilisant les indications des clichés, il trace les contours principaux, et retient les détails qui
- terrain, aussi loin qu’il le veut. Mais le plan qu’on lui a fourni, dont les erreurs absolues sont inférieures à 50 cm, est déjà d’une exactitude remarquable, amplement suffisante à l’établissement du cadastre et aux renseignements que demande le fisc ; peu de travaux de géomètres comportent d’ailleurs une pareille justesse..
- Ainsi se trouve résumée, dans ses grandes lignes l’application de la photographie aérienne à la confection d’une carte, et spécialement du cadastre. Il est intéressant de comparer la nouvelle méthode à l’ancienne, au point de vue de la rapidité d’exécution, de la facilité du contrôle, et des considérables économies que l’on réaliserait, en main-d’œuvre aussi bien qu’en millions.
- IV
- Il a fallu 58 années pour établir le cadastre que
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- nous possédons. Il en faudrait actuellement plus de 25 pour le renouveler, à ne supposer aucune difficulté dans le recrutement du personnel et l’exécution du travail : délais qui se trouveront notablement augmentés, si l’on tient compte de la dévastation du Nord, et de l’insuffisance numérique des géomètres.
- Par contre, le premier avantage, et le plus important, qu’apporte la photographie aérienne, consiste dans la rapidité de ses opérations. Une approximation, à première vue, permet de conclure qu’il suffirait dé dix années pour cadastrer toute la France, et qu’une fois les plans établis, leur mise à jour serait facilement assurée par une révision quinquennale.
- Il est bon d’ajouter également cette remarque : quand un géomètre travaille, il inscrit le résultat de ses opérations sur un carnet de notes qui lui est personnel, difficile à déchiffrer pour tout autre que pour lui. Ainsi la tâche qu’il a entreprise ne pourra être terminée que par lui, et cela sans qu’il soit possible, à moins de tout recommencer, de le contrôler sérieusement. Une pareille méthode est peu compatible avec les principes modernes de l’organisation du travail, dont l’inobservance entraîne une diminution de rendement.
- De plus, un plan cadastral, même bien fait, ne parle pas aux yeux de façon claire, immédiate; c’est un ensemble de lignes et de teintes, où le paysan, malhabile et méfiant, ne sait ou ne veut reconnaître son champ. Pour déterminer entre voisins les limites agraires, il faut donc se livrer à des mesures difficiles et longues, telles que le bornage et l’arpentage minutieux du terrain.
- Avec le cliché photographique, au contraire, le contrôle est scientifique, immédiat ; les opérateurs sont spécialisés. La délimitation des propriétés, neuf fois sur dix, sera fixée de la manière la plus aisée, par une simple constatation faite à loisir dans une salle de la mairie. Les cultivateurs, convoqués à cet effet, reconnaîtront, sur la photographie elle-même, les limites naturelles qu’ils ont coutume de respecter : les arbres, le moindre ruisseau, la différence seule dés cultures. Ainsi sera grandement accélérée et simplifiée l’opération du bornage, source de nombreux procès. Enfin l’édition facile d’un plan compréhensible et intéressant, qu’achèteront volontiers les propriétaires, permettra de recouvrer de suite une partie des dépenses engagées ; jadis, au contraire, la vente au public des feuilles cadastrales avait été prévue, puis abandonnée, à cause des frais onéreux de leur reproduction.
- Il ne suffit pas cependant d’avoir du temps devant soi, ni même de l’argent : il faut encore disposer d’un personnel suffisant, ratant donné qu’un géomètre cadastre en moyenne 4/5e de commune par an, la loi de 1898 a créé un service officiel du Cadastre, à l’effectif prévu de 2700 géomètres. A l’heure actuelle, cet effectif est réduit à 15 fonctionnaires, soit environ 0,5 pour 100 ; et le recrutement en est devenu impossible. Par contre, nombreux
- sont les aviateurs et opérateurs photographes que la guerre a formés ; rendus à d’autres métiers, ils perdent leurs qualités techniques et leur entrainement, le plus souvent à leur grand regret. C’est donc le moment ou jamais d’utiliser, et sans tarder, leurs compétences. Quelques centaines d’hommes suffiront à la tâche, et la France réalisera ainsi une inestimable économie de bras, à l’heure où elle en a le plus grand besoin.
- Enfin se pose la question la plus sérieuse en apparence, celle de la dépense qu’entraînera la réfection de notre cadastre : dépense inévitable, ainsi qu’on l’a vu, profitable même, importante cependant. Les frais de notre ancien cadastre s’élevèrent, en 1840, à 150 millions. En 1895, un essai officiel, fait à Neuilly-Plaisance, donnait le prix de 22 fr. 50 par hectare. Le chiffre de l’évaluation totale, en 1905, était de 600 millions, à raison de 6 fr. 61 en moyenne par hectare, pour la seule confection du plan ; des augmentations prévues pouvaient élever le prix de l’hectare accidenté, irrégulier à 14 fr. 86; il fallait ajouter encore une indemnité fixe de 200 francs par commune. Dès 1915, ce tarif officiel était respectivement relevé à 7 fr. 17, 16 fr. 65 et 750 francs; la dépense globale devenait de 800 millions. A l’heure actuelle, un nouveau barème légal est en préparation ; il comporte une plus-value d’au moins 100 pour 100 sur celui de 1915. Ce serait donc, plus d’un milliard et demi qu’il faudrait demander aux contribuables, s’il était impossible de trouver solution plus économique que celle que nous appliquons depuis 1805.
- Mais le dernier avantage que nous apporte la photographie aérienne est celui d’une économie considérable, grâce aux procédés nouveaux qu’elle emploie, et grâce à l’organisation industrielle qu’elle permet. Des essais effectués à très petite échelle, au Maroc et en Seine-et-Oise, par l’aviation militaire, ont déjà procuré d’intéressantes données. Cependant la Commission nommée à cette occasion, tout-en travaillant avec une sage et peu hâtive réflexion, n’a pas paru comprendre tout l’intérêt que présente cette innovation; elle n’a peut-être pas voulu remarquer que de coûteux avions de guerre, un personnel diversement adapté, ne pouvaient servir de base à une sérieuse évaluation. Les résultats qu’a dès maintenant obtenus, dans cette voie, l’aviation civile, et les tarifs qu’elle propose, permettent d’envisager la question sous un jour beaucoup plus favorable.
- V
- On a seulement examiné, dans cette étude, l’aide considérable que la photographie d’avion apporte aux procédés actuellement utilisés pour établir le cadastre. Mais si l’on veut dégager de l’observation historique un aperçu quelque peu général de la question, on doit remarquer aisément la valeur imprécise et arbitraire de ces procédés. On a vu qu’en France, les collecteurs de l’impôt, sans atta-
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- LA TORTUE LUTH D’ORAN
- cher grande importance à la superficie de la terre imposée, commencèrent par se baser principalement sur la productivité de celle-ci. Puis, il îut dressé des plans mesurés, soit en toises, soit en coudées, selon les provinces. A l’invention du système métrique, la nouvelle unité, que l’on peut considérer, elle aussi, comme arbilraire, servit de fondement à l’établissement du cadastre. Pour représenter sur une surface plane l’étendue sphérique de la terre, on admit l’hypothèse que l’œil de l’observateur, placé à l’infini, considérait, nouvelle hypothèse, la projection du terrain sur un plan tangent à l’un de ces points : méthode qui implique de ce fait de notables déformations.
- Mais il convient de remarquer que le véritable but, et la raison d’être du cadastre, est tout d’abord de rechercher une assiette d’impôt : but fiscal, auquel la précision minutieuse, à un décimètre près, qu’impose la loi, ne semble pas indispensable. Aussi, dans le cas où l’on auraiL, pour un pays moderne et neuf, à dresser un cadastre scientifique, sans se heurter aux habitudes invétérées d’une administration routinière, on pourrait alors se demander s’il n’est pas préférable d’écarter ces hypothèses séculaires, pour les remplacer par de nouvelles, plus commodes, et mieux adaptées aux progrès modernes : réforme qu’ont accomplie, dans leurs domaines respectifs, d’autres sciences, comme la physique et la balistique.
- 11 serait ainsi possible d’introduire dans la science de la topographie une nouvelle conception, tirée de l’aspect du sol vu du haut d’un avion. Convenons, en effet, à titre d’exemple, d’appeler cadastre photographique la représentation du sol obtenue par un appareil de 0 m. 50 de foyer, à l’altitude exacte de 2000 m. Cette image serait quatre fois agrandie,
- pour être ramenée à l’échelle du 1/1000e, par une lanterne de projections spéciale, aux caractères déterminés. La surface imposable serait ensuite directement mesurée sur le plan par les procédés connus de planimétrie.
- L’adoption de cette définition du cadastre entraînerait pour la France une économie de 500 millions, tout en présentant les garanties techniques désirables. C’est un point de vue à ne pas négliger lorsqu’on se demande s’il faut déterminer la valeur fiscale d’un champ : en hectares arpentés ; en verrats engraissés; en onces de blé produites; ou en hectares photographiés.
- Une pareille solution, entrevue à l’heure actuelle à l’état de projet, ne pourrait-elle être prise en considération, apportant une rénovation totale de la géographie, permettant de donner réellement l’exacte figure du monde?
- En résumé, cette antique question du cadastre, souci éternel des peuples, semble devoir entrer dans une nouvelle et intéressante phase. Économie de temps, d’hommes et d’argent, exactitude, mise à jour très facile, tels sont les avantages précieux que nous apporte, dès maintenant, l’emploi de la,^photographie aérienne. Les conceptions de la science française, comme le prévoyait en 1891, M. Janssen, se trouvent aujourd’hui réalisées; cela grâce au labeur de nos aviateurs, souvent récompensé par la mort. Sachons, pour leur rendre l’honneur que nous leur devons, agir en sorte que leurs travaux, utiles dans la guerre, ne soient pas stériles dans la paix: et souhaitons que la France, ain,si, leur doive encore une part de sa prospérité future.
- André Bali.kygüier.
- «Si**
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mai 1920.
- Une nouvelle préparation des amines. — L’action des aldéhydes sur l’hydrazine conduit, on le sait, à la formation des aldazines. La note de M. Mailhe conclut à l’hydrogénation directe de celles-ci pour la préparation d’amines primaires et secondaires, correspondant aux alcools contenant le groupement — G II-Oïl.
- Les pommiers de VIndo-Ciünc. — Dans les hautes
- régions du Tonkin et du Laos, noire colonie comprend plusieurs millions d’hectares où peut croître le plus grand nombre des céréales et des arbres fruitiers d’Europe. M. Aug. Chevalier entreprend une élude des végétaux indigènes, pour en tenter l’amélioration, et les faire servir comme porte-greffes, ou producteurs d’hybrides intéressants. Paui, IL
- LA TORTUE LUTH D’ORAN
- Un chélonien des plus curieux s’est échoué tout récemment sur le littoral algérien, aux environs d’Oran, et a été signalé à tort par quelques journaux comme appartenant à une variété inconnue. Il a, en tout cas, des dimensions et un poids respectable; on parle en effet de 600 kg, ce qui, on va le voir, n’a rien d’excessif pour cette sorte de vertébrés marins.
- Cet exemplaire de tortue peut paraître extraordinaire à ceux qui n’ont vu que des tortues terrestres ordinaires, dont la plupart sont de très petite taille. Il n’étonnera pas ceux qui connaissent tant soit peu ces inléressants reptiles que la nature a dotés de carapaces quelquefois très originales et, dans tous les cas, très recherchées par l’industrie humaine.
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- 16 .. " = LA TORTUE
- Chacun connaît bien, d’une façon générale, la tortue, que notre bon La Fontaine lui-même n’a pas négligée dans ses fables délicieuses ; c’est l’emblème vivant de la lenteur; mais n’oublions pas que les tortues ne sont pas toutes frappées de nonchalance et d’inertie; il en est — et les tortues marines sont dans ce cas — qui sont douées d’une très grande vivacité et d’une rapidité incomparable dans l’élément liquide; même parmi les espèces terrestres ou marécageuses, certaines sont excessivement agiles et rapides à la course.
- L’énorme spécimen de tortue marine dont nous mettons aujourd’hui une photographie sous les yeux des lecteurs de cette Revue, grâce à l’amabilité de M. Guillory, commis de l’Inscription maritime à Oran qui en a obtenu une belle épreuve de son chef, M. l’Administrateur de la Marine Novella, cet énorme spécimen , disons-nous, est un sujet des plus remarquables en même temps qu’assez rare dans nos mers.
- Les savants ont naptisé cette espèce du nom de Dermatochelys (ou Sphargis) coriacea (de B1 a i n v i 11 e et Gray) ; nous verrons plus loin que ces noms, barbares en apparence, dépeignent d’un trait l’animal qu’ils désignent; il s’agit de la tortue vulgairement appelée Luth, qui appartient au genre Sphargis, de la famille des Thalassites ou Tortues marines.
- Ainsi qu’on peut très bien le remarquer sur la photographie, la morphologie de cette espèce s’éloigne considérablement de celle des tortues terrestres; cela tient évidemment au milieu qu’habite l’animal.
- Vivant constamment dans la mer, la forme du corps est nécessairement adaptée à ce milieu; tout, du reste, dans la structure de ce Vertébré, concourt à en faire un nageur de premier ordre.
- Il n’y a pas de carapace véritable, c’est-à-dire formée d’écailles, ni de plastron ou plaque ventrale, comme on serait tenté de le croire, mais seulement une peau très épaisse, coriace et lisse, d’où son nom de Dermatochelys coriacea. Le corps est oblong, bien propre a lendre l’onde. On remarque sept'arêtes ou carènes longitudinales allant se confondre dans la région caudale. Les membres, faisant fonctions de rames, sont agencés en palettes
- LUTH D’ORAN ---------------- - ...............
- natatoires comme chez tous les grands vertébrés marins; les antérieurs sont très développés et très puissants.
- Les Dermatochelys, très peu répandus, vivent dans F Atlantique et en Méditerranée, mais ne se rencontrent dans cette dernière mer que rarement. 11 en est de même d’une espèce d’un genre voisin, la Tortue franche ou Chélonée, dont nous avons pu observer quelques individus dans les parages du détroit de Bonifacio.
- Comme les autres représentants de la famille à laquelle ils appartiennent (Thalassites), ils atteignent une taille et un poids souvent considérables ; ce sont les plus grands Chéloniens. Les récits sont cependant entachés quelquefois d’exagération.
- Rondelet parle d’un Luth long de cinq coudées
- qui avait été pêché à Fronli-gnan ; Amoreux en a décrit un autre qui avait été pris dans le port de Cette; en 1729, on en pêcha un troisième à l’embouchure de la Loire, qui fut décrit par Deîa-fonl; en 1756, Borlase a donné une figure de Sphargis qui a-vait été pris sur les côtes de Cornouailles, en Angleterre .
- L’auteur que nous venons de citer rapporte que certains individus de ce genre pèseraient jusqu’à 7 et 8000 kg et mesureraient 5 m. de circonférence et 2 m. de longueur. Si ces dimensions correspondent à peu près à ce qui est en réalité, le poids donné est sans doute le résultat d’une erreur ou d’une exagération, car les naturalistes modernes accordent au Luth un poids moyen de 600 kg.
- Ce qui est, en tout cas, une caractéristique de cette espèce, en dehors de l’absence de carapace, c’est qu’elle fait entendre, quand on la prend, une voix très forte, alors que les autres tortues sont aphones; c’est, du reste, à cause de cette particularité que le genre a été dénommé Sphargis, mot tiré du grec et qui signifie « Je crie ».
- La tortue-luth ne vient sur les terres fermes qu’à l’époque de la ponte, au printemps; elle se rend alors sur les côtes ou îles désertes pour confier ses œufs, très nombreux à chaque ponte, à la chaleur solaire, après les avoir enfouis dans le sable. C’est à ce moment que fut capturée la tortue-luth d’Oran.
- Alkxis Bacculon.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahdke, rue de fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N” 2414.
- 10 JUILLET 1920
- LA PERLE FINE ET SON MODE DE FORMATION
- Comme complément à l’article paru précédemment dans La Nature, sur la culture de l’huître perlière dans le golfe de Californie^), il est nécessaire d’ajouter quelques faits et quelques considérations sur la genèse de cette perle fine qui, dans la nouvelle entreprise d’exploitation marine, reste comme au temps des simples pêches perlières, le bénéfice sinon le plus constant, du moins le plus avantageux.
- Avant d’exposer le mode de formation de cette précieuse matière qui depuis une haute antiquité occupe un des premiers rangs dans la parure mondiale, il est indispensable de mentionner l’existence d’une série deformations similaires, que le mollusque privilégié sous le rapport de la nacre est susceptible plus que tout autre de produire et qui, à maintes reprises, ont été confondues avec la véritable perle fine surtout lorsqu’il s’est agi d’en expliquer le mode de formation.
- Ces productions d’ordre secondaire qui sont sous le rapport de la forme, de la constitution et de l’apparence, plus ou moins analogues à ce que l’on est convenu de considérer comme perle fine, sont désignées en général, sous la dénomination assez vague de perles de nacre, parce que leur éclat et leurs reflets ne sont guère plus vifs que ceux’que présente la substance constituant la partie brillante de la coquille.
- 1. La Nature, 31 janvier 1920, n° 2302.
- Fig: i.
- Fig, 2. :— Perles de nacre dites semences, développées en grande abondance à la base du muscle abducteur des valves.
- Conglomérai de perles de nacre {semences), à la base du muscle abducteur des valves.
- Les perles de nacre répondent à deux catégories bien distinctes qui se différencient par leur origine.
- L’une est désignée sous le nom de morallas ou perles de nacre proprement dites, elle comprend toute une série de concrélionnements qui viennent pour la plupart faire leur apparition à la suite d’une invasion parasitaire déterminant alors une manifestation pathologique que l’on désigne sous le nom de calcosphérite (1).
- C’est dans cette catégorie que l’on peut faire rentrer ce que, dans le commerce des perles, on spécifie suivant les particularités de forme, de constitution et de dimension, sous les différents noms de perles baroques, ampoules, lagrimillas, semences, etc.
- L’autre série comprend les topos ou autrement dit perles adhérant à la coquille ; ces dernières sont le résultat de la séquestration d’un corps étranger sur les faces internes d’une des valves de la coquille, elles sont produites par les dépôts normaux et constants de la sécrétion calcaire du manteau dont le rôle principal, comme on le sait, est de pourvoir incessamment à l’entretien et à l’accroissement de la coquille.
- Ces recouvrements nacrés, lorsqu’ils se produisent sur un noyau quelque peu sphérique, donnent l’illusion d’une perle qui se serait fortement attachée à la coquille.
- Les topos qui, à proprement parler, ne devraient pas être considérés comme perle, peuvent parmi les corps les plus hétéroclites leur ^ ayant
- 1. Pour ce qui est de la nature des calcosphérites,' consulter le mémoire très complet sur cette matière publié en 1897 par M. Auguste Pettil, Sur le rôle,des calcosphérites dans la calcification à létal pathologique r 4 Aires îPanaf'oîme microscopique, L I, fuse. 1, p. 108-124.
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- 48* Année. — 2“ Semestre.
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- servi de point de départ, receler de véritables perles fines, mais celles-ci ne sont venues se placer là que par suite d’un cas tout à fait accidentel qui n’a rien à voir avec leur formation.
- Les morallas et les topos, quoique bien différents quant à leur origine, peuvent parfois se confondre, c’est ce que l’on peut observer dans le cas particulier où des morallas ont pris naissance dans une région située au voisinage des glandes à sécrétion calcaire.
- Dans ce cas très spécial, il peut se produire^des infiltrations de la substance excrétée par les glandes
- principalement dans ce qui a trait à l’ornementation des pièces d’orfèvrerie.
- Il résulte de cette différence dans la qualité de la matière que les perles fines ou parangons, comme on les nomme parfois, se vendent sur les marchés perliers, à la pièce ou par petits lots bien spécifiés, tandis que les perles de nacre sont la plupart du temps négociées au poids et par quantité (4).
- Après cet exposé succinct sur les différentes formations calcaires que l’huître perlière est suscep-i tible de produire concurremment à la perle fine,
- Fig. 3. — Coupe d'une ferle en forme de poire {M or alla) montrant la vacuole axiale, les assises de calcaire et de conchÿolihe ainsique d’importantes imperfections de structure.
- Grossissement d’environ i5 diamètres, d’après une photographie microscopique de M. Delaon.
- du manteau, celles-ci peuvent alors venir se confondre avec les concrétions en voie de formation et augmenter leur volume ou encore amener leur soudure si les éléments sont déjà constitués, en déterminant la création d’une sorte de conglomérat perlier.
- Ge dernier cas s’observe assez nettement et assez souvent avec certaines morallas dites semences, lorsque celles-ci se produisent en grande quantité soit à la base du muscle abducteur des valves, soit dans les régions avoisinantes (fig. 1 et 2).
- La valeur commerciale des perles de nacre est en général assez faible, surtout si on la compare à celle que peut atteindre la véritable perle fine ; néanmoins, si elles ne présentent pas la même richesse de reflets que cette dernière, elles ne sont pas cependant dépourvues d’intérêt, car bien souvent l’art décoratif a su en tirer un heureux parti,
- voyons maintenant quel est le véritable mode de formation de ce produit si recherché qui, depuis un temps immémorial, a rendu célèbre le fameux mollusque des mers tropicales.
- Lorsqu’on examine les faits dans la nature, on constate que la perle fine se constitue d’emblée et qu’au cours des différentes phases qui doivent présider à son accomplissement, elle ne peut en aucune façon subir d’accroissement de volume, comme cela peut parfois se présenter chez certaines perles de nacre.
- Comme les morallas, la perle fine répond nettement à une calcosphérite, dont le point d’élection, bien connu de ceux qui ont pratiqué avec circonspection la recherche des perles, se localise aux
- 1. Consulter à ce sujet, Seurat, l’Huître perlière, nacre et perles (Encyclopédie des aides-mémoires, Paris, 1901) et Kunz et Stevenson, The book of the pearl, London, 1908.
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- Fig. 4. — Deux fragments d'arcs branchiaux sur chacun desquels on voit une perle fine contenue dans sa vésicule épithéliale.
- parties antérieures du mollusque, principalement sur les arcs branchiaux, situation où elle sera à même d’accomplir librement son achèvement intrinsèque, sans avoir à subir d’influences secondaires (fig. 4).
- La cause initiale qui détermine l’apparition de cette calcosphérite est restée jusqu’ici inconnue, elle ne paraît pas toutefois être d’origine parasitaire et être par conséquent du même ordre que celle qui provoque l’apparition de perles de nacre.
- Selon toute vraisemblance, la cause déterminante de ce produit de perfection, serait due, sous toute réserve, à l’action urticante des némalocystès de certains animaux marins, tels que hydroïdes, siphonophores, etc., qui à certaines époques de l’année abondent dans les mers chaudes et dont les effets nocifs sont bien connus des pêcheurs qui, au moment des grands calmes, fréquentent les mers tropicales.
- Du contact urticant des nématocystes, résulterait alors, sur l’épiderme, délicat du mollusque, une phlyctène dont le contenu fluide et hyalin se condensera peu à peu, en prenant graduellement la consistance de la conchyoline\ puis par l’effet d’une condensation plus accentuée suivi immédiatement d’un retrait de matière ; celle-ci jusqu’alors de consistance homogène, se subdivisera en un très grand nombre de feuillets disposés concentriquement, laissant entre eux des interstices, qui viendront peu à peu se combler par des apports de calcaire empruntés aux liquides de l’organisme (fig. 5).
- Lorsque le travail de la calcification sera complc-
- Fig. 5. — For lion d’une perle, gélatineuse assez fortement giossie, montrant les feuillets de conchyoline en voie de division {coupe transversale).
- tement achevé, il . en résultera une perle restant emprisonnée dans la vésicule lui ayant fait l’office de matrice. Celle-ci, sous les efforts et'les mouvements répétés des viscères de l’animal, finira, au contact du corps dur qu’elle immobilise, par s’user et se rompre ert mettant en liberté la perle, laquelle dans les circonstances normales, ne tardera pas à être expulsée à l’extérieur lors de l’entre-bâillement des valves de la coquille.
- Tous ces faits concordent absolument avec ce que l’on est à même de constater pendant le' cours des pêches, aux heures de la recherche des perles, moment où parfois on est amené à constater in situ toutes les étapes de l’évolution de la perle fine. .
- Ainsi donc, la genèse de celte perle comporte dans son évolution trois stades bien nettement définis et sur chacun desquels il est nécessaire d’in^-sister et d’ajouter quelques développements complémentaires, afin d’établir clairement le mode de formation qui est propre à ce concrétionnement.
- Dans le premier stade, c’est l’apparition d’une vésicule épithéliale, gorgée d’une sérosité limpide, qui constitue une poche complètement fermée, dans laquelle devra s’opérer toute la tr an .'formation de la substance d’où doit ultérieurement résulter la perle.
- Cette poche fait l’office d’un moule ou d’un conformateur d’où dépendra la figure et le volume du contenu.
- Une fois formée, cette poche ne pourra subir de modifications bien notables dans ses. proportions, car constituée par une membrane inextensible, elle risquerait, sous le moindre effort, de se rompre et de mettre en liberté son contenu en voie d’élaboration. •
- : La vésicule, dès son apparition, met'à vif des tissus sous-adjacents, en occasionnant un épanchement séreux, qui' ne cessera de pourvoir à l'entretien, de la matière organique en voie de condensation tant que sa cicatrisation ne sera pas ter-
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- LA PERLE FINE ET SON MODE DE FORMATION
- minée. Au moment où cette sérosité se trouvera soustraite au contact des tissus qui l’ont exsudée, commencera le deuxième stade pendant lequel la matière organique, livrée maintenant à elle seule, subira sa complète condensation.
- On verra alors cette dernière passer insensiblement de l’état presque fluide à l’état gélatineux bien consistant, puis devenir à la fin entièrement solide et finalement se répartir, par suite d’un mécanisme de contraction dû vraisemblablement à une déshydratation, en un grand nombre de fines membranes indépendantes les unes des autres et disposées concentriquement.
- Ce processus de retrait en stratification peut se reproduire expérimentalement. Si l’on soumet une perle gélatineuse dûment constituée à l’action de l’alcool, on voit alors, à mesure que pénètre le liquide coagulant et déshydratant, toute la masse se rétracter et se subdiviser rapidement en un grand nombre de feuillets, l’opération s’effectuant de la périphérie au centre.
- Le troisième stade qui en dernier lieu nous montrera la perle parvenue à sa maturité, commence à partir de la stratification de la perle gélatineuse.
- Elle consistera alors dans la calcification intégrale du produit en lui conférant une sorte d’ossification d’où résultera sa dureté.
- Le mécanisme de cette calcification s’accomplira alors par voie d’osmose, il consistera dans un échange s’établissant entre les liquides des organes de l’animal et celui retenu par capillarité entre les feuillets de conchyoline.
- Le carbonate calcique tenu en solution dans les liquides physiologiques aura alors, par l’intermédiaire d’une dialyse, accès aux interstices où il viendra progressivement se déposer en minces couches cristallines.
- Le carbonate calcique, qui est venu prendre place entre les feuillets de conchyoline, ne leur a fait subir aucune modification, ainsi qu’il est facile de le constater lorsque l’on soumet une perle complètement constituée à la décalcification par un acide. On voit alors sous l’action dissolvante de ce dernier, toutes les assises de calcaire s’éliminer peu à peu en faisant réapparaître les couches de substance organique, dans le même état où elles se trouvaient au début du troisième stade (J).
- La structure de cette perle que nous venons de suivre dans toutes ses étapes de constitution, comporte, ainsi que le montre la coupe passant par son axe, une série d’assises alternatives de conchyoline
- 1. La décalcificàlion d’une perle par un acide csl assez difficile à réaliser à cause du dégagement d’acide carbonique qui se produit et qui, retenu par les feuillets de conchyoline, s’oppose à la pénétration de l’acide. Pour arriver à la décalcification complète de la perle, il faut fendre ou perforer la perle en plusieurs endroits afin de favoriser en même temps la pénétration de l’acide et la diffusion du gaz carbonique. Pour celte opération, les acides étendus doivent toujours être employés afin d’éviter la désorganisation de la matière organique.
- et de calcaire cristallisé; celles-ci sont alors disposées concentriquement autour d’un point central, qui est figuré par une vacuole plus ou moins grande et qui peut être parfois occupée, en partie, par des déchets de matière organique plus ou moins encroûtés de particules calcaires.
- C’est dans cette cavité axiale, née incontestablement du retrait de la substance organique au moment de sa condensation définitive, que l’on a pu chez certaines perles de nacre, rencontrer les débris ou les vestiges de différents parasites (acariens, trématodes, etc.), et auxquels certains auteurs ont cru devoir attribuer l’origine de la perle ; ces derniers, s’ils n’ont pas été la cause immédiate du concrétionnement, ont du moins fourni le point de départ d’une désorganisation de tissus ayant provoqué la constitution d’une calcosphérite.
- La conformation de la perle, telle que la façonne la vésicule épithéliale, répond à trois types primordiaux, que l’on désigne sous les noms de perles rondes, en poires, en boutons. Les perles rondes et en poires répondent à une vésicule étranglée à sa base, la perle en bouton dont les contours sont hémisphériques et aplatis d’un côté correspond alors à une base légèrement étalée.
- Ce qui constitue la valeur marchande d’une perle est fonction de multiples causes, c’est en premier lieu son volume et la perfection de sa forme, mais ces avantages demeurent sans intérêt, si ce que l’on appelle les qualités de surface ne viennent s’y joindre. Les qualités de, surface consistent dans l’éclat et le lustre chatoyant qui caractérise les reflets particuliers de la perle ou autrement dit son orient.
- L’orient d’une perle est, comme on le sait, uniquement dû au phénomène optique bien connu des réseaux et des lames minces, c’est en un mot un simple jeu de lumière s’effectuant dans toute l’épaisseur de la perle et dont Yirïdescence peut se trouver plus ou moins modifiée, non seulement par la nature et le dispositif des cristaux calcaires, mais aussi par la transparence, l’opacité et la coloration du substratum organique sur lequel ils sont appliqués.
- De tous ces faits énoncés, il résultera que la perfection d’une perle dépendra de la régularité et de l’harmonie qui ont présidé à son processus de constitution et, que le moindre accident survenant en cours de progression, devra fatalement avoir sa répercussion sur le résultat final.
- Car en récapitulant ce qui vient d’être exposé, on voit clairement que la forme de la perle est intimement liée à celle de la vésicule qui lui a donné naissance, et qu’ensuite les assises de calcaire transparent à travers lesquelles se produisent les interférences de lumière, sont subordonnées à la régularité des stratifications de la matière organique. Une perle de belle eau, comme l’on dit en terme de joaillerie, est toujours constituée par des couches régulières et extrêmement minces.
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- Enfin en suivant l'enchaînement des faits qui ont présidé à la confection de la perle, on voit que la vésicule qui l’a conditionnée, peut encore lui apporter un surcroît de perfection et de fini, par l’empreinte que sa surface interne est capable de laisser sur les couches contre lesquelles elle s’applique intimement, empreinte qui dans certains cas pourra ou non avantager le charme de la perle en conférant à sa surface une sorte de patine.
- La théorie de la constitution d’une perle dans une enceinte complètement close, telle qu’elle vient d’être exposée, paraît bien concorder avec celle qui était accréditée chez les Anciens.
- LesOrientaux, qui exprimaient les faits d’après ce que leur montrait la nature, nous présentent la perle comme étant le résultat d’une goutte de rosée figée et solidifiée au contact ides organes de l’huître perlière.
- Cette fiction de la goutte de rosée qui, de prime abord, semblerait faire allusion à la forme et aux reflets irisés de la perle est sans aucun doute le signalement, sous une forme imagée, de la phlyctène ou vésicule transparente d’où doit naître la perle.
- C’est du moins ce que paraît préciser Pline le Jeune lorsque relatant la tradition de ceux qui pendant de longs siècles furent les uniques pêcheurs de perles, il ajoute : Beaucoup de perles nées normalement ont un épiderme que savent éliminer les gens du métier (l).
- Pour terminer cet article sur la perle fine, voyons maintenant en quoi cette dernière se différencie des perles de nacre, abstraction faite des topos.
- La perle fine est la calcosphérite ayant pu évoluer librement grâce à la localisation isolée qui lui permet de se soustraire aux accidents susceptibles de nuire à sa constitution, de plus elle paraît répondre
- 1. Pline secundi. Histona mundi, L. IX. G. 55.
- à une unique cause qui est due à une irritation ou à un traumatisme venu de l’extérieur.
- La Moralla, elle, ne présente pas de point d’élection bien particulier, car on peut la rencontrer à peu près dans n’importe quelle partie de l’animal. Les causes qui ont présidé à son apparition sont en outre assez multiples et paraissent presque toujours liées à un accident interne plus ou moins consécutif d'une invasion parasitaire.
- Il résulte donc de cela que la première calcosphérite réunit toutes les conditions pouvant favoriser l’émission de ces reflets chatoyants qui font le charme de la perle fine et constituent sa valeur commerciale.
- Tandis que la seconde, sujette constamment à des accidents contrariant la symétrie de sa formation, ne pourra, sauf de rares exceptions, donner qu’un produit dont l’éclat ne diffère guère de celui de la nacre.
- De ces dernières considérations, il ne faudra pas cependant en conclure que toute concrétion formée sur la région privilégiée devra forcément offrir les conditions d’une perle fine ; car, d’après ce que l’on a vu plus haut, il pourra survenir des accidents en cours de constitution qui seront suffisants pour compromettre le résultat final et ne fournir alors qu’un produit terne et sans valeur. Il s’ensuit de tous les faits qui viennent d’être exposés, au cours de ce mémoire, que la rencontre d’une belle perle fine est toujours une chose fortuite et que, si la culture intensive du mollusque perlier a pu, par la multiplication des élevages, augmenter dans une certaine mesure les chances de rencontre de perles fines, cette entreprise est restée du moins jusqu’ici impuissante dans l’élaboration naturelle et régulière du produit d’où doit résulter son bénéfice le plus sérieux. Léon Diguet.
- Ftg. 6. — Coupe d'une perle de nacre (grossissement de douze diamètres) montrant trois perles à différents degrés d’imperfection réunies par une soudure ultérieure à leur formation
- LES HÉLICOPTÈRES MODERNES
- S’élever dans l’air et s’y maintenir au moyen de la seule force sustentatrice développée par une ou plusieurs hélices horizontales est un vieux rêve qui séduisit et hanta les imaginations humaines bien avant que l’on eut songé à voler mécaniquement par le moyen de surfaces inclinées se déplaçant avec de grandes vitesses, ainsi que procèdent les avions actuels.
- La solution de l’hélicoptère, puisque l'on appell ainsi l’appareil qui se .-peut maintenir immobile dans l’air, soutenu par des hélices en mouvement, se présente d’ailleurs comme découlant de principes plus simples que ceux des avions courants à plans porteurs. Même encore maintenant, malgré les progrès stupéfiants qu’a réalisés l’aviation au cours de ces dernières années, nous devons recon-
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- Fig. i. — Hélicoptère Dufaux (iço5).
- Poids : kgs. — Poids soulevé : 6
- naître que le principe de l’hélicoptère présenterait dans son application de tels avantages pratiques sur les solutions présentes qu’il les détrônerait aussitôt. 11 est donc de notre devoir d’examiner soigneusement toutes les solutions de cette nature présentées par les iuventeurs et il faut nous réjouir de ce que les administrations de l’Etat habituellement si négligentes et si ingrates envers les inventeurs secouent leur routine pour encourager de telles tentatives.
- Si, en effet, nous considérons les possibilités d’avenir de l’aviation en tant que moyen de communication et de transport, bien que tous les espoirs nous soient ouverts dans cette voie et bien que nous soyons absolument persuadé que dans une dizaine d’années le monde sera sillonné de lignes aériennes, il n’en reste pas moins que certaines difficultés pratiques sont encore à vaincre et nous croirions rendre un mauvais service à la cause de la Navigation aérienne, si systématiquement, nous omettions de les désigner clairement h nos lecteurs.
- Les plus gros obstacles ne tiennent pas tant à la fragilité mécanique des avions, et à leur faible capacité économique actuelle qui entraîne des taux de fret excessifs, car ce sont là de petits défauts qui n’existeront pas dans les formules à venir ; le véritable obstacle, et qui s'accroît comme facteur moral à mesure que les dangers de la guerre s’éloignent de nous dans le temps, est le danger inhérent à la ftomule des avions à plans porteurs, c’est-à-dire la difficulté de décoller et d’atterrir ; bien entendu ces difficultés sont facilement vaincues par l'habileté des pilotes, mais ce succès est subordonné à leur sang-froid et à leurs qualités professionnelles. Tout l’obs-racle réside en ce que les avions sont obligés pour se soutenir dans l’air, pour s’y gouverner et s’y équilibrer convenablement de voler à des vitesses dange-
- kgs.
- Cet appareil se serait enlevé jusqu’à o m. 40 du sol.
- reuses à la fois pour l’organisme humain et la résistance du matériel utilisé ; cette vitesse doit être maintenue dans des limites minima pour permettre d’effectuer les manœuvres d’atterrissage et de décollage, et c’est dans le contact avec le sol que la presque totalité des accidents ont lieu, soit qu’une fausse manœuvre ait été exécutée par le pilote, soit encore que l’avion ait été forcé d’atterrir sans que ce pilote ait pu choisir un terrain convenable par suite d’une panne subite, du brouillard ou de l’obscurité.
- L’hélicoptère, au contraire, par principe doit jouir de la précieuse faculté de s’élever verticalement du sol, soulevé, ou mieux aspiré par la puissance ascensionnelle de ses hélices, de se maintenir immobile dans l'air et d’atterrir avec des vitesses de descente aussi réduites qu’il est nécessaire. Il ne sera plus besoin aujourd’hui pour voler, de ces terrains plats, vastes, dégagés et indispensables, l’héli-
- ...... coptère supprimera la dernière
- dépendance de l’aviateur à l’égard du sol, dépendance qui pèse encore bien lourdement sur l’aviation actuelle.
- Des tentatives innombrables ont été faites depuis des années pour réaliser ce rêve; aucune jusqu’à maintenant n’a donné de résultats suffisants pour que leurs promoteurs aient eu le courage de continuer leurs recherches. De nombreuses difficultés techniques s’obstinent, en effet, à contrecarrer les plans si ingénieux des inventeurs; la principale d’entre elles est que les hélices, telles du moins celles qui existent, ne paraissent pas adaptées à la sustentation verticale, elles travaillent assez mal en rendement, elles sont de faibles dimensions ou nécessitent une construction trop complexe, elles tournent à des vitesses excessives et utilisent médiocrement les réactions de l’air car elles consomment une puissance
- Fig. 3. — Le grroplane Bréguet-Richet (igo8).
- Cet appareil était formé d'un corps central où se trouvait le moteur qui actionnait 4 groupes d’hélices de 4 pales bi-planes chacune.
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- énorme pour de faibles résultats sustentateurs.
- L’avion ordinaire, pour sa translation et sa sustentation, ne demande en réalité au groupe moto-propulseur qu’un efforl bien moindre que celui qui est nécessaire pour sustenter un hélicoptère à hélice ordinaire. Dans un hélicoptère, la traction verticale sur l'arbre de l’hélice doit être en effet au moins égale au poids total de l’appareil. Dès 1904, le colonel Renard ne déclarait-il pas à l’Académie des Sciences « que l’hélicoptère exige pour un même poids une puissance bien plus considérable que l’aéroplane, c’est-à-dire par rapport à la puissance
- ou trois projets sont en voie de réalisation, deux d’entre eux seront en état d’ici quelques semaines de faire des essais qui permettront de les juger définitivement.
- Nous n’exposerons que succinctement le projet de Letourneur. Cet inventeur désirait remplacer les ballons captifs d’observations, encombrants, dangereux et peu maniables par de petits hélicoptères captifs composés essentiellement d’une hélice à grandes pales mues par un moteur électrique; cette hélice supporterait une nacelle pour l’observateur qui, nous l’espérons, aurait été muni d’un
- Fig-. 4. — Vue d’ensemble de l’hélicoptère Crocker et Hewitt (d’après Scientific American).
- A gauche, dispositif de commande des deux hélices.
- 1, arbre de l’hélice supérieure tournant à droite.
- 2, arbre de l’hélice inférieure tournant à gauche.
- 3, guide fixe portant le longeron des équilibreurs.
- 4 et 5, couronnes commandant les arbres.
- O et 7, pignons des moteurs attaquant les couronnes.
- 8, armature.
- O, moteurs.
- A droite, coupe à travers la pale d’une des hélices. 10, longeron.
- n, nervure donnant la courbure.
- 12, revêtement métallique.
- Remarquer le nombre de haubans et la fragilité de l’armature.
- motrice, un moteur plus léger, ce qui revient à dire que telle puissance motrice soulevant à peine un hélicoptère soutient et propulse admirablement un aéroplane beaucoup plus lourd ».
- Enfin, à supposer que l’hélicoptère se soit enlevé dans l’air, il faut encore que son déplacement horizontal soit assuré, sinon son usage pratique sera impossible, il faut aussi que sa stabilité lui permette de résister aux ruptures d’équilibre, etc.
- Nous ne rappelons que pour mémoire, les essais et les tentatives du colonel Renard et de L. Bréguet qui ont justement permis à la suite d’études soigneuses de mesurer le mauvais rendement des hélices utilisées dans ce but.
- Vers la fin de la guerre et malgré la victorieuse concurrence de l’aviation planeuse, malgré aussi tous les insuccès passés de la formule hélicoptère et 'l’atmosphère de risée qui entoure ses adeptes, deux
- bon parachute ; le courant nécessaire à la rotation de l’hélice serait fourni par le câble de retenue.
- Nous ne croyons pas que l’inventeur ait prévu des dispositifs spéciaux d’équilibrage, celui-ci devant être obtenu par le poids du câble. Cet engin ne peut nous intéresser au point de vue économique.
- Les deux autres projets ont été étudiés par des ingénieurs ou des savants qui se sont appuyés dans lei^s théories et dans leurs recherches sur les données les plus modernes de la science aérodynamique.
- Le premier de ces hélicoptères est celui des américains Francis Crocker et Cooper Hewitt, le second est dû aux français Damblanc et Lacoin.
- Projet Crocker-Hewitt. — Cet appareil est en construction depuis le début de 1917 sous la direction de deux ingénieurs très connus en Amérique pour leurs études aérodynamiques. L’un d’eux, Cooper Hewitt, est l’inventeur illustre du tube
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- Fig. 5. — Hélicoptère Crocker-Hewitt. Une pale.
- à vapeur de mercure. Leurs principales recherches ont porté sur l'amélioration du rendement des hélices sustentatrices ; ces inventeurs ont notamment abandonné les pales étroites des hélices courantes et adopté pour ces pales la forme des ailes porteuses d’un avion ordinaire.
- Habituellement les hélices tractives d’avions donnent une force de 4 à 5 kg par cheval; ces ingénieurs américains n’ont voulu tenter la construction d’un hélicoptère qu’en étant assurés d’obtenir au minimum 10 kg de force sustentatrice par cheval 1 11 ne s’agissait donc pas moins que de faire progresser le rendement des hélices de plus de 100 pour 100, tout en les faisant travailler dans de plus mauvaises conditions.
- Au bout de deux années de recherches et d’efforts, ils atteignirent presque le succès, puisque dernièrement les hélices sustentatrices exécutées en grandeur naturelle ont permis d'obtenir au cours des > premiers essais une force sustentatrice verticale de 1100 kg avec un seul moteür électrique de 126 HP.
- Actuellement, les essais se poursuivent à des vitesses de rotation plus grandes; à cet effet, deux moteurs électriques qui donneront 200 HP au total permettront de pousser la force verticale à 2000 kg passés !
- L’hélicoptère qui est ainsi aux essais, se compose d’une coque fuselage contenant les passagers, les moteurs, les organes de commande des hélices sustentatrices et tractives, et les réservoirs de combustible.
- Au-dessus et verticalement à cette coque se développent les deux arbres de transmission ; ces arbres sont concentriques, ils sont commandés par deux couronnes horizontales solidaires l’une de l’autre par l’intermédiaire des pignons leur transmettant la puissance des moteurs.
- Ces deux couronnes étant parallèles et commandées par des pignons communs placés entre elles, tournent en sens contraire l’une de l’autre ainsi que les arbres de transmission qui les prolongent et que les deux hélices montées sur eux.
- Chacune des deux hélices est a deux pales et composée de deux immenses longerons qui portent les pales ; celles-ci sont constituées comme des ailes d’avion très allongées soit, par des nervures qui
- donnent la courbure et par un revêtement. Longerons, nervures et revêtement sont métalliques afin d’éviter les déformations dues aux variations de température, déformations qui auraient été d’autant plus sensibles que les dimensions des pales sont plus grandes et supportées au bout d’un grand bras de levier.
- La rigidité de tout le système est assuré par de nombreux câbles métalliques frappés sur des bras jouant le rôle des cabanes d’avions, ces bras sont fixés sur les arbres de transmission et tournent avec eux.
- Le diamètre des hélices est de 16 m., elles sont séparées par un intervalle de 2 m. 20 de telle façon que chacune d’elles puisse tourner dans un air non troublé sensiblement par l’autre hélice. Étant donné ce grand diamètre des hélices et leur surface, la vitesse de rotation a été maintenue très faible, elle ne dépassera vraisemblablement pas 70 tours à la minute (hélice d’avions commandées directement : 1200 tours).
- Chacune des pales a été construite suivant une courbure analogue à celle des petits plans inférieurs des avions Nieuport du début de la guerre, leur longueur est de 4 m. 50 et leur profondeur (corde) de 0 m. 77, soit environ une surface de 5 m2 46, ce qui donne une surface active et totale de 14 m2. Nous pouvons noter que les parties extrêmes des pales se déplacent pendant la rotation à une vitesse de 211 km à l’heure à 70 tours, tandis que les parties les plus centrales ne travaillent qu’à 46 km (moyenne 128 km).
- Nous serions véritablement imprudents de vouloir critiquer a priori la disposition générale de l’hélicoptère Crocker et Hewitt; la science nous a trop habitués aux démentis éclatants que son développement inflige à ceux qui seraient tentés de se croire en possession de la vérité. Nous nous permettrons néanmoins de signaler quelques-unes des
- Fig. 6. — Hélicoptère Crocker-Hewitt. Essais de la force sustentatrice développée par les hélices, deux moteurs électriques actionnent les hélices. Un grand cadran indique l'allègement de l’appareil. -
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- objections qui nous viennent les premières à l’esprit au cours de la description de l’appareil américain.
- En premier lieu il nous est permis de nous demander ce que deviendra l’hélicoptère en cas de panne de ses moteurs? La seule ressource des passagers sera-t-elle, pour éviter l’écrasement au sol, de se jeter en parachute du bord de ce bolide qui tombera du ciel?
- Ensuite nous devons constater que cette construction va h l’encontre de toutes les tendances mo-
- pas encore fait connaître de façon certaine comment ils comptent assurer la vitesse de translation, sans doute au moyen d’une hélice verticale à traction horizontale. Il nous reste à connaître comment se comporteront les pales des hélices sustentatrices pendant la translation de l’appareil; pendant 180° de leur rotation les vitesses relatives de leurs pales par rapport à l’air seront la vitesse de rotation, soit 210 kmh pour l’extrémité ajoutée à la vitesse de translation de l’appareil, soit 100 kmh par
- Fig* 7. — IJalèrion Damblanc-Lacoin..— Vue en plan.
- P pales des surfaces tournantes.
- C , arbre vertical support des surfaces. A arbre horizontal de transmission. M moteurs.
- R réservoirs.
- H jambes de force.
- E conjonction des moteurs et surfaces O siège du pilote.
- E fuselage.
- T longeron.
- S stabilisateurs. G gouvernail.
- dernes de la science aéronautique ; ces dernières en J effet diminuent autant quelles le peuvent les dimensions des appareils et leurs complications extérieures afin de mieux augmenter la robustesse de chaque élément et de favoriser la pénétration dans l’air, car enfin le but final de l’hélicoptère comme celui de l’avion est de procurer à l’homme un engin de transport rapide et nous ne voyons pas très bien l’appareil Crocker atteindre le 100 à l’heure.
- L’hélicoptère Crocker et Hewitt paraît être de plus fort fragile ; ses principaux éléments sont légers et de grandes dimensions; ils ne sont maintenus rigides qu’à l’aide d’un haubanage complexe et très résistant à l’avancement, sinon même à la simple rotation des hélices. De plus, les constructeurs n’ont
- exemple, soit au total 510 kmh, tandis que pendant les 180 autres degrés, la vitesse totale sera la vitesse de rotation moins la vitesse de translation, soit au total 110 kmh; de là, des modifications chroniques de la résistance éprouvée par les pales qui affecteront sérieusement la solidité d’un ensemble aussi fragile. Nous aimerions savoir également comment se comporteront ces hélices lentes lorsqu’elles auront à lutter contre les bourrasques ou les tempêtes ou même tout simplement dans les chutes soudaines qui affectent les avions lorsqu’ils passent dans les « trous d’air ». Autant de questions qui se posent tout spécialement en ce qui concerne le projet de Crocker et Hewitt, ce qui n’enlève d’ailleurs aucune valeur à leurs recherches.
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- Fig. 8. — Vue d'ensemble de Valérion Damblanc-Lacoin.
- P, pales des surfaces tournantes; A, arbre vertical actionnant les surfaces; M, moteurs.
- L'ai érion Damblanc-Lacoin. — Nous allons maintenant examiner le projet de deux savants français, Damblanc et Lacoin. Leur étude a été poursuivie ou cours de longs mois, elle a subi avec succès les épreuves d’essais très sévères aux Arts et Métiers (*), enfin nous avons vu que le Service des Inventions avait acheté l’appareil dès sa naissance, tout cela est d’un agréable prémice.
- Cet hélicoptère a été baptisé Alérion par son inventeur, il veut donc devenir le frère de l’avion précurseur d’Ader, nous avions signalé sa maquette dans le compte rendu du Salon de l’Aéronautique.
- L’alérion, comme tous les hélicoptères, utilise la force sustentatrice produite par deux hélices horizontales. M. Damblanc a nettement vu les inconvénients que présentaient d’aussi élémentaires moyens de navigation aérienne et son Alérion doit posséder les perfectionnements nécessaires pour sortir du rêve irréalisable et aborder enfin l’ère des réalisations pratiques, du moins il l’espère et nous avec lui.
- Les hélices ont été supprimées et remplacées par de véritables surfaces sustentatrices, ainsi a été poussée à fond la formule qu’au même moment Crocker et Ilewitt abordaient timidement. Ces surfaces sont naturellement tournantes afin d’obtenir de l’air les. réactions verticales nécessaires.
- De grandes supériorités d’ordre technique ont encouragé Damblanc dans l’adoption de cette formule : le pouvoir sustentateur est extrêmement accru et ne doit pas être moindre de 27 kg au cheval, il devient donc comparable aux résultats aérodynamiques obtenus avec les surfaces des avions ; ensuite, puisque ce sont de telles surfaces qui travaillent à soutenir l’alérion avec de
- 1. N. B. — Un modèle réduit des hélices à-15/100® a donné aux Arts et Métiers à 1170 tours à la minute 18 kgs de poussée en absor bant 3 HP 47. Par interpolation de ces résultats on arrive à déduire que les deux hélices de l’alérion doivent donner une poussée de 1320 kgs. .
- mêmes charges quenelles des avions, il deviendrait possible d’utiliser ces surfaces pour la sustentation planée de l’alérion dont les moteurs sont arrêtés. D’autre part, par suite de la nouvelle disposition de surfaces actives, les dimensions d’encombrement ont été réduites au minimum, le haubannage de consolidation a été diminué et ne vient pas enrayer la vitesse de translation, les éléments présentent plus de robustesse étant de dimensions réduites. Ces surfaces tournantes travaillant dans les mêmes conditions que celles d’un avion donnent leur résultat ascensionnel avec de relativement faibles vitesses de rotation et la résistance des matériaux employés peut être normale.
- En second lieu, Damblanc a voulu conserver l’unité de force motrice, c’est-à-dire que, dans le but probable de simplifier la partie mécanique, la même source d’énergie devra fournir les réactions verticales de sustentation et les réactions horizontales de traction tout en ne faisant appel qu’à un organe commun de transformation de la puissance : ces surfaces tournantes magiques.
- Jouant sur le phénomène de décomposition des forces, l’inventeur obtient la translation par glisse-
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- ment horizontal de l’alérion. Puis enfin les différentes stabilisai ions latérales sont assurées, non pas par des éléments distincts (ailerons), mais par la variation des centres de poussée. Nous verrons plus loin le fonctionnement de ce mécanisme.
- L’Àlérion est composé d’un fuselage cabine destiné à contenir les passagers, la force motrice et les réservoirs de combustible. Ce fuselage est absolument comparable à ceux que nous sommes accoutumés de voir; comme eux, il est muni d’un train d’atterrissage à roues élastiques, comme eux, il porte des gouvernes arrière et des organes de stabilité longitudinale qui fonctionnent dans le vol de translation ainsi qu’à bord de tous les avions.
- Actuellement, la force motrice prévue est fournie par deux moteurs rotatifs de ohacun 130 HP, soit au total 260 HP ; c’est donc la puissance moyenne des avions de 40m2 de surface. Son poids est de 1200 legs.
- Ces deux moteurs, enclos dans le fuselage en sa partie avant, commandent les deux arbres de transmission des surfaces tournantes par l’intermédiaire de deux embrayages automatiques qui n’accouplent les moteurs que seulement lorsqu’ils fonctionnent normalement. Les deux arbres de transmission sont solidaires l’un de l’autre par une série d’arbres et de pignons secondaires, de telle façon que, si un moteur se désembraye automatiquement par suite d’une panne, le second moteur devra actionner les deux surfaces, ou bien que si les deux moteurs sont arrêté-;, les deux surfaces tournent ensemble et solidairement l’une de l’autre cette rotation étant causée par la vitesse de chute comme certaines graines sont sustentées de la même manière pendant des kilomètres au moyen d’une petite voilure tournante (sycomore).
- Les surfaces tournantes sont constituées chacune par quatre voilures symétriques groupées autour d’un axe vertical comme le sont les quatre feuilles d’un trèfle. Chaque voilure est construite comme une aile d’avion, montée sur un longeron très robuste et composée de nervures qui donnent la courbure, recouvertes-de toile vernissée. Là surface
- Fig. n. — L’alérion.
- Les 4 pales d’unè des i surfaces tournantes.
- (Janvier 1920.)
- de chaque pale est de 5 m2, chaque voilure fait donc 20 m2 et l’ensemble des surfaces actives tournantes de 40 m2. Les deux surfaces tournent naturellement en sens inverse l’une de l’autre afin d’éviter la rotation du fuselage suspendu; elles sont soutenues par des pylônes à trois bras dont le sommet coïncide avec l’arbre vertical de chaque surface ; leur nombre de tours à la minute est de 160, soit plus du double de la vitesse des pales de l’hélicoptère Crocker et Hewitt ; néanmoins, comme le diamètre de la surface balayée est égal à 7 m., la vitesse relative de l’extrémité des pales dans l’air n’est que de 216 km, la vitesse proche du centre de 50 kmh, ce qui donne une moyenne de 155 kmh. La courbure de chaque pale est calculée de telle façon qu’elle obtienne le maximum de rendement sustentateur, bien que la vitesse relative dans l’air diminue depuis les points extérieurs jusqu’aux points voisins du centre.
- Certainement les hélices sustentatrices de ce genre subissent de ce fait une perle de rendement qui affecterait moins des hélices de plus grand diamètre.
- Le fonctionnement de l’Àlérion est extrêmement curieux et s’appuie sur un principe entièrement nouveau. Le pilote, grâce à un dispositif sur lequel nous ne pouvons donner aucune indication précise en dehors de son fonctionnement, peut modifier non seulement la valeur générale de l’incidence de toutes les pales de ses surfaces sustentatrices, mais encore, et c’est là l’innovation la plus curieuse, il peut en un point quelconque de la circonférence, balayée par ses surfaces tournantes, modifier comme il le désire l’incidence de chaque pale au moment précis où elle passe ce point au cours de sa révolution.
- Ces modifications totales ou locales de l’incidence entraînent natuellement des variations correspondantes dans la force ascensionnelle engendrée par ries surfaces portantes et notamment permettent au pilote d’être absolument le maître de l’équilibre et de son appareil.
- Considérons, en effet, quels sont les résultats du jeu de cette incidence variable et localisable.
- Si le pilote augmente, à l’extrémité droite de son avion, et seulement en ce point, l’incidence de chaque pale qui y passe, il se produira à cet endroit une poussée supplémentaire dirigée vers le haut
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- Fig. 12. — L’alèrion.
- Entoilage et vernissage des toiles.
- qui tendra à relever cette extrémité de l’appareil; qette tendance de redressement correspond exactement au résultat qui serait obtenu par le jeu d’un aileron de gauchissement, nous voyons donc que cette modification de l’incidence en un point quelconque choisi par le pilote, constitue un dispositif parfait de gauchissement très assimilable, dans ses résultats et dans son fonctionnement, aux mouvements des ailes si merveilleusement souples des oiseaux.
- L’équilibrage latéral de l’alèrion est donc assuré grâce à cette faculté.
- D’autre part, le pilote pouvant modifier l’ensemble des incidences de toutes ses pales obtient des quantités de force ascensionnelles qui correspondent aux divers degrés d’incidence. 11 peut, par exemple, en utilisant 8° d’incidence obtenir une force ascensionnelle telle qu’elle équilibre exactement le poids total de l’alé-rion qui dans ces conditions se maintiendra à une altitude constante et immobile dans l’air. Si le pilote passe à 10°, l’alèrion développera une force ascensionnelle supérieure et il s’élèvera verticalement, si au contraire l’incidence passe à 3°, l’alèrion redescendra vers le sol. Le pilote aura donc la possibilité de quitter le sol lentement et d’accélérer sa vitesse d’ascension comme il le voudra. Ne croyons pas que cette faculté de régler la vitesse d’ascension ou de descendre appartienne à tous les hélicoptères ; en effet, des hélices à incidence fixe ne donnent leur rendement qu’à un régime bien déterminé, si ce régime est diminué ou augmenté pour monter ou descendre, en premier lieu le rendement baisse et en second lieu, il faudrait un chan-
- gement de vitesse pour permettre au moteur de rester dans les limites pratiques de son régime. Les moteurs de l’alèrion peuvent au contraire conserver un régime de marche constant ; ce n’est seulement que la puissance fournie par eux qui doit varier.
- Ce dispositif si nouveau d’incidence variable ne nous a pas encore révélé tout ce qu’on en peut attendre, en effet jouant, comme nous l’avons exprimé plus haut, sur le phénomène des décompositions des forces, l’alèrion peut prendre dans l’atmosphère une position telle que la composante des forces P représentant le poids de l’appareil et F représentant la face sustentatrire développée par les hélices se décomposent en une force verticale E et une force horizontale T' qui entraîne l’avion en avant comme le ferait une hélice réactive (fig. 15 et 16).
- La commande de ce phénomène est encore obtenue au moyen de l’incidence variable; le pilote doit augmenter localement l’incidence des pales au moment où elles passent dans la zone arrière des surfaces balayées, ce qui tend à faire plonger les voilures de l’avant et permet d’engendrer par décomposition la force de réaction F'.
- Cette méthode de translation des appareils hélicoptères n’est point toute nouvelle ; en effet dès 1860 le vicomte G. de Ponton d’Amécourt, très connu par ses travaux et ses recherches sur les appareils à essor vertical, « espérait pouvoir incliner l’axe général de l’appareil pour obtenir une propulsion dont la direction serait la résultante des deux forces le sollicitant, savoir : la traction
- Fig. 14. — L’alèrion.
- L’ensemble du dispositif de solidarité revêtu de ses carters.
- Fig. i3. —: L’alèrion.
- L’embrayage automatique A. — L’arbre latéral et les pignons qui assurent la solidarité de rotation des deux surfaces tournantes L et P. (Carters enlevés.)
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- LES HÉLICOPTÈRES MODERNES
- oblique des hélices d’ascension et le poids. Si l’aviateur possédait, ajoute-t-il, la double faculté de régler la double intensité de la force d’ascen- • sion à l’inclinaison générale, il aurait évidemment deux moyens pour un de modifier constamment la résultante, c’est:à-dire la ligne de propulsion ».
- Nous voyons que, grâce à l’application de ce dispositif, l’inventeur a trouvé le moyen-de soulever à la vitesse qu’il veut son alérion, de l’équilibrer et enfin de le faire avancer dans l’air; ces grosses difficultés qui ont servi d’écueil jusqu’à maintenant à tous les projets d’hélicoptères paraissent pouvoir être assez facilement résolues, du moins théoriquement par les études de MM. Damblanc et Lacoin.
- Néanmoins il reste à considérer l’objection si grave que présente immanquablement toute per-
- F À I I
- Fig. i5. — L’alèrion en vol vertical.
- La force sustentatrice F est verticale et supérieure au poids F. ;
- sonne pratique qui veut bien considérer l’hélicoptère non point comme un instrument d’expériences mais bien en tant qu’appareil volant destiné aux transports, car enfin, détrôner l’avion et mieux s’assurer la conquête définitive des voies de l’atmosphère ce sont bien là les véritables buts des inventeurs d’hélicoptères.
- Or, cette objection si grave est celle de savoir ce que deviendront l’appareil et ses passagers dans le cas, où la force motrice ferait complètement défaut soit par suite d’un accident de: matériel, soit par suite du manque soudain de combustible. Pour la plupart des projets d’hélicoptères envisagés ou construits jusqu’à ce jour, l’appareil devient une lamentable épave qui se précipite vers le sol avec une vitesse effroyable jusqu’à l’horrible écrasement. Pour qui mania pendant la guerre les organes délicats des moteurs les plus robustes, il apparaît aussitôt qu’il est impossible de. confier aussi en tièrement la vie des passagers à la sécurité de leur fonctionnement, au moins dans l’état actuel de la science mécanique. >
- Dans l’alèrion, cette question a été spécialement étudiée et elle serait, paraît-il, heureusement résolue. Le pilote pourrait, le cas échéant, utiliser les 40 m2 de surface portante pour soutenir l’alèrion dans sa
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- chute et lui permettre de regagner le sol avec une vitesse qui ne serait dangereuse ni pour la résistance du matériel ni surtout pour la vie des passagèrs.
- Au cas fort simple où l’un des deux moteurs s’arrête, l’alèrion n’en continue pas moins son vol. Nous avons en effet précédemment vu que les deux surfaces tournantes sont solidaires l’une de l’autre par l’intermédiaire d’arbres et de pignons; les moteurs se désembrayant automatiquement dès qu’ils ne fonctionnent plus, celui qui est en panne se désembraye donc et l’autre continue à faire tourner les surfaces suffisamment pour soutenir l’avion ou tout au moins pour lui permettre de regagner le sol.
- Au cas plus rare où les deux moteurs ne fonctionnent plus, le pilote doit avoir encore recours
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- Liane horuonfale de comparaison
- Fig. 16. — L’aléripn en vol horizontal.
- L’effort de poussée F n’est plus vertical, il se décompose en une force de sustentation verticale Y qui fait équilibre au poids P de llappareil et en une force de traction horizontale T.
- à l’incidence variable. Il fait passer ses pales de l’incidence positive à l’incidence négative, ce qui permet de ne pas inverser le ^sens de rotation bien que le courant d’air soit inverse, l’alèrion descend alors comme un avion en vol plané en glissant sur ses 40 m2 de surface qui tournent et ne travaillent qu’à un taux, relativement faible. La vitesse de descente en vol plané étant théoriquement fonction de l’importance de l’incidence négative, le pilote peut régler suivant sa volonté, au moyen des pales et dans de certaines limites, le rapport qui unit la force de chute P et la contre-force F développée par les réactions des surfaces portantes entraînées par la composante planée T.
- L’alèrion atterrira dans ce cas comme un avion à sustentation planée avec une certaine vitesse, il pourra choisir son terrain d’atterrissage absolument comme le fait un avion actuel.
- Nous avons signalé que l’alèrion comporte à la partie arrière du fuselage des organes dé stabilisation et de direction identiques à ceux qui sont utilisés sur les avions, c’est-à-dire des plans horizontaux mobiles qui servent à la stabilisation et un gouvernail de direction vertical qui agissent sur la trajectoire de l’alèrion lorsqu’il vole avec une vitesse horizontale suffisante.
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- 30 ===== LA “ MULT1 ”, NOUVELLE MACHINE A MULTIPLIER
- En somme, nous nous trouvons en face d’un appareil d’aviation d’une toute nouvelle conception. Son étude a eu pour principal but de maintenir la conquête de l’air sous la volonté des hommes, mais en tendant à supprimer tous les inconvénients et tous les défauts qui la rendaient si aléatoire.
- Il y a dans l’alérion une tentative scientifique et essentiellement raisonnable, car elle a été précédée d’essais sévèrement contrôlés, du moins en ce qui concerne le pouvoir ascensionnel. Néanmoins, il nous est bien difficile de donner un avis ou un espoir sérieux sur les possibilités pratiques du projet étant donné que nous ignorons comment a été matériellement réalisé le si curieux dispositif de
- l’incidence variable générale et locale. Ce dispositif doit être assez complexe pour arriver à traduire aussi fidèlement la volonté du pilote et nous devons avouer que cette complexité môme nous fait craindre un peu de fragilité. Qu’importerait d’ailleurs ce petit défaut matériel auquel la science mécanique saurait bien vite remédier.
- L’alérion est actuellement au terrain d’aviation de Villacoublay, des ouvriers vernissent ses ailes et, dans quelques jours, peut-être saurons-nous si les premiers essais confirmeront tous les espoirs que nous mettons dans cette nouvelle création de la science et de l’imagination inventive française.
- Jean-Abel Lefiunc,
- Breveté mécanicien d'avions.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mai 1910.
- La casse du vin. — L’opération du collage est inefficace et les règlements d’hygiène publique interdisent l’emploi de l’eau oxygénée. Les expériences de MM. Pié-dallu, Malvezin et Grandchamp établissent que l’oxygène extrêmement divisé, par son passage sous pression à travers les pores d’une bougie en porcelaine, transforme rapidement les sels ferreux en sels ferriques, et ramène le vin à un état normal de ; c'arification tenace non susceptible de recas|er. A . .
- Les images des astres ch biliaires. — Opérant avec une lunette diaphragmé# pat une fente recliligne,
- .Maurice Ijd^mf établitIrécemment les expressions analytiques, fournissant pntenuité en divers points de l’image d’un astre de grand rayon. Leur application a conduit l’auteur à dest cqnséqûe^|èg exposées dans une nouvelle note, où il mofa^ujent que la connaisT
- sance de la véritable courbe d’inténsité peut conduire à la détermination exacte.dù diamètre solaire.'
- :';iV
- Les problèmes) de la mécanique du réglage. — La fabrication d’un ^alliage, riche surtout en fer et en nickel, a permis à M. Guillaume l’obtention d’un corps solide dont l’élasticité augmente avec la température. Le spiral-compensateur permet ainsi de vaincre l’erreur secondaire et, déplus, l’imperfection mécanique de labague bi-métallique fendue, employée depuis le xvm° siècle, et qui entraîne une perturbation d’isochronisme par l’inertie du spiral, peut s’éviter par la disposition du
- balancier coupé. M. Jules Andrade en conclut qu’on doit envisager, dans un assez breî délai, la construction d’horloges ou de chronomètres marins, fondés sur l’élasticité et comparables, pour la précision, aux horloges astronomiques.
- La fissuration de certains essieus. — Lorsque les chocs transmis par la roue produisent, en un point déterminé de la fusée, un effort maximum instantané qui dépasse la limite d’élasticité du métal, il y a d’abord écrouissage, puis fissuration graduelle de forme circulaire. Dans le cas de l’essieu fixe, une anomalie se produit, alors même que le métal ne travaille qu’à la compression ; elle est due, comme l’ont montré les physiciens anglais, à la « résilience, ». Le mémoire de M. Ch. Frémont en déduit qu’il faut non seulement employer des ressorts de suspension souples èt de grande flèche,’ mais encore absorber la plus grande partie du travail destructeur, en donnant à l’essieu une forme de solide d’égale résistance permettant le maximum de déformation possible.
- L’action prolongée du gaz carbonique sur les silicates et le quartz. — Les essais de M. Matignçn et de Mlle Marchai ont porté sur la wollastonite, la dioptase, le mica blanc, le talc, l’amiante et le verre, et le contact entre ces silicates et CO2 a duré plus de '10 ans. Il y a toujours eu corrosion, notamment dans le cas de la wollastonite, et ces expériences semblent confirmer la solubilité de la silice dans l’eau chargée d’anhydride carbonique. Paul B.
- LA “MULTI ”, NOUVELLE MACHINE A MULTIPLIER
- L’outillage des bureaux de commerce se perfectionne chaque jour. Dans les usines et établissements commerciaux, la correspondance, le classement des fiches des clients et autres documents nécessaires aux transactions ne se fait plus aussi primitivement que jadis. Non seulement on a sub-
- stitué des machines à écrire aux plumes et stylo-graphes, mais on rencontre aujourd’hui, dans toute maison de commerce importante, une série d’appareils destinés à faciliter la besogne des employés et par suite à économiser leur temps. Les comptables, par exemple, n’écrivent plus de chiffres à la main,
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- - LA “ MULTI ”, NOUVELLE MACHINE A MULTIPLIER
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- ne font plus d’additions ou de multiplications fastidieuses, de longues soustractions ou divisions. Ils confient ce soin à des instruments de types très variés, depuis les arithmomètres et les caisses enregistreuses jusqu’aux règles et cercles à calcul.
- La nouvelle machine, la Multi (fig. 1) vient heureusement accroître la liste de ces utiles appareils. Elle donne très rapidement le produit de n’importe quelle multiplication. Comme en témoignent nos photographies, elle se distingue par sa simplicité et son peu d’encombrement. En outre, qualité rare actuel-
- en chiffres cerclés de rouge. Le multiplicateur se lit sur un chariot mobile à glissières contenant 9 rangées de 5 fenêtres numérotées verticalement de l à 9. L’ouverture d’une partie de ces volets, de dimensions égales aux colonnes du multiplicande, permet de former le multiplicateur.
- . L’inscription des chiffres de ce dernier sur le chariot s’opère en sens inverse du multiplicande, autrement dit, les unités sont à la gauche, les dizaines à la droite des unités, les centaines à la droite des dizaines et ainsi de suite. Un zéro s’écrit
- Fig. i. — Comptable exécutant une opération avec la « Multi ».
- Elle inscrit le multiplicande sur la ligne de tête des cylindres, par rotation successive de ceux-ci autour de leur axe, puis le muitiplicateur en découvrant les fenêtres correspondantes pour chaque colonne du chariot; élle déplace celui-ci par cran et lit les résultats par les fenêtres ad hoc.
- lement et que les acheteurs apprécieront, ses constructeurs peuvent la vendre à un prix minime, car elle ne comporte ni ressorts, ni engrenages, ni autres organes compliqués.
- La Multi (frg.2) comprend un bâti à la partie supérieure duquel peuvent tourner sept axes. Chacun de ceux-ci supporte des tables de Pythagore enroulées sur des cylindres parallèles et disposées de telle sorte qu’une seule de leurs colonnes apparaisse à la fois devant P opérateur! Grâce à la disposition typographique adoptée, dans chaque colonne, les unités se trouvent séparées des dizaines correspondantes, rejetées à gauche contre les unités de la tranche voisine.
- La réunion de ces tables ou d’une partie de ces tables forme le multiplicande qui s’inscrit, dans son ordre normal, à la première ligne de ces colonnes
- en laissant fermés tous les volets de la colonne correspondante.
- Les divers rouages de laMulti reproduisent mécaniquement les opérations élémentaires dont se compose une multiplication ordinaire. On doit donc effectuer d’abord une série de multiplications d’un seul chiffre par un seul chiffre, le nombre de ces multiplications égalant le produit du nombre de chiffres du multiplicande par le nombre de chiffres du multiplicateur, puis l’addition de ces résultats partiels et finalement l’inscription du résultat obtenu.
- Pour exécuter ces opérations successives avec la nouvelle machine, on commence par faire glisser le chariot multiplicateur-additionneur sur la droite jusqu’au cran d’arrêt. On forme ensuite le multiplicande en faisant tourner chaque axe de manière à
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- 32 LA “ MULT1 ”, NOUVELLE
- amener les chiffres nécessaires. Si le nombre se compose seulement de 5 ou 4 chiffres, on obture les autres avec un cache, afin d’éviter la manœuvre de la mise à zéro des colonnes inutilisées. Après quoi, on ouvre, sur le chariot multiplicateur-additionneur, les volets nécessaires pour constituer le nombre du multiplicateur, en ayant soin de se rappeler qu’il faut composer ce nombre de droite à gauche. Ainsi 456 s’écrira 654.
- Conséquemment, la première rangée verticale de gauche représentant sur le chariot multiplicateur les unités, la 2e rangée de gauche les dizaines, la 3e les centaines, etc., on considère tous les nombres à multiplier comme entiers et la place de la virgule
- MACHINE A MULTIPLIER .........................
- du multiplicande. Il lit par la fenêtre de cette colonne un chiffre qui est le chiffre des unités du produit des dizaines du multiplicateur par les unités du multiplicande. Le total des 5 chiffres apparents par les volets ouverts est bien le chiffre des dizaines du produit. Si. ce chiffre est supérieur à 10, on fait une retenue qu’on ajoute au éhiffre .des centaines, lequel s’obtient par le déplacement du chariot d’un nouveau cran vers la gauche.
- Il suffit alors de lire :
- 1° Par la fenêtre des unités du chariot, le chiffre des dizaines du produit des dizaines du multiplicande par les unités du multiplicateur, puis le chiffre des unités du produit des centaines du
- se détermine ultérieurement, dans le produit final, le cas échéant.
- Une fois les facteurs ainsi composés, on déplace le chariot multiplicateur-additionneur de droite à gauche, jusqu’à un deuxième cran d’arrêt. La colonne des unités du multiplicateur vient alors se superposer a la moitié gauche de la colonne des unités du multiplicande (chiffres des dizaines de cette colonne) et de la moitié droite de la colonne des dizaines du multiplicande (unités de cette colonne). On lit donc par la fenêtre-unités du multiplicateur deux chiffres (qui peuvent d’ailleurs être l’un et l’autre égaux k zéro). Le premier est le chiffre des dizaines du produit partiel des ûnités du multiplicateur par les unités du multiplicande. Le deuxième est le chiffre des unités du produit partiel des unités du multiplicateur par les dizaines du multiplicande. L’opérateur les note.
- En même temps, il amène la colonne des dizaines du chariot'en superposition de là colonne des unités
- multiplicande par les unités du multiplicateur;
- 2° Par la fenêtre des dizaines du chariot, d’abord le chiffre des dizaines du produit des unités du multiplicande par les dizaines du multiplicateur ; ensuite le chiffre des unités du produit des dizaines du multiplicande par les dizaines du multiplicateur;
- 5° Enfin par la fenêtre des centaines du chariot, le chiffre des unités du produit des unités du multiplicande par les centaines du multiplicateur. Et ainsi de suite.
- En définitive, pour exécuter une opération avec la Multi, on inscrit le multiplicande sur la ligne de tête des cylindres par rotation successive de ceux-ci autour de leur axe, puis le multiplicateur en découvrant les fenêtres correspondantes pour chaque colonne du chariot, on déplace ensuite celui-ci par crans et après l’avoir renvoyé à sa position de repos on rabat les volets ouverts et la machine peut servir de nouveau. Toutes ces manœuvres sont plus longues à expliquer qu’à faire. Jacques Boyer.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2415. ::. . ::. . .-.....-...... 17 JUILLET 1920
- LE DA, PLANTE TEXTILE DU NIGER FRANÇAIS
- En ces temps où la France se tourne anxieusement vers ses colonies pour leur demander de lui fournir les matières premières que l’étranger ne lui offre plus qu’à des prix prohibitifs, il est plus que jamais utile de vulgariser la connaissance des produits de notre domaine d’outre-mer. Beaucoup de ces produits en effet, et non des moindres seulement, sont encore'peu familiers au commerçant et à l’industriel de la Métropole, comme en témoignent les demandes de renseignements adressées journellement aux services économiques coloniaux. Il en est ainsi du Da, plante dont la fibre est appelée à concurrencer le jute dans la plupart de ses emplois.
- LeDa-diandes Bambaras, Chanvre de Guinée, est YHibiscv s Cannabinus de Linné. Cette Mal-vacée est ensemencée isolément et sur des surfaces relativement importantes dans la vallée du Niger, entre 15° et 15° de latitude. Dans de nombreuses autres régions de l’Afrique occidentale, les noirs la cultivent intercalairement dans leurs champs de Sorgho ou de Maïs.r
- Les usages de la fibre fournie par la tige de la plante sont nombreux. Dans l’Inde, où elle est connue sous les noms de jute de Madras ou de jute de Bilimpàtam, elle est employée à la fabrication de la ficelle et de la corde nécessaires aux agriculteurs. Avec cette matière textile on fait aussi, en quelques endroits, des tissus grossiers, de la toile goudronnée, de l’étoffe à sacs et des filets de pêche. Des usines pour la filer et la transformer en sacs dits o Gunnies » ont été créées à Bilimpa-tam, dans le district de Aizagapatam, et à El-lore, dans le district de Krishna; c’est, d’autre part, la principale fibre employée par les manufac*
- 48* Année — 2* Semestre
- lures de papier du district de Dacça (Bengale) (Q.,
- Jusqu’à ces dernières années elle n’était guère utilisée dans la vallée du Niger que pour la fabrication des cordes nécessaires à l’assemblage des pièces des pirogues, ainsi que pour la confection de filets de pêche et d’entraves pour le bétail. Depuis la guerre, la production ayant un peu augmenté, les commerçants ont eu souvent recours à elle pour
- remplacer le fer feuillard, les cordes et la ficelle d ’ i m p o r t alion. C’est ainsi qu’il se fait actuellement dans le Haut-Sénégal-Niger une assez grande consommation de cordes de Da pour la confection des balles de laine et de coton, des ballots de peaux, des charges de sel en barres, et de ficelle de Da pour la fermeture des bérets de mil et de riz.
- La filasse, telle qu’elle est utilisée, est constituée par des faisceaux de fibres unies par un ciment intercellulaire (fibre brute). Quoique le contraire ait été parfois affirmé, ces filaments ont une longueursuffisante pour être travaillés comme le jute. Ils sont d’une couleur variant du grisâtre au blanc rous-sâtre, et ont un certain lustre.
- Avant la guerre, on trouvait déjà acheteurs en France pour des quantités importantes de fibres de Da du Soudan à des prix variant de 50 à 55 fr. les 100 kilogrammes c. a. f., et atteignant même 60 fr. pour la première qualité. Présentement, l’industrie paierait ce textile des prix évidemment
- 1. M. F. Iteira a publié dans le Bulletin de l'Office colonial de mai 1919 une étude intitulée « Valeur papclière du chanvre africain « Da », dont la conclusion est que la fibre de Da provenant des déchets de peignage et des sacs, etc., hors d’usage serait une matière première intéressante pour la papeterie. La ehèncvotte donne de son côté 56 à 58 pour 100 de cellulose papetière.
- O. *— Où
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- LE DA, PLANTE T EXT J LE DU NIGER FRANÇAIS
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- beaucoup plus élevés, en rapport avec les cours du jute, mais le surcroît de production qu’il a été possible d’obtenir de l’indigène ayant trouvé son emploi sur place, il n’existe toujours aucun disponible important pour l'exportation.
- Les médiocres résultats donnés jusqu’ici par les efforts de l’administration en vue de l'intensification de la culture du Da par les indigènes, montrent qu’un industriel décidé à l’utiliser pour la confection de toiles à sacs ou d’emballage devrait s’organiser pour produire lui-même la plus grande partie du stock dont il aurait besoin.
- En bonne culture indigène, les rendements oscillent généralement autour de 1 tonne de fibre sèche et 600 kg de graine pouvant fournir de 17 à 20 pour 100 d’une huile siccative de couleur jaune clair et un tourteau utilisable pour l’alimentation du bétail. Dans les terres riches en azote, le rendement est plus élevé. A Ségou, en 1909, un a-gent du service de l’agriculture a ensemencé en Da une parcelle de terre mesurant un hectare de superficie, enrichie par les résidus d’une usine d’égrenage de coton ; ce champ a fourni 8485 kg de tiges sèches, qui ont donné 1750 kg de fibre. Pour cet essai, les frais de culture n’ont pas dépassé 270 fr., soit 40 fr. pour la culture proprement dite, 60 fr. pour l’arrachage et le hottelage des tiges et 170 fr. pour le rouissage, le décorti-cage, le lavage et le séchage. Il est vrai que ces prix de revient seraient doublés aujourd’hui en raison de l’augmentation des salaires.
- Malheureusement, la bonne venue des cultures de Da est subordonnée, d’une façon étroite, à des conditions climatériques favorables. La plante a besoin de beaucoup d’eau pour se développer normalement. Il convient de semer le Da au commencement de la saison des pluies, pour qu’il ait atteint son complet développement végétatif au retour de la sécheresse. Le semis est cependant retardé par la nécessité de donner au sol au préalable deux façons successives, à intervalle permettant la levée, et la destruction consécutive par le second labour, de
- toutes les herbes nuisibles, et particulièrement d’une sorte de liseron grimpant, parasite habituel du Da. On comprend facilement que dans ces conditions une période de sécheresse sévissant après les premières pluies ou un arrêt prématuré de l’hivernage aient la plus désastreuse influence sur le rendement. L’irrigation des cultures au commencement et à la fin de la saison humide supprimerait ces aléas, et assurerait des récoltes régulières et abondantes.
- En 1914 et 1915, sur le domaine de la station agronomique de Koulikoro, dans un terrain indndé par intermittence par les eaux de crue d’un marigot détournées au moyen d’un barrage, il a été
- obtenu à l’hectare 6 tonnés de tiges coupées au collet et pesées complètement sèches et débarrassées des capsules, pour un semis régulier à 10 centimètres en tout sens. Le rendement de ces tiges ën fibre a été de 21,8 pour 100. Le prix de revient de la tonne de fibre n’a pas dépassé 139 fr., les opérations de défibrage comprenant un rouissage de dix jours, l’écorçage à la main et un lavage rapide, et la journée de manœuvre étant comptée àO fr. 60. Des labours préparatoires suffisamment profonds, en assurant une meilleure utilisation des eaux pluviales, sont, également de nature à accroître et à régulariser la production, comme l’ont montré des essais faits dans la région de Kayes, sur la concession de Diakhandapé, au moyen d’un tracteur donnant 12 HP à la barre d’attelage.
- Le semis, la coupe et le défibrage du Da doivent pouvoir être exécutés mécaniquement avec un matériel approprié. J’ajouterai que des essais de rouissage effectués avec ce textile en utilisant le procédé Itossi auraient été absolument, satisfaisants, et auraient donné un produit apprécié des industriels français^1). Jean Vuillet,
- Ingénieur agronome, Chef du Service de l'Agriculture du Haut-Sénégal--Niger.
- 1. Renseignement donné par M. Louis Le Barbier dans Problèmes économiques d’après guerre. Cf. La France de Demain du 20 septembre 1019. Âu sujet du procédé Rossi, voir, dans La Nature du 27 juillet 1918, un article de A. Alfred Renouard : « Le rouissage du lin par fermentation bacillaire».
- Fig. 2.
- Fig. 2. — Récolte du Da à Koulikoro (Haut-Sénégal, Niger). (Photo Andrieu.)
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- LES TRÈS HAUTES PRESSIONS
- Réalisation. — Mesure. — Applications.
- Jusqu'à ces dernières années, les efforts des techniciens pour augmenter nos moyens d’action sur la matière ont surtout été dirigés vers la réalisation pratique des températures très élevées ou très basses. Le four électrique nous a habitués à opérer normalement à des températures de 1500° centigrades et même plus. Chose curieuse, les basses températures semblent être moins entrées dans la mentalité industrielle et, encore aujourd’hui, un certain nombre d’ingénieurs, et non des moindres,
- Joint en ~ bronze
- Joint en caoutchouc
- Piague isolante ~~ mince en presspahn
- - „Anneau -en fibre vulcanisée
- Fig. i. — Dispositif de compression des liquides.
- rant à une pression de 1000 atmosphères, a pu provoquer, en présence d’un catalyseur, l’union directe de l’azote et de l’hydrogène pour former l’ammoniaque avec un rendement jusqu’alors inconnu. Ce résultat- absolument remarquable montre que nous pouvons nous attendre, dans ce domaine des hautes pressions, à des découvertes aussi importantes que celles que le four électrique a permis de réaliser.
- Dans un domaine tout différent, d’un puissant
- _ Graphite
- Magnésie
- Tube en amiante _ au mica.
- ' —Magnes f te
- 'Joint en caoutchouc
- Plaque isolante ~~~mince en presspahn
- '-.Anneau en fibre Vulcanisée
- Fig. 2: — Dispositif de. compression du carbone.
- considèrent comme difficile de travailler à — 60°, ou —100°. La frigorie effraye plus que la calorie, et cependant la technique est suffisamment parfaite pour que ces appréhensions ne soient en rien justifiées.
- Mais il est un autre facteur important, dont l’influence n’est pas encore comprise, même des savants : c’est la pression. On sait bien que, lorsque l’on augmente la pression, dans certains cas, tout se passe finalement comme si la température avait été élevée, mais on semble répugner, pour des raisons soi-disant de réalisation pratique, à l’emploi courant de pressions de plusieurs centaines d’atmosphères. L’installation de l’usine d’Oppau, où les procédés Haber de préparation de l’acide nitrique sont exploités, et dans laquelle le circuit fermé est parcouru par les gaz à une pression de 200 kg par centimètre carré, passait à bon droit comme un tour de force industriel.
- Tout récemment, M. Georges Claude (1), en opé-
- 1. La Nature, n0’ 2597-2398.
- intérêt spéculatif, bien que d’application pratique moins immédiate, la pression joue aussi un rôle fondamental. Nous voulons parler de l’étude des phénomènes géologiques. Lorsqu’on s’enfonce vers le centre de la terre, la pression augmente graduellement et doit atteindre 24 000 atmosphères à une profondeur de 100 km seulement. Gomment se comporte la matière à ces pressions formidables? Aucune réponse ne peut encore être donnée, et par là même se trouve interdite à notre science la connaissance des lois régissant les phénomènes cosmiques internes, dont les tremblements de terre et les éruptions volcaniques sont la traduction actuelle, et qui, d’autre part, ont joué le rôle fondamental dans la formation des roches et de la croûte terrestre.
- Sir Charles Parsons, l’illustre créateur de la turbine à vapeur, depuis 20 années déjà, s’est consacré à l’étude de ce1 problème et nous allons résumer les résultats actuellement acquis d’après une remarquable conférence qu’il a faite récemment à la Royal Institution de Londres.
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- 36 .... ,........ . : LES TRES HAUTES PRESSIONS
- Pour réaliser de Lès fortes pressions, le procédé le plus simple consiste évidemment à utiliser une presse hydraulique. Celle dont se sert actuellement sirC. À. Parsons a une puissance de 2000 tonnes. Un dispositif électrique permet le chauffage des corps en expérience, car, évidemment dans les entrailles de la terre, pression et température varient simultanément. Une batterie d’accumulateurs de 300 kilowatts permet de faire circuler jusqu’à 80000 ampères dans le cylindre renfermant la matière pressée. La presse, complètement enfermée dans une cage métallique pleine à parois de 6 c,m d’épaisseur, est placée dans un réduit dont les murs ont 60 cm d’épaisseur et les portes, en acier, 10 cm d’épaisseur, le toit au contraire étant en carton bitumé léger. Cette disposition est la même que celle que l’on réalise dans les puits d’explosion destinés à l’essai des obus de gros calibres. Elle est nécessaire, car, par exemple, un mélange de carbone et de fer fortement comprimés et chauffés, détone d’une façon extrêmement violente si, au cours de l’essai, les pièces métalliques du moule viennent à fléchir sous l’influence combinée de la pression et de l’élévation de température. v;
- Malgré cette énorme installation, on ne peut guère dépasser commodément des pressions de 5000 atmosphères et des températures dé 400° à 500° si on veut opérer sur une masse de quelque importance.
- Ce n’est pas que des pressions excessivement plus fortes ne puissent être réalisées pratiquement, mais alors, les surfaces en présence sont excesivement petites. Par exemple, si nous appuyons l’un contre l’auIre les tranchants de deux couteaux, de façon à produire dans l’un d’eux une indentation, la pression au point de contact, déduite des mesures de dureté, est d’environ 50 000 kg par centimètre carré, mais elle s’exerce effectivement sur une surface inférieure au 1 /100e de millimètre carré. Des pressions du même ordre sont développées au point de contact de deux billes de billard qui se choquent, mais elles n’existent que pendant une fraction de centième de seconde. Quand on tend jusqu’à la rupture une corde de piano, la tension du métal atteint encore les mêmes valeurs.
- Par contre, dans les plus gros canons, on ne dépasse jamais 2000 kg sans précautions spéciales. On voit donc combien les pressions que nous pouvons réaliser sont faibles, lorsqu’elles doivent s’exercer sur une surface ou une portion de matière notable.
- La figure 1 donne une coupe du dispositif expérimentai de sir Charles Parsons pour la compression
- et le chauffage des échantillons liquides, et la figure 2 la coupe de l’appareil ayant servi aux essais de compression du carbone.
- Bien que des résultats déjà fort intéressants aient été obtenus à l’aide de ces dispositifs, sir C. A. Parsons a cherché à augmenter encore la pression, mais alors, il a fallu renoncer définitivement à l’emploi de la presse hydraulique. La solution du problème est d’une ingéniosité, d’une élégance et d’une simplicité extrêmes qui font le plus grand honneur au célèbre ingénieur. Le principe en est le suivant : au fond d’un trou, foré dans un bloc métallique d’épaisseur convenable, on introduit la matière à comprimer. Au-dessus du trou, et parfaitement centré sur lui, on dispose un fusil dont le calibre est exactement égal au diamètre du trou; on introduit alors dans le fusil une cartouche dont la balle est une pièce d’acier pouvant former piston dans le trou. On tire la cartouche, et la balle, venant frapper la matière en expérience, la comprime à environ 400 000 kg par centimètre carré, c’est-à-dire à peu près la pression existant au centre de la terre.
- Ce dernier dispositif a été surtout employé par sir Parsons pour essayer de produire synthétiquement le diamant à partir du carbone amorphe. Tantôt il tirait la balle sur une matière à la température ordinaire (fig. 3), tantôt il la faisait frapper un charbon de cornue porté à l’incandescence par le passage d’un courant électrique (fig. 5).
- Enfin, il a essayé, pour obtenir une température encore plus haute, de comprimer par le même procédé la flamme la plus chaude, celle de la combustion de l’oxygène et de l’acétylène (avec un léger excès d’acétylène afin de produire du carbone). Le dispositif expérimental était le suivant (fig. 4) : le bloc portant le trou était vissé sur le canon du fusil, tout l’ensemble rempli du mélange explosif et l'allumage se produisait spontanément par compression lorsqu’on tirait la cartouche. La pression ainsi réalisée était de l’ordre de 15 000 atmosphères et la température, calculée comme on le fait dans les essais des poudres, d’environ 15000 à 17000°.
- SirC. A.Parsonsfaitremarquer très justement que plus le calibre du fusil est gros, plus la pression maxima réalisée sur le bloc en expérience s’exerce pendant longtemps, par suite de l’inertie des couches arrière du projectile. Aussi, dit-il, il y aurait intérêt à pouvoir refaire ces expériences en se servant non plus de fusils mais de canons, et il voit là une utilisation pacifique du matériel allemand. En particulier, si on pouvait munir les Berlbas d’un projectile un peu plus léger que ceux
- 1
- H
- Bouche du canon v du fusil-
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- LES TRES HAUTES PRESSIONS —.......... 37
- qui bombardaient Paris, on pourrait vraisemblablement obtenir une vitesse initiale de l’ordre de 2000 m. à la seconde et la pression développée dans un bloc ad hoc atteindrait alors 1000 tonnes environ par centimètre carré! C’est la plus forte pression que nous puissions actuellement espérer réaliser; et cependant elle n’est que la 1/150000e partie de celle qui résulterait, de la rencontre de deux astres !
- Dans des expériences qui remontent déjà à 1888, un savant anglais avait constaté que l'oxygène passant sur du platine chauffé à son point de fusion, puis brusquement refroidi, donnait de l’ozone. « Ainsi une dissociation des molécules d’oxygène à haute température peut être suivie d’une combinaison en une molécule plus condensée : l’ozone. On peut donc imaginer que les corps élémentaires se forment de même à très haute température par la collision de certains constituants dissociés, avec absorption simultanée de chaleur. »
- Il semble en effet probable, dit sir Parsons, que le centre des grandes étoiles, où la pression atteint des valeurs énormes, et les étoiles en collision, sont les laboratoires où les éléments se détruisent graduellement et se recombinent, donnant d’autres éléments d’énergie intrinsèque supérieure, comme la transformation du plomb et de l’hélium en radium, transformation qui absorbe environ 250 000 fois plus d’énergie que n’en libère l’explosion du même poids de la panclastite la plus puissante.
- Ainsi, la transformation d'une faible fraction de la masse de deux étoiles entrant en collision serait amplement suffisante pour absorber toute l’énergie de leur choc, et, comme le disait Emerson, « les éléments seuls peuvent se détruire entre eux ».
- Comment peut-on évaluer les pressions de plusieurs milliers d’atmosphères s’exerçant seulement pendant quelques centièmes de seconde? Il ne peut plus être question de manomètres de quelque nature que ce soit et deux procédés pratiques restent seuls en présence : l’un, utilisé depuis longtemps en balistique et dans l’étude des poudres, qui est fondé sur les effets de déformations produites par la pression ; l’autre, plus récent, et dérivant d’une propriété électrique de certains cristaux. Nous allons dire quelques mots de ces deux procédés.
- Les « crushers », petits cylindres en cuivre pur, sont placés à l’intérieur de l’arme, entre une enclume et un piston d’acier sur lequel s’exerce la pression des gaz. Cette pression détermine l’écrasement du cylindre de cuivre et, par un tarage préalable avec une presse hydraulique, on déduit, de la hauteur restante, la pression maxima développée:
- Fig. 4. — Dispositif d’expérience de compression par balle.
- Canon du fusil
- Fig. 5. — Compression par balle de f usil d’un corps chauffé électriquement.
- Le procédé électrique, plus précis et plus satisfaisant aussi, met en œuvre le phénomène de piézoélectricité, découvert et étudié par les frères J*, et C. Curie. Lorsque l’on prend un cristal de quartz, par exemple, taillé suivant son axe optique principal et qu’on l’entoure d’une feuille de clinquant, si on porte cette feuille à un potentiel élevé, le cristal de quarlz se raccourcit suivant son axe principal d’une fraction proportionnelle à la charge électrique qu’il a prise. Inversement^si on comprime, suivant son axe optique, le cristal de quartz, de la même quantité, une charge électrique apparaît sur la lame de clinquant, égale à celle qui précédemment avait produit ce raccourcissement. Le phénomène est réversible.
- On voit immédiatement qu’il peut servir à l’évaluation de la pression. On comprime l’échantillon de quarlz à des pressions connues, et on mesure, à l’aide d’un électromètre la quantité d’électricité dégagée. Inversement, dans l’explosion, de la quantité d’électricité dégagée on déduira la pression.
- Quels sont les résultats obtenus par sir Parsons? Malgré ses essais nombreux et les moyens extrêmement puissants et variés qu’il a mis en œuvre, il n’a pu arriver, pour le problème particulier qu’il s’était posé, la synthèse du diamant à partir du carbone par action de la pression et de la température, à aucun résultat positif. Quelle que soit la combinaison chimique de laquelle on part pour produire le carbone, quelle que soit la pression et la température réalisées, jamais on n’a pu déceler la présence de carbone cristallisé et le problème demeure insoluble.
- Mais, au cours de ses recherches, bien des phénomènes nouveaux ont été trouvés, qui montrent que la pression peut avoir sur les réactions atmosphériques une action énergique. Par exemple, sous l’influence de la pression, le mercure pénètre profondément dans l’acitr, propriété que ne possèdent ni l’eau ni l’huile.
- En 1912, Bridgeman, en comprimant l’eau jusqu’à 20000 atmosphères, a trouvé qu’il existait 4 variétés allotropiques de la glace, en plus de la forme habituelle, chacune de ces variétés ayant un certain domaine d’existence. Ces 4’ formes sont
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- 38 UTILISATION DE LA CHAIR ET DE LA PEAU DES REQUINS ET MARSOUINS
- plus denses que l’eau et l’une d’elles a un domaine d’existence qui s’étend de — 18° à la pression de 4500 atmosphères, jusqu’à -+- 67° sous une pression de 20000 atmosphères!
- En soumettant des blocs de granit à la pression et à la température quel’on peut supposer exister aune centaine de kilomètres de profondeur vers l’intérieur de la terre, Parsons a trouvé que les cavités creusées dans le granit ne se déformaient pas et qu’il n’y avait aucun glissement, ce qui peut nous rassurer sur la solidité des assises de notre sol.
- Aussi peut-on envisager avec Parsons la possibilité de forer un puits, descendant à des profondeurs considérables, 100 km par exemple, le temps nécessaire pour cette opération ne devant pas dépasser, suivant ses prévisions, une trentained’années. Les plus grandes profondeurs actuellement atteintes sont de 2000 m. environ et il est regrettable que, maintenant que nous explorons journellement les plus hautes régions de l’atmosphcre, nous soyons encore si peu avancés dans la connaissance du sol que nous foulons. II. Vigneron.
- LA CHAIR ET LA PEAU DES REQUINS ET DES MARSOUINS UTILISÉES RATIONNELLEMENT
- Nouveaux procédés de tannage et de conservation des peaux et des chairs.
- M. Allen Rogers, un spécialiste des questions de pêcheries et de conservation des viandes; vient de publier (*) une étude absolument originale sur le tannage des peaux de marsouins et de requins, ainsi que sur la préparation des conserves de la chair de ces animaux. La question peut paraître facétieuse, au premier abord.
- Eh quoi! Manger du marsouin, pouah! Manger du requin ! Oh quelle horreur !
- Non pas, quelle erreur plutôt! M. Allen Rogers estime, en effet, que la, Compagnie des Cuirs de l'Océan qui traite 2000 requins par jour, de 100 livres chacun, en moyenne, fournit 75 millions de livres de chair de requin par an. Chair comestible, actuellement mise en conserves ainsi que nous le verrons plus loin.
- Bien des gens mangent de la conserve de requin ou de marsouin, qui ne s’en doutent nullement.
- Il v a quelques mois, l’on vendait à Paris, sur les marchés — et j’en ai personnellement acheté — de la chair de marsouin, à .1 fr. 50 la livre. Grillée, celte viande avait une saveur agréable; mise en salmis, elle l’était moins. Néanmoins elle n’avait nulle mauvaise odeur de poisson et pour cause, puisque le marsouin est un mammifère; elle était tendre comme du foie et rouge noirâtre comme la chair du cheval.
- M. Allen Rogers dit que la chair du requin, comme celle du marsouin, préparée convenablement, vaut n’importe quelle sorte de poisson salé. On peut .aussi, la mettre en saumure et la fumer.
- Le requin de la petite espèce ou chien de mer est préparé on conserves en Amérique et vendu sous le nom de « gratzfish ». La grosse espèce se vend sous celui de « deep sea swordfish » (poisson épée des mers profondes) ou espadon.
- Ces poissons valent le populaire poisson anglais le halibut ou flétan, ou turbot géant, de la mer du Nord et de la mer d’Irlande.
- Passons maintenant avec M. Allen Rogers aux détails de la pêche du requin industrialisée, puis à celle du marsouin. Ensuite nous décrirons succinctement avec lui le tannage de leurs peaux* et là préparation d’engrais avec leurs carcasses, et des huiles de foie et autres.
- M. Alfred Ehrenreich, président de la puissante Société des Cuirs de l’Océan, a travaillé spécialement cette question depuis de nombreuses années. C’est aux
- 1. J. Soc. Ch. Ind., 51 janv. 1919, p. 9, T à 11 T!
- Everglades en Floride, et à Morehead City en Caroline du Nord que l’on sale les chairs de ces animaux et que l’on en prépare les peaux pour l’exportation.
- C’est là aussi que l’on prépare l’engrais avec les carcasses des poissons, et que l’on met en tonneaux leurs foies pour la préparation dés huiles destinées aux industries du cuir (mégisserie). Il y a aussi une autre usine de ce genre, aux Iles Sanabal en Floride.
- Les filets qui servent à capturer les requins sont d’une taille peu ordinaire. Ils ont 320 m. de long, 4 m. de hauteur; leurs mailles ont 21 cm de côté.
- Au fur et à mesure que le bateau ramasse le flotteur, un homme à l’arrière, tire sur la ligne des lièges/tandis qu’un autre tire sur celle des plombs.
- Le requin amené vivant, est tué soit par un coup de pique dans l’œil, soit à coups de hache. Un coup de filet peut amener de 10 à 20 requins à chaque fois. Le requin est amené au chantier de travail; on lui coupe la queue et les nageoires dont les Chinois sont friands, pour en faire de la soupe qui, dit-on, est excellente. On les sèche au soleil.
- On enlève ensuite les peaux, que l’on écharne, et que l’on recouvre de sel des deux côtés, pendant 24 heures. Ensuite on les imprègne de sel mélangé d’acide sulfurique. En réalité c’est ainsi une macération dans l’acide chlorhydrique dilué. Ces peaux acidifiées sont ficelées, et prêtes à l’expédition.
- On met les foies dans des tonneaux, où on les laisse plusieurs jours : ils se délitent; on les chauffe dans des récipients à double enveloppe chauffée à la vapeur, durant une heure. Des séries de décantations successives donnent des huiles de plus en plus claires. Des expositions successives à la pluie et au soleil opèrent le blanchiment.
- 11 semble qu’il y aurait là intérêt à employer la filtration sur la terre à foulon.
- Les carcasses de poisson sont broyées en pulpe fine, et cette pulpe, séchée dans un appareil rotatif, donne un engrais contenant 15 à 17 pour 100 d’azote. Le traitement de ces carcasses par le bisulfate de soude (procédé Angibaud) semblerait intéressant et économique dans ce cas. Il donnerait d’une part de l’huile bien vendable (J); d’autre part, un engrais sodique azoté excellent.
- 1. On dit que ces huiles sont d’une transformation aisée en graisses concrètes, à haute valeur commerciale, par les procédés modernes d’hydrogénation.
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- L'UTILISATION DU VENT COMME FORCE MOTRICE 39
- Le traitement des peaux de requins salées a lieu à Newark, dans le Mew-Jersey." On les lave et on les écharne plus soigneusement. Les peaux destinées à la maroquinerie sont chaulées et soumises à la fermentation habituelle en présence d’excrémenls de chiens, puis tannées à l’écorce, comme des peaux de bovidés.
- Ces peaux tannées sont alors traitées par le procédé Kohler, pour en enlever le chagiin qui a une haute valeur, et qui est ensuite teint pour les usages de la gainerie.Les peaux destinées à faire du cuir pour chaussures sont d’abord traitées pour enlever le chagrin. Le chagrin est un épiderme très dur, qui recouvre le cuir proprement dit; il a l’apparence de gros papier de verre, et l’on ne peut pas l’enlever par des procédés mécaniques.
- M. Allen Rogers emploie le procédé suivant qui lui est personnel : on fait une solution de sel marin à 10° B. qpi’on mélange avec parties égales d’acide chlorhydrique. On y trempe 2 heures les peaux. Au bout de ce temps on peut enlever mécaniquement le chagrin.
- On pourrait laisser les peaux une semaine dans cette solution, sans les abîmer. On plonge au sortir de ce bain les peaux dans une solution nouvelle de sel marin, à 10° B., et ensuite dans une solution de carbonate de
- soude. Les peaux débarrassées du chagrin peuvent être alors tannées par les procédés habituels.
- Les marsouins voyagent en bandes et sont capturés à la senne. On entoure la bande avec des filets et on la force à atterrir. Leur taille varie de 5 à 50 pieds.
- Sous leur peau, se trouve un lard qui, fondu, constitue une excellente huile de graissage. La graisse des joues, connue sous le nom de « Junk » (') est vendue avec une plus-value sensible sur le lard ordinaire du corps. Les oavités de leurs mâchoires recèlent une matière grasse spéciale, mais fort peu abondante (à peine une once par bête) qui se vend sous le nom « d’huile de mâchoires », au prix de 250 francs le litre (!). On ne nous dit pas à quoi elle sert.
- En somme, quand nous voyions, du pont des paquebots, ces gracieux marsouins, se jouer élégamment sur les flots, en troupes nombreuses, nous ne pensions pas qu’ils possédaient une utilité possible aussi grande. Et quand, dans les ports de l’Océan Indien, nous apercevions la silhouette dangereuse du requin, nous ne supposions pas qu’un jour viendrait, où il remplacerait le bifteck devenu cher et contribuerait, dans certaines régions, à résoudre partiellement le déficit des denrées et des chaussures. Albert Rotin.
- 1. Mot à mot « bœuf salé ».
- L’UTILISATION DU VENT COMME FORCE MOTRICE
- On a toujours cherché à utiliser les forces naturelles : vent, chutes d’eau, marées, chaleur du soleil. Le vent est certainement celle qui est la plus facile à capter en tous lieux. Une preuve en est dans l’origine reculée de l’établissement du premier moulin à vent. La rareté des combustibles minéraux rend aujourd’hui tout son intérêt à cette source de force motrice ; s’il est vrai qu’elle est soumise aux caprices du temps, elle a du moins le mérite d’être à l’abri des caprices et fantaisies des hommes, beau-coup plus difficiles à prévoir.
- En Tunisie, en Hollande et dans les pays Scandinaves, la question des moteurs à venta été très étudiée et de nombreux perfectionnements ont été apportés aux moulins de nos pères. L’Amérique a conçu une des premières les roues à vent actuelles et chaque village des États-Unis possède presque toujours son moteur aérien. En général, partout où le littoral marin est assez étendu, on a poussé l’utilisation des moulins de nouveaux modèles qui sont à bon rendement et dont la puissance peut aller jusqu’à 55 et 40 chevaux.
- La puissance du. vent est essentiellement variable ; elle dépend de la pression exercée sur les ailes de la roue et cette pression varie sensiblement comme le carré de la vitesse du vent.
- Le vent de 4 m. 'par seconde donne sur une surface plane perpendiculaire à sa direction 2 kg de pression par mètre carré; à 8 m. la pression sera de 8 kg. La puissance d’un moulin croît rapidement quand la vitesse du vent augmente. Pour la marche des roues à vent, le vent normal est de 5 à 6 m. par seconde.
- Quand on donne la puissance d’un moteur à vent, il faut indiquer pour quelle vitesse de vent elle est calculée, sans quoi le chiffre donné ne signifie rien. Si par exemple, pour un vent de 4 m. à la seconde la puissance est N, pour un vent de 6 m. elle sera :
- NxT^!’ soit 2,25 X N.
- Il faut compter que la fréquence du vent varie beaucoup,. comme sa vitesse, d’après la situation géographique, le voisinage de la mer, l’altitude, etc. Le vent de 5 à 6 m. souffle en moyenne en nos contrées 140 jours par an; près de la mer, il est plus fréquent. Celui de 10 m. est très rare et on fera bien, pour une puissance désirée, de calculer la roue pour un vent continu de 4 m., ce qui donne une sécurité de fonctionnement.
- La vitesse du vent peut être mesurée, mais on peut dans la pratique se servir du tableau suivant :
- VENT CARACTÉRISTIQUES VISIBLES VITESSE PRESSION AU M®
- Très faible. Fait flotter les feuilles. 2 mètres. 0,500 %
- Frais. . . . Fait fléchir les brindilles. 4 » 1,960 »
- Vif ... . Fait plier les branches. 6 » 4,400 »
- Forl. . . . Fait balancer les arbres. 8 » 7,840 »
- Très forl. . Arrache les feuilles. 15 » 20,700 »
- Tempête. . Casse les branches. 21 » . 54,000 »
- Les différents types de moulins ou roues à vent usuels reposent, pour la plupart, sur les mêmes principes. Ils ont entre eux quelques diffé-
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- rences de détail qui se trouvent notamment dans la forme d .-s ailes et dans le mécanisme de régulation de la vitesse; question importante pour l’actionne-ment de dynamos génératrices.
- La roue fait tourner un axe horizontal. Elle est composée d’un certain nombre d’ailes, petites et nombreuses ou larges mais en nombre plus faible. Elles sont droites ou incurvées, en bois ou en fër. Toutes sont réunies sur un moyeu et maintenues par des cerclages. Les, meilleures sont celles qu’on peut démonter facilement et qui.ont la, structure de la plume d’oiseau. Quelquefois, dans des modèles très modernes, la roue a l’aspect général d'un large entonnoir parabolique où vient s’engouffrer le vent. La roue ainsi constituée est très résistante et brave les ouragans. Certains types ont leur roue inclinée sur l’axe, ce qui donne un meilleur rendement, mais complique les commandes.
- Dans le cas d’action-nement d’une pompe, levilbrequin qui tourne avec la roue dans des roulements à billes actionne directement une bielle, qui donne le mouvement de va-et-vient à la tringle de la pompe. Celte tringle est soutenue par les deux paliers sans porte-à-faux. La bielle, dans ce cas, travaille à la traction et elle n’est guidée que par un galet.
- Il suffit de graisser de temps à autre les coussinets et la tête de bielle, munis de graisseurs automatiques.
- La transmission du mouvement de la roue à la tige de la pompe se fait aussi par pignons et roues dentées doubles, qui portent une tige excentrée où s’articule la bielle de commande; on trouve également des systèmes plus savants de dentures sur des sortes de glissières dans certains modèles américains.
- Pour maintenir l’ensemble de la roue en bonne direction,, pour recevoir perpendiculairement l’ac-
- tion du vent, on dispose une queue qui agit comme celle d’une girouette, car elle est articulée sur le bâti de la roue. Pour faciliter cette orientation automatique, le bâti repose quelquefois sur un roulement à billes à rotule, en acier trempé.
- En général, le gouvernail est articulé sur le bâti, il n’est pas fixé d’une manière immuable, car il
- peut pivoter autour de son axe d’articulation, afin de pouvoir occuper une position parallèle à la roue en faisant un quart de tour.
- De cette manière, la queue étant repliée, l’ensemble se met dans la direction du vent, qui agit de profil sur la roue et n’a plus d’action motrice.
- Dès que le vent dépasse une vitesse donnée, ce mouvement se fait automatiquement, soit parce que la roue porte une petite palette spéciale d’un seul côté soit, dans d’autres appareils, en permettant à la roue de pivoter autour d’un axe vertical déporté.
- Un ressort à boudin réglable maintient le gouvernail en position normale. Quand le vent est plus ou moins violent, la roue s’incline proportionnellement à son intensité et règle ainsi automatiquement la surface qu’elle doit présenter au vent, afin de conserver toujours une vitesse normale.
- Dans certains modèles de roues de grandes dimensions, les ailes peuvent avoir une inclinaison variable commandée par un régulateur centrifuge ou simplement par la force centrifuge delà roue elle-même. ,
- Pour arrêter la roue complètement, on produit le mouvement d’effacement de la roue ou des palettes à la main.en tirant du bas du pylône une chaînette, un câble, au besoin au moyen d’un petit treuil.
- Certains inventeurs ont prévu des roues doubles et jumelles de dimensions différentes. Un moulin de ce genre a été utilisé fréquemment en Australie, il y a quelques années.
- Fig. i. — Moulin à vent à roue a palettes.
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- Les pylônes destinés à supporter l’appareil, doivent avoir une hauteur qui dépend de celle des obstacles environnants. Ils sont en général établis en acier galvanisé et comportent une échelle permettant de monter à la roue pour l’entretien, une plateforme avec balustrade, etc.
- Quelquefois on combine le pylône avec le réservoir d’eau, qui est soit en maçonnerie, soit en métal, ce qui donne une installation compacte.
- La capacité du réservoir doit comprendre une réserve pour quatre jours de consommation. En effet, on compte que le vont normal ne souffle que deux jours sur cinq, deux jours pendant lesquels le moteur doit faire le travail suffisant pour cinq jours. Mais ce n’est là qu’une moyenne et en pratique, on compte régulièrement un jour de travail sur quatre. Par exemple si la dépense d’eau journalière est de 5 m3, le réservoir devra pouvoir contenir au moins 20 m3 d’eau.
- L’élévation d’eau est en effet le premier usage auquel s’applique le moteur à vent. Avec des pompes un peu spéciales, tous les cas peuvent 'être résolus.
- En général, le mieux est d’avoir une pompe suspendue à l’orifice du puits; non pas une pompe qu’on devra descendre.
- Le piston sera avantageusement muni d’un contrepoids qui le forcera à redescendre de lui-
- Fi g. 3. — Pompe à 3 corps de 35o mm. pour irrigation et assèchement des marais.
- Fig. 2. — Détail d’une roue de 5 m. 5o montrant la forme incurvée des ailes.
- même et maintiendra toujours tendue la tige de commande.
- Les tuyaux surmontant le corps du piston auront un diamètre suffisant pour que le piston passe à l’intérieur facilement, au cours du démontage. Le clapet d’aspiration, dans le même but, est relié au piston et peut être examiné et réparé facilement.
- Quand il s’agit d’une pompe refoulante, il vaut mieux avoir le presse-étoupes près du sol, afin qu’il soit très accessible.
- Pour les grandes installations, on emploie des pompes à corps multiples et pour les assèchements et irrigations, elles sont à grand débit avec un piston sans frottement, ce qui assure un très bon rendement.
- En général, la tige de la pompe est reliée directement au mécanisme de la roue, le pylône est alors, dans l’axe du puits. Quelquefois cette disposition n’est pas possiblè et le pylône doit être placé à une certaine distance.
- Si le niveau de l’eau n’est pas trop en contre-bas, et si la hauteur d’aspiration est inférieure à 6 m., il suffit de relier l’aspiration de la pompe avec là nappe d’eau par une canalisation et tout se passe comme si la pompe était directement sur le puits.
- Si la profondeur du niveau de l’eau est grande, la pompe doit être directement dans le puits et le mouvement devra être transmis par un système de leviers, ou bien encore on commande l’arbre delà pompe par une transmission par câble aérien.
- Cette disposition exige que la rotation de la roue soit transmise par un système d’engrenages coniques à un arbre vertical, qui descend au centre d’un pylône, et, à la hauteur voulue, d’autres engrenages coniques actionnent des arbres horizontaux, qui font tourner, des poulies, des roues, etc. 11 est évident qu’avec les intermittences de vent, on ne saurait faire marcher ainsi un atelier de construction mécanique important, mais quand on voudra actionner des appareils qui n’exigent que
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- Fig. 4. — Engrenage en bielle et commande de lige de pompe.
- peu de surveillance, on emploiera utilement la roue à vent. Par exemple, dans une exploitation agricole, on commandera de cette façon des concasseurs, des petits moulins, des barattes, des coupe-racines, etc.
- Il était naturel qu’on cherchât à appliquer le moulin à vent à la production d’énergie électrique. Au début, cela exigeait l’emploi d’appareils de régulation coûteux et délicats et les lampes employées alors nécessitaient une grande dépense de courant, ce qui demandait une batterie d’accumulateurs importante.
- Aujourd’hui, il existe des modèles de dynamos avec enroulements tels que le courant soit constant, même avec des variations de vitesses très grandes de la machine génératrice. Ces modèles sont employés notamment pour l’éclairage des trains, ou encore celui des automobiles. Les lampes à filament métallique consomment peu, ce qui permet de réduire dans de grandes proportions la force de la roue et la capacité de la batterie d’accumulateurs.
- Le vent étant irrégulier, on ne peut songer à faire de l’éclairage direct sur la dynamo. Les accumulateurs sont indispensables et permettent d’ailleurs de tirer parti du vent le plus faible, car aussitôt que la roue motrice tourne, elle actionne la dynamo qui, même produisant un courant insignifiant, l’emmagasine dans la batterie d’accumulateurs, où il sera tenu en réserve pour l’utilisation du soir.
- L’installation comporte donc en principe :
- La tl^BSftïo à courant constant sous vitesses variables.
- La batterie d’accumulateurs dont le nombre d’éléments dépend du voltage de l’installation. Ce nombre n’est jamais plus petit que sept.
- Le tableau de distribution qui comporte : voltmètre, ampèremètre, conjoncteur, disjoncteur, interrupteur et limiteur de charge, si c’est nécessaire.
- Le conjoncteur-disjoncteur automatique a pour rôle de maintenir ou d’interrompre la communication entre la dynamo et les accumulateurs. Si le courant produit par la, dynamo est légèrement supérieur à celui que peut fournir la batterie, le conjoncteur agit pour permettre à ce courant d’augmenter la charge des éléments. Si la dynamo s’arrête, le disjoncteur supprime toute relation afin que les accumulateurs ne débitent pas dans l’enroulement de la dynamo.
- Cet appareil agit électriquement, comme, agit hydrauliquement le clapet de retenue au refoulement d’une pompe ; il est donc nécessaire qu’il soit d’un fonctionnement sûr et régulier:
- Le limiteur de charge a pour but d’arrêter la charge de la batterie quand elle est déjà suffisante, afin de ne pas risquer de détériorer les plaques des éléments par une surcharge élevée,
- Bien entendu, la même roue à vent peut à la fois servir à l’élévalion de l’eau et à l’éclairage électrique. On a ainsi, avec des frais d’installation
- Fig. 5. — Engrenage conique pour^commande de rotation d’arbre.
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- L’HEURE EXACTE SANS INSTRUMENTS ET SANS CALCULS
- faits une fois pour toutes et une dépense journalière nulle, toutes les commodités. L’installation d’un réservoir permet de distribuer l’eau à tous les appareils d’utilisation : bornes-fontaines, lances d’arrosages, etc., de la même manière que la batterie d’accumulateurs permet de distribuer le courant aux lampes, appareils de chauffage, petits moteurs domestiques, lessiveuses électriques, aspirateurs de poussières, etc.
- Nous avons dit que la plupart des moulins à vent ont un arbre moteur horizontal commandé' par la roue vmotrice. Cette disposition présente d’assez nombreux inconvénients, notamment pour les renvois. De nombreux inventeurs ont cherché à réaliser le moulin à vent à arbre moteur vertical. Rappelons ici le curieux et paradoxal moulin à vent Costes décrit dans La Nature du 8 mai 1915, n° 2171.
- Nous signalerons aujourd’hui de nouveaux appareils qui viennent récemment d’être mis au point et qui sont basés sur le principe de la turbine. Les roues n’ont pas subi, elles, de modification de principe depuis le début de leur application; elles sont évidemment de puissance limitée, car leurs dimensions doivent rester dans des limites raisonnables et la question d’orientation est un peu une sujétion.
- La turbine Escaffre, dont un spécimen était exposé à la Foire de Paris, est conçue comme une turbine hydraulique. Elle comporte une couronne fixe cylindrique, qui est constituée par des aubes directrices. Ceci supprime l’orientation, car quelle que soit la direction du vent, il trouve une série d’aubes où il peut s’engouffrer.
- Étant donné l’intérêt que présente cet appareil nouveau, nous le présenterons à nos lecteurs dans un prochain article. E. Weiss
- L’HEURE EXACTE SANS INSTRUMENTS ET SANS CALCULS
- Au moment de quitter les villes pour des villégiatures où le contrôle de l’heure devient difficile, on peut rappeler un procédé connu qui permet de mettre sa montre à l’heure sans instruments, ou du moins sans appareils spéciaux et coûteux, et aussi sans calculs.
- Ce procédé consiste dans l’emploi très facile de la méthode graphique pour le calcul, d’abord, de la distance zénithale du soleil, ensuite de son angle horaire, c’est-à-dire de sa distance au méridien.
- Celte construction peut être aisément suivie sans qu’il soit nécessaire d’en reproduire la théorie.
- Le seul matériel se résume en un double décimètre, un compas, un bon rapporteur (ou une table des cordes ou des sinus naturels, on sait que la corde d’un angle est le double du sinus naturel de la moitié de cet angle) et un petit fil à plomb. Une équerre bien juste permettrait d’abréger les tracés. Comme documents : un Ahnuaire donnant le temps moyen à midi vrai, ainsi que la déclinaison du soleil pour l’époque considérée.
- On notera d’abord que les heures d’observation les plus favorables,, au point de vue de l’exactitude, du résultat sont en moyenne et approximativement, entre 8h et 10’1 du matin et 2h et 4h du soir.
- 1° Détermination de la distance zénithale. — On fait un petit nœud au fil à plomb a 5, 10, 15 ou 20 cm environ de la pointe du plomb selon que les ombres à mesurer sont plus ou moins allongées et que leur limite peut être observée avec plus ou
- moins de netteté. On suspend le fil à une potence quelconque et on mesure aussi exactement que possible, sur un papier blanc placé sur une table bien horizontale, la longueur de l’ombre comprise entre le centré de l’ombre du nœud et la pointe du plomb rasant la surface du papier. Connaissant cette longueur AB (fig 1) et la distance du nœud C au papier, mesurée avec le compas, on construit le triangle ABC, où l’on mesure avec soin au rapporteur ou autrement, l’angle C égal à la distance zénithale cherchée.
- Pour plus d’exactitude, on pourra répéter plusieurs fois l’opération à une ou deux minutes d’intervalle et prendre la moyenne ainsi que la moyenne des heures correspondantes notées. On aura ainsi une distance zénithale moyenne correspondant à une heure moyenne qui servira de point de repère pour déterminer « l’état » de la montre, c’est-à-dire son avance ou son retard sur l’heure du premier méridien.
- On obtiendrait un résultat généralement moins précis en se servant d’un dispositif à plus grande échelle; un grand fil à plomb aurait des oscillations difficiles à amortir, une règle ne serait pas mesurée très exactement et sa verticalité serait douteuse ; de plus, elle donnerait seulement la distance zénithale du bord supérieur du soleil, et il faudrait faire la correction du demi-diamètre.
- Je ne parle pas de la correction de la réfraction astronomique. Si l’on opère avec le soleil un peu élevé sur l’horizon, cette correction est négligeable.
- Fig. i. — Détermination de la distance zénithale.
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- L’HEURE EXACTE SANS INSTRUMENTS ET SANS CALCULS
- 2° Tracé de l'angle horaire (fig. 2). — Du pointO comme centre, décrire une circonférence de rayon quelconque, 10 cm par exemple.
- Traçons un diamètre EE' qui représente l’Équateur.
- Elever sur EE' la perpendiculaire PP' qui sera la ligne des pôles.
- Au point O comme sommet, construire l’angle EOZ égal à la latitude du lieu d’observation (si la latitude était Sud on le construirait au-dessous de l’Équateur).
- Au point O comme sommet, construire l’angle ZOB égal à la distance zénithale observée.
- Abaisser BA* perpendiculaire sur OZ et prolonger.
- Construire EOB' égal à la déclinaison du soleil au jour de l’observation (au-dessous de l’Équateur si la déclinaison est australe, au-dessus si elle est boréale).
- Mener B'C perpendiculaire à PP'. Cette perpendiculaire coupe B A au point A.
- Au peint A élever AD perpendiculaire sur B'C, cette perpendiculaire coupe une demi - circonférence décrite du point C comme centre avec CB' pour rayon (au-dessous de l’Equateur si la déclinaison est australe, au-dessus si elle est boréale) en un point D.
- L’ang'e B'CD est l’angle horaire cherché. On le mesure avec soin, au rapporteur ou autrement et on le réduit en heures, minutes et secondes à raison de 15° pour lh ; 15' pourl minute de temps, etc. Si l’observation a lieu avant midi, on le retranchera de 12h.
- Si l’épure est bien faite on obtiendra l’heure (temps solaire vrai auquel on fera la correction voulue) à moins de 1 minute près.
- Tout ceci paraîtra un peu long à première vue, mais, avec un peu d’habitude du dessin, on n’emploiera guère plus de temps que pour placer un cadran solaire portatif en station bien correcte sans points de repères préalables. J’entends, bien entendu, un cadran donnant la même approximation.
- D’ailleurs, ainsi qu’il sera facile de s’en rendre compte, si la latitude de l’observateur ne change pas, toute la première partie de l’épure pourra être faite d’avance, et il «erait facile d’avoir en réserve un certain nombre de ces tracés, que l’on achèverait en quelques instants une fois l’observation faite.
- Ajoutons qu’en réglant ainsi pendant quelques jours de suite une montre sur le temps vrai local, ôn pourra, si l’on a à sa disposition un endroit propice, tracer une fois pour toutes une excellente méridienne.
- Exemple :
- Le 2 mars 1910 à Aix (43° 31'18" lat. N. 21m5h long. E. Greenwich) on observe à 4h 15m45s de la montre, avec un fil à plomb de 56 mm 6 une longueur d’ombre de 275 mm.
- La construction du triangle donne 78° 50' pour valeur de la distance zénithale. D’autre part, l’Annuaire donne : Déclinaison correspondante du soleil = 7° 21' australe, Avance du temps moyen sur le temps vrai — 12m 24s.
- Avec ces données, on construit comme il vient d’être dit, l’épure dont la figure 2 ci-jointe, qui a servi à l’explication, est une reproduction à petite échelle, qui pourra cependant être suivie rapporteur en main. Elle donne B'CD, angle horaire égal à 66° 52', soit en temps : Temps vrai de l’observation. . 411 26m 8S Équation du temps -4-12m24s
- Temps moyen local astronomique de l’observation .... 4h 58m 52s Longitude est Greenwich. . . —21m51s
- Temps moyen correspondant de Greenwich. . . 4h16in41s Heure de la montre.............4h15m45s
- Retard de la montre sur l’heure de l’Europe occidentale.......... 0m56s
- Vérification.. — Une observation plus soignée, faite au même moment avec un cercle à réflexion, donne, toutes. corrections faites, et par la méthode ordinaire du calcul trigo-nométrique de l’angle horaire :
- Distance zénithale du soleil. . . ... 78° 29'57"
- Temps vrai calculé de l’observation. . 411 251,1 40s
- Retard déduit de la montre sur le
- temps moyen de Greenwich. . . . 0m28s
- En différence à peine de 1 /2 minute avec le résultat de la méthode graphique sommaire!
- On s’étonnera peut-être qu’à propos d’une méthode « sans instruments et sans calculs », il ne soit pas question de la plus simple de toutes, celle qui consiste à se servir du système du fil à plomb décrit au commencement pour tracer sur le plan horizontal des longueurs d’ombre égales correspondant à des heures dont la moyenne indique l’heure de la montre à l’instant du midi vrai. Ce moyen, qui n’est autre que la méthode dite en astronomie méthode des hauteurs correspondantes, est excellent; mais il suppose 4 conditions essentielles :
- 1° Que la déclinaison du soleil n’ait pas trop varié dans l’intervalle des observations.
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- 2° Que le dispositif instrumental soit resté pendant cet intervalle à l’abri de tout dérangement.
- 5° Que le ciel soit découvert aux heures correspondantes du soir et du matin.
- •4° Que l’observateur dispose de son temps pour se trouver présent aux heures d’observation.
- Ep supposant que la première condition soit réalisée ou quelle ne soit pas nécessaire pour l’approximation désirée, il reste- les trois dernières qui sont en dehors de toute prévision, de sorte que, en réalité, dans la pratique, ce procédé devient le plus souvent le moins pratique de tous !
- ])' VlGUIER.
- LA CAVERNE DE L’AIDOUR (ORAN)
- Eu décembre 1911 et janvier 1912, des carriers découvrirent à Sainte-Clolilde près Oran (Algérie), à la suite d’un coup de mine, une caverne qui a été visitée et étudiée à diverses reprises en 1912, par MM. Arambourg, Maraval, Pallary, Laporte et divers autres membres de la nouvelle Société de spéléologie d’Oran.
- « La caverne s’ouvre à 5 km 550 d’Oran, tout auprès delà route de Mers-el-Kébir, à 220 m. environ de la source thermale des Bains de la Reine. Elle comprend trois grandes chambres disposées à peu près en as de trèfle dont deux sont tapissées et ornées de concrétions calcaires d’une blancheur resplendissante. )) La grande salle mesure -40 in. sur 57 et une hauteur maxi-ma de 25 m. Le développement total parcouru es! de 200 m. ; l’ouverture
- est à 35 m. d’altitude, les points les plus bas atteints à 8 m., et, dans une crevasse, la sonde est descendue G m. plus bas, soit à 2 m. au-dessus du niveau de la mer.
- L’intérêt présenté par cette caverne est dans sa température très élevée : 55° à 37° dans les salles et 42° dans les crevasses. « Ces crevasses, dont deux au moins sont pénétrables, n’ont pu être encore explorées en raison de la température ; elles jouent le rôle de « bouches de chaleur » et c’est par ces conduits que montent du sous-sol les vapeurs d’eau chaude qui entretiennent la chaleur constatée dans la caverne. Cette chaleur, comme il est d’ailleurs naturel de le concevoir, diminue actuellement, depuis que la voûte s’est trouvée ouverte et un équilibre tend à s’établir entre les températures internes et externes.
- Cette température est due à une relation évidente entre la caverne et la source thermale des Bains de la Reine. La grotte est creusée dans les dolomies (basiques
- ou crétacées ?) reposant sur des schisles (primaires ou secondaires?;; au contact des deux terrains, se rencontrent des filons d’ophitc. (( La source chaude est la der-nière manifestation de l’activité éruptive qui a produit les filons d’ophitc et les eaux thermales remontent de la profondeur en suivant les fractures par lesquelles est d’abord passée la roche ignée. C’est là le phénomène général et bien connu de la formation des sources
- thermo-minérales. »
- Il est clair que le ca-vernement des dolomies est le résultat de l’attaque des eaux chaudes à une époque où le niveau hydrostatique de celles-ci se trouvait plus élevé qu’au-jourd’hui. Actuellement même, la vapeur d’eau continue à effriter les parties de roche non protégées par des concrétions. Ces dernières ont d’ailleurs des formes tout à fait remarquables et on y remarque beaucoup de stalactites dites excentriques ; « il est à souhaiter que des mesures soient prises pour en assurer au moins la conservation (*).
- Il faut rappeler que « la relation accidentelle des cavernes avec les filons métallifères a été constatée plus fréquemment que leur rapport direct avec les sources thermo-minérales, qui est un fait jusqu’à présent limité à quelques exemples ; Aix-]es-Bains, source Saint-Paul ; Pfœfers, Suisse; Monsumano, Toscane; lvraus, grotte de Gams, Styrie; Proval de Piatigorsk, Caucase; Mattsesta, Transcaucasie (a).
- La caverne de l’Aïdour est une très remarquable addition à cette liste.
- E.-A. M.
- 1. La caverne de VAidour {Oran), par Camille Arambouuu, avec plans et planche. Oran, 1912.
- 2. Yoy. E.-A. Martel. Comptes Rendus Acad, des Sciences, 18 avril 1901,
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mai et juin 1920.
- Un nouvel emploi de la chronopholog rapide. — Le développement des installations utilisant la houille blanche rend nécessaire l’emploi d’une méthode sûre pour la détermination du débit des cours d’eau. En éclairant un point d’un filet superficiel, et en utilisant une roue dentée tournant devant l’objectif avec une vitesse constante, les occultations et poses alterna-
- tives fourniront une chronophotographie en traits interrompus, dont une règle métrique fixera l’échelle. Le dispositif de M. Morin donne, avec l’épaisseur de la lame liquide, en un très grand nombre de points, la charge sur le déversoir, d’où la possibilité d’établir avec toute l’exactitude nécessaire le barême des débits annuels.
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- Un nouvel anémomètre. — En temps de brume, ou par ciel couvert de nuages bas et nombreux, le ballon-pilote ne saurait s’employer à la mesure de la vitesse du vent. M. Rothé à imaginé un anémomètre moulinet, •emporté par un ballon captif ou un cerf-volant, et dont le câble métallique de retenue sert de transmetteur au sol, le moulinet agissant comme interrupteur et lançant en action, à chaque contact, un petit{émetteur d’oscillations électriques. On peut ainsi recevoir simultanément les indications de plusieurs instruments disposés à des hauteurs variées, la sélection se faisant, comme en T. S. F., pour des longueurs d’ondes différentes, dues aux différentes capacités des circuits.
- Équilibre azoté et carence de vitamines. — On sait que tout organisme demande une quantité déterminée d’énergie et la présence de certaines espèces chimiques, et que, pour déterminer la ration d’équilibre, l’azote est souvent pris comme critérium. Or l’équilibre azoté ne constitue qu’une seule des conditions de l’équilibre total. Les expériences du professeur Desgrez et du Dr Bierry ont cherché à établir comment des principes alimentaires isodynames peuvent être isotrophiques. Elles ont porté sur des rats soumis à un certain régime synlhétique, et montré que le minimum d’albumines, de graisses et de sucres, est déterminé pour chacun de ces trois éléments par la nature chimique et le rapport des deux autres.
- Le nickelage de F aluminium. — Seule la méthode indiquée, en 1914, par M. Tassilly a fourni jusqu’ici quelques résultats industriels. Son étude systématique a permis à MM. Léon Guillet et Gasnier de montrer l’irp-portance d’un cuivrage sous deux centièmes de millimètre, intermédiaire entre deux nickelages. De là, la possibilité non seulement de protéger l’aluminium contre Faction des agents atmosphériques, mais encore de le souder à l’étain ; on peut enfin envisager le recouvrement de produits métallurgiques recevant difficilement les dépôts galvaniques.
- L’hydrogénation des cétazines. — L’action directe, de l’hydrogène en présence du nickel divisé, brise la molécule à la liaison des deux atomes d’azote. A basse température, il y a formation d’amines primaires, à température élevée, d’amines primaire et secondaire. C’est là un nouveau procédé de préparation des amines correspondant aux alcools secondaires.
- La stérilisation partielle du sol. — La Nature a consacré un long article aux expériences de M. G. Truf-fault, montrant que la chaleur et certains agents chimiques diminuent le nombre des protozoaires du sol, en augmentant celui des bactéries. La nouvelle note du savant agronome indique que ce sont surtout les races anaérobies, qui forment la majorité de la population microbienne constante, qui se développent après stérilisation partielle du sol, notamment les B. mégathérium, mycoides, arborescens, les M. ochraceus et luteus.
- Les rois et reines du Termite lucifuge. — Cet insecte a pour habitat de prédilection les souches de pin de la forêt landaise et les bois de construction. Sa reproduction, qui semble couramment dévolue à des sexués néoténiques, a fait l’objet de nombreuses controverses, notamment entre MM. Grassi, Perez et Heath. Les longues et patientes recherches de M. J. Feytaud démontrent que
- la fondation de colonies nouvelles par les imagos essaimantes du Termite est assez commune dans la nature, et que l’existence de rois et de reines n’est même pas une rareté, si on prend soin de les rechercher dans les colonies de formation récente.
- Nouvelle horloge solaire. — Ses organes essentiels se composant d’un tronc de cylindre creux, dont l’axe est dirigé suivant celui du monde, et d’un style solidaire, l’ingénieux appareil présenté par M. Ch. Gautier donne l’heure légale avec une approximation d’environ une minute, la direction du soleil et la longueur des jours. Il peut être construit en série et le réglage en est facile en n’importe quel point.
- La dilatation causée par l’effet Joule au contact de deux solides. — À la suite de la découverte de MM. Brazier et Dongier, remarquant qu’un contact pointe-cristal soumis à une tension alternative est susceptible d’émettre un son, M. Jean Fallou vient de construire un disposif pour étudier la nature de ce phénomène mécanique, en mesurant les très petits déplacements de la pointe lors du passage d’un courant électrique à travers la jonction. Selon ce physiciennes vibrations du contact proviennent de sa dilatation thermique, lors de la réception de chaque train d’ondes amorties.
- La résistance des tissus aux intempéries et aux rayons ultra-violets. — Soumettant à la lumière solaire, puis à la chaleur sèche ou humide, enfin au froid et aux radiations d’une lampe Heraeüs, des -tissus comparables entre eux au point de vue qualitatif des textiles, M. Léo Yignon estime que la schappe de soie présente une résistance à ces différents agents beaucoup plus grande que le fil de lin. Ce fait s’explique par la facilité avec laquelle la cellulose donne des produits de modifications, tels que les hydro- et oxycelluloses, alors que les textiles animaux ne fournissent aucun dérivé analogue.
- Les maniocs du Cambodge. — Constiluant une des principales plantes vivrières de la zone équatoriale, le manioc est surtout considéré éomme un producteur de matières amylacées. Or, les racines, étudiées par M. P. Ammann et qui proviennent de semis fg.its à Pnom-Penh, se caractérisent par une richesse en azote presque égale à celle du riz et ne renfermant que des traces d’acide cyanhydrique. De plus, les variétés nouvelles obtenues se sont montrées meilleures que les autres, soit par des qualités de précocité, soit par un rendement de racines plus élevé.
- Les arbres fruitiers de l’Indo-Chhie. — M. Aug. Chevalier dresse la liste des Poiriers, des Noyers et des Châtaigniers, qui se rencontrent soit au Tonkin, soit dans les régions montagneuses de l’Indo-Chine. Le Noyer du Yunnah constitue une espèce intéressante, au même titre que les bois du genre Lagerstraemia, connus sous le nom annamite de Banlancj et qui forment des. peuplements presque purs dans quelques forêts de la Cochin-chine et du Cambodge.
- L’action de la chloropicrine sur les levures. — M. Gabriel Bertrand et Mme Rosenblatt ont déjà contrôlé les effets de telles vapeurs non seulement sur les animaux, mais encore sur les organes aériens des
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- plantes supérieures. Leurs dernières expériences utilisent la chloropicrine en dissolution contre les micro-organismes végétaux, cause de fermentations, tels que la levure, prise à l’état de ferment et complètement submergée, et la fleur du vin, vivant à la surface du liquide nutritif. Avec une levure de champagne, il a suffi de 1 milligr. de chloropicrine dans un litre de moût pour ralentir toute transformation du sucre en alcool et 5 ou 6 milligr. pour l’arrêter complètement. A cette dernière dose, la levure paralysée perd peu à peu la faculté de se reproduire, mais pour la tuer en 24 heures, à la température de 27°, la concentration doit être comprise entre 50 et 40 milligr. au litre. La fleur du vin est beaucoup plus sensible, elle est déjà alîectée par les doses de quelques dixièmes de milligramme de chloropicrine au litre, et, pour entraver tout développement, 1 milligr. suffit. Dans le cas de vin filtré à la bougie de porcelaine, on peut abaisser la teneur en chloropicrine ' à 0 milligr. 2 par litre.
- L’échelle rectiligne appliquée à la mesure el à la division des angles. — La mesure d’un angle se ramène en général à celle d’un arc de circonférence, et la loi de correspondance entre les angles et les divisions d’une échelle rectiligne n’étant pas linéaire, la méthode de Poggendorf constitue un des rares exemples où ne s’emploie pas l’échelle circulaire, de sensibilité constante, mais de réalisation assez difficile et d’emploi peu commode. MM. Barbillion et Dugit ont eu la pensée de faire correspondre à la variation de l’angle celle d’une échelle rectiligne, et leurs appareils comprennent soit une spirale d’Archimède, ayant pour pôle le sommet de l’angle (on mesure alors la différence des rayons vecteurs suivant les côtés), soit une développante de cercle (on prend dans ce cas la variation du rayon de courbure entre les deux points d’intersection des côtés de l’angle et de la courbe).
- Les solutions colloïdales. — On sait que" la viscosité des liquides tenant en suspension des matières solidea se calcule en fonction des viscosités respectives de la suspension et du milieu pur, et du volume de matière dispersée dans l’unité de volume total. M. Paul Bary a constaté qu’il en est autrement s’il s’agit de colloïdes, dits hydrophiles. Il y a alors dégonflement progressif avec le temps, et qui dépend à la fois de la concentration et de la température. Un tel résultat est en parfaite concordance avec les observations ultra-microscopiques qui montren t que la grosseur des granules augmente avec la concentration, par polymérisation de. la matière.
- A propos du chlorure de brome. — L’action de l’éthylène sur une solution chlorhydrique de chlorure de brome fournit le chlorobrome Cl CH2, Cil2 Br, comme l’ont indiqué Simpson et James. Or les travaux physicochimiques de MM. Lebeau et Barta n’ont pu démontrer l’existence de Cl Br. Les expériences de MM. Marcel Delépine et Lucien Ville la confirment, indiquant ainsi que les données de la chimie physique ne suffisent pas encore à décréter l’inexistence d’une combinaison.
- Action de l’acide cyanhydrique sur les organismes végétaux. — Les essais de M. Jules Stoldasa ont porté sur les organismes inférieurs et les grains. Les micro-organismés offrent une grande résistance à l’action de l’acide cyanhydrique, Il CAz, qui, en 24 heures, à la teneur de 2 volumes pour 100, n’arrête pas toujours leur développement et parmi les plus résistants on doit citer les Phycomycètes. Par contre, lorsqu’il s’est agi de graines de betterave, les glomérules traités par l’acide (séjour dans une atmosphère à 2 pour 100) sont restés pour la plupart sains, alors, que les témoins donnaient un grand nombre de plantules contaminées. M. Stoklasa est amené à voir, dans HCAz, un excellent agent de désinfection des semences ; il assure un meilleur départ à la végétation, et favorise le développement de la plante, qui par suite atteint de plus forts rendements.
- Anesthésie et anaphylaxie. — Les recherches de MM. Kopaczewski etRoffo, complètent les expériences de Roux et Besredka sur la suppression du choc anaphylactique par l’anesthésie (éther, chlorure d’éthyle), ou par les hypnotiques (chloralose ou uréthane). Elles semblent établir que le système nerveux n’a pas l’influence prépondérante qu’on lui attribuait dans les phénomènes anaphylactiques. Ceux-ci se bornent à une réaction de floculation colloïdale et une asphyxie, résultant d’une obstruction des réseaux capillaires.
- L’épuration des eaux d’égout. — M. Cambier poursuit ses recherches sur l’action des boues activées. A son sens, Dépuration comprend deux phases : fixation des principes azotés et colloïdaux par la boue, puis nitrification du complexe formé. Cette seconde opération se difîérentiant delà nitrification classique, par son intensité et la basse température qu’elle peut supporter (0°), est favorisée par l’oxydation de certaines substances, notamment le sulfure de fer.
- Élection. — Le mois de mai a vu entrer à l’Académie, M. W. P. Perkin, élu correspondant de la Section de Chimie, en remplacement de M. Ciamician.
- Paul B.
- DAMAGE ET PILONNAGE PNEUMATIQUES
- L’emploi de plus en plus général du ciment dans les constructions de toutes sortes conduit à la recherche de procédés mécaniques permettant l’exécution rapide et économique des travaux en économisant la main-d’œuvre dont la pénurie se fait rudement sentir dans toutes les manifestations de notre vie industrielle.
- 11 y a, peu de temps encore, le damage ou piloiv-
- nage du béton s’opérait à la main, faute d’un outil approprié ip-ce travail. Certains constructeurs [et notamment la Compagnie Ingersoll-Rand, dont une succursale existe en France et qui s’est spécialisée dans la fabrication des outils à air comprimé, frappés de l’analogie existant entre le damage du béton et le pilonnage du sable en fonderie — pour lequel on emploie depuis des années les foulôirs
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- pneumatiques — se sont livrés à des séries d’essais et d’expériences qui ont démontré l’adaptation parfaite au bétonnage des piloirs ou pilettes pneumatiques.
- Ces outils. consistent en un marteau à longue course dont le piston prolongé par une tige ronde ou méplate reçoit un piloir de dimensions et de forme appropriées. L’appareil est parfaitement en main, toujours sous le contrôle de l’ouvrier qui peut, à sa volonté, par le simple fonctionnement de la manette d’admission, en faire varier la puissance et la vitesse de frappe. Son emploi ne pro-
- ment 20 m2 en 8 heures. Une dalle ordinaire de 1 m. est exécutée en un quart d’heure au lieu d’une heure.
- Pour les pierres artificielles : moellons, éléments de constructions démontables, etc., le piloir pneumatique laisse loin derrière lui le Lravail à la main. Un ouvrier peut confectionner 150 à 200 gros moellons homogènes, sans bulles d’air, résultat que l’on n’obtientpas avec toutes les presses-mouleuses. Dans la confection des tuyaux en ciment, industrie qui demande ou du moins - demandait des ouvriers bien exercés, on peut avec l’aide de ce nouvel outil-
- Pilonnage pneumatique d'un plancher en ciment.
- voque aucune fatigue et le rendement journalier d’un : ouvrier quelconque est au moins triple de celui obtenu à la main par un personnel parfaitement entraîné. De plus comme le montrent de nombreuses expériences, la qualité des travaux ainsi exécutés est considérablement améliorée. En particulier, la compacité du béton est trois fois plus grande lorsque damé mécaniquement ; la résistance à la pression au moins cinq fois plus forte, et par voie de conséquence, le travail plus uniforme en raison de l’homogénéité du tassage.
- La figure ci-jointe représente un chantier utilisant cet outillage pneumatique dont les caractéristiques sont en moyenne les suivantes : en massifs de grande épaisseur, un homme pilonne aisément, en une journée de 8-heures, près de 70m3 de béton, travail qui à la main exigerait 4 à 5 hommes ; en hourdis de 0 m. 14, un ouvrier obtient facile-
- lage et avec un personnel quelconque réaliser le travail de 5 à 10 hommes selon le diamètre des ' tuyaux. Les produits obtenus ont en outre meilleure apparence et sont plus résistants; enfin les moules sont moins dégradés que dans le bourrage et le pilonnage à la main. Un tuyau de 0,85 de diamètre et de 1 m. 10 de longueur peut être confectionné en 20 minutes, moulage et démoulage compris.
- Concernant le damage des chaussées à revêtements asphaltés, cet outillage à air comprimé a donné également de bons résultats après cylindrage de l’asphalte en poudre; l’emploi de piloirs chauds ne crée aucun inconvénient par suite de la construction de l’appareil dont le poids, suivant le modèle, est de 6, 6,8 ou 10kg, correspondant à des longueurs totales de 0 m. 55, 1 m 06 ou 1 m. 22, et à un nombre de coups par minute de 750 ou 600.
- 'M. Bousquet.
- Le Gérant : P. Masson, — Imprimerie Laiiüiie, U, rue clé Fleuras, à Pans.
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- LA NATURE. — N” 2416.
- 24 JUILLET 1920
- LA SAUTERELLE COMESTIBLE
- On désigne sous le nom vulgaire de sauterelles cés jolis insectes ailés que l’enfance connaît pour les avoir martyrisés. Que celui qui n’a pas, dans son jeune âge, privé de ses membres sauteurs l’un de ces acridiens se nomme en conscience !
- Si la sauterelle de nos pays (Lo-custa cantans) est sympathique parce qu’elle est inoffensive à l’agriculture, parce qu’elle charme les heures chaudes de l’été de son crissement de cigale et anime nos prairies émaillées de fleurs a^c ses envols irisés, l’autre orthoptère, qui vit entre le littoral méditerranéen et la région des déserts, constitue un véritable danger pour la culture.
- On l’appelle là-bas acridien ou criquet, mais qu’il soit de l’espèce Pachylilus.migralorius, slau-rolonus, mciroccanus, ou Acridium peregrinum, son invasion est un véritable fléau dont on se défend excessivement mal.
- Qu’une sécheresse inopinée leur rende impossible la subsistance, ces bestioles refoulées d’instinct vers le nord, abandonnent les régions désertiques;
- Fig. 2. — Une invasion de criquets.
- 48* Année — 2' Semestre.
- .Fig. i — La disparition du feuillage.
- elles réunissent leurs bandes et de vol en vol vont gagner, portées par des vents favorables, les régions verdoyantes où leur nombre saccage tout ce qui est végétal.
- Ces migrations se font de deux manières : par terre et par l’air. Les larves et nymphes, dès leur éclosion d’œufs que les femelles ont déposés dans le sol, ne possédant pas d’ailes, avancent en marchant très lentement au fur età mesure que la végétation est absorbée. C’est à ce moment que leur destruction est facile.
- Jeunes, les criquets sont de couleur jaune d’or, et leur corps est composé d’une substance excessivement gluante.
- On a vu de ces insectes recouvrir toute la surface du sol, dévorer en un instant la végétation qui croissait sur le talus d’une ligne de chemin de fer, et, traversant la voie qui avait alors une forte déclivité, leurs cadavres écrasés sur le rail empêchant par leur viscosité l’adhérence des roues; le train patinait sur place et ne pouvait plus avancer. Cela explique le fait souvent raconté que les criquets auraient arreté des trains en marche.
- Lorsque les criquets sont devenus adultes et ont acquis des ailes, ils s’essaiment en s’envolent par groupes compacts dans toutes les directions. Le vent dominant détermine presque toujours ces directions.
- En 1917, nous avons vu une invasion de l’espèce Pachylilus maroccaniis partie du Sous, annoncée dans toutes ses étapes, s’abattre sur les jolis jardins arabes de Rabat et de Salé au bord de la mer ; ce fut un véritable désastre; en peu de temps il ne restait plus que des troncs d’arbres dépouillés des feuilles et de leur écorce.
- Des myriades de ces locustes portés en mer par v 4. — 49.
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- un vent violent, furent noyés incontinent, mais leurs cadavres rejetés au rivage faillirent déterminer une épidémie. La puanteur faisait fuir les riverains vers l’intérieur des terres.
- Il faut avoir voyagé dans le bled un jour où des nuages de sauterelles ont obscurci le ciel pour comprendre l’angoisse qu’elles occasionnent. Il est impossible d’avancer.
- Les acridiens portés par le vent, ayant déjà par eux-mêmes un vol assez rapide, mais se dirigeant mal, ne peuvent éviter l’obstacle; les chocs qu’ils donnent en se heurtant à la figure sont très douloureux. Les chevaux s’affolent, les animaux fuient, et le bruit sourd que font leurs élytres est désagréable.
- Un grand bruit les détermine à cesser leur carnage pour s’envoler; aussi, les indigènes les accueillent-ils à grand renfort de tapage, coups de fusil, tamtam sur des bidons vides, bruit de tambours et cris aigus.
- Alors, c’est à qui les enverra dans le champ du voisin, car elles ne s’en vont pas loin, à moins qu’un vent assez violent n’en débarrasse la région envahie.
- Par contre, on peut détruire le criquet adulte avant qu’il n’ait des ailes, lorsqu’il avance sur le sol en bataillons pressés^. Les appareils cypriotes.
- les enceintes de toile ou de feuilles de zinc conduisant les acridiens dans des fossés où l’on peut alors les écraser ou les incendier, sont des appareils très efficaces lorsqu’ils sont mis en place en temps opportun.
- Mais s’il a fait du tintamarre pour les éloigner, sans succès, et si les sauterelles ont malgré tout dévoré ses orges en vert, l’Arabe s’en console en faisant une razzia de sauterelles. C’est pour lui un régal favori ; des sacs entiers en sont envoyés dans les villes, où sauterelles séchéts ou salées sont vendues un assez bon prix ; selon qu’elles sont de telle ou telle espèce, ce prix varie d’ailleurs sur le marché.
- A quelque chose malheur est bon et même pour celui qui ne possède pas de récolte sur pied : l’arrivée des acridiens est saluée avec joie, c’est la nourriture assurée pour plusieurs semaines, aux « meskines » c’est la manne tombée du ciel.
- Ce n’est pas une métaphore : la légende arabe dit que Lalla Fatimah, fille du seigneur Mohammed, créa la sauterelle pour les pauvres.
- Les connaisseurs disent que la sauterelle salée est délicieuse et que son goût rappelle celui de la crevette — mais il vaut mieux, comme dit un sage, les croire sur parole ! Henri Catherine.
- Fig. 4. — Un repas de sauterelles.
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- Les locomotives. — Les trains. — La conduite des trains — Les signaux.
- La Science a donné à notre siècle tant de découvertes, tant de perfectionnements dans tous les domaines, que notre esprit semble ne plus pouvoir s’attarder même à leur étude superficielle. Nous profitons de toutes les richesses que cette science donne pour notre mieux être, sans souvent con-
- naître, sans même chercher à deviner les efforts qu’a demandés leur réalisation.
- Et en cette période de vacances où chacun se prépare à l’utiliser, il paraît intéressant de donner au lecteur un aperçu rapide et sommaire de cette organisation aux rouages si complexes des chemins de fer
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- et en particulier le retenir sur ce dont il pourra lui-même se rendre compte au cours d’un voyage.
- Aller très vite, voyager confortablement, sont les préoccupations du voyageur.
- Aller vite, c’est le problème de la machine, cette merveille de mécanique, mais c’est aussi le problème de la voie capable de supporter
- ces vitesses atteintes actuellement, c’est le problème des aiguillages et quand la matière est vaincue, c’est le doigté, l’intelligence du mécanicien et de l’aiguilleur et de tous ceux qui ont la mission délicate et difficile d’assurer la marche d’un convoi.
- Voyager confortablement, c’est le problème de la voiture, son poids, son élasticité et son accrochage.
- Que de problèmes ainsi posés et le voyageur qui y songera pourra reporter sa pensée aux premiers essais tentés dans ce domaine des chemins de fer; qu’il compare la locomotive de l’an 1825, jouet d’enfant, à l’impressionnante machine de nos jours; qu’il oppose le premier vagon char à bancs aux luxueuses voitures d’à présent et il pourra juger de l’étendue des progrès accomplis.
- La locomotive et le tender. —La figure 2 représente une des premières locomotives en service, elle fut construite par Stephenson en 1852; on y remarquera l’importance de la cheminée ouvragée qui de nos jours a presque complètement disparu de nos machines.
- La'figure 1 donne l’image schématique d’une locomotive type Pacific, un de ces monstres capables de remorquer à des vitesses impressionnantes des poids considérables allant jusqu’à 400 tonnes pour les trains de voyageurs et 7 à 800 t. et meme 1000 pour les trains de marchandises.
- Sans entrer dans les détails, il peut être admis deux grands types de locomotives : celles chargées de remorquer les trains lourds et rapides de voya-
- geurs; leurs roues motrices (3 essieux accouplés) sont à grand diamètre, 2 m. en moyenne, et capables de tourner à raison de 360 tours à la minute, et celles chargées de remorquer les très lourds convois, leurs roues motrices (4 essieux accouplés) sont à plus faible diamètre : 1 m. 45 en moyenne. En résumé, grandes roues pour les vitesses, adhérence plus grande et petites roues pour les grands poids en raison d’une adhérence plus forte nécessitée par un efîort de traction plus puissant.
- CARACTÉRISTIQUES DES MACHINES
- Type Pacific. État..
- (trains de voyageurs).
- Surface de grille. . 4m~
- Surface de chaude. 29Gm2 58
- Timbre............... 1Ck«
- Nombre de tubes . 283
- Cylindres.
- 580 et (300x640ra,u
- Roues motrices. . Hauteur de Taxe de la chaudière . . Poids en service. . Poids adhérent. .
- 1-85
- 2™ 82
- 91‘
- 55l
- Type Consolidation. État, (trams de marchandises).
- Surface de grille . 3m-16
- Surface de chauffe. 17Im231 Surface de surchauffe........... 49mâ 51
- Timbre. 12
- Cylindres.
- 590xG50mm
- Roues motrices . . 1,44
- Poids en service . 73‘ 2
- Poids adhérent. . 641
- La réalisation des grandes vitesses pose des problèmes à résoudre non seulement pour la machine, mais aussi pour les voitures remorquées et pour la voie (voie proprement dite et ouvrages d’art).
- Pour obtenir une grande vitesse, il faut augmenter d’abord la puissance de la machine, c’est-à-dire développer la puissance de la chaudière, et par suite en augmenter le volume et le poids. On est ainsi passé de la locomotive à une roue motrice à la machine à 5,4 et même 5 essieux moteurs avec bogie à 2 essieux à l’avant ou un bissel et un essieu porteur à l’arrière, toutes ces transformations nécessitées pour une plus juste répartition des poids et des forces.
- Le bogie est le petit véhicule que l’on voit à l’avant des machines, il est à 2 essieux rapprochés, son but est de recevoir la charge avant de la locomotive et d’assurer la mobilité lors du passage dans les courbes!; les machines atteignant jusqu’à 18 m. de longueur n’eussent pu les épouser si cette longueur était restée rigide.
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- Le bissel est. un truck à un seul essieu, il répond aux mêmes besoins que le bogie et ne s’en différencie que par des conceptions d’ordre purement technique dans la manière de recevoir le poids.
- Le Réseau de l’Est a dernièrement réalisé une machine tender d 18 t. au total 5 essieux couplés, un bissel à l’avant et à l'arrière, capable de s’inscrire dans une courbe de 90 m. de rayon.
- On pourrait encore réaliser des machines plus puissantes, mais l’état actuel des voies (ouvrages d’art) ne permet de supporter qu’une charge limite de 20 t. par essieu, c’est dire tout le. soin que l’on doit apporter à l’étude des pièces composant une machine pour lui donner sa puissance maximum, tout en la maintenant dans la limite imposée, peut-être est-ce l'a la raison du fini de nos machines françaises, en général, plus élégantes que les machines étrangères.
- En Amérique, la limite autorisée est de 35 t. par essieu.
- Il reste à fournir à la machine son combustible et son eau, c’est le rôle du tender de transporter ces charges, soit environ 40 tonnes.
- L’étude du tender est intimement liée à celle de la machine, ses caractéristiques sont fonction de la locomotive qui l’entraîne et il doit s’y atteler étroitement pour éviter les mouvements de lacet et de recul sans toutefois gêner le déplacement des deux véhicules au passage dans les courbes.
- Le tender est monté sur 2 ou 3 essieux ou sur 2 bogies à 2 essieux, il transporte en général 6 à 8 t. de houille pour 25 m3 d’eau.
- Comment s’approvisionne un tender? on estime qu’un kilogramme de houille vaporise 7 à 8 kg d’eau, par conséquent pour 8 t. de houille un tender devrait emmener 200 m5, 200 000 litres d’eau, cube formidable impossible à réaliser sur un tender et on est amené à faire le réapprovisionnement en eau aux arrêts — opération toujours longue — 8 à 10 minutes et cause importante de diminution de la vitesse de marche. Le ravitaillement en eau s’opère environ tous les 150 kilomètres.
- Toutefois, la prise d’eau en marche est tombée dans le domaine pratique : on creuse entre les 2 rails un canal et par un dispositif approprié, l’eau est amenée dans le tender au passage du train. Cette invention est due à l’ingénieur anglais Ram-sbottom.
- Pour un canal de 500 m. de long, à une vitesse de 60 km à l’heure, on peut assurer une aspiration de 8m3 d’eau.
- Ce système existe en France sur le réseau de l’État.
- Le tender n’est pas toujours indépendant de la machine, la machine-tender existe ; moins puissante, elle facilite les manoeuvres dans les gares, elle est surtout répandue dans les Compagnies d’intérêt local (voie de 1 m.).
- Le remplacement du combustible charbon a été envisagé par l’emploi du mazout ou huiles lourdes
- provenant des pétroles dont on a tiré les huiles de graissage et d’éclairage.
- On admet que 10 kg d’huile remplacent avantageusement 15 kg de houille.
- Le système ne peut se généraliser en France ; il est Irop onéreux et se heurte à des difficultés énormes de ravitaillement, les principaux puits de pétrole se trouvant au Caucase, au Mexique et en Pennsylvanie.
- Les trains. — Les trains express remorqués par les locomotives à grande puissance pèsent en moyenne 400 t.; ils comprennent en général 2 voitures de l10 pour 3 de seconde et 4 ou 5 de.5e, plus un fourgon et un vagon poste, chaque voiture tarée à 36 ou 401. et mesurant d’axe en axe des essieux, jusqu’à 16 et 18 m. ; elles sont supportées par des bogies à
- 2 essieux. Réalisées pour les grandes vitesses et les longs parcours, ces voitures sont très bien suspendues et tout le monde connaît leur confortable, éclairage électrique et chauffage par la vapeur, commande de la machiné ; le charbon nécessaire à ce chauffage donne lieu à des allocations spéciales, le mécanicien ne tirant aucun intérêt de l’économie susceptible d’être réalisée.
- Dans l’état actuel, la composition des trains n’est pas uniforme, il n’est pas rare de voir 2, ou même
- 3 voitures en surcharge, la pénurie de machines et l’état des vagons ne permettant pas toujours le dédoublement des trains.
- Il ne suffirait pas que les voilures réalisent la perfection du confortable et que les suspensions soient idéales si l’attelage, aussi bien compris soit-il, n’était soigneusement vérifié.
- La liaison des voilures est un problème délicat : qu’un attelage se rompe et c’est, la catastrophe, ou que seulement il se libère en partie et le voyage devient une succession de heurts en tous sens, très désagréables.
- L’attelage usuel se compose d’un crochet, de 2 tampons, d’un tendeur à vis et de deux chaînes de sûreté; les tampons servent à l’amortissement des chocs, le tendeur à vis a pour objet de réprimer les mouvements d’oscillation.
- Les soufflets permettent de communiquer d’une voiture à l’autre; en outre, il y a à assurer la jonction des différents éléments nécessaires au fonctionnement des freins et au chauffage.
- Le tiain formé, il ne reste plus qu’à s’assurer du -bon fonctionnement des freins, la machine ayant été minutieusement vérifiée avant son départ du dépôt.
- Le visiteur ou frappeur s’assure par le son que les roues « rendent bien ».
- La roue a également exigé une mise au point spéciale; sans entrer dans les détails, il est intéressant de connaître le profil d’une roue (Yoy. fig. 3). On se rend compte que la surface dite de roulement n’est pas horizontale. Les différentes inclinaisons ont pour but de faciliter le roulement en diminuant la surface des points de tangence de la roue sur le rail et en évitant que la roue ne porte sur le bord extérieur du rail.
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- La conduite des trains. — Toutes les vérifications étant faites, la mise ne marche s’opère et, dès ce moment, la vie des voyageurs est confiée au mécanicien; celui-ci devient l’ame du monstre dévorant la distance.
- Le mécanicien, durant de longues heures exposé aux intempéries et à la fatigue, aura à déployer un sang-froid et un courage que trop peu de gens connaissent. Il ne suffit pas de posséder d’excellentes qualités professionnelles, il faut une énergie morale considérable ; une attention soutenue est nécessaire, non seulement dans l’observation rigoureuse des signaux, mais dans celle du profil de la voie. En outre, le bon mécanicien doit percevoir dans le tumulte de la machine en marche, tout bruit insolite, tout trouble dans l’échappement, toute odeur anormale ; tous ses sens sont en éveil, de sa connaissance parfaite de l’outil qu’il conduit et de son moral naît la véritable sécurité.
- 11 est secondé parle chaulï'eur dont la tâche n’est pas moins dure, celui-ci n’a pas seulement à assurer la conduite du feu, il seconde le mécanicien, il participe à l’observation des signaux, particulièrement aux passages difficiles (grandes gares, bifurcations).
- La conduite du feu est un art difficile, elle consiste à maintenir un foyer égal par charges petites mais fréquentes, tout en recherchant l’économie, car chacun sait qu’aux économies de charbon répondent diverses primes.
- Les démarrages de trains ne sont pas chose aisée : lents pour les trains de marchandises en raison de l’effort formidable de traction qui, opéré brutalement, risquerait de rompre les attelages, ils doivent être rapides pour les trains de voyag' urs, afin de ne pas trop diminuer la vitesse moyenne de marche, et là encore ils doivent être faits prudemment pour éviter le patinage, c’est-à-dire la rotation rapide des roues sans déplacement, ce qui amène fréquemment des avaries aux mécanismes, bielles en particulier.
- Les démarrages comme les arrêts, mais de façon moindre, sont une cause importante de perle de temps. Un train marchant à 60 km à l’heure ou parcourant 2 km en 2 minutes, met 4 minutes pour atteindre cette vitesse de 60 km sur 2 km également parcourus, soit une perle de temps de 2 minutes ; peu appréciable sur un parcours à arrêts
- Fig. 4. — Un Jaisceau de triage.
- Fig. 3. — Profil d'une roue de chemin de fer.
- peu nombreux, cette cause devient importante dans les horaires de trains omnibus.
- Cette perte de temps varie; elle est fonction du train, de la voie, du temps et de la puissance de la machine; on admet quelle varie du 1/5 à la moitié du temps demandé pour atteindre la vitesse finale.
- La vitesse d’un convoi n’est pas uniforme, les rampes, les pentes et les courbes ne le permettent pas; en rampe, il faut avoir soin de ne pas trop ralentir pour ne pas prendre en pente un excès de vitesse.
- Le tableau ci-après donne une idée des vitesses à atteindre en pente pour des vitesses prises en rampe sur un parcours de 80 km à faire en 1 heure, avec 40 km en rampe rt 40 km.cn pente :
- Vitesse en rampe. Vitesse en pente.
- 80. . . ............. 80
- 75........................ 86
- 70. ....... . 95
- 00. ................. 120
- Les courbes de grand rayon n’influent pas sur la vitesse, mais la résistance devient d’autant plus grande que le rayon est plus petit, une courbe de 500 m. correspond à une rampe de 5 mm par mètre, une courbe de 200 m. à une rampe de 5 mm.
- Sur les grands itinéraires, les rayons ne vont pas en dessous de 500 m.
- Enfin les vitesses se différencient en vitesse commerciale et en vitesse effective de marche.
- La vitesse commerciale tient compte des arrêts : elle atteint en général pour les express (au moins avant la guerre) 90 km, pour les omnibus 50 ou 60. Le Nord réalisait même pour ses rapides 106 km (record mondial toujours avant la guerre).
- La vitesse effective est évidemment plus fortë, elle atteint 120 km.
- À titre d’expérience et sur un parcours étudié, les 150 km ont été réalisés, certes l'automobile et l’avion « font » mieux ; mais si l’on songe au tonnage remorqué, on conviendra que la locomotive reste la reine de la locomotion.
- Il arrive parfois que le train doive s’arrêter étant en pleine vitesse : ce sont les arrêts d’urgence — les freins actuels donnent les résultats suivants :
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- à 85 km à l’heure, 500 m. sont nécessaires, à 100 km.-415 m., si donc un mécanicien aperçoit un obstacle à 500 m., il évite la collision lorsqu’il marche à 85 km ou à une vitesse inférieure, elle se produit pour les vitesses supérieures et à 100 km, le train possède encore une vitesse de 50 km au moment de la rencontre.
- La voie. — Un matériel au point ne suffit pas à autoriser les vitesses impressionnantes, la voie est un élément très important ; une voie bien établie, bien entretenue, des ouvrages d'art souvent visités, des croisements et des aiguillages au fonctionnement parfait sont nécessaires. Il appartient aux poseurs, aux chefs d’équipe, aux piqueurs, aux chefs de districts d’assurer le bon état du « chemin de fer ».
- La voie se compose de rails reliés entre eux par un éclissage et reposant sur des traverses soutenues par du ballast.
- Les premiers rails étaient courts, les grandes vitesses demandent des rails aussi longs que possible et résistants.
- Les traverses sont en général de bois d’excellente qualité et trempées dans un'bain les mettant, pour un certain temps,àl’abrid’unedécomposition trop rapide.
- Le ballastage est constitué soit par des pierres cassées à un diamètre déterminé, soit par du sable, le ballastage s’opère par bourrage ; on ne pose pas la traverse sur le ballast, cm bourre sous la traverse. 4
- Le rail repose soit directement sur la traverse à l’aide de tirefonds (pose Vignolle) avec joints alternatifs, ou repose sur la traverse par l’intermédiaire de coussinets (pose à coussinets) avec joints d’équerre.
- Ces deux poses représentent deux écoles : la première paraît donner une plus grande élasticité, tandis que la 2e est plus rigide; aussi bien le voyageur s’en rendra-t-il compte lui-même, les chocs sont plus rudes sur la 2e ; enfin il semble que la pose Vignolle permet plus facilement les grandes vitesses.
- Ce serait dépasser le cadre de cet article que de donner les mille détails de construction de la voie ferrée. Que le lecteur sache seulement que la moindre chose est un problème à plusieurs solutions: plateforme naturelle ou plateforme créée de toutes pièces (ponts-viaducs), assainissement des couches argileuses ou sableuses, percement de tunnels, manière de poser les tirefonds, l’encastrement du rail sur la traverse, l’éclissage, les joints, les devers, les raccordements des rampes et des pentes aux paliers, les longueurs déterminées de rails dans les courbes, les aiguillages, etc., posent des problèmes tous les instants, le choix du mieux et de la perfection domine sans cesse l’esprit du constructeur.
- L’exploitation. —- Et dans tout ce qui précède, le lecteur n’aura fait qu’effleurer les conditions qui permettent à un train de rouler; ce vaste problème résolu, se présente celui de l’exploitation, et c’est la détermination des trains, leur nombre, leur fré-
- quence ; c’est le calcul simple a priori d’un horaire, mais que vient compliquer le besoin d’assurer les correspondances, et ceci ne vise que les trains de voyageurs, la moindre partie du service des chemins de fer ; car les voyageurs peuvent être nombreux et effectuer de longs voyages, ils ne sont d’aucun rapport direct; seul le transport des marchandises, et c’est là le rôle principal des chemins de fer, permet aux Compagnies de faire face à leurs affaires.
- Aussi bien le voyageur pourra comparer de visu, au sortir d’une gare de voyageurs, l’importance des gares de marchandises, constituées par de longues et nombreuses voies de garage et de triage et par de vastes hangars destinés à recevoir les colis.
- Le voyageur a pu se demander comment on parvenait à composer un train de marchandises constitué par exemple à Bordeaux, et dont les vagons sont à destination de diverses gares ? Les réseaux comprennent à cet effet un certain nombre de gares dites de triage, dans les grandes gares le triage des vagons se fait de la façon suivante.
- Un faisceau de voies (fig. 4) aboutit à un système unique d’aiguillage donnant passage sur une voie unique dénommée voie de gravité et sur laquelle on amène le train à trier. La voie de gravité est à deux plans inclinés, il suffit de pousser le vagon et de l’aiguiller sur la voie ou est constitué un nouveau train à destination d’une autre gare de triage importante. Ce procédé a pour but d’éviter les allées et venues et l’emploi long et difficile des plaques tournantes et de nombreux aiguillages.
- Les signaux. — Il nous reste à examiner la question des signaux, autre question difficultueuse toujours à l’ordre du jour; la perfection est loin d’être atteinte. Formons le vœu que les dernières recherches dans le domaine de la T. S. F. donnent des résultats concluants, la sécurité totale peut en dépendre.
- Les modes de signaux, les appareils de signalisation sont si nombreux que leur étude particulière est nécessaire, aussi ne donnerons-nous qu’une idée générale du fonctionnement du service de sécurité.
- Toutes les lignes principales des réseaux de chemin de fer sont divisées en sections appelées cantons dont la longueur varie suivant l’importance du trafic, en pleine voie ils sont de. 10 à 15 km, aux abords des grands centres, ils tombent à 2, 5 km et même 1 km.
- Deux trains se suivant ne doivent jamais se trouver dans un même canton, ou doivent être séparés par un intervalle de temps déterminé.
- L’application de ces principes a reçu les noms de Bloc-Système absolu et de Bloc-Système permissif.
- Le premier s’emploie sur les lignes à faible trafic, le second sur les parcours à trafic intense :
- Voici le principe du Bloc-Système absolu : soit 2 cantons A et B (fig. 5).
- A l’entrée et à la sortie de A et de B existe un
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- poste d’entrée et de sortie commandant un signal carré ou un sémaphore fonctionnant mécaniquement ou électriquement.
- Un train franchit le poste (a), qui dès ce moment indique le signal fermé, ce signal ne donnera la voie libre que lorsque le poste b ayant assuré le passage du train donnera au poste a, par des moyens mécaniques ou électriques, l’assurance formelle que le canton À est libre, par conséquent tant que le train n’aura pas franchi b, a restera fermé ; dans ce cas absolu, si le train est pour une cause quelconque (avarie, rupture d’attelage) arrêté entre a et b, le conducteur du train n’a pas à se couvrir par les pétards.
- Chaque signal ou sémaphore des postes a et b, est couvert lui-même par des signaux avancés dont la distance d’intervalle varie suivant le profil delà voie, elle est plus courte en rampe qu’en pente.
- Ces signaux sont com-m an dé s mécaniquement ou électriquement par les postes, ils ont un rôle effectif surtout dans l’application du Les sémaphoristes des postes a ou b n’ont pas seulement à assurer le fonctionnement de leurs appareils, ils doivent se rendre compte que le train passant est complet, c’est-à-dire possède ses signaux de queue.
- Ainsi dans le Bloc-Système absolu, deux trains sont toujours au minimum séparés par la distance d’un canton; dans le Bloc-Système permissif, la limite de temps seule intervient, elle est fonction de l’importance du trafic, au minimum 10 minutes.
- Dans ce cas, dès qu’un train franchit a, le gardien du poste a met son. signal « attention » et tout mécanicien doit alors, devant ce signal, se rendre maître de sa vitesse ; arrivé devant le signal avancé, il peut trouver celui-ci fermé, auquel cas il freine immédiatement, et s’arrête, et doit sans plus tarder, par l’intermédiaire du conducteur de train, se couvrir par des pétards à 1000 m. en arrière.
- Tels sont les grands principes du service de sécurité. On ne saurait entrer dans les détails qui demandent une précision et un développement très longs. Quelques principes peuvent encore être énoncés : tout signal ou feu rouge commande l’arrêt absolu, tout signal ou feu vert indique le ralentissement.
- Quant aux agents chargés du service de sécurité, on doit dire qu’ils doivent une obéissance passive aux signaux; les voyageurs s’en souviendront pour ne pas incriminer trop souvent les mécaniciens lors d’arrêts certes énervants, - mais exigés par la sécurité générale.
- Lorsque toutes les lignes seront quadruplées rendant indépendantes les voies de voyageurs et de marchandises, nul doute qu’un progrès immense sera accompli.
- Pour terminer cet article, disons que le réseau français compte actuellement environ 60000 km de voies, tant d’intérêt général que d’intérêt local, desservis approximativement par 15 000 locomotives développant une puissance de 10 000000 chevaux-vapeur.
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- Bloc-Système permissif.
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- Fig. 5. — Les signaux.
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- La protection des hélices d’aéroplane. — La laque du Tonkin. — La technique du laquage. — La création de l’industrie française du laquage.
- Les divers organes de la presse scientifique ont signalé à maintes reprises les industries que la guerre a développées dans notre pays, ou celles qu’elle a fait éclore pour les besoins de la Défense nationale.
- Le laquage, industrie d'Extrême-Orient, que nous ne connaissions que par les objets importés de la Chine ou du Japon, est aujourd’hui industrialisé en France à la suite de la nécessité où s’est trouvée l’aviation militaire de rechercher, pour le recouvre-
- ment des hélices de nos avions, un produit solide, résistant et susceptible de protéger le bois contre l’action des intempéries.
- Qu’il nous soit permis de donner quelques détails qui feront comprendre l’importance de cette question. Au fur et à mesure de l’accroissement rapide de notre aviation, le Service des Fabrications s’est trouvé dans l’obligation de fournir un nombre considérable d’hélices, non seulement pour équiper les avions fournis par les constructeurs, dont le
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- Fig. i. — Malaxage de la laque.
- nombre croissant chaque mois passait de quelques centaines à plusieurs milliers, mais encore pour ravitailler les formations de l’avant en hélices de rechange et permettre leur remplacement aussitôt qu’elles étaient détériorées, afin de conserver à l’avion toutes ses qualités de vol et de vitesse qui, comme on le sait, dépendent directement de cet organe de propulsion.
- On doit le dire et le proclamer bien haut : c’est en France que la question de l’étude scientifique et de la réalisation industrielle de la construction des hélices d’avions a été résolue d’une façon complète grâce aux travaux de nombreux techniciens et à la collaboration des industriels ; nos alliés ont profité parla suite de ces recherches et ont appliqué les mêmes procédés.
- L’hélice d’avion est un organe dont la construction a dû être mathématiquement étudiée, mais le problème est complètement résolu, et son rendement est presque théorique. La seule matière qui, jusqu a ce jour, ait donné des résultats satisfaisants pour sa construction, est le bois qui possède, lorsqu’il est débité dans la longueur de sa fibre, une résistance mécanique suffisante, tout en pouvant supporter sans rupture les déformations produites par l’ensemble des efforts exercés sur l’hélice lorsqu’elle tourne à des vitesses considérables de plus de 1000 tours par minute.
- Les essais faits, à différentes reprises, pour substituer des métaux au bois n’ont jamais donné de résultats satisfaisants et ont toujours été suivis de ruptures désastreuses. Mais si le bois est l’unique matière utilisable, encore faut-il qu’il soit choisi avec un soin extrême en ce qui concerne sa nature, son état physique, son mode de débitage, et ce furent là de nombreuses difficultés auxquelles se heurtèrent, pendant la guerre, les constructeurs d’hélices.
- Un ensemble d’études a été fait sur les bois de notre territoire et sur un certain nombre de bois coloniaux, afin d’établir un classement par catégories de leurs qualités et de leurs emplois. De. nombreux essais ont été faits également concernant les
- meilleurs procédés de séchage et de collage des lames qui, par leur superposition, permettent de constituer la masse dans laquelle l'hélice est ensuite taillée.
- Toutes ces questions, qui relèvent de l’art de l’ingénieur et du constructeur, auraient été inutiles si des procédés de protection n’avaient pas été également étudiés et réalisés.
- Le bois est, en effet, une matière extrêmement sensible aux intempéries, et les hélices sont appelées à passer rapidement dans des atmosphères très sèches ou très humides, à recevoir, pendant l’été, l’action calorifique des rayons solaires et à tourner pendant l'hiver dans les brouillards épais ou dans les rafales de pluie et de neige. Les hélices d’hydravions soumises aux actions des embruns de la mer se trouvent dans des conditions encore plus défavorables. L’action mécanique des vésicules de brouillard ou des gouttelettes d’eau suffit, en effet, pour arracher les fibres du bois sur le bord des pales et l’absorption d’humidité peut amener le décollage des lames ou des variations du pas par déformation générale de l’ensemble.
- D’un autre côté, l’hélice ne doit offrir aucune aspérité et être aussi lisse que possible. C’est pourquoi on en a toujours verni soigneusement les surfaces ; mais, il faut le reconnaître, au commencement de la guerre, on cherchait plutôt à obtenir par le vernissage un aspect séduisant qu’une protection véritablement efficace pour le bois. On employait des vernis à l’alcool et à la gomme laque, et il paraît maintenant tout à fait anormal de constater que les procédés de vernissage étaient en somme les mêmes pour des meubles d’intérieur que pour des organes soumis à des efforts mécaniques considérables, aux intempéries, à l’action de l’eau, de l’essence et des huiles chaudes ou froides rejetées par le moteur.
- Le Laboratoire de l’Aéronautique reçut la mission de faire une étude complète et méthodique des différents procédés de vernissage qui pourraient être employés pour la meilleure protection et conservation des hélices. On essaya une quantité consi-
- Fig. 2. — Filtrage de la laque.
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- dérable de peintures et vernis, et les hélices furent soumises à des essais aussi nombreux que variés : exposition à l’air, résistance au froid et à la chaleur (dans des limites comprises entre — 70° et 100°), immersion dans l’eau ordinaire et dans l’eau de mer, immersion dans l’essence minérale, dans les huiles minérales, dans l’huile de ricin froide et chaude, etc. Enfin, un dispositif spécial fut créé, permettant de faire tourner les hélices dans un brouillard artificiel, comme l’indique la photographie ci-jointe (fig. 5).
- Le problème était le suivant : un vernis pour
- aux exigences du problème, mais celui-ci reçut une solution qui donna une satisfaction complète par l’emploi d’un produit colonial sur lequel il nous a semblé intéressant d’appeler l’attention. Il s’agit de la laque d’Extrême-Orient, dont l’emploi était surtout connu en Europe par les nombreux objets d’art importés de la Chine ou du Japon et que nos colonies d’Indo-Chine, principalement le Tonkin, produisent et exportent en abondance.
- Les arbres à laque du Tonkin diffèrent légèrement de ceux du Japon : l’arbre tonkinois est le Rhus Succedcinea, tandis que l’arbre du Japon est le
- Fig. 3. — Installation pour essai des hélices laquées dans un brouillard artificiel d’eau vésiculaire.
- hélice doit protéger le bois sous-jacent, de façon que celui-ci ne s’humidifie pas aux intempéries et ne se déformé pas. Il doit être lisse pour atténuer le frottement dés pales dans l’air et être suffisamment élastique pour participer aux déformations des pales sous l’effet de la poussée qu’elles subissent, imperméable à l'eau et aux autres liquides qui peuvent venir en contact avec lui, enfin il doit être bien adhérent au bois, né pas se détacher ou s’engrainer so,us le choc de vésicules d’eau de l’atmosphère et conserver ses qualités avec le temps.
- Il faut reconnaître que cet ensemble'de qualités demandées'à un seul produit est extrêmement difT ficile à réaliser et seulement quelques ’établissements qui voulurent bien se prêter aux nombreuses expériences qu’on leur demanda, réussirent à fournir des produits qui répondaient assez complètement
- Rhus Vernicifera, mais fe professeur Bertrand, dont les études sur la laque sont bien connues, assure que les latex des deux arbres sont identiques.
- Nous croyons intéressant, avant d’indiquer les résultats obtenus par l’emploi de ce produit, de donner quelques renseignements sur le végétal producteur et sur la récolte de la matière industrielle au Tonkin.
- Le Rhus Succedanea, « caï-son » des Annamites, est un arbuste à feuillage très découpé qui, adulte, mesure de 2 à 4 m. 50 de haut. La légende représente le laquier comme un arbre encore plus redoutable que le mancenillier, mais en réalité, des troupeaux de poules sauvages abondent dans les plantations d’arbres à laque. Ces arbres font l’objet de cultures régulières dans les provinces de Hùn-glioa, de Thuyen, Quang-Sontay.
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- Quand ils atteignent 2 m. de haut, vers la deuxième année de leur âge, les arbres sont incisés d’entailles en V comprenant la moitié du pourtour de l’arbre; ces entailles commencées à la base de l’arbre sont rafraîchies tous les deux jours, jusqu’à ce qu’elles atteignent la hauteur à laquelle la main de l’homme ne peut plus atteindre; on fait ensuite des incisions analogues sur la face opposée. A la base de l’entaille, des femmes placent des coquilles de moulés destinées à recevoir le latex qu’elles recueillent toutes les deux heures. Le produit est versé dans des vases en bambou tressé, imperméabilisés par laquage.
- Le latex est blanchâtre, mais il s’oxyde rapidement à la lumière et à l’air ; il prend une teinte brune et noircit complètement. En été, à cause de la lumière et de la chaleur, la récolte ne dure que de 6 à 8 heures du matin, mais en hiver elle peut se prolonger toute la journée.
- Les vases en bambou recouverts d’un papier imperméabilisé et noirci sont transportés avec soin et leur contenu est versé dans des jarres qui sont conservées dans l’obscurité la plus absolue. Au bout de 4 'a 5 mois le liquide s’est divisé en plusieurs couches. A la partie inférieure unécouched’eau, puis, par ordre de densités, la meilleure étant la plus légère, quatre qualités de laque :
- 1° Le son mat giau; 2° le son gioi ; 3° le son-tanghi, son-caidat ; 4° le son-tangbi, son-bo.
- La 4e qualité sert à calfater les sampans ou à boucher les interstices des assemblages de bois ; en ce qui concerne le laquage proprement dit, seules sont employées les trois premières qualités.
- Les laquiers sont saignés jusqu’à la 8e année, à ce moment, couverts de cicatrices et de laque, ils sont convertis en bois à brûler. Le latex est insoluble dans les essences et les corps volatils ; c’est à cette insolubilité, ne permettant pas de l’employer comme les peintures usuelles européennes, que la laque doit certainement de n’avoir jamais vu son emploi se vulgariser en Europe.
- La laque sert aussi bien à recouvrir les meubles les plus grossiers qu’à enduire les bibelots les plus précieux. Au Japon on se sert même d’ustensiles de cuisine laqués. Les différences d’aspect que présentent les objets proviennent des préparations différentes auxquelles sont soumises les diverses qualités,
- On attribue au latex bien des méfaits : on dit que nul ne peut l’approcher impunément, son contact occasionnerait des éruptions violentes et doulou-
- reuses, et causerait en outre de fréquentes ophtalmies. Suivant les conseils du Dr Le Roy des Barres, directeur de l’hôpital indigène à Hanoï, les compresses d’eau aussi chaudes que possible et très fréquemment renouvelées ont presque immédiatement raison de ces dermites. C’est le remède par excellence et son emploi est simple. On ne peut citer qu’à titre de curiosité les infusions de copeaux de pin, de feuilles de colombrier tant recommandées par les Chinois et les Annamites. Quant aux ophtalmies, pour les éviter, il suffit aux ouvriers laqueurs de ne jamais abandonner le travail pour vaquer aux opérations courantes de la vie, sans s’être soigneusement nettoyé les mains avec de l’huile pour dissoudre la laque encore fraîche, puis avec du savon pour enlever le tout.
- Le professeur Bertrand, de l’Institut Pasteur, a fait une longue et minutieuse étude du latex ; ses travaux ont révélé que la laque est une émulsion d’une gomme, lac-col, dans la dissolution aqueuse d’une dias-tase désignée sous le nom de laccase. La laccase est soluble dans l’eau alors que lelaccol est insoluble. La laccase, dans certaines conditions de température et d’humidité, joue le rôle d’oxydant du laccol en présence de l’oxygène de l’air : le mécanisme de durcissement de la laque, autrefois si mystérieux, s’explique aisément. s
- La laque est employée en Chine depuis des temps fort anciens pour enduire les bois. Son usage s’est ensuite répandu au Japon, puis au xive siècle en Annam. Dans des genres un peu différents, les laqueurs chinois et japonais ont été de véritables artistes ; ils ont laissé des œuvres d’art qui se sont conservées absolument intactes et qui sont des merveilles d’habileté professionnelle et de patience. Que l’on pense au temps qu’il a fallu pour établir ces vases chinois laqués et sculptés dans lesquels l’ouvrier est parvenu à recouvrir les objets d’une épaisseur telle qu’il a pu sculpter dans la couche de laque des ciselures de plusieurs centimètres d’épaisseur. Les paravents chinois anciens, où les teintes claires prédominent, sont des merveilles d’art. Il est en effet impossible de donner à la laque des teintes claires; elles sont obtenues, comme les nuances or et argent, par insufflation sur la laque encore humide de poudres de différentes couleurs qui s’incorporent dans le produit : après ponçage et séchage'on recouvre de nouvelles couches de laque.
- La laque demande toujours un support, aussi peut-on considérer comme une pièce unique la
- Fig. 4. — Corrosion du bord des pales de l’hélice après essai dans le brouillard vésiculaire.
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- fameuse coupe du Musée de Tokio qui, de 1res faible épaisseur, est en laque pure sans aucun support.
- La laque constitue un enduit parfait et d’une imperméabilité absolue ; son adhérence au bois est infiniment supérieure à celle d’aucun autre vernis ou peinture européenne. En 1874, le vapeur Le Nil sombra sur les côtes du Japon avec un chargement de japonaiseries; dix-huit mois après le naufrage, on parvint à retirer de l’épave,' sous trente-cinq brasses d’eau, le stock d’objets laqués dont aucun n’avait souffert de son immersion prolongée dans l’eâu de mer.
- Les carrossiers obtiendraient avec du laquage à trois couches des revêtements plus beaux que ceux
- s’obtient par malaxage avec de l’huile d’abrasin cuite et du cinabre-; les teintes bleu et vert foncé s’obtiennent avec des oxydes de cobalt et de nickel.
- Les Annamites commencent par poncer minutieusement le bois à laquer ; ils appliquent une première couche de laque crue qui répond à la couche appelée bouche-pores parles vernisseurs. Si la pièce à laquer présente des jointures ou des défectuosités, elles sont mastiquées avec un mélange de laque et de sciure de bois finement tamisées. La couche de mastic est étendue soit au moyen de spatules en os, soit au moyen de truelles triangulaires en bois llexible dont la petite face est taillée en lame amincie. Lorsque cette première couche est sèche, elle est poncée et la pièce à laquer reçoit
- Fig. 6. — Exposition des hélices laquées aux intempéries. (Les hélices sont changées de face toutes les 24 heures.
- qu’ils obtiennent avec des vernis à dix-huit couches. Les ébénistes auraient aussi de gros avantages à retirer de l’emploi de la laque : un bois sec laqué ne se déforme plus et la laque présente une telle élasticité qu’on peut tordre le bois laqué sans faire craqueler la couche qui le recouvre.
- Les emplois de la laque pourraient être fort nombreux, car il n’y . a guère de matière qui ne puisse en être revêtue. Après malaxage avec de l’huile d’abrasin, huile d’Elacococca, elle peut servir à enduire les métaux d’une couche parfaitement imperméable en leur donnant l’aspect des métaux émaillés. L’enduit laqué est insoluble dans les essences, les huiles, et est inattaquable aux acides ou aux alcalis.
- La laque fraîche présente une couleur laiteuse; étendue en couche mince et durcie par oxydation, elle prend une couleur jaune et reste transparente présentant l’aspect d’un vernis un peu foncé. Mélangée avec de l’huile d’abrasin et malaxée avec un objet en fer sur un feu doux (fig. J), elle prend une belle couleur noire. La couleur rouge vermillon
- une seconde couche de laque mélangée avec de l’argile très fine ou de la terre recueillie dans les termitières. Cette couche, une fois sèche, reçoit un ponçage avant l’application de la troisième couche, avec de la laque de première qualité. La laque est étendue au moyen de pinceaux composés de deux planchettes de bois collées, entre lesquelles ont été disposés des cheveux humains ou des poils de queue de bœuf ; on laisse à ces cheveux une, longueur de fibre de quelques millimètres et on taille les faces en bois du pinceau à mesure que les poils s’usent, de façon à leur conserver toujours la même longueur.
- Avant emploi, la laque est filtrée : le produit est versé sur un carré de toile recouvert d’une couche de ouate de coton ou de fibres de kapok ; le tout est enroulé et les extrémités sont saisies par des ficelles fixées aux extrémités de deux chevilles traversant deux montants verticaux en bois. Les chevilles étant soumises à un mouvement de rotation en sens inverse, la laque comprimée traverse les pores du tissu et tombe dans un vase, prête à l’emploi (fig. 2).
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- LE VENT BALISTIQUE
- Pour obtenir le durcissement, on met les objets fraîchement enduits dans une chambre obscure, chaude et humide. Au Tonkin, où la température est généralement élevée, on obtient l’humidité en entourant et en recouvrant les objets laqués de nattes imprégnées d’eau. Le durcissement est d’autant plus rapide que la température y est plus élevée et se rapproche de 40°. En hiver, par les températures froides, le travail de la laque devient impossible.
- Les premiers essais au Laboratoire de l'Aéronautique à Chalais-Meudon ont été exécutés avec des échantillons de laque mis gracieusement à la disposition de l’Aviation militaire par la Direction du Jardin colonial de Nogent. Ces échantillons provenaient des collections ayant figuré aux Expositions de Paris en 1900 et de Marseille en 1906. Ces laques, dont la provenance et la qualité étaient douteuses, ont donné des enduits séchant mal ou très longuement et n’acquérant qu’une dureté imparfaite et après un temps excessivement long; il semble donc que, sous l’action du temps ou de mauvaises conditions de conservation, le ferment perd tout ou partie de son activité.
- Ces essais préliminaires permirent d’organiser les mélhodes de travail avec les premiers ouvriers laqueurs annamites que l’Administration avait recrutés dans les groupements organisés en France, et, lorsque le personnel et les produits envoyés par la colonie arrivèrent en France, les essais définitifs purent être exécutés immédiatement.
- Ils portèrent sur plusieurs centaines d’hélices de types différents, sur un certain nombre d’hélices pour dirigeables et sur des soupapes de ballons en bois qui furent reconnues moins dangereuses aux influences électriques de l’atmosphère que les sou-
- papes métalliques. Toutes ces hélices, montées sur avions, donnèrent des résullats tout à fait satisfaisants, et quelles qu’aient été leurs conditions de marche aux températures les plus variables et dans les conditions les plus défavorables, l’enduit laqué assura une protection parfaite du bois. Par la suite, le Sous-Secrétariat de l’Aéronautique décida d’étendre le laquage à toutes les hélices fabriquées.
- Une société industrielle se forma à cet effet et s’assura le concours d’un spécialiste qui avait dirigé les travaux d'essais, M. Verneuil. Établi pendant de longues années dans une des principales villes du Tonkin, où il avait industrialisé l’industrie du laquage, puis mobilisé pendant la guerre à l’Aéronautique, il est aujourd'hui directeur de la Société d’Expansion Coloniale dont les ateliers de Boulogne-sur-Seine ont été organisés spécialement pour le laquage industriel.
- Les besoins de l’Aéronautique n’étant plus suffisants à l’heure actuelle pour assurer l’activité de cette Société, elle a entrepris le laquage industriel des meubles, du matériel pour cliniques et hôpitaux, et celui de tous objets en bois ou en mêlai; elle envisage également le laquage des voitures et des automobiles et peut-être nos Compagnies de chemins de fer, à l’exemple de celles du Japon, en arriveront-elles à faire laquer les panneaux extérieurs et l’aménagement intérieur de leurs wagons.
- Il s’agit, comme on le voit, d’une industrie intéressante, utilisant un des principaux produits d’une de nos colonies, introduite et industrialisée dans la métropole par les exigences de la guerre et pour les besoins très spéciaux de l’Aéronautique.
- René Guérin.
- Ancien Directeur des Laboratoires de l'Aéronautique.
- LE VENT BALISTIQUE
- On peut dire, sans crainte d’ètre taxé d’exagération, que l’influence des facteurs météorologiques ne tenait pas, avant la guerre, dans le calcul des éléments initiaux d’un tir, une place proportionnée à son importance. On se contentait de mesurer, d’ailleurs sans précision, la température, la direction et la vitesse du vent au voisinage des batteries, et les tables de tir en usage ne permettaient de calculer l’effet de ces- éléments sur le projectile qu’avec une approximation grossière. Le tir était « ajusté » par le réglage, et on paraissait se soucier assez peu du nombre de coups à tirer avant que le tir fût réglé.
- La marine de guerre avait été amenée depuis longtemps à pousser davantage l’étude de la rapidité des réglages : en effet, la quantité de projectiles emmagasinée à bord d’un navire est fort limitée et il importe de ne pas les gaspiller; d’autre part, dans lès duels d’artillerie des batailles navales, le tireur est en même temps une cible, et le vainqueur est celui qui le premier met ses coups au but.
- Avec le développement de l’artillerie lourde sur le front, on fut conduit à envisager le problème du tri
- d’une façon identique à celle qui avait prévalu dans la marine : l’approvisionnement en projectiles n’était plus illimité, et l’observation aérienne permettait de déceler rapidement et de contre-battre la batterie qui tirait. 11 devint nécessaire d'écourter les réglages, et de mettre par suite le premier projectile le plus près possible du but. Le réglage par observation aérienne, qui se généralisa de plus en plus, est rendu d’aill- urs beaucoup plus facile, si les projectiles tombent assez près du but pour être immédiatement repérés. Le calcul des éléments initiaux du tir, un peu négligé jusque-là, prit l’importance qui lui est due. L’arrivée des canonniers-marins sur le front contribua pour une grande partie à l’application de méthodes précises de tir.
- Pour un calcul précis des éléments initiaux d’un tir, il faut connaître en particulier l’influence du vent. Or cette influence du vent n’était pas complètement élucidée. Les tables de tir habituelles, même celles établies pour les canons de marine, ne donnaient les corrections qu’en fonction du vent au voisinage du sol et n’indiquaient nullement la façon de tenir compte des variations du vent avec l’altitude. Ce ne fut qu’en 1915 que
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- LE VENT BALISTIQUE
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- la discussion des tirs exécutés par divers groupes de 19, en particulier par le 1er et le 5e groupe, conduisit à la règle simple, presque intuitive, et qui sembla suffisamment exacte, que la déviation imprimée au projectile par le vent est proportionnelle au temps pendant lequel le projectile lui est soumis.
- L’application de cette règle au réglage du tir au combat fut faite pour la première fois à la bataille d’Artois le 9 mai 1915 par le 1er groupe de 19.
- Pour calculer l’influence du vent, il fallait donc connaître les variations du vent avec l’altitude, et pour cela installer, auprès des batteries, des postes de sondages aérologiques par ballons-pilotes/1).
- Mais, jusqu’en 1916, ces postes de sondages furent en nombre fort limité, et le perfectionnement des méthodes de tir n’était guère possible, puisqu’on ne pouvait avoir de bonnes observations de vent. Une impulsion décisive fut donnée à ce sujet par le Maréchal Focb, alors commandant du groupe d’armées du Nord : dans les instructions que je reçus pour organiser le Service météorologique en vue de la bataille de la Somme, les renseignements à fournira l’artillerie figuraient au môme titre que les prévisions du temps, ou que les renseignements pour l’aéronautique, ou les compagnies de gaz.
- Pendant toute la bataille de la Somme de 1916, nous nous efforçâmes de perfectionner les renseignements météorologiques destinés à l’artillerie, et sur le front de bataille, du mois de juin au mois d’octobre, les postes de sondages nouvellement installés firent environ 20 sondages par jour. Cette expérience ayant fait ses preuves, le général en chef décida en octobre 1916 de généraliser sur l’ensemble du front les procédés employés pendant la bataille de la Somme. C’est ce que l’instruction du 22 octobre 1916 sur le Service météorologique aux Armées stipulait en termes fort nets.
- Mais nous en étions toujours restés, au point de vue du calcul de l’influence du vent, à la règle établie par les groupes de 19. Au reçu du sondage aérologique, chaque batterie devait calculer l’effet du vent de chaque couche sur le projectile tiré, puis totaliser ces effets partiels pour avoir la correction totale, et ce calcul ne laissait pasqued’èlre fort long. Souvent il n’étaitpaspossible, car la durée du trajet des projectiles dans les couches successives de l’atmosphère n’était pas connue. Alors on prenait le vent qui soufflait aux 5/1 ou aux 2/3 de la flèche — on ne savait trop pourquoi — et on entrait avec ce vent-là dans les tables de correction.
- Il était nécessaire de trouver, pour généraliser l'usago des corrections précises, une règle simple, d’application facile. Tout calcul sous le feu de l’ennemi est compliqué et le combattant ne peut guère se livrer à des opérations savantes. La solution du problème fut donnée par une note du chef d’escadron Taton, commandant le 7e groupe de 52, et par une étude très complète des durées de trajet des projectiles dans l’atmosphère faite en janvier 1917 par MM. Lebesgue etMontel, du Service des calculs du Ministère des Inventions (2).
- Le commandant Taton fît remarquer que pour tous les projectiles de 52, quelles que soient les charges employées, les durées de trajet des projectiles dans les différentes couches de l’atmosphère étaient sensiblement les
- 1. On sait qu’on mesure le vent à diverses hauteurs en suivant au théodolite le déplacement d’un petit ballon gonflé d hydrogène. C’est cette operation qu’on appelle un sondage aérologique par ballon-pilote.
- 2. Celle élude avait été entreprise à la demande de M. Borel.
- mêmes que celles qu’on obtient en considérant les trajectoires dans le vide. De leur côté, MM. Lebesgue et Montel montrèrent que les durées relatives de trajet dans les couches successives étaient indépendantes du calibre et de la vitesse initiale, et qu’elles ne dépendaient que de la flèche de la trajectoire. Deux projectiles qui montent à la même altitude restent dans une couche donnée pendant la même fraction de la durée du trajet totale. On peut donc remplacer tous les vents variables qui s’exercent sur un projectile par un vent constant fictif qui est le même pour tous les projectiles dont la trajectoire a la même flèche. Le calcul du*vent fictif peut être fait par un service étranger à l’artillerie, par exemple par le Service météorologique chargé d’observer les vents.
- C’est le 10 février 1917 que nous avons envoyé aux armées une première note sur le calcul de ce vent fictif qui fut appelé vent balistique. Le vent balistique est calculé de la façon suivante :
- Soit T la durée de trajet totale du projectile, t la durée de séjour du projectile dans une couche atmosphérique donnée. Si l’on admet que l’effet du vent sur le projectile est proportionnel au temps pendant lequel il agit,
- cet effet dans chaque couche est proportionnel à ,p-
- Or les facteurs ^ sont faciles à calculer en fonction
- de la flèche, puisqu’ils sont les mêmes que pour une trajectoire dans le vide et ces facteurs sont les coefficients à affecter aux valeurs du vent dans les couches successives.
- Par exemple pour une flèche de 2000 m., il faudra multiplier les vents observés de 0 à 500 m.par 0,15, de 500 à 1000 m. par 0,16, de 1000 à 1500 m. par 0,21, de 1500 à 2000 m. par 0,50. La somme géométrique de ces différents vents sera le vent balistique convenant à tous les projectiles dont la trajectoire a une flèche de 2000 mètres.
- Des procédés de calcul par tableaux ou par abaques permirent aux stations météorologiques de déterminer très rapidement les vents balistiques correspondant à des'flèches espacées de 500 m. à 500 m. jusqu’à 6000 mètres.
- L’usage du vent balistique se généralisa très rapidement aux armées et la plupart des batteries accueillirent très favorablement ce procédé de correction qui leur demandait si peu de travail.
- Les résultats pratiques furent très bons, ainsi qu’en témoignèrent de très nombreuses lettres de commandants de batteries ou de commandants de groupements. Je me contenterai d’en citer une, celle que m’écrivit M. le lieutenant-colonel Gay, commandant le groupement R. C. A. L. de la 6e armée le 18 mai 1917, à la suite des batailles du mois d’avril.
- « Le vent balistique, transmis par la station météorologique ou par les postes de sondages de l’armée, a été employé à la préparation des tirs de l’artillerie lourde pour des valeurs de flèche généralement comprises enfre 1500 et 5000 m., et qui ont parfois dépassé 6000 m.
- La précision des résultats a été de l’ordre indiqué ci-après :
- 1° Pour les canons longs tirant avec flèche voisine de 2000 m. : lre salve généralement à moins de 100 m. de l’objectif. La photographie a révélé notamment que certains tirs de 52, effectués sans observation pour cause de brouillard, ont été exactement encadrants;
- 2° Pour les obusiers et les mortiers do gros calibre
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- (flèche de. 5000 à 5000 m.) môme ordre de précision;
- o° Pour les canons longs tirant à très grande distance (flèche de 5000 à 6000 m.) écart initial de l’ordre de 200 m. pour une correction totale de l’ordre de 1000 mètres.
- Ces résultats sont excellents. Le procédé actuel du vent balistique rend donc les meilleurs services. »
- De très nombreux témoignages du même genre vinrent confirmer l’Intérêt de cette méthode nouvelle et, au début de 1918, le Ministre de la marine, à la suite d’une lettre d’un général en chef, pouvait résumer ces témoignages en disant qu’ « une contribution extrêmement importante avait été apportée à la précision du tir des armées françaises ))(1).
- Le vent balistique cependant n’eut pas que des partisans. La règle balistique qui sert de base à son calcul fut critiquée : l’effet du vent n’est pas proportionnel au temps pendant lequel il agit. L’action prépondérante n’est pas forcément l’action du vent des hautes altitudes, mais peut-être celle du vent aux faibles altitudes. Les laborieuses études des Commissions de tir pour élucider le problème n’ont pas abouti à l’établissement de règles simples avant la fin de la guerre. La loi intuitive admise par les groupes de 19 en 1915 continua à être adoptée par la très grande majorité des batteries, car
- 1. Un témoignage qui nous fut aussi très précieux fut une lettre de M. Borel, alors directeur des Services scientifiques du Ministère de la guerre, qui nous félicitait d’avoir réalisé si rapidement aux armées cette réforme importante.
- DES LÉGUMES —................. —...... .....
- cette loi avait permis de faire des tirs merveilleux. En partie grâce au vent balistique, la précision du tir fit de grands progrès en un an, non seulement dans les batteries d’artillerie lourde, mais dans l’artillerie légère. Le général Ludendorlï constata ces progrès dans de nombreux ordres, où se manifestait un certain dépit.
- Ce qui ne veut pas dire que Jes méthodes de correction de vent ne peuvent pas être améliorées. Il n’est d’ailleurs pas du ressort de la météorologie de résoudre ce problème de balistique. Le problème que le Service météorologique a résolu était le suivant : étant admise une règle de balistique, calculer un vent fictif qui puisse facilement être transmis aux batteries et appliqué par elles. C’est en cela qu’a consisté vraiment le progrès. Sans le vent balistique, il se serait toujours trouvé des commandants de batterie qui se seraient astreints aux longs calculs des corrections du vent; mais cette précision n’aurait été le fait que d’une minorité. Tandis qu’en faisant fournir à l’artillerie un vent fictif tout calculé, toutes les batteries l’appliquaient et la précision générale des tirs était considérablement augmentée. Si demain une autre règle de balistique est démontrée, il faudra s’efforcer de la mettre sous une forme telle que le Service météorologique qui mesure le vent puisse toujours calculer le vent fictif que l’artillerie doit appliquer.
- J. Rouen,
- lieutenant île vaisseau, ancien chef du Service météorologique des Années et de la Marine.
- LE SÉCHAGE DES LÉGUMES
- La Nature a fait connaître pendant la guerre (n° 2334, 22 juin 1918) les avantages du séchage des produits alimentaires et les principaux lisposilifs employés dans ce but. Les renseignements pratiques suivants complètent utilement cette étude.
- Les légumes prennent souvent, par la dessiccation, une odeur et un goût de foin, provenant surtout de l’altération des matières azotées. Il vaut mieux, au préalable, les blanchir, c’est-à-dire les tremper dans l’eau bouillante. Celte opération prévient le durcissement, le brunissement; tue les bactéries du foin, supprime, chez certains légumes, l’odeur forte et le goût âcre, coagule les matières albuminoïdes et leur conserve leur saveur propre. On peut blanchir à l’eau bouillante, ou, mieux, à la vapeur. Le temps durant leqùel les produits doivent rester dans l’eau varie. Il y a, d’ordinaire, inconvénient à dépasser le moment où ils commencent à se ramollir sous la pression des doigts. Pour conserver la couleur verte, il faut ajouter à l’eau bouillante une cuillerée un quart à café, remplie au ras, de sel marin, et une cuillerée, au ras, également, de bicarbonate de soude pour 4 litres d’eau. Quel que soit le cas, on immerge ensuite vivement les légumes dans l’eau froide, renouvelée. Puis on les laisse égoutter, ou on les éponge avec un linge.
- On peut sécher les produits au soleil (surtout persil, cerfeuil, etc.), où on les protège contre les insectes, les poussières, avec une étamine. On complète, quelquefois, la dessiccation dans le four de cuisine ou de boulanger, dont on maintient là porte entr’ouverte pour laisser échapper l’air humide. Quand le séchage est à peu près
- complet, on met les plateaux sur des supports,.au-dessus du fourneau, afin d’utiliser la chaleur rayonnante.
- Outre les séchoirs,rou évaporaleurs industriels, on en trouve de petits modèles que l’on peut placer sur la cuisinière. Il est même assez facile de construire un séchoir simple de ménage. On établit, avec des montants, une sorte de bfiti parallélépipédique, dans lequel on dispose des plateaux en treillage de fil de fer galvanisé, ou en étamine, espacés d’environ 10 cm. Afin que la chaleur parvienne à tous les plateaux, on tient ceux-ci plus courts de 5 à 10 cm que le cadre, ce qui permet de les pousser alternativement contre le fond, et d’en ramener le bord sur le devant. On peut former les parois de la carcasse du séchoir avec des feuilles de métal, de légères planchettes, du carton, et, même de la toile. La partie supérieure ne doit pas être entièrement couverte ; on y ménage une large ouverture pour l’échappement de l’air humide. La partie inférieure est faite de métal, pour éviter l’incendie. Si l’on met directement l’appareil au-dessus d’un foyer ou d’une lampe, il faut placer à quelques centimètres au-dessus du feu, une feuille de tôle, pour que la chaleur directe ne rôtisse pas les légumes.
- En ce qui concerne la température, on se -rappellera que ces produits brûlent facilement. On dit, généralement, que l’on peut atteindre 70 à 80°. Cependant, d’après une communication de M. Vermorel à l’Académie d'agriculture (séance du 5 juin 1918) il ne faut pas dépasser 40 à 50°, sinon les matières albuminoïdes sont coagulées, les légumes sont trop durs et perdent beaucoup de leurs qualités. Quand on opère à haute tempé-
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- LE SECHAGE DES LEGUMES
- rature, on doit sécher très rapidement, pour conserver le parfum. D’ailleurs, dans l’évaporateur on peut commencer à un degré de calorique élevé, ou faire l’inverse. Le premier procédé convient souvent mieux quand bn a blanchi les légumes, de façon à faire disparaître rapidement l’humidité superficielle, mais il est indispensable de réduire la température aussitôt celle-ci disparue, sans quoi la surface durcirait et l’humidité intérieure sortirait difficilement.
- Quand on commence à basse température et qu’on élève celle-ci graduellement, on doit veiller à ce que les produits presque secs ne rôtissent pas, et pour cela il ne faut pas dépasser 70 à 80°. Les claies sont peu à peu rapprochées du point le plus chaud. On fait l’inverse dans le premier cas.
- Les légumes qui présentent une certaine consistance (haricots verts, carottes, pommes de terre, etc.), coupés en morceaux, rondelles, etc., doivent être rangés côte à côte, à plat ou sur tranche, sans les agglomérer plus à un endroit qu’à un autre.
- A la sortie de chaque claie de l’évaporateur, on opère un triage, et remet dans l’appareil les morceaux qui ne ..sont pas suffisamment secs. Les légumes sont à point quand ils cassent net lorsqu’on tente de les faire plier.
- Après dessiccation, on laisse un peu du produit dans un plat de terre. Si l’on remarque, au bout de quelques jours, des signes d’humidité ou de moisissure, il faut compléter le séchage au moins au. soleil.
- Les légumes absolument secs sont très cassants, on les manipule difficilement, il faut les laisser à l’air un certain temps (1 à 2 jours sous les climats secs et tempérés), pour qu’ils absorbent un peu de l’humidité atmosphérique. Dans les pays chauds, si on ne peut les emballer qu’après quelques jours, on peut avant les chauffer à 75°, pour détruire les œufs d’insectes qui pourraient y avoir été déposés.
- La julienne est un mélange de légumes secs avec des condiments divers, coupés en petits morceaux. M. Valvas-sori, de l’Ecole d’Agriculture de Florence, conseille les proportions suivantes : pomme de terre, 50 pour 100; carottes, 25 pour 100; choux-raves (racine), 5 pour 100; côtes de céleri, 4 pour 100; choux cabus, 6 pour 100; choux verts, 10 pour 100; choux-fleurs, 5 pour 100; épinards, 1 pour 100; feuilles de céleri, 1 pour 100; feuilles de choux-raves, 1 pour 100; feuilles de persil,
- 1 pour 100; feuilles de navet, 1 pour 100; haricots verts, 5 pour 100; oignons, 2 pour 100; poireaux,
- 2 pour 100; navets (racine), 5 pour 100. Échauder les pommes de terre, les carottes, les choux-raves, dans de l’eau additionnée de 5 pour 1000 de bisulfite de soude. En outre, pour les pommes de terre, les échauder dans de l’eau salée à 25 pour 1000. Les feuilles de choux-rave, les petits pois, les haricots verts, sont échaudés dans l’eau avec du bicarbonate de soude à 2 pour 1000. Les autres légumes sont échaudés dans l’eau salée à 5 pour 100. Certains produits doivent être traités par la vapeur : choux cabus, choux verts, épinards, feuilles de navet.
- La durée du traitement est de : pommes de terre, 5 à 5 minutes; carottes, 2 minutes 1/2; choux-raves, 5 à 4; choux cabus, 2 à 5; choux verts, 2 à 3; choux-fleurs et choux brocolis, 5; épinards, une demie; feuilles de chou-rave, 2 à 5; petits pois, 4; haricots verts, 1 ; racines de navet, 2 à 5 ; feuilles de navet, 1 à 2.
- Voici les températures de la dessiccation, la durée en
- heures de celle-ci, et enfin, le rendement pour 100 kg de produits frais : pommes de terre, 50° à 60°, 10 heures, 50 kg; carottes, 60° à 65°, 10, 11; choux raves, 50° à 00°, 8, 10; choux cabus, 50° à 60°, 7, 7; choux verts, 50° à 60°, 7, 7; choux-fleurs et choux brocolis, 60°, 9, 4 à 5 ; épinards, 30° à 40°, 6, G; feuilles de céleri, 40° à 50°, 6, 20; feuilles de chou-rave, 40° à 50°, 6, 8; petits pois, 40° à 50°, 7, 6 à 7; haricots verts, 50° à 60°, 8, 8; oignons, 40° à 50°, 10, 15; poireaux, 40° à 50°, 8, 11 ; racines de navet, 50° à 60°, 8, 10; céleri, 40° à 50°, 9, 6; feuilles de persil, 40° à 50°, 9, 18 à 20; feuilles de navet, 40° à 5.0°, G, 8.
- On prépare aussi des comprimés de légumes, en tablettes d’environ 100 gr., quelquefois divisées par des sillons. On traite les légumes quand ils sont à moitié secs, ou bien on les laisse à l’air reprendre de l’humidité. La pression nécessaire, obtenue avec une presse hydraulique, est d’environ 400 kg par centimètre carré. Après la mise en agglomérés, on achève la dessiccation s’il y a lieu. Dans un espace de 1 m5, dit M. Malpeaux, on peut loger au moins 120 boites de 5 kg.- Si l’on compte 25 gr. pour la ration d’une personne, ces 600 kg. représentent 24 000 rations.
- Les légumes et les racines potagères cuits, puis séchés, peuvent être réduits en farine pour la confection des soupes et purées. Les produits sont triés, épluchés, décortiqués, lavés, coupés au besoin, puis soumis dans un autoclave, à la température de 112° à 115°. On les sèche ensuite dans un évaporateur.
- On doit tenir les légumes secs à l’abri de l’humidité, des poussières, des insectes et autres souillures, dans des récipients appropriés. Les boîtes en fer-blanc, à fermeture hermétique, conviennent le mieux. On garnit l’intérieur de papier parcheminé, et l’on y range les produits par lits de 1 à 2 cm d’épaisseur, séparés par une feuille de papier. Certaines boites, employées pour le miel, rportent autour du couvercle une rainure où l’on peut couler de la cire.
- Sous les climats humides, le moins cher de tous les récipients est le simple sac à papier, ne contenant que la quantité suffisante pour un ou deux repas, afin d’éviter d’exposer à l’air la portion du produit qui ne doit être consommée que plus tard. Pour fermer le sac, on tord le haut, pour former un col. La partie qui reste au-dessus de l’endroit tordu se rabat sur le col, et lé tout est lié fortement avec une ficelle. On enduit alors complètement le sac de paraffine fondue, en se servant d’un pinceau. Pour plus de sûreté encore, contre les ravages des insectes, les sacs étiquetés sont placés dans des boîtes en fer-blanc, bien closes, ou dans des flacons de verre bien bouchés.
- Il faut surveiller les produits. Si l’on croit voir des insectes, les étendre en couche mince au soleil, jusqu’à la disparition de ces derniers, puis on porte au séchoir à 75°. Les légumes secs, s’ils ont été emmagasinés par temps humide, peuvent être attaqués par des moisissures appartenant aux genres Oïdium, Pénicillium, Mucor.
- Si l’on destine les légumes ainsi préparés à la confection des soupes ils sont employés directement, quand on veut les utiliser. On les lave rapidement à l’eau froide, puis on les laisse 3 à 6 heures dans l’eau chaude, où on les cuit lentement. Toutefois, le trempage à l’eau froide, dès la veille, est préférable.
- Antonin Rolet,
- Ingénieur agronome. École pratique d’Antibes.
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- UN NOUVEAU SYSTEME DE PUBLICITÉ : LE “ SILENT GUIDE
- Un nouvel appareil de publicité, original et ingénieux, vient d’être installé dans la station de Lcicester Square du « Tube », à Londres; c’est un dispositif indicateur électrique, dénommé « Silent Guide », ou guide silencieux, construit par la Compagnie des Silent Guides, de Londres.
- L’appareil se compose d’un énorme tableau, dont la partie centrale est occupée par une grande carte, transparente, du district de Londres, carte montrant
- des lampes de couleurs diverses; au repos, toutes les lampes sont éteintes; mais elles sont installées sur des circuits commandés par les boulons et elles s’allument lorsque l’on ferme leur circuit, en déprimant le bouton correspondant; une grosse lampe rouge brille au point de la carte correspondant à l’endroit où le tableau est installé; une lampe verte indique l’endroit où le voyageur devra changer de voiture; une petite lampe rouge, l’en-
- Le “ Silent Guide ”.
- notamment, le réseau de l’Underground londonien, avec ses principales stations, et, tout autour de la carte, un ensemble de petits panneaux portant les noms des théâtres, cinémas, hôtels, restaurants, banques, musées et fournisseurs principaux de la métropole, avec un bouton de contact sur le côté de chaque panneau ; la photographie que nous donnons ci-contre montre, d’ailleurs, l’agencement général de l’appareil et nous dispense de toute description complémentaire.
- Derrière la carte transparente sont placées, aux points correspondant aux lieux d’arrêt, de changement de voiture, d’embarquement et de débarquement et aux établissements désignés sur le « Silent Guide », à tous ces points de la carte sont placées
- droit où il devra débarquer ; une lampe blanche, l’endroit où il désire se rendre.
- Le fonctionnement de l’appareil se devine aisément; il ne présente rien de bien mystérieux; il n’y a là qu’une combinaison de circuits facile à concevoir; l’idée du système n’en est pas moins heureuse et adroite; il est certain que le tableau indicateur doit attirer l’attention et, s’il est vrai que la complexité peut en rendre le prix d’exécution et d’installation relativement élevé, cette circonstance est sans grande importance, étant donné que les frais d’acquisition sont couverts, par fractions très réduites, par les divers abonnés utilisant l’appareil comme instrument de publicité.
- H. M.
- Le Gérant : P, Masson. — Imprimerie Lahtjre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2417. . —.—....rrzzz 31 JUILLET 1920
- Parmi les approbations, enthousiastes quelques-unes, que m’ont values mes précédents articles, je note les lignes suivantes de M. le vicomte de Poncins, si compétent dans les questions de zoologie agricole. Elles ont trait à la supériorité de l’oiseau sur l’insecte carnivore pour la destruction des insectes nuisibles, et dès lors à la nécessité d’adjoindre un enseignement ornithologique aux stations entomolo-giques : « On va maintenant dépenser des millions pour faire étudier les parasites des parasites, en évitant de prendre le moyen trop simple de mieux faire à moins de frais! Il y a là une mauvaise foi évidente.... »
- Je citerai maintenant quelques lignes d’un correspondant du Sud-Ouest, région où j’ai recueilli, hélas ! bien d’autres confidences de l’anarchie cynégétique : a Ici l’on massacre tout, sans égards pour les époques de fermeture. Tous les gamins ont leur lance-pierres; tel jardinier ne travaille que muni de sa carabine. Le nombre des chasseurs ayant amené la disparition totale du gibier, ils se rabattent sur les petits oiseaux de passage, presque tous insectivores. Il est triste de constater que nous sommes, à ce point de vue, beaucoup moins civilisés que nos voisins. Quiconque a voyagé en Angleterre ou en Hollande, par exemple, a pu s’en convaincre.... »
- Il existe cependant une loi de 1844 qui protège les oiseaux utiles, et une convention internationale de 1902 qui, sur l’initiative de la France, a renforcé en théorie leur protection! Alors, que signifie cette anarchie pratique? Les lois françaises cessent-elles d’être exécutoires au sud de la Loire, ou n’y
- I. Figures extraites de Wild Life Conservation, par William T. Hornaday, Yale Univcrsity Press, New Y'ork.
- — Massacreurs d’oiseaux du Texas, avant les lois sur. la protection (*).
- existe-t-il plus de gendarmes ni de tribunaux? Que des brutes préfèrent au charme de la nature et aux intérêts agricoles leur ignoble amusement, on le conçoit. L’inadmissible, c’est que cet amusement soit toléré. Faut-il, comme certains de mes correspondants, accuser les préoccupations électorales ? Mais la suppression, si tard obtenue, du scrutin d’arrondissement, ôte désormais toute excuse aux députés qui arrachaient aux ministres les odieuses tolérances de chasse. D’autres correspondants me signalent les ténébreux agissements des droguistes agricoles, pas fâchés de voir les invasions d’insectes remplir leur caisse au détriment de celle des vignerons et des laboureurs. Mais, à mon avis, la cause du mal est plus profonde ; elle réside dans ce fait qu’il n’existe à peu près aucune police dans nos campagnes. On ne m’objectera pas, je suppose, les gardes champêtres ! Et que peuvent surveiller trois gendarmes occupés, au centre de dix conmunes, à compulser des livrets militaires? Quant aux gardes particuliers, l’État, qui devrait subventionner leur institution, la sape par la base à coups d’impôts!
- Je reviens aux oiseaux, sans les avoir réellement quittés, car il importerait de bien convaincre l’opinion publique que l’individu qui se vante d’avoir tué dans sa matinée 50 insectivores de la vigne comme le gobe-mouches ou l’ortolan, est tout aussi nuisible à la société qu’un voleur ou un incendiaire. Voilà ce dont il faudrait convaincre en particulier certains commandants de gendarmerie !
- Tout dépend de la volonté de nos parlementaires et de nos ministres. Les résultats de protection obtenus par quelques ministres de l’Agri-5. — Go
- Fig. 2. — Réserve de protection aux Etats-Unis. 48* Année. — 2* Semestre.
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- Fig. i.
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- culture comme MM. Mougeot et Méline, dont l’exemple ne fut malheureusement pas imité par leurs successeurs, démontrent que les lois peuvent être aussi efficacement appliquées chez nous que chez les autres peuples.
- J'ai ouï conter à un substitut qu’en l’absence de son procureur il avait fait saisir, dans son ressort, tous les engins de chasse prohibés. Il fut, bien entendu, blâmé ensuite par son chef hiérarchique, mais il avait prouvé que le dernier mot reste à l’autorité quand elle le veut.
- Les campagnes de persuasion aussi sont plus efficaces qu’on ne le croit, surtout vis-à-vis de l’enfance. Un certain nombre d’instituteurs ont réussi à convertir les dénicheurs et les tueurs en zélés protecteurs des oiseaux. Il reste néanmoins toujours un noyau de mauvaises natures, rebelles à toute direction vers le bien. C’est a l’égard de celles-là que l’autorité devra sévir. Car autorité et persuasion doivent concourir dans le sujet qui nous occupe comme dans toutes les autres questions de discipline sociale.
- Réfléchissons que d’autres pays, où avait sévi la destruction, finirent par sauver les restes de leur avifaune, grâce aux mesures de répression ou d’enseignement, et aussi grâce au repeuplement artificiel. Après de terribles luttes parlementaires, la puissante Société protectrice des États-Unis a obtenu des bills endiguant les massacres, et même interdisant pour la parure tout plumage autre que celui de l’autruche et des volatiles domestiques. En même temps l’Institut ornithologique (nous en sommes, nous, hélas! aux stations entomologiques) fournissait les indications nécessaires aux Écoles forestières ou agronomiques du Nord-Amérique. Et des expériences ont été organisées par le ministère de l'Agriculture pour étudier le contenu des estomacs d’oiseaux. Parmi les granivores, le moineau avait, comme nourriture, plus de la moitié de graines de mauvaises herbes et 25 pour 100 d’insectes nuisibles, le reste en partie dite neutre (inappréciable effect on agriculture). Conséquemment, dit le rapporteur officiel, nous pouvons conclure que le moineau est digne de notre protection; et il ajoutait :
- « Comme destructeurs de mauvaises herbes, les moineaux sont sans rivaux. »
- Le docteur et député Benjamin Borics, qui s’était livré, pendant de longues années, à l’étude du régime alimentaire des oiseaux, disait avoir possédé des estomacs d’alouettes, recueillis en toutes saisons et littéralement farcis d’insectes.
- Les États-Unis ont instauré aussi le système des Parcs nationaux pour la conservation des espèces animales menacées d’extinction ; exemple suivi par l’Australie, la Suisse, etc.... Le ministère du Queensland a érigé en réserve un groupe d’îlots pour la sauvegarde des oiseaux de mer.
- Chaque contrée possède les oiseaux nécessaires pour combattre la propagation des bêtes qui par leur pullulement deviendraient un fléau. L’oiseau
- massacré, le fléau se développe. « On a tant à souffrir, observait Conrad de Courcv, des insectes importés dans la Nouvelle-Zélande par les semences venues de l’Europe, qu’on paie 25 francs par oiseau insectivore que les -bâtiments importent dans cette colonie. »
- M. Pittet, dans Y Ornithologiste (revue suisse), a raison d’observer que « la protection des oiseaux est devenue une science moderne qui caractérise les tendances du xxe siècle ».
- En Europe, avant la guerre actuelle, la protection des oiseaux préoccupait, non seulement nos ennemis qui se vantent de s’intéresser mieux que d’autres à cette grave question, mais aussi nos Alliés, les neutres et nous-mêmes :
- En Angleterre, les agriculteurs, et particulièrement les jardiniers de Londres, ont pris l’initiative des mesures de sauvegarde. Une Société protectrice a institué un corps de gardiens pour la surveillance des nids menacés : « Cette institution, observe M. Baudouy, a donné de si bons résultats, que l’envoi de ces gardiens est aujourd’hui réclamé de toutes parts. »
- En Bavière, le gouvernement avait convoqué une Commission pour la protection des oiseaux, qui établit dans tout le royaume des bosquets-protecteurs, fit suspendre des nichoirs et distribua la pâture pendant l’hiver. Les bosquets sont placés sous la surveillance de garde-oiseaux spéciaux, qui doivent suivre un cours de trois mois chez M. de Berlepsch, à Seebach, et qui sont subordonnés aux autorités forestières. « Les résultats sont partout très satisfaisants, écrivait un inspecteur. Nous avons réussi à repeupler de mésanges nos vignobles oii se trouvent quelques arbres. Il est d’une grande importance que le vignoble soit en communication avec la lisière des bois par une allée d’arbres fruitiers, les mésanges étant très timides et craignant les oiseaux de proie. Nous constatons avec une vive satisfaction que les bandes de mésanges bleues et charbonnières voltigent dans nos vignes, se cramponnant aux souches pour y chercher les chrysalides de la cochylis et de l'eudémis, ainsi que les chenilles hivernant sous l’écorce, et qu’elles sont très friandes des cochenilles. »
- La protection s’était implantée aussi en Belgique, malgré de regrettables tolérances pour la capture des pinsons; du moins les met-on en volière, et non à la broche. A Mons, des nichoirs étaient placés dans les jardins publics.
- L’Exposition ornithologique de Liège en 1915 comportait des volières remplies de loriots, de mésanges, d’hirondelles, de roitelets. La plus belle série fut celle de M. Lamarche : on put voir ses pics, ses sittelles détruire par centaines les insectes. Lloquente riposte de la nature à ces journaux prétendus agronomiques qui s’efforcent de démontrer l’inutilité des oiseaux, afin de prôner ensuite les vaines et onéreuses drogues, dispersées par la première averse!
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- L’Espagne est fort, en retard pour la protection. Plus un moineau, plus un nid d’hirondelles à Madrid. Néanmoins, beaucoup de particuliers aiment les oiseaux. À Carthagène, on suspend dans les églises des cages de rossignols. Çà et là, dans les campagnes, une inscription recommande le respect de l’avifaune. Mais le massacre n’en continue guère moins.
- Les cigognes seules sont en général respectées. Une ancienne loi punissait des travaux forcés leur destruction, tant l’Espagne reconnaissait leur utilité contre les serpents.
- En Hongrie, dès 1868, à la suite de désastres agricoles occasionnés par les insectes, fermiers et forestiers sollicitent le Gouvernement autrichien de protéger les oiseaux. Plus tard, le prince Rodolphe de Habsbourg, le baron de Berlepsch et le zoologiste Otto Herman obtiennent des autres Puissances la réunion à Paris d’un premier congrès international , en 1895. Dès 1884, un congrès autrichien avait décidé l’etablissement de stations d’études ornithologiques et d’un Institut central doté par l’État.
- Une loi protectrice fut promulguée, puis l’on procéda à la colonisation artificielle des oiseaux utiles. Deux millions d’hectares boisés furent repeuplés. La Hongrie comptait avant la guerre 15000 nids artificiels dans les forêts domaniales, et un plus grand nombre chez les particuliers. Depuis plusieurs années, les résultats de ces intelligentes initiatives se manifestent : les fruits sont plus sains, les bois reverdissent, la vigne résiste aux fléaux, ailleurs irrémédiables.
- En Italie, une Ligue protectrice s’est fondée, et s’efforce de limiter le carnage. Certains détenteurs de vignes établissent des nichoirs artificiels. Le commandeur Rebora, propriétaire du cru Monte-bello, constate que « les oiseaux opèrent une grande destruction de toute sorte de vermine ». Le même viticulteur ajoute dans un rapport : « Les poudres ou liquides insecticides, tous les produits chimiques sont généralement coûteux, d’une efficacité douteuse, et ne servent qu’à empoisonner davantage l’humanité. Rien ne vaut les oiseaux pour détruire les insectes qui menacent de ruiner le malheureux agriculteur. On a d’ailleurs souvent observé que dans les chasses gardées la végétation est plus robuste. » Le commandeur Rebora fait chaque année aux militaires de sa garnisôn une confé-
- rence sur la nécessité de protéger les insectivores.
- En Suède et en Norvège, les oiseaux sont si universellement respectés que la loi reste superflue. Presque partout on leur jette des graines en hiver, lorsque la neige cache les insectes.
- La Suisse accroît sans cesse ses mesures protectrices. Aux confins de Berne et de Fribourg elle vient d’instituer la Réserve officielle de Seeland. Les communes du Valais sont astreintes à protéger les oiseaux. L’établissement de nids artificiels et le nourrissage hivernal sont subventionnés par l'État. Le canton du Tessin inflige une amende aux communes qui tolèrent les oiseleurs.
- Si l’on se décidait en France à recourir aux mesures de repeuplement, je conseillerais moins l’emploi des nids artificiels que la conservation dans les forêts et autour des champs de quelques arbres
- cariés et surtout d’arbustes à baies qui assurent non seulement une place de nidification, mais encore une nourriture hivernale aux bacci-inse.ctivores.
- Mais l’État et les particuliers comprendront-ils enfin la honte et les désastres agricoles qui résultent pour notre pays de l’extinction progressive de notre avifaune? Dans plusieurs de nos colonies on a mieux reconnu l’utilité des oiseaux. M. d’André, inspecteur de l’Agriculture, cite, par exemple, ce fait en Indo-Chine : « Dès la deuxième année, une invasion formidable de hannetons vint détruire tous mes produits. J’eus recours à l’Oiseau, et je fis venir de la côte des moineaux. Ges petites bêtes, que je protégeais, se repeuplèrent rapidement, et dès l’année suivante, je pus lutter avantageusement. Ils se chargèrent, les années après, de la police, au point que le hanneton, qui a continué à exister, n’a plus été un danger pour les récoltes. L’équilibre s’est rétabli parfaitement et, grâce à la présence de l’Oiseau, insectes et récoltes peuvent vivre côte à côte sans inconvénient. »
- En France, hélas ! où le citoyen est paralysé sans cesse par le formalisme administratif, où l’on dresse procès-verbal à de pauvres veuves qui n’ont pu échenillé leur haie, où nul ne saurait remuer une pierre sans le visa d’une Commission de voirie ou d’hygiène, vendre un litre de vin sans avoir déclaré sa récolte, il n’existe de liberté que pour les massacreurs d’hirondelles, de rossignols et de mésanges. Si du moins l’État encourageait les initiatives privées! Mais la Ligue française mur la protection
- Fig. 3. — Nourriture des oies sauvages dans une réserve.
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- des Oiseaur, fondée par la Société nationale d’Accli-matation (198, boulevard Saint-Germain. Paris), attend encore du Gouvernement son premier secours, alors que le Parlement votait, il y a dix ans, 700 000 francs pour des essais de destruction des*, mulots par la chimie, comme s’il existait contre ces rongeurs une autre efficace protection que le bec des hiboux, des chouettes, et aussi, on l’ignore trop, des freux et des corneilles !
- Puisse notre nouveau: Parlement substituer aux exemptions de permis de chasse et aux lois d’amnistie, les fermes et -immédiates mesur.s d’ordre public qui peuvent seules nôus conserver encore quelques-uns de ces travailleurs ailés, auxquels suffit un insignifiant salaire de fruits ou de graines, que la plupart des passereaux et des grimpeurs n’exigent même pas! Continuerons-nous à faire le jeu de quelques mercantis ou braconniers , alors que l’Angleterre resserre ses lois protectrices, reconstitue les magnifiques collec-tionsdesonjardin zoologique, et que l’Amérique inscrit la protection des oiseaux dans le programme de la Société des Nations?
- M. Alfred Richard, l’éminent ornithologiste suisse, m’écrit : « Nous ne comprenons pas que la France, intelligente et généreuse, tarde tant à agir. Quoi qu’il en soit, ne vous lassez pas ; parlez jusqu’au triomphe final. »
- Je crains que nous ne parlions encore longtemps et seulement pour enregistrer la disparition successive de tous nos oiseaux de France ! Les espèces que les ornithologistes antérieurs à 1850 mentionnaient comme rares sont anéanties, et les plus communes se raréfient, sauf celles précisément dont le rôle agricole est le plus discutable, l’élourncau par exemple, tour à tour si utile dans les bois et autour des troupeaux, mais si nuisible aux olivettes et aux vignes. Il devrait en tout cas, être remplacé sur la liste des oiseaux dont la chasse est interdite, par l’ortolan et le gobe-mouches (ce prétendu bec-figue) dont la destruction est une calamité publique.
- Si le Parlement et les ministres, au lieu de s’obstiner à encourager les sophismes de laboratoire et la prochaine stérilisation de nos sols par l’abus de la chimie et le déboisement, veulent revenir aux méthodes naturelles, dont la protection des insectivores ou semi-insectivores constitue la plus nécessaire, et s’ils daignent même étendre cette protection aux espèces dont l’extermination représente un
- crime contre la Science et la Beauté, ils noteront et appliqueront sans retard les mesures suivantes, que si souvent déjà les agronomes, les assemblées départementales et les Sociétés de chasseurs sérieux leur ont signalées :
- 1° Forte surtaxe, non du permis de chasse (ce qui favoriserait le braconnage), mais de la poudre et surtout du petit plomb ;
- 2° Interdiction dé la fabrication ou vente des engins destinés à la chasse des petits oiseaux (carabines, pièges à ressort, lance-pierres, cannes-fusils, etc.) ;
- 5° Saisie des engins prohibés (panlières, lanternes à acétylène, traînées de collets). Interdiction de la vente en gros de la noix vomique et autres poisons agricoles (dont un pharmacien ne pourrait délivrer 10 grammes!);
- 4° Forte aggravation des peines contre les destructeurs d’oiseaux protégés par la Convention internationale de 1902. Primes sérieuses aux a-gents de répression, et instructions précises aux officiers de gendarmerie et aux parquets ;
- 5° Suppression de l’insensée tolé-rancedela chasse sans permis et durant toute l’année, sur les îles et côtes. Obligation pour les douaniers de poursuivre les délinquants;
- 6° Suppression de l’impôt sur les gardes-chasse, auxquels, en revanche, il sera interdit de chasser sans permis, et enjoint de réprimer la destruction des oiseaux protégés par la loi ;
- 7° Loi unique sur la chasse, et suppression des tolérances par arrêtés préfectoraux. D’autres mesures encore seraient bien nécessaires, par exemple, l’obligation pour les fabricants d’engrais chimiques d’inscrire, après contrôle, sur leurs produits : « Sans danger pour les personnes, les animaux domestiques et. les oiseaux utiles à l'agriculture. » En tout cas, les fabricants qui prendraient cette initiative seraient assurés de la clientèle des agriculteurs sérieux. Ceux-ci éviteraient les drogues qui suppriment quelques parasites à la racine, mais exterminent les insectivores, seuls capables de sauvegarder la feuille, la fleur ou le fruit.
- Enfin, et surtout, il importe de vulgariser la science ornithologique, jadis si populaire en France, et dont nous abandonnons le monopole aux Anglo-Saxons. C’est en étudiant les mœurs de l’Oiseau qu’on apprend à l’aimer. L’utilité des insectivores
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- doit figurer dans les programmes des écoles primaires et des écoles forestières ou agronomiques.
- L’éducation ornithologique devra reposer moins sur la théorie que sur les leçons expérimentales, car les affirmations scientifiques relatives 'a l’utilité des oiseaux s’évanouiront dans l’esprit de l’enfant dès qu’il apercevra une grive croquant une cerise, si préalablement il n’a vu en volière une grive négliger les cerises aussitôt qu’on lui présente des vers de farine.
- Pour les fauvettes, mésanges et autres petites espèces insectivores que l’on peut facilement approcher, la démonstration à l’état libre devient possible. Il n’y a rien à répliquer au spectacle d’une troupe de mésanges en train de débarrasser de ses parasites un verger de pommiers. On peut aussi faire suivre aux enfants le nourrissage d’une couvée de passereaux aussi discutés que le moineau; ils se convaincront que divers insectes fort nuisibles constituent le menu de ces nqaas, et que les grains de blé croqués en automne par les adultes, qui d’ailleurs continuent à dévorer les charançons et les vers, sont largement compensés par les services rendus.
- Mieux informé, le chasseur épargnera peut-être le vanneau, notre unique auxiliaire contre l’armée des termites, si funeste à nos ports; en tout cas la chouette qui, au calcul de Lenz, extermine chaque
- année environ 1500 rats ou souris, sans compter les hannetons et les grosses chenilles. Le cultivateur protégera plus assidûment la couvée de la mésange bleue, si les expériences de Gloger et de Lécuyer lui ont révélé que ce passereau débarrasse annuellement nos récoltes de 50 000 insectes ou larves au minimum, et qu’un couple consomme pour élever sa couvée près de 40 000 chenilles, et des larves par millions. Le viticulteur retrouvera du courage et protégera les nids, en apprenant de M. Zacha-rewiez, professeur d’agronomie, que 50 passereaux suffisent en quelques semaines à détruire la cochylis dans un hectare de vignes. Je me rappelle, dans mon enfance, certain clos de vigne, encombré de vieux troncs de cerisiers où nichaient rouges-queues et autres insectivores. Là les vendanges étaient abondantes. Aujourd’hui ce pays n’est plus qu’un océan de vignes, sans un arbre, sans un buisson, sans un oiseau. Qu’y récolte-t-on? La ccchylisQ).
- André Godard.
- 1. Pour répondre aux questions de divers eorrespon lants, je rappelle que mon tract de propagande : Les Oiseaux nécessaires à l’Agriculture, est en vente à la Librairie académique Perrin, 55, quai des Grands-Auguslins, Paris, \'IC. Je signale, en outre, le Guide de 'protection des Oiseaux, pai’ Magaud d’Aubusson, VOiseau et les récoltes, par Henri Kehrig, et les pulieations similaires de la Ligue pour la protection des Oiseaux, i98, boulevard Saint-Germain.; Paris, V1I°.
- LA PUISSANCE DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE DE LA CONSTRUCTION NAVALE
- A LA VEILLE ET AU LENDEMAIN DE L\ GUERRE
- La flotte de corn Tierce française en 1914 et durant les hostilités. — La guerre, qui a causé à la France tant de ruines, a particulièrement affecté la situation de sa marine de commerce. Quelques chiffres permettent, d’en juger précisément. Le 1er août 1914, notre flotte marchande accusait 2 498286 tonneaux de jauge, dont 443 494 t. de navires à voiles. Au point de vue de la navigation à voile, la France venait ainsi au cinquième rang, derrière les États-Unis, l’Angleterre, la Norvège et la Russie, cependant qu’elle occupait aussi la cinquième place pour la navigation à vapeur, précédée par l’Angleterre, l’Allemagne, les États-Unis et la Norvège, qui disposaient, en total, de plus de 28 millions de tonneaux de jauge brute.
- De 1900 à 1914, notre effectif de navires à vapeur n’avait augmenté que de 702 000 t., ou de 60 pour 100, cependant que, dans l’ensemble, le tonnage mondial avait presque doublé, que les États-Unis accroissaient leur flotte à vapeur de plus de 125 pour 100, la Norvège de 135 pour 100, l’Autriche de 150 pour 100, l’Allemagne de 105 pour 100 et le Japon de plus de 300 pour 100.
- 11 faut bien l’avouer, en dépit du développement de notre empire colonial et de notre com-
- merce extérieur, la France témoignait d’une .éclatante infériorité en ce qui concerne les progrès de la marine de transport. Aussi devions-nous largement utiliser les pavillons étrangers peur Fâcherai* nement de nos importations et de nos exportations^ au grand dam de notre commerce et de nqtre -industrie. ‘ ,
- Or, la guerre a considérablement réjdüiLlè tonnage national. Au 31 décembre 1917 ,'J^s|^|tyiî»ns déjà perdu 866 460 t., dont 751 460 potf&^is’dè guerre. Par contre, nous avions récupéré 50Î 000 t.~ dont 185000 acquis à l’étranger, et 116 000 provenant de constructions. Mais, au 29 octobre 1918, le total de nos pertes avait été porté à 1050044 t, dont 933110 pour faits de guerre. Si bien que notre flotte ne comportait plus que 1448 242 1., auxquels il convient d’ajouter à peu près 400000 t. provenant d’achats ou de constructions. ; ,
- Il importe, d’ailleurs, de considérer .que, parmi les navires demeurés en service un grand nombre ne doivent pas tarder à être classés hors, dbisage,’ Si, enfin, aux pertes précitées on ajoute-jé-iéfièit normal résultant de l’arrêt des travaux dans nos chantiers pendant 4 ans, soit 450 000 t. environ, on doit évaluer à 1 million et demi de tonneaux, en
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- chiffres ronds, le tonnage qu’il nous faudrait récupérer pour assurer le maigre trafic de 1913, qui correspondait si peu aux exigences de notre activité économique.
- En 1919, les armateurs français ont fait un louable effort pour reconstituer leur flotte appauvrie.
- VAnnuaire du Comité des Armateurs note qü’ùu 1er janvier 1919 notre marine marchande comportait 1 886 819 t. Depuis lors, et jusqu’au 1er janvier 1920, des additions ont atteint 153137 t. Mais, comme il faut tenir compte, par ailleurs, de pertes "pour faits de mer, et de destructions ou d'abandons d’unités, on doit évaluer, d’après M. Paul de Rousiérs, secrétaire du Comité des Armateurs, la totalité de notre tonnage, au début de 1920, à 20.48568 tonnes.
- D’autre part, la .flotte commerciale d’État, résultant de prises,!réquisitions ou achats, s’élevait à 200 775 t. Corpllairemcnt, la France avait à sa disposition, au cpmmencement delà présente année, 2 249341 t. Encore sied-il de remarquer avec M. de Rousiérs que Ce tonnage manque d’homogénéité, et que beaucoup de navires sont d’une qualité inférieure; quelques-uns, en bois, n’ont été incorporés à notre flotte que parce que leur prise de possession était imposée préalablement à d’autres acquisitions. Nous sommes donc mal pourvus.
- En réalité, il nous faudrait aujourd’hui 4 millions de tonnes nationales.
- Aussi plusieurs Ministres avaient-ils songé à doter la France d’une importante flotte commerciale d'État. Le projet n’a pas encore été réalisé. Mais, par contre, l’armement français a pris ses dispositions pour donner au pays les navires nécessaires à sa prospérité.
- La France elle-même est-elle susceptible de les construire* ou devrons-nous consentir d’énormes sacrifices vis-à-vis de l’étranger pour nous les procurer? C’est ce qu’il nous faut examiner.
- Lt çapacité des chantiers d’avant-guerre et la production navale nation.le. — Avant la guerre, la Françtë disposait déjà d’un grand nombre de chantiers, j^es uns, de grande capacité, avaient installé 4es cales pour navires mesurant de 100 à 200 m. de longueur. A cette catégorie appartenaient lés établissements de Dunkerque (Chantiers de France), du Havre (Forges et Chantiers de la Méditerranée), de Rouen (Chantiers de Normandie), de Saint-Nazaire (Penhoet et Cie de la Loire), de Bordeaux (Chantiers de la Gironde), de Port-de-Bouc (Chantiers de Provence) et de la Seyne (Chantiers de la Méditerranée).
- Les ateliers dunkerquois occupaient Tl 3 000 m2, et des grues électriques desservaient leurs 6 cales. En outre, des fonderies, une tôlerie étaient annexées «aiacÆhantiers. L’entreprise avait ainsi pu livrer, de 4002 â 1913, 95 navires de 191400 t. de jauge, et elle pouvait aménager complètement un navire de 5000 t. en 6 mois.
- Les Chantiers du Havre dotés de 4 cales, avaient
- réussi à lancer en 1913 deux grandes unités, dont YAngo, de 7850 t. A Rouen, les vastes établissements du Grand-Quevilly dépendant de la Société des Chantiers de Saint-Nazaire, comportaient 10000 m2 d’ateliers récents. Leur outillage perfectionné leur avait permis de livrer en 1913 19 0001. de jauge, et de mettre sur cales 22 000 nouveaux tonneaux.
- La puissance des Chantiers nazaréens était plus grande encore. Les Chantiers de la Loire comprenaient 7 cales, ceux de Penhoet 4. C’est à Penhoet qu’avait été construit la France, le plus grand de nos paquebots transatlantiques.
- Les ateliers de la Basse-Loire lançaient en 1912 52905 t. (10 navires) et 60 180 en 1913 (5 navires).
- La Compagnie des Chantiers de la Gironde, à Bordeaux, ne disposait que de 4 cales. Par contre, elle avait creusé une forme de radoub de 180 m. de longueur et de 10 m. de profondeur d’eau. Ses installations étaient susceptibles de réunir des unités de 20 à 25 000 t. Aussi la marine de guerre avait-elle souvent recours à celte filiale des Établissements du Creusot.
- En Méditerranée, les Chantiers de Provence, avec leurs 6 cales, semblaient pouvoir fournir 20 000 t. annuellement, tandis qu’à la Seyne les Chantiers de la Méditerranée achevaient en 1915 deux paquebots de 9 à 10000 t. (6 cales), en même temps qu’ils poursuivaient la construction d’un cuirassé, et de deux autres paquebots de moindres dimensions.
- Il convient de ranger dans une seconde catégorie les chantiers Normand au Havre, ceux de Nantes, de la Palice-La Rochelle, de Dyle et Bacalan à Bordeaux, de la Ciotat, etc., où les cales ne mesurent guère plus de 100 mètres.
- Les établissements Normand sont outillés pour mettre sur cales 4 bateaux de 500 à 2000 tonnes.
- A Nantes, les Chantiers de Bretagne (4 cales) sont spécialisés dans la construction des cargos et remorqueurs, tandis que les Chantiers de la Loire (2 cales) se consacrent plutôt à des opérations relatives au cabotage.
- Néanmoins, en 1915, les Chantiers Nantais en y comprenant une multitude de plus petits ateliers, enregistraient un tonnage total de 27 565 t., dont 2 cargos de plus de 7000 t. et 5 de 2000 à 2500 tonnes.
- Les Chantiers de la Palice, avant leur rachat par la Société Delaunay-Belleville (2 cales), n’avaient jamais témoigné d’une grande activité, tandis que ceux de Bacalan, à Bordeaux, élaboraient surtout des remorqueurs et du matériel militaire.
- A la Ciotat, la Société Provençale de Constructions Navales a repris les anciennes cales des Messageries maritimes, où celles-ci avaient établi bon nombre de leurs paquebots.
- Enfin, il existe, le long de nos côtes, une infinité de petites entreprises, disposant d’un outillage restreint, pour la mise en œuvre de voiliers, de
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- navires en bois, de vedettes de moins de 50 ou 40 m. de longueur. Tel est le cas pour les Chantiers boulonnais, qui lançaient en 1915, 15 navires de 215 t. de jauge totale; ceux du Tréport, de Dieppe, de Fécamp, qui alimentaient la grande pêche; de Honlleur, deTrouville, de Cherbourg. A Saint-Malo, 2 grands chantiers-ont aménagé des cales de 70 à 100 m. de longueur, mais travaillent uniquement pour la navigation à voilés. Morlaix et Paimpol ont également plusieurs installations. Vingt chantiers
- ne livrait au pays que 80751 t. en 1910, 125472< en 1911, 110754 en 1912, 176095 en 1915. Or, cette dernière année, F Angleterre lançait 1980492 t., l’Allemagne 465226, les! Etats-Unis* 276448. La France ne figurait que’pour 6 pour 100 de la production mondiale!(5552882 tonnes).
- • D’ailleürs, le tonnage annuel primé conformément aux lois des 7 avril 1902 e:t 19'avriH906, ne dépassait pas 67526 t. en 1910,'83'094 en 1911, 159278 en 1915. On peut considérer que le ton-
- Fig. i. — Panorama des cales i, 2, 3, en construction aux chantiers navals de Caen.
- sont essaimés le long du littoral armoricain. Ils sont notoirement insuffisants, comme les ateliers des Sables-d’Olonne, de La Rochelle, d’Arcachon, de la banlieue de Bordeaux.
- A Marseille, contrairement à toute attente, la capacité de production ne saurait excéder 2000 t. par an. Encore ne peut-on mettre sur cales que des embarcations de faibles dimensions.
- Cfîose étrange, Port-Vendres, Cette, Port-Saint-Louis, Toulon, Saint-Raphaël, Nice, ne possédaient aucun chantier, comme Calais d’ailleurs, Lorient ou Brest. Au total, la France comptait 56 chantiers pratiquant le navire en fer, dont 15 employant plus de 200 ouvriers.
- Malgré la multiplicité des entreprises, la production de la France en navires de commerce était fort médiocre dans le passé. L’ensemble des Chantiers
- nage des navires en fer représentait les neuf dixièmes de la production nationale.
- Nos achats à l’éiranger. — L’insuffisance de notre production déterminait notre armement à effectuer de nombreux achats au dehors : 99 051 t. en 1911 (72 navires), 80575 en 1912 (82 navires), 52155 en 1915 (20 navires).
- En fait, nous importions 55 à 60'pour 100 du tonnage que nous construisions nous-mêmes.
- On remarquera que nous demandions de préférence à l’étranger des unités à vapeurs de plus petit tonnage. Ceci tenait à ce que nos Chantiers préféraient lancer-de gros navires, pour obtenir une plus forte prime, laquelle était proportionnelle à la jauge brute. Par contre, les voiliers de fort tonnage nous venaient surtout de l’étranger.
- La construction après la guerre. — Pendant les
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- 72 PUISSANCE DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE DE LA CONSTRUCTION NAVALE
- hostilités, nos chantiers ou sont demeurés inactifs, ou bien ont orienté leur production dans un sens militaire. Nous n’avons ainsi enregistré qu’une production de 152 290 tonnes.
- Bien maigre résultat alors que l’Angleterre construisait 4512 296 tonnes!
- Il a donc semblé nécessaire de renforcer rapidement notre capacité de construction.
- C’est ainsi que cinq puissantes Sociétés ont aménagé de grands chantiers susceptibles de construire des unités de 5000 à 8000 tonnes.
- Les Chantiers Navals français ont constitué, à cet
- décesseurs, les nouvelles entreprises ont considérablement perfectionné leur outillage.
- Les Chantiers de Blainville, sur l’Orne, à la Société des Chantiers Navals, peuvent passer pour les mieux aménagés du vieux continent. Ils sont actuellement en cours d’achèvement. Les installations ne couvrent pas moins de 80 hectares : 6 cales seront primitivement établies, mais le nombre pourra en être porté à 10. La longueur des berceaux est de 120 mètres.
- Toutes les cales rayonnent vers le bassin de lancement, de forme triangulaire. L’établissement
- Fig. 2. — Grand atelier des coques aux chantiers navals de Caen.
- effet, un capital de 60 millions, la Société Normande de Constructions Navales a réuni 25 millions, la Compagnie générale de Constructions Navales 55 millions, les Ateliers et Chantiers de la Seine maritime 50 millions, les Chantiers généraux de Cette 45 millions.
- D’autres groupements ont aménagé des installations pour l'établissement d’unités de moins de 5000 t. : sur l’Adour, deux chantiers ont été ainsi créés par la Société de Construction Maritime de Bayonne et les Chantiers de l’Adour, qui disposent ensemble de plus de 15 millions. La Société générale de Matériel Naval possède, de àon côté, un fonds de 7 millions et demi. Les Entreprises maritimes basques ont inauguré un chantier dans la rade de Saint-Jean-de-Luz ; un autre atelier a été installé à Martigues, sur l’étang de Berre.
- Profitant de l’expérience acquise par leurs pré-
- ayant été bâti sur les alluvions de l’Orne, on a pu édifier les avant-cales à sec, contrairement aux procédés en usage.
- Le bassin a été également creusé dans les alluvions, 9 grues électriques doivent desservir les cales. Elles seront assez puissantes pour pouvoir soulever une série de pièces préalablement assemblées à l’extrémité des berceaux. L’électricité leur sera assurée par la Société électrique de Caen. Tout l’appareillage des ateliers a d’ailleurs été électrifié.
- Pour les réparations, le Chantier disposera d'un dock flottant de 5000 tonnes.
- En outre, de petites cales pourront recevoir les unités en bois qu’on se propose d’y établir.
- Les Chantiers de Blainville travaillant en série pourront livrer 100000 t. environ par an, lorsque les 10 cales seront en service. Le type cargo sera seul construit à Blainville,
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- LES APPAREILS D’ÉLABORATION DES MÉTAUX FERREUX : 73
- Bien que le premier coup de pioche n’ait été donné qu’au milieu d’avril 1918, la Compagnie a lancé son premier navire tout récemment.
- C’est grâce à des créations de ce genre que M. Paul de Rousiers pouvait affirmer « que notre capacité d’avant-guerre serait doublée au début de
- Toutefois, on peut se demander si la France trouvera chez elle les éléments nécessaires pour développer dans une telle proportion son industrie de la construction navale. Alors que la main-d’œuvre manque, il faudra, en effet, un contingent supplémentaire de 75 000 ouvriers. Les usines sidé-
- 1920, et considérablement accrue avant la fin de l’année ».
- Mais nous n’aurions, évidemment, pas pu entreprendre ni réaliser avec nos moyens d’antan le grand programme élaboré par le Commissariat de la Marine marchande, et qui comportait la construction en 1920 de 605 665 t. (159 navires), en 1921 de 704561 t. (172 navires), en 1922 de 765577 t. (176 navires), et en 1925 de 795405 t. (185 navires), ce plan impliquant vers 1924 une production cinq fois supérieure à celle de 1915.
- rurgiques seront-elles en mesure de. livrer les 400000 t. d’acier indispensables? Quoi qu’il en soit, la France est, aujourd’hui, outillée pour reconstituer d’abord, accroître ensuite sa flotte de commerce.
- Sur ce terrain, comme sur beaucoup d’autres, la guerre a secoué les inerties et délivré le pays^de la tutelle de l’étranger pour l’avenir. C’est un résultat dont il faut grandement se féliciter.
- Auguste Pawlowsiü.
- LES APPAREILS D’ÉLABORATION DES MÉTAUX FERREUX
- Le haut fourneau.
- L’expérience de la guerre récente a prouvé l’im- | paix de toute nation civilisée, au triple point de vue
- portance capitale de l’industrie sidérurgique dans la réalisation des moyens d’attaque et de défense.
- Il a fallu munir d’armes et d’engins de toutes sortes les niasses humaines organisées en gigantesques armées, pourvoir au remplacement incessant de ces armes et de ces engins et accroître sans relâche leur production.
- Chacun sait, par ailleurs, la place prépondérante que l’industrie dont il s’agit occupe nécessairement dans les œuvres de
- Fig. i.
- Plan de l'appareil Cowper. af, arrivée d’air froid de la machine soufflante. aC, sortie de l’air chaud vers les tu)rères.
- de la vie economique, technique et scientifique.
- Il n’est donc point trop osé d’affirmer que la lutte par le fer et pour le fer, dans le but de conquérir sans conteste l’hégémonie mondiale, pourrait caractériser, en ce qui concerne nos ennemis d’hier , l’ensemble des événements passés et définir, non moins fidèlement, l’héritage que l’avenir réserve aux nations soucieuses d’établir sur des bases inébranlables leur prospérité industrielle.
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- 74 : LES APPAREILS D’ÉLABORATION DES MÉTAUX FERREUX
- Ainsi s’affirme, dans toutes les manifestations de l’activité humaine, en paix comme en guerre, l’impérieuse nécessite de la puissance side'rargique.
- 1. Le minerai et le combustible. — La matière première, dont on extrait le fer, est le minerai, plus ou moins complexe, plus ou moins riche ou plus ou moins pur, qui contient ce métal.
- La France, tant dans la métropole que dans ses colonies, figure parmi les pays miniers qui en sont le plus abondamment pourvus et personne n’ignore aujourd’hui ce que représentent, en quantité et en valeur, aussi bien les gisements de Briey, de Longwy, de Nancy et de la Crusnes que ceux de Normandie, pour ne citer que les gisements dont le tonnage global disponible s’évalue, au bas mot, par des centaines de millions de tonnes.
- Hâtons-nous d’ajouter que toutes les opérations métallurgiques pour l’extraction du fer impliquent nécessairement l’obtention de très hautes températures et, par suite, la consommation de grandes quantités de combustible. Il en résulte que la question de la richesse en minerai soulève, en vue de son exploitation, celle de la richesse en combustible qui en est le complément indispensable, et l’on connaît, sans que nous puissions insister sur ce point, quels efforts incombent encore à notre pays, tant pour retrouver sa production pourtant si faible d’avant-guerre, que pour l’augmenter par tous les moyens en son pouvoir et atteindre, par une mise en valeur progressive de ses fortes réserves en puissance hydraulique, le tonnage nécessaire aux besoins futurs de son industrie. C’est là le problème économique essentiel, vital pour mieux dire, que nous ne faisons qu'énoncer et qui exigerait des développements que ne comporte pas notre sujet.
- 2. Les procédés d’extraction du fer. — Le traitement métallurgique auquel, dans la très grande majorité des procédés industriels courants, le minerai est soumis, ne conduit pas directement au fer, mais à la fonte, qui est le métal-mère d’où dériveront, par des opérations souvent compliquées, les nombreux métaux appartenant, comme on a coutume de le dire, à la grande famille du fer.
- Si l’on fait abstraction des procédés électrothermiques, relativement récents, auxquels on ne doit recourir que sous la réserve d’y réaliser des
- conditions de marche économiques, il est permis d’affirmer que la seule méthode rationnelle, pour obtenir les métaux susvisés, ne peut qu’être indirecte et comporter, en partant du minerai, la succession des deux opérations suivantes :
- L’une, de fusion réductive, qui donne naissance à la fonte, soit à un composé multiple de fer carburé, avec plus ou moins de corps étrangers réduits en même temps que lui, tels que le silicium, le manganèse, fe soufre, le phosphore, etc., et cela parce que ces éléments faisaient partie de composés coexistant avec les oxydes de fer dans le minerai en traitement.
- L’autre, d’affinage, à haute température, donnant le fer plus ou moins pur et la série, pour ainsi dire, illimitée des aciers, soit par combustion partielle des éléments ou corps étrangers, y compris le carbone, que nous venons de mentionner ; soit par élimination de ces éléments sous forme de scories métalliques ou de laitiers ferreux, grâce à certains corps d’addition ; soit par dilution de ces mêmes éléments dans une plus grande masse, par adjonction d’une masse supplémentaire de déchets de fer ou d’acier provenant d’opérations antérieures, etc....
- Tel est le mécanisme général de l’élaboration des métaux ferreux, étant entendu qu’on n’a pas recours aux fours électriques, qui ressortissent à une théorie spéciale.
- 5. Origine de l’appareil de fusion réductive, appelé haut fourneau. — Le haut fourneau n’est pas né d’une conception originale et il n’est pas sorti presque entièrement organisé du cerveau d’un inventeur hardi, comme l’a été, par exemple, le convertisseur à acier de Bessemer.
- C’est, en effet, aux environs du xve siècle, d’après Karsten, que, continuant à appliquer le procédé primitif de réduction directe, sous l’action du vent, d’un minerai riche au contact du charbon, les fabricants de fer finirent par observer qu’en raison d’un accroissement plus continu de la température, le métal se liquéfiait d'autant mieux que le four employé à sa production était plus élevé.
- Or, un fait d’une exceptionnelle portée se dégagea de l’emploi des fours ainsi surélevés, car il devint possible, suivant les conditions de marche, d’élaborer soit le fer, qu’on produisait déjà depuis des siècles avec les anciens appa-
- Fig. 2. — Coupe de l'appareil Couper.
- E, empilages de briques. — G, arrivée des gaz des hauts fournaux. — a, arrivée de l’air extérieur. — aC, sortie de l’air chaud vers les tuyères. — ‘S, sortie des gaz brûlés vers la cheminée.
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- LES APPAREILS D'ELABORATION DES METAUX FERREUX
- reils, soit un métal nouveau qu’on appela la fonte.
- Pour avoir de la fonte, il fallait mettre en contact avec du combustible à haute température le métal réduit, ce qui s’obtenait en augmentant la proportion du charbon relativement aux matières constituant l’apport en fer; puis il fallait soustraire la fonte à l’action oxydante du vent en la conservant, pendant la durée de l’opération, sous une couche de scories.
- Pour avoir du fer, il fallait, au contraire, augmenter la charge du minerai, relativement au charbon, et laisser couler les scories pour que le magma métallique spongieux, dit loupe, en s’agglomérant dans le foyer, ne fût pas soustrait, à l’action du vent.
- Mais l’expérience ne tarda pas à montrer que la seule méthode rationnelle consistait à adopter exclusivement tout d’abord lamarche en fonte, quitte à soumettre ensuite la fonte élaborée dans l’appareil réducteur à un affinage final effectué dans un autre appareil qui, pendant des siècles et jusqu’à l’apparition des procédés modernes de production des fers et des aciers en grandes masses, devait être le bas-foyer.
- A. Perfectionnements de l’appareil réducteur.
- — Au perfectionnement qui avait conduit à la découverte fortuite de la fonte s’en ajoutèrent d’autres, dont l’importance se confirmait dès le début du siècle dernier et ne cessait de croître jusqu’à l’époque actuelle.
- Ces perfectionnements devaient, d’ailleurs, transformer profondément l’organisation des fourneaux d’autrefois, nécessiter l’adjonction de nombreux appareils, machines et accessoires résultant des conditions nouvelles de leur fonctionnement et permettre enfin d’arriver au type du haut fourneau moderne.
- Nous ne saurions que les mentionner, en rappelant tout particulièrement l’attention sur le puissant intérêt technique et industriel qu’ils présentent, leur genèse et leur théorie exigeant de très longs développements.
- On peut énumérer ces perfectionnements dans l’ordre suivant :
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- Augmentation de la pression du vent, grâce à l’emploi de la force hydraulique.
- Emploi des fondants, c’est-à-dire de corps d’addition qui, chargés dans le haut fourneau, concurremment avec le minerai et le combustible, permettent l’élimination des matières terreuses du minerai et des cendres du combustible, par formation de composés fusibles dans lesquels ne figurent plus les oxydes de fer qu’entraînaient les scories métalliques des opérations d’autrefois.
- Substitution de la houille au charbon de bois, puis du coke à la houille, aussi bien pour étendre la fabrication de la fonte en dehors des régions forestières et obtenir un métal moins onéreux que pour être en mesure d’accroître encore la hauteur des fourneaux dont les charges moins tassées pouvaient, dès lors, en résistant à l'écrasement, faciliter la marche, à l’intérieur de l’appareil, de la colonne ascendante des gaz réducteurs.
- Réchauffage, par application du principe de la régénération de la chaleur de Siemens, de l'air injecté dans le haut fourneau au moyen de machines soufflantes de plus, en plus puissantes et en utilisant des appareils dits à air chaud, réchauffés par la combustion préalable de produits gazeux s’échappant du haut fourneau lui-même, comme conséquence des réactions qui s’y accomplissent.
- Utilisation du gaz combustible disponible à la partie supérieure du haut fourneau, toutes réactions nécessaires à l’élaboration de la fonte étant achevées, soit pour réaliser le chauffage des appareils à air chaud ci-dessus visés, soit pour produire de l’énergie motrice auxiliaire utile au fonctionnement général de l’installation, soit pour la mise en pression des chaudières des diverses machines, telles que les machines soufflantes, par exemple, etc....
- Enfin, récupération et emploi des sous-produits du haut fourneau, c’est-à-dire des déchels de l’élaboration de la fonte elle-même, qui sont les laitiers, et de ceux provenant de l’épiiration préalable du gaz combustible avant son utilisation dans les conditions que nous avons indiquées.
- H 0.60
- l ig. 3. — Haut fourneau moderne.
- Hauteur moyenne : 18 à 20 mètres. — A, appareil de chargement; B, plateforme de chargement; C, cuve; D, prise de gaz latérale; E, étalages: F, gueulard; b, gaz; b-c, cup and cône; H, ventre; I, ouvrage; L, laveur de gaz; M, manchon de refroidissement; P, creuset; S, support de cuve; T, tuyères.
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- Tel est l'aperçu qui montre, en une synthèse rapide, l'ensemble de l'organisation de l'appareil servant à produire le métal-mère de la sidérurgie, la fonte de fer.
- Cependant, suivant la composition du lit de fusion, c’est-à-dire si l’on a mélangé au minerai de fer d’autres minerais de certains métaux, il sera possible d’obtenir des fontes dites spéciales, particulièrement riches en ces métaux, telles que les ferro-manganèses, ferro-silichims, ferro-man-ganèses-siliciums ou silico-spiegels, ferro-iung-stènes, etc., pourvu que la température du haut fourneau soit très élevée.
- Ces fontes spéciales serviront, dans la métallurgie de l’acier, à introduire les métaux susvisés dans les aciers eux-mêmes, devenus spéciaux à leur tour, ou a provoquer, dans les appareils d’élaboration, telles ou telles réactions utiles.
- 5. Le h»ut fourneau moderne. — C’est seulement une esquisse à grands traits du merveilleux appareil d’élaboration des fontes que le cadre limité de cet article nous permet de présenter (fig. 3).
- a) Constitution générale. — Le haut fourneau est un four du genre dit « à cuve », à parois éminemment réfractaires et qu’une construction appropriée doit mettre à l’abri de toute dislocation que pourraient provoquer les températures élevées qui s’y développent et les mouvements considérables de matières qui s’y effectuent.
- Le fourneau est constitué essentiellement, dans un très grand nombre de types, par un cuvelage métallique en fonte, en acier coulé ou forgé, enveloppant un garnissage de briques de 50 à GO mm. d’épaisseur; la marâtre, qui soutient toute la partie haute du four, supportant des anneaux de 1 m. 50 de hauteur, composés de segments réunis par des boulons et par des cercles.
- Tous les trois anneaux, une rigole est disposée pour recevoir les eaux d’un abondant arrosage extérieur.
- La partie haute de la cuve est, le plus souvent, indépendante de la partie inférieure, la première reposant sur le supporL métallique mentionné précédemment et qui est la marâtre.
- Le bas de l’appareil, correspondant au creuset, est entouré d’un blindage en tôle garni intérieurement de briques de carbone.
- Les indications qui précèdent concernent le type Burgess, qu’on rencontre souvent aujourd’hui.
- Les hauteurs des fourneaux varient de 20 à 55 mètres ; leur diamètre allant de 5 à 10 mètres ; mais on peut noter qu’en général Y expérience n'a pas été favorable aux hauteurs exagérées, sauf, toutefois, pour les fourneaux à anthracite et pour lesquels il est nécessaire de recourir à de fortes pressions de vent-
- Le volume du haut fourneau est compris, en Europe, entre 300 et h00 m3 pour une production de fonte de 100 à 300 tonnes par 24 heures; on rencontre, en Amérique, des hauts fourneaux
- de près de 800 m3, avec une production de 400 à 600 tonnes par 24 heures, en employant un coke au maximum de résistance.
- Le gueulard est muni d’un appareil de fermeture et de chargement dont les types sont des plus variés et dont le plus répandu est le cup and cône. Chaque fois que le gueulard est ouvert pour le chargement, on doit interrompre, au moyen de registres ou de clapets, la communication entre le haut fourneau et les conduites recevant le gaz combustible, pour éviter les rentrées d’air, qui détermineraient des explosions, à moins que, par leur fonctionnement, les appareils de fermeture et de chargement n’exéci.tent automatiquement celte manœuvre.
- Le creuset récupère la fonte produite au-dessus de laquelle surnagent les laitiers; la coulée de la fonte ou l’évacuation des laitiers s’effectuant respectivement par des ouvertures placées à distance convenable et pratiquées dans sa paroi.
- Le vent, qui apporte l’oxygène nécessaire à la combustion du coke, après avoir été chauffé dans les appareils 'a air chaud, est amené dans l’intérieur du fourneau sous une pression variant entre 50 et 40 centimètres de mercure, suivant les cas, par des organes spéciaux appelés tuyères, débouchant immédiatement au-dessus du creuset.
- b) Le chauffage de l'air et son soufflage. — Dans les premiers appareils de chauffage qu’avait imaginés, en 1828, l’ingénieur écossais Neilson, l’air venant de la machine soufflante passait dans des tubes métalliques chauffés extérieurement par les gaz produits par le haut fourneau et récupérés à cet effet, ou par un foyer indépendant; mais la température obtenue ne dépassait pas 250° à 300°, alors que l’air sortant des appareils modernes arrive aux tuyères à une température dè 750° à 800° et même plus.
- En 1860, un grand progrès était accompli; Cowper ayant eu l’idée d’appliquer au chauffage du vent le principe de Siemens concernant la régénération de la chaleur.
- Cet inventeur construit de vastes chambres, de près de 10 mètres de haut, organisées en des empilages de briques; l’une de ces chambres recevant le gaz du haut fourneau qu’on y brûle et qui l'échauffe, tandis que l’autre, précédemment échauffée, reçoit l’air qui la traverse en venant de la machine soufflante, pour être dirigé ensuite dans les tuyères d’insufflation.
- Or, soit que ces empilages s’obstruent par l’accumulation des poussières entraînées, soit que les réparations s’effectuent avec difficulté, ces premiers appareils ne purent être conservés.
- Vers 1865, Whilwell, admettant toujours le même principe de chauffage, substitue aux empilages en briques à conduits parallèles et multiples de son devancier, un système de murs parallèles, mais à conduit unique, ces murs livrant passage au gaz et à l’air par des ouvertures ménagées alterna-
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- tivement à leur partie supérieure ou inférieure.
- Dans cet appareil, qui constitue une sorte de serpentin, le gaz vient brûler dans un premier compartiment, sous l’influence de l’air qui s’est échauffé par circulation; les flammes, se développant, progressent de haut en bas et de bas en haut, dans des couloirs étroits et sortent pour se rendre à la cheminée (fig. 4).
- Lorsque l’appareil reçoit l’air froid, celui-ci, bien entendu, parcourt l’appareil en sens inverse.
- On déduit de ce qui précède qu’il faut au moins deux appareils, l’un marchant au gaz, soit à réchauffement, l’autre au vent, soit au refroidissement.
- Gomme l’appareil se réchauffe moins vite qu’il ne se refroidit, on conçoit que, dans une marche qu’on désire plus régulière, il soit préférable de disposer de deux appareils pour le chauffage contre un pour le refroidissement, quitte, en cas de réparation à l’un des trois , de marcher seulement avec les deux autres.
- A son tour, le système Whil-ivell finit par être presque abandonné, malgré la vogue qu’il avait pu conserver pendant de longues années. On se plaignait, en effet, des changements nombreux de direction qui affectaient le mouvement des gaz, ce qui entraînait des cheminées très puissantes ; on leur reprochait, en outre, un rendement calorifique insuffisamment élevé.
- Cowper, modifiant l’organisation de son premier appareil, parvint enfin, concurremment avec d’autres inventeurs, qui imaginèrent des types comparables, à satisfaire, d’une manière complète, aux divers desiderata des ingénieurs de hauts fourneaux.
- Le gaz et l’air ne changent plus qu’une fois de direction; ils viennent brûler dans une cheminée verticale, et les produits de la combustion redescendent par de nombreux petits canaux formés par des briques, 800 à 1000 dans un appareil (fig. 1 et 2).
- La chambre de combustion est excentrée et tangente à la circonférence; souvent même elle n’est pas de section circulaire.
- Nous nous contenterons d’indiquer que les souffleries sont des souffleries à piston actionnées par
- des machines à vapeur ou par des moteurs à gâz ; les machines soufflantes horizontales étant souvent préférées aux machines verticales.
- On rencontre aussi des souffleries centrifuges dans les installations récentes.
- c) Applications industrielles dérivant du haut fourneau. — Les gaz sortant du haut fourneau sont combustibles, parce qu’ils contiennent de 22 à 34 pour 100 en volume d’oxjde de carbone et une certaine proportion d’hydrogène et d’hydrocarbures. ,
- Le bilan de ces gaz s’établit comme suit :
- Les appareils à air chaud étant servis en gaz, il reste une disponibilité variant entre 50 et 60 pour 100 de la quantité totale ; ce reliquat étant employé pour
- chauffer des chaudières, soit celles des machines soufflantes ou d’autres moteurs à vapeur.
- Le reliquat dont il s’agit peut être encore mieux utilisé si, au lieu de machines à vapeurs, on emploie des moteurs à gaz pour les souffleries et si les pompes, treuils, etc., de l’installation sont commandés par des électromoteurs; dans ce cas, on pourra disposer d’une réserve au moyen de laquelle on actionnera, pour tout autre service de l’usine, des moteurs à gaz pauvre.
- Les gaz du haut fourneau sont actuellement toujours épurés au moyen d’épurateurs statiques préparateurs et finisseurs, ou dynamiques, qui sont essentiellement finisseurs.
- Les résidus de l’épuration sont utilisés, en ce qui concerne les grosses poussières, comme minerais de fer auxiliaires après leur transformation en briquettes, et pour les petites poussières, en raison de la potasse qu’elles peuvent contenir.
- L'industrie du coke métallurgique est devenue connexe de celle du haut fourneau, non seulement parce qu’elle produit le seul combustible qu’on utilise dans cet appareil réducteur, mais aussi à cause des gaz combustibles qui sont engendrés dans les fours à coke et des sous-produits qui en dérivent. Comme les hauts fourneaux, les fours à coke sont devenus aujourd’hui de véritables gazogènes.
- Vutilisation des laitiers a pris enfin, depuis
- Fig. 4. — Appareil Whitwell.
- A, air de la soufflerie. — B, arrivée d’air froid. — C, clapet de nettoyage. — G, gaz du haut fourneau. — V, vent chauffé allant aux tuyères.
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- quelques années, une extension considérable, soit comme matériaux de ballast et de remblayage, soit comme calorifuge à l’état de laine de laitier quand ils sont siliceux.
- Les laitiers calcaires ont notamment des applications fort importantes ; ils servent, après granulation, à la fabrication des divers ciments de laitier et même, quand leur basicité est très accusée, à celle du ciment Porlland à prise lente ; on les emploie encore, également après granulation, à la confection dgs briques de laitier.
- 6. Aperçu sommaire sur les réactions du haut fourneau. — Les agents réducteurs, mis surtout à contribution, sont le carbone et l'oxyde de carbone.
- En ce qui concerne les minerais de fer, les réactions réductives à considérer sont ainsi traduites : 2Ft20r’ + 6G = 6G0 -+- 4Fe 2Fe20s -f- 5C = 3G02 H- 4Fe 2Fe*05 H- 6C0 = 6C02 -+ 4Fe.
- Deux courants inverses réagissent l’un sur l'autre; l’un gazeux ascendant, l’autre solide descendant.
- Dans le courant gazeux, l’air 0 -F-Az, lancé par la luyère, devientd’aborcfCO2 -h Âz, puis CO H- 0 H- Àz au contact du coke incandescent, et enfin CO-+- Az, 0 se combinant au charbon pour donner CO.
- La réduction ne sera complète au niveau des
- Co2
- tuyères que si le rapport ^ ne dépasse pas en poids 0,7 ou 0,8.
- Si la réaction 2Fe203 -b 6C0 — 6C02 -h 4Fe se réalisait seule, on serait arrivé à la marche idéale avec une absorption minima de chaleur ; mais il se produit près du gueulard une réaction 2CO = G -+- GO2, difficile à expliquer, ce dédoublement de CO ayant lieu en présence des sous-oxydes de fer ou du fer réduit.
- Dans le courant solide, on distingue cinq zones dont les désignations spécifient les opérations qui s’y
- accomplissent : calcination, haut de la cuve; réduction, bas de la cuve et ventre ; fusion, étalages ; combustion, ouvrage; liquation, creuset.
- Les corps constituants des produits d’élimination, c’est-à-dire des laitiers, sont la silice, Yalumine et la chaux.
- La fusibilité des laitiers est celle des silicates : pour une bonne fusibilité, la silice variera entre 30 et 60 pour 100, l’alumine entre 8 et 18 pour 100, la chaux entre 20 et 50 pour 100, le rapport entre la chaux et l’alumine entre 2 et 3 pour 100.
- Les quelques renseignements qui précèdent laissent entrevoir combien est vaste le champ de la théorie du haut fourneau, mais il faut ajouter qu’elle a été fertile en résultats au point de vue de la conduite de ce remarquable appareil.
- 7. Conclusion. — Au point de vue de l’élaboration de la fonte, les pays producteurs les plus importants comprenaient, avant les événements récents, les États-Unis, Y Allemagne et l'Angleterre, laissant la France, bien en arrière.
- Il y a là une situation qui doit appeler toute l'attention des métallurgistes pour qu’elle se transforme radicalement à notre avantage,
- Nous avons dit qu’étant donnée notre richesse en minerai, il était nécessaire de réaliser parallèlement la richesse en combustible.
- On ne saurait prévoir, pour le moment, comment s’orienteront les efforts industriels de notre pays, mais il faut espérer qu’ils auront constamment pour but de donner à la production de la fonte, c’est-à-dire du fer, le plus grand développement possible, en vue d’assurer notre prospérité dans l’avenir.
- Général Gages.
- Professeur do métallurgie à l’école spéciale clos travaux publics, du bâtiment et de l’industrie.
- «aï*
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juin 1920.
- Les travaux de la Société hydrotechnique. ;— Mettant à son ordre du jour la substitution de l’énergie hydraulique à l’énergie thermique, partout où la nature la rend possible et avantageuse, la Commission dite des Réseaux a successivement envisagé : l’unification des types de courants et celle des voltages, la recherche de la limite au delà de laquelle il n’y aurait plus aiicun intérêt économique à transporter l’énergie, la liaison des différents réseaux, avec les meilleures conditions de sécurité et d’économie, enfin l’établissement d’une carte générale au 1/200.000" et comprenant tous les réseaux français. M. Rateau a soumis à l’Académie les 78 premières feuilles de ce dernier travail qui en comprendra 84, dressées d’après les documents des Minis-
- tères des Travaux Publics et de l’Agriculture, puis de l’Union des Syndicats de l’Electricité.
- La fréquence des brouillards dans le Sahara oriental. — La note du lieutenant-colonel Tilho appelle l’attention sur les brouillards secs et les tempêtes de sable qui présentent les plus grands dangers pour la navigation aérienne, et sont particulièrement fréquents pendant les mois compris entre le solstice d’hiver et Le solstice d’été. D’août à novembre inclus, ils sont relativement rares. Dans les régions où le sol est constitué de dépôts meubles et ténus, les brouillards opaques atteignent parfois une telle épaisseur que la visibilité devient nulle à moins de 10 m., pour le plus grand péril des convois et des caravanes. P. B.
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- IMITATION REMARQUABLE DES CELLULES NATURELLES
- On connaît les nombreux essais tentés pour reproduire la structure des cellules naturelles, notamment ceux de Bülschli, Traube, Leduc,Herrera. M. le professeur Herrera veut bien nous communiquer les résultats de ses dernières tentatives qui sont remarquablement réussies.
- Toutefois nous tenons à faire observer que les structures des cellules naturelles, obtenues après traitement par les méthodes histologiques classiques, ne correspondent guère à l’aspect des mêmes cellules vivantes. Lorsqu'on a cherché à imiter les structures des cellules naturelles au moyen de précipités de diverses solutions on a trop souvent pris comme modèle l’asjject histologique et non l'aspect vivant. De ce fait, les conséquences qu’on peut tirer de ces expériences doivent être envisagées avec beaucoup de prudence. Sous ces réserves, nous publions volontiers la note suivante du professeur Herrera.
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- Fig. i.
- Microphotographie d'une préparation du projcsscur Herrera.
- On connaît les belles recherches de MM. Gautier et Clausmann sur l’importance biologique et la généralité du fluor chez les organismes, ainsi que les travaux de Schultz et Boudard sur la présence de la silice dans les tissus, leur rôle physiologique et leurs applications thérapeutiques. Ces éléments ont été délaissés injustement pendant de longues années, mais les recherches modernes ont mis en lumière leur importance pour la vie. Or, des travaux de plasmo-génie que je poursuis depuis 1897 et qui m’ont amené à m’occuper des lluoro-silicates, ressort surtout un fait significatif : les imitations des cellules et tissus obtenus avec le silico-carbonate de calcium, quoique ayant une grande ressemblance morphologique avec les éléments naturels sont attaquées et dissoutes par les fixateurs histologiques tous acides, ce qui les éloigne beaucoup des modèles vivants. J’ai pourtant cherché des artifices présentant la même résistance auxacides. Une observation ancienne m’a fait étudier les remarquables imitations qui se produisent en faisant agir les vapeurs d’acide fluorhydrique sur le verre et qui reproduisent les structures des microorganismes de l’eau croupissante, mais beaucoup plus durs et prenant difficilement lés colorations histologiques.
- Mes premières expériences ont reproduit la technique de Harting (Comptes Rendus de T Acad, des Sciences, 19 mai 1919). J’ai mis dans un cristal-lisoir de 18 cm de la silice colloïdale ayant une densité de 1030, et deux sels solubles : du chlorure de calcium etf du fluorure de potassium. Par diffusion lente et cristallisation incomplète, il y a eu formation de remarquables imitations d’amibes et de cellules ; un lent perfectionnement des conditions de diffusion a enfin produit des fac-similés excessivement remarquables des éléments histologiques. La
- technique définitive consiste à comprimer entre une lame et deux lamelles deux solutions, une de silicate de potassium ayant une densité de H00 et renfermant des traces de bifluorure de potassium, et une
- solution de chlorure de calcium à 13520 de densité. La solution de silicate devra renfermer la moindre quantité possible de potasse; elle se prépare par dissolution de silice gélatineuse récente dans 750 cm3 d’eau additionnée de 10 gr. de potasse caustique. On chauffe dans un vulcani-sateur à la température la plus haute possible.
- Dans la dernière expérience, on a comprimé une goutte de silicate sous une lamelle avec des poids pesant 22 kg, tandis que la goutte de chlorure de calcium a été comprimée à 5 kg sous la lamelle contiguë. On recouvre les lames d’une cloche de verre dans laquelle on introduit des linges humides, puis on lute les bords de la cloche avec du plâtre, pour éviter la dessiccation des solutions. La compression a pour but de ralentir la diffusion des liquides, en imitant ainsi les infiltrations que produisent les agates.... Après 24 heures on lave et on observe au microscope, on fixe, on colore et on monte dans le baume comme pour les coupes ordinaires de tissus ; seulement il faut employer le bleu de Kühne et des mordants, les structures étant encore trop dures et trop peu perméables.
- Les ondes de diffusion produisent des précipités périodiques et l’épuisement de la solution de chlorure de calcium détermine la transformation graduelle des ondes en segments de plus en plus petits, qui reproduisent la forme et les structures des cellules avec une fidélité surprenante, ainsi que l’on pourra en juger par les dessins et la microphotographie ci-joints. Dans la préparation 3804, du 17 mai Ï920, on a vu une colonie de cellules corn-
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- IMITATION REMARQUABLE DES CELLULES NATURELLES
- plètes ayant membrane, cytoplasma spongieux ou spongiopla'sma, membrane nucléaire, noyau, nucléole et filaments chromatiques. Les anciennes pseudo-cellules de Traube, Leduc, moi-même et autres sont trop inférieures à ces magnifiques éléments, dont l'énorme noyau, vu aux forts grossissements, montre l’aspect finement granuleux du noyau des vraies cellules et les autres détails qu’on y connaît. Et ce qui amène une émotion plus grande encore est la tendance de toutes ces cellules à la division, ainsi que l’on voit sur certains points de la même préparation et dans d’autres adressées à l’Académie des Sciences. Les figures mitosiques sont encore vagues et incomplètes, mais on distingue très bien deux asters adossés dans les pôles des ovoïdes, et des filaments entre eux. Souvent les asters se trouvent dans les pointes d’un tube allongé granuleux. En comprimant des lames sous une pression de 60 kg, j’ai obtenu des colonies de cellules en division, prenant le bleu et montrant tous les passages entre les cellules avec le noyau et le protoplasma en repos et celles montrant la division du noyau sans division du prolo-plasma, la division ultérieure de celui-ci et la séparation complète des cellules-filles. Une de ces préparations a été adressée à l’Académie des Sciences, une autre à M. le D1'Mac Dougal, du Desert Laboratory, Tucson. Comment expliquer ces résultats et les interpréter? C’est. peu aisé et encore moins intéressant que les faits.
- En baignant des cristaux macroscopiques de chlo-
- rure double de calcium et potassium dans du silicate de potassium, on observe que chaque cristal renferme un reste de solution de chlorure de calcium, qui produit des membranes de précipitation très fines, en formant une espèce d’émulsion protoplasmique. Probablement ici on produit le même effet, à une échelle microscopique, et l’on reproduit avec perfection la structure du protoplasma et du noyau dont parle 'Biits-chli. La segmentation aurait pour cause le gonflement osmotique des alvéoles invisibles dont l’enchy-lema salin aurait une grande affinité pour l’eau du milieu extérieur. Le durcissement des structures est dù à une espèce de plasmolyse ou déshydratation intense (il empêche l’évolution ultérieure des cellules), ce que je lâche de retarder le plus possible.
- Une hypothèse — je n’ai pas dit certitude — se présente aussitôt à nos méditations et recherches : la vie aurait-elle une origine semblable, due à des
- infiltrations lentes de sels dans de la silice renfermant des fluorures ? On connaît un grand nombre de composés organiques de fluor, de silice, voire même de ffuoro-silicales, et il se peut que sur un squelette minéral, les forces naturelles, la chaleur, le soleil, etc., aient produit des pro-tobies capables de vivre par des procédés autotropbiques. Quoi qu’il en soit de ces hypothèses, le fait signalé, les cellules complètes et en division, est nouveau et d’un intérêt profond. A. L. Herrera.
- Directeur des Etudes Biologiques de Mexico.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
- Fig. 2. — Aspect cellulaire de la préparation 3804 obtenu à partir de silicate de potasse et de chlorure de calcium sous pression.
- Fig. 3.
- 1 Eléments de la préparation précédente vus à un plus fort grossissement.
- 2 Structure réticulée d’une cellule naturelle, d’après Schdjer.
- De la périphérie au centre, membrane, prolopïasma, noyau, nucléole. Dessins du docteur A. Ruelas.
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- LA NATURE. — N° 2418.
- 7 AOUT 1920
- UN CRATÈRE DANS UN PARC
- Soucieux de proléger les beautés naturelles de leur pays contre toute tentative de vandalisme, les États-Unis dressent autour d’elles des clôtures qui les défendront à perpétuité. En France, nous protégeons nos ruines vénérables en les décrétant monuments historiques. Dans ce jeune pays, ' où l’on traite de ruines des édifices vieux de deux siècles — ou moins — la protection s’exerce au bénéfice
- Les Indiens n’en avaient parlé aux premiers explorateurs qu’avec une hésitation faite de superstition et d’effroi. Pour la tribu des Klamaths, comme pour celle des Modocs, cette région, qu’ils appelaient Gaywas, était le domaine de démons tout-puissants.
- Le chef de ces génies s’appelait Llao, et ses sujets avaient la forme de gigantesques crabes. 11 avait
- Fig. i. — Vue générale du Lac du
- des paysages, que l’on décrète, par vote du Congrès, propriétés nationales.
- L’un des moins connus des grands Parcs Nationaux ainsi constitués, est celui du Crater Lake. D’une superficie de 249 milles mètres carrés, d’une altitude qui varie entre 1600 et 5000 mètres au-dessus du niveau de la mer, il est situé dans le Sud-Ouest de l’État de l’Orégon, à mi-distance entre San-Francisco et Portland, au cœur de la Chaîne des Cascades, massif parallèle au rivage du Pacifique.
- La région est hérissée de pics volcaniques, dont les bases sont reliées par des plateaux couverts d’épaisses forêts. Ces conditions expliquent pourquoi l’existence du Lac du Cratère, malgré ses dimensions imposantes (8 kilomètres de diamètre), ne fut révélée que dans la seconde moitié du siècle dernier.
- Cratère; au fond, Red Cône Pcak.
- pour ennemi un autre chef de démons, nommé Skell, dont les domaines s’étendaient autour du lac, et qui fut capturé au cours d'une bataille. Llao lui arracha le cœur et le donna comme jouet à ses hommes-crabes, qui s’amusèrent à se le lancer comme une balle, de falaise en falaise, à l’aide de leurs pinces.
- Mais un des démons de Skell, transformé en aigle, put se saisir du cœur et le passer à une agile antilope, qui le transporta en lieu sûr. Le corps repoussa autour du cœur. Ressuscité, Skell captura Llao et le coupa en morceaux, qu’il jeta dans le lac, où les crabes le dévorèrent. Mais, quand il jeta la tête, ils reconnurent leur chef' et n’achevèrent pas leur festin.
- Ce ne fut qu’en 1872 que des Indiens consentirent à servir de guides aux premiers voyageurs qui visitèrent cette région mystérieuse. L’année
- (». - 81.
- 48* Année — 2' Semestre
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- UN CRATERE DANS UN PARC
- suivante, une dame publiait la première description du Lac du Cratère. En 1883, le Geological Survey organisait une expédition, dont les chefs, MM. E. Hayden et J. S. Didier, exploraient le lac à l’aide d’un radeau. Enfin, en 1902, de nouvelles expéditions scientifiques étudièrent à fond l’étrange et unique phénomène que nous allons décrire.
- Au point de vue scénique, ce lac est une merveille. Quand le touriste a escaladé le rebord extérieur de l’immense cuvette, il se trouve soudain au-dessus d’un précipice et aperçoit à ses pieds le gigantesque miroir d’eau bleue, encadré par une muraille taillée à pic qui, sans solution de continuité, décrit un cercle elliptique de plus de 50 kilomètres avec des hauteurs variant entre 200 et 700 mètres. .
- Cette eau est d’un bleu profond, qui verdit près des rivages. Sa limpidité est telle qu’on peut apercevoir nettement une assiette immergée à 30 mètres de profondeur. Aucune plage au pied de la falaise; le mur cyclopéen s’enfonce brutalement dans l’abîme. Mais, çà et là, les éléments l’ont, effrité, et l’accumulation des débris a formé des talus moins abrupts, que des conifères ont recouverts de sombre feuillage, qui fait contraste avec les teintes claires des roches et sables , volcaniques.
- Ces teintes sont d’une variété indescriptible. Certaines roches ont des reflets métalliques. Des veines d’un jaune d’or ou d’un rouge de sang s’entrelacent sur le fond gris-clair des murailles. Une neige immaculée recouvre souvent les points culminants du colossal rempart. Et cette orgie de couleurs se reflète, avec une netteté admirable, dans les eaux immobiles.
- Au point de vue géologique, la merveille tourne au miracle, car elle reconstitue, pour qui sait lire la roche, une des plus grandes catastrophes qui se soient produites dans notre monde terrestre. N’est-ce pas là le terme qu’il convient d’appliquer au cas d’une montagne volcanique haute de 3000 mètres, qui disparaît de la surface de la terre, sans laisser d’autres vestiges que ses fondations.
- Sur l’origine volcanique de l’immense cuvette,
- aucun doute ne subsiste, après la savante étude de M. J. S. Diller, ingénieur du Geological Survey (Service Géologique des États-Unis), étude à laquelle nous empruntons les éléments de cet article. Quant à la disparition de la montagne, elle est prouvée par de nombreux faits.
- On remarque, avant tout, le violent contraste entre la paroi intérieure et la paroi extérieure de la margellê. La première est si abrupte qu’elle forme un angle moyen de 10 degrés avec le plan vertical. La seconde est en pente si douce qu’il faut parcourir un bon kilomètre pour descendre à un niveau de 20 mètres. Il est manifeste que la crête circulaire est la base d’une grande cavité conique, dont le fond est occupé par le lac.
- Sur cette pente extérieure, hérissée de petits cônes volcaniques, on relève à chaque pas les vestiges de puissants glaciers : moraines , roches erratiques , épaisseurs de sable et de gravier. Ces coulées descendent à des dizaines de kilomètres dans les plaines environnantes, côtoyant des coulées de lave que la glace a polie et rayée.
- Il est bien évident que ces glaciers n’auraient pas pu se former dans les conditions topographiques actuelles. L’existence de ces immenses moraines est la preuve matérielle, indiscutable, que les glaciers qui les produisirent prenaient naissance sur^ les pentes d’une montagne très élevée. On l’a baptisée d’un nom posthume : Mont Mazama.
- La Smithsonian Institution a pu la reconstituer en comparant ses vestiges à l’un des pics volcaniques qui font partie de la même Chaîne des Cascades. A l’altitude de 8000 pieds, qui est celle de la crête formant ceinture autour du lac, le Mont Shasta ade même diamètre que cette ceinture. Les coulées de lave des deux monts ont une constitution chimique identique. On conclut de ces faits que le volcan disparu avait la même forme et la même altitude que le Shasta.
- Dans quelles circonstances s’opéra cette disparition? Par explosion? Par effondrement? On connaît d’assez nombreux cas d’explosions volcaniques qui ont creusé dans le sol de vastes cavités. Sans
- Fig. 2. — L’île du Sorcier, cône volcanique dans le Lac du Cralère.
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- UN CRATÈRE DANS UN PARC
- exception, ces trous sont entourés de ceintures édifiées par les matériaux fragmentés que souleva et rejeta l’explosion.
- L’unique exception est présentée par le Mont Mazama, dont la crête circulaire est constituée non pas par des fragments de matériaux volcaniques, mais par des couches de lave solide, alternant avec des couches de conglomérat volcanique vomi par le cratère à une époque antérieure à la formation de la gigantesque caldera.
- D’ailleurs, les moraines qui recouvrent en grande partie les pentes extérieures de la cavité n’offrent
- sommet. Les matières en fusion s’épandent dans les vallées avoisinantes en évidant la montagne, dont le sommet repose désormais sur un vide. Tôt ou tard, il s’effondre, engouffré dans le réservoir (caldera) de matières en fusion.
- Le célèbre cratère de Kiauea (Hawaï) a présenté, en 1840, un cas analogue d’engouffrement. Nous rappellerons que ce cratère présente la forme d’un lac d’une circonférence de 14 kilomètres et qu’il est constamment rempli de lave en fusion.
- L’éruption de 1840 se produisit par une fissure, à 44 kilomètres du lac de feu et à 1500 mètres en
- Fig. 3. — La roche de Llao, montrant la face interne d'une gigantesque coulée de laves.
- aucune trace de dépôts fragmentaires, et l’hypothèse de l’explosion doit être écartée.
- Celle de l’engouffrement apparaît plus logique. Elle explique à la fois la disparition du volcan et la formation de l’énorme cavité, dont la capacité est de 12 000 pieds cubiques et dont la profondeur, mesure prise de la crête du rebord au fond du lac, est de 4000 pieds, soit plus de 1500 mètres.
- À l’appui de cette hypothèse, M. J. S. Diller rappelle d’abord le mécanisme d’une éruption. La colonne de matières fondues cherche une issue par le sommet de la montagne, ou encore, si elle rencontre des points de moindre résistance sur les flancs, elle s’échappe et s’épand par des fissures. En général, ces fissures se produisent à bonne hauteur sur les versants, et la lave consolide et épaissit les flancs de la montagne.
- Le résultat est tout autre si la ou les crevasses d’issue se produisent plus près de la hase que du
- dessous de son niveau. Peu de temps après, la région environnant le lac s’effondra. Le flot de lave l’avait littéralement minée.
- Il est probable que l’engouffrement du Mazama se produisit en pleine éruption. C’est la seule façon d’expliquer l’existence des lits de lave sur la paroi intérieure du rempart. Quand le sommet s’effondra, les laves les plus épaisses n’étaient pas solidifiées, et la queue des coulées, entraînée en arrière par la chute de la montagne, s’écoula sur ces parois intérieures.
- Ce fut la plus formidable éruption du Mazama, mais ce ne fut pas sa dernière. L’îlot (Wizard Island) qui dresse sa tête conique au-dessus des eaux du lac, est un volcan en miniature, vraisemblablement engendré par les suprêmes convulsions du Mazama. Son cône, d’une hauteur de plus de 250 mètres,^ constitué par des scories, est d’une régularité parfaite. Le sommet est occupé par un cratère pro-
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- fond de 27 mètre?, dont les eaux de plaie ont fait nn lac minuscule. Autour du cône s’étend un champ de lave, d’une teinte plus sombre que celle qui blanchit les parois intérieures du grand lac.
- Certains avaient avancé que l’îlot, avec son cône symétrique, pouvait bien êLre la calotte même du Mazama, tombée dans le gouffre. Mais il est bien évident que cette île est un volcan que les forces intérieures, agissant sur le fond de la caldera, firent surgir après l’effondrement.
- Des sondages tendent à établir l’existence de deux autres cônes secondaires, dont les sommets s’élèvent à 100 ou 120 mètres au-dessous du niveau du lac. Les coulées de lave de ces trois petits volcans ont comblé irrégulièrement le fond de la caldera. Les profondeurs minima (de 95 à 150 pieds) sont relevées autour de Wizard Island, alors que, dans la partie opposée, soit à l’autre bout du même diamètre, la sonde enregistre des profondeurs de 1700 à 2000 pieds.
- L’eau du lac est peuplée uniquement par un petit crustacé et aussi par des salamandres, qui abondent sur plusieurs points du rivage.
- On y a introduit des poissons, qui paraissent y prospérer. Le niveau. oscille d’environ 1 m. 25 durant l’année, montant pendant la saison des pluies et descendant pendant l’été.
- Il est possible de faire le tour du lac en suivant la crête, qui, nous l’avons dit, n’offre pas de solution de continuité. Mais, pour un touriste possédant quelques notions de géologie, la meilleure façon de visiter cette unique curiosité naturelle est de louer un canot, que Y Oncle Sam lui prêtera toute une journée pour la modique redevance de deux dollars et demi.
- Au cours.de cette agréable et passionnante promenade, le visiteur assistera, si l’on peut dire, à la dissection d’un volcan. Longeant la côte Ouest, il se trouvera bientôt au pied de la roche de Llao, façade interne d’une énorme coulée de lave, épaisse de 400 mètres, qui a comblé une ancienne vallée, dont on distingue nettement les pentes en affleurement. Les contours de celte coulée apparaissent si nettement que, si on prolonge par la pensée son plan superficiel dans la direction du lac, on reconstitue
- aisément la silhouette de la majestueuse montagne disparue.
- Poursuivant sa promenade, le touriste se rend compte que la muraille circulaire est formée par des lits juxtaposés ou superposés de conglomérat volcanique et de lave. Après Llao Rock, point culminant de la gigantesque margelle, il aperçoit Cleetvvood Cove, le seul point où. se rencontre une coulée de lave qui se soit épandue sur la paroi antérieure, ainsi que nous l’avons noté plus haut.
- Un peu plus loin, se dressent les Palissades, falaise de 200 mètres de haut, qui montre en coupe une autre coulée de lave, bordée de deux lits ou feuilles de pierre ponce séparées par un lit de dacite.
- A quelque distance, le voyageur aperçoit, toujours en coupe, les lits de deux ravins, ou canyons, creusés par deux torrents qui descendaient de la montagne disparue. Puis, il passe près du Bateau-Fantôme, îlot bizarrement découpé, qui, à certaines heures du jour, sous l’influence de jeux de lumière, devient complètement invisible à quelque distance.
- Le Devil's Backbone (L’épine dorsale du diable) est un autre phénomène, constitué par des cloisons de lave qui s’élèvent de la surface de Peau jusqu’au rebord de la crête, avec une épaisseur qui varie entre 1 m. 75 et 8 mètres. Ces cloisons marquent l’emplacement de fissures où la lave se solidifia.
- On en retrouve d’autres sur différents points du rempart, convergeant toutes vers le centre du lac. Mais elles ont des proportions bien inférieures à celle du Devil’s Backbone. La lave qui les a formées paraît être beaucoup plus ancienne que les épaisses coulées qui s’étagent autour du cratère.
- Au cours de la visite de ce volcan « disséqué », il est facile, pour un géologue, de reconstituer ses périodes d’activité en comparant entre elles les différentes catégories de laves, qu’on peut aisément identifier par leur coloration. Les éruptions débutèrent par des coulées de lave andésite, contenant une quantité moyenne de silice. Après une longue période d’activité, les matières en fusion présentèrent une haute teneur en silice (dacite). Puis,
- Fig. 4. — Le “ Bateau Fantôme ” et la rive voisine.
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- L’INDUSTRIE DU SOUFRE EN SICILE
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- cette teneur atteignant son minimum,les éruptions n’apportèrent plus, que de la lave basaltique.
- Le parc national, constitué autour du Lac du Cratère, abrite d’autres curiosités naturelles. Sur le versant Sud du Mazama, se dresse une forêt fantastique, qu’on dirait composée d’arbres pétrifiés et restés debout. Ce sont des aiguilles creusées et sculptées dnns la roche par l’érosion. Certaines ont jusqu’à 30 mètres de hauteur.
- Dans un immense rayon, le sol est hérissé de cônes volcaniques, troué de cratères, crevé de
- est strictement interdite dans les limites de l’immense réserve, ours et cerfs ne s’effarouchent plus à la vue d’un touriste.
- Deux stations de chemins de fer facilitent l’accès du parc : Medford et Klamath Falls. La première est située à une distance de 150 kilomètres, la seconde à une centaine de kilomètres. Du 1er juillet au 30 septembre, un service d’auto-cars assure le transport des touristes, le voyage aller et retour coûtant de 15 à 15 dollars.
- En tarifant le coût de la pension dans les hôtel-
- Fig. 5. — Les champs de lave de Vîle du Sorcier.
- canyons où l’érosion a taillé les monuments les plus étranges. D’épaisses forêts recouvrent montagnes et plateaux. Elles abondent en'animaux sauvages : ours noirs, ours bruns, cerfs, porcs-épics, coqs de bruyère, faisans et autres espèces/Comme la chasse
- leries qui dressent leurs tentes autour du cratère pendant les trois mois de la saison, en protégeant les touristes contre toute velléité d’exploitation, le gouvernement américain donne une leçon de choses dont la France pourrait profiter. Y. Forbin.
- L’INDUSTRIE DU SOUFRE EN SICILE
- L’industrie du soufre occupe une place importante parmi les industries minières. «
- On sait le rôle que joue ce métalloïde dans les arts chimiques en général, son emploi par exemple dans les allumettes soufrées.
- Les régions où on le rencontre à l’état natif avec
- une richesse suffisante pour l’exploitation sont la Sicile et la Louisiane.
- En Sicile, les gisements proprement dits, les « filons », n’affleurent presque jamais le sol; ils se trouvent à des profondeurs de plusieurs centaines de mètres, 500 à 700 en moyenne, au milieu de
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- 86 ..............— L’INDUSTRIE DU SOUFRE EN SICILE
- marnes grises sulfatées, caractéristiques, granuleuses ou pulvérulentes, révélatrices de leur présence, les « briscales ».
- Pour extraire le soufre, on commence donc par forer un puits, à la manière des houillères. La fosse mesure 5 à 4 m. de diamètre, espace nécessaire à lâ manœuvre de deux bennes.
- On garnit d’un cuvelage en maçonnerie, et l’on descend jusqu’à ce qu’apparaissent les gypses qui constituent le plafond d’une couche. Quelques mètres encore : le soufre se présente avec sa teinte jaune caractéristique, en failles cristallisées brillantes. Il n’est pas rare que son épaisseur atteigne plusieurs décimètres; on remarque alors une belle veine dorée, brunâtre, aux reflets fauves, et chatoyants.
- Des ramifications s’en détachent , qui se multiplient a-lentour, donnant à la paroi du souterrain l’aspect d’un arbre tordu et contourné. Le mineur pioche et creuse ; le soufre friable cède et se détache en gros blocs ambrés; il suffit à la galerie de poursuivre la veine....
- p Cependant une pareille richesse n’est pas constante. Dans beaucoup de mines, le minéral est mélangé de gangue ; il prend alors l’aspect d’une roche . grisâtre peu résistante.
- D’une manière générale, on vide la galerie, remontant pêle-mêle soufre et gypse ; pour activer l’extraction, on fait largement usage de la poudre, et quelquefois de perforatrices mécaniques.
- Notez que l’air du souterrain est absolument inodore; on se promène au milieu de ce soufre sans masques, sans appareils aucun, et sans être incommodé; le soufre lui-même ne sent rien, sa combustion seule produit le suffoquant anhydride sulfureux.
- Voilà le minerai détaché, on le remonte et l’entasse à la surface du sol.
- Il faut à présent le purifier et extraire de la masse brute qui ne titre que 30 à 50 pour 100 un soufre à 98-99 pour 100. C’est là que l’on rencontre l’une des plus grosses difficultés.
- Les mines se trouvent dans une région essentiels lement pauvre. Rien ne donne une idée de la désolation de ces paysages qui forment une bonne part du centre de la Sicile; pas d’eau, partant pas de végétation ; une terre aride, quelquefois couverte
- d’une herbe rare et maigre ; des failles, des cassures du terrain, dans une argile colorée, bleue ou rouge; un ciel de feu, avec une lumière crue et rude mettant en relief les moindres aspérités ; tout cela dans des montagnes abruptes, difficiles d’accès; et puis la mine, avec ses innombrables monticules de déchets rouges, de rejets rouges, qui de loin donnent l’impression d’une taupinière en terre rouge, avec quelques cheminées éparses au voisinage des têtes de puits
- Pas d’eau, c’est-à-dire impossibilité à peu près complète de créer une industrie quelque peu étudiée; enfin pas de charbon, pas un atome de houille en Sicile. Il faut se suffire à soi-même, avec la production du sol sur place, d’où le principe de
- purification adopté dès l’origine et auquel bon nombre de concessions se résignent encore:: purjifier le soufre en le chauffant au moyen du soufre lui- même, en sacrifier une partie pour sauver l’autre ; brûler du soufre pour que le dégagement de la chaleur fournie par la combustion provoque la fusion et l’écoulement des parties , voisines, et leur séparation par liquation de la gangue.
- Ce procédé, essentiellement rudimentaire et empiriquè, prime encore aujourd’hui tous ceux plus perfectionnés qu’on a essayé de lui substituer.
- On l’appliquait, on l’applique encore, ainsi que le montre une de nos photographies, dans la méthode des « calcaroni » : un calcaroni est une vaste excavation circulaire de 8 à 10 m. de diamètre creusée dans le sol à liane de coteau, quelque chose comme un entonnoir de gros obus et limité du côté de la vallée par un mur en pierres sèches, percé d’une petite porte à sa partie inférieure, « la morte ». L’intérieur du calcarone est garni d’un mur en calcaire compact, revêtu d’un enduit lisse au plâtre, imperméable au soufre. Une nuée de gamins remplissent le trou de minerai, de gros blocs au fond réalisant une voûte grossière, puis du tout venant, du menu enfin pour faire le toit. Des cheminées verticales sont réservées par places. Quant tout est prêt, on jette au fond quelques brandons; le feu prend, l’opération est partie. La voilà en marche pour plusieurs mois, car on j traite en une fois 5 à 4000 wagonnets de 700 kg chacun,. c’est-à-dire de 2 à 3000 tonnes de minerai. On bouche, sauf de
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- minces prises d’air, et on attend.
- Au bout d’une huitaine, la chaleur suffit à provoquer le début de la fusion ; le soufre fond heureusement à 140°.
- Il est assez facile de se rendre compte de ce qui se passe dans l’intérieur du tas. La chaleur développée par la combustion d’une partie du soufre, se propageant peu à peu de haut en bas, provoque la fusion de l’autre partie du soufre ; le soufre fondu descend par les intervalles entre les blocs de minerai.
- D'abord il se solidifie de nouveau en arrivant au contact du minerai encore froid ; mais de nouvelles quantités de soufre fondu continuent à descendre, et, la chaleur se propageant, les couches solidifiées entrent de nouveau en fusion et finissent par arriver au bas, sur la sole inclinée en avant. En attendant, la température continue à s’élever dans les couches où a lieu la combustion et finit par atteindre le rouge; le soufre liquide, qui, devenu épais et visqueux par suite de la forte élévation de température, n’avait pu s’écouler, se réduit en vapeurs; les vapeurs de soufre, trè^ lourdes, au lieu de s’élever, se précipitent également dans les intervalles, entre les blocs de minerai, s’y condensent et provoquent la fusion d’une nouvelle quantité de soufre, et ainsi de suite. Finalement, le soufre coule et se rassemble sous la forme d’un liquide brun sur la sole inclinée; de temps à autre, on perce la petite porte, il en sort un filet liquide que l’on reçoit dans des moules parallélépipédiques en bois de peuplier, où il se prend par refroidissement en pains d’une cinquantaine de kilos, représentant le soufre brut tel qu’il est expédié aux raffineries.
- Quand il ne coule plus de soufre, l’opération est finie; on laisse refroidir, on vide l’exca-
- Fig. 2.— Mine de soufre. — lin four GUI.
- vation, toujours à la main, et l’on recommence.
- Un premier perfectionnement à ce procédé rudimentaire fut apporté par l’adoption du four « Gill ».
- Le four Gill est en somme un four à récupération. Supposez quatre « cellas » jumellés, accolées en carré dans un même massif de maçonnerie ; on brûlera et fondra dans l’une d’elles; l’opération terminée, on fera passer, au travers de la masse brûlante, l’air devant servir à la combustion delà « cella » voisine : économie de chaleur, c’est-à-dire de combustible, de soufre. En même temps, les cuves ayant des dimensions plus modestes, et ne chargeant que 50 à 40 wagons, c’est-à-dire 2 à 5 t., l’opération est plus rapide et ne dure plus que 5 jours; un à deux jours pour la fusion, un jour pour le déchargement, qui s’opère cette fois par la porte de coulée.
- Des carneaux ménagés dans la maçonnerie, commandés par des registres, règlent la circulation des gaz, et aboutissent à de petites cheminées blanches, qui sur la photographie ressemblent à de gros pains de sucre.
- On fait dans cet appareil 5 fusions par « cella » et par mois, soit Infusions par four.
- Le rendement est approximativement de 55 pour 100 du soufre contenu dans le minerai; la perte en soufre brut est représentée par les 45 pour 100 manquants; quel triste résultat pour une méthode déjà si perfectionnée!
- C’est un véritable gaspillage de matière, presque un crime industriel.
- Aussi le problème de l’extraction rationnelle et économique a-t-il tenté les chercheurs.
- L’un des perfectionnements, réalisé sur une échelle industrielle sans occasionner trop de mécomptes, ré-
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- 88 L’INDUSTRIE DU SOUFRE EN SICILE
- side dans l’emploi pour la fusion de vapeur d’eau surchauffée. Ce procédé, mis en œuvre pour la première- fois par Thomas, a été étudié et perfectionné par M. Lenfant, le distingué administrateur de la « Société générale des soufres », société française.
- Il s’applique aux minerais compacts, en gros morceaux.
- Les wagonnets, tout venant de la mine, sont enfournés dans de grands autoclaves de 2 m3 500 de capacité; une batterie de chaudières, chauffées au bois, le seul combustible industriel de Sicile, fournit de la vapeur à 6 kg, qu’un détendeur ramène à 4 kg; on l’introduit, bientôt le soufre fond, en deux heures l’opération est terminée, de sorte que l’on arrive à douze fournées par jour de 24 heures.
- Encore faut-il que l’on trouve de l’eau en abondance. Gela se produit aux mines d’Aragone et de Grottacalda, qui sont exceptionnellement aquifères, la première débitant 460 m3 d’eau par jour, et la seconde 700 m3 ; la plus grande partie des autres mines de Sicile, ne rencontrant jamais aucunefaille humide, ne peuvent l’utiliser.
- Un autre procédé paraissant devoir conduire à de brillants résultats, consiste à épuiser le minerai par du sulfure de carbone chaud. Essayé pour la première fois par M. Parodi, en 1868, il n’est à l’heure actuelle pas encore entré dans la voie de la réalisation pratique.
- Le sulfure de carbone bouillant dissout bien 146 pour 100 de son poids de soufre; mais sa vapeur inflammable, lourde et rampante fait courir un réel danger d’incendie dans ces pays à la main-d’œuvre primitive, maladroite et inattentive; en outre, lors du refroidissement, un phénomène curieux, incomplètement étudié et expliqué croyons-nous, vient brouiller les cartes; le soufre ne se dépose pâs progressivemënt de sa solution à mesure que la température s’abaisse; il se produit d’abord une sursaturation considérable; puis, brusquement, tout d’un coup, tout se prend en masse, en une
- espèce de complexe de soufre retenant 5 à 7 pour 100 de sulfure de carbone incorporé : à l’ouverture de l’appareil des explosions violentes suivies de mort d’homme se sont produites plusieurs fois, de sorte que le procédé, quelque séduisant qu’il paraisse, est à redouler ; on n’en parle plus qu’avec crainte.
- Des raisons secondaires militent pourtant dans bien des cas en faveur de la recherche d’une méthode scientifique et moderne.
- Calcaronis et fours Gill transforment, comme nous l’avons dit, environ 45 pour 100 du soufre en gaz sulfureux; ces vapeurs se répandent au voisinage, emportées par le vent, et vont au loin asphyxier et brûler la végétation. D’innombrables procès en résultent, qui traînent indéfiniment 'devant les tribunaux, la justice reconnaissant le bon droit çles cultivateurs, et n’ôsant entraver une exploitation qui est une des grandes richesses du pays. Certaines provinces interdisent d’établir des calcaronis à moins de 200 m. des habitations et 100 m. des champs cultivés; la mesure est peu efficiente.
- Une idée qui s’imposait consistait à transformer ces vapeurs sulfureuses en acide sulfurique ; quelques chambres de plomb devaient y suffire.
- Une « Société siciliana de Produtti Chimici » s’est constituée, soutenue par la puissante firme italienne c Colle e Concimi Chimici ». Malheureusement, l’anhydride sulfureux se dégage des fours mélangé de gaz carbonique (provenant d’une réduction des carbonates), de soufre volatilisé, d’un excès de vapeur d’eau et tous ces gaz entravent la catalyse, l’empêchent de se produire : on n’obtient en acide qu’un rendement dérisoire. Le principe dut être abandonné; on continue présentement à envoyer dans l’atmosphère le gaz des fours, alors que pour les chambres on brûle tout exprès du soufre déjà raffiné. Simple paradoxe!
- Il y a, dans cette perte sèche de gaz sulfureux, dans cette non-récupération funeste, un problème
- Fig. 5. — Wagons de soufre et pains de soufre dans une gare de Sicile.
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- intéressant, de nature à passionner les chercheurs, et capable de procurer des bénéfices, ils ne devront pas oublier cependant que tous procédés nouveaux deront être applicables dans un pays à peu près désert, dénué de ressources et privé en principe, de combustible et d’eau....
- Quelle richesse pour la Sicile représentent ses mines de soufre?
- Le prix du quintal a subi des fluctuations considérables. Avant la guerre, l’exploitation se traînait péniblement, peu rémunératrice.
- La hausse générale n’a pas manqué d’agir, là comme partout ailleurs ; les mines représentent à présent des fortunes; l’École des Mines de Sicile de Galtanizetta, au centre de l’ile, travaille avec acharnement pour profiter de ces vaches grasses, car les vaches maigres ne manqueront pas d’arriver d’Amérique, dès que frets et changes redeviendront normaux: la Louisiane, en effet, possède des gifements comparables en richesse et en puissance à ceux de Sicile; ils présentent l’avantage d’être à proximité de puits de pétrole : de sorte que les Américains, supprimant la main-d’œuvre, les calcarone et les gaz nocifs envoient simplement par le fond du puits de la vapeur surchauffée : le soufre fond à même la terre. On le remonte avec l’eau, il se présente immédiatement sous forme pure et marchande; l’exploitation étant organisée à l’américaine, certains puits produisent par jour 500 à 400 t. de soufre pur !
- De sorte que la Sicile, qui avant guerre mettait annuellement sur le marché 500 000 t. de soufre et qui en produit actuellement 200000, craint à bon droit sa puissante rivale, où Fon dit que dort présentement un stock fabriqué de plus d’un million de tonnes, prêt à embarquer, dès que les transports l’accepteront.
- En outre, le procédé américain bénéficie vis-à-vis du procédé sicilien d’un autre avantage.
- Les mines siciliennes, bien qu’inodores, ne sont pas sans danger. Elles dégagent parfois du grisou : on nous a raconté la terrifiante catastrophe arrivée il y a quelques années aux environs de Girgenti un coup de grisou dans une galerie à mi-hauteur met le feu au filon : la veine est riche,' le soufre brûle, dégageant des torrents de gaz sulfureux; immédiatement, ceux du fond se précipitent vers le treuil ; par suite du mauvais fonctionnement d'une porte le tirage, se renversa : les vapeurs délétères, au lieu d’aller à la manche de sortie, reviennent en arrière, gagnent le puits où s’entassent les mineurs ; pendant qu’ils attendent, haletants, pendus à la cloche d’alarme, elles remontent, atteignent l’orifice, suffoquent l’ouvrier du treuil, qui doit s’éloigner en hâte, abandonnant son poste.... L’homme terrifié entend encore aujourd’hui à ses oreilles tinter le glas de la cloche affolée, ma-nœuvrée du fond par ceux que l’asphyxie gagne.... On retrouva près de trois cents cadavres.
- A. Koeiiler.
- Fig. 6. — Wagons de soufre en attente dans une gare de Sicile.
- L’ARITHMOMETRE DE M. TORRÈS Y QUEVEDO
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale vient d’organiser une exposition des plus intéressantes, consacrée aux machines à calculer. La Nature a déjà entretenu ses lecteurs de l’histoire de la découverte de Thomas, et montré comment les nombreux successeurs, en particulier Bollée, ont perfectionné les mécanismes de l’appareil primitif.
- Quelque ingénieuses que soient les solutions présentées aux visiteurs, tant par les machines anciennes, que par celles qui, actuellement, sont construites industriellement et jouent dans le commerce un rôle qu’il n’est plus possible de négliger, on constate quelles sont encore loin de l’automatisme rêvé par les inventeurs. Si l’addition, la soustraction et même la multiplication sont des
- opérations que les machines modernes rendent purement mécaniques, en ne demandant au manipulateur qu’un effort intellectuel assez faible, il n’en est plus de même pour la division. Toutes les machines à calculer, pour effectuer cette opération, sont forcées d’être guidées par une volonté agissante, qui compare les restes de soustractions successives que réalise la machine, et, somme toute, dirige l’opération. Le machinisme, en un mot, ne remplit plus ici son rôle, qui est de soulager l’attention de celui qui le met en mouvement, et il n’est plus qu’un outil, assez commode sans doute, mais rien de plus.
- Tel n’est pas cependant le cas de l’arithmomètre de M. Torrès y Quevedo. Ce savant ingénieur que l’Académie des Sciences vient d’appeler à siéger dans
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- Fig. i. — Schéma des connections électriques d'un élément de l'appareil.
- son sein, est bien connu des lecteurs de La Nature ; nous avons décrit ici même son télékine qui permet de conduire à distance des navires, des avions, des machines quelconques, exécutant non seulement les ordres transmis, mais encore semblant doué d’un véritable sens de raisonnement qui permet de coordonner leurs mouvements. Cette sorte d’intelligence, dont M. Torrès arrive à doter ses mécanismes est encore plus évidente dans un curieux automate que nous avons décrit aussi en détail, le joueur d’échec. Cet appareil joue, contre un adversaire pensant, une fin de partie, réagissant de lui-même, ripostant aux attaques de son partenaire et cela en respectant les règles assez complexes du jeu, jusqu’au moment où l’un des deux joueurs sera échec et mat, ce que l’appareil, aussi bon juge que bon joueur, signalera immédiatement.
- L’arithmomètre de M. Torrès appartient à la même famille d’instruments, et, comme eux, ne met en jeu que des dispositifs excessivement simples, mais dont la simplicité même esl la
- marque du génie de leur créateur. Cet appareil effectue automatiquement, au sens strict du mot, les opérations mathématiques classiques. Le rôle de l’opérateur se borne à inscrire, sur une machine à écrire ordinaire, l’opération dont il désire le résultat. Le mécanisme se met en mouvement, effectue le calcul, inscrit le résultat et se remet en position d’attente, prêt à exécuter une nouvelle opération. Il n’est plus nécessaire de suivre la suite des opérations élémentaires que réalise la machine, et d’intervenir, à certains moments, pour la guider. Tout se fait en dehors de l’opérateur.
- Naturellement la description complète de l’aritli-momètre sortirait du cadre d’un simple article, aussi allons-nous seulement donner le principe des mécanismes qui permettent de réaliser automatiquement l’opération la plus difficile; nous voulons parler de la division.
- Si nous analysons mécaniquement cette opération, nous constatons qu’elle comprend plusieurs stades : d’abord la comparaison du dividende, ou d’un reste partiel, et du diviseur; ensuite un glissement vers la gauche du reste partiel, à un certain moment (lorsque l’on passe au chiffre suivant du quotient) ; enfin un arrêt et une remise à zéro lorsque l’opération est terminée.
- Examinons d’abord comment, mécaniquement, M. Torrès arrive à comparer. deux nombres. La figure 1 donne le schéma des connections électriques d’un élément de l’appareil et la figure 2 le principe de l’opération.
- Des balais (série A), correspondant aux chiffres de zéro à 10, sont réunis à dix plots (0;, 1', 2' .... 9') (série B) et un index C permet de les mettre en connection avec un pôle d’une source électrique. Sous les 10 balais de la série À, peut glisser une pièce formée de 5 conducteurs, isolés l’un de l’autre, et qui sont, sur la figure hachurés différemment. Chacun de ces conducteurs est relié à un fil électrique I, II, III par lequel peut se fermer le courant électrique. Cet ensemble va nous permettre immédiatement de comparer deux nombres d’un chiffre (par exemple le chiffre des centaines de deux nombres). A cet effet, plaçons la pièce mobile de façon à inscrire l’un des nombres (dans le cas de la figure, c’est le chiffre 5).
- A > B
- A = B
- < B
- iNwwwwxmym'i
- ImManm
- aiii
- 111111
- I ! I I I II
- Fig. 2.— Schéma du principe de la division.
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- L’ARITHMOMETRE DE M. TORRES Y QU EVE DO
- Si, dans la série B, nous plaçons l’index C sur un nombre inférieur à 5, nous voyons immédiatement que le courant sortira par le conducteur II, qui, par suite, pourra actionner le signal A[>B. Si nous plaçons le curseur C sur le chiffre 5, le courant se ferme alors par le conducteur I qui déclenche le signal A =B. Si enfin on place C sur un des plots 6' T 8' 9', le, courant passant alors parle conducteur III, nous indique que A <B. *
- Dans la figure 2, nous avons 3 séries de blocs analogues à celui qüe nous venons de décrire, et les connections sont disposées de façon à comparer le nombre 578 au nombre 528. Le courant, entrant par 0, passe dans le premier élément, correspondant aux centaines, par le conducteur du milieu (A = B) et arrive en ; il sort du bloc des dizaines par le conducteur de gauche (A[>B) et comme il ne peut circuler, comme on le voit facilement, dans le bloc des unités, le circuit se ferme par le conducteur actionnant le signal A> B.
- On peut facilement vérifier que, quels que soient A et B, la. comparaison sera toujours faite sans erreur possible.
- Mais la disposition schématique que nous venons d’indiquer pour exposer le principe du mécanisme, ne se prêterait pas à une réalisation simple pour le fonctionnement de l’arithmomètre; aussi M. Torrès l’a-t-il transformée, sans la modifier dans son principe, comme l’indique la figure 5. Au lieu d’être rectiligne, le dispositif est circulaire-plan.
- Nous retrouvons les 5 conducteurs, mais ils ont la lorme de secteurs plans, s’emboîtant les uns dans les autres. Trois balais mettent ces 3 secteurs en communication avec les 3 lignes I, II, III, par lesquelles le courant, venant de 0 et envoyé par la manette C dans un des balais
- Fig. 4.-— Schéma du signal terminal.
- 0,1,2,... 9, peut se fermer en actionnant le signal correspondant.
- Un repère R, en face duquel on peut amener l’un des chiffres de la série À, permet d’inscrire le chiffre désiré. Dans l’exemple représenté par la figure, c’est le chiffre 9. On voit immédiatement que le balai 9 est en contact avec le secteur en relation avec le conducteur I, correspondant à l’égalité.
- Si on fait tourner le disque, de façon à amener le chiffre 5 par 'exemple en face du repère R', les balais correspondants à 6, 7, 8, 9 frottent sur la pièce reliée au conducteur III, les balais 0, 1, 2, 5, 4 reposent sur la pièce centrale en relation avec le conducteur II, tandis que le balai 5 est sur le secteur dentelé communiquant avec le fil électrique I. Nous avons donc identiquement la même disposition relative que dans le premier schéma décrit, et par suite la comparaison des nombres s’effectuera de la même manière.
- Un mécanisme auxiliaire, qui joue un rôle important dans Tarithmomètre, est celui dont la figure 4 donne le schéma. Il permet de lancer ce que nous appellerons un (( signal terminal ». Voici ce que nous entendons par là.
- Un arbre de transmission T peut entraîner, par frottement, un disque D. Mais, en temps normal, la rotation de ce disque est empêchée par un cran E qui est encliquetée par un crochet F. Ce dernier peut être écarté de sa position par un électroaimant M dans [lequel on lance un courant. Le disque D est alors déverrouillé et se met en rotation. Il accomplit un tour complet et de nouveau s’arrête.
- Or D est un disque en matière isolante portant une petite plaque conductrice H, Deux balais, a et b, viennent frotter sur le disque D et, comme leur distance a été calculée à l’avance, un peu avant que D ne soit arrêté par l’ergot E dans sa rotation, ils sont court-cirçuités par la plaquette H. On a
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- ainsi réalisé un mécanisme extrêmement simple qui, à la fin de chaque rotation, permettra à un courant <o de passer dans un circuit.
- Le dernier élément fondamental de l’appareil de M. Torrès est représenté, en principe, par la figure 5. Un arbre T entraîne, par frottement, une pièce métallique formée de deux disques isolés l’un de l’autre, D4 et D2, présentant une encoche K. Dix balais correspondant aux dix chiffres ü, 1, 2, .... 9 frottent sur le disque Dj qui, en plus, porte un balai L relié à un électro-aimant M. Celui-ci attire le crochet Z qui verouille^es disques Dj et D2. Sur le disque D2 frotte un balai W.
- Admettons que nous lancions un courant par le fil 4 par exemple, ce courant passe, par le balai L, dans l'électro-aimant M qui attire le crochet Z. Le système des disques est libéré et ils se mettent à tourner, entraînés par l’arbre T.
- Le mouvement continuera jusqu’à ce que l’encoche K vienne sous le balai 4. A cet instant, le courant, au lieu de continuer à passer par L et l’électro-aimant M, passe, par l’intermédiaire du disque D2, dans le balai W et la ligne qui y aboutit.
- L’électro-aimant, ne retenant plus Z, celui-ci retombe et bloque les disques qui s’arrêtent de tourner.
- Supposons, ainsi que c’est le cas dans l’arithmo-mètre, que le courant passant par W soit alors envoyé dans l’électro-aimant M du mécanisme précédent (reproduit sur la figure 4), il détermine la mise en rotation du disque D (fig. 4) et, à la fin d’un tour, le courant terminal w est lancé dans sa ligne.
- Les explications précédentes sont suffisantes pour se rendre compte maintenant du principe du fonctionnement de l’arithmomètre. Bien entendu, un grand nombre de dispositifs accessoires mériteraient d’être décrits, mais nous sommes persuadés que les indications que nous venons de donner sont assez complètes pour que les lecteurs apprécient toute l’ingéniosité et toute la virtuosité que M. Torrès a dépensées dans la réalisation de son appareil.
- La figure 6 schématise tout l’ensemble de l’arithmomètre. On y reconnaît, en D, le système d’inscription du dividende, et de comparaison avec je diviseur que l’on inscrit en G sur une planchette mobile qui peut se déplacer de gauche à droite de façon à avancer d’un élément. C’est-à-dire que le
- contact a relié à b% peut venir se placer sur c, d ou é.
- Les symboles S, R, A représentent des mécanismes, analogues à ceux décrits dans le schéma 5, qui commandent :] S une soustraction, A l’avance d’un pas du chariot et R la remise au zéro de l’appareil.
- Le dividende et le diviseur ayant été inscrits,^on appuie sur la clef K qui envoie un courant électrique dans l’appareil; ce courant passe dans la barre B, et suit le parcours a, b, Mt. Il passe dans le sélectionneur que nous avons décrit précédemment (fig. 5) et sort par un des trois fils correspondant à D(,e > Deur ; Dde = Dseur; Dd0<Dseur.
- ;énéral, le dividende est plus grand que le diviseur, le courant par le fil marqué 1, 1,... 1,
- arrive à la touche F qui l’envoie dans le mécanisme S qui commande une soustraction, suivant le mécanisme classique, commun à tous les arith-momètres. Lorsque la soustraction est terminée, un dispositif analogue à celui que nous avons expliqué (fig. 1) envoie un courant terminal oj qui revient à la barre B.
- Le même cycle recommence, et cela autant de fois que l’appareil aura reconnu que le diviseur est inférieur au reste de la soustraction précédente. Au bout d’un certain nombre d’opérations, on arrive à ce que le reste soit plus petit que le diviseur. A ce moment, le courant sort par le fil 2,... 2,... 2, arrive à la barre G reliée à II et passe de là dans le mécanisme A qui fait avancer d’un pas le chariot et, cette manoeuvre exécutée, envoie un courant terminal w qui retourne dans la barre B. L’opération continue, la touche c remplaçant la touche b et le système étant mis hors circuit. Quand on a, par la même série d’opérations, obtenu le second chiffre du quotient, le courant repasse dans A et fait avancer le chariot d’un pas.
- On détermine de même le troisième chiffre du quotient, mais alors, lorsque le sjstème de comparaison enverra le courant dans le circuit 2, indiquant que le reste est inférieur au diviseur, le point P de contact sur la barre H se trouvera alors sur le plot 1. Le courant passera donc par 22, ...2GPI, puis actionnera le mécanisme R qui ramènera tout l’appareil au zéro.
- Si, et c’est le cas
- Fig. 5. — Schéma du mécanisme de commande des opérations.
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- " --------- LA T, S. F ...
- A ce moment l’opération est terminée et le mécanisme prêt à fonctionner à nouveau.
- Dans la figure et dans notre raisonnement, nous avons supposé 3 chiffres seulement au diviseur et 5 au dividende. Il est évident que l’on peut réaliser des mécanismes pour des nombres d’autant de chiffres que l’on désirera. De même, le courant terminal émis par R peut déclencher, par un processus analogue, toute une série d’autres opérations, par exemple, inscription à la machine à écrire des résultats du calcul.
- Ainsi se trouve réalisée, par des moyens extrê-
- AVEC Fi LS
- chines, sont rendus encore plus saisissants par le problème concret, toujours original, qu’il se propose de résoudre, sont susceptibles de nombreuses applications pratiques et bon nombre d’ingénieurs et de mécaniciens tireraient le plus grand profit de leur étude. Comparer deux nombres, ou comparer deux poids, sont deux problèmes très voisins et peut-être ne faudrait-il pas grande imagination pour réaliser une balance, une bascule, un pont roulant peseur, aussi précis, aussi robuste et aussi original que l’arithmomètre de M. Torrès.
- Dizaines tje mille -
- Mille
- Dizaines
- Unités
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- big. 6. — L'ensemble de l'arilhmomèlre.
- mement élégants, et par une heureuse association de l’exactitude des mécanismes et de la souplesse de l’électricité, une machine qui rentre dans la catégorie des automates « pensants » dont M. Torrès a déjà réalisé de nombreux exemples.
- Les dispositifs de M. Torrès qui, dans ses ma-
- Et puis, lorsque l’on a comme nous étudié de près les machines conscientes du savant ingénieur, on ne peut s’empêcher de constater que, parmi les hommes, beaucoup raisonnent et agissent d’une façon infiniment moins logique qu’un simple automate! ' H. Vigneron.
- «•Si*
- LA T. S. F.... AVEC FILS
- De progrès en progrès, les communications radioélectriques voient se multiplier leurs applications. En voici une nouvelle, qui, au premier abord, paraît pour le moins paradoxale; jusqu’ici on a considéré comme le propre des transmissions radioélectriques de s’effectuer sans fil conducteur. Le major général G. 0. Squier, chef du (( Signal Corps » de l’armée américaine, les utilise au contraire sur fils conducteurs et il en tire des avantages marqués ; les principaux sont les suivants : possibilité de
- transmettre simultanément sur un même fil un grand nombre de messages téléphoniques ou télégraphiques, possibilité de transmettre facilement téléphoniquement ou télégraphiquement sur un fil nu, sans isolant, immergé dans l’eau. Dans cette dernière propriété, le major général 0. Squier entrevoit le moyen de révolutionner la télégraphie sous-marine pratiquée jusqu’ici au moyen de câbles de constructions foit coûteuses.
- Le distingué officier américain expose comme il suit
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- LA T. S. F. AVEC FILS
- Ja genèse de ses recherches. En 4918, le problème capital qui se posait à propos du matériel réclamé par les services télégraphiques de l’armée américaine en campagne, était celui de la fourniture du câble téléphonique de campagne. L’armée américaine, à l’exemple des armées alliées, en faisait une consommation effroyable. L’industrie des États-Unis réussissait bien à fournir le fil nu, d’une part, le caoutchouc et le coton nécessaires à la fabrication de l’isolant d’autre part ; mais elle n’arrivait pas à construire, en nombre suffisant les machines à tresser nécessaires pour mettre en oeuvre ces matériaux. Le 1er septembre 1918, les États-Unis pouvaient fabriquer par mois 12 000 km de câble de campagne,, alors que la seule armée américaine en réclamait 64 000 km. Et le programme de l’année 1919 prévoyait pour l’ensemble des armées alliées une fourniture de 160 000 km par mois à assurer par la seule industrie américaine.
- Il était d’une importance primordiale de réduire cette consommation formidable, sans nuire cependant au service. Il y avait donc lieu de rechercher le moyen d’utiliser ail maximum toutes les lignes établies, en leur faisant débiter le maximum de messages. Le major général Squier s’est proposé de réaliser pratiquement ce que l’on appelle le « multiplexage » des lignes télégraphiques ou téléphoniques, c’est en réfléchissant à ce problème qu’il a été amené à envisager l’emploi des ondes hertziennes guidées par un conducteur et qu’il entreprit les expériences que nous résumerons un peu plus loin.
- Voici comment l’on peut raisonner : un conducteur électrique mis à la terre à une de ses extrémités, et isolé à l’autre n’est autre chose qu’une antenne de longueur d’onde très bien déterminée. Si on l’excite par des oscillations électriques de longueur d’onde correspondante, suivant les méthodes ordinaires de la T. S. F., elle deviendra le siège d’ondes stationnaires, et l’extrémité libre sera toujours un ventre de potentiel. Celui-ci éprouvera en ce point une série rapide de variations périodiques d’amplitude supérieure à celles qui se produisent dans les autres points de l’antenne. Mais le fil ne débitera aucun courant.
- Si l’on possède un dispositif détecteur sensible aux variations de potentiel, on pourra donc transmettre et recevoir des messages radioélectriques sur un fil. Or, ce dispositif récepteur existe; c’est la lampe à 5 électrodes, qui détecte et amplifie aussi bien les variations de potentiel que les variations de courant. Elle devait donc se prêter fort bien aux expériences méditées par le major général Squier, et c’est ce qui s’est effectivement vérifié.
- Ceci posé, le principe du multiplexage sera le suivant : imprimer à une même ligne au départ une série d’oscillations électriques de période différente, chacune d’elles pouvant servir de véhicule à un message téléphonique ou télégraphique ; à l’arrière, on sépare les courants de période différente au moyen de filtres appropriés et les divers messages sont ainsi recueillis séparément. Ce principe, du reste, s’appliquera tout aussi bien si, au lieu de se servir du fil comme antenne, on y fait circuler des courants alternatifs de fréquences differentes.
- Il convient de dire que l’idée d’utiliser les fils pour la
- transmission des ondes hertziennes n’est pas une idée neuve; Hertz lui-même s’est livré à de nombreuses expériences très démonstratives à ce sujet; M. Turpain, professeur à la Faculté des Sciences de Poitiers, proposait en 1900 l’emploi des ondes herztiennes pour réaliser le multiplexage des lignes télégraphiques et téléphoniques. Mais il 'manquait, à cette époque, la lampe à 5 électrodes, grâce à laquelle on peut produire facilement toute une gamme d’ondes hertziennes et qui constitue en meme temps le seul récepteur approprié a ce système de transmissions.
- Cette solution de multiplexage a été du reste développée complètement, bien auparavant, par M. Maurice Leblanc, qui dès 1891 faisait breveter un système de téléphonie multiple par courants à haute fréquence. 11 nous paraît nécessaire de rappeler ici le nom de ces deux Français qui ont joué dans cette importante question le rôle ingrat et trop facilement oublié de pionniers.
- Dans l’exposé récent qu’il fit de ses expériences, au Franklin Institute, M. Squier ne donne du reste aucun détail sur les dispositifs de multiplexage par lui employés.
- Mais il insiste sur les intéressantes expériences qu’il organisa pour vérifier qu'un fil nu immergé dans l’eau pouvait servir de véhicule aux ondes hertziennes.
- Une première expérience très .simple convainquit M. Squier de l’exactitude de ses prévisions. Un fil nu de bronze phosphoreux n° 18 était posé sur le fond de la rivière Potomac; on s’était assuré que ce fil était aussi propre que possible et soigneusement débarrassé de toute graisse ou autre impureté isolante. A chaque extrémité du fil on connectait un radiotéléphone ordinaire du service télégraphique de l’armée américaine; l’extrémité réceptrice du fil était connectée à la grille d’un tube à 3 électrodes; la mise à la terre habituelle était supprimée; dans ces conditions le téléphone fonctionna d’une façon parfaite. Il en fut de même pour une installation télégraphique montée de façon analogue.
- Ces résultats ont été confirmés par une série d’expériences plus précises effectuées au moyen d’un fil immergé sur 914 m. de long entre Fort Hunt et Fort Washington, localités situées sur les 2 rues opposées du Potomac. Ces expériences ont montré en outre que la présence du fil entre les 2 postes était réellement nécessaire, car si on le coupait après avoir réalisé le montage qui donnait la réception optima, on n’entendait plus rien.
- Des mesures effectuées au laboratoire du Signal Corps sur des fils nus immergés ont donné des résultats curieux : la capacité du fil est extrêmement grande lorsque le courant est de fréquence faible, mais elle diminue très rapidement lorsque la fréquence s’élève et de-' vient pratiquement nulle vers la fréquence 40 000.
- Des essais intéressants ont été faits également avec des fils nus, enterrés à environ 0 m. 20 de profondeur, dans un sol sablonneux, humide, à quelques centimètres au-dessus du niveau de l’eau. Les distances téléphoniques et télégraphiques ont pu être établies dans ces conditions entre 2 postes éloignés de 800 m.
- M. Squier se défend de vouloir formuler aucune théorie au sujet de ces diverses constatations ; il conclut seulement qu’elles peuvent et doivent conduire à d’importantes réalisations pratiques. R. V.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juin >920.
- Le minerai du Bassin de Longwy. — Signalé en 1828 par Berthier, le fer carbonate joue un rôle important dans la constitution des minerais oolithiques du Toarcien lorrain. Pour M. Cayeux, la sidérose affecte quatre manières d’ètre et il y aurait eu trois ou quatre générations successives : oolithes, grains remaniés, organismes minéralisés et sidérose élastique.
- La betterave à sucre pendant la guerre. — M. Émile Saillard suit, depuis une vingtaine d’années, le développement des récoltes dans un certain nombre de fermes de la région betteravière. Les essais faits au cours de la période 1915-1918, montrent qu’en employant peu d’engrais, notamment d’engrais azotés, on obtient des racines plus riches, plus pures et plus faciles à travailler en usine. Seule, la production totale de sucre à l’hectare est affectée par ce mode de culture anormal.
- L’inanition et la composition chimique du lait. — Reprenant l’expérience classique de Lami, M. Ch. Porcher donne aux résultats une nouvelle interprétation : c’est la rétention et non l’inanition qui produit pour le lait les variations de composition chimique; si la vache en lactation et ne recevant aucune nourriture, subit des traites fréquentes, au cours de l’expérience, on ne constate aucune diminution de l’extrait dégraissé et du lactose. Les constantes physiques du lait (abaissement" cryoscopique, indice de réfraction, résistance électrique) restent elles-mêmes sans changement.
- Les lésions cutanées produites par les vésicants. — MM. Fauré Fremiet, Guieysse et Magne en ont fait l’étude histologique, soit sur la peau humaine (pièces d’autopsie), soit sur la peau du chien et du cheval. L’action du sulfure d’éthyle dichloré (gaz moutarde) se distingue de celles des caustiques escarrotiques entraînant la destruction des tissus; il peut y avoir formation de'vésicules acantholytiques, comme après une application de cantharide, et les cellules épineuses sont en général les plus gravement atteintes.
- Sur quelques réactions amorcées. — M. Ernest Berger revient sur certaines préparations qui nécessitent généralement une température élevée, et qu’on active lorsqu’un point de la masse a été porté à une température suffisante au moyen d’une amorce composée de trois parties de nitrate de potasse pour deux de siliciure de calcium industriel. Ce mélange, peu coûteux, s’en-ilamrne même avec une allumette.
- Les propriétés élastiques des aciers au nickel. — M. Guillaume a pu, par l’application de la règle des états correspondants, déterminer l’allure des changements qu’éprouvent les propriétés élastiques des alliages
- fer-nickel. Étudiant la durée et le décrément d’oscillation d’un pendule de torsion, M. P. Chenavard a tracé un certain nombre de diagrammes complets et constaté que le coefficient thermo-élastique est affecté par les traitements imposés à l’alliage.
- La décomposition de l’eau oxygénée par le platine colloïdal. — Haber et Brcdig ont admis que le platine fournit tout d’abord un oxyde instable, dont la concentration demeure constante. Pour M. A. de Gregorio Rocasolano, les réactions ne sont jamais monomoléculaires ou de premier ordre : si l’eau oxygénée se décompose, le catalyseur subit de ce fait une série de ^Transformations.
- Les mélanges de formol et c/e composés chromiques employés comme fixateurs. — L’emploi des solutions d’aldéhyde est entré dans la pratique à la suite des travaux de M. Trillat, et c?est par elles qu’on rend insolubles les gélatines et les caséines. Pour les coupes employées en botanique et en histologie, M. Lieent fait connaître certains mélanges de formol, d’acide acétique et de bichromate, qui lui ont donné les meilleurs résultats au cours d’une série de travaux datant d’une vingtaine d’années.
- L’emploi du trioxymélhylène en prophylaxie antipaludique. — Pour détruire les larves de moustiques et des différentes variétés d’anophèles, on répand en général dans les mares et bassins d’arrosage un peu de pétrole, ce qui a pour premier résultat de rendre l’eau impropre à l’usage du bétail. M. Roubaud préconise la poudre de trioxyméthylène livrée par le commerce et qu’on doit répandre, en traces, d’une façon uniforme et aux heures chaudes, en la mélangeant parfois avec une poudre inerte comme la farine ou la craie..
- Le terrain houiller dans le Massif Central et à ses abords. — Chacun sait que la pauvreté de notre sous-sol en charbon nous imposait, aux années normales, l’importation de 20 ou 30 millions de tonnes, venues d’Angleterre ou d’Allemagne. Or, le bassin du Nord ne reviendra pas avant de longs mois à une exploitation rémunératrice, et, comme les Allemands semblent toujours aussi mal disposés à remplir les différentes clauses du traité de Versailles, il importe de multiplier en France les sondages, sans pour cela livrer les recherches au pur hasard. 11 est indispensable que nos ingénieurs aient une idée exacte sur la répartition du terrain houiller au milieu du socle primaire invisible, et M. de Launay,s’est préoccupé de définir les conditions qui ont présidé au dépôt du carbonifère productif, et déterminé sa localisation actuelle. Paul B.
- MACHINE ÉLECTRIQUE A EMPAQUETER LES CLOUS ET LES VIS
- Dans les fabriques de pointes, de vis à bois en fer ou acier, les machines à empaqueter opèrent en général par oscillations ; les pointes sont rangées parallèlement et on les enlève à la main des casiers pour les mettre en sac. Il y a donc là un temps perdu parfois assez considérable.
- La machine électromagnétique que nous allons décrire assure à la fois le rangement parallèle et l’empaquetage des pointes.
- Le principe sur lequel repose le fonctionnement de cette machine est le suivant : tout objet linéaire en fer, placé dans un champ magnétique homo-
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- Fig. i. — Le champ magnétique rempli de pointes rangées parallèlement.
- gène, s’oriente dans la direction des lignes de forces.
- La machine comportera donc la table oscillante avec son mécanisme, sur laquelle seront versées les pointes, vis, etc., à empaqueter. De là, elles sont ainsi conduites dans le champ magnétique créé par deux pôles plats d’une bobine parcourue par le courant. Les pointes se rangent parallèlement d’une façon rigoureuse. On les tasse au moyen d’un levier dans une boîte en tôle for-
- ' Fig. 2.
- En haut : Paquetage en barils.
- A gauche, par la méthode ordinaire. A droite, par la méthode magnétique.
- En bas : Paquetage en sacs.
- A gauche, par la méthode ordinaire. A droite, par la méthode magnétique.
- mant glissière qui est logée entre les deux pôles.
- Cette boîte une fois pleine peut pivoter autour d’un axe et être amenée à l’extérieur du champ magnétique en prenant une position inclinée. Cela permet à l’opérateur de remplir le sac en papier introduit au préalable sur la boîte glissière.
- Cette manœuvre est des plus simples; elle peut être accomplie par une ouvrière qui réussit à exécuter par exemple à l’heure l’empaquetage de 1000 kg de pointes 21x120 en paquets de 5 kg. Le rendement est donc bien plus grand que dans le travail à la main, ce qui d’ailleurs est assez logique quand il s’agit de la mise en caisse, en tonneau ou en sac. L’économie du procédé vient de la réduction de volume obtenue par le rangement parallèle des
- Fig. 3. — Machine à paqueter pour rangement parallèle et paquetage.
- pointes, ce qui permet l’emploi de récipients plus petits. Celte réduction est de 50 pour 100 du volume, d’où économie de bois d’emballage, de frais de transport, de frais d’emmagasinage.
- Enfin l’on a constaté que tous les numéros de pointes rangés parallèlement exigent exactement le même encombrement pour le même poids ; par suite, on aura des emballages uniformes.
- . La machine peut être réglée pour n’importe quelle longueur de pointes en déplaçant l’un des pôles au moyen d’une vis de réglage et en déposant une boîte glissière appropriée.
- La puissance nécessaire à la marche est de 1/2 cheval et il est préférable d’avoir un moteur électrique indépendant. La bobine doit être alimentée par du courant continu à 110 ou 220 volts, elle consomme 1,5 kilowatt par jour.
- Si l’on n’a que de l’alternatif, on installera un petit groupe moto-générateur ou un petit transformateur rotatif. Dans le cas bien rare où l’on n’aurait pas de courant dans l’usine, on montera sur la machine elle-même une petite dynamo actionnée par l’arbre principal de l’empaqueteuse.
- E. Weiss.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiidre, 9, rue dé Fleuras, à Pans.
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- LA NATURE. — N° 2419. r" ' .. . 14 AOUT 1920
- LE TRANSPORT D’UNE PIÈCE DE 70 TONNES AU MOYEN DE TRACTEURS
- C’est une tendance bien caractéristique de l’in- | le colossal : c’est la difficulté du transport des dustrie moderne que de produire ou d’utiliser des I pièces qui constituent ces machines gigantesques :
- Hg. i. — Une chabolte pesant ~o tonnes sort de l’arsenal de Puteaux remorquée par des tracteurs Latil.
- machines de plus en plus volumineuses. Avec le progrès de la technique, qui garantit la sécurité de fonctionnement de machines chaque jour plus puissantes, on est en effet amené pour économiser l’espace, la main-d’œuvre et les frais accessoires, à concentrer le maximum de puissance dans nue seule machine. C’est ainsi que l’on voit au-ourd'hui construire assez couramment des turbines à vapeur de 20000 kilowatts; alors qu’il y a 8 ans à peine une turbine de 5000 kilowatts représentait presque un record. On construit des moteurs à gaz de 7 000 chev., etc.
- 11 y a cependant un frein à cette orientation vers
- 4B" AnnAe. — 2* Semestre.
- sur les chemins de for. les exigences de gabarit limitent les dimensions des pièces transportables; sur route, la question des dimensions est parfois
- moins préoccupante; mais il faut s’inquiéter que la route puisse sur tout le parcours choisi, résister à la charge qu’on lui impose : de nombreux ponts n’ont été cou struits qu’en prévision de charges plus légères que celles de ces pièces gigantesques ; il faut donc, avant d'aborder la construction de pièces semblables, étudier l’itinéraire-par lequel on les mènera de l’usine au lieu d’emploi. Il peut arriver que le problème soit insoluble.
- Lorsqu’il ne l’est pas, il reste à déterminer le
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- PHOTOGRAPHIE EN COULEURS DES PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
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- mode de traction à employer. La Nature a donné déjà en 1914 quelques exemples (Voir n° 2122, 24 janvier 1914) de ces transports difficiles. Ceux <Je nos lecteurs qui s'y reporteront constateront sur les figures qui l’illustrent que le mode de traction employé est toujours animal : chevaux en longues files, chameaux ou bœufs.
- Dans notre siècle de machinisme un tel choix peut paraître un anachronisme. Cependant, il n’existait en 1914 aucun autre moyen pratique de résoudre le problème.
- Il n’en est plus de même aujourd’hui ; il y a quelque temps, l’on pouvait voir gravir la dure rampe de 9 pour 100 qui mène à la gare de Puteaux par un chariot chargé d’une énorme chabotte de fonte, qui ne pesait pas moins de 70 tonnes, lequel était remorqué par 3 tracteurs. Il s’agissait d’une pièce à transporter desateliers de Puteaux àlagaredePuteaux où elle devait être mise sur wagon à destination des usines Delaunay-Belleville à Saint-Denis. Bien que Saint-Denis ne soit pas très éloigné de Puteaux, il avait fallu recourir au chemin de fer faute de ponts-route assez solides sur le trajet. Le parcours sur route était donc assez réduit. 11 n’en était pas moins difficile.
- Le poids de 70 tonnes constitue certainement un record. Dans l’article auquel nous faisions plus haut allusion, on citait comme une opération particulièrement difficile le transport d’une chabotte de 55 tonnes à travers les faubourgs de Paris. L’opération avait exigé un attelage de 35 chevaux.
- Pour traîner la chabotte de Puteaux, il aurait fallu en palier un attelage d’au moins 50 robustes fardiers, qu’il eut encore été nécessaire de renforcer
- pour gravir la rampe de la gare. On se représente aisément la difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité de conduire un si formidable attelage.
- Trois tracteurs automobiles, chacun à 4 roues motrices, ont suffi à le remplacer. Les tracteurs sont, on peut le dire, une création de la guerre. En 1914, ces engins existaient; mais ils étaient encore à la période des essais. Les exigences de l’artillerie lourde ont accéléré leur mise au point, et leurs emplois se sont rapidement développés.
- Dans l’exemple que nous examinons, les tracteurs employés étaient des tracteurs Laiil, à bandages caoutchoutés, pesant 7 tonnes chacun et pouvant fournir chacun un effort maximum de traction de 4 tonnes 2.
- Le poids total du train était donc de 91 tonnes ; représentant en palier un effort résistant de 2750 kgs. L’effort de traction supplémentaire imposé par la rampe de 9 pour 100 était de 8190 kgs. Soit au total 10 920 kgs d’effort résistant. Les 3 tracteurs devaient donc suffire largement, à condition que l’état des routes leur permît d’exercer l’adhérence indispensable. Ce qui fut le cas. L’opération réussit parfaitement.
- Il est à remarquer que si on avait employé des tracteurs n’ayant qu’un essieu moteur, 3 tracteurs auraient été insuffisants. Car pour développer le même effort de traction, un tracteur à 2 roues motrices est nécessairement plus lourd qu’un tracteur à 4 roues motrices. L’augmentation de poids qui en résulte pour l’ensemble du train n’eût pas permis de résoudre le problème avec 5 machines.
- R. Ville us
- PHOTOGRAPHIE EN COULEURS DES PHENOMENES ASTRONOMIQUES
- Les observations célestes révèlent dans certains astres ou dans certains phénomènes astronomiques une richesse de coloris bien faite pour tenter le photographe « auto-chromisle ». Les taches du Soleil, les planètes Mars, Jupiter, Saturne, les étoiles colorées, les éclipses de Soleil et de Lune forment déjà un joli programme d’essais auquel on peut d’ailleurs ajouter, dans un domaine un peu différent, la photographie de tous les phénomènes d’optique aérienne terrestre.
- Aussi avais-je prié, il y a déjà quelques années M. Léon Gimpel, le spécialiste bien connu .de la plaque « autochrome » — et surtout de ses applications nocturnes — de vouloir bien mettre sa grande habileté au service de l’Astronomie.
- L’éclipse totale de Lune, qui s’est produite dans la nuit du 2 au 5 mai dernier, a offert une occasion très favorable à un premier essai.
- Pour réaliser une épreuve suffisamment intéressante il fallait que la Lune y ait un diamètre assez grand. Il fallait, en outre, un objectif assez lumineux pour ne pas recourir à des temps de pose d’une longueur exagérée. L’équatorial de l’observatoire de la Société astronomique de France, à Paris, jious a paru convenable pour cette
- première tentative. Il a un objectif visuel de 0r m. 190, une longueur focale de 3 m. et donne des images lunaires de 26 mm. 5 au foyer. Un chercheur de 0 m. 090 d’ouverture y est adapté. •
- Pour suivre la Lune dans l’ombre pendant les poses et corriger son déplacement propre ainsi que les petites irrégularités de marche du mouvement d’horlogerie, on a pris soin de maintenir un cratère lunaire, resté suffisamment lumineux dans l’oinbre, à la croisée des fils de l’oculaire du chercheur de 0 m. 000 pendant toute la durée des diverses expositions.
- En raison du peu d’éclat de ce cratère-guide, et de la longueur du temps de pose des diverses plaques, le maintien de la croisée des fils est une opération un peu délicate.
- M. Gimpel a utilisé des plaques « autochromes » Lumière hypersensibilisées, dont la rapidité est environ 1/12 des plaques dites « étiquettes bleues » de la même firme.
- Nous ne possédions aucun élément permettant de déterminer à l’avance le temps de pose. M. F. Quénisset, astronome à l’Observatoire Flammarion, de Juvisy, nous avait bien communiqué les temps de pose de plusieurs
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- L’ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE
- photographies en noir d’éclipses antérieures, choisies dans sa collection. Ces photographies avaient été obtenues avec des appareils différents, sur plaques de marques diverses, au cours de plusieurs éclipses ayant révélé une opacité très variable de l’ombre de la Terre. Les données de M. Quénisset ont été ramenées à l’ouverture relative de l’objectif de la Société astronomique de France, et à la rapidité des plaques hypersensibilisées. Les chiffres ainsi trouvés variaient dans le rapport de 1 à 672, soit entre 12 minutes et 134 heures! ! Notre incertitude était donc extrême et nous n’avions qu’une seule donnée résultant de ces calculs : poser longtemps(').
- Quatre photographies en couleurs et plusieurs en noir ont été prises au cours de celle éclipse. Les expositions ont été commencées un peu avant la totalité et arrêtées un peu avant la fin. Les temps de pose pour les quatre épreuves en couleurs sont de 5, 6, 12 et 40 minutes. Seul le cliché posé 40 minutes a donné un bon résultat. Les Irois premiers sont sous-exposés, mais offrent néanmoins de belles colorations. Sur le cliché posé 40 minutes (de lh4lm à 2h 24m) la partie du disque lunaire la plus éloignée du bord de l’ombre apparaît d’un beau
- 1. Ce renseignement a été confirmé au cours de l’éclipse même par l’aspect d’une photographie en noir prise par M. Ànnequin au même instrument, développée immédiatement, et montrant une sous-exposition.
- rouge cuivre. La partie plus voisine du bord de l’ombre est moins rouge. Le cliché reproduit bien l’aspect d’un ballon sphérique éclairé d’en bas par un projecteur, constaté par M. Gimpel, et que les autres observateurs présents ont tous confirmé (').
- De nombreux détails sélénogruphiques sont visibles sur le disque éclipsé de la Lune, notamment le cratère Tycho avec ses rayons et l’anneau sombre elliptique qui l’entoure, le cratère Aristarque, etc.
- Nous espérons ne pas nous en tenir à cette première photographie, et poursuivre l’exécution du programme esquissé rapidement plus haut. Mais l’équatorial dont nous avons fait usage est insuffisamment lumineux et serait avantageusement remplacé par un télescope à grande concentration de lumière, au point de vue, notamment, de la réduction du temps de pose. Ainsi, avec le grand télescope à miroir de l’Observatoire de Meudon (diamètre : 1 m.; longueur focale : 5 m.) une exposition de 1 minute et demie aurait donné un résultat analogue à celui obtenu par nous avec 40 minutes.
- L’emploi de ces grands télescopes est ainsi entièrement indiqué pour la photographie en couleurs des curiosités du ciel.
- Em. Toucue'ï.
- 1. M. et Mme Annequin, M. et Mme Touchel.
- L’ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE
- Notre atmosphère est le siège continuel de phénomènes électriques, sur lesquels nous n’avons eu longtemps que des connaissances peu étendues. Aujourd’hui encore, malgré de nombreux travaux, malgré la lumière quejettent les théories modem» s de l’électricité sur des manifestations électriques longtemps obscures, il reste bien des points à étudier, bien des hypothèses à vérifier.
- L’expérience mémorable de Franklin en 1752 démontra que la foudre n’est autre chose qu’une étincelle électrique provenant de la décharge de nuages électrisés. Depuis cette époque de nombreux savants parmi lesquels il faut citer de Saussure, Becquerel, Lord Kelvin, Pellier, Pellat, se sont attachés au problème de l’électricité atmosphérique. Les théories de l’ionisation et de la radioactivité sont venues dans ces dernières années fournir des éléments nouveaux qui ont été mis en évidence notamment par Eve, Simpson, Wilson et Swann. L’Institution Carnegie, à laquelle appartenait ce dernier savant, a entrepris depuis plus de 15 ans' une suite d’investigations et de mesures, conduites avec un puissant outillage; en particulier à bords des deux navires spéciaux ; le Galilée et surtout le Carnegie.
- Nous résumons ci-dessous, d’après une remarquable étude de M. Swann que publie le Journal of the Franklin lnstilute, l’état actuel de nos connaissances sur l’électricité atmosphérique.
- Notre sol n’est pas un corps électriquement neutre. On peut considérer sa surface comme
- recouverte d’une couche d’électricité négative et celle-ci donne naissance, dans l’atmosphère, à un champ électrique très considérable; au fur et à mesure qu’un s’élève au-dessus du sol, la différence de potentiel entre le point considéré et le sol augmente; cet accroissement est d’environ 150 volts par mètre. C’est ce qu’on appelle le gradient du potentiel, il fait l’objet de très nombreuses mesures poursuivies régulièrement dans les observatoires.
- Les variations du potentiel électrique dans l’atmosphère. — Sauf des cas exceplionnels, le gradient du potentiel est toujours dirigé dans le sens qui résulte de l’existence d’une chargenégative sur le sol. Mais ce n’est pas une quantité invariable; à une même altitude, il éprouve des variations diurnes et des variations annuelles. Le gradient est toujours plus élevé en hiver qu’en été.
- Le gradient ne se maintient pas davantage constant à toute altitude, il décroît à mesure qu’on s’élève dans l’atmosphère; cela résulte des observations faites par ballons-sondes jusqu’à 9 km. d’altitude; à ce niveau, le gradient n’est plus que de 2 volts par mètre, au lieu de '150 au niveau du sol. Nous n’avons malheureusement aucune donnée pour des altitudes plus élevées.
- L’existence du gradient et sa diminution avec l’altitude jusqu’à une hauteur de 10 km. peuvent s’expliquer en admettant que cette couche atmosphérique de 10 km. d épaisseur contient une charge positive rigoureusement égale à la charge négative étendue à la surface de la Terre. L’expérience a
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- confirmé jdu reste l’existence de cette charge positive.
- Un système constitué par une charge électrique négative à la surface du sol et une charge positive dans l’atmosphère environnante pourrait persister indéfiniment, si l’atmosphère formait un isolant parfait. Mais il n’en est pas ainsi. La conductibilité électrique de l’atmosphère est, à la vérité, extrêmement petite; néanmoins elle suffirait à assurer en moins de LO minutes l’écoulement de 90 pour 100 de la charge électrique du sol, si celle-ci ne se reconstituait pas de quelque manière. La source qui reforme constamment cette charge est restée longtemps mystérieuse,
- La conductibilité de l'atmosphère. — Celte conductibilité, comparée à celle d’une substance métallique, le cuivre par exemple, est extraordinairement faible. M. Swann calcule qu’une coloi ne d’air de 4 centimètre de long, offre au passage du courant la même résistance qu’un câble de cuivre de même section, et d’une longueur de 15 milliards de millions de kilomètres, c’est-à-dire assez long pour faire 8 fois le trajet aller et retour de la Terre à l’étoile Àrcturus.
- Si faible soit-elle, la conductibilité de l’air n’est pas nulle et les théories modernes de l’électricité en expliquent bien le mécanisme. La matière est composée principalement, sinon exclusivement, de particules électriques positives et négatives. Ces dernières, les électrons, portent toutes la même charge, et ont mêmes dimensions (environ 10-13 cm. de rayon) et même masse (environ 10-27 gramme). Certains agents sont capables d’arracher un électron à la molécule, qui alors apparaît comme chargée d’électricité positive et constitue l’ion positif. L’électron peut accomplir librement un certain parcours, mais tôt ou tard il vient se fixer sur une molécule neutre, ou sur un groupe de molécules et il forme l’ion négatif. Cas ions rendent l’air conducteur ; sous l’influence d’un champ électrique, les ions positifs et négatifs se déplacent en effet en sens inverse, les uns vers les corps chargés négativement, les autres vers les corps chargés positivement, et ils les déchargent.
- Supposons qu’il existe dans l’atmosphère une source permanente d’ions. Le nombre des ions existant par cm3 d’air irait en croissant constamment, si les corpuscules négatifs et positifs ne tendaient pas à se recombiner par attraction mutuelle; plus ils sont nombreux, plus cette recombinaison est ra-
- pide. On conçoit donc qu’il s’établisse un équilibre entre le nombre d’ions produits et le nombre de ceux qui se recombinent : Ainsi, on admet que 6 paires d’ions sont produits dans l’atmosphère par seconde et par cm3. Lorsque le nombre de paires d’ions par cm3 atteint 2400, il se trouve que dans une seconde,
- 6 paires d’ions se recombinent; à ce moment l’équilibre est atteint et le nombre des ions ne peut plus augmenter.
- L’origine des ions atmosphériques. — Comment expliquer la production continue d’ions dans l’atmosphère? M. Swann leur attribue deux causes :
- 1° Les émanations radioactives dans l’air;
- 2° Ce qu’il appelle la « radiation pénétrante ».
- On connaît le mécanisme de la radioactivité : c’est une désintégration spontanée de l’atome de certains corps simples; cette désintégration est accompagnée
- de radiations de 3 types : les rayons a constituent une émission d’atomes d’hélium, chargés positivement. Leur masse est égale à 4 fois celle de l’atome d’hydrogène, leur vitesse est de l’ordre de 3000 km. à la seconde; les rayons (3 sont une émission d’électrons négatifs, animés d’une vitesse de l’ordre de celle de la lumière; leur masse est 2000 fois plus petite que celle de l’atome d’hydrogène ; enfin les rayons y constituent probablement des pulsations de l’éther, comparables aux rayons X.
- Ces différentes sortes de radiations ont toutes trois le pouvoir d’ioniser l’air. Les particules « sont des ioniseurs excellents; aussi épuisent-elles rapidement leur énergie dans ce mécanisme et elles sont absorbées dans une couche d’air de quelques centimètres d’épaisseur. Les particules [3 sont moins actives et en conséquence peuvent traverser plusieurs mètres d’air avant d’épuiser leur action ionisante. Les rayons y sont plus pénétrants encore, et leur intensité atteint encore 36 pour 100 de la valeur initiale après la traversée d’une épaisseur d’air de 100 mètres.
- Le sol contient du radium et autres substances de même nature, dont la désintégration donne naissance à Vémanation, produit gazeux, lui-même radioactif, qui se diffuse dans l’atmosphère. La désintégration de l’émanation est donc une source d’ions atmosphériques.
- Mais la quantité d’émanation contenue dans l’atmosphère est extrêmement faible. Sur une épaisseur de 1 km. à partir du sol, la couche d’air qui enveloppe tout notre globe ne contient guère que 250 gr. d’émanation. Un centimètre cube d’air atmosphérique ne contient qu’une à deux molécules d’éma
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- Fig. i. — Variations au cours de l’année du gradient du potentiel.
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- nation de radium contre 30 millions de millions de millions d’autres molécules. La production d’ions par seconde qui en résulte est de 1,7. A l’aclion de l’émanation, il faut, il est vrai, ajouter encore celle d’un autre gaz radioactif : l’émanation de thorium, et aussi celle du radium contenu dans le sol qui agit quelque peu sur l’air par ses rayons y. En totalisant toutes ces actions, on arrive, d’aprcs le physicien Eve, à une production de 4,35 ions par seconde et par cm3. En tenant compte de la vitesse avec laquelle les ions se recombinent, on peut conclure de là que I cm3 d’air atmosphérique doit contenir 1320 ions de chaque signe.
- On est arrivé à mesurer le nombre d’ions existant dans l’air ainsi que leur vilesse de recombinaison. Les méthodes employées prêtent encore à bien des incertitudes; mais, selon M Swann, on peut en conclure que, en ce qui concerne les mesures faites sur terre, les quantités de substance radioactive existantdans ’air et dans le sol suffisent à expliquer l’ionisation mesurée.
- Il n’en est plus de même sur mer. Au cours des croisières du célèbre yacht, le Carnegie, dans l'Océan Pacifique et dans l’Atlantique du Sud, il a été procédé à de nombreuses investigations sur la radioactivité de l’air et de la mer; la proportion de substance radioactive trouvée dans Pair n’a jamais été que de 2,5 pour 100 de celle constatée sur terre; la quantité de substance radioactive trouvée dans l’eau de mer prélevée à grande distance de la terre, a toujours été incommensurablement petite. Et cependant le nombre par cm3 des ions les plus mobiles recueillis sur l’Océan a été aussi grand, sinon plus grand que sur terre. La radioactivité ne permet donc pas d’expliquer leur présence.
- C’est ici queM. Swann fait intervenir la radiation pénétrante. Si l’on prend un récipient hermétiquement fermé, et ne contenant pas d’air radioactif, on constate néanmoins qu’il s’y produit des ions ; sur terre, ils naissent à la vitesse constante de 10 ions par seconde et par cm?. On peut attribuer cette formation d’ions en partie aux rayons y provenant des substances radioactives du sol; les rayons y traverseront, en effet, les parois du récipient. Mais ils ne permettent pas d’expliquer tout le phénomène
- puisque, sur mer, où on ne les observe pour ains dire pas, il se produit cependant 4 ions par seconde et par cm3 dans un récipient de zinc ou de cuivre.
- Même sur terre, si l’on enveloppe le récipient d’une chemise d’eau d’épaisseur suffisante pour former écran contre les rayons y, on trouve encore une production de 4 ions par cm3 et par seconde.
- Des observations très intéressantes ont été faites à cet égard par le physicien allemand Kohlhorster au cours d’ascensions en ballon. L’ionisation dans un récipient clos diminue d’abord au fur et à mesure que l’altitude augmente, jusqu’à la hauteur de 700 m. ; ce phénomène s’explique par l’absorption dans l’air des rayons y émis par le sol. Mais au-dessus de-700 m., l’ionisation se met à croître, et augmente de plus en plus vite avec l’altitude. A 9000 m. de haut, son intensité dépasse de 80 ions par seconde celle qu’on observe à la surface du sol. Dans le dernier kilomètre seul, on observe une augmen-l ation de 2 0 ions pa r cm3 ; et il y a lieu de croire que ce nombre augmente encore aux altitudes supérieures, jusqu’ici inexplorées.
- De tous ces faits, il résulte à l’évidence qu’il existe une source d’ionisation autre que les substances radioactives contenues dans le sol et la basse atmosphère. On est amené à expliquer ces phénomènes par une radiation provenant d’une source extérieure à notre globe. Mais, pour être d’accord avec les mesures faites, il faudrait que cette radiation mystérieuse possédât un pouvoir pénétrant 10 fois supérieur à celui des rayons y les plus pénétrants que nous connaissions dans les substances radioactives.
- Et cette radiation ne peut être la lumière, puisque celle-ci est incapable de pénétrer les parois d’un récipient métallique.
- Voici l’hypothèse que fait M. Swann, au sujet de ces curieux phénomènes. Il les rattache à ceux qui donnent naissance aux aurores boréales, On admet aujourd’hui que celles-ci sont provoquées par le choc, contre notre atmosphère, d’électrons émis par le Soleil. Le flux d’électrons n’est pas limité à la face de notre gobie qu’éclaire le Soleil ; car les trajectoires des électrons sont déviées à la traversée du champ magnétique terrestre et un certain
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- Fig. 2. — Variations diurnes du gradient du potentiel.
- En haut : en été; en bas : en hiver.
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- nombre d’électrons pénètrent dans notre atmosphère par le côté opposé au Soleil.
- D’aulre part, on sait que lorsque des électrons viennent frapper des molécules de matière, des rayons X apparaissent. Plus grande est la vitesse des électrons et plus pénétrants sont les rayons X engendrés par le choc. D’après Birkeland, qui a étudié d’une façon approfondie les aurores boréales, les électrons qui leur donnent naissance doivent posséder une énergie beaucoup plus grande que celle des rayons (3, les plus rapides qu’aient révélés les études de laboratoire; la vitesse ue ces électrons solaires serait suffisante pour expliquer la naissance, lors de leur choc avec les molécules naturelles de noire atmosphère, de radiations d’un pouvoir pénétrant très élevé. Ges radiations très pénétrantes permettent alors d’expliquer à leur tour les phénomènes d’ionisation que nous avons exposés plus haut. Ceux-ci en définitive seraient dus, tout comme les aurores boréales, aux chocs des corpuscules solaires contre les molécules gazeuses de l’atmosphère.
- Le maintien delà charge électrique terrestre. —
- Nous venons de voir par quel mécanisme, l’électricité négative accumulée à la surface du sol se dissipe d’une façon continue à travers l’atmosphère, légèrement conductrice. Le courant qui en résulte à travers un centimètre carré de surface du sol est d’environ 2 X 10~16 ampères. Le courant qui s’échappe aimi de toute la surface de la sphère terrestre est de 3000 ampères. C’est fort peu de chose; mais c’est suffisant pour faire disparaître en 10 minutes 90 pour 100 de la charge électrique du sol.
- Il existe donc une source qui recharge le sol au fur et à mesure que son électricité se dissipe. Quelle est cette source? Ici encore de nombreuses hypothèses ont été formulées, notamment par les savants allemands Elster et Geitel, par le physicien anglais C. T. R. Wilson, et par l’américain Simpson. \
- Nous ne discuterons pas ici ces diverses théories; nous rappellerons seulement celle de Wilson parce qu’elle se rattache à l’importante découverte, faite par ce savant modeste, du rôle des ions dans la condensation de la vapeur d’eau. Wilson avait découvert que les ions agissent comme noyaux sur lesquels s’amorce la condensation de la vapeur d’eau; et il observa que la vapeur se condense plus facilement sur les ions négatifs que sur les positifs. Il en conclut que la pluie doit, en moyenne, être un véhicule d’électricité négative; et que l’électricité négative du sol provient simplement de la pluie. Malheureusement les observations ont démontré que 75 pour 100 de la charge de la pluie est positive. D’autre part dans les régions où il ne pleut pas, il ne devrait pas y avoir d’électricité sur le sol; l’observation ne confirme pas davantage cette conclusion.
- M. Swann invoque encore la radiation pénétrante pour expliquer la charge électrique du sol. L’étude
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- des rayons y, ces rayons de la nature des rayons X, émis par les substances radioactives, a montré que l’ionisation provoquée par les radiations de cette espèce consistait en une émission d’électrons, projetés dans la direction des rayons y incidents, et eux-mêmes dotés d’une vitesse et d’un pouvoir de pénétration d’autant plus grands que la radiation qui leur donne naissance a un pouvoir pénétrant plus élevé. Les électrons provenant de l'ionisation par une radiation extrêmement pénétrante, peuvent donc effectuer dans l’atmosphère des parcours considérables avant d’être amenés au repos.
- Ainsi les couches successives de l’atmosphère sont traversées par des électrons, libérés dans les couches supérieures; ces corpuscules à leur tour viennent s’entre-choquer avec des molécules matérielles, donnant naissance à une radiation pénétrante qui provoque l’émission de nouveaux électrons,-dirigés vers le sol ; et ainsi de proche en proche jusqu’au sol. Celui-ci recueillerait donc les électrons émis dans les couches d’air immédiatement voisines de lui.
- En chaque point de l’atmosphère, il y aurait donc un courant d’électrons dirigés de haut en bas, animés de très grandes vitesses par la radiation pénétrante; et un courant de conduction qui ramène, en sens inverse, l’électricité négative du sol à l’atmosphère. Un état d’équilibre s’établit ainsi.
- Il reste encore bien des points obscurs à élucider dans cette théorie* mais elle a l’avantage de bien s’adapter à un grand nombre d’observations actuellement réalisées.
- Les orage*. — M. Swann termine son intéressant mémoire, par un exposé de la théorie des orages, proposée par Simpson, et développée par Humphreys.
- Cette théorie s’appuie sur le fait expérimental suivant : si l’on pulvérise de l’eau en la projetant sur une colonne d’air ascendant, on constate que les gouttelettes liquides sont chargées positivement, tandis que l’air reçoit une charge négative. L’expérience a montré qu’il est impossible à des gouttes d’eau de tomber à travers une colonne d’air s’élevant avec une vitesse de plus de 8 m. à la seconde. Les gouttelettes très petites sont entraînées par le courant d’air. Pour que des gouttes d’eau puissent tomber à travers cette colonne d’air, il faudrait qu’elles atteignent une dimension minima ; et pour la vitesse de 8 m., cette dimension est telle qu’une goutte d’eau qui la mesurerait par hasard, serait brisée par le courant d’air en gouttelettes entraînées à leur tour.
- Or, on a constaté que les orages donnant lieu à manifestations électriques sont toujours précédés par l’apparition de vents violents, et que des colonnes d’air s’élevant avec de très grandes vitesses prennent naissance. D’autre part, avant l’orage, l’air est très humide. Cet air s’élève et se refroidit; il atteint une température à laquelle les gouttes d’eau commencent à se former ; celles-ci grossissent et atteignent des dimensions, pour lesquelles elles commencent à
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- tomber. Supposons, lorsque ceci se produit, qu’elles soient à une certaine distance au-dessus de la partie la plus étroite de la colonne d’air, où la vitesse est la plus grande. La goutte tombe, et continue à grossir jusqu'à ce qu’elle atteigne une région où la vitesse soit suffisante pour la briser. Les gouttelettes les plus fines qui résultent de cette rupture se chargent positivement, l’air négativement. Les gouttelettes sont entraînées vers le haut, moins vite du reste que l’air. Elles recommencent à grossir, puis retombent et le même mécanisme se reproduit plusieurs fois, les gouttelettes prenant des charges de plus en plus fortes. L’air ascendant entraîne les ions négatifs libres et ceux-ci se réunissent au brouillard très fin qui se trouve à la partie supérieure du nuage. Par ce processus, l’eau à la partie supérieure du nuage se charge très fortement d’électricité négative, tandis que celle du milieu est très fortement chargée d’électricité positive. 11 arrive un moment où une étincelle éclate entre ces deux couches. C’est l’éclair.
- On voit ainsi que les vents violents qui accompagnent les orages ne sont pas l’effet, mais la cause des phénomènes électriques qui s’y manifestent.
- Au cours des mouvements tourbillonnaires qui s’associent avec la tempête, certaines grosses gouttes chargées positivement, par suite du mécanisme exposé plus haut, peuvent se trouver dans des régions où la vitesse du courant d’air ascendant n’est plus suffisante pour les briser. Elles tombent alors sur le sol. Ceci explique le fait d'observation que les grosses pluies d’orage sont toujours chargées positivement.
- D’autre part, la pluie qui s’accumule au sommet du nuage et qui est constituée de fines gouttelettes chargées négativement ne peut tomber que dans les moments d’accalmie de la tempête, ou dans des régions suffisamment écartées du centre de celle-ci. Ceci est encore confirmé par l’expérience qui montre que la pluie fine d’orage, tombant dans les moments d’accalmie porte toujours une charge négative.
- Ce rapide exposé ne donne qu’un aperçu sommaire des nombreux et intéressants phénomènes qui relèvent de l’électricité atmosphérique.
- Il y a là un vaste champ d’exploration, qui n’a pas encore révélé, il s’en faut, tous ses secrets.
- A. Troller.
- LA FABRICATION DES SPIRAUX DE MONTRES INTRODUITE EN FRANCE
- Imaginé par le savant hollandais Huyghens au xviic siècle, l’organe régulateur des montres se compose d’un balancier circulaire muni d’un ressort, enroulé en forme de spirale d’Archimède ou d’hélice cylindrique et monté, selon le genre d’échappement choisi, soit sur l’axe du cylindre, soit sur l’axe du plateau. Ce ressort, que les horlogers nomment simplement spiral, est une lame métallique, longue et très déliée ; son extrémité s’attache au balancier par le moyen d’une virole, l’autre se fixe d’ordinaire au pont du balancier dit coq.
- Véritable « âme des montres, » le spiral a une influence prépondérante en chronométrie ; son élasticité, sa longueur, son épaisseur, sa hauteur, sa forme, ses courbes terminales, les manipulations qu’on lui fait subir, la qualité du métal employé dans sa fabrication, la trempe et le recuit dans le cas où on le réalise en acier sont autant de facteurs qui jouent un rôle capital dans les réglages chronométriques.
- Pour mieux nous rendre compte de l’importance de cette minuscule pièce d’horlogerie, examinons son
- fonctionnement. Mettons donc le balancier en mouvement, dans un sens ou dans l’autre, le spiral se déforme, puis, en vertu de son élasticité, il tend à reprendre peu à peu sa forme et à ramener le balancier vers sa position primitive. Toutefois quand le spiral a repris exactement sa figure d’équilibre, le balancier continue sa course dans le même sens, en vertu de la vitesse acquise ; le spiral se déforme en sens contra ire et oppose au balancier une résistance croissante qui finit bientôt par l’arrêter. A ce moment, le spiral continuant son action sur le balancier, le ramène de nouveau à sa position d’équilibre que celui-ci dépasse et ainsi de suite.
- En définitive, une fois écarté de sa position d’équilibre, le balancier, muni de son ressort, serre et desserre alternativement les spires de ce dernier et régularise ainsi les rouages de la montre; il oscille donc de part et d’autre de ladite position,. comme un pendule par rapport à la verticale. Mais quoique la durée des oscillations libres du balancier reste indépendante de son amplitude, si le spiral est convenablement calculé et réalisé, cela ne suffit
- Fig. i.
- Balancier de montre muni de son spiral.
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- Fig. i. — Mouvement d'une montre.
- On voit la place du balancier et du spiral qui se trouvent cachés en partie par le pont du balancier; au-dessus de celui-ci se voit l’aiguille de réglage.
- pas pour que l’application d'un tel balancier à un mécanisme d’horlogerie assure la parfaite régularité de son mouvement. Il faut encore qu’un système auquël on a donné le nom d'échappement arrête le mouvement des rouages à chacune de ces oscillations en soustrayant périodiquement le balancier à l’action du moteur, puis en lui communiquant une impulsion toujours égaler Grâce à cette énergie d’intensité variable, le balancier et son spiral oscillent toujours de façon identique et par le fait toutes leurs oscillations possèdent exactement la même durée. D’autre part, pour modifier la force du spiral, on dispose dans le voisinage de son exlrémité fixe une pièce portant une éthancrure, à travers laquelle la dernière de >» s spires passe en oscillant. Il ne commence donc à se déformer, au cours de ses oscillations, qu’à partir de son point de passage dans l’encoche et tout se passe comme si ledit ressort se terminait à cet endroit. Du reste, la pièce peut se mouvoir circu-lairement autour de l’axe du balancier et se déplace à volonté en faisant tourner une aiguille dans un sens ou dans un autre devant un cadran Cette manœuvre augmente ou raccourcit la longueur agissante du spiral ; elle en fait, par suite, varier la force et permet de régler la durée des oscillations du balancier, c’est-à-dire d’avancer ou de retarder la montre.
- Ces notions fondamentales d'horlogerie, nécessaires à rappeler pour nos lecteurs, peu au courant des problèmes mécaniques’ que surent si élégamment résoudre les Leroy, les Berthoud, les Lepaute et les Bréguet, expliquent la délicatesse de cette « âme » métallique !
- Cinq maisons suisses, assez considérables par leur nombre d’ouvriers et leurs chiffres d'affaires, avaient monopolisé jusqu’ici la confection des spiraux. Les grandes fabriques d’borlogerie européennes et même américaines étaient tributaires de ces établissements helvétiques qui, surtout depuis l’armistice et vu l'état des changes, leur vendaient, à prix élevé, ces organes minuscules mais essentiels de toutes les montres.
- Aussi le Comité intersyndical d’action industrielle horlogère, organe de nos syndicats d’horlogerie, constitua-t-il en mai 1919 avec l’appui de M. Trincatio, directeur de l’École nationale d’horlogerie de Besançon et de diverses personnes qualifiées, la Société anonyme des spiraux français afin de libérer nos fabricants de la tutelle étrangère. L’usine de cette compagnie, mise en marche depuis peu, et dirigée par M. Ragon, un de nos compatriotes les plus compétents en la matière, est située aux Chaprais, faubourg de Besançon. Elle ne fabrique encore que les spiraux en acier mou utilisés dans les montres ordinaires afin de concurrencer au plus vite les mêmes articles importés de Suisse et qui naguère faisaient prime sur le.marché mondial, Bientôt sans doute tous, nos horlogers pourront s’approvisionner en France des trois genres de spiraux qu’on emploie actuellement :
- 1° Le spiral plat formé d’une lame de métal enroulé en spirale dans un même plan.
- 2° Le spiral Bréguet ou coudé, modification du spiral plat dont la spire extérieure a été relevée
- Fig.
- Machine à dérouiller.
- L’ouvrière tient, entre ses mains, la toile d’èmeri imprégnée d’huile en travers de laquelle passe le fil allant du dévidoir sur l’enrouleur.
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- puis ramenée intérieurement suivant un plan parallèle à celui du spiral. Cette spire extérieure se fixe au piton et se nomme courbe extérieure du spiral.
- :>° Les piral cylindrique, le plus parfait de tous, mais à la condition, malaisée à remplir pratiquement, que son exécution soit irréprochable, et qu’on met seulement dans les chronomètres de marine.
- Pour confectionner les spiraux, on emploie divers métaux; le palladium, l’acier-niokel, l’acier mou, l’acier trempé et recuit. Ce dernier s’utilise presque uniquement pour les montres de précision.
- Le métal travaillé par l’usine des Chaprais est un
- deurs variables (centième, demi, tiers, quart, huitième et seizième de millimètre) suivant la tinesse qu’on veut obtenir. D’ordinaire, on tréfile progressivement le lil depuis le diamètre de 50 centièmes jusqu’à celui de 4 centièmes. Notons, pour donner une idée de la ténuité du fil ainsi tréfilé, que ce dernier chiffre représente les 2/3 de l'épaisseur d'un cheveu ! Aussi faut-il avoir soin d’huiler constamment le fil, lors de son passage à travers la filière afin de faciliter son glissement et surtout d’éviter le moindre échauffement préjudiciable à sa qualité. On le nettoie ensuite en le faisant repasser sur une autre machine à dérouiller dont on remplace la toile émeri par une simple épaisseur de toile
- Fig. 4. — Banc de tréfilage.
- Le fil passe dans une série de filières à trous diamantés qui l’amènent au diamètre voulu.
- acier fondu spécial renfermant 1,03 de carbone, 0,09 de silicium, 0,28 de manganèse, 0,005 de phosphore et 0,025 de soufre.
- Cet acier vient actuellement d’Angleterre, mais il faut espérer que la métallurgie française saura se mettre en mesure de le fournir dans un avenir prochain.
- Il arrive en torches de différents diamètres et commence à subir le dérouillage. Cette opération préliminaire a pour but de rendre le fil parfaitement net et s’exécute au moyen d’une machine dite à dérouiller, dont les organes essentiels sont un dévidoir et un enrouleur automatique. Le fil se déroule de l’un pour s’enrouler sur l’autre en se nettoyant dans l’intervalle, au moyen de la toile d’émeri imprégnée d’huile.
- De là, les fils dérouillés par leur frottement, sont dirigés sur un banc de tréfilage qui les amène au diamètre voulu. A cet effet, chaque fil passe dans une série de filières à trous en diamant de gran-
- saupoudrée de terre de Sommières, destinée à absorber la matière grasse.
- Après ce nettoyage, on aplatit les fils au moyen d’un laminoir qui doit fonctionner avec une extrême précision. Afin que le fil soit de même épaisseur et de même largeur sur toute sa longueur, les deux rouleaux du laminoir entre lesquels il passe sont en acier spécial, parfaitement cylindriques, polis soigneusement et une vis micrométrique règle leur écartement. Ces diverses opérations donnent à l’acier, qui n’est pas trempé, le degré d’élasticité nécessaire pour qu’il remplisse bien son rôle. A sa sortie du laminoir, il s’enroule aplati et poli sur une nouvelle bobine avec va-et-vient automatique.
- On coupe ensuite le fil ainsi laminé à la longueur voulue suivant sa grosseur et il va alors subir successivement le pliage, puis le fixage, qui lui donneront la formé définitive de spirale. L’ouvrière plieuse dispose, coipme unique outil, d’une petite
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- Fig 5. — Train de laminoir.
- Le laminage aplatit le fil afin de lui donner l'épaisseur désirée. L'ecartement des deux rouleaux cylindriques entre lesquels il passe se règle au moyen d’une vis micromëtrique.
- boîte métallique ronde, évidée et munie d’uu couvercle. Au centre de celle-ci tourne une broche terminée par un manche et munie de trois fentes également réparties sur son pourtour.
- Pour opérer, la plieuse introduit, à travers une des encoches, un premier fil dont elle attache l’extrémité dans une des fentes de la broche; elle agit de même pour deux autres fils puis ayant posé le couvercle sur la boîte, elle met en mouvement la broche, provoquant l’enroulement des trois fils autour de ladite broche, qu’elle retire ensuite, après avoir enlevé le couvercle. Le fil libéré se détend dans la boîte sur la paroi de laquelle il vient s’appliquer. Il possède alors la forme d’une spirale, que le fixage va maintenir.
- Pour cela, une ouvrière pose la boîte renfermant le fil sur un petit réchaud formé d’une plaque métallique chauffée au gaz ou à l’électricité et disposée sur une table.
- Quand le fil atteint la température de 300°, il prend la couleur bleue classique des spiraux ; à ce moment, la fixeuse retire la boîte et la pose sur une autre plaque métallique froide. Finalement, elle enlève les spiraux de leur récipient après refroidissement et ceux-ci n’ont plus qu’à être classés.
- La dimension et la force d’un spiral se trouvant, en efïet, déterminées par suite de son épaisseur, il suffit
- La première de ces opérations consiste à donner au spiral une dimension proportionnelle au balancier qu’il doit actionner. On l’évalue, en mesurant la.distance entre le point d’attache du spiral et le centre du balancier. Dans la petite horlogerie, les grandeurs des spiraux varient entre 1 et 24, elles se déterminent sur des plaques portant des cercles dont le diamètre correspond aux numéros de grandeur. .
- Quant aux forces des spiraux, elles se cotent par fraction : par 1/8 pour les petits et par 1 /4 pour les gros. Les premiers sont compris entre les grandeurs 1 à'9 et les seconds de 10 à 24. Ainsi dans la pratique on désignera, par exemple, un petit spiral par la notation 7-3/8 et un gros par la notation 17-2.3/4. Dans ces deux cas, les premiers chiffres 7 et 17 indiquent les grandeurs ; les fractions ou nombres fractionnaires 3/8 et 2.3/4 qui suivent, représentent les forces.
- Industriellement, les forces des spiraux se déterminent au moyen du pesage. Par exemple, un spiral, mis de grandeur voulue et d’une force donnée, devra supporter un poids qui le fera fléchir de la hauteur de son diamètre. Le procédé employé repose sur les relations théoriques existant entre le poids du balancier et le nombre de ses oscillations. Dans les fabriques, on se sert d’instruments spéciaux et très précis, car la différence entre 2 numéros de force est très minime : elle varie de 0 gr. 08
- de préciser exactement ces deux facteurs. On y parvient à l’aide du ca/i-brage et du pesage.
- Fig. 6. — Table de pliage et de fixage.
- Le fil pris sur la bobine venant du laminaere est coupé à la longueur voulue, puis plié en spirale dans une petite boîte métallique que l’ouvrière met ensuite sur un réchaud à 3oo°.
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- SITUATION ÉCONOMIQUE DES NOUVEAUX ÉTATS BALTIQUES .. 107
- pour les petits spiraux à 0 gr. 8 pour les gros, ces poids se trouvant subdivisés respectivement par 1/8 et par 1/4. Enfin, une fois les spiraux subdivisés en grandeur et force, il reste à les grouper en conséquence, puis à les encarter par douzaine.
- Puisse cette intéressante initiative de tous les
- Syndicats de l’industrie horlogère de France trouver les appuis nécessaires pour son rapide essor ! Les promoteurs d’une telle entreprise méritent des encouragements, car pour la lancer au milieu des difficultés économiques de l’heure présente, ils doivent avoir une foi robuste en son avenir !
- Jacques Boyer.
- SITUATION ÉCONOMIQUE DES NOUVEAUX ÉTATS BALTIQUES
- Depuis la chute du tzarisme, trois états se sont constitués sur les bords de la Baltique aux dépens de la Russie occidentale : l’Esthonie, la Lettonie ou Latvie et la Lithuanie. De ces nouvelles républiques il est souvént question dans la presse, mais ce qu’elles représentent, c’est-à-dire quels territoires elles embrassent, combien d’habitants elles réunissent, quelles sont leurs ressources et leurs possibilités d’avenir, le public l’ignore complètement. Dans ces conditions, il nous a paru utile de placer sous ses yeux un tableau sommaire de ces pays, dressé d’après des notes recueillies sur place par un attaché commercial norvégien et publiées récemment dans le Journal officiel du Commerce de Norvège {Norges uienrikshandel). Ces notes économiques, outre l’intérêt qu’elles présentent par elles-mêmes, offrent celui de renseigner sur la politique extérieure de ces nouveaux états et d’expliquer certaines attitudes.
- Les frontières de ces nouveaux états ne sont pas encore fixées par des traités; les intéressés ne sont même pas d’accord entre eux non plus qu’avec leurs voisins sur l’attribution de plusieurs territoires. Les nombres que nous donnons doivent donc être considérés simplement comme des indications de l’ordre de grandeur.
- L’Esthonie comprend les territoires adjacents à la rive sud du golfe de Finlande et à la partie nord de la côte orientale du golfe de Riga avec les grandes îles d’Œsel et de Dagd qui en obstruent l’entrée. Les ports de Narva, Revel, Port-Baltique et Pernau, jalonnent sa périphérie, tandis que le grand lac Peïpous constitue son centre géographique. La nouvelle république englobe l’ancien gouvernement d’Esthonie, la partie ouest du gouvernement de Petrograd, le nord de celui de Pskov et les districts septentrionaux de la Livonie, le tout représentant 44400 km2, soit 3000 de plus que la Suisse et contenant 1 500 000 habitants.
- L’Esthonie n’est donc pas précisément un grand état. De son million et demi d’habitants, 90 pour 100 sont des Esthes, c’est-à-dire des Finnois très proches de ceux de Finlande, le reste, des Russes, des Allemands(3,42 pour 100), des Lettons, des Israélites et des Suédois établis dans les îles.
- La Lettonie ou Latvie est plus grande et le chiffre de sa population notablement plus élevé. Son étendue est évaluée à 63 000 km'2, la superficie des royaumes de Belgique et des Pays-Bas réunis et l’effectif de ses habitants à 2 600000. La grande majorité sont des Lettes ou Lettons ou Latviens, qui appartiennent à la race aryenne; à côté d’eux, l’élément germanique forme une forte minorité. Propriétaires d’une grande partie du sol et à la tête de toutes les grosses affaires, disposant en outre de l’influence que donne l’emploi de leur langue dans la vie intellectuelle et commerciale du pays, les Allemands
- étaient, comme on sait, jusqu’ici les maîtres de la Lettonie. La révolution accomplie par les indigènes tend à renverser cette domination.
- La Lettonie comprend le sud de la Livonie, la Cour-lande et le nord-ouest de l’ancien gouvernement de Vitebsk, bref, les régions entourant je golfe de Riga. Outre ce grand port, elle possède ceux de Windaü et Libau.
- La Lithuanie, de beaucoup le plus étendu et le plus peuplé des nouveaux états baltiques, se compose principalement du bassin du Niémen. Elle correspond aux anciens gouvernements de Kovno, Grodno, Souvalki et Yilna en tout ou en partie; lorsque sa situation politique sera réglée définitivement, elle s’augmentera du triangle nord de la Prusse orientale que l’Allemagne a cédé par le traité de Versailles aux puissances alliées et associées et qui est habité par des Lithuaniens. Memel deviendra la porte de sortie de ce nouvel état sur la mer. Le cadre que nous venons d’indiquer renferme environ 4 millions d’habitants; dans ce nombre, la population urbaine, composée en majorité d’Israélites, compte seulement pour un septième.
- Les trois nouvcdles républiques baltiques sont des pays essentiellement agricoles et forestiers.
- L’élevage et l’exploitation des forêts constituent les principales sources de revenu de l’Esthonie. Avant la guerre, ce pays contribuait pour une bonne part au ravitaillement de Pétrograd en viande, lait, beurre, fromage et œufs, tandis que ses boisements fournissaient au commerce extérieur des stocks importants de planches et de pâte de bois ; l’étendue des forêts de l’Esthonie est évaluée à 752 000 hectares. La zone méridionale du golfe de Baltique ayant été une zone d’accumulation morai-nique durant une des phases de l’extension des glaciers Scandinaves au quaternaire, il s’ensuit que cet état ne possède qu’une surface restreinte de terres arables, seulement 663 000 hectares, soit seulement'15 pour 100 de la surface totale du pays. Aussi bien les céréales ne laissent guère d’excédent pour l’exportation.
- Le nouvel état finnois n’est pas dépourvu d’industrie; il possède quelques grands tissages, des fabriques de cellulose, de papier, de meubles, de wagons, de ciment, enfin 300 distilleries alimentées par les céréales et les pommes de terre indigènes ou importées de Russie. Par ce temps de disette de charbon, ce pays trouve une ressource très utile dans ses vastes dépôts de schistes bitumineux contenant jusqu’à 75 pour 100 de matières combustibles.
- En Esthonie, on peut actuellement acheter du lin, du papier, de la cellulose, du beurre, de l’alcool et des bois et vendre des machines agricoles, des engrais, des huiles de graissage, du charbon, du pétrole, des filets de pêche. Les achats de matériel agricole à l’étranger sont
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- effectués principalement par la direction centrale des coopératives de consommation (Zenlraleinkanfstelle fur Konsumverein) à Revel. Pour le moment, l’Angleterre, les États-Unis et l’Allemagne sont les principaux fournisseurs de l’Esthonie.
- Le rapport norvégien auquel nous empruntons ces renseignements signale qu’à la tin de 1919 le gouvernement indigène avait engagé des négociations avec des banques anglaises pour la conclusion d’un emprunt de 50 millions de livres sterling, qui serait garanti par une importante concession industrielle. D’autre part, le Norges Handels-og Sjôfartslidende de Krisliania annonce que les trois principaux docks des ports eslhoniens ont été acquis par des sociétés britanniques.
- Pour communiquer avec l’Europe, l’Esthonie ne dispose actuellement que de deux routes maritimes : une ligne de navigation tri-hebdomadaire de Revel sur Helsing-îors, et une seconde irrégulière sur Stockholm. Dans l’intérieur, les transports sont pour ainsi dire complètement arrêtés par suite de l’état de délabrement des voies ferrées et du matériel roulant.
- La Lettonie parait avoir beaucoup plus souffert de la guerre que l’Esthonie. C’est comme sa voisine un pays exportateur de lin, de chanvre, de viande, de beurre, de bois et d’alcool, et imoortateur de matériel agricole, d’engrais, de denrées coloniales, de conserves, de lissus. Faute de voies de communication dans l’intérieur, les transactions sont limitées actuellement aux marchandises entreposées à Windau et à Libau et à celles que ces villes et leurs environs immédiats peuvent absorber.
- Lorsque l’ordre et la paix régneront de nouveau en Russie, la Lettonie et l’Esthonie acquerront une importance considérable comme routes internationales des échanges. Revel, Port-Baltique, Windau et Libau deviendront, comme ils l’étaient déjà avant la guerre, les portes de communication de la Moscovie centrale avec le monde extérieur, notamment Porl-Ballique toute l’année ouvert à la navigation.
- La Lithuanie possède des ressources beaucoup plus considérables que les deux républiques voisines. La principale est le lin. Avant la guerre, la Russie était en Europe le principal fournisseur de ce textile, elle en
- ES SCIENCES '..........1 .......-
- exportait dans les 250 000 tonnes. La révolution ayant supprimé cette source d’alimentation de nos marchés, le lin manque partout. Aussi bien, de ce fait, la Lithuanie acquiert une importance économique considérable. En 1919, elle a consacré à cette plante près de 82 000 hectares qui ont produit de 40 000 à 50 000 tonnes pour l’exportation. Afin de profiter de la situation, le gouvernement se propose de développer la culture du lin et de lui attribuer une surface trois fois plus étendue que l’an dernier.
- D’autre part, bien qu’ils aient beaucoup souffert des opérations militaires, les boisements peuvent fournir un appoint important aux ventes à l’extérieur. D’après un recensement récent du service forestier lithuanien, ils s’étendent sur près de 1 200 000 hectares. Avant la guerre, la valeur de ceux de leurs produits vendus à l’étranger s’élevait annuellement à près de 26 millions de roubles. v
- Quelle contribution la Lithuanie est susceptible d’apporter au ravitaillement de l’Europe, une brève statistique le montre. De février 1916 à mars 1918 les Allemands ont tiré de ce pays pour plus de 208 millions de marks de denrées alimentaires, de laines et de bois. Durant cette période, ils ont exporté notamment 100 000 tonnes d’avoine, autant de pommes de terre, 70 millions d’œufs, sans compter une bonne quantité d’orge et de seigle.
- Si l’agriculture est prospère, en revanche l’industrie est très peu développée et ne comprend guère que des fabriques de pâtes de bois et d’allumettes.
- Afin de mettre en valeur la Lithuanie, un syndicat anglais au capital de 75 millions de francs s’est constitué, annoncent les Commerce Reports. D’après la convention qu’il a passée .avec le gouvernement indigène, il doit d’une part créer une banque d’émission et de l’autre devenir pendant quinze ans l’intermédiaire légal pour tout le commerce extérieur. Le groupe britannique serait chargé de vendre les stocks destinés à l’exportation et d’acheter tous les produits et tout le matériel qui seraient demandés à l’étranger. 11 semble donc que la Lithuanie a aliéné son indépendance économique entre les mains d’un syndicat anglais. Charles Rabot.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juin et juillet 1920
- L’action favorable du cuivre sur la végétation. — L’heureuse influence du sulfate de cuivre s’explique, aux yeux des agronomes, par une stérilisation partielle du sol. MM. Maquenne et Demoussy viennent de découvrir que le métal présente un avantage indiscutable lorsqu’on cultive de très jeunes plantules en milieu liquide. Leurs essais ont porté sur la laitue, les pois et le froment, le milieu nutritif se composant de nitrate de chaux, de. phosphate monopotassique et de sulfate de fer, auxquels on ajoutait, dans le seul cas de la laitue, des sulfates de chaux et de magnésie et un peu de sel marin. L’addition dans certains tubes de sulfate de cuivre en solution très étendue (ü milligr. 02) modifie complètement l’aspect des plantules et provoque un rapide développement des racines.
- L’origine de la chaleur solaire et stellaire. — Alors que la géologie et l’évaluation de l’âge des minéraux
- donnent à notre planète une existence déjà longue de quelque 500 millions d’années, la théorie de la contraction du soleil ne semble lui assurer, dans le passé, qu’une durée dix fois moins grande. Une même incertitude se présente pour les étoiles géantes. La note de M. Emile Belot étudie, pour le cas particulier des Novae, la quantité de chaleur produite dans un choc cosmique.
- La valeur d’usage des combustibles. — Comme l’énergie calorifique n’est jamais utilisée en totalité,, et qu’en pratique les variations sont.imputables tantôt aux fours, tantôt à la nature même des combustibles, les-résultats fournis par la bombe de Malher sont insuffi sants pour fixer une valeur d’achat. M. Emilio Damour définit valeur d’usage l’inverse dçs poids de deux combustibles pouvant se substituer l’un à l’autre pour obtenir dans un four donné le même effet thermique, et d’expériences qui ont porté sur la houille crue, les gaz
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- ...-.... - LE VOL
- de fours à coke ou de hauts fourneaux et différents goudrons, il a pu conclure à une formule d’allure algébrique, et d’un emploi commode.
- L’aéroplane et la grêle. — La formation de la grêle demande un assez grand nombre de conditions très spéciales, et c’est ce qui explique la fréquence du phénomène dans certaines régions, et son absence à peu près complète dans d’autres. M. Stanoiévitch préconise, non pas les tores gazeux envoyés par les tirs des canons paragrêle, mais bien une forte vibration aérienne produite au sein même du nuage. D’où l’emploi des aéroplanes, au cours des journées chaudes et calmes, pour déranger l’équilibre propre à la formation des grêlons, non seulement par la rotation rapide de l’hélice, mais peut-être aussi par des coups de canon lires de l’appareil même.
- Les algues marines dans l'alimentation du cheval. — Les expériences de MM. Adrian, Lapicque, Sauvageau et Moreau ont montré que, pour la ration d’entretien, les Laminaires peuvent remplacer le foin ou l’avoine. M. Brocq-Rounten s’est inquiété de savoir si pour la ration de travail la substitution était possible. Ses essais ont prouvé que, vis-à-vis de l’avoine du moins, l’équivalence des algues est égale à 1 : il y a adaptation rapide de la flore intestinale et le principe immédiat qui confère cette valeur alimentaire est un polysaccharide soluble.
- Oblenlion biochimique du sucre de canne à partir du gentianose. —^ Le mémoire de MM. Bourquelot et Bridel démontre, sans discussion possible, que l’hydrolyse totale du gentianose peut être effectuée en faisant intervenir l’émulsine, puis l’invertine. Il y a d’abord libération du lévulose, et les deux molécules de glucose, combinées sous forme de gentiobiose, se séparent ensuite
- LE VOL
- On sait que les oiseaux, clans leurs voyages aériens, emploient deux modes de progression : le vol ramé, pour lequel ils battent des ailes, et — quand il y a du vent — le vol à voile ou vol sans battements.
- Alors que le premier exige une dépense considérable d’énergie, le second ne demande à l’oiseau aucun effort.
- Le voilier se laisse porter par les vagues, les couranls aériens. Ailes étendues, il s’élève dans l’atmosphère, progresse contre le vent, vire, fait du planement stationnaire, décrit des orbes. Sans aucun travail, il évolue ainsi pendant des journées entières, utilisant les seules forces de la nature.
- Resté mystérieux dans ses causes, ce genre de vol, justement dénommé « vol 'a voile », a fait l’objet de nombreuses études dans lesquelles se sont distingués des savants, des voyageurs, des spécialistes : Mouillard, Lilienthal, d’Esterno, Basté, Marey, Langley, Albert Bazin, le docteur Cousin, etc.,-etc....
- Mais, soit que le don d’observation des uns ait été mis en défaut, soit que les mieux doués n’aient
- VOILE = ....... ............: |09
- par action de la gentiobiase, ferment soluble existant dans l’émulsine des amandes.
- L'oxydation de la houille. — II semble aujourd’hu admis que le charbon de terre renferme trois constituants : des composés ligno:cellulosiques, des protéines et des résines, ces derniers éléments seuls étant solubles dans la pyridine. La note de M. Marcel Godçhot apporte quelques précisions sur les phénomènes d’oxydation de la houille, qu’il semble très difficile d’imputer à une action microbienne, sans pouvoir cependant conclure d’une façon définitive.
- Une nouvelle réaction caractéristique de l’acide benzoïque. — Le gros intérêt du travail de M. Marcel Guerbet est qu’il permet nou seulement de doter l’analyse d’une méthode extrêmement sensible, l’acide n’intervenant pas pour une quantité supérieure à un dixième de milligramme, mais encore d’utiliser une série de réactions applicables aux composés qui, comme la cocaïne ou la stovaïne, contiennent le radical benzovle, et à ceux qui, telle l’atropine, fournissent l’acide benzoïque par oxydation. La suite des réactions tend à produire un mélange d’acides naphtolazobenzoïques.
- L’épuration des eaux d’égouts. — Le nouveau mémoire de M. Cambier confirme les hypothèses émises par son auteur sur l’importance du râle que joue le sulfure de fer contenu normalement, ou introduit artificiellement, dans la bouè activée, lors de la fixation de l’ammoniaque et sa nitrification ultérieure.
- Élections. —Au cours du mois de juin, MM. E. Kamer-ling Onnes, Pierre Weiss, L. E. Dickson et Riquier ont été élus Membres correspondants dans les sections respectives de Phvsique générale, Géométrie et Mécanique.
- Paul B.
- A VOILE
- pu poursuivre leurs études au pays même des grands voiliers, le problème de ce vol à voile si paradoxal reste posé.
- Sou mystère a engendré quelques conceptions curieuses chez nos aïeux, encore étrangers à une mécanique rationnelle et logique et chez nos contemporains des théories subtiles et vraisemblables.
- Gallien était convaincu que l’oiseau voilier se soutenait dans l’air grâce à une tension psychique. Bélon inclinait pour une répugnance de l’air à la légèreté de la plume.
- Aldrovande attribuait aux plumes un mouvement tonique compensant la pesanteur.
- Jonhson parle de mouvements giratoires de la queue ! J’en passe et des plus fantaisistes !
- Les théories sérieuses se firent jour après la divulgation par Mouillard de ses remarquables et si sincères observations faites au CTaire, où, malheureusement, il ne put voir assez de vautours, « ce professeur de vol à voile », disait-il.
- Ainsi, nous eûmes la théorie de l’aspiration de l’oiseau par le vent, théorie rejetée par l’auleur lui-même comme anti-mécanique.
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- I 10 ============== LE VOL A VOILE
- Puis la théorie du vent ascendant, qui ralliait les opinions de Louvrié, Lilienthal, Penaud, Ferber,etc.
- Selon ces chercheurs, le vent ascendant constituait la seule explication scientifique du vol à voile.
- Il y a, par-ci, par-là, du vent ascendant, et l’oiseau, qui recherche le moindre effort, s’y repose volontiers, mais ce n’est pas un phénomène général. Il faudrait admettre que, sans cesse, le voilier monte et descend. Or le vautour vole souvent à voile d'une façon rectiligne, sur plusieurs kilomètres, soit à la même hauteur, soit avec ascension.
- En outre, si l’on acceptait cette théorie, il faudrait admettre que le vol à voile est pratiqué surtout par les oiseaux de faible poids. On sait, en effet, que leur surface alaire est, toutes proportions gardées, plus grande, beaucoup plus grande, que celle des gros oiseaux.
- Or, c’est précisément le contraire qui se produit, ainsi que nous avons pu le constater. Les oiseaux de petite taille ne peuvent pas voler à voile, tandis
- lequel avance comme une balle entre deux raquettes, en faisant des crochets ou balancements.
- La théorie de la pression bilatérale d’un volume, dans laquelle M. le docteur Cousin estime que l’air canalisé par les ailes vers le corps de l’oiseau exerce sur le corps même une pression propulsive bilatérale.
- Toutes ces théories sont instructives et fort intéressantes; malheureusement, elles ne furent pas déduites de l’observation, mais sont issues de l’imagination.
- Il faut en excepter celle de Mouillard ; c’est lui qui, certainement, a serré de plus près la vérité.
- Ses observations remarquables, mais, hélas ! incomplètes, ne lui ont pas permis de déceler dans l'oiseau l’automaticité du mécanisme voilier, et c’est à l’adresse de l’oiseau qu’il attribue à tort le vol à voile, notamment dans cette phrase : « L’oiseau conserve par devers lui une somme d’élancé qui sert à adoucir les angles de la ligne qu’il pour-
- •rident le
- défe ration sebiepe'
- Fig. t. — Aile voilière vue d'arrière.
- que le vautour, par exemple, vole majestueusement, et il pèse jusqu’à dix kilogrammes pour un mètre carré à peine de surface alaire.
- Poids, surface. — Il existe des oiseaux de mer dont le rapport est plus grand encore que chez le vautour. Ils se comportent admirablement en vol à voile et affrontent en se jouant les vents de tempête, qui sont horizontaux.
- La facilité du vol considéré croît donc avec le poids de l’oiseau et la petitesse de l’aile.
- Sans doute, la grosseur dé l’autruche mit-elle un terme à cette fantaisie de la nature, qui ne peut donner à la plume la force portante nécessaire.
- Avec la théorie du vent ascendant, nous avons eu celle des rafales artificielles, suivant laquelle, d’après d’Esterno, l’oiseau se créerait, en air calme, de l’énergie, grâce à des zigzags, passades, etc., ce qui nous conduit au mouvement perpétuel.
- La théorie de l’énergie interne du vent, attribuée à Langley, met en lumière l’énergie fournie par les différentes vitesses du vent, les accélérations aériennes que Langley détermine avec des anémomètres spéciaux.
- La théorie des forces latentes du vent, où M. Albert Bazin reprend un peu les idées de Mouillard.
- La théorie des « montagnes russes », dite de Langley, mais qui revient à Mouillard, avec ses observations sur le « vol ondulé de l’oiseau ».
- La théorie du « vent louvoyant », où l’auteur, M. Alexandre Sée, fait louvoyer le vent sur l’oiseau,
- Fig. 2. — Coupe de l’aile Y.
- suit etc. L’exhaussement est produit par l’emploi adroit de la force du vent et la direction par l’adresse {YEmpire de l'air, p. 236).
- En résumé, les auteurs de théories du vol à voile — sauf Mouillard — font dépendre la vitesse du voilier de la vitesse du vent. L’oiseau emprunte au vent lui-même la force de le vaincre.
- C’est là une conception anti-mécanique.
- Il suffirait, en effet, que l’oiseau fût lancé en air calme pour qu’il ne s’arrêtât jamais....
- Cette conception a priori du vol à voile est d’ailleurs démentie par des milliers d’observations directes.
- Mouillard, lui aussi, avait un moment adopté la théorie de 1’ « aspiration » de l’oiseau par le vent ; mais il l’avait bien vite abandonnée.
- Profondément observateur, il avait, en dépit des apparences, senti l'impossibilité à laquelle se heurtait cette idée, « abordée disait-il, dans les affres de la peur... », et il s’était rejeté sur l’adresse de l’oiseau, pure hypothèse, qu’en désespoir de cause il dut substituer à une suprême observation dans un pays où les vautours étaient rares.
- Sans doute, luise iu est adroit, mais au contraire de ce qu’en pensait Mouillard, nous dirons que des trois fonctions remplies par l’organisme « voilier » : propulsion, sustentation et direction, cette dernière seule dépend de l’adresse de l’oiseau, tout comme sur un bateau à voile elle dépend de l’adresse du marin. Et nous verrons, par la suite, que les deux
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- LE VOL A VOILE .111
- premières : sustentation et propulsion, qui, en somme, constituent le vol, sont produites par le vent et la forme naturelle de l’aile.
- Voici quelques observations directes qui ont été faites au pays même des grands oiseaux voiliers : Soudan, Fouta-Diallon. Elles portent principalement sur le vautour.
- Le vent. — Le vent n’est jamais régulier. Il souffle par accélérations successives. Il subit des variations dans les plans vertical et. horizontal ; il y a du vent ascendant, du vent descendant, tourbillonnant, etc___
- Le vent horizontal est le plus fréquent.
- Au Soudan, il se lève dès que se fait sentir la chaleur, vers 9 ou 10 heures, pour cesser avec elle, vers 16 heures. Il est contraire à la vitesse de l’oiseau voilier, qui. se trouve « bec au vent », ou, plus exactement, la vitesse absolue du voilier est en raison inverse de celle du vent qu’il reçoit de face.
- Moins le vent est fort, plus grande est, contre le vent, la vitesse de translation de l’oiseau.
- Par fort vent, les milans, les voiliers moyens ne peuvent remonter le courant aérien.
- Par vent de tornade, les vautours, les pélicans cessent de lutter et rentrent précipitamment dans les profondeurs de Farbre-perchoir.
- Nous avons vu des oiseaux voiliers reculer « bec au vent », en marche arrière.
- Pour ceux-là, la composante propulsive qui, selon certains auteurs, serait engendrée par le vent, était manifestement absente.
- De très nombreuses observations nous permettent d’affirmer que si le vent est, en effet, un facteur du vol à voile, il l'est, non pas pour la progression de l’oiseau, mais pour sa sustentation.
- Nous avons constaté, en effet, par fort vent, que le ralentissement ou même l’arrêt de la progression de l’oiseau s’accompagnait d’une ascension considérable.
- L’oiseau. — L’aile du voilier, que les physiologistes n’ont pas, semble-t-il,s uffisamment analysée,
- marn
- Clavicule
- Fig. 4. — Demi-parachute formé par l’aile Y.
- présente une particularité intéressante, qui est la cause principale du vol à voile.
- En vol, l’aile se déforme suivant la figure I. Oirl’on voit : 1° la partie comprise entre 0'et
- y ou R IV, représentée parles rémiges primaires constituant le fouet, se présenter sous un angle positif! 2° la partie comprise entre O' et 0" ou aile voilière Y (bras et avant-bras), qui fait un angle négatif.
- Ce phénomène est produit sous l’action à la fois
- Fig. 3. — Coupe du fouet RR'.
- de la pesanteur et du vent, grâce au mode d’imbrication des plumes et à la décroissance de la rigidité des rémiges primaires (R IV) vers le corps de l’oiseau (0).
- Grâce à cette disposition des plumes, les filets d’air entrés sous le bord d’attaque de l’aile sont dirigés, non pas vers le bord de sortie — comme dans l’aéroplane, — mais vers le centre alaire, près du corps de l’oiseau. En cet endroit, l’aile, présente en coupe la forme de la fig. 2.
- C’est une sorte de calotte, pivotant autour de l’axe 0 (bras et avant-bras de l’oiseau).
- Soit pendant Je vol à voile, soit dans le vol par battements, on peut la voir se soulever chez le vautour, se gonfler sous une pression dirigée de bas en haut et se relever à l’arrière pour laisser s’écouler un air en détente, c’est l’aile voilière V.
- La partie dénommée fouet (RR') présente la coupe de la fig. 3.
- C’est un plan mince conslitué par 8 ou 10 rémiges longues et rigides. Il reçoit le vent horizontal tout au contraire de l’aile voilière V, qui, elle, s’efface au vent horizontal.
- Une autre remarque à faire dans la structure de l’oiseau voilier et qui a une grande importance, c’est le mode de suspension de la masse à la surface V (fig. 4).
- Le corps de l’oiseau pendu à l’axe 00', en arrière du centre de gravité, peut être représenté par la masse M (fig. 4); l’aile voilière V forme un demi-parachute auquel l’oiseau se trouve pendu par un seul côté (bras et avant-bras).
- Telles sont les deux particularités importantes de la structure de l’oiseau : déformation de l’aile et mode de suspension de la masse.
- Nous allons voir par quel mécanisme elles concourent à la propulsion et à la sustentation de l’oiseau.
- Le vol à voile est réalisé par ces trois fondions de l’aile : exhaussement, progression et direction.
- Nous avons dit que, seule, cette dernière procédait de l’adresse de l’oiseau.
- Les deux autres : progression et exhaussement, i|ui, en somme, constituent le vol à voile, sont l’effet de la conformation spéciale de l’aile en réaction sur les forces vives du vent — du vent horizontal — et abstraction faite de l’adresse de l’oiseau. En effet :
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- 1 12 —LE VOL
- Exhaussement en sustentation. Le vent absolument horizontal v frappe les fouets RR' (fig. 5).
- Il s’ensuit, sur ces surfaces RR', la création
- Corps de / 'oise;
- coupe
- Fig. 5. — Déviation des filets d’air de f en P.
- d’une composante sustentatrice a et d’une retardatrice h.
- Les filets d’air/1 sont comprimés par les fouets RR', puis déviés vers l’aile voilière V où ils engendrent deux nouvelles composantes, l’une sustentatrice c et l’autre propulsive d.
- Les deux sustentatrices a et c s’ajoutent et leur somme, suivant la force du vent, est supérieure au poids de l’oiseau, lequel s’exhausse.
- Ainsi, le même filet d’air f produit deux fois de la sustentation : 1° en R R', comme vent horizontal ; 2° comme vent ascendant et oblique sous la calotte Y, qu’il soulève en la propulsant.
- Tel est le phénomène qui produit l’exhaussement de l’oiseau voilier. On remarquera qu’il comporte la poussée maximum.
- Progression ou propulsion. Les deux composantes retardatrices b et propulsives d s’annulent, supprimant la traînée (presque), d’où vitesse constamment acquise de l'oiseau' qui avance dans l’air sans résistance nuisible, comme un mobile ordinaire, un mobile parfaitement profilé pour la pénétration.
- Remarquons, en passant, que le rapport de la poussée à la traînée de l’aile (naturelle, est extrêmement intéressant dans ses applications éventuelles à l’aviation.
- Nous avons dit que la progression dépendait, non pas du vent, mais de la conformation des ailes et était en raison même du poids de l’oiseau. En effet :
- Nous savons que, dans le parachute, les composantes horizontales x de la résistance de l’air sur la périphérie de la calotte s’équilibrent et donnent une résultante verticale AR, suivie, en air calme, sur l’engin (fig. 6).
- Le parachuté ci-dessus tombe, suivant B, en air calme, de même que, recevant du vent ascendant f, il s’élève suivant A.
- Or, coupons suivant AB ce parachute, nous réta-
- A VOILE -
- blissons l’oiseau dans sa structure schématique avec V comme aile voilière, 0 comme axe, M corps suspendu par L en arrière du centre de gravité.
- Sur chacun des demi-parachutes libérés, les composantes x ne variant pas, donnent naissance : 1° sous l’action du vent f, à la résultante h, qui oscille entre x et A'; 2° par temps calme, à la résultante h' comprise entre x et B' .
- Ainsi se trouve expliquée la progression de l’oiseau.
- Le vent horizontal est dévié par les fouets vers le calotte Y. Plus il est fort, plus la résultante h se rapproche de la verticale A' : l’oiseau s’élève dans l’atmosphère en raison directe de la force du vent. Par temps calme — vent nul — la résultante tend à s’éloigner de x vers B' ; l’oiseau s’élève avec difficulté, vole horizontalement, ou fait une chute lente, mais il gagne en progression.
- Ainsi donc, la progression est due non pas au vent, mais au mode de suspension du corps de l’oiseau. Appuyé sur le demi-parachute V, il se meut en avant par l’effet de la pesanteur d’une part, et, d’autre part, poussé par une. double colonne d’air, air sans cesse comprimé et ascendant.
- Les deux phénomènes : exhaussement et progression de l’oiseau voilier se produisent soit simultanément, soit alternativement au gré de l’oiseau, lequel, par le jeu des rémiges, des fouets ou même la manœuvre des bras, peut faire varier le volume d’air nécessaire à la sustentation.
- Le corps de l’oiseau, qui fait office de volant, lie entre elles les diverses phases du vol. Plus lourde est la masse, plus régulière est la trajectoire.
- C’est ce qui .explique dans le vol à voile la parfaite tenue du vautour, « cette machine qui pénètre », disait Mouillard.
- Sans doute, le vol de l’homme sera-t-il impressionnant lui aussi par sa régularité et sa lenteur.
- Car nous devons bien admettre, dès maintenant, la possibilité pour lui de conquérir l’espace sans moteur.
- Notre industrie aéronautique n’a pas dit sonder-
- Fig. 6. — Parachute formé par deux oiseaux réunis dos à dos (principe).
- nier mot, et, s’inspirant des principes du vol à voile, elle va, sans doute, doter de nouvelles ailes notre aviation naissante.
- Mais ceci est l’affaire des inventeurs.
- H. Liurette.
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- LA NATURE. — N” 2420.
- 21 AOUT 1920
- UN JOLI COIN DU MAROC EN PAYS DISSIDENT
- Parmi les régions les plus curieuses du Maroc, et dont l’avenir sera une véritable révélation, il con-
- 9 h. l5 on arrive à 16 h. ‘25 au terminus actuel d'Oued Zem après un parcours de 177 km coupé par
- Fig. i. — Beni-Mellal, vu d'un avion à iioo mètres de haut.
- a région de Beni-Mellal dans le
- vient de citer Tadla-Zaïan.
- Qui connaît cette région? à part les artisans obscurs de sa pacification, assurément peu de gens ont pu se rendre à Beni-Mellal, poste a-vancé en pays dissident où l’on ne parvient encore qu’à l’aide d’escortes.
- Pourtant c’est l’un des plus jolis coins du Maroc, et les détracteurs du Moghreb qui ne connais-. sent que le désert de Boum (palmier-nain) qui borde l’Océan feront bien d’y aller faire un tour :
- En partant de Casablanca par le train-joujou (') à
- 1. Chemin de fer de la voie de 0.60.
- Fig-
- un arrêt de 45 minutes au coquet buffet de Ben Ahmed.
- D’Oued Zem à Tadla par Boujad, en 2 heures
- d’auto on parcourt de bonnes routes dans des régions fertiles, mais il faut a-voir traversé cette plaine des Brachoua l’été, après que la moisson est faite, par un jour de sirocco ; dans l’air embrasé par les incendies des chaumés, pour apprécier davantage toute la beauté de la végétation de Beni-Mellal. De Tadla au poste avancé il faut car la route n’est pas encore amé-
- grand matin de Kasbach-Tadla, il 8. - 113.
- La Casbah Tadla et l’oued Oum-er-Rebia.
- 1 h. 1/2 d’auto, nagée.
- En partant de
- 48' Année — 2* Semestre
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- UN JOLI COIN DU MAROC EN PAYS DISSIDENT
- faut jeter, un coup d’œil en arrière vers la citadelle après avoir traversé l’Oum er Rebia, le paysage impressionnant vous retiendra au dé.ourdela piste.
- Sur la rive droite de l’oued Oura-er- Rebia qui gronde tout embrumé, l’à-pic rocheux est couronné par la Kas-bah, farouche citadelle hérissée de créneaux d’où fuse sur le fond rose du Levant la silhouette svelte de ses deux minarets.
- En bas, dans l’ombre mauve des derniers limbes de la nuit monte la poussière d’un troupeau bêlant, cependant que le grondement de l’oued est dominé par les notes aiguës de l’invocation du muezzin qui appelle les fidèles à la prière.
- Sur le fond blanc de l’écume des rapides du fleuve se découpent en bas, au premier plan, les dix arches du vieux pont qui le barre. Je vais fermer les yeux pour emporter cette vision merveilleuse, mais l’allure guerrière de nos cavaliers d’escorte, qui galopent à franc étrier autour de l’auto, accapare l’attention. On dirait des preux, ces chevaliers fiers aux nouaders flottants sortis du château féodal qu’est la Kasbah crénelée qui disparaît maintenant là-bas derrière nous dans la poussière dorée.
- Devant nous le spectacle est grandiose, l’atmosphère est si limpide que la plaine nue, sans point de repère, semble raccourcir la distance qui nous sépare de la montagne On croirait pouvoir toucher cet écran merveilleux formé par la chaîne de l’Atlas ; elle est là tout près dans le mirage,
- Fi y. 3: — Les sources aux parles de la ville..
- Fig. 4. — A la f ontaine, à Beni-Mellal.
- avec ses cimes hardiment découpées, ses grands à-pics, ses gorges sombres, ses « foums » troublante. Quand pourra-l-on en déchiffrer l’énigme?
- et pourquoi ce beau décor cache-t-il dans chacun de ses ravins des fusils prêts'a partir? Sur un contrefort qui é-merge d’une oliveraie se dresse une maison blanche comme une Koubba, c’est le poste de Beni-Mellal, toute pe-tite sentinelle placée au pied de la grande montagne berbère.
- Est-il possible qu’ellepuisseren-fermer des armes
- et de la mil rai lie 1 II paraît qu’elle est armée pour la défense, ma s, selon les directives du grand chef, la coquette forteresse, sentinelle avancée de notre civilisation, fait parler la diplomatie plutôt que la poudre. Après avoir traversé l’oued Derna, dont l’eau claire bruit sur des galets jolis, c’en est fait, nous avons quitté la plaine aux gazelles, fertile en surprises avec ses ravins favorables aux guets-apens, pour faire connaissance avec l’oasis de Beni-Mellal.
- Beni-Mellal est un coin privilégié et je ne crois rien trahir en dévoilant que si certaines parties du Moghreb n’ont pas assez d’eau, celui-là est le plus riche de l’inventaire des ressources hydrauliques : une terre noire et fertile rappelant les « Tirs » avec de l’eau, c’est là tout l’artifice de sa belle parure verte.
- . La frondaison est intense, les vignes étreignent le tronc noueux des oliviers, avec des aspects de forêt vierge et la végétation si curieuse "des euphorbes pousse entre les rochers.
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- Au pied des flancs abrupts, dans toutes les gorges, sous chaque rocher, sourd une nappe d’eau délicieusement fraîche qui cascade, qui rejaillit et qui chante.
- Tantôt l’eau tombe avec bruit, tantôt elle coule bien doucement pour refléter les roseaux et les tleurs dans son miroir limpide, puis, satisfaite, elle repart dans les jardins, folle et bondissante, pirouettant, écumant, faisant tourner la pierre des tout petits moulins arabes enfouis sous la verdure.
- Elle vient lécher les murs de la ville en contour-
- nant ses bastions, et elle s’engouffre en glougloutant joyeusement dans de curieuses amphores tenues par les femmes berbères dont le moindre mouvement rappelle le geste antique du temps de l’ancien tie Rome.
- Chaque site est un éden peuplé d’oiseaux, chacune des scènes de la vie patriarcale est un sujet tentant pour le pinceau d’un artiste, chaque bruissement de l’eau est la chanson, toute la chanson de la Poésie elle-même!
- Henri Catherine.
- L’ALIMENTATION DE PARIS EN EAU POTABLE
- Le projet des Vais de Loire est-il praticable?
- Le projet d’alimentation de Paris avec les eaux des vais de Lo:re (*) exposé avec tant de talent dans La Nature, numéro du 22 mai, se bute non seulement à la méfiance instinctive des habitants, mais encore :
- 1° A une impossibilité d’ordre technique résultant du retard qu’il occasionnerait dans la descente des sables vers la mer et de la transformation du fond de la vallée en marais qui en serait la conséquence ;
- 2” A une imperfection, également d’ordre technique, consistant dans l’impossibilité soit d’assurer avec l’eau de la Loire l’alimentation de puits situés aux distances du lit imposées par les représentants du Service d’hvgiène,, soit d’empêcher la production du colmatage.
- I. Retard dans la descente des sables vers la mer. — L’opposition instinctive des riverains de la Loire à toute dérivation préserve leur vallée de la destruction.
- Pour la démonstration de ce fait rappelons les données de la question :
- 1° Le lit de la Loire a une largeur variable entre 500 et 500 m. et son radier est seulement à quelques dizaines de centimètres en contre-bas des terrains de culture;
- 2° Il est constitué par un sable très fin qui se met en mouvement dès que le niveau du fleuve dépasse de 0,50 celui de l’étiage ;
- 3° Pour le remplacement en basses eaux du débit dérivé vers Paris, des réservoirs sont projetés à des distances considérables de Briare, extrémité probable des captages :
- 1° Dans la vallée de la Loire : a) A Villerest, en amont de Roanne et à 580 km de Briare emiron, comptés suivant le lit; b) Au lac d’Issarlès à 250 km environ plus haut dans la vallée, déjà proposé en 1886 comme origine d’une amenée à Lyon et rejeté d’emblée par le Jury pour absence de toute alimentation apparente;, c) A Grézolles sur la rivière d’Aix, affluent de la Loire à une trentaine de kilomètres en amont de Villerest; cl) A Aurec sur la Loire à une.centaine de kilomètres plus en amont; e) A la Valette sur le Lignon du Sud et encore plus loin, et enfin /') A Gilly à 26.0 km seulement environ de Briare mais entièrement en plaine.
- 2° Dans la vallée de l’Ailier : g) A Dallet sur l’Ailier à hauteur de Clermont-Ferrand et à 280 km de Briare; et h) Aux Fades sur la Sioule, à peu près à égale distance.
- Si les résenoirs restituaient l’eau à la Loire au fur et
- l. On dé>igne tous le.nom de Val de Loire un ensemble de .terrains de culture d« la plaine en bordure du fleuve ordinairement délimité par deux coudes de ce dernier.
- à mesure de son infiltration dans les puits de la Ville de Paris, leur capacité, compte tenu des pertes, devrait être calculée pour une fourniture de 1 200 000 m5 par jour pendant 120 jours consécutifs.
- Or l’éloignement de ceux proposés comporte de telles pertes par évaporation, par infiltration et par imprévisions de changements de temps que les prélèvements opérés par eux sur les crues devraient être plus que doublés et portés à 1 000 000 m3 par jour de l’année.
- En ce qui concerne la répercussion d’emmagasine-ments d’eau aussi considérables sur le régime des crues de la Loire, le Rapport de la Commission des inondations de 1910, pages 4 et 558, fournit une indication importante.
- Les calculs précis de M. l’ingénieur en chef Cambuzat — plus lard inspecteur général — prouvent qu’en 1866 la crue extraordinaire de l’Yonne, aussi puissante que celle de 1910, aurait laissé en route le tiers d- son débit et à Joigny aurait eu sa hauteur diminuée du quart si l’on avait disposé des réservoirs de 103000 000 m3 de capacité dont il préconisait la construction.
- De cette assertio.n officiellement vérifiée au moyen d’une autre méthode, par M. l’inspecteur général Mary, on doit inférer que : la hauteur moyenne des crues de la Loire serait sensiblement réduite par le remplissage des réservoirs envisagés ci-dessus, et avec elle la puissance d’entraînement des: sables par les eaux qui lui est proportionnelle, en. raison de la grande largeur du lit.
- Dès lors ces derniers continuant à descendre des hauteurs dans les mêmes proportions qu’aujourd’hui — puisqu’ils proviennent ‘ presque en totalité des terrains miocènes des plaines— et ne s’écoulant plus dans les lits qu’avec une vitesse réduite, en raidiraient le radier, jusqu’à obtention d’une pente compensatrice, dont l’importance est évidemment impossible à fixer a priori.
- Le chiffre exact d’ailleurs en importe peu.
- Contentons-nous d’affirmer en invoquant les calculs de M. Cambuzat relatifs à la crue de l’Yonne de 1866 que ce chiffre serait certainement supérieur au quarantième de la pente actuelle, soit à 1 cm par kilomètre, et dé constater qu’un raidissement aussi réduit n’en déterminerait pas moins des dégâts inacceptables.
- Il aurait, en effet, son origine au confluent" du Cher en raison de l’absence de tout affluent important en amont jusqu’à l’Ailier, et il produirait à hauteur de Briare, situé à 220 km, un surhaüssement de radier de 2 m. 20, plaçant celui-ci à l m. 60 environ en contre-haut des champs en bordure et provoquant soit l’enseve-
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- L’ALIMENTATION DE PARIS EN EAU POTABLE
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- lissement -de ceux-ci sous les sables, soit leur transformation en marais.
- Entièrement justifiée était donc la méfiance instinctive des riverains de la Loire à l’égard des dispositions compliquées du service technique de la Ville de Paris, et celles-ci ne sont susceptibles d’aucune prise en considération (*).
- II. Vices d'ordre technique des captages des eaux des vais de Loire. — Le projet d’alimentation de Paris avec des eaux des vais de Loire présente une omission importante au point de vue financier et deux vices rédhibitoires, au point de vue technique : l’impossibilité de l’arrivée en quantité suffisante des eaux de la Loire dans les puits, et l’impossibilité d’empêcher le colmatage d’arrêter complètement cette arrivée.
- A. Obligation de l’acquisition du sol. — Le Service de l’hygiène impose les sujétions suivantes :
- 1° Éloignement des puits de la Loire, d’au moins 500 m., ainsi que des fermes et des agglomérations;
- 2* Bétonnement assurant l’étanchéité des radiers et berges des ruisseaux, étangs, mares et chemins ;
- 3* Interdiction des épandages de fumier, vidanges, etc.
- D’autre part il est certain que les pompages abaisseront de 3 à 4 m. le niveau de la nappe souterraine, et modifieront complètement la valeur du sol tout au moins au point de vue de la production de fourrages.
- Ces constatations faites, une question se pose : la Ville de Paris a-t-elle le droit, sans acquérir le sol, de le grever de telles servitudes?
- La réponse semble devoir être négative.
- D’autre part l’acquisition des 250 km8 des Vais comporterait une dépense d’une centaine de millions.
- B. Alimentation insuffisante des puits.—Avant tout exposé rappelons les données de la question :
- 1? La vallée de la Loire semble avoir été réglée à une époque géologique ancienne, puis avoir subi en amont de Sully un affaissement lent, au fur et à mesure duquel elle a élé comblée par les sables descendus des montagnes et surtout des coteaux miocènes.
- O ...
- 2° Les rapports des représentants du Service parisien d’hygiène signalent de nombreuses preuves de l’énorme résistance de ce substratum au passage de l’eau :
- a) Son utilisation comme batardeaux (Thierry, page 43).
- b) L’absence de toute circulation d’eau dans le sous-sol (Dienert, page 357).
- c) En service normal (Thierry, page 36) la cloche rectangulaire assurant l’alimentation en eau de Decize,
- 1. L’obligeance de M. Becker, ingénieur en chef à Orléans, permet de fixer avec précision ce qui arriverait dans le cas où Paris détournerait par jour 1 000 000 m3 d’eau de Loire sans la remplacer, et en même temps elle procure une preuve irréfutable — inexistante en tout autre point de la France et peut-être du monde — des inductions précédemment développées, au sujet de la proportionnalité du raidissement des lits des rivières à la diminution du débit.
- Entre Gien et Blois, la Loire ne reçoit aucun affluent, et, par contre, alimente les canaux souterrains constitutifs du Loiret dont le principal est celui de Sandillon, dont le débit est évalué à environ 12 m3. Or, bien que celte dérivation de Sandillon détourne le 1/30 au plus de la portée moyenne du fleuve, elle n’en détermine pas moins, dans la pente kilométrique du radier, une augmentation d’un centimètre — 0,43., entre Sandillon et Loiret, contre 0,42 en amont de Sandillon ainsi qu’en aval du Loiret.
- Si donc la Ville de Paris détournait 12 m3 d’eau de Loire sans les remplacer, le radier du fleuve subirait à partir du Cher un raidissement d’à peu près 0 m. 01 par kilomètre et à Briare finirait par dominer les champs voisins d’environ 1 m. 60!
- ne produisait que 1660 m3 par jour, en dépit de son énorme superficie (25 m8) et de son enfoncement à 5 m. — dont 0 m. 50 d’eau — au-dessous du niveau de la rivière.
- 3° Pour des motifs trop longs pour être détaillés ici, la Loire devrait fournir en été 11 m3,5 par seconde sur les 12 m3 dérivés vers Paris.
- 4° Sur les 90 km des vais, 50 environ semblent acceptables pour le captage des eaux.
- La production par mètre courant et par seconde devrait y être de 0 lit. 23 et de 0 lit. 25 — ou de 15 litres par minute — en tenant compte des puits temporairement inutilisés pour curage ou autres causes.
- 5° Certaines années, les eaux de la Loire coulent pendant 4 mois dans un chenal sans profondeur divaguant d’une rive à l’autre à l’intérieur d’un lit de 300 à 500 m. de largeur. Les puits de captage situés à 500 m. de la digue se trouveraient donc à une distance de 500 à 900 m. de ce blanc d’eau chargé d’assurer leur alimentation.
- 6° Le captage est prévu au moyen de puits disposés suivant une ligne parallèle à la berge et réunis par groupes au moyen de siphons. Dans chaque groupe une usine à vapeur refoulerait l’eau dans un collecteur longeant le pied des collines de gauche, jusque près de Briare où s’opérerait le franchissement du fleuve.
- 7° Non seulement les puits ne doivent pas entamer la formation secondaire recouverte par les alluvions, mais encore leur fond doit en être isolé par une couche sableuse d’au moins 0,80 poup empêcher l’arrivée d’eaux non filtrées provenant de diaclases.
- De plus, une couche d’eau permanente de 1 m. doit être prévue au-dessus pour la crépine, les emmagasine-ments de vases, les variations accidentelles correspondant à des pompages intensifs, etc.
- De ce fait le niveau de l’eau dans les puits ne pourrait guère être abaissé à plus de 3 m. 80 au-dessous de l’étiage de la Loire, en moyenne.
- Ces conditions rappelées, abordons l’examen de la question essentielle : l’eau de la Loire traverserait-elle avec une intensité suffisante l’énorme digue interposée entre le chenal d’été et les puits ?
- Avec assurance les Ingénieurs de la Ville répondent affirmativement et moi négativement.
- a) A l’appui de leur manière de voir les premiers énumèrent le grand nombre de villes alimentées au moyen de galeries filtrantes : Dresde, Breslau, Berlin, Strasbourg, Francfort-sur-Mein, Cologne.
- b) Toutefois ces renseignements furent contredits dans un premier rapport de M. Charles Guillard, conseiller municipal, duquel il ressort que l’installation de Breslau n’est pas utilisable; qu’en fait l’eau de Berlin est de l’eau de source provenant d’une nappe souterraine dont l’alimentation réelle est inconnue.
- En ce qui concerne l’installation de Francfort, elle consiste en puits de 60 m. de profondeur qu’il est impossible de foncer dans les vais de Loire. Or malgré cette énorme dénivellation l’abaissement de la nappe est devenu tel que force a été de l’alimenter artificiellement au moyen d’eau du Mcin filtrée, puis distribuée à 500 m. des captages par une conduite enfoncée à 3 m. de profondeur. Évidemment l’eau ainsi obtenue est de bonne qualité, mais quel est son prix de revient ?
- c) Un second rapport de M. Charles Guillard est au contraire favorable à l’amenée des eaux des vais de Loire et, à l’appui de ses conclusions, cite les exemples de Nîmes, Lyon, Angers, etc. Or celles de ces installa-
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- LA FABRICATION DES POUDRES ET EXPLOSIFS PENDANT LA GUERRE 117
- bons sur lesquelles je possède des détails sont bien mal choisies.
- L’ancienne galerie de filtration de Aimes a été, en effet, mise hors de service par le colmatage et actuellement l’eau provient d’une nappe isolée du fleuve par une'couche de marne imperméable. C’est donc de l’eau de source dont l’origine est inconnue.
- A Lyon les galeries et les puits de filtration sont à proximité immédiate du Rhône et à l’intérieur d’une couche de gravier bien autrement perméable que les sables des vais de Loire. L’épuration est tellement incomplète que vers "1890 l’Administration militaire se trouva dans la dure obligation de doter toutes les casernes de filtres Chamberland. A cette époque la fièvre typhoïde était endémique à la Part-Dieu, et il est peu probable que la situation se soit améliorée.
- A Nancy, à Angers, etc., les captages sont à 50 m. de la rivière et non à 500 mètres.
- Cette constatation va donc à l’encontre de l’affirmation du Service technique parisien et à l’appui de ma négation.
- 11 est d’ailleurs facile d’étayer celte dernière avec d’autres exemples encore plus précis.
- d) Les Ingénieurs de la Ville prétendent obtenir un cube journalier de 5000 m5 de chaque puits de 0,80 de côté installé à des distances de 500 à 1000 m. du blanc d’eau estival, alors que la cloche de Decize ne fournit que 1660 m5 bien qu’elle soit 40 fois plus étendue, qu'elle dispose d'une dénivellation plus forte d’un quart, et qu'elle soit placée au-dessous même dit blanc d’eau estival et dans un sol identique !
- e) Près de l’usine hydraulique le plafond de la dérivation de Jonage en amont de Lyon est constitué par un sol graveleux naturel dont la perméabilité est extrême. Néanmoins une digue de 8 m. de largeur en couronne avec talus à 1/5 suffit pour maintenir le plan d’eau à 8 m. 50 de hauteur sur plus d’un kilomètre et au moment de la mise en eau les filtrations furent insignifiantes par-dessous cet obstacle dont l’épaisseur est de '70 m. au plus (1).
- 1. Par contre, au moment d’un essai de mise en eau, des infiltrations dangereuses se produisirent sous le radier général
- LA FABRICATION DES POUDRES E
- Ces fabrications ont donné lieu en France à un effort formidable, moins connu il est vrai que celui des munitions proprement dites ou de l’aviation, sans doute parce que localisé dans des lieux éloignés des grands centres. Une récente conférence de M. Lheure, ancien directeur général des Poudres, au Conservatoire des Arts et Métiers, met en lumière les réalisations accomplies à cet égard. Le Service des poudres disposait avant la guerre de 10 poudreries, 2 pour le coton-poudre : Angoulême et Moulin-Blanc (près de Brest) ; 5 pour la poudre B : le Ripault (près de Tours), Saint-Médard (près de Bordeaux), Toulouse, Pont-de-Buis (Finistère), Sevran, près de Paris, 5 poudreries à explosifs : Esquerdes près de Saint-Omer, Yonges près de Dijon, Saint-Chamas sur l’Étang de Berre. Enfin il
- En présence de tels faits, est-il possible de soutenir que l’eau de la Loire assurera l’alimentation des puits distants de 500 à 1000 m. foncés dans un sable presque étanche et ne disposant que d'une dénivellation utile de moins de 4 mètres ?
- C. Certitude du colmatage. — La démonstration ci-dessus est tellement prohante qu’elle dispenserait de discuter les risques du colmatage de cette masse de 500 à 1000 m. interposée entre le fleuve et les captages.
- Pour épuiser la question contentons-nous d’exposer que pendant les grandes et longues sécheresses, le pompage assécherait tout le sol au-dessus de la nappe, et, au moment des crues, l’eau pénétrerait avec violence dans Cette éponge vide et entraînerait les vases à une profondeur imporlante.
- Au moment de la décrue, la rentrée des eaux dans le lit serait relativement insignifiante et les vases s’accumulant ainsi dans le sol ne tarderaient pas à interdire l’arrivée de l’eau de la Loire dans les puits.
- D. Obligation d’une double filtration. — Dans le cas à peu près impossible où le ralentissement de la descente des sables ne serait pas considéré comme un vice rédhibitoire, et où Paris obtiendrait l’autorisation de s’alimenter avec l’eau des vais de Loire, il se trouverait dans l’obligation d’imiter l’installation de Francfort, c’est-à-dire de foncer un grand nombre de puits filtrants à l’intérieur d’un emplacement acquis et de maintenir celui-ci à l’état d’imbibilion continue au moyen d’une distribution d’eau de Loire clarifiée par une première filtration.
- Combinées avec des mesures efficaces pour empêcher le colmatage ces dispositions procureraient vraisemblablement une eau très salubre. Toutefois la faible dénivellation dont on dispose dans les vais de Loire constitue en pratique un obstacle très sérieux.
- Conclusion. — Pour les motifs péremptoires ci-dessus l’alimentation de Paris avec les eaux des vais de Loire est impraticable et le projet doit être abandonné.
- L. Pech.
- en béton de l’usine descendu à 10 m. de profondeur avec une largeur de 20 m. Ainsi les infiltrations traversèrent une épaisseur de gravier d’environ 30 m. et furent arrêtées par celle de 70 m.
- EXPLOSIFS PENDANT LA GUERRE
- y avait la poudrerie militaire du Bouchet qui relevait de l’artillerie. Ces installations étaient faites pour produire environ il t. de poudre B par jour et 5 t. environ d’explosifs nitrés.
- Enfin il y avait 3 raffineries à Lille, Bordeaux, Marseille pour purification du salpêtre et du soufre nécessaires à la fabrication de la poudre noire. Le personnel comportait 42 ingénieurs, 81 agents techniques ; 16 chimistes, 18 comptables, 224 sous-agents techniques, 5680 ouvriers et ouvrières. Le programme de mobilisation étudié avant guerre prévoyait une production quotidienne de 24 t., 3 de poudre B et pas d’explosifs. Les stocks de ces derniers institués en temps de paix étaient jugés suffisants. Mais les réalités de la guerre firent vite apparaître l’insuffisance de ce programme. En
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- janvier 1915, le programme adopté fixait la production par jour à 100 t. de poudre, 15 t. d’explosifs chlorates, 170 t. d’explosifs nitrés; mais de nouveaux besoins se faisaient jour au fur et à mesure que la guerre se prolongeait et les programmes se succédèrent de plus en plus vastes ; celui du 16 juillet 1917 prévoyait une production quotidienne de 640,5 t. de poudre, 124 t. d’explosifs chloralés, 940 t. d’explosifs nitrés. Cet accroissement gigantesque de la production soulevait les problèmes les plus difficiles ; tant pour la production proprement dite que pour le recrutement du personnel et l’acquisition des matières premières.
- Pour le coton-poudre on commença par faire appel au concours des fabriques de celluloïd, aidées par 3 papeteries ; on demanda des ressources supplémentaires aux importations américaines. En même temps, on construisit en 1915 à Toulouse et l’on mit en marche en moins de 6 mois une troisième fabrique de coton-poudre de 20 t. En 1916 une quatrième fabrique était montée à Bergerac et la production française atteignait son point culminant en août 1917 avec 299 tonnes.
- La puissance motrice des fabriques de coton-poudre était passée de 1300 à 23 000 chevaux. Pour les poudres B, même progression : installations nouvelles dans les fabriques existantes, puis création de nouvelles usines : usine de 40 t. à Toulouse, de 70 t. à Toulouse-Bracqueville, de 20 t. au Ripault, de 60 t. à Saint-Médard, et en 1916 de 60 t. à Bergerac.
- Enfin on demanda à l’industrie priVée des balis-tites (poudre au coton-poudre et à la nitroglycérine). En octobre 1915, on fabriquait 100 t. de poudre B par jour et 367 t. en avril 1917, auxquels s’ajoutaient une centaine de tonnes d’arrivages américains. À partir de ce moment les arrivages américains augmentèrent et la production française tomba à 260 t.
- Pour les explosifs, tout était à créer, puisque le
- plan de mobilisation n’en avait pas prévu la fabrication en temps de guerre. Les matières premières : benzine, toluène, phénol, crésol, nécessaires pour produire les explosifs réglementaires, tels que la mélinite, faisant défaut, on les remplaça d’abord par les explosifs au nitrate d’ammoniaque (sehnei-derite) fabriqués à Sevran-Livry, le Ripault, Angou-lême, Toulouse et Saiut-Chamas. Une usine nouvelle fut construite à Bassens près Bordeaux, pour cette fabrication qui atteignait 150 t. en 1916.
- Pour l’acide picrique ou mélinite, on développa d’abord Vonges, Saint-Chamas et le Bouchet. Un réquisitionna à Saint-Fons et à Neuville-sur-Saône deux usines allemandes de matières colorantes, mises sous séquestre. L’industrie privée concourut pour une grande part également à couvrir les besoins. Néanmoins devant leur énormité, il fallut construire 3 poudreries nouvelles : Sorgues, près Avignon, pour 70 t. d’acide picrique par jour, Bassens pour 40 tonnes, Oissel pour 50 t. La tolite (trinitrotoluène) fut fabriquée à Neuville-sur-Saône, Saint-Chamas, Vonges, Angoulème (10 t.) et dans une usine spécialement construite à Blanc-Pignon (près Bayonne). La production totale atteignit 97 t. par jour. Les explosifs chloratés dont on fit en 1915 et 1916 une grande consommation furent produits à Vonges, à Cheddes (Haute-Savoie), et à Castres.
- Au total le Service des Poudres a livré pendant la guerre 1 118 975 000 kg. de poudres et d’explosifs.Ce qui correspond au chargement de 1300 trains. Le personnel employé passa de 6000 au début à 120 000. Ces chiffres, quoique impressionnants par eux-mêmes, ne donnent qu’une faible idée de toutes les difficultés qu’il fallut résoudre sans délai, problèmes techniques, problèmes d’organisation, etc. L’histoire des poudres pendant la guerre restera comme un des plus étonnants exemples d’improvisation réussie et pourra être mise, sans crainte, en parallèle avec l’œuvre analogue accomplie pendant la Révolution sous la direction de Monge et Ber-thollet.
- L’INDUSTRIE DE LA CAISSE ENREGISTREUSE AUX ÉTATS-UNIS
- Les machines à calculer répondent à des besoins très divers. Beaucoup n’ont d’autre but que d’épargner la fatigue des calculateurs appelés à faire d’innombrables opérations d'arithmétique : additions, multiplications et divisions spécialement. D’autres sont essentiellement des instruments comptables susceptibles de fournir automatiquement à un chef de maison et à tout instant le résultat de toutes les opérations se manifestant par un mouvement de caisse. Ce sont de vrais journaux automatiques. Parmi ces dernières figurent au premier rang les Caisses nationales enregistreuses dont l’usage est aujourd’hui si répandu.
- La première Caisse enregistreuse, dont notre
- figure 1 donne l’aspect fut construite en 1879 par les frères Jacob et John Ritty. Jacob Ritty était un négociant de Dayton, Ohio, U. S. A, dont les affaires, quoique, abondantes, rendaient peu par suite d’un coulage intensif. L’introduction dans son magasin du caissier mécanique, dont il prit le brevet de concert avec un nommé Birch, lui permit de mettre ordre à sa situation^ L’invention était bonne. Toutefois le totalisateur à cadran en limilait forcément l’emploi. AussiIs’ingénia-t-on à la perfectionner particulièrement lorsque la National Manufacturing Company fut passée entre les mains de John H. Patterson, commerçant de Coalton, Ohio, lequel avait aussi à se plaindre des méfaits du coulage. C’était
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- L’INDUSTRIE DE LA CAISSE ENREGISTREUSE AUX ETATS-UNIS .- 119
- en 1884. John H. Palterson commença par substituer au titre precedent celui de National Cash Regisler Company, sous lequel sa maison de construction a fourni une éclatante carrière.
- Les perfectionnements succédèrent aux perfectionnements et les agrandissements aux agrandissements. La Caisse enregistreuse était bien lancée lorsque, en 1892, à l’occasion de la mise en service d’un nouveau type, une catastrophe faillit se produire. Un grand nombre de machines revinrent à l’usine pour mauvais fonctionnement. On perdit cette année-là près de 250 000 francs. C’était un coup dur. M. John Patterson enquêta. Le résultat de sa recherche fut que les malfaçons d’un appareil, d’ailleurs parfaitement conçu et mis au point, devaient provenir exclusivement dos conditions défectueuses dans lesquelles travaillait le personnel de l’usine, conditions défectueuses au point de vue moral, au point de vue matériel et au point de vue purement mécanique.
- Cette constatation faite, on se mit aussitôt en devoir de couper le mal par la racine. Patterson partit de ce principe qu’à mauvaises conditions de travail ne peut correspondre que mauvais travail,
- Fig. 2. — Le dernier modèle de caisse enregistreuse.
- Fig. i. — La première caisse enregistreuse.
- « Poor ivorkiny conditions means poor work » et depuis lors il s’est ingénié à accumuler les condi-’ tions favorables, de manière à rendre son usine « plus agréable que les autres », et à empêcher ainsi ies ouvriers habiles de la quitter pour aller ailleurs gagner davantage.
- Dès 1893, une école technique fut ouverte dans laquelle on eut recours à l’enseignement par l’image. Le personnel fut amené à comprendre l’étendue du dommage que peuvent causer à une entreprise industrielle le gâchage, les pertes de temps, le manque de soin, la saleté. En même temps l’administration s’efforçait de doter ses ateliers des machines-outils les mieux adaptées et les plus perfectionnées.
- M. Patterson, convaincu de l’importance du repas de raidi sur la qualité du travail subséquent, voulut que le personnel qui lunehait à l’usine pût manger chaud. 11 ht installer des cuisines dernier cri et des réfectoires confortables dans lesquels 100 personnes sont servies à la minute et dans lesquels on prend par jour en moyenne 2000 repas. Voici un type de menu pour les tables des hommes : soupe, roastbeef, pommes purée, pois verts, pudding au chocolat, pain et beurre, café, thé, lait. Notez que la dégustation de ce déjeuner se fait en musique, comme dans les plus sélects restaurants. 3 à 400 chefs de service mangeut dans un réfectoire à part. Les hommes travaillant à la fonderie et qui ne peuvent se déplacer pour le déjeuner sont servis sur place. Leurs repas leur arrivent chauds, les substances solides soigneusement enveloppées de papier paraffiné, les liquides en bouteilles. Le service des cuisines et des réfectoires occupe 39 femmes et 28 hommes desquels la plus grande propreté est exigée. Tous les jours ils prennent un bain et soignent leurs mains aux frais de la Compagnie. Us sont vêtus d’habits blancs que la Compagnie s’attache à voir aussi immaculés que possible et qu’elle nettoie dans ses buanderies.
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- Toutes les dispositions sont prLes pour que les cuisines soient en mesure de satisfaire un nombre variable de convives, le chiffre de 2000 indiqué plus haut n’étant qu’une moyenne. L’usine reçoit d’ailleurs de nombreux visiteurs qu’elle tient à
- un titre quelconque, d< machines et d’outils, sont munis de protecteurs efficaces. Les seniettes à rouleau ont été remplacées par des serviettes personnelles. Les tabliers, mam hettes et bonnets sont fournis gratuitement. En même temps qu’ils protègent les che-
- Fig. 3. — Les usines actuelles.
- honneur de traiter convenablement. L’an dernier 8000 personnes ont été invitées à luncher ! Lorsque l’on reçoit des délégations, c’est M. Patterson lui-même qui fait les honneurs de la maison.
- La Compagnie se trouve fort bien dé ces installations culinaires qui jusiifientT’applicàtiôn à la nourriture du principe fondamental du patron : Beller food rneans belter work,
- A côté du souci de la nourriture se place le souci corrélatif de la santé du personnel. Air etlumière, ce s deux mots résument le régime intérieur des ateliers. Comme. on peut le voir par une de nos gravuresj ;les quatre cinquièmes des ; murs sont en verre. Quant à l’air intérieur il est renouvelé à peu près complètement tous les quarts d'heure. Les poussières et les émanations acides sont soigneusement pompées, où qu'elles se produisent, par des aspirateurs, qui les transpor- Fig. 4. tent au dehors où elles sont rendues inofïensives.; De l’eau pure, distillée et aérée suivant, les règles rigoureuses de l’hygiène la plus stricte, est partout à la disposition du personnel qui la boit dans des verres de papier que l'on jette aussitôt après usage. Tous les organes dangereux à
- veux et les effets, ils donnent aux ateliers un aspect uniforme et gracieux, tout en supprimant les rivalités de costume chez les dames, rivalités onéreuses au porte-monnaie. Naturellement il résulte de ce système un blanchissage formidable à la charge de la Compagnie qui ne blanchit pas moins de 90 000 pièces par semaine. Les peignes et les brosses à la disposition du personnel sont stérilisés toute la nuit. On ne leur montre pas seulement l’appareil antiseptique comme chez nos coiffeurs !
- Des cireurs passent tous les jours qui, moyennant une très faible rémunération, remettent en état des chaussures. Les jours de pluie les dames peuvent se procurer gratuitement des parapluies et des caoutchoucs pour rentrer chez elles. Les services d’entrée et de sortie ne sont pas simultanés pour les deux sexes. Les femmes entrent une heure après lés hommes et sortent une demb-heure avant. Tous les ateliers sont desservis par des ascenseurs.
- Des salles de repos sont à la disposition du personml, avec médecin et infirmières. On a un soin spécial pour les dents. Good theet, good health ! Bonnes dents, bonne santé, crie à
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- Fig. 5 et 6. — En haut : préparation des caractères ; en bas : atelier de montage.
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- ses lecteurs une brochure éditée par la Compagnie.
- A côté' de l’hygiène de l’atelier, la Compagnie s’est occupée non moins activement de celles du dehors. Arbres et Heurs égaient la vue de tous côtés. Après les jardins d’enfants qui ont transformé la partie la plus déplorable de Dayton en un quartier très agréable, sont venus les jardins de famille. Un parc de 440 hectares a été mis à la disposition de> employés qui peuv. ut y faire de saines parties de plaisir.
- L’instruction professionnelle est très développée.
- Il y a tout un monde de la première caisse enregistreuse au dernier modèle représenté par une de nos gravures.
- Cette machine, qui fonctionne électriquement au moyen d’un petit moteur placé à l’arrière, et qui peut être branché sur le courant de lumière comme une simple lampe à incandescence, remplit dans un magasin non seulement l’office de caissier, mais celui de comptable, inscrivant toutes les opérations comme un journal.
- Cette machine peut servir à neuf commis diffé-
- Fig. J. — Salle de vèrificciiion.
- Elle s’accompagne de l'imlraction civique des jeunes I citoyens. Le-, leçons i lustrées font merveille.
- L’originalité du système adopté pour cet enseignement réside dans ce fait que les leçons et les cours alternent, semaine par semaine avec le travail d’atelier. Cette alternance se continue même à l’Université de Cincinnati qui délivre à ses étudiants des diplômes d’ingénieurs. Seulement là, elle a heu quinzaine par quinzaine. 11 existe nalurellemeot une harmonisation, une coordination étroite entre l’école et l’atelier, la première s’attachant à donner à son instruction un caractère d’utilisation immédiate.
- Nous ne croyons pas qu’il existe rien de semblable chez nous où trop souvent les cours techniques sont rejetés à la fin de la journée de travail à un moment où les élèves sont dans les moins bonnes dispositions pour en profiter.
- rents et enregistrer des opérations ressortissant à nevf coûples ou à neuf comptoirs Supposons le commis 4 faisant une recette au comptant. Il commence par amener le plus à gauche des deux leviers qu’on voit sur la figure, en face de 4 et l’autre en face du signe C indicateur du Comptant. Ce double mouvement a eu pour résultat de mettre en prise avec les organes fondamentaux de la machine le tambour calculateur correspondant au Comptant. Les neufs calculateurs sont montés en parallèle autour d’un axe central, comme des outils d’une machine à revolver. La mise en prise exige par suite une rotation du revolver et une élévation verticale de celui-ci. L'opérateur inscrit alors le montant de sa vente sur les touches de droite. Cette inscription a pour résultat de faire apparaître lé nombre inscrit en avant et en arrière de la machine, de manière
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- qu’il soit visible aussi bien pour le client que pour I le commis. Le calculateur correspondant ajoute cette somme à celles déjà inscrites sur son tambour. En même temps il la reporte sur un totalisateur général secret destiné à mettre le patron au courant de tout ce qui s’est passé dans la maison. Dans le guichet4 de l’indicateur qu’on voit en bas de l’appareil, le chiffre inscrit, indicateur du nombre d’opérations effectuées parle commis 4, s’augmente d’une unité, de même que l’indicateur général de droite qui totalise la quantité d’opérations effectuées par l’ensemble des 9 commis.
- Dans la partie de droite s’effectuent les inscriptions comptables. Une bande papier sans fin a reçu les indications suivantes : numéro 4 du commis, lettre C indiquant une opération au comptant, la somme inscrite et un système de référence par chiffres ou lettres.
- En même temps la machine imprime soit sur ticket, soit sur fiches, soit sur factures les mêmes indications que sur le papier sans fin formant journal, avec, en plus, la date et telles indications que l’on désire tant au recto qu’au verso. Sur les fiches les indications peuvent être données en double. Dans ce cas, le talon de la fiche reste au magasin, la partie principale étant emportée par le client.
- Au moment où le calculateur mécanique s’est mis en place, le tiroir correspondant à l’opération qui va s’inscrire s’est ouvert, et celui-là seulement, de sorte qu’aucune erreur n’est possible.
- Enfin le courant illumine les indicateurs supérieurs et une sonnerie distincte pour chaque genre d’inscription accompagne l’opération.
- Lorsqu’une opération ne comporte pas d’encaissement, les inscriptions se font sans que le calcula- ; teur vienne se mettre en prise.
- En fin de compte, le patron, sans s’occuper le moins du monde de sa caisse, et sans avoir besoin
- d’aucune surveillance, peut, lorsque cela lui plaît, se rendre compte exactement de ce qu’il a encaissé on tout, de ce qu’il a encaissé dans chaque série d’opérations, du nombre'd’opérations effectuées par chacun de ses commis et de leur total, ce qui lui donne Une sorte de cote de l'activité de chacun. Cela, en même temps que le papier sans fin, lui donne les éléments de son journal. Les tiroirs caisses doivent être d’accord avec les indications des totalisateurs correspondants.
- Les calculateurs et totalisateurs fonctionnent d’après les principes adoptés pour ces genres d’appareils. Tous les mouvements sont déterminés par des cames, des leviers ou des engrenages appropriés et solidement construits et reliés ensemble.
- Il n’est sans doute pas étonnant que la Caisse enregistreuse ait obtenu un pareil succès. Nombreuses sont aux États-Unis les industries qui ont prospéré de la sorte. Mais ce qui est intéressant à la grande usine de Dayton c’est que le succès n’est pas dû essentiellement à la puissance des capitaux mis en oeuvre. 11 est surtout le produit d’un facteur moral, le souci de l’hygiène et du bien-être du travailleur.. C’est surtout à ce point de vue que les ateliers Patterson méritent d’être signalés à nos industriels. Ils réalisent en quelque sorte une application collective du mens sanà in cor pore sàno.
- Léopold Reverchox.
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- 1. Daylon est une ville de l’Oliio dont le Census américain estimait en 1915 la population à 124000 habitants. Elle comptait alors 523 etablissements industriels occupant 24 000 personnes. La National Cash Regis 1er C° a aujourd’hui près de 8000 ouvriers ou employés. Ce personnel est réparti dans 21 bâtiments occupant une surface de 190 000 mètres carrés et reliés par des souterrains et dès ponts couverts. La longueur totale de çes bâtiments est de 2150 mètres. Le nombre des brevets successivement délivrés à la Compagnie est de 2475. La production est de une caisse complète toutes les deux minutes, soit environ 80 000 caisses par an.,
- L’HÉLICE AÉRIENNE
- ET LE HALAGE DES BATEAUX SUR LES VOIES NAVIGABLES
- (Groupe propulseur Lamblin).
- Les fleuves et les rivières, ces « roules qui marchent » suivant la pittoresque définition de j Pascal, auxquels les besoins d’une civilisation sans 1 cesse croissante ont adjoint ce trait d’union indispensable, le canal, forment en notre pays un ensemble de moyens de transport d’une grande importance, et malgré l’insuffisance de leur utilisation que la guerre a une fois de plus montrée, constituent l’une des sources les plus intéressantes de notre richesse commerciale et industrielle.
- Descendre au fil du courant le cours d’eau qui sillonne la plaine ou serpente au fond de la vallée, seule voie primitivement offerte à l’initiative des premiers commerçant qui conçurent l’idée d’agran-
- dir le champ de leur négoce, fut le moyen naturel qui se présenta à la portée des mariniers des anciens temps.
- Le halage des bateaux naquit de ce procédé de navigation rudimentaire et si pénible qu’il soit, ou peut encore voir quelques haleurs demi-nus, courbés sous l’effort, faire avancer leurs barques, lentement, le long des berges. Mais à ce labeur déprimant de l’homme l’emploi des bêtes de trait ne devait pas tarder a se substituer. Cette traction animale n’est pas elle-même sans présenter de nombreux inconvénients. On le constate surtout et d’une manière frappante sur les canaux où le halage n’est pas réglementé et à prix fixe. Dans ce
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- cas, en effet, les exigences sont particulièrement lourdes -pour le batelier, les chevaux manquent souvent — aujourd'hui plus que jamais — et la discussion ou marchandage des tarifs est une cause permanente de difficultés et de querelles inépuisables. Il est aussi très peu économique et sa vitesse très faible, 1 kilomètre à l’heure en moyenne, rarement 1 kil. et demi, quand les canaux sont bien agencés et les chevaux robustes.
- L’application de la vapeur à la traction des bateaux et des péniches sur les canaux ne donna pas des résul-, tats satisfaisants. La cause de cet échec était d'ordre plutôt commercial que technique; l'économie de temps réalisée par l’accroissement de vitesse ne compensait pas suffisamment P augmentation dedépense qu’entraînait ce système de traction mécanique. Cependant dans certains cas, les toueurs furent utilisés avec a-vantage dans les rivières à courant rapide parce qu’ils permettaient de former des trains de bateaux ; mais ce moyen qui ne peut être employé que lorsqu’on disposé d’une grande force, et quand les écluses sont aménagées — un petit nombre — pour recevoir des convois de plusieurs bateaux ou péniches, est fort onéreux. Le halage par locomotives à vapeur fut mis en essai sur les canaux d’Aire et de la Deule.
- D’un fonctionnement plus régulier, mais d’une installation non moins coûteuse, étaient aussi les funiculaires dont certains systèmes fort ingénieux furent appliqués par M. Rugoni, sur le canal de Saint-Quentin ; par M. Oriol, sur le canal du boulevard Richard-Lenoir, à Paris ; par M. Maurice Lévy, ancien inspecteur général des Ponts et Chaus-\sées, sur la Marne et les canaux de Saint-Maur et de Saint-Maurice.
- L’électricité fut essayée à son tour et en 1895 le Iracteur électrique de M. Gaillot était employé en France sur le canal de Bourgogne. Il s’agissait d’un tricyle dont les roues motrices étaient commandées par un moteur électrique bipolaire par l’intermédiaire d'une vis sans fin. Comme ce mode de trac-
- tion sur berges présentait de sérieux inconvénients : coût élevé d’entretien delà chaussée et du matériel, faible rendement, puissance insuffisante, on pensa l’améliorer et le rendre plus pratique en l’installant sur rails posés à même sur le chemin de halage. Le tracteur se trouvait, comme dans le cas précédent, relié par un trolley à la ligne aérienne qui suivait les sinuosités du cours d’eau et apportait, des stations électriques, le courant qui actionnait la dynamo réceptrice placée entre les deux bras du châssis : il comportait deux moteurs de 20 HP sous 500 volts fonctionnant généralement en série. De cette façon, on traînait jusqu’à trois bateaux à la
- vitesse de 3 kilomètres à l'heure.
- On équipa ainsi les canaux d’Aire et de la Deule, une partie (83 kilomètres) de la dérivation de la Scarpe et de Sensée, entre Béthune et le Bassin-Rond ; en. Belgique, le canal de Charleroi et, en Allemagne, le canal de Teltow.
- Bien que ce nouveau dispositif améliorât les conditions de l’exploitation de nos canaux du Nord et que les compagnies houillères, notamment, y trouvassent une meilleure organisation des chargements aux rivages des mines,, il ne se développa pas parce’ que, on le comprend, semblables installations n’étaient pas sans coûter fort cher.
- Quelque temps après l'armistice, on a essayé d’adapter au halage des bateaux les tracteurs automobiles à caterpillars. Avec un petit tank Renault modifié à cet effet, c’est-à-dire débarrassé de son armement et de son capot blindé, on a obtenu une vitesse de 4 à 6 kilomètres à l’heure, et un remorquage de quatre péniches chargées; la dépense d’essence était de 2 litres environ par bateau halé et par kilomètre. Une autre série d’expériences fut faite au moyen d’un tracteur spécial dû à M. Feuillette d’une vitesse égale, mais moins lourd que le précédent et consommant aussi moins d’essence, 1 litre environ par bateau-kilomètre. Le tracteur Feuillette a cela de particulier que, quelles que soient les positions relatives du bateau halé et du tracteur, la résistance s’exerce toujours au centre de celui-ci.
- Fig. i. — Le groupe propulseur Lamblin à hélice aérienne.
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- Grâce à un dispositif démultiplicateur fort simple, ce tracteur avec ses 8 HP a fait démarrer sans effort deux péniches alors que des tracteurs ordinaires de 35 HP éprouvaient de la difficulté.
- Il devait venir également à la pensée d’utiliser pour le service de la batellerie sinon le groupe moto-propulseur des hydro-glisseurs à hélice aérienne, du moins son principe. C’est ainsi que dans cet ordre d’idée une expérience intéressante a été faite tout dernièrement sur le canal de Saint-Denis. Sur l’arrière d’une péniche du modèle ordinaire, chargée de 150 tonnes environ, une hélice
- ment dans le sens de la longueur. Le moteur est du type moteur d’automobile, généralement celui monté sur les voiturettes Majola, lequel dans cët emploi a donné toute satisfaction aux points de vue consommation, résistance et sécurité. En tout cas le moteur est utilisé à une vitesse variant de 1500 à 2000 tours suivant sa marque.
- Le radiateur à lames a été spécialement étudié pour le fonctionnement par thermo-siphon ; il est protégé par une calandre en aluminium fondu qui renferme également le compte-tours du moteur. Le démontage et les réparations sont d’une exécution
- Fig. 2. — Péniche munie d’un appareil motopropulseur à hélice aérienne.
- à 6 pales actionnée par un moteur de 10 HP, a été placée ; la vitesse obtenue a été de 4 kilomètres à l’heure.
- Les figures 1 et 2 représentent le groupe motopropulseur amovible Lamblin ; il comporte, comme on le voit, une hélice aérienne étudiée spécialement en vue d’obtenir le maximum de rendement pour le minimum d’encombrement, et actionnée par un' moteur d’automobile alliant à une faible consommation le maximum de sécurité. Une des caractéristiques de ce propulseur consiste dans le déplace- j meut de l’hélice permettant le passage sous les ponts et les tunnels sans être obligé d’arrêter le moteur.
- Tous les organes sont réunis par un bâti en fonte d’une seule pièce; à l’arrière, une console supporte le carter de la transmission de l’hélice. Deux séries de glissières permettent la fixation et le déplace-
- aisée; enfin un aspirateur d’air monté sur le volant ou un ventilateur permettent d’assurer un bon refroidissement.
- Le réservoir d’essence en contient de 32 à 40 litres et le réservoir d’huile 10 litres. Le capotage est d’une seule pièce; il est boulonné pour la sécurité des accessoires. La commande de l’hélice se lait par chaîne silencieuse; les pignons sont montés sur des arbres tournant sur roulement à billes ainsi que les butées de rattrapage de jeux et les tendeurs ! de chaîne qui est réglable. Tout le système baigne dans l’huile, protégé et supporté par un carter en fonte qui peut être fixe ou mobile.
- Le type mobile est utilisé pour les appareils montés sur bateaux ayant une ligne de tlottaison très variable comme la plupart des péniches à fort tonnage. Pour passer sous les ponts et les tunnels lorsque la péniche est déchargée, on devra abaisser
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- l’hélice au niveau du capotage de l’appareil par , l’intermédiaire d’une manivelle à cliquet commandant par engrenage la rotation du carter. Par contre, on utilisera le type à carter fixe, soit pour les bateaux de tonnage plus réduit dont l’enfoncement est moins irrégulier, soit pour les embarcations qui sont employées sur les cours d’eau et canaux où nuis obstacles aériens ne sont à prévoir.
- L’hélice est aérienne, propulsive, à 4, 6 ou 8 pales ; son diamètre peut varier de 2 mètres à 2 m. 50 et sa vitesse de 550 à 800 tours. Ordinairement l’arbre de commande de l’hélice est monté directement sur le vilebrequin du mo'eur au moyen de disques métalliques llexibles; cependant, sur demande ou peut installer un débrayage et une marche arrière par engrenages coniques.
- L’appareil amovible de propulsion peut être installé très rapidement, soit avec 6 boulons, soit au moyen de quatre bossages pouvant recevoir des manchons. Il a été également prévu une console support en fonte venant s’emmancher sur l’axe du gouvernail et permettant de diriger ce dernier par l’intermédiaire du propulseur. Dans ce cas, la console est terminée par une barre de direction.
- Des expériences ont montré que l’on pouvait au besoin supprimer le gouvernail, le pilotage du bateau ou de la péniche s’obtenant alors par la direction donnée à l’hélice. Malgré tout il est préférable de le conserver, ne serait-ce que comme moyen de sécurité, surtout sur les rivières où le courant est d’une certaine importance.
- Différents accessoires complètent ou peuvent compléter le groupe moto-propulseur, tels que : compte-tours enregistreurs, éclairage et démarrage électriques, etc.
- Un des avantages du groupe Lamblin est que son installation peut se faire non seulement très rapidement, comme il est dit un peu plus haut, mais sur n’importe quel genre de péniche avec un personnel non spécialisé, le batelier pouvant en quelques heures d’apprentissage conduire seul le propulseur.
- U résulte d’essais faits que pour entraîner sur un canal, avec le type Lamblin 10 HP, une péniche de 500 tonnes à la vitesse de 5kilomètres àl heure, la consommation moyenne kilométrique pour l’essence et l'huile est de 5 francs au tarif actuel,
- M. Bousquet.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet >920.
- L’oxydation des sels ferreux. — Au minimum, les sels de fer sont réducteurs, surtout en milieu alcalin, alors qu’au maximum, et en liqueur acide, les-.corps avides d’oxygène leur prennent facilement ce dernier élément. Le mémoire de MM. Maquenne et Demoussy confirme l’action catalytique des sels de cuivre dans l’oxydation des sels, issus de FeO, au seul contact de l’air. Cette action serait comparable à celle des diastases, dans les phénomènes relevant de la chimie organique, elle se produit en solutions très étendues, ce qui semble indiquer qu’elle est indépendante du degré d’ionisation du mélange : sel de fer et sel de cuivre.
- Influence du mcking-chair. — Une remarque judicieuse de M. de Chardonnet porte sur ce meuble caractéristique de tous les bureaux d’affaires chez nos amis d’Amérique. Il permet en effet, quelle que soit l’attitude de l’occupant, à la nuque et à la colonne vertébrale, de
- garder leurs posilimis respectives; de là sans doute qn bien-être dû à ce que la respiration se fait en toute liberté et sans la moindre gène, le corps ne se trouvant pas en équilibre instable, comme lorsqu’on est assis droit sur une chaise ordinaire.
- .4 fopos des aciers au nickel. —• La simple analogie constatée par M. Guillaume entre les anomalies de dilatabilité et d’élasticité de tels aciers lui a permis de pré-voir l’existence et même de fixer à l’avance la composition d’un alliage à module d’élasticité invariable. Aux aciéries d’Imphy, M. Chevenard vient d’eniri prendre une étude détaillée de, l’élasticité de torsion des ferro-nickels, additionnés de chrome, et la dernière note est consacrée à trois d’entre eux, dont elle donne les réseaux étendus des changements du module, en fonction de la température et de la composition.
- Paul B.
- LES TRONÇONNEUSES PORTATIVES POUR BOIS EN GRUMES
- Depuis quelques années, les fabricants de scies se sont ingéniés à faciliter la tâche des bûcherons et des charpentiers en inventant divers types de tronçonneuses portatives, qui permettent de sectionner les arbres sur place, soit en lorêt, soit sur les chantiers. Jusqu’ici, on abattait les chênes, les hêtres ou les sapins séculaires au moyen de la hache et de la scie pisse-partout, puis on les acheminait, avec beaucoup de peine et de fatigue pour les
- ouvriers, jusqu’aux scieries voisines où s’effectuait leur façonnage. Mais aujourd’hui on trouve préférable, afin d’éviter les difficultés de transport d’arbres entiers d’un poids considérable, de les tronçonner en l'orêt, si possible, ou tout au moins à pied d’œuvre dans les chantiers.
- La tronçonneuse portative Dixie, en service depuis quelque temps déjà dans les exploitations américaines et récemment introduite en France par
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- LES TRONÇONNEUSES PORTATJVt S POUR BOIS EN GRUMES = 127
- l’Allied Machinery Company, répond à ce double objectif. Elle épargnera la main-d’œuvre partout où il s’agi' de tiouçomier des grumes déjà abattues ou de débiter, aux longueurs désirées, des bois de charpente ou de chauffage. L’appareil pèse 130 kilos, en tout, et dans les élablbsements Derminot, de Colombes (Seine), où nous l’avons vu fonctionner, on le met sur un chariot ordinaire à deux roues pour faciliter ses déplacements. Deux ou trois hommes le roulent ainsi très aisément d’un point à un autre du chantier.
- La tronçonneuse Dixie se compose essentiellement
- Fig. i. — Tronçonneuse for lalive Dixit
- d’un petit moteur actionnant une scie alternative par rinterméJiaire d’un réducteur de vitesse à chaîne Gall et d’un excentrique. Un châssis en bois formant affût de canon supporte l’ensemble. Un embrayage à friction, intercalé entre le moteur et le pignon menant la scie, permet de débrayer cette dernière pour la mi-e en marche, tandis qu'un dis positif d’arrêt le maintient dans la position relevée. Le moteur, dont l'allumage se fait par piles sèches ou par accum dateurs, consomme très peu d’essence, puisque les 9 litres contenus dans te réservoir suffisent, pour une journée de travail.
- Pour se servir de la tronçonneuse Dixie, on Ja griffe sur l’arbre à l’aide de deux crampons arti-culés, le troisième point d’appui se trouvant sur le sol lui-même dans lequel s’eugage la crosse de l’affût. Une fois le moteur mis en marche, le con-
- ducteur a pour unique travail d’abaisser la lame sur la grume et d’embrayer ensuite le moteur. On peut monter sur cette machine n’importe quelle scie passe-partout, mais on obtient le maximum de débit avec des lame s à denture américaine, affûtées de manière que les deux couteaux dépassent Je rabot d’environ 1 millimètre. Naturellement, le débit varie suivant la nature du bois. L’état et le type de scie, mais il nous suffira de dire qu’on a pu tronçonner une grume de chêne de 90 centimètre de diamètre en 3 minutes, pour donner une i lée de son très i itéressant reniement.
- amenée à pied d’œuvre sur son chariot.
- De son côté, un constructeur français, M. Louis Tremblay,a fait breveter récemment divers modèles de tronçonneuses électriques se déplaçant automatiquement dans tous les terrains et assurant, selon ses dues, une économie de 00 pour 100 sur la main-d’œuvre. Le modèle, représenté ci-contre, pèse environ 730 kilos et possède un moteur électrique de 3 HP,3, un contrôleur ainsi qu’une batterie de résistances. L'ensi mb'e repose sur deux larges roues rainées transversalement ?ur leur périphérie, de façon à permettre les déplacements en tous terrains. Un train d'em^enages actionne, à volonté, l’une de> roues ou la scie, dont le bras constitue l’un des côtés d’urie sorte < e parallélogramme articulé et passe dans la rainure d’une pièce fixe assurant son guidage en cours de travail. La machine marche à deux vitesses : une pour les
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- déplacements (1 kil. 300 à l’heure) et l’autre pour le sciage; elles sont réglables toutes deux par l’effet d’un contrôleur électrique. L’installation se fait soit par trolley ou perche dans les chantiers longs et étroits* ou par prises de courant dans les exploitations plus étendues.
- La manœuvre des tronçonneuses Tremblay est simple et ne réclame pas d’ouvriers spécialistes. Une fois la machine embrayée pour les déplacements, le conducteur la dirige à l’endroit de la coupe* une main sur la manette dü contrôleur* l’autre sur la tige de direction. Gomme elle marche à la vitesse d'un homme au pas, il arrive, avec un
- mort, décale frein et support avant, relève le bras de fixation, embraye sur roues, puis, finalement, se dirige vers le nouveau trait à réaliser. Le calage et la mise en route exigent à peine une minute. Ces machines descendent le trait en 3 minutes dans une grume de chêne de 80 centimètres de diamètre.
- M. Pioche d’Etang a imaginé un autre genre de tronçonneuse qu’il a baptisée du nom de Bûcheronne, et plus spécialement organisée pour l’abatage des arbres de petites dimensions en forêt. Elle comprend un moteur de 3 chevaux environ, actionnant* à l’aide d’une courroie de transmission, un arbre placé en avant d’une sorte de brouette à deux
- Fig. 2. — Tronçonneuse électrique Louis Tremblay. (Poids.75o kg. — Moteur de 3 HP, 5.)
- peu d’habitude, juste au trait à faire, sans avoir Iresoin du volant de secours placé sur l’arbre du moteur. Parvenu à destination, il débraye au point mort, décroche la scie et la met sur le trait, puis il procède au calage en bloquant le frein sur roue. Dans ses nouveaux modèles* M. Tremblay a ajouté, en outre, deux supports avant et a mis les annulations du bras de fixation de la scie à l’intérieur du châssis pour préserver ces organes des chocs éventuels.
- Donc, après avoir fixé sa lame à l’endroit voulu sur la grume, le conducteur embraye le moteur sur la marche de la scie, et, reprenant la manette du contrôleur, commence le trait en augmentant progressivement la vitesse. Parvenu presque à fin de coupe, il ralentit l’allure de la scie pour arriver à l’arrêt complet au moment où le billot tombe. Alors il accroche la scie, débraye au point
- roues. Sur cet arbre, un couple d’engrenages coniques, groupé dans un carter, renvoie le mouvement d’une scie circulairef^ommi, grâce à ce jeu de pignons d’angle et à une crémaillère, prendre différentes inclinaisons. La Bûcheronne pèse 120 kilogrammes et sa dynamo motrice reçoit [le courant d’un groupe électrogène installé sur un camion, qu’on arrête sur une route ou un sentier, à l’entrée du taillis. Quand la scie [tourne à larvitesse de 1000 tours, on peut abattre, en moins d’une minute, avec cet engin, des troncs de 40 centimètres de diamètre.
- On se rend compte, par ce rapide aperçu, dans lequel nous avons dû nous borner à quelques types, combien les tronçonneuses rendent de services aux exploitants forestiers et aux entrepreneurs de sciage.
- Jacques Boxer.
- Le Gérant ; P. Masson. —Imprimerie Lahure, 9, rue dé Fteurus, à (Paris.
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- LA NATURE. — N° 242!.
- 28 AOUT IP20
- LES CATASTROPHES GLACIAIRES DANS LA VALLÉE DE CHAMONIX AU XVIIe SIÈCLE ET LES VARIATIONS CLIMATIQUES
- Au Congrès de l’Alpinisme qui s’est tenu à Monaco pendant la première semaine de mai dernier, M. Paul Mongin, inspecteur général des Eaux et Forets, a présenté un exposé complet des études concernant le régime des glaciers des Alpes poursuivies par l’Administration des Eaux et Forêts depuis une quinzaine d’années, grâce à l’initiative de
- insuffisante pour compenser les pertes éprouvées durant la belle saison, les glaciers diminuent ; inversement ils augmentent lorsque la température moyenne de l’été reste basse ou la nébulosilé supérieure à la normale et que les neiges hivernales deviennent abondantes. Donc, si on connaissait la succession des fluctuations éprouvées par les
- Fig. i. — Le glacier des Bois, en septembre 1918. (Photo Tairraz, Chamonix).
- son directeur général, M. Dabat. Ces études comportent le repérage annuel d’un certain nombre de fronts glaciaires afin de connaître avec précision le régime actuel et, d’autre part, la recherche de tous les documents susceptibles de nous éclairer sur les variations glaciaires aux siècles passés. Ces études présentent un intérêt pratique de premier ordre en raison des relations étroites qui existent entre les dimensions des glaces- et les vicissitudes climatériques. Particulièrement sensibles aux influences atmosphériques, ces phénomènes reflètent, en effet, les oscillations thermiques comme celles qui affectent les précipitations ou l’insolation et les rendent apparents. Pendant une série d’années les étés accusent-ils un excès de chaleur et d’insolation, et les hivers un déficit dans les précipitations neigeuses, se trouvant fortement attaqués par la fusion et ne recevant ensuite qu’une alimentation
- 46’ Année. — 2” Semestre.
- glaciers des Alpes pendant les cinq ou six derniers siècles, du même coup on posséderait le tableau des variations climatiques, en même temps on verrait si ces phénomènes présentent une périodicité ou simplement une récurrence accidentelle. Dès lors, dans le cas où la périodicité des crues et décrues glaciaires serait démontrée, il deviendrait possible de prévoir à l’avance le retour des périodes fraîches et humides comme des cycles de chaleur et de sécheresse. La prévision du - temps à longue échéance réaliserait ainsi un progrès considérable pour le plus grand bénéfice de l’agriculture et de nombre d’autres industries.
- À cette étude dont les conséquences promettent d'être si fécondes, M. P. Mougin, inspecteur général des Eaux et Forêts, et M. G. Létonnélier, archiviste de l’Isère, ont apporté une contribution d’un intérêt considérable. Alors que jusqu’ic
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- on ne savait rien du régime des glaciers du Mont Blanc avant le milieu du xvme siècle, ces deux savants ont découvert des documents relatant une série de crues glaciaires remarquables survenues dans cette chaîne au xvue siècle et au début du xvme 1 ; et à l’aide de ces pièces et des informations que l’on possédait déjà, M. Mou gin a reconstitué l’historique des épisodes glaciaires dont la vallée de Ghamonix a été le théâtre pendant ces trois cents dernières années2. Toujours soucieux de favoriser le développement des recherches scientifiques intéressant son administration,
- M. Dabal, directeur général des Eaux et Forêts, a assumé la publication de celte intéressante monographie dans des conditions qui lui vaudront la reconnaissance des géologues et des géographes.
- De tout temps, les contribuables ont eu - l'habitude de réclamer des dégrèvement s d’impôt lorsque quelque événement de force majeure leur inflige des pertes, et les autorités de procéder à des enquêtes afin de vérifier les assertions de leurs administrés et de pouvoir d élibérer ensuite en con-
- 1. G. Létoknemer, Documents relatifs aux variations des glaciers dans les Alpes françaises, in Bull, de la section de géographie, n° 1-2, 1913. Paris, lmp. nat., 1915. Cf. Raoul Blanchard. La crue glaciaire dans les Alpes de Savoie üu xvlie siècle, in Recueil des travaux de /’institut de géographie alpine (Université de Grenoble), t. I, 1913, fascicule IV, p. 443. Grenoble, ,1913.
- 2. Moügin, Études glaciologiques en Savoie, in Ministère de l’Agriculture. Direction générale des eaux et forêts, 2e partie. Eaux et Améliorations agricoles. Service des grandes forces hydrauliques (régions des Alpes et du Sud-Ouest). Études glaciologiques. Savoie-Pyrénées, t. III, 1912. Cf. Mougin, Études glaciologiques en Savoie, in Ministère de l’Agriculture, Direction de l’hydraulique et des améliorations agricoles. Service desigrandes forces hydrauliques (région des Alpes). Études glaciologiques, t. II, Savoie. Pr< gramme pour l’étude d’un grand glacier, 1910.
- naissance de cause. De là, de copieuses paperasse-ries, qui, aujourd’hui, nous révèlent les principaux phénomènes survenus jadis dans les hautes vallées des pays montagneux. La paperasse administrative, c’est l’histoire de demain. Il y a quelques années, une procédure de dégrèvement entamée à la suite de ravages causés par les glaciers de Jostedalsbrœ et découverte dans les archives a fait connaître la grande crue glaciaire survenue dans la Norvège occidentale au début du xvme siècle. C’est par une série
- de pièces du mêL me genre que MM. Lelonnelier et Mougin nous ont révélé les ralastrophes glaciaires qui ont désolé la vallée de Ghamonix pendant la première moitié du xvuc siècle et qui pour l’étude des variations glaciaires constituent des phénomènes non moins importants que ceux du Joste dalsbrœ au xvme siècle.
- Non seulement ces documents offrent ün très grand intérêt historique, mais encore ils mettent en évidence l'ampleur des . érosions et des actions de transports exercées par’ les torrents lors des crues glaciaires. ,Ces crues déterminant un allongement des lagunes terminales des glaciers, les surfaces soumises à la fusion se trouvent par cela même augmentées; par suite le volume des eaux issues de ces appareils. Tel ruisseau sortant d’un glacier, inofl'ensifen temps ordinaire, devient alors un torrent dévastateur. D’autre part, l’augmentation delà glace dans la vallée supérieure engendre l’obturation de vallons tributaires, et par conséquent de lacs de barrages; d’où de fréquentes débâcles., Les paroxysmes glaciaires aboutissent donq a une aggravation de la torrenlialité, et lors de ces phénomènes les eaux deviennent les agents de beaucoup les plus actifs.
- La plus ancienne des pièces récemment exhumées
- Fig. 2. — Le glacier des Bois, en septembre içiç. (Photo Tairraz, Chamonix).
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- des archives, est un procès-verbal d’une visite faite à Chamonix par Bernard Combet, archidiacre de Tarentaise, au sujet de la perception de la dîme, datant de 1580. Les indications que donne celte pièce sur les dimensions des glaciers sont obscures. Du texte même, M. Letonnelier induit avec beaucoup d’ingéniosité qu’à cette date, ils étaient très réduits et possédaient à peu près l’étendue qu’ils ont aujourd’hui. Gela est possible.
- Mais bientôt la situatiun changea. A la fin du xvie siècle ou au début du xviie, les glaciers augmentent dans des proportions considérables et coup sur coup en 45 ans éprouvent trois crues formidables qui détruisent des hameaux et ravagent les terres voisines. La première se place en 1604, peut-être même auparavant, « Douze maisons ruynées au villaige de Cbas-
- tellard auquel n’est resté que le douziesme partie du terroir, le villaige de Bois déshabité à cause desdites glas-siers ; au village de la Rozière et Argentier sept maisons couvertes des susd.glas-siers, dont le ra-vaige continue et faict de jour à aultre progrès,... deuxaultres maisons ruynes au villaige de la Bonneville », tels
- sont les dégâts causés à cette époque par les glaciers des Bois d’Argenlière et du Tour.
- Jamais encore dans l’histoire des Alpes on n’a relevé pareille catastrophe produite par une crue glaciaire. Et ce n’est que le commencement.
- En 1609, 1610 et 1611, seconde crue non moins dévastatrice. Pendant les deux premières années, le glaeier du Bois achève la ruine du hameau de Chastellard, « emporte tout à faict ung aultre petit village appelé Bonnenuicl, recouvre d’un « grand aport de grosses pierres » « quantité de terres » appartenant au hameau de « la Rouzière » situé entre Arve et Arveyron, enfin « ruyne quelques maisons » de ce dernier hameau. Commencée par les glaciers, l’œuvre de destruction est achevée par les eaux qui en sont issues. Au village de la Rouzière « 8 maisons, 7 greniers, 5 petites granges » sont « entièrement démolies » par les torrents sortant du glacier des Bois. Enfin, une débâcle partie de ce dernier appareil étend encore les ravages.
- De son côté, le glacier d’Argentière « ayant quelquefois lasc.hé les eaux qu’il resserre » a endommagé beaucoup de terrain et emporté « quelques
- maysons » tandis que les torrents du glacier du Tour renversaient « 3 maisons, 7 greniers, 1 moulin, 1 battoir » du hameau de Bonneville.
- A peine les Chamoniards étaient-ils remis de .ces chaudes alertes, que de nouveau ils se trouvaient menacés. De 1641 à 1644, pour la troisième fois depuis le début du siècle, tous les glaciers de la vallée éprouvent une crue non moins c lamiteuse que les deux précédentes.
- A la date du 28 mai 1643, le village du Tour est « fort menacé du glacier dict du Tour,... lequel va avançant et s’eslargissant sur le territoire », ainsi que le « dict lieu de la Rosiere par le glacier de l’Argentiere quy est le plus grand de tous, et qui va grandement avançant, en danger d’emporter ledict village, en sorte que les avalanches qui des-
- sendent et tum-bent par dessus ledict glacier, ap-pi oi henl de jour à aultre de plus en plus le dict territoire et emporte les prés et les champs quy y sont labourables ».
- Le glacier des Bois également « va avançant de jour à aultre, et mesme des le mois d'Aoust de plus d’une mous-quetade (150 m. )". A l’encontre du dict territoire, et s’il vient à continuer quallre années en faisant de mesme, il court fortune de faire périr entièrement la dicte dismerie (de la Rosiere) ».
- A cette époque, le glacier des Bois aurait menacé de barrer l’Arvé et de convertir en lac la vallée supérieure, d’après un document de 1663. 11 y a là, croyons-nous, une exagération de la part des Chamoniards en vue d'obtenir une réduction des taxes.
- De son côté, le glacier des Bossons n'exerçait pas de moindres ravages.
- Au début de mai 1643 « au lieu appellé aux Bossons » il « seroit rompu du coste du levant si impétueusement quil auroit emporté la troisiesme partie du dict village. »
- En même temps, grossis par la fusion des masses de glace descendues dans les régions inférieures, tous les affluents de gauche de l’Arve en amont de Chamonix* divaguaient; En juin 1641, le « petit village appelé les Rosières... dismerie dessoubs les Tines » a été « perdu et inondé ».. ainsi que « les pleines terres qui estoient auprès d’iceluy village vers lequel est allé le rière descendu du glacier du Bois ». En août 1642, l’Arveyron emporia <t rière
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- les Rozières » « deux granges dans lesquelles il y avoit du -bétail et de plus la quatrième partie des terres, des prés qui estoient encore en l’état rière la dite dismerie ». La plupart des dégâts causés aux environs du glacier des Bossons paraissent également avoir été le fait des torrents.
- Pour obtenir du ciel la fin de ces calamités, les 18, 19 et 2ü mai 1643, le chanoine de la collégiale de Sallanches, Jean UulTong, alla bénir en grande pompe les glaciers qui « allaient abordantz les terres et maisons en divers endroicls, avançants par
- Chamonix ». Ces braves gens exposent à leur souverain que « leur paroisse deviens toujours plus inculte à cause des glaciers qui avancent sur leur terre et qui inonde partie de leur tere en faisent des grands débordementdeau, en vuyden leur lac (*), et même il i a plusieur vilage qui sont en grand danger de périr ».
- Ensuite, 60 ans durant, les glaciers sont en régression, tout en restant très étendus. En 1730, le glacier des Bois est encore à moins de 400 mètres du village du même nom, et celui du Tour
- Fig. 4. — Le glacier de Tacconnaz, en septembre içi8. (Photo Tairraz, Chamonix).
- succession de temps contre les dictes terres, lesquels glaciers ont gasté des maisons et plusieurs possessions.., et menassent à présent une plus grande pente. » « Et parallèlement, ajoute le chanoine, attestons avoir veu quantité de ravages des terres causées par les torrents et nants. »
- Cette bénédiction étant restée sans effet, l’année suivante on s’adressa à un plus haut dignitaire. A la demande des Chamoniards l’évêque vint bénir les glaciers toujours menaçants. Cette intervention eut un résultat miraculeux : dès l’année suivante les glaces commencèrent à reculer.
- A partir de 1645, pendant 72 ans se produisent une série d’oscillations de sens divers, peu accentuées, semble-t-il. Après quoi, en 1714, survint une nouvelle crue très forte, à en juger d’après les termes d’une supplique présentée au roi de Sardaigne par les •« syiidiq conceiilier et communes de
- n’a reculé que de 470 mètres. Les années suivantes, nous savons par les récits des premiers touristes qui visitèrent Chamonix au milieu du xvme siècle qu’à cette époque le glacier des Bois débordait toujours par-dessus la barre des Mollets, et descendait dans la vallée où il se terminait par une superbe et haute grotte de laquelle sortait l’Arveyron.
- Encore une fois la situation allait changer.
- Vers 1775, une crue commence à se manifester. Cinq ans plus tard les glaciers sont rede-
- 1. Évidemment un lac créé par le glacier des Bois ou par celui de l’Argentière. On a vu plus haut que lors de la seconde crue du xvi° siècle ces deux appareils ont donné naissance à des débâcles. Pour mémoire, signalons qu’au confluent des glaciers du Talèfre et de Géant, au pied du Jardin, a existé pendant la première moitié du xix9 siècle un petit lac supraglaciaire. Peut-être cette nappe d’eau ayant acquis de grandes dimensions au xvn® siècle est-elle le lac signalé par la pièce de 1714.
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- venus très gros et après des pulsations de sens divers ils atteignent finalement entre 1818 et 1822 des dimensions considérables, moindres cependant que pendant la première moitié du xvne siècle.
- Les prairies du hameau du Tour sont de nouveau envahies, tandis que les villages de TArgentière et des Bois se trouvent encore menacés; en 1822, la glace arrivait à une vingtaine de mètres de ce dernier groupe de maisons.
- A cette poussée en avant, succéda une retraite
- leurs habitations ni même leurs fenils dans des sites qu’ils savent, exposés; si donc ils s’étaient installés au Chastellard, à Bonnenuict, à la Rozière et à la Bonneville, hameaux aujourd’hui disparus, c’est qu’ils s’y croyaient en sécurité, par suite que depuis plusieurs générations, ni les glaciers ni les torrents qu’ils alimentent n’avaient menacé ces localités. Il est par conséquent très vraisemblable que durant plusieurs siècles avant 1600 les glaciers des Bois, d’Argentière et du Tour sont restés cantonnés sur
- Fig. 5. - Le glacier de Tacconnaz, en septembre igig. (Photo Tairraz, Chamonix).
- lente, coupée de petites pulsations positives, si bien que 20 ans après le maximum de 1822, la Mer de Glace avait perdu seulement une largeur de 225 m.
- Ensuite, vers 1850, se produisit une crue assez forte, à laquelle succéda la grande décrue qui caractérise la seconde moitié du xixe siècle et le début du xxe.
- Cet historique des variations glaciaires dans le massif du Mont Blanc met en évidence quatre faits de la plus haute importance.
- Le premier, c’est que pendant une très longue période antérieure au xvue siècle, la glaciation a été singulièrement réduite. Les pièces découvertes par MM. Letonnelier et Mougin montrent en 1600 l’existence de hameaux au pied des verrous rocheux qui ferment les vallées glaciaires des Bois, de l’Ar-gentière et du Tour. Les montagnards n’édifient pas
- les hauteurs et n’en sont pas descendus. Qu’il en ait été de même dans toutes les Alpes, divers documents l’indiquent. La chronique de Soas (Valais) par exemple relate que durant la première moitié du xvne siècle les glacières sortirent de leurs limi es habituelles; preuve indirecte qu'antérieurement, dans cette vallée, la glaciation possédait des dimensions réduites. Enfin, nombreuses sont les traditions relatives à la fréquentation de cols élevés occupés aujourd’hui par des glaciers. Tous ces faits tendent à prouver que dans les Alpes un minimum glaciaire très accusé a existé pendant une longue période antérieure au xvne siècle.
- D’autre part, avant le début du xvme siècle, en Norvège, et au commencement du xvne siècle, en Islande, la glaciation occupait depuis plusieurs centaines d’années une surface beaucoup moins éteh-
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- due que dans les siècles suivants. Un a donc tout lieu de croire qu’en Europe, avant le xvae siècle, le phénomène glaciaire est resté concentré dans des limites singulièrement étroites, bien qu’il y ait eü eh quelque sorte une période interglaciaire.
- Le second fait mis en lumière par les pièces d’archives que nous venons de résumer, c’est lé caractère de cataclysmes affecté par les crues de la première moitié du xvne siècle. Cès phénomènes se présentent comme un retour atténué de la période glaciaire. C’est, en effet, seulement à cette époque que des destructions de hameaux par des crues glaciaires sont connues dans les Alpes. Nous savions déjà qu’en 1601 les glaciers de Grindelwald ont renversé plusieurs maisons, combien plus considérables ont été, à la même époque, les ravages dans la vallée de Chamonix ; pas moins de quatre hameaux ont été détruits : Le Chatelard, Bonnenuict, La Ro-zière, Bonneville. Comme le montre la figure 3, la Mer de Glace avait alors des dimensions énormes, supérieures à celles qu’elle atteignit en 1822, lors de Son (1 rnier paroxysme; du village des Bois à celui du Chatelard, elle s’étalait, formant au pied des escarpements des Mottets et du Chapeau une sorte de piedmont-glacier (*).
- La troisième Conclusion qui ressort de l’histoire des glaciers de Chamonix, c’est qu’après la formidable poussée survenue de 1600 à 1644, ces appareils sont demeurés très gros jusque vers 1850-1860, soit durant deux cent cinquante ans. Pendant cette période, il y a bien eu des phases de décrue, mais elles n'ont jamais été très intenses et n’ont point ramené le glacier des Bois au-dessus de la barre des Mottets. Elles n’ont été que de , simples puhations autour d’un état de maximum.
- Le quatrième et dernier fait à signaler, c’est qu’à la période de glaciation qui couvre le Xviiê et le xviii® siècles ainsi qu’une partie du xixê a succédé depuis 1850-1860 une décrue formidable, la plus énergique qui sè soit manifestée depuis l’an 1600, si bien que les glaciers se trouvent réduitsà un état minimum qu’ils n’ont pas eu depuis trois siècles. Ce recul constitue par suite un phénomène de même ordre que la crue de 1600-1644, mais de sens contraire.
- Si de 1600 à 1850-1860 les glaciers ont acquis
- 1. Avec une bonne grâce dont nous tenons à le remercier ci, M. Letonnelier a procédé à une enquête sur la position des quatre hameaux détruits au début du xvn° siècle. A sa prière. M. Cossoney, maire de Chamonix, a bien voulu placer sur notre carte les sites des anciens villages du Chatelard et.de Bonnenuict. Du premier, les vestiges sont encore aujourd’hui visibles; ét les habitants de ces vallées ont gardé le souvenir de sa destruction par le glacier. Bonnenuict n’est plus aujourd’hui qu’ün lieu-dit, une parcelle de forêt. « bornée aii midi par une ancienne moréne ». Les deux autres localités, La Roziere.et Bonneville n’ont pu être identiiiées.
- des dimensions énormes qu’ils n’avaient pas atteintes depuis plusieurs siècles, il faut que, durant la période envisagée les conditions climatiques soient devenues plus favorables qu’auparavant à la production de la glace sur les montagnes, en d’autres termes, qu’une vague de froid ou d'humidité soit passée sur l'Europe ou que la nébulosité ait augmenté. On ignore lequel de ces trois facteurs climatiques constitue l’agent principal des variations glaciaires. Pareillement, la réduction considérable éprouvée par les glaciers depuis soixante ou soixante-dix ans est la preuve que le climat de l’Europe a subi soit une hausse thermique, soit une diminution des précipitations, soit une augmentation de l’insolation. Bref, l’étude du régime des glaciers durant ces trois derniers siècles prouve l’existence de deux variations climatiques prolongées de signe contraire.
- Dans l’intérieur des variations à grande amplitude les glaciers subissent également des oscillations de faible durée et d’étendue médiocre qui, elles aussi, sont évidemment le reflet de viscissitudes climatiques. Ainsi, au cours de la grave décrue actuelle, une petite poussée en avant s’est maniftstée pendant quelques années dans les Alpes; également depuis 1910 une seconde se manifeste dans la chaîne du Mont-Blanc, comme l’a montré M. Paul Mougin dans l’exposé qu’il a fait, devant le Congrès de l’Alpinisme à Monaco, des observations, exécutées dans les Alpes par les agents des Eaux et Forêts, sous sa direction. A Chamonix, la poussée est très nette, comme le montre le tableau suivant des progressions des fronts glaciaires.
- Glaciers. 1914-16 1916-17 1917-18 1918-19
- du Four. , . . 94 m. 50 m. 16 m. 30 m.
- de l’Argentière . 27 m. 21 m. 117 m. 37 m.
- des Bois, . , , 77 m, Stationn. Crue Crue
- des Bossons . . 72.8 51 m. 32 m. 16 m.
- Les belles photographies de M. Georges Tairraz, l’habile photographe de Chamonix, représentant le glacier de Tacconnaz en 1918 et en 1919 et qu’il a bien voulu nous autoriser à reproduire, montrent que cette crue se traduit d’une manière apparente dans le paysage.
- Dans les autres parties des Alpes françaises, le phénomène est loin d’être aussi accusé et se traduit simplement par une augmentation de l’enneigement.
- En Suisse, enTyrol, un léger accroissement de la glaciation a été constaté depuis 1914. Bref, dans toute l’étendue des Alpes, une petite poussée glaciaire s’est produite, conséquence évidente de l’absence de fortes chaleurs et de l’abondance des précipitations durant ces douze dernières années.
- Charles Rabot.
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- L’AUTOMOBILE ÉLECTRIQUE
- On sait que l’Union des syndicats des industries électriques de France vient de décider d’entamer une propagande active en vue de favoriser la vulgarisation de l’automobilisme éle trique, particulièrement pour les applications industrielles. C’est là une initiative des plus heureuses et à laquelle il convient d'applaudir vivement, car la multiplication des camions et tracteurs électriques a donné à l’étranger des résultats techniques et financiers très intéressants et il n’y a pas de raison pour qu’il en soit autrement en France; on peut regretter même que les circonstances aient retardé aussi longtemps l’introduction de ce genre de véhicules dans noire pays; probablement la haute perfection atteinte chez nous dans la construction de l’automobile à essence est-elle cause de ce retard. Au surplus, le haut prix et la rareté de l’essence créent des conditions nouvelles de nature à encourager le déve-loppement du véhicule électrique.
- Jusqu'à présent, les électromobiles n’ont guère été employés chez nous que comme véhicules de haut luxe; nous connaissons tous les belles qualités d’élégance, de souplesse, de confort, de richesse que présentent les électriques; mais ces qualités sont promptement dédaignées par ceux qui peuvent s’offrir le luxe d’un auto, parce quelles sont négligeables, en effet, pour qui n’a point à s’inquiéter des prix d’acquisition ou des frais de service et d’entretien, et peut ne tenir compte que des admirables aptitudes de vitesse et de distance des machines à essence, dans la construction desquelles les fabricants français ont excellé de tout temps.
- Conlrairement à ce que l’on est souvent enclin à croire, le véhicule électrique n’est pas un véhicule de luxe, mais bien un véhicule industriel; c’est dans la grosse traction commerciale, pour les transports de marchandises, pour les services de remise à domicile, dans les grandes villes, et non pour les usages de plaisance, qu’apparaissent et se marquent particulièrement les propriétés spéciales des autos
- à accumulateurs, à savoir : la simplicité du service, la facilité des mises en marche et des arrêts, l’économie de l’entretien, etc.; ces qualités, que l’on a presque toujours négligées chez nous, sont en réalité essentielles, et d’une importance technique et économique primordiale, toutes les fois qu’il s’agit d’assurer, dans un rayon modéré, un service de transports à parcours réduits, à arrêts fréquents et rapprochés, etc.
- En pareil cas, l’admirable auto à essence perd beaucoup de ses superbes avantages et l’auto électrique, à accumulateurs, déploie ses qualités modestes, mais sures ; c’est le cheval de gros trait en présence du cheval de course ; il est presque aussi illogique et maladroit devou-loir appliquer le même système aux deux catégories d’applications qu’il serait grotesque d’atteler quelque fringant roi du turf à un pesant camion de charge; voilà, cependant ce que nous avons fait et faisons encore en automobilisme; et s’il est vrai que, par leur application et leur habileté, les constructeurs d’automobiles à essence ont pu créer des poids lourds remarquables et de toute première valeur, il n’en est pas moins regrettable que l’on ait négligé autant un système qui était tout désigné pour les gros transports à petite distance.
- Telle est l’anomalie que l’on songe, enfin, à faire disparaître, incité à cet effort par le renchérissement considérable des combustibles ordinaires de l’auto; dut-il, d’ailleurs, y avoir égalité de dépenses de combustible entre les deux systèmes que la vulgarisation de l’auto électrique serait encore désirable, non seulement pour l’économie de frais d’entretien et de service qu’elle représente, mais encore, et surtout, parce qu’elle doit permettre d’améliorer l’utilisation des installations électrogènes: existantes, à vapeur ou hydrauliques, en leur fournissant un heureux débouché pour les périodes de chômage ordinaires de l’outillage ; il est précieux, à ce point de vue, que l’on puisse assurer la recharge des bat-teries'd’aceumulateurs pendant la nuit, par exemple,
- Fig-, i. — Camion électrique pour l’enlèvement des ordures ménagères. (Capacité : 2 tonnes z/2).
- Les deux roues d’avant sont à la fois directrices et motrices; chacune porte son moteur; la transmission est établie par un pignon denté monté sur l’arbre du moteur et faisant prise avec une roue dentée, intérieure, posée à la roue.
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- L’AUTOMOBILE ÉLECTRIQUE
- à des heures où la consommation générale est à peu près nulle et où l’outillage n’est maintenu en service que pour prévenir tout besoin inopiné.
- Le désir d’utiliser ainsi, pendant la nuit et aux autres moments de faible charge, l’énergie électrique que les groupes sont capables de fournir a été la raison principale pour laquelle on a tout d’abord cherché à vulgariser l’auto à accumulateurs, aux États-Unis; toutes les grandes entreprises de production de l’électricité, dans les ; principaux centres, se sont évertuées, depuis dix ou quinze ans, à améliorer leur facteur de charge, en s’assurant le placement de l’énergie disponible et la mise en usage de l’auto électrique a été l’un des meilleurs
- nullement s’être contrariées; loin delà : malgré le développement extraordinaire des autos à accumulateurs, l’emploi des autos à essence s’est étendu, comme nous le disions, d’une façon inouïe; une chose remarquable, d’ailleurs, est que l’on trouve souvent les deux systèmes employés simultanément, et à égalité, par les plus puissantes entreprises commerciales; les autos électriques sont chargées des transports à petite distance, des distributions locales; les autos à pétrole, des transports à grande distance, vers des centres de distribution extérieurs, d’où la distribution est reprise au besoin au moyen d’autos électriques.
- Cette solution est, de toute évidence, celle que
- Fig. 2. — Tombereau électrique basculeur. (Capacité : 3 tonnes ih.)
- La caisse est établie sur un mécanisme de basculement qu’actionne un petit électro-moteur spécial, alimenté par la batterie d’accumulateurs fournissant l’énergie pour la propulsion du véhicule.
- moyens qu’elles ont eu d’arriver à ce résultat; reconnaissant de bonne heure l’avantage financier que représente pour eux cette clientèle, elles ont su leur offrir des prix spécialement avantageux, qu’elles produisent l’électricité en partant du charbon ou l’empruntent à l’énergie des cours d’eau ou des gaz naturels. Stimulés par cet exemple, les Britanniques, les Allemands, les Autrichiens ont bientôt entrepris aussi des campagnes du même genre, quoique sur une moindre échelle qu’aux États-Unis ; Londres a vu se multiplier assez rapidement les camions et tracteurs électriques; en Allemagne, à Berlin, particulièrement, la campagne a également été menée; énergiquement, et avec un réel succès, à Vienne; aussi. Vienne, Berlin, Londres et d’autres grandes villes comptent déjà par centaines, par milliers, les véhicules électriques commerciaux; quant aux États-Unis, ils emploient camions et tracteurs électriques d’une façon courante, conjointement aux millions de Véhicules à essence qu’ils ont en service.
- Les deux catégories de machinés ne paraissent
- nous devons adopter. A l’étranger, en Angleterre par exemple, des constructeurs ont commis la faute de vouloir, au début, faire de l’auto électrique un rival de l’auto à essence et de l’auto à vapeur; ils ont échoué, comme cela était inévitable, et leur tentative malheureuse leur a été néfaste, et autant à l’automobilisme 'électrique même, dont élle a compromis pendant un certain temps le succès ; ce n’est qu’à la longue que l’on s’est rendu compte de l’erreur que l’on avait faite et que l’auto électrique a su reprendre la place qui.lui revenait;
- . On peut considérer comme établi à l’heure présente que l’auto électrique est le meilleur type de véhicule: pour les services de distribution urbains, a parcours restreints et arrêts fréquents ; il s’y distingue ;pàr sa marche silencieuse, par sa propreté, par l’aisance remarquable de la mise en marche, de l’arrêt, du contrôle; quoique moins rapide que l’auto à essence, il démarre avec tant de facilité et de souplesse que, si les arrêts sont rapprochés et nombreux, il réalise aisément une vitesse commer-
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- L AUTOMOBILE ÉLECTRIQUE
- Fig. 3. — Chariot électrique à 3 roues. (Capacité : i35okg.)
- La roue d’avant est motrice; elle reçoit son mouvement d’un.nioteur fixe longitudinalement au châssis et qui l’attaque par l'intermédiaire d’une ré-duction à vis sans fin engrenant avec un anneau denté fixé aux rayons; la batterie est répartie en deux caisses placées sous la plateforme.
- ciale supérieure; ajoutons qu’il peut être confié à un personnel moins expert en mécanique et qu’il demande moins d’entretien et de surveillance.
- La partie délicate de l’équipement reste la batterie; mais même cette partie a été beaucoup perfectionnée depuis quelques années et nos constructeurs sont certainement en mesure aujourd'hui de fournir des accumulateurs répondant bien aux exigences de l’automobilisme, au point de vue de la durée, du rendement, etc. ; les appareils de régulation, les « contrôleurs » démarché ont, à l'origine, occasionné quelques déboires; ici aussi, cependant, les difficultés sont surmontées à l’heure présente; il a été reconnu, par exemple, qu’en munissant ces appareils de dispositifs de soufflage magnétique, on élimine la principale source d’ennuis constatée autrefois : la détérioration des, contacts par les étincelles et les arcs de rupture.
- La construction générale de l’automobile électrique a d’autre part bénéficié largement des perfectionnements apportés à la construction mécanique des automobiles à essence ; les premières machines électriques n’avaient qu’un rendement restreint et Une portée de marche faible; on a considérablement amélioré leurs aptitudes non seulement en perfectionnant les batteries, mais encore en améliorant les supensions, les engrenages de réduction, les paliers, etc., et en adoptant des dispositions offrant plus de robustesse, tout en pesant moins.
- Le poids relativement considérable de la batterie, qui est indispensable pour fournir l’énergie mo-
- trice, implique nécessairement certains renforce-' ments de la construction mécanique générale comparativement à l’automobile à essence et à l’automobile à vapeur, ainsi qu’un supplément de tare ; c’est précisément ce supplément de poids , qui constitue l’inconvénient principal de l’automobile électrique pour les transports légers, pour le transport des personnes par exemple; il s’atténue à mesure que le poids à transporter est plus considérable et il devient négligeable lorsqu’il s’agit de construire de lourds camions.
- D’ailleurs, à certains égards, les constituants de l’automobile électrique sont plus simples et, à égalité de poids, plus robustes que ceux de l’automobile à essence; l’automobile à accumulateurs ne comporte pas, par exemple, de différentiel; cet organe, généralement considéré comme encombrant et délicat, et sujet à une usure prononcée disparaît ; on donne, en effet, un moteur indépendant à chacune des roues motrices ; les moyens employés pour assurer la régulation des moteurs des roues sont également d’une élégance et d’une efficacité remarquables; on peut réaliser à peu près telle vitesse que l’on veut sans aucune perle d’énergie en modifiant le nombre des éléments d’accumulateur reliés aux engins.
- Les entreprises qui emploient le plus les électriques, en Amérique, en Grande-Bretagne, en. Allema-r gne, etc., sont principalement les brasseries, les fabriques et magasins de produits alimentaires, les eom-
- Fig. 4. — Chariot électrique à 4 roues. (Charge : i35o kg.).
- Les deux roues d’avant sont motrices et directrices ; chacune porte un moteur, dont le mouvement est transmis par une double réduction; la batterie est montée au-dessus des roues motrices ; les deux roues porteuses sont de diamètre réduit et la plateforme est surbaissée.
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- L’APPRENTISSAGE ET LES COURS PROFESSIONNELS DES FONDEURS
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- pagnies de livraison à domicile, les services de camionnage des chemins de fer, les tramway®, les usines d’électricité, etc.; des types spéciaux de camions; tombereaux, etc., ont été établis pour ces différents genres d’entreprises ; en règle générale, ils ne diffèrent que par la disposition des caisses et par des accessoires de manutention ; les châssis et leur équipement sont peu dissemblables ; la construction peut être considérée comme suffisamment standardisée.
- Un type d’appareil très intéressant, et que nous pouvons citer ici, étant donné sa parenté étroite avec l’automobile électrique proprement dite, est le chariot ou truck à accumulateurs; c'est un appareil qui se construit d’après les mêmes prin ipes que l’automobile électrique, mais avec une batterie moindre, et qui sert spécialement pour la manutention des pièces lourdes, des colis, des bagages, etc., dans les ateliers, les chantiers, les fabriques, les entrepôts, les gares, etc. Il se compose d’ordinaire d’un châssis à trois ou quatre roues, avec une ou deux roues motrices, et un ou deux moteurs électriques, portant une batterie d’accumulateurs, un combinateur de réglage, etc., et muni d’une plateforme sur laquelle se placent les objets à transporter ; comme pour les camions électriques, la plateforme peut être munie d’un mécanisme de basculement ou de levage, actionné à la main ou électriquement; souvent, le chariot sert à la fois de chariot et de tracteur; quelquefois, on construit des appareils sans plateforme, servant uniquement comme tracteurs.
- Nous aurions certainement le plus grand intérêt à étudier attentivement l'emploi de ces appareils et, probablement, à l’adopter et à le généraliser, notamment dans les gares de chemin de fer et dans les entrepôts; ils paraissent de nature à faciliter et accélérer beaucoup les opérations de déchargement, de déchargement et de transbordement, à améliorer le rendement des installations et à réduire les dépenses de main-d’œuvhe ; quelques constructeurs étrangers s’efforcent d’introduire le système dans notre pays; ils ont déjià obtenu quelques succès;
- L’APPRENTISSAGE ET LES COURS
- On sait les difficultés qu’éprouvent les industriels à recruter de bons fondeurs. On sait aussi hélas! combien est pénible le métier qu’exercent ces compagnons et combien leur existence est brève. La question de l’apprentissage est donc, aujourd’hui plus encore qu’en 1914, à l’ordre du jour, pour;cette corporation.
- Le Syndicat général et la. Chambre syndicale des fondeurs, vivement émus par cette situation, viennent de publier, après une étude approfondie de la question, un rapport intéressant dont nous extrayons les principaux considérants. , •
- L’apprentissage et les cours professionnels sont deux : choses différentes ; on peut faire des apprentis sans orga-
- cependant, leur campagne, qui semble d’ailleurs manquer d’énergie, n’a encore donné que des résultats insuffisants.
- Il est vrai que l’adoption de l’auto, du chariot et du tracteur à accumulateurs implique la mise en usage de procédés de recharge des batteries auxquels nous ne sommes pas encore habitués; tanten Allemagne, en Aulriche et en Angleterre qu’en Amérique, la généralisation de l’automobilisme électrique n’a pu se faire qu’à la faveur de la vulgarisation d’un instrument que nous ne connaissons pas suffisamment: du redresseur à vapeur de mercure ; bien que nous ne l’employions guère, il semble bien que cet instrument soit devenu, entre les mains des constructeurs américains principalement, le meilleur dispositif pour la conversion économique du courant alternatif en courant continu, dans tous les cas où, n’ayant besoin que de puissances modérées, on veut pouvoir se passer de machines rotatives et ne pas immobiliser, pour la surveillance et l’entretien des convertisseurs, un personnel d’électriciens coûteux.
- Les redresseurs à vapeur de mercure de petite et de moyenne puissance, en tube de verre, sont très répandus en Amérique, dans les installations d’éclairage et pour la recharge des accumulateurs; leur puissance peut facilement atteindre, sans complication de construction et d’installation, quelques dizaines de kilowatts; rien n’empêche de réaliser des puissances plus grandes, soit en émployant plusieurs tubes fonctionnant en parallèle, soit en recourant à des tubes en acier, de grande puissance, tels qu’en ont établi quelques constructeurs américains et européens ; mais, dans la plupart des cas, un ou deux tubes ordinaires suffisent pour les installations destinées à la recharge des accumulateurs de camion, de chariot, etc., à accumulateurs. Aucune difficulté sérieuse ne paraît donc devoir faire obstacle de ce côté à la généralisation de l’autom o-bilisme électrique. Henïù Marchand.
- Nuta. — Les photographies illustrant notre texte représentent des machines construites par MM. Rornomes, Soins et Jefferies, d’Ipswicli.
- PROFESSIONNELS DES FONDEURS
- nisation de cours professionnels et inversement. C’est ainsi que la majorité des apprentis mouleurs en exercice ne trouve actuellement aucun cours professionnel à sa disposition. Il y a pourtant intérêt à établir une liaison entre ces deux faits et les cours gagneront à être mis en œuvre, par les industriels, indépendamment de l’apprentissage proprement dit, mais il sera avantageux, pour les raisons, techniques que l’on devine, que les cours soient organisés par des groupes d’industriels et non par des firmes isolées. \ • '
- La question se pose aussitôt de savoir s’il -'faut qu’un industriel « façonne » ses apprentis avec l’idée arrêtée de les garder comme ouvriers? II.est de la plus haute
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- LES SILOS ZYMOTHERMIQUES BECCAR1 ET LES ORDURES DES VILLES 139
- importance que lés industriels comprennent que leur intérêt primordial est que les apprentis complètent leurs connaissances par « lè roulement » dans différentes usines après leur apprentissage. Autrefois le « compagnonnage » imposait, à juste titre, le tour de France : « on n'apprend un peu qu'en voyant beaucoup ». De plus la formation de nombreux apprentis par le plus grand nombre possible de moyens et de sources est la véritable solution du problème angoissant de la pénurie de main-d’œuvre.
- Un autre problème intervient, celui de la « liaison par contrat entre patrons et apprentis ». II paraît indispensable de lier les apprentis et les patrons par contrats car il faut, à tout prix, éviter l’abandon de l’apprentissage au cours de sa durée. Le contrat doit prévoir une sélection rigoureuse, au moyen d’une période d’essai ainsi qu’une rémunération suffisante pour ne pas décourager les apprentis et leurs parents. Pas de corvées, pas de courses : l’apprenti doit travailler et apprendre. Des prix à la fin de chaque année, des primes, des concours, l’affichage du classement, de l’émulation, des encouragements. Par ailleurs un ouvrier ne peut connaître à fond son métier qu’en possédant au moins des notions sur les parties voisines de ses spécialités. C’est ainsi qu’il apparaît comme désirable que, par exemple, l’apprenti
- mouleur passe quelque temps au modelage, au noyautage, au chargement et à l’entretien du cubilot, etc....
- Jl faut que les industriels voisins échangent les apprentis pendant un temps court, au cours de la seconde année de l’apprentissage, afin que ceux-ci aient une teinture des spécialités autres que celles de la maison qui les emploie. Seuls des groupements patronaux locaux pourront réaliser un pareil programme.
- La durée du travail des apprentis ne devra pas excéder 48 heures par semaine, cours professionnels compris.
- Il est enfin une question importante: des programmes types d’enseignement professionnel devront être préparés par les patrons, aidés de leurs meilleurs contremaîtres et de quelques bons ouvriers.
- Un apprenti progressera en effet d’autant plus vite « qu’il apprendra en même temps comment il doit faire, « pourquoi il doit le faire et pourquoi il ne doit pas le faire ».
- Voilà, me semble-t-il, un programme rationnel. N’est-il pas à souhaiter que chaque chambre syndicale établisse un programme aussi complet dont l’exécution serait facile si chacun apportait sa petite pierre à l’édifice com-
- mun< Technos
- Inspecteur de l’Enseignement Technique.
- LES SILOS ZYMOTHERMIQUES BECCAR1 ET LA QUESTION DES ORDURES MÉNAGÈRES DES VILLES
- La destinée finale des ordures ménagères, une fois collectées, est un important problème dont la solution n’est pas plus aisée pour les villes que pour les hygiénistes eux-mêmes. On a proposé diverses combinaisons, soit l’utilisation agricole après fermentation ou après broyage, soit l’incinération.
- On sait que les ordures des villes contiennent les divers éléments ï azote, acide phosphorique et potasse, que l’agriculture recherche précisément dans les engrais ; comme elles renferment aussi, en grande quantité, les matières cellulosiques susceptibles de donner, par rétrogradation, les éléments de l’humus, on voit qu’elles sont capables de constituer un engrais et aussi un amendement, soit à l’état de gadoues vertes, soit à l’état de gadoues noires. Les premières sont les ordures qu’on vient de, recueillir, seulement expurgées des. matières inertes et des corps capables de blesser les pieds des animaux lors du labour; les secondes résultent, de la transformation des premières sous l’influence des fermentations se produisant lors de la mise eh tas. Cette transformation est nécessaire si l’on veut que les fermentations, dont les ordures
- seront l’objet, constituent le temps de la rétrogradation qui rendra leurs éléments utilisables pour la végétation ; elle est également inévitable parce qu’elle est, en réalité, le régulateur indispensable entre la consommation agricole, qui est intermittente, et la production des villes qui est continue.
- Dès les premiers jours de la mise en tas, il se produit une fermentation analogue à celle qui se déclare dans la maturation du fumier, avec dégagement de gaz dans lesquels entrent de l’azote, de l’acide carbonique et du lormène. Lorsque cette fermentation est bien en train, la masse de gadoue s’échauffe, donnant lieu à des émanations malodorantes qu peuvent devenir une cause d’incommodité grave. Au bout de quelque temps, la fermentation se ralentit, la température tombe, la gadoue diminue considérablement de volume, devient noire et prend finalement l’aspect et la consistance du terreau, et, dans cet état, elle se prête particulièrement bien à l’utilisation agricole.
- On invoque, toutefois, contre cette utilisation certaines causes d’insalubrité portant à la fois sur les”dépôts qu’elle oblige à faire dans la banlieue
- Fig.i.
- Élévation d'un bâtiment à 8 silos Beccari,
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- 140 LES SILOS ZVMOTHERM1QUES BECCAR1 ET LES ORDURES DES VILLES
- des villes où les maisons de campagne se multiplient et sur les dangers de propagation des germes infectieux répandus avec elles sur les champs et les cultures dites maraîchères; en outre, les eaux de
- Fig. 2. — Coupe longitudinale suivant AB.
- pluie qui les délavent peuvent souiller des nappes d’eau ou des sources situées à proximité de ces dépôts.
- Pour obvier à ces inconvénients, comme aussi pour éviLer la mévente des gadoues et par là des dépôts par trop considérables, on a songé à offrir aux agriculteurs non pas un produit brut, à composition des plus hétérogènes et renfermant, malgré tout, une quantité de débris inorganiques et encombrants, mais une matière triée et homogénéisée par un broyage approprié. Et c'est ainsi qu’est née en France, en 1876, la première usine de broyage de gadoues parisiennes à Saint-Ouen ; depuis lors, d’autres usines se sont établies à Issy-les-Moulineaux, à Romainville et à Vitry-sur-Seine, à Toulon. Nous ne décrirons pas ici le processus d’une usine de broyage. Disons seulement que si cette méthode paraît 'excellente pour l’agriculture, elle n’â pas complètement résolu l’écoulement agricole des gadoues parisiennes.
- En présence des méventes toujours persistantes et de la défaveur de la gadoue d’hiver, que les opérations de broyage et de tamisage ne peuvent améliorer, puisque, au contraire, plus le broyage est perfectionné, plus les cendres qui les composent passent facilement par les trous du rouleau-cribleur, on a du établir partout, à côté de l’usine de broyage, une usine d’incinération susceptible de brûler non seulement le refus, mais l’invendu, et, le ra* échéant, toute la production, comme plusieurs fois cela s’est produit avant la guerre et pendant la guerre. De ce fait, l’économie de ce mode d’exploitation disparaît.
- Au point de vue de l’hygiène, l’utilisation par broyage est encore critiquable, puisque les ordures ont le temps d’entrer en fermentation et même en putréfaction, depuis le moment où elles sont jetées dans les poubelles et que les éléments étrangers retirés lors du triage opéré à l’usine entraînent avec eux' une partie des germes produits par ce commencement de putréfaction. Et si lés ordures sont souillées à leur début par des germes, il est évident qu’elles le sont encore à leur sortie du broyeur* On ne voit pas un broyeur, si perfectionné soit-il,
- réduisant les microbes en poussières de microbes et de pathogènes les rendant saprophytes.
- L’incinération, ne comportant pas de triage préalable, de manutentions repoussantes ou dangereuses, ni de dégagement de poussières plus ou moins infectieuses, résout la question des ordures au point de vue hygiène publique, mais l’agriculture n’y trouve pas son compte. Sans doute, il y a compensation par la vente de l’énergie calorique restant disponible sur celle que produit l’utilisation de la vapeur après prélèvement de la quantité nécessaire au fonctionnement des divers services de l’usine. On n’ignore pas qu’en faisant usage de bonnes machines de condensation et de djnamos de construction moderne, on peut fixer le rendement moyen annuel des fours en marche normale à 0 k. 700 de vapeur par kilogramme de gadoue. 11 y a aussi la vente possible des scories ou des clinkers en vue de fabriquer des ciments, ou même, à l’état brut, pour des empierrements de. routes. On a encore imaginé de tirer parti des gadoues séchées en les mélangeant à des matières combustibles en vue d’en composer des briquettes pour le chauffage et la cuisine. L’incinération a cet inconvénient, qu’elle constitue un procédé coûteux que seules les grandes villes peuvent se permettre.
- Ceci montre l’avantage qu’il y aurait à trouver une autre méthode, dont l’exploitation financière serait réellement économique et, en tout cas, en rapport avec les budgets de la plupart de nos villes tout en donnant satisfaction à l’agriculture par la production d’un engrais vraiment fertilisant, et à l’hygiène publique par la suppression sinon totale, du moins la plus complète possible des inconvénients reprochés aux dépôts de gadoues placés en plein air. Cette méthode devrait être, enfin, d une technique assez simple pour ne pas nécessiter l’emploi de machines et d’une main-d’œuvre spéciale. Il semble bien que cette méthode soit trouvée par la fermentation en vase clos, mise récemment au point par un hygiéniste italien, le Dr Beccari.
- C’est en procédant à des expériences sur du fumier
- S
- Fig. 3. — Coupe transversale suivant CD,
- de ferme en vue de conserver à celui-ci, aussi intégralement que possible, ses éléments utiles, comme l’azote, en cherchant à transformer rapidement les déchets végétaux entrant dans la composition dü
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- fumier en cette matière amorphe, de couleur noire, aux reflets bleuâtres, à légère odeur sulfhydrique, que l’on désigne sous les noms de terreau, humus ou beurre noir, forme sous laquelle le fumier atteint son maximum d’efficacité pour la nourriture des plantes et l’amélioration physique du sol, que le DrBeccari a été amené à concevoir une fosse à fumier d’un type spécial où la fermentation s’accomplit non plus à l’air libre, mais en vase clos. Les excellents résultats obtenus par cette méthode et par ce type de fosse ont fait porter cette application aux gadoues des villes avec non moins de succès, au point que plusieurs villes d’Italie vont prochainement construire de vastes silos zymothermiques en vue de l'utilisation agricole non seulement des ordures ménagères, mais aussi des balayures de rues.
- Dans la fosse à fermentation en vase clos Beccari, le fumier frais atteint rapidement une haute température, 60° à 65°, pour parvenir à 70°-75°, ce qui favorise la formation des micro-organismes aptes à la transformation de la paille et des matières organiques azotées, tandis qu’elle est contraire à la vitalité des ferments delà dénitrification. Un premier résultat était donc atteint ; on évitait les pertes d’azote nitrique.
- Un autre avantage agricole est la possibilité de recueillir les produits ammoniacaux — lesquels dans les fosses ordinaires sont en partie perdus — et de les mettre en contact, à mesure qu’ils se dégagent, avec un milieu adapté où ils se transforment en nitrates tout en enrichissant, en même temps, le milieu — terre calcaire, argilo-calcaire, tourbe — de nombreuses colonies de bactéries nitrificatric.es (.Nilromûnas, Nilrobacter, Bacillus racemosus), hôtes habituels des terres végétales. Dès lors, ces terres nitratées et riches en micro-organismes nitri-ficateurs pourront être employées, comme engrais azotés complémentaires, pour des cultures à végétation rapide (maïs, betterave, tabac, pommes de terres, cultures maraîchères), ou encore mélangées
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- Fig. 5. — Plan du bâtiment montrant les drains.
- au fumier au moment de l'enfouissage ; elles en augmenteront les effets.
- Si, au lieu de produire des nitrales et de la terre
- nitratée, on aime mieux produire du sulfate d’ammoniaque, il suffit de remplacer la terre végétale
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- Fig. 4. — Vue en plan de la terrasse du bâtiment.
- par du plâtre ou du superphosphate acidifié à l’acide sulfurique, ou encore une cendre imbibée de solution phosphorique ou chlorhydrique. Le carbonate ammoniacal qui se développe dans la fosse réagit, et, se combinant aux acides, produit du sulfate ou du chlorure ammoniacal qui peuvent être employés à la place d’engrais provenant des industries spéciales et que l’on achète, en ce moment, très cher.
- Des analyses opérées à la suite d’installations faites dans des fermes ont montré en tout cas que tandis qu’un bon fumier de ferme provenant de fosses du type ordinaire contient rarement plus de 0.45 pour 100 d’azote, l’engrais fourni par la fosse Beccari a une teneur variant de 0.62 à 0.89.
- Au point de vue de l’hygiène, la fermentation en vase clos présente Davantage d’éviter les mauvaises odeurs et les exhalaisons putrides et de 11e pas attirer les mouches et autres insectes propagateurs d’épidémies ; en outre l’élévation de température à laquelle le fumier est exposé suffit pour tuer la plus grande partie des germes infectieux dont quelques-uns seulement — et pas ceux qui se rencontrent le plus fréquemment dans le fumier— peuvent résister à plus de 60° de chaleur. On sait par exemple que le bacille du typhus ne résiste pas à la chaleur humide de 60° prolongée au delà d’une heure ; que le vibrion du choléra asiatique dans les mêmes conditions ne résiste pas au delà de trente minutes, que le streptocoque et le staphylocoque pyogène ne vivent pas au delà de dix minutes, ainsi que le di-plocoque de la pulmonie, le bacille de la diphtérie, de la grippe, de la dysenterie, de là morve, et les autres formes végétatives du bacterium antracu, du tétanos, de l’œdème malin. On peut penser qu’il en est de même, pour le bacille de la tuberculose, attendu qu’il suffit d’une exposition à 70? pour stériliser en dix minutes les cultures en milieu liquide.
- La fosse zymothermique Beccari (fig. 1,2,3,4 et 5), qui rappelle un peu le four pour le traitement des goémons en vue de la récupération de l’iode, consiste en une construction simple ou double, en
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- maçonnerie de briques, moellons ou ciment armé, pouvant être placée, hors de terre ou bien enterrée en partie ou en totalité suivant la déclivité du terrain et de grandeur proportionnelle à la quantité de matière à traiter. Ce bâtiment, de forme rectangulaire et compris entre des murs de 2 m. 50 de hauteur, est partagé en un certain nombre de silos (n° 1) par des cloisons. Le fond bétonné de chacun de ces silos est en pente douce et muni d’un drain (n° 6) recouvert avec des briques tubulaires ordinaires (n° 8}, simplement posées à plat et à sec dans le but de pouvoir les nettoyer facilement lorsque leurs interstices et les trous s’obstruent : par le drain pénètre, grâce aux petites ouvertures d’aération (n°li), l’air nécessaire pour provoquer, dans la masse du fumier le début delà fermentation, tandis que, en parcours inverse, le purin s’écoulant de la masse va dans le puits collecteur (n° 7), où l’on peut également faire écouler les urines des étables et des écuries de la ferme.
- Les silos sont munis, à leur partie supérieure, représentée par une voûte en briques Ou en ciment armé, d’ouvertures de charge (n° 2) d’environ 0 m. 80 de diamètre qui servent à jeter le fumier dans les silos au fur et à mesure de son enlèvement de l’étable. A quelque distance de ces trappes, il y a des trous circulaires garnis d’attrape-mouches <n verre, de forme hémisphérique à bord rentrant, qui servent à capturer les insectes et à obtenir ainsi une clôture parfaitement hermétique.
- A la partie médiane externe de chacun des silos, il y a une porte de sortie (n° 12) pouvant être en bois ou en tôle; à l’extérieur, entre deux portes se trouve le puits collecteur (n° 7) cimenté et recouvert d’un couvercle dont il est question plus haut. Au-dessus du bâtiment ou plutôt à cheval sur deux silos s’élève — et c’est là la caractéristique de cette fosse — une sorte de tourelle en maçonnerie, à l’intérieur de laquelle est placée une série de cloisons (n° 14) constituées par des planches ou des plaques de tôle ou de terre cuite trouées ; ces cloisons sont fixées de telle sorte qu’une s’encastre dans la paroi d’un côté de la tourelle tandis que la suivante s’encastre dans la paroi du côté opposé, de façon que les orifices soient en chicane et que l’on ait ainsi une sorte de serpentin. Une série de petites ouvertures (n° 5) servent pour charger et décharger les plaques en chicane de la terre végétale ou des autres substances mises là pour fixer les produits ammoniacaux volatils. Les gaz sortent des silos et pénètrent dans la tourelle au moyen des bouches de communication (n° 4). Dans la partie basse du serpentin, entre les deux bouches de communication, des petits siphons (15) sont établis pour aspirer et livrer passage à l’air devant servir à l’oxydation des composés ammoniacaux, et même à'la vie et à la production des bactéries dé la nitrification. Enfin la tourelle est coiffée d’une cheminée de tirage (n°5) comportant de petites ouvertures à surface plane inclinée, garnie elle aussi de tôles métalliques et
- d’attrape-mouches, ces petites ouvertures permettent une pénétration modérée de l’air.
- Un escalier extérieur placé sur un côté du bâtiment, si celui-ci est en élévation, ou une rampe s’il est enterré, permettent d’avoir accès sur la voûte afin d’y porter facilement le fumier ou la matière à traiter.
- La fosse ainsi décrite sommairement, en voici le fonctionnement. A mesure que les immondices arrivent, elles sont transportées sur la voûte, et de là, après avoir ouvert une des trappes (n° 2), on les introduit dans un des silos et on les arrose abondamment de purin provenant du puits collecteur (n° 7). On ferme ensuite hermétiquement la trappe en jetant au besoin quelques pelletées de sable fin sur les bords du couvercle. Sous l’action de l’air qui pénètre dans les drains (n° 8), la matière introduite dans le silo ne tarde pas à fermenter ; et la température, dès que le silo est rempli jusqu’au tiers, s’élève à 50-60°, atteignant 65° quand il est rempli à moitié.
- Chaque deux jours on devrait enlever le fumier de l’étable et le jeter dans le silo, mais on peut, sans inconvénient, ne répéter cette opéiation que chaque trois ou quatre jours ; mais chaque fois que l’on jette du fumier dans le silo, il faut avoir bien soin de l’éparpiller avec une fourche au travers de la trappe, l’arroser et refermer la trappe Au-bout de 30 à 40 jours environ, toute la masse est complètement désagrégée et transformée en une matière homogène dans laquelle on distingue à peine la structure des pailles et des matières végétales qui en faisaient partie. Pour viJer un silo, on ouvre la porte de sortie (n° 12). Dès qu’un silo est rempli, on procède au remplissage du suivant- ce qui fait que pendant que cette opération s’opère, le fumier du premier s’humidifie. Cette humidification une fois terminée au bout de 30 à 40 jours environ après la fin du remplissage ainsi qu’il est dit plus haut, le nouveau produit peut être porté aux champs pour y être enfoui de suite avec les labours ou répandu sur les cultures, ou encore on peut le conserver bien lassé et recouvert de terre, dans des fosses profondes de 0 m. 50 à 0 m. 70, creusées à même dans les différentes pièces de la ferme. On estime que la masse mise à fermenter diminue en volume d’environ 25 pour 100, mais que son poids reste presque le même par suite de l’humidité qui s’ajoute avec l'arrosage.
- Par le procédé ordinaire du dépôt en plein air, on estime que le fumier n’est complètement transformé qu’après 3 ou 4 mois. Outre ce gain de 1 ou 2 mois, on a celui d’une augmentation plus riche en matières fertilisantes et l’utilisation par le moyen de la tourelle de l’azote qui se développe pendant la fermentation. On obtient donc, au total, un résultat économique extrêmement important.
- Les expériences faites en second lieu avec des déchets les plus variés (ordures.ménagères, etc.),
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- ARMAND GAUTIER
- ont montré que les matières peuvent être misés à fermenter dans le silo Beccari sans que la composition du produit final, d’après les différentes analyses exécutées, présente dé grandes variations dans les quantités de matières utiles à l’agriculture. Hygiéniquement, d’après le professeur Gasperini, directeur des Services sanitaires de la ville de Florence, il ressort que les balayures de rues -r- dont on connaît la nocivité — subissent dans les silos Beccari une auto-épuration absolue ; après quelques jours seulement de fermentation, les germes d’helminthes et de nématodes, les spores et les bacilles de toutes les infections et maladies, contagieuses sont détruits. Au vingt etunième jour, enfin, les spores du charbon sont complètement détruites. 11 est probable que l’effet stérilisateur est du à l’action combinée de la haute température, de
- l’humidité, des gaz à l’état naissant (anhydride sulfureux, phosphured’bydrogène, etc.), enfin de la lutte biologique entre les différents germes.
- La valeur que peut avoir la généralisation de la méihode par ferinenlalion en vase clos système Beccari résulte de la considération qu’une ville de 100000 habitants produit en un an 18 millions de kilogs d'ordures ménagères et de balayures de rues lesquelles ainsi traitées donneraient notamment sans grands frais, 62 200 kilogrammes d’azote, 66 000 kilogrammes d’anhydride phosphorique et 11 520 kilogrammes de potasse.
- Il est donc intéressant, aussi bien pour les agriculteurs que pour les municipalités et leurs services 1 ethniques, de connaître ce système.
- M. Bousquet.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet 1920
- La pénétration du cuivre par le zinc. — Ce phénomène se produit au-dessous de 420°, température de fusion du second métal. M. Wefis en a repris l’élude, après Spring, Masing, MM. Guillet et Bernard, et, à son sens, il faut l’attribuer à des réactions chimiques donnant naissance à des composés définis, se dissolvant entre eux et diffusant les uns à travers les autres.
- Une maladie du lierre. — Signalée par M. Arnaud, elle est d’origine bactérienne, comme la « graisse du
- haricot » due, on le sait, à Pseudomonas phaseoli Smith. Sur les feuilles, des taches s’étendent et, dans les tissus fortement altérés, il se produit un brunissement irrégulier. La bactérie détruit les chloroleucites et remplit les méats d’une sorte de gomme, formée des débris cellulaires. Le développement de la maladie semble favorisé par l’humidité du soi, de là la pensée qu’il peut être utile de relever les plans en pyramide autour d'un tuteur.
- Paui. B.
- ARMAND GAUTIER
- Le grand chimiste Armand Gautier vient de mourir à Cannes dans sa 83e année. Nous ne croyons pouvoir donner une idée plus précise de son œuvre qu'en reproduisant l’éloge suivant, prononcé par M Deslandres, président de l’Académie des Sciences-« Le Dr Gautier a été un des plus grands chimistes de notre temps ; il a fait de belles découvertes auxquelles son nom restera toujours attaché, et sa vie scientifique est un modèle à présenter aux jeunes générations.
- 11 s’était formé lui-même au contact de la nature et il aimait à le rappeler. Son père, médecin à Montpellier* avait des idées larges sur l’éducation ; il a laissé son fils croître en toute liberté à la campagne, sans lui imposer de longues stations à l’école ; il a seulement guidé sa curiosité, déjà fort éveillée vers les êtres et les choses de son entourage.
- Après avoir pensé un instant à l’Ecole Polytechnique, le jeune Gautier suit la vocation qui l’entraîne vers les études-chimiques et fait en même temps sa médecine. -
- Pendant cinq ans, à la Faculté de Montpellier, il
- reste attaché à un laboratoire de chimie, d’abord comme aide-préparateur, puis comme préparateur. Il apprend à manipuler et devient un très habile expérimentateur.
- Fortement attiré par la théorie atomique et la grande idée simple qui est à sa base, il se rend à Paris pour suivre les cours du professeur Wurtz, qui était l’apôtre de la nouvelle école.
- En même temps, il complète son instruction théorique, et, pendant deux ans, suit des cours de mathématiques et de,physique. II entre alors au laboratoire de Wurtz, étant bien mûr pour la recherche scientifique ; et, en effet, l’année suivante, en 1866, il débute par,un travail magistral qui le place aussitôt au premier rang,
- Il découvre une classe nouvelle de corps importants, les carb'y lamines, qui, produits, en même temps que les nilriles, avaient échappé aux premiers expérimentateurs. Il arrive à les isoler et à déterminer nettement leur véritable constitution. Ce sont des isomères des nitriles, qui, ayant la même composition chimique, ont un arrangement différent
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- des atomes et des propriétés aussi très différentes.
- Considéré par tous comme un maître, il est nommé successivement, en 1869, agrégé à la Faculté de Médecine ; en 1872, directeur du premier laboratoire de Chimie biologique organisé en France; en 1884, à la mort de Wurtz, professeur de Chimie médicale, et, en 1889, membre de notre Académie.
- En fait, pendant cinquante ans, il a poursuivi des recherches fécondes sur les sujets les plus variés ; son principal effort a porté sur la chimie biologique, qui, de toutes les branchés de la Chimie, est peut-être la plus dil-ficile. Les résultats sont consignés dans plus de 600 Mémoires ; on ne peut rappeler ici que les principaux.
- En 1872, il découvre dans les matières animales en putréfaction des alcaloïdes nouveaux, appelés plomaï-nes, et analogues à la nicotine; jusqu’alors des corps particuliers avaient été trouvés seulement dans les végétaux. Cette importante question l’a occupé pendant dix années ; et, finalement, il annonce que des corps analogues, les leucomaïnes, se rencontrent
- dans les tissus animaux, en pleine vie normale.
- Plus tard, il annonce, contrairement aux idées reçues, la présence constante de l’arsenic dans certains organes des animaux, et il met en relief le rôle important, jusqu’alors méconnu, de l’arsenic et aussi de l’iode dans notre organisme ; ce qui le conduit à des médicaments ayant pour base l’arsenic et aujourd’hui très employés.
- Dans le règne végétal, il reconnaît la diffusion grànde de corps analogues à la catéchine ; il découvre des différences notables dans les chlorophylles retirées des divers végétaux ; il faituneétude complète de la matière colorante du raisin.
- Le Professeur Armand Gautier.
- Une mention spéciale doit être réservée aux recherches longues et étendues qu’il a poursuivies pour le Conseil d’hygiène et de salubrité sur les impuretés de l’air dans les villes. L’oxyde de carbone, qu’on s’attendait à trouver, manque absolument, mais deux faits nouveaux apparaissent : l’air normal sur toute la Terre contient toujours une quantité sensible d’hydrogène libre et des traces d’iode. Ce dernier élément est rapporté par lui à des algues microscopiques ; mais d’où vient l’hydrogène,
- qui, d’autre part, est absorbé con-slamjment par l’ozone atmosphérique? D’après M. Gautier, il provient des roches primitives [profondes ; car ces ruches, chauffées à 300° dans son labo-ratoire, dégagent entre autres gaz de l’hydrogène. Même, les gaz émis ont la composition] des gaz volcaniques ; et il est conduit, d’une part, à une théorie des volcans, adoptée plus tard par Suess, et, d’autre part, à la division nécessaire des sources thermales en deux classes.
- Une simple é-tude d’hygiène a été étendue, peu à peu, pour a-boulir à des conceptions nouvelles sur la Physique du globe.
- Dans l’ensemble, le Dr Gautier a été plus qu’un grand chimiste : il a été un philosophe pénétrant qui a bien rapproché les phénomènes, et a émis sur eux des idées originales. Comme tous les vrais expérimentateurs, il s’est laissé guider surtout par les faits, ses principales découvertes étaient contraires aux théories régnantes. -
- Il avait l’amour profond de la Science, et il s’intéressait vivement à toutes les découvertes, même à celles faites en dehors de la Chimie. Ayant la foi avec un bel idéal, il était resté jusqu’à la fin jeune d’esprit et jeune de cœur. »
- Le Gérant . P. Masson. — Imprimerie Lahuhe, rue de Fleurus, 9. à Paris.
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- LA NATURE. — N» 2422.
- 4 SEPTEMBRE 1920
- LES AVIATEURS AUX HAUTES ALTITUDES
- et les expériences physiologiques de l’Institut aérotechnique.
- Quo non ascendant semble aujourd’hui la devise des techniciens et des pilotes de l’aviation française. Mais aux hautes altitudes, les évolutions de nos modernes Icares sont infiniment moins aisées que les intrigues de Fouquet à la cour du Grand Roi ou sous les frais ombrages du Château de Vaux ! Si le turbo-compresseur inventé par Bateau a permis de
- déterminent l’écoulement du sang hors de ses vaisseaux et il en résulte des troubles graves de l’organisme, susceptibles de provoquer rapidement la mort de l’intrépide aviateur.
- On conçoit donc l’intérêt pratique qui s’attache aux expériences physiologiques concernant la' vie des hommes aux hautes altitudes et les dangers
- Fig. i. — Le caisson pneumatique de VInstitut aérotechnique de Saint-Cyr pendant une expérience. Le physiologiste observe le sujet enfermé dans la chambre grâce à un hublot.
- L aide règle les soupapes par le volant à main et le mécanicien surveille la pompe.
- suppléer a la carburation insuffisante des moteurs dans les régions élevées de l’atmosphère, nos aviateurs s’y trouvent en présence de phénomènes physiologiques autrement difficiles à surmonter. Comme nos lecteurs le savent, en effet, au fur et à mesure qu’on s’élève de terre, la pression atmosphérique diminue et par conséquent la quantité d’oxygène renfermée dans un volume d’air identique devient plus faible. Un individu placé dans ces conditions d’ambiance, respire donc moins facilement qu’au niveau du sol. Il lui faut multiplier le nombre de ses inspirations pour fournir à ses poumons la quantité d’oxy-gène nécessaire, et, au cours de son élévation, il arrive un moment où l’accroissement de l’effort musculaire respiratoire ne peut plus compenser le déficit de l’oxygène contenu dans l’air. Des phénomènes asphyxiques
- 48’ Année — 2* Semesire
- qui les menacent au cours de leurs vols téméraires pour battre les records d’altitude! Aussi le capitaine Toussaint, actuellement directeur de l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr et le D1' Garsaux, directeur du service médical de la navigation aérienne, ont-ils imaginé un caisson pneumatique permettant de placer les pilotes dans des conditions identiques 'a celles où ils se trouvent quand ils volent.
- Déjà en 1875, Paul Bert avait réalisé une cloche pneumatique afin d’étudier les phénomènes qui se produisent dans l’organisme humain, lors des compressions et des décompressions barométriques. Dans sa chambre à air raréfié de la Sorbonne, le grand physiologiste se soumit à une décompression correspondant à Celle d’une altitude de 8000 m. sans inconvénients, grâce à des inhalations d’oxy-
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- gène. Mais cet engin ne répondait plus aux nécessites de l’aviation moderne.
- Au début, l’installation de Saint-Cyr, conçue en septembre 1917, avait seulement pour but d’étudier les appareils respiratoires destinés à faciliter la tâche de nos aviateurs. Par la suite, son champ d’action s’agrandit et on lui fit subir diverses modifications ou perfectionnements propres à obtenir une dépression rapide combinée à l’action du froid tout en renouvelant constamment l’atmosphère intérieure. Depuis cette époque, le D1 Garsaux et ses collaborateurs ont poursuivi à l’Institut aérotechnique de nombreuses études sur la manière dont se comporte l’organisme humain vis-à-vis de très fortes dépressions, de trè; basses tempéra-. lures, sous l’in-lluence de rapides variations de pression, etc.
- Le caisson servit, en outre, à des essais divers : variations du débit des pompes à essence des moteurs d’avions suivant la dépression, mesures de la vitesse de combustion du pul-vérin, etc.
- Actuellement on voit à l’Institut Aérotechnique, deux grands cylindres en tôle ; le premier de 5 ni. de longueur sur 5 m. de diamètre est en cours de montage; le second mesure 5 m. 60 de long sur 2 m. de diamètre. Ce dernier caisson, figuré ci-contre, servit seul jusqu’ici aux essais et expériences que nous allons relater. A côté de lui se trouve la pompe à vide système Burc-khardt et Weiss; qui, actionnée par un moteur électrique marchant à la vitesse de 200 tours, peut aspirer un volume de 5 me 2 par minute. La pompe, scellée sur socle en meulière et ciment, absorbe 6HP à son régime maximum; mais, à l’aide d’un rhéostat, on peut abaisser sa vitesse jusqu’à 80 tours par minute.
- Dans sa partie cylindrique, la chambre à dépression proprement dite se compose de plaques de rtôle rivées de 5 mm. d’épaisseur et aux extrémités, dans les parties planes., de panneaux également en tôle rivés mais d’épaisseur double. En outre, ces tôles se trouvent renforcées intérieurement, dans la partie cylindrique, par o cornières circulaires et à chaque bout par 2 fers en i. A l’une des extrémités du caisson* se monte la porte d’entrée sur des
- charnières dont les axes pivotent dans des trous ovalisés afin de reposer plus parfaitement sur leurs points d’appuis. D’autre part, une bande de caoutchouc épousant le pourtour de la porte permet à celle-ci de s’appliquer très hermétiquement sur le panneau du caisson. En outre, une fois la porte fermée, 4 traverses en fer boulonnées sur elle viennent compléter son étanchéité.
- Sur chaque côté de la chambre pneumatique se trouvent 4 hublots de 25 cm de diamètre, disposés à la hauteur d’homme afin de permettre au physiologiste de surveiller ce qui se passe à l’intérieur au cours des expériences. Nous apercevons un de ces hublots sur la photographie. Il existe encore 2 soupapes réglables par des volants à main et permettant la rentrée de l’air dans la chambre à la vitesse voulue : l’unecommandée de l’intérieur, l’autre de l’extérieur. Enfin l’er-scmble du caisson repose hori-ï ôn laie ment sur un bâti en bois, et une couche de liège, aggloméré au brai de 10 cm d’épaisseur, l’en-veloppe complètement.
- A la chambre pneumatique, se trouvent annexés divers instruments, appareils et organes accessoires : d’abord à l’intérieur un baromètre de Fortin, un altimètre enregistreur et un manomètre Richard ; puis, au-dessus du rhéostat de commande de la pompe, se voit le tableau des signaux constitué par une série de lampes électriques de couleurs différentes dont l’allumage se commande du dedans du caisson. Le double de ce tableau est installé à l’intérieur afin de pouvoir contrôler le bon fonctionnement desdits signaux. En outre, un téléphone et une double sonnerie rendent possibles les communications du sujet avec le mécanicien chargé de surveiller la pompe. Quant aux appareils à froid, .ils comprennent un compresseur et un détendeur système Claude capable de fournir, à l’heure, environ 200 m3 d’air réfrigéré à 97°. L’abaissement de température dans le caisson s’obtient en laissant pénétrer l’air extérieur dans un récipient auxiliaire où il se mélange à l’air refroidi avant d’être aspiré dans la cloche pneumatique. Enfin 2 tubes d’oxygène comprimé de 540 litres chacun communiquent directement avec l’intérieur de cette dernière et
- Fig. 2. —Mesure .les pulsations à l'oscillomèlre Paclïon.
- L’instrument a été incliné pour montrer le cadran. En réalité il doit être placé horizontalement.
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- l’expérimentateur peut les ouvrir instantanément de l’extérieur au cas où l’une des personnes soumises aux essais se trouverait indisposée. D’autre part, comme la photographie permet de s’en rendre compte, plusieurs appareils respiratoires automatiques sont à la disposition des passagers ainsi qu’une bouteille de 540 litres d’oxygène pouvant s’ouvrir instantanément en cas d’urgence.
- Dans ce laboratoire pneumatique, M. Garsaux a
- malaise, la pression lui fut rendue petit à petit en 20 minutes, au bout desquelles il sortit de sa prison aussi dispos — ou presque — qu’il y était entré.
- Les essais physiologiques, poursuivis à l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr, permirent entre autres de s’assurer de la hauteur moyenne à laquelle les aviateurs peuvent se maintenir sans danger pour leur organisme et sans perdre de leurs aptitudes physiques. Cette altitude maxima varie naturel-
- Fig. 3.
- Aviateur muni du masque respiratoire automatique, en cours d'expériences dans le caisson pneumatique.
- A côté de sa main gauche, sc voient l’altimètre enregistreur et un manomètre Richard. Adossés à la table : le détendeur automatique relié au tube d’oxygène et au masque. Sur le panneau du.lond, le tableau des signaux constitué par une série de lampes électriques de couleurs différentes.
- exécu lé de nombreux es expériences. II y a travaille avec une dizaine d’aides ou de sujets à la fois et jusqu’à des dépressions de 8000 [à 9000 m. Et même récemment Jean Casale a pu « s’élever » ainsi théoriquement jusqu’à 12 000 m. Get aviateur s’enferma dans le caisson de l’Institut aérolechnique et on ramena progressivement la pression barométrique à 150 mm. de mercure. A partir de 4600 m. il commença à respirer de l’oxygène à l’aide du masque respiratoire automatique dont nous parlons plus bas. Le D1 Garsaux et le Dr Mathieu de Fossey l’observaient par un des hublots; en 47 minutes notre « as » exécutait son « ascension » sans le moindre
- lement selon les tempéraments, mais pour les hommes les plus résistants elle ne dépasse guère 6000 mètres, sauf exceptions, d’après les constatations expérimentales.
- Grâce au caisson pneumatique M. Garsaux put encore analyser les échanges respiratoires aux différentes altitudes et déterminer par suite l’altitude à laquelle l’inhalation d’oxygène dévient utile (5500 à 4000 m). Avec l’oscillomètre de Pachon, il y mesura la tension artérielle en montée et en descente, aux différentes altitudes, avec ou sans oxygène; il étudia également l’influence de la dépression sur la durée des réflexes psycho-moteurs, l’action de la
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- LE FLOTTAGE DES MINERAIS
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- dépression et de la recompression sur les oreilles, etc.
- Toutes ces expériences aboutirent à la mise au point des différents organes des appareils respiratoires automatiques mis en service dans les escadrilles alliées peu avant l’armistice, pour les vols à hautes altitudes : Détendeur automatique, capsule barométrique, réservoirs à gaz, masques, etc., dont nous rappellerons, en quelques mots, les caractéristiques principales.
- Le détendeur à membranes comprend un réservoir cylindrique en aluminium étanche divisé en 2 pompartimenls : le compartiment inférieur ou de détente proprement dite dont un jeu de leviers ouvre et ferme l’orifice d’admission du gaz à haute pression par l’intermédiaire d’un pointeau. Quant au compartiment supérieur, il renferme un ressort régulateur de la pression du compartiment de détente. Sous l’action de la poussée du gaz à haute pression, le pointeau s’ouvre et le gaz pénètre dans le compartiment inférieur du détendeur où s’établit une pression d’environ 170 grammes par suite de l’action de la membrane et des leviers qui commandent le pointeau.
- Le détendeur, solidaire du réservoir d'oxygène, se dispose à n’importe'quel endroit de la carlingue ou du fuselage selon les types d’avions.
- La’ capsule barométrique, amovible et interchangeable, est un petit réservoir d’air à la pression atmosphérique normale constitué par une calotte et une face mobile en cuivre. Une soupape permet d’équilibrer la pression atmosphérique au sol. Le débit de l’appareil respiratoire commence à l’altitude de 3500 m (55 litres à l’heure pour un pas-
- sager) et augmente progressivement jusqu’à 150 1. à l'heure à 8000 in. Quant’ au masque adopté par l’aéronautique militaire française en 1918, il se compose d’une petite calotte en aluminium,.dont les contours munis d’une bordure én caoutchouc épousent la partie infériéure du nez et le pourtour de la bouche. À la partie inférieure, se trouve ménagé un orifice de 2 cm de diamètre par lequel s’opère la respiration normale et par où s’écoule la vapeur d’eau de condensation. Un tuyau d’aluminium prolonge cet orifice et maintient l’intérieur du masque à l’abri des courants d’air. L’arrivée de l’oxygène à l’intérieur de l’appareil se fait par l’intermédiaire d’une petite tubulure en cuivre percée de trous et qui diffuse le gaz de chaque côté des narines. D’autre part, le masque se fixe à l’aide d’élastiques comme des lunettes.
- On le voit par celle énumération, fort écourtée du reste, le caisson pneumatique de S.iint-Cyr a déjà apporté de très intéressantes contributions aux progrès de la physiologie aéronautique. Ses dimensions ont facilité des expériences presque irréalisables antérieurement et nécessitant la présence simultanée de plusieurs personnes dans l’air raréfié et réfrigéré. De même, le fort débit de la pompe permet de laisser constamment ouverte une des vannes d’admission de l’air en sorte que celui-ci se renouvelle constamment tout en se maintenant au degré de raréfaction voulue. Nul doute que la nouvelle chambre en cours de montage et dont les dimensions seront encore plus imposantes ne rende possible l’accès d’altitudes inconnues jusqu’ici aux plus audacieux de nos pilotes! Jacques Boyer.
- LE FLOTTAGE DES MINERAIS
- Lorsqu’on dépose à la surface de l’eau des particules bien sèches d’un minerai finement broyé, certaines d’entre elles s’enfoncent immédiatement : d’autres au contraire flottent plus ou moins longtemps. Celles qui coulent immédiatement sont les particules de gangues non. métalliques ; celles qui ilottent le plus longtemps sont exclusivement des particules de sulfures.
- Cette constatation, d’apparence si simple, a servi de point de. départ à une méthode relativement récente pour la séparation et la concentration des minerais métalliques. Cette méthode, qui a reçu le nom de flottage des minerais, s’est ràpideméni développée en cès dernières années, et a donné naissance pratiquement, à de nombreux procédés. Elle a pris une importance économique considérable : elle a permis en effet, de traiter des minerais jusque là inexploitables, par suite de leur trop faible concentration ; elle a permis également'd’épuiser des résidus dont les méthodes, jusqu’alors en usage, n’âvaient pu extraire qu’une fraction du métal. Certaines mines qu’il aurait fallù-abandonner ont pu,
- grâce à elles, continuer à vivre. D’autres lui doivent leur prospérité. j
- Le flottage ne s’applique qu’aux minerais se présentant sous forme de sulfures ; c’est-à-dire qu’il intéresse surtout les industries du zinc, du cuivre, du plomb, de l’argent et de l’or.
- On jugera de son énorme développement par les chiffres suivants ! On a traité par flottage :
- en 4914 : 5000 000 tonnes de minerais,
- en-4915 : 5500000 ç —
- en 4916 : 13000000 V —
- en 4918 : 50000000 —
- en 4919 : 60 000000 —
- Nous nous proposons de résumer, dans ce qui suit, les caractéristiques physiques essentielles des méthodes de flottage et de donner quelques indications sur les procédés aujourd’hui en usage, d’après deux savantes études d’ensemble qui viennent d’être publiées par M. F. Bronckart dans la Revue Universelle des Mines et dans la Revue Générale des Stiehces.
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- LE FLOTTAGE DES MINERAIS
- Principe de la méthode de flottage. —
- Revenons à l’expérience simple que nous signalions au début de cet article : par quelles causes expliquer que certaines particules flottent plus longtemps que d’autres : il intervient là évidemment des phénomènes de tension superficielle : toute particule soumise au flottage subit l’action de deux forces de sens contraire : d’une part, son poids qui tend à la faire couler et qui est proportionnel au cube de son diamèlre ; d’autre part, la tension superficielle du liquide qui tend à la faire flotter, et dont l’action est proportionnelle au carré du diamètre de la particule.
- Une particule d’un diamètre un peu grand ne pourra flotter ; mais si le diamètre diminue, la force qui tend à la faire couler diminue pins vite que celle qui tend à la faire flotter, et l’on conçoit que le flottage devienne possible pour un diamètre suffisamment petit. Ceci explique donc que le flottage exige des particules finement broyées.
- Mais pourquoi, parmi des particules également fines les unes flottent-elles, alors que les autres coulent à fond? C’est, dit M. Bronckart, parce que les premières ne sont pas mouillées par l’eau, tandis que les dernières le sont. Autrement dit la couche de contact de la particule avec Beau est convexe dans le premier cas, concave dans le second. L’eau ne mouille pas les sulfures, et mouille les gangues.
- C’est ainsi qu’un fil de cuivre assez mince, recouvert d’une pellicule de sulfure peut flotter. Il pourra flotter également s’il est recouvert d’une mince pellicule de graisse, tandis qu’il coule s’il est parfaitement propre, ou recouvert d’une pellicule d’oxyde.
- L’huile n’est pas mouillée par l’eau ; d’autre part,
- Chambre d'opération
- Pulpe
- de minerai
- Procédé Elmore.
- elle exerce une action sélective particulièrement marquée pour les particules de sulfure; si des bulles d’huile et des particules de minerai sont en
- suspension dans l’eau, les bulles d’huile se portent sur les particules de sulfure, les enrobent, empêchent
- Fig. i.
- Procédé Potter.
- l’eau de les mouiller et les entraînent avec elles à la surface.
- De plus, l’huile permet la formation d’une mousse persistante à la surface du liquide, qui facilite la séparation du minerai.
- C’est l’emploi de l’huile qui a permis de réaliser le premier procédé industriel de lloLtage, le procédé Elmore. Il est curieux de constater que la découverte de l’action sélective de l’huile sur les sulfures a été le fait du hasard. C’est fortuitement que F. Elmore l’observa en 1898, alors qu’il était employé dans un atelier de traitement de minerais pauvres de cuivre à Glasdir (pays de Galles).
- Cette observation fut le point de départ de longues recherches et d’une laborieuse mise au point qui aboutit en 1907 à un procédé industriel connu sous le nom de Vacuum flotalion Process.
- Il n’y a pas que l'huile qui favorise le flottage des particules de sulfure ; les bulles gazeuses ont des propriétés analogues ; elles se portent principalement sur les particules de sulfures, y adhèrent si elles sont suffisamment nombreuses, les entraînent avec elles à la surface où elles se rassemblent en écume. Il semble que ce ne soit pas seulement la puissance ascensionnelle des bulles d’air qui intervienne, car le flottage paraît plus efficace si la particule de sulfure est complètement entourée de petites bulles d’air que si elle est supportée par des bulles plus grosses, d’un volume total plus grand que celui des petites bulles; Les procédés qui recourent aux bulles gazeuses s’efforceront, donc de produire une mousse constituée par une très grande quantité de très petites bulles de gaz. On leur donne naissance en faisant agir des acides sur des sels.
- Les procédés de flottage industriellement réalisés utilisent des combinaisons de ces diverses propriétés. On conçoit qu’ils soient assez nombreux. Ils ont été mis au point d’une façon purement empirique; et qui du reste a été fort laborieuse. On comprend aisément l’intérêt qu’il y aurait pour faciliter le développement et les applications si fécondes du flottage à étudier scientifiquement les éléments,
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- ISO ----------::. ... LE FLOTTAGE DES MINERAIS
- fort nombreux et assez mal connus qui y interviennent, et qui jusqu’ici n’ont que bien peu tenté la curiosité des savants.
- A ce point de vue, nous croyons utile de rappeler les belles études de Perrin, de Devaux, de Dauzèrc. sur les divers phénomènes nés de la tension superficielle, sur l’épaisseur des lames d’huile, etc. Il n’y a qu’un pas à franchir pour faire passer ces remarquables travaux du domaine de la pure recherche scientifique à celui des applications pratiques.
- Signalons enfin la curieuse théorie électrostatique du flottage proposée par M. Callow en 1915. Toute substance mélangée à l’eau ou à d’autres liquides prend une charge électrique. Or, selon M. Callow, les particules susceptibles de flotter prennent une charge positive ; celles qui tombent au fond prennent une charge négalivè, enfin la masse agglomérée par l’huile prend une charge négative et par suite elle attire les particules flottables qui sont positives et repousse au fond les particules négatives.
- > Les divers procédés deflottage. —M. Bronc-kart les classe en quatre catégories :
- A) Flottage par les moyens purement mécaniques.
- — C’est le procédé Mac Quisten : il ne fait intervenir ni huile, ni acide; le liquide qui contient les sulfures est mis en mouvement mécaniquement, les sulfures montent d’eux-mèmes à la surface, tandis que les stériles tombent au fond. On est assez embarrassé pour expliquer le phénomène singulier qui assure dans ce cas le lloLtage. Mais le procédé a reçu des applications et est en usage.
- Le procédé Wood peut rentrer également dans cette classe. 11 ne s’applique qu’aux minerais secs. La matière finement broyée est déposée délicatement à la surface d’une nappe d’èau courante.
- Les sulfures flottent un instant à la surface ; les autres matières tombent directement au fond. On enlève la pellicule de sulfure pendant le court instant du flottage.
- B) Flottage par l'intervention de bulles gazeuses, d’acide, d’huile. — 1° Procédés utilisant les bulles gazeuses sans intervention d'huile; les bulles gazeuses sont produites par l'acliond' acideset de sels. — Dans cette catégorie rentrent le procédé Potier, le procédé Delprat et le procédé de Baray. Les deux premiers diffèrent très peu. La pulpe arrive dans le haut d’une cuve conique en bois recouverte de plomb; des tuyaux de fer amènent au fond de l’appareil une solution d’acide sulfurique à 2 ou 3 pour 100. On chauffe à 80° C. Dos bulles d’air et de gaz se dégagent dans la masse, viennent former une écume à la surface ; finalement elles débordent en entraînant les sulfures (fig. 1).
- Avec le procédé de Bavay, on produit le flottage par des bulles d’acide carbonique.
- 2° Précédés utilisant les huiles et les bulles d'air. — Procédé de flottage pneumatique Callow.
- — Les bulles d’air qui, avec les bulles d’huile, se fixeront sur les sulfures pour les faire flotter, sont
- produites par injection d’air sous pression a la base de l’appareil.
- Dans un mélangeur, on procède tout d’abord au mélange de la pulpe de minerai à traiter avec l’eau et l’huile. Ce mélange est amené à un premier groupe dégrossisseur de 4 bacs de flottage, puis à un groupe finisseur, identique, du reste, au précédent.
- Chaque bac est constitué par une cuve à fond incliné et est divisé en 8 compartiments de section triangulaire, fermés intérieurement par une cloison en tissu grossier perméable à l’air. Au centre de chacun de ces compartiments débouche un tuyau muni d’un robinet qui amène l’air comprimé venant d’un ventilateur; la pression de l’air est d’environ 0,3 kg. par cm2 au-dessus de la pression atmosphérique; les tuyaux sont branchés sur une conduite centrale. Le robinet permet l’arrivée de l’air dans chaque compartiment. La cloison en tissu que l’air est forcé de traverser détermine la naissance des petites bulles d’air nécessaires au flottage. Les stériles tombent au fond du bac et sont rejetés. L’écume est amenée au bac finisseur où la même opération recommence. Les stériles de ce bac contiennent encore un peu de sulfure et sont ramenées au mélange initial. Les écumes sont décantées dans une cuve de dépôt. L’huile est récupérée. Les produits concentrés, après filtrage et séchage, peuvent être vendus.
- Le système Callow, dont les débuts remontent à 1914, a donné de très bons résultats et s’est rapidement répandu.
- 3° Procédés utilisant les huiles et les bulles gazeuses produites par l'action d'un acide. — Le procédé Elmore peut rentrer dans cette catégorie, quoiqu’il soit pratiqué également sans acide. L’acide accroît l’action sélective de l’huile pour les sulfures et augmente le nombre des bulles gazeuses. L’ascension des particules de sulfure enrobées d’huile et de bulles gazeuses est provoquée par une dépression créée à la surface du liquide.
- Le minerai, finement broyé et délayé avec la quantité d’eau nécessaire, est amené dans un mélangeur, cylindre horizontal dans lequel un arbre armé de palettes tourne : 30 ou 40 tours par seconde ; là, il est additionné d’huile et trituré de façon que l’huile se soit entièrement emparée des particules de sulfures lorsque le mélange arrive à la sortie de l’appareil. Là il est de nouveau délayé. Puis il s’élève, par un tuyau de 8 à 10 mètres de long, jusqu’à la chambre d’opération, dans laquelle une pompe à air produit la dépression nécessaire pour favoriser l’ascension des bulles. Cette chambre est conique ; 4 râteaux, tournant lentement, raclent continuellement les matières qui se déposent sur le fond, remettant ainsi en mouvement les stériles et les particules huileuses qui pourraient y rester englobées.
- Les stériles s’échappent par un tuyau débouchant en un point de la circonférence du fond et ayant un diamètre plus petit que celui de la con-
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- LE FLOTTAGE DES MINERAIS
- duite d’amenée du mélange. Les écumes huileuses riches s’élèvent dans la masse et s’échappent par deux ouvertures pratiquées sur le sommet de l’appareil en deux points diamétralement opposés.
- Les deux conduites qui évacuent les stériles et les concentrés plongent dans l’eau contenue dans les cuves réceptrices, et comme ces conduites ont une plus grande longueur verticale (1 mètre de plus environ) que le tuyau d’amenée de la pulpe, la montée de celle-ci dans la chambre d’opération s’effectue automatiquement, en vertu du principe du siphon.
- 5° Procédé utilisant les huiles, les acides et une agitation mécanie^ue. — Le principe de la méthode employée ne diffère pas essentiellement de celui des appareils précédents. Le mélange renfermant les particules minérales est, pour favoriser le flottage, brassé par un agitateur mécanique. Notons,
- 151
- sélective de l’huile d’adhérer aux substances métalliques, à l’exclusion de la gangue et des stériles.
- Cette méthode toute récente, et qui paraît pleine de promesses, s’applique non seulement aux sulfures, mais encore aux oxydes et aux carbonates. Elle semble donc plus générale que les méthodes de flottage précédemment décrites. Elle permet aussi de traiter le minerai en particules bien plus grosses; les épaisseurs variant de 1/2 à 5 millimètres sont les plus convenables.
- Le principe de la méthode est le suivant : on ajoute de la magnétite au minerai à traiter; on utilise l’action sélective de l’huile pour les éléments minéralisés ; elle forme avec ceux-ci des globules renfermant l’élément à séparer. On utilise ensuite la perméabilité magnétique delà magnétite contenue dans les globules pour les' attirer au moyen d’un électro-aimant et les séparer ainsi d’avec lés stériles.
- Air comprimé
- Fig. 3. — Procédé pneumatique Callow.
- dans cette classe, l’existence des procédés suivants : llyde, Howard,
- Standart.
- C. Flottage par préférence. —
- Les procédés ci-dessus réalisent uniquement la séparation de la gangue, d une part, et des sulfures, d’autre part. Des procédés plus récents sont parvenus, au moyen de certains artifices, à séparer entre eux les différentes espèces de sulfures.
- Après un premier flottage, qui a isolé l’ensemble des sulfures, on agit sur ceux-ci par solutions chimiques ou par grillage à température convenablement choisie, de façon à transformer partie des sulfures en sulfates ou autre combinaison. On sépare par flottage. Par une série d’opérations de ce genre, on arrive à une séparation complète des sulfures entre eux.
- Signalons, dans cette catégorie, le procédé Hor-wood, qui sépare le sulfure de zinc des sulfures de plomb et d’argent.
- Signalons aussi la méthode « par contrôle » de Nutter et Lawers, qui consiste, pendant le flottage, à faire varier certains des facteurs qui influent sur le flottage, afin d’accroître la différence des tendances au flottage des différents sulfures traités.
- D. Méthode Muret. — Ce n’est plus, à proprement parler, un procédé de flottage, mais un procédé de séparation des minerais utilisant la propriété
- Si le produit enrichi ne contient qu’un minerai utile, la séparation est effectuée du premier coup. Sinon, il faut ne laisser qu’un des éléments utiles se réunir à la magnétite et faire passer les autres dans le stérile, puis reprendre celui-ci et, par une série d’opérations successives, séparer d’une façon analogue les deux éléments utiles Ce résultat s’obtient en diminuant, par l’action d’une solution diluée de sels alcalins et d’ammoniaque, l’action adhésive de l’huile pour les minéraux ; la diminution doit être calculée de telle sorte que seul l’élément minéral, pour lequel l’huile présente la plus grande action adhésive, reste englobé. M. Dronckart cite quatre applications déjà réalisées de la méthode Muret, Ce qui vient d’être dit suffit à faire saisir l’intérêt de ces diverses méthodes, remarquables par leur souplesse et la simplicité des moyens mis en oeuvre. Elles ont toutes l’avantage de substituer aux traitements chimiques des procédés purement physiques.
- A. Dkssol.
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- LES CANONS A LONGUE PORTÉE
- I. — Le canon allemand. — Le 23 mars 1918, à 7 h. 15, les Parisiens, habitués aux bombardements par avions, devenus de plus en plus fréquents, entendaient sans trop de surprise ni d’émoi l’éclatement d’un projectile, particulièrement bruyant. Ils s’étonnaient ~ seulement d’un bombardement aussi matinal, qu’aucune alerte n’avait annoncé, et cherchaient en vain dans le ciel l’auteur de l’attentat, qui avait dû, sans doute à la faveur de la brume et d’une très haute altitude, échapper à nos postes de surveillance. Chacun gagna sa cave avec résignation en attendant le départ de l’importun. Mais toute la matinée, les explosions se succédèrent régulièrement à 15 minutes d’intervalle, sans qu’on pût apercevoir le moindre avion.
- Cet extraordinaire bombardement jeta, bien entendu, le plus vif émoi dans les sphères officielles. Les armées, interrogées avec quelque vivacité, ne purent que répondre qu’elles n’avaient pas aperçu d’avions ennemis franchissant les lignes. Les escadrilles d’avions de la défense de Paris prirent l’air à la recherche des mystérieux bombardiers. On n’a sans doute point perdu le souve-
- l’avance ennemie, les lignes étaient encore à plus de 100 kilomètres de la capitale et les techniciens démontraient qu’en vertu des lois de la balistique, il était purement absurde de supposer à un canon une semblable portée. Mais à la fin de la journée devant la régularité des coups et après étude des éclats de projectiles, il fallut se rendre à l’évidence. Paris était canonné. Les services de repérage au son eurent, au surplus, vite fait de situer les pièces qui tiraient ainsi et l’on put se rendre compte que leur portée étajt de 110 kilomètres.
- Le bombardement, dépourvu du reste de toute utilité militaire, se continua le 24 mars, se ralentit le 25, cessa jusqu'au 29 pour reprendre avec vivacité le 50 mars. Il se poursuivit ainsi avec divers intervalles d’accalmie jusqu’au 9 août. L’offensive libératrice de Picardie, en délivra la capitale. Elle avait reçu, pendant ce laps de temps, 183 projectiles ; en outre, 120 étaient tombés en banlieue. Le nombre des victimes, presque toutes civiles, s’élevait à 256 tués, 620 blessés.
- Au cours de notre avance, après la défaite allemande, nous découvrîmes les divers emplacements des « Berthas », mais vides de leurs pièces.
- Fig. i. — Carte des points de chute des i83 obus tombés dans Paris pendant les 44 jours de bombardement par la Beriha.
- Culasse
- Fig. 2. —Le canon qui bombardait Paris. — Vue d’ensemble et coupe à échelle agrandie.
- nir du premier communiqué, annonçant que nos aviateurs prenaient en chasse les aviateurs enner mis.
- Quelques esprits imaginatifs émettaient l’hypothèse d’un bom.bardémentpar canons ‘.mais, malgré
- Depuis lors, il a régné toujours un certain mystère sur ces canons, dont aucun jusqu’ici n’a été à notre connaissance livré aux Alliés.
- Ce mystère vient d’être dissipé par le colonel Hc W. Miller de l’armée américaine dans une corn-
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- LES CANONS A LONGUE PORTÉE
- raunication îaitekYAmérican Society of Mechanical Engineers.
- Nous en extrayons les renseignements qui suivent :
- Les « Berthas » étaient des canons de 210mm de calibre; le tube de l’un d’entre eux, après usure, avait été recalibré à 24ü millimètres. Les Allemands en possédaient 7 au moment de l’armistice, 5 autres étaient en construction aux ateliers Skoda à Pilsen.
- Toutes ces pièces n’étaient autre chose que des canons de marine, hors d’usage et transformés ; le calibre du canon primitif était de 380 millimètres, et son tube mesurait 17 m. 1 de long.
- Ce canon, de dimensions déjà respectables, est devenu un géant mesurant 56 mètres de long, voici de quelle façon.
- À l’intérieur du tube de 580 millimètres, convenablement alésé, a été engagé à force un tube de 210 millimètres, de diamètre intérieur plus long que le tube primitif et sortant de celui-ci d’une lon-
- Fig. 4.'— LaBertha. — Le berceau, les tourillons cl les contrepoids.
- gueur de 12 m. 90; sur cette partie en saillie était frettée une enveloppe qui s’emmanchait d’autre part sur la frette avant de l'ancien canon.
- De plus, le long tube ainsi constitué, se prolonge par un tube de 6 mètres de long, fixé au moyen d’un pas de vis interrompu, et de fortes brides à boulons extérieurs. Le tube final constitue donc un ensemble de deux parties démontables.
- La première est rayée à un pas uniforme sur toute sa longueur, la seconde de 6 mètres de long est lisse, et son diamètre est un peu plus grand ; il est de 210 millimètres, plus deux fois la profondeur des rayures.
- Pour le transport du canon, les deux parties étaient séparées, et le montage ne se faisait qu’à l'emplacement de batterie. On n’y touchait plus jusqu’à ce que le canon soit usé. La pièce pouvait tirer 50 coups, après quoi elle était réalésée à 240 milllimètres ; elle pouvait ensuite l’être encore une fois à 260 millimètres.
- La pièce de marine primitive pesait 60 195 ki-
- Frein
- hydrauh'cji
- Fig. 3. — Vue en plan du berceau, des freins et du récupérateur de la Bertha.
- logrammes. La pièce transformée pesait plus do 144000 kilogrammes.
- La culasse du canon était restée celle du canon primitif de 580, sans modification. Le projectile était tiré avec une vitesse initiale de 1500 à 1600 mètres par seconde, et sous un angle de 55°. .
- On démontre en balistique que la portée maxima d’une arme à feu, tirant dans le vide, s’obtient, toutes choses égales d’ailleurs, en prenant un angle de tir de 45°. Mais cette théorie néglige la résistance de l’air qui exerce sur un projectile animé d’une pareille vitesse une puissante action de freinage. Ou conçoit que pour diminuer celle-ci, et par suite augmenter la portée réelle, il y ait avantage à faire gagner au projectile, le plus rapidement possible les hautes régions de l’atmosphère, où l’air raréfié n’oppose plus qu’une faible résistance à son mouvement. En fait le projectile de la Bertha, au sommet de sa trajectoire, atteignait une altitude qui n’était pas inférieure à 58 kilomètres. Jamais encore engin humain n’avait exploré ces zones reculées de notre atmosphère. L’obus à son point de chute avait une vitesse d’environ 700 m. par seconde ; son parcours durait environ 3 minutes.
- Donnons maintenant quelques détails sur le mécanisme de la pièce.
- Le canon coulisse à l’inte'rieur d’un berceau. Ce berceau est un fort cylindre,-de 10 à 13. centimètres d’épaisseur, muni de nervures; le canon lui est relié par un système de deux freins hydrau-
- Canon
- Chaîne
- ig. 5. — La Bertha, — Vue en élévation du mécanisme de pointage en hauteur.
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- LES CANONS A LONGUE PORTÉE
- Fig. 6. — La Berlha. — Vue en plan du mécanisme de pointage en hauteur.
- liques qui limitent le recul, et par un récupérateur pneumatique et à ressort qui ramène le tube en batterie. Le berceau repose sur l’affût par deux tourillons de 46 centimètres de diamètre et de 55,5 cm de long.
- Un contrepoids en 2 pièces est fixé au sommet du berceau. Il est visible , i;,_ /
- sur la figure 5. Il facilite les . \ ; .
- mouvements du canon au cours du ...
- pointage en hauteur. Celui-ci est assuré par le mécanisme suivant: contre chacune des flasques de l’affût sont disposées les crémaillères mobiles A, reliées au berceau par les bielles B.
- Les crémaillères reçoivent leur mouvement de translation des pignons C; on voit que le déplacement de la crémaillère entraîne la rotation du berceau autour de ses tourillons.
- Le mouvement des' pignons C leur est communiqué par des chaînes ma-nœuvrées à la main (fig. 6) qui font tourner l’arbre D, entraînent l’engrenage conique E, et par lui l’arbre B qui commande les pignons. Le double jeu d’engrenages H, I, conjointement avec 1’,embrayage K, permet d’obtenir à volonté 2 vitesses de manœuvre.
- Les déplacements de la pièce ne s’opéraient, bien entendu, que par voie ferrée. A cet effet la pièce sur son affût était portée par deux trucks spéciaux.
- Pour le tir, on l’amenait sur une position de bat-
- Ceinture de cuivre
- terie soigneusement préparée à l’avance; une semblable position comporte une plateforme fixe sur laquelle est montée une plateforme métallique, tournant autour d’un axe vertical. L’affût est fixé d’une façon rigide sur celle plateforme tournante, de sorte que le canon ne peut se déplacer par rapport à elle que dans un plan vertical, pour donner l’angle de tir. Le pointage en direction s’opère en faisant tourner la plateforme.
- Le projectile que liraient les Berthas est représenté sur la figure 8. Il pèse 120 kilogrammes; il est en 2 parties, une partie cylindrique formant le projectile proprement dit, et une coiffe ogivale destinée à lui donner une forme de bonne pénétration. La charge explosive y est séparée en deux chambres par un diaphragme perforé portant une
- Fig. 7 après
- Fig. 8. — Le projectile à longue portée qui bombardait Paris. — Vue en coupe et en plan.
- — La Berlha. — Le canon de 38o qui est devenu transjormation canon de no kilom. de portée.
- fusée; une autre fusée est fixée à l’arrière du projectile. A l’extérieur l’obus porte deux ceintures de cuivre, à l’avant de chacune de ces ceintures, l’obus porte un renflement, rayé à l’avance sur une longueur de 70 millimètres. Les ceintures de cuivre ne servent qu’à assurer l’obturation de la chambre d’explosion; aux vitesses dont le projectile est animé, le cuivre n’est pas assez résistant pour prendre les rayures de l’àme.
- 11 faut reconnaître que ces projectiles étaient d’excellente qualité ; car on n’eut l’occasion d’observer aucun raté au point de chute.
- II. Les précurseurs. La riposte. — Aussitôt que la certitude fut acquise de l’existence du canon allemand à longue portée, on se souvint que celui-ci ne constituait pas, à vrai dire, une nouveauté et que des engins analogues avaient été déjà proposés, notamment en France et en Angleterre. Des expériences avaient même été faites, bien des années auparavant, au polygone de Gàvres. On n’y avait pas donné suite, parce qu’on n’apercevait pas l’utilité militaire d’un semblable canon, coûteux et peu maniable, ne pouvant offrir aucune précision dans
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- L’INDUSTRIE FRANÇAISE DE LA SOIE ET LA SÉRICICULTURE COLONIALE 155
- le tir, et au surplus ne permettant pas l’observation des coups. A vrai dire, ces objections ne paraissent pas avoir perdu de leur valeur, et l’on cherche en vain le résultat militaire obtenu par les « Berthas » allemandes.
- Quoi qu’il en soit, il convient de rappeler qu’en 1892, M. Alfred Noble construisit un canon de 6 pouces (150 millimètres de calibre) et d’une longueur égale à 100 calibres, qui imprimait à son projectile une vitesse initiale de 1100 mètres. A la même époque, la France construisait un canon de 80, d’une longueur de 80 calibres qui avait la même vitesse initiale.
- Nous pouvons ajouter que les Alliés, surpris d’abord par le bombardement à longue portée, passèrent immédiatement à la riposte, et étudièrent des canons de portée au moins égale, qui sans doute eussent été mis en service à titre de représailles, si l’armistice n’était venu les ren- Fig. q. dre inutiles. bu obus Schilowski.
- 111. — L'obus Schilowski. —-A la même époque, un inventeur russe, M. Schilowski, étudiait au Service des Inventions un obus muni d’un dispositif destiné à en augmenter considérablement la portée. Le public fut mis au courant de ces recherches par des indiscrétions ; mais le dispositif lui-même resta secret. Le brevet venant d’en être publié en Angleterre, il n’y a plus d’inconvénient à en indiquer le principe.
- Il s’appuie sur ce phénomène physique bien connu que la résistance de l’air diminue lorsque la température s’élève. L’avant de l’obus est muni d’une chambre contenant une charge combustible qui s’enflamme pendant le trajet du projectile, et dégage des gaz chauds qui élèvent la température de l’air en avant de celui-ci. L’obus effectue ainsi une sorte d’auto-lubrification qui diminue l’énergie absorbée par les frottements et par suite rapproche la trajectoire de la trajectoire théorique dans le vide.
- Les dessins que nous reproduisons ci-contre, d’après le Génie civil, représentent diverses formes d’exécution de cet obus.
- Sur la figure 9, le combustible B est contenu dans une chambre C séparée du corps de l’obus par une paroi isolante F ; le combustible s’enflamme sous l’action de la fusée à inertie D et les gaz chauds se dégagent par l’orifice E.
- Sur la fig. 10, l’obus présente Autre modèle. une extension B en forme de col, Schifowski. dans ieqUei est monté un tube A rempli d’un combustible C, du phosphore rouge par exemple, disposé autour d’un noyau D qui peut être un composé alumino-thermique. La fusée F, dont le fonctionnement peut être différé à volonté par la charge retardatrice E, provoque l’allumage de la charge combustible.
- R. Villers.
- 'Fig. ro.
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE DE LA SOIE ET LA SÉRICICULTURE COLONIALE f)
- La situation de l’industrie française de la soie est aujourd’hui caractérisée : 1° par la décadence de notre sériciculture qui semble être irrémédiable vu le prix élevé de la main-d’œuvre nationale; 2° par l’état de stagnation de notre filature que pourrait sans doute faire cesser l’importation de cocons coloniaux, ceux du Maroc par exemple ; 5° par l’importance considérable prise par le Japon et les Etats-Unis sur le marché mondial de la soie; 4“ par une diminution des quantités de matières premières mises à la disposition des fabriques.
- I. Production mondiale de là soie grège. — La soie grège étant produite directement par la filature, c’est-à-dire par le dévidage du cocon, elle constitue la véritable matière première du tissage des soieries. A ce titre, les conditions économiques de son obtention ont une influence directe sur toutes les transactions relatives à la soie.
- Les statistiques (2) suivantes résument la marche de sa production dans le monde de 1870 à 1914 :
- 1. Voir La Nature, n° 2411, 19 juin 1920.
- 2. Syndicat de l’Union des marchands de soie de Lyon. Statistique de la production de la soie, 1917.
- Moyennes quadriennales de la production de la soie grège (en kgs).
- Europe Levant et Extrême-Années. occidentale. Asie centrale. Orient. Total
- 1871-1875 5.676.000 676.000 5.194.000 9.546.000
- 1876-1880 2.475.000 639,000 5.740.000' 8.854.000
- 1881-1885 5.630.000 700.000 5.108.000 9.438.000
- 1886-1890 4.340.000 738.000 6.522.000 11.600.000
- 1891-1895 5.518.000 1.107.000 8.670.000 15.295.000
- 1896-1900 5.220.000 1.552.000 10.281.000 17.053.000
- 1901-1905 5.312.000 2.304.000 11.476.000 19.092,000
- 1906-1910 5.459.000 2.836.000 14.917.000 23.212.000
- 1911-1914 4.619.000 2.419.000 18.076.000 25.114.000
- La lecture de ces chiffres montre combien est considérable le rôle de l’Extrême-Orient dans la production de la soie grège. Parmi les pays- exportateurs de cette région, c’est le Japon qui occupe la première place.
- En 1913 la production a passé par sa valeur maximum en atteignant le chiffre total de 27 520 000 kg. Depuis, elle se maintient en dessous de ce chiffre : 23 665000 kg pour 1915, 26 765 000 kg pour 1917, 25 491 000 kg pour 1918, 23 955 000 kg pour 1919. Les chiffres correspon-
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- 156 L’INDUSTRIE FRANÇAISE DE LA SOIE ET LA SÉRICICULTURE COLONIALE
- dants sont pour le Japon : 10156 000 kg, 15 445 000 kg, 14 655 000 kg, 14600 000 kg. Il faut, pour préciser, dire que de façon générale les documents relatifs à l’Extrême-Orient, dans ce genre de statistiques, ont trait à l’importation et non à la production véritable qu’il est à peu près impossible d’évaluer.
- Cette réserve faite, le tableau ci-dessous peut être considéré comme traduisant le détail de la production de la soie grège au cours des trois dernières années :
- Pays. 1917 1918 1919
- France.......... 205.000 240.000 185.000
- Italie......... 2.820.000 2.695.000 1.185.000
- Espagne.......... 70.000 75.000 70.000
- Autriche......... 85.000 85.000 75.000
- Hongrie.......... 65.000 65.000 50.000
- Total. ...... 5,245.000 5.160.000 2.250.000
- Levant et Asie centrale. 1.040.000 1.040,000 800.000
- Chine--(Shanghaï). . . 4.580.000 4.871.000 5.900.000
- Chine (Canton). . . . 2.345.000 1.650000 2.300000
- Japon.......... 15.445.000 14.655.000 14.600.000
- Indes........... 105.000 110.000 100.000
- Indo-Chine....... 5.000 5.000 5.000
- Total............... 22.480.000 21.291.900 20.905.000
- Total général. . . . 26.765.000 25.431.000 23.955.000
- En ce qui concerne la consommation européenne la diminution passagère du rendement général de la sériciculture (4) est aggravée, ainsi que nous allons le voir, par la concurrence américaine.
- II. L’influence du Japon et des Etats-Unis sur le marché des soies. — Les Etats-Unis augmentent considérablement leurs achats sur les marchés de Shanghaï, de Canton et du Japon. On a noté, au cours de l’année 1919, qu’ils ont reçu pendant les six derniers mois de cette période deux fois plus de soie chinoise que la France. A Yokohama les exportations sur l’Amérique sont plus, de trois fois plus importantes que celles sur l'Europe. Les spéculateurs américains, fortement unis, s’efforcent d’attirer le marché soyeux de cette ville de l’autre côté du Pacifique.
- Cette espèce de monopolisation des soies d’Extrême-Orient, est une des causes de la hausse des prix des articles de soie qui sont d’ailleurs demandés avec une telle frénésie que les réserves de tissus ne peuvent être reconstituées.
- Les statistiques suivantes montrent l’allure générale de notre commerce d’importation de soie grège :
- Importations françaises de soie grège et de cocons (2).
- (Les coeons exprimés en soie grège suivant le rapport :
- 1 kg de soie grège provient de 3 kg S00 de cocons.)
- Années. Importations (en kgs),
- 1890 ....................... 4.040.000
- 1895 ...................... 6.397.090
- 1900 ...................... 5.552.000
- 1910 ..................... 7.728.000
- 1911 ...................... 6.686.000
- 1913 ..................... 7.284.000
- 1914 . .................... 5.029.000
- 1915 ..................... 4.572.000
- 1916 ;..................... 4.475.000
- 1917 ...................... 5.244,000
- 1. Les statistiques données pour 1919 sont des estimations. Vraisemblablement les chiffres corrigés pour cette année ne seront que légèrement inférieurs à ceux de 1913.
- 2. Rapport Qènéral sur l'industrie française, Min. du Comm. et de l’Ind., 1919.
- En voici le détail, par pays exportateurs, pour les trois dernières années et en comparaison avec les chiffres de 1913 :
- Détails des importations françaises de soie grège (*)•
- (en kgs).
- Pays. 1915 . 1917 1918 1919
- Italie . . 1.021.000 ' 616 100 523.900 1.089.900
- Chine . . 3.623.000 2.893.900 1.952.400 2.822.600
- Japon . . 1.577.000 1.444.900 2.145.500 1.081.000
- Autres pays. 947.000 245.200 1.019.100 1.110.000
- Totaux. '7.168.000 5.200 100 5.040.900 '0.103.500
- De l’examen de ces documents il ressort nettement l’existence d’une chute de la valeur des réceptions des soies du Japon (2).
- A notre époque les fabriques européennes se trouvent non seulement en présence d’une raréfaction de leurs matières premières, mais aussi d’un accroissement de la concurrence japonaise et américaine pour les produits finis. Le Japon, en effet, augmente sa fabrication de tissus. Quant à celle des Etats-Unis, grâce à de très sérieux progrès techniques, elle ne cesse de se développer en même temps que les nouveaux débouchés des tissus de soie pour la lingerie et la bonneterie prennent une importance de plus en plus grande (3). La grande République de l’Amérique du Nord utilisait déjà en 1912 plus de 11 millions de kilogrammes de soie grège, soit une augmentation de 7 millions de kilogrammes environ sur la consommation do 1900.
- Voici quelques chiffres relatifs au commerce américain des soies :
- Importation de soie aux États-Unis.
- (en livres de 0 kg 4530).
- Soie lîourre
- Années. Cocons, en éclicvcaux. de soie. Soie lilée.
- 1913 . . . 15S.000 26.049.000 5.893.000 5.572.000
- -1914 . . . 1.400 28.594.000 5.949.000 5 093.000
- 1915 . . . 51.500 26.030.000 4.970.000 2.148.000
- 1916. . . 197.000 33.070.()QQ 8.657.000 5.280 000
- 1917 . . . 62.000 33.8594P 6.421.000 3.805.000
- 1918 . . . 252.000 54.417.||(j 8 583.000 5.201.000
- Les achats américains de sqiêfies françaises ont été réduits de 40 millions et demi de francs en 1918. Leur valeur était de 88 500000 francs en 1917 et de
- 138500000 francs en 1916. Il est juste de noter que les difficultés des transports maiitimes sont, pour une part, cause de cette diminution d’exportations trans-
- atlantiques.
- On est en droit de se demander, devant celte double constatation, si la sériciculture coloniale no pourrait pas nous rendre notre liberté vis-à-vis de la production de la soie grège d’Extrême-Orient et donner les éléments de lutte à la « fabrique lyonnaise )).
- 1. Documents de la Direction générale des douanes.
- 2. La hausse des changes, la diminution de la production et de l’importation, la demande considérable des articles de soieries, sont les causes de l’élévation des prix des soies brutes.
- Le prix moyen, au kiiog, des grèges à Lyon, a été de 51 i'r. en 1914; 47 l'r. 25 en 1915; 77 fr. 23 en 1916 ; de 95 fr. 50 en 1917; de 117 fr. 50 en 1918. En 1919 les grèges Cévennes 1er ordre ont atteint le cours de 525 fr. ; on les a cotées 500 fr. pendant la 3° semaine de mars 1920.
- 5. On a dit — nous le répétons sous toutes réserves — que la seule ville de Patterson a produit en 1919 plus de soieries que n’importe quelle ville du monde (180 millions de dollars sur 900 millions de dollars pour la production globale des États-Unis).
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- L’INDUSTRIE FRANÇAISE DE LA SOIE ET LA SÉRICICULTURE COLONIALE 157
- l’oublions pas que ce qu’on enlend par « fabrique lyonnaise » est une de nos plus puissantes organisalions commerciales et industrielles répartie sur une grande étendue de notre territoire. Lyon, comme l’a fait remarquer M. Lucien Romier, est le siège des capitaux engagés dans les entreprises du travail des soies, capitaux eux-mèmes soutenus par la présence voisine d’énormes capitaux liquides. Lyon est aussi un centre de création en matière de tissus, un centre de surveillance de cette branche de notre activité nationale, en même temps qu’un entrepôt de finissage de ces articles de soieries dont la réputation est mondiale. A n’en pas douter, la résistance des Lyonnais sera forte et pour peu que des idées nouvelles et hardies pénètrent leur milieu dont la réputation d’herméticité est quasi proverbiale, la situation se rétablira à notre profit.
- Pour bien marquer les difficultés de la question, nous dirons tout d’abord que les essais séricicoles tentés dans nos colonies n’ont pas encore donné de résultats pleine-nement satisfaisants.
- Nous ne devons pas nous en étonner outre mesure, car la sériciculture est « une industrie de tradition qu’on n’implante pas facilement parmi les populations qui n’en ont pas l’habitude Q) ».
- Néanmoins il est encore permis d’espérer. L’Angleterre tente des expériences dans l’Inde. Nous devons faire quelques efforts en ce qui concerne l’Indo-Chine et l’empire Chérifien.
- III. La sériciculture au Maroc — L’industrie de la soie marocaine fut extrêmement brillante du xe au xme siècle. Vraisemblablement introduite dans les régions de Fez et de Marrakech au moment des invasions venues d’Orient, elle conserva jusqu’au xix° siècle une réputation méritée.
- La concurrence de plus en plus forte des proJuits européens et les maladies du ver à soie — la pébrino notamment qui apparut vers 1850 — accablèrent de difficultés les éleveurs marocains et la sériciculture disparut peu à peu des occupations des indigènes. Quelques vieux mûriers sont restés les seuls témoins de la florissante industrie séricicolc des. temps passes.
- Dans certaines villes du Maroc on continue cependant à fabriquer des tissus de soie. Les estimations les plus récentes portent à 400 le nombre des métiers qui battent dans la Médina de Fez et dans toutes les villes qui autrefois étaient en même temps des centres de production de la soie (2). Dix mille ouvriers sont employés par cette industrie.
- La matière première qu’ils mettent en œuvre provient des marchés européens. De 1910 à 1916, les importations marocaines de soie grège se sont élevées à 114000 kg dont les 4/5 environ venaient de France. Les produits fabriqués, tout imprégnés d’art hispano-mauresque traduit par des procédés de techniques moyenâgeuses, ont une grande valeur. Il n’y aurait aucun intérêt à moderniser cette industrie qui trouve dans l’ancienneté de .ses méthodes et le curieux caractère de ses inspirations l’origine de profits non négligeables.
- L’effort qu’il faut faire au Maroc doit porter presque uniquement sur la renaissance de la sériciculture indi: gène. Il doit tendre à alimenter en soie grège la fabrique française et peut-être aussi les ateliers marocains. A ce dernier point de vue il serait sans doute pri-
- 1. Enxemond Morel, Rapport au Comité consultatif des Arts et Manufactures.
- 2. Levuat, Rapport sur la Mission séricicolc au Maroc (octobre 1916). Chambre de Commerce de Lyon, 1918.
- férable de vendre les cocons du Maroc aux fiiateurs français qui sauraient, avec leurs appareils perfectionnés, en tirer le meilleur parti ; le ravitaillement de l’industrie du tissage de la soie au Maroc continuerait à se faire avec les produits de qualités inférieures des marchés européens dont elle sait obtenir de superbes effets.
- La première question qui se pose aux sériciculteurs du protectorat est celle du mûrier. Pour développer suffisamment les magnaneries de façon à ravitailler les tisserands indigènes il faudrait posséder une cinquantaine de mille de ces arbres. Ceci montre de quel ordre serait le travail à accomplir à ce seul point de vue si on voulait faire du Maroc un pays fournisseur de la fabrique lyonnaise qui emploie environ le tiers de la production mondiale de la soie.
- En ce moment, les pépinières de la région et les stations d’essais de Meknès et de Rabat produisent la plus grande quantité possible de mûriers.
- L’élevage proprement dit du ver à soie présente beaucoup plus de difficultés.
- Le programme de propagande séricicole qui depuis 1914 se réalisé sous la direction d’un moniteur praticien est le suivant : répartition des graines de différentes races de vers à soie entre les indigènes désireux de tenter l’élevage; surveillance des éducations et vulgarisation de l’usage des procédés de choix; achats dés récoltes aux producteurs en vue de la meilleure utilisation possible.
- Les quatre premières années d’expérience de sériciculture ont donné les renseignements suivants :
- L’importation des graines sélectionnées doit avoir lieu en automne. L’hibernation dans une station à climat rigoureux, dans des postes avancés de l’Atlas par exemple, est à préconiser. L’usage des couveuses permet par l’incubation artificielle de provoquer rapidement les éclosions au début d’avril, époque correspondant à la poussée des feuilles de mûriers.
- Les locaux d’éducation laissent beaucoup à désirer au point de vue de la salubrité. Le chauffage y est impossible. A ces conditions défavorables d’installation sont imputables les épizooties de muscardine et de grasserie qui ont sévi en 1917. L’attention des éleveurs doit être attirée vers l’importance absolue d’une bonne hygiène pour le succès de leurs entreprises.
- Mais, il ne faut pas se dissimuler que l’utilisation de nos procédés méticuleux d’éducation des vers à soie se heurtera à l’apathie naturelle de l’indigène et que ce n’est que par une longue persévérance qu’on fera du marocain « ataviquement insouciant et négligent un éleveur précautionneux et méthodique ».
- Le tableau ci-dessous résume les résultats des essais effectués de 1914 à 1917 :
- Aimées. Nombre d’ éleveurs. Quantil* do graines on onces. décolle en kgs. lîciulemcnt moyen U/0 à l'uncc. Observations.
- 1914 . » " » 402 )> Élevage d'essai.
- 191a . 12 50 1.349 27,0
- 1916 . 38 44 815 18,5 Maladie (Pébrine)
- 1917 . 108 51 1.149 22,5 Maladie (Muscar-dine cl flaelie-rie).
- Les spécialistes de la question de la soie au Maroc —
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- 158 L'INDUSTRIE FRANÇAISE DE LA SOIE ET LA SÉRICICULTURE COLONIALE
- c’est ainsi qu’ils la résument — estiment que c’est vers le développement de la sériciculture qu’il faut actuellement orienter les efforts. Elle doit être considérée comme une industrie annexe de l’agriculture « utilisant a main-d’œuvre familiale, souvent sans emploi, des enfants et des femmes. Ces dernières pourraient s’occuper à élever, pour ainsi dire machinalement, de faibles quantités de vers, en sorte que cet élevage serait une source de profils personnels qu’elles recherchent actuellement dans la couture, la broderie, ou la filature de la laine ».
- Ceci représente, pour les raisons ethniques que nous avons ci-dessus mentionnées, beaucoup de difficultés à vaincre. Néanmoins le souvenir de l’excellence de l’ancienne activité du peuple marocain dans celte production permet le bon espoir, autorise toutes les initiatives raisonnées.
- IV. La soie en Indo-Chine. — À l’inverse de ce qui s’est passé au Maroc, l’élevage du ver à soie en Indo-Chine n’a jamais, depuis des temps immémoriaux, disparu des habitudes indigènes. Le problème de la sériciculture coloniale dans l’immense presqu’île est (Jonc relativement plus simple que dans l’empire Chérifien. Il ne consiste pas en une création nouvelle, presque complète de l’industrie séricicole d’un pays ; c’est à une besogne d'atnèKoration, de perfectionnement et d’organisation qu’il se ramène sur un immense territoire parfaitement doué pour ce genre de travail. Le mûrier y vit très bien (*) ; l’éducation» dans les régions les moins favorisées, peut se faire pendant hait mois de l’année ; la main-d’œuvre est abondante, bon marché».'facilement disponible par suite des longs loisirs que laisse le régime presque absolu de monoculture qui y existe.
- Le Tonkin, l’Annam, la Cochinchine, le Cambodge peuvent devenir d’importants fournisseurs de notre marché des soies. Le Cambodge principalement doit à ce sujet retenir l’attention d’une façon toute particulière. Avec son climat chaud et suffisamment sec, la fertilité de son sol, la bonne volonté caractérisée de ses habitants pour la besogne de l’éducation des vers à soie, il réunit toutes les conditions favorables à un vaste développement séricicole (2).
- . Dans son ensemble, PIndo-Chine a déjà apporté une contribution à notre ravitaillement en soies grèges.
- Voici, d’après les rapports annuels sur le mouvement commercial de PIndo-Chine (3), le résumé du commerce d’exportation indo-chinois pour cette matière (4)
- France. Étranger. Totaux.
- tonnes. tonnes. tonnes.
- Grèges . . . . . 16 86 102
- .Déchets. . . , 83 7 90
- Bourre . . . 2 )) 2
- Totaux . . . . 101 93 194
- 1. Superlicic cultivée en mûriers : Cambodge, 0700 hectares; Tonkin, 2800 hectares; Annam, 2250 hectares; Laos, 180 hectai’es.
- 2. Martin de Flacourt. Intensification des industries séricicoles au Cambodge. Congrès d’agriculture coloniale, 1918. Uiiion coloniale française.
- 3. Bulletin économique de iIndo-Chine.
- 4. La chute de l’exportation indo-chinoise des soies grèges est due pour une part à la situation générale créée par la guerre de 1914-1918, mais surtout à ce fait que la consommation locale augmente par suite de l’accroissement du bien-être des populations indigènes^'
- 1912. Grèges. . . . . 40 59 99
- Déchets. . . . . 69 „ 69
- Bourre. . . . . 2 )) 2
- Totaux . . . . lit "StT 170
- 1913. Grèges. . . . . 17 76 93
- Déchets. . . . . 71 » 71
- Bourre . . . . . 3 J) ' 5
- Totaux . . . . ~ ~w 167
- 1914. Grèges . . . . . Il 57 48
- Déchets. .... 42 » 42
- Bourre. . . )) » ))
- Totaux . . . . -53-' ~w 90
- 1915. Grèges. . . . . 20 55 55
- 1916. Grèges. . . . . 7 25 52
- Les éducations indo-chinoiscs des vers à soie sont
- pour la plus grande part, familiales. Elles se font souvent dans l’habitation même de l’indigène.
- En 1905, l’Administration française se préoccupa de la fourniture aux sériciculteurs de graines de vers à soie, sélectionnées selon la méthode de Pasteur. Un établissement de grainage fut créé à Phu-lang-Thuong en même temps que des brochures de vulgarisation séricicole étaient distribuées dans le pays et que des magnaneries modèles adaptées aux habitudes et exigences de la vie en Indo-Chine étaient construites.
- Les résultats de cette propagande ayant été excellents, l’Administration locale du Tonkin décida la création de nouvelles magnaneries types et de deux centres de grainage à Bach-hat en face Viétri et Kiên-an près llaïphong^1). Ces deux établissements s’occupent de la sélection des vers à soie de race indigène.
- Le grainage de Phu-lang-Tbuang poursuit dans des édaeatsoas spéciale s l’élevage du ver pour la reproduction. Une station de recherche séricicole lui a été annexée. Ajoutons que l'action tatèhire de la France sur l’élevage du Bombyx en Indo-Chine se JM&uifeste d’une façon immédiatement tangible par la distributif® aux. sériciculteurs autochtones de graines sélectionnées.
- L’exemple de l’effort accompli au Tonkin a été sam par la Cochinchine, le Cambodge et l’Annam et c’est pour toute l’Indo-Chinc qu’on peut enregistrer les heureux effets de l’organisation rationnelle de la sériciculture à laquelle procèdent nos services agricoles régionaux (2).
- L’attention de notre Administration ne pouvait se limiter à la seule éducation du ver à soie. Les procédés indigènes du dévidage des cocons sont extrêmement rudimentaires. La grège obtenue par leur emploi est à ce point irrégulière que le tisseur qui veut l’utiliser doit la redévider flotte par flotte et lui faire subir une série de triages méticuleux.
- Il était de première nécessité de travailler au perfecr-tionnement de la filature en Indo-Chine si on voulait voir l’effort de mise au point de la sériciculture proprement dite aboutir au résultat voulu ; l’exportation vers le marché métropolitain de soies grèges dignes de soutenir la comparaison avec les produits ' de la Chine et du Japon.
- Pour atteindre ce but, notre Administration s’est imposé de. lourds sacrifices. Les bassines à filer ont clé transformées; des appareils perfectionnes ont été remis
- 1. À. Gachon. La sériciculture en Indo-Chine. Congrès d'Agrieulture coloniale, 1918. Union coloniale française.
- 2. 11 paraît vraisemblable d’évaluer la production séricicole annuelle de l’Indo-Cliine à 250009 kgs environ pour la période 1915-1917.
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- UNE NOUVELLE AMPOULE A 3 ÉLECTRODES ===== 159
- gratuitement aux filateurs indigènes; l’utilisation des déchets de soies a été étudiée.
- L’installation de la première filature à vapeur a été faite à Nam-dinh au Tonkin en 1906; d’autres ont été réalisées dans, la même province d’abord puis en Annam, en Cochinchine, au Cambodge. Dans certaines localités, ce sont des Sociétés françaises qui dirigent les ateliers de dévidage et ceci semble être appelé à se développer si on en juge par le nombre des missions plus ou moins officielles qui parlent de France pour aller en Indo-Chine juger la situation et supputer sur place les chances de succès de ces entreprises lointaines. A notre avis, cette mise en action de l’initiative privée, personnelle ou collective, est d’un heureux présage pour l’avenir de.notre sériciculture indo-chinoise.
- V. Conclusions. — Dans nos possessions et protectorat d’Extrême-Orient qui dans leur ensemble se prêtent admirablement bien aux travaux séricicoles, parmi les populations marocaines où on peut espérer le réveil des aptitudes héréditaires à l’éducation des-Bombyx, h France doit poursuivre l’accomplissement d’un programme d’organisation de l’industrie de la soie parfaitement adapté aux besoins de la fabrique métropolitaine.
- L’expérience de ces dernières années montre que les efforts tentés dans celle voie n’ont pas été vains. Il importe de les continuer. La réussite de la tâche entreprise aura comme résultat dé donner l’indépendance à
- notre fabrication nationale des tissus de soieries vis-à-vis du Japon et des États-Unis. C’est le résumé de toute la question de la sériciculture coloniale.
- N’oublions pas que la valeur de l’exportation de nos articles de soie qui représentait 511 millions en 1917 a atteint en 1919, 822 millions^). Ils constituent donc un élément extrêmement important de notre commerce extérieur. Leur fabrication est entre les mains d’une élite de travailleurs, laborieux, doués d’une intuition spécialement affinée à l’égard des exigences de la mode, délicatement imaginatifs,habiles à la réalisation de leurs conceptions artistiques, toutes qualités de renommée mondiale. On conçoit sans peine l’importance que présente leur ravitaillement en matières premières et combien il serait fructueux de Gréer entre le métier du tisseur français et la magnanerie coloniale (2) une liaison étroite et simple à la fois.
- Albert Rang
- Docteur ès sciences. Ingénieur-chimiste.
- 1. Par rapport à l’année 1913 nos exportations de tissus de soie en 1919 ont augmenté de 107 0/0 en valeur et diminué de ô 0/0 en quanlité.
- 2. Au cours de celte élude nous avons laissé de côté la description des essais de sériciculture effectués à Madagascar, à la Guyane, en Algérie et en Tunisie qui. tout au moins en ce qui concerne l’éducation du Bombyx, ne sc présentent pas sous un jour très ftvorable à leur développement. Il nous paraît néanmoins utile de les mentionner.
- *52*
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet 1920.
- La constante diélectrique de l'eau. — La valeur moyenne généralement admise est 80. Pour l’eau de la Moselle des conduites de Nancy, M. Sauzin l’a fixée à 75 et, pour l’eau distillée, à 75. Ce savant a utilisé le dispositif de MM. Gutlon etToulvet; sa méthode de mesure est basée sur l’emploi des phénomènes de résonance extrêmement nets, produits par les oscillations hertziennes non amorties, entretenues à l’aide d’une lampe à trois électrodes.
- Le recuit du fer éleclrolytique. — Il est rendu indispensable par les grandes quantités d’hydrogène que le
- métal relient pendant son dépôt sous l’action du courant ePM. Jean Cournot estime qu’il faut opérer, à 1050° ou à 950° suivant qu’on peut faire durer l’opération une ou deux heures.
- Une réaction caractéristique de l'ammoniac gazeur. — Il suffit, d’après les belles expériences de.M. George i Denigés, d’exposer pendant quelques secondes une gouttelette d’une solution d’acide iodique à 10 pour 100, pour que se forme immédiatement un enduit de cristaux quadratiques, aplatis, agissant sur la lumière polarisée, d’iodale d’ammonium.
- UNE NOUVELLE AMPOULE A 3 ÉLECTRODES
- Tout le monde connaît aujourd’hui la merveilleuse lampe qui a révolutionné la télégraphie sans fil, permis la téléphonie sans fil, amélioré la téléphonie à longue distance et à qui bien d’autres applications encore sont réservées. Née d’unc observation ancienne d’Edison, conçue par Fleming, et puissamment perfectionnée par de Forest, elle consiste essentiellement, rappelons-le, en une ampoule où règne un vide plus ou moins parfait: dans cetle ampoule A, un filament métallique F est porté à l’incandescence au moyen d’une batterie d’accumu-laleurs B, le filament ou cathode à haute température émet des corpuscules d’électricité négative, dits électrons, qui portent tous une même charge
- d’électricité négative et dont chacun est près de 2000 fois plus léger que l’atome d’hydrogène. Dans l’ampoule, disposons une plaque D, maintenue à un potentiel positif ; elle attire les électrons négatifs et un courant s’établit entre la plaque et le filament à l’intérieur de l’ampoule, dont le vide devient ainsi conducteur de l’électricité, mais exclusivement pour les courants dirigés de P vers F ; si le courant est dirigé en sens inverse, la plaque repousse les électrons, et l’ampoule ne laisse passer aucun courant. Elle constitue un redresseur, ou valve électrique.
- Entre le filament F qui reçoit le nom de cathode et la plaque P qui reçoit le nom d'anode, de Forest
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- 160 = UNE NOUVELLE AMPOULE A 3 ÉLECTRODES
- a introduit une grille formant une troisième électrode G ; supposons un courant d’électrons établi entre F et P ; si la grille est portée à un potentiel négatif, elle repousse plus ou moins les électrons et modifie le courant qui franchit l’ampoule. En modulant le potentiel de la grille, on peut donc moduler le courant que laisse passer la plaque. On a ainsi un moyen de contrôler le circuit plaque par de simples variations de la tension de la grillef qui joue par conséquent le rôle d’un servo-moteur parfait. On conçoit que cet appareil puisse servir de détecteur, d’amplificateur, et même de générateur d’ondes. Les lecteurs de la Nature ont été tenus au courant de ces diverses applications, nous n’y reviendrons pas.
- Mais la construction des ampoules électromiques ne va pas, on le conçoit, sans difficultés sérieuses ; l’une des plus graves consiste à disposer à l’intérieur d’une ampoule, où régnera un vide très élevé, et qui subira à cet effet des manipulations nombreuses, et des élévations de température considérables, un ensemble complexe d’électrodes, exigeant une grande précision de montage, et une grande solidité, malgré la ténuité des pièces utilisées.
- Un nouveau type d’ampoule, dont les Annales des Postes'et Télégraphes nous donnent la description d’après Electrical World paraît devoir simplifier considérablement cette construction. En effet la plaque ou anode au lieu d’être intérieure à] l’ampoule, lui est extérieure et consiste en une couche argentée disposée à la périphérie de l’ampoule. Seuls le filament et la grille restent à l’intérieur de l’ampoule.
- Les tubes ainsi constitués auraient donné aux essais des résultats excellents et seraient moins encombrants, par conséquent moins fragiles que les tubes ordinaires. Leur mode d’emploi est du reste le même.
- Il intervient évidemment dans de semblables tubes des phénomènes différents de ceux que nous avons brièvement résumés plus haut : le courant d’électrons doit ici traverser le verre pour atteindre la plaque. Jusqu’à ces derniers temps, dit l’auteur de l’article, on considérait le verre comme un isolant parfait, sauf dans les cas où il approchait de son point de fusion, car alors il devient bon conducteur. Il est probable que le verre partage avec tous les autres diélectriques la propriété de devenir fortement conducteur lorsque liquéfié à demi. Il est évident qu’il serait impossible de faire fonctionner le tube à vide à une telle température, car le verre commence à devenir mou vers 425°, et ne devient
- Fig. i.— Schéma de la lampe ordinaire à trois électrodes.
- rouge que vers 600° G . Toutefois le verre devient conducteur pour des températures beaucoup plus basses que celles-là lorsqu’il entre en contact avec certains corps.
- La conduction à travers le verre a alors le caractère électrolytique et l’on remarque dans le verre chaud les phénomènes qui caractérisent la conduction à travers un électrolyte liquide, tels que la décomposition, la polarisation, etc.
- Des expériences furent faites, pour préciser les conditions de cette conductibilité. Un étudia la conductibilité du verre chauffé, le courant étant amené par des lames métalliques séparées par l’épaisseur de verre ; on fit des mesures avec différents métaux et l’on constata que le verre en contact avec une électrode d’argent devient bon conducteur à température convenable lorsque la plaque d’argent sert d’anode, mais au contraire offre une grande résistance lorsque l’argent sert de cathode.
- L’argent convenait donc bien à la construction des plaques de ces ampoules nouvelles. La dissociation électrolytique des parois n’a pas une influence notable sur la vie de la lampe si celle-ci a été convenablement dimensionnée.
- Le verre s’échauffe au passage du courant d’électrons, et, pour le bon fonctionnement de l’ampoule, il convient qu’il se maintienne aux environs d’une
- Grille
- Filament Anode extèr'F en argent
- Antenne
- Réception
- Courant de chauffage
- Fig. 2.
- température bien déterminée. A cet effet on maintient l’ampoule dans une enveloppe en verre ; celle-ci est munie à son extrémité inférieure de soupapes, dont le but est d’empêcher la température de s’élever au-dessus d’une certaine limite. II. Y.
- Le Gérant : P. Masson. —Imprimerie Laiidre, 9, rue dé Fleurus, à Pans.
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- LA NATURE. — N° 2423.
- Il SEPTEMBRE 1920
- LE CRESCOGRAPHE,
- NOUVEL APPAREIL POUR L’ÉTUDE DE LA CROISSANCE DES PLANTES
- Sir Jagadis Chunder Bose, membre de la Royal Society, professeur à F Université de Calcutta, s’est fait connaître par de nombreuses et curieuses recherches de physiologie végétale, au cours desquelles il a apporté d'intéressantes données sur l'excitabilité des plantes.
- Récemment, il vient de présenter à Londres, à la Royal Society, puis à Paris, à la Société de Biologie, un nouvel appareil, le crescographe, qui enregistre avec une forte multiplication les plus petits mouvements des plantes.
- Sir J. C. Bose a bien voulu nous donner à ce propos l'étude suivante et les graphiques qu'il avait communiqués à Royal Society.
- I. Le crescographe à grande amplification. — Les recherches sur la croissance sont un sujet de grande importance pratique, puisque les ressources de nourriture du monde dépendent étroitement de la croissance des végétaux. Les mouvements des tiges, des feuilles et des racines sous l’action de diverses forces, telles que la lumière, la chaleur, la pesanteur, sont souvent dus à de petites variations de la vitesse de croissance.
- La découverte des lois relatives au mouvement des organes en croissance dépend donc de la mesure précise de la croissance normale et de ses variations. La grande difficulté de ces recherches provient de l’excessive lenteur des mouvements, ceux-ci étant de l’ordre de grandeur d’un qua-rante-millième de millimètre par seconde, la moitié de la longueur d’onde de la lumière du sodium. Les « auxano-mètres » généralement employés amplifient environ 20 fois les mouvements et il faut donc plusieurs heures pour que la croissance devienne perceptible, et’pendant ce temps, les conditions extérieures : chaleur, lumière, varient, modifiant les résultats; de plus, des variations autonomes apparaissent pendant ces longues périodes. Les causes d’incertitude ne peuvent être évitées qu’en réduisant la période d’expériences à quelques minutes ; mais ceci nécessite un procédé de grande amplification et l’enregistrement automatique. J’ai réussi à les réaliser par mon crescographe à grande amplification, consistant en un système de deux leviers, le premier multipliant
- 48° Année. — 2° Semestre.
- cent fois et le deuxième encore cent fois, si bien
- que l’amplification totale est de 10 000. La difficulté d’obtenir un enregistrement exact du mouvement de croissance provenant de la friction du contact continu de la plume enregistrice, a été résolue par un système oscillant qui approche puis éloigne le verre enfumé de la plume à des intervalles réguliers de temps (fig. 1). L’enregistrement apparaît comme une série de points dont les écartements correspondent aux longueurs de crois; ance pendant des intervalles d’une seconde (fig. 2 a).
- Les graphiques peuvent être pris sur une plaque fixe au moyen de deux points, l’un en condition normale a vant expérience, l’autre après changement des conditions externes. L’écartement ou le rapprochement des points correspond à la stimulation ou à la dépression causée par l’agent dont on étudie l’action (fig. 2 d). Les graphiques peuvent être également pris sur une plaque animée d’un mouvement uniforme ; sur les courbes ainsi obtenues, les ordonnées correspondent aux mouvements, les abscisses aux temps. Si un facteur augmente la vitesse de croissance, la courbe s’infléchit vers le haut; inversement un facteur ralentissant abaisse la courbe vers le bas (fig. 2 b).
- Précautions contre les troubles physiques. — Le trouble causé par les vibrations peut être neutralisé en plaçant l’appareil sur une forte table dont les pieds reposent sur des éponges de caoutchouc, ou mieux sur une planche fixée à un mur. J’ai pu
- 11 — 101.
- Fig. i.
- Le crescographe à grande amplification.
- P, plante en expérience; S, S', vis micrométrique pour déplacer la plante; C, appareil d’horlogerie produisant les oscillations périodiques de la plaque G; W, roue à excentrique ; K, R, R', tiges commandant les mouvements de la plaque.
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- montrer des amplifications d’un million de fois avec mon crescographe magnélique dans des démonstrations publiques à Londres, la marche de l’instrument n’étant nullement troublée par le trafic de la rue voisine. Dans la figure 2 ç, est donné le tracé sur une plaque en mouvement inscrit avec le crescographe à grande amplification ; une baguette morte avait été substituée, à une plante en croissance et la ligne absolument horizontale montre non seulement l’absence de développement, mais aussi de tous mouvements causés par des troubles extérieurs. Il existe un autre élément de changements physiques dans les expériences relatives à l’influence de l’élévation artificielle de température sur la vitesse de croissance; pour déterminer son caractère et son ordre de grandeur, un graphique était pris avec la baguette morte pendant une élévation de tempéra-
- Efjet des excitations sub-niinimales. — Un résullat tout à fait inattendu a été obtenu en faisant agir les excitants à dose sub-minimale, ce qui produit une accélération au lieu du retard causé par les doses moyennes. J’ai observé les mômes effets avec l’excitation électrique, la lumière, les agents chimiques. Un résultat particulièrement frappant est celui de certains poisons qui, à doses normales, tuent la plante et en faibles quantités excitent extraordinairement, si bien que les plantes ainsi traitées poussent vigoureusement et fleurissent beaucoup plus tôt.
- C’est seulement par la découverte des lois de croissance qu’un progrès marqué sera possible en agriculture scientifique. Nous avons expérimenté seulement quelques stimulants alors qu’il en est des milliers que nous ignorons totalement. Les
- Fig. 2. — Quelques graphiques.
- a, Croissance d’un Scirpus à intervalles d’une seconde, amplification de ioooo, plaque fixe; d, inlluence de la température; N, graphique normal ; C, ralentissement par le froid; II, accélération par la chaleur ; £>, enregistrement sur plaque mobile, en x ralentissement par le froid; c, branche morte sans mouvement, en f action de la chaleur.
- turc de 10°; ce graphique montre une expansion jusqu’à une certaine limite après laquelle la ligne de points redevient horizontale; la seule précaution à prendre dans les expériences sur l’influence des changements de température consiste à attendre quelques minutes que la température soit stabilisée.
- . L’élongation due à la dilatation physique est très rapide tandis que la variation physiologique est lente et persistante.
- La figure 2 a représente la croissance de Scirpus Kysoor ; la vitesse par seconde, magnifiée 10 000 fois, est de 9 mm 5; la vitesse absolue de croissance est donc de 0 mm 00095, ou 0 p. 95.
- Effets des excitants sur la croissance. — On arriva à cette loi générale que toutes les formes de stimuli, mécaniques, électriques, lumineux, causent un retard de croissance; en augmentant leur intensité ou leur durée on peut aboutir à un arrêt complet ou même à une contraction. En ce qui concerne les radiations, toutes (sauf les rayons rouges et jaunes qui produisent la photosynthèse) modifient la vitesse de croissance. J’ai pu ainsi enregistrer des réponses des plantes aux longues ondes employées en télégraphie sans fil.
- méthodes empiriques employées souvent dans l’application de quelques agents chimiques et de l’électricité n’ont pas toujours été heureuses; la cause des différences observées tient certainement dans le dosage de ces applications dont il n’a pas été suffisamment tenu compte.
- Le crescographe balancé. — La grande sensibilité déjà obtenue a encore été très largement augmentée par l’emploi de la méthode de Null ou de la balance, dans laquelle la croissànce est exactement compensée par l’abaissement du support. Un train d’engrenages actionné par la chute d’un poids abaisse la plante à la même vitesse qu’elle s’allonge. Ce réglage s’obtient par une vis qui agit sur le mécanisme pour l’accélérer ou le ralentir. Quand l’appareil est bien compensé, la croissance est juste égale à la descente et le graphique s’inscrit comme une ligne de points horizontaux. Un index, fixé sur la vis de réglage, permet de connaître la vitesse de croissance à ce moment. L’appareil est alors extrêmement sensible et le moindre changement dans l’environnement produit un mouvement vers le haut ou vers le bas de l’index. J’ai pu ainsi déceler des variations de croissance aussi petites qu’un huit-
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- millionième de centimètre par seconde. Une preuve de la sensibilité de la méthode est donnée dans la figure 3, représentant l’effet de l’acide carbonique. On voit une accélération immédiate qui se prolonge 2 minutes 1/2, puis un retard. Avec l’acide carbonique très dilué, l’accélération peut durer très longtemps. Comme autre preuve de sensibilité, j’ai obtenu une réponse nette de la plante à une lumière aussi rapide que celle d’une étincelle électrique durant environ un cent-millième de seconde.
- Le crescographe magnétique. — Il y a une limite à l’amplification par un système de leviers ; chaque nouveau levier augmente le poids et les frottements. Pour certaines recherches et pour les démonstrations publiques, une amplification plus grande est nécessaire. Je l’ai obtenue par l’invention du crescographe magnétique où un léger levier magnétique cause par ses mouvements la rotation d’un système suspendu astatiquement auquel est attaché un miroir. En rapprochant l’aiguille du système et le levier, on peut augmenter l’amplification jusqu’à un million et même dix millions de fois. On peut se faire une idée concrète de cette extraordinaire amplification en imaginant la marche lente de l’escargot multipliée dix millions de fois ; le canon de 15 pouces du Queen Elizabeth tire un obus dont la vitesse est de 708 m. par seconde; la marche de l’escargot amplifiée au crescographe serait 24 fois plus rapide. L’amplification de 10 millions est obtenue avec un seul levier; un double levier la multiplierait encore 100 fois et donnerait une amplification d’un milliard de fois. L’importance d’un tel appareil pour toutes sortes de recherches est évidente. En général l’amplification d’un million est sulfisante; avec des précautions très ordinaires, on peut éviter les troubles d’ordre mécanique.
- Le récit suivant d’une expérience démontrant la réponse physiologique d’une plante en croissance sera trouvée intéressante. La croissance normale de cette plante était marquée par un déplacement de la tache lumineuse du galvanomètre de 6 m. en 10 secondes. L’introduction de vapeurs de chloroforme dans la cloche produit une excitation immé-
- Fig. 3. — Effets de l’acide carbonique.
- Au commencement, ligne horizontale correspondant à une croissance exactement balancée. L'application de CO- provoque une augmentation de croissance suivie d'un ralentissement. Points successifs à intervalles de io secondes.
- diate, la tâche lumineuse se déplaçant trois fois plus vite. Puis vient un ralentissement, suivi d’un arrêt de croissance et finalement, une contraction brusque qui est le spasme de la mort. Des effets semblables sont produits par divers poisons, tels qu’une solution de cyanure de potassium.
- II. Le principe général déterminant les mouvements tropiques. — Chez les plantes, les mouvements causés par les excitants extérieurs (effets des variations de température, action de la lumière attractive ou répulsive, réponses diamétralement opposées des tiges et des racines à la pesanteur, positions diurnes et nocturnes des organes des plantes) présentent une telle diversité qu’il pçut sembler sans espoir de découvrir la réaction fondamentale applicable à tous les cas. Habituellement, on se contente d’admettre diverses formes de sensibilités spécialement adaptées au profit de la plante. Mais ni les arguments téléologiques, ni les termes simplement descripteurs tels que les expressions de tropismes positifs ou négatifs, ne fournissent d’explication réelle des phénomènes. Je me propose de décrire certains résultats expérimentaux d’où il est possible de dégager la loi générale qui détermine les divers mouvements tropiques des plantes.
- Effet direct d'une excitation. — Dans le renflement moteur du Mimosa, l’excitation provoque une brusque diminution de la turgescence et la contraction des cellules. En ce qui concerne la chu Le de- la turgescence, on ne sait pas exactement s’il s’agit
- Fig. 4. — Effets des excitants indirects et directs sur la croissance.
- En A excitation indirecte accélérant le développement; en B excitation directe le ralentissant.
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- d’une soudaine diminution de la pression osmotique du suc cellulaire ou d’une augmentation de perméabilité de la couche externe. L’effet de l’excitation d’un tissu végétal peut cependant être reconnu, comme je l’ai montré ailleurs, par les faits suivants : 1° diminution de la turgescence; 2° contraction et chute de la feuille de mimosa ; 5° variation électromotrice négative ; 4° variation de la résistance électrique; 5° retard de la vitesse de croissance.
- Continuité de la réaction physiologique dans les organes en croissance et non en croissance. — Dans des recherches sur l’effet de tous les modes d’excitation : mécaniques, électriques, lumineux, j’ai reconnu qu’ils arrêtent la croissance ou causent une contraction « incipiente » ; quand l’intensité de l’excitation augmente, l’effet aboutit à une contraction immédiate, exactement .parallèle à celle du renflement moteur soumis à une excitation directe.
- Ceci expliquerait la similitude des mouvements tropiques dans les organes en croissance et les organes moteurs.
- Effet indirect d'une excitation. — Quand l’excitant est appliqué à quelque distance de la région motrice ou en croissance, il produit une augmentation de turgescence, une expansion, une accélération de croissance, un mouvement érectile de la feuille de Mimosa, une variation électromotrice positive. Cet effet est particulièrement visible dans les tissus demi-conducteurs d’excitations. Les effets opposés des excitations directes et indirectes sont résumés dans le tableau suivant :
- Fig. 5. — Effets des excitations directes et indirectes.
- a, excitation directe sur la région en croissance (hachurée), ralentissement ou contraction (en pointillé) ; b, excitation indirecte à quelque distance de la région en croissance, accélération ou expansion ; c, excitation à droite, contraction de ce côté, expansion à l’opposé, courbure vers l’excitant; d, transmission transverse à travers l’organe, neutralisation; e, excitation intense transmise transversalement, courbure à l’opposé de l’excitation.
- EXCITATION DIRECTE
- Diminution rie turgescence, contraction.
- Chute de la feuille de Mimosa.
- Ralentissement de croissance. Variation électrique négative.
- EXCITATION INDIRECTE
- Augmentation de turgescence, expansion.
- Erection de la feuille.
- Accélération de croissance. Variation positive.
- La figure 4 reproduit un graphique qui montre sur le même organe l'effet accélérateur sur la crois-
- sance de l’excitation indirecte et le retard causé par une action directe.
- Nous arrivons ainsi à la loi des effets des excitations directes et indirectes : l’excitation directe provoque la contraction; l’indirecte cause inversement l’expansion. La même loi s’applique quand l’excitant n’agit que sur un seul côté de l’organe. Quand l’excitant, de quelque sorte qu’il soit, agit à droite seulement (fig. 5 c) le côté directement excité se contracte, le côté gauche opposé, excité indirectement, s’étend, le résultat étant une courbure tropique positive vers l’excitant. Ceci explique l’enroulement des vrilles et l’héliotropisme positif.
- Q Héliotropisme
- négatif.—Quand la lumière est très forte et agit longtemps, l’organe hyperexcilé peut réagir en sens inverse. Par quel mécanisme? Mes expériences montrent que les excitations fortes traversent tout l’organe et provoquent une contraction du côté opposé, neutralisant la courbure primitive (fig. 5 d). L’organe se place perpendiculairement à la lumière et cette réaction a été appelée dia-héliotropisme.
- Dans certains
- cas, la conductivité transversale de l’organe est considérable; le résultat est une contraction du côté opposé, tandis que celle de la face exposée directement est diminuée par suite de la fatigue due à une excitation trop forte ; l’organe se courbe alors en sens inverse de la lumière et montre un héliotropisme négatif (fig. 5 e). Ces effets sont augmentés quand une des faces est plus excitable que l’autre.
- Finalement, l’action continue de la lumière provoque d’abord un mouvement vers la source lumineuse, puis un redressement et enfin un mouvement en sens opposé. Les sensibilités spécifiquement positives ou négative,s à l’action de la lumière sont donc inexistantes.
- Le graphique 6 montre bien ces phénomènes. Un rayon de lumière venant frapper le point de la tige diamétralement opposé à une feuille motrice servant d’indicateur, on voit d’abord un mouvement érectile de celle-ci montrant l’augmentation de
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- turgescence. Si l’excitation est faible et de courte durée, la réponse est seulement érectile ou positive. Si l’on prolonge l’excitation, celle-ci traverse la tige et provoque secondairement une diminution de turgescence, une contraction et l’abaissement de la feuille.
- On peut résumer ces phénomènes dans le tableau suivant.
- EXCITATION DIRECTE PROXIMALE
- Diminution de turgescence. Contraction, concavité. Variation électrique négative.
- EXCITATION DIRECTE DISTALE
- Augmentation de turgescence. Expansion, convexité. Variation électrique positive.
- Si l’excitation est forte et dure longtemps, elle agit sur le côté opposé, neutralisant ou renversant le sens de la réponse primitive.
- La place me manque pour parler du nycti-tropisme qu’on trouvera complètement traité dans mon livre, Life Mo-vements in Plants, vol. 2.
- Géotropisme. — Aucun tropisme n’apparaît plus inexplicable que les effets opposés et les tiges. Le
- Fig. 6.
- a,.schéma d’une expérience d’excitation indirecte (en —>-) sur le bulbe d’une feuille de mimosa; b, enregistrement de la réponse, érection (courbe descendante) suivie de la chute (courbe ascendante) de la ieuille, due à la conduction transverse de l’excitation.
- de la pesanteur sur les racines redressement d’une tige couchée horizontalement peut être dû, soit à l’expansion de la face inférieure, soit à la contraction de la supérieure. Pour en décider, j’ai employé la méthode galvanométrique. Le déplacement d’une tige de la position verticale à l’horizontale est immédiatement suivi de l’indication électrique la plus nette que le côté excité est la face supérieure. La variation électrique croît comme le sinus de l’angle d’inclinaison.
- Cette excitation provoque la contraction de la face supérieure et par suite la courbure vers le haut.
- Localisation de la zone sensible à la pesanteur par la recherche électrique. — Une électrode, formée d’un fil de platine excessivement fin, enfermé dans un tube' de verre capillaire, sauf à son extrémité, étant lentement enfoncée dans la tige de façon à entrer par une face, puis à sortir par
- l'autre, la déflection du galvanomètre montre l’irritation de toutes les couches cellulaires ; si la tige est verticale, la déviation électrique est faible ou nulle; si la tige est déplacée vers l’horizontale, la couche sensible au géotropisme montre le maximum d’irritation et par suite de déflection galva-nométriquè; le redressement de la tige fait disparaître l’irritation.
- J’ai pu ainsi localiser la couche sensible à l’endoderme.
- En ce qui concerne le géotropisme, la seule anomalie est la courbure des racines opposée à celle des tiges.
- Toute zone en croissance dans la tige est à la fois sensible à la pesanteur et motrice; l’excitation géotropique de la lige est donc directe. Cen’est pas le cas pour la racine où la zone sensible est terminale, tandis que la région de courbure est à quelque distance du sommet. De mes recherches électriques, il résulte que la pointe de la racine est excitée directement tandis que la zone de croissance qui répond n’est excitée qu’indireetement. Il en résulte que l’excitation géotropique n’agit qu’in-directement sur la racine; or, comme les effets directs et indirects sont inverses, il en résulte que les réponses de la tige et de la racine sont opposées.
- Les divers mouvements des plantes sont ainsi expliqués par la loi générale, que les excitations directes provoquent la contraction, les indirectes l’expansion.
- J’ai montré ailleurs la similitude extraordinaire des réactions physiologiques des plantes et des animaux. Les phénomènes de mouvement des plantes forment ainsi un chapitre des problèmes généraux relatifs à l’irritabilité de tous les tissus vivants, sans l’étude desquels les théories et les recherches futures demeureraient incomplètes
- Sir Jagadis Chunder Bose.
- F. R. S.
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- FABRICATION DE LA FAÏENCE FINE
- L’une des premières manifestations du génie humain dut être, certes, la fabrication des poteries, et l’emploi des vases de terre simplement séchés au soleil remonte vraisemblablement aux premiers âges de l’humanité. De plus en'plus, ces vases nous sont apparus indispensables, de sorte que, le goût du public s’affinant parallèlement, les fabricants durent produire en plus grmde quantité des ustensiles plus élégants de forme, plus divers, et de matières plus riches. C’est pourquoi il nous a semblé intéressant de visiter les grandes Faienceries de Montereau et d’y assister aux phases successives de la fabrication des divers objets de faïence.
- Préparation des pâtes. — Les faïenceries de Montereau ne produisent que des faïences fines, mais la composition des pâtes est néanmoins fort variable, en raison de la diversité des produits. Indépendamment, en effet, des plats, pots à confitures, etc., de qualité courante, il y est fabriqué des services de table de 74 pièces. Les faïenceries produisent, en outre, de grosses pièces, lavabos, par exemple, tout en faïence, et, par contre, de petites tasses et de minuscules soucoupes. Aussi, si les pâtes, d’une manière générale, sont composées d’argile de Montereau, de sables broyés de la Nièvre, de silex cuits et broyés de Saint-Valéry, et de kaolins du Cher, de l’Ailier ou de Bretagne, ces composants varient selon qu’on veut obtenir de la pâte blanche, de la pâle ivoire, de la pâte bleue, des pâtes spéciales pour carreaux de revêtement ou des pâtes poreuses pour fabrication des vases destinés aux piles électriques.
- Les bouillies obtenues par délayage dans l’eau, après broyage pour les matières dures, argiles, sables et silex, sont amenées à des densités déterminées et mélangées en prenant un volume convenable de chacune d’elles.
- Les bouillies de matières dures, en sortant des broyeurs ou elles ont été mélangées avec l’oxyde de cobalt qui leur donne, à petite dose, un aspect plus blanc, ou tout à fait bleu à dose plus forte, sont reçues dans des cuves où des agitateurs les maintiennent sans cesse en mouvement.
- A l’aide d’un récipient de poids et de capacité connus, il est procédé fréquemment, dans les cuves où sont délayés argiles et kaolins, à des prélèvements pour la constatation de la densité de ces bouillies, cette densité indiquant suffisamment la teneur en matières pulvérulentes.
- Le délayage de ces matières est continué si la densité est trop faible, ou suspendu, avec apport d’eau si elle est trop forte. La bouillie définitive obtenue par mélange convenable de ces diverses bouillies est appelée barboline. Aux faïenceries de Montereau, qui ne produisent que la faïence fine, cette barbotine passe an tamis 160 (160 mailles au pouce carré), puis est envoyée dans les filtres-presses où l’excès d’eau est enlevé, les gâteaux qu’on
- en retire n’en contenant plus que 25 à 50 pour 100.
- Cette pâte, mise en tas dans une vaste cave, y séjourne le plus longtemps possible pour acquérir de l’homogénéité. Elle passe ensuite aux malaxeurs avant d’être envoyée aux ateliers de fabrication. La barbotine destinée à la fabrication par coulage ne passe pas aux filtres-presses. Elle est rendue plus fluide par addition d’un peu d’eau et de sels tels que le carbonate de soude et le silicate de potasse. La production totale de pâtes, aux Faïenceries de Montereau, varie de 55 à 40 000 kilogrammes par jour.
- Fabrication des moules. — Les couleurs de moules, pendant cette préparation de la pâte, en l’atelier qui leur est spécialement affecté, procèdent à la coulée des moules de plâtre qui serviront ensuite au moulage ou au coulage des pièces de faïence. Ces moules, séchés, sont ensuite remis aux ateliers de fabrication.
- Fabrication. Ébauchage par moulage à la balle. — Nous avons montré, dans une étude sur la fabrication des grès, comment s’opèrent Débauchage et le tournage des pièces à la main sur le tour du potier. Ce procédé est remplacé, dans nombre de cas, par un ébauchage par moulage à la balle suivi de l’opération appelée tournassage. La balle, ou boule de pâte, pour un bol parexemple, est jetée au fond d’un moule affectant vaguement, intérieurement, la forme de ce bol, à l’exception cependant du pied. Ce moule tournant sur son axe avec une grande rapidité, l’ouvrier introduit à l’intérieur une masse métallique, calibre ou esthègue, ayant, elle, à peu près, le profil intérieur du bol, et fixée à demeure près du moule, de façon à venir se loger au centre de ce moule, l’axe du moule et de l’esthèque coïncidant bien exactement.
- L’esthèque refoule la pâte contre les parois du moule, l’excédent étant rejeté au dehors. La pièce ainsi obtenue grossièrement est alors démoulée, après séchage suffisant, et portée sur un tour pour l’opération du tournassage. A l’aide de lames de métal affectant la forme d’un ciseau, l’ouvrier, enlevant de longs rubans de pâte qui s’échappent en gracieuses volutes, dessine le pied et donne au bol sa forme extérieure. Celle-ci obtenue, il renverse le mouvement, et, le bol tournant en sens inverse, avec le même outil dont il appuie l’extrémité sur la pièce, il polit la surface extérieure de ce bol. Ce procédé, applicable à toutes les pièces pour lesquelles le coulage ou le moulage à la main ne sont pas nécessaires, tend de plus en plus à remplacer l’ébauchage à la main.
- Préparation d’une assiette. — C’est là une fabrication très importante. Les ouvriers chargés de ce travail sont répartis par équipes de cinq personnes. Le premier prend le nom de Mouleur de croûtes. Sur le plateau horizontal d’un tour, il dépose une balle de terre, puis appuie dessus, à l’aide d’un
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- levier, un calibre oscillant autour d’une charnière qui aplatit la balle et la transforme en une sorte de galette ; il posé ensuite les croûtes sur les moules en plâtre que lui apporte un jeune apprenti appelé Porteur de moules.
- Le Chef d'équipe, ou Mouleur d'cissieiles, place successivement les moules sur un tour, appuie la croûte avec la main, puis descend un calibre métallique qui donnes, à l'assiette son relief extérieur, pied compris, cependant qu’elle prend sa forme intérieure sur le moule, qu’elle soit festonnée ou non, unie ou a reliefs.
- Le porteur de moules reçoit du mouleur les moules ainsi couverts, appose les marques sur la pâte encore fraîche et place les moules dans des séchoirs situés derrièrel’équipe.
- Il y prend des moules qui y sont depuis plusieurs heures et desquels il détache facilement les assiettes à demi séchées donne les moules dégarnis au mouleur de croûte, comme il est dit plus haut, et remet les assiettes à la Découpeuse qui régularise les bords à l’aide d’une petite feuille d’acier et passe enfin chaque assiette à la cinquième ouvrière, la Finisseuse, chargée du polissage intérieur, opération qui se fait en passant une éponge légèrement mouillée, puis une corne bien lisse sur toute la surface de l’assiette. Les assiettes, pour ces deux dernières opérations, sont également placées sur des tours.
- Savez-vous combien une telle équipe de cinq personnes peut préparer d’assiettes? 3600 en dix heures, six à la minute.
- Moulage à la main. Coulage. — Pour les objets n’ayant pas la forme ronde, deux procédés sont employés : le moulage à la main, qu’il est inutile de décrire, et qui s’applique surtout aux objets de grandes dimensions, épais, et de forme irrégulière, et le coulage. Pour celui-ci, les moules étant remplis de barbotine, l’eau de celle-ci est absorbée par le moule, sur tout son pourtour, avec d’autant plus de rapidité que ce moule est plus sec. Au bout d’une heure en moyenne pour une parfaite siccité de celui-ci, une heure et demie avec un moule humide, la pièce a généralement acquis assez d’épaisseur. L’excédent de barbotine est alors reversé,
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- le moule ouvert et la pièce sortie. Les bavures sont enlevées à l’aide du couteau, et celte pièce passée à l’éponge humide pour le polissage définitif.
- Fabrication des carreaux. — En dehors des objets divers obtenus par tournage, tournassage, moulage et coulage, il est fabriqué à Montereau un grand nombre de Carreaux de revêtement : 80 à 100000 par semaine.
- Pour éviter le gauchissement qui se produirait à la cuisson, avec ces pièces plates, si la pâte était travaillée humide, celle qui est destinée à la fabrication des carreaux est séchée dans un séchoir à wagonnets, pulvérisée, puis agglomérée par pression sous un balancier. Le gauchissement pouvant encore se produire au moment de l’émaillage, celui-ci
- est pratiqué sur les deux faces. Cet émail rendant le scellement plus difficile, une heureuse solution a été trouvée. À la pièce qui vient comprimer et agglomérer la pâte pulvérisée ont été fixées des rondelles de caoutchouc qui s’épanouissent par la pression, reprennent leur forme au fur et à mesure que cette pression diminue, et produisent dans le carreau des cavités en queue d’aronde qui se remplissent de mortier au moment du scellement, et,
- malgré l’émaillage, maintiennent solidement ce
- carreau contre le mur.
- Principe des Fours continus. — Les pièces terminées et séchées subissent une première cuisson, ou biscuit, vers 1250 degrés (nos 8-9 des montres Séger). Celte cuisson se pratiquait autrefois dans des fours ronds de 145 mètres cubes et nécessitait : 1 jour pour l’enfournement; 2 jours (45 heures) pour la cuisson, et 5 à 6 jours pour le refroidissement, soit 8 jours au minimum.
- Depuis 1898, grâce aux patientes recherches du directeur actuel des faïenceries, des fours continus fonctionnent à l’usine, au nombre de2, de 45 mètres de longueur, pour la cuisson d’émail, et d’un seul (en raison du manque de place) de 60 mètres de longueur, pour le biscuit.
- Le principe de ces fours est le même. Ils forment une sorte de long corridor en briques réfractaires au centre duquel sont les alandiers développant en ce centre la chaleur nécessaire à la cuisson, les gaz r-
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- chauds de la combustion étant appelés par le tirage de la cheminée vers l’entrée du four.
- Les wagonnets, d’une contenance chacun de 2me35, y circulent sur des rails sous lesquels se trouve une sorte de longue fosse. La partie inférieure de ces wagonnets affleure une moulure saillante de briques, et une série d’angles saillants et rentrants empêchent la chaleur dégagée par les alandiers de se perdre dans cette fosse, où il est toujours possible de circuler, en cas de besoin, sous les wagonnets.
- Du côté de l’entrée, une chaîne galle munie de
- Le nombre des wagonnets contenus dans ce four continu étant de 36, et ces wagonnets y étant introduits à raison de un toutes les 70 minutes, la durée totale du séjour de chaque wagonnet dans le four est de 42 heures.
- Aux deux extrémités de la voie passant à l’intérieur du four, des rails scellés en contre-bas, perpendiculairement aux précédents, supportent un chariot transporteur roulant muni de rails qui viennent sé placer au même niveau et dans le prolongement de la voie établie à l’intérieur du four continu. Le wagonnet sortant de ce four, chassé par les
- Fig. 2. — Carreaux de faïence.
- Ils sont obtenus par compression au balancier d’une pâte desséchée et pulvérisée.
- taquets, et manœuvrée à la main à l’aide d’un treuil, accroche de ses taquets les deux derniers wagonnets et les pousse à l’intérieur du four, où ils repoussent les précédents. Cette chaîne étant placée presque en dehors du four ne subit que très peu les effets de la dilatation.
- Des peaux de chèvre garnissent l’entrée de ce four. Leurs longs poils, s’appliquant sur les cagettes qui chargent les wagonnets, le ferment suffisamment du côté de l’entrée.
- Dès qu’elles y pénètrent, les faïences contenues dans les cagettes commencent donc à subir l’action de la chaleur. Celle-ci augmente au fur et à mesure que le wagonnet se rapproche du centre, c’est-à-dire des alandiers, puis va en diminuant des alandiers à la sortie du four, où l’appel d’air produit par le tirage active ce refroidissement.
- deux wagonnets de l’entrée, vient se poser sur le chariot transporteur. Celui-ci est roulé sur ses rails en face d’une seconde voie, parallèle à celle du four continu, mais en dehors. Le wagonnet est alors poussé sur cette voie, déchargé, rechargé de cagettes toutes préparées, puis roule sur cette même veie, jusqu’à l’autre extrémité, où il vient se poser sur un second chariot transporteur, identique à celui de la sortie, qui le ramènera en face de l’entrée du four.
- Alors qu’il fallait, autrefois, 8 jours de 1440 minutes pour la cuisson de 145 mètres cubes de faïence, soit environ 79 minutes par mètre cube, le four continu effectue même travail à raison de 70 minutes pour 2 me 35 de faïences, soit avec une rapidité environ 2 fois 1 /2 plus grande.
- Si l’on veut fabriquer rapidement quelques pièces
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- seulement, nécessaires à des rassortiments ou pour compléter des commandes, la vitesse est 4 fois 1 /2 plus grande (42 heures au lieu de 8 jours). C’est pourquoi il neus a paru intéressant de décrire avec quelques détails, quoique trop sommairement encore, le principe et le fonctionnement de ces fours continus, qui constituent vraiment un progrès des plus remarquables, d’autant que l’économie sur les anciens fours est de 40 à 50 pour 100.
- Décoration des faïences. — La décoration des porcelaines, sauf pour les couleurs de grand feu, ayant toujours lieu sur l’émail, donne par conséquent
- à l’aide d’une presse. La feuille est alors appliquée sur l’objet à décorer, puis enlevée, et le dessin se trouve reproduit avec toute sa finesse. Pour les grandes productions, la gravure est faite sur un cylindre de cuivre qui, au moyen d’une machine , donne une quantité considérable d’épreuves. Enfin, pour un grand nombre de pièces, la décoration est obtenue à l’aérographe, c’est-à dire en soufflant mécaniquement des couleurs au travers de pochoirs d’étain découpés suivant dessin à obtenir.
- La cuisson d’émail. — Les Faïenceries de Mon-tereau possèdent, depuis quelques années, la formule,
- Fig. 3. — En cas ter ie d'émail.
- Les pièces en biscuit, blanches ou décorées, sont trempées dans un bain d’émail avant cuisson à ro5o ou noo°.
- une décoration fragile et n’ayant pas le brillant des décors sous émail. La faïence, au contraire, dans la plupart des cas, est décorée entre pâte et émail, ce qui permet d’obtenir une décoration toujours brillante et indélébile.
- Les décorations les moins fines, ainsi que la marque de fabrique, sont obtenues à l’aide d’un tampon de caoutchouc portant un dessin qui peut être répété sur tout le pourtour d’une assiette ou d’un plat. Sur d’autres pièces, les décors sont appliqués avec des tampons d’éponges découpées, sur d’autres, au moyen de brosses fines et de pochoirs. Pour les décorations plus fines, il est fait usage, comme dans la gravure à l’eau-forte, de planches de cuivre gravées dont les creux sont enduits de couleur. Celte couleur, toujours comme dans la gravure a l’eau-forte, est reportée sur une feuille de papier
- découverte à l’usine d’un émail sans plomb, non toxique par conséquent, qui est maintenant presque uniquement employé. La préparation des composants de cet émail a lieu dans un four, dit Four à fritte, en briques réfractaires.
- Les produits en fusion obtenus, la gueule du four étant débouchée à l’aide d’un long ringard, s’échappent en un ruisseau éblouissant qui vient tomber dans un bassin rempli d’eau où les ouvriers répartissent la masse à l’aide de leurs ringards. Le verre se refroidit et se brise dans l'eau, puis est broyé .dans des moulins, et délayé sous forme de bouillie.
- Plongés dans cette épaisse bouillie, que le feu transformera en émail, les objets à émailler sont mis à sécher pendant quelques minutes, puis introduits dans les cagettes. La cuisson d’émail a lieu à une température d’environ 1050 à 1100 de-
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- grés (montres Séger nos 0,1 — 0,3). Elle se pratique soit dans deux fours anciens, soit dans les deux fours continus où il est introduit un wagonnet toutes les 30 à 35 minutes en moyenne.
- Quatre cuissons pour quelques pièces. — Telles sont, en principe, et rapidement énumérées, les opérations qui permettent l’obtention des pièces ordinaires. Il en est d’autres qui nécessitent déplus nombreuses manipulations, entraînant, naturellement des prix de revient beaucoup plus élevés. C’est ainsi que de modestes bols, par exemple, après la cuisson de biscuit, reçoivent une application de couleurs par impression. L’huile employée dans ces couleurs empêcherait la prise de l’émail. Ces pièces passent alors dans des moufles où la destruction de l’huile s’effectue à une température de 600 degrés.
- Elles reçoivent ensuite une application d’émail, puis supportent la cuisson de cet émail à la température indiquée plus haut. Elles passent enfin, après refroidissement, dans la salle de décor, où tout un peuple de femmes et de jeunes filles complète au pinceau la décoration en couleurs des pièces et y dessine les filets or. Cette décoration est évi-
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- Il n’existe pas en Belgique, à l’instar de la France, un ministère de l’Hygiène, de l’Assistance et de la Prévoyance sociales. Chaque département ministériel assume, en matière de prévoyance sociale, sa part de responsabilité et suivant les modalités et les exigences de son fonctionnement. Cependant le ministère belge de l’Industrie et du Travail, précisément parce que son domaine d’activité s’y prête mieux, multiplie les réalisations de caractère démocratique et qui intéressent tout particulièrement la vie industrielle et ouvrière dans toutes ses manifestations, sans en excepter l’hygiène sociale, le service médical du travail, etc.
- C’est ainsi qu’il y a quelques semaines, le Ministre du Travail M. J. Wauters, a créé un Service médical du Travail qui est une innovation fort intéressante et dont on attend, ici, les plus heureux résultats.
- A dire vrai, le service en question constitue plutôt une transformation. On sait, en effet, que la Belgique fut la première à instituer en 1895 une inspection médicale du travail. Mais l’œuvre avait une action limitée, manifestement incomplète. Les médecins délégués du département de l’industrie et du travail étaient chargés de faire des recherches sur les causes générales d’insalubrité des usines, en même temps qu’ils faisaient respecter les dispo-’ sitions réglementant le travail dans certaines industries particulièrement nocives. Ce fut un début et un début encourageant parce qu’il permit d’atteindre de fâcheux abus et qu’il put montrer combien
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- demment suivie d’une quatrième cuisson, vers 700 degrés. On a peine à s’expliquer, dans ces conditions, comment des objets de ce genre peuvent être vendus à bon marché.
- Faïences d’art. — On fabrique surtout à Monte-reau des objets de première nécessité auxquels les faïenceries, toutes les fois que la chose est possible, s’efforcent de donner un cachet artistique. Là cependant ne se limitent pas ses productions, et nous avons pu voir, dans une salle appelée Musée, une foule de pièces ravissantes. Il nous fut donné, surtout, d’admirer une superbe buire, qui figura 'a l’Exposition de 1867 et fut décorée par M. Carrier, artiste de talent, et une non moins belle coupe, due à M. Froment Richard, artiste d’un talent très original, qui figura à l’Exposition de 1878.
- Ces pièces montrent combien les artistes et ouvriers attachés, au nombre d’environ 750, aux Faïenceries de Montereau, où ils produisent environ quinze millions de pièces par an, possèdent la technique d’un art intéressant par la variété de ses productions qui vont des plus humbles aux plus artistiques. Georges Lanorvili.e.
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- il importait d’étendre l’intervention des spécialistes dans l’hygiène professionnelle.
- C’est à cette action que l’on dut notamment la signature d’arrêtés réglementant la fabrication et l’emploi de la céruse, le travail des ports, la tâche si âpre dans les caissons à air comprimé, la désinfection de nombreux ateliers, etc.
- La guerre et surtout la transformation de la vie économique ont accentué la nécessité d’assurer à la vie ouvrière, dans les ambiances de travail, des garanties aussi étendues que possible, avec d’autant plus de raison que les conditions de la vie économique et la nécessité de reconstituer le pays, exigeaient des efforts plus généreux.
- Le nouveau service aura pour mission :
- 1° D’organiser la protection des femmes enceintes ou nourrices;
- 2° D’assurer la tutelle sanitaire des apprentis et de collaborer à leur bonne orientation professionnelle ;
- 3° D’étudier la physiologie et la pathologie du travail dans toutes ses modalités ;
- 4° D’apporter son concours à toutes les œuvres de prévoyance sociale;
- 5° De propager les notions les plus utiles de prophylaxie professionnelle ;
- 6° De surveiller l’exécution des dispositions réglementaires d’ordre médical.
- Le nouveau service comprend un personnel composé de médecins spécialisés dans les études d’hygiène sociale et professionnelle. Ses délégués
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- inspecteront les usines, surveilleront, feront rapport, non point pour énerver, par un excès de réglementation, l’évolution industrielle, mais pour donner à celle-ci toutes les facilités désirables dans la sauvegarde de la vie ouvrière et pour le meilleur profit du patronat.
- Enfin, il publiera un bulletin trimestriel qui renseignera tous les spécialistes, les industriels et les ouvriers, documentera sur toutes questions d’intérêt collectif, au point de vue de l’organisation sanitaire du travail, des lois, des règlements, etc.
- Mais ce n est pas tout.
- Il est question, en effet, de créer, dans différents centres de la Belgique et sous les auspices d’autres pouvoirs au besoin, des œuvres qui s’occuperaient, dans des rayons d’action plus restreints, de la physiologie du Travail.
- Déjà la province de llainaut, voisine de la frontière française, a créé un superbe Musée d’hygiène où Ton étudie tout ce qui a rapport aux maladies professionnelles, à l’hygiène du travail, etc.
- Elle a créé aussi un dispensaire réservé aux mineurs atteint s d’ankylostomiase, aux affections syphilitiques, etc.
- Le Brabant (la province centrale) a décidé de créer un Institut provincial des Arts et Métiers, à l’instar du Conservatoire de Paris, et qui comprendra, outre des services d’enseignement et de diffusion, une section spéciale consacrée à l’étude des questions qui intéressent le travail dans le domaine social. Enfin, la loi sur l’enseignement professionnel obligatoire que Ton est en train d’établir au Conseil supérieur de l'Industrie et du Travail, va comprendre — à la demande des organisations ouvrières qui suggèrent à ce point de vue des vœux particulièrement précis — des modalités relatives à l’obligation de la consultation d’orientation professionnelle, préalable à l’admission de l’apprenti dans un atelier ou un métier.
- Car il y a beaucoup, beaucoup à faire en Belgique.
- Il faut avoir vécu dans nos centres industriels, parmi les ruches bourdonnantes de la Wallonie et d’ailleurs pour se rendre compte combien un contrôle averti peut prévenir non pas surtout les abus, mais les erreurs dont les conséquences sont tout
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- aussi préjudiciables pour les employeurs que pour les salariés. Dans une usine mal établie, à l’atmosphère malsaine, le travail ne lèse pas seulement l’ouvrier, il diminue le rendement. À employer maladroitement des apprentis inaptes, on favorise la formation de déchets sociaux qui sont très tôt à charge de la collectivité. Et Ton sait combien un excès de liberté, dans l’emploi de la main-d’œuvre féminine, a favorisé la dépopulation et la déchéance de la race.
- Ce n’est point faire de la démagogie que de prétendre qu’en ces temps d’évolution technique et économique intensive, il convient d’assurer au labeur humain, aussi bien pour lui-même que par intérêt pour la productivité, des garanties précises.
- Ces intéressantes initiatives ne s’arrêteront pas à la vie industrielle active. Elles se manifesteront aussi en dehors de l’industrie, lorsque la vie humaine aura pâti d’accidents ou de maladies.
- C’est ainsi qu’il est question de multiplier les deux institutions belges consacrées à la rééducation professionnelle des accidentés de l’industrie et du travail.
- Il existe en Belgique deux écoles seulement pour estropiés : celle de Charleroi dont l’initiateur fut M. Paul Pasteur, un homme d’œuvres particulièrement averti et auquel on doit la plupart des institutions dont s’honore le Hainaut, et celle de Bruxelles dont j’eus l’occasion de proposer la création au Conseil provincial du Brabant.
- Il n’est pas inutile d’en dire quelques mots pour dégager de leur réussite la conclusion des exemples, et souhaiter que ceux-ci inspirent de généreuses propositions, partout où les pouvoirs peuvent agir.
- L’Ecole des estropiés de Charleroi fut fondée en 1907. Elle comptait au début 31 élèves et, en 1910, 107. Depuis, cette fréquentation n’a fait que progresser, au point que la province a dû étendre l’action de ses services. Ajoutons, en passant, qu’elle vient de décider d’y admettre les mutilés de guerre et de voter à cette fin d’importants crédits.
- L’Ecole ne reçoit pas seulement les accidentés du travail. Elle admet les infirmes congénitaux et son
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- Fig. 2. — L’atelier des tailleurs, à Charleroi.
- aclion généreuse en est singulièrement accrue. Elle compte nombre d’ateliers-cours : la cordonnerie, la reliure, la vannerie, les tapis, la bourrellerie, les tailleurs, la comptabilité, etc., sans compter les cours généraux qui concourent, comme dans les écoles professionnelles ordinaires, à la formation du savoir général et du savoir technique.
- Les ateliers sont en activité toute la journée. Chaque estropié participe à la cantine gratuite. Il est rétribué par le travail qu’il fournit, comme dans un atelier de production.
- L’Institut provincial des estropiés du Brabant fut ouvert en mars 1914-, cinq, ans après la présentation de proposition de création au Conseil provincial.
- La consultation médicale et orthopédique fut ouverte la première, en mars 1914. La guerre survint. L’institution fut fermée. On ne la remit en activité qu’en mai 1915, et avec de très grosses difficultés résultant de... l’occupant.
- Au début de cette année, les registres de l’Institut brabançon comptaient les fiches de 509 estropiés. De plus, il y avait 47 malades en traitement à l’Ofice médical, et 59 élèves fréquentant les ateliers de cordonnerie, d’orthopédie, de reliure et de vannerie. Ce nombre d’apprentis a été sensiblement augmenté du fait de l’ouverture de deux ateliers nouveaux, la bourrellerie et le cours des tailleurs.
- L’enseignement professionnel de l’Institut du Brabant est identique, ou presque, à celui donné à Charleroi. Il est technique et pratique. Il comportera sous peu les éléments du savoir général, des
- Fig. 4. — Un des ateliers de reliure à l'école des estropiés de Bruxelles.
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- Fig. 3. — L'atelier de vannerie, à Charleroi.
- cours préparatoires de français, d’arithmétique, de dessin, etc., devant être ouverts.
- Tous les seniccs sont gratuits et une indemnité d’alimentation est remise aux élèves en attendant mieux. La question du salariat est posée devant la commission administrative et il n’est pas douteux qu’elle sera résolue favorablement.
- Ajoutons que l’Institut du Brabant admet également les estropiés congénitaux, qui ne sont pas les moins nombreux.
- Telles sont, dans leurs grandes lignes, les seules œuvres belges en activité, s’occupant de la rééducation professionnelle des mutilés de l’industrie et des malades atteints par des déchéances de la vie. En marquer le succès — si l’on peut employer ce mot pour résumer les résultats d’une œuvre de prévoyance sociale destinée aux malchanceux du destin — montre son insuffisance.
- Aussi est-il question de donner à ces initiatives, légitimées par de pénibles circonstances, le plus d’extension possible.
- Telles sont, dans leurs grandes lignes, les œuvres de prévoyance que l’on compte en Belgique dans le domaine industriel. Elles ne sont pas, il s’en faut, définitives. Elles n’en marquent pas moins un bel effort et il serait injuste de ne pas en exprimer les beautés sociales, comme il convient de glorifier tout exemple de justice et de saine démocratie.
- Marius Bénard.
- Conseiller provincial et communal à Bruxelles.
- Membre du Conseil supérieur de l’Enseignement technique.
- Fig. 5.
- Le réfectoire de l'école de Bruxelles.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet et d’août 1920.
- Le cuivre dans les matières alimentaires d’origine végétale.-— Les analyses très minutieuses qu’effectue M. Guérilhault, montrent que ce métal est un élément constant, particulièrement abondant dans les amandes douces, les noix, les feuilles do poireaux et les cornichons. Reste à voir la conséquence d’un tel fait au double point de vue de la teneur en cuivre des organismes animaux et du rôle biochimique "oué par le métal.
- L'utilisation de la force des marées. — M. Bigourdan revient sur un principe qu’il défendit en 1010 et qui constitue, suivant ses dires, le moyen de tirer un excellent parti de la houille verte. Une cloche fixe ayant son ouverture en bas peut être remplie en partie par l’eau de mer.lors de la marée montante, de là une compression de l’air, par suite, création d’une force utilisable. La marée descendante produirait au contraire une aspiration, provoquant l’ascension d’une autre eau, ainsi mise en réserve à une certaine hauteur. En somme, l’appareil se ramènerait à une sorte de pompe, dont le piston actionné par le soleil et la lune ferait chaque jour un peu plus de deux mouvements de va et vient.
- Sur la glucosane. — En chauffant le glucose à 170°, Gélis avait obtenu en 1860 une masse brune, amorphe, à peine sucrée et non fermentescible, mais, depuis cette époque, aucune recherche n’avait été faite pour obtenir cet anhydride à l’état de pureté. MM, Aimé Pictet et P. Castan viennent d’y réussir en maintenant la température à 150° sous pression réduite. La glucosane s’ëxtrait ensuite par épuisement à l’alcool méthvlique et cristallisation lente. Les paillettes incolores, fusibles à 108-109 et qu’on obtient avec un rendement de 92 pour 100, répondent à la formule C6ll,003.
- L’hydratation des nilriles. — Ces corps s’obtiennent par réaction d’un acide sur le gaz ammoniac en présence d’un déshydratant, comme la thorine ou l’alumine. Partant de l’idée que si un catalyseur accélère la vitesse d’une réaction, son action ne varie pas lorsqu’il s’agit de la réaction inverse, M. A. Mailhe a pu, en utilisant les mêmes oxydes, faire subir aux nitriles (métatoluique, naphtoïque, phénylacétique et caproïque) une hydratation instantanée avec formation de l’acide correspondant.
- Les acacias, fournisseurs de gomme arabique. — Dans sa mission au Kordofan, M. Perrot a pu étudier sur place les conditions de végétation des acacias gommiers, les méthodes de récolte et le trafic de la gomme. Il semble que la formation de celle-ci a pour but de conserver à la plante la quantité d’eau de constitution nécessaire à sa végétation, lors de la période de sécheresse qui va de fin mai à mi-octobre. Quoi qu’il eh soit, il est indispensable d’introduire dans notre Sénégal la pratique de l’écorçage et de surveiller rigoureusement les achats si on veut multiplier, par trois ou cinq —- ce qui est posible — les rendements actuels.
- A propos des vitamines. — Ce sont là des substances indispensables à la-vie et qui ne peuvent se remplacer par des composés chimiques définis. Or, aucune de leurs propriétés ne se retrouve dans les substances suscep-
- tibles d’améliorer, pour les végétaux, les qualités nutritives des milieux pauvres. M. Auguste Lumière estime qu’il est alors bien difficile d’attribuer auxdites vila-mines une action sur la croissance des plantes.
- Le vieillissement des catalyseurs colloïdaux. — Pour de nombreux auteurs il serait analogue à celui des catalyseurs solides, où la décroissance d’activité est une conséquence de leur altération progressive. Les expériences de M. G. de Rocasolano ont porté sur un électrosol de platine et sur du palladium obtenu par réduction du chlorure. Elles ont montré une évolution qui commence par un accroissement de vitalité, atteint un maximum et se continue par une diminution dont le terme n’a pu être atteint. Le phénomène est du même ordre, s’il s’agit de colloïdes organiques, comme l’inver-tase, et sans doute, faut-il voir une de ses causes dans la variation de concentration de l’oxygène, absorbé par le métal lors de sa précipitation.
- La Bresse chalonnaise. — On considérait jusqu’à présent, que la Haute Bresse était presque entièrement pliocène et que le quaternaire s’y limitait aux basses terrasses et aux alluvions récentes des cours d’eau. Ce n’est pas l’avis de MM. Ch. Depéret et Mazeran. Leurs études de révision de la carte au 520 000e leur ont fait retrouver sur la rive droite de la Saône et dans la vallée de la Dheune, trois terrasses de 15-20 m., 50 m. et 60 m., niveau classique des terrasses quaternaires et une terrasse de 130 m., niveau probable du remblaiement général de la vallée de la Saône, à l’époque du pliocène supérieur.
- Découverte d’un squelette d’éléphant.. — Dans les sables de Chagny, dont la note précédente fixe la position straligraphique, MM. Mayet et Nugue ont découvert un squelette incomplet, se rapportant à une espèce non encore identifiée parmi les proboscidiens pliocènes de l’Europe occidentale. De l’examen des différentes pièces : base du crâne, mandibules, apophyse mentonnière, défense, allas, omoplate, etc., on peut être amené à regarder la migration des Eléphants venus d’Afrique en Asie, au début du pliocène supérieur comme fournissant les représentants de deux rameaux phylétiques paral-lè’es : l’un d’eux arrivé à son terme YElephas planifiions ne dépassera guère le Yillafranchien, l’aulre plus jeune, avec une certaine carrière évolutive à parcourir, fournira l’Elephas méridionalis.
- Les tremblements de terre et la latitude. — M. G. Zeil a déjà montré que les secousses sismiques étaient centrifuges ou centripètes et que, dans tous les cas, il s’agissait d’un déplacement ascensionnel d’un voussoir Jilhosphériqüe. Sa nouvelle note démontre qu’un tel mouvement entraîne logiquement une inclinaison noü-vcllq.de Paxè de rotation terrestre; elle vient appuyer les conclusions de M, Brillouin- et de M. Monlessus de Ballore, et met en garde les observateurs, lorsque la secousse n’est suivie d'aucune variation de latitude. De tels faits se localisent d’ailleurs le long, des côtes marines abruptes ou dans les dépressions continentales dépourvues de communication avec la mer.
- Paul B.
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- LA PELLE MÉCANIQUE ROTATIVE CLÈRE
- Fig. i. — La première pelle mécanique rotative Clère
- La quantité de travaux de constructions civiles qu’ont nécessités les ravages de la guerre, la rareté et par conséquent le prix élevé de la main-d’œuvre, font rechercher à l’extrême les moyens de remplacer par des organes mécaniques les manœuvres qui grèvent considérablement le budget d’une entreprise.
- Au point de vue travaux publics, carrières, mines et en général terrassements de toutes sortes, on utilise déjà depuis longtemps des appareils mécaniques.
- Tout d’abord, la drague ou chaîne à godets qui a débuté par les travaux en rivière, puis en mer, a fait son apparition sur les grands chantiers pour la construction de canaux, pour les sablières, etc. Elle donne de bons résultats quand il s’agit de matériaux fins, mais malgré tout, étant donné la quantité des parties frottantes, l’usure est considérable, par suite les réparations et les arrêts sont fréquents.
- Pour les matériaux d’une certaine grosseur, on emploie le grappin ou benne preneuse à mâchoires, qui fonctionne mal pour des minerais très durs, mais qui donne de bons résultats avec le charbon.
- 11 exige un portique ou une grue pivotante ; il est d’un poids élevé par rapport à la charge utile et son débit est fatalement limité, étant donné le temps que nécessitent les voyages aller et retour de la benne pour le déchargement.
- La pelle à vapeur est un engin excessivement robuste qui peut s’attaquer à des matériaux gros et durs ; mais on se trouve néanmoins en présence, d’un appareil lourd et encombrant qui exige une force motrice considérable par rapport au travail effectué.
- Un engin nouveau, mais qui a déjà fait ses preuves depuis quelques années, tient le milieu entre la pelle à vapeur et les deux premiers engins nommés; car avec un poids et une force faibles, il manutentionne toute espèce de matériaux et le débit déjà élevé ne saurait être limité que par les dimensions de l’organe chargeur, ou pelle rotative proprement dite.
- Cette pelle est constituée par une série de godets disposés autour d’un axe, ce qui lui donne l’aspect d’une roue.
- Les godets sont prolongés par une espèce de couloir qui est orienté de façon que la matière contenue dans la pelle se déverse pendant la rotation sur l’un des côtés. A l’endroit où se fait ce déversement, on a soin de disposer un appareil de manutention qui, selon les cas, sera une chaîne à godets, un transporteur métallique, une courroie ou un tapis sans fin.
- Les pelles sont en tôle d’acier. Elles peuvent être établies en acier coulé avec godets rapportés pour des matériaux lourds et de grosses dimensions. Le bord de ces godets peut être muni de dents qui facilitent la prise de la matièré à enlever ; en cas d’usure, le remplacement des godets est excessivement facile.
- Le travail de cette roue piocheuse se fait de la façon suivante. Pendant la rotation, les dents des godets se présentent à intervalles réguliers devant les blocs composant le talus du tas : le talus primitif prend peu à peu une inclinaison plus grande, le bloc finit par être en équilibre instable et à un moment donné, il n’est plus maintenu que par l’appui qu’il prend sur l’élément de pelle qui passe. 11
- Fig. 2. — Pelle rotative au travail dans une tranchée de chemin de fer..
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- LA PELLE MÉCANIQUE ROTATIVE “ CLÈRE ” ======= 175
- bascule, une fois cet élément passé, et tombe dans l’élément de pelle suivant. Le bloc chargé pendant la rotation glisse dans le godet et se rapproche peu à peu de l’axe, pour finalement s’écouler à un moment donné au moyen du couloir du godet. Pour diminuer l’effort, le bord d’attaque du godet est oblique et l’on peut charger des matériaux lourds de grosses dimensions ; il suffit pour cela de prévoir la capacité des godets en conséquence.
- Bien entendu, l’organe vital de l’appareil, qui est la roue piocheuse peut être adapté à toutes sortes de combinaisons, suivant la nature des travaux qu’on veut lui faire exécuter.
- Un modèle du même genre mais de dimensions plus importantes comporte une espèce de cabine qui protège le mécanisme (fig. 5). Le truck se déplace sur une voie de 2 mètres de large qu’on peut riper au fur et à mesure du travail. L’avance perpendiculaire à la voie, pour la pelle, va jusqu’à 80 centimètres. La hauteur du déversoir, qui dans l’appareil précédent était de 1 m. 50, est ici de 1 m. 75. On peut manutentionner des blocs jusqu’à 20 centimètres de grosseur : la pelle.de 2 mètres de diamètre sur 40 centimètres de large, assure un débit de 55 mètres cubes environ à l’heure. La force motrice‘Comporte deux moteurs : un de 8 chevaux
- Fig. 3. — Pelle rotative.
- Les matières extraites sont évacuées par une chaîne à godets.
- Passons rapidement en revue les quelques types en fonctionnement à l’heure actuelle.
- Le premier modèle établi, qui date déjà de 1914, comprend la roue piocheuse, une chaîne ou tapis sans fin qui élève légèrement la matière extraite et vient la rejeter dans un déversoir. Ce dernier permet de remplir soit des wagonnets, soit des tombereaux, soit même des wagons directement.
- Tout l’appareil est supporté par un truck, qui peut se déplacer sur une voie devant le tas à manutentionner. L’ensemble peut également coulisser sur le truck perpendiculairement à la voie au moyen d’engrenages et s’avancer de 75 centimètres dans le talus. La force absorbée est de 10 chevaux et en supposant que les blocs à charger aient une grosseur maxima de 10 centimètres, avec une pelle de 2 mètres de diamètre et de 50 centimètres de large, on peut charger à l’heure environ 15 mètres cubes.
- pour la translation de l’avance de la pelle, l’autre de 25 chevaux pour le mouvement de rotation.
- Un modèle analogue aux deux précédents comporte un élévateur par chaîne à godets enfermé dans une caisse métallique (fig. 5) et remplaçant le transporteur à courroie. La hauteur d’élévation est ici de 1 m. 75; les blocs peuvent avoir 15 centimètres; la pelle de 2 m. 50x0 m. 40 permet avec une puissance de 15 chevaux de manutentionner 25 mètres cubes à l’heure. La voie de déplacement le long du tas a deux mètres de largeur et l’avance en profondeur peut être de 75 centimètres. Ce modèle s’applique parfaitement aux wagons normaux.
- Dans le cas où l’on ne veut pas avoir un appare déplaçable sur rails on peut le monter sur un châssis à trois ou quatre roues (fig. 4) qu’on déplace à la main pour l’attaque du tas. De plus, cet appareil peut pivoter de 40° environ et agir ainsi
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- LA PELLE MÉCANIQUE ROTATIVE “ CLÈRE ”
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- comme une petite grue à volée orientable. On est ainsi en mesure de produire l’attaque du tas dans
- tous les endroits possibles avec grande facilité et souplesse.
- Là encore, la pelle a 2 mètres sur 0 m. 40 et débite 18 mètres cubes à l’heure avec un moteur de 12 chevaux.
- Une disposition absolument complète est celle qui est montrée par la figure 5. La pelle est fixée à l’extrémité du bras d’une grue et peut s’abaisser et s’élever jusqu’à 15 mètres au-dessus du sol; le mouvement d’avance et de retrait a une amplitude de deux mètres.
- Tous ces mouvements sont complétés par le déplacement du portique qui supporte la grue et aussi par la rotation complète de la grue sur le portique. On a donc un organe d’une souplesse incomparable qui comporte les caractéristiques formidables suivantes :
- La hauteur de déversement est de 4 m. 150 et permet le chargement facile de trains entiers. Il y a 5 moteurs électriques, depuis 15 jusqu’à 75 chevaux. Les blocs manutentionnés peuvent avoir une dimension de 50 centimètres. La pelle, de 5 mètres de diamètre et de 0 m. 725 de large, peut assurer un débit horaire de 400 mètres cubes.
- Cette quantité est impressionnante, car le maximum obtenu jusqu’à ce jour par les meilleurs appareils était de 120 mètres cubes à l’heure.
- Evidemment ici, on n’est limité que par les dimensions de la pelle.
- Aussi un appareil de dimensions plus grandes encore, en voie d’étude et de réalisation permettra de manutentionner jusqu’à 650 mètres cubes à l’heure.
- De même une disposition spéciale prévoit une roue piocheuse, qui pourra s’abaisser avec le bras de la grue de longueur 6 m. 50, pour creuser des excavations. De l’autre côté du truck, un autre bras de 15 mètres de longueur portera le convoyeur roulant qui fera l’évacuation des déblais. Ce grand bras pourra également s’abaisser et s’élever, de manière à évacuer les matériaux à la hauteur désirée.
- Dès que cet appareil sera établi nous le décrirons d’une manière plus détaillée et nous en reproduirons les photographies. Mais dès maintenant, tous les chiffres que nous avons donnés sont suffisamment impressionnants.
- Ils ne résultent pas d’ailleurs de calculs plus ou moins savants, plus ou moins compliqués, mais ils sont le fait de l’expérience, de résultats obtenus avec des appareils en service.
- Ils permettent d’entrevoir que les travaux publics futurs se feront avec une vitesse que n’avaient certainement pas soupçonnée les architectes qui ont édifié les pyramides d’Egypte ou les temples de Karnak. Félicitons-nous-en/car la liste est longue des grands travaux publics dont s’impose la prompte exécution : restauration des régions libérées, équipement des chutes d’eau, agrandissement, des ports, création de voies ferrées et voies d’eau nouvelles, assainissement des villes; pour aborder semblables tâches, il faut évidemment commencer par se créer des outils à leur taille.
- Notre siècle, qui est celui du machinisme à outrance, verra certainement s’accomplir et se termi-
- ner des travaux d’une importance considérable, en une période de temps réduite, avec également le minimum de personnel. E. Weiss.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2424.
- LE RETOUR AU NID DE LA PATELLE
- Les habitués de nos plages de l’Océan, sans être même des pêcheurs endurcis, ont suffisamment arpenté les rochers des côtes pour bien connaître les patelles, ces mollusques dont la coquille conique ressemble à un chapeau chinois; et, sans doute, pour avoir cassé la pointe de leurs couteaux en voulant détacher ces « Aies », « jambes », ou « bernicles » suivant les expressions normande, charentaise ou bretonne, ils ont apprécié l’altachement de l’animal pour sa roche, attachement dont parle déjà avec humour Aristophane, et que notre Réaumur avait très exactement mesuré, constatant qu un « œil de bouc » — ainsi appelait-il la Patelle — pouvait supporter sans se détacher un poids de 15 kg!
- Sauf au point de vue alimentaire — et encore elle est bien coriace — la Patelle ne paraît pas très intéressante, immuablement fixée à la roche avec laquelle on la confond presque. Et pourtant, si vous savez l’observer, elle vous apprendra que les mollusques peuvent avoir une mémoire très remar-
- Fig. 2. — Deux patelles logées dans des anjrac-tuosilês rocheuses, dont Tune, resserrée dans une rigole, s'est développée en hauteur et dont Vautre est restée très plate. La première a une élévation qui est les 213 du plus grand diamètre, soit les io/i5, et l’autre, seulement i/5 ou 3115, la normale oscille autour de 5 à 6/i5.
- quable, et qu’ils usent, pour s’orienter, des mêmes méthodes que les animaux dits supérieurs.
- En effet, si la patelle s’incruste dans la roche (l), dont la coquille épouse toutes les anfractuosités, en sorte que, dans des granits rugueux, sa bordure est toute dentelée, s’aplatissant, ou se rétrécissant pour se loger dans des anfractuosités ou des failles, si die est recouverte souvent de balanes, de spirorbes, d’Hydrozoaires, de Fucus, d’ulves, d’algues rouges, et même de Litholhamnions, comme la roche elle-même, suivant ses habitats, il ne faudrait pas croire qu’elle ne quitte jamais ce nid, fait pour elle, puisqu’elle s’est faite à lui (voir les figures ci-jointes), et Aristote avait déjà noté les pérégrinations des Patelles.
- Lorsque la mer vient de descendre, allez dans les rochers, au niveau supérieur des Fucus, et restez un moment immobile; vous entendrez un concert, qui n’est pas très harmonieux, mais.faitdevoix multiples, un raclage innombrable, le « rasping noise » des Anglais. Ce sont les radulas des patelles qui travaillent au ras de la roche, détachant les algues qui font leur nourriture. Et vous verrez alors marcher les Patelles. Ayez un peu de patience; si la roche se dessèche sous le soleil, ou si la mer s’approche —- et dans ce cas, jetez un peu d’eau par éclats pour hâter le dénouement — vous verrez les patelles
- 1: Dans les calcaires tendres, elle sc creuse meme son nid en grattant le calcaire avec sa radula.
- 48* Année — 2’ Semestre-
- - 18 SEPTEMBRE 1920
- ET LA MÉMOIRE DES MOLLUSQUES
- regagner chacune son home et y reprendre cette immobilité qui paraît éternelle.
- Regardez de près cet» Patelle sur le chemin du
- Fig. i. — Trois patelles adaptées à des rochers de relief très rugueux ou couverts de balanes et dont la coquille a un contour particulièrement irrégulier.
- retour, qui se hâte... lentement(*), et vous la verrez explorer, ses tentacules céphaliques en avant, hésiter parfois, puis se diriger hardiment, enfin s’arrêter, se tourner de droite et de gauche; regardez-la alors de plus près, sans trop faire ombre, sans y toucher et sans ébranler la roche — car vous l’inquiéteriez alors et elle s’immobiliserait sur place — et vous verrez tout autour du manteau de petits tentacules palper la surface du rocher sous la coquille soulevée, autour du pied. Bientôt la Patelle ne bougera plus. A ce moment, touchez-la et vous verrez qu’elle s’accolera étroitement à la roche, toutes les indentations de la coquille s’adaptant exactement au relief du pourtour du home.
- Il existe donc un sens du retour, un « homing » de la Patelle, qui fut signalé par J. R. Ainsworth Davis (The Nature, 1885, 31, p. 200 et 1895, 51, p. 511) et parC. Lloyd Morgan {The Nature, 1894,
- Fig. 3. — Coin de rocher à balanes avec deux patelles logées à leurs places et dont les coquilles ont dû s’adapter l’une à l’autre. Au-dessous, emplacement d’une patelle qui se trouve en voyage d'exploration alimentaire
- 51, p. 127). Je l’ai étudié il y a quelques années sur les calcaires du crétacé supérieur (Dordonien) 1. La vitesse de marche varie de 1/2 cm à 5 cm à la minuté
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- de Royan et sur les granités de Tatihou (Saint-Vaast-la-Ilougue). J’ai pu compléter mes observations
- Fig. 4. — Une patelle en .promenade. Légèrement so ulevée, elle avance avec les deux tentacules céphaliques explorant la roche, mais prudemment sortis.
- antérieures, depuis la guerre, en examinant des Patelles fixées sur des blocs ou des galets de granit ou de schiste, à la pointe du château de Trestrignel, près de Perros Guirec(1).
- Or, des expériences — faciles à répéter — montrent que le retour de la Patelle à son nid implique une mémoire topographique tactile conservant les impressions recueillies surtout par les tentacules céphaliques explorateurs ; le retour se fait identiquement par le chemin suivi à l’aller, dans tous ses détours, et des hésitations apparaissent quand le relief a été modifié dans l’intervalle. Toutefois, ces modifications du relief, au retour, n’empêchent pas en général la Patelle de passer outre et de suivre la bonne direction, grâce à des repères fournis, en premier lieu, par la direction de la pesanteur, l’inclinaison des pentes rocheuses, ensuite par la direction de la lumière quand le déplacement se fait en plein soleil — influence qui se manifeste surtout lorsque l’animal se trouve sur une surface horizontale — et enfin par un repère interne, qui l’avertit des distances restant à parcourir en la renseignant sur les mouvements qu’elle a effectués à l’aller et qu’elle doit effectuer au retour.
- Les souvenirs tactiles jouent le rôle essentiel, et le fait de renverser la roche, de changer l’orientation vis-à-vis de la pesanteur ou vis-à-vis du soleil ne trouble aucunement le retour au nid, quand la Patelle se déplace sur un granit rugueux. Il n’en est plus de même sur un galet roulé et poli, sur un schiste lisse, où les repères tactiles font à peu près complètement défaut. Dans ce cas, vous verrez qu’une Patelle qui revient à sa place quand la roche se dessèche, fera demi-tour, par exemple si elle montait et que vous basculiez son bloc de façon à la forcer à descendre pour retrouver son nid: elle recommencera a; monter, tournant le dos à son nid. De même, observez sur la paroi horizontale d’un bloc de schiste, une Patelle revenant en plein
- '1. Cf. Pikron. Contribution à la Biologie de la Patelle et de la Calyptréc, Archives de Zoologie expérimentale, Notes et Revue," 1909. I, p. 18-29. —Bulletin scientifique, 1909, 43, p- 18~)-202. - C. Il:'Société de Biologie, 1919, 82, p. 1227-1230.
- soleil; faites pirouetter le bloc de 180°, et vous verrez que, docilement, la Patelle compensera la rotation en pirouettant à son tour pour garder la même orientation vis-à-vis des rayons solaires. Vous n’y réussirez pas sur un bloc de granit, mais vous pourrez provoquer une hésitation passagère. Vous n’y réussirez pas surtout si la Patelle est tout près de son emplacement; elle connaît, en effet* de façon durable la topographie de son home et de ses environs immédiats. Si elle peut s’éloigner jusqu’à 90 cm (Lloyd Morgan) et en tout cas jusqu’à une cinquantaine de centimètres, d’après mes observations, en des voyages d’une heure et demie à deux heures, la Patelle ne connaît autour de sa demeure qu'un périmètre évidemment beaucoup plus limité; déplacée et mise à 5 ou 10 cm de son nid, une Patelle y revient en général; entre 10 et 20 cm, son retour est exceptionnel. Mais, chose intéressante, le périmètre connu est fonction de la fréquence des déplacements, qui familiarisent l’animal avec le relief aux approches de son « chez lui ». En effet, certaines Patelles se déplacent peu, soit qu’elles se nourrissent de débris d’algues que la mer leur apporte, pour ainsi dire, à domicile, soit qu’elles aillent au festin aux époques de grandes marées après les longs jeûnes en morte-eau : Patelles vivant dans des mares, ou à de très bas niveaux, ne découvrant jamais,ou logées sur des blocs rocheux ensablés émergeant à peine, ou enfin, aux très hauts niveaux, sur des roches presque constamment à Sec. Or, ces Patelles se perdent dès qu’on les met à plus de 1 cm de leur nid.
- Mais toutes connaissent bien la topographie du home, pour y adapter leur coquille, sans quoi le premier crabe venu aurait tôt fait de glisser sa pince et d’arracher 1’ « œil de bouc » comme je l’ai vu maintes fois. Et elles ne tâtonnent pas pour y arriver : les petits tentacules du manteau connaissent
- Fig. 5. — Une patelle de bas niveau couverte d’un jeune jucus et d’une touffe d’algue rouge qui la dissimulent à peu près complètement.
- chacun les trous ou les bosses qu’il doit rencontrer. On peut abîmer la bordure de la coquille, en sorte que l’adaptation ne puisse plus se faire, la position
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- prise par la Patelle reste la position correcte qui aurait assuré l’adaptation. En revanche, qu’on modifie artificiellement le relief de l’emplacement, et l’animal désorienté ne reconnaît plus son home; il va errer ailleurs, à la vaine recherche de sa demeure détruite.
- Sauf pour les Patelles fixées sur des surfaces lisses, et qui s’adaptent facilement à des places nouvelles, l’attachement au home est tenace; après deux semaines, une Patelle que j’avais contrainte à adopter une nouvelle demeure, remise à 10 cm de son ancienne, retrouva celle-ci et s’y réfugia.
- Ainsi mémoire musculaire et tactile tenace, utilisation de repères fournis par la direction de la lumière ou de la pesanteur, voilà ce que révèle le « homing » de la Patelle.
- Et l’on trouve un comportement semblable chez d’autres Gastéropodes, ayant un mode de vie analogue. C’est l’Ilelcion, un patellide, à la coquille transparente, qui vit dans les Luminaires, où il se creuse, en dévorant la couche superficielle de l’algue, une loge à sa taille. Ce sont les Acméidcs, très voisins, mais dont l’instinci de retour est moins déve-
- Fig. 7. — Patelle de bas niveaux couverte de lithothamnions el de touffes d’hy-draires et sur laquelle se sont installées deuxjeunes patelles qui sont en expédition alimentaire. On voit, marqués sous le revêtement d’algues calcaires, les deux emplacements momentanément abandonnés.
- loppé d’après Wells (Journal of animal Behavior, 1917, 7, p. 387-395). C’est la Calyptrée, d'un groupe pourtant tout difiérent et qui, par un phénomène de convergence, ressemble à une patelle; elle aussi retrouve sa place; mais, généralement, elle vit sur des galets ou sur la face interne et lisse des vieilles coquilles, et ne se déplace pas autant que la patelle; aussi a-t-elle un moindre attachement pour sa place habituelle et une moindre mémoire des lieux. Mais, en aquarium, on peut observer ses déplacements et ses retours.
- (Test encore la Fissurelle, d’un groupe voisin des Patellides, et qui va à la recherche de sa nourriture, non pas à mer basse, mais à mer montante, par temps calme, d'après les observations de Willcox aux Bermudes (Science, I90&,, 22, p. 90); elle connaîtrait mal les environs de sa place, qu’elle ne retrouverait pas quand on la déplace, même de peu; en revanche, la Siphonaire, pulmoné marin qui a le même comportement, la même coquille patelli-forme, et vit auprès, aurait, d’après Willcox, une mémoire plus développée : mise à 5 cm de sa place, elle sait la retrouver. Mais, après 2 ou 3 jours, elle ne reconnaîtrait plus son ancienne demeuré,
- moins fidèle en cela que la Patelle. Enfin, un autre Pulmoné des Bermudes, VOnchidium étudié par Arey et Crozier (‘), manifeste aussi son attachement
- Fig. 6. — Patelle dont le sommet de la coquille a été brisé el reconstitué par cicatrisation, laissant une cavité où s’est installé un naissain de jeunes moules. De toutes jeunes balancs viennent également de s'y fixer.
- à l’habitat, se traduisant par un retour au nid qui implique des phénomènes de mémoire.
- L’Onchidium des Bermudes, Pulmoné marin vivant dans la zone des marées, possède même une mémoire encore plus développée que la Patelle. Vivant en colonies dans des cavités profondes des roches n’ouvrant que par un étroit couloir, allant se nourrir à mer basse de jour(2), il est capable de retrouver son nid, même placé à 50 cm de l’entrée, et il se refuse à entrer dans d’autres nids que le sien, bien que tout semblables. Aussi Arey et Crozier rangent-ils VOnchidium à côté du Chiton, de la Fissurelle et du Poulpe — celui-ci étant tout de même très supérieur — au point de vue de la mémoire associative qui permet le « homing »(3).
- Les Patellides font partie de ce groupe des mollusques attachés à leur domicile, qui savent le quitter pour la recherche de la pitance quotidienne, mais avec le souci et le talent d’y revenir. Et c’est en quoi leur observation est fructueuse.
- Henri Piéron.
- Directeur à l’École des Hautes-Études.
- 1. Leslie li. Arey cl \V. J. Crozier. The « homing habits » ot lhe Pulmonatc Moliusc Onchidium. Proceedings of the National Academy of Sciences, Washington, 1918, 4, p. 519.
- 2. Chose curieuse, VOnchidium, qui ne se déplace que le jour, présente un phototropisme négatif très net, mais qui est inhibé au moment des explorations nutritives et du retour au nid (Crozier et Arey. Journal of general Physiology, 1919, 2, p. 107-112). Celte dissociation de l’orientation vis-à-vis de la lumière, et de l’influence lumineuse sur l’activité, correspond bien aux distinctions très justes d’Er. Rabatid entre tropisme et tactisme (Cf. Ét. Iîauaud, La lumière el le comportement des organismes. Bulletin biologique, 1919, 52, p. 325.
- 5. Et dire qu’il fut un temps — qui n’est pas bien loin — où l’on refusait la mémoire aux poissons parce que, privés de l’écorce cérébrale où l’on voyait le siège indispensable de ce qu’on considérait comme une faculté, ils n’avaient pas — anatomiquement — le droit d’avoir des souvenirs! (Cf. II.
- Piéron. JJ Évolution de la mémoire, Bibliothèque de Philosophie scientifique).
- Fig. 8. — Patelle couverte de lithothamnions et , - ^
- s'incrustant dans - . ; . ';-
- une cavité de ce
- revêtement une petite patelle en v&ie-de croissance. Sur le côté, un. home vide d’une autre jeune patelle.
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- UNE NOUVELLE PILE ÉLECTRIQUE
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- Lorsqu’une pile débite, on constate que son courant s’affaiblit peu à peu, sans que cependant les constituants de la pile, électrodes, liquide excitateur, aient été sensiblement altérés. C’est le phénomène de la polarisation, il est dù en grande partie à l’hydrogène que l’électrolyse apporte sur l’électrode positive ; ce gaz produit une résistance intérieure et fait naître une force contre-électromotrice qui diminue l’intensité du courant.
- Pour empêcher la polarisation, on recourt dans les piles usuelles à des oxydants : acide ehromique, acide nitrique, hioxyde de manganèse, qui s’emparent de l’hjdrogène et maintiennent en quelque sorte l’électrode positive constamment propre.
- Les dépolarisants habituellement employés sont coûteux ; aussi a-t-on eu l’idée, depuis longtemps, de leur substituer l’oxygène de l’air, que celui-ci fournit gratuitement et sans restrictions. Jusqu’ici on n’avait pas réussi à rendre pratique semblable méthode.
- La question a été reprise avec succès pendant la guerre par M. Féry. La télégraphie militaire avait besoin d’un grand nombre de piles du type Leclanché. Le bioxyde de manganèse se faisait rare et coûteux : la France n’a pas de gisements qui lui permettent de fabriquer du bioxyde de manganèse suffisamment pur. L’approvisionnement en manganèse étranger était des plus aléatoires. Le problème de la dépolarisalion par l’air présentait donc le plus vif intérêt. Il a été résolu par M. Féry d’une manière remarquablement simple et efficace.
- Une pile, dit M. Féry, est constituée le plus généralement par deux électrodes verticales plongeant dans le liquide excilateur. C’est à la surface du liquide que se produit la dissolution de l’oxygène qu’on veut utiliser comme dépolarisant. Or la solution excitatrice, aérée par sa surface, est rapidement privée de son oxygène par le zinc, métal très oxydable, et dont l’oxyde, de plus, se dissout dans le chlorhydrate d’ammoniaque, qui est le liquide exci-tateur le plus souvent employé.
- Ces faits expliquent l’échec des tentatives faites avec l’oxygène de l’air comme dépolarisant : en effet le dépolarisant, absorbé par le zinc, est inefficace ; d’autre part, le zinc s’use d’une façon lente et continue et finit par se couper au ras de la surface du liquide.
- Pour remédier à ces défauts, M. Féry dispose le zinc sous forme d’une plaque horizontale occupant le fond de l’élément. L’électrode positive de forme très développée (tube, charbon à ailette, etc.), reste verticale, son extrémité inférieure n’étant séparée du zinc que par un croisillon isolant de quelques milllimètres d’épaisseur.
- Voici ce qui se passe lorsqu’on ferme le circuit d’une semblable pile:
- Dès que le circuit est fermé, le phénomène de la polarisation commence, c’est-à-dire que l’hydro-
- gène apparaît en couche extrêmement mince sur les parties du charbon les plus voisines du zinc. Cet hydrogène gazeux isole du liquide la partie correspondante du charbon et le courant continue à passer par les surfaces voisines qui se polarisent à leur tour.
- S'il n’y avait aucun .dépolarisant, le phénomène continuant ainsi de proche en proche, toute la surface du charbon serait polarisée et le courant s’arrêterait.
- Mais, en raison de la position verticale du charbon placé au-dessus du zinc horizontal, la partie inférieure de ce charbon est recouverte d’hydrogène tandis que la partie supérieure baigne dans un liquide saturé d’oxygène (provenant de l’air dissous dans les couches superficielles du liquide). Il en résulte une dissymétrie électrochimique du charbon supérieur baignant dans le liquide oxygéné par rapport au charbon inférieur recouvert d’hydrogène.
- L’ensemble réalise une pile à gaz en court circuit qui constitue le couple de dépolarisation. La partie supérieure du charbon constitue le positif de ce couple tandis que sa partie inférieure en est le négatif.
- Ce couple de dépolarisation commence à fonctionner en même temps que le couple principal (charbon inférieur et zinc).
- Il en résulte à la partie inférieure du charbon un dégagement d’oxygène qui se combine à l’hydrogène provenant de la polarisation du couple principal, et, à la partie supérieure du charbon, un dégagement d’hydrogène qui se combine à l’oxygène dont le liquide est saturé.
- Par son fonctionnement, le couple local fournira ainsi automatiquement, selon les besoins, la quàn-tité exacte d’oxygène nécessaire à la dépolarisation de la partie inférieure du charbon qui, avec le zinc, constitue le couple principal.
- En résumé l’élément est dépolarisé par l’intermédiaire du couple local qui prend l’oxygène de l’air à la surface du liquide pour l’amener dans la partie utile. On conçoit donc que la dépolarisation sera d’autantplus intense que la dissolution de l’oxygène sera plus active et que le charbon sera mieux approprié pour utiliser rapidement cet oxygène. C’est pour cette raison qu’il convient d’employer un charbon de qualité spéciale et une surface de liquide d’autant plus grande que le débit doit être plus intense.
- Par suite du fonctionnement, il se forme du chlorure de zinc qui reste à la partie inférieure tandis que l’ammoniaque, plus légère, reste à la partie supérieure du liquide.
- Il arrive un moment où la partie supérieure du chlorure de zinc rencontre les couches inférieures de l’ammoniaque, il en résulte une formation d’oxyde de zinc hydraté avec régénération de sel ammoniac.
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- UNE NOUVELLE PILE ELECTRIQUE
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- L’oxyde de zinc se dissout tout d’abord dans la solution de sel ammoniac, puis ensuite se dépose sur les parois du vase et du charbon en cristaux de formes variées, suivant les concentrations des liquides.
- Ges cristaux se déposant dans la partie médiane de l’élément ne gênent en rien le fonctionnement. Il arrive toutefois un moment où la quantité d’oxyde de zinc déposée est si grande qu’elle augmente la résistance intérieure de l’élément. C’est la seule raison qui limite pratiquement la capacité d’un élément de grandeur donnée. En effet le sel ammoniac c'ianl régénéré constamment ne s’use pas et rien ne s’opposerait à ce que l’on plaçât un zinc de grande épaisseur qui permettrait de celte façon d’obtenir un élément de capacité considérable.
- Le choix du charbon dans cette pile a une grande importance ; sa pureté et son état physique jouent un rôle dans les réactions de la pile ; le charbon se comporte ici comme une substance catalytique dont la seule présence favorise l’union de l'hydrogène électrolytique avec l’oxygène de l’air.
- M. Féry emploie des charbons très purs montés et cuits de façon à obtenir une porosité déterminée.
- La pile réalisée ainsi par M. Féry est la plus simple qu’on puisse imaginer : elle comporte, en effet, uniquement un vase de verre contenant une solution de sel ammoniac, une plaque de zinc placée horizontalement au fond du vase, un charbon vertical reposant sur le zinc par l’intermédiaire d’un isolant, et un couvercle pour éviter l’évaporation trop rapide.
- Notons qu’il ne faut jamais recouvrir la surface du liquide d’une couche d’un corps gras pour réduire cette évaporation, car la pile ne pourrait plus absorber l’oxygène de l’air ; et tout son mécanisme serait paralysé. Celte pile respire, littéralement ; et le corps gras l’asphyxierait.
- Les résultats donnés par la pile Féry sont des plus remarquables, ils la classent parmi les plus économiques que l’on connaisse.
- Un élément monté dans un vase carré de 10 X10 cm et de 22 cm de haut contenant 1 litre d’eau et 125 grammes de sel ammoniac avec un zinc de 160 grammes peut fournir en service continu ou intermittent une énergie totale correspondant à 125 ampères-heure.
- Pile Fery.
- V, vase de verre; C, charbon tubulaire; Z, zinc; F, fil conducteur soudé au zinc ; A, couvercle annulaire ; D, çouvcrcle du charbon ; B, borne de prise de courant; S, croisillon en bois.
- placé
- Pour un tel élément le régime peut être maintenu rigoureusement continu à 50 milliampères, ce qui représente 2500 heures de fonctionnement ininterrom piu La force électromotrice de l’élément est de 1,25 volt. La différence de potentiel aux bornes, dans le cas d’un régime continu à 50 milliampères, débute à 0,9 volt, se maintient au-dessus de 0,7 volt pendant les deux tiers de la décharge que l’on considère comme terminée lorsque la pile atteint 0,5 volt.
- Ce meme élément peut débiter 100 milliampères par à-coups si l'intensité moyenne ne dépasse pas 50 milliampères. Pour, un débit continu de 25 milliampères la différence de potentiel aux bornes est de 0,95 volt au début et se maintient au-dessus de 0,8 volt pendant les trois quarts de la décharge.
- La pile Féry présente en-
- core les avantages suivants :
- Jamais en service continu comme en service intermittent il n’y a.de sels grimpants parce que la solution superficielle est pauvre en sels et riche en ammoniaque.
- Les sels résultant d’un long fonctionnement se déposent dans la partie médiane du vase, laissant ainsi le zinc aussi bien que la surface du liquide en parfait état de propreté :
- La lame de zinc reste toujours propre et son usure parfaitement régulière en permet Y utilisation complète.
- Le zinc ne s’use pas à circuit ouvert, car il est au fond du vase dans une solution de chlorure de zinc, l’oxygène et l’ammoniaque ne peuvent donc arriver jusqu’à lui. La présence même de métaux étrangers en contact avec lui (par exemple la soudure et le fil de cuivre) ne provoque pas d’usure locale, car ces derniers se recouvrent immédiatement d’une couche de zinc protectrice.
- Enfin lorsque le zinc est usé, il suffit de le renouveler ainsi que la solution ammoniacale, pour avoir une pile neuve. Et même la solution ammoniacale, après filtration, pourrait encore servir; car lechlor-hydrate d’ammoniac y reste inaltéré.
- On s’explique qu’une semblable pile soit beaucoup moins coûteuse que celle au bioxyde de mam-ganèse.
- Elle paraît appelée à détrôner complètement cette dernière.
- A. Tnm.TER. _
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- ON FOND DE NOUVELLES CLOCHES
- pour remplacer celles que les Allemands enlevèrent aux Églises de France.
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- Avant d’évacuer le nord de la France sous la poussée victorieuse des armées alliées, les Aile mands ruinèrent systématiquement ces régions si prospères. Ils incendièrent les villes et les villages traînant en captivité leurs habitants comme le firent jadis les Huns et les Vandales ! Ils détruisirent les filatures de Lille, les tissages de Tourcoing et de Roubaix d’une renommée mondiale, ils dynamitèrent des sucreries ou des hauts fourneaux, ilssaccagèrentdes champs de betteraves, des hou-blonnières ou des bois ainsi que les mines de Lens ou de Bourges, de Courrières ou d’Anzin dont l’ensemble fournissait une notable partie des combustibles nécessaires à notre industrie et à nos foyers.
- Mais ce que le Teuton n’a pu abattre c’est la vieille ténacité française, ce qu’il n’a pu déraciner du cœur de ces laborieuses populations c’est l’inébranlable espoir en leur renaissance économique.
- Lors de l’armistice, industriels et agriculteurs, techniciens émérites ou simples ouvriers se remirent courageusement aux durs labeurs de la reconstitution. Après la réfection des chemins de fer maintenant achevée, on voit se réédifier petit à petit des usines, se réparer des maisons, se réensemencer des terres bouleversées par les obus. Peu à peu la vie reprend sur l’ancien front de bataille ; des villes, sur lesquelles pendant plus de quatre années le Boche avait assouvi sa fureur destructive, renaissent de leurs cendres et dans les champs de nos départements
- envahis les blés se sont dorés à nouveau au soleil de Messidor! Ajons donc foi en l’avenir de notre pays, il saura surmonter la terrible crise.
- Bientôt, selon les paroles qu’elle porte en exergue, la Cloche de la Victoire coulée récemment par les fonderies WauthydeDouai, pourra sonner le « Renouveau français! »
- Ce célèbre établissement que nous avons visité tout dernièrement avait été complètement détruit par les Allemands et, en moins d’un an, son ingénieur-directeur, M. Gau-ger, aidé d’un personnel technique expérimenté et dévoué, a pu faire sortir une nouvelle u-sine du néant. A présent la fabrication normale est reprise et, l’objectif en main, nous allons pouvoir nous rendre compte des opérations nécessaires pour fabriquer ces cloches de bronze à la voix sonore et bien timbrée.
- Avant de s’inquiéter de la fonte d’une cloche on doit en déterminer le tracé, autrement dit sa forme, car pour assurer sa sonorité, il faut donner à ses diverses parties certaines proportions consignées dans des tables dites « échelle campanaire » ou brochette. Ces formules guident toujours les fondeurs dans leur travail, mais chacun d’eux y apporte parfois quelques modifications personnelles d’ailleurs assez importantes.
- L’unité fondamentale employée dans les tracés se nomme le bord et égale la plus forte épaisseur de la cloche. Un spécialiste, M. Guettier, a traduit la brochette en chiffres; son recueil fournit aux inlé-
- Fig. i. — Dressage du noyau.
- Un moule de cloche sc compose de 3 parties : le noyau, le modèle ou fausse cloche et la chape.
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- ON FOND DE NOUVELLES CLOCHES POUR LES ÉGLISES DÉVASTÉES :-- 183
- ressés l’épaisseur du bord et le diamètre des cloches depuis 3 kg jusqu’à 12 000 kg. On admet d’autre part, pour les dimensions à donner aux cloches d’un même carillon ou d’une même volée, que le nombre des vibrations des cloches varie en raison inverse des diamètres. Par conséquent une série de cloches constituant une octave complète, offre des diamètres croissant dans les proportions suivantes :
- ut ré mi fa sol la si ut
- 1 8/9 4/5 3/4 2/5 5/5 8/15 1/2
- Le son d’une cloche n’est donc pas un son simple, mais un composé de tons différents rendus par ses diverses parties, d’où nécessité pour le fondeur, désirant accorder un carillon, d’adopter une méthode' invariable pour établir le tracé/ sans compter l’u-niformité de composition de l’alliage et du procédé de fonte.
- En possession de ces données Ihéoriques et de ces considérations générales sur le sujet, entrons dans la fonderie douaisienne afin d’assister aux différentes phases de la fabrication d’une de çes grosse., cloches dont les notes tantôt joyeuses, tantôt tristes et mélancoliques éveillent de chers souvenirs au cœur des humains!
- Voici d’abord l’ouvrier qui prépare la matière destinée à la confection des moules. N’allez pas croire qu’il s’agisse d’un simple manœuvre. Sa fonction réclame une certaine habileté et quelques tours de mains. Non seulement il lui faut pilonner et malaxer ces terres pendant assez longtemps pour les rendre fines, ductiles et capables de se durcir au feu sans se fendiller, mais il doit encore la mélanger avec du... crottin de cheval, puis la laisser fermenter. Après avoir répété plusieurs fois ces pilonnages, malaxages et fermentations, il y ajoute de la poussière de brique finement tamisée et réalise une pâte homogène qu’il conserve dans un endroit Irais jusqu’à son utilisation.
- Avec la masse terreuse ainsi préparée et qu’on parsème» en outre, de bourre de poils de bœuf pour augmenter son pouvoir agglutinant, on va réaliser les trois parties dont se compose un moule de cloche et qui se nomment le noyau, le modèle
- ou fausse cloche et la chape. On fabrique successivement chacune de ces parties au moyen d’un calibre, découpé sur une planche suivant le tracé de la cloche et que le dresseur monte à l’aide de clavettes sur un bras fixé à volonté dans un arbre vertical tournant sur une crapaudine. Souvent l’opération du dressage s’exécute au fond d’une cuve ménagée dans le sot de l’usine, à proximité du four de manière à rendre facile la coulée du bronze par le sommet de la pièce.
- A la fonderie Wauthy, comme une de nos vues permet de s’en rendre compte, on construit simplement la charpente du noyau, en briques liées avec de la terre de tumiste, sur une petite élévation formant socle et qu’on munit de soupiraux destinés au
- passage de l’air. Cette maçonnerie présente, sur tout son pourtour, une différence d’environ un centimètre avec les diamètres du noyau, différence qu’on règle aisément avec le compas. Puis uné fois l’axe retiré, on allume dans le noyau un feu de bois ou de charbon pour faire sécher la maçonnerie qu’on revêt alors avec de la terre, préparée selon la méthode indiquée plus haut. L’ouvrier a soin de régler exactement les profil selon le gabarit que lui donne le contremaître et fait sécher le moule à nouveau, en surveillant l’opération pour qu’aucune déformation ni crevasse ne se produisent. Le noyau se trouve alors terminé; il ne reste plus qu’à le laisser refroidir et à l’enduire d’un mélange de liquide savonneux et de poudre de charbon pour empêcher la fausse cloche d’adhérer sur lui.
- Pour confectionner la fausse cloche, on se sert de terre malaxée qu’on pose au pinceau en couches régulières. Quand il s’agit de petits modèles, on dispose les moules sur des fours en briques établis à demeure afin de faciliter le chauffage. De toutes façons on procède comme pour les noyaux. Après dressage des fausses cloches, on les laisse sécher, on les recouvre d’une couche savonneuse et on les règle au compas ; en outre, on rapporte les estampages des décorations et inscriptions, qui doivent figurer sur la cloche.
- Enfin la troisième partie du moule ou chape,
- Fig. 2. — Pilonnage de la lerre auloiir du moule avanl la coulée. Des gamins enterrent dans une fosse avec du sable la plus grande partie du moule. Ils creusent ensuite 1 ’échenal, conduit maçonné destiné à raccorder chaque moule avec le jour.
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- destinée à recevoir les deux autres, doit être très forte, car il faut qu’elle résiste au gros travail calorifique pendant la coulée et à la poussée du métal en fusion. Sur une de nos photographies, nous voyons des gamins l’enfouir, la presser et la fouler avec des dames.à manches.
- . Naturellement, ayant de porter In chape à l’en-droit’où elle se trouvera pour ainsi dire enterrée en vue de la coulée, le dresseur prend soin de régler sa surface extérieure au compas comme les autres parties du moule, puis il la découpe suivant une nouvelle courbe parallèle.
- Le profil extérieur de la cloche se trouve ainsi dessiné, à une distance d’au moins un bord de l’endroit qu’occupera ultérieurement dans l’espace la future surface métallique intérieure sauf vers l’extrémité où on augmente cet écart afin de: le porter à 4 cm environ.
- Comme on exécute . ces rectifications des chapes en dehors du lieu de coulée, chacune d’elles porte des repères pour pouvoir la remettre exactement dans sa position par rapport au . noyau correspondant. Une fois la chape construite et vérifiée, on la tranche vers le bas puis, grâce aux planches sur lesquelles elle repose, on l’enlève au moyen de treuils ou de ponts roulants au-dessus de la fausse cloche, on, la visite alors intérieurement et on rebouche, au besoin, les petites défectuosités qui se produisent inévitablement au cours des moulages.
- Gela fait, on brise là fausse cloche et on vérifie la surface du noyau dont on répare, Je cas échéant, les légers accidents afin qu’elle soit parfaitement lisse. Il ne reste plus alors qu’à préparer le moulage des anses de la cloche dans lequel se pratiqueront le trou de coulée et les évents. Pour réaliser
- ce moule, on construit d’abord des modèles en bois, en plâtre ou en métal, selon les méthodes ordinaires en usage dans les fonderies de statues ou autres objets en bronze; mais, au lieu de se servir de cadres en fer et de sable, on emploie un gâteau de terre qu’on cuit légèrement afin de la rendre plus maniable. En outre, avant d’exposer au feu les pièces assemblées, on pratique avec un mandrin rond un conduit en entonnoir destiné à recevoir
- ultérieurement le métal en fusion et deux évents plus étroits terminés par des cheminées en terre qui dépassent le niveau de coulée.
- Maintenant le moule a presque pris sa figure définitive. Il lui manque seulement un accessoire, le croisillon de fer qu’on pose à plomb, dans le noyau. Cet appendice servira de support au massif de briques et de sable dans lequel viendra se former Panneau du battant. On a fondu, d’autre part, dans un four spécial, 78 parties de cuivre et 22 parties d’étain afin réaliser le bronze nécessaire à la fabrication de la cloche.
- A présent tout est prêt pour l'opération finale. Des ouvriers ont mis le moule des anses sur la chape, descendue elle-même sur le noyau, des gamins ont enterré dans la fosse avec du sable la plus grande partie du moule, des spécialistes ont construit l’écheno ou échenal, conduit maçonné, revêtu d une couche lisse de terre saupoudrée de cendres et servant à raccorder le moule avec le four. D’autre part, l’étain a été mélangé au cuivre rouge fondu et l’alliage bien brassé. On peut donc procéder à la coulée. L’instant solennel est arrivé. Le contremaître débouche avec un ringard l’orifice du four d’où le bronze en fusion s’échappe en bouillonnant dans l’écheno auquel on a donné une
- Fig. 3. — Ajustage des ferrures du mouton.
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- Fig-, 4. — Vérification et séchage des fausses cloches.
- Pour confectionner les fausses cloches, on se sert de terre malaxée qu’on pose au pinceau en couches régulières, On dispose généralement ces moules sur des fours en briques afin dë' faciliter le séchage.
- Fig. 5. — Coulée d’une cloche à la fonderie Waulhy {Douai).
- Le contremaître débouche avec un ringard l’orifice du four et le bronze en fusion s’écoule en bouillonnant dans Ydchenal, puis s’écoule par les trous du moule enterré dans la fossé.
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- légère pente. Du jet métallique, s’élèvent des buées opalescentes aux reflets chatoyants et en un clin d’œil ce ruisseau de feu disparaît par les trous du moule enterré dans la fosse. Par les évents s’échappent des fumées blanchâtres et bientôt le métal en fusion remplit tous les interstices laissés libres entre la chape et le noyau. La coulée de la cloche se trouve achevée. On la laisse refroidir quelques jours, puis on l’enlève de la fosse à l’aide d’une grue ou d’un pont roulant. Elle apparaît alors revêtue encore d’une croûte terreuse peu adhérente d’ailleurs; des ouvriers la nettoient, puis enlèvent au ciseau les ébarbures produites au cours de la coulée.
- A ce moment, les cloches brillent d’un vif éclat, ma;s elles se ternissent du reste assez vite. Et dans les clochers des cathédrales ou des églises exposées au contact de l’air, aux variations de température, aux poussières apportées par le vent, elles ne tardent pas à prendre la poétique patine de leurs aînées.
- Parfois le fondeur fabrique en même temps toutes les cloches d’un carillon ; en ce cas, il doit les couler toutes à une température identique afin que leur voix s’accordent.
- Quant au battant, il se forge encore à la main, son poids est d’environ 1/20 de celui de la cloche; pour sa forme on adopte d’ordinaire celle d’une tige à pans aplatie en haut et percée au centre d’un œil arrondi à la lime. On renforce le battant vers le bas et il se termine en poire. C’est cette dernière masse qui va frapper contre les parois de la cloche. De son côté, la liaison du battant avec la cloche se
- fait au moyen de liens en cuirs appelés brayer qui passent par l’œil du premier et l’anneau de la seconde. Enfin on suspend les cloches à l’intérieur des clochers par l’intermédiaire d’une forte pièce en chêne nommée mouton sur laquelle elles se fixent au moyen de tourillons en fer reposant dans des coussinets fixes et autour desquels tout le système oscille. Dans les fonderies, on règle soigneusement ces pièces avant l’expédition.
- Naturellement les dimensions du mouton et sa position par rapport à la cloche influent sur la voix de cette dernière. Ainsi dans la suspension dite « à battant lancé », et employée dans presque toute la France sauf le Midi, le battant qui frappe toujours la lèvre supéiieure est bas et léger, tandis qu’en Provence et en Gascogne, on se sert du système dit « à battant rétrograde », qui comporte un mouton haut et lourd équilibrant presque le poids de la cloche. Le centre de gravité de l’ensemble se trouve alors remonté, la cloche vient frapper le battant à la lèvre inférieure et donne souvent à la sonnerie un air de tristesse langoureuse.
- Tel est le cycle des manipulations longues et minutieuses que nécessite la fabrication des cloches de bronze. Il faut des artisans et non des manœuvres pour les accomplir, le machinisme intervenant peu dans cette originale industrie. Les fondeurs français jouissent d’ailleurs d’une renommée mondiale. Et les cloches qu’ils ont coulées- « pleurent les morts ou ornent les fêtes » sous toutes les latitudes.
- Jacques Bovtor.
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- Graham, vers 1860, trouva, en étudiant la diffusion à travers les membranes animales des substances dissoutes dans l’eau, que celles-ci pouvaient être divisées en deux catégories, les unes diffusant plus ou moins vite (acides, sels ordinaires), les autres très lentement (albumine, gélatine, tanin, etc.).
- Or, les substances de la première catégorie peuvent être obtenues cristallisées par évaporation de leurs solutions, d’où le nom proposé par Graham de cristalloïdes, tandis que les corps de la seconde catégorie ne donnent que des masses pâteuses, amorphes, analogues à la colle, d’où le nom de colloïdes donné à ces substances.
- L’étude des colloïdes semblait ne devoir concerner que les biologistes, la plupart des liquides des organismes vivants étant des solutions colloïdales, ou les théoriciens purs qu’intéresse le mouvement brownien présenté à un haut degré par ces solutions.
- Et cependant, malgré notre ignorance encore profonde des propriétés des suspensions, des émul-
- sions ou dés colloïdes (qui ne diffèrent que par la taille des particules les composant), des applications pratiques extrêmement intéressantes ont été réalisées, des aperçus féconds ont été émis et l’importance que présentent les colloïdes, aussi bien dans les réactions industrielles spéciales que dans les préparations courantes et même dans les phénomènes naturels journaliers, est telle que l’on peut dire sans crainte que la technique humaine a à sa disposition un nouveau moyen d’action sur la matière.
- Dans cet article nous exposerons d’abord très succinctement les propriétés générales des colloïdes et les orientations des diverses théories proposées, puis nous passerons en revue un certain nombre d’applications industrielles extrêmement curieuses. Malheureusement, comme il sera facile de s’en rendre compte, par suite des difficultés inhérentes à l’étude des colloïdes, par suite aussi du détachement des chimistes et des physiciens de ce genre de recherches, la technique devance actuellement, et de beaucoup, la théorie; aussi ne pourrons-nous
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- qu’indiquer les résultats atteints, sans pouvoir les expliquer.
- Définition de l’état colloïdal. — Que faut-il d’a-bordentendre par état colloïclalou solution colloïdale? Ce sont des solutions dans lesquelles la désagrégation de la matière dissoute ne va pas jusqu’à la molécule comme dans les solutions ordinaires. C’est dire que l’examen microscopique ou ultra-microscopique nous permettra de distinguer les particules mêmes du corps de l’état colloïdal, ce qu’il est impossible d’obtenir dans le cas des vraies solutions. Suivant que la désagrégation dans la solution est plus ou moins complète, suivant la taille des particules en un mot, on distingue les suspensions, les émulsions et les solutions colloïdales.
- D’ailleurs, entre les solutions colloïdales dans lesquelles les masses élémentaires du corps dissous sont plus grosses que les molécules, décelables optiquement et douces du mouvement brownien, et les vraies solutions où la masse élémentaire du corps dissous est sa molécule, la transition se fait g raduellement, de sorte qu’il est difficile, dans certains cas, de discerner si une substance est à l’état colloïdal ou à l’état dissous sans faire appel à toute une série de propriétés caractéristiques de chacun de ces états.
- Comme exemples de suspensions, on peut prendre le kaolin ou le soufre dans l’eau, ou toute autre poudre finement divisée. Les émulsions, en général, sont formées de particules liquides distribuées dans un milieu liquide tel que le lait, le caoutchouc, les huiles émulsionnées par agitation mécanique violente dans l’eau, etc.... Les solutions colloïdales sont les plus nombreuses et peuvent renfermer les corps les plus variés, depuis l’albumine, la gélatine, un grand nombre de matières colorantes, jusqu’à des métaux comme l’argent, l’or, le platine. Elles peuvent cire faites soit dans l’eau, soit dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, etc....
- Étant donné le grand nombre de solutions colloïdales déjà connues, Weimann a cru pouvoir conclure qu’il existe réellement un état colloïdal de la matière et non pas des substances colloïdales. D’après lui, tous les corps sont susceptibles de prendre cet état et de donner des solutions colloïdales, qu’il admet constituées en dernière analyse par des cristaux ultramicroscopiques.
- Préparation des solutions colloïdales. — Les moyens d’obtention des solutions colloïdales sont d’ailleurs très variés et leur diversité même semble
- bien confirmer l’hypothèse de Weimann. Nous allons les passer rapidement en revue.
- On peut les diviser en deux groupes distincts, soit que l’on parte d’une vraie solution dans laquelle, par un moyen convenable, on provoque l'agglomération des molécules en particules plus volumineuses, soit que l’on désagrège au contraire une masse de matière, en arrachant des granules colloïdaux.
- Parmi les premières méthodes, citons celles de cristallisation, soit par refroidissement (d’une solution de soufre dans l’alcool plongée dans l’air liquide), soit par remplacement du solvant.
- Cette dernière méthode est très connue; on dissout dans l’alcool une résine, une gomme, du mastic, insolubles dans l’eau, et on ajoute cette solution peu à peu à une grande quantité d’eau ; la précipitation colloïdale se produit alors. On peut préparer ainsi très facilement des colloïdes de soufre, de
- phosphore, d’io-dure d’argent (en versant dans l’eau une solution d’io-dure d’argent dans l’iodure de potassium).
- Les méthodes de réduction sont très pratiques et sans doute très anciennes, car il est probable que l’or potable des anciens alchimistes était un colloïde d’or obtenu par réduction du chlorure d’or par des huiles éthérées. Déjà en 4749, on signale dans les livres de chimie, la production d’une solution d’or ronge par action d’une solution d’un sel d’étain au chlorure d’or. Nous ne citerons que quelques exemples typiques de ce genre de préparation : formation d’un colloïde d’argent par action de l’hydrogène sur une solution d’hydrate d’argent, formation d’un colloïde d’or par réduction du chlorure d’or par le formaldéhyde (Zsigmondy), l’hy-drazine (Gutbier) ou l’acroléine (Castoro). Par oxydation, suivant un mécanisme analogue au précédent, ou par hydrolyse (chauffage prolongé d’une solution de chlorure ferrique par exemple) en faisant intervenir une véritable double décomposition de l’eau et du sel, on prépare aussi des solutions colloïdales stables.
- La peptisation, dont nous dirons quelques mots plus loin, est un exemple typique des méthodes de solution, ou de désagrégation, que nous avons rangées dans la seconde classe. Indiquons simplement, à titre d’exemple, la préparation par cette méthode du colloïde d’alumine; on précipite par l’ammoniaque l’alumine d’une solution de chlorure d’aluminium. On lave le précipité à l’eau chaude et on ajoute ensuite, à l’ébullition, de l’acide chlorhydrique ; on obtient un colloïde opalescent.
- Fig. j.~ Particule entourée d’une couche double d’électricité.
- X * x * V
- ' I I \ i
- Fig. 2.
- Particule polarisée.
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- Les méthodes de dispersion électrique, surtout étudiées par Bredig, consistent à faire éclater, dans un liquide, l’arc électrique entre deux électrodes du métal dont on désire le colloïde. On prépare ainsi des colloïdes d’or, d’argent, de platine, etc., dans l’eau, le chloroforme, les liquides organiques.
- Enfin, signalons que Svedberg, modifiant la méthode de Bredig, a pu préparer, par dispersion électrique, des solutions colloïdales de corps mauvais conducteurs.
- Propriétés des solutions colloïdales. — Quelles sont les propriétés qui permettent de reconnaître qu’un liquide est une solution colloïdale? Nous allons les passer rapidement en revue.
- Tout d’abord, il y a leur faible vitesse de diffusion, d’où découle une très faible pression osmotique, et qui fut le premier caractère qui attira l’attention de Grahain. Or, l’existence d’une faible pression osmotique conduit a attribuer, par mesures cryosco-piques ou ébullioscopiques par exemple, un poids moléculaire énorme aux substances à l’état colloïdal.
- C’est ainsi que le poids moléculaire de l’hydrate de fer colloïdal, déduit des mesures précédentes, serait voisin de 6000, celui de l’acide tungslique serait 1750. Quant à la résine ou à la gutta-percha en solution colloïdale, leur poids moléculaire apparent est égal à 25 000 et 40 000 !
- Une propriété optique excessivement nette, et qui met en même temps en évidence l’hétérogénéité des solutions colloïdales, est l’effet Tyndall. Lorsqu’un rayon de lumière traverse un milieu contenant de petites particules en suspension, la lumière est réfléchie par ces petites particules qui deviennent lumineuses; elle est partiellement polarisée, si on examine lefaisceau perpendiculairement à sa direction de propagation. Toutes les solutions colloïdales présentent ce phénomène qui est absent dans les solutions vraies ordinaires. Pourtant, la dissolution de sucre de canne très concentrée produit l’effet Tyndall, bien que la solution de sucre soit le type de la solution homogène.
- Le mouvement brownien, dont l’élude a été faite en détail et a permis de déduire et la taille des molécules et leur nombre dans une molécule-gramme, est aussi une des caractéristiques fondamentales des solutions colloïdales. Nous en avons parlé déjà à de nombreuses reprises et nous le signalons simplement ici pour mémoire. Très intense dans les solutions colloïdales, ce mouvement est déjà presque insensible dans les émulsions et n’existe que rarement dans les suspensions, par suite de la grosseur différente des particules des trois classes.
- A ce sujet, il est intéressant de signaler que, tandis que pour les suspensions, les dimensions des granules mesurables directement aü microscope sont très irrégulières, il semble que pour les émulsions, il existe une dimension critique, c’est-à-dire une taille pour laquelle l’émulsion est particulièrement stable.
- C’est ainsi que la dimension des particules d’é-
- mulsion d’huile fut trouvée la même, que l’émulsion ait été préparée par agitation violente, par ébullition prolongée, ou par précipitation de l’huile dissoute dans l’alcool et versée ensuite dans un grand excès d’eau.
- Une des propriétés les plus importantes des particules colloïdales est leur charge électrique. Si l’on place dans un tube en U une suspension, une émulsion ou une solution colloïdale, et qu’on établisse une différence de potentiel notable, on constate que, sous l’action du champ électrique, les particules se déplacent, ce qui est la preuve qu’elles portent une charge électrique. Le signe de leur charge est d’ailleurs différent suivant les milieux : dans l’eau, les particules sont presque toutes chargées négativement. Le quartz, le kaolin, le soufre, la poudre de lycopode, en suspension dans l’eau sont par contre chargées positivement.
- Les métaux précieux, comme le platine, donnent des particules colloïdales qui sont chargées négativement dans l’eau et positivement dans le chloroforme. D’ailleurs, le signe de la charge peut changer, dans un même milieu, suivant que l’on ajoute à la solution colloïdale un acide ou une base.
- Par exemple, en solution alcaline, l’albumine est chargée négativement, elle est chargée positivement en solution acide et est insensible à l’action du champ électrique, c’est-à-dire est neutre, en solution neutre. On suppose, avec Helmholtz que l’électrisation a lieu par frottement et que la particule est entourée d’une couche double d’électricité, comme l’indique par exemple la figure 1, ces deux couches étant capables, sous l’action d’un champ extérieur, de glisser l’une par rapport à l’autre, de se polariser en un mot, comme le représente la figure 2, de façon à permettre à la particule de se déplacer dans le champ.
- Signalons cependant qu’une nouvelle théorie semble actuellement tendre à remplacer la conception d’Helmholtz : elle s’appuie sur les phénomènes d’adsorption des ions, dont nous parlerons plus loin, avec plus de détail. Par adsorption, on entend la condensation sur la surface externe du colloïde, phénomène différent de l’absorption qui, elle, intéresse toute la masse de la particule.
- La variation du signe de la charge du colloïde d’albumine, suivant que la solution est acide ou alcaline, s’interprète, dans cette théorie, très facilement par l’adsorption d’un ion hydrogène ou d’un radical OH.
- Au point de vue pratique, la coagulation des colloïdes a un intérêt tout particulier car, suivant les cas, il sera utile soit d’amener cette coagulation, soit au contraire de l’empêcher.
- On sait que, par addition de certains sels aux colloïdes, aux suspensions ou aux émulsions, on provoque leur précipitation, le rassemblement des particules infiniment ténues qn des masses de dimensions finies, etc. Pour ne citer qu’un exemple frappant, il est hors de doute que c’est à l’action
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- des sels dissous dans l’eau de mer qu’il faut attribuer la précipitation, aux embouchures des fleuves, des substances en suspension dans l’eau des rivières, précipitation qui donne naissance aux deltas et aux dépôts alluvionnaires.
- Étant donnée la quantité, souvent infime, du sel qu’il faut ajouter à une solution colloïdale pour en amener la destruction, on ne peut parler de précipitation chimique, surtout que l’action semble indépendante de la nature chimique du corps ajouté, mais par contre, elle dépend du signe de la charge de la particule.
- Les ions portant la charge de signe contraire à celui du colloïde sont les précipitants les plus actifs ; plus ils ont une valence élevée (c’est-à-dire plus ils portent de charges électriques) plus leur action est notable.
- Celte règle, connue sous le nom de loi de Schultze-Hardy, s’interprète bien en supposant que la coagulation est due simplement à la neutralisation de la charge du colloïde par un ion de charge contraire. Mais il semble que le mécanisme soit autre, et que ce soit l’adsorption privilégiée, c’est-à-dire la condensation des ions d’une nature déterminée sur le colloïde, qui soit le facteur principal.
- Dans ces conditions, on peut se représenter comme suit la série des phénomènes : le corps, à l’état colloïdal dans la solution, existe sous forme de particules entourées par une sorte de membrane ayant, vis-à-vis des divers ions qui existent dans la solution, une puissance d’adsorption plus ou moins grande. Cette adsorption est l’origine de la charge électrique des colloïdes. Si l’on introduit dans la solution des ions de signe contraire à ceux adsorbés par la membrane, lorsque celle-ci s’est imprégnée, pourrait-on dire, d’une certaine quantité de ces ions, sa charge est neutralisée et elle est en même temps détruite; la sphérule matérielle qu’elle enveloppait et maintenait en suspension se précipite.
- On peut concevoir que la membrane du colloïde A considéré peut adsorber non seulement les ions, mais encore d’autres colloïdes. Comme ces colloïdes ont eux-mêmes fixé superficiellement des ions, ils seront chargés de même signe ou de signe contraire à celui du colloïde A. Deux cas se présentent alors : si le colloïde adsorbé par A est chargé de signe contraire à A, la précipitation se produira; s’il est chargé de même signe, il stabilisera le colloïde A, le « protégera » contre les actions précipitantes ultérieures. C’est bien ce que montre l’expérience.
- C’est ainsi que l’alumine colloïdale précipite énergiquement l’or colloïdal, l’oxyde de fer colloïdal ayant une action beaucoup moins intense (c’est-à-dire qu’il est besoin d’une plus grande quantité d’oxyde de fer que d’alumine pour précipiter une solution donnée d’or colloïdal). Inversement, le blanc d’œuf, la gélatine, la caséine, l’amidon de pomme de terre stabilisent la même solution et,
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- pour fixer l’ordre de grandeur de cette action protectrice, nous dirons simplement qu’une solution d’or colloïdal stabilisée ne précipite que lorsqu’on y a introduit une quantité de coagulant, comme le chlorure de sodium, mille fois supérieure à celle qui provoque le même phénomène en l’absence de stabilisant.
- Signalons que l’on peut amener la précipitation des colloïdes par d’autres moyens que l’addition d’électrolytes à la solution : la chaleur, le courant électrique peuvent être employés ; dans ces conditions, on peut parfois remettre ensuite en suspension les particules précipitées, ce qui est impossible lorsque la précipitation a eu lieu par les électrolytes.
- La remise en solution colloïdale d’un corps précipité est appelée la peptisation, et le phénomène joue un certain rôle en analyse chimique. Enfin, il est un facteur qui, certainement, intervient dans les propriétés des émulsions, des suspensions et des solutions colloïdales, c’est la capillarité ; mais, malgré les recherches de Bredig et Lippmann, son influence est encore mal connue.
- Une dernière propriété, très importante au point de vue pratique, est l’osmose électrique. Voici en quoi elle consiste.
- On sait, depuis longtemps, que si l’on place de l’eau dans un vase divisé en deux compartiments par une cloison poreuse verticale, chaque compartiment renfermant une électrode, lorsque l’on applique aux bornes une force électromotrice, l’eau traverse la membrane de telle sorte que son niveau s’élève dans un compartiment et baisse dans l’autre.
- L’osmose a été étudiée par Perrin qui a énoncé le résultat général suivant : les membranes poreuses deviennent chargées positivement dans une solution acide (renfermant des ions II) et se chargent négativement dans les solutions contenant un grand nombre d’ions OH.
- Si on emploie une solution acide, elle se déplacera du compartiment cathodique vers le compartiment anodique, parce que la solution est chargée négativement par rapport à la cloison ; par suite, cette membrane tend à être entraînée vers la cathode, tandis que la solution se dirige vers le pôle positif, l’anode. Si la solution est alcaline, le déplacement a lieu en sens inverse, de l’anode vers la cathode.
- Suivant la nature, la concentration et la facilité d’adsorption des divers ions, il semble possible de conférer au diaphragme le signe et la charge électriques que l’on veut. En fait, un grand nombre de membranes particulières ont été utilisées dans la technique pour la préparation, l’isolement et la purification d’un grand nombre de substances.
- Nous venons de passer en revue les propriétés principales des corps à l’état colloïdal, et bien que nous n’ayons dit que quelques mots de chacune d’elles, c’est à peu près tout ce que l’on en sait. On trouve dans les mémoires, de nombreux
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- exemples de chacune de ces propriétés, des essais plus ou moins heureux et plus ou moins complets d’interprétation, mais rien de net et de satisfaisant pour l’esprit : la théorie de l’état colloïdal est encore à faire.
- Les applications des colloïdes. — Heureusement, par contre, les applications techniques des colloïdes ont pu se développer indépendamment, et nous allons maintenant les passer en revue, en prenant successivement les applications fondées sur chacune des propriétés que nous venons d’examiner et qui sont caractéristiques de l’état colloïdal.
- Nous avons déjà signalé l’importance des colloïdes dans la nature; les dépôts alluvionnaires aux embouchures des fleuves, la formation des deltas, la précipitation du limon fertilisant du Nil, sont dus à la coagulation des particules en suspension, ou à l’état colloïdal, entraînées par les eaux.
- On peut, sans doute, faire également intervenir les colloïdes pour expliquer les propriétés thérapeutiques des eaux minérales au griffon des sources, propriétés qui s’atténuent et même disparaissent lorsque ces eaux sont transportées au loin. En effet, les analyses chimiques ordinaires donnent, pour les eaux minérales, une composition qui est impuissante à expliquer leur efficacité clinique. MM. Le-pape et Moureux ont bien montré que certaines eaux étaient radioactives ou contenaient des gaz comme l’émanation ou l’hélium. Mais il est d’autres faits qui semblent indiquer que les eaux contiennent d’autres éléments actifs. On y décèle chimiquement la présence de « traces » de métaux. Or, pour un certain nombre d’entre elles, au bout de quelque temps, une floculation assez intense se produit, lorsqu’elles ont été conservées dans des récipients en verre. Ne peut-on voir là la preuve que des métaux ou des sels y existaient, à l’état eolbïdal, que la dissolution du verre, si faible qu’elle soit, a ultérieurement précipités? Il suffit, en effet, d’ajouter à un colloïde d’or contenant 0,05 gr. de métal par litre une solution de chlorure de sodium renfermant 0,005 gr. par litre pour amener la coagulation. Cette hypothèse que nous proposons et qui, à notre connaissance, n’a jamais été formulée, rattacherait l’action thérapeutique des eaux minérales à la présence dans ces eaux de métaux ou de sels à l’état colloïdal, et l’on sait quelle action puissante sur l’organisme ont les corps à cet état., Des expériences de chimie physique, exécutées à la source même et non dans des laboratoires distants, peuvent seules permettre de vérifier notre théorie et de déterminer si l’action des eaux n’est pas surtout due aux « traces » que révèlent les analyses chimiques ou à l’état physique particulier des sels qu’elles contiennent. Le problème et les conséquences qu’on en peut déduire sont trop importants pour que des expériences ne soient pas entreprises dans cette direction.
- Une application technique intéressante de la coagulation des colloïdes par addition d’électrolytes
- est la rectification du courant alternatif, c’est-à-dire sa transformation en courant continu par la soupape d’aluminium; un condensateur est intercalé sur un circuit électrique, l’une des armatures est en aluminium, l’espace entre les deux armatures étant formé par une dissolution saline. 11 se forme rapidement sur la lame d’aluminium un dépôt d'hydroxyde d’aluminium colloïdal, et, si on peut produire sa coagulation et son adhérence sur la plaque, le courant ne passe plus que dans un sens. Le problème revient donc à choisir un électrolyte amenant la coagulation du colloïde. Comme celui-ci est positif, l’effet sera produit par un anion, et il sera d’autant plus énergique que la valence de cet anion sera plus élevée. Ainsi les sels d’acides monovalents, nitrates, chlorures, acétates, etc., sont sans action. Les sels d’acides bivalents, sulfates, carbonates, tartrates, sont moyennement efficaces, c’est-à-dire ne rectifient que des courants dont le voltage n’excède pas 50 ou 50 volts. Les radicaux trivalents, phosphates, citrates, borates, permettent d’aller jusqu’à 200 volts.
- Nous avons donc ici une illustration très frappante de la loi de Schultz-Hardy que nous avons énoncée précédemment.
- Un autre exemple est la désémulsion de l’eau souillée par de l’huile émulsionnée. C’est un problème très important dans les turbines à vapeur d’eau à graissage sous pression ; l’alun a permis de le résoudre d’une façon satisfaisante. Les particules d’huile étant chargées négativement peuvent être déchargées par un cation de forte valence, comme l’aluminium. L’alun est introduit lentement dans la solution et l’huile se rassemble à la surface. 11 est d’ailleurs à remarquer que, bien qu’assez semblables à d’autres points de vue, les huiles se distinguent très nettement des autres colloïdes par la facilité avec laquelle elles se mettent sous forme d’émulsion.
- Signalons enfin la précipitation électrique des poussières dont il a été parlé à de nombreuses reprises ici même.
- L’action protectrice exercée par un colloïde sur un autre a été utilisée dans certains cas pour stabiliser une préparation : la gélatine par exemple rend plus stable les colloïdes métalliques, de même l’acide silicique colloïdal. Dans la teinture des parchemins, comme les substances tinctoriales sont presque toutes, en solution, à l’état colloïdal, leur mélange est souvent instable, En présence de colle cependant, la précipitation est évitée et la solution peut être appliquée sur le parchemin.
- Nous venons de dire que les substances tinctoriales sont presque toutes des matières colloïdales, aussi la teinture des étoffés est-elle régie parles phénomènes que nous avons exposés et principale ment par le phénomène d’adsorption sur la fibre à teindre. De même dans le tannage et le blanchiment.
- L’adsorplion joue aussi un rôle fondamental dans les problèmes agricoles. La valeur d’un sol
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- est aussi bien fonction de la nature de la surface de ses particules, que de leur composition chimique. L’argile compacte n’est pas un bon terrain, car sa porosité est faible et par suite elle offre une petite surface et a un médiocre pouvoir adsorbant pour les sels et les solutions aqueuses. La fonction de l’adsorption des sols est de retenir les sels et d’empêcher qu’ils soient éliminés et entraînés par le lavage dû aux eaux de pluie. L’énergie de cette adsorption dépend à la fois de la nature du sol et de celle du fertilisant.
- Une autre application très importante est la purification des eaux par filtration. Les substances poreuses, charbon et sable, interviennent par l’adsorption capillaire, et le phénomène, comme pour le tannage et la teinture, doit être pratiquement irréversible.
- Une des propriétés les plus importantes au point de vue des applications industrielles est l’osmose électrique des colloïdes. Nous ne citerons que quelques exemples typiques, afin de ne pas allonger outre mesure cet exposé.
- Tout d’abord signalons le tannage électrique.
- Dans la méthode ordinaire de tannage, la peau est mise en contact prolongé avec la substance tannante dans des conditions de température et de concentration convenables. Dans un récent brevet, l’action tannante est accélérée au moyen de l’électricité qui amène le colloïde tannant en contact beaucoup plus intime avec la peau. Celle-ci est maintenue à un potentiel donné, positif ou négatif, et la substance tannante colloïdale vient se décharger, par suite se déposer, à sa surface.
- Citons encore rapidement la fabrication de la gélatine pour émulsions photographiques, débarrassée des graisses et des matières minérales et des agents réducteurs. On soumet à un voltage donné la solution de gélatine enfermée entre des diaphragmes électriquement neutres. Les ions inorganiques traversent les diaphragmes et sont enlevés, les corps albuminoïdes sont en même temps coagulés et peuvent être ensuite séparés mécaniquement. La gélatine ainsi obtenue est exempte du louche que l’on observe souvent lorsqu’il y a de l’albumine présente. Le même procédé peut s’appliquer à la préparation de la poix et de la glue, la forme des diaphragmes diffère seule.
- Enfin signalons le séchage électr ique de la tourbe. On place les briquettes entre deux électrodes portées à un certain voltage et la tourbe agit comme diaphragme, l’eau passant dans un sens. On obtient ainsi un séchage partiel assez économique.
- Le même procédé permet de purifier l’argile, le kaolin et de déshydrater la terre glaise. Dans ce dernier cas on arrive, par osmose électrique, à retirer une quantité d’eau supérieure à celle que l’on pourrait exprimer en soumettant l’argile à une pression de 5000 kg par cm2.
- Comme on le voit par ces quelques exemples, l’osmose électrique est un phénomène qui peut rendre d’énormes services. Signalons une application à laquelle on ne semble pas avoir encore pensé et qui, selon nous, doit, d’après les résultats obtenus dans des opérations analogues, être facilement réalisable. Nous voulons parler du séchage des bois et l’opération inverse, de leur imprégnation à l’aide de substances ignifuges ou antiseptiques.
- Àu lieu de recourir à la pression pour forcer les liquides antiseptiques à circuler dans les vaisseaux du bois, il nous semble possible d’utiliser les phénomènes d’osmose électrique ou ceux de cataphorèse, le bois jouant le rôle de diaphragme poreux à travers lequel circule, sous l’action électrique, la substance antiseptique. Inversement pour dessécher les bois, il suffirait sans doute de modifier légèrement les procédés qui sont si efficaces pour la tourbe ou la terre glaise. Peut-être même d’autres applications pourraient-elles être envisagées, en s’appuyant sur les procédés dérivés des précédents : la salaison et le séchage des matières alimentaires (fruits, poissons, etc.).
- Chaque propriété des colloïdes est donc susceptible d’applications industrielles multiples, et, au fur et à mesure que les matériaux et les résultats se groupent, on constate que l’état colloïdal est infiniment plus fréquent qu’on ne le pouvait penser il y a seulement dix ans. La théorie cependant est encore imparfaite et les recherches dirigées au hasard. Aussi, étant donnés les résultats pratiques acquis, pouvons-nous nous attendre, lorsque les savants auront une connaissance plus précise du sujet, à des découvertes et à des applications sensationnelles des propriétés des colloïdes.
- IL VlGNEP.OX.
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- Séances d’août 1920.
- Le sacre et les acides libres chez les végétaux. — Le l'ait a été reconnu ; le saccharose subsiste, dans un grand nombre de fruits sucrés, en présence d’une quantité d’acide libre bien supérieure à celle qu’exigerait son interversion, et M. Colin a remarqué que tous les sucs de plantes ont un pouvoir hydrolysant inférieur à celui que laisserait supposer leur concentration en acide libre. Ses mesures l’ont amené à dire que l’activité d’un tel suc sur un polyose ne dépend pas du titre acidimé-
- trique pris isolément, mais des proportions relatives d’acide libre et d’acide neutralisé. Ce rapport qui seul mesure la concentration en ions II, donne le pouvoir inversif, et lorsque il y a interversion du sucre, dans le cas où il descend au-dessous de la valeur ‘2, la transformation 11e peut s’imputer qu’à la sucrase,
- Les ruptures de rails. — M. Charles Frémont a remarqué qu’elles sont beaucoup plus fréquentes aux
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- 192 LE CASTEL DE LAS AQU1LLOS ET LES AIGUILLES DE RABAT (AR1ÈGE)
- extrémités éclissécs que dans le reste de la barre, même lorsque l’acier est de qualité moyenne, et constaté des fissures multiples, tant à la périphérie des trous de boulons, qu’aux congés du champignon et du patin. La discontinuité du rail constitué un lieu de moindre résistance, et la flexion élastique y est, à charge égale, plus grande qu’en tout autre point. Le choc de la roue produit un effort maximum, localisé sur des portions de volume restreint, et, les efforts réitérés détériorant peu à peu le métal, les fissures se propagent de grain à grain.
- Oxydation catalytique par les corps non saturés. — De nombreux auteurs, Chevreul, Cloz, Berthelot, etc., ont constaté la propriété que les huiles non saturées ont d’absorber l’oxygène, avec dégagement d’acide carbonique et d’un peu d’hydrogène. Un exemple classique est fourni par l’essence de térébenthine. Les essais de MM. Bougault et Robin ont établi que son activité ne dépasse guère celle de l’essence de citron et du men-thène. Les réactions se réalisent à froid si on prend soin de choisir un solvant du corps oxydable, sans pouvoir analogue sur le corps oxydé, et jouant le rôle de catalyseur. Elles prennent certainement part aux transformations que subissent certains mélanges de corps gras,
- employés dans l’industrie, et peut-être jouent-elles un rôle dans les processus vitaux, aussi bien chez les plantes que chez les animaux.
- L'action des eaux météoriques sur les bouillies cupriques. — jusqu’à présent les viticulteurs semblent préférer les anlicryptogamiqucs légèrement alcalins, qu’ils obtiennent simplement en versant un lait de chaux ou une solution de CO3 Na2 dans une liqueur de sulfate de cuivre, le terme de la réaction étant fixé par le tournesol ou la phtaléine du phénol. L’action de l’oxyde précipité s’explique le plus souvent par sa dissolution dans les eaux de pluie, chargées de CO2 et d’un peu d’ammoniaque, et le contact intime avec les zoospores des parasites. M. et Mme Villedieu ont fait porter leurs expériences sur la bouillie bordelaise, en rappelant d’abord que l’opération courante produit, non l’oxyde, mais les sulfates basiques à 5 ou 4 molécules de Cu(Otl)2. De plus l’eau correspondant à la composition d’une eau météorique normale ne dissout aucune quantité de métal cuivre. 11 semble ainsi que ce dernier n’agit pas comme toxique, et qu’il y a d'abord altération du protoplasma des zoospores, puis arrêt dans leur développement.
- P.un. B.
- LE CASTEL DE LAS AQUILLOS ET LES AIGUILLES DE RABAT (ARIÈGE)
- Dans son numéro 2085, La Nature a décrit es aiguilles de Yalbelle, au Sud de la petite ville de Brignolles, dans le Var; curieux et rare exemple des bizarreries que les forces naturelles ont découpées dans les dolomies.
- L’Ariège possède aussi deux sites semblables à ceux de Val-belle, il m’a donc paru intéressant de les signaler; ils sont jusqu’à présent les seuls que l’on connaisse dans les Pyrénées ; à une douzaine de kilomètres l’un de l’autre ils appartiennent au massif Jurassique qui s’étend depuis Foix jusqu’il Roquefixade (Ariège). La première porte le nom d’aiguille comme à Valbelle, et le château de Ca-raybat, qui est bâti au pied de ces colonnes déchiquetées, s’appelle Castel de las Aquillos (château des aiguilles).
- . Ces pointes bizarres sont isolées ou unies par groupes. Les unes ont la forme de piquets plantés
- en terre, les autres sont réunies et forment des amas de tourelles plus ou moins massives.
- A Rabat (contrée de Tare«con, Ariège), les formes
- sont, moins élancées qu’à Caray-bat, plus massives, la base cristalline des roches est de même composition clans les deux localités; c’est bien du calcaire magnésien, de la dolomie, appartenant à l’étage liasien du Jurassique.
- Il est facile de se rendre sur ces curieux gisements, en voilure, soit on parlant de Foix et suivant la route de Caraybat, de Soula et de Roquefixade, soit en parlant de Tarascon et se dirigeant on voilure jusqu’au delà du village de Rabat, vers le fond de la vallée de ce nom, qui est une petite merveille à Centrée du massif granitique des Trois Seigneurs, dont l’altitude est de 2250 m., au pied duquel on commence à trouver des neiges éternelles.
- Dr F. ’Garrigou,
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laihtre, 9, rue clé Fleuras, à Pans.
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- LA NATURE. — N° 2425. zzr:..............: 25 SEPTEMBRE Ï920
- LES FONCTIONS MENTALES ET LES BLESSURES DU CERVEAU
- On sait l’enthousiasme que provoquait, il y a I tomique, des termes imagés, fixés dans le langage plus d’un siècle, la prétendue découverte de Gall. I (tels que « la bosse des affaires » et « la case de
- Les plirénologues pensaient avoir trouvé, entre les diverses facultés mentales et les diverses régions du cerveau trahies, dans leurs particularités, par la conformation du crâne, un rapport constant et
- la volonté »), et un certain nombre d'idées fausses, gardées par habitude dans les milieux même avertis.
- Cependant les recherches de laboratoire et celles
- Orteü'j
- régulier. La fantaisie parascientifique et l’imagination populaire s’emparèrent de ce système que la science devait abandonner. Il en reste d’amusantes cranio-sphères de la géographie psycho-ana-
- des neurologistes conduisaient à d’autres notions. D’une part, en effet, l’on découvrait les célèbres « localisations cérébrales » dans l’ordre de la motricité, de la sensibilité, du langage, etc...; d’autre
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- 48" Année. — 2” Semestre.
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- 194 LES FONCTIONS MENTALES ET LES BLESSURES DU CERVEAU
- part, on ne trouvait rien de précis en ce qui concerne les correspondances anatomo-physiologiques des fonctions mentales proprement dites, et surtout des plus élevées.
- Nous n’exposerons pas ici la longue et intéressante discussion des aphasies. Rappelons seulement que les travaux de Pierre Marie mettaient en doute les schématiques localisations des ((. images verbales motrices et sensorielles » bâties sur la découverte de Broca. P. Marie remarquait par ailleurs, les graves répercussions du trouble du langage sur l’état mental. Mais nulle part on ne voyait cet état mental lui-même directement atteint de façon spécifique par des lésions localisées. Tout au plus certaines expériences de physiologie montraient-elles chez l’animal, une diminution de l’activité spontanée et des réactions adaptées plus ou moins grossièrement proportionnelles à l’étendue d’importantes mutilations cérébrales. 11 n’y avait là rien de précis.
- Ln ce qui concerne les localisations sensorielles et motrices, le problème semblait se compliquer chaque jour. Moral et Boyon,’ dans leur physiologie, admettaient qu’il n’y a pas, à proprement dire, des centres de localisation, mais des cycles réflexes scnsorio-motcurs et sen-silivo-moteurs, subordonnés en une croissante hiérarchie, et dont l’intégrité permet la réalisation de diverses fonctions. La possibilité de certaines suppléantes augmentait encore cette complexité. Pour les fonctions mentales, Monakow considérait, d’un point de vue anatomo-physiologique, qu’elles ne pouvaient être localisées, car la moindre d’entre elles correspondait à la mise en action dans l’espace d’une foule d’organisations appartenant aux diverses parties du système cérébro-spinal, et à la synthèse dans le temps des ac-
- tivités ainsi provoquées. Le physiologiste venait rejoindre dans ses conclusions l’antique opinion des philosophes.
- La récente guerre a multiplié, d’affreuse manière, les blessures et mutilations crànio-cérébrales. hile n’a donné que trop d’occasions de noter les correspondances entre certains troubles et, les lé-sionslocales. C’est ainsi que la forme, la place et la dimension de sco-tomes du champ visuel ont permis à Pierre Marie et à ses collaborateurs de dessiner exactement les lésions subies, ensuite vérifiées, dans l’écorce occipitale. Presque aussi précises sont, dans la région de la circonvolution frontale ascendante, les « local i sations » motrices. Déjà moins nettes, mais constantes, les correspondances des troubles du langage avec les blessures temporo-pa-riélales confirment les vues antérieures du neurologiste. Pierre Marie et P. Béhague ont encore décrit, en rapport avec les blessures de la partie antérieure du lobe frontal, un syndrome particulier de désorientation dans l’espace. Nous n’insisterons pas sur ces points, et n’envisagerons pas les découvertes faites sur l’astéréognosic, les syndromes sensi ti fs pseudoradiculaires, etc.... Les quelques notions qui précèdent nous serviront seulement de point de comparaison au regard des troublés mentaux proprement dits plus ou moins indirectement provoqués par une blessure crânio-cé-rébrale localisée.
- Il n’est pas indiqué d’étudier ces troubles au point de vue qui nous occupe, dans la période qui suit immédiatement le traumatisme. À ce moment, en effet, les troubles comrnolionnels dominent et masquent plus ou moins ceux qui peuvent être dus
- pi
- 13 Approbativité.
- 14 Circonspection.
- 15 Bienveillance.
- 16 Vénération. if Fermeté.
- 18 Espérance.
- Fig. 3. — Les lucalisalio, par Gall. l.es 38 cases d Facultés animales
- 1 Amativité.
- 2 Philogéniture.
- 3 Conccntrativité. .
- .4 Habitativité.
- 5 Alïectionnivité.
- 6 Combativité.
- 7 Destructivité.
- 8 Appétit pour les aliments.
- 9 Secrétivité. îo Acquisivité.
- 11 Constructivité.
- Facultés affectives :
- 12 Estime de soi-même.
- 13 ; 12
- 24&0/
- s phrènologiques supposées son disciple Spurzheim. n; Conscienciosité.
- 20 IMerveillosité.
- 21 Idéalité.
- 22 Sublimité.
- 23 Bel esprit.
- 24 Imitation.
- Facultés intellectuelles :
- 25 Individualité.
- 26 Configuration.
- 27 Etendue.
- 28 Pesanteur.
- 2g Couleur.
- 30 Localité.
- 31 Nombres.
- 32 Ordre.
- 33 Eventualité.
- 3q Temps.
- 35 Ton.
- 36 Langage. Comparaison.
- 38 Comparaison.
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- LES FONCTIONS MENTALES ET LES BLESSURES DU CERVEAU = 195
- à la lésion elle-même. Plus tard, des réactions inllammatoires ou cicatricielles provoquent aussi des désordres souvent graves. Mais entre ces deux extrêmes s’écoule une moyenne période, généralement silencieuse, où l’on peut observer les troubles particuliers susceptibles d’être rattachés à telle perte de substance. Or ces troubles sont de deux espèces.
- Les uns (symptômes localisateurs de Grasset) permettent, par leur simple constatation, de préciser, parfois de dessiner exactement la situation de la blessure; dans leur nombre, nous devons ranger ceux que nous envisagions plus liant. Les autres (symptômes dits atopiques) restent à peu près identiques en quelque endroit que soit lésée la substance du cerveau. Parmi ceux-ci, Grasset classait les crises convulsives généralisées (de type comitial, opposées à celles de type JBravais-Jacksonien,à début au moins localisé, et qui rentrent dans la précédente catégorie). L’on doit y placer aussi le syndrome psychique spécial que nous allons esquisser brièvement.
- Ce syndrome est essentiellement caractérisé par un état de légère torpeur sans démence. Nous entendons parla que les fonctions mentales peuvent toujours être exercées, mais que le sujet suspend en général leur exercice, qui lui est pénible. 11 se cantonne habituellement dans le repos, par où seulement il évite de pénibles céphalées. Il fuit tout effort 'et toute excitation. 11 est incapable de sou-
- tenir tout raisonnement un peu prolongé, car il se fatigue aussitôt. Cependant le jugement reste bon, délicat, adapté. L’évocation des souvenirs est pénible. Leur fixation est limitée, d’autant plus que l’attention est dirigée sur peu d’objets, choisis d’ailleurs avec discernement. Si le blessé évite les
- émotions fortes, il demeure sensible, susceptible depréoccupa-tions altruistes, familiales et per-, sonnelles. Il est propre et soucieux de sa tenue. Malgré l’inactivité justifiée dont nous avons parlé, il sait ce qu’il veut, et veut le plus souvent ce qui est raisonnable pour son état. Il n’est pas un dément, mais un infirme du cerveau, qui s’adapte à son infirmité. Sa pensée, dont l’exercice est plus ou moins entravé, reste, en qualité foncière, ce qu’elle était auparavant. Tel est l’état habituel que nous avons observé chez de nombreux porteurs de blessures crânio-céré-braies localisées quelle que fût la région atteinte du crâne et du cerveau.
- Souvent le syndrome est très léger, même si la blessure est relativement étendue. Parfois même il est nul ou inappréciable malgré des mutilations considérables portant sur les plus diverses régions de l’écorce cérébrale. Telle est la conclusion que l’on doit notamment tirer des observations de Guépin, Lucherini, llaffegeau, Glénard et Aymard, etc.... Les plus notables parties de l’un des lobes frontaux ou des lobes occipitaux ont pu être enlevées, une balle a pu traverser le cerveau en
- Face externe du cerveau.
- Face interne du cerveau.
- Fig. — Les localisations histologiques. D’après Brodmann,
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- 196 = TRANSMISSION DE L'ÉNERGIE PAR LES VIBRATIONS DE L’EAU
- causant de profonds délabrements dans les régions pariéto-lemporales ; à la longue l’équilibre psychique s’est cependant rétabli, pour un temps tout au moins, d’une manière normale.
- Et cependant la localisation lésionnelle agit parfois sur l’état mental et le teinte, pour ainsi dire, de la couleur spéciale des troubles qu’elle provoque habituellement. C’est ainsi qu’au syndrome atopique que nous avons décrit s’ajoutait la tendance aux hallucinations visuelles dans certains cas de blessures intéressant la région occipitale. Les aphasies observées dans les blessures pariéto-temporales compliquaient aussi quelquefois la paresse intellectuelle d’une confusion due à ce désordre que les défaillances du langage apportent dans l’exercice de la pensée. Mais jamais les fonctions mentales supérieures, jugement, sentiment, volonté, n’étaient séparées, dissociées si l’on peut dire par les blessures localisées à telle région du cerveau. Elles paraissaient n’en subir, pour ainsi, parler, le contrecoup, que dans la mesure où elles se trouvaient alfectées par le désordre causé dans les opérations réflexes, sensorielles, motrices, habituelles, instinctives, dont Vexercice nécessitait l’usage des cycles nerveux précisément lésés, et qui lui servaient d’instruments. -
- L’on s’explique ainsi qu’une perle de substance importante, mais localisée, ne détermine pas un état de démence: auquel aboutissent des lésions très discrètes, mais étendues à toute la surface de l’écorce cérébrale. Dans ce dernier cas, le psychisme devient impuissant à. réaliser quelque acte que ce
- soit, parla limitation globale de tous scs moyens. Il adopte bientôt la réaction démentielle. Dans le premier, au contraire, bien que souvent atteint d’un trouble qui décèle la perte de certains de ses instruments habituels, il reste susceptible de montrer son originalité foncière en les remplaçant, ou en essayant de les remplacer. De grandes possibilités de rééducation psychique et de suppléance cérébrale, telles sont, au point de vue pratique, les nouvelles espérances données, pour bien des psychopathies, par l’étude des lésions du cerveau. Les conséquences théoriques, sont dès à présent, trop vastes pour que nous puissions les envisager dans ce rapide examen. Nous noterons seulement ici le maintien de l’unité de la conscience dans tous les cas étudiés. Ce fait montre, à notre avis, la faible valeur qu’il faut accorder aux soi-disant « dédoublements de la personnalité » que n’ont jamais semblé manifester, de façon tant soit peu conséquente, que des malades hystériques et suggestibles, capables d’ètre involontairement éduqués. C’est seulement par abus de langage que l’on a cru pouvoir décrire de tels monstres psychologiques, s’il est permis de parler ainsi, au cours de l’aliénation mentale. L’hallucination, en effet, l’impulsion et l’obsession font partie intégrante de la conscience du sujet. Eait typique : les blessures localisées du cerveau, mêmes les plus profondes, ne tendent pas à produire des « morcellements » de la pensée. Les prétendues fragmentations de la conscience sont à ranger, croyons-nous, auprès de la « phrénologie » de Gall,dans le nombre des vieilles notions pseudo-scientifiques qui ne gardent plus qu’un intérêt de curiosité. D1 M. Migxaiid,
- Médecin des Asiles de la'Seiue.
- ^ ^ SUR LA TRANSMISSION DE L’ÉNERGIE
- PAR LES VIBRATIONS DE L’EAU DANS LES CONDUITES
- ' -
- A la suite de Varticle du 12 juin 1920 (V. n° 2410) sur les procédés Conslanlinesco, nous avons reçu de M. Camichel, le savant directeur de T Institut Électro-technique de Toulouse, l’intéressante lettre qui suit :
- « M. Conslanlinesco a présenté à la Société Royale de Londres et publié dans diverses revues françaises et étrangères, les procédés qu’il emploie pour la Iransmis-sion de l’énergie au moyen des vibrations de l’eau dans les conduites.
- Ses dispositifs dérivent de ceux que j’ai eu l’occasion de publier en 1915 et 1910.
- Le problème comprend deux parties distinctes :
- 1° La production des vibrations dans les conduites;
- 2° Leur utilisation.
- 1° En ce qui concerne la première question, j’ai montré (') qu’il était facile de faire produire à une conduite la vibration fondamentale et les harmoniques impairs, par exemple par l’emploi d’un robinet lour-
- 1. Comptes rendus de' t’Académie des Sciences, I, ICI, p. 412, 1915 et l. 103, p. 150, 1910.
- nanL (') dont on règle convenablement la vitesse.
- J’ai indiqué qu’on peut encore utiliser dans le même but, d’autres procédés, par exemple le clapet automatique (toc. cit.) qui se compose d’une simple soupape convenablement équilibrée et s’ouvrant de l’extérieur à l’intérieur de la conduite. Ce clapet se synchronise avec la conduite et la période T de son mouvement est égale à celle de la conduite : . •
- ! .A-.
- -a
- lorsque la conduite aboutit à son extrémité amont à une chambre d’eau et que le clapet est placé à l’extrémité aval, L désigne la longueur de la conduite, a la vitessé de propagation de l’onde dans la conduite. La conduite donne alors le fondamental, elle présente un nœud à L Sur l’amplitude des harmoniques impairs dans les conduites lorcces, voir la Lumière Electrique, t. 34 et t. 55.
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- = la photographie en avion et les RÉGIONS DÉVASTÉES = 197
- l’extrémité aval et un ventre à l’extrémilé amont; et sa longueur est égale au 1/-4 de la longueur d’onde.
- 2° Pour l’utilisation de ces vibrations, j’ai réalisé un moteur, auquel j’ai donné le nom de moteur hydraulique synchrone (C. R., t. 163, p. 294) et qui est simplement constitué par un piston sans soupape se déplaçant à l’intérieur d’un cylindre en communication avec la conduite. Ce moteur s’accroche comme un moteur synchrone électrique, il réalise l’exemple le plus simple de synchronisation hydraulique.
- Ce moteur est de tous points identique à celui qu’emploie M. Conslantinesco. La seule différence qu’on puisse signaler est la suivante : Cet ingénieur, au lieu d’employer le moteur monophasé, a construit un moteur triphasé, constitué par 3 moteurs synchrones monophasés dont les mouvements sont décalés de 1 /5 période ; les conduites sont en outre munies par M. Conslantinesco de réservoirs pleins d’eau destinés h limiter les pres-
- si°ns> w C. Camichel.
- Directeur do rfnslilut Électro-Technique de Toulouse.
- LA PHOTOGRAPHIE EN AVION
- APPLIQUÉE A LA RECONSTITUTION DES RÉGIONS DÉVASTÉES
- Dans un récent article, on a exposé les principes rendre de non moins importants pour les travaux de l’application de la photographie aerienne au lever de la paix. Aussi convient-il de signaler la voie nou-
- Fi ,r. t. — Photographie d’avion delà région à lever, prise avec un appareil 18X24 de o m. 5o de distance focale incliné d’environ 3o° sur l’horizon. (Cliché de la Cie Aérienne Française.)
- Attitude approximative ; 1800 111. ; Eléments réels de la station aérienne donnés par la restitution, altitude: i8i5 m.; inclinaison du cliché sur l’horizon : i — 35° <0; distance du pied de la verticale de la station à la trace de l’axe optique
- sur le plan horizontal de référence d— i3io m.
- des plans, et les raisons qui nécessitaient l’emploi de cette nouvelle méthode pour la réfection du cadastre. Après avoir examiné ainsi le côté général de la question, il peut intéresser les lecteurs de La Nature d’en étudier les principales données techniques. C’est dans ce but que nous résumons dans les lignes ci-dessous le problème si délicat de la restitution des clichés photographiques pris en avion, et de décrire l’appareil qu’il a inventé pour faire cette opération avec toute la précision désirable.
- La photographie en avion a rendu d’éminents services pendant la guerre. Elle paraît appelée à en
- velle dans laquelle vient d’entrer le Ministère des Régions libérées, en demandant, à cette curieuse application de propriétés scientifiques d’ailleurs fort simples, de concourir à la reconstitution de nos provinces dévastées.
- Dès le mois de novembre 1919, M. Lebrun, ministre des Régions libérées, confiait en effet à la Compagnie Aérienne Française l’exécution de nombreux clichés aériens, destinés à remplacer, pour la pre'paration des projets de reconstitution des localités détruites, les plans cadastraux détruits ou les levés topométriques longs et coûteux.
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- 198 LA PHOTOGRAPHIE EN AVION ET LES RÉGIONS DEVASTEES
- Actuellement M. Ogier, successeur de M. Lebrun, fait continuer ces opérations indispensables, il prépare en outre l'organisation de travaux plus précis destinés à la réfection du cadastre ; il y a là une véritable révolution dans les procédés usuels de la topographie de précision, et l’on peut en attendre de nombreuses applications dans l’avenir.
- L’emploi de la photographie aérienne permet d’éviter toute omission dans le détail des levés, et donne le moyen d’effectuer, à peu de frais et dans des délais très courts, de vastes opérations devant
- turateur d'objectif donnant toute la netteté nécessaire avec une exposition de 1/200 de seconde.
- On n’a jusqu’ici employé que des obturateurs de plaque, mais la vitesse de déplacement de la fente éclairante était trop faible et surtout trop irrégulière, et les clichés étaient sensiblement déformés par suite des mouvements de l’avion pendant l’exposition de la plaque ;
- 5° Les vues photographiques sont restituées en deux temps. I/appareil de photorestitution Tioussilhe, modèle 1918, donne d’abord une perspective
- I2G .........—
- l) E
- Fig. 2 — Cadastre de la région à lever.
- lesquelles on avait jusqu’ici reculé, par exemple la réfection du cadastre de France.
- . La méthode générale d’exécution des levés de précision par la photographie aérienne a été exposée en 1918 par M. H. Roussilhe, ingénieur-hydrographe en chef de la Marine (‘), qui a donné les caractéristiques des appareils de restitution par projection photographique. Cette méthodg offre un caractère réellement industriel qui en permet l’emploi économique sur de vastes étendues. Elle peut se résumer de la manière suivante :
- 1° Les photographies en avion sont prises à une altitude sensiblement égale à l’inverse de l’échelle du plan à lever avec un appareil h. plaques à rendement industriel (120 à 150 plaques par vol d’une heure) ;
- 2° L’appareil photographique est muni d’un ob-
- 1. Application de la photographie aérienne aux levés de précision, Annales hydrographiques de la cniraM.
- conique plane, à l’échelle du plan à lever; c’est le procédé classique du redressement des images, avec cette complication qu’on ne possède pas les éléments originaux de l’opération, puisqu’on ne sait rien de la position du cliché dans l’espace.
- En second lieu, on déforme cette perspective conique (de manière à la transformer en plan exact), en tenant compte du relief du sol, qui déforme sensiblement les clichés primitifs. Mais, pour cette déformation, opération de dessin très simple, il est indispensable de connaître la position de l'avion au moment de la prise du cliché ; l’appareil Rous-sillie donne immédiatement les coordonnées planes et l’altitude de ce point, à l’aide d’abaques d’emploi très simple et à une approximation largement suffisante.
- Si le relief du sol est inconnu, on combine plusieurs photographies du même terrain et on emploie la méthode classique des intersections, tout comme
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- en topographie régulière. Les cotes de niveau se déduisent alors des différences de position entre les points restitués et leurs perspectives coniques.
- Dans le cas particulier du cadastre, les photographies sont prises à 2000 m. d’altitude avec des appareils de 0 m. 50 de foyer (un à axe optique vertical, deux à axes inclinés de 50° sur la verticale). L’échelle moyenne des clichés horizontaux est le 1/4000. Ces clichés sont agrandis 2 fois environ dans la restitution par projection. L’agrandissement est nécessaire, pour que l'image du cliché soit tout
- ment au Service de la Reconstitution foncière et du Cadastre du Ministère des Régions libérées, elles ont conduit aux résultats suivants :
- I. L’obturateur d’objectif construit sur les indications de M. Guillemet, capitaine d’artillerie coloniale, permet d’obtenir des clichés très nets à 1500 m. de distance horizontale avec une vitesse d’exposition de 1/160 de seconde. Un modèle définitif sera d’ici peu expérimenté en avion, avec des vitesses plus grandes et des plaques lentes.
- IL L’appareil de photorestitution a été construit
- Fig. 3. — Restitution au 1/2000 de ta photo inclinée représentée à la fig. r. (Cliché de la Cie Aérienne Française.)'
- entière au point sur un plan, mais il ne doit pas dépasser certaines limites pratiques, afin de conserver toute la netteté de la plaque originale.
- Quant à l’objectif employé pour la projection, il ne doit introduire aucune déformation dans les images, mais sa longueur focale peut être quelconque ; il y a une infinité de solutions au problème de la restitution. Dans l’appareil Roussilhe on emploie le même objectif que pour la prise des clichés; les conditions de précision sont entièrement respectées, et on compense ainsi la plus grande partie des erreurs résiduelles dues aux imperfections du système optique, puisque les rayons lumineux, dans la^ photorestitution, suivent à très peu près le même chemin que dans l’appareil photographique lui-même, mais en sens inverse.
- Nous n’exposerons pas le détail de la théorie géométrique et physique de ce procédé. Des expériences très concluantes ont été effectuées récem-
- sur les indications de M. Roussilhe par M. Gillon, ingénieur-mécanicien, rue de Gennevilliers(1).
- Des essais ont été effectués en 1919 sur le territoire de la commune de Servis (Seine-et-Marne).
- Malgré les déformations des clichés obtenus à cette époque, l’emploi de 4 photographies combinées a permis d’obtenir des intersections graphiques parfaites (à 0 mm 1 en général, cà 0 mm 2 au plus exceptionnellement, échelle 1/2000). De plus les positions obtenues coïncident, aux mêmes écarts près, avec les positions relevées sur un bon plan parcellaire levé en i912 par les procédés réguliers. On peut donc affirmer dès maintenant la possibilité de lever des plans à grande échelle, sans erreur de positions dépassant 0 m. 40. L’essai mentionné ci-dessus a d’ailleurs permis :
- 1° De déceler les déformations dues à l’obturateur de plaque ;
- 1. L’appareil est breveté pour la France et l’étranger.
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- Fig. 4. — Report sur un même calque à l’échelle du calaslre (1/2000) des vecteurs'de restitution relalijs à ta photo de la figure 1 et à 3 autres photographies de la même région prises dans des conditions analogues.
- 2° De relever une erreur do 0 m. 40 sur un point du plan parcellaire;
- 5° De constater les difficultés d’emploi des papiers photographiques pour les éprouves agrandies et redressées. Des éludes sont en cours pour l’adapta-
- tion d’un support rigide annulant toute déformation hygrométrique des papiers sensibles.
- IIÎ. L’étude d’un appareil photographique à grand rendement (120 h 150 plaques à l’heure) a été également poursuivie.
- Fig. 5. — Vue d’ensemble de l'appareil Roussilhe pour la pholorestilulion. J ,e soufflet entre le portë-clid'ié et l'objectil {a été enlevé.
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- LA MÉTALLURGIE ÉLECTRIQUE
- La réalisation n’est plus qu’une affaire de temps.
- On peut donc espérer qu’en 1921, toute l’organisation technique du nouveau procédé pourra faire l’objet d’essais complets et conduire à la détermination d’un prix de revient sincère.
- Il ne faut d’ailleurs pas oublier que l’emploi de la photographie aérienne nécessitera la refonte et le développement du canevas géodésique, chaque cliché ne pouvant être restitué que si l’on dispose de 4 points de repère calculés avec une haute précision.
- Ce qui caractérise la méthode, c’est donc qu’on peut effectuer le lever des détails sans aucune géodésie préalable : le choix des repères est effectué au vu des clichés, et on en déduit le programme de calcul des signaux des 1er, 2e et 3e ordre nécessaires.
- En outré, la photographie aérienne enregistre
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- tous les détails du levé, et permet, une fois le canevas calculé, de rédiger des cartes à toutes échelles. Des cartes de reconnaissance, des levés en pays inaccessibles, des itinéraires de routes ou de chemins de fer, pourront même être levés sans autre secours que la photographie aérienne, qui a été, pendant la guerre, « l’œil de l’armée.», et nous paraît susceptible de devenir un des plus curieux moyens d’étude et de développement de notre outillage économique.
- Les planches 1 à 4 ci-jointes donnent en réduction de 1/2 le résultat obtenu par la restitution croisée de 4 photographies prises en 1919 au-dessus de Serris. La planche 5 donne une vue de l’apparail de photorestitution employé au Ministère des Piégions libérées. H. Roussilue,
- Ingénieur-livcli’ORraphe en chef de la Marine.
- Directeur de la Reconstitution Foncière au Ministère des Régions libérées.
- LA MÉTALLURGIE ÉLECTRIQUE ET L’ÉLECTRIFICATION DE LA SIDÉRURGIE EN FRANCE
- La préparation électrique de l’acier avant la i 1er, de Girod, de Chaplet, avaient puissamment aidé à guerre. — Dès avant la guerre, le développement | la diffusion de l’électro-métallurgie dans le monde.
- Fig. i. — Vue générale des établissements électro-sidérurgiques P. Girod, à Ugine. A gauche : aciéries électriques; à droite : usine de ferro-alliâges. \
- de l’emploi de l’électricité. dans l’industrie métallurgique s’était peu a peu affirmé, non seulement pour l’élaboration de l’aluminium, mais encore pour la préparation des aciei's et des fontes dites spéciales. En France, en particulier, F électro-métallurgie avait pris un grand essor, grâce à l’étendue de nos ressources e^houille blanche, dans les Alpes spécialement, et aussi au génie inventif de nos industriels. Les découvertes d’Héroult ,dc Ch.-À. Kel-
- À la veille de la mobilisation, 24 fours électriques à acier avaient été construits ou étaient en voie de réalisation, sur notre territoire, pour 49 seulement en 1912. Au point de vue de la capacité, on comptait 1 appareil de 1000 tonnes, 5 de 1500, 1 de 2000,- 2 de 2500, 4 de 3000, 2 de 3500, 3 de 5000, 1 de 9000 et 2 de 12 000. En outre/ un four de 3000 et 2 de 2500 étaient sur le point d’être installés.
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- LA METALLURGIE ELECTRIQUE
- La plus grande partie de cea appareils était concentrée dans la région alpestre : à Ugine, aux aciéries Paul Girod (6 fours), à Livet, dans les usines Keller et Lenela (5 appareils), aux forges d’Allevard (5), à la Praz près deModane (1). Cependant, la fabrication de l’acier électrique avait été introduite également dans, le Çentre, à Unieux, dans les usines Holtzer, à Saint-Chamond, aux Aciéries de la Marine, à Montluçon (Société de Chatillon-Commentry) et dans le Tarn (usines de Saint-Juéry).
- On n’avait même pas hésité-à utiliser du courant d’origine thermique pour ali- ^
- menter les fours à Paris (aciéries électriques de Paris et de la Seine) et à Jeu-mont (Constructions électriques du Nord et de l’Est), cependant qu’on s’apprêtait à aménager dans les mêmes conditions des appareils à Trignac et à Caen. Techniquement, les fours en activité marchaient la plupai’t sur ri-hlons; quelques-uns, toutefois, opéraient sur a-cier Martin liquide, comme à Saint-Juéry, L-nieux, Montluçon et Jeumont, tandis qu’à Trignac et Caen on avait décidé d’employer delà fonte Thomas liquide.
- Grâce à ces installations, la production française d’acier électrique était passée de 15850 tonnes en 1911 à 15 848 en 1912 et 20 757 en 1915. 4
- Il faut reconnaître, néanmoins, que les progrès accomplis à cet égard, dans d’autres pays, étaient beaucoup plus caractéristiques. L’Autriche-Hongrie avait porté sa fabrication, durant la même période, de 21 606 tonnes à 24 902, et l’Allemagne de 60 654 à 88881. Si l’accroissement de la production, pour les trois années qui ont précédé la guerre, avait atteint 50 pour 100 pour la France, contre 28 pour 100 seulement pour l’Allemagne et 15 pour 100 pour l’Autriche, du moins notre tonnage demeurait-il inférieur à celui des pays germaniques.
- L’Allemagne disposait d’ailleurs, au l1'1 janvier 1915, de 46 fours, c’est-à-dire d’un nombre double du nôtre. Il y a lieu de remarquer, à ce propos, que les Allemands avaient largement mis à profit nos propres découvertes, puisqu’ils utilisaient à cette date, 26 fours d’origine française, dont 19 lléroult et 6 Girod contre 16 appareils d’invention germanique, et 2 italiens. C’était implicitement reconnaître la supériorité de nos méthodes.
- La production des ferros antérieurement à la mobilisation. — Il apparaît que l’élaboration des
- fontes dites spéciales avait, au contraire, étéfort développée dans nos établissements nationaux d’avant - guerre. Ces produits, qu’on désigne plus justement sous le nom d’alliages ferro-mé*' lalliquos,ou plus simplement de ferros, sont rarement employés directement, si l’on fait abstraction du ferrosilicium qu’on moule pour obtenir certaines pièces inattaquables aux acides. En général, les ferros, combinaisons du fer avec le manganësë, le chrome, le silicium, le vanadium, le tungstène, le molybdène sont utilisés de préférence comme compléments pour renforcer la dureté ou la résistance des aciers.
- De nombreux établissements de la région alpestre s’adonnaient à la préparation des ferros depuis la mise en valeur de nos richesses en houille blanche, en particulier ceux de Bellegarde, deGiffre, d’Ugine, Saint-Béron, Notre-Dame de Briançon, Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie; Epierre, Saint-Julien-Montricher, Livet, Allevard, Bioupéroux en Dauphiné; le Castelet, Merens, Auzat dans les Pyrénées.
- Il est bon de rappeler qu’en ce qui concerne les alliages supérieurs, tels que le ferro-chrome, le ferro-tungstène, le ferro-vanadium, la France occupait une place privilégiée dans le monde, du fait des
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- perfectionnements apportés par ses savants, Moissan en tête, à ces fabrications. .
- Aussi notre production électrique de ferros n’avait-elle cessé de s’amplifier, passant de H 700 tonnes en 1905 à 15529 en 1908, 21555 en 1910, 50 560 en 1912, 52 250 en 1915.
- L’extension des usines hydro-électriques n’avait d’ailleurs pas empêché l’industrie métallurgique de poursuivre l’élaboration des fontes spéciales, surtout les Spiegel, suivant l’ancien procédé au coke. En 1905, on enregistrait encore un tonnage
- o o
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- saurait surprendre si l’on songe que notre sidérurgie était privée de ses principaux centres d’activité du Nord et de l’Est, que la raréfaction du charbon nous obligeait à recourir le plus largement possible à nos ressources hydrauliques, qu’enfîn notre artillerie avait besoin, dans la plus large mesure, d’aciers spéciaux d’une haute résistance. Aussi, sous la pression des circonstances, et sous l’impulsion du Ministère de l’Armement, de nombreux fours nouveaux furent-ils installés au cours des hostilités.
- Au début de 1918, on comptait 21 appareils
- Fig. 3. — Hall des fours électriques à l’usine Girod.
- de 49287 tonnes pour 52 561 en 1905, et 40106 en 1910.
- Cependant, il importe de considérer que le four électrique tendait, de plus en plus, à détrôner le four à coke dans la production des ferros. En effet, le pourcentage de produits électriques n’avait cessé de s’élever, passant de 26 pour 100 en 1905 cà 56 pour 100 en 1910 et 40 pour 100 en 1912 et 1915.
- On peut donc dire qu’au moment de la mobilisation l’industrie française des ferros ‘était en plein épanouissement.
- La prospérité de l’électro-métallurgie nationale pendant les hostilités. — La guerre a été un stimulant pour l’électro-métallurgie française. Cela ne
- nouveaux en service ou en voie d’exécution, dont 6 pour la région parisienne, 2 dans le Centre, 10 dans le Sud-Est (région des Alpes), 1 dans le Sud-Ouest, 1 dans l’Ouest (Trignac), i dans le Nord-Ouest (Caen). » '
- Ainsi, le nombre des appareils avait presque doublé de 1914 à 1918, et se rapprochait sensiblement de celui que nous'enregistrions pour l’Allemagne en 1915.
- La fabrication de l’acier électrique était pratiquée en 1918 à la fois dans la Savoie, l’Isère, la Loire, le Tarn, l’Ailier, comme autrefois, mais encore dans la Loire-Tnférieure, la Seine, la Nièvre, la Saône-et-Loire.
- On ne saurait donc être surpris de voir notre pro-
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- duction passer de 52 000 tonnes en 1915 à -41 278 en 1916, 47 816 en 1917 et 56 850 en 1918, après 29 786 tonnes en 1915, année de remise en train après l’à-coup de 1914. — De 1915 à 1918 notre production a presque doublé.
- Il sied, d’ailleurs, de remarquer immédiatement que la région alpestre a fourni la plus lai’ge part de ce tonnage. En 1919, les aciéries d’IJgine comportaient à elles seules 9 fours de plus de 160 tonnes de capacité journalière, ou de 60 000 tonnes par an (6 fours de 20 à 25 tonnes, 1 de 6, 2 de 2 tonnes et demie).
- C’est grâce à ces progrès que les ateliers d’Ugine ont pu élever leur fabrication d’acier brut de 25 598 tonnes en 1915 à 59 958 en 1916, 47 445 en 1917 et 47 607 en 1919. En fait, le Sud-Est livre 75 pour 100 de la production française d’acier électrique (1). .
- Sans doute, on observera que l’accroissement de fabrication a été assez limité, si l’on veut bien considérer que la production totale d’acier a atteint 1210671 tonnes en 1915, 1 784221 en 1916, 1 996 060 en 1917, 1 800 079 en 1918. C’est-à-dire que l’acier électrique ne figurait dans notre tonnage que pour moins de 5 pour 100. Mais, d’un autre côté, nous devrons reconnaître que les produits électriques tendent de plus en plus à éclipser les produits au creuset, puisque le tonnage de ces derniers n’excédait pas 52552 tonnes, 40447 et 40565 en 1916_ 1917 et 1918. Alors qu’en 1915, l’écart entre les deux fabrications n’était que de 6000 tonnes, il s’avérait à 9165 en 1916, 7569 en 1917, et 16 267 en 1918.
- La mise en œuvre des grands appareils de Caen ne pourra qu’accroître l’avance prise en l’occurrence par l’acier électrique.
- Les fontes électriques et la guerre. — Au cours du conflit, un grand progrès a été réalisé en ce qui touche la préparation électrique des fontes synthétiques.
- Nous avons longuement exposé, dans cette revue (2) les remarquables résultats obtenus par M. Cli.-A. Iveller pour l’obtention des fontes en partant de tournures d'acier. Bien qu’en fontes synthétiques, l’usine de Livet a fabriqué pendant la guerre 120000 tonnes de produits. En outre, les procédés imaginés par M. Ch.-A. Relier ont été généralisés par l’auteur dans les usines qu’il installa à Limoges, pour l’qtilisation des résidus d’énergie des Chemins de fer départementaux de la Haute-Vienne, à Yillefranche-de-Confient, dans les Pyrénées-Orientales (Société des Fontes synthétiques du Midi), à Luchon (Société des fontes de la Picardie), à Nanterre, à la Fonderie Nationale créée de toutes pièces par l’Etat, et ailleurs, à Brignoud (usines
- L En 1917, le Tara avait produit 5743 tonnes d’acier clec-nque, Saône-et-Loire 5446, la Nièvre 127, l’Ailier 815, l’Isère 7000.
- 2. La Nature n° 2285, 14 juillet 1917.
- Frédet), à Épierrc (Fonderies électriques), à Belle-garde.
- La majeure partie des fontes ainsi élaborées électriquement était transformée en fonte aciérée, dont la composition est la suivante :
- C = 5, à 5,2%; Mn = 0,8%
- Si-j-C = 4,5 °/0 ; P<0,05%.
- La charge de rupture par millimètre carré de section varie, dans ce cas, de 25 à 50 kg.
- Mais il serait inexact de croire que la production de fonte synthétique ait seule été accrue pendant la guerre. Le Four électrique publiait récemment le tableau suivant de la fabrication des fontes électriques pendant le conflit.
- 1915 1916 1917 1918
- Fonte moulée de la fusion. 156 153 285 460
- Fonte de moulage. . . . 8.152 44.223 34.678 33.934
- Fonte d’affinage .... 1.881 5.406 8.653 7.797
- Fonte Bessemer. .... — — 1.730 1.600
- Ferro-silicium 21.409 35.686 29.930 27.645
- Spicgel ........ 5.428 7 480 13.509 11.729
- Ferro-manganèse .... 921 614 119 230
- Divers. 8.785 8.696 17.825 18.167
- 44.732 102,258 106.886 101.562
- II résulte de cette statistique que, de 1915 à 1918, la production des fontes électriques a progressé de 115 pour 100. La majeure partie de ce tonnage appartient au Dauphiné, à Livet surtout et à la Savoie; toufefois, la fabrication des fontes spéciales a été instaurée dans l’Ain (Bellegarde), l’Ariège (Mercus), les Landes, le Puy-de-Dôme, le Pas-de-Calais, ce qui explique le relèvement enregistré.
- Il faut d’ailleurs observer que la consommation de certains produits a été fortement développée. Par exemple, nos besoins en ferro-silicium ont pu passer de 5000à 9000 tonnes, et ceux de ferro-tungstèiie, de 150 à 1800 tonnes.
- Mais il importe également de ne pas oublier que la production des alliages ferro-métalliques a été aussi considérablement accrue à l’étranger. Nous voyons la Norvège tripler, à la veille de la guerre, sa fabrication de ferro- silicium et livrer 15 500 tonnes de ferro-chrome, tandis qu’en 1912 elle n’en élaborait pas. Deux puissantes sociétés anglaises de Sheffield ont créé une grande industrie des ferros chez nos voisins. La Suisse, la Suède ont donné un magnifique essor à ces fabrications.
- Le mouvement est donc général, au détriment peut-être de notre propre industrie des alliages, qui n’avait pas jadis de concurrents sérieux.
- Le haut fourneau électrique. — La préparation de la fonte en partant du minerai n’a été, d’un autre côté, pratiquée en France qu’à titre d'essai, bien que des résultats à peu près décisifs aient été obtenus au Canada (Sault Sainte-Marie) et en Scandinavie.
- La Société de Giffre (Saint-Jéoire-en-Marignier)
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- LA. MÉTALLURGIE ÉLECTRIQUE
- et la Néo-Métallurgie ont fait conjointement quelques tentatives dans ce sens, mais il est certain que la France n’a pas, jusqu’ici, montré dans la solution du problème la même énergie que ses concurrents américains.
- Il semble cependant, qu’en raison des hauts prix du charbon, là France sera contrainte d’orienter peu à peu ses fabrications du côté du four électrique. La Société métallurgique de l’Ariège le faisait remarquer au cours de la dernière assemblée de ses actionnaires. D’autre part, le four électrique à arc
- évolution de notre industrie du fer, et l’électrili-cation progressive de ses fabrications.
- Notre Sidérurgie l’a bien compris, d’ailleurs, et il semble qu’elle ait pris toutes dispositions pour y faire face.
- La Compagnie des Aciéries de la Marine et d’Ho-mécourt, après avoir racheté lés forges d’Allevard, a renforcé de 8000 chevaux la puissance hydraulique de cette usine. Elle aménage, en outre, de moitié avec la Compagnie de la Loire et du Centre, la chute de la Basse-îsère, en attendant que lui soit octroyée
- Fig. — Un Jour électrique de 20 tonnes en marche.
- est apparu comme un appareil des plus précieux, non seulement pour concurrencer le four à creuset, mais aussi bien pour produire, soit seul, soit avec l’aide de convertisseurs ou de fours Martin, ou même avec l’un et l’autre, des produits finis ou des demi-produits, « en partant de matières premières sensiblement quelconques ».
- Enfin, les États-Unis viennent de généraliser l’usage du four électrique dans la fonderie, pour le réchauffage des grands canons, des pièces d’hélice, des chaînes d’ancre, des moteurs d’aviation. Les résultats acquis ont été plus qu’encourageants. Nous serons fatalement conduits à suivre leur exemple, par suite de notre pénurie de charbons et de notre richesse en forces hydroélectriques.
- 11 faut, par conséqueht, envisager une prompte
- une nouvelle chute dans la vallée inférieure de cette rivière.
- La Société de Firminy, après avoir repris et accru les usines de Rioupéroux, sur la Romanche, projette de porter à plus de 50000 chevaux la puissance de ses stations. En attendant elle a inauguré, à Maurines (Cantal), une station de 10000 HP, qui emprunte sa force aux eaux du Bès, affluent de la Truyère.
- Celle-ci sera bientôt disciplinée par un consortium constitué par la Compagnie de la Loire et du Centre, les mines de Blanzy et la Société métallurgique de Châtillon et Commentry.
- Dans les Pyrénées, la Société métallurgique de l’Ariège a équipé 4 chutes sur l’Ariège, racheté l’usine hydroélectrique de Saint-Antoine, absorbé la
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- LE RAYON VERT
- Société du Castelet, qui lui a apporté 5000 chevaux installés, et elle envisage d’équiper 5000 chevaux supplémentaires sur la Nageas, pour pouvoir disposer de 20000 HP.
- C’est encore le Saut du Tarn, auquel les 5500 chevaux de Saint-Juéry ne suffisent plus, et qui aménage 2000 chevaux complémentaires à Ambialet, sur le Tarn.
- Les frères Renault, de Billancourt, se sont assurés les forces de la Neuvache, en Savoie, et sont en train de les mettre à profit; la Société de Sainte-Marie et Gravigny (forges de Saint-Dizier), réorganise les anciennes papeteries de Rebone, dans le Bigorre, pour y recueillir de l’énergie hydraulique. C’est également la Société Métallurgique du Frayol concourant à l’établissement sur l’Isère de la chute de Valensole, l’Ëleclro-Métal disciplinant l’Adour
- supérieur, à Gripp; pour ne point parler des droits acquis de-ci et de-là par les Établissements Schneider (Hautes-Alpes), la Marine (Haute Tarentaise), la Société de Pont-à-Mousson (Corrèze), etc.
- On mesurera le chemin parcouru par quelques chiffres : en 1910 l’électrométallurgie disposait de 221 000 chevaux aménagés; en 1917, l’électrométallurgie avait installé 520 000 chevaux, d’après le commandant Cahen, directeur au Ministère de l’Armement. Avant peu, elle pourra utiliser 500 000 chevaux-. Ses réserves sont, en outre, considérables.
- La métallurgie française du fer est donc toute prête à transformer ses méthodes, à électrifier ses fabrications, et à profiter des perfectionnements définitifs, qui ne tarderont pas à modifier sa physionomie dans le monde. Auguste Pawlowski.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’août 1920.
- Le rendement des ouvriers. — AL Jules Ainar a depuis longtemps montré que l’expression fidèle de l’activité musculaire est dans la consommation d’oxygène. Il soumet à l’Académie le résumé de quelques constatations prouvant sans le moindre doute que, dans l’ordre professionnel ou sportif, l’éducation respiratoire a une vertu souveraine, qui est de mettre au service de la vie cellulaire le gaz « comburant » strictement nécessaire.
- Quelques propriétés de la sérine.,— Une communication faite en juin dernier précisait la méthode de séparation employée par MAL Pietlre et Yila, pour les protéines du sérum. Leur nouvelle note établit quelques différences entre la protéine soluble ainsi obtenue et la globuline : solubilité, pouvoir rotatoire, prise en masse
- sous l’action du froid, teneur plus forte en soufre et eu chaux.
- La virulence du lait dans la fièvre aphteuse. —Pour Al. Charles Lebailly elle constitue une manifestation très précoce de la maladie qu’on attribue le plus souvent à la présence d’aphtes sur les trayons et à la contamination par leur rupture pendant la mulsion. Alais un animal en apparence encore indemne peut être déjà en période fébrile. La mortalité qui sévit sur les jeunes veaux, en temps d’épidémie, ne pourrait être enrayée, que si l’éleveur utilisait le thermomètre pour dépister le mal à son début, et stérilisait en temps utile le lait et ses récipients.
- Paui B.
- LE RAYON VERT
- Facteurs physiques et facteurs physiologiques.
- Oui n’a tenté, en regardant le soleil se perdre dans la mer, d’apercevoir la fugitive lueur verte, dernier adieu de l’aslre couchant, connue sous le nom célèbre de « rayon vert » ? Et pourtant bien des gens avouent qu’ils ont échoué dans leur effort ; et d’autres ne l’avouent pas, qui n’en donnent, pas moins docto-ralement une théorie éminemment simple de ce phénomène : L’œil, ayant été impressionné par la couleur rouge du soleil proche de l’horizon, voit la complémentaire lorsque le foyer lumineux vient juste de disparaître (’).
- 1. « Quelques.phénomènes météorologiques, tels le rayon vert, sont dus à des projections de nos yeux, exposés à une vive lumière, surtout après clignotements rapides des paupières », dit. par exemple, E. P. Fortin dans une note à l’Àcadcmic des Sciences (Séance du 14 janvier 1907. C. R-, p. 104.)
- Or, une telle explication ne correspond ni aux conditions d’observation, ni aux faits physiologiques : d’une part, quand on a regardé le soleil à l’horizon, on voit des taches gris-bleuté persistantes et assez volumineuses; d’autre part, le phénomène n’est pas constant, il est même exceptionnel, et exige donc des conditions physiques qui ne se rencontrent pas toujours. J’ajouterai que c’est justement quand le soleil à l’horizon est très rouge, qu’on ne voit pas le rayon vert(’) ; et ce rayon
- 1. J’ai• systématiquement recherché .16 rayon.vert du coucher du soleil pendant les mpis d’été,t plusieurs années de suite, avec notation des conditions d’observation ; or, sans nuagé, au-dessus de la mer, quand le soleil était très rouge,-jamais le rayon vert n’a pu être noté. C’est avec un soleil jaune d’or que presque toutes mes observations de rayons verts ont été faites.
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- LE RAYON VERT
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- n’apparait pas quand le soleil a disparu, il représente l’éclat du dernier segment du disque presque tangent à l’horizon, de forme encore déterminée; il est fugace enfin et dure de 1 à 5 secondes, disparaissant avec le soleil, tandis que la lueur complé-menlaire serait plus volumineuse, survivant à l’extinction du foyer lumineux, et même n’apparaîtrait qu’après cette extinction.
- On voit que l’explication simpliste par la complémentaire ne repose sur aucun fait et est contredite amplement.
- D’ailleurs, il y a quelques années, M. Puiseux faisait remarquer que l’apparence de fondement même que pouvait avoir celte explication — à savoir l’impression préalable par des rayons solaires rougeâtres — tombait elle-même du fait de l’observation du rayon vert au lever du soleil, que les amis mêmes de la nature ne sont pas toujours assez matineux pour observer régulièrement: «Lecélèbre rayon vert, dit-il, surveillé assidûment en Italie par le capitaine Carpentier, s’est montré plus de vingt fois en trois mois au lever du soleil. 11 n’est nullement nécessaire, pour que la couleur verte se manifeste, que l’œil ait été frappé auparavant par une lumière rouge » (*).
- Le rayon vert serait même plus fréquent au lever du soleil qu’au coucher, d’après ces remarques du capitaine Carpentier ; seulement pour le voir, il faut non seulement se lever tôt, mais vérifier l’heure exacte d’apparition au point observé, et repérer exactement au préalable le point d’affleurement de l’astre au moment d’émergence.
- Ce sont là conditions rarement remplies par des amateurs; aussi croit-on souvent que le rayon vert n’est pas observable au lever du soleil ; c’est une erreur qui a encore été commise par M. Ch. Ed. Guillaume, qui a récemment donné une interprétation physique du phénomène tout à lait satisfaisante (1 2).
- M. Guillaume rappelle tout d’abord que ce n'est pas seulement quand le soleil se couche sur la mer que le rayon vert est observable — ce qui élimine d’emblée les hypothèses qui impliqueraient la traversée d’une couche d’eau par le dernier rayon visible, et cite les observations de Henri Chrétien au Mont Gros, qui voyait disparaître le soleil, soit dans la mer, soit derrière les monts de l’Esterel, et qui, dans les deux cas, a pu voir le rayon vert.
- A cet égard, j’ai moi-même noté le rayon vert à Montpellier, quand le soleil se couchait derrière une arête bien horizontale d’un contrefort des Cévennes; bien mieux, je l’ai observé derrière le toit d’une maison, à Royan, et, peu après, quand la disparition définitive se fit à l’horizon, dans la mer, bien qu’il n’y ait pas eu de nuages, le rayon vert ne se manifesta plus.
- 1. Revue générale des Sciences, 50 septembre 1915, p. 704.
- 2. Bulletin de la Société astronomique de France, décembre 4919.
- M. Guillaume montre que la dispersion atmosphérique à l’horizon est de nature à rendre compte du rayonnement vert tardif : l’écart des indices de l’air pour les radiations rouges et vertes est, en effet, de 1/146 de la réfringence de l’air (') ; or, le relèvement d’un astre à l’horizon, son retard de disparition, est de 56 minutes pour une descente verticale, de 144 secondes environ ; dès lors, le vert doit disparaître une seconde après le rouge, c’est-à-dire persister une seconde, alors que le rouge a disparu. Or, c’est bien environ une seconde en moyenne que le rayon vert paraît durer.
- On se demandera pourquoi, après le vert, on ne voit pas le bleu et le violet. M. Guillaume invoque un facteur physique, l’absorption atmosphérique à l’horizon, qui supprime la partie la plus réfran-gible du spectre, d’où la couleur jaune ou rouge du disque solaire; mais en outre, pour expliquer l’cclat — qui lui paraît remarquable — du rayon vert, il fait intervenir un facteur physiologique. Et nous voyons réapparaître, à titre d’accessoire, la vieille explication simpliste de la complémentaire. C’est à cause du contraste avec la teinte rouge à laquelle il succède que le vert apparaît si vif; aussi un peu au-dessus de l’horizon, outre la brièveté bien plus grande delà succession des radiations, le soleil étant moins rouge et le contraste moins marqué, le rayon n’est plus visible; et, au lever du soleil, c’est l’absence de contraste qui rendrait compte — en outre des difficultés d’observation — de l’absence de rayon vert.
- Seulement, nous l’avons signalé, on voit fort bien le rayon vert au lever du soleil, et le contraste ne joue aucun rôle indispensable.
- Il est un autre fait physiologique qui intervient : c’est l’inégale sensibilité rétinienne aux radiations de diverses longueurs d’onde.
- Le maximum moyen de sensibilité, à un éclairage moyen, se place entre 5500 et 5600 unités Àngs-trôm de longueur d’onde, c’est-à-dire dans les radiations vertes ou vert-jaunes, comme le montrent de nombreuses courbes de visibilité, telles les courbes de 125 personnes étudiées par Coblentz et Emerson, qu’a publiées le Bureau of Standards américain (2) et dont la superposition apparaît dans la figure ci-jointe.
- Vous vous rendrez compte Irès facilement de cette inégale sensibilité en projetant avec un prisme sur du papier blanc le spectre solaire, et en masquant progressivement avec un écran le disque lumineux : quand le rayonnement tombant sur le prisme se rétrécira, jusqu’à équivaloir à un rayon unique, le spectre diminuera d’intensité et sera mangé par les bords; en dernier lieu, vous ne verrez plus, au centre, comme un îlot qui va être à son tour immergé, qu’une raie verte. Vous aurez réalisé, d’une certaine manière, le rayon vert.
- 1. L’indice moyen de l’air à 0Qct760mm est de 1,000292, et l’ccart des indices du rouge et du vert moyens cst çle 0,000002.
- 2. Scienti/ic Pdfiers, nu 505, 12 septembre 1917.
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- LE RAYON VERT
- Dès lors, quand la dépression atmosphérique se produit à l’horizon, le rayonnement n’apportant plus une très grande quantité d’énergie lumineuse, la saillie verte s’explique par l’électivité rétinienne ; le violet et le bleu, même s’ils ne sont pas entièrement absorbés, n’ont pas en tout cas une intensité suffisante pour atteindre le seuil de la vision, et surtout le seuil de la vision chromatique, qui est un peu plus élevé.
- Mais alors, dira-t-on, le rayon vert devrait apparaître toutes les fois qu’une lumière blanche s’atténue et s’efface. Evidemment, s’il n’y avait pas —
- à l’horizon quand le soleil se couche. Mais, si le rayon vert n’est pas plus souvent observé, c’est qu’il faut une atmosphère assez pure pour que les radiations vertes ne soient pas complètement absorbées elles-mêmes, comme les radiations violettes et bleues. Or, c’est ce qui se passe quand il y a un peu de brume, quand le soleil apparaît très rouge, justement à cause de l’absorption de radiations vertes. Dans ces conditions, on ne peut voir le rayonnement vert puisqu’il n’y en a plus, puisque les rayons verts n’arrivent plus jusqu’à l’œil.
- Ainsi, la dispersion, comme l’a montré M. Guil-
- Fig. j. — Courbes de visibilité des radiations en fonction de la longueur d’onde, qui figure en abscisse. Aux ordonnées, les chiffres indiquent la visibilité relative, la visibilité maxima étant considérée égale à ioo. Les déterminations sont faites à énergie égale des radiations (d'où une différence avec la visibilité du spectre qui comporte des différences d’énergie suivant les radiations). Superposition des courbes obtenues sur 125 sujets (id’après Coblentz et Emerson).
- paradoxe physiologiquement très intéressant — une action des radiations rouges qui, insuffisamment intenses pour être perçues si elles se trouvent isolées par un phénomène de dispersion, sont assez actives pour neutraliser, pour annuler l’action spécifique des radiations vertes (J) quand elles tombent sur les mêmes éléments récepteurs que celles-ci, aux environs du seuil une lumière blanche apparaîtrait toujours verdâtre.
- Mais, en fait, il faut qu’il y ait un phénomène de dispersion, séparant les radiations rouges des vertes, pour que la couleur des dernières radiations visibles soit nettement perçue. C’est bien ce qui se produit
- 1. Il y a là un cas particulier du fait général de l’antagonisme chimique et physiologique des radiations sur lequel Pech a attiré récemment l’attention aux Comptes rendus de VAcadémie des Sciences.
- laume, est le facteur physique essentiel dans la genèse du rayon vert. L'hypersensibilité rétinienne aux radiations de longueur d’onde moyenne, aux radiations vertes, constitue le facteur physiologique. Si cette hypersensibilité se manifestait pour les radialions bleu-violeltes ('), on verrait— mais plus rarement et moins nettement à cause de l’absorption atmosphérique plus intense de ces radiations à l’horizon —le « rayon bleu » ou le «rayon violet », au lieu du rayon vert.
- Henri Piéron.
- Directeur du laboratoire de psychologie physiologique à l’École des Hautes Études.
- i. Chez les nyctalopes qui possèdent seulement la vision nocturne ou crépusculaire — mode de vision normal mais masqué en vision diurne — la sensibilité maxima se produi' bien du côté des radiations bleues, mais la nyetalopie est accompagnée d’achromatopsie, de cécité complète aux couleurs.
- Le Gérant : P, Masson. — Imprimerie Laiiuke, rue de Flcurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N» 2426.
- L’HORLOGE SOLAIRE DE LA PROMENADE DES ANGLAIS A NICE
- Il y a plus de trente siècles que les hommes demandent la mesure du temps à deux espèces d’appareils bien distincts, d’une part, à des appareils astronomiques depuis le gnomon et le cadran solaire de nos ancêtres, jusqu’aux mesures précises de nos observatoires actuels ; de l’autre à des appareils mécaniques, sabliers, clepsydres, horloges ou montres. La collusion de ces deux sortes d’appareils est toujours nécessaire. Les instruments astronomiques, en effet, ne peuvent pas par eux-mêmes déterminer des intervalles de temps égaux et les appareils mécaniques, dont le déréglage est d’ailleurs constant, ne peuvent de leur côté, se raccorder à la marche du soleil, force donc est de les contrôler les uns par les autres. D’oü l’intérêt qu’il y aurait à disposer d’un appareil solaire, suffisamment précis pour la vie courante, mais plus simple qu’un instrument d’astronomie, en vue de vérifier nos montres et horloges; car à la ville il y a pratiquement autant d'heures que d’horloges et à la campagne ou aux colonies, il n’y a souvent pas d’heure du tout.
- Mais les cadrans solaires tels qu’on les construit depuis la plus haute antiquité, outre qu’ils ne fonctionnent que pendant une faible fraction de journée et se lisent en général avec peu de précision, ne donnent pas l'heure légale, la seule qui nous soit utile, à moins qu’on ne leur fasse subir des corrections dues :
- 1° A l’Equation du temps, ou différence entre l’heure vraie mais inégale donnée par le soleil et l’heure moyenne uniforme que marquent nos montres ; 2° à la différence entre l’heure locale et l’heure d’un des vingt-quatre méridiens de réfé-48* Année — 2’ Semestre-
- rence (en France le méridien de Greenwich) qu’on a été obligé d’adopter dans tous les pays pour faciliter les relations des hommes entre eux; o° à l'heure d'été, adoptée maintenant chaque année en France pour des raisons d’économie d’éclairage. D’où l’abandon de ces appareils pourtant encore très nombreux, en Italie et en Provence en particulier, mais qui tous les jours s’effritent sous la morsure du temps qu’ils ont pourtant pendant de longs siècles consciencieusement mesuré.
- Je me suis proposé d’établir un appareil qui puisse se construire dans un atelier unique et qui transporté en un point défini par ses coordonnées géographiques y donne toute la journée et toute l’année l’heure légale, c’est-à-dire l’heure, automatiquement affectée de toutes les corrections nécessaires et cela avec la précision, suffisante dans la pratique, de une minute environ. — Cet appareil, comme nous le verrons,
- donne aussi la date (approximative) et constitue en outre une reproduction très simple et très parlante de la marche du soleil aux différentes époques de l’année et aux différents points de la terre.
- Description de l’appareil. — Il comprend essentiellement un tronc de cylindre a bc d dont l’axe PP est orienté suivant les pôles du monde. Cet axe est matérialisé par un style pq dont la pointe p porte ombre sur la partie concave du cylindre (Voir la photo qui représente l’appareil marquant Oh. 19 m. — le 12 Mars — heure légale d’hiver). Cette partie concave, dont le développement est représenté figure 5, reçoit deux séries de graduations toutes rectilignes. Les unes, dirigées suivant des
- 14 — 209.
- Fig. /. — Vue de l'horloge solaire.
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- Principe de l’horloge solaire.
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- 210 : L’HORLOGE SOLAIRE DE LA PROMENADE DES ANGLAIS A NICE
- génératrices, représentent les heures de la journée, les autres, dirigées suivant des sections droites, représentent les différents jours de d’année. Les premières sont des lignes d’égale heure, les secondes des lignes d'égale date, c’est-à-dire des lignes d’ombre diurne.
- La partie supérieure du cylindre est coupée par un plan horizontal apb passant par la pointe p du style, de sorte que tant que le soleil est au-dessus de ce plan, c’est-à-dire tant qu’il est au-dessus de l’horizon, et par suite pendant toute la durée du jour et toute l’année, l’ombre de la pointep se projette quelque part sur les graduations de la partie concave du cylindre.
- L’ensemble du cylindre tronqué, de sa hase et du style, est porté par un support fixe fhg dont le plan supérieur mn est parallèle au plan de l’Equateur et dont le plan de symétrie, ou plan de la figure, coïncide avec le Méridien du lieu. Ce support est porté par 5 vis de réglage (2 en g et 1 en h).
- Il est d’abord facile de voir ce que sont dans ces conditions les lignes d’égale heure et les lignes d’égale date (ou d’ombre diurne) dont il est parlé plus haut.
- Si l’on fait abstraction momentanément de l’Equation du temps, dont la correction sera assurée plus loin, on voit que les 24 heures du jour sont représentées par l’intersection du cylindre avec un faisceau de 24 plans angulairement équidistants de 15° dont l’axe coïncide avec l’axe du style et dont le plan de midi est dans le Méridien.
- Pour les lignes d’ombre diurne, il faut considérer qu’à chaque instant celte ombre est déterminée par une droite allant du point p au soleil. Or, celui-ci décrit chaque jourun grand cercle perpendiculaire à l’axe du style pq (Q. Cette droite décrit donc en 24 heures un cône de révolution autour de cet axe et l’intersection de ce cône avec le cylindre de l’appareil qui a meme axe et est aussi de révolution, est bien une section droite commune à ces deux surfaces.
- Et c’est bien là une ligne d’ombre diurne ou ligne d’égale date.
- Il est aisé de voir que la partie interne d’un cylindre est la seule surface sur laquelle ces deux séries d’intersection sont des droites (le cylindre étant supposé développé). (2)
- 1. En négligeant l’erreur clueàce que le soleil décrit non des cercles discontinus autour de la ligne des pôles, mais une hélice continue.
- 2. Cette considération dn faisceau de cônes explique la forme des lignes d’ombre diurne ou lignes d’cgalc date de nos cadrans solaires de même que le faisceau des 24 plans horaires explique la forme rectiligne des lignes d’égale heure (abstraction faite de l’Equation du temps. De l’Equateur où
- ~ 0, àla latitude X = 25° 17'(tropiques) les lignes d’ombre diurne des cadrans solaires sont des ellipses, des hyperboles ou même de paraboles suivant l’orientation et les dates. A partir de X =25° 17' jusqu’au pôle, ce ne sont plus que des hyperboles (réduites à des droites aux Equinoxes) très caractéristiques des cadrans solaires de nos régions.
- II résulte de ce qui précède que le cylindre développé a la forme d’un trapèze (fig. 3), où les courbes kl et rs sont remplacées par des lignes droites et que les angles y de la figure 2 et de la figure 3 représentent la latitude du lieu. Les dimensions du cylindre ont été choisies en considérant que la précision des lectures est à peu près indépendante de celte dimension, l’avantage d’un grand écartement de lignes étant à peu près exactement compensé par le flou de l’ombre. Dans ces conditions on a adopté la dimension de 0 m/m 5 pour l minute, la minute étant l’erreur extrême admise et l’erreur maximum de lecture à craindre pour un appareil de ce genre étant à peu près de Om/rn 5. Cela donne 3 c/m pour 1 heure ce qui correspond pour le cylindre à un rayon de 114 m/m 6..Nous verrons en outre plus loin une autre justification de la valeur de ce rayon.
- Quant à la forme conique de la pointe p, elle est nécessaire pour que, quelle que soit l’orientation du soleil, la figure d’ombre se présente de la mémo manière et avec la même précision.
- Mais il reste à faire pour l’appareil les- trois corrections rappelées plus haut, à savoir l’Equation du temps, la correction du Méridien de référence et la correction d’heure d’Eté. L’ensemble de ces trois corrections est ob’.enu par un décalage convenable du cylindre au moyen d’une vis v autour d’un axe Q (fig. 2) placé excentriquement pour augmenter la précision des graduations dont on va parler.
- Pendant ce décalage, une plaque cylindrique RR de centre 0 (fig. 2), fixée du côté Sud du cylindre, se déplace en face de la lame d’un couteau /’ placé sur le support fixe perpendiculairement à mn et dans le plan du méridien (ou plan de symétrie de ce support).
- Cette plaque RR porte des lignes représentées figure 4 et dont l’écartement angulaire par rapport au centre 0 est tel que :
- Quand on met fen face du trait HVL, l’appareil marque l’heure vraie locale.
- Quand on met/'en lace du trait GG (*), l’appareil marque l’heure de Greenwitch.
- Quand on met f en face du trait G'G (1), l’appareil marque l’heure augmentée de 1 heure (heure d’été).
- Enfin autour de GG et de G'G' on a marqué les dates de 10 en 10 jours (les mois étant indiqués par leurs numéros), suivant une répartition latérale correspondant à l’Equation du temps à ces dates et suivant une répartition verticale arbitraire et commode qui donne à l’ensemble de la figure la forme d’un haricot.
- En mettant / en face des dates marquées autour de GG on a donc l’heure légale d’hiver à ces
- 1. GG est décalé par rapport à HVL de la différence de longitude entre le Méridien du lieu et le Méridien de référence. G' G' est décalé de 15u par rapport à GG-
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- dates; en se servant des dates de G'G' on a de meme l’heure d’été (*).
- Réglage périodique. — Ce réglage consiste à tourner le cylindre au moyen de la vis v (qui n’est qu’une vis de serrage, le déplacement se faisant à la main) de façon à placer de temps à autre fen face de la date. Cette opération est tellement simple que pour un appareil privé il serait naturel de la faire, ou de la vérifier, à chaque consultation de l’appareil. Pour un appareil public, il suffit (pour avoir la précision de 1 minute) de mettre sur la date tous les huit jours (deux fois par semaine en décembre et janvier, alors que l’Equation du temps varie beaucoup). Dans tous les cas, il faut régler non sur la date à laquelle on est, mais sur le milieu de l’intervalle qui sépare du réglage suivant. De celte façon l’erreur est réduite au minimum.
- Appareils destinés aux divers lieux de la terre.
- pôles à l’Equateur. Les plaques dont le cintrage doit donner le cylindre de l’appareil pourraient donc se fabriquer en série. II suffirait ppur les adapter à la latitude du lieu de les couper suivant l’angle 1 (lig. 5) égal à la latitude. À l’Equateur, la section coïnciderait avec les deux génératrices 6 h. — 18 h. ; aux pôles, avec la section droite marquée: Equinoxes. De même, la base du cylindre, l’axe 0, le style et la plaque de réglage RR avec la ligne p.p. dans l’axe et les deux haricots GG et G'G', tout cela est identique pour tous les lieux de la terre, et pourrait être fabriqué en série (1).
- Le support diffère d’un lieu à l’autre par l’inclinaison de la ligne mn. C’est la seule différence sérieuse d’un appareil à l’autre. Mais le réglage se faisant finalement avec les vis g et h (fig. 2) il serait facile de faire pour le support des séries discontinues (pratiquement on ne saurait guère employer
- -Solstice—j—d'hiver
- 1 Janv.
- 1 Novr
- 1 Mars-
- -1 Ocfo x
- noxes 1 T _____________I’
- L___ah 14 h 1 Avri U6 h__17.
- h 10
- 1 Juillet— -
- Fig. 3. — Les. graduations portées sur la partie concave de Vhorloge.
- — Nous allons voir avec quelle facilité, un constructeur qui entreprendrait la construction de cet appareil, pourrait l’établir en série. D’abord, tout ce qui précède est général et s’applique à tous les lieux de la terre. — En particulier, les graduations recLilignes du cylindre (fig. 5) qui ne dépendent que des plans horaires et des cônes balayés chaque jour par la ligne Terre-Soleil, sont les mêmes des
- 1. Eu laiton n’a pas placé II VL cl la ligne de Midi dans le plan de symétrie du cylindre ainsi que cela semblerait naturel. Considérons, en effet, l’appareil comme destiné à tous les lieux de la terre. Quand on est à l'Ouest du méridien de référence on est déjà conduit à avancer en hiver l’beure locale et comme il faut en outre l’avancer d’une heure en été, on est amené à placer les deux haricots à gauche de HYL (cas d’un appareil pour Brest ou Biarritz). Si donc IIVL est dans le plan de symétrie, on est amené pour le cylindre à une dissymétrie énorme en été par rapport au support. Pour obvier à cet inconvénient, on a placé dans le plan de symétrie du cylindre non la ligne HYL mais une ligne p.p, également distante de GG et de G'G'. Comme cela la dissymétrie due à l’heure d’été est à peu près égale à celle de l’heure d’hiver mais en sens inverse, ce qui en diminue la valeur absolue. Il est facile de voir que dès lors la ligne midi et toutes les lignes d’égale heure doivent elles-mêmes être décalées (autour de pq) d'une quantité angulaire égaie à l’écart, angulaire pp. — HYL et dans le sens convenable. Comme on le voit, le fait de faire la correction autour d’un axe O différent de pq, necessaire pour assurer la précision de l’appareil, ne change rien à sa commodité d’emploi, mais il eu complique un peu la conception.
- d’horloge solaire qu’entre les ktitudes 0° et 45°) ou de faire varier la longueur de la partie tj de la figure 2.
- En ce qui concerne la longitude, il suffit de tenir compte de la différence d’heure entre le lieu et le méridien de référence, car s’il ne s’agissait que de donner l’heure locale, l’appareil serait identique pour toutes les longitudes. Dès lors il suffit de tracer sur la plaque de réglage RR fabriquée elle-même en série et graduée d’avance le trait HVL (lig. 4) tel que l’angle p.p. — HVL de sommet 0 soit égal à la différence de longitude entre le lieu et le méridien de référence et de fixer le cylindre de façon que la ligne Midi soit elle-même décalée de la même quantité par rapport au plan de symétrie du cylindre.
- Pour que la précision de ces opérations soit
- 1. Pour un appareil destiné à l’hémisphère sud, les écritures de la figure 3 seraient toutes inversées. La manière la plus simple de s’en rendre compte est de supposer un appareil placé à l'Equateur, c’est-à-dire à la fois dans les deux hémisphères. En tant que placé dans l’hémisphère nord il serait gradué comme l’indique la figure 3 avec y = 0. En tant que placé dans l'hémisphère sud, il faudrait le regarder à l’envers (de façon que l’observateur soit toujours tourné vers le pôle de son hémisphère), ce qui ne change rien aux graduations, mais inverse toutes les écritures-(ce qui était en liant vient en bas et ce qui était à droite vient à gauche).
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- L’HORLOGE SOLAIRE DE LA PROMENADE DES ANGLAIS A NICE
- suffisante, il faut connaître la longitude du lieu à 4 ou 5' près, ce qui correspond à 8 kilom. environ à l’équateur et à 5 kilom. à la latitude 45°. Pour la latitude, il suffirait de la connaître à 7 ou 8', c’est-à-dire à 4 5 kilom. près.
- Mise en place de l’appareil. — Cette mise en place doit être faite avec précision et solidité. Il faut que, une fois le réglage terminé, l’appareil soit scellé, ou mieux, tenu par des écrous et conlrè-écrous qui en permettent le démontage.
- Toute orientation d’un appareil dans l’espace comporte trois réglages par rapport à 5 axes perpendiculaires. Ici ces 5 axes sont les suivants : D’abord 2 axes dans un plan horizontal, l’un Nord-Sud, en tournant en sens inverse les deux vis cj (fig. 2) et en observant un niveau transversal placé sur le support ; l’autre, Est-Ouest, en tournant la vis h et en observant un niveau horizontal perpendiculaire au précédent, ou plus simplement en amenant aux environs de Midi vrai local l’ombre de p sur la date, c’est-à-dire sur la déclinaison exacte du jour. Le 3e axe est un axe vertical quelconque.
- Il suffit, pour le régler, d’orienter tout l’appareil jusqu’à ce que, à Midi vrai local, l’ombre de p marque exactement l’heure d’une montre bien réglée sur l’heure légale (*). On peut dès lors sceller ou fixer les 5 vis calantes. Ce réglage est précis et se fait en deux ou trois minutes.
- Dans line opération comme celle-là, il est nécessaire de chercher à évaluer les erreurs commises. Or de ces 3 réglages les deux premiers qui se font au niveau seront toujours d’une précision largement suffisante si l’appareil est bien construit. Il n’en est pas de même du troisième, c’est-à-dire de l’orientation de l’appareil parce qü’il exige l’emploi d’une montre donnant l’heure légale à environ 1/4 de minute près, ce dont on ne sera pas toujours sûr.
- Or, si l’on fait, dans cette orientation, une erreur A co, il en résulte en général à la lois une erreur Ah sur la position horizontale de l’ombre, c’est-à-dire sur l’heure et un écart A / sur sa position verticale, c’est-à-dire sur la date.
- Il est aisé de trouver, deux relations entre cette erreur A « et les écarts \\ et A / qui en résultent. Les relations, qui dépendent naturellement de la latitude A, de la déclinaison a et de l’angle horaire
- 1. Pourvu, bien entendu, que le-couteau f marque, la date exacte sur le haricot correspondant.
- Y (y = 0 à midi, les suivantes :
- 90u à fi h. ou 18 h.) sont
- 15°de Longitude soit ! heure de temps
- Longitude du Méridien de référence
- Fig. 4.
- Ah—Ato (sinX-f- tg a cos y cos X)
- (A to et A h en portion du rayon)
- A L = 2 r A co sin y cos X ( A L et r en m/m).
- Ces équations sont intéressantes, parce qu’elles montrent comment l’ombre varie sur l’appareil quand on se déplace dans le temps et dans l’espace. Elles montrent en particulier que si l’on tourne l’appareil autour d’une verticale, l’ombre décrit à midi une trace ab (fig. 5, a) parallèle aux lignes d’égale date et à 6 h. — 18 h. une trace a' b' (fig. 5, b) oblique par rapport aux mêmes lignes (pourvu qu’on soit loin du pôle).
- Ces équations, par l’élimination de Aco donnent une relation entre A h et A L qui à 6 h. — 18 h. (cos y — 0 sin y = 1) se réduit à :
- A hinin
- R = 2 A L""". 2</X soit
- A/t = 2 AL
- pour des latitudes comme les nôtres.
- Le résultat suivant est donc acquis : Si l’on a fait, sans le savoir, une erreur d’orientation Aco due à une erreur A h. sur
- l’heure du réglage, la mesure de Al à 6h. — 18h. (v. fig. 2) permet de calculer ce A h, c’est-à-dire de rectifier l’heure de la montre qui a servi au réglage. L’appareil se corrige donc de lui-même (*).
- En pratique, on ne fera meme pas ce calcul très simple, mais après avoir orienté l’appareil à midi d’après la montre douteuse on observera l’ombre à G h. — 18 h. Si celle-ci est sur la même section droite qu’à midi (celle de la date) on considérera l’opération comme exacte. Si elle est plus haute ou plus basse, on modifiera un peu l’orientation jusqu’à ce qu’elle revienne à sa vraie hauteur et l’heure exacte s’en déduira forcément.
- Enfin, si on n’a pas de montre réglée, on se contentera d’orienter l’appareil à 6 h. —18 h. jusqu’à ceque l’ombre marque la date. L’heure en résultera forcément. On corrigera au besoin le lendemain parce qu’il est toujours plus difficile de lire la date que l’heure. On peut même aller plus loin dans la
- 1. Ce résultat ne serait pas atteint si les trois axes de réglage étaient (ce qui semblerait rationnel) 2 axes dans le plan de base du cylindre ou plan de l’équateur et l’axe même du cylindre. Dans ce cas, en effet, une erreur sur l’orientation autour de ce dernier axe ne se traduirait que par une erreur sur l’heure, laquelle par hypothèse on n’est pas en état de rectifier.
- Dispositif pour la correction des indications de l’horloge.
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- LES NOUVEAUX APPAREILS DE LJNSTJTUT AÉROTECHNIQUE DE SAINT-CYR 213
- voie de l’autoréglage et remarquer que dès que l’appareil est réglé avec un niveau par rapport aux deux premiers axes horizontaux (dans une orientation approximative) il donne automatiquement la date à midi. Cette date peut dès lors tenir à l’orientation par la date à 6 h. — 18 h. ; autrement dit, pour mettre l’appareil en station il n’est nécessaire de connaître ni le méridien, ni l’heure, ni la date. Il est donc entièrement autoréglable en faisant au besoin un petit nombre d’approximations successives. Tout de même, il est certain que le réglage par une montre momentanément bien réglée est un peu plus précis et donne plus de confiance que le simple réglage par la date. Mais dès lors la montre peut se dérégler ou s’arrêter, Tappareil permettra toujours de la recaler sur l’heure exacte. Et c’est ainsi que se trouve réalisée la collusion nécessaire dont je parlais au début entre l’appareil astronomique et l’appareil mécanique, celui-ci, d’une
- a____
- à l’extrémité p du style, la marche exacte du soleil. En joignant cette pointe p à un point quelconque du cylindre, on a la direction du soleil à l’instant représenté par ce point. Si en particulier, on considère les points sur le bord de l’appareil, on a la direction et l’heure du lever et du coucher de l’astre aux dates correspondantes et pour tous les jours de l’année ('). Enfin, en considérant la déformation de l’appareil (due à la variation de l’angle y) quand on passe du pôle à l’équateur on voit ce que sont les jours et par suite les saisons en ces divers endroits. Au pôle nord, le style pq est vertical, le cylindre a o60° complets, mais ne comporte que la partie placée au-dessous de la ligne des équinoxes. D’on pendant 6 mois la marche hélicoïdale du soleil un peu au-dessus de l’horizon et pendant 6 mois au-dessous, c’est-à-dire le jour et la nuit de 6 mois chacun. A lcquateur, le sLylep q est horizontal, le cylindre a toute sa hauteur mais ne comprend que
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- a, à midi. b, à 6 heures ou iS heures.
- Fig. 5. — Trace de Vombre quand on déplace verticalement l’appareil.
- consultation d’ailleurs plus facile, étant toujours nécessaire pour les heures sans soleil, et pour la nuit.
- Résultats fournis par l’appareil. — Finalement l’appareil bien réglé, fournit l’heure toute l’année et toute la journée (par exemple de 5 h. à 20 h. au solstice d été) à environ 1 minute près. 11 donne également la date avec une précision de un jour aux équinoxes mais nulle aux solstices à cause du recouvrement des courbres d’ombre diurne à ces époques. De plus il est auloréglable.
- Enfin, il constitue une véritable leçon d’astronomie élémentaire. En effet, il reproduit chaque jour sans autre déformation qu’une symétrie par rapport
- 180°. Donc tous les jours sont égaux et ont une durée de 12 heures; à Midi le soleil est au zénith, etc., etc.... Bref, il suffit de regarder l’appareil pour y lire toute l’histoire de la marche du soleil et ses conséquences pour la durée des jours et des saisons en tous lieux.
- Le premier appareil construit à Nice par des procédés mécaniques assez imparfaits a été examiné et vérifié à l’observatoire du Mont-Gros. Pendant deux mois il n’y a jamais donné d’erreur supérieure à 2 minutés. Colonel Cjh. Gautier.
- 1. Ce résultat c st légèrement faussé par le déplacement constant de la plaque RR en face du couteau f. Mais cette erreur est faible et se corrige aisément.
- LES NOUVEAUX APPAREILS D’ESSAIS DE L’INSTITUT AÉROTECHNIQUE DE SAINT-CYR
- L’aviation ne saurait progresser sans la connaissance des lois de l’aérodynamique ; aussi le regretté Mécène de la locomotion aérienne, M. Deutsch de la Meurthe, voulut doter la France d’un laboratoire assez vaste pour contenir les moyens expérimentaux propres à étudier ces problèmes. Il donna donc à
- l’Université de Paris les fonds nécessaires pour aménager et entretenir l'Institut aérotechnique dont nous allons décrire les instruments et les travaux actuels.
- Situé sur le plateau de Saint-Cyr près de Versailles, ce remarquable établissement, le plus com-
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- plet qui soit au monde, fut primitivement dirigé par M. le professeur Maurain habilement secondé par l'ingénieurToussaint et, depuis sa fondation en juillet 1911 jusqu’en août 1914, on y exécuta un très intéressant programme de recherches sur des surfaces des avions complets ainsi que sur divers types d’hélices grâce à des chariots électriques, on y poursuivit de nombreux essais sur la résistance des sphères, le fonctionnement des moulinets et divers autres appareils. Ensuite, durant les deux premières années de la guerre, les bâtiments de l’Institut aérotechnique et leurs dépendances, réquisitionnés par l’autorité militaire, servirent de cantonnements à 5000 soldats du premier groupe de l’aérostation ; en 1916 on les affecta à la Section technique de l’aéronautique pour les essais pratiques, puis en décembre 1917, le commandant Caquot désirant utiliser tous les moyens expérimentaux de l’Institut, entreprit différents travaux de réfection et de réorganisation, mais lorsqu’ils furent terminés la pénurie du personnel technique que l’on ne pouvait distraire des armées et plus lard la démobilisation, entravèrent les études entreprises. Néanmoins, durant cette période, on perfectionna les appareils existants et on en créa de nouveaux. D’abord on électrifia toute l’installation de la force motrice assurée auparavant par des machines à vapeur.
- Aujourd’hui l’Institut possède une sous-station avec 2 transformateurs triphasés de 110 K. V. A., chacun alimenté sous 12 500 volts, 25 périodes. Un troisième transformateur, capable de marcher en parallèle avec les deux premiers, est en cours de montage. En outre, comme la plupart des essais aérodynamiques nécessitent des moteurs à très grande variation de vitesse, il existe un groupe convertisseur composé d’un moteur asynchrone de 160 chevaux, accouplé directement sur socle commun à une génératrice à courant continu à voltage 'variable de 0 à 500 volts et à excitation indépendante de 180 volts. Le courant d’excitation est fourni par une commutatrice de 50 K. V. A., alimentée par
- un courant triphasé 75 volts. Cette commutatrice. indépendamment du courant d’excitation, fournit le courant continu nécessaire à un certain nombre de moteurs, à l’éclairage de l’Institut et il peut servir aussi à charger une batterie d’accumulateurs. Une génératrice à courant continu 120 volts actionnée
- p ;r une machine à vapeur Belleville reste provisoirement en place, et peut marcher en parallèle avec la commutatrice, soit que cette dernière se trouve surchargée, soit que pour une raison quelconque (manque de courant, accident, etc.) elle ne puisse pas fonctionner. Enfin un tableau général comportant dix panneaux permet de contrôler la manoeuvre de ces divers appareils.
- D’autre part, les énormes progrès réalisés par l’aviation au cours de la guerre ayant précisé les problèmes les plus urgents à résoudre, l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr, revenu sous le contrôle de l’Université de Paris et sous la direction effective de M. Toussaint, a vu se transformer son outillage expérimental et, quoiqu’il soit toujours en incessantes modifications, il nous paraît intéressant de constater le stade à peu près définitif auquel il est maintenant arrivé.
- Les appareils dont dispose l'Institut pour ses essais ou recherches aérodynamiques comprennent 5 groüpes principaux : les souffleries, les chariots électriques et le manège aérodynamique.
- Avec les trois souffleries de différentes sections, on étudie d’une maniéré précise des modèles, réduits. davions; ou de surfaces jusqu’à un mètre d’envergure en faisant agir un courant d’air à blets parallèles sur le corps à essayer; on détermine exactement les condilions d’écoulement de l’air, la résistance a [‘avancement de corps fuselés, le fonctionnement d’indicateurs de vitesse, d’anémomètres, etc. En principe, on soumet à l’aide de ces dispositifs l’objet à expérimenter à un courant d’air de vitesse connue et, ce corps étant fixé à une balance spéciale, on peut déterminer l’action de l’air sur lui, principalement sa résistance propre ou traînée R# due au vent relatif agissant sur lui ; et,
- Fig. 2.
- Schéma de la balance aérodynamique.
- A, carter fixe; B, bras mobile ; C, plateau (traînée); D, plateau (poussée): E, contrepoids (poussée); H, contrepoids (traînée); I, I’, contrepoids de sensibilité; K, cadran (poussée) ; K’, cadran (traînée).
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- dans le cas de surfaces obliques, la composante verticale B y ou force de sustentalion.
- Le diamètre de la grande soufflerie système Eiffel de Saint-Cyr, mesure 2 m. et on y obtient une gamme de vitesses variant de 5 à 45 m. par seconde. Elle se compose:
- 1° D’un collecteur qui rassemble à l’entrée de la chambre une masse d'air suffisamment grande pour alimenter le courant, et qui commence l’orientation parallèle des filets ;
- 2° D’une chambre d'expériences, où s'exécutent les mesures. Le courant d’air entrant dans cette chambre est rendu parallèle par l’interposition d’un filtre ou grillage dont la profondeur atteint 15 cm. Ce filtre produit de légers tourbillons, son épaisseur n’étant pas négligeable, mais les mesures se font à l’arrière de la chambre d’expériences, dans une zone où l’air ne tourbillonne plus ;
- 5° D’un diffuseur ou long cône divergent prolongé extérieurement par une partie en bois;
- 4° D’une hélice à 6 pales. Un moteur de 120 HP actionne celte dernière qui, jouant le rôle de ventilateur, aspire l’air du hall pour l’envoyer dans le collecteur d’entrée. Le courant atteint son maximum de vitesse dans la section rétrécie de la chambre d’expériences où se maintient une pression inférieure à la hauteur barométrique et à sa sortie de celle-ci il passe dans le diffuseur qui a pour but de ramener l’air à la pression ambiante; par suite, le travail du ventilateur se trouve réduit d’autant, ce qui économise les 2/3 environ de la puissance motrice nécessaire aux essais. L’évacuation se fait sur toute la longueur du prolongement du tunnel a.u moyen d’ouvertures placées suivant des génératrices. Au milieu de la chambre d’expériences, se trouve
- le bras mobile B dé la balance aérodynamique protégé du vent relatif par un carénage fixe; le modèle à essayer se fixe à l’extrémité du fléau, au centre du tunnel.
- La balance se compose, en principe, de 2 systèmes de parallélogrammes reliés entre eux mais indépendants au point de vue de la mesure des efforts horizontaux et verticaux auxquels est soumis l’avion en miniature. Elle repose sur un chariot en fonte portant quatre galets permettant son déplacement facile sur deux rails perpendiculaires à l’axe du tunnel, et quatre vérins destinés à soulever le chariot et à l’immobiliser dans une position rigoureusement horizontale au moment de son utilisation.
- Sur le chariot vient se fixer le Bâti vertical portant les points d’appui du système mobile, constitué par une série de leviers en acier à section en croix ou en tubes suivant le travail auquel ils sont soumis (flexion, compression ou traction) ; des chapes munies chacune de deux roulements à billes les réunissent entre eux.
- Le croisillon intermédiaire est en aluminium, il forme une liaison rigide entre les deux systèmes de parallélogrammes. La traverse supérieure est en acier à section en T permettant la fixation de la ge verticale que prolonge elle-même une potence de faible épaisseur, à laquelle se relie d’une façon rigide le modèle à essayer par l’intermédiaire de biellettes réglables.
- A l’exception de cette potence, dont la résistance à l’air se trouve réduite au minimum, la tige est enfermée dans un carter fixe A qui la soustrait à l’action de l’air. On a boulonné ce carter sur une tôle destinée, en cas d’utilisation de la balance, à fermer complètement le tun-
- Fig. 4. — Le grand tunnel pour les essais.
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- Fig-. 5. — Le grand tunnel (côté du ventilateur).
- nel dans la partie comprise entre les deux portes. D’autre part 4 tiges verticales rattachent cette tète .directement au chariot, de sorte que l’ensemble : balance, tôle de fermeture et carter, constitue un tout complet que l’on peut déplacer.
- Un dispositif, dans lequel du mercurefaitjoint tout en permettant les déplacements, rend étanche le passage de ladite tige à travers la tôle tandis que l’on a compensé l’action de la dépression sur les organes mis dans le tunnel, action qui se traduit par un effort vertical de bas en haut, au moyen d’un équilibreur sur lequel des pressions équivalentes s’exercent à toutes les vitesses du vent. Enfin on a installé également des capsules manométriques susceptibles d’enregistrer simultanément des multiples de Iir et de %.
- Les expériences aérodynamiques se poursuivent de la façon suivante avec celle soufflerie. Une fois le modèle réglé à un angle délerminé sur l’horizontale et les aiguilles K K' des cadrans de poussée (Ry)
- et de traînée (Ra?) mis au zéro, on donne au courant d’air la vitesse désirée que l’observateur lit sur un manomètre à alcool relié à la pression statique de la chambre d’expériences et qu’un calcul très simple, tenant compte de la température et de la pression ambiantes, permet d’évaluer en mètres par seconde. Des poids posés sur les plateaux respectifs C,D, équilibrent en vraie grandeur les efforts R# et R y en sorte que les mesures s’effectuent simultanément.
- Avec la grande soufflerie de l’Institut aérotechnique et sa balance, on a poursuivi en particulier des recherches intéressantes sur des modèles
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- d’avions Schneider et Boccacio; sur des profils d’ailes Blériot et Fariman, sur des carènes de dirigeables, etc. Diverses mesures concernanll’influence de l’allongement des plans pour un profil donné, l’interaction des ailes sur les mulliplans, et d’autres études théoriques et pratiques ont fourni des indications précieuses pour Faviation française de demain.
- La petite soufflerie système Eiffel de l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr se distingue de la précédente par les diamètres Om .20 0m.30où0m.40 de sa chambre d’expériences, modifiables à volonté par la simple substitution de buses sur le diffuseur.
- Un moteur électrique de 20 IIP actionne son ventilateur centrifuge aspirant qui donne au courant d’air des vitesses variant de 20 mètres à 85 mètres.
- Ce petit tunnel est spécialement réservé pour l’expérimentation de la résistance des corps de petits diamètres soumis à des courants aériens de grandes vitesses.
- On y a étudié, par exemple, des sphères de différentes grosseurs en modifiant le degré de turbulence du milieu gazeux, au moyen de filtres ou grillages interposés dans la chambre d’expériences.
- De même, on a pu, en expe'rimentant avec lui diverses formes de carènes fuselées et en comparant des profils homothétiques dans le grand tunnel, trouver des coefficients de similitude pour des échelles différentes. Enfin cet appareil sert aussi au tarage des indicateurs de vitesse relative, tubes dé Pitot, anémomètres, moulinets et autres instruments destinés aux avions.
- Quant à la soufflerie du capitaine Lelarge installée primitivement à Chalais-Meudon et qu’on a
- transportée, il y a quelque temps, à Saint-Cyr, elle diffère comme principe des dispositifs précédents. Sa section utile est de 2 m. 50 sur 1 m. 50 et la vitesse du courant d’air peut varier de 4 mètres à 20 mètres à la seconde. Nous signalons d’ailleurs cet appareil pour mémoire, car on ne l’a pas encore employé, faute de temps pour sa mise au point. Dans celte soufflerie, la force centrifuge agit sur
- l’air en mouvement.
- Passons maintenant à la description des chariots électriques composés de plateformes marchant à grande vitesse sur une voie de 1400 mètres de longueur. L’un,spé-cialemént conçu pour l’essai des voilures et des avions en vraie grandeur, est, somme toute, une balance aérodynamique se déplaçant contre l’air immobile ; il enregistre des actions comparables, quoique inverses, à celles mesurées par la méthode des souffleries. L’autre permet d’étudier le rendement des hélices aériennes. ..
- Lepremiercha-riot dit chariot dynamo métrique à surfaces comprend une plateforme mue par un moteur électrique de 120 HP et portant une superstructure formée d’une balance aérodynamique sur laquelle se fixent différents modèles de fuselage d’avions munis de leurs trains d’atterrissage, de leurs empennages arrière ou de toutes autres surfaces. :
- Les tubes supportant les organes à essayer constituent la superstructure; ils se trouvent portés à l’extrémité de quatre pylônes verticaux articulés avec ladite charpente en leur sommet. Ces pylônes, mobiles autour d’axes perpendiculaires au déplacement du chariot, forment deux à deux un système de parallélogramme articulé, déformable souS
- Fig. ’j. — Balance aérodynamique située vers le milieu du grand tunnel.
- On a ouvert les parois latérales pour montrer les expérimentateurs, les organes de l’instrument et le modèle d’avion quadrimoteur en expériences.
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- Fig. 8. — Chariot four essai des hélices.
- l’action des forces de résistance à l’avancement. D’autre part, un ensemble de leviers horizontaux articulés eux-mêmes à des points de la charpente fixe du chariot soutiennent les pylônes et leur permettent de se déplacer parallèlement à eux-mêmes dans le sens vertical sous l’action des forces de sustentation.
- Des contrepoids équilibrent tout le montage tant au point de vue des efforts d’inertie qu’au point de vue de la pesanteur tandis que des dynamomètres convenablement placés mesurent les efforts de traînée et de poussée et que la vitesse du chariot par rapport à l’air s’enregistre au moyen d’un anémomètre à pression et dépression aérodynamiques convenablement taré par temps calme. Pour expérimenter, on lance le véhicule sur la voie à une vitesse comprise entre 0 et 90 kilomètres à l’heure. Les appareils enregistreurs font connaître les valeurs de la traînée, de la poussée sur la surface ainsi que les vitesses par rapport au sol ou à l’air. On a soin d’opérer par temps calme. Cependant une girouette donne la composante du vent relatif, dont on tient compte dans lés calculs. Un contact électrique coche, au moment utile, un repère sur chaque diagramme des enregistreurs et facilite ainsi l’enregistrement de toutes les mesures au même instant. Grâce à des essais comparés de profils d’ailes homothétiques avec ce chariot et avec la soufflerie on a pu constater l’accord pratique des deux méthodes sans aucune divergence systématique. Néanmoins les savants techniciens de l'Institut aérotchnique reprennent actuellement ces études afin de découvrir les lois de similitude entre les petits modèles et la vraie grandeur, problème d’actualité en aérodynamique.
- Le chariot dynamométrique pour les essais d'hélices se distingue du précédent en ce qu’il est propulsé par l’hélice en expérience. Un moteur de 83 HP lui transmet son effort par l’intermédiaire de
- 2 jeux de pignons d’angles, à une vitesse égale à son régime et sa traction assure le déplacement du véhicule à des vitesses variant de 0 à 80 kilomètres.
- L’arbre vertical, articulé à la cardan entre les deux boîtes de transmission, peut se déplacer parallèlement à son axe presque supporté à l’avant dans un palier de butée à billes au sommet d’une palée articulée à sa base, et ledit arbre maintenu à l’arrière dans un palier lisse à faible charge unitaire.
- Sous l’aclion de la traction de l’hélice, l’arbre horizontal tend à se déplacer vers l’avant entraîné avec lui au sommet de la palée dont des dynamomètres arrêtent et enregistrent le mouvement. A chaque instant, la vitesse de translation se trouve mesurée au moyen d’un cinémomètre qui donne la vitesse de rotation de l’essieu arrière et elle est contrôlée par un anémomètre fournissant directement la vitesse relative du chariot par rapport à l’air. De son côté, la vitesse de rotation de l’hélice se lit sur des cinémomètres enregistrant le nombre de tours du moteur. Enfin des wattmètres indiquent la puissance fournie et absorbée par l’hélice. En » possession des éléments fournis par ces divers enregistreurs (traction de l’hélice, nombre de tours
- Fig. g. — Instruments enregistreurs à l'inléi ieur du chariot d’essai des hélices.
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- L’AMÉNAGEMENT DE LA HOUILLE BLANCHE ET DES COURS D'EAU 219
- par minute, vitesse absolue par rapport au sol, vitesse relative vis-à-vis de l’air, puissance fournie et absorbée, etc.) on peut tracer les courbes de rendement pour chaque type d’hélice et ce mode expérimental offre l’avantage de pouvoir essayer le propulseur en vraie grandeur.
- Quant au manège aérodynamique de Saint-Cyr, il permet les mêmes essais que les souffleries, mais en assurant le déplacement du corps par rapport à l’air ambiant. Inutile, du reste, d’en parler plus longuement, caries mesures à effectuer aveclui en rai-
- vastes ateliers munis de machines-outils pour le travail du fer et du bois et où se confectionnent les modèles. Son outillage répond, donc à toutes les exigences techniques de l’heure présente Malheureusement, au point de vue- administratif, l’établissement traverse, en ce moment, une période difficile. Dépendant jusqu’ici de l’Université de Paris, on étudie, en effet, son rattachement au Sous-Secrétariat de l’Aéronautique et le personnel attend son statut. Quoi qu’il advienne, souhaitons que les crédits alloués pour son fonctionnement se trouvent toujours en rapport
- Fig. 10: — Réglage des instruments enregistreurs du chariot pour essais des surjaces.
- son de l’influence des forces centrifuges étant très délicates, on y a renoncé au moins momentanément.
- Indépendammentdes appareils ci-dessus énumérés, l’Institut aérotechnique possède des salles de physique et de chimie,-un caisson pneumatique ou cloche à dépression, servant à des essais physiologiques (l), (de
- 1. Voir sa description dans La Nature, n° 242-2, 4 septembre 1920, p. 145 à-148.
- avec l’importance de sa lâche. Avant la guerre, la France occupait la première place, en ce qui concerne l’aviation et il serait regrettable que notre pays se laissât maintenant distancer, en aérodynamique expérimentale, par l’Angleterre, l’Italie, l’Amérique et surtout par l’Allemagne qui firent de remarquables progrès dans cette voie, au cours des dernières années. Jacques Boyer.
- L’AMENAGEMENT DE LA HOUILLE BLANCHE ET LE REGIME DES COURS D’EAU
- Dans son numéro du 4 juillet La Nature, soucieuse d’exposer au public les diversës faces du problème de l’aménagement des cours d’eau, a publié, sous le titre « Les Dangers de la Houille blanche », une élude de M. L. Pech, dans laquelle l’auteur se propose de démontrer que les barrages
- des exploitations hydrauliques auront pour effet d’amasser les sables et graviers de charriage, de provoquer corrollairement le relèvement du plan d’eau et du lit, de déterminer des inondations, bref de causer les pires catastrophes. De là à conclure que la France doit abandonner l’espoir de suppléer
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- 220 = L'AMÉNAGEMENT DE LA HOUILLE BLANCHE ET DES COURS D’EAU
- à sa pauvreté en combustibles par l’équipement méthodique de ses ressources hydrauliques il n’y a qu’un pas, que M. le commandant Pech n’a pas hésité à franchir.
- L’article de M. Pech devait appeler une réplique des défenseurs de la houille blanche. Puisque aussi bien je suis invité par La Nature et par de hautes personnalités de l’bydro-élcclricilé à remplir cet office, je ne saurais m’y soustraire, et je vais essayer de répondre à M. Pech avec des arguments personnels ou empruntés à des consultations des plus éminents spécialistes.
- J’observerai immédiatement que l’auteur précité a commis une double erreur, dans l’ordre matériel et dans l’ordre scientifique.
- Examinons, tout d’abord, le côté matériel de la question. M. Pech affirme, au,début même de son argumentation, que « l’exploitation de la houille blanche est rarement rémunératrice lorsqu’il s’agit de rivières ». L’assertion est parfaitement inexacte. La Société lyonnaise des forces motrices du Rhône distribue à ses actionnaires, depuis 1908, de 5 à 7 pour 100 de dividendes. De son côté l’Energie électrique du Sud-Ouest a réparti assez régulièrement 6 pour 100 depuis neuf ou dix ans. La Société du Refrain, qui exploite l’énergie du Doubs, a porté ses dividendes de 6 à 8, 10 et même 12 pour 100. Voici tantôt dix ans que la Société Méridionale de transport de force donne 7 pour 100 à ses participants. La Loire et le Centre qui, avant la guerre, rémunérait à 10 pour 100 le capital versé, a distribué, depuis lors, entre 6 et 8 pour 100. N’insistons pas davantage, nous devons d’ailleurs ajouter que les répartitions ont été, dans tous les cas, réduites par la politique ultra-prudente des Conseils d’administration, et aussi par la nécessité de recourir trop souvent à la réserve thermique de secours,, les installations hydrauliques ne répondant pas aux exigences d’une clientèle sans cesse accrue. Si les exploitants de la houille blanche avaient tout de suite vu « grand » nul doute que leurs entreprises n’eussent compté parmi les plus rémunératrices du pays, en même temps que les plus sûres, car toute clientèle acquise, en matière de courant, l’est définitivement.
- Un peu plus loin, M. Pech rapporte que « la Société des Forces motrices du Rhône, qui seule en France, a fait une tentative d’exploitation de grande rivière, a laissé tomber en caducité la concession — à elle accordée par la loi du 9 juillet 1892 — de la chute en amont de sa dérivation et a demandé récemment le supplément de force motrice dont elle avait besoin à la chute alpine des Sept-Laux, aménagée à grands frais à 2000 m. d’altitude et complétée par une conduite électrique de plus de 150 kilomètres » .
- Autant d’affirmations, autant d’inexactitudes. En premier lieu, la chute de Jonage n’est nullement la seule qui ait été équipée sur un grand cours d’eau. La Société d’énergie électrique du Sud-Ouest
- a construit à Tuilière près de Bergerac, une station sur la DorJogne, de 22 500 I1P; alors que l’usine de Jonage ne dispose que de 16 000 HP moyens. La Durance n’est certes pas un ruisselet. Or, elle alimente, outre la stalion de i’Argentière, de l’électro-métallurgique française (25000 HP moyens), celles de Ventavon (27000 HP), de la Brillanne (13000) et du Largne (1000), à l’Energie du littoral méditerranéen. Sur le Doubs, on compte plus de 10 usines, dont le Refrain (10000 HP). A Toulouse, la Société du Basaclc a discipliné la Garonne (2000 IIP). La station de Trillet-Argenty maîtrise le Cher (8000 HP). L’expérience faite n’a donc pas été unique, tant s’en faut.
- En second lieu, la Société des Forces motrices du Rhône n’a nullement aménagé la chute des Sept-Laux ou de Fond de France, sur le Bréda. Celle-ci appartient à la Société Force et Lumière, de Grenoble. Le courant de Fond de France est bien drainé à Lyon, mais pour alimenter non la Société de Jonage, mais le Gaz de Lyon, son concurrent. D’ailleurs, la Société grenoblaise envoyait — bien avant l’inauguration de l’usine de Bréda — de l’énergie alpestre au Gaz de Lyon. La ligne Bozel-Lyon (190 km et non 150) date de dix ans. Elle transportait du courant produit à Bozel et à la Plomblière-Saint-Marcel jusqu’au jour, récent, où un raccordement la mit en liaison avec la station de Fond de France.
- Au contraire, la Société de Jonage a demandé jusqu’ici le complément de force dont elle avait Jiesoin à une station thermique (30 000 HP). Devant les prix prohibitifs du charbon, la Société s’est toutefois décidée à équiper la chute Viclaire-Séez, sur la Haute-Isère, en cours d’exécution. Il ne pouvait, en effet, être question pour la Société lyonnaise d’envisager la mise en œuvre d’une chute sur le Bhône après l’adoption du programme relatif à l’aménagement intégral du fleuve.
- Plus loin, M. Pech a basé son raisonnement sur l’éventualité d’une dérivation de la Saône. On pourrait croire qu’un projet dans cet esprit a déjà été élaboré. Nous pouvons affirmer qu’une telle conception n’a jamais été formulée, si ce n’est par l’auteur de l’article.
- Bornons à ces quelques exemples, nos critiques touchant la matérialité des faits énoncés.
- Les affirmations scientifiques, qui constituent le fond de l’étude, ne nous paraissent pas davantage devoir être retenues par le public, pas plus que par le Parlement, qui les écarta avec raison, après que le Ministère des travaux publics et toutes ses Commissions compétentes eussent énergiquement repoussé les suggestions de M. Pech.
- Jusqu’ici, on expliquait le changement de pente des fleuves à l’issue du confluent de leurs principaux tributaires en se fondant sur la puissance d’entraînement des eaux en temps de crue. On admettait que le profil en long du lit ayant été fixé par des accidents géologiques, la pente pouvait être modi-
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- L’AMÉNAGEMENT DE LA HOUILLE BLANCHE ET DES COURS D’EAU
- fiée par le jeu des affluents, certains charriant des quantités considérables de limons, plus élevées même que le cours d’eau principal n’en drainait, tandis que d’autres n’accusaient qu’un débit solide médiocre au regard du débit liquide.
- M. Pech estime, au contraire, qu’il faut essentiellement tenir compte de l’usure des graviers pendant les eaux d’étiage ou moyennes. Il sied donc d’examiner les deux hypothèses formulées, desquelles l’auteur tire des conclusions que nous jugeons préjudiciables à l’intérêt du pays.
- Tout d’abord, l’auteur admet — gratuitement — la proportionnalité de la vitesse au débit. Or, nous observons que pourleDrac, par exemple, dont parle précisément M. Pech, la vitesse ne croit que de 2 à G mètres par seconde cependant que le débit s’élève de 20 à 500 me. À un débit 15 fois plus considérable ne correspon 1 qu’une vitesse triple. P’un autre côté, la thèse de M. Pech impliquerait une section mouillée constante et l’absence de toute inondation.
- On voit que l’hypothèse ne résiste guère à l’examen.
- En second lieu, l’auteur suppose que le travail d'usure est proportionnel au carré de la vitesse de l’eau. Écoutons la réfutation de cette conception par l’un des plus savants ingénieurs qui se soient occupés de l’aménagement des cours d’eau.
- « Cette hypothèse aurait une apparence de vérité s’il s’agissait de la masse de graviers déposés dans une section déterminée du lit, et non de la masse totale des graviers charriés par le fleuve. Nous disons une apparence de vérité, car elle fait complètement abstraction de l’usure consécutive au cheminement des matériaux ; c’est en cheminant sous l’action des crues, que les blocs roulés s’écornent, se brisent, que des fragments s’arrondissent et se changent en galets, que les galets deviennent graviers, les graviers sable, etc. Sans nier l’influence du frottement des eaux, on peut affirmer que l’usure qu’elle provoque est bien peu de chose au regard de celle due aux chocs subis par les matériaux lorsqu’ils sont transportés par les crues. En s’appuyant sur une hypothèse qui laisse dans l’ombre le phénomène principal pour ne faire état que de la cause de beaucoup la moins importante, on ne pouvait donc arriver qu’à des résultats tout à fait erronés ».
- D’ailleurs la-vitesse est loin d’être proportionnelle au débit, comme le veut M. Pech. Conséquemment, la diminution de l’usure, sous l’influence exclusive du frottement de l’eau, est singulièrement moindre que ne le croit l’auteur de l'article.
- D’études faites à l’embouchure du Drac dans la Romanche, et qui nous ont été communiquées, il résulte qu’après la mise en service de la dérivation du Drac-Romanche, prévue pour 80 me par seconde,
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- la diminution de l’usure atteindra autour de 21 pour 100 pour les graviers de la passe des basses eaux. Et pour toute autre portion de la largeur du lit qui, au temps actuel, n’est pas intéressée par les basses eaux, la perte d’usure serait encore considérablement plus faible.
- Aussi, le savant ingénieur dont nous avons résumé les remarques n’a-t-il pas craint d’affirmer « que celte cause d’usure des matériaux est pratiquement négligeable au regard de celle qu’ils subissent par cheminement en temps de crues », et que, corol-lairement « les craintes exprimées parla Nature ne sont vraiment pas fondées ».
- Rien ne justifie donc les hypothèses de base émises par M. Pcch. Mais celui-ci a commis également d’autres erreurs scientifiques. C’est ainsi qu’il prétend que le déplacement des graviers ne s’effectue guère qu’en temps de crue. Or, il est avéré que leur cheminement est continu. On l’a mainte fois constaté en Loire.
- Dans l’ordre industriel, l’auteur ne semble pas beaucoup plus heureux. Il parle comme s’il avait découvert le problème des graviers. Cependant, la question n’est pas neuve, et a été traitée à de nombreuses reprises. La science et la construction l’ont élucidée de manière peut-être imparfaite, comme toutes choses humaines; néanmoins, des résultats efficaces ont été obtenus, que l’écrivain semble ignorer.
- Toutes les prises d’eau des Alpes sont pourvues d’ouvrages de décantation de chasse, de dragages même, qui ont fait leur preuve, et l’Administration des Ponts et Chaussées veille avec un soin jaloux à ce que les ouvrages évacuent aisément et les crues et les matériaux de charriage.
- D’un autre côté, quand bien même des dépôts se produiraient dans les lits — que M. Pech appelle pour la première fois des radiers, on ne sait pourquoi — rien ne serait plus aisé que de procéder à des curages, en dépit de l’ostracisme de l’auteur à cet égard.
- En réalité, l’exhaussement des lits — qui n’est pas un phénomène ignoré — dépend - de la fixité imparfaite des bassins supérieurs. Comme tel, il doit être combattu par des mesures appropriées : reboisements, gazonnements, etc. On ne saurait prétendre que les équipements d’usines puissent les provoquer. Aussi serait-on malvenu à en rendre la houille blanche responsable et à entraver, sous des prétextes paradoxaux, la rénovation économique de la France.
- Auguste Pawuowski,
- Dirocleur do Y Annuaire fis la Houille Manche cl du Journal des Forces hijdraulujues.
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- LE BASALTE FONDU
- Le basalte est une pierre volcanique qu’on trouve en quantités considérables en Auvergne, en Écosse, en Prusse rhénane, aux États-Unis, etc.
- Cette pierre, d’un grain très serré, présente une résistance à l’écrasement et à l’usure très supérieure à celle du granit.
- Elle est utilisée, dans les lieux où on la rencontre, comme moellons, dalles, etc. On en lire des marches d’escalier, des pavés. Des ouvrages d’art, ponts, murs de soutènement, etc., sont construits en blocs de basalte taillés au marteau. La roche est aussi très employée comme macadam. Ses qualités de résistance valent à une partie de l’Auvergne les meilleures routes qui soient en France.
- Mais ce sont là des emplois assez limites. Pourquoi un matériau aussi remarquable n’a-t-il pas été plus utilisé jusqu’ici? C’est que, précisément, le basalte a les défauts de ses qualités. Sa dureté en rend la taille très difficile et onéreuse. On n’obtient qu’avec beaucoup de peine, au ciseau et au marteau, des formes très approximatives. C’est ce qui explique que, malgré ses précieuses qualités jointes à un bon marché remarquable de la pierre brute, l’emploi du basalte ne se soit pas généralisé au delà des limites des régions où on le trouve à l’étal naturel.
- Ce que la taille ne peut donner (à des prix praticables) on a essayé de l’obtenir par la fusion et le moulage. La Revue de l'Ingénieur donne sur ces procédés nouveaux d’intéressants renseignements.
- Les premières recherches dans cette voie sont dues à un savant d’Auvergne, le Dr Ribhe, de Mauriac.
- Dès 1909, le Dr Itibbe montrait que la fusion et le moulage du basalte pouvaient s’effectuer sans grosses difficultés en opérant aux environs de 1500°; mais il obtenait une substance vitreuse, noir de jais, fragile et dont les emplois eussent été très limités. 11 eut l’idée alors de dévitrifier les objets moulés de manière à reconstituer la structure cristalline de la roche primitive et, après de patientes recherches, il découvrit le traitement thermique qui convenait pour obtenir ce résultat.
- Il restait alors à mettre au point cette invention, à trouver les fours, les moules, l’outillage les mieux appropriés à cette industrie nouvelle. Cette mise au point a été réalisée par la Société « Le Basai te » fondée à cet effet, qui y a consacré de longs efforts, interrompus par la guerre, mais repris depuis avec succès.
- Au cours de ces travaux, des propriétés nouvelles du basalte ont élé mises en évidence, notamment sa résistance électrique.
- Les propriétés fondamentales du basalte fondu sont :
- 1° Grande résistance à l’usure et à l’écrasement (supérieure à celle de la roche naturelle) ;
- 2° Inattaquabilité aux acides;
- 5° Résistance électrique.
- A la première de ces propriétés correspond, comme application, la fabrication des pavés, dalles, bordures de trottoir, de quais, marches d’escalier, elc.
- Des essais de pavage et de dallage réalisés dans des cours d’usine, sur des routes très fréquentées des environs de Paris, etc., ont donné des résultats remarquables.
- Parfaite régularité de formes, résistance à l’usure pratiquement indéfinie, telles sont les caractéristiques des pavages et dallages en basalte fondu.
- 11 y a lieu de prévoir également un large emploi des pierres de soubassement, pierres d’angle, de voûte, etc., pour les grands édifices, les ouvrages d’art, etc.
- L’inattaquabilité aux acides assure un très large emploi aux produits en basalte fondu pour les dallages, revêtements, cuves, canalisations, etc., des usines de produils chimiques.
- A signaler aussi l’emploi d’ardoises en basalte fondu, qui ont l’avantage de ne pas se déliter et qu’on peut rendre d’ailleurs aussi légères qu’on veut en donnant au basalte la structure ponceuse (celle structure ponceuse est facile à réaliser et permet de faire tous matériaux légers de construction).
- La résistance électrique constitue une des propriétés les plus riches en applications du basalle fondu. Outre qu’il est égal ou supérieur à tous les isolants connus, le basalte présente cet avantage qu’il dispense de l’emploi des ciments : en effet, toutes les armatures métalliques des isolateurs se fixent d’une façon parfaite dans le basalte pendant qu’il est à l’état pâteux.
- On prévoit dès maintenant une utilisation importante du basalte fondu pour les isolateurs de troisième rail, les isolateurs de canivaux, isolateurs aériens, etc.
- Une industrie nouvelle est ainsi en train de se fonder et tout fait prévoir qu’elle est appelée à prendre à bref délai un remarquable développement.
- R. V.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’août J920.
- Sur une nouvelle classe d’appareils de mesure. — Le dispositif Ferrié-Carpentier, qui constitue la partie essentielle de certains wattmètres et fréquencemètres, comprend deux aiguilles rectilignes tournant autour d’axes distincts. La commodité qu’il présente dans l’évaluation rapide des grandeurs, fonctions de deux variables, a pour contre-partie l’erreur de parallaxe et la difficulté de déterminer, avec une approximation suffisante, le point d’intersection des aiguilles sur les courbes isolignes tracées lors de l’étalonnage. MM. Barbillion et Driget préconisent l’emploi d’un système comprenant, soit deux aiguilles curvilignes de forme particulière, soit une flèche curviligne et une rectiligne, mais supportées toutes deux
- par un même axe de rotation. L’erreur de parallaxe est fortement diminuée et le réseau des isolignes comporte des courbes régulièrement espacées. En utilisant par exemple deux arcs de spirale logarithmique, on obtient d’excellenls résultats dans la mesuré d’une vitesse relative pour un aéronef, ou le contrôle de la carburation de moteurs à explosions.
- Les pouvoirs absorbants des atmosphères stellaires. — Nous ne possédons jusqu’ici aucune donnée sur leurs valeurs. M. Charles Nordmann soumet à l’Académie les premiers résultats d’une méthode basée sur la température effective des étoiles, le rayonnement thermique et
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- UTILISATION DE DEUX RIVEURS PNEUMATIQUES [SYNCHRONES
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- l’emploi de la formule, établie, par lui en 1915, pour le calcul du rapport qui lie le rayonnement lumineux au rayonnement total.
- Les diamants du Brésil. — Les travaux de Harder et de R.-F. Chamberlin semblaient établir que les gisements de diamant des hauts plateaux sont dus aux alluvions d’anciennes rivières, dont les eaux auraient creusé un lit profond dans le schiste ancien. Pour M. A. Rronwer le conglomérat de Diamantina ne vient pas d’un ancien stade de pénéplaine, mais il s’intercale dans une série de quartzites et de schistes d’âge peut être algonkien, le carbone cristallisé s’y trouvant à l’état de minéral détritique.
- Un nouveau mode d'emploi du soufre dans le traile-meni de Voïdium. — M. Kunstler juge souvent inefficace le soufre répandu à l’aide du soufflet et que le premier vent peut emporter avant toute action sur le parasite. A son sens on obtient de bien meilleurs résultats, soit en découvrant, en hiver ou au printemps, la base des ceps malades sur une profondeur de 10 à 20 cm et en enfouissant, sous une couche de terre, une poignée de « fleur )), soit en badigeonnant les basses branches avec de la résine bouillie au contact d’huile tenant le métalloïde en suspension. Une oxydation lente produirait un dégagement d’anhydride, enrayant le développement des germes infectieux.
- L'apparition de la levure alcoolique dans les vignobles. — On doit à Pasteur d’avoir montré, voici quarante ans, qu’à toute époque de l’année on rencontre des germes sur les souches de la vigne, mais que le ferment apparaît seulement au moment de la maturation du raisin. M. Francisque Grenet croit avoir trouvé le mécanisme de cet apport. Pour ce savant, un diptère, le Drosophila mclanogaster, petite mouche d’apparence fauve, n’arrive au vignoble qu’à la fin de septembre, buline et dépose alors des germes sur les grappes et les bois. Mais rien ne vient encore nous fixer sur la contrée d’origine de l’insecte et la façon dont il se procure les cellules initiales du sacchaiomyccs.
- Les effets physiologiques et tliérajjeutiques du silicate de soude. — La note de MM. Scheffler, Sartory et Pel-lissier résume des essais qui ont donné d’excellentes indications pour le traitement des artério-seléreux et des cardio-rénaux, et qui se résument en l’injection
- intraveineuse de silicate soluble à la dose de un centigramme par jour. On constate assez vite l’abaissement de la tension artérielle, la diminution de la dyspnée et l’élévation de la vitalité générale.
- Le soufre colloïdal. — M. Paul Bary s’est proposé de rechercher, par la mesure de la viscosité et la valeur du gonflement des granules, sous quelle forme le soufre existe dans les liquides d’apparence laiteuse décrits par Selmi, Engel et Spring. Le métalloïde des suspensions instables peut se comparer, dit-il, à un colloïde qu’ont pectisé les agents de coagulation et les solutions aqueuses s’obtiennent par une polymérisation du soufre, donnant lieu à des combinaisons facilement dissociables.
- La destruction des termites. — Ges insectes commettent les plus gros ravages dans les pièces de charpente, les planchers et les boiseries, où leur destruction est rendue particulièrement difficile par la diffusion des colonies. M. Feytaud a obtenu les meilleurs résultats par le séjour des souches et des solives contaminées dans une atmosphère contenant 10 milligr. de chloropicrine par litre. L’action des vapeurs se prolonge pendant douze heures.
- Les organes réglants des chronomètres. — Pour compléter l’œuvre des Yillarceaù, Résal, Caspari, M. Jules Andrade estime qu’un contrôle expérimental doit s’exercer sur les géomètres attachés au problème de Saint-Venant touchant la flexion et la torsion des verges gauches. Il indique à ce sujet une méthode basée sur; l'emploi des balances spirales, et n’empruntant à la théorie de l’élasticité que les seules lois de symétrie.
- Le spectre cle la nouvelle étoile du Cygne. — La note de M. d’Azambuja résume les premiers résultats obtenus avec les prismes-objectifs de l’Observatoire de Meudon. Les différentes raies observées présentent l’aspect caractéristique déjà signalé pour les précédentes JNovae; mais elles offrent une partie brillante, large et diffuse, déplacée vers le rouge par rapport à la raie de comparaison et accolée à une partie sombre très fortement reculée vers le violet. Une communication de M. Burson fournit de nouvelles précisions sur les raies observées et qui sont celles de la chromosphère solaire, dues à l’hydrogène et au calcium. . ‘ .
- : Paul B.
- «ai*
- UTILISATION DE DEUX RIVEURS PNEUMATIQUES SYNCHRONES
- L’établissement de groupes alterno-pneumatiques, tels que les pulsateurs Ilalïner-Turpin, permet par leur maniabilité et leur transport facile l’application de l’outillage pneumatique à des fabrications spéciales.
- Gela est rendu plus commode encore en employant un groupe dans lequel le moteur électrique commande les pistons de deux cylindres, lesquels actionnent ainsi deux outils qui marchent d’une façon rigoureusement synchrone.
- Prenons deux exemples appliqués à la construction du matériel de chemin de fer.
- Tout d’abord, voyons comment on peut procéder au rivetage des foyers de locomotive, en rivant à la fois les deux têtes d’une même entretoise.
- Le groupe pulsateur a deux cylindres horizontaux synchrones. Il actionne les deux marteaux frappeurs qui agissent synchroniquement et qui peuvent être tenus à la main.
- Cependant il est plus pratique de monter ccs
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- UTILISATION DE DEUX RJVEURS PNEUMATIQUES SYNCHRONES
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- Fig. i. — Montage en U pour river les entretoiscs des chaudières de locomotives.
- marteaux sur les branches d’un U renversé, le groupe étant placé dans la boucle.
- La chaudière dont on veut river les entretoises est préalablement retournée et l’U est suspendu à une potence. Un marteau agira à l’intérieur du foyer, l’autre à l’extérieur sans fatigue pour les ouvriers. Leur rôle consiste à serrer les marteaux sur l’entretoise à river au moyen d’un volant, puis à faire tourner la boutc-rolle lentement d’une façon continue pour former la tête pendant la frappe.
- En raison du synchronisme des coups, l’entretoise n’est pas ébranlée dans ses filets alternativement dans un sens ou dans l’autre, comme cela a lieu dans le rivetage ordinaire. En effet, les deux marteaux ayant alors des frappes non concordantes, ne produisent pas leur effet en même temps.
- La production horaire de ce dispositif est de 35 rivures doubles y comprislesmontages, graissages,etc.
- Le travail à la main atteint, lui, péniblement, 8 rivures doubles à l’heure.
- Voyons maintenant la disposition
- prévue pour le sertissage des bandages agrafés des roues de chemin de fer.
- La machine à sertir se compose de deux bâtis en fonte, qui portent chacun deux galets à axes parallèles. Sur un bâti les galets sont fous. Sur l’autre, ils sont commandés par une vis sans fin, qu’un moteur électrique de 1 cheval fait tourner à une vitesse telle que la vitesse circonférentielle du galet soit de 2 m. par minute.
- Les galets commandés entraînent par frottement la roue et, par suite, l’essieu et la deuxième roue à cette même vitesse.
- Chaque bâti porte la glissière d’un chariot sur lequel peut se déplacer horizontalement un marteau frappeur. Au moyen d’un volant de manœuvre, on peut régler le chariot en hauteur.
- Les marteaux sont munis d’une bouterolle appropriée et sont actionnés par un groupe à deux cylindres synchrones, fixé entre les deux bâtis.
- On met l’essieu en mouvement, on règle les marteaux en^approchant les bouterolles sur la partie à sertir et on met le pulsateur en marche. Il suffit de faire accomplir un ou deux tours à l’essieu pour obtenir le sertissage simultané des deux bandages de cet essieu.
- La durée de l’opération varie évidemment suivant le diamètre des roues; avec les plus grandes, elle demande 9 minutes environ.
- Les bâtis sont placés dans l’atelier de façon que les galets aient leur partie supérieure au niveau du sol. L’essieu peut ainsi être amené sur la machine et retiré après sertissage en le faisant rouler sur la voie, sans l’aide d’aucun appareil spécial de manutention ni de levage. .
- Nous avons cru intéressant de signaler ces montages originaux qui permettent d’obtenir une grande production dans des fabrications, qui jusqu’à présent exigeaient un temps relativement important et une main-d’œuvre dispendieuse. E. Weiss.
- Fig. 2. — Montage pour sertir simultanément les deux bandages d’un essieu.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie I,ambre, 9, rue clé Fleuras, à Pans.
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- LA NATURE. — N° 2427.
- 9 OCTOBRE 1920
- L’HYDRAULIQUE AGRICOLE AU MOGHREB
- N sait que le Maroc, en nous envoyant des céréales au moment critique de la Grande Guerre, permit à la France d’assurer la o soudure » entre deux récoltes. Quel est donc le régime dont jouit ce pays privilégié? Où en est sa mise en valeur au Vendeur d'eau au Maroc. point de vue agricole?
- Nous y sommes d'hier seulement et l’en pense bien que l’étude approfondie de l’hydrologie d’un pays neuf ne peut sc faire du jour au lendemain.
- La météorologie, la pluviométrie, le jaugeage du débit des cours d'eau, la géologie du sous-sol renfermant des nappes aquifères demandent de longues éludes, des recherches sérieuses et patientes pour établir l'inventaire des ressources hydrauliques et pour utiliser rationnellement ces richesses naturelles. Certes, le Maroc a déjà produit : il le fallait pen-
- plantes assoiffées de la plaine au lieu d’aller se perdre inutilement dans le grand Océan salé.
- On sait déjà que de tous les pays de nos possessions coloniales du nord-africain, le Mogbreb est le mieux partagé au point de vue hydraulique.
- Précisons davantage : au Maroc même, il y a deux régions, en deçà et au delà de la chaîne de l’Atlas. Sur le versant de l’Océan par exemple, les neiges descendent à la saison jusqu’à la cote 500 alors qu’elles n’existent qu’à l’altitude de 1500 m. sur le versant oriental.
- Le réseau hydrographique du Maroc occidental est également plus développé que le réseau oriental, et cela tient à l’état hygrométrique de l’atmosphère dont les vents dominants viennent de l’océan Atlantique. La région du Maroc occidental est sans contredit la plus favorisée.
- Elle c si favorisée par son atmosphère qui contient plus d’humidité qu’ailleurs, puis, par la quantité de neiges qui viennent chaque année servir de régulateur au débit de ses oueds. Enfin, par la quantité d’eau contenue dans son sous-sol.
- Ajoutez à cela un régime climatérique de pays chauds et l’hydraulique agricole au Maroc sera tout
- Fig. i. — L’oued Bdom à Petitjean.
- dant la guerre, on allait au plus pressé. On y a repris maintenant une méthode destinée à faire produire le maximum de rende ment. Chaque molécule d’eau, après avoir transmis à la turbine son énergie latente en houille blanche, devra donner la vie aux
- indiquée pour prendre un plus grand développement que l’hydraulique industrielle.
- La législation des eaux comme celle des mines devra être mûrement étudiée afin d’être appliquée sans heurts. Rappelons-nous que l’important gise
- 15. - 22d.
- 48* Année. — 2’ Semestre.
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- L'HYDRAULIQUE AGRICOLE AU MOGHREB
- Fig. 2. — L’oued' XJis en saison sèche.
- ment minier de l’Ouenza, en Algérie, ne put être exploité pendant la guerre parce qu’une législation minière mal étudiée avait permis de concéder un même gisement à deux Sociétés différentes; le conilit delà mine et de la minière ne doit pas surgir au Maroc. Le conflit entre l’usine électrique et l’irrigation agricole doit également être évité.
- La nature a bien fait les choses en dotant ces belles régions d’une quantilé d’eau respectable, mais la répartition naturelle de cette manne reste à modifier. Ici, l’oued Sebou crée des marais, des merdjas qui inondent et affecteiftUétal sanitaire d’une région presque toute l’année.
- Là, d’immenses plaines semblent arides alors que des millions de mètres cubes d’eau s’en vont se perdre, inutilisés dans l’Océan. Ailleurs, un lac ne sert qu’à refléter l’azur ou à per-
- placc pour la politique de la navigation intérieure.
- En premier lieu, la plaine du Sebou retient notre attention et l’on peut lui prédire le plus brillant avenir agricole. La Revue générale des Sciences en parlait ainsi en 1914 :
- « Cette grande plaine comprend 550000 hectares environ de terrains alluvionnaires ; elle a la forme générale d’un trapèze dont les bases orientées ouest-est ont respectivement 30 et 100 km de longueur et dont la hauteur suivant nord-sud aurait 50 km. Ce délia possède une pente insensible puisque depuis l’entrée du fleuve dans la plaine jusqu’à Mehedja, son débouché dans l’Atlantique, on compte une dénivellation de 25 à 30 m. seulement sur un développement de plus de 500 kilomètres. »
- L’étendue alluvionnaire sur laquelle se déversent les eaux de crue du Sebou et de ses aflluents est à l’état nature, lel le delta du Nil à l’époque préhistorique. Le pays, trop plat pour que les eaux se soient créé elles-mêmes un réseau de drainage, est couvert de marécages. Au contraire, à d’aulres moments, pendant la saison sèche, quand les rivières sont rentrées dans leur lit, au lieu d’avoir à déplorer l’abondance des eaux, on a à se plaindre de la sécheresse sans qu’aucun travail de régularisation de ce régime ait été tenté.
- Un grand projet est à l’étude. Des brigades ont commencé le levé et le nivellement de la vaste plaine; des missions juridiques étudient sur son cadastre, car, avant d’engager une dépense de près de 50 millions au creusement de canaux et pour l’établissement de digues, il est nécessaire de connaître la superficie des terrains à récupérer et à livrer à la culture.
- Déposséder les indigènes de leurs terres n’ayant jamais été un principe appliqué par la politique du général Lyautey, il importe de faire un remembrement de ces terrains. En effet, un cheptel nombreux
- Fig. 3. — L’Oum er Rebia en crue; un pont submergé.
- mettre les ébats des bandes de sarcelles, alors qu’en aval, des hectares de riches terres manquent d’eau.
- Il appartient à notre génie d’assécher ici, d’irriguer là, et lorsque cette répartition des disponibilités hydrauliques, que nous sommes bien près de connaître maintenant en entier, sera faite, alors, il restera peut-être, après cette politique de l’hydraulique agricole et la politique industrielle, une petite
- Fig. — L'oued Tensijf en été débile encore 5 mètres, cubes par seconde.
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- L’HYDRAULIQUE AGRICOLE AU MOGHREB
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- vit dans ces marécages, se nourrissant de la végétation qui croît sur les plages des mcrdjas ; si du jour au lendemain on livrait ces terres à la motoculture, que deviendrait l’élevage si prospère actuellement1? Il faut donc assécher, irriguer, créer des luzernières, des prairies artificielles, étudier la navigabilité de ces canaux pour s’en servir comme moyen de transport des céréales et du bétail, et le seul énoncé de ce programme suffira pour faire comprendre sa complexité.
- Ce grand projet soulèvera sans nul doute les mêmes polémiques, les mêmes controverses qui ont été soulevées et présentées lors de l’aménagement du grand delta du lleuvc Rouge au Tonkin. Les uns préconisaient le procédé du colmatage, les autres l’endiguement par casiers, d’autres encore l’emploi de machines élêvatoires. N’anticipons pas et disons simplement que le problème se résoudra sans trop de difficultés car, des premiers levés, il apparaît déjà que l’assèchement de certaines merdjas est d’exécution facile; celui de la merdja merk-tane est déjà en cours d’exéculion et d’autres problèmes trouveront une solution rapide tel que celui de l’assainissement de la ville de Kenitra.
- Polémiques et controverses ne feront qu’éclairer le débat et nous devons clore au Maroc la liste
- 1
- Fig. 5.
- La source sulfureuse de Moiilaï Yacoub.
- v-r' .
- mm
- Fig. 6. — Le lac Dalel er Roumi.
- Fig.
- f. — Sortie d'un lac dans l'Atlas à 3o2û mètres.
- des comparaisons défavorables faites au sujet delà stagnation de notre hydraulique agricole en France comparée à l’activité déployée dans cette branche par l’étranger aux Indes anglaises, en Egypte, à Ivonia, en Asie et en Amérique.
- * *
- Le classement par régions est difficile, car il entrerait forcément un peu d’arbitraire dans cette délimitation ; cependant, le contour des zones n’ayant pas une précision rigoureuse, on pourrait adopter pa classification suivante :
- La zone côtière, caractérisée par une grande humidité de l’air, de petites sources et des puits. Là, l’irrigation ne vient que compléter le bienfait de la pluie et des rosées. Les ressources en eaux souterraines doivent être importantes si l’on en juge d’après les renseignements donnés plus loin sur l’état d’avancement des recherches et forages.
- La multitude de dayas (petits lacs à sec l’été) qu’on y rencontre est due mi-partie à l’accumulation des eaux pluviales, mi-partie à l’apparition d’une nappe phréatique importante après la saison des pluies. Les ondulations de la "plaine, comme nous avons pu le vérifier dans la région de Marrakech, ont constitué une série de nappes souterraines qui ne communiquent entre elles que lorsque la
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- L’HYDRAULIQUE AGRICOLE AU MOGHREB
- vasque plus élevée déverse son trop-plein dans celle situe'e en aval, formant une succession de biefs souterrains. La ville nouvelle de Guéliz est située en bas d’un plissement synclinal d’une ondulation de la plaine du Haouz dont le sous-sol perméable assis sur une couche de sédiment calcaire imperméable retient les eaux créant ainsi une nappe aquifère intermittente.
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- * *
- La deuxième zone, située à l’intérieur, ne possède plus, comme la première, des cultures maraîchères et déjà, les cultures d’été ne peuvent réussir sans le secours de l’irrigation. L’eau s’y trouve à de grandes profondeurs.
- Il est bon d’en excepter la région des Zaërs mieux partagée en ressources hydrauliques, pays d’élevage pouvant être compris dans un groupe à part avec la plaine du Sebou et la région d’Oulmcs chez les Zaïans.
- La zone de Sefrou, Fez, Meknès, riche en eaux courantes avec son réseau hydrographique serré et ses sources abondantes, est, de ce fait, très fertile et formerait un autre groupe.
- Là commence l’irrigation et les cultures productives. Dans ce.groupe, on pourrait incorporer ceux de Beni-Mellal, Azilal, Tanant, le Reraya, l’Ourika et en général une bande de terrains limitrophes du pied de l’Atlas, les plus riches de l’inventaire.
- Et enfin, l’Atlas, formant le nœud principal, la base de tout le système avec ses neiges persistant presque toute l’année. Elles ne sont pas cependant éternelles, il n’y a pas de glaciers ni de névés, mais l’irrigation de ses nombreuses vallées en fait une région excessivement riche au point de vue agricole. L’Atlas donne naissance aux principaux ileuves, Moulouya, Sebou, Oum-er-Kebia et leurs affluents importants tels que l’Oued el Abid. Si de nombreuses séguias partent des ravins de l’Atlas et du pied des montagnes pour irriguer la plaine, les artères que nous venons de citer sont moins souvent captées en raison de leur cours encaissé dans la plaine aride, ce sera l’œuvre de la colonisation de demain.
- L’étude de ces réserves d’eau a été activement poursuivie avec méthode, souvent avec hardiesse lorsqu’il fallut jauger les oueds dans les régions encore dissidentes.
- La zone spéciale qui caractérise la vallée de l’oued Souss au climat saharien semble moins bien partagée ; sans être comparée à celle du Tafilalet, elle pourrait être comprise dans une zone intermédiaire.
- Les lacs véritablement dignes de ce nom sont rares au Maroc.
- Le lac Zima, entre Safi et Marrakech est situé à la. cote 125.
- Le lac Daïet er Roumi entre Tiftlet et Ouïmes est à la cote 402 (fig. 6).
- Le lac d’Aguelman Sidi Ali ou Mohamed à la cote 512 situé entre Khénifra et Azrou et le lac Ifni à l’altitude de 2300 m., véritable régulateur en haute montagne de la vallée de l’Assif Nezlée. L’élude de leur utilisation comme réserve d’eau pourrait conduire à des conclusions intéressantes comme celle que nous avons poursuivie pour le Daïet er Houmi, par exemple. Sa surface étant d’environ 150 hectares, sa profondeur moyenne de 14 m., la réserve d’eau serait de 21 millions de mètres cubes. En aval de son débouché s’offre à l’irrigation la \ allée du Siraou de 12 km de longueur sur 4 de large, composée de terres noires et très riches rappelant la région des « tirs ». Quelles perspectives ne peut-on envisager pour des régions aussi privilégiées?
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- Pour fixer les idées au sujet des eaux souterraines, on peut dire que dans la Chaouïa, l’eau se rencontre à une profondeur de 15 à 18 m., exception faite de Tit-Mellil, dont les eaux sont captées à 4 ou 5 m. de profondeur pour alimenter la ville de Casahlanea.
- A hauteur de Camp Boulhaut, la nappe existe entre 30 ou 40 m. de profondeur; à Marrakech, la nappe phréatique se rencontre entre 6 et 12 m. selon les plissements du sol.
- Dans les Doukkala la profondeur est de 60 à 70 m., évidemment on ne peut songer, à l’irrigation qui serait trop onéreuse dans ces conditions. Dans les tribus Rehamna et Sehrarna, les forages ont varié entre 65 et 76 m. Dans la région du Sous, la nappe est à 4 et 10 m. seulement. A Marrakech, dans la plaine du Ilaouz où le climat a fait de la question d’eau une question primordiale, la tribu du Sous (les Reharias) a fourni depuis des siècles, mais surtout sous le règne du roi Hassan, une corporation de puisatiers qui a la spécialité de creuser des galeries de captage et d’adduction appelées rhétaras, pour amener à ciel ouvert dans des séguias l’eau fournie par la nappe phréatique.
- Le captage se fait à environ 30 ou 35 m. de profondeur. Le sol possédant une pente générale de 0 m. 016, l’eau est conduite en galerie soutciraine avec une pente moindre pour l’amener à la surface du sol où elle donne la vie aux magnifiques jardins qui font la beauté de Marrakech. Les rhétaras qu’on pourrait comparer aux foggaras du sud algérien sont d’un coût très élevé (une centaine de mille pesetas chacune), ne permettent le luxe d’irrigation qu’aux riches Marrakchis ou aux grands caïds et seigneurs de la région.
- Mentionnons pour mémoire des sources thermales ou minérales encore insuffisamment analysées et nous aurons terminé l’énumération.
- En résumé, si l’eau est relativement abondante au Maroc, elle y est très irrégulièrement répartie ;
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- LES RESSOURCES DU MONDE EN ÉNERGIE
- aussi, le programme de redressement de sa distribution qui marche de pair avec les grands problèmes delà colonisation est vaste, immensément vaste.
- A l’utilisation des eaux pour les besoins de l’agriculture et de l’industrie, les Romains et les Arabes ont offert, dans certaines villes, l’exemple d’un autre emploi : l’utilisation d’agrément. Dans les riches propriétés fasis (de Fez) l’eau cascade, l’eau chante, elle jaillit dans des vasques de marbre et retombe avec un son cristallin tout comme au temps des splendeurs des palais des Khalifes de Bagdad et de Cordoue.
- Déjà les réalisations sont probantes, l’adduction des eaux potables des villes a amélioré l’état sanitaire comme à Casablanca et à Rabat ; on a réalisé
- l’adduction de nos postes avancés, aménagé des sources pour l’élément indigène, exécuté des forages pour les nouveaux centres de colonisation, analysé des eaux de source, étudié des projets de chutes d’eau à Fez, à Meknès, à Beni-Mellal pour l’éclairage urbain, dressé des plans, donné des conseils aux colons pour l’irrigation de leurs terres.
- Bientôt il nous appartiendra de transformer l’eau des cascades de l’Atlas en kilowatts ou en poncelets, mais chaque fois qu’il sera possible d’harmoniser les besoins industriels avec la mise en valeur d’une autre richesse : le tourisme, on protégera les plus beaux sites, afin de donner à cette industrialisation le parfum de la poésie chère à notre race latine. Henri Catherine.
- LES RESSOURCES DU MONDE EN ÉNERGIE
- Le célèbre professeur Svante Arrhénius de Stockholm, dans une adresse au Franklin ïnstilute de Philadelphie, qui vient de lui décerner sa médaille d’or, examine le problème des ressources mondiales en énergie.
- C’est un lieu commun de dire que toute notre civilisation moderne est fondée sur les combustibles minéraux. La France en fait aujourd’hui la douloureuse constatation : toute sa reconstitution est suspendue au problème du charbon : la destruction des mines du Nord, la raréfaction des arrivages étrangers, la non-livraison par l’Allemagne des tonnages dus en réparation, soumettent notre pays à une disette de combustible qui peut donner un avant-goût de ce que deviendront les pays aujourd’hui industriels lorsque les gisements de houille et de pétrole seront épuisés.
- Cette échéance n’est pas si lointaine qu’on pourrait le croire : la question a été examinée en 1913 au Congrès international de géologie tenu au Canada. Le bilan établi à cette époque a permis de conclure que les réserves de houille, placées à moins de 1800 m. de profondeur, représentent un tonnage suffisant pour alimenter le monde pendant 0000 ans, au taux de la consommation annuelle de 1913. Mais si l’on tient compte des filons trop minces pour être exploités, et des pertes inévitables à l’extraction, il faut réduire ce chiffre considérablement; il faut aussi considérer que la consommation va en croissant chaque année, et s’il est vrai que la guerre mondiale a arrêté cette progression, ce n’est sans doute qu’un effet momentané. Aussi le professeur Arrhénius fixe-t-il à 1500 ans la durée moyenne des gisements mondiaux : la situation des différents pays charbonniers n’est du reste pas uniforme : les États-Unis auraient pour 2000 ans de houille; l’Allemagne pour 1000 ans, l’Angleterre pour 200 ans à peine.
- Le pétrole offre des perspectives encore moins rassurantes; on sait que les divers champs pétrolifères s’épuisent rapidement ; ôn évalue à 90 ans la durée probable des gisements des États-Unis, il existe encore de nombreuses ressources inexploitées ; mais il est vraisemblable que leur durée sera relativement brève. Au surplus, le pétrole n’est en définitive qu’un combustible d’appoint; et le tonnage annuellement consommé n’atteint sans doute pas la vingtième partie du tonnage de houille que l’on peut chiffrer par 1200 millions de tonnes par an. 1
- Quant à la tourbe, elle n’est pas suffisamment abondante dans le monde pour pouvoir jamais prétendre à remplacer le charbon défaillant.
- Ainsi un jour viendra où l’humanité n’aura plus à sa disposition de combustibles fossiles. Il ne lui restera que ce que l’on appelle aujourd’hui les forces naturelles. M. S van te Arrhénius en dresse un bilan approximatif. Tout d’abord : la houille blanche dont l’utilisation a pris, depuis un quart de siècle, l’extension que l’on sait. Selon Engler, l’énergie qui pourrait être économiquement empruntée aux chutes d’eau atteindrait 90 pour 100 de celle que fournit aujourd’hui la houille consommée. Mais, pour M. Sv. Arrhénius, c’est là une évaluation trop optimiste, car beaucoup de ces chutes sont situées dans des régions où nulle industrie ne semble pouvoir s’établir. Le savant suédois remarque aussi qu’un grand effort a été fait dans ces dernières années pour capter les chutes et que la consommation de charbon ne paraît pas en avoir été diminuée.
- 11 donne, pour les ressources en houille blanche des
- rers pays, les deux intéressants tableaux qui suivent : Millions do Chevaux-vapeur chevaux-vapeur. par habitant.
- Asie . . 236 0,27
- Afrique . . 160 1,14
- Amérique du Nord . . 160 1,17
- Amérique du Sud. . . 94 5,25
- Europe . . 05 0,13
- Australie .... . . 30 5,75
- Total. . . . . 745 moyenne 0,65
- Etats-Unis.... . . 100 1
- Canada . . 26 4
- Norvège . . 13 5,2
- États Balkaniques . . . 10 0,6
- Suède . . 6,7 1,2
- Autriche-Hongrie . . . 6,2 0,12
- France . . 6 0,15
- Italie . . 5,5 0,15
- Espagne . . 5,2 0,26
- Russie . . 3 0,02
- Finlande .... . . 2,6 0,8
- Islande 9 22
- Suisse . . 1,5 0,4
- Allemagne.... . . 1.43 0,02
- Angleterre. . . . . . 1 0,02
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- 230 MESURES RAPIDES DE LA DURETÉ ET DE LA RÉSILIENCE DES MÉTAUX
- De ce tableau il ressort que PEurope-et l’Asie sont clans l'ensemble assez mal pourvues en houille blanche, tandis que l’Amérique est privilégiée, comme elle l’est pour les richesses minérales. Si l’Europe venait à manquer-de charbon, ses chutes d’eau ne sauraient de loin suffire à,maintenir l’industrie sur son pied actuel. Certaines régions favorisées continueraient à prospérer : les pays Scandinaves, la Finlande notamment; les pays balkaniques dont l’industrie est encore à naître ont à cet égard un bel avenir devant eux; la nouvelle Autriche, qui a perdu ses mines de charbon, a gardé ses chutes d’eau et, grâce à elles, peut prendre un essor industriel analogue à celui de la Suisse; la France, l’Italie, l’Espagne, la Suisse continueraient à être des pays industriels, mais l’Allemagne, l’Angleterre, la Russie devraient y renoncer et redevenir des pays exclusivement agricoles. Sans doute, dit le professeur Arrhénius, ces contrées se recouvriront-elles de vastes forêts comme au temps de Tacite.
- Le professeur suédois passe ensuite à l’énergie, des marées et des vagues. 11 est assez sceptique à cet égard et fait remarquer avec raison que sa mise en valeur exige nécessairement des travaux coûteux, et s’étendant sur de grands espaces. C'est de l’énergie dispersée.
- La végétation accumule une partie assez faible de l’énergie que le soleil rayonne sur notre planète : 0,12 pour 100 environ. Cependant celte fraction représente chaque année 22 fois l’énergie de tout le charbon de terre brûlé dans le monde. Les forêts en absorbent environ 67 pour 100, les contrées cultivées 24 pour 100; la végétation des steppes 7 pour 100 et celle des déserts 2 pour 100. L’énergie accumulée par les forêts représente chaque année 14 fois celle du charbon utilisé ; elle peut être, et elle est en partie utilisée effectivement à des usages industriels, mais le combustible ainsi disponible est d’un transport en général difficile et d’un prix de revient onéreux : le bois des régions tempérées est employé surtout à la construction et à la fabrication du papier, les déchets servant au chauffage. Le bois des luxuriantes forêts tropicales ne peut être économiquement amené dans nos régions pour y servir de combustible.
- L’énergie du vent offre des ressources importantes, elle est extrêmement grande : 5000 fois supérieure à celle du charbon brûlé annuellement; elle est du reste utilisée, mais dans une mesure assez faible, à cause de son caractère variable, et du coût élevé de l’installation.
- MESURES RAPIDES DE LA DURETÉ
- <.
- On sait quel intérêt présente dans une usine la mesure de la dureté des métaux. Nous pensons qu’il peut être utile de signaler à nos lecteurs trois appareils imaginés par l’ingénieur Guillery et dont l’usage tend à se répandre rapidement, car ils sont simples et donnent une précision très suffisante dans les mesures (’).
- Lorsqu’on veut effectuer une mesure ou un essai de dureté sur des pièces difficilement déplaçables ou maniables (telles que lingots de forges, barres
- •J. Je tiens à remercier Mi\I. Schor et Mathieu, ingénieurs des Arts et Manufactures qui m’ont donné toutes indications utiles sur ces appareils.
- C’est là encore de l’énergie dispersée et son emploi est par suite, onéreux, sauf dans des cas particuliers.
- Il reste enfin l’énerarie contenue dans la radiation solaire; elle est 70 000 fois supérieure à celle de la houille utilisée annuellement. M. S van te Arrhcnius rappelle la machine solaire construite en 1888 par l’Américain Ericsonn ; cet inventeur obtenait une puissance d’un cheval-vapeur avec un miroir d’une ouverture de 10 m2, qui concentrait les rayons solaires sur une chaudière alimentant une machine à vapeur.
- Un autre Américain, M. Shuman, plus récemment, a installé en Egypte, à 10 km. au sud du Caire, une machine du même genre, dont les miroirs ont 1200 m2 d’ouverture; elle donne environ 00 chevaux, elle est donc beaucoup moins parfaite que celle d’Ericsonn, mais elle pourra, semble-t-il, être facilement améliorée.
- Des machines de ce genre présentent, aux yeux du professeur Arrhénius, une grande importance ; selon lui elles serviront dans l’avenir à mettre en valeur de grandes étendues aujourd’hui arides dans les contrées tropicales; elles permettront économiquement l’irrigation de pays comme la Mésopotamie autrefois si prospère, aujourd’hui désertique, parce que les peuples nomades qui l’ont conquise ont abandonné les installations irrigatoires, trop onéreuses, des anciens.
- Il est par suite très probable que lorsque tout le combustible possible aura été consommé, la civilisation reviendra se concentrer dans les régions méditerranéennes, mésopotamicnnes et de l’Amérique centrale qui furent son berceau.
- M. Svante Arrhénius termine son exposé par une remarque intéressante sur le rôle de l’acide carbonique : il a démontré, il y a plusieurs années, que l’augmentation de la teneur de l’atmosphère terrestre en acide carbonique rend le climat plus égal et plus chaud. On peut donc, dit-il, supposer que la combustion de la houille a pour effet de rapprocher le climat de notre époque de celui de l’époque tertiaire. De plus, la végétation trouve un puissant stimulant dans l’absorption de l’acide carbonique de l’air par le sol. 11 est donc probable que la combustion par l’industrie de tout le charbon disponible aura pour résultat de favoriser l’agriculture et le développement des forêts dans les régions tempérées. Il y a donc pour elles, dans la calamité que représente la destruction des ressources en combustible, quelques compensations heureuses. A. Des* oc.
- ET DE LA RÉSILIENCE DES MÉTAUX
- dans les magasins, rails montés et mis en place, obus de gros calibre, etc.) il est indispensable de pouvoir utiliser un appareil portatif.
- Celui que nous décrivons affecte la forme d’un tube que l’opérateur peut tenir à deux mains ; le poids est suffisamment faible-pour que la manœuvre en soit aisée.
- La dureté des aciers est fournie par l’empreinte que fait une bille de 5 mm. agissant par choc.
- Dans ce but, une masse convenable porte un matelas élastique étalonné qui, comprimé, agit, d’un côté, sur la masse et, de l’autre, sur le porte-bille. D’autre part la masse tombe toujours d’une
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- MESURES RAPIDES DE LA DURETÉ ET DE LA RÉSILIENCE DES METAUX 231
- hauteur constante, et, au moment du choc, la bille pe'nètre dans le me'tal jusqu’à ce que la réaction produite sur la bille corresponde à la tension du matelas précité.
- A ce moment, le porte-bille entre dans son emplacement et par sa lèvre inférieure L (fig. 2) frappe sur la pièce, ce choc absorbant ainsi l’énergie demeurée disponible.
- La masse rebondit, en raison de l’élasticité du matelas; en outre, par suite d’un déclenchement provoqué par le choc, un coin circulaire arrive au contact de deux galets, qui bloquent la masse dans le tube, dès que cette masse a une tendance à redescendre : il n’y a donc qu’un choc unique.
- L’opérateur qui doit procéder à un essai commence par « armer » l’appareil : à cet effet, tenant le tube T à deux
- mains, il fait basculer l’appareil, de manière à incliner vers le sol la partie supérieure. La masse entière se met à glisser jusqu’au moment où le cliquet À vient en prise dans la gorge de la pièce E ; on peut retourner l’ensemble, de manière à présenter l’ouverture 0 à l’endroit convenable de la pièce dont on veut évaluer la dureté. Si l’opérateur appuie alors sur le bouton du cliquet A il constate que rien ne bouge; il est nécessaire, en effet, d’armer au préalable le bouton B, en tirant dessus jusqu’à l’instant où on sentira l’action du cliquet intérieur D. Cette dernière opération aura pour résultat de retirer en arrière le coinC, qui étant poussé par sou ressort, faisait bloquer sur le tube les galets G.
- Si l’on veut procéder à un essai, le tube T étant tenu vertical et l’ouverture 0 ayant été appuyée à l’endroit voulu, on déclenche A; la masse porte-bille tombe, la bille marque son empreinte. et l’ensemble
- Fig. i. — Opéraient' éprouvant la dureté d’un bloc d'acier avec un tube à bille Guillery
- Fig. 2. — Coupe du tube.
- rebondit. La mesure de l’empreinte peut se faire par les méthodes habituelles; dans le cas où la lecture en est difficile, à l’aide d’une lame de plomb et d’un marteau, on peut relever cette empreinte et la mesurer plus commodément. Il suffit ensuite de se reporter à un diagramme spécial pour avoir le coefficient de dureté et celui de la résistance du métal essayé.
- On conçoit que cet appareil doive toujours être conservé dans un état de parfaite propreté et soigneusement graissé et que, au moment où l’opérateur procède à un essai, le tube T doive être maintenu dans une position aussi voisine que possible de la verticale; il faut ajouter toutefois qu’une légère inclinaison n’a pas d’influence sur la précision de l’opération.
- Il est, par ailleurs, évident que la masse de la pièce à essayer doit être suffisante ; dans le cas où cette masse serait inférieure à celle de l’ensemble de l’appareil, il est indispensable déplacer Ja pièce à essayer sur un marbre ou sur une base métallique de masse convenable.
- Un second appareil, imaginé par le même ingénieur, sert à mesurer la dureté des métaux pour des pièces facilement maniables. La charge d’action est de 750 kg et la bille emplojée de 5 mm de diamètre. Le matelas élastique, renfermé dans la vis d’approche Y (fig. 5), est, bien entendu, rigoureusement taré et donne 750 kg pour la course d’aplatissement qui lui est imprimée par la butée d’appui Iv et ceci pour l’amplitude totale du mouvement du levier à main G, par l’intermédiaire du balancier à couteaux D et de la came F.
- La tige moletée J, à « fric-
- jFig. 3. — Vue du tube Guillery.
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- Fig. <f. — Appareil à billes pour la mesure directe de la dureté des métaux. (Modèle pour pièces pouvant se tenir à la main.)
- Fig. 5. — Coupe de l'appareil à billes. Charge d’action 750 kg.
- lion à maximum » dans lu sens du serrage et à « entraînement par coincement a dans l’autre sens, permet de commander la vis d’approche V ; le plateau M, qui porte la graduation, tourne avec la vis; l’index L coulisse à frottement doux dans le bâti A, sa pointe se rapportant aux graduations.
- Si l’opérateur veut effectuer une mesure, il procède comme il suit : le levier étant en position verticale, la pièce P à essayer est placée sur la butée. Par le moyen de la tige à friction on manœuvre alors la vis d'approche jusqu’à ce que la bille II soit en contact avec la pièce P. A cet /instant la friction fonctionne et la vis demeure immobilisée; on place alors l’index en regard du
- repère de la graduation ; on amène le levier G en G', puis on le replace dans la position G ; la tige I étant manœuvrée jusqu’à la friction, la vis tourne d’une quantité correspondante à la pénétration de la bille. L’opération est répéte'e jusqu’à ce que la vis ne tourne plus ; l’index n’a pas bougé et indique, sur la graduation la dureté du métal.
- Un troisième appareil analogue possède une charge d’action de 5000 kg : on utilise une bille de 10 mm. Le matelas élastique, qui est contenu dans la partie inférieure du bâti (fig. 6 et 7) de l’appareil, donne 5000 kg pour la course d’aplatissement que lui communique le couteau G pour l’amplitude totale du levier à main G, par l’inter-
- Fig. 6. — Vue de l’appareil à billes Guillery Charge d’action 3ooo kg.
- G NV
- Fig. 7.
- Coupe de l’appareil à billes Guillery. Charge d’action 3ooo kg.
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- MESURES RAPIDES DE LA DURETÉ ET DE LA RÉSILIENCE DES MÉTAUX 233
- médiaire du balancier à couteau D et de la came F.
- La vis d’approche V est commandée par le moyen du volant moleté I à « friction à maximum » dans le sens du serrage et à entraînement par coincement en sens inverse.
- L’index L est monté à frottement doux sur le plateau J qui tourne avec la vis Y.
- Pour faire fonctionner cet appareil on opère dans le même ordre et de même manière que pour le précédent.
- Une remarque s’impose en terminant : l’influence du choc dans l’appareil à tube — qui a été décrit le premier — donne une très légère différence avec l’essai statique de la bille de 5 mm sous charge de 750 kg. Pour les métaux durs, l’empreinte au choc est très faiblement plus grande que l’empreinte statique, et, pour les métaux
- doux, elle est par contre un peu plus faible. Nous devons ajouter que ces écarts ne dépassent
- jamais est
- les
- obligé
- limites de la d’observer dans
- genre
- précision que 1 on des mesures de ce
- Fig. 8. — Mouton dynamométrique de 6o kilogrammèlrespour la mesure de la résilience des métaux.
- On sait que la « résilience » d’un métal, qui représente l’inverse de sa fragilité, est mesurée par le nombre de kilogrammèlres, nécessaire à la rupture ou à la flexion d’une barrette, diviséepar la section en centimètres carrés au fond de l’entaille.
- Le mouton dynamométrique, imaginé par M. Guillery, sert à mesurer la résilience de barreaux entaillés à 5 mm, de la forme réglementaire. (Dans les tôles d’épaisseurs différentes de 10 mm, l’épaisseur devient la dimension perpendiculaire à l’entaille.)
- L’appareil est composé d’un volant dont la forme et les dispositions ont été spécialement étudiées. En effet lorsque ce volant tourne à 500 tours à la minute, la « vitesse linéaire d’impact », qui n’est autre que la vitesse du centre du
- Fig. g. — Coupe du mouton dynamométrique.
- i, couteau mobile; 2, barrette; 3, touche de déclenchement; 4, touche d’enclenchement; 5, cuvette d'éjection; 6, tachymètre; 7, loquet de sûreté; 8, levier d’embrayage et de frein ; 9, lame d’enclen
- chement; 10, sabot de frein.
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- EXPERTISE SIMPLE
- couteau, est celle de la chute libre d’un corps tombant de 4 m. de hauteur. Le moment d’inertie polaire de ce volant est tel que, à cette vitesse, le travail accumulé dans sa masse est de 60 kilogrammètrcs.
- L’appareil peut donc être identifié à un mouton rectiligne d’un poids de 15 kg tombant de hauteurs variables, que l’on mesure au moyen d’une échelle de tachymèlre et ce jusqu’à une hauteur de 4 m. (De ce fait l’échelle de mesure des kilogrammctres absorbés par le choc a son zéro correspondant à la hauteur de 4 m).
- On peut d’ailleurs, comme dans un mouton rectiligne, effectuer des essais à des vitesses infé-
- ET RAPIDE DES LAITS .. ——
- La hauteur de chute et le travail absorbé se lisent sur le taehymètre dont le niveau à l’arrêt se règle pour coïncider avec la graduation 60 lâlo-grammêtres, au moyen d’un écran molleté, qui agit sur un flotteur intérieur.
- Le couteau, fixé au volant par une articulation, peut occuper deux positions :
- la position d’enclenchement qui éclipse de façon complète la partie tranchante du couteau ;
- celle de déclenchement que lui donne la position nécessaire à la rupture de la barrette.
- Le couteau prend d’ailleurs ces deux positions par le mouvement même de rotation du volant,
- 700 8OO9OOJ0O
- Résistance en Kilos pan '7m!é/a traction et chiffres de dureté
- Fig. io. — Graphiques donnant en fonction des diamètres des empreintes les coefficients de dureté et les résistances à la rupture correspondantes sur les aciers au carbone.
- rieures à 4 m. de hauteur de chute : dans ce cas, le travail absorbé est obtenu en retranchant du chiffre de l’échelle des kilogrammètres, lu au moment de l’essai, le chiffre de la même échelle lu après l’essai.
- Une manivelle permet de commander l’appareil ; cette manivelle est conjuguée avec lé levier voisin qui donne l’embrayage, le débrayage et le freinage par les diverses positions qu’on lui fait occuper.
- selon que l’on appuie sur le bouton d’enclenchement ou sur celui de déclenchement.
- La barrette étant placée sur l’enclume à la position convenable, une porte ferme l’appareil et le loquet de cette porte est placé de telle façon qu’il sert d’engin de sécurité : si le couteau n’est pas enclenché, on ne peut pas ouvrir la porte, lorsque le volant est en mouvement.
- S. Boistiiorkt,.
- EXPERTISE SIMPLE ET RAPIDE DES LAITS
- Dosage du beurre dans les fromages
- Dans de précédents travaux, nous avons déjà indiqué certains procédés rapides d’expertise du lait et des fromages (*). Mais ces procédés, sans être des procédés de laboratoire proprement dits, sont plutôt des procédés scientifiques dont l’application comporte une certaine habitude des manipulations et des réactions chimiques. Celui que nous voulons indiquer ici est vraiment un procédé vulgaire ; il est à la portée de tous et peut être appliqué dans les familles par les simples ménagères.
- Ce procédé a pour but d’indiquer la richesse en
- 1. Voir Bulletin de l(i Société de Pathologie comparée, Annales d’Hygiène et de médecine légale, Marseilh Médical, 1920.
- beurre des laits et des fromages. Il sera aussi très avantageusement utilisé pour l’examen du lait des nourrices.
- La technique est des moins compliquées :
- 1° Lait marchand et lait de femme. — L’opération comprendra trois temps :
- 1er temps. — Le lait ayant été bien mélangé, on en prélève une petite quantité à l’aide d’un compte-gouttes plongé dans le sein de la masse. On essuie avec un linge l’extrémité du compte-gouttes, et on dépose une toute petite gouttelette de lait sur un rectangle de papier cloche mesurant 5 cm de long sur 2 cm de large. La gouttelette de lait ne doit pas dépasser les dimensions d’une petite lentille, son
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- =========== EXPERTISE SIMPLE ET
- diamètre doit être compris entre 3 et 4 mm. On l’obtiendra facilement en louchant le rectangle de papier avec l’extrémité du compte-gouttes tenu obliquement. La gouttelette se formera spontanément par simple contact avec le papier, sans qu’il soit nécessaire de presser sur le capuchon en caoutchouc du compte-gouttes : la moindre pression sur ce dernier déterminerait la chute d’une goutte trop volumineuse.
- 2e temps. — Le rectangle de papier est placé horizontalement sur les doux branches d’une épingle à cheveux reposant lui-même transversalement sur les bords d’une cuillère en fer. 11 faut veiller à ce que les branches du crochet, qui fait le pont sur la cuillère, soient un peu plus largement écartées qu’elles ne le sont d’habitude.
- 5e temps. — La cuillère ainsi disposée est portée sur la flamme d’une lampe à alcool ou d’un hcc de gaz ou simplement tenue au-dessus du verre d’une lampe à pétrole, et on l’y maintient jusqu’à ce que la gouttelette de lait se soit desséchée et présente une coloration caramel presque noire; cette coloration se manifeste après 5 à 8 minutes suivant l’intensité de la chaleur. Du reste, un chauffage plus prolongé ne changerait en rien les résultats obtenus.
- L’opération terminée, on constate, en examinant pur transparence le rectangle de papier, que la tache noir caramel, qui remplace la gouttelette de lait, est entourée d’une auréole huileuse très nettement apparente. Or, les dimensions de cette auréole dépendent de la quantité de beurre contenue dans la gouttelette de lait soumise à l’épreuve. Son diamètre sera d’autant plus grand qu’il y aura plus de beurre ; nous aurons donc dans les dimensions de l’auréole la mesure delà richesse du lait en beurre. Un bon lait de vache donne une auréole dont le diamètre égale à peu près trois fois celui de la gouttelette de lait, soit un diamètre de 10 mm (a, fig. 1).
- Si nous appauvrissons graduellement ce même lait en l’étendant d’une quantité d’eau de plus en plus grande, nous voyons que l’auréole obtenue est d’autant plus réduite que le mouillage est plus fort : un mouillage au quart (250 gr. d’eau pour 750 gr. de lait) donne une auréole de 8 mm 50 (b, fig. 1) et
- cl b c
- Fig. 2. — Auréoles obtenues avec du fromage de Roquefort: la .tache centrale noire représente le petit morceau de fromage avec lequel on a procédé à l’épreuve. L’auréole blanche qui l’entoure représente la lâche huileuse déterminée par le beurre contenu dans le morceau de fromage.
- a, auréole obtenue avec une toute petite quantité de fromage ; b, auréole obtenue avec la moitié de la même quantité; c, auréole obtenue avec le quart de la même quantité.
- RAPIDE DES LAITS ....... — 235
- CL h C
- Fig. i. — Auréoles obtenues avec le lait de vache : la tache centrale noire représente la gouttelette de hit, l’auréole blanche qui l’entoure représente la tache huileuse déterminée par le beurre contenu dans celte gouttelette de lait.
- a, lait de vache pur ; b, même lait mouillé au quart (25o gr. d’eau pour 75o gr. de lait); c, même lait mouillé par moitié (5oo gr. d’eau pour 5oogr. de lait).
- un mouillage au demi (500 gr. d’eau pour 500 gr. de lait) donne une auréole de 7 mm. (c, fig. 1).
- Appliqué à l’examen des nourrices, le procédé nous fournira de précieuses indications en nous renseignant sur la valeur nutritive du lait. Le lait de femme, s’il est de bonne qualité, doit donner une auréole de moindres dimensions que celle obtenue avec un bon lait de vache : cette auréole est sensiblement égale à celle que donne un bon lait de vache coupé au quart (b, fig. 1), légèrement supérieure ou inférieure à cette auréole suivant les cas. Le lait destiné à l’experlise sera prélevé au moment même où la nourrice viendra de donner à téter ou mieux alors que l’enfant aura exercé quelques succions. Il ne faut pas oublier, en effet, que lorsque le lait a séjourné quelque temps dans les mamelles, les premières parties qui en sortent sont claires et séreuses. Une gouttelette de ce lait, traitée par notre procédé, ne donne aucune auréole ou une auréole à peine marquée, preuve évidente qu’il est presque complètement privé de beurre (1).
- 2° Fromages divers. — L’application de notre procédé à l’expertise des fromages nous fournit la preuve de sa valeur. Ici, en effe;t, nous pouvons opérer avec des quantités exactement connues, et nous avons constaté que l'auréole obtenue présente toujours des dimensions proportionnelles à la quantité de fromage soumise à l’épreuve, c’est-à-dire proportionnelle à la quantité de beurre.
- Pour avoir la mesure exacte de la quantité de fromage avec laquelle nous devons opérer, nous avons eu recours à l’expédient suivant :
- Nous employons comme mesure l’ouverture circulaire que présente à son centre la nouvelle pièce de
- 1. La tache noir caramel qui, sur le papier, après chauffage, remplace la gouttelette de lait, donne au toucher une sensation de consistance plus ou moins prononcée suivant la teneur plus ou moins grande du lait en extrait sec : peu consistante et se sentant à peine sous le doigt avec un lait mouille et pauvre en caséine, elle est très consistante et se sent nettement sous le doigt avec un lait non fraudé et riche en caséine. Les renseignements fournis par l’examen de cette tache viendront donc s’ajouter à ceux donnés par l'examen de l’auréole huileuse pour établir la valeur nutritive du lait.
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- monnaie en nickel de 5 centimes ; nous nous servons de cette ouverture comme d’un moule. La pièce de monnaie étant posée sur un plan résistant, nous en remplissons l’ouverture avec du fromage. Au cas où ce dernier appartiendrait à la catégorie des fromages durs, il faudrait l’utiliser sous forme de râpure. Le fromage est fortement tassé; puis, à l’aide d’un couteau, on égalise les deux surfaces en enlevant tout ce qui fait saillie au dehors de chaque côté de l’ouverture. Avec une allumette on chasse tout ce qui a été retenu dans celle-ci, et on obtient ainsi un tout petit fromage lilliputien de forme discoïde, mesurant 4 mm. de diamètre et 1 mm. 50 de haut. Ce petit fromage peut à son tour être divisé en deux ou quatre parties avec chacune desquelles on pourra procéder à une épreuve. La figure 2 représente les auréoles obtenues avec du fromage de Roquefort en procédant comme il vient d’être dit : a, auréole obtenue avec le petit fromage entier (28 mm. de diamètre), b, auréole obtenue avec la moitié de ce petit fromage (20 mm de diamètre) ; c, auréole obtenue avec le quart de ce petit, fromage (14 mm de diamètre). On voit que ces auréoles présentent des diamètres exactement proportionnels à la quantité de fromage utilisé, et, comme la différence qui existe entre ces diamètres ne tient pas, en réalité, à la quantité de fromage mais uniquement à la quantité de beurre, il arrivera quavec une même quantité de fromage on aura des auréoles d'un diamètre plus ou moins étendu suivant que la teneur en beurre de cette même quantité de fromage sera plus ou moins élevée.
- Conclusion. — La façon de procéder, que nous venons d’indiquer, est celle qui nous a paru être la meilleure; mais la méthode comporte, dans ses
- détails, des variantes et des modifications. C’est ainsi, par exemple, qu’en été, une simple exposition au soleil suffira pour faire apparaître l’auréole ; celle-ci pourra encore être obtenue en déposant le petit rectangle de papier sur le couvercle d’une marmite placée sur le feu. Comme les résultats obtenus ne peuvent être bien appréciés que par comparaison, l’important est que l’expérimentateur se familiarise avec la technique qu’il aura adoptée; il devra, pour bien connaître le procédé, multiplier les essais, varier les expériences.
- Il existe, il est vrai, de nombreux dispositifs à l’usage des familles pour expertiser le lait; mais tous ces appareils sont basés sur la densité du lait, et comme les fraudeurs sont très experts à créer des densités artificielles, ces appareils cessent d’être justes : ils indiquent trop souvent une densité légale. C’est pourquoi notre procédé sera susceptible de rendre de grands services par la nature même du renseignement qu’il donne. En nous indiquant la teneur en beurre, il nous mettra sur la voie de toutes les falsifications puisque celles-ci, en définitive, se traduisent toujours par un appauvrissement du lait en beurre. Au surplus, le procédé se recommande par sa grande simplicité : son emploi n’exige aucun appareil, et il reste à la portée de toutes les ménagères.
- Il sera très avantageusement utilisé pour l’examen des nourrices, il nous fournira, ainsi que nous l’avons dit, de très précieuses indications sur la valeur nutritive du lait. Son application régulière et méthodique permettra de connaître les variations de la teneur en beurre du lait au cours de l’allaitement et plus spécialement durant certains états physiologiques et pathologiques.
- D1' S. ICA.I!D
- DÉRATISONS !
- La guerre aux rats vient d’être déclarée ; leurs têtes sont mises à prix ; la chasse commence.
- Cette utile mesure a eu pour cause la crainte de voir se développer en France le mal qui répand la terreur, la peste, puisqu’il faut l’appeler par son nom. Elle rôde perpétuellement à travers le monde, et de ses multiples foyers d’Asie, d’Europe orientale, elle essaie de s’élancer constamment vers l’Occident, à la suite des émigrants, pauvres, souvent sales, dont les puces peuvent contenir le microbe dangereux, le bacille de Yersin, et surtout avec les rats des navires, porteurs des mêmes puces et trop enclins à débarquer avec les ballots de marchandises.
- À vrai dire, la peste ne doit plus nous inspirer « la terreur », car elle peut être vaincue. Yersin nous a donné un sérum efficace ; un vaccin a été préparé ; on peut se préserver de la peste par la vaccination, on peut en guérir par la sérothérapie. La grippe de l’an dernier, mal connue, fit beaucoup plus de victimes que n’en ferait la peste, si elle venait à débarquer en France.
- Ce n’est pas une raison pour signer la paix avec les rats
- et la guerre qui commence est une sainte et juste lutte !
- Le Ministère de l’Hygiène a eu grandement raison de l’engager, non seulement au nom de la santé publique, mais aussi au point de vue de l’économie nationale.
- On sait aujourd’hui que la peste se transmet le plus souvent des rats à l’homme par l’intermédiaire des puces, soit celles de l’homme, soit celles du rat. Que celles-ci piquent un rat ou un homme pesteux, elles se chargent de bacilles en suçant le sang, les inoculent lors d’une nouvelle piqûre et disséminent ainsi la maladie. La preuve du rôle néfaste des rats et de leurs puces est fournie par ce fait que la peste ne sévit guère que parmi les chiffonniers, les égoutiers, dans les taudis où les rats pullulent. Les rats jouent également un rôle essentiel dans la propagation d’une autre maladie, bien connue seulement depuis la guerre, la spirochétose ictéro-hémor-ragique dont les soldats ont souffert pendant la guerre de tranchée.
- Il est possible qu’ils soient les agents de transmission d’autres maladies épidémiques, la suette miliaire par exemple.
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- A cela ne se bornent pas leurs méfaits. Au point de vue économique, ils sont une des « pestes », un des fléaux les plus ruineux des ports, des docks, des entrepôts, des magasins. On a calculé les dégâts qu’ils causent et ils sont formidables. Les évaluer à un milliard par an pour la France seule, est un minimum certainement dépassé, et de beaucoup. Dans les silos à blé entre autres, ils détruisent plus de grain que tous les parasites réunis. A Paris, où ils pullulent, les rats sont beaucoup plus nombreux que les humains ; on y a estimé la population ratière à 5 millions d’individus ; calculez ce qu’ils peuvent manger de nourriture humaine.
- La chasse aux rats, la dératisation, a donc autant d’avantages au point de vue du ravitaillement qu’à celui de la prophylaxie. La lutte qu’on vient d’entreprendre est une excellente opération à tous égards.
- Nous voudrions, à ce propos, rappeler les divers et multiples moyens préconises, pour la destruction des rats, en nous servant de l’excellent petit livre que viennent de publier deux hygiénistes de la Faculté de Médecine de Montpellier, le professeur Bertin-Sans et le Dr Carrieu, chef des travaux pratiques (1 ). Nous n’aurons qu’à suivre les avis et les conseils qu’ils donnent, en les complétant par quelques commentaires d’actualité.
- La dératisation peut être pratiquée soit dans des espaces pouvant être hermétiquement clos, soit à l’air libre. Les moyens diffèrent dans les deux cas; ils sont naturellement plus aisés et plus efficaces dans le premier. Parmi tous les procédés imaginés, il convient de choisir ceux qui détruisent en même temps que les rats, les puces dont ils sont porteurs, puisque, sans cela, les puces abandonnent les cadavres et vont se réfugier sur les hommes et les animaux voisins.
- Dératisation dans les espaces clos. — Prévue pour les navires par la Convention sanitaire internationale de Rome de 1912, elle est obligatoire pour ceux venant d’un port contaminé par la peste ou présentant à bord des cas déclarés ou suspects. En France, les méthodes et les appareils à employer sont, d’après le règlement sanitaire maritime de 1909, choisis, contrôlés et surveillés par le Conseil supérieur d’IJygiène publique de France.
- Le moyen auquel on a recours est l’usage des gaz asphyxiants, communément du gazsulfureux. Le mélange d’anhydrides sulfureux et sulfurique est plus efficace que l'anhydride sulfureux seul et la plupart des appareils produisent un mélange des deux.
- Le gaz, lourd, doit être brassé de façon à pénétrer dans tous les recoins. L’opération terminée, on ventile largement, énergiquement pour rendre l’a'mosphère res-pirable cl arrêter la détérioration des objets, fréquente surtout quand on emploie des gaz chauds et humides. Au besoin, on peut détruire les dernières traces de gaz sulfureux en vaporisant de l’ammoniaque.
- La sulfuration peut être pratiquée simplement en brûlant du soufre dans le local soigneusement clos. On prépare des petits tas do fleur de soufre, soit sur le sol incombustible, soit dans des pots de grès placés sur un las de cendres pour éviter les projections, à raison de 70 à 75 grammes de soufre par mètre cube. On les enflamme, par exemple, au moyen de chiffons imbibés d’alcool, puis on se relire et l’on ferme la porte. Les autres issues ont été préalablement closes et les fentes bouchées au moyen de bandes de papier collé. Après
- 1. II. Bertin-Sans et M. F. Carrieu, Prophylaxie des maladies transmissibles. 1 vol., Masson et Cie, éditeurs. Paris, 1920.
- 10 à 12 heures, on pénètre dans le local qu’on ventile autant qu’on peut.
- L’air n’étant pas brassé, la combustion étant parfois incomplète, ce procédé de fortune est inférieur comme résultats aux appareils de sulfuration. Ceux-ci sont très nombreux. Les uns, comme le sulfozonateur Marot, l’appareil Galaine et Iloulbert utilisent l’anhydride sulfureux liquide, froid et sec, dont une partie est transformée en anhydride sulfurique. D’autres brûlent le soufre, seu ou additionné d’oxvdanls, dans un courant d’air et produisent un brassage de l’air des chambres où ils injectent le gaz; tels sont les appareils Clayton, Ge-neste et Ilerscher, Lochon, Gauthier et Deglos. Certains sont portatifs et conviennent à de petites installations, d’autres sont montés sur wagons ou péniches et permettent de sulfurer un navire entier ou un grenier à grains.
- Depuis la fin de la guerre, on a préconisé également l’emploi de lachloropicrine. Des essais ont été faits aussi avec l’acide cyanhydrique, mais ces produits sont beaucoup plus dangereux à manipuler que l’anhydride sulfureux.
- Dératisation dans les espaces libres. -— Dans les espaces libres qui ne peuvent être couverts et clos, la dératisation est beaucoup plus difficile et moins efficace. Toutefois, les moyens d’agir ne manquent pas.
- Tout d’abord on doit empêcher la pullulation des rats en les privant de nourriture. Les garde-manger, les caves, les grilles d’égout doivent être munis de grillages métalliques assez serrés pour arrêter les rats, assez solides pour qu’ils ne les coupent pas. La sécurité qu’on obtient ainsi n’est pas absolue, caries rats savent percer des galeries même à travers le ciment et réussissent à couper des fils de fer de belle taille. Les Parisiens qui voudraient juger de leurs travaux d’art n’auraient qu’à aller voir au Jardin des Plantes les galeries creusées par les rats pour pénctier dans les cages et y dévorer la nourriture qu’on y dépose pour les pensionnaires quand ce ne sont pas les pensionnaires, eux-mêmes, les oiseaux en particulier.
- Cette limitation des rats par la privation de nourriture explique les dangers que le chiffonnage fait courir à la santé publique. Les poubelles ouvertes séjournant au bord du trottoir, leurs déchets lenversés sur le sol par les chiffonnieis, le retard apporté à l’enlèvement des ordures, fournissent aux rats une table abondamment servie et trop longtemps mise à leur disposition. L’emploi de boîtes à ordures fermées, l’interdiction du chiffonnage à domicile, l’enlèvement rapide des ordures ménagères, suffiraient à arrêterle pullulement des rongeurs citadins, dont les noctambules ont pu contcmjiler les exploits des grilles d’arbres aux bouches d’égout, des tuyaux de descente des eaux pluviales aux poubelles du trottoir. A Paris, le Préfet de Police vient de remettre en vigueur l’ordonnance qui exige que les boîtes à ordures ne séjournent pas sur la voie publique plus d’une demi-heure avant le passage des équipes d’enlèvement, la mise en service de nouveaux camions automobiles lormés ajoutera à l’efficacité de celle mesure, et si les chiffonniers veulent bien consentir à effectuer leurs travaux seulement aux usines de traitement des ordures, les voies de la capitale redeviendront propres, nettes, tandis que les rats affamés s’en iront ailleurs... ou se dévoreront entre eux.
- On a proposé aussi de boucher les trous de rats avec du ciment mélangé de tessons de verre. Les rats ne percent pas ces bouchons, mais... creusent trop souvent
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- DÉRATISONS !
- une nouvelle galerie un peu plus loin, rendant le travail inutile.
- Les chats, et surtout les chats domestiques, ne s’attaquent pas aux rats; il ne faut donc pas compter sur eux comme auxiliaires. Le chien ratier est plus courageux, mais ses combats héroïques — dont on a même fait un sport — ne fournissent que des tableaux de chasse peu garnis. Plus efficaces sont à la campagne, les oiseaux de proie nocturnes, la chouette notamment, qui s’attaquent aux jeunes rats dans leur nid et détruisent des nichées, entières.
- La pullulation des rats est extraordinaire. Chaque couple a en.une seule fois une descendance de 10 à 45 petits qui naissent apres 5 semaines de portée, deviennent adultes en moins de six mois et se reproduisent aussitôt, si bien que d’un seul couple peuvent naître en un an plus de cent rongeurs. Leur multiplication serait une plaie irréparable si, de temps à autre, une épidémie meurtrière, souvent une lyphqïde spéciale aux rats, ne venait décimer la horde et la réduire brusquement à un petit nombre de survivants.
- Contre les rats vivant au dehors, le mieux est de chercher à les détruire soit en les capturant au piège, soit en les empoisonnant.
- De nombreux modèles de pièges existent dans le commerce : nasses appâtées avec un morceau de lard ou de fromage, trébuchets basculant dans une cuve d’eau, pièges à ressort se détendant au passage du rat. Quelques précautions doivent être prises pour qu’ils soient efficaces : les rats ont l’odorat fin et détestent certaines odeurs, particulièrement celle du tabac, un piège manipulé par un fumeur restera toujours vide; ils ont la plus grande défiance de l’odeur de rat mort, un piège ou est mort un rongeur devra être ébouillanté avant d’être remis en place; ils se méfient des objets inaccoutumés, le piège devra s’ouvrir insidieusement sur leur route habituelle, au bas et le long d’un mur.
- Les appâts empoisonnés utilisés contre les rats sont très nombreux. On vend dans le commerce, sous le nom de « mort aux rats », des pâtes à l’arsenic, au phosphore, au phosphore de zinc, dont voici deux formules empruntées à l’ouvrage des D's Bertin-Sans et Car-rieu :
- 1° Pâte phosphorée :
- Phosphore.................. 20 grammes
- Eau bouillante............ 400 —
- Farine de blé ou autre. . . 400 —
- Suif fondu................ 400 —
- Huile de noix ou d’œillette. . 200 —
- Sucre pulvérisé. . .... 500 —
- 2° Pâle arsenicale (formule de la Faculté de Pharmacie) :
- Suif fondu............... 1000 —
- Farine................... 1000 —
- Arsenic en poudre lies line. 100 —
- Noir de fumée.............. 10 —
- Essence d’anis.............. 1 —
- On peut aussi employer des appâts au carbonate de baryte en introduisant 2 pour 100 de ce sel dans une des formules précédentes.
- Ces. pâtes, préparées avec des mains propres, ne sen-
- tant pas le tabac, sont étendues en couche mince sur des tranches de pain. Elles ont l’inconvénient d’être aussi toxiques pour les enfants et les animaux domestiques que pour les rats.
- L’Institut Pasteur prépare un extrait toxique à la scil-litine, glucoside contenu dans la scille, plante très commune, qui est très peu dangereuse pour l’homme et les autres animaux. Il a le défaut de s’altérer très rapidement et de perdre alors son efficacité.
- Pendant la guerre, le service de Santé militaire l’a stabilisé en incorporant par fusion au bain-marie, à 10 grammes de poudre de scille 50 grammes de suif; Loir et Legangncux ont préconisé la formule suivante :
- Poudre de scille................ 5 grammes
- Farine.......................... 20
- Poudre de fenouil............... 20 —
- Essence d’anis.................. 1 goutte
- Axonge (graisse ordinaire) Q. S. pour faire une pâte dure, on coupe en tablettes de 10 grammes environ.
- Loir et Legangncux ont également eu de bons résultats avec des houlettes de 5 grammes environ faites de parties égales de poudre de scille et de viande hachée.
- Danysz a préparé à l’Institut Pasteur un virus pathogène pour les souris et les rats qu’on étale en tartine sur du pain et qu’on place sur le passage des rats; il leur communique une maladie épidémique comparable à la fièvre typhoïde. Toutefois les rats atteints qui guérissent sont dè ce fait immunisés pendant longtemps, et de plus, le virus Danysz. n’est peut-être pas sans danger pour l’homme et les animaux domestiques.
- Une des meilleures façons d’employer ces appâts dont on connaît l’efficacité est de les varier constamment; les rats ont des préférences et des dégoûts que nous connaissons mal et l’on a d’autant plus de chances d’en atteindre un grand nombre qu’on leur offrira allernati-vcment des appâts d’odeurs et d’aspects variés.
- Même, étant donnée leur méfiance, on aurait un succès plus grand et plus certain en appâtant plusieurs jours de suite avec des quantités abondantes de nourriture non toxique, de façon à attirer un grand nombre de rais à une table bien servie ; la confiance établie, on substituera à l’appât innocent un autre identique mais additionné de phosphore, ou d’arsenic ou de baryte qui les trompera plus sûrement.
- Les rats empoisonnés allant souvent mourir dans des trous inaccessibles, l’inconvénient de ces derniers modes de destruction est de parsemer les maisons de cadavres qui entrent en putréfaction et dégagent des odeurs désagréables.
- En-appliquant toutes ces mesures: ordures ménagères enlevées rapidement dans des récipients clos, pièges, appâts empoisonnés, on doit faire diminuer très rapidement la population ratière des villes, pour le plus grand bien de leurs habitants humains.
- Pour encourager la dératisation, la Yille de Paris vient de décider de payer une prime élevée, 25 centimes par rat capturé et livré mort ou vif. Les premières journées de chasse ont été fructueuses. D’autres villes ne larderont pas à imiter cet exemple.
- Et nous n’entendrons plus parler de menaces de peste, et nos greniers resteront pleins ! 11. M.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’août et septembre J920.
- ISutilisation de l'azote par le DacUlus subtilis. — Généralement le milieu de culture est riche en asparagine qui représente à la fois la source de carbone et cl’nzolc. M. Au bel a pu remarquer que la nature de l’élément carboné exerce une influence très nette sur l’utilisation de l’azote. Celle-ci atteint son maximum dans le cas des carbones cétoniques; viennent ensuite le carbone aldébydiquc et le carbone lié directement à l’hydrogène. De telles expériences confirment en outre les hypothèses formulées par Lindet,. Molliard et Colin, pour qui le lévulose constitue avant tout un aliment de construction.
- La constitution de certains fers tilanés. — De tels minéraux présentent de grandes variations, qu’il s’agisse des proportions relatives du fer et du litaneou de l’étatd’oxy-dalion du premier. Leur symétrie permet de les partager en deux groupes : les ilménitcs et les lilanomagnétiles. Mais une étude approfondie faite par M. Lacroix sur les minerais de Madagascar amène ce géologue à penser que, pour le type rhomboédrique, Fe205 n’existe ni à l’état de mélange isomorphe, ni à celui de solution solide ; quant aux octaèdres, il faut les considérer comme des associations perlhitiques de crichtonilc et de magnétite.
- Un sous-marin destiné aux travaux océanographiques. — M. Maxime Laubeuf déc-ri-t- le -petit-navire, étudié par lui en '1907, et qu’il destine à l’exploration directe jusqu’à une profondeur de 8(L_ou 100 m. Pour une longueur de 19 mètres et un diamètre de 2 m. 50, le déplacement serait d’environ 50 tonneaux. La propulsion serait fournie par 45 accumulateurs de 190 kilos
- chacun actionnant un moteur d’une puissance effective de 50 HP, à 420 tours sous 80 volts ; on atteindrait ainsi une vitesse de 6 nœuds en surface et de 4 n. 75 en plongée ; le rayon d’action à demi-vitesse varierait de 50 à 00 milles et deux quilles permettraient d’asseoir le navire sur le fond. L’éminent ingénieur estime que le prix actuel serait d’environ 600 000 francs et donne les principales opérations ou mesures rendues possibles à diverses profondeurs, par les sous-marins qu’on regardait jusqu’ici seulement comme navires de guerre.
- Les déplacements apparents des étoiles. —Les physiciens et les astronomes s’accordent à considérer les constellations de l’Univers, comme enveloppées d’un . fluide homogène, sans viscosité et d’une élasticité parfaite. Au sujet de certaines anomalies signalées lors de l’éclipse toLale du soleil en mai 4919, M. Fournier admet qu’en cas de disparition de l’éther, les projections du soleil et des étoiles, sur les globes gravitant autour d’eux, se produiraient encore, les astres continueraient à suivre leur cours suivant la loi de Newton, mais l’obscurité absolue régnerait sur le monde entier.
- Le dosage du calcium et du magnésium. — Le plus souvent, dans l’analyse des minerais ou des terres, c’est en-milieu-alcalin qu’on sépare les précipités d’oxydes de fer et d’alumine, des sels alcalino-terreux. M. Canals cite quelques expériences où, en opérant en milieu acétique, le phosphate disodique fournit une méthode précise, si on prend soin d’agiter fortement.
- Paul Li.
- CHARIOT TRANSPORTEUR-ÉLÉVATEUR
- Hans les établissements industriels ou commerciaux, on a souvent besoin de prendre des matériaux et des objets divers en certains endroits, puis de les transporter et de les élever à des hauteurs parfois assez grandes, dans des magasins où l’usage des grues se heurte à des impossibilités locales et techniques. Il faut alors s’adresser à des machines pouvant jouer, en même temps, le rôle de chariot et d’ascenseur. Le transporteur Lahewood, qui a déjà fait ses preuves aux Etats-Unis et que l’AUied. Maehinery Company vient d’importer en France, rentre dans cette catégorie nouvelle d’appareils de levage et permettra à nombre de firmes de réaliser d’importantes économies de main-d’œuvre.
- Ce transporteur-élévateur, que nos photographies représentent en train de gerber des tonneaux, se compose d’un châssis à 4 roues caoutchoutées directrices dont 2 motrices. Ces dernières supportent le moteur de translation, les accumulateurs et le wattman qui se tient sur une sorte de marchepied sis en arrière du véhicule. Une poutre verticale relie la plateforme mobile servant à l’élévation de la charge, par l’intermédiaire d’un châssis à -4 galets
- coulissant sur ladite poutre. Ce châssis porte 2 écrous en bronze se déplaçant sur 2 vis verticales actionnées par le moteur éleclrique qu’on aperçoit à la partie supérieure du chariot. En outre, une vis .de réglage assure la constante horizontalité de la plateforme de chargement qui, dans le modèle courant, mesure 1 m. 08 sur 0 m. 66. Le moteur de translation a une puissance de 2 IIP et celui d’élévation de la charge 1 IIP seulement. Les batteries d’accumulateurs Edison, qui les alimentent, pèsent 1500 kg et fournissent 10 heures de travail sans remise en charge.
- Avec le chariot Lakewood, on soulève une charge de 1800 kg de 0 m. 90 à 1 m. 92 au-dessus du sol en 97 secondes et on peut la transporter d’un point à un autre à l’allure de 12 km à l’heure. Ce nouvel engin à trouvé déjà de multiples applications dans les usines et magasins transatlantiques. En particulier, il facilite le transport jusqu’aux appareils de forge des aciers sortant des fours; il rend aisée la manutention des tonneaux, des moules dans les fonderies et surtout le gerbage de pièces usinées, dans les stalles-magasins. A cet offet, on empile ces dernières sur
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- 240 — CHARIOT TRANSPORTEUR-ÉLÉVATEUR
- des châssis spéciaux qu’on met sur un chariot Lakewood, en les disposant dans des cages formées de fers en V verticaux munis de cornières horizontales de support. Ce système permet de placer rapidement les unes au-dessus des autres, des pièces très lourdes qu’on
- Fig. t. — Transporteur - èlèva -leur Lakewood au travail.
- Le tonneau est placé sur la plateforme de chargement et le wattman, qui se tient sur un marchepied à l’arrière du véhicule, le transporte et l’élève sans peine.
- abandonnait jadis sur le sol et d’augmenter ainsi d’environ 200 pour 100 la capacité d’emmagasinage d’une surface déterminée. D’autre part, l’emploi des châssis deehargementré-duit au minimum les diverses manutentions aussi bien dans les usines que sur les chantiers et dans les gares de chemins de fer pour la mise sur camions ou sur wagons de marchandises très pesantes et difficilement maniables.
- Jacques Boyer.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiidde, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2428.
- 16 OCTOBRE 1920
- L’ASTRONOMIE AU CINÉMA
- La vogue sans cesse grandissante du cinéma n’est I spectacle au point de vue de l’enseignement, il est plus à proclamer, et si l’on considère ce genre de I difficile d’imaginer un moyen de démonstration
- Fig. i à 5. — Quelques dispositifs imaginés pour l’astronomie au cinéma. (Voir explications dans le texte.)
- 48' Année — 2' Semestre.
- 10. — 241.
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- 242 , ......L’ASTRONOMIE AU CINEMA
- plus éducatif. Aussi doit-on applaudir hautement à la tentative de M. Louis Forest qui vient de lancer « le premier grand film d’éducation à la française », Les Mystères du Ciel. Comme son titre l’indique, ce film est consacré à l’étude et aux révélations grandioses de l’Astronomie; notre collaborateur, Lucien Rudaux, a été chargé d’en établir et de faire réaliser le scénario scientifique.
- Mais l’astronomie est une science tellement vaste et la représentation de ses phénomènes est parfois si complexe, que malgré la souplesse et la diversité des moyens cinématographiques, il a fallu vaincre de nombreuses difficultés pour exécuter une telle entreprise. Il ne sera pas sans intérêt pour nos lecteurs de connaître les méthodes et les « trucs » mis en œuvre pour cette réalisation.
- Le cinéma moderne possède plusieurs cordes à son arc; cinématographie directe des objets en mouvement, à la lumière solaire ou électrique, accélération ou ralentissement des mouvements, superpositions d'images photographiques, dessins animés, sont les. principaux moyens qui ont été mis en œuvre.
- Citons donc quelques exemples. L’image d’un globe tournant sur lui-même dans l’espace, celui de la Terre ou d’une autre planète, ne présente comme difficulté que de rendre invisible le support servant de pivot, si l’on veut obtenir une belle illusion. C’est ce qui a été réalisé, ainsi que le montre la figure 1 ; le globe, encastré à moitié dans un grand panneau noir, tourne autour d’invisibles pivots adaptés dans l’épaisseur du panneau. Si l’on ajoute devant ce dispositif un chariot monté sur rail, et portant l’appareil de prise de vues, on obtiendra par déplacement l’apparence du globe grossissant progressivement, ou diminuant de même, comme si, dans l’espace, il s’approchait ou s’éloignait du spectateur. Par contre l’explication des saisons, où l’axe de la. Terre est resté visible, pour matérialiser sa direction, ne demande que de bonnes conditions d’éclairage par un projecteur électrique
- (fig- 2).
- Dans le mécanisme d’une éclipse de Lune, il a fallu, par un faisceau lumineux approprié, éclairer juste la Terre et non son support, tandis que la Lune, maintenue par des fils noirs très fins (qu’un certain degré de lumière a permis de rendre invisibles photographiquement), se déplace circulairement, grâce au dispositif (fig. 7) et vient se noyer dans l’ombre terrestre.
- Pour tous ces phénomènes, le rôle de l’éclairage est considérable, et l’électricité y tient la première place. C’est à l’aide d’un projecteur module autour d’un pivot (fig. 6),. qu’un globe en relief de la Lune a été éclairé brutalement, avec la netteté que cet astre présente à la vision télescopique. Le déplacement du projecteur éclairant progressivement la Lune a permis de reproduire l’aspect des phases successives* Les projecteurs sont employés aussi avantageusement pour donner de beaux effets de
- clair de lune, sur un personnage par exemple (fig. 5). C’est encore à la lumière électrique qu’on a demandé de produire d’étincelantes et scintillantes étoiles. Entre un carton noir perforé, au bout d’un tunnel sombre (comme celui que figure la couverture de ce numéro) et une batterie d’arcs, deux machinistes ont agité en sens contraire des grilles de bois (fig. 3), produisant ainsi des rapides inégalités et des extinctions partielles de lumière, devant les petits trous.
- Les comètes décrivent des ellipses très allongées; leurs queues sont toujours opposées au Soleil, et augmentent progressivement d’étendue. Pour reproduire ces apparences, M. Rudaux a imaginé le mécanisme que les figures 8 et 9 montrent en perspective et en face. Sur le fond noir A est peint un croissant blanc elliptique C avec dégradation de luminosité. Autour d’un long pivot, s’avançant vers l’opérateur et portant le Soleil S, tourne un disque noir B muni d’une fente F. Vue de face, cette fente toujours orientée vers le Soleil se dessine en blanc, et plus ou moins longue (fig. 1, fig. 2), suivant la portion de C devant laquelle elle s’interpose dans le mouvement de rotation du disque. On comprendra, à l’aide de la figure 9, comment par ce mouvement continu on a l’illusion d’une comète se déplaçant elleptiquement ; les portions de la fente non interposées devant la partie claire restent invisibles, le disque et le fond étant du même noir. Quant à la position très en avant du Soleil, elle a pour but de faire la mise au point sur ce disque, qui semble net, alors que la comète reste « flou » pour conserver l’aspect caractéristique de ces astres.
- La réalisation d’autres mouvements célestes, tels que ceux du système planétaire autour du Soleil, les phases de la Lune, la marche d’une éclipse, les transformations d’une tache solaire, etc., ont été réalisées avantageusement à l’aide de dessins animés. On sait que la technique du dessin animé consiste dans la décomposition d’un mouvement, photographié alors image par image, soit en déplaçant par très petites quantités un objet ou un sujet articulé, soit en traçant progressivement les lignes d’un dessin; ainsi a-t-on pu animer des schémas qui présentent un parfait caractère démonstratif. Ces dessins ont été exécutés par M. O’Galop. Cette technique, permettant de projeter un mouvement continu enregistré par petits déplacements successifs, a été employée pour figurer le double mouvement de rotation et de translation de la Terre.
- Mais, soit dit en passant, c’est une œuvre toute de patience, car une telle vision, que le spectateur voit défiler en quelques secondes sur l’écran, a réclamé près d’une demi-journée pour être obtenue !
- A l’oppose de ces vues, accélération d’un lent mouvement, on a employé le ralentissement. Rappelons ce principe.; si l’appareil enregistre 2 lois plus vite, par exemple, qu’à là vitesse normale
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- (16 images à la seconde) et que l’on projette ensuile précisément à celte vitesse normale, le mouvement semblera 2 fois plus lent. Ce moyen a été utilisé pour reproduire certaines péripéties d’un voyage imaginaire dans la Lune, où comme l’on sait la pesanteur est beaucoup plus faible qu’ici-bas, con-
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- est combiné, pour la contemplation de certains spectacles télescopiques avec de remarquables projections en couleur, de M. L. Rudaux. Enfin, il est complété par des épisodes pittoresques ou dramatiques, que M. Gabriel Bernard a tirés de l’Histoire de l’Astronomie.
- Fig. 6 à ç.
- tvn haut, à gauche, reproduction des phases de la Lune-, à droite, imitation des éclipses. En bas, comment'on reproduit le mouvement d'une comète.
- dilions dans lesquelles la chute des corps se produit avec une grande lenteur.
- Disons, en terminant ces indications générales sur la réalisation des Mystères du Ciel, que ce film
- M. Gérard Bourgeois en a été l’artistique metteur en scène, et M. Lavanture l’habile opérateur de prise de vues.
- À. Br.ETON
- LES PALIERS MODERNES
- Lorsqu’on construit un palier, on exige de lui qu’il réponde à certaines conditions de résistance, qui sont communes à toutes les pièces d’une machine, et, en outre, à certaines exigences qui lui sont particulières. Ces dernières sont au nombre de deux :
- 1° Il faut que le palier supporte le poids qu on lui fait porter , c’est-à-dire que la pression spécifique sur les surfaces portantes ne dépasse pas une certaine limite, limite qui dépendra de leur nature.
- 2° Il ne faut pas que le palier chauffe, cela revient à imposer la condition suivante : la chaleur
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- huile
- Fig. F intervalle rempli d'huile qui sépare
- deux surjacesen mouvement l’une par rapport à l’autre doit avoir une section triangulaire.
- produite par le travail de frottement ne doit pas dépasser la chaleur que le palier peut céder au milieu ambiant sans que sa température s’élève d’une façon anormale.
- Les calculs auxquels conduisent ces deux points de vue demandent la connaissance de deux grandeurs qui d’une manière courante sont très mal connues, ce sont : la distribution de la pression sur les surfaces portantes etle coefficient de frottement. On admet généralement que la pression se répartit suivant une fonction hyperbolique simple, la pression augmentant vers le centre.
- Pour le calcul pratique on la suppose répartie uniformément.
- Le coefficient de frottement est déterminé par des essais. Il varie selon le fini de l’exécution, la précision du montage, le graissage, etc. ; en somme il est fort variable et très mal connu. Dans les
- calculs on le pose habi- tig. 2. — Palier modo tuellement égal à 1/20.
- Ainsi les deux grandeurs essentielles pour le calcul des paliers n’interviennent qu’avec une approximation très grossière, ce qui nous oblige de calculer avec un coefficient de sécurité et, conséquence inévitable, de mal utiliser notre matériel dans la plupart des cas.
- Pourtant ce ri’est pas faute de théorie. Dès 1886 Osborne Reynolds avait donné dans les « Philoso-pbical Transactions » de la Société Royale de Londres une théorie du graissage qui contenait en germe la théorie du palier moderne.
- Cette théorie a été reprise et développée par la section de recherches des Usines Brown, Boveri et C° et les résultats vérifiés par de nombreux essais. Ce sont les conclusions auxquelles sont arrivés les ingénieurs de Brown, Boveri et C°que je vais essayer de résumer aussi brièvement que possible.
- Lorsque deux pièces frottent l’une sur l’autre, trois cas différents peuvent se présenter. Pour l’ingénieur, le cas le plus simple, le frottement sec, ne
- se présente qu’exceptionncllement ; il est régi par la loi de Coulomb qui dit que la force de frottement est proportionnelle à la pression. Pour du métal poli le coefficient de proportionnalité est égal à 0,2 ; d’autre part à des pressions supérieures à 40 ou 50 kg/cm2, le métal est attaqué et- tout mouvemeni devient impossible. Le frottement sec ne peut donc intervenir dansla construction des machines, il conduirait à des pertes d’énergie et à une usure inadmissibles.
- Pour parer à ces inconvénients, on a songé à séparer les deux pièces frottantes par un agent intermédiaire destiné à réduire l’usure et le travail de frottement. On a essayé des corps solides et de cette idée sont nés les roulements à bille et à cylindre; mais c’est l’introduction entre les deux surfaces d’un liquide qui a eu le plus de succès et qui est devenu d’un emploi universel. C’est d’elle que nous allons parler.
- La couche lubréfiante que nous introduisons entre les deux surfaces de frottement peut être assez épaisse pour dépasser les aspérités, les irrégularités que présente la "surface meme la mieux travaillée.
- C’est le cas du graissage parlait; toute la pression est transmise par la couche intermédiaire, il n’y a pas de contact direct entre les deux surfaces métalliques. C’est là la condition normale, celle que nous devons chercher à réaliser dans tous les paliers.
- Cette condition n’est malheureusement pas si facile à remplir et très souvent nous nous trouvons en face d’un graissage incomplet. 11 y a bien entre les deux surfaces une couche lubrcliante, mais elle est trop faible pour recouvrir toutes les irrégularités et pbur empêcher des contacts directs.
- Il y a quelques années on ne savait réaliser le graissage parfait qu’en se servant d’huile sous pression qu’on injectait dans le palier. Cela a été réalisé en particulier dans les paliers portant des turbines à axe vertical. Pour ces constructions on a constaté
- 11e système Brown-Boveri.
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- des coefficients de frottement très faibles et une usure pratiquement nulle. Pourtant la diminution des pertes de frottement qui en résulte doit s’acheter assez cher par la présence d’une pompe à huile, qui complique l’installation et qui, elle aussi, exige une certaine quantité d’énergie. Nous nous trouvons donc là devant une solution incomplète du problème, devant une solution qui ne peut s’appliquer économiquement que dans des cas exceptionnels .
- En pratique on a essayé de tourner la difficulté en introduisant de l’huile entre les parties frottantes, dans lesquelles on creusait des canaux avec l’espoir que le mouvement se chargerait de répartir l’huile uniformément.
- L’idée est juste et sa mise en pratique donne de bons résultats, à condition toutefois que les pressions ne soient pas trop fortes, car dès que la pression spécifique dépasse une certaine valeur, dépassement fréquent dans la pratique, la couche d’huile ne peut plus se maintenir entre les surfaces frottantes, elle est chassée vers l’extérieur et le graissage devient incomplet. On a essayé de parer à cette difficulté en noyant les paliers dans l’huile; il est clair que est expédient ne présente pas une solution du problème, puisque l’huile ne peut pas pénétrer entre les pièces frottantes ni par conséquent remplir son office.
- Or il y a plus de 30 ans que Osborne Reynolds a montré qu’il était possible d’obtenir une séparation complète de deux surfaces glissantes l’une sur l’autre en introduisant entre elles une couche
- Fig. 6. — Vue d'un palier Escher-Wyss.
- Coupe AA
- Fig. 4. — Principe des paliers Eschei'-Wyss.
- liquide par le seul fait de son adhésion et de sa viscosité.
- Partant des équations fondamentales de l’hydrodynamique qu’il arrive à intégrer après quelques simplifications particulières au problème, il montre qu’entre deux plans parallèles mobiles l’un par rapport à l’autre, la variation de pression ne peut être que linéaire. Nulle aux deux extrémités, puisque nous ne voulons pas faire usage d’huile sous pression, la pression de l’huile entre nos deux
- plans sera toujours nulle. Un palier construit sur ce principe, et presque tous les paliers actuels offrent encore deux surfaces portantes parallèles, ne peut donc porter une charge sans que les deux surfaces de frottement ne se touchent en certains points. Nous aurons toujours un graissage incomplet et une usure notable.
- La question change d’aspect dès que nous inclinons un peu l’un des plans, de façon que la couche d’huile prenne l’aspect d’un coin (fig. 1), que le mouvement aurait tendance à enfoncer entre les deux pièces. Le calcul montre que la pression entre a et b va d'abord en augmentant, puis en diminuant. Cette variation de pression est due uniquement à l’adhésion et à la viscosité de l’huile; son ordre de grandeur se chiffre par dizaines de kilogrammes par centimètre carré, et peut dans des conditions favorables atteindre plusieurs centaines de kg/cm2.
- Voilà un résultat fort surprenant et fort heureux; d’autant plus qu’il ne repose pas sur de simples calculs, mais qu’il a été vérifié expérimentalement avec beaucoup de soins par Brown, Boveri et C°, qui dans leurs essais ont mesuré des pressions allant jusqu’à 250 kg/cm3.
- Des paliers construits sur ce principe ont donné d excellents résultats; le graissage étant parfait, le
- Fig. 5. — a, palier système Brown-Boveri pour une charge de 25 tonnes à 3ooo tours; b, palier ancien modèle pour une charge de 3 tonnes à 3ooo tours.
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- LA FERTILITE DU
- coefficient.de frottement devient minime, il varie entre 0,002 et 0,01, soit en moyenne 50 fois plus petit que le coefficient admis par les paliers ordinaires. Il peut être calculé avec une très grande approximation, ce qui nous permet de dimensionner ces paliers avec une grande exactitude.
- Si .simple qu’elle puisse paraître au premier abord, la construction de ces paliers modernes présente de sérieuses difficultés. Si l’on veut obtenir dans le ruban d’huile une forte pression, il faut que les plans portants soient larges par rapport à leur longueur a b, ce qui est malaisément réalisable ; il faut en outre que la charge soit très bien répartie. Le ruban d’huile n’a, eu effet, que quelques centièmes de millimètre d’épaisseur : un défaut de construction ou de montage aurait vite fait de le déchirer, ce qui entraînerait un contact métallique des deux plans portants et la ruine du palier.
- Les premiers essais pratiques furent faits par Mitchell en Angleterre et plus tard par Kingsbury en Amérique. Ils n’eurent pas de succès, et le problème attendait toujours sa solution, lorsque, il y a quelques années, Brown, Boveri et C° la lui don nèrent d’une manière fort élégante.
- Pour répondre à la première condition qui veut, d’après la figure théorique i, des plans courts, mais larges, ils divisèrent la couronne portante de leur palier en de nombreux segments, reposant sur des billes. Ces billes ne servent qu’à porter les segments et à leur permettre de prendre l’inclinaison voulue.
- Le calcul montre, en effet, qu’à chaque mode de suspension des segments correspond une inclinaison optima qu’ils prennent automatiquement si on leur en laisse la liberté. Remarquons que cette inclinaison varie avec la répartition des charges, la nature de l’huile, sa température, etc.
- Les billes portant les segments (fig. 2 et 5) sont logées sur deux rangées et les segments portent des prolongements qui maintiennent une certaine dis-
- LA FERTILITÉ DU SOL
- L’Agriculture, dans l'état actuel de nos connaissances, est-elle susceptible de bénéficier plus ou moins largement de la Radio-activité?
- Telle est la question qu’on a bien voulu nous poser.
- Nous appuyant sur les données d’une expérimentation un peu sommaire, mais néanmoins probante, nous répondrons qu’en effet l’Agriculture — sous la condition d’un emploi scientifiquement rationnel — doit tirer grand profit des « énergies radio-actives », dont il n’est pas, à notre avis, d’application plus féconde.
- L’Académie des Sciences elle-même n’a-t-elle pas montré toute l’importance qu’elle attache à la solution du problème en attribuant, sur le fonds Bona-
- ET LA RADIO-ACTIVITÉ ---------------------
- tance entre les billes supérieures. Ce système assure une répartition régulière de la charge et laisse aux segments toute liberté pour prendre l’inclinaison normale.
- Ces paliers ont donné d’excellents résultats. Ils supportent une surcharge considérable, leur coefficient de frottement presque nul permet de leur donner des dimensions très restreintes et les pertes de frottement se trouvent réduites à un minimum. La figure 5 montre assez clairement l’économie de place et de matériel qui résulte de l’emploi de ces paliers modernes. Le palier a est un palier construit par Brown, Boveri et C° pour une charge de 25 tonnes et 5000 tours à la minute, à côté se trouve un palier vieux système pour 5 tonnes et le même nombre de tours.
- Une autre construction plus simple, mais-théoriquement moins bonne, a été lancée par Esclier Wyss et C°. Les constructeurs renoncent à une inclinaison variable et à une correction automatique de la répartition des forces. La face portante de leur palier est d’une pièce et porte des plans inclinés alternant avec des plans horizontaux, ainsi que le montre schématiquement la figure 4. La pression croit le long de a b, puis décroît lentement le long de b c, l’analogie avec la disposition théorique est évidente. Ces paliers ont l’inconvénient de ne fonctionner que pour un certain sens de rotation, nous les trouvons surtout dans les turbines; les grandes turbines d’Eglisau en Suisse en sont munies.
- Il ne semble pas encore possible de dire laquelle de ces deux constructions est la meilleure. Elles répondent à des besoins différents et toutes deux ont donné d’excellents résultats. Tout ce qu’on peut affirmer, c’est que, construites sur des bases scientifiques, elles sont destinées à supplanter les anciens systèmes, peut-être même les roulements à bille, et cela surtout lorsqu’il s’agira d’unités considérables. G. H,
- ET LA RADIO-ACTIVITÉ
- parte de 1915, plusieurs subventions de 2000 fr. pour étudier l’influence de la Radio-activité sur le développement des plantes en général et « sur la mutation, la reproduction et la variation de quelques espèces végétales? »
- Il a été, dans celte Revue, trop souvent question de Radio-activité pour que nous nous attardions à des considérations préliminaires étendues.
- Nous nous bornerons à rappeler que la radio-activité, dont la prestigieuse découverte est due à l’illustre physicien Henri Becquerel (1896), est la propriété que possèdent certains corps d'émettre, en toute spontanéité, des radiations invisibles et pénétrantes, animées d’une formidable vitesse et capables d’impressionner une plaque photogra-
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- LA FERTILITÉ DU SOL ET LA RADIO-ACTIVITÉ
- phique à travers des écrans (ex. : papier noir).
- C’est ainsi qu’ont été obtenues, dans une boîte, parfaitement close (fig. 1) à la faveur d’une pose 1res prolongée et selon la méthode qui nous est familière, les deux radiographies que reproduit la figure 2 et qui marquent sur la plaque sensible l'impression, côte à côte, de deux substances pulvérulentes très faiblement, ma's inégalement radioactives, du type utilisé dans nos expériences de physiologie végétale.
- Les corps radio-actifs émettent, comme on sait, trois sortes de rayons : 1° les a, atomiques et é-lectrisés positivement (atomes d’hélium) ; 2° les p, également corpusculaires et à charge négative; 5° les y, immatériels, ceux-ci, vibratoires et comparables aux rayons X, mais en différant . par leur pénélrabilité, puisque certains, assez ténus pour passer dans l'intervalle des atomes — il n’est pas d’autre explication — parviennent à traverser des lames de plomb de 20 à 30 cm d’épaisseur! C’est le rayonnement « ultra-pénétrant », filtré grâce à une technique d’une absolue rigueur, qu’on utilise spécialement et avec une efficacité réelle dans la Radiumthérapie ou la Mésothoriumthérapie du cancer.
- Comment la radio-activité, dont la caractéristique, suivant l’expression du professeur Soddy, est « Une émission continuelle d’énergie », sous forme de chaleur, d’électricité, de projections atomiques et vibratoires ininterrompues, pourrait-elle, à de faibles intensités, cela va sans dire, ne pas agir favorablement sur les phénomènes vitaux, qu’il s’agisse de l’homme, de l’animal ou de la plante?
- H: $
- Si, laissant de côté l’homme et les animaux, nous voulons fournir de suite la démonstration qu’en
- effet la radio-activité peut influencer remarquablement la végétation, nous n’avons réellement qu’a choisir parmi les résultats les plus probants de nos expériences, encore inédites, poursuivies cette année même à l’Ecole d’Alfort, avec la collaboration avertie de M. Guillemain, jtirdinier-clief, ancien élève de l’Ecole d’Horticulture de Versailles. Par exemple, nos essais de cultures en pots, après bouturage.
- La figure 3 représente deux Géraniums de même âge (variété destinée). À droite, le témoin, à gauche, le traité. Quelle différence entre ces deux plantes!
- Comme l’une est luxuriante et l’autre, par comparaison, chétive !
- Les deux pots sont pourtant semblables, en ce qu’ils renferment chacun 2 kg 500 de la même terre. Seulement, pour l’un d’eux, 15 grammes , la valeur de 2 à 5 dés à coudre, pas davantage, d’un produit d'activité 0,11 (*) (par rapport à celle de l’oxyde d’uranium prise comme unité) ont été, le 7 mai dernier, début de l’expérience, intimement mélangés à cette terre. On voit le résultat à la date du 8 août, c’est-à-dire exactement après 3 mois.
- Il a suffi, par conséquent, pour atteindre ce résultat si nettement positif, d’une proportion infime de 0 gr. 60 de stimulant radio-actif par 100 grammes de terre, toutes conditions d’ambiance et de traitement ultérieur (plein air, éclairage, température, arrosage, etc...) restant, pour nos deux géraniums, totalement identiques.
- Une seconde expérience de même ordre, mais plus en grand, puisqu’elle porte sur 40 pieds de Chrysanthèmes, semblera plus intéressante encore, eu égard à la radio-sensibilitéparticulière(2) de
- \. Dû à l’obligeant empressement de la Société française d’Énergie et de Radio-Chimie.
- 2. Déjà constatée, en 1913, par M, Yiaud-Brüant, le distingué horticulteur de Poitiers, dans les expériences qu’il avait bien voulu entreprendre à notre instigation. '
- servant à la démonstration qualitative et quantitative des faibles radioactivités. ( Vue en. réduction.)
- Nota. — Le procédé consiste, opérant dans l’obscurité totale, à introduire une plaque photographique ultra-sensible, i3 x 18, à gélatine protégée ensuite par une feuille de papier noir, au fond d’une boîte en bois parfaitement hermétique, divisible à volonté, par une planchette mobile, en deux compaiv timents. Dans chacun de ces derniers, un petit récipient quelconque, sans fond, reçoit de i5 à 20 grammes du produit présumé radioactif, finement ' broyé.
- La boîte est ensuite fermée, protégée par un voile et gardée à la chambre noire, en l’attente du développement de la plaque, après un temps de pose estimé suffisant.
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- 24S
- LA FERTILITÉ DU SOL ET LA RADIO-ACTIVITÉ
- Fig. 2.— Démonstration]des jaibles radio-activilès par la méthode photographique. (Procédé du professeur G. Petit, d’Alfort.)
- Radiographies (en positif) de deux produits radio-actifs pulvérulents-d’activité o,o3 et o,o5 (par rapport à celle de l’oxyde d’uranium pris pour unité). — Pose : 3&4 heures. — Un sou perforé en nickel, recouvert par la poudre, a fait, sauf en son centre, obstacle au rayonnement. On remarque) a une différence d’intensité (plus évidente encore sur la plaque) entre les deux radiographies, ce qui prouve que la méthode est non seulement qualitative, mais quantitative.
- Les points blancs (noirs sur la plaque) correspondent a des particules radioactives moins finement broyées.
- la plante choisie et h l'importance de la dose.
- Ces 40 pots, contenant chacun 2 kg 500 de terre, comportaient :
- 1° 10 pots témoins; 2° 10 pots avec 200 gr., au total, du même produit que précédemment, d’activité 0,11 (proportion 8 p. 100); 5° 10 pots à 500 gr.
- (proportion 12 p. 100) ; 4U 10 pots à 400 gr. (proportion 16 p. 100). Début de l’expérience 16 juin. Photos prises le 2 août, avant la floraison. Lafigure4, sur laquelle on suit l’ascension graduelle de nos Chrysanthèmes, montre, de droite à gauche, choisis sans pré-dilectiondans les quatre lots : 1 témoin, 1 piedà200gr.,
- 1 à 300 et 1 'a 400 gr. de stimulant.
- Nous n'avons pas encore déter-. mine', ce qui serait fort intéressant pour chaque plante considérée, la dose toxique ou mortelle, probablement très élevée.
- À noter que nous avons dépassé, sans inconvénient, au contraire, la proportion de 10 pour 100 d'excitant radio-actif complémentaire d'engrais, trop prudemment, peut-être, conseillée aux agriculteurs.
- Nous pourrions multiplier les exemples (*) et parler également de nos semis en pots (avoine, trèfle, lupin, vesce, etc...), qui nous ont en général fourni des résultats tout aussi nets : (fig. 5), voire de nos essais en grande culture, c’est-à-dire en pleine terre, non encore achevés et portant sur des choux, poireaux, haricots, etc..., mais ce n’est pas nécessaire à une démons-
- tration que nous voulions aussi brève que formelle, de même qu’il n’est pas indispensable de mentionner ici les essais souvent très intéressants d’un nombre déjà notable de chercheurs. Nous préférons nous en tenir aux nôtres et à ce qui précède.
- [faction favorisante des faibles radioactivités une fois admise, et il nous paraît difficile, à la lumière des faits qui précèdent, de ne point l’admettre, comment l’expliquer, en l’attente des suggestions et précisions qu’une expérimentation plus large, plus sévère, plus décisive, ne manquera pas de nous fournir?
- Le problème est complexe, subtil, hérissé d’inconnues. Est-ce une raison pour l’écarter et, au contraire, ne nous sollicite-t-il pas d’autant plus que l’énigme apparaît plus profonde?
- Réfléchissons qu’il y a dans le sol un végétal qui peut n’être qu’une simple graine, mais dont la croissance, en tout cas, nous captive; — que ce sol est formé d’un mélange essentiellement variable, on peut dire hétéroclite, de matières organiques et minérales, naturelles ou surajoutées (engrais) ; — qu’il contient un nombre prodigieux de microorganismes de toutes variétés, sans lesquels toute vie s'éteindrait et dont, comme toujours et pour autant qu’on en connaisse exactement les propriétés,
- big. 3-
- Action de la radio-activité sur la végétation. (Expériences de MM. G. Petit et Guillemain.)
- I. Nos expériences sur la Sauge éclatante, les Fuschias et les Anthémis nous ont donné les mêmes parfaits résultats.
- Exemple de cultures en pots, après bouturage. (variété Destinée).
- Pieds de Géranium
- Adroite, le témoin-, à gauche, le traité; par i5 gr. (proportion o,6c °/u), d’un stimulant radio-actif d’activité o,ii.
- Début de l’expérience, 7 mai 1920. — Photo prise lé 8 août.
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- les uns sont utiles et les autres nuisibles. Et disons-nous ceci :
- Comment et dans quel sens la radio-activité, dont nous savons les étonnantes manifestations, peut-elle, à dose optima, agir .directement ou indirectement sur la plante, d’abord, pour la stimuler et en accroître la vigueur ; sur le terrain, ensuite, pour en modifier si possible et favorablement la teneur, en l’adaptant aux nécessités de l’assimilation (*) ; enfin sur les microbes eux-mêmes, pour et suivant le cas, en exalter ou atténuer la vitalité?
- L’action directe du rayonnement.
- — Nous ne savons guère, à l’heure présente, mais il conviendra de le déterminer, quelles sont, pour la végétation, les radiations, si l’on peut dire, les plus opérantes? Sont-celes a, que le plus fragile obstacle intercepte, mais qui n’en sont pas moins des atomes électrisés, ou les [3 et les y» autrement pénétrants, bien que divisés en rayons « mous », et rayons « durs » ? Puisque nous n’en savons pas encore dissocier la valeur(2), c’est, en attendant, le rayonnement total, global, qui nous intéresse.
- 1. Le professeur Daniel Berlhelot, membre de l’Institut, Directeur de la Station de physique végétale de Mcudon, qui le premier a conslalé /’affolement de la végétation par la radio-activité, a démontré qu’im faible courant éleclrkjue active la décomposition de la matière organique et la rend par suite plus assimilable.
- 2. A noter que l’énergie des |î représenterait environ le 1/100 seulement de celle des a.
- Fig. 5. — Action de la radio-activité sur la végétation. (Expériences de MM. G. Petit et Guillemain.)
- Exemple de semis en pots. — Vesce commune de printemps.
- A droite, le témoin (pot n° 3o) ; à gauche, un traité (pot n° 35) = 12 dés (environ 70 grammes) d’un stimulant radio-actif d’activité o,ii (porportion 1,80 °/0). Début de l’expérience, 25 mai 1920. — Photo prise le 8 août:
- Fig. 4.— Action de la radio-activité sur la végétation. (Expériences de MM. G. Petit et Guillemain.)
- Exemple de cultures en pots, après bouturage. — Chrysanthèmes.
- De droite à gauche, témoin et traités par 200, 3oo et 400 grammes (proportion 8,12, i6°/0l, d’un stimulant radio-actif d’activité 0,11.
- Début de l’expérience, 16 juin 1920. —Photo prise le 2 août, avant la floraison.
- Or, suivant son intensité même, en supposant sinon un contact absolu d’une réalisation pratiquement incertaine, du moins l’étroit voisinage (zone d’efficacité) des substances radio-actives avec la plante, il est évident que cette dernière pourrait tout aussi bien être anéantie et comme brûlée, si la dose était foudroyante, qu’au contraire excitée, stimulée, si l’activité reste modérée, convenable, comme il convient aux conditions d’une bonne pratique agricole.
- Mon regretté collaborateur et ami, le Dr Henri Dominici, dont le nom restera attaché à l’utilisation du rayonnement ultra-pénétrant dans le traitement du cancer, n’a-t-il pas microscopiquement démontré, chez * l’animal, que certains rayons du
- Radium peuvent, à travers le tégument, provoquer — question de dose — soit la nécrose, c’est-à-dire la mort instantanée, soit la prolifération ardente des cellules conjonctives dermiques et hypodermiques. A fortiori pour nos jeunes, sensibles, délicates cellules végétales, plus directement ex-posées, qu’elles soient radiculaires ou appartiennent à l’embryon du grain.
- Expériences de germination. —
- M. Matout, collaborateur du professeur Becquerel, au Muséum d’histoire naturelle, a stérilisé aisément, ce qui était fatal, par de fortes irradiations, des graines de cresson et de moutarde. De même, M. Guilleminot, opérant sur d’autres graines, mais observant, le premier peut-être, dans
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- ces conditions, l'action accélératrice des faibles activités.
- . Le D1 Nogier(A, professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Lyon, bien connu par ses importants travaux de Radiumthérapie, a soumis, à travers des boîtes de carton mince (suffisantes pour arrêter tous les a), des graines de plantes annuelles (balsamines, pieds d’alouette, pavots, clarkias) au rayonnement intense d’un appareil à sels collés, probablement semblable à ceux que la Dermatologie utilise. Naturellement, aux doses formidables et destructives de 6 ‘240, 3 570, voire 600 milligrammes-minutes (2), il n’a pas manqué d’abolir instantanément le pouvoir germinatif de la plupart de ces graines ! Cependant, certaines d’entre elles (clarkias), occupant sans doute le fond ou les angles de la boîte, relativement protégées de ce fait et soumises à des irradiations sensiblement atténuées, dépassèrent de beaucoup en végétation, après d’hésitants débuts, les clarldas témoins, non irradiés. C’est la démonstration encore imparfaite peut-être, mais néanmoins évidente, du pouvoir excitant, comme l’exprime l’auteur, des doses faibles de Radium.
- Avec M. R. Ancelin, ingénieur agricole, nous avions, avant le Dr Nogier, établi dans une note à l’Académie des Sciences (3) l’influence favorisante de la radioactivité stricte sur la germination. Nous ne voudrions pas y insister, bien qu’attachant à celle démonstration une réelle importance. En faisant agir une eau radioactivée à un degré connu, par comparaison à l’eau ordinaire, sur diverses graines (blé, maïs, orge, ray-grass) nous avons, non pas une fois, mais constamment noté, pour nos lots traités, des radicelles et des tigelles, issues de l’embryon, incomparablement plus larges et plus fortes! Comment ce résultat impressionnant s’expliquerait-il, sinon par l'intensité accrue de la multiplication cellulaire, sous l'action durable et permanente de faibles irradiations?
- Dès lors que se trouve établi le contact — de plus en plus intime, remarquons-le, au fur et à mesure de l’extension des racines dans un sol préparé — entre une substance radioactive, qui émet des rayons électrisés et la plante, qui en reçoit l’ébranlement et le choc, il était a priori impossible que celte dernière n’en lut pas influencée en mal ou en bien ! Les résultats que nous venons de citer suffisent largement, selon nous, à la démonstration de cette action directe, néfaste quand on foudroie les cellules, mais avantageuse quand on se borne à les exciter.
- A nos industries radioactives françaises, qui s’en préoccupent sans nul doute, d’établir des formules pratiques, sûrement efficaces, d’un emploi facile et
- 1. Tu. Nogier. Lyon médical, 7 décembre 1913.
- 2. Quantité d’émanation produite en 1 minute par 1 milligramme de bromure de radium.
- 3'. Acad, des Sciences, 17 mars 1913 (Note présentée par le professeur Chauveau).
- surtout rémunérateur, et à l’Agriculture, pour en tirer le profit maximum, de les expérimenter plus volontiers et plus largement qu’elle ne semble l’avoir fait jusqu’ici, dans l’habituelle lenteur du progrès.
- L’action de la radioactivité sur les microbes du sol, grâce à l’oxygénation de ce dernier. — Dès 191‘2, nous avons tenté d’expliquer à la section de phytopathologie du 1er Congrès international de Pathologie comparée, tenu à la Faculté de Médecine de Paris (1), l’action probable de la Radio-activité sur la fixation de l’azote atmosphérique et sur la nitrification, qui sont, comme on sait, l’œuvre grandiose des infiniment petits. Celte idée, qui nous semble féconde et que nous pensons être le premier à avoir énoncée, a fait depuis, son chemin, et souvent on l’invoque, sans trop se soucier de son origine première et de son promoteur. Il faut dire qu’une note de M. Sloklasa, directeur de la Station agronomique de Prague, à l’Académie des Sciences, est venue un an plus tard, en 1913, la mettre expérimentalement en valeur. L’action ionisante bien connue des corps radio-actifs, disions-nous en substance, et l’ozonisation modérée qui en résulte, favorisent la pullulation et te fonctionnement des microbes nitrificateurs, qui sont des aérobies. Partout, en effet, où s’exerce la radioactivité—que caractérise, notamment, l’émission de particules électrisées — le milieu est rendu conducteur.
- La mesure précise à l’électroscopc, sur laquelle il n’y a pas fieu d’insister, des faibles tout aussi bien que des fortes activités, repose justement sur ce phénomène « d’ionisation », qui s’accompagne toujours, les physiciens nous l’ont appris, de la formation d’une certaine quantité d’ozone. Or, l'ozone, dont on connaît la puissance oxydante, n'est en définitive que de l’oxygène mis à la disposition des bactéries nitrifiantes ou fixatrices de l'azote atmosphérique.
- Les expériences de Stoklasa, qui sont à citer mais aussi à reprendre avec une technique plus rigoureuse, démontrent que la radioactivité agit sur ces aérobies dans un sens réellement avantageux, ainsi que nous l’avions affirmé. Non seulement ils profitent, de toute évidence, comme il vient d’être dit, de l’oxygénation du milieu, mais peut-être sont-ils également capables — pourquoi n’en pas formuler l’hypothèse? — d’utiliser pour leur vie propre et leur hyperîonctionnement une partie de F énergie libérée mise à leur disposition?
- Quoi qu’il en soit, Stoklasa (2), à l’aide de techniques ingénieuses, a étudié l’influence de la radioactivité :
- a) Sur des bactéries fixatrices d’azote;
- b) Sur des bactéries transformatrices de l’azote organique, conduisant à l’ammoniaque comme produit final ;
- 1. Voir, pour plus de détails, les volumes du Congrè (Masson, édit.).
- 2. C. R. de l’Acad. des Sciences, 10 nov. 1915 (note pré-| sentée par le professeur Maqucnne).
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- c) Sur des bactéries dénitrifiantes, en général anaérobies.
- Sans entrer, ce qui nous entraînerait trop loin, dans le détail de ces recherches, faites tantôt avec un minerai radioactif, plutôt impur, le nasturan (pechblende) (*), tantôt, ce qui est beaucoup mieux, avec Xémanation gazeuse du Radium, disons qu’elles ont permis de constater la formation, dans les cultures ainsi traitées et soigneusement analysées, d’une bien plus forte proportion d’azote. De même, de la terre, ensemencée à1 Azolobacler, s’est enrichie d’azote quand on l’a soumise aux émanations radioactives.
- L’auteur n’entre du reste dans aucune des explications que nous avons tentées, mais on voit toute l’importance de tels résultats, à vérifier et scruter d tvanlage, pour la biologie du sol et l’accroissement de sa fertilité !
- L’ozonisation, que toute radio-activité (flux de particules matérielles électrisées) provoque, équivaut, ce nous semble, à une sorte d'aération permanente et homogène du sol, que nul autre procédé ne saurait engendrer. Reconnaissons que certaines bactéries, dont la présence est, à vrai dire, capitale — puisque aucune plante ne pousserait dans une terre préalablement stérilisée — ne sont pas seules à en bénéficier. Sans parler autrement du terrain lui-même qui leur sert de milieu de culture et au sein duquel tant de réactions mystérieuses et d’oxydations s’accomplissent, qui peuvent en être accélérées, il n'y a qu’une physiologie cellulaire et l’oxygène, facteur vital par excellence, est indispensable au protoplasma, qu’il appartienne à l’homme ou au brin d’herbe I Le sang transporte vers nos cellules l’oxygène vivifiant que nous respirons; la plante doit le trouver répandu autour d’elle, sans quoi elle meurt. Le graine, en particulier, qui va obscurément germer, renferme un organisme vivant, d’une particulière délicatesse : l’embryon. De sa différenciation résulte la plantule fragile, puis le végétal robuste qui en est le splendide épanouissement. L’oxygène entretient et exalte la vitalité de l’embryon, comme bientôt celle des racines et de la plante entière.
- En somme et pour conclure, le triple rayonnement (a, p, y), avec production d’électricité et de chaleur, qui traduit, partout où elle s’exerce, la radio-activité, peut — et c’est à cela que notre argu-
- il. La pechblende de Joachimstahl a une activité de 5,64 par rapport à celle de l’uranium prise pour unité.
- LES BRONZES
- A la suite du développement des applications de l’aluminium pendant la guerre, dans les divers pays, principalement dans les industries aéronautiques et automobiles, il nous avait paru intéressant, en rappelant les principales propriétés de ce métal, d’envisager l’orientation de sa production et
- 'ALUMINIUM
- mentation doit se borner — favoriser essentiellement la végétation.
- Les irradiations modérées, par la sorte de bombardement ininterrompu, de traumatisme inoffensif qu’elles opèrent, stimulent directement, ce n’est pas douteux, les cellules végétales placées sur leur trajet; —- les phénomènes électriques et caloriques, à leur tour, exercent sur le milieu des modifications profondes, la rendent plus propice à la vie, en précipitant la dissociation des matières organiques destinées à l’assimilation; — l’oxygénation, enfin, intervient par surcroît, pour intensifier les fonctions végétales, ainsi que la pullulation des germes innombrables préposés, dans le sol éternellement fécond, à la fixation réparatrice de l’azote atmosphérique, d’une part, et d’autre part à la nitrification.
- Certes, la radioactivité peut favoriser la végétation à un haut degré, nous en avons la conviction certaine; mais, trop faible, elle est inopérante et trop forte, nuisible.
- Voilà bien la difficulté !
- Si nous parlions surtout à des agriculteurs, nous ferions utilement valoir, dans la limite, bien entendu, de notre compétence, toute une série de considérations pratiques touchant à l’origine, la teneur, la dose et le mode d’emploi des substances radio-actives, en tenant compte de la nature des terrains et de la variété des cultures, pour autant qu’on soit d’ores et déjà fixé à cet égard? Et nous insisterions sur l’impérieuse nécessité, sous peine d’échec, d’un mélange préalable très étudié de ces produits, qui ne renferment par eux-mêmes aucun principe fertilisant, aux engrais proprement dits, la plante ayant besoin de se nourrir au moins autant que d’être stimulée !
- On voit qu’un champ illimité s’ouvre désormais à l’expérimentation. Souhaitons, pour notre agriculture, hélas, déficitaire, son prompt et complet défrichement. Comme on l’a justement proclamé, l'application rationnelle des méthodes scientifiques doit facililer le travail delà terre et accroître sa productivité.
- Aussi bien, la Radio-activité n’est-elle pas l’une des plus émouvantes découvertes de la science française? C’est à la France, plus géniale encore d’avoir été meurtrie, qu’il appartient d’en préciser, dans le domaine de la biologie générale, les multiples et merveilleuses applications.
- Professeur Gabriel Petit, d’Alfort,
- Membre île l’Académie de Médecine.
- D’ALUMINIUM
- de ses emplois, actuels ou nouveaux, dans notre pays (La Nature, n° 2384, 6 décembre 1919). Ce métal français, comme on l’a bien souvent appelé, a pris et prend chaque jour une extension plus grande, soit seul, soit à l’état d’alliages, au fur et à mesure que leurs propriétés sont plus et mieux connues.
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- Parmi les alliages intéressant qu’il forme avec le cuivre, nous avions signalé ceux que l’on désigne vulgairement sous le nom de « bronzes d’aluminium» qui, conformément aux décisions de la Commission de Standardisation des Produits Métallurgiques, devraient être désignés sous le nom de « cupro-aluminiums, l’appellation « bronze » devant tou-j ours être réservée aux alliages dans lesquels entre l’étain en proportion importante.
- C’est de ce métal, que l’on pourrait également désigner sous le nom de « bronze français », et dont les propriétés ont été souvent décrites, qu’il nous semble intéressant de parler à l’occasion de la vulgarisation qu’il va recevoir à la suite de la décision prise de frapper des pièces de monnaies divisionnaires qui, émises par les Chambres de Commerce, circuleront dans toute la France et viendront remplacer le système des coupures en papier dont les inconvénients se font et se feront sentir chaque jour davantage. C’est à la suite de nombreux essais sur un très grand nombre d’alliages que l'Administration des Monnaies s’est décidée à adopter l’alliage d’aluminium et de cuivre connu également sous le nom de « Bronze de Sainte-Claire Deville ». Ce sera un hommage rendu à la mémoire de ce savant qui, il y a plus d’un demi-siècle, en a montré les qualités et en a prévu les emplois, comme il l’avait fait pour l’aluminium.
- À l’heure actuelle, où l’on parle des liens qui doivent s’établir entre le savant et l’industriel, nous ne saurions mieux faire que conseiller la lecture des travaux de Sainte-Claire Deville où il expose, avec une modestie admirable, la suite des recherches de laboratoire et des travaux d’usine qu’il a poursuivis pendant de longues années et pour lesquels il n’a omis aucun effort, ni aucun sacrifice d’argent, ne comptant pas, comme il le dit à la fin de son ouvrage sur l’Aluminium publié en 1859, « que la notable partie de son patrimoine qu’il y avait consacré retournerait jamais à ses enfants, trop heureux, si ses efforts devaient être couronnés d’un succès définitif ».
- Ce n’est certainement pas sans raisons que les techniciens de la Monnaie ont porté leur choix sur cet alliage, après l’avoir comparé à beaucoup d’autres sans doute également très intéressants; c’est certainement parce que ses qualités physiques et mécaniques, ainsi que sa résistance chimique, ont été reconnues une fois de plus et bien mises en évidence.
- Les propriétés de ce métal, signalées pour la première fois par le chimiste Debray, ont été étudiées par Henry Sainte-Claire Deville qui détermina en outre sa résistance mécanique, sa dureté et sa malléabilité. 11 trouva sa densité égale à 7,6 (la densité du cuivre étant 8,8 et celle de l’aluminium 2,6) et indiqua que la charge de rupture d’un barreau coulé et recuit est de 58 kilogs par millimètre carré et que parle tréfilage on peut obtenir des fils résistant jusqu’à 85 kilogs. Il fit exécuter par
- la Compagnie d’Orléans des essais de frottement entre deux coulisseaux placés sur une machine à vapeur de voyageurs, l’un de ces coulisseaux étant en acier et l’autre en bronze d’aluminium; on peut lire dans un rapport de M. De Fontenay, Ingénieur de cette Compagnie, que « ce coulisseau, retiré après une expérience de plus de 6 mois, n’offrait pas de trace sensible d’usure; il a donc donné d’aussi bons résultats sous le rapport du frottement que le coulisseau d’acier placé sur la même machine, et avec lequel nous avons eu à le comparer ». Il fit exécuter des essais de laminage à chaud aux Usines de Dengu (Eure) où furent déterminées les conditions de température de trempe et de recuit de cet alliage. L’ensemble de ces qualités permit à Sainte-Claire Deville d’écrire en fin du chapitre concernant ce métal, dans son ouvrage sur l’Aluminium, « J’ai cru devoir insister sur les propriétés curieuses de cet alliage parce qu’elles m’ont paru présenter les caractères d’une substance éminemment ulili-sab’e ».
- Quant à sa conservation, il nous suffira de rappeler que la famille de ce savant possède encore actuellement toute une série d’objets exécutés à cette époque en bronze d’aluminium qui sont absolument dans le même état qu’au jour où ils ont été fabriqués.
- Avant de donner des indications (plus détaillées sur l’ensemble des propriétés de cet alliage, il peut paraître nécessaire d’indiquer pourquoi son emploi dans l’industrie ne s’est pas vulgarisé sur une plus vaste échelle. Cela tient à certaines difficultés inhérentes à sa fabrication et qui ont parfois rebuté ceux qui ont voulu l’entreprendre ; ce sont sans doute ces difficultés qui, outre ses qualités spéciales, ont décidé l’Administration des Monnaies à l’adopter comme alliage monétaire; il y a, en effet, tout intérêt à ce que le métal employé pour la fabrication des monnaies ne soit d’une fabrication ni courante ni facile, afin que ceux qui seraient tentés de l’entreprendre se heurtent à ces mêmes difficultés.
- Ces bronzes sont difficiles à obtenir sains de fonderie parce qu’ils présentent à la solidification un retrait important en même temps que des dégagements gazeux et surtout parce que les précautions que nous avons indiquées pour la refonte de l’aluminium sont encore plus indispensables pour cet alliage, afin de l’obtenir exempt d’alumine, dont les inconvénients apparaîtront lors de l’emploi du métal.
- Absolument purs et bien préparés, les bronzes d’aluminium, dont la teneur en aluminium peut osciller autour de 10 pour 100, possèdent la belle couleur de For légèrement vert, et par polissage, les pièces ont un aussi bel aspect que si elles étaient dorées, avec l’avantage de pouvoir être astiquées et frottées sans enlever la dorure. Leur poli est comparable à celui des aciers durs, et c’est là justement que la pureté du métal intervient, car
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- s’il contient des inclusions alumineuses, leur présence se révèle dans les produits laminés en stries allongées suivant le sens du laminage. Ils peuvent se forger très facilement à la température de 900° jusqu’au rouge sombre (la fusion n’ayant lieu que vers 1070°), ce qui donne une marge beaucoup plus grande que pour les laitons qui n’offrent qu’une zone de forgeage restreinte au voisinage de 600°. Un essai de représentation graphique des propriétés de cet alliage a été fait tout dernièrement par M. de Fleury qui s’inspira à cet effet du mode de représentation triangulaire préconisé par M. Guillet pour l’étude des alliages ternaires.
- Ces alliages sont presque inaltérables à l’air, et
- mettent également l’emploi de ces bronzes pour la fabrication à chaud des matrices qui joignent ainsi, à l’avantage d’un prix de fabrication peu élevé, celui de garder leur valeur de métal après usage.
- La propriété la plus curieuse de ces alliages est celle de prendre la trempe et d’acquérir ainsi une dureté, une résistance et une limite élastique fortement augmentée. M. Guillet a indiqué tout récemment l’analogie frappante qui existe entre la trempe des produits sidérurgiques et celle des alliages de cuivre et d’aluminium, tout particulièrement des bronzes d’aluminium, dans lesquels l’eutectiquc est très bien résolue et où l'influence du traitement est entièrement comparable à celle reconnue pour les
- Fig. i. —Bronze d’aliuniniinn à go % de cuivre, trempé à &’oo° et revenu à 700°.
- Fig.
- Grossissement : 60 d.
- — Le même bronze d’aluminium à l’état naturel.
- comme l’a indiqué M. Le Chatellier : « assez inaltérables pour ne pas perdre grand’chose dans les différents liquides à Faction desquels ils peuvent être exposés ». Ils présentent une résistance à la corrosion tout à fait remarquable, et une résistance tout à fait spéciale à l’eau de mer, ce qui les a fait employer par l’Amirauté anglaise pour la construction dés hélices.
- L’alliage à 10 pour 100 d’aluminium en particulier est, comme l’a constaté M. Guillet, absolument inoxydable à froid et à chaud et il est tout à fait curieux de constater qu’une plaque polie, chauffée à 850°, constitue à celle même température un miroir dans lequel les images se reflètent comme à froid, propriété qui jusqu’alors était uniquement l’apanage des métaux précieux. Celte inoxydabililé aux températures élevées permet, de le forger sans perte de poids appréciable et permet également de réaliser, par estampage et avec précision, toutes les pièces obtenues par matriçage. Ces qualités per-
- aciers. Il a montré qu’au point de vue de la structure, la température de trempe allant en croissant à partir de 550°, qui correspond à l’euteclique, amène sa disparition progressive, et qu’au point de vue des propriétés mécaniques, le durcissement du métal trempé de façon à obtenir la structure mar-tinsilique, est extrêmement accusé. Tous ces alliages présentent des courbes de refroidissement analogues à celles des aciers ; les phénomènes sont moins bien accusés, mais on note toujours une augmentation de volume au passage parla transformation du refroidissement.
- Si l’on trempe ces alliages entre 800 et 900°, et si l’on fait suivre cette trempe d’un revenu de 650°, on constitue, comme pour les aciers, une normalisation caractérisée par l’obtention d’un extrême degré de division des constituants, ainsi que le montrent les micrographies ci-jointes (fig. 1 et 2).
- Dans ces conditions, on obtient un métal offrant une résistance de 60 kilogs, une limite élastique
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- d’environ 25 kilogs avec un allongement moyen de 50 pour 100. On voit que l’on a un métal offrant des caractéristiques analogues à celles de l’acier Bessemer de Suède avec des allongements comparables et même supérieurs à ceux des aciers doux ou des aciers à haute teneur en nickel, et n’offrant pas les inconvénients de l’oxydation, ce qui a permis à M. II. Le Chalelier de dire que « l’on aurait intérêt à employer les bronzes d’aluminium dans un grand nombre de pièces de machines exigeant tous les jours une précision plus grande, pour la conservation desquelles la rouille, dans le cas de l’acier, est un obstacle sérieux ».
- Il est également intéressant de remarquer qu’une légère modification dans le pourcentage d’aluminium et parfois aussi son remplacement par un autre métal : fer, manganèse, nickel, etc., peut fournir toute une gamme de produits dans lesquels les qualités générales des bronzes d’aluminium subsistent, mais qui peuvent offrir, par des traitements thermiques appropriés, des propriétés spéciales : ainsi les bronzes à 8 el 9 pour 100 d’aluminium traités thermiquement sont malléables à froid.
- Des études très intéressantes de ces produits ont été publiées en Angleterre, dans deux des Rapports du Comité des Alliages de « The Institution of Mcchani-cal Engineers ». On y voit que le module d’élasticité de ces métaux n’est environ que la moitié de celui de l’acier, ce qui indique que la déformation élastique d’une barre de bronze soumise à un certain ellort est sensiblement double de celle d’une barre d’acier placée dans les mêmes conditions. Cette valeur du module d’élasticité explique la résistance de ces métaux au cours d’essais de flexions par chocs répétés, le nombre de chocs supportés par le bronze ayant été le double du nombre de chocs supportés par l’acier, constatation extrêmement intéressante puisqu’en mécanique les pièces de machines sont généralement exposées à des chocs continuels ou à des trépidations. Ces mêmes constatations ont été faites en France par divers expérimentateurs et les conditions de la trempe et du revenu ont été spécialement étudiées au Laboratoire de l’Aéronautique àChalais-Méud'on, par M. Brcuil,sur des produits fournispar la Société des Alliages et Bronzes forgcables où sont appliqué* les procédés de coulée de M. Dur-
- ville qui permettent d’avoir des lingots complètement sains.
- L’examen des micrographies de ces alliages indique la présence d’un constituant dur, en grains fins, enrobé dans une masse plastique. Cette structure répond exactement à celle des métaux anti-frictions. Les essais ont démontré que la finesse du grain de ces métaux contribuait à adoucir le frottement, tout en offrant une résistance à l’usure supérieure à celle des bronzes phosphoreux; sous des charges qui auraient criqué ou détruit tous les métaux ordinairement employés au frottement, des galets en bronze d’aluminium, ont pu rouler un grand nombre de révolutions sans présenter une usure appréciable. En outre, ces alliages, à forte teneur en cuivre, sont excellents conducteurs de la chaleur, tout en conservant leurs caractéristiques mécaniques aux températures élevées ; à550° le bronze 90/10 a présenté une résistance de 50 kilogs, un allongement de 15 pour 100 et une limite élastique de 31 kilogs, ce dernier élément ayant légèrement augmenté avec la température ; alors que beaucoup d’alliages voient leur fragilité augmenter avec la température, celle de ceux-ci ne se modifie pas sensiblement. La construction de coussinets en bronze d’aluminium peut donc être réalisée avec des épaisseurs moindres que celles des alliages généralement utilisés, et on peut même envisager la possibilité de garnir d’une couche mince de bronze les coussinets en fonte ou en acier.
- Comme autrespropriétés intéressantes desbronzes d’aluminium, nous ajouterons que ces alliages peuvent être considérés industriellement comme anti-magnétiques, ce qui a permis de les utiliser avec succès pour la fabrication de frettes de rotors, emploi pour lequel on exige des pièces forgées en un métal ayant les caractéristiques et l’homogénéité de l'acier, sans en avoir le magnétisme. Le métal de ces pièces doit présenter une limite élastique élevée afin que, sous l’action de la force centrifuge, les pièces puissent se déformer sans se rompre et reprendre leurs dimensions initiales dès que cesse l’effort auquel elles sont soumises.
- La résistivité de ces bronzes a été déterminée par M. Pécheux. Pour les bronzes à 10 pour 100 d’aluminium, elle est huit fois plus grande que celle du cuivre et cette résistivité augmente avec la tempé-
- Fig. 3. — Bronze d’aluminium forgé. ço{)j0 de cuivre, io °/0 d’aluminium.
- Variation des caractéristiques mécaniques en fonction du revenu après trempe à qoo° G.
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- rature : vers 650° sa valeur est double et elle se rapproche de celle du maillechort. L’absence d’oxydation profonde de ces bronzes aux températures élevées et le fait que, par suite de leur stabilité moléculaire réalisée à l’état de recuit complet, ces métaux ne cristallisent pas à chaud, permet de les employer pour la construction d’appareils de chauffage dans lesquels l’alternance de chaleur et de refroidissement joue un rôle primordial pour leur conservation.
- Un autre avantage de ces métaux est que leur jonclionnemcnt peut s’opérer par brasure ou soudure autogène, sans établir de zones de moindre résistance, comme cela a lieu si l’on emploie ces procédés avec des métaux dans lesquels la haute résistance mécanique a été obtenue par un écrouissage, avec les laitons par exemple.
- On sait que l’état d’écrouissage, obtenu dans un métal par un travail de déformation àfroid, entraîne toujours l’hétérogénéité du métal en Créant des tensions internes qui peuvent provoquer des déchirures et conduire jusqu’à la rupture, le mêlai se trouvant à ce moment, comme l’a dit M. Portevin, « hors d’équilibre mécanique ». Ce n’est que par le recuit que l’on arrive à rétablir la stabilité moléculaire, mais alors les propriétés sont complètement modifiées : le laiton composé de 70 de cuivre et de 30 de zinc, malléable à froid mais fragile à chaud, peut donner lorsqu’il est écroui une résis-
- tance dépassant 60 kilogs, avec un très faible allongement, ce qui indique une grande fragilité; lorsqu’on le chauffe progressivement, la résistance tombe brusquement au-dessous de 40 kilogs et son allongement s’accroît très rapidement. On conçoit que ce phénomène puisse se produire dans la pratique par suite d’un chauffage accidentel et il est à remarquer qu’il se produit parfois à la température ordinaire, les effets ne s’en faisant sentir qu’au bout d’un certain temps; les bronzes d’aluminium ne cristallisant pas ne sont pas exposés à ces transformations.
- Les principales propriétés des bronzes d’aluminium, forgeabililé, inoxydabililé, non perméabilile électrique, résistance àl’usureet au frottement,etc., laissent entrevoir de nombreux usages de ces métaux dans les travaux de chaudronnerie, fabrication de pièces matricées, forgées et estampées, organes de frottement, engrenages et coussinets, pièces résistant à la corrosion, dans les constructions navales ou pour le matériel de produits chimiques, fils pour résistance électrique, etc., etc..
- La prochaine émission de monnaies en bronze d’aluminium va permettre à chacun de nous d’en apprécier les qualités, et contribuera sans doute à l’extension de ses emplois industriels.
- H. Git.iun,
- Uap)>orleur de la Commission de l'Aluminium.
- LES TOURS MYSTÉRIEUSES DE SHOREHAM
- Il y a deux ans, les habitants et les visiteurs de Brighton et des environs étaient fortement intrigués par l’aspect insolite de deux énormes constructions établies à Shorheam et, sur lesquelles le secret le plus absolu était gardé. Les ouvriers qui y travaillaient s’étaient engagés à ne révéler aucun détail et ils restaient muets à toutes les demandes, même les plus pressantes. Peu à peu, l’ensemble de chacune prit l’aspect d’une tour, haute de 54 m.; les deux furent baptisées les tours myslérieuscs de Shoreham et l’on n’en sut pas plus long (fig. 1).
- Le 12 septembre dernier, à la grande marée, on vit Tune des deux tours flotter et partir, remorquée par un groupe de vapeurs. Elle quitta le port de Shoreham, admirablement guidée puisqu’il ne restait que 75 cm de chaque côté entre elle et la côte. À la vitesse de 3 nœuds, elle fut conduite au large de Culver, sur la côte est de l’ile de Wight, puis coulée dans le Soient, près du bateau-feu de Nab, où elle servira dorénavant de fort avancé on cas de guerre et de marque de navigation en temps de paix.
- Chaque tour a 54 m. de haut. Le tiers inférieur est formé de gros blocs de ciment, au nombre d’environ 100 000 et d’un poids de 9000 tonnes; la
- superstructure en acier pèse environ 1000 tonnes. Malgré cette masse de 10 000 tonnes, la tour à flot ne cale que 5 m. 20, tandis qu’elle s’élève de 49 m. 80 au-dessus de la mer.
- Une vingtaine de tuyaux conduisent du pont supérieur à travers la superstructure d’acier à des trous réservés dans le pont en ciment par lesquels du ciment liquide fut coulé dans la masse pour la faire descendre lentement sur le fond de la mer.
- La tour d’acier supérieure forme un ouvrage blindé dans lequel sont établis des logements et une usine génératrice d’électricité pour alimenter les projecteurs. Au haut de la tour se trouvent les projecteurs, un poste de télégraphie sans fil, une grue électrique et une cabine de surveillance.
- Ces tours mystérieuses avaient été imaginées par un ingénieur écossais, M. Menzies; elles furent construites par un ingénieur canadien, M. H. A. Clift, qui avait reçu l’ordre d’en réaliser huit en six mois ; l’armistice annula cet ordre alors que deux seulement étaient commencées.
- Sur leur but en temps de guerre, le mystère persiste. Tout ce qu’on sait est que ces deux-ei devaient servir à la défense de l’arsenal de Spitehead.
- A. B
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- LES TOURS MYSTÉRIEUSES DE SHOREHAM
- Fig. t. — Les deux tours mystérieuses de Shoreham.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie I.amuhe, 0, rue clé Fleurus, à Paris
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- LA NATURE. — N° 2429.
- 23 OCTOBRE 1920
- LES TURBINES A VENT
- Il est bien évident que la pénurie de combustible actuelle, que la cherté du produit, devait susciter les recherches des inventeurs et amener des solutions heureuses pour l’utilisation des forces naturelles.
- La captation du vent, cpii remonte à des origines reculées, se faisait depuis une cinquantaine d’années surtout au moyen de roues éoliennes, dont nous avons d’ailleurs déjà parlé.
- Ce système est forcément limité en puissance, il s’applique bien aux installations rurales ou domestiques de petite importance; mais pour des utilisations plus industrielles, si l’on veut envisager des puissances élevées, on arrive alors à des diamètres de roues à vent formidables et difficilement réalisables.
- Le mécanisme de la turbine hydraulique devait forcément servir de modèle pour amorcer des études nouvelles.
- C’est sur ce principe de la turbine, modifié en conséquence, é-tan t donnée son adaptation à un fluide différent, qu’est basée la turbine Escaffrc, que plusieurs de nos lecteurs auront certainement vue à la dernière Foire de Paris (fig. 1).
- Cet appareil se compose d’une partie fixe extérieure et d’un ensemble intérieur mobile.
- La partie fixe (fig. 2) a pour but de capter le vent, comme les'aubages directeurs d’une turbine hydraulique à bâche conduisent l’eau sur les aubes mobiles.
- Elle est formée de volets inclinés à 40° et disposés à égale distance sur une couronne cylindrique. C est un peu comme si l’on avait enroulé une per-sicnne en forme de cylindre. Etant donnée cette
- 48* Année, — 2* Semestre.
- forme, quelle que soit l’orientation du vent, ce dernier trouve toujours une série de volets dans lesquels il peut s’engouffrer utilement; par conséquent, cette partie fixe est immobile sur le pylône, elle n’a pas besoin d’avoir de système d’orientation quelconque.
- Pour soutenir les volets, on utilise deux cercles,
- sur lesquels les volets sont boulonnés. Ces cercles forment les 2 bases du cylindre et sont ajourés pour laisser échapper le vent, après qu’il a produit son action sur la partie mobile; pour éviter que la pression ne déforme ces fonds, ils sont renforcés pas des nervures ou ailerons. Au centre sont placés des roulements à billes, qui serviront à l’axe de la partie mobile.
- Celle-ci est constituée par une surface de révolution, formée sensiblement de deux cônes symétriques accolés par leur base. Sur cette surface sont implantées les aubes, qui sont destinées a utiliser l’action du vent. Leur largeur va en croissant de la base des cônes jusqu’aux fonds du cylindre que forme l’ensemble. Ceci donne donc la forme générale d’un cylindre mobile à l’intérieur de la couronne cylindrique fixe (fig. 5).
- La partie mobile porte un axe, qui tourne avec elle et sous son impulsion, dans les roulements à billes dont nous avons parlé précédemment : les aubes mobiles sont cintrées suivant une courbe hélicoïdale calculée, comme cela se pratique d’ailleurs dans les turbines hydrauliques (fig. 4).
- De l’axe vertical, le mouvement se transmet à un train d’engrenages démultiplicateur, afin de donner plus de souplesse et pour faciliter le démarrage
- 17. - 257.
- Fig. i. — Vue de la turbine EscaJJre à la dernière Foire de Paris.
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- LES TURBINES A VENT
- Fig. 2. — Vue de la partie fixe de la turbine à vent.
- Aubes directrices.
- avec une brise même faible. Un arbre vertical descend jusqu’en bas et un renvoi d’angle permet de faire tourner une tra smission actionnant les divers appareils à commander.
- Comment se comportera cette turbine aérienne quand la vitesse du vent croîtra? La pression exercée par le vent varie sensiblement comme le carré de la vitesse et on peut régulariser la vilesse de la turbine au moyen d’un frein commandé par un régulateur centrifuge à boules (fig. 5). Ce frein pourra d’ailleurs être actionné à la main, par exemple quand on voudra réaliser l’arrêt total de l'appareil à un moment donné.
- 11 faut considérer aussi que l’ouverture des volets est invariable et que par conséquent, elle n’est susceptible que d’un débit limité. Les expériences ont montré, en effet, que la vitesse de cette turbine aérienne ne peut dépasser un maximum ; si le vent continue à croître, il ne peut augmenter son action au delà de la limite une fois'atteinte.
- Comme on peut en juger d’après cette description, il n’y a aucun organe délicat, aucun mécanisme susceptible d’un déréglage quelconque dans la construction de ce nouveau moteur à vent. Il faut considérer aussi qu’il est possible de réaliser, d’une façon simple, des appareils de ce genre sous de très grandes dimensions, par exemple en augmentant le diamètre et aussi surtout la hauteur du cylindre.
- On peut même envisager l'installation d’appareils
- Fig. 3. — Plan de la rom mobile de la turbine,
- étagés, agissant sur un même arbre, permettant d’obtenir ainsi des installations de grande puissance qui pourront atteindre 300 chevaux et plus (fig. 6).
- L’utilisation de la turbine Escaffre s’adresse par conséquent plus particulièrement à la production d’énergie électrique au moyen de dynamos appropriées et de batteries d’accumulateurs, en vue de remédier aux absences de vent, qui causent l’arrêt du mécanisme.
- Le courant continu est celui qui se prête le mieux à la construction de machines génératrices qui répondent à la question. On peut en effet construire des dynamos de façon qu’elles fonctionnent norma-
- Coupe.
- Bussagiea eagiSÆag
- Élévation.
- Fig. 4. — Élévation et coupe en plan du mécanisme de la turbine.
- lement à des vitesses variant dans le rapport 1 à
- 2 1/2.
- Par contre, la turbine a un nombre de tours, qui varie fréquemment dans le rapport de 1 à 5 ou 6 : on prévoit alors un système d’embrayage et de débrayage à force centrifuge, qui ne réunit la turbine à la dynamo que dans l’échelle des vitesses convenables.
- La batterie d’accumulateurs est calculée de façon qu’elle puisse subvenir seule aux nécessités de l’installation en cas d’accalmie.
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- LES TURBINES A VENT
- Ainsi une turbine donnant 6 chevaux avec un vent de 2 m. 90, peut actionner une dynamo qui alimentera : 40 lampes 16 bougies, deux réchauds de cuisine, un fer à repasser et trois moteurs de 1/4 de cheval. L’accalmie dont la durée maximum dans la région parisienne est de 60 heures, demande qu’on prenne une batterie susceptible de fournir la moitié de la puissance pendant la moitié du temps maximum; sa capacité sera environ de 270 ampères-heure, en 10 heures de décharge.
- D’ailleurs, un conjoncteur-disjoncteur remettra automatiquement la batterie en charge, dès que la tension fournie parla génératrice sera suffisante.
- Dans nos contrées, les statistiques prouvent que les vents soufflent à 4 mètres et plus, pendant 245 jours par an. Étant donné que la turbine Escaffre peut marcher à partir de deux mètres de vent et que sa puissance peut être prévue sans limites, il s’ensuit qu’elle est susceptible d’application que ne pouvaient permettre les roues à vent :
- Fig. 5, t— Régula leur-frein.
- pompes à grand débit (fig. 7), petites industries, fours électriques, éclairage de phares, etc.
- Il faut considérer, en outre, que la météorologie a bénéficié, comme beaucoup d’autres branches, de la dure et terrible école d’application pratique qu’a été la guerre. Cette science aujourd’hui a des services organisés, qui peuvent donner des renseignements précieux, surtout grâce à l’utilisation de la télégraphie sans fil, qui, elle aussi, se généralise et prend un essor pratique qui sera de plus en plus fécond.
- Comme on le voit, l’apparition de la turbine aérienne répond à une nécessité économique présente. C’est pourquoi nous avons voulu présenter à nos lecteurs la première venue dans le genre. C’est de plus une invention française, qui n’aura peut-être pas besoin pour réussir d’être d’abord exportée afin de recevoir la consécration étrangère, avant de. nous être retournée plus ou moins démarquée.
- E. Weiss.
- Fig. 6 — Une installation de turbine à vent de grande puissance à 3 roues superposées.
- Fig. 7. — Turbine à vent actionnant une pompe à godets pour irrigations.
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- L’ALCOOL ET LA FORCE MOTRICE
- I. L’alcool, combustible liquide actuel. — Dans l’état actuel de nos connaissances scientifiques et de nos procédés techniques, c’est par l’utilisation judicieuse des combustibles que nous nous procurons la plus grande partie de l’énergie physique nécessaire à notre activité industrielle et à nos besoins domestiques.
- Nous vivons l’époque du charbon, du pétrole et de leurs dérivés. C’est vers la recherche et la possession de ces deux précieuses substances que sont orientés aujourd’hui le plus d’efl’orts particuliers et collectifs. 11 y a, pour toutes les nations, une politique du charbon et une politique du pétrole au service desquelles sont employés des diplomates spécialisés, des techniciens avertis, des financiers attentifs et sans doute leur politique générale est fortement influencée par les deux questions pétrolifères et carbonifères qui sont d’un intérêt supérieur il est vrai, mais inégal.
- Pour le charbon, le problème de l’approvisionnement se pose brutal et impérieux. Pour le pétrole, la manière est moins pressante, plus délicate. Les hydrocarbures naturels représentent une forme de l’énergie solaire accumulée au cours des périodes géologiques dont l’emploi, aujourd’hui si répandu, est moins grossier que celui du charbon, tout au moins comme nous pratiquons ce dernier. On dit volontiers que le pétrole est le combustible d’avenir, cela tient surtout à son état physique. Le pétrole est un combustible liquide et il semble bien qu’en effet, d’ici un temps peut-être très court, l’emploi direct des combustibles solides sera réduit aux seuls usages du coke et du bois. La technicité moderne a une prédilection marquée et d’ailleurs parfaitement justifiée pour l’emploi des combustibles liquides, soit directement dans des foyers, soit dans des moteurs à explosion ou à combustion.
- Si on examine la question des combustibles en se plaçant au point de vue de leur genèse, on est amené à classer ces substances en deux catégories suivant qu’elles sont fossiles ou nouvellement formées. Parmi ceux de cette dernière série la situation avantageuse est encore occupée par le combustible liquide. Personne, ne peut songer à vouloir donner au bois, combustible solide actuel, une bien grande place comme moyen de production de chaleur ou de force motrice; il n’en est pas de même pour le combustible liquide actuel : l’alcool.
- II. La pénurie d’essence. — Le développement qu’a pris de nos jours l’emploi des moteurs alimentés par des substances liquides est tellement considérable que tout esprit réfléchi ne peut s’empêcher de constater l’intérêt capital qu’il y aurait à pouvoir utiliser celui de ces corps qui n’est pas à l’état de réserves géologiques limitées, mais dont la formation s’effectue sans arrêt à notre époque, grâce à la fonction chlorophyllienne des plantes. La question de l’alcool synthétique est loin d’être dénuée d’importance, mais comme elle a comme point de départ le carbone de la houille, c’est-à-dire du carbone dont on doit admettre la possibilité d’épuisement des gisements, elle ne présente pas théoriquement le même attrait que celle de l’alcool naturel qui a son origine dans l’acide carbonique, substance de déchet ultime de l’activité organique à la surface du globe. Sortons du domaine des considérations générales, aussi intéressant soit-il, et examinons quelques documents relatifs à l’emploi des combustibles liquides.
- Pendant la guerre il circulait en Europe, en dehors
- du service des armées, 522112 véhicules automobiles (*). Un recensement publié à New-York le 1er juillet 1917 donnait le nombre de 4 242159 automobiles existant dans les 48 états de la grande Confédération américaine. En 1919, la fabrication des voitures à moteurs à explosion a été de 1 900 000 unités dans ce pays sur une fabrication mondiale de 2 500 000.
- En admettant une consommation moyenne d’essence de 1800 litres par voiture et par an cela représente une dépense totale de 15 millions de tonnes de pétrole brut. Le bureau fédéral des mines des États-Unis n’a pas hésité à dire dans le courant de cette année que, la production des automobiles augmentant par an de 25 pour 100, celle de la gazolinc augmentant seulement de 11 pour 100, la crise de l’essence était à prévoir dans un bref délai.
- Ce sont des conclusions du même ordre auxquelles on arrive quand on étudie l’accroissement du nombre des aéroplanes pendant la guerre et qu’on se représente par la pensée la poussée durable qui a été donnée à la navigation aérienne, elle aussi grande consommatrice d’essence.
- De 1914 à 1918, il a été fabriqué en France 85 517 moteurs d’avions et on a construit 67 982 aéroplanes. Yoici quelle a été la progression suivie :
- Années. Moteurs. Avions.
- 1914 5.481 ))
- 1915 6.849 5.460
- 1916 13.874 7.552
- 1917 20.805 22.751
- 1918 40.308 54.219
- Nous trouvons dans un article (a) du Major-général sir John Fowler l’opinion anglaise sur la question de la pénurie des produits pétrolifères. Nous la résumerons ainsi :
- Les livraisons de pétrole sont insuffisantes pour satisfaire les demandes croissantes de liquides combustibles. Il apparaît que, si de nouveaux champs de production peuvent être découverts, il serait temps de les développer, de façon qu’ils soient en pleine production au moment où la demande sera encore plus importante qu’aujourd’hui.
- La raréfaction ou l’augmentation du prix des essences et des pétroles affecte toutes les communautés nationales, car elle augmente le prix des transports par route des voyageurs et des marchandises, elle hausse les prix de revient des exploitations agricoles par tracteurs.
- Comme il n’y a aucune raison immédiate d’envisager une augmentation de la production du benzol de la distillation de la houille, capable de remédier à la pénurie d’essence de pétrole, c’est vers l’emploi de 1’ « alcool puissance » que doivent s’orienter les initiatives, le terme d’ « alcool puissance )) désignant l’alcool d’une certaine qualité qui peut être employée comme combustible liquide au même titre que les produits du pétrole ou les produits du charbon.
- Au mois de mars dernier, la « Shell Company » écrivait au président du « Board of Trade )) : (( Cela ne fait pas question, que la demande mondiale en pétrole, même actuellement, excède la livraison, et la grande rareté de ce produit, qui existe déjà dans les autres con-
- 1. Automotive Industries. New-York 1918.
- 2. The Times Trade Supplément, 3 juillet 1920.
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- L'ALCOOL ET LA FORCE MOTRICE
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- trées européennes, met ce fait en évidence. Nous sommes d’accord que tout effort doit être fait pour protéger la production de l’alcool puissance, en même temps dans l’Empire britannique et dans le monde »(1).
- Celte déclaration, faite par une grande puissance pétrolifère, possède une valeur qu’il est inutile de souligner.
- III. Les importations françaises de combustibles liquides. — Pour la France, la question de l’essence doit attirer l’attention des pouvoirs publics même si ce produit existait abondamment sur le marché tel qu’il est conditionné, car notre pays est importateur de la plus grande partie des quantités du pétrole et de ses dérivés qu’il consomme.
- Voici quelques données statistiques relatives aux exportations américaines en France de ces substances (2) pour l’année finissant au 30 juin 1918.
- Produit. Quantités Valeur
- (en gallons do 5',78o). (en fiancs).
- Gazoline 60.700.000 ~ 77.000.000
- Naphte léger . . . 79.800.000 140.000.000
- Lubrifiant 65.600.000 82.000.000
- Pétrole d’éclairage . 82.000.000 30.000.000
- Résidus 4.700.000 1.800.000
- Huile brute .... 332.0C0 180.000
- L’augmentation de nos importations en essences
- d’Amérique pour 1918, ainsi en dollars : par rapport à 1915, se chiffre
- Produits. Années finissant 1913 au 30 juin. 1918
- Gazoline 360.000 15.571.000
- Autres essences. . 2.120.000 20.212.000
- La question du ravitaillement national en essence s’est posée d’une façon impérieuse au cours de la guerre.
- On a pu dire (3) que les grandes surprises stratégiques de la campagne de mars à novembre 1918 n’ont été possibles que grâce à l’existence dans la zone des opérations de 92 000 camions automobiles ravitaillés par 50 000 tonnes mensuelles d’essence.
- Les charges financières occasionnées par cette formidable consommation ont été extrêmement lourdes ; toutes choses égales d’ailleurs, elles continueront à l’être dans les années de paix. M. Henry Bérenger estime qu’à la fin de cette année nous aurons déboursé plus d’un milliard et demi de francs pour assurer notre consommation au cours de l’année 1920, de pétrole lampant, d’huile lourde et d’essence.
- En ce qui concerne les carburants nécessaires à la circulation automobile, à l’aviation, à la motoculture, dont les besoins deviennent de plus en plus intenses en France, on peut admettre une importation nécessaire de 7 à 8 millions d’hectolitres d’essence, soit le triple de celle de l’année 1913.
- Notre production en essence de pétrole et de schistes était de 17 000 hectolitres avant la guerre. On peut aujourd’hui l’évaluer à 176 000 hectolitres dont 45 000 proviendraient des pétroles alsaciens et 120 000 environ d’un traitement spécial de nos huiles schisteuses. Elle est, comme on le voit, d’une importance tout à fait secondaire. Si on pratiquait d’une façon constante le débénzolage du gaz d’éclairage, nous arriverions à une
- 1. Times, 17 mars 1920.
- 2. L’Industrie chimique aux Etats-Unis par Charles Mayer.
- 5. Henry Berenger. Sénat, Séance du 2 juin 1920.
- production annuelle de 25 000 tonnes de benzol j1) qui allégerait un peu nos importations d’essence, mais ceci dans une faible proportion aussi.
- Il apparaît donc, en se plaçant au point de vue de la pénurie mondiale possible des essences de pétrole et à celui de notre balance commerciale de ces produits, que la question de l’alcool possède à notre époque une importance de premier ordre.
- [V. L’emploi de l’alcool dans les moteurs. — H y a déjà quelques années, de 1900 à 1905, l’alcool avait été utilisé pour produire de la force motrice. Mais, à cette époque, le prix de celte denrée étant devenu supérieur à celui de l’essence, son emploi fut abandonné. Aujourd’hui, le problème économique est renversé d’une façon qui semble définitive. L’avenir de l’alcool comme carburant paraît être devenu très grand et les pouvoirs publics se préoccupent de la question d’une façon soutenue.
- A une demande de renseignements formulée à ce sujet, par un député, au Ministre des Travaux publics, la réponse suivante a été faite :
- « La sous-commission du carburant national, sous la présidence de M. Barthe, député, du Comité général du pétrole, a fait au cours de l’année 1919 de nombreuses expériences pour obtenir un carburant composé de benzol et d’alcool. Ces essais ont été satisfaisants, mais la pénurie de benzol et d’alcool n’a pas permis d’obtenir de résultats réellement pratiques intéressants. L’Office national du pétrole étudie actuellement, en raison de l’élévation du prix de l’essence, s’il n’y aurait pas lieu de pousser la production de l’alcool, soit par distillation, soit par synlhèse afin d’obtenir un mélange qui reviendrait à des prix sensiblement inférieurs et nous éviterait de recourir aux achats à l’étranger ».
- Ce n’est pas la première fois que le Parlement s’occupe de l’alcool industriel. La Commission extra-parlementaire, instituée par le décret du 31 octobre 1902, avait désigné une sous-commission chargée spécialement d’étudier les problèmes soulevés par la fabrication et la vente de l’alcool d’industrie.
- En juillet 1907, une nouvelle Commission composée de 22 parlementaires fut constituée à l’effet de rechercher les moyens de développer l’usage de l’alcool pour le chauffage, l’éclairage et l’automobilisme(2). Les conclusions de ses travaux furent favorables à l’emploi dans les moteurs à combustion intense ou à explosion d’un alcool carburé, c’est-à-dire d’un alcool mélangé en une certaine proportion avec du benzol.
- Il n’est peut-être pas sans intérêt de résumer ici les données techniques du problème.
- La comparaison des pouvoirs calorifiques des principaux combustibles liquides légers n’est pas à l’avantage de l’alcool, on s’en rendra compte par la lecture du tableau suivant :
- Noms Densités. / Pouvoir calori-
- des combustibles. fique.au litre.
- — — Calories.
- Alcool dénaturé
- 90o type Régie, 0,8333 (15° C) 4598
- Essence commerciale .... 0,684 à 0,705 (15° C) 7500 5 8000 Benzol........... 0,885 (15° C) 8109
- 1. Proposition de résolution concernant le débenzolage du «az d’éclairage présentée par M. Fernand Engerand. Chambre des Députés. Session 1920, n° 520, annexe au procès-verbal de la séance du 11 mars 1920.
- 2. Enquête sur les emplois industriels de l’alcool. Procès-verbaux des dispositions devant la commission de l’alcool industriel. Chambre des Députés. Documents n° 1346, 1907
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- 262 L’ALCOOL ET LA FORCE MOTRICE
- Mais, ces valeurs comparatives prennent un tout autre aspect, si on fait entrer en ligne de compte, ainsi qu’il est normal de le faire, le rendement thermique du moteur employant un combustible considéré, c'est-à-dire le rapport entre le nombre théorique de calories nécessaires pour obtenir un travail de un cheval-heure et le nombre, mesuré expérimentalement, des calories utilisées pratiquement par un moteur pour réaliser le même travail.
- Les différents moteurs se classent ainsi suivant leur rendement thermique :
- Moteur à pétrole .
- Moteur à vapeur .
- Moteur à essence.
- Moteur à gaz. . .
- Moteur à alcool. .
- Prenons pour les moteurs à essence et à alcool les chiffres de rendement thermique respectifs de 18 pour 100 et de 50 pour 100, cela veut dire que si un litre d’essence est carburé dans un moteur, sur 7500 calories que libère ce phénomène, 18 pour 100, soit seulement 1350 calories seront transformés en travail mécanique ; la même opération effectuée avec de l’alcool dégagera 4600 calories dont 50 pour 100, c’est-à-dire 1380 seront convertis en travail. Dans les deux cas, on le voit, le rendement du moteur est sensiblement le même, 2 chevaux 12 dans un cas, 2 chevaux 17 dans l’autre, puisque théoriquement pour obtenir un cheval-heure il faut dépenser 635 calories. La supériorité thermodynamique du moteur marchant à l’alcool est bien démontrée^). Sidersky(2) explique ce fait par la propriété que possède l’alcool d’ètre plus complètement combustible. 11 note, d’autre part, que ce corps qui est partiellement oxydé exige un volume d’air bien moindre que l’essence pour sa combustion, c’est-à-dire qu’il faut moins de calories pour réchauffer l’air carburant t5). Un certain nombre d’objections, d’ailleurs d’ordre secondaire, ont été faites à l’emploi de l’alcool pur, dénaturé ou cüiburé comme aliment des moteurs. Il ne peut être question de les discuter dans ces colonnes, ce travail serait d’ailleurs inutile, car le problème de l’utilisation de l’alcool pour la production de la force motrice a été étudié sous toutes ses faces au cours de ces dernières années. Nous en aurons une mise au point fort nette en citant quelques-unes des conclusions précises de l’important travail effectué par les services techniques du Ministère du Commerce (*).
- 1° L’alcool dénaturé à 90°, type Régie actuel, n’est utilisable dans les moteurs d’automobiles à essence que moyennant certaines modifications.
- 2° Il faut, pour développer les emplois industriels de l’alcool pour la force motrice, utiliser un mélange d’alcool et d’hydrocarbure à hautes poussées calorifiques, dans des proportions étudiées pour permettre un départ plus facile qu’avec l’alcool pur, tout en profitant des qualités indéniables que donne l’alcool sur l’amélioration du rendement thermique du mélange carburé grâce à sa combustion complète.
- 1. L’Alcool, par Louis Jacquet, 1912. Paris, Masson, édit.
- 2. Les usages industriels de l’alcool. Paris 1903. Bail-lèrc, édit.
- 3. 11 faut 4940 litres d’air pour brûler un litre d’alcool dénaturé et 8200 litres pour un litre d’essence.
- 4 Rapport général sur l'industrie française, sa situation,
- son avenir. Ministère du Commerce. Paris 1919. Imp. Nationale.
- 5° Le choix du dénaturant doit aider à cette amélioration des qualités motrices de l’alcool tout en ne grevant que dans une faible mesure son prix de revient.
- 4° Les études techniques anciennes, les tentatives faites depuis plusieurs années pour faire entrer le mélange alcool-benzol dans la pratique de l’automobile industriel (autobus, camion) ont montré que le fonctionnement avec ce mélange était possible à tout point de vue.
- 5° Les études et expériences entreprises sous la direction du service technique du Ministère du Commerce permettront d’envisager de nouveaux progrès dans la carburation de l’alcool moteur, par l’emploi de mélanges ternaires, utilisant l’alcool en mélange avec l’essence de pétrole, ledit mélange pouvant devenir homogène entre des températures normales, par l’emploi, comme unis-seur, du benzol qui entrerait ainsi dans la formule de dénaturation pour une part importante, ou d’éther éthylique améliorant les conditions de départ du mélange.
- Y. La production de l’alcool. — La production totale de l’alcool dans le monde en 1910 était ainsi répartie suivant les pays(1) :
- Russie 5.257.000 hectolitres
- Allemagne 5.642.000 —
- Etats-Unis 5.098.000
- Autriche-Hongrie . . 2.654.000 —
- France ...... 2.591.000
- Angleterre 1.061.000 —
- Italie 419.000
- Belgique. . .. . . . 555.000 —
- Pays-Bas 550.000 —
- Suède. 174.000 -
- Danemark . . . . . 150.000 —
- Canada ...... 148.000 —
- Norvège. . . . . . 15.000 —
- soit, pour l’ensemble des nations productrices le chiffre de fabrication globale de : 19 672 000. L’évaluation ci-dessous, en hectolitres, a été donnée pour l’année 1912-1913.
- Russie, 5 580 000; Grande-Bretagne, 1 195 000; Allemagne, 5 750 000; Italie, 800 537; États-Unis, 5 650 000 ; France, 5 100 000 ; autres pays, 4 826 000. Total, 22 900 000.
- L’Allemagne fournit un intéressant exemple d’industrie de l’alcool industriel. Voici quelques chiffres relatifs à sa production qui ont été publiés dans une étude de M. B.-R. Tunisson de la « U. S. Industrial Alcohol Company » de New-York (3 *).
- Production en milliers de gallons des Etats-Unis (4 1. 543) d’alcool de :
- Années. Pommes de terre. Levure. Grains. Mélasses. Fruits etc.
- 1902-03. . . 70.000 11.500 4.990 2.350 502
- 1905-06. . . 92.820 12.670 7.000 219 811
- 1908-09. . . 90.220 11.900 6.310 229 1.267
- 1911-12. . . 66.000 7.925 13.100 3.380 898
- Cette statistique montre que dans ce pays, c’est la pomme de terre qui est la principale matière alcooligène et que l’emploi des mélasses de betterave en distillerie est soumis à d’importantes fluctuations dues à ce que
- 1. Perissé et Güiselin. Rapport général sur les ressources nationales en carburants. Ministère du Commerce et de l’Industrie. Services techniques, 1917.
- 2. Chiffres recueillis par la Société de Statistique. .
- 5. The Journ. of indust. and engineering Chemistry, 4 août 1920.
- 13 pour 100
- 13 pour 100
- 14 à 18 pour 100 18 à 51 pour 100 25 à 50 pour 100
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- RÉGULATEURS ET RÉGULATION
- ces matières sont très utilisées pour l'alimentation des animaux d’étables.
- km États-Unis, ces mélasses qui subissent un traitement permettant d’en extraire la totalité du saccharose, ne sont pas employées par les distillateurs. Il y a quelques années, le maïs constituait la source principale de l’alcool industriel américain. Il est encore utilisé, de même que le seigle, Torge et certaines autres matières, comme la sciure de bois et les eaux résiduaires des fabriques de pâte de cellulose par le procédé au sulfite. Aujourd’hui, c’est principalement la mélasse épuisée de canne à sucre qui sert de matière première aux distilleries des États-Unis.
- Dans ce pays, la production totale de l’alcool, de 1913 à 1918, s’est ainsi répartie :
- Années. Production (en gallons
- de 4 lit. 543).
- 1913 ...... 193.606.253
- 1914 .. 181.919.542
- 1915 . 140.656.105
- 1616 ............... 253.283.275
- 1917 . . . . . . 286.085.464
- 1918 .. 178.833.799
- La fabrication de 1918 se décompose en : 5 557 525 gallons d’eau-de-vie de fruit et 173 476 474 gallons d’alcool de toute autre provenance.
- Voici pour la France, d’après les publications de la Direction générale des contributions indirectes, quelles sont les quantités d’alcool d’industrie produites.
- Sauf spécifications particulières, sont compris sous la dénomination d’alcool d’industrie par l’administration française, tous les alcools autres que ceux provenant de la distillation, sous le contrôle de la Régie, des vins, cidres, poirés, marcs, lies, fruits frais de toutes sortes, les rhums et tafias naturels et les genièvres tels qu’ils sont définis par l’article 15 de la loi du 30 mars 1902.
- cn W 'W ALCOOL PROVENANT DE LA DISTILLATION DES l’ItOBUCTtON
- « SUBSTANCES FARINEUSES MÉLASSES BETTERAVES SUBSTANCES DIVERSES TOTALE
- 1903 Hectolitres. 552.928 Hectolitres. 670.969 Hectolitres. 926.159 Hectolitres. 207 Hectolitres. 2.047.040
- 1900 358.759 772.485 1.160.554 1.143 2.709.831
- 1909 556.731 477.255 1.173.585 147 2.42'L 726
- 1912 880.821 465.525 1.620.552 5.269 3.309.609
- 1914 466.336 376.951 505.922 313 1.654.299
- 1915 556.552 317.173 797.019 766 1.987.457
- 1916 665.232 155.271 450.624 74.380 1.557.655
- 1917 535.480 152.540 558.610 41.068 1.491.508
- 1918 114.077 150.245 283.140 1 290 832.522
- Si on examine les statistiques de la production française de l’alcool, on voit que depuis 1870, la fabrication des alcools d’industrie a toujours été supérieure et de beaucoup à celle des eaux-de-vie.
- En 1865, nous avons produit environ 900 000 hectol. d’alcool de bouche et 500 000 hectol. d’alcool d’industrie. En 1870, le rendement de ces deux fabrications était voisin de 600 000 hectol. avec une petite supériorité encore pour l’alcool d’industrie. En 1912, qui fut l’année de notre meilleure campagne alcoolifère, sur une production totale de 3 309 609 hectol., 537 642 hectol. sont constitués par des eaux-de-vie et le reste, 2 971 967 hectol. par de l’alcool industriel.
- La production de cet alcool est concentrée dans la région du Nord de la France.
- Dix départements voisins : le Nord, le Pas-de-Calais, l’Aisne, la Somme, l’Oise, la Seine-et-Oise, la Seine, la Seine-et-Marne, la Seine-Inférieure, les Ardennes forment une immense région dont nous tirons près des trois quarts de notre alcool d’industrie. Cette disposition géographique explique la diminution de rendement subie par la fabrication de l’alcool au cours de la guerre. Diminution particulièrement sensible en ce qui concerne l’alcool de, betterave. Car, sur 80 distilleries industrielles d’une part et 282 distilleries agricoles de l’autre, c’est-à-dire sur un total de 362 de ces établissements, 298 travaillaient uniquement avec la betterave comme matière première.
- L’alcool étant un produit de première nécessité pour la fabrication des poudres, des explosifs, et de certains corps chimiques utilisés dans les combats, la terrible ypérite par exemple, la France qui, en alcool total était un pays exportateur, fut obligée d’importer de l’alcool industriel. En même temps, les distilleries non situées en territoire envahi augmentaient leur production en opérant la fabrication sur des grains et des substances diverses, ainsi que cela est traduit dans la statistique générale ci-dessus publiée.
- D’après des estimations officielles, lorsque la situation sera rétablie, on peut compter facilement sur une production nationale de 4 500 000 hectol. environ.
- Mais, nous l’avons noté, les besoins semblent devoir augmenter dans de fortes proportions, sans qu’on puisse entrevoir leur limite, vu le développement sans cesse croissant des moteurs à combustibles liquides.
- Au point de vue scientifique et technique, la question de l’alcool est résolue, reste celui de l’économie générale. Le problème posé est très simple, tout au moins dans ses grandes lignes : il nous faut beaucoup d’alcool, à un prix relativement faible et fixe; il faut construire, installer et utiliser un matériel permettant la vente de l’alcool sur tout le territoire. Nous ne pouvons, on le conçoit, traiter ces questions connexes dont les solutions parfaites sont certes difficiles à trouver, mais aussi obligatoires et impérieuses. Cela nous entraînerait à dépasser le but de cette étude qui est de montrer que, ainsi que l’a dit M. François Marsal, Ministre des Finances, l’alcool peut et doit devenir notre carburant national.
- Albert Ranc et Jacques Roisseau.
- RÉGULATEURS ET RÉGULATION
- Nos stations centrales modernes.
- On sait l’extrême importance détenue dans les stations centrales modernes par les régulateurs, organes chargés, comme leur nom l’indique, de régler l’arrivée du fluide moteur, soit vapeur, soit eau sous pression, et de proportionner cette quantité
- de fluide aux exigences de la station centrale.
- Nous nous expliquons : on sait en effet que les stations centrales comportent un certain nombre de groupes, constitués par des moteurs à vapeur ou hydrauliques, attelés à des dynamos ou à des aller-
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- RÉGULATEURS ET RÉGULATION
- Arbre tournant à une vitesse proportionnelle a celle du groupe electrogène
- Vapeur allant au rQoteur
- Fig. i. — Régulateur direct (type de Watt).
- nateurs. Ces dernières machines électriques travaillent sur des réseaux d’éclairage ou de distribution d’énergie, dont la charge (lampes, moteurs, etc.), est plus ou moins importante. Imaginons une certaine charge du réseau ; il lui correspond une certaine puissance fournie par les groupes et, en conséquence, une certaine ouverture des robinets, vannes ou valves qui règlent l’admission duiluide moteur. Supposons qu’un fil se rompe et qu’en conséquence le réseau soit brusquement déchargé. Qu’arriveraiU il s’il n’y avait pas de régulateur mécanique à la station centrale?
- Le fluide moteur arrivant toujours en même quantité, et les dynamos ne débitant plus, il ?y aurait alors emballement des machines et, par suite, possibilité d’accidents très graves. Si au contraire, dès que la vitesse s’élève, un organe, dans l’espèce, le régulateur à boules bien connu, intervient pour diminuer l’admission, alors on peut concevoir que la vitesse des machines reste à peu près constante. Tel est le rôle du régulateur.
- Tout le monde connaît le régulateur de Watt et les nombreux modèles qui en dérivent. Ils sont tous basés sur un principe analogue, celui de l’écartement plus ou moins grand, sous l’effet de la force centrifuge de la machine, de deux boules, ou plus généralement de deux masses, dont l’écart se transmet cinématiquement par l’intermédiaire d’un système articulé à la valve d’admission de vapeur. À chaque position des boules correspond un degré d’admission déterminé pour la vapeur, une fois réglés les organes de transmission intermédiaires (fig. 1).
- On constate ainsi qu’à chaque valeur de l’admission correspond une valeur de la vitesse du groupe électrogène, grâce à l’intervention du régulateur. On s’arrangera de manière que la vitesse dé-
- croisse le moins possible, quand on passe de la charge maxima du réseau à la charge minima. Ces régulateurs, dérivés du type de Watt, qui sont très bons pour des machines thermiques, c’est-à-dire utilisant la vapeur, le pétrole, le gaz, etc., par conséquent des fluides de faible masse et n’offrant qu’une petite résistance à la modification d’admission des valves, ne sauraient être conservés dans le cas des conduites hydrauliques destinées à alimenter les turtpnes. En effet, l’eau circulant dans ces conduites sous des différences de niveau qui peuvent être énormes, plusieurs centaines de mètres, la masse fluide en mouvement présente souvent une rigidité telle, qu’elle équivaut à la solidité métallique. Une expérience célèbre dans les usines de hautes chutes, consiste à ouvrir un robinet d’ame-née d’eau et à prier un militaire de passage ou quelque propriétaire de vieux sabre, à essayer de trancher lejet fluide. L’expérience se termine toujours douloureusement pour le poignet de l’expérimentateur et aussi par la rupture ou l’inflexion de l’arme.
- Si nous avons rappelé cette expérience un peu vulgaire, c’est pour faire saisir la difficulté mécanique considé-' rable, présentée par la modification de section d’une vanne placée en bout d’une conduite hydraulique. Le régulateur à boules de tout à l’heure, dit direct, à cause de son mode d’action et auquel on ne peut du reste donner des dimensions excessives sous peine de lui faire perdre toute sensibilité, est totalement incapable de manœuvrer la vanne en cas de variation de charge du réseau. Ce rôle est dévolu à un régulateur nouveau, pourvu d’un
- h turbine
- Fig. 3. — Schéma de régulateur indirect à pression
- d’eau ou d’huile pour commande de vannage.
- Eau allant à la
- £v turiint
- Fig. 2. — Schéma de régulateur indirect à moteur électrique commandant le vannage.
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- RÉGULATEURS ET RÉGULATION
- moteur spécial pour commande de la vanne, et en plus de liens sensoriels supplémentaires, presque intelligents, faisant appel à ce qu’on dénomme un asservissement. L’ensemble constitue ce qu’on appelle industriellement : régulateur indirect à servo-moteur (fig. 2 et 3).
- Le régulateur indirect à servo-moteur comprend d’abord l’ancien régulateur tt boules, qui n’a plus comme rôle que celui d’indiquer la valeur de la vitesse, par l’écart des masses pesantes (d’où son nom de mesureur de vitesse ou tachymètre), puis un organe mobile, généralement une tringle oscillant autour d’un point fixe F, embrassant d’un côté, par une fourchette, un organe lié au tachymètre, généralement un manchon ; de l’autre, ladite tringle dans son déplacement autour du point F mettant en branle, par un contact ou un mécanisme analogue, le moteur, beaucoup plus puissant que le tachymètre, qui sert à manœuvrer le vannage. En somme, le tachymètre et la tringle qu’il entraîne vont mettre en action un relai, qui, suivant le point d’attaque, supérieur ou inférieur, fera marcher le moteur de vannage dans un sens ou dans un autre. Supposons que le réseau soit déchargé : la vitesse du groupe monte, les boules s’écartent et dans la disposition des figures 2 et 3, la tringle actionnera le relai supérieur qui devra mettre en marche le moteur de vannage, dans le sens d’une diminution d’admission.
- L’agent moteur, auquel on peut s’adresser pour faire mouvoir le vannage, est quelconque ; si l’on adopte un moteur électrique, il suffira de prendre, par exemple, un moteur à deux inducteurs et à induit unique. Suivant que le contact de la tringle avec les relais aura lieu en haut ou
- Fig. 4. — Schéma de régulateur indirect asservi par déplacement du point F.
- en bas, l’un ou l’autre des inducteurs, du reste enroulés en sens contraire, sera parcouru par un cou rant provenant d’une source électrique convenable et qui se ferme par le contact tringle-relais (fig. 2).
- Si l’on adopte comme agent moteur, un fluide sous pression (eau, huile, etc.), il suffira de réaliser une disposition se rapprochant de celle représentée sur la figure 5 : un petit cy-, lindre c en communication
- par deux conduites, l’une inférieure, l’autre supérieure avec le grand cylindre C où se déplace le piston du moteur de vannage. Si le cylindre G est en outre mis en communication, par ses parties supérieure et inférieure, avec une bâche à liquide où règne la pression atmosphérique, et par sa partie médiane avec la source de fluide sous pression, suivant la position des pistons et y?2, ce sera la face supérieure ou la face inférieure du piston P qui sera mise en communication avec le fluide sous pression, l’autre face étant en relation avec l’échappement. On aura ainsi réalisé, suivant le sens de l’écart des boules du tachymètre, une modification de l’admission au vannage, de sens convenable, augmentation d’admission si la vitesse baisse, diminution d’admission si la vitesse monte.
- Ainsi le mouvement du vannage va s’effectuer, sous l’action d’une différence entre la vitesse actuelle du groupe et celle qu’il avait précédemment. Quand l’activité du moteur de vannage va-t-elle s’arrêter? Avec le dispositif simple qui précède, il est facile de voir que l’arrêt ne se produira théoriquement pas ; en d’autres termes, d’excessive qu’elleétait, l’admission va redevenir égale à celle qui est juste nécessaire pour assurer la charge du réseau; puis le moteur de vannage continuant à fonctionner, l’admission
- Fig. 6. — Régulateur indirect asservi à compensation-. Système Neyret-Brenier de Grenoble. Commande du servo-moteur pai pression d’huile.
- Vis à filets | opposés
- Ecrou
- Fig. 5. — Schéma de régulateur compensé.
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- RÉGULATEURS ET RÉGULATION
- deviendra trop petite, la vitesse baissera, puisque la puissance du moteur du groupe électrogène devient elle-même trop faible. Comment donc supprimer ces oscillations delà vanne d’une part et du régulateur de vitesse de l’autre, ces dernières oscillations traduisant des variations de vitesse du groupe électrogène lui-même? Ces oscillations sont très graves, pour la raison suivante : imaginons que le réseau desservi comporte des lampes à 110 volts; si la vitesse varie de plus ou de moins 20 pour 100 autour de sa valeur moyenne, on aura des variations de tension au moins du même ordre; les lampes passeront de 130 volts à 90 volts, c’est-à-dire seront soumises à des effets de pompage aussi désagréables à l’œil, que. funestes pour leur conservation.
- On supprime ces oscillations au moyen du dis-positif auquel nous avons fait allusion tout à l’heure, et qu’on appelle asservissement (fig. 4).
- Imaginons que sur la tige du moteur de vannage, nous montions une came C, sur laquelle roule un galet g, supportant lui-même une tige t servant enfin de soutien au point F, fixe tout à l’heure et qui maintenant va devenir mobile. Dans l’hypothèse de la figure 4, à chaque point du profil de la came correspondra une position du point F. Supposons que le profil de cette came soit tracé de telle sorte que lorsque les boules sont au maximum d’écartement, c’est-à-dire lorsque la vitesse du groupe est maximum, les trois points : manchon, F (occupant la position F') et T, point équidistant des relais, soient en ligne droite ; alors le moteur de vannage sera bloqué, puisque la tringle T n’est plus en contact avec un relai.
- On voit ainsi que ce moteur de vannage sera bloqué dans les environs du maximum de vitesse. Or, c’est justement au moment où la vitesse passe au maximum, que l’accélération angulaire du groupe devient nulle, ou, en d’autres termes, que la puissance motrice est égale à la puissance absorbée par le réseau.
- Cette conclusion est importante; avec un tel système on réalise en somme l’admission juste nécessaire pour le nouveau régime. Malheureusement, pomme on le voit, la vitesse ne convient pas. Elle
- est trop considérable, en particulier dans nos hypothèses, et il importe de prévoir un dispositif permettant de la ramener aux environs d’une vitesse moyenne de régime.
- Ce nouveau dispositif, par l’élude duquel nous terminerons cette brève analyse, s’appelle compensation. Voici son but : l’exampn de notre dispositif de régulateur simplement asservi, montre qu’il constitue une image très fidèle de la régulation directe. En effet, à chaque hauteur de manchon, ou chaque écart des boules, correspond une position du point F, une valeur de l’admission, etc., de
- telles sorte que l’on peut dire que, comme dans le cas du régulateur de Watt, à chaque valeur de la vitesse correspond une admission déterminée. Mais ici encore, les variations de vitesse avec la charge du réseau sont beaucoup trop considérables.
- Fixons les idées : il est impossible, pour des raisons de construction, de réduire avec les régulateurs simplement asservis les variations de vitesse, entre la marche à vide et la marche en charge, à moins de 10 pour 100. Par conséquent, suivant qu’un réseau serait plus ou moins chargé, les lampes à incandescence pourraient être amenées à fonctionner sous un voltage de 105 à 115 volts, soit avec une variation de tension tout à fait inacceptable.
- On doit recourir à un dispositif permettant d’atténuer et de réduire à 1 ou 2 pour 100 ces variations de vitesse. C’est la compensation (fig. 5).
- La compensation consiste dans le retour plus ou moins lent du point F à sa position moyenne, de manière que la vitesse de régime, correspondant à la situation en ligne droite des trois points : manchon, F, point T équidistant des relais, soit réalisée. Pour cela, il suffira (nous citons un dispositif entre beaucoup) de couper la tige terminée par le galet g, de pourvoir de pas de vis à filets opposés les deux extrémités de cette tige et de monter sur le tout un écrou. On commandera soit mécaniquement, soit à la main, cet écrou de manière à modifier la longueur de la tige en question et à ramener plus ou moins lentement F à sa position moyenne (fig. 5).
- Moteur auxiliaire de vannage, asservissement
- Fig. 7- —Régulateur- indirect asservi à compensation. A droite : le tachymètre proprement dit avec deux demi-cylindres pesants s’écartant sous l’influence de la force centrifuge. — An milieu : le centre d’articulation qui peut monter ou descendre sous l’influence de la tige d’asservissement de compensation. — .4 gauche : la tige aux relais commandant la manœuvre de vannage.
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- LA VÉRIFICATION DES THERMOMÈTRES MÉDICAUX
- compensation, constituent trois éléments essentiels des types de régulateurs employés dans les stations centrales modernes et dont le moins qu’on puisse dire, est qu’il constituent des merveilles de patience, d’ingéniosité et de précision,
- A titre d’exemple, nous donnons ci-après le schéma et les photographies d’un régulateur automatique indirect asservi, du type Neyret-Beylicr (fig. 6, 7 et 8) à servo-moteur et à pression d’huile. Dans ce régulateur, le tachymètre, à force
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- Un piston V, relié à la lige t, fixé en g' au levier L, peut recouvrir complètement deux orifices o et o qui aboutissent l’un sur la face avant, l'autre sur la face arrière, du piston du servo-moteur.
- En G se trouve une tige reliée au levier L et constamment rappelée par un ressort R sur un plan incliné fixé sur la tige du piston du servomoteur.
- Le rôle de cette ti6eCest de compenser les ouvertures trop brusques du régulateur et d’amorlir les
- Fig. 8. — Régulateur indirect asservi et à compensation associé à la turbine qu’il dessert. Commande par courroie de la pompe. — Commande par courroie du tachymètre. Installation de la Société des Chemins de ter et Hôtels de Montagne des Pyrénées. Usine de la Picadère. Turbines de iooo chevaux, iooo tours par minute.
- centrifuge, règle l’admission d’huile sous pression sur l’une et l’autre face du piston du servomoteur.
- L’huile sous pression est puisée dans une bâche B par une pompe rotative non figurée sur le dessin.
- oscillations. On reconnaîtra sur cet appareil tous les éléments essentiels étudiés plus haut.
- Barbillion.
- Directeur de l’Institut polytechnique de P Université de Grenoble.
- LA VERIFICATION DES THERMOMETRES MÉDICAUX
- La guerre, entre autres conséquences imprévues, nous a fait connaître la crise du thermomètre médical.
- Avant 191 k, ces instruments étaient à très bas prix.
- L’Allemagne, où ils se fabriquaient en abon-
- dance, spécialement dans la région d’Iéna, nous en envoyait des quantités. Leur importation ayant brusquement cessé du fait des hostilités et notre industrie n’étant nullement préparée à en éntre-préndre la fabrication, ces instruments sont rapidement devenus rares et leur prix s’est élevé de
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- LA VERIFICATION DES THERMOMETRES MÉDICAUX
- dès sa
- ce fait en des proportions considérables, encore que beaucoup d’entre eux fussent mauvais, c’est-à-dire inexacts.
- C’est que, en France, jusqu’en ces toutes dernières années, aucune disposition légale n’obligeait à la vérification de ces instruments, si bien que les thermomètres exacts pouvaient être considérés comme des thermomètres de luxe.
- Désormais il n’en va plus de même, la loi du 4 août 1918 ayant enfin rendu obligatoire, pour les thermomètres médicaux, la vérification qui jusque-là était facultative.
- Cette vérification s’opère au Laboratoire d’Essais du Conservatoire national des Arts et Métiers, par les soins d’un service spécial organisé dans ce but dès 1902.
- Ce service particulier, du reste, avait création obtenu un réel succès démontré sans réplique par ses opérations.
- Avant la guerre, en effet, alors que la vérification des thermomètres médicaux était facultative, le service faisait 80 000 vérifications chaque année, pour la plupart d’instruments fabriqués en Allemagne ou en Angleterre. Depuis l’obligation, le service étendu avait été prévu et outillé pour faire mensuellement environ 19 000 vérifications. En fait, il en pratique aujourd’hui de 30 à 35 000 par mois et ce nombre tend à s’accroître chaque jour, si bien que le service spécial du Laboratoire d’essais se trouve présentement dans la nécessité de s’agrandir à nouveau de façon à se trouver en état de faire annuellement de 450 à 500 000 vérifications.
- A l’encontre de ce qu’on pourrait supposer, la très grande majorité des instruments apportes à la vérification continue à être d’origine allemande.
- Durant la guerre, l’École du fort de Vanves, en recourant à des prisonniers allemands spécialistes, avait entrepris d’instruire des ouvriers français dans l’art de fabriquer les thermomètres. Cette initiation, par malheur, a peu rendu, en raison surtout de la difficulté où sont nos industriels de trouver en France même des verres de qualité convenable pour la fabrication de ces instruments.
- Quelques constructeurs français, néanmoins, et leur initiative sera certainement suivie dans un avenir peu lointain, fabriquent aujourd’hui les thermomètres médicaux, les uns en utilisant des verres d’iéna, les autres des verres français.
- Enfin, parmi les thermomètres mis en vente en France, on compte encore des instruments fabriqués par des constructeurs anglais, mais en petite quantité. Il est facile, au surplus, pour tout un chacun de savoir quelle est l’origine du thermomètre qu’il possède. La loi qui oblige de présenter tous les instruments au contrôle précise, en effet, que tous
- Fig. i.
- Un thermomètre médical français.
- doivent porter, en supplément du nom de leur constructeur et de l’indication de sa résidence, une marque, particulière permettant de reconnaître l’origine du verre ayant servi à leur fabrication. A cette intention il doit exister dans la masse même du verre un petit filet coloré visible aisément lorsque l’on regarde le thermomètre, filet de nuance violette pour le verre d’iéna, de coloration jaune pour le verre français et de teinte bleue pour celui fabriqué en Angleterre.
- Gomment à présent se réalise la vérification?
- Dès le premier jour de la création du laboratoire d’essais, un règlement spécial fut établi en vue de préciser la nature exacte des épreuves à poursuivre pour assurer la vérification correcte des divers thermomètres et no ta m ment des thermomètres médicaux.
- En particulier, ce règlement prévoyait des épreuves en vue de la détermination : 1° de la qualité du verre et 2° de l’exactitude même de l’instrument.
- En ce qui concerne la qualité, une telle précaution est particulièrement importante, en raison des variations notables que peut avec le temps présenter le réservoir du thermomètre, variations qui sont telles avec certains verres que ceux-ci ne sauraient être utilisés pour la fabrication d’aucun appareil de précision et qui, en tout cas, même avec les verres de la meilleure qualité, obligent, avant de procéder à toute vérification, à laisser s’écouler un délai convenable, délai d’un mois au minimum, avant lequel le verre ne saurait avoir acquis une stabilité suffisante. Quant à l’opération même de la vérification des thermomètres, simple et rapide, elle comprend quatre temps successifs qui tous sont confiés pour leur exécution à des vérificatrices spécialisées.
- Le premier temps consiste dans un recensement des thermomètres à vérifier.
- L’opératrice, pour cela, procède à leur « mise en bloc, c’est-à-dire que successivement chaque thermomètre, après qu’on a vérifié s’il porte bien le filet coloré indiquant l’origine du verre ayant servi à le fabriquer; s’il est bien muni de sa graduation en degrés et en dixièmes de degrés allant de 35° à 42° avec un repère correspondant au degré 37, température normale du corps humain ; s’il porte enfin le nom de son fabricant et l’indication de la résidence de celui-ci, reçoit un numéro d’ordre — celui qu’il conservera désormais — et est introduit dans le bloc qui n’est autre qu’une boîte divisée en cent petites cellules destinées à recevoir chacune un des thermomètres à vérifier. .
- Le second temps de l’opération est essentiellement celui de la vérification de l’instrument qui s’effectue en comparant ses indications à celles d’un thermomètre-étalon. A cet effet, chaque thermomètre est extrait du bloc et transporté successivement dans
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- LA VÉRIFICATION DES THERMOMÈTRES MÉDICAUX :......... 269
- Fig. 3. — Vérification défia graduation dans un bain à température constante.
- des cuves remplies d’eau maintenues aux températures constantes de 56n,
- 58° et 40° au moyen de becs de Bunsen alimentés sous pression constante par un régulateur spécial, mais dont le débit est réglé par les opératrices. Quant à la constance de la température dans la masse de l’eau, elle est assurée grâce à un brassage régulier de la masse liquide au moyen d’une petite hélice actionnée électriquement.
- Après un séjour de deux minutes d’immersion du thermomètre dans chaque cuve d’eau, suivant la nature de l’instrument, la vérificatrice compare l’indication qu’il donne avec celle fournie par le thermomètre-étalon.
- Naturellement, après chaque passage du thermomètre à la cuve, on vérifie également si ses indications de refroidissement sont correctes. Toutes les indications relevées sont immédiatement inscrites sur un registre spécial et pour chaque instrument.
- Pour effectuer ces diverses opérations de contrôle, deux femmes sont nécessaires, l’une étant occupée à effectuer la mise en bloc des thermomètres et à relever les indications diverses qu’ils présentent dans les bains successifs où ils sont plongés, la seconde étant employée à noter sur un registre les indications relevées. En alternant entre elles les opérations de lecture et d’inscription, un groupe de deux femmes peut ainsi par journée de travail effectuer trois cents vérifications complètes, ee qui correspond à un total de 1200 lectures exactement.
- La vérification une fois faite, il convient d’en enregistrer l’indication sur le thermomètre lüi-même. G’ est le troisième temps de l’opération, celui de la gravure.
- Celle-ci consiste à fixer sur le cylindre de verre du thermomètre, et en caractères indélébiles, l’inscription suivante : R. F. G. A. M. 20, nû, inscription
- qui se traduit de la façon suivante : Piépublique française, Conservatoire Arts et Métiers, année 1920, numéro ....
- Pour réaliser celte opération, l’inscription étant établie dans un composteur, on appuie celui-ci sur un tampon imbibé d’une encre spéciale. Le composteur est ensuite pressé contre une toile cirée sur laquelle il dépose une empreinte de son inscription, empreinte qui est ensuite reportée sur le thermomètre. Pour cela,le thermomètre est d’abord nettoyé à l’alcool, puis ensuite passé à la flamme et enfin appuyé sur la toile cirée qui, dans ces conditions, dépose sur lui l’inscription qu’elle venait de recevoir. Celte inscription est alors saupoudrée dé fluorure d’ammonium, puis chauffée à la flamme, ce qui a pour effet de la fixer définitivement sur le verre. Pour la rendre visible, il ne reste plus qu’à la métalliser, ce qu’on réalise aisémentet rapidement, simplement en frottant la région dépolie avec un petit lingot d’alliage mou. Une seule femme peut ainsi chaque jour graver de 120 a 130 thermomètres.
- Pour le quatrième et dernier temps de l’opération, enfin, il consiste simplement dans la vérification et l’établissement du bulletin de contrôle de chaque instrument.
- Ainsi qu’il est facile de s’en rendre compte par cette description que nous venons d’en donner, l’opération de la vérification du contrôle des thermomètres médicaux est d’une exécution fort simple. C’était là, du reste, une condition indispensable et sans laquelle il erit été impossible d’en rendre l’application obligatoire.
- D1' Georges Yltoux.
- Fig. 3. — Apposition de la marque de- contrôle.
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- LA SOIE EN INDO CHINE
- Nous recevons de M. Ernest Dadre l’intéressante lettre qui suit :
- Dans un article sur « l’Industrie française de la soie et la sériciculture coloniale »,qui a paru le 4 septembre '1920 dans La Nature, n° 2422, M. Albert Ranc traite avec une haute compétence la question de la soie en Indo-Chine et fournit à ce sujet aux lecteurs de La Nature de très précieux renseignements. Néanmoins, une erreur de date s’est glissée dans son article, et, dans l’intérêt de la vérité, M. Ranc, le distingué docteur ès sciences, sera lui-même heureux qu’elle soit rectifiée.
- Il écrit au sujet de l’Indo-Chine :
- « L’installation de la première filature à vapeur a été faite à Nam-Dinh au Tonkin en 1906; d’autres ont été réalisées dans la même province d’abord, puis en Annam, en Cochinchine, au Cambodge. »
- Or, c’est moi-même qui ai créé à Nam-Dinh (Tonkin) la grande filature de soie à l’européenne, pour le compte de la Société française de sériciculture et des filatures de soie de l’Indo-Chine, et j’ai mis en marche cette usine le Ier mai 1904, et non en 1906.
- D’ailleurs, voici rapidement tracée l’histoire des premières filatures de soie à l’européenne de l’Indo-Chine :
- Envoyé en 1898, par le Ministère des Colonies, en mission officielle on Indo-Chine pour y étudier la question séricicole, j’essayai, en premier lieu, d’acclimater au1 Tonkin les belles races de cocons annuels de France et d’Italie,, mais je reconnus vite mon erreur : le climat de l’Indo-Chine, ne se prête pas à l’élevage dés espèces annuelles, tant en raison de l’humidité atmosphérique que par.suite de l’absence d’hibernage des graines; aüs>i j’estime que l’industrie de la soie en Indo-Chine doit continuer à se suffire avec les cocons polyvollins indigènes (plus ou moins améliorés), mais il importe qu’on sache bien qu’on peut avec ces cocons indigènes, lorsqu’ils sont filés à l’européenne et avec des soins appropriés, produire une soie de bonne qualité, supérieure aux soies de Canton, du Rengalè et du Kasmir et pouvant trouver de nombreux emplois sur le marché français.
- Sur ma demande et pour permettre la démonstration industrielle de ce principe, M. Douiner, alors gouverneur général de l’Indo-Chine, mit à ma disposition, en avril L900, une petite filature à vapeur de 6 bassines, système Camel et provenant des chantiers de la Baire (Lyon). Avec ce petit outillage, des cocons ordinaires annamites et des.fileuses indigènes, qui ne subirent qu’un apprentissage de quelques jours, je pus fabriquer une balle de soie grège 15/15, bien titrée et supérieure comme élasticité et ténacité aux^ soies de Canton, filature à l’européenne.
- Cette balle de soie fut présentée par moi à l’Exposition Universelle de Paris de 1900, groupe XIII, classe 85, et elle obtint une médaille d’or.
- Cette haute récompense venant sanctionner officiellement ma démonstration industrielle a été le point de départ d’un mouvement qui a amené en 1902 la créalion en Annam, province de Quinhon, d’une filature de soie à l’européenne et d’une fabrique de Pongés installées avec le plus grand soin par MM. Delignon et Paris et a provoqué, en 1904, l’établissement à Nam-Dinh (Tonkin) d’une grande filature de soie de 150 bassines, installée avec tous les perfectionnements modernes et pouvant rivaliser comme outillage avec les premières filatures de Sanghaï et du Japon.
- Cet outillage, ainsi que celui de Quinhon, sortait des ateliers Berlhaud, de Lyon.
- Permeltez-moi d’ajouter que je partage la conviction de M. Ranc sur l’avenir séricicole de l’Indo-Chine, surtout si les efforts se portent principalement sur le côté industriel de la question.
- Il est inutile d’essayer d’élever en Indo-Chine les races annuelles de France, Italie, Espagne, etc., car le climat de l’Indo-Chine ne le permet pas ; le cocon indo-chinois sera toujours un Cocon Polyvoltin à tissu plus ou moins biche, semblable au cocon de Canton. Heureusement il y a lieu de prévoir, qu’après quelques hésitations et lenteurs, la grande industrie suivra l’exemple donné par les filatures de Quinhon et de Nam-Dinh. Dans ce cas, il se produira pour notre belle colonie d’Extrême-Orient la même évolution industrielle que celle dont Canton a bénéficié il y a 50 ans.
- En effet, en 1870, les Cantonnais ne savaient encore filer leurs cocons que par des procédés grossiers semblables à ceux des Annamites ; ils né.produisaient aussi que des soies très inférieures et exportaient à peine 500 000 kg de soie grège par an.
- En 1871 et 1872 des filateurs français installèrent dans la province de Canton les premières filatures à l’européenne; les Cantonnais suivirent l’exemple, créèrent des filatures à l’européenne et virent leur exportation de soies augmenter au fur et à mesure de la création des filatures.
- Aujourd’hui, ils exportent annuellement pour plus de trois millions de kilogrammes de soie.
- Les résultats déjà obtenus en Annam et au Tonkin permettent d’espérer pour l’Indo-Chine un développement semblable de l’industrie de la soie, apportant avec lui dans notre belle colonie un nouvel élément de richesse.
- Euxest Dadkg,
- ancien Chargé de mission en Indo-Clune (1898-1904' Membre du Jury, Exposition d’Hanoi (1902).
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de septembre 1920.
- La transmission deV énergie dans les conduites d’eau. — On sait le rôle très important que joue pour l’électrification des chemins de fer du Midi et l’exploitation de la hopille blanche dans les Pyrénées, M. Camichel, de la Faculté de Toulouse. La Note qu’il soumet à l’Académie établit ses droits de priorité pour l’utilisation des vibrations de l’eau.
- Une conduite produit la vibration fondamentale et. ses harmoniques impairs, à l’aide d’une sirène ou d’un clapet automatique, enfin un piston sans soupape, se déplaçant à l’intérieur d’un cylindre en communication avec la conduite, réalise un moteur monophasé s’accrochant comme un moteur synchrone électrique (voir La Nature, n° 2425).
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- LA RADIOGRAPHIE DIGITALE
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- L’influence du milieu parisien sur la race. —.Les statistiques établies depuis 191-4, grâce surtout au service d’identité judiciaire, montrent, d’après MM. Marie et Mac-Aulifîe, qüe le climat de Paris, l’air confiné qu’on y respire et la vie agitée qu’on y mène, créent des modifications de la forme humaine : la nébulosité de l’atmosphère détermine une faible pigmentation des cheveux et des yeux qui tendent vers le blond, les diamètres crâniens augmentent par rapport à la taille et les membres se raccourcissent alors que le buste croît légèrement.
- Les pommiers à cidre de Bretagne cl de Normandie. — L’origine de ces arbres est mal connue, et bien qu’ils donnent lieu chaque année à un commerce d’environ 500 millions de francs, leur étude n’a pas clé faite avec autant de soin que celle de nos divers cépages. Pour M. Chevalier, c’est au xie siècle que de bonnes greffes furent apportées du Nord de l’Espagne, et c’est du xiv° au xvn° siècle, que la culture du pommier s’étendit
- à une grande partie de la Normandie et de la Bretagne, l’espèce alors introduite étant originaire de l’Arménie et du Turkestan. Cet agronome croit possible d’obtenir avec nos arbres indigènes et certaines espèces microcarpes d’Asie, des sortes résistantes au froid, analogues à celles du Canada, et qui rendraient les plus grands services dans nos pays de montagnes.
- Les canaux sécréteurs du bois. — C’est en généra suivant une direction parallèle à la longueur de l’organe qu’ils s’étendent dans les tissus de la lige et de la racine. La Note de M. Henri Lecomte montre qu’un système radial se superpose au premier longitudinal, notamment chez les genres Pinus, Picea et Larix; par contreil fait complètement défaut dans les espèces Abies, Cedrus, Thuya, Araucaria, Mangifera, enfin certaines Anacardiacéesen possèdentun semblable, alors que chez d’aulres une telle présence n’a jamais été signalée.
- Paui. B.
- LA RADIOGRAPHIE DIGITALE
- On sait tous les services que rendent les empreintes digitales pour l’identification des individus, notamment en matière de police judiciaire.
- La technique en est fort simple. Le bout des doigts
- épreuves recueillies dans les services anthrepomé-triques est des plus simples.
- Considérant d’abord l’allure générale des lignes, on les voit concentriques autour d’un arc sans triangle, ou
- Fig. i. — Empreintes des cinq doigts de la main gauche.
- étant appuyé sur un tampon d’encre grasse puis, en roulant de dehors en dedans, sur une feuille de papier fort, il apparaît des dessins compliqués formés d’un très grand nombre de lignes (fig. d).
- Galton le premier a montré que ces dessins sont inaltérables et immuables depuis le plus jeune Age jusqu’à la décomposition du cadavre. On ne peut les modifier volontairement ; les coupures, brûlures, traumatismes de toutes sortes peuvent les faire disparaître temporairement, mais ils repoussent toujours exactement tels qu’ils étaient. Enfin, ils diffèrent d’un individu à l’autre et la méthode de classement des empreintes imaginée par Bertillon permettrait de distinguer 64 milliards de fiches différentes. Le nombre en pourrait être encore augmenté par la considération des pores sudoriparcs telle que la conseille Locard (*).
- Le principe de la classification des innombrables
- l. Voir l’ouvrage récent du Dr Locard, directeur du laboratoire de police technique de Lyon : l'Enquête criminelle et tes méthodes scientifiques. Flammarion, éditeur.
- formant une boucle du côté interne d’un triangle, ou présentant le même dessin inverse, ou montrant une boucle médiane entourée de deux triangles latéraux (verticille). D’où la division des empreintes en 4 catégories. Les dessins de chaque doigt n’étant pas identiques, comme on peut facilement s’en assurer en regardant ses mains, cette simple division des empreintes dactyloscopiques permet d’établir pour les divers individus une formule comprenant 4 variables pour chacun des dix doigts. Quelques autres particularités telles que les interruptions et les bifurcations de lignes, la distance des triangles aux boucles, l’emplacement des pores sudoripares suffisent, pour éviter toute confusion, et en fait on n’en connaît pas d’exemple, tandis que les annales de la police judiciaire, en ces dernières années, montrent les plus difficiles dépistages souvent obtenus par la considération des seules empreintes digitales.
- Dans le Journal de Radiologie et d'Eleclrologie, M. le D1' Henry Béclère vient de proposer un perfec-
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- LA RADIOGRAPHIE DIGITALE
- Fig. 2. — Une radiographie digitale du DT Béclère.
- tionnement nouveau au mode de prise des empreintes digitales et qui ajoute encore à leur précision. Au lieu d’imprégner les doigts d’encre d’imprimerie, on se sert d’un sel à poids atomique élevé, tel que du carbonate de bismulh ou du minium, faisant ombre sur l’ccran radiographique ; on peut alors prendre un cliché aux rayons X et avoir une épreuve de la peau avec tous ses détails, même les plus fins. On y voit en outre (fig. 2) la silhouette du squelette et les limites de l’ongle dont on peut étudier les rapports avec les dessins de la peau.
- La forme de l’ongle varie avec chaque individu ; d’autre part, la .matrice et les bords latéraux paraissent peu variables dans le temps et chez le même individu.
- La projection de la matrice unguéale sur le squelette varie également à l’infini et ses rapports avec les sillons cutanés, les variations du squelette et les surfaces articulaires sont autant d’indications nouvelles.
- Pour faire apparaître sur la plaque les limites unguéales, il suffit de les imprégner légèrement d’un sel à poids atomique élevé, le minium par exemple. Le surplus, qui doit être enlevé, car la peau de la région dorsale ne doitpasetre surchargée, disparaît facilement à l’aide d’un tampon d’ouate hydrophile imbibé d’essence minérale. La peau de la région palmaire est décapée à l’essence, puis elle est légèrement imprégnée de vaseline et enfin on
- lui fait subir un léger massage avec un tampon recouvert de poudre de minium.
- Au point de vue radiographique, pour permettre la constance des résultats, on utilise le tube Coo-lidge à ailettes qui donne des images d’une très grande finesse. L’ampoule doit être rigoureusement centrée ; on fait passer le rayon normal par le milieu de la hase unguéale. Le centrage est capital, car c’est la projection de la base de l’ongle sur la plaque qui deviendra le point d’établissement de tous les rapports possibles avec les détails du squelette, des surfaces articulaires et des sillons cutanés.
- On emploie des plaques ordinaires de radiographie. La distaiice anticathode-plaque, constante, est de 40 cm., ceci pour éviter les déformations dans les projections : l’intensité, constante également, est de 10 milliampères et le temps de pose de trois secondes. Le doigt est posé bien à plat sur la plaque entourée de'papier noir, contre la surface sensible ; pour ne pas déformer les lignes, il doit être appliqué sans pression.
- La superposition des ombres du squelette, des rainures unguéales et des détails de la peau ne nuit absolument en rien à la netteté des images obtenues.
- Ce procédé ne vise pas à supprimer la méthode de Bertillon, mais il la complète par l’apport de deux facteurs nouveaux dans les indications anthropométriques : les rapports de l’ongle et du squelette avec les détails dactyloscopiques (fig. 5). 11 permet, entre autres, la prise des empreintes digitales chez les noyés qui est impossible par le « bertillonnage » Il donne aussi plus de netteté et de finesse dans les résultats.
- La multiplicité des installations radiographiques et la vulgarisation de leur manipulation permettent dès ce moment la pratique de ce nouveau perfectionnement aux méthodes scientifiques de police judiciaire. R. M.
- Fig. 3. — Divers rapports de Vongle, de la phalangette et des sillons cutanés {boucles et triangles), observés aux rayons X.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laubi.e, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2430. • . : , : , ---— 30 OCTOBRE 1920
- LA DÉCHARGE ÉLECTRIQUE EN BOULE 0
- La lcclure des livres donne l’opinion que le ton- i la réalité et que l'éclair en trait est une illusion nerre en boule est une illusion, et que l’éclair en | résultant de la persistance, sur la rétine, des im-
- Fig. ià g. — i et 2, décharges négatives en boule. — 3, éclatement d’un globe négatif. — 4 cl 5, boules négatives avec des rayons à la circonférence. — 6, enregistrement de la superposition de la boule négative et de l’aigrette positive qui l’embrasse. — 7, effluve positif se faisant vers une boule négative très lumineuse et immobile. — 8, enregistrement simultané d’une aigrette positive et de deux boules négatives.— 9, les branches de l'aigrette vont embrasser les boules. — 10, boules négatives déformées par influence réciproque.
- trait est la réalité. L’étude expérimentale donne l’opinion que la décharge électrique en boule est 1. Communication au Congrès de V AF AS, Strasbourg 1920.
- 48’ Année — 2’ Semestre.
- pressions faites par la boule lumineuse se déplaçant très rapidement. Le trait lumineux de Léclair n’a pas plus de réalité que le ruban de feu que
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- Fig. io el ii. — Trajet capricieux d'un globule lumineux nègalij se déplaçant lentement sur la surface sensible d’une plaque photographique. Chaque bifurcation correspond à un éclatement du globule en deux autres.
- l’on croit voir dans la nuit, lorsqu’on déplace rapidement un tison enflammé.
- En 1899 nous avons, sous le nom d'étincelle globulaire ambulante, décrit un globule lumineux se détachant d’une pointe, en rapport avec le pôle négatif d’une machine statique, et reposant perpendiculairement sur la face sensible d’une plaque photographique. Cette petite boule lumineuse se comporte conformément : aux descriptions qui ont été faites du tonnerre en boule ; elle se promène très lentement sur la plaque en suivant les chemins les plus ca-p r i c i e u x ; elle s’arrête, puis repart, parfois é-clate et disparaît.
- 11 est aisé de reconnaître que la boule lumineuse négative fait sa route en avançant, par la réduction du sel d’argent de la plaque sensible.
- Poursuivant l’étude de la décharge électrique, nous avons cherché à produire cette boule dans un champ uniforme où elle ne serait sollicitée que dans une seule direction. Nous avons placé une plaque photographique, parallèlement aux armatures, dans le diélectrique d’un condensateur à air, et nous avons reconnu que la décharge se faisait simultanément dans les deux sens : négative de l’armature sur la face sensible, et une décharge à caractère positif, de la.face sensible sur l’armature métallique ; toutes deux sont enregistrées par la plaque sensible, soit séparément, soit simultanément en se superposant. La décharge négative se photographie comme une boule lumineuse (fig. 1). Si l’on éloigne l’armature négative de la plaque, la boule éclate et l’on enregistre des rayons à sa circonférence (fig. 2).
- Si l’on recueille simultanément des boules électriques négatives voisines, la photographie (fig. 5) montre comment elles s’influencent et se déforment. Les décharges positives ont un tout autre caractère : peu lumineuse', au lieu de la forme de boule, elles ont la forme d’aigrettes dont les branches se dirigent vers les boules comme le montre la photographie (fig. 4) où sont enregistrées simultanément,
- deux boules négatives et une aigrette positive dont les branches vont embrasser les boules.
- Le plus souvent, les deux décharges se su-perposent, la boule négative dans un sens, l’aigrette positive dont les branches vont embrasser la boule dans l’autre (fig. 5).
- 11 semble résulter de ces expériences que la décharge électrique se fait simultanément dans les deux sens, du positif part une aigrette peu lumimeuse et dispersée, tandis que du négatif part une boule très lumineuse, cette boule donnerait l’illusion de l’éclair en trait et, dans certaines conditions, peut se déplacer lentement et capricieusement, comme on a décrit le tonnerre en boule.
- La décharge positive est représentée par les belles lueurs qui éclairent souvent l’horizon par les nuits d’été avec un ciel bleu et sans nuage, ces lueurs sont formées par les décharges des hautes régions de l’atmosphère positive vers la terre négative. On peut facilement reproduire ce phénomène avec l’armature positive d’un condensateur à air et l’enregistrer par la photographie, comme le montre la figure 6. ]> stéi>Hane Leduc.
- l’i’ol'esseiu' à l’Ecole de Médecine de Nantes
- Fig. 12. — Décharge émanant de l’armature positive d’un condensateur à air, semblable aux lueurs qui éclairent l’horizon pendant les nuits d’été.
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- UN SOUS-MARIN OCÉANOGRAPHIQUE
- On ne se figure pas, en général, le sous-marin autrement que comme navire de guerre. M. Laubeuf, le célèbre inventeur des submersibles, a rappelé dans une récente communication à l’Académie des Sciences que de nombreux inventeurs ont cherché pour le sous-marin des emplois plus pacifiques. 51. Laubeuf, lui-même, dès 1907, a dressé les plans d’un sous-marin océanographique dont nous reproduisons ici les caractéristiques.
- Il serait à souhaiter que la construction pût en être entreprise ; l’inventeur en évalue le coût à 600000 francs, mais les résultats à espérer d’un tel instrument d’investigation justifieraient largement cette dépense.
- Un tonneau-plongeur de l’Anglais Lethbridge a été employé, dès 171?, au sauvetage d’épaves.
- L’Explorateur sous-marin de de Collonge a fait l’objet d’une communication à l’Académie des Sciences en 1855. (le n’est pas un véritable sous-marin, parce qu’il reste en communication avec la surface au moyen d’un tube.
- L'Observatoire sous-marin de Bazin, construit dans le but de rechercher les épaves des galions de Vigo, a été expérimenté en 1865.
- La Taupe marine de Toselli (1872), la Boule nautique de Balsamello (1889) étaient comme les précédents dans l’impossibilité de se mouvoir par eux-mêmes et restaient suspendus par des cordages.
- Au contraire, le Travailleur sous-marin de Pialti dal Pozzo, expérimenté en 1897, en forme de sphère, comme la Boule de Balsamello, possédait trois hélices et un gouvernail. De même le Travailleur de Pmo, en forme d’ellipsoïde, de 5 m. de grand axe, 5 m. de petit axe, possède deux petites hélices latérales (1905).
- Tous ces engins étaient destinés à la recherche des épaves.
- L’abbé Baoul a fait construire vers 1905 un petit sous-marin pour la pêche des éponges sur les côtes de Tunisie.
- Yoici maintenant les grandes lignes de la construction du petit sous-marin étudié en 1907 par M. Laubeuf; celui-ci estime qu’un tel engin permettrait l’exploration directe jusqu’à 80 ou 100 m. de profondeur.
- I. Description. — Le sous-marin aurait les dimensions suivantes :
- Longueur................18 m. 80
- Diamètre................ 2 m. 50
- Déplacement. ... 50 tx environ.
- La coque est de révolution, toutes les sériions étant circulaires. La membrure et le bordé sont calculés de façon à résister avec sécurité à la pression qui correspond à une hauteur de 80 m. ou 100 m. d’eau de mer.
- Des précautions spéciales seront prises pour assurer l’étanchéité de toutes les ouvertures faites dans la carène, même en cas d’accident : par exemple en cas de rupture d’une tige de thermomètre, un bouchon à vis sera tout préparé pour obstruer l’ouverture.
- Pour les hublots, une tape métallique, serrée par des écrous à oreilles sera desserrée doucement ; si le hublot en verre (glace de Saint-Gobain de 40 mm d’épaisseur) était cassé, ou seulement fendu, on verrait passer l’eau. Dans ce cas, on resserrerait la tape et l’on n’utiliserait pas ce hublot.
- Le sous-marin sera muni de deux quilles lui permettant de bien s’asseoir sur le fond.
- Afin de pouvoir opérer dans les mers à marée sans être trop gêné par les courants, le sous-marin est pourvu
- de moyens de propulsion par accumulateurs et moteur électrique.
- Les accumulateurs, au nombre de 45, pèsent. ï88 kg chacun. Le moteur peut donner une puissance effective de 50 chevaux environ à 420 tours, sous 80 volls.
- Dans ces conditions, la vitesse maximum du sous-marin serait d’environ 6 nœuds à la surface, 4 nœuds 75 en plongée.
- Son rayon d’action à demi-vitesse serait de : 60 milles à 5 nœuds à la surface ; 50 milles à 2 nœuds 50 ën plongée.
- Outre les tableaux de manœuvres, rhéostats, etc., destinés au fonctionnement du moteur et des accumulateurs, les appareils suivants seraient placés sur le bateau :
- Une pompe centrifuge de 50 tonnes mue par le moteur principal ; une pompe à piston de 5000 litres pouvant refouler à la pression de 10 kg avec moteur électrique; un périscope pour la vision en marche à la surface, par mer agitée empêchant de se placer sur le brise-lames (cet appareil est indispensable pour que le sous-marin puisse retrouver son convoyeur en remontant); deux treuils à bras : un pour le grappin, un pour le poids arrière ; deux réservoirs d’air comprimé (environ 150 litres à 120 kg); un ventilateur électrique, nécessaire pour aérer le sous-marin pendant le rechargement des accumulateurs; un compas; un téléphone.
- Eclairage électrique (environ 12 lampes de 10 bougies, 80 volts).
- Les trois caisses de réglage de l’assiette et de la flottabilité.
- Un grappin de 80 kg et 160 m. de câble en 111 d’acier.
- Un poids en plomb de 80 kg et 160 m. de câble en fil d’acier.
- II. Réglage de la profondeur. — Les opérations seraient possibles jusqu’à la profondeur de 80 m. à 100 m. De plus, on pourrait les faire à des profondeurs bien réglées à volonté, par exemple de 10 m. en 10 m. ou de 5 m. en 5 m.
- Pour cela, un treuil à l’avant et un treuil à l’arrière servent à lever ou à amener le grappin de 80 kg à l’avant, le poids de 80 kg à l’arrière.
- En donnant au sous-marin une flottabilité positive de 50 Ag à 60 kg, on mettra au fond le grappin et le poids et Ton enroulera sur les treuils la quantité de fil nécessaire pour tenir le sous-marin à la profondeur désirée.
- Cette profondeur sera lue sur un manomètre spécial à grand cadran, gradué en mètres d’eau çle mer de 0 à 80 et qui peut donner la profondeur à 0 m. 20 près.
- III. Opérations océanographiques. — T Prise d’échantillon de la couche superficielle du fond. — Un appareil analogue aux dragues dites dragues à mâchoires passerait dans un presse-étoupe au travers d’un couvercle. Quand on aurait pris l’échantillon, on relèverait l’appareil qui se logerait dans l’espace compris entre la vanne et le couvercle formant sas et l’on fermerait la vanne; on pourrait alors ouvrir une porte latérale et retirer l’échantillon.
- 2° Prise d’échantillon des couches du fond. — Un tube analogue aux tubes employés pour des sondages à. terre, tube terminé par une denture, serait enfoncé en le tournant comme une tarière. Les échantillons dés diverses couches se logeront à l’intérieur du tube en se superposanl. On pourrait ensuite le retirer.
- Ce tube serait logé dans le .même système de sas que l’appareil précédent. , . ........
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- 5° Prise d'échantillon d'eau. — Cet échantillon serait pris in 'situ, ce qui est un grand avantage pour l'élude de la densité, de la salinilé, de la température, etc.
- Il serait prélevé au moyen d’un petit robinet en bronze placé à la partie supérieure de la carène, de manière à ne pas pouvoir être bouché par la vase du fond et à pouvoir être nettoyé, car il serait hors de l’eau quand le sous-marin serait à sa position d’émergence.
- 4° Température. — La température serait prise au moyen de thermomètres dont la houle se trouverait dans des poches placées sur la carène, et dont la tige traverserait un presse-étoupe.
- Du fait qu’une partie de l’instrument est à l’intérieur et qu’il touche la coque, il y aura sans doute une correction à faire. Une table de correction pourra être établie à l’avance.
- Il y aurait plusieurs poches permettant de prend:e la température à des distances variables du fond, soit par exemple 1 m., I m. 75, 2 m. 50.
- 5° Transparence de l'eau. Intensité de la lumière à différentes profondeurs. — Un hublot supérieur permettrait de faire, au moyen d’appareils à plaques sensibles, la mesure de la transparence de l’eau et de l’intensité de la lumière.
- G0 Observation directe du fond. — Un ou plusieurs autres hublots placés à la partie inférieure permettraient,
- au moyen d’un fort réflecteur avec lampes à incandescence, de voir directement le fond.
- 7° Direction et vitesse des courants. — Une sorte de girouette placée à l’avant sur la partie supérieure indiquerait la direction du courant. Un hublot permettrait de voir la queue de la girouette et de repérer cette direction par rapport au compas.
- Un loch à moulinet Fleuriais donnerait la vitesse du courant.
- 8° Récolte du plankton. — Un robinet spécial et une caisse de 250 litres permettraient le tamisage de la quantité d'eau qu’on voudra sur le filet fin de soie à bluter, pour la récolte du plankton in situ. L’eau de la caisse serait refoulée au dehors par la pompe électrique.
- Cette opération serait facile à faire, étant sur le fond.
- Pour la faire à diverses hauteurs, de façon à avoir le plankton in situ, il faudrait évacuer l’eau par la pompe au fur et à mesure, sans lui laisser le temps de remplir la caisse, pour ne pas troubler l’équilibre. Un compteur de tours placé sur la pompe dont le débit sera préalablement contrôlé, donnerait la mesure du volume d’eau tamisé.
- Tel est le projet de M. Laubeuï que nous souhaitons voir réaliser.
- X.
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- Nous nous excusons auprès d< s lecteurs de La Nature d’insister à nouveau sur l’état de développement actuel dé l’aviation allemande. Nous
- S’appuyant sur des arguments spécieux, ils cherchent à éluder successivement toutes les clauses du traité de Versailles, deviennent de plus en plus
- Tig. i. — Le premier avion géant allemand — Zeppelin Slaaken.
- 3 moteurs : i dans chaque nacelle latérale avec hélices propulsives et i à l’avant du fuselage avec hélice tractive.
- estimons, en effet, que cette question est liée intimement à celles des plus graves qui se posent à l’heure présente, notamment en ce qui concerne les armes que l’Allemagne pourrait trouver pour soutenir une nouvelle agression.
- Si nous considérons la situation générale du centre de l’Europe à travers les rapports officiels cl officieux qui nous en parviennent, nous sommes obligés de nous apercevoir par de nombreux indices évidents que nos ennemis se sont entièrement ressaisis, sinon au point de vue social, au moins au point de vue économique.
- insolents, ne cèdent que ce qu’ils sentent ne pouvoir éviter sans une rupture à l’égard de laquelle ils ne se sentent point encore prêts et parlent officiellement de revanche. Notre conviction est qu’il n’est point insensé de penser qu’ils étudient à nouveau le moyen de lancer la puissance autosuggeslionnée de leurs 65 millions d-’Allemands contre les 40 millions de Français. .
- Or, les experts militaires de toutes les grandes puissances belligérantes s’accordent maintenant pour déclarer qu’une prochaine guerre revêtirait une forme toute nouvelle et que certainement
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- Fig. 2. — Croquis d'un Zeppelin Staaken R.
- 6 moteurs : 2 clans chaque nacelle avec hélices propulsives et 2 à l’avant du fuselage avec hélice tractive. Des mécaniciens peuvent surveiller les moteurs dans les nacelles latérales. Remarquer la complexité des gouvernes arrière du type
- biplan.
- l’élément offensif aérien jouerait un rôle de tout premier ordre.
- Puisque nous sommes amenés à considérer les possibilités d’une nouvelle guerre, nous ne pouvons nous empêcher d’insister sur ce fait que la théorie militaire nationale allemande s’appuie sur l’attaque brusquée. Nous ne nous étonnerons donc point que l’Allemagne tienne a-
- vant tout à sauvegarder ...... ...-
- ses armes aériennes ; celles-ci permettraient, en effet, à notre agresseur éventuel de frapper le cœur et tous les points vitaux de notre pays quelques heures seulement après le déclenchement de l’attaque.
- Cette éventualité est
- si angoissante que le Parlement français a été saisi publiquement de cette question; malheureusement il n’a pu que constater la gravité de la situation et son indifférence le rend impuissant à nous donner une aide efficace pour permettre à notre aviation de remonter la pente fatale sur laquelle elle se sent glisser doucement. N’en était-il point de même d’ailleurs, avant la guerre, en ce qui
- concernait l’artillerie lourde, ignorée et méprisée en F rance !
- Nous allons en quelques mots résumer ce que nous pensons de la situation aérienne actuelle des grandes puissances.
- Les chiffres qui mesuraient pendant la dernière partie de la guerre l’importance de la production
- aérienne des alliés ont : été publiés, ils nous
- ont remplis d’admiration, d’autant que la France à elle seule produisait plus de la moitié des avions et moteurs alliés, mais les chiffres allemands ont été aussi publiés et nous devons reconnaître que quoique inférieurs aux chiffres totaux des alliés, ils sont néanmoins nettement supérieurs à ceux de notre production. Nous devons en conclure que le danger est d’autant plus grand que la valeur qualitative de cette production allemande était très élevée tant au point de vue de l’utilisation militaire qu’au point de vue perfectionnement technique : rendement des moteurs, rendement aérodynamique et équipement scientifique.
- Fig. 3. — Siemens SchükertI.'
- moteurs fixés sur le plan inférieur. Copie de l’avion russe Sikorsky.
- Fig. 4.
- Siemens Schükert If.
- 2 moteurs dans le fuselage,' 2 hélices tractives.
- Fig. 5. — Siemens Schükert II bis.
- Modification du II et notamment augmentation de la surface portante. 2 moteurs dans le fuselage, 2 hélices tractives.
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- Fig. 6. — Siemens Schiikert III.
- 6 moteurs dans le fuselage, 2 hélices tractives à 2 pales et i hélice propulsive à 4 pales. De part et d’autre du fuselage les radiateurs. Remarquer la simplicité de la cellule et ses grandes dimensions. Le S.S.lfl est le plus grand avion du monde ayant volé.
- Fig. 7. — Avion D F W.
- 4 moteuis 290 HP, soit 1040 IIP; 4 hélices : 2 supérieures tractives, 2 inférieures propulsives. La cellule est d’une ligne très simple par suite de la fixation des hélices sur les plans.
- Où en est donc la situation des forces aériennes après bientôt deux années de paix.
- Au point de vue aérostation, nous devons avouer qu’après les avoir bafoués, les Américains, les Anglais, et surtout nous-mêmes avons attaché une grande valeur à la livraison des formidables Zeppelins qui étaient en chantier au moment de l’armistice ; il en fut même qui furent commandés par nos gouvernements à la Société civile Zeppelin! C’était implicitement reconnaître à la fois leur grande valeur militaire et leurs qualités techniques et aussi notre incapacité actuelle à construire du dirigeable rigide.
- Au point de vue aviation, il est indéniable que celle-ci traverse, dans tous les pays d’ailleurs, une véritable « crise de confiance », conséquence presque inévitable des difficultés d’adaptation de l’aviation de guerre à l’aviation de paix. Notre avis a toujours été qu’une grande faute a été commise tant par. l’Ltat que par les Sociétés civiles, en voulant braver à tous prix les défauts de l’aviation de 1918, plus par l’audace et la publicité, que par une sage et prudente organisation qui aurait dû faire table rase des fâcheuses habitudes de l’aviation militaire! Et puis, il faut bien le dire, l’opinion publique s’est un peu trop rapidement désaffectionnée des ailes
- ZS T
- Fig. 8.
- C-rojuis de l’avion I) F W iqi9.
- 8 moteurs situés dans le fuselage (4 de part et d’autre) commandant 8 hélices. Appareil formidable destiné à effectuer des bombardements à longue distance, 3200 HP. Surface d’environ 55o m-. Remarquer le moteur spécial de 160 HP, en D, qui sert à faire démarrer les moteurs et à actionner T. S F., etc.
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- Fig. 9 el 9 bis. — Plan cl coupe transversale du D F W,
- IDO DOH
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- qui ont sauvé la France. On aurait pu croire qu’a-près le rôle primordial qu’avait joué la guerre aérienne dans l'écrasement et la démoralisation des troupes allemandes, un grand mouvement se dessinerait en France pour aider cette science et soutenir son industrie. Il a suffi, hélas ! de deux années de paix pour que l'oubli commence à estomper dans nos esprits les formes de nos avions !
- L’Aéro-Club de France compte dix fois moins de membres que l’Aéro-Club allemand ; les usines d’aéronautique ont licencié la plupart de leurs ouvriers si habiles ; les techniciens abandonnent celle science ingrate qui ne les nourrit plus; des industriels fameux qui ont gagné des millions et des millions en vendant fort cher à l’armée leurs moteurs, abandonnent maintenant les recherches et les essais et refusent impitoyablement leur aide aux revues et organisations désintéressées de l’aéronautique !
- Actuellement seules quelques usines continuent à construire du matériel aéronautique en entamant leurs réserves financières et en espérant des temps meilleurs.
- Fig. w. — Coupe en long du DFW commercial (1920).
- 4-moteurs, 4 hélices (1040 HP), 24 places pour passagers, salle des machines, postes des pilotes, toilette, bar.
- l'ig. 11. — Aviahck commercial.
- 4 moteurs : i5oo HP, avec deux hélices propulsives,jnacelle aménagée pour 26 passagers (1919).
- Nous allons donc, au cours des quelques lignes qui vont suivre, examiner sommairement quel a été l'effort allemand dans une branche de l’aviation qui est à peine représentée chez nous par quelques timides essais, c’est-à-dire l’aviation géante.
- 11 nous a été très difficile d’obtenir la plupart de ces renseignements, les Allemands ne les divulguant pas facilement aux étrangers et nos propres services paraissant les ignorer systématiquement ou les tenir pour peu intéressants.
- Au cours d’articles précédents, nous avons indiqué que’ les Allemands, en plus des classes d’avions G, D et G qui étaient courants sur les champs de bataille, poursuivaient dans le plus grand mystère, depuis le début de la guerre, l’élude d’une classe d’avions qui, rompant nettement avec tous les essais habituels, fut seulement au point vers la période de l’armistice au moment même donc où tous les autres éléments allemands de la bataille étant, en voie d’effbndre-
- De grands meetings d’aviation ont été supprimés faute de concurrents et les fameux concours militaires de l’État, réservés aux nationaux, seront limités à deux ou trois concurrences et couronneront de médiocres résultats. La situation aérienne des alliés est mauvaise.
- A dire vrai, nous ne savons pas exactement quel est l’état actuel de l’aéronautique allemande, les sons de cloches que nous entendons sont tout à fait contradictoires ; il semble que les lignes aériennes actuellement en exploitation en Allemagne ne peuvent, malgré leur succès apparent, suffire à faire vivre les centaines d’usines jadis existantes; ces firmes cependant font encore des frais considérables de publicité, elles entretiennent des laboratoires d’essais coûteux qui publient régulièrement les résultats de leurs recherches, des essais sont poursuivis au moyen, par exemple, d’avions géants qui représentent des capitaux considérables.
- Ce qui est certain, c’est que, contrairement à toutes les stipulations du Traité de Paix, certaines de leurs usines ont terminé de nouveaux types d’avions désignés fallacieusement comme avions de tourisme et de paix.
- ment, il devenait inutile de poursuivre ces réalisations. Cette classe, désignée par la lettre R, et connue sous l’appellation de Riesenflugzeug (avions géants), dépassait par ses caractéristiques techniques tout ce qui avait été obtenu par les différents alliés.
- Ces avions R furent construits entre 1915 et 1918 au nombre d’une vingtaine de types presque tous différents les uns des autres et de succès très divers. Quelques-uns purent être groupés en Belgique entre la fin de 1917 et l’armistice et coopérèrent directement aux opérations. Cette escadrille
- Fig. 12. — AEG.
- 4 moteurs placés dar.s le fuselage commandant 2 hélices tractives. Remarquer le train d’alteriissage composé de 8 roues en 4 groupes.
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- Fig. i3. — Avion Linke Hoffmann I.
- Moteur dans le fuselage, 2 hélices. Remarquer la hauteur du fuselage.
- réussit 150 vols de bombardement, parcourant 50000 km, lançant 110 000 kg de bombes sur des points qui paraissaient être à l’abri des incursions aériennes tels que le Nord de la Grande-Bretagne, Le Havre, etc.... Encore ces opérations aériennes n’étaient accomplies qu’à titre d’entraînement et pour former les équipages des futurs géants de l’air pour qui des bombes de 1000 kg avaient été étudiées et réalisées.
- Ces mêmes avions réalisèrent la liaison régulière entre Berlin et Gand en 7 h. 1/2; l’un de ceux qui bombarda 18 fois Londres volait fréquemment de Riga à Berlin et à Gand (2500 kms).
- Ce sont là de sérieux résultats qui méritaient mieux que le silence obstiné et le dénigrement. La plupart de ces appareils furent détruits par les Allemands au cours de leur retraite, quelques exemplaires furent par eux démontés et dissimulés, d’autres restèrent en essais dans les stations laboratoires; je crois qu’aucun ne fut livré à la France et ce fut grand dommage.
- Les origines des avions géants allemands remontent tout à fait au début de la guerre et comme nous avons dit qu’ils n’avaient été à peu près au point qu’au moment de l’armistice, c’est montrer combien le problème à vaincre présentait de difficultés.
- C’est à l’année IV) 14 que remontent les premières recherches sérieuses, elles avaient été causées par le projet d’Hermann Hirth de traverser en avion l’Atlantique. Ces recherches se basaient sur les excellents résultats obtenus par le constructeur russe Sikorsky; d’ailleurs les premières réalisations allemandes datant de 1915 sont de pures copies à peine améliorées des avions russes.
- Le comte Zeppelin, dès la déclaration de guerre, intervint activement en cette matière; il semble qu’en effet le promoteur des gigantesques rigides sentit aussitôt que le duel engagé entre ses engins et l’artillerie ne pouvait tourner en sa faveur, du moins dans les conditions techniques
- de 1914; c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il s’abstint de faire participer ses dirigeables aux combats terrestres. Se retournant vers l’aviation, il voulut dès 1914 la faire évoluer vers le gigantisme.
- Aidé par le professeur Baumann et soutenu par les services militaires d’aviation, Zeppelin fixa les grandes lignes du programme à atteindre, laissant cependant une certaine initiative aux différentes usines et lui-même mit en chantier aux usines de Gotha le premier avion géant.
- Ce premier appareil, construit en 1915, rompit de suite avec tous ses contemporains ; son envergure atteignait 45 m., son poids à vide était de 6 tonnes 1 /2 et sa charge utile de 2 tonnes 1 /2 !
- Nous allons sommairement passer en revue les principales productions des différentes usines allemandes en fait d’avions géants, puis ensuite nous en étudierons les principales innovations.
- Avions géants Zeppelin. — Le premier modèle R-I était en réalité l’agrandissement d’un avion normal, seule en différait la disposition de la force motrice, étant donné qu’en 1915 les moteurs courants étaient d’environ 150 à 250 HP. Cet appareil avait une immense cellule biplane de 45 m. d’envergure l permettant d’utiliser 500 m2 de surface portante. La force motrice comportait 5 moteurs; l’un de 160 HP à l’avant du fuselage central et les deux autres, chacun dans une nacelle latérale (260 HP); ces 5 moteurs (680 IIP) actionnaient directement 5 hélices, leur puissance fut jugée insuffisante (fig- *)•
- Le R-IV (type II) fut donc créé dans le but d’accroître la force motrice. Chacune des nacelles comportait 2 moteurs de 260 HP actionnant chacun une hélice, soit 2 hélices tractives à l’avant et 2 hélices propulsives à l’arrière. Quoique donnant de bons résultats le R-IV fut jugé trop peu puissant pour être construit en série.
- Le R-V (type III) comporta un moteur de plus dans le fuselage central. Les moteurs des nacelles latérales furent décalés et attaquèrent par deux arbres parallèles une seule hélice tractive. Cette disposition avait l’inconvénient de bouleverser
- Fig. 14. — L’avion Linke Hoffmann II.
- 4 moteurs dans le fuselage, 1 seule hélice tractive placée à l’avant du fuselage. Remarquer la simplicité générale de la cellule et celle du train d’atterrissage.
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- Fig. i5. — Hydravion Dornier-Zeppelin R. s. I (1915).
- Remarquer les grandes dimensions de ce bateau volant et la curieuse disposition des mâts. Tous les câbles de haubannage de la cellule ont pu être
- supprimés.
- totalement les couches d’air devant toute la partie centrale des plans porteurs et en diminuait sensiblement le rendement ; par la suite, les hélices des nacelles furent placées à la partie arrière.
- Le R-VII (type IV) fut construit avec 6 .moteurs, 2 dans.chaque nacelle avec hélices arrière et 2 dans le fuselage central actionnant une seule hélice.
- Ce sont ces derniers avions qui paraissent avoir donné les meilleurs résultats de cette série et plusieurs exemplaires en furent construits (fig. 2).
- Avions géants Siemens Schükert. — Dès 1914, les usines Siemens Schükert furent sollicitées par le gouvernement allemand d’entreprendre la construction d’avions R. Immédiatement, elles mirent sur pied une servile copie des avions Sikorsky possédant les mêmes caractéristiques, soit une surface de 114 m? et 4 moteurs de 110 HP placés sur le plan inférieur et actionnant 4 hélices tractives (fig. 5).
- En 1915, un second modèle fut construit avec 2 moteurs de 220 HP et 2 de 110 HP.
- En 1916, Siemens Schükert rompt avec la formule russe et place dans le fuselage central 2 moteurs de 550 HP actionnant par l’intermédiaire d’un embrayage commun 2 hélices latérales (%• *)•
- Cet avion mauvais porteur est modifié, son envergure portée de 35 à 58 m. et les 2 moteurs remplacés par trois 220 HP, puis par trois Mer-cédès de 260 HP, soit un total de 780 HP (1917) (fig. 5). '
- Les résultats de cet avion ayant été très encourageants, les usines Siemens construisent en 1917 un avion R de dimensions formidables (fig. 6).
- La surface portante a été portée à 445 m2! L’envergure est de 48 m., la puissance de 1800HP fournie par 6 moteurs placés dans le fuselage central en deux lignes de trois moteurs.
- La puissance est transformée par 4 hélices, les 2 hélices avant à 2 pales sont actionnées chacune par un moteur, les hélices arrière à 4 pales sont
- actionnées chacune par 2 moteurs groupés sur un embrayage commun. Le poids total de l’avion est de 16 000 kg, dont 6000 constituant la charge, l’altitude atteinte a été de 4500 m. et sa vitesse moyenne de 150 km à l’heure.
- Avions géants D. F. W. — Les usines D. F. W. sortirent en septembre 1915 un avion R, à 4 moteurs placés dans le fuselage central, muni de 4 hélices commandées par arbres et pignons d’angle. Son poids était de 9400 kg et sa charge était de 2600 kg. Ses moteurs, des 220 I1P Mercédès, 8 cylindres en ligne, entraînèrent au cours des essais de graves avaries ; en effet, à plusieurs reprises, les vilebrequins exceptionnellement longs de ces moteurs, ne résistaient pas aux à-coups causés par l’inertie et les secousses des organes de transmission de la puissance aux hélices et ils se brisaient comme verre (fig. 7).
- Au cours de 1916 et 1917, ce type d’appareil fut modifié et reconstruit, les transmissions renforcées, les moteurs adoptés furent des 260 HP Mercédès, etc. Mais cette fois, si les vilebrequins plus robustes ne se brisaient plus, les arbres de transmission vibraient considérablement et durent être placés sous tubes (cf. Moineau français 1916). En 1918, le dernier modèle put être considéré comme parfaitement au point et sa construction en grande série ne fut interrompue que par l’armistice. La surface portante était de 260 m2, le poids total de 12 400 kg et la vitesse de 152 km à l’heure avec une charge de 5800 kilogrammes.
- Au cours de cette même année 1918, qui avait vu le succès couronner enfin leurs essais de 4 années, les usines D. F. W. mettaient en chantier un avion véritablement « colossal ». Avion de guerre procédant de la même formule que celle du type 1918, mais possédant 8 moteurs de 300 HP, soit 2400 HP actionnant 8 hélices latérales dont 4 propulsives et 4 tractives, toutes commandées par arbres de transmission et pignons d’angle. Cet avion fabuleux comprenait dans son fuselage une véritable chambre des machines dans laquelle
- Fig. 16. — Hydravion Dornier-Zeppelin R. s. II O916). Coque tronquée, plans intérieurs presque entièrement supprimés, (envergure 33 m. 20).
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- Fig. //. — Hydravion Dornier-Zeppelin R. s. III (1917).
- Coque tronquée, fuselage situé au-dessus des plans, suppression de tout plan inférieur.
- les moteurs étaient placés 2 par 2 par étage et de part et d’autre d’un couloir central permettant d’effectuer toutes les réparations en cours de vol.
- Un moteur auxiliaire de 120 HP servait à actionner : un compresseur à air pour la mise en route des moteurs, un turbo-compresseur pour atteindre les hautes altitudes de l’ordre de 6000 m., une dynamo pour l’éclairage, la T. S. F. et enfin commandait les servo-moteurs. Comme de nombreux mois de travaux étaient encore nécessaires pour terminer l’avion et qu’il était difficile de dissimuler ses buts militaires, sa construction fut interrompue.
- On sait qu’il était prévu pour transporter pendant 10 heures de vol à la vitesse de 150 km à 1 heure, 2600 kg de bombes. Malgré ses dimensions énormes, cet appareil était biplan, son envergure était d environ 58 mètres, sa surface portante de 550 à 600 m2 (fig. 8).
- Depuis quelques semaines, la Société D. F. W. met au point un aérobus à 4 moteurs de 260 HP contenant 24 passagers (fig. 9). Naturellement les moteurs sont inclus dans le fuselage ; la surface portante en est de 500 m2 et l’envergure de 45 m. Cet aérobus aurait fait des essais très satisfaisants et une Société de transports mettrait la dernière main aux équipements spéciaux pour les passagers.
- Avions géants Aviatik. — Il
- semble que les établissements Aviatik 11’aient résolument abordé le problème des avions géants qu’après le succès bien constaté de leurs concurrents et sur l’ordre du gouvernement allemand.
- Le premier avion R aviatik ne sortit qu’en 1918 et ne fut terminé qu’après l’armistice. Sa' puissance était de 1400 HP fournie par 2 moteurs de 200 HP et 2 de 500 HP pla-
- cés 2 par 2 en tandem dans des nacelles latérales et actionnant 4 hélices : 2 tractives et 2 propulsives. Cet avion ne présente aucune particularité, ses essais furent excellents, à tel point qu’un second exemplaire fut aussitôt construit mais aménagé pour le transport des passagers. Ce dernier modèle, muni de 4 moteurs de 250 HP avec seulement 2 hélices propulsives, a une envergure de 45 m. 50, son poids à vide est de 9000 kg, sa charge de 5600 kg, son plafond est de 4000 m. ; sa cabine à passagers contient 18 passagers avec bagages et il peut parcourir 900 km par chaque étape (fig. 10).
- Aviatik construit actuellement un aérobus similaire mais muni de 1500 IIP et d’une cabine pour 26 passagers. Nous ne savons si dans ce modèle les moteurs seront maintenus dans des nacelles latérales ou si, conformément à la formule plus moderne, ils seront groupés dans le fuselage central.
- Avions géants A. E. G. — La grande usine d’électricité mit au point vers la fin de la guerre un avion géant de 260 m2 de surface, de 56 m. d’envergure, actionné par 4 moteurs Mercédès de 260 HP, soit 1040 HP commandant, 2 par 2, 2 hélices tractives placées latéralement. Les moteurs sont groupés dans le fuselage central. Le poids total de l’A. E. G. (fig. Fl) est de 9000 kg dont 5700 de charge.
- Avions géants Linke-Hoffmann. — Nous en arrivons à l’un des avions les mieux réussis par l’industrie aéronautique allemande, le Linke-Hoffmann.
- Le premier modèle construit par celte marque était de forme véritablement curieuse, le fuselage central, très élevé, occupait toute la distance entre les plans. Deux moteurs placés dans le fuselage actionnaient 2 hélices latérales (fig. 12). Après de
- Fig. 18. — Hydravion Dornier-Zeppelin R. s. IV (1918).
- Remarquer la simplification des gouvernes arrière. Le fuselage supérieur comporte une cabine à prtsagers (4 moteurs, 4 hélices).
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- LÈS AVIONS GÉANTS D’APRÈS-GUERRE . ' = 283
- Fig. ic). —Hydravion Dornier-Zeppelin G. s. I (191g). Entièrement métallique, y compris le revêtement des plans. Coque complète, pas de haubans, 2 moteurs, 2 hélices.
- longs essais, un nouvel avion Linke-Holîmann était entrepris- et terminé en 1918.
- Ce nouvel appareil a pour caractéristique de posséder 4 moteurs placés dans le fuselage central donnant 1040 HP, mais n’actionnant qu’une seule hélice placée à l'avant du fuselage. Nous retrouvons ici l’agrandissement complet d’un avion monomoteur de type courant. Les 4 moteurs, par l’intermédiaire d’embrayages spéciaux, attaquent un volant spécial calé sur l’arbre de l’hélice.
- C’est, je crois, le premier essai de la transformation d’une puissance supérieure à 1000 HP par une seule hélice; nous verrons plus loin ce qu’il faut penser de ce dispositif au point de vue du rendement économique. La surface de cet avion est de 520 m2, son poids à vide de 8000 kg, sa charge de 4000 et son poids total de 12 000 (fig- 13).
- Avions géants Dornier-Zeppelin. —Nous allons quitter momentanément l’examen des formules classiques pour passer en revue les créations si originales de Zeppelin dans ses usines de Friedrichs-hafen. Concurremment avec la fabrication de ses dirigeables, le comte Zeppelin faisait construire dès l’année 1915 le Rs. I, immense hydravion géant à coque ayant une surface de 550 m2 et une envergure de 45 m. 50. Ce « bateau » volant, muni d’ailes biplanes, était actionné par 5 moteurs Maybaeh de 240 HP, soit 720 HP, placés isolément dans 3 petites nacélles situées entre les plans au-dessus de l’immense coque (fig. 14).
- En 1916 sort le Rs. Il, également hydravion, mais appartenant à une formule hybride que nous pour-
- Fig. 20. — Plan du Dornier-Zeppelin 1920, G. s. II. Cabine-coque aménagée pour 10 passagers, 2 moteurs, 2 hélices sur le plat), entièrement métallique.
- rons dénommer semi-biplan. En effet, l’immense plan supérieur de 53 m. 20 d’envergure est complété par deux petits plans inférieurs latéraux, fixés à la coque, mais paraissant plutôt utilisés pour l’équilibrage que pour la portance. La surface portante fut réduite à 257 m2; la coque n’est pas complète et est terminée par un fuselage non entoilé portant les organes directeurs et stabilisateurs ainsi que procédaient d’ailleurs un peu plus tard les hydravions Curtiss, du type ayant traversé l’Atlantique le Rs. II, primitivement équipé avec 5 moteurs, dut être pourvu, afin de réaliser un décollage plus aisé, d’un 4e moteur. Ces 4 moteurs de 240 HP furent installés en tandem, 2 par 2, dans 2 nacelles fixées entre le plan supérieur et la coque (fig. 45).
- L’année suivante, en 1917, fut terminée la mise au point du Rs. III dont la caractéristique est d’être un véritable monoplan d’une envergure de 57 m. et d’une surface de 226 m2. Les 4 moteurs, disposés en tandem comme dans le type précédent, actionnent également 4hélices, mais sont des 260 HP Maybaeh, ce qui fait monter la puissance totale à 1040 HP. Sa coque contient les passagers et le poste de commande, pendant qu’un véritable fuselage entoilé situé à la partie supérieure des plans, et par conséquent complètement indépendant de la coque, supporte des organes de stabilisation et de gouverne ; les gouvernes de profondeur sont biplanes comme sur la plupart des avions terrestres. Le plan constituant la surface portante est extrêmement épais et fortement haubanné, d’une part avec la coque au moyen de 8 câbles et d’autre part avec la partie supérieure du fuselage au moyen de 8 câbles également.
- Malgré l’envergure considérable et le puissant bras de levier constitué par l’inertie de pareilles surfaces, l’hydravion ne comporte pas de flotteurs auxiliaires extérieurs à la coque destinés à limiter le roulis. Les réservoirs à essence sont placés dans le fuselage supérieur (fig. 16).
- Enfin, après l’armistice, vers le début de 1919, un quatrième modèle d’hydravion géant était cons-
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- LES AVIONS GÉANTS D’APRÈS-GUERRE
- Lig. 21. — La Goélette volante de Oerz (autrichien).
- Composée de 2 voitures biplanes en tandem. Les 2 moteurs sont dans la coque et commandent 2 hélices propulsives placées à l’arrière de la première voiture.
- offensifs des hydravions anglais (1916).
- Notons que le mode de construction des R s est exclusivement métallique, ce qui a permis d’obtenir une grande robustesse des plans et l’adoption par suite de la formule monoplane.
- Le métal employé est le duralu-minium rivé.
- Le tableau suivant résume les principales caractéristiques de ces hydravions si curieux.
- Nous donnons à titre de comparaison les dimensions du NC 4 américain qui traversa l’Atlantique.
- truit aux ateliers Zeppelin, détourné de ses fins militaires ; il était d’ailleurs adapté aux besoins de la paix et aménagé pour le transport des passagers, ceux-ci prenant la place de l’essence, tandis que celle-ci remplaçait les torpilles (fig. 17).
- Découlant de la formule précédente, cet appareil est également un monoplan à fuselage et coque distincts l’un de l’autre, ses dimensions sont sensiblement les mêmes, sa puissance est légèrement augmentée par l’emploi de 4 moteurs Maybach de 270 IIP, soit 1080 HP. Les câbles de haubannage qui freinaient considérablement la vitesse du R s III sont supprimés sur le R s IV et remplacés par quelques montants rigides, la coque est plus effilée, les gouvernes sont redevenues monoplanes, enfin deux flotteurs auxiliaires ont été adjoints de part et d’autre de la coque, afin de donner à l’hydravion une meilleure navigabilité (fig. 18).
- Toute cette série d’appareils était destinée à servir d’éclaireurs secondaires pour la flotte allemande et surtout de torpilleurs.
- Leurs conditions de réception par la marine ennemie étaient de posséder une vitesse minima de 150 km à l’heure (il semble que le R s IV l’ait atteinte au cours de ses essais et notamment au cours de son raid Lac de Constance, Mer du Nord), un armement puissant d’au moins 6 postes défensifs de mitrailleuses, d’un armement offensif de deux torpilles, et enfin d’une endurance de 1500 km à pleine charge, soit 10 heures de vol.
- Il paraîtrait que le R s IV dépassait toutes ces caractéristiques, ce qui lui aurait permis de surveiller sans difficulté les mouvements de la flotte britannique. ,
- Les dirigeables rigides n’auraient plus été employés qu’aux bombardements nocturnes, leur vulnérabilité étant devenue de jour trop grande devant les progrès
- TYPES PUIS- SANCE SUR- FACE ENVER- GURE POIDS VIDE CHAR- GE POIDS TOTAL Cil A nu m2 RC, R au IIP
- iip m M. Kgs Kgs Kgs Kgs Kgs
- Ils I . . . 720 529 45,50 » )> » » ))
- Ils II. . . 960 257 55,20 7100 2000 9.100 57,7 9.75
- Rs III . . 1040 226 57,00 7200 5470 10.670 47,5 10,26
- Rs IV. . . 1080 226 57,00 7000 5500 10.500 46,5 9,70
- Ne. 4 . . 1600 220 )> 7200 5400 12.600 57,0 7,90
- En 1919, les usines de Friedrishafen, sans abandonner l’étude des avions géants, étudièrent et construisirent un nouveau type d’hydravion, qui paraît être l’aboutissant de leurs recherches précédentes. Cet appareil est monoplan et muni d’une coque complète, les deux moteurs Maybach 260 HP sont placés en tandem sur le plan supérieur dans une nacelle pouvant contenir un mécanicien, chacun des moteurs actionne une hélice (fig. 18). Ce type d’avion, destiné au transport de 4 ou 5 passagers, fut acquis par une société suisse de transport aérien et resta en service durant toute l’année dernière sur le lac de Constance. Notamment, il resta exposé aux intempéries de l’hiver (octobre-décembre 1919) pendant plusieurs mois sans entrer dans un hangar.
- Son remplaçant, le G s II fut construit en 1920 et entra en service il y a quelques mois, sa coque fut aménagée pour une dizaine de passagers avec
- Fig. 22. — La Goélette volante de Oerz en plein vol. Remarquer les ailerons de gauchissement placés dans l’entre-deux plan des surfaces arrière.
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- DERNIÈRES NOUVELLES D'AMUNDSEN
- un grand confort; les plans, furent recouverts de tôle métallique en place d’étoffe, ce qui permet à cet appareil de se passer entièrement d’abri. Notons que les Allemands avaient déjà construit en série plusieurs types d’avions de guerre entièrement métalliques y compris les surfaces des ailes, tels que les Junker et les Fokker (fig. 19).
- Hydravions Oerz. — Puisque nous décrivons les avions géants allemands, nous ne pouvons passer sous silence les efforts qu’a faits dans cette voie son alliée F Autriche-Hongrie, d’autant qu’ils procèdent d’une formule toute inédite depuis quelques années, car nous ne devons pas oublier que, jadis, Voisin fut un innovateur en celte matière. L’ingénieur Oerz voulut créer un hydravion à grande capacité, tout en conservant de faibles dimensions d’envergure et tout en se refusant à adopter la formule triplane; il construisit donc dans ce but un hydravion à coque muni de deux voilures biplanes placées en tandem (fig. 20-21).
- Les deux moteurs (Maybach 240 HP) étaient placés dans la coque et commandaient, au moyen
- d’arbres et de renvois, deux hélices propulsives placées à la partie postérieure de la cellule avant. La vitesse atteinte fut d’environ 140 km à l’heure et la charge enlevée considérable; de plus, d’excellents résultats furent atteints au cours des manœuvres si délicates de l’amerrissage et du décollage, les pilotes déclarèrent qu’il leur paraissait impossible de capoter quel que fût l’état de la mer, la voilure arrière jouant le rôle de stabilisateur. Ces qualités sont vraisemblables, mais nous aimerions connaître quelle est la maniabilité de l’hydravion dans l’air; Cette disposition en tandem n’esUelle pas un obstacle insurmontable pour les brusques évolutions qui constituent les principales qualités défensives d’un avion de guerre?
- Un appareil plus puissant et beaucoup plus grand fut entrepris en 1919, nous ne savons ce qu’il en est advenu; nous verrons d’autre part qu’un ingénieur italien envisage la même formule et qu’il fonde à ce sujet d’immenses espoirs.
- (A suivre.) Jean-Abel Lefranc, •
- Breveté Mécanicien tl’av ous
- DERNIÈRES NOUVELLES D’AMUNDSEN
- Ainsi qu’il l’avait annoncé dans son dernier télégramme lancé d’Anadvr à la fin d’avril dernier, Amund-sen est arrivé à Nome (Alaska), sur les bords du détroit de Bering, dans les derniers jours de juillet, pour préciser, le 27, après avoir accompli le passage du Nord-Est.
- Les télégrammes envoyés depuis par le célèbre explorateur à la presse norvégienne et les interviews donnes par ses compagnons permettent de compléter les renseignements que nous avons déjà publiés sur cette expédition (n° double 2400 et 2401 et n° 2409). Signalons d’abord que durant sa première campagne, c’est-à-dire en 1918, Amundsen a découvert des îles près delà terre Nicolas II située au nord du cap Tchéliouskine, la pointe la plus septentrionale du continent asiatique. De ce fait, une importante modification devra être apportée aux cartes, et la physionomie de la côte nord de Sibérie se trouvera changée. Le second hivernage (1919-1920) aux îles Ayan dans la baie Tchaun a permis d’autre part d’explorer l’intérieur de la presqu’île des Tchouktches qui forme l’extrémité nord-est de l’Asie entre l’Océan Glacial et le golfe d’Anadyr, et qui est restée jusqu’ici en grande partie inconnue. Le naturaliste de l’expédition, le Dr Sverdrup, a passé l’hiver dans cette région, et en a rapporté de très intéressants renseignements.sur le pays et sur ses. habitants, tandis .qu’un groupe de trois membres de l’équipage traversait la presqu’île d’ouest en est pour aller porter à la station de T. S. F. installée à Anadyr, le télégramme d’Amu.ndsen qui a été reçu il y a cinq mois ; un voyage de 2080 km accompli tout entier en ski et qui ne dura pas moins de six moisj du lîr décembre 1919 au 11 juin 1920.
- Dans cette partie de la Sibérie demeurée presque ignorée, l’expédition a fait des collections d’histoire naturelle considérables et d’un grand intérêt, qui de Nome ont été acheminées vers les musées norvégiens. Elles renferment notamment une série ornithologique très
- précieuse, comprenant des exemplaires des rarissimes mouettes de Ross et de Sabine; dans cette série, la première espèce est représentée par 20 spécimens et la seconde par 9.
- Le second hiver passé par les Norvégiens sur la côte nord de l’Asie a été remarquablement froid. A leur port d’hivernage aux îles Ayan, le thermomètre est descendu à 62° sous zéro en janvier 1920 ! Dans ces parages, les ours sont extrêmement abondants; pendant leur séjour dans la baie Tchaun, Amundsen et ses compagnons en ont abattu 50. Un jour, au moment de monter l’escalier du bord, le chef de l’expédition fut assailli par un de ces plantigrades et gravement blessé. Le fait mérite d’autant plus d’être signalé que c’est un des très rares cas où depuis les débuts de l’exploration moderne, des ours se soient montrés agressifs à l’égard de voyageurs.
- Le 6 juillet, la débâcle se produisit aux îles Ayan; aussitôt Amundsen appareilla à deslinalion de Nome. Dans la traversée du détroit de Bering, les glaces n’ont apporté aucun obstacle ; en revanche, les tempêtes ont retardé singulièrement la marche du navire et l’ont obligé à des relâches prolongées.
- Amundsen ne s’est pas attardé dans la Capoue que Nome représente aux yeux d’explorateurs qui viennent de passer deux ans dans les glaces. Arrivé dans ce port le 27 juillet, il en est reparti onze jours plus lard pour tenter de nouveau une dérive vers le Pôle Nord, avec trois compagnons seulement. A Nome impossible dé trouver un matelot de pont à moins d’un salaire mensuel de 500 dollars, 4200 à 4300 francs au cours actuel ! Le budget d’une expédition scientifique ne pouvant supporter pareille charge, Amundsen dut renoncer à compléter son équipage. On rapporte qu’après avoir quitté l’Alaska, il a réussi à embarquer une famille eskimo.
- En quittant la côte d’Amérique, l’illustre explorateur
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- se proposait de faire route vers l’ile Wrangel, à l’ouest-nord-ouest du détroit de Bering, pour se faire prendre, aux environs de cette terre, dans la banquise en dérive vers le nord-ouest. D’après l’expérience de l’expédition Stefansson, au nord du détroit de Bering un courant porte, en eiïet, d’abord dans cette direction, mais il revient ensuite au sud. Quoiqu’il en soit, avant son départ, Amunclsen se déclarait assuré du succès et ce n’est pas un homme qui parle à la légère. Mais dans l’Arctique, comme au jeu, la chaime est maîtresse souveraine et souvent elle déjoue les calculs les plus rationnels. Or, le mauvais sort qui pendant deux ans s’est acharné contre l’expédition norvégienne paraît l’avoir
- suivie dans sa troisième campagne. Des pêcheurs de phoques arrivés à Nome au début de septembre ont raconté qu’Ainundsen avait été pincé par les glaces sur la cote de Sibérie et qu’il s’y trouvait en grave danger. Puis, on a annoncé que l’explorateur norvégien était pris dans la banquise polaire, dans Je nord-ouest de la baie Kolioutchine, à mi-chemin entre la côte nord d’Asie et l’ile Wrangel, par conséquent au sud de la région oîi il comptait entrer dans les glaces. Même dans le cas où cette dernière version qui constitue l’hypothèse la plus favorable se trouverait exacte, l’intrépide marin ne semble pas avoir réussi à accomplir le programme qu’il s’était tracé pour cette campagne. Chaules Rabot.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de septembre et d’octobre J920.
- L'aplatissement de la Terre. — En admettant que la Terre tourne tout d’une pièce et en utilisant le rapport de la force centrifuge à l’attraction, II. Poincaré a conclu de la formule Tisserand-Radau que l’inverse de l’aplatissement e de la Terre ne pouvait être inférieur à 297,10. M. Alex. Yeronnet l’évalue à 297,18, avec pour densité moyenne 5,5, la densité superficielle étant 2,25. Dans ces conditions, la valeur de g reste sensiblement constante à 4/100 près sur le tiers du rayon, c’est-à-dire pour les 7/10 de la masse. Il y aurait lieu de comparer ces résultats avec ceux que signala, en 191 U, J. Lavaux, dans sa thèse de doctorat.
- La résistance des planlules à l’inanition. — Prenant, dès la germination, de jeunes plants qu’il a maintenus dans l’obscurité pour éviter toute action chlorophyllienne, M. Ilenri Coupin les a simplement arrosés d’eau distillée. Les chiffres qu’il soumet à l’Académie n’ont rien d’absolu. Ils permettent cependant des points de comparaison intéressants : le Pin Pignon résiste 60 jours à l’inanition, la Lentille 40, le Radis 24, mais la Betterave meurt au bout de 20 jours et la Luzerne de Provence ne dépasse pas deux semaines.
- Le traitement delà fièvre aphteuse. — Les études de Roux, de Nocard et de Yallée n’ont pas été suivies d’une réalisation, car il est difficile d’obtenir en quantité suffisante un sérum assez actif. En collaboration avec M. Bertier, vétérinaire départemental du Calvados, M. Charles Lebailly substitue l’emploi du sang complet à celui du sérum. Recueilli au trocart, le sang est légèrement additionné d’une solution de citrate et de chlorure de sodium ; il reste ainsi tout à fait limpide et doit être employé dans les quarante-huit heures. Les résultats les plus nets ont été obtenus avec .des doses de 200 cm. cubes pour les animaux adultes et de 100 pour les jeunes, les inoculations sous-cutanées étant répétées au bout de huit jours et l’intervention ayant lieu aussitôt que possible, tout au moins au début de l’apparition des aphtes.
- Le massif de la Croix de Fer. — La structure du synclinal qui sépare le Mont Blanc des Aiguilles Rouges est beaucoup plus complexe que ne l’avait cru Michel Lévy, et il importera de modifier la partie occidentale de la feuille au 1/80 000 relative à Valorcine. MM. M. Lugeon
- et Oulianoff ont pu constater, en effet, qu’en s’écrasant vers le Nord le massif du Mont Blanc a laissé éclater deux esquilles de schistes cristallins qui, comme cela s’est produit pour le Loetschenpats, pénètrent sans règle aucune dans la série sédimentaire.
- A propos de certaines algues marines floridées indigènes. — La Note de M. Sauvageau signale quelques espèces du pays basque qui pourraient, le cas échéant, remplacer le Lichen carragaheen, mélange de Chondrus crispus et de Gigartina mamillosa si répandus sur nos côtes normandes et bretonnes. Il en est de même du Rissoella verruculosa propre à la Méditerranée. Le professeur de la Faculté de Bordeaux fournit aussi d’utiles indications sur la préparation du sol et sa transformation en gel.
- Les échanges gazeux de la racine avec l'atmosphère. — Il est établi depuis longtemps qu’il y a absorption d’oxygène et dégagement d’anhydride carbonique, maison ne savait pas encore dans quelles proportions ces gaz sont absorbés et exhalés, enfin quels facteurs interviennent dans la succession des phénomènes. M. R. Ccrighelli vient d’effectuer une série de recherches, tant sur des racines en relations avec les parties aériennes de la plante que sur des organes qui en avaient été préalablement détachés et les résultats qu’il soumet à l’Académie ont été fournis par Senecio vulgaris L., Lupinus albus L. et Laurus nobilis L., la méthode employée étant celle de l’air confiné avec analyses effectuées à l’appareil de MM. Bonnier et Mangin.
- Les matières azotées etV acide phosphorique du blé. — MM. Rousseaux et Sirot ont déjà constaté que dans les farines se prêtant le mieux à la panification, il existe une proportion d’azote soluble à peu près constante par rapport à l’azote total. Leurs dernières analyses ont porté sur le blé lui-même, les échantillons de grains étant prélevés tous les cinq jours dans un même champ. Elles ont montré que le blé arrive à la maturation normale et complète dans un état de'stabilité qui, pour les matières azotées et les matières phosphatées, correspond à un certain rapport entre les éléments solubles et ceux qui ne le sont pas. A des rapports différents correspondent une insuffisance de maturation ou une tendance à la germination. ' .
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- LA THÉORIE DU VOL DES OISEAUX DE FRÉDÉRIC HOUSSAY :----' 287
- Le travail souterrain des taupes et la flore du Cantal. — Les prairies des hauts sommets, soumises à la dépaissancc, présentent une quantité excessive de taupinières, que recouvre bientôt une végétation abondante. Une série d’observations a permis à MM. Urbain et Marty de vérifier que les réseaux de galeries creusées par les petits mammifères a pour effet de drainer le sol, et d’y faire, en môme temps qu’un véritable labour, un sarclage qui favorise la germination des graines, que celles-ci soient particulières à la région, ou apportées par le vent et les oiseaux.
- La membrane de quelques algues floride es. — Une nouvelle Note de M. Sauvageau signale un fait des plus intéressants : la présence de l’amyloïde chez les espèces dont les sols se prennent en masse après le refroidissement. Cétte remarque semble donner l’explication de la facilité avec laquelle se coagulent certains colloïdes.
- Les spectres d’absorption du phosphore pour les rayons X. — Utilisant l’appareil de Siegbahn, avec cristal tournant de gypse, M. Bergengren a fait porter ses recherches sur le phosphate d’ammonium, l’acide phos-phorique et le phosphore rouge du commerce. L’anli-cathode de l’ampoule était constituée par une plaque de tungstène, le courant ne dépassant pas 80 milliampères sous IG 000 volts. Les longueurs d’onde des limites d’absorption sont ainsi différentes pour les diverses variétés du phosphore, l’état chimique d’un élément a donc une certaine influence sur son spectre de rayons X.
- La chaleur d’oxydation du glucinium. — Ayant préparé le métal par la méthode d’électrolyse ignée des lluoglucinates alcalins, due à M. Lcbeau, MM. Copaux
- et Philips ont mesuré les chaleurs de dissolution de Gl et de G10 dans l’acide fluorhydrique. Us en ont conclu que le glucinium est parmi les éléments les plus facilement oxydables; il vient après le calcium, mais avant le magnésium et l’aluminium.
- Réactions microchimiques du radium. — M. Denigès ayant eu à sa disposition un milligramme de bromure de radium cristallisé, a pu poursuivre ses recherches analytiques basées sur l’action de l’acide iodique et la méthode micro-chimique qui différencie nettement Ra de Ba, fournira sans doute un mode de séparation de ces deux métaux.
- Une nouvelle classe d’hypnotiques. — S’inspirant de ce fait que les substances de la série des maloxylurées, douées de propriétés hypnotiques, renferment dans leur molécule un ou plusieurs groupes alcoylés liés à un atome de carbone ternaire ou quaternaire, MM. Lumière et Perrin ont étudié la diélhylhomophtalimide, dont la préparation a pour base l’oxydation de la naphtaline. L’avantage de ce corps et de ses dérivés alcoylés vient de leur faible toxicité -et du fait que leur emploi ne semble pas entraîner pour le malade d’actions secondaires défavorables.
- La déshydrogénation des alcools. — M. Charles Moureu a déjà signalé la méthode mise au point par son collaborateur M. Mignonac pour la préparation des aldéhydes et des cétones, en utilisant l’oxygène de l’air. La technique doit en être modifiée dès qu’il s’agit d’un alcool à six atomes de carbone. Il faut opérer alors, toujours en présence d’argent divisé, mais sous pression réduite; le rendement peut atteindre 80 pour 100, pour les alcools benzylique, cinnamique, caprylique et dodé-cylique. Paiu. B.
- LA THÉORIE DU VOL DES OISEAUX DE FREDERIC HOUSSAY
- Frédéric lloussay, professeur à la Sorbonne et ci l'École normale supérieure, doyen de la Faculté des Sciences de Paris, est mort récemment à Lyon au moment où il achevait la mise au point d'une nouvelle théorie dit vol des oiseaux, complétant ses travaux antérieurs sur la natation des poissons. Nous ci oyons être agréable aux lecteurs de La Nature en leur résumant ce qui était déjà publié de ces travaux en cours dans les Comptes Rendus de l’Académie des Sciences (1914) et le Bulletin du Muséum National d’ilistoire naturelle (1919).
- I. — Ou a coutume de dire que le vol ordinaire ou vol battu des oiseaux est une succession de battements d'ailes. Cette dernière expression paraît sous-entendre que l’aile seule est mobile tandis que le corps est fixe.
- Or, rien n’est fixe que relativement. L’aile est mobile par rapport au corps; mais on peut dire avec autant de vérité que le corps est mobile par rapport aux ailes. Ce n’est que la différence de deux points de vue entre lesquels nous pouvons évidemment choisir le plus apte à suggérer des idées nouvelles.
- Que le corps soit aussi mobile que l’aile, par rapport, non plus à l’une ou a l’autre de ces parties, mais à la trajectoire de l’oiseau, cela résulte en particulier de l’observation des films cinématographiques ralentis.
- Le corps d’un oiseau en plein, vol décrit un mou-
- vement oscillatoire composé d’abaissements et de relèvements alternatifs de son centre de gravité. Les abaissements sont passifs (effets de la pesanteur). Au contraire les relèvements sont dus à l’action des muscles pectoraux et thoraciques qui prennent appui sur l’axe d’attache des ailes, partie la plus fixe de tout le corps. C’est autour d’un tel axe que le corps se déplace de façon rythmique ou vibratoire, qu’il bat comme battent simultanément les ailes autour du même axe. Les ailes ne battent que par contre-coup des mouvements du corps. Trop peu larges, n’offrant pas assez de résistance, elles s’enfoncent en effet dans l’air quand les muscles entrent en jeu pour soulever l’arrière du corps.
- Nous n’avons parlé jusqu’ici que du vol battu. Or il existe une autre sorte de vol dans lequel le corps continue ses oscillations verticales, mais où les ailes sont à peu près immobiles. Les oiseaux de grande
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- 288 LA THEORIE DU VOL DES OISEAUX DE FRÉDÉRIC HOUSSAY
- envergure, comme l’albatros, pratiquent souvent le vol plané. Dans ce cas, les ailes cessent de battre, car elles sont très grandes, très élastiques et ne se dérobent point au moment où les muscles y cherchent un point d’appui. « Entre les deux sortes de vol, dit Houssay, il y a juste les mêmes différences qu’entre la marche sur neige épaisse et molle avec ou sans skis. »
- En résumé, le vol battu est un battement double du corps et de l’aile l’un par rapport à l’autre, et le vol plané, un simple battement du corps, sans battement d’ailes.
- II. — La seconde partie de la théorie du vol de Frédéric Houssay dérive directement des travaux du même auteur sur la forme, la puissance et la stabilité des poissons. Elle consiste à énoncer les « relations étroites et réversibles entre la translation longitudinale et la vibration transversale », ce qui n’est qu’un cas particulier du principe aussi important que simple de la réversibilité entre l’action et la réaction.
- Un corps souple et allongé animé d’un mouvement de translation dans le sens de son grand axe, au sein d’un fluide immobile, acquiert un mouvement ondulatoire transversal.
- Réciproquement, un corps souple et allongé, animé au sein d’un fluide immobile d’un mouvement ondulatoire transversal, acquiert, de ce fait même, une translation dans le sens de son grand axe.
- Des deux phénomènes associés, translation et mouvement ondulatoire, l’un quelconque, pris pour initial, doit déterminer l’autre.
- Chez les poissons la queue, oscillant de droite et de gauche, est l’organe essentiel de la propulsion.
- De même, en ce qui concerne les oiseaux, le mouvement oscillatoire du corps autour de l’axe des ailes détermine la progression.
- La seule différence est que dans le premier cas la vibration propulsive, toujours perpendiculaire à l’axe du mouvement, se fait dans un plan horizontal, tandis que chez les oiseaux, elle s’accomplit suivant la verticale.
- Il suffit pour l’instant de retenir que le vol des oiseaux est déterminé par les abaissements et les relèvements rythmiques du centre de gravité du corps.
- III. — Si cette conception est juste, la distance entre l’axe d’attache des ailes (bord interne et supé rieur du coracoïde) et le centre de gravité (articulation du fémur au bassin) doit être pour le vol un facteur de premier ordre, puisque c’est précisément la longueur du pendule oscillant.
- Houssay obtient un indice de vol en adjoignant au facteur précédent, la surface de l’aile et la force des muscles pectoraux.
- Il calcule le rapport homogène :
- a?
- exs X fi
- dans lequel les lettres désignent :
- a, la distance du coracoïde à l’articulation du fémur,
- b, la hauteur du bréchet,
- s, la largeur du sternum,
- e, l’envergure.
- Le produit fi X s représente la surface d’insertion et, 'par suite, la section et la force musculaire des pectoraux.
- De la nature de ces éléments constituants, il est aisé de voir que l’indice de vol i doit être d’autant plus petit que le vol est plus puissant et plus rapide.
- Le dénominateur est en effet un produit de facteurs actifs dont l’accroissement est une condition favorable.
- D’autre part, le numérateur est composé d’un facteur passif dont la décroissance est aussi une condition favorable.
- Les deux notes du Bulletin du Muséum (1919) sont consacrées à des évaluations nombreuses de l’indice du vol effectuées sur les squelettes d’oiseaux de la Galerie d'Anatomie comparée. Elles confirment en tous points la théorie.
- 1° Les oiseaux volant le mieux ont l’indice le plus faible. Ainsi le pigeon qui n’est calé, c’est-à-dire immobilisé malgré ses efforts, que par un vent de 15 à 20 m. à la seconde, possède un indice du vol compris entre 0,9 et 1,4.
- L’hirondelle, calée par un vent de 8 m., a un indice de 2,9. A l’autre extrémité de la série se trouvent naturellement les oiseaux qui ne volent pas, l’autruche et le casoar avec des indices respectifs de 1086 et 1880. Entre un canard sauvage et un canard domestique, la différence des indices est considérable, de 3 à 13.
- 2° En négligeant les quelques types exceptionnels qui ont perdu la faculté de voler, les huit groupes reconnus par les ornithologistes se classent ainsi, par ordre de vitesse décroissante du vol : colom-bins (indicemoyen 1,20) ; échasssiers (2,45); grimpeurs (2,60); rapaces (2,75); passereaux (3,10); palmipèdes (5,40) ; gallinacés (3,90) ; ratites (1070).
- 3° L’indice moyen de tous les oiseaux voiliers est compris entre 2,5 et 5, ce qui correspond à une vitesse de 8 m. à la seconde, précisément celle du vent dans nos pays. Léo* Bertin,
- Agrégé de rüriversilé.
- Le mouvement oscillatoire {OAB) de l'arrière du corps d'un poisson ou d'un oiseau détermine un mouvement de translation (T) suivant l'axe du corps, d'après Jacob.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie I.aiujre, 9, rue dé Fleurus, à Taris.
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- LA NATURE. — N° 2431.
- 6 NOVEMBRE 1920
- UTILISATION D’UN S0US=PR0DUIT DU LAIT
- Les matières plastiques à base de caséine
- Les statistiques publiées en juillet dernier par le Journal Officiel montrent avec quelle rapidité se reconslitue notre cheptel qui, pour la seule espèce bovine, s’élevait en 1915 à 12 millions d’animaux. Pays amnt tout agricole, puisque sur 550 000 km2 de superficie elle en consacre environ le huitième aux pâturages, la France recueille chaque année de 50 000000 à 55000 000 hectol. de lait. C’est là, au sens précis du mot, une richesse nationale. 11 importe plus que jamais de l’exploiter avec les méthodes de travail modernes, car, produit alimentaire qui a valu leur renommée aux beurres de Normandie, le lait contient, au litre, de 55 à 58 gr.
- tique, et qu’il nous faut comprendre sous un même vocable des albuminoïdes donnant à l’analyse élémentaire des résultats sensiblement différents, et permettant, dans le seul cas d’une grosse production, de dresser des moyennes comparables entre elles. Enfin la simplicité apparente des opérations que nous allons décrire dans leur détail n’en exclut pas un contrôle permanent, où le chimiste joue le premier rôle. On ne saurait oublier, répétons-le, que la matière première est fournie par un organisme animal — les glandes mammaires — et que de son traitement comme de sa composition dépendent les qualités de solidité et de plasticité du pro-
- Fig. i. — Un filtre-presse horizontal Philippe, à plateaux Je bois, pour séparer la « caillebolte » du sérum.
- d’une nueléo-albuminc — hx caséine —susceptible, si on ne la destine pas à la consommation sous la forme de fromages, d’un emploi rémunérateur dans la fabrication des succédanés du celluloïd et de l’ébonite.
- Pour préciser l’intérêt d'une industrie relativement nouvelle en France, nous allons, dans cette courte éLude, suivre d’abord la marche d’une usine, annexe d’une beurrerie recueillant par barattage et malaxage les globules qui forment la crème et livrant le « petit-lait », puis les opérations d’un atelier transformant l’albumine en plaques ou bâtons de formaldéhydecaséine. Un premier point est à retenir. Si les principes essentiels du lait sont toujours les mêmes (corps gras, sucre de lait ou lactose, sels minéraux, matières azotées), leur pourcentage respectif dépend non seulement de la nature des pâturages, mais encore du Iravailimposé à l’animal, de la saison de l’année, de l'heure de la traite et de l’époque du vêlage. Notons aussi qu’il est particulièrement difficile, de mai à septembre, d’éviter toute fermentation lac-
- 48° Année. — 2‘ Semestre.
- doit définitif vendu aux tourneurs et Taçt nniers pour la confection de tous objets de bimbeloterie, de boutons, d’épingles et de peignes.
- Caséinerie. — Une telle installation ne peut se .concevoir qu’établie au centre d’une région laitière : Charente, pays de Caux ou Dauphiné, et disposant, chaque jour, de 100 à 150 hectol. de petit-lait (pour toute quantité inférieure à de tels chiffres l’usine grèverait ses frais généraux d’un outillage très long à amortir, et il vaudrait sans doute mieux pour son propriétaire, malgré les inconvénients que présente un aliment aussi riche en azote, utiliser le résidu de la beurrerie à l’élevage du porc).
- En considérant que 100 1. de lait frais fournissent de 82 à 81 1. de lait écrémé, la casci-ncrie reçoit un liquide donnant à l’analyse, pour 1000 cm cubes :
- de 1 à 2 gr. de mat. grasses.
- , de 25 à 50 gr. de caséine, de /<5 à 50 gr. de lactose, de 0 à 8 gr. de sels minéraux.
- On le recueille dans des cuves en cuivre, d’une
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- Fig. 2. — Après passage au concasseur, la caséineesl reçue sur des toiles tendues entre des cadres de bois, et les chariots passent dans une série de cellules distinctes, reliées entre elles par une canalisation amenant l’air chaud.
- contenance de 25 à 50 hectol., munies d’un serpentin à vapeur, d’un agitateur à palettes et d’un jeu de robinets. C’est là qu’on va précipiter la caséine, en « caillant » le lait. Une telle opération peut se réaliser de plusieurs façons, soit qu’on ajoute des traces d’un acide étendu, chlorhydrique ou sulfurique, soit qu’on fasse agir le courant électrique, ou simplement qu’on laisse l’acidification se produire spontanément sous l’action de ferments lactiques. Mais quand il s’agit, comme dans le cas qui nous occupe, d’une caséine destinée à la fabrication des matières plastiques, on préfère dans la majeure partie des usines recourir à la « présure ». Celle-ci se retire, on le sait, du quatrième estomac des jeunes veaux; on le découpe en bandes étroites, après lavage à l’eau froide pour enlever les grumeaux qui le tapissent, et au moment de l’emploi on le ramollit dans un peu de lait tiède ou d’eau salée.
- Le petit-lait chauffé à 57-38° est donc additionné de la quantité de présure qu’une expérience précédente a montré suffisante pour amener la coagulation en moins d’une heure; on met en marche l'agitateur et bientôt « fïocule » ie caillé. D’après MM. Arthus et Pagés, l’opération comprend deux phases chimiques. Dans la première, le caséinogène subit un dédoublement pour aboutir à deux composés protéiques : la lactoprotéose, qui se retrouve dans le lactosérum, et la substance caséogène ou caséum ; dans la seconde, ce dernier élément se combine à l’oxyde des sels solubles de calcium pour donner le caillé ou caillebotte. Si simple que paraisse une telle opération, elle de-
- mande des soins particuliers, suivant qu’on désire obtenir la caséine en poudre fine ou sous la forme de grumeaux volumineux. Certains usiniers préconisent enfin l’addition d’alun ou de chlorure de calcium, d’autres préfèrent les sulfates neutres des métaux alcalins qui, à faible dose, jouent le rôle d’accélérateurs, comme l’ont montré les travaux de M. Gerber.
- Quoi qu’il en soit, pour séparer le caillé du sérum, on monte lentement la température à 60-65°, et on soutire le liquide opalescent qui, entraînant le lactose, peut servir par la suite à la transformation de ce sucre en acide lactique dont le sel d’argent s’emploie dans l’industrie des produits photographiques. Le caillé subit ensuite une série de lavages à l’eau froide et de passages à l’essoreuse ou à la presse; il importe, en effet, d’en éliminer les dernières traces de sucre et d’acide qui rendraient sa conservation difficile. Dans les grandes caséineries on le façonne ensuite en tourteaux, où la proportion d’eau atteint encore 50 à 60 pour 100, avant de le porter au séchoir (fig. 1).
- Là, un broyeur à cylindres hérissés ou à galets, déchiquette la masse humide, et les fragments en sont reçus dans des toiles tendues sur des cadres de bois. Ces sortes de claies sont superposées à la façon d’un rayonnage entre les montants de casiers portés par chariots, qu’on pousse dans une étuve où circule un courant d’air chaud (fig. 2). Au bout d’une huitaine d’heures, on retire une matière jaune pâle, tenant encore de 9 à 11 pour 100 d’eau et qui représente en pratique 2,6 à 5 pour 100 du lait initial. Sa densité est 1,2; elle est soluble dans la soude, la potasse, les solutions de carbonates alcalins et de sels ammoniacaux. Après dessiccation à l’étuve, son analyse donne :
- tig. 3. — Un distributeur automatique envoie les grumeaux sur des palettes d’acier, et la vitesse pouvant atteindre 3ooo tours à la minute, la caséine sort de l’appareil à l’état de poudre, cristalline.
- L’appareil est représenté ouvert.
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- Albuminoïdes : 76 à 78 pour 100.
- Matières grasses : 0,12 à 0,2 —
- Sels inorganiques : 20 'a 23 —
- Après calcination dans un creuset de platine, s’il s’agit d’une caséine « présure », on doit trouver, pour 10 gr., de 0 gr. 5 à Ogr.4 d’acide phospho-rique et 0,4 à 0,5 de chaux; pour une caséine « acide », les cendres seraient sodiques, et pour un produit « lactique » le teneur en P20s ne dépasse pas 1,5 cà 1,7 pour 100.
- C’est sous la forme de fragments de la grosseur d’un pois que la caséinerie livre le plus souvent ses produits aux courtiers et aux fabricants de matières plastiques. Ceux-ci se flattent de juger sur la seule apparence, l’odeur et. le goût. Avec une caséine pulvérisée à l’avance, ils risqueraient d’être trompés sur la teneur en eau et pourraient de plus recevoir un produit sophistiqué par l’addition de matières inertes ou de carbonate de soude. Il n’y a, bien entendu, qu’une analyse sérieuse pour déterminer le degré d’humidité, la teneur en graisses et la solubilité, mais la prise d’échantillons doit s’effectuer sur une grande quantité — au moins une tonne, après mélange parfait — car d’un sac à l’autre, les résultats pourraient différer sensiblement.
- Ouvrons une parenthèse. L’industrie de la caséine s’est jusqu’ici localisée en France : dans le Calvados, la Manche, les Deux-Sèvres et les Cha-rentes. A la veille de la guerre, notre production annuelle s’élevait à 8000 t. et, laissant à part les modestes usines de l’Eure et de la Seine-Inférieure, on pouvait citer parmi les groupements les plus puissants : Y Association centrale des laiteries cooperatives, réunissant 70000 familles dont le troupeau de 200 000 vaches donnait en moyenne 140 000 hl. de lait par semaine, et YUnion des Caséineries, fondée en 1909 et comptant parmi ses adhérents les belles installations de Surgères,
- Fig. 5. — Entraînée par ' une vis transporteuse, la matière achève de se coaguler dans le « nez » de la machine et en sort par une filière dont le diamètre peut atteindre 5o millimètres.
- Fig. 4. — Un arbre horizontal, avec palettes en forme de lames et mû d’un mouvement de va-et-vient, assure le mélange intime de la caséine humide, des matières inertes et du colorant.
- de Saint-Soulle, de Montendre, d’Orbec, de Taille-bourg, de Courçon d’Aunis, d’Aigrefeuille, pour ne citer que les principales. Mais à cette époque, la majeure partie de la caséine française passait la frontière. En quatre ans — de 1910 à 1914 — notre exportation avait augmenté de 50 pour 100 et s’élevait à 6000 t., alors que l’importation donnait le chiffre infime de 25 tonnes. On préparait surtout des caséines « acides », dont les emplois se limitaient à la fabrication des papiers glacés et des colles, à l’apprêt et à l’imperméabilisation des tissus, sans compter les quantités relativement minimes s’utilisant à l’alimentalion. Seule, dans la banlieue immédiate de Paris, une usine filiale d’une firme allemande installée à Harburg, livrait chaque mois de 55 à 60 t. de plaques ou feuilles, et sa production suffisait à peine à notre consommation.
- Ceci dit, comment transformer la caséine en une matière dure, imputrescible, se travaillant à la scie et au tour et pouvant, une fois polie, remplacer l’os, l’ivoire, l’écaille ou l’ambre.
- Fabrication des matières plastiques. — Tout d’abord, indiquons qu’il est essentiel de ne pas garder longtemps cette caséine en magasin; c’est ainsi que des envois venus d’Argentine ou d’Australie ont parfois causé de sérieux déboires ; le mieux est pour le fabricant de s’entendre avec son fournisseur habituel et de régler sa production mensuelle sur la marche de son usine.
- La première opération consiste en un broyage (fig. 5) soit sous des meules de porcelaine, soit contre des cylindres d’acier ou de granit, ou mieux entre des palettes portées par un arbre tournant à la vitesse de 2500 à 3000 tours par minute, comme dans les appareils qu’on utilise à la mouture du cacao ou du tapioca. On obtient ainsi une poudre d’allure cristalline, qu’on débarrasse par blutage de toutes ses impuretés. Dans la fabrication des plastiques, les diverses manipulations exigent le souci constant d’une absolue propreté : toutes les poussières apportées avec la caséine se retrouvent
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- dans le produit terminé et en abaissent fortement la valeur marchande. En principe, pour obtenir des produits transparents, il est utile de débarrasser la nucléo-ulbutninc des phosphates et des corps gras qu’elle contient; pour cela, on la dissout dans la soude ou l'ammoniaque et on la reprécipile par un acide. Cette manipulation supplémentaire n’est pas en grand honneur à l'heure présente et c’est, telle qu’elle arrive de la Charente ou des Deux-Sèvres, que la caséine subit la série de transformations qui va suivre.
- Jetée dans un malaxeur, sorte de pétrin horizontal (lig. 4), elle y reçoit h quantité d’eau nécessaire au gonflement de ses grains, les matières inertes, talc, kaolin, kieselguhr, introduites comme charge, enfin le colorant approprie : ocre, noir de fumée ou composé organique. Un arbre muni de palettes favorise un mélange intime, et c’est ensuite que commence le traitement qui a pour but de « coaguler » l’albumine. Sur celui-ci chaque usinier a des méthodes particulières, et la lecture des innombrables brevets pris depuis vingt ans donne à penser que tout procédé sérieux demande surtout des tours de main. Tantôt, on malaxe la ca;éine avec du borax en poudre ou de l’oxyde de zinc et on lamine le tout, les plaques ainsi obtenues sont ensuite pulvérisées, et la matière passée au tamis de soie est soumise de nouveau, mais cette fois dans des moules chauffés, à une pression de 120 à 150 kg au centimètre carré; tantôt, le mélange : caséine, charge et colorant, passe dans une boudineuse, avec chambre à circulation de vapeur, pour en sortir à l’état d’un long boudin, qu’on réduit ensuite en feuilles dont l’épaisseur va de 5 à 12 mm ; d’autres fois au sortir du malaxeur, le même mélange initial est soumis à l’action d’une presse analogue à celles qu’utilisent les fabriques de celluloïd et, dans le bloc obtenu, on « tranche » des plaques à l’épaisseur voulue.
- Au total, en ce qui concerne la transformation de la caséine humide en une pâle homogène, il ne paraît pas que du point de vue chimique, la question ait été depuis longtemps réglée. On doit, à ce sujet, citer les observations de M PaulBaud sur la grande facilité que présente la coagulation, après hydrolyse et scission de la molécule en un mélange complexe où dominent l’acide amido-caproïque et l’uxyphénylalamine, ce dédoublement pouvant se produire sous l’action de certains ferments appropriés ou par addition à température bien déterminée de sels inorganiques.
- Les opérations qui suivent sont d’ordre mécanique, qu’on veuille des (; joncs » pour les tourneurs de perles et d’isolants, ou des « plaques » de 60 X 60 cm pour les fabricants de boutons, de peignes ou de boites. Dans le premier cas, on utilise une pcloteuse-boudineuse : une vis transporteuse alimentée de façon cantinue pousse la matière, d’abord dans une partie tronconiquc où la gélatinisation se termine sous l’action combinée de
- la chaleur et de la pression, puis dans une série de filières que suit un tapis sans fin (fig. 5). On obtient ainsi des bâtons réguliers, dont le diamètre varie de 3 à 50 mm, leur longueur est généralement de 1 m. à 1 m. 20, et, après refroidissement, on les dispose sur des claies qu’on transporte dans des bacs à formol. Yeut-on des plaques? Les bâtons sortis de la boudineuse sont rais en croix, deux par deux, dans une série de boîtes métalliques dont les parois sont constituées par un cadre d’acier étiré, le fond et le couvercle par une tôle bien dressée sur une de scs faces. Ces sortes de moules sont en-suile portés sur les plateaux chauffants d’une presse hydraulique. La température atteignant 80°, les bâtons s’aplatissent, et, au bout de 15 à 20 minutes, la pression étant montée à 120-130 kg, la soudure est terminée entre toutes les particules de caséine. Une seconde pression se fait sur une presse de 400 t., mais à froid. De chaque boîte, on retire une plaque homogène et de couleur uniforme, à moins que les deux bâtons primitifs aient été de couleurs différentes auquel cas on obtient du « jaspé » pour l’imitation de l’écaille ou de l’ambre laiteux.
- Au sortir de la boudineuse ou de la presse, la caséine doit être formolée. C’est aux travaux de M. Trillat, professeur à l’Institut Pasteur, que l’on doit d’avoir montré, voici trente ans que l’aldéhyde formique, en solution aqueuse, durcit et insolubi-lise les albuminoïdes. Quelle est l’action chimique?
- On admet qu’il y a simplement fixation de la molécule Il.CHO, avec élimination d’eau, un radical — Cil'2 remplaçant les deux U. du groupement fonctionnel = Az H2 caractéristique des amines primaires.
- Le bâtiment de « formolage » comprend une série de bacs, en bois ou en ciment armé, d’une contenance de 800 à 1200 liIres. Le bain y est maintenu au titre de 5 à 6 pour 100 d'aldéhyde, de façon à éviter toute polymérisation avec formation de trioxy-méthylène, en même temps qu’on réduit les pertes par évaporation. La durée du séjour dépend de l’épaisseur des bâtons ou des plaques; d’habitude, on compte 24 heures par millimètre; un jonc de 20 millimètres demande de dix à douze jours, une plaque de 6, trois seulement.
- Reste l’opération du séchage, qui exige une sur-, veillance assidue pour le maintien d’un courant d’air humide à température constante, du moins pendant les premières semaines. C’est là qu’au début de cette industrie, on a eu d’assez grosses difficultés; les bâtons se tordaient et se fendaient suivant toute leur longueur, devenant ainsi inutilisables, tandis que les plaques s'étoffaient à partir du centre. D’ailleurs, toute caséine non chargée court les plus grands risques au séchage, alors que les joncs, où les matières inertes atteignent parfois 15 à 20 pour 100, gardent leur rigidité et qu’on peut négliger la légère déformation des plaques. Au sortir du séchoir, où leur séjour peut aller de deux à cinq mois, les bâtons et les feuilles sont, si le besoin s’en fait sentir, rc-
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- dressés et calibrés après ramollissement à l’eau chaude. Les premiers vont, comme nous l’avons dit, chez les tourneurs de perles, de bracelets, de porte-plumes, d’articles pour fumeurs, ii nombreux dans les IVe, Xe et XIIe arrondissements de Paris, et dans la région de Saint-Claude ; les secondes, chez les fabricants de boutons de Méru ou d’Àndeville et les marchands dépeignes d’Ivry-la-Bataille ou d’Oyonnax (fig. 6). Quand les bâtons sont livrés, droits et calibrés au dixième de millimètre, la main-d’œuvre est considérablement diminuée par l’emploi du tour automatique.
- La pièce une fois faite, le poli s’obtient à la potée et au « gras » comme pour l’os et l'ivoire, que la caséine formolée imite à s’y méprendre lorsqu’elle est chargée de kaolin ou de lithopone. Bien qu’il soit lacile de colorer notre nu-cléo-albumine au début des opérations qu’elle subit. il arrive souvent que le façon nier prend le produiL blanc ou « naturel », le tourne et le polit pour le (dorer par la suite. 11 lui su fût de tremper l’objet terminé dans de l’eau tiède légèrement acidulée, puis dans la teinture appropriée, où son séjour dépend du « foncé » qu’on veut obtenir. On sèche à l’air libre et on frotte ensuite à la peau de chamois.
- Isolant électrique comparable à l’ëbonite, mais d’une apparence plus belle, la formaldéhyde-caséine rend de grands services pour l’appareillage et la confection des interrupteurs, des prises de courant, des manettes et des boutons de sonneries. D’un prix bien moins élevé que le celluloïd, elle a sur lui le gros avantage d’être ininflammable; le seul défaut quelle présente est de se déformer lentement, en se boursouflant, si on la laisse dans un milieu humide; de plus, elle ne se moule pas, mais pour les objets ne présentant pas de détails, on tourne la difficulté en estampant après ramollissement à la vapeur.
- Avenir de cette industrie. — Voyons maintenant la situation économique d’une telle fabrication, en somme développée en France au cours des hostilités.
- Tout d’abord les matières premières : formol et caséine.
- Le Rapport général sur l'industrie française estime que nos usines de matières plastiques ne consomment que 600 kg par jour d’aldéhyde en solution à 40 pour 100. Or, la carbonisation du bois
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- en vase clos s’est augmentée depuis 1915 de 70 à 75 pour 100 ; notre production en alcool méthy-lique peut atteindre 45 000 hl grâce à nos installations de la Nièvre, du Cher, de l’Yonne et de la Haute-Marne, et il suffit d'oxyder cet alcool primaire par passage de ses vapeurs sur de la mousse de platine chauffée pour obtenir le formol. De ce côté donc rien à craindre, malgré tous les autres emplois de ce composé. Passons à la caséine. Nous n’en recueillons, avons-nous dit plus haut, que 8000 tonnes, c'est à peine le cinquième de ce que nous pourrions récupérer. Les départements de l’Ain, du Jura, du Dauphiné et de la Savoie ont des pâturages qui ne le cèdent en rien à ceux de l’Ouest. La mite en œuvre d’un outillage bien compris, dans des régions où la force motrice est fournie à bon
- compte par de multiples torrents, leur apporterait une nouvelle source de richesse et comme l’étranger (République Argentine, Australie, Hollande et Danemark), peut rivaliser comme prix seulement et non comme qualité, la position de notre pays n’en serait que meilleure.
- Et pouvons-nous rappeler à ce sujet qu’une légu-mineuse à tiges annuelles, le soja, a donné lieu à des essais concluants dans les terres argilo-çalcaires de notre Midi. Or, après macération dans l’eau tiède et broyage, la graine donne un liquide blanc dont l’analyse indique : graisses 1,8 à 1,9 — caséine 5 à 5,5 — extrait sec 6 à 7 pour 100, et qui subit Faction coagulante des acides et de la présure comme le lait naturel. Jusqu’ici les usages alimentaires ont prévalu, mais le jour où la culture sera conduite sur une grande échelle il est probable qu’on verra.dans le soja une plante industrielle, à la façon du lin et du chanvre, car en plus de l’albuminoïde qui. nous intéresse particulièrement, il faut noter l’huile (18 pour 100 du poids de la graine) qui se prête fort bien à la saponification et semble permettre des essais intéressants pour la fabrication du caoutchouc artificiel.
- Donc, pour les matières premières, aucune inquiétude n’c.'t à formuler et nous r.c sommes en rien tributaires de l’étranger.
- Maintenant les débouchés. Ils augmentent chaque jour, au détriment de l’ébonite, de la fibre et du celluloïd. Les acétates de cellulose sont d’un prix élevé et, comme les produits de condensation du
- Fig. 6. — .4 Oyonnax (/l'a) et à Ivry-la-Bataille {Eure), la formaldéhyde-caséine sert à la confection des peignes fins et des démêloirs, comme au tournage d’une’infini lé d'objets.
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- genre -« Bakélite » réservés à la fabrication des objets de luxe. Mais pour les articles de grande consommation, dont nous avons cité les principaux : boutons, peignes, manches de cannes et de parapluies, perles, isolants, coupe-papier, fume-eigarettes, etc., la caséine formolée présente l’énorme avantage d’un prix de revient quatre ou cinq fois plus faible. Enfin, l’Allemagne nous achetait en 1911 : 5500 tonnes de caséine, en 1912 : 0200, dont elle nous revendait
- ensuite la majeure partie sous la forme d’objets manufacturés.
- Rien ne peut empêcher de conclure que si nous augmentons le nombre de nos caséineries et transformons leur production dans nos propres usines, l’industrie française des matières plastiques, aujourd’hui parfaitement au point, pourra dans un très prochain avenir travailler avec activité pour l’exportation.
- Xavier Lafargue.
- LES GAZ DE COMBAT EMPLOYÉS PAR L’ALLEMAGNE
- A plusieurs repri• es, pendant la guerre, nous avions essayé de publier quelques informations relatives aux gaz de combat. La censure, chaque fois, mit un frein à notre curiosité.
- Les renseignements que ?ious possé lions étaient partiels et incomplets, comparés à ceux dont dispose M. Moureu, membre de l’Académie des Sciences, professeur au Collège de France, qui présida la Section d'agression de l’Inspection des Études et Expériences chimiques de Guerre et qui, à ce litre, apporta à la Défense nationale le concours le plus savant, le plus actif et le plus précieux. Aujourd'hui, M. le professeur Moureu publie un exposé complet de la question restée si longtemps secrète dans un nouveau volume de la collection « Les Leçons de la Guerre » intitulé : La Chimie et la Guerre : Science et Avenir (1). Nous sommes reconnaissants au professeur Moureu — et nos lecteurs lui sauront gré — d’avoir bien voulu nous autoriser à publier les importants passages suivants de son livre.
- Par les actes de La Haye du 21) juillet 1899, toutes les nations européennes s’étaient interdit l’emploi de projectiles « qui ont pour but unique de répandre des gaz asphyxiants ou délétères ».
- Et cependant, le 22 avril 1915, vers 5 heures du soir, un épais nuage de vapeurs lourdes, d'un vert jaunâtre, sortait des tranchées allemandes entre Bixschoote et Langemark (Belgique) et, poussé par la brise, arrivait sur les lignes alliées, suivi par des contingents ennemis, qui s’avançaient en tirant des coups de fusil.
- Toute une division française fut atteinte. Sans aucune protection, malgré la toux et les suffocations violentes, beaucoup d’hommes tinrent bon devant la vague allemande; maisleur héroïque ténacité fut payée deleurvie.
- L’Allemagne venait d’inaugurer la guerre des gaz par une nouvelle violation flagrante de ses engagements internationaux.
- Avant d’entrer dans l’histoire des faits qui furent la conséquence de cet important événement, il est nécessaire d’exposer quelques notions techniques.
- Tout d’abord : Qu’est-ce qu’un « gaz » ?
- Au point de vue où l’on se place sur le champ de bataille, un « gaz » est un corps gazeux ou un mélange soit de gaz proprement dits, soit de liquides pulvérisés ou vaporisés, soit de corps solides très divisés, qui rendent l’atmosphère nocive ou irrespirable. La guerre des gaz utilise, en effet, les réactions que les différentes substances chimiques peuvent provoquer sur l’organisme humain.
- D’après la nature de ces réactions on classe les produits en plusieurs catégories, un corps déterminé pouvant se ranger soit dans une seule, soit dans plusieurs d’entre elles. On distingue ainsi, d’après leur action prépondérante :
- 1, Masson et Cic, éditeurs.
- 1° Les suffocants, qui, par réaction sur le système pulmonaire, provoquent la toux et peuvent amener la mort par asphyxie due à des lésions pulmonaires.
- 2° Les toxiques, qui, pénétrant dans l’organisme et y atteignant tel ou tel organe essentiel, provoquent secondairement des accidents généraux; certains d’entre eux, par exemple, touchent particulièrement le système nerveux, certains autres les globules rouges du sang.
- 5° Les lacrymogènes, qui, par réaction sur l’œil, provoquent le larmoiement et, de ce fait, mettent l’homme dans l’impossibilité de voir pendant un temps plus ou moins long.
- 4° Les vésicants, qui, par réactiun sur la peau, provoquent soit du prurit, soit des manifestations cutanées plus profondes, telles que l’apparition de phlyctènes, et qui peuvent en outre, en agissant sur les différentes muqueuses, et notamment sur celles des voies respiratoires, y déterminer des lésions analogues.
- 5° Les sternutatoires, qui, par réactions sur la muqueuse nasale, provoquent des éternuements s’accompagnant de manifestations secondaires : irritation de la gorge et larmoiement des yeux, douleurs dans le nez eL les maxillaires.
- Les produits suffocants et les produits toxiques ont été confondus pendant la guerre sous la dénomination générale de « toxiques », parce qu’ils étaient tous susceptibles de provoquer la mort. Il en fut de même de certains autres corps susceptibles de tuer, bien que leur propriété physiologique prépondérante consiste en un pouvoir vésicant ou sternutatoire.
- A un autre point de vue, les « gaz » se classent encore en deux catégories : ils sont fugaces ou persistants, suivant la durée de temps pendant laquelle ils subsistent sur ie terrain. Ces propriétés sont utilisées par l’artilleur pour atteindre des résultats déterminés. Ainsi l’interdiction d’une route par les gaz pourra être obtenue au moyen d’obus à effets persistants; au contraire, le bombardement par obus à gaz d’une position à prendre ensuite d’assaut devra être exécuté avec des obus à chargement fugace.
- I. — L’Allemagne a fait appel, au cours de la guerre, à presque toutes les propriétés physiologiques des « gaz », augmentant ainsi sans cesse les causes de souffrances des combattants.
- La guerre des gaz commence le 22 avril 1915 par l’emploi d’un suffocant. Le chlore, à l’état liquide, était introduit dans des cylindres qui, par simple ouverture d’un pointeau, le laissaient se dégager à l’état gazeux. Les différents jets de gaz, provenant des nombreux cylindres mis en œuvre, formaient rapidement un nuage continu, auquel on donna le nom de « vague ».
- Le mois de juin 1915 vit apparaître le brome, autre suffocant, employé en projectiles de minenwerfer, et un
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- LES GAZ DE COMBAT EMPLOYÉS PAR L’ALLEMAGNE
- lacrymogène : le bromure de benzyle C6H5-CH2Br, mélangé à du bromure de xylyle, C6 II4 (CH2Br)2, chargé en projectiles d’artillerie. L’emploi des gaz en projectiles d’artillerie, qui devait prendre des proportions si considérables, s’observait ainsi, pour la première fois d’une façon très nette, le 20 juin, dans le Bois de la Gruerie, en Argonne; mais depuis plusieurs mois, en particulier depuis le milieu de mars, l’emploi par l’ennemi d’obus lacrymogènes, par coups isolés, lires sur des positions de batterie, était soupçonné.
- L’année 1915 et les années suivantes virent apparaître une série de composés nouveaux. Voici le tableau des divers gaz employés par l’Allemagne; nous indiquons leurs propriétés physiologiques et leurs dates d’apparition :
- particulièrement sensibles''fonctionnant par aspiration; ces appareils étaient disposés dans les premières lignes des secteurs susceptibles de subir des attaques par vagues. :
- Sitôt le travail au Laboratoire municipal terminé, et dans le cas où le projectile examiné contenait un produit ou mélange nouveau, le contenu de l’obus était divisé en G échantillons : on gardait l’un d’eux au Laboratoire municipal, et les autres étaient distribués à différents laboratoires de l’Inspection des Etudes et Expériences chimiques :
- 1° Au laboratoire du professeur Grignard, pour nouvelle étude chimique, qui contrôlait la précédente!1), et dans laquelle M. Grignard s’attachait tout particulière-
- DATES D’APPARITION sur le champ de bataille GAZ I FORMULE CHIMIQUE PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES
- 1915 avril chlore (gaz) Cl2 suffocant.
- 1915 juin brome (liquide) Br2 suffocant
- 1915 juin bromure de bcnzyl (liquide) CGH5 — Cil2 Br lacrymogène
- 1915 juillet bromacétone (liquide) Cil3 — GO — CIl2Br suffocant lacrymogène
- 1915 août clilorosulfonate de méthyle (liquide) CA2 / ^ SU \0Cll3 suffocant
- 1915 août chloroformiate de chloromélbylc (liquide; Cl — C00Ctl2Cl suffocant
- 1915 août bromométhyléthylcétone (liquide) CH5—CO—CHBr—Cil5 suffocant et lacrymogène
- 1916 juillet chloroformiate de trichloromélhyle (liquide) Cl —C00CC13 suffocant
- 1916 décembre phosgène (gaz) CO Cl2 suffocant
- 1917 mai chloropicrine (liquide) CCI3 N O2 suffocant lacrymogène
- 1917 juillet sulfure d’éthyle dichloré (ypérite) (liquide) / CH2 - CH2 Cl \ CH2 —Cil2 Cl suffocant, lacrymogène et vésicant.
- 1917 septembre diphénychloroarsine (solide) phényldichloroarsine (liquide) (C° II5)2 As Cl C° II3 As Cl2 suffocants, sternutatoires (d’abord en mélange avec des suffocants : phosgène et chloroformiate de trichloromélhyle, puis au sein d’un explosif).
- 1917 septembre chlorure de phénylcarbylamine (liquide) C6Ila- N = C = Cl2 nauséeux et toxique
- 1918 avril oxyde de méthyle dichloré (liquide) CH2 Cl - 0 - CH2 Cl sans action appréciable sur l’organisme huma in
- 1918 avril dichloroéthylarsine (liquide) C2 II5 As Cl2 sternutatoiré et toxique
- 1918 avril dibromoélliylarsine (liquide) C2 H5As Br2 sternutatoire et toxique
- 1918 juin cyanure de diphénylarsine (solide) (C°H5)2AsCN sternutatoiré
- 1918 septembre IN-éthylcarbazol (solide) CG II4 — CG II1 \ / NC2 113 sternutatoire
- Certains de ces produits furent employés seuls, mais la plupart furent utilisés sous la forme de mélanges. Ainsi le phosgène fut employé seul en projectiles de minenwerfer et en mélanges dans des ohus, tel le mélange : phosgène 50 pour 100, chloroformiate de tri-chlorométhyle 30 pour 100, diphénylchloroarsine 20 pour 100. Le chloroformiate de trichloromélhyle fut également employé en mélange à 50 pour 100 avec la chloro-picrine, etc....
- II. — Tous ces produits furent soumis à un examen minutieux de la part des chimistes français.
- Les obus allemands à gaz n’ayant pas éclaté, ainsi que les débris de projectiles, étaient envoyés par l’intermédiaire des olficiers-chimistes au Laboratoire municipal de Paris; on examina ainsi, dans ce laboratoire, plus de 1200 obus et engins asphyxiants allemands de tous chargements. Pour l’étude des gaz contenus dans les vagues allemandes, M. Kling mit au point des appareils de prélèvement et de détection
- ment, en outre, à la détermination des impuretés contenues dans les produits, en vue de déterminer le procédé de fabrication employé par l’ennemi.
- 2° Au laboratoire du professeur Lebeau, pour examen delà protection conférée par les appareils français contre ce corps nouveau.
- 5° Au laboratoire du professeur Desgrez, pour examen de la valeur des méthodes de protection collective contre cette substance nouvelle.
- 4° Au laboratoire du professeur Mayer, pour la détermination des actions physiologiques.
- 5° Au laboratoire du professeur Achard, en vue de la thérapeutique à établir.
- Chaque laboratoire envoyait ensuite son rapport
- 1. C’est à la demande expresse de l’Académie des Sciences (sur l’initiative de l’un de ses membres, le professeur Moureu), que cette importante mission fut confiée par le Ministre de la Guerre (général Gallieni), au professeur Grignard (4 janvier 1916).
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- à l’Inspection des Etudes et Expériences chimiques.
- Si, après les attaques par gaz, on ne trouvait pas de projectiles non éclatés, on s’efforçait de reconnaître la nature des gaz par les symptômes déterminés sur les combattants, par les lésions trouvées à l’autopsie des intoxiqués, pr l’analyse toxicologique de leurs viscères. Les Centres médico-légaux étaient chargés d’enquêLcr dans toutes les formations sanitaires où étaient soignés les hommes atteints et de faire, ainsi que nous avons déjà eu l’occasion de l’indiquer, l’autopsie de tous ceux
- qui succombaient. On était ainsi rapidement renseigné sur le point de savoir si l’on avait affaire à des corps déjà employés ou à des corps ayant des effets nouveaux.
- Cette division du travail donna les meilleurs résultats. C’est ainsi, notamment, qu’en six jours on connut la nature de l’ypérite et les moyens chimiques à mettre en œuvre pour lutter contre ce terrible produit.
- Charles Mouueu,
- Membre de l'Inslilut.
- Professeur au Collège de France.
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- Puisque l’après-guerre vient de nous démontrer . d’autres possessions plus anciennes d’un demi-siècle, qu’au point de vue économique, il faut mettre en | Pour pacifier un pays et le mettre en valeur, il
- Fig. x. — Le Chaudron d’Enfer.
- valeur nos colonies, ce qui aura pour effet immédiat de stabiliser notre change, jelons un regard sur le passé afin d’en tirer une leçon pour l’avenir.
- L’histoire de nos colonies prouve que certains territoires de notre domaine d’outre-mer ont été négligés, nous ne leur avons, pas accordé toute la sollicitude qu’ils méritaient. A ce point de vue, le Maroc et l’Indochine pourraient être classés parmi les favoris de la France.
- Soit que nous les ayons colonisés à des époques favorables ou bien qu'ils aient vu des gouverneurs soucieux du rôle que la France devait jouer dans leur développement., soit encore que leur climat ou leur position géographique ait été meilleur, ces nouveau-nés de notre politique coloniale ont devancé
- lui faut un outillage économique, des voies de communication; reconnaissons tout de suite qu’à cet égard, nous n’avons guère tenu compte de cette loi; notre politique coloniale est intermittente, elle n’a pas de programme à proprement parler. Elle est fonction de l’activité de ceux qui en ont la conduite. Quand on appelait Jules Ferry « le Tonkinois », c’était en mauvaise part; ceux qui ont compris que notre avenir était dans les colonies n’ont guère été soutenus.
- Il en est résulté que l’Indochine par exemple, qui n’a connu son grand essor qu’après que M. Doumer eut obtenu un emprunt pour la couvrir de railways, a vu l’ère des chemins de fer devancer celle de la route.
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- À Madagascar, au contraire où l’on fit d’abord des routes, il v a encore peu de chemins de fer.
- En Algérie, il y a des routes et des chemins de fer, cette colonie était sous les yeux de la mère-patrie.
- La Tunisie-protectorat s’est développée plus rapidement que l’Algérie-colonie.
- On a lait un chemin de fer de 800 km aboutissant à la côte Française des Somalis où nous n’avons que 400 compatriotes environ.
- Au Maroc où nous ne sommes installés que depuis quelques années, il existe un réseau de voies ferrées de plusieurs centaines de kilomètres et un réseau routier de 2000 km, la formule du
- mines de cuivre de Mindouli) est dû à l’initiative privée. La France a failli à sa renommée dans c s régions ; on s’étonnera d’apprendre que le trafic français enlre la capitale Brazzaville et la mer, est obligé d’emprunter un petit railway belge à voie de 0,60 qui a depuis longtemps déjà atteint sa limite maxima de transport.
- Notre mouvement commercial passe sous les fourches caudines des douanes et tarifs belges qui l’entravent en ce sens que la priorité de chargement leur est réservée.
- Les nombreuses missions envoyées là-bas en reconnaissance ont conclu invariablement à la possibilité d’établir une voie ferrée très économiquement sur notre territoire, mais actuellement, nous
- général Lyautey a été qu’un chantier de travaux public vaut un bataillon.
- Le Sénégal possède routes, chemins de fer et voie navigable.
- La Guinée a construit 587 km de raihvays.
- Qu’a-t-on fait au Congo français, alors que les Belges ont si bien su tirer parti du leur? Depuis 1842 qu’il est notre propriété, on l'a laissé en friche. Les gouverneurs n’y font que passer sans avoir le temps de le connaître et d’établir un programme, si bien que les grandes voies fluviales, barrées de cataractes et de rapides ne peuvent être utilisées sans danger, comme voies navigables.
- Il n’y a aucune route; il n’y a pas de chemin de fer. Le peu qui a été fait (Decauville des
- perdons un temps précieux à discuter sur l’opportunité de tel ou tel tracé!
- De puissantes sociétés offrent leurs capitaux au Ministère des Colonies attendant que la concession de ces railways leur soit accordée. Toutes ces tergiversations ont fait que notre Congo si riche en produits de toutes sortes, est resté inexploité. Nous donnera-t-on demain, après cela, un mandât complet sur le Togo et sur le Cameroun ! Si nous y obtenons un jour des coudées franches, pourra-t-on y faire moins que les Allemands qui y ont déjà construit 180 km de chemins de fer?
- Il suffit pour se rendre compte des richesses du Congo, de parcourir une brochure à ce sujet, il est couvert de riches forêts vierges. Le caoutchouc,
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- l’ivoire, la coprah, le cacao en sont les principales ressources naturelles. Dans ces conditions, pourquoi a-t-on fait du Congo la « Cendrillon » de nos colonies ? Nous y avons supprimé l’esclavage, la traite des noirs et le portage. Le pays manque de main-d’œuvre, donnons-lui un outillage économique pour pallier à cette pénurie de travailleurs.
- Il lui faut des chemins de fer et pour les exploiter économiquement, puisqu’il n’y a pas de mines de charbon, ni de pétrole, il faut électrifier les futurs railways en utilisant ses ressources naturelles
- Brazzaville et la frontière Sud-Cameroun d’autre part, un ancien plateau dégradé par les eaux s’élève doucement d’est en ouest et finit brusquement en gradin à 200 m., au-dessus des plaines de l’Ivindo, de l’Ogooué, du Niari. Sol de grès et de sable peu fertile, condamné à devenir par le déboisement des sommets d’une absolue aridité.
- Au sud-est s’étendent des plaines mamelonnées à sous-sol calcaire, limitées par les plissements cristallins du Mayombé et de la Iiaute-Louessé. »
- La résistance inégale de ces couches a facilité la
- Fig. 3. — Une cascade aux mines de Ko ton go.
- en houille blanche et en équipant ses nombreuses chutes d’eau.
- Pour comprendre la formation des cataractes, chutes et rapides qui existent en grande quantité, il suffit de connaître l’esquisse géologique qu’en a faite le capitaine Jourdy. « Au nord-est de la colonie, les plaines de l’Oubangui inférieur s’ouvrant à Mongoumba s’étalent à 200 km du fleuve jusqu’au pied des hauteurs d’Oubangui-Chari et du Cameroun, près du Congo jusqu’au coude de Bolobo; elles forment un marais démesuré où s’accumulent les masses d’eau des deux fleuves, de la Sangha, des deux Likoualas et du lac Toumba. .
- Sol d’alluvions argileuses, à demi noyées par chaque inondation, favorable à la forêt massive et riche.
- Au centre, entre le cours du Congo et le 12e méridien (frontière gabonaise), d’une part, entre
- formation des bassins aux larges fleuves, qui, en se déversant, n’ont pu à chaque cascade dégrader les dures assises métamorphiques et les gradins ; les terrasses se sont dessinées suivant les plateformes.
- C’est ainsi que les rapides de Mapoko (confluent de l’Ogooué et du Lécabo et ceux de Liboumbi, à l’ouest de Franceville) se trouvent sur des schistes ampéliteux non métamorphiques.
- Entre la première chute de Léopold ville et Manyanga le fleuve descend de 150 m. à l’est de Lcopoldville, il n’est plus qu’à 20 m. au-dessus du seuil de Mossaka, à 27 m. au-dessus du seuil de Mpouïa Tchombiri, à 34 m. au-dessus de celui de Mossaka;Loukoléla et à 140 m. au-dessus du seui à Stanley-ville distant de 1500 km.
- Le dérochement de ces seuils coûterait des sommes considérables sans qu’on soit assuré d’améliorer suffisamment la navigabilité des cours d’eau con-
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- golais; il est préférable, à notre avis, de conserver les chutes naturelles pour en utiliser l’énergie cinétique.
- Cette force serait appliquée aux transports ferroviaires, à l’exploitation des grandes forêts, à l’extraction et au traitement des riches minerais de son sous-sol, pour ne citer que les principales applications possibles.
- Qui n’a entendu parler du Chaudron ? Quand ce ne serait qu’au point de vue curiosité touristique? Le Chaudron, en aval de Matadi, est un des sites les plus grandioses que l’on puisse contempler. « Là, le Congo, dit M. Rondet-Saint, étranglé entre deux hautes collines que sépare un étroit goulet de 500 à 400 m., précipite dans un courant de foudre le tourbillon de ses eaux dont la nappe vient s’arrêter à angle droit au pied de gigantesques falaises rouges. Et pour comprendre la puissance de ces Ilots, il faut avoir parcouru les étendues sans limites du Haut, où sont ces centaines de bras, ee§ immenses étangs aux rives incertaines, ces eaux dont la vitesse normale est celle des crues de nos fleuves.
- On se demande alors par l’effet de quelle puissance cette masse peut s’écouler par cet étranglement, dont les fonds, insondables d’après certaines opinions, atteignent selon d’autres de 150 à 500 m. »
- Nous pensons que cette réserve incommensurable de force sera utilisée un jour tout comme le sont en partie les grandes chutes du Niagara.
- A part ce grand déversoir des eaux du plateau dont j’ai parlé plus haut, à propos de l’aspect géologique du bassin du Congo, il serait très facile
- d’aménager un canal d’amenée et une usine hydroélectrique très puissante sur les bords de cette lame déversante, suivant les petites failles rocheuses qu’on y rencontre.
- Les,rapides, facilement accessibles de Brazzaville, au point où commence la chute de 500 m. de hauteur vers Matadi, sont également un des spectacles naturels des plus impressionnants, cela est sauvage, formidable et écrasant.
- Il y a quelques années, M. Thys, fils du colonel fondateur du railway Matadi-Léopoldville, a fait quelques études sur certains points de la rive gauche en vue d’ultérieures applications hydroélectriques.
- Citons encore la région de Foulacari au-dessus de M’Bokou sur la rive française qui comprend des chutes dont les rares personnes qui les ont contemplées attestent la beauté et la facilité de leur captage.
- Le Pool, cet immense réservoir où le fleuve, ponctué d’îles, atteint 42 km de large, se détendant en quelque sorte avant de se précipiter dans les rapides, constitue une réserve d’eau, même à l’étiage, dont il est excessivement difficile de jauger le débit.
- Le Bangui, l’Oubangui, l'Ogooué, le Lufu sont également riches en énergie cinétique et si l’on a dit, en parlant du Congo, à propos de ses immenses et riches forêts équatoriales, qu’il possédait une mine de l'air, nous pouvons dire qu’il possède aussi pour exploiter celle-ci une véritable mine de Veau.
- Les problèmes du papier, du caoutchouc, des bois précieux, des produits ligneux seront résolus avec l’emploi de la houille blanche.
- Fig. 5. — Le chemin de fer belge de Matadi à Kinchassa.
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- 300 ....LE BLEU DU CIEL ET LES PROPRIÉTÉS OPTIQUES DE L'AIR *
- Puisque donc nous avons commis le péché de paresse vis-à-vis du Congo, dont le champ est d’une fertilité presque déconcertante, puisque cette négligence inconcevable nous a conduits à un désintéressement coupable d’une région aussi favorisée de la nature et que les Allemands eux, n’ont point méconnue, réparons notre erreur et d’un coup faisons entrer le Congo dans une période de grand rendement en l’organisant à la moderne, en y créant des industries à l’aide de la force motrice que nous donnera la baguette magique de la fée Electricité.
- Voilà la vérité qu’il faut comprendre : à côté de l’énergie hydraulique de cette « mine de l’eau » il y a les richesses forestières et les richesses minières dont quelques-unes sont déjà en exploitation. Ne méconnaissons point cette heureuse coïncidence.
- Au sujet de nos fleuves de France, qui feraient figure de petits ruisseaux près du seul fleuve Congo,
- on a parlé de 9 000 000 HP à exploiter pour notre industrie, l’estimation de la force en chevaux-vapeur disponible au Congo sera longue et difficile à établir, elle semble incommensurable.
- Puisque la grande guerre nous a ouvert les yeux et que nous voyons grand désormais (toutes les Revues ont en effet parlé du Transafricain), il n’est pas défendu d’envisager l’électrification de cette grande voie ferrée qui doit, en traversant l’Afrique du nord au sud, drainer ses richesses vers notre pays appauvri en matières premières.
- L’Afrique, qui affecte d’ailleurs à peu près la forme d’un cœur, enverra par cette artère électrifiée un sang nouveau à notre métropole anémiée, et les pulsations de ce cœur gigantesque seront produites par les turbines hydrauliques puissantes et les dynamos monstres installées près des rapides et des cataractes du Congo. Henri Catherine.
- LE BLEU DU CIEL ET LES PROPRIÉTÉS OPTIQUES DE L’AIR
- La constitution de l’atmosphère et l’explication rationnelle des phénomènes optiques qu’elle présente a toujours vivement retenu l’attention de tous les chercheurs. Les halos, avec leur régularité géométrique, les aurores boréales dont l’éclat si doux est visible parfois dans nos contrées, la pourpre du couchant, le fameux « rayon vert », toutes ces manifestations de l’atmosphère ont donné lieu à de nombreux mémoires, à de savantes théories, à des discussions parfois très vives.
- Nous ne chercherons pas, dans cet article, à donner un aperçu de ces théories, nous nous contenterons, en analysant une conférence de Lord Rayleigh, fils de l’illustre savant, de donner un résumé de ce que nous savons sur l’origine du bleu du ciel, et les renseignements qu’il nous permet d’obtenir sur la composition chimique de la plus haute zone de l’atmosphère, celle au delà de laquelle commence le vide interplanétaire.
- Lord Rayleigh commence par rappeler une expérience très simple et qui, pendant longtemps, a semblé fournir l’explication du bleu du ciel. Si l’on concentre un fort rayon lumineux sur une cuve de verre contenant une solution diluée d’hyposulfite de soude, si on ajoute une petite quantité d’acide, la solution précipite lentement des particules de soufre extrêmement ténues. Aussitôt, la lumière est diffusée, c’est-à-dire renvoyée dans toutes les directions et prend une belle teinte bleue. Quant à la lumière transmise directement, comme elle est ainsi privée d’une partie de ses composants, au lieu de rester blanche, elle devient jaune.
- On peut comparer la lumière diffusée à la lumière céleste, et la lumière jaune transmise à la lumière directe du soleil traversant une grande masse d’air.
- Quand la précipitation du soufre se poursuit, la lumière transmise vise à l’orangé et parfois au rouge, mais la lumière diffusée par les particules plus grosses es! d’un bleu moins pur.
- Pour l’interprétation de la couleur du ciel, il nous suffit de nous limiter au premier stade du phénomène, lorsque les particules de soufre ont des dimensions petites par rapport à la longueur d’onde lumineuse.
- Une propriété importante de la lumière diffusée est
- sa polarisation, que l’on vérifie facilement avec un prisme de Nicol. Comme le phénomène existe aussi bien pour la lumière du ciel que pour la lumière bleue diffusée par les parlicules de soufre, on avait conclu à l’idenlité et attribué la coloration du ciel à la diffusion par de pelites parlicules en suspension dans l’atmosphère .
- Signalons aussi que, pour d’autres savants, comme il existe de l’ozone dans l’atmosphère, et que ce gaz est bleu sous grande épaisseur, par absorption de radiation, c’est à sa présence qu’il faut rapporter la coloration du ciel.
- Une question se pose immédialement à l’esprit : de quelle nature sont les particules qui diffusent la lumière solaire? Dès l’origine de la théorie physique de ce phénomène (1871), lord Rayleigh admit l’hypothèse de l’existence des matières particulaires étrangères à l’air. Mais une étude plus approfondie de la question l’amena à conclure en 189D que ce sont les molécules d’oxygène et d’azote elles-mêmes qui agissent, vis-à-vis de la lumière, comme les petites masses particulaires de poussière dans l’expérience, et que ce sont elles qui provoquent la diffusion latérale delà lumière; les calculs théoriques conduisent d’ailleurs à des résultats mécaniques de l’ordre de ceux observés evpérimentalement. Si les expériences de Tyndall ont montré nettement que les particules de poussière rendent visible un rayon lumineux examiné latéralement, lord Rayleigh a pu observer photographiquement, en opérant avec de l’air rigoureusement exempt de poussière, qu’un rayon lumineux dont le trajet s’effectue dans une enceinte réali-, santun « corps noir » donne encore une diffusion latérale et que cette lumière est bien polarisée. D’ailleurs, les résultats varient en intensité suivant la nature des gaz traversés, et ce résultat s’interprète facilement, de même que les divergences trouvées avec les valeurs numériques calculées, par la forme différente des molécules que l’on considère en première approximation, comme sphériques, ce qui est inexact, ainsi que de nombreuses expériences l’ont montré.
- Nous venons de parler de la polarisation de la lumière
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- r CHRONIQUE -... ' ..... - 301
- diurne du ciel. Quels phénomènes observe-t-on la nuit? On peut penser que le ciel est obscur la nuit, et par suite que la question n’a pas de sens. Cependant, on distingue la silhouette noire des corps sur le fond plus clair de l’horizon, ce qui prouve qu’il y a bien une luminosité nocturne, si faible soit-elle. Lord Rayleigh a pu photographier, en se servant d’un polariscope de Savart fonctionnant la nuit, les bandes que donne l’appareil. Mais elles ont une intensité beaucoup plus faible que celle à laquelle on pourrait s’attendre. De plus on les observe môme lorsque l’appareil est orienté vers le pôle, ce qui semble indiquer, ainsi que d’autres observations, que la lumière nocturne n’est pas due à la diffusion par une atmosphère extrêmement raréfiée et située en dehors du cône d’ombre de la terre.
- Bien que la présence de l’ozone ne puisse être invoquée pour expliquer la couleur bleue du ciel, sa présence se traduit par des phénomènes intéressants dont nous allons dire maintenant quelques mots.
- On sait que lorsqu’on forme le spectre de la lumière solaire à l’aide d’un prisme de quartz, on constate l’existence d’une zone ultra-violette très considérable, mais beaucoup moins étendue que celle que donne un arc au fer par exemple. Ce n’est pas que le soleil n’émette pas des rayons ultra-violets dans celte région du spectre, mais l’atmosphère les absorbe avant qu’ils n’arrivent à la surface de la terre.
- On doit attribuera l’ozone cette puissance d’absorption de l’air, car ni l’oxygène, ni l’azote, ni l’acide carbonique n’écartent les rayons' ultra-violets dont on constate
- l’absence "dans le spectre solaire. Une expérience très simple le montre d’une façon très nette : ayant produit un spectre ultra-violet complet à l’aide d’un arc au fer, la lumière avant de tomber sur le prisme de quartz traversant un long tube rempli d’air, si on envoie dans ce tube de l’air ozonisé, à une teneur en ozone bien inférieure à celle qui donnerait une coloration bleue, on constate qu’immédiatement la région ultra-violette se trouve réduite, et que les radiations qui passent ayant la plus petite longueur d’onde sont exactement les radiations ultimes que donne le spectre solaire (2900 mètres Angstrôm).
- Nous arrivons donc à la conclusion que l’absence de radiations des courtes longueurs d’onde, dans le spectre solaire ou dans celui des étoiles, est due à l’absorption par l’ozone atmosphérique. Or les expériences spectroscopiques les plus précises n’ont pas montré cette absorption par l’air dans lequel nous vivons. Par suite, la couche d’ozone doit être située dans les plus hautes régions de l’atmosphère. Bien que nous ne puissions espérer l’atteindre et la déceler d’une façon tangible, nous sommes assurés de son existence parles nombreuses preuves que fournit la spectroscopie. La terre est donc entourée par une couche très haute, renfermant des quantités appréciables d’ozone. Son rôle véritablement providentiel, est de nous protéger contre les radiations ultra-violettes, dont les actions sur les êtres vivants sont telles que, sans elles, la vie serait impossible sur notre planète !
- II. Vigneron.
- CHRONIQUE
- Les fils d’Ariane pour la navigation. — Nous avons déjà signalé un nouveau procédé de navigation qui permet aux navires, dans des passes difficiles, par exemple au milieu d’un champ de mines, de suivre automatiquement un chemin précis marqué par un câble immergé.
- Pendant la guerre, la plupart des pays belligérants : Allemagne, Angleterre, États-Unis, France ont expérimenté des dispositifs reposant sur ce principe. Nous ne sommes pas en mesure de rechercher ici lequel des inventeurs a le mérite de la priorité. Mais nous devons signaler qu’en France, un jeune savant, M. Loth, s’est consacré dès le début de la guerre à l’étude et à la réalisation de cette méthode et cela, avec le plus grand succès. M. Loth vient d’exposer, dans une Note à l’Académie des Sciences, le principe de sa méthode et les résultats obtenus.
- Nous la publions ci-dessous in exlenso.
- « 1. C’est dans le but d’affranchir les bâtiments de guerre et de commerce des dangers que présente leur entrée dans nos ports du Nord et de l’Océan, qu’à la suite de recherches de laboratoire, en '1914 et 1915, et après des expériences nombreuses et concluantes en rade de Brest, de juillet à septembre 1919, j’ai demandé et obtenu du Ministre de la Marine, que l’on poursuive des expériences sur une grande échelle au large de Brest, pour l’étude complète et l’emploi pratique d’un nouveau procédé. Ces expériences ont été faites sous la direction du capitaine de vaisseau Audouard et du capitaine de frégate Floch dont la conslante collaboration m’a été des plus précieuses. C’est ainsi que l’on a pu résoudre cet important problème des dispositions pra-
- tiques à prendre, de part et d’autre, pour permettre à tout navire d’entrer dans nos ports, dans le cas même où il ne trouverait pas, en s’y présentant, les moyens habituels de repérage de ses routes, nécessaires pour franchir les passes en sécurité. Ces dispositions comportent "naturellement, pour le cas do guerre, des modifications tenues secrètes, qui empêchent l’ennemi de les utiliser.
- 2. Cette solution repose sur les dispositions suivantes : immerger sur le fond du chenal à suivre pour gagner les ports, un câble armé parcouru par un courant alternatif à fréquence musicale, de 2,5 ampères seulement. Ce courant crée dans l’espace environnant un champ magnétique de même période, dont les lignes de force, complexes, mais nettement définies après de laborieuses recherches et de nombreuses expériences, soit en mer, soit en rade, sont dans des plans perpendiculaires au câble inducteur.
- Les installations à bord comprennent deux cadres verticaux en bois, de 2 m. 50 x 1 m., récepteurs des courants induits par le champ magnétique du câble. Chacun de ces cadres est à deux enroulements : le premier [T (60 spires), t (10 spires)] orienté transversalement au plan longitudinal du navire et le second [L (60 spires) et l (10 spires)] orienté suivant le plan longitudinal. Des communications téléphoniques, entre ces cadres et le poste d’écoute sur la passerelle, permettent d’y percevoir, à plus de 2000 m., les sons musicaux provenant des courants induits dans ces cadres par le champ magnétique variable du câble-guide. Les courants amplifiés (avec accord ou non) sont reçus par des téléphones (accordés ou non). Quand le navire se rapproche
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- du câble-guidè perpendiculairement à lui, les réceptions de T et t augmentent, celles de L et / restent insensibles. L’inverse a lieu pour une direction du navire parallèle au câble. Enfin, deux cadres horizontaux (2 m. 50 X 1 m.), l’un à tribord, l’autre à bâbord, aussi écartés et élevés que possible, reçoivent les courants induits et donnent, à l’écoute, des sons musicaux perceptibles à 600 m., étant donnée la forme du champ. Le plus rapproché du câble-guide ayant une réception plus intense, on distingue très nettement de quel côté de ce câble se tient le navire, lorsqu’il court parallèlement à lui.
- 3. Cette description, nécessairement sommaire, fait comprendre comment un navire arrivant du large et partant de son point estimé, corrigé par la sonde ou autrement, peut trouver la partie la plus en dehors du câble-guide. Pour cela, il court d’abord perpendiculairement à la direction de ce câble tracée sur la carte, en écoutant sur T, et une fois le contact pris sur t, il lui suffit de tourner de 90° vers le port pour suivre le câble à bonne distance de sécurité, parallèlement à sa direction, en s’en maintenant (à écoute constante) sur l, de manière à garder toujours la droite du câble, en laissant ainsi l’autre côté libre pour les navires suivant la route opposée.
- 4. Sur les sous-marins le dispositif peut être plus rudimentaire encore.
- 5. D’après des expériences récentes, dirigeables et hydravions pourraient suivre dans des conditions analogues un câble-guide immergé, d’un port à un autre. Les portées de réception à 200 m. d’altitude donnant une zone d’écoute de 5200 m. de large.
- 6. Des routes aériennes semblables (analogues à une ligne télégraphique) pourraient être suivies par les dirigeables et les avions, sans aucune visibilité. On a reconnu qu’avec un ballon à 600 m. d’altitude, on a une zone d’écoute de 10 km de large.
- 7. Avec ce procédé, une seule personne non spécialisée suffit à la conduite d’un bâtiment quelconque. La preuve en a été faite à Brest sur une canonnière de 400 tonneaux, La Belliqueuse, sous les yeux du Ministre de la Marine, et sur La Gloire, cuirassé de 10000 t.
- L’installation du port de Brest va être entreprise. Son câble-guide aura 80 km de long e! couvrira tous les dangers d'Ouessant et des Pierres Moircsj son extrémité allant jusque dans les fonds de 100 m. où il donne l’entrée en Manche.
- Des installations semblables sont envisagées pour d’autres ports. »
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- La réception sur cadre en télégraphie sans fil est à l’ordre du jour pour le§ amateurs.
- Qu’y a-t-il de plus simple, en effet, que de bobiner quelques fils de cuivre sur un cadre de bois pour se dispenser ainsi de l’établissement dispendieux et souvent impossible d’une antenne aérienne? Mais si le cadre ainsi agencé ne vaut pas toujours l’antenne proprement dite, il possède des propriétés spéciales qu’il est bon de préciser.
- Tout d’abord, notons qu’il y a deux sortes de cadres, l’un formé de 4 planches ajustées et renforcées, à plat, pour former un carré, sur la surface desquelles est fixée une seule spire de fil de cuivre en hélice, de la périphérie vers le centre, et l’autre, formé de 4 planches ajustées comme les parois d’une caisse, le fil étant disposé sur celles-ci en spires égales et successives dont le nombre dépend de la largeur de ces planches, qui est généralement de 10 centimètres. C’est de cette dernière forme qu’il sera question dans cet article. On s’est servi uniquement de ces cadres jusqu’icipour capter au mieux les ondes herziennes émanées des postes de T. S. F. en fonction qui se trouvent dans le plan d’une de ses spires, les autres postes situés en dehors de ce plan s’entendant d’autant plus faiblement qu’ils s’en éloignent, jusqu’à ne plus s’entendre du tout lorsqu’ils sont placés dans le plan perpendiculaire à cette direction.
- C’est celte propriété d’ailleurs qui permet de situer un poste émetteur avec précision puisque sa direction par rapport au cadre est donnée par la position de celui-ci où le poste s’entend le mieux (ou plus exactement en pratique, par la position perpendiculaire à celle du plan où on ne l’entend plus) et puisque sa distance peut se déduire par une
- triangulation combinée par la recherche de direction faite au même moment mathématique par plusieurs observateurs très distants et en des directions très différentes.
- On sait que les services que ce procédé a rendus pendant la guerre ont été considérables.
- Cette propriété du cadre orienté est fort naturelle et il fallait s’y attendre, car ce cadre-circuit ne constitue-t-il pas le secondaire d’induction d’une sorte d’accouplement Tesla, dont le primaire, oscillant et inducteur, serait représenté par le champ électromagnétique provoqué par le passage des ondes herziennes des postes radiotélégraphiques en fonction ?
- Or, suivant les lois de l’induction nous savons que des fils porteurs de courant induisent au maximum dans leur champ les fils qui leur sont parallèles, tandis qu’ils n’ont aucune action inductrice sur ceux qui les croisent à angle droit; de même notre cadre, avec pas plus d’antenne que de fil de terre que n’en a le secondaire d’un Tesla, recevra du champ électromagnétique ambiant les courants d’induction que celui-ci provoquera avec toutes les fluctuations de leur déformation dues aux signaux de nature convenue et les recevra au maximum d’intensité quand les spires de ce cadre seront dans le plan de direction et avec un minimum = 0 lorsque le cadre sera posé en travers de cette direction.
- C’est ainsi d’ailleurs que j’ai signalé le 24 janvier 1914 dans La.Nature qu’il suffisait dans la région de Paris, pour entendre la tour Eiffel sans antenne ni fil de terre, d’enrouler un fil de cuivre isolé sur un tuyau de carton orienté dans ces conditions et de relier les extrémités de ce fil à un détecteur électrolytique et à un condensateur variable.
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- Depuis cette époque des progrès considérables ont été faits, non seulement par la substitution à ce minuscule solénoïde de grands cadres comprenant quelques centaines de mètres de fil, mais encore et surtout par l’adjonction à celui-ci d’appareils détecteurs et amplificateurs nouveaux d’une telle sensibilité et d’une telle puissance de détection qu’ils permettent dans les mêmes conditions d’entendre sans antenne aucune, non seulement la voisine tour Eiffel, mais la plupart des grands postes européens.
- Beaucoup d’amateurs n’ont pas manqué de se procurer ce nouveau matériel qui leur permet de recevoir tant de radios variés sans installation extérieure et je les vois maniant leur cadre pour scruter l’horizon, s’aidant même d’une carte géographique pour la recherche de la meilleure orientation et de crainte aussi de se mettre à l’écoute dans la position qui pour certain poste intéressant pourrait correspondre à un silence ; je les vois aussi appliquant les principes recommandés en radiogoniométrie, éloignant leur cadre de 5 ou 4 mètres des amplificateurs des lignes téléphoniques et des masses métalliques, etc.
- Mais à quoi bon toutes ces minuties ! Elles sont inutiles pour celui qui n’étant pas radiogoniomé-treur professionnel veut tout simplement et avec la moindre peine entendre le plus de postes possible. Une seule position du cadre pour lui est mauvaise, la position verticale puisque c’est précisément celle où il est sûr, en interrogeant l’horizon qu’il ne connaît pas, de toujours condamner au silence les postes qui sont en son travers, sans compter que l’audition des postes voisins de ces postes muets en sera considérablement affaiblie.
- Or, il y a une position du cadre qui résout au mieux toutes ces questions à la fois, c’est la position horizontale.
- Le champ électromagnétique produit par les pistes émetteurs agit évidemment sur le circuit-cadre en quelque position qu’il soit, la raison d’être du choix de la position verticale étant tout simplement dans les services qu’elle rend pour la recherche d’un poste déterminé. Quant à la position horizontale elle a pour avantage indéniable de permettre l’audition de tous les postes que le cadre d’orientation aurait trouvés à l’horizon sans extinction aucune et avec tout autant d’intensité comme on peut s'en rendre compte, téléphone à l’oreille et en faisant prendre successivement à un cadre les positions verticale et horizontale.
- L’opérateur n’a donc pas plus à s’en occuper que s’il avait une antenne sur son toit.
- De plus j’ai remarqué qu’au lieu d’éloigner le cadre de l’amplificateur comme il est recommandé, c’est dans la position où celui-ci est coiffé en quelque sorte (c’est-à-dire le cadre entourant le poste détecteur-condensateur horizontalement) qu’il donne le meilleur résultat.
- Enfin on a toujours recommandé de ne pas
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- exagérer le nombre de spires sur un cadre, la faculté précieuse due à son orientation en étant considérablement diminuée ; mais,dans la position horizontale, que l’on se garde bien de pratiquer cette restriction, que les amateurs au contraire se réjouissent de pouvoir passer outre en y accumulant tout ce qu’ils peuvent réunir de fils afin d’enrichir leur cadre et de pouvoir ainsi scruter toujours plus loin.
- Qu’il suffise d^ailleurs d’apprendre qu’après avoir essayé dans la position horizontale un cadre de commerce de 1 mètre de côté, de 10 centimètres d’épaisseur et comportant 50 spires, qui me permettait déjà d’entendre des postes anglais, allemands et la tour Eiffel avec une grande intensité, j’ai, avec le fil bon marché dit « de bobinage », improvisé un cadre contenant 150 spires qui ajouté au premier me permet d’entendre simultanément un nombre considérable et impressionnant de postes lointains duos et trios de toutes voix depuis le fifre jusqu’au basson pour les ondes entretenues et depuis le mirliton jusqu’à la trompette (souvent enrouée) pour les ondes amorties.
- Et je me demande, après ce résultat rudimentaire, ce que pourrait donner une antenne réceptrice de grande taille formée d’un plus grand nombre de cadres superposés — ou une tour de spires jointives et sectionnées par groupes. —- C’est aux constructeurs de répondre si cette antenne nouvelle en circuit fermé, qui dispense de toute installation extérieure, aurait des avantages spéciaux sur l’antenne proprement dite (*).
- Voici le poste le plus simple, à un seul cadre, et isolé dans une cour, que j’ai photographié pendant que l’un des téléphones, avec renforçateur Bréguet et simplement muni d'un porte-voix, chantait si fort le météo français qu’on l’entendait, portes fermées, dans la maison voisine et dans toutes, les parties du jardin (distance de Paris, 220 kilomètres).
- Il est composé : 1° du cadre en question de 1 m. de côté, et de 10 centimètres d’épaisseur logé dans sa caisse d’emballage, qui bien close et clouée est posée sur une table.
- Un compartiment du dessous de cette table loge un accu de 60 ampères-heure et de 4 volts destiné au courant de chauffage des audions et le tiroir contient une batterie de 40 volts à débit infime formée par une douzaine de piles de lampes de poche agencées en tension pour le courant plaque-grille des mêmes lampes.
- 2° Un détecteur-hétérodyne à résistances et à haute fréquence comportant : 5 lampes à 5 électrodes dont une sert de détecteur et les 2 autres d’amplificateurs, le téléphone à grande résistance, et, sur le circuit plaque-téléphone, un accouplement de 2 bobines plates agissant l’une sur l’autre par induction et servant à l’amorçage gra-
- 1. Je dis a antenne nouvelle ». Ne faudrait-il pas pour ce circuit-cadre secondaire qui devient anlennc à son tour lui donner un nom spécial qui rappelle sou origine pour bien la distinguer de l’autre, indantenne, par exemple ?
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- duel des'oscillations locales nécessaiies à la réception des ondes entretenues; c’est à cet appareil aussi que s’attachent les fds du cadre placé en dessous.
- 5° En dérivation également sur ces fils, une boîte de condensateurs variables, judicieusement gradués par un premier cadran dont l’aiguille peut manœuvrer sur des plots qui correspondent à l’accord sur des ondes de plus en plus longues et un second cadran en relation avec un condensateur à air dont on fait manœuvrer l’aiguille pour chacun des : plots du premier cadran.
- . Cet appareil donne un résultat si parfait que la manœuvrede cette, dernière aiguille d’un seul degré de cercle peut suffire pour passer de l’audition d’un poste que l’on écoute à un autre, en éteignant le précédent, lorsque l’on reçoit des ondes entretenues.
- Inutile d’ajouter, je pense, que le tout faisant corps avec la table essentie llement mobile et sans aucun lien avec la terre ou une antenne on peut transporter celle-ci où que ce soit ; cave, grenier, cour, jardin, et en plein fonctionn ement sans que celui-ci cesse ou diminue d’intensité. Il ne reste plus, pour quece s oit porfait, qu’à trouver le moyen de se passer du fastidieux accu de chauffage par l’emploi de lampes spéciales, dont on parle déjà d’ailleurs.
- Quant aux amateurs qui seraient désireux de doubler, quintupler/décupler la puissance de leur cadre, je leur recommande de ne pas sélectionner de ce grand cadre un groupe de spires, comme on le fait avec des plots ou des curseurs sur les bobines d’accord; il est indispensable aucontraire quechaquc groupe de spires à sélectionner soit parfaitement coupé du reste et que l’on puisse à volonté ne présenter à l’appareil détecteur que 5 spires, 10 spires, 20 spires, 50 spires, etc., sans que pour cela les
- aulivs soient en communication métallique avec l’un des deux fils de prise. On se souviendra aussi que moins on aura à introduire de spires dans le circuit de l’appareil récepteur (pour capter les ondes courtes par exemple), plus il conviendra que les spires sur le cadre soient éloignons les unes des autres.
- À l’amateur aimi magiquement équipé pour entendre à sa guise tout ce qui se dit sur les grandes antennes du monde, il ne reste plus qu’à
- souhaiter qu’il le comprenne de mieux en mieux, car combien encore il y a d’illettrés — au son ! — Mais il y a aussi un bon Dieu pour ceux-ci et pour le paresseux sous la forme du phonographe ins-cripteur et surtout du télegraphonede Poulsen dont j’ai fait mention autrefois (Q qui écrit gentiment, à sa façon magnétique sur un plateau d’acier, les variations du courant téléphonique de l’écouteur que l’on renforce par le procédé Bréguet si elles sont trop faibles.
- Cette écriture est facile à effacer au moyen d’un aimant et si l’appareil à disques n’est pas assez grand de disques pour enregistrer de longues dépêches, au moins peut-il servir à transcrire les indicatifs des postes en fonction avec le début de la dépêche, ce qui, en somme, est le plus friand pour l’aman teur.
- Après en avoir fait l’inscription avec la plus grande vitesse de l’appareil, on l’entendra avec une vitesse moindre et le répétera à loisir jusqu’à ce que les signaux soient déchiffrés.
- P. Dosne.
- 1. Comptes rendus de iAcadémie des Sciences, 1G lévrier 1914. Enregistrement des radiolélégrammes au moyen du télégraphone de Poulsen par P. Dosne.
- La table antenne.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie IiAiiuke. roc de Flcunis, 9, à Tans.
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- LA NATURE. — N° 2432.
- 13 NOVEMBRE 1920
- L’OPTOPHONE
- L’optophone, conçu par le Dr E.-E. Fournier d’Albe, le savant anglais bien connu, est certainement, des appareils qui ont vu le jour depuis quelques années, l’un y. ^ ,« des plus curieux et des plus auda- 7,-cieux ; il a pour l’objet de transformer des images ordinaires en motifs musicaux caractéristiques, permettant de reconnaître, à l’ouïe, les images observées ; le but de l’inventeur a été de rendre lisibles auditivement, par les aveugles, des textes d’imprimerie, en caractères typographiques usuels, sans préparation spéciale de ces textes.
- Jusqu’à présent, le seul moyen qui permette aux aveugles de lire un texte consiste àTimprimer en relief, suivant les alphabets Braille et Moon, de façon qu’il puisse être déchiffré au toucher. Cette méthode présente le grand inconvénient d’exiger des documents spéciaux, encombrants et coûteux, de telle sorte que la littérature accessible aux aveugles est demeurée peu considérable. La lecture au toucher est d’ailleurs relativement difficile ; elle exige un apprentissage assez long; elle n’est possible qu’avec des caractères d’une certaine dimension; enfin, elle est lente.
- Al. Fournier d’Albe a voulu éliminer ces points faibles des procédés Braille et Moon et établir, comme nous le disons plus haut, une méthode qui permît de lire des textes à peu près quelconques. Avec son optophone, l’aveugle lit des documents d’imprimerie ordinaires : livres, publications, journaux; il ne les lit pas au toucher, mais à l’ouïe, système qui se prête mieux à une lecture rapide.
- Il faut, nécessairement, qu’il apprenne à reconnaître les motifs musicaux correspondant aux ditfé-
- ï'ig. 2. — Détails du mécanisme.
- 48* Année — 2* Semestre.
- Fig. i. —L’optoplione du Dr Fournier d’Albe.
- rentes lettres, mais cet apprentissage est généralement assez facile et court.
- Les propriétés et les applications du sélénium, particulièrement dans la transmission des images, sont suffisamment connues aujourd’hui pour que, tout de suite, le lecteur ait deviné que ce corps est l’élément auquel le Dr Fournier d’Albe fait appel pour transformer les signes d’imprimerie en sons ou combinaisons de sons convenables. On sait que le sélénium possède à un haut degré, dans l’une des formes (la variété cristalline grise) sous lesquelles il se présente, la propriété particulière de varier de résistance électrique selon le degré d’éclairement auquel il est soumis. Si l’on intercale un élément de sélénium dans un circuit électrique contenant une source appropriée, ainsi qu’un appareil de mesure ou tout autre dispositif détecteur, on constate que le courant débité par la source dans le circuit varie, plus ou moins considérablement, avec la quantité de lumière qui frappe le sélénium.
- Dans les procédés de la transmission électrique des images — téléphotographie et télévision — les variations d’intensité produites par les variations de résistance du sélénium sous 1’inlluence des variations d’éclairement de l’image, sont reçues et traduites par un système galvano-métrique ou un aulre dispositif du même genre; mais on peut tout aussi bien les faire agir sur un récepteur téléphonique ; la plaque de 20. — 305.
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- L’OPTOPHONE
- cet instrument exécute alors des mouvements traduisant les blancs, les noirs, etc., de l’image en bruits perceptibles à l’oreille.
- Constituons, par exemple, un « pont à sélénium», en disposant, sur une plaque de porcelaine, deux barres de graphite et en plaçant entre celles-ci un élément photo-électrique de sélénium. Dirigeons sur l’élément un faisceau de lumière et, ayant relié l’élément à un écouteur, par l’intermédiaire d’une pile, établissons et interceptons tour à tour le faisceau au moyen d’un écran tournant. L’écouteur rendra un son d’une hauteur correspondant au nombre d’émissions lumineuses permises par le fonctionnement de l’écran ; s’il y a 128 vibrations,
- groupe de sons bien caractéristique et, avec de la patience, nous arriverons à pouvoir dire, par l’audition des sons de récriture, quel trait de la bande passe devant le système. Tel est, réduit à sa plus simple expression, le principe de l’optophone ; nous allons voir maintenant comment ce principe est mis à exécution.
- Le système est représenté schématiquement par le croquis ci-dessous (fig. o), qui en montre deux coupes, à 90° l’une de l’autre;la page imprimée à lire est placée, la face tournée vers le bas, sur une plaque de verre surmontant l’appareil ; sous le verre est placée une tablette en porcelaine percée d’une ouverture par laquelle un faisceaü lumineux est
- <o
- Plaque de verre Pont principal
- Lentille de mise au point
- Lentille de réglage Lentille de réflexion
- Pont auxiliaire Disque tournant
- Lampe
- Moteur
- Balais du moteur
- Aimant permanent
- Plaque de verre, avec surface comprimée
- Pont principal
- Lentille de mise au point'' ''i 1 !i
- Objectif
- Lentille de réflexion
- Pont auxiliaire Disque tournant
- Diaphragme
- Lampe
- Moteur
- Fig. 3. — Coupe de l’optophone.
- nous aurons le son ut2; s’il y en a 256, le son ut3, et ainsi de suite.
- Supposons maintenant un dispositif dans lequel un pont à sélénium est soumis à un certain nombre de faisceaux lumineux, cinq par exemple, interrompus à une fréquence déterminée, différente pour les cinq faisceaux, et relié à un écouteur. Supposons, d’autre part, que, par un moyen quelconque, nous puissions intercepter complètement, à volonté, l’un ou l’autre des faisceaux intermittents agissant sous l’élément. Selon que nous laisserons passer l’un ou l’autre des faisceaux, ou plusieurs d’entre eux, le téléphone rendra un ou plusieurs sons, en concordance avec les faisceaux non arrêtés.
- Nous pouvons imaginer par exemple qu’une bande de papier se déplace perpendiculairement aux faisceaux; que cette bande porte des traits noirs de hauteur et de positions variables, de telle sorte qu’avec les uns, seul le faiseau 1 atteigne les éléments sensibles, avec d’autres, le faisceau 2, avec d’autres encore, les faisceaux 1 et 2, ou 2 et 5, ouf, 2 et 3, et ainsi de suite. Chaque fois nous obtiendrons dans le téléphone un son ou un
- dirigé, à travers le verre, sur le papier ; celte tablette porte, disposé autour de l’ouverture, le pont photo-électrique; celui-ci ne reçoit la lumière que par réflexion du papier; il est relié à un écouteur; la lumière est fournie par une petite lampe électrique à filament rectiligne, placée sous un disque tournant, opaque, percé de petits trous disposés en cinq cercles concentriques, près du bord.
- Par raison de simplicité, dans le croquis ci-dessus, la lampe est représentée comme se trouvant immédiatement dessous le disque ; en réalité, elle est combinée à un prisme et à un système de lentilles cylindriques qui en donnent une image, dans le plan du disque, radialement, à travers les trous ; le disque tourne d’un mouvement régulier et rapide, sous l’aciion d’un petit moteur magnéto-électrique, alimenté par quelques éléments d’accumulateurs ; au-dessus est placé un système optique qui reprend l’image des cinq trous éclairés et la projette sur le papier.
- Sur le papier se forment donc cinq points lumineux, soumis à des pulsations d’une fréquence
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- correspondant au nombre de trous des cercles du disque, multiplié par le nombre de tours que celui-ci exécute en une seconde; le cercle intérieur comporte 18 trous; le deuxième, 24; le troisième, 27 ; le quatrième, 50 et le cinquième, 56; lorsque le disque tourne à raison de 21 1/3 tours par seconde, ce qui est la vitesse moyenne adoptée, le premier cercle donne 584 pulsations, le deuxième 512, etc., correspondant aux sons sol, do, ré, mi, sol.
- Le système optique employé pour projeter sur le papier l’image des trous du disque est conditionné de façon que l’on puisse en modifier le coefficient de démultiplication et adapter la hauteur de l’échelle, c’est-à-dire de l’image des cinq perforations, à la hauteur des lettres à lire, et ce, sans nuire appréciablement à la concentration de la lumière; la mise au point peut d’ailleurs être parachevée à l’aide d’.une petite lenLille placée sous le pont, la ligne intérieure de trous doit concorder avec la partie inférieure des lettres d’une ligne d’impression; la ligne ex- ~ térieure, avec le sommet des mêmes lettres.
- Dans un appareil construit de la façon que nous venons de voir, les parties obscures de l'impression ont pour effet d’arrêter la lumière, tandis que les parties blanches correspondent au libre passage des rayons des cinq lignes de perforations. Avec un système de ce genre, l’écouteur fonctionne en permanence et la lecture doit se faire par l’appréciation des sons qui disparaissent au passage des noirs du papier; le travail est très laborieux. Dans les appareils actuels, on a renversé les choses et fait en sorte que les blancs correspondent au silence de l’écouteur, tandis que les noirs donnent des sons déterminés. À la lettre Y, par exemple, correspond la succession des sons, sol, mi, ré, do, ré, mi, sol; à la lettre I, les sons sol, mi, ré, do, simultanés.
- Ce mode de travail, dit « black sounding », beaucoup plus facile que l’ancien, est rendu possible par l’adjonction, au pont photo-électrique principal, d’un pont auxiliaire ou compensateur; la figure 4 montre la disposition et le montage des deux ponts; le pont de compensation est éclairé par une fraction du faisceau intermittent, rejetée de côté avant d’atteindre le papier; on Voit, par le
- schéma, que les deux ponts sont montés en parallèle, de telle façon que les courants qui passent sur chacun d’eux se neutralisent dans le circuit du téléphone, lorsqu’ils sont égaux ; on choisit la prise du courant à la batterie de façon que l’équilibre s’établisse au moment où le pont principal a, devant lui, une zone de papier entièrement blanche.
- L’appareil se complète par un ensemble d’accessoires destinés à maintenir la feuille à lire bien en contact avec le verre de support, à déplacer le système pour explorer les lignes d’un bout à l’autre, dans le sens de la largeur, et ensuiteà le faire passer d’une ligne à la suivante ; des interrupteurs permettent de couper les circuits de la lampe, des ponts, de l’écouteur, etc.
- Tous les organes sont agencés de façon à pouvoir être maniés par l’aveugle même qui se sert de l’appareil ; c’est lui aussi qui met le livre en place, règle l’appareil, etc.
- On a peine à croire, à la lecture, que ces résultats merveilleux puissent être atteints pratiquement ; ils le sont cependant, paraît-il; l’invention de BI. Fournier d’Albe n’appartient plus, en effet, au domaine de l’imagination ; elle a été concrétisée par des constructeurs et ceux-ci affirment que l’usage de l’optophone ne présente pas de difficulté particulière. « Une fois qu’il a appris l’alphabet, F aveugle reconnaît les lettres par l’ensemble des sons qu’elles donnent chacune; il arrive bientôt à lire de même, par une traduction d’ensemble, des syllabes et des mots.
- « La pratique aidant,.il en vient à reconnaître les mots aussi aisément qu’un opérateur télégraphiste interprète la succession des poiqts et des barres du code Blorse dans le travail auditif. ,
- La grande rapidité de travail qu’atteignent des centaines de télégraphistes, dans la réception à l’ouïe, permet d’espérer que l’on arrivera facilement à la même célérité de lecture au moyen de l’optophone. Déjà avec la dernière forme d’optophone construite, un lecteur aveugle a pu atteindre une vitesse de lecture de 25 mots par minute. » . .
- II. Maiïçhaxd.
- Batterie d'élements secs (80volts)
- Fig. 4. —Disposition des deux ponts.
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- LE PROBLEME DE LA TOURBE
- La question du combustible domine actuellement la vie économique de tous les pays et il n’est pas une source de calorique à laquelle on ne s’adresse pour compenser le déficit dû à la guerre, à la diminution de main-d’œuvre, et aussi à son rendement de plus en plus faible par suite des revendications dites sociales.
- Parmi les combustibles « secondaires », la tourbe est un de ceux qui retiennent l’attention.
- Combustible « secondaire », en France peut-être, mais pas dans les autres pays ainsi que le montrent les nombres suivants relatifs à 1912 :
- Russie. . . 7.000.000 tonnes.
- Hollande. . . 1.823.000.000 briquettes.
- Danemark. . 218.520.000 briquettes.
- Des organismes spéciaux fonctionnent en Allemagne, en Hollande, au Danemark, pour rechercher les meilleures méthodes d’extraction et d’utilisation de la tourbe.
- En France, il semble qu’un mouvement se dessine pour remettre en faveur ce combustible capable, dans les circonstances actuelles, de fournir un apport considérable à notre production houillère malheureusement trop nettement insuffisante.
- Dans cet article, laissant de côté la description des méthodes d’extraction dont LaNature a déjà entretenu seslec-teurs, nous étudierons rapidement les deuxgrandes questions que l’on rencontre lorsque l’on cherche à utiliser la tourbe.
- 1° La question du séchage de la tourbe.
- 2° Celle de son emploi comme combustible, ou comme source de gaz.
- La première question est sans doute la plus importante et celle à laquelle il est le plus difficile de trouver une solution satisfaisante.
- On sait, en effet, que la tourbe, telle qu’elle sort de la tourbière, renferme de 80 à 90 pour 100 d’eau, de sorte qu’elle n’est utilisable comme combustible qu’après un séchage important, lorsque l’on 'a retiré la presque totalité de l’eau dont elle est imbibée.
- Donc, pour convertir 100 kilogrammes de tourbe en combustible, il faut retirer 90 kilogrammes d’eau pour obtenir 10 kilogrammes de matière solide combustible.
- Ce problème n’a pas été résolu de façon à permettre la fabrication économique delà tourbe pendant toute l’année, car on opère, le plus généralement, en comptant sur l’évaporation directe en plein air par la chaleur du soleil et l’action du vent. Toute la tourbe produite eu Europe est fabriquée par la méthode du séchage à l’air.
- En Irlande, la tourbe est simplement déposée sur le sol. Lorsqu’une proportion suffisante de la teneur en eau est évaporée, les briquettes sont gerbées sur le terrain de séchage même. En Hollande, les paysans suivent une méthode analogue, mais la tourbe extraite est généralement déposée sur un carreau durci ou une plate-forme en bois où elle est soumise à une trituration qui.la réduit en poudre, en la faisant fouler par des chevaux. Celte pulpe est ensuite mise en moules, et les briques sont exposées au soleil pour le séchage.
- La seconde méthode de fabrication de la tourbe combustible est celle basée sur la pression et le séchage artificiel par l’élimination de l’eau de la matière première.
- Comme il ne s’est pas encore développé de système industriel basé sur ce principe, on peut dire que les
- méthodes ne sont encore qu’au stade d’expérimentation. De plus il est fort douteux qu’il en résulte un système pratique et économique sauf si l’on fait intervenir, comme nous le verrons plus loin, des principes tout nouveaux.
- Depuis de longues années, on fait des expériences ayant pour but d’extraire l’eau de la tourbe brute par pression. Une telle méthode rendrait la fabrication de la tourbe indépendante des conditions atmosphériques et permettrait le travail sans arrêt. La qualité du combustible produit serait aussi supérieure à celui séché à l’air. La tourbe séchée à l’air libre a un poids spécifique peu élevé ; elle occupe un volume considérable par rapport à la houille ou même à la tourbe pressée.
- Les résultats des expériences ont montré que la teneur en eau ne peut guère être abaissée au-dessous de 70 pour 100 par la pression seule.
- Une question se pose immédiatement, dont la solution fournirait sans doute celledu problème du séchage : comment se fait-il que la tourbe retienne si énergiquement l’eau? Nous allons exposer les théories proposées et ensuite essayer, par application des connaissances nouvelles de la chimie physique, de définir la question plus scientifiquement, et par cela même d’en entrevoir la solution possible.
- La première théorie est celle de Ekenberg; il trouva que toute tourbe humidifiée contient un composé hydrocarboné complexe, gélatineux, qu’il appelle hvdrocellu-lose. Les anciennes tourbes, dans un état d’humidification avancée, en contiennent plus que les produits récents des tourbières, et la proportion d’hydrocellulose peut atteindre et même dépasser 1 à 2 pour 100.
- L’hydrocellulose augmente énormément de volume par absorption d’eau, et, dans la tourbe brute, elle se trouve en masses gonfiées ayant la consistance du savon mou. Si l’on arrive à séparer cette masse poreuse de la tourbe, celle-ci abandonne alors la plus grande partie de son eau sous une pression modérée, par exemple en la comprimant dans un sac de toile. La même tourbe, contenant l’hydrocellulose, retiendra son eaudansles mêmes conditions de pression, et même la tourbe sortira par les mailles de la toile avec toute sa teneur en eau.
- Larson propose une autre théorie : il prétend que lorsque l’on veut comprimer la tourbe dans un filtre-presse, la substance gélatineuse adhère à la surface de la toile et empêche le passage de l’eau. D’après lui, l’eau ne se trouverait pas dans l’hydrocellulose.
- Quoi qu’il en soit, tous les expérimentateurs s’accordent sur le fait que la tourbe, dont on a enlevé la substance gélatineuse, se prête plus facilement à l’extraction de l’eau par pression.
- La questionrevienldonc à celle-ci : détruire, supprimer, ou éliminer par un procédé quelconque l’hydrocellu-lose.
- Ekenberg a cru résoudre la question par la carbonisation humide de la tourbe. Le principe en est le suivant : lorsque la tourbe brute contenant 90 pour 100 d’eau est chauffée sous pression, en vase clos, il s’effectue une réaction chimique. La teneur en carbone augmente et une certaine partie de l’hydrogène se combinant avec l’oxygène libre donne de l’eau dont la teneur augmente. Il ne s’échappe pas de gaz durant Je chauffage, comme dans le cas de la distillation sèche, donc la tourbe ne perd aucun de ses éléments combustibles.
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- LE PROBLÈME DE LA TOURBE — .. ..... 309
- Si on la soumet ensuite à la pression, on constate que plus on a préalablement chauffé à une température élevée (220° étant la température oplima) plus l’eau s’échappe facilement : à 220° la teneur est réduite à 55 pour 100 par une pression de 5i atmosphères.
- Il ne semble pas que le succès industriel ait consacré ce procédé.
- Une autre solution, due à Brune et Horst, consiste à soumettre à la pression un mélange de 1/4 de tourbe séchée ne contenant plus que 20 pour 100 d’eau, et de 5/4 de tourbe humide. Après avoir été soumis à un malaxage énergique, le mélange est comprimé à quelques atmosphères ; le gâteau-pain est de nouveau concassé et soumis à une pression plus élevée. Par ces deux opérations, on abaisse la teneur à 50 pour 100 environ.
- Mais, pour produire la tourbe sèche, que l’on ajoute et qui, si on considère le produit final, en représente les 2/5, il faut lui faire subir un desséchage préalable et l’expérience a montré que, pour produire do la tourbe à 20 pour 100 d’humidité en se servant de tourbe brute à 87,5 pour 100 d’eau, il faut brûler la moitié du produit fabriqué, en plus de l'énergie nécessaire pour le fonctionnement des presses.
- C’est d’ailleurs à des conclusions analogues que l’on arrive, lorsque l’on envisage les nombreux procédés de séchage artificiel de la tourbe.
- Le coût du séchage artificiel n’est d’ailleurs pas déterminé seulement par la quantité du combustible que l’on doit consumer pour obtenir la quantité de chaleur nécessaire à l’évaporation de l’eau. Il faut encore faire intervenir les frais d’installation du système de séchage, le coût de la manutention de la tourbe, brute et séchée. De plus les séchoirs doivent avoir une grande capacité permettant de charger un gros volume de tourbe brute humide, pour en retirer un faible poids de tourbe sèche.
- Il semble donc, qu’en utilisant les principes précédents, on ne puisse arriver à une solution satisfaisante: cette méthode de séchage a donné tout ce qu’elle était susceptible de fournir, et il faut attaquer le problème par une autre voie.
- C’est ce que nous permettent de faire les connaissances actuelles sur les colloïdes et l’état colloïdal de la matière, propriétés dont nous avons donné un aperçu rapide ici même.
- Si nous reprenons la théorie de Ekenberg et si nous la rapprochons des connaissances acquises sur les colloïdes gélatineux, les gels, il apparaît très nettement que l’hydrocellulose semble devoir être un « gel » analogue à la gélatine, aux colles.
- Aussi allons-nous dire quelques mots du phénomène particulier de l’imbibition de ces substances.
- Si le gel de gélatine ou d’agar-agar est desséché, il se contracte sans cependant présenter aucune des cavités analogues à celles que l’on rencontre dans le cas d’une substance gélatineuse minérale, de l’acide silicique par exemple. Si le produit sec est mis.au contact de l’eau, la masse gonfle jusqu’à un volume maximum atteint au bout de quelques heures ou de plusieurs jours. Il faut remarquer que, tandis qu’il y a ainsi une augmentation considérable du volume du colloïde, le système total, eau -|- colloïde diminue de volume.
- Dans le cas du gel d’algue (Laminaire/, la force pro^-duite par le gonflement a pu être mesurée en déterminant la pression P qu’il faut appliquer pour exprimer un peu d’eau. Celte pression est très grande et fonction de
- la proportion de colloïde contenue dans la masse gonflée. On a obtenu les valeurs suivantes :
- Pression en atmosphères y compris
- Poids 0/0 de colloïde sec la pression atmosphérique
- 25 5
- 42 17
- 57 41
- La grandeur de la force d’imbibition peut aussi être mise en évidence qualitativement par le dessèchement. Si de la gélatine sèche sur une lame de verre, cette lame devient biréfringente, indiquant la présence d’efforts internes considérables, et, dans certains cas limites, elle peut être déformée et brisée.
- D’autre part, l’imbibition est modifiée par la présence d’électrolytes dans le milieu liquide avec lequel le gel est en contact. En ce qui concerne la gélatine, la présence des chlorures de potassium, sodium, ammonium, le bromure et le nitrate de sodium augmentent la vitesse d’imbibition, tandis que le sulfate, le citrate, le tartratc et l’acétate de sodium diminuent la rapidité d’absorption de l’eau.
- On entrevoit donc une première solution du problème : puisque l’hydrocellulose est un colloïde et qu’d semble bien, malgré ce que dit Larson, que ce soit elle qui retienne énergiquement l’eau, il suffit de chercher à coaguler ce colloïde, en arrosant avec un sel convenable, la tourbe avant traitement.
- Si nous rappelons que pour coaguler l’hydrate de fer, il suffit d’une concentration de chlorure de sodium de 0 gr. 5 par litre, ou de 0 gr. 05 d’acide sulfurique par litre, on conçoit que l’on puisse espérer arriver économiquement à la coagulation de l’hydrocellulose. Par pression, après ce traitement préalable, on pourrait ensuite extraire facilement l’eau qui n’est plus fixée.
- Un autre moyen peut aussi être envisagé, ne nécessitant alors aucun traitement chimique préalable; nous voulons parler de l’endosmose électrique.
- Dans l’étude générale des colloïdes, nous avons signalé ce phénomène. Nous ne reviendrons pas sur son principe, nous ajouterons seulement quelques renseignements sur les moyens d’action dont nous disposons pour agir sur la grandeur de ce phénomène. La théorie élémentaire a été faite par Wiedemann et Quincke qui ont trouvé que le volume du liquide passant à travers une paroi est proportionnel à la différence de potentiel appliquée, à la surface du diaphragme, et est d’autant plus grand que les électrodes sont plus rapprochées et la viscosité du liquide plus faible. L’action des acides et des alcalis modifie énormément le phénomène. Les nombres suivants, empruntés à Perrin, montrent que l’action peut même produire l’inversion du sens de migration de l’eau.
- Le diaphragme dans ces expériences était en carbo-rundum.
- Solution
- contenant par litre. Débit en c.c. par minute.
- gr 0,75 de HCl + 10
- 0,25 — nul
- 8,07 - — 15
- eau pure — 50
- 0,005 de KO H — 60
- 0,05 — — 1 05
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
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- Les signes -f- et — indiquent que le courant change de sens.
- Le résultat est d’ailleurs général, et a lieu même dans les liquides les plus divers : eau, sulfure de car-houe, alcool, acétone, nitrobenzine, etc.
- 11 suffirait donc, pour sécher la tourbe, de s’appuyer sur ce phénomène général, quitte à le rendre plus intense par addition convenable d’un sel ou d’un acide, dont le but n’est plus ici de coaguler l’hydrocellulose.
- Des recherches dans cet ordre d'idées ont été faites par Schervcrin en Allemagne et les résultats obtenus sont des plus encourageants.
- Il semble qu’il faille diviser la tourbe avant le traitement électrique. Le n’est d’ailleurs pas un inconvénient puisque l’on peut, soit utiliser la tourbe à l’état pulvérisé, soit l’agglomérer ensuite en briquettes.
- li’addition d’électrolyte, et c’est là un fait extrêmement curieux, facilite la division de la tourbe. Il semble que la substance soit, en quelque sorte, désagrégée par l’électrolyte. Les résultats suivants mettent nettement cette action en évidence. Les chiffres dos essais ont été relevés pendant une durée de 20 minutes.
- Dans la série 1, on a pulvérisé 10 kgs de tourbe avec 2,b litres d’eau dans un broyeur à boulets. Dans la série II on a ajouté 100 cc de soude et dans la série III, 200 ce. L'intensité du courant était, dans tous les cas, de b ampères.
- KILOWATT-HEUHK par 100 kgs de substance sèche. mmÉE DU imOYAGE DÉSHYDRATATION POUR 100
- Série I
- 505 2 heures 70' pour 100
- 554 4 heures 70,9 pour 100
- 323 6 heures 72 pour 100
- Série II
- 527 2 heures 72,4 pour 100
- 502 4 heures 73 pour 100
- 270 6 heures 75,7 pour 100
- Série III
- 261 2 heures 71,5 pour 100
- 249 4 heures 72,6 pour 100
- 216 6 heures 73,5 pour 100
- On voit immédiatemeut le gain en déshydratation et l’économie de consommation d’énergie qui résultent du traitement préalable.
- L’action désagrégeante du milieu, que nous venons de signaler, est d’ailleurs générale. Par exemple, si on ajoute à du charbon que l’on veut pulvériser en matière impalpable, une solution alcaline de gélose et certaines albuminoïdes tels que l’acide lysalbique ou ses sels, l’opéra lion est plus rapide et plus profonde. Le tanin agit de môme pour le graphite, et les solutions neutres de savon pour le talc. Il y a là un nouveau chapitre de la chimie physique des colloïdes extrêmement intéressant et encore très mal connu.
- Nous ne dirons qu’un mot, pour terminer, des usages de la tourbe.
- Il semble que son emploi ne puisse guère être envisagé que comme combustible, soit sous forme de briquettes, soit sous forme de tourbe pulvérisée remplaçant le charbon pulvérisé. Ainsi qu’on le verra, en effet, par les lignes qui suivent, empruntées à un rapport extrêmement documenlé de Ilaanel, il faut, pour pouvoir faire usage de la tourbe pour la production de gaz à moteurs, avec récupération des sous-produits, des condi-lionsbien déterminées, et qui ne pourront se rencontrer que dans un petit nombre de tourbières ».
- a La teneur mu.vi.num en eau ne devrait pas dépasser 40 pour 100 et le prix de revient de cc produit ne devrait pas dépasser une certaine valeur. En dessous d’une teneur en azote de 1,5 pour 100 pour la tourbe théoriquement sèche, la récupération des sous-produits sous forme de sulfate d’ammoniaque, ne peut se faire avantageusement.
- Toute la difficulté du problème de la tourbe réside donc dans son séchage. Aux. méthodes anciennes, devenues trop coûteuses par suite du prix de la main-d’œuvre, étant donnée la manutention importante quelles nécessitent, il faut substituer des méthodes plus rapides, et. surtout dans lesquelles n’interviennent ni appareils compliqués et coûteux, ni dépense exagérée de calories. Il nous semble que seules les méthodes électriques fondées sur l’électro-osmose et les propriétés des colloïdes, peuvent permettre de tirer un parti avantageux de la richesse que représentent les dépôts de tourbe, si abondants en France.
- II. Vigneron.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’octobre 1920.
- Un nouveau procédé de navigation. — Les travaux de SI. Lolh, aidé des capitaines Andouard et Floch, sont de la plus haute importance, car ils permettent à un navire de franchir les passes en toute sécurité quand les moyens habituels de repérage font défaut, La disposition à laquelle ils concluent est la suivante : sur le fond du chenal on immerge un câble armé que parcourt un courant alternatif à fréquence musicale de 2 ampères 5 seulement. Les lignes de force du champ créé sont perpendiculaires audit eâble. Les récepteurs sont à bord
- et comprennent deux cadres vciticnux en bois, munis chacun de deux enroulements; les réceptions augmentent ou diminuent suivant la direction du navire par rapport à celle du câble, et le poste d’écoute guide le bâtiment sans erreur possible. Les portées à 200 m. d’altitude donnant une zone de 5 km de large, qui doit atteindre 10 km si on s’élève à 600 m., un câble-guide immergé pourrait donc indiquer la roule à suivre d’un port à l’autre par des dirigeables ou des avions.
- Paul IL
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- ATHÈNES AU XXe SIÈCLE (1)
- E toutes les ruines de la Grèce, écrivait Edmond About dans son Mémoire sur E-gine, le peuple grec n’est pas la moins intéressante ». Le spirituel auteur de La Grèce contemporaine entendait noter par là l’intérêt qu’offre pour les chercheurs la survivance, chez les Grecs modernes, de divers traits de caractère et de mœurs de l’ancienne Hellade, Mais ce mot de ruines évoque en meme temps une idée de décrépitude et de mort qui contraste par trop violemment avec la prodigieuse force vitale et l’activité des Hellènes du xxe siècle. En dépit de certains écrivains qui, se basant sur des données ethnologiques plus ou moins erronées (2 *), prononçaient l’arrêt de mort du peuple néo-grec, celui-ci a bien montré, au cours de ces dernières années, qu’il était loin d’être une ruine, et voici maintenant que la guerre a fait de la Grèce la principale puissance des Balkans, en lui remettant l’héritage maritime de l’empire turc et en lui ouvrant du même coup une ère de prospérité.
- Une étude sur la Grèce ne saurait donc plus aujourd’hui — comme le faisaient il n’y a pas bien longtemps encore les manuels destinés à guider les pas du touriste dans ce pays — résumer en quelques lignes les aspects actuels de l’Hellade et de son activité, pour se consacrer presque exclusivement à la description des monuments de l’antiquité classique ou byzantine. Aussi bien, désireux de pré-
- 1. Les photographies qui accompagnent cet article sont extraites de l’album Athènes moderne, par G. Arvanitakis et fred. Boissonnas. Genève, Éditions d’Art Boissonnas, 1920.
- 2. Voir entre autres Fallermayer : Histoire de la pénin-
- sule de Morée au moyen âge, 1830.
- sentcr à nos lecteurs un aperçu, forcément incomplet, de la capitale de la Grèce, nous nous bornerons à parler de la ville moderne, en passant sous silence les merveilles de l’Acropole, du Musée national et autres, mille fois décrites par des plumes plus autorisées que la nôtre.
- Plutôt qu’à Athènes, a dit encore Edmond About, « la capitale eût été beaucoup mieux placée à l’isthme de Corinthe, au centre du royaume, entre l’Orient et l’Occident.... Athènes n’est pas sur le grand chemin du commerce, et les navires se détournent de leur route lorsqu’ils sont forcés d’y relâcher. Si on tenait à l’Atlique, on eût dû placer au moins Athènes au Pirée. La capitale d’un peuple de marins doit être un port de mer »,
- Ces critiques, dont plusieurs écrivains de diverses contrées se sont fait l’écho, méconnaissent étrangement l’importance du fadeur moral, qui jouait
- cependant en cette affaire un rôle décisif. « On ne se doute généralement pas, nous dit M. G. Arvanitakis (4), Tqu 'aujourd’hui encore l’àme grecque adore Apollon et Athéna, et que, bien loin de les considérer comme de pures fictions mythologiques, elle les vénère à l’égal de saint Georges et de saint Nicolas.... D’autre part, le choix de toute autre ville comme capitale aurait infailliblement nui à l’extension territoriale de ce petit coin délivré de l’Hellade; en effet, cela eût induit le peuple à penser qu’il s’agissait de créer une nouvelle Grèce étrangère à son passé et détachée à tout jamais de son unité historique. »
- Les idéalistes se sont donc montrés en cette matière les plus avisés, et le développement extraordinaire d'Athènes et de son port le prouve surabondamment. Sans doute, l’industrie n'a pu s’implanter jusqu’ici dans la capitale — et cela n’est pas pour déplaire aux artistes et aux lettrés qui vont à Athènes « comme à un rendez-vous d’amour » (2), mais elle est par contre extrêmement florissante au Pirée (fig. 1 et 2), qui, avec ses 150 fabriques, est devenu le centre industriel le plus important de tout l’Orient en même temps que le principal port du
- 1 ,Op. cil., Introduction.
- 2. Charles Maurras, Athènes antique.
- Un evzone.
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- 312 ::. : .:. ' = ATHÈNES AU XXe SIÈCLE
- big. 2. — Le Pirèe. — Vue sur les docks et Varsena - maritime.
- royaume. De son côté, la capitale n’est pas restée en arrière dans le domaine de l’enseignement public et du commerce; le touriste qui voudra se rendre compte de l’extension prise par ce dernier n’aura qu’à parcourir la rue Athéna, la rue Hermès ou l’Agora, et les nombreux établissements de banques qu’il rencontrera sur son chemin lui montreront en outre que le peuple grec a maintenant
- Fig. 3. — Athènes. — Au pied de l’Acropole.
- appris à épargner le produit de son activité.
- Fait digne de remarque, les Athéniens comptent fermement opérer un jour la jonction de la capitale avec son « échelle » ; cela ferait une ville d’une quinzaine de kilomètres de longueur, englobant à la fois le Pirée industriel et l’Athènes commerçante en même temps que centre vivant de l’Hellénisme. Cette fusion serait peut-être déjà chose faite à l’heure actuelle, n’était l’insalubrité de la plaine marécageuse qui sépare les deux cités.
- Cette insalubrité — que l’art des ingénieurs arrivera sans doute à vaincre un jour — a entravé jusqu’ici le développement logique de la capitale du côté de la mer, en l’obligeant à s’étendre plutôt vers l’intérieur ; l’influence prédominante des vents du nord a encore contribué à ce mouvement ascendant. Les pentes du Lycabette et du Stréphis se couvrent déplus en plus de constructions nouvelles, qui grimpent jusque sur les projections extrêmes de l’Hymette. »
- Alors que les quartiers anciens du pied de-'l'Acropole (fig. 3) sont bâtis sur un plan très irrégulier, la ville moderne, à l’instar des autres capitales d’Europe et d’Amérique, a été construite en damier, avec de longues rues parallèles et rectilignes. Le style des habitations privées et des monuments publics érigés au cours du siècle passé a subi lourdement l’influence des architectes bavarois qui accompagnaient le roi Othon. Mais, depuis une trentaine d’années, l’arrivée à Athènes de plusieurs architectes français a èü comme heureuse conséquence l’édification de nombreux bâtiments destyle néo-grec, qui se distinguent par l’élégance dè leurs proportions et le bon goût qui présida à. leur ornementation; il est extrêment regrettable que ces gracieux édifices soient dé plus en plus masqués par
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- ATHÈNES AU XX<= SIÈCLE
- 313
- d’énormes bâtisses qui. manquent totalement de caractère architectural et sont la conséquence de la cherté des terrains et de la rareté des appartements. En effet, la « crise des logements » sévit intensément à Athènes, et le fait n’aura rien de surprenant si l’on songe que, de 155 000 habitants qu’elle comptait en 1909, la population dépasse aujourd’hui le chiffre de 300 000 âmes. Aucune autre capitale européenne ne peut enregistrer un accroissement aussi prodigieux.
- Celui-ci eut été peut-être plus rapide encore si Athènes ne souffrait pas du manque d’eau, très préjudiciable à l’essor de la végétation dans toute l’Atlique. Les cours d’eau qui la traversent, en efle., sont la plupart du temps à sec; c’est le cas, par exemple, pour le Céphise, qui est cependant la principale rivière de la région, et pour l’Ilissos, qui, après avoir contourné par le sud le massif de l’Acropole, va rejoindre le Céphise peu avant son confluent dans la baie de Phalère. On sait que dans l’antiquité l’Ilissos alimentait la grande fontaine Kallirhoë et était sujet à des crues subites qui rendirent nécessaire son endiguement. Mais aujourd’hui,
- big. 4. — Athènes. —L’Acropole et l’Ilissos.
- épuisé par les dérivations, ce n’est plus guère qu’un lit de cailloux (fig. 4), ce qui faisait dire plaisamment à M. Gaston Deschamps, en 1898 : « Il y a quelques mois, on a fait des fouilles dans l’Ilissos, et on y a trouvé un peu d’eau ».
- Cette pénurie de l’élément liquide oblige les Athéniens à faire venir leur boisson favorite de l’IIymette, d’Andros ou d’autres lieux voisins. Nous disons bien : leur boisson favorite, car pour le Grec
- Fig. 5. — Athènes et le Lycabette.
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- ATHÈNES AU XX' SIÈCLE
- Fig. 6. — Le Zappéion.
- en général l’eau est une sorte de gourmandise et il sait à merveille distinguer Jes qualités des diverses sources suivant leur saveur, leur légèreté ou leur degré de fraîcheur.
- Ce problème capital de l’alimentation d’Athènes en eau potable, nous dit M. G. Arvanitakis (*), va trouver prochainement une heureuse solution, grâce à la science d’un Grec de Trébizonde; celui-ci aura droit à la reconnaissance des habitants de la cité ainsi que.des nombreux touristes auxquels l’eau qui leur était servie jusqu’ici inspirait à juste titre une certaine méfiance.
- Il convient de rappeler ici que le développement extraordinaire d’Athènes, comme du reste celui du pays tout entier, est en grande partie l’œuvre de riches particuliers grecs qui, avec une inlassable générosité, accomplirent en faveur de leur patrie la lourde tâche que l’État, trop pauvre, ne pouvait assumer (on sait quela Grèce, grevée dès sa reconstitution d’une dette quinze fois supérieure à ses revenus, souffre d’un mal chronique que le ministre Carapanos appelait l'anémie métallique). Du plus humble au plus fortuné, ces milliers d’ « évergèles » travaillèrent à maintenir et à développer, dans les régions encore « irrédimées », le culte des traditions de l’Hellénisme. Mais en même temps ils ne négligeaient rien de ce qui pouvait contribuer à l’extension et à l’embellissement de la capitale, et c’est à eux que l’on doit la construction de la plupart dés monuments publics : Université, écoles supérieures, musées, bibliothèques, qui forment la parure architecturale et intellectuelle de la cité.
- Bien que cette générosité s’accom-, pagne parfois d’une certaine dose de vanité, elle n’en commande pas moins l’admiration, spécialement lorsqu’elle est poussée jusqu’au sacrifice. Tel est le cas, par exemple, pour les frères Evangèle et Constantin Zappas, deux Ëpirotes enrichis en Roumanie, et qui renoncèrent à
- i Op. cit., Introduction,
- se créer un foyer afin de pouvoir consacrer à la nation leur fortune tout entière. Celle-ci servit en partie à édifier le Zappéion (fig. G), destiné à abriter les nombreuses expositions de tous genres qui se succèdent à Athènes. L’école des filles de Constantinople, la plus grande peut-être du monde dans son genre, est également l’œuvre des frères Zappas.
- Nommons encore, parmi ces innombrables bienfaiteurs de la Grèce moderne, un riche Hellène d’Alexandrie, Georges Averolî (mort en 1899), qui fit à son pays un cadeau vraiment princier, en lui offrant un cuirassé qui porte son n >m. On sait que ce vaisseau joua pendant la première guerre balkanique un rôle décisif, dont l’importance a été reconnue par les Turcs eux-mêmes (1). En outre, à dix-huit siècles d’intervalle, Averoff renouvela le geste généreux d’Hérode Atticus en donnant une somme de cinq millions pour la reconstruction du Stade d’Athènes en vue de la célébration des premiers Jeux olympiques de 1896 (fig. 1) ; (on voit au centre de notre photographie la statue du donateur, entourée d’un groupe de cyprès).
- Un grand sociologue français, M. Gabriel Tarde, a pu écrire dans son ouvrage L’Opinion el la Foule les phrases suivantes : « En passant par le midi de l’Espagne, Dumonl-Durville note ce qui suit :
- « Les combats de taureaux et les disputes sur l’Immaculée-Conception... occupent les esprits à l’exclusion de tout le reste ». A présent il trouverait tout le monde plongé dans la politique, unique sujet de conversation en Espagne.... » Quelle que soit la célébrité dont jouissent à juste titre Dumont Durville et M. Gabriel Tarde, on ne peut s’empêcher de penser avec M. Marius André (2) que le besoin, peut-être inconscient, de mettre du pittoresque dans une œuvre sérieuse les a fait tomber dans une erreur grossière. Mais, en ce qui concerne les Athéniens d’aujourd’hui, on peut dire avec bien 'plus de raison, comme le fait M. G. Arvanitakis,
- 1. Voir La Déclin de f Hellénisme (p. 48), par René Pdaus, Taris, 1916.
- 2. Guide psychologique du Français à l’Etranger. Paris,
- 1917.
- Fig. 7. — Le Stade.
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- "y—-" ......— —.... : ATHÈNES AU
- que la politique occupe toujours la première place dans leurs conversations, dans leurs journaux, en un mot dans la rie publique tout entière. « Le plaisir suprême de ces sophistes sobres, a dit M. Gaston Deschamps, c’est de parler politique autour d’un verre d’eau, depuis 9 heures du soir jusqu’à 5 heures du matin. »
- Ce souci de la chose publique serait on ne peut plus louable s’il n’avait toujours en vue que les interets supérieurs du pays ; malheureusement il dégé-nère trop fréquemment en de stériles luttes de partis, œuvre de politiciens hargneux, ou tout au moins hâbleurs que M. Frank Choisy appelle pittoresquement « les guêpes qui infestent le ciel merveilleusement serein de l’Àttique » (l).
- Cette fièvre de polémiques et d’intrigues néfastes atteignit son paroxysme au cours des années qui précédèrent immédiatement l’intervention grecque aux côtés des Alliés. Tandis qu’à Athènes une propagande éhontée, alimentée clandestinement par l’Allemagne, démoralisait l’opinion publique, une lutte acharnée se disputait entre Vénisélisles et Constanlinistes, et ceux deces derniers qui se trouvaient à cette époque établis à l’étranger se distinguèrent tout particulièrement par le lancement d’une multitude de brochures de propagande dont le moins qu’on puisse dire est que si elles épousaient avec zèle la cause du monarque d’alors, elles ne servirent par contre pas toujours... celle de la langue française, dans laquelle étaient imprimés la plupart du temps ces opuscules. La Suisse, terre classique des mouvements glaciaires, fut spécialement atteinte par cette avalanche d’une nature spéciale et du reste assez inoffensive (2j.
- 1. La Grèce en Occident, n° d’août 1920 des Etudes franco-grecques.
- 2. Le chef-d'œuvre du genre est un opuscule intitulé La Grèce et le Christianisme, publié en 1918 à Zurich par un Grec constantiniste, ou soi-disant tel, qui signe Christianus. Plutôt que de prétendre donner aux gouvernants de l'Entente des leçons de droiture, cet excellent homme eût agi bien plus sagement en commençant par prendre lui-même... dos leçons de français ! Qu’on en juge par cette « poignante »
- XX- SIECLE — ri...:... : ... — 315
- Fig. 8. — L’Académie.
- On sait que l’opposition constantinienne est fort loin d’avoir désarmé à l’heure actuelle. Ayant subi dans le domaine de la politique extérieure une magistrale défaite, les partisans du monarque déchu se sont rabattus sur les questions de politique intérieure, qui offrent à leurs intrigues un champ d’action plus favorable par suite des difficultés qui sont actuellement le lot du royaume.
- Au moment où ces lignes sont écrites, la question qui occupe tous les esprits est. celle des prochaines élections. Celles-ci auront-elles une influence heureuse sur les destinées du pays? Le problème de la révision constitutionnelle sera-t-il posé, et, si oui, verrons-nous l’instauration du régime républicain? Voilà autant de questions auxquelles il serait fort malaisé de répondre à l’heure actuelle, aussi nous bornerons-nous à exprimer l’espoir que la Grèce, à cette occasion, saura discerner ses véritables intérêts et comprendre que le champ d’action qui s’ouvre devant elle est trop beau pour qu’elle consente à s’égarer plus longtemps dans d'infécondes luttes intestines.
- De même que la politique, la question de la langue néo-grecque fournit aussi ample matière aux discussions verbales ou écrites des habitants de l’Attique, En effet, le conflit est toujours pendant entre les littéraires et les vulga-ristes, ceux-ci partisans du romaïque ou langue du peuple, « un peu menue, mais toute fleurie d’expressions gracieuses », et ceux-là voulant extirper du jardin des racines
- description des malheurs du peuple grec pendant l’occupalion alliée : « Les hommes meurent par dizaines ; d’autres gissenl (sic) épuisés, sans pouvoir bouger et attendent la mort; des cortèges de mort formés de centaines (?!), marchent pendant des semaines pour aller chercher l’aumône en Thessalic, où ils ne trouvent rien. Des populations entières se nourissent pendant des mois seulement par des racines. On trouve souvent des morts dans les rues avec une feuille de salade dans la bouche !. Mais... de toutes parts on télégraphie au Itoi, qu’on meurt volontiers la mort terriblcMc faim, pour la patrie et pour la liberté.... »
- Fig. o. — Le Musée National.
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- 316 ...: LES GAZ DE COMBAT EMPLOYÉS PAR LA FRANCE
- grecques les mauvaises herbes qu’y ont semées les invasions étrangères, sous forme de mots turcs, slaves ou latins. On conçoit aisément qu’avec le caractère bouillant des compatriotes de Pappami-chalopoulo, cela prête à des polémiques aussi interminables... que les noms de familles grecs. Ces discussions passionnées rappellent à certaines heures celles extraordinairement animées, qui saluèrent il y a un quart de siècle l’apparition du petit récit de voyage publié en romaïque par M. Jean Psichari, et elles trouvent même parfois, directement ou indirectement, un écho dans la presse de l'étranger (*).
- Nous ne voudrions pas clore cette étude sans rappeler qu’Athènes est devenue en quelque sorte une ville franco-hellénique au double point de vue de la pensée et de la culture.
- Les diverses manifestations de la vie artistique et littéraire le prouvent surabondamment; sans vouloir nous arrêter à en faire l’énumération, nous citerons seulement, dans le domaine de l’enseigne-
- 1. Voir à ce sujet, dans le numéro de mai 1920 des Etudes franco-grecques, une amusante polémique entre M. Jean Psichari et M. Léon Maccas.
- ment, deux faits qui montreront combien sont forts les liens qui unissent aujourd’hui les deux nations.
- Le Gouvernement grec, qui, déjà, avait été si heureusement inspiré en appelant un architecte français, M. Ernest Hébrard, à diriger la reconstruction de Salonique incendiée, a voulu suivre en matière d’enseignement public une ligne de conduite analogue. Il a donc chargé une mission universitaire française de créer à Athènes une école normale de professeurs de français. Sous une égide semblable, l’un des lycées de la capitale est actuellement en train d’être réorganisé d’après les méthodes françaises, dans le but de servir ensuite de modèle pour tous les aulres établissements de ce genre en Grèce.
- Au reste, l’enseignement du français prend de jour en jour plus d’importance dans les programmes scolaires, et c’est pour le touriste français qui débarque à Athènes une heureuse suprise de voir sa langue parlée par une foule de personnes, même de condition très modeste, pour qui le « doux parler françois » est devenu en quelque sorte une seconde langue nationale.
- M. T.
- LES GAZ DE COMBAT EMPLOYÉS PAR LA FRANCE (')
- Lorsque l’Allemagne inaugura la guerre des gaz, la France n’était pas en mesure de soutenir le combat à armes égales. La production industrielle des usines chimiques était relativement très faible; elle ne comprenait ni le chlore liquide ni le brome, et les quantités d’acide sulfurique alors produites étaient à peine suffisantes pour les fabrications de poudres et d’explosifs; enfin, notre industrie des corps organiques était misérable.
- Les Services chimiques eurent donc à déployer des efiorts exceptionnels pour doter nos armées des munitions à gaz qui leur manquaient.
- Nous examinerons successivement les recherches de laboratoire et la fabrication industrielle.
- A) Recherches de laboratoires. — Recherches chimique». — Dès sa constitution, la Commission des gaz asphyxiants s’attacha à résoudre les deux problèmes de l’offensive, en tenant compte de la pauvreté du pays en usines de produits chimiques organiques : 1° choix des produits agressifs à employer en projectiles ; 2° choix des produits agressifs à employer en vagues.
- a) Produits à charger en projectiles. — Deux conditions devaient être remplies par les produits envisagés : être doués d’une action physiologique suffisante, d’une part, et, de l’autre, s’adapter aux conditions d’emploi dans les projectiles.
- I. — Le seul corps agressif suffocant dont la fabri-calion fût immédiatement possible était le télrachloro-sulfure de carbone CS Cl4, proposé par le professeur Urbain; il ne nécessitait, en effet, comme matières premières, que du sulfure de carbone et du chlore gazeux. La fabrication en fut montée rapidement, et un grand nombre d’obus furent chargés pour l’offensive de Champagne en septembre 1915; mais les propriétés insuffi-
- 1. Extrait du livre qui vient de paraître : La chimie et la guerre. Collection « Les leçons de la guerre », Masson et Cie, éditeurs.
- samment agressives de ce corps, dont l’emploi n’avait jamais eu d’autre objet que de réaliser une solution d’attente, le firent abandonner rapidement. Cette date de septembre 1915 marque le premier emploi d’obus à gaz par l’armée française.
- On fabriqua également deux autres catégories d’obus chimiques : les uns, à effets suffocants et incendiaires, contenant une solution sulfocarbonique de phosphore, avec un cylindre en celluloïd, suivant la formule donnée par M. Urbain; les autres, simplement incendiaires, contenaient des bâtons de phosphore immergés dans un liquide inerte, d’après la formule de M. Job.
- Pendant ce temps et jusqu’à la fin des hostilités, un grand nombre de toxiques (plusieurs centaines) furent successivement préparés dans les laboratoires de chimie et examinés au laboratoire de physiologie au point de vue de leur agressivité. Nous ne parlerons ici que des produits qui ont été définitivement adoptés.
- II. — Les corps auxquels les chimistes songèrent tout d’abord furent le phosgène et l’acide cyanhydrique. L’expérience montra immédiatement qu’il fallait alourdir leurs vapeurs insuffisamment denses, particulièrement celles de l’acide cyanhydrique, et l’on étudia le mélange de ces corps avec les chlorures d’étain, d’arsenic et de titane, dont la présence rendrait d’ailleurs l’éclatement du projectile observable, grâce à la fumée qu’ils dégageaient au contact de l’air (corps fumigènes) ; dans le cas de l’acide cyanhydrique, ces chlorures joueraient,, en outre, le rôle de stabilisants.
- Il fut décidé dès le commencement des études, en juin 1915, qu’un certain nombre d’obus seraient chargés avec ces corps et mis en réserve jusqu’à ce que l’ennemi utilisât lui-même ces mêmes corps ou des corps de toxicité de même ordre. L’ennetni, en juin 1915, n’employait, en effet, en obus, que le bromure de benzyle, corps surtout lacrymogène; mais, comme on le pré-
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- voyait, il ne tarda pas à utiliser des corps de grande toxicité. Dès le mois d’août 1915, il lançait, en effet, sur nos troupes, des obus chargés de chtoroformiate de chlorométhyle, produit dont la toxicité est de l’ordre de celle du phosgène.
- MM. Lcbeau et Urbain proposèrent le mélange du phosgène avec du chlorure stannique ou du chlorure d’arsenic (le chlorure de titane ne pouvait être fabriqué qu’en quantités limitées, à cause de la médiocrité de l’approvisionnement en rutile).
- Quant à l’acide cyanhydrique, son emploi fut rendu possible par M. Lebeau, avec le mélange dénommé « vincennite », qui comprenait de l’acide cyanhydrique, du chlorure d’étain, du chlorure d’arsenic et du chloroforme.
- Les premiers obus français au phosgène furent tirés à la bataille de Verdun en février 1916, et les premiers obus à la vincennite le lor juillet 1916 à la bataille de la Somme.
- Ces deux mélanges : phosgène-chlorure stannique, d’une pari, vincennite, d’autre part, jouissaient d’ailleurs de propriétés différentes. Au point de vue militaire, ils se rangeaient certes dans la même catégorie, celle des toxiques fugaces, mais leurs actions physiologiques étaient différentes. Si le phosgène, en effet, pouvait tuer très rapidement, en général il avait plutôt une action retardée; des hommes qui en respiraient de petites quantités continuaient à combattre, et, tout d’un coup, quelques heures et quelquefois un jour ou deux après l’inhalation, se sentaient indisposés et mouraient subitement. De plus, à des doses non mortelles, le phosgène avait encore une action très énergique et mettait très rapidement les hommes hors de combat. La vincennite, au contraire, tuait immédiatement; elle avait une action foudroyante, et il en résultait un effet moral considérable, dont il fut trouvé trace dans des ordres émanant d’Etats-majors ennemis. Le général commandant le 9e Corps.allemand, dans un ordre datant d’octobre 1916, s’exprimait ainsi : « L’ennemi a employé des obus asphyxiants à effets très rapides et mortels. Il a été presque impossible de mettre les masques à temps ». Par contre, au-dessous de la dose mortelle, l’action de la vincennite était moins intéressante que celle du phosgène; elle ne laissait pas de traces.
- III. — Le Gouvernement ayant décidé, au début, de réserver l’emploi du phosgène et de l’acide cyanhydrique, ainsi qu’il a été dit précédemment, les chimistes tournèrent leurs efforts, dès juin 1915, vers la recherche d’autres corps. De nombreuses préparations furent entreprises, et, dans le troisième trimestre de 1915, trois corps furent pris en considération : l’iodacétone Cil3—CO-Cll21, étudiée par MM. Bertrand, Grignard et Kling; le chlorure d’orthonitrobenzyle N02-C6H4-CH2C12 étudié par MM. Moureu et Blanc; l’iodure de benzyle CGH3-CI12I, étudié par MM. Moureu et Dufraisse.
- Ces trois corps étaient plus ou moins fortement lacrymogènes; le chlorure d’orthonitrobenzile seul était doué d’une certaine toxicité, en meme temps que d’un certain pouvoir vésicant. Us ne pouvaient, ni les uns ni les autres, supporter le contact du métal du projectile, et l’on fut obligé de faire des obus intérieurement recouverts de plomb. En raison des difficultés de fabrication et de chargement, du prix élevé des dérivés iodés et de leur trop faible toxicité, il ne fut chargé qu’un nombre assez restreint de projectiles avec ces substances.
- Un autre corps retint l’attention dès 1915 : ce fut la cldoropicrine CCI3ISO'2, à la fois toxique et lacrymogène,
- proposée par MM. Haller et Moureu en juin 1915; la préparation en fut étudiée séparément par M. Bertrand et par le commandant Micolardot. La chloropicrine fut chargée en obus à partir de 1916; elle a figuré depuis lors en quantités importantes dans les approvisionnements de l’armée.
- Dès juillet 1915, l’attention fut également attirée sur l’acroléine (aldéhyde acrylique CH2 — CH-CHO), qui fut ensuite l’objet de très nombreuses études au laboratoire de M. Moureu, tant au point de vue de sa fabrication que de son mode de stabilisation. Ce corps est en effet instable, donnant très aisément naissance à un polymère, le disacryle, dénué de toutes propriétés agressives. Un mode excellent de stabilisation fut trouvé par MM. Moureu et Lepape. L’acroléine fut surtout chargée en grenades; elle remplaça, au commencement de 1916, les substances simplement lacrymogènes qui servaient jusqu’alors, la chloracétone et le bromacétate d’éthyle. Toutes les grenades furent depuis lors chargées avec ce corps éminemment toxique, lacrymogène et suffocant, qui permit, notamment, de faire quantité de prisonniers dans les abris.
- IV. — Les corps employés par les Allemands furent également l’objet de recherches dans nos laboratoires, soit en vue d’une fabrication éventuelle, soit pour les comparer avec les corps étudiés et préconisés par les chimistes français.
- Le chloroformiate de chlorométhyle et l’analogue tri-chloré furent particulièrement étudiés par MM. Grignard et Kling. On en fabriqua de petites quantités, mais les chimistes français donnèrent définitivement leur préférence au phosgène, dont ces deux corps se rapprochent par leurs propriétés physiologiques.
- La bromacétone fut étudiée par M. Moureu (collaborateurs : MM. Boismenu et Nomblot), qui donna un procédé simple et rapide permettant d’utiliser la totalité du brome mis en œuvre ; elle fut définitivement retenue au commencement de 1916. Ce corps ne supportant ni le contact du métal, ni le mélange avec les fumigènes, M. Triquet, de la cristallerie de Choisy-le-Roi, établit un procédé de verrage des obus qui donna toute satisfaction, et l’on réussit, en outre, à isoler complètement le fumigène dans une gaine émaillée.
- Le bromure de benzyle fut étudié au laboratoire de M. Moureu en 1915; mais il ne fut adopté que pour la fabrication des ampoules d’exercice pour l’entraînement des troupes à la guerre des gaz.
- Le chlorosulfonale d’éthyle fut étudié en 1915 au laboratoire de M. Grignard. On en fit fabriquer une certaine quantité, avec laquelle on chargea quelques obus; mais on l’utilisa surtout en bombes pour mortiers de tranchée.
- Le chlorosulfonate de méthyle, qui rentrait dans la composition du liquide recueilli dans les projectiles lancés par les Allemands en juillet 1915 à Neuville-Saint-Yaast, fut également étudié. La puissance lacrymogène de ce produit, son emploi par l’ennemi, et, d’autre part, la possibilité de l’obtenir à partir d’un sous-produit d’une autre fabrication de guerre, la chlorhydrine sulfurique, engagèrent M. Simon à en entreprendre dès octobre 1915 l’étude complète. Les essais physiologiques établirent que ce produit avait des propriétés lacrymogènes et toxiques intéressantes, supérieures à celles de son homologue supérieur, le chlorosulfonate d’éthyle. Son emploi, d’abord adopté en 1915, fut écarté par la suite, lorsque l’on disposa de toxiques plus efficaces.
- Comme conséquence des recherches sur le chloro-
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- sulfonate do méthyle et à la suite d’un échange d’idées a priori entre MM. Mayer et Simon, ce dernier entreprit des recherches sur le mélange toxique de sulfate de méthyle et de chlorhvdrine sulfurique, qu’on dénomma « rationite », pour rappeler son origine. Il fut adopté en
- 1917 et expédié aux armées en 1918.
- Le chlorosulfonate de méthyle fut également étudié au laboratoire de M. Grignard.
- En '1916, M. Job entreprenait également des recherches sur les lacrymogènes. A la séance de la Section d’agression du 50 août de la même année, il indiquait la préparation et les propriétés du nitrile phénylacétique-bromé. L’emploi de ce corps fut immédiatement adopté, mais la réalisation industrielle et le mode de chargement en obus exigèrent de longues études. Ce ne fut qu’en avril
- 1918 que fut proposée et adoptée la solution du problème.
- Le chlorure de cyanogène fut étudié au laboratoire de
- M. Simon de février 1916 à avril 1917. La fabrication industrielle en fut commencée en 1917, et l’on disposait d’un stock important d’obus chargés de ce produit au moment de l’armistice.
- Y. Dé nombreuses éludes étaient en cours lorsqu’en juillet 1917 l’ennemi fit usage des obus au sulfure d’éthyle dichloré. Le produit fut dénommé « ypérite » parce que les premiers obus tombèrent sur la ville d’Ypres.
- Ce corps n’avait pas échappé aux Services cliimiques français. Le médecin aide-major Chevalier avait, au commencement de 1916, attire l’attention sur lui. Une étude chimique fut entreprise au laboratoire de M. Mou-reu, et une étude physiologique au laboratoire de M. Mayer. Cette substance avait déjà été décrite par le chimiste allemand Victor Meyer en 1884. Dans son mémoire, Meyer, parlant de l’action vésicante, disait qu’elle était sélective, que le corps agissait sur la peau de certains sujets et était sans action sur celle de certains autres. L’étude physiologique montra que ce corps, tout en étant très toxique, l’était notablement moins que le phosgène ou l’acide cyanhydrique alors en usage ; elle mit en évidence son action vésicante, mais il fallait le génie malfaisant de l’Allemagne pour pressentir l’importance de cette action sur les champs de bataille. C’est donc seulement en juillet 1917, après le bombardement d’Ypres par les Allemandsj1), que le sulfure d’éthyle dichloré fui adopté connue toxique vésicant.
- Aussitôt M. Moureu, avec son collaborateur, M. Lazen-ncc, continua à étudier la fabrication d’après le procédé de Meyer, lequel correspond, à partir de la monochlory-drine du glycol, au système d’équations suivant /Na Cl Cil2-GH2 Cl /GIF — CIP OH ’
- S -p — S -f-NaCl
- \Na Cl Cil2 — Cil2 Cl \C112 — Cil2 011 /'Cil2 — CIP 011" /Cil2—CH2 Cl
- o S +2PCF=3S -f- 2 PO- 113
- \CH* —CH2 OH \CH2 - CH2 Cl
- M. Moureu ne tarda pas à substituer avec avantage l’emploi de l’acide chlorhydrique concentré à celui du tri chlorure de phosphore.
- D’aütrë part M. Job, avec MM. Goissedet et Guinol, entreprit l’étude des réactions qüi avaient été signalées par Gulhrie en 1860 : ;
- 1 /Cil2 — Cil5 Cl
- S2 Cl2. + 2 CH2 = CH2 = S . . + s
- \CH2 — CH2 Cl /CH2 —CH2 Cl
- S Cl2 4- 2 Cil2 = CH2 = S
- \C1I2 — Cil2 Cl
- 1. L’identification du produit put être faite en quelques j ours, et avec, une entière certitude, grâce à un échantillon très pur qu’avait gardé M. Moureu de son élude antérieure.
- Les difficultés, rencontrées dans la préparation en grand de la monochlorhydrine du glycol incitèrent les chimistes à se tourner plutôt vers le procédé de Gulhrie. L’expérience montra la justesse de leurs vues.
- Au courant du mois de novembre 1917, M. Job, d’une part, et M. Bertrand, de l’autre, indiquèrent qu’il était possible d’obtenir le sulfure d’éthyle dichloré par barbotage de l’éthylène dans le chlorure de soufre. Dès cette époque M. Job passait aux essais semi-industriels, ,cn faisant absorber l’éthylène sous pression par le chlorure de soufre; et, le 5 décembre, il annonçait sa.conviction que cette préparation était pratiquement réalisable. Le 9 janvier 1918, il donnait ses indications au directeur d’une usine pour des essais en grand avec le mouo-cblorure de soufre S2Cl2 et l’éthylène sous pression. Les essais commencèrent aussitôt dans diverses usines.
- Nos alliés anglais suivaient d’ailleurs une évolution analogue presque à la môme époque. Le 16 janvier, dans une note transmise à nos Services chimiques le 27, le professeur Pope annonçait des résultats analogues. Il semble cependant, ainsi que cela ressort d’une mission qui fut confiée par le général Ozil à M. Moureu, en jan-vier 1918, pour visiter les laboratoires anglais, et de communications faites à la Conférence interalliée de mars 1918, que les Anglais aient conservé plus longtemps que nous l’espoir de réussir la fabrication par la monochlorhydrine du glycol, et qu’ils n’aient pas manifesté à ce moment la grande confiance que nous mettions dans le procédé au chlorure de soufre. Il en résulta que la France fut, parmi les nations alliées, la première à fabriquer l’ypérite (et bientôt en quantités considérables), et qu’elle put communiquer à ses alliés les renseignements nécessaires au montage de leurs usines. Il lui fut même possible de céder des obus à ypérite à differentes nations : Belgique, Etats-Unis, Grèce, Italie.
- M. Grignard et M. Simon étudièrent, indépendamment l’un de l’autre, des questions physico-chimiques concernant l’vpérite clu plus grand intérêt au point de vue de son utilisation militaire. On peut dire d’ailleurs que tous les laboratoires se sont, à des titres divers, occupés de ce corps.
- L’ypérite allemande, contrairement à la nôtre, était fabriquée suivant 1a réaction à la monochlorhydrine du glycol, ainsi que l’ont montré pendant la guerre M. Grignard, par l’étude des impuretés des ypérités allemandes, et M. Delépine, par la détermination du soufre de ces mêmes ypérités, oxydable en acide sulfurique.
- Il est intéressant de remarquer que notre procédé de fabrication était 30 fois plus rapide que le procédé allemand, sans parler du prix de revient, qui était beaucoup plus avantageux.
- Ajoutons, enfin, que les recherches entreprises par MM. Job et Bougault sûr la série des arsines venaient d’aboutir à des résultats du plus haut intérêt lorsque les hostilités prirent fin.
- Tel est, rapidement esquissé, le résultat pratique des recherches effectuées par les laboratoires français qui se consacraient aux gaz asphyxiants. Mais combien de corps furent examinés en dehors de ceux qui ont été retenus! 11 faudrait des volumes entiers poqr relater tous ces travaux.
- Disons seulement que la Section des produits agressifs s’est réunie 70 fois du 17 septembre 1915 au 11 novembre 1918 et qu’elle a discuté 984 rapports (la Section de protection' s’est réunie 04 fois dans'le même temps et a-examiné 976 rapports).
- Pour chaque corps étudié, une série d’épreuves étaient
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- LE DIMORPHISME SEXUEL CHEL LES DYNASTES ..v::;- 319
- imposées dont il devait sortir victorieux. Tout d’abord, le corps examiné devait être stable dans les conditions d’emploi en obus, avec ou sans fumigène, et d’une préparation industrielle facile, tant au point de vue des installations que de l'approvisionnement en matières premières. Lorsque les épreuves chimiques étaient terminées, il restait les épreuves physiologiques, destinées à mesurer le degré de toxicité, les pouvoirs lacrymogène, irritant, caustique, etc. Enfin lés épreuves militaires permettaient d’établir le mode de chargement et l’effi- e cacité réelle sur le terrain, au moyen de tirs réels
- exécutés dans les conditions du champ de bataille.
- Malgré l’importance de tous ces travaux, le personnel des 16 laboratoires de l’Inspection des Études et Expériences chimiques n’a jamais dépassé 110 chimistes. On peut ainsi juger de l'effort que ces techniciens ont dù fournir, d’autant que nombre d’entre eux ont été intoxiqués plus ou moins grièvement et obligés de suspendre leur service pendant plusieurs mois.
- (A suivre.) Cu. Moukeo,
- Membre de l’Instilut, Professeur au Collège de Franco.
- LE DIMORPHISME SEXUEL CHEZ LES DYNASTES
- Les Dynasles sont les plus gros insectes connus de la nature actuelle. L’espèce commune et, pourrait-on dire, la plus renommée, est le Dynasles hercules, appelé vulgairement Hercule (fig. 1). Cet insecte est le géant parmi les géants que renferme l’importante famille des Coléoptères lamellicornes. Nous avons mesuré un mâle de 14 centimètres de longueur, depuis le bout de la corne prothoracique jusqu’à l’anus, et presque aussi gros qu’une souris.
- Et quelle puissante armure possède ce monstre ! Outre l’épaisse cuirasse de chitine, apanage de tous les insectes, l’Hercule mâle a deux énormes lances pointées vers l’avant, et parlant l’une de la tête, l’autre du corselet ou prothorax. Nous appellerons ces lances cornes céphalique et prothoracique. Cette dernière a son bord inférieur garni d’une brosse de courtes soies jaunâtres. Elle porte en outre, dans sa moitié basilaire, une paire de dents ou cornules braquées vers la face ventrale. La corne céphalique possède trois dents situées l’une à la suite de l’autre et donnant à son bord supérieur l’apparence d’une scie ébréchée. Les deux cornes sont de longueurs inégales, mais toutes deux peuvent cependant, bien que dans une faible mesure, fonctionner comme une pince. Quelques voyageurs naturalistes ont laissé entendre que l’Hercule joue de cette pince quand il veut arracher ou couper une ramille d’arbre.
- Le schéma ci-joint (fig. 2-a) de la tête et du corselet d’un Dynastes hercules mâle représente les caractères énoncés précédemment. Rappelons qu’ils n’existent que chez les mâles de l’espèce considérée. Les femelles sont privées de cornes, ce qui leur donne une toute autre apparence que celle des individus de l’autre sexe. En d’autres termes, un Hercule mâle se distingue autant d’un Hercule femelle qu’un cerf d’une biche. Les savants ont une expression consacrée pour désigner un tel phénomène; ils disent qu’il s’agit de dimorphisme sexuel. Mais qui ne voit que ces mots cachent leur ignorance sur les causes mêmes de la différence morphologique entre les sexes?
- Pourquoi le mâle a-t-il des cornes (ou une barbe ou une crête s’il s’agit d’autres animaux) ?
- Darwin croit l’expliquer en interprétant ces divers organes comme des ornements ou des armes — suivant le cas — assurant à leur possesseur
- un avantage manifeste dans la reproduction. Un Dynasles hercules très cornu aurait plus de chance qu’un autre moins bien armé d’être vainqueur dans la lutte pour la possession des femélles. Un coq joliment encrêté ou un paon dont le plumage aurait une magnificence exceptionnelle seraient fout particulièrement admirés et choisis comme reproducteurs. Hercules, coqs et paons les mieux armés ou les mieux ornés laisseraient finalement une plus nombreuse et plus vigoureuse postérité, laquelle, à son tour, ayant hérité des cornes, crête ou plumage de son parent, transmettrait ces caractères.avantageux aux individus de troisième génération et ainsi de suite. Quoi d’étonnant, selon Darwin, à ce que les Dynasles hercules mâles aient de longues cornes, si, au cours des siècles passés, les plus cornus se sont toujours reproduits à l’exclusion des autres.
- Aucune théorie n’est, il est vrai, inébranlable, et les objections ne manquent pas à l’égard de celle que nous venons d’exposer. La critique en a été faite par des savants autorisés, sur le jugement desquels il ne convient pas de revenir.
- Au reste une idée meilleure et plus générale que celle de Darwin est venue s’y substituer. Il paraît de plus en plus certain que tout caractère, toute variation, toute manifestation vitale chez les êtres vivants résulte enpremière ligne del'action du milieu sur ces êtres; comme une réaction chimique tient à la nature des corps en présence et aux conditions précises dans lesquelles s’est"faite leur rencontre.
- Des coqs et des poules nourris pendant plusieurs générations avec de la viande crue acquièrent des ongles puissants, tout à fait comparables aux serres des oiseaux de proie. Voilà un fait certain montrant que l’alimentation, et, plus généralement, les conditions de vie influent directement sur les formes organiques.
- Pour revenir aux Dynasles hercules, on pourrait être séduit par l’explication suivante de leur dimorphisme sexuel. Les cornes d’un insecte sont en çhiline, substance chimiquement très voisine de la kératine à laquelle les ongles des oiseaux doivent leur dureté. Si une certaine nourriture augmente la kératine des oiseaux, une autre alimentation peut influer sur les cornes des insectes. Mâles et femelles se nourrissent, à vrai dire, de la même manière, mais leurs fonctions sont différentes. Les
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- 320 —' LE DIMORPHISME SEXUEL CHEZ LES DYNASTES
- Fig. i. — Dynastes hercules mâle (à gauche) et femelle (à droite).
- femelles en particulier doivent remplir au cours de leur vie une tâche considérable, celle d’accumuler dans des milliers ou des millions d’œufs une énorme quantité de matières nutritives. Rien qne cela — tant que cela, faudrait-il dire — suffît pour que les deux sexes ne répondent pas de la même façon au même excitant. Il n’est d’ailleurs nullement prouvé que la cause en jeu soit le régime alimentaire, comme nous l’avons supposé jusqu’ici, plutôt qu’un autre facteur du milieu agissant uniquement sur l’un des sexes : action unilatérale d’où effet unilatéral.
- Quoi qu’il en soit de ses détails d’application à chaque cas particulier, le principe reste constant et général : le dimorphisme sexuel résulte de l’interaction du milieu et de l’être vivant.
- L’élude des Dynastes paraît en offrir une preuve nouvelle. Ce genre d’insectes, outre le Dynastes hercules dont nous avons déjà parlé, renferme une demi-douzaine d’autres espèces qui toutes vivent en Amérique, mais à des latitudes différentes. Ce sont :
- Dynastes hercules, du Brésil ; Dynastes jupiler, de Colombie et Yénézuéla ; Dynastes ipliiclus, du Mexique ; Dynastes perseus et alcides, des Antilles ; Dynastes tityus, de Virginie et Caroline.
- L’habitat total occupe 5000 kilomètres du nord au sud, et l’on conçoit que les conditions d’existence (alimentation, température, etc.) varient beaucoup entre les espèces considérées. Or, elles présentent justement une gradation très nette dans leur dimorphisme sexuel, ce que montrent les schémas de la figure 2.
- L’espèce la plus septentrionale (Dynastes tityus) atteint le quarantième degré de latitude nord. Le Bulletin pour 1904 du Département de l’Agriculture des États-Unis signale l’abondance de cet insecte en Caroline méridionale (région de Washington et de Baltimore) et en Virginie. Il pullule tellement en juin et en juillet que l’air en est empuanti. L’insecte s’abat sur le frêne, sa plante préférée, dont il brise les bourgeons et les rameaux pour s’abreuver de la sève. Dynastes tityus est le plus petit des Dynastes (4 ou 5 centimètres) et celui dont le dimorphisme sexuel est le moins accentué.
- Entre les deux extrêmes (Dynastes hercules et tityus) qui habitent aussi les confins du domaine,
- l’un au Brésil, l’autre aux États-Unis, s’échelonnent les autres espèces. Sans entrer dans des détails auxquels suppléeront les figures, on peut énoncer en quelques mots les lois suivantes :
- 1° La taille des Dynastes croît du nord au sud.
- 2° Les cornes croissent en grandeur absolue, en grandeur relative par rapport au corps et en complication du nord au sud.
- 5° Le rapport des longueurs des cornes prothoracique et céphalique est indépendant de la latitude.
- Cela pour les mâles ; quant aux femelles, sauf par la taille, elles se ressemblent en tous points.
- Ne retenant que les deux premières lois, on ne peut qu’être frappé de l’influence de l’habitat sur le dimorphisme sexuel et plus généralement sur les êtres vivants. A ce point de vue prend un jour nouveau cettephrase de Darwin, extraite de XOrigine des espèces : « Un naturaliste voyageant du nord au sud ne manque jamais d’êlre frappé de la manière dont des groupes successifs d’êtres organisés, spécifiquement dislincts et cependant en étroite relation les uns avec les autres, se remplacent mutuellement ». Léon Bertin,
- Agrégé de l’Université.
- Fig. 2. — Schémas de la tète et du prothorax
- des Dynastes mâles.
- a, Dynastes hercules; b, Dynastes jupiter; c, Dynastes iphiclus; d, Dynastes perseus ; e, Dynastes alcides; /, Dynastes tityus. '
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiidue, ü, rue de Fleurus, à Paris.
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- 20 NOVEMBRE 1920
- LA NATURE. — N° 2433.
- L’ÉPURATION BIOLOGIQUE ARTIFICIELLE DES MATIÈRES USÉES
- DE L’HABITATION
- On sait que l’épuration biologique arliiicielle dont le processus d’épuration est semblable à celui de l’épuration biologique naturelle ou épandage — permet d’épurer, dans un temps relativement court et sur des surfaces très réduites, une grande quantité d’eau et de matières usées. Ces phénomènes d’épuration biologique sont uniquement basés sur la présence, dans ces matières usées, de microbes anaérobies qui ne peuvent vivre en présence d’air, mais qui ayant cependant besoin d’oxygène pour leur nutrition, décomposent la matière organique pour en absorber l’oxygène, et de microbes aérobies qui, au contraire, ne vivent qu’en présence d’air et par conséquent d’oxygène.
- Il s’ensuit que toute tentative d’épuration biologique appliquée aux matières de vidanges doit tenir compte de ces données et comprendre comme l’a montré M. le Dr Calmette, de l’Institut Pasteur, dans de remarquables expériences relatées dans un ouvrage fort intéressant :
- 1° Une fosse septique où les matières se décanteront et se solubiliseront par l’action des microbes anaérobies.
- 2° Un filtre d’oxydation ou lit bactérien composé notamment de mâchefer et arrosé de façon intermittente par l’effluent de la fosse septique. Sous l’action de l’air et des microbes aérobies, ceteffluent se désodorisera et deviendra imputrescible, ce qui permettra de l’évacuer sans danger à l’égout ou à la rivière.
- Seule, la fosse septique ne peut et ne doit donc être considérée actuellement que comme un appareil évacuant des gaz et des matières fécales solubilisées puantes, plus ou moins étendues d’eau. Laproduc-
- Coupe verticale
- Fig. i. — Septic tank Bezault.
- tion de ce liquide étant fonction des germes eux-mêmes, on comprend qu’il est aussi septique que la fosse elle-même et qu’il y a lieu de le traiter, au sortir de la fosse, en vue d’en détruire la nocivité. C’est à cette conclusion que s’est arrêté au surplus le Conseil supérieur d’hygiène publique de France (17 janvier 1910).
- Par l’intermédiaire du lit bactérien, on achève vraiement la dislocation de la molécule organique et on rend au règne minéral l’azote de celle-ci sous forme de nitrites ou de nitrates ; de plus la plupart des germes pathogènes sont détruits par concurrence vitale des autres germes.
- C’est ce qui explique que les Conseils d’hygiène départementaux ne tolèrent pas les fosses septiques seules parce que leur travail s’arrêtant à la nitrification — alors que c’est là précisément que commence l'épuration — elles présentent un danger permanent pour la santé publique.
- Il faut donc rejeter toute installation non complète comme aussi celle dont le lit bactérien ne tient pas compte exactement de la technique microbienne. Nous allons sommairement examiner quelques systèmes de fosses complètes dont les résultats donnent toute satisfaction à l’hygiène publique.
- Installation d’épuration biologique Bezault. — Dans cette installation (fig. 1), la fosse septique est une sorte de réservoir rigoureusement étanche, en tôle galvanisée ou ciment armé, divisé en deux compartiments inégaux; dans le plus grand, arrivent le où les tuyaux de chute, alors que dans le plus petit est placé le tuyau d’évacuation. La séparation entre les deux compariiments est formée par une cloison partant du fond et s’élevant à quelques centimètres au-dessus du niveau de sortie, c’est-à-dire au-dessus de la surface du liquide. Vers les deux tiers de sa hauteur, la cloison comporte une série de petites ouvertures longitudinales pour assurer la communication entre les deux compartiments. La cloison a pour but d’atténuer les courants
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- 48' Année — 2* Semestre.
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- Fig. 3. — Installation d'épuration du D' Bussière.
- et remous-entre l’entrée et la sortie comme aussi d'empêcher les matières solides de passer avant leur désagrégation dans le compartiment de sortie.
- Les tuyaux tant de chute que de sortie plongent de 0 m. 50 à 0 m. 80 selon l’importance de la fosse. La capacité est calculée d’après le nombre des personnes à desservir de telle sorte que les matières y séjournent une dizaine de jours.
- . Quant au filtre, il est également constitué par un réservoir étanche en tôle galvanisé ou en ciment armé, de dimension en rapport avec le volume et la nature du liquide à traiter. Un petit récipient, sorte de bac à renversement automatique, reçoit l’effluent de la fosse et le déverse d’une façon intermittente
- ARTIFICIELLE DES MATIÈRES USÉES
- dans une rigole contenant des matériaux désodorisants qui ne sont jamais noyés; le liquide est ensuite réparti en fines gouttelettes sur la surface des matériaux filtrants (mâchefer criblé et concassé) garnissant le reste du filtre ; ces matériaux servant de supports d’oxydation assurent de celle façon la nitrification. A la base du filtre sont placées des dalles filtrantes supportant lesdils matériaux filtrants et facilitant le drainage et !a ventilation.
- La partie supérieure du filtre est en communication avec la partie inférieure, ce qui, par l’intermédiaire du tuyau de ventilation et de celui d’évacuation de l’effluent, permet d'activer l’aéialion de la masse filtrante, par un courant d’air de préférence de haut en bas. Le drainage de l’acide carbonique provenant de l’oxydation directe dans le filtre est assuré par un tuyau spécial.
- Installation « Simplex » Gaultier. — La fosse (fig. 2) est un cylindre en ciment armé, muni de deux cloisons intérieures de différentes hauteurs, l’une suivant un diamètre, l’autre selon un rayon : la première est percée à sa partie inférieure. Le compartiment I reçoit le tuyau de chute G et l'onc-
- niirif/cateur
- Installation Barbas.
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- lionne comme une fosse septique ordinaire : l’eau p isse dans S par une ouverture grillagée inférieure. De là, l’appareil élant plein, lorsqu’un apport se produit, une quantité de liquide de pareil volume passe dans II par-dessus la cloison, et une aulre, toujours de môme volume, sort par le tuyau d’évacuation V et va se répandre sur le nilrificateur, lequel se compose d’un cylindre en tôle perforée de 1 m. 20 de hauteur sur 0 m. 90 de diamitre. À la partie supérieure du nitriüeaicur, se trouve une trémie de réception cl un cône de distribution ; à l’intérieur, sont disposées plusieurs couches superposées de matériaux filtrants.
- Le nitrifiealeur peut etre employé de deux façons
- petite échancrure permettant aux gaz le libre accès d’un compartiment dans l’autre et leur parfait équilibre.
- La cuve centrale est remplie de coke, de tourbe ou de scories de mâchefer ; elle constitue le lit bactérien. La matière filtrante est supportée à la base par une grille ménageant au-dessous d’elle un espace libre, la pente concentrique légère, permettant l’écoulement des eaux épuisées dans un conduit I se rendant soit à l’égout ou à la rivière, soit dans un puisard. C’est aussi par cet espace libre inférieur que s’opère l’évacuation des gaz et l’aération du lit bactérien.
- Le lit bactérien est traversé par un tuyau de
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- Fig. 5.
- Installation Girard à plateaux oxydants.
- différentes, c’est-à-dire placé soit dans un espace clos et ventile, les eaux épurées élant recueillies, évacuées par une canalisation à un égout ou à la rivière, soit à la partie supérieure d'un puits nilri-lîcateur absorbant, comme le montre la figure 2, renfermant du mâchefer, coke, etc., pour le cas où il n’existe pas d’égout ou de cours d’eau voisins pour l’évacuation des eaux épurées.
- Installation d’épuration du Dr Bussière. — Elle se compose (fig. o) d’une fosse septique et d’un lit bactérien continu ou percolateur central, soit deux cuves cylindriques de diamètres différents et n’ayant aucune communication entre elles. L’espace annulaire compris entre les deux cuves constitue la fosse septique ; celle-ci est divisée en quatre compartiments communiquant entre eux par de petites ouvertures G disposées en chicane et situées dans les cloisons verticales séparatrices. La cloison 4 seule est pleine et inlerrrompt toute communication entre les premier et quatrième compartiments. Le bord supérieur des quatre cloisons présente une
- 0 m. 15 de diamètre, en tôle galvanisée ou en poterie; le tuyau s’élève jusqu’au niveau du toit de l’immeuble où il est surmonté d’une girouette aspi-ralrice et plonge jusqu’en dessous du lit bactérien. L’air frais étant amené à la surface du lit par le tuyau A, la ventilation se fait d’une manière énergique à travers le lit bactérien. La chambre des gaz de la fosse septique communique avec le tuyau de ventilation par conduit ; quant à ces gaz, élant pour la plupart plus légers que l’air, ils s’échappent par le tuyau et établissent un . appel d’air frais qui, forcément, traverse le lit bactérien et y active les oxydations.
- Installation Barbas et Cie. — Elle est constituée (fig. 4) par une fosse divisée en deux compartiments inégaux par une cloison dépassant le plan d’eau et percée de barbacanes à une hauteur variant avec celle du liquide. Un tuyau d’aération permet l’échappement des gaz issus de la fermentation. Des trappes de visite permettent l’accès à chacun des compartiments.
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- L’ÉPURATION BIOLOGIQUE ARTIFICIELLE DES MATIÈRES USÉES
- L’épuraleur peut être proche ou éloigné de la fosse- Un caniveau réservé dans le radier amène l’effluent, après son passage sur les lits bactériens,
- Fig. 6, — Installation d’épuration avec,caisse syphoïde Devrez.
- dans une petite cuvette ménagée avant l'évacuation et dont le but est de faciliter au délégué du Conseil d’hygiène la prise d’échantillons. Les lits bactériens sont formés de plusieurs paniers garnis de matériaux filtrants. Un réservoir de chasse automatique assure la répartition du liquide sur les lits de façon intermittente. Une prise d’air est établie un peu au-dessus du radier qui assure de bas en haut un courant d’air pour aider à l’oxydation.
- Installation d’épuration A. Girard. — Elle s’établitsoit avec lits bactériens dontla construction d’ensemble rappelle les précédentes, sauf un lit bactérien anaérobie, soit avec plateaux oxydants, variante (fig. 5) qui s’explique toutes les fois qu’on ne dispose pas de hauteur suffisante. Ces plateaux agissent en surface au lieu d’agir en profondeur; les matériaux utilisés sont ceux des lits bactériens.
- La fosse septique comporte : un compartiment de dissolution 1 avec à laparlie supérieure unlit bactérien anaérobie forçant les matières à plonger dans le liquide et à s’y dissoudre, d’où suppression de ce qu’en terme du métier, on désigne sous le nom de « chapeau », un départ de l’effluent vers les plateaux oxydants 2, une arrivée 3 et un appel d’air 4, un siphon d’évacuation de l'effluent épuré 5 et des rigoles de distribution du liquide à travers les plateaux 6.
- Installations d’épuration Devrez. — En plus d’une fosse septique complète, cet ingénieur a établi une variante qui permet, au moyen d’une caisse siphoïde à soupape hydraulique, d’utiliser une fosse ordinaire. Outre cet avantage important au point de vue économique, on a celui de pouvoir, en cas d’engorgement, facilement désobstruer lasortie de l’effluent à l’aide d’un crochet flexible. Cette caisse siphoïde en ciment armé représente en somme la cjoison que l’on remarque dans toute fosse septique, mais reportée à l’extérieur. La soupape hydraulique dont est munie
- la caisse a pour but d’empêcher les gaz de se répandre dans la conduite d’évacuation tout en leur donnant un exutoire temporaire afin d’éviter tout danger d’explosion.
- Comme on le voit sur la figure 6, qui représente une semblable installation, les matières liquéfiées se rendent au nitrificateur par un appareil distributeur à bascule afin de permettre l’aération des matériaux filtrants, autrement dit de reprendre une provision d’oxygène. Le filtre se compose en lui-même d’un épandoir, d’une dalle trouée et de plateaux perforés recouverts d’une couche de scories : il est aéré au moyen d’une colonne montante.
- Installation Auroy. — Egalement cet ingénieur, outre une fosse septique complète, a créé un appareil siphoïde en ciment armé afin de pouvoir transformer en fosse septique une ancienne fosse ordinaire. La figure 7 montre une installation dans laquelle on remarque la suppression de la cloison intérieure delà fosse parce que susceptible, dit l’inventeur, de s’obstruer ou de se renverser sous la pression du liquide. Comme le type précédent, l’appareil « siphonic » a pour but de ralentir la sortie du liquide de la fosse et d’empêcher également celle des matières non dissociées par la fermentation bactérienne. Un filtre bactérien complète le tout.
- D’autres types de fosses septiques existent, mais l’espace mesuré de cette étude ne nous permet de les décrire ni de les citer sans craindre une omission. Nous renvoyons dès lors aux notices de leurs
- Chute "WC
- Appareil ^AW/
- Fig- 7• — Installation avec appareil siphoïde Auroy.
- constructeurs en priant nos lecteurs de se rappeler que l’épuration biologique ne peut se faire qu’avec une fosse septique et un filtre d’oxydation, et que l’un et l’autre de ces appareils étant établis, par un régime bien déterminé, il convient dès lors, en vue d’assurer le parlait fonctionnement de l’ensemble, de se maintenir dans les données de ce régime.
- M. Bousquet.
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- LE PÉTROLE AU MEXIQUE
- Personne n’ignore que le Mexique renferme des ressources considérables en pétrole et quels vastes espoirs les hommes d’affaires ont conçus à leur sujet. Sur ces gisements les informations ne manquent certes pas, mais émanant de milieux financiers, elles laissent l’impression d’être plus ou moins tendancieuses. Aussi bien nous paraît-il intéressant de faire connaître sur cette importante question un document qui en raison de son origine, présente toute garantie d’impartialité. C’est un rapport émanant du ministère de Comnurce des Etats-Unis et inséré dans les Commerce Reports, la feuille d’information économique publiée par ce département ministériel.
- Disons de suite que cette pièce officielle confirme tous les articles dithyrambiques que l’on a pu lire sur les richesses pétrolifères du Mexique. En 1918, ce pays a produit plus de 64 millions de barils d’huile de 190 litres ; en 1919, 88 millions environ ; pour 1920 on annonce 140 millions. Par suite, dans la statistique de la production, cette république de l’Amérique centrale se place au deuxième rang, immédiatement après les Etats-Unis, avec un rendement égal au cinquième de l’extraction mondiale. Or, les bassins actuellement exploités ne constituent qu’une partie infime des immenses territoires pétrolifères que renferme le Mexique. De plus, faute de moyens de transport et de stockagè suffisants, les compagnies ont dû réduire leur exploitation à 12 pour 100 de la capacité totale des puits. Si ces puits coulaient librement, le Mexique deviendrait du coup, non seulement le premier producteur de pétrole du monde entier, mais encore, à lui seul, il en fournirait beaucoup plus que le reste du globe. Ainsi en 1919, il aurait pu livrer 1 70 millions de barils de plus que les Etats-Unis et 52 millions de plus que les autres pays de la terre n’en ont fourni en 1918. D’après une statistique dréssée par le gouvernement mexicain, les possibilités des bassins actuellement exploités peuvent être évaluées à près de 2 millions de barils par jour.
- C’est qu’au Mexique les sondes possèdent une capacité de production absolument extraordinaire. Alors qu’en Pensylvanie, en Virginie, dans l’Ohio, les régions des Etats-Unis les plus anciennement exploitées, le débit moyen quotidien d’un puits ne dépasse pas 120 litres, que dans le Miel. Continent (Kansas, etc.) il est tout au plus de 9 barils et que dans la région des Rocheuses où l’on relève l’afflux le plus considérable, il monte à 90 barils, dans la grande république de l’Amérique centrale il atteint le chiffre fantastique de 1000 barils par jour. Aujourd’hui le Mexique possède 25 puits susceptibles de donner en moyenne 24 000 barils en vingt-quatre heures. Durant le premier semestre de 1919, il a été fait aux environs de Tampico huit sondes dont l’écoulement sans restriction aurait pu fournir près de 600 000 barils par 24 heures, soit plus de 110 millions de litres! Un véritable fleuve de pétrole. Mais la médaille a son revers ; il arrive parfois que ces richesses sont brusquement anéanties par des invasions d’eau salée.
- Les terrains pétrolifères actuellement exploités sont situés soit sur le versant du Golfe, aux environs de Tampico, soit dans la région du Tuxpam, fleuve débouchant entre le port et la Yera-Cruz, soit dans celle de Téhuan-tepec et de Tabasco. Près de Tampico se trouvent : 1° le bassin d’Ebano, à 65 kilomètres dans le Sud-Ouest de Tampico (densité de l’huile 0,986) ; 2° celui du rio Panuco
- également dans le Sud-Ouest de ce port, aune dislance de 52 à 50 kilomètres. Entre les rivières Tamesi et Panuco, existent des terrains très productifs. Dans ce bassin rarement un sondage aboutit à un résultat négatif. Les champs du Panuco donnent une huile lourde et visqueuse ; 5° le bassin d’Huasteca, au Sud de Tampico; il renferme égalemeût des zones de grande production, Casiano, Cerro Azul et Pofrero del Llano. (Densité de l'huile 0,9495 à 0,9571.)
- La région pétrolifère du Tuxpam se rencontre au sud de la rivière de ce nom. C’est de beaucoup la plus productive actuellement. L’huile qu’elle fournit est plus légère que celle provenant du bassin de Tampico. En 1919, la région de Téhuantepec et de Tabasco n’a par contre donné qu’une très faible quantité de pétrole. Dans cette dernière zone, l’huile se rencontre à une faible profondeur.
- D’après un rapport officiel mexicain les exploitations ne s’étendent actuellement que sur 2000 kilomètres carrés; or, c’est à environ 575 000 kilomètres carrés, plus que l'étendue de la France, que l'on évalue la superficie des territoires susceptibles de produire du pétrole au Mexique et dans cette immensité des reconnaissances n’ont encore porté que sur 27 000 kilomètres carrés. 11 y a donc de beaux jours pour les prospecteurs.
- On compte au Mexique 505 puits (1919) en activité, susceptibles d’un rendement total de 1 600 000 barils par jour. 55 sont possédés par YAguila C°, plus connue sous le nom de Mexican Eagle, 54 par la Mexican Petroleum C°, 17 par T Union Petroleum C° (société hispano-américaine), 14 par la Texas Company of Mexico et par la Transcontinental Petroleum C° chacun.
- D’après la statistique de 1919 la production se répartit ainsi entre les principales sociétés : en tête la Mexican Eagle avec 18,8 millions de barils; puis la Huasteca C° contrôlée par la Mexican Petroleum C°, 15,5 millions de barils; la Pennsylvania-Mexican Fuel 0:1, 8,6 millions; h Transcontinental Petroleum C°, 7,1 millions; la Mexican GulfOil Corporation et la Texas Company of Mexico, respectivement 5,9 et 5,1 millions. Les autres compagnies, au nombre de 52, ont obtenu un nombre de barils variant entre 1559 et 4,9 millions. Notons que la Huasteca tombée au deuxième rang en 1919, après avoir tenu la première place les deux années précédentes, regagnera peut-être la primauté en 1920, si des inondations survenues ces temps derniers n’ont pas trop gêné son extraction.
- Actuellement la production se trouve ralentie par le défaut de moyens de transports. Pour envoyer le pétrole aux ports de la côte, les compagnies disposent, en outre de plusieurs lignes ferrées et de voies navigables, d’un réseau très étendu de pipe-lines. Au 51 décembre il atteignait une longueur de 1421 kilomètres, à peu près le double de la distance de Paris à Orange et pouvait débiter par jour 527 000 mètres cubes, soit 2 576 400 barils. Mais dans plusieurs districts, par suite de diverses circonstances,, il y a surabondance de conduites, tandis que dans d’autres, elles sont insuffisantes pour permettre d’évacuer tout le pétrole disponible. De plus, l’exportation se Irouve paralysée faute de tonnage disponible. Pour remédier à cette situation, les compagnies emmagasinent l’excès de leur production ; en 1919 elles possédaient ainsi 902 réservoirs d’une contenance de 7,8 millions de mètres cubes. En même temps
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- deux grosses sociétés se sont créées pour entreprendre la construction de flottes de tanks destinées à assurer l’exportalion du pétrole mexicain. L’une, la Britisli-Mexican Petroleum C°, au capital de 2 millions de livres, se propose d’amener l’huile du Mexique en Europe, tandis que l’autre, VAtlantic Gulf OU Corporation, au capital de 20 millions de dollars, la distribuera dans le monde entier à raison de 10 millions de barils par an.
- Actuellement il n’existe au Mexique que sept raffineries. Leur capacité de production est de 100 000 barils par jour. Les quatre cinquièmes du pétrole exporté sont à l’état brut.
- 90 pour 100 des expéditions à l’étranger sont faites par le port de Tampico qui possède à cet effet un outillage ne laissant rien à désirer. Le reste est chargé à Puerto Lobos et à Tuxpam. Dans ce dernier port les navires étant obligés de demeurer à un mille au large embarquent le pétrole au moyen de manches adaptées à des pipe-lines immergées.
- En 1919 l’exportation du pétrole mexicain n’a pas dépassé 78 millions de barils, mais pour 1920 un progrès considérable s’affirme; seulement pendant le premier semestre de l’année courante les expéditions à l’étranger se sont élevées à 60 millions de barils, en augmentation de 72 pour 100 par rapport à 1919 ; on prévoit donc pour cette année une vente de 120 à 135 millions de barils.
- Les Etats-Unis sont les principaux acheteurs du pétrole mexicain, ils prennent environ 71 pour 100 de l’expor-
- tation ; l’Amérique du Sud en reçoit 8 pour J 00, Cuba 5 pour 100; le Mexique absorbe lui-même 4 pour 100, et autant est expédié en Grande-Bretagne.
- Dans ces derniers temps le gouvernement mexicain a pris des mesures tendant à la nationalisation des gisements de pétroles, par conséquent menaçant de confiscation les compagnies qui les exploitent. Contre ces décrets, des protestations ont été immédiatement remises par les gouvernements des Etat-Unis, de France, de Grande-Bretagne et des Pays-Bas. En mai 1920 le président Carranza qui avait adopté cette attitude hostile à l’égard des sociétés étrangères a été renversé; le gouvernement qui lui a succédé parait manifester des dispositions plus conciliantes. Il est d’ailleurs certain par avance que si les événements prenaient une tournure menaçante pour l’avenir de l’industrie du pétrole au Mexique, les Etats-Unis interviendraient énergiquement. Ils y possèdent d’abord des intérêts considérables; en second lieu le pétrole mexicain leur est indispensable. 40 pour 100 des bassins pétrolifères des Etats-Unis sont épuisés et le reste le sera dans vingt ou vingt-cinq ans. Déjà la grande république américaine consomme plus de pétrole qu’elle n’en produit. Les gisements d’huile du Mexique lui sont donc indispensables d’autant qu’ils sont situés à sa porte ; par suite elle ne tolérera point que des aventuriers veuillent la dépouiller de propriétés acquises suivant toutes les formes légales au moment de la signature des contrats de vente. Ciiari.es Rarot.
- LES GRANDES DISTRIBUTIONS ÉLECTRIQUES MODERNES
- Tous les pays civilisés se couvrent de réseaux de distributions électriques de plus en plus serrés, portant à grande distance l’énergie électrique produite dans des stations centrales hydrauliques ou thermiques. Ce développement prend place parmi les grands faits économiques des temps modernes, comparable par son importance au développement des chemins de fer.
- La grande crise de la guerre, l'impérieuse nécessité d’économiser le charbon, de tirer le meilleur parti possible de toutes les ressources naturelles, et de
- réduire au minimum la main-d’œuvre, ont imprimé, en ces derniers temps, une évolution nouvelle à l’organisation des transports électriques. C’est de l’Amérique du Nord que nous arrivent les enseignements les plus nets et les plus probants à cet égard, Les Etats-Unis et le Canada sont sans doute les régions les mieux dotées au monde en houille blanche ; elles possèdent sans conteste les plus puissantes et les plus nombreuses exploitations
- électriques; celles-ci, par de gigantesques réseaux à haute tension dont certains atteignent plus de 400 kilomètres de portée, répartissent leur énergie
- bienfaisante sur de vas-
- Fig. i. — Schéma de centrale automatique.
- tes territoires. Malgré leur abondance, les richesses ainsi mises en valeur, sont toujours restées aux Etats-Unis aussi bien qu’au Canada, inférieures aux besoins du pays ; pendant la guerre notamment,. lès Etats-Unis ont fait un colossal effort industriel qui a exigé la mobilisation aussi rapide que possible d’une énorme somme de forces motrices. Pour y faire face, les ingénieurs américains ont dû rechercher et appliquer les moyens logiques de tirer le meilleur parti des ressources naturelles, avec, le maximum d’économie et de rendement; leur pays, dans une période de prospérité économique sans précédents, d’une opulence hydraulique incomparable, offrait à ces études un champ merveilleux qui a permis aux techniciens américains de prendre' une avance considérable sur leurs collègues européens
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- LES GRANDES DISTRIBUTIONS ÉLECTRIQUES MODERNES
- cruellement handicapés par la guerre. L’expérience ainsi acquise est particulièrement précieuse pour la France, sévèrement rationnée en forces motrices de toute nature, et par conséquent obligée pour vivre de pratiquer un programme rationnel de mise en valeur de ses ressources.
- En pleine période de guerre, on a commencé à mettre en pratique, notamment dans les Pyrénées, les méthodes a-méricaines ; et ce mouvement ne fera que s’accentuer.
- Nous croyons donc utile d’en résumer ici les traits caractéristiques.
- Lorsqu’on examine les plans d’une grande centrale américaine ultra - moderne, surtout s’il s’agit d’une centrale hydro électrique, on est frappé par le petit nombre des machines et appareils qui la composent et par l’extrême simplicité de son fonctionnement, simplicité qui va dans certains cas jusqu’à Fauto-maticité.
- Une centrale hydro-électrique de quelque importance comprend toujours un certain nombre de turbines hydrauliques, installées sur le cours d’eau ou sur une dérivation de celui-ci; dés vannages commandés par des servo-moteurs et des régulateurs, permettent de régler l’admission de l’eau dans ces machines. Chacune d’elles commande en généial un alternateur, qui fournit du courant alternatif sous une tension relativement peu élevée de l’ordre de 4000 à 6000 volts. Le courant ainsi produit est porté au moyen de transformateurs statiques, à la tension élevée qu’exige la distribution.
- On emploie couramment en France des tensions de 20000 à 60 000 volts. Aux Etats-Unis, on est
- beaucoup plus audacieux, les tensions supérieures à 100 000 volts tendent à devenir la règle et non plus l’exception.
- Au sortir des transformateurs, le courant est envoyé dans les lignes de distribution ; des appareils spéciaux de sécurité, parafoudres, limitcurs de tension, protègent l’installation contre les accidents qui peuvent provenir des lignes : coups de foudre,
- mises à la terre, court-circuits.
- La centrale comporte en outre un certain nombre de machines auxiliaires : les excitatrices qui four-nissentlecourant nécessaire pour créer le champ magnétique dans les enroulements inducteurs des alternateurs, les moteurs décommandé de vannages et au Ires appareils, l’installation d’éclairage, etc.
- Quand on pénètre dans une centrale française, on y voit rarement en mouvement tous les groupes turboalternateurs à la fois; en effet, la demande de courant de la clientèle ne se répartit pas uniformément sur toutes les heures de la journée; on sait qu’il est des heures de pointes, où la demande est beaucoup plus élevée que pendant le reste de la journée ; d’où l’obligation pour l’usine de disposer de groupes de réser ve que l’on ne met en marche qu’aux heures de forte charge. Une grande usine est en général une affaire indépendante, ayant son budget propre, elle doit donc s’organiser pour être en mesure de faire face à tous les aléas, notamment aux arrêts qui proviendraient d’un accident de machine; cette nécessité vient encore accroître l’importance des groupes de réserve. On conçoit que l’obligation d'installer ainsi des machines qui ne fonctionnent que par intermilhnce constitue une
- Lig. 2. — Les conduites d'amenèe de Vusine d'Eget (Pyrénées).
- Cette usine est équipée pour une tension de 120000 volts. (Matériel Thomson-Houston.)
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- LES GRANDES DISTRIBUTIONS ELECTRIQUES MODERNES
- lourde charge qui grève sérieusement les frais de premier établissement d’une centrale.
- Ce n’est pas tout, il faut pouvoir connecter à volonté l’une ou l’autre de ces machines sur les divers transformateurs haute tension ou sur les lignes de distribution; on procède à cet effet de la manière suivante ; les alternateurs sont tous reliés par l’intermédiaire d’interrupteurs à des barres omnibus basse
- tension auxquel- - •
- les sont branchés d’autre - >
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- chacun d’un in- : - -réviter rupteur du I. "‘,v' '
- côté de la basse tension; on peut y',"
- ainsi mettre en > • service à’ volonté les alternateurs et les transformateurs que l’on désire ; de même le courant haute tension, au sortir des transformateurs, est collecté par les barres haute tension auxquelles les transformateurs haute tension sont réunis par l’intermédiaire d’une nouvelle série d’interrupteurs; les lignes de distribution à leur tour viennent se brancher sur les barres haute tension et ceci exige encore un nouveau jeu d’interrupteurs haute tension.
- On,réalise ainsi l’interchangeabilité complète de toutes les machines ; mais c’est au prix d’une grande complication dans l’usine ; les interrupteurs, surtout ceux à basse tension, qui sont traversés par des courants de grande intensité, sont des appareils délicats et sont la source de nombreux incidents.
- Dé même la réunion des alternateurs par les barres basse tension dire de sérieux inconvénients; il faut protéger chacune de ces machines contre le courant produit par les autres, et l’on est forcé d’intercaler entre elles des appareils de protection, nommés
- Fig. 3. — La station centrale de Border es sur la Neste
- Cette usiné équipée pour 120000 v particularité’ d’avoir sa station
- bobines de réactance, qui sont encore la cause de bien des dérangements.
- L’interconnexion des centrales. — Dans les installations les plus récentes d’outre-Atlantique, on supprime purement et simplement les groupes de réserve. Autrement dit, une centrale fonctionne à plein ou pas du tout. Ce résultat est obtenu grâce à une organisation spéciale des réseaux de distribution, qui se
- ....1 caractérise par
- i Y interconnexion
- ! des centrales.
- ] Les réseaux de distribution amé-' ricains manifes-
- tent de plus en plus la tendance à couvrir de grandes surfaces et à grouper sous une même direction un grand nombre de centrales.
- Celles-ci sont toutes réunies les unes aux autres, et par suite peuvent se fournir une aide mutuelle. Cette mise en commun des ressources de chacune permet de réaliser, on le comprend aisément, de grandes économies dans l’installation des usines.
- La Southern California Edison C° de Los-Ange-les, offre un exemple caractéristique de cette organisation: elle comprend, en ef-* . fet, 17 centrales
- hydro-électriques disséminées dans la Sierra-Nevada représentant une puissance totale de 120000 kilowatts, et un certain nombre d’usines à vapeur d’une puissance globale de 100000 kilowatts. Toutes ces centrales sontinterconnectées.
- La répartition du courant sur les différentes lignes de distribution est assurée par un seul fonctionnaire, nommé load dispatcher ; il est réuni par téléphone à toutes les centrales, il est au courant de tous les besoins sur les différentes lignes, il leur donne satisfaction au mieux des disponibilités du moment et donne aux usines les ordres en conséquence.
- olts (système Westinghouse) offre la de transformateurs - en' plein air.
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- LES GRANDES DISTRIBUTIONS ÉLECTRIQUES MODERNES
- Fig. 4. — La station de transformateurs en plein air de Bordères.
- De gauche.à droite on distingue les parufoudres, les disjoncteurs et les transformateurs.
- Cette organisation a aujourd’hui lait ses preuves et est appliqüée sur la plupart des grands réseaux de l’Amérique du Nord. On a constaté qu’elle a permis de tirer des usines existantes un bien meilleur parti que par le passé et que les recettes se sont accrues de ce fait très notablement.
- Ilàtons-nous d’ajouter que l’idée de l’interconnexion a d’ores et déjà franchi l’Atlantique, et qu’elle préside à tous les grands projets d’extension des réseaux électriques actuellement à l’étude en Europe ; parmi ceux-ci nous pouvons citer notamment en France la réfection des réseaux de distribution des régions libérées, et en Angleterre, un projet de création d’un réseau de super-
- Fig. 5. — Chaîne d'isolateurs à 120 000 volts à l’usine de Bordères.
- centrales étendant ses mailles sur toute la Grande-Bretagne.
- Les hautes tensions. — Pour que l’interconnexion soit prati-quable et avantageuse, il faut évidemment que le réseau couvre une surface suffisamment étendue, de façon à grouper une clientèle aussi variée que possible, dont les besoins ne se manifesteront pas tous aux mêmes heures.
- Il est nécessaire en conséquence, que les distributions puissent s’effectuer à grandes distances, et ceci amène tout naturellement à choisir des tensions de distribution aussi élevées que possible. La portée des distributions électriques est limitée surtout par les pertes en ligne. Celles-ci étant proportionnelles à l’in-
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- tensité du courant qui traverse les conducteurs, il y a le plus grand intérêt à diminuer l’intensité ; il faut pour cela augmenter la tension puisque l’énergie transmise est proportionnelle au produit de la tension par l’intensité.
- La Southern California Edison C° que nous avons choisie plus haut comme exemple effectue ses transmissions à 150 000 volts, et va même sous peu adopter la tension de 220000 volts.
- C’est le record de la haute tension, les portées réalisées dépassent 400 kilom.
- ^L’emploi des hautes tensions n’a pas le seul avantage de permettre au courant électrique de franchir de grandes dislan-ces, il est en outre la source de très importantes économies : à é-galité de puissance transmise, et de pertes en ligne, les conducteurs d’une ligue de distribution seront de section d’autant plus réduite que le voltage sera plus élevé et par suite l’intensité plus faible, d’où une moindre dépense de cuivre ou d’aluminium, de plus la ligne étant plus légère, les supports plus espacés sont également moins coûteux.
- En France, il semble qu’on hésite encore à généraliser l’emploi des hautes tensions, et certains qualifieraient volontiers de téméraires les transports d’énergie à plus de 60000 volts. Les tensions plus élevées paraissent encorer inspirer un peu de frayeur. 11 faut dire, bien haut aujourd’hui, que rien ne justifie ces appréhensions; l’expérience de l’Amérique le démontre amplement.
- Non seulement* les hautes tensions permettent de réaliser de grandes économies d’installation, et de rendre solidaires des centrales éloignées les unes des autres, mais encore elles offrent plus de
- sécurité dans l’exploitation; les coups de foudre et 1rs surtensions sont moins à craindre sur les lignes à très haute tension que sur les autres; en cas de surinlensité, la ligne en effet se décharge directement à l’atmosphère; elle sert ainsi en quelque sorte de parafoudre ou de limiteur de tension sur toute sa longueur, et protège de même les machines délicates de la” centrale.
- La principale difficulté qu’ait rencontrée Ja réalisation des hautes tensions résidait dans la construction des isolateurs. C’est un problème aujourd’hui par faite-ment résolu, et l’on peut dire qu’il n’y a plus qu’unelimiteaux hautes tensions, c’est le voltage sous lequel la ligne se déchargerait directement à l’atmosphcre. A cet égard, il semble que la tension de 220000 volts ne puisse pas être notablement dépassée.
- On peut dire qu’actuellement il y a plus d’audace à construire un transport de force à tension relativement basse qu’à tension très élevée.
- La France verra prochainement en service plusieurs installations à 120000 volts : la région pyrénéenne a vu la première apparaître ces hautes tensions, les usines construites pour le Ministère de l’Armement à partir de 1917 ont été équipées en vue de transports d’énergie à 120000 volts. C’est le cas de l’usine d’Eget équipée par la Société Thomson-Houston, des usines du Louron, de Loudenvielle et de Bordères, construites par la Société Westinghouse sur le modèle des plus récentes centrales américaines, mais ces établissements ne fonctionnent encore qu’à 60 000 volts.
- Les machines de grande puissance. — Lorsqu’une centrale doit à elle seule, être en mesure
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- LES GRANDES DISTRIBUTIONS ELECTRIQUES MODERNES
- de faire face à tons les à-coups d’exploitation, elle est amenée non seulement à installer des groupes de réserve onéreux, mais encore à fraction-ter sa puissance totale enlrc, un nombre suffisamment grand de machines, de façon à pouvoir les mettre successivement en marche au fur et à mesure aies besoins. 11 est sage, dans ces conditions, de n’installer que des groupes d’une puissance modérée ; mais cela entraîne l’emploi d’un grand nombre de machines, et par suite des constructions vastes et coûteuses ; cela multiplie l( s connexions dont nous avons vu plus haut les inconvénients.
- Avec les centrales interconnectées, les règles de prudence deviennent beaucoup moins impérieuses ‘r il n’y a plus d’intérêt à employer des machinesdepuis-sances relativement restreintes lorsque l’on a un puissant réseau de centrales servant de ré.erve et garantissant la sécurité sd'e l’exploitation.
- Aussia-t-onvu ces dernières années la puissance unitaire des machines électriques s’accroître rapidement.
- Les turbines hydrauliques de plus de 5 à 6000 kilowatts sont rares en Europe; aux États-Uuis celles de 10 000 kilowatts sont aujourd’hui très nombreuses, on peut en citer un grand nombre qui dépassent 20 000 kilowatts. La Washington Power G0, à Spokane, a une centrale de 2 turbines de 22 500 HP chacune, tournant à 200 tours, sous une chute de 50 m. ; au Niagara, la Niagara Falls Power C° a 5 turbines de 57 500 IIP, enfin le record actuel est détenu par l’Hydro Electric Power Commission de l’Ontario qui fait installer également sur le Niagara 2 turbines de 52 500 chevaux chacune.
- Cette concentration de la puissance motrice dans
- un petit nombre de machines, diminue notablement le prix de revient de l’installation ; le rendement est meilleur, et l’on gaspille par suite beaucoup moins de houille blanche.
- Enfin, la centrale se réduit de dimensions et se simplifie encore. Elle ne comprend plus qu’un tout petit nombre de machinés ; on est conduit à affecter à chaque ligne de distribution un ou au
- maximum deux groupes générateurs avec les l r ansformateurs correspondants ; il n’y a plus lieu d’aménager des connexions interchangeables pour les divers groupes de machines ; donc plus de barres basse tension, de bobines de réactance entre les alternateurs ; ceux-ci sont reliés directement à leur transformateur, et ne sont mis en parallèle que par leur haute tension, à travers les transformateurs qui jouent le rôle de bobines de réactance. Les interrupteurs basse tension , qui sont une source d’accidents, sont également supprimés. Bref la centrale est réduite à sa plus simple expression ; moins il y a d’organes, moins il y a d’accidents. Les installations ainsi équipées offrent le maximum de sécurité et le service en est également d’une extrême facilité.
- Dans ces conditions, il n’y avait plus qu’un pas à franchir pour arriver à la station centrale automatique.
- Signalons encore en passant une autre simplification, qui consiste à placer en plein air les transformateurs et l’appareillage haute tension de la centrale. On supprimera ainsi les dangers d’incendie de la centrale en même temps qu’on en réduit le coût de construction. Cette disposition se répand assez rapidement : elle a été adoptée en France pour
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- 332 r.....: LES GAZ DE COMBAT EMPLOYÉS PAR LA FRANCE
- l’équipement des usines du Louron, de Bord ères et de Loudenvielle dans les Pyrénées.
- Les centrales automatiques.— Il y a deux sortes de centrales automatiques, celles qui sont entièrement automatiques et celles qui sont commandées à distance.
- On imagine assez aisément les dispositifs qui permettent de réaliser l’un ou l’autre de ces systèmes. Dans le cas de la commande à distance, il faut évidemment des fils conducteurs supplémentaires, ce qui enlraîce une dépense dont il faut tenir compte; l’opérateur éloigné commandera par exemple un moteur ouvrant ou fermant la vanne de la turbine ; c’est le schéma de la figure 1 ; l’accrochage de l’alternateur est réalisé sur place à l’aide du synchroscope, par un ouvrier servant en même temps de surveillant.
- Dans les stations entièrement automatiques, il faut un mécanisme plus compliqué pour ouvrir ou fermer les vannes, faire démarrer le moteur et mettre en service les divers auxiliaires ; ce mécanisme se déclenche aux indications d'un ampèremètre.
- Les stations automatiques sont en général de puissance relativement faible ; la General Electric Review signale cependant des projets allant jusqu’à 16 000 kilowatts. Leur intérêt est précisément de
- permettre d’installer des centrales collectrices d’énergie, en des points où les autres systèmes seraient trop onéreux pour pouvoir assurer une exploitation rémunératrice. Elles serviront donc à utiliser des ressources que sans elles, il aurait fallu laisser sans emploi.
- Les grandes caractéristiques des réseaux de distribution électriques modernes sont en résumé les suivantes : multiplication des usines de captage, simplification à l’extrême de leur organisation intérieure, groupement du plus grand nombre possible de ecs usines, combinaison avec des usines à vapeur et centralisation de leurs ressources pour satisfaire aux besoins d’un vaste réseau, réduction du personnel au minimum.
- On arrive ainsi à ne presque rien laisser perdre de l’énergie que la nature nous offre dans les chutes d’eau, et à la mettre en valeur avec le minimum de frais.
- La nouvelle technique américaine se lie à une sage politique de « conservation », suivant le mot employé on cette matière par nos amis des États-Unis. Il y a tout lieu d’espérer qu’elle sera promptement généralisée en France, où l’avenir même du pays dépend d’un judicieux aménagement des ressources naturelles. A. Troller.
- LES GAZ DE COMBAT EMPLOYÉS PAR LA FRANCE (suite) (')
- b) Les produits pour vagues. — Les vagues sont des nuages de gaz nocifs de grande étendue formés au ras du sol et entraînés par le vent sur le terrain occupé par l’ennemi. On ne peut employer à cet effet que des corps de grande nocivité, de forte densité de vapeur et de bas point d’ébullition. Au point de vue militaire, l’émission d’une vague nécessite un gros travail préalable, pour disposer un grand nombre de bouteilles à gaz dans des abris bien défilés et camouilés. Il faut parfois une attente très longue avant que se présente un vent de direction et de vitesse convenables; une vitesse de plus de 3 m. par seconde provoque en effet une trop rapide dilution du gaz, tandis qu’une vitesse inférieure à 1 m. par seconde est dangereuse pour les troupes du camp qui émet la vague, à cause des remous et des retours de gaz qui peuvent se produire.
- La vague allemande du 22 avril 1915 avait montré de toute évidence que le chlore était pour cet usage un corps excellent. On se mit aussitôt à faire des essais, et, dans les mois de juin et de juillet, on compara le chlore à d’autres corps, mais aucun ne lui fut reconnu supérieur. On s’aperçut d’ailleurs immédiatement qu’il y aurait lieu de faire soit des vagues transparentes, pour réaliser, au moins par les nuits claires, un effet de surprise, soit des vagues opaques, dans lesquelles on ne verrait pas à 1 mètre devant soi, et qui, en isolant complètement les combattants, provoqueraient le désarroi et la panique.
- Pour faire des vagues opaques, on chercha à utiliser le mélange de chlore et d’un chlorure fumigène. La méthode imaginée par l’ingénieur du Génie maritime
- 1. Extrait de r La Chimie et la Guerre. Collection « Les leçons de la guerre », Masson et Cie, éditeurs.
- Cartier, adoptée en juillet 1915, fournit la solution du problème.
- La première opération réelle sur le front ne put être réalisée qu’en février 1916, à cause des faibles disponibilités en chlore liquide. Par la suite, au commencement de 1917, le phosgène fut introduit dans les vagues.
- Cette question de la vague souleva des problèmes tout à fait nouveaux, qui nécessitèrent la collaboration intime des chimistes, des mécaniciens, des météorologistes et des officiers. Les chimistes, notamment, durent étudier la variation de la concentration avec la distance du point d’émission, et, avec les météorologistes, ils déterminèrent l’influence du régime des vents sur la dilution. De nombreuses études furent faites dans ce domaines sous la direction des capitaines Bied-Charreton et Beccat, avec le concours des laboratoires des professeurs Delépine et Urbain et de M. Kling.
- Les vagues ne furent particulièrement employées que pendant la guerre de tranchées, et surtout en 1915 et 1916. Une vingtaine d’émissions furent faites du côté français. Certaines s’étendirent sur un front de 8 km ; chacune de ces dernières exigeait l’emploi de 6000 bouteilles, contenant 240 tonnes de produits; elles faisaient des victimes jusqu'à 10 et 15 km de profondeur.
- B) Réalisation industrielle. — Si nous considérons dans leur ensemble les différents produits utilisés, nous voyons qu’à l’exception de l’acide cyanhydrique et de l’acroléine tous les toxiques, lacrymogènes et suffocants, ainsi que tous les fumigènes (destinés à alourdir les vapeurs et 5 rendre visibles les points d’impact), sont des corps halogénés : soit chlorés, soit J)romés, soit iodés.
- La fabrication des gaz asphyxiants supposait donc, à la
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- base, de grandes disponibilités en chlore liquide ou gazeux et en brome ; celle des corps iodés n’était pas susceptible de prendre un grand développement, en raison de la rareté et du prix excessif de l’iode.
- Or, la déclaration de guerre avait naturellement arrêté les importations de chlore liquide et de brome, qui venaient l’un et l’autre d’Allemagne. Nous ne disposions que du chlore gazeux, préparé par des méthodes chimiques diverses ("Weldon, Deacon), avec de petites quantités de brome, qu’on pouvait faire venir des États-Unis. II fallait donc, avant tout, résoudre les problèmes du chlore et du brome.
- Le problème du chlore. — Les premiers besoins en chlore liquide furent couverts en 1915 par des importations d’Angleterre et d’Italie. Mais les disponibilités étaient bien inférieures aux besoins, et il fallut élaborer un vaste programme de construction d’usines à chlore.
- Si l’on remarque qu’avant 1915 aucune usine en France n’était en état de faire du chlore liquide, et que, par suite, le nombre des spécialistes de cette fabrication était excessivement réduit, on comprendra l’intensité des efforts qui durent être réalisés par l’industrie française des produits chimiques pour arriver aux résultats qui vont être indiqués.
- Le premier programme, de 30 tonnes par jour, fut établi en août 1915; il fut accru en 1910, puis poussé, en 1917, jusqu’à 50 tonnes par jour.
- 7 usines, presque toutes hydro-électriques, la plupart dans la région des Alpes ou des Pyrénées, furent installées :
- a) L’usine de la Société le Chlore liquide, à Pont-de-Claix (Isère), ouverte à la fin de mars 1916 (procédé de Monthey).
- b) L’usine de la Société d’Électro-Chimie, à Poin-blières-Saint-Marcel (Haute-Savoie), mise en marche en avril 1916 (procédé Oulhenin-Chalandre).
- c) L’usine de la Compagnie des Produits chimiques d’Alais et de la Camargue, à Saint-Auban (Basses-Alpes), mise en marche à la fin d’août 1916 (procédé Solvay).
- d) L’usine des Établissements Chiris et Jeancart, à Baus-Roux (Alpes-Maritimes), mise en marche en novembre 1916 (procédé de Monthey).
- e) L’usine de la Société chimique des Usines du Rhône, à Roussillon (Isère), mise en marche à la fin de novembre
- 1916 (procédé de Monthey).
- f) L’usine de la Société des Produits Chimiques et Colorants français, à Jarrie-Vizille (Isère), mise en marche'en décembre 1916 (procédé Oulhenin-Chalandre).
- g) L’usine de la Société des Forces motrices de la Garonne, à Mancioux (Haute-Garonne), ouverte en mars
- 1917 (procédé Outhenin-Chalandre).
- Déplus, en avril 1918, le Service des Poudres passa aux Services Chimiques des usines qui fabriquaient du chlore pour ses besoins propres, soit :
- h) L’ancienne usine de la Société d’Electro-Chimie, à Pomblières-Saint-Marcel (Haute-Savoie).
- z) L’usine Meillassoux, à Beaucaire (Vaucluse), (procédé de la Griesheim-Electron).
- j) L’usine de la Société l’Air liquide, à Monlcreau (Seine-et-Marne) (procédé de Monthey).
- k) L’usine de la Société des Produits chimiques de Paim-bœuf (Loire-Inférieure), (procédé Outhenin-Chalandre).
- Dans l’ensemble, à la date du 11 novembre 1918, ces usines avaient produit 24 000 tonnes de chlore, dont une moitié en chlore liquide et l’autre à l’état de chlorure de chaux.
- Le problème du brome. — Le problème de l’extrac-
- tion du brome fut orienté, dès le début, vers l’utilisation des eaux mères des salines terrestres, des cendres de varechs, des marais salants. Après quelques essais, il fut reconnu que seules les eaux mères des marais salants étaient susceptibles d’être exploitées industriellement.
- En France, deux salins Seulement, le salin de Giraud et le salin de Berre, justifiaient une exploitation. Par contre, en Tunisie, on découvrit des ressources beaucoup plus considérables. Deux missions y furent successivement envoyées, en septembre, puis en novembre 1915, pour étudier les principales salines de la Régence et la production susceptible d’y être réalisée. Trois d’entre ces salines furent reconnues propres à alimenter une usine à brome, mais on donna la préférence au lac salé souterrain de la Sebka-el-Malah, près de Zarzis, à 600 km au sud de Tunis, dont les eaux mères, paraissant inépuisables, pouvaient fournir toutes quantités de brome nécessaires. L’usine de Zarzis, établie et exploitée avec le concours du Service des Travaux publics de la Régence, fut mise en marche vers mars-avril 1916; elle produisit au total 850 tonnes de brome.
- Le Service du Matériel chimique put ainsi non seulement faire face aux besoins de ses propres fabrications de gaz asphyxiants, mais encore ravitailler, à un prix 10 fois moindre que celui auquel revenait le brome importé des Etats-Unis, l’industrie française et les Alliés européens.
- Fnbricalions diverses. — Les gaz asphyxiants furent fabriqués dans des usines privées, mais certaines installations furent faites avec une subvention de l’État; quelques usines furent exploitées en régie, sous le contrôle de la Section technique et industrielle. Les usines qui se chargeaient de fabriquer un produit nouveau étudié par les laboratoires de l’Inspection des Etudes et Expériences chimiques étaient guidées dans leur fabrication par l’un des chimistes qui avaient participé à l’étude. Pour l’ypérite, le Laboratoire de Physiologie intervint d’une façon toute spéciale dans la surveillance des fabrications. IL mesurait le pouvoir vésicant, sur les chevaux, des échantillons qui lui étaient envoyés, et le résultat permettait d’établir si la fabrication était bien ou mal conduite.
- La mise au point et le développement de ces fabrications, entièrement nouvelles, font le plus grand honneur à l’industrie française. Il convient toutefois d’insister sur ce fait que les procédés utilisés avaient, dans presque tous les cas, leur origine dans les recherches des laboratoires. Les résultats ainsi obtenus mettent en évidence, d’une manière particulièrement saisissante, le bénéfice brillant qu’il est possible de tirer d’une collaboration intime des savants et des industriels, lorsque leurs efforts sont dirigés vers le même but.
- I. Phosgène.—Deux procédés de fabrication furent employés :
- 1° Par la réaction de l’oléum sur le tétrachlorure de carbone. M. Grignard étudia cette fabrication et y apporta divers perfectionnements;
- 2° Par la combinaison directe du chlore et de l’oxyde de carbone en présence d’une matière catalysante. Celle fabrication fut montée dans l’industrie suivant trois modalités distinctes : M. de Laire utilisait un brevet étranger; la Société de l’Air liquide fabriquait d’après les indications de M. Simon ; M. Darrasse utilisait un procédé qui fut ensuite exploité par la maison Poulenc.
- Le premier procédé (à l’oléum), qui laissait une partie du chlore à l’état de chlorhydrine sulfurique, fut abandonné au début de l’année 1917 ; il produisit
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- 400 t, de phosgène. La deuxième permit d’en fabriquer 15 400 t,, dont la plus grande partie provenait des usines de Laire, à Pont-de-Claix (Isère), d’une part, .et à Calais, d’autre part. La production totale a été de IG 000 bonnes.
- II. Vincennite. — L’acide cyanhydrique de la vincen-nile fut fabriqué par deux méthodes : 1° par action de l’acide sulfurique sur le ferrocyanure de sodium ; 2° par action dé l’acide sulfurique sur le cyanure de sodium.
- Il fut produit 1400 t. de vincennite par le premier procédé et 2700 t. par le deuxième, soit, en tout, plus de 4000 tonnes.
- III. Acroléine. — Ce corps fut obtenu par la méthode classique (déshydratation de la glycérine au moyen du bisulfate de potasse). En raison des difficultés très spéciales qu’elle présentait, la fabrication dut être surveillée d'une manière continue par un des chimistes de l'Inspection (M. Lcpape, du laboratoire de M. Moureu).
- Il en fut fabriqué près de 200 t. (Société des Matières colorantes de Saint-Denis).
- IV. Ghloropicrinc. — Préparée par l’action du chlorure de chaux sur l’acide picrique. Production 500 t.
- Y. Bromacélone. — Préparée par action du brome sur l’acétone,.en présence du chlorate de soude, d’acide sulfurique et d’eau. Production : 500 tonnes.
- VI. Sulfure d’éthyle dichloré. — Le développement de la fabrication de l’ypérite fut, comme celui de l’industrie du chlore et du brome, un succès considérable à l’actif de l’industrie chimique française.
- Les recherches théoriques se poursuivirent, outre les laboratoires de nos Services chimiques, dans le laboratoire de recherches de la Société chimique des Usines du Rhône. C’est dans celui-ci qu’on réalisa la première solution du problème industriel. On mit au point un procédé permettant la fixation continue de l’éthylène sur le bi-chlorure de soufre SCI2 au sein du tétrachlorure de carbone, et la fabrication commença à l’usine de Roussillon au milieu de mars 1918. Cette fabrication, dont le débit s’accrut très rapidement, permit d’envoyer les premiers obus à ypérite aux armées vers la fin de mai. De mars 1918 à l’armistice, la Société des Usines du Rhône produisit 1500 t, d’ypérite. Le soufre venait d’Italie et une partie du tétrachlorure de carbone des Etats-Unis, la fabrication française de ce dernier produit étant insuffisante.
- Le procédé au bichlorurc de soufre fut également monté à la Poudrerie d’Angoulèmc, sur les indications de la Société chimique des Usines du Rhône. Les travaux ayant été entrepris en juillet 1918, la production commença le 2 octobre. Au jour de l’armistice, 77 t. d’ypérite y avaient été fabriquées.
- Le procédé au protochlorure de soufre S2 Ci2 fut monté dans plusieurs usines :
- a) Usine de la Société le Chlore liquide, à-Pont-de-Claix (Isère), qui commençait sa fabrication vers le milieu de mars 1918 et qui produisit 300 tonnes.
- b) Usine de la Société de Savonnerie et de Sléàrineric j de Lyon, qui produisit 90 t. (à partir d’avril 1918).
- La fabrication d’ensemble suivit la marche ascendante suivante *
- Mars 1918. Avril. .. . Mai . . . Juin . . . Juillet . . Août . . .
- 240 kg 7 tonnes. 150 —
- 200 —
- 270 —
- 280 —
- Septembre. . Octobre. . . Novembre (11 jours)
- 510 tonnes 510 —
- 200 —
- 2U00 tonnes, à la consom-
- La production était devenue supérieure mation de l’artillerie française.
- De nombreux accidents survinrent dans celte fabrica-
- Soit, au total, près de
- tirn éminemment dangereuse : plusieurs chimistes et ouvriers furent « ypérités )> gravement.
- Grâce à l’impulsion personnelle qui lui fut donnée par M. Loucheur, ministre de T Armement et des Fabrications de Guerre, et aux efforts des deux officiers chargés de l’organiser, le lieutenant J. Frossard, du cabinet du Ministre de l’Armement., et le lieutenant de Kap-IIerr, de la Section technique et industrielle, grâce au dévouement du personnel des usines, des laboratoires de recherches et des ateliers de chargement, les armées trouvèrent dans l’ypérite une arme précieuse pour arrêt» r définitivement l’offensive de l’armée allemande. L’apparition de ce produit dans les munitions françaises fit la plus grande impression dans les rangs ennemis. Les ordres émanant desEtats-majors allemands en son tune attestation formelle.
- VII. Produits divers. — On peut encore citer, parmi
- les produits fabriqués :
- Ralionilc..........,.............40 tonnes.
- Chloroformiate de méthyle chloré . 80 —
- Iodure de benzyle. .................90 —
- Chlorosulfonate d’éthy le .... 70 —
- Iodocétone......................... 56 —
- Chlorures fumigènes. — Il en fut fabriqué les quantités suivantes :
- Chlorure slannique . . . 4000 tonnes.
- Chlorure d’arsenic. ... 2700 —
- Chlorure de titane. . . . 200 —
- Les chargements de projectiles. — Le chargement des gaz asphyxiants dans les projectiles mit encore les Services chimiques en présence de problèmes lout à fait nouveaux :
- I. L’aménagement des obus. — Nous avons déjà eu l’occasion d’indiquer l’aclion possible du métal de l’obus sur le produit à y introduire. Cette action n’était pas à redouter dans tous les cas : c’est ainsi que le phosgène et la vincennite, par exemple, purent être directement chargés dans les corps d’obus habituels. D’autres produits, au contraire, déjà mentionnés, exigèrent des revêtements intérieurs inertes, isolant le métal du produit asphyxiant.
- L’introduction d’une chemise de plomb apporta, dès octobre 1915, une première solution de la question. Peu après, sur les indications de M. l’ingénieur en chef du Génie maritime Cartier, M. Trique t, des cristalleries de Clioisy-Ie-Roi, réussit, comme nous l’avons indiqué précédemment, à veircr intérieurement les obus. Par la suite, on parvint, en outre, à réaliser un dispositif permettant d’isolcr éventuellement le chlorure fumigène (lorsque celui-ci attaquait le toxique : on ajoutait à la gaine centrale un tube émaillé où l’on introduisait le fumigène (1).
- Il fallut encore, pour pouvoir assurer l’étanchéité parfaite des obus à gaz, mettre au point, dans les labora-to'rcs, des préparations de ciments et de mastics spéciaux.
- Les études relatives à l’emploi des gaz par l’artillerie : règle de tir, nature des fusées à employer, charges de l’amorçage, etc... étaient menées avec l’active collaboration du capitaine Nebout, qui effectuait également tous les essais de tir des produits proposés par les laboratoires avant leur adoption définitive.
- II. Les ateliers de chargement. — Si la fabrication des gaz asphyxiants représente une industrie dangereuse, il en est de même du chargement de ces produits dans les obus. Ces opérations demandent des précautions spéciales, surtout avec les produits très volatils, comme le phosgène et l’acide cyanhydrique.
- 1. L’idée première de ce tube est du lieutenant Boiigninfi (du laboratoire de M. Moureu), qui fut tué sur le'front de ! orrnino en avril 191 G. •
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- CBSERVATIONS SUR LES MŒURS DES PAGURES ET DES GALATHÉES r= 335
- Il fallut organiser clés installations entièrement nouvelles. Le colonel Thouvenin, assisté du capitaine Schmidt et du lieutenant Pargond, ce dernier spécialiste de l’industrie des gaz liquéfiés, furent chargés en juillet 11)15 de créer l’atelier d’Aubervilliers, d’où devaient sortir les obus toxiques, tandis qu’un autre atelier était créé à Vincennes pour les obus incendiaires et lacrymogènes.
- L’installation pour le chargement du phosgène comportait le refroidissement à 10° du mélange à cliargpr eL à 0° des obus à remplir. Les émanations étaient aspirées
- par une canalisation et. conduites dans des colonnes
- d’épuration à ruissellement de soude. Dn lor juillet 1915 à novembre 1918, les quantités
- d’obus chargés s’élevèrent à : Obus de 75 . . 15 .000.000
- Obus lourds de 1Ü5 a 155 et bombes . . 4 .000.000
- Grenades suffocantes i (acroléine) . . . . i .100.000
- La progression des chargements en ypérite fut la sui-
- vante : Obus de 75 105 155
- Avril 1918 . . . . . i0.000 )) »
- Mai 205.000 6.000 400
- Juin 570.000 15.000 1.600
- Juillet. ... . . 295.000 19 000 6 000
- Août 425.000 12.000 11.000
- Septembre .... 425.000 14.000 51.000
- Octobre ...... 550.000 18.000 64.000
- Novembre (11 jours) . 85.000 9.000 27.000
- Totaux. . . 2. loO.OOO 91.000 141.000
- L’aide des Alliés à la France. — La France reçut de ses alliés un secours appréciable sous la forme de cessions de matières premières. De fortes quantités de chlore liquide lui parvinrent d’Angleterre (1000 t.) et une certaine quantité d’Italie en 1915. L’Amérique en fournit par la suite un peu plus de 1000 t. (1916-1917-1918). L’Angleterre fournil aussi àla France du chlorure de chaux, du cyanure de sodium, et tout le sulfate de nickel nécessaire à l’imprégnation des masques du premier type.
- Enlre autres choses, l’Amérique fournit à la France du formol et du trioxymélhvlène pour l’imprégnation des masques du premier type; du tétrachlorure de carbone
- OBSERVATIONS SUR LES MCEURS
- Durant un séjour que je fis cet été à la station biologique de Roscofl', j’avais mis dans mon aquarium, d’ailleurs sans aucune idée préconçue, des animaux très divers pris à la grève et je me réjouissais d’avance à l’idée d’être témoin de quelques épisodes, toujours palpitants, de la lutte pour la vie. Un aquarium est un lieu de choix pour l’étude de la concurrence vitale. On peut y observer sans cesse les mille procédés grâce auxquels les animaux se nourrissent les uns des autres après s’être guettés, chassés, caplurés, défendus souvent avec un art — une science, pourrait-on dire — qui déroute le psychologue. On y voit par exemple le chabot de mer vorace engloutir dans sa large gueule, avec la vitesse de l’éclair, une proie énorme comme l’arénicole des pêcheurs ou procéder plus lentement àla déglutition d’un salicoque (Palœmon serratus) dont il craint le rostre barbelé. Mais si le repas est long, par contre peut-il se renouveler fréquemment. Les animaux marins sont d’une voracité
- qui fut de la plus grande utilité pour la fabrication de l’ypérite par la méthode de la Société chimique des Usines du Rhône; du cyanure de sodium et, enfin, de la gaze pour les masques imprégnés. L’Ilalie céda àla France le soufre nécessaire pour fabriquer l’ypérite.
- L’aide de la France à ses Alliés. — Si la France fut obligée de demander certaines matières premières à ses alliés, soit que la production française fût inexistante, soit qu’elle fût insuffisante, elle put, par contre, leur céder des appareils de protection, des obus spéciaux et des gaz, c’est-à-dire des appareils, engins et produits manufactures en France, réalisation de la pensée française.
- Cessions d'appareils de protection.
- Belgique . 900.000 appareils divers.
- Etals-Unis . 800.000
- Grèce . . 500.000 —
- Italie. . . 810.000 —
- Roumanie . 230.000 —
- Cessions d'obus à gaz.
- Belgique. . . 190.000 obus de divers calibres.
- Etats-Unis. . 940.000 —
- Grèce. . . . 12.000 —
- Italie. . . . 90.000
- Portugal . . 45.000 —
- Russie . . . 12.000 -
- Roumanie. . 50.000 —
- Cessions de gaz asphyxiants.
- Angleterre. . 7000 tonnes, dont 6200 t. de phosgène
- Etats-Unis. . 150 tonnes.
- Italie. . . . 850 tonnes.
- En ce qui concerne le phosgène, une convention inter
- vint entre la France et l’Angleterre, en mars 1916, qui resta en vigueur pendant toute la durée de la guerre, d’après laquelle l’Angleterre cédait du chlore à la France en échange de phosgène. L’usine de phosgène de Calais vit, par la suite, la presque totalité de sa production attribuée à l’armée anglaise.
- Une convention identique intervint entre la France et les Etats-Unis dans les derniers jours d’octobre 1918.
- Cu. Moureu,
- Membre de l’Instilut.
- Professeur au Collège de France.
- DES PAGURES ET DES GALATHÉES
- extrême, invraisemblable, dont on n’a aucune idée avant d’avoir séjourné dans un laboratoire maritime.
- Parmi les observations relatives aux mœurs des animaux que j’eus la bonne fortune de pouvoir faire à Roscoff cet été, il en est trois qui me semblent assez dignes d’intérêt. Elles portent sur le pagure (Eupagurus Bernhardus) et sur une gala-thée (Galathæa squamifera) très fréquente sous les pierres a marée basse.
- Première observation. — Le vingt juillet après-midi, je place dans mon aquarium, en compagnie d’un tourteau grand comme les deux mains, un tout petit pagure habitant une coquille de bigorneau. Le soir même, et cela était à prévoir, le tourteau s’empare de la coquille et cherche à en extraire le malheureux hermite. Il joue de scs pinces avec assez de maladresse mais, avec beaucoup de forcé. La coquille ne résiste pas à l’étreinte et se brise. Il semble que le pagure soit destiné à périr. Or soudain, à mon complet étonnement, le bernard-
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- 336 OBSERVATIONS SUR LES MŒURS DES PAGURES ET DES GALATHÉES
- l’hermite qui jusque-là s’éiait tenu coi au fond de son logis, fait éruption à l’entrée et file d’un trait entre les pinces du gros crabe. Il y a tant d’adresse et de brusquerie dans cette fuite que le tourteau ne s’aperçoit de rien et que le petit crustacé plein de malice a le temps de se dissimuler sous une pierre. Mais il reste inquiet tout de même comme en témoigne l’agitation de ses pinces et de ses pédoncules oculaires. J’interviens alors en plaçant à environ dix centimètres de lui une nouvelle coquille de bigorneau. D’un bond le pagure se précipite et, sans examen préalable, sans l’inspection méticuleuse qu’ont l’habitude de faire les pagures en quête d’un nouveau domicile, il s’introduit, si j’ose dire, avec volupté dans ce refuge que je lui offre. L’instinct de la conservation ou plutôt l’imminence du danger a fait de mon petit animal un prodige d’adresse et de décision. Ne nous hâtons pas cependant de conclure à la généralité de ce phénomène, car voici une seconde observation qui ne concorde pas précisément avec la première.
- Seconde observation.
- — Le cinq août le hasard des pêches m’a mis en possession des quatre éléments - suivants qué je [réunis dans un même bac : 1° une coquille vide de buccin portant une actinie (Sagartia parasitica) et certainement abandonnée depuis peu par un pagure ; 2° un gros pagure sans coquille; 5° une galathée de l’espèce Galathaea squamifera, à peu près aussi grande que le bernard-l’hermite; 4° un chabot ou diable de mer (Cottus bubalis) femelle, d’une vingtaine de centimètres de longueur et très vorace. Le pagure sans coquille est une pâture offerte au chabot. Son ventre mou, délicat et rosé le tentera certainement. L’instinct du pagure doit l’avertir du danger, car il se tient immobile dans un angle de l’aquarium. Ayant pitié de la pauvre bête, j’essaie alors de l’introduire dans la coquille de buccin, mais à tous mes efforts le pagure répond par un refus catégorique. Quand même je suis parvenu à le faire pénétrer jusqu’au fond de la coquille, il s’en échappe dès que je cesse de l’y maintenir. L’habitation ne lui convient pas et j’en ignore absolument la cause. C’est une demeure spacieuse, à la taille du pagure, même pourvue à l’avance de l’actinie commensale... et pourtant ilia dédaigne. Ce pagure, à l’inverse du précédent, est comme terrifié par l’imminence du danger. La peur lui fait perdre toute initiative et le pousse même à agir contre son intérêt. 11 préfère attendre la mort plu-
- tôt que d’avoir recours aux mœurs habituelles de sa race. Ainsi une même cause en jeu, l’instinct de la conservation ou ce que Schopenhauer appelle le « Willezum Leben », peut agir de deux manières opposées, décuplant l’initiative dans un cas et l’ani-hilant dans le second.
- Troisième observation. — Le matin du six août, en même temps que je constate la disparition du pagure dont il ne reste plus que quelques débris, je fais une constatation bien autrement importante et que je crois digne d’intérêt pour l’éthologie générale. La coquille de buccin qui avait été dédaignée la veille au soir par le bernard-l’hermite se trouve occupée par la petite galathée. Or les galathées ne sont signalées par aucun auteur à ma connaissance comme ayant l’habitude de se blottir dans des
- coquilles vides. Elles ont du reste un abdomen dur, suffisamment protégé de lui-même. Il a fallu la promiscuité avec un ennemi redoutable pour déterminer la galathée de mon aquarium à contracter les mœurs des pagures. Utile précaution comme la suite de mon observation le montre. La ga-lalhée est en effet restée trois jours dans sa retraite, au bout desquels , pour une raison que j’ignore, elle en est sortie. Or mal lui en a pris. Le soir même elle était dévorée.
- Qu’il me soit permis d’insister sur les fait précédents et de les exposer sous un nouveau jour. Une galathée a changé de mœurs, ce qui prouve d’abord que ses instincts ne sont pas immuables. Ensuite la cause de ce changement de mœurs est connue. Il s’agit, selon toutes probabilités, de la présence d’un ennemi redoutable.
- La galathée est devenue hermite. J’imagine que les mœurs si curieuses des pagures n’ont pas d’autre origine. Ces crustacés ont pris l’habitude de vivre dans des coquilles parce que, à un moment donné, ils se sont trouvés en concurrence sérieuse avec différents animaux. Quant aux conséquences de la vie dans des coquilles de gastéropodes, dextres pour la plupart, elles sont classiques et font partie de la diagnose des Pagurides. Ce sont l’état de mollesse et l’asymétrie de l’abdomen, joints à la dissymétrie des appendices. Si les galathées étaient constamment inquiétées, pendant plusieurs générations, par des ennemis voraces, nul doute qu’elles acquerraient peu à peu les mœurs et le faciès spécial des pagures.
- Liïox Biïktin.
- Agrégé de l’Umversilé.
- Pagure ou bernard-l’hermite dans sa coquille, avec des actinies commensales.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lauüue, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N» 2434. .. 27 NOVEMBRE 1920
- LA GRUE LA PLUS PUISSANTE" DU MONDE
- Pour les constructions navales, on utilise des engins de levage extrêmement puissants, des grues susceptibles de mettre en place des parties même déjà assemblées du navire.
- Cette manière de conduire l’établissement des navires, spécialement des grands dreadnoughts, a l’avantage de permettre de gagner beaucoup de temps. Ainsi les tourelles par exemple peuvent être montées séparément, armées de leurs pièces de canon et garnies de leur habillage final : puis on les
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- encore les poids à manoeuvrer et comme on préfère mettre en place la tourelle préparée tout d’un bloc, le Navy Department, décida la mise à l’étude d’une grue extrêmement puissante capable de lever 550 tonnes.
- Quelques chiffres donneront une idée des dimensions formidables de cet engin, qui offre aux regards une masse imposante. Sa plate-forme horizontale se trouve à 65 mètres environ au-dessus du sol.
- Cette grue est du type « hammer-head », cest-à-
- Mg. i. — La grue de 356 tonnes de Philadelphie.
- transporte tout d’une pièce au moyen de grues puissantes, qui permettent de les amener à leur position exacte sur le bâtiment.
- En vue de ce genre de travaux, on a été conduit à établir des engins spéciaux et la plus puissante était, avant la guerre, la grue du port de Hambourg qui pouvait lever 250 tonnes.
- Avec l’augmentation du calibre des pièces et en raison de la dimension et du poids des tourelles, cette capacité n’est déjà plus suffisante. En effet, les Américains, qui semblent se lancer dans la voie de la construction de très grosses unités navales, type du Pennsylvania par exemple, utilisent par tourelle trois pièces de 14 pouces, qui montées ensemble représentent plus de 500 tonnes.
- Souvent on manutentionnait la pièce seule, soit pour la mise en place, soit pour les rechanges ; mais l’adoption de pièces de 16 pouces augmente
- dire en lorme de tête de marteau : sa hauteur totale extrême est de 75,55 mètres. Le poids de la partie tournante, avec sa charge maximum, est de 2180 tonnes environ; le poids total de toute la structure d’acier qui repose sur la pile de fondation est de 4065 tonnes environ.
- La puissance normale eslde 550 tonnes avec une portée de 40 mètres et de 50 tonnes seulement pour une portée extrême de 65 mètres : mais pendant les essais, le poids soulevé et déplacé fut effectivement de 566 tonnes.
- Enfin il n’est pas inutile de parler du prix, qui pour les fondations seules, atteint la somme de 120 000 dollars ; pour la grue, la dépense s’élève au chiffre formidable de 871 000 dollars. .
- Evidemment, devant ces chiffres imposants, il est permis de se demander si cette dépense est justifiée par les services rendus et si l’importance
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- LES CONDUITES D'EAU ET DE GAZ
- des avantages obtenus par cet engin peut être mise en balance avec le montant de la noie.
- Quoi qu’il en soit, au point de vue purement technique, la réalisation d’un tel ouvrage est une chose remarquable et nous allons en faire rapidement connaître quelques détails intéressants.
- La fondation qui doit supporter le poids total de 4065 tonnes est constituée par une pile .qui descend jusqu’au bon sol et qui est renforcée latéralement par un batardeau. Sur cette fondation on édifie le portique d’acier à quatre montants, qui par des entretoises métalliques appropriées, répartit convenablement les charges.
- Sur le portique, se dresse une tour octogonale centrale dont les montants sont reliés fortement entre eux. Cette tour se termine par une plateforme d’acier qui comporte également un chapeau central en acier coulé. Au sommet de ce chapeau, se trouve une table tournante constituée par des galets horizontaux en acier chargés de supporter la rotation de la structure rotative dont nous avons indiqué le poids précédemment. Ces galets ont plus de 1 m. 50 de diamètre.
- La partie mobile et tournante de la grue est une sorte de membrure d’acier rectangulaire, de treillis qui comporte à ses extrémités les contrepoids, les trolleys, les câbles, etc.
- Il est évident que la rotation de la partie mobile serait extrêmement pénible, si l’on n’avait que le jeu de galets horizontaux, car alors le bras, du côté de la charge, donnerait lieu à une pression formidable et prohibitive de tout mouvement. Aussi on dispose conjointement aux galets horizontaux déjà cités, des galets verticaux qui entourent la tête de la tour fixe et permettent une rotation plus facile.
- Ce mouvement est communiqué aux galets par l’intermédiaire de chaînes dont les extrémités sont fixées à la partie mobile et à la tour fixe.
- Les crochets de levage présentent des dispositions spéciales. Pour les charges Jes plus lourdes, on utilise une barre de répartition qui supporte un crochet double au centre et qui comporte une paire d’anneaux à chaque extrémité. Dans ces anneaux sont engagés les moufles qui guident et supportent les câbles. Chacun de ces moufles a donc une capacité de 175 tonnes et le crochet central peut supporter 550 tonnes.
- A la partie supérieure, les câbles sont reliés à des trolleys de chacun 8 roues, qui permettent le déplacement de la charge suivant une amplitude de 40 mètres. Il y a deux trolleys de ce genre, l’un à droite et l’autre à gauche du treillis horizontal.
- Un troisième trolley plus réduit a une capacité de 50 tonnes seulement, mais avec une portée horizontale pouvant varier de 65 mètres.
- A l’extrémité de la partie horizontale mobile, à l’opposé de la charge, on dispose un contrepoids en béton de 514 tonnes. A cette même place se trouve la cabine des machines qui comporte deux étages ; elle contient les moteurs de 85 chevaux, les engrenages et les renvois pour les opérations de levage et d’orientation.
- Cette cabine se trouve à près de 70 mètres du sol et elle est équipée elle-même avec une grue de 55 tonnes, pour la manutention du matériel qu’elle renferme.
- La conception d’un tel engin est évidemment bien américaine, car depuis longtemps, de l’autre côté de l’Atlantique, on semble avoir mis un point d’honneur à battre les records dans tous les domaines.
- 11 n’est pas étonnant de trouver à Philadelphie cette grue qui est « the World’s Largest Crâne », et qui fait le plus grand honneur à la science des ingénieurs américains.
- E. Weiss.
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- LES CONDUITES D’EAU ET DE GAZ
- Établissement, surveillance et entretien.
- Si nous examinons ce qu’a fait l’Autorité administrative pour l’établissement, la surveillance et l’entretien des conduites cl’eau et de gaz, nous trouvons pour les premières, des prescriptions sérieuses :
- « Il faut, dit la circulaire du Ministre de l’Intérieur, du 10 décembre 1900, se rendre compte des dispositions adoptées pour mettre l’eau, soit au point de vue du captage, soit sur son parcours, à l’abri de toute contamination. Il faut encore rechercher si la quantité d’eau qui sera obtenue par les travaux projetés côrres'pondra à la population desservie. »
- La loi du 15 février 1902, en prévoyant la surveillance des eaux d’alimentation, a eu pôur but
- de s’assurer de la bonne qualité de Peau distribuée, de sa quantité suffisante, et aussi de la disparition des causes de contamination et de déperdition.
- Lés circulaires du Ministre de l’Agriculture prescrivent, entre autres mesures, de donner les raisons du choix de la nature et du diamètre des conduites, de la profondeur des tranchées, de justifier la nature et le type de conduites avec le plus grand soin, en tenant compte, tant des pressions qu’auront à supporter les tuyaux et des autres circonstances particulières au projet, que de la dépense résultant de ce choix (Ie1' octobre 1904) ; de faire état des précautions indiquées pôur assurer la quantité d’eau nécessaire et pour empêcher sa contamination pendant son parcours dans les conduites : changement
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- - LES CONDUITES D’EAU ET DE GAZ r::::.: . -.—-- 339
- de trace, tuyaux de nature spéciale, etc. (20 juillet 1908, 10 juillet 1910.)
- Malgré toutes ces précautions, il n’est pas douteux que les conduites d’eau sont souvent mal établies et mal entretenues : dans leurs enquêtes, les Commissions sanitaires ont, en effet, attiré l’attention des Pouvoirs Publics sur les nombreuses agglomérations où la contamination est la règle, où elle peut résulter à chaque instant de la situation des canalisations dans les terrains perméables, en contre-bas des fumiers, des latrines, des cimetières, des charniers, des mares et autres points du sol où l’on dépose des produits malsains.
- Ces défauts ont, du reste, fait l’objet d’un rapport du Conseil supérieur d’hygiène publique de France, d’un arrêté et d’une circulaire aux Préfets, en 1908 : « Il est indispensable, résume-t-on, de prendre toutes mesures pour empêcher la pollution des eaux de sources, de procéder à la réfection des canalisations et d’empêcher les déperditions d’eau, qui sont considérables ».
- Dans un rapport sur l'alimentation en eau potable, présenté par M. Diénert au récent Congrès d’hygiène de Monaco, en avril 1920, ces instructions sont également rappelées : on y insiste sur la nécessité d’apporter la plus grande attention à l’absolue étanchéité de toutes les canalisations et de leurs joints, de même qu’a la stabilité du terrain qui les supporte. Le rapport ajoute que les causes de contamination d’une canalisation, qui paraissent nulles au premier examen, lorsque l’eau est sous pression, peuvent cependant tenir soit à l’arrivée d’eau étran gère, lors de la réparation des tuyaux, soit à l’introduction d’air dans la canalisation, laquelle diminue la pression et favorise les rentrées d’eaux étrangères par les joints insuffisamment étanches ; qu’il est nécessaire de surveiller les eaux par les moyens dont nous disposons sur toute l’étendue de la canalisation, savoir : analyses chimiques et bactériologiques, surveillance des nouveaux tuyaux posés après les réparations, connaissance des joints non étanches baignés par l’eau.
- A la suite de la lecture de ce rapport, le Congrès a émis le vœu que les Municipalités fassent de grands efforts pour doter leurs villes d’une bonne distribution d’eau potable ; qu’elles organisent, d’une façon sérieuse, la surveillance hygiénique de ces distributions, et qu’elles en publient périodiquement les résultats.
- On comprend par ce qui précède, qu’il y a quelque chose à faire en plus de ce qui a été fait déjà pour le bon établissement, la surveillance et l’entretien des conduites d’eau, mais on ne saisit pas suffisamment l’importance dès inconvénients, ni la portée de l’intérêt qu’il y aurait à les faire disparaître, portée que nous allons appuyer par des chiffres.
- Nous savons) déjà que les pertes des conduites d’eau sont en moyenne de 55 pour 100 en France, d’après les spécialistes bien connus, MM. Debauve
- et Bechmann et de 22 à 50 pour 100 de l’eau transportée aux Etats-Unis (rapport de M. John W. Al-vord, Congrès international des ingénieurs, San Francisco* 1915).
- D’après les chiffres indiqués dans le « Type de rapport explicatif et justificatif de l’alimentation en eau d’une ville » (‘), en capitalisant à 5 pour 100 pour une ville de 10000 habitants, l’évaluation des pertes occasionnées par les maladies d’origine hydrique résultant des rentrées d’eau polluée dans les conduites donne : par an, 25000 fr. ; après 50 ans, 1 744022 fr. ; après 50 ans, 5495587 fr. (non compris les épidémies massives qui peuvent survenir par suite de rentrées d’eau très polluée, comme cela s’est produit trop souvent), et les pertes d’eau, — en comptant seulement 20 pour 100,— recherches, réparations, pourcentage du capital rendu inutile donnent, avec prix d’avant-guerre : par an, 26600 fr. ; après 50 ans, 1201250 fr. ; après 50 ans 5765611 fr.
- La perte annuelle serait sensiblement plus importante actuellement en raison du coût des travaux, de l’exploitation, des recherches et des réparations, qu’il faudrait multiplier par o au moins.
- Pour les conduites de gaz, — en comptant seulement 15 pour 100 de la production totale du gaz, et le tiers ou 5 m. c. par mètre courant, comme moyenne pour la perte annuelle résultant des conduites maîtresses, au prix de 0 fr. 20 le m. c., 0 fr. 50 par m. courant pour recherches et réparations des fuites des anciens types de conduites, dans un service ayant coûté 5000000 fr. et possédant 20000 m. de conduites maîtresses, — on peut calculer que la perte devient, en capitalisant à 5 pour 100 : par an, 25500 fr.; après 50 ans, 1 288110 fr. ; après 50 ans, 4042775 fr.
- Ces chiffres sont à peu près ceux de la perte moyenne de plusieurs usines où les réparations de fuites sont faites de façon suivie.
- La perte est beaucoup plus importante dans les services qui ont 20 à 40 pour 100 de gaz perdu : elle augmentera dans nombre de services sous l’effet des vibrations.
- Les auteurs de projets et les administrateurs de Services d’Eau et de Gaz feraient doue bien de procéder à des évaluations analogues, afin de pouvoir justifier de leurs dépenses en recherches et réparations des fuites sur les anciennes conduites et de leur choix du moment où il y a intérêt à remplacer les conduites anciennes par de nouvelles, qui seraient établies de manière à éviter les fissures des joints.
- Ceci étant donné et le lecteur s’étant bien pénétré des effets fâcheux produits parles fuites, il ne reste plus qu’à en indiquer brièvement les causes, ainsi que les moyens déjà employés pour y remédier.
- L’origine en est la fissuration trop facile des joints des conduites, par suite de résistance ou d’élasticité insuffisantes ou de trop courte durée en
- 1. J. Gilbert. Dunod, éditeur, Paris, 1919.
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- comparaison des mouvements et des efforts qu’ils ont à supporter : tel est le fait brut, simple — mais de quelle portée!
- Cette fissuration s’étendant aux conduites d’eau comme aux conduites de gaz, avec ou sans pression, l’intérêt est de supprimer le plus possible, le système des tuyaux posés bout à bout avec simple garniture.
- Deux conditions sont nécessaires pour obtenir de bons résultats : 1° la bonne nature des conduites; 2° un mode d’assemblage des tuyaux qui permette d’assurer l’étanchéité des conduites de façon durable.
- Nature des conduites. — Dans les canalisations importantes, à petit et moyen diamètre, on n’emploie généralement que des conduites en ciment, en grès, en terre cuite, en fonte ou en acier —avec revêtement en asphalte, ciment ou en béton armé.
- Malgré l’épaisseur de leurs parois, les tuyaux en ciment ne conviennent pas pour des conduites forcées, car ils se gercent facilement, occasionnent des fuites et ne résistent pas aux fortes pressions; par transsudai ion ils absorbent une certaine quantité de l’eau qu’ils transportent; ils altèrent la qualité du liquide et, de plus, les parois intérieures présentent des rugosités (d’où dépôts et incrustations) .
- Pour conserver la pureté des eaux, les tuyaux en grès conviennent bien tant qu’ils se maintiennent en bon état, mais ils sont cassants et résistent difficilement à de fortes pressions. En outre leurs nombreux joints sont en ciment, c’est-à-dire susceptibles de devenir défectueux; ils ne se fabriquent avec un diamètre supérieur à 50 cm. que pour les conduites sans pression.
- Les tuyaux en terre cuite se maintiennent généralement bien sous une certaine pression, et sont de longue durée, mais ils deviennent légèrement perméables par suite du décollement du vernissage. Leurs joints sont également en ciment : on ne peut les employer pour les distributions d’eau lorsqu’on a à redouter les infiltrations.
- De plus il faut remarquer que lorsque les joints des trois catégories précédentes de tuyaux (ciment, grès, poterie) présentent la moindre issue aux racines d’arbres, ceux-ci sont rapidement obstrués par elles; enfin, il ne faut pas les exposer à de fortes pressions ni à des coups de bélier, car ils donneraient lieu à un entretien fort coûteux.
- Toutes les fois que l’économie de premier établissement ne viendra pas s’y opposer, on devra donner la préférence aux tuyaux de fonte ou d’acier, surtou t pour les conduites qui sont soumises à de fortes prèssions et à des chocs, telles que les conduites de refoulement, pour celles qui sont contournées et changent fréquemment de direction : ils sont, en effet, de beaucoup les meilleurs; ils se fabriquent sur des longueurs de plusieurs mètres et présentent par conséquent relativement peu de joints ; ils
- s’obtiennent sous des formes très régulières et résistent à de fortes charges, altèrent rarement l’eau en se laissant attaquer par elles ; tous les raccords, tous les coudes sont fabriqués à l’avance et s’assemblent d’une manière pour ainsi dire mathématique.
- Lorsqu’il est besoin, les conduites en acier sont enrobées de ciment ou d’asphalte. On peut aussi employer les tôles bleues recuites ou le fer électro-lytique. Ces conduites peuvent être renforcées et protégées avec du béton armé.
- L’épaisseur des tuyaux doit être calculée par des formules sanctionnées par l’expérience. A Paris, on emploie, pour la fonte, la formule suivante :
- c = 0,0010 n.d. +0,008 dans laquelle n= 15, c’est-à-dire en supposant que les tuyaux peuvent éprouver des pressions de 15 atm.; d = diamètre intérieur du tuyau.
- Pour l’épaisseur des tuyaux en acier — rivé ou soudé — on emploie la formule
- où R est l’effort moléculaire (maximum 8 kg. par m/mq en pleine tôle; les 9/10 ou 7 kg. 2 à la soudure), P la pression de l’eau par m/mq, a un coefficient de majoration (1,20 au moins) destiné à tenir compte du coup de bélier, d le diamètre intérieur de la conduite et el’épaisseur (dete en m/m).
- Lorsque les tuyaux en acier sont renforcés au moyen de béton armé, on réduit ordinairement l’épaisseur de la tôle de façon à faire travailler conjointement les spires en fil d’acier.
- Mode d’assemblage des tuyaux. — Les joints, points faibles des canalisations, doivent être examinés et établis avec beaucoup de soin dans les services d’eau et de gaz.
- Les assemblages les plus répandus pour les conduites mères de ces deux sortes de services sont les joints au plomb et les joints au caoutchouc, savoir :
- 1° Joint à brides, fig. 1 ; — Ce joint n’est utilisé que pour la pose des robinets et pièces spéciales : il exige des brides, .ce qui restreint son emploi, puisque les tuyaux ne peuvent être coupés. Les brides et les boulons serrent une couronne de plomb maté extérieurement. Le montage et le démontage se font facilement. L’étanchéitc ne s’obtient que par l’adhérence du plomb entre les brides : lorsque les mouvements des tuyaux font disparaître cette adhérence, il se produit des suintements et même des fuites importantes.
- 20 Joints à emboîtement au plomb maté (fig. 2, type Français; fig. 3, type Anglais; fig. 4, type Allemand) — Le tuyau à emboîtement, avec joint à la corde goudronnée et au plomb maté; a été le plus employé jusqu’à ces dernières, années dans les villes et administrations de France et de l’Étranger. Les matériaux utilisés (fonte et plomb) en feraient un joint idéal s’il pouvait assurer l’étanchéité de la conduite pendant toute sa durée; néanmoins, il y a lieu de remarquer que sa confection exige d’assez
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- Fig. i à 18.
- Divers types de joints pour conduites d’eau et de gaz.
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- grandes précautions pour maintenir le jeu nécessaire à la dilatation et pour assurer le centrage parfait des tuyaux, afin d’avoir un vide régulier entre les parois où le plomb doit être coulé et maté; la corde doit être enroulée très régulièrement et matée fortement, sans être poussée à l’intérieur ; le matage du plomb ne doit ni fêler les tuyaux, ni cisailler le petit renflement qui pénètre dans la paroi interne de l’emboîtement; le plomb doit cependant adhérer à la fonte de manière à produire l’étanchéité, ce qu’on vérifie par l’épreuve de la conduite sous pression, à chaque tronçon amarré aux extrémités. L’effet du matage du plomb est précaire lorsque la conduite est démarrée; les joints ne peuvent résister longtemps sans se fissurer aux efforts auxquels ils sont exposés par suite de la faible résistance qu’ils présentent aux petits déplacements longitudinaux des tuyaux. Le bout mâle se déplace d’autant plus facilement qu’il est lisse ; souvent le petit renflement en plomb dont il a été parlé plus haut se trouve cisaillé, comme le prouvent les joints sautés. Il en résulte des fuites de plus en plus importantes et aussi de l’humidité qui provoque d’autres fuites aux joints voisins, parfois même des déboîtages et des ruptures de tuyaux avec toutes leurs conséquences; la recherche des fuites sous terre est difficile et coûteuse, comme on l’a vu plus haut.
- o° Joint à bague (fig. 5). — Ce joint, avec garniture en plomb maté, n’est guère utilisé que par les villes qui possèdent des galeries d’égouts, où les conduites peuvent être posées à l’intérieur, afin d’éviter des tranchées. Il donne lieu à une multitude de petites fuites, coûteuses, mais qu’on peut faire disparaître assez facilement par matage du plomb. Des rentrées d’eau polluée sont à craindre par les fissures en cas de vide ou d’air à l’intérieur des conduites lorsque les égouts sont remplis. Il se démonte assez facilement à froid; sous terre, il donnerait lieu à des fuites plus nombreuses et plus coûteuses qu’en égout et, sous la chaussée, les réparations des fissures nécessiteraient des ouvertures fréquentes de tranchées (d’où embarras dans la circulation, etc.).
- 4° Joints au caoutchouc avec brides et boulons (fig. 6, 7). — Dans ces systèmes, des boulons et contre-brides serrent le caoutchouc contre l’emboîtement ou contre le manchon, parallèlement au bout mâle. La partie de caoutchouc qui vient par refluement contre le bout mâle produit l’étanchéité de la conduite, étanchéité qui se maintient tant que la position des tuyaux n’est pas modifiée; mais, à la suite de mouvements des tuyaux, la partie de caoutchouc envisagée se desserre ou se fissure, s’effrite et se ronge (par suite du frottement contre la fonte, comme finit par se pulvériser une gomme à effacer qui frottte sur le papier) quelle que soit la précision de l’assemblage, d’où la disparition de l’étanchéité souvent constatée. Cet effet peut se produire simultanément sur les deux rondelles en caoutchouc
- du joint figure 7. Si l’on n’amarrait pas soigneusement les conduites pour les épreuves de réception sous la pression d’essai, il serait impossible de maintenir les joints étanches, ce qui indique déjà ce qui se passera quand l’amarrage aura été enlevé, lorsque les tuyaux seront exposés aux efforts du sol, de la trépidation et de la pression du fluide transporté.
- 5° Joints au caoutchouc avec étrier et boulons ou avec transervsaux et clavettes (fig. 8, 9). — Le caoutchouc est mieux utilisé dans ces systèmes, mais là encore, il est trop exposé : si les mouvements des tuyaux sont fréquents, il se desserre ou se fissure; il arrive même qu’il est rompu par le fluide sous pression. — Les tuyaux qui reçoivent ces joints ne se coulent guère qu’à plat et les étriers, boulons, transversaux, clavettes des joints disparaissent parfois assez rapidement dans la terre.
- 6° Joints à emboîtements au caoutchouc, avec ou sans garniture en plomb (fig. 10, 1 1, 12, 15).
- — Dans ces joints, le caoutchouc est serré entre les parois des tuyaux ou refoulé par le plomb entre le bout mâle lisse et 1’emboitement. Les mouvements alternatifs des tuyaux desserrent également le caoutchouc, le fissurent, l’effritent, et le rongent après quelque temps de service. Par le fluide transporté sous quelque pression, le caoutchouc est facilement cisaillé, ou chassé à l’extérieur. Le plomb, refoulé, peut déterminer des fissures ou des éclatements d’emboîtements, soit au moment de la pose, soit plus ou moins longtemps après. Il faut amarrer chaque tronçon de conduite pour les épreuves de réception sous pression.
- En résumé, avec les joints figures 1 à 15 ci-dessus, les fuites naissent trop facilement; leur nombre et leur importance croissent avec l’ancienneté des conduites, la fréquence et l’intensité des efforts et, comme elles se reproduisent malgré des recherches et des réparations suivies, ces dernières ne sont qu’un palliatif coûteux.
- M. Frick écrit au sujet des joints de tuyaux (4) : « En présence de ces dangers (pertes et contaminations d’eau), on conçoit que la question de la tenue des joints demande à être examinée avec soin dans tout projet bien étudié, et il faut bien reconnaître qu’il est loin d’en être ainsi, contrairement, du reste, aux prescriptions administratives. On se borne trop souvent à adopter a priori un type quelconque sans justifier aucunement cette préférence, alors qu’il serait nécessaire que le calcul vérifiât que le joint choisi est en état de résister ».
- 7° Joints au caoutchouc, avec clé en plomb (modèles Gilbert, fig 14, 15, 16, 17, 18). — Le joint ordinaire (fig. 14, tuyaux en fonte, fig. 16, tuyaux en acier) à emboîtement et cordons, est formé d’un tore en caouchouc fortement comprimé au moment de la mise en place des tuyaux
- 1. Considérations sur l'établissement des projets de distribution d’eau potable dans les communes, par P. Frick.
- — Dunod, éditeur, Paris, 1919.
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- LES INSTRUMENTS PROPRES A MESURER L’OPACITÉ == 343
- et maintenu dans cet état par une couronne de plomb — avec nervures, — ordinairement coulé entre les abouts des tuyaux, profilés à cet effet lors de la fabrication. |
- Le tore en caoutchouc a, dont la section primitive est circulaire, est placé dans une rainure circulaire du bout mâle; on emboîte ensuite ce bout mâle et on pousse le tuyau à bloc, à l’aide d’un cric, dans la position qu’il doit occuper définitivement; il prend de ce fait automatiquement sa position assignée et cela sans ces tâtonnements qu’on rencontre avec le type classique. Les formes g h des tuyaux qui reçoivent ce tore l’empêchent dérouler et d’être coupé ou arraché pendant le montage, tout en lui faisant centrer les tuyaux, grâce à sa forme et à son homogénéité. Il prend une grande surface utile de contact dans le joint et ses parties amincies protègent le milieu de sa section, qui est serré et maintenu de façon qu’il ne puisse être cisaillé par le fluide sous pression. Son élasticité lui permet d’absorber les petits mouvements sans que le plomb ait encore à intervenir.
- Le remplissage en plomb, maintenu par ses deux nervures, situées l’une en regard de l’autre, sur le bout mâle et sur l’emboîtement, constitue une clé c, dont les retours d’équerre présentent le maximum de résistance aux glissements longitudinaux des tuyaux. Il agit d’une façon assurément plus utile que le petit boudin du système classique, puis-qu’en pénétrant profondément et régulièrement dans les épaisseurs des tuyaux mis en présence, il peut par sa propre cohésion résister à d’importants efforts d’arrachement, que sa forme bien définie permet de soumettre à un calcul rigoureux (et non plus par une adhérence problématique). Disons à ce sujet que pour un long service la charge sur les épaulements e, e des joints des conduites (fig. 14 et 16) ne doit pas dépasser, pour le plomb pur, par m/mq, = 1 kg. au cisaillement et 2 kg 5 à la compression.
- Le matage avec toutes ses complications et ses dangers de fissuration est au surplus rendu inutile, sauf le cas exceptionnel où un joint serait desserré.
- Le serrage des joints se faisant au cric permet
- d’opérer sur plusieurs tuyaux successifs, qu'on bloque d’un seul coup (H. L’emplacement du plomb se trouvant limité par le caoutchouc et l’extérieur de l’emboîtement, on n’a pas les tâtonnements et soins signalés pour le système classique. La pose des tuyaux ne demande pas l’intervention d’ouvriers spécialistes, ce qui donne déjà lieu â Une économie de main-d’œuvre. La réduction d’épaisseur et de longueur du remplissage en plomb compense et au-delà le complément de volume produit par les nervures; finalement, le joint demande moins de plomb que le système ordinaire : c’est une nouvelle économie.
- Enfin, un autre avantage des emboîtements courts : pour retirer un tuyau, on n’a qu’à démonter ses joints et ceux des tuyaux adjacents, puis à le soulever; il s’échappe facilement et se replace de même, tandis qu’avec le type classique on n’a d’autre alternative que de couper le tuyau.
- Les rapports officiels de diverses personnalités compétentes comme MM. Debauve, Beclnnann, Rabut, Sauvage, ont fait ressortir les avantages que procuï'erail ce joint. L’expérience est venue justifier leurs conclusions.
- En présence de résultats aussi nets, confirmés par la pratique en ce qui concerne la tenue des joints Gilbert, dans tous les cas envisagés, on peut dire que le problème de l’établissement des nouvelles conduites d’eau et de gaz se trouve résolu, attendu que l’ingénieur n’aura qu’à calculer l’épaisseur des tuyaux et la résistance des joints pour que ceux-ci se maintiennent, sans cesser d’être étanches, en présence des efforts qu’ils auront à supporter.
- Les explications qui précèdent montrent l’intérêt de tout premier ordre qu’il y a à surveiller les conduites d’eau et de gaz, à rechercher et réparer leurs fuites chaque année, enfin à tenir compte des pertes et des dépenses qu’elles occasionnent, pour pouvoir déterminer le moment où il sera avantageux de passer des conduites anciennes aux conduites nouvelles, calculées et établies comme il est dit ci-dessus. J.
- 1. Six tuyaux pour les diamètres de 50 à 60 mm; 5 pour ceux de 70 à 225 ; 4 pour ceux de 250 à 550.
- LES INSTRUMENTS PROPRES A MESURER L’OPACITÉ ET LEURS APPLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Pour déterminer Yopacité d’une substance solide translucide, d’une émulsion ou d’un milieu trouble quelconque ; autrement dit pour mesurer les intensités de la lumière diffusée à travers des corps incomplètement transparents, les physiciens imaginèrent des instruments qu’ils baptisèrent des noms plus ou moins ronflants de microphotomètres, opci-cimètres, et néphélémètres [de nephos, nuage).
- La photographie était naturellement indiquée pour déterminer l’intensité d’un rayonnement lumi-
- neux. La plaque, en effet, permet non seulement d’enregistrer, d’une façon durable, plusieurs phénomènes concomitants, mais surtout d’étudier certaines radiations spectrales inaccessibles à notre œil comme l’ultra-violet. et l’infra-rouge. La photométrie photographique se ramène, en définitive, à la mesure de l’opacité produite, après développement dans les différentes régions de la couche sensible.
- Pour ses recherches astronomiques, Frantz Hartmann construisit, il y a une vingtaine d’années
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- Fig. j. — Dosage bactérien à l'aide de l’opacimètre Vies, de Watteville et Lambert.
- Une source lumineuse fournit 2 circuits de rayons dont l’un traverse la fiole contenant l’émulsion microbienne et dont l’autre passe au travers d'une lame photographique à noircissement progressif. Les 2 faisceaux forment, dans le champ de la lunette, deux plages contiguës dont l’observateur réalise l’éga'ité, en agissant sur la manette de commande de la lame compensatrice.
- environ, un des premiers microphotomètres précis, employé depuis lors dans de nombreux observatoires mais qui avait un grave défaut : les deux plages photométriques, images de la plaque à mesurer et de la plaque de comparaison, n’offraient pas un aspect uniforme. Les grains d’argent apparaissaient et en conséquence l’expérimentateur ne pouvait obtenir que d’une manière très approchée Légalisation photométrique. Aussi, dans leur micro-photomètre, décrit en 1912, MM. Fabry et buisson s’efforcèrent d’éviter cet inconvénient. Pour réaliser des plages photométriques parfaitement uniformes, ces savants employèrent une lame dont la densité variait d’un point à un autre, suivant une loi préalablement connue.
- D’abord, ils confectionnèrent cette teinte dégradée en exposant une plaque sensible à la lumière d’une lampe au mercure ; ils interposaient devant elle une cuve en forme de prisme très aigu, renfermant une solution faible de chromate neutre de potassium.
- L’intensité de la radiation violette, à peu près seule agissante, décroît ainsi progressivement d’un bord à l’autre et après développement on obtient un « coin photométrique » dont la courbe de densité ne diffère guère d’une ligne droite. Ils trouvèrent ensuite plus commode de se servir d’une lame de verre absorbant taillée en forme de prisme aigu et accolée à une lame de verre transparent de même forme mais tournée en sens inverse ; ils avaient de la sorte une épaisseur absorbante croissant d’un bout à l’autre et dont la densité variait suivant une loi exactement linéaire en fonction de la distance à un point fixe.
- Avec le microphotomètre Fabry et Buisson, on
- effectue très rapidement les mesures d’opacité, puisqu'il suffit de déterminer les densités en deux endroits seulement pour tracer la courbe de graduation ; on peut l’utiliser aussi bien pour l’essai des plaques photographiques que pour les autres applications photométriques.
- De son côté M. Baillaud a proposé un opctcimèlre intégrateur reposant sur le même principe que le microphotomètre d’Hartmann mais en différant par quelques détails de construction. Avec cet instrument, destiné à l’étude des clichés stellaires, on compare encore une plaque photographique à un écran absorbant par l’intermédiaire de deux lunettes et d’un double prisme de Lummer et Brodhun. Mais les deux objectifs des lunettes ont leurs foyers principaux sur la plaque et sur l’écran absorbant, de telle façon que les prismes se trouvent traversés par des rayons parallèles. Une lentille reçoit ensuite ces deux faisceaux et forme les deux images superposées sur un opercule. L’œil placé derrière celui-ci reçoit la totalité de la lumière transmise et, visant sur la lentille, compare l’éclairement de la tache centrale due au faisceau issu de la plaque à celui de la zone annulaire produite par les rayons ayant traversé l’écran absorbant.
- L’opacimètre Baillaud permet donc d’étudier la transparence globale d’une plage d’un cliché manquant d’uniformité et nécessite seulement la comparaison de deux teintes plates.
- Quand la tache stellaire est très hétérogène ; en particulier si la couronne immédiatement circonscrite par l’opercule se trouve notablement plus claire que la partie centrale, les plages de l’écran photo-
- M [Z.
- Fig. 2. — Plan schématique de l’opacimètre Vlès, de Watteville et Lambert.
- S, source lumineuse ; L, lentille ; A, ballon de cuivre ; P, prisme à réflexion totale; L,, lentille; B, cube de verre formé de 2 prismes; M, microscope; EE', écrans colorés; C, prisme de verre partiellement argenté; L2, lentille; R, manette de commande de la lame photographique D; Q, levier actionnant le volet mobile V.
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- LES INSTRUMENTS PROPRES A MESURER L’OPACITÉ
- métrique apparaissent bordées de liserés brillants qui changent d’aspect au moindre mouvement de l’œil. Les pointés manquent alors de sûreté. On remédie à ce défaut en plaçant contré l’opercule l’objectif d’un petit viseur qui pointe sur l’écran photométrique et qui est muni d’un oculaire tel que l’image annulaire de l’opercule, puisse se former sur la pupille de l’observateur.
- En 1919, MM. Vies, de Watteville et Lambert ont inventé un opacimètre (fig. 1) très précis, en
- source lumineuse S est une lampe à azote de 100 bougies, contenue dans un manchon métallique et laissant passer des rayons dans deux directions rectangulaires. Une lentille L projette un faisceau parallèle à travers deux fenêtres diamétralement opposées dans la paroi d’un ballon de cuivre A plein d’eau, destiné à recevoir le tube d’émulsion. A sa sortie le faisceau, après avoir traversé un écran coloré sélecteur E, pénètre dans un prisme à réflexion totale P, puis dans une lentille L qui le dirige sur
- Fig. 3. — Opacimètre Vlès, de Watteville et Lambert.
- On a enlevé le couvercle de la boîte renfermant l’instrument, de manière à en montrer les différentes parties dont le ’ectcur peut se rendre compte en se reportant au plan schématique de la figure 2.
- vue des dosages bactériens. Cet instrument se distingue des précédents par son but et par les principes de sa conception. Il comprend d’abord, comme organe essentiel, un photomètre constitué par deux circuits lumineux juxtaposés fournis par une même source, l’un traversant la fiole d’émulsion, l’autre soumis à un. système affaiblisseur capable d’en modifier l’intensité suivant une loi déterminée. Les deux circuits forment, dans le champ d’un oculaire, deux plages adjacentes dont l’observateur réalise l’égalité en agissant sur le système affaiblisseur basé soit sur les phénomènes de polarisation produits par des piles de glaces, soit sur le déplacement d’une lame d’opacité progressive.
- Dans ce nouvel opacimètre, dont les figures 2 et 3 vont nous aider à comprendre le fonctionnement, la
- un cube de verre B constitué par deux prismes rectangles, accolés suivant leurs faces hypothénuses dont l’une partiellement argentée le renvoie finalement dans un microscope M. L’autre faisceau réfléchi filtre à travers l’écran coloré E’, et, repris ensuite par un objectif, il traverse le cube de verre B dans sa moitié non argentée pour venir se juxtaposer dans le champ de l’oculaire du microscope M. Toutefois, avant de pénétrer dans l’objectif, ce rayon lumineux franchit la lame photographique à opacité plus ou moins grande D selon les régions, et dont on a préalablement établi la loi de noircissement au moyen de mesures spectrophotométriques. Cette lame, montée sur un cylindre de verre, pivoté sur son centre sous l’action d’une manette R que l’observateur manœuvre de l’extérieur et elle porte une
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- 346 . LES INSTRUMENTS PROPRES A MESURER L'OPACITÉ
- Fig. 4. — Mesure de l’opacité d'un milieu trouble au moyen du néphélémètre Chèneveau el Audubert. L’observateur déplace à volonté la source lumineuse (lampe 1/2 watt) et la lentille intermédiaire, montées toutes deux sur des pieds à coulisse. Il établit l’égalité des plages lumineuses que son œil voit dans la lunette, en manœuvrant la vis à crémaillère du dispositif compensateur.
- échelle photographique divisant sa longueur en 100 parties égales. En outre, on a calculé les caractéristiques de l’objectif pour que l’image des divisions se forme au niveau de la surface argentée du cube de verre, de manière quelle se trouve au point dans le microscope en même temps que la limite des deux plages. L’observation de l’égalité de ces deux dernières et la lecture de ces graduations s’effectuent donc dans le même champ. Enfin, pour que l’expérimentateur ne se laisse pas influencer par quelque idée préconçue, un levier Q lui permet d’actionner le volet mobile V, qui démasque l’échelle graduée, juste au moment voulu.
- Comme on mesure les opacités progressives de cette lame photographique ou écran à l’aide d’une graduation arbitraire, on doit se livrer à un étalonnage empirique. Pour cela, on construit une courbe reliant les divisions à la caractéristique choisie comme représentative de la quantité de substance bactérienne, par exemple le poids sec des bactéries
- par centimètre cube d’émulsion. Voici, en quelques mots, la technique opératoire. Après avoir pris comme type une émulsion bactérienne, on la partage en deux portions. L’une est mise dans le|centrifugeur Jouan et on lave ensuite, à l’eau distillée, le culot obtenu qu’on reprend par centrifugation, puisqu’on pèse une fois desséché à 110°, à poids constant. On a ainsi le poids sec, en milligrammes, par centimètre cube d’émulsion type. Avec l’autre parlie, on confectionne une série d’émulsions qu’on examine successivement à l’opacimètre. En portant alors en abscisses les cotes lues et en ordonnées les poids secs correspondants, on obtient la courbe d’étalonnage. II faut avoir soin de vérifier de temps en temps, les réglages de l’appareil au moyen de lames de verre opale disposées dans les tubes, et qui constituent des tests d’opacité constante.
- Le néphélémètre (fig. 4), réalisé tout récemment par MM. Chèneveau et Audubert, se prête également aux observations opacimétriques courantes dans les laboratoires bactériologiques ou chimiques. En particulier, on étudie facilement avec lui la formation des précipités et la vitesse des réactions chimiques, on dose des corps par précipitation de leurs solutions, on titre des émulsions microbiennes ou colloïdales et on essaie avec précision des plaques photographiques. Les physiciens anglais Richards et Wilson avaient déjà proposé de déterminer la différence de concentration de deux émulsions de même nature en comparant leur opacité d’après une formule due à Lord Rajleigh et généralisée par Boutaric. Mais MM. Cèhneveau et Audubert montrèrent que cette méthode devient incorrecte pour les émulsions hétérogènes, car l’exposant d’un des termes de l’équation varie avec la concentration. D’autre part, ces mêmes savants trouvèrent la relation existant entre
- le rapport y- de l’intensité de la lumière transmise
- par un milieu trouble et l’intensité de la lumière incidente. C’est une fraction continue de la masse totale M du corps en suspension dans le milieu trouble, et la connaissant on pourra déterminer cette masse, en évaluant expe'rimentalement ledit I
- rapport
- lo
- Le néphélémètre Chèneveau et Audubert, basé sur
- Fig. 5. — Coupe schématique du néphélémètre ,Chèneveau et Audubert.
- S, source lumineuse ; L, lentille convergente ; c c’, fenêtres circulaires; PP', double prisme à réflexion totale; E, écran protégeant l’œil de l'observateur qui regarde par la lunette A; T, tube renfermant la substance opaque; H, coin de verre noir à teinte neutre accolé au prisme de verre blanc H'.
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- LE VOL A VOILE
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- les considérations précédentes, rend ces mesures très rapides et très simples ; il se compose, en principe (fig. 5), d’une source lumineuse intense S disposée au foyer d’une lentille convergente L envoyant un faisceau lumineux homogène et parallèle sur deux fenêtres circulaires c, c' placées à la base d’un double prisme à réflexion totale P P'. L’œil de l’observateur abrité de toute lumière parasite, grâce à un écran E, compare les éclairements de ces deux fenêtres à l’aide d’une lunette A qui en fournit des images contiguës. L’oculaire de la lunette porte, en
- par la lumière, équilibre par son absorption celle du liquide à étudier. Pour arriver ainsi à l’égalité des plages lumineuses contiguës, la lame se trouve montée dans un cadre mobile coulissant au moyen d’un pignon et d’une crémaillère dans un cadre fixe (fig. 6).
- D’autre part, le cadre mobile porte une graduation, et un repère, inséré sur le cadre fixe, en mesure les écarts. Or, comme la théorie indique que le déplacement du prisme nécessaire pour effectuer la compensation est une fonction linéaire de la masse
- Fig. 6. — Dispositif compensateur, tube renfermant ta substance opaque et écran protecteur du néphèlémètre Chèneveau et Audubert. • ' • • -
- La lame dont l’absorption compense celle de la substance opaque se déplace devant une fenêtre; elle se monte dans ' un cadre mobile coulissant, à l’aide d’un pignon et d’une crémaillère, dans un cadre fixe. La graduation se meut avec le cadre mobile et le déplacement de la lame compensatrice s’y lit, grâce à un repère porté par le cadre fixe.
- outre, un écran coloré ne laissant passer qu’une bande étroite du spectre.
- D’autre part, on met, dans le tube T, le milieu trouble ou la lame opaque à étudier tandis que devant l’autre fenêtre se trouve une petite lame II de verre noir à teinte neutre accolée à un prisme de verre blanc IP disposé en sens inverse. Les deux faisceaux lumineux transmis par le milieu opaque et par le verre noir viennent se juxtaposer dans la lunette A. Il suffit de déplacer la lame de verre à teinte neutre jusqu’à ce que son épaisseur, traversée
- LE VOL
- Parmi les spectacles que nous donne la nature en semblant se jouer des lois plus élémentaires de la mécanique, il en est un qui depuis longtemps a attiré l’attention des voyageurs, tout en provoquant leur admiration. C’est le vol à voile dont il a déjà été question plusieurs fois dans cette Revue et dont aucune explication précise n’a encore pu être donnée.
- C’est que, quoique nombreux aient été les observateurs qui ont décrit ses performances étonnantes, et nombreux aussi les théoriciens qui ont tenté de l’expli-
- en suspension dans le liquide, on étalonne le néphé-lémètre à l’aide de deux déterminations seulement, faites avec des liquides de dilution déterminée. Connaissant donc le déplacement, la droite d’étalonnage fournit immédiatement le titre du milieu trouble.
- En résumé, microphotomètres, opacimètres, et néphélémètres facilitent, dans des circonstances variées, la besogne des astronomes, des physiciens, des chimistes et des microbiologistes.
- Jacques Boyer.
- A VOILE
- quer, personne encore ne paraît avoir appliqué à cette étude les procédés et les méthodes précises de la physique moderne. C’est ce que nous avons tenté de faire en nous rendant dans les régions où évoluent les grands vautours et les milans.
- Nous ne reviendrons pas sur la description du vol à voile. Nous ne pourrions mieux faire que les anciens observateurs, et il est suffisamment connu pour qu’il soit inutile d’y revenir.
- On sait que les oiseaux évoluant dans l’air avec une
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- 348 = ....— ....... -------------- LE VOL
- immobilité et une fixité absolue des ailes, c’est dans l’air ambiant qu’il faut chercher la source d’énergie nécessaire à leur sustentation et à leur propulsion.
- Nous nous sommes donc proposé d’étudier, aux points mêmes d’évolution des oiseaux, la nature des mouvements de l’air que, vraisemblablement, utilise l’oiseau voilier- Nous avons, pour cela, employé deux procédés différents, suivant que le vent avait une vitesse supérieure ou inférieure à 4 mètres, pour étudier les irrégularités du vent et sa composante verticale (*).
- Dans le premier cas, on se servait d’un cerf-volant, spécialement construit à cet effet et muni d’un dynamomètre enregistreur, permettant d’évaluer les irrégularités du vent. L’inclinaison du vent sur la verticale était étudiée au moyen d’une banderole très légère (fixée au voisinage du cerf-volant) dont l’inclinaison était une fonction connue de la vitesse du vent, et dont l’angle avec l’horizon était déterminé du sol par un procédé optique utilisant une lunette de Rochon, munie de cercles d’azimuth et de hauteur.
- Dans le second cas, on opérait un sondage par une méthode spéciale ne nécessitant qu’un seul observateur, avec un ballon gonflé d’hjdrogène, dont la vitesse de régime ascensionnelle en air calme v était connue. On déterminait de minute en minute la distance et la hauteur du ballon. La différence entre la hauteur vraie et la hauteur théorique supposant la vitesse ascensionnelle Y=v permettait de calculer la composante verticale de la vitesse du vent.
- L’exactitude et les causes d’erreur de ces différents procédés avaient été étudiées préalablement par plusieurs méthodes comparatives indépendantes. On en concluait que l’erreur probable de chaque mesure (erreur accidentelle) était de l’ordre de 0 m. 10 par seconde en moyenne.
- Le détail de ces expériences ne pouvant rentrer dans le cadre de cet article, nous renvoyons le lecteur qui s’y intéresserait au Bulletin de juin 1920, de la Direction des Inventions qui nous a permis de réaliser ces travaux (2).
- Les résultats d’expériences faites dans les plaines du Haut-Niger et dans les régions du Foula-Djallon, nous ont amené aux conclusions suivantes :
- 1° Le vent a, dans ces régions, presque toujours une composante verticale, et, si l’on faisait un diagramme de la composante verticale du vent dans un plan horizontal à une certaine hauteur au-dessus du sol, on constaterait l’existence de plages positives (composante ascendante) et de plages négatives (composante, descendante), dont les unes restent fixes (quand elles sont dues à des obstacles naturels), mais dont la plupart se déplacent sans loi apparente et sont dues à des causes encore indéterminées (où les courants de convection paraissent toutefois jouer un rôle important).
- 2° Les zones, où les oiseaux évoluent sans battre des ailes et sans perdre de hauteur ont toujours coïncidé avec les plages de composantes ascendantes. C’est dans ces zones qu’ils se maintenaient en décrivant soit des orhes, soit des lignes brisées. Ils se déplaçaient avec elles et n’allaient de l’une à l’autre qu’en ligne à peu près droite et sans s’arrêter. Ils pouvaient alors perdre impunément un peu de hauteur qu’ils rattrapaient dans
- 1. On sait en effet qu’un vent horizontal et régulier est assimilable, au point.-de vue aérodynamique, à un air calme et les théories basées sur l’utilisation d’un tel vent ramènent le problème au mouvement perpétuel.
- 2. Voir aussi la Technique moderne de juin 1920.
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- la zone positive suivante; ce qui, à première vue, donne l’impression qu’ils évoluent à voile irrégulièrement dans tout l’espace.
- 5° Aucune liaison n’a pu être établie entre les irrégularités du vent et le vol à voile qui se produit souvent par vent faible et régulier.
- Autrement dit pour employer un langage moins précis mais plus imagé, l’air de ces régions paraît êlre le siège d’ondulations (qui n’ont toutefois pas la régularité de celles de la mer) que les oiseaux, doués sans doute d’un sens spécial, utilisent dans leurs parties sustentatrices, c’est-à-dire à composante ascendante.
- Ces premiers faits une fois établis, on peut en déduire que l’oiseau se comporte comme un planeur descendant par rapport à l’air d’une quantité égale par seconde à la valeur de la composante ascendante de la vitesse du vent. Mais alors, un autre problème intéressant se pose : si tel est le mode d’utilisation par l’oiseau de la composante verticale du vent, il doit être construit de manière à avoir le meilleur angle de glissement possible et le meilleur K y possible (Iiy de la formule d’Eiffel. Poussée = liy S V2), Il était donc intéressant de déterminer ces quantités, c’est-à-dire, en somme, la traînée et la poussée.
- Pour cela on détermine la vitesse de l’oiseau en air calme et la vitesse horizontale correspondante de l’oiseau par rapport auvent. De ces données, on déduira, connaissant le poids de l’oiseau et sa surface portante, l’angle de descente y, la traînée et la poussée correspondante. On pourra, par conséquent, en tirer les coefficients K et K' des formules :
- poussée = K SYs » ’
- traînée = K' S V2
- Une limite inférieure de la vitesse ascendante minimum nécessaire à la sustentation est donnée dans le cas où l’oiseau se maintient à hauteur constante en battant les ailes de temps à autre, ce qui montre que la composante ascendante est insuffisante à le maintenir.
- La vitesse horizontale V de l’oiseau est obtenue par différence de la vitesse du vent (à l’endroit où il vole) et de la vitesse de l’oiseau par rapport au sol.
- Les premiers résultats approximatifs obtenus sont les suivants. Nous avons l’intention de les confirmer ultérieurement par des mesures plus nombreuses et plus précises et étendues à toutes les espèces d’oiseaux évoluant à voile :
- Percnoptère moine
- V = 7ra.5 v = 0™ 5 Kt/ = 0,06 Kx = 0,004.
- Pseudogyps africanus
- V=:8m.5 Y — 0m.5 Ky = 0.12 lu; — 0,007.
- Ces chiffres toutefois ne résultent que d’un nombre d’expériences assez faible, aussi ne constituent-ils qu’une première approximation.
- On voit que contrairement à ce qui ce passe pour les planeurs artificiels pour lesquels l’angle de glissement minimum est faible, on a pour liy une valeur très grande. Il était donc intéressant de se rendre compte si les ailes des vautours se comportaient, comme celles des planeurs habituellement construits. Ce qui à première vue paraît les différencier, c’est alors que si l’on fait une section plane dans une aile d’aéroplane ou de planeur par un plan vertical parallèle à l’axe de l’appareil, la section est indépendante de la position de ce plan, de sorte que les filets d’air passant au-dessous et au-dessus de l’aile ne sont pas déviés dans une direction perpendiculaire à un plan vertical contenant l’axe de l’appareil. Il ne paraît
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- pas en être de même chez l’oiseau. C’est pourquoi nous nous sommes efforcé d’immobiliser après leur mort quelques ailes d’oiseaux. Malheureusement le formol employé pour les conserver a contracté leurs muscles et les rémiges primaires particulièrement ne sont pas dans leur position normale.
- Il a paru néanmoins intéressant de les étudier à la soufflerie. On y a constaté le fait suivant : Sur la face inférieure de l’aile, les filets d’air situés près de la surface de l’aile sont déviés dans la direction du corps de l’oiseau à la partie la plus creuse de l’aile où une série de petites plumes se soulèvent sous l’influence du vent.
- Tels sont les résultats encore incomplets du début de
- celte élude. Ils auront toutefois permis de jeter un premier jour sur l’utilisation par l’oiseau de l’énergie interne du vent et, sinon sur la cause unique, du moins sur une des causes du vol à voile. Car on ne saurait encore affirmer qu’il n’existe pas des modes différents chez les voiliers d’utilisation de l’énergie interne de l’air. Aussi avons-nous l’intention de poursuivre ces travaux en les étendant particulièrement au vol si admirable des albatros, heureux si notre modeste effort aura pu contribuer à lever un coin du voile qui nous cache le secret des premiers aviateurs qu’a formés le Créateur.
- P. Idrac,
- Répétiteur à l’École Polytechnique.
- LE PRIX NOBEL DE PHYSIQUE
- CHARLES ÉDOUARD GUfLLAUME
- Le lauréat du prix Nobel de physique de celte année est bien connu de nos lecteurs qui ont pu lire à maintes reprises dans La Nature ses travaux et ses idées.
- Suisse d'origine, mais Français de cœur, ayant toujours manifesté pour notre pays la plus grande sympathie, vivant depuis près de quarante ans en France, M. Ch.-Ed. Guillaume a beaucoup contribué à propager flans le monde le système métrique,.
- C’est dans Lu Nature qu’il a le plus souvent fait connaître ses travaux au grand public et nous sommes certains que lotis nos lecteurs seront heureux que nous leur rappelions aujourd’hui les principaux travaux de M. Charles-Édouard Guillaume.
- Né à Fleurier (Suisse), le 15 février 18G1, M. Charles-Edouard Guillaume fit ses études à l’Académie de Neuchâtel et à l’École polytechnique Fédérale, puis vint au Bureau international le 1er octobre 1885.
- Dès son entrée au Bureau international, M. Guillaume, fut mis au courant des méthodes de la thermométrie par M. Benoit, qui lui confia l’étude des thermomètres-étalons dont on venait de perfectionner la construction, notamment par l’emploi du verre dur. M. Guillaume étendit bientôt le cadre qui lui avait été primitivement tracé, et publia ses recherches en 1886, dans un mémoire Éludes thermomélriques inséré au tome Y des Travaux et Mémoires du Bureau international. Poursuivant ses recherches et les étendant encore, il résuma, en 1889, l’ensemble des connaissances en la matière dans son Traité de Thermométrie. Entre temps, M. Guillaume avait été associé, par M. Benoît, à la détermination de plusieurs règles géodésiques, et notamment de celles qui ont servi aux grands travaux du Service géographique français, puis à la détermination de la dilatation des mètres prototypes, qui furent distribués, en 1889, aux Gouvernements des États adhérents à la Convention du Mètre, et qui ont assuré l’uniformité mondiale de l’unité métrique.
- Après 1889, M. Guillaume entreprit les études sur les étalons mercuriels de résistance électrique, d’autres sur l’étalonnage des règles divisées ; de tout temps, il a poursuivi une action intense de propagande métrique, d’élaboration de lois ou de règlements ; il a proposé le carat métrique de deux décigrammes, aujourd’hui devenu universel. Il a consacré aussi plusieurs années à une recherche extrêmement délicate destinée à faire connaître la masse du décimètre cube d’eau, travail renouvelé des déterminations fondamentales faites sous les auspices de la Convention nationale, et que poursuivaient parallèlement M. P. Chapuis d’une part, MM. Benoît, Buisson et Macé de Lépinay, d’autre part. L’ensemble de ces travaux a conduit à la connaissance d’une
- constante aujourd’hui classique, qui réunit les capacités aux volumes.
- Cependant, dès l’année I89'J, M. Guillaume s’était attaché à la recherche d’un métal susceptible de remplacer sans trop de désavantages le platine iridié, employé à la confection des étalons de premier ordre. Ce précieux alliage, réalisé pour la première fois par Sainte-Claire Deville, possède toutes les qualités que puisse réclamer la métrologie la plus raffinée, mais son prix est prohibitif pour la plupart des applications. En 1892, une première solution fut proposée, par l’emploi du nickel pur, métal qui est, aujourd’hui encore, utilisé dans la confection des étalons dont on exige une permanence élevée. Seule, l’impossibilité d’obtenir des barres de dimensions suffisantes pour permettre de faire des règles géodésiques, faisait en 1892 considérer le problème comme incomplètement résolu.
- A la suite de constatations faites par John Ilopkinson, par M. J.-René Benoit et par M. Guillaume, les travaux prirent une direction toute nouvelle jdans l’étude des alliages du fer et du nickel. Nos lecteurs connaissent, par des publications faites par M. Guillaume ici même, les caractères essentiels de l’anomalie des aciers au nickel. Rappelons brièvement que des.alliages à 25 pour 100 de nickel se dilatent beaucoup plus que ne l’indiquerait la règle des mélanges, mais que, en ajoutant progressivement du nickel, on voit la dilatabilité baisser rapidement, passer, vers 56 pour 100 nickel, par un minimum très bas, puis remonter pour rejoindre la dilatabilité du nickel. Les alliages voisins du minimum portent le nom générique d’ « invar », diminutif d’invariable. Leur dilatabilité à l’état naturel, c’est-à-dire lorsqu’ils ont été simplement laminés à chaud et refroidis à l’air, est de l’ordre du dixième de celle des constituants. Mais M. Guillaume a montré, dans une suite d’études, que l’on peut, par des traitements thermiques et mécaniques, abaisser encore la dilatabilité et obtenir des alliages antidilatables, c’est-à-dire se contractant quand on les
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- chauffe. De nouveaux traitements thermiques relèvent la dilatabilité de ces alliages, de telle sorte que l’on peut les amener à volonté à posséder une dilatabilité nulle.
- Les Aciéries d’Imphy, de la Société de Commentry-Fourchambault et Decazeville, qui ont constamment collaboré aux recherches de M. Guillaume, ont pu réaliser ainsi, pour les mesures géodésiques, des kilomètres de fil dont la dilatabilité n’est pour ainsi dire plus déterminable. L’emploi de ces fils, en connexion avec la méthode rapide imaginée par le géodésien suédois Jaderin, a permis de transformer complètement la mesure des bases, en associant un matériel léger et d’emploi rapide à des fils d’invar librement tendus entre les repères. On a pu ainsi réduire le coût de la mesure des bases à 2 pour 100 de ce qu’elle était autrefois, sans sacrifier la précision. La mesure du Simplon, décrite ici môme (1906) reste un exemple classique de l’emploi du nouveau matériel. Pour toutes les applications de l’invar à la géodésie, les travaux ont été faits en commun par MM. Benoît et Guillaume; le matériel a été réalisé par la maison Carpentier.
- Sans sortir des applications fondées sur la dilatabilité des alliages, nous mentionnerons l’emploi du platinite (alliage à -45 pour 100 de nickel environ), ayant la dilatation du platine et celle du verre) à la confection de fils traversant les ampoules des lampes à incandescence. Ce fut, pendant les années de guerre, alors que le platine, devenu très rare, était entièrement réservé aux travaux de la défense nationale, grâce au platinite, que l’on put poursuivre la construction des lampes à incandescence. La statistique des fabrications permet d’affirmer que l’économie de platine réalisée depuis vingt ans par l’emploi du platinite se chiffre aujourd’hui par plus de 100 millions de francs.
- L’association du laiton, du balancier compensateur, d’un alliage à 42pour 100 de nickel, a permis d’attaquer de front la question de l’erreur secondaire des chronomètres (Aroir Nature) qui, ayant exercé l’ingéniosité des horlogers, n’avait pu être partiellement résolue qu’en tolérant de sérieuses complications du mécanisme. Grâce à l’emploi du balancier Guillaume, la chronométrie de précision a réalisé un progrès considérable, dont les rapports des observatoires, et notamment de celui de Besançon, marquent chaque année une nouvelle étape.
- L’anomalie d’élasticité des aciers au nickel n’est pas moins singulière que celle de la dilatabilité. Découverte dans l’invar, simultanément par Marc Thury, et par Paul Perret, elle fut étudiée d’abord par une collaboration de ce dernier avec M. Guillaume, et conduisit à la
- création du spiral compensateur, qui dispense de l’emploi du balancier compensateur, au moins dans les montres ordinaires. M. Guillaume avait toujours considéré ce spiral comme constituant une solution provisoire du problème. Pourtant, jusqu’ici, plus de 50 millions de montres ont été munies du spiral compensateur, qui a permis d’abaisser nettement le prix des montres ordinaires.
- Une solution plus parfaite n’avait jamais été perdue de vue. A la suite de l’étude des alliages terniaires, c’est-à-dire contenant, en dehors du fer et du nickel, un troisième constituant, chrome ou manganèse notamment, M. Guillaume est arrivé à penser que l’on pourrait réaliser un alliage à élasticité constante. L’annonce de l’achèvement de l’invention a été faite à l’Académie en juillet dernier. Elle a causé, dans le monde horloger, une énorme sensation, car on a vu immédiatement une nouvelle transformation dans le système de compensation des chronomètres. Le nouvel alliage a été baptisé par son auteur « élinvar )) abréviation de « élasticité invariable ».
- Les divers travaux de M. Guillaume ont été publiés, soit dans des noies à l’Académie, soit dans des communications faites au Comité international des Poids et Mesures, et consignés dans les Travaux et Mémoires du Bureau, soit enfin dans des ouvrages autonomes. Nous citerons « Unités et Etalons », « La Convention du Mètre et le Bureau international des Poids et Mesures », « Recherches sur le Nickel et ses alliages », « Les applications des Aciers au Nickel ». Mais ces travaux n’ont pas suffi à épuiser son activité. Ayant suivi de très près l’évolution des recherches sur la décharge dans les gaz exposée par lui dans La Nature, au temps que l’on pouvait appeler héroïque de cette science, il a résumé ses connaissances dans l’ouvrage : « Les rayons X ». Puis, ayant beaucoup réfléchi à l’enseignement de la mécanique, préoccupation dont on trouve la trace dans une série d’articles de La Nature, il publia son ouvrage Initiation à la mécanique où il base l’enseignement de cette science sur des principes uniquement expérimentaux.
- M. Guillaume fut nommé, en 1901, directeur adjoint du Bureau international des Poids et Mesures, et, après la retraite de M. Benoît, en 1915, il en est devenu le Directeur, dans une période hérissée de difficultés. Il est correspondant de l’Institut depuis 1911, et fut en 1915, par une exception unique en faveur d’un étranger,. nommé président de la Société Française de Physique.
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- Séances d’octobre 1920.
- La photographie des étoiles en plein jour. — Lord Rayleigh a définitivement établi que la diffusion atmosphérique de la lumière solaire engendre- la couleur du ciel et que la quantité de lumière simple, dispersée parles molécules d’air dans chaque région du spectre, varie proportionnellement à l’inverse de la quatrième puissance de la longueur d’onde. L’interposition d’un écran monochromatique tenant lieu de filtre; les radiations venant d’un ciel pur sont d’autant plus faibles que leurs rëfran-gibilités sont moindres; si bien qu’entre cette lumière et celle d’une étoile, le contraste augmente, dans une
- région donnée du spectre; avec la longueur d’onde. Sur un tel principe, AI. Maurice Hamÿ a établi un dispositif qui permet de photographier en plein jour des étoiles de sixième grandeur-. '> -- •
- Les spectres dans Ihàlra-viol'èt extrême. — La nouvelle communication de MM. Léon et Eugène Bloch fait connaître' les spectres d’étincelles de l’antimoine, de l’arsenic, du bismuth et de l’étain dans la région de Schumann.
- Paul B.
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- BATEAUX A PROPULSION HYDRO=AÉRIENNE
- M. André Gambin vient d’imaginer un nouveau mode de propulsion destiné à permettre la navigation sur les hauts fonds aux bâtiments qui doivent nécessairement avoir un faible tirant d’eau. La solution qu’il a trouvée tient le milieu entre les hélices propulsives ordinaires et les hélices aériennes.
- Le principe de son invention consiste, comme le montrent les photographies ci-jointes de modèles d’étude réduits, en une paire d’hélices placées à l’arrière et partiellement immergées. A leur partie inférieure elles travaillent par réaction propulsive sur l’eau à la manière des hélices immergées. Mais également, tournant en sens inverse, elles soulèvent une veine d’eau qui est repoussée vers l’arrière, en partie par suite de la composanle des forces, en parlie par la pression qu’elle vient exercer sur un plan supérieur de courbure appropriée.
- La figure
- sente en plan, en élévation, en coupe et en projection la partie arrière d’une embarcation à laquelle est appliqué le nouveau système de propulsion.
- m, ni, représentent une ligne de flottaison approximative, a sont des moyeux autour desquels sont fixées des lames hélicoïdales b ou plutôt des pales d’avirons qui, en marche avant, fonctionnent exactement comme des godilles doubles ou ciseaux coinçant ou concentrant l’eau de propulsion, au lieu de la disperser, par suite des positions relatives des propulseurs ainsi formés et des rotations contraires et convergentes indiquées par les flèches du dessin n° 4 ; tandis que, en marche arrière, ces mêmes
- Fig. 3. — Mouvement de l'eau à l'arrière de l’hélice hydro-aériehne.
- Fig. i. — Les 3 modèles déjà réalisés.
- pales dégagent, écartent l’eau de la coque, devant laquelle elles creusent, en quelque sorte, un sillon de passage.
- Par suite de l’immersion partielle de tels propulseurs, les pales au-dessous des moyeux entrant seules dans l’eau, les presses-étou-pes ne sont plus nécessaires, pas plus que pour les anciennes roues à aubes ; et la force motrice plus ou moins grande généralement absorbée par ces accessoires toujours si difficilement réglables pour empêcher efficacement l’infiltration de l’eau, sera mieux employée à augmenter le rendement propulsif. D’autre part, en raison de leur situation en surface, ces appareils seront facilement accessibles, réparables, changeables, sans passage en cale sèche, ou échouage, ou mise à terre ; et les herbes, les épaves flottantes, les câbles, ou autres obstacles pourront en être aisément dégagés à flot en quelques instants ; tandis que le système permettra, enfin et surtout la propulsion la plus efficace sur les bas-fonds, les rivières ensablées, les fleuves des colonies et partout où le tirant d’eau est limité ; et sans l’encombrement de ces grandes hélices aériennes qui sont un obstacle au passage sous beaucoup de ponts et qui ont un si faible rendement, pour tant d’autres inconvénients. Ce peut être ainsi la solution pour l’auto-propulsion des chalands sur les .canaux, pour les remorqueurs, pour les embarcations de toutes catégories destinées à tirer, aussi bien que pour celles installées à l’arrière pour pousser et gouverner en même temps.
- Ces propulseurs peuvent être couverts et protégés par des tambours suivant le cintre c (6g. 2), reliés à la coque par des tiges ou barres appro-
- Fig. 2. — Plan, élévation, coupe et vue arrière du système de propulsion hydro-aérienne Gambin.
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- 352 ===== BATEAUX A PROPULSION HYDRO-AÉRIENNE
- Fig. 4. — Mouvement de l'eau à l’arrière de l’hélice hydro-aérienne.
- priées, à la manière des défenses ou cages qui protègent les hélices ordinaires sur certains bâtiments; mais contrairement aux roues à aubes dont l’action est rétrograde dans leur travail aérien, ce système hélicoïde est toujours essentiellement propulsif, en bas et en haut, c’est-à-dire dans l’élément liquide et aussi dans l’air, et pour profiter de cet avantage, les tambours indiqués doivent être largement ouverts, et autant que possible limités au cintre c des figures ci-contre.
- •Lés godilles ou propulseurs accouplés pour cisailler et resserrer l’eau entre eux ont un bon point d’appui sur les couches inférieures pendant leurs positions descendantes ; mais pendant leurs positions ascendantes, ils projettent en l’air une plus ou moins grande colonne d’eau au détriment de la résistance générale d’appui pour la propulsion.
- Aussi l’inventeur a placé entre les pales ascendantes et en arrière de ces pales, à leur sortie et au-dessus de la ligne de flottaison mm un plan ou voûte convenablement incliné et.allongé pour maintenir, réfléchir et faire réagir propulsivement le liquide soulevé, et tendre ainsi vers la canalisation complète de l’eau de propulsion, en plafond par cette voûte, aussi bien que latéralement par les pales.
- Il a trouvé avantageux d’autre part de rejeter
- Le Gérant : P. JIassûn. — Imprimerie
- légèrement les pales b en avant, à l’inverse de ce qui se fait habituellement pour les hélices ordinaires. La normale à ces pales b, dans l’eau, est ainsi plutôt dirigée vers le fond et l’adhérence d’entraînement ascensionnel du liquide est d’autant moins forte.
- Certes, la propulsion aérienne sera faible, comparativement au travail de la partie immergée, mais aussi faible qu’elle soit, elle évite surtout l’aspiration ascensionnelle de l’eau, comme cela se passe dans les puits des hélices ordinaires, ce qui diminue fortement le rendement propulsif.
- M. Gambin a déjà réalisé des modèles d’essais dont la figure 1 présente trois types différant par le nombre des pales. Les figures 5, 4 et 5 montrent l’aspect de ces hélices en fonctionnement, la veine liquide soulevée et rejetée vers l’arrière.
- Depuis longtemps on avait cherché à utiliser diverses hélices partiellement immergées pour résoudre la navigation sur bas-fonds, mais tous les systèmes essayés jusqu’à ce jour ont donné de si mauvais résultats, des rendements propulsifs si faibles, qu’on leur préfère les inconvénients des hélices totalement immergées. Le nouveau système imaginé par M. Gambin y ajoute cette nouveauté du coinçage de l’eau en une veine rejetée vers l’arrière. Espérons que la prochaine réalisation d’un modèle définitif et de grandes dimensions montrera l’amélioration de rendement due à ce perfectionnement.
- A. Breton.
- Fig. 5. — Mouvement de l'eau à l'arrière de l’hélice hydro-aérienne.
- Laiidre, 9, rue clé Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2435. ~ . . . ' : .. : . 4 DECEMBRE 1920
- A PROPOS DES PLANTES ALPINES
- Fig. i. — Saule nain des montagnes (Salix retusa L.) sur un rocher calcaire à 2400 mètres, dans les Alpes autrichiennes.
- M. Gaston Bonnier, professeur de botanique à la Sorbonne, a été l’initiateur en France de ce qu’il nomme fort judicieusement la Morphologie expérimentale. Celte science consiste à étudier les variations des êtres vivants sous l’influence des différents facteurs du milieu qui les entoure : lumière, chaleur, humidité, aliments, etc., que l’on isole ou que l’on groupe de différentes façons dans des expériences. Des groupements de plus en plus complexes de facteurs aboutissent à la synthèse des climats et plus généralement des «milieux » dont il s’agit de déterminer, somme toute, le rôle dans l’évolution des organismes.
- Comme en tout autre domaine, l’expérience ouvre dans celui-ci de plus vastes horizons que l’observation pure et simple. Elle permet l’analyse suivie de la synthèse de cet agrégat auquel est reservée la désignation de « conditions de vie ». L’expérience seule est capable de donner sur ce sujet des précisions et des certitudes.
- Peut-être que les théories transformistes (Lamarckisme, Darwinisme, Weismannisme, etc.),après avoir été àprement discutées au cours du siècle dernier, seraient tombées dans l’oubli ou presque si le point de vue expérimental n’était venu récemment s’ajouter à l’observation et se substituer à des discussions trop souvent stériles. 11 fallait aux biologistes, las de se servir toujours des mêmes armes, une nouvelle méthode d’investigation qui fut la morphologie expérimentale.
- M. Bonnier a prêché d’exemple en se faisant une spécialité de l’étude, à ce point de vue, des plantes alpines et arctiques. On sait que sur les hautes montagnes, entre 2000 et 3000 m., au-dessus de la zone forestière, croissent des végétaux fort différents par leur aspect de ceux qui constituent la flore des vallées et des plaines.
- Toutes les plantes alpines sont naines, à peine élevées au-dessus du sol. Le Saule et le Bouleau des hautes montagnes, par exemple, méritent ies noms de Saule herbacé (Salix herbacea) et de Bouleau nain (Betula nana).
- Mais elles possèdent des organes souterrains (racines, tubercules, rhizomes) extraordinairement développés.
- En outre elles sont très velues, très vertes et leurs fleurs ont des couleurs vives.
- Les insectes et les hommes les recherchent en beaucoup de cas pour leur ravir des nectars et des essences qu’elles distillent abondamment. Cela explique d’ailleurs que le miel des montagnes ait un goût si délicat et que le génépy (Arlemisia glacialis), l’une des plantes caractéristiques de la « chartreuse », provienne de la zone alpine.
- Si, au retour d’une excursion botanique dans les Alpes ou les Pyrénées, on a la curiosité de tailler, au moyen d’un rasoir, des lames minces dans les feuilles et les tiges des végétaux précédents et de les examiner au microscope, on observe une structure anatomique aussi spé-25. — 555.
- Fig. 2. — Les appareils {en haut et à gauche) où M. Gaston Bonnier a reproduit artificiellement, à Fontainebleau, les principaux caractères du climat alpin.
- 48° Année. — 2‘ Semestre.
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- A PROPOS DES PLANTES ALPINES
- ciale qu’était l'aspect extérieur. Les feuilles ont une cuticule ou membrane protectrice épaisse et la chlorophylle, c’est-à-dire la matière verte que nous avons déjà reconnue tellement abondante dans ces organes, s’y trouve généralement répartie dans toute la masse de leurs tissus au lieu d’être localisée vers la face supérieure. Les tiges ont un épiderme épais et doublé de liège ou autre tissu de protection.
- Voilà donc tout un faisceau de caractères des plantes alpines dont on pouvait être tenté de chercher l’origine.
- Disons tout de suite qu’elle se trouve dans l’action du climat de haute montagne ainsi défini : journées très chaudes (parfois plus de 50° au soleil) alternant avec des nuits très froides (jusqu’à 10° au-dessous de zéro) — beaucoup de lumière à cause de la sécheresse et de la pureté de l’atmosphère — enfin période de végétation réduite à quelques mois (juillet et août) en dehors desquels le sol reste constamment couvert de neige ou de glace.
- Nous m’entrerons pas ici dans des détails sur les rapports de cause à effet entre telléou telle particularité du climat alpin, et tel ou tel caractère des plantes alpines.
- Considérant le système total formé par le « milieu alpin » et les végétaux qui y prospèrent— ou, comme dit M. Ra-baud, le complexe organisme X milieu —, nous montrerons l’expérimentateur à l’œuvre en vue d’assurer la démonstration de ce grand principe lamarckien : « Les circonstances (au sens étymologique de ce qui entoure) influent sur la forme et l’organisation des corps vivants ».
- Les expériences dé M. Bonnier ont été commencées en 1 884 et se poursuivent encore à l’heure actuelle, ee qui leur confère, à cause de leur longue durée, une valeur documentaire de tout premier ordre. Trente-cinq années de culture ont suffi pour transformer complètement des espèces de plaine en espèces de montagne et mettre ainsi en évidence l’action toute puissante du milieu. Nous diviserons l’exposé de ces merveilleux résultats en trois parties :
- 1° Cultures comparatives en plaine et en montagne;
- 2° Cultures en « milieu alpin » artificiel.
- 3° Cultures par semis.
- Beaucoup de plantes ont des représentants en plaine et en montagne, mais décrits sous des noms
- Fig. 3 — Pissenlits de plaine (P) el de montagne (M).
- spécifiques différents. Ainsi le Genévrier commun et le Genévrier nain, lTIélianthème vulgaire etl’Hélian-thème à grandes fleurs des Alpes, le Trèfle des prés et le Trèfle des neiges, la Véronique officinale et celle de Tournefort, etc., etc. Y a-t il indépendance ou parenté entre les espèces de haute et de basse altitude? Peuvent-elles être issues les unes des autres? Est-il permis de dire, par exemple, que Trifolium nivale provient de Trifolium pralensé par adaptation au climat alpin?
- Le meilleur moyen pour essayer de résoudre ces questions était de faire des expériences.
- M. Bonnier a établi des cultures expérimentales comparées, dans la plaine d’une part, dans les Alpes et les Pyrénées d’autre part.
- Les champs de cultures sont formés de la même terre, transportée de l’une des stations dans l’autre, afin d’éliminer toute influence due à la nature du sol et de n’avoir que le climat en cause. Ils sont sarclés, entourés de palissades et surveillés de temps à autre pour réduire autant que possible la concurrence vitale entre les plantes cultivées et les plantes sauvages venues d’alentour. Par contre ils ne reçoivent aucun autre soin de jardinage, ni arrosage, ni fumure.
- Les stations basses ont été dans le Gers, à Paris et à Fontainebleau. Les stations les plus élevées furent dans les Alpes, à l’Aiguille de la Tour (2300 m. d’altitude) et dans les Pyrénées, au Pic d’Arbizon (2400 m.).
- Pour rendre « toutes choses égales d’ailleurs » hormis le climat, la plante cultivée en montagne et la plante cultivée dans la station basse proviennent de boutures d’un même pied initial (généralement des environs de Paris) qui ont été placées en même temps sous les deux climats différents.
- Toutes les plantes ainsi cultivées en partie double ne supportent pas également l’acclimatation aux conditions de la vie dans les montagnes. Cela tient à des différences individuelles ou spécifiques.
- D’ailleurs aucun transformiste n’a jamais prétendu qu’on puisse adapter, au moins sans transition, n’importe quel être à n’importe quel milieu.
- Dès 1890, 125 pieds seulement sur 205 sont restés vivants dans les cultures alpines et d’autres sont en voie de dépérissement graduel. La mort de toutes les plantes qui ont péri est duc surtout au froid sans neige, froid particulière-
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- A PROPOS DES PLANTES ALPINES
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- ment redoutable (]) qu’elles n’ont pu supporter.
- Le degré d’adaptation des autres plantes est variable. Soit l’exemple du Topinambour ( Helian-llius tuberosus) à propos duquel M. Bonnier se plaît à raconter l’histoire suivante : Un pied de Topinambour transporté du Jardin des Plantes de Paris à l’Aiguille de la Tour (2300 m.) en 1887, était devenu si parfaitement méconnaissable dès l’année suivante, qu’il fut impossible de l’identifier à première vue et qu’on le prit pour une mauvaise herbe. Au lieu d’une plante élevée se trouvait au ras du sol une rosette aplatie de feuilles très velues. Seul l’examen microscopique de coupes minces des différents organes révéla qu’il s’agissait bien du Topinambour remarquablement transformé par le climat alpin. Eli bien, cette plante qui avait donné rapidement des résultats si curieux, disparu tau bout de dix ans parce qu’elle se trouvait probablement à une altitude Irop élevée.
- Une adaptation absolue de forme et de structure, persistant au bout de trente à trente-cinq ans (-), ne s’est réalisée que chez une soixantaine d’espèces, parmi lesquelles, précisément, celles que nous avons déjà citées : Genévrier commun, llélianlhème vulgaire, Trèfle des prés, Véronique officinale.
- Mais pour ces plantes, le résultat des cultures expérimentales dépasse toute espérance. Le climat alpin les a rendues absolument identiques aux espèces de montagne correspondantes et les caractères acquis se sont maintenus, pendant les années successives, aussi bien dans l’aspect extérieur que dans les moindres détails anatomiques.
- Il est donc incontestable que M. Bonnier a réalisé la transformation du Juniperus communis en Juniper us nana, du Trifolium pratense en Trifolium nivale et ainsi de suite.
- Examinons cependant les objections que l’on a faites ou que l’on pourrait faire à ces résultats.
- Lorsque vers 1875, le savant russe Schman-kewitscli, étudiant certains petits crustacés des lagunes d’Odessa, eut observé dans la nature et effectué expérimentalement la transformation de
- 1. La neige protège le sol et .les plantes contre le froid atmospliérii|ue.
- 2. Voir à ce sujet le plus récent travail île M. Uonnier : Nouvelles observations sur les cultures expérimentales à diverses altitudes. Cultures par semis. Revue générale de Botanique. Août 1920.
- l’espèce Artemia salina en l’espèce Ârtemia Mühlhausenii, toutes deux nommées et décrites antérieurement par A. Milne-Edvvards, on fit de ces beaux travaux, inspirés du plus pur Lamarckisme, la critique suivante : s’il a été possible, par action du milieu, de faire dériver l’une de l’autre deux formes d’Artémies, c’est que les deux formes en question n’étaient pas des espèces distinctes mais lout au plus des variétés d’une même espèce.
- La même chose pourrait être dite à propos des expériences de M. Bonnier. Cela servirait peut-être à les disqualifier aux yeux des per.-onnes qui se laissent prendre à des pétitions de principe. En réalité l’argument précédent n’a aucune signification. C’est un argument spécieux, péchant par la base. Les naturalistes savent bien que le terme d’espèce n’a qu’une valeur toute relative. Ce qui est espèce pour l’un d’eux est variété pour tel autre, sans que la différence des points de vue ait aucune importance.
- Répétons encore une fois que l’essentiel des cultures comparatives en plaine et en montagne est que plusieurs végétaux, originaires de la région basse, se sont modifiés sous l’influence du climat alpin, de façon à devenir identiques à des formes alpines (qu’on peut qualifier au choix d’espèces, de sous-espèces, de races ou de variétés).
- Seconde objection aux expériences de M. Bonnier :
- Les modifications acquises par une plante transportée de la plaine à la montagne disparaissent au bout du même temps quand on remet la plante dans son habitat initial. Par conséquent l’adaptation au climat alpin n’est que superficielle et ne donne lieu en aucun cas à la formation d’espèces nouvelles. Essayons de préciser au moyen d’un exemple. Des échantillons de Trifolium pratense, plantés aux stations supérieures, ont acquis au bout de trente ans une somme de caractères tels que les meilleurs botanistes n’hésitent pas à les baptiser, Trifolium nivale. Constituent-ils une espèce nouvelle obtenue expérimentalement?Non, disent les critiques, parce que les soi-disant Trifolium nivale, une fois remis en plaine, redeviennent Trifolium pratense.
- Qu’il nous soit permis d’élever un doute sur la valeur de cet argument. Si l’on refuse au Trèfle des neiges le rang d’espèce à cause de son instabilité quand on le met en plaine, il faut le refuser également au Trèfle des prés qui se transforme quand on le plante en montagne. On n’a pas le droit d’être
- Fig. 4. — Tièfie et Bardane semés en plaine (Tp, Bp) et au Pic du Midi (2ooo'mètres d’altitude) (Tm, Bra).
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- plus exigeant dans un cas que dans l'autre. N’est-il donc pas suffisamment démontré que toute espère est variable quand on la change de milieu? Et pourquoi faut-il que d’obscures tendances fixistes viennent sans cesse s’immiscer dans toute discussion sur le Transformisme ?
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- Le « milieu alpin » est un agrégat de facteurs hétéroclites. Nous pensons que ce qui agit sur les plantes est seulement le climat; c’est-à-dire les journées brûlantes, les nuits glacées, la lumière intense et la courte période de végétation. Mais qu’esl-ce qui le prouve? Ne peut-on pas admettre par exemple que dans les cultures comparées en plaine et en montagne, celte dernière n’agit que par son altitude, autrement dit par le plus grand éloignement du centre de la terre des plantes que l’on y cultive?
- Pour le savoir, M. Bonnier a répété les mêmes cultures à la Station biologique de Fontainebleau, où une glacière de pâtissier et des miroirs reflétant la lumière solaire permettaient de reproduire artificiellement les principaux caractères du climat alpin — l’altitude étant celle de la plaine.
- De septembre à juin la terre des pots à fleurs où se faisaient les cultures était recouverte de glace pilée pour empêcher la végétation. En juillet et août les plantes étaient mises toutes les nuits dans la glacière et exposées pendant le jour à l’ardeur des rayons solaires, encore accrue par le jeu des miroirs. Laissons la parole à M. Bonnier. « Je ne tardai pas, dit-il, à voir les plantes de plaine changer de forme : toutes petites, leurs feuilles étaient plus vertes, leurs fleurs plus colorées, etc. J’avais produit ce que l’on pourrait appeler des plantes alpines artificielles vivantes. »
- Toutes les plantes cultivées jusqu’ici à diverses
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- et la nouvelle usine *
- La vaseline et ses emplois. — La vaseline constitue un sous-produit du pétrole. Elle s’extrait, par filtration, des huiles concrètes de naphte ou résidus du pétrole brut. Sa consommation a tendu à se dé^ velopper de plus en plus, en raison même de ses emplois toujours multipliés.
- La pharmacie l’utilise avee le plus grand avantage comme véhicule des médicaments destinés à l’usage externe. En effet, tandis que les graisses animales, l’axonge en particulier, présentent l’inconvénient de s’acidifier au contaçt de l’air, de devenir rances, la vaseline pure ne s’oxyde jamais.
- altitudes provenaient de boutures détachées d’un même pied initial et se multipliaient, dans leurs stations respectives, au moyen du bouturage.
- On était en droit de demander si les caractères acquis sous l’influence du climat alpin se transmettraient héréditairement par les graines, de génération en génération. En d’autres termes les fadeurs climatériques, qui ont une action si nette sur les organes végétatifs, agissent-ils en même temps sur les organes reproducteurs et de telle sorte que soit assurée la réapparition chez les descendants delà variation observée chez les parents? Question de vie ou de mort pour le Lamarckisme.
- Une bonne réponse consisterait à recueillir les graines des végétaux adaptés au climat alpin et à les semer en montagne. On verrait si, dès leur germination, les caractères acquis par les parents se sont transmis aux descendants.
- M. Bonnier a fait mieux. En juillet 1919, il a semé -à 2000 m. d’altitude, au Pic du Midi, des graines provenant, pour chaque espèce, de la même plante ayant poussé — non en montagne — mais en plaine. Ce qui allait se produire pour de telles graines devait être vrai a fortiori pour d’autres venant de la montagne et de parents déjà transformés.
- Or ce fut un réel succès. Les jeunes plants issus des graines de Trifolium pralense ressemblèrent tout de suite à des plants de même âge de Trifolium nivale. Mêmes résultats pour le Coquelicot, le Bluet, la Mauve, la Luzerne, l’Ancolie, la Bardane.
- M. Bonnier est donc en droit de conclure dans les termes suivants (Q : « Il résulte de l’étude de ces cultures par semis, que dès le début de l’évolution des plantes il se manifeste déjà une notable adaptation au climat alpin, ce qui vient encore, ainsi que les résultats de mes anciennes expériences, à l’appui des idées de Lamarck sur la morphologie expérimentale des végétaux ». Lkon Bkrtin.
- •n Agrégé de l.'Univcrsilé. '
- J. Ouvrage déjà cité, page 526.
- VASELINE EN FRANCE
- File d’Elle (Vendée)
- D’un autre côté, la vaseline est apparue comme un merveilleux agent de prophylaxie, et le Comité d’hygiène prévoit un usage de plus en plus répandu de ce produit.
- Il faut, également, considérer que l’industrie a, depuis quelques années, généralisé la consommation de la vaseline. L’industrie mécanique, en raison de ses qualités isolantes, l’a adoptée comme préservatif contre la rouille. L’armurerie et l’armée s’en servent comme graisse d’armes. La pâtisserie en induit couramment les moules et les plaques de tôles ou les rubans sur lesquels la pâte est étendue aux fins de cuisson.
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- Fii. — Usine de vaseline de Vile d'Elle. Salle de filtration vue de haut. — Le chariot élévateur.
- La confiserie l’emploie, pour sa part, à titre d’isolant, dans la préparation des dragées, pastilles, pilules, tandis que la vaseline entre pour une bonne part dans l’élaboration de nombreux composés de là parfumerie, tels que les brillantines, les crèmes variées, le cold-cream.
- On peut donc dire que la vaseline est aujourd’hui d’un usage universel.
- Production et consommation de la vaseline en France. — Avant la .. guerre, trois maisons seulement, à Aubervilliers (Fenaille et Despaux), Grand-Quevilly, près Rouen (Société de Lille, Bannières et Colombes) et Longueville, près Provins (Basse) se consacraient à cette fabrication. Leur production totale ne pouvait excéder 500000 kg par an, dont 250 000 pour l’établissement rouennais, et moins de 150 000 pour Aubervilliers.
- La consommation nationale exigeant plus d’un million de kgs, la France se trouvait dans l’obligation de recourir à l’importation pour le complément.
- L’industrie étrangère, et, pour la presque totalité, l’industrie chimique allemande lui expédiaient des graisses minérales, constituées par un mélange d’huiles lourdes de pétrole, d’ozokérilc blanche et de paraffine.
- Malgré l’étiquette « vaseline chimiquement pure » qui adornait les envois, le produit importé appartenait donc à la catégorie des composés artificiels, et il n’offrait aucunement la qualité de la vaseline
- pure, dont il était loin d’avoir la valeur marchande.
- La guerre a sensiblement accru la consommation de la vaseline, et l’on peut évaluer à plus de 2 millions de kgs le tonnage nécessaire à la France à l’heure actuelle.
- Cependant, la production nationale n’avait pas varié. Ceci tient, dans une certaine mesure, à la pénurie des dépôts contenant des argiles susceptibles d’être employées à la filtration et à la décoloration des résidus de pétrole. Le cracking doit passer, en effet, dans des filtres composés essentiellement d’un gâteau de glaises, finement pulvérisées. Les glaises utilisables doivent être riches en silicate d’alumine.
- Jusqu’ici on ne les recueillait qu’aux abords de Paris, à Gentilly, Ivry, Arcueil, et à Longueville, près de Provins. Toutefois, il en existe aussi dans la Nièvre, près de Tracy-Sancerre.
- La découverte d’un gîte particulièrement intéressant à Plie d’Elle, aux confins de la Vendée et de la Charente-Inférieure, devait déterminer un inventeur d’un nouveau procédé de préparation, M. Louis Métayer, spécialiste en l’étude des vaselines, à installer un grand établissement à Filé d’Elle, dont la mise en service a eu lieu cés jours derniers.
- Nouveau procédé d’élaboration des vaselines pures adopté par l’usine de Plie d'Elle. — Jusqu’à l’heure présente, la filtration et la décoloration rBdes naphtes s’obtenait, comme nous l’avons dit, par des passages successifs sur des matières inertes,
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- telles que certaines argiles, ou parîois le charbon végétal ou animal. Le cracking, rendu fluide par réchauffement, était tamisé, tour à tour dans une série d’appareils filtrants. La méthode nécessitait des manipulations nombreuses et coûteuses, et le succès définitif dépendait exclusivement de l’attention du personnel. Il fallait éviter de modifier la fluidité du produit et empêcher le liquide de s’écouler en fontaine, ce qui aurait eu pour effet d’éliminer la filtration.
- D'où un relèvement du prix de revient, déjà majoré par l’obligation où se trouvaient la plupart des usines de faire venir leurs glaises de cairières éloignées du lieu de transformation.
- M. Métayer, désireux de réduire la main-d’œuvre et de supprimer tous les aléas ré-sultant d’une inattention de plus en plus grande des ouvriers, imagina un procédé plus rationnel, et automatique, qu’il fit brevetcr eu 1915 en France, et divers pays.
- Actuellement, la matière première, noire, est versée dans un premier filtre, d’où elle sort de couleur olive ; après le second filtrage, elle prend une teinte rouge. Une troisième opération lui donne une teinte jaune. Ces filtres sont exclusivement chauffés à la périphérie, ce qui fait que la chaleur ne se répand pas également dans la masse, et qu’il n’y a pas uniformité d’écoulement dans toutes les parties du filtre. '
- Dans le procédé Métayer, l’appareil de filtration est constitué essentiellement par une série d’éléments superposés, placés dans une chambre, où une température uniforme est maintenue au moyen d’une canalisation de vapeur ou d’air chaud.
- Chaque élément se compose d’une caisse rectangulaire, ouverte à la partie supérieure, et dont le fond est formé d’une tôle perforée, surmontée d’une toile métallique très fine, sur laquelle on dépose l’argile filtrante.
- Les éléments sont posés librement sur des taquets articulés, parfaitement horizontaux. La chambre elle-même est surmontée d’un couvercle mobile et fermée à sa partie inférieure par une porte à joint hermétique. Les vapeurs produites et les gaz sont évacués par un collecteur partant de la partie supérieure du couvercle.
- Au-dessus, et dans l’axe delà batterie des filtres, est installé un chemin roulant que parcourt un chariot élévateur. Celui-ci permet de soulever d’un seul coup tous les éléments d’une chambre, reliés entre eux par des crochets mobiles. Une, voie court également parallèlement à la batterie. Elle est desservie par les wagonnets qui apporteront les Li tres neufs, ou évacueront les vaselines élaborées.
- Dans ces conditions, comment fonctionneront lés appareils? Les éléments superposés, préalablement chargés de matière filtrante, sont placés sur leurs taquets respectifs, et reliés entre eux au moyen de crochets mobiles que l’on fixe sur leurs tourillons, à l’exception de l’élément supérieur laissé libre.
- La matière à traiter est versée dans cet élément
- supérieur. On doit prendre des précautions pour éviter de sursaturer le gâteau d’argile, afin que Je naphte traverse lentement ce gâteau. Cette mesure a une importance capitale, car l'effet de la filtration est proportionné à la durée du contact des deux matières.
- On procède donc par chargements successifs. Lorsque la saturation est légèrement dépassée, la vaseline commence à suinter, il ne faut pas qu’elle coule à travers la masse, et elle imbibe progressivement le second élément.
- Après saturation, celui-ci alimente le troisième élément, et ainsi de suite. Cette méthode a pour résultat de graduer l’arrivée du produit sur les divers éléments, et permet d’empêcher qu’une masse trop considérable de vaseline ne vienne attaquer la matière filtrante et y creuser des cheminées.
- Lorsque le pouvoir de filtration de l’élément supérieur est épuisé, on enlève cet élément; on soulève l’ensemble des éléments au moyen du chariot précité, après avoir ouvert le couvercle du filtre, de façon que chaque élément vienne prendre la place de l’élément qui le précédait immédiatement.
- La place occupée par l’élément inférieur est devenue libre. On y adapte un nouvel élément chargé de matière argileuse fraîche.
- Le filtrage s’exécute ainsi automatiquement, sans déplacement du produit, et dans une atmosphère invariable. Ce procédé, fort simple, supprime toute erreur de manipulation, comme, par
- Fig. 3. — Fabrication de la vaseline.
- Les chambres de filtrage. — A droite, chambre avec 2 éléments.
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- LE LABORATOIRE PHYSIOLOGIQUE DE L’ARMÉE FRANÇAISE
- exemple, celle d’un ouvrier versant une vaseline à sa quatrième phase de décoloration sur un fdtre servant à la seconde phase.
- En outre, le pouvoir décolorant d’un lillre est toujours utilisé dans toute sa plénitude.
- A Elle d’Elle, les chambres contiennent 10 éléments, et l’on compte 48 heures pour l’épuration et la décoloration complète.
- L’usine de Elle d'Eîle. — On considère que l’installation vendéenne exigera 5 à G tonnes par jour de glaise. Celle-ci tient 25 pour 100 de silicate d’alumine. Elle est donc sensiblement supérieure à celle employée ailleurs. Le dépôt, acquis de la municipalité, peut suffire à alimenter l’usine pendant plus de cinquante ans.
- L’argile extraite est séchée au soleil pendant l’été. Pendant l’hiver, on profitera de la chaleur provi -nant de la centrale pour laisser séjourner le produit dans des wagonnets qu’on amènera sur des carnaux préparés à cet effet. L’argile, après broyage, sera définitivement asséchée dans des appareils où la température sera portée à 200 degrés.
- Ainsi réduite à l’état de poussière, la glaise sera employée à la préparation des filtres.
- La salle de filtrage comporte présentement 70 filtres complets. Son pouvoir de fabrication doit dépasser 350000 kg par an. C’est-à-dire que notre capacité de production de vaseline sera presque doublée. Dans l’avenir, l’usine pourra doubler son tonnage.
- La température sera maintenue dans les chambres autour de 68°.
- Après filtration et décoloration, la vaseline sera mise en boites, et expédiée.
- L’usine, construite en bordure de la voie ferrée
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- de Bordeaux à Nantes, à la gare même de Elle d’Elle, sera merveilleusement placée pour recevoir ses matières premières, son naphte et son charbon par le port de La Rochelle (20 km), bien qu’elle puisse également recevoir du courant électrique des Forces motrices de la Vienne par un câble qui.sera exécuté à bref délai, et pour évacuer ses fabrications.
- L’usine de Elle d’Elle présenle, au point de vue français, un intérêt exceptionnel; elle réalise de grands progrès techniques dans une industrie jusqu’ici un peu archaïque; elle a résolu le délicat problème de la réduction de la main-d’œuvre; elle substitue la machine et l’automatisme au travail de l’homme, sujet à tant d’erreurs; elle permet une considérable réduction des prix de revient, du fait de la proximité des dépôts argileux et de la simplification des manutentions.
- Grâce à cette circonstance, elle pourra livrer à la consommation des produits parfaits à un prix moins élevé. Elle concourra, en même temps, à faciliter notre renaissance économique en nous libérant davantage de la tutelle étrangère.
- Il importe, à cet égard, de considérer que l’importation dont nous serons ainsi préservés représentera un certain nombre de millions.
- Enfin, l’installation du marais vendéen prélude heureusement à cette industrialisation de l’ouest, en cours de réalisation, et qui doit modifier la physionomie de nos campagnes d’entre Loire et Gironde.
- WM. Métayer, Massiot, Pavy et leurs collègues de la Société des vaselines de Elle d’Elle ont fait une œuvre dont le pays a lieu de se féliciter.
- Auguste Pawlowski.
- LE LABORATOIRE PHYSIOLOGIQUE DE L’ARMÉE FRANÇAISE
- Au cours de la lutte titanique soutenue par les Alliés contre les empires centraux, la France a particulièrement souffert. Que de ruines accumulées dans dix de ses plus riches départements ! Que d’hommes, dans la fleur de l’âge, tombés glorieusement pour sa défense! Dès l’armistice cependant, les Français de toutes classes, agriculteurs ou industriels, fonctionnaires ou artisans, architectes ou simples mineurs s’attelèrent chacun dans sa sphère à la reconstitution des régions dévastées, mais il ne suffit pas de réédifier des maisons ou des usines, de rétablir des routes, des puits de mines ou des voies ferrées pour rendre à notre pays sa prospérité d’antan, il faut encore et surtout que, par suite de l’accroissement de leur natalité, les jeunes générations comblent les vides creusés dans les rangs de notre population mâle et puissent remettre en valeur nos richesses nationales. Or une race ne saurait procréer de nombreux et
- vigoureux rejetons que si son éducation physique est rationnelle. Pédagogues et hygiénistes ont étudié le problème sous toutes ses faces dans la vie civile. Mais dans l’armée, avant le conflit mondial, on laissa la question quelque peu dans l’ombre bien que le Ministre de la Guerre eût promulgué, en 1910, un règlement pour développer, entretenir et perfectionner les individus appelés sous les drapeaux.
- En particulier, on réorganisa, vers cette époque, l’Éctle normale de Joinville où l’on enseigne aux officiers tout ce qui se rattache à l’éducation physique de la troupe, où l’on forme des moniteurs, des instructeurs de gymnastique et des maîtres d’armes pour l’enseignement de l’escrime dans les régiments. En outre, un laboratoire physiologique . (fig. 1), annexé k cet établissement et récemment installé en plein bois de Vinccnnes, dans divers locaux de l’hôpital canadien devenus vacants, étudie les per-
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- 360 : 1 LE LABORATOIRE PHYSIOLOGIQUE DE L'ARMÉE FRANÇAISE
- fectionnements à apporter aux méthodes d'éducation physique et expérimenteles procédés nouveaux. Dirigé actuellement par un spécialiste autorisé, M. le médecin-major de 110 classe Maurice Boigey, le savant auteur de la Physiologie générale de l'éducation physique (191.9), ce laboratoire comprend, indépendamment des appareils inscripteurs couramment employés en physiologie et en psychologie pour l’observation des contractions musculaires, de la circulation et de la respiration, des instruments de mensurations delà forme du corps immobile et en mouvement, des ateliers de photographie et de chronophotographie, ainsi qu’une salle de chimie.
- La principale tâche quotidienne duD'Boigey et de ses aides' est de constater les aptitudes particulières des
- les moyens ordinaires : toise et bascule. Pour Y élasticité thoracique, on la mesure, conformément aux décisions du 15e Congrès d’Anlhropologie, selon un plan horizontal passant par la base de l’appendice xyphoïde et on prend la moyenne des chiffres nolés à l’inspiration et à l’expiration. Cette mesure s’effectue au moyen d’un compas spécial à pointes mousses en ivoire ; l’une de ces dernières se fixe directement à l’une des branches, l’autre termine une tige à ressort, qui glisse à volonté dans un index repéré. Vu cette disposition, on peut donc retirer facilement le compas sans l’ouvrir et sans blesser le sujet tandis que l’élasticité du ressort force la tige portant le bouton d’ivoire à s’appuyer constamment contre la poitrine de l’homme, tout en
- Fig. i. — La grande salle du laboratoire physiologique de l’École militaire de Joinville.
- officiers, sous-officiers et soldats qui viennent pratiquer la gymnastique desélection capable d’augmenter la puissance de leurs muscles, de mieux équilibrer leur système nerveux, de développer leur hardiesse, leur sang-froid et leur moral. Dans les corps de troupe, on se livre seulement, en effet, à la gymnastique éducative et à celle d’application. La première active les grandes fonctions organiques, éduque le système nerveux, développe rationnellement les différentes parties du corps, corrige ou atténue les attitudes vicieuses. A l’inverse de la précédente qui repose sur le principe du plus grand travail utile, la gymnastique d’application comprend des exercices militaires ou sportifs destinés à apprendre leur profession aux futurs guerriers, en économisant le plus possible leurs forces.
- Au laboratoire de l’armée française, on apprécie donc journellement la valeur physique des sujets en procédant à leur examen médical complet, et en les soumettant, de façon périodique, à une série de mensurations, que nous allons rapidement passer en revue, en insistant seulement sur les instruments et les méthodes dignes de remarque.
- On s’enquiert d’abord de la taille et du poids par
- lui laissant néanmoins la liberté de ses mouvements respiratoires. La course de la tige mesure ainsi l’augmentation des diamètres du thorax pendant l’inspiration et ses variations peuvent même s’inscrire au moyen d’un tambour récepteur de Marey.
- Toutefois afin d’obtenir, de façon plus précise, toutes les mesures du thorax, M. Demenya imaginé un con formateur universel double\Yi". 2) susceptiblede donner, sur le papier, les coupes du tronc dans un plan vertical passant par la colonne vertébrale et dans les plans horizontaux pris à diverses hauteurs sur la cage thoracique. Les organes essentiels dë l’appareil sont des séries de fiches en bois, mobiles autour d’axes rigides et pouvant se fixer horizontalement ou verticalement sur un bâti. On amène l’extrémité des fiches en contact avec le rachis ou la partie du corps à déterminer et on les immobilise ensuite par un serrage suivantTaxe. Ce dernier se détachant de son support, on prend facilement l’empreinte ou le dessin sur le papier, du contour indiqué par les fiches.-
- Avec deux séries de fiches maintenues parallèles, on mesure très rapidement la forme de la section du tronc ou les profils antérieur, postérieur et
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- latéraux. Pour déterminer la coupe verticale du tronc, on fixera deux tiges garnies de fiches à deux montants verticaux ; pour avoir une section horizontale du thorax, on se servira de quatre tiges garnies de fiches fixées à un cadre dans lequel s’introduit le sujet et qu’un chariot vertical, mobile le long d< s montants verticaux, maintient à la hauteur désirée.
- Entre autres données intéressantes, le conforma-teur Demeny révèle immédiatement et sans calcul un défaut de symétrie dans la structure du corps, par exemple la différence de hauteur entre les deux épaules, les hanches, les angles des omoplates, la flèche des courbures normales ou pathologiques du rachis, etc.
- Le rachigraphe ou profilographe sert spécialement à dessiner la colonne vertébrale (fig. 5). Il se compose d’un chariot, guidé dans une glissière verticale le long de laquelle s’appuie le patient et portant une tige rappelée par un ressort et par un parallélogramme articulé. Pour expérimenter, l’observateur, après avoir adossé son sujet contre la glissière et fixé un crayon à l’extrémité de la tige reliée au parallélogramme, imprime au chariot un mouvement vertical de bas en haut, la courbure du rachis se trouve alors inscrite en vraie grandeur sur la feuille, de papier.
- Fig. 3. — Courbe de la colonne vertébrale dessinée par le rachigraphe.
- Fig. 2. — Conformateur Demeny.
- L’inscripteur des sections verticales fournit des indications encore plus complètes. Avec cet appareil, on prend instantanément la section du tronc par un plan vertical. On immobilise l’homme au moyen d’un système de supports solides tandis que deux tiges à rouleaux prennent, à chaque instant, tel un compas flexible, son épaisseur qui s’inscrit sur une feuille de papier fixée simplement par 4 punaises sur une planchette verticale.
- Une autre question très importante à étudier au point vue athlétique et sportif est la ventilation pulmonaire. Des expériences physiologiques ont montré que dans l’état de repos 0 lit. 500 d’air se trouvaient mobilisés dans les poumons d’un homme adulte, à chaque mouvement respiratoire ordinaire. On nomme ce volume gazeux air courant. Mais à la fin d’une inspiration ordinaire, le sujet poursuit ce mouvement jusqu’à ses extrêmes limites, il fait encore entrer dans sa poitrine un supplément d’air de \ lit. 670 ditaiV complementaire. D’autre part, s’il prolonge le plus possible une expiration ordinaire, il expulse en moyenne 1 lit, 600 qu’on nomme air de réserve. Enfin à la suite d’une expiration forcée, il reste dans ses poumons 1 lit. 580 d’air résiduel que le plus violent effort ne lui permet pas d’expulser. Ceci rappelé, on désigne actuelle-•
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- Fig. 4. — Mesure de la ventilation pulmonaire par le spiromètre de Verdin.
- ment sous le nom do capacité vitale le total des quantités d’air courant, de réserve et complémentaire, qui exprime la ventilation maxima et qu’on mesure à l’aide des spiromètres d’Hutchinson ou de Yerdin (fig. 4). Le premier de ces instruments est une cloche équilibrée par un contrepoids et plongeant dans un cylindre rempli d’eau jusqu’aux trois quarts.
- L’homme insuffle l’air expiré à l’aide d’un tube de caoutchouc garni d’une embouchure de verre rodé et s’adaptant par son autre extrémité sur la tubulure inférieure du vase spirométrique. La section du tuyau égale celle de la trachée afin de ne pas opposer de résistance à l’air venant de la poitrine du sujet et de ne pas modifier le rythme respiratoire. Sous l’influence de l’expiration, la pression intérieure monte de quelques centimètres et un manomètre permet de déterminer cet accroissement.
- D’autre part, si on a pris soin de graduer préalablement ce manomètre en injectant 1, 2, 3, 4,5..., litres d’air et en marquant la hauteur de l’eau correspondant à chaque nouveau litre introduit, la lecture de la pression manométrique donnera immédiatement la capacité vitale du sujet en expérience puisque la cloche reçoit l’air complémentaire, courant et de réserve.
- L’exercice accroît beaucoup la capacité vitale d’un adulte. Ainsi après six mois d’entraînement méthodique, elle s’élève parfois de 3 lit. 400 (normale) à 4 lit. 500 et même plus. Ce sont d’ailleurs les tailles moyennes et non les plus grandes qui fournissent la plus forte capacité vitale.
- Comme autres mesures courantes effectuées au laboratoire physiologique de l’armée, notons la force musculaire qu’on détermine soit aü moyen de dynamomètres, soit le plus souvent à l’aide du
- sthénomètrc de Bloch (fig. 6). Dans ce dernier instrument, un pignon transmet à des aiguilles les déformations d’un ressort elliptique et il porte une double graduation, l’une correspondant aux efforts de traction, l’autre indiquant les pressions. Avec \'erg0graphe de Mosso, assez connu pour ne pas le décrire ici, on mesure le travail et la fatigue du faisceau musculaire qui fléchit le doigt médian.
- A l’aide du pneumographe inventé par Marey, on se rend toujours compte des effets des exercices sur le rythme respiratoire. On inscrit la respiration des sujets au repos, puis immédiatement après une course de 600 mètres au pas gymnastique. On prend ensuite les mêmes tracés tous les mois et, en les comparant, on voit que, clans les premiers temps, la course accélère notablement la respiration et qu’au bout de 4 à 5 mois d’entrainement, les changements constatés demeurent acquis. D’ordinaire, le nombre des respirations passe en moyenne de 20 à 12 par minute, mais leur amplitude a plus que doublé. Le ralentissement du rythme respiratoire à l’état permanent et surtout sa stabilité durant les exercices constituent les signes caractéristiques de l’entraînement local des poumons et quand on les constate chez un athlète on peut assurer que son entraînement général est accompli. De même, le nombre des pulsations du cœur s’accroît beaucoup durant les exercices pratiqués par les sujets non entraînés et ne se stabilise qu’au fur et à mesure de leur entraînement rationnel.
- Passons rapidement sur le calcul un peu spécial de l’évaluation d’un sujet au moyen de l’indice de Pignet pour insister un peu sur les appareils psychophysiologiques du D1' Boigey. En premier lieu ce savant a montré l’importance pratique de l’exploration du sens . musculaire qui décèle,
- Fig. 6. — Mesure de"la Jorce musculaire par le sthénomètréfcde Bloch.
- Fig. 5. — Mesure du temps de réaction.
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- LE LABORATOIRE PHYSIOLOGIQUE DE L’ARMÉE FRANÇAISE ---. 363
- avant tout exercice physique, des imperfections neuro-musculaires parfois fort accentuées et qui permet à l’éducateur sportif de suivre quotidiennement les progrès de ses élèves sous ce rapport. En effet, les muscles participent non seulement aux fonctions sensitives et sensorielles comme exécuteurs des ordres émanés du système nerveux, mais ils deviennent à leur tour des informateurs de ce dernier en lui renvoyant sous forme d’excitation, l’indication de leur propre mouvement ou de leur travail. L’ensemble de ces excitations constitue ce qu’on nomme couramment le sens musculaire ou cineslhésie bien que les tendons, les ligaments, les os et les articulations nous fournissent également des impressions cineslhésiques. Cependant si les sens proprement dits reçoivent celles-ci de l’extérieur, le sens musculaire reçoit les siennes des organes mêmes qui sont l’aboutissant du réflexe sensitivo-moteur.
- Pour juger de l’état du sens musculaire chez un homme, le D1'Boigey, indépendamment des épreuves classiques (réflexes tendineux et cutanés) procède de deux façons, soit par la notion de résistance, soit parla notion de position. Dans le premier cas, le sujet, les yeux bandés (fig. 7), s’assoit à peu de distance du physiologiste, qui attache à son index un fil terminé par un poids de c200 gr. ou de 500 gr., puis il ajoute ou ôte des petites rondelles échancrées de cuivre pesant de 2 à 15 gr. et l’homme doit apprécier l’addition ou la soustraction de ces poids supplémentaires. S’il se trompe, cela indique une fatigue ou des troubles neuro moteurs.
- Fig. 8. — Examen de la notion de fositton
- Fig- 7- — 'Examen de la notion de résistance.
- Peur apprécier le sens musculaire par la notion de jwsilion, le Dr Boigey a construit un tableau qu’il colle au mur et sur lequel il a tracé des rayons espacés de 5 cm (fig. 8). Il fait mettre, le sujet, les yeux bandés, de façon que son épaule corresponde approximativement au centre d’où partent les rayons du tableau, puis il donne au bras de l’homme une position initiale qu’il repère avec sa main et dans laquelle il le laisse 10 secondes. 11 ramène ensuite le membre à son point de départ. Après quoi, il ordonne au sujet de répéter le même mouvement et il constate l’écart qui existe entre la première et la seconde position. Cet écart atteint parfois 10 à 15 cm, et exprime la variation individuelle du sens des attitudes.
- Le Dr Boigey se rend compte également des temps de réponse à une excitation au moyen d’un dispositif analogue à celui de d’Arsonval pour apprécier les réactions psychomotrices (fig.5). Il touche l’index de la main gauche d’un sujet avec un de ses doigts et l’homme répond avec l’index correspondant de sa main droite. Pour cela, ses 2 doigts appuient chacun sur des lattes de bois, maintenues par des charnières et qui pressent un tube de caoutchouc rélié à un tambour de Marey. Le style inscripteur de ce dernier tourne devant un cylindre enduit de noir de fumée et fait à chaque impulsion reçue deux encoches dont on mesure l’écart qui donne le temps de réaction.
- Quant aux expériences de physiologie proprement dites qu’on poursuit dans ce laboratoire militaire, en dehors des précédentes, elles s’exécutent toutes encore par la méthode de Marey. Bappelons en deux mots, les résultats que celle-ci peut fournir. Au moyen^d'une pointe, on inscrit sur un papier noirci
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- au noir de fumée, les mouvements de la cage thoracique, du cœur, des artères, les contractions musculaires, la pression des pieds sur le sol dans la locomotion et dans les sauts. La partie à étudier est en contact avec un premier tambour élastique, relié par un tube de. caoutchouc à un deuxième tambour, sur lequel est fixé un stylet qui peut se déplacer devant un cylindre recouvert du papier enregistreur et que des rouages d’horlogerie font tourner d’une façon uniforme.
- D’autre part, on y étudie le mécanisme des mouvements par la photographie, par la cinématographie et surtout par la ehronophotographie. En effet, l’analyse cinématographique ou photographique permet à l'éducateur physique de rechercher les effets physiologiques des divers exercioes et de classer ces derniers d’après leurs effets. Mais il doit contrôler son raisonnement et ses déductions par I
- l’observation attentive des mouvements. De son côté, la ehronophotographie consiste à reproduire sur une seule plaque fixe les diverses positions d’un même sujet se déplaçant devant l’objectif.
- La ehronophotographie graphique repose sur le même principe, mais le nombre d’images est seulement beaucoup plus grand dans l’unité de temps. Aussi les images chronophotographiques de ce genre qu’on obtient au laboratoire physiologique de l’armée française sont particulièrement intéressantes, car elles fournissent de très précieux renseignements sur la marche, sur les sauls successifs ou de hauteur et, d’une façon générale, sur tous les exercices corporels.
- En définitive, le nouveau laboratoire a pour but d’établir, sur des bases scientifiques et rationnelles, l’éducation physique des « poilus » et même des civils de France. Jacques Boyer.
- L’HÉLIUM
- Ce gaz, remarquable à tant d’égards, n’est connu que depuis un temps relativement court. Il y a quelques années à peine il était encore une curiosité de laboratoire; aujourd’hui on se propose de l’utiliser pratiquement pour le gonflement des dirigeables.
- L’histoire de rhéluun est une des plus curieuses et des plus instructives parmi celles des corps chimiques; elle démontrerait, une fois de plus, si la chose était nécessaire, la valeur des recherches scientifiques d’ordre purement spéculatif. A une époque où certains voudraient orienter la science dans la voie étroite des études à objectif pratique et immédiat, il n’est pas inutile de rappeler que les applications les plus brillantes de la science moderne, tirent leur origine de travaux entièrement désintéressés. La recherche de la vérité, qui est le véritable objectif du savant, porte en elle-même tôt ou lard sa récompense pour la collectivité.
- Le professeur Mac Lennan vient de refaire, devant la Chemical Society de Londres, l’historique de l’hélium. Nous le résumons dans les lignes qui suivent.
- C’est en 1868 que l’astronome français Janssen, élu-diant le spectre solaire, y découvrit des raies non encore observées; il les attribua à un élément inconnu. L’observation fut confirmée la même année par Frankland et Lockyer, qui baptisèrent du nom d’hélium cet élément dont la présence n’avait pu encore être décelée sur terre.
- En 1882, Palmieri découvrit que le spectre de l’hélium apparaissait dans l’examen de certaines laves du Vésuve ; l’existence terrestre du mystérieux élément était, ainsi, pour la première fois, démontrée.
- Ce n’est qu’en 1895, que l’hélium put être isolé. L’honneur en revient au grand chimiste, sir William Ramsay ; il réussit à extraire d’un minéral nommé clévéile un gaz qu’il purifia et démontra être de l’hélium. Depuis lors, on a constaté que l’hélium est très répandu à la surface du globe; on peut l’extraire d’un grand nombre de minéraux; il existe dans presque toutes les eaux de sources thermales, et dans toutes les émissions de gaz naturels. L’atmosphère en contient une proportion en volume d’environ 4 pour 1 million.
- En France, MM. Moureu et Lepaple ont constaté en de
- nombreux endroits des dégagements d’hélium; les gaz qui se dégagent autour de certaines sources en contiennent jusqu’à 5 pour 100.
- Rappelons les principales caractéristiques de l’hélium.
- 1° C’est un gaz extrêmement léger, le plus léger de tous les gaz connus après l’hydrogène; sa densité est le double de celle de ce dernier;
- 2° Au point de vue chimique, c’est un gaz absolument inerte que l’on n’a pu jusqu’ici faire entrer en combinaison avec aucun autre corps. C’est dire qu’en particulier il est rigoureusement ininflammable;
- 3° C’est le modèle des gaz parfaits : il est monoalo-mique ; son point de liquéfaction est en dessous de la température de l’hydrogène liquide. C’est par évaporation de l’hélium dans le vide que le,, professeur Kam-merlingh Ormes a réalisé les plus basses températures connues qui sont de l’ordre de 1 à 2° absolus;
- 4° Il oppose une faible résistance à l’étincelle électrique disruptive. Les décharges électriques traversent l’hélium plus facilement que tout autre gaz.
- La découverte de la radioactivité devait donner à l’hélium un nouvel intérêt. On sait que la désintégration des éléments radioactifs est accompagnée de rayonnements de diverses espèces; les rayons positifs connus sous le nom de rayons a sont des émissions de particules positives, que l’on a démontré être des noyaux d’atomes d’hélium.
- Ces minuscules projectiles, animés de vitesses énormes, sont de puissants agents de désintégration des éléments, et c’est grâce à eux que sir Ernest Rutherford a pu mettre en évidence de véritables cas de transmutation de la matière.
- L’hélium, jusqu’en 1918, figurait parmi les corps rares, on n’en avait pas alors isolé au total plus de 5 à 4 m3. Aujourd’hui on sait le préparer en grandes quantités. Dès le début de la guerre, on chercha les moyens de l’obtenir d’une façon industrielle. Ses propriétés d’ininflammabilité et son pouvoir ascensionnel qui est égal à 92 pour 100 de celui de l’hydrogène lui confèrent, en effet, de précieux avantages pour le gonflement des ballons ; un dirigeable gonflé à l’hélium pourrait avoir ses moteurs à
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- LES CHUTES DE L’YGUASSU
- l’intérieur même de l’enveloppe ; d’autre part, on pourrait régler le pouvoir ascensionnel de l’aérostat par chauffage ou refroidissement du gaz; ce qui simplifierait singulièrement la conduite de l’engin. Enfin la diffusion de l’hélium à travers l’enveloppe est de 30 pour 100 inférieure à celle de l’hydrogène.
- D’après M. Mac Lelland, c’est M. Richard Threlfall qui proposa le premier en 1915 de chercher à utiliser l’hélium pour le gonflement des ballons. A l’automne de cette même année, M. Mac Lelland fut chargé par l’Amirauté britannique d’étudier les sources d’hélium du Canada, et ensuite d’en mettre au point l’exploitation industrielle.
- C’est dans l’Ontario et l'Alberta que furent trouvées dans les gaz combustibles naturels qui se dégagent du sol en maints endroits les plus riches teneurs en hélium ces émissions peuvent fournir environ 500 000 m5 par an.
- En 1917, l’Amirauté anglaise décida de faire un essai d’exploitation aux environs de Hamiiton dans l’Ontario. Le problème à résoudre était de séparer économiquement l’hélium des autres gaz qui l’accompagnent dans les émissions gazeuses naturelles où l’on avait constaté sa présence. Cette source était du reste. assez pauvre, puisque sa teneur en hélium n’élait que de 0,55 pour 100.
- Les essais furent effectués avec la coopération de la Société française de l’Air liquide qui prêta une machine Claude pour liquéfier l’air. Après certaines modifications aux appareils, on réussit à obtenir en 1918 de l’hélium à 87 pour 100 de pureté.
- Une autre station expérimentale fut établie en 1918 à Calgary dans l’Alberta du Sud ; grâce à l’expérience acquise à Hamiiton, elle fut mise rapidement en situation d’extraire économiquement l’hélium du gaz naturel.
- Le procédé employé est une adaptation de celui de Claude pour extraire l’oxygène de l’air; il consiste à faire produire au gaz même qui est soumis au traitement le froid nécessaire pour liquéfier tous les gaz du mélange autres que l’hélium qui est le plus difficile à liquéfier.
- La machine construite à cet effet donne de l’hélium à 90 pour 100 de pureté. Une machine auxiliaire l’amène ensuite à 99 pour 100.
- M. Mac Lelland estime qu’une installation industrielle définitive, établie pour traiter tous les gaz d’hélium de l’Alberta, travaillant à raison de 1600 m3 d’hélium par jour, coûterait 150 000 livres sterling. Le prix des 1000 pieds cubes de gaz serait de l’ordre de 10 livres; ce qui représente environ 18 francs le mètre cube, au cours actuel de la livre. R. V.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’octobre 1920.
- Les propriétés mécaniques des corps plastiques. — Dans toute déformation réversible, on peut noter deux phases, et la seconde, fonction du temps, a reçu de M. Rouasse le nom de réactivité. Elle fait l’objet de la note de MM. Henry et François Le Chatelier. Aux températures assez élevées et sous l’action de forces assez faibles pour éviter l’écrouissage par déformation, le fer et l’acier prennent successivement trois sortes de déformations : la première, élastique et instantanée, disparaît après la suppression de l’effort ; la seconde, subpermanente, a lieu plus lentement; enfin la troisième, visqueuse, se produit avec une vitesse constante. Celle-ci varie proportionnellement aux couples et suivant une fonction exponentielle de la température. Dans le cas des aciers durs, il y a lieu de croire à un changement brusque
- du module d’élasticité en passant par le point de transformation.
- La navigation aérienne à l’estime. — Le problème consiste, on le sait, à se rendre en ligne droite d’un point à un autre, avec correction automatique des écarts dus au vent. L’appareil imaginé par M. Le Prieur est basé sur l’observation de la dérive à deux caps différents, le report graphique permet de déterminer le vent régnant en force et en direction, d’où le cap à suivre. La route est transmise automatiquement à un répétiteur manœuvré par câble flexible et placé sous les yeux du pilote. L’appareil a fourni des preuves incontestables de son utilité dans des essais effectués en août dernier, sur le trajet Yillacoublay-Mclun. Paul B.
- LES CHUTES DE L’YGUASSU
- Comme suite à l'mformation parue dans le n(> 2427 du 9 octobre 1920, nous avons reçu l'élude suivante :
- En avril dernier, j’ai pu visiter ces cataractes qui, par leurs proportions, sont les plus importantes du monde et que fort peu de touristes et même d’Argentins connaissent encore, étant données les difficultés de communications et le manque total de confort des auberges et des vapeurs remontant le Haut-Parana dé Poradas à Puerto-Àguirre. Le voyage à lui seul demande en cette saison trois jours pour le moins en raison de brouillards très denses empêchant la navigation.
- Nous voici cependant arrivés au conHuent de l’Yguassu et du Haut-Parana, carrefour.de rivières séparant les trois États du Brésil de l’Argentine et du Paraguay. A première vue, on est frappé du contraste entre l’eau terreuse du Parana et la limpidité de l’Yguassu : le mélange des deux eaux met quelque temps à se produire.
- Yguassu, en guarani — langage des indigènes du pays — signifie eau limpide, et jamais qualificatif ne pouvait être mieux donné à un cours d’eau.
- Par un chemin tracé à travers la forêt vierge, on x se rend de Puerto-Aguirre aux chutes, soit une vingtaine de kilomètres. La forêt est superbe et
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- dans cette saison correspondant à l’automne, aucune fleur d’orchidée n’était éclose, en revanche tous les arbres, fougères, lianes et herbes d’essences multiples rivalisaient de teintes du vert le plus tendre au plus foncé.
- Malgré le bruit des six mules attelées à un break rebondissant dans les ornières du sentier, on parvient à percevoir le fracas de l’énorme chute. A un détour du chemin s’ouvre soudain une clairière d’où se perçoit la ligne blanche des cataractes et le formidable glissement des eaux argentées. Une in-
- plus loin; par bandes des perroquets décrivaient de larges cercles en criant à tue-tête et nous faisions attention à ne pas troubler les serpents qui peuplent ces solitudes.
- Après s’être consciencieusement tordu les pieds sur les rochers glissants entre lesquels coule la rivière, un panorama grandiose s’offrit à nos yeux. C’est le saut « San Martin », explique le guide, et sur la droite les sauts « Bossette et Lanusse » (ce dernier n’élant pas visible sur la figure \ ) et au premier plan le « Brazo del San Martin » qui se
- Fig. i — Les cataractes de V Yguassu : les sauts San Martin et Bossette.
- forme baraque sert d’hôtel où des indigènes aident au débarquement des voyageurs et de leurs bagages.
- Du bord escarpé de la falaise, un gouffre béant s’ouvre à vos pieds, profond de 60 à 70 mètres; l’excavation est à pic et nombreux sont les rochers sur lesquels l’eau se brise avec fracas? Tout proche, un bras de l’Yguassu supérieur forme deux cascades jumelles « les deux sœurs » dont la hauteur est d’une quarantaine de mètres.
- A travers les rochers couverts d’une végétation toujours arrosée par les embruns, un guide trace un sentier à coup de machette, sorte de sabre court, et nous conduit sur des escarpements d’où la vue est splendide.
- Un soleil radieux nous inondait de ses chauds rayons, d’innombrables moustiques tourbillonnaient autour de nous, parfois des papillons plus larges, que la main s’envolaient apeurés et se posaient
- jette dans l’Yguassu inférieur. En cet endroit, la muraille rocheuse atteint 60 mètres; les teintes du bleu du ciel, des cataractes argentées, des rochers brun rouge et de la verdure sont du plus heureux effet, et l’eau roule en torrents dans celte étroite gorge.
- Afin de visiter le reste des chutes, il nous fallut revenir sur nos pas ; non loin de l’hôtel se trouve un embarcadère, et dans un canot creusé dans un tronc d’arbre dnr nous remontâmes le faible courant du délia de l’Yguassu supérieur — très habilement les guides nous conduisirent à travers un labyrinthe de roches et de plantes d’eau, faisant parfois de gros efforts pour faire franchir de petits rapides à l’embarcation. — La « Cancha del San Martin », véritable lac, est peu profonde, 5 mètres au maximum, et de gros poissons dérangés à notre approche se glissent dans l’eau claire.
- Sur une île plus vaste que les autres nous accos-
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- tons, et, à pied, enlre les herbes, suivons le guide; parfois il faut se mettre à l’eau jusqu’à la ceinture, mais ce bain forcé est tiède, la Nature ayant tout prévu !. *
- La chute des « 3 Mousquetaires » s’étale à nos yeux; plus formidable que les précédentes mais moins haute, ayant 40 mètres, en pente rapide l’eau va se déverser dans l’étroit couloir récupérateur des chutes (fig. 2).
- D’un autre point de l’ile, nous pouvons admirer les chutes de « Peixoto » sur le versant brésilien,
- nommé « Garganta del Diablo » ; sous l’effet des rayons solaires un arc-en-ciel dessine son arche majestueuse et semble vouloir réunir les deux rives escarpées rongées par la puissante masse d’eau qui bondit de 70 mètres (fig. 4).
- Le tonnerre continu des chutes finit par assourdir au point de ne plus entendre ceux mêmes qui vous crient dans l’oreille.
- Par canot nous rejoignons l'hôtel, nous trouverons un repas composé de conserves, de galettes et arrosé d’eau claire de l’Yguassu.
- Fig. 2. — Le saut
- celles-ci descendent une marche avant de se briser en une multitude de cascades ; d’où nous sommes il y a tout au plus 100 mètres jusqu’à l’autre rive (fig. 3).
- Reprenant notre embarcation, nous allons jusqu’au bord de la plus formidable chute composant les cataractes; doucement le courant nous emmène sans secousse; quelques récifs sournois raclent la coque, et d’un coup de pagaie les guides évitent le danger d’ètre pris de travers ; — sur un rocher nous atterrissons, quelques pas à faire et nous voici enveloppés de buée que le remous d’air emporte en tourbillons.
- . A nos pieds la masse d’eau du saut « Rivadavia » s’incurve majestueusement et se réunit dans sa chute à la nappe formée par « l’Union ». Le confluent des deux cataractes a lieu dans une épaisse brume empêchant de distinguer le fond du gouffre dé-
- Trois Mousquetaires.
- Actuellement le gouvernement argentin s’occupe activement de l’exploitation des chutes, et une commission d’ingénieurs étudie le régime des eaux. Le volume débité varie de 40 à 80 mille mètres cubes à la seconde, sans grande différence de niveau à la partie supérieure, l’ensemble des chutes ayant près de 4000 mètres d’étendue en temps de crue, mais par contre l’Yguassu inférieur, large de 80mètres, monte aisément de plus de 20 mètres. Une très forte crue du Parana et de l’Yguassu étant arrivée il y a peu de temps, fit monter le niveau des eaux de plus de 30 mètres, submergeant en partie les habitations des rares colons exploitant les richesses forestières. Si les cataractes étaient captées, le gouvernement en tirerait une force moyenne de 250 000 chevaux dont une faible, part serait envoyée au Brésil, les chutes étant mitoyennes. Quant à la possibilité d’envoyer du courant à Buenos-Ayres, distant de 1500 ki-
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- Fig. 3. — Les sauts Puixoto sur la côte brésilienne.
- lomètres par la rivière, elle est bien compromise vu les difficultés énormes d’entretien d’un pareil réseau traversant 400 kilomètres de forêt vierge, sans
- industrie faute de main-d’œuvre, jusqu’à Posadas la première ville. Mais rien n’est impossible à l’homme ! G. Coune.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laudue, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. - N» 2436.
- 11 DÉCEMBRE 1920
- MÉTHODE DE COMPARAISON DES FILETS DE VIS
- On fabrique aujourd’hui les vis d’une façon entièrement automatique. Une première machine reçoit le fil en bobine; elle le dresse et le coupe de longueur par cisaillement, puis elle étire les flancs dans des filières au diamètre voulu, tout' en finissant la tête et la pointe. Une seconde machine creuse la lente par refoulement après quoi une troisième lamine le filet et la vis se trouve alors
- le triangle primitif équilatéral par deux parallèles à la base, menées respectivement au huitième de la hauteur, à partir du sommet et de la base. Par suite la hauteur du filet, mesurée entre les troncatures, égale les trois quarts de la hauteur du triangle équilatérial primitif ou approximativement le pas multiplié par 0,6495. De leur côté, les vis pleines et les vis creuses qui se correspondent ont
- Fig. i. — Le comparateur Hartness monté pour une vérification.
- On pose la lanterne, l’organe de support de la vis ou du boulon et les-lentilles sur une colonne solide, puis on projette l’ombre du filet sur la carte de tolérance, maintenue à quelque distance au moyen d’un cadre pouvant glisser le long de 2 barres
- métalliques.
- achevée. Ce nouveau procédé de fabrication exige moitié moins de métal que l’ancienne méthode de décolletage. D’autre part, le Congrès international de Zurich a posé des règles, presque universellement adoptées, pour la nature et la forme des filets, de manière à arriver à l’unification des systèmes de filetage.
- Selon les décisions de ce Congrès, le tracé des vis mécaniques (diamètres 80 mm à 6 mm), se détermine par l’enroulement en hélice à droite d’un filet simple, obtenu par la troncature d’un triangle primitif équilatéral dont le côté, disposé parallèlement à l’axe deda vis, égale le pas de cette dernière. Pour réaliser la forme du filet, on tronque
- en principe les mêmes filets; mais, afin de tenir compte des tolérances d’exécution indispensables dans la pratique, le profil est un profil limite pour la vis pleine comme pour la vis creuse; cette limite est prévue par excès pour la première et par défaut pour la seconde; en d’autres termes, la vis pleine doit toujours rester à l’intérieur du profil limite et la vis creuse à l’extérieur de ce même profil.
- Les écarts entre la surface théorique commune et les surfaces réelles sur la vis pleine et sur son écrou, déterminent le jeu que présenteront les deux pièces montées l’une sur l’autre. Chaque constructeur reste juge des tolérances admissibles,
- 24. — 569
- 48* Annôa — 2’ Semestre.
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- 370 MÉTHODE DE COMPARAISON DES FiLETS DE VIS
- selon la destination des vis et surtout la précision de.son outillage de fabrication. Quant au diamètre des vis, il se mesure sur l’extérieur des fdets après troncature et, exprimé en millimètres, ii sert de numéro de désignation.
- Les règles suivies actuellement dans la pratique pour les vis de la petite mécanique (6 mm à 2 mm 5) et pour celles de la série horlogère (diamètres au-dessous de 2 mm 5) diffèrent quelque peu desprécé-
- quc d’une série unique d’alésoir's pour confectionner tous les alésages qu’on lui demande, de meme ses ouvriers rectifient ou retouchent beaucoup plus aisément les axes ou pièces mâles. Mais dans les grands établissements dé conslruction mécanique il faut, en outre, pouvoir se reporter, continuellement et pour chaque diamètre de vis, à des étalons typés possédant les dimensions théoriques. On établit d’ordinaire trois collections : l’une en service
- Fig. 2. — Organe de support du boulon de la ris.
- On dispose le -boulon dans une sorte de coussinet et on. le maintient dans la position voulue au moyen d’une tige.
- L’extrémité filetée dépasse le point d’appui.
- dentes, mais de toutes façons il faut pouvoir vérifier le (îlekige des vis.
- Pour procéder à cette vérification industrielle, on a proposé divers appareils tels que calibres simples à côté unique et calibres doubles à limite, dénommés aussi calibres à tolérance. Entre autres avantages, ces derniers assurent l’indépendance des fabrications, l’interchangeabilité des pièces et facilitent le montage. Leur emploi repose sur l’alésage normal. Dans ce système qui tend à se généraliser de plus en plus, pour une dimension donnée, un alésage demeure constant, quel que soit l’ajustage à réaliser* la dimension de Taxe ou pièce mâle supportant tout entière les variations du jeu ou du serrage à obtenir. Le fabricant n’a donc besoin
- dans l’atelier s’emploie journellement pour la comparaison avec les vis à fabriquer ou à recevoir; la seconde sert à vérifier la première après quelque temps d’usage et enfin la troisième ou collection des prototypes représente, de la manière la plus parfaite, la série des vis avec leurs dimensions théoriques.
- L’établissement de ces étalons irréprochables nécessite des vérifications partielles du diamètre, du pas et des lianes, au moyen d’instruments encore plus précis. Durant longtemps, en particulier, la mesure des lianes ne pouvait se faire très exactement à cause de l’indécision des contacts des palpeurs micrométriqües avec la surface de la vis à examiner. Le micromètre comparateur Marre et
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- MÉTHODE DE COMPARAISON DES FILETS DE VIS -.....: 371
- Robinet vint combler cette lacune. Il permet, en effet, la comparaison des vis, filet par filet avec des broches étalonnées et il indique avec précision le millième de millimètre.
- Toutefois il s’agit d’un instrument de laboratoire scientifique plutôt que d’un appareil susceptible d’un emploi industriel. Le comparateur Ilarlness a de moins hautes visées, mais son maniement est plus simple et plus à la portée des mécaniciens. Il révèle, en un clin d’œil, l’effet résultant de tous les éléments qui affectent la précision d’une vis (diamètre du pas, formes des flancs, etc.), et, grâce à la projection de l’ombre du filet sur la carte de tolérance-étalon, on se rend compte instantanément de l’importance et du genre des erreurs de fabrication ; on sait immédiatement si la tolérance rentre dans les limites nécessaires pour l’interchangeabilité.
- Pour effectuer une mesure avec le comparateur Hartness (fig. 1), on pose la lanterne, l’organe de support du boulon ou de la vis, et les lentilles
- Fig. 4.— Ombre d'un filet correspondant à un diamètre de pas minimum.
- sur une colonne solide, puis on projette l’ombre du filet sur la carte de tolérance, maintenue à quelque distance, au moyen d’un cadre pouvant glisser le long de deux barreaux métalliques. Des manivelles permettent le déplacement latéral de la carte de tolérance parallèlement à l’axe des lentilles de projection et d’agrandissement. Comme l’indique notre photographie, on 11’a pas besoin d’opérer en chambre noire, on travaille en plein jour, h une lumière modérée.
- La carie de tolérance porte deux rangées de points et l’espace compris entre elles représente l’erreur permise. Quant aux organes de support du boulon ou de la vis, ils varient selon la nature des pièces à examiner. Dans, le modèle pour boulons (fig. 2), on dispose le boulon dans une sorte de coussinet et on le maintient dans la position voulue au moyen d’une tige que l’opérateùr appuie légèrement contre le boulon avec la main droite. En même temps, il tourne ce dernier avec la main gauche afin d’élimi-
- Fig. 3. — Carte de tolérance et ombre d'un filet de vis. L’espace entre les lignes pointillées représente l’écart des tolérances permises pour le genre de travail. Ici la vis est de dimension maxima, son ombre coïncidant avec le bord inférieur de la rangée supérieure du calibre étalon.
- 11er d’abord toute substance étrangère et se rendre compte approximativement de la rondeur de la vis et du « vacillement » du pas. L’extrémité filetée à vérifier dépasse le support quand le boulon ou la vis comporte une partie cylindre capable-de servir d’appui. Lorsqu’il s’agit de mesurer de longs filets, on sc sert parfois de « nids » ou coussinets à deux filets dont l'un est fixe et l’autre peut glisser parallèlement à l’axe de la vis afin de compenser les erreurs d’avance. On met le coussinet fixe à une distance de la lentille de projection égale à la longueur d’engagement de la vis soit dans un écrou, soit dans un trou fileté. ;
- La position de l’ombre du filet à vérifier, par rapport aux deux rangées de points représentant les dimensions maxima et minima sur la carte de tolérance-étalon, indique les erreurs de diamètre, d’angle et de contour Par exemple Si l’ombre tombe le long du bord inférieur de là rangée supérieure de points la vis est de dimension maxima (fig. 5), au contraire si son ombre coïncide avec les bords de la rangée
- Fig. 5. — Ombre du filet d’une vis à rejeter.
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- inférieure de points, elle rentre dans la dimension minima ; l’espace entre les lignes pointillées représente l’écart des tolérances permises po.ur le genre de travail à vérifier. On peut de la sorte calibrer les vis dans les limites de précision requises. Si, par exemple, l’ombre d’un filet se déplace à gauche des repères de la carte étalon, ce filet a une erreur d’avance qui empêchera l’adaptation parfaite de la vis dans le trou fileté. Si l’ombre'coïncide avec la rangée interne de points sur la carte de tolérance, le filet projeté est très exact en ce qui concerne l’avance, mais son diamètre de pas est minimum
- (fig. 4). Comme d’autre part, le grossissement sur l’écran atteint environ 200, on se rend compte facilement même des légères imperfections (fig. 5) d’une vis quand on projette son ombre sur l’écran.
- En définitive, le comparateur Hartness révèle les caractéristiques essentielles du filetage, dénote les moindres détails de fabrication, les plus petites erreurs de forme ou de dimensions des lianes et mesure avec une précision remarquable les tolérances compatibles avec l’interchangeabilité des vis.
- Jacques Boyer.
- LA CURIETHÉRAPIE DU CANCER
- D’aucuns protestent avec raison contre l’abus des néologismes qui de plus en plus obscurcissent le vocabulaire médical ; mais on doit se féliciter quand la langue scientifique s’enrichit d’un mot aussi justifié que celui de Curiethérapie. Ce terme a l’avantage, tout en rendant hommage aux grands savants dont on sait la part dans là découverte de la radio-activité et du Radium, de combler une lacune, puisque nulle autre expression ne permet de qualifier brièvement et exactement ce qu’est la Curiethérapie.
- La radiothérapie étant le traitement par les radiations en général, la Rôntgenthérapie celui par les rayons X, la curiethérapie est le traitement par le rayonnement de l’une quelconque des substances radio-actives actuellement utilisées en médecine, dont les principales sont : le Radium, l’Emanation du Radium, le Mésothorium, auxquels s’en adjoindront d’autres dans l’avenir.
- On a essayé, dans la lutte contre le cancer, plusieurs modes d’utilisation des substances radio-actives : injections Sous-cutanées de solutions, injections intra-tumorales de sels radifères insolubles. Le procédé de beaucoup le plus usité et le seul efficace est l’emploi de foyers de rayonnement, constitués par des tubes contenant des quantités relativement importantes de substances radio-actives, et placés pendant un temps déterminé à proximité du cancer à traiter.
- Fondements de la radiothérapie en général. — On connaît l’extraordinaire propriété de ces radiations à courte longueur d’onde : d’abord artificiellement créées par l’homme au moyen de l’ampoule de Crookes, puis découvertes dans la nature où elles prennent spontanément naissance par la destruction des corps radioactifs, ces vibrations sont douées du pouvoir de pénétrer les corps solides opaques à la lumière. C’est sur cette possibilité d’aller modifier dans l’intérieur du corps humain les éléments qui le constituent qu’est basée toute radiothérapie pénétrante.
- Quelques effets biologiques des radiations. — L’étude expérimentale de l’action des radiations, et en particulier des Rayons X, sur les organismes et les tissus normaux a précisé les précieux pouvoirs du nouvel agent physique, dont on avait tout d’abord essayé empiriquement l’effet à l’égard des tissus malades.
- Ces recherches n’ont pas encore permis d’expliquer d’une façon complète le mécanisme d’action des radiations sur les cellules; mais elles enseignèrent l’inégalité de sensibilité, vis-à-vis des rayons, des difïérentés
- sortes d’éléments constituants des tissus. Alors que certains de ces éléments résistent à un rayonnement intense et prolongé, d’autres, dans le même organisme, manifestent une susceptibilité particulière et leurs cellules peuvent être toutes détruites par une irradiation relativement faible.
- On a pu établir une hiérarchie de radiosensibilité des principaux éléments de l’organisme, dont les uns sont très vulnérables aux rayons, comme les cellules germinatives ou celles des organes hématopoiétiques : d’autres un peu moins déjà, comme les cellules de la couche génératrice de l’épiderme ; certains exigent des doses beaucoup plus élevées avant d’être altérées, comme les différentes cellules sécrétrices des glandes ; enfin, il en est de réfractaires, comme les cellules musculaires ou nerveuses.
- A quoi sont dues ces variations de vulnérabilité d’éléments aussi proches parents les uns des autres que les cellules d’un même organisme?
- Parmi leurs causes, certainement multiples, il semble que la principale soit une susceptibilité spéciale de la matière héréditaire des cellules (chromatine des noyaux) pendant le temps de la multiplication. Il est remarquable que les cellules, classées plus haut comme très radiosensibles, doivent à cause de leurs fonctions, se reproduire avec une grande activité. Les cellules des glandes sécrétrices se renouvellent bien moins rapidement. Quant aux cellules musculaires et nerveuses, elles persistent pendant toute la vie de l’individu, et leur reproduction est nulle.
- Ces constatations de biologie générale donnent l’explication de l’efficacité des radiations dans la thérapeutique du cancer.
- Action des radiations sur la cellule cancéreuse. —
- Le cancer est une maladie de la cellule. Devenue cancéreuse, sous l’influence d’une excitation d’ordre encore indéterminé, une cellule de l’organisme, ou un groupe de cellules voisines, entrent en multiplications successives, donnant naissance chaque fois à des cellules-tilles également cancéreuses, qui vont par conséquent proliférer elles-mêmes avec activité, et cela indéfiniment. Cette reproduction cellulaire deviendra l’origine d’un tissu cancéreux, lequel prendra la place des tissus normaux de l’organisme en détruisant progressivement ceux-ci.
- Suivant leur mode et leur activité de prolifération, on pourra observer, parmi les différents types de tumeurs, des variations dans leur sensibilité aux radiations.
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- LA CURIETHÉRAPIE DU CANCER
- Prenons l’exemple d’un cancer particulièrement radiosensible et suivons, par l’examen de fragments prélevés dans la tumeur à des intervalles de plus en plus éloignés après une irradiation, la marche des modifications apportées par celle-ci dans la structure du cancer. On constatera presque immédiatement la cessation de toute division cellulaire : les cellules en train de se multiplier, au moment de l’irradiation, dégénèrent toutes, les premières.
- Puis, les éléments qui venaient de se diviser, ou étaient sur le point de le faire, présenteront à leur tour les signes de la mort cellulaire ; et comme, dans le cas choisi de tumeur à grande activité reproductrice, toutes les cellules sont plus ou moins dans ce cas, on peut espérer obtenir la stérilisation du cancer et la guérison définitive.
- Dans un deuxième exemple, suivons de la même façon l’action de la radiothérapie sur un cancer moins sensible que le précédent. Les premiers examens montreront néanmoins la destruction d’un très grand nombre d’éléments.
- Dans les prélèvements faits quelques jours après le traitement, le tissu cancéreux détruit est remplacé par un tissu normal de bourgeonnement, comparable à celui qui s’observe dans tous les processus de réparation des plaies ou des pertes de substance. Mais, çà et là, l’attention sera attirée par un certain nombre de cellules, cancéreuses conservées, disséminées, plus ou moins abondantes suivant les cas. Ces cellules ont résisté à l’irradiation, probablement parce qu’elles se trouvaient à ce moment à un stade de leur évolution pendant lequel les cellules offrent un minimum de radiosensibilité.
- Enfin, dans un dernier prélèvement fait encore quelques jours plus tard, on pourra voir les cellules cancéreuses conservées sortir de l’état de repos dans lequel elles étaient au moment de l’irradiation, récupérer leur pouvoir de multiplication, et devenir l’origine d’une poussée nouvelle de cancer : c’est la récidive, dont la guérison par les radiations sera encore plus difficile à obtenir que celle du cancer primitif.
- Dans ce second exemple, il eût fallu doubler, tripler, peut-être même décupler la dose de rayons administrée, pour obtenir la mort de toutes les cellules cancéreuses. Malheureusement il n’est pas toujours permis de le faire, pour la raison que la limite de radiorésistance des tissus sains, notamment de la peau (que doit traverser le rayonnement pour atteindre le cancer, en cas de tumeur non ulcérée), sera atteinte avant le résultat thérapeutique.
- On voit que deux enseignements résultent de ce qui précède :
- 1° La cellule cancéreuse obéit aux mêmes principes de radiosensibilité que les cellules normales de l’organisme ;
- 2° La radiothérapie du cancer consiste à profiter de la différence de radio-sensibilité qui peut exister entre le tissu pathologique qu’il importe de détruire et les tissus sains voisins qu’il importe de respecter.
- Applications de ces données à la Curiethérapie. — On sait que les rayons émis par les substances radioactives utilisées en thérapeutique sont au nombre de trois, distingués par les lettres a, 6 et y; ces deux derniers rayonnements et plus particulièrement le troisième sont utilisés dans le traitement du cancer. Les rayons y, en effet, étant capables de traverser plusieurs centimètres de plomb, ont seuls assez de puissance de pénétration pour atteindre les cellules cancéreuses, infil-
- trées quelquefois à une grande distance de la tumeur.
- Il semble que voilà l’agent thérapeutique idéal, apte à poursuivre dans tous les recoins de l’organisme l’élément parasite, dont il est le caustique spécifique. En réalité, nous n’en sommes pas encore là, et ce serait même une erreur de croire que cette cure merveilleuse pourra être un jour réalisée par le seftl rayonnement y.
- Limites à l’action thérapeutique du rayonnement des substances radio-actives. — 1° Que ce soit par un mode direct ou indirect, le rayonnement y apporte une modification dans l’intérieur de la cellule cancéreuse; mais il semble que l’action d’une certaine quantité de ces rayons soit nécessaire pour entraîner la mort cellulaire, quantité d’autant plus grande que la cellule en question est moins radio-sensible.
- Or, le rayonnement, émis dans toutes les directions, diminue en densité à mesure qu’on le considère plus loin du foyer punctiforme représenté par les minuscules quantités de substances radio-actives utilisées, La réduction des radiations reçues par des surfaces égales, inégalement éloignées du foyer, est proportionnelle pour chacune de celles-ci au carré de sa distance au foyer.
- Un exemple purement imaginaire permettra de comprendre le phénomène : supposons un rayonnement, d’une intensité telle qu’une cellule placée, à un centimètre du foyer reçoive en un temps déterminé une quantité de rayons y égale à 100 (calculée en une unité d’intensité d’ailleurs arbitraire) et fixons à 10 la quanlité de rayons qu’une cellule de cette espèce doit nécessairement recevoir pour être tuée. Dans ces conditions, de par la loi précédente, une cellule située à 10 centimètres du foyer recevra seulement une quantité de rayonnement égale à 1, pendant le même temps, dose très insuffisante.
- Voilà mise en évidence une première limite à la Curiethérapie, due au trop grand éloignement entre les cellules à stériliser et le foyer.
- 2° Le remède à ce premier obstacle paraît simple : décupler la dose administrée, soit en utilisant 10 fois plus de matière radio-active, soit en prolongeant pendant une durée 10 fois supérieure le temps de l’irradiation, pour que, dans l’exemple précédent, la dose stérilisante soit obtenue jusqu’à 10 centimètres du foyer.
- Mais nous pouvons déjà prévoir la fâcheuse conséquence d’une augmentation excessive de l’intensité du rayonnement : dans de telles conditions, ce n’est plus une quantité de rayonnement égale à 100 que recevraient les cellules siluées à un centimètre du fover, mais égale à 1000, quantité incompatible avec la survie de n’importe quel élément vivant, même très peu radiosensible.
- Qu’adviendrait-il de la peau si une telle irradiation devait se faire à travers elle, que deviendraient tous les éléments normaux situés à proximité du foyer? L’irradiation entraînant leur nécrose, aurait pour conséquence fatale une brfdure très grave.
- Le danger d’administrer sur un même point des doses incompatibles avec la conservation des tissus normaux trace une deuxième limite à la Curiethérapie.
- Le radiumthérapeute va se trouver sans cesse aux prises avec ces deux nécessités, dont l’une s’oppose sou^-vent à la réalisation de l’autre; aller au delà de la dose stérilisante du cancer, rester en deçà de la dose caustique pour les tissus sains.
- Les progrès et l’avenir de la Curiethérapie. —
- Heureusement, des progrès de technique ont en partie
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- 374 REMPLACEMENT DU PÉTROLE PAR LES HUILES VÉGÉTALES
- libéré la Curiethérapie du cancer des limites que nous venons de lui assigner. Ils ont consisté à fractionner le foyer et à le disséminer dans l’intérieur même du cancer, sous forme d’un nombre aussi grand que possible de foyers ayant chacun une faible puissance. Ceux-ci, sous forme de petits appareils du volume d’une grosse aiguille, et contenant une petite quantité de substance radio-active, sont introduits par puncture dans la tumeur à traiter. Ils y sont disposés de telle façon et en tel nombre que toutes les cellules du cancer reçoivent une quantité suffisante de rayons, leur parvenant par feux croisés des différents foyers. Le rayonnement, grâce à ce procédé, est utilisé le plus complètement possible ; il est presque uniforme, excessif en aucun point, si bien que les tissus sains n’ont pas à en souffrir; d’autant qu’il parvient à la peau après avoir traversé la tumeur, au lieu d’arriver à la tumeur après avoir traversé la peau.
- . Ainsi clone, la Curiethérapie, qui est déjà une vieille méthode, puisque les premières applications de Radium datent de 1903, continue à réaliser des progrès encourageants.
- . Incontestablement, les. cas de guérison du cancer, qu’elle possède à son actif, sont de v plus en plus fréquents, ils le deviendront encore davantage à mesure que: là Curiethérapie sera plus précocement mise en œuvre et. que sa technique sera plus rigoureusement scientifique.
- . Néanmoins, il semble que cette méthode restera insuffisante, encore pendant longtemps, peut-être toujours, à l’égard de certains cancers.
- . Parmi ceux-ci, il y a d’abord les tumeurs des organes profonds, inaccessibles au seul radiothérapeute, mais sur lesquels la collaboration avec le chirurgien lui permettra dé plus en plus-souvent d’agir.
- Il y a ensuite, les cancers radio-résistants, dont le nombre diminue à mesure que se perfectionne la technique.
- Mais il y a surtout les formes cliniques, que trop souvent revêt le cancer tardivement reconnu ou traité : c’est la propagation à distance par des cellules emportées dans le système circulatoire et greffées dans les organes profonds; c’est l’envahissement des territoires lymphatiques jusqu’à une distance souvent très grande du foyer primitif ; c’est l’infiltration cancéreuse très étendue rendant difficile le traitement homogène d’un si grand territoire.
- Dans tous ces cas, si la chirurgie est désarmée et la-Curiethérapie impuissante, ne reste-t-il aucun espoir au malade, aucun remède à opposer au mal rongeur ?
- Il reste, en attendant la chimiothérapie qui sera le remède rationnel spécifique, la rontgenthérapie, dont les progrès, subordonnés à ceux de l’instrumentation, sont constants.
- La Rontgenthérapie présente, en effet, sur la Curiethérapie (tant que celle-ci ne disposera pas de quantités, relativement considérables de substance radio-active, susceptibles d’être utilisées à distance), l’avantage d’être simultanément efficace sur un territoire beaucoup plus étendu, et de répartir l’énergie d’une façon plus homogène en profondeur.
- Elle a sur la Curiethérapie l’inconvénient d’utiliser des rayons, d’une qualité qui les rend peut-être moins efficaces et dont on peut moins facilement limiter l’effet.
- La Curiethérapie et. la Rontgenthérapie présentent donc chacune des indications respectives.
- En réalité, c’est ordinairement l’association judicieuse des deux méthodes, qui est capable,, dans beaucoup de cas, d’offrir à des malades, considérés il y a peu de temps encore comme au-dessus de toute ressource thérapeutique, l’amélioration presque toujours., souvent la possibilité de la guérison.
- Dr ÀKTOINE LaCASSAGNE, de l’Institut du Radium de Paris.
- REMPLACEMENT DU PÉTROLE PAR LES HUILES VÉGÉTALES DANS LES MOTEURS ET TRACTEURS COLONIAUX
- Les expériences organisées- depuis un an par le Ministère des Colonies de Belgique et par diverses sociétés coloniales belges prouvent qu’il est possible de remplacer le pétrole, dans les moteurs du type semi-Diesel, par des huiles végétales, et notamment par les huiles de palme, de coton et d’arachide.
- On ne songerait pas à cette substitution dans les pays où les pétroles américains ou asiatiques peuvent être amenés par mer et ne sont pas chargés de trop grands frais de transport par voie terrestre. Dans ces conditions les pétroles sont normalement moins coûteux que les huiles végétales.
- Mais il en est tout autrement dans l’intérieur des grandes régions tropicales, telles que le centre de l’Afrique, où des huiles végétales sont produites par un grand nombre de plantes. Fabriquées presque sans frais par les indigènes, elles peuvent être achetées à très bon marché. En effet, en temps normal, ces huiles ne valent sur place que 10 à 25 centimes le litre. Elles peuvent se trouver dans tous les
- villages indigènes. Le pétrole, au contraire, atteint un prix d’environ 1 franc le litre et ne peut être acheté que sur le parcours des voies fluviales ou ferrées. Ces prix sont ceux d’avant-guerre : actuelle-lement le pétrole vaut, en Afrique centrale (Ka-tanga), plus de 5 francs le litre, et l’essence se vend 8 francs, le prix de l’huile de palme a doublé ou triplé.
- Le coût élevé du pétrole est fort regrettable au point de vue du dévelopement de l’agriculture et du commerce dans l’intérieur de l’Afrique, car il rend difficile la généralisation des transports mécaniques qui permettraient une diminution sensible du portage.
- Dans les conditions actuelles, toute extension des cultures, de même que le développement du commerce, aboutit fatalement, en Afrique centrale, à multiplier le tonnage qui doit être transporté de l’intérieur vers les voies ferrées et les rivières navigables. Ce transport se fait à dos d’homme, par
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- :: " : . REMPLACEMENT DU PÉTROLE
- des caravanes de porteurs sur les interminables sentiers des forêts et savanes africaines. Des centaines de milliers de noirs couvrent chaque jour leur étape de 20 à 25 kilomètres, et ruissellent de sueur sous leur charge de 25 à 50 kilos. Comme il faut 40 hommes pour transporter une tonne, le prix de ce transport est d’environ 1 franc par tonne et par kilomètre! Le prix de revient des marchandises s’élève donc très rapidement dans un pays où les distances sont si fortes. De sorte qu’en temps normal, lorsque les prix des produits africains sont modérés, bien des récoltes de l’Afrique centrale cessent d’être exportables par suite du coût exagéré des transports intérieurs.
- Ces difficultés ne se produiraient pas si l’indigène africain pouvait utiliser des animaux de trait, comme
- PAR LES HUILES VÉGÉTALES------------------- 375
- tionner des tracteurs et véhicules mécaniques, mais aussi les bateaux et les moteurs fixes.
- L’emploi de l’huile d’arachide fut essayé dans le moteur Diesel il y a vingt ans, mais n’eut pas d’applications pratiques. En février 1919, M. An-goulvant, Gouverneur de l’A. 0. F., proposa d’essayer dans les moteurs coloniaux de l’huile d’arachide.
- Quelques mois plus tard, le 16 octobre 1919, cherchant une solution aux difficultés de transport des récoltes de riz et de coton produites par les indigènes du Congo belge, je proposais à M. Franck, Ministre des Colonies de Belgique, d’organiser un concours pour des tracteurs routiers, marchant à l’huile de palme. Cette proposition fut appouvée et des primes d’une valeur totale de 53 000 francs
- Fig. i. — Une palmeraie naturelle au Congo belge. (Cliché Leplae.)
- le font les habitants d’autres colonies tropicales. Le bœuf, le buffle et le zébu, le cheval, l’âne et le mulet, peuvent transporter à très hon marché, au moyen de véhicules ou de bâts, et même en l’absence de route régulièrement aménagées : de simples chemins ou pistes leur suffisent.
- Mais ce moyen de transport est le plus souvent inutilisable en Afrique centrale, car des insectes dont la piqûre est fatale pour les animaux de trait pullulent dans la plupart des forêts et savanes, surtout au voisinage des inombrables cours d’eau : les plus nuisibles sont les tsétsés.
- Il faut donc avoir recours soit au portage, moyen coûteux et nuisible aux populations, soit aux transports mécaniques.
- Des expériences de grand intérêt viennent d’être organisées en Belgique par la Direction de l’Agriculture coloniale à l’effet de permettre l’emploi de transports mécaniques au Congo belge, en substituant au pétrole, dans les moteurs à explosion, une dçs Iryiles végétales communes dans la colonie : l’huile de palme, l'huile de coton, de ricin, d’arachide, de sésame, etc.
- Le but de ces études n’est pas seulement d’ac-
- furent offertes aux tracteurs mécaniques marchant à l’huile de palme ou utilisant une autre huile végétale africaine. Certaines primes étaient affectées aussi aux tracteurs utilisant les pétroles lourds ou bruts que la canalisation ou pipe-line du Bas-Congo élève jusqu’au Stanley-Pool. Les conditions des épreuves furent publiées dans les journaux techniques des Etats-Unis, d’Angleterre, de France et de Belgique.
- Ce concours devait avoir lieu en 1920. Mais les fabricants de tracteurs étaient, au lendemain de l’armistice, surchargés de commandes urgentes, et se virent dans l’impossibilité de combiner dans les délais fixés un nouveau type de tracteur. Cette situation nous fut signalée par de nombreux constructeurs belges, anglais, américains, français, italiens et suédois, qui s’intéressaient tous à l’entreprise, mais demandaient la remise du concours à l’année 1921.
- Il n’existait à cette époque qu’un seul tracteur muni d’un moteur semi-Diesel et capable d’utiliser d’emblée l’huile de palme (tracteur Avance, suédois). 11 ne fut pas présenté. Le concours fut dond remis jusqu’en juillet 1921. ~
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- 376 == REMPLACEMENT DU PÉTROLE PAR LES HUILES VÉGÉTALES
- Fig. 2. — Allée de jeunes Êlaïs, palmiers produisant l’huile de palme. Plantation de MM. Touret et Poirrier, colons français à Mobwasa, Congo belge.
- L’annonce de ce concours provoqua d’abord beaucoup d’incrédulité dans les milieux coloniaux belges, et d’autant plus que l’absence de concurrents semblait présager une abstention définitive des constructeurs, ou tout au moins de réelles difficultés de réalisation des appareils prévus au concours.
- Les difficultés matérielles n’étaient pas seules d’ailleurs à retenir les constructeurs ; la possibilité d’utiliser pratiquement les huiles végétales dans les moteurs à explosion soulevait des objections et des doutes. On prévoyait en général que les moteurs s’encrasseraient rapidement,
- De plus l’huile de palme sur laquelle nous attirons spécialement l’attention des constructeurs se présente sous l’aspect fort peu engageant d’une graisse assez consistante et généralement souillée d’impuretés. Quelques ingénieurs la repoussèrent a priori, et ne firent aucune tentative d’utilisation. D’autres montrèrent plus d’initiative et essayèrent l’huile de palme dans des moteurs fixes.
- Mais le but envisagé était trop important au point de vue colonial pour qu’on pût se résigner à remettre jusqu’à l’année prochaine les expériences préliminaires. Des essais sommaires avaient d’ailleurs prouvé que les moteurs du type semi-Diesel pouvaient fonctionner plus ou moins normalement à l’huile de palme.
- La question fut débattue par la Société de matériel colonial de Bruxelles. Le Ministre des Colonies nous accorda le crédit nécessaire pour organiser des expériences et des analyses, proposées par M. Mathot, ingénieur, dont les écrits sur les moteurs à explosion sont bien connus dans les milieux techniques.
- Les essais dirigés par M. Mathot eurent lieu en Angleterre et en Hollande, au moyen de diverses huiles de palme et de coton. M. Mathot exécuta des essais complets, détermina les consommations et prit un grand nombre de diagrammes. Un rapport détaillé sera publié ultérieurement : Certaines expériences sont encore en cours.
- Un exposé sommaire des résultats- de ces expé-
- riences a été fait par M. Mathot le 20 octobre 1920, dans une séance de la Société de matériel colonial, en présence d’un grand nombre d’ingénieurs et de fonctionnaires coloniaux belges.
- Les résultats exposés présentent un intérêt considérable et ouvrent de larges horizons pour la mise en valeur de l’Afrique centrale et d’autres colonies continentales. Ils se résument comme suit :
- 1° L’huile de palme (de même que l’huile de coton), employée comme combustible unique dans les moteurs semU Diesel, à 2 et à 4 temps, a donné pleine satisfaction. La marche des moteurs est restée normale. Le rendement fut égal et même supérieur à celui du pétrole lampant (Kero-sene).
- La consommation à pleine charge pour des moteurs de 15 à 25 chevaux, et des essais d’une durée de 12 à 15 heures varia entre 262 et 520 grammes par cheval-heure effectif. Cette consommation, exprimée en livres anglaises, est comprise entre 0,582 et 0,710 lbs.
- 2° 11 n’a été observé, au cours de ces essais, aucun phénomène qui doive faire craindre que l’utilisation des huiles de palme dans les moteurs semi-Diesel rencontre des difficultés. Les diagrammes
- Fig. 3. — Deux palmiers à huile au jardin botanique d’Eala (Cliché Broun.)
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- REMPLACEMENT DU PETROLE PAR LES HUILES VEGETALES = 377
- Fig. 4. — Porteurs indigènes dans une palmeraie d’Etais. (Cliché Janssens.)
- obtenus sont normaux. La mise en marche, sans emploi de pétrole, est bonne. 11 n’y a pas d’encrassement : les gaz de la décharge sont plus incolores que par l’emploi du pétrole.
- Aucune injection d’eau n’est nécessaire ni recommandable. Il suffit de liquéfier l’huile de palme en la plaçant près du tuyau d’échappement ou par un serpentin traversé par les gaz de la décharge.
- * *
- La communication de M. Mathot fut complétée par des exemples d’application de l’huile de palme dans des moteurs employés en Afrique.
- Ils démontrent que les huiles végétales peuvent être utilisées sans difficulté dans les moteurs semi-Diesel les plus divers.
- La Société Belgo-Amérieaine La Forminière, qui exploite au Congo de grandes concessions diamantifères et des plantations de caoutchouc, a mis en service en Afrique avec plein succès trois remorqueurs marchant à l’huile de palme.
- Elle vient de commander encore deux remorqueurs plus forts, et fonctionnant au même combustible. Ils feront 14 kilomètres à l’heure en remorquant chacun une allège de 10 tonnes. Les moteurs utilisés sont construits en Belgique (Gand) en types allant jusqu’à 50 chevaux ; ils donnent avec
- Fig. 5. — Grappes de fruits sur un jeune palmier à huile. (Cliché Broun.)
- l’huile de palme la même puissance qu’avec le pétrole.
- Un autre exemple vient d’une des 16 stations de télégraphie sans fil installées au Congo belge par l’ingénieur Goldschmit. On y emploie dans les moteurs soit, du pétrole, soit de l’huile de palme et Celle-ci satisfait aussi bien que le pétrole. M. Goldschmit faisait d’ailleurs, depuis quelque temps déjà, des essais sur l'emploi de l’huile de palme dans le moteur à explosion.
- Divers moteurs semi-Diesel marchant à l’huile de palme furent d’ailleurs présentés en Belgique en 1919 et 1920 ; leur marche fut normale à tous les égards. Un moteur suédois (Drott) fut expérimenté à Bruxelles, il y a quelques jours, en présence de M. Renkin, ancien ministre des Colonies.
- Ces études et essais montrent que les huiles végétales si variées, si abondantes et si économiques dans les tropiques, peuvent être substituées au pétrole dans les moteurs semi-Diesel.
- Ce type de moteur convient pour actionner des bateaux, des locomotives, des machines fixes et des tracteurs : il est donc d’une grande utilité pratique pour les colonies.
- L’agriculteur, l’industriel et le commerçant établis en Afrique équatoriale disposeront désormais de machines motrices dans lesquelles le combùs-tible consommé par cheval-heure effectif ne coûtera pas plus de 5 à 10 centimes, en temps de prix normaux.
- Il n’est pas superflu d'insister sur les conséquences de ce fait au point de vue de l’exploitation des colonies centre africaines.
- Le palmier à huile et le palmier Raphia, tous deux capables de produire une huile comestible, se rencontrent dans toute l’étendue du Congo belge et français, ou peuvent s’y cultiver. Les arachides, le -sésame, le ricin, les courges, sont des cultures i usuelles des indigènes et livrent une huile utilisable dans les moteurs. Le coton, cultivé aujourd’hui sur plusieurs milliers d’hectares au Congo belge, donne une huile convenant au moins aussi bien que l’huile
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- LA LAMPE A ARC ROTATIF POUR PROJECTEURS
- de palme pour produire la force motrice. Enfin nombre d’arbres forestiers africains portent des graines oléagineuses.
- De sorte que l’industriel qui s’installe en Afrique Centrale pourra se procurer sur place le combustible nécessaire à la propulsion détracteurs, aux moteurs de bateaux et remorqueurs, aux moteurs fixes actionnant des moulins, huileries, etc.
- L’utilisation la plus importante, au point de vue humanitaire ainsi qu’au point de vue agricole, sera
- toutefois l’emploi des huiles végétales dans les tracteurs sur routes, permettant de réduire notablement le portage, et dans les tracteurs agricoles et forestiers, servant déjà dans d’autres pays au transport des bois en grume et abattus, ainsi qu’au labour et au binage des terres dans les grandes plantations coloniales.
- Edm. Leplae.
- Professeur à l’Université de Louvain, Directeur général (le l’Agriculture au Ministère des Colonies de Belgique.
- LA LAMPE A ARC ROTATIF POUR PROJECTEURS
- Le projecteur a joué un rôle important sur les , l’extrémité du charbon opposé s’effile constam-champs de bataille en éclairant, pendant la nuit, | ment. Il faut remarquer que le cratère n’émet pas,
- Fig. i. — Lampe Garbarini de 25 ampères pour cinéma, sortie de son enveloppe.
- les travaux de l’ennemi, en découvrant des mouvements de troupes, en permettant à l’artillerie de régler son tir. Le projecteur a sa place marquée dans le navire de guerre, le torpilleur, le sous-marin. Il est appelé aussi à rendre de grands services dans les laboratoires et les cinémas.
- L’arc électrique, qui est l’âme du projecteur, produit un foyer lumineux très intense dont les rayons, formant un cône, sont recueillis par un miroir concave, puis réfléchis en un faisceau cylindrique ou envoyés dans un système optique. Cet arc est déterminé par le passage d’un courant électrique entre deux baguettes de charbon placées dans le prolongement l’une de l’autre de façon à ne pas faire obstacle au passage des rayons lumineux.
- L’électrode positive s’use, comme on sait, beaucoup plus rapidement que l’électrode négative et elle se creuse en forme de cratère tandis que
- dans ces conditions, la totalité de la lumière à projeter.
- De tout ceci il résulte que l’arc électrique ordinaire, comme source de lumière dans un projecteur, présente des inconvénients réels : difficulté de maintenir absolument constante l’intensité de la lumière qui exige un écartement fixe entre les deux charbons; difficulté de maintenir le cratère à un point fixe par rapport au système optique; impossibilité d’obtenir une source de lumière concentrée en un seul point par le fait de l’existence de deux foyers lumineux constitués par deux électrodes.
- Le bon réglage de l’arc électrique réclame donc de la part de l’opérateur une surveillance attentive et [exercée même avec l’emploi des meilleurs appareils.
- Le problème posé consiste à réaliser une source lumineuse se rapprochant le plus possible d’une
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- source ponctuelle théorique, c’est-à-dire capable de satisfaire aux conditions suivantes :
- 1° Un seul point lumineux d’une 1res petite surface et d’un très grand éclat.
- 2° L’utilisation intégrale de la lumière produite par le centre lumineux.
- 5° Le maintien automatique du point lumineux dans la position nécessaire au meilleur rendement du système optique, sans surveillance soit pour compenser l’usure, inégale des éléctrodes, soit pour corriger l’orientation du cratère .
- Un inventeur, M. Garbarini, avec l’aide de la Direction des Inventions, a construit une lampe à arc d’un système nouveau vraiment original, qui semble répondre à tous les desiderata et qui donne pratiquement dans les projecteurs des résultats très supérieurs à ceux déjà obtenus.
- La lampe à arc Garbarini comprend comme organsee ssenliels :
- Une électrode positive constituée par un mince
- (Hit
- Fig'. 2. — Lampe Garbarini de 25 ampères.
- Fig. 3. — Coupe transversale d’un projecteur Garbarini.
- A, charbon positif; B, électrode négative annulaire; C, cratère; D, solénoïde servant à faire tourner l’arc; E, système optique; F, Fj, molette servant à faire avancer le charbon ; G, électro-aimant servant à 1 allumage automatique de l’arc; H, relai électrique commandant le mécanisme de réglage de la lampe ; I, moteur électrique commandé par le relai H et entraînant les molettes F? F2; K, dispositif à dilatation ouvrant ou fermant sous l’influence de la chaleur de l’eau le circuit qui alimente le relai H.
- Fig. 4.— Contact à dilatation commandant le relai. L, lame dilatable; M, pièce mobile ; N, lamelle flexible portant le contact Q.
- crayon de charbon, bon conducteur de l’électricité qui fournit à son extrémité lé cratère lumineux ; (elle est horizontale et un régulateur automatique la fait avancer proportionnellement à l’usure).
- Une électrode négative de forme annulaire placée verticalement et dont l’arête vive entoure à faible distance l’extrémité de l’électrode positive. Cette électrode métallique remplace, le crayon-négatif ; elle a l’avantage d’être fixe et de ne pas s’user; elle est creuse de telle sorte qu’une circulation intérieure de liquide — eau ou pétrole — l’empêche de s’échauffer et d’émettre des radiations lumineuses (fig. 2). !
- Dès que le courant est établi l’arc jaillit entre les parties voisines des électrodes A et B pour former le cratère C. Mais l’arc dans ces conditions manquerait de fixité et en oscillant d’un point à un autre de l’arête vive aurait un éclat variable en intensité et en direction. L’inventeur ne pouvant empêcher l’oscillation de se produire a eu l’ingénieuse idée de tirer parti de l’instabilité même de l’arc en l’obligeant à se déplacer d’une façon régulière le long de l’arête intérieure de l’électrode B. Dans ce but un solénoïde D crée un champ magnétique qui a l’électrode A pour axe. L’arc compris entre C et B se trouve ainsi soumis à l’action du champ qui a pour effet de le faire tourner entre l’arête B et le cratère G comme centre. La rotation très rapide de 500 à 800 tours environ par minute, n’est pas perceptible à l’œil, et, par suite de la persistance de l’impression sur la rétine, l’œil ne distingue qu’un point incandescent extrêmement lumineux, entouré d’une gaine légèrement bleutée.
- Ainsi l’arc est très différent de l’arc ordinaire. Le point de contact de l-’arc sur l’électrode, en se
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- Fig. 5. — Lampe pour cinéma dans son enveloppe.
- déplaçant rapidement, déplace en même temps le point de départ de la lumière sur le cratère, ce qui a pour effet de rendre complètement incandescente l’extrémité de l’électrode positive. En outre l’arc ayant une longueur rigoureusement constante la résistance est constante et par suite, l’intensité.
- La lumière est d’une fixité parfaite.
- L’arête annulaire étant incombustible il suffit de donner un avancement régulier à l’électrode centrale pour compenser son usure et obtenir un cratère lumineux qui ne se déplace pas par rapport au système optique. Le mouvement d’avancement du charbon est commandé par un contact fonctionnant par dilatation d’une lame métallique.
- La lumière produite par le cratère de l’arc est intégralement utilisée par le projecteur, puisque aucun organe de l’appareil ne se trouve dans le cône lumineux et ne peut f ore obstacle aux rayons projetés.
- L’arc rotatif Garbarini réunit les avantages suivants :
- Réalisation d’un seul centre lumineux d’un très grand éclat, fixe et de très peu d’étendue par comparaison à la région éclairante d’un arc ordinaire ;
- Utilisation intégrale des radiations émises par le cratère ;
- Maintien automatique et sans surveillance du point incandescent au centre du système optique ;
- Absence d’organes chauds devant le cratère, cé qui permet de rapprocher l’arc du système optique et d’employer des miroirs ou des lentilles à court foyer.
- La répartition lumineuse avec l'arc rotatif, telle que la montre la figure, ne laisse rien à désirer et est évidemment très supérieure à celle de l’arc ordinaire.
- Les essais faits avec la lampe Garbarini ont nettement démontré ses qualités. La Direction des Inventions, en décembre 1917, a comparé deux projecteurs de 40 cm avec arc ordinaire et avec arc Garbarini. La lumière était dirigée sur un point situé à 1 km de distance où étaient relevées des mesures photométriques très exactes. Avec une intensité de courant même un peu réduite (40 ampères contre 45) l’arc Garbarini a accru l’intensité lumineuse de 60 pour 100.
- D’autres expériences ont été effectuées à Brest et à Toulon en 1918 avec le plus grand succès. En signalisation de jour, le projecteur ordinaire de 50 ampères eut une portée de 12 000 m. tandis que celle du projecteur Garbarini de 25 ampères fut de 26 500 m. A cette distance, limite de portée géographique, il fut encore possible d’interpréter les signaux.
- En conséquence le projecteur Garbarini fut adopté comme projecteur de signalisation à grande distance sur les batiments de l’armée navale, notamment comme projecteur de sous-marin.
- L’invention a eu d’abord pour but un emploi militaire.
- Depuis lors divers types d’appareils ont été créés pour l’armée de terre, par exemple, un aérophare ou lampe de signalisation destinée à indiquer les obstacles à proximité des camps d’aviation.
- Il va de soi que le projecteur Garbarini convient parfaitement à la projection ordinaire dans
- Fig. p. — Projecteur de sous-marin.
- Fig. 6. — IJ utilisation des charbons dans une lampe à arc ordinaire et dans une lampe Garbarini.
- D, D2, diamètres des charbons positifs ; d, ds, diamètres des parties utilisées dans les charbons.
- Pour un même éclairement d, doit être triple de d,.
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- les laboratoires, salles de spectacles et cinémas.
- Une coupe transversale (fig. 5) du type pour cinéma (25 ampères — 110 volts) permet de se rendre compte du fonctionnement. Dans la lampe est introduit un charbon spécial nickelé et cuivré horizontal dont la pointe forme le centre du cratère lumineux par jaillissement de l’arc entre cette pointe et le bord interne de l’électrode annulaire en cuivre rouge à circulation d’eau. L’arc a sa concavité exactement dans le prolongement du crayon ; il coupe le champ magnétique et est soumis par suite à une rotation rapide par l’elïet du courant électrique qui parcourt la bobine de fil enveloppante.
- La lumière, rayonnant d’un cratère parfaitement uniforme, est recueillie par un condensateur composé de deux lentilles plan convexe(F) fixées sur une monture à baïonnette rendant le démontage facile pour la visite du crayon négatif.
- Le-crayon de charbon est très rapidement mis en place en l’introduisant dans une embouchure conique d'où il s’engage entre deux molettes F1( F2, dont l’une dentée sert à son avancement. Un système d’enclenchement rend impossible la fermeture de l’interrupteur dans le cas où l’opérateur aurait oublié de mettre le charbon dans la lampe ou dans le cas où le charbon serait trop court.
- 11 faut signaler deux ingénieux dispositifs, pour l’allumage et le réglage automatiques.
- L’allumage automatique est obtenu à l’aide.'d’un électro-aimant G. Le bobinage de l’électro-aimant est monté en série sur le circuit de la lampe. Lorsque ce circuit est ouvert, l’électrode annulaire se trouve excentre'e par rapport au crayon jusqu’au contact avec lui, mais dès que le courant est lancé dans Je bobinage l’arc s’amorce, l’électro-aimant attire son noyau, ce qui amène le crayon de
- Fig. 8. — Grosseurs comparées des charbons dans une lampe à arc ordinaire et dans une lampe Cîarbarini.
- (Intensité : 5o ampères.)
- charbon à sa position normale parfaitement centrale.
- Le réglage automatique dépend d’un relai électrique H mettant en circuit un petit moteur I dont le mouvement, transmis par vis tangente et pignon, entraîne la molette dentée, qui fait avancer le crayon de charbon.
- Le relai est lui-même commandé par un contact à dilatation (fig. 5 et 4). Une lamelle dilatable L fait pivoter une pièce mobile M portant une lamelle flexible N munie d’un contact platiné 0. Par suite de l’usure du charbon le cratère se trouve de plus en plus en retrait de l’électrode annulaire; il en résulte que la lamelle placée en"avant du cratère, est de moins en moins (haufl'ée, elle se contracte, ce qui a pour effet d’établir le contact en 0. Le petit moteur, mis en action par , t l’intermédiaire du relai, fait
- avancer le charbon jusqu’au moment où la lamelle de nouveau chauffée se dilate et rompt le circuit du relai.
- Avec la lampe Garbarini pour cinémas on économise 50 pour 100 du charbon et plus du 50 pour 100 du courant électrique.
- Actuellement M. Garbarini poursuit la réalisation d’un arc d’intensité plus grande. Il est particulièrement occupé de la mise au point d’un dispositif d’arc rotatif en vase clos jaillissant entre des électrodes de tungstène. Ce nouveau dispositif présentera des avantages incontestables rendant possible la suppression de la circulation d’eau pour le refroidissement. Aucune usure de l’électrode positive et, par suite, pas de remplacement et d’entretien, suppression de tout dispositif régulateur.
- L’arc en vase clos pourra être utilisé par des opérateurs sans connaissances spéciales.
- Norbert Lallié.
- Lauréat de l’Institut.
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- Séances d’octobre et de novembre >920.
- Les sulfates anhydres et la théorie du maynëlon. — Lorsqu’une substance, à l’état de gaz ou de solution, obéit à la loi de Curie, une seule mesure faite à la température ordinaire permet d’en déterminer le moment atomique. Il n’en est pas de même lorsque les sels paramagnétiques sont à l’état solide. Une étude de la variation thermique devient alors indispensable pour déterminer, à l’aide du point de Curie, la constante du champ moléculaire.' Les essais de M. Théodoridès ont porté sur les trois sulfates manganeux, cobalteux et ferrique à
- l’état anhydre, et la méthode employée fut celle de l’attraction dans un champ non uniforme avec compensation électrodynamique de la force magnétique exercée. Pour chacune des trois substances étudiées, l’inverse du coefficient d’aimantation spécifique, en fonction de la température, est donné par deux droites parallèles, présentant entre elles un petit décalage et raccordées par une courte région curviligne; l’ensemble du phénomène est exactement réversible. Enfin, l’erreur dans le calcul de la constante moléculaire n’a pas atteint 0 pour 1000,
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- elle se réduit à la moitié de ce chiffre s’il s’agit d’évaluer le nombre de magnétons.
- Les phénomènes photographiques. — Depuis les travaux de Becquerel et de Giinlz, on admet que la lumière réduit les halogénures d’argent, en mettant en liberté le chlore, le brome ou l’iode, avec formation d’un nouveau sel sur la composilion duquel les chimistes n’ont pas réussi à se mettre d’accord. Pour M. Dauvillier la coloration violette acquise par AgCl est due à une action comparable à celles qu’il a résumées dans une Note antérieure et relative aux rayons p, y ou X, Les cristaux de ce sel sont construits d’ions Ag et Cl, neutralisés par les corpuscules qui résultent de l’absorption de ces radiations ; bs atomes du métalloïde mis en liberté provoquent un dégagement de molécules de ce gaz, tandis que les atomes du métal demeurant fixés à la surface et à l’intérieur des microcristaux, en produisent la coloration.
- Analyse microchimique de Vacide cyanique. —La Note de M. Fosse revient sur la méthode de cristallisation qui lui a permis d’isoler l’acide des produits d’oxydation ammoniacale des substances organiques et qui rend facile la recherche microchimique de la carba-mide.
- Les gisements de pétrole en France. — M. G. Dollfus s’intéresse surtout aux huiles produites par la décomposition de végétaux marins fossiles, suivant les théories des Organiciens. Pour ce géologue, qui reprend un par un les principaux sondages effectués sur notre territoire, la vallée de la Saône présente un intérêt particulier, parce que prolongement de l’Alsace et du bassin productif de Pechelbronn. Des forages profonds n’ont pas été effectués dans la Bresse et les Dombes, et les recherches d’eau poussées jusqu’à 140 m. ne sont pas sorties du Pliocène. Or, des grès houillers bitumineux ont été signalés près de Lyon, et dans le Bugey on connaît des gisements ligniteux sous un épais manteau glaciaire.
- Considérations sur les temps glaciaires. — Une nouvelle communication de M. Ph. Negris apporte des preuves directes à la théorie qui lui fait attribuer l’invasion des glaces, puis leur recul, à des mouvements épi-rogéniques. Les conclusions vérifiées pour la région des Alpes s’appliqueront sans doute aux contrées dont sont parties les glaces du Nord.
- Les sources thermales de Bagnères-de-Luchon. — En septembre dernier, MM. Moureu et Lepape ont poursuivi leurs études sur les sources sulfurées sodiques, dans la région sud du bassin. L’émanation du radium ayant atteint, dans la galerie François, 41 millimicro-curies par litre d’eau, à la température de 29°5, cette valeur élève la station de Bagnères au premier rang des stations radioactives françaises.
- L’orientation des rameaux dans l’espace. — Vis-à-vis des agents extérieurs, la racine et la tige se comportent de façon inverse; un mémoire de M. Ricome établit que l’orientation des rameaux a une explication aussi simple, car elle dépend de la teneur en eau disponible pour permettre l’effet de répartition inégale que détermine la pesanteur.
- J/aclion du-cuivre sur les moisissures. — L’opinion actuelle qui préconise l’emploi des bouillies anticrypto-
- gamiques repose sur les théories de Millardet, appliquées à l’oxyde de cuivre hydraté. Or, poursuivant des études déjà soumises à l’Académie, M. et Mme Villedieu établissent que le métal Cu n’est pas plus toxique pour les Péronosporées que pour les moisissures, et qu’on ne soustrait pas à l’attaque du mildiou des ceps de vigne, cependant assez arrosés de nitrate ammoniacal pour qu’on retrouve le métal dans les cendres du tissu des feuilles. Il semble donc possible de remplacer le cuivre dans les bouillies jusqu’ici employées, par un élément moins coûteux.
- Les antigènes. — Le récent ouvrage de M. J. Duclaux fournit un excellent résumé de nos connaissances louchant les colloïdes. MM. Nicolle et Cesari en profitent pour joindre, à leur sujet, les notions biologiques aux notions physico-chimiques, en séparant des enzymes, des toxines et des constituants indifférents, l’élément passif analogue au granule, de l’élément actif, semblable aux ions libres.
- La répartition du zinc dans l’organisme du cheval. — La présence1, de cet élément est constante chez les animaux et chez les plantes. Les analyses de MM. Bertrand et Vladesco ont porté sur les divers organes du cheval; le zinc y atteint parfois 56 mitligr. pour 100 gr. de matières fraîches, soit près de 1 gr. par kilogramme de tissu sec. Il semble qu’on en peut conclure aussi à une très grande mobilité du métal à travers l’organisme.
- L’action du sélénium sur les moisissures. — Les estais de MM. Nemec et Vaclav lvàs ont poité sur diverses variétés de Mucédinées, ensemencées dans un liquide de Raulin modifié en rapport avec leurs besoins spécifiques et additionné de séléniate de sodium. L’influence de Se s’est notamment fait sentir sur P. Roqueforli mais, dans le cas de P. candiclum, il semble que le métal devienne toxique dès que la dose augmente au delà d’une certaine limite.
- La formation du polypier chez les Anlipalhaires. — L’origine du squelette a donné lieu à diverses interprétations, et pour certains, comme Broock, Roule et van Pesch, elle serait ectodermique. M. Dantan a particulièrement étudié Paranlipalhcs larix et Leiopalhes glaberrinna pour en conclure qu’il n’y a jamais invagination, ni prolifération de l’ectoderme et que chez tous les Anlhozoaires, le squelette interne est d’origine mésodermique.
- A propos des fossiles crétacés, ferrugineux, pyriteux et siliceux. — Le Dr Galippe poursuit ses recherches sur le rôle des micro-organismes dans la formation des concrétions rencontrées chez les êtres vivants. Pour ce savant, 1a fossilisation de ces derniers n’est due en rien à une action de présence, un phénomène d’attraction ou une affinité élective : des éléments vivants qui ont résisté à l’action du temps, ont provoqué des réactions chimiques sur des espaces extrêmement limités, et, comme leur flore est assez uniforme, il ne semble pas que la pénétrabilité des fossibles soit un phénomène général/
- Les terrains à faciès briançonnais et les lambeaux de roches cristallines voisins de la surface. — MM. Pierre Fermier et W. Kilian voient dans les îlots de Cervicros, du Col du Laupon et du Val des Prés, les débris d’un système de nappes ou d’écailles affecté de larges ondula-
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- tions et de plis brusques, à moins qu’ils né soient de simples lambeaux de poussée.
- La fièvre méditerranéenne. — Les statistiques dressées par MM. Nicolle et Conseil prouvent qu’il est aisé de vacciner préventivement l’homme par l’inoculation sous-cutanée de cultures mortes, et de l’examen du sang des malades on peut conclure que la séro-réaction agglutinante est un signe d’infection et non d’immunisation.
- Les dérivés halogènes du plomb el du thallium. — Ils doivent, semble-t-il, former entre eux des combinaisons bien définies. En faisant varier le rapport des deux composants dans un mélange di Tl et de Pb, en solution aqueuse, M. Barlot a pu isoler successivement Pb Br2 Tl Br, Pb I2 Tl I et Te Cl Pb Cl2.
- Un dosage du brome à Vélat de traces. — M. Damiens modifie un peu la réaction indiquée en 1912 par MM. Denigès et Chelle, d'après les indications de M. Le-beau, et la sensibilité en devient telle que par une simple méthode de colorimétrie, après oxydation de l’iode à l’état d’acide iodique, elle atteint 1/6 000 000.
- Le dosage des phosphates el des arséniales. — La solution sulïomolybdique jusqu’ici employée pour caractériser tantôt les sels d’étain, tantôt l’eau oxygénée, fournit un réactif extrêmement sensible que M. Denigès emploie dans la recherche des phosphates el des arséniates. Son application deviendra particulièrement intéressante pour l’analyse des terres et l’identification des traces de Ph ou de As, soit en biochimie, soit en chimie légale.
- L'eau oxygénée et les farines. — M. Marion applique à la farine de froment la méthode employée à la recherche de la catalase dans le lait, par mesure du volume d’oxygène dégagé au contact d’une certaine quantité d’eau oxygénée. Non seulement on peut ainsi déterminer le degré de pureté, mais encore fixer le taux d’extraction.
- La structure de l'isthme caucasique. — Un long mémoire de M. Pierre Bonrtet donne une conception d’ensemble touchant les faisceaux terminaux de l’arc Iravien septentrional. Pour ce géologue les gisements de pétrole sont en relation avec deux conditions tectoniques : les chaînes néogènes, particulièrement développées sur le versant Nord, et la proximité de rebroussements volcani-
- sés de direction N.-S. où se groupent les faciès néritiques et les formations anciennes.
- La théorie du rayon vert. — C’est là un phénomène d’optique atmosphérique qui s’observe particulièrement au bord de la mer, lors du lever et du coucher du soleil. A son sujet, parmi toutes les explications fournies, deux seulement méritent de retenir l’attention : pour Thollau et Ch. Guillaume, l’atmosphère terrestre sous une grande épaisseur absorbe le violet et le bleu, et, comme la dispersion donne un spectre éta’ verticalement, le vert qui en occupe la partie supérieure doit disparaître le dernier. Pour d’autres physiciens, notamment Julius, le rayon si particulier est produit par la lumière dispersée de façon anormale au voisinage des raies telluriques du spectre solaire. MM. Danface et G. Bougier ont fait de multiples observations sur la plate-forme de la cathédrale de Strasbourg : ils acceptent la première théorie, répondant aux partisans de la seconde que des fluctuations notables d’indice augmentent la durée du phénomène (elle peut atteindre deux secondes), enfin s’il n’y a pas continuité de couleur avec le reste du disque, c’est que le spectre étant rendu discontinu par les bandes de Brexvster, l’absorption intervient.
- Les alcaloïdes et les végétaux. — On sait que fort souvent l’hydrogène des groupes hydroxyliques, ami-niques et iminiques, est remplacé par des radicaux alcooliques ou acides. MM. Ciamician' et Ravenna établissent que ces derniers augmentent l’action nocive des substances fondamentales qui les contiennent, mais lorsque le composé fondamental, non toxique, est normalement présent dans les plantes, ses dérivés ne le sont pas. En tout cas, les corps les plus vénéneux sont ceux qui résistent le mieux à l’action des ferments oxydants et l’effet des substances organiques sur les plantes doit être en relation avec la résistance qu’elles opposent à leur élimination.
- Les sources de Bagnoles-de-l'Orne. — Les analyses de M. P. Loisel montrent qu’il existe une relation étroite entre leur teneur en émanation de radium et la quantité de pluie tombée, l’intervalle entre la chute de celle-ci et le maximum de millimicrocuries mesuré oscille entre 5 et 8 jours pour la source des Fées, froide (15°), et qui débite 159 litres à l’heure, entre 8 et 13 pour la Grande source thermale, dont la température atteint 26° et qui fournit à la minute près d'un demi-mètre cube.
- Paul B.
- UTILISATION DE LA FORCE DES MARÉES ET DU CHOC DES VAGUES DE LA MER
- L’utilisation de la force des marées ou des vagues préoccupe aujourd’hui nombre de savants et d’ingénieurs. MM. Parenty et Vandamme ont récemment communiqué à l’Académie des Sciences l’intéressante note qui suit :
- « Comme suite à une Note de M. G. Bigourdan(’) sur l’iitilisation dde la force des marées par l’entremise d’un volume d’air comprimé dans une cioche qui se remplit graduellement par l’eau de la mer
- 1, G. BtcoDUDAN. Un tnoyen économique d’uidiser la force des marées. (Comptes rendus, l. 171, 1920, p. 211.)
- montante, nous décrirons un moyen d’utiliser, en dehors du flux, le choc des vagues et de fournir ainsi de grandes quantités d’air, alternativement aspiré et comprimé à d’assez fortes pressions. L’air comprimé est emmagasiné à mesure qu’il est produit dans des appareils accessoires appropriés.
- Ce procédé, actuellement soumis à des expériences, comporte la construction en ciment armé d’une ou plusieurs batteries d’alvéoles parallélépipédiques plats et longs, disposés par couches horizontales, en columbaire, sur toute la hauteur de la
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- marée. Chacun de ces alvéoles est divisé en deux compartiments inégaux communiquant par un large tube inférieur toujours noyé. Le compartiment antérieur, le plus petit, est muni à l’avant d’un seuil qui y retient une lame d’eau, et d’une fenêtre verticale qui reçoit le choc horizontal de la vague ; le compartiment postérieur, le plus grand, limite un matelas d’air que sa pression expulse par une soupape équilibrée pour une pression déterminée, et qui se renouvelle aux dépens de l’atmosphère, à travers une autre soupape, pendant l’aspiration due au retrait de la vague.
- C’est en définitive le jeu d’une pompe aspirante et foulante ou d’une presse hydraulique dont, en dehors des soupapes, l’eau de mer constitue tout le mécanisme et fournit les pistons. La pression de l’air comprimé par le choc des vagues peut atteindre 2 kg et 3 kg, ce qui permet de l’utiliser directe-
- ment en de nombreux mécanismes (fig. 1).
- Au momen t du refl ux ou du retrait des vagues, un effet de succion s’exerce en sens inverse de la poussée précédente et ce retour de l’air sous la pression de l’atmosphère peut également être utilisé.
- Les installations seront édifiées en . des points du rivage où les mouvements des \agues sont importants.
- Sans nous attarder sur la convenance de régulariser l’action variable des marées et du choc des vagues par des réservoirs, accumulateurs et autres isolants, nous indiquerons que dans la construction des tunnels sous-marins, ce procédé fournirait à la fois la force motrice des outillages de percement et de transport des matériaux et laération des galeries (fig. 2).
- Sur tous les rivages, il donnerait à certaines heures la force et l’éclairage et à d’autres heures la constitution d’une réserve de glace pour la pêche. »
- Fig. i. — Alvéoles pour la compression de l'air.
- Fig. 2. — Installation de Jorce motrice par les vagîtes et les marées.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahoke, 9, rue dè Fleuras, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2437.
- L’INDUSTRIE DES CHARDONS A FOULON
- 18 DÉCEMBRE 1920
- Le chardon à foulon (Dipsacus fullonum), de la famille des Composées, est une plante cultivée, dont les têtes de fleurs, pourvues de bractées épineuses et crochues, ou peignes, cardères, sont utilisées dans la fabrication des draps.
- Ces têtes séchées après la récolte sur une aire, récolte qui a lieu au début de juillet dans le Midi, une fois arrivées chez le négociant, subissent un nouveau triage, le cultivateur se bornant surtout à rejeter les capitules mal venus ou mal séchés.
- A Saint-Remy (B.-d.-R.), par exemple, des jeunes filles (cardounièro, en provençal), installées dans des ateliers (fabrico de cardoun), les classent par grosseur et qualité. A l’aide d’une fine scie en disque, mue mécaniquement, un ouvrier raccourcit aussi la queue à 10 cm et coupe l’involucre étoilé qui est à la base de la tête.
- Les meilleurs chardons sont de grosseur moyenne, ou petite, de couleur claire, d’un beau jaune blond, sans taches noirâtres; leur forme est presque cylindrique, les épines nombreuses, fortes, élastiques, recourbées vers le bas. Les plantes malades donnent des têtes coniques, des épines droites, molles, mousses, sans valeur marchande. Pour le peignage des draps, on recherche, pour un travail bien fait, des cardères à bractées égales et régulièrement distribuées, d’où l’utilité d’un classement soigné.
- Les chardons de montagne sont réputés pour la finesse, la souplesse et la résistance de leurs épines. En France, on connaît surtout les chardons des Alpes, de Provence, de Carcassonne, de Normandie. Les cardères de la Piège (Aude) doivent leur supériorité au sol et au climat du pays, ni sec, ni pluvieux. Barrai écrivait jadis (1861) : « le chardon de Mézières (Oise) paraît le mieux approprié à la fabrication des draps fins ».
- Fig. 2. — Le triage des chardons.
- 48* Année — 2* Semestre.
- Fig. i. — Télés de cardères ou chardons (Dipsacus fullonum),
- De gauche à droite, drapier, bonnetier et Joulon.
- Les petiles têtes à épines (nies, mais résistantes et souples, conviennent particulièrement pour les étoffes légères, comme la flanelle et les velours. Ce sont les plus chers ; on les appelle dans l’Aude les lurlupins.
- On désigne, d’une façon générale, sous le nom de chardons femelles, les capitules les moins longs, avec les bractées les moins raides ; les chardons mâles présentent des caractères contraires.
- Pour l'industrie, on classe les cardères en : drapiers, lés plus longues (en moyenne 7 cm de long et 2 cm,5 de diamètre) ; bonnetiers (5 cm,5 et2cm,3); foulons (3 cm,5 et 2 cm). Le classement, le mode d’emballage et les conditions commerciales varient, d’ailleurs, avec les régions. Voici quelques indications à ce sujet :
- A Paris : première classe, mâles, ou bourdons, c’est-à-dire les plus, longues têtes et de grosseur uniforme; deuxième classe, femelles, ou têtes presque rondes.
- D’après lleuzé, dans le Midi, on divise en 6 numéros : n° 1, 0,027 à 0,035 de longueur; n° 2, 0,055 à 0,040; r»° 5, 0,040 à 0,047; n° 4, 0,047 à 0,054; n° 5, 0,054 à 0,066; n° 6, 0,066 à 0,080.
- Ailleurs, on adopte : 12 à 15 lignes, 15 à 18 lignes, 18 à 21 lignes, 50 lignes et au-dessus.
- De la situation sur la planté, dépend, d’ailleurs, la grosseur : les maîtres sont les chardons produits par les tiges principales; les ailes, par les liges secondaires ; les lurlupins sont les petites tètes.
- La livraison au commerce se fait en balles, ou dans des boites, paniers, ou, encore, et surtout pour
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- l’exportation, dans des futailles en bois léger contenant 150 à 200 kg de marchandise. Les négociants du Midi.emploient des tonneaux de 1 m. 65 de hauteur, 1 mètre de diamètre, pesant pleins 250 kg, et contenant 180 kg de têtes, soit 10 000 environ, régulièrement range'cs par lits horizontaux.
- L’expédition se fait par les dépôts qui existent dans presque toutes les régions de l’Europe : Allemagne, Angleterre, Russie, Italie, pays Scandinaves, et aussi dans le Levant, aux Indes, jusqu’en Chine et au Japon, sans compter, bien entendu, la France. Les exportations se chiffraient par 1 650 000 kg. La Russie à elle seule importait pour 159 587 roubles en provenance d’Allemagne (50 850 pouds ; le poud, 16 kg 58), de France (1507 p.), Danemark (1012 p.) et
- autres pays (594 p.).
- Avant la guerre la région de Saint-Remy (B.-d.-R.) envoyait ses chardons (1 650 000 kg), surtout en Allemagne et en Russie. D’après F. Marre, la gare de Cavaillon (Vaucluse) en ex-pédiait, vers 1915, 550 000 a 450000 kg.
- La concurrence que font au chardon naturel les peignes à carder métalliques et les cardères d’Allemagne et d’Autriche, a certainement porté préjudice à nos cultures.
- Le chardon d’Amérique est aussi fin que celui du Midi, mais ses épines sont moins nerveuses.
- Les chardons du nord de la France, de la Normandie, d’Angleterre, d’Allemagne, donnent des épines plus flexibles pour les étoffes légères (flanelles, satinettes). Ceux de Provence et du Languedoc, à épines plus raides, servent pour les étoffes les plus fortes. Le chardon allemand (bords du Rhin, Hanovre, dans le Steiermarck) est très joli dans certaines contrées; il a les piquants moins durs, et, à l’usage, il devient mou et peu résistant; les plus recherchés pour la rigidité des épines sont ceux de Steiermarck. Pour le cardage de certaines étoffes, les épines souples sont meilleures, ce qui explique que des fabricants accordaient la préférence aux produits allemands. Ceux de la Haute-Autriche étaient également recherchés. Ceux de la
- mer Noire, en Russie, sont de qualité inférieure.
- Mais c’est en Amérique que la production du chardon est la plus considérable. On y connaît deux qualités : le skancitelis, dont les piquants sont flexibles et souples comme ceux du chardon allemand, et h chardon de l'Orégon, assez semblable à celui de Provence, exporté surtout en Allemagne.
- Il est intéressant, croyons-nous, de rappeler ici que les draps de laine, qui viennent de la filature, laissent voir à l’envers des fils croisés, dont se compose le tissu, autrement dit la corde; et à l’endroit une surface irrégulière couverte d’un fin duvet fait de brins un peu soulevés au bout, et recroquevillés par leur propre élasticité. On les apprête, ou pare,
- c’est-à-dire que pour rendre celte surface lisse et aussi unie que possible, on abat le duvet et le maintient couché suivant la longueur du fil. Autrefois on se servait, à cet effet, d’un produit huileux ou collant, rendant la surlace glissante.
- Ensuite, le tissu devait subir un nettoyage et une sorte de massage : c’était le travail au foulon. Deux grandes massues en bois, mues par une roue hydraulique, tour à tour soulevées, retombent de tout leur poids au fond d’une auge où coule continuellement un filet d’eau, et où se trouve le drap qui y reste des jours entiers. Mais l’eau ne suffisant pas pour enlever l’huile, on fait intervenir la terre à foidon, sorte d’argile blanche, au toucher gras, prenant du poli sous la pression de l’ongle et se délayant avec facilité dans l’eau, qu’elle rend d’aspect savonneux. On bat le drap durant des heures avec cette terre, puis on achève le nettoyage avec de l’eau de savon et, finalement, avec de l’eau pure. L’action du foulon resserre aussi les tissus,- et la pièce diminue beaucoup, soit en longueur, soit en largeur.
- Aujourd’hui, la cardère vient jouer le rôle de peigne pour coucher dans le même sens le duvet dont il a été question. Au début, on assemblait côte à côte cinq ou six têtes de chardon, formant ainsi une sorte de brosse, que l’on promenait sur le drap, toujours dans le même sens .Les innombrables
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- crochets des capilules, aussi fins que l’aiguille la plus déliée, mais élastiques et souples, vont saisir dans la trame les brins constituant le duvet et les ramènent au dehors, tous appliqués l’un sur l’autre, dans le même sens. Mais on effectue maintenant l’opération beaucoup plus rapidement et mécaniquement, à l’aide de cylindres rotatifs garnis extérieurement de têtes de chardons, contre lesquelles on fait passer le drap dans une direction opposée à celle de rotation.
- Enfin, pour égaliser ce duvet, on procède au ton-dage avec de grands ciseaux à larges lames, ou, mieux, des tondeuses mécaniques qui .raient le drap en ne laissant au duvet que la longueur voulue.
- On travaille de même, couvertures, velours, peluches, satinettes, flanelles.
- Les services de l’habillement de l’armée emploient aussi des gros chardons du Midi pour relustrer les draps de troupe ternis par un long usage.
- Les têtes moyennes suffisent pour l’apprêt des draps; les chardons du Midi à épines fortes et raides
- servent au cardage des étoffes épaisses et rustiques des articles de bonneterie; ceux du Nord, à épines plus souples, plus flexibles, sont utilisés pour les étoffes délicates, comme les velours, la flanelle.
- On a cherché à remplacer ce peigne naturel qu’est le chardon à foulon, par des peignes en métal ou en corne, ce qui a fait diminuer, dans une certaine mesure, comme nous l’avons dit, l’importance des cultures de la plante, mais ils n’arriveront pas à la détrôner de si tôt. Si les cardères métalliques suffisent pour les draps grossiers, elles ne conviennent pas pour le peignage des belles étoffes, des draps tins, de la bonneterie de prix, car elles entraînent parfois des détériorations du tissu, légères sans doute, mais néanmoins non négligeables pour les étoffes de quelque valeur. Rien de connu à ce jour ne peut présenter, au même degré, à la fois la raideur et la souplesse nécessaires pour le travail des étoffes légères, comme la flanelle et les velours, auxquels conviennent particulièrement, nous l’avons
- big. 4- — Une exposition 'de chardons; à gauche, quelques pieds; à droite, emballages.
- dit, les petits chardons à épines nerveuses.
- On sait que la culture du chardon a une certaine importance dans le Midi, principalement dans le nord-est de l’arrondissement d’Arles, où elle a été introduite h Saint-Remy, il y a plus de deux cents ans, par la famille Pascal-Théophile Mistral. Il existe précisément, dans une des salles du rez-de-chaussée (réservée à la flore et à la faune du pays) du Museon Arlaten, ou Musée arlésien d’ethnographie provençale, créé par quelques félibres, Frédéric Mistral en tête, un don de la famille en question, qui est intéressant au point de vue de l’étude que nous faisons
- ici. 11 a été réuni là, dans une vitrine, tous les documents relatifs à l’industrie du chardon à foulon. On y voit, entre autres, deux grands peignes à cadre de fer dont l’un a servi à carder du drap rouge ; deux photographies de machines, à peignes mécaniques; deux réductionsenbois de penchinado à manivelle, deux peignes à main, dont l’un a ser\i à carder du drap blanc. On y voit aussi l’ancienne installation à fouler les draps, ou « paradou » :
- les batans (foulons), mus par une roue hydraulique, servaient, ainsi que nous l’avons dit, à parer (abattre) le drap ou le ç$dis, pour l’affermir et le serrer, quand il sortait du métier. Ensuite, avec la cardo (chardons), on en tirait le poil. Les têtes sont fixées dans une sorte de cylindre horizontal, ou penchinadou, tournant sur le drap. ( . ( :i
- Ajoutons que la vitrine est ornée d'e quatre écussons. L’un contient les armoiries de la famille Mistral : trois trèfles sur champ coupé, avec cette fière devise, « Tout, ou rien ». Un autre porte trois chardons en faisceau avec ce verset de la Bible, « Terra fundet tibi car duos ». Un troisième reproduit l’insigne de Y Ordre du chardon d'Ecosse : un saint auréolé, portant une croix oblique, et la devise, « Nemo me impune lacessil ». Enfin, le dernier écusson représente les armoiries de Sainl-
- Remv-dc-Provence. . ri
- AktomiN Bolet,
- Ingénieur agronome.
- Ecole pratique d’Antibes.
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- ^ ^ ^ S
- 388
- LA BALNÉOTHÉRAPIE ET SON ACTION
- Il est parfaitement établi et reconnu que les bains d’eaux minérales exercent des actions thérapeutiques puissantes et variées; aussi, la pratique de la balnéothé-rapie a-t-elle fait de grands progrès dans ces dernières années. Comment et par quels agents s’exercent les actions thérapeutiques des bains? On a d’abord cherché à invoquer un mécanisme chimique : mais, la peau saine dans un bain à la température de 37°, n’absorbe ni eau ni sels; les ions ne la traversent que par l’action d’un courant. Si la peau absorbe un peu les vapeurs et les gaz, un grand nombre d’eaux thermales n’émettant ni gaz, ni vapeurs, agissent cependant. Les muqueuses absorbent, mais, étant donné leur peu de surface exposée, elles ne peuvent absorber que des quantités négligeables de médicaments pendant la durée, toujours relativement courte, d’un bain. D’ailleurs des eaux de minéralisations sensiblement égales, mais de compositions chimiques différentes, sont employées dans les mêmes cas. Puis on a cherché à expliquer l’action des bains d’eaux thermales par la radioactivité de ces eaux, mais il est à remarquer que certaines eaux minérales ne sont pas radioactives et possèdent cependant des propriétés thérapeutiques analogues à celles des eaux radioactives.
- Ce n’était donc pas encore de ce côté qu’il fallait chercher l’explication de l’action de la balnéothérapie.
- Dans ces conditions, comme on ne peut envisager ni l’action chimique, ni l’action radioactive des bains, il faut de toute nécessité se retourner du côté des actions physiques. Ce n’est pas non plus, à égalité de température, la qualité de la chaleur des 'eaux minérales qui est leur propriété efficace ; M. Charles Henry, le savant directeur du laboratoire de physiologie des sensations de la Sorbonne, en donne des raisons plausibles, mais il vient de montrer en outre, dans un mémoire récent (l), que l’action salutaire des bains avait pour cause leur résistivité électrique.
- Cette théorie, comme on va le voir, explique tous les faits cliniques les mieux observés en balnéothérapie.
- Il y a une relation certaine entre les minéralisations et les résistivités spécifiques des eaux employées.
- On entend par résistivité spécifique, la résistivité de un centimètre cube de la solution. Les conductivités équivalentes des sels, en raison de la dilution à partir de la dilution normale, c’est-à-dire d’un équivalent-gramme par. litre, augmentent lentement en même temps que la dilution jusqu’à une certaine limite ; mais, comme les volumes augmentent plus vite que les conductivités équivalentes, les conductivités spécifiques diminuent et les résistivités spécifiques augmentent sensiblement, quand la concentration diminue. En résumé, les résistivités et les conductivités dites spécifiques varient en sens inverse des résistivités et des conductivités dites équivalentes, quand la dilution augmente ou diminue.
- Toutefois, les eaux minérales ne sont pas simplement des mélanges de solution salines; elles renferment presque toutes des colloïdes et souvent des ions gazeux, provenant de la radioactivité du niton. Leurs résistivités sont augmentées du fait des colloïdes et sont diminuées par des ions gazeux. En somme, tout se passe comme si l’on augmentait dans une solution les vitesses de ses ions, d’où diminution de résistivité. Or, il est impossible
- '1. Presse thermale et climatique, 30 septembre 1920.
- de reproduire une eau minérale de composition chimique connue, par simple dissolution dans de l’eau distillée des produits révélés à l’analyse, car on ne reproduit pas ainsi sa résistivité. Comme on ne réalise pas avec les eaux artificielles les effets thérapeutiques obtenus avec les eaux naturelles, on est amené à rechercher la propriété efficace des eaux naturelles dans leur résistivité. En mettant à part les influences de la température, on voit, si l’on tient compte de quelques données de la physiologie, que la balnéothérapie se confond avec l’élec-trothérapie.
- Le cœur développe, à chacune de ses pulsations, un courant électrique qui se diffuse dans l’organisme et sur la peau. Einlhoven a montré que ce courant recueilli entre la main droite et le pied gauche affecte, en fonction du temps, une forme périodique, les variations électriques précédant les contractions musculaires des oreillettes et des ventricules de 15 millièmes de seconde et la durée de la systole étant de 35 centièmes de seconde. La tranche d’un tissu vivant, excitée d’une manière quelconque (procédé mécanique, électrique, lumineux, nerveux), est toujours négative; les tranches qui se succèdent dans le sens de la propagation de l’excitant sont alternativement positives ou négatives et, suivant la vitesse de la propagation de l’excitation, des courants s’établissent et se renversent périodiquement, plus ou moins fréquemment entre deux points.
- Le cœur est donc assimilable à une machine à courants alternatifs se dérivant plus ou moins, suivant la conductivité de la couche superficielle de l’épiderme, soit vers la peau, soit clans l’intérieur de l’organisme; l’immersion du corps dans un bain favorise, suivant la conductivité de l’eau, par la substitution d’une couche nouvelle à la couche susépidermique, la dérivation soit vers la peau, soit vers l’intérieur de l’organisme. Comme la peau est beaucoup plus résistante que les autres tissus, les effets électrolytiques produits par les courants alternatifs sont négligeables dans les bains très conducteurs par rapport à ceux que l’on peut obtenir clans les bains très résistants et qui sont notables, car ils sont proportionnels au produit d’une intensité de courant, faible à la vérité, par un temps qui peut être grand.
- Des dérivations identiques vers la peau produisent, suivant l’étal des sujets, des effets bien différents. Pour comprendre les indications et les contre-indications en balnéothérapie, il faut se souvenir que toutes les énergies fonctionnelles sont reliées à l’excitation et au temps par des courbes de même forme, définies avec un ou plusieurs points d’inflexion, un maximum et une période, de décroissance.
- C’est le phénomène capital du renversement des réactions, pour un même sujet, suivant la close de l’excilant et de l’excitation nerveuse proportionnelle à l’excitant. En outre, pour un excitant donné, il faut tenir compte de l’énergie interne du sujet, énergie variable qui est l’équivalent d’un excitant extérieur, positif ou négatif. On peut définir comme normal un sujet dont l’énergie interne est sensiblement nulle; chez un débilité elle est négative, tandis qu’elle est notable chez un excité. Une même excitation qui pourra provoquer chez un sujet normal, d’excitation interne nulle, une irritation maxima provoquera une irritation plus petite, correspondant à une ordonnée de la portion croissante de la courbe, chez
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- LA BALNÉOTHÉRAPIE ET SON ACTION — -. 389
- un sujet d’excitation interne négative, et une irritation également plus petite, correspondant à une ordonnée décroissante de la courbe, chez un sujet d’excitation interne positive.
- Un bain d’eau de mer, notoirement conducteur, favorise l’excitation de la peau et par conséquent celle des cenlres bulbo-médullaires transformant par leurs connexions avec le grand sympathique les excitations sensitives en excitations des nerfs du cœur et des nerfs vaso-moteurs, constricteurs ou dilatateurs, suivant la grandeur de l’excitation et sa durée. Aussi le bain de mer est-il indiqué comme tonique chez les sujets normaux et les débilités, à la condition d’etre de courte durée ; il est contre-indiqué chez les excités, car il les fatigue.
- Certaines eaux minérales chlorurées sodiques fortes, telles que les eaux de Biarritz, Lons-le-Saunier, Salies-de-Béarn, sont plus conductrices que les eaux de mer, car leurs concentrations sont encore inférieures à la concentration de conductivité maxima; elles sont indiquées dans les anémies graves, c’est-à-dire dans les cas d’extrême débilitation ; elles détermineront de la vasodilatation chez les normaux et de la vaso-constriction chez les débilités et c’est précisément ce que l’on observe.
- Un bain d’eau très résistante, telle celle de Bagnoles-de-l’Orne, empêche la dérivation vers la peau et diffuse à l’intérieur de l’organisme les excitations électriques et les décompositions électrolytiques. Cette eau est indiquée contre les phlébites, les varices, le développement excessif des réseaux veineux superficiels que les phénomènes de vaso-constriction et de vaso-dilatation ne peuvent qu’augmenter.
- Les bains aussi bien très conducteurs que très résistants sont contre-indiqués dans l’artério-sclérose invétérée et les cardiopathies, car ils introduisent des changements dans le régime circulatoire par accroissement de l’excitation, soit réflexe, soit directe, quoique l’élec-trolyse puisse être bienfaisante.
- En somme, les bains, suivant leurs résistivités dissocient des actions que l’électrothérapie superpose inévitablement quand les intensités sont trop fortes. La gal-vanothérapie, à courants faibles et pendant des durées faibles, permet de reproduire assez fidèlement les effets des bains conducteurs, en raison du caractère alternatif des courants que produit dans les tissus l’excitation d’un courant électrique, même continu, au bout de durées notables ; la galvanothérapie par courants faibles cumule les effets des bains conducteurs et résistants.
- On apprend en psycho-biologie générale que "ce sont les excitations très faibles qui, malgré une persistance faible, se prolongent le plus longtemps avec leur intensité apparente, les excitations fortes décroissant très vite et persistant longtemps avec une intensité négligeable. Seules, les excitations très faibles sont capables d’addition dans le temps; répétées à des intervalles de temps convenables, elles produisent des effets plus considérables que les excitations fortes. C’est en raison de la faiblesse des excitations et d’une durée moyenne de celles-ci que les eaux thermales sont efficaces.
- En outre de l’exploration de la tension artérielle, M. Charles Henry propose l’exploration de la perspiration cutanée d’un sujet comme élément important de diagnostic pour le médecin hydrologue. Il a, en effet, reconnu, que la sueur étant en général-acide, et dans cette mesure conductrice, on peut demander une mesure
- certaine de la perspiration à la décoloration d’un réactif légèrement alcalinisé, la phénolphtaléine par exemple, quand on immerge dans cette solution une surface cutanée déterminée, les temps de décoloration ayant été préalablement repérés à des degrés de dilution d’acide chlorhydrique. Un dilaté par intoxication présente, en raison de la moiteur de la peau, par conséquent d’une dilution plus grande de ses électrolytes et d’une résistivité spécifique augmentée, une tendance à une vasoconstriction d’origine fonctionnelle, puisque la vaso-dilatation est en rapport direct avec l’excitation de la peau par le courant cardiaque ; c’est un processus de défense qui tend à compenser la vaso-dilatation de caractère pathologique: ce malade aura besoin d’une eau moins résistante pour augmenter la résistivité de sa couche épidermique qu’un malade à peau sèche ; pour obtenir les mômes effets vaso-constricteurs, on devra diminuer beaucoup moins la conductivité spécifique plus petite de la peau moite que celle de la peau sèche. C’est le degré de la perspiration cutanée qui indiquera au médecin le degré de résistivité des eaux à prescrire.
- Il existe une'autre condition pour qu’un bain produise toute son action bienfaisante : c’est qu’il soit de courte durée. Un accroissement de durée équivaut'a un accroissement d’intensité. Or, l’intensité des excitations explique bien le renversement des réactions qui de constrictives deviennent dilatatrices : il n’y a pas lieu d’invoquer de mystérieux phénomènes d’inhibition. L’intensité de l’excitation explique tout : pourquoi les actions dilatatrices prédominent, près des origines médullaires, les actions constrictives à la périphérie ; pourquoi les réflexes dilatateurs ont besoin du concours d’un ganglion qui augmente l’intensité de l’excitation, de façon à substituer le relâchement à la contraction. Si l’on recherche des phénomènes de constriction, on devra avoir recours à des bains relativement résistants ; au contraire, si l’on recherche la vaso-dilatation, il faudra des bains conducteurs ; mais, dans les deux cas, si l’on ne veut pas obtenir des renversements d’actions, la durée des bains devra être courte. Les eaux thermales conductrices sont plus nombreuses que les eaux résistantes ; on ne rencontre que très peu d’eaux dont la résistance dépasse 5000 ohms.
- En résumé, comme conséquence pratique de ce que nous venons de dire, il sera possible de reproduire l’action thérapeutique d’une eau minérale en reproduisant par des artifices convenables sa résistivité.
- Pour produire des bains conducteurs on peut s’adresser au carbonate de soude, dont la résistivité en fonction de la concentration équivalente a été bien étudiée.
- Pour les bains très résistants, le laboratoire de M. Charles Henry a étudié diverses préparations qui, ajoutées à une eau de source ou de rivière de résistivité connue, en diminuent la minéralisation au point de la faire tendre vers la résistivité de l’eau distillée. M., Charles Henry a également établi un électromètre qui mesure la résistivité du bain dans lequel se trouve le malade.
- Dans ces conditions, tout le monde pourra continuer des traitements en dehors des stations balnéaires et thermales, mais ces sortes de traitements seront-ils aussi agréables à suivre que dans les stations thermales elles-mêmes? Nous laissons à nos lecteurs le soin de répondre eux-mêmes à cette question.
- G. Hameun,
- Licencié ès sciences.
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- LES REDRESSEURS A VAPEUR DE
- On sait que l’énergie électrique se présente, au consommateur, sous forme de courant de deux natures très différentes : le courant continu et le cou-
- Anode
- Fig. i. — L’arc au mercure.
- rant alternatif. Jusqu’à présent, aucun de ces courants n’a supplanté l’autre, et il est probable que ce dualisme persistera, car les deux systèmes ont chacun des avantages propres militant en leur faveur suivant les applications.
- Pour le transport à grande distance de l’énergie électrique par exemple, le courant alternatif, par suite de sa facilité de transformation, a supplanté incontestablement le courant continu. D’autre part, cependant, le courant continu convient mieux que le courant alternatif pour un grand nombre d’applications : traction des tramways et des chemins de fer, réactions électrolytiques, commande d’engins spéciaux dans lesquels intervient un électro-aimant (triage magnétique des métaux, perforatrices, ri-veuses, etc.) et alimentation des moteurs de faible puissance.
- Aussi le problème à résoudre est-il le suivant : transformer le courant alternatif en courant continu pour les applications.
- La solution jusqu’à présent appliquée consistait à effectuer mécaniquement cette transformation d’énergie, à l’aide de machines rotatives : groupe moteur-générateur, convertisseur en cascade, ou commuta-trice. Mais ces appareils sont volumineux, nécessitent un emplacement, un entretien, un personnel et une dépense initiale considérables. Si cette solution a pu être.réalisée dans les sous-stations électriques, elle est inapplicable dans un grand nombre de cas.
- Aussi a-t-on cherché depuis longtemps à établir un convertisseur de courant n’exigoant pas de travail mécanique. Ce convertisseur idéal existe : c’est le redresseur à vapeur de mercure. Mais, tandis qu’en France, nous cure avec électrode d’amorçage, en sommes restes au
- MERCURE DE GRANDE PUISSANCE
- convertisseur primitif à ampoule de verre, dans leque 1 on ne peut faire passer pendant longtemps sans inconvénient des courants de plus de 10 ou 20 ampères, les électriciens étrangers ont attaqué le problème en grand et réalisé des appareils dont nous n’avons aucune idée. Il y a la même distance entre le convertisseur à vapeur de mercure tel qu’on le décrit en France, tel que le connaissent les physiciens et les ingénieurs, et les appareils industriels actuellement en service à l’étranger, qu’entre la locomotive de Stephenson et une « Pacific » actuelle. I! est regrettable que notre industrie se soit laissé ainsi devancer. La guerre, il est vrai, en est responsable pour une grande part. Comme nous le verrons, en décri-van t, d'après la re vue B B C, éditéepar la Société Brown-Boveride Baden, les convertisseurs1'de celte marque, les appareils réalisés sont l’aboutissement de recherches extrêmement complètes et poussées jusqu’aux plus infimes détails, et ils mettent en œuvre les théories les plus modernes de la structure delà matière.
- Courant dê/tmenèation
- ______,
- Fig. J. — Une lampe à mercure alimentée par courant alternatif ne laisse passer qu’un courant intermittent et redressé.
- Le principe des redresseurs à vapeur de mercure est très simple. Si l’on rompt un circuit électrique, il se produit, entre les deux pièces que l’on écarte, un arc qui a, entre autres propriétés, celle de ne laisser passer le courant que dans un sens. C’est-à-dire que, si le courant d’alimentation est alternatif, l’arc ne peut être traversé que par des impulsions de courant de même sens. Cet effet de soupape électrique est particulièrement bien réalisé par un arc lumineux au mercure jaillisant dans un espace vide. Si l’on produit un arc électrique à l’aide du courant continu, dans un espace vide d’air, non seulement, à tension égale, les électrodes peuvent être plus éloignées, mais encore l’arc présente un aspect particulier. A l’anode, il forme une auréole qui élève sa température ; à la cathode, on aperçoit une tache claire, blanche, incandescente, se déplaçant avec rapidité sur la surface de l’électrode. Si celle-ci est en mercure, sous cette tache, dite tache de cathode, il se forme un profond cratère d’où s’échappe un flot intense de vapeur du métal. On aperçoit même, si le vide est très poussé, une flamme négative s’élevant du cratère (fig. 1 ).
- La colonne lumineuse positive part directement
- ie. 2. — Lampe àvapeur denier-
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- LES REDRESSEURS A VAPEUR DE MERCURE DE GRANDE PUISSANCE .— 391
- de l’anode, resle compacte jusqu'à la cathode réelle et laisse libre un espace obscur. C’est cette colonne qui, dans les lampes à vapeur de mercure, est la source lumineuse utilisée. La figure 1 représente schématiquement ces résultats.
- L’explication théorique du passage du courant est la suivante : le transport d’électricité a Heu grâce au déplacement des ions gazeux positifs ou négatifs. La charge des ions positifs est toujours liée à l’atome chimique, tandis que la charge élémentaire négative, l’électron, apparaît comme une masse impondérable. Dans l’atmosphère de l’arc de mercure existent, nous verrons pourquoi plus loin, des particules dissociées et des molécules neutres.
- D’un point de la surface de la cathode, chauffé très fortement par les ions qui le heurtent, s’échappent des électrons qui se dirigent vers l’anode à grande vitesse. Dans leur parcours, ces électrons heurtent des molécules neutres de mercure et sous l’influence du choc celles-ci se séparent en charges électriques positives et négatives (ionisation par choc). Toutes les charges positives se précipitent sur la cathode
- Courant redresse sans bob/ne de se/C
- Courant redresse avec bobines de se/P
- ’X1*- recouvrement
- Fig. 4. — Forme du courant redressé par un convertisseur.
- qu’elles bombardent, élevant sa température et par suite contribuent à l’émission d’électrons, et au passage du courant, tandis que les ions positifs formés par ionisation augmentent la conductibilité de la vapeur.
- On voit donc que, pour que le courant passe, il faut qu’il existe des molécules à l’état gazeux et des particules dissociées. Pour réaliser cet état, c’est-à-dire pour amorcer lalampe ilestnécessaire de procéder à un allumage indirect. Voici commen tony arrive.
- La figure 2 représente une lampe à vapeur de mercure comportant une électrode auxiliaire de mercure c. On bascule la lampe de façon que b et c soient en contact. En ramenant la lampe dans sa position normale, au moment où la nappe de mercure se rompt, il y a production d’une étincelle, qui sera suffisante pour libérer des électrons et vaporiser une quantité de mercure telle que l’arc puisse s’établir entre les électrodes principales a et b. La figure 2 indique les connections : il faut que l’électrode principale de mercure soit une cathode aussi bien dans le circuit d’allumage que dans le circuit principal : elle .doit donc être réunie aux pôles négatifs des deux circuits.
- Courant a/ternatif
- < C/rcu/t > d'ut/Z/sat/on Ck.(Courant contmu)
- Convertisseur
- Sobine de se/C
- Fig. 5. — Montage d'un convertisseur de courant alternatif monophasé.
- Nous avons vu que les électrons, particules négatifs, ne peuvent être émis que par une électrode fortement chauffée; de plus, il faut évidemment que celte électrode soit une cathode. Donc, si dans l’appareil que nous avons représenté schématiquement figure 2, la source de courant alimentant le circuit I est une source alternative, le circuit d’allumage II étant toujours branché sur un courant continu, un arc lumineux s’allumera de a à b chaque fois que a sera positif tt b négatif. Dans tout autre cas, le courant ne passera pas. La figure 0 donne la forme du courant qui passera dans l’appareil, lorsque l’alimentation est faite en courant alternatif. Pratiquement, il ne passe aucun courant pendant les périodes a. Il ne faut d’ailleurs pas croire que l’énergie correspondante soit anéantie ; son arrivée dans le circuit correspondant et pour la période correspondante est simplement suspendue.
- Le redresseur intermittent que nous venons de décrire ne serait pas d’un emploi pratique. Il faudrait en effet maintenir l’alimentation de l’arc auxiliaire d’allumage à l’aide d’une source continue, pour entretenir Y excitation de la cathode. Sans cette précaution, la soupape s’arrêterait de fonctionner au premier changement de sens du courant, car la rupture du courant, même pendant 1 X 10~5 seconde suffit pour refroidir la base de l’arc lumineux à la surface du mercure et pour interrompre le courant d’électrons.
- Pour avoir un appareil pratique, il suffit, dans le cas du courant monophasé considéré plus haut, de réaliser l’accouplement repré- Figi 6
- sente schématique- Montaged’un redresseurhexaphasè
- Transformateur
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- 392 = LES REDRESSEURS A VAPEUR DE MERCURE DE GRANDE PUISSANCE
- volts
- Fig.
- Forme du courant
- ment figure 5, et grâce auquel on utilise les deux Secondes ondes du courant sinusoïdal. Le courant du circuit alternatif alimente un trans-redressé par un convertisseur triphasé, formateur dont
- l’enroulement
- secondaire est en deux parties, le point neutre de cet enroulement étant* connecté à une borne du circuit d’utilisation de façon que seule la moitié d’enroulement ayant une force élec-trdmotrice dirigée du point neutre vers l’extérieur soit parcourue par le courant, puisque le convertisseur branché dans le circuit ne peut être traversé que par les ondes de cette polarité. Pendant ce temps, l’autre moitié d’enroulement reste sans courant. Si le courant d’alimentation est à 42 périodes par seconde, les deux moitiés d’enroulement I seront parcourues
- par le courant 84 fois par seconde.
- 11 est facile de se rendre compte que le point neutre du transformateur forme le pôle négatif du circuit à courant continu et que la cathode du convertisseur est le pôle positif du circuit. On remarque que nous avons indiqué, dans le circuit d’utilisation, une bobine de self-induction. Voici son rôle : si, aux bornes du circuit d’utilisation, on intercale simplement une résistance ohmique, l’intensité et la force électromotrice passent par zéro, comme l’indique la figure 4, pendant un temps très court sans doute, mais suffisant pour que le redresseur s’arrête de fonctionner. Au contraire, en présence d’une bobine de self, qui fonctionne, ainsi qu’on le sait, comme un accumulateur d’énergie, le courant redressé a la forme indiquée par la courbe inférieure de la figure 4 ; on constate qu’il y a un recouvrement empêchant le courant de s’annuler et par suite prévenant l’arrêt de l’appareil redresseur.
- On remarquera d’ailleurs que le courant ainsi obtenu est ondulatoire, les fluctuations du courant étant très considérables. Aussi y a-t-il avantage à opérer, non plus sur des circuits à courant monophasé, mais sur des courants alternatifs triphasés.
- Le principe de l’appareil redresseur est toujours
- Fig. q. — Joint étanche pour convertisseur métallique.
- a, mercure; b, amiante; c, anode.
- le même; seul le nombre des anodes augmente, tandis que la cathode de mercure reste commune à toutes les phases. La figure 6 montre par exemple le schéma d’un redresseur hexaphasé branché au secondaire d’un transformateur alimenté par du courant alternatif triphasé. La figure 7 montre l’allure du courant ainsi redressé. La courbe tracée en trait fort au-dessus des points d’intersection représente la forme réelle de la tension dans le circuit d’utilisation. On remarque qu’elle a une allure beaucoup plus constante que celle d’un redresseur monophasé (lig. 4). Si l’on met en plus dans le circuit d’utilisation une résistance inductive, comme précédemment, l’effet ondulatoire est encore extrêmement atténué.
- Tels sont les prinoipes généraux sur lesquels sont établis les redresseurs à vapeur de mercure. Les premiers modèles, dus à Cooper Hewitt (1902) étaient construits en verre. Ils consistaient en une grosse ampoule, avec une cathode de mercure à la base et deux ou trois bras latéraux portant des anodes de fer ou de graphite. La grosse difficulté était de réaliser un vide aussi parfait que possible, se maintenant constant pendant un service de plusieurs milliers d'heures. L’appareil, mieux
- •-< Cathode de mercure
- Fig. 8. — Schéma d’un convertisseur triphasé.
- Fig. io. — Convertisseur métallique Brown-Boveri. a, solénoïde d'allumage; £>, enveloppe réfrigérante ; c. cylindre de condensation; d, plaque d’anode; e, chambre principale ; /, anode principale; g, enveloppe d’anode; h, collecteur de l’arc ; i, cathode;, k, anode d’allumage; l, anode d’excitation.
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- LES REDRESSEURS A VAPEUR DE MERCURE DE GRANDE PUISSANCE__:_393
- construit en quartz, était fragile et l’intensité de débit limitée au maximum à 100 ampères, par suite de réchauffement dans le verre des électrodes d’amenéedu courant.
- Pour des puissances plus élevées, il fallut entreprendre la fabrication de redresseurs métalliques, ce qui a pour premier avantage de se servir d’électrodes pouvant recevoir un très fort courant sans que des détériorations de l’isolant ou des joints d’étanchéité par élévation de température soient à craindre. Disons tout de suite, pour fixer les idées, que l’on construit couramment actuellement des groupes redresseurs débitant 1350 ampères sous (300 volts, soit 810 kilowatts.
- Les joints des électrodes amenant ces forts courants sont constitués très simplement par de l’amiante et une garniture de mercure. La figure 9 donne le principe du dispositif, sans lequel le développement du redresseur aurait été impossible, la question « joint » étant la question primordiale
- pour tout appareil fonctionnant dans le vide.
- Des plaques d’amiante circulaires sont très fortement pressées les unes contre les autres à l’aide de l'écrou S, de façon que la garniture de mercure ne puisse pas être chassée, par les surpressions extérieures, vers l’intérieur du cylindre. Si les surfaces positives sont bien ajustées, le mercure est si fortement étranglé entre les parois environnantes, qu’aucune introduction d’air extérieur ne peut se produire et que, dans des redresseurs de grand volume, en plusieurs pièces, on maintient sans difficulté des vides de l’ordre de 0,01 mm dé
- mercure d’atmosphère environ^-
- Mais la question des joints n’est pas la seule à résoudre : la condensation des gouttelettes de mercure à la surface de l’anode qui peut provoquer des courts-circuits, l’entrée en contact de celle-ci avec le mercure redescendant, l’irradiation parles rayons ultra-violets, le contact direct avec le flot de vapeur que nous avons signalé jaillissant de la cathode, enfin le vide insuffisant sont des problèmes qui ont été successivement résolus. Comme ce sont les solutions trouvées qui constituent la valeur ^des appareils, nous insisterons sur ces « détails » dont dépend le fonctionnement. Nous espérons ainsi montrer quelle distance sépare la conception théo-
- Fig. 12. —Anode pour redresseur de grande puissance.
- rique de la réalisation pratique, les difficultés successives auxquelles on se heurte, qu’il faut vaincre une à une, et le travail de recherches, que représentent les appareils industriels modernes.
- La figure 10 représente les éléments fondamentaux d’un redresseur métallique à vapeur demercure.
- La grande chambre principale inférieure porte, au milieu de sa plaque de base, la cathode de mercure isolée, elle est fermée à sa partie supérieure par une plaque annulaire massive portant les anodes. Grâce au joint de mercure, décritplus haut, on peut l’enlever facilement et accéder directement aux six anodes principales et aux deux anodes d’excitation qui, indépendamment du courant principal, maintiennent l’excitation de la cathode constante au moyen d’un courant alternatif monophasé.
- Au-dessus de la plaque porte-anode, se trouve le cylindre de condensation dont le couvercle porte le solénoïde d’allumage. Cette partie de l’appareil est entourée d’une chemise en tôle dans laquelle circule un courant d’eau servant à réfrigérer les parois du redresseur dont la température (sauf à
- Fig. ii. — Vue extérieure d’un convertisseur métallique Brown-Boveri.
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- LES REDRESSEURS A VAPEUR DE MERCURE DE GRANDE PUISSANCE
- Fig. 14. — Installation de redresseurs Brown-Boveri.
- 900 ampères, 600 volts.
- la tache de cathode, point d’arrivt'e de l’arc lumineux dont la température est d’environ 2000°) ne dépasse pas 70 degrés. Les anodes sont, par contre, portées par le courant à la température du rouge sombre, aussi, dans les modèles puissants, les refroidit-on par un radiateur à ailettes. La figure 11 donne l’aspect extérieur de l’appareil.
- Pour éviter tout court-circuit, les anodes principales sont garanties, d’une part par l’isolateur d’entrée et, d’autre part, à l’intérieur du redresseur, par une enveloppe en tôle portant, à sa partie inférieure, une sorte de jalousie (fig. 12) brisant le trajet de l’arc électrique, et nelaissant que la partie ionisée atteindre l’anode sous l’infiuence du champ électrique. Afin d’éviter les courts-circuits, la face des anodes dirigée vers la cathode est arrondie et évidée en son milieu, ce qui a en outre l’avantage d’augmenter sa surface.
- Pour provoquer l’allumage, un fil d’acier va du solénoïde supérieur, à travers tout le redresseur, jusqu’à l’anode d’allumage qui, au repos, se trouve à environ 1 cm de la surface du mercure. Lorsque le courant traverse le solénoïde, un noyau de fer attiré par le solénoïde amène l’anode d’allumage au contact du mercure nn tendant un ressort. Les connexions sont telles qu’immédiatement les deux électrodes se séparent, l’arc qui se produit alors est suffisant pour allumer les arcs principaux.
- Cet allumage nécessite donc du courant continu qui est fourni par un petit groupe moteur-dynamo fournissant 5 ampères sous 110 volts.
- A côté de ce dispositif accessoire, mais indispensable, il en est d’autres dont nous allons dire rapidement quelques mots.
- Nous avons signalé déjà les deux électrodes auxiliaires qui ont pour but de maintenir le redresseur en état de service permanent, même lorsque la demande d’énergie dans le circuit d’utilisation tombe à zéro, comme c’est parfois le cas dans les installations à service discontinu, par exemple les chemins de fer électriques.
- Tout redresseur comporte une pompe à vide destinée à maintenir un vide de 0,01 mm de mercure dans l’appareil. Si le redresseur est parfaitement étanche, la durée de fonctionnement de la pompe à vide n’est qu’une question de temps. La pompe fonctionnera jusqu’à ce que les résidus de gaz mis en liberté par l’élévation de température aient été éliminés. L’expérience a montré qu’après la mise en marche d’un appareil neuf, l’intensité croît pendant 3 à 4 jours, puis se maintient constante, la pompe continuant à fonctionner, le plein rendement étant atteint au bout de deux semaines et la pompe pouvant être supprimée au bout de trois mois de fonctionnement.
- La figure 14 représente en coupe la pompe à vide. Cette pompe est du type des pompes à vapeur de mercure de Langmuir dont nous avons donné la description ici même : ç’est-à-dire qu’à côté de la pompe à vide élevé dans laquelle le mercure est chauffé par une résistance électrique, existe une pompe préliminaire à huile, dont le fonctionnement est compréhensible d’après la figure même.
- Pour mesurer le vide, on se sert d’une jauge de Mac Leod ; mais, quelque précis que soit cet appareil classique, puisqu’il permet de mesurer commodément des vides de 1 X 10~6 mm de mercurç, il ne permet pas une observation constante de la pression, nécessaire pour un appareil industriel en fonctionnement. On se sert à cet effet soit de la relation qui existe entre la pression et la conductance dans le rcdresseür, soit de la grande variation de la conductibilité thermique de l’air raréfié d’une part et de l’accroissement de la résistance d’une feuille de platine avec la température d’autre part.
- Nous donnons (fig. 15) le schéma de ce dernier dispositif excessivement ingénieux et tout à fait caractéristique.
- Une mincefeuille de platine de 25 ohms environ de résistance est placée dans un récipient en verre communiquant avec lé redresseur. Elle forme, avec trois résis-
- vers redresseur
- Fig. i5. — Méthode de mesure du vide.
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- LES MOUSSES ET LES SPHAJGNES DANS LES CULTURES
- tances extérieures rx, r2, r7y, un milliampèremètre, et avec une batterie b, un pont de Wheatstone. Ce dispositif permet de déceler des variations de pression de l’ordre de 0,01 mm de mercure et de les enregistrer à distance.
- Enfin, dans le socle, sont placées les bobines de self, les coupe-circuits et l’ensemble des connexions. Nous n’insisterons pas sur les dispositifs de réfrigération ni sur les diverses combinaisons électriques que l’on peut réaliser avec ces appareils.
- Nous signalerons simplement que les redresseurs
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- à vapeur de mercure, en plus de l'entretien et de la surveillance insignifiantes qu’ils nécessitent, conservent un rendement élevé, jusqu’aux plus petites valeurs de la charge, ce qui n’est pas un avantage négligeable dans un grand nombre de cas.
- Aussi nous a-t-il paru intéressant de signaler ces redresseurs encore peu connus en France, tout en déplorant que les électriciens français se soient si longtemps désintéressés de ces appareils.
- II. Vigneron.
- LES MOUSSES ET LES SPHAIGNES DANS LES CULTURES
- On connaît depuis longtemps le rôle considérable que jouent les mousses dans l’économie forestière et dans l’hygrométrie de l’air. Ainsi que le rocher, qui absorbe l’eau des pluies et la rend petit à petit à l’atmosphère (*), de même la mousse fait éponge et exerce une influence considérable dans la nature. Sans les mousses, pas de sources, pas de cours d’eau dans les pays dépourvus de montagnes élevées et glaciaires.
- La mousse forme dans les forêts et sur les pentes boisées un tapis plus ou moins épais qui constitue un excellent réservoir d’eau. Même par les plus fortes sécheresses, il y a là une certaine humidité qui s’évapore lentement ou s’enfouit dans le sol. « Avec leurs grandes mousses, dit Rambert, les forêts de sapins sont pour les pentes qu’elles occupent une protection que rien ne peut remplacer. Les pluies les plus torrentielles s’y perdent comme dans une éponge capable d’absorber un déluge, et l’eau ne s’en échappe que goutte à goutte. Les masses de neige qui y tombent l’hiver sont et demeurent fixées au sol et y fondent tranquillement sans jamais glisser (2).
- L’administration fédérale des forêts suisses fait défense absolue d’enlever la couche de mousse dans les forêts dites protectrices, qui ressortent du domaine public, cette mousse étant considérée comme d’importance capitale. La mousse, outre son rôle comme élément conservateur des forêts, offre encore l’avantage de permettre la rapide germination des grosses graines à amandes qui, si elles restaient longtemps sur le sol, deviendraient la proie des écureuils, des geais ou autres amateurs goulus qui auraient bientôt fait de détruire tous les embryons des forêts futures. Dans le tapis moelleux formé par la mousse, la germination s’opère rapidement et sûrement. C’est ce qui a donné l’idée de mélanger des débris de muscinées au sol où l’on sème les espèces délicates, procédé que nous avons utilisé au Jardin alpin d’acclima-
- 1. Voir La Nature du 14 mai 1904 où j’ai traité de la question : Les jardins dans les murailles.
- 2. Eogène Ramdert, Les Alpes suisses, T® série, p. 170.
- lation et qui nous a donné les meilleurs résultats. L’idée n’est pas de nous; elle a été émise par M. N. Moe, directeur du Jardin botanique de Christiania, qui, dans un petit opuscule paru en 1862 déjà, donne d’excellents conseils (l) pour la culture des plantes arctiques et alpines.
- M. Moe me paraît avoir été excellent cultivateur, car il avait obtenu des résultats surprenants qu’un grand nombre d’amateurs et de botanistes ont constatés. Dès 1836, il avait réformé le système de culture des plantes alpines de Christiania et était arrivé à cultiver à l’ombre de l’Université norvégienne les plantes les plus délicates ; je cite au hasard : les Pyroles, Grasseies, les Vaccinium divers, le Linnaea borealk, les Lycopodes, le Trientalis europaea, les Drosera, toutes les Orchidées du Nord, les Ranunculus glaciatis, niyalis et pygmaeus, le Rubus chamaemorus, les Saxi-fraga stellaris et remua, les Andromèdes, le Dia-pensia laponica, les Genliana purpurea et puncta ta ; les Primulacées les plus délicates, etc. Il suffit d’être un peu au courant de la botanique alpine pour saisir toute l’importance des résultats obtenus.
- Or, le grand secret de M. Moe dans l’acclimatation de ces plantes, c’est l’usage de la mousse qu’il fait entrer pour une part, plus ou moins grande selon l’espèce, dans les sols différents qu’il donne à ses plantes.
- 11 les sème dans une composition de terre de bruyère, terreau de feuilles, sable fin et moussé sèche et hachée menu (de préférence dans le genre Uypnum).
- Pour les espèces très difficiles à élever par semis1, il recommande d’ajouter au sol des plantes de mousses vivantes dans les espèces les plus petites '(Dicranum, Rryum argenleum, Minuni, etc.), de répandre les graines sur et entre les touffes de mousse, et d’arroser par capillarité, c’est-à-dire en maintenant le fond du pot ou de la terrine dans un vase d’eau.
- 1. N. Moe. Veiledning til Dyrkmng af glaciale, alpinske og arcliske Planter, Christiania 18G2.
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- 396 . LES MOUSSES ET LES SPHA1GNES DANS LES CULTURES
- Dans la culture des plantes en rocailles, il utilisait beaucoup de mousse et obtint des résultats merveilleux. C’est après avoir été mis au courant de ces intéressants détails par les voyageurs qui avaient vu le jardin de Christiania, et par la lecture delà brochure Moe, que nous avons commencé, au Jardin alpin d’acclimatation de Genève, à utiliser la mousse comme élément modérateur dans le sol. Nous nous en sommes fort bien trouvés, et avons appliqué la chose dans d’autres domaines. C’est ainsi que nous recouvrons celles de nos plantes cultivées en pots et exposées à l’hiver, plantes saxa-tiles ou des régions supérieures, très sensibles à l’humidité, d’une couche de mousse qui remplit deux buts différents : ceux de retenir la chaleur du sol et d’empêcher le rayonnement et de condenser dans ses cellules l’eau glacée du ciel qui, tombant sur cette couche spongieuse, y reste prisonnière et n’atteint pas les plantes quelle protège.
- Entre 1880 et 1885, on s’est beaucoup occupé, dans le monde de l’horticulture, des cultures dans la mousse, fertilisée ou non. Une maison française avait mis au commerce des sacs de mousse fertilisée dans laquelle on cultivait parfaitement la plupart des plantes d’appartement. J’ai cultivé moi-même, pendant plusieurs années, dans ce substratum-là, et ai pu constater que, si les plantes n’y prenaient pas un fort développement, tout au moins se maintenaient-elles parfaitement et croissaient-elles presque normalement. L’avantage de ce système c’est que la mousse est plus propre que la terré, qu’elle ne salit pas les appartements, et que, tout en ne se desséchant jamais entièrement, elle n’offre pas les inconvénients découlant d’un trop fort arrosement.
- Dans les montagnes neuchâteloises, au Locle et à La Chaux-de-Fonds, il est de nombreux salons dans lesquels ont voit de fort belles cultures dans de la mousse simple. Il va sans dire qu’on donne, par l’arrosage, des matières nutritives à la plante.
- Ce système peut se pratiquer partout, puisque dans tous les pays, sous toutes les zones ou à peu près, et surtout dans les contrées tempérées, on trouve de la mousse.
- Les 5000 espèces de mousses connues à l’heure actuelle se rencontrent un peu partout où il y a quelque ^humidité, depuis le sommet de certaines montagnes jusqu’au fond des vallées.
- Les Sphaignes (Sphagnum) sont des mousses décolorées, flasques, molles et très spongieuses. Elles habitent les marécages et les tourbières des pays froids et tempérés de l’hémisphère nord. C’est l’élément qui forme la base de la tourbe. Elles diffèrent des mousses en ce qu’elles offrent deux espèces de cellules; les unes, cylindriques et vertes, contenant de la chlorophylle; les autres, grandes, diaphanes et poreuses qui contiennent de l’eau et sont capables de se dilater. Ce sont ces cellules aqueuses qui donnent au Sphagnum jsa grande importance comme matière poreuse, car elles forment autant
- de réservoirs susceptibles de recevoir et de contenir l’eau et de la rendre au fur et à mesure des besoins.
- En outre, les feuilles imbriquées et très rapprochées offrent entre elles un espace capable de retenir l’eau pendant longtemps. Ce sont là des propriétés précieuses qui ne pouvaient rester méconnues des cultivateurs. Aussi s’est-on, depuis quelques années, appliqué à rattraper le temps perdu et à utiliser le Sphagnum dans les jardins. On sait que les cultures d’orchidées épiphytes se font à l’aide du Sphagnum, et que l’emploi qui s’en fait est considérable. Mais, que de tâtonnements avant d’en arriver là ! Il faut lire dans les ouvrages spéciaux tout ce qu’il a fallu de sagacité, d’études et d’observations avant d’adopter un système de culture rationnel. Paxton, ex-maître jardinier anglais, botaniste et écrivain, auquel l’horticulture est redevable de tant de progrès, donna dès 4858 une impulsion nouvelle et merveilleuse aux cultures d’orchidées en utilisant le Sphagnum. .
- Plus tard, un jardinier italien, chef de cultures au Jardin botanique de Gênes, le chevalier Bucco, a établi dans le Sphagnum, en plein soleil méditerranéen et sur les terrasses qui dominent les bâtiments de l’Université, des cultures remarquables sur lesquelles un membre de l’Institut de France, le Comte Riant, attira mon attention dès 1885. Le savant français publia d’ailleurs un compte rendu des études qu’il avait faites à Gênes(1), et étonna grandement le public en annonçant que Bucco cultivait dans de la mousse des marais, en plein littoral ligurien, au pied des palmiers et des citronniers, des plantes alpines : Edelweiss, Rhododendrons, Soldanelles, Gentianes, la Renoncule glaciale, la Dryade, etc.
- « A entendre M. Bucco, dit le comte Riant, son procédé n’a rien de secret; il l’explique avec la clarté et l’éloquence de l’homme qui a réussi; il prend la Sphaigne des marais toscans, en fait des mottes qu’il arrose abondamment d’eau claire. »
- « Je crois que c’est la vérité. Est-ce toute la vérité? Ici je serai moins affirmatif.
- « Outre le coup de main d’un maître expérimenté, il doit y avoir quelques petites pratiques dont l’aimable directeur préfère, sans doute, se réserver le monopole. »
- Eh bien non ! il n’y a pas de secrets. J’ai été voir à Gênes, à Pallanza, à Pavie des cultures de ce genre ; je les ai essayées chez moi à Plainpalais, puis à Floraire, où nous avons transporté le Jardin alpin d’acclimatation et où le soleil est presque méditerranéen; je les ai recommandées à d’autres; j’ai prêché la chose pour les climats secs et chauds du Midi, et ai eu l’occasion d’en parler dans les Revues de France, d’Angleterre, d’Amérique et d’Italie. Ici même j’en ai déjà fait mention [*). Or, il est parfai-
- 'I. Cosmos, 11 juin 1887. La culture des niantes dans la Sphaigne des marais.
- 2. La Nature, 22 avril 1905, p. 550.
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- L’ORGANISATION INDUSTRIELLE MODERNE ====== 397
- lement certain que la culture des plantes alpines délicates, comme celle des Orchidées, a trouvé dans l’usage exclusif du Sphagnum comme substratum remplaçant le sol, le moyen le plus normal d’acclimatation.
- Nous avons ici toute une plate-bande de Sphagnum, renfermant, en parfait état de santé, les plus rares et les plus difficiles à acclimater d’entre les plantes alpines. Nous tenons cet essai à la disposition des amateurs qni passent à Genève et qui ont une heure à consacrer à la visite d’un iardin qui n’est pas
- comme tous les autres (le tramway va en 20 minutes de la station centrale Molard à Chêne-Bourg où se trouve Floraire) et où ils verront la Soldanelle de l’Alpe, la Gentiane de Bavière, Y Arnica, YAndro-sace glaciale, fleurissant avec cent autres joyaux des Alpes, dans les conditions décrites plus haut. Cela vaut, pour les amateurs de plantes, le petit voyage à Chêne-Bourg, et nous savons bien des connaisseurs qui ont pratiqué chez eux avec succès, après avoir vu les plantes en question, la culture dans la mousse des marais. Henry. Correvon.
- L’ORGANISATION INDUSTRIELLE MODERNE1”
- Une Société américaine de construction mécanique ayant réussi à perfectionner, au maximum, ses ateliers et le rendement de son personnel ouvrier, a pensé, avec quelque raison, qu’il serait utile d’augmenter aussi le rendement du personnel dirigeant.
- L’organisation adoptée est celle que l’on connaît sous la dénomination de « line and staff », c’est-à-dire « officiers de troupe et Etat-major » ; son fonctionnement est presque identique à celui de l’armée dans laquelle chacun obéit à son supérieur immédiat, sans avoir le droit de recourir en aucun cas à un supérieur d’un degré plus élevé.
- Yoici résumé brièvement le plan d’organisation qui a été établi : au sommet se trouve le Directeur général et immédiatement au-dessous le Comité exécutif des usines, dont le rôle est celui d’un « ingénieur conseil » pour le Directeur général. C’est de ce Comité exécutif que dépendent trois groupes « administratifs techniques » dirigés respectivement par l’Ingénieur en chef, le Directeur de la production et le Directeur de la main-d’œuvre.
- Ces trois Directeurs sont, à leur tour, assistés de leurs Comités consultatifs qui ont pour tâche de les conseiller. La hiérarchie se continue par les chefs de division, pour aboutir aux chefs de service.
- Chaque Comité consultatif est présidé par un chef, immédiatement subordonné à celui qu’il est chargé de conseiller ; il se compose de chefs subalternes qui ont été sélectionnés pour leurs capacités particulières ou encore pour leurs connaissances spéciales. On conçoit qu’une pareille organisation permette facilement à des hommes, qui jusqu’ici n’avaient pas eu l’occasion de se révéler, de donner la mesure de leur valeur personnelle.
- Chaque chef de division a été tenu d’établir un rapport sur le travail de la division qu’il dirige; les mémoires ainsi rédigés résumaient l’organisation de chaque division, les divers services en dépendant et les instructions sur la méthode de travail adoptée. En résumé, chaque chef de division s’est ainsi trouvé dans l’obligation de traduire, sous forme d’un exposé succinct et de graphiques, tout ce qui était utile et intéressant à connaître dans sa division. Le collectionnement de ces divers rapports permit de voir comment les divers services de chaque division étaient coordonnés entre eux et comment cette coordination se trouvait établie entre les divisions. De plus, l’examen des graphiques a montré « la filière hiérarchique au sein de chaque division, ainsi que l’a-
- 1. Yoy. Revue The Iron Age.
- cheminement des matières au travers des divers services ».
- Sans aller plus loin, on comprend que l’obligation d’établir de pareils rapports a mis les chefs de division dans l’obligation de réfléchir longuement à leur tâche et à tous les détails de sa réalisation. Du même coup, toute incertitude a disparu, en ce qui concerne les responsabilités, les obligations de chacun et le but qu’il faut atteindre. Déplus, furent ainsi évités la démultiplication des efforts et la confusion de ceux-ci qui existe presque toujours dans une usine.
- Par ce moyen, les chefs ont été mis en état de découvrir les occasions d’améliorer leurs méthodes de travail et d’organisation; ils ont pu, du même coup, se reposer, avec plus d’assurance, sur leurs subordonnés, de travaux secondaires qui, en temps normal, accaparaient une partie de leur temps personnel.
- Le îésultat de cette organisation ne s’est pas fait attendre longtemps et s’est traduit par un accroissement considérable de la production dû (( à la souplesse avec laquelle les organisations d’ateliers et de bureaux se sont mises à fonctionner »(1).
- Donnons encore quelques détails : deux fois par mois, les chefs de service de chaque division tiennent une conférence. Au cours de ces réunions, les modifications de méthode adoptées sont utilisées par le chef de division quand il revoit son mémoire. Un rapport établi sur chaque réunion est remis au Directeur général.
- Cette méthode d’organisation offre un dernier avantage que nous avons cité plus haut : par ce moyen, on peut aisément découvrir, dans l’organisation générale des usines, les hommes qui sont dignes d’avancement et on améliore ainsi du même coup et de façon rationnelle, le rendement de la production.
- Dans un autre ordre d’idées se rapportant toujours à l’organisation industrielle, il peut être intéressant de voir comment a été organisé, dans une grande firme d’appareils photographiques, l’atelier d’apprentissage (2).
- 11 semble de toute évidence qu’il y a toujours intérèl, pour une importante industrie, à organiser 'un atelier d’apprentissage où les jeunes hommes, dirigés par un chef d’une compétence éprouvée, apprennent à exécuter un travail bien déterminé.
- L’apprentissage intensif dure de quatre semaines poulies meilleurs sujets à deux mois pour ceux qui sont insuffisamment préparés. Les machines de cet atelier
- 1. Bull. Us. Berliel.
- 2. Voir Machinery.
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- 398 : — ACADÉMIE
- d’apprentissage sont les mêmes que celles utilisées dans l’usine et le travail effectué est relatif à ceux que l’on fait normalement. Chaque apprenti est spécialisé dans une branche bien déterminée, car le but n’est pas d’en faire un « ouvrier universel ». L’atelier d’apprentissage (et c’est là un fait intéressant à noter] rapporte suffisamment pour couvrir ses frais, les dépenses supplémentaires, la paye des apprentis (200 francs par mois en moyenne) et les appointements du « censeur ».
- On a constaté de plus que lorsju’un apprenti connaissait bien le fonctionnement d’une machine, il s’assimile avec facilité celui des autres machines : il est alors aisé, lorsqu’il a pris sa place à l’atelier, de le faire passer d’une machiné à une autre.
- En dehors de l’étude de la conduite des machines-outils, les apprentis assistent chaque jour à des leçons sur la manière de lire les bleus et sur l’entretien des
- ES SCIENCES —--------------—.....: =_
- machines. Les travaux des ateliers d’apprentissage sont aussi sérieusement contrôlés que ceux des autres ateliers de l’usine.
- « Les méthodes ainsi employées, tout en donnant aux jeunes gens une préparation parfaite en tous points, leur assurent une conception plus exacte de l’entretien et de l’emploi des machines, que peuvent en avoir les ouvriers entrés directement dans les ateliers de production normale. »
- De plus les jeunes gens ont ainsi la possibilité de choisir le travail pour lequel ils se sentent le mieux disposés. Enfin, avant d’affecter à une besogne déterminée, un apprenti, on lui fait subir un essai sérieux de capacité.
- Cette manière de procéder favorise les apprentis et réalise de façon presque parfaite la main-d’œuvre oplima.
- BniSTIIOIiliL.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre 1920.
- Ln réveil de la terre arable. — On attribue généra-ement au relèvement de la température qui indique les premiers jours de printemps, l’activité plus grande marquée par la terre et qui se traduit par une germination abondante des graines qu’elle peut renfermer, en même temps qu’un dégagement de vapeurs. Il semblait jusqu’ici que la nitrification présentait elle aussi un maximum d’activité du fait d’un atavisme imposant aux espèces microbiennes une sorte de prédilection pour une période déterminée. Pour M. Auguste Lumière, il faut tenir compte des produits toxiques sécrétés par les racines des plantes ou fournis par la transformation des débris végétaux, produits dont la destruction par fermentation, oxydation, dilution ou entraînement par les ' pluies exige un certain laps de temps et qui, jusqu’ici, ne semblent être constitués ni par des toxines ni par des diastases.
- Les formations ligneuses anormales dans l'écorce de l’Hevea Brasiliensis. — Elles peuvent se ramener à trois types, soit qu’elles viennent de la cicatrisation de blessures faites par les indigènes, soit qu’elles donnent lieu à des mamelons arrondis, peu saillants avec noyau très dur, soit enfin qu’elles présentent des cordons ramifiés, se superposant les uns aux autres et se soudant pour constituer des lames difformes à contours ; sinueux. M. F. Vincens, qui a séjourné longtemps dans nos plantations de Cochinchine, réfute l’opinion de ffut-gers et ne croit nullement à la nécessité de l’intervention d’un parasite, le Phytopldora Faleri, pour la formation des cordons ligneux.
- Pholo-stéréo-synthèse. — Etant donnée une série de négatifs photographiques pris, à échelle fixe, d’une série de plans parallèles d’un même objet, à la condition que ! chaque image ne représente que l’inlerseclion de ce dernier par le plan correspondant, la superposition des positifs obtenus dans la suite donne le relief de l’objet photographié. Il est inutile de prendre un nombre infini de j clichés, l’œil reçoit une impression de continuité, pourvu que'Chaque image corresponde à un volume focal déterminé, et de plus assez faible pour qu’on évite les effets
- de parallaxe lors de la vision. M. Louis Lumière a soumis à l’Académie les dispositifs à employer pour obtenir la réduction nécessaire du volume focal et présenté des spécimens de reproduction du plus haut intérêt.
- L'utilisation de la force des marées et du choc des vagues. — MIL Parenty et Vandamme ont imaginé de construire en ciment armé une ou plusieurs batteries d’alvéoles parallélépipédiques plats et longs, disposés par couches horizontales sur toute la hauteur de la marée. Chacun d’eux est divisé en deux compartiments inégaux, communiquant par un large tube inférieur toujours noyé : le premier reçoit le choc horizontal de la vague, le second limite un matelas d’air que sa pression expulse par une soupape équilibrée et qui se renouvelle aux dépens de l’atmosphère, à l’aide d’une seconde soupape, pendant l’aspiration due au retrait de la vague. Au total, on obtient ainsi de l’air comprimé à deux ou trois atmosphères, en même temps que, lors du reflux ou du retrait des vagues, un effort de succion s’exerçant en sens inverse de la poussée précédente, ce retour de l’air sous la pression de l’atmosphère peut être également utilisé.
- Une transmission d’énergie mécanique a l'aide d'une masse invariable de gaz. — M. Jacques de Lassus l'evient sur les avantages énormes que la compres-ion adiabatique présente sur le mode isolhermique : une même masse gazeuse pouvant véhiculer une plus grande quantité d’énergie, le poids et l’encombrement des appareils, rapportés à leur puissance, se trouvent considéia-blcment réduits. En créant une atmosphère limitée où la transmission « respirera », on obtient, avec les moteurs à couple constant, la solution du changement de vitesse progressif, automatique et continu.
- Une nouvelle étoile variable à courte période. — D’une élude actuellement poursuivie à l’Observatoire de Strasbourg pour établir, à l’aide de mesures photomé-triques sur les étoiles de comparaison, une échelle de lumière aussi étendue que possible. M. A.Danjoua tiré quelques précisions touchant l’étoile du Cygne, proba-
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- DÉTERMINATION DE LA VITESSE DES BATEAUX A VOILE
- blement quatrième parmi celles qui répondent au type (3 Lyre, et dont la plupart sont inferieures à la huitième grandeur. Les raies de ces variables ont des particularités encore inexpliquées, malheureusement l’auteur de la Note n’était pas outillé pour entreprendre une élude spectroscopique.
- Un gisement algérien de fer oolilhique. — MM. Louis Lu parc et G. Favre ont étudié à l’aval de la vallée de Babouche les bancs épais qui plongent environ de 50 pour 100 et affleurent sur une largeur de 60 m. Leur épaisseur totale varie de 8 à 20 m. et la composition moyenne du minerai donne : silice : 4; chaux : 2; phosphore : 0,71; manganèse: 1,14; fer: 54; perte au feu : 15,5. L’âge du gisement est probablement la base de l’Eocène moyen et les bancs s’étendent dans des
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- formations argileuses et limonitiques développées au mur et surtout au toit, et recouvertes par des poudingues néopliocènes. Un étirement combiné avec une torsion ou simplement l’érosion, fait que le synclinal n’est jamais complet et que l’un de ses deux flancs est supprimé ; une dislocation s’est produite en deux endroits, d’abord à la sortie de la vallée de Babouche, ensuite à l’entrée de celle de Mézera.
- A propos de l'acule indique. — M. Bolland résume une série de recherches portant sur les réactions fournies parlO3!! au contact de AzO3 Ag, de BaCl2, des acétates de Sr et de Ca et du chlorure de Rb. Pour chacune d’elles, il a pu déterminer la limite de sensibilité.
- Paul B.
- DÉTERMINATION DE LA VITESSE DES BATEAUX A VOILE EN FONCTION DE LA VITESSE DU VENT
- Il y a une série de problèmes relatifs à la navigation à voile qui semblent avoir été bien peu, et bien imparfaitement, étudiés; je pense que La Nature aurait de nombreux correspondants, qui pourraient aider à l’élucider, et à publier sur le sujet, dans ses colonnes, des articles hautement intéressants, et notamment :
- a) Donner une explication élémentaire du fait bien connu que tous les bateaux vont plus vite au « grand largue » qu’au « vent arrière ».
- b) Tâcher d’établir, par le calcul, quel est, pour un bateau déterminé, le rapport des vitesses aux différentes allures ; vent arrière, grand largue, petit largue, « plus près ».
- En dehors de ces études purement théoriques, il y aurait une série d’expériences pratiques à faire, qui, « à ma connaissance », n’ont jamais été faites,etqui seraient pourtant d’exécution assez facile.
- 1° Déterminer la vitesse d’un bateau à chacune des allures indiquées ci-dessus.
- 2° Etablir le rapport entre la vitesse du vent et celle du bateau, sous chaque allure.
- 5° Déterminer les vitesses optima du vent, donnant, pratiquement, la translation la plus rapide; étant donné qu’il est certain que ce ne sera sûrement pas avec les vents les plus violents que les vitesses atteintes seront U s plus élevées, parce que, alors, la mer sera très agitée.
- 4° Faire connaître les plus grandes vitesses constatées, « au loch », sur les meilleurs voiliers. Avec quelle vitesse du vent?
- 5° Indiquer l’angle « optimum » avec la direction du vent, obtenu, au plus près, par différents bateaux. Chercher le pourcentage d’augmentation de parcours d’un bateau donné, quand il a le vent entièrement debout, et doit tirer des bordées.
- Toutes ces questions ont été fort peu étudiées, sinon pas du tout, car les diverses compétences, par moi interrogées, ont été incapables de me donner aucun chiffre, ni de me dire si de telles expériences avaient déjà été faites : je serais heureux de provoquer, sur ce sujet, des réponses de lecteurs compétents; mais, en tout cas, je fais remarquer qu’il est bien étonnant qu’on n’ait pas songé à faire de telles mesures.
- Cela confond l’imagination de penser à quelle routine étrange en sont restés les constructeurs, les armateurs de bateaux et les yachtmen, et le peu de curiosité qu’ils ont eu pour réaliser une série d’expériences des plus simples, qui leur apporteraient à coup sur une documentation intéressante et des éléments certains de progrès.
- Croirait-on que les officiers des bateaux de commerce, des paquebots et des bateaux de guerre, indiquent surleur livre de bord, la vitesse du vent par des chiffres, estimés arbitrairement (qui vont de 1 à 12), ainsi d’ailleurs, que la direction du vent, puisqu’il est clair que leurs girouettes ou pavillons leur indiquent seulement le vent relatif.
- Il semblerait qu’ils ignorent qu’il existe des anémomètres, qui leur permettraient, en connaissant, enoulre, leur vitesse mesurée au loch, de savoir, à tout moment, la vitesse et la direction « réelles du vent. » Ils pourraient par suite étudier, de la façon la plus simple, les relations entre la vitesse du vent et celle du bateau aux différentes allures.
- Pourrait-on croire celle chose inouïe, que plusieurs marins ou yachlmcn, par moi interrogés, ne sont pas du tout d’accord sur la question de savoir si un bateau va plus vite au « grand largue » qu’au « plus près ».
- Beaucoup d'entre eux, en effet, affirment, que c'est sous celte dernière allure qu’on va le plus vile ; chose qui paraîtra sans doute invraisemblable aux non-initiés, qui ne peuvent déjà pas comprendre ce fait (bien admis, celui-là) que les bateaux aillent plus vile au grand largue qu’au vent arrière, alors que celte direction du veut semble, a priori, devoir être la plus favorable.
- Tous les navigateurs vous confirmeront encore ce fait, paradoxal pour le commun des mortels, qu’un bateau, « au largue », peut faire une vitesse supérieure à celle du vent.
- Vous pouvez demander également à plusieurs yachtmen ou marins la « route optima » que peut faire un bateau, courant au plus près, par rapport à la direction du vent; aucun n’est d’accord, et les chiffres indiqués varient entre 45 et 66°.
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- 400 = DÉTERMINATION DE LA VJTESSE DES BATEAUX A VOILE
- Si Ton adopte le chiffre de 45°, on est tout étonné de constater que les bordées courues dans ces conditions ne constituent qu’une augmentation de route dedOpour'lOO.
- En tout cas, je répète que tous ces chiffres-là sont faciles à établir avec un appareillage scientifique des plus simples.
- Il suffit d’avoir à bord du bateau (en tète de mât, et
- l//tesse et direction rêel/e du vent
- Fig. i.
- en le suspendant à la cardan, ce qui sera, sans doute, la seule difficulté) un bon anémomètre, dont on pourrait « renvoyer » les indications sous les yeux du pilote ; et ensuite, un loch enregistreur. Un point, c’est tout.
- Il est entendu que l’anémomètre, à bord d’un bateau en marche, ne donne que le vent.apparent (en direction et en vitesse), mais, si l’on connaît en outre la vitesse du bateau donnée parle loch, il est ultra-facile d’en déduire le vent réel, en vitesse et direction.
- Soit en effet un bateau B (fig. 1) :
- Je relève, au loch, la distance B D, parcourue pendant un temps T: j’ai représenté par B A, la distance marquée par l’anémomètre pendant le même temps, et aussi la direction apparente du vent pendant l’expérience. Avec tous ces éléments, je construirai le parallélogramme BD RA, et la diagonale BR me donnera la vitesse et la direction réelles du vent (*).
- Celte règle s’applique absolument à tous les cas sans exception.
- La figure '1 suppose un vent de direction D R, c’est-à-dire grand largue ; il va de soi que, si le vent est plein arrière, la girouette de mon anémomètre sera exactement dans le sens de la marche du bateau, et que le vent réel sera donné par la somme de la vitesse apparente du vent (indiquée par l’anémomètre), et la vitesse du bateau, indiquée par le loch.
- Il est entendu qu’à cette allure du vent arrière, la vitesse du bateau serait, comme extrême limite (jamais atteinte), la vitesse même du vent; car dès que le bateau irait plus vite que le vent, la voile travaillerait à contresens et arrêterait sa vitesse.
- Supposons maintenant que notre bateau marche « au plus près » avec un angle de roule de 4(angle optimum des yachts, suivant l’hypothèse ci-dessus), et dessinons notre parallélogramme comme tout à l’heure.
- Soit encore B R (fig. 2) la distance réelle parcourue par le vent pendant un temps T ; BD, la distance parcourue par le bateau pendant le même temps, et que je progresse au plus près, en faisant, comme supposé ci-dessus, un angle de 45° avec le vent réel, que j’indique par BR en vitesse et en direction : je construis, comme ci-dessus, le parallélogramme BDRA; le vent apparent sera
- 1. Il ne serait peut-être pas indispensable d’avoir un anémomètre totalisateur, et on pourrait sans doute se contenter d’ün anémomètre à indications instantanées. On en serait quitte pour faire plusieurs expériences successives, et prendre ensuite la moyenne, de façon à éliminer les erreurs provenant d’inégalités possibles du vent au moment de l’expérience.
- donc représenté par la ligne B A. On voit tout de suite que cette vitesse apparente B A, qui sera indiquée par l’anémomctre et sera très supérieure à celle du bateau lui-même ce qui paraît paradoxal, au premier abord, mais ce qui n’en est pas moins vrai.
- On voit aussi, sans que j’y insiste, quelles intéressantes conclusions on pourra tirer de toutes ces mesures, pour la coque des bateaux, pour l’installation de la voilure, etc., grâce à l’établissement expérimental des vitesses d’un bateau déterminé, en fonction du vent, à toutes les allures.
- On verra aussi immédiatement de combien un bateau peut aller plus vile que le vent qui l’actionne, et à quelle allure il donne les plus grandes vitesses.
- Ce n’est pas tout : il est parfois très difficile, notamment en régates, d’apprécier à quel degré exact on doit border sa voile pour obtenir le rendement optimum d’un bateau.
- Donc, en naviguant « au plus près », on cherchera, par tâtonnement, à border la voile dans la position qui donnera le vent relatif le plus grand. Il va de soi, qu’au vent arrière (et dans les allures qui s’en rapprochent), ce sera l’inverse, et que l’on devra, au contraire, avoir le vent relatif minimum : car si le bateau utilisait intégralement la force du vent, le vent relatif serait zéro.
- Pour l’usage en régales, les anémomètres à indications instantanées, faits, par exemple sur le principe des tubes de Venluri, seraient tout particulièrement indiqués.
- Il y aurait encore bien d’autres études à faire sur cette même question, mais je pense en avoir assez dit pour attirer l’attention des spécialistes sur elle.
- Rien ne serait plus facile, pour des yachtsmen, que de faire, à bord de leurs bateaux, de semblables mesures'. Les capitaines des voiliers longs cqurriers, comme ceux de la maison Bordes (qui font couramment des voyages au Chili, durant en moyenne 90 jours), occuperaient, avec ces intéressantes expériences, les loisirs de leurs longues traversées.
- Je pourrais leur suggérer, aussi, de cinématographier, ou même de photographier, avec plusieurs appareils stéréoscopiques à obturateurs synchronisés, ces merveilleux acrobates du vol à voile que sont les albatros.
- Ces oiseaux, qui fourmillent dans les mers australes, se laissent attirer avec des appâts appropriés, jusqu’au-dessus du pont des navires, où ils continuent leurs prestigieux exercices de vol à voile; et on pourrait sans doute, ainsi, prendre une série de photographies de leurs ailes,
- l//(esse apparente du vent
- suffisantes pour nous permettre de les îeproduire en grand d’une façon exacte, et de découvrir enfin, pour le plus grand profit de-nos aéroplanes de demain, cet extraordinaire secret du vol à voile que les plus savants physiciens du monde n’ont encore jamais réussi à percer.
- Eli.NEST Àr.CIlDEACON.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2438.
- 25 DÉCEMBRE 1920
- UN EXEMPLE D’URBANISME
- La reconstruction de Reims.
- On sait en quel état les Allemands ont mis Reims, restée pendant toute la guerre sur la ligne du combat.
- Plus de la moitié de la ville est à reconstruire.
- Plutôt que de rebâtir les quartiers démolis dans la forme exacte qu’ils avaient avant la guerre, le Dr Langlet, maire de Reims, s’appuyant sur la loi
- â La Renaissance des Cités en lui demandant de mettre au point le plan préparé par la précédente municipalité.
- La « Renaissance des Cités » est une œuvre d’en-tr’aide sociale qui s’occupe très activement d’aider les municipalités à établir les meilleurs plans de reconstruction et à les seconder pour obtenir les
- Fig. i. — Le centre de Reims reconstitué.
- Cornudet du 14 mars 1919 qui facilite aux municipalités l’établissement d’un plan d’aménagement, d’embellissement et d’extension des villes et villages dévastés, fit établir par le directeur du service de la voirie un plan qui fut adopté par le Conseil Municipal en juin 1919 et soumis le 12 novembre de la même année à la Commission départementale; celle-ci le trouva « trop modeste, prévoyant trop peu d’améliorations, élargissements, expropriations, etc. »
- Au mois de janvier 1920, le nouveau maire de Reims, M. Charles Roche, et le nouveau Conseil Municipal, reculant devant la difficulté d’utiliser et d’exprimer en un plan unique les différents projets élaborés pendant la guerre par vingt-deux architectes et ingénieurs français, s’adressèrent, sur l’indication du Président de la Société Générale Coopérative de Reconstruction de Reims, M. de Polignac,
- autorisations nécessaires à la réalisation la plus rapide. Elle mit à la disposition des Rémois un de ses collaborateurs les plus distingués, M. Géo-B. Ford, architecte diplômé par le gouvernement français, urbaniste-conseil de la Ville de New-York.
- Le travail fut rapidement mené en collaboration étroite avec la Commission Technique de La Renaissance des Cités, présidée par M. Louis Bonnier, inspecteur général des services techniques d’architecture et d’esthétique à la Préfecture de la Seine.
- Adopté par le Conseil Municipal le 5 février 1920, mis à l’enquête le 23 février, le plan était adopté à nouveau, après modifications, le 2 avril, par le Conseil Municipal, et approuvé au courant du mois par la Commission départementale*
- Le Plan prévoit une grande extension de la ville satisfaisant aux besoins d’une population éventuelle
- 2ti - 401.
- «8* Armé# — 2* Semestro-
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- de 200 à 500 000 habitants. On peut en effet prévoir que Reims, point de jonction de cinq lignes de chemins de fer et de plusieurs canaux, métropole de toute la région champenoise, centre de tourisme des Régions dévastées, est voué à un avenir très important. Ce plan est une coordination de tous les projets déjà soumis ou étudiés par la ville. Il conserve et met en valeur les vestiges — trop peu nombreux aujourd’hui — de l'histoire si glorieuse de Reims, auxquels s’intéresse la « Société des Amis du Vieux Reims », tout en assurant au centre de la ville des voies de circulation larges et nombreuses, et en prévoyant une large extension de la cité.
- Ce plan fut soumis par la municipalité à une commission officieuse consultative et M. Charles Abella le remania heureusement.
- Le 17 juin dernier, le Conseil municipal de Reims l’adoptait définitivement; il fut agréé le 25 par la Commission départementale et le 25 par la Commission supérieure des plans d’aménagement, d’embellissement et d’extension. Son exécution est déjà commencée.
- Sans attendre, nous voulons montrer ici l’économie générale du plan de MM. Ford et Abella, comme un exemple d’urbanisme bien compris.
- Analyse du problème. — On a commencé l’étude par. une analyse de tout ce qui entre dans la constitution et le fonctionnement de la ville. On s’est occupé d’abord de ce qui est imposé par la topographie, comme les canaux et les chemins de fer, difficilement déplaçables, et on a procédé, en étudiant successivement les fonctions de la ville, c’est-à-dire l’industrie, le commerce, l’habitation, l’agrément, la récréation, enfin l’embellissement, chaque fonction étant étudiée en vue de son extension et de ses'relations avec toutes les autres.
- M. Ford est entré en rapport avec les personnes, groupements, administrations touchés ou intéressés par l’application du plan. Les grandes lignes et tous les détails du projet ont été étudiés sur place en vue de donner le maximum d’amélioration pour le minimum de dépenses; partout l’expropriation a été envisagée de façon à loucher le moins possible aux immeubles en bon état ou réparables, et certains projets de circulation, par ailleurs très utiles, ont été rejetés à cause de la dépense trop imporlanle à laquelle ils entraîneraient la ville.
- Les diverses parties du projet ont toujours été étudiées par ordre d’urgence. L’expropriation immédiate est imposée par les mesures les plus urgentes, soit au point de vue de l’hygiène, soit au point de vue de la circulation, soit parce qu’il a été désirable de profiter de l’occasion que présente la destruction entière.
- Le principe du nouveau plan est l’amélioration progressive de la vie économique et sociale. La ville doit faciliter dans une large mesure le développement de l’industrie et du commerce, et, en même temps, donner plus de confort, d’agrément et de commodité à la vie sociale. Pour répondre à
- ce but, le plan devra créer des quartiers appropriés à l’industrie ou au commerce avec de grands îlots desservis par de larges rues et des raccordements avec les chemins de fer et les voies navigables. Par contre, pour les quartiers d’habitations, des îlots, modérément étendus, devront être coupés de rues agréables, plantées d’arbres, et parsemées d’espaces libres à la portée de tous. Les quartiers industriels et d’habitations ouvrières devront se trouver alternés, l’un à côté de l’autre, pour que les ouvriers puissent regagner facilement leur logement. En même temps, aucun quartier, par son étendue, ne devra arrêter l’extension de la ville ou empêcher l’accès d’un autre quartier au centre de la ville. Le plus pratique est de distribuer les quartiers de façon que chacun d’eux puisse être rayonnant du centre de la ville et que les grands espaces, tels que parcs, gares, hôpitaux ou autres, n’enclosent pas la ville. De plus, chaque quartier doit être pourvu de grandes artères le reliant au centre de la ville et aux autres quartiers. Telles sont les grandes directives suivies dans l’étude du plan de Reims.
- Le canal. — En raison de la topographie de Reims, le canal en est l’âme immuable. Il devient une espèce de colonne vertébrale de la ville et, ainsi, contrôle l’extension économique de la cité. 'Le rseul emplacement à prévoir pour un nouveau port se trouve à l’ouest de la ville, dans le faubourg de Laon, où de vastes terrains nus se prêtent facilement à une grande extension industrielle, facilitée a la fois par le port et les raccordements du chemin de fer, avec possibilité d’y ménager des darses industrielles longeant le canal sur plusieurs kilomètres.
- En même temps, sur les deux rives du canal, dans la traversée de la ville, il y a tout intérêt à permettre le chargement et le déchargement des. péniches par l’installation d’appareils mécaniques. Une extension vers l’est du port existant est à prévoir, avec de larges voies pour le camionnage.
- Le chemin de fer. — Les cinq grandes lignes de chemins de fer qui entrent à Reims, venant de Paris, de Chàlons, d’Epernay, de Laon et des Ardennes, se réunissent au centre de la cité devant la gare des voyageurs. Toutes ces lignes sont rayonnantes et ne gênent pas l’extension de la ville, sauf la ligne de Chàlons qui l’encercle et arrête l’extension de Reims depuis le nord jusqu’à l’est. Il est facile d’éloigner cette ligne de plusieurs ctnlaines de mètres, ou mieux encore, de faire sortir les trains de Chàlons par la ligne d’Epernay en les raccordant avec la ligne existante tout près de Sillery par un embranchement qui partirait de la ligne d’Epernay, entre la Maison-Rlanche et Cormontreuil.
- Gare de triage. — Située actuellement du côté de üétheny, elle est trop petite et mal placée, la Compagnie de l’Est a choisi dans le champ d’aviation, entre la ligne de Laon et celle des Ardennes un nouvel emplacement où une extension ample et rapide serait possible.
- Gare des marchandises. —La gare actuelle, pla-
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- LA RECONSTRUCTION DE REIMS
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- cée derrière le cimetière du Nord, était déjà trop petite avant la guerre, quand elle chargeait et déchargeait 450 wagons par jour. Aujourd’hui, avec une population réduite de 120 000 à 60 000 habitants, les besoins de reconstitution et de ravitaillement suffisent au trafic. Une nouvelle gare doit donc être prévue, beaucoup plus vaste et aussi rapprochée que possible des futurs quartiers industriels et commerciaux. L’extension du centre des affaires se portera certainement vers l’ouest ; la nouvelle gare est donc prévue dans le quartier des
- située devant elle et de faciliter les correspondances avec les chemins de fer locaux et les tramways.
- Chemins de fer locaux. — La Compagnie des chemins de fer de la banlieue de Reims (C. B. R.) a scs gares, garages et dépôts au nord du cimetière du Nord, entre la gare de marchandises actuelle et celle proposée aux Trois Piliers. L’emplacement est bon et il n’y a qu’à prévoir son extension vers le sud. Une gare à voyageurs est à envisager dans la cour de la grande gare pour faciliter la correspon-
- n£RE EST CEfiJMA'
- ’CHATEI
- DIEpU-UMIÈRE
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- d'extension de Reims.
- — Le plan
- Trois Piliers, au faubourg de Laon. Le trajet moyen du camionnage en ville sera réduit d’environ 2 kilomètres: Une autre plus excentrique est en création, par le Ministère des Régions Libérées derrière le cimetière de l’Est, du côté de Bélheny, sur le terrain du Tir-aux-Pigeons; elle est destinée aux matériaux et d’une capacité de 500 wagons.
- Gare des voyageurs. — La gare actuelle des voyageurs, qui donne sur le boulevard de la République, est placée idéalement en vue de l’extension de l’agglomération. Mais comme elle était à peine assez grande avant la guerre, il sera nécessaire de l’agrandir, surtout en tenant compte de l'afflux des touristes. Le terrain au nord de la gare, maintenant occupé parles messageries, s’y prête assez bien. En même temps, il s’agit d’améliorer les voies d’accès à la gare de tous les côtés, d’élargir la place
- dance entre les deiu réseaux et aussi un raccordement aux Halles centrales.
- Tramways. — Avant la guerre, Reinas possédait cinq lignes de tramways électriques : quatre lignes traversaient la ville d’un faubourg à un autre.; chacune a besoin d'un peu d’extension; la cinquième l’encerclait par les boulevards. Toutes les lignes anciennes sont à conserver et à prolonger et de nouvelles lignes sont à créer pour desservir mieux Cour-lancy, le Nouveau Port, le faubourg de Laon, Bélheny, le Foyer Rémois aux Coulures, etc. Une double voie est toujours désirable là où les rues sont assez larges, autrement des voies séparées sur rues parallèles, mais pas trop éloignées l’une de l’autre, sont à étudier. -
- Artères améliorées. — En principe, il est plus pratique et plus économique de concentrer le trafic
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- LA RECONSTRUCTION DE REIMS
- sur des artères spécialement aménagées à cet effet, en limitant le rôle des autres rues à servir d’accès aux immeubles riverains. Le nouveau plan de Reims, étudié dans cet esprit, laisse au moins les trois quarts des rues de la ville telles qu’elles étaient avant la guerre, et l’élargissement ou le prolongement sont concentrés sur le strict minimum d’artères nécessaires aux besoins du trafic à prévoir. Ainsi, l’expropriation est réduite au minimum et la plupart des rues conserveront leur caractère et leur charme anciens.
- Largeur des rues. — Les largeurs établies sont toujours basées sur l’emploi probable des voies. On a commencé par la chaussée, et tout en allouant 2 m. 50 au minimum par unité de,trafic véhiculaire, on a accordé 5, 8 10, 12 m 50 ou 15 mètres à la chaussée, suivant les besoins probables de la circulation future, puis on a ajouté des trottoirs dont les largeurs sont calculées sur la base de 0 m. 50 par unité pédestre, suivant les besoins commerciaux ou autres.
- Ainsi, une rue de 15 mètres indique une chaussée de 10 mètres, c’est-à-dire deux unités véhiculaires dans chaque sens, plus deux trottoirs de 2 m. 50 chacun, c’est-à-dire quatre unités pédestres, plus 0 m. 50 pour le placement des poteaux, bornes-fontaines, etc. Nulle rue nouvelle ne devra avoir moins de 8 mètres de largeur.
- Là où les rues sont sillonnées par des tramways, une largeur de 0 m. 50 par voie est ajoutée à la chaussée. Aux haltes importantes, il est bon d’aménager des abris d’attente sur des refuges de sécurité, ce qui ajoute 2 ou 5 mètres à la largeur de la rue.
- Rues parallèles pour dégager la circulation. — Là où il sera impossible de donner à une artère la largeur nécessaire aux exigences à prévoir de la circulation très importante des automobiles, la solution consiste à aménager une ou plusieurs rues parallèles pour diviser la circulation et mieux répartir les bénéfices commerciaux résultant de cette circulation intense. En même temps, on a taché d’éviter des tournants trop brusques et des pentes trop raides. Partout on a fait des pans coupés et la pente prévue dépasse rarement 2 ou 5 centimètres par mètre.
- Ponts et tunnels. —Les chemins de fer, le canal et la Yesle créent des barrières qui empêchent l’extension normale de la ville.'L’avenir de la ville demande de nombreux ponts et tunnels sur ces grandes artères.
- Servitudes d’hygiène. -— Les rues étroites sont une menace pour la santé publique parce qu’elles empêchent l’air et la lumière de pénétrer dans les maisons en bordure. Le règlement sanitaire existant à Reims défendait la construction de bâtiments plus hauts qu’une fois et demie la largeur de la rue. Une* hauteur égale à une fois la largeur serait bien préférable; mais, malheureusement pour les rues qui ont moins de 10 mètres, ce règlement ne donne pas des hauteurs suffi?antes_pour bâtir une maison pratique, et, pour les rues qui ont plus de 16 mètres,
- il permet des hauteurs excessives. La règle proposée dans le nouveau règlement sanitaire de la ville parait être plus pratique : la hauteur permise serait de 5 mètres, plus la moitié de la rue sous corniche, avec la possibilité d’un ou deux étages supplémentaires de mansardes. On accorde, en outre, la faculté de surélever d’autant que l’immeuble est en recul de l’alignement.
- On doit exiger aussi des espaces découverts semblables derrière les maisons et dans les cours.
- Dans les nouveaux quartiers d’habitations, il y a grand intérêt, au point de vue de l’hygiène, à augmenter l’espace libre entre les façades opposées jusqu’à 18 ou 20 mètres, et dans les cités-jardins et les nouveaux lotissements il convient de limiter le nombre de logements ou maisons individuelles à trente par hectare.
- Servitudes esthétiques. — Au point de vue de l’embellissement de la ville, il existe certains endroits, comme la place Royale, où il est très important de sauvegarder à jamais la beauté particulière de l’ensemble architectural en imposant des servitudes de contrôle de l’architecture et des enseignes. Les mêmes principes s’appliquent à la place de l’Hôtel-de-Ville et aux alentours de la cathédrale. Autour de celte dernière, la hauteur sous faîtage ne doit jamais dépasser trois étages. Des servitudes sont aussi à prévoir sur la rue Colbert, autour de l’église Saint-Rcmi et la place Saint-Timothée, l’esplanade Cérès, etc.
- Bâtiments publics. — Avant la guerre, les bâtiments publics de Reims étaient dispersés un peu partout dans la ville, souvent difficiles d’accès et donnant sur des rues étroites où ils n’ajoutaient rien à la beauté de la ville. Dans le nouveau plan, on a essayé de les mellrc plus en valeur en les groupant autour des places, ce qui facilite de beaucoup en même temps leur fonctionnement et leurs rapports mutuels. Ainsi, autour de la place Royale, le plan envisage la création d’un centre administratif avec sous-préfecture, postes, recette des finances, etc.
- Autour du parc prévu derrière la cathédrale, on envisage la création d’un centre intellectuel comprenant le lycée de jeunes filles, la bibliothèque et l’académie de musique avec salie de concert. Entre le boulevard de la République et le chemin de fer sont indiqués la gare de l’Est, la gare du G. B. R., un hôtel de voyageurs et le triage des postes.
- Halles et marchés. — Le marché central était très encombré avant la guerre. Il faut l’étendre vers le Nord, en expropriant deux ilôts de maisons complètement détruites, le raccorder directement aux chemins de fer, y créer des entrepôts et un frigorifique. Quatre marchés locaux dans les faubourgs faciliteraient la vente du détail.
- Post«s. — Le triage des correspondances se fait actuellement à l’Hôtel des Postes, rue Cérès, où le courrier est transporte par camions. U serait préférable de 1 eflectuer dans un local situé place de la
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- LA RECONSTRUCTION DE REIMS
- République, à. proximité de la gare, où les wagons postaux pourraient accéder.
- Communs de quartier. — Chacun des quatre faubourgs principaux possède sa vie distincte. Cette vie économique et sociale se groupe autour d’un centre local. Il est désirable d’encourager celte activité en créant des bâtiments communs groupés dans chacun de ces quartiers et comprenant par exemple un marché local, un bâtiment administratif dahs lequel pourraient être installés le commissariat de police, le poste des sapeurs-pompiers, un poste de télégraphe et de téléphone. Un autre bâtiment pourrait contenir une bibliothèque avec salle de lecture, des salles de réunion, pour cinéma, représentations théâtrales ou musicales, des salons de jeux, dos bains, un gymnase, une «goutte de lait », un dispensaire, un poste de secours, en un mot, tout ce que peut comporter un « Foyer civique ». De tels centres sont de la plus haute utilité pour améliorer la vie sociale et pour faire de chaque quartier un ensemble solidaire.
- Parcs. — Reims possède des « promenades » très renommées, situées en face de la gare, certains boulevards intéressants (notamment les boulevards Lundy, de la Paix, de Dieu-Lumière) et quelques petits parcs locaux. Il faudrait au moins 4 hectares de parcs par 1000 habitants, c’est-à-dire 500 hectares pour la population d’avant-guerre. Mais, il existait à peine 50 hectares de parcs et boulevards plantés, le dixième de la superficie nécessaire; pour répondre aux besoins de 200 à 300 000 habitants, il faudrait 1200 hectares. C’est bien maintenant qu’on peut le plus facilement et avec le moins de frais exproprier ou réserver les terrains les plus appropriés pour créer des « poumons » à la ville, des lieux de récréation, de promenades et d’agrément'.
- Dans la partie bâtie, il est aisé de trouver, dès à présent, des îlots ou de grandes parcelles nues, bien disposés pour desservir les alentours, tandis que, plus loin, sur les bords de l’agglomération actuelle, il existe de grands terrains étendus, unis, non bâtis, qui, par leur topographie et leur caractère, sont tout indiqués pour être réservés comme parcs de la ville de l’avenir.
- Boulevards. — Il est aussi très agréable de pouvoir passer d’un parc à un autre par des boulevards larges et plantés. C’est pourquoi on a cru devoir envisager dans le plan des boulevards larges de 18 à 24 mètres pour relier ces différents parcs.
- Au centre de la ville, la grande esplanade plantée, large de 30 mètres, entre la gare et la cathédrale paraît destinée à former le centre de la vie sociale de la ville future. Avec ses larges trottoirs et chaussées, elle est tout indiquée pour grouper des cafés, des théâtres, concerts et autres lieux publics.
- Places. —La place des Marchés pourrait être plantée aussi pour faire contraste avec les places ouvertes de l’Hôtel de Ville et Royale. L’esplanade située derrière la cathédrale quadruple la superficie
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- du parc de la cathédrale, tout en fournissant un centre idéal pour la vie intellectuelle de la cité. Devant la cathédrale, la place du Parvis pourrait aussi être plantée d’arbres, de façon à améliorer l’aspect de la cathédrale même.
- L’esplanade de la République et l’esplanade Cérès demandent des études sérieuses, tant pour leur aspect que pour l’amelioration de la circulation.
- Aux entrées de la ville, c’>est-à-dire à Dieu-Lumière, au cimetière de l’Est, à la porle de Paris et aux ponts de Yesle, de Courlancy et de Flécham-bault, il y a des aménagements très importants à faire au point de vue de la mise en valeur du paysage.
- Tet-rains de jeux. — Seules les écoles les plus récentes étaient pourvues de terrains de jeux suffisants. Toutes les autres n’avaient que des préaux exigus. Les enfants ont absolument besoin d’au moins un mètre carré par tête dans les terrains de jeux attachés aux écoles. C’est pour satisfaire à ce besoin qu’on a indiqué sur le plan, dans le centrede chaque îlot renfermant une école, un espace libre qui pourrait être formé de parties expropriées des jardins situés derrière les maisons.
- En outre, dans chaque quartier, le plan indique des terrains beaucoup plus importants qui pourraient servir à la pratique des sports exigeant plus d’espace. On a justement à Reims un modèle de terrain de sports, le premier et le plus connu de France, c’est lè « Parc Pommery », dans lequel vingt mille enfants ont joué avant la guerre. Tous ces terrains de sports pourraient être aménagés par un architecte paysagiste pour servir en même temps comme parcs supplémentaires.
- Cités-jardins. — Avant la guerre, Reims possédait très peu de quartiers d’habitations ouvrières réunissant le confort et l’agrément. Les ouvriers ont pourtant le droit d’avoir des maisons commodes et agréables dans un cadre sain et verdoyant. Ce sont justement les « cités-jardins », si bien comprises en d’autres pays, qui offrent la meilleure solution de ce problème. Quatre sont indiquées sur le plan, une dans chaque faubourg de la ville; celle qui se trouve à côté des caves, derrière les Coutures, est en voie de construction grâce à l’initiative du Foyer Rémois. Chaque cité-jardin doit être étudiée comme un ensemble dans lequel se trouve compris tout ce qui peut aider à améliorer la vie de l’agglomération. Des rues plaisantes, des lotissements larges et profonds, des maisons isolées, des parcs et terrains de jeux à la portée de tous, des bâtiments et des foyers communs, bref, tout ce quipeut ajouter au charme, à l’hygiène, à la propreté des cités doit être largement prévu.
- Eau et égouts. — Reims est pourvue, heureusement, de très bonne eau en quantité plus que suffisante pour ses besoins actuels.
- En ce qui concerne les égouts, Reims n’est pas plus favorisée que les autres villes de France. Il n’existe d’égouts que pour les eaux pluviales et en
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- partie pour les eaux ménagères, et encore à peine pour un tiers de la ville : les deux autres tiers sont desservis par des caniveaux. Pour les matières fécales, il n’existe que des fosses, mais en ce moment, la ville fait étudier l’application d’un système de (t tout-à-l’égout » et approuver un règlement sanitaire modèle. Telles sont les grandes lignes du plan de reconstitution et d’extension de Reims.
- Nous avons tenu à les résumer parce que c’est un bel exemple de ce que peut réaliser la nouvelle science de l’urbanisme en tenant compte des souvenirs du passé et des besoins de l’avenir, et aussi, parce que, grâce à la Renaissance des Cités, c’est le premier qui ait reçu toutes les approbations nécessaires à sa prompte réalisation.
- A. Breton.
- LE TÉLÉPHONE ET L’EXPLOITATION DES VOIES FERRÉES
- Le téléphone présente d’incontestables avantages sur le télégraphe pour l’exploitation des voies ferrées à circulation intense et cependant, bien que son invention remonte à 1876, on ne songea, même dans la patrie d’Edison, à l’appliquer à la direction du mouvement des trains qu’en 1907. Mais depuis cette époque les chemins de fer américains perfectionnèrent les appareils téléphoniques spécialement construits dans ce but. Après divers pays d’Europe, notamment l’Angleterre et la Suède, la France vient d’adopter ce système, en le modifiant conformément aux règlements en usage sur nos réseaux.
- Aux États-Unis, le Despatching System (fig. J) se pratique de la manière suivante. On divise les lignes ferrées en tronçons de 8 à 10 kilomètres de longueur. Au commencement de chacune de ces sections, se trouve placé un agent responsable qui exécute les ordres du chef du mouvement ou dispatcher. Celui-ci, commandant d’une façon absolue un parcours de 200km. à400km.,a donc sous sa direction de 25 à 50 opérateurs de section; il surveille l’exécution du graphique de marche qui donne les heures d’arrivée, de départ et de passage aux stations ou cabines de blocks de tous les trains réguliers. Il fixe les heures de départ, les points de croisements et de dépassements des convois de marchandises. Il lui faut donc, pour l’établissement de son graphique, tenir compte des retards, accidents et autres modifications imprévues dans les horaires. En conséquence, le despatcher doit faire preuve de décision et de sang-froid, en expédiant tous les trains dans l’ordre de priorité convenable et avec le minimum de délai. En outre, il se tient en contact permanent par le télégraphe et le téléphone avec chaque chef de section, qui lui signale les heures de passage des trains et lui fournit tous renseignements utiles relatifs aux retards, accidents et autres événements survenus dans son rayon d’action.
- On réalisa d’abord ce programme le long des voies ferrées américaines au moyen de 3 circuits télégraphiques : l’un exclusivement réservé au despatcher, le second affecté au service d’intercommunication entre les diverses stations intermédiaires et le troisième purement local, destiné à relier entre eux deux postes de block successifs. A chacun de
- ces derniers se trouve, en outre, un tableau de coupure par où passent toutes les lignes télégraphiques, de manière que si une interruption se produit dans le circuit du chef de mouvement, on peut lui substituer un autre fil par la simple manœuvre d’un commutateur. Quand le dispatcher veut donner un ordre à un ou plusieurs opérateurs de block, il les appelle par la répétition de leur indicatif jusqu’à ce qu’il obtienne de tous la réponse « prêt à recevoir » ; il leur transmet alors l’ordre que chaque intéressé répète ensuite à tour de rôle. Au besoin, les postes non appelés peuvent prendre connaissance des messages adressés à leurs collègues en intercalant dans le circuit des appareils de passage, tandis que les chefs de sections correspondent de la même manière avec le dispatcher.
- Mais les appareils télégraphiques assurent moins aisément la correspondance parfois nécessaire entre le personnel d’un train en détresse à un point distant d’une gare ou d’un poste intermediaire. Il faut, en ce cas, recourir au poste télégraphique le plus voisin d’où retard dans le trafic. A la vérité, on essaya de remédier, à cet inconvénient en intercalant dans une ligne télégraphique spéciale amenée à hauteur d’homme le long d’un poteau un appareil manipulateur portatif dont on munissait chaque train. Toutefois, comme les agents des trains se montrent, la plupart du temps, de piètres télégraphistes et que les appareils fonctionnant seulement en cas d’alarme, sont souvent hors d’usage au moment opportun, le dispatching syslem ne devient réellement pratique que par l’emploi de téléphones spéciaux permettant au chef du mouvement de transmettre instantanément ses ordres à l’un quelconque des 50 à 60 opérateurs de section échelonnés le long de la voie et vice versa. De plus_afin d’accélérer encore l’exploitation, la « Western Electric Company » imagina des sélecteurs permettant au dispatcher d’appeler tel ou tel de ses chefs de blocks et à ceux-ci de se tenir en contact permanent avec lui pendant ses conversations. Ces ingénieux mécanismes facilitent également aux mécaniciens, chefs d’équipe delà voie ou conducteurs de trains en détresse (fig. 2) ignorant les manipulations télégraphiques, la connaissance immédiate de tous les événements du trafic susceptibles de les intéresser et la possibilité de
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- correspondre, à tout moment, même en pleine voie, avec le chef du mouvement.
- Depuis le 15 juin 1920, ce système téléphonique fonctionne sur la ligne Paris-Chartres, où M. Pié, inspecteur de l’exploitation des chemins de fer de l’Etat, dénommé pour la circonstancè « Régulateur des trains », fut chargé'dé l’installer sous la haute direction de M. l’inspecteur général Ilomolle, tout en respectant les dispositions prévues par les règlements, ordres généraux, instructions, avis ou circulaires en vigueur sur les réseaux français.
- Dans le bureau de la gare Montparnasse (fig. 5), occupé par M. le despatchcr Pié et ses deux aides, se trouve une boite à clefs posée sur une table et comportant 24 cases avec autant de clés d’appel, surmontées du nom des stations correspondantes (Poste 1 de Paris-Montparnasse, Vaugirard-Mar-chandises, Clamart, Versailles chantiers, Versailles matelots, Saint-Cyr, poste 14, Trappes (voyageurs), Trappes (triage), La Verrière, les Essarts-le-Roi, le Perray, Rambouillet, Epernon, Mnintenon, Jouy et Chartres), soit 17 postes. Une 18e clef permet d’ap-
- Fig. i. — Appareils téléphoniques ..du Dispatching System installés dans une cabine d’aiguillage
- aux États-Unis.
- Voici les principes de cette organisation nouvelle, qui sans nulle doute ne tardera pas à se généraliser sur certains tronçons de nos voies ferrées à trafic particulièrement intense. Un circuit téléphonique à double fil posé de Paris à* Chartres 'relie le Régulateur de trains avec les gares de son ressort. Ce fonctionnaire, grâce à un jeu de clefs convenablement disposées, peut à volonté appeler un de ces postes sans déranger les autres, entrer en relation téléphonique avec chaque opérateur pour lui transmettre ses ordres ou recevoir les renseignements nécessaires. Inversement, si un des chefs de gare veut parler au régulateur, il lui suffit de décrocher le récepteur de son poste pour entrer dans le circuit. Quand on cause dans la ligne téléphonique, il attend la fin de la conversation, qu’il ne doit interrompre qu’en cas d’urgence. 1
- peler tous ces derniers pour leur donner un ordre général ou l’heure exacte et 6 cases restent vides en vue des adjonctions ultérieures. Devant ce meuble, l’opérateur de service coiffé du casque à récepteurs, et le plastron transmetteur sur la poitrine, se tient constamment en écoute avec chacun des 17 postes de la section.
- D’autre part, une armoire renferme tout Y appareillage d'appel du poste principal (fig. 4), à l’exception des batteries de piles ou d’accumulateurs et des clés de sélection, groupées dans le meuble, posé lui-même sur la table de l’epérateur de service. Le chef du mouvement ou ses adjoints actionnent les clefs en tournant la manette d’un quart de tour, ce qui arme le grand ressort d’un mouvement d’horlogerie (fig.' 6). Une fois la clef lâchée, le mouvement d’horlogerie met en action une roue R (schéma
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- Fig. 2. — Employé d'un train en détresse communiquant avec le dispatcher, au moyen d’un poste téléphonique portatif raccordé au circuit par une perche extensible munie de cordons. (Chemins de fer des États-Unis.)
- fig. 5) partiellement dentée qui, pour chaque appel, exécute une rotation complète. Les dents Ki, K2 de cette roue Tiennent alors frotter contre des ressorts de contact qui ferment périodiquement les circuits d’un relais inverseur et provoquent l’envoi sur la ligne d’un certain nombre d’impulsions de courants alternés provenant d’une batterie d’appel unique placée au poste principal.
- Pour chaque appel, le nombre des impulsions inversées envoyées sur la ligne est toujours le même (17 dans le cas qui nous occupe) et elles agissent simultanément sur tous les sélecteurs des postes de stations échelonnées le long de la ligne.
- Les 17 impulsions ne sont pas envoyées simultanément sur celle-ci, mais en observant une certaine cadence, par exemple 12 impulsions, arrêt ; 5 impulsions, arrêt ; 2 impulsions, ou G impulsions, arrêt-, 4 impulsions, arrêt ; 7 impulsions, etc. On réalise ainsi un certain nombre de combinaisons possibles, qui déterminent combien 1a. ligne peut desservir de stations. Avec le système de clefs à 17 impulsions, le nombre de combinaisons atteint 78. Avec un autre type d’appareil de la Western Electric Cy, on arrive à 253 combinaisons. Toutes les clefs possèdent un même nombre de dents supérieur à 17 et elles se règlent, pour chaque poste, en couvrant simplement les dents en trop par deux secteurs pleins, dont les emplacements, sur le profil de la roue, fixent à l’avance la cadence observée dans l’envoi des 17 impulsions de courant, car ils déterminent
- la place des arrêts. De celte façon, chaque clef est réglée pour une des 78 combinaisons possibles et chacune d’elles correspond au poste de station dont le sélecteur comporte la même combinaison. Chaque clef constitue d’ailleurs un organe indépendant des autres et qu’on peut mettre ou enlever du tableau téléphonique en manœuvrant un simple verrou.
- Des résistances, des condensateurs et des bobines de self-inductances, complètent les organes d'appel du poste principal. Les résistances et les condensateurs, montés en dérivations sur les ressorts des clefs de sélection ainsi que sur les armatures et contacts d’un relai suppriment l’effet des étincelles de rupture. Les condensateurs en dérivation sur la ligne et les bobines de self-inductance en série avec elle adoucissent les émissions du courant d’appel, de manière que celles-ci ne .causent pas de claquements intolérables dans le récepteur du dispatcher constamment en écoute et qu’on puisse les envoyer au cours d’une conversation, sans créer des bruits parasites. Enfin un dispositif spécial permet au chef de mouvement de percevoir les signaux d’appel expédiés sur la ligne et de contrôler, par le fait, le fonctionnement de la sonnerie de la station appelée.
- Le poste te'le'phonit/ue du dispatcher comporte d’ordinaire un microphone-plastron, un récepteur * serre-tête, une bobine d’induction, un condensateur et une batterie de 3 piles sèches ou mieux des accumulateurs. Grâce à un commutateur constitué
- Fig. J. — Bureau du régulateur des trains à la gare Montparnasse
- à Paris.
- Devant la boîte à clés posée sur la table se tient l’opérateur de service coiflè du casque a récepteur, le plastron transmetteur sur la poitrine. 11 est constamment en rapport avec les postes de la section Paris-Chartres.
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- parune clef ou une pédale, comme à la’gareMontpar-nasse, l’opérateur ferme seulement le circuit microphonique pendant les conversations afin d’éviter une inutile usure de courant.
- Les organes d'appel de chaque slalion (fig. 7), rassemblés d’ordinaire dans une petite armoire, comprennent deux bobines de self, un (ondensateur, une sonnerie spéciale alimentée par une pile locale, une résistance, enfin un sélecteur qui en constitue la partie la plus importante. Il se compose essentiellement d’un électro-aimant polarisé, d'une résistance de 15 000 ohms, connecté en dérivation sur la ligne à travers un condensateur.
- Suivant la polarité de l’émission du courant de la batterie d’appel, l’armature de cet électro-aimant pivote dans un sens ou dans l’autre.
- L’armature actionne, par l’intermédiaire de leviers convenablement disposés, un jeu de cliquets d’arrêts et d’avancement qui font tourner une roue dentée, en avançant celle-ci d’une dent à chaque mouvement de l’armature.
- La roue dentée entraîne avec elle une roue légère, dite roue-code, percée de trous uniformément espacés dans lesquels on peut placer, en des points donnés, trois petites chevilles. Dans une certaine position, les chevilles peuvent venir s’engager dans le cran d’un ressort d’arrêt, réalisant ainsi l’immobilisation de la roue-code jusqu’à l’envoi du prochain train d’impulsions. Lorsque l’arrriature du sélecteur se trouve dans sa position de repos, les cliquets d’arrêt et d’avancement sont dégagés et la roue-code tend à revenir à sa position initiale sous l’action d’un ressort antagoniste. Mais le mouvement de retour étant lent et les impulsions qui
- font basculer l’armature se suivant rapidement, la roue n’a pas le temps de rétrograder et elle continue à avancer d’un nombre de dents égal à celui des impulsions envoyées sans arrêt.
- L’emplacement des chevilles dans la roue-code correspond à la combinaison d’appel prévue par le poste intéressé.
- Les émissions de courant envoyées sur la ligne
- actionnent les sélecteurs de toutes les stations qui avancent tous en même temps. En supposant que le nombre d’impulsions envoyées pendant la première série soit de 5, tous les sélecteurs a-vancentde 5 pas. Les sélecteurs disposés pour une combinaison comportant au dernier chiffre 5 sè trouvent à ce moment placés de telle façon que la première cheville soit engagée dans le cran du ressort d’arrêt, et, de ce fait, ils se maintiennent dans cette position pendant la durée de l’arrêt. Au contraire, tous les au 1res sélecteurs reviennent au repos par l’effet du ressort antagoniste.
- Lors de l’envoi delà deuxième série d’impulsions (4 par exemple), tous les sélecteurs avancent de 4 pas et ceux qui avaient été maintenus au premier envoi continuent leur avance. Au bout de ces 4 impulsions, le sélecteur 5-4-8 se trouve avoir^sa seconde cheville placée dans le cran du ressort d’arrêt et il est maintenu dans sa position 9 (5 -j- 4). Comme il n’y a qu’une seule combinaison commençant par 5 et 4, les autres sélecteurs qui s’étaient arrêtés après la première série reviennent au repos. Le troisième train de 5 impulsions est alors envoyé et le sélecteur 5-4-8 complète son mouvement et s’arrête, sa troisième cheville s’enclenchant dans ceLte position avec le ressort d’arrêt.
- Fig. 4-
- Appareillage d’appel du poste principal' de la gare Montparnasse. L’armoire (fermée en temps normal) est ouverte pour montrcr'les résistances, les condensateurs, les bobines de self, et les accus qu’elle renferme. Au-dessus de l’armoire : le parafoudre et la sonnerie.
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- POSTE CENTRAL
- ! Chef du mouvement >
- Ouest ou Nord
- POSTE DE STATION
- Fusibles ParaFoudres Self 4S000u
- U peda/ de conversatton H
- ûatterie principale /OO 3 JSO v
- Le circuit de Ja sonnerie locale se ferme lorsque la roue-code a avancé d’un total de 17 pas. On voit donc qu’un seul des secteurs dans tout le système aura fermé le circuit de la sonnerie et qu’un seul poste sera appelé.
- Pendant la transmission du second ou du troisième train d’impulsions, il arrive que. certains sélecteurs, possédant une combinaison correspondant à l’un des chiffres d’impulsions envoyé, peuvent être momentanément arrêtés (par exemple tous ceux ayant 4 comme premier chiffre restent accrochés après l’envoi de la deuxième série ; ou ceux qui ont le chiffre 8 après l’envoi de la troisième série); mais un seul obéit aux 17 impulsions et fait un mouvement complet : celui dont la combinaison correspond exactement à celle de la clé actionnée par le dispatcher.
- Quant aux autres appareils téléphoniques des postes de station, on les câble sur un circuit spécial dit « à haute efficacité ». Tout d’abord on met un condensateur dans le circuit du récepteur afin d’éviter l’affaiblissement des courants d’appel quand on décroche l’un de ces derniers. En outre, une clé spéciale, placée au-dessus du microphone, permet de modifier la disposition des organes du poste pendant la réception ou la transmission. La clé étant au repos, le transmetteur et la bobine d’induction se trouvent éliminés et le récepteur intercalé directement sur la ligne par l’intermédiaire du condensateur. En manœuvrant la clé, on complète le circuit du poste, car on intercale la bobine d’induction et on
- Sélecteur
- Fig. 5.
- Schéma du système téléphonique à sélecteurs. (Dispatching System)
- En service sur la ligne Paris-Chartres.
- diminue la perte du courant dans le récepteur en montant en série avec celui-ci une bobine de self-induction.
- Mainienant que, grâce à cette descriplion aride mais indispensable, nous connaissons les divers appareils, supposons pour fixer les idées, que le dispatcher veuille appeler le poste intermédiaire n° 2 dont le sélecteur correspond à la combinaison 2-3-12. 11 manœuvre la clé 2 réglée pour cette combinaison. Dès que celle-ci commence son mouvement, le circuit du relai 122 (schéma fig. 5) se ferme sur une batterie locale de 10 volts par le contact Iv4 et la masse K- de la clé, les appareils d’appel se trouvent alors reliés à la ligne pendant toute la durée de la révolution de la clé. A ce moment, le relai inverseur 26 entre enjeu et fonctionne chaque fois que le ressort K passe sur l’extérieur d’une dent, ce qui lui fait toucher le ressort K2
- C/e de sélecteur
- fers autres des de sé/ecteur
- fers re/a/s d’envoi de signai horaire
- -ISïS
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- Fig. 6. — Clé d’appel.
- Enlevée de sa boîte pour montrer le sélecteur et le mécanisme d’horlogerie.
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- - LE TÉLÉPHONE ET L’EXPLOITATION DES VOIES FERRÉES
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- qui ferme le circuit de la batterie de 10 volts sur le dit relai 26. Les impulsions de courant de la batterie d’appel sont alors envoyées sur la ligne et, par suite du fonctionnement du relai 26, elles changent de sens à chaque mouvement de celui-ci.
- L’emplacement des 2 secteurs pleins règle la cadence d’envoi des 17 impulsions, en l’espèce 2-5-12.
- Le sélecteur du poste 2, réglé pour le même indicatif, réussit donc à faire son tour complet et le contact de la pile locale du poste 2 se. trouve fermé sur la sonnerie qui fonctionne, provoquant l’appel de la station.
- L’armature de la sonnerie porte,en outre, un contact supplémentaire, qui connecte à la ligne, de façon intermittente, le circuit de sonnerie à travers un condensateur et une réds tance de 48 000 ohms. De ce fait, un ronflement s’entend dans le récepteur du poste principal, qui contrôle ainsi la production régulière des appels.
- L’agent du poste 2 décroche alors le récepteur de l’appareil téléphonique, se met en communication avec le disp atelier et prend connaissance des ordres qui lui sont transmis. Au contraire, si le fonctionnaire du poste, intermédiaire noi 2 désire transmettre un message mu lin rapport, il manœuvre simplement la clé et parle au dispatcher ou à un de ses adjoints, constamment en écoute sur la ligne téléphonique spéciale Paris-Chartres.
- Les essais de ce système, poursuivis depuis plusieurs mois par les chemins de fer de l’Ltat, ont donné toutes satisfactions pour la marche du service. Dans chacune des 17 gares intermédiaires, on a installé les appareils téléphoniques dans le bureau du « chef de sécurité » ou à proximité. Celui-ci a sous ses ordres des agents spécialisés devant annoncer sans délai au régulateur de Montparnasse les heures d’arrivée et de départ ou de passage de toutes les circu-
- Fig. ?. — Station de Vaugirard-marchandises.
- Un des 17 postes reliés au bureau du régulateur de trains de Montparnasse.
- lations, stationnements, manœuvres, retards, etc. Ces annonces, conçues dans la forme la plus brève, sont enregistrées par le dispatcher parisien qui trace un graphique de la marche et des arrêts de tous les trains, récapitule au bout de la journée les modifications survenues dans le trafic normal ainsi que leurs causes afin qu’on puisse y remédier. A l’aide de ces données, on a pu déjà obtenir sur ce tronçon de ligne des résultats très appréciables tels que
- marche correcte des express, diminution du stationnement des trains de marchandises afin d’obtenir une utilisation maximum du matériel ainsi que des é-quipes de locomotives et de conducteurs, etc. Le régulateur de trains est de plus un a-gent de liaison entre les grandes gares d’un arrondissement dont il coordonne les mou v emen ts. Aussi le Ministre des Travaux Publics se propose-t-il de prescrire l’emploi du dispatching System dans les centres d’engorgement, notamment les gares de triage ou les bifurcations importantes.
- En attendant ces applications générales, l’Administration des
- chemins de fer de l’État étudie l’installation d’un deuxième chef de mouvement à la gare Saint-Lazare avec deux opérateurs, un pour la ligne de Paris à Mantes par Poissy, l’autre pour celle de: Paris à Mantes par Argenleuil. Le P.-L.-M. a déjà établi deux postes de régulateur à Chalon-sur-Saône pour le trajet Dijon-Lyon. Le Nord monte actuellement des appareils téléphoniques similaires sur 4 tronçons de ligne se croisant à Longueau. Sur l’Est, un poste important de dispatcher est en cours d’établissement aux abords de Nancy. De son côté, le P.-0. installe le dispatching System entre Étampes et les Aubrais, entre Saint-Sulpice-Laurière etMontluçon. Enfin le Midi va équiper de la sorte la ligne Narbonne-Cette avec le régu dateur de train à Béziers. Jacques Boyer,
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- LE DÉPÉRISSEMENT DES ARBRES DE LA VILLE DE PARIS
- Les arbres de nos avenues ne sont pas seulement la parure de la ville mais aussi des facteurs de l’hygiène. A ces deux litres, les cent mille arbres de Paris représentent un capital inestimable.
- Mais en dépit des importants crédits qui leur sont consacrés, malgré les soins ininterrompus que leur donnent des équipes de spécialistes, nos plantations végètent, s’étiolent.
- Les Vernis du Japon, en particulier, sont atteints d’un mal qui, de l’avis général, offre tous les caractères d’une épidémie : même les pins vigoureux, disparaissent en effet, brusquement, par fdes entières, et la mortalité exceptionnelle qui les frappe s’étend bien loin, hors des limites de Paris. Les arbres des autres essences sont simplement affaiblis, atrophiés, peu florissants.
- On les voit rarement prendre l’ampleur dont ils sont capables ; leurs feuilles tombent parfois prématurément , et leurs formes perdent de bonne heure l’harmonie qui caractérise les frondaisons vigoureuses (fig. i).
- On en accuse généralement la qualité du sol, l’influence de la sécheresse, l’aération externe ou souterraine des arbres.
- Certes, nul ne peut nier l’importanee du rôle des éléments primordiaux tels que l’air, l’eau et la terre, mais nous soutenons que bien souvent on leur impute à tort ou d’une manière trop exclusive, la déchéance générale de nos plantations. Quelques arbres de toute beauté se rencontrent encore dans le lot immense des sujets atrophiés; ces exceptions elles-mêmes ne se produiraient pas, si l’atmosphère de Paris, constamment brassée par les vents et les variations locales de température, contenait des principes vraiment nuisibles à la végétation.
- L’aération parfaite des racines est parfois présentée comme un remède infaillible. Des analyses, il est vrai, semblent confirmer cette opinion, mais on peut citer, par contre, nombre de promenades provinciales recouvertes d’arbres séculaires magnifiques, et dont le sol durci, n’a, de mémoire d’homme, jamais été remué. D’autres expériences tendent à démontrer qu’un arbre d’environ 50 ans évapore annuellement plus de 100 tonnes d’eau. Or, le sol de Paris, constitué en grande partie de remblais, drainé par les galeries souterraines, les caves et les canalisations de toute nature, est rarement imprégné d’humidité naturelle, et les arrosages ne donnent pas même 5 mètres cubes d’eau
- à chaque pied d’arbre, du printemps à l’automne. Un tel écart est impressionnant, mais comment ne pas remarquer que le platane dont l’avidité est notoire, se développe dans Paris, mieux que les arbres des autres essences? Enfin, dès leur établissement, les plantations sont pourvues de terre végétale de bonne qualité, et dans les cas où l’on a cru à la pauvreté du sol ainsi constitué, ni l’amendement ni le renouvellement de celle terre n’ont donné des résultats encourageants.
- De même que ceux de Paris, les arbres des villes de province ne se trouvent pas toujours placés dans les meilleures conditions de croissance et souvent même, sont privés des soins les plus élémentaires ; la comparaison est néanmoins nettement défavorable aux plantations parisiennes.
- C’est qu’en outre des causes accidentelles de morbidité communes à tous les centres d’habitation, les grandes agglomérations urbaines présentent une tare qui leur est particulière et qui s’attache à leur condition même.
- Si la terre, l’eau, l’air même, retiennent toujours l’attention des arboriculteurs, la lumière échappe couramment, au contraire, à leurs investigations.
- C’est cependant sous son influence que s’opèrent les échanges vitaux ; la sève n'est apte à former le bois qu’après s’être élaborée dans les feuilles avec le concours des rayons solaires. Or, le tronc des arbres affaiblis laisse parfois s’écouler un liquide assez abondant; on professe en général que cette sorte de suppuration est une conséquence de la gelée. Il semble plutôt que ce soit là un retour de sève non élaborée faute d’action lumineuse, avec expulsion des corps inertes devenus nuisibles. Ce phénomène serait un des actes de défense si communs dans les organismes vivants.
- Dès l’équinoxe de printemps, les arbres de la campagne, illuminés de toutes parts, se développent avec une remarquable symétrie; ceux qui, dans Paris, sont isolés au milieu d’espaces également ensoleillés, ne leur cèdent en rien pour l'harmonie de leurs formes et la vigueur de leur croissance. On sait avec quelle énergie les plantes élevées dans l’ombre projettent leurs rameaux vers la lumière. Dans les forêts, c’est une véritable course au soleil ; de jeunes arbres s’y épanouissent sur des tiges grêles et démesurées; au premier déboisement, on
- Fig. i. — A gauche, marronnier languissant faute de lumière : élévation anormale; bois mort dans la zone d’ombre; J or me asymétrique.
- Au milieu, marronnier normal, vigoureux et sain.
- A droite, marronnier peu florissant : végétation ralentie par tme cause accidentelle autre que la lumière; disposition normale, peu de bois mort.
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- LE DÉPÉRISSEMENT DES ARBRES DE LA VILLE DE PARIS = 413
- les voit s’incliner jusqu’à terre, dès que leur manque l’appui des frondaisons voisines. Au sein des villes, l’ennemie, c’est la haute maison qui intercepte la lumière : l’ombre est, pour la végétation, la tare fondamentale propre aux grandes agglomérations urbaines.
- Un comprend, dès lors, pourquoi dans Paris les
- Ec fai rem f
- Ombrer
- Fig. 2
- *** élSfeWÔ'
- Fig 5.
- plantations de platanes sont les plus florissantes : ces arbres puissants possèdent la faculté de s’élever 'a grande hauteur lorsqu’ils sont gênés ; ils atteignent ainsi rapidement les régions très éclairées.
- Nous ne prétendons pas que la restitution intégrale de la lumière dont elles sont privées, constituerait, pour les plantations parisiennes, un remède invariablement efficace. Des causes accidentelles de langueur s’ajoutent parfois en effet à l’insuffisance de l’action solaire. \
- Mais, de même que ceux de Paris, les arbres des champs ne sont pas tous également beaux, et l’amélioration serait cependant considérable, si les plantaLions de nos boulevards devenaient comparables, en général, a celles de la campagne.
- Considérons un arbre dans une rue; les maisons supposées inexistantes, cet arbre recevra les rayons
- Ecfairement
- Er.fa/rcm f
- Fig- A-
- Fig. 2. — Voie de 3o mètres d'orientation nord-su.i Lignes d'ombre en fin avril.
- Fig. 3. — Voie de 3o mètres faisant tin angle de 3o° avec la direction nord-sud, en fin avril.
- Fig. 4.— Voie de 3o mètres faisant un angle de 6o° avec la direction nord-sud, en fin avril.
- Fig. 5.— Voie de 3o mètres, d’orientation est-ouest, en fin avril.
- du soleil depuis l’heure du lever jusqu’à celle du coucher, c’est-à-dire sur toute sa circonférence. Environné de hautes constructions, il n’est plus ensoleillé que pendant un temps réduit, lors du passage de l’astre dans le plan vertical de la rue. À ce moment, la voie est complètement illuminée, mais c’est alors aussi, que les arbres successifs se portent ombre mutuellement. Celte ombre est d’autant plus étendue que l’heure de l’éclairement total déjà rue est plus matinale, et que, par suite, le soleil est
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- 414 = LE DÉPÉRISSEMENT DES ARBRES DE LA VILLE DE PARIS
- plus bas sur l’horizon. La plupart dos sujets ombragés par les maisons riveraines d’abord, puis par leurs voisins, sont presque toujours privés des rayons solaires sur une grande partie de leur frondaison. Les figures 2 à 5 en sont la démonstration. Ces figures sont établies pour des avenues de 50 mètres de largeur, faisant respectivement des angles de 0°, 30°, 60° et 90° avec la direction Nord-Sud (*), et plantées d’arbres qui atteignent une hauteur de 15 m. Les maisons mesurent 20 m. ; les ombres sont celles de la fin du mois d’avril, époque vers laquelle les
- évitant de serrer les arbres les uns contre les autres. Il est d’usage de les planter à des intervalles de 5 à 10 mètres, appropriés seulement aux essences, en dehors de toute autre considération. Or, la gêne qu’un sujet apporte à son voisin varie, on l’a vu, suivant la direction de la rue, direction dont dépendent à la fois la durée de l’insolation et l’ampleur des ombres projetées (fig. 5 à 6).
- L’orientation est donc un facteur important qui doit intervenir au premier chef, dans la détermination des intervalles. Tant que ce facteur sera
- Fig. 8.
- Fig. 6. — Voie en direction nord-sud, ombre individuelle en fin avril à 12 heures. Distance de plantation : 10 mètres.
- big. 7. — Voie faisant un angle de 3o° avec la direction nord-sud, ombre en fin avril à 10 h. 40. Distance de plantation : 17 mètres.
- Fig. 8. — Voie faisant un angle de 6o° avec la direction nord-sud, ombre en fin avril à 8 h. 45. Distance de plantation : ip mètres.
- Fig. <) — Voie en direction est-ouest, ombre en fin avril à 6 h. 20 et à i/ h. 40. Distance de plantation : 65 mètres.
- échanges vitaux commencent à s'opérer avec intensité. L’examen simultané des figures montre bien qu’à peine dégagés de l’ombre des maisons, les arbres sont plongés dans celle du feuillage environnant. Et de la sorte, une portion de chacun d’entre eux n’est jamais exposée au soleil. Cette situation déjà déplorable dans les voies de trente mètres, est encore aggravée dans les rues de largeur moindre. Telle est la cause de l’analogie frappante qui existe entre l’aspect de la plupart desarbres de Paris, et l’aspect non moins pauvre de ceux qui, croissant au sein des forêts, sont dominés par leurs voisins.
- Il n’est évidemment pas possible de réduire le mal que causent les hautes maisons, mais on devrait s’efforcer, au moins, de ne pas l’étendre, en
- I Angles mesurés en sens inverse de la marche des aiguilles d’une montre. - -
- négligé, les plantations de Paris conserveront assurément l’aspect maladif qui leur est propre.
- De l’étude qui vient d’être faite, découle tout naturellement le mode d’évaluation des espaces à ménager entre les arbres. Il suffit de déterminer les lignes d’ombres individuelles qui se forment vers la fin d’avril, à l’heure du passage du soleil dans l’axe de la rue considérée, puis de placer les sujets successifs de telle façon que leur frondaison échappe à ces ombres.
- Nous nous bornerons aux tracés que comportent les quatre orientations principales déjà envisagées.
- Il est presque superflu d’ajouter enfin, que les ombres d’avril ainsi déterminées, sont plus étendues que celles des mois suivants, pendant lesquels la végétation s’opère avec activité.-
- Les intervalles obtenus peuvent être adoptés sans
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- LE CHAUFFAGE PAR CATALYSE
- 415
- discussion dans les deux premiers cas (fig. 6 et 7). Ils semblent déjà inadmissibles dans le troisième (fig. 8). Néanmoins, des intervalles de 17 mètres ne nous paraissent nullement prohibitifs, et les arbres s’en accommoderaient à coup sûr, en prenant k la faveur d’un grand espace, une ampleur à peu près inconnue de nos plantations. Les chiffres indiqués sont d’ailleurs fonctions de la hauteur des arbres. Etablis pour des essences susceptibles d’atteindre une hauteur de 15 mètres, ils devraient être réduits proportionnellement, si les sujets adoptés n’étaient capables que d’un moindre développement. On pourrait être ainsi conduit à choisir des arbres d’autant moins puissants, que la rue à pourvoir se rapprocherait plus de la direction Est-Ouest.
- L’intervalle de 65 mètres indiqué par la dernière figure est évidemment inacceptable. Mais, comme une file d’arbres, située le long des maisons sud, reste plongée dans l’ombre des constructions pendant presque toute la durée du jour ; comme, d’autre part, l’ombre, portée en avril par les maisons riveraines, se retire dès qu’approche le solstice d’été; on pourrait ramener à 10m. les intervalles dévolus aux plantations orientées de l’Est à l’Ouest, pourvu, toutefois, que les arbres soient choisis parmi les essences les plus tardives.
- Les résultats précédents, complétés par des interpolations de 15 en 15 degrés peuvent se résumer de la façon suivante :
- Intervalles convenant à des plantations d'arbres susceptibles d'atteindre une hauteur de 15 m.
- Voie orientée du Nord au Sud 10,n.
- Voie faisant un angle de 15°, 10m25
- — 30°, llm
- 45°, 15m
- — 60°, 17m
- — 75°, 15m(Essences tardives)
- Voie orientée de l’E. à l’O., 10m —
- Ces résultats paraîtront peut-être inacceptables à beaucoup. Mais s’ils heurtent certaines habitudes, ils sont en même temps la condamnation des procédés actuels et la justification de la thèse soutenue ici.
- Les intervalles étroits encore adoptés aujourd’hui s’expliquent par le désir des praticiens d’obtenir rapidement de belles perspectives. Mais rompre avec cet usage néfaste, ménager entre les arbres des espaces judicieusement évalués, sont les seuls moyens de combattre avec efficacité les conditions défavorables d’existence auxquelles sont soumises les plantations de Paris. X.
- LE CHAUFFAGE PAR CATALYSE
- En 1817, Humphrey Davy réalisait la lampe sans flamme. Une spire de platine préalablement chauffée et introduite dans un mélange d’air et de gaz combustible, hydrogène ou oxyde de carbone, reste incandescente tant que le mélange est renouvelé, en produisant de la vapeur d’eau et de l’acide carbonique sans que le platine soit en rien altéré. Pure expérience alors, source inépuisable de procédés nouveaux de nos jours. Le phénomène de la catalyse était découvert.
- Appliqué industriellement de multiples manières, il est resté de ceux encore inexpliqués pour lesquels de nombreuses hypothèses sont fournies et si nous ne pouvons essayer de les donner ici sans dépasser le cadre d’un article, nous pouvons en donner la définition suivante ; Un phénomène qui consiste en ce qu’une ou plusieurs substances se combinent ou se séparent sous l’influence d’un corps particulier qui ne prend aucune part à la réaction.
- L’argent en poudre, par exemple, décompose l’eau oxygénée sans être aucunement altéré; l’aniline est produite par le mélange d’hydrogène et de nitro-benzène en présence du noir de platine; la fabrication de l’acide sulfurique par le procédé dit de contact, est une application de la catalyse.
- Il revient à un Français, P. Sabatier, doyen de l’Université de Toulouse, prix Nobel, d’avoir attaché son nom à l’étude de ces phénomènes.
- Mais sans conteste, une des plus ingénieuses applications de ce principe a été l’utilisation non pas du phénomène chimique proprement dit, mais de la chaleur émise par ses réactions pour le chauffage!
- L’origine en fut comme pour pas mal d’autres appareils : la guerre. Dès l’hiver 1914-1915, notre aviation eut de nombreux déboires, lorsque, au reçu de l’ordre donné, il fallait partir en vol de reconnaissance ou autre, les radiateurs étaient vides pour éviter le gel ou leur eau trop froide; impossible de faire partir le moteur; du temps perdu, un but manqué.
- Il fallait parer à ces ennuis, maintenir l’eau et l’huile à une température suffisante pour qu’au premier lancé de l’hélice, le départ ait lieu et cela sans flamme, pour ne pas risquer de mettre le feu à un appareil toujours imbibé de produits inflammables, sans produits nocifs pour le personnel obligé de travailler alentour.
- MM. Louis Lumière et J. Herck ont résolu ce délicat problème en créant les réchauds catalytiques dont l’emploi depuis la guerre s’est généralisé pour
- Fig. i.
- Schéma delà lampe Thermix.
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- LE CHAUFFAGE PAR CATALYSE
- tout chauffage où le feu, l’explosion sont à craindre.
- Ces appareils, brevetés par les auteurs, utilisent l’essence de pétrole qui est décomposée par catalyse en vapeur d’eau et acide carbonique par le platine en présence de l’air.
- Un tapis À(fig. 1) formé d’amiante imprégné de platine, sert de fond à un tronc de cône B accolé par sa petite base à un autre tronc, de cône C qui, lui, est le fond supérieur d’un réservoir D.
- Ce réservoir est rempli d'un corps spongieux, en l’espèce du coton en nappe qui. absorbant l’essence que l’on y verse, évite d’avoir un excès de liquide.
- Une mèche E plonge dans ce réservoir et vient évaporer dans la chambre formée par le cône supérieur et le tapis.
- La réaction continue d’elle-mème après avoir été amorcée par un chauffage préalable du tapis qui constitue ensuite une surface chauffante de 250° dont l’activité se maintiendra tant que le réservoir D contiendra de l’essence.
- Quant au chauffage préalable du tapis, il s’obtient facilement par quelques gouttes d’essence ou d’alcool que l’on verse et enflamme sur le tapis, par une résistance électrique ou encore par un gaz carburé produit en insufflant avec une pompe à bicyclette, par exemple, de l’air par l’orifice de remplissage et que l’on allume au-dessus du tapis.
- Ainsi plus aucun danger n’est à redouter du fait que l’appareil en marche n’a aucune partie incandescente, qu’aucune flamme, cpi’aucune odeur ou produit nocif ne s’en dégagent.
- Le rendement est maximum du fait que l’essence est complètement décomposée sans résidu, développant sans aucune perte l’intégralité des 11000 calories environ qui représentent son pouvoir calorifique théorique.
- La Société des Réchauds catalytiques construit sur ce principe des appareils fort pratiques qui ont été
- baptisés Thermix.
- - Le Thermix n° 10 ( fig. 2 ), employé par l’armée pendant la guerre, est destiné à être placé par temps froid dans les capots des véhicules automobiles, a-fin d’éviter la vidange de l’eau du radiateur, de conserver à l’huile de graissage sa fluidité et une température suffisante au moteur pour 'permettre son départ au
- Fig. 4. — Thermix n° 3o.
- premier tour sans risquer d’épuiser les accumulateurs lorsqu’on dispose du démarrage électrique.
- Fig. 3. — Thermix n° 20.
- La consommation est de 18 à 20 grammes à l’heure. .
- Le Thermix n° 20 (fig. 5), de forme plus allongée et d’une puissance triple du précédent, a le même emploi, mais sa présentation, plus élégante, le recommande plus spécialement pour chauffer l’intérieur de la voiture.
- Les Thermix nos 50 et 60 (fig. 4 et 5) sont destinés au chauffage des appartements, non pas en concurrence avec les appareils classiques : poêles, calorifères, mais comme chauffage d’appoint pour relever de quelques degrés la température des'pièces où l’on désire séjourner ou pour les tempérer par temps frais : au printemps, à l’automne par exemple, alors qu’un fort chauffage n’est pas nécessaire pour les rendre confortables.
- Le n° 50 consomme à l'heure 60 gr. pour une capacité de chauffage de 50 m3; le n° 60, 120 gr. pour 60 m3.
- Des chaufferettes établies sur le même principe, pour la poche et le manchon, fonctionnent huit heures, avec une consommation horaire de 1 gr., servant aussi de brûle-parfum si sur la mèche ont été préalablement versées quelques gouttes du parfum favori.
- L’extinction de ces appareils est des plus simples, puisqu’il suffit de priver le tapis catalytique d’air pour que son activité cesse; dans ce but ils sont munis d’un couvercle ad hoc.
- Il est évident que les appareils Thermix, très pratiques, sont susceptibles de se prêler à de multiples applications autres que celles citées, et dont le nombre ne fera que ^u'g. 5. — thermix n° 60.
- croître avec la
- diffusion de ce curieux procédé de chauffage 'a la fois sans danger, économique et portatif.
- R. ViLCEr.s.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiure, 9, rue dé Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE
- QUARANTE-HUITIÈME ANNÉE — 1920
- DEUXIEME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Acacias fournisseurs de gomme arabique, 175.
- Académie des Sciences; comptes rendus des séances : 15, 50,45, 78, 95, 108, 126, 145, 159, 175, 191, 206, 222, 259, 270, 286, 310, 550, 565, 381. Acide benzoïque : nouvelle réaction caractéristique, 109.
- — carbonique : action prolongée sur
- les silicates et le quartz, 50.
- — cyanhydrique : action sur les vé-
- gétaux, 47.
- — cyanique : analyse rnieroehimique,
- 582.
- — iodique, 599.
- — libres et sucres chez les végétaux,
- 191.
- Aciers au nickel, 126.
- — au nickel : propriétés élastiques,
- 95.
- Aérienne (Navigation) à l’estime, 565. Aéroplane et grêle, 109.
- Aérotechniquc : appareils d’essais vie l’Institut de Sainl-Cyr, 213.
- Aïdour : caverne, 45.
- Aiguilles de Rabat, 192.
- Air : propriétés optiques, 500. Alcaloïdes et végétaux, 585.
- Alcool : deshydrogénation, 287.
- — et force motrice, 260.
- Supplément au
- Algues lloridécs : membrane, 287.
- — marines dans l’alimentai ion du
- cheval, 109.
- — marines lloridées indigènes, 286. Aliments végétaux : cuivre, 175. Aluminium : bronzes, 251.
- — : nickcluge, 46.
- Amines : nouvelle préparation, 15. Ammoniac gazeux : réaction caractéristique, 159.
- Ampoule nouvelle à 3 électrodes, 159. Amundsen : dernières nouvelles, 285. Anaphylaxie et anesthésie, 47. Anémomètre nouveau, 46.
- Anesthésie et anaphylaxie, 47.
- Angles : mesure et division par échelle rectiligne, 47.
- Antigènes, 582.
- Ànlipalhaires : formation du polypier, 582.
- Aplatissement de la terre, 286. Appareils de mesure : nouvelle classe, 222.
- Apprentissage et cours professionnels des fondeurs, 138.
- Arbres fruitiers de I’Indo-Chinc, 46.
- — de Paris : dépérissement, 412. Arilhmomètre de 'forcés y Quevedo,
- 89.
- Arséniale» : dosage, 585.
- Astres circulaires : images, 50. Astronomie au cinéma, 241.
- — : photographie en couleurs, 98. Athènes au xx° siècle, 511.
- Atmosphère : électricité, 99.
- — stellaires : pouvoirs absorbants,
- Aviateurs aux hautes altitudes, 115. Avions géants d’après guerre, 276.
- — : photographie pour la reconsti-
- tution des régions dévastées. 197.
- Azote : utilisation par le bucillus sub-tilis, 239.
- B
- Racillc subtilis : utilisation de l’azote, 239.
- lîagnoles-de-l’Orne : sources, 583. Bagnères-de-Luchon : sources thermales, 382.
- lialnéothèrapie, 588.
- Baltique : situation économique des nouveaux étals, 107.
- Basalte fondu, 222.
- Bateaux à propulsion hydro-aérienne, 551.
- — à voile : détermination de la vi-
- tesse en fonction du vent, 399. Beceari : silos zymolhermiques, 139. Belgique : organisation sociale du travail, 170.
- Betterave a sucre pendant la guerre, 95. Blé : matières azotées et acide phos-phorique, 286.
- Blessures du cerveau et fonctions mentales, 193.
- Bleu du ciel, 300.
- Bois : canaux sécréteurs, 271.
- — : laquage, 55.
- 222.
- Automobile électrique, 155. n° 2158 de La Nature du 25 décembre 1920.
- 27
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- 418 — ... .............
- Bouillies cupriques : action des eaux météoriques, 192.
- Brésil : diamants, 223.
- Bresse chalonnaise, 173.
- Briançonnais (Faciès), 582.
- Brome : chlorure, 47.
- — : dosage à l’élat de traces, 583.
- Bronzes d’aluminium, 251. •_ ' Brouillards : fréquence dans le Sahara oriental, 78.
- c
- Cadastre, 7.
- Caisse enregistreuse : industrie aux Étals-Unis, 118.
- Calcium et magnésium : dosage, 239. Cambodge : maniocs, 46.
- Cancer : curiethérapie, 372.
- Canons à longue portée, 152.
- Cantal : llore et travail des taupes, 287. Carence de vitamines et équilibre azoLé, 46.
- Caséine : matières plastiques, 289.
- Casse du vin, 50.
- Castel de las Aquillos cl Aiguilles de Babat, 192.
- Catalyse : oxydations par les corps non saturés, 192.
- — chauffage, 415.
- Catalyseurs colloïdaux : vieillissement, 173.
- uease : slruclurc de l'isthme, 383. Caverne de l’Aïdour, 15.
- Cellules naturelles : imitation remarquable, 79.
- Cerveau : blessures et fonctions mentales, 195.
- Célazines : hydrogénation, 46.
- Chaleur solaire et stellaire : origine, 108.
- Chamonix : catastrophes glaciaires, 129. Chardons à foulon : industrie, 585. Chariot transporteur-élévateur, 239. Chaulfage par catalyse, 415.
- Chemins de fer, 50.
- Cheval : répartition du zinc dans l'organisme, 382.
- Chloropicrine : action sur les levures, 46.
- Chlorure de brome, 47.
- Chronomètres : organes réglants, 223. Chronophotographie : nouvel emploi, 45. Chutes de l’Yguassu, 565.
- Cinéma astronomique, 241.
- Climat : variations et catastrophes glaciaires à Chamonix, 129.
- Cloches nouvelles : fonte, 182.
- Clous et vis : machine électrique à empaqueter, 95.
- Colloïdes : applications industrielles» 186;
- — : solutions, 47.
- Combustibles : valeur d’usage,. 108. Conduites d’eau et de gaz, 338.
- Congo : houille blanche, 206. Constructions navales : puissance de
- l’industrie française, 69.
- Cours d eau : régime et aménagement de la houille blanche, 219.
- Craler Lake, 11.
- INDEX ALPHABÉTIQUE :
- Crescograplie, 161.
- Croissance des plantes : crescograplie. 161.
- Croix-dc-Fcr : massif, 286.
- Cuivre dans les aliments d’origine végétale, 173.
- — : action sur les moisissures, 582.
- — : action favorable sur la végéta-
- tion, 108.
- — : pénétration par le zinc, 143. Curiethérapie du cancer, 372.
- D
- l)a, plante lexlile du Aiger français, 53. Damage et pilonnage pneumatiques, 47. Décharge électrique en boule, 273. Dératisons, 256.
- Diamants du Brésil, 223.
- Diélectrique : conslante de l’eau, 159. Dilatation causée par l’elfet Joule au contact de 2 solides, 46.
- Dimorphisme sexuel chez les Dvnastes, 310.
- Distributions électriques modernes, 526. Dureté des métaux : mesure, 230. Dynusles : dimorphisme sexuel, 319.
- E
- Eau : constante diélectrique, 159.
- — oxygénée et farines, 385.
- Eaux d’égouts : épuration, 47, 109.
- — météoriques : actions sur les
- bouillies cupriques, 192.
- — oxygénée : décomposilion par le
- platine colloïdal, 95.
- — potable : alimentation de Paris,
- 115.
- Échelle rectiligne appliquée à la mesure et à la division des angles, 47. Électricité atmosphérique, 99.
- — : décharge en boule, 273.
- — : grandes distributions modernes,
- '526.
- Electrilication de la sidérurgie, 201. Éléphant : découverte d’un squelette, 173.
- Empaquetage : machine électrique, 95. Énergie : ressources du monde, 229.
- — mécanique : transmission à l’aide
- d’une masse invariable de gaz, 398.
- — : transmissions par vibrations de
- l’eau dans les conduites, 190. 270.
- Épuration biologique artificielle des matières usées de l'habitation, 521.
- — des eaux d'égout, 47, 100. Essieux : fissuration, 30.
- États-Unis : industrie de la caisse enregistreuse, 118.
- Étoiles : déplacements apparents, 250.
- — : photographie en plein jour, 350
- — : pouvoirs absorbants des atmo-
- sphères, 222.
- Etoile du Cygne : spectre, 223.
- — variable nouvelle à courte période, 598.
- Explosifs cl poudres : fabrication pendant la guerre, 117.
- F
- Faïence line : fabrication, 166.
- Farines et eau oxygénée, 583.
- Fer électrolytique : recuit, 159.
- — oolithique : gisement algérien.
- 399.
- Fers tilanés : utilisation, 239.
- Ferreux : oxydation des sels. 120.
- Féry : pile électrique, 180.
- Fièvre aphteuse : traitement, 286.
- — — : virulence du lait, 206.
- — méditerranéenne, 383.
- Fissuration des essieux, 30.
- Fixateurs : formol et composés cliro-
- miques, 95.
- Flore du Cantal el travail des taupes, 287.
- Floridces indigènes, 286.
- — : membrane, 287.
- Flottage des minerais, 148.
- Fondeurs •' apprenlissagc el cours professionnels, 158.
- Fossiles crétacés, 582.
- France : gisements de pélrole, 382.
- G
- Galalhccs et Pagures : mœurs, 555. Garbariui : lampe, 578.
- Gaulicr (Armand), 143.
- Gaz de combat employés par l'Allemagne,
- ' 295-
- Gaz de combat employés par la France, 516, 552.
- Glaciaires : temps, 582.
- Glaciers : catastrophes dans la vallée de Chamonix, 129.
- Glucinium : chaleur d’oxydation, 287. Glucosane, 173.
- Gomme arabique : acacias fournisseurs. 173.
- Grêle cl aéroplane, 109.
- Grue la plus puissante du monde, 537. Guillaume (Charles-Édouard), prix Nobel de physique, 549.
- H
- Ualagc des bateaux et hélice aérienne, 123.
- Halogènes (Dérivés) du plomb et du thallium, 583.
- Haut fourneau, 75.
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-
-
-
- Hélice aérienne et halage îles bateaux, 123.
- Hélicoptères modernes, 21.
- Hélium, 564.
- Heure exacte sans instruments ni calculs, 45.
- llevca brasiliensis : formations ligneuses anormales dans l’écorce, 598.
- Horloge solaire de la Promenade des Anglais à Nice, 46, 209.
- Houille : oxydation, 109.
- — : blanche au Congo, 296.
- — —• : dangers, 5.
- — — : aménagement et régime des
- cours d’eau, 219.
- Houiller dans le Massif Central, 95. lloussav : théorie du vol des oiseaux, 287.
- Huiles végétales : remplacement du pétrole dans les moteurs coloniaux, 371. Hydraulique agricole au Moghreb, 225. Hydrogénation des cétazincs, 46. Hypnotiques : nouvelle classe, 287-
- I
- Inanition et composition chimique du lait, 95. /
- — : résistance des plantulcs, 286. Indo-Chine : arbres fruitiers, 46.
- — : pommiers, 15.
- — : soie, 270.
- Industrie : organisation moderne, 397. Institut aérotechnique de Saint-Cyr : nouveaux appareils d’essais, 215.
- J
- Joinville : laboratoire physiologique de l’armée, 359.
- L
- Lait : composition et inanition, 95.
- — : expertise simple et rapide,234.
- — : utilisation d’un sous-produit,
- 289.
- — : virulence dans la fièvre aph-
- teuse, 206.
- Lampe à arc rotatif pour projection, 578. Laquage des bois, 55.
- Légumes : séchage, 62.
- Levure alcoolique : apparition dans les vignobles, 225.
- Levures : action de la chloropicrine, 46. Lierre : maladie, 145.
- Loire : alimentation de Paris en eau potable, 115.
- Longwv : minerai du bassin, 95.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- M
- Machine électrique à empaqueter les clous et vis, 95.
- Magnésium et calcium : dosage, 239. Magnéton et sulfates anhydres, 581. Maniocs du Cambodge, 46.
- Marées : utilisation, 173, 585, 598. Maroc : un joli coin en pays dissident, 113.
- — : hydraulique agricole, 225. Marsouins : chair et peau utilisées rationnellement, 58.
- Massif Central : terrain houiller, 95. Massif de la Croix de Fer, 286. Mécanique du réglage, 30.
- Mémoire des mollusques, 177. Métallurgie électrique, 201.
- Métaux : mesure de la dureté et de la résilience, 250.
- Mexique : pétrole, 525.
- Minerai du bassin de Longwv, 95. Minerais : flottage, 148.
- Moisissures : action du cuivre, 582.
- — : action du sélénium, 582. Mollusques : mémoire, 177.
- Montres : fabrication des spiraux introduite en France, 105.
- Moteurs coloniaux : rremplacement du pétrole par les huiles végétales, 574. Mousses et sphaignes dans les cultures, 595.
- Mulli, nouvelle machine à multiplier, 59.
- N
- Navigation : lils d’Ariane, 501.
- — : nouveau procédé, 510. Nickelage de l’aluminium, 46. Nitriles : hydratation, 175. .
- O
- Océanographie : sous-marin, 239, 275.
- Oïdium : nouveau mode d’emploi du soufre, 223.
- Oiseaux : théorie du vol de F. Hous-. say, 287.
- Oiseaux utiles : protection, 65.
- Opacités : instruments de mesures, 345.
- Oplophone, 505.
- Ordures ménagères des villes : silos zymothermiques Bcccari, 139.
- Ouvriers : rendement, 206.
- Oxydations catalytiques par les corps non saturés, 192.
- 419
- P
- Pagures et Galathécs : mœurs, 355. Paliers modernes, 243.
- Paludisme : trioxyméthylène prophylactique, 95.
- Paris : alimentation en eau potable, 115.
- — : influence du milieu sur la race, 271.
- Patelle : retour au nid, 177.
- Peau : lésions produites, par les vési-cants, 95.
- — îles marsouins et requins utilisée rationnellement, 38.
- Pelle mécanique rotative Clerc, 174. Perle line : mode de formation, 17. Pétrole au Mexique, 525.
- — : gisements en France, 582.
- — : remplacement par les huiles
- végétales dans les moteurs coloniaux, 574-Phosphates : dosage, 585.
- Phosphore : spectre d’absorption pour les rayons X, 287.
- Photographie en avion appliquée à la reconstitution des régions dévastées,
- 197.
- — : en couleurs des phénomènes
- astronomiques, 98.
- — : des étoiles en plein jour, 350.
- — : phénomènes, 382. Photo-stéréo-synthèse, 398.
- Pile électrique nouvelle, 180.
- Pilonnage et damage pneumatiques, 47. Plantes alpines, 353.
- Plantules : résistance à l’inanition, 286. Platine colloïdal : décomposition de l’eau oxygénée, 95.
- Plomb : dérivés halogènes, 583. Pneumatiques : damage et pilonnage, 47. Pommiers à cidre de Bretagne et de Normandie, 271.
- — : d’Indo-CIbne, 15.
- Poudres et explosifs : fabrication pendant la guerre, 117.
- Pressions très hautes, 55.
- Prix Nobel de Physique : Charles-Edouard Guillaume, 349.
- Protection des oiseaux utiles, 65. Publicité : nouveau système, 64.
- R
- Race : influence du milieu parisien, 271. Racine : échanges gazeux avec l’atmosphère, 286.
- Radioactivité et fertilité du sol, 246. Radiographie digitale, 271.
- | Radium : réactions microchimiques, 287. Rayons X : spectre d’absorption du phosphore, 287.
- Rails : ruptures, 191.
- Rameaux : orientation dans l’espace, 582. Rais : destruction, 256.
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-
-
-
- 420 -..........-.........-....... -
- Rayon vert, 206.
- — — : théorie, 583.
- Réactions amorcées, 95.
- Réactivité, 565.
- Reconstitution des régions dévastées : photographies en avion, 197.
- Recuit du fer èlectrolytique, 159.
- Redresseurs à vapeur de mercure, 590.
- Régions dévastées : photographie en avion pour la reconstitution, 197.
- Réglage mécanique, 30.
- Régulateurs et régulation, 203.
- Reims : reconstruction, 401.
- Requins : chair et peau utilisées rationnellement, 58.
- Résilience des métaux : mesure, 230.
- Riveurs pneumatiques synchrones, 223.
- Rocking-chair : influence, 126.
- S
- Sahara oriental : fréquence des brouillards, 78.
- Saint-Cyr : nouveaux appareils d’essais de l’Institut Aérotechnique, 213.
- — : Institut Aérotechnique, 145. Sauterelle comestible, 49.
- Séchage des légumes, 62.
- Sélénium : action sur les moisissures 382.
- Sérine : propriétés, 206.
- Shoreham : tours mystérieuses, 255. Sicile : industrie du soufre, 85. Sidérurgie : électrification, 201. Silent-guide, 64.
- Silicates : action prolongée de l’acide carbonique, 50.
- Silicate de soude : effets physiologiques et thérapeutiques, 223.
- Silos zymothermiques Beccari, 159. Smyrne : couronne de l’Ionie, 1.
- Société hydrotechnique : travaux, .78. Soie en Indo-Chine, 270.
- — : industrie française et coloniale, 155.
- Sol : fertilité et radioactivité, 246.
- — : stérilisation partielle, 46. Solutions colloïdales, 47.
- Sonicité, 196.
- Soufre colloïdal, 223.
- — : industrie en Sicile, 85.
- — : traitement de l’oïdium, 223. Sources thermales de Bagnères-de-Lu-
- chon, 582.
- Sous-marin océanographique, 259, 275.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Spectre d’absorption du phosphore pour les rayons X, 287.
- — de la nouvelle étoile du Cvgne, 223.
- — dans l’ullra-violet extrême, 550. Sphaignes et mousses dans les cultures,
- 395.
- Spiraux de montres : fabrication introduite en France, 105. j
- Stérilisation partielle du sol, 46. |
- Sucre et acides libres chez les végétaux, 191.
- Sucre de canne : obtention biochimique à partir du gentianose, 109.
- Sulfates anhydres et théorie du magne-ton, 381.
- T
- Table antenne, 502.
- Taupes : travail souterrain et llore du Cantal, 287.
- T. S. F. avec fils, 93.
- Téléphone et exploitation des voies ferrées, 4ÜG.
- Termites : destruction, 225.
- Termite lucifuge : rois et reines, 46.
- Terre : aplatissement, 286.
- — arable : réveil. 398.
- Thallium : dérivés halogènes, 583.
- Thermomètres médicaux : vérification. 267.
- Tissus : résistance aux intempéries et aux rayons ultra-violets, 46.
- Torres y Qucvedo : amhmomètrc, 89.
- Tortue luth d’Oran, 15.
- Tours mystérieuses de Shoreham, 255.
- Tourbe : problème, 508.
- Transmission de l’énergie par vibrations de l’eau dans les conduites, 196, 270.
- Transport d’une pièce de 70 tonnes au moyen de tracteurs, 97.
- Travail : organisation sociale en Belgique, 170.
- Tremblements de terre et latitude, 173.
- Trioxyméthylène dans la prophylaxie du paludisme, 95.
- Tronçonneuses portatives pour bois en grumes, 127.
- Turbines à vent, 257.
- U
- Ultra-violet : résistance des tissus, 46' — extrême : spectres, 350. Urbanisme : reconstruction de Reims, 401.
- V
- Vagues : utilisation du choc, 583, 598. Vais de boire : alimentation de Paris on eau potable, 115.
- Vaseline : fabrication en France, 55(3. Végétation : action favorable du cuivre, 108.
- Végétaux : action del’acidecyanhydrique 47.
- — et alcaloïdes, 583.
- — : sucre et acides libres, 191.
- Vent balistique, 60.
- — : turbines, 257.
- •— : utilisation comme force mo-
- trice, 59.
- \ésicants : lésions cutanées, 95. Vibrations de l’eau dans les conduites :
- transmission de l’énergie, 196, 270. Vignobles : apparition de la levure alcoolique, 223.
- Vin : casse, 50.
- Vis : méthode de comparaison, 569. Vitamines, 175.
- — : carence et équilibre azoté, 46, Voies ferrées et téléphone, 406.
- Vol des oiseaux : théorie de Frédéric lloussay, 287.
- Vol à voile, 109, 517.
- Y
- ïguassu : chutes, 565.
- Z
- Zinc : pénétration du cuivre, 145.
- — : répartition dans l'organisme du
- ( cheval, 582.
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-
-
-
- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Auciideacon (Ernest). — Détermination de la vitesse des bateaux à voile en fonction du vent, 599.
- B. (À.). — Les tours mystérieuses de Shoreham, 255.
- B. (Paul). — Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, 15, 50, 45, 78, 95, 108, 120, 143, 159, 175, 191, 206, 222, 259, 270, 286, 310, 550, 365. 381, 398.
- Bacciai.on (Alexis). — La tortue luth d’Oran, 15.
- Balleyguier (André). —• Le cadastre, 7.
- Babbili.ion. — Régulateurs et régulation, 265.
- Bertin (Léon). — La théorie du vol des oiseaux de Frédéric lloussay, 287.—Le dimorphisme sexuel chez les Dynastes,
- 519. — Observations sur les mœurs des Pagures et des Galalhées, 355. — A propos des plantes alpines, 355.
- Boisseau (Jacques). — Voir Ranc.
- Boistiioiiel (S.). — Mesures rapides de la dureté et de la résilience des métaux, 250. — L’organisation industrielle moderne, 597.
- Bousquet (M.). — Damage et pilonnage pneumatiques, 47. L’hélice aérienne et le halage des bateaux, 125. — Les silos zymothermiques Beccari et les ordures ménagères des villes, 139. — L’épuration biologique artificielle des matières usées de l’habitation, 321.
- Bose (Sir Jagaois Ciiuxder). — Le crescograpbe, 161.
- Boyeu Jacques). — La « Multi », nouvelle machine à multiplier, 30. — La fabrication des spiraux de montres introduite en France, 103. — Tronçonneuses portatives pour bois en grumes, 127. — Les aviateurs aux hautes altitudes, 145. — On fond de nouvelles cloches, 182. — Les nouveaux appareils d’essais de l’Institut Aérotechnique de Saint-Cyr, 215. — Chariot transporteur élévateur, 239. — Les instruments propres à mesurer l’opacité et leurs applications scientifiques, 545. — Le laboratoire physiologique de l’armée française, 359. — Méthode de comparaison des filets de vis, 569. — Le téléphone et l’exploitation des voies ferrées, 406.
- Breton (A.). — L’astronomie au cinéma, 241. — Bateaux à propulsion hvdro-aérienne, 351.— Un exemple d’urbanisme : la reconstruction de Reims, 401.
- Camichel (C.). — Sur la transmission de l’énergie par les vibrations de l’eau dans les conduites, 196.
- Catherine (Henri). — La sauterelle comestible, 49. — Un joli coin du Maroc en pays dissident, 113 — L’hydraulique agricole au Moghreb, 225.— La houille blanche au Congo,296.
- Combe (G.). — Les chutes de l’Yguassu, 565.
- Coruevon (Henry). — Les mousses et les sphaignes dans les cultures, 595.
- Dadre (Ernest). — La soie en Indo-Clnne, 270.
- Dessol (A.). — Le flottage des minerais, 148. — Les ressources du monde en énergie, 229.
- Diguet, (Léon). —La perle fine et son mode de formation, 17.
- Dosne (P.). — La table antenne, 302.
- Forbin (Y.). — Un cratère dans un parc, 81.
- Gages (Général). — Le haut fourneau, 75.
- Garrigou (Dr F.). — Le Castel de las Aguillos et les Aiguilles de Rabat, 192.
- Gautier (Colonel Ch.). —L’horloge solaire de la Promenade des Anglais à Nice, 209.
- Godard (André). — La protection des oiseaux utiles, 65.
- Guérin (René). — Le laquage des bois, 55. — Les bronzes d’aluminium, 251.
- H. (G.). — Les paliers modernes, 243.
- Hamklin (G.). — La balnéothérapie et son action, 388.
- Herrera (A.-L.). — Imitation remarquable des cellules naturelles, 79.
- Hutin (Albert). — La chair et la peau des requins et des marsouins utilisée rationnellement, 38.
- Icard (Dr S.). — Expertise simple et rapide des laits, 234.
- Idrac (P.). — Le vol à voile, 547.
- J. — Les conduites d’eau et de gaz, 358.
- Koehler (A.). — L’industrie du soufre en Sicile, 85.
- Lacassagne (D1' Antoine). — La curiethérapie du cancer, 572.
- Laeargue (Xavier). — Utilisation d’un sons-produit du lait,289.
- Lallié (Norbert). — La lampe à arc rotatif pour projection, 578.
- Lanorville (Georges). — La fabrication de la faïence fine, 166.
- Leduc (Stéphane). — Décharge électrique en boule, 273.
- Lefranc (Jean-Abel). — Les hélicoptères modernes, 21. — Avions géants d’après-guerre, 276.
- Leplae (Edm.). — Remplacement du pétrole par les huiles végétales dans les moteurs et tracteurs coloniaux, 574.
- Liurette (H.). — Le vol à voile, 109.
- M. (E.-A.). — La caverne de l’Aïdour, 45.
- M. (H.). — Un nouveau système de publicité : le Silcnt-Guide, 64.
- M. (R.). — Dératisons! 256. — La radiographie digitale. 271.
- Marchand (Henri). — L’automobile électrique, 135. — L’op-lophone, 305.
- Mignard (Dr M.). — Les blessures du cerveau et les fonc tions mentales, 195.
- Moureu (Ch.). — Les gaz de combat employés par l’Allemagne, 294. — Les gaz de combat employés par la France, 516, 552.
- Pawlowski (Auguste). — La puissance de l’industrie française de la construction navale, 69. — La métallurgie électrique et l’électrification de la sidérurgie en France, 201. — L’aménagement de la houille blanche cl le régime des cours d’eau, 219. — La fabrication de la vaseline en France, 356v
- Pecii (L.). — Les dangers de la houille hlanchc, 5. — L’alimentation de Paris en eau potable, 115.
- Petit (Gabriel). — La fertilité du sol et la radioactivité, 240.
- Piéron (Henri). — Le retour au nid de la Patelle et la mémoire des mollusques, 177. — Le rayon vert, 206.
- Rabot (Charles). — La situation économique des nouveaux états baltiques, 107. — Les catastrophes glaciaires dans la vallée de Chamonix au xvnc. siècle et les variations climatiques, 129. — Dernières nouvelles d’Amundscn, 285. — Le pétrole au Mexique, 525.
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-
-
-
- 422 r------------LISTE DES AUTEURS
- Iîanc (Albert). — L’industrie française de la soie et la scri-.ciculture coloniale, 155.
- Rang (Albert) et Boisseau (Jacques). — L’alcool et la force motrice, 260.
- Renaiid (Marius). — L'organisation sociale du travail en Belgique, 170. -
- Reverciion (Léopold). — L’indusfric de la caisse enregistreuse aux jntats-Unis, 118.
- Rolet (Antonin). — Le séchage des légumes, 62. — 1,'industrie des chardons à foulon, 385.
- Rouen (J.). — Le vent balistique, 60.
- Roussiliie (H.). —- La photographie en avion appliquée à la reconstitution des régions dévastées, 197.
- T. (M.). — Smyrne, la couronne de l’Ionie. 1. — Athènes au xx° siècle, 311.
- Teciikos. — L’apprentissage et les cours professionnels des fondeurs, 138.
- Troller (A.). — L’électricité atmosphérique, 99. — Une nouvelle pile électrique, 180. — Les grandes distributions électriques modernes, 520.
- Toucuet (E.m.). r— Photographie en couleurs des phénomènes astronomiques, 98.
- V. (R.). — T. S. F. avec fils, 93. — Ampoule nouvelle à 3 électrodes, 159.— Le basalte fondu, 222. -L’hélium, 564.
- Vigneron (H.). — Les très hautes pressions, 55. —L’arithmo-inètrê de M. Torrès y Quevedo, 89. — Les colloïdes et leurs applications industrielles, 186. —• Le bleu du ciel et les propriétés optiques de l’air, 300. — Le problème de la tourbe, 508. — Les redresseurs à vapeur de mercure de grande puissance, 390.
- Yiguier (Dr). — L’heure exacte sans instruments et sans calculs, 43.
- Vili.ers (R.). — Transport d’une pièce de 70 tonnes au moyen de tracteurs, 97. — Les canons à longue portée, 152.— Le chauffage par catalyse, 415.
- Vitoux (Dr Georges). — La vérification des thermomètres médicaux, 267.
- Vuillet (Jean). -- Le I)a, plante textile du Niger français, 53.
- Wi:iss (E.). — L’utilisation du vent comme force motrice, 59. — Machine électrique à empaqueter les clous et vis, 95. — La pelle mécanique rotative Clerc, 174. - Utilisa-
- tion de deux riveurs pneumatiques synchrones, 225. — Turbines à vent, 257. — La grue la plus puissante du monde, 557.
- X. — Un sous-marin océanographique, 275. — Le dépérissement des arbres de la ville de Paris, 412.
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-
- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique* imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques. N
- I. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Comptes rendus des séances (Paüi. B), 15, 30, 45, 78,
- 95, 108,126.143, 159, 175. 191, 206, 222, 239, 270,
- 286, 310, 350, 365, 381 ........................ 598
- Il - MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- « Multi », nouvelle machine à multiplier (J. Boyer). . 50
- L’heure exacte sans instruments et sans calculs (Dr Vi-
- guier)..................................... . 43
- L’horloge solaire de la Promenade des Anglais à Nice
- (Colonel C. Gautier)................................209
- L’astronomie au cinéma (A. Breton).....................241
- Images des astres circulaires.......................... 50
- Nouvelle horloge solaire .............................. 46
- L’échelle rectiligne appliquée à la mesure et à la
- division des angles................................. 47
- Origine de la chaleur solaire et stellaire............108
- Sur une nouvelle classe d'appareils de mesure . . 222
- Pouvoirs absorbants des atmosphères stellaires . . 222
- Organes réglants des chronomètres......................223
- Spectre de la nouvelle étoile du Cygne................223
- Déplacements apparents des étoiles.................. . 239
- Nouvelle étoile variable à courte période..............398
- III. - SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. Physique.
- Les très hautes pressions (II. Vigneron) ................... 55
- Les colloïdes et leurs applications industrielles (H. Vigneron) ........................................................186
- Les ressources du monde en énergie (A. Dessoi.) * . . 229
- Mesures rapides de la dureté et de la résilience des métaux (S. Boistiiorei.)...................................... 230
- Les instuments propres à mesurer l’opacité et leurs
- applications scientifiques (J. Boyer) ...............
- Le prix Nobel de physique : Cli.-Ed, Guillaume . . . Dilatation causée par l'effet Joule au contact de
- 2 solides............................................ 46
- Les solutions colloïdales............................... 47
- Propriétés élastiques des aciers au nickel. .... 95
- La constante diélectrique de l'eau.................. 195
- Le recuit du fer électrolytique ........................159
- Vieillissement des catalyseurs colloïdaux , . . , . 173
- Spectres d’absorption du phosphore pour les rayons X 287
- Les spectres dans Vultra-violet extrême............350
- Propriétés mécaniques des corps plastiques .... 565
- Les sulfates anhydres et la théorie du mugnclon. . 381
- 2. Chimie.
- Armand Gautier.................................... 143
- Les bronzes d’aluminium (R. Guérin)................251
- Le problème de la tourbe (H. Vigneron).............308
- L’hélium (R. V.)....................................564
- Nouvelle préparation des amines..................... 15
- Action prolongée du gaz carbonique sur les silicates
- . et le quartz.................................... 50
- Le nickelage de F aluminium......................... 46
- L'hydrogénation des célazines....................... 46
- A propos du chlorure de brome....................... 47
- Sur quelques réactions amorcées..................... 95
- Décomposition de l'eau oxygénée par le jilatine
- colloïdal...................................... 95
- Obtention biochimique du sucre de canne a partir
- du gentianose....................................109
- L’oxydation de la houille...........................109
- Nouvelle réaction caractéristique de l'acide benzoïque 109
- A propos des aciers au nickel.............. 126
- L'oxydation des sels ferreux........................126
- Pénétration du cuivre par le zinc...................143
- Réaction caractéristique de l’ammoniac gazeux . . 159
- Sur la glucosahe....................................175
- Hydratation des ni tri le s.........................173
- Oxydation catalytique par les corps non saturés. . 192
- Le soufre colloïdal.................................225
- Constitution de certains fers iilanès...............259
- Dosage du calcium et du magnésium...................239
- Chaleur d'oxydation du glucinium.................. 287
- Réactions microchimiques du radium..................287
- Déshydrogénation des alcools........................287
- Analyse microchimique dé l'acide c y unique .... 582
- Les sources thermales de Ragnères-dc-Luchon . . . 582
- Les dérivés halogènes dit, plomb et dit thallium . . 383
- Dosage du brome à l'état de traces..................585
- Dosage des phosphates et des arséniates.............385
- Les_sources de Ragnoles-de-l'Orne............... . . 383
- A propos de l’acide indique.........................399
- 1. Géologie. — Physique du globe.
- Les catastrophes glaciaires dans la vallée de Chatrionix au xvii° siècle et les variations climatiques (C. lUtiot) 129 Le basalte l'ondu (R. V.). ............. 222
- 545
- 519
- IV. — SCIENCES NATURELLES.
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-
-
- 424 — ~TABLE
- Le minerai du bassin de Longwy...........
- Le terrain houiller dans le Massif Central et à ses
- abords . .............................
- Les tremblements de terre et la latitude.
- Les diamants du Brésil...................
- L'aplatissement de la terre..............
- Massif de la Croix-de-Fer................
- Les gisements de pétrole en France...... .
- Considérations sur les temps glaciaires..
- A propos des fossiles crétacés...........
- Les terrains à faciès briançonnais.......
- La structure de l'isthme caucasique......
- Gisement algérien de fer _ool.itbique....
- 2. Météorologie.
- L’électricité atmosphérique (A. Trotter)............
- La rayon vert (H. Piéron)...........................
- Le bleu du ciel et les propriétés optiques de l’air
- (11. Vigneron)...................................
- Un nouvel anémomètre ...............................
- Fréquence des brouillards dans le Sahara oriental. La théorie du rayon vert............................
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- La tortue luth d’Oran (A. Ba.cciai.on)..............
- La perle fine et son mode de formation (L. Diguet) . . La chair et la peau des requins et des marsouins utilisée rationnellement (A. Hütin)......................
- La sauterelle comestible (II. Catherine) . .........
- La protection des oiseaux utiles (A- Godard)........
- Imitation remarquable des cellules naturelles (A.-L.
- IIerrera)........................................
- Le retour au nid de la Patelle et la mémoire des mollusques (II. Piéron)............. ..................
- Théorie du vol des oiseaux de F. Houssay (L. Bertin). Le dimorphisme sexuel chez les Dynastes (L. Bertin) . Observations .sur les mœurs des Pagures et des Gala-
- thées (L. Bertin) ...............................
- Le laboratoire physiologique de l’armée française (J.
- Boyer)...........................................
- Bois et reines du Termite lucifuge..................
- Anesthésie et anaphylaxie ...........
- Fixateurs : mélanges de formol et de composés chro-
- miques...........................................
- A propos des vitamines..............................
- Découverte d’un squelette d’éléphant ...............
- Propriétés de la sérine ............................
- Destruction des termites. . . . . . . ..............
- Utilisation de l’azote par le Bacilhis subtilis . . .
- Nouvelle classe d’hypnotiques. .....................
- Répartition du zinc dans l’organisme du cheval . . La formation du polypier chez les Antipathaires . .
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Le Da, plante textile du Niger français (J. Yuittet). .
- Le séchage des légumes (A. Rolet)..................
- Le crescographe (Sir,I.-C. Bose)...................
- La fertilité du sol et la radioactivité (G. Petit), . . . A propos des plantes alpines (L. Bertin) . . ... . Mousses et sphaignes dans les cultures (H. Correvon) . Le dépérissement des arbres de la ville de Paris (X.) . Les pommiers de TIndo-Chine . . . . . . . . . .
- La casse du vin....................................
- Stérilisation partielle du sol. ..........
- Les maniocs du Cambodge . ... .....................
- Les arbres fruitiers de VÏndo-Chinc..................
- MATIÈRES
- Action de la chloropicrine sur les levures.......... 46
- Action de l’acide cyanhydrique sur les organismes
- végétaux......................................... 47
- La betterave à sucre pendant la guerre............. 95
- Action favorable du cuivre sur la végétation . . . 108
- Les algues marines dans l'alimentation du cheval. 109
- Une maladie du lierre................................145
- Les acacias fournisseurs de gomme arabique . . . 175
- Sucre et acides libres chez les végétaux............191
- IJ action des eaux météoriques sur les bouillies cupriques ............................................192
- Nouveau mode d’emploi du soufre dans le traitement de l’oïdium....................................225
- Apparition de la levure alcoolique dans les vignobles .............................................. 225
- Les pommiers à cidre de Bretagne et de Normandie .............................................271
- Les canaux sécréteurs du bois.......................271
- Résistance des plan Iules à l’inanition.............286
- A propos de certaines algues marines floridées indigènes...............................................286
- Echanges gazeux de la racine avec l'atmosphère. . 286
- Matières azotées et acide phospborique du blé. . . 286
- Travail souterrain des taupes et flore du Cantal . 287
- Membranes de quelques algues floridées..............287
- L'orientation des rameaux dans l'espace. ..... 582
- L’action du cuivre sur les moisissures..............582
- L’action du sélénium sur les moisissures............582
- L'eau oxygénée et les farines..................... . 585
- Les alcaloïdes et les végétaux......................585
- Le réveil de la terre arable........................598
- Formations ligneuses anormales dans l'écorce d’Hevea brasiliensis........................................598
- V. — GÉOGRAPHIE - ETHNOGRAPHIE.
- Smyrnc, la couronne de l’Ionie (M. T )................ . 1
- La caverne de l’Aïdour (E.-A. M.)..................... 45
- Un cratère dans un parc (V. Forbin) .................... SI
- Situation économique des nouveaux états baltiques
- (C. Rabot)..........................................107
- Un joli coin du Maroc en pays dissident (U. Catherine). 115
- Le Castel de las Aquillos elles Aiguiles de Rabat (D'F.
- Garrigou)........................................... 192
- L’hydraulique agricole au Moghrcb (U. Catherine). . . 225
- Dernières nouvelles d’Amundserr (C. Rabot) ..... 285
- La houille blanche au Congo (H. Catherine).............296
- Athènes au xx° siècle (M. T.)...........................311
- Le pétrole au Mexique (Ch. Rabot).......................525
- Les chutes de l’Yguassu (G. Coure) ......... 565
- La Bresse chalonnaise...................................175
- L’influence du milieu parisien sur la race .... 271
- VI. — HYGIÈNE. - MÉDECINE.
- L’apprentissage et les cours professionnels des fondeurs (Tecrnos) ....................................... 158
- Les silos zymoihermiques Beccari et les ordures ménagères des villes (M. Bousquet) ........................159
- Organisation sociale du travail en Belgique (M. Renard). 170 Les fonctions mentales et les blessures du cerveau (I)1'
- M. Mignard).............. ...........................195
- Expertise simple et rapide des laits (br S. Ic.ard) . . . 234
- Dératisons! (R. M.). ............................ 256
- Vérification des thermomètres médicaux (Dr G. Vitoux). 267 L’épuration biologique artificielle des matières usées
- de l’habitation (M. Bousquet),.........................521
- La balnéothérapie et son action (G. Uajielin)...........588
- DES
- 95
- 95
- 173
- 223
- •286
- 286
- 382
- 582
- 382
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- 585
- 599
- 99
- 206
- 500
- 46
- 78
- 583
- 15
- 17
- 58
- 49
- 65
- 79
- 177
- 287
- 319
- 355
- 359
- 46
- 47
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- 582
- 582
- 33
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- 161
- 246
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- 412
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- 50
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- 46
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-
-
- :::....... ...... ' TABLE
- La curiethérapie du cancer (Dr Lacassagke).......
- L'épuration des eaux d’égout...............47,
- L'inanition et la composition chimique du lait . . L’emploi du irioxyméthylène en prophylaxie antipaludique..........................................
- Influence du rocking-chair.......................
- Le cuivre dans les matières alimentaires d’origine
- végétale......................................
- Rendement des ouvriers............................
- Virulence du lait dans la fièvre aphteuse........
- Effets physiologiques et thérapeutiques du silicate
- de soude..................................
- Traitement de la fièvre aphteuse.................
- Les antigènes....................................
- La fièvre méditerranéenne........................
- VII. - SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- L'utilisation du vcnl comme force motrice (E. Weiss) .
- Le laquage des bois (H. Guérin)......................
- Un nouveau système de publicité : le Silent-Guide
- ("• M.) . . . . . . '.............................
- Le haut fourneau (Général Gagis).....................
- L’induslric du soufre en Sicile (A. Koeiii.er).......
- Machine électrique à empaqueter les clous et vis (E.
- Weiss)...........................*................
- Fabrication des spiraux de montres introduite en France
- (J. Boyer)........................................
- L’industrie de la caisse-enregistreuse aux Etats-Unis
- (L. Reverciion)...................................
- Tronçonneuses portatives pour bois en grumes (J.
- Boyer)............................................
- Le llottagc des minerais (A. Dessol). ........
- L’industrie française de la soie et la sériciculture coloniale (A. Rang).............................
- Fabrication de la faïence fine (G. Lanorville).......
- On fond de nouvelles cloches (J. Boyer)..............
- Sur la transmission de l’énergie par les vibrations de
- l’eau dans les conduites (C. Camichel)............
- Chariot transporteur élévateur (J. Boyer)............
- Les paliers modernes (G. II.)........................
- Turbines à vent (E. Weiss)...........................
- L’alcool et la force motrice (A. Ranc et J. Boisseau). .
- Régulateurs et régulation (Batusillion)..............
- Utilisation de deux riveurs pneumatiques synchrones
- (E. Weiss)........................................
- La soie en Indochine (E. Badré)......................
- Utilisation d’un sous-produit du lait (X. Lafargue) . . La grue la plus puissante du monde (E. Weiss). . . .
- Les conduites d’eau et de gaz (.1.)..................
- La fabrication de la vaseline en France (A. Pawlowski). Méthode de comparaison des filets de vis (J. Boyer) . . L’industrie des chardons à foulon (A. Bolet). .... Organisation industrielle moderne (Boistiiorel) ....
- Le chaullagc par catalyse (R. Yillers)...............
- Problème de la mécanique du réglage..................
- Fissuration de certains essieux......................
- Résistance des tissus aux intempéries et aux rayons
- ultra-violets............................... . . . .
- Valeurs d’usage des combustibles.....................
- Utilisation de ta force des marées ........
- Lçs ruptures de rails . . ......................
- Transmission de l'énergie dans les conduites d’eau. Transmission d'énergie mécanique à l'aide d'une masse invariable de gaz..............................
- 2. Photographie.
- Photographie en couleurs des phénomènes astronomiques (E.u. Tooc h et) . . . .........................
- MATIÈRES .. , ....;.....= 425
- Un nouvel emploi de la chronophotographie. ... 45
- Photographie des étoiles tn plein jour........ 550
- Les phénomènes photographiques.................582
- Photo-stéréo-synthèse..........................398
- 3. Electricité.
- T. S. F. avec fils (R. Y.)............................... 93
- Ampoule nouvelle à 5 électrodes (R. V.) .............159
- Une nouvelle pile électrique (A. Troller).............. 180
- La radiographie digitale (R. M.)..........................271
- Décharge électrique en boule (S. Leduc)................275
- La table antenne (P. Bosse)...............................302
- L’optophonc (IL Marchand).................................505
- Les grandes distributions électriques modernes (A.
- Troller)..............................................526
- Les redresseurs à vapeur de mercure de grande puissance (H. Yigneron).......................................390
- La lampe à arc rotatif pour projection (N. Lallik). . . 578
- 4. Travaux publics. — Art do l’ingénieur.
- Les dangers de la houille blanche (L. Pecii).......... 5 ».
- Damage et pilonnage pneumatiques (M. Bousquet). . • 47
- L’alimentation de Paris en eau potable (L. Pech). . . 115 La pelle mécanique rotative Clcre (E. Weiss). ... 174
- La métallurgie électrique et l’cleclrilication de la sidé- ,
- rurgie en France (A. Pawlowski)...................201
- L’aménagement de la houille blanche et le régime des
- cours d’eau (A. Pawlowski)........................219 -
- Utilisation de la force des marées et du choc des vagues
- de la mer................................... 385, 598
- La reconstruction de Reims (A. Breton)................401
- Travaux de la Société hydrotechnique............... 78
- 5. Transports.
- Les chemins de fer................................. 50
- Transport d’une pièce de 70 tonnes au moyen de tracteurs (R. Yillers)................................ . 97
- Automobile électrique (U. Marchand)................155
- Remplacement du pétrole par les huiles végétales dans les moteurs et tracteurs coloniaux (E. Leplae) . . . . 574
- Le téléphone et l’exploitation des voies ferrées (J. Boyer). 406
- 6. Aviation et aéronautique.
- Le cadastre (G. Balleyguieu).............................. 7
- Les hélicoptères modernes (J.-A. Leeranc;............... 21
- Le vol à voile (IL Liürette)............................ 109
- Les aviateurs aux hautes altitudes (J. Boyer). .... 145
- La photographie en avion appliquée à la reconstitution
- des régions dévastées (H. Roussiuie)................197
- Les nouveaux appareils d’essais de l’Institut Acrolech-
- nique de Saint-Cyr (J. Boyer) . ....................215
- Avions géants d’après-guerre (J.-A. Leeranc). .... 276
- Le vol à voile (P. Idrac)..................... 547
- L’aéroplane cl la grêle....................... 109
- Navigation aérienne à T estime..........................565
- 7. Guerre.
- Le vent balistique (J. Rouen).............................. 60
- Fabrication des poudres et explosifs pendant la guerre. 117
- Les canons à longue portée (R. Yillers).................152
- Les gaz de combat employés par l’Allemagne (Gu. Moureu)....................................................294
- DES
- 372
- 109
- 95
- 95
- 126
- 175
- 206
- 206
- 223
- 286
- 582
- 585
- 59
- 55
- 64
- 73
- 85
- 95
- 103
- 118
- 127
- 148
- 155
- 166
- 182
- 196
- 239
- 243
- 257
- 260
- 263
- 225
- 270
- 289
- 357
- 538
- 556
- 569
- 585
- 397
- 415
- 30
- 30
- 40
- 108
- 173
- 191
- 270
- 598
- 98
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-
- TABLE DES MATIERES
- 426
- Les gaz de combat employés par la France (Ch. Mou-
- keu)......................................51 ü, 352
- Les lésions cutanées •produites par les vésicants. . 95
- 8. Marine. — Navigation.
- La puissance de l’industrie française de la construction navale (A. Pawloxyski)............................ 69
- L’hélice aérienne et le halage des bateaux (II. Bousquet). 125
- Les tours mystérieuses de Shoreham (A. B.).........255
- Sous-marin océanographique (X.)...................... 275
- Bateaux à propulsion hydro-aérienne (A. Breton). . . 551
- Détermination de la vitesse des bateaux à voile en
- fonction du vent (E. Archdeacon)....................599
- Sous-marin destiné aux travaux océanographiques, 239
- Les fils d’ariane pour la navigation...............501
- Un nouveau procédé de navigation......................510
- FUS DBS TABLES
- Le Gérant : P. Masson.
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- PARIS, IMPRIMERIE GÉNÉRALE I.AI1URE 9, Rue de Flcurus, 9
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- N° 2413. — 3 Juillet 1920. Supplément.
- INFORMATIONS
- CSK
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- Le record de la durée du vol. — Les pilotes Bos-soutrot et Bernard ont conquis, les 2 et 3 juin derniers, le record de la durée du vol, à bord d’un avion Goliath-Farman, en tenant l’air 24h. 19 m. 7 . Cette prouesse a été accomplie entre l’aérodrome de Villesauvage à Etampes et Orléans. L’appareil portait une charge totale de 35oo kg. Les deux pilotes se relayaient toutes les 6 heures ; une petite couchette spécialement aménagée leur permettait de prendre à tour de rôle un peu de repos. Rappelons que le Goliath s’est déjà rendu célèbre par le voyage Paris-Dakar.
- Le service aérien Paris-Londres. — Depuis le 25 août 1919 il existe entre Paris et Londres plusieurs services d’avions régulièrement assurés par diverses compagnies aériennes françaises et anglaises. On peut voir là l’embryon des organisations de transports aériens de l’avenir et il est intéressant d’avoir quelques détails sur cette première étape commerciale. Nous les trouvons dans une communication faite à Y Aéro-Club par M. Arnaud, directeur de la Compagnie générale transaérienne.
- Les départs des appareils français et anglais se font quotidiennement et en général à partir de midi à l’aéroport du Bourget, installé par le Service de la Navigation aérienne. Les prix des passagers varient de 700 à 5oo francs suivant les Compagnies. Chaque passager peut emporter en franchise de 7 à 15 kg de bagages, et a droit à un excédent payant de 2Ô kg maximum dont le prix varie de 8 à 10 francs le kilog. Le passager peut prendre ses billets aux agences situées dans le centre de Paris, et trouve là des autos qui, à l’heure dite, le conduisent gratuitement à l’aéro-port. Les avions transportent aussi des marchandises, sous forme de colis de dimensions limitées, et à des tarifs variant de 12 fr. 5o à 8 francs le kilog. Les départs s’effectuent soit à midi, soit à midi 3o et les avions suivent l’itinéraire suivant adopté par le Service de la Navigation aérienne : Persan-Beaumont; Beauvais, Granvilliers, Poix, Abbeville, Etaples, Boulogne, Folkestone-Lympne, Ashford, Tun-bridge, colline de Kenley, Kingston, Hounslow. Cet itinéraire est jalonné en France par les terrains d’atterrissage de Beauvais, Poix, Abbeville, Montreuil-sur-Mer Saint-Inglevert ; ces terrains sont actuellement en cours d’aménagement; les avions y trouveront de? abris, des moyens de dépannage, de l’essence. Le Bourget, Saint-Inglevert, Hounslow ont la T. S. F. et peuvent communiquer par téléphonie sans fil avec les avions en vol. Les pilotes peuvent ainsi demander du secours en cas de besoin, les passagers peuvent donner de leurs nouvelles, voire retenir une chambre à l’hôtel, ou une place au théâtre. Du côté anglais, des aéro-stations sont aménagées à Lympne, Kenley, Croydon, Hounslow (actuellement l’aéro-port terminus de Londres). Un voyageur qui quitte le Bourget à midi 3o arrive à Hounslow à 14 h. 45 ; la traversée de la Manche dure i5 minutes. Au retour, on part également à midi 3o de Hounslow.
- Le nombre des voyages Paris-Londres et Londres-Paris effectués entre le a5 août 1919 et le* 29 février 1920 s’est élevé à 523 se décomposant comme suit : 10 voyages du 25 au 3i août; 106 voyages en septembre; 142 en octobre; 68 en novembre; 49 en décembre ; 63 en janvier; 86 en février, au total : 2o3 970 km. Il a été transporté 834 voyageurs et 20000 kg de marchandises. La grande majorité des voyageurs transportés est anglaise et américaine ; les dames ont été à peu près aussi nombreuses que les hommes. Ajoutons qu’un
- service postal quotidien fonctionne sur la ligne Paris-Londres depuis le 10 novembre 1919.
- Les locomotives au mazout. — On sait que nos Compagnies de chemins de fer étudient activement la chauffe des locomotives au mazout. Les essais poursuivis depuis plusieurs mois viennent d’être sanctionnés par le voyage du Ministre des Travaux publics, M- Le Troquer, à bord d’une locomotive au mazout de la Compagnie d’Orléans, sur le trajet Paris-les Aubrais. La machine était une « Pacific » 1909, munie d’un tender spécialement aménagé pour transporter 6 tonnes de « fuel oil ». Ce combustible réchauffé au préalable pour être rendu plus fluide est pulvérisé dans le foyer par un jet de vapeur. La mise sous pression de la locomotive ne demande plus que 45 minutes. Un seul brûleur suffit par locomotive et la transformation d’une machine fonctionnant au charbon en machine au « fuel oil » ou inversement est simple et rapide. L’étude du bilan thermique des locomotives ainsi transformées a fait ressortir une utilisation du combustible bien supérieure à ce qu’elle est avec le charbon. La dépense de combustible par 100 tonnes kilométriques remorquées, y compris la machine et le tender, est de 4 kg 200 pour une locomotive au charbon; elle est de 2 kg 160 pour une locomotive au « fuel oil ». A cette économie, il faut ajouter celle qui résulte du fait qu’aux arrêts, on peut aisément réduire le débit d’huile en mettant le foyer en veilleuse. Grâce à la rapidité de mise en pression qui est une des propriétés de la chauffe à l’huile lourde, on peut ensuite repartir facilement. A ces avantages, il faut encore ajouter ceux qui résultent de la facilité de conduite, de la suppression des manutentions de charbon, de l’absence complète des escarbilles et de la fumée.
- Le problème technique paraît donc entièrement résolu en faveur de la chauffe aux huiles lourdes ; mais pour que l’application puisse s’en généraliser sur les chemins de fer, il reste à résoudre un problème beaucoup plus difficile, qui est celui de l’approvisionnement du combustible.
- Briques poreuses de laitier. — L’emploi du laitier de hauts fourneaux pour faire du ciment ou des briques est pratiqué depuis longtemps déjà. Un nouvel usage est indiqué par le journal allemand Stahl und Eisen; il consiste à fabriquer des briques extrêmement légères, ayant la contexture de la pierre ponce et servant surtout à faire les parois intérieures des édifices. Yoici comment on prépare ce matériau : on fait passer le laitier en fusion horizontalement à travers de l’eau. La vapeur d’eau formée s’échappe au dehors, en se mélangeant intimement avec le jet de laitier. On obtient ainsi un matériau ayant l’aspect de la pierre ponce, léger et „ excellent isolant.
- L’inondation de Louth. — Notre confrère Nature, de Londres, donne aujourd’hui les renseignements météorologiques relatifs à la catastrophe de Louth dont les journaux quotidiens ont décrit et reproduit les aspects. La dernière semaine de mai avait été chaude et orageuse sur toute la Grande-Bretagne. Le 2a, on avait noté 3o° à Londres et dans la vallée de la .Tamise ; le même jour, une violente tempête sévissait sur Paris. Le 26, une aire de basses pressions couvrant toutes les Iles Britanniques, des orages éclatèrent un peu partout; l’ouest de Londres reçut une chute de pluie telle qu’à Hammersmith les routes furent inondées et les pavés de
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- INFORMATIONS
- bois furent emportés. Le 29. le centre de la dépression traversait l'Angleterre ; vers 18 heures, on notait 1009 mb (756 mm 8), sur le Midland. Le lendemain matin, le minimum de pression, 1004 mb, passait les Shetlands, l.e s”d de l’Angleterre reçut peu de pluie, mais des chutes exceptionnellement intenses eurent lieu dans le Lincolnshire et le Lancashire le samedi, peu avant le passage du centre de la dépression barométrique. Louth est dans le Lincolnshire. Aux stations météorologiques les plus voisines, on mesura 120 mm d eau tombée en 2 heures, soit une chute moyenne d’un millimètre par minute.
- Les trois ou quatre ruisseaux qui se réunissent au nord de Louth pour former le Lud, après avoir drainé environ 80 km- de terres calcaires, débordèrent brusquement. Ils pouvaient former bientôt un fleuve de 100 m. de large, de 5 m. de profondeur, qui dévala à la vitesse de 160 m. £>ar minute. Les maisons ne résistèrent pas à ce torrent et beaucoup s’effondrèrent, ensevelissant leurs habitants.
- A propos d’Annmrtdsen. — Comme suite aux deux articles parus dans les nos 2400-2401 et 2409 de La Nature, M. Ch. Rabot nous communique les renseignements complémentaires suivants : D’après un télégramme adressé par le gouverneur de l’Alaska au ministre de l’Intérieur des Etats-Unis et communiqué au gouvernement norvégien, Amundsen se trouverait actuellement à Anadyr.
- Un radio en date du 28 mai, envoyé par les Soviets au gouvernement de Kristiania, annonce qu’il résulte de l’enquête poursuivie par leurs soins eu Sibérie, que les deux membres de l’équipage qui quittèrent l’expédition sur la côte nord de Sibérie en octobre 1918 pour porter un courrier d’Amundsen et dont on était depuis sans nouvelles sont morts au cours de l’hiver suivant toutes probabilités, près du cap Wild, à 36o km au sud du cap Tchéliouskine.
- Le partage du Danube. — Le Temps annonce que la commission danubienne interalliée a décrété que le Danube sera considéré comme fleuve allemand d’Ulm à Passau, autrichien jusqu’à Theben, tchéco-slovaque jusqu’à Parkany, magyar jusqu’à Baja, serbe jusqu’à Pra-sora, roumain jusqu’à l’embouchure. Toutefois, la navigation est et demeurera libre sur tout le cours du fleuve pour tous les pavillons.
- La reconstitution agricole des régions libérées.
- — La campagne 1919-1920 a été marquée dans les régions libérées par un merveilleux effort agricole dont les chiffres suivants permettent d’apprécier la grandeur. La superficie totale des terres envahies s’élevait à 1960999 hectares, sur cette étendue on comptait à l'armistice 1 720000 hectares de terres labourables bouleversées à reconstituer.
- En avril dernier, 1468680 hectares étaient reconstitués et sur ceux-ci 1 078000 étaient labourés; on comptait 927000 hectares ensemencés en céréales.
- Il y a donc tout lieu d’espérer que ces contrées si éprouvées reprendront dès cette année leur place dans la production agricole française, pour le plus grand bien de la collectivité; rien que pour les céréales, leur production d’avant-guerre représentait i3 pour 100 de la récolte totale de France.
- Le port de Marseille en 1919. — Le. Bulletin de la Navigation et des Ports maritimes donne les renseignements suivants sur l’activité du port de Marseille. En 1913, le mouvement maritime avait doublé par rapport à celui de 1896; il comptait pour le tiers du mouvement maritime de toute la France et surpassait à lui seul l’activité du Havre, de Bordeaux et de Dunkerque réunis. 17000 navires représentant 21 millions de tonnes de jauge nette étaient entrés ou sortis. La production industrielle de Marseille valait i,5 milliard, son commerce 4- La guerre a fortement troublé cette période de prospérité et ce n’est qu’en 1919 qu’on a assisté à son relèvement.
- Marseille actuellement se présente avec 10 bassins, 310 hectares de superficie, dont 100 en surfaces de quais, 56 km de voies ferrées et 210 appareils de manutention. En outre des travaux sont en cours pour aboutir à la jonctiou définitive et moderne du Rhône au port.
- Lu 1919, il est entré 0146 navires jaugeant 5 643 047 t. et portant 4 226 674 t. de marchandises. Il est sorti 5oo6 navires jaugeant 55.67674 t. et portant 1 i55 288 t. de marchandises. Au total ioi52 navires jaugeant t 1 200 734 t. et portant 5 882 062 t. de marchandises.
- Sur ces totaux le pavillon français a fourni 6288 navires jaugeant 4 83g 883 t. et portant a 31 n 631 t. de marchandises.
- L’Angleterre est représentée par 2 464 204 t. de jauge et 1 i36 3i3 t. de marchandises.
- Le Japon a atteint 728 690 t. de jauge et 388 629 t. de marchandises, considérable progrès pour lui, puisque en 1918 il donnait io5ooo t. de jauge et en 1917 102000.
- Les Etats-Unis n’ont que 5o8 000 t. tant jauge que marchandises.
- Les autres pavillons se répartissent ainsi :
- Pays. .lange. Marchandises
- en l.onncs.
- Italie.......... . . . 45o.ooo >78.81 .>
- Espagne .............. 821.841 238.607
- Norvège ............ . 240.170 209.000
- U rè ce............... •>.>. 7.5 41 14 2.895
- L’accroissement du trafic est de 1446 navires de plus en 1919 qu’en 1918, 370.8000 t. de jauge et 802000 t. de marchandises.
- Dans cet accroissement, la marine française compte pour 785 375 t. et la marine britannique pour plus de 1 million.
- Il est en outre passé par Marseille 917018 passagers dont 40 563 seulement sous pavillons étrangers 35g 782 arrivèrent et 557 a86 partirent.
- La poste aérienne américaine au tarif normal. —
- Récemment, l’administration des Postes américaines annonçait que les lettres expédiées par le service postal aérien seraient dorénavant transportées au même tarif que par la voie ordinaire. Yoici, au surplus, un extrait de la communication faite au public par ladite administration :
- « Les expériences qui ont été faites, au cours de l’année, en vue de déterminer jusqu’à .quel point l’avion s’adapte au transport du courrier, ont démontré la possibilité d’augmenter l’efficacité du service postal dans des proportions dépassant toutes les espérances formées antérieurement.
- « Depuis la cessation de la guerre, l’emploi des grands aéroplanes munis de puissants moteurs « Liberty » a permis de transporter avec plus de célérité un nombre de lettres bien plus grand qu’auparavant. Le courrier à destination de Seattle, San Francisco, Los Angeles et autres points de la côte du Pacifique, parfois plus de 10000 lettres par jour, par exemple, mis à la poste à New York, trop tard pour prendre le train de 8 h. 40 se dirigeant vers l’ouest, subissait un retard fort considérable. Grâce au service aérien, ces lettres pourront gagner 24 heures au moins.
- « On se dispose à employer d’ici peu, sur la ligne New Y’ork- Washington, trois des aéroplanes les plus rapides du service des Postes. Ces avions peuvent transporter 18000 lettres et sont capables d’une vitesse de 182 milles à l’heure par temps calme.
- « Grâce aux perfectionnements remarquables apportés à l'aéroplane dans son adaptation aux besoins du commerce, la valeur de cet engin pour le transport du courrier postal a été amplement prouvée par le succès qui s’affirme depuis plus d’un an dans le service postal aérien. L’économie de temps dérivée de la supériorité incontestable des aéroplanes sur les trains les plus rapides faisant le service New-Y’ork-Chicago, par exemple, permettra à l’Administration de réduire tellement le nombre de ses wagons-poste sur cette ligne, que le coût du service aérien se trouvera couvert de plus du double. Il ne sera donc plus nécessaire de faire payer au public un surplus d’affranchissement pour le transport des lettres par avions. En considération de ce fait, les tarifs postaux sont uniformisés. »
- À quand, en France, semblable geste de notre administration. La rapidité merveilleuse et sûre de cette nouvelle méthode de transport du courrier postal, la puissance toujours croissante des aéroplanes, font cependant bien augurer d’un tel service pour de longues distances,
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- T. S. F. DES AMATEURS
- car.
- RÉCEPTION DES ONDES ENTRETENUES — CONSTRUCTION DE TIKKERS
- Réception des ondes entretenues. — Lors de la réception d’une émission radiotélégraphique par étincelles, chaque train d’ondes amorties produit, après redressement par le détecteur, une déformation de la plaque du téléphone ; celle-ci revient à sa position initiale pendant le moment de repos qui sépare deux étincelles et ce mouvement répété produit le son révélateur dont la tonalité dépend de la fréquence des étincelles.
- Lors de la réception d’ondes entretenues, la plaque du téléphone reste déformée pendant toute la durée d’un signal puisqu’il n’y a point d’arrêt dans l’émission et l’écouteur ne vibrant pas reste silencieux. À peine perçoit-on le léger claquement qui accompagne la déformation de la plaque téléphonique au commencement et à la fin de chaque signal émis dans le voisinage immédiat d’une puissante transmission.
- La réception des ondes entretenues implique donc la nécessité de provoquer mécaniquement ou électriquement dans le train unique d’oscillations constantes auquel ces ondes donnent naissance des interruptions ou des variations périodiques de fréquence sonore.
- Le procédé le plus simple, mais non pas le meilleur, pour obtenir ce résultat consiste à intercaler dans le circuit de réception un petit vibrateur automatique communément appelé tikker dont le rôle consiste à découper en tranches le train d’ondes entretenues dont les tronçons séparés agissent ensuite à la façon des trains amortis d’une transmission par étincelles.
- Une autre méthode de réception beaucoup plus favorable et presque exclusivement employée consiste à superposer aux oscillations recueillies par l’antenne des oscillations auxiliaires locales dont la fréquence convenablement réglée interfère avec la fréquence des ondes étrangères tantôt s’ajoutant, tantôt se contrariant pour déterminer dans le train de celles-ci un mouvement parasite de basse fréquence susceptible d’être perçu dans un écouteur téléphonique. Cette méthode utilise la propriété qu’ont les lampes spéciales ou tubes à vide de créer des oscillations entretenues avec un dispositif qui a reçu le nom d’hétérodyne.
- Construction de tikkers. — Nous sommes peu partisan de l’emploi du tikker pour la réception des ondes entretenues ; nous en décrirons cependant deux modèles à l'intention des amateurs qui auraient quelque difficulté à se procurer une lampe à trois électrodes pour la réalisation d’un hétérodyne.
- a) Tikker électrique. — L’appareil que représente schématiquement la figure i est constitué par un petit électro-aimant droit parcouru par un courant de quelques volts (pile de lampe de poche) régulièrement interrompu par le jeu d’un vibrateur automatique semblable au trembleur des sonneries électriques. Le courant intermittent qui traverse ainsi l électro y détermine des variations magnétiques dont l’influence agit sur un second trembleur identique au premier, mais indépendant du circuit et le fait vibrer à la même cadence.
- Le socle du tikker est de bois ou d’ébonite, il mesure 90 mm de longueur, 60 mm de largeur et 20 mm d'épaisseur. En son milieu est fixée par deux petites équerres en métal, faciles à confectionner en pliant à angle droit deux fragments de ruban de cuivre ou de fer, une bobine de carton ou de bois longue de 45 mm avec des joues larges de aS et épaisses de 2 ou 3 mm. L’axe de cette bobine est occupé par un noyau de fer doux en deux tronçons égaux de 2.5 mm de longueur et de 5 mm de diamètre (grosse pointe de charpentier) ; cette disposition permet de rapprocher ou d’éloigner séparément chaque tronçon de la lame vibrante qui lui fait face pour obtenir un réglage convenable des trem-bleurs. Les tronçons de fer doux entrent cependant à frottement dur dans l’âme de la bobine et leur position y est stable en dépit des petites trépidations de l’appareil.
- Une pastille de papier ou de caoutchouc mince collée sur la face extérieure des noyaux évite le collage des lames vibrantes sur ces noyaux par effet de magnétisme rémanent.
- Tikker électrique.
- Contact en argent-
- Lame vibrante
- Le fourreau de la bobine qui sert de gaine au noyau a sa paroi aussi mince que possible, 1 mm à peine, de sorte que l’enroulement est très proche du noyau.
- A défaut de bobine d’une seule pièce, on peut ajuster deux rondelles de carton dur aux extrémités d’une petite douille métallique (embouchure de porte-plume, fragment de tringle de brise-bise) pour obtenir une carcasse "d’électro- aimant
- très convenable. ________________SQ_______________^
- Le fil enroulé sur la bobine est du fil de cuivre isolé à la soie et de 35 centièmes de millimètre de diamètre ; il y en a environ 3o m. bobinés à tours jointifs en 5 ou 6 couches.
- Le début de l’enroulement est
- relié en L (fig. 1) à la lame vibrante de l'interrupteur de droite; la fin de l’enroulement, à la borne marquée du signe —.
- La lame vibrante des interrupteurs est en tôle miuce, découpée dans une vieille plaque de téléphone; il importe qu’elle ne soit pas faite d’un ressort d’acier. Elle mesure 27 mm de longueur et 6 mm de largeur; elle porte au tiers de sa longueur un contact en argent fixé sur un petit ergot flexible destiné à assurer une bonne liaison électrique sur le contact de la vis de buttée représentée en \r et en v.
- Il est possible do supprimer cet ergot soudé en fixant le contact en argent à l’extrémité d’une languette découpée avec un petit burin d’horloger sur la lame vibrante elle-même
- (fig. 3). Cette languette aura environ 7 mm do longueur et 2 mm de largeur.
- Une petite équerre ou une colonnette sert de support à chaque lame (fig. 2); la vis de butée est également portée' par un dispositif du même genre; cette vis reçoit comme la lame un contact platiné. Les amateurs trouveront d’ailleurs dans les débris de deux ou trois vieilles sonneries à trembleur tous les éléments nécessaires à la construction d’un tikker électrique.
- La figure 1 montre clairement les connexions des différents organes du tikker. La source électromotrice de 3 ou 4 volts débite entre les bornes marquées des signes -f- et — ; quant aux bornes désignées par les chiffres 1 et 2 ce sont celles qu’on intercale selon les schémas qui vont suivre
- dans le circuit de réception des ondes entretenues.
- Réglage et1 utilisation du tikkeT électrique. — Le premier soin de l’opérateur utilisanfle tikker électrique doit être de régler convenablement le vibreur intercalé dans le circuit moteur.
- L’opérateur dispose à cet etfet de la vis de butée Y dont la pression sur la lame vibrante règle l’amplitude des mouvements de cette dernière. En règle générale,' il faut donner aux vibrations de cette lame une amplitude aussi grande que possible (ce qui se traduit par une tonalité un peu plus grave du sou produit par les vibrations) tout en conservant aux vibrations de la lame une régularité parfaite (ce qu’on reconnaît à la pureté du son produit par les vibrations).
- L’écartement favorable de la lame mobile et du noyau
- Fie
- Montage du trembleur
- Lame f/extbfe
- i&Lt.rrrrrr
- oj Partie <? tix
- Languette portant un contact en argent
- sur féquerre
- Fia- 3.
- Lame vibrante.
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- de l’électro-aimant est rarement inférieur à un millimètre et supérieur à deux ; il sera prudent de le régler dans ces limites.
- Un procédé pratique pour assurer rapidement le bon réglage du trembleur de l’électro consiste à mettre en série avec l’enroulement de ce dernier, par conséquent à brancher entre la borne marquée — et le pôle négatif de la pile motrice un écouteur téléphonique et à assurer
- V Antenne
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- *-Hh
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- Té/éphone Terre
- par les moyens de réglage énoncés plus haut l’émission d’un son très pur par l’écouteur.
- Ce résultat obtenu, on enlève le téléphone et on fait de nouveau vibrer l’interrupteur pour procéder au réglage du trembleur indépendant, celui qui est représenté à gauche sur la ligure i ; celui-ci doit suivre exactement les mouvements du premier quoique avec une amplitude moins grande.
- Le double réglage achevé, il n’y a plus qu’à insérer le tikker par les bornes i et 2 dans le circuit de réception,
- en s’inspirant de l’un
- Antenne
- Fig. fi.
- des schémas démontage que représentent les ligures 4, 5 et 6 et à parfaire sur une émission régulière assez puissante son bon fonctionnement.
- Il est bon de placer sous le socle du tikker un morceau de feutre épais pour amortir le bruit des vibrations des trem-bleurs ; quelques opérateurs placent même l’appareil dans un coffret capitonné ou le suspendent sur de petites lanières en caoutchouc.
- Pour éviter également l’effet perturbateur des étincelles de nipture, on shunte parfois l’enroulement de l’électro en branchant entre l’équerre L et la borne — (fig. x) les extrémités d’un enroulement spécial destiné à absorber l’extra-coui'ant et à supprimer l’étincelle. La figure 7 montre la façon de réaliser cet enroulement : autour d’une petite bobine ayant les dimensions d’un dé à coudre on enroule un fil isolé préalablement doublé sur lui-même. Pour l’appareil décrit, 3o m. de fil de cuivre isolé à la soie et mesurant un dixième de millimètre de diamètre constitueraient un enroulement bifilaire suffisant. Ce sont les extrémités du fil x et y qu’on relie respectivement l’une à la borne L, l’autre à la borne marquée du signe négatif.
- Gomme on a pu le constater, le réglage du tikker électrique est une opération délicate et compliquée; ce réglage même n’est jamais définitivement résolu et son instabilité enlève toute sécurité à la réception qu’on réalise avec cet appareil. De plus le bruit uniforme et grêle par lequel il révèle toutes les émissions indistinctement ne permet pas de distinguer immédiatement celles-ci à la tonalité particulière des signaux perçus.
- Le tikker électrique est un instrument facilement réalisable, mais très imparfait. Franck Dukoquikr.
- (U suivre).
- c^ss. Mécanique
- Dispositif de sûreté pour fusils. — Un de nos abonnés, M. D..., grand chasseur amateur, nous communique la description d’un système de sûreté automatique applicable à toutes les armes à feu destinées à être appliquées contre l’épaule du tireur, principalement aux fusils de chasse, qu’ilfit breveter en igo5 et qu’il a laissé tomber dans le domaine public.
- Ce dispositif maintient, d’une façon automatique, les gâchettes à l’arrêt sauf lorsque la crosse est pressée contre l’épaule, de sorte que le coup ne peut partir lorsque le fusil n’est pas épaulé.
- Ce mécanisme de sûreté n exige donc aucune attention de la part du tireur; c’est là un point fort important; son efficacité est toujours assurée indépendamment de la volonté de celui-ci.
- Le mécanisme comprend un loquet A, disposé pour enclencher la gâchette G, et relié par une tige B à une plaque mobile C montée dans la crosse de façon à faire normalement saillie hors de celle-ci, sous l’action d’un ressortD qui prend appui d’une part sur le bouton E monté à l’extrémité de la tige B, d’autre part sur le corps de la crosse.
- Au repos le ressort D assure la fermeture du loquet et par suite immobilise la gâchette.
- Lorsqu’on épaule l’arme, la plaque mobile est refoulée à l’intérieur et oblige le loquet à libérer la gâchette. Lorsqu’on écarte la crosse de l’épaule, le ressort ramène le loquet à la position de fermeture et évite ainsi toute possibilité d’accident. i
- Tout le mécanisme est monté à l’intérieur de la crosse.
- Dispositif de sûreté pour fusils.
- Objets utiles <«*
- Avertisseur électrique « The Wonder ». — Cet
- appareil qui est d’une conception toute nouvelle, réalise le maximum de sécurité que l’on peut désirer. Par sa forme en coin, il est très résistant et s’oppose à toute tentative d’ouverture d’une porte, quelle que soit la poussée; il est très simple, sans mécanisme, indéréglable par conséquent, très sensible ; enfin, il s’emploie seul sans aucune installation.
- Comme le montre la figure g, il est complété par un contact électrique pour avertisseur. Il se place immé-
- Fig. g. — Avertisseur électrique “ The Wonder ”
- dial ornent derrière la porte, les crampons dans les trous préparés à l’avance dans le parquet ou la dalle et à 20 cm sur le côté.
- Les fils électriques ne peuvent être coupés.
- Cet accessoii'e se prête à toutes les combinaisons électriques ; annonciateur, il supprime ou facilite toute garde de nuit.
- M. L. Décoté, 6, rue Chambertin, Paris (XIP).
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- VARIÉTÉS
- GOMMENT ACHETER LES FRUITS FRAIS? — LES ABRICOTS
- Entre nos genres de fruits à noyau, les abricots sont les moins cultivés, et leur culture est loin d’avoir atteint tout le développement dont elle est susceptible dans notre pays, ce qui tient très probablement à l'excessive susceptibilité des fleurs et des, fruits aux variations atmosphériques que l’on constate souvent au printemps et qui en rend la production incertaine. On peut dire, cependant, qu’elle est assez répandue dans la Provence, le Lyonnais, l’Auvergne, les vallées de la Loire et de la Seine entre Poissy et Meulan, notamment à Triel. L’exportation qu’on en faisait en Angleterre, en Allemagne et en Suisse, avant la guerre, était très faible.
- Quelles variétés acheter de préférence? — Voici les principales, par ordre de maturité.
- A. Précoce de Monplaisir. — Fruit assez gros, ovoïde; peau fine, pâle; chair jaune orangé, fondante, juteuse, sucrée et parfumée. Maturité fin juin, début de juillet.
- A. Hâtif du Clos. — Fruit presque gros, sphérique; peau jaune intense; chair fortement ambrée, juteuse. Maturité fin juin, début de juillet.
- A. Commun ou Blanc. — Fruit assez gros, presque rond; peau jaune pâle; chair jaunâtre, demi-juteuse, parfois cotonneuse, moyennement parfumée; amande amère. Maturité du ier au i5 juillet. Il est très répandu dans tous les centres de culture; il convient spécialement pour la confection des pâtes d’abricot et des fruits à l’eau-de-vie.
- A. Liabaud. — Fruit gros, globuleux; peau jaune mat; chair jaune pâle, transparente, fondante, sucrée et parfumée. Maturité 2e quinzaine de juillet.
- A. Précoce de Boulbon. — Fruit gros ou très gros, ovoïde; peau jaune carminé au soleil, un peu verru-queuse, chair jaune orangé, sucrée et juteuse; amande amère. Maturité du i" au i5 juillet.
- A. Desfarges. — Fruit assez gros, globuleux, tronqué aux deux pôles; peau fine, jaune vif, carminée au soleil; chair fine, orangée, juteuse, sucrée et parfumée. Maturité fin juillet.
- A. Luizet. — Fruit gros, ovoïde, tronqué; peau jaune cramoisi;, chair ferme, saumonée, sucrée, parfumée; amande douce. Maturité fin juillet.
- A. Royal. — Fruit gros presque rond, légèrement aplati; peau jaune canari; chair safranée, fine, juteuse, relevée. Maturité fin juillet. Très répandu; spécial pour les desserts et les gelées. Il est exporté en Angleterre.
- A. Pêche ou A. Pêche de Nancy. — Fruit gros ou très gros, sphéroïdal; peau raboteuse, vert grisaille puis jaune fauve pointillé de rouge; chair jaune orangé, bien fondante, sucrée, vineuse et parfumée; amande amère. Maturité en août. Il est tenu pour le meilleur des abricots et il convient pour toutes les préparations économiques ou ménagères.
- A. Sucré de Holub. — Fruit très gros, ovoïde; peau jaune orangé et rouge; chair jaune non adhérente au noyau, juteuse, sucrée, peu parfumée. Maturité en août.
- Quand et comment les acheter ? — Les premiers arrivages aux Halles de Paris débutent en juin et proviennent d’Espagne et d’Algérie et plus tard des régions que j’ai indiquées plus haut. Les primeurs et les produits de choix sont emballés comme les pêches dans de petites caissettes garnies de frisons ; puis, la production augmentant, dans des paniers carrés de 3, 5 ou io kg où les fruits presque mûrs sont rangés en deux ou trois couches séparées par des papiers de soie; on utilise aussi des paniers rectangulaires de 8 à 12 kg suivant les époques d’expédition et la qualité des fruits.
- Au moment de la pleine récolte, en juillet, les abricots sont expédiés de six centres de production, dont les trois premiers sont les plus importants, sous les noms d’abricots de Lyon, de Clermont, d’Avignon, de Paris, de Bordeaux, de Bourgogne, de Saumur, qui appartiennent en majorité aux variétés précitées, bien qu’on y trouve aussi FAlberge, le Gros Rouge précoce, etc.
- Lorsqu’on achète des primeurs, on doit observer s’ils sont assez colorés, si leur peau est intacte et si les fruits de la couche supérieure sont un peuinclinés de manière à mettre en relief la partie la plus vive de leur coloris. Mais quand la saison est arrivée, il faut se rappeler que l’abricot est un fruit délicat qui ne doit être ni d’un jaune-verdâtre, ni trop ferme, parce qu’il a été cueilli trop tôt, ni d’une consistance trop molle à cause d’une maturité avancée. Choisissez des fruits dont la robe varie du jaune paille au jaune safrané parfois ponctué de points d’or; quelle soit, en outre, indemne de toute marbrure, meurtrissure ou fissure, et qu’elle exhale l’arome caractéristique d’une chair fine, parfumée assez juteuse mais surtout non pâteuse, ce que le palais constate trop souvent, car.les bons abricots sont assez rares. Examinez aussi la section du pédoncule qui doit être assez fraîche si la cueillette ne remonte pas à une date un peu reculée. Préférez les abricots de plein vent à ceux d’espalier, s’ils sont souvent* moins beaux ils sont toujours meilleurs, pour la même variété.
- Principaux usages. — Les abricots sont consommés, in à l’état frais sous forme de desserts très appréciés quand les fruits sont mûrs à point; 20 à l’état cuit, transformés en confitures, conserves, compotes, gelées, pâtes, pulpe, etc.; 3° à l’état sec comme moitiés d’abricots desséchés.
- Il y a deux préparations qui, dans les régions où les abricots sont en abondance, doivent retenir l’attention des maîtresses de maison, ce sont le séchage et la confection de conserves analogues à la pulpe ; en voici brièvement le mode opératoire le plus simple.
- Séchage des oreillons d’abricots. — Prenez des abricots de plein vent mûrs à point, mais plutôt un peu moins que trop; coupez-les en deux moitiés très nettes ensuivant exactement le sillon: enlevez les noyaux et procédez au blanchiment au soufre. Quand il sera terminé, disposez les moitiés sur une claie en les y plaçant à touche-touche sur le côté revêtu de son épiderme et soumettez-les à la dessiccation à une température de 85 à 900, durant 7 à 8 hexires. Retirez-les ensuite et, comme ils sont cassants, laissez-les quelque temps dans un local sec mais bien aéré où ils reprendront l’humidité nécessaire. Conservez-les ensuite dans des boîtes ou des caissettes fermant hermétiquement pour les mettre à l’abri des insectes et maintenez celles-ci dans un endroit sec et sain.
- Conserves ou pulpe, — Opérez sur des abricots coupés et dénoyautés, comme il vient d’être dit, ou simplement sur des abricots dénoyautés; blanchissez-les à l’eau bouillante, mettez-les ensuite en flacons en ajoutant quelques amandes, stérilisez ainsi, au naturel, au bain-marie à la température de g5° à ioo° durant 10 minutes, ou encore au sirop à 1,206 de densité à froid. Toutefois, le premier procédé est le plus simple et le moins coûteux à notre époque où le sucre est toujours à un «prix élevé, et il est suffisant pour conserver les fruits en bon état pendant plusieurs mois jusqu’au moment de leur transformation dans les produits désirés.
- A. Truelle.
- Membre de l’Académie d’Agriculture.
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- HYGIENE ET SANTÉ
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- L’aviateur aux grandes altitudes. — On sait que les dispositifs de compression appliqués aux moteurs d’avion permettent d’atteindre aujourd’hui de très grandes altitudes.
- Le lieutenant Jean Gasale put ainsi monter le 14 juin igii) jusqu’à t)25o m. ; depuis, cette altitude fut dépassée,
- et c’est pour essayer d’établir un nouveau record qu’il étudie en ce moment les possibilités d’atteindre 12 000 ni. Nul doute que les avions récents permettent d’y parvenir... à la condition que l’organisme humain supporte pareil changement de pression barométrique.
- Pour être fixé sur ce dernier point, le lieutenant
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- HYGIENE ET SANTE
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- Casale vient de pratiquer divers vols d’expérience au cours desquels un médecin, passager de son avion, put mesurer les diverses variations physiologiques causées par la montée sur l’aviateur même. Puis, pour connaître avec le minimum de danger les conditions de vie dans une atmosphère aussi raréfiée que celle qu’on doit rencontrer vers 12000 m., le lieutenant Casale s’est soumis le 11 juin dernier à une expérience sévère dans la cloche pneumatique de l’Institut Aérotechnique de Saint-Cyr. Un masque à oxygène sur la figure, Casale entra dans la cloche où l’on fit progressivement le vide. Il utilisa l’oxygène à partir de la pression correspondant à 4000 m. Il atteignit 8000 m. en 25 minutes, n 000 m. en [\'i minutes et 12000 m. en 47 minutes 3o secondes. A ce moment, la pression à l’intérieur de la cloche était voisine de i5o mm. Le retour à la pression barométrique normale de 760 mm s'effectua en 17 minutes.
- Ce voyage scientifique sous une cloche pneumatique n'a causé aucun malaise marqué au jeune pilote grâce à l’oxygène qu’il a respiré. A la suite de cette expérience, Casale tentera prochainement en avion de monter à 12 000 m.
- Le moment nous paraît donc venu de rappeler ce que l’on sait de la physiologie de l’aviateur aux grandes altitudes. Les documents sur cette question sont déjà fort nombreux. Outre les travaux déjà anciens de Paul Bert, Jourdanet, Mosso, les études sur le mal des montagnes, les observations en ballon — sans oublier la triste expérience de Tissandier à bord du Zénith — la guerre a suscité de nombreuses recherches guidées par la nécessité immédiate de sélectionner les candidats à l’aviation et de connaître la capacité des pilotes aux « plafonds » de plus en plus élevés que les perfectionnements des appareils permettaient.
- Des réunions médicales ont eu lieu, nationales et intet'alliées, pour examiner et discuter les faits acquis. On peut aujourd’hui en dégager les faits suivants :
- Le sang des pilotes qui pratiquent de nombreux vols aux hautes altitudes s’enrichit en globules rouges, surtout après deux ou trois mois de vol, tout comme celui des voyageurs qui viennent se fixer dans la montagne et se livrent à des ascensions répétées.
- La pression sanguine diminue toujours, surtout au
- moment de l’atterrissage et dans les minutes qui suivent. Cette baisse de pression porte surtout sur les battements du cœur (pression maxima) tandis que la tonicité de l’appareil circulatoire (pression minima) varie fort peu. :
- Le cœur s’hypertrophie, surtout quand l’aviateur monte souvent à de grandes hauteurs; la dilatation est particulièrement marquée dans le ventricule gauche. Le rythme des contractions cardiaques est modifié pendant le vol; il s’accélère à la montée et se ralentit à la descente.
- La respiration s’accélère à la montée en même temps qu’elle devient moins profonde; elle se ralentit à la descente.
- La capacité respiratoire diminue à partir d’une certaine hauteur, ajoutant à la gêne produite par la diminution de l’oxygène disponible.
- La vision est généralement meilleure en vol qu’à terre, tandis que l’audition est fortement troublée, allant jusqu’aux bourdonnements d’oreille et à la surdité temporaire. Le sens de l’équilibre së maintient si la vue est possible et si l’oreille n’est pas malade.
- Après des vols trop fréquents ou trop prolongés à grande altitude, l’aviateur ressent une dépression profonde : il se sent faible, fatigué, il devient sujet au vertige, à la céphalée, aux étourdissements. Le vol est alors dangereux pour lui tant que ce malaise persiste.
- Les plus graves de ces troubles sont supprimés lorsque l’aviateur prend toutes les précautions voulues : lutte contre le refroidissement au moyen de vêtements chauffants à résistances électriques et surtout inhalations» d’oxygène au moyen d’appareils spéciaux dont certains augmentent automatiquement le débit du gaz en fonction de l’altitude.
- La Nature compte décrire prochainement ces moyens que possède aujourd’hui l’aviateur d’atteindre et de vivre aux grandes altitudes en même temps qu’elle fera connaître l’organisation physiologique de l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr.
- Dès maintenant, on peut affirmer, après la courageuse expérience du lieutenant Casale, que le vol jusqu’à 12 000 m. n’est impossible ni pour l’homme ni pour I le moteur. IL M.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lai parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne petit être répondu immédiatement.
- Réponses. — M. Leheault, à Saiut-Lo. — Nous avons publié récemment dans les Recettes et procédés utiles une formule pour le nickelage deB petits objets par trempage, nous pensons qu’elle vous donnera satisfaction, les produits nécessaires sont courants dans le commerce. Vous pourriez également effectuer le nickelage par la galvanoplastie qui ne présente aucune difficulté; voir Manuel de Galvanoplastie, par Georges Brunei, chez Nolo, éditeur, 53 bis, quai des Grands-Augustins.
- M, Trollé, à Paris. — La triméthylamine commerciale provient de la distillation sèche des vinasses de betteraves par le procédé Camille Vincent, en réalité elle ne contientqueô à 10 pour 100 de triméthylamine (CH5)5 A/, et 5o pour 100 de dimétbylamine (C li")2AzH, le reste est formé par un mélange de monométhylamine, d’iso-butylamine et de propylamine.
- M. Son, à Lyon. -— Vous trouverez tous les détails sfir la fabrication de l’essence d’Orient dans l’ouvrage suivant : Perles et leurs imitations, par Maurice de lveghel, chez Nolo, éditeur, 53 bis, quai des Grands-Augustins.
- M. de Haller, à Lausanne. — 11 est très facile de conserver à la colle forte une souplesse suffisante pour empêcher qu’elle s’écaille, pour cela, on prépare, suivant le mode ordinaire, une solution de colle forte par gonflement préalable dans l’eau froide, puis liquéfaction
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- au bain-marie, on ajoute alors au liquide le quart de son poids de glycérine, l’hygroscopie de celle-ci produil le résultat cherché.
- M. Raymond, 724. à Alger. — 1” Les bleus employés par les blanchisseurs pour l’azurage du linge ne son! autre chose que les outremers artificiels ou silicate d’alumine et de soude sulfurés, on les obtient par calcination dans des creusets, d’un mélange de carbonate de soude anhydre, argile, soufre et charbon de bois,unlessi-vage termine l’opération pour enlever les sels solubles,
- 20 Les deux principales falsifications des essences naturelles de fleurs consistent à y ajouter de l’alcool ou de l’huile. Pour déceler l’addition d’alcool, il suffit de placer l’essence dans un tube gradué et d’agiter avec de l’eau, l’alcool étant miscible à l’eau si le volume de l’essence diminue, c’est qu’il y a eu fraude. Dans le cas où on aurait ajouté de l’huile, on ferait un essai analogue en ajoutant de l’alcool à un volume connu d’essence, si l’essence est pure, elle se dissout entièrement, si elle contient de l’huile, celle-ci reste insoluble et peut être mesurée ;
- 3° Le précipité blanc qui se produit dans les solutions de formol est dû à la polymérisation de celui-ci qui donne du Irioxyméthylène C3HuOrj, cette polymérisation a toujours lieu avec le temps.
- M. A. S., à Thouars, Deux-Sèvres. — La préparation des sels dont vous parlez ne présente aucune difficulté. Pour obtenir le nitrate d’argent, il suffit d’attaquer a une douce chaleur l’argent par l’acide azotique, daus le cas où on emploierait un alliage contenant chx cuivre, il faudrait évaporer à sec et chauffer au rouge, le ùitrate de cuivre seul se décomposera en donnant de l’oxyde de cuivre insoluble, en reprenant par l’eau, le nilrate d’ar-
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- genl se dissoudra et uue nouvelle évaporation donnera le sel sec.
- Le chlorure d’or s’obtient d’une façon analogue par 1 attaque de 1 or au moyen de l’eau régale (mélange de deux volumes d’acide chlorhydrique et d’un volume dacide, azotique) en chauffant légèrement. L’attaque terminée, on évapore à sec au bain-marie et reprend par 1 eau, ce qui donne une dissolution de trichlorure d’or AuCl3.
- M-' Ilénin, à Paris. — Les craies de couleur servant à garnir les procédés de queues de billard sont habituellement constituées par un mélange d’argile, de bleu de Prusse et de gomme arabique; au cas où vous seriez désireux de connaître les proportions des composants du produit que vous nous avez soumis, une analyse serait nécessaire sur un échantillon plus important et nous pourrions nous charger de la faire exécuter.
- Ro mica, à Paris. -— Consultez pour la fabrication del eau de Javel les ouvrages très documentés suivants : f.e chlore et ses dérivés de l'Encyclopédie Billon, édité cliez Bernard, i, rue de Médicis ; Dictionnaire de Wiirtz, f Supplément D E Electrochimie, éditeur, Hachette, boulevard Saint-Germain.
- M. Lambert, à Jargeau. — La formule que l’on vous a communiquée est incomplète, le produit n’est pas employé à 1 état de poudre, mais en solution. Les proportions mentionnées sont celles pour un litre d’eau. On plonge dans le liquide les objets à nickeler, préalablement bien décapés à la soude, puis à l’acide sulfurique étendu, on chauffe au besoin pour faciliter la réaction, nnce et sèche dans la sciure.
- AT. Eldé, à Marseille. — i° Les Textiles, par Charpentier, éditeur, Dunod, 47> quai des Grands-Augus-lins; L Agriculture pratique des pays chauds, chez Cha-lamel, 17, rue Jacob; 211 Znouveaux procédés de fabrication, par Minet, chez Nolo, 53 bis, quai des Brands Augustins ; L’aluminium dans Vindustrie, par Lscard ; Métallurgie de Valuminium, par Wickers-heimer; Progrès^ en métallurgie, par Guillet ; Fours électriques, par Escard ; tous ces ouvrages sont édités par Dunod.
- M. G. L., à 1. — Les toiles cirées sont obtenues en recouvrant 1 étoffe d un mélangé d’huile de lin cuite avec e la litharge et de gomme copal, le tout dissous dans e uhite spirit. La pâte est étendue à la machine, puis on laisse s oxyder à 1 air pendant 24 heures dans des séchoirs ; on donne ainsi 5 à .6 couches successives de façon à obtenir l’épaisseur convenable.
- Cette fabrication n’est donc pas du domaine de l’amateur et il nous semble difficile d’effectuer des raccords convenables, vous pourriez cependant essayer de l'acétate de cellulose en prenant :
- Acetate de cellulose ..... 25 grammes.
- Triacétine......................... 40 _
- Couleur minérale .................. 35 __
- On ajoute ensuite une quantité d’acétone suffisante pour fluidifier la masse, suivant l’épaisseur que l’on veut donner à l’enduit.
- Il convient de remarquer que l’on peut à volonté modifier la souplesse en augmentant ou diminuant la quantité de triacétine (éther acétique de la glycérine) qui Joue ici le rôle de plastifiant.
- M- Mariani, à Neuilly-sur-Seine. — La qualité de la cire doit probablement être la cause de l’insuccès. En e^> a dre commerciale est très souvent mélangée de eue de Carnauba ou de cérésine, et cette dernière en Particulier n’est pas saponifiable par les alcalis.
- JA L. M. — i° Les renseignements les plus complets 'ous seront donnés dans l’ouvrage suivant : La Nacre, par Maurice de Keghel, chez Nolo, éditeur, 53 bis, quai es Grands-Augustins; 20 Le procédé que nous avons indiqué ne peut convenir que pour les peaux blanches ou jaunies, mais non pour démonter les peaux à poils 01 tement colores ; 3° Le produit dont vous nous parlez est le persulfate d’ammoniaque.
- JA Beuf, à Hyères. — La solution de- chlorure de chaux qu’il faut employer comme bain décolorant esl ne solution à 20 gr. par litre et le second bain destine a détruire le chlore est formé de carbonate de soude el eau dans les mêmes proportions. S’il s’agit effectivement de couleurs d’aniline, il nous paraît préférable employer le bain suivant :
- l eroxyde de sodium............ 2 grammes.
- J’atl • *......................1000 c. c.
- M. Savary et C'1"-, à Paris. — Nous pensons que la formule suivante qui convient pour l’étain vous donnera satisfaction.
- Sulfate ferreux................. 2a grammes.
- Sulfate de cuivre............... 25 _
- bau. . ..........................5oo —
- Plonger dans cette solution les objets à bronzer, laisser sécher, puis immerger dans une solution d’acétate de cuivre à 20 pour 100, laver et sécher à la sciure de bois.
- M. II. U. et Henry, à Paris. — Yous trouverez les vernis à base d’acétate de cellulose chez MM. Clément et Rivière, rue de la Cristallerie, à Pantin, qui se sont tout particulièrement occupés pendant la guerre de cette fabrication pour imperméabiliser les toiles d’avions.
- M. d Autemarre, à Charenton. — Le meilleur procédé pour agglomérer le liège en conservant au produit une certaine souplesse consisLe-'â) délayer celui-ci dans une solution de gélatine, puis après refroidissement à immerger la masse dans une solution de formol à 1 pour 100, l’expérience seule peut apprendre à régler les proportions suivant l’élasticité désirée.
- M. O. B. P., h Cesson. — i° Il existe deux nitrates de cérium, le nitrate cereux et le nitrate céroso-cérique, le cérium donnant deux oxydes connus Ce O et Ce3OL
- Le nitrate céreux CeAz20 -f 4 H2 O s’obtient en dissolvant le carbonate céreux dans l’acide nitrique concentré, le nitrate cristallisé perd deux molécules d’eau à i5o° et se décompose à 200°.
- Le nitrate céroso-cérique Ce3 Az8 02i s’obtient de la même façon, en partant de l’hydrate céroso-cérique, c est une masse jaune rougeâtre de la consistance du miel ; 20 On connaît trois vanadates d’ammoniaque, le métavanadate \ a 0° (Az H4) obtenu en dissolvant l’acide vanadique dans l’ammoniaque, le tétravanadate Va4O11 (AzH4)2 -j- 4 H2 O qui se dépose en cristaux orangés par acidulation d une solution de métavanadate au moyen de l’acide acétique, enfin le trivanadate Va3 O8 Az H1 -r 3 H3 O cristaux rouges qui se déposent des eaux-mères de la solution précédente.
- T. S. P. —- M. Fournier, à Paris. — i° L’amplificateur 3 ter de la T. M. est construit par la Société Française Radiotélégraphique, rue de la Boétie ; cet appareil doit valoir entre 1800 et 2000 francs; 20 L’article sur la construction pratique des amplificateurs paraîtra incessamment, nos essais étant à peu près terminés. Nous ne décrivons, en effet, dans la T. S. F. des amateurs, que des appareils que nous avons pu construire nous-même avec les seuls moyens dont peut disposer un amateur et après avoir comparé les résultats fournis par ces appareils avec ceux des meilleurs appareils du commerce; 3° Les transformateurs téléphoniques ordinaires ne conviennent pas pour la construction des amplificateurs à lampes.
- M. Robert Ceari, à Rodez. — Yous n avez pas fait erreur dans votre montage ; les bornes L 1 et L 2 sont bien reliées aux fils de ligne. Lorsque les écouteurs sont accroches, les piles, qui ne servent que pour le microphone, sont hors circuit.
- Vos fils de ligne voisinent sans doute sur les poteaux avec les fils du télégraphe ou avec des fils lumière ; nous ne croyons pas que vous puissiez éliminer complètement les effets d’induction qui en résultent et qui gênent votre réception. Voyez quelques-unes des réponses que nous faisons à différents lecteurs sur le même sujet.
- Quelques amateurs négligent, malgré notre recommandation, l’emploi d’un condensateur variable entre les appareils de T. S. F. et la terre sur une ligne téléphonique importante ; cette négligence est souvent l’unique cause de leur insuccès.
- Vous pouvez employer n’importe quel dispositif d’accord et de réglage, bobine à un, deux ou trois curseurs ou transformateur Tesla.
- M. Ch, Boutelleau, à \ersailles. — Dans un prochain article, nous vous donnerons toutes les indications pour construire un amplificateur à basse fréquence utilisant des transformateurs à noyau de fer.
- M. J. Manesse, à Paris. — Il ne faut pas perdre de vue qu’un fil téléphonique d’abonné, un réseau d’éclairage ne sont que des collecteurs d’onde de fortune, sur l’efficacité desquels on ne saurait se prononcer a priori. Avec telle ligue entièrement aérienne, favorablement exposée, éloignée de tout circuit perturbateur, il est
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- possible d’assurer une excellente réception de radioté-légrammes émis aux plus grandes distances et sur des longueurs d’ondes diverses; avec telle autre, partiellement ou totalement souterraine (c’est le cas du réseau téléphonique à Paris et dans plusieurs grandes villes) ou noyée dans un réseau d’autres lignes qui l’entourent comme une cage de Faraday, toute réception de T. S. F. est pratiquement irréalisable.
- M. Roger Bouyet, à Bordeaux. — Vous trouverez de^' appareils de T. S. P. de bonne fabrication et d’une réelle valeur scientifique chez Massiot, successeur de Radiguet,
- 13, boulevard des Filles-du-Calvaire ; chez Ducretet, rue Claude-Bernard; chez Ancel, boulevard Péreire, à la Compagnie Générale Radiotélégraphique, boulevard Haussmann; à la Société Française Radioélectrique, rue de la Boétie.
- Vous trouverez des lampes à 3 électrodes et toutes pièces détachées au Bazar de l’Electricité, 18, boulevard Henri IV et chez Massiot.
- Nous vous conseillons d’adopter le montage de réception sur cadre qui fera l’objet d’un très prochain article; plus d’antenne ni de prise de terre, plus de bobine d’accord et réception très intense de tous les grands postes européens.
- M. Gonic. — i° Evitez de faire voisiner votre collecteur d’ondes et la ligne parcourue par le courant alternatif.
- Réalisez le dispositif de réception sur cadre que nous décrirons incessamment et qui vous donnera toute satisfaction. Vous recevrez en chambre toutes les émissions des grands postes européens, en orientant simplement un cadre de i m. de côté vers la station transmettrice;
- a0 Si votre conduite d’eau métallique va au sol, elle constituera une excellente prise de terre.
- M. Laborda, à Burriana. — i° Pour le moteur, à poids que vous nous demandez, la puissance électrique d’éclairage de 16 watts demande environ i à 2,5 kgm en tenant compte des rendements. Si vous voulez remonter le poids toutes les heures et si le poids a i kg, la hauteur devrait être 6oX6oX2,5, soit 9000 m. Par conséquent, avec un poids de 100 kg il vous faudrait 90 m. de chute. Le calcul du ressort donnerait également une dimension de ressort d’un prix de revient élevé ;
- 2° Nous ne connaissons pas d’appareil de ce genre pour le fer à repasser. Il en existe pour les vulcanisa-teurs dans certains modèles américains.
- 3° Il nous paraît impossible de réparer soi-même les cassures des récipients émaillés.
- M. de Cazeneuve, à Générargues. — i°La seule obturation des fuites de réservoirs à essence est la soudure;
- a0 Affûtage des mèches américaines. Il se fait mécaniquement avec des petites meules et une rigole oscillante qu’on incline de l’angle voulu et où on place le foret. Ce genre de meules existe aussi en machines à main.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 % pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ________
- Annuaire de VAcadémie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique. 8ie-85c années, igi5-•rU9-
- Nous saluons la réapparition, après les quatre années de tempête, de cet annuairè où l’on trouve réunis les renseignements sur la vie académique belge. Ce nouveau volume contient une longue série de notices biographiques sur divers intellectuels belges décédés.
- Les affaires par correspondance, par L. Chambonneau, avec un appendice, par Lucien Charensol. i vol. in-8° ( 15 X 21 cm), de 348 pages. H. Dunod, éditeur, Paris, 1919. Prix net : 24 francs.
- M. Cliambonneau analyse les divers éléments qui concourent au succès ou à l’échec d’une affaire engagée par lettre. Il prodigue les conseils pratiques, appuyés d’exemples concrets. L’appendice, par M. Charensol, traite delà lettre au point de vue juridique.
- Smyrne, par Fred. Boissonnas, Introduction de En. Cha-puisat. 1 vol. in-40, 48 pl., Collection L’Image de la Grèce. Editions d’Art, Boissonnas Genève. — Prix : Edition ordinaire, 10 fr. ; édition de luxe, 20 fr.
- Magnifique album, admirablement tiré en roto-gravure, des vues prises à Smyrne par l’auteur, et qui montrent tous les aspects de « l’ornement de l’Asie », comme on appelait à l’époque romaine cette ville florissante, dont l attribution à la Grèce semble aujourd’hui certaine.
- A Guide toH the Identification of our more use fui Timbers, par Herbert Stone. i vol. in-8, 52 p., 3 pl. Cambridge University Press. Prix ; 7 sh. 6 d. net.
- L’auteur, professeur de foresterie, a réuni dans ce petit livre nombre de renseignements intéressants pour les étudiants en cette matière, et dont beaucoup ne sont pas aisés à trouver. On y trouve soigneusement décrit l’aspect des divers bois coupés en sections
- transversale, radiale, tangentielle et l’attention est attirée chaque fois sur les confusions d’espèces possibles et les caractères qui permettent de les éviter.
- Le rôle de l'osmose en biologie. Essai de physique végétale, par Leclerc du Sablon. i vol. in-16, igo p., 20 fig. Bibliothèque de culture générale. Flammarion. Paris. Prix . 3 fr.
- La plupart des phénomènes physiologiques sont soumis aux lois de l’osmose. Très clairement, l’auteur montre son rôle important chez les végétaux. Partant de l’expérience initiale de Dutrochet, il examine les changements de volume et de.perméabilité cellulaires, l’absorption par les racines, la circulation de la sève dans la tige, l’émission d’eau et de nectar, les échanges gazeux. Comme le dit son titre, ce petit livre est un essai — réussi — d’application de la physique à la physiologie végétale.
- Keys to the Orders of Insects, par Frank Baliolk-Browne. i vol. in-8, 58 p. Cambridge University Press. Prix : 7 sli. 6 d.
- Toüs les manuels de classification botanique emploient les clés dichotomiques, mais ces clés ne sont guère employées pour la zoologie. M. F’rank Balfour-Browne vient d’en établir une pour l’étude des 6 principaux ordres d’insectes : orthoptères, rhynchotes, lépidoptères, coléoptères, diptères et hyménoptères. Appliquée et vérifiée par ses élèves, elle permet aisément de trouver la famille à laquelle appartient un insecte quelconque et rendra de ce fait un grand service aux étudiants en entomologie.
- L’enquête criminelle et les méthodes scientifiques, par le Dr Edmond Locard, i vol. in-16, 3oo p. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion. Paris. Prix : 5 fr. 75.
- L’auteur, directeur du laboratoire de police technique de Lyon, discute la valeur des témoignages, montre leurs incertitudes et leurs erreurs ; devant les dangers d’un tel mode d’enquête criminelle, il préconise l’analyse scientifique des indices : empreintes digitales, traces et taches, écritures, qui ne peuvent tromper. Par des exemples bien choisis, il fait voir la puissance des méthodes du policier de laboratone-Vécu, clair et bien écrit, ce livre intéressera autant les hommes de science que les juristes.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N» 2414 10 Juillet 1920
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- INFORMATIONS
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- Tremblement de terre en Islande. — Le Tidens Tegn de lvristiania annonce que le i4 mai, dans l’après-midi, Reykjavik a été secoué par un tremblement de terre très violent. Le séisme s’est étendu sur une grande partie de l’Islande méridionale, notamment jusqu’au pied de l’Hekla; en revanche le Reykjanes, la péninsule volcanique que l’île projette vers le sud-ouest, n’a pas été ébranlé. Les jours suivants le sol a continué à trembler. Depuis 1896 Reykjavik n’avait éprouvé d’aussi fortes secousses, nulle part néanmoins elles n’ont fort heureusement déterminé d’accidents.
- Une vague de froid dans la Norvège méridionale.
- — Le début de juin a été marqué dans la Norvège méridionale par une vague de froid très accusée.
- Aux environs de Trondhjem, dans la vallée de la Tua, du 2 au 7 juin, il a neigé tous les jours, et le 7 la couche blanche qui recouvrait le sol à l’altitude de 3oo m. atteignait une épaisseur d'une dizaine de centimètres, si bien que la pratique du ski est devenue possible. Dans la région de Ivristiania, le froid n’a pas été moins vif. Autour de Ivragero, sur les bords mêmes de Skagerack, on a observé une mince nappe de glace sur de petits lacs et dans le département des Smaalene presque partout la température est tombée en dessous de zéro. Le 7 juin, dans les plaiucs bordières de la côte nord du Vener, l’express Stockholm-Kristiania a été assailli par une tourmente de neige; dans cette région l’épaisseur de la couche qui recouvrait le sol a atteint 0 m. 3o.
- La flotte mondiale des bateaux-citernes pétroliers (tanks). — Au 3o juin 1919, d’après les Commerce Reports de Washington, la Hotte mondiale des bateaux-citernes pétroliers {tanks) s’élevait à 6a5 unités jaugeant 2 773 267 t. brutes, dont 536 vapeurs (2644226 t.) et 89 voiliers (129041 t.).
- Le tableau suivant donne sa répartition par pavillon :
- Grande-Br< tagne . Etats-Unis Pays-Bas. Norvège . Allemagne Belgique . Italie . . France. . Russie. . Mexique . Roumanie .lapon . . Chili . . Cuba . . Danemark
- Total
- Vapeurs Tonnage brut Voiliers Tonnage brut Unilcs Tonnage brut
- 262 1 826 718 5 11 345 267 1 33,3 o63
- 100 i 022 551 72 101 364 2 G 2 I 12.3 pl5
- 3o 83 532 G 5 982 36 89 514
- 1 \ 68 331 » » 14 68 331
- 10 37 561 1 728 11 38 289
- 8 28 5/,3 » » 8 28 043
- 5 26 183 » » 5 26 r 83
- 5 20 14 5 1 3 203 G 23 348
- 6 13 8o5 »> » G i3 8o5
- 3 ' * 199 i 1342 4 12 541
- 1 3 o5i » » 1 3 o51
- 2 2 607 » » 2 2 607
- » 1 2 583 1 2 583
- )) 1 1 763 , 1 1 768
- )) ». 1 731 1 y31
- Aux 2*67 unités de la flotte pétrolière de la Grande-Bretagne il faut en ajouter 14 autres jaugeant 93669 t. brutes appartenant à la marine royale.
- Depuis le 3o juin 1919 les chantiers américains ont construit de nombreux tanks et à. la date du ier mai 1920 les Etat-Unis possédaient 3oo pétroliers représentant i 38i 477 t. brutes, 227 vapeurs (t 276 108 t.) et 73 voiliers (io5 369 t.). Peut-être occupent-ils aujourd’hui la première place dans la statistique des bateaux affectes au transport du pétrole ?
- rures les indices de durée suivants par rapport à cette peau de tout premier ordre :
- Loutre terrestre 100
- Glouton (très porté en ce moment) . 100
- Ours . 94
- Castor 90
- Phoque 80
- Martre 70
- Skunk 70
- Vison (peau naturelle) 70
- Marmotte (peau naturelle) 65
- Zibeline 65
- Marmotte (peau teinte) 5o
- Rat musqué 45
- Renard (peau naturelle) 40
- Opossum 37
- Vison (peau teinte) 35
- Hermine 2 >
- Kolinsky (martre de Sibérie). . . . ‘2*5
- Renard (peau teinte) 20 à 20
- Petit-gris 20 à 2.5
- Chinchilla 1 5
- Chèvre 1 5
- Lapin o,5
- Le vulgaire lapin si employé aujourd'hui est donc 200 fois moins résistant à l’usure que la très noble loutre de mer. Ainsi s’explique la métamorphose rapide des fourrures bon marché vendues sous un nom exotique en morceaux de cuir garnis seulement de quelques poils. Charles Rabot.
- L’industrie de la distillation du bois au Canada.
- — L'Entente donne, d’après le Bureau Canadien des Statistiques, le tableau suivant des quantités et des valeurs des différents produits extraits du bois en 1918 :
- Méthylène brut . . Méthylène raffiné . (gallons) Quant i les 870.024 Valeurs Cl) dol. 981.535
- . (gallons) 1.070.928 i.53i.3£6
- Acétate de chaux . (livres) 25.998.139 1.017.465
- Acide acétique . . — 1.772.223 170.173
- Acétate de soude . — 2q5.572 51.3 8 9
- Acétone — 3.458,8io 909.570
- Formaldéhyde, . . — 1.154.902 159.263
- Huile d’acétone . . 792.864 211.440
- Anhydride acétique 44.981 60 5t5
- Acétate de méthyl. X 3 2.1 2 l 29.350
- Charbon de bois . . (Bushels) 6.472.925 1.57.5.701
- Produits divers . . » 537.460
- Valeur totale de la production , . £ 7.235.217
- Dans ce montant les produits chimiques sont évalués à dollars 5i22o56, le charbon de bois et produits divers à dollars 2 113 161.
- Le montant total des matières premières et produits employés dans les différentes usines au cours de l’année 1918, a été de 3 319 y31 dollars, dont 1821893 représentant le coût du bois dur, 6640 celui de produits divers et le restant, soit 1 991 198, celui de produits chimiques.
- Au cours de celte année 1918, cette industrie a vu naître d’importantes usines pour subvenir aux besoins de guerre.
- La durée des fourrures. — Quelles sont les fourrures les plus solides, celles qui. fournissent le plus long usage ? La question intéresse, à coup sûr nombre de nos lectrices et un non moins grand nombre de nos lecteurs dont la bourse est mise à contribution pour l’achat des é tôle s, des tours de cou, etc., qui constituent un complément jugé aujourd’hui indispensable du vestiaire féminin. Aussi bien nous paraît-il utile de reproduire un tableau de la résistance des fourrures à l’usure publié par le journal officiel du Saskatchewan (Canada) (The Public Service Monthly, Regina)^ et dressé par un professeur de zoologie de 1 université Cornell.
- Prenant comme étalon de solidité la loutre de mer et lui attribuant le nombre 100, on a, pour les autres four-
- Le vol des poissons volants. — Il a été beaucoup discuté pour savoir si les poissons volants volent réellement ou bien glissent et sautent seulement. Une lettre de M. J. Mc Namara à Nature rouvre lh question. M. Mc Namara ayant eu l’opportunité d’étudier ces poissons dans les eaux équatoriales de l’Atlantique et du Pacifique, notamment à bord du R. M. S. Victoria, apporte comme argumentation en faveur du vol les observations suivantes :
- i° Durant leur vol, ces poissons sont capables de tourner à angle droit ou de faire un angle plus aigu, d’une façon très rapide; ils se tournent même en arrière dans la direction opposée à celle qu’ils suivaient; 20 Lorsqu’ils passent près du vaisseau, on peut voir leurs ailes
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- INFORMATIONS
- battre aussi distinctement que celles d’un oiseau; 3° Certains parcourent dans l’air jusqu’à 160 m. sans s’élever à plus de 3o ou 60 cm au-dessus de l’eau ; un simple glissement ne pourrait réussir ceci ; 4° Après avoir volé bas sur l’eau, ils peuvent s’élever à une hauteur assez considérable et viennent assez souvent sur le pont des grands steamers. Il est vrai qu’ils ne peuvent alors repartir, mais beaucoup d’oiseaux de mer sont aussi dans ce cas ; 5° En vol, la silhouette des ailes est indistincte alors que celle du corps est nette, ce qui ne s’explique que par le mouvement rapide de celles-ci.
- De tous ces faits, M. Mc Namara conclut que les poissons-volants savent pratiquer le vol par battements.
- Cette opinion a soulevé, dans Nature même, diverses protestations.
- M. W. N. F. Woodland qui a pu observer soigneusement, à la jumelle, des poissons volants dans la Méditerranée, la mer Rouge et l’Océan Indien, les a toujours,, vus jaillir de l’eau par la seule action de leur queue et se maintenir au moyen des nageoires pectorales servant de plans. Ils peuvent renouveler leur élan par un battement de queue sur la crête d’une vague ; les changements de direction et de hauteur s'expliquent simplement, par des changements d’inclinaison du plan des nageoires. Mais il n’a jamais vu les nageoires battre et leur musculature est insuffisante pour cela.
- M. David Wilson-Barker contredit également M. Mc Namara. Pour lui, les changements de direction peuvent s expliquer par des sautes de vent ; les nageoires ne peuvent battre; leurs vibrations, si elles existent, pourraient être dues au vent.
- Ces attestations en faveur du glissement, opposées à celles du battement, laissent la question ouverte, et montrent la nécessité de la trancher par la photographie ou la cinématographie, mieux que par l’observation directe.
- L’éléphant fossile de Chagny. - Les sables de Chagny dans la Bresse, constituent une intéressante formation pliocène ou MM. Delafond et Depéret ont déjà décrit de nombreux restes de mammifères : Elephas meridionalis, Equus stenonis, etc. Récemment, la Société des Tuileries Bourguignonnes, à Chagny, vient de mettre à jour, dans un remarquable état de conservation, les ossements très complets d’un nouvel éléphant méridional. D’après les mensurations déjà effectuées, il semble qu’on se trouve en présence d’un grand exemplaire mesurant plus de 4 ni. de haut et portant des défenses longues de près de ï m. 5o légèrement recourbées.
- Ces restes, soigneusement extraits, furent emballés dans de nombreuses caisses que la Société des Tuileries fait transporter en ce moment par camions automobiles à la Faculté des Sciences de Lyon où M. Depéret, doyen, et le Dr Mayet, chargé du cours d’anthropologie, vont pouvoir bientôt procéder à la préparation des ossements fossiles, à leur étude et à leur identification.
- Curieux moyen de secours aux noyés, par des fumigations de tabac usité, au XVIIIe siècle. —
- D’après la Bibliothèque Physico-Economique (année 1785) l’appareil « fumigatoire » dont nous donnons le dessin était très employé à Paris pour rappeler à la vie les
- malheureux qui se jetaient volontairement ou non dans la Seine.
- Après avoir étendu le noyé, on lui « soufflait de l’air chaud dans la bouche au moyen d’une canule et on lui introduisait de la fumée de tabac dans le fondement au moyen de la machine fumigatoire dont on a formé plusieurs dépôts dans les divers quartiers de la capitale, bordant la Seine. » « Le procédé inventé par M. Pia, ajoute l’auteur de l'article, a eu le plus grand succès sur
- des noyés que le préjugé eût jusqu’alors fait regarder comme morts. D’après le succès d un moyen aussi merveilleux on ne peut trop être étonné de l’indifférence de la plupart des autres villes du royaume à cet égard. »
- Le tabac est contenu dans le récipient A, « Il en faut une demi-once et il doit être humecté. On l’allume avec un morceau d’amadou. Quand le tabac est bien allumé — on s en assure en regardant par le trou du bouchon I) — on insinue dans le fondement la canule C. On manœuvre alors le soufflet B, sans trop précipiter le mouvement. Il faut trois quarts d’heure pour consumer une demi-once de tabac. Pendant la fumigation on tortillera un morceau de papier trempé dans le sel ammoniaque et on l’introduira dans les narines de la personne noyée.
- « On peut suppléer à la machine fumigatoire en se servant de deux pipes, dont le tuyau de l’une est introduit avec précaution dans le fondement de la personne retirée de l’eau, les deux fourneaux appuyés l’un sur l’autre et quelqu’un soufflant la fumée de tabac par le tuyau de la seconde pipe » (Biblioth. Physico-Econom., année 1785.' p. 162).
- La monnaie en France au cours de la guerre. —
- Le Bulletin de la Statistique générale de la France publie, d’après les rapports de la Commission de contrôle de la circulation monétaire et les comptes rendus du Conseil général de la Banque de France, les tableaux du montant des pièces et des billets émis depuis 1913. Nous en extrayons les données suivantes :
- Pièces (en milliers de francs).
- 1913 1914 1915 1916 1917 1918 1919
- Or :
- 100 fr. 3018,4 » » » » ‘ >, „
- 20 243202,8 130355.0 » » » »
- 10 30 414, t » » !) »
- Argent :
- 2 fr. 1000,0 12360,3 27 926,8 55 775,5 55110,7 24052,5 18 521,9
- 1 13054,1 14404,5 47 955,2 92029,2 57153,0 50112.3 46TI 1.5
- 50 e. 7000,0 4828,1 10446,4 26481,5 24314,4 18216,0 12 119,1
- iNickel et bronze « c nickel (*) :
- 25 c. » 255,3 135,8 24,9 787,5 4582,5 1 276,6
- 10 0,4 » » 817,1 5060.5 3318.9
- D M » » 522,7 1 779,6 2192.4
- bronze :
- 10 c. 000.0 600.0 456,2 2247,7 1 191,4 » »
- 5 030,2 550.0 501,6 2076,6 848,1 M )>
- 2 35,0 40,0 10,0 » » 1S.0
- 1 15,0 10,0 20,0 - » ” 24,0
- Totaux. 269 515,5 193598,0 87200,0 158 665,0 118 741,9 101833,2 83642,7
- Billets (en millions de francs).
- 1000 lr. » 750.0 850,0 1775,0 5000,0 3175,0
- 500 170,0 150,0 525,0 1025,0 150.0
- 100 1 7 50,0 1200,0 2290,0 2552,0 2317,5
- 50 785,0 800.0 990,0 748,7 407,8
- 25 » » » V )) »
- 20 664,0 754,0 598,5 1514,0 965,0
- 10 » » 279,5 520,5 390,0 215,5
- O » » 465,8 485,6 5Ü6,7 458,0 191,1
- Totaux. >• » 4572,8 4607,1 6825,7 9488,2 7 421.9
- La valeur des billets en circulation est passée de 5,7 milliards à la fin de 1913 à 22 fin 1917, 3o fin 1918, 37 fin 1919.
- Institut international du Froid. — Une conférence internationale du Froid dans laquelle étaient représentés 42 Gouvernements d’Etats souverains, Dominions et Colonies, s’est réunie à Paris le 21 juin sous la présidence du Ministre de l’Agriculture de France, M. Ricard. Cette Conférence a abouti à la signature d’une Convention qui crée à Paris un Institut international du Froid, entretenu à frais communs par les Gouvernements adhérents, dans le but de faire progresser rapidement la science et la technique du froid et de réaliser au mieux commun de tous les peuples le développement des multiples applications du froid qui jouent déjà un si grand rôle dans l’économie mondiale.
- Le Comité exécutif de l’Institut est présidé par M. André Lebon, assisté de vice-présidents et d’administrateurs choisis parmi les représentants des différentes puissances à Paris. Le directeur est notre collaborateur M. Emile Gouault.
- x. INickel pur en 1914, 191.2 et iyib; on 1917, i63oo francs «le pièces de 25 centimes en nickel pur, le reste en l,ron/,e de nickel ; eu 19x8 et 1919, bronze de nickel.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Electricité
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- !
- Installations électriques avec combinaisons ingénieuses. — Les installations de lampes électriques sont extrêmement variées et ou ren-, contre parfois des problèmes qu’il n’est pas toujours commode de résoudre simplement.
- Nous allons en examiner quelques-uns, qui pourront, le cas échéant, recevoir de nos lecteurs une application pratique.
- ier Problème. — Supposons que dans une salle on ait quatre lampes, ou meme quatre moteurs installés, et qu’on veuille les relier à une distribution à trois fils, en mettant deux lampes sur chaque pont, tout en n’ayant bien entendu, que deux fils tout autour de la pièce.
- Le schéma de la disposition à adopter est celui de la figure i. Un interrupteur unipolaire suffit pour éclairer ou éteindre deux lampes. Cette disposition peut être utile, soit pour équilibrer les charges sur les branches du pont dans le cas de moteurs, soit pour avoir un éclairage simple ou double à volonté dans le cas de
- lampes. Le groupe des lampes A marche avec l’interrupteur a, le groupe B avec b, mais les quatre lampes peuvent être allumées par deux ou toutes les quatre en même temps.
- 2e Problème.—On veut pouvoir éteindre et allumer d’un étage quelconque les lampes qui se trouvent sur chaque palier. On peut réaliser cela au moyen du montage de la figure 2. En haut et en bas sont des interrupteurs à trois fils, dits à double allumage; les interrupteurs intermédiaires, c’est-à-dire ceux autres qu’au rez-de-chaussée et qu’aux mansardes, seront à quatre fils avec barrettes faisant communiquer les pôles, soit en diagonale, soit en ligne droite.
- Eu suivant les connexions indiquées sur la figure, on
- peut voir que, pour l’un quelconque des interrupteurs , la position suivant le pointillé coupe le ' courant dans les lampes. A ce moment, si oh manœuvre l’un quelconque des interrupteurs, on rétablit l’allumage dans le circuit et ces manœuvres peuvent se faire l’une ou l’autre de n’importe quel étage, quel qu’en soit le nombre d’ailleurs.
- ________._ 3e Problème.—
- Ce problème a été indiqué par un de nos lecteurs M. Rivoire, qui l’a suggéré, O4 pour remplir, plus simplement, Fig. 4- le même but
- que l’installation 2399.
- on a deux lampes
- Fis
- ‘U.
- porte
- A
- fOr
- entrer
- B
- ^rO4
- Lave
- Fin. 3.
- A
- -o-
- fntrée
- Co
- d’une veilleuse, indiquée dans le Pour éclairer un sous-sol (flg. 3), en série, A à l’entrée, B au fond dans la cave. L'interrupteur I éclaire simultanément les deux lampes en
- veilleuse, mais un contact île porte C ou un interrupteur ordinaire manœuvré par la fermeture de cette porte du sous-sol ou de la cave, met hors circuit la lampe A et met B en pleine ? lumière
- (fig- 4)-
- L’ouverture d e la porte remet en circuit automatiquement les deux lampes.
- On peut également prévoir cette manœuvre pour l'ouverture de la porte de la cave (au lieu de la fermeture), le principe reste bien entendu le même.
- 4° Problème. — Comme le précédent, il a été détaillé par M. Rivoire.
- 3 b'c’d
- Un va-et-vient donne la lumière dans un escalier et dans un bureau et l'on veut éteindre les lampes extérieures seulement, sans complications d’in(ter rupteur s multiples.
- L’installation normale se fait au moyen de deux interrupteurs A et B à double allumage (fig. 5). La manœuvre de l’un quelconque allume ou éteint les 5 lampes. Pour laisser 1 en circuit toute seule, il -faut un bouton auxiliaire C (pii coupe le courant sur 2, 3, t\.
- L’extinction de 1 se fera encore pax A. Si on oublie de rétablir C avant de partir, il devient impossible d’allu-4 au B ou
- de A.
- Ceci peut ètj e
- évité en remplaç; nt A et C par une poire interrupteur à double allumage, que l’on modifie de la façon suivante.
- Le poussoir est entouré d’un manchon qui coulisse à frottement dur; une bague permet de le tirer au dehors et un épaule-ment intérieur limite la course. Ce ^ manchon porte une t® tige rigide qui appuie sur un ressort formant un contact a, lequel commande l’allumage de 2, 3, 4 (fig. 6). -3-
- Le courant arrive donc en c ou eu d dans la poire, cjui peut à volonté couper ces deux contacts ou les établir. Il passe mi-
- mer 2, 3, moyen de
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- Hlj SCIENCE APPLIQUÉE
- m
- suite en l et par le contact b, actionné parle boulon de la poire, le courant allume i. Si la bague est poussée à fond, ce qui se passe forcément en appuyant sur le bouton de la poire, le courant est dirigé aussi dans a, 3, 4, car a est fermé. Si on tire la bague en dehors (le bouton, lui, est repoussé par un ressort de rappel), on supprime le contact a, ce qui éteint a, 3, 4 et laisse 1 allumé.
- Si on veut s’en aller et qu’on oublie d’éteindre 1, on en est averti par l’obscurité de 2, 3, 4- Pour éteindre 1, on appuie alors sur la poire et automatiquement on ferme le contact a, ce qui permet l’éclairage éventuel
- de toute' la ligne, soit par la poire, soit par B (fig. 7).
- Si 1 est allumé tout seul et qu’on manoeuvre B pour allumer 2, 3, 4, on éteint 1 et on ne peut allumer 2, 3, 4. Mais alors la personne qui est en 1, pour retrouver la lumière, agit sur la poire (en prise avec C par exemple), ce qui rétablit le contact a, met la poire en prise avec b et éclaire les 5 lampes.
- Cette installation fort ingénieuse montre qu’avec un peu d’attention, on peut résoudre simplement des problèmes qui ne paraissent solubles qu’à grand renfort d’interrupteurs, de boutons, etc.
- .SSO
- J&D
- T. S. F. DES AMATEURS
- OSC
- RÉCEPTION DES ONDES ENTRETENUES — CONSTRUCTION DE TIKKERS
- (Suite, voir n° 2413k
- b) Tikker mécanique. — L’inconvéntent d’une tonalité uniforme affectant toutes les réceptions subsiste bien encore lorsqu’on fait usage du tikker mécanique ; mais le réglage de ce dernier présente moins de difficulté, il est aussi moins sujet à variation que celui de l’appareil précédent. Les interruptions plus régulières et plus nombreuses qu’il permet d’obtenir dans le circuit de réception assurent une meilleure utilisation de l’éner-
- *Support de pavi/fon
- 1.— Phonographe transformé en tikker méeaniqus.
- gie oscillante et sa traduction par une note plus musicale.
- La figure 1 représente un mouvement d’horlogerie de gramophone utilisé pour la réalisation d’un interrupteur rotatif susceptible d’être employé comme tikker; les personnes qui ont à leur disposition un phonographe à disques, pourront conditionner sur ce modèle à peu de frais et sans détériorer leur appareil un bon interrupteur mécanique.
- Le dispositif à créer est un disque métallique denté fixé sur fond isolant (fig. 2) et pouvant tourner à la
- Disque c/e phonographe
- Fig. 2. — Disque denté.
- place du phonogramme sous deux petits balais dont l’un reste constamment en contact avec le disque et dont l’autre n’est relié électriquement au précédent qu’au moment de son passage sur une des dents qui bordent le disque.
- Intercalé dans un circuit de réception au moyen des bornes qui portent les balais, l’appareil y assure des ouvertures et des fermetures périodiques d’autant plus rapides que le nombre des dents du plateau métallique sont plus nombreuses et que celui-ci tourne plus rapidement.
- Sur un disque isolant d’ébonite, de bois ou de carton épais mesurant 35 cm de diamètre et percé en son
- Dents
- Disque de d/nquènt de 350m/m de diam,ri
- Fiafu 3. — Tracé des dents.
- centre d’une lunette permettant de l’adapter sur le plateau du phonographe, on applique très soigneusement et on fixe à la seccotine étendue d’eau un disque de clinquant ou de papier d’étain, de 35 cm de diamètre, denté sur son pourtour d’échancrures régulières (220 pour un disque de 35 cm) ayant la forme de languettes triangulaires mesurant 5 mm de base et xo mm de hauteur (fig. 3).
- On veillera tout particulièrement à ce que ces languettes adhèrent parfaitement au fond et ne présentent ni bavures, ni boursouflures ; il sera bon de les découper avec un canif ou des ciseaux bien affilés et de les étaler régulièrement surJe support avec l’extrémité des doigts en interposant entre celle-ci et les languettes une feuille de papier qui évitera un accroc accidentel.
- Sur une barrette de bois verni de i5 cm environ de longueur et 3 cm de largeur
- on place ensuite à 3 ou 4 cm d’intervalle les deux bornes qui doivent porter les balais de contact.
- Ces balais sont constitués par deux petites tiges flexibles en fil d’acier ou de laiton, de 4 à 5 cm de longueur, terminées par une pointe mousse en fil d’argent (fig. 4).
- La barrette se fixe sur l’équerre qui sert de support au pavillon du phonographe, on dispose cette barrette de telle façon que le balai placé sous la borne 1 vienne en contact léger avec la partie dentée du disque métallique et le balai de la borne 2 en contact avec la partie pleine.
- Réglage et utilisation du tikker mécanique.— Le réglage du tikker rotatif ne présente aucune difficulté; il suffit, l’appareil étant connecté convenablement dans le circuit de réception des ondes entretenues, de mettre en marche le mouvement d’horlogerie du phonographe qui entraîne le disque denté à la vitesse de 100 à 120 tours par minute, donnant ainsi entre 400 et 45o interruptions par seconde, fréquence qui assure aux signaux perçus une tonalité nettement musicale. Cette fréquence peut être réduite ou augmentée par le jeu de la vis de réglage du phonographe placée sur le côté de l’appareil (fig. 1).
- La denture triangulaire du disque métallique que nous recommandons, offre l’avantage de permettre le réglage de la durée des moments d’ouverture ou de fermeture du circuit récepteur par le seul déplacement du balai de la borne 1 vers le sommet ou vers la base de la languette; cette manœuvre peut améliorer très sensiblement la réception lorsqu’on utilise le montage représenté sur la figure 6 (') et dans lequel le détecteur est supprimé.
- Franck Duroquiek,
- Bornes portant /es datais
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- T/ge mèta/ùq f/exib/e
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- Contacts ' dargent
- Fig. 4. — Bornes à balais.
- 1. Yojr 3-'f ri.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
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- Désinfection du linge des tuberculeux. — Les tuberculeux expectorent des bacilles de Koch dans les périodes actives de leur maladie. Même s’ils prennent le soin de se servir de crachoirs et de détruire leurs mucosités, ils contaminent pourtant leurs mouchoirs, leurs serviettes, leurs oreillers et leurs draps. Les fines particules de crachats projetées s’y dessèchent et se détachent sous forme de poussières qui peuvent rester plus ou moins longtemps en suspension dans l’air. Que ces poussières soient contagieuses, on s’en doute depuis longtemps et des expériences précises l’ont d’ailleurs confirmé. A la longue, sous l’influence de la lumière, les bacilles perdent leur virulence, mais il faut attendre longtemps, un mois peut-être. Ce danger des linges en contact avec les tuberculeux explique la fréquence de cette maladie chez les blanchisseuses comme l’a signalé Landouzy. 5o pour ioo des morts dans cette profession sont dues en effet à la phtisie.
- Ceci explique l’intérêt qu’il y a de manipuler le moins possible les linges sales et de désinfecter ceux qui ont servi aux tuberculeux avant nettoyage. Le Dr Arnould vient de donner à ce sujet, dans la Presse Médicale, les plus utiles conseils. Le bouillage du linge, qui consiste à plonger le linge une demi-heure au moins dans une lessive alcaline bouillante, offre toute sécurité. Malheureusement, il ne peut être appliqué aux tissus de couleur et aux lainages et l’on ne sauTait traiter ainsi le linge, pièce par pièce, à mesure qu’elles sont souillées.
- Il faut donc désinfecter le linge des tuberculeux avant le blanchissage, et particulièrement les mouchoirs, ainsi que les serviettes dont, depuis Kiiss, on recommande de recouvrir le haut du drap de dessus pour les tuberculeux avancés restant au lit.
- Ces linges souillés seront immédiatement plongés dans un seau rempli de liquide bactéricide et pouvant être fermé.
- Le Conseil supérieur d’Hygiène publique de France a recommandé, il y a longtemps déjà, les solutions de crésylol sodique à 4 pour xoo et de formol à 4 pour 100 dans lesquelles le linge doit tremper 6 heures. A Paris, le service municipal de désinfeoAion emploie le mélange de formol et d’acétone à 3 pour ioo. En Allemagne, on préconise le lusoforme brut en solution à 2 pour ioo pendant 24 heures. Küss a accepté le sublimé à 1 pour 1000, mais il a donné la préférence à une solution savonneuse alcaline de formol composée de 8 gr. de savon noir, 10 gr. de carbonate de soude, 4° gr• de formol par litre.
- Le D1 Arnould, après avoir envisagé l’efficacité des diverses solutions proposées et leur pouvoir de détachage qui évite les taches indélébiles, accorde sa préférence au lusoforme et surtout à la formule de Küss, moins coûteuse, à condition d’y laisser le linge pendant 24 heures.
- La même solution peut être employée pour les lainages et le linge de couleur quand ils auront été souillés.
- Le linge ainsi traité -peut attendre plusieurs jours avant d’être blanchi, sans être dangereux et sans s’abîmer.
- Le reste du linge sera compté, puis enfermé dans un sac en toile de treillis serré, fermant à coulisse; les draps seront pliés et roulés dans une enveloppe ou dans un d’entre eux choisis parmi ceux non pollués.
- Avant de les blanchir, on pourra les mouiller pour éviter le dégagement de poussières.
- Et de cette façon, on évitera les dangers de contagion de la tuberculose par les linges souillés. R. M.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- ><
- Pâte flamande pour fourneaux. — Prendre :
- Mine de plomb en poudre . . 125
- Cire jaune > i S
- Essence de térébenthine . . I 10
- Noir de fumée ...... 3o
- Faire dissoudre la cire dans l’essence de térébenthine en chauffant au bain-marie, ajouter successhement le noir de fumée, puis la mine de plomb et remuer jusqu’à refroidissement complet, on obtient un produit ayant les mêmes qualités que la pâte Eclair.
- Mastic pour fentes de parquet. — Faire fondre
- ensemble :
- Cire jaune......................3> grammes.
- Résine en poudre................20 —
- Suif............................ 5 —
- Puis incorporer au mélange fondu :
- Blanc d’Espagne pulvérisé. . . 4® grammes.
- Ce mastic s’applique à chaud dans les rainures au moyen d’un couteau; on laisse sécher quelques heures, puis on racle l’excédent au moyen d’une lame quelconque, finalement on gratte et met de niveau au moyen d’un morceau de verre cassé de forme arrondie.
- On peut approprier la teinte au parquet en remplaçant tout ou partie du blanc d’Espagne par de l’ocre (jaune ou rouge, du noir de fumée ou une couleur minérale.
- Préparation des murs et des boiseries avant les travaux de peinture. — Lorsqu’on veut obtenir un résultat parfait dans les travaux de peinture, on commence par un égrenage consistant à enlever au moyen du couteau à reboucher ou d’un grattoir triangulaire les débris de plâtre en surépaisseur, puis on pratique un époussetage en se servant d’une brosse.
- Après ces deux opérations, on donne une première couche de peinture appelée couche d'impression qui a pour but de nourrir le bois ou le plâtre, cette peinture sera préparée avec 3/4 d’huile et 1/4 d’essence, on évitera d’engorger les moulures en ne prenant que peu de teinte au moyen de la brosse et en piquant plutôt qu’étendant.
- La couche sera passée dans les deUx]{sens, puis on adoucira en dernier lieu par un dernier passage dans le fil du bois s’il s’agit d’une boiserie.
- Quand la couche est parfaitement sèche, on ponce, c’est-à-dire que I on frotte au papier de verre pour enlever les grains et aspérités, toujours dans le sens du fil, en n’appuyant pas trop énergiquement sur les moulures et parties saillantes, on époussette à nouveau.
- Enfin on pratique le rebouchage des trous et fissures avec du mastic légèrement teinté, en ramollissant ce dernier entre les mains, et, en se servant du couteau à reboucher, on appuie énergiquement pour mettre le mastic en contact avec la couche d’impression.
- Après séchage on ponce à nouveau légèrement, revise le masticage, on peut alors donner successivement et à intervalle convenable la deuxième et la troisième couche qui donneront un fini que l’on n’aurait pu atteindre sans ces précautions essentielles.
- Photographie sur étoffes. — Préparer le bain suivant :
- Alcool à g5°....................... 5oo cm3
- Mastic en larmes..................... 2 gr. 5
- Benjoin.............................. 5 gr.
- Chlorure de cadmium. ...... i5gr.
- Immerger l’étoffe dans ce bain pendant une minute, essorer entre deux feuilles de papier à filtrer et laisser sécher.
- Pour sensibiliser, tremper le tissu ainsi préparé dans une solution de nitrate d’argent à 5 pour 100, l’étendre sur une lame de verre, égoutter, mettre à sécher dans l’obscurité.
- Le tirage du positif s’effectue comme d’habitude au châssis presse, en imprimant fortement car l’image baisse beaucoup au fixage.
- On vire dans un bain composé de :
- Chlorure d’or....................... 1 gr.
- Borate de soude.................... 3o gr.
- Eau. ........................... 1000 cm?
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-
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Finalement on fixe dans l’hyposulfite à io pour ioo et rince jusqu’à élimination parfaite de l’hyposulfite d’argent.
- Désodorisation du pétrole. — Ajouter à 5 litres de pétrole ioo gr. de chlorure de chaux, vulgairement appelé poudre de chlore, puis 5o cm3 d’acide muriatique ou acide chlorhydrique ordinaire, agiter fortement et à plusieurs reprises.
- Transvaser ensuite dans un récipient contenant 5oo gr. de chaux éteinte, agiter à nouveau, laisser reposer et décanter.
- Reproduction directe des calques de plans et dessins industriels. — On commence par préparer les trois dissolutions suivantes :
- ( Gomme arabique................... 20 gr.
- (Eau.............................. 100 gr.
- g ( Citrate de fer ammoniacal. ... 5o gr.
- ( Eau............................. 100 gr.
- ç { Perchlorure de fer sec........... 20 gr.
- ( Eau............................. 100 gr.
- On mélange dans l’ordre ci-dessus les solutions en prenant successivement 100 cm3 de A, 5o cm5 de B, puis 3o cm5 de C, après agitation on laisse reposer quelques jours jusqu’à éclaircissement, puis on étend au pinceau sur des feuilles de papier bien encollées, qu’on laisse sécher dans l'obscurité.
- On tire au châssis-presse en exposant au soleil sous l’original que l’on veut reproduire jusqu’à ce que l’image commence à être visible, le temps de pose demande une certaine habitude pour être déterminé, comme contrôle on peut placer sous l’épreuve une bande de même papier
- et de temps à autre en détacher une bandelette que l’on immerge dans le révélateur.
- Quand l’intensité est jugée suffisante on retire le papier portant le sujet et développe dans un bain com-
- posé de :
- Prussiate jaune.................... 5 gr.
- Eau..................... ..........100 cm3
- Le papier doit flotter sur le liquide, du côté préparé et non être plongé en prenant soin d’éviter les bulles d’air, quand le développement est terminé on immerge dans la solution suivante destinée à effacer le voile et à donner du brillant.
- Acide sulfurique.................. 5 gr.
- Eau . ...........................100 cm3
- Après trois ou quatre minutes on retire, lave à grande eau. L’épreuve ainsi obtenue est bleue ; si on veut un tou noir, on passe dans un bain d’acide azotique à 2 pour 100, puis dans une solution de carbonate de soude à 5 pour 100, jusqu’à décoloration complète.
- Finalement on fait virer au noir dans un bain de
- Tanin.................................. 5 gr.
- Acide gallique. . .................... 5 gr.
- Eau.................................. 100 cm3
- La teinte obtenue est toujours un peu terne, mais il suffit de l’aviver daus une solution d’acide chlorhydrique à 2 pour 100 qui lui donne du brillant.
- Si on veut assurer une longue conservation on applique au pinceau une couche uniforme de :
- Alun................................ 5 gr.
- Gomme arabique..................... 10 gr.
- Eau............................... 100 cm3
- Puis on fait sécher en suspendant l’épreuve par un coin.
- •<
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. -— Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu i mmédiatement.
- Erratum. — Sur la figure 14, page 155 de la T. S. F. des Amateurs, c’est par erreur que la connexion marquée vers w part du plot 9; elle doit partir de la manette de réglage. En se référant au texte, page 153, deuxième colonne, nos lecteurs auront certainement corrigé le schéma erroné.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —- Fourneau à charbon de bois express (Science appliquée, n" 2408, 29 mai 1920). — Nous avons omis d’indiquer que cet appareil est construit par M. A. Aube, 21, rue des Chambards, Bois-Colombes (Seine).
- Le chauffeur Bienvenu (n° 2409. Science appliquée). — Cet appareil est construit par laWelcome Heater Parent C° Limited, 11, York Street, Londres. S. W. I.
- La “ Multi ”. Constructeur : Société des Télégraphes Multiplex, «Système E. Mercadier-H. Magunna», 5y, rue de Vanves. Paris.
- Communication. — Au sujet du sous-nitrate de bismuth (Hygiène et santé, n° 2408, 29 mai 1920). M. J. Przytulski nous informe qu’il existe dans le département de la Corrèze un gisement de minerai de bismuth, et aussi un d’antimoine, dont il peut enjj presque assurance indiquer qu’ils étaient inexploités, fin 1 g 18 ; il y aurait peut-être là une exploitation à étudier, d’autant que ces gisements sont facilement accessibles, l’un et l’autre à quelques kilomètres de Tulle et de Meymac.
- Demande. — Echange de minéraux pour collectionneurs.
- M. Jacques Albert, 16e d’artillerie, 2e batterie, 1e1 groupe. Crefeld A. B. O. désire connaître une société facilitant à ses membres l’échange de minéraux, en vue de leur permettre d’accroître mutuellement leurs collections.
- Réponses. — M. Laroche, à Clermont-Ferrand. — Vous trouverez d’autre part dans les Recettes et procédés utiles de ce numéro le détail des travaux préparatoires du bois et des murs pour obtenir en peinture le fini des professionnels.
- M. Barthélémy, à Nancy. — Le moyen le plus pratique à notre avis pour imperméabiliser une capote d’auto est d’appliquer le procédé Elie Jourdan qui consiste à prendre :
- Paraffine.................. 25o grammes.
- Blanc de baleine .... 5o —
- Vaseline................... i5o —
- Benzine ...................1000 c. c.
- Faire fondre au bain-marie la paraffine, le blanc de baleine et la vaseline, laisser légèrement refroidir et y ajouter la benzine, puis après le refroidissement complet ajouter un litre et demi d’essence pour automobiles.
- Pour l’emploi porter à une température de 45 à 5o° C, immerger les étoffes à imperméabiliser, les faire passer entre deux rouleaux pour enlever l’excès de liquide, sécher en chambre chaude.
- Bien entendu toutes ces opérations devront être effectuées loin de toute lumière ou foyer pour éviter l’inflammation de l’essence et de la benzine.
- M. Schneider, à Paris. — Nous ne connaissons aucun moyen réellement efficace pour réparer une glace dont le tain s’est trouvé altéré par l’humidité, tout essai d’application quelle qu’elle soit donnerait lieu à la formation de liserés très visibles et du plus mauvais effet. Le mieux serait de faire procéder à une nouvelle argenture par un spécialiste, ce travail n’étant pas à la portée de l’amateur par suite des dimensions de l’objet.
- Mme Deullin, à Paris. — i° La maison Fontaine, rue Monsieur-le-Prince, vous fournira l'eau oxygénée à 4o volumes, quant au produit vermifuge vous le trouverez chez les fournisseurs suivants : Darasse, 13, rue Pavée, au Marais; Adrian, 9, rue de la Perle ; Pharmacie Centrale, 21, rue des Nonnains-d’Hyères ; — 20 Le badigeon employé pour les plafonds se prépare en faisant digérer dans 2 litres d’eau froide 1 kg de colle de peaux, au bout de 24 heures on chauffe au bain-marie jusqu’à dissolution complète.
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- BOITE AUX LETTRES
- D’autre part, on délaye dans son poids d’eau 3 kg de blanc d’Espagne, on ajoute un peu de bleu de blanchisseuse pour azurer, puis on y verse la colle chaude, on obtient ainsi un liquide épais que l’on délaye légèrement suivant besoin et emploie tiède de préférence. Dans la pratique on met plus de colle pour la première et la troisième couche que pour la seconde afin d’éviter que la peinture ne s’écaille.
- Au cas où le plafond aurait déjà été peint, il faudrait enlever l’ancienne peinture par grattage et lessivage, puis ne repeindre qu’après séchage complet.
- M- P- F., .à L. — La colle pour cuir dont nous avons donné la formule dans les Recettes et procédés utiles du n° a3q3 est une colle à base de gulta-percha, il est de toute évidence qu’elle convient dans le cas que vous indiquez où il s’agit de réunir du caoutchouc au cuir.
- M. A. B., à Sainte-Croix. — i° Veuillez vous adresser pour les produits arsenicaux à la maison Rousselot, 5o, rue Boileau, à Paris ; — 20 Pour la conservation des peaux, opérer de la façon suivante.
- Les plonger pendant quelques jours dans une solution de :
- Alun ....... 1 kilogramme.
- Sel marin.............3oo grammes.
- Eau................... 10 litres.
- On les fixe ensuite sur des planchettes pour les faire sécher à 1 ombre très complètement, ensuite on peut les réunir par paquets, mais il faut prendre soin de les surveiller et les battre fréquemment pour en chasser les mites; après chaque battage on saupoudre par précaution d’un peu de naphtaline.
- M. M. P. G., à Paris, —Pour blanchir les os, il suffit de les placer dans une caisse dont le couvercle est constitué par une vitre, au fond de cette caisse on met dans une cuvette de l’essence de térébenthine et on expose le tout au soleil. Sous l’influence de la lumière, les vapeurs ont une action oxydante analogue à celle qui se produit sur 1 huile de lin de la peinture elles os sont rapidement blanchis. Une précaution importante est de ne pas laisser baigner les objets dans l’essence de térébenthine, le meilleur résultat est obtenu en les plaçant sur de petits supports ou chevalets en zinc.
- M. Chardin, à Paris. -— Les préparations dont nous avons parlé dans La Nature du 22 mai 1920 et qui ont pour but de révéler une élévation de température, ne sont pas à notre connaissance dans le commerce, mais il est facile de les préparer, l’iodure double de mercure et de cuivre ainsi que l’iodure double de mercure et d’argent étant des produits chimiques courants que vous trouverez par exemple chez Chenal, place de la Sorbonne ou Fontaine, rue Monsieur-le-Prince; quant au vernis à employer comme excipients, ceux à base d’acétates de cellulose doivent très probablement convenir dans la plupart des cas.
- M. de Bures, à Marsac. — La bakélite donne en effet une très grande résistance aux objets et peut être appliquée aux bois tendres, mais ce traitement nécessite l’emploi d’un autoclave appelé bakeliseur qui a pour but d’amener la bakélite d’imprégnation ou bakélite A, sous sa forme finale de bakélite C. Le produit initial A est soluble dans 1 alcool, l’acétone, la glycérine, etc., c’est sous cet état qu’on peut le faire pénétrer dans le bois. Après chauffage sous pression aux environs de 175° on obtient une matière très dure qui résiste aux acides étendus, aux alcalis et à l’eau bouillante. La nécessité de l’autoclave laisse bien entendu ce traitement dans le domaine industriel.
- M. Paul Ober, à Strasbourg. — Le vieillissement des dorures de cadres s’obtient en passant légèrement au moyen d’un pinceau une solution très faible de suif hydrate d’ammoniaque dans l’eau, environ 1 pour 1000, on doit opérer avec précaution pour ne pas trop accentuer le noircissement et faire un essai préalable sur une partie peu visible afin de ne pas dépasser la mesure.
- M. de Choiseul, Les Plans-sur-Bex. — Si la tache dont vous nous parlez se produit avec l’eau pure, c’est que la matière colorante est soluble dans l’eau, il suffira donc d’une macération générale de la gravure dans une cuvette, en changeant l’eau à plusieurs reprises pour que cette matière colorante soit éliminée. Comme la feuille de papier présente peu de résistance, placer au fond de la cuvette une lame de verre qui servira de support pour relever la gravure et la mettre ensuite à sécher. A l’avant-dernier bain vous pourrez ajouter un
- peu d’eau oxygénée et quelques gouttes d’ammoniaque en vue d’éclaircir le fond ainsi que cela se pratique pour les gravures anciennes.
- M. Cassan, à Saint-Nazaire. — Le moyen le plus sûr d'enlever les taches d'huile sur la pierre consiste à recouvrir celles-ci d’un corps absorbant tel que la terre à foulon ou le plâtre et à renouveler le produit jusqu’à ce que l’huile qui remonte au fur et à mesure par capillarité soit absorbée. Vue l’ancienneté des taches le résultat sera très probablement long à atteindre, mais il doit réussir.
- M. B. Clare, à Paris. — Nous donnons dans les Recettes et procédés utiles de ce numéro le moyen de procéder pour obtenir des photographies sur étoffes, veuillez bien vous y reporter,
- M. le DT Colomb, à Angoulême. — On obtient une excellente encre stylo graphique parla formule suivante : Bleu de méthylène. . 4 grammes.
- Alun................ 3 —
- Alcool à 95°........ 10 —
- Eau.................5 00
- Faire dissoudre le bleu de méthylène dans l’alcool, l'alun dans l’eau, mélanger et ajouter 25 gr. de glycérine.
- M. Sablé, à Clamart (Seine). — i° L’huile de ricin se distingue des autres huiles par sa solubilité complète dans l’alcool, il vous suffira donc pour détacher les vêtements de frotter avec un tampon imbibé d’alcool, puis avec un morceau de flanelle sèche ; s’il s’agissait d’une autre huile, il faudrait remplacer l’alcool par le tétrachlorure de carbone ; — 20 Vous trouverez dans les Recettes et Procédés utiles de ce journal la formule pour désodoriser le pétrole.
- M. Clérin,k Pïeverlé-Louvain.— 1" Produits phosphorescents. Des recherches récentes ont montré que les produits phosphorescents ne sont pas des produits purs, mais une solution solide d’une substance inerte transparente dans un phosphogène absorbant, ainsi le sulfure de calcium ne doit sa phosphorescence qu’à des traces de bismuth, la chaux à des traces de manganèse. Lorsqu'on augmente la proportion du diluant la phosphorescence croît, passe par un maximum, puis décroît, le diluant n’est donc pas phosphorescent par lui-même.
- Les rayons X, les sels de radium excitent la phosphorescence, c’est pourquoi dans la pratique on utilisé aujourd’hui le sulfure de zinc additionné de 0,4 milligr. de bromure de radium, par gramme de Zn S, une étude très détaillée a été faite à ce sujet par The National Physical Laboratory d’Angleterre en 1919. Nous pensons que vous trouverez le sulfure de zinc préparé de cette manière soit chez Chenal, rue de la Sorbonne, soit chez Fontaine, rue Monsieur-le-Prince; — 20 Adresses de fabricants de parfums naturels et synthétiques-: Bircken-stock, 12, rue du Progrès, à Montreuil (Seiifé); Chiris, i3, rue Ballu ; Feigel, 38, rue de Turenne ; Giraudon,
- I, avenue Emile Deschanel; — 3° Merci pour votre aimable communication.
- M. Doudon, à Saint-Symphorien. — Les recettes et Procédés utiles de ce numéro vous donneront la marche à suivre pour la reproduction directe de plans et dessins industriels en tons noirs."
- M. Camille Bouisson, à Marseille. — i° Les lentilles des instruments d'optique ne sont pas moulées, mais taillées par rodage contre des surfaces métalliques à courbures appropriées, avec interposition de poudres d’émeri de plus en plus fines ; — 20 Le polissage est effectué à l’aide de rouge d’Angleterre ; — 3“ Dans les systèmes achromatiques, la lentille de crown est rendue solidaire de la lentille en flint par collage au baume du Canada.
- M. L. B., à Chef-du-Pont. — Les ouvrages à consulter pour les utilisations industrielles des sous-produits du lait (fabrication et applications) sont notamment ; L’Industrie laitière (sous-produits et résidus), par A. Rolet, 1 vol. 6 fr. ; Laiterie, par Ch. Martin, 1 vol. 10 fr. ; L'Industrie laitière au point de vue scientifique et pratique, par Brelaz et Oettli, 1 vol. 45 fr. (Librairie agricole, 26, rue Jacob, Paris, 6e); Industries du lactose et de la caséine végétale du soja, par Francis
- J. G. Beltzer, 1 vol. 7 fr. 5o (Librairie H. Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augustins, Paris, 6°). Pour le lait en poudre, voyez : Le lait solide, par Francis Orengo, 1 vol. 1 fr. ; demandez, à la librairie agricole, rue Jacob, les fascicules du Journal d’Agriculture pratique contenant les études publiées sur le lait en pondre, et chez
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- BOITE AUX LETTRES
- Mulo, éditeur, n, me Hautefeuille, Paris, 6°: le Manuel de l’alimentation, tome II, Conserves alimentaires, par Henri Blin, i vol. 6 fr. ~5. Pour la Caséine, voyez, la notice ; La caséine, ses applications industrielles, par C. Magrini (Compagnie internationale de la caséine, 63, Boulevard Malesherbes, Paris, 8e).
- Toutes indications complémentaires pourraient être demandées, au besoin, aux adresses suivantes : Directeur de l’Ecole de laiterie de Surgères (Charente-Inférieure), Directeur de 1 Ecole nationale d’industrie laitière de Mamirolle (Doubs), Directeur de l’Ecole de laiterie de Poliguy (Jura), Société d’encouragement à l’industrie laitière, 3, rue Baillif, Paris, ier, Directeur départemental des Services agricoles de la Manche, à Saint-Lô.
- M. Poizat, à Cours. — Il y a intérêt à construire une bobine longue avec un grand nombre de spires. Cela d’ailleurs diminue les pertes par fuites.
- M. P. P., à Givry (Saône-et-Loire). — Pour documentation la plus complète et la plus moderne sur l’apiculture pratique, ruches verticales, etc., voyez les ouvrages suivants :
- i° Apiculture, par R. Hommell, i vol. io fr. ; Ma méthode d’apiculture, Manuel pratique d'apiculture intensive, par P. Peter’s, i vol. 7 fr. 5o ; A. B. C. de VApiculteur, par A. et E. Root, 1 vol. 12 fr. ; L’Apiculture simpliste, par Sylviac, x vol. i3 fr. (Librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris, 70); Memento de F Apiculteur, par Demogeot, Chataux, Dr Martin et Frionnet, 1 vol. 3 fr. (Chataux, éditeur, à Yallerest, Haute-Marne; Le Rucher, par C. Arnould, 1 vol. 6 fr. (Librairie Horticole) ; La Ruche Dadant modifiée, par Ed. Bertrand, x vol. broché, 1 fr. 20 (Doin, éditeur, 8, place de l’Odéon, Paris, 6e);
- 20 Pour la construction des ruches, voyez : Construction économique des ruches et du matériel apicole, par Clément, 1 broch. 3 fr. (Librairie Horticole), et l’ouvrage de R. Hommell, indiqué ci-dessus. En outre, pour cette question et pour ce qui est relatif à la ruche verticale, système Dadant-Blatt, adressez-vous au Secrétariat de la Société centrale d’Apiculture (28, rue Serpente, Paris, 6°), et consultez son Bulletin, L’Apiculteur, lequel, dans de nombreux fascicules, contient des études sur la ruche précitée, la constiuiction des ruches, etc.
- M. R. Blanchet. — Outre les traités de zoologie de Delage et d’Edmond Perrier, vous pourriez consulter
- les faunes publiées par les librairies Ivlincksieck, 7» rue Racine, et Deyrolle, 42, rue du Bac.
- M. T. B. à Paris. — Nous ne voyons pas de produit remplaçant le savon. Pour éviter la disparition dont vous vous plaignez des pains de savon mis à la disposition du personnel, vous pouvez employer des distributeurs fixés au mur, fournissant du savon liquide ou mieux du savon râpé enpoudre. Voir pour appareils, Compagnie des savons de toilette économiques, 7 et 9, rue Fénelon, Paris, g°.
- M. Blanchard, à Eymet. — Vous pourrez vous procurer des petites machines à glace domestique à la Société Anonyme de Travaux Dyle et Bacalan, 15, avenue Matignon; chez Singrün à Epinal (frigorigène Audifïron) ; à Y Omnium frigorifique, 23, boulevard Sébastopol, Paris.
- MM. Paulus et Delattre, à Roubaix. — Un appareil à glace domestique est la « Frigorette » construite par la Société Dyle et Bacalan, 15, avenue Matignon, à Paris.
- M. Valéry, à Constantinople. — Un appareil du genre de celui que vous demandez vous sera fourni par les Etablissements Randegger, 188, boulevai'd Voltaire, auxquels nous transmettons votre demande.
- M. Gouttière, à Marchienne. — La machine Thor à laver le linge est de provenance américaine. L’agent de cette Maison est la Société Randegger, 188, boulevard Voltaire.
- M. A. Boivin. — x° Adressez-vous à M. Léonce Fabre, 52, rue Saint-Ferréol, Marseille ; 20 Ouvrage d’Electricité. L’électricité à la portée de tous, par Georges Claude. Dunod, éditeur, Paris. 47» quai des Grands-Augustins.
- Abonné 4004. — On peut actionner au moyen de l’air comprimé des véhicules de toute puissance. Il existe des locomotives de mines à air comprimé ; des ti'amways à Pair comprimé ont longtemps circulé dans Paris. Le moteur employé est un moteur à piston assez analogue à la machine à vapeur.
- M. J. Piollet, à Razac. — Plaques de nickel. Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain, Paris. Accumulateurs électriques. Voyez l’ouvrage de Loppé. 1 vol. Encyclopédie Léaute. Masson, éditeur, 120, boulevard Saint-Germain.
- Dr Schmid, à Nice. — Nous vous conseillons de poser la question à la Maison qui a construit le moteur et qui saura mieux que quiconque le carburateur qu’il faut appliquer à son système de moteur. Vous auriez autrement des ennuis et les essais que vous auriez à faire pour une mise au point vous-même pourraient être longs et onéreux.
- Jteo
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La. Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant ' en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.) .......—
- Manuel pratique de Télégraphie et Téléphonie sans fil. 1 brochure, 72 p. Péricaud, éditeur, 85, boulevard Voltaire, Paris, 1920. Prix : 2 francs.
- Cette brochure établie par un de nos importants constructeurs d’appareils de T. S. F. pour amateurs contient des notions générales très brèves sur la T. S. F., la description sommaire des appareils essentiels aujourd’hui en usage, des instructions pratiques pour le réglage des postes construits par l’auteur, et enfin des renseignements sur les signaux émis par les principales stations de T. S. F. \
- Elude sur la traction électrique par courant continu. Alimentation des réseaux de tramways et de métropolitain, par F. Guért. i brochure, 3i p., 24 fig- Publication de la Revue générale d’Electricité, 12, place de Laborde, Paris.
- L’auteur, ingénieur en chef d’une importante Société de tramways, expose à la lumière de son expérience personnelle, les méthodes à employer pour établir logiquement un projet de traction électrique.
- Nouveau Manuel complet de fabrication de bonneterie et de tricotage mécaniques, contenant l’Etude des métiers. Les tissus de bonneterie. Le tricotage mécanique par D. de Prat. i vol. avec xo3 fig. Mulo, éditeur. Paris, 1920. Prix 6 francs.
- La bonneterie, depuis une trentaine d’années, a fait de grands progrès au point de vue mécanique, et l’on peut dire que la bonneterie mécanique a remplacé l’article à la main.
- Grâce au .développement des petits moteurs à gaz, à essence ou électriques, cette industrie s’est répandue dans la classe des travailleurs à domicile. Enfin, depuis peu de temps, on a construit toute une série de petites tricoteuses mécaniques mues à la main ou . au moteur à des prix relativement avantageux qui fabriquent des articles tout finis et qui peuvent être maniées par tout le monde, après quelques jours d’apprentissage. La réédition du Manuel de M. de Prat vient donc à son heure. Cet ouvrage est divisé en 3 parties. '
- La première partie traite de la façon dont sont formées les mailles, et des métiers qui les produisent.
- La deuxième partie traite des divers tissus de bonneterie répandus dans le commerce et de la manière dont ils sont produits sur les métiers.
- La troisième partie donne divers renseignements sur les matières premières employées en bonneterie, les opérations de préparation et de finissage, les prix de revient, la production des métiers.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2415
- 17 Juillet 1920.
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- INFORMATIONS
- RADIOTÉLÉGRAMMES MÉTÉOROLOGIQUES
- Nous empruntons à différentes publications du Service hydrographique de la Marine, du Meteorological Office, à la Revue française T. S. F. et au Wireless World les renseignements suivants concernant la transmission quotidienne régulière par télégraphie sans fil d’observations météorologiques destinées aux navires, aux centres d’aviation et aux observatoires.
- Bulletins météorologiques français. — Les transmissions météorologiques françaises se rapportent aux observations faites dans dix-sept stations françaises et dans les stations de. Bruxelles et de Mayence.
- . Elles ont lieu aux heures suivantes (temps moyen de Greenwich) :
- 9 h. 45 . . . . . . observations de 7 heures.
- 16 heures...........observations de i l heures.
- 'G h. 3o............observations de 18 heures.
- Longueur d’onde 3 600 m. ; émission amortie musicale. Chaque télégramme se compose de deux parties transmises successivement et sans interruption. La première se rapporte aux observations ordinaires (Code international); la deuxième contient des sondages.
- Yoici le schéma suivant lequel sont rédigés les Bulletins des observations ordinaires :
- i° Observations de 7 heures. — 4 groupes de 5 chiffres par station :
- BBBDD FCTTN pbbPP MMmmp.
- BBB pression en dixièmes de millimètre (le premier chiffre 7 est supprimé) ;
- DDF vent direction de o à 32, force de o à 9 ;
- C état du ciel Code international de o à 9 ;
- TT température en degrés entiers. On ajoute 5o au nombre lorsque la température est négative (Code International) ;
- N — direction des nuages supérieurs (cirrus et cirro-stratus) de o à 9 (Code International) ; p caractéristique de tendance de o à 9 (Code International) ;
- bb tendance en dixièmes de millimètre en ajoutant (Code International) ~f- 5o à la direction du vent pour les tendances négatives ;
- PP pluie en millimètres tombée depuis l’observation de 7 heures la veille ;
- [ de 7 heures la veille à
- , , , . \ 7 heures jour de l’obser-
- MM température maxima .
- . - . • . \ vation; notées en deeres
- mm température minima ]
- / entiers, ainsi qu il a ete
- ( dit plus haut;
- p. état de la mer (Code International) de o à 9. Ce chiffre est omis et le groupe correspondant n’a que 4 chiffres pour les stations de l’intérieur des terres.
- 20 Observations de i3 heures et 18 heures. — 3 groupes de 5 chiffres et 1 groupe de a chiffres par station : BBBDD FCTTp bb.
- Les télégrammes commencent par les mots METEO FRANCE.
- Les stations qui manquent sont remplacées par un seul groupe de 5 X : XXXXX. Les observations qui manquent sont remplacées par des X.
- Les groupes de chiffres concernant une station sont précédés d’un groupe de 2 chiffres indicatifs de la station.
- Stations et Indicatifs
- 01 lie d’Aix. 00 Clerm.-Ferr. I 11 St-Mathieu. 1(> Perpignan.
- 0‘2 Biarritz. (17 Dijon. 12 Marseille. 17 S‘-Pierre-Quib.
- 03 Bordeaux. 08 Gris-Naz. 15 Mayence. 18 Rennes.
- 04 Bruxelles. 09 Limoges. 14 Montpellier. 19' Strasbourg.
- 05 Cherbourg. 10 Lyon. 15 Paris.
- Les tableaux qui suivent serviront de clef.' pour la traduction de cette partie des radiotélégramm.es :
- DD.
- Dit
- N. . . N.-N.-E N.-E. . E.-N.-E E . . . E.-S.-E
- ection du vent
- 3a
- 02
- o4
- 06
- 08
- io
- S.-E. S.-S.-S . . S.-S.-
- s.-o.
- o.-s.
- o
- au sol.
- 12 i4 16 18 20 22
- O
- O.
- -N.-O.
- F.
- o à 1 métré.
- 1 à 2 —
- 2 à 4 —
- 4 à 6 —
- 6 à 8 —
- N.-O..........
- N.-N.-O .... Force du vent.
- 8 à 10 mètres .
- 10 à 12 —
- 12 à i5 —
- 15 à 18 —
- Au-dessus de 18 mè
- 24
- 26
- 3
- 28
- 3o
- 5
- 6
- 7
- 8
- 9
- 00
- 01
- TT. — Température en degrés entiers.
- On ajoute 5o au nombre lorsque la température est négative. Pour les températures voisines de o, on adopte la convention suivante :
- De — 1 °,4 à — o°,5 . . . 51 I De o°, 1 à o°,4 De — o°,4 à o°,o.. . 5o | De o°,5 à i°,4
- p. — Caractéristique de la tendance.
- C’est-à-dire le chiffre caractérisant l’allure de la courbe du baromètre pendant les 3 heures précédant l’observation.
- Baromètre stationnaire.
- irrégulier
- Monte régulièrement. . 2
- Baisse régulièrement. . 3
- D’abord en baisse, puis
- en hausse............4
- Stationnaire, puis en hausse ............... 5
- C.
- Ciel sans nuages. .
- Ciel 1/4 couvert. .
- Ciel 1/2...........
- Ciel 3/4...........
- Ciel couvert. . . .
- puis
- Stationnaire baisse. . .
- En baisse, puis stationnaire ..................
- En hausse, puis stationnaire, ou en baisse . Crochet d’orage ....
- 4
- N. — Direction dei Type cirrus et cirro-stratu
- Etat du ciel.
- Pluie..............
- Neige................
- Brouillard léger (mist.) Brouillard épais (fog.)
- Orage................
- nuages supérieurs. s exclusivement.
- Nuages observés n’ayant aucun mouvement appréciable ............o
- Nuages venant du N-E . 1
- — del’E. . 2
- — du S.-E. 3
- bb.
- Nuages venant du Sud .
- — du S.-W.
- — de l’W .-
- — duN.-W.
- — du N. . .
- Pas d’observations. . .
- Tendance barométrique.
- C’est-à-dire variation barométrique en millimètres et en dixièmes de millimètre dans les 3 heures qui précèdent l’heure de l’observation. Si la tendance est négative; on ajoute 5o au nombre DD indiquant la direction du vent.
- Etat
- Calme 0
- Très belle I
- Belle '1
- Peu agitée . 3
- Agitée • 4
- Observations de 7 heures
- de la mer. Houleuse .... Très houleuse. .
- Grosse...........
- Très grosse. . . P’urieuse ....
- . — Extrait : lin 21 400 5 963.
- du
- gramme :.... 1976 804 20619
- Ce qui se traduit par :
- Strasbourg : Pression barométrique
- 5
- 6
- 7
- 8
- 9
- télé-
- 76“””,8 ; vent du
- N.-E.; force 2 à 4 mètres par seconde; ciel sans nuage; température : — ii°, pas d’observation de nuages supérieurs; baromètre monté régulièrement ; valeur de la hausse dans les 3 dernières heures -j- imm,4; pas de pluie depuis la veille 7 heures ; température rnaxima — 90, température minima — i3°.
- Sondages météorologiques. — Les groupes de lettres qui se trouvent à la fin des bulletins indiquent les sondages effectués à diverses altitudes.
- Les deux premières lettres donnent la direction et la vitesse du vent à 5oo m., les deux suivantes à 1000 nu les deux suivantes à i5oo m., les deux suivantes, à 2000 m., les deux suivantes à 3ooo m. et les deux dernières à 4000 mètres. Ces renseignements sont traduits d’après la convention du tableau ci-dessous :
- Direction du vent (lettres de rangs impairs) :
- A B . C . D .
- N.-N.-E.
- N.-E.
- E.-N.-E.
- E.
- 17 î»-
- E.-S.-E;
- S.-Ë.
- S.-S.-E.
- S.
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- INFORMATIONS
- I . . . . . . . S.-S.-O. M . . . . . . . O.-N. -0
- .1 . . . . . . . S.-O. N . . . . . N.-O.
- K . . . O.-S.-O. 0 . . . . . . . N.-N. -0
- L ... 0. P . . . . ... N.
- Vitesse du veut à la seconde (lettres de rangs pairs) :
- A..............o mètn
- B..............2 —
- C........• • 4 -
- B..............6 —
- E..............8 —
- F................ io mètres.
- G.................12 —
- B................ i4 —
- 1.............. 16 —
- J. ...............18 —
- etc., jusqu’à la lin de l’alphabet (y compris le W); on augmente de 2 m. la valeur à traduire en passant d’une lettre à la lettre suivante.
- Pour les bulletins de 16 heures et de 231'3o, les premiers et deuxièmes groupes de chiffres ont les mêmes significations que pour le bulletin de qb 45. Dans le troisième groupe, le 5e chiffre donnant la direction des nuages est omis.
- Le quatrième groupe représente la caractéristique de la tendance et sa valeur comme précédemment.
- Les autres indications de pluie, températures maxima et minima, ainsi que l’état de la mer sont supprimées.
- Le code des sondages est le même.
- Bulletins météorologiques anglais. - Les stations de Poldhu et de Cleethorpes passent chaque jour des bulletins météorologiques en langage clair.
- Poldhu (indicatif : MPD — musicale — 2800 m.) à 9’' 3o et 2 i1' 3o.
- Exemple : Cq Cq (Cq = appel général) ...— MPD —...— 2i3o Western anticyclone off western Ireland spreading eastwards pressure relatively low, etc....
- Cleethorpes (indicatif : BYB — musicale — 35oo m.) à 9 heures, i3 heures, 17 heures et 21 heures.
- Exemple : Cq. Cq. A deep dépression 28°6, is still centred off the south-west of Iceland and pressure remains high over the Àlps.
- À fresh secondary has appeared overnight off the west of Ireland, and the barometer is now falling at ail western stations.
- Forecast. — Strong winds reaching gale force at limes from direction between south and south-west probable off ail British coasts.
- La station du Ministère de l’Air à Londres transmet trois fois le jour un radiotélégramme météorologique sur ondes entretenues de 1400 m. environ.
- Les émissions ont lieu aux heures suivantes (T.M.G.) :
- 31’ i5 pour des observations faites à 1 heure.
- 9h i5 pour des observations faites à 7 heures.
- 201’ i5 pour des observations faites à 18 heures.
- Le bulletin comprend deux parties : la première se rapporte à des observations relatives au temps faites dans les stations suivantes :
- 101 Lerwick.
- 195 Stornoway.
- 199 Blacksod Point. 182 Malin Head.
- 192 Valentia.
- 166 Scilly.
- i5o Dungeness. 174 Holyhead. 162 Portland. 110 Aberdeen.
- 118 Tynemouth ÿ 136 Yarmouth.
- L’indicatif de chaque station est suivi de deux groupes de 5 chiffres disposés comme suit :
- BBBDD FCpbb.
- Le déchiffrement de ces groupes se fait selon le code international donné pour FL, toutefois la hauteur barométrique est exprimée en « millibars » et en dixièmes de millibars et le chiffre initial 9 ou 10 est omis comme est omis le 7 dans l’indication de la hauteur barométrique en millimètres des bulletins français.
- La seconde partie du bulletin anglais comprend des observations relatives au vent faites dans les stations suivantes :
- 107 Bouton Bay.
- 109 Longside.
- 113 Fifeness.
- 115 East Fortune.
- 117 St-Abbs Head.
- 119 Cramlington. i2§ Flamborough Ilead. 125 Howden. i3i Cranwell.
- 135 Yrarmouth.
- 187 Pulham.
- 1 j 1 Orfordness.
- i43 Felixstown. 147 Grain.
- *49 Capel.
- 151 Polegate.
- 173 Turnhill. i3g Bedford.
- 153 Calshot.
- 15 5 Stonehenge. 161 Portland.
- 163 Plymouth.
- 165 Mullion.
- 169 Pembroke.
- 175 Anglesey. 177 Barrow.
- 179 Luce Bay. 181 Inchinnan. i83 Malin Bead.
- 184 Baldonnel.
- 191 Beerhaven.
- 192 Valencia.
- 189 Queenstown.
- L’indicatif de chaque station est suivi de deux groupes de cinq chiffres disposés comme suit :
- BD DVV BDDYV
- et dont la traduction est basée sur la convention suivante :
- 1er groupe : observations faites entre 1000 et 3ooo pieds d’altitude.
- 20 groupe : observations faites entre 3ooo et 10000 pieds d’altitude.
- H indique la hauteur où a été faite l’observation (pour 10000 pieds le chiffre est o).
- DD indique la direction du vent selon le Code international).
- VV indique la vitesse du vent en « miles » et par heure.
- Bulletins météorologiques espagnols. — Les stations d Aranjuez et de Madrid sont chargées de la transmission de ces bulletins.
- Aranjuez (indicatif EAA — musicale — 38oo m.) transmet un télégramme météorologique à 9 heures, à i5 heures et à 20 heures.
- La forme et les codes sont les mêmes que pour FL avec Cette seule différence que le groupe de deux chiffres désignant chaque station est remplacé par un groupe de deux lettres.
- Madrid.....................MD.
- La Corogne.................CO.
- Madrid (Carabanchel) indicatif EGC — musicale aiguë — 2900 m., transmet un bulletin à ioh, i5h3o et 2ih 3o.
- Le mode de transmission est le suivant :
- Cq Cq...— EGC — E.O.C.M. (Espaîïa Observatorio Central Meteorologico), puis 5 groupes de 8 chiffres, puis 7 groupes de 10 chiffres, 1 groupe de 12 chiffres, i groupe de 9 chiffres.
- A) Chacun des groupes de 8 chiffres est précédé de lettres indiquant la station à laquelle il se rapporte :
- F. . . Funcha (Madère) observations de 7 h.
- L. . . Ténérife — — 8 h.
- O. . . Oran — — 7 b.
- LI. . . Lisbonne — — 9 h.
- MB. . . Mahon (Baléares) — — 8 h.
- Le Code employé est le Code international :
- Les 3 premiers chiffres indiquent la pression ; le 4° et le 5e, la direction du vent ; le 6e indique l’état du ciel et le 7e l’état de la mer.
- B) Chacun des groupes de 10 chiffres est précédé d’une lettre indiquant la station à laquelle il se rapporte :
- A..................Alicante.
- B.................. Barcelone.
- B..................Buelva.
- ML...................Malaga.
- SF......................San-Fernando.
- C. . . ..........La Corogne.
- MD...................Madrid.
- Le Code employé est le Code international. Les 3 premiers chiffres indiquent la pressic indique le sens de variation du baromètre :
- o. . . . monte. | 5. . . . baisse.
- Les 5° et 6e chiffres indiquent la tendance ; les 70 et 8e la direction du vent; le 9e indique la force du vent et le io° l’état du ciel.
- C) Le groupe de 12 chiffres donne la direction et la force du vent à Madrid aux altitudes et dans l’ordre suivant : 25o, 5oo, 1000, i5oo m. au-dessus du sol, à raison de 3 chiffres par altitude différente ; les 2 premiers de ces 3 chiffres indiquant la direction et le 3e indiquant la force suivant le Code international.
- D) Le groupe de 9 chiffres indique l’état de la mer sur les côtes d’Espagne d’après le Code FL.
- 1e1 chiffre entre Saint-Sébastien et Santander.
- 2e — Santander et La Corogne.
- 3' — La Corogne et le Portugal.
- 4° — Buelva et Gibraltar.
- 5° — * Gibraltar et Alméria.
- 6° — Alméria et Valencia.
- 7e — Valencia et Port-Vendres.
- 8“ — Baléares.
- 9' — - Algérie.
- [A suivre.) (F. Dukocquieh.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- *> Distillerie
- Appareil Darier pour la distillation et la rectification. — Le rendement des appareils de distillation et de rectification dépend du contact des produits à séparer dans la colonne, c’est-à-dire du mode de construction de celle-ci. De nombreuses industries ont des produits à séparer : eaux-de-vie, alcools, éthers, glycérine, hydrocarbures, essences, huiles, parfums, etc. pour lesquelles elles emploient des colonnes de distillation. Toutes seront intéressées par les nouveaux appareils imaginés par ,M- Darier qui donnent des résultats remarquables : alcool à 92 et g6 pour xoo directement à partir des jus alcooliques : vins, cidres, eaux-de-vie, etc. ; benzol pur cristallisable et toluène à 99 pour 100 à partir des benzols bruts; séparation de l’ortho, du méta et du para-xylène, des xylènes bruts; préparation d’essence de térébenthine pure et incolore ; purification des essences, etc.
- Les appareils Darier ont l’aspect extérieur des autres alambics ; comme eux ils comportent une chaudière chauffée à feu nu, au gaz ou à vapeur et un serpentin de condensation qui peut être connecté avec un tube à vide (fig. 1). Leur seule particularité réside dans la colonne de distillation.
- On connaît déjà depuis longtemps, dans les laboratoires , l’emploi de perles de verre sphériques ou cylindriques ou de petits fragments de tubes de verre entassés les uns sur les autres pour augmenter les contacts entre liquides et gaz dans la distillation fractionnée et le lavage des gaz par les liquides. Dans l in-dustrie, on a déjà proposé l’emploi de sphères creuses en terre cuite ou en métal et de petits cylindres métalliques.
- Ces différents corps de contact ont la propriété défavoriser, par leur grande surface et par les changements de direction qu'ils imposent aux gaz, la séparation par fractionnement des liquides à distiller ou le lavage des gaz qui traversent la colonne.
- M. Darier a trouvé — et en cela consiste son invention — que l’on peut obtenir des appareils d’un meilleur rendement en employant comme surfaces de contact des corps creux formés de fils contournés en hélice, tels que, par exemple, des solénoïdes.
- Dans la figure 2, on a représenté, à titre d’exemple, plusieurs formes d’exécution de ces solénoïdes, la coupe de diverses espèces de fils ou de rubans pouvant servir à la fabrication des éléments de contact, la manière dont ces éléments peuvent être suspendus à un fil métallique.
- Le corps de contact est naturellement en une matière réststant à l’action des gaz et des liquides au traitement desquels il est destiné, par exemple en métal, en verre; il peut être un fil plein ou tubulaire, à section circulaire, elliptique ou polygonale ou un ruban. Pour fabriquer l’élément, on peut enrouler le fil ou le ruban sur un noyau, de section circulaire ou polygonale, en espaçant plus ou moins les spires successives. On obtient ainsi toutes sortes de formes qui ressemblent plus ou moins à des ressorts à boudin.
- Pour utiliser ces éléments dans les appareils à distillation, à lavage ou à réfrigération, on les entasse pêle-mêle dans la colonne de condensation, ou on les enfile sur un fil vertical de façon que ce dernier passe entre deux spires du solénoïde vers l’une des extrémités de celui-ci, le traverse diagonalement par rapport à son axe géorpétricpe et quitte le solénoïde en passant entre
- Fig. x. — Appareil Darier pour ia distillation et la rectification.
- deux spires vers l’autre extrémité pour pénétrer entre deux spires du solénoïde suivant. De cette façon, les solénoïdes sont suspendus le long du fil métallique et inclinés par rapport à lui.
- Grâce à la pression exercée par les spires sur le fil qui passe entre elles les so-
- lénoïdes restent enpla- jr’ùv 3 1
- ce et n’ont pas besoin ^ d’être attachés ou fixés autrement au fil. Ils forment ainsi une chaîne présentant aux fluides qui les traversent une grande surface de contact. Ces chaînes sont suspendues en nombre plus ou moins grand dans les colonnes à distiller ou à laver.
- Pendant la distillation ou le lavage des gaz, les gouttelettes des liquides qui mouillent les boudins s’étendent par capillarité entre chaque spire et mouillent instantanément leurs surfaces &-
- externe et interne. Il en résulte que la surface de contact entre le liquide et le gaz est plus grande que si 2 ,
- la colonne contenait de petits cylindres à parois lisses et que par conséquent le rendement de l’appareil est meilleur qu’en employant ces derniers.
- Les appareils Darier sont construits par M. P. Deri-veau, 10 et 12, rue Popincourt, Paris, 11e.
- — Forme (les élémenfs de la colonne.
- Agronomie
- Boutoir de^sûreté pour parer les sabots des chevaux. — Quiconque est entré dans une maréchalerie a été certainement frappé du petit nombre d’outils employés pour ferrer ou parer les pieds des chevaux. Ce sont toujours les mêmes, très primitifs, de temps immémorial. Notamment, pour couper les cornes des sabots, les maréchaux ferrants emploient un instrument appelé boutoir, assez difficile à manier. Un faux mouvement, une erreur de direction de l’effort risquent de blesser soit le cheval, soit l’aide qui tient le pied. De plus, le boutoir ne peut être aiguisé facilement sur une meule du fait de sa forme.
- M. Cyprien Etienne, maréchal ferrant, cours Trarieux, à l’Isle-sur-Sorgue (Vaucluse), vient de remédier à ces
- Fig. 3. — Boutoir de sûreté.
- inconvénients par l’invention d’un nouveau boutoir de sûreté qui présente de nombreux perfectionnements. Sa lame est démontable et peut par conséquent être passée, seule, sans la monture, sur n’importe quelle meule; son extrémité est arrondie pour éviter les blessures au cas où l’outil échappe ; la lame est fixée par un écrou à oreilles qui permet de régler l’avance du tranchant et par conséquent l’épaisseur de coupe. Somme toute, le nouveau boutpir pst l’apcieu cp cpe le sabpl;
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- est au tranchoir. On comprend qu’il le supplante rapidement dans tous les ateliers de maréchalerie et c’est dans ce but que nous le signalons ici.
- *l> Objets utiles
- Machine à écrire silencieuse « Noiseless ». — Qui
- de nous, péuétrant dans un bureau où se trouvent des
- dactylographes, n’a eu le tympan désagréablement surpris par le bruit des machines à écrire? Quand une secrétaire dactylographe se tient dans la même pièce qu un chef de service, il lui faut s’arrêter de travailler chaque fois que celui-ci reçoit ou téléphone.
- Cet inconvénient des machines à écrire actuelles est supprimé par la « Noiseless », qui présente en outre
- plusieurs autres caractéristiques intéressantes.
- Le bruit des machines à écrire ordinaires est dû à la frappe des caractères métalliques sur le papier qui se fait par percussion; dans la « Noiseless » la même frappe se produit par pression.
- Dès que l’on appuie sur une touche (fig. 5), le cadre métallique portant les caractères est poussé en avant d’un mouvement rectiligne sur le plateau où tous les caractères se trouvent groupés en demi-cercle ; Fig. 5. — Détail d’une touche de la machine avant que ce h écrire “ Noiseless mouvement soit
- terminé,une mas-
- selotte placée à la première articulation dépasse la verticale et bascule, assurant la [pression du caractère sur le ruban encreur. De cette façon, il suffit d’uue touche très légère sur le clavier pour assurer l’impression toujours régulière et uniforme. Le caractère appuyant et ne frappant pas, le bruit est considérablement diminué. La frappe terminée, tout rentre à sa place et le caractère revient en arrière s’appuyer doucement sur un amortisseur en feutre. Le mouvement des caractères est donc tout à fait différent dans la « Noiseless » que dans les autres machines ; il comporte un
- glissement en avant, puis en arrière, sur un plateau où se trouvent deux guides verticaux.
- Outre cet avantage auquel les hommes de bureau ne manquent pas d’être très sensibles, la « Noiseless » présente d’autreâ détails bien étudiés : tous les caractères et leurs leviers sont enfermés dans un carter mécanique qui les met à l’abri de la poussière, le cylindre sur lequel on enroule le papier est métallique; sa distance au point de frappe est réglable si bien qu’on peut taper avec netteté et d'une manière toujours égale une ou plusieurs copies sans que dans ce dernier cas, les dernières soient plus floues.
- La « Noiseless » a, en plus de ces particularités, toutes les commodités des machines modernes : écriture visible, margeur, tabulateur, ruban à mouvement automatique, etc.
- La < Noiseless » est vendue par l’agence Charron, 34, Champs-Elysées, Paris, 8°.
- Moine électrique pliant. — On ne connaît guère d’autre moyen de chauffer un lit destiné à un malade ou placé dans une chambre froide que de le bassiner ou d’y introduire une bouillotte pleine d’eau chaude. Mais on peut faire mieux, grâce à l’électricité. M. Godin-Dapsence s’est occupé de cette nouvelle application du chauffage électrique et il vient de réaliser un moine électrique pliant fort bien compris. Déployé, l’appareil a l’aspect de la figure 6; il occupe alors 1 m. de long sur 35 cm de large, c’est dire qu’il peut chauffer tout le lit. Plié, il n’occupe plus qu’une épaisseur de 8 cm; il peut donc être rangé ou accroché n’importe où.
- Pour s’en servir, il suffit de déployer l’appareil, le glisser dans le lit qu’on reborde soigneusement, connecter le fil avec une prise à fiches.
- Vingt minutes de chauffage suffisent avec 2 lampes carbone 32 bougies. Si l’on désire une plus forte chaleur, on peut chauffer plus longtemps sans inconvénient, aucun danger n’étant à craindre, puisque les couvertures
- Fig. 6. — Moine électrique pliant ouvert.
- soulevées par le bâti forment une vaste enceinte où la chaleur s’étale. Lorsqu’on emploie les lampes à filament métallique (lorsqu’elles sont usagées et éclairent mal, c’est alors qu’elles chauffent le mieux), il faut prolonger plus longtemps le chauffage.
- L’appareil retiré, il reste dans toute l’étendue du lit une agréable température qui s’est établie en nappe homogène et régulière.
- Plié d’un simple geste, le chauffe-lit se réduit à un faible volume et s’accroche à un clou (fig. 7).
- Il se recommande spécialement comme régulateur de température pour les malades ; l’appareil peut, en effet,
- Fig. 7. — Moine électrique pliant fermé.
- être installé à demeure dans le lit et être éteint ou allumé à volonté sans déranger le malade, qui s’en trouve bien mieux que du chauffage local des bouillottes.
- Le moine électrique pliant est vendu par M. G. Péri-caud, 85, boulevard Voltaire, Paris, xi°.
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- VARIÉTÉS
- COMMENT ACHETER LES FRUITS FRAIS ?
- De tous nos fruits, la pêche est la reine incontestée, tant pour la beauté et la variété de son coloris que pour la finesse et le parfum de sa chair. Sa culture industrielle, dans les dernières années qui ont précédé la guerre, avait pris un grand développement dans les départements du Midi et du Centre dont certaines régions rivalisent de réputation avec les communes de la banlieue parisienne, notamment Montreuil, pendant si longtemps la plus renommée. La production totale actuelle, qui atteint près de 3oo ooo quintaux, d’une valeur de 11 millions de francs en chiffres ronds, donne lieu, en dehors de la consommation indigène, à une assez grande exportation en Angleterre et en Allemagne.
- Quelles variétés acheter de préférence? — On divise les pêches en deux groupes selon que leur culture a lieu en plein vent ou en espalier. Ce dernier groupe renferme les variétés les plus méritantes que l’on répartit en deux grandes classes établies sur la nature de la peau : ie duveteuse ou velue chez les pêches et, 20 lisse chez les brugnons. Ces deux classes se subdivisent elles-mêmes en deux sections : A) les Pèches proprement dites à chair fondante se détachant facilement du noyau, et les Pavies ou Persèques à chair ferme et adhérente au noyau; B) les Nectarines, à chair assez fondante et noyau libre et les Brugnons à chair ferme et noyau adhérent.
- Je ne parlerai ici que des pêches d’espalier, qui sont de beaucoup les plus cultivées, en choisissant entre un assez grand nombre d’excellentes variétés celles qu’on trouve souvent sur les marchés. Pour éviter des répétitions, étant admis qu’elles ont toutes une chair de première qualité, je n’indiquerai que leurs principaux caractères extérieurs et leur date de maturité.
- Pêches hâtives. — Elles mûrissent du début de juillet à la mi-août.
- Sneed (Earliest^ of ail). — Fruit assez gros, rond et plat. Début de jüïllet.
- Amsden (Pèche de juin). — Fruit presque gros, arrondi, déprimé, à sillon marqué; peau rouge pourpre sur fond blanchâtre. Maturité première semaine de juilLet.
- Précoce de Ilale (Hale’s Early). — Fruit moyen, sphérique; peau très colorée, sillon étroit et prononcé. Maturité -P quinzaine de juillet.
- drosse Mignonne hâtive. — Fruit très gros, sphérique aplati, sillon prononcé; peau jaune-verdâtre, rouge pourpre au soleil. Maturité première quinzaine d’août.
- Pêches de moyenne saison. — Elles mûrissent de la mi août à la mi-septembre.
- La France. — Fruit gros, rond, sillon léger; peau très duveteuse, ambrée et cerise. Maturité deuxième quinzaine d’août.
- Grosse Mignonne (Vineuse, etc.). — Fruit très gros, sphérique aplati; sillon prononcé; peau rouge pourpre sur fond jaune-vert. Maturité vers la mi-août.
- Alexis Lepère. — Fruit gros ou très gros, arrondi; sillon peu creusé; peau très colorée. Maturité deuxième quinzaine d’août.
- Madeleine de Courson (Madeleine rouge). — Fruit très gros, sphérique; peau bien colorée. Maturité fin d’août.
- Belle-Beausse. — Fruit gros, globuleux; peau assez colorée. Maturité première quinzaine de septembre.
- Pêches tardives. — Elles mûrissent de la mi-septembre à la mi-octobre.
- Belle Impériale. — Fruit très gros, rond; sillon peu profond; peau jaunâtre et cramoisie au soleil. Maturité' mi-septembre.
- I. LES PÊCHES D’ESPALIER
- Admirable jaune (Pêche Abricot). — Fruit gros, rond ; peau jaune-verdâtre, carminée, chair jaune. Maturité fin septembre.
- Salway. — Fruit très gros, globuleux; sillon prononcé; peau jaune d’or et pourpre foncé. Maturité deuxième quinzaine d’octobre.
- On peut y trouver encore : Précoce de Bagnolet, Crawford’s Early, Galande, Malte, Noblesse Seedling, Reine des Vergers, Belle Henri Pinaud, Blondeau, Bon-ouvrier, Vilmorin, Téton de Vénus, Baltet, Opoix, etc.
- Qaand et comment acheter? — Les pêches sont au premier rang des fruits dont la culture soumise au forçage est rémunératrice. Les pêches de primeur et de luxe, selon l’époque, s’expédient eu petites boîtes par 6,8, 10 ou 12, emballées avec le plus grand soin sur des couches d'ouate, de frisons de bois ou très souvent de rognures de papier blanc ou coloré et bleu tendre de préférence. On trouve dans le commerce des boîtes ou des caissettes toutes garnies ainsi. On y place les pêches encore revêtues de leur duvet, sur leur pédoncule de manière que la partie la plus vive de leur robe chatoyante séduise de prime abord l’œil ravi de l’acheteur. Mais comme il importe avant tout que cette robe reste vierge de toute empreinte si légère soit-elle, les nids capitonnés dans lesquels elles reposent sont protégés par des cloisonnements intérieurs en carton, et sur le tout, au-dessus de l’ultime couche d’ouate, se referme un couvercle dont l’élasticité se combiue avec une rigidité suffisante pour contenir les flottements internes tout en évitant une pression exagérée.
- Les pèches si renommées de Montreuil arrivent aux Halles, de Paris, les plus belles, au nombre de 8 disposées sur des « semelles » de paille tressée, et, les ordinaires, p^r 96 ou 98, dans de petits paniers ronds sans anse nommés « vendangeux ». Avant d’être emballés, les plus beaux fruits sont brossés avec une brosse douce, afin d’aviver leur riche coloris.
- En pleine saison, les pêches sont expédiées en corbeilles carrées ou en pauiers de 8 à 12 kg, souvent même quand elles viennent du Midi, en banasles et billots, où elles sont superposées en plusieurs couches séparées comme il a été dit plus haut, ou du moins avec de^ matières assez élastiques et moelleuses pour é\iter toute meurtrissure pendant,le voyage.
- Une maîtresse de maison doit apporter d’autant plus d’attention à l’achat des pêches qu’elles constituent des fruits assez périssables, susceptibles de subir rapidement sinon une décomposition, du moins une altération suffisante pour diminuer leur beauté ainsi que leur qualité, et que, en outre, si le prix des variétés de plein vent propres aux préparations économiques est, en pleine saison, assez modique, celui des variétés d’espalier destinées aux desserts est généralement élevé. N’achetez que des fruits à la robe duvetée ou non, mais immaculée et parée sur presque toute sa surface de la gamme des couleurs variant du jaune pâle au rouge pourpre, et exhalant le parfum aussi fin que pénétrant qui les caractérise à un si haut degré. Soyez difficile, par suite, pour les fruits durs ou trop mous au toucher, marbrés de diverses empreintes, à moins, toutefois, qu’elles ne soient très légères et compensées par un beau coloris relevé d’un agréable parfum et que vous ne deviez les consommer ou employer de suite, mais refusez impitoyablement ceux qui portent des taches noirâtres ou des indices certains d’altération.
- J’indiquerai leurs principaux usages quand je relaterai, prochainement, les meilleures variétés de Brugnons et de Nectarines. A. Truelle.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Vernis noir pour jumelles. — Prendre :
- Nigrosine W ou noir G N. . 20 gr.
- Gomme laque............ 3o —
- Alcool à 96°...........45o cm5
- Acide chlorhydrique .... 5 —
- Faire dissoudre la nigrosine dans la moitié de l’alcool additionné de l’acide chlorhydrique, d’autre part, faire digérer la gomme laque dans le reste de l’alcoo'l jusqu’à dissolution, mélanger et employer comme ci-dessus après avoir eu soin d’enlever la partie optique.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Préparation des feux de Bengale. — Les feux de Bengale sont, obtenus par les mélanges suivants que l’on tasse dans des moules en carton et auxquels on adapte une mèche-de coton roulée dans le pulvérin
- gommé :
- Feu blanc : Nitrate de potasse.........70 grammes.
- Fleur de soufre............ 18 —
- Pulvérin................... 12 —
- Feu rouge : Chlorate de potasse .... 47 gr. 5
- Sulfate de strontiane. ... 44 grammes.
- Gomme laque................. 8 gr. 5
- Feu jaune Chlorate de potasse .... 62 gr. 5
- Oxalate de soude........... 25 grammes.
- Gomme laque.................12 gr. 5
- Feu vert : Nitrate de baryte........... 41 gr. 5
- Chlorate de potasse . . . . 33 gr. 5
- Chlorure de plomb.......... 12 grammes.
- Gomme laque................ 12 —
- Oxychlorure de cuivre ... o gr. 8 Feu bleu : Chlorate de potasse .... 63 gr. 5
- Oxychlorure de cuivre . . . 3f gr. 2
- Fleur de soufre............. 2 gr. 3
- Feu violet : Chlorate de potasse .... 44 grammes.
- Fleur de soufre.............29 —
- Nitrate de strontiaue. ... 19 —
- Oxychlorure de cuivre ... 4 gr. 5
- Calomel..................... 3 gr. 5
- Vernis incolore pour montures d’objectifs. —
- Enlever soigneusement toute trace d’ancien vernis par
- un séjour prolongé dans l’alcool, essuyer, sécher, puis appliquer au moyen d’un pinceau, très rapidement, le vernis suivant :
- Gomme laque................... 7 gr.
- Alcool à g5°.................100 cm3
- Après séchage, passer vivement au-dessus de la flamme d’une lampe à alcool pour lustrer.
- Liquide fixe moustache. — Prendre :
- Semences de coings........... 4° gr-
- Eau tiède....................200 —
- Laisser en contact six heures en agitant de temps à
- autre, passer dans un linge et exprimer. Ajouter ensuite en remuant :
- Teinture de benjoin.......... 10 gr.
- Imperméabilisation des bâches. — Préparer les
- deux solutions suivantes :
- A) Eau.................. 10 litres.
- Savon de Marseille. . a5o grammes.
- B) Eau.................. 10 litres.
- Sulfate de cuivre. . . 60 grammes.
- Tremper l’étoffe dans la solution A très chaude, tordre et laisser sécher, puis plonger dans la solution B également chaude, faire sécher à nouveau et répéter les immersions successives deux ou trop fois si on le juge nécessaire.
- Jteo
- Wj
- BOITE AUX LETTRES
- Q0L
- 05^
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement..
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Constructeurs de moulins à vent. — Pilter, 24, rue Alibert; F. Chêne, 9, rue de l’Isly ; Araon frères, à Narbonne; Vidal Beaume, 64, avenue de la Reine, Boulogne-sur-Seine ; Durey-Sohy, 17, rue Le Brun, Paris; J. Costes, avenue Daumesnil, Paris; Turbine Escafîre, 7, rue Ber-teaux-Dumas, Neuilly-sur-Seine.
- Pilons pneumatiques. — Cie Ingersoll-Rand, 33, rue Réaumur, Paris. »
- Machine à égaliser les brosses pour aveugles. — Constructeur : M. Vollet, 33, boulevard Victor-Hugo, Clichy (Seine).
- Communication. — L'emploi des lignes d’éclairage pour la réception des signaux de T. S. F. — M. l’abbé Thiercelin nous communique les intéressants renseignements qui suivent :
- « Rencontrant assez fréquemment dans La Nature des demandes de renseignements et des notes relatives à l’emploi des lignes d’éclairage pour la réception des signaux de T. S. F., je me permets de vous signaler une installation excessivement simple qui m’a donné amplement satisfaction. Je l’ai expérimentée avec succès pendant plus de cinq ans et n’attends que la possibilité de m’en servir de nouveau. Il est vrai que j’opérais à fort courte distance de Paris (Meaux et Melun),
- « Mon antenne pouvait être constituée à volonté, à l’aide d’un simple commutateur,, par le câble actif ou neutre d’alternatif 110 volts. A Meaux, j’avais comme prise de terre la conduite de gaz, et à Melun, un système de radiateur (ces radiateurs me servaient couramment d’antenne suffisante, avec la gouttière comme contrepoids). Je recevais d’ailleurs parfaitement en ,branchant tout simplement mon appareil à la place d’une lampe ordinaire, sur les deux fils de courant, le seul inconvénient dans ce cas étant un léger bruit de friture.
- « J’emploie un petit appareil B. C. M. Péricaud, auquel j’ai seulement fait subir les modifications suivantes :
- « Eu série sur l’antenne (fil actif ou neutre) un con-
- densateur formé de lames de plomb 2 cm X 5 séparées par des cartes de visite même non paraffinées (10 lames) plus dans le circuit self-terre ou fil~neutre un autre condensateur formé de papier d’aluminium isolé par du papier pelure ordinaire enroulés l’un sur l'autre. D’où, en résumé, aucune précaution spéciale. Chacun de ces condensateurs pouvant d’ailleurs être mis en court-circuit par commutateurs.
- « La réceptioû était parfaite pour FL et très intense au point que, mon petit récepteur 5oo ohms placé sur une table, j’entendais sans difficulté à une distance de plusieurs mètres. Je percevais d’ailleurs convenablement Nordeich et les signaux des grands postes anglais.
- « Les grands avantages d’une installation simplette de ce genre me semblent être, outre un réglage à peu près constant des cristaux, l’absence complète d’installation extérieure, la prise de terre elle-même pouvant se supprimer. Le poste en devient essentiellement portatif. »
- A propos du taquin. — M. de Flacellières nous indique la « Nouvelle théorie complète du jeu du taquin », par Le Cointe dans Le Cosmos, n° 178, 19 mai 1888.
- Réponses. — M. Carrère, à Paris. — La maison Faure et Kessler, à Clermont-Ferrand, s’était spécialisée avant la guerre dans la préparation des prpduits fluatés. Nous ne savons si elle a repris sa fabrication, veuillez vous y adresser, elle vous fournira tous renseignements sur le mode d’emploi des fluates.
- M. A. Thuaud, au Croisic. — i° Nous publions un certain nombre de formules de feux de Bengale dans les Recettes du présent journal ; — 20 La formule de cirage que vous avez eu l’amabilité de nous communiquer peut "aisément être modifiée pour le cuir jaune en remplaçant le bleu de Prusse, le carmin et le noir animal dans l’encaustique par 2 gr. de vésuvine dissoute dans 20 cm5 d’alcool. Si vous désirez une teinte rougeâtre vous pouvez ajouter un peu de fuchsine à la vésuvine ; — 3° La construction de petits accumulateurs ne présente pas de difficulté et vous trouverez dans Y Amateur électricien, de Keignart, tous renseignements à ce sujet; mais la formation est longue et fastidieuse, aussi est-il préférable de faire l’acquisition des accumulateurs prêts à servir.
- P. C. 82. — i° Dans la première formule, 0,24 représente le nombre de calories produites par un joule; donc I2 R X 0,24 est le nombre de calories produites, qui est égal au nombre dp calories évacuées CST.
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- BOITE AUX LETTRES j|^.
- i° 11 y a erreur d’impression, la formule immédiatement en dessous porte bien C = °- '-q 1 3 ogooi6.
- 26 X 9°
- 3° Pour toute la surface d’évacuation de la résistance chauffante sous une différence de potentiel de 15 volts et un ampérage de ri ampères, l’énergie évacuée sera 1 l X i5 = i65 watts
- soit 165 X 0,24 — 39,6 calories par seconde, quantité de chaleur qui est évacuée par 26 cm2, donc le nombre de calories évacuées par seconde à 9000 par centimètre carré sera
- 26 ’
- Le nombre des calories évacuées étant proportionnel à la différence de température entre l’air supposé à o° et celle du fil supposé à goo°, la chaleur fournie par un centimètre carré de fil chauffé de i° sera par définition
- C = 5 =0,00168-
- 900
- Il n’y a aucune autre relation entre 165 watts et 0,0016 calorie, ce dernier facteur dépendant de la grosseur du fil et de la nature du métal.
- Nous ne pouvons entrer dans les détails d’installation d’un atelier de nickelage, l’espace dont nous disposons étant limité, veuillez consulter les ouvrages spéciaux : Manuel pratique de dorure, argenture, nickelage, par Ghersi et Conter; Manuel de Galvanoplastie, par Georges Brunei, ces deux traités sont édités chez Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augustins.
- M. Bidault de Visio, à Paris. — Nous n’avons pas eu l’occasion d’examiner tout spécialement les préparations dont vous parlez, mais il est très probable que leur composition est identique à celle du liquide fixe-moustache dont nous donnons la formule d’autre part dans les Recettes et Procédés utiles de ce numéro.
- 4004, à Marseille. — i° La pierre vendue par les camelots pour le transfert des dessins à l’encre d’imprimerie sur papier, n’est autre chose que de la paraffine; — 20 Aous trouverez des machines à plisser les étoffes ainsi que celles servant à festonner et à faire les jours aux adresses suivantes : Drossner, 5a, boulevard Sébastopol; Beyroux, 19, rue Albouy ; Ezbelent, 80, rue de Belleville; Schaiblé, 3, avenue des Gobelins ; impossible de vous indiquer de prix ceux-ci étant très variables en ce moment; 3° L’écriture est exécutée au préalable avec une solution d’acétate de plomb, des vapeurs de sulfhydrate d’ammoniaque la font apparaître en noir pendant le séjour de la feuille à l’intérieur de la boite.
- M. le lieutenant-colonel C., à Rabat. — Les formules de vernis pour objectifs et jumelles dont nous publions d autre part les Recettes dans le présent journal vous donneront, pensons-nous, satisfaction ; si les montures sont oxydées, il sera indispensable de les décaper préalablement d’abord en les plongeant dans un bain de soude caustique, puis dans un bain acidulé faiblement par un mélange d’acide azotique et d’acide sulfurique, finalement rincer à grande eau et sécher à la sciure de bois.
- Pratica tecnico quimica, Barcelone. — Il n’est pas possible d’indiquer une formule qui donne à coup sûr telle teinte orangée aux objets dorés, attendu que le ton obtenu dépend de facteurs multiples : ancienueté du bain, intensité du courant, rapidité de l’opération. En principe la teinte rouge est due à l’addition d’acétate de cuivre au bain d’or dans des proportions que l’expérience seule peut déterminer, l'intensité varie de o,o85 à o,35 ampère par dmq, l’anode doit être en platine, très enfoncée et on règle le dépôt de manière à libérer o gr. 3o d’or par heure et par dmq. Vous trouverez des formules de bains dans les traités suivants : Manuel pratique de dorure, argenture et coloration des métaux, par Ghersi et Conter; Manuel de galvanoplastie, émaillage et coloration des métaux, par Georges Brunei, ces deux ouvrages sont édités chez Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Enzo Roversi, à Lyon. — Vous trouverez de la magnétite en quantité importante à la Société Mokta el Hadid, 58, rue de Provence, à Paris et en petite quantité aux adresses suivantes : Deyrolle, 46, rue du Bac; Geret, 76, faubourg Saint-Denis ; Stuer, 4, rue de Cas-tellane.
- M. Paul Bernier, à Regissa (Belgique). —Nous avons répondu à vos questions au moment où vous nous les
- avez posées, veuillez vous reporter au numéro 2372 du ia seplembre 1919, page 88 du Supplément aux initiales PB, à Léopoldville, Congo belge ; cette réponse vous a échappé.
- M. van Loo, à Liège. — 1° Vous trouverez des détails sur la fabrication des chandelles, dans l’ouvrage : Le chandelier et cirier, par G. Petit, qui contient tous les renseignements à ce sujet (éditeur Mulo, 12, rue Haute-feuille, Paris), mais nous croyons comprendre qu’il s agit plutôt d une pâte à polir; dans ce cas, vous pouvez adopter comme type de composition la formule suivante d’après Ehrsam :
- oavon manc dur . , . 70 grammes.
- Eau..................260 —
- Terre d’infusoires . . 670 —
- 20 L’oléonaphte retarde la prise du ciment en empêchant 1 oxydation de l’huile de lin, nous pensons que ce retard serait plutôt désavantageux lors de l’exécution de joints pour la vapeur.
- M. Schveff, à Genève. — Si la bâche à imperméabiliser peut sans inconvénient présenter une teinte verte accentuée, vous pourrez appliquer la formule au sel de cuivre que nous donnons dans les Recettes et Procédés utiles du présent numéro, au cas contraire imperméabilisez à la paraffine (voir Boite aux lettres du précédent journal, réponse à M. Barthélemy, à Nancy).
- M. Guéret, à Paris. — Pratiquement une peinture ne pourra avoir de solidité dans les conditions spécifiées, un émaillage réel est nécessaire. Consultez : Manuel pratique de l’émaillage sur métaux, par E. Millenet, éditeur Dunod, 47» quai des Grands-Augustins.
- M. F. Bourcart, à Villers-Saint-Paul. — Le mieux doit être de profiter des dissolvants de l’acétate de cellulose employés pendant la guerre : bichlorure d’éthylène additionné de 5 à 10 pour 100 d’alcool ou tétrachlo-réthane mélangé de 10 pour 100 d acétone; ces produits font partie de la liquidation des stocks et peuvent être trouvés facilement.
- M. G. de Suider, à Bruxelles. — i° L’objectif d’une lunette astronomique n’est pas suffisamment défini par le diamètre de la lentille, il faudrait connaître sa distance focale F fixant la position du plan dans lequel se forme la première image donnée par l’objectif. Si on appelle / la distance focale de l’oculaire, le grossissement sera
- donné par le rapport - • — 20 Le grossissement de l’ocu-
- laire est--)- 1, comme le plus souvent cet oculaire est à petite distance focale, la valeur de l’unité peut être
- négligée et on se contente de la relation - dans laquelle
- ô représente la distance minima de vision distincte personnelle à l’observateur, il doit donc faire cette détermination. Quant à la distance focale f de l’oculaire, elle peut être fixée en plaçant celui-ci entre une lumière et un écran de telle façon que les dimensions de la source lumineuse et df> l’image produite soient égales. A ce moment la distance entre la source et l’écran est égale à 4 /'; — 3° Les cactus sont des plantes très sensibles au froid, on devra donc, dès l’approche de Thiver, les mettre à l’abri des premières gelées et pendant cetfe période ne les arroser que rarement tous les mois au plus. Au contraire, pendant l’été, on les arrosera copieusement, sans cependant laver la terre, ce qui l’appauvrirait en éléments fertilisants. Ces arrosages seront pratiqués matin et soir mais jamais au soleil. La terre ne devra être changée qu’à de rares intervalles quand les racines ont envahi la totalité du pot, jusque-là on se contentera d’un surfaçage, c’est-à-dire qu’au moyen d’une fourchette on brisera la couche superficielle pour permettre l’aération Enfin de temps à autre on passera une éponge humide sur les feuilles pour enlever la poussière et faciliter la transpiration. Comme engrais mettre un peu de crottin de cheval en mélange avec la terre ; — 4° Pour répondre utilement à votre question il serait nécessaire de connaître dans quel but vous désirez conserver les feuilles de chêne.
- M. Victor Sassu, à Paris. — Les principaux journaux de chimie anglais et allemands sont : Animal reports of the Chemical Society; Chemical News; Journal of biolo-gical Chemistry; Journal of the Industrial and Engineering Chcmistry; Journal of the Society of Chemical Jndustry; Proceedings of the Chemical Society; Procee-
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- BOITE AUX LETTRES
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- dings of the Itoyal Society; Transactions o/'the Chemical Society: ElectroChemical Society ; Transactions of the Faraday Society ; — Justus Liebig's Annal en der Chemie : Périclité der Deatschen Chemischen Ges, llschaft; Che-miker Zeitung; Chemisches Zentralhlail Journal fur pratische Chemie; Monatshefte fur Chemie; Sitzungs berichte des Koniglich. PreussischenAkademie zu Berlin ; Zeischrift fur analytische Chemie; Zeitschrift far ange-wandte Chemie; Zeitschrift fur anorganische Chemie; Zeitschrift far Farbenindustrie; Zeitschrift fur Electro-chemie. Presque toutes ces revues sont éditées à Londres ou à Berlin.
- M. Neyret, à Lyon. — La pellicule colorée que vous nous avez adressée est constituée par de la viscose et non de la gélatine, la viscose présente le grand avantage de résister à l’eau, de ne pas coller et d’être imputrescible, vous pourrez vous procurer des pellicules toutes prêtes à employer et de la couleur que vous désirez à l’adresse suivante : la Cellophane, 58 bis, rue de la Chaussée-d’Antin.
- T. S. P. — M. Grégoire. — i° Contre les bruits parasites induits dans votre circuit de réception par le courant alternatif, nous vous conseillons l’emploi de deux détecteurs montés en parallèle et en position inverse dans le circuit détecteur. Ce procédé affaiblit suffisamment le bruissement perturbateur pour permettre une lecture facile des signaux;
- 2° Vous ne pouvez pas utiliser le courant alternatif i io volts pour alimenter les différents circuits d’un poste de réception à lampes. Ce procédé n’assurerait pas un débit suffisamment constant au courant de plaque.
- Le courant alternatif est utilisable, par contre, pour l’alimentation du circuit de plaque d’un poste de transmission à lampes. Pendant la guerre, la Radiotélégraphie militaire a fait l’essai d’un petit émetteur d’infanterie dans lequel le courant de plaque des lampes génératrices était du courant alternatif fourni par un petit alternateur à main ; une soupape à électrode capillaire dans le vide servait de redresseur de courant.
- Le courant continu no volts peut être utilisé très simplement pour alimenter le circuit de chauffage du filament et le circuit de plaque d’une lampe hétérodyne. Mais il est infiniment préférable de se servir d’accumulateurs et de piles dont le débit est beaucoup plus régulier.
- 3° Contre le déréglage accidentel des détecteurs à cristaux par suite de trépidations, nous ne pouvons que préconiser l’emploi de pastilles détectrices à régions sensibles très étendues (pastilles détectrices F. Duro-quier). Quelques constructeurs utilisent aussi des détecteurs à plusieurs pointes, M. Hurm a créé un excellent appareil de ce genre, le « polycontact ; »
- 4° Nous vous donnons satisfaction en publiant un horaire vérifié des principales transmissions régulières des grandes stations européennes.
- IgD
- BIBLIOGRAPHIE
- Q&L
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de io % pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. _________
- La mise en valeur des terres pauvres par le boisement, par Ch. hlahault. i brocli. in-8, 19 p. Office agricole départemental de l’Hérault.
- Le professeur Flahault, à qui l’on doit, entre autres, le reboisement du massif de l’Aigoual, signale dans cette brochure de propagande la situation déplorable de la France au point de vue des bois ; il plaide le boisement réfléchi, après préparation du sol et choix des semis sur lesquels il donne les meilleurs conseils.
- Manuel d anthropologie pédagogique, par le Dr Paui. Gonin. 1 vol. in-8, 43 p. Collection d’actualités pédagogiques. Delachaux et Niestlé, Neuchâtel et Paris. Prix : -1 fr. q5.
- Détermination d’une formule individuelle basée sur les rapports du crâne, du tronc et des membres aux différents âges, que l’auteur considère comme le critère biologique fondamental pour la pédagogie, l’éducation physique et la sélection professionnelle.
- L’infection bacillaire et la tuberculose chez l’homme et chez les animaux, par A. Calmette. i vol. in-8, 620 p., 28 fig., 25 pl. en couleurs. Masson et Cie, Paris. Prix : 55 francs.
- \
- Cet important ouvrage, présenté avec tout le développement matériel digne de son objet et accompagné d’une illustration en couleurs particulièrement soignée vient à son heure.
- On souhaitait depuis longtemps qu’il fût écrit par l’un des savants français qui ont le mieux établi par leurs recherches expérimentales, et grâce à leur connaissance approfondie des travaux contemporains, les bases scientifiques de la défense sociale contre la tuberculose.
- C’est une œuvre de biologiste qu’apprécieront les cliniciens du monde entier, médecins et vétérinaires, aiissi bien que les travailleurs des laboratoires, parce
- qu’elle leur apporte, sous une l'orme concise, claire et pourtant aussi complète que possible, toute la documentation fournie par le nombre immense de mémoires qui ont été publiés, dans toutes les langues, depuis le livre de I. Straus qui date de 1895.
- Après quelques pages d’histoire qui brossent un tableau saisissant de l’œuvre admirable de Bayle, de Laënnec, de Villemin et de Robert Koch, une première partie du volume expose tout ce que l'on sait aujourd’hui sur la biologie du bacille tuberculeux, sa morphologie, son isolement et sa culture, sa constitution chimique, ses sécrétions toxiques et sur la formation des tubercules. Vient alors toute une série de chapitres dont la lecture est des plus attachantes, remplis d’idées personnelles, aujourd’hui acceptées presque par tout le monde, sur le mécanisme de l’infection, les voies par lesquelles le bacille pénètre dans les divers organes, ses localisations variées, sur la bacil-lémie et sur la discussion du problème de l’hérédité tuberculeuse.
- La seconde partie du livre est réservée à l’étude de la tuberculose expérimentale^ de l’infection bacillaire chez les animaux domestiques ou sauvages, du rôle du lait et de la viande des bovidés tuberculeux dans la contamination de l’homme, enfin des types particuliers de bacilles dits paratuberculeux que l’on rencontre dans la nature.
- Dans une troisième partie, la plus riche peut-être en faits nouveaux dont les recherches personnelles de l'auteur ont enrichi nos connaissances, sont étudiés et discutés les processus de défense et les méthodes ou procédés de diagnostic de l’infection tuberculeuse : ferments cellulaires, réactions humorales, examen des produits d’expectoration ou de sécrétion, réaction tuberculiniques et anticorps, avec les meilleures techniques pour leur recherche et pour leur titrage précis.
- La quatrième et dernière partie du livre est du plus haut intérêt et d’une grande portée philosophique. Elle expose les idées de l’auteur sur l’immunité antituberculeuse, relate les résultats de ses enquêtes personnelles sur la distribution géographique de l’infection bacillaire à travers le monde et résumé toutes les tentatives effectuées jusqu’à présent pour réaliser soit la sérothérapie, soit la vaccination préventive de l’homme et des animaux contre la tuberculose.
- Un grand nombre de faits nouveaux, ou dont on méconnaissait généralement l’importance, prennent dans ces derniers chapitres un relief tout particulier.
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- LA NATURE
- Supplément.
- Nu 2416
- 24_ Juillet 1920.
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- INFORMATIONS
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- RADIOTÊLÉGRAMMES MÉTÉOROLOGIQUES' ' Suite)
- Bu'letins météorologiques italiens. — La station de Rome transmet les radiotélégrammés météorologiques italiens aux heures suivantes :’3''45, y1' 1/2 et i4l'/|r>, sur ondes entretenues (arc Poulsen) de n 000 m. ; l’indicatif de la station de Rome est IDO.
- Les transmissions se rapportent aux stations ci-après qui sont désignées dans le télégramme par un groupe de deux chiffres comme pour FL.
- 01........ Turin
- 02.........Milan
- o3............. Trente
- 04..... . Padoue
- o5........Trieste
- 06........... . Gènes
- 07....... Florence
- 08.......Livourne
- 09........Ancône
- 10. . . . . . . Chieti
- II. . . , . . . Rome
- II. - . , . . . Maddale
- r3. . . . , . . Naples
- 14. . . , . . . Brindisi
- j 5. . . . . . . Cagliàri
- 16. . . . . . Messine
- 17. . . . . . Palerme
- 18. . . . . . Yittoria
- Pour chaque station, les observations se traduisent par deux groupes de six chiffres.
- Les trois premiers chiffres du premier groupe indiquent la pression barométrique d’après le Code international.
- Le 4e chiffre indique la caractéristique de la tendance, Code international.
- Le 5® chiffre indique le degré hygrométrique selon réchèllè suivante :
- o
- 1
- 2
- 4
- 0 . . Humidité de 0 à 10
- 1 — 10 à 20
- 2. . . . • — 20 à 3o
- 3. ! . ! ! 3o à 4o
- 4 . — 4o à 5o
- 5 . . -— 5o à 60
- 6 — 60 à 70
- 7. .... . . . — 70 à 80
- 8 . . — 80 à 90
- 9 . . — 90 à 100
- chiffre du iBr groupe indique l’état du
- Le 6°
- Clair
- Un peu nuageux Très nuageux Un peu de pluie Pluie
- 5. Neige
- 6. Léger brouillard
- 7. Epais —
- 8. Orage
- 9. Tempête
- Le i" chiffre du 20 groupe indique la nébulosité :
- 0. Clair 5. 1 / 2 couvert
- I . 1/10 couvert 6. 6/10 —
- 2. i/5 — 1- 7/10 —
- 3. 3/io — 8. 8/10 —
- 4- 4/10 —- 9- 9/10 —
- Le 2e chiffre du nuages en vue :
- 1. Stratus
- 2. Nimbus
- j. . Strato-cumulus 4- Cumulus 5. Cumulo-nimbus
- gx’oupe indique la nature des
- 6. Stratus haut
- 7. Cumulus haut
- 8. Cumulus cirrus
- 9. Cirrus.
- Le 3e chiffre du 20 groupe indique la direction des nuages d’après le Code suivant :
- o. Pas de direction
- 1. Nord
- 2. Nord-Est
- 3. Est
- 4. Sud-Est
- 5. Sud
- 6. Sud-Ouest
- 7. Ouest
- 8. Nord-Ouest.
- Le 4e chiffre du 2“ groupe indique l’état de la mer d’après le même Code que FL.
- Le 5e chiffre indique la vitesse dit vent à ras du sol d’après le Code suivant :
- 0. où 1 m. par seconde 5. . 9 à 11 m.par seconde
- 1. i a A — — 6. . 11 à 13 — —
- 2. 3 à 5 —> — 1 • • i3 à 15 — —
- 3. 5 à 7 — — 8. . i5 à 17 — —
- 4- 7 à 9 — — 9- • 17 et plus —- —
- Le 6° chiffre indiqué la direction du yvent suivant le même Code que le 3“ chiffre du 20 groupe.
- Bulletins météorologiques allemands. — La transmission des bulletins météorologiques allemands est assurée par la station de Nauen (indicatif PQZ) ; cette transmission est faite sur ondes amorties, musicales aigues de 3yoo m. à 9 heures et 19" 40.
- Les observations se rapportent aux stations suivantes indiquées en toutes lettres :
- Borkum Memel Hambourg-Tache n
- Le télégramme débute ainsi :
- — • — •— (appels) %POZ. Welter-bericht. nr 2 w 38 (c’est-à-dire 38 mots).
- Le Code utilisé est celui de F’L.
- Le bulletin de 9 heures a le même nombre d’indications que celui de FL de g'1 45, c'est-à-dire 4 groupes de o chiffres par station.
- Le bulletin de ig'1 4» a en moins pour chaque station les deux derniers groupes.
- Bulletins météorologiques hollandais. — La station de Scheveningüe (P.C.ïI.) transmet chaque jour sur émission ronflée de 1900 m., à nh i5 et à 23h i5, un bulletin météorologique.
- Ce bulletin débute par l’appel général international cq suivi de l’indicatif de la station P CH et des lettres KUMNI.
- Le télégramme comprend :
- i° Quatre séries de deux groupes de 5 chiffres se rapportant aux stations suivantes classées par ordre de transmission :
- Le Helder, Flessingue, Gris-Nez. La Hague.
- Le Code employé est le Code international.
- Les trois premiers chiffres du ier groupe indiquent la pression; les deux derniers indiquent la direction du vent.
- Le premier chiffre du 2e groupe indique la force du vent; le deuxième chiffre l’état du ciel; les deux chiffres suivants, la température; le dernier chiffre indique l’état de la mer.
- 20 Tiennent ensuite quatre séries de deux groupes de 5 chiffres ayant la même signification que ci-dessus, mais se rapportant aüx stations de :
- Yarmouth, Shields, Skudesness, Sylt, classées par ordre de transmission.
- 3° Le tout est quelquefois suivi d’avis de tempête en* langage clair (hollandais et anglais). Si l’avis est précédé des initiales NBA Z, cela signifie qu’il se rapporte à l’entrée du Rhin.
- Bulletin» météorologiques belges. — La station de Bruxelles HS transmet chaque jour sur ondes entretenues de i65o m. de longueur d’onde les bulletins météorologiques de l’Institut Royal météorologique de Belgique.
- Il y a 3 radiotélégrammes par jour : à 71' z5, à i3]l i5 et à i8h 15, donnant le résultat des observations de 7 heures, i3 heures et 18 heures et des sondages aériens exécutés à 6 heures, nh3o et i6ll3ô (Temps moyen de Greenwich) d’après la notation suivante :
- ( BBB DD . h A P C TT y. a 7 25 ) BbbEE ( MM mm ( BBB DD
- à i3'' i5 et 18*' x5 < F C TT ( B bb
- BBB = Pression barométrique à o° au niveau de la mer et à 45° de latitude en millimètres et dixièmes de miilimètre. On supprime le 7 des centaines; ainsi 654 = 765 mm 4. '
- DD == Direction du vent suivant le code de FL. 00 — calme,
- F = Force du vent; o = calme; 1 et 2 = vent faible; .2 et 3 = modéré ; 5 = assez fort ; 6 = fort ; 7 et 8 = très fort ; 9 — tempête.
- rrankiurt
- Muenchen (Munich) Keitum
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- INFORMATIONS
- C — Etat du ciel selon le code de K E.
- TT = Température en degrés - entiers à l'heure de 1 Observatoire.
- ij. ” Direction des nuages supérieurs (cirrus) o = vitesse nulle ou insensible; i = N.-E. ; 2 — E ;
- 3 = S.-E. ; 4 = S ; 5 = S.-O ; 6 = O 8 = N.-O ; 8 = N ; 9 = pas de cirrus.
- B = Caractéristique de la variation barométrique pendant les 3 heures précédant l’observation, o = stationnaire; 1 =r variation irrégulière; 2 — hausse continue ; 3 = baisse continue ; 4 = baisse suivie de hausse ;
- ~> — stationnaire puis en hausse; G = stationnaire puis en baisse ; 7 — en baisse puis stationnaire ; 8 = en
- hausse puis stationnaire ou en baisse; 9 = crochet d’orage.
- bb — Différence, en dixièmes de millimètre, avec la pression 3 heures avant l’observation. Lorsque la différence est négative, on ajoute 5o au chiffre indiquant la direction du vent.
- EE = Eau recueillie en millimètres.
- MM = Maximum thermométrique des 24 heures.
- mm ^ Minimum thermométrique des 24 heures.
- Pour les sondages, cinq groupes de chiffres DDYV|j. indiquant les résultats obtenus pour les altitudes de -)00 m., 1000 m., i5oo m., 2000 m. et 3ooo m.
- DD = Direction du vent : 00 = calme ; o4 = N.-N.-E. : o9 = N.-E ; 1.4 = E.-N.-E. ; 18 = E... 36 = S ; 45
- = S.-0...; 54 = 0...; 72 = N.
- VV~~ Vitesse du vent en kilomètres par heure.
- Le cinquième chiffre indique les caractéristiques du vent d après le code ci-après : o ^ régulier en vitesse et en direction ; 1 régulier en vitesse, irrégulier en direction; 2 = irrégulier en vitesse, régulier en direction; 3 = irrégulier en vitesse et en direction; 4 “changement brusque de direction; 5 = changement brusque de vitesse.
- Les observations manquantes sont remplacées par d es X.
- Bulletins météorologiques tchéco-slovaques. — La station de Prague (indicatif PRG) transmet sur musicale aiguë de 3ooo m. de longueur d’onde trois bulletins météorologiques à 9h 20, à 15h 45 et à 20h3o (temps moyen de Greenwich).
- Ces bulletins sont en tous points semblables comme forme et chiffrement au bulletin de FL de 91' 45 avec cette seule différence que le dernier groupe de 5 chiffres de chaque station est omis.
- 01 Prague.
- o5 Cheb-Eger (Ouest de Prague).
- 09 Trubau tchèque (Est de Prague).
- 2.3 Ogyala (près de Budapest).
- F. Durocqujek.
- Les progrès allemands dans l’industrie cinéma tographique. — Dans un récent numéro de la revue allemande Umschau, M. W. Thielemann donne quelques renseignements intéressants sur les progrès accomplis en Allemagne pendant la guerre par l’industrie du cinématographe.
- Parmi les inventions qu’il signale, notons les suivantes : 1" Suppression du papilloiement des projections. Ce phénomène est dû au fait que le hlm est constamment en mouvement tandis que la source lumineuse est fixe; l’invention en question consisterait en un système de miroirs mobiles grâce auxquels la source de lumière accompagne, dans son mouvement, chaque position de la bande et avec la même vitesse ; — 20 Le film Opéra. Un orchestre de chanteurs en chair et en os accompagne la scène filmée. Le chef d’orchestre a été cinématographié en même temps que les acteurs du film; les musiciens et chanteurs au lieu de suivre la baguette d’un chef d’orchestre réel suivent celle du chef d’orchestre cinématographié. On obtiendrait ainsi dans les opérettes cinéma, des résultats remarquables ; — 30 Films d’enseignement. Un dispositif a été imaginé pour permettre d’arrêter facilement, et sans danger d’incendie, le film en toute position sur laquelle on désire attirer plus particulièrement l’attention des élèves et compléter par des explications orales l’enseignement de la projection. L’auteur signale aussi le développement des films microscopiques, des films d’animaux, qui autrefois étaient fournis exclusivement parla France ; — 4° Phonocinéma. Un ingénieur berlinois aurait réussi à enregistrer la parole sur de minces pellicules de celluloïd, et à sub-
- stituer ainsi aux disques lourds cl encombrants de phonographe ordinaire, des bandes aussi souples et légères que le film cinématographique lui-même. Ce procédé supprimerait en outre le crachement si désagréable du phonographe, et l’altération des sons qui jusqu’ici a rendu pratiquement irréalisable le phonocinéma. L’auteur fait également ressortir comme un grand avantage le bon marché de ces pellicules phonographiques.
- L’industrie diamantaire dans le Jura. — M. Laurent, principal au collège de Saint-Claude, nous écrit :
- « Je lis dans le numéro de l.a Nature du 19 juin 1920, que la taille du diamant est le monopole presque exclusif de la Hollande. Sans nier l’importance d’Amsterdam et d’Anvers pour la taille du diamant, je dois cependant vous signaler que le centre français de Saint-Claude n’est pas insignifiant. Il est même acquis que les tailleries de diamant d’Amsterdam doivent leur importance à la Révocation de l’Edit de Nantes qui leur permit de recruter les ouvriers français.
- « La région saint-claudienne compte actuellement 57 usines occupant environ 1600 ouvriers. Elles ont taillé, dans le courant du dernier semestre 1919, 40000 carats de diamants bruts. En réalité il n’y a guère que 3 ou 4 tailleries importantes ; les autres sont de petits ateliers où travaillent un patron aidé de 2, 3 ou 4 ouvriers.
- « Paris et Nemours taillent aussi le diamant; on y compte 2S0 ouvriers. Quelques tailleries sont disséminées à Felletin, Lyon, Nice, Quimper, Bourg, Belle-garde et dans la Haute-Savoie.
- « L’infériorité de la taille française provient de ce fait que l’apprentissage est mal conduit. Les petits patrons diamantaires ne comprennent pas l’utilité d’une culture professionnelle étendue. Cette infériorité sera compensée quand nous aurons, réussi à créer une école diamantaire à Saint-Claude : c’est une affaire de quelques mois. L’usine Dalloz abrite une école de rééducation à l’usage des blessés de guerre. »
- Grandeur de l’assimilation chlorophyllienne chez le pin sylvestre. — M. Morel vient de donner à la Revue des Eaux et Forêts une série d’estimations sur cette intéressante question.
- Une forêt de pins sylvestres produit normalement 5 m3 de bois par hectare et par an. Un mètre cube de ce bois desséché pèse environ 5oo kg dans lesquels le carbone entre à peu près pour moitié, si bien que l’hectare de forêt fixe en un an i25o kg de carbone.
- Or l’air renferme 3 dix-millièmes d’acide carbonique ; 10000 m5 d’air contiennent 5 kg 9.3 d’acide carbonique, soit 1 kg 62 de carbone.
- L’hectare de pins fixant i25o kg de carbone, ses cellules chlorophylliennes ont donc dû être en contact avec au moins
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- Et encore, faudrait-il admettre que Pair est débarrassé totalement de son acide carbonique par la chlorophylle et ne pas tenir compte des nuits pendant lesquelles, on le sait, l’assimilation chlorophyllienne est arrêtée, tandis que la respiration fait perdre sous forme d’acide carbonique une partie du carbone préalablement fixé.
- M. Morel, évaluant à 10 m3 par hectai’e le volume des aiguilles vertes des pins et à 1200 heures la durée de l’insolation pendant la période de végétation active, arrive à cette conclusion que chaque mètre cube d’aiguilles doit absorber chaque seconde 180 litres d’air et s’emparer de son acide carbonique. On peut, par ces quelques chiffres, se faire une idée de l’intensité des échanges entre la plante et l’atmosphère et de l’activité de l’assimilation chlorophyllienne.
- Institut polytechnique de l’Ouest. — L’Institut polytechnique de l’Ouest, créé par la Ville et les industriels de Nantes, a ouvert ses portes en novembre 1919.
- Il a pour objet de former des ingénieurs et des cadres dans les branches suivantes :
- Constructions navales ; mécanique générale et moteurs thermiques ; électricité et plus spécialement la construction du matériel; chimie; thermochimie; physicochimie ; électrochimie; électromtéallurgie ; fonderie; travaux publics (chemins de fer, béton armé, etc.).
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- Appareils portatifs pour vérifications d’installations. — Dans les installations électriques, il est indispensable de vérifier le montage, non seulement au point de vue de l’exactitude du schéma, mais encore à celui de la bonne qualité de l’installation faite.
- En premier lieu il faut, bien entendu, qu’il n’y ait aucune interruption, aucun court-circuit. Le principe est de faire passer un courant d’essai qui actionnera un indicateur lumineux ou un signal acoustique. L’appareil portatif de l’Electro-Stock comporte une magnéto à courant alternatif qui est actionnée par un bouton molleté. Le courant produit passe dans le circuit à vérifier, relié aux bornes A et B et la lampe de l’appareil qui est une lampe 4 volts recevra le courant si le circuit n’est pas coupé, elle s’allumera (fig. i).
- Fig. i. — Appareil Pour rechercher une perte dans de recherches de faites, l’installation ou un mauvais isolement, on relie l’installation à la borne C et la borne A est reliée à la terre (la lame de connection entre B et G sera enlevée). Entre les lames B G on intercale un récepteur téléphonique. Si le circuit à essayer présente une perte même faible, l’actionnement de la magnéto donnera un bruit au récepteur; ce bruit étant plus ou moins fort suivant la plus ou moins grande valeur du défaut d’isolement.
- Pour Arérifier le bon état de la lampe 4 volts, on actionne la magnéto et on appuie stir le poussoir P. La lampe s’allumera.
- Un problème plus délicat consiste dans la mesure de la résistance d’isolement d’une installation. Il est nécessaire de recourir à un appareil plus scientifique et une source de courant plus sérieuse. Le principe est d'envoyer un courant sous une tension déterminée. En vertu
- de la formule I = —» l’intensité du courant qui passe à
- travers le circuit à essayer est inversement proportionnelle à la résistance.
- La source de courant sera formée par une magnéto à courant redressé donnant environ no volts de tension. L’intensité du courant agit sur un galvanomètre à cadre gradué en ohms et mégohms et qui permet par sa sensibilité de mesurer jusqu’à 5 mégohms.
- Pour mesurer une résistance, on la branche aux bornes de l’appareil, on place le galvanomètre en court-circuit en appuyant sur le bouton de l’appareil et on tourne régulièrement la manivelle de la magnéto (l’aiguille se maintient au zéro, car il ne passe aucun courant dans le galvanomètre) et à ce moment on lâche le bouton, le courant actionne le galvanomètre et l’aiguille donne la valeur d’isolement cherchée.
- Ces deux appareils qui sont portatifs rendront de grands services aux installateurs et leur éviteront de nombreux mécomptes. — Appareils de l’Electro-Stock, 31, rue Coquillère, Paris.
- Nouvelle pile sèche pour lampe de poche. — Tous nos lecteurs savent en quoi consiste la pile sèche : son principe est celui de la pile Leclanché ordinaire ; celle-ci comporte une électrode négative en zinc, une électrode positive en charbon entourée d-’une masse dépolarisante formée de bioxyde de manganèse, l’électrolyte est formée d’une dissolution de sels excitateui’s pour lesquels on a le choix parmi des corps nombreux. On utilise le plus souvent dans les piles ordinaires le chlorhydrate d’ammoniaque.
- Pour faire une pile sèche, il faut immobiliser l’électrolyte, ce que l’on fait en général au moyen de gélose ou agar-agar; pour faire enfin de cet élément une pile pour lampe de poche, il faut arriver à lui donner le plus petit volume possible. Voici le mode de construction assez généralement employé : l’électrode positive est un cylindre en charbon moulé autour duquel on tasse la matière dépolarisante maintenue dans un sac perméable en toile. L’élpctppdp négative en ?inc a la forme d’un
- cylindre au centre duquel on place le positif entouré de son dépolarisant; l’intervalle qui les sépare est rempli de 1 électrolyte immobilisé ; on groupe souvent des éléments ainsi constitués qu’on enferme dans un récipient en carton soigneusement fermé.
- Ces piles ont un très sérieux inconvénient; leur durée de conservation est très limitée. L’eau immobilisée arrive toujours à se répandre plus ou moins rapidement hors de la masse qui la fixe, et à s’évaporer, la pile ne donnera plus alors aucun courant ; il se produit aussi des électrolyses spontanées et une décharge lente par actions locales. Bref, au bout d’un certain temps, sans avoir jamais été mises en service, les piles sont hors d’usage. Aussi les fabricants et les marchands de ces piles se gardent-ils d’en approvisionner de sérieuses quantités, et, à certains moments, comme en été où la consommation en est faible, il devient très difficile de s’en procurer en dehors des grands centres. Pour la même raison, il est très difficile d’exporter des piles sèches, dès que le voyage exige un temps considérable; ainsi, il est à peu près impossible d’envoyer de France des piles sèches en Indo-Chine ou aux Antilles, en Afrique Occidentale ou au Congo.
- La pile « Export » que nous allons décrire s’est affranchie des inconvénients que nous venons d’exposer ; elle conserve en tout temps ses qualités primitives et ne donne lieu par suite à aucune perte, quel que soit son âge. Cette pile est une pile véritablement sèche; elle ne contient aucune humidité, quoique construite comme les autres sur le principe de la pile Léclanché.
- L’humidité nécessaire à son fonctionnement ne lui est fournie qu’au moment même de la mise en service. On peut donc en emmagasiner pendant une durée indéterminée, ou leur faire subir de longs transports sans qu’elles aient à en souffrir.
- Leur mode de construction est à peu de chose près celui des piles sèches ordinaires ; l’aggloméré est formé comme précédemment par un sac de toile contenant la matière dépolarisante tassée autour d’un cylindre de charbon (fig. z). Mais cet aggloméré est ensuite recou-
- vert uniformément d’une couche homogène et adhérente de sels excitateurs, par trempage dans une solution de ces sels saturée à chaud. Ceux-ci étant beaucoup plus solubles à chaud qu’à froid se solidifient immédiatement à la surface des agglomérés par refroidissement.
- On enroule ensuite quelques tours d’une feuille de papier ou autre matière absorbante autour des agglomérés,
- (fig. 3) et on les introduit ainsi enrobés dans les tubes de zinc (fig. 4).
- On a ainsi un élément de pile de conservation indéfinie. Ces éléments sont en général montés par 3 en batterie dans une boîte en carton. Pour les mettre en ordre de marche, on enlèvera le couvercle qui les recouvre, et au moyen d’une pipette ou d’une burette quelconque on ajoutera quelques gouttes d’eau pure dans chaque tube de zinc, comme l’on met de l’essence dans un briquet. On laisse ensuite la pile debout pendant; un quart d’heure,
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- temps nécessaire pour que l’eau soit absorbée par les éléments. Si, au bout de ce temps, l’eau n’est pas entièrement disparue de la surface par infiltration, il convient d'enlever l’excédent au moyen d’une feuille de papier buvard roulée en cigarette. Il ne doit jamais rester d’eau libre à la surface des éléments (fig. 5).
- L’opération terminée, on replace le couvercle, la pile est alors prête à être mise en service.
- La pile Export est fabriquée par la Société Westing-house-Cooper-Hewitt, n, rue du Pont, Suresnes (Seine).
- Amélioration d’une poire électrique. — Souvent,
- pour les lampes de lit, on manoeuvre l’allumage ou l’extinction au moyen d’une poire qui est pendue à un cordon souple.
- Pendant ces manœuvres, ou même pendant la nuit, il arrive que la poire tape contre le bois du lit et réveille ou indispose le dormeur invétéré.
- Pour éviter ce petit inconvénient, un amoureux du bien-être a eu l’idée d’entourer la partie la plus grosse de la poire d’un ruban en drap, de même couleur (acajou ou havane). Ce ruban est cousu de manière à le serrer fortement et le choc de la jjoire, se trouvant amorti par le matelas en drap, ne donne qu ira bruit assourdi, imperceptible pour le dormeur, qui, par suite, n’est pas réveillé désagréablement.
- couture
- Photographie
- Support « Zéfar » pour Vest Pocket. — Les appareils photographiques du genre Vest Pocket ne sont pas disposés pour être fixés sur un pied. C’est là une gêne
- lorsqu’on veut prendre une vue d’intérieur ou peu éclairée pour
- Fig. -} et 8. — Les deux positions du support /.éfar pour vues en hauteur et en largeur.
- laquelle il faut poser. Le support Zéfar résout complètement. ce petit problème. Il est formé de deux pièces métalliques vernies montées à charnière, qui peuvent prendre deux positions stables, parallèle ou perpendiculaire. L’une des pièces, percée d’un tube circulaire à pas de vis, se fixe sur le pied; l’autre, de la largeur d’un Vest Pocket comporte deux bords relevés dont le premier forme gorge d’appui et dont le second présente une vis de serrage. L’appareil photographique est ainsi solidement maintenu. Le support Zéfar, très léger, ne mesure fermé que 4^ mm de long sur i5 d’épaisseur; il ne pèse que ao gr. ; on peut donc le porter sur soi, même dans la poche d’un gilet.
- Il est en dépôt, au prix de 8 fr. 5o chez les marchands d’appareils photographiques et chez M. Dunmore, 22, rue Saint-Augustin, Paris.
- Sg'îsi. Sports
- , Compteur pour jeu de golf. — On connaît la règle du jeu de golf, fort en honneur dans toutes les stations où villégiaturent des Anglo-Saxons. Sur une vaste étendue de terrain, mouvementée si possible, on a creusé un
- certain nombre de trous (holes) épars parmi les champs, haies, prairies, parsemés d’obstacles. Chaque joueur, ayant son bâton (club), suivi d’un aide (caddie), qui porte les bâtons de rechange, doit, en n’envoyant sa balle qu’avec son bâton, la loger dans les divers trous successifs. Le gagnant est celui qui y réussit avec le moindre nombre de coups.
- Les joueurs étant souvent nombreux, la comptabilité du jeu n’est pas une petite affaire. C’est pour y aider qu’a été imaginé le compteur que représente notre figure.
- Il porte un grand cadran sur chacune de ses deux faces!
- Chaque grand cadran comprend 9 petits cadrans divisés en 20 parties chiffrées de i à 20. Pour s’eu servir on amène le cadran i en face du boulon pjlacé dans l’anneau du compteur et l’on appuie sur ce bouton autant de fois que le premier joueur lance de fois sa balle. Pour passer au deuxième joueur, on soulève le bouton, on fait tourner le grand cadran d’un neuvième de tour jusqu’à ce que le petit cadran 2 soit en face du bouton. On peut ainsi marquer sans erreur le jeu de 18 partenaires et connaître à chaque instaut leur situation exacte.
- Le compteur pour jeu de golf est en vente chez Kirby Beard et C,e, 5, rue Auber, Paris.
- *> Objets utiles <*
- Fausset automatique. — Lorsqu’on soutire du liquide d’un tonneau, il faut avoir la précaution de laisser rentrer dans le récipient une quantité d’air correspondante, sinon le vide s’établit à l’intérieur du tonneau, et lu pression atmosphérique faisant équilibre à la charge du liquide, celui-ci cesse de s’écouler.
- Le moyen simple et évident de remédiera cette petite difficulté, c’est de laisser ouverte la bonde du tonneau.
- Mais lorsque celui-ci contient un liquide facilement altérable, et c’est le cas de la plupart des boissons, ce procédé entraîne de graves inconvénients. L’air rentrant librement à l’intérieur du tonneau est toujours chargé de germes qui finissent au bout d’un certain temps par gâter la boisson.
- Il est donc utile de ne laisser rentrer, après chaque soutirage, que la quantité d’air strictement nécessaire pour combler le vide créé par le départ du liquide.
- Tel est, le rôle du fausset automatique imaginé par M. Sollier. Il comporte un corps cylindro-conique A, fileté extérieurement, percé intérieurement d’un canal cylindrique; ce canal s’évase en tronc de cône à la partie supérieure B du corps de l’appareil. Sur cette partie B est vissée une pièce G, percée d’un canal D qui sert de logement à une bille mobile E.
- Ce canal est rétréci vers l’orifice supérieur, de telle façon que lorsque la bille est en haut de sa course, elle le ferme hermétiquement. Il s’élargit au contraire vers le bas, de sorte que lorsque la bille descend elle laisse entre elle et les parois du canal un espace libre par lequel l’air peut pénétrer. Le ressort R tend à repousser la bille vers le haut de son logement.
- Le fausset étanten place, lorsqu’on soutire du liquide, le vide s’établit dans le tonneau, la pression atmosphérique repousse la bille qui comprime son ressort et descend dans son logement, l’air rentre à l’intérieur du tonneau, par le trajet D, B, A.
- Lorsqu'on cesse la vidange, l’air qui rentre rétablit la pression à l’intérieur, le ressort repousse alors la bille qui vient à nouveau fermer l’orifice de l’appareil.
- Ou voit que ce fausset ne laisse rentrer que strictement la quantité d’air nécessaire pour combler le vide créé par le soutirage. On peut si l’on veut mettre un pe’tit tampon de ouate dans le canal du fausset ; l’air sera ainsi filtré et les germes de fermentation ne pourront parvenir dans le liquide. L’appareil se trouve chez l’inventeur . M. Sollier, 20, rue Rambuteau, Paris. Prix : i fr. ?!>.
- Fig. f). — Le compteur pour jeu de golf.
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- GOMMENT ACHETER LES FRUITS FRAIS? — IL LES BRUGNONS ET NECTARINES
- Bien que moins richement dotés par la nature au regard du fondu dès nuances de leur peau, de la finesse et du parfum de leur chair, les Brugnons et les Nectarines possèdent, cependant, des qualités qui permettent à leurs meilleures variétés de tenir une place très honorable auprès de leurs aristocratiques sœurs, les pêches d’espalier.
- Il importe, tout d’abord, de rappeler que les Brugnons et les Nectarines se différencient des Pêches proprement dites par leur peau qui est lisse et entre eux par la relation de la chair avec le noyau : adhérente chez le brugnon, elle ne l’est pas dans la nectarine. Il faut ajouter que l’on confond très souvent les deux fruits, en K rance, sous le nom de brugnons, alors qu’on n’y cultive, habituellement, que des nectarines.... Voici, dans l’ordre de leur maturité, les variétés les plus recommandables.
- Farly Hivers. — Fruit gros, sphérique; peau très colorée, rouge foncé. Maturité : première quinzaine d’août.
- Précoce de Croncels. — Fruit gros, sphérico-ovoïde; peau jaune pâle, estompé de pourpre. Maturité : mi-août.
- Lord Napier. — f ruit gros, arrondi ; peau rouge brillant sur fond blanc jaunâtre. Maturité : deuxième quinzaine d’aoùt.
- De Félignies. — Fruit moyen ou petit, sphérique déprimé; peau très rouge sur fond blanc. Maturité deuxième quinzaine d’août.
- Pilmciston Orange. — Fruit moyen ou petit, arrondi déprimé; peau rouge foncé sur fond jaune. Maturité : deuxième quinzaine d'août.
- Galopin. — Fruit gros ou très gros, sphérique; peau rouge brun sur fond vert foncé. Maturité : première quinzaine de septembre.
- Violette. — Fruit moyen, sphérico-ovoïde; peau rouge carmin violet sur fond blanc jaunâtre. Maturité :premièie quinzaine de septembre.
- Victoria. — Fruit moyen ou assez gros, sphérico-ovoïde, peau pourpre sur fond vert jaunâtre. Maturité : deuxième quinzaine de septembre.
- Quand et comment acheter? — Les nectarines, ou, pour suivre le langage adopté, les brugnons ne sont pas, à beaucoup près, du moins en J1’rance, autant cultivés que les pêches, aussi les trouve-l-on en moindre quantité sur la majorité des marchés, à partir de la première semaine d’août. On doit apporter dans leur achat les soins généraux qui ont été indiqués pour les pêches, quoique les brugnons, dont les tissus sont plus fermes, résistent bien mieux aux dilïérentes manipulations qui suivent leur récolte, voyagent plus facilement et se conservent plus longtemps en bon état. On constate souvent qu’au lieu de s’altérer aussitôt qu’ils sont mûrs, ils se flétrissent et acquièrent une saveur vineuse, propriété qui les rend bien moins périssables et beaucoup plus facilement utilisables que les pêches. La pleine saison va du r> août au i5 septembre.
- Principaux usages des pêches, brugnons et nectarines. — il est reconnu de tous, gourmets ou non, que les pèches, par la diversité et la beauté de leur coloris, ainsi que par la délicatesse et l’exquis parfum de leur chair, forment un dessert aussi luxueux et charmant pour les
- yeux que riche de promesses gastronomiques pour les palais admis à les savouver à l’état frais et naturel. C’est surtout ainsi que la pêche est sans rivale, car l’intervention de la chaleur lui enlève une partie de ses qualités.
- Conservation par enrobage. — Etant donné qu’on ne peut emcore maintenir intact à l’état artificiel leur très subtil parfum, toutes les fois qu’on recourt à une source de chaleur quelque peu élevée, on s’est ingénié à prolonger, par une sorte de vie ralentie, l’ensemble de leurs qualités à l’état frais, non pas au moyen du froid qui est impraticable présentement dans les ménages, mais par un procédé simple susceptible d’application bien ménagère : l’enrobage.
- On sait que les tissus animaux ou végétaux absolument sains ne renferment pas de microbes et que, si on les entoure, si on les enrobe d’une substance impénétrable à l’air, on assure leur conservation pendant quelques mois, parce que, à l’abri de cette couche protectrice, on les isole des microorganismes générateurs de fermentations et de maladies, on prévient aussi les échanges gazeux entre le fruit et l’atmosphère. Toutefois, on ne peut, évidemment, recourir à ce procédé que si le nombre des fruits est limité.
- Matières enrobantes. — Parmi celles qu’on a conseillées, je ne retiendrai que la paraffine et le miel. La paraffine doit être pure, absolument indemne d’odeur, surtout rappelant le pétrole. L’emploi du miel était déjà connu et préconisé par Columelle. Il faut préférer le miel blanc dur au miel ambré et rejeter le miel rouge.
- Précautions à prendre. — Les fruits doivent être entiers, très propres et complètement sains, c’est-à-dire dépourvus de toute altération apparente et de tout dépôt cryptogàmique, de plus, posséder une chair ferme. Si l’on veut conserver des variétés à chair fondante et juteuse, il importe de ne les employer que tout au début de leur maturité. Les brugnons s’y prêtent très facilement.
- Mode opératoire. — Il consiste à amener la paraffine ou le miel à l’état liquide juste à la limite de leur point de fusion, à plonger les fruits dans ce bain, à ne les y laisser que le temps nécessaire pour être bien enrobés, à les mettre à égoutter ensuite et à les renfermer dans des boîtes hermétiquement fermées et maintenues dans un endroit aussi frais que possible. Pour consommsr les fruits, il suffit de les soumettre au bain-marie à une douce chaleur nécessaire pour faire fondre l’enrobage, de les essuyer et de les peler.
- Produits obtenus pur la chaleur. — Les pêches peu mûres servent à préparer d'excellentes conserves au naturel par le procédé Appert, ainsi que des conserves à l’eau-de-vie. Pour celles-ci les brugnons sont très estimés. On en fait également des marmelades et des compotes sans oublier les pêches glacées si appréciées par les gourmets. Dans les années d’abondance, il y a tout intérêt pour les maîtresses de maison à les soumettre, notamment les pêches de vigne, à la dessiccation par le procédé que j’ai indiqué en parlant des abricots, et l’on peut même en fabriquer un vin très agréable.
- A. Truelle.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Encre pour rubans de machines à écrire. —
- Prendre :
- Savon mou..................... io gr.
- Glycérine......................3o -—
- Eau..............-..........90 —
- Alcool à g5°.................. 20 —
- Couleur d’aniline..............10 —
- Dissoudre le savon dans l’eau, la matière colorante dans l’alcool, mélanger, puis ajouter finalement la glycérine, filtrer sur un tampon de colou dans un entonnoir pour séparer les parties insolubles.
- Ciment chinois pour recoller la porcelaine, le marbre, etc. — Mélanger :
- Chaux éteinte..................55 gr.
- Alun pulvérisé................. 6 —
- Pour réparer les objets de porcelaine, délayer au. moment de Vemploi seulement un peu de la poudre ci-dessus dans une quantité de sang frais défibriné suffi sante pour faire une pèle lluide dont on enduit le* parties à recoller, on serre fortement et laisse durcir, l’adhérence obtenue est considérable.
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- BOITE AUX LETTRES
- Préservation des rayons solaires. — Pendant la raison d été, il peot être utile d’atténuer l’ardeur des rayons solaires dans les ateliers, vérandas etc. ; pour cela il suffit d’enduire les vitres de l’émulsion suivante :
- Eau...................... 570 gr.
- Blanc de Meudon...........a85 —
- Outremer en poudre .... 60 —
- Huile de lin............. 85 —
- On broie ensemble le blanc de Meudon, l’outremer et 1 huile de lin, puis on délaye progressivement avec la quantité d’eau indiquée : on obtient un produit analogue à celui vendu sous le nom d’Asol.
- Mastic de vitrier :
- Blanc d’Espagne en poudre. i5o gr.
- Huile de lin.............. 100 —
- On commence par faire sécher au four le blanr d Espagne, puis on le malaxe sur une tablette de marbre avec 1 huile de lin de façon à obtenir une pâte consistante, mais facile à travailler.
- Ce mastic peut être conservé un certain temps sous 1 eau ; lorsqu’il durcit, l’addition d’un peu d’huile de lin et un battage au marteau lui rendent sa ductilité.
- Mastic de fontainier :
- Brique pilée et tamisée ... 90 gr.
- Litharge...................... i0 .___
- Délayer dans une quantité d’huile de lin suffisante pour obtenir une pâte ferme dont on se servira pour boucheries fissures, ce mastic devient d’une très grande dureté.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. Dans la boîte aux lettres, la l\édaetion\j)ublie les laits d un intérêt général qui lui sont signales par ses abonnés. Elle lépond egalement, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent n('cessai.-es, il ne peut être répondu immédiatement.
- Réponses. — M. Jacquemond-Moulin, Le Chambon (Loire). — i° Adresse de fabricants d aimants : Bachelet, rue llaxo, 60 ter (20"); Caralp et Laur, boulevard Au-gustc-Blanqui, 55; Spindler, 11, rue du Château-d’Eau; — 2“ acier pour aimants : Parkes, 8, rue Gustave-Doré ; Aciéries de Firminy, 1G8, quai Jemmapes. Aciéries Alleward, 7, rue Richepance ; — 3° Perceuses électriques : Almacoa, 19, rue de Rocroy; Glaenzer, 18, faubourg du Temple; Billard, 18, rue de Belleville. Champion, 5/j, rue Saint-Maur ; Croquison, 6, rue Deguerry. The-venin, 122, faubourg Saint-Martin. Thomson-Houston, 10, rite de Londres; — 4e D’après la Revue Industrielle, les aciers très durs marqués 6 et 5 (outils de tours, forets, etc.) doivent être forgés cerise clair. Les aciers de dureté moyenne et aciers tenaces marqués 4 et 3 (tarauds, filières, poinçons, etc.) seront forgés rouge clair. Les aciers tenaces et doux marqués 2 et 1 (marteaux, matrices bouterolles, etc.) seront an jaune clair.
- Le recuit des pièces de formes simples s’effectuera au rouge foncé et on laissera refroidir sous une couche de charbon de bois, de coke ou de mâchefer. Pour les pièces compliquées ou exposées à se voiler on recuira en vase clos en remplissant les intervalles de tournure de fer non rouillée, la température sera portée au rouge brun et on la maintiendra environ deux heures.
- Enfin les températures de trempe seront les suivantes : aciers très durs et durs marqués 6 et 5 rouge cerise foncé, aciers de moyenne, dureté marqués 4 et 3 rouge cerise, aciers tenaces et doux marqués 2 et 1 rouge cerise clair; 5° la galvanisation électrique est préférable.
- M. 7esnière, à Llbeuf. — i° Pour enlever le mercure qui s est fixé sur l or il suffit de chauffer légèrement 1 objet à la flamme d’une lampe à alcool, le mercure se volatilise et un polissage au rouge d’Angleterre redonne ensuite 1 aspect primitif ; 20 Pour pratiquer le moulage en plâtre sur le vivant on opère ainsi : la partie à mouler est enduite soigneusement d’huile d’olives au moyen d’un pinceau, puis on applique deux ou quatre fils solides sur la peau dans des directions convenables pour sectionner le moule quand le plâtre aura fait prise sans être dur; on entoure alors dune petite caisse de carton ou de bandes, de façon à former une cavité et on coule du plâtre à modeler gâché clair en quantité suffisante. Quand la prise s’est effectuée, on enlève le carton et en tirant sur les fils on produit la section dans les parties prévues, de telle sorte que le fil agit de 1inté-rieur vers l’extérieur. Les différentes parties du moule sont mises à sécher complètement, ce qui demande plusieurs jours, puis on les réunit à nouveau après en avoir huilé l’intérieur et on coule le plâtre qui doit donner 1 épreuve définitive, que l’on pourra dégager facilement par enlèvement des ligatures qui retenaient les fragments du moule,
- Dans la première ainsi que dans la seconde opération on devra toujours prévoir le dégagement de l’air au moment où il est remplacé par le plâtre liquide, pour cela on ménagera des évents soit au moyen de petits tubes de carton placés aux endroits où l’air pourrait être retenu dans le premier cas, soit en pratiquant quelques cheminées dans le moule obtenu, quand on fera le moulage définitif.
- M. Lamarche, à Paris. — Vous trouverez tous les renseignements nécessaires pour les réparations de chambres à air et enveloppes d’automobiles, tours de main, etc., dans 1 ouvrage Les Recettes du chauffeur de Baudry de Saulnier, édité par Flammarion.
- M. Ramiro Pereira dos Santos,k Castro-Alves. — La fabrication du bleu de Prusse au moyen des débris animaux comporte deux opérations successives, l’obtention de ferrocyanure de potassium et la préparation proprement dite du bleu de Prusse.
- i° Pour obtenir le ferrocyanure de potassium, on met dans un creuset en fer 100 kg de carbonate de potasse additionné le plus souvent du résidu d’une opération précédente et qui porte le nom de sel bleu, on chauffe progressivement jusqu’à fusion et on introduit peu à peu les matières organiques que l’on veut utiliser : sang desséché, poils, débris de laine, morceaux de peaux, etc., que l’on a eu soin de mélanger avec 6 à 8 pour 100 de déchets d’atelier tels que ferraille, tournure de fer; chaque addition produit une réaction violente et un dégagement de gaz, on chauffe à nouveau pour rendre la masse fluide et on continue à ajouter les matières animales jusqu’à ce que l’on en ait employé i a5 kg. A partir de ce moment on chauffe une heure et demie à deux heures; l’opération terminée, la masse fluide est enlevée à la cuiller et mise en moules. Après refroidissement, on concasse et fait digérer dans de l’eau tiède (5o à 6o°) pendant 24 heures en agitant fréquemment, on laisse reposer et décante la lessive qui doit avoir une densité de 1.16 à 1.22.
- Cette lessive est ensuite concentrée jusqu’à la densité de 1.27 par évaporation, le refroidissement donne des cristaux de ferrocyanure de potassium.
- 2° Le bleu de Prusse s’obtient ensuite de la façon suivante : on dissout 100 kg de ferrocyanure de potassium dans i5oo litres d’eau, on verse dans un bac de 4000 litres et après avoir porté à l’ébullition on ajoute 25 kg d’acide chlorhydrique, on maintient l’ébuliition une demi-heure par vapeur directe. D’autre part on dissout 65 kg de chlorure ferreux dans 5oo litres d’eau, on porte au Bouillon et on mélange les deux liqueurs en pleine ébullition que l’cn maintient une demi-heure, on remplit le bac d’eau froide et laisse reposer. Après quoi on décante le liquide surnageant devenu inutile et on ajoute sur le précipité blanc qui est au fond de la cuve 25 kg d’acide chlorhydrique, on porte à l’ébullition et ajoute lentement 12 kg de chlorate de potasse dissous dans 100 litres d’eau bouillante, on brasse, remplit le bac d eau froide, laisse déposer le précipité qui est devenu bleu, lave à deux ou trois reprises de la même façon jusqu’à ce que le liquide ne soit plus acide, puis finalement recueille le bleu de Prussp que l’on fait sécher,
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- BOITE AUX LETTRES
- )/. le JL Dagrève, à Montélimar. — Une excellente colle pour la nacre est obtenue en opérant ainsi.
- Ou fait macérer de la colle forte dans l’eau froide pendant 12 heures, puis ou chauffe au bain-marie jusqu’à liquéfaction, finalement on ajoute le dixième du volume obtenu de silicate de soude sirupeux du commerce. Les affinités respectives de chacun des composants pour le bois et pour la nacre donnent une adhérence parfaite.
- Mme F. Bonnier, à Vienne (Isère). — i° Le meilleur procédé pour enlever la rouille sur les objets qui présentent des anfractuosités consiste à les immerger dans une solution de chlorure d’étain obtenue en dissolvant des feuilles d’étain dans de l’acide chlorhydrique jusqu’à refus. On laisse en contact 24 heures au moins, rince à beau en brossant, puis à l’eau ammoniacale, rince à nouveau et sèche rapidement dans la sciure de bois ; 2" le ripoliu étant à base de caoutchouc serait très difficile à enlever économiquement; si la dépense n’entre pas en ligne de compte vous pourriez essayer un badigeonnage au chloroforme; 3° le carbonyle a dû pénétrer très profondément dans le bois et remonte au fur et à mesure par capillarité, nous vous conseillons d’appliquer la
- mixture suivante :
- Acétone..................... iàogr.
- Paraffine..................... 20 »
- benzine....................... 55o »
- Alcool à brûler................3oo »
- Laisser en contact quelque temps jusqu’à ramollissement, gratter, puis répéter l’application jusqu’à ce que le bois ne dégorge plus, ce qui demandera de la patience.
- M. Chardin, à Paris. — L’épuration des eaux destinées à l’alimentation des chaudières à vapeur repose sur l’application des deux méthodes principales :
- i° Epuration chimique en amenant les sels calcaires solubles, sulfate et bicarbonate de calcium à l’état insoluble par addition de carbonate de sodium et de soude caustique. Par sédimentation ou sépare les sels précipités ;
- 20 Epuration mécanique en empêchant les sels calcaires, rendus insolubles par dégagement de l’acide carbonique ou concentration de l’eau, de se déposer sous une forme adhérente aux parois ; pour cela, on utilise le bois de campêche, le cachou, la sciure de bois, la fécule, etc., dans ce cas les substances qui n’ont qu’une action de présence doivent être solides et non en solution, la gélatine de la colle ne pourrait donc produire d’effet utile, et n’agirait pas davantage chimiquement.
- M. le Dr Chobaut, à Avignon. — Le plâtre à mouler ne présente pas de composition spéciale,' il est seulement obtenu par déshydratation de gypse très pur, tamisé ensuite soigneusement, sa fabrication doit être récente; on le conserve en boîte de fer-blanc bien closes par des bandes de papier afin d’éviter qu’il ne s’évente.
- M. Lambert, à Tunis. —- i° L’opération du tannage des peaux consiste essentiellement à combiner la matière albuminoïde avec une substance telle que le tanin, l’oxyde de chrome, l’alumine qui forme avec elle un composé insoluble et par suite imputrescible. Pour plus de détails consultez Les Matières animales de Y Encyclopédie Billon, éditeur Bernard, 29, quai des Grands-Àugustins ; 20 l’aluminium ne s’amalgame pas.
- M. Thibessard, à Villerupt. — Pour entretenir les rubans de machines à écrire en bon état de fonctionnement, il suffit de les imbiber de temps à autre au moyen de l’encre dont nous donnons d’autre part la formule dans les Recettes et procédés utiles.
- M. Schlumberger, à Mulhouse. — L’industrie du cuir n’obtient le fini du cuir jaune que par des opérations assez longues et un calandrage qui n’est pas à la portée de l’amateur, tout ce que celui-ci peut faire est de donner un brillant momentané par l'emploi des crèmes qui ne sont autre chose que des encaustiques colorés par la vésuvine.
- M. Roger Blanchet, à Paris. — i° “L’efficacité de l’antenne dépend surtout de sa situation et de l’étendue quelle occupe dans l’espace; un collecteur d’ondes établi selon les règles peut utiliser une longueur de fil dix fois moindre que celle utilisée par une antenne irrégulière ou peu étendue et donner cependant des résultats dix fois meilleurs ; appliquez-vous donc à disposer le fil que vous voulez utiliser sur un espace aussi grand que possible.
- i° Nous vous conseillons la disposition en nappe horizontale, telle ciue vous la figurez sur votre croquis;
- puisque vous êtes un peu limité pour allonger votre antenne, développez-la en largeur en multipliant le nombre des fils parallèles tout en maintenant entre eux une distance minima de 75 centimètres.
- 3° L’antenne prismatique vous donnera satisfaction ; on l’emploie en particulier sur les navires de guerre américains ; un écartement de 1 m. 5o entre les fils parallèles sera très suffisant.
- 4° Une bobine de Ruhmkorff de 10 cm de longueur doit vous donner à peine 1 mm d’étincelle sur votre antenne, cependant vous dépasserez certainement 200 et même 5oo m. de portée en l’utilisant pour vos expériences démonstratives. Branchez directement l’antenne et la terre aux bornes de 1 éclateur.
- 5° Le montage indiqué, page g3 des « Eléments de Télégraphie sans fil pratique », de M. Franck Duroquier, est à adopter si vous devez recevoir une émission dont la longueur d’onde diffère beaucoup de la longueur d’onde propre de votre petit collecteur.
- |d/. Navarre, à Pau. — Nous vous donnerons satisfaction dès que nous serons en possession des renseignements que nous avons demandés à votre intention aux différents observatoires.
- M. P. D., à Sainte-Adresse (Seine-Inférieure). — iu L’application du froid artificiel à Y industrie laitière comporte le refroidissement du lait aussitôt après la traite et lorsque le lait a été pasteurisé; on a alors en vue la conservation pour le transport, c’est-à-dire pour un laps de temps qui s’écoule jusqu’à la consommation à brève échéance. On fait usage des réfrigérants, appareils spéciaux. Lorsqu’il s’agit de conservation à plus long terme, on a recours au traitement industriel par réfrigération à basse température, qui exige l’emploi de la glace ou d’une machine frigorifique. Les pots de lait préalablement stérilisés à la température de 95° sont refroidis dans un courant d’eau, puis placés dans une saumure incongelable, qui abaisse la température du liquide à 4- a0. Il y a, enfin, la conservation en frigori-fère ; — 20 Nous ne savons quel est votre objectif ; ou d’entreposer le lait dans des chambres froides, ou de le réfrigérer pour le faire voyager, ce qui pourrait nécessiter le recours à la congélation si le lait n est pas, au préalable, stérilisé ou pasteurisé.
- Pour les appareils à réfrigérer le lait, voyez. aux adresses suivantes ; Gaulin, 17°) rue Michel-Bizot, Paris, 120; Marx et Cie (Hignette), 162, boulevard Voltaire, Paris, 11e; Société Astra, 64, avenue Parmentier, Paris, n°; Garin, à Cambrai (Nord). Voici, d’autre part, des adresses de firmes s occupant d installations pour application du froid à l’industrie laitière :
- A Paris : A. Desvignes, 99, avenue de La Bourdonnais, 7e; B. Lebrun, 44, rue Lafayette, 9e; Société du froid industriel, 29, rue de la Chaussée-d’Antin, 9e; Mille et Pourcel, Bourse de Commerce, rue du Louvre ier; Compagnie industrielle des procédés Raoul Pictet, 28, rue de Grammont, 20 ; Marcel Moutéran, 11, cité Trévise, 90 ; Maurice Douane, 23, avenue Parmentier, 11e; Société d’applications frigorifiques, 24, rue d’Aumale, 9e; Itier, ingénieur frigoriste, au Bulletin des Halles, 33, rue Jean-Jacques Rousseau, iei; L. Dupon-chelle, 101, rue de Douai, à Lille ; — 3e Ouvrages se rapportant à la question : A. Pouriau, La laiterie', R. Lezé, Les industries du lait; J. de Loverdo, Conservation par le froid des denrées alimentaires; N. Lallié, Le froid industriel et les machines frigorifiques, A. Manchet; Les applications du froid artificiel (Mulo, éditeur, t2, rue Hautefeuille, Paris, 6e); Antonin Rolet, Le lait hygiénique ; Le froid, industriel et ses applications (Institut scientifique et industriel, 8, rue Nouvelle, Paris, 9e). Pour les autres ouvrages, voir Librairie agricole, 26, rue Jacob, Paris, 6e. En outre, on pourrait s’adresser au Syndicat général de l’Industrie frigorifique (L industrie frigorifique, 49, quai des Grands-Augustins, Paris, 7e) et à la Société d’Encouragement à l’industrie laitière, 3, rue Baillif, Paris, ier.
- M. Bernade, à Lille. — Le chauffeur Bienvenu est vendu par The Welcome Heater Parent C°, 11, York Street, Londres.
- Le fourneau Express à charbon de bois,^ par Aube, 21, rue des Chambards, Bois-Colombes (Seine).
- Les chaudières électriques décrites sont construites respectivement par : L. Boselli, à Milan (chaudière Revel) ; Brovm-Boveri, à Baden (Suisse) ; Oerlilcon, à Winterthür (Suisse).
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- BIBLIOGRAPHIE
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- M. te I)' F., à Calvisson-les-Moulins (Gard). —-
- i° Voici, en substance, le procédé Chaptal pour la fabrication de la pâte à papier avec les sarments de vigne : ou soumet les sarments à un traitement ayant pour effet d’élimine.r les principes qui soudent et incrustent les libres, afin d’isoler ces dernières à l’état de pureté, cela en faisant agir des agents chimiques — en particulier l’eau régale, employée de préférence à chaud — qui éliminent la vasculose, la pectose et la cutose, mais n’ont pas d’action sur la cellulose. On peut employer aussi la soude caustique sous pression, les bisulfites à la température de no0 environ, les corps oxydants, en particulier l’acide azotique, le chlore,, les hypochloriles en solutions étendues. C’est l'enchevêtrement des libres cellulosiques isolées par Une de ces méthodes, qui constitue le papier.
- L’attaque doit se faire dans des sortes de digesteurs sur lesquels les acides n’aient pas d’effet, comme à l’usine Orioli, à Pontcharra, près Grenoble, où On utilise des vases en grès, avec élévation de la température par barbotage de vapeur. Lorsque l’attaque est terminée, on fait des lavages à l’eau chaude et à l’eau froide dans un laveur Lespermont, qui donne une pâte bien purifiée en n’employant que peu d’eau, ce qui facilite la récupération de l’eau régale. Après attaque, la pâte égouttée doit être introduite à nouveau dans la cuve d’attaque pour être traitée par un alcali à 5 pour ioo, ce qui neutralise les traces d’acide. Nouveau lavage et ensuite désagrégation de la pâte dans un appareil quelconque :
- moulin raflineür, pile Orioli, et surtout la machine Labrousse. Il ne reste qu’à presser la pâte obtenue el dessécher. S’il reste de l’alcali on le récupère par le procédé ordinaire.
- On obtient, après lavage, une pâte brunâtre, facile à blanchir et ayant les caractères d’une pâte chimique de bois convenablement préparée.
- Le rendement en cellulose des sarments secs est de 3o pour ioo environ en pâte sèche ; celui des Sarments frais est de 29,33 pour 100, environ.
- On fabrique le papier avec 76 pour 100 de cellulose de sarment et a5 pour 100 de cellulose bisülfitique de bois de sapin.
- a0 Pour l’exploitation du procédé en Espagne, adressez-vous à M. L. Chaptal, chef de travaux à l’Ecole nationale d’agriculture de Montpellier.
- 3° Voyez aux adresses suivantes : M. F avive, professeur à l’Ecole française de Papeterie, à Grenoble ; M. Vidal, professeur à l'Université de Grenoble, qui ont fait des essais industriels et étudié la pâte fournie par les sarments. Notez, en outre, qu’en 1912, une Société ayant pour but la fabrication de la pâle de sarment était en formation sous les auspices de M. J.. Gaïsset, directeur du Syndicat agricole de Lézignan (Aude), qui peut donner tous renseignements utiles.
- 4° Adresses de fabricants de broyeurs de sarments : .1. Garnier et Cie, à Redon (Ile-et-Vilaine); Simon frères, à Cherbourg; Tanvez à Guingamp (Côtes-du-Nord); Vermôrël, à Villefranche-sUr-Saône (Rhône).
- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous tes ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmen* tée de to % pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.) ___
- La science et l industrie française en 1919-1920. Ce qu elles nous ont donné. Ce qu’elles nous promettent, par H. Willotte, 1 vol. in-16, 376 p., 7 fig. Doin, Paris. Prix : 8 francs.
- Revue des questions suivantes : la navigation maritime, la pèche, l’utilisation des ports, la houille blanche, les chemins de fer, l’Alsâcé-Lorraine, la Sarre, quelques conférences d'actualité.
- Les révélations du dessin et de la photographie à la guerre, parle lieutenant-colonel Andrieu, i vol. in-8°, 138 p., 35 lig.
- Historique de la question, suivi de 20 exemples choisis parmi les aspects de la guerre montrant sous une forme anecdotique les services rendus par la pratique graphique.
- l)e l emploi des combustibles liquides. 1 vol. in-40 br., 36 p. et 4 pL Desforges, éditeur. Parie 1920. Prix : 5 francs.
- Cette notice est publiée par la Compagnie Occidentale des Produits du Pétrole.
- Après quelques indications d’ordre général ' sur l’historique, la production, les Usagés et les caractéristiques des divers types de combustibles liquides, deux chapitres traitent de leur transport et de leur utilisation et donnent la description de brûleurs et d installations-types actuellement an usage.
- La notice se termine par la liste des lois et décrets régissant l’emploi de ces produits.
- L'Annual IDW. i fort vol. in-8° relié toile. Prix : 25 francs. 222, boulevard Pcreire. Paris, 1920.
- Cet important ouvrage qui est à sa i5° année d’existence forme un tout complet qui renferme : un Annuaire, constamment mis à jour, de l’Industrie et du Commerce automobiles (France et étranger) el un Dictionnaire illustré de la Locomotion mécanique et des nouveautés automobiles de l’année.
- Les semences des plantes cultivées et leur détermination, par L. François. i vol. in-16, 160 p., 116 lig. Librairie agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- Excellent manuel de détermination par tableaux synoptiques illustrés de toutes les semences et graines que le cultivateur peut rencontrer.
- Bergeries et porcheries, par Max Ringelmann, i vol. in-16, 160 p., 127 lig. Librairie agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix Sfr. 5o.
- Troisième volume de la série consacrée au logement des animaux par le savant auteur, il traite de l’emplacement et de l’aménagement des bergeries et porcheries et dé leurs annexes, dans les exploitations de diverses importances.
- Les empoisonnements du bétail par les aliments, par A.-L. Marc.iiadier el A. Goujon, i vol. in-16, 160 p., 18 lig. Librairie agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 3 fr. 5o.
- Etude très documentée de toutes les altérations des aliments du bétail, causes de pertes pour l’éleveur : plantes vénéneuses; aliments dangereux, souillures de l’eau.
- Education et harmonie des mouvements, 70 édition, par G. Dément, i vol. in-8, 276 p. Félix Alcan, Paris. Prix : xo francs.
- Description des exercices assurant le développement musculaire, la souplesse et l’harmonie corporelle chez les jeunes filles, au moyen de mouvements soigneusement étudiés par l’auteur dont on connaît le rôle dans la propagande de l’éducation physique.
- Formation naturelle du mineur instrumental et de tous les modes et accords par la résonance, par J. Mar-mîer. 1 vol. in-8, 128 p. Marmier, 7, boulevard de la Pyramide, Clermont-Ferrand. Prix : i5 francs.
- Les Fausses Nouvelles de la Grande Guerre, par le D‘ Lucien Graux, t. VI, 1 vol. in-16. Gazette Médicale de Paris.
- Labeur immense, document de la plus haute valeur, les Fausses Nouvelles de la Grande Guerre ont ce mérite particulier d’enregistrer, de classer et de mettre en lumière tous les dessous de la Grande Histoire, qui formèrent l’opinion publique, au jour le jour, dans le perpétuel va-et-vient des affirmations,, des démeut,is, des espérances et des déboires.
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- LA NATURE
- Supplément.
- Nu 2417 31 Juillet 1920
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- INFORMATIONS
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- Les voyages en aéroplane à haute altitude. —
- Nos lecteurs savent quel intérêt présente pour 1 avenir de l’aviation la possibilité de voler à haute altitude. On peut ainsi espérer atteindre des vitesses bien supérieures à celles réalisées jusqu’ici aux altitudes moyennes. Le problème présente deux grandes difficultés provenant de la raréfaction de l’atmosphère. Celle-ci a pour effet de diminuer la résistance à l’avancement de 1 appareil, ce qui constitue l’avantage capital; mais par contre le moteur, s’alimentant dans un milieu où l’air est peu dense, perd une partie de sa puissance. Nos lecteurs savent également que cet inconvénient a été supprimé notamment par le turbocompresseur Rateau, machine auxiliaire actionnée par les gaz d’échappement du moteur, et dont le rôle est de comprimer à la pression voulue l’air fourni au moteur. Ce problème étant résolu, il reste à vaincre une difficulté d’ordre physiologique. La respiration dans l’atmosphère raréfiée des hautes altitudes doit être assurée par des moyens artificiels assez faciles à réaliser; mais il est très peu d organismes humains qui seront capables de supporter sans troubles graves, la variation considérable de pression qui règne entre le sol et les hautes altitudes. Seuls, des passagers d’une qualité physique exceptionnelle pourraient se risquer dans de semblables voyages.
- La solution qui vient naturellement à l’esprit est de réaliser une cabine close dont la pression et la température seraient maintenues constantes quelle que soit l’altitude.
- C’est celle que propose le Dr Guglielminetti dans une intéressante étude que publie YAérophile.
- Il donne le plan d’une cabine étudiée pour s adapter à l’aérobus le Léviathan que construit actuellement M. Louis Bréguet. Cet aéroplane, véritable navire aérien, est remarquable à plus d’un titre.
- Le Léviathan est un biplan de 26 m. d’envergure, 14 m. de longueur, 140 ma de surface. Il pèse à vide 2 300 kg, dont i5oo environ pour la partie motrice et 1000 pour le planeur. Il est entièrement métallique. La puissance motrice est fournie par 4 moteurs Bugatti de 8 cylindres chacun, fournissant au total 900 HP, groupes dans une véritable salle des machines et attaquant une meme hélice traclive. Cet avion pourrait effectuer le parcours Paris-Madrid (1000 km) à 4^oo m. d’altitude avec une charge totale de 4-200 kg (27 passagers êt 4o kg de bagage par personne), en 5 h. 3o. En se fixant un plafond plus bas : 3ooo m., le même appareil pourra emporter 5 tonnes 2 de charge utile. Si l’on cherche la limite pratique du maximum de distance -franchissable, on trouve que le Léviathan avec un équipage de 3 hommes (2 pilotes et 1 mécanicien et 5oo kg d’approvisionnements) pourrait emporter 47°° kg d’essence et voler pendant 38 heures à 170 km à l’heure, franchissant ainsi par vent nul 65oo km, soit plus que la distance qui sépare Paris de New-York, du Congo français, du lac Victoria.
- Le concours de l’Aviette. — La maison Peugeot a fondé voici déjà plusieurs années un prix de 10000 francs pour encourager et récompenser la première envolée de l’homme effectuée par sa seule énergie musculaire sur terrain plan. L’épreuve consiste à franchir en l’air une
- Fig. [. — Àviette Legay.
- distance de 10 m. sans toucher terre. Pour que la performance soit accomplie indiscutablement sans le secours du vent, le concurrent doit, après l’avoir réalisée une première fois dans un sens quelconque, l’effectuer une
- deuxième fois en sens inverse, immédiatement après et avec le même appareil.
- De nombreux concurrents ont déjà tenté sans succès celte difficile épreuve. La plupart, pour ne pas dire tous,
- Fig. >,. — AvieUe ISalek.
- ont employé une voilure formant un petit aéroplane, dont le moteur est constitué par l’homme volant monté sur bicyclette.
- . Nous devons dire que les chiffres fournis par l expé-rience sur le pouvoir sustentateur des meilleures voilures d aéroplane ne laissent guère d'espoir à un semblable système de pouvoir jamais quitter terre par la seule force musculaire. Néanmoins les concurrents ne se découragent pas. Le a5 mai dernier l’épreuve était à nouveau tentée et toujours sans succès à Longchamp par les deux aviettes dont nous reproduisons ci-dessus la photographie. La figure 1 montre l’avielle Legay pilotée par Jacques Niel ; la figure 2 montre l’aviette Balek pilotée par Jannary.
- Echouage d’un grand squale. — Les plus grands des poissons sont certainement certains squales. Le plus long de tous est le Pèlerin (Selacha maximus) qui atteint
- la taille de 14 m. et pèse jusqu’à 7 et 8 torpies. Il habite dans l’océan Glacial et les mers du Nord et n’apparait qu’exceptionnellement sur nos côtes, où l’on cite ses échouages pour leur rareté. Aussi croyons-nous intéressant de mentionner, malgré le temps écoulé, un individu qui vint se prendre dans les filets des pêcheurs
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- INFORMATIONS
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- de Coucaraeau vers la fia de l’année igio et qui put être l'amené au port où ou le photographia. Les deux ligures ci-dessous montrent la taille du personnage : c’était uu des plus grands exemplaires qu’on puisse rencontrer, puisqu’il mesurait 11 m. 5o de la tête à la queue. Ajoutons que le Pèlerin, malgré sa taille, n’est pas dangereux pour l’homme, à l’iuvcrse de ses proches parents les requins. Sa dentition comporte un très grand nombre de dents, de a500 à 4000 suivant les auteurs, mais toutes petites et non dentelées, qui ne lui permettent de s’attaquer qu’à des petits poissons et autres proies peu volumineuses. On le pêche sur la côte ouest d’Islande pour l’huile qu’on peut extraire de son foie.
- de M. Paul Decauville, brevetée par lui le 3o mars 1912.
- Il s’agit d’un type de gabion pour protéger contre l’action de la mer les rives constituées par des galets. On utilise, pour s’opposer aux ravages de l’eau, les masses mêmes des galets qui forment le sol, en construisant avec ces galets une armature de poutres effilées à leurs deux extrémités, de manière «à briser le courant d’eau, c’est-à-dire la lame de la mer à l’aller comme au retour.
- Ces poutres de protection sont fabriquées sur place sous forme de gabions de longueur appropriée, couchées suivant la ligne de plus grande pente du terrain. Ces masses de galets, disposées en poutres ou en gabions,
- Une nouvelle substance photoélectrique, le Thalofide. — Le type des substances photoélectriques est le sélénium: 1®. résistance électrique de ce corps se modifie sous l’action de la lumière. Cette propriété bien connus a reçu de nombreuses applications : mesure des intensités lumineuses, téléphonie par la lumière, transmission télégraphique des images, relais divers, etc. Le sélénium était jusqu’ici le seul corps photoélectrique qui ait trouvé un usage dans la pratique. Un Américain, M. Case, annonce qu’il a réussi à préparer un corps jouissant de la propriété photoélectrique à un degré plus prononcé que le sélénium. Il lui a donné le nom de Thalofide ; le point de départ a été une observation faite en 1917 sur le sulfure de thallium fondu, qui dénota une légère variation de la résistance électrique sous l’action de la lumière.
- Après 2 ans 'de recherches, M. Case est parvenu à préparer un composé de thallium, d’oxygène et de soufre qui permettrait de faire des cellules plus sensibles que celles de sélénium; la préparation après fusion est enfermée dans un tube où règne le vide ; cette disposition augmente la sensibilité et empêche l’oxydation. Les rayons bleus et ultra-violets ont un effet nuisible sur l’élément au thalofide, et il faut filtrer la lumière avant de la laisser parvenir à l’élément sensible. Ceci se fait en employant pour le renfermer des verres de couleur rouge appropriée.
- La protection des rives contre l’action de la mer
- — Comme suite au récent article publié sur les gabions Palvis, nous croyons intéressant^de signaler dans le même ordre d’idées une invention relativement récente
- sont constituées par des cages en treillis métallique de forme allongée avec tranchants aux deux bouts qu’on a remplies de galets. Les gabions, isolés ou attachés les uns aux autres, forment une assise solide et résistante sur laquelle les lames glissent sans attaquer les couches du sol qui se trouvent sous l’armature, grâce aux extrémités tranchantes qui dirigent les masées d’eau dont elles reçoivent le choc.
- Pour former une poutrelle, on prend une bande de fil de fer galvanisé de 2 m. de largeur sur une longueur de 5, 10 ou i5 m., suivant les circonstances et l’importance à donner à la défense, on rapproche les deux bords longitudinaux qu’on lie ensemble de place en place au moyen de ligatures en fil de fer. La cage étant ainsi préparée, avec ses deux extrémités munies d’une tôle pliée pour former tranchant contre la lame, on la remplit de galets, puis on ferme le tout au moyen de ligatures comme s’il s’agissait de coudre un sac. Les gabions ou poutres de galets sont placés à côté les uns des autres, réunis par des fils métalliques et forment un bloc d’une grande solidité.
- Lorsqu’on veut donner à l’ensemble un aspect plus agréable et une solidité de plus longue durée, on peut le recouvrir d’un revêtement appelé cuirasse flexible Decauville dont les spécimens les plus connus sont à Nacqueville, près Cherbourg et à Saint-Brévin en face Saint-Nazaire.
- L’invention de M. Decauville peut être réalisée en donnant aux cages des poutrelles toute forme convenable, cylindrique ou prismatique. On pourrait également recouvrir les gabions d’un coulis de ciment destiné à protéger le métal contre l’action de l’eau de mer.
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- RÉCEPTION DES ONDES ENTRETENUES - CONSTRUCTION D’UN HÉTÉRODYNE
- (Voir nos -i4i3 et 12.414).
- Borne
- Tube a vide
- Soc te
- feutre
- Fit
- Pointe de 3n,f>
- Boudinette en fj
- Fig, 2.
- hJ-,
- La réception par la méthode de l’hétérodyne offre sur la réception au tiklcer l’avantage de portées beaucoup plus grandes, de syntonies plus rigoureuses et permet de reconnaître les diverses émissions à une tonalité des signaux qui est propre à chacune d’elles.
- Non seulement le son perçu au téléphone peut atteindre, par un réglage convenable de l’hétérodyne, une hauteur différente pour différentes émissions ; mais il peut aussi être accordé surlafréquence pour laquelle la membrane de l’écouteur vibre le plus avantageusement ou celle pour laquelle les parasites sont le moins gênants.
- Qu’on ajoute à ces avantages l'amplification des signaux résultant de la superposition de l’énergie incidente de l'hétérodyne à l’énergie recueillie par l’antenne, la possibilité de détecter avec le même dispositif des transmissions entretenues comme des transmissions amorties etl’on comprendra le succès d’un procédé de réception qui a à peu près remplacé tous les autres.
- Construction d’un hétérodyne. — Le dispositif hétérodyne que nous allons décrire est sans contredit le plus simple qui se ~de cuivre 20/10 puisse imaginer tout en étant des plus avantageux ; sa réalisation est à la portée de tous les amateurs.
- Une lampe spéciale, deux enroulements réactifs à accouplement variable, un accumulateur de quatre volts, une batterie constituée par une dizaine de piles pour lampe de poche, un petit condensateur variable, un condensateur fixe et un écouteur téléphonique représentent tout le matériel nécessaire à son installation.
- Lampes à trois électrodes. — La lampe à trois électrodes, appelée aussi tube à vide, est l’organe actif de l’hétérodyne; c’est le générateur des ondes incidentes destinées à interférer avec les ondes captées par l’antenne pour produire les battements qui , révéleront l’émission.
- Fig. 3. La ligure i reproduitun modèle de
- lampe très répandu en France; dans une ampoule vidée d’air, un filament de tungstène est tendu suivant l’axe d’une hélice dont les spires 1 emprisonnent comme une grille', une plaque de nickel roulée en cylindre enferme à la fois le filament et la grille. Quatre broches fixées au culot de l’ampoule sont reliées respectivement aux extrémités du filament, à la grille et à la plaque.
- Convenablement agencé, cet appareil permet d'entretenir des oscillations dans un circuit oscillant lorsque les circuits de grille et de plaque sont couplés par un condensateur ou par induction1.
- La lampe est représentée sur une planchette portant les bornes de connexion nécessaires pour son utilisation dans un circuit de T. S. F.
- On choisit pour faire ce socle un carreau de bois sec de 7Ô mm de côté et 2 cm d’épaisseur qu’on recouvre d’une bonne couche de vernis à la gomme laque. Un morceau d’ébonite de 10 mm d’épaisseur conviendrait mieux encore, mais son prix de revient est relativement élevé. ,
- La lampe est maintenue sur le socle par quatre douilles dans lesquelles pénètrent à frottement les quatre broches du culot.
- Un fil de cuivre de 2 mm de diamètre et 17 cm de longueur peut être utilisé pour la confection de chaque douille; autour d’une pointe ayant le diamètre des Proches (hg. a), on enroule le fil en dix ou douze ' Fl. Franck I)m’oc|iifi‘r : F, lé mont s île T. S. F. pratique, !'• ui.i (;i suivantes.
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- _______7£.
- ..20.
- Fig.
- Bobine extérieure fractionnée
- Fig. F).
- spires serrées dont l’ensemble constitue un fourreau à la fois robuste et flexible; la boudinette est prolongée jDar une queue de 25 mm terminée par un œilleton et qui servira à la relier à une borne de fixation (fig. 3).
- Pour fixer en bonne position les porte-broches sur le socle, il est prudent de les engager d’abord sur les pieds de la lampe (fig. 4) ; posant alors celle-ci sur la planchette, on oriente chaque queue de boudinette de façon que les bornes dont la vis doit passer au centre de chaque œilleton se fassent vis-à-vis, deux à deux, selon le croquis de la figure 5.
- Pour prévenir, d’autre part, toute erreur de montage, il importe de graver sur le socle en face de chaque borne une lettre
- qui rappelle 1 o- -----
- rigine de la connexion ; un G signalera la borne reliée à la grille ; un P, celle de la plaque, F — et F -(- les bornes reliées aux extrémités du filament avec l’indication des pôles de la batteriede chauffage qui doivent respectivement y être connectés.
- Un morceau de
- feutre épais placé sous le support de la lampe soustraira celle-ci aux trépidations qui affecteraient la réception de bruits parasites ffort gênants.
- Enroulements réictifs à couplage variable. — Les oscillations d’amplitude constante produites par la lampe sont entretenues par la réaction de deux enroulements inductifs bobinés en sens inverse, dispositif que représente la ligure 6. L’appareil qui ne diffère duTesla classique que par un artifice de bobinage comprend com me lui deux bobines, une bobine inductrice et une bobine induite, à accouplement variable.
- Bobine primaire. — La carcasse de la bobine primaire est une caisse sans fond obtenue par l'assemblage de deux planches, du modèle A (fig. 7), mesurant 22 cm sur 27 et de deux planches du modèle B mesurant 22 cm sur 2Ô.Ces planches ayant toutes 1 cm d’épaisseur, la carcasse présente après achèvement la forme d’un parallélépipède régulier de 27 cm de côté sur 22 cm de hauteur.
- Sur cette carcasse, on enroule à tours jointifs, et dans le sens indiqué par la flèche (fig. 8),
- 200 m. de fil de cuivre isolé au coton (deux couches) de 7 dixièmes de mm de diamètre.
- Quatre ou cinq fractionnements divisent cet enroulement en parts
- égales; pour en fixer les prises, une série de doubles œillets sont ménagés sur le côté de la carcasse et retiennent les fils de connexion. Eu A, est noué le début de l’enroulement; en 1, la boucle qui achève le premier, fractionnement et commence le second ; eu 2, la fin du
- JjûLu U _ -Z2CL_________jJ
- Fig.
- L.--22Û - - J
- - Fig. 8.
- 35
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- T. S. F. DES AMATEURS
- deuxième fractionnement; en 3, celle du troisième, et en Ü, l’extrémité du fil bobiné. Toutes ces prises, destinées à être reliées à un jeu de plots commandé par une manette, ont environ io cm de longueur.
- Après achèvement, il est nécessaire de passer sur 1 enroulement une couche de vernis à la gomme laque ou de le paraffiner.
- Bobine secondaire. — Le cadre qui doit porter l’enroulement secondaire est, comme celui de la bobine primaire, constitué par l’assemblage de quatre planchettes dont le . croquis de la figure 9 donne les dimensions.
- Ces dimensions sont établies pour que la bobine secondaire puisse être placée à l’intérieur de la bobine primaire et s’y mouvoir en pivotant sur le bord de son cadre à la façon d’une porte sur son chambranle.
- L’enroulement secondaire est fait du même fil que l’enroulement primaire; mais il est bobiné dans un sens
- opposé (fig. 10), condition absolument indispensable du fonctionnement de l’hétérodyne.
- Une longueur de xoo m. de fil est largement suffisante pour la confection de l’enroulement secondaire qui n’a pas besoin d’être fractionné.
- Sur la figure 10, la lettre a indique le début du fil bobiné et la lettre o> en marque la fin.
- Le vernissage de l’enroulement s’impose pour cette seconde bobine comme pour la première.
- Couplage des bobines. — Lorsque les bobines primaire et secondaire sont achevées, il reste aies coupler convenablement et à établir les connexions des enroulements et des fractions d’enroulement pour une utilisation commode.
- Le petit enroulement est placé dans le grand, ainsi que le montre la figure 11 et les deux cadres sont reliés par leurs bords voisins du début des enroulements, au moyen de deux charnières à vis qui permettent par le pivotement de la bobine secondaire de faire varier son accouplement.
- Sur une barrette d’ébonite ou de bois verni de 1 cm d épaisseur et mesurant 20 cm de longueur et 5 cm de largeur, on dispose ensuite les bornes et les plots auxquels doivent aboutir les connexions préparées. Le croquis de la figure 12 donne toutes indications et directions à cet effet; en se reportant aux repères inscrits en face de chaque borne ou plot, on opérera rapidement
- Bobine extérieure fr&ctionnee
- foccords de À? ho bine \
- mter/eure Oua
- Début de Uenrou/ement
- f/n de /enrou/ement
- .way
- lùq. 9.
- Barrette d’ébonite
- Bornes
- o no
- Manette et feu dep/ots
- et sans risque d’erreur. Toutes les connexions étant assurées sur la barrette, on fixe cette dernière à la planchette de la carcasse primaire à hauteur des prises de fractionnements.
- Pour éviter que les écrous de serrage qui bloquent les bornes et les plots sous la barrette ne détériorent 1 enroulement primaire en appuyant sur les spires, il est bon de surélever un peu la barrette au moyen de deux petites cales (fig. 12) que maintiendront en les traversant les vis de fixation.
- Pour relier les extrémités de l’enroulement secondaire aux bornes a et w de la barrette, il est indispensable d Utiliser du câble souple bien isolé ; des fils semi-rigides seraient promptement coupés dans le mouvement de va-et-vient de la bobine mobile.
- (A suivre). Franck Duroquier.
- r> Automobilisme
- Le gonfleur A. Y. — L’obligation de régonfler à la main des pneus d’auto est une des plus pénibles servitudes du chauffeur dont on a cherché à l'affranchir par bien des moyens; tout le monde connaît l’emploi, à cet effet, delà bouteille d’air comprimé. Mais c’est un engin que l’on ne peut employer qu’au garage. Il est cependant cruel et illogique de demander au moteur humain un effort aussi pénible que celui du regonflement des pneus, alors qu’on a à sa disposition un moteur puissant et momentanément inactif, celui même de la voiture. G est ce moteur qu’utilise très simplement le gonfleur A. Y., pour comprimer dans les pneus de l’air absolument pur.
- L’appareil qui se monte sur l’un des cylindres du moteur forme avec celui-ci une petite motopompe qui aspire l’air atmosphérique elle refoule dans le pneu.
- Dans les moteurs portant deux bouchons de soupapes par cylindre, le gonfleur se monte à demeure sur l'un de ces bouchons ; il suffit de percer et tarauder le bouchon d’échappement et de visser le raccord K (fig. 14). Le fond I se visse dans le raccord K et fait baisser le clapet L, lequel écarté de son siège établit la communication entre le gonfleur et le cylindre,
- Pour les moteurs qui n’ont pas de bouchon de soupape, il faut démonter la bougie et visser le gonfleur à sa place; dans ce cas, l’appareil ne comporte pas le clapet de fermeture L. Le moteur tournant à 5oo tours environ, en réglant convenablement l’admission des gaz, supposons l’appareil en fonctionnement.
- i° Aspiration d’air pur à Vatmosphère. —Au début de l’aspiration, la dépression produite dans le cylindre force le grand piston C à descendre et en même temps faisant céder le ressort U, soulève le clapet M qui découvre les trous e percés dans le fond I, Le percuteur S, en contact avec la soupape H maintient celle-ci légèrement soulevée et la bille b, en cédant, lais se pénétrer l’air à l’intérieur du cylindre B, par les trous de communication bf. Le piston du moteur aspire alors en descendant parles trous e et parle clapet-bille G un volume d’air pur pris à l’atmosphère et largement suffisant à sa cylindrie.
- De ce fait, la dépression atteinte à l’intérieur du cylindre est insignifiante et, comme le carburateur est étranglé à minima, il ne saurait y avoir aucune aspiration d’essence.
- 20 Compression. — Sous l’effet de la compression réalisée dans le moteur, l’air contenu à l’intérieur du raccord K et du double piston est refoulé par l’ouverture du petit clapet H, toujours en contact avec le percuteur. La compression augmentant et agissant sur sa face inférieure, fait remonter le piston CD. Le clapet H quittant le percuteur S, se referme autômatiquement, comprimant alors à une pression élevée, l’air contenu à l’intérieur du cylindre B et par le clapet F l’envoie vers le pneu à gonfler. On peut de la même façon actionner par exemple un cric pneumatique. Ce type de gonfleur donne une pression de 7 à 8 kg. Il existe un modèle pour voiturette donnant une pression de 4 kg à 4 kg5oo.
- Le gonfleur A. Y. est construit par A. Vermersch, 201, boulevard Yictor-Hugo, Lille. En vente, à Paris, chez Alexandre, 70, rue Laugier.
- Fig. i3.
- Le Gonfleur A. V.
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- -<3lpj BULLETIN ASTRONOMIQUE |0§>~
- LA VOUTE CÉLESTE EN AOUT J920 (''
- 151 440000 km. ; parallaxe
- Deux intéressants phénomènes astronomiques, observables en plein jour, se produiront pendant ce mois : la conjonction de Vénus et de Jupiter le 8 août; l’occultation de la belle étoile l’Epi de la Vierge, par la Lune, le 18. Mercure atteindra sa plus grande élongation du matin le 15 et Uranus sera en opposition avec le Soleil le 27. Enfin, pendant presque tout le mois, on pourra observer des étoiles filantes de l’essaim des Perséides, dont la Terre rencontre la partie la plus dense vers les g et 10 août.
- I. Soleil. — Pendant ce mois, le Soleil s’éloigne de plus en plus du pôle boréal. De 4- 18® a' le ic', sa déclinaison n’est plus que de -j- 8° 40' le 3i. La durée de présence du Soleil sur notre horizon diminue également; de 15h 3"' le i“r, elle est de le 3i.
- Le i3 août : Demi-diamètre : 16'48',90; parallaxe horizontale : 8",69.
- Distance à la Terre
- Le 28 août : Demi-diamètre : i5"5i'' horizontale : 8", 71.
- Distance à la Terre : 100960000 km.
- Pour l’observation physique du Soleil, nous renvoyons les observateurs aux précédents Bulletins. Nous y avons donné, en outre, quelques indications sommaires relatives à la photographie de cet astre.
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — Les observations de la lumière zodiacale et de la lueur antisolaire, à la latitude de la France, sont encore très difficiles en raison de la longueur des jours. On pourra essayer, toutefois, de rechercher la lumière zodiacale, le matin, avant l’arrivée du jour, dans les constellations du Taureau, du Bélier et du Verseau (voir le n° 2897-2398, p. 83).
- fl. Lune — Phases de la Lune pendant le mois d’août :
- a i2"ao -î i» /
- D. Q. le
- N. L. le 14, à o"44
- P. Q. le 21, à
- P. L. le 29, à 13U 3m
- Age de la Lune à midi : le Ier août, i6J,6; le 14, oj,3.
- Pour les autres jours, ajouter 1 jour par jour écoulé de-puis le i6r ou le 14.
- Les plus grandes déclinaisons atteintes en août sont : le 10 août, -j- 19°53'; le i3 août, — i9°47/- Elles correspondent à la plus grande et à la plus faible élévation de la Lune au-dessus de notre horizon pendant le mois (voir à ce sujet la figure donnée au Bulletin de juillet 1920 (n° 2412, p. 197). "
- Le tableau ci-après donne la parallaxe, le demi-diamètre et la distance à la Terre : pour quelques dates du mois, à 0 heure.
- Distance
- Dates. Parallaxe. Demi-diamètre à la Terre.
- Août 5 56'22" i5'ï»3" 389250 km
- — 12 60'34” (Max.) 16' 3a" 36i g5o —
- — i5 59' 37" 16'16" 367800 —
- — 24 54' 10" (Min.) 14' 47" 404820 —
- — 3 i 56’ 3x" 10'‘iS" 388 ooo —
- L’observation de la Lune avec une lunette est extrêmement attrayante, surtout lorsque la phase est voisine des quartiers. Le relief des montagnes lunaires apparaît avec une netteté qui surprend toujours les personnes n’ayant pas l’habitude de ces observations. Au moment de la pleine Lune, l’éclairage solaire étant dirigé dans le même sens que la droite joignant la Terre à la Lune, le relief disparaît. L’éclat de notre satellite est alors éblouissant. Pour faire des observations lunaires utiles, c’est-à-dire pour pouvoir prendre des dessins (et mieux des photographies) dont la comparaison avec les observations anciennes pourra
- 1. Les heures sont, données en temps moyen légal compté de o heures à •>.4 heures à partir de minuit. Pendant l’adoption de l’heure d’été, avancer toutes les heures de ce Bulletin de 1 heure.
- mettre des changements en évidence, il faut un instrument assez puissant (au moins un io8""n).
- On a cru, en effet, constater diverses variations dans le relief delà Lune, divers changements à sa surface. Certaines régions s’assombrissent d’une manière énigmatique, tel le fond du cratère Platon. Nous recommandons à ceux de nos lecteurs possédant de bons instruments astronomiques ces études faciles et captivantes. Nous signalerons ultérieurement divers points sur lesquels leur attention devra se porter.
- La « lumière cendrée » de la Lune est produite par l’éclairement par la Terre de la partie de la Lune ne recevant pas les rayons solaires. Ce n’est pas autre chose que le « clair de 'Perre » sur la Lune. On observe la lumière cendrée entre la N. L. et le P. Q. et entre le D. Q. et la N. L. On peut photographier facilement cette lueur, de la même manière que les éclipses de Lune. Au foyer de l’équatorial de l’Observatoire de la Société astronomique de France, nous avons réussi, avec M. Quénisset, des photographies jusqu’après le Premier Quartier (en cachant la partie brillante de la Lune lors de cette dernière phase).
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 18 août, occultation de la brillante étoile a Vierge (l’Epi), de la grandeur 1,2 par la Lune. L’immersion aura lieu à i2u55’M, l’émersion à 14h t>m.
- Ce phénomène sera visible en plein jour.
- La Lune, croissant, trois jours avant le iGr quar-tier, pourra être facilement trouvée à l'œil nu.
- On suivra l’occultation avec une petite lunette.
- L’étoile disparaîtra au bord non éclairé pour réapparaître au bord du croissant lumineux.
- Lafigure 1 permettra de suivre plus facilement cette occultation. J/angle au zénith de l’immersion est de 121°, celui de l’émersion de 8290. L’angle au zénith est compté du point de la Luné le plus près du zénith dans le sens inverse du mouvement des aiguilles d’une montre. Image droite, telle qu’on la voit à l’œil nu.J
- Si donc, on projette un fil à plomb sur la Lune, passant par son centre, le point o° sera celui où le fil coupe le bord supérieur de la Lune. Le point 900 sera celui situé à 1 Est, sur l’horizontale du centre de la Lune, le point 1800 sera à l’intersection du fil avec le bord inférieur, etc.
- Mare es, Mascaret. — Plus grandes marées du mois (neure de la pleine mer 4 Brest), Nouvelle Lune du 14 août :
- 14 août, iG!i
- 15
- 15 -
- 16 —
- 4" 3i“ 6h 53“ 5“
- 16
- *7
- 14" 1711 35" 51' 54"
- coefficient 1 “— 1
- — 1
- — 1
- ,04
- ,06
- >°7
- >°7
- im,o5
- Im,OI
- Voir aux précédents Bulletins ce que nous avons dit relativement a l’heure de l’arrivée de la marée dans les différents ports français et à la détermination de son amplitude.
- Les marées des i5 et 16 août sont celles qui ont le plus grand coefficient pour l’année 1920.
- Heure probable de l’arrivée du mascaret pour les marées ci-dessus :
- Marée. Coefficient. Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Dût 14, soir 104 ï9h 43™ 20h 20"’ 20h 29’"
- — 15, matin 106 8“ 4'" 8h 41“ 8h 5om
- — 15, soir 107 201’ 25™ ? j 11 p m ÎIh II"
- —- 16, matin 107 8" 46"’ qh 23“ qh 32"’
- — 16, soir io5 2111 8"1 2I" 45’" 2ih54’“
- On trouvera dans l’Annuaire du Bureau des Longitudes tous les éléments pour le calcul des marées.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ASTRE Date : AOUT Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen -sion droite. Déclinaison. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 5 4h 3om i ih 56"’ igh 22"’ 9h 1“ + 17° 0' 3 x' 34" 8 Cancer
- Soleil. . . i£> 4 44 * 11 55 19 5 9 3g + 14 5 31 38, 4 Cancer )>
- 23 4 58 11 53 18 46 10 16 + 10 47 31 42, 0 Lion
- 5 3 37 10 5g 18 20 8 3 —(— 16 28 10,0 X, Cancer ’ Le matin, au milieu du
- Mercure. . 15 5 7 io_39 18 XI 8 .9 -f- 18 23 7,6 5 Cancer t mois. Plus grande élon-
- 25 3 36 H n 19 24 9 16 + 16 55 5,8 Cancer gation le i5.
- " 5 5 17 12 34 xg 5i 9 39 -f- x 5 35 9>8 a Lion-
- Vénus. . . ; i5 5 47 x 2 42 19 38 10 26 -j- 11 21 10,0 p Lion Inobservable.
- 25 6 16 12 49 19 22 11 12 + « 37 10,2 er Lion
- b 12 5 0 17 32 22 i3 14 37 — 16 56 8,8 a Balance
- Mars . . . 15 12 43 17 i5 21 47 14 5g — 18 40 8,4 t Balance ' A la tombée de la nuil.
- 2 5 12 36 16 5g 21 22 15 23 — 20 18 8,0 ; Balance \
- Jupiter . . 15 5 12 12 16 19 20 10 0 + i3 9 28,8 a Lion Inobservable.
- Saturne. . 15 6 3o 13 13 19 55 10 5y + « 89 i4,4 X Lion Inobservable.
- Uranus . . 15 19 32 0 44 5 56 22 25 — ro 43 3,6 a Verseau Toute la nuil.
- Neptune. . 15 3 47 11 i3 18 3g 8 56 + 17 18 2,4 Cancer Inobservable.
- iit. pi ar.è es. — Le tableau ci-dessus, établi d’après les données de l’Annuaire astronomique Flammarion pour 1920, contient les renseignements sommaires pour la recherche des planètes en août 1920.
- Mercure atteindra sa plus grande élongation le i5 août, à i8°42'à l’ouest du Soleil. Il sera alors visible le matin et on pourra le rechercher 5 à 6 jours avant et 10 à i5 jours après son élongation maximum. Phase, en fraction du disque illuminé — 1,00 : 3 août, 0,07;
- 11 sera en quadrature orientale avec le Soleil, le 4 août, à x heure.
- Jupiter, en conjonction avec le Soleil, le 22 août, a 9 heures, et Saturne sont inobservables.
- Pour permettre de suivre d’un Bulletin au suivant, la fermeture progressive de l’anneau de Saturne, on donne ici, comme chaque mois, les éléments de l’anneau (la signification des signes a été précédemment définie) pour le 5 août :
- Grand axe extérieur.....................36",6
- Petit axe extérieur................... 3 N
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan
- de l’anneau...........................—5° 3
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de
- l’anneau.............................—3°5o'
- Uranus sera en opposition avec le Soleil le
- 27 août, à 7 heures. Il est donc observable toute la nuit. On le trouvera au moyen de la petite carte spéciale publiée au précédent Bulletin et d’un instrument moyen : une jumelle suffit. Avec une lunette un peu puissante, il présente un petit disque de couleur bleuâtre de 4" environ de
- 8-—--- diamètre.
- S Neptune arrivera en conjonction avec le
- 1 Soleil, le 4 août, à o heure, fl est donc inob- I servable.
- ! JY. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à 8\ Uranus en conj. avec la Lune, à 5° 4 A S. Le 8, à i8\ Vénus Le 12, à 2 ih, Mercure Le 13, à i5h, Neptune
- Le 14, à 17h, Jupiter Lei5,à 4\ Vénus Le i5, à 191', Saturne Le 20, à 191', Mars Le 21, à i8\ Mercure -Le 22, à2o\ Vénus Le 2a, à i\ Vénus
- Jupiter, ào°3g'N. la Lune, à 3° s3' N. la Lune, à 5° 14' N. la Luné, à 5° 55' N. la Lune, à 6° 24' N. la Lune, à 6° 23' N. la Lune, à 20 42' S. Neptune à o° 3i' N. Saturne, à o° 2.3' S. X Lion (gr. 4,7), à o° 4'N.
- Fig. 2. — Déplacement du Radiant des Perséides à travers les constellations de Cassiopée, de Persée et de la Girafe, du i5 juillet au 20 août.
- 8 août, 0,19; i3 août, o,35; 18 aoixt, o,55; 2 3 août, 0,74; 28 août, 0,8g.
- Vénus, encore trop près du Soleil et noyée dans les feux du couchant, est pratiquement inobservable pendant ce mois d’août. On pourra la rechercher, en plein jour, avec un équatorial.
- Mars pourra encore être observé le soir, aussitôt la nuit venue, mais son diamètre très réduit par l’éloignement et sa faible élévation au-dessus de l’horizon ne permettent aucune observation utile sans instrumeixt puissant.
- Le 29, à i3\ Uranus — la Lune à 5° 4i' S.
- La curieuse conjonction du 8 août pourra être observée en plein jojtr, mais pour trouver Vénus et Jupiter un équatorial sera à peu près indispensable. En tout cas, ayant trouvé Venus, il sera assez facile de reconnaître Jupiter au moyen d’un oculaire à grand champ.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (p Persée) : 2 août, a3h54mî *3 août, i" i4m; iS août, 2 211 2 2m.
- Etoiles filantes. — On pourra observerpendant ce mois un grand nombre d’étoiles filantes provenant de nombreux essaims, et notamment de l’essaim des Perseides.
- Le tableau suivant donne, d’après M; W.-F. Denniug, les dates d’activité des principaux essaims :
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Point radiant
- Dates. Asc. droite. Déclinaison. Etoile voisine.
- 7 au ii août. 29.5° - + 54° Z Cygne.
- 7 au 12 — 2 9 2° + 70° 0 Dragon.
- 8 au 9 — 5" O LO + a Cassiopée
- 9 au 11 — 44° 56° Persée.
- 9 au 14 — 9° — 190 p Baleine.
- 12 au 13 — 345° -f 5Ô° 8084 Bradley.
- 12 au 16 — 6i° -H 48° p Persée.
- 20 et 25 — 6° -h 11° y Pégase.
- 21 au 2.3 — 291° -f- 6o° 0 Dragon.
- 20 au 3i — 2820 -h 4i° a Lyre.
- 2 b au 80 — 237° -j- 65° v] Dragon.
- L’essaim des Perséides, qui présente un maximum d’activité très net du 9 au 11 août est, en réalité, actif pendant tout le mois d’août. La combinaison du mouvement de la Terre avec celui des Perséides a pour effet de modilier la place du radiant sur le ciel, comme on peut le voir sur la figure 2.
- On pourra entreprendre des observations simultanées en deux ou trois stations distantes de 20 à 5o km ou plus, en vue de déterminer les hauteurs d’apparition des météores. Essayer, en outre, d’enregistrer ces météores par la photographie. La Lune, nouvelle le 14 août, ne gênera pas les observations.
- IV. Constellations. —Au zénith (à 201'3o'n, le 10 août) : le Dragon, la Lyre.
- Au Nord : Le Cocher (Capella à l’horizon nord), le Lynx, la Girafe, Persée.
- A l’Est : Pégase, les Poissons, le Verseau.
- Au Sud : L’Aigle, Hercule, Ophiuchus, le Serpent, le Sagittaire, le Scorpion.
- A l’Ouest : La Vierge, le Bouvier, la Balance.
- Au Nord-Ouest : Le Lion.
- Les étoiles du Microscope, de la Couronne australe et du Loup passent à l’extrême horizon sud de Paris. Par un très beau ciel, leur recherche, en nous transportant en quelque sorte dans l’autre hémisphère terrestre, est particulièrement intéressante à faire.
- Eu. Touchet.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
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- Temps de pose des sujets en mouvement. — Le
- temps de pose des sujets immobiles est déterminé, soit à l’aide de tableaux, soit à l’aide de photomètres, et dépend de la sensibilité de la plaque, de l’ouverture de l’objectif, de l’intensité de l’éclairage et de l’effet à réaliser. Si l’on voulait calculer de même le temps de pose des sujets en mouvement on n’en obtiendrait presque jamais une image nette, et ce sont leurs déplacements apparents qui doivent servir de base à l’évaluation de la durée d’exposition. Le plus souvent, le cliché impressionné dans ces conditions sera sous-exposé ; mais on pourra y remédier, dans une certaine mesure, par un développement bien conduit. L’essentiel est d’obtenir une image dont les contours ne soient ni doublés ni déformés.
- Le déplacement apparent du sujet dépend non seulement de sa vitesse réelle, mais encore de sa distance et de la direction dans laquelle il se déplace. Un objet qui s’avance vers l’objectif ou qui s’en éloigne se déplace apparemment beaucoup moins vite qu’un sujet qui passe perpendiculairement à l’axe optique. L’image d’un objet éloigné étant plus petite que celle d’un objet rapproché, il est clair que le déplacement du premier est moins apparent que celui du second, à vitesses réelles égales. De là, quelques indications des vitesses qu’il convient de donner à l’obturateur, suivant la nature du sujet et les circonstances de la pose.
- Une vitesse d’obturation de 1/20 de seconde suffit pour les objets qui se déplacent très lentement et se
- trouvent placés à une distance 1 5o fois supérieure à la distance focale. C’est dans ces conditions que peuvent être photographiés les navires dans le port, les vagues lentes, le bétail au pâturage. Pour le portrait, le modèle peut être approché jusqu’à 20 fois la distance focale, il va sans dire que, si les tables de temps de pose ou les photomètres indiquent une durée d’exposition plus courte, c’est celle-ci qui devra être adoptée.
- En i/5o de seconde, on peut reproduire des scènes dont le mouvement est lent, un homme en marche à une distance i5o fois supérieure au foyer de l’obj,ectif (son image sur le verre dépoli n’a pas plus de 1 cm). O11 peut reproduire aussi des scènes plus rapides, si l’objet mobile se déplace obliquement, et, à plus forte raison, s’il s’approche ou s’éloigne de l’appareil.
- L’instantané à 1/100 de seconde permet de prendre des chevaux au galop, à la distance de zSo fois le foyer, s’ils viennent vers l’opérateur. La même vitesse d’obturation est applicable aux vagues rapides.
- En réduisant l’exposition à i/3oo de seconde, on reproduit dos scènes de rue, des chevaux galopant obliquement par rapport à l’axe optique, des cyclistes à allure modérée, et à une distance 100 fois plus grande que le foyer employé.
- Enfin, les obturateurs fonctionnant à i/5oo et à 1/1000 de seconde sont nécessaires pour aborder la photographie des chevaux de course, des automobiles et des trains en marche, des oiseaux ou des aéroplanes en plein vol.
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- BOÎTE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Pvédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Adresse relative aux appareils décrits. — L’élément au Thalofide est construit par Case Research Labo-ratory, Auborn, New-York.
- T. S. F. — M. G. Deeausmaker, à Ghlin. — i° Votre antenne sera excellente; mais nous vous recommandons l'emploi du détecteur à cristaux beaucoup plus pratique et plus sensible que le détecteur électrolytique;
- 2° Un cadre exige un dispositif de réception plus compliqué, vous trouverez réponse à cette question dans uos prochains articles sur les amplificateurs.
- M. Paul Lamhinet, à Paris. — Vous avez parfaitement compris le dispositif que nous avons décrit ; mais votre ligne d’éclairage n’a pas une longueur suffisante.
- Essayez le raccord direct des appareils avec l’un des fils du circuit, bien entendu, en utilisant le condensateur variable destiné à accorder la ligne sur la longueur d’onde à recevoir et à empêcher la mise à la terre de la canalisation. Voyez aussi nos réponses et observations à divers lecteurs sur le même sujet.
- D' Garnaud, à Combronde. — Pour actionner à distance une sonnerie électrique, intercalez simplement dans le circuit de la sonnerie un petit tube de verre de 2 ou 3 cm de longueur et 2 ou 3 mm de diamètre intérieur renfermant une pincée de limaille d’argent ou de nickel entre deux petits pistons à surface polie; en plaçant le tube sur le timbre même, l’appareil sera auto-décohérant; utilisez comme transmetteur une petite bobine de Ruhmkorfî.
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- BOITE AUX LETTRES
- Pour une distance de 5oo m., il est préférable d’utiliser un téléphone avec fils. Nous donnerons dans un prochain article les détails de construction pour la réalisation pratique d’un petit poste de téléphonie sans 01 de 3 ou 4-km de portée.
- M. J. 31. Conrad, à Paris. — i° L’emploi de votre tikker doit vous permettre, en effet, de recevoir les entretenues de FL ; mais le réglage de cet appareil est assez délicat; puisque vous possédez une lampe amplificatrice, ulilisez-la avec le montage hétérodyne qui vous donnera toute satisfaction ;
- 2° Pour le chauffage d’un fllamenl, l’emploi d’accumulateurs est indispensable; des piles sèches ne vous donneraient un débit ni assez régulier, ni assez important. Utilisez deux accumulateurs de 40 à 60 ampères-
- heure pour le circuit de chauffage de votre lampe et des piles de lampes de poche pour le circuit de plaque.
- M. L. C., à Muret. — i° Le gabion « Palvis « est exploité en France par la Société française des Défenses fluviales, 34 bis, boulevard Gambetta, à Grenoble. Nous estimons que leur emploi fera bien pour la protection de piles et culées de ponts contre les affouillements. Des Compagnies de chemins de fer l’ont utilisé dans ce genre d applications ; — 2° Nous ne connaissons pas d’ouvrages traitant spécialement des affouillements de piles et culées. Mais vous pouvez trouver des renseignements dans des articles de revues et vous pourriez vous adresser dans ce but soit au Mois scientifique et industriel, 8, rue Nouvelle, Paris, g°, soit à la Revue de VIngénieur et Index technique, 124, rue de Provence.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Joute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de io°/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. '
- Cours de mécanique élémentaire à l’usage des écoles industrielles, par Ph. Moulan, 4e édition revue et augmentée par C. Gerday, 1 vol. in-8° écu de 1290 p. et 1299 fig- Ch. Béranger, éditeur. Paris. Prix : 40 fr.
- Celte quatrième édition diffère des précédentes par d importantes modifications, particulièrement par un chapitre nouveau sur les machines-outils.
- Elle comprend : notions préliminaires, cinématique, statique, résistance aux mouvements, forces centrales, dynamique, moments d’inertie, résistance des matériaux, graphostatique, générateurs de vapeurs et turbines, moteurs à gaz, moteurs à pétrole, hydraulique, transport de l’énergie, machines-outils.
- Etudes théoriques et pratiques sur les murs de soutènement et les ponts et viaducs en maçonnerie, par .). Dubosque. 6e édition revue et augmentée. 1 vol. in-8° raisin de 38o p., 141 Cg- et i5 pl. Ch. Béranger, éditeur. Paris 1920. Prix : 48 francs.
- Voici les principales matières traitées par cet ouvrage :
- Première partie : Murs de soutènement. — épaisseur des murs de soutènement, maximum de la poussée des terres, courbe des pressions, stabilité, applications numériques.
- Deuxième partie : Ponts et viaducs en maçonnerie. — Formules empiriques pour l’épaisseur à la clef et aux reins des voûtes, dimensions des piédroits, courbes d’extrados, rayon de courbure, vérification de la stabilité des ouvrages d’après la méthode de Méry, joint de rupture, courbe des pressions, tracé des voûtes, refus des pilots, cintrement et décintrement des voûtes, raccordement des talus avec les têtes de ponts, proportions et dispositions architecturales.
- Nouveau manuel théorique et pratique du constructeur en ciiucnt armé, par N. de Tédesco, et. Y. Forestier. 2,: édition, complètement refondue, t. I, 1 vol. in-8° raisin de 3i6 p., 76 fig. Ch. Béranger, éditeur. Paris 1920. Prix net : 24 francs.
- Ce tome T, entièrement refondu, a pour objet les « Calculs de Résistance et Applications » et est l’œuvre de M. N. de Tedesco; il comprend six parties :
- i° Calcul des moments de flexion et des efforts tranchants dans les poutres droites ;
- 20 Calcul du ciment armé en conformité avec les instructions françaises;
- 3° Calcul du ciment armé en conformité avec les instructions britanniques.
- 4° Le béton fretté.
- 5° Documents officiels.
- , La 6° partie constitue un appendice où l’auteur a groupé les formules les plus usuelles d’algèbre, de trigonométrie et de géométrie.
- Cours élémentaire théorique et pratique, à l'usage des monteurs et conducteurs de moteurs à gaz, par Henri Guillou, i vol. i3X'^i de vm-3i2 p., avec 27 fig. Dunod, éditeur, Paris 1920. Prix net : i3 fr.
- Ce cours professé sous les auspices de la Chambre syndicale de l’Industrie des Moteurs à gaz, à pétrole et des gazogènes, expose les principes de la construction a3t du fonctionnement des moteurs et étudie à fond leurs divers organes. Il contient aussi d’excellents conseils sur la conduite, l’entretien et les causes de mauvaise marche des moteurs.
- Essais de machines et d'appareils électriques (en deux volumes), par Barbillion, Jolla?;d et Lavont, de l’Institut Electrotechnique de Grenoble, ic' vol. (courant continu). 1 vol. iu-18, 236 p., 164 fig. Albin-Michel, éditeur. Paris 1920. Prix : i5 francs.
- Les méthodes expérimentales décrites dans ces ouvrages sont celles qui sont appliquées à l’Institut Polytechnique de Grenoble.
- Ce livre répond à un programme essentiellement pratique, élaboré dans le but de rendre presque immédiatement utilisables dans l’industrie les techniciens auxquels il est destiné.
- Il évite avec soin les théories trop abstraites ou difficiles et se cantonne rigoureusement dans le cadre des essais industriels courants; il y guide les débutants avec précision et clarté et à ce titre rendra de grands services à la science électrotechnique.
- Phosphore, Arsenic, Antimoine, par A. Boutaric et A. Raynaud, 1 vol. illustré in-16 de ^10 p. Doin, éditeur. Paris 1920. Prix, broché : 8 francs.
- Les auteurs ont extrait de la masse énorme des données accumulées sur le phosphore, l’arsenic et l’antimoine ce qui leur a paru essentiel, tant au point de vue théorique qu’au point de vue expérimental.
- Ils ont développé tout particulièrement les considérations physico-chimiques qui, dans l’étude de ces trois éléments, jouent un rôle si important. Mais le côté purement chimique n’a pas été négligé. Pour chaque élément, ils étudient successivement : l’historique de la découverte ; l’état naturel et la préparation; les propriétés et les transformations des divers états allotropiques; les combinaisons avec l’hydrogène, les halogènes, l’oxygène, le soufre et les métaux; les dérivés organiques; l’action physiologique. L’ouvrage est précédé d’une courte introduction indiquant la place occupée par les éléments dans les diverses classifications. Il se termine par un chapitre où les caractères communs au phosphore, à l’arsenic et à l’antimoine sont rassemblés et comparés à ceux de l’azote.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2418 7 Août 1920.
- jteo
- INFORMATIONS
- Nécrologie : Auguste Righi. — M. Auguste Righi, professeur de physique à l’Université de Bologne, correspondant de l'Académie des Sciences de Paris, était né à Bologne le 27 août i85o.
- électrique et leur explication par les ions et électrons l’ont beaucoup occupé et, dans ces dernières années, il s’est attaché aux phénomènes singuliers que présente l’étincelle sous l’influence d’un champ magnétique. Pour
- Le Zeppelin L-72 atterrissant à Maubeuge.
- Voici en quels termes M. Deslandres s’est exprimé tn annonçant sa mort à l'Académie :
- « Le professeur Righi est un des premiers physiciens de notre époque; il a porté son activité sur les sujets les plus variés et son nom est mêlé à toutes les grandes questions de philosophie naturelle soulevées dans les dernières années. Sur les points qu’il a abordés, il a imposé sa marque originale et profonde.
- « Il découvre l’accroissement des résistivités subi par
- les expliquer, il admet des modalités très diverses dans l’action naturelle d’un ion positif et d’un électron négatif. Il admet que les deux corpuscules, rapprochés par leur attraction mutuelle, tournent souvent l’un autour de l’autre, comme les composantes d’une étoile double. Le système binaire ainsi formé est électriquement neutre, mais exerce et subit des actions magnétiques ; il y a là une idée profonde qui sera retenue.
- « Tout récemment, il a fait une critique très serrée
- Une nacelle du Zeppelin L-72.
- le bismuth dans un champ magnétique, ce qui conduit à un procédé de mesure du champ magnétique.
- « Il institue une remarquable série d’expériences qui révèle les points communs multiples du rayonnement hertzien et du rayonnement lumineux, et c’est dans son laboratoire, sous sa direction, que M. Marconi a fait ses premiers essais de télégraphie sans fil.
- « Les aspects si varies et si curieux de l’étincelle
- de la célèbre expérience de Michelson et Morley, qui est la base de plusieurs théories et, en particulier, de la théorie de la relativité. Il a montré que son interprétation était à certains égards fort délicate. »
- Livraison d’un zeppelin à la France. — Le zeppelin L-72, livré à la France par l’Allemagne aux termes du traité de Versailles, est arrivé à Maubeuge le u juil-
- G
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- INFORMATIONS
- let. Ce navire aérien mesure 220 m. de longueur et cube 68 5oo m3. Il possède 6 nacelles motrices et peut emporter 60 tonnes. Sa vitesse est de no km à l’heure. Il peut monter à i5oo m. Il est destiné au centre aéronautique de la marine de Toulon.
- Les grands transports d’énergie électrique. — M. Bachellery, dans une étude sur le transport de l’énergie électrique aux grandes distances que publie la Société liydr oie clinique de France, dresse la liste des principaux transports de force actuellement en service.
- Ce sont les Etats-Unis, on le sait, qui détiennent le record de la longueur : 3 lignes approchent de 400 km ; celle de la Au Sable Electric C!' (Michigan), qui mesure 394 km» sous tension de 140 000 volts ; celle de la Pacific Light and Power Cy (Los Angeles, Californie), qui mesure 388 km sous i5o 000 volts; celle de la Southern Sierra Power (Californie), qui mesure 385 km sous 140000 volts. Deux autres atteignent 338 km avec une tension de 100 à 110 000 volts. Il existe en outre d’assez nombreuses lignes dont la longueur est comprise entre 200 et 3oo kilomètres sous tension comprise entre 100 et i3oooo volts. En Europe c’est l’Espagne qui possède actuellement la ligne la plus longue : c’est celle qui conduit à Madrid l’énergie de l’usine de Molinar sur le Jucar et qui mesure 255 km. Vient ensuite la ligne italienne de San Dalmazzo à Novi; sa longueur est de 25o km. Une autre ligne espagnole de Molinar à Cartha-gène mesure 213 km. Ces trois lignes sont sous 70 000 volts. En Espagne également, les deux grandes lignes de transport qui desservent Barcelone atteignent 180 km sous tensions de 88 000 et 110 000 volts. L’Italie possède de son côté une ligne de 180 km à 88 000 volts.
- En France, deux lignes atteignent approximativement cette longueur : celle de Bozel à Lyon par Moutiers (distribution système Thury en courant continu série), et celle de Ventavon à Arles par la Brillanne à 5oooo volts. Plusieurs autres lignes françaises mesurent de i5o à 160 km de longueur, notamment celle d’Ugine à Lyon par le Val de Fier à 77000 volts. Cette tension est la plus élevée qui ait été utilisée jusqu’ici en France pour un transport en courant alternatif. Mais la ligne actuellement en construction qui amènera à Pouxeux, par De’lle, le courant provenant des usines d’Olten-Goesgen (Suisse), sur une distance totale de 156 km, est établie pour ioo 000 volts.
- La Compagnie des Chemins de fer du Midi construit une ligne de transport à 120000 volts entre la vallée d’Ossau et Bordeaux, soit une longueur de 270 km.
- La production mondiale du pétrole en 1919. — D’après le Petroleum Times la production mondiale de pétrole brut a atteint en 1919 le totîxl de 81 089708 m3 contre 75 187 749 en 1918. Cette production se répartit comme suit ;
- Etats-Unis....54-916.565 m5
- Mexique.......12.701.188 —
- Russie........ 4.984.550 —
- Indes Néerlandaises. 2.294.254 —
- Indes Anglaises. . . 1.229.098 —
- Perse......... 1.209.644 —
- Roumanie....... 923.652 —
- Galicie ................ 909.458 —
- Trinité........ 4o4-i84 —
- Pérou.......... 372.198 —
- Egypte......... 370.454 —
- Japon et Formose. . 3o8.23o —
- Ecosse......... 297.759 —
- Argentine...... 153.285 —
- Allemagne...... 184.547 —
- Vénézuela . . . . . 35.664 —
- Italie ........ 34.640 —
- Canada.......... 31.986 —
- L’épinard en arbre dans la fabrication de la pâte à papier. —- Dès les premiers temps de la crise du papier, - divers succédanés de la pâte de bois ont été proposés.
- L’avenir de l’industrie du papier paraît être plutôt dans la culture méthodique et l’exploitation industrielle des végétaux ligneux, de nombreuses plantes, vivaces ou annuelles, riches en cellulose, que dans l’abatage des arbres, dans les produits fournis par des essences forestières qui seraient spécialement cultivées pour produire la pâte à papier, mais dont l’exploitation ne serait réalisable qu’à long terme.
- Sur 1 initiative de M. R. de Noter, qui a propagé en France l’épinard en arbre du Mexique, des essais de fabrication de pâte à papier avec cette plante ont été faits à l’Ecole de Papeterie de Grenoble.
- L’Epinard en arbre contient 46,04 pour 100 de cellulose (la paille de blé n’en contient que .40,80 pour 100). Il a donc paru intéressant de traiter dans le but indiqué cette plante remarquablement riche en cellulose.
- Voici le procédé employé, tel que M. R. de Noter le décrit dans Le Jardin :
- Les tiges coupées en fragments de 4 à 5 cm ont été cuites à l’autoclave, avec une solution de soude caustique, pendant plusieurs heures; ensuite, elles ont été soumises à un pilonnage pour les défibrer, puis on les a traitées parle chlore gazeux, opérations ayant pour bul de rendre soluble la matière non cellulosique. Après un lavage, on a effectué un deuxième pilonnage et, pour achever le blanchiment, les fibres ont été traitées au permanganate de potasse, jmis à l’acide sulfureux el enfin on les a soumises à un fort lavage.
- La cellulose ainsi isolée a été raffinée grossièrement pour en obtenir la pâte à papier.
- On a observé que cette pâte, peu solide, ne pourrait être employée seule et ôn l’a mélangée, pour moitié, avec de la pâte de bois. Le papier ainsi fabriqué est de bonne qualité, d'une solidité remarquable, égale à celle des papiers fabriqués au Japon, ainsi que l’indique le rapport qui relate ces essais faits à l’Ecole de Papeterie de Grenoble.
- Avec les Liges de l’Epinard en arbre — dont la production s obtient en quatre ou cinq mois de culture — on pourrait donc réaliser 5o pour 100 d’économie sur la pâte de bois, ordinairement employée seule.
- Cette nouvelle tentative paraît mériter l’attention des agriculteurs et des industriels papetiers.
- Nouveau procédé de séchage des fruits. — L’intérêt économique que présente le séchage des fruits, surtout quand la récolte est abondante, réside dans la facilité avec laquelle on peut pratiquer cette opération, même en économie domestique.
- L’Ecole royale d’Horticulture et de Pomologie de Florence signale les excellents résultats obtenus en Italie par la nouvelle méthode mise en pratique pour préparer les pommes et les poires sèches.
- Voici en quoi consiste cette méthode :
- Les fruits sont pelés, coupés en deux, placés sur des claies que l’on introduit dans une petite pièce ou une armoire dans laquelle on fait brûler du soufre.
- . Les fruits restent exposés, pendant dix à quinze minutes, à l’action des vapeurs sulfureuses dégagées par la combustion du soufre ; ensuite, on soumet les claies pendant cinq à dix minutes à l’action de la vapeur d’eau en les disposant, par exemple, au-dessus d’une marmite d’eau bouillante, opération qui doit avoir pour résultat de donner naissance à un peu d'acide sulfurique qui se dépose à la surface des fruits, qui sont mis ensuite dans une étuve ventilée, chauffée à 80-90°, où ils séjournent pendant huit heures.
- La même méthode donne, en Italie, de très bons résultats pour le séchage d’autres fruits et des légumes.
- Arc-en-ciel sur un arbre. — Un de nos lecteurs nous signale un fait curieux observé par lui au Congo belge en 1916. « En janvier, dit-il, j’avais débroussé entièrement un grand espace de forêt sur les rives de la Lua, affluent de la rive gauche du Congo; il ne restait plus qu’un gigantesque fromager à abattre. Deux hommes établirent une plate-forme circulaire à i5 m. du sol environ où le fût de l’arbre avait encore 2 m. de diamètre. Après avoir abattu les plus grosses branches du haut, d’un seul côté, celui de la partie débroussée. ils coupèrent le tronc à coups de hache au niveau de la plate-forme et l’arbre s’écroula du côté de la forêt. Il se produisit alors ceci : juste au-dessus de l’arbre, un arc-en-ciel de forme circulaire apparut et resta environ xo bonnes minutes. Or il étaifixi h. 1/2; donc l’humidité des feuilles aurait dû être entièrement dissipée et cependant je n’ai pu expliquer ce phénomène que par la production de vapeur d’eau due à la chute de l'arbre. Mes noirs avaient trouvé autre chose, il est vrai : le gris-gris de l’arbre était parti et allait dans un autre gros arbre ; de fait, la couronne se déplaça légèrement avant de disparaître et s’éloigna de 5o m. environ ».
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- RECEPTION DES ONDES ENTRETENUES — CONSTRUCTION D'UN HÉTÉRODYNE
- i3, 2414 et 2417).
- Antenne
- Fig. 1.
- .--y»-, Terre
- — Schéma de montage d'un hétérodyne.
- Suite (Voir n°‘ 24
- Utilisation et réglage du dispositif hétérod'] ne. — Le diagramme de la figure 1 indique une des nombreuses combinaisons adoptées pour grouper et relier entre eux les divers éléments d’un circuit de réception par hétérodyne.
- Nous recommandons tout spécialement aux amateurs ce montage que nous avons simplifié le plus possible à leur intention et dont le rendement reste excellent.
- N’utilisant qu’une seule lampe, un seul condensateur variable ; n’exigeant ni potentiomètre, ni capacité shuntée
- par une résistance de plusieurs mégohms, ni détecteur; s’accommodant d’une petite batterie de 35 à 4° volts dans le circuit de plaque, ce montage assure la réception amplifiée des ondes amorties comme des ondes entretenues. Avec une antenne en Y de 8 m. de hauteur et 60 m. de longueur, il nous permet de lire FL (Paris) à 12 m. des écouteurs;
- POZ (Nauen) et UA. (Nantes), à plusieurs mètres; Lyon, travaillant sur i5 5oo mètres, avec une syntonie suffisante pour que l’onde de compensation de sa transmission sur arc soit totalement éliminée ; il nous donne avec une grande intensité les postes anglais, allemands, espagnols, italiens, russes, etc.
- La self indiquée par la lettre S sur la figure 1 est une bobine d’inductance ordinaire; celle, par exemple, dont nous avons expliqué la construction dans un chapitre précédent.
- Le condensateur variable G est à diélectrique air, il a une capacité de un millième de microfarad environ. D’une manière générale, lorsque la valeur de la capacité est trop forte par rapport à celle de la self, Vaccrochage des oscillations se fait mal dans le circuit de l'hétérodyne ; il est donc avantageux de se contenter d’un petit condensateur variable avec lequel on mettra éventuellement en parallèle, pour la réception d’ondes de grande longueur, deux condensateurs fixes auxiliaires de un millième et de deux millièmes de microfarad.
- En employant une manette à double lame de contact (fig. 2), ces condensateurs supplémentaires pourront être ajoutés séparément ou simultanément à la capacité variable dont on assurera ainsi à la fois l’indépendance et une valeur pro-ç gressive de o à 4 millièmes de ' microfarad.
- Le condensateur K a une capacité fixe de deux millièmes de microfarad ; il peut être remplacé par un condensateur variable.
- Le téléphone T a une résistance de 4 à 5ooo ohms ; mais un écouteur moins résistant, de 3oo à 2 000 ohms, ne saurait compromettre le bon fonctionnement du dispositif.
- En B est représentée la bobine primaire fractionnée, et en b la bobine secondaire du transformateur à circuits rétroactifs. .
- On n’oubliera pas que les débuts d’enroulement de ces deux bobines doivent être reliés ensemble dans la combinaison que représente la figure 1.
- Il est aussi d’une importance capitale d’effectuer les connexions des accumulateurs et de la batterie de piles en observant les indications de polarité données par le schéma.
- Les accumulateurs fournissant le courant de 4 volts nécessaire au chauffage du filament doivent avoir , une capacité suffisante pour assurer un débit régulier d’un quart d’ampère. Nous utilisons pour nos essais des éléments Tudor de 60 ampères-heure dont nous avons toute satisfaction.
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- Fig. 2. — Manette à double lame.
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- Un réducteur de potentiel peut être avantageusement intercalé dans le circuit de chauffage du filament, pour régler la température d’incandescence de ce dernier sur la valeur de la tension fournie à la plaque par la batterie de piles. En général, mais tout de même dans des limites assez restreintes, il faut réduire d’autant plus le chauffage du filament que le voltage appliqué à la plaque est plus faible.
- Le croquis de la figure 3 représente un réducteur de
- potentiel réalisé avec un fil de maillechort, de 1 mm de diamètre et 45 cm de longueur, enroulé en boudinette de 1 cm de diamètre environ dont les seize spires sont reliées de quatre en quatre à un jeu de plots.
- La batterie destinée à fournir la tension de plaque peut être réduite à dix petites piles pour lampe de poche reliées en série et donnant environ 40 volts.
- Les amateurs qui en auront la facilité pourront s’assurer un voltage plus important en prévision de l’usure inévitable quoique très lente des piles et de la chute de tension qui en résulte dans le circuit d’utilisation.
- La disposition que représente schématiquement la figure 4 permet de réduire l’encombrement d’une batterie de vingt éléments de quatre volts aux dimensions d’un coffret mesurant 19 x i5 X 10 cm. Les piles sont alignées par quatre sur cinq rangs; leur liaison en Fjg.Groupe-série est assurée par le simple rabatte- ment des piles, ment de la lame négative d'un élément sur la lame positive de l’élément suivant (fîg. 5), un grain de soudure fixe ces connexions. Un pliage à angle droit (fig. 6) de la lame négative de la pile qui termine chaque rangée assure le raccord avec la rangée suivante. Enfin, quatre ou cinq prises reliant les différentes rangées de piles à un clavier de plots, ou à une série de bornes, peuvent remplacer le réducteur de chauffage du filament en assurant un réglage compensateur du voltage de la batterie.
- On assurera une longue durée à la batterie de piles en prenant soin de paraffiner les parois du coffret contenant les d i lîérents éléments et en recouvrant également chacun de ceux ci d’une couche de paraffine.
- Pour faciliter aux débutants l’emploi de notre dispositif hétérodyne, nous indiquerons deux ou trois repères de réglage assurant avec notre antenne de 60 m. la réception d’émissions caractéristiques. Ces repères approximatifs devront évidemment être corrigés pour des collecteurs d’ondes plus grands ou plus pelits.
- Nous recevons FL (amorties — 2600 m. de longueur d’onde : bulletin météorologique et signaux horaires) en donnant à S une valeur presque nulle ; en réduisant B à son premier fractionnement, en découplant b de 20° environ et en n’utilisant qu’une minime partie de la capacité C.
- Une faible variation de la capacité, le moindre changement dans le couplage des cir-
- cuits rétroactifs modifient considérable- ia^.e e..a dme
- 11 ii»,-' de pile,
- ment la valeur de la réception.
- Nantes (entretenues — 9000 m, de longueur d’onde : signaux Aldébaran) est reçu en prenant la moitié de S, B étant sur 3, b découplé de 3o° envirou et G donnant deux tiers de sa capacité.
- L’onde de compensation de cette transmission sur arc, dont les signaux de contre-manipulation sont souvent perçus avec une intensité plus forte que les signaux de l’onde
- lame/Zes a souder
- Fis
- 5. — Connexion des éléments.
- %
- U
- Fig. G.
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- Mîvj
- jffp
- T. S. F. DES AMATEURS
- |§gg;
- wÊ.
- utile, s’élimine par la seule manœuvre du condensateur.
- La réception de Lyon (entretenues — i5ooo m. de longueur d’onde : signaux horaires et presse) est assurée en prenant S en entier, B de même, b étant découplé de i5° environ et C ajoutant le quart de sa capacité aux
- capacités de un millième et de deux millièmes de microfarad s de deux condensateurs fixes auxiliaires montés en parallèle. Un réglage favorable de la capacité et du couplage des circuits rétroactifs en accordant exactement 1 hétérodyne sur l’onde de compensation la fait disparaître; l’autre onde un peu plus grave, restant seule entendue.
- Le montage que représente la figure i peut être légèrement modifié lorsqu’on dispose d’un transformateur de Tesla. La bobine secondaire de celui-ci prend
- la place de la self S et
- :/(
- F
- P
- l’antenne et la terre sont reliées à sa bobine primaire (fig. 7). Plus sélectif que le précédent, ce dispositif est aussi d’un réglage plus délicat.
- La figure 8 montre une combinaison nouvelle utilisant encore un transformateur d’induction. Ici, les deux enroulements rétroactifs ne sont plus directement reliés par leur borne initiale et deux condensateurs réglables sont intercalés dans le circuit de l’hétérodyne ; par contre, aucune capacité ne shunte la batterie de plaque etle téléphone.
- Le pouvoir amplificateur de ce dispositif est très grand ; sur l’antenne en V de 60 m., il permet de lire FL à i5 m. des écouteurs. L’amplification ne dépend presque ' uniquement que de la valeur du couplage entre B et i; mais pour une amplification trop forte il se produit des oscillations à basse fréquence dans le circuit de réception qui font littéralement hurler les téléphones.
- fîecepfion d'ondes entretenues
- Se/P d antenne
- Réception d'ondes amorties
- 7“ Condensateur de terre
- Les condensateurs C, et C2 agissent surtout pour faire varier la note.
- L’appareil détecte également les ondes amorties et les ondes entretenues.
- La figure 9 reproduit l’agencement de la réception hétérodyne dans notre laboratoire. Deux commutateurs,
- l’un pour l’antenne, l’autre pour la terre, nous permettent de passer instantanément d’une réception selon le schéma de la figure 1 à une réception selon le schéma de la figure 7. Cette disposition nous permet, en outre, de recevoir les ondes amorties par la méthode ordinaire du détecteur et d’utiliser le même circuit pour la réception des ondes entretenues grâce aux effets incidents de l’hétérodyne voisin. Ce procédé de réception présente de grands avantages pour la sélection, mais il exige le double réglage du circuit de l’hétérodyne et du circuit oscillant du détecteur.
- Une bobine de self ajoute son inductance réglable à l’antenne ; un condensateur variable, intercalé entre les appareils et la terre, favorise l’accord avec les ondes courtes. L’appoint de la bobine de self améliore pour nous sensiblement la réception de Lyon; celui du condensateur de terre améliore celles des petits postes à ondes amorties et même la réception de FL sur étincelles musicales. Franck Duroquier.
- Construction
- Baraquement pliant démontable. — Ce baraquement (fig. 10) qu’on a pu voir à la dernière Foire de Paris est composé de travées pliantes, de portée et de longueur variables formant chacune une unité indépendante. Les côtés sont fermés par des pignons constituant un ensemble également pliant.
- Le pliage des travées se fait de façon à former une surface plate, toutes les pièces composantes étant articulées. Les versants de la toiture viennent en dedans,
- Fig. 10. — Baraquement pliant démontable.
- l’un contre l’autre, ce qui permet de poser d’avance la couverture généralement en carton bitumé, sans crainte d’avarie pendant le transport.
- Pour composer un baraquement, on réunit les travées à la suite les unes des autres, en nombre nécessaire pour obtenir la longueur voulue. L’assemblage entre les travées consécutives ainsi que celui des pignons se fait par l’intermédiaire de boulons en fer.
- Les avantages de ce système de baraquement sont : nombre restreint des pièces (pour un baraquement de 3o m. de longueur sur 6 m. de largeur : système pliant, 17 pièces dont i5 travées et 2 pignons; système ordinaire, 210 pièces dont 60 panneaux de 2 X 2, 120 pièces de ferme et 3o couvre-joints) ; facilité et rapidité de montage et de démontage (même exemple : système pliant, 2 heures avec 4 hommes; système ordinaire,
- 2 jours avec .4 hommes) ; son petit volume d’encombrement (même exemple : système pliant, sur une plate-' forme de 10 tonnes on peut transporter 2 baraquements ; système ordinaire, seulement un . demi-baraquement); enfin son extensibilité en longueur.
- Grâce à ces qualités, le déplacement de ce type de baraquement est très facile, de sorte qu’il est tout indiqué pour les entreprises de chemins de fer, de routes, ainsi que pour des hangars agricoles.
- Le montage se faisant au moyen de quelques boulons sans que l’on ait recours au clouage, sa durée est dès lors supérieure à celle des baraquements ordinaires où le clouage est presque inévitable, ce qui use rapidement les différentes pièces.
- Ce* baraquement est généralement construit en bois sec enduit d’huile à chaud avec les parois simples ou doubles selon la demande. Le bardage et le voligeage sont assemblés en feuillure afin de protéger l’intérieur des intempéries.
- Constructeur, L. Praportchetovitch, 9, boulevard Ma-lesherbes, Paris.
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- VARIÉTÉS
- COMMENT ACHETER LES FRUITS FRAIS? — LES POIRES D’ÉTÉ ET D’AUTOMNE
- lin France, les poires sont plus répandues que les pommes parce qu’elles leur sont préférées de beaucoup et, si l’on pouvait établir entre elles une distinction hiérarchique, on estimerait les premières comme fruits aristocratiques et les secondes comme fruits populaires. Les poires donnent lieu chez nous à de très importantes transactions commerciales ainsi qu’à l’étranger, en Angleterre, en Belgique et en Hollande. Etant donné le grand nombre d’excellentes variétés cultivées dans tous les centres de nos belles régions fruitières, je regrette vivement de ne pouvoir parler avec quelques détails que de dix variétés prises dans les groupes de celles qui sont classées comme poires d’été ou d’automne. Il ne faut voir, d’ailleurs, dans ce choix que la réunion des différents types plus particuliers à ces deux classements.
- Quelles variétés acheter de préférence? — I. Poires d’été. — On appelle ainsi les variétés qui mûrissent à 1 arbre du début de juillet à la dernière semaine de septembre ; il y a, cependant, quelques sortes qui, bien que mûres à la fin de septembre, sont placées parmi les variétés d’automne. Les poires d’été sont toujours accueillies avec plaisir surtout par les consommateurs ordinaires, pour qui elles constituent en quelque sorte des primeurs, car ils ne peuvent, comme les consommateurs fortunés, se payer des poires tardives conservées à grands frais presque jusqu’à cette époque. Il importe de les surveiller de près pour obvier à leur défaut capital : la tendance au blettissement. Yoici entre les bonnes dix variétés recommandées par nos deux principales Sociéfés de PomOlogie. Comme la chair de toutes ces poires est blanche, fine, fondante, juteuse et parfumée, pour éviter des répétitions, je n’en parlerai que lorsqu’elle présentera un caractère particulier.
- Doyenne de juillet. — Fruit petit, globuleux; peau jaune verdâtre,carminée. Maturité. i'°quinzaine de juillet.
- Beurré Giffard. — Fruit moyen, piriforme, turbiné; peau jaune verdâtre, piquetée de rouge terne. Maturité, ?.e quinzaine de juillet. Elle est estimée comme fruit de marché, où l’on peut la trouver facilement.
- Epargne. — Fruit moyen, piriforme allongé; peau vert clair, vermillonnée ; chair acidulée. Maturité, 2° quinzaine de juillet.
- André Desportes. — bruit moyen, turbiné, régulier; peau jaune verdâtre lavée de rose. Maturité, fin juillet, début d’août.
- Favorite de Clapp. — Fruit gros ou très gros, piriforme, ovoïde; peau jaune citron, lavée de carmin pâle, piquetée de roux. Maturité, fin août. Elle se rapproche de la Williams, et elle est spécialement recommandée aux personnes à qui déplaît la saveur musquée de cette dernière.
- Bon Chrétien Williams. — Fruit gros, piriforme ovoïde, bosselé; peau jaune paille pointillée ou lavée de carmin ; chair relevée d’un parfum musqué caractéristique. Maturité, fin août et début de septembre. Cette poire, qui est très cultivée dans toutes les régions fruitières, est également l’objet d’un grand commerce avec l’étranger; elle est très recherchée par toutes les personnes qui aiment la saveur musquée.
- Madame Treyve. — Fruit assez gros, turbiné, ovi-forme ; peau lisse, grasse, jaune verdâtre, rouge safra-née. Maturité, fin août, début de septembre.
- Triomphe de Vienne. — Fruit gros, piriforme ou calebassé ; peau jaune vif, fauve, parfois carminée. Maturité, première quinzaine de septembre; elle est assez prolongée.
- Beurré d’Àmanlis. — Fruit gros, piriforme, ventru; peau vert jaunâtre virant au jaune paille frappé de rose. Chair relevée, parfois, d’une pointe d’acidité. Maturité, courant de septembre. Poire très cultivée et recherchée : une des meilleures.
- Rousselet de Reims. — Fruit petit, turbiné, ventru; peau vert jaunâtre, lavée de rouge brun; chair légèrement musquée. Maturité, courant de septembre. Spéciale pour les usages économiques.
- En dehors de ces io variétés, voici celles qui méritent d’être achetées, si on les trouve sur le marché. Par ordre de maturité successive : Citron des Carmes, Docteur Jules Guyot, Précoce de Trévoux, Gros Rousselet, d’août, Marguerite Marillat. Monsallard, Poire de
- l’Assomption, Duchesse de Berry, Souvenir du Congrès, Bonne d’Ezée, Doyenné de Mérode, etc.
- < IL Poires d’automne. — La majorité des variétés mûrit à cette époque’ de l’aimée ou l’acquiert jusqu’en décembre, ce qui à pu faire dire à certains pomologues que la poire est un fruit d’automne. On ÿ compte à vrai dire nombre de poires exquises et même la meilleure de toutes nos variétés : Doyenné du Comice. En voici dix dont la majorité appartient aux fruits de commerce et de marché.
- Beurré Hardy. — Fruit assez gros, ovoïde tronque; peau coloration roux fauve, bronzé, lavée de rouge. Maturité, 2e quinzaine de septembre.
- Beurré super fin. — Fruit assez gros, turbiné, ovoïde; peau jaune d’or, pointillée de fauve, lavée de vermillon. Maturité, fin septembre.
- Fondante des bois. — Fr.uit très gros, ovoïde; peau verte virant au jaune vif, souvent carminée. Maturité, fin septembre début d’octobre.
- Duchesse d’Angoulême. — Fruit très gros, ovoïde tronqué, bosselé; peau jaune clair, ponctuée de fauve. Maturité en octobre-novembre, mais se conserve longtemps. Très cultivée et appréciée, se trouve sur tous les marchés.
- Louise-Bonne d’Avranches. — Fruit gros piriforme, ovoïde allongé; peau vert jaunâtre virant au jaune, lavée de rouge sombre et piquetée de points bruns; chair parfois acidulée. Maturité, fin septembre et octobre. Aussi cultivée et estimée que la précédente.
- Doyenné du Comice. — Fruit gros, turbiné, ventru; peau jaune paille, lavée de vermillon et marbrée de fauve. Chair très parfumée. Maturité, octobre-novembre. Très cultivée aujourd’hui, cette poire, qui est considérée, à juste titre, comme la meilleure de toutes, réalise les plus hauts prix dans le commerce et sur les marchés.
- Bergamotte Crassanne. — Fruit assez gros, rond et plat, pédoncule très long; peau épaisse, vert jaunâtre, parfois jaune ocreux, chair légèrement astringente, mais délicieuse. Maturité octobre-novembre. Elle se conserve très longtemps.
- Triomphe de Jodoigne. — Fruit gros ou très gros, piriforme ventru, bosselé; peau jaune pâle verdâtre, lavée de rouge. Maturité, octobre-novembre.
- Beurré Clairgean. — Fruit gros ou très gros, piriforme allongé, souvent contourné; peau jaune gris, pointillé de fauve, vermillonnée. Maturité, novembre-décembre. Cette poire peut être mise parmi les fruits d’apparat.
- Beurré Diel. — Fruit très gros, turbiné, ventru; peau jaune verdâtre passant au jaune d’or, ponctuée de fauve et lavée de carmin. Maturité, novembre-décembre. Très cultivée et appréciée, cette poire a une maturation lente et prolongée. Yoici encore quelques variétés qui, à des titres divers, rivalisent de qualités avec les précédentes :
- Beurré d’Angleterre, B. Lebrun, Comte Lelieur, Seigneur Esperon, des Urbanistes, Beurré gris, Fondante Thirriot, Beurré Dumont, B. Durondeau, B. Bachelier, Fondante du Panisel, Nouveau Poiteau, Conseiller à la Cour, Le Lectier, Soldat laboureur, Nec plus ultra Mewris, etc., etc.
- Quand et comment acheter? — Les premières et belles poires, qu’elles soient d’été ou d’automne, sont emballées dans des caissettes contenant un ou deux rangs au plus. Pour mieux parer l’emballage et, en même temps, ménager le pédoncule qui doit rester intact, on incline les fruits de manière à mettre en relief la partie la plus joliment colorée de leur épiderme ; on a soin de séparer chaque fruit par une couche d’ouate ou de frisons de papier ou de bois. Quand il y a deux rangs, les poires du second sont, en plus de ces précautions, enveloppées souvent dans du papier de soie ou dupapier joseph.
- Au moment de la pleine récolte, on recourt au panier de io kg pour les principales variétés commerciales ; Williams, Louise-Bonne, Duchesse, Beurré Diel, etc.
- Lors de l’achat des poires, la maîtresse de maison doit, si ce sont des variétés déterminées plus haut, examiner si leur volume, forme et coloris se rapprochent suffisamment de ceux qui sont décrits, si leur épiderme est indemne de meurtrissures, de trous de vers, de
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- VARIETES
- tavelure, d'attaques d’insectes. Elle soupèsera les poires pour constater si elles donnent la sensation de « plein » ou de « lourd » ; elle les pressera légèrement pour sentir si quelque point de leur volume cède facilement et son attention se portera davantage, surtout chez les poires d’été, autour du pédoncule, parce que c’est toujours là que débute le blettissement apparent. Enfin,
- elle inspectera fréquemment, dans la crainte de ce dernier, les fruits à maturité hâtive dont elle aura fait une petite provision.
- J’indiquerai les principaux usages des poires d’automne dans un prochain article sur les poires d’hiver.
- A. Truelle.
- Membre de l'Académie d’AgricnItm-a.
- J*D
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Contre les fourmis. — M. Yaraldi, de Cannes, nous signale le moyen qu’il emploie avec succès pour se débarrasser des fourmis, moyen intéressant pour sa région où l’on vient de signaler la présence de la fourmi d’Argentine [La Nature, n° 240a). Il noie les fourmillières avec de l’eau distillée des amandes amères, c’est-à-dire une solution assez forte d’acide cyanhydrique. Ce produit a l’avantage d’être très peu nuisible pour les plantes dont la plupart en contiennent un peu, et d’être une solution de gaz dans l’eau pénétrant facilement partout. Il a l’inconvénient d’être toxique pour les gens et les bêtes, mais la peut aisément éviter son ingestion accidentelle et d’ailleurs il se décompose rapidement dans le sol.
- Destruction des mauvaises herbes par le bisulfate de soude. — Durant la guerre, le bisulfate de soude était produit en abondance par les poudreries qui pouvaient le céder à l’agriculture au prix minime de 1 franc les 100 kilogrammes. Les poudreries d’Angou-lème, Bergerac, Toulouse, Saint-Chamas,. Saint-Fons, Moulin-Blanc, Yonges purent fournir de fortes quantités de ce produit chimique, ce qui permit de faire des expériences de destruction des mauvaises herbes.
- Très souvent, nous avons été consulté par des lecteurs de Im Nature et avons indiqué ici divers procédés de destruction des mauvaises herbes dans les allées de jardins, les terrains de jeux et les cultures en plein champ.
- Nous appelons donc l’attention sur les résultats satisfaisants obtenus par l’emploi du bisulfate de soude, produit d’application facile et peu coûteux.
- Les expériences ont permis de constater que les*pro-portions à employer sont les suivantes : 900 litres environ, par hectare, d’une solution de bisulfate de soude à 45 pour 100 (45 kg de bisulfate de soude dissous dans 100 litres d’eau), soit 4°5 kg de bisulfate pour une superficie d'un hectare à traiter.
- L’emploi de ce produit est beaucoup plus facile et ne nécessite pas autant de précautions que les solutions l’acide sulfurique habituellement utilisées pour détruire (es mauvaises herbes (essanvage, etc.).
- Traitement des vins blancs atteints de « graisse ».
- — La maladie de la graisse dont, parfois, les vins blancs sont atteints, est due à un ferment particulier qui se développe surtout dans les vins pauvres en tanin et en alcool, et les rend huileux, visqueux. Les ferments mannitiques transforment le glucose en dextrane et communiquent au liquide, au sein duquel s’opère cette transformation, des propriétés visqueuses. Une autre cause réside dans le développement d’un ferment produisant de la dextrane, de l’acide lactique, mais ne donnant pas de mannite.
- La viscosité caractérise la maladie de la « graisse ». Le vin est filant; lorsqu’on le verse dans un verre, il y tombe comme de l’huile, sans bruit, il est fade et empâte la bouche.
- Pour prévenir la graisse, il faudrait, lorsque les raisins sont trop mûrs, ajouter au moût 20 gr. de tanin par hectolitre. Lorsque, le vin étant fait, on constate sa tendance à devenir visqueux, on peut le guérir en ajoutant 14 à i5 gr. de tanin ou 3o gr. d’œno-tanin par hectolitre. On fait dissoudre, préalablement, le tanin dans un litige de vin.
- Souvent, il est possible de rendre au vin gras sa fluidité et son aspect normal en lui faisant subir un fouettage très énergique, qui provoque l’évaporation du gaz carbonique produit par les ferments de la graisse. Quand la maladie est très développée, il faut, après
- avoir enlevé du tonneau une dizaine de fitres, bien rouler celui-ci et soutirer ensuite pour procéder à l’addition du tanin qui, un jour après, sera suivie d’un collage à raison de 8 à 10 gr. de colle de poisson (ichtyocolle) par hectolitre. En pareil cas, la colle de poisson est le meilleur clarifiant à employer.
- Le vin doit être logé dans un endroit frais, soumis à un fort soufrage, après quoi on ajoute le tanin, on le colle et on le soumet à un fouettage énergique et prolongé. La matière visqueuse est entraînée au fond du tonneau ; le vin reprend son aspect normal et sa fluidité ; il est alors laissé au repos pendant une quinzaine de jours, après quoi on le soutire en fût bien soufré.
- Nouveau procédé de régénération des lampes à incandescence. — La régénération des lampes à incandescence vient de rentrer en faveur en Grande-Bretagne, sans doute sous l’impulsion de la hausse qui atteint tous les métaux et particulièrement le tungstène, et sous l’effet des progrès réalisés dans la régénération.
- A la suite des travaux de M. F. Har-rison et de la R.enew Electric Lamp C°, il s’est établi à Harrow Road, faubourg de Londres, une usine de régénération qu’exploite l’Aladdin Renew Electric Lamp Corporation, usine dont la production s’élève actuellement à 3o 000 ou 35 000 lampes par mois. L’Electri-cian du 26 décembre donne des indications sur le procédé de régénération employé'. Nous les résumons d’après le Génie civil.
- On fait entre les lampes un classement initial approprié et on élimine d’abord toutes celles dont la tige de verre axiale B (fig. 1 et 2) est brisée. On sait, en effet, que le centre du culot Q d’une lampe de construction courante (fig. 1) supporte une saillie en verre P, elle-même surmontée d’une tige B, sur laquelle sont formées deux collerettes autour desquelles rayonnent les supports supérieur et inférieur R et S, formant « pattes d’araignée » autour desquelles tournent les différentes boucles du filament F.
- Pour régénérer les lampes, on pratique dans l’ampoule E (fig. 2) un trou A, de 6 à 7 mm de diamètre, suffisant pour permettre le montage, 'dans la tige de verre B, d’un prolongement CD, à âme de nickel C, encastrée dans une perle de verre D, et ayant une longueur de 9 à 10 mm.
- Après nettoyage intérieur de l’ampoule E, à l’aide d’un solvant approprié, on lave à l’eau chaude et on remplit d’alcool méthylique, puis on sèche l’ampoule à la température normale.
- Des deux jeux de supports rayonnants R (fig. 2), S (fig. 1) qui soutiennent le filament étiré des lampes à régénérer, le seul qui supporte la tension du filament avant cuisson est celui en nickel S qui est voisin du culot Z, le support rayonnant supérieur R étant en fils de molybdène à peu près sans rigidité. On double donc ce dernier, pour la durée seulement du montage, par un dispositif analogue, rayonnant autour d’un tube axial qu’on enfile sur l’axe en nickel C préalablement introduit dans l’ampoule. *
- Fig. 1.
- A
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- 'Æ-’
- On ne retire d’ailleurs de la lampe, ni le support rayonnant R, ni sa collerette, et on se borne à replier prôvisoirement, le long de la tige B, les branches flexibles de molybdène qui composent le support R, avant d’enfiler sur la tige de nickel B le support rayonnant temporaire T, que représente la figure 3. Ce système est composé d’un petit tube en acier C, dont la base est enchâssée dans une rondelle de vulcanite M, et enrobée dans une masse de cire N qui sert d’armature centrale et de moyeu aux éléments de cuivre T formant les rayons du support temporaire.
- Dg- 3. Pour n’avoir pas à s’inquiéter de la jonc-
- Lion du nouveau filament avec des fils d’amenée extérieurs, on laisse subsister deux courts segments G (fig. i) à la base de l’ancien filament F. Après* quoi, on évite la difficile question de la soudure en engageant les extrémités supérieures des segments G et les extrémités inférieures du filament nouveau F entre les spires de deux petits ressorts U et Y, ce qui assure, à la base de ce filament, les deux jonctions désirées.
- Le filament nouveau étant tendu entre le support rayonnant de nickel S et le support rayonnant provisoire en cuivre T, on fait dans l’ampoule un vide momentané, pour cuire le filament (soit directement dans le
- vide, soit dans une atmosphère gazeuse substituée à ce vide dans l’ampoule). Une fois porté au rouge dans ces conditions, le filament a perdu son élasticité première. Il n’exerce plus le même effort sur ses supports, et on peut, en ramenant doucement à leur position primitive les tiges de molybdène composant l’ancien support rayonnant supérieur R, faire passer les boucles du filament F, des tiges de cuivre provisoires T sur les tiges de molybdène R.
- Lorsqu’on a ainsi dégagé tous les éléments du support provisoire T, on le retire doucement de l’ampoule, et on peut le faire servir à la régénération d’une nouvelle lampe.
- Après les opérations que nous venons d’exposer, on soumet la lampe aux traitements habituels.
- Pour retenir le nombre tc. — Citons encore un quatrain, plus clair et plus élégant que ceux déjà publiés ici, qui nous est communiqué par M. Ovise, de Villefranche, tel que le lui enseigna son professeur de mathématiques :
- Que j’aime à faire apprendre un nombre utile aux sages ! Immortel Archimède, artiste, ingénieur,
- Qui de ton jugement peut sonder la valeur Pour moi ton problème eut de féconds avantages.
- Jfcü
- BOITE AUX LETTRES
- oâf,
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les [| faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. | Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande | d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La
- machine à empaqueter les pointes est construite par M. Otto Gamper, Lint-Escher Gasse, n“ 8, Zurich.
- T. S. F. — M. Pierre Austhitzky. — i° Nous ne connaissons pas la marque dont vous nous parlez. Adressez-vous, soit à Gamage, Holborn London E. C. x ; soit à FHoltzer-Cabot Electric C° à Brooklin, Mass. U. S. A., qui vous renseigneront certainement;
- 2° Employez, contre ces bruits parasites, deux détecteurs Duroquier montés en sens inverse dans le circuit de réception.
- M. C. Monard, à Aubigny. — Le W qui précède le nombre habituellement donné en tête d’un radiotélé-gramme est l’initiale du mot anglais Word (mot), le chiffre qui suit indique de combien de mots est composée la dépêche. Ainsi, la formule W. i36-presse annonce un télégramme de presse de 136 mots.
- Le poste de la Tour Eiffel possède trois catégories d’émission :
- a) Une émission musicale S. F. R. de x5o kw utilisée pour l’envoi des signaux horaires des bulletins météo-i’ologiques et des télégrammes de presse.
- b) Une émission confiée de 70 kw servant à l’envoi, des battements rythmés pour la détermination précise de l’heure et la correction des chronomètres par la méthode dite des coïncidences.
- c) Enfin une émission entretenue de i5o kw sur arcs Poulsen, utilisée pour le service courant.
- La différence de tonalité que vous avez remarquée tient uniquement à un réglage défectueux à la transmission. Aucun poste de T. S. F. n’est à l’abri d’une panne ou d’un déréglage accidentel (claquement d’un condensateur par exemple, au cours d’une transmission).
- L’indicatif OHD est celui de la station radiotélégra-phique de Vienne (Autriche).
- M. R. B., à Tours. — i° Nous vous conseillons l’établissement d’une antenne en nappe, puisque l’espace dont vous disposez vous permet de donner à cet aérien une étendue suffisante. Faites voti'e antenne de 4 ou 5 brins parallèles espacés de 1 m. en fil de cuivre ou de fer étamé de 2 mm de diamètre.
- En disposant votre entrée de poste à l’est, vous améliorerez la réception des radiotélégrammes de FL, ainsi que ceux provenant des stations belges et allemandes;
- la distance à laquelle vous vous trouvez des côtes de l’Océan vous permettra aussi une bonne réception des postes côtiers et d’un grand nombre de postes de boi’d.
- a0 Le plan de l’antenne en pyramide que vous nous soumettez est régulier, mais les extrémités des brins ne sont pas suffisamment éloignées du sol, une distance de 4 m. au moins est indispensable;
- 3° i5 à 20 piles pour lampes de poche peuvent constituer une excellente batterie de haute tension pour un amplificateur ou pour un hétérodyne. Voyez l’article que nous consacrons à l’hétérodyne.
- M. E. Maréchal, à Grenoble. — Nous vous conseillons d’utiliser comme antenne le fil neutre de votre canalisation électrique. Voyez notre réponse à M. Jean G., à Saint-Etienne, sur le même sujet dans la boîte aux lettres du n° 2410 de La Nature.
- M. Marcant, à Béthune. —Nous vous donnerons satisfaction en consacrant un article à la construction d’amplificateurs à résistances utilisant 3, 4 ou 7 lampes amplificatrices. Les schémas de montage que nous donnerons dans cette étude vous permettront de réaliser des appareils avec un nombre quelconque de lampes amplificatrices.
- M. E. C., à Roussillon. — Vous ne pouvez pas utiliser pratiquement les mêmes accumulateurs et la même batterie de piles pour l’emploi conjugué de vos deux dispositifs.Voyez notre article sur l’amplificateur à résistances utilisant quatre lampes et qui vous permettra la réception des OA (ondes amorties) et des OE (ondes entretenues) dans des conditions beaucoup plus avantageuses que celles qui résulteraient de la combinaison que vous désiriez réaliser.
- M. Godfrin, à Paris. — i° Il n’est pas possible de vous donner exactement les mesures d’un collecteur d’ondes efficace pour recevoir à une distance donnée telle ou telle émission ; la valeur d’une antenne dépend non seulement de ses dimensions, mais encore de sa forme, de son bon isolement, de son orientation et sur tout de sa situation. Le mieux est de vous inspirer des renseignements donnés dans l’article consacré à l’antenne et paru dans le n° 23g5 de La Nature-,
- 20 Nous pensons que votre bobine de self est suffisante pour un tel accord, nous avons déjà eu l’occasion de signaler aux amateurs, dans la Boîte aux lettres, l’impossibilité de donner des repères précis pour l’utilisation de deux appareils identiques sur des antennes différentes ; *
- 3° L’influence de l’air marin n’est pas à x’edouter au point de prévoir la mise hors service de vos appareils. La légère oxydation des contacts en cuivre ne résiste pas au frottement du balai du curseur ou de la manette ;
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- BOITE AUX LETTRES
- 4° Un gril à 4 brins de 2 5 m., tendu à 8 ou io m. de haut, vous donnera satisfaction.
- M. Yves Lorry. — La transmission en téléphonie sans fil se fait sur ondes entretenues; mais le microphone utilisé à l’émission agit à la façon d’un tikker pour créer dans le train permanent d’oscillations entretenues des mouvements de fréquence sonore susceptibles d’agir, après redressement par un détecteur, sur un écouteur téléphonique. C’est pour cela que la réception des messages radiotéléphoniques est possible avec un appareil ordinaire de T. S. F.
- M. Robert Barrai, à Nîmes. — N’importe quel menuisier ou ébéniste vous confectionnera des planchettes avec rainures de i mm; d’ailleurs cette dimension peut être légèrement augmentée ou diminuée, il suffit que les plaques des armatures puissent glisser sans frottement dans les rainures. Nous vous donnerons plus tard des indications pour construire pratiquement un condensateur variable rotatif.
- M. Jacques Souliac. — Le cerf-volant décrit dans le n° 23g5 de La Nature peut enlever très aisément 3oo à 4oo m. de fil bimétal 3/io, ce qui constitue une antenne suffisante pour la réception des émissions les plus éloignées. Vous trouverez chez M. Pantenier, ii, rue de Bouvines à Lille, tout le matériel nécessaire pour des expériences avec cerf-volant. Un appareil mis à notre disposition par l’éminent .aérostier nous a permis d’utiliser une antenne de près de 6oo m. avec laquelle nous avons reçu des stations côtières américaines en utilisant un récepteur ordinaire portatif.
- M. Lucien Iluart, à Vitry. — i° Adressez une réclamation à l’autorité militaire qui a pris en dépôt vos appareils au début des hostilités, nous sommes persuadé que vous rentrerez bientôt en possession de votre bien.
- a0 Si vous êtes au voisinage d’une station utilisant une transmission entretenue sur arc, vous pouvez percevoir sans tikker le bruissement de l’arc, il s’agit alors d’un effet d’induction ordinaire;
- 3° Pour actionner un relai à cadre, il est préférable d’utiliser un détecteur électrolytique. M. Louis Ancel, g3, boulevard Pereire, a créé un dispositif de ce genre qui fonctionne parfaitement.
- M. Crosse, à Paris. — Nous vous donnerons satisfaction en répondant à toutes vos questions dans l’article que nous consacrons à la construction d’un amplificateur
- à résistances qui va paraître incessamment dans La Nature.
- M. Broche, à Grens. — i° Les articles traitant de la construction d’un hétérodyne et des amplificateurs sont en cours de publication ;
- 2° Les articles de M. Franck Duroquier paraissant sous la rubrique, La T. S. F. des amateurs, seront réunis et complétés en un volume de la collection des Recettes de la Nature, édité par Masson et Cio, 120, boulevard Saint-Germain ;
- 3° Gomme ouvrage pratique, nous vous recommandons les Eléments de T. S. F. pratique, par M. Franck Duroquier ;
- 4° Voyez l’article consacré à l’antenne dans lesn0S 2394 %et suivants de La Nature.
- i\J. K., à Geispolsheim. — i° Voyez noire article sur la prise de terre publié dans le n° 23g6 de La Nature.
- Un grillage métallique (fil de fer galvanisé) immergé dans un puits constitue une bonne prise de terre, à condition d’être relié par un ruban métallique de 3 ou 4 cm de largeur aux appareils de réception. Nous préférons à ce genre de prise une plaque de tôle galvanisée enfouie à om. 5o de profondeur en sol humide à proximité des appareils;
- 2e Votre dispositif de condensateur variable est certainement très ingénieux, mais sa manœuvre nous paraît un peu compliquée.
- M. Dieischy, à Lyon. — iü Vous pouvez donner les valeurs suivantes aux différents éléments de votre dispositif; quatre mégohms à la résistance shuntée destinée à faire fonctionner la première lampe en détecteur; un dix-millième de microfarad à son condensateur shunt (pour construire cette résistance shuntée, voyez notre article sur les amplificateurs). Votre bobine G pourra avoir 10 cm de diamètre et être constituée par 60 spires de fil de cuivre isolé à la soie de 4/1 o de diamètre; votre bobine P, avoir g cm r/2 de diamètre et être constituée par 25 spires de fil de cuivre isolé à la soie de 12/10 de nrm de diamètre. Le condensateur K ne doit pas avoir plus de un millième de microfarad de capacité, mais il sera bon de disposer d’une capacité fixe équivalente, susceptible de doubler la valeur du condensateur;
- 20 Nous n’avons pas essayé ce dispositif, nous ne pouvons donc vous renseigner sur sa valeur ni vous dire .s’il est capable de donner une bonne réception sur cadre.
- BIBLIOGRAPHIE
- OÉL
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvragés annoncés. »
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 % pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. __________
- Histoire populaire de notre calendrier, par P. Heupgens. Mons, ig20.
- Exposé clair et intéressant de l’histoire des calendriers romain, grégorien et républicain dans la région de Mons.
- Les blés du Sahara, par L. Ducellier. i broch. in-8, 56 p., j3 fig., 1 carte. Imprimerie Algérienne, Alger.
- Etude des variétés de blé des oasis sahariennes et dont certaines seraient susceptibles d’un bon rendement à condition de développer l’irrigation.
- Guide pratique d’analyses de chimie biologique pour l’urine, le sang, le suc gastrique, les matières fécales, etc., par René Clogne. i vol. in-18, fig., 165 p. Le François. Paris. Prix : 5 fr. 5o.
- • Description des procédés Nouveaux, parmi lesquels l’auteur choisit les plus précis et les plus faciles. Pour chacun, on trouve indiqué le principe de la méthode, le matériel et les réactifs nécessaires pour effectuer le dosage, la technique à suivre.
- Ce petit livre s’adresse particulièrement aux pharmaciens qui sont dans la pratique courante les auxiliaires indispensables du médecin.
- Prophylaxie des maladies transmissibles. Mesures de protection contre les maladies contagieuses, par H. Bertinsans et F. Carrieu. i vol. in-16, 254 P- Masson et Cie. Paris. Prix ; 10 francs.
- Ce livre s’adresse tout d’abord aux familles qui sont souvent fort embarrassées dans les cas de maladies contagieuses et qui y trouveront tous les renseignements précis dont elles pourront avoir besoin (durée de l’éviction des écoles, période de contagiosité, etc.). Il s’adresse également aux écoles elles-mêmes, aux mairies, aux préfectures et à tous ceux que leurs fonctions publiques ou privées obligent à prendre des mesures d’hygiène générale.
- On y trouve tous les renseignements pratiques nécessaires ; isolement des malades, précautions contre les germes et les insectes, désinfection par les moyens efficaces et leurs modes d’emploi dans les divers cas, procédés de destruction des rats, puces, punaises, poux, mouches, moustiques. Tient ensuite une liste des maladies contagieuses avec pour chacune les données indispensables sur sa propagation et les'précautions qu’elle exige pour être localisée.
- Tm cité idéale ou l'urbanisme social rationnel, par Henry Crozat. i vol. in-8, g6 p. Besson et Cio, Paris, Prix ; 4 fr. 5o.
- *el 48 t*
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2419 14 Août 1920.
- Jiao
- INFORMATIONS
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- Redécouverte de la comète Tempel 2. — La comète périodique de Tempel, découverte pour la première fois en 1873 et réobservée lors de ses passages au périhélie de 1878, 1894, 1899, i9°4 et 1 g15, a été retrouvée à 1 Observatoire de Kyoto (Japon), le 25 mai dernier, par M. Kudaro. Sa période est de 5 ans 173 et son dernier passage au périhélie remonte au 14 avril 1915. Sa position, le jour de la découverte, était : Ascension droite = 2011 55“ 7* ; Déclinaison australe = 45° 53', entre- les constellations de l’Aigle et du Verseau. L’observation de M. Kudaro indique les corrections suivantes de 1 éphéméride calculée : -f- am 2a8 en ascension droite et — i8m a5 en déclinaison. La comète est visible dans un petit télescope. Elle est la première découverte en 1920 (1920 a).
- Le record de hauteur de chute des usines hydroélectriques. — La plus grande hauteur de chute utilisée dans les usines hydroélectriques serait celle de l’usine du lac h ully en Suisse. La chute utilisée mesure i65om. Parmi les plus hautes chutes captées on citait jusqu’ici : la chute d’Orly dans les Pyrénées, avec ga3 m. ; celle de Vouvry en Suisse, avec 917 m. et celle de Capdellax en Catalogne avec 810 m. Les turbines de Fully sont alimentées par les eaux du lac ; le plus élevé est à l’altitude de 2i3g m. ; le deuxième lac est à 160 m. plus bas. L’installation électrique comporte 4 groupes de 3ooo HP chacun.
- Le plus grand aqueduc du monde. — La Construction moderne annonce qu’on poursuit activement en Italie, dans la région des Pouilles, l’achèvement d’un aqueduc gigantesque de 260 km, sur les plans de l’ingénieur Zampari. Cet aqueduc doit capter les sources du Sele et fournir à des régions jusqu’ici arides de la côte de 1 Adriatique — Foggia? Bari, Lecce — plus de 3oo millions de litres d’eau par jour.
- Répartition de la population française d’après l’altitude, la latitude et la longitude. — Le Bulletin de la Statistique générale de la France publie les données de ces répartitions établies d’après le dernier recensement du 5 mars 1911. Nous le figurons dans le graphique ci-joint.
- Altitude. — Le nombre d’habitants à chaque altitude a été établi pour 48 départements commune par commune et pour 3g autres, ceux des plaines, par département, la population totale étant comptée à l’altitude du chef-lieu. On obtient ainsi le tableau suivant :
- Moins de 5om 9 115.738 5oi à 55om 611.651
- 51 à 100 10 282.063 551 à 600 370.790
- 101 à i5o 5 071.188 601 à 65o 350.783
- i5i à 200 4 076.485 651 à 700 279.119
- 201 à 2 50 2 499.166 701 à 75o 245.733
- 25 I à 3 00 I 689.010 7 51 à 800 206.540
- 3oi à 35o I ,36o.58i 801 à 85o 191.513
- 351 à 400 I 090.531 85 là 9°° 155-756
- 401 à 45o 867.126 9°ià 95o 129.521
- 451 à 5oo 569.144 951 à 1 000 118.537
- 1.001 à 1 o5om 91.616 1.5oià 1 .55o,n 5.65g
- i.o5i à 1 .100 57.955 1.5 51 à 1 600 6.421
- I . IOI à 1 .i5o 40.711 1.601 à 1 .65o 3.392
- 1.151 à 1 200 33.558 1.65ià 1 .7OO I .203
- 1.201 à 1 250 33.021 1.701 à 1 q5o 1.409
- 1.261 à 1 .3oo 12.35'.! 1.751 à i .800 ))
- 1.3oi à 1 35o 6.3 21 1.801 à 1 85o 7 $9
- i.33i à 1 zjoo 12.606 1.85ià 1 .900 228
- 1.401 à 1 45o 3.726 Plus de 1 .900 53q
- i.45i à 1 .540 9.807 3g.602.258
- Traduit en graphique, il forme une courbe très régulière, comme on le voit dans la figure ci-jointe.
- Latitude. — La population a été répartie en tranches de i5 minutes de latitude, en rapportant la population de chaque arrondissement à la latitude de son chef-lieu. On a ainsi le tableau suivant :
- 1. Commune de Saint-Vérun, arrondissement de Briançon (Hautes-Alpes).
- 4i°3o'(1). . . 47-699 44° .... 716.674
- -45'. . . . 74-937 —- io\ . . . 608.709
- 42° .... 5 8.312 — 3o'. . . . 646.057 1.089.83o
- — I5'(B). . . 00 uo r-» v^t -45'. . . .
- — 3o\ . . . 27.3.277 450 .... 1.158.264
- -46'. • • . 173.359 — i5'. . . . 788.132
- 430 .... 920.181 — 3o'. . . . 2,015.o55
- — i5'. . . . 1.359.784 — 45'. • • • 1.278.801
- — 3o'.... 1.561.259 46° .... 1.078.978
- -45'. . . . 8o4.566 — i5\ , . . 974-652
- 46u 3o'. . . . 882.o5g 49° • • • 1.5o5.824
- -45'. . . . 864.834 — i5'. . . . 1.270.369
- 47° . • 1.139.343 3o\ . . . 632.967
- — i5'. . . . 1.371.316 -45'. . . . 804.708
- — 3o'. . . . i.232.3i8 5o° .... 586.747
- — 45'. . . . I.322.435 ,— 15' . . 760.567
- 48° .... 1.266.419 — 3o'. . . . 1.697 656
- — 15'. . . . 1.463.491 — 45' (-N. . . 159.973
- — 3o'. . . . 1.962.037
- -45'. . . . 5.002.858 3g.602.a58
- Altitudes en m. 200 400
- 1200 1400 mètres
- 50° 60°
- 4-0 3° e»
- 4-° 5° 6“ 7°
- Longitude. — On a réparti suivant la même convention la population par tranches de 3o minutes de longitude à l’est et à l’ouest du méridien de Paris. On a ainsi :
- Ouest. Est.
- ou .... . . 2.966.883 6.294.869
- — 30'. . . . . 1.785.452 3.11t.765
- i° . ... . . 1.723.991 i. 293. l3‘2
- — 3o'. . . . . i.586.o65 2.094.636
- 2° . . . . . . i.953.oo5 2.841.773
- — 3o'. . . . . 2.045.071 1.463.8o3
- 3° . . . . . . 1.294.682 1.890.289
- — 3o'. . . .. 1.348.420 1.093.927
- 4U . . . . . . 754-171 i.082.235
- — 3o'. . . . . 281.207 575.764
- 5° ... . . . 652.949
- — 3o'. . . . . 386.tio »
- 6° . . . . • • 477-676 ( 98.214
- — 3o'. . . . . 264.963 ( l) < 106.01 I
- 70 . . . . . . » ( 84.595
- 17.521.245 22.081.013
- Centre de population. — Les deux derniers tableaux ont permis de calculer les coordonnées géographiques du centre de population delà France. Comparées à celles obtenues au recensement de 1901, on a trouvé :
- 1. . Sarténc (Corse) 11". — 2. Céret (Pyrénées-Orien-
- tales), V*0ac)'. — 3. Dunkerque (Nord), fn0?,' 12". — 4. Corse.
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- INFORMATIONS
- S#
- Ign. Latitude nord : 47u5'46" Longitude ouest : o°2'43" Commune de Marmagne.
- 1901. Latitude nord : 4/° 3' Longitude ouest : o° 3' Commune de la Chapelle Saint-Ursin.
- Ces deux communes sont dans le canton de Mehun-sur-Yèvre, arrondissement de Bourges (Cher) ; la Chapelle-Sain t-Ursin est à 6 km sud-ouest de Bourges ; de 1901 à 1911 le centre de population s’est déplacé d’environ 5 km du sud au nord.
- Si l’on fait le calcul pour l’ensemble de la France d’après le recensement de 1911 et de Y Alsace-Lorraine d’après le recensement du i6' décembre 1910, on trouve :
- Latitude nord : 47° 49" • Longitude est : o° 10L
- Ce point est situé à peu près à demi-distance des chefs-lieux des communes de Soulangis et de Saint-Michel-de-Volangis, canton des Aix-d’Angillon, arrondissement de Bourges. Le centre de population des 87 départements est ainsi déplacé vers l’est-nord-est de 18 km environ quand on tient compte de l’Alsace-Lorraine.
- Le prochain recensement, qui aura vraisemblablement lieu l’année prochaine, nous dira si cette dernière donnée est bien exacte ou si la dévastation des départements du Nord et l’exode d’une partie de leur population n’a pas reporté le centre de population du pays un peu vers le sud.
- Le camphre. — M. Cayla vient de donner dans Y Agronomie Coloniale une étude très complète de cette question, capitale pour l’avenir de notre industrie du celluloïd entre autres.
- Les prix du kilogramme de camphre raffiné sont passés de 4kr. 25 en 1914 à 5 fr. i5 en 1916, 10 fr. en 1917, 25 fr. en octobre 1918, 82 fr. en mai 1919, 45 fr. en juillet, S'j fr. en octobre, 80 fr. en décembre de la même année. Même en tenant compte de la dépréciation du franc, on voit quelle augmentation formidable de prix ce produit a subie au cours de la dernière année. Elle est due au déséquilibre qui s’accentue entre la production et la consommation pour la droguerie, la pharmacie, la pyrotechnie et surtout la fabrication du celluloïd. Cette dernière industrie croît constamment, non seulement aux Etats-Unis et en Europe, mais surtout au Japon qui utilise de plus en plus le camphre dans ses usines, diminuant les quantités disponibles pour l’exportation.
- La France importait en moyenne avant la guerre 8000 kg de camphre par an. Comme le fait remarquer .VI. Cayla, « si la France ne veut pas être réduite à aller acheter au Japon son celluloïd brut — ou même manufacturé — il faut qu’elle produise du camphre, soit par synthèse industrielle, soit en exploitant les camphriers. Les procédés de production de camphre de synthèse sont nombreux, même en faisant abstraction du corps tout différent que les chimistes nomment camphre artificiel et qui ne saurait remplacer le camphre naturel dans ses applications. Mais les seuls procédés qui aient mérité d’être industrialisés prennent comme matière première l’essence de térébenthine. L’industrie du synthétique, qui a cherché à s’établir en 1907, à la faveur des hauts prix du produit naturel, n’a pu se maintenir surtout par suite de la valeur trop élevée de l’essence de térébenthine et de l’abaissement du prix du camphre naturel. Il n’en irait plus de même aujourd’hui avec le renchérissement actuel. Mais l’établissement d’usines est devenu coûteux et long. La plupart des procédés, connus en laboratoire seulement, exigent une lente mise au point industrielle, et on ne voit pas une solution prochaine à la crise, par la production du camphre de synthèse. »
- La solution semble se trouver dans l’extension de la culture du camphrier. Actuellement, le Japon est maître absolu du marché. Sa production a été en 1918 de 3 6ooooo kg à Formose et de 1 200000 dans le Vieux Japon. Il est seul à posséder les renseignements techniques sur la culture et il ne paraît guère disposé à les communiquer. Tout ée qu’on sait, c’est que le camphrier prospère également en Chine, au Tonkin, en Malaisie, à Ceylan, à l’Ile Maurice, à Madagascar, en Afrique du Sud, en Guinée, en Algérie, en Californie, etc., et plus généralement qu’il peut vivre entre les to° et 406 degrés de latitude. Il serait donc du plus grand intérêt d’entreprendre immédiatement des recherches et des expériences sur la possibilité d’acclimater cet arbre dans un grand nombre de nos colonies.
- Un succédané de Phuile de lin. — Bans le n° 2409 nous signalions, d’après une revue américaine, qu’une Compagnie industrielle du Cleveland (Ohio), venait •d’établir un succédané de l’huile de lin pouvant, affirmait-elle, parfaitement remplacer celle-ci dans tous ses emplois autres cependant que les usages médicinaux.
- Cette information, purement documentaire, doit être complétée par ce détail que depuis quelque temps nos chimistes français se préoccupent de cette même question.
- Notamment, la Société Marabella, de Mont de Marsan, a obtenu récemment un produit dont les diverses applications faites jusqu’ici semblent donner satisfaction.
- Les locomotives à charbon pulvérisé. — Nous avons déjà indiqué les avantages que présente le charbon pulvérisé pour la chauffe des locomotives : les deux principaux sont l’économie de combustible et une facilité de manutention égale à celle que donne le mazout. Dans tous les pays où la houille est rare et chère, il semble donc qu’il y ait le plus grand intérêt à mettre au point et à appliquer ce procédé. M. Savage, dans la Revue universelle des Mines, signale que les Etats-Unis ont construit en 1917 pour le Brésil 12 locomotives aménagées pour l’emploi du charbon pulvérisé; elles doivent utiliser du charbon brésilien de caractère ligniteux au lieu du charbon anglais dont le prix actuel est excessif. Ces locomotives sont les premières d’un contrat de 25o. Aux Etats-Unis, un certain nombre de machines munies de brûleurs à charbon pulvérisé sont actuellement en service, notamment sur le New-York Central qui en possède 3. En Angleterre, des expériences du même genre ont lieu sur le « Grand Central Railway ».
- Standardisation. — La Commission permanente de Standardisation soumet à l’enquête publique les projets de standardisation suivants :
- Constructions navales : bittes, chaumards à 1 rouleau; chaumards à 2 rouleaux ; chaumards à 2 rouleaux et bittard ; chaumards simples ; écubiers de pavois ; bouchons de pont, trous d’homme de water-ballast.
- Produits métallurgiques : cuivre et ses alliages ; cahier des charges pour la fourniture de l’aluminium en lingots ; aluminium et ses alliages ; cahier des charges pour la fourniture de tôles et bandes d’aluminium ; cahier des charges pour la fourniture des inducteurs d’électricité en aluminium; standardisation des tôles, bandes, profilés courants et tubes d’aluminium ; tubes d’acier, cuivre et laiton; produits tréfilés ; cahier des charges pour la fourniture des tôles et bandes, tubes, barres et profilés en alliages légers à haute résistance ; engrenages à dents courtes ; barres rondes hexagonales et carrées ; entretoises et barres creuses; fils à trolley; planches en cuivre et laiton.
- Bois : cahier des charges pour la fourniture des bois pour la fabrication des pavés; cahier des charges pour le bois de charpente ; cahier des charges pour les bois de menuiserie destinés à la fabrication des portes, fenêtres, lambris, etc.; principes, nomenclatures et méthodes d’essai des bois.
- Caoutchouc : standardisation des bandages pleins en caoutchouc.
- 18° Concours Lépine. — Poupées, Jeux, Jouets, Articles de Paris, Inventions nouvelles, Travaux d’habileté,, Industries diverses. —Le 18° Concours Lépine, organisé par l’Association des Petits Fabricants et Inventeurs français, aura lieu cette année, du 27 août au 5 octobre 1920, au Grand Palais des Champs-Elysées.
- Cette manifestation, tous les ans plus considérable, fournit aux Inventeurs et Fabricants l’occasion de faire connaître le produit de leur imagination, et d’en tirer parti. Le certificat de garantie, remis à ceux qui en font la demande, protège en. France les inventions, sans aucun frais pendant 12 mois, avant la prise facultative du brevet définitif.
- Fondé par M. Lépine, en 1901, le Concours s’adresse à toutes les branches de l'industrie. Il est ouvert aux artisans de toutes les professions : métaux, bois, cuir, papier, céramique, tissus, etc., etc., à l’exclusion des produits d’entretien et d’alimentation.
- Les adhésions sont reçues au siège social, i5i, rue du Temple à Paris.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- **..> Mécanique
- Construction d’une petite machine à percer. —
- Quand on n’a pas de moteur électrique, on est obligé pour percer des trous d’employer, soit le tour à pédales, ce qui n’est pas toujours commode, soit la perceuse à main qui manque de précision et qui est fatigante pour des trous un peu forts.
- On peut agencer, si on le veut, un support pour la perceuse à main et il est facile de concevoir, avec un peu d’ingéniosité, un dispositif simple de support, avec un levier faisant pression sur la machine pour faire avancer la mèche.
- Tl est tout aussi facile d’ailleurs de fabriquer soi-même une perceuse à main, sinon très précise, tout au moins commode et qui réalise le type de la perceuse d’établi pour l’amateur.
- Il faut pour cela vous procurer quelques roues dentées qu’il vous sera facile de trouver souvent dans des marchés à la ferraille et que vous emporterez chez vous précieusement.
- La colonne de la perceuse sera constituée par une pièce de bois de chêne, de section carrée d’environ io cm de côté et de 60 cm environ de longueur.
- On fixera sur deux faces opposées des sortes de
- v Jm
- Fig. i. — Petite machine à percer.
- glissières g en laiton, qu’on rendra aussi parallèles que possible en mesurant les écartements au pied à coulisse. Ces glissières seront en feuille de laiton mince, fixées par des vis ou des pointes dont la tête devra être noyée afin de réaliser une surface unie.
- On prépare deux pièces de bois d’environ 20 à 25 cm, avec chacune une glissière semblable en laiton. On les applique sur la colonne et on les assemble avec des brides en fer, qu’on peut faire réglables, afin d’être maître du serrage qu’on donnera.
- Cet ensemble de deux pièces glissera donc facilement sur la colonne, quand on aura graissé convenablement les glissières en laiton. La colonne est fixée à demeure sur l’établi et solidement maintenue.
- On traverse la pièce antérieure par un arbre, qui de préférence tournera dans des roulements à billes et qui comportera une grande roue dentée R, sur laquelle sera fixée une manivelle de commande M.
- Un arbre sera placé à la partie supérieure de la pièce de bois antérieure et un peu en avant de cette pièce. Cet arbre tournera de préférence dans des roulements à billes Cj et C2. Il comportera un pignon P, qui engrènera avec la roue R, un volant Y régulateur du mouvement et un pignon conique au centre.
- Ce pignon conique engrène lui-même avec un pignon conique claveté en haut de l’arbre porte-foret. L’arbre porte-foret tourne dans des paliers à billes B3 et B, et le palier B, pourra être utilement un palier de butée, pour éviter la pression sur le pignon pendant le perçage.
- L’arbre porte-foret se termine par un porte-mèche m, qui maintient la mèche américaine pour le perçage.
- Pour faire descendre la mèche, il faut faire glisser les pièces de bois sur la colonne. Pour cela, on fixe un galet G entre deux flasques montées sur la partie supérieure de la pièce bois antérieure mobile.
- Sur ce galet vient faire pression un levier L articulé sur le haut de la colonne et qui comporte un contrepoids de rappel et une poignée de manœuvre. Le rappel se fait automatiquement, car le levier peut remonter 1 axe du galet et par suite tout l’ensemble; le réglage se faisant par deux glissières articulées.
- Le levier peut d’ailleurs être actionné par une pédale, ce qui laisse les deux mains libres pour tenir les pièces à percer.
- Telle qu’elle est conçue et qu’elle a été construite, cette perceuse donne d’excellents résultats,suffisammentprécis.
- D’ailleurs son exécution demande une certaine dépense. On peut la réduire évidemment en mettant non pas des roulements à billes, mais de simples colliers, en supprimant les glissières et en se contentant de savonner les pièces bois. Tout cela est, bien entendu, au détriment du travail produit et l’on n’aura plus qu une machine qui ferraillera et qui percera tout de guingois. Dans ce cas, il est encore plus sage de s’en tenir au drill américain appelé d’une façon plus française « la chignolle du monteur ».
- L’auto-injecteur MM. — Cet appareil a pour objet d’assurer automatiquement une injection d’eau à 1 intérieur des cylindres de moteurs d’automobiles.
- C’est une vieille question que celle de l’injection de l’eau dans les moteurs à explosion. Parmi ceux qui l’ont expérimentée, l’un des plus connus est l’ingénieur hongrois Banki ; ses travaux remontent à iBgd; il se proposait d’améliorer le cycle du moteur et l’injection d'eau devait lui permettre d’augmenter la compression des gaz en évitant les allumages prématurés. A la même époque, Diesel cherchait dans une toute autre voie le moteur à haute compression et finissait par le réaliser avec le succès que l’on sait, tandis que Banki ne paraîtpas avoir pratiquement abouti, malgré des essais intéressants.
- Plus tard, vers 191 a, Hopkinson en Angleterre reprenait l’idée de l’injection de l’eau, mais dans le but de refroidir le piston et les parois intérieures de la chambre du moteur. Les essais de Hopkinson donnèrent des résultats concluants et prouvèrent que la circulation d’eau interne, si l’on peut dire, qu’il préconisait présentait de grands avantages et rendait le fonctionnement du moteur plus économique. «
- C’est de ces idées que sont partis à leur tour les constructeurs de l’injecteur MM. Ils revendiquent en outre pour leur dispositif l’avantage d’assurer le décrassage interne du moteur, et de favoriser la combustion intégrale des gaz de la cylindrée ; l’argument présenté est le suivant : au moment de l’explosion la vapeur d’eau contenue dans le mélange se trouve portée à haute température; il en résulte une dissociation en oxygène et hydrogène ; l’oxygène facilite la combustion des gaz et brûle les crasses. A vrai dire les phénomènes de combinaison et de dissociation qui se produisent dans le cylindre du moteur, où les pressions et les températures varient rapidement, doivent être fort complexes et leur mécanisme mériterait une analyse précise.
- Quoi qu’il en soit, la vapeur d’eau surchauffée développée au moment de la déflagration du mélange atténue la violence de l’explosion et absorbe une partie de l’énergie de celle-ci, portion qu elle restitue à la détente. En même temps se produit l’abaissement de température recherché pour les parois. La chaleur ainsi absorbée ne l’est pas en pure perte, comme cela se produit avec l’eau de refroidissement; elle est restituée en partie en force motrice et de là résulte l’économie d’essence en même temps qu’un fonctionnement très souple. Des chiffres d’essais donnés par les constructeurs, il résulte que l’on obtiendrait une économie d’essence de l’ordre de 19 pour 100. Par ces temps de combustible cher, c’est un résultat des plus appréciables. ,
- Voyons maintenant comment est construit l’appareil.
- Sur la coupe fig. 2, on voit qu’il comprend une chambre d’arrivée d’eau 1, sur laquelle se trouve un gicleur 2. L’orifice de giclage 3 débouche dans un diffuseur 4 convergent- divergent, dans lequel les trous 1 >: permettent l'entrée de l’air. Le diffuseur se prolonge par
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- le canal 5 qui débouche dans une seconde chambre où se trouve le clapet 9 qui ouvre et ferme la communication avec la tuyauterie d’aspiration. Le clapet 9 a une tige 8 qui est rappelée vers le haut par le ressort 7 ; la tète du clapet vient porter sur le siège 10. Par 11, l’appareil communique avec la tuyauterie d’aspiration.
- L’appareil est monté sur la tuyauterie d’aspiration après le carburateur; au départ ou pendant la marche au ralenti, la vanne d’étrangle-ment des gaz étantpresque fermée, le moteur fait un vide relatif dans la tuyauterie d’aspiration et dans la chambre 11, au-dessous du clapet 9. Celui-ci est donc appliqué sur son siège et l’auto-in jecteur ne fonctionne pas. Quand on ouvre la vanne du gaz, la dépression diminue au-dessous du clapet ; celui-ci, rappelé par sou ressort, se soulève; la communication entre la tuyauterie et l’injecteur s’établit. L’air passant par les trous 12 entraîne l’eau qui gicle de l’orifice 3 ; celle-ci se pulvérise et le mélange est conduit à la tuyauterie d’aspiration. Le débit d’eau est proportionnel à la vitesse du moteur.
- L eau vient d'un petit réservoir placé à l’endroit le plus favorable pour l’accessibilité et en contre-bas de
- î’ig. 2. — L’auto-injecteur MM (coupe).
- Fig. '3. — Montage de l’auto-injecteur MM.
- l'autre injecteur. Le tube d’arrivée est chauffé par le tuyau d’échappement et l’eau monte comme dans un thermosiphon jusqu’à la chambre 1.
- En 6, au travers du clapet 9, peut être foré un ajutage qui permet un débit additionnel au ralenti.
- La fig. 3 indique le montage de l’appareil.
- L’auto-injecteur MM. est en vente à la Société Anonyme Française des établissements de l’auto-injecteur MM, 18 et 20, rue des Chênes-Lièges, Bordeaux.
- ù§OsS. Chauffage
- Le chauffage des locomobiles avec la sciure de bois. — Pour beaucoup d’industries, la crise charbonnière, la pénurie et la grande cherté du charbon remettent à l’ordre du jour la question d’utilisation de déchets susceptibles d etre utilisés comme combustible.
- On revient aux tentatives faites jadis, notamment en vue de tirer parti de la sciure de bois et des déchets de bois abandonnés par l’industrie forestière et les diverses industries qui mettent en œuvre les produits de celle-ci.
- A l’Exposition du Feu, qui eut lieu en 1918, furent présentés des appareils à brûler la sciure pour les usages domestiques, Il y a grand intérêt* on le conçoit, à tirer parti de ce résidu dans les applications au chauffage industriel, non seulement sous forme d’agglomérés ou briquettes, mais, plus économiquement encore, sans être obligé de lui faire subir une préparation ou manipulation pour son utilisation. Il faut de même tirer parti des moindres déchets de bois qui, àvec les sciures, encombrent de nombreuses scieries.
- Dans cet ordre, d’idées, on doit rappeler que jadis, dans les exploitations forestières et diverses contrées,
- notamment dans le Sud-Ouest (massif forestier de la Garonne), on n’employait au chauffage des machines que les déchets de bois vert et la sciure verte, sans une par-
- celle de charbon. La machine trouvait, dans les déchets et la sciure verte — bien que celle-ci contienne environ 40 pour 100 d’eau — de quoi alimenter son foyer.
- Parmi les systèmes imaginés dans ce but, celui dont nous donnons ci-dessous la description (système Kraft) est un de ceux permettant de résoudre le problème. On voit (fig. 4 et 5) ce système appliqué à une locomobile à foyer amovible et retour de flamme.
- Une buse B, conduit sous le générateur, privé de son foyer ordinaire, les gaz en combustion qui, après leur arrivée au fond, sont amenés sur le devant, parles tubes, à la boîte à fumée et à la cheminée où a lieu le tirage par l’échappement de la vapeur, à sa sortie du cylindre.
- On introduit la sciure à brûler dans la trémie T. Une première grille G, en briques réfractaires, légèrement voûtée, retient les débris de bois et divise la sciure qui, à mesure qu’elle se sèche, tombe sur une grille inférieure g, à barreaux en fonte très rapprochés. A la hauteur de cette grille est établie une porte R, par laquelle on surveille le chauffage, et on étale uniformément la couche de sciure. Au-dessous est un cendrier mobile en tôle C, muni d’une porte latérale P, pour régler l’arrivée de l’air. A son ouverture supérieure, la trémie est munie d’un couvercle à charnière que l’on manœuvre à l’aide d’une chaîne et d’une poulie. Les débris de bois brûlent sur la grille supérieure, mais, le couvercle étant abaissé, les gaz sont appelés parle tirage de la cheminée, se mélangeant à ceux provenant de la sciure. Toutes les parois sont en briques réfractaires maintenues par une enveloppe en tôle et des cornières.
- Dans les exploitations d’une certaine importance , où l’on amène les bois à travailler, ce sys tème d’appareil est fixe et établi en contre-bas du sol.
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- Fig. 5. — Coupe horizontale du même appareil, suivant la ligne AD de la figure 4.
- Pour le déplacement sur les chantiers forestiers ou industriels, il est monté sur chariot à quatre roues qu’un cheval amène sur les chantiers aussi facilement que la locomobile et l’appareil de sciage. Dans les circonstances actuelles, la mise en œuvre d’un système de ce genre, pour l’emploi direct de la sciure de bois comme combustible, paraît de nature à retenir l’attention, ne serait-ce que dans certaines situations et comme palliatif d’ordre secondaire. Henri Blin.
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- VARIETES
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- Fabrication domestique de la bière. — Dans une simple fabrication domestique, ne pouvant comporter une installation spéciale, comme en brasserie, il faut néanmoins suivre la marche ordinaire de la fabrication et pour cela en bien connaître et appliquer avec soin les principes essentiels.
- Si Ion ne peutj comme dans l'industrie brassicole, disposer de l’outillage et des vaisseaux de grande capacité que celle-ci emploie — ce qui n’est pas indispensable puisque l’on n’a pas à opérer sur de grandes quantités à la fois, — on peut avec deux cuves à double fond et à couvercle, et un bac refroidissoir, mener à bien une fabrication. L’essentiel est de bien laver chaque vaisseau après un transvasement. Le seul inconvénient inévitable, ce sont les manipulations répétées, qu’on supprime en brasserie par un agencement spécial et méthodique.
- Nous prenons un exemple de fabrication de xo hectolitres, mais, évidemment, les chiffres peuvent être réduits par un simple calcul, de moitié, des trois quarts, et même au dixième.
- Voici les diverses phases de la fabrication :
- Brassage. — Cette opération se fait dans une cuve à double fond mobile percé de trous et munie, entre les deux fonds, de deux robinets, l’un pour l’alimentation d eau bouillante, l’autre pour la vidange. Ce dernier seul peut suffire, en l'encapuchonnant, à l’intérieur de la cuve, avec une toile métallique.
- Dans cette cuve, on verse du malt concassé, à raison de 5 hect. 5o pour obtenir io hectol. de bière après coction et refroidissement. Ce malt étant bien étalé en couche régulière sur le fond de la cuve, on verse dessus 45o litres d’eau chauffée à 65° en été, 70-75° en hiver, puis on brasse énergiquement le tout. Au bout de 3o à 45 minutes, le malt est suffisamment trempé; on y ajoute encore 35o litres d’eau portée à 90-92°, de manière que le. mélange avec la première ramène la masse à la température moyenne de 70°. On brasse de nouveau pour avoir un liquide bien homogène, on saupoudre la surface de malt fin, pour concentrer la chaleur, et on place sur la cuve un couvercle fermant bien.
- Après une heure et demie à deux heures de repos, on soutire dans la seconde cuve, également munie d’un robinet de vidange. De ce premier brassin, on retire 55o à 5 litres de moût, le surplus sera retenu par le malt, sur lequel on verse de nouveau 45o litres d’eau à 90° environ, toujours pour avoir 70-75°, au plus, dans la cuve. Nouveau brassage, couvrir encore la cuve, soutirer après une heure ou deux de repos. Cette deuxième trempe ou ce deuxième brassin fournit de 415 à 425 litres qu’on mélangera au premier brassin.
- Le malt n’étant pas complètement épuisé, on y mélange encore 35o litres d’eau, et si l’on veut avoir une bière très forte, on réserve le produit du soutirage pour préparer une petite bière; néanmoins en le mélangeant aux deux premiers brassins, la qualité de la bière est encore bien suffisante.
- Les i3oo litres de liquide obtenus des trois brassins contiendront 175 à 180 kg de matière sucrée ou muci-lagineuse.
- Cuisson. — Le moût est mis à cuire dans une chaudière en cuivre, on y fait infuser le houblon, puis on laisse réduire suffisamment. L’ébullition concentre le moût, 1 amidon non transformé encore se change en sucre, les matières albumineuses se coagulent, le tannin du houblon les précipite et la bière commence à se clarifier. Pour aider à la clarification, on ajoute quelques pieds de veau ou de bœuf, qui produiront de la gélatine.
- Il faut. 45o à 5oo gr. de houblon par hectolitre de malt, soit 2 kg 475 à 2 kg 750 pour 10 hectol. de bière
- préparée avec 5 hect. 5o de malt. Le houblon doit être jete en masse dans la chaudière.
- L ébullition dure de 2 à 4 heures au plus. Dès qu’elle commence, on laisse le houblon surnager jusqu’à ce que la vapeur lait bien pénétré, bien ouvert, puis on le fait plonger dans le liquide. Les huiles essentielles du houblon étant plus ou moins volatiles, il y a intérêt à obtenir une décoction suffisante dans le laps de temps le plus court possible.
- Après coction, la chaudière est vidée dans un bac à repos, le moût est passé à travers un tamis de crin, et après 2 heures de repos, le liquide est décanté clair dans le bac refroidissoir, ou sa température, qui est encore de 70° à 8o°, doit être abaissée à i5° ou 20°.
- On arrive à ce résultat en combinant les opérations trempage cuisson de façon que la mise au
- refroidissoir puisse se faire vers la fin de la journée; on établit alors des courants d’air dans la pièce où on opéré,, et 1 abaissement de la température du liquide se produit d autant plus rapidement que l’air de la nuit est plus sec.
- Fermentation. La bière, en refroidissant, forme encore un dépôt. On décante à la température de 20° à 25 , dans une cuve, qu on remplit seulement aux deux tiers.
- La mise en fermentation se fait à ï5° en été, 2o°-2i° en .hiver, en délayant d avance la levure dans une quantité suffisante de moût qu’on laisse en lieu chaud jusqu à ce que la fermentation commence ; cette levure est versee alors dans la cuve, on mélange et on remue vigoureusement, puis, afin d éviter tout refroidissement et 1 accès de 1 air extérieur, cette cuve est fermée par un couvercle garni d’une toile, ou mieux de nattes en paille.
- Il fuut 2 à 3 litres et demi de levure pour xo hectol. de moût, moins en été, plus en hiver.
- . Lorsque la fermentation est trop lente, on l’active en ajoutant un peu de levure ou en chauffant la pièce. Si elle est trop active, on tend aux fenêtres des toiles mouillées ; pour la bonne conservation de la bière, une fermentation lente et bien régulière est préférable.
- Entonnage et collage..— La bière doit être mise en tonneaux de .100 à 200 litres, tenus constamment pleins, afin de faciliter 1 évacuation de la levure qui, si elle restait dans le fût, gâterait la bière.
- La fermentation s’achève en tonneaux.
- Le collage de la .bière se fait à la colle de poisson, à la dose de 4 ù 8 décilitres par hectolitre à coller.
- La colle battue au marteau pour en hriser les fibres est.mise à gonfler pendant 12 à 24 heures dans l’eau froide renouvelée plusieurs fois. Quand elle a absorbé toute 1 eaü .qu elle peut prendre, on la malaxe avec dix fois son poids de bière ancienne, on l’étend d’eau ou de bière en quantité suffisante pour obtenir un liquide sirupeux à employer à la dose indiquée ci-dessus. A cet effet, on bat la dissolution de colle dans 1 litre de bière, on verse le mélange dans le tonneau et on agite vigoureusement avec un bâton fendu.
- Le tonneau doit rester débondé jusqu’à ce que toute la levure soit sortie par la bonde, après quoi on scelle et la bière peut être mise en consommation au bout de quelques jours de repos.
- En terminant, il nous paraît utile de rappeler que le procédé nouveau de fabrication de la bière sans malt (procédé Boulard) permet de suppléer au manque de malt en remplaçant l’action saccharifiante de la diastase du malt par celle d un champignon du genre mucor qui secrete lorsqu’il est complètement développé une diastase, laquelle transforme l’amidon en sucres fermen-tescibles- Henri Blin.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Varicelle et zona. — M. le professeur Netter vient de signaler à l’Académie de Médecine (séance du 29 juin) une curieuse relation d’origine entre la varicelle et certains zonas, qui avait échappé jusqu’à présent à tous les médecins français, malgré la fréquence de la première
- maladie et les études nombreuses consacrées à la seconde.
- Le fait, déjà signalé par Le Feuvre, de Buluwayo, en 1892, et Bokay, de Budapest, en 1909, n’avait pas attiré 1 attention.
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- HYGIENE ET SANTE
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- Or, dans son service de l’hôpital Trousseau, le D1 Netter fut témoin des faits suivants, qu’il relate ainsi :
- « I. — Dans notre pavillon de la coqueluche où depuis plus de 8 mois il n’y avait pas eu de cas de varicelle, une des salles est affectée aux enfants atteints de coqueluche non compliquée. Dans cette salle était admise; le 17 septembre 1919, l’enfant Rolande A..., chez laquelle on constatait le jour même le début d’une éruption de varicelle. Ce cas fut le point de départ d’une série d’autres se succédant comme suit :
- Les 3 et 8 octobre, soit 16 et ai jours plus tard, la varicelle apparaît chez les enfants Marcel B... et Lucien P..., hospitalisés depuis le 16 septembre et le 17 août (soit 17 et 5a jours).
- Le 22 octobre, nouveau cas chez l’enfant Andrée J..., qui était dans cette salle depuis le a3 septembre, soit 3o jours.
- Dans ce foyer avéré de varicelle on introduit, le 6 novembre, une enfant, Yvonne M..., qui, depuis le 7 octobre, soit 3o jours, avait séjourné dans l’autre salle du même pavillon affecté aux coqueluches compliquées', salle qui avait été et est toujours restée indemne de varicelle. Treize jours après ce déplacement, nous avons constaté chez Yvonne le développement d’un zona intercostal très marqué.
- Les 3 et 7 décembre enfin, deux enfants entrés dans cette même salle des coqueluches non compliquées les 8 novembre et 3o octobre, soit depuis 28 et 3g jours, ont à leur tour la varicelle.
- IL — Une succession de faits du même ordre se présentait six mois plus tard dans une autre partie de notre service, la salle des filles où depuis plus d’un an il n’était entré ni survenu aucun cas de varicelle.
- Chez l’enfant Simone G..., admise le 27 mars pour une encéphalite léthargique des plus graves, nous constations, le 6 avril, un zona fessier bilatéral. Simone venait d’un pensionnat de la banlieue, dans lequel la varicelle introduite par les externes avait atteint une
- quinzaine de pensionnaires du 1" au 20 mars. Simone, qui n’avait jamais eu autrefois la varicelle, avait été respectée jusqu’au moment de son départ de la pension.
- Le zona de Simone fut suivi le 21 avril de l’apparition d’une première varicelle assez discrète, chez Irène P..., hospitalisée depuis le 2 février, soit depuis 79 jours, pour encéphalite léthargique. Le 5 mai, une autre fillette Charlotte R..., hospitalisée depuis le i3 mars pour une péritonite tuberculeuse, présentait à son tour une varicelle assez confluente. »
- Ainsi, i3 à 14 jours après une varicelle, on peut observer un zona chez un enfant en contact avec le premier malade, et inversement i3 à 17 jours après un cas de zona, on constate dans la même salle d’hôpital des cas de varicelle. On ne trouve pas d’autre origine plausible aux cas observés que le contage entre varicelle et zona ou inversement. La durée d’incubation est toujours celle habituelle à la varicelle. Il faut donc admettre que zona et varicelle ont pour origine le même virus qui agit soit sur tout le corps, soit dans une zone localisée sous la dépendance et par l’intermédiaire d’un ganglion nerveux intervertébral.
- Ces faits tout nouveaux pour l’épidémiologie ont un double intérêt.
- Comme le dit le Dr Netter, « au point de vue pratique, il n’est pas indifférent de savoir qu’un cas de zona peut provoquer une éclosion de varicelle dans une salle d’hôpital ou dans une famille. Alors même qu’il serait trop tard pour prévenir cette propagation, on nous saura gré d’en avoir signalé la possibilité et de fixer à l’avance la date probable de cette apparition.
- L’intérêt scientifique est à notre avis bien supérieur.
- Nous voyons en effet que dans les affections les plus communes et, semble-t-il, des mieux étudiées, il reste toujours encore matière à découvertes et que celles-ci peuvent être réalisées aussi bien par l’observation clinique que par la bactériologie ou la pathologie expéri-I mentales. » R. M.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Silhouettes photographiques. — Les portraits découpés en quelques coups de ciseaux dans une feuille de papier eurent jadis un certain succès, amplement justifié par la ressemblance étonnante que peut atteindre un profil silhouetté, lorsqu’il est exécuté par un artiste doué de quelque talent. La photographie permet d’obtenir très facilement des résultats analogues, et le procédé suivant sera pour l’amateur une agréable distraction.
- On dispose devant une fenêtre une étoffe blanche bien tendue, et, si la pièce comporte d’autres ouvertures, on les ferme, afin qu’il n’entre point d’autre lumière que celle que transmet le rideau blanc. Le modèle à reproduire pose devant ce fond translucide, et, comme il est placé à contre-jour, son profil se détache en noir sur fond blanc. On met soigneusement au point, et l’on abrège la pose, de manière à limiter l’impression au fond blanc. L’effet de sous-exposition est complété par addition de bromure dans le révélateur. On a ainsi un cliché très heurté et dont on accentue encore, s’il est nécessaire, la dureté, d’abord en effaçant dans le réducteur de Farmer (hyposulfile de soude et ferricyanure de potassium) les légères demi-teintes qui auraient pu se montrer dans le profil, puis en renforçant le fond au bichlorure de mercure et à 1 iodure de potassium.
- L’épreuve sera imprimée vigoureusement, de préférence sur un papier mat à ton noir.
- On peut parfaitement opérer la nuit, en éclairant par derrière le fond blanc, au moyen d’une poudre photogène. Il va sans dire que le modèle pose entre le rideau translucide et l’appareil photographique.
- Le voile dichroïqueetle renforcement. — M. II.-W.
- Bennett a constaté que le voile dichroïque peut être enlevé par simple renforcement au bichlorure de mercure, suivi de noircissement dans le sulfite de soude. A ce propos, il a fait cette curieuse remarque, que le renforcement ainsi pratiqué avec une solution de bi-
- rhlorure de mercure ne donne qu une intensification tout à fait négligeable, et que seule une modification de tonalité peut procurer un certain avantage en retardant légèrement l'impression des parties les plus intenses. Au contraire, le renforcement s’opère d’uuc manière véritablement appréciable si l'on remplace le bichlorure par le bromure mercurique, ou, ce qui revient au même, si l’on ajoulc du bromure de potassium à la solution de bichlorure de mercure.
- Plaques panchromatiques à employer sans écran.
- — On peut sensibiliser des plaques pour presque loulc l’étendue du sjaectre, assez complètement pour rendre inutile l’interposition d’un écran correcteur, en les trem-
- pant dans le bain suivant :
- Eau distillée............• . . 600 c. c.
- Jaune JRapid filter yellow ... 5 —
- Erythrosine .................. o gr. 1
- Alcool.........................3oo c. c.
- Solution de pinacyanol à 1 p; 0/0. 5 —
- Les plaques, qu’il est préférable de choisir de rapidité moyenne, sont laissées dans ce bain pendant 3 ou 4 minutes, puis séchées dans l’obscurité absolue. Il est bon de les utiliser au plus tôt, leur conservation étant limitée à quelques jours.
- Sensibilité des diverses plaques.— Aucun fabricant de plaques photographiques ne peut garantir une régularité absolue dans la sensibilité de telle ou telle marque. La sensibilité de la plaque Lumière étiquette bleue est de 21 à 220 Warnecke. Le temps de pose de cette plaque étant représenté par x, celui des autres plaques des mêmes fabricants sera représenté par les chiffres suivants : orthochromatiques A et B, panchi’omatique C, anti-halo et simplex, 1 ; étiquette jaune, 6; étiquette rouge, i5 ; étiquette verte 1/2; portrait A, 2/3; marque Sigma, i/3 ; étiquette violette, 1/6 ; plaques autochromes, environ 60.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les buts d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. - e répond egalement^ dans la mesure du possible^ aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande t abonnement. En raison de l’abondance de là correspondance et ( es recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Communications. — Les orages dérèglent-ils les montres —1 M. le Dr Le Bihan nous écrit : J’ai une excellente montre-réveil que je remonte chaque soir. Samedi dernier, le soir de l’orage, je remontai ma montre comme à l’ordinaire et la mis à sa place habituelle ; peu après elle s’arrêtait. A deux ou trois reprises dans la nuit je la remis en marche; elle allait quelques minutes et s’arrêtait. Une dernière fois à la (in de 1 orage, je recommençai ; elle consentit à marcher, mais posée dans une seule position. Le matin prudemment, croyant à quelque avarie, j’étudiai toutes les positions possibles pour voir comment elle marchait, comment elle s arrêtait et avoir un renseignement sur les bizarreries de son fonctionnement, je ne constatai plus rien, elle marchait dans toutes les positions comme auparavant, et depuis elle continue.
- Est,-ce l’orage?
- A propos des wagons à hélices. — Dans l’article sur la voiture Helica, M. Weiss a signalé l’emploi fait par les Allemands de wagons à hélices mues par des moteurs d aviation. M. Allary, de Brest, nous signale que dès 1918, dans le n° de février de la Revue Eurêka, il a préconisé ce même mode de propulsion, qui aurait pour le moins 1 avantage d utiliser les stocks de moteurs d avions que la démobilisation laisse sans emploi.
- Le Rayon vert. — M. Homo, pharmacien à Honfleur, nous écrit :
- « Le 18 juillet dernier, vers 9 heures moins quelques minutes du soir, j'étais au bout'de la jetée de l’Est à Honfleur et je regardais à.l’aide d’une jumelle d’artillerie à prismes le coucher du soleil. D’abord, visible à une certaine hauteur, 1 astre, sous forme d’une sphère d’un rouge sanglant, descendait très rapidement vers l’horizon. An moment où il touchait le bord du quai du Havre, derrière lequel il allait disparaître, sa couleur palissant de seconde en seconde était devenue jaune orangé et il me sembla percevoir au-dessus du disque une lueur diffuse verdâtr.e. Malgré l’excellente qualité de la jumelle dont je me servais, j’eus un moment de doute et je regardai le phénomène à l’œil nu. Ayant constaté la même lueur verdâtre, je repris alors la jumelle et je vis très distinctement, tangent au disque du soleil qui affleurait alors le quai, un arc de cercle d’environ 6o° à bords parallèles (et non en forme de croissant) d une épaisseur très notable et d’un vert émeraude d un éclat et dune pureté merveilleuse. J’estime au moins à une seconde bien comptée la durée de cette dernière vision, puis brusquement la mince bande jaune du soleil couchant disparut derrière la jetée havraise et avec elle s’évanouit instantanément l’arc de cercle d’un si beau vert.
- J ajouterai que la température était plutôt fraîche et que 1 air était très pur. Je ne parle pas de l’état de la mer, puisque ce n est pas dans les flots que le soleil est disparu, mais bien derrière la jetée en maçonnerie du Havre. La pleine mer était d’ailleurs à minuit au Havre le 18 juillet.
- Ce qui m incite à vous faire cette communication, c’est que le phénomène que j ai vu n’a rien présenté de cette instantanéité que 1 on accorde généralement au rayon vert. La durée en a été relativement longue, peut-être 4 ou 5 secondes, seule la disparition en a été instantanée. »
- Réponses. — Société alsacienne, à Bitschwiller. —- La fabrication des briques ou de blocs en terre peut s’opé-rer au moyen des presses-mouleuses utilisées pour les briques ou plotets en mortier de ciment, scories et autres agglomérés.
- adresses de constructeurs de presses : Société « le Matériel pour céramique et agglomérés », 38, avenue de Châtillon, à Paris; — Jay et Jaillifler, ingénieurs-constructeurs, à Grenoble (Isère) ; — Veuve Zcndervan, 21, rue Albouy, à Paris; — L. Pellerin, 84, rue d Hauteville, à Paris; — L. Eluère (machine Allur), 18, boulevard Victor-Hugo, ù Nantes (L,-I.); —
- Buhler freres (machines suisses), 42, rue du Louvre, à Paris ; Société des matériaux de construction « Winget », 25, rue de la Pépinière, à Paris; — Lobin et Druge, ingénieurs-constructeurs, à Aix (B.-du-Rh.) ;
- P. Decauville, ingénieur, 7, boulevard Beauséjour, à Paris ; — Pétard et Préjean, ingénieurs-constructeurs, 60, rue de Provence, à Paris.
- M. Schlumberger, à Palaiseau. — Pour installer une roue hydraulique sous un ruisseau, il faut que le ruisseau vous appartienne et vous devez demander une autorisation si vous voulez créer une chute. Vous pouvez vous contenter d’installer une roue pendante puisque le courant est fort, dites-vous. Pour déterminer ses dimensions, il faut connaître la profondeur, la vitesse du courant moyen et connaître aussi les variations d’étiage. Nous indiquerons incessamment le mode de construction d’une roue pendante.
- M. R. Darche, à Casablanca. — Les organes de projection de cartes postales ou autres images sur supports opaques vous seraient fournis par M. G. Massiot i5, boulevard des FilJes-du-Calvaire, à Paris. Il ne nous paraît d ailleurs pas impossible que vous réussissiez à transformer vous-même votre lanterne d’agrandissement. Vous n auriez qu’à faire construire une boîte en tôle à trois faces verticales assemblées avec deux bases en forme de triangles rectangles. Le panneau vertical reuni aux hypoténuses des deux bases recevrait le cadre portant les images opaques, et les deux autres montants recevraient, l’un le condensateur et l’autre l’objectif, qui se trouveraient donc placés à 90° l’un de l’autre.
- M. G. Gillon, à Cannes. — i° Voir aux Recettes. ~ 2° L’usage des tables de Warnecke n’est ni aussi simple ni aussi sûr que vous paraissez le supposer, et il n est pas possible d’en entreprendre ici un exposé suffisamment détaillé. Vous pourriez consulter à ce sujet les ouvrages suivants : Traité encyclopédique de Photographie, par C. Fabre ; Système de sensitomé-tne des plaques photographiques, par J.-M. Eder-Calcul des^ temps de pose et tables photométriques, par L- Vidal. Tons ces ouvrages sont édités par Gauthier-Villars et Cie, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris
- M. J. Neuburger, à Paris. — Pour décoller deux plaques photographiques collées ensemble, l’une gélatine à l’extérieur et l’autre à l’intérieur, il n’y a qu’à les laisser tremper dans l’eau fraîche pendant plusieurs jours. L eau tiède faciliterait la séparation, mais la couche de gélatine prise entre les deux verres serait à coup sûr abîmée. L’eau fraîche elle-même n’est pas un moyen infaillible, et il faudra procéder à la séparation avec beaucoup de précaution, en essayant de faire glisser doucement les deux plaques l’une sur l’autre, bien parallèlement.
- M. Lebault, à Samt-Lo. -— Voici la formule d’un vernis susceptible de faire adhérer les couleurs d’aquarelle à la gélatine des papiers au bromure : *
- Gomme laque blanche............... 10 gr.
- Cette solution, reposée pendant 24 heures et filtrée, est versée dans un vaporisateur à l’aide duquel on eu recouvre l’image, jusqu’à ce que sa surface paraisse légèrement humide. Le vernis est sec au bout de 1 o minutes environ, et retient alors facilement les couleurs à l’aquarelle.
- A. R., Le Mans. Le diamidophenol de préparation ancienne, ou oxydé dans des flacons mal bouchés, et devenu de ce fait impropre au développement, peut être régénéré, ou plutôt rendu partiellement utilisable, par le procédé suivant. A chaque gramme de diamidophénol on ajoute 10 c3 de bisulfite de soude liquide et autant d’eau ordinaire. On agite, et l’on obtient un mélange fortement troublé par des parcelles noirâtres : en le filtrant sur un tampon d’ouate, on recueille une solution limpide, qui peut se conserver sans altération pendant 8 à 10 jours, dans des flacons pleins et bien bouchés. Au moment de développer, on y ajoute du sulfite de soude, comme à l’ordinaire, mais en tenant compte de ce fait que chaque gramme de diamidophénol traité comme il vient d’être dit ne représente guère que o gr. 5 de diatnidophénol frais. Ce traitement permet donc, en réalité, de réduire la perte à 5o pour 100.
- M. le Bibliothécaire de la Bibliothèque municipale, à
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- BOITE AUX LETTRES
- Celte.— i" Pour régénérer les plaques photographiques altérées par le temps, préparer les deux solutions :
- iooo c. c.
- A. Eau
- 3° gr.
- i5 gr. 1000 c. c. 5o gr. 5o gr. a5 gr.
- Bichromate de potasse.
- Bromure de potassium
- B. Eau ................
- Ammoniaque..........
- Nitrate d’ammoniaque.
- Bromure de potassium La plaque est d’abord laissée pendant 5 minutes dans la solution A, puis lavée abondamment et immergée dans la solution B, d’où on ne la retire qu’au bout d’une demi-heure. On lave à nouveau, et l’on fait sécher dans l’obscurité. L’émulsion ainsi traitée est moins sensible qu’auparavant. On peut la rendre plus rapide par maturation dans l’urée. A cet effet, la plaque est trempée pendant 5 minutes dans :
- Lau............................. ioo c. c.
- Uree............................ j g-j» _
- On l’égoutte sans la laver, et on la laisse sécher len-
- tement dans une boîte. Il faut ensuite l’employer le plus tôt possible, car elle ne se conserve pas longtemps.
- 2° Les taches d’encre ordinaire disparaissent par lavages successifs à l’eau de chlore et à l’acide chlorhydrique dilué.
- M. Salaun, à Lambezellec. — L’appareil dont vous parlez est de construction américaine, nous allons le
- décrire dans une prochaine note ; il est construit par The Hergi Manufacturing C°, yS, Third Street à Brid-geport, Connecticut, U. S. A.
- Néanmoins, nous vous prévenons que le prix de cet appareil est assez élevé. Le mieux sera pour vous de soumettre le problème de votre fabrication au constructeur.
- M. D. J., à Beignon (Morbihan). — En l’absence d’indications plus précises sur les conditions dans lesquelles vous vous proposez d’entreprendre Y exploitation ovine en Bretagne, nous ne pouvons que vous conseiller de consulter des éleveurs compétents. Voyez notamment aux adresses suivantes : M. Henry Girard, agriculteur à Bertrandfosse (Oise); M. d’Aramon, à La Guerche, (Cher); M. Léon Charpentier, à Villers (Indre); M. Emmanuel Quillet, à Gamaches (Eure) ; M. Emmanuel Boulet, à Bosc-Roger-en-Roumois (Eure). Mais il conviendrait aussi, pour une entreprise de ce genre, de demander des indications au Directeur départemental des Services agricoles du Morbihan, à Vannes (préfecture).
- En outre, les ouvrages sur cette question donneront des directives générales. Voyez : Le Mouton. Exploitation rémunératrice du troupeau, par Henry Girard et Georges Jannin, i vol. 16 fr. ; Le mouton en Champagne, par C. Moreau-Bérillon, i vol. i5 fr. 5o; Le Mouton, par Léouzon, i vol. 16 fr. (Librairie agricole, 26, rue Jacob, Paris, 6°).
- JfeD
- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous tes ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de io % pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.) _
- Wireless Telegraphy and Telephony, par H. M. Dowsett. i vol. 33o p., 3o5 fig. Editeur, The Wireless Press, ia, Henrietta Street, Strand W. C. 3, Londres, 1920.
- Ce traité de télégraphie et téléphonie sans fil constitue un excellent ouvrage de vulgarisation dans lequel l’auteur a réussi sans formules mathématiques à faire comprendre nettement la nature des phénomènes mis en jeu, le fonctionnement des appareils, et les plus récents progrès de la technique. L’auteur décrit les divers procédés d’émission et consacre un chapitre très détaillé à la valve thermionique, il passe ensuite aux appareils très modernes employés pour la réception et la transmission à grande vitesse, grâce auxquels la T. S. F. fait aujourd’hui concurrence aux câbles sous-marins. Il étudie les diverses mesures que comporte la pratique de la T. S. F. et termine par un chapitre sur la T. S. F. dirigée.
- Chimie générale et industrielle, 4e édition, par le Dr Ettore Molinari, traduit de l’italien par J.-A. Montpellier. Chimie inorganique. T. I, introduction et métalloïdes, 486 p., ia5 ûg. ; t. II, métalloïdes, 272 p., 202 fig. Dunod, Paris. Prix des 2 vol. : 32 francs.
- Traité conçu sur un plan nouveau qui associe les grandes théories et les applications technologiques. Après un résumé de l’évolution historique de la chimie, l’auteur rappelle les lois fondamentales y compris celles toutes récentes de la chimie physique. Puis il passe à la description des métalloïdes en s’appuyant sur les lois théoriques, notamment celle des phases qu’il rappelle à propos du soufre, celle des actions de masse à propos de l’acide sulfurique catalytique, etc. Pour chaque corps, il insiste sur les modes de préparation industrielle, si bien que ce traité, outre son intérêt théorique, peut servir utilement de manuel de technologie. Les volumes suivants doivent paraître prochainement.
- Les Colloïdes métalliques, propriétés et préparation, par Paul Bary. i vol. 16 X 25 de vm-96p. avec i3fig. Dunod, éditeur. Paris, 1920. Prix net : 11 francs.
- Les colloïdes métalliques ne représentent qu’un chapitre de la chimie des colloïdes, mais leurs applications leur donnent un intérêt tout particulier. En outre, les notions générales de l’électrisation de contact, qui sont à la base de l’étude des colloïdes métalliques, ont un tel caractère de généralité qu’elles ont été déjà un guide précieux au technicien dans des branches très diverses de la chimie. L’exposé complet et concis de M. Bary présente donc un vif intérêt.
- Les baguettes des sourciers et les forces de la nature, par Henri Mager. i vol. i3x 21 de ix-423 p. avec J97 fig- Dunod, éditeur. Paris, 1920. Prix net : 33 fr.
- M. Henri Mager recherche les causes qui provoquent les mouvements des baguettes; il montre que les baguettes des sourciers déchargent, lorsqu’elles les abordent, les champs de force, qui accompagnent tous les corps, les solides, les liquides ou les gazeux; elles se meuvent au passage d’un double courant de force de sens contraires, en obéissânt, aux lois d’Ampère.
- M. Henri Mager expose ensuite les services que pourront rendre les baguettes aux mains de praticiens suffisamment exercés par un long apprentissage. Selop lui, la baguette peut très utilement servir à la recherche des eaux souterraines, des gîtes minéraux et même des corps radio-actifs, à l’étude des terrains miniers : il formule pour ces applications une technique opératoire précise.
- Thè Nation’s Food, A Statistical Study of a Physiolo-gical and Social Problem, par Raymond Pearl. i vol. in-8, 273 p. Saunders Gy,. Philadelphie et Londres. Prix relié :
- Chaque pays éprouve le besoin de faire le bilan de ses ressources alimentaires, dont la guerre lui a montré l’utilité. De même, qu’en France, le livre Alimentation et Ravitaillement nous a donné tous renseignements à ce sujet, aux Etats=Unis, M. Pearl, qui fut le collaborateur de M. Hoover, établit la balance du ravitaillement dans cet Etat. Divisant les nourritures en primaires ou directement consommables et secondaires ou consommées par les animaux de ferme bien qu’utilisables par l’homme, l’auteur, au moyen de statistiques, examine leur production, leur importation, leur exportation, leur consommation. Son livre constitue une étude statistique très complète de ce grand problème physiologique et social.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2420 21 Août Ï920
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- INFORMATIONS
- Utilisation de I électricité atmosphérique, —
- M. C. Matignon, dans Chimie et Industrie, appelle l’attention sur une source d’énergie inutilisée : l’électricité atmosphérique.
- En dehors des périodes de grandes perturbations atmosphériques, le potentiel augmente assez régulièrement à mesure qu’on s’éloigne du sol, de xoo volts en moyenne par mètre pendant l’été et de 3oo volts pendant l’hiver.
- Les expériences poursuivies pendant de longues années par M. Planson, à des hauteurs dépassant 3oo m., ont montré qu’il était possible de capter, par kilomètre carré, une puissance atteignant en moyenne 200 chevaux ; les résultats des derniers essais ont même atteint 400 et 5oo chevaux.
- M. Planson utilise des antennes collectrices constituées par des ballons à surface métallique reliés entre eux par un réseau aérien de fils conducteurs. Il importe, pour activer la captation de l’énergie, de rendre l’air conducteur en Fionisant au moyen de sels radio-actifs (radium, polonium, etc.), placés aux extrémités des antennes. Si l’on met un tel ensemble en relation avec le sol à intervalles discontinus très rapprochés, on obtient un courant à haute fréquence susceptible d’utilisations.
- Ce courant peut s’adapter immédiatement à la préparation de l’acide nitrique et de l’osone; an moyen de transformateurs appropriés il pourrait être utilisé en électro-chimie et électro-métallurgie; ainsi M. Matignon indique que la puissance, captée sur une surface de 6 kilomètres carrés permettrait de produire 5 tonnes de carbure en 24 heures. Si l’on admet une puissance disponible de 100 chevaux par kilomètre carré, on obtient pour la surface totale de la France 100 millions de chevaux.
- La fonte et l'acier en France en 1919. — La production sidérurgique de la France en 1919 a subi d’une façon aiguë les conséquences désastreuses des destructions systématiques exercées par l’ennemi tant sur les houillères que sur les chemins de fer et les usines elles-mêmes. Les établissements producteurs d’acier de la région du Nord et de l’Est situés dans la zone occupée par l’ennemi sont restés à peu près paralysés, et n’ont guère pu se consacrer qu’aux travaux de réfection. En ce qui concerne les hauts fourneaux, producteurs de fonte, un très grand effort a été fait dans la région de Briey et Longwy pour restaurer les installations détruites. Mais la pénurie de coke a également à demi paralysé tous les établissements qui auraient pu, s’ils avaient été suffisamment approvisionnés, fournir une production beaucoup plus considérable. Pour apprécier les chiffres ci-dessous que nous extrayons du Bulletin du Comité des Forges, il faut tenir compte de ce que, d’une part, les établissements du.bassin de Briey ont eu une production insignifiante en 1919, alors qu’en 19x3 ils fournissaient la majeure partie de la fonte produite en France, et de ce que, d’autre part, les usines du bassin de Thionville font aujourd’hui partie de notre territoire. On comptait au 10' janvier 1920 : 69 hauts fourneaux à feu, 96 hauts fourneaux hors feu, 47 en construction ou réparation, au total 212. La capacité quotidienne des hauts fourneaux à feu était de 9100 tonnes. Le nombre d’ouvriers employés était de i3 200. La répartition des hauts fourneaux était la suivante :
- Est A l'eu. 21 Hors feu, 21 En réparation. E11 construction 40
- Alsace-Lorraine 21 45 2
- Nord 7 6 I
- Centre. . . . . . 6 7 3
- Sud-Ouest. . . . •8 10 »
- Sud-Est . , . . . 2 6 y>
- Ouest 4 1 1
- La production globale d’aeier fondu en France s’est élevée à 2 186 260 t- en 19x9. Elle avait été «Je 4686866 t. en igi3, pour la France réduite d’alors; les usines lorraines du bassin de Thionville fournissaient à la même époque 2 286 000 t. Ces chiffres permettent de mesurer à t|uel point l'industrie française souffre de la situation créée par la guerre,
- Dans le total indiqué plus haut, le groupe sidérurgique
- de l’Est entre pour 272 298 t., celui de Lorraine désan-nexée pour 862 419 t., et celui du Centre pour 535 120 t.
- La production d’acier Martin s’est élevée à 1 o65 x66 t. contre x 012 916 t. d’acier Thomas. La prédominance de 1 acier Martin, quoique moins marquée que pendant la guerre, est un fait remarquable.
- L’effort colonial du Japon. — M. Robert Chauvelot étudie dans La Géographie le développement des colonies japonaises. En 25 ans, les Japonais sont parvenus à acquérir l'administration directe des Pescadores, de Formose, de l’archipel Bonin-Sima et de la moitié dé Sakhaline, à administrer indirectement les protégés de la Péninsule coréenne, à obtenir un mandat de la Ligue des Nations sur les ex-colonies allemandes des Caro-lines, des Mariannes, des Marshall et des Palaos.
- A Formose, les Japonais apparurent en 1874- mais ne s installèrent qu’en 1895, après la guerre smo--japonaise. Ils ont encerclé les tribus sauvages de l’intérieur et créé près de la cote école de médecine, sanatoria. Ils y gouvernent, maintenant 120000 hommes répartis en 671 villes et villages.
- Les Pescadores, ou archipel Courbet, situées à l'ouest de Formose, comptent 21 îles peuplées d’environ 20000 habitants; les Japonais y sont également depuis
- 1895. _
- Bonin-Sima est un petit archipel océanien de 100 km2, cédé par son roi au Japon qui en a fait une colonie pénitentiaire.
- La Corée, chinoise jusqu’en 1895, nominalement indépendante depuis, est en fait occupée depuis 1910 parle Japon qui la protège comme nous faisons au Maroc, au Cambodge et en Anoam.
- Sakhaline, chinoise à l’origine, eut sa partie méridionale occupée par les Japonais dès le xyxii° siècle;. En x856, la Russie remplaça la Chine dans la partie nord, en 1875, les Japonais cédèrent aux Russes le territoire qu’ils y occupaient en échange des îles Kouriles, mais ils le reprirent en 1905 après la guerre russo-japonaise.
- La guerre qui vient de finir a encore accru le domaine colonial du Japon en lui accordant la gestion d’ma certain nombre de colonies allemandes du Pacifique, si bien qu’il se troxxVe aujourd’hui le plus important propriétaire des points d’escale sur les lignes d’Extrême-Orient, dans leur partie septentrionale.
- Oxyde de carbone produit par une algue. —
- MM. SethC. Langdon et Walter R. Gailey ont récemment signalé dans le Journal of the American Chemical Society un fait nouveau curieux relatif à une grande algue des côtes du Pacifique, Nereocystis leutkeana. Cette algue vit attachée aix fond par une fronde rappelant celle des laminaires de nos côtes ; elle comprend une tige, un vaste flotteur ou pneumatocyste plein de gaz et des lames découpées flottant dans l’eau. L'analyse des gaz présents dans le pneumatocyste y révéla la présence normale de 4 pour 100 environ d’oxyde de carbone libre. C’est la première fois qu’on rencontre ce gaz dans l’atmosphère d’une plante. D’où provient-il? de l’assimilation chlorophyllienne ou de la respiration ? Pour lç savoir, les deux savants américains ont pratiqué plusieurs séries d’expériences. La plante en autolyse ne produit pas d’oxyde de carbone par fermentation. Par contre, le pneumatocyste rempli d’air perd peu à peu son oxygène et s’enrichit en, oxyde de carbone; je même rempli d’hydrogène ou d’azote n’en forme pas. La lumière n’affecte pas cette production, Il faut donc conclure que le Nereocystis leutkeana dégage de l’oxyde de carbone en présence seulement d’oxygène et que c’est là un mécanisme respiratoire nouveau, et non pas un processus de photosynthèse.
- Diminution des oiseaux sur la cote orientale du Gronland. —-- Le rapport officiel du Gronland pour le semestre avril-septembre 1919 {Bereininger og Kund-gjôrelser vedrërende Styrelsen af Gronland, n* x, 1920) signale qu’à la station d’Angmagsalik, située sur ia côte orientale de çe pays, aux environs du cercle polaire, le nombre des palmipèdes qui chaque printemps viennent pondre dan» cette région semble depuis quelques années diminuer d’une manière constante. La capture des oiseaux
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- INFORMATIONS
- de mer constitue une des industries essentielles à la vie des indigènes ; la question présente donc pour eux un intérêt considérable, et, comme les Eskimos sont doués d’un sens d’observation très développé, leur affirmation présente une grande garantie d’exactitude. Cette diminution des oiseaux ne saurait être attribuée à une intervention de l’homme. Du cap Farvel à son extrémité nord-est la côte orientale du Grünland est longue à vol d’oiseau de plus de 2 5oo km, et sur cette énorme distance il n'existe que 637 habitants groupés autour d’Angmagsalik ! Ajoutons que ces 63- habitants pratiquent aujourd’hui la chasse avec les mêmes engins dont leurs ancêtres se servaient il y a dix siècles. L’emploi d’armes modernes ne serait pas payante. La diminution signalée doit donc être attribuée à une cause naturelle.
- Un homme mangé par un serpent. — La revue brésilienne O Malho du 10 avril dernier, qui vient de nous parvenir, contient le récit tragique que nous tra-
- Conférence internationale de bibliographie et de documentation. — L’Institut international de bibliographie de Bruxelles a pris l’initiative de réunir cette conférence le 7 septembre prochain afin de lui soumettre un projet d’organisation de la documentation qu’il a préparé. A raison des corrélations étroites qui existent entre les diverses parties de la documentation, celle-ci doit être envisagée dans son universalité à un triple point de vue : toutes les sciences et les applications des sciences; tous les pays; toutes les formes de la documentation (bibliographie, analyses, bibliothèque, échanges dés publications, etc...). Dès aujourd’hui ce vaste champ est couvert par des services, des collections et des publications. Mais le défaut de liaison et d’entente occasionne de grandes lacunes et un inutile gaspillage d’efforts et d’argent.
- L’organisation proposée reposerait, d’une part, sur des Conseils nationaux de Bibliographie et de Documentation fédérant toutes les forces d’un même pays ; d’autre part, sur des Sections internationales placées
- Un homme mangé par un serpent.
- duisons ci dessous, illustré de deux dessins que nous reproduisons ici, intitulés « reconstitution exacte » de l’attaque du cavalier par le serpent et de la mort de l’ophidien.
- L’article a pour titre : « Au Masso Grosso, on trouve dans le ventre d’un serpent monstrueux le cadavre d’un homme avec son chapeau, ses bottes et ses éperons. » Passant sur le bord du Rio Yaccaria, un voyageur rencontra un cheval sans maître, et non loin de là un énorme serpent enroulé, au repos, digérant. L’homme prit son fusil, fit feu et tua le reptile qui était d’une taille exceptionnelle. Youlant le dépecer pour la rareté du fait, le chasseur ne fut pas peu surpris de trouver dans le tube digestif du monstre un cadavre d’homme habillé et chaussé, dont il put d’ailleurs établir l’identité en trouvant dans ses poches son revolver, 6000 dollars d’argent et des papiers.
- Ce fait extraordinaire est, paraît-il, certifié véritable par M. Antonio Mathias, arrivé récemment à Lima et venant du Masso Grosso.
- Bien que l’on ne connaisse pas exactement le nom du serpent dont il est question dans ce récit, nul doute qu'il ne s’agît d’un boa dont une espèce, le Devin ou l’Empereur, habite l’Amérique équatoriale, de qui les exploits : ingestion d enfants, de chèvres, de conguars, sont connus depuis longtemps.
- sous le contrôle des Associations internationales. Conseils et Sections se répartiraient toute la tâche. Un Institut central (l’Institut international de Bibliographie ) établirait les liens nécessaires et serait dépositaire des collections. Il agirait comme Bureau international et pourrait être rattaché à la Société des Nations, en vertu de l’article 24 du Pacte de Paris.
- Un grand concours de photographie. — La
- Chambre syndicale des fabricants et négociants de la photographie organise, sous le patronage de M. le Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, un grand concours de photographie. Réservé aux amateurs de France et des colonies françaises, ce concours est doté de nombreux prix en espèces, dont un grand prix de dix mille francs. Cinq prix spéciaux, dont un de 1000 francs, seront attribués aux débutants : ne sout admis dans cette catégorie que les jeunes gens ou les jeunes filles âgés de moins de 18 ans. Enfin, quatre prix, dont un de i5oo francs, seront décernés aux auteurs des plus belles photographies en couleurs par le procédé autochrome Lumière.
- Les concurrents peuvent se procurer gratuitement le règlement détaillé de cet intéressant concours chez tous les marchands d’articles photographiques et à la Chambre syndicale, 54, rue Etienne-Marcel, Paris (2e).
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- *> Mécanique <«*
- Installation d’un petit tour d’horloger. -- Le mécanicien-amateur qui veut utiliser un tour peut évidemment en construire un lui-même et lui donner une longueur de banc aussi exiguë ou aussi forte que l’exige ou le permet le local dont il dispose.
- A la campagne, cela ne supporte presque toujours
- C
- Fig. i.
- aucune difficulté, car le plus souvent un réduit plus ou moins spacieux est qualifié du nom d’atelier et peut renfermer des machines d’assez grandes dimensions.
- Si l’on veut actionner le tour mécaniquement, cela nécessite un renvoi de mouvement ét toute ùne installation’qui, même sommaire, demande du soin.
- Dans un appartement, la chose est plus malaisée ; il ne faut pas compter placer les renvois sur le plafond, sur le plancher et, si l’on ne prend pas des dispositions savantes, on est obligé d’avoir recours à un échafaudage de madriers et de charpentes.
- Néanmoins, dans ce cas, il ne faut guère compter, sans grande dépense, installer un tour iin peu fort et il est sage de se ^borner à l’utilisation d’un petit tour,
- genre tour d’horlogèr, qui permet encore de faire dé jolis travaux, surtout si l’on n’a en vue, comme c’est le cas le plus général, que la fabrication de menus appareils électriques et mécaniques.
- Voici un type d’installation qui permet de disposer facilement le moteur sous l’établi du tour en plaçant les arbres intermédiaires appropriés.
- Le moteur M de 1/4 de cheval tourne par exemple à i5oo tours par minute. On le placera sous l’établi et il actionnera un renvoi A, pàr une courroie, qu’on fera tourner à 5oo tours.
- Ce renvoi tournera avantageusement dans des roulements à billes soutenus par des piliers montant jusqu’à l’établi. Sur ce renvoi on aura deux manchons, ün grand et Un petit, qui comporteront chacun une courroie pouvant actionner tantôt l’un, tantôt l’autre, Une poulie fixe d’un arbre B.
- Le débrayage se fait au moyen d’une fourchette double et d’une barre, que le tourneur manœuvre avec un levier L placé devant le tour à côté de l’interrupteur qui commande le moteur.
- Avec le petit tambour l’arbre B tournera à tSo tours ét avec le grand tambour il tournera à 5ôô tours. Bien entendu cet arbre B reposera également dans dès roulements à billes et il comportera un jeu de poulies éta-
- gées correspondant aux trois gradins du côüe de la poupée du tour C.
- Cela permet donc d’avoir facilement 6 vitesses différentes pour le tour et ceci est très avantageux dans notre cas.
- Sur le côté de l’établi, en bout, on installe un petit touret qu’on peut faire avec le pédalier d’une bicyclette et il tournera à grande vitesse, celle du moteur et même plus.
- Ce touret sur lequel on peut monter une meule, une scie, une brosse, ün buffle à volonté, sera commandé par
- perceuse
- touret
- une courroie allant sur un arbre E monté sur le prolongement de l’arbre du moteur.
- Cet arbre sera embrayé au moyen d’un dispositif qu’on peut prévoir comme l’embrayage d’une machine à coudre avec deux tenons rentrant dans deux trous d’un plateau ou bien au moyen d’un petit embrayage à cône facile à faire soi-même. De toutes façons, l’embrayage peut être manœuvré par un levier b.
- Si on veut parfaire l’installation on peut habiller l’établi avec des panneaux qui lui donneront l’apparence d’un petit meuble plus ou moins coquet.
- Le touret pourra être caché par un couvercle qui servira dé tablette pour les pièces pendant qu’on tourne et qui, relevé,, a l’avantage de protéger le tour de la poussière d’émeri quand on meule.
- Cette petite installation est commode, car elle est peu encombrante et on peut à la rigueur remplacer le touret par une perceuse, ou bien, si l’on dispose de place, monter la machine à percer soit à côté du touret, soit du côté opposé du tour en installant un arbre E' avec ün embrayage approprié.
- cjgTNS. Automobilisme
- La Skootamotà. —- Ce nouvel engin de locomotion a l’aspect d’üüe patinette d’enfant, pourvue d’un moteur à
- Fig. , —- La Skootamota.
- explosion, deux roues de petit diamètre sont réunies par un cadre d’acier et un plancher. Un moteur mono-cyiiüdriqUe à 4 temps est fixé sur la roüè arrière* sâ puissance est, de 1,5 cheval; il tourne à s5oo tours à là minute, c®nsommàüt % 1, 5 d’essence àù$ 100 km. C’est
- C tour
- meule
- perceuse
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- une sorte de motocyclette, légère et très simple. Elle peut donner une vitesse de 3o km à l’heure.
- L’appareilne pèse que 45 kg. Il semble réservé à tous ceux qui recherchent un moyen de locomotion moyennement rapide, mais peu fatigant, accessible aux jeunes gens, et aussi aux gens âgés insensibles aux griseries de la vitesse.
- Adresse : Skootamota, i3, avenue de la Grande-Armée, Paris.
- *»> Chasse
- La suspension pour fusil « La Tirvite ». — Cet
- appareil imaginé par un médecin, M. le Dr Bibard, avait primitivement pour objet de permettre aux chasseurs mutilés d’un bras de se livrer néanmoins saq.s difficulté à l’exercice de leur sport favori. L’appareil, non seulement atteint entièrement ce but, mais même aux non mutilés il donne un moyen de suspension de l’arme pratique, offrant une grande sécurité, et permettant en outre d’épauler et de tirer rapidement.
- La suspension « La Tirvite » est constituée par une bretelle élastique a laquelle est suspendue l’arme par un mode d'attache spécial sur lequel nous reviendrons plus loin. La bretelle s’attache en arrière au pantalon, de préférence à la patte qui le serre à la ceinture. Elle comporte a ressorts à boudins, l’un en avant qui est indispensable au fonctionnement de l’appareil, l’autre en arrière plus petit. Ils sont réunis par une [courroie de longueur convenable qui passe sur l’épaule. Le réglage de
- Axe mobile dons h pian vertical antéropostérieur
- Axe mobile dans le plan vertical transverse
- Fig. 5. — Suspension pour fusil « La Tirvite » L'attache du ressort sur la platine du fusil.
- cette courroie doit être tel que la crosse du fusil au repos soit fortement engagée derrière l’aisselle.
- Voyons maintenant comment l’arme est suspendue à cette espèce de bretelle élastique; le ressort avant se termine par un dispositif d’attache qui constitue un système articulé de 3 axes perpendiculaires entre eux, formant une série dont une extrémité seule est fixée ; l’extrémité libre pouvant être orientée dans tous les sens. L’attache à l’arme se fait en arrière du centre de gravité, sur la platine en contact avec la joue du tireur.
- L’axe fixé à la bretelle est l’émerillon du mousqueton qui le termine, les deux autres forment un joint universel à la cardan, le dernier se confondant avec l’une des vis qui traversent normalement la platine du fusil.
- Abandonné à lui-mème, le fusil au repos pend au côté du chasseur; le canon tourné en bas et en avant, dans la position la moins dangereuse pour le voisinage, la moins apparente pour le gibier.
- Au moment de la mise en joue, le tireur pousse d’abord vivement son arme en avant pour la dégager de l'aisselle. Le supplément de tension qu’il détermine ainsi dans le ressort amène d’elle-même la crosse à l’épaule. Lorsque le tireur a effectué une douzaine de fois la manœuvre, elle devient instinctive. Le dispositif d’attache du fusil par 3 axes articulés permet de viser et d’orienter convenablement l’arme dans tous les sens, sans aucune gêne. Il faut ajouter que la détente des ressorts de la, bretelle, tendus parla pesanteur dans la période de repos, facilite singulièrement la manœuvre de la mise en joue, en en supprimant une partie de la fatigue : résultat appréciable pour les mutilés d’abord, mais aussi pour tous autres tireurs ; car il augmente la sûreté et la rapidité du tir.
- Ajoutons que pendant la marche, l’arme étant à la posi tion de suspension, le chasseur a entière liberté de ses bras; il n’a donc aucune fatigue et il garde ses muscles entièrement dispos pour le tir.
- La Tirvite ne pourra en général être montée par le
- Fig. 6. — Chasseur muni de la Tirvite.
- tireur lui-même, l’intervention de l’armurier pour l’adaptation au fusil du système de suspension sera nécessaire.
- La Tirvite a pour agent général M. Létrange, 57, boulevard de la Vilette, Paris.
- sg'Dvs, Divers
- Ventilation parfumée. — Le brûle-parfum à allure chinoise avec dragons, bonzes, etc., est parfait l’hiver dans la demi-teinte d'un jour triste, alors que tout est clos et que le feu de bois égaye par ses flammes capricieuses.
- Mais l’été, ce moyen de parfumer l’air d’un appartement apparaît comme une fausse note dans une symphonie ; il est préférable,à notre avis,d’employer le ventilateur électrique moderne, adapté pour la circonstance et qui se trouvera dans son cadre, lors d’une claire journée un peu chaude.
- On prépare un cornet en carton fort d’un diamètre égal à celui des ailes du ventilateur. Cet entonnoir est fixé sur un petit tube-verre coudé qui traverse le bouchon d’un petit bocal et vient presque au niveau du li-
- entonnoir carton
- Fig. 7. — Dispositif pour ventilation parfumée.
- quide. Ce liquide est un parfum approprié aux goûts personnels. Un autre tube en verre permet l’introduction de l’air dans le bocal.
- Le ventilateur aspire dans l’entonnoir et la dépression produite dans le bocal fait passer de l’air extérieur qui vient lécher la surface du liquide parfumé ; il se charge d’effluves agréables qu’il répand dans l’appartement. Voici certes, un dispositif simple à réaliser et qui sera apprécié, nous en sommes sûr, par plus d’une de nos lectrices.
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- VARIÉTÉS
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- COMMENT ACHETER LES FRUITS
- Le groupe des poires d’hiver comprend les variétés dont la. récolte a lieu, suivant l’influence de l’année et du milieu, à partir de la mi-octobre jusque dans les premiers jours de novembre avant les gelées, et dont la maturité et la conservation s’échelonnent, selon qu’elles se font normalement dans un bon fruitier ou artificiellement dans un frigorifique de la fin de décembre à la fin de juin. Ces poires méritent une attention toute particulière de la maîtresse de maison, non pas tant par 1 ensemble des qualités de leur pulpe qui n’est pas supérieur à celui de beaucoup de variétés d’automne que par la structure anatomique de cette pulpe qui lui permet, quand les conditions de garde sont normales, de résister longtemps aux phénomènes générateurs du blettissement. G est là une propriété qui est très appréciable, car, grâce à elle, la maîtresse de maison peut, en temps opportun, faire une ample provision des variétés qu elle préfère ou qu elle trouve facilement sur le marché ou chez le producteur, qu’elle peut aussi, en prenant les précautions convenables, conserver dans un fruitier plus ou moins improvisé, jusqu'au moment où elle veut, en disposer pour les consommer soit à l’état frais., soit, sous les multiples formes économiques que son ingéniosité saura appliquer ou inventer.
- Ainsi que pour les deux groupes précédents, poires, d été et poires d automne, dont j’ai parlé dans un autre article, je ne décrirai succinctement que les caractères essentiels (hormis ceux de la chair pour les raisons déjà données) représentant les principaux types des excellentes variétés qui appartiennent aux poires d’hiver.
- Le Lectier. — Fruit gros, piriforme allongé, ventru; peau verte passant au jaune blond piqueté de fauve. Maturité novembre à janvier.
- Beurré d Ilardenpont. — Fruit assez gros ou gros en forme de coing, oblong et ventru; peau lisse, jaune clair, pointillé de roux, lavée de rose. Maturité décembre à janvier.
- Pusse Colmar. — Fruit moyen ou assez gros, piriforme ventru; peau jaune citron ponctuée ou marbrée de roux; chair parfois mi-cassante. Maturité décembre à février.
- Saint Germain d'Hiver. — Fruit assez gros ou gros; piriforme allongé; peau vert feuille virant au jaune herbacé. Chair légèrement acidulée. Maturité décembre à février.
- Doyenne d Alençon. — Fruit moyen, ovoïde arrondi, bosselé et ventru; peau rugueuse, jaune roux, tachée de brun gris. Chair jaunâtre, beurrée. Fruit de commerce. Maturité décembre à mars.
- Joséphine de Malines. — P'ruit moyen plutôt que gros, turbiné arrondi; peau jaune paille, piquetée de fauve et lavée de rouge. Cette poire, une des plus fines du groupe, est classée comme fruit de commerce. Maturité décembre à mars.
- Passe Crassane. — P’ruit moyen ou assez gros, ovoïde, arrondi ou aplati aux extrémités; pédoncule assez long; peau vert jauuâtre, piquetée de roux doré, lavée parfois de brun fauve; chair un peu âpre et aigrelette. Maturité janvier à mars. Très cultivée, cette poire est une des plus appréciées pour le commerce qui 1 exporte a 1 étranger. De même que le Doyenné du Comice pour les poires d’automne, la Passe Crassane et le Doyenné d’Hiver sont, dans ce groupe, les deux poires qui atteignent les plus hauts prix lorsqu’elles sont bien réussies, c’est-à-dire exemptes de tavelure et assez grosses.
- Bergamotte d Esperen. — Fruit moyen ou assez gros, arrondi, bosselé; peau jaune verdâtre, piquetée de gris. Maturité décembre à avril. Bon fruit de commerce, de maturité assez prolongée.
- FRAIS? — IL LES POIRES D'HIVER
- Beurré de JVaghin. Fruit gros, ovoïde, ventru et tronqué; pédoncule long et grêle; peau verdâtre passant au jaune plus ou moins vif. Maturité janvier à mars!
- Olivier de Serres. — 'Fruit moyen, pomiforme, sphérique, bosselé; peau mince, jaune citron pâle, lavée de fauve ou tachée de rouille. Maturité janvier à mars. Cette poire, qui ressemble un peu à la Passe Crassane, est recherchée pour le commerce, mais elle est moins cotée qu’elle.
- Doyenné d’Hiver. — Fruit gros ou très gros, globuleux ou ovoïde ventru; peau vert jaunâtre, ponctuée ou maculée de fauve, parfois de rouge sombre; chair relevée d’une pointe d’acidité agréable. Maturité janvier à avril. Cette ancienne variété, qui est encore très cultivée, réalise de bons prix sur le marché.
- ajouFer ^ ces dix sortes les variétés suivantes cultivées dans beaucoup de plantations commerciales sur une assez grande échelle, parce que l’ensemble de leurs qualités les recommande aux horticulteurs ; on a, par suite, beaucoup de chance de les trouver sur les marchés de nos différentes régions. Comtesse de Paris, Sœur Grégoire, Beurré Millet, Beurré de Luçon, Nouvelle Fulvie, Royale Vendée, Doyenné de Montjean, Professeur Grosdemange, Duchesse de Bordeaux, Bergamote Arsène Sannier, Bergamote Hertrich, etc., etc.
- Quand et comment les acheter? — Les indications générales que j’ai données dans un précédent article sont encore à leur place ici ; je n’y ajouterai que quelques explications qui s appliquent spécialement aux poires d’hiver au regard de leur conservation.
- La maîtresse de maison qui désire faire sa provision de poires d hiver a tout intérêt à s’adresser à un producteur plutôt qu’à un intermédiaire ou sur le marché parce qu elle sera plus sure, d’une part, de la variété et, d’autre part, de l’époque convenable de la cueillette. Ces deux points ont leur importance, le dernier surtout : cueillie trop tôt, la poire d’hiver se flétrit, se ride avant d avoir subi les phénomènes de la maturité de garde et sa chair devient liégeuse et presque dépourvue de saveur; cueillie trop tard quand les gelées blanches ont passé dessus, le froid a modifié l’ensemble des tissus, i a rendue moins apte à la garde en même temps que sa chair est devenue farineuse, ce qui en exclut une partie du fruité.
- La conservation des poires peut être assurée selon leur quantité, soit en les plaçant enveloppées de papier ou non sur les rayons d’une armoire, dans un tiroir de meuble ou encore dans une caisse remplie de balles d avoine, de sable sec ou de tourbe, corps mauvais conducteurs, le local étant ni trop chaud ni trop froid pour que la gelée ne puisse y pénétrer.
- Principaux usages. — Ils sont multiples comme ceux des pommes et relèvent autant de l’art culinaire que de la confiturerie et de la confiserie; j’y reviendrai plus tard. Les poires de table dont il a été question jusqu’ici sont surtout destinées à être consommées à l’état cru. Elles forment d’excellents et savôureux desserts où certaines variétés, par l’élégance ou le volume de leur forme et la vivacité de leur coloris, charment les yeux en même temps que la délicatesse et l’arome de leur chair satisfont très agréablement le palais. Mais, pour bien apprécier ces deux qualités, il faut surveiller la maturation des fruits, afin de les consommer quand elle a atteint tout son développement; si on laisse passer ce moment on risque de ne manger que des fruits pâteux ne possédant plus que des traces fugitives d’un arôme incertain.
- Pour en terminer avec les poires, il me reste à parler des principales poires d’ornement, à cuire et à sécher, ce que je ferai prochainement. A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- csat-
- Nettoyage des éponges. — Après quelque temps de Service, les épongés de toilette deviennent visqueuses par suite de 1 action de l’alcali du savon sur la matière
- organique. Il est très facile de remédier à ce petit inconvénient en arrosant l’éponge avec un jus de citron, puis en plaçant les morceaux du citron exprimé à côté. On
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- arrose le tout avec de l’eau bouillante et laisse en contact 24 heures, on rince ensuite à plusieurs eaux et constate que l’éponge a repris ses qualités primitives.
- Grenades extinctrices d’incendies. — Les grenades vendues sous des noms divers et destinées à éteindre les commencements d’incendië ne contiennent autre chose que des dissolutions salines très concentrées ; on peut les préparer économiquement en enfermant dans dés récipients de terre assez mince et de forme quel-
- conque la solution suivante :
- Chlorure de calcium...........200 grammes.
- Chlorure de magnésiuüj ... 5o —
- Chlorure de sodium............ 25 —
- Sel ammoniac. . ............ 25 —
- EaU ordinaire................... 1 litre.
- Démastiquage des vitres. — Il arrive souvent que l’on désire se resservir d’une vitre fixée dans un châssis hors d’usage, et toute personne qui a essayé de pratiquer l’opération du démastiquage sait quelle en est la difficulté, le résultat étant presque toujours de fêler la vitre et de la rendre complètement inutilisable.
- On peut cependant obtenir très facilement le descellement de la vitre par le tour de main suivant. Au moyen d un petit flacon dont le bouchon porte un tube de verre effilé, on verse quelques gouttes d’acide sulfurique étendu de son volume d’eau sur le mastic à enlever. Ce dernier étant à base de craie, ainsi que nous l’avons indiqué dans une précédente recette, l’acide sulfurique décompose le carbonate de chaux, il se produit Une effervescence due à l’acide carbonique mis en liberté qui désagrège l’huile ; àu bout de très peu de temps, le mastic est devenu moü et la pâte peut être enlevée facilement au couteau.
- Pour reconnaître si le courant d’une lampe électrique est alternatif ou continu. — Dans le numéro de La Nature du 8 mai dernier, sous la rubrique Sciences appliquées, il a été indiqué un moyën de recon-
- naître si le courant qui alimente une lampe est alternatif : il suffit d’approcher un aimant qui fait vibrer le filament. Un de nos abonnés nous communique les observations suivantes :
- « Ayant essayé ce procédé, il m’est arrivé de provoquer la rupture du filament, ou de n’observer aucune vibration sur une autre lampe alimentée par le même courant. Il est du reste inapplicable si la lampe est inaccessible.
- Il existe un procédé qu’on peut qualifier strobos-copiqae, d’application plus facile, n’exigeant aucun instrument particulier, et sans danger pour le filament ; applicable même si la lampe est inaccessible, mais à condition qu’elle soit de faible ou moyenne puissance, c’est-à-dire avec fil très fin de tungstène.
- L’éclairage dû à une telle lampe ne paraît continu que grâce à la persistance des impressions lumineuses sur la rétine; tous les objets sont éclairés par intermittences très rapprochées, et il suffit qu’un objet quelconque assez clair et suffisamment étroit soit agité vivement et transversalement devant un fond sombre, pour que sa forme disparaisse dans le cas d’un éclairage continu, mais apparaisse sous forme de cannelures si l’éclairage est discontinu, provenant d’un courant alternatif. L’effet peut être sensible même avec un doigt agité devant un fond très sombre, pourvu qu’il ne soit pas trop gros... et qu’il n’appartienne pas à un nègre à peau mate.
- Les cannelures sont très visibles si l’objet est un cylindre, ou contient un cylindre étroit, poli où verni : clé, cuillère, porte-plume, canne, etc., disposé de manière que la lumière réfléchie paraisse en trait rectiligne. Cet objet, agité vivement devant un fond même relativement clair, donne les cannelures du trait au maximum de netteté.
- Avec une lampe intensive à gros filament n’ayant pas le temps de se refroidir suffisamment entre deux passages successifs du courant, formant en quelque sorte volant de chaleur, ce procédé serait inapplicable. »
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Réponses. — M. Boeswillvvald, à Paris. — i° Le nicke-lage au trempé s’effectue de la façon suivante : Les objets à nickeler sont soigneusement décapés, puis plongés quelques minutes dans le bain de nickelage bouillant, on passe une première fois à l’eau, puis dans une solution faible de carbonate de soude, en dernier lieu on rince à fond et sèche dans la sciure de bois. — 20 Vous pourrez vous procurer de l’alcool comme produit chimique à la maison Chenal et Douilhet, place de la Sorbonne, mais il faudra faire une déclaration que cet alcodl est uniquement destiné à l’usage de laboratoire, ladite maison vous enverra du reste une formule imprimée à cet effet.
- M. A. F., à Montastruc. — i° Les taches que vous avez constatées sur le linge ne sont nullement imputables à la lessive genre Phénix elles proviennent d’un essan-geage imparfait. En principe, on ne doit introduire dans la lessiveuse qu’un linge débarrassé de la majeure partie des impuretés par un dégorgeage à l’eau savonneuse douce, alcalinisée au carbonate de solide, autrement les matières albuminoïdes sont cuites et retiennent dans les mailles du tissu des produits qu’il est impossible de dégager ultérieurement. 20 Le retour de flamme dans les fourneaux dé cuisine a pour but de permettre le chauffage du four, de façon que les gaz chauds entourent celui-ci. Habituellement une trappe à glissière ën communication avec le tuyau d’échappement, lorsqu’elle est fermée, assure cette direction. Une telle disposition ne modifie pas le rendement et ne concerne que l’ütilisâtiôn appropriée de la chaleur.
- M. Michel, à Châtillon-sur-Loire. — i° On peut pré-parerunalcoolat d’absinthe en faisant macérer pendant plusieurs jours dans deux litres et demi d’alcool à 85" les produits suivants :
- Grande absinthe..............a5o gr.
- Hysope (sommités fleuries) ... 5o —
- Mélisse (fleurs mondées) .... 5o —
- Anis vert (semences).........200 —
- Fenouil (semences)........... 5o —
- Lorsqu’on juge que la macération a été suffisante, on ajoute :
- Alcool à 85°......................4 litres.
- Eau distillée.....................4 —
- Essence de badiane................3 gr.
- On colore si on le désire par un peu de carmin d’indigo et de caramel, ajoute une cuillerée à soupe de lait pour coller et filtre après repos de quelques heures. 20 Le véronal n’est autre chose que la diéthylmalonylurée ayant pour formule brute Cs03H12Az2, elle dérive de la malo-
- C3H203
- nylurée ou acidé barbiturique CO -< jp2 > Az2 en remplaçant H2 par deux groupes éthyle C2H3. Sa formule
- décomposée est donc Co <
- C3 H2 O2 (CLIP
- > Az2.
- On obtient le véronal par l’action du chlorure de malonyle sur la diéthylurée. C’est une poudre blanche cristalline, soluble dans 145 parties d’eau froide et dans i2 parties d’eau bouillante, facilement soluble dans l’éther, Palcool bouillant.
- Comme action thérapeutique, lé véronal est un bon hypnotique donnant surtout d’heureüx résultats dans le cas où l’insomnie est liée aux maladies nerveuses les plus diverses, il a aussi, été préconisé contre le mal de mer. Les doses à employer sont de o gr. 20 à o gr. 5o èn cachets, Ou en solution aqueuse (forme la plus active). Il faut toujours aü préalable s’assurer de l’état du foie et des reins.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. de la Boulaye, à Martenet. — La destruction des oiseaux empaillés provient d’une mauvaise préparation de l’animal dont la peau a été insuffisamment enduite de savon arsenical; si vous ne voulez pas remettre à nouveau le sujet entre les mains d’un spécialiste pour un remontage, nous pensons que le mieux serait de l’enfermer pendant quelques jours dans une caisse bien close au fond de laquelle vous auriez déposé quelques tampons de coton imbibés de tétrachlorure de carbone de façon à détruire les mites causes de l’altération. Cette opération serait à renouveler de temps à autre pour éviter la répétition de l’accident.
- M. le Dr Mouret, à Brioude. •— ic Nous donnons d’autre part, dans les Recettes et procédés utiles, une formule pour la préparation des grenades anti-incendiaires. '2° La plupart des extincteurs à projection de liquides sont constitués par un récipient contenant une dissolution de bicarbonate de soude à ioo gr. par litre et d’autre part une ampoule de verre chargée d’environ 120 gr. d’acide chlorhydrique correspondant au bicarbonate, de telle sorte qu’au moment où les deux produits sont en contact, il se dégage de l’acide carbonique qui vient exercer une forte pression sur la dissolution de chlorure de sodium et la projette à grande distance par un petit orifice. Dans le cas de l’extincteur Fleury Legrand, qui est un excellent appareil, l’acide chlorhydrique est contenu dans une ampoule scellée à la lampe d’émailleur de telle façon que les vapeurs d’acide ne viennent pas corroder le métal et que cet acide conserve toute sa puissance chimique ; si donc le remplacement de la solution alcaline est facile, il n’en est pas de même du remplissage et de la fermeture de l’ampoule, lesquels demandent un tour de main spécial, c’est pourquoi il est préférable de se procurer lesdites ampoules toutes préparées chez le fabricant.
- M. Tastet-Capet, à Pouillon, Landes. — Les chéneaux ont été de tout temps une cause d’ennuis par la difficulté de les conserver étanches et le zinc a toujours donné de mauvais résultats, la tôle galvanisée s’écaille et la rouille s’établit dans les parties dénudées en rongeant très rapidement le fer. Nous pensons que le résultat le moins imparfait est donné par la tôle plombée dont le revêtement souple se prête au ploiement. Les maisons suivantes pourront vous en fournir : Nilles, 5 bis, rue du Chemin-Vert; Bind’schedler., n, avenue de Paris, La Plaine Saint-Denis; Nozal, i, quai de Passy, 16e; Lambert, 88, boulevard Magenta, io°. Quant au prix, il est impossible de le fixer, car il n’y a pas actuellement de cours et tout dépend des disponibilités.
- M. A. Choisy, à Arbatache. — L'avenine est une substance analogue à la légumine, elle a été découverte par Johnston dans l’avoine et étudiée par Norton.
- Pour la préparer, on fait digérer dans beaucoup d’eau de l’avoine broyée pendant 12 heures dans un endroit frais, on filtre et on précipite par un peu d’acide acétique. Le précipité lavé est dissous à 5o°-6o° dans de l’ammoniaque étendue, on filtre et reprécipite par l'acide acétique, finalement le précipité est lavé à l’alcool et à l'éther. L’avenine obtenue est jaune soluble dans l’eau, non coagulable par la chaleur. Elle se distingue de la légumine parce que l’acide acétique ne la précipite pas immédiatement mais peu à peu. La solution aqueuse bouillie longtemps se trouble par le refroidissement.
- M. A. Cardot, à Alger. — La difficulté que vous éprouvez à obtenir la formation de la glace dansl’appareil Carré doit avoir pour cause essentielle une obstruction des communications, ce qui est, pourrait-on dire, inévitable, cet appareil fonctionnant depuis si longtemps et nous pensons en particulier qu’elle doit s’être produite dans le tube en cuivre qui part du réservoir en plomb et qui porte le robinet au-dessus de la carafe. Il suffira donc de passer dans ce tube un goupillon à tige souple ou un morceau de rotin fendu à son extrémité, jusqu’à ce que vous soyez assuré que le passage est parfaitement libre. Bien entendu, le robinet devra être démonté pour cette opération et vous vérifierez que la lumière n’en est pas également obstruée.
- D’autre part, le récipient de plomb devra être vidé et rincé à fond, avant d'y remettre de l’acide, car toutes les poussières amenées pendant des années se sont charbonnées et ont dû former un dépôt abondant qu’il conviendra d’enlever.
- M. Ansaldi, à Lyon. — i° Nous vous avons donné dans une précédente Boîte aux Lettres les adresses de
- maisons où vous pourrez vous procurer de la magnétiLe ;
- - 2” Toutes les formules indiquées dans les Recettes de la campagne à la page 228 conviennent spécialement à la d estruction des taupes etdonnentd’excellents résultats, mais comme pour la pêche, la manière de les employer en variant l’appât et en l’adaptant aux circonstances, présente une importance capitale, la réussite en dépeud.
- M. Minvielle, à Paris. — Nous pensons qu’effective-ment le support papier doit être en fibres de mûrier qui sont très résistantes et fort employées en Chine et au Japon, mais pour répondre avec certitude, il faudrait avoir en main le produit en question ; quant à l’enduit il s’agit sans doute d’un vernis à l’acétate de cellulose ou à la viscose, vous pourriez essayer de la formule suivante :
- Acétate de cellulose. . 5o grammes.
- Triacétine ...... 80 —
- Couvrir d’acétone, laisser digérer 24 heures, puis ajouter à nouveau de l’acétone jusqu’à consistance convenable pour l’emploi. On peut à volonté modifier la souplesse en augmentant ou diminuant la quantité de triacétine qui joue le rôle de plastifiant.
- M. le Dx Bru, à Toulouse. — Aucun des métaux courants ne peut résister à un chauffage en présence du soufre, le mieux pour remplacer le verre trop fragile serait de se servir de récipients en porcelaine que I on fabrique aujourd’hui couramment et de toutes formes. Voir porcelaine de Bayeux, 10, passage des Petites-Ecuries ; Maison Morlent.
- M. J. D., à Alger. — 1° C’est de tout temps que, dans les pays viticoles, les marcs de raisins ont été employés dans l’alimentation du bétail. Dans son « Théâtre d’agriculture )>, Olivier de Serres en faisait déjà mention. Le marc distillé a les mêmes propriétés nutritives que le marc sortant directement des pressoirs. La valeur alimentaire du marc est au moins égale à la moitié de celle du foin de pré.
- Il n’y a pas de transformation particulière à faire subir à ces résidus destinés à l’usage dont il s’agit; au moment de la consommation, on les distribue avec addition de 2 à 5 pour 100 de leur poids de sel gris dénaturé pour le bétail, et en mélange avec du son, de la farine ou des tourteaux.
- Pour les conserver, on les ensile dans des cuves en bois ou en maçonnerie, en les y entassant par couches successives bien tassées et saupoudrées de sel. Ces silos sont recouverts de paille et chargés avec des madriers et des pierres ; ils se conservent ainsi plusieurs mois sans risque d’altération. A moins qu’on veuille préparer des marcs mélassés, il n’est pas nécessaire de recourir à des procédés spéciaux pour faire consommer ces résidus par les bœufs, les chevaux et les moutons, etc.
- Les marcs mélassés se préparent de la façon suivante : avant d’être mélangés à la mélasse, on les met sécher complètement à l’air, après quoi ils sont hachés ou broyés ; ils absorbent facilement, dans cet état, un tiers de leur poids de mélasse; on compte 4° kg de mélasse verte pour 100 kg de marcs. Portée à une température de 80 à 900, cette mélasse devient très fluide et, par un brassage énergique, s’incorpore très facilement aux marcs broyés. Le produit obtenu est sec, très maniable et de parfaite conservation; il renferme, par xoo kg, i5 à 16 kg de sucre, et équivaût, à peu près, poids pour poids, à l’avoine. Avant la guerre, le commerce livrait le marc mélassé au prix de 10 à 12 fr. environ, les 100 kilogrammes.
- 20 Nombreuses sont les expériences faites et les études publiées sur cette question, dès i85o. Voyez notamment celles de Henri Marès (Coste-Floret. Les résidus de la vendange), Degrully (Annales agronomiques 1877), Miintz (Annales de la Science agronomique, 1894, t. I), Paturel, L’utilisation rationnelle des marcs de vendange, 1903 ; les nombreux articles publiés dans le Progrès agricole et viticole de Montpellier, la Revue de Viticulture, le Journal d’Agriculture pratique (26, rue Jacob, Paris, 6°);, et les ouvrages sur la question (Coulet, éditeur, 5, Grand’Rue, Montpellier).
- Voyez aussi au Syndicat' des viticulteurs, 3, rue Pélissier, à Alger.
- 3° Comme industriels s’occupant des marcs mélassés, voyez la société, La Vigneronne des Pyrénées, 46, rue de Provence, Paris, 8°. Avant la guerre, il y avait à Ay-Champagne (Marne) une Société des Fourrages sucrés champenois, préparant et vendant les marcs de
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- BOITE AUX LETTRES j
- raisins mélasses, et à Nancy, une Société de vignerons ayant le même but.
- M. E. H., à. Bourg-Saint-Léonard. — Il nous apparaît, d’après les quelques caractéristiques que vous nous donnez, que l’insecte en question appartient à la famille des Ptiniens du genre Yrillette. Toutefois, vous pouvez être renseigné très exactement en vous adressant à M. le professeur Crié, de la Faculté des Sciences de Rennes (I et Y), un spécialiste en cette matière.
- Pqur préserver les bois de charpente, aussi bien contre la pourriture du sol et les champignons, que contre certains insectes rongeurs, M. le professeur Hqnry, de l’Ecole Nationale des Eaux et Forêts, conseille d’utiliser, soit les carbolineums, soit le microsol (ce dernier d’origine allemande). Vous trouverez facilement les premiers chez un bon droguiste.
- Nous appelons votre attention sur le fait que, dans le cas qui vous préoccupe, les bois ne sontpas àpréserver, mais
- qu’ils sont déjà attaqués et que vous ignorez l’importance de cette attaque, au point de vue de la résistance de votre charpente. Il serait bon que vous fassiez examiner cette dernière par un architecte ou à défaut par un bon maître-charpentier.
- M. le vice-consul de France, à Djerba. —- Il nous paraît indiqué dans votre région d’installer des roues à vent. Dans l’article sur les moulins vous pouvez juger de la puissance des appareils qui peuvent actionner une pompe, une chaîne hélice. Pour faire un devis exact il faut connaître le débit demandé pour le puits considéré, la hauteur des obstacles environnants; maisons, arbres, etc. Il est facile d’arriver à un prix de revient meilleur que celui que vous nous indiquez. Le rédacteur de l’article des moulins pourra vous donner tous renseignements utiles. Vous pourriez demander des devis à la maison Aarou frères, à Narbonne, qui est celle qui se trouve le plus à proximité de votre région.
- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandaUposte ou autre valeur sur Paris, augmentée de io°/o pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ..
- Les états physiques de la matière, par Ch. Maurain. i vol. in-16, 127 p. Nouvelle Collection scientifique. Alcan, Paris. Prix net : 5 fr. 75.
- On sait comme l’évolution des idées a été rapide en ce qui concerne les états physiques de la matière. Cet ouvrage résume clairement nos conceptions actuelles sur l’état gazeux, les ions, l’état liquide, les cristaux et l’état, cristallin, la structure générale des corps solides, les changements d’état des corps solides, la cristallisation, l’anisotropie produite par actions extérieures, les cristaux mous, les cristaux liquides, les liquides cristallins, les propriétés des couches superficielles et des lames minces, les couches de passage,, les mélanges homogènes et hétérogènes, l’état colloïdal.
- La crise du combustible et ses remèdes, par Aimé Witz. 1 vol. in-8, i63 p. Doin, Paris. Prix : 5 francs.
- La crise actuelle du combustible s’ajoutant au manque de main-d’œuvre gêne considérablement la reprise de notre activité économique. L’auteur examine ce problème et ses remèdes, Après un exposé de la situation, il trouve la fin de notre gêne dans les économies et restrictions, l’utilisation des succédanés et adjuvants de la houille, un meilleur rendement des appareils industriels. Riche de faits précis, clairement exposés, ce livre est de toute actualité.
- Notes ptéridologiques, fasc. YIII et IX, par le prince Bonaparte. 2 vol. in-8, 197 et 101 pages.
- Description des fougères de l’Indochine et de Madagascar.
- Observations et expériences faites sur les animalcules des infusions, par Lazare Spallanzani. 2 vol. in-18, io5 et 122 p. Collection des maîtres de la pensée scientifique. Gauthier-Yillars, Paris. Prix : 3 francs chacun.
- Les mémoires et les livres anciens sont difficiles à trouver et consulter; cependant ils renferment souvent des observations importantes, essentielles, qu’on aurait tort d’ignorer ou qu’on perdrait beaucoup de temps à refaire. C’est pour tirer de l’oubli les œuvres maîtresses du passé que cette collection a été créée. Les deux volumes consacrés à Spallanzani reproduisent ses observations et expériences sur les infusoires et les rotifères, publiées en *777, par lesquelles il démontre, avec une clarté et une précision qui font songer à Pasteur, qu’il n’est pas de génération spontanée.
- Le mouton. Exploitation rémunératrice du troupeau, par Henry Girard et Georges .Iannin. i vol. in-16, 333 p., 25 fig., 10 cartes, 19 pl. Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : i5 francs.
- Ouvrage très complet qui vient à son heure, au moment où l’on cherche, en développant l’élevage du mouton, à augmenter notre production de viande, laine et cuir pour diminuer nos importations. Les auteurs examinent les possibilités d’accroître le troupeau, le choix des races, les moyens d’achat, d’engraissement, de transport, de ventes, les maladies, les bergers et leurs chiens ; ils terminent par des listes d’éleveurs, de marchés, de commissionnaires, si bien que leur livre est un manuel pratique où l’on peut trouver tous les renseignements utiles.
- Les peuples d’Extrême-Orient : la Chine, par Emile Hovelacque. i vol. in-i6, 286 p. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix net . 6 fr. 75.
- Essai très sincère et très vivant pour dégager avec sympathie l’âme chinoise qui nous est si mal connue.
- L’auteur examine les rapports de la Chine avec l’Europe, puis la Chine telle qu’on la voit du dehors, ensuite la civilisation chinoise : origines, histoire, religions, constitution, art; les relations extérieures de l’immense pays, enfin la Chine nouvelle de la République et ses possibilités d’évolution.
- Les clauses du travail dans le traité de Versailles (28 juin 1919). Les décisions de la Conférence de Washington (novembre 1919), par. Justin Godart. 1 vol. i3><2i de 229 p. Dunod, éditeur. Paris, 1920. Prix net : i5 francs.
- M. Godart expose en détails les clauses du travail contenues dans le traité de Versailles. L’ouvrage est complété par les décisions de la Conférence générale de l’organisation internationale du travail de la Société des Nations, qui s’est réunie à Washington en octobre et novembre 1919.
- Guerres militaires et guerres sociales, méditations, par Marie Bonaparte, i vol. in-18, 240 p. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix : 6 fr. 75.
- Suite de réflexions profondes et judicieuses sur les questions actuelles : l’appel aux armes, l’arrêt devant Paris, le mirage Oriental, l’équilibre de la Yie, la défaillance des Slaves, l’explosion de l’anarchisme russe, la grande lassitude de la Russie, l’esprit oriental et l’esprit occidental, les conflits d’idéal, la pensée d’action et la pensée de réflexion, la révolte prolétaire, le combat du Bolchevisme contre la nature humaine, les élites attardées et les révolutions, la valeur économique du caractère et de la pensée, les hommes blancs, les hommes jaunes.
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- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
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- N° 2421
- 28 Août 1920.
- L’aéroplane à la conquête de la haute atmosphère. <— Le record de hauteur en aéroplane est tenu actuellement par un Américain, le major Schroeder dont nous avons déjà signalé les remarquables performances. La « Général Electric Review » donne sur ces exploits aériens quelques détails explicatifs. L’aéroplane du major Schroeder était un biplan Lépère, muni d’un turbo-compresseur alimenté par les gaz d’échappement du moteur, et surcomprimant l’air préalablement à son admission dans le moteur, de façon à contre-balancer l’influence de la raréfaction atmosphérique. Cette question du vol à altitude variable a fait, à partir de 1917, l'objet de nombreuses études en Amérique. La solution par le turbo-compresseur, préconisée et étudiée en France par M. Rateau, séduisit un certain nombre de constructeurs des Etats-Unis qui abordèrent à leur tour le problème : parmi les tentatives faites à ce sujet, on peut signaler celles de M. S. Sherbondy, celles de la Slur-tevant CJ, Boston, et enfin celles de M. Moss, ingénieur de la General Electric C", qui a réussi à mettre au point un turbo-compresseur donnant toute satisfaction. C’est d’un appareil de ce type qu’était muni le biplan du Major Schroeder. Cet avion sans turbo-compresseur donnait une vitesse de 112 km. à l’heure à l’altitude dé 6000 m. au-dessus du niveau de la mer. Avec le turbocompresseur, il fit 192 km. à 6600 m.
- Le major Schroeder commença ses ascensions avec un passager, le L‘ Elsey; le 4 octobre 19x9, il réussit à atteindre l’altitude de 9692 m. Le 27 février 1920, dans un vol sans passager, il atteignait l’altitude de 11012 m, A ce moment l’appareil respiratoire à oxygène de l’aviateur eut une panne. Le major Schroeder perdit le contrôle de l’avion et celui-ci tomba de 8 km en 2 minutes; c’est-à-dire à la vitesse fantastique de 240 km à l’heure. Heureusement, l’aviateur put reprendre connaissance à environ xooo m. d’altitude, et faire un atterrissage correct, après quoi il s’évanouit à nouveau. Les appareils enregistreurs montrèrent qu’au moment de l’accident, l’avion montait encore à raison de 38 m. par minute, il est probable qu’il eût pu dépasser l’altitude de 12 000 m.
- L’eau morte. — Les marins norvégiens parlent souvent d'un étrange phénomène qu’ils appellent « eau morte » et qui fait que, sans cause visible, le navire perd sa vitesse et ne gouverne plus. Le Fram rencontra à trois reprises l’eau morte pendant l’automne de 1890, au lai'ge de la côte de Sibérie, devant la presqu’île de Talmyr. Le professeur Bjerknes, à qui Nansen demanda l’explication du phénomène, pense que lorsqu’une couche d'eau douce ou saumâtre surmonte une couche d’eau salée, un navire ne produit pas seulement des vagues à la limite de séparation de l’eau et de l’air, mais aussi à la limite de séparation des deux couches d’eau de densités différentes, et que la grande, résistance éprouvée par les navires est due au travail employé pour produire ces vagues invisibles. Si la vitesse est plus grande, les vagues disparaissent et, avec elles, la résistance qu’elles occasionnaient.
- M. W. Ekman, sur les conseils de M. Bjerknes, étudia de très près cette question intéressante, non seulement par le calcul, mais aussi expérimentalement, et il publia un travail que nous résumons d’après le Mouvement géographique. Ses expériences ont confirmé les vues de M. Bjerknes.
- Le phénomène de l’eau morte ne se produit que là où la mer est recouverte d’une couche convenable d’eau douce ou saumâtre ; il est plus connu en Norvège que dans les autres contrées.
- Un navire qui entre dans l’eau morte à une vitesse faible ou modérée refuse généralement d’obéir au gouvernail et perd presque toute sa vitesse; l’effet apparaît toujours brusquement. « Le bateau avançait si lentement, dit Nansen, que je pensai à aller en avant à la rame pour tirer un phoque. Pendant ce temps, le Fram s’approchait lentement du bord de la glace avec sa machine marchant à toute vitesse ; on la stoppa seulement à une longueur de bateau de la glace et il sembla que le bateau était attiré en arrière et c’est à peine si le
- Fram toucha la glace. Il avait alors un tirant d’eau de 5 m. au plus. Sa vitesse ordinaire en eau calme et à pleine pression était alors 4.5 nœuds, peut-être 5 (8 à 9 km à l’heure). Je m’assurai moi-même que la machine avait bien marché à toute pression et à toute puissance. » 1
- L’eau morte a un effet d’autant plus intense que la différence de densité entre les deux couches d’eau est plus grande ; 1 effet était maximum sur le Fram l’eau de la surface étant potable, tandis que l’eau dé mer pure arrivait au niveau de la chambre des machines.
- Dans les fjords de Norvège ce cas se produit souvent et le phénomène y est très marqué ; il est, en particulier, à redouter à l’embouchuife du Glommen, dans le district de irondhjem, et les remorqueurs doivent en tenir compte. Des navires en apparence semblables, se suivant à peu d’intervalle dans les Énêmes eaux, ne sont pas tous pris par tf’eau morte. Naturellement, le tirant d’eau joue un rôle important.
- Les marins pris en eau morte ont essayé de tous les moyens pour en sortir : changer de route, pomper violemment, verser du pétrole à l’avant du navire, etc. voire même tirer des coups de canon dans l’eau. Le tout reste généralemënt sans effet. L’agitation de l’eau avec des rames ou le traînage d’une seine le long du bord sont des procédés qui comptent quelques succès.
- Il ressort de l’expérience des marins et des recherches de M. Ekman que lorsqu’un vapeur est pris dans l’eau morte, le mieux est de stopper un instant, et, avant que les vagues de limite aient disparu, de marcher brusquement à toute vitesse en avant.
- En dehors des fjords de Norvège, M. Ekman cite un cas d’eau morte près de l’île de Vancouver et d’autres devant les embouchures des grandes rivières des deux Amériques. L’enquête à laquelle il s’est livré, a fait connaître un cas d’eau morte en Méditerranée, dans l’archipel grec, à 12 milles au sud-ouest de l’île de Cé-rigo. M. Ekman pense qu’il faut sans doute rapporter à des cas analogues quelques anciennes histoires qui apparaissent comme des fables. Ainsi Pline raconte que l’empereur Caligula, dans son voyage d’Astura à An-tium, fut retardé parce qu’un seul navire de toute sa flotte était arrêté et ne pouvait avancer. On trouva un rémora, curieux poisson muni de ventouses, fixé au gouvernail. Quand le poisson fut détaché et apporté devant l’empereur, au grand étonnement de celui-ci, son pouvoir avait disparu et le bateau put être remis en marche. C’est encore un rémora qui arrêta, dit-on, à la bataille d’Actium, le navire d’Antoine, si bien que celui-ci fut obligé de monter sur un autre vaisseau.
- Les cas d’eau morte sont certainement peu fréquents dans la Méditerranée et il n’est pas impossible que ceux qui ont été signalés aient quelque rapport avec de puissantes sources sous-marines d’eau douce.
- La fabrication de l’acier au four rotatif. — La
- presque totalité du fer ou de l'acier utilisé dans le monde est aujourd’hui fabriquée à partir du haut fourneau. Dans cet appareil, le minerai brut est amené à l’état de fonte, qui ensuite, par divers traitements, four-, nit toutes les gammes de fontes, aciers, ou fers utilisés dans la pratique. Ce procédé d’élaboration, pratiqué depuis plus d’un siècle, a été amené, à la suite d’études et de progrès incessants, à un tel degré de perfection qu’il peut aujourd’hui sembler immuable. Une industrie gigantesque gravite autour du haut fourneau qui est devenu non seulement un appareil d’élaboration du métal, mais encore un gigantesque gazogène, somme de force motrice et de chaleur. "
- Nous apprenons que des procédés nouveaux tout différents viennent de voir le jour; s’ils reçoivent la consécration de la pratique, ils provoqueront une véritable révolution dans l’industrie sidérurgique. La méthode nouvelle imaginée par M. Basset consiste à produirë directement l’acier à partir du minerai, par traitement dans des fours rotatifs analogues aux fours utilisés aujoui'd’hui dans l’industrie du ciment. C’est en quelque sorte un retour à la vieille méthode ancestrale du four catalan. Des tentatives du même ordre ont déjà été
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- INFORMATIONS
- faites, il y a une cinquantaine d’aunées, par W. Siemens. Mais les températures que l'on pouvait alors réaliser dans des fours étaient insufiisantes pour amener le fer à son point de fusion, et les résultats n’ont pas répondu aux espoirs des chercheurs. Aujourd’hui, au contraire, grâce à l’emploi du charbon pulvérisé, et aux perfectionnements réalisés dans la construction des fours à ciment, on atteint facilement dans ceux-ci les températures nécessaires. L’instrument indispensable existe donc. Les travaux de M. Basset ont consisté à l’adapter au traitement du minerai de fer. Les premiers essais ont été faits à l’usine de ciment Lavocat, à Dennemont.
- La Journée Industrielle donne sur les procédés Basset les renseignements suivants.
- M. Basset a repris l’emploi du four rotatif, en utilisant le mode de chauffage au poussier de charbon, combiné au réchauffage de l'air de combustion, pour la réduction des minerais de fer pulvérulents par le charbon pulvérisé, le mélange étant fait en quantités rigoureusement dosées. La caractéristique du procédé réside dans le fait que le réglage de l'air de combustion est fait de manière que la combustion ne fournisse pratiquement que de l’oxyde de carbone.
- Dans ces conditions, la réduction, limitée autant que possible aux oxydes de fer, donne, sans perte excessive de fer dans la scorie, une éponge de fer qui est fondue dans la partie la plus chaude du four, sans qu’elle puisse s’y carburer ni s’y réoxyder. Ce métal peut être, après séparation du laitier par différence de densités, re^u sur la sole d’un fopr d’affinage. La partie antérieure du four rotatif, placée sous la tuyère à charbon pulvérisé, peut aussi constituer, comme cela a été le cas dans les premiers essais faits à Dennemont, un avant-creuset tournant, où le métal liquide peut, après évacuation du laitier, être affiné par substitution à ce laitier d’une scorie appropriée, en même temps qu’en rendant la flamme légèrement oxydante ou réductrice, on peut accélérer l’affinage ou provoquer une carburation du métal.
- Les premiers essais faits à Dennemont ont montré la possibilité d’obtenir, en partant des résidus de grillage des pyrites, de l’acier utilisable. Pour le moment, la société qui s’est constituée pour mettre au point les procédés Basset se propose de réaliser la fabrication de la fonte Spiegel et du ferro-manganèse.
- Si elle réussit sur ce point, il lui restera, dit la Journée industrielle, à mettre au point le procédé Basset proprement dit, c’est-à-dire à démontrer qu’il permet de traiter économiquement tous les minerais et qu’il peut concurrencer, ou même détrôner comme l’espère l’inventeur, au point de vue du prix de revient, l’ensemble : haut fourneau, convertisseur, moteurs à gaz, moulins à scories Thomas.
- Les avantages principaux du système Basset seraient les suivants : économie de combustible, et surtout possibilité d’employer dans le four rotatif des charbons à peu près quelconques ; tandis que le haut fourneau exige du coke, c’est-à-dire un combustible ayant subi une première transformation à partir de la houille brute, transformation à laquelle ne se prêtent que certaines qualités de charbon defferre.
- L’air comprimé pour combattre les vagues. —
- Les vagues qui déferlent sur les côtes, ou sur les ouvrages des ports de mer, ont souvent une puissance qui les rend capables de produire les effets les plus destructeurs. Aussi est-on conduit à créer des dispositifs de protection; jusque maintenant ces dispositifs ont consisté en coûteux ouvrages de maçonnerie qui brisent les vagues avant leur arrivée sur le point à protéger. On expérimente actuellement aux Etats-Unis un procédé qui paraît plus simple et moins dispendieux; il consiste à créer, au lieu d’un barrage en maçonnerie, un barrage d’air comprimé. Des tubes perforés sont placés en avant des ouvrages à protéger et à une profondeur convenablement choisie ; lorsque la mer devient trop violente, on envoie dans ces tubes de l’air comprimé ; les vagues sont brisées avant d’avoir pu produire leurs effets destructeurs. M. G. F. Paul donne dans le Seien-tific American quelques détails sur les essais effectués avec ce dispositif. Les premiers ont été réalisés sur un fond boueux dans le port de New-York, au moyen de tubes immergés à une profondeur de 9 à 10 m.. Ils avaient pour but de déterminer les dimensions les plus
- favorables à donner aux orifices d’échappement de l’air comprimé. La deuxième installation fut faite à l’extrémité de la jetée d’Atlantic City, sur un fond de sable, à une profondeur d’environ 6 m. Une autre installation fut faite à l’extrémité du promontoire de New-England, dans 1 île Crotch (Etat du Maine). Le jour des essais, les vagues étaient si fortes que les embruns passaient au-dessus des arbres plantés le long de la côte. Quinze minâtes après la mise en service du dispositif, on pouvait passer en canot dans la zone d’action de l’air comprimé ; la mer y était parfaitement calmée. La dernière installation réalisée est celle de El-Segundo (Californie) pour y protéger la jetée. Celle-ci, qui mesurait originellement 1200 m. de long, avait été partiellement enlevée au cours d’une tempête qui en avait détruit une longueur de 600 m. On essaya la méthode de l’air comprimé pour sauver le restant de la jetée. On se servit de 3 séries de tubes perforés, la première longue de 40 m. placée parallèlement à la jetée à 45 m. en avant de celle-ci; les deux autres, longues chacune de 3om., étaient placées perpendiculairement à la jetée, en avant de son extrémité, l’une à droite, l’autre à gauche. Ce dispositif a jusqu’ici très bien protégé la digue menacée; en outre, il permet aux navires de venir s’ÿ amarrer sans difficultés par gros temps.
- La protection du fer par le cadmium. — Le cadmium est un métal voisin du zinc;.il était donc naturel de songer à le substituer à ce dernier pour protéger le fer par galvanisation. Des essais ont été effectués par la Direction des Inventions; M.Grès, dans le Bulletin des Inventions, indique que ces essais ont permis de constater que le cadmium est moins altérable que le zinc soit par l’air humide, soit par les acides ou l’eau de mer. De plus le cadmium peut être utilisé en couche mince, à raison de 35 gr. par mètre carré, ce qui fait que l’opération est assez peu coûteuse, malgré" le prix élevé de ce métal. Le dépôt est très adhérent et le cadmium est assez plastique pour que les pièces ainsi protégées puissent être embouties ou courbées sans déchirure de la couche protectrice.
- Concours organisé par la Ville de Paris en vue de l’utilisation rationnelle des combustibles. — 11
- est ouvert, sous les auspices de la Ville de Paris, un concours ayant pour but de rechercher, de généraliser ou de rendre pratiquement réalisables les moyens propres à atténuer la crise des combustibles, notamment par une utilisation plus rationnelle de la houille, de ses dérivés et de ses diverses autres sources d’énergie transformables en chaleur, lumière ou force motrice.
- Ce concours comprend deux parties :
- i° Propositions pouvant donner des résultats immédiats.
- Dépôt des propositions : le 10 septembre 1920, à 18 heures au plus tard.
- Décision du Jury : octobre 1920.
- Exposition publique : octobre-novembre 1920.
- Sont appelés à participer à cette première partie ceux qui possèdent déjà des moyens permettant soit de fabriquer en quantité appréciable, avant la période critique de l'hiver, les appareils qu’ils proposent, soit d’assurer la mise en fonctionnement ou en pratique, pour la même époque, des procédés économiques qu’ils envisagent, soit encore de constituer rapidement des approvisionnements de tel ou tel combustible de remplacement facilement transportable à Paris.
- 20 Propositions dont la réalisation pratique ne peut être immédiate.
- Dépôt des propositions : le 3i décembre 1920, à 18 heures au plus tard.
- Décision du Jury : avril 1921.
- Exposition publique : avril-mai 192F.
- La participation à cette deuxième partie du concours intéresse les concurrents qui, faute de moyens d’action immédiats, ne pourraient présenter leurs propositions utilement en première série, et ceux qui ont trouvé une solution pratique aux nombreux problèmes posés par la crise des combustibles.
- Peuvent concourir tous les Français et les ressortissants des pays faisant partie de la Société des Nations.
- Une somme de 100 000 francs est mise à la disposition du Jury pour l’attribution des primes.
- S’adresser à l’Hôtel de Ville. Caserne Lobau (Office des charbons).
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- Wagonnets à mécanisme intermittent. — Pour certains appareils jouets, on peut avoir à réaliser des mouvements mécaniques, des contacts électriques intermittents, et pour cela il existe nombre de combinaisons qu’un jeune amateur adroit aura plaisir à réaliser. Nous allons décrire une manière de construire un plan incliné
- ressort
- ressort
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- avec un wagonnet, qui, d'une façon automatique, montera et descendra, grâce à la gravité. Ces mécanismes ont été réalisés, ils fonctionnent parfaitement et constituent, pour leurs jeunes constructeurs, un passe-temps agréable, fertile en applications variées.
- Comment faire descendre et remonter sur un plan incliné un wagonnet et cela automatiquement ? simplement en le chargeant en haut de la rampe, en le déchargeant en bas et en le forçant à remonter à vide, au moyen d’un câble qui le relie à un contrepoids. Le contrepoids ne devra pas être trop grand pour permettre au wagonnet plein d’avoir une action prépondérante et de redescendre le plan incliné.
- L’appareil le plus simple, que nous avons fait construire suivant ce principe, utilise le sable fin pour le remplissage du wagonnet.
- On commence par établir un plan incliné (fig. i) sur
- tso/anf
- sonnerie
- fihre/pd'caoutchouc^
- . ü et 3.
- lequelïon dispose, soit des rails d’un petit chemin de fer jouet, soit simplement des petits fers oü cornières laiton qui constitueront la voie.
- Lé wagonnet en bois aura une forme de prisme oblique, le fond étant parallèle au plan incliné. Il sera monté sur deüx pairés de roues, qu’on fabriquera soi-même OU qu’on prendra sur un wagonnet de petit chemin de fer.
- Là paroi la plus basse du wagonnet sera articulée, de manière qu’à la descente, à fin de Course, une butée fasse basculer cette paroi, afin de vider le wagonnet. Ce dernier est attaché à une cordé, qui passe sur une poulie. Un poids est suspendu â cette corde ; il est suffisant
- pour remonter le wagonnet vide et insuffisant pour le mouvoir plein, afin de permettre au wagonnet plein de redescendre.
- Pour le remplissage en haut de la course, on dispose un sablier, dont le fond est à charnière, et est maintenu normalement par un ressort. Le wagonnet qui remonte
- fait basculer cette trappe en butant sur une petite pièce en équerre et le remplissage se fait.
- Quand il est suffisant pour vaincre l’action du poids et des frottements, le wagonnet commence à descendre et la trappe se referme.
- On peut faire produire à ce système un contact électrique d’une façon originale, reposant sur le principe du joint isolé, qu’on applique dans les signaux de chemin de fer.
- Pour cela une section de la voie est isolée électriquement et les deux rails sont isolés l’un de l’autre au moyen de plaquettes de fibre judicieusement placées (fig. 2). Deux petites bornes permettent de relier à chaque rail les extrémités d’un circuit comportant une batterie de piles et un appareil d’utilisation, qui ici est une sonnerie (fig. 3).
- Normalement, ce circuit est ouvert; quand le wagonnet passe sur la seGtion isolée, le circuit sè ferme au moyen des roues et de l’essieu métallique, qui réunit électriquement les deux rails. Par suite, la sonnerie tinte chaque fois que le véhicule passe sur la section.
- Un appareil plus complet a été construit avec deux wagonnets, permettant l’emploi d’eau au lieu de sable.
- Le principe reste le même, mais le poids est remplacé par un deuxième wagonnet.
- Les deux véhicules sont reliés par un câble (fig. 4) qui passe d’abord sur des poulies de renvoi (fig. 5), puis sur un grand tambour. Un chariot vide monte quand l’autre plein descend, un chariot se vide quand l’autre se remplit.
- Le réservoir d’eau est monté surun pylône qui porte aussi le tambour pour le câble (fig. 6). Il comporte deux ouvertures permettant le remplissage des chariots ; elles sont fermées par des bouchons coniques en caoutchouc appliqués par un jeu de ressort et dè levier(fig. 7).
- Les wagonnets portent des galets qui appuient sur le levier et ouvrent l’orifice par où peut couler le liquide ! qui doit les remplir.
- Le wagonnet a sa partie supérieure horizontale, étant donné qu’il sert à transporter du liquide (fig. 8). Le déchargement se fait instantanément, car les rails s’incurvent à fond de course (fig. 9) ; il en résulte un mouvement brusque de chute, ce qui permet au wagonnet qui remontait d’agir énergiquement pour ouvrir le
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- trou du réservoir qui correspond à son remplissage.
- On peut à volonté disposer sur les voies des sections de rails isolés ou bien utiliser également le mouvement de rotation alternatif produit sur l’arbre du grand tambour; enfin, on peut prévoir avec ce moteur alternatif
- ressort
- Organe de commande du ôouchon
- P/en ou fond de /a cm avec /es 2 orif/ces
- d’abandonner dans la rue une automobile sans gardien, et cependant, tous les propriétaires d’auto ne peuvent avoir un chauffeur ou un domestique qui assure la garde de leur voiture.
- Les inventeurs se sont donc mis à l’œuvre pour rendre la sécurité aux automobilistes.
- Le « Flic » est un appareil robuste et très simple, qui semble très efficace.
- Il consiste en une sorte de bras fixé par des boulons
- Fig. 10. — Le
- et intermittent toute combinaison mécanique que l’on voudra et qui développera certainement l’esprit inventif
- de celui qui voudra y réfléchir quelque peu.
- C’est ce résultat que nous avons en vue en décrivant ce mécanisme qui n’est après tout qu’un jouet, mais dont le principe est peut-être susceptible d’applications pratiques.
- Nous n’avons pas insisté outre mesure sur la façon pratique de con-* F*g- 8 struire les différentes
- parties mécaniques ou la charpente de l’appareil, car nous pensons que [les croquis nombreux que nous produisonsj peuvent donner
- Fig. 9-
- /
- des indications suffisantes. Ceux-ci, joints à l’examen de la fonction que doit remplir chaque pièce, suffiront, au moyen d’un peu de recherches et de jugement, à déterminer exactement la forme et la nature de toutes les parties élémentaires du mécanisme.
- Automobilisme
- Pour empêcher le vol des automobiles : Le Flic; le Blocoto Pittet. — Il n’est pas prudent aujourd’hui
- à la carrosserie et se terminant par une pince C dont les mâchoires viennent enserrer et immobiliser le volant. Un cadenas dont l’anneau passe dans les trous D percés à travers les deux mâchoires rend alors inviolable la fermeture de la pince. Le bras est monté sur rotule A et pourvu d’une glissière B. Ces deux organes permettent de l’adapter à toute voiture.
- L’inventeur du Blocoto, M. Pittet, s'est préoccupé du même problème, mais il a eu surtout en vue de rendre impossible le vol à la remorque, que le précédent système ne rend pas absolument impraticable, et qui reste très facile avec des dispositifs de sûreté, tels que blocage de la manivelle de mise en marche, rupture du courant d’allumage, ou de l’arrivée d’essence.
- Le dispositif Pittet consiste à placer le frein à la position de freinage et à empêcher qu’il ne puisse être ramené à sa position normale.
- A cet effet, une barre articulée de longueur réglable immobilise le frein dans sa position de freinage en pre-
- Le « Blocoto » Pittet.
- Fig. ii.
- nant appui sur le levier de changement de vitesse en prise.
- En outre de la barre articulée, le dispositif comprend deux colliers d’attache aux leviers dont l’immobilité est assurée par des vis qui se trouvent cachées à la fermeture de l’appareil.
- Celle-ci est réalisée par une serrure Yale fixée à l’extrémité de la barre articulée.
- Le Flic est en vente chez Hamon, 167, boulevard Pe-reire, Paris. Le Blocoto Pittet est en vente chez Edouard Pittet, 2, quai de la Râpée, Paris.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN SEPTEMBRE 1920 0
- Mois calme, si nous pouvons dire, au point de vue des phénomènes astronomiques, et qui contraste singulièrement avec les trois suivants, comme nous le verrons dans les prochains Bulletins. Quelques occultations d’étoiles par la Lune vers la fin du mois.
- I. Soleil. — Le a3 septembre, à 8,128m, le centre du Soleil traversera l’équateur, passant de l’hémisphère céleste nord dans l’hémisphère sud. C’est le moment de Y Equinoxe d’automne. A cette époque, la durée de présence du Soleil sur l’horizon — à la réfraction près — est égale à celle de son absence, les nuits et les jours ont sensiblement la même longueur. La déclinaison du Soleil, de 4~8°i8' le ier septembre à midi n’est plus que de — 20 47' le 3o. La durée du jour, qui était de i3h 24“ le ier> tombe à 111’ l\im le 3o, cette diminution est surtout sensible le soir.
- Parallaxe horizontale du Soleil, le 12 septembre : 8",75 ; le 27 : 8",78.
- Distance du Soleil à la Terre, le 12 septembre : x 5o 410 000 km ; le 27 septembre : 149 780000 km.
- L’activité solaire esttrès ralentie en ce moment, le dernier maximum s’étant produit vers 1917- On n’en continuera pas moins l’observation quotidienne de la surface, en se conformant aux indications données dans les précédents Bulletins. Comme nous l’avons vu, la photo graphie est un auxiliaire très précieux pour obtenir rapidement des documents de haute précision pour l’établissement de la statistique du nombre et de l’étendue des taches solaires.
- Lumière zodiacale. —
- On peut l’observer à présent, dans les nuits claires et sans la présence de la Lune, le matin, avant l’arrivée de l’aurore. Elle s’étend commeunimmense fuseau le long de l’écliptique, à travers les constellations zodiacales, le Lion, les Gémeaux et le Taureau. La lumière zodiacale n a pas la même apparence le soir au printemps, et le matin à l’automne : elle se termine en pointe plus effilée le matin, alors que le soir, l’extrémité la plus éloignée du Soleil est plutôt arrondie. On s’attachera à fixer sur une carte céleste le contour exact de la lueur. Essayer des mesures photométriques des diverses parties.
- M. Quénisset a obtenu en igo3, à son observatoire de Nanterre, de bonnes photographies de cette lueur en utilisant comme objectif un condensateur de lanterne de projection diaphragmé de moitié environ. Un tel condensateur a un champ considérable et un diamètre très grand par rapport à la longueur focale. Toutefois, l’emploi des condensateurs ordinaires ne va pas sans de sérieuses difficultés. Les aberrations sont énormes et donnent des défoi’mations très préjudiciables à la netteté. D’autre part, l’épaisseur des lentilles, en verre vert la plupart du temps, donc absorbant les rayons les plus photogéniques, vient contre-balancer, dans une très large mesure, la grande quantité de lumière concentrée au foyer. Il y a, malgré tout, un parti à tirer de ces condensateurs et nous le signalons à nos lecteurs.
- La durée des poses est de Tordre de 5 à i5 minutes sur des plaques extra-rapides. Pour annuler l’effet du
- 1. Les heures sont données ici en temps moyen légal, compté de ob à 2/ih à partir de minuit. Le temps légal est. le temps moyen de Paris retardé de gm2i’, c'est le temps de Greenwich. L’heure d’été .étant, encore en service en septembre, avancer d’une heure toutes les heures de ce Bulletin pendant ce mois.
- mouvement diurne, on devra monter la chambre [noire sur un équatorial ou simplement sur un axe parallèle à l’axe du monde, et suivre pendant toute la durée de la pose. On arrive très facilement à suivre à la main pendant des temps très longs avec un peu de patience et d’habileté. On se sert, pour suivre, d’une petite lunette fixée après la chambre noire, et on maintient une étoile au centre du champ pendant toute la pose, ce que l’on réalise en munissant l’oculaire d’un réticule et en né mettant pas au point l’étoile guide. Le réticule se projette comme une croix noire sur le disque élargi de l’étoile.
- IL Lune. — Les phases de la Lune pour le mois de septembre sont les suivantes :
- D. Q. le 5, à igh 5m I P. Q. le 20, à 4h55m N. L. le ia, à i2h5im | P. L. le 28, à ih56m
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en septembre : '
- le 6, -)- 190 40' ; le 19,
- — i9°34'. L’inclinaison de l’orbite lunaire sur l’écliptique est de 5° 8'43". On remarquera qu’en ce moment l’effét de cette inclinaison se retranche de la déclinaison du point le plus boréal et du point le plus austral de l’écliptique. Aussi la Lune ne monte-t-elle pas très haut et ne descend-t-elle pas très bas dans notre ciel. (Voir la figure 1, p. 197 du Bulletin astronomique de juillet 1920, n° 2412).
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 8, à a3 heures. Parallaxe : 5g'44/- Distance
- — 367 000 km. Diamètre de la Lune : 32'36".
- Apogée delà Lune (plus grande distance à laTerre), le 20, à 23 heures. Parallaxe : 54' i5". Distance = 4o4 200 km. Diamètre de la Lune : 29' 36".
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 18 septembre, occultation de l’étoile 131 B Scorpion (gr. 5,5), à 201' 36m. Immersion seule visible à Paris. Le 24, occultation de Capricorne (gr. 5,3), de 23u 51m à oh 4gm du 25.
- Le 28, occultation de s Poissons (gr. 4,4), de 22h28m à 23h 4im.
- Le 29, occultation de 54 Baleine (gr. 6,0), de 1911 3a™ à ig^ôg™.
- Le 3o, occultation de 26 B Bélier (gr. 6,0), de oh i6m à ih i6m ; — de a Bélier (gr. 5,5), de 2ih 45m à 22h 48“.
- Marées, Mascaret. — Pour le calcul des marées, voir les indications très sommaires données ici (Bulletin astronomique, n° 2402,' du Ier mai).
- Coefficient et heure de la marée, à Brest :
- Pleine mer . Coefficient.
- N. L. du 12 septembre 3h29m im,oo
- .— 12 — i5h5om im,o3
- — i3 — 4'111m xm,o5
- — i3 — i6h 3xm im,o6
- — 1.4 — 4h 5om im,o5
- — 14 — i7h 9m im,o3
- — x5 — 5h 27"’ im,oo
- P. L. du 28 —• 3” 5am om,95
- -• 28 — 161' xom om,98
- — 29 — 4h 261” im,oo
- — 29 i6h44m lm,OI
- — 3o — 5I( 2m lm,OI
- — 3o — X7h 20™ l'P.OO
- Heure probable de l’arrivée du Mascaret pour les
- marées de la Nouvelle Lune le 12 septembre.
- /’?• *
- -.vAndromède... '-•T* ’
- 4
- ... • • /«, • S-.s,.;.; .* • JL. v : -.v/.-,, .q .-v':)
- /. *cr- Algol. .*
- V
- t . L. •
- Carte de la Constellation de Persée montrant la position de l’étoile variable Algol.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dnl.es. (Inefficient. Quillebeuf. Villequier. Cnudebec.
- 12 septembre i“,o3 191127“ 20'1 4m 2 O*1 l3m
- i3 — . im,o5 7'1 45“ 8haam 81' 3im
- 13 — i“,o6 20k 4m 20h 41m 2oh 5om
- 14 — im,o5 8*‘ 22“ 8h 59,n 9h 8m
- 14 — im,o3 20h4Im 2Ihi8m 21h27™
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi sur les
- données publiées par Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1920, donne les principaux renseignements pour l’observation des planètes pendant le mois de septembre .
- Mercure est pratiquement inobservable en septembre, étant en conjonction supérieure avec le Soleil le 9, à 2h.
- Vénus est également inobservable, se levant après le Soleil et se couchant presque en même temps. Elle va devenir visible le soir, vers la fin de l’année.
- Mars est encore visible aussitôt la fin du crépuscule, mais très près de l’horizon sud-ouest; son observation ne permet plus, vu son éloignement, de révéler de détails sur le disque, et les études utiles doivent être remises à la prochaine opposition.
- Jupiter, dont la conjonction avec le Soleil a eu lieu le
- avons dit concernant son observation à l’œil nu et avec une lunette.
- Neptune va devenir visible le soir. Pour le moment, on peut le rechercher, au moyen de sa position et d’un équatorial, le matin, avant l’aurore. Avec un grossissement assez fort, et un instrument moyen, il présente un petit disque bleuâtre de 1" de diamètre. Pour le trouver, une bonne carte détaillée, comme celle de Y Annuaire astronomique Flammarion, est nécessaire.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le icr, à 4\ Mercure en conj. avec Jupiter, à o° 57' N.
- Le 8, à i4\ Mercure — Saturne, à o° 6'S.
- Le 9, à 22h, Mercure — a Lion (gr. 4,1), à
- o° 6' S.
- Le 10, à ih, Neptune Le 11, à i3h, Jupiter Le 12, à ioh, Saturne Le 12, à a3h, Mercure Le 14, à 5\ Vénus Le 18, à i6\ Mars Le 25, à 1 g*1, Uranus Le 28, à ioh, Saturne
- la Lune, à 5° 19' N. la Lune, à 5° é\ j' N. la Lune, à 6° 10' N. la Lune, à 5° 17' N. la Lune, à 3° 26' N. la Lune, à 4° 3o' S. la Lune, à 5° l\V S. a Lion (gr. 4»1 ) < >l 0° i n.
- Date : Lever Passage Coucher Àscen- Diamètre Constellation
- ASTRE à au Méridien de Paris. à sioix Déclinaison. et VISIBILITÉ
- AOUT I Paris. Paris. droite. apparent. étoile voisine,
- ( 6 5h i5mN nh48m 5gs t8h22m ioh 59“ -f 6° 28' 3i' 48" 0 Lion
- Soleil. . . 1 16 5 29 11 45 32 18 1 1 I 35 4- 2 40 3i 5a, 8 Lion ’ ))
- ( 26 5 43 11 42 2 17 40 12 II — I 14 3i 58, 8 Vierge
- ( 6 4 55 11 43 18 3o 10 46 + 9 45 5,o p Lion
- Mercure. . 1 *6 6 3 12 11 18 18 I r2* O + I 10 4,8 (1 Vierge Inobservable.
- ( 26 6 58 12 3i 18 4 i3 0 — 6 26 5,o 0 Vierge
- ( 6 6 5i 12 56 i9 1 12 7 •3“ 0 33 10,4 y Vierge
- Vénus. . . < 16 7 20 i3 1 18 43 12 52 — 4 35 10,6 0 Vierge 1 oc Vierge Inobservable.
- 26 7 49 i3 8 18 26 i3 3; - 9 35 11,0
- Mars . . . 6 16 12 3i 12 27 16 43 16 32 20 56 20 37 15 54 16 22 —“2 2 5 23 20 7.4 7 j 2 8Scorpion a Scorpion Le soir, dans le crépuscule.
- 26 I 2 23 16 22 20 21 16 5i — 24 l8 6,8 ÀOphiUchus
- Jupiter . . 16 3 44 10 87 17 29' IO 25 —j— 10 48 29,0 p Lion Un peu visible le matin.
- Saturne. . 16 4 46 11 22 17 57 II II 4-711 i4,4 a Lion Inobservable.
- Uranus . . .16 !7 !9 22 29 3 39 22 21 — II II 3,6 0 Verseau Presque toute la nuit.
- Neptune. . 16 1 48 9 16 36 9 1 4-170 .2,4 Cancer Lè matin avant l’aurore.
- 22 du mois dernier, est un peu visible le matin avant l’aurore.
- On pourra, dès à présent, observer quelques-uns des phénomènes auxquels donne lieu le déplacement des principaux satellites et dont voici les principaux :
- Date. Heure. Satellite. Phénomène.
- Septembre 17 . . 4h 46™ IV 0. f.
- — 18 . . 4h 58” III O. f.
- — 25 . . - 5h25“ III 0. c.
- — 27 . . 4h 32m I 0. f.
- — 27 . . 5h 6»> I P. f.
- Saturne, en conjonction avec le Soleil ie 8 septembre
- à oh, est également inobservable. L’anneau continue de se refermer et bientôt va se présenter à nous juste par la tranche. Nous donnons ici les éléments de l’anneau, pour permettre la comparaison avec ceux des mois précédents, à la date du 6 septembre :
- Grand axe extérieur ....................... 36", 1'
- Petit axe extérieur. ...................... 2", o'
- Hauteur de la Terre aü-dessus du plan de
- l’anneau................................ — 3° i3'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... — 3° 20'
- Le Signe — indique qu’il s’agit de la face australe de l’anneau.
- Uranus, presque en opposition au début du mois (elle a eu lieu le 27 août), est visible presque toute la nuit. On le suivra facilement au moyen d’une petite lunette et de la carte que nous avons donnée dans le Bulletin astronomique du mois d’août {La Nature, na 2412, 26 juin 1920). Voir dans ce même numéro ce que nous
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol ((1 Persée) : 12 septembre, 3h i3m; i5, oh2m; 17, 2011 So1*1 (voir fig. 1 ).
- Etoilés filantes. —- Principaux radiants d’étoiles filantes pendant le mois de septembre.
- Lè 3, étoilés filantes Radiant
- Du 3 au 14 — —
- i4 Andromède. (3-y Poissons, e Persée.
- K Taureau.
- P. IV. 236.
- S Andromède, y Pégase.
- 42 Girafe, a Cocher, p Triangle. a Bélier, y Bélier.
- La liste ci-après donne les prin-
- Du 6 au 8 Du 8 au 10 Le i3,
- Du 15 au 20 'h Les i5 et 22 Les 20-21 Les 21-22 Les 21 et 25 Le 21 Lés 2g-3o V. Constellations, cipaies constellations visibles, à ai11, au-dessus de l'horizon de Paris. Lès lettrés entre parenthèses indiquent les curiosités célestes les plus remarquables, visibles avec Une très petite lunette.
- Au Zénith : Le Cygne (Voie lactée); la Lyre (a, e). Au Sud : L’Aigle (y, i5 h) ; le DaUphin (y) ; là Flèche (Ç); le Capricorne (a, (3, p, 0); le Sagittaire (Ç, v, 54 c).
- A l'Est : Pégase (e, it, 1, 3) ; Andromède (y, nébuleuse) ; le Bélier; lès Poissons.
- Au Nord : La Grande-Ourse (ç) ; Céphée (0, (3, g, p) ; Cassiopée (rj, 2); le Cocher, à l’horizon.
- A l’Ouest : Hercule (amas M i3, a, p, 95, 0) ; Ophiu-chus (36 A, 70, 67, p, 39) ; le Serpent (5, 0, v) ; le Bouvier (e, rc. p) ; la Couronne (ç, o). Em. Touchet.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- cxt
- Encre pour stylographes teinte bleu-noir. —
- Faire les deux solutions suivantes :
- A. Acide gallique.................. 6 grammes.
- Tanin........................... 20 —
- Eau chaude .....................y5o —
- B. Gomme arabique................. 10 —
- Acide phénique.................. o,5 —
- Sulfate ferreux................. 12 —
- Chlorure ferrique à >o 00. , . 6 —
- Carmin d’indigo................. 10 —
- Eau chaude......................200 —
- Mélanger les deux solutions, laisser reposer i5 jours et filtrer sur du coton.
- Fixatif pour dessins à la craie sur papier noir. —
- Prendre :
- Ichtyocolle......................... 10 grammes.
- Sulfate d’alumiae et de potasse. . 20 —
- Eau de pluie.......................1060 —
- Laisser macérer la colle de poissons pendant 1 2 heures dans l’eau froide, chauffer ensuite au bain-marie jusqu’à dissolution complète et ajouter l’alun.
- Le liquide étant placé dans une cuvette photographique, on fait entrer la feuille de papier par la tranche comme s’il s’agissait d’un développement de façon à éviter les bulles d’air, puis on fait sécher en suspendant par un coin.
- Préparation rationnelle de l’infusion de thé. —
- Le thé doit n’ètre préparé qu’au moment de le con-
- sommer; pour une théière contenant la valeur de 6 tasses d’infusion, on prendra environ 10 gr. de thé, soit une cuillerée à bouche.
- Il est important de n’employer que de l’eau tout à fait bouillante, car c’est sous l’influence d’une grande chaleur que l'infusion est complète et que l’arome se développe dans la plénitude, par conséquent l’eàu qui frémit seulement n’a pas atteint une température suffisante et l’infusion que l’on obtiendrait sera pâle et sans saveur.
- Quelle que soit la nature de la théière, métal ou porcelaine, il faut toujours commencer par l’échauffer au moyen d’eau bouillante, que l’on y maintient quelques minutes et jette ensuite. Après avoir égoutté la théière, on y met la quantité de thé voisine des proportions indiquées ci-dessus, on la remplit d’eau bouillante et laisse infuser pendant 6 à 8 minutes, puis on verse dans les tasses.
- Si l’infusion durait moins de 6 minutes, elle n'aurait pas la force suffisante, si au contraire elle dépassait 10 minutes, l’infusion présenterait une légère amertume par suite de la dissolution des résines et deviendrait plus astringente en se chargeant de tanins.
- Lorsque l’on veut préparer une quantité importante d’infusion, il n’est pas nécessaire de disposer d'un grand récipient, il suffit de mettre la dose calculée dans la théière et d’y faire une infusion concentrée avec les précautions indiquées, puis d étendre celte infusion par de l’eau bouillante suivant le goût de chacun, comme cela se pratique en Russie. ,
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans ta boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés, par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le p’us souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Rectification.— Dans le Compte-Rendu de l’Académie des Sciences, publié dans notre n° du 7 août 1920, une erreur d’impression a déformé le nom de l’auteur de la note sur les propriétés élastiques des aciers au nickel : il faut lire P. Chevenard et non P. Chenavard.
- Réponses. — M. Giraud, à Toulon. — Le sucre vanillé peut être obtenu de deux manières, soit en se servant de la vanille naturelle, soit en employant la vanille artificielle. Dans le premier cas on commence par broyer finement 1 gr. de vanille extra-fine givrée avec 5o gr. de sucre environ, puis on incorpore la poudre à 1 kg du sucre que l’on veut parfumer. Dans le second cas, on prend 1/2 gr. de vanilline cristallisée que l’on dissout dans une quantité suffisante d’alcool (quelques centimètres cubes) et on arrose 1 kg de sucre de cette solution, par brassage on rend le mélange intime. La qualité de la vanilline dépend beaucoup de sa fabrication, c’est pourquoi .nous vous conseillons d’employer de préférence la vanilline de Laire.
- M. Chappet, à Suresnes. — Il n’existe pas de traité spécial pour l’analyse des encres et des cires à cacheter, vous trouverez cependant à ce sujet des renseignements très complets dans les ouvrages : Méthodes de fabrication des cires à cacheter, par Gouillon, Béranger, 6, rue des Saints-Pères, éditeur. Les Encres, par Mar-gival, chez Dunod, 47, quai des Grands-Augustins.
- M. A. L., à Méry. — i° Poug recoller le celluloïd, il suffit de préparer une colle de la façon suivante : dans un flacon pouvant se fermer à l’émeri placer des râpures de celluloïd provenant d’un objet hors d’usage, couvrir d’acétone et laisser digérer en agitant fréquemment jusqu’au moment où4%masse forme un sirop homogène. Enduire de cette mixture les parties à joindre, préalablement grattées et serrer fortement. 2° Le celluloïd se reconnaît à ce que, quand on le frotte au moyen d’un morceau de drap, il dégage une odeur de camphre.
- M. P. Jlougelot, à Ligny, Meuse. — Le colmatage
- des puisards est dû aux matières albuminoïdes contenues dans les eaux résiduaires de votre fromagerie et il n’est guère possible de leur rendre leur perméabilité autrement que par un repos prolongé qui permettra au gommage de subir une destruction bactérienne, vous pourriez cependant essayer l’emploi d’une lessive de soude caustique, laquelle peut réussir si elle atteint les parties du puisard imperméabilisées. Pour l’avenir, il conviendrait d’épurer les eaux résiduaires avant écoulement par additions successives de perchlorùre de fer puis de lait de chaux ; après séparation du dépôt dans un bassin approprié, les eaux claires pourront alors être évacuées sans inconvénient. Des essais préalables devront être faits pour déterminer les proportions de clarifiants à employer suivant la teneur en matières albuminoïdes des eaux à épurer.
- M. Combet, à Tassin, Rhône. — Nous avons publié dans un de nos derniers numéros une recette pour la préparation d’un enduit pour protéger de la lumière trop vive; si vous désirez que le revêtement soit blanc, il suffit de supprimer l’outremer, nous pensons cependant qu’il est préférable de le conserver.
- M. Pozzi, à Troyes. — Malheureusement Yodeur du crésyl est tenace et, dans le cas particulier d’un puits, nous ne connaissons pas de procédé susceptible de la faire disparaître, les produits chimiques à action énergique ne pouvant être employés sans, nuire à la qualité de l’eau au point de vue consommation.
- M. Jaurdan, à Bougé-Chambalud. — La cyanamide caZci’çwe apourformuleCaC Az2-}-c, on l’obtient en faisant passer de l’azote sur du carbure de calcium ^haiitfé au rouge : CaC2 4- 2Az = CaGAz2 -f- c..
- On emploie le carbure de calcium du commerce, mais l’azote doit être pur et sec. Le carbure est d’abord chauffé au four électrique vers 9000; puis, lorsque la réaction est amorcée, elle se continue sans nouvelle source de chaleur; la réaction étant exothermique, un chauffage supplémentaire aurait du reste pour effet de dissocier la cyanamide formée.
- La cyanamide de calcium est surtout employée comme engrais, ce produit ayant la propriété de se décomposer au contact de l’eau en ammoniaque et cai’bonate de calcium :
- CaC Az2 -|- d 1T- O = 2 AzII3 j- Ca CO3.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. Taillandier, à Briare. — L’eau de Javel se prépare très facilement par double décomposition entre l’hypoehlorite de chaux appelé vulgairement poudre de chlore et le carbonate de soude suivant la réaction :
- (C10)2Ca + CO3 Na2 = 2 (Cl O Na) + C03Ca.
- L’hypoehlorite étant supposé commercialement à no0 chlorométriques, il faut en prendre n5 gr. que l’on délaye dans son poids d’eâu; puis on verse le lait obtenu dans une dissolution de 280 gr. de carbonate de soude cristallisé (cristaux de soude) avec environ un demi-litre d’eau. On complète un litre avec de l’eàu, agite et laisse déposer le carbonate de chaux formé; par décantation on obtient une eau de Javel titrant 12° chlorométriques. Si on le désire, on peut teinter légèrement en jaune par une trace de bichromate de potasse.
- M. Lambert, à Jargeau. — Nous avons répondu dans le n° 2418, page 7, de la Boîte aux Lettres, au sujet du mode d’emploi du mélange pour nickelage.
- mile Juliette, à Bellevue. — i° Le bronzage des réverbères de la ville de Paris s’effectue de la façon suivante : la fonte est d’abord recouverte d’un enduit au minium pour la préserver de la rouille, puis on applique une peinture brune de fond; lorsque celle-ci est bien sèche, on donne la couche de bronze proprement dite obtenue par un mélange d’huile de lin cuite et de poudre de cuivre rouge porphyrisée, enfin, en dernier lieu, la peinture brune finale. Quand elle commence à sécher, avec la paume de la main on fait des enlevages sur les parties en relief de manière à faire apparaître le bronze dé cuivre sous-jacent. 20 Pour le bronzage des objets en plâtre il convient de donner d’abord deux couches successives d’huile de lin siccative, la seconde n’étant donnée que la première parfaitement sèche.
- Comme précédemment on donne une teinte de fond appropriée à la teinte de bronze, que l’on veut obtenir, or, jaune, rouge, vert, etc., puis, quand elle est à peu près sèche, au moyen d’un tampon de coton, on applique la poudre de bronze au ton désiré et dont tous les marchands de couleurs possèdent un assortiment. Autant que possible dans toutes ces opérations on évitera l’empâtement des creux, et, par des touches appropriées, soit avec le doigt, soit avec un coton neuf, on déterminera des oppositions qui mettront les reliefs en valeur.
- M. Guy on, à Issy-les-Moulineaux. — i° U alliage des capsules à bouteilles peut effectivement contenir de l’antimoine dépourvu de propriétés soudantes, c’est pourquoi nous disions dans la Boîte aux Lettres du 10 janvier dernier, réponse à M. Simon, qu'une analyse préalable du produit de fusion était nécessaire ; bien entendu dans le cas de présence de l’antimoine son élimination serait nécessaire, mais l’opération n’est plus du domaine de l’amateur. Voir l’ouvrage : Récupération de l'étain, librairie d’éditions techniques, 16, rue du Pont-Neuf. 2® S’il s’agit de racines d’iris de Florence (iris florentina), le mieux est de les découper en rondelles pendant que les rhizomes sont frais, puis de les laisser sécher à l’ombre en les retournant souvent ; on peut alors les concasser dans un mortier en fer, puis on passe la poudre au tamis de soie. Dans le cas d’iris des jardins, iris germanica, iris des marais, faux acore, iris variés, leur usage est réservé à la pharmacie, mais il est très restreint. 3° Le chemin de fer métropolitain de Paris comporte entre le troisième rail et ceux de roulement une différence de potentiel de 55o à 600 volts. Chaque rame est actionnée par deux voitures motrices, une à l’avant, une à l’arrière, branchées toutes deux « en parallèles » entre les deux pôles. Une troisième motrice peut donc sans inconvénient être ajoutée toujours en parallèle avec les deux autres sans qu'il soit nécessaire d’élever le voltage, seule l’intensité du cou-ranfabsarbé par la rame sera augmentée. Ajoutons que dans chaque motrice les deux moteurs (un pour chaque boggie) peuvent être branchés soit en série Q5 km à l’heure), soit en parallèle (45 km à l’heure). Le branchement et le démarrage de tous les moteurs d’une même ramé se font de la cabine avant, à l’aide d’un réseau de conducteurs qui court le long des voitures.
- M. Escot, à Lyon. — x0 Vous trouverez d’autrepart, dans les Procédés utiles, une recette pour la préparation d’une encre à stylographes, analogue à la Water-mann. 20 Pour obtenir une excellente encre à copier, il suffît d’ajouter à l’encre ordinaire, noire ou de couleur, 10 pour 100 de glycérine et 10 pour 100 de sucre.
- M. Fontenille, à Anizy-le-Château. — Le moyen le
- plus pratique à’imperméabiliser une bâche d'auto est de se servir de la préparation suivante :
- Vaseline................... i5o gr.
- Paraffine.................. 2 5o —
- Blanc de baleine........... 5o —
- Benzine....................xooo —
- Faire digérer au bain-marie en prenant les précautions d’usage contre l’inflammation (éloignement de toute lumière ou foyer) et ajouter après refroidissement un litre et demi de benzol à moteurs. Cet enduit s’applique au pinceau sur la bâche parfaitement sèche, une exposition au soleil fait ensuite pénétrer la paraffine et la vaseline dans l’intimité du tissu.
- M, R. Ilustin, à Ixelles. — i° Une peinture « à froid « de la porcelaine ne peut présenter aucune solidité, il ne s’agit sans doute que d’une décoration d’objets non destinés à être lavés, tout vernis convient dans ce cas. 20 Pour la même raison il n’existe pas d’émaux réels sans vitrification par la chaleur. 3° Comme ouvrages spéciaux sur la question consultez : Manuel de céramique industrielle, par Arnaud et Franche; La porcelaine, par Dubreuil; La fabrication des émaux et l'émaillage, par Paul Rondeau et Campagne, éditeur Dunod, 47. quai des Grands-Augustins.
- M. Boudet, à Troyes. — i° Nous donnons d’autre part dans les Recettes et procédés utiles une formule de fixatif pour dessins à la craie sur papier noir ; 2° adresses de fabricants à'autoclaves pour conserves ; Deriveau, 10, rue Popincourt, 11e; Deroy, 71, rue du Théâtre, x5e ; Egrot, 19, rue Mathis. Pour les bocaux adressez-vous à Beaussart, i38, rue Saint-Honoré, icr; Bussereau, 4°, rue Saint-Maur, 11e.
- M. Bouton, à Courbevoie. — La formule que nous avons publiée récemment pour le nickelage des objets doit vous donner satisfaction, vous pouvez également employer la suivante :
- Eau.................. 5 litres.
- Sulfate de nickel . . 4oo grammes.
- Sel marin............ 1200 —
- Crème de tartre . . i3oo —
- On porte à l’ébullition, puis on y immerge les obj ets à nic-keler, après rinçage abondant on sèche à la sciure de bois.
- M. A. J., h. Paris. — Vous pourriez vous adresser à l'Ecole d'Enseignement technique féminin, 116, avenue d’Orléans, Paris, qui prépare les jeunes filles aux carrières industrielles et notamment aux emplois de dessinatrices et calculatrices.
- M. Louis Lambert, à Tunis. — Les heures données dans notre Bulletin astronomique sont évaluées en temps moyen légal compté de oh à 2411 à partir de minuit, c’est-à-dire en temps de Greenwich. La Tunisie faisant partie du fuseau n°i, en avance de i1' sur l’heure de Greenwich, il vous suffira d’avancer toutes les heures du Bulletin, de 1 heure pour qu’il y ait coïncidence entre les horloges de Tunisie et les phénomènes astronomiques. La différence de latitude (Tunis = 36° 49*, Paris = 48° 5o/) introduit une variation importante dans le lever et le coucher eu Soleil et des planètes. Cette variation atteint 45 minutes environ vers le ic' juillet. Pour les occultations d'étoiles par la Lune, un calcul complet est nécessaire, des occultations visibles à Paris pouvant n’être pas observables à Tunis et réciproquement. La variation de latitude a en outre pour effet de faire baisser le pôle sur l’horizon nord et de relever d’autant les étoiles australes. On verra ainsi, de Tunis, des étoiles situées par 53°ii’ de déclinaison australe, c’est-à-dire des constellations de l’Eridan, du Navire, du Centaure, du loup, de l’Autel, de l’Oiseau Indien. La belle étoile Canopus glisse à l’horizon sud de la Tunisie.
- Dr Grimai, à Castres. — Pour ne donner une température que de i5o° à 2000 le fil à employer sera celui d’une résistance de chauffage ordinaire. Nous pensons que le fil en ferro-nickel de 3o/ioo sous une longueur de 10 à 12 m. fera l’affaire. Pour monter un rhéostat réglable, le mieux sera d’employer soit un cadre en fil de fer sur des montants en bois, soit une résistance liquide. Il est difficile de préciser, seuls des essais, une fois le four construit, vous indiqueront entre quelles limites doit varier le rhéostat. *
- Vous trouverez dans le Bottin des adresses de marchands de feuilles et de cartons d’amiante à isolants électriques. Une maison que nous connaissons est la maison Hamelle, 21, boulevard Jules-Ferry ou Lastik, 9, rue Théophile-Gautier.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2422
- 4 Septembre 1920
- <;
- INFORMATIONS
- A?/
- Nécrologie : Sir Norman Lockyer. — Sir Norman Lockyer, qui vient de mourir, compte parmi les grands astronomes de l’époque contemporaine. Il estnéà Rugby (Angleterre) en 1837. Ses premiers travaux furent consacrés à l’étude spectrale du soleil. En 1868, il découvrit dans le spectre des protubérances solaires, les raies d’un élément nouveau qu’il nomma hélium. La même découverte était faite, quelques jours auparavant, en France, par Janssen. Mais les deux savants n’avaient pu se communiquer les résultats de leurs observations, et la même part de mérite revient à chacun pour cette belle découverte. Les recherches et les hypothèses souvent hardies de l’astronome anglais ont ouvert la voie à de nombreuses théories que l’observation a ensuite confirmées; on lui doit notamment l’intéressante hypothèse qui attribue à la chute de météores le maintien ou l’augmentation de la température de certaines étoiles. Il soutint aussi la théorie aujourd’hui confirmée de l’existence de nébuleuses obscures, couches ou courants de poussières cosmiques non lumineuses. Les études solaü'es de sir Norman l’amenèrent, il y a plus de 5o ans, à cette conclusion, confirmée beaucoup plus tard par la découverte de la radioactivité, que les éléments considérés comme simples peuvent se transmuer.
- L orateur électrique. — La Convention nationale républicaine, qui a pour mission de choisir le candidat de parti républicain à la présidence des Etats-Unis s’est tenue, il y a quelques semaines, au Coliseum de Chicago. C’est une salle immense où se trouvaient réunis plusieurs milliers de délégués. Il y a peu ou point d’orateurs doués d’un organe assez puissant pour se faire entendre dans une salle de semblables dimensions. Aussi dans les précédentes Conventions les spectateurs un peu éloignés de la tribune se résignaient-ils à n’entendre que des bribes de discours. La dernière Convention a été marquée par une innovation remarquable : tous les auditeurs ont pu entendre distinctement les paroles des orateurs, et n’ont rien perdu de leur argumentation. Ils le doivent à la merveilleuse lampe à électrons qui depuis quelques années a déjà réalisé tant de miracles. L’orateur parle sans faire aucun effort pour amplifier le son de sa voix; il a devant lui un transmetteur microphonique relié électriquement à un réseau dans lequel circule un courant électrique assez puissant, et auquel- des relais amplificateurs thermioniques impriment en les renforçant les modulations correspondant à celles que la voix de l’orateur transmet au microphone. Le courant ainsi modulé actionne à son tour de puissants téléphones hauts-parleurs, qui se font entendre distinctement de toute la salle. Ce dispositif qui multiplie à volonté la portée de la voix de l’orateur le plus mal doué, qui lui permet de se faire entendre des foules les plus nombreuses, pourrait bien être quelque jour l’origine de profondes modifications politiques dans les pays à régime démocratique.
- Les combustibles catalytiques dérivés du pétrole.
- — M, Mailhe, professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse, expose dans un intéressant article de Chaleur et Industrie les services immenses que peut rendre la catalyse, appliquée suivant les procédés Sabatier, à la décomposition des pétroles. Onpeut, grâce à ces méthodes, former ainsi toute une gamme de combustibles volatils, ou même gazeux d’une grande valeur pratique. Toute une industrie est en train de naître, fondée sur ces réactions.
- On sait que les différents pétroles renferment des quantités variables de produits légers, tels que les essences, dont la consommation augmente de jour en jour au point que l’on peut craindre de voir bientôt l’offre inférieure à la demande. Ces produits se séparent par distillation; ainsi le pétrole de Pennsylvanie, le plus riche en produits légers, donne 16 pour 100 seulement d’hydrocarbures distillant au-dessous de 1400. Une huile de Bakou n’en fournit que a pour 100. On s’est demandé s’il n’ÿ aurait pas moyen d’augmenter le rendement des pétroles en produits légers : on a constaté qu’en distillant les produits lourds à une température assez élevée, on obtenait une décomposition qui donnait des
- produits légers. De là est né le procédé du crachins qui, pendant la guerre, à la suite de la pénurie d’essence, a pris un grand développement. Mais c’est une opération brutale, et qui exige des pétroles qui sont également employés avantageusement comme lubrifiants Le pétrole lampant, qui est le produit le plus abondant, ne peut être soumis au cracking. Les procédés catalytiques, au contraire, permettent de réaliser la décomposition des hydrocarbures du pétrole lampant. La méthode est très simple : on dirige sur un catalyseur convenablement choisi, et à des températures appropriées, les vapeurs de pétrole lampant, d’huile lourde, ou de petrole brut, La dislocation des hydrocarbures commence (aussitôt. Il se dégage un gaz abondant, brûlant avec une flamme très éclairante, d’un pouvoir calorifique qui peut atteindre i5 5oo calories au mètre cube (le gaz d'éclairage ordinaire en donne 5ooo en moyenne). Ce gaz contient de 1 hydrogène et des hydrocarbures gazeux; par condensation on recueille un liquide d’où, par distillation fractionnée, on peut retirer une notable proportionne produits légers pouvant aller dans certains cas jusqu à 5o pour 100, bouillant au-dessous de 1600. Le produit résiduaire peut à son tour être soumis à la dislocation jusqu’à transformation à peu près totale en produits, légers et gaz permanents.
- Ainsi la décomposition catalytique donne deux catégories de produits : gaz riches' et produits légers Les uns et les autres offrent un très grand intérêt industriel et, suivant les cas, on peut pousser la réaction pour accentuer l’une ou l’autre de ces deux catégories! Le choix du catalyseur est d’une importance capitale • ainsi le nickel produit une destruction brutale et complète qui fournit simplement du charbon et de l’hydrogène ; d’autres métaux moins violents conduisent à une destruction régulière en hydrocarbures plus simples depuis le premier terme, le méthane, jusqu’à d’autres hydrocarbures homologues supérieurs, de richesse carbonée plus faible que les hydrocarbures du pétrole dont on est parti. Au surplus, il se produit d’autres réactions accessoires et il est possibte d’obtenir à volonté toute une gamme de produits avantageux.
- Les brevets Sabatier-Mailhe n’envisageaient jusqu’à ces dernières années que l’extraction de l’essence - ùest M. Blanchet qui montra en 19x6 l’immense parti que l’on' pouvait tirer du gaz riche qui accompagne la décomposition catalytique.
- L’essence catalytique a, en général, le même aspect que 1 essence de cracking; c’est un liquide jaune ambré possédant une odeur caractéristique et peu engageante • l’hydrogénation effectuée également par catalyse sur du nickel permet de préparer avec ce liquide impur une essence d’odeur fine et complètement incolore.
- Le gaz catalytique trouvera un large débouché comme enrichisseur de gaz à l’eau; ce. gaz, dont l’usage tend à se répandre pour des raisons d’économie, n’a qu’un pouvoir calorifique de a5oo calories au mètre cube; de même le gaz catalytique sera utilement employé à l’enrichissement du gaz d’éclairage fourni par les cokeries et dont le pouvoir calorifique ne dépasse pas 2600 calories au mètre cube.
- M. Mailhe envisage encore, grâce à la facilité avec laquelle se comprime le gaz catalytique, son emploi à la soudure autogène et, au découpage thermique, des métaux, à la place de l’acétylène devenu trop coûteux.
- Cristaux sensibles à la lumière. — Tout le monde sait que le, sélénium a la propriété d’être sensible à la lumière ; .c’est-à-dire que sa résistance électrique varie suivant 1 intensité du faisceau lumineux auquel il est soumis. Cette propriété a reçu d’intéressantes applications. D autres corps jouissent de propriétés analogues, notamment les cristaux de bismutine (Bi2S3) et ceux, de sulfure de plomb-antimoine (Pb2Sb2S3) qui paraissent jouir d’une sensibilité analogue à celle du sélénium.
- Eupen et Malmédy. — On sait que le Traité de paix avait prévu un délai de six mois pour la consultation des habitants des districts d Eupen et de Malmédy sur leur rattachement à la Belgique. Ce délai est échu le
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- INFORMATIONS
- •24 juillet dernier. Dans le district d’Eupen, 208 protestations ont été recueillies dans une population de 1 ^ 97 5 personnes-, à Malmédy, 58 sur 19751 qualifiées pour protester. Les protestataires sont d’ailleurs presque tous d’anciens fonctionnaires allemands. La question est donc définitivement réglée. De par la "'volonté des habitants, les cercles d’Eupen et de Malmédy sont définitivement belges.
- Données statistiques sur l’Alsace et la Lorraine.
- — Le Bulletin de la Statistique générale de la France publie sur ces données une étude de M. H. Bunle, beaucoup plus complète que tous les documents que nous avions signalés jusqu’ici. Nous en extrayons les renseignements suivants.
- Population. — Au dernier recensement complet du ier décembre 1910, la population totale s’élevait à 1 874024 habitants, répartis sur 14522 km2, soit 129 habitants par kilomètre carré. Elle représentait 4,2 pour 100 de la population de la France du recensement de 1911, la surface ne représentant que 2,7 pour 100 de celle de la France, soit une densité kilométrique d’habitants de i,5 fois plus forte. Le développement de la population en Alsace et Lorraine au cours du xix° siècle est donné par le tableau suivant :
- Recensement Nombre d’iiabitants Accroissement annuel
- de (en milliers). moyen pour 10 (100 bab.
- 1806 . . . 1 . 260 —
- 1821 . . , 1.291 + 3x
- 1831 . . . 1.426 + 13 5
- 1841 . . . 1. 5o8 + 82
- 1851 . . . 1.571 + 63
- 1861 . . . i.565 — 6
- 1871 . . . 1.55o — i5
- 1880. . . 1.567 + 17
- 1890. . . 1.604 -j- 37
- 1900. . . 1.719 -j- 115
- ïgio. . . 1.874 + x 55
- La baisse de 1861 est due au choléra, celle de 1871 à l'émigration. Depuis, l’émigration des Alsaciens-Lorrains a continué, toujours très intense, mais compensée par l’immigration d’Allemands (surtout de Prussiens), dont on comptait 70000 en 1875, 295 000 en 1910, 5ioooo en 1919 lors de la reprise par la France.
- Les centres les plus peuplés sont, en Alsace : Strasbourg, Mulhouse, Guebwiller, Thann ; en Lorraine Metz, Thionville, les vallées métallurgiques de l’Orne et de la Fentsch, les houillères de Sarreguemines, Forbach, Saint-Avold.
- En 1910, il existait 1705 communes dont i568 de moins de 2000 habitants. Celles-ci vont, comme partout, se dépeuplant au profit des centres urbains.
- On comptait 908 38g femmes et g65 625 hommes, soit 940 femmes pour 1000 hommes.
- Les trois religions se partageaient ainsi les habitants : catholiques 1428343 (76,2 pour 100), protestants,
- 408 274 (21,8 pour 100), israélites 3o483 (1,6 pour 100).
- Sur 1874014 personnes recensées, 1 559931, soit 83 pour 100, étaient nées en Alsace-Lorraine et 3i4o83 à l’étranger dont 238 228 en Allemagne, x 5o2 071 avaient la nationalité alsacienne-lorraine, 11622 seulement étaient Français, 3i 367 étaient Italiens (surtout dans la région des mines de fer). En janvier-février 1919, l’établissement des cartes d’identité a montré que sur 100 habitants, 5g avaient leur père et mère nés en Alsace-Lorraine, xo leur père ou leur mère seulement, 28 leurs parents nés eu Allemagne, 3 étaient Français ou neutres.
- Au point de vue de la langue maternelle, le recensement de 1910 avait donné :
- allemand (y compris l’alsacien) . 87,2 pour 100
- français............................. 10,9 —
- français et allemand................... o,3
- italien............................ 1,5 —
- autres laugues......................... 0,2 —
- Mais on sait que cette statistique diminue systématiquement la part du français.
- Le recensement professionnel de 1907 avait relevé une population active de 988789 individus dont 35 pour 100 dans l’industrie, 34 dans l’agriculture, 10 dans le commerce et les transports, 8 comme militaires, 4 dans les professions libérales et les services publics.
- A la même époque, 881 56g ha faisaient partie d’exploitations agricoles dont on comptait 245 000, la plupart
- petites ou moyennes; 84 266 exploitations appartenaient en .totalité au chef d’établissement tandis que 124741 étaient mixtes. Toutes ensemble occupaient 570 618 personnes dont 3o2 58g. femmes. La production moyenne des cinq années 1906-1910 fut :
- Surface Récolte Rendement,
- en en milliers en quintaux
- milliers d’ha. de tonnes. par ha.
- Froment . 142 221 1 5,5
- Seigle 53 86 16
- Orge . 5o 94 1 9
- Avoine 113 187 16,6
- Pommes de terre. 92 1029 ixi,5
- T ignés 29 62 20,9
- Houblon 4 3 8, Q
- Tabac. j , 4 928 25,3
- Prés 189 2 3*2 48,9
- Trèfle 42 54,8
- Luzerne 2 5 15 8 61,6
- En 1900, on recensa en outre les arbres fruitiers : 3,8 millions de pruniers, 1,7 de pommiers, 1,4 de poiriers, 0,9 de cerisiers.
- En 1912, on y compta 117 000 chevaux, 523 000 bovins, 46000 ovins, 436 ooo porcins.
- Les forêts occupaient, en 1916, 440 5g4 ha, soit 3o,5 pour 100 de la surface dont 295 429 ha de feuillus et 143 172 de résineux.
- En 1907, on recensa 1 ig 669 établissements industriels se répartissant ainsi :
- Industries.
- Jardinage, horticulture . .
- Elevage et pèche...........
- Mines, métallurgie, salines. Carrières, pierres et terres
- à feu...................
- Travail des métaux .... Fabr. de machines et instruments. !................
- Industrie chimique .... Prod. fores., éclairage,
- corps gras..............
- Industrie textile..........
- Industrie du papier. . . . Industrie du cuir et du
- caoutchouc..............
- Industrie du bois..........
- Industrie de l’alimentation. Industrie du vêtement. . . Soins personnels ..... Industrie du bâtiment. . . Industrie polygràphique. .
- Industrie d’art............
- Commerce...................
- Assurances.................
- Transports.................
- Hôtellerie.................
- Nombre Personnes
- ablissements. occujiétîs.
- 948 2.623
- 345 23 I
- 106 43.684
- 1.633 23.993
- 4.642 18.097
- 0.017 24.268
- 335 3.888
- 302 2.4X2
- 7.687 78.x 58
- 288 4.151
- 1.266 4 • 36g
- 11 .823 20.964
- 8.280 27.129
- i8.o3g 28.996
- 4.713 7. i37
- 6.451 39.267
- 433 3.434
- 5i9 867
- 29.247 5i.533
- 778 9^9
- 2.894 6.971
- 16.278 26.900
- 119.669 420.001
- 4760 établissements employaient une force motrice représentant une puissance totale de 431 33o chevaux dont 33 736 fournis par moteurs hydrauliques, 339 664 par moteurs à vapeur, 52 55o par moteurs électriques.
- La production minière annuelle fut en moyenne entre 1906 et 1910 de 16,8 millions de tonnes (dont 2 de houille et 14 de minerai de fer) valant 89 millions de francs. En 1912, l’industi’ie métallurgique y produisit 3 millions de tonnes de fonte et 3,5 de fers et aciers. Les industries textiles comptent 1 900 000 broches de coton et 568 000 de laine, 46 000 métiers de coton et 10000 de laine.
- On compte en Alsace et Lorraine 671,5 km de voies navigables dont 184 pour le Rhin qui ti’ansporte à lui seul 1 700000 t. par an. Il existe 1986 km de chemins de fer d’état dont 1097 de voies doubles, 843 de voies simples, 46 de voies étroites, et en outre 214 km de voies secondaires. Le réseau routier comprend 14259 km dont 1x70 de routes nationales, 3375 de départementales, 4278 de grande communication, 5434 de vicinales ordinaires.
- En lgi2, le territoire possédait i58o bureaux de postes et 1398 de télégraphe, i5 284 km de lignes télégraphiques aériennes et 91 594 de téléphoniques.
- Telles sont les données statistiques sur lesquelles on peut tabler pour établir la valeur des deux provinces reconquises.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- k> Physique -c*
- Hygromètre mural. — Les types et modèles d’hygromètres ne sont plus à compter et leur statistique serait longue. Le plus connu est sans contredit celui de Saussure; malheureusement, tout le monde connaît la fragilité de son cheveu. L’hygromètre mural, inventé par M. J. Chataing, mérite par sa facilité de construction et son ingéniosité, d’être connu de nos lecteurs. Il a les mêmes qualités que l’appareil de Saussure et n’en a pas les inconvénients. Sa sensibilité est très grande et son cheveu, qui n’est autre qu’un vulgaire cordeau de maçon ou de charpentier, ne court aucun risque de rupture. Le modèle représenté par notre gravure fonctionne à la perfection depuis 1914» à Parentignat (Puy-de-Dôme), et n'a rien perdu de sa sensibilité. Son cadran est visible de loin et les paysans du petit village auver-
- :r:n
- Xl
- AA' . Cordeau demaçon.en colon.ignf.:5r B - Poulie en bûis.Oi'jmétre: 6ûn,-m C • . Aiguille - : GO
- 0 - Cadran. P<;on.ij»n .55‘---cirjjon E - Poids en fonte de 500 gr.
- Fig. 1. — Hygromètre mural.
- gnat viennent volontiers « consulter le temps » sur l’hygromètre mural qui orne l’atelier de l’inventeur.
- L’hygromètre de M. Chataing est constitué essentiellement :
- 1° Par un cordeau A A', en coton, d'une longueur, approximative de 5 m., tendu sous un auvent quelconque: corniche, toit en proéminence, etc., orienté de préférence au nord et à l’abri du soleil et de la pluie. L’une de ses extrémités est retenue par un clou ou un piton et l’autre porte un poids E, en fonte de 5oo gr. environ ;
- 20 Une poulie B, en bois dur, tournant librement autour d’un axe.
- Cette poulie, dont la figure 2 représente la coupe longitudinale, est entraînée par le cordeau dans son mouvement de torsion ou de distorsion, vers la droite ou vers la gauche.
- 3° Une aiguille C, solidaire de la poulie, amplifie par sa longueur de 60 cm la visibilité des moindres mouvements de rotation de la poulie. On peut la construire avec une baleiue de parapluie et un disque en métal mince. Elle doit avoir la plus grande légèreté possible;
- Un cadran semi-circulaire, peint en blanc sur le mur, indique les degrés hygrométriques de l’atmosphère et porte 100 divisions peintes en noir et les inscriptions peintes en rouge.
- Pour graduer le cadran avec précision, on pourrait se servir par comparaison de l’hygromètre de Saussure; mais on peut aussi employer la méthode empirique suivante.
- On place le cordeau (neuf) dans l’étuve d’un fourneau de cuisine pendant une demi-heure et on le met aussitôt en place avec son poids. Avec la main on amène l’aiguille vers l’extrémité du cadran et on l’y maintient à l’aide d’un clou. On inscrit le chiffre zéro au point marqué par la pointe de l’aiguille.
- On plonge ensuite le cordeau dans l’eau, et, après l’avoir tordu pour exprimer l’excès de liquide, on le remet en place. Après avoir enlevé le clou qui retenait l’aiguille à zéro, celle-ci se met en mouvement vers l extrémité opposée du cadran et au point terminus de son parcours on inscrit le chiffre 100. Il ne reste plus qu’à tracer les divisions sans toucher à l’aiguille.
- Dans le cas où le développement angulaire de l’aiguille dépasserait le cadran, il suffirait de raccourcir le cordeau de 3o ou 40 centimètres.
- Il va sans dire que les dimensions de l’hygromètre que nous avons données plus haut sont toutes relatives. Elles peuvent être réduites proportionnellement à l’espace dont on dispose et à la visibilité que l’on désire obtenir.
- Le fonctionnement de l’hygromètre mural est facile à comprendre. L’humidité imprime au cordeau en coton un mouvement de torsion qui le raccourcit proportionnellement au degré hygrométrique de l’air. La poulie et l’aiguille qui lui est solidaire sont ainsi entraînées de droite à gauche. La sécheresse, au contraire, allonge le cordeau et le poids en fonte oblige la poulie à tourner de gauche à droite.
- Tout le monde sait que l’hygromètre, pas plus que le baromètre, ne peut indiquer sans erreur possible la prévision du temps. Toutefois les indications combinées des deuxinstruments, étudiées avec soin, tromperont rarement les observateurs. Ainsi, par exemple, la baisse du baromètre n’indique pas toujours les mauvais temps ; il suffit, en effet, d’un vent fort pour diminuer la pression atmosphérique. Mais si la baisse barométrique coïncide avec l’indication « humide » donnée par l’aiguille de l’hygromètre, on peut prévoir à coup sûr la pluie pour le lendemain.
- L’expérience et l’esprit d’observation fourniront à nos lecteurs qui installeront chez eux l’hygromètre mural de M. Chataing les moyens d’en tirer le meilleur parti pour la prévision du temps.
- «g'ïss, Agriculture
- i
- Nouvelle charrue à main pour la petite culture.
- — Cette petite charrue, du type brabant, a été inventée pour faciliter la main-d’œuvre en petite culture, en culture maraîchère et jardinage. Elle tient le milieu, en quelque sorte, entre la charrue à traction animale ou à traction mécanique et la bêche ou la houe.
- Comme le montre la figure 3, cette petite charrue-brabant — désignée sous le nom de « Brabant Delf »
- — se compose de deux rasettes ou versoirs en acier, opposés, permettant de labourer à l’aller et au retour, sans perte de temps.
- Ces deux rasettes sont montées sur un bâti, fixé lui-même à un manche par un dispositif spécial formant articulation et permettant de régler l’inclinaison, et, par suite, de faire varier à volonté la profondeur du labour.
- L’articulation qui constitue la caractéristique de l in-vention même, comprend une came ou pièce métallique, de forme triangulaire, qui s’intercale entre le bâti de la charrue et son manche, dans la chape. Cette came pré-
- -5$ 7S W
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- sente trois côtés numérotés de i à 3, correspondant à trois tailles différentes, l'appareil se réglant suivant, la taille de la personne qui est appelée à le faire fonctionner.
- La charrue étant posée sur le sol, on la tient à longueur de bras, par la traverse du manche, puis, pour commencer, on recule lentement, car on manœuvre en tirant et non en poussant; la pointe du soc attaque le sol, et le versoir ouvre le sillon. On continue alors à tirer régulièrement, sans secousses. La position de la charrue est maintenue verticale, et sa marche en ligne droite assurée, par le simple maniement de la traverse du manche.
- Cette petite charrue, dont le poids est de io kg, laboure à une profondeur de i5 cm, sur une largeur de bande égale. Evidemment, elle n’est pas destinée aux gros labours, aux défrichements ; elle n’est pas construite pour ces travaux qu’exécutent les charrues de grande culture; et il est de même évident qu’un homme ne peut développer la même force qu’un cheval.
- Le rendement de cette petite charrue dépend surtout de l’habileté de l’ouvrier qui, en une heure d’attention, en acquiert la pratique. Il marche à reculons, sur le sol non travaillé, et peut labourer, sans fatigue, i5o m8 à l’heure, soit, en huit heures de travail effectif, io à 12 ares, tandis qu’en labourant à la bêche ou à la houe,
- FL. 3. — La charrue Brabant « Delf ».
- un bon ouvrier ne fait guère plus de 200 m2 en une journée. A surface égale, l’économie est appréciable et le rendement notablement plus élevé, qu’il s’agisse de labour ordinaire, de buttage dans les plantations, ou autres opérations de petite culture ou de jardinage.
- Un mutilé de guerre, même privé de ses deux mains, peut faire fonctionner cet instrument en s’aidant d’une courroie.
- L’inventeur de la charrue Brabant « Delf » est M. de Faymoreau, 3g, boulevard de la Station, à Pierrefîtte (Seine). Henri Blin.
- *»..> Travaux d’Jlmateur
- Pile économique avec une boîte de conserves. —
- La fabrication d’une pile genre Leclanché est connue de nos lecteurs. Différentes méthodes ont été indiquées ' déjà plusieurs fois dans La Nature et ont été d’ailleurs données également dans les Recettes de l’Atelier.
- Cependant ce genre de piles n’est applicable que pour les fonctionnements tout à fait intermittents, tels que sonneries électriques par exemple.
- Si l’on veut utiliser la pile électrique pour des installations de petit éclairage, malgré tout momentané, on peut employer d’autres genre de piles, qu’il est aussi facile d’établir avec des moyens de fortune et avec un prix de revient abordable.
- Yoici les indications nécessaires pour construire ces éléments de pile.
- Le vase extérieur sera constitué par une boîte de conserves d’environ i5 cm de hauteur et de 10 de diamètre, Bien entendu, on en affranchit bien les bords de manière à supprimer toute aspérité dangereuse et on
- M tournures de fer
- vase poreux
- m iii-fi : P (Y* - S zmc boite de conserves
- ' paraffine Coupe de la pile.
- nettoie l’intérieur pour enlever tout liquide gras gênant,
- La borne prise de courant sera soudée ou simplement assujettie avec une pièce formant pince à vis seule bord de cette boîte.
- Le vase poreux sera constitué en enroulant, sur un mandrin en bois de 4 cm de diamètre, du papier bulle dont on superposera des épaisseurs suffisantes afin de donner de la rigidité à l’ensemble ; les bords extrêmes et le joint longitudinal du vase poreux seront maintenus au moyen d’un peu de paraffine fondue, ce qui retien- So/ut/on dra suffiasmment cfe soude les parties en- c*uttiŸua semble quand la paraffine sera refroidie et solidifiée.
- Pour former le
- fond du vase po- Fig. 4.
- reux, on utilisera soit la paraffine fondue, soit le plâtre de Paris. Pour cela on pose le cylindre sur une surface bien plane, un morceau de marbre par exemple qu’on aura enduit de vaseline au préalable. On coule alors dans l’intérieur, soit la paraffine, soit le plâtre très liquide, de manière à en constituer un fond d’une épaisseur de 1 cm environ. Cela donne de l’assise au vase poreux qui est ainsi terminé.
- On dispose alors le vase bien au centre de la boîte de conserves, qu'on a préparée avec la borne comme il a été indiqué au début.
- L’espace annulaire entre le vase etla boîte est rempli avec des débouchures, des tournures , des copeaux de fer, qu’on aura tout d’abord dégraissés en les passant dans une solution chaude de carbonate de soude et en les lavant ensuite à grande eau.
- Dans le vase poreux, on place l’électrode négative, qui sera constituée par un zinc de pile Leclanché qu’on trouve dans le commerce. On peut aussi utiliser une simple lame de zinc, qu’on découpera dans des rognures, mais qu’il faudra amalgamer au préalable en le frottant avec une vieille brosse à.dents et quelques globules de mercure.
- A l’extrémité de cette lame, on fixera une borne par soudure ou autrement, par une pince à vis par exemple.
- Le liquide excitateur sera constitué par une solution à refus ou solution saturée de soude caustique dans de l’eau, qui sera de l’eau distillée de préférence.
- On remplit la pile avec ce liquide jusqu’à 1 cm du bord environ. Cette solution de soude est assez délicate à manier ; il faut des précautions et il est nécessaire d’éviter tout contact avec la peau et avec lq vêtement.
- Cet élément de pile ainsi constitué peut atteindre 1,2 volts de force électromotrice et le débit peut arriver à 2 ampères sur court circuit; cela dépend de la pureté des éléments employés et de la finesse des tournures utilisées.
- La résistance intérieure est néanmoins assez élevée et les résultats les meilleurs seront obtenus par le montage en parallèle, ce qui diminue la résistance totale de la batterie et permet d’obtenir un courant intense.
- On peut naturellement utiliser ces piles, non seulement pour le petit éclairage intermittent, mais aussi pour le fonctionnement des sonneries. E. Weiss.
- Fig. 5. — Fabrication du vase poreux.
- Fig. 6. — Enroulement du papier.
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- VARIÉTÉS
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- La distillation des fruits de table par les petits producteurs. — Dans certaines régions, l’abondance de la récolte de différents genres de fruits de table fera naître, certainement, chez maints producteurs, possesseurs d’assez grands jardins fruitiers, le désir de distiller en vue d’obtenir une petite quantité d’eau-de-vie naturelle et d’utiliser l’excédent des fruits qu’ils ne peuvent consommer, les fruits inférieurs ou tachés s’entend. Mais comme n’ayant jamais distillé, ils ignorent la marche à suivre pour pratiquer cette opération en se conformant aux exigences de la loi, il m’a semblé qu’il y a quelque utilité à la leur indiquer.
- Faisant abstraction, tout d’abord, de l’importance relative des jardins fruitiers, comparée à celle des grandes exploitations agricoles, cidricoles ou viticoles, on doit à mon sens assimiler les petits propriétaires des premiers aux grands tenanciers des secondes — les vrais bouilleurs de cru — au regard de la loi concernant la production des alcools naturels, et les soumettre à leur instar à toutes les dispositions votées par la loi du 3o juin 1916, notamment en ce qui concerne le régime des bouilleurs de cru. Cependant, avant de donner suite à leur projet, je leur conseille de faire reconnaître leur qualité de récoltant à la recette buraliste de leur localité. Cette qualité reconnue, la marche à suivre pour la distillation de leurs jus ou pulpes de fruits doit être identique à celle qui est imposée aux susdits bouilleurs, et je vais résumer les principales modalités de ce régime en précisant celles qui conviennent le mieux à ces petits producteurs.
- Choix du loeal de distillation. — Depuis la loi du 3o juin 1916 et d’après la circulaire de l’Administration des Contributions indirectes du ior juillet 1916, n“ io53, la distillation des vins, cidres, poirés, marcs, lies et fruits ne peut avoir lieu que sous le contrôle de la Régie et dans quatre locaux ou établissements différents :
- a) Dans des ateliers publics établis conformément à l’article 12 de la loi du 22 avril igo5 ;
- b) Dans des brûleries coopératives fonctionnant selon les conditions de l’article 22 de la loi du 3i mars 1903.
- c) Dans les établissements de bouilleurs de profession.
- d) Chez les bouilleurs de cru distillant ou faisant distiller à leur domicile.
- Entre ces quatre emplacements, celui que le petit propriétaire doit préférer à tout autre c’est l’atelier public parce que c’est là qu’il lui est permis d éviter plusieurs formalités dont deux très ennuyeuses : i° la déclaration des eaux-de-vie qu’il a chez lui provenant de distillations antérieures ou de toute autre source ; i° les visites ou investigations que les employés de la Régie ont le droit de faire (s’il distille ou fait distiller chez lui) dans toutes les parties de l’habitation au moment de l'inventaire qui suit immédiatement l’achèvement de la distillation, en vue de déterminer les quantités d’alcool dont le bouilleur doit définitivement rendre compte.
- La distillation à l’atelier public peut être effectuée par le récoltant lui-même ou par un bouilleur de profession ou ambulant, mais il faut admettre que les petits propriétaires dont il s’agit ne possèdent pas d’alambic leur permettant d’opérer eux-mêmes, non plus que les connaissances pratiques indispensables ; aussi la distillation doit-elle presque toujours être faite par un professionnel. Et si le principal rôle, dont je ne parlerai pas ici, revient
- à ce dernier, voici celui qui est imparti au producteur.
- Rôle du propriétaire récoltant. — La distillation à l’atelier public par un bouilleur de profession ne peut avoir lieu qu’aux jours et heures fixés par le directeur départemental des Contributions indirectes. Ceux-ci connus, le propriétaire doit prendre à la recette buraliste de sa localité (ou, si elle n’existe pas dans la commune, chez la personne désignée pour cela par la Régie) un acquit à caution à o fr. 10 pour apporter à l’atelier public les produits à distiller dont il indique la nature, le volume et le lieu de récolte. Il remet l’acquit au distillateur. Le volume peut n’être indiqué qu’approximativement, il sera rectifié à l’atelier par le service d’accord avec le bouilleur.
- Les opérations et formalités inhérentes à la distillation regardent seulement ce dernier.
- Lorsque la distillation est terminée et l’eau-de-vie recensée par le service, le propriétaire récoltant intervient alors. Il prend un nouvel acquit à caution àofr. 10 pour pouvoir transporter l’eau-de-vie à son domicile et, quand elle y est rendue, il reporte l’acquit à la recette buraliste ou à la personne qui le lui a délivré.
- Allocation en franchise. — La loi du 3o juin 1916 a accordé à tout bouilleur de cru, qui peut prouver avoir distillé ou fait distiller partie de ses récoltes du Ier jan-vien 1910 au icr janvier 1916, le droit sur sa distillation annuelle à une allocation de 10 litres d’alcool pur. Ce n’est pas, évidemment, le cas des petits producteurs qui distillent maintenant, ils ne peuvent y prétendre, et si j’en parle c’est qu’il y a bon nombre de récoltants qui, ignorant la clause restrictive ci-dessus, réclament à cor et à cri cette allocation.
- Payement des droits. Remise de 10 pour 100. — Lorsque le récoltant prend l’acquit à caution pour ramener son eau-de-vie, il doit déclarer à ce moment s’il veut payer immédiatement les droits sur l’alcool qui, depuis la loi du 25 juin 1920, s’élèvent à 1000 francs par hectolitre d’alcool pur, ou s’il préfère se faire ouvrir un compte. Dans le premier cas, il lui est fait une remise de 10 pour 100 sur le montant des droits. Dans le second cas, ceux-ci sont payés au fur et à mesure des enlèvements, puis, lors de la première distillation faite après le Ier août de l’année suivante et au plus tard après 14 mois, le Service (receveur ou agents) viendra chez lui faire le recolement des quantités restantes. Les droits seront alors payés sur les manquants diminués, s’il y a lieu, de la freinte pour évaporation, 3 à 7 pour 100. Les restes seront reportés en compte sur l’année suivante. Le service n’entrera pas dans d’autres locaux que celui où les eaux-de-vie lui seront représentés.
- Comme la quantité d’eau-de-vie obtenue par les propriétaires sus-visés sera toujours faible, il est préférable pour eux de payer de suite le droit de consommation, afin d’être complètement délivrés de la Régie. Ils feront bien d’exiger du Service qu’il ouvre au portatif n° 20, 3e partie, un compte de liquidation à leur nom et que le receveur solde leur compte en indiquant le numéro, la date et le montant de la quittance. Ils conserveront celle-ci soigneusement pour être en mesure de justifier qu’ils ont bien acquitté les droits, car cette pièce leur permettrait de lever un acquit-à-caution en franchise dans le cas où ils voudraient plus tard transporter leur eau-de-vie de leur domicile dans un autre.
- A. Truelle,
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- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Développement des papiers à image apparente.
- — Les papiers au chlorure d’argent (papiers au citrate, aristotypes, albuminés, à la celloïdine, etc.) peuvent être traités par développement. Ils fournissent ainsi, très rapidement, de très belles images, plus stables que celles qui ont été obtenues par noircissement direct. Ce procédé est, en outre, très économique, le révélateur employé coûtant beaucoup moins cher que les bains de virage à l’or ou au platine. Toutefois, pour avoir des impressions vigoureuses avec des blancs purs, il est
- nécessaire de n’employer que du papier de fabrication assez récente, et de ne le manipuler qu’à l’abri de la lumière.
- La tonalité de l’image dépend du degré d’impression à la lumière et de la composition du révélateur. Une épreuve directement noircie à la lumière jusqu’à son intensité normale devient rouge dans le bain de fixage ; une image invisible, au contraire, est révélée en noir au développement et reste noire dans l’hyposulfite. On comprend donc que, lorsqu’une épreuve incomplètement venue à la lumière est complétée ensuite dans un rêvé»
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- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- lateur, sa teinte définitive sera intermédiaire entre le | rouge et le noir, et d’autant plus rouge que le tirage aura été prolongé davantage.
- Chaque révélateur fournit une gamme de tons différents ; mais le ton est d’autant plus rouge que le bain est plus acide. Un révélateur très peu acide tendra à donner des tons bleus ou verts, surtout si l’image est très faiblement impressionnée. Un bain très acide donnera des tons rouge vif; seulement, un tel bain n’agit qu’avec une extrême lenteur ; il pourrait même rester impuissant à amener l’image à la vigueur voulue, si l’on ne connaissait aucun moyen d’en accroître l’énergie. Mais il suffit d’y ajouter une légère trace de bichromate de potasse pour que le développement s’achève avec une surprenante rapidité. On peut ainsi obtenir une fort bonne épreuve d'un papier à image apparente, n’eût-il été insolé que la centième partie du temps nécessaire pour fournir une épreuve destinée à être virée. De plus, un révélateur qui n’aurait donné, sans cette addition, que des tons bruns, noirs ou verdâtres, devient capable de produire une gamme beaucoup plus variée, suivant la proportion de bichromate dissous. Enfin, si l’on fait en même temps intervenir l’acide tartrique ou citrique,
- on arrive à des tons rouges très vifs. Voici la formule composée par M. Horsley-IIinton :
- Eau......................... 1000 c. c.
- Acide pyrogallique........... a5 gr.
- Solution de bichromate de potasse à i pour 1000 .... 5 c. c.
- L’épreuve ainsi obtenue est rouge. Elle passe au brun, si l’on augmente légèrement- la dose de bichromate. Si on l’augmente davantage, on atteint le ton vert. Dans ce cas, le développement est terminé en une demi-minute, et il devient difficile de l’arrêter au moment voulu.
- M. G. Balagny a obtenu de belles tonalités avec l’acide gallique. Il prépare d’abord une solution de réserve :
- Alcool à 900.....................ioo c. c.
- Acide gallique................... io gr.
- Au moment d’opérer, le révélateur est ainsi composé :
- Eau..............................200 c. c.
- Solution de réserve............... 5 —
- Solution d’acétate de plomb à
- io pour ioo..................... i —
- Cette formule convient aux épreuves tirées au quart ou à la moitié de la valeur qu’elles devraient avoir pour le procédé par noircissement direct et virage. Le développement est assez lent : ce n’est guère qu’au bout d’une minute qu’on voit l’image gagner en intensité. Le ton obtenu dans ces conditions est sépia. Si l’impression à la lumière a été arrêtée avant que l’image ait acquis le quart de l’intensité définitive, il faut diminuer la dose d’acide gallique, afin de pouvoir développer plus long-
- temps sans tomber dans les tons verts. On prendra, par exemple :
- Eau......... .................200 c. c.
- Solution gallique............ a —
- Solution d’acétate de plomb . . a à 5 gouttes.
- Si l’on veut avoir des épreuves tirant un peu sur le
- noir et ne contenant plus de rouge, on prendra :
- Eau............. .... aoo c. c.
- Solution gallique............ 5 —
- Solution d’acétate de plomb . . 5
- C’est l’augmentation de la dose d’acétate de plomb qui donne ici aux épreuves le ton noir marron. On obtient de beaux tons pourprés, se rapprochant de ceux du papier albuminé viré à l’or, en augmentant la dose d’acide gallique et en y ajoutant de l’acide acétique :
- Eau..............................aoo c. c.
- Solution gallique................ io —
- Acide acétique cristallisable . . i5 à a5 gouttes. Solution d’acétate de plomb . . 5 —
- Ce bain est très énergique. Si l’on supprime le sel de plomb, on obtient la teinte rouge sanguine, avec des épreuves tirées au quart ou à la moitié de l’intensité finale. Si les épreuves sont faiblement venues et qu’ou ajoute quelques gouttes de la solution d’acétate de plomb, le ton tirera sur le sépia foncé.
- M. .1. Desaime a combiné un continuateur au paramido-phénol. La formule suivante fournit de magnifiques images à ton photographique .
- Paramidophénol (base)................. 5 gr.
- Acide tartrique cristallisé ... 7 —
- Acétate de soude cristallisé. . . 11 —
- Acide acétique à 98 pour 100. . 45 c. c.
- Eau....................q.s.p. 1000 —
- Pour, l’usage, on étend cette solution de 5, 10 ou 20 fois son volume d’eau. Il faut, pour une épreuve i3 X 18, employer 100 c. c. de la solution étendue.
- Quel que soit le révélateur choisi, l’épreuve doit y être immergée directement, sans lavage préalable, car lé nitrate d’argent contenu dans la couche sensible est un élément essentiel du développement. Toutefois, une immersion réduite à 2 ou 3 secondes n’enlèvera qu’une insignifiante quantité de nitrate; il ne faudra donc pas hésiter à y recourir quand le papier n’aura pas la souplesse requise pour que le révélateur le recouvre d’un seul coup. Il est utile d’arrêter le développement un peu avant que l’image ait acquis toute son intensité, car elle monte encore légèrement dans l’eau de lavage el baisse peu au fixage, surtout si le ton en est noir ou bleuté. Les tons rouges baissent davantage.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Réponses. — N° 4f>44'2943. — La teinture du coton en noir solide présente déjà certaines difficultés à la cuve, à plus forte raison ne faut-il pas songer à teindre sur place une capote d’auto, le mieux est de la démonter et de faire exécuter l’opération par un teinturier.
- M. Fabre, à Paris. — Les circulaires dont vous parlez n’ont aucun rapport avec la machine à écrire, elles sont composées directement en caractères typographiques d’aspect identique à ceux des machines courantes et qui sont encrés à l’encre violette, il s’agit donc en réalité d’une impression habituelle sans qu'aucun transfert soit nécessaire.
- M. Pienovi, à Saigon. — Nous avons transmis votre lettre à la maison Sloan et C'e, 17, rue du Louvre qui se charge tout particulièrement, de l’installation de rizeries,
- vous pourrez également si vous le jugez utile, vous adresser aux maisons suivantes : Touaillon, 37, boulevard Sébastopol, Testut, 8, rup Popincourt, Paris ; Lafon, à Tours, Indre-et-Loire.
- M. E. B., faubourg des Postes, à Lille. — Les principaux métaux répondant à vos desiderata sont l’iridium point de fusion 236o°, le tantale 2798°, le tungstène 2900°. La difficulté sera de travailler ces métaux dans l’arc électrique, seule source de chaleur applicable dans ce cas et dont la température est de 35oo° d’après les dernières déterminations de Violle.
- M. R. Ozoul, au Vésinet. — D’après les indications que vous nous donnez, nous pensons que le produit en question est le british-gum ou amidon de maïs grillé qui sert à pratiquer la teinture en réserve. On se sert d’une dissolution faite à chaud dans la proportion de 100 gr. par litre d’eau en y ajoutant parfois un peu d’argile (china clay). Bien que son action protectrice puisse être suffisante dans un certain nombre de cas, pratiquement on y ajoute presque toujours un produit susceptible d’empêcher la couleur de se développer sur la réserve. Suivant la nature de cette couleur, le pro-
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- BOITE AUX LETTRES
- duit doit varier et on emploie : le sulfate de zinc pour les couleurs immédiates, le tartre émétique ou le sel d’antimoine pour les couleurs basiques; le sel d’étain, le sulfite de potasse, le tanin, réservent les couleurs azoïques, enfin l’acide citrique sert en particulier pour l’alizarine, tandis que les sels de cuivre empêchent la fixation de l’indigo. La teinture, sur partie non réservée s’effectue par foulardage comme d’habitude et il suffit après celle-ci d’un simple lavage pour enlever l’épaississant employé.
- M. L. Mercier, à Caen. — Le bouton-pression ou plus exactement le bouton fermoir à ressort date de 1886, son inventeur est M. Albert Raymond, qui en organisa la fabrication dans son usine de Grenoble, en collaboration avec M. Gutin. Antérieurement à cette époque, l’ancien bouton cousu avait passé par les étapes suivantes : agrafes s’accrochant à une contre-partie ou porte, fermeture à levier s’engageant dans un œillet rivé, tel que le clasp encore en usage pour les snow-boots, bouton rivé à hélice qui a conduit finalement au bouton-pression dont une des variantes est le bouton-fermoir à coudre. Cette invention bien française a été copiée en Allemagne même avant l’expiration des brevets, mais nous avons presque conservé le monopole de cette fabrication en variant à l’infini la décoration des articles, par l’emploi artistique de la nacre, de l’écaille ou des étoffes.
- M. le capitaine Vandelle, à Cazaux, Gironde. — i° L’agglomérant qui entre dans la composition des meules artificielles est un mélange de gomme laque et résine, on emploie habituellement les proportions suivantes :
- Gomme laque................. 260 grammes.
- Résine...................... 100 —
- Emeri pulvérisé .... 1000 —
- on fait fondre dans un récipient de fer et à feu doux la gomme laque et la résine, puis on incorpore à chaud l’émeri, on coule ensuite dans des moules graissés. Avant usage, avoir soin de décaper la surface dans un bain de soude caustique à 5° B.
- Dans le cas qui vous intéresse, nous croyons que l’application du produit à l’intérieur d’un éplucheur de pommes de terre présentera quelques difficultés, vous auriez peut-être avantage à refaire l’acquisition d’un nouvel appareil sans garniture d’émeri, tel que le fabrique la maison Ballée, 9, rue Vauvilliers, à Paris; 20 les oxydes métalliques employés dans la production des émaux donnent des nuances différentes suivant que l’atmosphère du four est oxydante ou réductrice; d’une manière générale, les colorations sont :
- Oxyde de fer : jaune rouge ou brun; manganèse : violet ou brun ; chrome : vert jaune ou vert blew, cobalt : bleu intense', uranium : jaune ou brun-, étain : blanc opaque ; or : rouge grenat. 3° Les oxydes métalliques anhydres ne sont pas hygrométriques.
- M. Poncet, à Reims. — TJ addition de soude au ciment nous paraît devoir être tout à fait fâcheuse, attendu que le ciment ne possède ses propriétés spéciales que par un équilibre rigoureux entre la silice ayant une fonction acide et les bases : chaux, alumine. Toute rupture de cet équilibre par l’intervention d’une base nouvelle donnera des résultats déplorables. Il n’y a donc aucun remède à apporter à cet état de choses qui est la conséquence d’un emploi regrettable; le lessivage des efflorescences pourra seul atténuer dans une certaine mesure l’action de la soude dans les joints.
- M. Georges Villiard, à Lyon. — lu objectif de Petzval se compose : 1” d’un système convergent formé d’une lentille biconvexe et d’une lentille plan-concave collées ensemble ; 2” d’un ménisque concave en flint et d’une lentille biconvexe en crown séparés par un faible intervalle, au moyen d’un anneau. Ces deux couples sont montés aux extrémités d’un tube au milieu duquel est placé le diaphragme. Cet objectif n’est exempt ni de distorsion, ni d’astigmatisme, et son champ est assez courbe, de sorte que la mise au point est assez délicate. L’étendue de ce champ varie entre i5 et 6o°, suivant le diaphragme employé. La propriété la plus remarquable de l’objectif de Petzval c’est sa grande luminosité, car il peut fonctionner à F : 3 et même à F : 2, 3. Cette propriété l’a fait longtemps préférer à tout autre pour le portrait à l’atelier. Il y est d’ailleurs encore utilisé, en raison des qualités toutes particulières de douceur et d’enveloppement qu’il donne au modelé. On s’en sert
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- aussi pour les agrandissements et la pi’ojection. Il faut alors le retourner, car il n’est pas symétrique, de façon que la lentille achromatique frontale se trouve placée du côté de l’écran de projection, et les deux lentilles indépendantes tournées vers le petit cliché ou vers le diapositif.
- M. E. Marcadier, à Nice. — La formule exacte du reuforçateur en une solution que vous employez n’a jamais été divulguée par son fabricant; mais la solution suivante satisfait aux conditions requises :
- Eau............................100 c. c.
- Sulfite de soude anhydre. ... 10 gr.
- Iodure mercurique............... 1 gr.
- M. H. B,, à Lubersac. — i° On peut réaliser un fer à souder électrique comme vous l’indiquez, mais le fil employé doit être nu et reposer sur du mica qui entoure le cuivre du fer, ou bien la tige de cuivre doit être émaillée. Pour un fer ordinaire, vous pouvez employer du ferro nickel de 3o/ioo en 2 m. de longueur environ. La consommation sera de 4 à 5 ampères. Nous indiquerons le moyen d’en construire un dans un prochain article ;
- 20 Les fers électriques se trouvent à Paris dans toutes les grandes maisons d’outillage faisant spécialement les appareils de chauffage électrique. Leur prix est assez élevé ;
- 3° Vous n’auriez aucun effet en employant la détente de l’air comprimé de votre pneu pour produire de la glace. Il vaut mieux employer un mélange réfrigérant, par exemple 100 gr. d’azotate d’ammonium dans 100 gr. d’eau, qui abaisse la température de 25° ou bien gr. d’azotate de sodium dans 100 gr. d’eau qui donne un abaissement de 180 seulement;
- 4° Votre distinction du courant alternatif et du courant continu est connue déjà; elle est appliquée sur les tableaux pour distinguer le sens du courant sur les barres de distribution.
- M. E. G., à Herpont (Marne). —Nous ne connaissons pas de machine spécialement construite pour le peignage de la paille de seigle, opération qui se fait assez rapidement au moyen de peignes en bois à longues dents, fixés au mur et sur lesquels sont passées fortement les javelles ou demi-javelles saisies alternativement par le pied et par les épis. Pour ce qui concerne les machines, demandez ce renseignement aux adresses suivantes : Direction de la Station d’essais de machines, 2, avenue de Saint-Mandé, Paris, 12e; Secrétariat de la Chambre syndicale des constructeurs français de machines agricoles, 10, rue de Lancry, Paris, 12e.
- M. S. T. Estado do Rio Campos, Avenida Pelinea (Brésil). — Utilisations industrielles des déchets des abattoirs : En ce qui concerne les déchets, dits « nivets d’abattoirs, viandes de rebut, viande d’équarrissage, déchets de cuirs, peaux, laines et toutes matières organiques d’origine animale, nous indiquons le brevet pris récemment, en France (sous le n° 497 10^)> Par M. Bohon, pour un procédé de fabrication d’engrais applicable à ces déchets.
- Voici en quoi consiste ce nouveau procédé :
- Placer ces matières dans un autoclave, après les avoir réduites en morceaux; ensuite, introduire une lessive de soude ou de potasse, puis un courant de vapeur qui maintient sous pression pendant le temps nécessaire. Au bout de deux heures de traitement, la dissolution est complète; il ne reste, dans l’autoclave, que des os décapés et un liquide rouge brunâtre très visqueux. On broie les os sous des meules verticales en fonte, on a ainsi une poudre contenant 1 à i,5 pour 100 d’azote et 60 à 70 pour 100 de phosphate de chaux. Le liquide contenu dans l’autoclave est envoyé à un décanteur pour séparer les graisses. On précipite la matière azotée et on la transforme en engrais après passage au filtre-presse et concassage des tourteaux, mais il est plus pratique de récupérer l’azote total et de le transformer complètement en azote ammoniacal. Le liquide visqueux est additionné de chaux pulvérulente; la masse est brassée au moyen d’un agitateur mécanique ; on introduit un courant de vapeur pour élever la température, et l’ammoniaque qui se dégage peut être recueilli sous forme d’eau ammoniacale, de sulfate, de chlorure ou de nitrate d’ammoniaque.
- Pour les autres questions, voyez : Utilisation des déchets d’abattoirs (Journal d'Agriculture pratique, n08 22 et 23 des ior et i5 novembre 1917). (Librairie Agricole, 26, rue Jacob, Paris, 6°); note sur les diverses
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- BOITE AUX LETTRES
- utilisations du sang (albumine, hémoglobine, sang cristallisé) [La Nature, n° du ai février 1920) ; et les ouvrages suivants : les Industries des abattoirs, par L. Bourrier ; les Abattoirs publics, tome ior, par J. de Lo-verdo; les Abattoirs modernes, par Mesnager, et dans la revue l'Hygiène de la viande et du lait (40, rue des Morillons, Paris, i5B), les fascicules contenant des études sur les utilisations industrielles des déchets et résidus d’abattoirs.
- M. Giraud, à Saint-Tropez. — Il faut vous adresser au Bureau Central météorologique, rue de l’Université, Paris.
- M. L. R., à Chambéry. — Nous croyons qu’en abaissant la température du- vin à 6° au-dessous de zéro, vous devrez obtenir le résultat attendu : suppression du risque de trouble. La température de — 4° n’est sans doute pas suffisante. Lorsqu’on soumet un vin à un froid de —6° à —8°, une partie de l’eau se congèle et forme des glaçons qui viennent flotter à la surface du liquide. Si on néglige d’enlever ces glaçons, ceux-ci en fondant troublent le vin qui ne reprend sa limpidité qu’après un long repos. Un refroidissement insuffisant laisse le vin trouble. A partir de — 20 et à des températures de plus en plus basses, suivant son titre alcoolique, le vin se prend en masse; par la séparation des glaçons, on a un vin plus alcoolique, la proportion d’eau qu’il contenait ayant diminué; le vin se conserve mieux, et bien qu’il puisse, en petites quantités, se congeler à — 5° et — 6°, il faut une température plus basse pour un grand volume. Ainsi, pour une pièce de a3o litres, il faut plusieurs jours, à i5° au-dessous de zéro, dans le cas de congélation naturelle. Le laps de temps durant lequel doit être maintenue la température utile ne peut être fixé a priori. .11 faut faire un essai, refroidir jusqu’au moment où le tartre devenu moins soluble se sépare du liquide et se précipite en même temps que les matières colorantes.
- M. J. B. à Zarzis. — Nous ne connaissons pas d’ouvrages récents sur la fabrication des différents plâtres, seulement le Manuel du chaufournier et du plâtrier, de MM. Lejeune et H. de Graffigny, édité avant la guerre par la librairie Bernard Tignol, 53 iis, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Vous pourriez demander à M. Margry, éditeur de la Revue des Matériaux de construction, 148, boulevard Magenta, à Paris. Dans cette revue, vous trouveriez publiés à différentes dates des articles sur le sujet qui vous intéresse. De même pour des adresses de maisons fabriquant le matériel et les accessoires, comme moules pour carreaux de plâtre.
- Le plâtre à mouler est généralement produit dans des fours identiques à ceux employés pour la cuisson du pain. La pierre à plâtre choisie, exempte de toutes impuretés, est placée dans des corbeilles en fil de fer quand le four a été chauffé suffisamment. Par la température et le temps de cuisson, on peut régler la prise de plâtre obtenu. On utilise également des fours du type Oppitz chauffés par la vapeur ou l'eau chaude sous pression, et dans le Midi, le four du type Juville. Le blutage qui doit être fait très soigneusement s'opère au moyen des bluteries ordinaires ou à l’aide de planchisters.
- Le plâtre hydraulique qui était une spécialité de l’Allemagne et de la Suisse est un plâtre surcuit doué de propriétés particulières; la température nécessaire pour sa production n’est pas déterminée.
- M. F. T. 17. — Il installation d'un haut parleur est simple. Le haut parleur est un récepteur téléphonique puissant qui comporte généralement un cornet amplificateur.
- Pour le montage, c’est celui d’un téléphone ordinaire quand le haut parleur comporte un microphone au poste récepteur. On peut le monter aussi simplement sans réciprocité de la part du poste récepteur.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées,pour certains ouvrages.) .......
- Forced Movements, Tropisms and Animal Conduct, par Jacques Loeb, i vol. in-8°, 209 p., 42 fig. Collection de monographies de Biologie expérimentale. Lippincott Cy, Philadelphie et Londres. Prix, relié : 10 sh. 6 d.
- Cette nouvelle collection de monographies, dirigée par trois des plus grands biologistes américains : Jacques Loeb, du Rockefeller Institute, T.-H. Morgan, de Columbia University, Osterhout, de Harvard University, se propose de faire connaître les récentes acquisitions expérimentales de la biologie.
- Le premier volume est consacré par Loeb aux mouvements obligatoires, forcés, aux tropismes et aux réactions animales. On connaît la conception de Loeb par ses ouvrages précédents dont plusieurs ont été traduits en français : rejetant toutes les interprétations finalistes et même toutes les observations psychologiques relatives aux moeurs des animaux, il s’attache à expliquer leurs mouvements par des causes simples, physiques ou chimiques. On trouvera ces principes dans les premiers chapitres de ce livre, consacré aux mouvements forcés et aux divers tropismes : géo-, galvano-, hélio-, rhéo-, anémo-, stéréo-, chemo-, thermo-tropismes. Si l’on considère cette théorie comme trop schématique et trop simpliste, par contre les observations et les expériences rapportées, faciles à répéter, montreront de nombreux faits nouveaux et fort intéressants.
- The Elemenlary Ncrvous System, par G.-H. Parker. 1 vol. in-80, 229 p., 53 fig. Monographs on Experi-
- mental Biology. Lippincott Cy, Philadelphie et Londres. Prix, relié : 10 sh. 6 d.
- Le système nerveux des animaux inférieurs est très mal connu, plus encore dans son fonctionnement que dans sa structure. Ce livre résume ce que nous savons de celui des éponges et des coelentérés et y montre l’origine du système beaucoup plus complexe des animaux supérieurs.
- Inbreeding and Outbreeding, their genetic and social Signifiance, par Edward M. East et Donald F. Jones. 1 vol. in-8, 285 p., 46 fig. Collection de monographies de biologie expérimentale. Lippincott Cy, Philadelphie et Londres. Prix, relié : 10 sh 6 d.
- Ce problème de génétique a la plus grande importance, non seulement pour l’homme que les lois sociales empêchent de se marier avec ses proches parents, mais encore et surtout pour les éleveurs et les sélectionneurs de toutes sortes qui cherchent constamment à améliorer les races dont ils s’occupent. Les auteurs rappellent d’abord les notions nécessaires sur la reproduction et Phérédité, puis passent en revue tous les travaux et observations déjà accumulés sur les croisements dans la famille, leur influence sur la stérilité, l’évolution, la sélection. Une bonne bibliographie permet au lecteur d’aborder la question plus en détail s’il le désire.
- L’alimentation simple et économique d’après Vidée française, parle D‘ Monteuuis. i vol. in-16, 191 p., Ma-loine, Paris. Prix : 6 francs.
- Continuant sa campagne en faveur de l’alimentation simple, économique, naturelle, l’auteur combat ce qu’il considère comme trois erreurs ; l’abus du pain blanc, de la nourriture animale et de l’aliment artificiel. Il préconise le pain bis de meule à 85 pour 100, la cuisine française, les préparations culinaires domestiques, et recherche les moyens de réformer notre alimentation par l'enseignement à tous les degrés.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- INFORMATIONS
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- N° 2423
- 11 Septembre 1920.
- Les Thermo-accumulateurs. — Les stations centrales électriques, quelles soient hydrauliques ou à vapeur, ont un défaut capital. La distribution du courant ne peut être uniforme dans la journée; aux heures de faible débit, une partie des coûteuses machines qui équipent l’usine reste inutilisée. C’est là une des principales infériorités de l’électricité par rapport au gaz d’éclairage. On y remédie partiellement au moyen des accumulateurs électriques ; mais ceux-ci sont coûteux, encombrants, d’un maniement assez délicat, et ne constituent jamais que des organes de secours. Un ingénieur italien, M. Del Proposto, propose d’emmagasiner l’énergie des stations centrales, aux heures de faible consommation, au moyen d’accumulateurs thermiques. L’énergie électrique produite par la station centrale et tirée du réseau est transformée par des transformateurs ou convertisseurs qui la réduisent à basse tension. Elle passe dans des résistances constituées par des rubans de fer placés dans des sortes <jte récbaufïeurs à circulation installés à la partie inférieure de récipients nommés '•'surchaufleurs. Elle sert à chauffer un liquide, huile lourde ou autre, qui peut être porté à la température de 4^5° environ. Il y a en général 3 accumulateurs pour un surchauffeur. L’huile réchauffe à son tour de l’eau placée dans les accumulateurs de chaleur et celle-ci ainsi réchauffée est vaporisée et mise sous pression. La vapeur est envoyée dans des tubes métalliques qui occupent la partie supérieure de réchauffeurs où elle se sèche et se surchauffe. Elle peut alors servir à alimenter des turbines à vapeur. D’après l’inventeur, ce système permettrait de restituer aux heures de pointe 20 pour 100 de l’énergie qu’il absorbe dans les heures de faible consommation.
- Lampe à arc à vapeur de cadmium. — Depuis un certain nombre d’années, on cherche à réaliser une lampe analogue à la lampe à vapeur de mercure, mais donnant, au lieu d’une lumière verte, une lumière rouge. La combinaison d’une semblable lampe avec la lampe à vapeur de mercure permettrait de réaliser un éclairage d’une couleur satisfaisante. On a cherché à utiliser à cet effet le cadmium. Le cadmium pur n’a pas donné de bons résultats. L’alliage cadmium-mercure n’en a pas donné davantage; il ne laissa apparaître que très faiblement le spectre du cadmium. M. Frédérick Bâtes dans une publication du U. S. Bureau of Standards annonce qu’en utilisant l’alliage gallium-cadmium dans une lampe en quartz, il a obtenu une lumière donnant le spectre du cadmium avec une remarquable netteté. Le gallium fond à 3o° C ; mais il ne bout qu’à 1600° C et sa tension de vapeur est si basse que seule la vapeur de cadmium est pratiquement portée à l’incandescence dans la lampe nouvelle.
- Le cinéma aux États-Unis. — L’industrie cinématographique s’est rapidement développée aux Etats-Unis dans ces dernières années et ses productions inondent le monde. Elle représente un chiffre d’affaires considérable et la mise en œuvre d’un personnel et de moyens gigantesques. Le véritable centre de cette industrie est la ville de Los Angeles en Californie. C’est là que sont tournés 80 pour 100 des films américains. Los Angeles doit cette situation privilégiée à son climat qui est assez analogue à celui de notre Côte d’Azur, à la belle lumière qui y règne la plus grande partie de l’année et à la grande variété de paysages de ses environs. On y trouve en effet depuis les paysages tropicaux jusqu’aux paysages polaires au sommet des hautes montagnes qui avoisinent la ville. Les grandes maisons de cinéma ont donc toutes installé de véritables colonies dans la région de Los Angeles et y emploient plusieurs milliers de personnes. Leurs établissements sont de véritables petites villes couvrant de vastes superficies ; on y trouve restaurant, hôpital, pompiers, ateliers de menuiserie et de modelage, scènes couvertes et en plein air, et de nombreux édifices cinématographiques. La plus importante de ces villes, décrite par M. Lescarboura, dans la Revue Internationale de Dun, mesure 3a3 hectares de superficie. Elle est située à peu de distance de Los Angeles dans la belle vallée de Saü-Fernando. Elle contient une multitude d’édifices pouvant se prêter à
- toutes les représentations imaginables; chaque face de l’édifice a une façade différente, de sorte que le même bâtiment représente d’un côté une écurie par exemple, de l’autre une maison de campagne, de l’autre une caserne, du quatrième une ferme. De plus chaque édifice se prête à des transformations rapides de sa façade et peut ainsi servir à de multiples usages. La ville est partagée en deux sections : la rustique où se jouent les scènes de cow-boys, d’indiens, etc. et l’urbaine où se jouent les scènes qui se déroulent dans une rue ou une maison. Les façades des maisons de la section urbaine sont en béton armé. Dans cette section on trouve encore une gigantesque scène en plein air mesurant 3o m. sur 65, entièrement cimentée.
- La ville est traversée par de nombreux cours d’eau sur lesquels on a construit des ponts de tous styles ; on y a également aménagé des chemins de toutes espèces : depuis les pistes en terre jusqu’aux routes pavées les plus modernes. Le metteur en scène a ainsi à sa disposition la plus grande variété de paysages et de décors naturels. Signalons encore un théâtre romain et un stade où peuvent prendre place 1400 personnes.
- Une fois le film composé, la reproduction des pellicules destinées à la vente se fait dans de grandes usines en général situées aux environs de Chicago et de New-York.
- Le Kenya, ancienne Afrique orientale anglaise.
- — Le Times annonce que l’ancien protectorat de l’Afrique orientale anglaise vient de changer de nom et de régime. Il est en effet annexé à l’empire britannique sous le nom de colonie de Kenya, d’après la décision prise par Sir Edward Northey à Nairobi.
- La montagne, d’où la colonie prend son nom, est familière à tous ceux qui ont voyagé par le chemin de fer de l’Uganda. Volcan éteint, sori sommet s’élève à 5202 m. au-dessus du niveau de la mer; la base en est couverte de forêts et de brousse où rôdent des troupeaux d éléphants et d’antilopes. Au-dessus de ces forêts se trouve une région, où croissent des bambous monstres ; plus haut, on rencontre une zone alpine où il n y a pas moins de quinze glaciers, dont deux atteignent une longueur de 1600 m.
- Le changement de régime donne à la colonie le pouvoir de contracter un emprunt, et un effort sera fait immédiatement pour lever 5 millions de livres sterling. Une partie de cet emprunt sera consacrée à étendre le réseau de chemins de fer, celui d’Uganda étant insuffisant pour subvenir aux besoins du commerce futur du pays. On espère qu’un conseil d’administration intercolonial sera constitué, auquel le territoire de Tanganyika sera représenté, car il est dans Tintérêt commun des colonies de Kenya, d’Uganda et de Tanganyika qu’il y ait coopération dans l’exploitation de la partie immense de l’Afrique tropicale comprise dans ces trois pays. Une autre partie de l’emprunt servira à l’agrandissement et à l’amélioration du port de Kilindini-Mombasa, port naturel superbe, à l’abri de tous les vents, et où, cependant, les grands navires sont forcés de jeter l'ancre loin des quais. Il faudra encore dépenser de grosses sommes à la construction de routes, décotes et d’hôpitaux, et aussi à l’augmentation des traitements des fonctionnaires, de façon à attirer des hommes compétents.
- La colonie sera divisée en territoires colonisés par des blancs, gouvernés par des magistrats, tandis que les noirs seront soumis à des commissionnaires indigènes. Les indigènes ont déjà acquis assez d’instruction pour qu’on puisse en commissionner selon le système du gouvernement colonial britannique.
- La nouvelle colonie devra s’appliquer à résoudre maints problèmes difficiles, parmi lesquels la question monétaire ainsi que celle des droits des colons indiens sont des plus urgents.
- La portion qui longe la côte, d’une largeur de 16 kilomètres environ, reste un protectorat, le territoire de Zanzibar. Cette bande de terre, avec l’île de Mombasa, fait partie des Etats du sultan de Zanzibar. Les relations de l’Angleterre avec cet Etat arabe sont de longue date. En effet, c’est grâce à l’influence de l’explor-ateur et administrateur Sir John Kirk que Seyid Burgash
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- INFORMATIONS
- accorda aux Anglais ies premières concessions dans l’Afrique orientale. Les Anglais ont proclamé leur protectorat sur l’île de Zanzibar le 7 novembre 1890.
- Electrification de la Palestine. — L'Entente signale qu’un ingénieur norvégien, M. Albert Hjorth, vient de présenter un plan pour l’électrification de la Terre-Sainte. Il propose d’amener par des conduites l’eau de la Méditerranée dans la mer Morte, dont le niveau, on le sait, est à 3g4 m. au-dessous du niveau méditerranéen.
- L’Evening Post> de New York, donne à ce sujet les informations suivantes :
- Le plan de M. Hjorth comporte un tunnel de milles de long, entre la Méditerranée et la mer Morte, passant sous Jérusalem. L’eau amenée de la Méditerranée dans la partie inférieure de la vallée du Jourdain serait dirigée par des conduites sur une installation de forces avec machinerie turbo-électrique qui fournirait l’électricité dans le pays et actionnerait une installation de pompage à l’extrémité sud du lac de Génézareth.
- Cette force serait utilisée pour la production de nitrate de chaux, les opérations minières du pays et pour la distribution de lumière et d’énergie.
- L’eau irriguerait la plaine de Sharon, avec drainage vers la mer. Des milliers de citernes et d’importants ouvrages hydrauliques remontant jusqu’au règne de David pourraient bénéficier de ce plan.
- On se servirait également du courant pour actionner de grandes fabriques de sel, ainsi que pour l’exploitation des vastes gisements d’asphalte de Sodome et Gomorrhe.
- Les explo'sifs de guerre en agriculture. — Dans tous les pays belligérants, on cherche à utiliser les stocks de munitions restés sans emploi lors de 1 armistice, pour des besognes pacifiques. Nos lecteurs connaissent les nombreux essais pratiqués en France sur les gaz de combat. Les explosifs y ont aussi attiré l’attention, mais à un moindre degré. En Italie, M. Gari-baldi vient d’examiner dans le Giornale di Cliimica industriale les usages possibles de ces derniers en agriculture. Il rappelle que la première idée d’employer la dynamite dans le sol revient au Viennois de Hamm, en 1870. En 1878, Ascanio Sobrero, inventeur de la nitroglycérine, fit avec celle-ci des essais de défoncement de terrains qui parurent dangereux pour des ouvriers non entraînés. Ce n’est que beaucoup pluè tard que la question fut reprise pratiquement aux Etats-Unis, ainsi que La Nature le mentionnaj alors (n° 2080). En 1911, 3 millions de francs de dynamite y servirent à des défon-cements.
- Les stocks de guerre des divers explosifs : dynamite, balislite, trinitrotoluol, incitent un peu partout à étendre ce mode d’emploi. Les expériences faites en Italie amènent M. Garibaldi aux conclusions suivantes que nous reproduisons d’après le Bulletin de Renseignements de l’Institut International d- Agriculture :
- Dans les travaux de défoncement en terrains compacts qui doivent servir à des cultures herbacées, pour lesquelles la terre ne doit pas être remuée à de grandes profondeurs, la balistite doit être préférée à tous les explosifs, puisqu’elle atteint le but voulu en travaillant une superficie cultivable plus étendue, tandis que, pour des trous profonds pour plantations d’arbres, par exemple, le tritol et l’acide picrique conviendront certainement mieux. Ces opérations deviennent toujours d’une moindre efficacité à mesure qu’on se rapproche des types de terre peu consistantes, poreuses, légères, molles.
- Le travail des terrains durs, compacts, rocheux, au moyen des explosifs, est en général des plus convenables, surtout dans les travaux qui n’exigent pas un défoncement général continu, soit à la superficie, soit dans le sous-sol, mais un déplacement partiel de terrain, limité à des bandes étroites pour fossés, à de petites superficies pour plantations d’arbres, pour puits absorbants, pour extraction de souches d’arbres, etc. Les explosifs, en soulevant le terrain sur un certain rayon et en désagrégeant les couches dans toutes les directions, facilitent le travail des années suivantes avec les instruments aratoires, car ils laissent le terrain poreux et absorbant dans ses parties les plus profondes, et rendent la vie à des parties abandonnées et incultes en enrichissant le sol d’un excédent de récolte dès la première année. On a constaté que l’épargne obtenue par l’emploi des explosifs, en comparaison des frais nécessaires pour effectuer les défoncements par les instruments ordi-
- naires, varie de 25 à 5o pour 100. Et si l’on considère actuellement le renchérissement toujours croissant de la main-d’œuvre, ces chiffres peuvent augmenter encore de i5 pour 100.
- Ce qui est surtout indispensable pour obtenir de bons résultats de l’emploi des explosifs, c’est que la personne qui dirige les travaux en connaisse parfaitement la pratique et qu’elle ait 'toujours sous les yeux le résultat des expériences déjà faites, car la qualité et la quantité des explosifs et la méthode de préparation varient selon la nature et les qualités des terrains et selon les buts qu’on veut atteindre.
- Pour que ces travaux puissent être entrepris à bon marché, il faut des appareils perfectionnés, et aussi arriver à réduire, en faveur de l’agriculture, une quantité de dispositions minutieuses qui peuvent entraverun travail continu et profitable; de plus, il faut que le prix des explosifs ne soit pas trop élevé, parce que le coût du travail dépendra, en grande partie, du concours qu’il offrira.
- En Italie, principalement dans la Campagne romaine, la Pouille, la Calabre, la Toscane, la province de Ferrare et d’autres régions, il y a des centaines de milliers d’hectares de terrain inculte, et personne ne trouve son compte à les travailler avec les moyens dont on dispose, parce que les résultats ne rembourseraient pas les frais et que les machines les plus indiquées ne fourniraient pas un travail plus avantageux. Si tous ces terrains étaient cultivés, l’auteur estime que l’Italie pourrait se suffire, qu elle produirait peut-être au delà de ses besoins et que tant d’or n’émigrerait pas à l’étranger. Et puisque l’Etat italien possède actuellement des quantités énormes d’explosifs qui n’ont pas été employés pendant la guerre, il souhaite que les essais effectués en ce moment dans diverses régions de l’Italie au bénéfice de l'agriculture nationale attirent l’attention du Gouvernement, d’où doivent venir les encouragements et l’appui qui permettront de résoudre de la meilleure manière la question de l’emploi des explosifs à l’avantage des agriculteurs et du pays tout entier.
- Paonne à plumage de paon. — En 1916, j’ai communiqué à l’Académie de Médecine [Bull. Acad. Méd., 1916, séance du 17 octobre) l’observation d’une paonne (Pavo cristatus) alors vieille de douze ans, qui « chantait le Paon » comme les Poules âgées « chantent le Coq » et qui « faisait la roue » comme un mâle.
- A cette époque, son plumage n’était pour ainsi dire pas modifié. Aujourd’hui, en 1920, c’est-à-dire quatre ans après, cet oiseau a seize ans. Or il a pris tout à coup la parure du Paon, comme le montre la photographie ci-jointe. La tête est surmontée d’une superbe aigrette. Le cou présente un splendide collier large de 10 cm de plumes d’une coloration violette très intense. Le thorax est recouvert d’autres plumes aux multiples couleurs. La queue est exactement semblable à celle
- d’un mâle adulte et est pourvue de plumes spéciales, atteignant un mètre et même plus de longueur!
- Cette paonne ne « chante » plus que très rarement et modérément. Elle ne peut qu’ébaucher des « roues ».
- Ce fait prouve que j’avais eu raison d’écrire en 1916 que « les changements qui surviennent dans la voix et le chant se montrent d’ordinaire avant celles du plumage et attirent les premières l’attention », dans le cas de virilisme de femelles.
- Il a donc fallu attendre quatre années pour assister à l’apparition d’un plumage masculin. Ce qui indique bien que l’évolution se fait avec une certaine lenteur et dans un ordre donné, qui paraît inverse de celui qu’on observe chez les jeunes mâles, où la parure se montre de bonne heure. I)1 Mauuul Baudoin.
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- T. S. F. DES AMATEURS
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- I. - AMPLIFICATEUR A RÉSISTANCE
- Les progrès merveilleux récemment réalisés en T.S.F. : conversations échangées entre l’Europe et l’Amérique, signaux hertziens perçus d’un antipode à l’autre, sont dus en grande partie à l’emploi des lampes amplificatrices qui permet d’augmenter presque sans limite l’intensité des réceptions les plus faible s.
- Le principe dé l’amplification par lampes à trois électrodes repose sur le phénomène suivant : de faibles variations de potentiel appliquées à la grille d’une lampe provoquent des variations importantes dans le courant
- des piles de la plaque. L’appareil se comporte absolument comme un re-lai; n’utilisant aucun organe mécanique, ne possédant aucune inertie, il est capable de suivre fidèlement les variations des courants téléphoniques et même celles beaucoup plus nombreuses des oscillations de haute fréquence utilisées en T. S. F.
- Pour rendre perceptibles les variations d’un courant téléphonique trop faible pour agir directement sur un écouteur ordinaire il suffit donc de faire agir ces variations sur la grille d’un tube à vide et de placer le téléphone dans le circuit de plaque où des variations parallèles aux premières, mais beaucoup plus importantes, prendront naissance. Si cette première amplification ne produit pas un effet assez puissant, on reporte sur une seconde grille les variations une première fois intensifiées et on en recueille le bénéfice dans le circuit de plaque de la nouvelle lampe. On établit de la sorte des dispositifs à plusieurs étages d’amplification.
- L’apport sur la grille d’une lampe de l’énergie à amplifier ne se fait pas d’habitude directement, mais par l’intermédiaire d’un appareil qui est ou un transformateur ou une résistance.
- La fig. i représente le schéma d’un dispositif amplificateur utilisant un transformateur; la fig. 2 celui d’un
- dispositif utilisant
- ____ 2 eamplification une résistance.
- L’examen de ces diagrammes, simplifiés à dessein, permet de suivre les phases de 1 amplification par lampes et d’en comprendre aisément le mécanisme.
- Le premier dispositif n’utilise qu’une seulelampe;
- --| 1 1 1 + le courant à ampli-
- Fig. 2. — Amplificateur à^résistance. fier traverse le primaire d’un transformateur et ses variations induisent dans le secondaire des forces électromotrices qui atteignent la grille, et en modifient le potentiel; il en résulte des variations d’intensité dans le courant du circuit de plaque, variations en concordance rigoureuse avec les premières, mais cinq ou six fois plus puissantes.
- Le second dispositif est à deux étages d’amplification. Le courant initial est directement amené à la première grille, et le courant cinq à six fois plus intense qui en résulte dans le circuit de plaque est reporté par l’intermédiaire d’une résistance, dont le rôle est de provoquerune chute de tension alternative importante, sur la grille d’une seconde lampe; le téléphone monté dans le circuit de la dernière plaque y recueille alors les effets cinq fois amplifiés de la première amplification, c’est-à-dire des variations de courant vingt-cinq fois plus fortes que celles du courant primitif.
- Dans la pratique, les montages d’amplificateurs ne sont pas tout à fait aussi simples et diversesprécautions doivent être prises, différents organes accessoires doivent être utilisés pour assurer le bon fonctionnement des appareils.
- Pour les amplificateurs à transformateurs, la résis-tauce des enroulements doit être proportionnée à celle des circuits où ces enroulements sont placés; les résistances des circuits de plaque sont, dans les lampes françaises, de quelques milliers d’ohms; lesrésistances des circuits de grille, de quelques dizaines de milliers d’ohms.
- Avec les amplificateurs à résistances, on emploie de petits condensateurs pour assurer la liaison de grille à plaque et favoriser le passage des oscillations, et plus la fréquence de ces oscillations est grande, plus petite doit être la capacité de ces condensateurs; on prend soin, également, de relier les grilles des lampes au pôle positif de la batterie de chauffage des filaments par uue résistance de 4 à 5 mégohms afin de maintenir aussi constant que possible le potentiel moyen de ces grilles.
- Ou peut utiliser les amplificateurs de deux façons :
- i° pour amplifier les courants de T. S. F. rectifiés par un détecteur, c’est-à-dire des courants de basse fréquence susceptibles d’agir sur un écouteur téléphonique.
- 20 Pour amplifier les courants de T. S. F. tels qu’ils existent dans l’antenne avant redressement par le détecteur, c’est-à-dire des courants de haute fréquence qui seraient sans effet sur un téléphone.
- Dans le premier cas, il suffit de placer le téléphone à
- Fig. 3. — Schéma d'amplificateur à résistances à 4 lampes.
- la sortie de l’amplificateur pour percevoir les signaux amplifiés.
- Dans le second cas, on ne recueille à la sortie de l’amplificateur que des oscillations amplifiées qu’il faut nécessairement détecter avant qu elles puissent agir sur un téléphone.
- En général il y a avantage — surtout pour des signaux faibles — à amplifier avant détection.
- En amplifiant d’abord à haute fréquence une réception de T. S. F., en la détectant, puis eu amplifiant à basse fréquence le courant redressé, on atteint des sensibilités prodigieuses; on arrive ainsi à entendre des transmissions lointaines sans antenne, par la seule induction des ondes sur un circuit oscillant dont les dimensions de l’enroulement ne dépassent pas 10 centimètres.
- Afin de permettre à nos lecteurs, étudiants ou amateurs, des expériences de réception aux plus grandes distances avec toute la commodité et la discrétion qu’assure l’emploi d’un petit collecteur d'ondes d’appartement, nous décrirons deux types d’amplificateur, l’un utilisable pour la haute fréquence, et l’autre pour la basse fréquence. Ces appareils, simplifiés le plus possible pour rendre leur construction facile, pourront être employés séparément, mais seront susceptibles d’être associés très simplement pour un rendement maximum.
- 1. — Construction d’amplificateurs haute fréquence à résistances.— Le schéma que représente la figure 3 est celui d’un amplificateur à résistances très facile à construire et donnant une amplification presque égale à six cents fois la valeur du courant initial.
- L’appareil permet une excellente réception sur cadre, il convient à la fois à la réception des ondes amorties et des ondes entretenues de toutes longueurs deptiis 3oo m avec une parfaite syntonie. Il présente l’avantage d’être tout à fait silencieux, ne produisant ni si’flement.,
- Fig. 1. — Amplificateur à transformateur.
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- T. S. F. DES AMATEURS
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- ni sons de cloche à la moindre trépidation; il renforce peu les parasites. Amplificateur à haute fréquence, il détecte cependant les amorties sans détecteur et les entretenues sans hétérodyne par le seul jeu d’un compensateur auxiliaire d’une grande simplicité.
- T’Jampe
- Connexion positive des filaments
- £60
- Fig. 4- — Monture extérieure de l’amplificateur.
- Les éléments essentiels de l’appareil que l’étudiant ou l’amateur auront à construire sont :
- a) Le support des lampes;
- b) La table des résistances et des petits condensateurs de liaison ;
- c) Le compensateur.
- A) Support des lampes. — On choisit, pour servir de support aux quatre lampes amplificatrices, une planchette d’éboniteou de bois bien sec et paraffiné à chaud, c’est-à-dire par immersion de quelques minutes dans un bain de paraffine fondue; la fibre ne doit pas être employée à cause de son faible pouvoir isolant. Une petite caisse mesurant a5 cm de longueur, io cm de largeur et 6 cm de hauteur (fig. 4) convient tout à fait pour cet
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- Gt
- objet; le couvercle doit, bien entendu, rester libre pour permettre le passage des connexions qui relieront les bornes extérieures de lampes aux bornes delà table des résistances qui sera placée à l’intérieur de la caisse.
- Les lampes sont disposées sur un seul rang et aussi rapprochées que possible les unes des autres : cette précaution est commandée par la nécessité d’établir des connexions aussi courtes que possible afin d’é\iter l’introduction dans les circuits amplificateurs de capacités parasites qui gêneraient le bon fonctionnement de l’appareil.
- Les directions que nous avons données pour la construction du support de la lampe hétérodyne seront encore suivies pour construire le support des quatre lampes de l’amplificateur à résistances.
- Les porte-fiches des lampes étant convenablement disposés sur le socle et les bornes de connexions étant soigneusement repérées, on réunit p3 par un fil de cuivre - de un millimètre de diamètre toutes les extrémités négatives des filaments et par un fil
- semblable toutes les extrémités positives.
- A proximité de chaque borne de plaque, de chaque borne de grille, à proximité de la borne positive du filament de la seconde lampe, on perce ensuite un petit canal de i millim. 1/2 de diamètre destiné au passage d’une des connexions reliant les lampes à la table des résistances.
- B) Table des résistances et des petits condensateurs de liaison. — La construction de la table des résistances et des condensateurs de liaison est l’opération la plus
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- Fig. 6.
- — Schéma de la table des résistances.
- délicate du montage de l'amplificateur; sa réussite demande beaucoup de soin, mais ne présente aucune difficulté insurmontable.
- La fig. 5 représente l’appareil sous son aspect réel et
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- Fig. 8. — Borne de connexion.
- la fig. 6 la disposition schématique des divers éléments qui le constituent.
- Sur cette dernière figure, les lettres indiquent à quel organe des lampes amplificatrices devra être reliée chaque borne lorsqu’on procédera au montage de la table; ainsi la borne marquée Pi sera connectée à la plaque de la première lampe, la borne marquée Pa, à celle de la seconde ; la borne marquée G2 sera reliée à la seconde grille, celle marquée G3 à la troisième, etc. La borne marquée -f 4 volts sera reliée à la borne positive d’un des filaments et la borne marquée -|- 80 volts sera connectée directement au pôle positif de la batterie de plaque.
- La place choisie pour les condensateurs, le groupement des résistances donnent à notre dispositif l’avantage de connexions réduites et suppriment la moitié du nombre de bornes qu’il serait nécessaire d’employer avec un modèle différent.
- Le socle de la table des résistances est fait d’une planchette d’ébonite ou de bois dur paraffiné à chaud ; il mesure 9 cm sur 5 et a une épaisseur de quelques millimètres (fig. 7).
- La planchette porte, selon le croquis de la figure 7,
- 8 trous fraisés destinés au logement des pieds de vis formant l’axe des bornes de connexion destinées à relier les résistances et les condensateurs aux différents organes des lampes amplificatrices. Les dimensions à donner à ces trous dépendent évidemment du type de borne adopté: nous conseillons l’emploi des bornes très petites,
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- Uig. 9- — Carte de papier canson.
- l’échantillon représenté sur la figure 8 est un modèle très répandu, à la fois pratique et avantageux. Le pied des bornes doit être entièrement encastré dans le socle et être protégé par un bouchon de cire ou de paraffine.
- Le socle estrecou-vert d’une carte de
- papier canson de 8 cm de longueur et 4 cm de largeur, badigeonnée sur la face en contact avec la planchette d’une couche de vernis à la gomme laque. Cette carte est perforée exactement comme le socle (fig. 9) de façon à pouvoir (être embrochée sans déformation par les vis des bornes dont le diamètre est légèrement inférieur à celui de chaque perforation.
- Autour des huit lunettes ainsi découpées sur la carte, on trace au crayon un carré de 10 à 12 millim. de côté
- Fig. 10. — Empâtements de graphite.
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- T. S. F. DES AMATEURS
- qu’on empâte copieusement d un frottis de graphite en utilisant un crayon très tendre (crayon conté au graphite n° io3o).
- , Ces empâtements réalisés (fig. io), on place définitivement la carte sur le socle en y montant les bornes marquées -f- 4 volts et + 8q volts sous lesquelles la carte est directement bloquée. '
- . Le montage de ces bornes demande quelque précaution. Le pied de vis étant convenablement logé dans le socle, on enfile sur la tige filetée une mince rondelle
- de plomb ou à défaut quelques disques de papier d’étain destinés à assurer un bon contact de la borne sur l’empâtement de graphite; par-dessus ce joint malléable, on place une rondelle de cuivre sur laquelle on peut serrer enfin, sans danger pour l’empâtement, l’écrou de fixation.
- On peut procéder après cela à la confection des petits condensateurs de liaison dont les figures 5 et 6 indiquent clairement la place.
- (À suivre.) . Franck Duroquier.
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- VARIETES
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- La conservation du miel. — Le miel est conservé en pots, en vases degrés (les meilleurs), de terre vernissée, de verre. On accuse les récipients en bois de se laisser pénétrer par la matière. Le fer-blanc, plus léger et moins fragile que le verre et la faïence, est employé pour l’expédition.
- On voit, parfois, de l’écume sur les miels blancs de sainfoin ; c est, pourrait-on dire, comme une marque d’origine. Certains prétendent qu’il faut la laisser. Mais les marchands en gros l’enlevent, généralement, avec une spatule en bois, prétextant que les acheteurs, peu connaisseurs, pourraient voir là le résultat de quelque altération.
- Avant de fermer complètement les pots, on doit les laisser deux à trois semaines dans un lieu sec et aéré, pour achever l’évaporation de l’eau. On enlèvera, d’ailleurs, s il y a lieu, les portions de celle-ci qui auraient pu se réunir à la surface.
- On lavera soigneusement les parois extérieures des récipients pour entraîner toute trace de miel, qui attirerait les mouches et les fourmis dans le local où ils doivent séjourner. Le miel étant hygroscopique (il peut absorber jusqu a 40 pour 100 de son poids d’humidité), ce n est pas à la cave qu’il faut le tenir, mais dans un local sec, un grenier, par exemple.
- Après quelque temps de conservation, lemiel en sirop se prend en miel granulé, miel candi il cristallise comme l’on dit vulgairement. On trouve des miels à gros grains, des miels à grains moyens, ces derniers les plus appréciés. Il en est qui ne granulent que difficilement, on cite ceux d’acacia, de sainfoin. Le miel obtenu par pression se cristallise moins fortement que celui des cadres, obtenu avec l’extracteur. Toutefois, on a rencontré des miels de hausse, de gâteaux à alvéoles non operculés (nectar), de densité normale (1,4) granu-lant avant la fin de septembre.
- En général, la granulation a lieu vers la fin de l’automne, à l’approche du froid. Parfois, au contraire, la chaleur semble intervenir, le miel se cristallisant dans les rayons.
- Le phénomène paraît dû à un principe qui se trouve en plus ou moins grande quantité dans le nectar, selon les fleurs ou la saison. Au pied du Liban, souvent le miel des cactus se cristallise dans les cellules mêmes. On cite, en Ecosse, des miels de bruyère, et dans le Hanovre, ceux de la « bruyère de Lunebourg », qui ne peuvent être extraits que par pression, pour l'usage des confiseurs. Le miel de thym, des collines sèches, qui, dit-on, résiste à la chaleur aussi bien qu’au froid de l’hiver, ne se cristallise franchement qu’au printemps; celui de lavande, régulièrement, mais lentement, au cours de l’automne, et en hiver il est très dur. On rapporte que celui de l’agnus-castus, qui croît le long des ouadès secs des plaines des Philistins, en Palestine, se cristallise un mois après avoir été récolté, en devenant très dur aussi. Les soins que l’on a pris pour la conservation influent également : un miel qui a mal mûri, qui a gardé de l’eau, se cristallisera plus tard.
- Il faut donc, comme nous l’avons dit, favoriser le départ de l’humidité, en ne fermant pas immédiatement les pots, mais en posant seulement sur l’ouverture une feuille de papier, jusqu’à ce que s’amorce la granulation, ou tout au moins que l’on suppose l’eau disparue. M. de Layens conseille les pots en grès ou en terre vernissée, simplement recouverts de leur couvercle, que l’on tient dans une»chambre sèche, dans un courant d’air qui joue constamment.
- Il arrive, parfois, que la granulation est défectueuse, et que la coloration de la masse n’est pas uniforme. Un
- bon miel, en bon état de conservation, répand une odeur légèrement aromatique, cireuse, douce. Il est lisse, sans ' aucune boursouflure, ni sans stries blanchâtres. Dans le cas où ces signes se révéleraient, il aurait fermenté, son odeur serait aigrelette, et il pourrait causer des troubles intestinaux. Si, quand on divise le produit, on voit un liquide, plus ou moins épais, qui répand l’odeur de moisi, il est sûrement resté au contact de l’air, ou bien il a été additionné d’eau.
- Quand la granulation tarde à se produire, on peut la provoquer en mélangeant à la masse un peu de miel granulé, avec une spatule (on garde, à cet effet, un pot de miel de 1 année précédente). On pourrait aussi pratiquer ce mélange dans le maturateur même, avant la mise en pots. Si le miel redevenait liquide, on essayerait encore de l’ensemencer de la même façon. Enfin, on conseille aussi de le soumettre à des alternatives de chaud et de froid.
- Nous croyons que les amateurs de miel liquide sont au moins aussi nombreux que ceux qui préfèrent le miel solidifié. Certains, même, tiendraient pour suspect du miel qui ne granulerait pas; ils le croiraient fraudé. Pour d’autres, il est moins facile d’adultérer le miel liquide. Enfin, ce dernier, quand on le mange, agace moins les dents, et il irrite moins la gorge.
- D une façon absolue, on ne peut empêcher le miel de se cristalliser; il est possible de retarder^ le moment où il se solidifie, en le plaçant, aussitôt extrait, dans un vase . hermétiquement fermé, ou dans un lieu très humide, nous 1 avons vu. 11 est certain que dans ces conditions il faut le tenir au frais pour éviter les fermentations.
- On emploie la chaleur pour fondre le miel granulé. On met les vases dans un bain-marie, où ils reposent sur une planchette. On chauffe sans arriver à l’ébullition. Mais il faut, ainsi, parfois une demi-journée pour liquéfier le. produit. On [pourra recommencer la même opération s’il est encore en grains.
- On a donné d autres procédés de chauffage, mais il ne faut pas oublier qu à ioou le parfum se perd en partie; qu’à une température élevée le goût est altéré, et le produit se colore en brun. En tout cas, on ne doit pas employer le chauffage à feu nu, et il vaut mieux rester à 5o°-55°. M. A.-L. Clément a fourni là-dessus d’intéressants renseignements qui lui ont été donnés par des apiculteurs distingués :
- Chauffer au bain-marie jusqu’à ce que la fusion soit presque complète, mais sans faire bouillir ni brasser ou agiter. Laisser ensuite refroidir lentement. C’est ainsi que procéderaient les hôteliers suisses pour la clientèle anglaise, qui ne veut que du miel liquide en toute saison.
- En,, Amérique on emploie des appareils spéciaux chauffés au gaz ou au pétrole, d’une conduite plus facile, plus régulière que le charbon, le bois. L’appareil Cha-lon-Fowls comprend un foyer à pétrole et une cuve à eau dans laquelle on met le bidon de miel, et l’on porte à 720-83°. On soutire le produit tout chaud à l’aide d’un siphon, pour remplir les pots destinés à la vente.
- L appareil Pouder a une chaudière à gaz en fer-blanc d’une douzaine de litres. La vapeur qui se dégage se rend dans un serpentin placé dans le réservoir supérieur cylindrique, où est le miel. Ce dernier liquéfié est soutiré par un robinet de vidange. Pour éviter, à ce moment, l’entraînement de bulles d’air dans la masse, où elles resteraient emprisonnées et nuiraient à la conservation, on donne au vase à miel une grande hauteur, au moins triple de son diamètre.
- M. Clément rappelle encore qu’en Amérique, le miel
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- VARIÉTÉS
- granulé, surtout celui qui devient très dur, est aisément transporté dans des sacs en papier paraffiné. On doit l’y introduire quand il commence à granuler. On obtient comme des briques, ou pavés, de miel, faciles à empaqueter. Si on le fait prendre dans des bidons en fer-blanc, on obtient des blocs volumineux. Ou bien, on découpe avec le fil des plaques, des cubes, que l’on enveloppe dans du papier paraffiné. Les bidons, d'une faible valeur, sont coupés quand on veut libérer le contenu.
- Thénard a donné le procédé suivant pour traiter les miels qui ont contracté un mauvais goût : mettre dans une bassine 3 kg de miel, 860 gr. d’eau et 77 gr. de craie; faire bouillir deux minutes; jeter dans la bassine i5a gr. de charbon pulvérisé, lavé, séché; faire bouillir à nouveau deux minutes ; ajouter trois blancs d’œufs
- battus dans 90 gr. d’eau. Après une troisième ébullition de deux minutes, laisser x’efroidir et filtrer. Le même remède serait applicable au miel qui commence à fermenter.
- En ce qui concerne le miel que l’on veut conserver en gâteaux, en rayons, il ne faut pas le tenir à l’humidité ; les parois des pains deviendraient humides elles-mêmes, leur couleur s’altérerait. On met les rayons dans des vases en terre vernissée, que l’on couvre bien et tient dans une pièce sèche et aérée. On a dit que le miel peut ainsi rester liquide plus d’un an, mais d’autres prétendent qu’après quelques mois il granule et ne coule que difficilement. En tout cas, il semble que l’on ne puisse guère conserver de cette façon que le miel nécessaire à la consommation familiale. Antonin Rolet.
- Ingénieur agronome, Ecole d'Antibes.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Conservation des pièces d’histoire naturelle. —
- D’après les travaux de M. Poisson, communiqués à la Société botanique de France, on peut conserver indéfiniment des plantes entières, des graines ou des fruits en les immergeant dans une solution d’acide salicylique à 2 gr. par litre d’eau ordinaire.
- On facilite la dissolution de l’acide salicylique en arrosant préalablement celui-ci avec un peu d’alcool, mais cela n’est pas indispensable, l’agitation dans l’eau seule pouvant suffire, on obtient dans ces conditions une solution voisine de la saturation, qui, paraît-il, conviendrait également pour les petits animaux ou les pièces anatomiques.
- Taches de rouille sur le linge. — Le meilleur procédé consiste à employer l’hydrosulfile de soude que l’on peut préparer très facilement en ajoutant au bisulfite de soude liquide du commerce, 10 pour 100 de poudre de zinc.
- Après un contact de quelques heures, on se sert de ce liquide pour imbiber la tache, celle-ci disparaît instantanément sans aucun danger pour l’étoffe et il suffit de rincer pour éliminer le fer rendu ainsi soluble.
- Destruction des mites. — On bourre un flacon à large col, de coton hydrophile, puis on imbibe celui-ci de tétrachlorure de carbone. Le tout est placé dans l’armoire ou le placard où sont rangés les vêtements, les vapeurs qui se dégagent du flacon ouvert détruisent tous les insectes et des dégâts souvent importants sont évités par cette simple précaution sans aucun inconvénient, l’odeur n’étant pas désagréable comme celle de la naphtaline et aucun danger d’inpendie n’étant à craindre par suite de l’ininflammabilité du tétrachlorure de carbone.
- Procédé pour distinguer la soie naturelle de la soie artificielle. — Les prix si élevés des tissus de soie appellent l’attention sur la différenciation qu’il convient de faire entre le produit naturel et le produit artificiel.
- Récemment, notre confrère, La Soierie de Lyon, organe du Syndicat des Fabricants de soieries de Lyon,
- a indiqué un procédé très simple pour distinguer la soie naturelle de la soie artificielle.
- Yoici en quoi consiste ce procédé, qui ne nécessite qu’un petit matériel :
- On traite une petite portion de l’échantillon pendant peu de temps, par quelques centimètres cubes d’acide sulfurique concentré. Le mélange est étendu avec l’eau. La solution est rendue alcaline avec de la soude caustique et additionnée de p-nitraniline diazotée.
- Dans ces conditions, la soie naturelle donne une solution rouge et la soie artificielle une solution jaune.
- Ce procédé, qui est applicable aux soies chargées et teintes, est employé avec succès dans le contrôle et la vérification des qualités et origines des soies livrées au commerce. H. B.
- Nouveau procédé de teinture et gaufrage des tissus. — L’industrie recherche des produits nouveaux pour teinture végétale des tissus. Elle vient d’en trouver un, très intéressant, qui est extrait des manguiers, du genre Rhizophore.
- Ce produit est bien caractérisé par sa composition, dans laquelle entrent le tanin, le chlorure de. sodium, un mucilage, des matières colorantes et résineuses, ces dernières non encore classifiées.
- D’après la revue, La Soierie de Lyon, le nouveau procédé, qui utilise cet extrait du manguier, consiste à faire infuser, macérer et digérer des feuilles de manguiers préalablement lavées et pulvérisées, de manière à en extraire des matières astringentes, à mélanger les liquides obtenus, à les filtrer au moyen de filtres-presses, à les concentrer dans le vide ou à l’air libre jusqu’à 25° Baumé, en ajoutant du bisulfite de sodium ou de potassium, ou d’autres alcalis.
- On obtient ainsi un produit particulièrement applicable dans la teinture et le gaufrage des tissus, allant des nuances noir et marron les plus intenses, jusqu’aux teintes les plus vives.
- Notre domaine colonial peut fournir, en grande quantité, cet extrait de manguier dont on vient de trouver l’intéressante utilisation industrielle relatée ci-dessus.
- H. B.
- BOÎTE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent* accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et •des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Réponses. — M. Van Cutrem, à Soignies, Belgique. — Les taches d’huile minérale sur le marbre sont très difficiles à enlever parce que l’huile a pénétré dans l’épaisseur et se trouve hors d’atteintes. Le mieux est d’utiliser
- la capillarité et d’enduire le marbre d’une bouillie épaisse obtenue en délayant de la terre à foulon dans la benzine, la surface se trouve ainsi dégagée, l'huile remonte et en répétant l’opération un certain nombre de fois, le résultat doit être obtenu.
- M. Desmazières, à Sarrebruck. — x° Le collage des cartes sur toile ne présente pas de difficultés et avec un peu de soins il est facile de réussir. Pour cela, on commence par découper la carte en rectangles égaux, et d’autre part on tend sur une planche une étoffe de calicot et on trace sur celle-ci des axes perpendiculaires
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- BOITE AUX LETTRES
- qui serviront de guides. Ceci fait, on enduit de colle de pâte les morceaux de carte, ainsi que la toile jusqu’à imbibition complète, puis on fait l’application en laissant entre les fragments un espace de 3 à 4 millimètres. On laisse bien sécher, puis on borde en rabattant environ i cm du calicot sur le pourtour de la carte ;
- 2° Lorsque l’on fait croître l’intensité H du champ magnétisant auquel e$t soumis un barreau de fer, l’induction croit d’abord très rapidement, puis n’augmente que d’une façon insensible quand le champ magnétisant croît indéfiniment, on dit alors que le fer est aimanté à saturation.
- Cette induction désignée par la lettre B dépend du nombre d’ampères-tours et de la perméabilité n, en général, il n’y a pas avantage à multiplier le nombre de spires et à augmenter l’intensité du courant, lorsque l’induction B a atteint i5ooo Gauss.
- La valeur de l’induction est donnée par la formule
- dans laquelle n est le nombre de tours, I l’intensité et l la longueur du barreau en centimètres.
- Si on admet g == 15o l— 6o B = x 5 ooo.
- i,i5hI X i5o
- i5 ooo —--------------
- 6°
- ,, , T l5 000X60 , ,
- d ou ni —------------— 2= 4ooo amperes-tours.
- 1,2.5 X i5o 1
- L’ampérage étant égal à 6, on a pour valeur de n 4800
- n = —— — 800 tours, b
- Dans la pratique, la perméabilité de l’acier est très variable avec l’état de la trempe et les constituants étrangers, tels que tungstène, nickel, chrome, etc., il conviendrait donc de déterminer la valeur de g pour l’acier dont vous devez vous servir.
- En ce qui concerne le temps de séjour, il ne peut être déterminé exactement, car on a constaté que la meilleure aimantation était obtenue par des opérations intermittentes, c’est-à-dire que le barreau étant placé à l’intérieur du solénoïde, il faut ouvrir et fermer le courant un certain” nombre de fois avec repos, ou ce qui revient au même dans le cas d’un aimant en fer à cheval, plonger à plusieurs reprises les branches de celui-ci dans deux bobines creuses parcourues par le courant et dont les enroulements sont inverses.
- Si l’acier trempé constituant l’aimant est de bonne qualité et si le nombre d’ampères-tours de l’inducteur est suffisant, vous obtiendrez très probablement le résultat cherché au bout de 8 à xo séjours, en laissant à chaque fois l’aimant quelques secondes dans le champ inducteur.
- L’opération devra être répétée jusqu’à l’obtention de la force portante maxima, ce dont il vous sera facile de vous rendre compte expérimentalement au moyen de poids marqués. On sait, d’autre part, que cette force maxima peut être calculée d’avance en fonction du poids de l’aimant par la formule de Bernouilli
- 0/2/-
- F en lcilogr. a \ P
- dans laquelle P est ie poids en kilogr. de l’aimant et a une constante voisine de 20 pour les bons aciers.
- Autrement dit, au bout d’un certain nombre d’opérations, il vous suffira de voir quelle est la force portante de l’aim ant sorti du solénoïde et de vous arrêter quand cette force a atteint son maximum. Nous vous rappelons que les meilleurs résultats sont obtenus avec les aimants lamellaires, ainsi que les a construits pour la première fois Jamain et qu’il y a avantage à adopter cette disposition plutôt que de se servir d’une barre unique.
- M. S. B., à Paris. — Pour assurer la fixité des traits blancs d'un jeu de tennis, il vous suffira de vous servir d’une mixture obtenue en délayant le blanc d’Espagne dans de l’eau additionnée de 10 pour 100 de silicate de soude. Bien entendu, le marquage devra se pratiquer par un temps sec, et, si le sol est suffisamment damé, la résistance de l’enduit deviendra très grande, même à la pluie.
- M. Delamavre, à Nice. — Presque toutes les couleurs employées pour Vimpression sont des couleurs dérivées de la houille, par suite très fugaces. L’action décolorante de la lumière est due très pixxbablement aux
- rayons ultra-violets, cette couleur étant détruite, on ne peut songer à la revivifier.
- M. Champdaveine, à Nancy. — Aux données déjà très complètes fournies dans les « Recettes de l’atelier », page 61, sur le retaillage électrique des limes, nous ajouterons les renseignements suivants : On frotte d’abord la lime avec une brosse dure et on la dégraisse dans une solution chaude de soude caustique à 6° B, puis on la place dans la cuve d’électrolyse, qui peut être de forme quelconque, en la reliant au pôle négatif d’une source de courant continu dont le voltage est supérieur à deux volts. A 2 ou 3 cm, on place une lame de charbon, par exemple un charbon de pile Bunsen qui est mis en communication avec le pôle positif. L’électrolyte est constitué par un mélange de gr. d’acide nitrique et 70 gr. d’acide sulfurique, le tout pour un litre d’eau. De temps à autre, on retire la lime pour suivre l’opération et on remet dans le circuit jusqu’à obtention du résultat cherché. Quelques essais préalables vous fixeront ensuite sur les petites modifications à apporter dans la méthode générale, eu égard à l’ampérage qui devra être réglé d’après le nombre de limes mises en expériences et leurs dimensions.
- II. Renant, à Paris. — Pour coller à froid des bandages de caoutchouc sur des jantes en fonte, faire digérer de la gommé laque en écailles dans dix fois son poids d’ammoniaque liquide concentrée, ce qui demande une quinzaine de jours, agiter fréquemment, jusqu'à obtention d’une sorte de glu qui permettra de fixer énergiquement le caoutchouc au métal.
- M. Aubergier, à Yichy. — i° Les procédés les plus pratiques d’obtention des gaz dont vous parlez sont pour l’hydrogène, le fer et l’acide chlorhydrique, pour 1 ’oxygène, l’oxylithe et l’eau. — 20 Tous trouverez des compresseurs aux adresses suivantes : Sautter lîarlé, 26, avenue de Sufïren ; Ingersoll Rand, 33, rue Réau-mur; Compagnie Sullivan, 18, avenue Parmentier; Monin, 26, rue de la Briche, à Saint-Denis, Seine. — 3° Comme ouvrages se rapportant à la question, consulter dans la Revue de Mécanique : la Compression par Dwelshauvers-Déry, 1899-4 ; les Compresseurs, 1907-5 ; Compresseurs nouveaux, 1906-1, éditeur Dunod, 47 bis, quai des Grands-Àugustins. — 4° Appliquer sur le cuir un vernis obtenu par mélange des deux solutions suivantes :
- A Gomme laque............ 80 grammes.
- Alcool à g50.............400 c. c.
- B Savon...................... 1 gramme.
- Alcool à 95°.............. x5 c. c.
- L’application doit se faire rapidement avec un pinceau large ou une petite éponge, on laisse ensuite sécher à l’abri de la poussièi'e.
- M. Brazillier, à Bruxelles. — On pi'atique habituellement le décapage en opérant ainsi : Après un passage de la pièce dans une solution chaude de soude caustique, on la passe quelques secondes dans un bain contenant deux parties d’acide azotique pour une d’eau, puis ensuite dans une solution composée de moitié vinaigre et moitié eau. Finalement on rince abondamment et on sèche à la sciure de bois.
- M. Huart, à Yitry-suç-Seine. — i° Pour obtenir une résistance non inductive, il faut enrouler le fil sur une bobine de la façon suivante.
- La première couche de fil est enroulée dans le sens des aiguilles d’une montre par exemple, la deuxième couche en sens inverse, la troisième dans le sens de la première couche et ainsi de suite. Le fil employé dépend de la valeur de la résistance à réaliser.
- 20 La trompe électrique n’est pas autre chose qu’un récepteur téléphonique dont la plaque est en tôle douce ou en fer-blanc qui présente une bonne élasticité ; l’épaisseur dépend de la grandeur de la plaque qu’on prend. Le courant est du courant alternatif ou du courant continu vibré, grâce à un tx-embleur, genre sonnerie.
- M. G. le M., à Yersailles. — 1’ On peut mettre en contact avec l’eau pure les fils de résistance de chauffage: Pour obtenir l’ébullition de l’eau, la température à donner au fil dépend du volume de l’eau à faire bouillir et de la rapidité désirée. C’est une question d’expérience. Une température de i5o à 200° pour le fil est suffisante pour les usages courants avec une longueur de fil convenable;
- 2“ Dans les tx-ansformateurs, on a intérêt, pour dimi-I nuer les peintes, à donner aux enroulements une résis-
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- tance faible et donner une puissance plus forte à l’appareil. Nous avons indiqué les dimensions du fil pour le transformateur de sonnerie. C’est le nombre de tours qu’il est important de bien déterminer.
- M. J. B. C. B., à Pierre-Buffière (Haute-Vienne). — Nous avons répondu à vos diverses questions dans le n° 2406-2407, en date du 22 mai 1920, Boîte aux Lettres (page i5g du Supplément).
- Consultez, en outre, M. Reclus, Directeur des Services agricoles départementaux de la Haute-Vienne, à Limoges (Préfecture), qui pourra certainement vous renseigner en ce qui concerne l’industrie susceptible d’utiliser le plus avantageusement la paille de seigle, dans votre région.
- Pour des adresses de constructeurs de machines de
- ce genre, voyez à la Direction de la Station d’essais de machines, 2, avenue de Saint-Mandé, Paris, 12e.
- , M. Boucrot, à Chateauroux. — L’utilisation d'un grand-nombre d’ampoules brûlées est tout simplement de les revendre à une fabrique de lampes qui utilisera les culots et à la rigueur le verre comme vieilles matières.
- Il y a également une infinité d’emplois amusants.
- En cassant la pointe sous l’eau on constitue des récipients de liquide qu’on peut colorer en teintes diverses.
- Une lampe sur un bloc de bois basculant derrière une porte fait une détonation en se brisant, quand on ouvre la porte il sert de signal d’alarme.
- Nous ne pouvons ici que citer ces deux exemples, c’est une question d’ingéniosité qui ne peut se présenter en solution amusante que suivant les circonstances.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de libraire de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de io°/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ______________
- Problems of Cosmogony and Stellar Dynamics, par J.-H. Jeans, i vol. 293 p., 5 planches, Cambridge , University, Press, 1919. Prix : 21 sh.
- Ce très important ouvrage d’astronomie appartient à cette catégorie d’œuvres originales qui ne sont destinées qu’à une petite élite de lecteurs d’une très haute culture scientifique. L’éminent professeur anglais, continuant les travaux de Poincaré et de Darwin, soumet à l’analyse mathématique le difficile problème de l’équilibre d’une masse finie d’un fluide incompressible animé d’un mouvement de rotation, et étend ensuite ses recherches à un problème entièrement nouveau : celui de la rotation de masses fluides compressibles et hétérogènes. Les résultats d’une semblable analyse sont évidemment de nature à éclaircir les passionnants problèmes que nous posent les recherches cosmogoniques et à orienter avec précision les hypothèses. Le professeur Jeans apporte une contribution aussi importante qu’originale à la mécanique céleste. Ajoutons que l’ouvrage est un modèle d’édition, comme tous ceux qui sortent des presses de la Cambridge University.
- Traité de la lumière, par Christian Huygiiens. Collection des « Maîtres de la pensée scientifique », publiée par M. Solovine, i vol. in-16. double couronne de xii-i56 p., Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1920. Prix : 3 fr. 5o.
- Dans les sciences, comme dans les arts, il n’est pas de meilleure école que l’étude directe des maîtres; M. Solovine et le libraire Gauthier-Villars rendent un éminent service à tous ceux qui sont désireux de s’instruire et de penser par eux-mêmes, en leur rendant facilement accessible la lecture des œuvres des grands savants. Le Traité de la lumière, de Huyghens, publié en 1690, est une oeuvre étonnante par la profondeur des idées et par le style. C’est là que fut exposée pour la première fois la théorie ondulatoire, qui plus tard, avec Young, puis Fresnel, devait révolutionner la physique. On admirera dans cette œuvre la solidité, la netteté de la pensée ainsi que la saine méthode qui inspire l’auteur. Il n’est pas de lecture plus utile à qui veut comprendre à fond les théories modernes de la lumière.
- Pendule spiral et diapason, par H. Bouasse, t. I, 1 vol. in-8° illustré, 275 fîg., Delagrave, éditeur, Paris, 1920. Prix broché : 27 francs.
- M. Bouasse a l’habitude de faire précéder chacun de ces ouvrages d’une préface dans laquelle il administre les verges avec vigueur à quelque institution
- officielle. Il s’en prend, dans le présent ouvrage, au mode d’enseignement en usage dans les Ecoles supérieures et les Facultés, ainsi qu’à la formation des professeurs. Si sa critique est sévère, on ne peut s’empêcher de reconnaître qu’elle ne manque pas de vérité. M. Bouasse réclame des professeurs passionnés de leur métier, à l’esprit toujours en éveil, soucieux d’expliquer et de faire comprendre, et non de réciter et de gaver la mémoire de leurs élèves : pas de bachotage, pas de dogmatisme, pas de cours dictés ; mais, par des causeries, obliger l’élève à la réflexion personnelle ; lui faire constamment confronter les théories avec les faits réels, par Fexpérimen-tation et les calculs numériques, sur des problèmes pratiques, tel est en résumé le programme de M. Bouasse. Il nous paraît excellent. L’auteur du reste prêche d’exemple et c’est bien la meilleure propagande. Son œuvre pédagogique qui représente aujourd’hui 26 volumes est un véritable monument, et exerce une influence profonde sur tout notre enseignement scientifique.
- Le présent volume ajoute une nouvelle pierre à l’édifice. L’auteur y étudie le pendule, les ressorts et les applications à la mesure du temps et à l’horlogerie. Il n’est pas d’application de la mécanique rationnelle plus importante que celle-là, et dont la parfaite compréhension soit plus utile à l’ingénieur et au physicien. Signalons une excellente étude des vibrations, de leur amortissement et de leur entretien, du problème de la résonance qui peut s’étendre à bien d’autres domaines delà technique que ceux envisagés ici par l’auteur. Les exemples concrets sont multipliés et il est impossible à un étudiant qui suit consciencieusement la voie que lui trace M. Bouasse, de ne pas saisir complètement la nature et la portée des questions traitées. Un tel enseignement l’arme solidement pour la pratique.
- The Geology of Anglesey, par Edward Greenly, 2 vol. in-8°, 980 p., 347 fig., 61 pl., 17 cartes. Memoirs of the Geological Survey, publiés par le Directeur général, Ordnance Survey Office, Southampton. Prix des 2 vol. reliés : £ 3. 3 sh.
- Cette monographie d’une des îles anglo-normandes intéressera vivement les géologues français qui y trouveront les caractères et les aspects de notre Cotentin, d’autant mieux que de nombreuses et splendides photographies montrent les sites géologiques les plus typiques. Les deux premiers chapitres sont consacrés aux schistes cristallins, gneiss, roches volcaniques et sédimentaires de l’île dont l’auteur examine les structures et discute les positions. Puis vient la description des roches plus récentes, du cambrien au carbonifère, avec les fossiles, qu’on y rencontre. L’histoire de la glaciation de l’île, de ses dépôts récents et de la formation de sa surface actuelle est étudiée en détail. Une dernière partie envisage l’application des données recueillies aux mines, aux industries, aux eaux potables et à l’agriculture.
- Une, carte géologique en couleurs accompagne l’ouvrage et peut être obtenue séparément..
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- LA NATURE
- Supp lêment.
- N" 2424
- 18 Septembre 1920
- INFORMATIONS
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- Une étoile nouvelle. — Depuis quelques années, les découvertes d’étoiles nouvelles se multiplient. On se rappelle certainement la belle étoile qui surgit en février 1901, dans la constellation de Persée, ainsi que la Nova de juin 1918 dans l’Aigle. Toutes deux dépassèrent la première grandeur.
- D’autres Novae sont trouvées, assez fréquemment, notamment à l’Observatoire de Harward College, par l’examen des photographies du ciel, mais toujours il s’agit là d’étoiles télescopiques.
- Deux télégrammes du Bureau central international de Bruxelles, des 21 et -i3 août, viennent d’annoncer que M. W.-F. Denning, l’infatigable observateur anglais, a trouvé, le 21 août, une étoile nouvelle de la grandeur 3,3 à la position ci-après :
- Ascension droite = 1 gh 56m28s; déclinaison =-|-53° 24' 37".
- La nouvelle étoile, comme toutes les Novae brillantes connues jusqu’ici,, a fait son apparition dans la Voie lactée. Elle se trouve dans la constellation du Cygne, entre les étoiles 33 et 0, au tiers de la distance de ces deux étoiles en partant de 33.
- La comète Kudara et la comète Schaumasse. —
- Nous avons relaté ici même (n° 2419, du 14 août 1920) la redécouverte de la comète Tempel 2 par M. Kudara, à l’Observatoire de Kyoto (Japon). Les observations ultérieures ont montré que la comète trouvée par M. Kudara est une comète nouvelle. Par contre, M. Schaumasse, astronome à l’Observatoire de Nice, a découvert, le 18 juillet, une autre comète d’assez faible éclat (11e à ix” 1/2 grandeur) dont l’identité avec la comète Tempel 2 a été reconnue avec une certitude à peu près complète. Les observations de cette comète indiquent qu’elle est en avance de 6 jours 1/2 sur la date calculée pour son passage au périhélie. Une observation de M. Van-biesbrœck, du 20 juillet, a montré que la comète était ronde, avec un éclat de 90 grandeur. Elle diminue lentement d’éclat et ne peut être observée qu’avec des instruments assez puissants.
- Statistique des automobiles. — La National Automobile Chamber of Commerce estime à 8750000 le nombre des automobiles existant dans le moude, dont 7 558 848 aux États-Unis, soit 84 pour 100.
- Un tiers des voitures américaines servent à des usages agricoles.
- La production des automobiles a atteint aux Etats-Unis, en 1919, le chiffre de 1974016 voitures, valant 1 885 112 546 dollars. Si à ce chiffre on ajoute la valeur des accessoires et des pièces détachées, on arrive à la somme énorme de 3 166 83.4 5g4 dollars,
- Il est à noter que la production presque entière est utilisée à l’intérieur des Etats-Unis; 82730 véhicules seulement (soit environ 4 P- 100) ont été exportés.
- Le capital engagé dans la construction automobile proprement dite, non compris les accessoires, pièces détachéès, etc., atteint iot5 433 338 dollars, soit plus de quatre fois le capital de toutes les banques de New-York réunies. Quant au nombre de voitures fabriquées l’année dernière, la brochure fait remarquer qu’il permettrait de donner une voiture à chaque enfant né pendant l’année aux Etats-Unis et en France. La valeur de ces véhicules est égale à celle de la production totale des charbons des Etats-Unis ; elle dépasse celle de la récolte des céréales du pays ; elle est égale au tiers de la valeur des monnaies en circulation dans le pays en 1918 et au double de la réserve d’or delà Trésorerie der Etats-Unis en 1918.
- Le nombre total des voitures automobiles en service aux Etats-Unis correspond à i voiture pour 14 habitants environ. Au Canada seulement, on arrive à la proportion de 1 véhicule pour ai personnes; ensuite viennent les îles Hawaï avec 1 voiture pour 29 habitants ; la ‘ Nouvelle-Zélande, 1 pour 48 personnes ; Cuba, 1 pour 97; l’Argentine, 1 pour n3; l’Angleterre, 1 pour 180; l'Australie, 1 pour 185 ; la France,
- 1 pour 198.
- Les taxes diverses payées par les propriétaires d’automobiles se sont élevées, pour l’année 1919, à 64 millions
- 46773 dollars, dont 55 493 000 dollars ont été consacrées à l’entretien des routes.
- Le prix moyen d’une voiture, qui était de 1138 dollars en 1903, de 1471 dollars en 1910 (pour un véhicule bien conditionné), s’est abaissé à 951 dollars en 1914; en 1919, il était de iio3 dollars.
- La consommation d’essence a atteint 5i 874500 barils (de i5i 1. 40) l’année dernière (soit environ 78 millions d’hectolitres), sur une production totale, aux Etats-Unis, de 76667875 barils, ou 118 millions d’hectolitres.
- Les tanks protecteurs de forêts. — On sait quels ravages causent chaque été les incendies de forêts dans les Landes et l’Esterel. Pour y remédier, on trace dans celles-ci un réseau de pare-feu et on préconise le débrous-
- Tracteur Renault attelé à un train de débroussaillage.
- saillement. Des expériences viennent d’avoir lieu en divers points des Landes pour utiliser les tanks Renault de guerre, transformés comme La Nature l’a déjà dit, en tracteurs agricoles, à l’entretien des pare-feux et au débroussaillement. Le tracteur Renault est attelé à une charrue à six socs, suivie d’une charrue trisocs, d’un pulvérisateur tandem à 3o disques et d’un rouleau
- Débroussaillage des genêts et tracé d’un pare-feu dans une forêt de pins.
- plombeur; le convoi entier s’étend sur une longueur de 21 m. Le tracteur pénètre dans les broussailles qu’il écrase, arrache ou broie ; les instruments agricoles qu’il remorque labourent et nettoient le sol, si bien qu’après son passage le pare-feu est entièrement fini.
- Les expériences répétées successivement à Sanguinet, Parentis,Ychoux, Lacanau, Croix d’Hins, Cadaujac,Saint-Selve ont toutes été réussies. Grâce aux tracteurs forestiers, la question de la protection des forêts vient donc de faire un très grand pas vers sa solution économique.
- Les cargos à moteur Diesel. — L’emploi des moteurs Diesel dans la marine de commerce commençait à se répandre dans les dernières années qui ont précédé la guerre. Tous les pays maritimes ont étudié la question avec ardeur : en effet la suppression des chaufferies encombrantes, le bon rendement dti moteur entraînant économie de combustible, et diminution du volume des soutes constituent des avantages séduisants pour un
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- INFORMATIONS
- navire de commerce. La guerre a suspendu les études dans les pays belligérants; aussi les armateurs danois, suédois, norvégiens ont-ils pris une grande avance à cet égard sur leurs concurrents.
- D’après le Bulletin technique du Bureau Veritas, on compte aujourd’hui environ 60 cargos à moteur Diesel de plus de 3ooo tonnes de portée en lourd ; sur ce total figurent 16 bâtiments danois, n suédois, io anglais, 8 norvégiens, 4 italiens, 4 américains, 3 hollandais. Il est à noter que les cargos à moteur suédois et norvégiens ont été construits au Danemark. Le premier navire de commerce à moteur Diesel, le Selandia, lancé en 1911 à Copenhague, était de 7400 tonnes de portée en lourd ; son moteur était de io5o HP effectifs. On étudie actuellement des cargos de 19000 tonnes avec 2 moteurs de 33oo HP indiqués, soit 25oo HP effectifs par arbre.
- Superficie et population des états actuels de l’Europe — Le Mouvement Géographique vient de publier les données suivantes sur les états et « territoires » de l’Europe, tels que les a faits le Traité de Paix. Pour certains, les données sont approximatives,
- puisque leurs frontières ne sont pas encore complète-
- ment délimitées. Elîlt.B, Superficie 'en kil. carrés) Population (on milliers Haliilnuts par k 111 < [.
- 1, Russie 4.200.000 il hnbitiuils). 78.000 18
- 2 . F rance 551.000 89,000 70
- 3, Ukraine. , , , , , 5i0.ooo 36.5oo 71
- 4. Espagne 5o5.000 20.goo 4ï 125
- 5. Allemagne .... 477.000 60.000
- 6. Suède 448,000 5.85a i3
- 7. Finlande 377.000 3.200 8
- 8. Norvège . 323.000 2.200 6
- 9. Grande-Bretagne . 314.000 46.000 146
- 10. Italie 312.000 38.000 I 2 I
- 11. Roumanie 298.000 i5.500 5 2
- 12. Yougo-Slavie . . . 25 0.000 12.100 48
- i3. Pologne 247.000 a3.200 95
- 14. Danemark .... 145.000 3.100 2 I
- i5. Grèce (d’Europe) . l/|2.000 5.280 87
- 16 Tchéco-Slovaquic . 141.000 i3.200 98
- 17 Bulgarie 98.000 4.000 40
- 18. Portugal , . . . , 92,000 6.260 67
- 19, Hongrie, , , , , , 87,000 7,5oo 86
- 20, Autriche , , , , , 84-100 6.800 8q
- ai. Russie-Blanche , , 50.000 4.33o 86
- 22, Lithuanie, . . , , 5o.000 2.200 44
- a3, Lettonie , . , , , 5o.ooo 2,000 40
- 24. Estonie, 44.000 I , [QO 3-5
- 25, 3uis@e 41,300 3.900 94
- 26, Hollande 34.200 6,900 . 201
- 37. Belgique , . • • . 29,500 7.600 257
- 28. Albanie, ..... 26.000 780 3o
- 39. Thraee occidentale 12,000. 3oo
- 3o, Turquie (d’Europe) 10.000 1,4QU l4
- 31, Luxembourg , . , 3,600 270 io3
- 33, Memel(territoirede) 3,5oo 120 65o, 48
- 33. Sarre (territ, de la) 1.600
- 34. Dantzig (territ. de) 1.5qo 3oo 200
- 35. Zara (territoire de) 600 5o 83
- 36. Andorre 45o 5 11
- 37. Lichtenstein. . . . 160 11 68
- 38. Saint-Marin . . . . 61 11 180
- 39 Fiume (territ. de) . 21 60 2.85y
- 40. Monaco i,5 '25 1 6.666
- La population française en I9i9, — Le Journal Officiel vient de publier les renseignements recueillis par le Ministère du Travail sur le mouvement de la population en France pendant l’année 1919. Les 77 départements qui n’ont pas subi l’invasion, ainsi que ceux des Ardennes, de la Meuse et des Vosges, ont fourni au complet les bulletins d’état civil. Les départements suivants : Aisne, Marne, Meurthe-et-Moselle, Nord, Oise, Pas-de-Calais et Somme ne figurent pas au compte rendu.
- Les 80 départements recensés donnent
- 1918 1919 Variation °/0.
- Mariages . . . . 177822 458 364 +
- Divorces. . . . 8121 11 q33 + 47
- Naissances. . . • 399041 413 379 + 3
- Décès. . . . . . 788616 635 694 — 19
- A ces chiffres, il faut ajouter ceux fournis par l’Alsace et la Lorraine : mariages 28977; naissances 28192; décès 25 556.
- L’année 1919 est donc caractérisée par une très forte augmentation du nombre des mariages, une faible augmentation des naissances, une diminution marquée des décès. L’équilibre n’est pas atteint entre les naissances et les décès.
- Statistique du bétail français. — Le Journal Officiel vient de publier la situation des animaux de ferme existant en France au 3i décembre 1919.
- Chevaux . j moins de 3 ans . . , 5i2.360 )
- | plus de 3 ans . . . . i.goo.83o j
- Mulets . adultes et jeunes . .
- Anes . . adultes et jeunes , .
- ' Taureaux 231.223 \
- 1 Bœufs 1.261.070 f
- Bovins . \ Vaches . 6.327,510 > 12
- / Elèves de plus d’un an. 2.721 .a3o I
- ^ — moins d’un an . 1.832.620 )
- 2.413.190
- 167.180 3o3,100
- .378.660
- Ovins .
- Porcins
- Béliers.............
- Brebis..............
- Moutons ............
- Agneaux..............
- Verrats.............
- Truies..............
- à l’engrais . . . . . de moins de 6 mois .
- 184.390 \ 5.558.880 f 1.075.220 ( 2.172.5oo 1 a6.35o 1 617.830 / i.468.25o f 1 .g68.i3o )
- 8.990.990
- 4.080.560
- Caprins . adultes et jeunes..................1.166.770
- La comparaison avec les années antérieures montre que les moutons sont en forte décroissance constante, les chèvres en légère diminution, les porcs en légère augmentation sur l’an dernier (3980020), mais en forte diminution encore sur 1914 (5 926 290).
- Standardisation. - La Commission permanente de Standardisation, dans sa séance du 4 juin 1920, a définitivement adopté les i3 spécifications et cahiers des charges suivants : i° rails; 20 essais mécaniques; 3° fourniture de barres, blooms, billettes, largets en acier à faible teneur en carbone pour cémentation ; 4° fournitures de barres, blooms, billettes, largets en acier au carbone non trempants ; 5° barres, blooms, billettes, largets, en aciers au carbone autres que les aciers à outils (produits destinés à subir un traitement thermique après livraison; 6° barres en acier de carbone autres que acier à outils (produits livrés après traitement thermique définitif) ; 70 barres, blooms, billettes et largets en acier au carbone autres que aciers à outils) (produits d’approvisionnement courant) ; 8° aciers à
- outils ; 90 unification de la nomenclature des produits métallurgiques; io° arbres de transmission; ii° rainures pour tables de machines; 120 emmanchements cylindriques d'outillage ; i3° boulonnerie et visserie,
- Institut de céramique française. — Une loi du 10 août dernier vient de reconnaître d’utilité publique l’Institut de céramique française dont le but, dit l’article xcr, est de constituer ou d’élargir les cadres du personnel instruit d’ingénieurs, de contremaîtres ou d’ouvriers dont l’industrie céramique française a besoin et d’accroître les moyens techniques et artistiques propres à favoriser son développement et son extension à l’étranger.
- Les moyens d’action de l’institut sont, d’après l’article 2 :
- i° Une école supérieure de céramique;
- 20 Un laboratoire de recherches, d’essais et d’enseignement ; '
- 3° Une ou plusieurs écoles ou cours professionnels destinés à former, d’une part, des contremaîtres et, d’autre part, des ouvriers habiles.
- L’institut se propose également d’entreprendre ou d’encourager des publications ou des bibliographies relatives à la céramique.
- Institut d’optique théorique et appliquée. — A la
- même date, une autre loi reconnaît également d’utilité publique'l’Institut d’optique théorique et appliquée qui a pour but l’étude de toutes les questions intéressant l’industrie de l’optique. Ses moyens d’action sont :
- i° Une école supérieure d’optique;
- 20 Un laboratoire de recherches et d’essais ;
- 3° Une école professionnelle.
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- T. S. F. DES AMATEURS
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- I. — AMPLIFICATEUR A RÉSISTANCE (Suite, voir n" 24'2‘S).
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- <• 20 *
- Fig
- Armatures d’uu
- condensateur de
- Condensateurs de liaison. — Ces condensateurs minuscules dont la capacité ne dépasse pas i dix-millième de microfarad sont constitués par deux armatures de papier d’étain mesurant chacune 2 cm de longueur et 5 mm de largeur ; séparées par une feuille mince de papier gommé, ces armatures se recouvrent l’une l’autre sur une longueur de 4 à 5 mm (fig. 1).
- Afin de pouvoir régler aisément la valeur des surfaces des armatures à mettre en regard, les bandes de papier d'étain portent à l’extrémité qui doit être maintenue par une borne une échancrure allongée faite au canif qui permet leur déplacement longitudinal.
- La première armature se pose directement sur la carte, l’extrémité perforée engagée sur la vis de la borne convenable et en contact avec l’empâtement de graphite; on pose par-dessus, pour la fixer, un morceau de papieh gommé de la grandeur d’un timbre-poste qu’on recouvre ensuite avec la deuxième armature en prenant soin que les deux bandes métalliques ne soient en regard que sur une longueur de 4 à 5 mm.
- Il est important que les armatures et les feuilles de papier qui les séparent et les maintiennent soient bien appliquées sur le socle et ne présentent ni pli ni boursouflure.
- Les bornes commandant chaque armature des petits condensateurs sont alors fixées en tenant compte des recommandations déjà faites. Les rpndelles de plomb doivent appuyer directement sur l’extrémité des armatures qui repose elle-même sur l’empâtement de graphite.
- Les trois condensateurs de liaison se construisent de la même façon.
- Résistances de 70000 ohms. — La construction de résistances de 70000 ohms est une opération facile et simple lorsqu’on dispose d’un milliampèremètre de précision. La figure 2 indique, dans ce cas, la manière de procéder.
- Entre les bornes de la résistance à établir, on dispose en série l’appareil de mesure et une batterie de piles de 70 volts — celle, par exemple, qui sera utilisée dans le circuit de plaque de l’amplificateur — et l’on trace à l’aide d’un crayon tendre une bande de graphite reliant l’empâtement d’une borne à l’empâtement de l’autre borne.
- Véritable pont conducteur, ce frottis de crayon offre au passage du courant de la batterie une résistance d’autant moins élevée que le dépôt de graphite dont on le constitue est plus abondant. À mesure que la bande crayonnée se métallisé sous les touches répétées de la mine> de graphite, l’aiguille du milliampèremètre accuse
- un passage de courant plus important, aussi est-il nécessaire de crayonner légèrement et progressivement^ bande tracée sur le papier et sans perdre de vue la montée de l’aiguille du milliampère -mètre; avec la
- source de 70 volts utilisée, cette montée doit atteindre et ne pas dépasser la division de un milliampère (Loi E'
- d’Ohm ; I = ~
- Fig.
- Etalonnage d’une de 70.000'".
- À ce moment, il est bon de souffler fortement sur la bande de graphite et de l’estomper légèrement avec un tortillon de papier; l’aiguille du milliampèremètre indique aussitôt une baisse de courant signifiant que la résistance a augmenté par suite de l’enlèvement d’une petite quantité de graphite; on corrige cet écart par qitëlques touches de crayon et la résistance de 70000 ohms est achevée.
- Résistances de 4 mégohms. — Pour établir les résistances de 4 mégohms (4000000 <»), on commence par réunir les deux empâtements de graphite placés sous les bornes limitant une résistance par un simple trait fin de crayon. On renforce ensuite, au besoin, ce trait pour obtenir au milliampèremètre utilisé comme précédemment une déviation indiquant le passage, pour 70 volts, d’un courant de moins de un cinquantième de milliampère.
- Etalonnage des résistances sans appareil de mesure. — Un grand nombre d’amateurs ne possèdent pas un milliampèremètre de précision; la construction d’une table de résistances n’est cependant pas pour eux une chose impossible; en opérant de la façon que nous allons indiquer, ils obtiendront des résultats très satisfaisants.
- Lés condensateurs de liaison étant construits, on établit approximativement les résistances. Celles de 4 mégohms seront faites d’un seul trait de crayon de 1/2 mm de largeur pour 3 cm environ de longueur; celles de 70000 ohms, d’une bande de 6 mm de largeur crayonnée sans blancs comme sans épaisseur. Les résistances de 4 mégohms et de 70000 ohms qui aboutissent respectivement à la borne -f- 4 volts et à la borne -j-.80 volts ayant, par suite de leur position oblique sur la tablette, une longueur moindre que les résistances parallèles aux bords, devront pour leur rester équivalentes être un peu moins chargées de graphite.
- On relie ensuite par des connexions provisoires les divers éléments de la table aux lampes amplificatrices et aux appareils de réception. Quel que soit l’écart entre la valeur des résistances constituées au petit bonlieu et celle d’un étalonnage parfait, le dispositif réalisé per mettra néanmoins de recevoir une émission amortie qui serait perceptible avec un détecteur à cristaux; on choisit donc, pour essayer la table de résistances, une émission puissante sur ondes amorties — celle des.Qrulletins météorologiques ou des radiotélégrammes de presse de la station de la Tour Eiffel, par exemple — et l’on corrige sur elle la valeur des résistances, en les retouchant au crayon ou à la gomme jusqu’à ce que l'intensité des signaux per çus atteigne un maximum impossible à dépasser.
- En général, si l’on a bien suivi nos recommandations, c’est au crayon qu’il y aura lieu de corriger les résistances de 70000 ohms. Il est important de faire des retouches très légères et de les faire chaque fois sur les trois résistances.
- Quant aux résistances de 4 mégohms, une grande précision n'étant pas avec elles de rigueur, il y aura rarement lieu de les modifier; en tout cas, leur correction ne se ferait qu’après celle des résistances de 70000 ohms.
- Paraffinage de la table des résistances. — La table montée et corrigée, il est indispensable, pour empêcher toute variation des capacités et des résistances sous l’influence de l’humidité et du changement de température, de protéger les condensateurs et les traits de graphite en les recouvrant d’une couche de paraffine de quelques millimètres d’épaisseur.
- L’opération peut être contrôlée au moyen d'un milliampèremètre ou être faite au cours d’une réception; on est ainsi immédiatement averti par la chute de l’aiguille de l’appareil de mesure ou par l’affaiblissement des signaux écoutés de la variation accidentelle de la valeur d’une résistance ou d’une capacité. La paraffine est répandue goutte à goutte d’abord sur les condensateurs, puis sur les résistances; elle doit être suffisamment liquide pour s’étendre, mais non pas fluide au point de pénétrer comme de l’huile dans les pores du papier, des gouttes de paraffine surchauffée tombant sur les grains de graphite les isoleraient entièrement les uns des autres et augmenteraient considérablement la valeur des résistances. ?
- Malgré les plus grandes précautions, on peut avoir à crayonner une résistance au cours du paraffinage ; il est bon, devant cette éventualité, de commencer l’enrobage du ruban de graphite par une extrémité pour gagner peu à peu l’autre extrémité; on a toujours ainsi devant soi une partie crayonnée dont on peut augmenter, au besoin, la conductibilité pour compenser nue perte sur une autre partie de la résistance.
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- T. S. F. DES AMATEURS
- ;\fM
- Bouton
- isolé
- Sodé
- Compensateur.
- Deux ou trois couches de paraffine sont nécessaires pour protéger convenablement la table ; l’isolant doit s’étendre au delà des bords de la feuille de papier et
- l’emprisonner complè
- Boéiiés
- X
- tement dans un bloc d’où émergeront seuls les axés des bornés de Connexion.
- C) Compensateur.—-Le compensateur prévu dans l’agencement de l’amplificateur et que représente la figure 3 est tout simplement un condensateur à trois armatures de faible Capacité; il a pour objet de faire réagir le circuit de la ire grille Sur le circuit de plaque de là F* lampe ou sur le cirduit de plaque de la 4e pour créer des oscillations entretenues
- permettant la réception par battements des émissions entretenues et des émissions amorties.
- La construction de cet appareil n’ofEre auCUne difficulté. Ou découpe dans une feuille mincé d’aluminium où de zinc une circonférence de 60 mm de ràÿon qu’on partage en quatre secteurs égaux (fig. 4)* Deux des quartiers ainsi obtenus sont utilisés comme armatures fixes* un troisième sert d’armature mobile. Les secteurs À et B ont lettr sommet légèrement échancré; ils sont fixés chacun par quatre petites pointes à tête plate* à i ou a cm l’ün de l’autre, sur un socle en bois ou en ébonite» Le quartier G,
- Fig. 4- — Armatures compensateur.
- du
- pourvu d’un bouton de manœuvre isolant, est fixé sur un axe autour duquel il peut tourner pour venir recouvrir plus ou moins Tune ou l’autre des armatures fixes. Une , . simple vis à bois traversant le quar^
- \/ tier à sa pointe ét le maintenant
- entre deux rondelles légèrement déformées suffit comme axe de rotation. Une feuille mince de sparadrap ou de papier calque Collée iUr la face inférieure de l’armature mobile l’isolera convenablement lorsqu’elle glissera sur les armatures fixes, Trois bornes relientles armatures aux organes choisis des lampes amplificatrices.
- Montage de l'amplificateur à résistances, — Tbus les éléments dé l’amplificateur étant constitués, on monte l’appareil en s’inspirant du schéma de la figure 5 dont l’interprétation nè peut donner lieu à erreur.
- On prendra soin, nous le répétons, de faire toutes les connexions aussi courtes que possible et en évitant de faire voisiner ou chevaucher les fils de liaison ; la mise
- Fig 6. — Utilisation de l’amplificateur sur bobine à x curseur.
- Fig. 7. -bobiné
- Utilisation sur 2 curseurs.
- de la table des résistances à l’intérienr du coffret servant de support aux lampes favorisera d'ailleurs cet arrangement.
- Les connexions de la table aux différents organes des lampes sont faites én fil de cüivre de 1/2 mm dé diamètre isolé à la soie (deux couchés) ; préalablement fixées aux bornes de la table, elles sont amenées sur le socle à travers les petits canaux préparés à cet effet, tendues le plus possible et solidement raccordées à leur borne d’attache.
- Les conducteurs reliant les diverses batteries âüx appareils doivent être également très courts ; ils seront dé gros câblé ( 15 à 20/ iô environ) et Soigneusement isolés.
- Les àccüjüülâteùrs dë ehàUD fâge auront au moins une capacité dé 60 ampcres^-heure ét devront être parfaitement chargés.
- Ils serônt isolés du SOI.
- Bien que cela he soit pas absolument indispensable, l’emploi d’un rhéostat de chauffage ëst â recommander pour assurer aux filaments dés lampes le degré de température le plus éfficaCë.
- Le téléphone à utiliser sera de préférence ün téléphone de grande résistance, de 3ooo à 4ôôo ohms par exemple, quoique de bons résultats puissent être Obtenus avec dès écouteurs plus ordinaires.
- On peut, à volonté, plàcér uü rnilliampèremètre dans le circuit de plaque de la dernière lampe, cet instrument permet de contrôler la présence d’oSCillations entretenues dans le circuit de l’amplificateur. La naissance — l’accrochage comme on dit pins souvent — dè ces oscillations est marquée, en effet, par une diminution du Courant continu qui traverse l’appareil dë mesuré ; la présence du milliam-pèremètre dans le circuit plaque ne gêne en rien le fonctionnement régulier dé l’ampli-ficateür, la self dé soü enroulement favorisé même, dans
- Une certaine mesüre, l’accrochage des oscillations.
- Les bornes i et 2 de l’amplificateur à résistances Se relient directement et par des conducteurs non torsadés aux deüx extrémités de là self du circuit de réception ; la présence entre ces deux extrémités d’uné Capacité variable favorise dans la plupart dés dâs UU réglage rapide.
- Les schémas des figures 6, 7, 8 et g faciliteront aux amateurs le montage de l’amplificateur à résistàttCéS sur leur circuit de réception quel que soit le dispositif utilisé par eux.
- Usagé ét réglage de l’amplificateur à résistances. — Si les connexions de l’amplifiCateUr que nous venons de décrire ont été établies très courtes, et si lès petits condensateurs de liaison n’ont pas Une capacité trop grande, on recevra avec lui toutes les longueurs d’ondes amorties ou entretenues depuis 3oo m.; pour dés connexions longues et dès Capacités plus grandes, le début de l’échelle des longueurs d’ondes recevables remonte rapidement vers 800 et îooo mètres.
- Sur antenne à deux brins de 60 m., l’appareil permet dè recevoir tous les postes européens ét quelques postes américains avec Une très grande intensité. Sur cadre de 1 m. de côté, la réception des principales stations d’Europe est encore excellente.
- Pour la réception des ondes amorties, il n’est pas nécessaire d’utiliser le compensateur; celles-ci Sont reçues alors avec leur son naturel. En créant par le jeu du compensateur des oscillations locales qui interfèrent avec les ondes amorties, on augmente considérablement l’amplification, mais la tonalité des signaux est légèrement déformée, Pour la réception des ondes entretenues, l’emploi du compensateur est indispensable.
- Cadre
- rac/iogonio-- métrique
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- Fig. 9.— Utilisation sur cadre.
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- S. F. DES AMATEURS (5
- L’accrochage des oscillations locales s’obtient en recouvrant plus ou moins une des armatures fixes avec l’armature mobile ; en général, c’est à l’armature reliée à la quatrième plaque qu’il y aura lieu d’opposer l’armature de grille.
- Pour la réception des petites longueurs d’ondes, il est indispensable d’avoir un circuit de réception à résistance effective très faible, de’préfé-rence on choisira un circuit à forte self et à faible capacité (moins de i millième de microfarad) ; sur des circuits mal proportionnés, aucun accrochage d’oscillations ne pourrait être obtenu,
- L’amplificateur à haute fréquence et à résistances peut être suivi d’un amplificateur à basse fréquence utilisant au besoin les mêmes accumulateurs de chauffage et la même batterie de plaque; la sensibilité à laquelle
- on parvient ainsi permet l’inscription des radiotélé" grammes au siphon recorder.
- L utilisation de quatre lampes nous a paru largement suffisante pour un appareil destiné à un usage courant et dont il n’est pas indifférent de modérer la consommation ; un plus grand nombrë de lampes augmenterait sans doute considérablement la portée et l’intensité des signaux,mais chaque filament dépensant environ un 1/2 ampère de courant, la recharge des accumulateurs s’imposerait plus fréquemment. Le diagramme de la figure 10 permettra "cependant à l’amateur curieux, que la dépense ne saurait arrêter dans ses recherches, la construc- Fig. 11.~ Diagramme d’une table tion d’une table de résistances pour amplificateur à 3 étagés, combinée pour un amplificateur à sept étages. Par contre, l’amateur qui ne disposerait que de trois tubes à vide pourra les utiliser avantageusement en suivant le croquis de la figure 11.
- Quel que soit le nombre des lampes employées, le schéma de la figure 5 servira de guide pour le montage d’amplificateurs à résistances,
- Franck Duroqtjier.
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- Fig. 10.— Üiagramme d’une fable polir amplificateur à ÿ étagés.
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- VARIÉTÉS
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- COMMENT ACHETER LES FRUITS FRAIS? — III. LES POIRES A CUIRE,
- A SÉCHER ET D'APPARAT
- A.côté des meilleures poires pour la table, caractérisées, quelle que soit leur époque de maturité, par la finesse, le fondant et Farome de leur chair dont la réunion en une heureuse proportion les fait réserver presque toujours pour la formation de savoureux desserts où elles sont consommées à l’état frais et cru, il existe d’autres variétés qui méritent de retenir, à des titres divers, l’attention des maîtresses de maison; ce sont celles qui appartiennent aux poires à cuire, à sécher et d’apparat, dont je vais parler brièvement.
- I. Poires à cuire et à sécher. — Bien que parmi les excellentes variétés de table, plusieurs d’entre elles, comme Bon Chrétien William, Monsallard, Duchesse de Berry, Beurré d’Amanlis, Beurré Hardy, Louise Bonne d’Avranches, Sucrée de Montluçon, Duchesse d’Angou-lême, etc., aient été déjà soumises à la dessiccation ou transformées en compotes ou marmelades dans les années d’abondance, les véritables poires à cuire et à sécher, dont certaines peuvent être désignées comme « poires à deux fins », se distinguent généralement par leur chair ferme, deiùi-croquante, assez cassante,, moyennement juteuse en même temps que par une diminution notable de leurs qualités organoleptiques, de sorte que la plupart sont d’un goût médiocre et peu agréables à manger crues. Mais elles forment d’excellents desserts quaud la cuisson, soit seule, soit avec des adjuvants, en faisant réagir entre eux les principaux éléments qu’elles renferment, a développé, dans leur chair devenue plus ou moins rosée ou rouge et presque fondante, un arôme et une saveur particulièrement délectables au palais,
- Chaque époque de maturité en renferme plusieurs sortes dont voici les principales qui peuvent être également soumises à la dessiccation dans les années de pleine récolte. Je les divise en deux catégories, selon qu elles sont susceptibles ou non, quand leur culture a été conduite dans des conditions très favorables, de pouvoir être mangées à l’état cru.
- A. Variétés pouvant être consommées à l’état cru, ou poires à deux fins. — Beurré d'Angleterre. — Fruit petit ou moyen, ventru, conique, piriforme-, peau vert-jaunâtre; chair fine, acidulée, sucrée. Maturité en septembre, Fruit de marché.
- Rousselet de Reims. — (Les caractères ont été donnés dans l’article relatif aux poires d’été et d’automne.)
- Beurré Capiaumont. — Fruit moyen, piriforme allongé ; peau jaunâtre nuancée de rouge ; chair fine et serrée. Maturité en octobre.
- Curé (de). — Fruit assez gros, piriforme allongé; peau jaune verdâtre nuancée de rouge à l’insolation; \ chair demi-fine dont la saveur variable est plus ou moins agréable suivant le sol et l’exposition. Maturité de novembre à janvier. Cette poire anciennement connue est toujours des plus cultivées et des plus répandues sur les marchés.
- Bon Chrétien d'Hiver. — Fruit gros ou très gros, piriforme ventru ou calebassiforme ; peau verte virant au jaune paille, nuancée parfois de carmin; chair assez fine et cassante, parfumée. Maturité de mars en juin. Très ancienne variété toujours appréciée et recherchée pour la table quand elle provient de l’espalièr sud eu-terrain chaud. On la rencontre assez facilement sur les marchés, bien qu’elle ne soit plus autant cultivée.
- Beurré Bretonneau. Fruit gros, oblong ventru; peau jaune citron pointillé de roux; chair grenue, mi-fondante, acidulée, agréable. Maturité de mars à juin. Poire tardive se conservant longtemps.
- B. Variétés spéciales pour la cuisson et les compotes. — Certeau d'automne. — Fruit moyen, piriforme; peau vert jaünâtre lavée de rouge orangé; chair mi-cassante et sucrée, Maturité en octobre.
- Messire Jean. — Fruit moyen ou assez gros, turbiné ou arrondi ; peau rude, vert bronzé ; chair jaunâtre, granuleuse, sucrée, relevée d’un parfum spécial, Maturité de novembre, à décembre. Variété très appréciée pour la préparation des raisinés.
- Martin sec, — Fruit petit ou moyen, piriforme, un peu arrondi; peaü roux clair ou gris noisette, pointillé de blanc, parfois nuancé de carmin; chair mi-fine, très cassante, sucrée, un peu anisée» Maturité de la mi-novembre à février, Variété très cultivée et recherchée pour la poire tapée ; elle se trouve facilement sur les marchés,
- Catillac. — Fruit très gros, turbiùé, arrondi, bosselé; peau jaune verdâtré, lavée ou marbrée de rouge sombre; chair granuleuse et cassante, peu sucrée, devenant bien rôüge à la cuisson. Maturité à avril. Gette variété trèfe répandue, notamment en Normandie où on la trouvé sur tous les marchés, est assez souvent confondue avec la poire de Livre à laquelle elle ressemble beaucoup.
- On peut y joindre les variétés suivantes ; Râteau gris, Sarrasin, Franc Réal, de Prêtre ou Galouel, Bon chrétien d’Espagne, Bergamote Philipot, Tavernier de Boul-longue, Râteau blanc, etc. w
- Principaux usages. — La maîtresse de niaison doit
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- VARIETES
- connaître assez ces variétés pour les distinguer des véritables poires de table afin de ne les payer qu’à leur valeur, malgré le bel aspect que présentent plusieurs d’entre elles quand elles ont été bien récoltées et conservées.
- Les poires à cuire constituent une grande ressource pour la-confection des desserts, qu’il s’agisse de l’emploi des fruits entiers cuits au four ou à l’étouffée, ou de poires candies, confites ou tapées, ou encore plus ou moins divisées sous forme de compotes ou de raisinés avec addition, tantôt, de petits fruits rouges, fraises, framboises, groseilles, tantôt d’oranges, de confitures de prunes ou d’abricots, et même de vins liquoreux, de kirsch, etc. Comme ces fruits sont souvent produits par des arbres de plein vent qui donnent lieu à d’abondantes récoltes, on peut en.soumettre l’excédent à la dessiccation et continuer avec les fruits secs la série des desserts pendant très longtemps.
- II. Poires d’apparat ou d’ornement. — Les poires qu’on décore de ce titre doivent réunir trois caractères indispensables : volume énorme, perfection des formes, beauté du coloris. Les fruits qui les possèdent à un haut degré sont payés très cher, mais leur culture qui demande les plus grands soins ne peut être entreprise avec profit que par des spécialistes.
- Les quatre variétés les plus cultivées et les plus réputées sont :
- Belle Angevine. — Fruit très gros, piriforme très allongé et régulier; peau vert clair passant au jaune doré, lavée de rouge pourpre à 1 insolation. Chair demi-fine, ferme, cassante, sans saveur agréable. C’est la plus grosse et peut-être la plus belle poire, mais elle n’a de valeur réelle que lorsqu’elle pèse i kg, poids qu’elle dépasse souvent pour atteindre, en culture spéciale, i kg; on cite même un fruit exceptionnel de 3 kg! Dans ces conditions, le prix de vente a varié, avant la guerre, entre 20 et 35 francs pièce, il s’est même élevé, paraît-il, jusqu’à 60 francs !
- Van Marum. — Fruit très gros, calebassiforme, allongé; peau gris doré ou roux isabelle nuancée de
- vermillon; chair blanc, verdâti’e, assez fine, parfois fondante ou pâteuse, ce qui permet, selon le cas, de la manger à l’état frais. Maturité en octobre.
- Directeur Alphand. — Fruit très gros se rapprochant de la Belle Angevine par l’ensemble de ses caractères, mais sa chair mi-fine, souvent granuleuse et sucrée, est assez bonne. Maturité fin d’hiver et printemps.
- Beurré Clairgeau. -r- Ce fruit déjà décrit dans les pôires d’automne est un des plus beaux que l’on cultive. Si son volume est nettement inférieur à celui des trois précédents, sa chair leur est supérieure de beaucoup.
- On peut encore y joindre, mais à un titre moindre, à cause de leur volume, les plus gros et les plus beaux fruits des_ variétés ci-contre : Beurré Diel, Duchesse d’Angoulême, Doyenné du Comice, Charles Ernest, Professeur Gros, Démangé, etc., et les plus jolies des poires panachées : Louise Bonne d’Avranches, Duchesse d’Angoulême, Doyenné du Comice, etc.
- Quand et comment les acheter?— Les véritables poires d’apparat ne viennent jamais sur le marché, la maîtresse de maison ne peut les acheter que dans les maisons spéciales d’alimentation qui ne tiennent que les fruits de luxe ; elle peut même se contenter de les louer. Inutile de dire que, étant donné leur rôle ornemental, il ne faut les accepter que lorsqu’elles joignent la beauté du coloris au volume énorme, à la perfection des formes, à la fermeté de la chair et à l’absence de tout défaut; on ne doit les acheter qu’au moment du besoin.
- , Principaux usages. — En dehors de leur emploi décoratif dans les desserts somptueux, ces poires, arrivées au terme de leur existence, sont utilisées, à l’état cru, en salades mélangées avec des Reinettes et arrosées de vins liquoreux; à l’état cuit, -en compotes relevées par l’addition de gelées de fruits parfumés, mais le palais, en les dégustant ainsi, est loin d’éprouver le charme que les yeux ont subi quand elles resplendissaient dans des jattes de cristal taillé ou d’élégantes corbeilles enrubannées, artistement groupées en de hautes et magnifiques pyramides ! A. Trueli.e.
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- Nouveau traitement du paludisme par les rayons
- X. — Le Bulletin de la Ligue des Sociétés de la Croix Rouge fait connaître les recherches entreprises en Italie pour traiter le paludisme par un nouveau moyen qui paraît être destiné à produire une notable amélioration dans la thérapeutique, surtout s’il est accompagné du traitement classique par la quinine.
- A Venise, depuis 1916, le Dr Antonino Pais fit des expériences avec les Rayons X sur la rate des militaires atteints de paludisme. Il obtint des résultats entièrement satisfaisants. Le Ministre de la Guerre nomma aussitôt une commission militaire qui jugea que la nouvelle méthode devait être introduite dans l’armée comme moyen habituel de traitement des sujets atteints de paludisme chronique.
- Après la guerre, la « Stazione sperimentale antimala-rica » de Fiumicino, dirigée par le professeur B. Grassi, reprit ces études au moment même où le professeur Grassi et le Dr M. Sella menaient sur place une campagne anti-malarique. Les résultats obtenus furent des plus brillants ; ils ont été exposés par le professeur Grassi dans un rapport qui vient d’être présenté à 1’ « Accademia dei Lincei » de Rome. Cet illustre spécialiste du paludisme affirme que les Rayons X, employés selon la méthode du DrPaïs, exercent réellement sur le paludisme chronique une action qui peut être qualifiée, selon ses propres termes, de merveilleuse.
- La tumeur de la rate, même si elle est considérable, diminue et disparaît; lq composition du sang se modifie rapidement et profondément. Les sujets atteints de paludisme chronique perdent sur le champ leur teint terreux, signe caractéristique de la maladie, et reprennent un aspect normal; ils retrouvent en même temps leur énergie et peuvent reprendre leur travail dans la plénitude de leurs forces.
- Les expériences de Fiumicino ont pu être faites grâce à l’appui d’un comité constitué à cet effet à Milan, sur
- l’initiative des sénateurs Mangiagalli et Pirelli. Ces expériences ont d’autant plus de valeur qu elles ont été faites à la campagne, ce qui élimine toute cause d’amélioration pouvant provenir d'un changement dans les conditions de vie : repos, nourriture plus saine qui exercent, en effet, une action très salutaire sur le paludisme.
- La Croix-Rouge Italienne, à laquelle le Gouvernement Italien a confié les madades gravement atteints de paludisme chronique dans l’armée, a pris la décision, à la suite des expériences de Fiumicino, de soumettre ces malades au traitement par les Rayons X.
- En terminant, nous rappelons que les Rayons X ont déjà été essayés il y a quelques années pour le traitement du paludisme. Les premiers savants qui songèrent à s’en servir dans ce but furent, sauf erreur, MM. Ma-ragliano, Bruce, Skinner et Carson. Mais comme les résultats furent contradictoires, parfois satisfaisants, parfois négatifs, la radiothérapie fut abandonnée en ce qui concernait le paludisme. Cet insuccès peut s’expliquer si l’on se rappelle que les savants d’alors ne cherchaient qu’à détruire le parasite enfermé dans la rate. Aujourd’hui, on sait que les Rayons X, dans la mesure où ils sont fournis pour la thérapeutique, n’exercent aucune influence sur les microorganismes, tandis qu’ils peuvent nuire aux éléments du sang. Voilà l’explication de résultats en apparence contradictoires.
- Le D' Païs a suivi une autre voie. Au lieu de tenter de détruire l’ennemi invulnérable, il a cherché avec plein succès à exciter le fonctionnement de là rate, de la moelle des os et des éléments lymphatiques qui, comme chacun le sait., sont très sensibles aux Rayons X. Il s’est efforcé de fortifier ces organes, affaiblis chez les personnes atteintes de paludisme, au moyen d’une excitation continuelle et légère, afin qu’ils puissent prendre le dessus dans la lutte contre l’agent de l'infection. Cette méthode a conduit le D' Païs à produire des
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- quantités minimes, inconnues jusqu’ici dans la radiothérapie, au moyen de dispositifs spéciaux dans les appareils. L’action de ces petites quantités de Rayons X est un excitant suffisant.
- Les heureuses expériences de Fiumicino nous font prévoir le plein succès de cette nouvelle méthode de thérapeutique et par conséquent de prophylaxie du paludisme. R. M.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la R_édaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pile Féry : En vente aux Etablissements Gaiffe-Gallot ef. Pilon, 23, rue Gasimir-Périer, Paris.
- Réponses, — M, Underberg, à Angers, —Pour utiliser sur du 220 volts une lampe de 18 volts consommant 4 ampères, il faut que la résistance absorbe une différence de potentiel de
- 2 20 - l8, Soit 202 volts.
- De la formule E = RI
- on déduit la valeur de R résistance du rhéostat.
- t-, E 202 . , -,
- R — - =------> soit sensiblement 5o ohms.
- A 4
- Etant donné que le fil doit laisser passer 4 ampères, il faut que la seetion soit en rapport pour éviter un échauffement dangereux.
- Il faut compter un fil de i mm de diamètre environ, bien qu’on puisse mettre moins en disposant la résistance à l’air. Etant donnée la résistance spécifique du fer ou du maillechort, vous pouvez voir qu’il est nécessaire d’avoir une grande longueur de fil pour arriver à 5o ohms, soit 400 m. en fil de fer de 1 mm et 187 m. pour le maillechort environ.
- Votre installation n’est guère réalisable pratiquement et elle a l’ineonvénient de consommer inutilement du courant, car votre lampe vous coûtera autant sur 220 volts que si vous aviez 220
- —3-, soit environ 12 lampes semblables sur 18 volts
- I O
- montées en série sur cette même source à 220 volts.
- M. des Moutis, à Saint-Cloud. —'i° L'intensité au secondaire du transformateur peut aller à 1 ampère ;
- 20 Le maillechort a l'inconvénient d’avoir trop de résistance obmique, ce qui donne des pertes importantes dans le cas où on vent avoir un nombre d’ampères-tours suffisant pour donner une bonne induction;
- 3° Le fer-blanc ordinaire peut être employé à condition d’être recuit très soigneusement;
- 4" Le Ferrix donne environ un ampère. Pour obtenir une intensité plus grande, il faut changer les diamètres des fils permettant l’intensité de 3 ampères, par exemple, prendre un diamètre égal an diamètre primitif multiplié par \/3 j il faut également augmenter la section du noyau ;
- 5° On trouve des lampes à filament de charbon dans tontes les fabriques de lampes; Compagnie générale d’Electricité par exemple ;
- 6° Le moteur synchrone n’est qu’un moteur jouet qui n’a qu’une puissance limitée et un faible rendement; il peut néanmoins actionner un petit redresseur. Tout dépend de la puissance demandée.
- M. Lévy, à Argelès. — Pour l’usage que vous voulez faire de votre ventilateur, nous vous conseillons de vous procurer un petit moteur jouet fonctionnant à bas voltage et de monter des ailes de ventilateur, en aluminium de préférence ou à la rigueur en carton fort.
- Ce moteur fonctionnera au moyen d’une batterie d’accumulateurs qu’il est facile de recharger. Le nombre d’éléments nécessaire sera le voltage exigé pour le moteur divisé par deux.
- Il existait avant la guerre des ventilateurs à air chaud fonctionnant au gaz, mais cette combinaison est un peu extraordinaire et est un non-sens à notre avis. Ces appareils, d’origine étrangère, ne sont pas eneore revenus sur notre marché.
- M. Bavai, à Kerhorliu. — L'éolienne décrite donne une puissance d’environ 1/10 de cheval sur l'arbre ver-
- tical par un vent de 6 m., avec des surfaces de o,4q de large sur o,5o de haut.
- On peut appliquer ici la formule empirique qui donne l’expression du travail dans les moulins à vent ordinaires qui est K S Y? dans laquelle S est la surface d’une aile, Y la vitesse du vent, le coefficient K sera pris ici égal à 0,20.
- La surface d’une aile étant o,4X<>,£ soit o m2 20, la vitesse du vent étant 6 m, on aura :
- | — 0,2 x 0,2 X 6 X 6 X 6, soit 8,7 bgm, soit avec les frottements de l’arbre vertical environ i/ro de cheval,'
- Il serait facile de calculer avec cette formule la dimension de l’aile à prévoir pour une puissance déterminée.
- La vitesse du moulin en fonctionnement convenable sera à la périphérie de 2 fois celle du vent, ce qui fait 12 m. avec un vent de 6 m. Le diamètre extérieur étant de 1,70 on aura :
- 12 X 60 .
- ---------, soit 180 tours par minute environ, mais il
- I , 70 X 7t
- faut prévoir seulement une moyenne de 90 tours environ.
- Si l’on veut actionner des dynamos à 3ooo tours on aura une multiplication formidable qui sera difficile à établir et absorbera une notable partie de la puissance.
- Enfin, on n'aurait aucun avantage ici à incliner les panneaux sur la verticale, ce qui d’ailleurs compliquerait le mécanisme.
- M. P. A. M., avenue du Mail, Genève. — x° La description de la plante dont il s’agit n’est pas suffisante pour qu’on puisse, à distance, en établir l’identité. Toutefois, nous pensons que cette plante est probablement un Aspidistra elegans ou un Cannas (balisier).
- Les formules d’engrais suivantes, applicables aux plantes d appartement, pourraient être employées : Nitrate de soude, 5oo gr., chlornre de potassium, 200 gr., superphosphate 18/20, 400 gr. Arroser la plante avec ce mélange employé à raison de 2 gr. par litre du liquide nutritif obtenu et arroser ensuite à l’eau pure.
- A défaut, voici d’autres formules, suivant faculté de se procurer telles ou telles substances fertilisantes indiquées :
- a) Faire dissoudre dans un quart de litre d’eau une cuillérée à thé du mélange suivant à employer par petites quantités à l’aide d’un petit arrosoir : sel de cuisine, 10 parties; nitrate de potassium, 5; sulfate de magnésium, 5; magnésie, 1; phosphate de sodium, 2.
- b) Nitrate d’ammonium, 40 parties ; phosphate de potassium, 5o ; nitrate de sodium, 90.
- c) Faire dissoudre dans un quart de litre d’eau 20 gr. du mélange suivant : nitrate d'ammonium, 40 parties; phosphate d’ammonium, 20; nitrate de potassium, 25; chlorure de potassium, 5 ; sulfate de calcium, 6; sulfate de protoxyde de calcium, 6.
- d) Nitrate de potassium, 20 parties; phosphate de potassium, 25; sulfate d’ammonium, xo; nitrate d’ammonium, 35.
- 2° Formule pour géraniums. —- Nitrate de soude, 6 parties; superphosphate 18/20, 8; chlorure de potassium, 4; ou bien, mélanger à 1 litre d’eau ordinaire, 10 cm3 d’une solution renfermant par litre : phosphate de potasse, 32 gr., phosphate d’ammoniaque, 12; nitrate dépotasse, 14 ; nitrate d’ammoniaque, 42. Arroser jusqu’à refus.
- Formule pour œillets • Azote nitrique, 3 à 3,5 pour 100; azote ammoniacal, 3 à 3,5 pour 100; potasse de nitrate, 10 à ti pour 100; acide phosphorique du superphosphate, cendres d’os noir, 10 à 12 pour 100,
- 3° Pour les ouvrages, voyez (librairie Hprticole, 84 'bis, rue de Grenelle, Paris, 70) : de Marnefle, La nutrition végétale et les engrais en horticulture, r vol. ; F. Serret, L’emploi des engrais en horticulture, 1 vol., et plus particulièrement: Garola, Emploi des engimis dans la culture des plantes en pots, in Annales de la Science agronomique, 1897, t. I, p. 189.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service dç librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un'mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de io °/0 pour frais de pori et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. —
- Abaques pour le calcul des dalles, poutres et poteaux en ciment armé, par F.-L. Delaeontaine, ingénieur diplômé de l’Université de Lausanne. Flexion, compression, frottage, en conformité de la circulaire ministérielle du 20 octobre 1906. 1 vol. cartonné in-8, 5 fig. et 18 abaques hors texte. Ch. Béranger, Paris, 1920. Prix net : 24 francs.
- Histoire de la Chimie, par Maurice Delacre, i vol. in-8, 632 p., 14 fig. Gauthier-Villars, Paris. Prix : 24 fr.
- Ecrit par le professeur de l’Université de Gand pendant l’occupation, cet ouvrage se distingue par la clarté de son plan qui dégage nettement nos connaissances précises : poids atomiques et constitutions organiques, des nombreuses hypothèses et théories qui ont encombré la chimie et qui s’y rencontrent encore. Bien écrit, il est attrayant par les détails qu’il donne sur l’évolution de la chimie, les citations fréquentes des principaux travaux, la biographie des savants. Le tout forme un excellent livre documenté et vivant.
- Manuel de chimie analytique. Tome I : Analyse qualitative, 2e édition française de l’ouvrage de F.-P. Tread-well, revue et refondue par Marcel Boll. i vol. i3 X 21 de xxii-612 pages, avec 29 fig. 16 tableaux et 12 spectres d’éléments. Dunod, éditeur, Paris, 1920. Prix net : 34 francs.
- En publiant cette deuxième édition du Manuel de Treadwell, M. Boll a voulu, tout en tenant compte des progrès récents, laisser la responsabilité de ses techniques à ce maître incontesté de la chimie analytique que fut le professeur de Zurich ; mais il a apporté un soin particulier à la présentation des faits et à l’exposé des méthodes, ainsi qu’aux détails typographiques.
- Il a fait une large place aux conceptions modernes qui ont rénové la chimie, en même temps qu’il donnait plus d’unité à ce Manuel.
- On trouvera de multiples tableaux pour la marche de l’analyse, ainsi que la liste complète des espèces minérales.
- Des index alphabétiques facilitent grandement les recherches.
- La catalyse en chimie organique, par Paul Sabatier, 2' édition revue et augmentée, 1 vol. in-8° 388 p., Béranger, Paris. Prix : 36 francs.
- On connaît l’importance de l’œuvre de M. Sabatier, prix Nobel de chimie. On la trouve réunie dans ce livre qui ouvre de nouvelles possibilités à de multiples industries. Après des généralités sur la catalyse et les catalyseurs, l’auteur étudie le mécanisme de la catalyse, puis ses effets ; isomérisations, polymérisations, dépolymérisations, condensations par addition, oxydations, introductions diverses dans les > molécules, hydrogénations, séparations diverses, déshydrogénations, déshydratations , dédoublement des acides, dédoublement des éthers-sels d’acides organiques, séparations d’hydracides ou de molécules similaires, dédoublements et condensations des hydrocarbures ......
- Un appendice sur l’hydrogénation des corps gras liquides complète cet ouvrage de premier ordre.
- Les transports automobiles sur le front français 1914-1918, par le commandant Doumenc, avant-propos du maréchal Focu, préface du général Payot, i vol. avec i. 22 dessins de A. CossARDMPlon-Nourrit et Cio, éditeurs, Paris, 1920. Prix : 7 francs.
- Tout le monde sait le rôle immense qu’ont joué les transports automobiles sur le front allié ; à la fin d’août 1914 nos armées comptaient à peine 6000 véhicules automobiles, et en novembre 1918, sur le seul
- front français 92000. Mais le public, et même les combattants, ignorent, en général, le merveilleux effort d’organisation qui a fait des transports automobiles un instrument stratégique d’une souplesse et d’une sûreté incomparables ; les souvenirs de la Yoie Sacrée de Verdun, du franchissement des Alpes en 1917, des grands mouvements de 1918 sont là pour attester les progrès et l'efficacité 'croissante de cette organisation, qui comptera comme un des beaux titres de gloire de notre armée et restera citée comme un modèle. Le commandant Doumenc en fut l’un des principaux et des meilleurs ouvriers.-Le présent ouvrage,rédigé d’après ses notes et rapports, met en vive lumière les principes et la méthode qui présidèrent à cette organisation ; il montre le rôle exact des transports automobiles au cours des diverses opérations de la guerre ; les difficultés furent immenses ; mais la revue claire des réalités, un esprit d’organisation méthodique servis par une volonté tenace en vinrent à bout. Ce chapitre d’histoire militaire remarquablement documenté, écrit et pensé, contient de précieux enseignements, dignes d’être médités par les militaires et les civils.
- L’Esthonie : Les Esthoniens et la question esthonienne, par M. Marina, i vol. in-18, 268 p. Armand Colin, Paris. Prix : 5 francs.
- Dans un aperçu historique l’auteur passe en revue tout d’abord les origines du peuple esthonien, les races, les mœurs, les religions ainsi que la position géographique de ce pays ; il expose la situation qui fut faite aux Esthoniens par la noblesse balte pendant la période féodale, puis sous la domination russe, et montre que ce qui a manqué à ce peuple c’èst ce qu’il a désiré pendant sept siècles et vient enfin de conquérir : l’indépendance. .
- L’auteur aborde ensuite l’étude de la vie économique, des conditions de la propriété foncière et de la question agraire dans ce pays, et termine par une histoire succincte de la lutte des Esthoniens contre les Allemands et contre les Bolcheviks.
- La République Argentine : La mise en valeur du pays, par M. Pierre Denis, i vol. in-8°, 3o3 p. Armand Colin, Paris, Prix : 14 francs.
- Cette étude d’ensemble du pays et du peuple argentins, faite par un homme qui connaît bien le pays, expose l’essor rapide de l’élevage et de l’agriculture dans la Pampa, la croissance de Buenos Aires, la place éminente conquise par l’Argentine sur le marché des céréales et de la viande, événements capitaux de l’histoire économique contemporaine. Cette énorme création de richesse, et le courant d’immigration qu’elle appelle agissent sur la nationalité argentine, de même que la guerre y a provoqué un afflux anormal de capitaux, tous faits économiques dont l’auteur cherche à dégager l’influence prochaine.
- La machine humaine, par le sous-intendant Bolot.
- 1 vol. in-8, 2a3 p. Fournier, Paris. Prix : 12 francs. *
- Ouvrage original où l’auteur soutient que pour entretenir sa machine, l’homme devrait ne plus manger de pain à partir d’un certain âge, absorber moins de sucre et plus de viande, etc., pour prévenir l’engorgement calcaire et combattre l’excès respiratoire, moyennant quoi la durée de la vie pourrait être doublée.
- Mémoires sur la respiration et la transpiration des animaux, par Antoine-Laurent Lavoisier, i vol. in-16, 67 p., collection des Maîtres de la Pensée scientifique. Gauthier-Villars, Paris. Prix : 3 francs.
- Réédition des quatre mémoires fondamentaux de Lavoisier établissant que la respiration est une combustion.
- Le Fléau, roman social du temps de guerre, par André Godard. 1 vol. in-16, 415 p. Perrin, Paris. Prix : 4fr. 5o.
- Nos lecteurs retrouveront avec intérêt dans ce roman, parmi les discussions philosophiques et sociales qu’encadre un très curieux drame psychologique, les thèses en faveur des oiseaux que l’auteur a défendues dans La Nature.
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- LA NATURE
- Supplément,
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- INFORMATION
- N” 2425 m 25 Septembre 1920.
- Nécrologie : Ducos du Hauron. — M. Louis Ducos du Hauron vient de mourir à Agen à l’âge de 83 ans. Ducos est l’un des quatre ou cinq grands noms dont s’honore la photographie.
- Les Allemands eux-mêmes reconnaissaient sa haute valeur : avant la guerre, dans un catalogue d’outre-Rhin d’une grande maison d’articles photographiques, on pouvait voir soja nom cité à côté de Daguerre, Niepce, Talbot, Poitevin.
- On sait qu’un des principaux travaux de Ducos du Hauron est la création de la trichromie, photographie des couleurs par le procédé indirect. En cela, sans le connaître, il travailla sur la même voie que Cros. Mais il lui revient incontestablement l’honneur d’avoir le premier vers 1869 décrit la possibilité d’obtenir les couleurs sur une image unique, sans superposition des trois images élémentaires : c’était la création du principe des images alignées ou punctures. Les travaux de Lumière, Jougla, Dufay, etc..., ont montré depuis quel parti merveilleux on pourrait tirer des bases posées
- par Ducos.
- Le Musée d’Agen a l’honneur de posséder des spécimens des travaux de ce regretté savant. Ils sont du plus haut intérêt; certaines trichromies touchent même à la perfection; elles* sont datées de 1877.
- Parmi ses recherches il faut encore citer celles sur la chromolithographie , des essais de cinématographie datant de 1868, des études sur le spectre solaire et les couleurs complémentaires,etc.
- La photographie ci-jointe que nous commu-niqueM. Lacroix,
- d’Agen, représente Ducos du Hauron en 1877, au moment où son activité scientifique fut la plus grande.
- Hydravions géants aux États-Unis. — Le département de la Marine des Etats-Unis vient, dit U Aéronautique, de faire mettre en chantier 2 hydravions géants conçus par MM. Gallaudet et Richardson. Ce seront des triplans à 9 moteurs. Leur envergure sera de 42 m. 67, leur coque aura 20 m. 40 de long, et la surface portante sera de m2. Ils pourront porter une charge de 3o tonnes dont i5 de poids utile. La puissance motrice sera répartie en 3 groupes de 3 moteurs Liberty, chaque groupe étant logé dans une nacelle sous la surveillance d’un mécanicien. Dans chaque groupe, il y aura 2 moteurs seulement sur 3 en service, le troisième étant gardé en réserve pour le cas d’avarie.
- Chaque groupe entraîne une hélice de 6 m. de diamètre. Le rayon d’action de ces hydravions est de 2x00 milles et leur prix de 63oooo dollars.
- Louis Ducos du Hauron.
- , Tremblement de terre au Chili. — En 1906, le capitaine anglais Cooper, de la marine marchande, avait prédit le tremblement de terre qui ruina Valparaiso le 6 août de cette année-là. La même théorie astronomique vient de recevoir une nouvelle confirmation.
- Vers la fin d’avril dernier, un officier de la marine de guerre du Chili publiait à Santiago une série de pronostics à propos du temps probable pendant le reste de l’année 1920, fondés sur la théorie de Cooper. 'Le» tableau marquait avec des gros chilîres noirs les dates du 24 au
- 26 juillet. Or, dans la nuit du 25 au 26, à o h. 3t m. 42 s. (temps local de Santiago), a commencé un très fort tremblement de terre dont la durée a été de 1 m. 410 s. Selon les diagrammes du Bureau Sismologique du Chili, le mouvement éclata brusquement avec toute sa force, sans oscillations préliminaires. La composante verticale, qui prédomina, atteignit 1 cm. 1/2 approximativement. Au Chili le tremblement de terre a été perçu depuis La Serena, au Nord, jusqu’à Concepcion, au Sud. En Argentine, la secousse a été forte à Mendoza et on l’a sentie à Buenos-Aires. Malgré la violence du mouvement, les dégâts ont été insignifiants.
- Recherches négatives sur un nouveau constituant de l’air atmosphérique. — M. A. Jaquerod vient de rendre compte à la Société suisse de physique d’essais qu’il a fait en vue de mettre en évidence, s’il existait, un nouveau gaz léger de l’air atmosphérique. On a en effet supposé la présence dans la haute atmosphère d’un gaz hypothétique, le géocoronium dont la raie spectrale se trouverait dans les aurores boréales. M. Jacquerod a tenté deux séries d’essais. On sait que seuls les gaz légers et très^ difficilement liquéfiables possèdent la propriété de diffuser à travers la silice, l’hélium particulièrement, l’hydrogène et le néon beaucoup moins.
- Les premiers essais ont porté sur l’air atmosphérique brut ; une ampoule de silice, reliée à la pompe à mercure, chauffée à 35o° environ, a été soigneusement évacuée, et les gaz diffusés pompés chaque jour et récoltés. Au bout de deux mois 1 cm3 de gaz fut obtenu; après purification par le charbon refroidi dans l’air liquide, l’examen spectroscopique a montré le spectre de 1 hélium très brillant, celui de l’hydrogène, et les principales raies du néon, faibles, mais aucune raie nouvelle.
- La seconde tentative a été faite sur un résidu de liquéfaction de Pair, mis obligeamment à la disposition de 1 auteur par M. G. Claude. Une première séparation fractionnée, effectuée à l’aide du charbon dans l’air liquide, a donné un gaz montrant uniquement les raies de l’hélium ; cettè portion, qui pouvait renfermer le gaz inconnu en quantité trop faible pour que le spectre en fût visible, a été soumise à deux diffusions fractionnées à travers la silice chauffée. Mais, là encore, le résultat fut négatif. Ces recherches semblent'donc bien prouver qu aucun constituant léger de l’air atmosphérique ne reste à découvrir.
- Acide sulfurique et engrais chimiques.— La production des superphosphates et du sulfate d’ammoniaque, employés comme engrais, consomme d’énormes quantités d’acide sulfurique.
- D après les statistiques de l’Institut International d’Agriculture on peut les évaluer, pour la période d’avant-guerre, à :
- Production \ mondi?le d’acide sulfurique . . ( européenne —
- Production mondiale de superphosphate . . Consommation mondiale d’acide sulfurique
- correspondante .......................
- Production européenne de superphosphate . Consommation européenne d’acide sulfurique
- correspondante......................
- Production mondiale de sulfate d’ammoniaque Consommation mondiale d’acide sulfurique
- correspondante........................
- Production européenne de sulfate d’ammoniaque............. .....................
- Consommation européenne d’acide sulfurique correspondante. ............
- Pourcentage d’acide sulfurique de la production mondiale consommé pour le superphosphate . ..............................
- Idem de la production européenne.........
- Idem de la production mondiale pour- le
- sulfate d’ammoniaque. . ..............
- Idem de la production européenne. ....
- Il résulte de ces chiffres que trois quarts duction mondiale totale d’acide sulfurique
- tonnes.
- 5 000 000 3 700 000 7 5oo 000
- 3 000 000 5 600 000
- 2 240 000 1 057 000
- 793 000
- 94* 000
- 710 000
- 60 o/0 65 <%
- *6 o/0
- !9 °/o de la prose perdent
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- INFORMATIONS
- feans but dans les sols, tant avec le superphosphate qu’avec le sulfate d’ammoniaque. Actuellement, on n a plus le droit de gaspiller cette quantité énorme d’acide sulfurique et M. J. Baumann, dans le Chemiker Zeitung, attire justement l’attention sur l’intérêt que présenterait la mise au point d’un traitement des engrais et notamment des phosphates, sans acide, tout en leur donnant les mêmes qualités d’assimilation.
- Le verre soluble et ses emplois. — Bans la Revue Universelle des Mines, M. Gilard publie une étude très complète sur le verre soluble ou « verre à l'eau ». On désigne sous ce nom le produit obtenu par fusion de silice et d’alcali. La fonte réalisée se solidifie en prenant l’état vitreux; elle a complètement l’aspect d’un verre ; soumis à un traitement approprié, ce dernier est complètement soluble dans 1 eau.
- Chimiquement, ces verres sont des silicates de potasse ou de EQude ; parmi eux on distingue les silicates alcalins dans lesquels le rapport de la silice à 1 alcali est sensiblement égal à i et les silicates neutres où ce rapport atteint ‘2, 3, et parfois 4. Ces deux espèces de corps diffèrent par leur solubilité dans l’eau.
- Le verre soluble est connu depuis fort longtemps ; mais c’est le chimiste français Kuhlmann qui, le premier en 1841, attira l’attention sur les services que cqs substances peuvent rendre aux constructions, à l’architecture, aux arts décoratifs. C’est lui aussi qui, le premier, en vulgarisa la fabrication et l’emploi. Les usages du verre soluble se sont depuis lors multipliés.
- Le silicate sodique est employé pour la fixation des mordants dans les manufactures de toiles peintes. La fabrication des savons en consomme de grandes quantités. On peut en effet l’utiliser comme succédané de la résine qu’on ajoute abondamment à certaines espèces de savons.
- 11 sert encore à ignifuger des toiles, à. préparer des presses artificielles en agglomérant des minéraux pulvérulents (craie, phosphate de calcium, dolomite, plâtre, oxyde de zinc, etc.). _ ,
- L’opération de la silicatisation préconisée par Kuhlmann a pris aujourd’hui une certaine importance; on imprègne de silicates certaines matières tendres, le bois, les pierres calcaires pour leur donner delà dureté et les rendre imputrescibles.
- De la craie molle plongée dans une dissolution de silicate de potasse ou de soude acquiert une grande dureté.
- Lorsqu'un corps ne présente que peu de pouvoir absorbant pour la solution silicatée, on cherche à lui en donner, soit par dessiccation, soit par chauffage, soit par des réactions chimiques, ou bien encore en recouvrant sa surface d’un corps solide pulvérulent. Après durcissement, les surfaces traitées peuvent prendre du poli, c’est le cas de la craie silicatée.
- Une des applications les plus intéressantes du verre soluble est son emploi pour la peinture murale, dite « stéréochromie ». On prépare dabord un fond inferieur à l’aide d’un mortier de chaux; le fond, après dessiccation complète, est imprégné de silicate de soude; puis on prépare un fond supérieur sur lequel on effectue le décor par application de couleurs à 1 eau. On fixe ensuite la peinture au moyen de verre soluble fixateur projeté en poudre fine, et on lave à 1 esprit de vin.
- Le verre soluble a encore d’autres usages ; le silicate de soude est employé en médecine comme antiseptique. Le silicate de potasse sert à confectionner des appareils à fractures. Donnant par dessiccation une masse vitreuse à la fois solide et relativement élastique sans être déliquescente, il sert à durcir les bandages de toile utilisés en cas de fracture. - .
- Le verre soluble mélangé à du kaolin ou de l’amiante sert à faire des jonctions très résistantes entre les diverses pièces des appareils de chimie. Il sert à coller sur le verre des étiquettes de papier qui doivent résister à de nombreux lavages à l’eau.
- Le General Chemical Bulletin le signale comme constituant la base des mortiers résistant aux vapeurs d’huile, même aux plus hautes températures.
- Enfin, il est très employé comme agglutinant pour les matières abrasives, telles que carborundum et alun-dum ; le sable de carborundum agglutiné au silicate de sodium sert aussi à confectionner les revetements des fours à laiton.
- L’utilisation de la tourbe dans la région du Nord.
- M. Le Trocquer, ministre des Travaux publics, et les
- membres de la Commission créée par l'Office de la Reconstitution industrielle des Régions libérées, se sont rendus, dit la Revue générale d'Electricité, récemment à Fontaiue-les-Corps-Nuds, près de Senlis, pour étudier sur place les moyens d’intensifier le rendement des tourbières de cette région et de suppléer ainsi au déficit de la production houillère.
- Jusqu’ici, les usines du Nord, qui utilisent la tourbe, ne semblent pas s’en plaindre. La tourbe mélangée soit aux combustibles huileux, soit au charbon, brûle avec-une flamme active et presque sans fumée.
- A Lille, les industriels qui ont reçu dernièrement des mottes par l’intermédiaire de l’Association charbonnière, obtiennent d’assez bons résultats en les mélangeant avec un tiers de charbon et même avec du vulgaire poussier.
- Il existe d’autres méthodes pour « enrichir » la tourbe : par exemple en la mélangeant à des huiles minérales. Des essais très concluants ont été faits dans ce sens, au cours des hostilités, au Conservatoire national des Arts et Métiers.
- Malheureusement, la tourbe est chère à l’heure actuelle. Son prix de revient dépasse 3oo francs la tonne rendue à Lille, car il faut la faire venir des Pays-Bas.
- Aussi songe-t-on, depuis quelque temps, à mettre en valeur les tourbières françaises qui sont assez riches et assez étendues pour fournir une production abondante. La région du Nord possède, dans les trois départements du Pas-de-Calais (notamment dans la vallée de la Canche), de la Somme et de l’Aisne, plus de 5ooo hectares de tourbières. Dans la Somme, en particulier, la tourbe est très chargée en azote. Le Pas-de-Calais est particulièrement riche en tourbe aux environs de Saint-Omer et de Montrettü-sur-Mer et l’Aisne, autour de Saint-Quentin et de Laon.
- Afin de favoriser le développement de ce combustible, la Commission extra-parlementaire de la Tourbe, réunie en séance plénière au Ministère dès Travaux publics, a émis les vœux suivants :
- « i° Commande de louchets à mains type Picard, et de loüchets mécaniques qui seront mis à la disposition des tourbiers très prochainement avec une réduction de 5o pour 100; pour les louchets mécaniques, le ministère a été autorisé à prélever sur le budget de la tourbe une somme de 120000 francs; 20 que les transports de la tourbe puissent être améliorés, au moins régionalement ; 3° que le service de la tourbe du Ministère des Travaux publics centralise toute la documentation sur ce combustible, documentation française et étrangère, et brevets de toute nature.
- Les Poissons volants. — M. Liurette, à propos de l’information parue dans le n° 2414 du 10 juillet sur le vol des poissons volants, nous écrit :
- MM. W. N. F. Woodland et David Wilson-Barker sont complètement dans l'erreur au sujet des battements des nageoires du poisson.
- Ce poisson bat des nageoires.
- Cela ne dure qu’une demi-seconde ou une seconde à peine, au sortir de l’eau, mais il bat.
- Les battements sont extrêmement rapides et il faut un œil vraiment exercé pour les constater.
- M’occupant de la question vol à voile des oiseaux depuis plus de i5 ans, au Soudan, en Guinée, etc., j’ai tout naturellement à bord observé le vol des poissons volants aux environs des Iles Canaries, entre les Iles Canaries et Conakry où il y en a beaucoup.
- Tout d’abord, j’avais cru moi-même que le poisson planait en l’air, grâce à la vitesse avec laquelle il jaillissait de l’eau. Ayant des doutes, j’ai fait observer les poissons par plusieurs passagers. Tous ensemble nous avons constaté les battements du poisson au sortir de l’eau.
- Après ces battements extrêmement rapides, le poisson file en vol plané, en vol de 100 à aoo mètres.
- C’est donc M. J. Nâmara qui a raison contre MM. Woodland et Barker.
- Mais le poisson ne bat pas des nageoires pendant toute la durée de son vol et là M. J. Namara a tout à fait tort.
- Le poisson volant est construit pour voler comme l’oiseau rameur, par battements et pour faire de longs planements. Tout comme l’oiseau, et peut-être mieux que lui, il est capable de vols longs et rapides. La nécessité, seule, de se replonger dans l’élément liquide l’empêche de parcourir plus de 200 mètres.
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- SCIENCE APPLIQUEE
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- Électricité
- Prise de courant pour fils souples « T. E. G. ». —
- Le Concours Lépine vient de révéler la prise universelle de courant « T. E. G. » pour fils souples qui est destinée
- à rendre les plus grands services par la diversité de ses applications. Elle permet le branchement instantané d’une façon sûre, simple, pratique , économique, sur n’importe quel fil souple ordinairement employé.
- Fig. i. — l'rise de courar.t T. E. G. Elle peut être enlevée ou déplacée
- avec la plus grande facilité sans détérioi’er les fils qui restent intacts. Le travail long et fastidieux du démontage des fils, la connexion, la réfection de l’isolement à l’aide de chatterton sont supprimés. Son emploi permet d’obtenir la propreté dans l’exécution du branchement et une grande économie de temps et de main-d’œuvre, sans exiger les connaissances d’un professionnel.
- Munie du raccord à étrier orientable, où se fixe directement une douille supportant la lampe électrique, la prise universelle de courant « T. E. G. » se prête à la confection de guirlandes électriques pour illuminations, éclairage d’ateliers, de magasins, de terrasses de cafés, installations provisoires,
- etc., etc. et s’impose pour toute application d’éclairage supplémentaire ou destiné à être souvent déplacé.
- Munie delà semelle amovible, laquelle se fixe instantanément et solidement à la position désirée, la prise universelle de courant « T. E. G. » sert d’applique et convient pour montage rapide de rampes électriques pour l’éclairage des devantures, vitrines de magasins, rampes de théâtre, etc.., etc.
- L’appareil se compose essentiellement d’un bloc en matière isolante (fig. 3) surmonté de deux aiguilles en acier trempé inoxydable de grande résistance serties dans un support en laiton A et A'. Pour exécuter un branchement il suffit de piquer bien au millieu, entre deux torsades, les fils souples sur lesquels on se propose de prendre le courant ; pour effectuer plus commodément cette opération on peut se sei'vir d’une Fig- i planchette de bois comme point d’ap-
- pui, bien prendre garde de ne pas piquer les deux fils ensemble sur la même pointe.
- Un couvercle (fig. 2) viendra alors entourer les fils souples et sera glissé daixs les rainures C et C' du bloc. La pointe des aiguilles qui traverse complètement les fils souples et devra les dépasser de i mm environ viendra s’engager dans la rainure J de la garniture isolante du couvercle maintenant ainsi les fils en place et assurant un contact parfait.
- La base du bloc comme on peut s’en rendre compte dans la figure 3 recevra des fils à la demande suivant l’usage que l’on veut faire de l’appareil ; ces fils se fixent à l’aide des vis B et B'. L’appareil ainsi décrit peut être employé seul s’il s’agit par exemple d’un simple branche«nent sur fils souples d’une canalisation déjà existante, dans ce cas le trou D est utilisé pour le fixer au mur au moyeu d’un simple clou.
- Ce même trou D sert à fixer le raccord à étrier, figure 4j à l’aide de la vis E munie d’un écrou fraisé F si par exemple on veut y adapter* directement une lampe
- Fig. 5.
- Fig. 3.
- électrique; on remarquera que ce raccord peut pivoter autour de son boulon de fixation donnant ainsi à la lampe la position désirée. •
- Le figure 5 montre la façon de fixer la semelle au couvercle : Dans celui-ci est ménagé à cet effet une encoche G ^ J
- qui est amenée en regard d’un des crochets, l’autre bord du couvercle étant déjà engagé dans le crochet opposé ; on fait alors glisser, dans un mouvement de rotation, le couvercle dont les bords sont pris ainsi entre les crochets afin de lui donner la position voulue. On serre ensuite le vis H qui venant s’appuyer fortement sur le milieu du couvercle en assure la fixité parfaite.
- La figure 6 montre l’appareil complet muni d’une douille en position pour l’éclairage d’une vitrine. — La prise de courant « T. E. G. » est vendue par M. E. Gaillemin, 2 bis, rue de l’Egalité, Yincenxxes (Seine).
- Presse-pantalon électrique. — Le pli impeccâble du pantalon est toujours considéré comme une marque de bonne tenue et de distinction, mais ce pli nécessite un entretien spécial assez fréquent et compliqué. M. Deluchat a imaginé un presse-pantalon électrique1 qui résout élégamment ce petit problème. La figure 7 montre l’appareil ouvert et la figure 8 le même fermé, en opération.
- Sa manœuvre est des plus simples : il suffit de dévis-
- ser à fond les quatre boutons moletés placés sur le dessus de l’appareil et relever la plaque supérieure ; prendre le vêtement par le bas après s’être assuré que les deux jambes sont parfaitement repliées l’une sur l’autre, et l’allonger sur la plaque inférieure de l’appareil de façon que la poche se trouve nlacée dans l’échancrure qui y est pratiquée, en ayant soin de se rendre compte si cette opération s’est faite sans glissement de la jambe supérieure. Rabattre la plaque, visser les deux boutons moletés placés sur le devant de l’appareil, puis procéder au serrage des deux vis placées sur les charnières. Ceci étant fait, mettre la fiche terminant le fil souple sur une prise de courant pendant
- i5 minutes. .Ce temps étant écoulé, la retirer et laisser refroidir le vêtement dans l’appareil.
- L’étoffe du vêtement est écrasée entre les deux plaques sur lesquelles on fait sei’rage.
- La mise de la fiche dans la px-ise de courant 'ayant fermé le circuit sur les plaques chauffantes, celles-ci, en i5 minutes, atteignent envix’on' 6o° à 70", ce qui
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- permet à l’humidité de l’étoffe de venir ramollir les fibres du tissu, ces dernières, en se refroidissant toujours pressées, reprennent leur rigidité, laissant le vêtement d’une surface nette avec un pli impeccable et sans lustrage . «
- Le presse-pantalon électrique, présenté au Concours Lépine, est vendu parM. Deluchat, i, rue des Colonnes, Paris.
- Objets utiles
- Meuble-lit extensible et démontable.— Ce meuble original, d’invention française, est actuellement visible
- Fig. 9. — Berceau.
- au Concours Lépine. Il consiste en une cage métallique quadrangulaire construite avec des tubes pouvant cou-
- Fig. io. — Lit d’enfant.
- lisser les uns dans les autres ; il en résulte la possibilité d’un réglage dans les trois sens : hauteur, longueur,
- Fig. 11. — Lit d’adulte.
- largeur, permettant l’utilisation du meuble sous plusieurs formes et dimensions.
- Le meuble-lit extensible représente donc à lui seul tout un mobilier. Il donne selon le besoin du moment : i° un berceau ayant pour dimensions 1 m. sur o m. 5o environ (fig. 9I; 20 un lit d’enfant, largeur o m. 5o à
- 1 m., longueur 1 m. ou 1 m. 5o ou 2 m. (fig. 10) ; 3° un lit de grande personne (fig. 11 ) ; 4° 1111 fauteuil ou une banquette ou un divan; 5° une table-étagère.
- Le système qui, sous toutes ces transformations,
- Fig. 12. — Le lit, plié.
- permet de régler le meuble à la dimension désirée, en permet aussi le démontage complet.
- Démonté entièrement le meuble-lit extensible se présente sous une forme aussi transportable que la valise et le faisceau de cannes et de parapluies qu’on emporte en villégiature. Etant, à résistance égale, moitié moins lourd que les lits ordinaires, il permet l’économie de frais de bagages (fig.12).
- On peut imaginer l'étonnement de l’ami qui est venu vous voir eu villégiature lorsqu’on lui dit : « Restez, restez, cher ami, vous ne nous dérangez pas ; vous pourrez coucher à l’aise dans le lit de bébé », Sa stupéfaction ne serait pas moins grande si vous le priiez simplement de bien vouloir prendre son lit qui est dans le tiroir de la commode.
- Le meuble-lit extensible présente un aspect argenté inoxydable qu’il doit à l’alliage spécial de son métal. Il représente les plus grandes qualités hygiéniques, puisqu’il peut être nettoyé dans toutes ses parties.
- Il est construit et vendu 2-, rue Yalentin, Levallois-Perret (Seine).
- Physique <«*
- Un nouveau procédé d’agitation dans les réactions chimiques où interviennent les gaz. — L’ex-pansibilité des gaz complique singulièrement ce problème et le nombre des solutions trouvées, plus ou moins bonnes, est très restreint. Nous avons cru utile d’en signaler une très simple, qui nous a donné toujours entière satisfaction.
- Le bouchon B du récipient où s’effectue la réaction est traversé par un tube t de diamètre à peine supérieur à celui de l’agitateur A, de sorte que celui-ci puisse tourner sans frottement.
- L’agitateur est muni d’un petit bouchon b' portant un tube t’ de diamètre légèrement supérieur à t.
- Enfin sur le tube t on empile un petit bouchon b portant un tube T de diamètre légèrement supérieur à t'.
- On réalise ainsi, comme le montre la figure 13, une petite cuvette en M dans laquelle on introduit du mercure qui formera une fermeture liquide et empêchera les gaz de s’échapper. '
- Le système mobile constitué par l’agitateur et par le tube t1 sera animé d’un rapide mouvement de rotation par une petite turbine à eau cintrée directement sur ce dispositif au moyen d’un morceau de caoutchouc à vide G. Ce raccord élastique permet d’obtenir une véritable propulsion du liquide.
- On a indiqué sur le croquis les endroits qu’il convient de recouvrir avec du mastic de Golaz pour éviter toute fuite. J. Erlicii.
- Chimiste an Laboratoire de chimie minérale du Collège de France.
- Tu rbine
- 'support
- Pièce mobile -le la turbiné :
- Fig. i3.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Q@L
- CSK*
- LA VOUTE CÉLESTE EN OCTOBRE >920
- L’attention se trouve attirée sur l’étoile nouvelle du Cygne, dont nous avons par ailleurs annoncé la découverte par M. Denning, le 21 août 1920. La petite carte, reproduite ici (fig. 1), permettra de la trouver dans le ciel. Comme la plupart des étoiles temporaires, l’éclat a augmenté dans les jours qui ont suivi la découverte. Comme toutes les autres étoiles temporaires visibles à l’œil nu, à l’exception de la Nova de la Couronne de 1866, l’étoile nouvelle est apparue dans la Voie lactée. Quand on reproduit sur une carte céleste la position des étoiles nouvelles, on est frappé de leur distribution dans la Voie lactée, ou au bord de celle-ci. M. Flammarion a donné une telle carte dans son Astronomie populaire et l’a mise à jour, au fur et à mesure de nouvelles découvertes, notamment dans Y Astronomie (1910) et dans son Annuaire astronomique. Il fait la curieuse remarque suivante : si les novœ se distribuent le long de la Voie lactée, on n’en voit cependant aucune en-ire J 4 heures d’ascension droite et6h 1/2. Cette zone correspond d’ailleurs à la partie la plus simple et la moins dense de la Voie lactée.
- Les observations consisteront à noter chaque jour, aussi exactement que possible, l’éclat de cette étoile, comparé aux étoiles voisines, et sa couleur.
- Rappelons que les novæ présentent de curieuses variations d’éclat, des oscillations parfois importantes d’un jour à l’autre.
- Nous ignorons quel sera le sort de cette étoile d’ici la publication de ces lignes, mais nous pouvons dire que son éclat, noté de 3,3 le lendemain de sa découverte, a été évalué de 1,8 trois jours après. Il faut donc la suivre avec la plus grande attention.
- I. Soleil.—Pendant ce mois, le Soleil descend de plus en plus dans l’hémisphère austral. De— 3°io' le Ier, sa déclinaison atteint — i4°6' le 3i. La
- durée du jour décroît de xi1' 38,n le 1" à gh 54™ le 3i.
- Le 12 octobre : Demi-diamètre du Soleil : 16' 3",47. Parallaxe horizontale : 8", 82. Distance à la Terre : 149 140000 kilomètres.
- Le 27 octobre : Demi-diamètre : 16' 7",5g. Parallaxe : 8",86. Distance à la Terre : 148010000 kilomètres.
- Continuer l’observation physique du Soleil au moyen des renseignements précédemment donnés. *
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — Nous avons indiqué ici même, dans les Bulletins précédents, comment observer ces lueurs. On recherchera la lueur antisolaire dans les nuits très pures et sans clair de Lune, au point de l’écliptique exactement opposé au Soleil. Celui-ci descendant de plus en plus dans l’hémisphère austral, comme on vient de le voir, la lueur anti-solaire s’élève de plus en plus au-dessus de l’horizon pour nos latitudes, et se présentera ainsi dans les meilleures conditions d’observation.
- IL Lune. — Phase de la Lune pendant le mois d’octobre 1920 :
- D. Q. le 5, à oh 53m I P. Q. le 20, à oh29m N. L. le 12, à oh5om | P. L. le 27, à 141' 9™
- Age de la Lune, à midi : le i°' —igj,o, le i2 = oJ,5 pour les autres dates, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le ier ou le 12.
- 1. Les heures sont données en temps moyen légal, compté de o1* à a4h à partir de minuit. Jusqu’à la fin de l’adoption de l’heure d’été, avancer toutes les heures de ce Bulletin d’une heure.
- Les plus grandes déclinaisons atteintes en octobre sont : 3 octobre, +19°29'; 17 octobre, —190 27' ; le 3i octobre, -j- ig0 26'. (Voir au n° 2412 le moyen de trouver la hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon connaissant ces déclinaisons extrêmes.)
- Le tableau ci-dessous donne quelques éléments relatifs à notre satellite pour diverses dates du mois :
- Dates. Parallaxe. Demi-diamètre. Distance
- — — — à la Terre.
- Octobre 4 ^9' 16" 16'10" 369990 km
- — 19 54'13" i4'48" 404450 —
- — 3i 59'56'' x6' 21" 365 880 —
- Voir, pour l’observation physique de la Lune, ce que
- nous avons dit au n° 2417, du 3i juillet 1920.
- Eclipse totale de Lune. — Le 27 octobre aura lieu une très belle éclipse totale de Lune, malheureusement
- à peine visible en France, comme on peut le voir ci-après, la Lune, à Paris, se levant 19 minutes avant la fin de l’éclipse. Voici les éléments de ce phénomène, à l’usage de nos lecteurs situés à l’ouest du méridien de Paris :
- Entrée de la Lune dans la pénombre. 1 ih 24”' Entrée dans l’ombre.............
- Commencement de l’éclipse totale. i3h 29“
- Milieu de l’éclipse. Fin de l’éclipse
- totale..........
- Sortiede l’ombre. Lever de la Lune à Paris. . . . Sortie de la pénombre. . . .
- 14h 11r
- i4h54" 15h 57"
- 16h 3g1”
- i6h58"
- Fie
- La Nova de la constellation du Cygne.
- Grandeur de l’éclipse = i,4o5, diamètre de la Lune étant pris poûr unité.
- Cette belle éclipse sera particulièrement remar -quable en Asie et en Océanie, et dans l’Amérique du Nord. On l’observera en partie dans l’Europe oi’ien-tale. A Paris, elle sera inobservable , l’assombrissement dû à la pénombre étant pratiquement nul un
- quart d’heure avant la sortie du cône de pénombre.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le ier octobre occultation de i-48 B Taureau (gr. 5,g) de 23h37“ à 23h 56m (Très courte occultation pour Paris, comme l’on voit, l’étoile reste presque tangente intérieurement au bord de la Lune). Le 2 octobre, occultation de i Taureau (gr. 5,i), de 2 2h 43m à 23h 4om. Le 3o octobre, occultation de i l9 Taureau (gr. 4,9) de 2ih 4i,n à 22h 2m.
- Les observations consisteront principalement dans l’examen de- l’aspect de l’étoile au bord lunaire. On notera si la disparition et la réapparition ont lieu d’une manière instantanée ou graduelle. Noter s’il y a affaiblissement de l’éclat, les points exacts des contacts et les heures, etc.
- Murées, Mascaret. — Heures de la pleine mer à Brest pour les grandes marées du mois (Nouvelle Lune du 12 et Pleine Lune du 27).
- Dates. Heure, Coefficient
- 12 octobre 3h 48m O™. 99
- 12 — 16h 7'” 1",
- i3 — 4h 26m o'Lgg
- 27 . — 151’ 4 o™ °"\99
- 28 — 4h o"1 l"’,OI
- 28 — i6K 19"' T",02
- 29 — 4h 4o™ 1 m,o3
- 29 — 17*1 om I m,02
- 3o — 5h 22'"" I™
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Voir dans le n“ 2402 ce que nous avons dit relativement à l’heure de la marée dans les différents ports français et au calcul de son amplitude.
- En raison de la faible amplitude des marées en octobre, le phénomène du mascaret ne se produira pas, ou sera peu sensible.
- III. Planètes.— Le tableau ci-dessous, établi au moyen des données de VAnnuaire astronomique Flammarion pour 1920, renferme les principaux renseignements pour l’observation des planètes pendant ce mois.
- Mercure, qui était en conjonction supérieure avec le Soleil le 8 septembre, atteindra sa plus grande élongation du soir le 25 octobre, à 9 heures, à 23°58' à l’Est du Soleil. Il sera très bas sur l’horizon de Paris, et visible en de mauvaises conditions. D’ailleurs le tableau des planètes ci-dessous montre bien cette difficulté des observations
- Saturne commence à être visible le malin avant l’aurore, comme on peut le voir au tableau ci-joint des planètes. Il se lève en effet, le 16, à 3h 8m et le Soleil à 6h i3m.
- L’anneau se referme de plus en plus, et son plan va bientôt passer par la Terre. Yoici les éléments de l’anneau (comme nous les donnons chaque mois) pour le 8 octobre :
- Grand axe extérieur............................. 36", G
- Petit axe extérieur.............................. o", 9'
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................. — in 24'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau .......................................... 2° 5o'
- Le signe — se rapporte à la face australe de l’anneau.
- Date : Lever Passage Coucher Ascen - Diamètre Constellation
- ASTRE OCTOBRE à Paris. au Méridien de Paris. à Paris. sion droite. Déclinaison. apparent. et étoile voisine, VISIBILITÉ
- 6 5h 58“ I lh 3qm X7> *9" I 2h 48m — 5° 6' 32' 3" 6 Scorpion Sagittaire Sagittaire
- Soleil. . . 16 6 i3 11 36 16 59 x3 24 — 8 53 32 9, 6 > »
- 26 G 29 1X 3? 16 40 i4 2 — 12 26 32 T4j 4
- 6 7 47 I 2 47 *7 48 i3 56 — i3 9 5,2 a Vierge Le soir à la fin du mois,
- Mercure. .< 16 8 28 x3 *7 14 49 — 18 36 5,8 a Balance ] plus grande élongation
- 26 8 55 x.3 7 17 >9 i 5 35 2 2 16 5,8 3 Scorpion le 2.5.
- Vénus. . .< 6 1 16 26 8 19 8 5o 9 r9 i3 i3 i3 i5 24 35 18 *7 17 10 58 5o 14 15 16 24 12 3 — 14 — 18 — 21 i4 19 37 11,2 11,6 12,0 X Vierge c Balance 1 (5 Scorpion Un peu visible le soir, dans le crépuscule.
- G 12 17 16 x3 20 8 l7 22 — 24 55 6,6 0 Ophiuchus 1
- Mars . . . 16 12 II 16 5 *9 59 17 53 — 2.5 10 6,4 0 Ophiuchus \ Le soir, au crépuscule.
- 26 12 3 15 58 19 53 18 26 =— 25 0 6,2 X Sagittaire
- Jupiter . . 16 2 19 9 1 i5 44 10 48 + 8 36 3o, 2 p Lion Le matin, avant l’aurore.
- Saturne. . 16 3 8 9 37 16 6 11 25 + 5 49 14,6 a Lion Le matin, avant l’aux'ore.
- Uranus . . 16 i5 19 20 28 1 37 22 >7 + 11 3o 3,6 a Verseau Toute la soirée.
- Neptune. . 16 23 54 7 l7 i4 4o 9 4 -f- 16 48 2,4 Cancer Deuxième partie delà nuit.
- puisque le 26 octobre, le Soleil se couche à 16h 40™ et Mercure à 171119“, c’est-à-dire 3g minutes seulement plus tard.
- Vénus peut être aperçue au crépuscule, au sud-ouest. Elle se couche, à la fin du mois ih iom après le Soleil.
- Mars est encore un peu visible le soir. Comme Mercure et Vénus, il est très bas sur l’horizon de Paris (sa déclinaison étant de— 25°) et se trouve dans des conditions qui rendent toute'étude utile impossible. D’ailleurs, son diamètre, réduit à 6" environ, exige des instruments très puissants pour voir maintenant des détails à sa surface.
- Jupiter devient visible le matin, et l’on va pouvoir reprendre, dès à présent, les observations de cette intéressante planète. Nous reviendrons,prochainement sur les observations physiques qu’il y a lieu d’effectuer à sa surface.
- Les quatre principaux satellites sont accessibles aux plus petits instruments, et donnent lieu à de curieux phénomènes (éclipses, occultations, passages) dont voici la liste pour le mois d’octobre. (Voir aux nos 2297-2398 l’explication de ces phénomènes.)
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DATE Satel- lite. Phéno- mène Heure. DATE Satel- lite. Phéno- mène Heure.
- Ier II E. c. 4h 49“ !9 II Em. 4h om
- 3 II P. f. 4 7 I E. c. 5 14
- 4 I O.c. 4 8 20 I P. c. 3 18
- I P. c. 4 49 — I O.f. 4 41
- — IV P. f. 5 0 — I P. f. 5 35
- 5'* I Em. 4 26 24 III P.f. 4 32
- 6 III Em. 5 42 27 I 0. c. 4 18
- 10 II P. c. 4 1, I P.c. 5 16
- — II O.f. 5 22 28 I Em. 4 5i
- 12 IV E. c. 4 10 3 9 IV E. f 2 45
- i3 I P. f. 3 36 31 III O.f. 4 44
- *7 II 0. c. 5 5 — III P.c. 5 25
- C’est celle qui est éclairée par le Soleil et également celle au-dessus de laquelle se trouve la Terre. Prochainement, notre globe passera au-dessus de l’autre face alors que le Soleil éclairera encore la face australe. L’anneau deviendra invisible, étant, pour nous, éclairé de l’autre côté.
- Uranus est encore très bien placé pour l’observation, étant visible dans la première partie de la nuit. On le trouvera aisément au moyen de la carte du n° 2412, qui donne sa marche sur le ciel jusqu’à la fin de l’année et d’une jumelle ou d’une petite lunette.
- Neptune devient visible dans la seconde moitié de la nuit. Pour l’observer, pointer sa position sur une carte céleste très détaillée. Voici les coordonnées de Neptune pour permettre ce pointage :
- Dal.cs. Ascension droite. Déclinaison.
- 6 octobre. 16 —
- a 6 —
- 91' 3m +i6°52'
- 9h 4m -j- 160/t8'
- 9h 4m + 160 46'
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 5,.à oh, Mars en conj. avec 0 Ophiuchus (gr. 3,4),
- Le 7, à 9h, Neptune Le 9, à 71', Jupiter Le xo, à o1', Saturne Le 14, à 71', Vénus Le 17, à i8h, Mars Le 23, à 3h, Uranus
- à o° 4' N. la Lune, à 5° 26' N. la Lune, à 5° 3g' N. la Lune, à 6° 2' N. la Lune, à x° 22' S. la Lune, à 5° 56' S. la Lune, à 5° 52' S.
- La conjonction du 5 sera intéressante à suivre à la lunette dans la soirée du 4» mais ne pourra être entièrement observée, Mars se couchant vers 2011 iom.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (P Persée) : 2 octobre, 4h53m; 5, ih42m; 7, 22h3o"’; xo, 1911 19“ ; 25, 3h 23“ ; 28, oh 11“ ; 3o, 2ih o"’.
- Etoiles filantes. — Le mois d’octobre présente un assez grand nombre d’essaims d’étoiles filantes. Voici, d’après M. W.-F. Denming, les dates principales d’activité de ces essaims :
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Æ*
- l'oint Radiant.
- Dînes. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- 1” au 9 octobre. 24«> + *7° y Bélier.
- 7 — 3i" -f 180 a Bélier.
- 8 43° + 56° y] Persée.
- i5 et 29 — 1080 | - 23° S Gémeaux.
- 18 au 22 9°" - j- 15" v Orion.
- 18 au 27 — 1080 + 12° (3 Petit Chien
- 20 au 27 32 8° . -h 620 a Céphée.
- 21 au 2 5 — 1X2° + 3o° fl Gémeaux.
- mois d’ — 2q° H- 8° ? Baleine.
- 3i 43" J- U2o . s Bélier.
- Du 18 au 22, l’essaim de v Orion (Orionides) donne lieu à de beaux météores rapides, avec traînées.
- Y. Constellations. — Au Zénith, à 21 h. : Le Cygne; autour du Zénith : Pégase, Andromède, Céphée, Cassiopée.
- Au Nord : La Grande-Ourse, le Dragon, la Petite Ourse.
- A l’Est : Le Bélier, Persée, le Taureau se lève.
- Au Sud-Est \ La Baleine (Mura Ceti), les Poissons.
- Au Sud : Le Yerseau, le Capricorne, le Poisson austral (Fomalhaut, près de l’horizon. Grandeur : 1,7 ; Déclinaison : — 3o° i5').
- A l’Ouest : Hercule, Ophiuchus, l’Aigle, la Lyre, le Bouvier. Em. Touciiet.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Clarification des liqueurs. — Nombreuses sont les ménagères qui suivant des recettes qu’elles se transmettent, préparent d’excellentes liqueurs ; mais les préparations sucrées laissent presque toujours à désirer dans la présentation, car malgré des filtrations répétées, elles n’ont jamais la limpidité des produits commerciaux.
- Il est cependant facile d’obtenir ce résultat par un simple tour de main, très usité en pharmacie, qui consiste à ajouter au produit une cuillerée à soupe de lait par litre de liquide. L’aspect est peu engageant à ce moment, mais un repos de quelques heures donne, suivant l’expression des spécialistes, un tranchage très net et la filtration fournit alors du premier coup une liqueur ayant le brillant désiré, qui ne sera plus qualifiée avec dédain liqueur de ménage.
- Réparation des enseignes émaillées. — Il arrive
- fréquemment que les plaques de tôle émaillée servant d’enseignes s’écaillent et laissent apparaître le fond noir de la tôle d’une façon désagréable. On peut très facilement remplacer l’émail qui manque par la composition suivante :
- Gomme copal pulvérisée . 10 grammes.
- Gomme damar............. 10 —
- Térébenthine de Venise. . 8 —
- Alcool à g5°............ 3o —
- Après macération de quelques jours en flacon bien bouché, on incorpore :
- Blanc de zinc........... 12 grammes.
- On obtient ainsi une sorte de ciment épais que l’on applique au couteau sur les parties à recouvrir ; dans le cas de lettres de couleur, on remplacera une partie du blanc de zinc par le noir de fumée, le bleu de Prusse, l’outremer ou le vermillon, suivant besoin.
- JÊD
- BOITE AUX LETTRES
- OÉL
- AVIS — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Réponses. — M. Vignol, à Montauban. — i° Pour sceller une tige d’aluminium dans un tube de verre, on peut employer le ciment suivant :
- Litharge.................. 10 grammes.
- Glycérine................. 40 —
- Malaxer de façon à obtenir une pâte bien homogène dont on enduit les parties à réunir; ce ciment ne doit être préparé qu’au moment de l’emploi, car il durcit très vite. 20 La roue de panémone à effacement d’ensemble est de construction plus facile, mais cette construction demande un appareillage spécial dont l’amateur ne dispose pas habituellement.
- M. Fidon, à Béthune. - i° Traité de la charpente en fer, tome II, par G. Oslet, éditeur Dunod, 47> quai des Grands-Augustins ; 20 Le nettoyage des statues en marbre blanc se fait facilement en recouvrant celles-ci d’une pâte obtenue en délayant du blanc d’Espagne ou de l’amidon dans la benzine. Après séchage, il suffit de brosser légèrement, les écailles entraînent avec elles toutes les impuretés. Opérer loin de tout foyer pour éviter l’inflammation de la benzine.
- M. Fallou, à Paris. — La pâte à raser dont vous parlez n’est autre chose que le sulfhydrate de sulfure de calcium Ca(HS)2, on peut le préparer soi-même en éteignant de la chaux vive avec un poids égal d’eau, puis saturant le lait de chaux par un courant d’hydrogène sulfuré jusqu’au moment où le produit prend une teinte verdâtre. Finalement, on ajoute un poids équivalent d’amidon de riz.
- Pour l’usage, il suffit de déposer sur la peau une
- couche mince de la pâte, au bout de 2 à 3 minutes, un simple lavage à l’eau tiède enlève la pâte en excès et les poils de barbe détachés. Cette préparation ne détruit le poil que sur l’épiderme, mais non le bulbe, par suite il y a repousse normale avec le temps.
- M. Berjot, à Lion-sur-Mer. — Les fusées asphyxiantes pour la destruction des renards se préparent de la façon suivante.
- Prendre :
- Salpêtre . . 2ÔO
- Fleur de soufre . . . . . 3oo
- Réalgar . . 85
- Charbon de bois. . . . . 25
- Noir de fumée. . . . . . i5
- Broyer séparément chaque substance et les mélanger au moyen d’une spatule de bois, en charger des tubes de carton et tasser avec un petit bâton, mettre une mèche d’un mètre environ, étrangler chaque extrémité comme un pétard. Pour l’emploi on commence par boucher tous les trous du terrier, sauf un dans lequel on introduit la cartouche aussi loin que possible en se servant d’une longue gaule et de manière que la mèche ” reste à l’ouverture. Après allumage, on ferme le dernier orifice ; le lendemain, on trouve le renard asphyxié le plus souvent près de l’entrée principale.
- M. Giraud, à Saint-Tropez. — On désigne sous le nom d’huile de corne ou huile de Dippel, la matière grasse pyrogénée obtenue par la distillation sèche de la corne de cerf dans une cornue en grès munie d’une allonge qui plonge dans un ballon refroidi. Dans celui-ci on recueille deux liquides, l’un huileux surnageant, qui est l’huile volatile de corne de cerf, l’autre aqueux inférieur ou esprit volatil de corne de cerf, tous ces produits contiennent, outre des sels ammoniacaux, carbonate, succinate, sulfhydrate, cyanhydrate, des hydrocarbures et des alcaloïdes volatils (éthylamine, méthyl-amine, picoline, butylamine), de la créosote. Ce sont des
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- antispasmodiques puissants, mais répugnants. A l’extérieur on les a employés comme topiques dans la gangrène, la teigne, etc. Ces produits appartiennent à l’ancienne pharmacopée et ne sont plus d’usage courant, vous pouvez cependant les demander à votre pharmacien.
- M. Erlevint, à Chinon. — Le dépolissage du verre s’obtient au moyen de vapeurs d’acide fluorhydrique. Pour cela on prépare une cuvette en se servant d’une feuille de plomb dont on relève les bords, on y délaye une partie de fluorure de calcium dans deux parties d’acide sulfurique du commerce ou huile de vitriol. On recouvre aussitôt de la plaque de verre que l’on veut dépolir et on laisse agir les vapeurs plus ou moins profondément suivant l’intensité que l’on veut atteindre. Il suffit ensuite de laver à plusieurs eaux pour enlever l’excès d’acide fluorhydrique. On doit dans ces manipulations éviter de tremper les doigts dans le mélange, se servir pour le malaxage d’une baguette ou lame de plomb, l’acide fluorhydrique ayant une action très énergique sur la peau, de préférence on se placera dans un endroit aéré et on n’exposera pas les yeux au dégagement des vapeurs.
- M. Hoorickx, à Bruxelles. — C’est bien le tétrachlorure de carbone CCI4 qui est employé comme extincteur d’incendies lorsqu’il s’agit de dépôts de benzine, de carburants, de pétrole ou de celluloïd, Sauf dans ces cas particuliers il est préférable d’employer comme produits extincteurs les solutions de chlorure de sodium, de magnésium, d’ammonium dont nous avons donné récemment une formule. En effet, le tétrachlorure de carbone donne naissance à de l’acide chlorhydrique dont l’action énergique est d’un effet désastreux sur les étoffes, tentures, peintures d’art avec lesquels il serait en contact.
- M. Loppinet, à Stenay. — Pour enlever les taches d'encre violette sur un carrelage, passer d’abord un chiffon imbibé d’acide chlorhydrique du commerce (acide muriatique), puis rincer abondamment. Saupoudrer ensuite les taches de peroxyde de sodium, laisser agir, imbiber au besoin de quelques gouttes d’eau si l’humidité n’est pas suffisante, puis rincer -à nouveau. Répéter successivement les opérations si la pénétration de l’encre a été très profonde.
- Cercle du Nord, à Dunkerque. — La coloration verte des pois est due à la chlorophylle, celle-ci n’existe que dans le tégument et non dans les cotylédons, quand le tégument est enlevé, la chlorophylle a disparu, vous pourriez essayer de restituer la couleur par une macération dans le jus d’épinards qui est complètement inofîensif.
- M. Guichard, à Amiens. — L’article concernant l'emploi du sang pour la préparation de colles à bois, a paru dans le n° 23g5 du 21 février 1920, page 58 du Supplément (Informations), veuillez bien vous y reporter.
- Un groupe d’employés parisiens. — Les plantes que l’on peut semer pour la production du grain destiné à l'alimentation des volailles sont, notamment : le sarrasin, l’orge, le seigle, les vesces, les pois gris, les gesses, le maïs, le millet long ou alpiste, le millet à grappes. Gomme légumes-racines à donner cuits dans les pâtées : pommes de terre, carottes, navets, et comme nourriture verte, les laitues et autres salades. Au moment de la ponte, il est utile de donner des feuilles d’oseille qui, par l’oxalate de chaux qu’elles contiennent, donnent plus de résistance et de dureté aux coquilles d’œufs. Les feuilles d’ortie blanche, hachées et mélangées à la nourriture, favorisent la ponte et facilitent l’engraissement.
- Il ne faut pas perdre de vue que le projet consistant à produire toute la nourriture nécessaire pour l’élevage de volailles ne peut être réalisable qu’autant que les surfaces en' jardins ou en jardinets, seront suffisantes pour permettre de faire les diverses cultures et d’avoir les quantités de produits en rapport avec les besoins de l’élevage. Si les poules sont tenues en poulaillers ou parquets, il faut tenir compte qu’une poule consomme environ 100 gr. de sarrasin par jour, soit 36 kg par an.
- Pour un are, soit 100 m2, il faudrait semer un demi-litre de graines de sarrasin; sur une surface égale, 1 litre et demi de pois gris ou de vesces, ou 3oo à 400 gr. d’alpiste, un demi-litre de maïs; pommes de terre, 10 à 12 kg; laitue, 25 gr. ; oseille, 120 gr. ; ortie, 100 gr. ; betterave, 80 à 100 gr. ; orge, i3oo gr. ; seigle, i5oogr. ; gesses, 1000 à i5oo gr. ; carottes, 3o à 4o gr. ; navets,. 3o grammes.
- M. F. T., à Montaux-Malades (Seine-Inférieure). — i° L'emploi du bisulfate de soude a été préconisé en 1918 pour la destruction des mauvaises herbes dans les champs de céréales ; il a été reconnu que l’emploi de ce produit chimique est beaucoup plus facile et nécessite moins de précautions que celui de l’acide sulfurique habituellement utilisé dans le même but. A l’époque susdite le bisulfate de soude était produit en abondance par les poudreries.
- 20 Les expériences ont été satisfaisantes et le produit n’eût pas été conseillé s’il eût dû présenter quelque danger pour les volailles ou le gibier.
- 3° La destruction est prompte et radicale dès que les herbes noircissent.
- 4° Le traitement n’est à renouveler que si le sol se trouve à nouveau infesté des graines donnant naissance aux mauvaises herbes. La destruction a lieu dès l’instant de l’épandage de la solution bisulfatée.
- 5“ En ce qui concerne l’emploi sur un terrain de tennis, il n’y a pas d’inconvénient; mais il est sous-entendu que le terrain ne doit être, rendu à son usage qu’après destruction et enlèvement des mauvaises herbes détruites. Faire suivre d’un arrosage.
- 6° S’il n’y a pas de poudreries dans votre région, demandez ce renseignement à M. Labounoux, directeur des Services agricoles, ou à M. Brioux, directeur de la Station agronomique de la Seine-Inférieure, à Rouen. Voyez aussi à cette adresse : Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, Paris, 6°.
- M. R. /., avenue Victor-Hugo, à Tulle. — Pour l’installation d’une usine destinée à la fabrication de la confiture de châtaignes, et pour les détails techniques relatifs au procédé de fabrication dont vous parlez, adressez-vous, sous les auspices de notre collaborateur, M. Henri Blin, à l’Office technique des Industries modernes de l’Alimentation, 25, rue Lauriston, Paris, 16°.
- D'autre part, pour la mise en pratique du procédé Cord, voici le mode opératoire : Après épluchage, les châtaignes cuites à l’eau pendant une demi-heure environ sont débarrassées de leur seconde peau, on les réduit alors en purée que l’on mélange avec un sirop (1 kilogramme de sucre et 200 grammes d’eau), à poids égaux de sucre et de purée. Faire bouillir une demi-heure en remuant, parfumer au rhum ou à la vanille et mettre en pots. On a ainsi la crème de châtaignes ou confiture de châtaignes.
- Enfin, pour ce qui concerne la confiturerie industrielle, nous vous signalons le Nouveau Manuel du Confiseur et du Chocolatier, par Henri Blin (1 vol. 6 fr. 75, Mulo, éditeur, 12, rue Hautefeuille, Paris, 6e) ouvrage qui contient des indications sur les principes généraux de fabrication et sur le matériel de confiturerie.
- M. Delahaye, à Lille. — Voici les adresses des maisons françaises que vous pourrez consulter pour l’acquisition d’appareils d’optique de petites dimensions, vous permettant d’observer les phénomènes célestes de notre Bulletin astronomique.
- Maisons : Manent, rue du Parc, La Croix-de-Berny (Seine); Georges Prin, 56, boulevard Arago, Paris; Secrétan, i5i, boulevard Auguste-Blanqui, Paris; Société d’Optique et de Mécanique, 125, boulevard Davout, Paris; E. Vion, 38, rue de Turenne, Paris.
- En outre, vous trouverez des instruments d’occasion chez M. Ballot, 7, rue Suger, Paris.
- De préférence, n’acheter qu’après essai préalable vous donnant satisfaction.
- Abonné 3771-2485, au Chili. — Voyez la réponse ci-dessus à M. Delahaye, à Lille : i° Nous croyons cependant qu’en raison du cas spécial que vous exposez (fournitures de parties détachées d’instruments), vous pourriez avec avantage vous adresser à M. Ballot, 7, rue Suger, Paris, qui pourrait réunir les pièces séparées et vous les envoyer; 20 la question du choix d’un objectif ou d’un miroir de télescope reste indéterminée. Cependant, dans les dimensions que vous indiquez (10 cm de diamètre), un objectif paraît préférable. 3° Ouvrages pratiques d’Astronomie : Les étoiles et les curiosités du Ciel,* par Camille Flammarion (éditeur Flammarion, 26, rue Racine, Paris); Astronomie, Géodésie, par G. Towne (éditeur Thomas, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris) ; Annuaire Astronomique Flammarion (Société astronomique de France, 28, rue Serpente, Paris). L’Astronomie, revue mensuelle (même adresse); Comment observer les astres, par L. Rudaux (éditeur Masson, 120, boulevard Saint-Germain, Paris).
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2426
- Octobre Ï920
- jsao
- IgD
- INFORMATIONS
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- La plus puissante station radiotélégraphique. —
- C’est aujourd’hui la station de Croix d’Hins, près de Bordeaux, dont la construction vient de s’achever et que La Nature a décrite au cours de son érection. Mais elle doit être détrônée par le poste dont la Radiocorporation d’Amérique a décidé l’établissement dans l’île de Long Island, près de New York; celui-ci sera 5 fois plus puissant encore que le poste de Croix d’Hins ; il comprendra 5 postes transmetteurs combinés chacun avec un poste récepteur, ces derniers groupés.dans une station voisine.
- Ils pourront les uns et les autres transmettre ou recevoir d’une façon continue et simultanée jour et nuit. Long Island correspondra avec l’Amérique du Sud et tous les grands postes européens. Sa construction présentera un aspect remarquable : elle s’étendra sur un vaste cercle ; au centre se dresseront les bâtiments de la station centrale, contenant les machines et les appareils ; autour d’elle rayonneront diamétralement 6 antennes rectilignes de près de 3ooo m. de longueur chacune; les fils de l’antenne spront supportés par des tours métalliques de 120 m. de haut; chaque antenne comporte 12 de ces tours Eiffel en miniature, dont le nombre total sera de 62.
- Le poste de Long Island émettra ses messages sur ondes entretenues fournies par dès alternateurs Alexau-derson à haute fréquence, de 200 kilowatts. La puissance totale des machines de la station dépassera 2000 kilowatts.
- Le camion automobile en agriculture. — Nous avons été conviés par la maison Latil, qui exploite à
- Bue une ferme importante, à nous rendre compte des services que peut donner le camion automobile dans l’agriculture.
- Les agriculteurs savent combien, en période de moisson, il est important que la récolte soit rentrée dans des conditions particulièrement rapides pour profiter des jours propices.
- La maison Latil a réalisé pour l’agriculture un camion spécial d’une facilité de chargement remarquable qui peut pénétrer dans tous les champs. Nous avons comparé d’une façon précise la marche de ce camion avec les mêmes services faits par chevaux.
- Un camion automobile avec 4 hommes a fait dans sa journée exactement autant de travail que six voitures avec 12 chevaux et 6 hommes. t
- En dehors de ce travail, ce camion, grâce à sa construction spéciale, particulièrement basse, permet le transport rapide des bestiaux dans les foires.
- Les éleveurs savent aussi les pertes de poids et de qualité que subit le bétail transporté par ses propres moyens.
- Enfin, pour les livraisons à grande distance, ce camion supprime les journées terriblement longues à la suite desquelles le personnel et les chevaux sont incapables le lendemain de fournir un effort sérieux.
- Rayons à miel en aluminium. — Le Bulletin de Renseignements de VInstitut International d'Agriculture signale que la Division d Horticulture du Département
- de l’Agriculture de la Nouvelle-Zélande a fait expérimenter dans les ruchers de Tauranga et de Ruakura, qui dépendent de cette division, les rayons en aluminium préconisés depuis quelque temps aux Etats-Unis. En Angleterre, on trouve dans le commerce de minces feuilles d’aluminium auxquelles on peut donner la forme de rayon avec le rouleau qui sert à estamper les feuilles de cire.
- Les essais entrepris en Nouvelle-Zélande confirment que les abeilles acceptent immédiatement le rayon métallique, qui peut servir pour le couvain comme pour la provision de miel. Comme une beaucoup plus forte proportion, du butin est convertie en miel, la récolte en est bien plus abondante. Il reste à savoir si le rayon métallique n’offre pas d’inconvénients pour l’hivernage sous les climats rigoureux.
- Les briques crues dans la construction. —-
- Comme suite à l’article paru dans le n° 2412 de La Nature, sous la rubrique « Informations », M. Pingray nous communique l’intéressante note qui suit sur l’emploi des briques crues dans la construction des maisons à Mendoza en République Argentine.
- 'Î1 « La République Argentine est un pays où la pierre à bâtir constitue une rareté. Si la Cordillère des Andes, qui la limite à l’Ouest, en contient certainement en abondance, les moyens pratiques de transport manquent encore pour permettre d’en exploiter les carrières.
- Les grandes villes, comme Buenos Aires, sont donc obligées de recourir à l’importation, d’où prix élevé des constructions en pierre.
- Rien d’étonnant, dans ces conditions, à ce que l’on ait cherché à suppléer à cette absence de matériaux. Bien que l’emploi de la brique cuite soit très répandu en Argentine, la ville de Mendoza est, certainement, une de celles où l’utilisation des briques crues a reçu la plus ample application.
- En plus de la question d’économie, il y a une autre raison qui a fortement contribué à en vulgariser l’emploi. La province de Mendoza est, en effet, sujette aux secousses sismiques et un terrible tremblement de terre a presque totalement détruit la capitale en 1861, causant la mort de plus de 10000 habitants. Or, on a remarqué que les maisons construites en briques crues résistaient fort bien aux secousses sismiques.
- La fabrication de ces briques pleines est d’ailleurs extrêmement simple. Elles sont constituées par de la terre ordinaire, prise sur place, additionnée d’une quantité d’eau suffisante pour lui douner la viscosité nécessaire et à laquelle on incorpore, au rabot, une petite proportion de paille courte, afin d’obtenir plus d’homogénéité et d’éviter le fendillement. Ce mortier original est ensuite pilonné au pied, dans des moules en bois. Les blocs obtenus, après démoulage, sont mis à sécher au soleil pendant plusieurs jours et empilés jusqu’au moment de l’emploi. Leur dimension courante est de o,25xo,i5 et leur épaisseur de 0,10 environ. Le prix de ces briques appelées « Adobes »,est extrêmement bon marché sur place.
- Pour la construction, on pose ces briques à plat et on recouvre chaque lit d’une épaisse couche de mortier de terre, assez fluide, et de même composition que celui qui a servi à leur confection.
- L’épaisseur des murs extérieurs est d’environ om. 5o et lorsque la construction est terminée, on la recouvre d’un enduit à la chaux grasse, destiné à la protéger contre les intempéries. La façade est peinte ensuite à la chaux teintée avec une couleur claire, bleue, verte, jaune, etc.
- Le soleil étant particulièrement ardent à Mendoza, et la pluie extrêmement rare, ce genre de construction ne présente aucun inconvénient, et il existe de nombreux immeubles remontant à plus de 10 ans. D’ailleurs, un règlement municipal oblige les propriétaires à entretenir en parfait état l’enduit des façades et à les repeindre très fréquemment.
- En cas de réparations ou de réfection totale, on broie à nouveau les briques brisées que l’on transforme en | briques neuves.
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- INFORMATIONS
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- À 1 exception des grands centres, les maisons, en Argentine, ne comportent pas d’étages et se réduisent à un rez-de-chaussée avec, généralement, une cour ou patio et souvent un jardin, ce qui entraîne une grande immobilisation de terrain et un prix assez élevé des loyers, lel est le cas pour Mendoza, où, cependant, depuis quelques années, commencent à s’élever des constructions assez importantes en ciment armé.
- La couverture de ces maisons en terre est généralement effectuée, elle aussi, en mortier de terre, supporté par un lit très serré de roseaux, reposant directement sur des solives assez espacées.
- Bien que 1 épaisseur du mortier de terre, formant toiture, atteigne environ io cm, elle est loin d’être à l’abri de la critique.
- Outre le poids excessif qu elle représente, il arrive souvent qu’elle se fendille sur une certaine longueur, produisant des gouttières qu’il faut ensuite obturer avec du mortier. Heureusement, en ce qui concerne Mendoza, la pluie est une exception, ainsi que nous l’avons dit plus haut.
- _ En terminant, je ne résiste pas à la tentation de vous signaler un procédé original et économique de confectionner les plafonds dans ces maisons en terre.
- Afin de masquer dans les appartements l’aspect peu élégant de la toiture, vue en dessous, on tend, à la hauteur désirée, des bandes de calicot cousues entre elles et fixées sur quelques solives. Ces bandes sont enduites d’une couche de blanc d’Espagne à la colle et consti-® tuent un « cielo razo » uni que l’on peut d’ailleurs ornementer de dessins, filets, rosaces, etc. »
- Le chemin de fer de Tanger-Fez. — M. Galatoire-Malégarie publie dans le Génie Civil une intéressante étude sur ce chemin de fer dont les études sont aujourd’hui entièrement terminées et dont les travaux entrepris sur plusieurs points de la ligne se poursuivent activement.
- La concession de la ligne, conformément aux stipulations de l’accord marocain franco-allemand de 19x1, et des conventions intervenues entre la France et l’Espagne, a été accordée, le 18 mars 1914, à la Compagnie générale du Maroc et à la Compagnie générale espagnole d’Afrique, fusionnées depuis en Compagnie franco-espagnole du chemin de fer Tanger-Fez.
- Le Tanger-Fez est appelé à constituer l’artère majeure du réseau ferré du Maroc septentrional, il forme avant tout une voie de drainage vers les artères latérales de jonction aux grands ports de l’Atlantique : Larache et Kenitra-Mehedja.
- Le tracé passe par les points principaux suivants : Tanger, Arzila, El Ksar; entre ces deux points le chemin de fer traverse une riche région de culture et d’élevage desservie par le port de Larache à l’embouchure de l’Oued Loukkos. Le tracé pénètre dans la zone française à Arbaoua ; il traverse la plaine du Gharb du nord au sud, franchit le Sebou à Mechra-ben-Ksiri, se dirige vers Petitjean où est prévue la gare d’embranchement de la ligne de Kenitra-Mehedja; la voie s’engage ensuite dans la chaîne du Selfat et atteint Meknès par la vallée de l’Oued K'dom ; établie ensuite sur le plateau du Sais, elle arrive à Fez ; son développement mesure 310 km.
- La ligne ne comportera comme ouvrage d’art remarquable que le pont de Sebou à Mechra-bel-Ksiri dont les caractéristiques ne sont pas encore définitivement arrêtées, un tunnel dans le voisinage de Meknès, et 2 viaducs en maçonnerie l’un de ji5 m. dé long sur l’Oued R’dom, l’autre de 299 m. de long sur l’Oued Duislane entre Meknès et Fez. La ligne est à voie normale de 1 m. 65. La traction pourra être à vapeur; mais on envisage dès maintenant au moins sur certaines sections l’emploi de la traction électrique, par l’utilisation à cet effet des chutes d’eau dont le’ Maroc français est abondamment fourni.
- La grande forme de radoub du Havre. — Le port du Havre sera bientôt doté d’une forme de radoub qui comptera parmi les ouvrages les plus considérables de ce genre existant au monde. Elle pourra, en effet, recevoir des navires déplaçant 100000 tonnes., c'est-à-dire de beaucoup supérieurs aux plus grands bâtiments actuellement existants. On vient de procéder avec succès au lancement du grand caisson métallique sur lequel la forme doit être édifiée. Il mesure 345 m. de long et
- 60 m. de large. Il a fallu pour le construire 6000 tonnes de fer, et il pesaitune fois lesté 46 000 tonnes. Construit, dit la Journée Industrielle, à l’abri d’un batardeau daus un bassin provisoire qui a été rempli à l’heure de la marée, le caisson dès qu’il a été à flot a été conduit au-dessus d’une fosse creusée à une profondeur de 20 m. C’est là qu'il sera immergé lentement d’abord en abaissant le plan d’eau, ensuite par la construction de maçonneries dont le poids le fera descendre dans la fouille. Le caisson couvre une surface de plus de 2 hectares. Le seuil de l’écluse sera à — 9 m., de sorte que même en morte eau les navires tirant i5 m. pourront entrer dans la forme. Le volume de maçonnerie à construire est de 33o 000 m3 et le poids d’environ 35oooo tonnes. On compte 3 ans pour achever les travaux.
- Fondation d’un Institut de Psychologie à l’Université de Paris. — L’Université de Paris vient de décider la fondation d’un Institut de Psychologie, administré par un Conseil-directeur, composé des cinq professeurs de l’Institut : MM. II. Delacroix, G. Dumas, P, Janet, H. Piéron, Et. Rabaud, et des doyens des Facultés des Lettres et des Sciences, MM. Brunot et Fr. Houssay. »
- L’Institut assurera des enseignements théoriques et pratiques de psychologie générale, physiologique, expérimentale, pathologique et comparée.
- En outre, l’Institut de Pédagogie de la Faculté des Lettres, fondé l’année dernière, est rattaché à l’Institut de Psychologie de l’Université, dont il devient la section pédagogique, et deux autres sections d’applications y ‘doivent être également organisées : une section technique d applications générales et une section d’orientation et de sélection professionnelles.
- Il pourra être décerné le titre d'Elève diplômé de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris aux étudiants, justifiant d’une scolarité de deux semestres, qui auront suivi avec assiduité trois des enseignements principaux, théoriques et pratiques, de l’Institut, et subi avec succès des épreuves écrites, pratiques et orales, dont le programme leur sera communiqué.
- En outre, il sera délivré, dans chacune des sections d’application, des diplômes d'étudis spéciaux.
- Enfin, des recherches pourront être poursuivies», sous la direction d’un des professeurs, dans les Laboratoires de l’Institut, en vue des diplômes d’études supérieures ou des doctorats universitaires, de lettres et de sciences.
- Les inscriptions seront reçues, à partir du i5 octobre, au Bureau des Renseignements de l’Université de Paris, à la Sorbonne.
- La Grande Semaine internationale de motoculture d’automne 1920, organisée par la Chambre Syndicale de la Motoculture de France et la Chambre Syndicale du Matériel de Motoculture (Importateurs), aura lieu à Chartres (Eure-et-Loir), du ier au 6 octobre.
- Plus de 5o firmes françaises et étrangères, présentant environ i5o appareils des types les plus variés : tracteurs, treuils, toueurs. motocharrues, motoculteurs, etc., y seront groupés.
- Cette manifestation, la plus importante qui ait été jamais organisée, comportera des démonstrations pratiques contrôlées : épreuves de 48 heures consécutives, essais de traction, etc., etc.; elle se déroulera sur des terrains dont la superficie n’atteint pas moins de 1200 hectares.
- Nouvelles monnaies de nickel. — Une loi du 8 août dernier (Journal Officiel, 10 août 1920) modifie les caractéristiques des monnaies en bronze de nickel, donne cours légal à ces monnaies dans les colonies françaises soumises au régime monétaire de la métropole et autorise la frappe d’un nouveau contingent de 25 millions de francs.
- Les nouvelles monnaies seront composées d’un alliage de 25 pour 100 de nickel et 75 pour 100 de cuivre. Leurs caractéristiques seront :
- Diamètre du
- Pièces de Diamètre. trou central Poids.
- 20 centimes 10 —
- 24 mm 21 —
- o,o mm
- gr.
- 5 — 17 — 4 — 2 —
- Les anciennes pièces de 5 centimes seront retirées de la circulation.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- «tAutomobilisme
- Appareil de protection des moteurs d’automobiies contre la gelée. -— On sait que la congélation de l’eau de refroidissement des moteurs d’automobiles et de tracteurs, lorsque la température extérieure s’abaisse, cause des accidents : fissures dans le radiateur, rupture de la chemise d’eau des cylindres, et, par. suite, ce sont de coûteuses réparations à s’imposer.
- Pour protéger le moteur contre le froid, on peut, lors des grands froids ou même lorsqu’on prévoit la gelée, vider le radiateur, mais ce n’est là qu’une sécurité relative, que le moindre oubli compromet. Il en est de même de l’emploi des substances ou liquides anti-gel, qui présentent de sérieux inconvénients : mauvais refroidissement des moteurs, corrosion des métaux en contact avec le liquide, obligation d’avoir une réserve de liquide au moment critique et de prévoir ce moment, dépense continuelle et répétée, etc.
- glycérine mélangée à l’eau du radiateur, pour en abaisser le point de congélation, a l’inconvénient d’en-
- Fig, i. — “Le Frigon ”, appareil protecteur des moteurs d’autos contre ta gléee.
- crasser les tuyauteries et la pompe en diminuant le pouvoir refroidissant du radiateur. L’alcool méthylique, dont le point d’ébullition est de 8o° C, disparaît peu à peu par évaporation. Le carbure de calcium, qui donnerait les meilleurs résultats, employé à la dose de 220 gr. par litre d’eau, abaisse le point de congélation à — io° G.
- Tous ces procédés de préservation ne sont en somme que d’une valeur pratique très relative. Il fallait trouver un procédé simple, donnant une sécurité absolue. C’est ce à quoi répond l’appareil para-gel-auto-purgeur dénommé « Le Frigon », inventé par M. Calinaud, appareil breveté, qui protège contre la gelée les réservoirs, cylindres, radiateurs, etc., en les vidant automatiquement au moment critique, ceci avec ULe précision mathématique, c’est-à-dire avant que l’eau qu’ils contiennent ne soit congelée. C’est la gelée elle-même qui entraîne le fonctionnement mécanique de l’appareil, dont la sensibilité est calculée de telle sorte qu’il agit infailliblement' avant la congélation de l’eau dans les organes à protéger. L’appareil, de petites dimensions (o m. 145 X o m. 104), se compose de deux parties distinctes :
- i° Un corps (1) fermé par un clapet (2) supporté par un levier (3) est relié aux organes à protéger. Il peut être comparé à un robinet à commande automatique.
- 2° Un serpentin (6) construit de façon à pouvoir refroidir très rapidement l’eau qu’il contient quand l’atmosphère ambiante le permet. Ce serpentin, en
- cuivre rouge, a o m. 004 de diamètre intérieur; son extrémité inférieure est fermée par un piston dont l’embase (8) s’appuie sur le levier (3). Toute la poussée de l’eau, qui augmente de volume sous l’action du froid, se trouve portée vers l’autre extrémité où elle provoque le déplacement du piston (8) et la levée de la soupape de vidange (2), par l’intermédiaire du levier (3).
- L’effort très énergique développé par le mouvement de ce piston, dès que les premiers effets de la gelée se font sentir, détermine donc infailliblement l’ouverture de la soupape et, par suite, la vidange automatique du réservoir à protéger.
- L’appareil communique avec le radiateur, au point le plus bas de celui-ci, par le raccord (13), débouchant dans le corps (1) fermé par le clapet (2), maintenu appliqué sur son siège par ün ressort de rappel agissant sur le levier (3).
- Pour mettre l’appareil en service, on dévisse le bouchon fileté (7) jusqu’à ce que l’eau vienne s’écouler goutte à goutte à l’extrémité du serpentin ; cela indique que le serpentin, qui est alimenté par une nourrice le mettant en communication avec la chambre (1), est rempli d’eau et que l’appareil est prêt à fonctionner.
- Il faut attendre qu’un écoulement d’eau suffisant ait facilité l’évacuation de l’air contenu dans le serpentin, puis remettre le bouchon en place et le bloquer suffisamment pour éviter toute fuite de liquide.
- Lorsque la température extérieure s’abaisse, l’eau du serpentin, en raison de son petit volume (S cm5), et de la grande conductibilité de la paroi, se refroidit plus rapidement que celle du radiateur, de sorte que l’eau se congèle dans le serpentin tandis que l’eau du radiateur est encore à l’état liquide. L’augmentation de volume, produite par la congélation de l’eau du serpentin, repousse le piston qui, en agissant sur le levier (3), provoque l’ouverture de la soupape (2) et, par suite, la vidange de l’eau du radiateur.
- L’appareil fonctionne alors que l’eau est encore à -(- 3° C. La congélation de l’eau dans le serpentin produit un déplacement du piston variant de 2 à 4 millimètres.
- Le a Frigon » est constitué de pièces interchangeables, . dont le remplacement se fait très facilement et sans outils spéciaux; il ne pèse que 600 gr. et s’adapte à tous les moteurs. On peut l’utiliser également pour préserver de la gelée les pompes, les réservoirs, les canalisations d’eau, etc. Quand il a rempli son office, et si la température s’est adoucie, il se retrouve dans les conditions normales. Si une forte gelée a rejeté le piston (8) hors de son logement, on reprend celui-ci au bout de la chaînette et on l’introduit à nouveau dans le tube du serpentin, après avoir, si besoin est, dégelé, par un procédé approprié, les parties enveloppées de glace.
- Cet appareil, une fois posé, n’exige aucun entretien. — Le « Frigon » est construit par M. Fabien Cesbron, ingénieur-constructeur, 37, rue de Brissac, à Angers (Maine-èt-Loire). H. B.
- Démarreur à ressort « Le Boy ». — Le démarrage automatique s’impose aujourd’hui sur le châssis de toute voiture automobile, il fait en effet disparaître une sujétion fort désagréable dans la conduite de la voiture et, évite des pertes de temps.
- Actuellement, c’est sans conteste le démarreur électrique qui détient la faveur des constructeurs et du public. 11 le doit aux études très poussées dont il a été l'objet et qui'ont mobilisé en sa faveur toutes les compétences de la technique électrique.
- Ce procédé n’est pas cependant sans inconvénients, il exige la présence, sur la voiture, d’une batterie d’accumulateurs, organe relativement pesant et quelque peu délicat. Il entraîne surtout la pose de circuits, toujours compliqués, pour qui n’a pas quelques connaissances d’électricité, et qui par suite deviennent des causes de pannes difficiles à réparer par un chauffeur ordinaire.
- Qn peut concevoir d’autres procédés de démarrage; il suffit de disposer d’un moyen d’accumuler une fraction de l’énergie du moteur en marche, et de la resfi-tuer au moment voulu. Or, on peut accumuler de l’énergie au moyen de l’air comprimé, — le démarreur Letombe rentre dans cette catégorie, — ou au moyeu de ressorts.
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- Cette dernière solution, qui paraît fort séduisante, parce qu’elle entraîne le minimum d’organes auxiliaires, vient d’être adoptée par M. Billioque qui a réalisé un démarreur simple et robuste auquel il a donné le nom de « Le Boy ».
- Le démarreur se fixe à la traverse avant du châssis
- Idg. 2. — Le mécanisme du démarreur.
- de la voiture, à la place de la manivelle de mise en marche. L'arbre central est relié à l’arbre du moteur par un manchon.
- Le premier lancement se fait à la main avec une manivelle amovible, aussi facilement que si l’appareil n’existait pas. Lorsque le moteur tourne, il remonte automatiquement un'ressort en spirale; pour cela,une came 6 qui tourne avec l’arbre moteur communique un mouvement alternatif à un levier coudé 8. Ce levier articulé en 9 porte un cliquet qui, ainsi entraîné, entraîne lui-même la roue 4 par sa denture extérieure ; cette roue ne peut revenir en arrière, car le cliquet fixe 13 s’y oppose, de sorte qu’à chaque tour de moteur, la came 6 remonte le ressort de la valeur angulaire d’une dent.
- L’arrêt du remontage se fait automatiquement. Un levier 15 porte une came à étages qui, sous l’effort du ressort de rappel 11, s’appuie constamment sur la dernière spire du ressort en spirale. Cette spire s’approche de plus en plus du centre, à mesure que le ressort se remonte; il arrive un moment où la came, centrale vient s’appuyer sur la queue du cliquet de remontage 10, dont le bec se trouve ainsi écarté de la denture ; cela fait cesser le remontage. En même temps, le bossage supérieur de la came vient se placer devant le bec du levier 8 et arrête son mouvement.
- Pour lancer le moteur, il suffit de tirer le levier 12 par une commande à distance quelconque ; ce levier écarte les cliquets 10 et 13 et le ressort, libéré, entraîne le moteur.
- Comme le ressort se débande rapidement en dépas-
- Fig, 3. — Les ot’gaiieB du démarreur.
- sant sa position de repos, on pourrait redouter une fatigue de son attache intérieure. Pour éviter tout inconvénient de ce fait, cette attache est réalisée de la façon suivante :
- Le ressort spiral 5, fixé par l’une de ses extrémités au carter 14. est, à son autre extrémité, attaché à un manchon tournant fou sur le moyeu portant la roue 4.
- Ce manchon est solidaire de la roue 4 par un cliquet disposé de telle façon que l’entraînement de la!|roue, lorsque le ressort est déclenché, se produit dans le sens de sa détente.
- Le mouvement de rotation, ainsi communiqué par le ressort à la roue 4, est transmis à l’arbre moteur 2 par les cliquets 7 articulés dans les chapes solidaires de l’arbre 2.
- La queue des cliquets étant plus lourde que le bec,
- Fig. 4. — Voiture munie du démarreur « Le Boy ».
- la force centrifuge les fait écarter de la denture lorsque le moteur tourne.
- Le graissage se fait automatiquement par barbotage. L’appareil est vendu par M. Eldin, 12, rue Meynadier, Paris.
- *>> Divers
- Confection d'une étiquette pour clef de serrure.
- — Un de nos abonnés, M. Caget, nous communique l’ingénieux procédé que voici :
- Prendre une monture de cravate en celluloïd, blanc de préférence (objet qui se brise assez fréquemment).
- i° Couper une aile en ab (fig. 1). La tailler avec un couteau (ce qui se fait sans difficulté) en lui donnant la forme représentée (fig. 2).
- 20 Détacher, en en relevant les bords rabattus (fig. 2), un des œillets en cuivre 0
- (fig- *)•
- 3° Avec la pointe du couteau, percer en p (fig. 2) l’aile déjà préparée, y adapter l’œillet et en rabattre les bords sur le celluloïd (fig. 3).
- 4“ Prendre un fil de fer d’environ 8/10 de mm à 1 mm de diamètre et de 3o cm de long ; le passer dans l’œillet en son milieu et former un petit anneau B et un grand C en opérant comme l’indique la figure 4-
- Les deux extrémités du file et petit anneau intermédiaire.
- 5° On tord un tour avec une pince de façon à saisir les deux bouts du fil de fer e ete' que l’on arase ensuite.
- 6° Graver avec une pointe d’acier (aiguille à coudre, par exemple) l’inscription à faire et 'y passer une encre noire ou de couleur qui demeure dans les cavités tracées. On peut même compléter par un petit encadrement artistique à son goût.
- On a ainsi une hoquette étiquette bien plus longue à décrire qu’à faire.
- e' sont passées dans le
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- VARIÉTÉS
- ><
- (Xt
- Préparation des fruits de table pour la distillation. — Les propriétaires récoltants, qui se transforment en bouilleurs de cru dans les années d’abondance, ont tout intérêt, pour les raisons que j’ai indiquées dans un précédent article, à faire distiller à l’atelier public par un bouilleur professionnel, mais cette opération ne peut avoir lieu que si les matières premières, les produits distillables ont été convenablement préparés, ce dont tout producteur est capable de s’acquitter en suivant l’un des procédés décrits plus loin.
- Produits distillables. — A cette époque de l’année, les propriétaires de plantations fruitières assez importantes disposent encore de fruits à noyau et de fruits à pépins. Bien que le nombre des premiers soit très restreint, il reste cependant à récolter plusieurs variétés de pêches et de prunes tardives ; quant aux seconds il en existe une très grande quantité. 11 est à peine besoin de dire que, de ces deux catégories, doivent seuls être reconnus pour distillables les fruits invendables par suite de malformation, de tavelure exagérée et surtout de graves lésions de l’épiderme, d’atteintes profondes, de blettissement ou même d’une légère pourriture blonde. Il va de soi aussi que le produit ultime, l’eau-de-vie, sera d’autant plus fine que les fruits seront plus sains.
- Fruits à noyau. Récipients. — On y fait servir soit une cuve ouverte, soit un tonneau à large trou de bonde. Quand on distille dès que la fermentation est terminée, on se contente de la cuve dans laquelle on établit un dispositif, sorte de faux fond perforé, placé à la partie supérieure, lequel maintient la pulpe submergée et la préserve d’une acétification rapide. Lorsqu’on ne veut distiller que longtemps après la fermentation, l’emploi d’un tonneau est préférable parce qu’il est facile de le boucher suffisamment pour empêcher l’entrée de l’air et éviter, ou du moins entraver fortement le développement des fermentations nuisibles. Le tonneau présente sur la cuve ouverte l’avantage de permettre un plus grand rendement, car la perte a été estimée dans le premier récipient entre 2 à 3 pour 100 et, dans le second, à près de 10 pour xoo.
- Préparation des fruits. — Il existe trois procédés : i° Entasser simplement les fruits dans ’une cuve ou ün tonneau et les abandonner ainsi à la fermentation; 20 Faire macérer les fruits dans l’eau, extraire par pression le jus sucré, puis le faire fermenter. La quantité d’eau ni la durée de la macération ne sont indiquées dans les ouvrages spéciaux, mais j’estime que la première doit varier entre la moitié du poids des fruits et leur propre poids, cela dépend de la richesse saccharine. La règle à observer est d’ajouter de l’eau en quantité telle que la densité du jus soit voisine de 1060, mais plutôt au-dessous. Quant à la durée de la macération, elle est subordonnée à la température extérieure et à l’état des fruits : elle doit être d’autant plus courte que la chaleur est plus forte et que les fruits sont plus divisés, sans excéder pour cela 2 à 3 jours.
- 3° Fouler les fruits avec un pilon en bois en évitant de casser les noyaux. Cette restriction a son importance, surtout en ce qui concerne les pêches dont les amandes, sous l’influence de l’émulsine sur l’amygdalinè, développeraient une proportion d’acide cyanhydrique nuisible à la santé. Il n’en est pas de même pour les prunes qui ne produisent que très peu de cet acide et l’on peut en concasser une petite quantité. Verser ensuite sur la bouillie suffisamment d’eau tiède pour la rendre fluide et porter sa température entre 20 et 26°; brasser le tout soigneusement. En outre, veiller à refouler, deux fois par jour, le chapeau dans le jus, si l'on se sert d’une cuve ouverte dépourvue du faux fond, puis, la fermentation terminée, soutirer le jus, presser le marc et réunir les deux liquides dans un fût.
- L’usage est de laisser la fermentation se déclarer avec les levures propres aux fruits; on constate souvent son départ dès le deuxième ou troisième jour, surtout si le récipient est placé dans un local où l’on maintient la température précitée et, dans ce cas, elle dure entre un mois et un mois et demi. Il peut arriver qu’elle parte difficilement et marche lentement ; il serait alors très utile de recourir à l’emploi de levures sélectionnées, Jacquemin ou autres, et de les bien mélanger aussitôt que les fruits seront écrasés ou que le jus sera entonné. Cette addition a sa raison d’être pour les prunes dont la fermentation est capricieuse, et il y aurait lieu également de relever l’acidité avec 3 à 4 gr. d’acide tartrique par litre.
- Le premier procédé est le plus simple, mais non le meilleur, car il facilite l’acétification, ce redoutable fléau de la fermentation des jus de fruits ; il faut lui préférer les deux autres. Toutefois, quel que soit celui qui est suivi, un pomt important, quand on ne distille pas de suite, c’est de boucher hermétiquement le tonneau qui renferme la bouillie de fruits ou le jus, en ayant soin de remplacer la bonde en bois ordinaire par un barboteur hydraulique, une bonde bourguignonne, ou, tout au moins, par une bonde en bois traversée par un tube deux fois recourbé ou un tuyau en caoutchouc débouchant dans un récipient plein d’eau. De cette façon l’acide carbonique produit par la fermentation secondaire se dégage facilement tout en évitant la rentrée de l’air.
- Fruits à pépins. — On peut appliquer aux poires, pommes et coings les deux derniers procédés ci-dessus mais non le premier, parce que les fruits entiers courraient le risque de pourrir avant de fermenter normalement; il serait nécessaire, tout au moins, de les couper en cossettes avec un coupe-racines. Le mieux est de broyer les fruits, de laisser cuver la pulpe 24 heures, environ, de la soumettre à la presse, de recueillir le jus tamisé dans un baril de grandeur convenable et de conduire la fermentation le plus rapidement possible en portant la température entre i5 et 20° et en recourant, s’il est nécessaire, aux levures sélectionnées ou à un levain préparé avec des fruits à cidre sains et additionné de phosphate neutre d’ammoniaque au taux de 20 gr. par hectolitre.
- Nécessaire surtout dans le cas où le mélange comprendrait des fruits verts ou des coings, le cuvage de la pulpe serait à éviter s’il s’agissait de fruits parvenus aux limites extrêmes de la maturité.
- La conservation de ce liquide fermenté est assurée de la manière indiquée plus haut, mais le plus sûr moyen est de distiller aussitôt qu’on juge la fermentation complète, ce dont on s’assure en prenant la densité qui ne doit guère dépasser ioo5. Si, par exemple, elle était encore comprise entre ioi5 et 1020, il y aurait lieu de provoquer une nouvelle fermentation par une élévation de température et une addition de levure.
- Rendements. — Les rendements en alcool sont très variables en raison de la richesse saccharine des fruits mis en œuvre. Ils oscillent poUrles pêches et les prunes entre 8 à i5 litres d’eau-de-vie à 5o° par 100 kg; quant au mélange de fruits à pépins aussi hétérogène que le peut donner une plantation fruitière, il ne faut guère compter que sur 8 à 10 litres d’eaU-de-vie à 5o° pour ce même poids.
- Le rendement ne pouvant presque jamais être déterminé par le récoltant, celui-ci agira prudemment en demandant, 8 jours à l’avance, à la recette buraliste, que le Service, d’accord avec le bouilleur de profession qui distillera pour lui, procède au calcul du rendement alcoolique minimum du liquide fermenté provenant des divers fruits de ses plantations fruitières, jardins ou vergers. A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Réparation des récipients en porcelaine et en faïence. — Préparer à chaud une solution de :
- Chlorure de zinc à 48° B . . . i3o c. c. Biborate de soude 5 —
- Délayer dans ce liquide une quantité suffisante d’oxyde de zinc (blanc de zinc) pour obtenir une pâte semi-fluide dont on enduit les parties à‘ réunir, serrer fortement jusqu’à durcissement complet.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Ce ciment doit être employé immédiatement après sa préparation, car il fait prise très rapidement.
- Peinture analogue au ripolin. — Faire dissoudre au bain-marie avec les précautions d’usage.
- Caoutchouc non vulcanisé. 90 grammes.
- Nitrobenzine.............iooo —
- Ajouter 20 gr. de cette dissolution à 1 kg de peinture ordinaire, on obtient ainsi une préparation qui donne un véritable émail.
- Peinture à la caséine.
- Blanc de Meudon. Chaux éteinte . . .
- Caséine.........;
- Colle de peaux. . .
- Alun..............
- Silicate de soude .
- 35o grammes. 35o —
- 5o —
- 80 —
- 70 —
- 100 —
- Faire dissoudre la colle, la caséine et l’alun dans l’eau chaude, broyer d’autre part le blanc et la chaux dans l’eau froide, mélanger, étendre à consistance voulue avec de l’eau, suivant l’épaisseur désirée de la couche.
- Noircissement de l’aluminium. — La surface du métal étant parfaitement polie au moyen des décapants habituels, on l’enduit d’une mince couche d’huile d’olive, on chauffe doucement dans la flamme djrae lampe à alcool, repasse une nouvelle couche d'huile et répète l’opération jusqu’à obtention de l’intensité désirée. On essuie avec un chiffon doux et laisse sécher.
- Eau dentifrice analogue à l’eau de Botot, d’après
- Cerbèlaud. — Prendre :
- Essence de girofle............. 2 c. c.
- Essence de badiane................ 2 —
- Essence d’anis.................... 3 —
- Essence de mentlie................10 —
- Essence de cannelle............... 1 —
- Teinture de myrrhe................20 —
- Teinture de cochenille à 10 °/0. 60 —
- Crème de tartre................ 2 gr.
- Eau.distillée de roses. . . 1 . 5o c. c.
- Compléter avec de l’alcool à 95° pour obtenir 1 litre, laisser reposer, filtrer.
- Fabrication des agglomérés de liège. — On fait préalablement une dissolution de :
- Colle forte......................... 20 kg
- Glycérine brute.................... 20 kg
- Eau................................ 100 litres.
- La colle forte est mise à macérer dans l’eau 24 heures, on chauffe ensuite au bain-marie et ajoute la glycérine.
- Pendant que le liquide est encore chaud, on incorpore 55o kg de poudre de liège de manière à obtenir une masse humide bien homogène et, en dernier lieu, on ajoute :
- Solution de formol à 5 °/0 . . 100 litres.
- On malaxe à nouveau, met en moule, comprime et laisse durcir dans le moule quelque temps.
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- AVIS — Dans la botte aux lettres, la Rédaction publie les laits d’uu intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
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- Réponses. — M. R. P. Van Iloef, à Tongres. — Le produit que vous nous avez adressé ne peut avoir d’utilisation, sa valeur est nulle, il ne s’agit que d’un micaschiste pyriteux, nous en avons fait la vérification.
- M. L. Fouque, à Marseille. — Le meilleur ciment que vous puissiez employer pour fixer la monture, du vaporisateur au verre est le ciment au blanc d’œuf et à la chaux éteinte, il présente l’avantage d’être inattaquable par l’alcool, lequel entre dans la composition de la majeure partie des produits de parfumerie ; — 20 NoûS* donnons d’autre part une formule dans les Recettes et Procédés utiles pour obtenir une peinture analogue au Ripolin ; — 3° La séparation du zinc et de l'étain vous entraînerait dans un traitement qui ne serait pas en rapport avec la valeur des produits récupérés, le mieux serait de mettre de côté les parties étamées et de ne se servir que des fragments uniquement composés de zinc. -
- M. Moreau, à Clion (Indre). — i° Les Recettes du présent numéro contiennent une formule de peinture économique qui vous donnera satisfaction ; — 2° L’Eu-chromine est une peinture au silicate d’une composition analogue à celle des peintures dont nous avons publié le mode de préparation dans le n° 238g du 10 janvier 1920. Si vous le désirez, vous trouverez ]e produit tout prêt pour l’emploi, 9, rue du Congo, à Pantin (Seine) ; — 3° Les ampèremètres dont vous parlez se composent d’une petite palette de fer doux aimantée et orientée par le champ magnétique de deux aimants. Les extrémités de l’aiguille s’engagent dans deux bobines inclinées sur la ligne des pôles des aimants et dans lesquelles on fait passer le courant à mesurer. Ce dernier circule dans un sens tel qu’il tende à ramener l’aiguille aimantée parallèlement aux spires, les aimants tendant au contraire à la ramener dans la première position ; il se produit une déviation qui, lorsqu’elle ue dépasse pas 4o°, est à très peu près proportionnelle à l’intensité du courant. Les voltmètres sont construits sur le même type que les ampèremètres, mais ils présentent une grande résistance, les bobines étant constituées par de nombreuses spires de fils fins.
- M. G. de Courville, à Marseille. — Dans le schampoing en question, il s’agit uniquement d’éther de pétrole constitué par des produits passant à la distillation entre 45° et 700 et dont on a enlevé en grande partie l’odeur désagréable par un traitement à l’acide sulfurique suivi de plusieurs lavages à l’eau.
- On peut ajouter au produit l’essence de son choix : lavande, verveine, bergamote, aucune autre addition n’est nécessaire. L’essence de pétrole agit en dissolvant la matière sébacée qui recouvre le cuir chevelu, l’emploi présente effectivement un grand danger et quels que soient les avantages qu’il paraît présenter, nous ne saurions vous le conseiller, de très nombreux accidents étant survenus.
- M. le lieutenant Perroy, à Saint-Germain-Lespiuasse. — i° Vernis acétoïd, 20, boulevard Saint-Denis ; — 20 Bolloré Soehnée, 8, rue de Saint-Mandé, Montreuil-sous-Bois (Seine), et Bourgeois, 18, rue Croix-des-Petits-Champs, Paris.
- M. de Pontbriand, à La Croix-du-Tertre. — i° Nous vous avons répondu au sujet des sels de vanadium et de cérium dans le n° 2413 du 3 juillet 1920; — 20 II s'agit en l’espèce du métol ou sulfate de monométhylpar ami do-phénol qui était préparé en Allemagne par le D‘ Hauff. Ce même produit était fabriqué en France parles usines du Rhône sous le nom de Rhodol et par la maison Poulenc sous la désignation de Viterol.
- Tous ces noms sont donc synonymes de la même substance si employée comme révélateur. Tout dernièrement le Syndicat des Fabricants de produits photographiques a décidé de ne désigner en France le produit en question que sous le seul nom de Génol, chaque forme .conservant la latitude de vendre à l’étranger sous la désignation spéciale adoptée précédemment.
- M. L. Kiess, à Vincey. — A notre avis le mieux serait de faire remettre une pièce sur la cuve en tôle par un chaudronnier. Si cependant vous voulez essayer de reboucher la fissure, il faudrait opérer ainsi : vider le récipient, brûler à la lampe à souder les parties voisines de la fêlure, appliquer un mastic composé de fleur de soufre et limaille de fer à parties égales, délayées dans une solution saturée de sel ammoniac acidulée par quelques gouttes d’acide sulfurique. Le durcissement 11e commence qu’au bout de quelques heures, mais on obtient une obturation très résistante à la condition que les parties à joindre aient été bien mises à vif.
- M. II. L. B.~ÿ7, Blois. — Le noir à sabot est essen-
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- BOITE AUX LETTRES
- Bellement constitué par un noir de campêche additionné d’un savon de cire et rendu consistant par de la gomme arabique. Pour le préparer on procède de la façon suivante :
- A. Prendre 5o gr. de limaille de fer et arroser d’acide nitrique du commerce en quantité suffisante pour obtenir une dissolution complète.
- B. Faire bouillir pendant une heure et demie 5oo gr. de bois de campêche et 80 gr. de gomme arabique dans environ a litres d’eau, en maintenant le volume constant pendant l’ébullition.
- Mélanger les solutions A et B qui donneront naissance au noir et y ajouter une troisième dissolution obtenue en faisant bouillir également dans un autre vase 100 gr. de carbonate de potasse, a5o gr. de cire jaune additionnée d’environ 2 litres d’eau.
- On continue à brassér pendant le refroidissement, finalement on porte le volume à 5 litres en remuant toujours, ce qui donne un produit bien homogène et qui par application sur le cuir fournit un noir brillant et durable.
- M. Denis, à Yillemur. — Vous trouverez les renseignements nécessaires à l’organisation d’une savonnerie et fabrique de bougies dans les ouvrages qui suivent : Manuel pratique du savonnier, par Calmels et Wiltner, chez Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augustins ; Corps gras industriels, par Auguste Perret, éditeur Bernard, 29, quai des Grands-Augustins; Théorie et pratique de la fabrication des bougies, m par Léon Droux et Larue, chez Nolo; Bougies stéariques, par Malepeyre et Petit, éditeur Mulo, 12, rue Hautefeuille, Paris.
- M. H. C.-86. — L’emploi de la gélatine n’est pas indispensable dans la préparation des pâtes à polycopier, ce qui est le cas pour l’échantillon que vous nous avez adressé; vous obtiendrez un produit analogue enprenant :
- Argile sèche..........60 grammes.
- Eau...................10 —
- Sucre................. 5
- Glycérine.............2 5 —
- Faire dissoudre le sucre dans Peau à une douce chaleur, imbiber d’autre part progressivement l’argile de glycérine. Mélanger enfin de façon à obtenir une pâte bien homogène.
- Cercle militaire, à Tours, — Nous pensons qu’il s’agit de vêtements de caoutchouc ; le meilleur moyen de leur rendre de la souplesse est de les faire tremper pendant 24 heures dans une dissolution ammoniacale (10 gr. d’alcali volatil par litre d’eau), on laisse ensuite sécher à douce température par exemple dans,une écurie. Bans le cas de vêtements imperméabilisés par des sels métalliques, il faudrait se servir d’une solution glycé-rinée dans les mêmes proportions.
- M. Nguyen Trieu, à Cac-Ba. —Veuillez vous reporter au n° 24i5 du 17 juillet 1920, qui contient, page 22 du Supplément, de nombreuses formules de feux de Bengale, vous pourrez également consulter comme ouvrages très complets sur la question : Manuel de Vartificier, par Vergnaud, éditeur Mulo, 12, rue Hautefeuille; Les explosifs de Y Encyclopédie Billon, par Auguste Perret, éditeur Bernard, 29, quai des Grands-Augustins ; Les Recettes de la Maison, page 271, édité chez Masson, r 20, boulevard Saint-Germain.
- M. L. B., à Ghef-du-Pont. — i° L'alcool amylique ayant servi au dosage de la matière grasse du lait par le procédé Gerber peut facilement être récupéré par distillation. Cet alcool a pratiquement un point d’ébullition compris entre 128° et i3o°, il suffit donc de placer les résidus d’opérations de dosage dans un vase et d’attendre que l’alcool amylique plus léger (densité 0,815) se soit séparé de l’acide sulfurique plus ou moins aqueux, mais de densité voisine de i,5oo. Par décantation on enlève l’alcool amylique et on le place dans la cucurbite d’un petit alambic, par chauffage modéré il entre en ébullition et distille, laissant dans la chaudière les matières' grasses. On règle l’opération de manière qu’il n’y ait pas entraînement et on s’arrête dès que l’apparition de vapeurs indique un commencement d’altération de la matière grasse. Bien entendu l’alambic doit être sacrifié, car son emploi pour l'alcool amylique l’aura rendu impropre à tout autre usage à cause de l’odeur qu’il aura contractée ; — 20 En ce qui concerne le vernis pour meubles il est préférable de l’acheter tout (préparé, adressez-vous à la maison Bolloré-Soehnée, 8, rue de Saint-Mandé, à Mon-treuil-sous-Bois (Seine).
- M. le Dr Donnadieu, à Saint-Quirin (Moselle). — Nous ne pensons pas qu’il s’agisse de moisissures sur les murs, puisque la peinture est récente, attendu que la térébenthine a des propriétés particulièrement stérilisantes pour ces micro-organismes. En réalité ce doivent être des efflorescences salines dues au salpêtrage des murs. Un examen microscopique fixerait du reste très nettement; sous l’objectif, une “goutte d’eau dissoudra les sels et laissera au contraire le mycélium, s’il existe; on pourra rendre celui-ci plus apparent au moyen de toute couleur d’aniline.
- Dans le cas de salpêtrage, le meilleur remède sera la fluatation qui consistera à appliquer sur le mur mis à vif une solution de fluosilicate de magnésie à 35o gr. par litre, jusqu’à imprégnation complète. On don,ne ainsi 3 à 4 couches et laisse sécher entre temps, ce qui donne un revêtement complètement imperméable sur lequel on peut peindre à nouveau.
- M. le Dr Malavialle, à Evian. —La question d’imperméabilisation de capotes d’auto a été traitée dans une de nos précédentes « Boîte aux Lettres », veuillez bien vous reporter à la réponse faite à M. Fontenille, d’Anizy-le-Château.
- M. C. D., à Versailles. —- i° La donnée fournie par l’expérience est que les lampes à vapeur de mercure consomment environ o,45 watt par bougie. Quant aux autres éléments ils dépendent de chaque appareil; — 20 Le spectre d’absorption est caractérisé par deux bandes obscures dans le jaune, une dans le vert et une dans le violet; — 3° Voir dans les Recettes de ce numéro la préparation d’une eau dentifrice analogue à celle de Botot ; — 4° Pour peindre à l’huile sur étoffes il suffit de se servir des peintures à l’huile toutes préparées en tubes que l’on fait dégorger pendant 2 ou 3 jours sur du papier à filtrer. Lorsqu’elles n’imbibent plus le papier, on les délaye dans l’essence de térébenthine et s’en sert comme d’habitude. Dans le cas de mousseline on peut se servir de couleurs à l’eau délayées avec de l’eau albumineuse, le travail terminé on interpose un papier buvard et repasse avec un fer modérément chaud.
- M. le D1 Cordebart, à Aubervilliers. — Le persulfate d’ammoniaque a pour formule S2Os(AzH4)2. Il dérive de l’acide persulfurique :
- S03H — O — O — S03H
- que l’on peut considérer comme le dérivé disulfoné de l’eau oxygénée.
- Le persulfate d’ammoniaque a pour poids moléculaire 228,3, c’est une poudre cristalline décomposable par une faible élévation de température, elle donne en présence de l’eau du sulfate acide, de l’oxygène et un peu d’ozone.
- Comme caractères spécifiques le persulfate est un oxydant énergique qui déplace le chlore, le brome, l’iode de ses combinaisons. Il est par suite facile de déterminer la quantité de persulfate réel qui existe dans le persulfate du commerce en mettant celui-ci au contact de l’iodure de potassium et dosant par l’hyposulfite de soude l’iode mis en liberté. Le persulfate possède la propriété remarquable de dissoudre l’argent en donnant très probablement naissance à un sulfate double d’argent et d’ammonium S04AgAzH4, soluble dans l’eau, c’est pourquoi on emploie le persulfate comme affaiblis-seur des négatifs en photographie.
- On prépare le persulfate d’ammoniaque soit par électrolyse du sulfate acide d’ammonium, soit par double décomposition entre le persulfate de baryum et le sulfate neutre d’ammonium (procédé Lumière). Le persulfate peut être différencié du sulfate acide et.du sulfate neutre par la coloration brune violacée qu’il donne en solution alcaline avec le naphtol a, coloration qui est jaune avec le naphtol £5.
- M. Emilio Arrigo, à Turin. — On ne peut compter obtenir de bons résultats en essayant de dégraisser les cuirs qui garnissent l’intérieur des chapeaux, sans faire le démontage. Tout produit dissolvant de la matière grasse a une tendance à pénétrer et vient ainsi imbiber le feutre. Il faut donc démonter le cuir et le faire tremper dans le tétrachlorure de carbone, après séchage on le remet en place.
- M. S. M. E., à Sisteron. — i° Vous trouverez aux Recettes une formule de préparation des agglomérés de liège ; — 20 Ces produits sont fabriqués couramment par les maisons suivantes : Bailly, 6, rue Mathurin-Régnier; Brousse, 9, rue de Lagny ; Demuth, i5, rue de
- 40 m M?
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- BOITE AUX LETTRES
- Lyon; Denniel et Cie, 24, rue Dauphine; Henry, 5, rue Hélène; Peridier, 83, rue de la Chapelle; Wanner, 67, avenue de la République.
- N° 3828, La Palisse. — T Les acétates de cellulose sont combustibles, il ne peut doue être question d’en faire un vernis ignifuge; 2° La méthode d’Hugo Müller pour isoler la cellulose ne diffère pas de la méthode généralement employée, c’est-à-dire traitements successifs aux acides et alcalis dilués, chlorage et bisulfitage ; 3° Les acétates de cellulose connus sont : le tria-cétate C12 H1C O8 poids moléculaire 288 ; le tétracétate C14H1809 — 33o et le pentacétate C16 H‘-° O10 = 372, l’acétate dont vous parlez n’a pas été obtenu. Ces formules rapportées à la molécule cellulose C6H10Os n’ont qu’une valeur statistique, la molécule réelle de cellulose étant un agrégat de la forme (C('H10O8)'', or on constate que la molécule elle-même s’altère pendant l’acétylatiou, il n’y a donc qu’une évaluation empirique du nombre de groupes (OH) dans l’unité indéterminée (C6H10O8)— 4°-5°-60. La synthèse de la cellulose n’a été obtenue jusqu’ici que par voie vitale, diastasique ou chlorophyllienne, la synthèse chimique n’ayant pas donné de résultats, l’expérimentation seule pourrait justifier le bien fondé de vos prévisions.
- M. Adam, à Poissy. — La réparation dès objets en porcelaine ou en faïence peut s’effectuer par le procédé que nous indiquons d’autre part dans les Recettes du Supplément, nous pensons qu’elle vous donnera satisfaction, en particulier pour la remise en état de votre lavabo.
- Etablissements de gravure, à Besançon. — Le noircissement de Valuminium vous sera donné par la tech-niepe que nous indiquons aux Recettes et Procédés utiles du présent numéro.
- M. Le Chevalier Van Havre, à Wyneghem. — Pour recoller les fines porcelaines brisées nous vous conseillons d’employer le ciment suivant :
- A. Broyer préalablement :
- Chaux éteinte.............. 55 grammes.
- Alun........................ 6 —
- B. Dissoudre d’autre part à froid :
- Albumine pulvérisée ... 7 grammes.
- Eau........................100 —
- Délayer la poudre A dans le liquide B de façon à
- obtenir une pâte fluide, enduire de celle-ci les parties à recoller, serrer fortement, enlever les bavures et laisser sécher.
- Compagnie française de produits chimiques, à Saint-Clair du Rhône. — La présure s’obtient habituellement en faisant digérer dans l’eau salée de la caillette de veau ou de mouton, on emploie les proportions suivantes .
- Caillette en menus fragments . . 100 grammes.
- Sel marin..................... . 3o —
- Alcool à 8o°.................... 10 —
- Eau............................ 160 —
- On place dtans un lieu frais la présure et le sel pendant un temps suffisant pour que l’odeur primitive de fromage soit remplacée par l’odeur propre à la présure, on ajoute alors l’eau et l’alcool, malaxe et filtre, au besoin on colore par un peu de caramel.
- Tous les sels à fonction acide peuvent jouer le rôle de coagulants. Voir pour plus de détails : La laiterie, par Pouriau; Les industries du lait, par Lézé, et, pour renseignements complémentaires, la Société d’Encouragc-ment à l’Industrie laitière, 3, rue Le Baillif, Paris isr; 20 Les procédés d’extraction de la pepsine consistent à préparer une infusion de la muqueuse gastrique et à évaporer à une température ne dépassant pas 45 à 5o° ou bien à précipiter cette infusion aqueuse par l’acétate de plomb, à décomposer le précipité par l’hydrogène sulfuré et évaporer la solution à 45°, ou enfin à précipiter directement l’infusion de la muqueuse par l’alcool dans lequel la pepsine est insoluble. De tous ces procédés celui qui fournit le ferment le plus actif a été proposé par Petit : les estomacs de porcs, les caillettes de veau ou de mouton sont soigneusement lavés à grande eau, puis la muqueuse est séparée par raclage, hachée et mise à macérer dans quatre fois son volume d’eau, distillée à laquelle on ajoute cinq centièmes d’alcool. Toutes les demi-heures on agite et au bout de 4 heures on filtre les liqueurs et on les évapore à 4°° dans des vases plats. Avec les èstomacs de porcs on obtient ainsi une pepsine qui peut transformer en peptones mille fois son poids de fibrine humide et fortement exprimée.
- On peut extraire la pepsine du suc gastrique prélevé sur l’animal vivant (porc) au moyen d’une fistule stomacale, mais ce procédé rentre dans la technique chirurgicale et demande un personnel spécial expérimenté.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La. Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. —
- Psychologie des temps nouveaux, par le Dr Gustave Le Bon. 1 vol. in-16, 3o6 p. Bibliothèque de‘Philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix : 6 fr. 75.
- La psychologie est la seule science dont on ne puisse se passer. Qu’il soit commerçant, éducateur, diplomate, général ou chef d’Etat, tout homme moderne a besoin de connaissances psychologiques. C’est pour en avoir manqué que les Allemands perdirent la guerre. Dans son nouvel ouvrage, Gustave Le Bod montre quel a été le rôle de la psychologie dans nos insuccès industriels avant la guerre et dans nos succès militaires pendant le grand conflit. En ces heures difficiles où les opinions oscillent entre tant de tendances contradictoires, la psychologie, dit-il, seule peut servir de flambeau. Parmi les chapitres les plus intéressants on peut citer : Les forces morales dans la vie des peuples ; Causes psychologiques de certaines infériorités industrielles ; Raisons psychologiques de la débâcle allemande; Le maniement des armes psychologiques ; Formes nouvelles des aspirations populaires ; Eléments psychologiques de batailles; Les nouvelles croisades ; Comment se forment les opinions et les croyances ; La sécurité des peuples à l’extérieur et à l’intérieur.
- Annuaire maritime du « Lloyd Anversois », 14, rue Vle-minckx, Anvers. Prix : 5 fr. 5o.
- Depuis la reprise économique du pays, et malgré l état précaire de la marine, le « Lloyd Auver-sois » a donné à son annuaire un développement plus grand qu’avant la guerre. Faire une analyse de ce livre touffu, qui compte 200 pages, est impossible ; il constitue par ses renseignements le livre de chevet pour l’homme d’affaires sur la place d’Anvers. Ainsi pour ne citer que quelques chapitres du sommaire, on y trouve la situation complète de la marine belge, jusque fin 1919, les navires vendus, perdus, construits ou nationalisés, groupés par lettres signalétiques et la liste des armements -belges ; le mouvement du port de i83o à 1919; les principaux règlements du port d’Anvers; les conditions générales de la place, la nomenclature des câbles télégraphiques, un grand nombre de statistiques; les distances d’Anvers aux principaux ports mondiaux, la nomenclature des abréviations maritimes et enfin un plan des quais et bassins d’Anvers.
- La Teskra (Echinops spinosus L.). Etude pliarmaco-gnosique, par Georges Rodillon. Thèse de Doctorat d’Université de Pharmacie, Nancy, 1920.
- La Teskra est une composée du Maroc, employée par les indigènes dans un but thérapeutique, mais encore inconnue en France. L’auteur l’étudie au triple point de vue botanique, chimique et thérapeutique et lui trouve une réelle efficacité pour le traitement des hémorroïdes.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2427
- 9 Octobre 1920.
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- INFORMATIONS
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- Catastrophe glaciaire dans la vallée de Chatnonix.
- — Une dépêche d’agence annonce que dans la nuit du 4’ a11 ^5 septembre dernier, une poche d’eau contenue dans la Mer de Glace a crevé et a déterminé dans la vallée de Chamonix une inondation qui « a causé d’importants dégâts matériels ». Il s’agit là d’une de ces catastrophes glaciaires que M. Charles Rabot a relatées dans le h° du 28 août dernier de La Nature (n° 2421), d’une débâcle semblable à celle que l’article en question signale en 1609 et à la terrible inondation de Saint-Gervais en 1892. Cette fois, heureusement, le phénomène n’a pas fait de victimes.
- Le tremblement de terre de Toscane. — On possède maintenant tous les renseignements sur le tremblement de terre survenu dans le nord de la Toscane le 7 septembre dernier. C’est le plus violent qu’on ait enregistré jusqu à présent dans cette région. Son épicentre semble avoir été près de Fivizzano, petite ville, aujourd hui en ruines, située au pied des Apennins, a 20 km àu nord de Carrare. La zone de destruction est très étendue, puisque des immeubles furent endommagés jusqu à Viareggio et Pistoia, à plus de 80 km dans le sud-est de Fivizzano. D'assez nombreux villages ont été détruits et l’on a déjà découvert 327 morts.
- Ce tremblement de terre s’est produit dans une région de l’Italie habituellement peu éprouvée. Toutefois, le 11 avrü 1837, une secousse s’était fait sentir près de Fivizzano, ayant son centre à 9 km au sud-est de la ville et avait causé quelques dommages dans la ville ; le 10 septembre 1878, une forte secousse ayant son centre tout près de Fivizzano avait à nouveau atteint quelques maisons. Cette fois-ci, toute la ville est en ruines et il sera bon de la reconstruire, comme maintes autres villes d’Italie, en matériaux plus résis,Jants aux séismes. .
- La houille verte dans l’Avranchin. — La mise en valeur de toutes nos ressources naturelles est aujour-d hui à 1 ordre du jour. On sait l’efPort déployé pour exploiter nos ressources en houille blanche, c’est-à-dire la puissance des grandes chutes des cours d’eau de montagne. Il est une autre source de force hydraulique, utilisée du reste depuis un temps immémorial ; ce sont les rivières et cours d’eau des régions à faible relief, qui arrosent en général des pays où l’industrie atteint toujours un certain développement. Il n’est pas une rivière en France qui ne compte des moulins et des roues réparties tout le long de son parcours. Mais c’est là un mode d’utilisation un peu désuet, et son faible rendement a conduit à abandonner un grand nombre de ces antiques exploitations. Les procédés modernes d’utilisation des cours d’eau, le progrès des turbines de basses chutes, permettent d’en tirer cependant un meilleur parti; on a qualifié de houille verte les forces motrices de cette nature. Un exemple caractéristique ide leur mise en valeur nous est donné par l’aménagement récent de la petite rivière de la Sélune, qui prend sa source à Saint-Cyr du Bailléul, non loin de Barenton aux confins des départements de l’Orne et de la Manche, traverse une riche région agricole, et après un parcours de 90 km se jette dans la Manche dans la baie du Mont-Saint-Michel.
- Une chute d’une puissance moyenne de 25oo H. P. a été aménagée sur cette rivière, au lieu dit La Roche-qui-Boit en Lucey. En ce point, la vallée s’étrangle et se prête particulièrement bien à l’établissement d’un barrage. Celui-ci, en béton armé, a une longueur de crête de 129 m. et une hauteur maxima de 16 m. La nappe d’eau créée par la retenue du barrage a une superficie de 49 hectares et constitue une réserve de 4 millions de m5 d’eau, qui jouera le rôle important de régulateur et d’accumulateur.
- L’usine construite immédiatement à l’aval du barrage et à flanc de coteau est constituée par un bloc de béton de 2000 m3 dans lequel ont été réservés les canaux de fuite des turbines. Elle comprend 3 turbines de 85o H. P. chacune et pourra recevoir un quatrième groupe de i5oo H. P. Elle alimente un réseau desservant notamment Avranches, Granville, Saint-Hilaire du lîarcouet,
- Fougères et Mortain, dans un rayon de 40 km environ autour de la centrale. On a calculé que cette usine équivaut à une centrale thermique consommant annuellement 18000 tonnes de charbon. Ce chiffre permet d’apprécier le service rendu par une telle exploitation.
- La production mondiale du cuivre. — Le cuivre joue un rôle essentiel dans l’industrie moderne. Sa consommation, aussi bien que celle de l’acier, est comme le thermomètre de l’activité industrielle d’un pays. Il est donc intéressant de relever la courbe de la production de ce métal depuis un siècle. D’après M. Hatch, un expert anglais, qui consacre à cette question un intéressant article dans le Times, la production mondiale du cuivre depuis i8o3 est donnée parle tableau suivant qui révèle une accélération continue.
- Amiùes
- Tonnes
- métriques,
- Aimées
- Tonnes
- métriques.
- i8o3 . . . 15.000
- 1813 . . . 17.000
- 1823 . . . 23.OOO
- i833 . . . 31.000
- 1843 . . . 42.OOO
- i853 . . . 63.000
- i863 . . . 76.ooô
- 1873 . , . 122.000
- 1883 . . . 199.000
- 1888 . . . 262.280
- 1893 . •3io.7o4
- 1898 ... 441.868
- 1903 . . . 609.985
- 1908 . . . 790.238
- 1910 . . . 1.002,3oo
- 19.8 . . . 1 .3 cj 5.160
- Au début du xix* siècle. l’Angleterre était le principal producteur de cuivre, suivie par la Russie, le Japon, le Chili, la Suède, la Norvège et l’Allemagne. Les autres pays n’en fournissaient que de faibles quantités.
- Vers le milieu du dernier siècle, l’Australie, le Cap et les Etats-Unis commencent à figurer parmi les Etats producteurs de cuivre; l’Angleterre continue toutefois à tenir la tête, travaillant soit son propre minerai, soit celui importé du Chili ou de Cuba. "Vers 1870, le Chili installe sur son propre territoire des usines pour le traitement des minerais et devient alors le plus important producteur du monde, suivi en second rang par l’Angleterre, puis par l’Espagne, les Etats-Unis, l’Australie, le Japon et le Cuba. Les Etats-Unis, qui sont aujourd’hui le plus formidable producteur de cuivre, ne fournissaient en x863 que 9 pour 100; en 1868, 10 pour 100 du contingent mondial. A partir de 1873, la consommation du cuivre s’accélère rapidement; la production y fait face par le développement des exploitations des Etats-Unis, de l’Espagne (Rio Tinto, Huelva, Tharsis). A ce moment, le Chili tient toujours la première place, l’Empire Britannique la seconde. En 1883, les Etats-Unis conquièrent cette seconde place, et relèguent l’Angleterre au 3“ rang. Ils commencent à mettre en valeur les riches gisements du Montana, du Michigan et de l’Arizona. Depuis lors, la production des Etats-Unis n’a cessé de s’accroître, et aujourd’hui ils fournissent plus de 60 pour 100 de la production mondiale (848 000 t. en 1918). La production de l’Empire Britannique va au contraire en déclinant; l’Angleterre proprement dite ne fournit plus qu’une extraction insignifiante, l’Australie et le Cap restent stationnaires, le Canada progresse légèrement. En igi3, l’Empire Britannique ne fournissait plus que 10 pour 100 du contingent mondial. L’Amé-Irique du Sud reste également stationnaire.
- Population de la nouvelle Autriche. — D’après le recensement opéré le 3i janvier 1920, l’Autriche, dans les limites qui lui ont été assignées par le traité de Saint-Germain, compte un peu plus de six millions d’habitants ( 6 067 43o ), rapportent les Commerce Reports de Washington. Ces six millions d’habitants se trouvent ainsi répartis dans les sept provinces qui composent le nouvel état : Baisse-Autriche (avec Tienne), 3 313 155 ; Styrie, 946 721 ; Haute-Autriche, 857 234 ;Tyrol, 3o6i53; Carinthie (y compris la région soumise ;à un plébiscite), 297257; Salzbourg, 213877; Vorarlberg, i33o33. On a déjà signalé la remarquable disproportion entre la population urbaine et lavpopula-lion rurale existant dans l’Autriche actuelle ; le recen-cement de 1920 apporte à ce sujet des précisions. D’après les résultats de cette opération la population urbaine dans la nouvelle république ne constitue pas moins de 38.44 pour ioô de la population totale; à elle seule
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- la capitale en groupe 3o,3 pour 100. Rappelons à ce propos qu’il existe en Danemark une situation à peu près analogue, quoique moins exagérée : Copenhague renferme en effet plus de 20 pour 100 de la population du royaume. Vienne compte actuellement 1842 000 habitants ' la seconde ville d’Autriche, Graz, 157600; la troisième Linz, g3 4?3 ; la quatrième Innsbruclc, 55 000. Les autres agglomérations, Salzbourg, Wiener-Neustadt, Saint-Polten, Villach, Baden, Steyr, réunissent de 36 000 à 20000 âmes.
- Le recensement de 1920 met en évidence les conséquences de la guerre sur l’effectif de la population. Ainsi, par rapport à 1910,1e nombre des habitants dans la nouvelle Autriche a diminué de plus de 227 000 unités, soit de 3 pour 100. Les pertes ont naturellement porté principalement sur la population mâle ; aussi bien la proportion nes femmes par rapport aux hommes est-elle devenue très élevée ; pour l’ensemble de l’Autriche elle monte à 1089 femmes pour 1000 hommes; à Vienne elle atteint même 1163 pour 1000,.
- Les chutes de l’iguazu. — L’Iguazu est un affluent du Parana, qui forme la frontière entre l’Argentine et le Brésil. Ses chutes qui sont situées à 3o km de la frontière du Paraguay ont une hauteur de 60 m. et un débit de 3ooo à 4°°° m3 par seconde, elles peuvent produire une puissance de 1 million de kilowatts. C’est donc une précieuse mine de force motrice. Malheureusement ces belles chutes sont' situées à une très grande distance des centres où l’on pourrait utiliser l'énergie électrique. Rosario, Buenos-Ayres, Montevideo, sont à une distance de 1000 à 1200 km. C’est une bien grande portée pour les moyens dont dispose actuellement la technique. Cette difficulté n’a cependant pas embarrassé les auteurs de projets. Un ingénieur américain vient de proposer de capter 120 000 kw sur ces chutes et de transporter cette puissance à Buenos-Ayres, au moyen de deux lignes sous la tension formidable de 220000 volts. La perte de puissance en ligne serait de 20 pour 100.
- Nouvelles utilisations des hannetons. — On
- observe, chaque année, que les primes consenties pour la destruction des hannetons sont insuffisantes à encourager à la destruction de ces nuisibles coléoptères.
- Peut-être les curieuses utilisations que signale M. C. Flaunet, dans le journal Bois et Résineux, de Bordeaux, seront-elles de nature à donner un regain d’intérêt au système de primes pour le hannetonnage.
- Voici d’abord le hanneton producteur de matière colorante : M. le Dr Chevreuse de Charmes a fait remarquer que lorsqu’on tranche la tête des hannetons, il s’échappe de leur corps une matière colorante, variable selon la nature de la feuille dont le hanneton s’est nourri. Cette couleur parait préférable à la sépia et possède plus de consistance et de durée que cette dernière. Le Dr Chevreuse de Charmes l’a employée pour peindre de charmants petits tableaux.
- Le hanneton est aussi producteur de gaz d’éclairage ainsi que le montrent les expériences de M. Muller, contremaître aux forges de Frisberg.
- Les hannetons ramassés en grandes quantités en certaines années sont d’abord tués par immersion dans l’eau chaude. D’après les expériences de M. Muller, 92 litres de hanneton», renfermant 3x.85o insectes, et 'pesant 27 kg 8i5, ont donné, à la distillation sèche, 3 ms d’un gaz très beau, très éclairant et pnt laissé 45 litres de charbon se comportant exactement comme le charbon animal ordinaire. Pour cette distillation, on a employé i35 litres de houille.
- L’extrait de teinture du bois de Cibucao. — Aux Philippines, on a créé une industrie de fabrication d’un extrait de teinture rouge dont la base est le bois rouge de Cibucao provenant des parages de Ileilo.
- D’après The Technical Review, cet extrait de teinture s’obtient de la manière suivante :
- On fajt bouillir le boisVavec de l’eau, après quoi la 'solution obtenue est évaporée jusqu’à consistance de mélasse et transformée en pâte par mélange avec de la craie ou une substance similaire.
- Les Chinois fabriquent leur cire à cacheter avec cette pâte et la teinture est utilisée, en grande partie, /dans la préparation d’un papier rouge employé à la confection de feux d’artifice. Cette teinture mélangée avec d’autres de meilleure qualité devient utilisable pour teindre les
- cotons à bon marché que l’on vend en Chine. Le commerce de ce produit est entre les mains d’un puissant syndicat chinois.
- Utilisation des espaces qui bordent les voies du chemin de fer. — M. Piédallu vient de signaler à l’Académie d’Agriculture les avantages que présenterait la mise en culture des espaces perdus le long des voies de chemin de fer. Ces terrains très peu larges, souvent peu fertiles et difficiles à cultiver, ne peuvent convenir à des cultures annuelles, d’autant plus qu’il est nécessaire deretenir la terre des talus et remblais. M. Piédallu propose d’y faire croître, au sud de la Loire, dans les régions favorables, le mûrier qui permettrait de développer l’élevage du ver à soie et fournirait sur ses branches une écorce fibreuse propre à donner des tissus fins et du papier de luxe. Au nord de la Loire, il préconise le mûrier à papier (Broussonnetia papyri-fera) et le micocoulier ; dans les endroits humides certaines plantes, médicinales telles que la spirée ulmaire, la menthe, la douce amère, etc., et surtout les oseraies, peut-être aussi les bambous. Beaucoup d’endroits supporteraient très bien la plantation d’arbres fruitiers variés.
- Le thé épuisé, aliment du bétail. — Le Bulletin de Renseignements de VInstitut International d'Agriculture rend compte d’une étude sur ce sujet, publiée par M. Aruch dans 1 ’ltalia agricola.
- Le thé, de composition très variable, contient toujours en abondance des matières azotées ( 18 à 38 pour 100), du tanin (10 à 18 pour 100) et des substances solubles dans l’eau (34 à 44 pour 100). Le thé qui a servi à une infusion a perdu presque totalement son tanin et sa caféine, mais il garde une grande partie de ses substances protéiques, de sa dextrine, de ses matières grasses et l’on peut donc l’envisager comme un aliment d’assez grande valeur nutritive, L’auteur a essayé avec succès de l’introduire dans l’alimentation des lapins et pense qu’on pourrait le donner également à d’autres espèces. Or la consommation du thé est considérable en beaucoup de pays; l’Angleterre en use chaque année 1 156 000 quintaux, les Etats-Unis 369000, la Russie 579000, etc. La difficulté serait dans le ramassage des thés épuisés parce qu’on n’en traite que de très petites quantités à la fois.
- Les poissons volants. — Un de nos lecteurs, M. Blard, nous écrit : « Dans un de vos derniers numéros vous avez parlé de ces poissons et donné deux opinions contraires sur leur vol réel.
- Ayant navigué maintes fois dans l’Atlantique occidental, la mer des Antilles et le Pacifique, j’ai vu des milliers de ces poissons qui m’ont fort intéressé.
- Pour les mieux voir, j’ai pu parfois me servir de jumelles, ce qui n’est pas toujours facile à cause de leur vitesse.
- On peut facilement constater à l’œil nu :
- i° Que ces poissons ont en avant de la queue et à droite et à gauche une membrane stabilisatrice tout comme les avions.
- 20 Que leurs ailes, légèrement grisâtres, vibrent assez vite sans toutefois se rabattre sur le corps comme le feraient celles d’un oiseau.
- Ces coups d’ailes sont donnés au départ, à la sortie de l’eau, quand le poisson après avoir plapé veut prolonger sa course, surtout quand brusquement une vague se présente devant lui et qu’il veut la franchir. Il faut dire que souvent il se précipite dans la vague et qu’il en ressort parfois de l’autre côté.
- Mécaniquement, il est impossible de prétendre que le poisson est toujours en vol plané, car :
- 19 Ges poissons à la sortie de l’eau se maintiennent à 3o ou 40 cm de la surface de l’eau en suivant la forme des vagues.
- 20 Leur course varie entre quelques mètres et 3oo ou 4°o mètres,
- 3° En vol plané, il faut partir d’un point élevé pour aboutir à un autre plus bas.
- 4° Lorsque le poisson se trouve en présence d’une vague de 1 m. par exemple, s’il plane, il devra se cabrer à près de 900, ce qui détruirait sa vitesse acquise et l’empêcherait de continuer sa course pendant 200 ou 3oo mètres.
- C’est justement dans ce cas qu’on voit très bien les mou vements des ailes qui permettent au poisson de s’élever eu conservant toujours la même distance entre l’eau et lui. )>
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- T. S. F. DES AMATEURS
- II. — CONSTRUCTION D'UN AMPLIFICATEUR A BASSE FRÉQUENCE
- A TRANSFORMATEURS
- La figure i représente le schéma d’un amplificateur à basse fréquence utilisant pour le couplage des lampes de petits transformateurs d’induction.
- En dépit du mystère un peu comique dont ce type d’amplificateur fut entouré durant la guerre, sa construction ne présente aucune difficulté et son emploi par les amateurs de T. S. F. est de beaucoup antérieur à l’armistice.
- L’appareil peut être utilisé seul dans un circuit de réception comprenant un détecteur; il peut être monté, à la place occupée par le téléphone, à la suite de l'amplificateur à haute fréquence ou avec le dispositif hétérodyne que nous avons précédemment décrits. Avec ses trois étages il amplifie cent vingt-cinq fois environ.
- Nous ne reviendrons pas, pour les détails de construction de cet amplificateur, sur les explications déjà données à propos de l’amplificateur à haute fréquence et qui seraient de nature à trouver ici une nouvelle application; le lecteur consultera pour confectionner les supports des lampes, la boîte-socle, le rhéostat de chauffage, pour fixer les connexions et grouper les éléments des batteries, les chapitres précédents où cette matière a déjà été traitée. Le seul organe nouveau dont nous nous occuperons est le transformateur au moyen duquel les variations de courant amplifiées sont reportées du
- / O—
- 2 O—v/-
- Fig. i. — Schéma d’un amplificateur à basse fréquence à transformateurs.
- eircuit-plaque d’une lampe au circuit-grille de la lampe suivante.
- Construction de transformateurs de couplage. — Les transformateurs d’induction utilisés pour le couplage des lampes dans les amplificateurs à B. F. sont des transformateurs à noyau du type fermé.
- Le dispositif que nous recommandons est à deux enroulements de même fil, isolés entre eux et bobinés dans le même sens sur un noyau de tôle feuilletée (pour éviter les courants de Foucault) ou sur un faisceau de fils de fer.
- Chaque enroulement devant avoir une résistance appropriée au circuit dans lequel il est intercalé, l’enroulement primaire du transformateur Tj monté dans le circuit d’un détecteur à cristaux pourra avoir une résistance de 3oo ohms, tandis que l’enroulement secondaire placé dans le circuit filament-grille pourra avoir une résistance dix fois plus élevée. Ainsi le nombre d’ampères-tours étant dix fois plus grand dans l’induit que dans l’inducteur, les variations d’intensité initiales y prendront une valeur dix fois supérieure ; cette considération a son importance, en dehors même du pouvoir amplifiant de la lampe, puisque plus la valeur du potentiel de grille est élevée, plus grande est la variation du courant dans le circuit de plaque qui est le circuit d’utilisation.
- Pour les transformateurs T2 et T3, une résistance de 3oo ohms aux primaires et une résistance de i5oo ohms aux secondaires donneront un rapport de transformation suffisant et avantageux.
- Ces valeurs ne sont pas nécessairement obligatoires et l’amateur curieux pourra confectionner différents modèles de transformateurs pour des essais comparatifs ; il pourra établir, par exemple, des enroulements primaires ayant une résistance comprise entre 3oo et •iooo ohms et des enroulements secondaires ayant une
- résistance comprise entre i5oo et ioooo ohms. Les valeurs auxquelles nous nous sommes arrêté satisfont à la fois à un très bon rendement et à un prix de revient peu élevé.
- Carcasse. — On se procurera, pour la confection de chaque petit transformateur, une bobine en bois ayant à peu près les dimensions indiquées sur le croquis de la figure 2.
- A défaut de bobine, on découpera dans une planchette de bois de i cm d’épaisseur deux carrés de 5 cm de côté qu’on percera ensuite en leur centre d’une lunette de i cm de diamètre et qui serviront de joues pour maintenir les enroulements du transformateur autour du noyau feuilleté.
- Noyau. — Le noyau peut être constitué très simplement par des tiges de fil de fer de 1/2 mm de diamètre et de 19 cm de longueur, isolées entre elles par une légère couche de vernis à la gomme laque et assemblées en un faisceau de 1 cm de diamètre (fig. 3). 1
- Les joues de garde des enroulements sont embrochées sur ce faisceau à frottement dur et au besoin maintenues par quelques gouttes de seccotine à une distance de 4 cm l’une de l’autre, et à 6 cm 1/2 de chaque extrémité du noyau.
- On enrobe le faisceau de fer doux sous deux couches de toile huilée, chatterton ou sparadrap afin de l’isoler parfaitement de l’enroulement primaire qui se bobine
- immédiatement par des- . . , .
- Fig. i. — Faisceau de ter doux.
- Bobinage. — Le dessin de la figure 4 illustre un procédé commode pour la confection rapide et régulière des enroulements de chaque petit transformateur.
- Entre les mâchoires d’un étau à griffes est fixée, dans la position horizontale, une chignolle américaine à engrenages dont le porte-foret maintient le faisceau de fils de fer muni des joues de garde de telle façon que le mouvement de la chignolle imprime à la carcasse du transformateur une rotation rapide et régulière autour de son axe. **
- La bobine portant la réserve de fil à enrouler est embrochée, en face et à hauteur de la carcasse à bobiner, sur une potence-dévidoir autour de laquelle elle doit pouvoir tourner très librement. Le fil que nous conseillons d’utiliser est de la rosette de cuivre d® 8/100 isolée à la soie; ce fil ayant une résistance approximative de 3 ohms par mètre, il en faudra environ 100 m. pour constituer 1’ enroulem ent primaire de chaque transformateur; il en faudra 1000 pour le secondaire du transformateur d’entrée et 5oo pour chacun des secondaires des deux autres transformateurs.
- Las joues de la carcasse fixée sur. la chignolle étant munies chacune de deux petites bornes sous lesquelles pend une connexion souple de 3 ou 4 cm de longueur, on soude avec précaution l’extrémité du fil à bobiner à la connexion reliée à la borne réservée pour l’entrée de l’enroulement primaire et marquée Pt; après cela, on commence l’enroulement en imprimant avec la main droite un mouvement de rotation d’abord très lent, puis plus accéléré à la manivelle de la chignolle tandis qre
- fîeserve c'a fil
- CÂ/qnof/e ou ports foret tdâ/e N a ~ëngrëriïïtf$s .
- en construction
- ftau
- /Poignée ûxe Fig. 4. — Bobinage d’un envoûtement.
- ~'r~
- Fig. 2. — Carcasse d’un transformateur.
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- T. S. F. DES AMATEURS
- de la main gauche on guide le fil à Bobiner en le maintenant délicatement entre le pouce et l’index.
- Le bobinage doit se faire à tours jointifs et aussi régulièrement que possible; il n’y a pas lien cependant d’exagérer les précautions à prendre dans ce but, car le chevauchement accidentel de quelques spires ne salirait compromettre le bon rendement de l’appareil.
- \
- entrée eu secondaire ; entrée duprimaire
- . 52
- Sortie du secondaire/L
- . Pz
- Ù Sortie eu primaire
- Enveloppe de sparadrap
- Fig. 5. — Coupe dans un transformateur.
- Lorsqu’on a commencé l’enroulement contré la joue placée du côté de la main gauche et qu’on arrive à la joue de droite une première coUéhe de fil recouvre la carcasse; il est bon, avant de continuer l’ehroülerüent, en allant cette fois dé là droite vers la gauche, de protéger la première rangée de spires en l’énrobant dans une feuille de papier mince retenue par Un onglet de papier gommé; ofi poursuit \l’opération sür le même rythme jusqu’à épuisement de la quantité de fil convenable en prenant soin de ramener vers la joue de départ l’extrémité terminale de l’eufOulèment afin de l’y souder à la borne de sortie Ps.
- Fig. 0. — Fermeture du faisceau Fig. 7. — Fermeturè du faisceau dd fur doux (iro phase). de 1er doux (3“ phase).
- L’enroulement primaire achevé, on le recouvre de deux on trois couchés de toile huilée et l’on procède au bobinage du secondaire exactement comme on a procédé à celui du primaire; Par-dessus ce second enroulement il est indispensable de disposer aussi une couverture protectrice faite de quelques couches de toile huilée ou de sparadrap.
- La figure 5 représente la coupe d’un transformateur après cette phase de fabrication;
- Fermeturè du nojau. Lorsque le bobinage est terminé, on procède à la fermeture du faisceau de fils de
- fer; pour cela, on partage chacune de ses extrémités en | deux portions égales qu’on I rabat sur les côtés du trans- J formateur (fig. 6) afin de j boucler les uns sous les autres les deux bouts de chaque fil et de les maintenir par une solide ligature (fig. 7).
- Le faisceau de fer doux forme alors autour des enroulements primaire et secondaire un double anneau rectangulaire constituant un noyau sans perte magnétique.
- Paraffinage. — Le transformateur est ensuite plongé dans un bain de paraffine liquide où on le laisse séjourner deux heures (la température du bain doit être juste suffisante poüf maintenir là fluidité du corps isolant) ; au bôüt de Ce temps, on retire le transformateur, on le fait égoüttér et ce n’est qu’après refroidissement complet; lôî'ëqùe la paraffine a repris son aspect opaque qu’il est possible d’utiliser l’appareil.
- La figure 8 représente un transformateur sous son aspect définitif.
- Montage de l'amplificateur à basse fréquence. — On se reportera au schéma de la figure i pour monter l’ampli-
- f{ pz
- Fig. 8. —; Transformateur de couplage terminé.
- ficafeur. Les transformateurs seront de préférence placés à l’intérieur d’un coffret servant de support aux iampes ; il sera indispensable d’établir des connexions courtes, bien isolées et ne se chevauchant pas sans nécessité.
- Le fer des transformateurs sera relié par une connexion soudée sur quelques brins du faisceau au pôle positif de la batterie à haute tension; V cette disposition évitera la production d’oscillations de basse fréquence qui feraient siffler l’amplificateur lorsque par suite d’un courant de chauffage un peu fort l’ampli-fication devient très tôg. 9- — Montage de l’amplificateur à basse grande. fréquenté dans nri circuit de réception.
- L’amplificateur à
- basse fréquence se monte dans un circuit de réception ordinaire selon le diagramme de la figuré g; il y ôcctlpe la place habituellement réservée au téléphone. Avec l’amplificateur que nous venons de décrire, il est préférable que le détecteur utilisé soit un détecteur à cristaux de résistance moyenne (détecteur Duroquier, par exémple).
- Lorsque l’amplificateUr BF est branché â la suite de l’amplificateur à résistances décrit dans le chapitre précédent pour amplifier lès signaux <}éjà amplifiés et détectés par celui-ci, les mêmes batteries de chauffage et de plaques peuvent être communes aux deux appareils; toutefois, il est de beaucoup préférable d’utiliser avec chaque amplificateur des batteries distinctes.
- Intercalé dans le circuit de réception de notre dispositif hétérodyne (à la place du téléphone) les piles et accumulateurs utilisés par le dispositif ne peuvent pas servir en même temps à l’amplificateur,
- Utilisation de la première lampe de l'amplificateur comme détecteur. — On peut Utiliser la première lampe de l’amplificateur à basse fréquence pour détecter les oscillations ; mais dans ce cas on ne disposé plus que des deux dernières lampes pour F amplification qui se trouve réduite dans ia proportion de 2/3 environ.
- L'utilisation d’une lampe détectrice à la place d’un détecteur à cristal offre l’avantage d’une meilleure syntonie et d’un réglage tout à fait stable, elle exige toutefois une installation plus compliquée et plus dispendieuse. La sensibilité d’une lampe détectrice est égale à celle d’une bonne galène et la dépasse même poUr la réception des petites ondes, mais lui est très inférieure pour la réception des ondes au-dessus de 200 mètres.
- Pour réaliser la détection des signaux au moyen de la première lampe de l’amplificateur, il suffit de supprimer le transformateur d’entrée et de disposer, selon lé schéma de la figure 10, un petit condensateur shuiité
- Fig. 10. — Utilisation d’une lampe comme détecteur.
- (C = —------- de microfarad; R = 4 mégohms) sur le
- v 100000 '
- circuit de la première grille, l’agencement des autres lampes restant sans modification.
- Branchement du téléphone dans le circuit de plaque. ^ Le plus souvent l’écouteur téléphonique est direbtemënt intercalé dans le circuit de plaque de la dernière lampe de l’amplificateur (fig. ii, A); pour un écouteur à la fois Sensible et robuste, c’est la disposition qu’il convient d’adopter comme étant ia plus avantageuse, celle qui assure le maximum d’intensité à la réception.
- On améliore parfois très sensiblement le rendement.
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- T. S F. DES AMATEURS
- d’un amplificateur en shuntant le téléphone au moyen d’un condensateur de 1/2 à 3 millièmes de microfarad, ce condensateur favorise le passage d oscillations que la self de l’écouteur téléphonique pourrait contrarier (fig. 11, B).
- Lorsque leetéléphone est directement branché dans le
- Primaire / noyau~
- Condensateur / Secondaire
- 0
- Se/C
- mf I Condensateur
- •one
- Noyau
- P
- Eig. 11. — Montage du téléphone dans le cirfcutt de plaque.
- circuit de plaque, il est continuellement parcouru, même en l’absence de toute oscillation^ par le courant de la batterie à haute tension et l’effet de ce courant en polarisant les aimants de l’écouteur péut à la longue affaiblir sa sensibilité. On remédie à cet inconvénient soit en montant le téléphone sur le secondaire d’un transformateur spécial dont le primaire est intercalé dans le
- circuit de plaque (fig. 11, G), soit en mettant l’écouteur en série avec une capacité de 3 à 4 millièmes de microfarad aux bornes d’une self intercalée dans le circuit de plaque (fig. 11, D). Le condensateur s’oppose àü passage du courant continu dans le téléphone, mais y laisse passer librement les oscillations que la self arrête, au contraire, et dérive vers l’écoutetir.
- Construction d’un transformateur téléphonique. —- Un transformateur téléphonique se construit exactement comme un transformateur de couplage ; ôn donne à son enroulement primaire une résistance de 3ooô ohms et à son enroulement, secondaire une résistance variable suivant l’écouteur utilisé, mais assez,généralement voisine de 3oo ohms. L’enroulement primaire destiné au circuit de plaque est celui qui se bobine directement sur lé faisceau de fer doux, il est avantageux de le faire en fil de cuivre de 8/100 (environ 1000 m.) isolé à la soie; quant à l’enroulemênt secondaire, on peut le constituer avec 3oo m. de fil de cuivre de 20/100 également isolé à la soie.
- La self aux bornes de laquelle se branchent en série le téléphone et le condensateur de 4 millièmes de micro-farad peut être remplacée par le primaire du transformateur téléphonique. .
- Excellents pour prévenir la détérioration des écouteurs téléphoniques délicats, ces dispositifs présentent, par contre, linconvénient de diminuer assez sensiblement l’intensité des signaux perçus.
- Franck Duroquier.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Q§L
- Recettes pour prolonger l’existence des batteries de piles sèches employées dans les amplificateurs
- de T. S. P. — Nous devons à M, Gouzon, de Lyon, l’intéressante recette qui suit. Nous avons conseillé maintes fois, dans les appareils de T. S. F. à lampes, pour maintenir à la plaque la teilSion Voulue, d’utiliser des batteries de piles sèches accouplées en tension de façon à donner 60 ou 80 volts. Quand on a réuni, eh les souctaht à l’étain, toutes les piles entre elles, -j- et —, 4- et — etc., etc., M. Gouzon conseille de mettre le bloc ainsi formé dans une caissette étanche, juste de grandeur, et de noyer le tout avec de la paraffine ; On a de cette façon une durée de courant, double de celle que l’on aurait en laissant le bloc à l’air libre, et la dépense du prix de la paraffine est bien Récupérée par ce supplément de durée ; on peut relier 4 011 5 piles de plus qu’il ne faut pour donner les 60 ou 80 volts, et si on laisse émerger de la paraffine les lames des piles faisant contact entre elles, on peut supprimer du circuit celles qui s’useraient avant les autres, en les sautant dans la série, sinon elles feraient résistance au passage du courant. Il va sans dire qu'il ne faut monter que des piles vérifiées et saines. M. Gouzon possède ainsi un bloc qui dure depuis six mois ; c'est un résultat appréciable.
- Procédé de décreusage de la soie. — Le nouveau procédé de décreusage de la soie, que nous indiquons ci-dessous, d’après Textile World Journal, de New-York, donne, paraît-il, dans l’industrie, aux Etats-Unis, des résultats satisfaisants.
- Pour a kg 275 de soie, employer la formule suivante ;
- Fltiile de pied de bœuf . . 900 grammes.
- Savon à l’huile d’olive . . 45° —
- Soude................... 55 —
- Sel.....................' 28
- Faire dissoudre le sel et la soude dans une pëiite quantité d’eau claire à une température n’excédant pas 2i° G. Faire cuire le Savon dans g litres d’eau environ, jusqu’à ce qu’il soit dissous, ajouter l’huile de pied de bœuf ; bien brasser jusqü’à ce que l’émulsion se produise.
- Verser le mélange dans 270 litres d’eau dont une partie est constituée par la solution de sel et de solide ; bien agiter ce bain jusqu’au moment d’immerger la soie, sinon l’huile monterait à la surface et on ne pourrait plus effectuer convenablement le mélange.
- Immerger complètement la soie bien ouverte et la laisser tremper pendant 8 à 10 heures, après quoi il n’y a plus qü’à laver et faire sécher. H. B.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — Dans la boîte .aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l'abondance de la correspondance et des recherches le plus soiiVéat nécessaires, il ne peut être répondu miüédiatenient. >•
- Réponses. — Procure de la Mission de Quinhon, Aunam, — i° La purification du graphite consiste à le réduire en poudre fine, puis à faire une bouillie très fluide avec de l’acide sulfurique, ou chauffe légèrement et laisse digérer 36 heures. On lave ensuite à plusieurs reprises pour enlever les sels solubles et l’excès d’acide sulfurique ; — 2° hé titane est obtenu par décomposition au creuset
- de platine du fluorure double de titane et de potassium par le potassium, c'est dans les opérations préalables qu’a lieu la purification. Essentiellement on isole le titane du niobium, du tantale et de l’acide silicique ên chauffant avec de l’acide sulfurique concentré ou dii bisulfate dé potasse, le sulfate acide de titane seul"se dissout dans l’eau et on reprécipite ensuite le titane par l’ammoniaque à l’état d’acide titanique. Au besoin on répète à plusieurs reprises l’opération et on transforme finalement en fluorure double par attaque au moyen d'un mélange d’acide sulfurique et de fluorure d’ammonium, en présence d’eau oxygénée.
- T. S» P. — M. Gi D., h Roanne. -*• i° Voyez l’article relatif à la construction d’un amplificateur à résistances ;
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- BOITE AUX LETTRES
- i° Le coefficient normal d’amplification est de 5 à 6 par étage lorsqu’on utilise les lampes françaises dans les conditions de montage les plus avantageuses ;
- 3° L’intensité moyenne du courant dans le circuit de plaque- varie entre un demi-milliampère et un milliampère pour une source électromotrice de 8o volts.
- M.Robert Ceari, à Rodez. — i° Vous ne pouvez pas utiliser le courant alternatif pour le chauffage du filament des lampes à 3 électrodes, non plus pour assurer la tension de plaque ;
- - 2° Il ne fant pas raccorder sur votre récepteur de T. S. F. les deux fils de ligne de votre téléphone d’abonné; cette disposition aurait pour effet de rendre l’appareil inutilisable, vous ne pourriez ni appeler le bureau central, ni être appelé par lui.
- M. Jean Stouff, à Cannes. — i° Yotre grillage métallique de 2 nU de surface constituera une bonne prise de terre, à la condition d’être enfoui à 20 ou 25 cm de profondeur en sol humide— soignez les connexions qui devront être soudées — un fil gros et court reliera le grillage aux appareils ;
- 20 Nous vous donnerons prochainement les détails de construction pour la réalisation d’un cadre radiogonio-métrique, vous pourriez adopter pour votre réception, ce genre de collecteur;
- 3° Les écouteurs téléphoniques de réseaux, type P. T. T., ont habituellement une résistance de i5o à 200 ohms. Quelques écouteurs de ce genre ont une sensibilité très suffisante pour être utilisables en T. S. F. ;
- 4“ La maison Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris, vous fournira tous les produits chimiques dont vous pouvez avoir besoin.
- M. Jacques Manesse. — i° La canalisation d’éclairage électrique à Paris étant souterraine, aucune réception pratique de T. S. F. ne peut être assurée en utilisant cette canalisation comme collecteur d’ondes;
- 2° Votre petit cadre et l’emploi d’un amplificateur vous permettront une bonne réception de FL et de différentes émissions étrangères. Si vous ne voulez utiliser qu’une seule lampe, nous vous conseillons d’adopter notre dispositif hétérodyne ;
- 3° Le procédé le plus économique consiste encore, croyons-nous, à utiliser de bonnes piles pour lampes de poche (piles Mazda par exemple), une batterie de 80 volts vous reviendra à une vingtaine de francs et vous fera un long usage;
- 46 Votre antenne étant mise à la terre extérieurement, vous n’avez absolument rien à craindre de l’orage.
- Mlle J. D. 3, à Périgueux. — La Revue française de T. S. F. a cessé de paraître, peut-être liriez-vous avec intérêt la nouvelle publication. T. S. F. Moderne, qui paraît mensuellement (avenue de Saxe, 11, Paris, VIIe), cette dernière revue est très bien rédigée et contient de nombreux renseignements pratiques ; nous en recommandons la lecture aux amateurs de T. S. F.
- M. A. Faucher, à Paris. — L amplificateur à résistances décrit dans les Eléments de T. S. F. pratique peut être utilisé également pour la réception des ondes entretenues; il suffit, pour cela, de faire réagir la ire grille sur la ir0 ou sur la 4e plaque, au moyen d’un condensateur variable de très faible capacité (une seule plaque par armature). Voyez d’ailleurs à ce sujet notre article sur la construction d’un amplificateur à résistances; l’appareil que nous décrivons dans cette étude vous permettra la réception des ondes amorties et des ondes entretenues sur une très grande échelle de longueurs d’ondes.
- Dr G. Housselot, à Gouzon. — i° Nous recommandons aux amateurs de n’acheter des lampes à 3 électrodes que sous la réserve d’une garanfie formelle ; quelques commerçants peu scrupuleux livrent depuis quelque temps à leur clientèle des appareils non essayés provenant de stocks de réforme.
- Les lampes portant la marque « Métal » ou la marque « Fotos » sont excellentes. Nous signalerons volontiers d’autres firmes à nos lecteurs si les constructeurs nous permettent l’essai de leurs appareils et garantissent leur bon fonctionnement.
- 20 La maison Gram'mont livre ses lampes par 100 pièces au minimum; elle exigeait, jusqu’à ces derniers temps, à l’appui de chaque commande, l’engagement par l’acheteur de ne pas utiliser les lampes pour l’écoute téléphonique, formalité bien puérile à notre avis. Le prix de gros des lampes à 3 électrodes est de i5 fr. l’une.
- M. G. de la Taille, à Arcachon. — \° Chaque enroulement des petits transformateurs, utilisés dans l’amplificateur hétérodyne Duroquier, est constitué par 65 m. de fil 10/100, bobinés en plusieurs couches sur des carcasses concentriques ayant à peine 1 cm de hauteur et de 5 à 5 cm 1/2 de diamètre; 0
- 20 Non, vous ne pouvez pas utiliser à cette fin du courant alternatif;
- 3° Dans les postes à ondes entretenues, dits à faible portée (jusqu’à 200 km), l’émission et la réception utilisent un même type de lampe ; les postes à grande portée emploient pour l’émission des lampes spéciales à filament très renforcé.
- M. Le Doyen, à Boulogne. — Nous vous engageons à ériger sur cette falaise un collecteur d’ondes en nappe de 60 m. de longueur, à 2 ou 3 brins espacés de 1 m. 5o. Vous pouvez, par économie, employer du fil de fer galvanisé pour la construction de cette antenne; choisissez un fil assez gros, du 20/10 par exemple. Un grillage métallique de 4 à 5 m. de longueur posé sur le sol au-dessous de l’antenne constituera un excellent contrepoids.
- Orientez antenne et contrepoids dans la direction Ouest à Est pour recevoir plus favorablement les émissions venant de l’Est.
- M. Gay, Le Marois, à Versailles. — Les pellicules photographiques débarrassées de leur gélatine peuvent être utilisées comme diélectrique dans la confection des condensateurs de réception de T. S. F. Elles permettent de constituer des armatures en ruban très pratiques pour réaliser simplement des condensateurs variables ; nous décrirons quelques modèles de condensateurs de ce genre dans notre prochain ouvrage qui paraîtra chez Masson, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. J. M. Conrad, à Paris. — i° Les résultats que vous avez obtenus avec l’amplificateur Duroquier sont évidemment très beaux; pour recevoir dans les mêmes conditions de rendement les ondes entretenues, il faut donner au condensateur désigné par la lettre G sur le schéma de la figure 76, page 108 des « Eléments de T. S. F. pratique » une très faible capacité;
- 2° Utilisez sur votre cadre un condensateur rotatif ordinaire de 23 dix-millièmes de microfarad environ.
- M. P. Devaux, à Paris. — La longueur du fil bobiné sur la carcasse primaire du transformateur d’induction décrit dans le n° 2406-7 de La Nature (T. S. F. des Amateurs) est de 35 m. environ.
- M. J. R. B. à Orange. -— Vous trouverez des lampes à 3 électrodes, chez Ducretet et Roger, 75, rue Claude-Bernard et chez Cochet, au Bazar de l’Electricité, boulevard Henri-IV ; nous ignorons si d’autres constructeurs tiennent cet article au détail.
- M. Robert Rarral, à Nîmes. — La maison Ruggieri,' artificier, 94. rue d’Amsterdam, à Paris, vous fournira au détail des tubes de carton de toutes dimensions.
- M. Hemery, Ecole Normale, à Châteauroux. — i° Voici le nom des stations correspondant aux indicatifs d’appel que vous nous signalez :
- PSO — Posen (Pologne); LCH = Christiania (Norvège) ; OHD = Vienne (Autriche); BYF — Pembroke (Angleterre) B YZ — Malte; ICT — Tarente (Italie); IQZ = Pola (Italie); WAR' = Varsovie (Pologne);
- 20 L’horaire des transmissions des postes espagnols varie assez fréquemment, ainsi Barcelone (EAB, Marconi, 2200 m.) travaille très irrégulièrement avec Coltano
- (ICI). . ...
- Madrid (EGC, 2000 amorties) transmet un « Méteo » à i5 h. 3o et à 20 h. 3o; à 3 heures, il communique avec Eilvese (OUI); à 4 heures avec Tarente; à i4h. 3o avec Lisbonne (CTV) ; à partir de 20 heures avec son réseau.
- Aranjuez (ËAA, 3ooo amorties) transmet un « météo » à 22 heures; il travaille dans la journée avec Poldhu (MPD) sur amorties et avec Eilvese (OUI) et Nauen (POZ) en entretenues sur 6700 mètres.
- MM. Monnier et Martin, à Nîmes. — i° Vous pouvez utiliser le fil de cuivre nu de 1 mm de diamètre pour la confection de votre antenne ;
- 20 Voyez nos réponses à différents lecteurs au sujet de la réception sur cadre ;
- 3° Des piles au bichromate peuvent servir pour le chauffage du filament; prenez des éléments de grande capacité afin d’avoir un débit bien constant, des piles contenant de 1 à 2 litres de liquide par exemple. L’em-
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- BOITE AUX LETTRES
- ploi de piles au bichromate vous reviendra plus coûteux, à la longue, que l’emploi d’un bon accumulateur double;
- 4° Vous trouverez des fils en alliage de haute résistance chez E. Louyot, 16, rue de la Folie-Méricourt, à Paris ; le cours des métaux est trop variable en ce moment pour que nous puissions vous fixer exactement sur les prix des fils de nickel et de maillechort;
- 5° Adressez-vous à la Compagnie Française de l’Amiante du Cap, 8, rue Favart, à Paris, ou chez Louis 1 rabet, x, rue Amelot, qui vous procureront de l’amiante en fil ou en plaque.,
- M. E. Moreau, à Issoudun,. — i° Un réglage définitif des appareils d’accord pour une émission donnée, n’est pas possible sur un circuit d’éclairage urbain, parce que la canalisation ne constitue pas un collecteur à longueur d’onde invariable en raison des branchements plus ou moins nombreux utilisés à un moment donné sur cette canalisation ;
- x° On peut employer comme inductance des bobines plates, dites spirales .Matteuci, ou des enroulements entre-croisés qui diminuent considérablement l’encombrement ordinaire des appareils d’accord, mais la construction de ces dispositifs exige un outillage spécial qui n'est pas à la portée des amateurs;
- 3" Donnez à voti-e bobine de self une hauteur de x m. environ, et assurez l’utilisation progressive de l’inductance au moyen d’un jeu de plots.
- Pour recevoir les très grandes longueurs d’onde, utilisez un transformateur d’induction formé de deux carcasses à faces rectangulaires ayant 3o cm de longueur et o m. 19 de côté pour le primaire et o m. 16 pour le secondaire. Enroulez environ 280 spires de fil 8/10 isolé sur la carcasse primaire (20 plots environ) et 3oo spires de fil 6/10 isolé sur la carcasse secondaire (20 plots environ) .
- Colonel F., Bibliothèque de l’Ecole Polytechnique. — 1" Voici le devis d’un petit poste à lampe, construit par l’amateur, c’est-à-dire en ne tenant compte que du prix d’achat des appareils et matériaux indispensables :
- 1 lampe, 16 francs ; x appareil à enroulements réactifs, 60 fr.; 1 accumulateur double, i5o fr. ; 1 batterie de lampes de poche, 20 fr. ; 1 casque téléphonique à
- 2 écouteurs, 70 fr. ; x condensateur variable, 10 fr. ; 1 condensateur fixe, 3 francs;
- 20 Pour vous donner exactement les renseignements demandés, il faudrait que nous sachions de quel emplacement vous pouvez disposer pour l’installation d’une antenne. Notre prochain article sur l’utilisation du cadra radiogoniométrique comme collecteur d’ondes vous donnera satisfaction.
- M. Goerrée, a Tassin, Rhône. — i° L’étendue à donner à votre antenne dépend du genre d’appareils récepteurs que vous pouvez utiliser ; avec un petit poste horaire muni d’un détecteur à cristaux, il vous faut au moins constituer votre collecteur d’ondes à Lyon par 2 ou 3 brins de 3o m. de longueur; si vous utilisez un amplificateur, vous pouvez réduire votre antenne dans une grande proportion et même recevoir FL sur cadre;
- 20 Evitez soigneusement le voisinage de l’antenne et du circuit d’éclairage ;
- 3° Si votre réservoir d’eau est métallique ainsi que la canalisation, l’ensemble constituera une excellente prise de terre.
- M. B. A., avenue Victor-Hugo, à Tulle. — 1° Gomme ouvrage sur la question qui vous intéresse, voyez L’Utilisation ménagère des fruits sans sucre, par A. Truelle, 1 vol. 2 fr. (Masson et C‘p, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain, Paris, 6e) ; 20 Pour l’étude des questions relatives aux conserves, nous indiquons : Nouveau Manuel complet de Valimentation, tome II, Conserves alimentaires, par Henri Blin, 1 vol. 6 fr. y5 (Mulo, éditeur, 12, rue Hautefeuille, Paris, 6e); Conserves de fruits, par A. Rolet, 1 vol, ib fr. ; Les conserves de légumes et de viande, par le même auteur, 1 vol. 10 fr. (Librairie agricolel 26, rue Jacob, Paris, 6°); Manuel des conserves alimentaires, par R. de Noter, 1 vol. 4 fr. 5o (Nolo, éditeur, 53 bis, quai des Grands-Augustins, Paris, 6°); Le Séchage des fruits et des légumes, par Nanot et Gatin, 1 vol. 5 fr. 25 (Librairie agricole, précitée); 3° Pour les confitures : Nouveau Manuel complet du confiseur et du chocolatier, par Henri Blin, 1 vol. 6 fr. yS (Mulo, éditeur, précité); Les Confitures, par J. Michel-Rousset, i vol. 2 fr. 65 (H. Desforges, 29, quai des Grands-Augustins, Paris, 6°); 4“ Pour les détails rela-
- tifs au procédé Cord, demandez ces renseignements à l’auteur des études publiées sur les conserves de fruits et les confitures : M. A. Truelle, 6, rue Vavin, Paris, 6°,
- M. J. R., & Willer, près Thann (Haut-Rhin). — Ainsi que nous l’avons indiqué dans le n° 2418, le bisulfate de soude était produit, en grande quantité, par les poudreries nationales, pendant la guerre. Nous ne verrions que la poudrerie de Vonges (Côte-d’Or), comme étant la moins éloignée, mais nous ne savons si elle possède encore ce produit. Vous pourriez demander l’indication d’une adresse en écrivant à la Direction des Services agricoles de l’Alsace, à Strasbourg, ce produit étant préconisé pour un usage agricole. Voyez aussi : Etablissements Poulenc frères, Paris, 122, boulevard Saint-Germain, 6e.
- M. P. D., à Sainte-Adresse (Seine-Inférieure). — Comme suite aux renseignements donnés dans la Boite aux Lettres du n° 24x6, le Secrétaire général de l'Association française du Froid (dont ie siège est à Paris, 9, avenue Carnot, 17e), nous informe que depuis le i°r janvier 1920, la revue l'Industrie frigorifique n’existe plus ; elle a été remplacée par la Revue générale du froid et des industries frigorifiques, la seule revue frigorifique existant en France, et qui est publiée par l’Association précitée, laquelle se mét à la disposition de chacun pour toutes les questions d’intérêt général.
- M. E. D., à Saint-Vincent-de-Paul (Landes).— Conservation des citrouilles et des courges.—Il faut tout d’abord les placer dans un local exempt de toute humidité. Nous ne savons quelle durée de conservation on envisage ; en tout cas le procédé fort simple préconisé pour conserver les melons pourrait être employé. Voici en quoi il consiste : prendre les citrouilles et courges avant leur maturité, les essuyer avec un linge et les mettre dans un endroit bien sec pendant un ou deux jours, après quoi, on garnit des tonneaux bien secs de cendre tamisée et on enterre les courges dans cette cendre, en ayant soin de les recouvrir entièrement, d’éviter toute humidité et les brusques variations de température.
- En prenant ces précautions, les citrouilles et les courges se conservent parfaitement jusqu’au moment de la consommation et avec toutes leurs qualités comme au moment où on les a cueillies. Ajoutons que dans une glacière, ces cucurbitacées pourraient, comme les melons, se conserver pendant plus d’un mois. On pourrait essayer aussi la conservation dans du sable très sec. La dessiccation par la chaleur ne peut intéresser la conservation pour la consommation familiale.
- M. P. P., avenue d’Orvilliers, à Moulins. — i° La potasse seule ne constituerait qu’un engrais incomplet, les plantes devant recevoir, dans les conditions normales, une fumure complète, c’est-à-dire comprenant l’azote, l’acide phosphorique, la potasse et la chaux, pour donner le meilleur rendement. Dans tous les cas, il faut avoir égard à la nature de la terre, à sa composition physique et chimique, pour déterminer la fumure pouvant le mieux convenir à telle ou telle plante. Il vous faudrait donc associer à l’engrais de potasse des engrais azotés (sulfate d’ammoniaque, nitrate de soude ou nitrate de chaux), ou des engrais azotés organiques (sang desséché, corne torréfiée, cuir désagrégé, etc.) et des engrais phosphatés (superphosphates de chaux ou scories de déphosphoration) ;
- i° Ces réserves faites, voici comment on peut employer la sylvinite, ou sel de potasse d’Alsace, ’GOinme engrais. La sylvinite (kaïnite) et la sylyinite riche (sels d’engrais) seront réservées de préférence aux terres légères, sableuses ou tourbeuses, aux prairies, aux racines fourragères ; on les sèmera dès l’automne ou pendant Fhiver en les enfouissant par un labour pour les cultures de printemps; par un hersage pour les prairies; en couverture, à la sortie de l’hiver,, sur les céréales d’automne. Il faut, par hectare, 800 à 1000 kg de sylvinite (kaïnite) ou 5oo à 700 kg de sylvinite riche.
- Le chlorure de potassium peut s’employer sur vigne, blé, et autres céréales, plantes légumières et racines fourragères et sur tous les sols bien pourvus de chaux ; on l’appliquera quelques semaines avant les semailles ou la plantation en l’enfouissant par un labour ou un hersage ou bien une quinzaine de jours après la levée, en couverture, à la dose de 200 à loo lcg par hectare.
- Les sels de potasse peuvent être mélangés, sans inconvénients, avec tous les autres engrais.
- La Direction des Services agricoles de l’Ailier, à Mou-
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- BIBLIOGRAPHIE
- lins (préfecture), peut vous lixer pour l'adaptation de la fumure à la nature des terres et aux diverses cultures.
- M. Ch. M., à Paudy (Indre). — i° Pour le blanchiment mécanique de l’osier destiné à l’industrie, il y a les machines dites peleuses d'osier, fonctionnant à bras ou au moteur. La peleuse (système Moisson et Page), construite par M. de Meixmoron de Dombasle, à Nancy, peut pratiquer le blanchiment de l’osier sur place, dans les oseraies. Actionnée à bras, elle occupe un homme et trois enfants et écorce 40 à 5o bottes en une journée. Pour connaître le ou les types de machines modernes actionnées mécaniquement, vous pourriez demander ce renseignement à la Direction de la Station d’Essais de machines, :2, avenue de Saint-Mandé, Paris, 12e;
- 20 Nous ne connaissons pas de procédé chimique pour traiter l’osier quand il est sec, mais nous savons que lorsque la siccité des brins est complète, il est un procédé qui consiste à mettre bouillir l’osier dans de grandes chaudières ou dans des étuves. L’écorce lui donne alors une belle teinte; après écorçage cet osier doit également être séché avec soin ;
- 3° Lorsqu’il s’agit de teindre l’osier, on emploie ordinairement des teintures spéciales, à base d’aniline; on les trouve dans des fabriques spéciales; elles ont un pouvoir tinctorial intense et sont d’une manipulation plus facile que les anciennes teintures ; on trouve, dans ces teintures, toutes les nuances.
- Pour cette quesliou, comme pour les machines, vous pouvez en outre, sous les auspices de notre collaborateur Henri Blin, vous renseigner, en exposant vos projets, à M. Eugène Leroux, directeur de l’Ecole nationale d’osiériculture et de vannerie, à Fayl-Billot (Haute-Marne) .
- M. Ch. B., Ecole vétérinaire, Toulouse. — A titre de
- renseignement général, nous avons indiqué que les poudreries nationales pouvaient fournir le bisulfate de soude. Si celles qui ont été mentionnées, notamment les poudreries de Toulouse, Bergerac ou Angoulême, ne possèdent plus ce produit, il y aurait lieu de se renseigner à la Direction de la Station agronomique de Toulouse, ou à la Direction des Services agricoles de la Haute-Garonne, ou encore à M. Yincens, directeur de la Station œnologique, 48, rue Roquelaine. à Toulouse, pour obtenir une adresse. Voir aussi : Etablissements Poulenc, frères, 1 i4i, boulevard Saint-Germain, Paris, 6'.
- M. G. P., quai de Hàble, à Dieppe. — Comme ouvrages sur la culture du tabac eu France, nous vous indiquons : Les secrets de la culture du tabac (Traité pratique et réglementé), par Lucien Fournier, commis de culture, 1 v"ol. 4 fr. ; Le tabac, culture et industrie, par E. Bouant, 1 vol. 7 fr. 5o; Plantes industrielles, par Henri Hitier, 1 vol. 9 fr. (Librairie agricole, 26, rue Jacob, Paris, 6°) ; Tabac, par P.-G. Demoor, 1 vol. 2 fr. (Nolo, éditeur, 53 bis, quai des Grands-Auguslins, Paris, 6e); Le Tabac (culture, préparation, production), par L. Laurent, 1 vol. t'4 fr. ; Le Tabac, par F. de Confrevon. 1 vol.
- 1 fr. 5o (Librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris, 7e) ; Culture et fabrication du tabac, par Raymoud Brunet, 1 vol. 4 fr. 5o (Mulo, éditeur, 12, rue Haute-feuille, Paris, 6e).
- Pour l’apiculture : le livre Apiculture, par R. Hom-mell, 1 vol. 7 fr. 5o ; Ma méthode d'apiculture, manuel pratique d’apiculture intensive, par P. Peter’s, 1 vol. 7 fr. 5o; Les abeilles, par Sagot, et Delépine, 1 vol.
- 2 fr. 5o; Le rucher, par C. Arnould, 1 vol. 6 fr. (Librairie agricole, 26, rue Jacob).
- M. G. L., à Tananarive. — Nous n’avons pas sur la Natalité d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de io°/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ————————
- L'Année aéronautique. Première année (1919-1920), par L. Hirschauer, capitaine du Génie, et Ch. Dollfus. x vol. 19 x 27 de 166 p., avec 35 fig. Duno'd, éditeur. Paris. Prix net : 20 francs.
- L'Année aéronautique se propose de donner chaque année, par l’examen des manifestations les plus caractéristiques de l’activité industrielle, commerciale, sportive, une vue d’ensemble sur l’état d’avancement des questions aéronautiques dans le monde entier.
- Un rapide aperçu des matières traitées dans ce premier volume en fera saisir l’intérêt.
- On y trouve les descriptions, accompagnées de photographies, des avions les plus intéressants : français, anglais, italiens, américains et allemands. On y trouve également des monographies des principaux ballons dirigeables français, anglais, italiens et allemands.
- Des comptes rendus très clairs rappellent ensuite les grandes manifestations sportives, les grands raids et en font comprendre la portée.
- Une troisième partie est consacrée à la description du Salon de Paris et à celle de l’Exposition d’Amsterdam.
- Le livre s’achève sur un exposé très complet d’abord de l’exploitation de diverses lignes aériennes, notamment Paris-Londres et Toulouse-Rabat, et ensuite du développement pris par les principales affaires de transport françaises et étrangères.
- Les problèmes de l Océan, par A. Berget, i vol. in-18, 331 p., 43 fig. Bibliothèque de Philosophie scientifique. Flammarion. Paris. Prix : 6 fr. 75.
- Clair exposé des lois qui régissent le milieu marin :
- nature des eaux, propriétés physiques, conligui^alion du fond, courants, modifications des rivages. L’ouvrage se termine par un chapitre sur le passé et l’avenir des océans où l’auteur expose les théories de l’évolution du globe.
- Les champignons du globe, par H. Coupin, 2e vol., 79 pl. Chez l’auteur (5, rue de la Santé, Paiüs). Prix net : 5o francs.
- Ce deuxième volume, tant attendu (sa publication avait été interrompue par la guerre), vient enfin de paraître. Il est consacré à ces jolis Champignons que les Mycologues ont réunis sous le nom d’Ascomy-cètes, lesquels pullulent dans les bois et causent aussi de nombreuses maladies aux plantes, à l’homme et aux animaux, tandis que, d’autres, comme par exemple les Levures, provoquent de si singulières fermentations. Il y a là, pour les amateurs, une mine encore peu connue pour satisfaire leur curiosité, et, pour les travailleurs des Laboratoires, des sujets presque inépuisables de recherches. Toutes les espèces sont représentées par de nombreux dessins accompagnés d’une légende détaillée.
- Les algues du globe, par H. Coupin, tome III, 79 pl. Chez l’auteur (5, rue de la Santé, Paris). Prix net : 5O francs.
- Malgré les difficultés de l’heure présente, notre collaborateur a réussi à faire paraître ce troisième tome, qui, comme les précédents, renferme une multitude de dessins d’ensemble ou de détail. Il est consacré, en particulier, aux Algues brunes et aux merveilleuses Algues rouges, que l’on désigne plutôt sous le nom général de Floridées pour exprimer que, par leur beauté, ce sont de véritables « fleurs des eaux». Souhaitons que cet ouvrage donne une nouvelle impulsion à l’étude des Algues, encore trop peu répandue en France après y avoir, avec Thuret et Bornet, brillé d’un si vif éclat.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2428
- 16 Octobre 1920
- 0
- K
- INFORMATIONS
- La coupe Gordon Bennett (1).— L’épreuve pour la coupe Gordon Bennett, qui ne s’était pas courue depuis 1913, vient d’être gagnée le '28 septembre 1920 par l’aviateur Sadi-Lecointe. Sa victoire étant la troisième remportée par des Français, la coupe devient la propriété définitive de l’Aéro-Club de France. Il y a loin
- L’avion de Sadi-Lecointe.
- des vitesses atteintes dans cette nouvelle course à celles de la première organisée en 1909 sur l’aérodrome de Bétheny, en Champagne. Cette fois-là (voir La Nature, nos i8g3 et 1894), il s’agissait de parcourir aokm.que Curtiss, le vainqueur, franchit en i5m5os2/5 ; cette fois-ci, il fallait voler 3oo km avec 5 virages, Sadi-Lecointe y réussit en 1 h. 6 m. 17 s. i/5. Distance i5 fois plus grande, temps 4 fois seulement! La vitesse moyenne à l’heure atteint donc aujourd’hui 271 km.
- Sadi-Lecointe conduisait un avion Nieuport dont la photographie ci-dessus montre le profil et dont voici les principales caractéristiques : moteur Hispano-Suiza de 3oo chev. ; carburateur Zénith; hélice Chauvière.
- Pour l’aviation (‘).—Il n’est pas besoin d’être grand prophète pour prévoir que dans les guerres futures, toujours possibles hélas, l’aviation jouera un rôle capital. Il importe donc que la France ait et garde une aviation militaire puissante, au premier rang du progrès. Et cela n’est possible que s’il existe une aviation civile puissante. Or, il suffit de jeter un coup d’œil sur la situation actuelle de l’industrie aérienne pour constater que le prodigieux outil forgé pendant la guerre est aujourd’hui laissé à l’abandon, et en voie de se rouiller. Le concours apporté par l’Etat est insuffisant pour maintenir en vie l’aviation civile, les crédits accordés pour 1920 en témoignent.
- Les dangers d’une telle situation sont évidents; il importe que l’opinion publique, qui en France décide en dernier ressort, en soit dûment avertie et que les initiatives privées viennent au secours de l’Etat. Cette belle tâche d’éclairer l’opinion et de susciter les initiatives vient d’être entreprise par nos deux grandes associations aériennes : l’Aéroclub et la Ligue Aéronautique, sous l’énergique impulsion de M. André Michelin, le nouveau président de l’Aéroclub. S’inspirant de l’exemple donné en Allemagne, avant la guerre, par la Ligue Maritime qui a tant contribué à la création de la puissante flotte germanique, M. Michelin fait appel à tous les concours, depuis les plus puissants jusqu’aux plus modestes ; chacun peut dans la mesure de ses moyens participer à cette grande mission, soit par une simple cotisation de 5 francs à la Ligue Aéronautique, soit par des dons, soit par une collaboration effective à l’œuvre de propagande.
- Nous espérons, pour la sécurité du pays, que l’appel de M. Michelin sera entendu.
- On s’inscrit à l’Aéroclub ou à la Ligue aérienne, 35, rue François-I°‘, Paris.
- Un incendie de forêts monstre dans le nord de la Russie. — Un incendie qui a pris les proportions d’un véritable cataclysme ravage les forêts de la Russie sep-
- 1. Pour comprendre tout l’intérêt des multiples événements aéronautiques de cette semaine, on consultera utilement l’Aéronautique, par le Commandaut Outhlleb. Collection des « Leçonsde la Guerre », Masson et Cle, éditeurs.
- tentrionale. Le fléau paraît avoir son siège en Carélie, c’est-à-dire dans la région située au nord-est de Pétrograd, autour du lac Onega. Le feu a pris naissance au milieu d’août et s’est ensuite propagé sur des espaces considérables, d’autant plus aisément que les boisements sont constitués par des résineux et qu’ils forment des massifs sans solution de continuité sur des milliers de kilomètres. Tout le nord de la Russie, de la frontière finlandaise à l’Oural et du Volga à la mer Blanche, est pour ainsi dire entièrement occupée par des forêts de pins sylvestres et de sapins auxquels se mêle le cembro dans la région orientale. Telle est l’immensité du brasier qu’à la fin d’août la fumée formait dans la Finlande méridionale un brouillard si épais que la navigation côtière dans ces parages encombrés de récifs se trouvait gênée. Poussées par un vent d’est, ces nuées ont ensuite franchi la Baltique et gagné la Scandinavie. D’après un communiqué-publié parle Bureau central météorologique de Norvège, c’est dans la nuit du 29 an 3o août que la fumée a traversé le golfe de Bothnie et atteint la Suède ; le 3t elle s’est étendue sur la Norvège orientale et le ver septembre elle est arrivée à l’extrémité supérieure des fjords de la côte ouest de ce dernier pays. En même temps elle s’est répandue vers le nord jusqu’à Falun en Suède et jusqu’à Trondhjem en Norvège. A l’ouest de Kristiania, dans le Telemarket dans la région traversée par le chemin de fer de Bergen à Kristiania, les ieret 2 septembre, les nuages de fumée qui enveloppaient les montagnes étaient si épais que les indigènes crurent à un incendie des forêts voisines et qu’un fonctionnaire partit à la recherche du foyer du sinistre. Aux environs de Kristiania l’air était littéralement empesté par une âcre odeur de bois brûlé, à telle enseigne que, pour ne pas en être incommodés, des habitants durent fermer les fenêtres de leurs maisons. Notons à ce propos que la capitale de la Norvège se trouve à quelque i5oo km dans l’est de la région embrasée. Un tel phénomène de transport par le vent n’est pas nouveau. Ainsi en 1857, l’incendie d’une tourbière dans l’Oldenbourg couvrit d’un nuage épais l’Europe centrale, des bords de la mer du Nord à Vienne et à Gracovie, en passant par Hanovre, Dresde, Francfort, Carlsruhe. Plus récemment, en 1913, rapporte YAften-post de Kristiania, la fumée d’un immense incendie de forêts au Canada se répandit jusqu’en Islande et même jusqu’en Norvège. Quoique le phénomène observé cette année n’atteigne pas une pareille ampleur, il mérite néanmoins d’être signalé.
- Ajoutons que depuis le début de septembre, le brasier s’est étendit vers l’ouest et qu’à la date du 12, il menaçait de s’étendre en Finlande et s’approchait à 3o km de Petrogràd.
- Au point de vue français, cet incendie présente un intérêt particulier. Les immenses boisements qui couvrent le nord de la Russie, appartenant presque entièrement à l’Etat, constituent pour les porteurs de rente russe une sorte de garantie dont la valeur est très certainement supérieure au montant de leurs créances. Or, si les renseignements fournis par la presse norvégienne sont exacts, une notable partie de ce gage éventuel s’en est allée en fumée. Charles Rabot.
- Récoltes françaises de 1920. — ht Journal Officiel publie les renseignements suivants du Ministère de l’Agriculture sur les résultats approximatifs des récoltes des céréales en 1920 (non compris l’Alsace et la Lorraine), comparées à celles de 1919.
- Surfaces Poids moven Milliers
- ensemencées à rill." de quintaux.
- en milliers cl’Ha. en Kg.
- Froment . . . i9*9 4 6o3 77» 37 49.653
- 1920 4.854 76,51 62.706
- Méteil . . . . l9'9 96 74,06 9*^7
- 1920 93 73,48 x .076
- Seigle . . , . i9*9 771 72,8ï 7-^99
- 1920 809 72,56 1 8.426
- Orge i9ï9 56i 62,88 . 4-999
- 1920 6o5 63,98 7 • 7°7
- Avoine. . . . 2.855 46,65, 24.935
- 1920 3.263 4704 42.228
- On constate donc une amélioration très sensible de
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- INFORMATIONS
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- notre production agricole, particulièrement remarquable en ce qui concerne l’orge et surtout l’avoine.
- Parquets sans joints. — Dans un article paraissant dans La Vie Technique et Industrielle (n° de juin), M. Boudet nous donne, concernant spécialement la por-phyrolithe, les renseignements suivants :
- « La pôrphyrolithe est un mélange de spath, de magnésie et de sciure de bois effectué à froid. D’une densité de 1,8 environ, il se présente sous la forme d’une poudre line, que l’on mouille avec une solution de chlorure de magnésium, entre 20 et 25° Beaumé, de façon à former une pâte consistante, que l’on colore avec des substances minérales appropriées à la teinte à réaliser, et que l’on applique immédiatement, sous forme d’enduit, sur les surfaces à recouvrir ».
- Elle est également imputrescible, étant à base d’amiante d’une étanchéité parfaite, mauvaise conductrice de la chaleur et du son, insensible à l’action corrosive des atmosphères marines et inattaquable par les acides faibles.
- La présence de la magnésie pourrait faire craindre un défaut hygrométrique, il n’en est rien, car après 48 heures d’immersion complète, on a constaté que l’augmentation de poids dépassait à peine i.5opour 100 alors qu’en absorption hygrométrique naturelle, elle n’atteignait pas même o.5o pour 100.
- D’après des essais effectués au laboratoire de l’Ecole des Ponts et Chaussées, sa résistance moyenne à la traction est de 72 kg par centimètre carré, c’est-à-dire 6 fois celle de la brique ordinaire, et sa résistance moyenne à la compression 240 kg, alors que celle de la brique n’est que de 100 kg par centimètre carré.
- Nous croyons intéressant de compléter ces renseignements par la composition brevetée récemment en Angleterre.
- Le bois artificiel Gladman est obtenu en mélangeant de la sciure de bois, de la magnésie calcinée et une solution de chlorure de magnésium ; du bois naturel peut être noyé dans la masse ou placé à la surface de celle-ci lors du moulage. Des boiseries ou du métal peuvent être fixés sur le produit ainsi fabriqué.
- La composition employée peut être la suivante : 2 parties de sciure de bois, 1 partie de magnésie calcinée, mélangées avec une solution de chlorure de magnésium à 3o° Beaumé.
- D’après l’inventeur, cette composition peut non seulement êtrt? utilisée pour des parquets, mais encore pour faire des soubassements, plinthes, portes, et même des meubles.
- Nouveau procédé de fabrication de papier d’alfa.
- — M. Arnould, ancien directeur de fabrique de pâte à papier, a fait breveter un nouveau procédé pour l’obtention de papier avec de l’alfa.
- Voici en quoi consiste ce procédé :
- L’alfa brut est découpé et défibré, soit par meulage, soit par un autre mode de trituration, avant de le soumettre à l’action de la soude caustique (lessivage), puis, il est coupé en petits morceaux et broyé dans l’eau jusqu’à défibrage complet. La masse est alors lavée, puis, après égouttage, elle est traitée par une lessive à 5 pour 100 de soude caustique, par 100 kil. d’alfa brut au lieu de 12 à i5 pour 100, proportion en usage dans le procédé anglais.
- Le blanchiment se fait avec 6 pour 100 de chlorure de chaux en solution, par xoo kg au lieu de 12 à 14 pour 100.
- La pâte ainsi obtenue est très homogène, ses fibres sont plus longues et ne présentent plus la même tendance au boutonnage. Le rendement en pâte est de 5o pour 100 au lieu de 36 à 38 pour 100 constatés par l’auteur, ou \o à 42 pour 100 comme on l’avait dit, par erreur. (L’alfa de bonne qualité a une teneur de 54 à 56 pour 100 en cellulose pure.)
- L’économie en employant ce nouveau procédé ressortirait à 8 fr. 35 par 100 kg. Ce même procédé a, en outre, l’avantage de permettre l’obtention d’une pâte « seeunda » par l’emploi renouvelé de la première lessive caustique avec de l’alfa brut (rendement 65 pour 100 blanchiment avec 3 kg de chlorure de chaux).
- Dans ces conditions deviennent superflues et inutiles les dépenses résultant de la récupération de la soude des lessives résiduaires.
- Nouveau procédé de transformation des vieux papiers en pâte à papier. — M. John M. Beorly a fait breveter un nouveau procédé permettant de transformer les vieux papiers en une pâte dont la qualité, paraît-il, équivaut à celle de la pâte de bois.
- Les vieux papiers sont d’abord réduits en morceaux de dimensions convenables. Pour enlever l’encre et les matières colorantes, et obtenir une qualité supérieure, on traite le papier par une solution alcaline, mais jamais au-dessus du point d’ébullition de l’eau.
- Traité ou non à l’alcali, le papier est mis ensuite dans une solution de substances chimiques appropriées et soumis à l’ébullition durant un laps de temps suffisant pour que ces substances transforment les fibres en pâte chimique. La meilleure qualité de pâte s’obtient en faisant bouillir les vieux papiers dans une solution contenant du bisulfite de calcium, de magnésium ou de soude ; cette pâte correspond à la pâte au sulfite du commerce, elle est très légèrement colorée. En faisant bouillir les vieux papiers dans une solution contenant du sulfate de soude, avec ou sans addition de soude caustique et de carbonate de soude, on obtient une pâte plus colorée correspondant à la pâte au sulfate ou Kraft du commerce.
- La durée de l’opération est de quatre à huit heures, selon les substances chimiques employées.
- La pâte mécanique contenue dans les vieux papiers est plus sensible à l’action de la solution du lessiveur que le bois sous forme de blocs; on peut alors employer une solution bien moins concentrée et le lessivage exige bien moins de temps.
- Le nouveau procédé constitue donc une réelle amélioration au traitement des vieux papiers que l’on veut utiliser à nouveau dans la fabrication de la pâte à papier.
- « La tasse de Siam ». — Sous ce titre,'nous lisons dans Y Histoire de V Académie des Sciences (année 1703) la description d’une tasse curieuse, faite en terre glaise contenant de l’arsenic et dont se servaient les Siamois au xviie siècle pour se guérir de certaines maladies.
- « Il s’est trouvé dans le cabinet d’une personne très curieuse et très habile en Chymie, une tasse qui venait des ambassadeurs de Siam, que l’on vit à Paris il y a dix-neuf' ans. Ils l’avaient donnée comme un remède dont ils se servaient utilement contre toutes sortes de maladies ; mais on avait oublié la manière dont i}s avaient dit qu’ils l’employaient.
- « Cette tasse contenait environ 3 onces d’eau; elle était creusée dans une masse de terre tendre, d’un rouge sale tirant sur le jaune. Elle avait cela de particulier qu’elle était toujours couverte de poussière jaunâtre, tant en dedans qu’en dehors, lors même qu’elle était nouvellement lavée. La production continuelle et extraordinaire de cette poudre fit naître la curiosité de savoir quelle pouvait être cette terre dont était faite la tasse. M. Homberg rompit un morceau de la tasse et le pulvérisa aisément. Il versa sur cette poudre différentes liqueurs et laissa le tout en digestion sur l’atha-nor (fourneau de chimiste). Il remarqua que l’esprit de vin se chargeait d’un peu de teinture orangée. Il y trempa son doigt et en mit une goutte sur sa langue. L’esprit de vin n’avait pas changé de goût, seulement il avait pris une légère odeur d’ail. Il était alors près de midi et M. Homberg laissa ses expériences pour aller dîner.
- « Etant à table, sans avoir encore mangé, il commença à.sentir des nausées qui augmentèrent toujours et enfin il vomit avec des efforts terribles. L’après-dînée, il eut une colique très douloureuse qui dura jusqu’au lendemain. Il eut l’estomac incpmmodé pendant plus d’un mois de suite. Mais le temps et le régime lui remirent l’estomac. Il n’abandonna pas l’examen de la tasse. Il reconnut que c’était une espèce de réalgal, ou arsenic rouge plus vif et plus caustique que le nôtre.
- « Il y a beaucoup d’apparence que cette .tasse était destinée au même usage que celles que nous faisons en régule d’antimoine et qui donne au vin qui y a été quelque temps la vertu de faire vomir. La matière de cette tasse était extrêmement chargée de sels ; l’humidité des liquides les dissolvait et agissait comme émétique (remède cher aux Siamois) ; mais la dose de sel dissous était trop forte pour le tempérament des Occidentaux. »
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Physique 'SN’,§&
- La prévision des gelées par le Rosêomètre. —
- Dans l’étude publiée ici même, sur les Phases lunaires et la végétation (l) et à propos de la prétendue influence de la lune rousse, traduite par l’explication très simple du refroidissement qui cause les gelées, au moment où la végétation est en pleine activité, il n’a pas été question — nous a-t-on observé — des moyens de prévoir les gelées blanches, afin de se prémunir, en temps opportun, contre leurs effets souvent désastreux sur les plantes cultivées, notamment sur la vigne, au début du printemps.
- Plusieurs viticulteurs de la région bordelaise et de la Champagne — régions où l’on fait usage des nuages artificiels (Foyers Lestout et autres composés fumigènes) pour préserver les vignes des gelées printanières — ayant demandé des indications relatives à un appareil avertisseur permettant de réaliser pratiquement une préservation efficace, nous donnons la description et le mode d'utilisation du rosêomètre, instrument qui a pour but la détermination de la température de saturation de l’air.
- Le principe du rosêomètre vient du phénomène qui se produit quand on introduit, dans un appartement un vase contenant de l’eau fraîche.
- Il s’établit contre les parois du vase, une condensation qui commeqce dès que les parois de ce vase se trouvent à la température de saturation de l’air qui l’environne. En observant la température à laquelle cette buée se forme, on a la température de saturation de l’air.
- Le type de rosêomètre imaginé par M. Gaston Dollfus (iîg. i et a), et décrit dans une communication faite à la Société d’agriculture de la Basse-Alsace, est ainsi composé :
- Un tube en verre AA, ouvert à ses deux extrémités, reçoit, à l’ouverture supérieure B, un bouchon percé pour recevoir un thermomètre D gradué au dixième. A l’autre extrémité est fixé un tube C en métal poli fermé par une calotte. Le tube AA porte latéralement deux petites tubulures, l’une E qui fait communiquer l’intérieur du tube avec un vase I (fig. i) par l’intermédiaire d’un tube en caoutchouc. La seconde tubulure F (fig. 2) se prolonge par un tube G qui descend presque au fond du tube G. Le tout est monté sur un pied. En K est un
- second thermomètre gradué comme le thermomètre D ; enL est un écran mobile dont le rôle est d’éviter que l’haleine de l’observateur ne vienne rencontrer le tube C et produire des condensations lors de l’essai. Le vase I est rempli d’eau; on le vide à l’aide du tube M.
- Pour mettre l’appareil en marche, on remplit le tube C d’éther et le flacon I d’eau, en ayant soin de serrer avec une pince le tube de caoutchouc M pour empêcher tout écoulement. En desserrantcette pince, l’eau s’écoule, il se produit alors un appel d’air par la tubulure E, le tube G et la tubulure F. Cet air, en contact avec l'éther* en vaporise une partie et abaisse la température dans le vase C. En continuant l’opération pendant quelques instants, on voit ce vase se couvrir de buée. On arrête alors l’écoulement de l’eau et on lit, sur le thermomètre plongé dans l’éther, la température du liquide, qui est la température de saturation de l’air.
- Pour plus d’exactitude, on laisse le liquide se réchauffer et la buée disparaître, puis on répète une seconde
- i. Voyez La Nature, n" a37/,, du 27 septembre 1919.
- Fig. 1.— Schéma du Rosêomètre de G. Dollfus. (Vue d'ensemble.)
- fois 1 opération. Avec un peu de précaution et en ne faisant écouler 1 eau du vase I que lentement, on arrive à déterminer la température de saturation à 2 dixièmes de degré près.
- Les tables dressées par Régnault donnent le poids de vapeur contenu dans l’air à la température de saturation. En comparant ce poids avec celui que pourrait contenir 1 air ambiant à la température qu il a lors de l’essai, on arrive à connaître son état hygrométrique.
- Si, par exemple, la température ambiante accusée par le thermomètre K égale -(- io°, et si le point de rosée est à -j- 6°, la table indique que le poids du mètre cube de vapeur à io° égale 9 Sr• 3, et qu’à 6°, il est de 7 gr. 2 ; l’état hygrométrique égale 7,2 : 9,3. Si la température de l’air passe de io° à 6°, la vapeur qu’il contient se condensera et il se formera un brouillard.
- Lorsqu’au printemps, par une nuit claire et calme, l’air se refroidit par le rayonnement, la température s’abaisse jusqu’au moment où elle arrive à la température de saturation. Il se formera alors un brouillard, qui empêchera un plus grand refroidissement de lair, et la température restera sen siblement constante, jusqu’au moment ou,' le soleil se levant, l’atmosphère se réchauffera, le brouillard se dissipera et la température se relèvera.
- Ainsi donc, pour connaître la température minima qui peut se produire pendant la nuit, il suffit, après le coucher du soleil, d’observer le point de rosée, et on a le minima possible de la nuit. S il est au-dessous de o°, on peut craindre qu’il se produise une gelée blanche; si, au contraire, le point de rosée se trouve au-dessus de o°, il se formera un brouillard avant que se produise la gelée blanche. Mais le minima de la nuit ne peut être déterminé de celte manière que si le temps reste constant pendant toute la nuit.
- Les conditions les plus favorables à un fort rayonnement, et partant, les plus dangereuses pour les gelées, se présentent lorsque, le soir, le ciel est découvert, 1 air calme, et lorsque cet état se maintient. Si le ciel se couvre et si le vent se lève, le minima de la nui n atteindra pas la température de saturation ; et comme on- peut consulter le rGséomètre dès le coucher du j- ^ ^ac^e> à cette heure, de prendre toutes les dispositions, de faire tous les préparatifs néces-saires pour protéger les cultures contre les gelées blanches, installer, dans les vignobles, les foyers fumi-résine, etc.) pour produire les nuages artificiels dès. le lendemain matin, avant le lever du jour.
- Le rosêomètre donne les minima de la nuit dans des limites de fractions de degré.
- A juste titre, il doit être considéré comme un indicateur certain, annonçant les signes précurseurs qui peuvent faire craindre les gelées blanches ; tandis que souvent, les thermomètres avertisseurs ne1 fonctionnent pas régulièrement, et surprennent le viticulteur, alors qu’il n a pu faire ses préparatifs pour se prémunir contre les dégâts occasionnes par la gelée, le rosêomètre avertit avec beaucoup plus de précision et d’opportunité et permet d organiser, en temps utile, la défense contre les gelées printanières. Henri Blin.
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- Petit élévateur de pression pour gaz d’éclairage.
- Le gaz d. éclairage tel qu’il nous est distribué par les compagnies productrices ne peut pas être employé à autre chose qu au chauffage des fours et réchauds spécialement établis à cet effet, ou à l’éclairage de becs papillon ou à incandescence ordinaires. Ce gaz est distribué, on le sait, sous une faible pression de quelques centimètres d’eau,
- I out le. monde a pu constater que lorsque cette pression vient à baisser, ce qui n’est malheureusement pas rare par les temps actuels de crise du charbon, les becs éclairent fort mal, et il faut un temps déses-
- Fig. 2.-Rosêomètre de G. Dollfus. (Vue en coupe du réservoir à éther.)
- «L123JIF
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- pérément long pour faire bouillir une modeste casserole d’eau.
- Mais inversement, lorsque la pression augmente, les manchons incandescents redeviennent éclatants, et les appareils. ”de chauffage fournissent rapidement les calories qui leur sont demandées.
- Ces phénomènes, d’observation courante aujourd’hui,
- Fig. 3. — Petit élévateur de pression pour gaz d’éclairage.
- permettent de comprendre qu’en augmentant la pression du gaz, on puisse améliorer le rendement des appareils qui l’utilisent, et aussi obtenir des effets calorifiques, irréalisables avec les pressions usuelles.
- C’est sur ce principe que repose, en effet, le système d’éclairage au gaz surpressé, qui a permis au gaz de rivaliser avec l’électricité pour l’éclairage public en donnant le moyen d’établir des foyers lumineux aussi intenses que les lampes à arc et aussi économiques. Le gaz surpressé a permis de réaliser une flamme d’une très haute température dans laquelle l’émission lumineuse des oxydes du manchon atteint son maximum.
- Il n’y a pas que pour l’éclairage public qu’on a besoin d’obtenir des températures élevées, ou d’améliorer le rendement des brûleurs à gaz. Le môme besoin se fait sentir pour les installations de chauffage un peu importantes, dont les propriétaires se préoccupent à juste titre d’obtenir le meilleur rendement, il se fait sentir
- Sortit dijjjaK
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- Coupe de l’élévateur de pression.
- encore dans nombre d’usines ou d’ateliers où l’on utilise des flammes chaudes pour diverses applications : traitements thermiques, travail du verre, etc. Les établissements importants se servent de surpresseurs ; ce sont de gros appareils construits pour des débits horaires minima de 12 à i5 m3 de gaz et des contrepressions dépassant 2 m. d’eau. Jusqu’ici, il n’existait pas d’appareil à la portée du consommateur plus modeste, n’ayant besoin que d,’un débit et de contrepressions beaucoup moindres
- Cette lacune vient d’être comblée par la Société française d’incandescence par le gaz qui met en vente un petit élévateur de pression spécialement établi à l’intention des petits ateliers. C’est presque un jouet. Son débit ne dépasse pas 5 à 6 m3 à l’heure; la force d'entraînement nécessaire n’est que de 1 /16° de cheval; lorsque l’entraînement est fait par moteur électrique, il suffit d’une prise de courant d’éclairage ordinaire pour brancher l’appareil et le mettre en route.
- Il se compose d’un compresseur du type rotatif à palettes ordinaires, mais dont tous les organes ont été simplifiés et les dimensions réduites au minimum. Son encombremeüt propre ne dépasse pas 280 mm X 280 mm X 3oo mm et accouplé à un moteur électrique, il forme un tout qui tient dans un parallélépipède de 65o mm X 280 mm X 280 mm. Réglé pour une contrepression de 25 cm d’eau et pour un débit de 1 m5 à l’heure, il tourne à 85o tours la minute et son débit peut être poussé jusqu’à5, 5 m3 sans que la contrepression descende au-dessous de 21,5 cm
- Réglé pour la même contrepression, mais pour un débit de 6 m5 la vitesse de rotation restant à 85o tours par minute, le débit peut être réduit jusqu’à 1 m3,3 en donnant une contrepression ne dépassant pas 3oo mm.
- Son élasticité de fonctionnement est donc largement assurée puisque pour des débits variant de 600 pour too, les fluctuations de pression déterminées dans la canalisation sont d’un ordre de grandeur atteignant au maximum 20 pour 100. Quant à l’effet utile maximum, au point de vue de la contrepression de refoulement, il est obtenu à la vitesse de 730 tours et correspond à 60 cm pour un débit de i55o litres.
- En résumé, c’est un dispositif simple, robuste et suffisamment sensible qui convient pour les petites installations et les pressions moyennes.
- Il est vendu par la Société française d’incandescence par le gaz (système Auer), 21, rue Saint-Fargeau, Paris (20e).
- Objets utiles
- Chasse-mouches pour plafonds.—Le chasse-mouches ou plutôt le tue-mouches original, d’une efficacité remarquable, est constitué pour un carré de toile métallique fixé au bout d’un manche. Cette toile -forme ressort et permet de tuer les mouches facilement et proprement, car l’insecte n’est pas écrasé mais simplement assommé. La toile métallique peut être remplacée par un morceau de vieille enveloppe de pneumatique usagé.
- Cela va parfaitement pour les endroits accessibles, tels que tables, meubles, mûrs.
- Nous avons pu constater à la campagne, où les mouches sont plus nombreuses, que cette chasse avait pour effet, notamment dans une cuisine, de concentrer la gent ailée au plafond qui constitue un asile momentané contre le chasseur armé de sa massue.
- Pour* atteindre le plafond, il faut monter sur un escabeau et la chasse de tout repos se transforme en exercice sportif.
- Pour éviter la fatigue et supprimer le plus possible l’effort on peut construire le petit appareil figuré ci-contre.
- Le manche du chasse-mouche est articulé à l’extrémité d’un vieux manche à balai et un ressort de rappel peut le projeter violemment comme tout à l’heure avec la main. Un cordon permet d’armer cet engin original de chasse à mouche, en tirant légèrement. On dispose le tout à bonne portée de la mouche fixée au plafond et au moment voulu on lâche le cordon, ce qui déclenche la massue.
- Etant donné sa disposition l’appareil peut être tenu d’une seule main, ce qui permet d’avoir un bâton assez court tout en permettant une visée sans fatigue. La mouche n’est pas écrasée au plafond mais assommée seulement et elle tombe à terre sans rien tacher, ni salir. 1
- cordon
- Chasse-mouches
- pour plafonds.
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- VARIETES
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- L’industrie des foies gras. — C’est dès novembre que commence le supplice de ces oies et de ces canards, à qui nous demandons en holocauste, dans nos fêtes gastronomiques, leur foie hypertrophié, plus ou moins truffé par quelque habile vatel, pour stimuler nos appétits blasés. Et trois mois durant, voilà des centaines de mille d’innocentes victimes que l’on sacrifie au dieu « gaster », après les avoir presque obligées à mourir de pléthore"? Au fait, la mort n’est-elle pas ici une délivrance !
- Ne rougissons pas trop, cependant, de nos raffinements culinaires et des persécutions que nous infligeons à ces animaux qui, pour tant goulus qu’ils soient, ne demandent qu’à vivre paisiblement d’une pitance plus modeste, au lieu de les gaver à leur en faire perdre le souffle. Les Romains n’étaient-ils pas amateurs d’oies dodues et grasses, qu’ils amenaient à point avec des figues, et n’avaient-ils pas, eux aussi, un faible pour leur foie gras (jecur ficatum) ? En tout cas, les oies du Capitole consacrées à Junon, quand elles donnèrent l’alarme à Manlius, n’étaient certainement pas oppressées par un foie gorgé à refus. Charlemagne appréciait évidemment le rôti, sinon le confît d’oie, car il recommandait, dans ses Capitulaires, de peupler les basses-cours de ce palmipède, que nous qualifions de stupide, tout en en faisant presque uil dieu sur nos tables.
- Avec Y Alsace, nous est revenue, si l’on peut dire, la patrie des pâtés de foie d’oie, car, si nous ne manquions pa s, dans le sud-ouest, de ce mets succulent, on sait la réputation des produits de Strasbourg, qui le disputaient à ceux de Francfort-sur-le-Mein. Il est à remarquer, d’ailleurs, qu’en Alsace, la production du foie gras est le principal but de l’engraissement, tandis que dans le bassin de la Garonne, on vise tout autant la graisse, qui joue un si grand rôle dans la cuisine du pays, sans compter la préparation des confits, de l'oie salée, de l’oie fumée, du saucisson d’oie, etc.
- On prétend qu’un prince de l’Eglise, passé de Gascogne au Siège épiscopal de Strasbourg, il y a 200 ans, introduisit dans les menses d’Alsace, la grosse oie de Toulouse, qui peu à peu remplaça la petite race du pays. De nos jours, dit-on, près de 25o personnes se livrent, dans la capitale de l’Alsace, au commerce des oies grasses et de leur foie, et il se travaille là de 100000 à ia5ooo kg de foies. En décembre, janvier et février, les marchés de la ville reçoivent près de 3oo 000 oies engraissées.
- Le bassin de la Garonne, grand producteur de maïs, — céréale qui joue un si grand rôle dans le gavage des volatiles qui nous occupent, — compte aussi des centres importants d’engraissement et de préparation des pâtés et des terrines.
- On estime à près d’un million le nombre des oies qui peuplent le département de la Haute-Garonne. Sur les marchés de Toulouse, on en vend chaque hiver, principalement en décembre et janvier, plus de 5o 000 engraissées, et un chiffre plus considérable encore de foies. Parmi les autres centres d’approvisionnement, on peut citer Cazères, Le Fousseret, Rieumes, Cadours, Grenade, Yerfeil, Montastrue, etc. La fabrication des pâtés de foie, tant d’oie que de canard, est probablement de 100.000 kg, dont la moitié sort du département. Les usines les plus importantes sont à Toulouse et à Cazères.
- Le Tarh-et-Garonne compte 96 700 oies et 37 5oo canards. On y produit aussi le foie gras.
- Dans le Lot-et-Garonne, on élève plus de 42 600 oies et plus de 48 000 canards. Il y a à Agen une foire aux oies grasses. Les pâtés et terrines de Nérac font, comme cexix de Toulouse, les délices des gourmets.
- Dans le département de VAriège, on trouve 40 000 oies et 22 000 canards, principalement à Daumazan, Mas-d’Azil (vallée de l’Arize), Lezat, Le Fossat, Pailhès (vallée de la Lèze), Pamiers, Saverdun, Mazères (vallée de l’Ariège).
- L’industrie des pâtés de foie d’oie et de canard est très prospère dans le Lot. Il donne lieu à un commerce d’exportation important. On élève dans ce département 3oooo oies et i5 000 canards.
- Le Gers engraisse aussi ces palmipèdes en vue de la production des foies gras.
- Dans les Landes, les marchés les mieux fournis de foies d’oie et de canard sont ceux d’Aire et de Dax.
- Du ier décembre au ier février, on vend aussi de grandes quantités de foies d’oie sur le marché de Vic-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées.
- Ruffec, dans la Dordogne, est réputé pour ses foies.
- La Corrèze élève et engraisse l’oie de Toulouse dans les environs de Brive. Les volatiles et les foies sont vendus aux foires de Brive, Turenne, Quatre-Routes, Yayrac, Terrasson.
- h’Aveyron produit environ 100000 kg de foies estimés, avant la guerre, à 45oooo fr., dont la moitié est exportée directement, principalement vers Toulouse.
- IL Aude élève 19000 oies et 20 5oo canards. Les marchés les mieux approvisionnés sont ceux de Castelnau-dary, Salles-sur-l’Hers, Belpech, etc. On y prépare le foie, le salé d’oie, la graisse.
- Dans le sud du département des Deux-Sèvres, les oies et les canards atteignent un poids élevé, et on les exploite pour la production du foie gras, surtout dans les cantons de Chef-Boutonne et Sauzé-Vaussais.
- L’oie de Toulouse est un bel exemple de ce que peut donner la sélection zootechnique appliquée aux habitants de la basse-cour. Aussi le mâle, ou jars, sert-il à améliorer les races locales en bien des contrées, Allemagne, Pologne, Angleterre, Belgique, etc.
- C’est la plus volumineuse et la plus lourde de l’espèce. Bien engraissée, elle arrive à peser 8 à 10 kg, rarement 12. Ce sont les mâles qui atteignent le plus haut degré dégraissé, en même temps queleplusfortpoids, mais leur chair est moins fine que celle des femelles. Celles-ci, plus particulièrement, sont pourvues de fanons traînants, ou expansions de graisse qui pendent parfois jusque sous le ventre,- mais ce n’est pas là un caractère de race, pas plus que la bavette, autre excroissance qui garnit la gorge. Toutefois, les fanons ne se rencontrent guère que chez les animaux soumis à un engraissement intensif, en stabulation permanente, pour la production des foies les plus gros, et que l’on pourrait appeler types industriels. Le parcours et la nourriture dans les pâturages ne peuvent favoriser, en effet, le développement de ces appendices chez les types agricoles. Certains prétendent que les animaux dont le sac (peau du ventre) est. peu développé s’engraissent plus tôt.
- Enfin, terminons cette rapide description de l’oie de Toulouse, en disant que cet oiseau, aux formes lourdes, est bas sur pattes, et que sa couleur est grise. Quant à l’oie de Montauban (Tarn-et-Garonne), elle est plus svelte, plus haute sur pattes, et ses plumes sont blanches et grises.
- L’industrie des foies gras est inséparable de l’engraissement intensif ou, mieux, du gavage des oies, dès qu’elles ont atteint tout leur développement.
- Dans la région de Toulouse, on commence vers la fin d’octobre (en Alsace, en septembre), pour continuer jusque vers février.. Mais il ne faut pas prendre les sujets trop tard, c’est-à-dire à l’approche de la ponte, car ils ne s’engraisseraient que difficilement.
- Les oies de 6 à 7 mois,— pesant alors 4 kg à 4 kg 5, — sont achetées à des éleveurs qui font, dans les prairies, l’élevage en grand des oisons, pris, eux-mêmes, quand, ils ont une dizaine de jours, chez des producteurs spécialisés. 1
- L’engraissement comprend deux périodes : 1° période de transition, après le pâturage, pour amener la bête bien en chair, à l’état demi-gras ; 2° gavage, ou engraissement intensif poussé aux dernières limites de l’animal fin-gras. Dans la première phase, on laisse les volatiles aller librement dans la cour de la ferme, tout en étant chaque jour un peu plus séquestrés. On leur donne a volonté, pommés de terre cuites, betteraves hachées, petit son, menus grains, surtout du maïs trempé, dont ils consomment une vingtaine de litres dans cette période de 20 à 3o jours. Pour le gavage (emboquage, embuquage, gorgeage, dans le S.-O. ; gougeage, en Saintonge), que l’on pratique pendant environ 5 à 6 se-
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- maines où elles consomment exclusivement du maïs (45 â 55 litres), les oies sont tout à fait en captivité; on les parque par groupes d’une dizaine dans un coin d’étable obscur-* loin du bruit, ou les met dans des caisses, ou cageots. On les gave (embuque, emboque) en s’aidant d'un entonnoir (embuquoir), 3 fois par jour, au début (6 h., 12 h., 6 h.), puis i fois (matin et soir).
- En Alsace, l’engraissement diffère surtout eù ce que la claustration des sujets est encore plus rigoureuse. Même dans la première période, ils sont tenus prisonniers, et quand ils sont suffisamment en chair, on les met en cellule en épinette, sorte de cage à plancher à claire-voie, où ils sont condamnés à une immobilité à peu près complète. Les aliments, pâtée et eau, sont à leur portée dans des auges. Ce n est que lorsque leur appétit diminue qu’on les gave avec des fèves, puis des grains de maïs secs, ou à demi-cuits.
- Au moment des repas, on leur donne quelques minutes de liberté.
- La deuxième période de l’engraissement est particulièrement délicate, surtout vers la fin, soit pour faire accepter par l’animal la plus grande quantité possible d’aliments, soit pour prévenir l’asphyxie. Il y a lieu de remarquer que dans les derniers jours, la graisse et la chair gagnent plutôt en finesse qu’en poids.
- Le secret de l’engraissement et le moyen d’avoir de beaux foies consiste surtout à choisir des oies bien sélectionnées, de pure race, bien en chair; à les loger confortablement et proprement, à les claustrer sévèrement, à les nourrir lentement, régulièrement, en les gavant à heures fixes pendant les 5 à 6 semaines; enfin, à employer du maïs blanc, vieux, de bonne qualité.
- Le maïs est, en effet, l’aliment par excellence pour ce genre d’élevage. Celui de l’année est reconnu moins nourrissant; le blanc est à préférer si l’on vise surtout la production du foie, qui ne doit pas être coloré. Mais les graines jaunes ou rouges conviennent aussi pour l’engraissement ordinaire, où la graisse plus ou moins jaune est plutôt recherchée. On accuse le blé, le seigle, le sarrasin, de donner des foies de couleur sanguinolente et de consistance défectueuse. Cependant, la graisse de l’animal est de bonne qualité. On fait généralement tremper le grain la veille dans de l’eau salée. On lui fait même subir une légère cuisson, vers la fin de l’engraissement, pour faciliter la digestion.
- Plus rarement, dans certaines régions, on finit avec des pâtons de farines diverses, faits avec du lait, des eaux grasses, légèrement ammoniacales. En Alsace, on met à la portée des oies dans la première période une pâtée de farine de fève, d’orge ou de maïs avec du lait ou de l’eau.
- D’ailleurs, à la ferme, chacun croit tenir le secret de produire les foies les plus beaux. Il n’est pas jùsqu’à certaines poudres achetées chez le droguiste du coin qui n’exercent quelque pouvoir magique. Elles sont à base d’antimoine, qui communique plutôt à la chair un goût fort désagréable, ou d’arsenic. Ce qui est moins dangereux, c’est de faire avaler à chaque gavage une cuillerée d’huile d’olive ou d’œillette. En Alsace, on emploie aussi les gousses d’ail, et à la fin de l’engraissement, de la poudre de charbon de bois, et même du gravier.
- Le sud-ouest est un pays à maïs; cela explique la faveur dont jouit ce farineux; mais peut-être existe-t-il ailleurs d’autres aliments qui donneraient aussi de bons résultats. Un spécialiste en matière d’aviculture, M. L. Bréchemin, conseille le tourteau de cophah associé par moitié avec le tourteau de maïs. Le foie de cheval, qui produit des effets remarquables sur le foie des canards, agirait peut-être de la même façon sur celui des oies. Mais, évidemment, c’est là un succédané qu’il n'est pas-toujours facile de se procurer, pas plus que les poissons ou la farine de poisson et les insectes, recommandés également pour la production des foies de canard. Enfin, on a conseillé pour les régions pauvres en maïs le sarrasin, les haricots, les pois, les fèves.
- Le gavage à la main est le plus pratique, il donne ordinairement de meilleurs résultats que l’alimentation avec la gaveuse mécanique. L’animal est placé entre les genoux de l’opérateur, qui, de la main tenant la tête, allonge verticalement le cou de la bête, tout en mainte-dant dans sa bouche l’entonnoir, ou gavoir, qui reçoit les grains. Ce petit appareil en fer-blanc a, dans la
- région de Toulouse, un tube de 4 cm de longueur et 3 de diamètre ; sa cuvette mesure 7 cm de hauteur et son diamètre est de 5 cm. L’extrémité du tube est en sifflet bien arrondi et émoussé, et, même, garni de caoutchouc ou d’un bourrelet de plomb, de façon à ne pas blesser l’animal. D’ailleurs, pour faciliter sa pénétration dans le tube digestif, les premiers jours, alors que l’oie n’a pas encore la gorge habituée à cette opération, on enduit le tube d’huile, et on le fait un peu. tourner dans l’œsophage, pour le faire descendre jusqu’au delà de l’orifice de la trachée, dans laquelle on doit bien veiller qu’il ne pénètre quoi que ce soit.
- Les grains sont ensuite versés par petite quantité, pour ne pas engorger l’entonnoir, et on les pousse avec un petit bâton. On facilite aussi leur descente dans le jabot, en pressant légèrement avec le doigt le long du cou, de haut en bas, ou encore, on introduit de temps à autre un peu d’eau salée (1 1. pour 12 oies et par repas). Une habile engraisseuse peut ainsi gorger, ou emboquer, 12 volatiles en une heure.
- La ration doit être augmentée progressivement, en la proportionnant à l’appétit et à l’accroissement des sii-jets. Dans tous les cas, on s’arrête quand le jabot est plein. D’ailleurs, on doit toujours s’assurer, avant de commencer, que cet organe est vide. On estime, dans la région de Toulouse, que dans la période de gavage, une oie consomme en moyenne un peu plus d’un litre de maïs par jour, soit 40 litres environ pour les 35 jours.
- Parfois, une résorption de la graisse se produit, on dit que l’oie est morfondue; on doit la tuer au plus tôt, sinon elle peut mourir. D’ailleurs, dans les derniers jours, l’engraissementréclame une surveillance très active, car l’oie est de plus en plus menacée de suffocation. Le volume démesuré de son foie gêne le bon fonctionnement des poumons ; la respiration est difficile, grasse, précipitée. La couleur jaune vif du bec pâlit. Quand les plumes de la queue s’étalent en éventail, conséquence probable d’un affaiblissement considérable de la contractilité musculaire due à l’obésité, il est temps de mettre fin au supplice de la bête. Quand elle est à point, on doit aussi constater une pelote de graisse sous chaque aile. En réalité, il faut une grande habitude et beaucoup d’expérience pour apprécier le moment le plus opportun où il convient de sacrifier l’animal.
- Une oie de Toulouse bien engraissée à point, en vue de la production du foie gras, présente les caractères suivants : peau fine, blanchâtre, jaune et rosée ; très unie, avec des poils follets très fins; pattes fines, sans rugosités, d’une couleur jaune rosé, ainsi que le bec, qui se termine par un onglet blanc; la bouche ne doit donner aucune odeur à l’ouverture.
- Un tel sujet peut peser 8 à 10 kg, rarement 12 kg et donner un foie de 5oo à 85o gr. en moyenne (il pesait chez l’animal maigre 80 à 100 gr.), rarement 900 gr. à 1 kg. On a cependant cité des foies phénomènes de
- 1 kg 5, 2 kg et même 3 kg. La grosseur de l’animal n’est pas toujours une garantie pour celle du foie. On voit de petites oies en donner proportionnellement de bien plus volumineux que ceux de gros sujets.
- Avant la guerre, on vendait les foies de 3 fr. 5 à 8 fr. le kilogramme, suivant année et qualité, en moyenne 4 à 5, et une oie grasse de 8 kg, en moyenne 6 à 7 francs.
- Le poids exagéré du foie ne doit pas faire oublier ses qualités. Un bon foie gras présente les caractères suivants : poids d’environ 800 gr. ; belle forme, avec lobes arrondis; couleur blond tendre ou jaune crème, à peine rosée en dessous; grain très serré et très fin; avoir une certaine consistance, ne pas céder sous la pression du doigt. Ecarter les foies qui sont déformés par'des pressions organiques, qui sont piquetés, ecchymosés par des ruptures de veinules ; qui sont sans fermeté ou qui ont une pâte irrégulière.
- Le foie extrait du corps de l’animal est dépourvu de son fiel; puis on le laisse dégorger dans de l’eau fraîche un peu salée, et le cuit légèrement. On le met ensuite à égoutter sur un linge, sans qu’il brunisse. En attendant sa mise en œuvre pour la préparation des pâtés, "terrines, etc., on le met en boîte au naturel, ou avec du saindoux, de la gelée, des épices, etc., que l’on soude et stérilise au bain-marie bouillant durant 1 h. 1/2 à
- 2 heures. Antonio Rolet.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Sectionnement régulier des vases en verre. —
- Pour couper régulièrement un vase de verre, on commence par tracer à l’encre ordinaire un trait circulaire qui servira de guide, ce que l’on fait facilement en enroulant une bande de papier dont on suit le bord. Puis au moyen d’une lime tiers-points on entame le verre assez profondément de manière à obtenir une encoche de 5 à 6 mm de longueur. Celle-ci obtenue on fait chauffer une tige de fer au rouge et on l’applique sur l’encoche, un claquement indique que la rupture a eu lieu en ce point. On poursuit alors l’opération en plaçant la tige rougie à 3 ou 4 mm en avant de la fêlure et sur la ligne tracée, la rupture gagne de proche en proche et on arrive finalement à faire le tour du récipient. Un peu d’habitude apprend à diriger cette rupture en plaçant la tige que l’on .fait rougir à nouveau chaque fois, soit un peu plus haut, soit un peu plus bas, mais il ne faut pas espérer que la section se fasse d’un seul coup en totalité suivant le chemin espéré, ce qui ne se présente pour ainsi dire jamais.
- Vernis à chapeaux de paille. — Prendre :
- Copal clair..............56o grammes.
- Sandaraque................ ioo —
- Camphre................ io —
- Térébenthine de Venise . . 5o —
- Faire dissoudre dans un litre d’alcool à g5° G. L. et ajouter 3o gouttes d’huile de ricin.
- Finalement colorer pour obtention de la teinte voulue par une couleur d’aniline appropriée bleu de méthylène, nigrosine à l’alcool, etc.
- Vernis' pour bicyclettes. — Faire fondre 5o gr. d’asphalte de Syrie, ajouter 5o gr. d’huile de copal, chauffer pendant quelque temps, laisser refroidir et incorporer 7 gr. de siccatif en poudre, puis ioo gr. d’essence de térébenthine et 5o gr. de vernis gras épais à l’huile que l’on trouve tout préparé chez les marchands de couleurs.
- Prendre en effectuant ces opérations les précautions d’usage pour éviter l’inflammation du produit au voisinage du foyer.
- Lessive analogue à la lessive Phénix.
- Soude Solway .T.............200 grammes.
- Silicate de soude commercial . rr5 —
- Lessive de soude caustique. . 4o
- Eau ordinaire...............135 —
- Mélanger intimement, laisser au repos quelques heures puis réduire en poudre.
- Préparation des étoffes huilées. — Mélanger : Huile de lin siccativée .... 60 litres.
- Essence de térébenthine. . . . 40 —
- Tremper l’étoffe dans le liquide essorer par passage entre deux rouleaux de bois, laisser exposé à l’air pendant 2 ou 3 jours. Répéter l’opération de trempage et oxydation à l’air jusqu’à ce que le tissu ait pris la charge désirée.
- L’huile siccativée s’obtient en maintenant pendant un certain temps en contact à la température de 2 5o° un mélange de 90 parties d’huile de lin et 10 parties de litharge.
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- BOÎTE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la botte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Renseignements. — Démolition d'un abri en béton armé. — En réponse à la question de M. Heupgen, M. P., ingénieur, nous écrit :
- L’abri est certainement constitué par des murs en béton de ciment armé, de faible épaisseur, 10, i5 ou 20 cm au plus.
- Je ne pense pas qu’il ait été construit des gros massifs. Les murs verticaux doivent avoir les épaisseurs indiquées .ci-dessus, sauf peut-être le dessus qui doit être plus épais, suivant la portée utile et l’utilisation spéciale.
- 1" procédé. Découper les cloisons (murs) par panneaux ne pesant que 200 kg chacun, pour la facilité du transport, au chalumeau électrique ou au chalumeau employé pour la soudure autogène (le béton pèse environ 25oo kg au mètre cube).
- 20 procédé. Entailler les parties avec des perforatrices électriques qui opèrent sans coups et sans bruits, la maison ne sera pas endommagée.
- Avoir soin de commencer par le haut.
- Si le mortier est riche, la démolition sera longue.
- Réponses.— M. M. Dutertre, rue Monsieur-le-Prince à Paris. — Des renseignements que nous avons pu recueillir, il résulte que les verres de montre incassables se font habituellement en celluloïd, le principal fournisseur est Petitcolin, 20, boulevard Saint-Denis. Si l’article que vous avez eu en main n’était ni du celluloïd, ni de la cellophane c’est qu’il s’agissait très'probablement de corne très mince, peut-être de mica, ce que nous ne pouvons apprécier à distance.
- M. de Gandillac, à la Côte-d’Ivoire. — Vous trouverez de la soude caustique ainsi que le petit matériel de laboratoire nécessaire à la fabrication des savons, chez Chenal et Douilhet, 22, rue de la Sorbonne.
- M. A. Dupuy, à Thilouze (Indre-et-Loire). — Au moment où votre demande nous est parvenue, nous
- n’avions pas connaissance d’un ouvrage pouvant vous donner satisfaction; à la suite de nos recherches, il nous a été indiqué : Fabrication des instruments à vent, à corde, etc., par Boudouin et Hervé; nous espérons que vous y trouverez les renseignements désirés.
- M. Devau, à Constantine. — 1° si le fonctionnement de votre four à carbonisation du bois cause une gêne au voisinage, sa suppression sera ordonnée, dans le cas où vous ne seriez pas couvert par une autorisation préfectorale régulière à la suite d’enquête de commodo ; 20 vous pourriez adopter un dispositif spécial de condensation des vapeurs qui supprimerait l’inconvénient et vous permettrait en même temps de récupérer des produits de valeur alcool méthylique, acétone, acide pyroligneux; 3° voir à ce sujet les ouvrages suivants : Le Bois de l’Encyclopédie Billon, éditeur Bernard, 29, quai des Grands-Augustins ; Industrie chimique des bois, par Dumesny et Noyer, chez Nolo, 53 bis., quai des Grands-Augustins.
- M. Manière, rue de Paradis, à Paris. — Les corps gras ne s’altèrent généralement pas au-dessous de 3oo° C. Au delà ils se décomposent en carbures d’hydrogène, acide carbonique, acroléine et s’enflamment. C’est la formation de ces produits de décomposition qui limite l’usage des fritures culinaires. Habituellement on se sert de celles-ci jusqu’au moment où elles prennent une couleur brun foncé. Il faut alors les remplacer, car les aliments que l’on y ferait cuire prendraient un aspect noirâtre et un goût âcre. 1
- On se rend compte que la friture a une température favorable, â ce que sa surface est unie et tranquille, elle émet alors une fumée vaporeuse. Le degré de chaleur est une chose essentielle, si la friture n’est pas assez chaude, les produits frits ne sont jamais fermes et d’une belle coloration, ils absorbent une grande quantité de matière grasse qui les rend indigestes et désagréables.
- M. L. Caravaniez, à Tucuman. — i° La triméthyla-mine commerciale provient de la distillation sèche des vinasses de betteraves par le procédé Vincent, en réalité elle ne contient que 6 à 10 pour 100 de triméthylamine (CH')3 Az et 5o pour 100 de diméthylamiue (CH5)2 AzH, le reste est formé par un mélange de monométhylamine
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- BOITE A.UX LETTRES
- d isobutylamine et de propylamine ; 20 La maison Pelliot et fils, 27', rue des Francs-Bourgeois à Paris, vous procurera ce produit au cours du jour, sa valeur étant très variable suivant les disponibilités.
- M. Le Cap, à Loc Maria (Finistère). — Le sectionnement des vases en verre ne présente aucune difficulté, mais seulement un peu d’expérience, vous trouverez d autre part dans les Recettes et Procédés utiles la façon dont il faut opérer.
- Æ/. Pienovi, à Saigon. — Nous pensons que le produit désigné sous le nom de <c L’Immédiat » vous donnera satisfaction, cet article se trouve dans tous les dépôts de fournitures pour l’automobile.
- M. Balsan, Le Parc-Châteauroux. — Il nous semble peu probable que l’on ait goudronné un fût destiné à contenir du vin, vous pourriez essayer du procédé suivant :
- Introduire dans le fût un quart de litre d’huile d’olive par hectolitre de vin, rouler ensuite longtemps, laisser reposer et soutirer. Répéter au besoin l’opération.
- L essai peut être fait en petit dans une bouteille d’un» litre environ en dégorgeant l’huile d’un coup sec après agitation prolongée, puis repos, vous vous rendrez ainsi compte de l’amélioration possible.
- M. Lucien Beuf, à Hyères (Var). — Les ouvrages qui suivent vous fourniront tous renseignements sur la savonnerie : Manuel pratique du savonnier, par Calmels et Wiltner, éditeur Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augustins ; Les corps gras industriels, par Michel Perret de l’Encyclopédie Billon, chez Bernard, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. Delahaye, boulevard Victor-Hugo, à Lille. — Les tuyaux de caoutchouc se réparent comme les pneus de bicyclettes au moyen de pièces fixées par la dissolution, nous ne pensons pas utile d’entrer dans le détail de cette opération courante.
- Pour conserver ces tuyaux souples, les suspendre quand ils sont au repos dans une écurie ou les immerger dans une solution ammoniacale à 10 gr. d’alcali volatil par litre d’eau.
- Mlle Gillet, à Chaalis-Ermenonville (Oise). — Nous donnons, dans les Recettes du présent journal, la manière de préparer les vernis à chapeaux, et, pour bicyclettes, veuillez bien vous y reporter. Nous sommes très heu- ' reux que la recette d’encre stylographique indiquée dans notre numéro du 10 juillet 1920 ait répondu à votre attente.
- M. Le Chevallier, à Vannes (Morbihan). — Pour coller une plaque de liège sur le fond d’une cuvette à dissection, il suffit de se servir delà dissolution de caoutchouc employée pour les réparations de pneumatiques ; après en avoir enduit le liège laisser sécher jusqu a consistance visqueuse, puis juste à ce moment badigeonner avec une solution de sulfure de carbone contenant 2 pour 100 de chlorure de soufre. Appliquer immédiatement et laisser sécher sous pression.
- M. Cauvrit, aux Sables-d’OIonne. — i° Les extraits d'eau de Javel sont habituellement voisins de 35° chloro-métriques. Pour les préparer il suffira donc de prendre respectivement :
- a) Chlorure de chaux 345 gr. et eau un litre et demi.
- b) Carbonate de soude j5o gr. et eau un litre et demi.
- Puis de mélanger les deux solutions. Après repos le
- liquide décanté vous fournira une solution mère concentrée qu’il vous suffira d’étendre de la quantité d’eau convenable pour obtenir toutes les concentrations désirées, mais en aucun cas il ne peut être question d’évaporation qui occasionnerait une perte de chlore; a0 Nous donnons aux Recettes et Procédés utiles une formulé pour la préparation d’une lessive analogue à la lessive Phénix qui vous donnera d’excellents résultats.
- M. J. S., La Chaux-de-Fonds. — i° Ouvrages traitant du goudron de houille et. de la fabrication des sous-produits : Le goudron et ses dérivés, par G. Malasta ; La fabrication du coke et les sous-produits de la distillation de la houille, par Adrien Say; éditeur, Dunod, 47, quai des Grands-Augustins; 20 pour rendre les cordelettes insensibles aux variations d’humidité il suffit de les faire préalablement sécher, puis de les tremper dans un bain composé de :
- Paraffine................... 25 gr.
- Benzine lourde.............. . 85o »
- 3° Vous trouverez des narghilés aux adresses suivantes : Le Pacha, 3, place de la Bourse; Aux Mines d’Ecume, 35, boulevard Saint-Martin, Paris.
- JI- Virgilio Bedoni, a Rome. — Tous les renseignements nécessaires vous seront fournis sur la fabrication des encres par le Iraite de Gouillon édité par Garnier, i5, rue des Saint-Peres; quant au matériel, les maisons Deriveau, 10, rue Popincourt, 11e, et Deroy, 71, rue du Théâtre à Paris seront en mesure de vous le livrer. Complémentairement vous pourrez aussi consulter : L-e Iabricant d encres par Cbampour, Malepeyre et Villon ; éditeur Mulo, 12, rue Hautefeuille ; Vernis et encres de Auguste Perret, éditeur Bernard, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. Lambiotte et C10, à Premery. — Le dérougissage des fûts ayant contenu du vin rouge s’obtient en laissant en contact avec une solution tiede de carbonate de soude à 5o gr. par litre. On agite vigoureusement avec la chaîne et rince à 1 eau chaude, Dans le cas où la matière colorante aurait très fortement imprégné le bois on substituerait au carbonate de soude le même poids de^ lessive de soude caustique.
- M., Grossiord, à Modane. — i° Vous trouverez dans le Dictionnaire de Wurtz SZ, pages 355 à 370, un article très complet sur le thallium et ses sels; 2° La maison Chenal et Douilhet, 22, rue de la Sorbonne, pourra vous fournir le métal et ses composés, mais aucun prix ne peut êtré fixé dans les circonstances actuelles.
- ÆT. Lepy, à Poligny (Calvados). — On peut laiioniser le fer par immersion dans le bain suivant :
- Sulfate de cuivre................... j80 gr.
- Soude caustique..................... ^00 >,
- Sel de seignette................... -,50 »
- .................................... »
- On commence par faire dissoudre la soude et le sel de seignette dans la moitié du poids d’eau, d’autre part, on dissout le sulfate de cuivre dans lè reste de l’eau et on verse cette dissolution dans la première; il se produit d abord un précipité qui disparaît par agitation. Dans le cas où on désirerait une teinte jaune, il faudrait procéder par voie électrolytique. Voir Manuel de Galvanoplastie, par Georges Brunei, chez Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augustins.
- •Æ/. J, Gérard, à "Tourcoing. — Consultez pour la fabrication électro-chimique du chlore et de la soude 1 ouvrage récent de M. Albert Levasseur, vous trouverez, pensons-nous, dans cet excellent traité, tous les renseignements techniques et scientifiques appropriés, le Dictionnaire de Wurtz, 2e Supplément DE contient également à <c Electrochimie » un article très documenté sur la question ; 20 Pour l’installation d’usines de ce genre s’adresser aux maisons Graüer, 76, boulevard Richard-Lenoir et Simon-Carves, 3g, rue Cambon.
- M Bignot, à Saint Julien (Morbihan). -— 1" La magné-ÿite 011 écume de mer est un hydrosilicate de magnésie 3 SiO2, 2 Mg o avec une quantité d’eau variant de deux à quatre molécules. Elle est souvent mélangée de gio-bertite. .On rencontre la magnésite dans les terrains secondaires de Brousse (Asie-Mineure), à Baldissero (Piémont), à Saint-Ouen et à Couïommiers ; 20 Les varechs sont constitues par des algues fucoïdes ; une étude très intéressante a été faite récemment sur leur composition : Les Plantes marines et leur utilisation, par P. Gloess dans le Bulletin de l’Institut océanographique n° 35o, Monaco, janvier 1919. L’exploitation industrielle des plantes marines par le même dans le Moniteur Scientifique, mai, août, octobre 1916 ; 3° Si on cherche le volume occupé par lin gramme d’hydrogène à o° et 76 cm un litre de ce gaz pesant 1 gr. 293x0,0695 ou ogr. 09 correspond à i : 0.09 = 11 lit. 11 ce volume est Yunité ,, volume adoptée dans le système des poids atomiques. En évaluant en grammes les poids atomiques des autres corps simples gazeux ou volatils et en cherchant de même le vplume occupé par chacun de ces poids atomiques, on trouverait que l’atome d’oxygène, de chlore et de la plupart des corps simples, occupe un voluùne égal à 11 lit. ii, soit un volume; l’atome de phosphore, d arsenic (à 1 état de vapeur), 5 lit. 55, soit un demi-volume; l’atome de mercure (à l’état de vapeur), 22 lit. 22, soit deux volumes ; 40 Météorologie, par Houdaille ; Les Orages, par Pluinandon, éditeur Masson, 120, boulevard Saint-Germain; 6° S’adresser à Mme Curie, 36, quai de Bethune ou a M. Dupin, directeur du Secrétariat du' Conservatoire des Arts et Métiers, 292, rue Saint-Martin.
- M. Tony Paret, à Marseille. — Une recette pour la préparation des toiles huilées figure dans le présent numéro.
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- LA MATURE
- Supplément.
- N° 2429
- 23 Octobre 1920.
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- INFORMATIONS
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- Nécrologie : Yves Delage. — M. Yves Delage, professeur de zoologie à la Sorbonne, membre de l’Académie des Sciences, vient de mourir à l’âge de 66 ans. Né à Avignon en i854, il enseignait depuis 1886 la zoologie à la Faculté des Sciences de Paris, où il succéda à Milne-Edwards. Il est l’auteur, en collaboration avec M. Hérouard, d’un Traité de zoologie concrète qui est le meilleur que nous possédions en français et qui reste malheureusement inachevé. Outre de nombreux travaux de zoologie, d’anatomie comparée et d’embryologie, il avait réalisé de nouveaux moyens de parthénogenèse artificielle et réussi pour la première fois en 1907 à obtenir, à partir d’œufs non fécondés d’oursin et d’astérie traités par des moyens chimiques, le développement de ces œufs en larves, puis en adultes. Il exposa les résultats de ses expériences et ses conceptions dans un volume : La Parthénogenèse naturelle et expérimentale écrit en collaboration avec Mlle Goldsmith. On a de lui également un traité sur Y Hérédité et les grands problèmes de la biologie générale, un volume sur les Théories de l'évolution (en collaboration avec Mlle Goldsmith) et plus de vingt volumes de Y Année Biologique, compte rendu annuel des travaux de biologie générale. En ces dernières années, Yves Delage, devenu presque aveugle, s’orienta vers les problèmes psychologiques : le sommeil, les rêves, le rire. Depuis 1901, il était membre de l’Académie des Sciences où il avait succédé à de Lacaze-Duthiers.
- Record de vitesse en avion — Au cours du meeting aérien de Bue, le record du monde de la vitesse en aéroplane a été conquis le 9 octobre dernier par de Romanet, qui a parcouru 1 km dans les deux sens en 12 sec. 3/xo, ce qui représente une vitesse moyenne de 292 km 682 à l’heure. ' Peu apres, Sadi-Lecointe franchissait la même distance en 12 sec. 25/100, soit à une vitesse de 293 km 873 m. à l’heure. Le lendemain, 10 octobre, Sadi-Lecointe recommençait son essai avec l’avion vainqueur de la coupe Gordon Bennett et battait le record de la veille en parcourant le kilomètre en i2 sec. 1/10, soit 296 km 694 m. à l’heure.
- Les grands transports d’énergie électrique. —
- M. Bachellery, dans une étude sur le transport de l’énergie électrique aux grandes distances, que publie la Société Hydrotechnique de France, dresse la liste des principaux transports de force actuellement en service.
- Ce sont les Etats-Unis, on le sait, qui détiennent le record de la longueur ; 3 lignes approchent de 400 km, celle de la Au Sable Electric CJ (Michigan) qui mesure 3g4 km, sous tension de 140000 volts; celle de la Pacific Light and Power G’’ (Los Angeles, Californie) qui mesure 388 km sous i5oooo volts; celle de la Southern Sierra Power (Californie) qui mesure 385 km sous 140000 volts. Deux autres atteignent 338 km avec une tension de 100 à 110 000 volts. Il existe en outre d’assez nombreuses lignes dont la longueur est comprise entre 200 et 3oo km sous tensions comprises entre 100 et i3o 000 volts. En Europe, c’est l’Espagne qui possède actuellement la ligne la plus longue ; c’est celle qui conduit à Madrid l’énergie de l’usine de Molinar sur le Jucar et qui mesure 255 km. Vient ensuite la ligne italienne de San Dalmazzo à Novi; sa longueur est de 2 5o km. Une autre ligne espagnole de Molinar à Carthagène mesure 2i3 km. Ces 3 lignes sont sous 70 000 volts. En Espagne également, les deux grandes lignes de transport qui desservent Barcelone atteignent 180 km sous tensions de 88000 et no 000 volts. L’Italie possède de son côté une ligne de 180 km à 88 000 volts.
- En France, deux lignes atteignent approximativement cette longueur : celle de Bozel à Lyon par Moutiers (distribution système Thury en courant continu série), et celle de Ventavon à Arles par la Brillanne à 5oooo volts. Plusieurs autres lignes françaises-mesurent de i5o à 1G0 km de longueur, notamment celle d’Ugine à Lyon par le Val de Fier à 77 000 volts. Cette tension est la plus élevée qui ait été utilisée jusqu’ici en France pour un transport en courant alternatif. Mais la ligne actuellement en construction qui amènera à
- Pouxeux, par Delle, le courant provenant des usines d'Olton Goesgen (Suisse) sur une distance totale de 156 km est établie pour 100000 volts.
- La Compagnie des chemins de fer du Midi construit une ligne de transport à 120 000 volts entre la vallée d’Ossau et Bordeaux, soit une longueur de 270 km.
- L’industrie du nickel en France. — La France, grâce à sa colonie océanique de la Nouvelle-Calédonie, est, on le sait, un des principaux fournisseurs du nickel dans le monde. L Entente donne à ce sujet les renseignements suivants : Sur 926 000 t. de minerais extraites en 1913, la Nouvelle-Calédonie produisait 164406 t., soit 17 pour ioo. Pourtant la fabrication française du nickel ne s’élevait qu’à i5oo t. sur un total mondial de 3oooo t. Alors qu’elle produisait, en 1892, 32 pour 100 du nickel, elle n’en produisait plus à la veille de* la guerre que 5 pour 100. Comme notre consommation était de 38oo t., nous devions importer plus de 2000 t. de ce métal, le minerai calédonien étant trop mélangé de fer pour être utilisé tel quel et étant envoyé pour épuration en Amérique ou en Belgique. Des mesures ont été prises pour que cette épuration se fasse désormais sur place à la Nouvelle-Calédonie. Nous pourrons ainsi utiliser directement les minerais de notre colonie et élever notre production annuelle de 6 à 7000 tonnes.
- Cette quantité sera aisément absorbée par la diffusion grandissante des aciers au nickel et des alliages à base de nickel.
- Pendant la guerre la production de minerai de nickel de la Nouvelle-Calédonie a été la suivante :
- 1914.
- 1910.
- 1916.
- 1918.
- 172.000 tonnes valant 2.447-000 fr*.
- 141.000 — 2.678.000 — io5.ooo — 3.558.000 — 3o.ooo .— 1.472.000 — 90.000 — 5.61g.000 —
- Boussole en papier. — M. E. A. Reeves, curateur des cartes de la Royal Geographical Society de Londres, déclare; dans le Geographical Journal, qu’il a pu constater qu’ün morceau de papier mince et bien sec, suspendu dans une cloche de verre, et protégé du vent et des rayons solaires, peut, dans certaines conditions, indiquer approximativement la direction vraie nord-sud. Le dispositif recommandé par l’auteur est le suivant : on prend un vase de verre bien sec à large ouverture, de 3o à 40 cm de diamètre, muni d’un bouchon fermant bien, de préférence en caoutchouc. A la face interne du bouchon,, on suspend, par une simple fibre de soie non tressée de i5 cm de long si possible, un papier mince taillé en forme ovale, d’environ 5 cm de long sur 3 de large. La face interne du bouchon est paraffinée, le vase enduit intérieurement et extérieurement d’une mince couche transparente de vernis shellac ; le vase repose sur un anneau de verre ou de bois monté sur un trépied de bois (fig. 1). On opère ainsi, par un beau jour calme, entre 7 et 10 heures du matin ou du soir, quand le baromètre est au beau et le ciel sans nuage, on place l’appareil sur le sommet d’une colline, ou tout autre terrain nu et élevé, loin des arbres et des maisons; on centre le pendule dans l’axe du vase, lequel est abrité du soleil par un écran pas trop rapproché. Après i5 à 20 minutes, parfois moins, le papier est orienté, au repos ou oscillant encore autour de la ligne des pôles. Occasionnellement, il peut y avoir avantage à électriser le papier avant de le mettre dans le vase, en le touchant avec un morceau de vulcanite frotté avec un linge sec, mais ce n’est généralement pas nécessaire. Il faut se tenir au moins à 1 m. de l’appareil pendant qu’on l’observe. L’expérience a déjà réussi en Angleterre, au Canada et aux Etats-Unis ; l’auteur désirerait qu'on la répète eu
- Fig. 1.
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- INFORMATIONS
- d’autres parties du monde et qu’on lui communique les résultats observés.
- Sur l’agrandissement des astres à l’horizon. —
- Nous- extrayons de h’Astronomie la note suivante de M. Henri Chrétien : « L’agrandissement apparent des astres, lorsque le mouvement diurne les amène au voisinage de l’horizon, est un phénomène essentiellement subjectif; ceci est facile à vérifier et n’est, d’ailleurs, généralement pas contesté.
- Ce qui prête à controverse, c’est l’explication même de ce phénomène subjectif. Yoici un dessin (fig. 2) qui me paraît pouvoir éclairer un peu la question : il sert à illustrer l’illusion d’optique de Pokrowski.
- On est, tout d’abord, gêné par l’erreur grossière de proportion que le dessin comporte : les dimensions de la dame sont désagréablement exagérées.
- L’illusion de Pokroswld consiste en ce que, par suite de cette exagération, le monsieur qui marche à côté de la dame paraît, par contraste, minuscule, alors qu’en réalité, il est représenté à l’échelle convenable, impliquée, par les lois de la perspective et par la taille normale du promeneur qui est au premier plan. Il suffit, pour s’en rendre compte, de cacher la dame avec le doigt : l’anomalie disparaît.
- Mais ce qui est plus intéressant pour nous —r et c’est pourquoi je me permets de le communiquer à la Société — c’est que le dessin de la dame paraît être, en
- Fig. 2.
- outre, beaucoup plus haut et plus large, linéairement parlant, que celui du promeneur situé au premier plan. Il n’en est rien; il est facile de le vérifier.
- Ce qui fait paraître le dessin de la dame plus grand que celui du monsieur, c’est que nous situons l’objet qu’il représente à une distance plus grande que pour le monsieur, induits à cela par la perspective correcte de la galerie ».
- Un lac né en une nuit. — Le Geographical Journal relate la nouvelle envoyée parle Captain J. H. Phillips de Kigezi (Uganda), le 2 juin 1920, que dans la petite vallée encaissée de Kimbugu, par 29° 58' de longitude est et o°58' de latitude sud, un petit lac s’est formé en l’espace d’une nuit. Une cinquantaine de huttes d’indigènes existent sur les pentes de la vallée; l’eau ne les atteignit pas, mais au matin, 3a noirs y furent trouvés morts, probablement asphyxiés par les gaz dégagés de l’eau du lac. On n’avait jamais connu ni lac, ni ruisseau dans cette vallée où maintenant l’eau couvre 83 m2 sous une profondeur maximum de 4 m. 20.
- La semaine d’automne de motoculture. — La semaine d’automne de motoculture, comprenant des essais et expériences organisés par la Chambre syndicale de la motoculture de France et la Chambre syndicale du matériel de motoculture, yient de se terminer.
- Le champ d’expérience était situé à 2 km de Chartres. En outre de ce vaste terrain, chaque concurrent possédait un second champ pour des expériences privées chez des cultivateurs : épreuves d’endurance de 48 heures, épreuves de profondeur de 5 à 25 cm, etc. Ces terrains étaient situés dans les communes de Sours, Ber-chères-les-Pierres, le Coudray, Gellainville, Nogent-le-
- .Phaye, Poisvilliers, Fresnay-le-Gilmert, dans un rayon de 3 à 6 km autour de Chartres, desservi par un train-tramway .
- Un concours d’endurance d’une durée de 48 heures, pendant lesquelles les appareils devaient labourer jour et nuit, avait été établi par le comité d’organisation.
- Cinq nations alliées : l’Amérique, l’Angleterre, la Tchéco-Slovaquie, l’Italie et la France, étaient représentées à cette Semaine de motoculture, qui groupa 46 constructeurs et montra 116 appareils,
- L’immigration au Canada. — M. Maurice Dewavrin publie dans France-Amérique une étude très documentée sur le passé et l’avenir de l’immigration au Canada d’où nous extrayons les renseignements suivants : le Canada n’a pas subi d’immigration importante avant le début du xx° siècle, celle-ci se portant presque exclusivement vers les Etats-Unis. Il est peuplé, pour plus de 2 millions d’habitants, par les descendants très prolifiques des 60 000 sujets de Louis NY devenus Anglais lors de la perte de cette colonie. Pendant tout le xix° siècle, le mouvement d’immigration ne dépassa jamais 5oooo hommes par an et atteignit 26 000 au plus pendant les dix années 1890 - 1900, En 1902, changement à vue, on note 67000 immigrants; en 1903 le double, 128000; en 1905, 189000; en 1911, 3iiooo; en 1912, 354 pop; en 1910, 402000. Cette rapide progression est due pour une grande part aux efforts du gouvernement canadien cherchant à attirer des travailleurs agricoles par une propagande énergique à l’étranger et la concession de terres aux arrivants.
- La guerre a fortement ralenti ce mouvement. L’immL gration ne fut plus que de 145 000 en 1915, tomba à 48000 en 19x6, n’atteignit que 58 000 en 1919. Les cinq années de lutte ne fournirent pas plus d’immigrants que la seule année 1913.
- Les immigrants provenaient surtout avant igoo d’An-gletei’re et d'Allemagne ; ce dernier courant cessa brus-< quement et-de 1900 à 1919, les 3 3iiooo immigrants se répartirent ainsi :
- 1.269.000 Américains, soit 39 pour 100. i.tgo.ooo Britanniques, — 35 —
- 334.000 Slaves, — 10 —
- 120.000 Italiens, — 4 —
- Le contingent des autres peuples est sans importance : 39000 Allemands, 87000 Chinois, 26000 Français,
- 60000 Scandinaves, 19000 Japonais.
- Depuis la guerre et à cause d’elle, la proportion des Américains atteint 68 pour 100, tandis que la part britannique est réduite à 18 pour 100.
- Ces immigrants sont en majorité des ouvriers agricoles, puisque depuis 1903, on a compté 35 pour 100 de fermiers et garçons de ferme, 24 pour 100 de journaliers, 17 pour 100 d’artisans et ouvriers d’industrie, 5 pour 100 d’employés et commerçants ; 5 pour ipo de domestiques, 2 pour 100 de mineurs.
- M. Dewavrin estime que l’immigration va reprendre avec la même intensité qu’avant la guerre, d’autant plus que le Gouvernement fédéral a pris en faveur de certaines classes d’immigrants une disposition dont la por^ tée peut être considérable. La loi du 29 avril 1917, dite « Acte de l’établissement des soldats sur les terres », permet à toute personne ayant honorablement servi pendant la guerre dans les armées de terre ou de mer canadienne, britannique ou alliées, d'obtenir un homestead de choix, situé dans une zpne rapprochée des lignes de chemins de fer. Les futurs colons de cette catégorie pourront être placés provisoirement, le temps d’acquérir si besoin est les connaissances indispensables, chez des fermiers ou dans des fermes-écoles. Sur leur demande, des prêts pourront leur être accordés, à un taux d’intérêt raisonnable, jusqu’à concurrence de 5oo livres sterling, pour leur permettre soit d’acquérir des terres limitrophes, soit de se procurer le matériel et le cheptel dont ils ont besoin.
- Dénombrement de la population. — Un décret du 5 octobre, paru au Journal Officiel du 6, fixe au 6 mars 1921 la date du prochain dénombrement de la population, tant attendu pour de multiples raisons, qui toutes ont trait à la connaissance de notre situation démographique actuelle. Ajoutons que la plupart des états procéderont la même aimée à un semblable recensement.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- 05§£"
- Métallurgie
- A propos du traitement thermique des aciers- —
- Il est toujours utile d’employer, dans les ateliers des usines, des diagrammes clairs, parlant aux yeux et permettant aux ouvriers d’éviter de trop fréquentes erreurs,
- nons portent les températures ainsi que les indications des couleurs correspondant à chacune de ces températures. Les te températures de revenu » des outils sont comprises entre 2000 et 325° et on a disposé en face de chacune d’elles les outils auxquels ces températures sont généralement appliquées.
- En ce qui concerne le carbone, on a fait figurer au
- BLEU VERT ' BLEU FONCÉ • BLEU j BLEU CLAIR POURPRE GORGE OE PIGEON BRUN
- JAUNE FONCÉ JAUNE PAILLE KÇ* JAUNE CLAIR JAUNE NAISSANT
- 3ÜTT
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- COULEURS HABITUELLES OE REVENU DES OUTILS.
- tournevis; scies a bois.ressorts en Général .
- OUTILS OE FORGE ET OE MARTELAGE EN GÉNÉRAL.LAMES DE RABOT ET LE BOUVET POUR BOIS TENDRE.
- SCIES A MÉTAUX.OUTILS DE CHARPENTIERS.LAMES OE CISAILLES ,OUT. DE MORTAISEUSES.OUT.A DÉCOUPER. CISEAUX A MAIN ET CISEAUX A FROID POUR ACIER ET FER. OUTILS DE CHAUDRONNIERS.
- MATOIRS.TOUPIES A BOIS.INSTRUMENTS DENTAIRES ET DE CHIRURGIE .HACHES ET OOLOIRES, OUT. D'ESTAMPAGE. MÈCHES HÉLICOÏDALES, 0. DE FORME , SCIES CIRCULAIRES A MÉTAUX. O.OE TONNELIERS .TARIÈRES. MÈCHES A BOIS. POINÇONS ET MATRICES.ALÉSOIRS.CALIBRES.O.OE TOUR ET OE RABOTEUSE .O.DE FINITION ,0.A COUPER LA PIERRE FRAISES ET GOUGES .TARAUOS.MÈCHES OE PERFORATRICES .TARAUDS.ALÉSOIRS. DENTS DE SCIE .OUTILSA CISELER. OUTILS A GRAVER ET OUTILS ACÉRÉS,TÊTES OE MARTEAUX. OUTILS A TAILLER L'IVOIRE.
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- Fig. T
- % CARBONE "0,2 0,5 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1.0 1.1 12 1.5 1.4 1.5 1.6
- — Tableau diagramme du traitement thermique des aciers (dressé par la W. S. liockwell C°).
- qui représentent à la fois des pertes de temps et d’argent. Parmi les opérations délicates à effectuer dans un centre industriel, il n’en est peut-être pas qui exigent autant de soins et de précision que celles intéressant le traitement thermique des aciers.
- La Rockwell C° a établi, à l’usage de son personnel, un diagramme détaillé qui contient tous les renseignements nécessaires au traitement thermique.
- Les colonnes verticales du tableau (*) que nous don-
- 1. Reproduit d'après le Bulletin des usines Bcrliet.
- bas du diagramme les teneurs en carbone possibles et sur les ordonnées on peut lire les emplois des aciers correspondant à chaque teneur.
- On n’a pas manqué d’établir également un diagramme des points critiques; il indique les températures de trempe et les températures de recuit qui conviennent aux aciers de compositions usuelles. Nos lecteurs savent que les propriétés physiques des aciers ainsi que lem* structure dépendent du chauffage suivi de refroidissement.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- On sait également que ces transformations se font à des températures connues sous le nom de « points critiques » que l’on a désignées sur le diagramme précité par Acb Ac2, Àê3, ën partant des températures les moins élevées.
- Si on' rnàrqüe îes températures critiques sur le diagramme pour tous les aciebs au carbone, on obtient les lignes que l’on peut voir et « qui sont à la base de tout traitement thermique. » Résumons rapidement l’analyse que publie le journal l’Effort, des modifications survenant aux points critiques :
- Comme la génération s’étend de Ac1 à Ac5, le grain le plus fin et le plus dur est réalisé en chauffant ün peu au-dessus du point critique supérieur et en refroidissant rapidement, ce qui donne « la trempe ». Le « recuit » est obtenu en refroidissant lentement à partir de la même température.
- Du point de vue magnétisme, comme l’acier n’est plus magnétique à la température Ac2 et comme pour les aciers renfermant plus de 35 pour ioo de carbone, les points critiques de Ac2 et Ac3 sont confondus* on emploie l’aimant pour déterminer la température convenable de trempe de ces aciers particuliers. Par conséquent, pour recuire ou tremper convenablement les aciers, on doit les chauffer jusqu’à un point situé dans la zone marquée. On trouve la température convenable, en suivant, jusqu’à la rencontre avec cette région, la ligne verticale, qui correspond à la teneur en carbone, puis en notant soigneusement les températures des lignes horizontales coupant en cet endroit.
- On voit enfin sïir le tableau une ligne diagonale en pointillé partant du point o,85 pour ïoo de carbone vers la droite. Elle indique les températures critiques auxquelles « la cémentite libre des aciers » à forte teneur en carbone passe en solution. Il est très utile de connaître ces températures pour la prèmièrè trempé des pièces Cémentées et pour régénérer les aciers à oütils qui ont été surchauffés.
- Comme on peut en juger par ce court exposé* le tableau édité par la W. S. Rockwell et G0 ëst fait avec un soin tout spécial et peut être d’une grande utilité dans les ateliers ou dans les salles de traitement thermique.
- Automobilisme
- Le vulcanisateur Vulcans. — Réparer ses pneumatiques à temps, obturer les trous dès qu’ils se produisent, sans leur laisser le temps de ruiner complètement le pneumatique, c’est pour le propriétaire d’une voiture
- automobile le sur
- H A
- I. — Vulcanisateur travaillant sur un pneu.
- A, corps dé l’appareil; B* lampe à alcool,’ C, gHllàgë métallique ôii on brûle l’alcool; D, boîte de commande du volet automatique; E, volet; F, fenêtre d’air sur laquelle se rabat le volet ; H, vis de fixation de l’appareil sur l’enveloppe; J, entrée d’air.
- moyen de réaliser de sérieuses économies, tout en maintenant constamment le véhicule en ordre de marche.
- C’est cette préoccupation qui à donné naissance aux appareils dits vulcanisa* teurs qui permettent d’effectuer instantanément les réparations de cet ordre* soit en route, soit an garage.
- Ces appareils effectuent à Chaud lës réparations; on peut ainsi remettre lé caoutchouc dans son état primitif en même temps qu’on évite toute surépaisseur, Cause inévitable dé
- nouvelles avariés. L'opération consisté* après nettoyage préalable, à appliquer sür la plaie une bandé dé caoutchouc préservateur, à là porter ainsi que lès parties voisines* pendant Ufi temps bien déterminé à une température de iâô à ï35° G. environ, de façon à obtenir une adhérence parfaite. Le Vulcans effectue automatiquement èës Opérations Un péu délicates: Il suffit de disposer convenablement l’appareil, d’allumer UUe allumette et d’attendre qu’il s’éteigne ensuite de lui-même.
- Le Vulcans se compose d’un bloc d’aluminium présentant une surface concave épousant la courbure moyenne des chambres et enveloppes* et qui se chauffe automatiquement comme nous allons le voir plus loin.
- On monte l’appareil directement sur le pneu gonflé, s’il s’agit de réparer
- unè enveloppe, soit A
- sur un socle en bois dur approprié s’il s’agit de* réparer une chambre à air.
- Le chauffage de la masse d’aluminium s’effectué au moyen d’Uné lampe à alcool en forme de cylindre B, qü’on introduit dans Une cavité A mé-
- nagée pour le rece- Fig. a. — Coüpe schématique voir de façon hermé- du vulcanisateur,
- tique. Elle est allumée A? corp3 de'l’appareil ; B, corps de la
- en C. L’airnéCeSsaîrë lampe; C, fenêtre de la lampe; E, vo-àla combustion de là let; F, fenêtre d’air; J, cheminée de lampe entré en F et tirage: O, mèche de la lampe; P, axe sort en J; le volet E do volet E; Q, masse de métal fusible; étant préalablement ressort du volet, repoussé en arrière.
- Lorsque la température de la masse a atteint la valeur nécessaire, calculée à l’avance par le fabricant,, le volet E se rabat sur l’ouverture F. La lampe est ainsi mise en veilleuse et dès que l’opération est terminée la veilleuse s’éteint. Ceci est réalisé de la façon suivante.
- Le volet E est constamment sollicité de se rabattre sur l’ouverture F par le ressort R. Il le ferait si l’axe sur lequel il est monté n’était bloqué par un dispositif spécial. Cet axe est cylindrique dans la partie que porte le volet E, mais rectangulaire sUr le reste de sa longueur, Un peu de métal Q fusible aux environs de ïab0 C. rend prisonnière une des faces de cet arbre rectangulaire en même temps qu’elle adhère aux parois dè la chambre où est logé l’axe. Lorsque la température de toute la masse du vulcanisateur est devenue telle que le métal fusible se liquéfie, l’axe qui porte le Volet est libéré, le ressort pëut agir et le volet se rabat Sür l’ouVerture F.
- Aussitôt la lampë s’éteint à moitié et donne juste assez dë chaléür pour maintenir lâ température au point voulu pour la vulcanisation, ët l’y maintenir pendant le temps exactement nécessaire. Lorsque ce temps, qui est celui de la capacité de la lampe ainsi réglée par construction, est écoulé, la lampe S’étëint faute de combustible et l’opération est terminée.
- Ainsi la vulcanisation ne demandé d’autre soin que de mettre de 1 alcool dans une lampe et de 1 enflammer ; pas de réglage, pas de surveillance.
- 'Electricité
- Multifiche, — A qui n’ést-il pas arrivé, s’il dispose du courant électrique, de désirer brancher sur les conducteurs venant d’une prise à fiche, soit une lampe, soit une autre fiche, soit encore Uü bouchon.
- La multifiche përmet toutes ces opérations. Les fils y arrivent dans ünë poignée à Un étrier autour duquel
- Fig. 3. — Le Multifiche.
- peut bascUlér un Système qui d’un côté présenté les deux fiches habituelles et de l’aütre Une prisé de lampe à baïonnette qu’on peut transformer en prise à fiche cën* traie. Une sëüle multifiche suffit donc pour brancher tous les appareils : lampes, fers à repasser, èhaUffé-plats, radiateurs, ventilateurs, appareils médicaux ou dentaires, etc. Cét ingénieux appareil ëstvëndü i3 fr. 5o franco, par M. Mathieu* 3o; riië Le Pelëtiér, Paris.
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- VARIETES
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- GOMMENT ACHETER LES FRUITS FRAIS ? — LES COINGS
- La belle et grande famille des Rosacées ne produit pas que des fruits aussi beaux que sàvoureux comme ceux dont je rhe suis occupé jusqu’à présent, il en est, tels les coings et les nèfles, qui possèdent une si forte âpreté que celle-ci les exclut de notre alimentation à l’état cru ou frais, ce qui donne la raison pour laquelle leur importance commerciale n’est que secondairé. Cependant, on ne peut nier que les coings ne présentent un réel intérêt au regard des différents produits de transformation qu’on eii obtient par la cuisson et dont le rôle conflne quelque peu à la thérapeutique.
- Quelles Variétés acheter dé préférence? — A l'encontre des autres genres d’arbres fruitiers qui compteüt un grand nombre de variétés, le Cognassier n’eü possède guère qu’une douzaine entre lesquelles la moitié seulement mérite d’être recherchée par les maîtresses de maison, ce sont les suivantes rangées par ordre de maturité qui ne diffère qüe d’üne à deux semaines.
- Coing commun ou ordinaire. — Fruit moyen, turbiné; peau jaune pâle; chair blanc ambré. Maturité octobre à novembre. Il existe deux sous-variétés : le coing mali-forme ou coing pomme, coing femelle souvent gros, le coing piriforme ou coing poire, coing mâle. Le coing commun est le plus cultivé dans les jardins de la partie septentrionale de la France et celui qü’on trouve sur tous les marchés; c’est le moins parfumé.
- Coing d’Angers. — Fruit gros, turbiné; peau jaune assez vif; chair blanc jaunâtre très parfumée. Maturité en octobre. Il est plus spécial à la région du nord-ouest et du centre dans lesquelles il est regardé comme le meilleur pour les préparations économiques.
- Coing de Bourgeaut. — Fruit très gros, piriforme, intermédiaire pour le reste entre le coing commun et le coing de Portugal. Maturité en octobre.
- Coing du Portugal. — Fruit très gros, piriforme, jaune d’or brillant; chair jaune, cassante, parfumée. Maturité octobre à novembre. C’est la variété la plus recherchée dans le midi de la France, mais comme il n’atteint qile très difficilement une maturité complète sous lé climat parisien, il est moins à recommander pour cette dernière région.
- Coing Champion. — Fruit moyen ou gros, obtus, turbiné; peau jaune vif; chair jaune assez tendre, assez parfumée. Maturité octobre à novembre.
- Coing de Favre. — Fruit gros oblong, côtelé, odorant; peau jaune clair; chair jaüne pâlè, parfumée. Maturité octobre à novembre.
- A citer comme curiosité, car on ne peut le trouver que dans de rares plantations fruitières, le coing monstrueux de Bazine, piriforme, charnu, très parfumé, recommandé par un de nos meilleurs horticulteurs, M. Nomblot, comme étant d’excellente qualité et susceptible de peser près de 900 grammes.
- Quand et comment les acheter? — Les coings ne viennent guère sur les marchés avant là mi-octobre dans les milieux les plus favorables, car leur récolte n’a souvent lieu qu’après celle des poires et dés pommes, avant l’apparition des geléés. Il faut les choisir d’un beau jaune assez brillant, gros, lourds, durs, indemnes de piqûres d’insectes et de toutes meurtrissures ou lésions. Leur pédoncule doit être bien adhérent et ferme, nullement mou.
- Si la maîtresse de maison en achète une certaine quantité au début de leur maturité, alors qu’ils ont encore l’épiderme vert jaunâtre ou inversement, elle aura soin non pas de les entasser, mais de les étaler sur un lit de paille longue et bien sèche, en rangs isolés, dans un endroit très aéré où ne se trouvera aucun autre fruit à chair molle, car, à mesure que la maturité s’approchera, ils dégageront un parfüm spécial très pénétrant qui imprégnerait ces fruits au détriment de cëlui qui leur est particulier. Les coings pourrissent, parfois, très vite, il sera nécessaire de les bien surveiller et d’enlever aussitôt les fruits tachés pour éviter qüe la pourriturè ne s’étende ; aussi, bien souvent le plus prudent sera de ne les acheter que mûrs à point et de les transformer rapidement en produits économiques.
- Principaux usagés. — Les coings sont immangeables à l’état cru, à cause de leur excessive âpreté due à la forte proportion de tanin qu’ils contiennent, mais si cette astringence les exclut sous cette forme de l’alimentation
- ordinaire, elle leur confère aussi un rôle utile dans la thérapeutique infantile pour réagir agréablement contre de légers dérangements d’entrailles. A ce titre, les coings servent de base à des compotes, gelées, jus, marmelades, pâtes, ratafias, sirops et vins. La maîtresse de maison sait préparer ces différentes confitures pour lesquelles il lui faut employer des fruits plus ou moins mûrs selon que le produit doit contenir des principes gélifiants ou astringents ; toutefois, comme il y en a trois qui lui sont souvent étrangers, le Cotignac, le ratafia et le vin, je vais en indiquer la préparation.
- Cotignac. — Cette confiture, qui tient à la fois de la gelée et de la pâte, est depuis longtemps une spécialité renommée de la ville d’Orléans. Elle peut être préparée avec le jus de coings seul ou avec ce jus et celui d’autres fruits : groseilles, framboises, cassis et pommes. Dans les deux cas, la gelée est épaissie au degré voulu et, quand elle est bien transparente, coulée dans des moules en bois de différentes grandeurs dont le fond en creux reproduit divers sujets et qui ont été préalablement graissés pour empêcher l’adhérence. Quand, au bout d’un certain temps, on juge que sa prise est suffisante pour en assurer la fermeté, on enlève les petits gâteaux ronds et on les met dans des boîtes en bois répondant à leurs grandeurs.
- Ratafia. — En voici une formule ménagère :
- Suc de coings.................. 1 litre.
- Alcool à 900.................. 60 centilitres.
- Clous de girofle............... 5 grammes.
- Sucre granulé n° 3......... 85o —
- Eau potable................... 60 centilitres.
- On fait d’abord macérer les girofles dans l’alcool pendant huit jours, on passe et l’on ajoute cette teinture au sirop fait à chaud avec le sucre et l’eau, mais refroidit On extrait alors le jus ou suc comme il est dit plus loin, on le verse dans la mixture alcoolique, on agite fortement pour avoir Un mélange intime; on colore au jaune clair avéc du caramel, on laisse reposer durant deux jours et l’on filtre pour que la liqueur soit limpide.
- Vin. — Il en existe plusieurs formulés tant à chaud qü’à froid. Elles emploient la cuisson, le plus souvent, pour diminuer l’âpreté des fruits, mais c’est au détriment du parfum qui est plus fin quand on opère à froid, comme dans la foiunule suivante.
- Prenez des coings bien mûrs, râpez-les, en respectant les pépins, avec une râpé bien étamée pour éviter l’attaque du fer par le tanin et la coloration brün-verdâtre produite par le tannatë. Pressez la pulpe à deux reprises dans un liüge ou dans Une pressé étamée et recueillez-en le jUs dans un récipient, toürie ou baril, selon le volume. Ajùutez-y, par kilogramme, 200 gr. de sucre à l’état de sirop, o gr; 20 de phosphate neutre d’ammoniaque dissous dans un peu d’eau potable èt de la levure de grain bien délayée dans le jus dans la proportion de i5o gr. par hectolitre, mélangez par un vigoureux fouettage et abandonnez à la fermentation dans un endroit Où la température est maintenue entré i5 à 20°.
- Lorsque la fermentation sera presque terminée, soutirez le vin de sa lie et s’il n’est pas assez limpide, collez-le avec un blanc d’œuf battu en neige, par hectolitre. S’il était trouvé un peu trop âpre, il faudrait attendre un mois ou deux avant de le consommer et le renfermer dans un petit baril en bois, puis ce délai écoulé le mettre en bouteilles, mais il ne faut pas oublier que l’usage de ce vin comporte toujours une certaine astringence.
- On a conseillé de le parfumer avec un peu de cannelle, de clous de girofle ou de zestes de citron, mais quand il est bien préparé tout parfum additionnel est superflu, à moins qu’on ne veuille corriger celui qu’il possède en propre.
- Les pépins, qui ont été mis de côté, peuvent servir à la préparation de la handoline des parfumeurs, dont l’usage, fort en faveur chez nos grands-parents, est devenu désuet aujourd’hui. A défaut de cet emploi, toute maîtresse de maison qui disposera d’unè quantité notable de ces pépins bien séchés trouvera toujours acheteurs à bon prix chez les droguistes, marchands de graines ou pépiniéristes. A. Truellë.
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- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
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- Miroir élongateur du point de vue. — Lorsque la pièce dans laquelle on opère n’ofïre pas un recul suffisant pour que le sujet à reproduire s’inscrive tout entier dans le cadre du verre dépoli, l’interposition d’un miroir permet de doubler la distance. S’agit-il d’un portrait, par exemple, le modèle est placé, à côté de la chambre noire, à l’une des extrémités de la pièce, tandis qu’à l’autre extrémité un miroir vertical, par exemple celui d’une armoire à glace, est orienté de manière à réfléchir vers l’objectif l’image du modèle. Naturellement, si le cliché est exécuté sur verre et mis en châssis comme d’habitude, l’épreuve montrera une reproduction symétrique du modèle, comme on le verrait dans un miroir : un officier paraîtra avoir son épée et ses décorations du côté droit ; une inscription, un chiffre seront vus à l’envers, etc. Cette inversion est facile à éviter, soit en faisant usage de pellicules, soit en mettant les plaques dans les châssis de façon que le côté émulsionné se trouve en arrière. On devra alors s’assurer que le côté libre du verre ne retient aucune trace de gélatine ou de tout autre corps susceptible de porter une ombre sur la couche sensible. Il faudra, en outre, que le verre dépoli soit retourné, comme la plaque, afin d’assurer l’exactitude de la mise au point.
- Un miroir ordinaire fournit, en réalité, deux images : l’une provient de la réflexion sur la face antérieure de la glace, et l’autre de la réflexion sur la face étamée. Cependant, la première image est si faible et s’écarte si peu de la seconde, qu’elle est pratiquement négligeable. Tout au plus contribue-t-elle à donner à la reproduction un certain enveloppement, une douceur qui sont précisément recherchés par beaucoup de portraitistes.
- Cette méthode est préférable à l’emploi d’un objectif à très court foyer, car l’éloignement du point de vue a une importance facile à vérifier. C’est à l’insuffisance du recul qu’il faut attribuer les déformations qu’accusent tant de portraits, l’ampleur inadmissible que prennent, dans certaines poses, les mains et les pieds du modèle, les figures où l’œil droit est deux fois plus grand que l’œil gauche, les planchers qui montent en raidillons, les arrière-plans qui semblent reculés à d’invraisemblables distances. L’expérience prouve que, pour un portrait limité à la tète, un éloignement de 3 ou 4 m. ne suffit pas toujours. S’agit-il de reproduire tout le buste, cette distance est déjà trop faible, en certains cas. Supposons, par exemple, que l’on ait à photographier un soldat portant un ancien uniforme à épaulettes et posant de trois quarts. Si l’on plaçait l’objectif à 1 m. du buste, on remarquerait une disproportion choquante entre les deux épaulettes. Si l’on s’éloigne à 2 m., cet effet sera amoindri, mais restera encore très apparent, surtout si l’épreuve est soumise à l’agrandissement. La perspective ne deviendra correcte que si les dimensions de l’épaulette la plus éloignée atteignent à peu près les 9/10 de celles de l’épaulette la plus rapprochée, ce qui suppose un point de vue distant de 4 à 5 mètres.
- S'agit-il d’un portrait en pied? Alors, ces distances devront être doublées : « Si un photographe, dit Charles Blanc, veut avoir d’un personnage debout .un portrait fidèle, sans diminution des extrémités, il faut qu il place son point de vue à 10 m. du modèle.... Quand le peintre
- n’a pas la reculée nécessaire, il se la procure fictivement par les fnéthodes de la perspective qui lui permettent de rectifier ce qu’il voit, en le dessinant comme il le verrait d’une distance convenable. » Et M. L. de Pulligny va beaucoup plus loin (c’est le cas de le dire) : « Si le personnage porte une jambe ou un bras en avant ou en arrière, ce sera à i5 ou 20 m. qu’il faudra le placer ; et s’il se présente en raccourci, comme le Christ de Mantegna, ce sera un éloignement de 3o ou 40 m. qui deviendra nécessaire. »
- Dans ces derniers cas, l emploi de deux ou plusieurs miroirs est tout indiqué pour concilier les nécessités de la perspective avec l'exiguïté de l’appartement ou de l’atelier. Il va sans dire que, si l’on utilise un nombre pâir de réflecteurs, les photographies ne seront pas inversées de droite à gauche.
- Fixage provisoire. — L’hyposulfite de soude employé au fixage des images photographiques est souvent une cause d’insuccès, quand l'opérateur, ayant à manipuler un certain nombre de plaques ou d’épreuves, est obligé de plonger ses doigts alternativement dans le révélateur ou dans le bain de virage et dans le bain de fixage. En effet, de simples traces d’hyposulfite dans certains révélateurs constituent un accélérateur énergique et capable de voiler l’image; dans d’autres révélateurs, l’hyposulfite occasionne le voile dichroïque, et il en est de même si le révélateur est introduit dans le fixateur, même à très faible dose.
- Lorsqu’on traite par développement physique les papiers à image apparente (Yoy. n° 2422), l’action de l’hyposulfite mêlé au bain continuateur, même en infime quantité, risque de se traduire par la sulfuration de l’image, de sorte qu’il est difficile de conduire de front le développement et le fixage de plusieurs épreuves. L’opération devient, au contraire, très simple, si le fixateur est momentanément remplacé par un bain dans lequel les images développées peuvent être laissées sans surveillance, jusqu’à ce que l’on n’ait plus à toucher au révélateur. A cet effet, le mieux est d’employer un bain abondant d’eau additionnée de bisulfite de soude liquide (5 pour .100 environ). Cette solution constitue un fixateur provisoire, en ce sens qu’elle arrête complètement l’action du révélateur et permet de développer d’autres images sans toucher à l’hyposulfite. Comme elle ne dissout ni le bromure ni le chlorure d’argent, elle ne dispense point du fixage habituel, mais l’opérateur n’y procédera que lorsqu’il n’aura plus à s’occuper du développement.
- Un acide quelconque arrêterait l’action du révélateur, aussi bien que le bisulfite, mais il faudrait alors laver abondamment les clichés ou les épreuves, avant de les plonger dans l’hyposulfite, afin d’éviter la formation d’un précipité de soufre et la sulfuration des images. Le bisulfite, au contraire, ne peut communiquer au fixateur qu’une acidité, non seulement inoffensive, mais encore bienfaisante, puisque sa présence dans les bains de fixage est recommandée dans le but d'obtenir des phototypes plus purs et des photocopies non sulfurées. Plaques et papiers seront donc passés directement, sans lavage préalable, du bain de bisulfite dans le bain de fixage définitif.
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il no peut être répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits — Turbine à vent Escajfre : 7, rue Berteaux-Dumas, Neuilly (Seine).
- Renseignements. — Chéneaux en tôle galvanisée. — A propos de la réponse parue dans le numéro du 21 août dernier, M. Ch. Létang, agent général des Usines métal-
- lurgiques de Strasbourg, 34, faubourg de Pierre, Strasbourg, nous fait connaître que ces usines produisent une tôle galvanisée à chaud par un procédé spécial et ne s’écaillant pas.
- Réponses. — M. B. Camuset, à Brétigny-sur-Orge. — L’échantillon que vous nous communiquez porte des traces manifestes de doigts appliqués sur la gélatine. Il faut absolument s’interdire de toucherles couches photographiques, quelles qu’elles soient, autrement que par leurs bords extrêmes, sans quoi des taches indélébiles se produisent fatalement. Il faut également éviter les frottements de la gélatine contre les parois delà cuvette.Votre film montre
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- aussi quelques marques tendant à nous faire supposer que vous employez une eau trop calcaire. Pour préparer votre révélateur, il ne serait pas inutile de la faire préalablement bouillir, de la laisser ensuite reposer et de la décanter.
- M. Charles Schrimpf, à Lyon. — i° Etablissements Poulenc frères, 19, rue du Quatre-Septembre ; Etablissements Tiranty, 91, rue La Fayette; Photo-Plait, 3g, rue La Fayette; 20 E. Krauss, 18, rue de Naples.
- 31. le Dl IJ. à Saint-Gervais. — La dilution du révélateur n’est pas un correctif suffisant, en cas de forte surexposition. Vous tireriez mieux parti de vos clichés en diminuant la dose de carbonate alcalin et en augmentant la quantité de bromure. Bien entendu, ceci ne s’applique pas au diamidophénol ; si vous employez ce révélateur, il faudrait ajouter au bain du bisulfite de soude ; cette addition, qui donne un réactif acide, fournit des clichés brillants et bien modelés en cas de surexposition. Voici’la formule qu’en a donnée Balagny :
- Eau............................... 160 c. c.
- Diamidophénol....................... 1 gr.
- Sulfite de soude anhydre ..... 4 gr.
- Bisulfite de soude liquide (solution
- commerciale)....................... 5 c. c.
- Solution de bromure de potassium à 10 pour ioo .. ................ 5 c. c.
- M. Ch. Pagès, he Puy. — Voici une formule d’adhésif à chaud :
- Gomme laque blanche .... 3o grammes.
- Gomme élémi................
- Baume du Canada sirupeux.
- Glycérine...............
- Alcool à brûler, ipr choix. . . 100 c. c.
- On fait d’abord dissoudre dans la moitié de l’alcool la gomme élémi et le baume du Canada, et dans l’autre moitié la gomme laque. On mélange les deux solutions, et l’on ajoute la glycérine. Les bandes de papier noir destinées à doubler les diapositifs photographiques ne doivent pas être directement enduites de cette mixture, qui pénétrerait la pâte de part en part. Le côté qui recevra l’adhésif doit être au préalable couvert d’un encollage, tel que celui-ci :
- Eau........................ xooo c. c.
- Gomme arabique .... 200 gr.
- Formol....................... 5o c. c.
- Glycérine.................... i5 —
- Quand cet encollage est sec, on le recouvre au pinceau de la solution adhésive. Après dessiccation de cette couche, on en passe une seconde. Le papier ainsi préparé se colle facilement par application d’un fer chaud.
- 31. Planté, à Ancenis. —Les taches de l’épreuve communiquée nous paraissent dues à l’emploi d’un papier trop ancien. Le développement des papiers au chlorure d’argent révèle les moindres réductions qui se produisent, à la longue, dans l’émulsion, et nécessite, par conséquent, l’emploi de papiers de fabrication récente, soigneusement préservés de la lumière et de l’humidité. Quant au défaut de développement, il peut résulter d’une erreur de dosage ou de produits insuffisamment purs. Nous vous rappelons que l’épreuve doit être plongée directement (sans lavage) dans le continuateur, car le nitrate d’argent contenu dans la couche constitue un des éléments du renforçateur. Si la formule essayée ne vous satisfait pas, nous vous conseillons la suivante, qui nous fournit constamment, depuis longtemps, d’excellents résultats, même sur les papiers au citrate à bon marché :
- Eau................. 100 c. c.
- Métol.................. o gr. 5
- Acide tartrique ..... o gr. 5
- En employant des papiers frais, vous devez obtenir,
- avec ce développateur, des images très pures, en de beaux tons noirs pourprés.
- 31. Lebeau.lt, Saint-Lô. — Voir Recettes de la Campagne, pages 61 et 23o, Masson et G10, éditeurs.
- 31. Duval, à Belfort. — La perception d’un certain relief, provoquée par la vision d’une image unique placée entre les deux oculaires d’un stéréoscope, a déjà été observée depuis longtemps. Elle est facilitée par l’emploi d’objectifs à large ouverture, donnant des images enveloppées, où les bords des objets « tournent », comme disent les artistes ; car il est bien évident que les deux extrémités du diamètre horizontal d’une grande lentille ne « voient » nas le modèle exactement sous la
- même perspective : il y a là un effet de parallaxe, ana-
- logue à celui que détermine l’examen binoculaire. Néanmoins, ce fait, limité à des circonstances, à des conditions très spéciales, ne saurait nullement révolutionner les procédés stéréoscopiques et ne dispensera jamais d’employer, dans la pratique journalière, des appareils photographiques à deux objectifs.
- 31. P. Sinan, à Constantinople, — i° Un objectif simple, et même un aplanat médiocrement lumineux, ne sauraient fournir des images détaillées avec un obturateur fonctionnant à 1/10000 de seconde. Du reste, même avec des instruments à grande ouverture, avec les meilleurs anastigmats, il n’est guère pratique de réaliser des poses aussi courtes avec un obturateur monté tsur l’objectif, et les instantanés extra-rapides sont plus généralement obtenus à l’aide de l’obturateur de plaque (focale-plane), constitué par un rideau percé d’une fente étroite qui se déroule tout près dé la surface sensible. —, 2P Yoici la formule d’un révélateur donnant des noirs
- vigoureux et des blancs purs :
- A. Eau................. . 1.000 c. c.
- Sulfite de soude .... 35 gr.
- Métol (ou génol) .... 11 —
- Hydroquinone ..... 14 —
- B. Eau....................1.000 c. c.
- Carbonate de potasse. . 18 gr.
- Pour une pose normale, on prend 1 partie de A et 3 parties de B; pour les clichés surexposés, 1 partie de A, 2 parties de B et quelques gouttes d’une solution de bromure de potassium à 10 pour 100. Pour les clichés manquant de pose, on augmentera la dose de carbonate de potasse.
- M. Delahaye, à Lille, — Les unités de résistance employées pratiquement sont l’ohm, lé microhm (millionième d’ohm) employé pour les conducteurs, le mégohm (1 million d’ohms) employé pour les isolants.
- ff. L. de Choiseul. — Il est malaisé à distance de juger de la situation, attendu que l’on ne se rend pas compte de l’emplacement, de la construction elle-même, etc. Il est évident que l’absence de sous-sol crée un milieu extrêmement favorable au développement de champignons ; de même la toiture étant trop plate favorise d’autant la capillarité et par là une sorte d’humidité constante qui finit par pourrir les bois.
- D’avoir drainé le pourtour de la maison est une bonne précaution de nature à diminuer grandement l’humidité tellurique.
- Les champignons destructeurs de bois de charpente ne disparaîtront que sous l’action d’une aération violente et sèche et par des peintures ou badigeons au carbo-nyle, aczol, etc, Enlever radicalement toute pièce de bois paraissant fortement attaquée, ne pas l’utiliser dans d’autres travaux, au besoin la brûler. Eviter dé propager par les mains, les chaussures, les habits, les outils, etc., soit les spores, soit le mycélium de ces champignons.
- Il est difficile également de vops indiqxier un spécialiste, mais voyez un architecte ayant une certaine expérience de la construction. Procurez-vous le n° 2378 (a5 octobre 1919) de La Nature contenant notre étude sur les champignons destructeurs des bois de charpente, laquelle, en vous décrivant ces champignons, vous permettra de prendre certaines mesures,
- R. P. 3fissionnaires du S. C., à Hevçrlé. — i° Si le fil émaillé a perdu son émail il n’y a guère moyen de l'émailler vous-même simplement. Etant donné lès circonstances de l’accident nous préjugeons qu’il y a eu fusion du fil en un point faible. Ceci est facile à vérifier et à réparer par une jonction soudée et isolée ensuite au ruban caoutchouté.
- 20 Pour obtenir le régime de transformation que vous
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- indiquez il faut en effet théoriquement mais pour
- compenser les pertes vous pouvez majorer le nombre de tours du primaire de 5 pour 100 environ, d’ailleurs le réglage du secondaire avec un rhéostat permet d’avoir un voltage déterminé au secondaire.
- On peut prendre du fil de fer émaillé au primaire et c’est le cas des appareils bon marché, mais c’est au détriment du rendement. Cette question est d’ailleurs secondaire dans le cas des transformateurs de sonnerie.
- 3° Nous ne connaissons pas de manuel pratique pour construire soi-même des appareils électriques. D’ailleurs il n’y a eu dans ce genre que des éditions an-
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- ciennes forcément peu en rapport avec les progrès rapides de l’électricité. Nons pensons prochainement éditer un ouvrage rassemblant toute une série de constructions d’amateurs parues dans nos colonnes.
- M. L. -Vernerd, à Levallois-Perret. — Il n’y a pas dans le commerce de moteur à vent d’un modèle suffisamment réduit pour assurer seulement le débit que vous indiquez. Le plus simple serait que vous établissiez vous-même cet appareil du modèle de celui que nous avons décrit dans la Science appliquée et qui est simple et facile d’établir soi-même.
- Il existe en France des moteurs à air chaud établis en moto-pompes à partir de i/5o de cheval. C’est la plus petite puissance réalisée couramment. Vous pouvez vous adresser pour plus amples renseignements à M. Weiss, 5, rue Faustin-Hélie à Paris.
- Cercle de Saint-Jean-de-Maurienne. — i° Nous indiquerons prochainement le moyen de construire un fer à repasser électrique. La composition que vous indiquez est sans doute de l’amiante comprimée.
- 2° Mêmes observations pour le réchaud : c’est sans doute la même construction que celle de la plaque chauffante dont nous avons indiqué la construction dans La Nature au diamètre du fil près.
- 3° Nous ne pouvons décrire et donner la coupe d’un appareil aussi courant que le compteur de la Compagnie d’Issy-les-Moulineaux. Vous pourriez poser la question aux constructeurs dudit compteur qui vous renseigneront,certainement.
- 4° Il est facile d’établir une petite masse chauffante qu’on plonge dans un récipient plein de liquide à faire bouillir. Il suffît d’émouler du fil de ferro-nickel, de nickel chrome autour d’une pièce de porcelaine. Pour avoir 5 ampères sur 120 volts vous mettrez un fil de 24 ohms de résistance et son diamètre sera plus ou moins fin suivant que vous voudrez avoir une rapidité de chauffage plus ou moins grande.
- M. L. G., à l’Argentière La Bessée (Hautes-Alpes). — Le procédé dont vous parlez, et que l’on a présenté comme méthode nouvelle ayant pour objet la fertili-
- sation des semences — lequel ne serait d’ailleurs pas spécial au traitement des semences de blé — n’a pas donné en pratique les résultats qu’on a voulu lui attribuer.
- Des essais poursuivis, en se référant aux indications de l’instigateur dudit procédé, sont loin d’avoir démontré son efficacité. Et il faut convenir que les agriculteurs l’eussent adopté depuis longtemps s’il avait été possible d’en obtenir une levée plus prompte et plus régulière du blé et un rendement plus élevé. Nous ne pouvons que vous conseiller de faire un essai, et préalablement de consulter M. E. Schribaux, Directeur de la Station d’essais de semences de l’Institut national agronomique, 4, rue Platon, Paris, i5°. Voyez aussi le Directeur des Services agricoles des Hautes-Alpes, à Gap.
- Il est reconnu qu’en plongeant les semences dans une solution de chlorure de potassium, avant de les confier au sol, on les purifie et on en facilite la sélection. Le mode opératoire est celui-ci : Remplir d’eau une cuve d’un hectolitre, y plonger de petits sachets contenant du chlorure de potassium, dans la proportion de i5 kg de chlorure pour 100 litres d’eau; bien brasser pour faire dissoudre, puis verser la solution dans un auget de 3o cm de profondeur, légèrement incliné. A la partie surélevée de l’auget, on apporte, par petites portions, la semence à traiter; après brassage de quelques minutes, enlever les grains qui surnagent, recueillir ensuite les bons grains rassemblés au fond et les laver à l’eau pure pour éliminer la petite quantité de chlorure pouvant rester et qui gênerait la germination.
- M. T. A.. Santa Ana, République de Salvador. — Nous n’avons pas, en France, dans la technologie de l’huilerie, les détails que vous désirez sur l’extraction de l’huile des œufs de tortue et sur la composition chimique du tourteau, résidu de cette fabrication. Vous pourriez, toutefois, vous renseigner, à ce sujet, aux adresses suivantes : Revue Les matières grasses, 49. rue des Vinaigriers, Paris, 10e; Journal d'agriculture tropicale, .17, rue Laffitte, Paris, 9e; M. Henri Jumelle, professeur à la Faculté des Sciences de Marseille.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous tes ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.) -
- Les moteurs à vent, par E.-H. Lémonon. — Une brochure de i28 pages (20 édit.) illustrée de nombreux tableaux et schémas inédits et de photographies : 3 fr. 5o, chez tous les libraires ou franco recommandé contre mandat de 4 francs à E.-H. Lémonon, 27, rue d’En-ghien, Paris, 1920.
- On verra dans la nouvelle édition de cet ouvrage les importants progrès dont les moteurs à vent ont bénéficié en ces dernières années. L’auteur décrit en détail les différents systèmes existants — principe, mécanisme, fonctionnement — et signale les avantages particuliers que présente chacun d’eux. Il montre ensuite comment on adapte les moteurs éoliens aux pompes hydrauliques et aux dynamos et la façon dont l’utilisation du vent assure — sans aucune dépense de combustible — l’alimentation en eau de villages entiers et l’éclairage électrique de vastes villas ou de fermes importantes.
- Le chauffage industriel. (Introduction à l’étude de la métallurgie), par Henri Le Chatelier, membre de l’Institut. 2e édition. 1 vol. 16 X a5, 536 p., 96 fig. Dunod, éditeur, Paris 1920. Prix net : 36 fr.
- L’apparition de l’ouvrage de M. Le Chatelier a marqué une date dans la technique du chauffage et dans l’histoire de l'enseignement. C’est là, en effet, qu’ont été exposés pour la première fois sous une forme didactique et suivant les idées modernes le mé-
- canisme des réactions chimiques intervenant dans la combustion, le mode d’établissement des bilans calorifiques, le calcul des températures de combustion; les méthodes exposées par M. Le Chatelier sont aujourd’hui classiques; et la réédition de ce livre important rendra grand service à l’industrie et à l’enseignement. Ajoutons que M. Le Chatelier n’a pas voulu faire œuvre exclusivement industrielle, mais encore œuvre scientifique ; en effet, l’étude des phénomènes mis en jeu dans les opérations industrielles exige la mise en œuvre des mêmes méthodes que la science en laboratoires, et ouvrant un champ d’expériences des plus vastes, elle peut tout aussi bien, sinon mieux, permettre la découverte ou la démonstration des lois naturelles. En outre elle peut rendre les plus grands services pratiques. Est-ce pour cette raison que M. Le Chatelier a cru devoir lui donner l’appellation de science industrielle ? Nos savants, à la fin du xix° siècle,
- • ont éprouvé une sorte de pudeur, assez difficile à expliquer, à porter leurs investigations sur des domaines prétendus utilitaires, et M. Le Chatelier, en rompant résolument avec cette pratique néfaste et reprenant la tradition des Lavoisier, des Gay-Lussac, des Dulong, des Régnault, se croit néanmoins forcé en quelque sorte de s’excuser en dénommant science industrielle ce qui est de la science tout court, sans être encore celle des programmes officiels.
- La frigorification du poisson appliquée au commefee de la marée, par Le Danois, -i vol. in-8, io3 p., 8 fig. Challamel, Paris.
- Compte rendu d’expériences effectuées par ordre du sous-secrétaire d’Etat de la Marine marchande et des Pêches à la station d’essais de Lorient pour juger des procédés de congélation et de réfrigération du poisson, et appliquer ces données au commerce et au transport du poisson frigorifié.
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- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
- OS*
- CSJf
- Nu 2450
- 30 Octobre 1920
- Départ d’une expédition pour la Nouvelle-Guinée.
- — Toujours jeune et actif malgré ses 69 ans sonnés, l’explorateur norvégien Cari Lumholtz se dispose à partir pour une expédition en Nouvelle-Guinée. Son programme comporte la traversée de la grande île aus-tralasienne du sud au nord à travers la haute crête neigeuse qui la hérisse et l’étude de la géologie comme de la flore et de la faune de la région parcourue. Au point de vue de la zoologie, cette entreprise présente un intérêt particulier. M. Lumholtz se propose, en effet, d’essayer de recueillir des exemplaires d’un grand mammifère encore inconnu, qui se rencontre dans les forêts de la Nouvelle-Guinée. Les indigènes sont unanimes à affirmer son existence, èt il y a quelques années, un voyageur anglais a relevé les traces de cet animal, mais sans réussir à le joindre.
- Un tunnel à Gibraltar. — La question du tunnel à travers le détroit de Gibraltar, déjà étudiée quelques années avant la guerre, est de nouveau mise à l’étude. Ce tunnel aurait non pas seulement l’avantage de réunir l’Espagne au Maroc, mais encore celui non moins important de raccourcir la durée des voyages de l’Europe en Amérique du Sud. Les voyageurs pourraient, en effet, du continent atteindre Dakar, sur la côte du Sénégal, sans avoir à quitter leur wagon, et de Dakar, ils pourraient traverser presque en ligne droite l’Océan Atlantique pour débarquer ainsi à Rio-de-Janeiro. De cette façon, le voyage de Gibraltar à Dakar, par voie ferrée, durerait trois jours, et celui par mer, de Dakar à Rio-de-Janeiro, quatre jours.
- Les difficultés de construction à vaincre seront énormes ; la longueur du tunnel serait de z5 km, trajet qu’un train express franchirait dans l’espace de 20 minutes. Le tunnel serait établi à une grande profondeur sous le niveau de la mer.
- Il y a 12 ans, on avait estimé la dépense à environ a5o millions de francs. Etant donné les circonstances actuelles, c’est sans doute à.près d’un milliard de francs que ce travail reviendra.
- L’industrie du.ciment et la crise du charbon. —
- Sous ce titre, M. Bied examine dans la Revue de, l'Ingénieur les répercussions que la crise du combustible est appelée à entraîner sur l’industrie du ciment et surtout celle du ciment artificiel. La fabrication de ce produit entraîne, en effet, une forte consommation de charbon; aux temps du charbon à bon marché, on ne s’en préoccupait que modérément et tout l’effort était tourné vers la réduction de la main-d’œuvre et vers l’obtention de produits d’une qualité aussi constante que possible. Les conditions ont changé, le charbon est aujourd’hui l’élément principal du prix de revient de ciment artificiel ; les hauts prix atteints par celui-ci en limitentl’emploi et paralysent tous les travaux de construction. M. Bied, pour la fabrication du ciment ordinaire, préconise l’abandon des fours rotatifs qui sont des gros mangeurs de combustible, et l’emploi de fours coulants, avec dispositifs pour la récupération des chaleurs perdues. Celles-ci sont susceptibles de fournir toute la force motrice nécessaire à l’usine pour la trituration des matières.
- Il y a aussi des ciments offrant des qualités analogues à celles des ciments artificiels et dont la préparation exige beaucoup moins de charbon. Au premier rang de ceux-ci, il faut placer les ciments de laitier, obtenus en mélangeant avec de la chaux grasse ou hydraulique certains laitiers résidus de la fabrication de la fonte. Ces produits ne peuvent malheureusement être employés à l’air sec. Ils ont été réservés jusqu’ici aux fondations, tunnels, etc.
- Les Allemands avaient mis en vente sous le nom d’ « Eisen Cernent Portland » un produit composé de deux parties de ciment artificiel et une de laitier. Le ciment était obtenu en prenant le laitier lui-même comme matière argileuse. Ce ciment, considéré en Allemagne comme l’égal de l’artificiel, amène une économie de combustible d’un tiers. Il est à souhaiter que son emploi se répande en France également.
- M. Bied signale en outre une matière première qui pourrait être utilisée pour la fabrication du ciment Poi't-
- land et qui apporterait elle-même son charbon. Ce sont les schistes houillers amoncelés dans les terres des puits de mines du Nord. Les schistes pulvérisés seraient mélangés avec du carbonate de chaux, agglomérés, puis brûlés dans un gazogène, sans aucune addition de charbon. Les chaleurs perdues du gaz d’échappement seraient récupérées en vue de la production de force motrice.
- M. Bied envisage enfin la production des ciments au four électrique ; procédé qui serait peut-être plus coûteux que les procédés actuels, mais qui aurait l’avantage de ne consommer aucun charbon, et qui pourrait aider à fournir les énormes quantités de ciment qu’exigent les travaux des régions libérées.
- Un nouveau procédé de vulcanisation du caoutchouc. La presque totalité du caoutchouc manufacturé est vulcanisée par le procédé, découvert en 1839 par Goodyear, qui consiste à incorporer du soufre au caoutchouc brut et à chauffer le mélange vers 1400 C. La méthode de Parkes — immersion du caoutchouc dans une solution diluée froide de chlorure de soufre dans le sulfure de carbone — n’est employée que pour la vulcanisation de certaines feuilles ou pellicules minces de caoutchouc.
- La Revue Générale des Sciences fait connaître un nouveau procédé qui paraît appelé à un grand avenir. Il a été imaginé par M. S. J. Peachey, maître de conférences de chimie au Collège de Technologie de Manchester. Ce savant a constaté qu’en exposant alternativement le caoutchouc à 1 action de deux gaz, l’anhydride sulfureux et 1 hydrogène sulfuré, il se vulcanise rapidement et complètement, même à la température ordinaire. L’auteur invoque en faveur de son procédé les avantages suivants :
- i° C est une vraie vulcanisation sulfurée (distincte du traitement au chlorure de soufre), donnant un produit absolument comparable à celui qu’on obtient par le procédé Goodyear;
- 20 II élimine 1 emploi de la chaleur et en grande partie de la pression mécanique;
- 3° Il utilise deux gaz dont la production à bon marché et sur une grande échelle est facilement réalisable;
- 4° Son action est rapide ;
- 5° Il permet au fabricant d’utiliser des agents de remplissage organiques, comme les déchets de cuir, la sciure de bois, les résidus de chaussures, etc., qu’on ne peut employer dans le procédé à chaud. On peut ainsi fabriquer au moyen de divers déchets des matériaux à bon marché et d’une bonne durée, utilisables pour la couverture des parquets et des murs, la fabrication des chaussures, les travaux de tapisserie.
- 6° Les matières colorantes organiques et même naturelles, qui, à quelques exceptions près, sont détruites par la vulcanisation à chaud, peuvent être introduites dans les mélanges traités par le nouveau procédé et produisent des teintes délicates qu’on n’avait pas obtenues jusqu’à présent,
- M. Peachey a déjà obtenu au laboratoire de nombreux échantillons de couvertures pour parquets, de cuirs fantaisie et de feutres pour chapeaux agréablement colorés et d un fini remarquable. Plusieurs paires de souliers ont été fabriquées par son procédé avec du cuir retiré de déchets, et un essai pratique et rigoureux de plusieurs mois a montré leur grande résistance.
- Le procédé de M. Peachey peut également être étendu à la vulcanisation du caoutchouc en solution. En saturant partiellement ou complètement d hydrogène sulfuré une solution de caoutchouc dans le benzol ou le naphte, puis ajoutant une solution d’anhydride sulfureux dans le même solvant, le liquide se prend en quelques instants en une gelée épaisse, et en éliminant le solvant par évaporation on obtient un caoutchouc complètement vulcanisé. L’emploi de ce mélange de solutions pour la production de réparations et de joints parfaitement vulcanisés s’est montré très satisfaisant eu pratique.
- Les nombreux essais très concluants faits au laboratoire paraissent pouvoir cire transportes très facile-
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- INFORMATIONS
- ment à l’usine, étant donnée 1 extrême simplicité des opérations.
- La force motrice des marées captée à l'embouchure de la Rance. — A 8 km environ de Saint-Malo, à l’endroit appelé La Landriais, snr la Rance, quatre barrages vont être construits, nous apprend le journal Y Entente. En ce point existent des deux côtés de la rivière des bassins que la nature y a disposés, qui forment pointe dans les terres et qui sont recouverts-par la mer à chaque marée. C’est à cause de! ces bassins, d’une superficie de 20000 hect., où les marées atteignent un maximum d’amplitude, que cette partie de la Rance a été choisie. Les barrages ayant été construits, voici comment fonctionnera l’installation.
- La continuité dans le fonctionnement de 1 installation sera obtenue à l’aide d’un cycle dérivé du cycle Decœur, présenté à l’Académie des Sciences en 1891. La durée du cycle est la même que celle d’une marée, soit en moyenne 12 h. 24. A latin de chaque période, les mêmes phénomènes se représentent dans le même ordre.
- Pour l’emploi du cycle, deux réservoirs sont necessaires : l’un à niveau élevé rempli au moment de la pleine mer (bassin de marée) ; l’autre à niveau très bas, recevant les eaux du premier et se vidant au moment de la basse mer (bief). Supposons un cycle commençant à 1 h. 1/2. Les opérations se succèdent comme suit :
- A 1 h. 1/2 (fin de Létale de la basse mer) — on dit que la mer est étale quand elle ne monte ni ne descend — on ferme les vannes du bief pour empêcher la pénétration de la mer qui commence à monter. A partir de ce moment, le bief est donc isolé du coté de la mer, mais son niveau s’élève peu à peu en raison de 1 arrivée des eaux provenant du bassin de marée et ayant passé par les machines. Le bassin de marée est également isolé de la mer.
- A 4 heures, la mer qui a continué de monter rencontre le niveau du bassin de marée qui s abaissait. Les vannes de communication entre la mer et le bassin sont ouvertes et le bassin va se remplir de nouveau pendant que la mer fait elle-même tourner les machines.
- A 7 heures (fin de l’étale de la pleine mer) on ferme les vannes « mer-bassin de marée » et les eaux de ce dernier commencent à se déverser dans le bief, en traversant les turbines pendant que la mer opère son mouvement de descente.
- A 11 heures, la mer descendante rencontre le niveau du bief qui jusqu’alors et depuis 1 h. 1/2 (voir ci-dessus) n’a cessé de s’élever; les vannes de ce dernier sont ouvertes et les eaux s’écoulent dans la mer à mesure que décroît le niveau de celle-ci.
- A 14 heures (fin de l’étale de la basse mer), le bief sera de nouveau fermé et les mêmes opérations recommenceront indéfiniment. Le point mort de la mer est vaincu.
- La puissance fournie variera suivant l’amplitude des marées. Telle marée de morte-eau donnera seulement 5ooo chevaux-vapeur. Telle marée de vive eau produira dix fois plus, mais on estime que la production annuelle de l’usine hydraulique de la Rance dépassera i5o millions de kilowatts-heure. Avec une pareille source d’énergie, il sera possible d’électrifier les chemins de fer et tramways, d’ozoner les eaux plus ou moins pures de certaines villes, d’installer un peu partout des frigorifiques, de créer à domicile des industries, etc.
- La fabrication des roulements à billes. — On sait l’importance qu’ont prise dans l’industrie les roulements à billes, qui permettent de diminuer considérablement les résistances passives des machines. Les petites sphères d’acier qui entrent dans la composition de ces paliers exigent une précision rigoureuse dans leurs dimensions. On ignore en general par quels moyens est
- réalisée cette fabrication difficile.
- A la demande d’un de nos lecteurs, la Société S. K. F. a bien voulu nous communiquer les intéressants renseignements qui suivent sur les procédés mis en œuvre dans ses usines pour la fabrication des roulements à billes.
- « Les billes en acier employées dans nos roulements sont prises dans un acier spécial, au chrome pour les billes d’un diamètre supérieur à un 1/2 pouce anglais, et au carbone pour les billes plus petites. Cette différence de matière est nécessitée par le mode de traitement exposé ci-dessous.
- On part de barrés d’acier rond, dans lesquelles on
- découpe avec des presses spéciales une série de petits-cylindres allongés, contenant assez de matière pour faire chacun une bille d’un diamètre un peu supérieur à celui de la barre. Ces cylindres sont écrasés suivant leur axe entre deux surfaces hémisphériques, opération qui se fait à froid pour les petites billes et à chaud pour les grosses. Il en résulte des morceaux d’acier ayant la forme de billes, mais qui présentent une collerette de matière en saillie, suivant un diamètre.
- La forme régulière est ensuite donnée aux billes par des appareils composés de deux meules animées l’üne par rapport à l’autre d’un mouvement d’excentrique, et entre lesquelles les billes sont roulées absolument comme une boulette de mie de pain entre les deux mains.
- Après cette opération, les billes sont trempées à cœur dans des fours, où elles circulent automatiquement par des vis d’Archimède.
- La rectification, qui donne aux billes leur diamètre définitif, s’opère chez nous dans des machines brevetées dont le principe est le suivant :
- Une meule à axe vertical tourne devant un plateau qui présente une série de gorges concentriques remplies de billes; ces dernières sont amenées par des canaux d'un magasin où elles retournent ensuite, et circulent sans cesse de manière que chacune d’elles passe succès-sivement dans toutes les gorges, depuis le ceutre jusqu’à la périphérie.
- On obtient ainsi une très grande précision dans le diamètre des billes, et en même temps l’égalité rigoureuse de ces dernières qui est indispensable dans un bon roulement. Le diamètre est enfin vérifié au moyen d’appareils à cadran extrêmement sensibles ; la différence entre deux billes d’un même roulement ne dépasse jamais un millième de millimètre.
- Les billes sont ensuite triées par lots dans des appareils spéciaux. »
- Le gibier et la guerre en Belgique. — La revue Chasse et Pêche de Bruxelles publie une note intéressante concernant la situation du gibier en Belgique à la fin de la guerre, après les destructions systématiques commises par les Allemands.
- Il existait, dans les Ardennes, 3ooo cerfs et biches. Après l’armistice, il en restait 1000. Manquant : 2000, soit, à 400 francs la pièce, 800000 francs.
- 9000 chevreuils et chevrettes ont disparu, sur 10000. A i5o francs pièce, cela fait un total de 1 35oooo francs.
- De 800 000 lièvres, il n’en reste qu’un dixième. Le prix du lièvre vivant, en 1914, était de 25 francs. Préjudice causé : 25 X 720 000 =18 millions de francs.
- Les neuf dixièmes de 480 000 faisans ont disparu. Au prix moyen de 12 francs, les 432000 pièces disparues représentent 5 184000 francs.
- Il est à observer que l’exposé ci-dessus ne parle pas des divers autres gibiers ; les lapins, réduits à néant, ou à peu près : les perdrix, détruites dans certaines chasses ; les coqs et poules de bruyère, tombés de 8000 à 2000 ; les gelinottes, réduites de 4000 à 1000 et le grouse, en voie d'acclimatation et d’extension, à peu près disparu.
- Reconstruction des habitations dans les régions libérées, — D’après les statistiques du Ministère des Régions libérées, le nombre des maisons réparées et des abris provisoires construits au Ier juillet 1920 se répartit comme suit :
- Nombre de maisons en 1914 dans la zone
- dévastée ........................ 1.204.862
- Nombre de maisons totalement détruites . 290.733
- Nombre de maisons partiellement détruites 362.755
- Au ier juillet 1920 :
- Nombre de maisons réparées provisoirement 342.43o Nombre de maisons réparées définitivement 292.470
- Nombre de baraquements construits . . . 33.454
- Nombre de maisons provisoires en bois
- construites............................. 09.448
- Nombre de maisons en matériaux durs construites . ............................... 20•645
- Nombre d’habitants logés :
- a) Dans les maisons réparées........... 645.116
- b) Dans les baraquements en bois. . . . 126.771
- c) Dans les maisons provisoires en bois . i44 -*89
- d) Dans les maisons en matériaux durs . 7l-777
- Soit au total 997 763 habitants logés dans les maisons réparées et abris provisoires.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *> Mécanique <«*
- Montage pour limer en biseau, — Quand on veut limer en biseau une plaque, la pièce est en général serrée dans l’étau et on lime avec l’outil placé de haut en bas ou inversement. C est une position mal commode
- pour l’ouvi’ier qui lime et le travail s’en ressent forcément, car il est fatalement moins fini que lorsqu’on peut limer en position normale.
- Il est facile de pré-*• parer un petit mon-
- tage au moyen de deux' morceaux d’acier rond, provenant par exemple d’une chute de barre et ayant la largeur de la pièce à biseauter.
- Le premier barreau sera travaillé de manière à ne laisser subsister que la partie hachurée de la figure i, dans la section du barreau. Le deuxième sera préparé suivant la figure 2, où l’on voit un chanfrein spécial sur la circonférence extérieure.
- Les deux pièces s’emboîtent l’une dans l’autre et si on interpose entre elles la pièce à limer, celle-ci sera maintenue fortement par le serrage du montage entre les mâchoires d’un étau.
- Ce montage est orienté de façon que la partie à
- Fig. 3.
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- limer se présente de telle sorte que la lime ait à agir comme dans un travail de lime normal.
- L’ouvrier n’a plus qu’à limer franchement devant lui. Cela lui permet d’exécuter plus facilement un travail propre et bien fini.
- Boîtes à onglets pour tubes ou tiges. — La boîte à onglets est un outil qui permet de scier en biseau les moulures, par exemple, pour faire des encadrements. Elle permet de scier droit ou à 45° les parties à assembler.
- Cet assemblage doit se faire quelquefois avec des tubes d’acier, pour constituer des petits ouvrages légers qu’on soude ou qu’on brase ensemble.
- Fig. 4. — Boîte à onglets.
- Pour scier facilement le tube à 45° ou pour le scier droit, on peut constituer une boîte à onglets pour tubes ou bâtons de la façon suivante.
- Dans un bloc de bois dur, on perce de part en part un trou d’un diamètre un peu supérieur à celui du tube et on dispose des traits de scie dans le bloc, traits d’équerre et traits à 45°, qui permettront à la scie à métaux de passer pour attaquer le tube.
- On pourra ainsi exécuter des assemblages corrects, sans être obligé de recourir à des raccords fondus, coûteux et peu élégants.
- On pourra également constituer des encadrements en fer rond, en bâtons ronds de la même manière, pour
- fabriquer des balustrades, pour constituer des encadrements spéciaux avec facilité. La réunion de deux tiges rondes biseautées ainsi à 45° pourra se faire facilement au moyen d’un rivet, le trou étant percé au centre exact de chaque section sciée comme on vient de l’indiquer.
- <^. Physique
- Petit appareil distillatoire. — L’entretien des batteries d’accumulateurs exige l’emploi d’eau distillée qui par suite est très pure, exempte de matières minérales. Ces dernières, en effet, finiraient par se déposer dans les alvéoles des plaques des éléments et diminueraient la capacité de la batterie en entravant son action.
- On peut employer de l’eau de pluie, mais on n’en a pas toujours à sa disposition, surtout en été; à plus forte raison, la neige fondue est encore plus rare à cette même époque.
- Il est facile d’installer soi-même un petit alambic qui permettra de produire l'eau distillée nécessaire en quantité convenable.
- La chaudière sera un bidon quelconque d’huile, d’essence ou de pétrole, d’une capacité suffisante et le départ de la vapeur se fera par la partie supérieure au moyen d’un tube que l’on fixera en le soudant. Ce tube sera ensuite légèrement recourbé.
- Le réfrigérant est constitué par un tube de cuivre
- esc/ froide J
- 'F/gérant
- Fig. 5. — Petit appareil distillatoire.
- mince d’un diamètre de 1 cm environ ; on enroulera ce tube en spirale, en le courbant par les procédés ordinaires, soit en le remplissant de résine ou de sable fin, puis en le vidant ensuite une fois l’opération terminée.
- Plus la spirale sera importante et meilleure évidemment sera la condensation obtenue.
- Les extrémités libres du tube seront maintenues droites. L’extrémité inférieure sera montée dans une bonde de liège percée à la demande du tube cuivre employée.
- On monte ce bouchon dans un trou préparé du récipient qui doit contenir le réfrigérant. Ce récipient sera un seau en bois, en fer ou mieux encore un vieux fût d’essence de 5o litres.
- Le tube du serpentin sortira de ce récipient et laissera écouler l’eau condensée dans le vase qui doit la recueillir.
- L’extrémité supérieure du serpentin sera, elle, réunie au tube de dégagement de la vapeur au moyen d’un tuyau en caoutchouc par exemple, suffisamment long, qu’on ficellera soigneusement sur les extrémités des tubes.
- Le réfrigérant sera installé sous un robinet d’eau et l’eau froide tombera dans un entonnoir préparé avec un long tube, qui descendra jusqu’au fond du réfrigérant. Le tube d’écoulement du trop-plein au contraire débouchera près du bord supérieur, car l’eau chaude plus légère tend toujours à remonter près de la surface.
- La chaudière est remplie aux trois quarts d’eau ordinaire et elle est placée sur un foyer doux, à feu peu ardent, de manière à avoir un dégagement de vapeur assez lent et une condensation meilleure dans le serpentin.
- L’eau distillée recueillie est conservée dans des vases bouchés, afin de la mettre à l’abri des impuretés qu’elle pourrait recueillir. On peut naturellement à chaque opération préparer une quantité importante d’eau distillée qu’on mettra en réserve pour les usages ultérieurs.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Cet « alambic « sera particulièrement facile à monter dans un garage, pour avoir l’eau distillée nécessaire aux batteries d’accumulateurs des voitures, si fréquemment employées actuellement. <
- Photographie
- Déclencheur automatique pour pose ou instantané. - La plupart des procédés indiqués pour se pho-tograghier soi-même sans aucun lien avec l’appareil ne permettent que 1 instantané. Il existe bien quelques appareils, à mouvement d’horlogerie qui permettent la pose, mais leur prix, en raison même de leur construction, est bien souvent prohibitif pour l’amateur.
- Le système suivant que M. Jean Mauveaux nous fait connaître, permet de faire l’instantané ou la pose de durée quelconque. La construction de ce petit appareil ne présente aucune difficulté tant il est rudimentaire ; un bout de planchette, deux ou trois vis et un ressort (ou un bout de caoutchouc) suffisent à le fabriquer. Sa précision demeure pourtant très suffisante en pratique.
- Description. — Sur une planchette P, est monté un levier AB pouvant tourner autour d’un axe O. L’extré
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- mité A peut appuyer sur le bouton d’un déclencheur métallique dont la partie fixe D est maintenue solidement dans une position convenable sur la planchette P. L’extrémité B est sollicitée dans le sens BF par un ressort C dont une extrémité est fixée en B et dont l’autre, repliée en crochet, peut être retenue à une vis F par l’intermédiaire d’un anneau de coton nitré dont un bout f dépasse et forme mèche. B peut également être retenu à une vis F'par un anneau de coton dont le bout f dépasse. Dans cette position, le ressort G doit être tendu et À doit toucher le bouton d du déclencheur.
- Fonctionnement. — a) Instantané : L’appareil étant dans la position de la figure i, placer l’obturateur sur la*vitesse d instantané désirée, allumer la mèche f' et aller se placer pendant la combustion de celle-ci dont la longueur sera calculée en conséquence. Quand la mèche a brûlé, B se trouve libéré et A venant presser sur d actionne l’obturateur (fig, a).
- b) Pose : L’appareil étant dans la position i, et les deux mèches de longueur égale, mettre l’obturateur sur la pose en un temps. Allumer les deux mèches l’une après l'autre en commençant par f, et l’intervalle de temps séparant les deux allumages étant égal à la pose désirée, puis aller se placer. La mèche f' ayant brûlé la première, l’appareil ouvre l’obturateur (fig. 2). La mèche f ayant brûlé à son tour, libère le ressort C; le levier n étant plus retenu est repoussé par le ressort du déclencheur et l’obturateur se referme (fig. 3).
- Quelques conseils pour la construction et l’emploi. _
- Quelques déclencheurs métalliques demandant une pression assez énergique, on déplacera le point O pour donner au bras OB la longueur la plus favorable.
- . Le déclencheur sera oriente de façon à être perpendiculaire au levier vers la fin de sa course, l’effort à fournir étant maximum à ce moment.
- En trempant du coton à repriser dans une solution de salpêtre, et en le laissant sécher, on obtiendra le cordon nitré. Il y aura intérêt à allumer les mèches, non avec une flamme, mais avec une mèche d’amadou, ou une cigarette.
- Cadre porte-clichés H- W. D. pour développement des plaques photographiques. — Les développements photographiques pratiqués au moyen de simples cuvettes horizontales ou de cuves verticales à rainures ne vont pas sans inconvénients. Le transport des clichés d’une cuve dans l’autre risque de provoquer des voiles,
- des taches de doigts, des éraflures de la gélatine et même le bris des verres.
- Les nouveaux cadres imaginés par M. E. "W. Dunmore évitent tous ces ennuis. Avec les trois cuves spéciales pouvant recevoir i8 clichés à la fois, le professionnel comme lamateurpeuventpra-tiquer aussi bien un développement ordinaire qu’un développement lent sans avoir à toucher aux clichés eux-mêmes. Toutes les opérations, depuis le bain de révélateur jusqu’au séchage,
- se font en manipu- _
- lant seulement les '
- cuves. ' — —--------
- Les nouvelles cuves Fig. 6.— Cadre porte-clichés E.W. D. existent en toutes dimensions, depuis le format 41/2x6 jusqu’à 3oX4o, M. E. W. Dunmore, 22, rue Saint-Augustin, Paris.
- <$>4. Objets utiles
- , Couvercle pliant « Laborde » pour machines à écrire. Ce type de couvercle (fig. 7) a été établi en vue de remplacer les couvercles rigides si encombrants
- Fig. 7. — Couvercle pliant « Laborde ».
- et les. housses en toile qui ne protègent nullement la machine à écrire contre des chocs possibles.
- Entièrement métallique (peinture noire émaillée au four), il est monté sur une tablette en bois et est muni d’une fermeture. Pour l’ouvrir, il suffit de le soulever de l’avant vers l’arrière, et, deux secondes après, l’opération est terminée; à ce moment, le couvercle repose derrière la machine à écrire, replié sur lui-même. Pour le fermer on effectue le mouvement inverse.
- Constructeur : G. Laborde, 5, rue d’Amboise, Paris.
- Cartes-support pour réclame.
- merçant met en vitrine un objet et qu’il veut annoncer le prix ou autre chose, il dispose un carton qu’il est obligé de soutenir sur l’objet, ou au moyen d’une pince.
- Le petit modèle qu’indique la figure 8 d’une façon suffisamment claire permet de maintenir le carton un peu fort avec deux petites pattes qui soutiennent la carte dans une position un peu inclinée. En abattant légèrement les deux coins on
- Quand un com-
- Fig. 8. — Cartes-support.
- aura un carton qui se présentera avec moins de gauche dans le cas où les plis n’auraient pas été correctement faits à l’équerre et le découpage exécuté peu fidèlement suivant ïçs traits tracés.
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- LA VOUTE CÉLESTE EN NOVEMBRE 1920 (’)
- Mois riche en phénomènes astronomiques : une éclipse de Soleil, de nombreuses occultations d’étoiles par la Lune, des étoiles filantes, de curieuses dispositions des satellites de Jupiter, etc. L’observateur du ciel qui voudra suivre l’ensemble de ces phénomènes aura son temps bien rempli, si toutefois l’état de l’atmosphère est favorable.
- I. Soleil. — Le Soleil continue de descendre de plus en plus dans l’hémisphère austral, et la longueur des nuits augmente. La déclinaison du centre du Soleil sera de —14° 2.6', à midi, le ier novembre. Elle atteindra — ai039' le 3o. La durée du jour, qui sera de 9h52” le ior, tombera à le 3o.
- Le temps légal à midi vrai, à Paris, le ior novembre, est de 1 ih 34ra 19*. C’est-à-dire que lorsque nos pendules marqueront cette heure, le centre du Soleil sera juste au méridien. U passe ainsi au méridien environ 26 minutes avant midi moyen. De la sorte, le Soleil étant de près de une demi-heure en avance sur le temps civil, il se lève plus tôt et se couche plus tôt. Aussi, le matin, à 7 heures, fait-il déjà jour, alors que le soir, à 17 heures, la nuit est à peu près complète. Vers la fin du mois prochain la symétrie se rétablira, le temps vrai et le temps moyen ne différant plus que de 6 minutes environ.
- Parallaxe horizontale du Soleil le 11 novembre : 8",89; le 26 novembre : 8",92.
- Distance du Soleil à la Terre le 11 novembre : * 147960000 km; le 26 novembre : 147600000 km.
- L’activité solaire a eu un réveil important en septembre dernier. Bien que le maximum soit passé depuis 3 ans environ (1917), un très grand groupe de taches, visible à l'œil nu, a été observé, en effet, du 3 au 6 septembre.
- Nous avons donné, dans les Bulletins précédents, diverses indications pour l’observation du Soleil au moyen d’instruments de faible puissance. Un réveil de l’activité comme celui signalé ci-dessus prouve bien qu’il ne faut pas négliger l’observation|continue du Soleil. Avec des instruments assez puissants, on s’attachera à l’étude du détail des taches, de leurs transformations et de leurs colorations.
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — Le mois de novembre est peu favorable à l’observation de la lumière zodiacale, le soir, en raison de la position inclinée de l’écliptique sur l’horizon. Au contraire, on l’observera assez facilement le matin, avant l’arrivée de l’aurore, comme un fuseau nébuleux couché dans le zodiaque et se terminant en pointe. Voir notamment ce que nous avons écrit dans le n° 2421 du 28 août 1920.
- La lueur anti-solaire s’observe le mieux en cette saison, par les nuits très noires, au point de l’écliptique situé à 1800 du Soleil. Elle atteint sa plus grande hauteur au-dessus de l’horizon à minuit, au moment où le Soleil passe au méridien inférieur. La hauteur maximum est atteinte à l’époque du solstice d’hiver.
- Eclipse partielle de Soleil. — Une éclipse partielle de Soleil, en partie visible en France, aura lieu le 10 novembre. Voici les éléments de cette éclipse :
- Commencement de l’éclipse générale à i3''47m,2 dans le lieu de iôo°2' Ouest de Paris et de 53°33' Nord. Ce point est le premier de la Terre d’où l’éclipse est visible.
- Plus grande phase (0,743, le diamètre du Soleil étant un) à i5h52m,2 dans le lieu de 3i°32' Ouest de Paris et de 700 18' Nord.
- Fin de l’éclipse générale à ï 7b 57m, 1 dans le lieu de i6°42' Ouest de Paris et^0^ Nord. Ce point est le dernier de la Terre d’où l’on peut observer l'éclipse.
- Cette éclipse sera surtout visible du Nord de l’Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada), dans l’océan Atlantique, dans l’Europe occidentale et au Nord de l’Afrique occidentale.
- A Paris, le phénomène sera très peu visible, En effet, le premier contact se produira à i5h5om,5 et le coucher du Soleil aura lieu à 161’ i6m. C’est-à-dire qu’au moment de son coucher, le disque du Soleil sera très peu entamé par le disque noir de la Lune.
- 1. Les heures sont données ici en temps moyen légal, compté de o1’ à 2/|h à partir de minuit. Le temps légal est le temps moyen de Paris retardé de <)m2is. c’est le temps de Greenwich.
- IL Lune. — Voici, pour le mois de novembre, les époques des phases de la Lune :
- D. Q. le 3, à 7h35ra j P. Q. le 18, à 2ohi2m N. L. le 10, à i6h 5m | P. L. le 26, à ih42m
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en novembre : le 13, —-19° 27'; le 27, +19° 28' (voir la remarque publiée au Bulletin astronomique du n° 2421, 28 août 1920).
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre) le 27, à 14 heures. Parallaxe = i°o' 5o". Distance = 36o 460 km. Diamètre apparent de la Lune = 33' 12".
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le i5, à i5 heures. Parallaxe = 54'6". Distance = 4o5 320 km. Diamètre apparent de la Lune = 29' 32".
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le ier, occultation de l’étoile 68 Gémeaux (gr. 5,2) de 2ih39m à 22h28m.
- Le 15, occultation de p Sagittaire (gr. 4,0), émersion seule visible, à i7h26ra.
- Le 18, occultation de c'Capricorne (gr. 5,3), émersion seule visible, à i7h 22™.
- Le 22, occultation de s Poissons (gr. 4,4) de i7h4o“ à i8h5oni.
- Le 24, occultation de a Bélier (gr. 5,5), de i6h27m à 17'1 2m‘ »
- Le ù5, occultation de 148 B Taureau (gr. 5,q), de 161' 45“ à 17h 36m.
- Le 27, occultation de 19 B Gémeaux (gr. 6,2), de 2211 a3m à 23h 25“.
- Le 28, occultation de X Gémeaux (gr. 3,6), de 23higTO à oh 8“ du 29.
- A signaler particulièrement les occultations du i5 et du 28, en raison de l’éclat des étoiles.
- Marées, Mascaret. — Nous renvoyons, pour le calcul des marées, aux indications très sommaires données au Bulletin astronomique du n° 2402 du ior mai.
- Coefficient et heure de la marée à Brest pour l’époque de la Pleine Lune du 26 novembre :
- Dntes. Pleine mer. Coefficient.
- 26 novembre 311 37" °"’>99
- 26 — i5h5 g” l"’,OI
- 27 — 4U 2 2“ i"’,o3
- 27 — 16‘‘ 45“ i”,o3
- 28 — 5h 9“ 1 “, 0 2
- 28 — I71'33“ im,oo
- 29 — 5h56” . °’\97
- Par suite de la faible amplitude de ces marées au moment de la Pleine Lune, le phénomène du mascaret sera très peu sensible ce mois-cL
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi à l’aide des données publiées par Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1920, contient les principaux renseignements permettant l’observation des planètes pendant le mois de novembre.
- Mercure sera en conjonction inférieure avec le Soleil le 16 novembre, à 6 heures. Il est pratiquement inobservable, comme on peut d’ailleurs s’en rendre compte par l’examen des heures de lever et de coucher du Soleil et de Mercure, dans le tableau général ci-après.
- Les observateurs possédant une monture équatoriale pourront essayer d’observer, le 8 novembre, la conjonction de Mercure avec 6 Scorpion, à i5 heures. Mercure, en croissant, sera à o° x' au Nord de cette étoile, qui est de la grandeur 2,5. L’observation, à faire en plein jour, sera très difficile à réaliser. *
- Vénus s’écarte peu à peu du Soleil, et pourra être observée, aussitôt après le coucher du Soleil, vers la fin du mois. La phase s’accentue et atteindra la valeur 0,18 (diamètre = un), le 16 novembre.
- Mars peut être reconnu le soir* aussitôt le coucher du Soleil. En raison de son petit diamètre, les observations n’offrent plus d’intérêt et, pour Paris, le voisinage de l’horizon est un obstacle à toute observation utile.
- Jupiter, à la fin du mois, se lève peu après minuit. On peut donc l’observer dans les dernières heures de la nuit.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Date : Lever Passage Coucher Aacen - Diamètre Constellation -
- ASTRE à au Méridien de Paris. à sion Déclinaison, et VISIBILITÉ
- MIEUBKE Paria. Paris. droite. apparent. étoile voisine,
- Soleil. . . 5 6h 45m Ilh 34” !9S l6’ 23“ i4h 4i“ __ i5” 41' 32' 19" 2 Vierge
- r5 7 1 11 35 *9 16 9 i5 22 — 18 29 32 24, O Balance > ))
- 25 7 16 11 37 42 16 4 16 4 — 20 45 32 27, 6 Balance
- Mercure. .< 5 9 44 i3 5i 16 58 i5 58 — 23 4 8,4 (3Scorpion 1 Inobservable,
- i5 7 i5 11 43 16 10 i5 34 — *9 3o 9,8 y Balance 1 en conjonction avec le
- 25 5 37 10 32 i5 26 i4 58 — i4 26 8,4 a Balance Soleil le 16.
- Vénus. . .< 5 9 46 i4 48 l7 49 16 55 — 23 56 12,6 0 Ophiuchus'
- i5 10 8 14 2 *7 56 *7 48 — 25 7 i3,2 y Sagittaire Le soir, au crépuscule.
- 25 10 22 14 16 18 I I l8 42 —1 25 4 13,8 a Sagittaire
- Mars . . . 5 i5 25 11 11 11 52 39 24 i5 i5 15 5i 44 37 *9 19 >9 50 49 51 18 *9 20 58 3i 3 — 24 23 21 24 23 55 6,0 5,8 5,6 v Sagittaire v Sagittaire pCapricorne /Le soir, se couche environ (ah, 1/2 après le Soleil.
- Jupiter . . i5 0 48 7 22 i3 55 11 7 6 48 3a ,2 0 Lion Le matin.
- Saturne. . i5 1 26 7 5o i4 14 11 36 + 4 44 l5,2 (3 Vierge Le matin, de bonne heure.
- Uranus . . i5 i3 20 18 39 23 37 22 16 — 11 34 3,4 a Verseau Première partie delà nuit.
- Neptune. . i5 21 51 5 20 12 43 9 5 -f- 16 44 2,4 8 Cancer Deuxième partie delanuit.
- Nous avons souvent insisté sur l’intérêt offert par les phénomènes que présentent les satellites principaux dans leur course autour de la planète. Yoici la liste de ceux qui se produiront en novembre.
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DATE Heure. Satel- lite. Phéno- mène DATE Heure. Satel- lite. Phéno- mène
- 2 4h 3om II E.c. 20 4b 18“ II Em.
- 4 3 29 I E. c. — 5 10 I Em.
- 4 4 22 II P. f. 2 I 2 23 I P. f.
- 5 4 0 I P.f. 25 3 4 III E. c.
- 11 3 5 III Em. — 6 3i III E. f
- — 4 i3 II P.c. 26 6 21 I 0. c.
- — 5 22 I E.c. 27 1 35 II E. c.
- 12 3 41 I P. c. 3 36 I E. c.
- — 5 57 I P. f. — 6 58 II Em.
- i3 3 14 I Em. 28 2 2 I P. c.
- i5 3 18 IV Ira. — 4 18 I P. f.
- 18 2 34 III E. f. 29 I 23 III P. f.
- 18 3 54 III Im. 1 33 I Em.
- „ *9 20 5 38 1 43 I I P. c. E.c. 1 36 II P.f.
- A observer la curieuse disposition des satellites II, I et IV, le 6 novembre, à 4h *5“ à l’Est de la planète.
- Saturne est visible le matin, de bonne heure. On devra l’observer tout ce mois avec des instruments aussi puissants que possible. En effet, l’anneau va se présenter juste par la tranche en novembre, et lorsque ce phénomène se produit, on constate parfois à la place de l’anneau de curieuses apparences de lumière, points lumineux, etc., qu’il importe de suivre attentivement.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du ior novembre :
- Grand axe extérieur.......................
- Petit axe extérieur.......................
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau.................................
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau .....................................
- Comme le 3 décembre, la hauteur de la Terre au-dessus du plan de l’anneau sera de....................................... .
- 37", 4
- o", 2
- — 0° 14
- — 2° 28'
- -f- o° 5o'
- il en résulte que, le 3 du mois prochain, nous verrons l’autre face de l’anneau et, dans l’intervalle, le plan sera juste passé par la Terre.
- Uranus est encore visible le soir, dans la première partie de la nuit. Il sera en quadrature orientale le
- 24 novembre. La petite carte publiée au Bulletin astronomique pour le mois d’août (n° 2412 du 26 juin 1920) permettra de le trouver facilement. On suit très bien son déplacement sur le ciel avec une simple jumelle, et même à l’œil nu, pour les très bonnes vues.
- Neptune sera en quadrature occidentale le 6 novembre. Il se lève, le 15, à 2iu57m, et il est ainsi visible dans la seconde partie de la nuit. On le trouvera assez facilement au moyen de la carte publiée dans VAnnuaire astronomique Flammarion pour 1920.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à i6\ Neptune en conjonction avec la Lune,
- à 5° 29' N» la Lune, à 5° 3o' N. la Lune, à 5° 57' N. 0 Scorpion (gr. 2,5) à o° 1' N.
- Le 5, à 2ih, Jupiter Le 7, à i2h, Saturne Le 8, à i5\ Mercure
- Le 11, à i3h, Mercure Le 13, à 1711, Vénus Le 16, à. oh, Mars Le 19, à 11h, Uranus Le 3o, à 2211, Neptune
- la Lune, à 3° 16' S. la Lune, à 5° 35' S. la Lune, à 6° 44' S. la Lune, à 5° 49' S. la Lune, à 5° 24' N.
- Etoiles variables. —Minima de l’étoile variable Algol (p Persée) (voir la petite carte publiée au Bulletin astronomique de septembre, n° 2421 du 28 août 1920) : 2 novembre, 171148” ; 14, 5h4m; 17, î1’52m; 19, 22h4im; 22, i9h3om.
- Etoiles filantes. — Principaux radiants d’étoiles filantes pendant le mois de novembre.
- Du ier au 8 étoiles filantes : Radiant vers A Taureau.
- — 0 Persée.
- — Ç Lion.
- — 2348 Bradley.
- — P Grande Ourse.
- — y Andromède.
- — Taureau.
- — a Céphée.
- Le mois de novembre a présenté, autrefois, des chutes remarquables d’étoiles filantes provenant des essaims des Léonides (radiant Ç Lion) et. des Andro-médides (radiant y Andromède). Ces essaims donnent encore de nombreux météores, et font de ce mois l’un des plus riches de l’année en météores. Les observateurs qui pourront s’entendre entre eux feront bien d’organiser des stations doubles ou triples, séparées par des distances de 5o km ou plus, pour réaliser des observations conjuguées de météores permettant le calcul de la hauteur.
- En particulier, ces essais pourront être tentés pour les Léonides qui se produiront au moment de la Nouvelle Lune.
- Les observations simultanées d’étoiles filantes offrent
- Les 13-i 4 Du i3 au 18 Les 13-i 4 Du 16 au 28 Du 17 au 2 J Les 20 et 27 Le 28
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- un très grand intérêt et nous insisterons tout spécialement sur la nécessité de les entreprendre.
- Utiliser pour les observations les cartes spéciales publiées par la Société astronomique de France (*).
- Y. Constellations. — L’aspect du ciel en novembre, vers 21 heures le icr et 20 heures le i5, est le suivant (les lettres entre parenthèses sont les principales curiosités visibles avec une très petite lunette).
- 1. Les demander à M, Ballot, bibliothécaire de la Société, 7, rue Suger, Paris, 6°.
- Au Zénith : Andromède (y, nébuleuse) ; le Lézard.
- Au Nord : Cassiopée (yj) ; Céphée (ô, (3, -/., p) ; la Petite Ourse (a) ; le Dragon; la Grande Ourse (ç).
- A l’Est : Les Gémeaux (a); le Cocher; Orion (nébuleuse); le Taureau (Pléiades).
- Au Sud ; Pégase (e, iz, 1, 3) ; le Verseau; la Baleine (Mira Ceti); le Poisson Austral (Fomalhaut).
- A l’Ouest : Le Cygne (Nova 1920, (3, Voie Lactée); la Lyre (a, e) ; Ophiüchus (36 A, 70, 67, p, 3g); l’Aigle; le Dauphin; la Flèche. Em. Toüchet.
- ,<^C>
- BOITE AUX LETTRES
- CSK”
- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les laits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Errata. — Vulcanisateur Vulcans : M. Lacoste, constructeur, 28, boulevard de Strasbourg, Paris.
- T. S. F. — Dans le chapitre consacré à l’hétérodyne {La Nature, n" 2^17), page 36, i'e colonne, 2° ligne, il y a lieu de remplacer la lettre par le chiffre 4-
- Quelques amateurs n’ûnt pas obtenu le résultat espéré avec l’amplificateur à résistances, parce que leurs connexions ne sont pas suffisamment courtes et possèdent une capacité supérieure à celle dès petits condensateurs de liaison. Nous conseillons d’augmenter la capacité des petits condensateurs, si on ne peut réduire la longueur des fils de connexion, la surface des armatures peut atteindre 1 cm2 et même 2, mais bien entendu les plus courtes longueurs d’onde recevables s’établiront alors aux environs de 12 à i5oo mètres.
- Communication. —M. Flayelle, directeur de la Berne T. S. F., h Valenciennes, nous écrit : « Dans la boîte aux lettres du n° 2427 (9 octobre) de La Nature, page 118 vous annoncez que la Revue Française de T. S. F. a cessé de paraître. En raison de modifications à réaliser dans l’organisation de la Revue T. S. F,, la direction a décidé de suspendre temporairement la publication de la revue, mais son intention n’est nullement d’arrêter définitivement cette publication. En attendant la reprise, je reste toujours à la disposition des abonnés et lecteurs qui désireraient quelques renseignements de ma compétence. »
- A propos de Vélectrification de la Palestine. — Dans le nu 2423, du 11 septembre dernier, La Nature a signalé qu’un ingénieur norvégien, M. Albert Hjorth, propose l’aménagement d’une chute d’eau ayant pour origine la Méditerranée, et aboutissant à la mer Morte, et devant servir à l’électrification de la Palestine. Un de nos lecteurs, M. P. Simon, ingénieur, à Lyon, nous écrit à ce sujet : « Il me serait fort agréable que vous vouliez bien signaler à vos lecteurs que l’idée de cette chute est déjà fort ancienne et qu’elle appartient à un ingénieur français, signataire de cette lettre. Sous ce titre : « Une chute d’eau unique. Fantaisie d’aujourd’hui. Réalité de demain », j’ai publié deux articles dans les n08 65g Jet 660, des i5 et 22 août xgo3, du journal 1 ’Electricien. Dans lesdits articles, j’ai non seulement esquissé l’organisation de cette chute, mais encore justifié la possibilité de sa création. Ils furent, je crois, quelque peu remarqués, car ils me valurent une certaine correspondance.
- « Quoique je n’ai, à aucun moment, renoncé à profiter de circonstances favorables — que les événements actuels pourraient faire naître pour tenter de passer à la période de réalisation de ce projet, je n’ai rien publié depuis sur la question, me contentant d’accumuler quelques documents et de poursuivre mon étude dans le silence ou avec la communication à quelques amis.
- « Il me semble d’ailleurs fort probable que M. Hjorth ignorait ma publication, déjà assez ancienne et peut-être un peu vieillotte sur certains points particuliers. Mais n’est-il pas juste qu’une idée émise par un ingénieur français reste attribuée à notre pays ; quelle que soit d’ailleurs la suite qui pourrait être donnée à cette affaire, si de Fantaisie elle devient Réalité. »
- R enseignements.—M. E. Hirsch, à Triel.— L’adresse de l’inventeur des riveurs pneumatiques décrits dans le n° 2426, est M. Turpin, 96, rue Antonin-Reynaud, à Le-vallois-Perret.
- Produits radioactifs. — La Société française d’Ënergie et de Radio-Chimie, 5i et 53, rue d’Alsace, Courbevoie (Seine), nous informe qu’elle peut mettre à la disposition de nos lecteurs, à des conditions très avantageuses de location, la série complète des appareils permettant tous les traitements radioactifs.
- M. J. B., Lyon. — Les cours de l’Ecole d’Enseigne-ment technique féminin, subventionnée par l’Etat, 116, avenue d’Orléans, Paris, vont reprendre. Une rentrée exceptionnelle est fixée au 4 novembre pour les éleves ayant a subir des examens universitaires dans le courant d’octobre.
- Réponses. — M. R., à Orléans. — La constellation que vous avez remarquée, visible en ce moment, le soir, à gauche de la Grande Ourse, est celle du Bouvier. La principale étoile, située au bas de cette constellation, sur la courbe prolongée esquissée par les étoiles de la queue delà Grande Ourse, est l’étoile a (Arcturus).
- M. L. U. de T., rue Vignon, Paris. r— Pour l’arrachage des souches d’arbres, il y a les appareils suivants : arrache-souche Bjornen breveté (force : 10 tonnes) (Vincet-Lelong, i5, rue Thouret, à Rouen) ; « Australian Monkey Jaks », extracteur d’arbres expérimenté en 1919 sur le domaine de M. le vicomte de Poncins, à Monte-vran, près Chaumont-sur-Tharonne (Loir-et-Cher) ; voyez, pour cet appareil, le rapport publié par M. Ma-this de Grandseille, dans le Bulletin de la Société des Agriculteurs de France (8, rue d’Athènes, Paris, g0), section de sylviculture. A l’une ou l’autre de ces deux sources, vous pourrez, croyons-nous, demander l’adresse de la firme qui détient ce dernier appareil.
- M. Ch. P., à Cours (Rhône). — Demandez cette adresse au Secrétariat général de la Société centrale d’apiculture, 28, rue Serpente, Paris, 6e. Nous vous signalons, en outre, la Revue L’Apiculteur, organe mensuel de la susdite Société. S’adresser aussi à M. Bourgeois, apiculteur, à Apt (Vaucluse).
- M. Jacques Lucius. — Il ne faut pas songer à remettre en état des piles sèches de poche, car l’enveloppe en zinc est souvent percée et il n’y a d’utilisable que l’élément charbon. Si la pile contient aussi un élément zinc, dans ce cas, il suffit de changer la pâte active.
- Vous pouvez consulter à ce sujet les Recettes de 1 Atelier qui donnent, très détaillée, la fabrication des piles sèches d’amateur.
- M. E. R., rüe Borgnis-Desbordes, à Versailles. — Le cas très spécial que vous nous soumettez n’a pas encore ete étudié. Nous ne pouvons donc, faute d’observations précédentes, nous appuyer sur des faits pour nous prononcer affirmativement. La valeur nutritive que peuvent avoir les feuilles de nénuphar, comme aliment occasionnel des canards et des poules, n’a pas été établie par l’analyse et l'expérimentation préalables. Nous estimons, en tout cas, que ces feuilles consommées volontiers par vos canards sans qu’ils en aient éprouvé aucun trouble, jusqü’ici, peuvent jouer le même rôle que toute nourriture verte (salade, herbes potagères et verdure, en général). Mais il n’en faudrait pas abuser, de crainte que ce régime soit trop laxatif et débilitant. Surveiller les sujets, de meme que l’emploi de ces feuilles essayé dans l’alimentation des poules.
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- BIBLIOGRAPHIE
- CM.
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de io % pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.
- Notions simples et pratiques sur Vélectricité et ses applications, par M. Gargam de Moncetz. i vol. grand in-8° de 471 p., avec 149 fig. Desforges, éditeur, Paris 1920. Prix net : 40 francs.
- L’auteur s’est proposé d’exposer clairement, et d’une façon accessible à tous, les choses de l’électricité,
- Partant de la remarque, vieille de vingt-six siècles, que l’ambre jaune frotté attire les corps légers, le lecteur est amené progressivement jusqu’aux applications modernes. L’auteur a notablement développé ce qui a trait à la bobine de Ruhmkorfî et à ses particularités, et donné d’utiles précisions sur les rayons cathodiques, les rayons X, et la radiologie ; ceci à l’intention des médecins radiologistes.
- Ce livre d’une lecture agréable rendra certainement de sérieux services.
- Manuel élémentaire du mécanicien d'aviation, par L.-D. Fourcault. 1 vol. i3><22 de vi-iu8 pages, avec io5 fig. Dunod, Paris 1920. Prix net : 12 francs.
- L’auteur a réuni, dans cet ouvrage, les connaissances techniques élémentaires de mécanique et d’aérodynamique indispensables aux intéressés de l’aviation.
- Ce petit livre n’expose que la théorie la plus élémentaire, mais il contient de nombreuses données pratiques, et comme tel il convient à tous les pilotes et mécaniciens d’aviation. Il intéressera également les gens de sport, ainsi que tous les passagers actuels et futurs des aérobus.
- La chimie à la portée de tous, par L. Hickisch. 1 vol. 14X22 de 447 pages, avec 43 fig. Dunod, éditeur, Paris 1920. Prix net : 24 francs.
- Le présent ouvrage ne vise pas à former des chimistes, mais à initier tous ceux qui, par saine curiosité d’esprit ou par nécessité professionnelle, désirent devenir aptes à comprendre les problèmes chimiques.
- Amélioration des plantes cultivées et du bétail, par les méthodes modernes de la génétique, par L. Coquidé. 1 vol. in-18, 607 p., 119 fig. Baillière, Paris. Prix : ï'i francs.
- 11 faut avant tout intensifier la production. On le peut en perfectionnant soit les pratiques de la culture ou de l’élevage, soit les races dont on tire profit. Ainsi, sans changer en rien la sorte de blé que l’on utilise dans un domaine, un hersage fait à temps, l’introduction dans l’assolement d’une plante sarclée permettent d’obtenir plus de grains à l’hectare. Au contraire, sans modifier les soins donnés au blé, en continuant de le cultiver comme auparavant, on peut en élever la production en introduisant une race plus avantageuse qui donne plus de grains ou résiste mieux aux intempéries. Cette race perfectionnée, on peut encore, au lieu de se la procurer, se proposer de l’obtenir soi-même en améliorant celle dont on tire déjà parti. De même pour le bétail : on peut augmenter le rendement en lait d’un troupeau de vaches, en ne les utilisant pas comme bétail de trait, en les frayant à fond, en les tenant propres, en aérant davantage les étables, si elles doivent y demeurer en permanence, etc. ; ou bien, par l’introduction d’une race plus laitière ou par l'amélioration dé celle exploitée. Ce sont toutes ces questions d’amélioration des plantes cultivées et du bétail qui constituent cette science toute récente de la génétique, et c’est son côté pratique, que M.Goquidc expose à'Tusage des agriculteurs
- et des horticulteurs en termes clairs, débarrassés des formules trop abstraites.
- Symbiosis. A Socio-Physiological Study of Evolution, par Reinhexmer. i vol. in-8, 295 p., Headley brothers, Londres.
- L’auteur développe avec de nombreux exemples à l’appui cette thèse que les rapports entre animaux ne sont pas que lutte ; au contraire ils impliquent une réciprocité de devoirs et de services considérable, sous peine de destruction et de dégénérescence. La vie normale n’est possible que par cette coopération étendue et constante ; toute rupture des liens est pathologique. Cette philosophie consolante nous change de la féroce « lutte pour la vie », dont on a tant abusé.
- The Influence of Man on Animal Life in Scotland. si Study in faunal Evolution, par James Ritchie. i vol. in-8, 55o p., 98 fig., 8 cartes. University Press, Cambridge. Prix relié : 28 sh.
- L’auteur s’est proposé de montrer 'que la faune d’une région n’est pas une unité fixe et invariable, mais bien en perpétuel changement. Ces variations sont les unes locales et temporaires, les autres générales et persistantes ; l’homme intervient fortement et de multiples manières par sa présence et son action. Choisissant l’Ecosse comme exemple, M. Ritchie montre que sa faune actuelle révèle nettement toutes ces influences et permet de déterminer la place de l’homme dans les facteurs de changement : domestication d’animaux, destruction d’autres, protection de certains, introduction de nouvelles espèces, changements de milieux par destruction des forêts, mise en culture, importations involontaires de parasites, etc.
- Souvenirs entomologiques, études sur l'instinct et les mœurs des insectes. 20 sérié, par J.-H. Fabre. Edition définitive illustrée. 1 vol. in-8, 371 p., nombreuses fig., i5 pl. Delagrave, Paris.
- Il faut savoir gré à la librairie Delagrave de rééditer l’impérissable monument du naturaliste d’Avignon en une belle édition bien imprimée, bien présentée et richement illustrée. Les admirateurs de J.-H. Fabre seront heureux d’y relire la description de l’Harmas et ces récits devenus classiques des mœurs de l’Am-mophile, de l’Eumène, de l’Odynère, du Chalicodome, de la Tarentule, du Pompile, du Sitaris, du Méloé, de tous ces insectes aux instincts étranges et merveilleux.
- Compte rendu des travaux du 20 Congrès de l'Habitation, Lyon, 1920. 1 vol. in-8, 547 P-> nombreuses planches. Imprimerie Noirclerc et Jenétrier, Lyon.
- Compte rendu de cet important Congrès où furent examinées les questions — toutes d’actualité — de la crise du logement, de l’hygiène des habitations, de l’urbanisme.
- Traité pratique du registre du commerce (lois du 18 mars 1919 et du 26 juin 1920), par A.-L. Bittard. i vol. in-16, 194 p. Delagrave, Paris. Prix : 7 francs.
- Traité pratique, clair, précis et complet des nouvelles obligations imposées aux commerçants et aux Sociétés commerciales de déclarer dans les greffes des tribunaux leur état civil, la nature de l’entreprise, l’importance et le nombre des établissements, les brevets d’invention et marques de fabrique, etc.
- L'anglais par questions et réponses. irc série. Méthodes Plumon, par G. Villemur. i vol. in-8, 244 p. Béranger, Paris. Prix relié : 25 francs.
- Méthode autodidacte basée autant sur la mémoire que sur le raisonnement. L’auteur s’applique surtout à faire acquérir lhabitude de la syntaxe correcte et à faire connaître les nombreux idiotismes si fréquents en anglais. Cet ouvrage est le premier d’une série de guides techniques concernant les divers métiers.
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- LA NATURE
- Supplément.
- Nu 2431
- 6 Novembre 1920.
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- INFORMATIONS
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- Les dimensions des vagues. — Lorsque le vent souffle un certain temps, il se produit à la surface de la mer des ondulations qui se propagent jusqu’à de grandes distances. Ces ondulations qui constituent la houle se présentent au large sous forme de sillons parallèles, de même creux et de même longueur, se propageant avec une vitesse uniforme.
- On comprend aisément limportance que présente, pour le navigateur et pour le constructeur de navires, une connaissance aussi précise que possible de ce phénomène.
- Les mathématiciens l’ont soumise au calcul et ont établi la théorie dite trochoïdale (voir Nature, n° 1734, 18 août 1906).
- Elle s’appuie sur une observation que chacun peut faire au bord de la mer : les particules d’eau dans la vague, ne participent pas au mouvement de la translation de la vague ; si l’on jette un flotteur au sommet d’une vague on le voit animé d-un mouvement de va-et-vient autour de sa position moyenne ; les particules d’eau sont animées de mouvements orbitaires de plus ou moins grande amplitude, qui se transmettent à fleurs voisines et ainsi de suite de proche en proche. Si l’on suppose que les orbites des molécules d'eau soient des cercles verticaux, on peut démontrer que le profil des vagues est la trajectoire engendrée par un point d’un cercle roulant sans glissement et d’un mouvement uniforme sur une droite horizontale ; on obtient ainsi la courbe dite trochoïde. La théorie trochoïdale permet d’établir qu’il existe un rapport déterminé entre la longueur des vagues, leur vitesse et leur périodicité. Celle-ci, c’est-à-dire le nombre de secondes qui sépare le passage en un même point de deux vagues successives, est égale à 0,8 fois la racine carrée de la longueur de l’onde exprimée en mètres, c’est-à-dire de la longueur qui sépare les sommets de ces deux vagues. D’autre part, la vitesse de propagation d’une vague est égale à i,25 fois la racine carrée de sa longueur.
- Ces formules ont été vérifiées par de nombreuses expériences. M. Zimmermann, dans Schiffbau, résume nos connaissances sur ce sujet et y ajoute les résultats d’observations faites sur i3 navires allemands. Celles-ci ont entièrement confirmé les formules déduites de la théorie trochoïdale. Elles ont en outre permis à l’auteur d’établir d’intéressantes et importantes relations entre les dimensions des vagues et la vitesse du vent. Les voici :
- 1“ La hauteur des vagues (en mètres) est égale à o,44 fois la vitesse du vent (en mètres par seconde).
- 20 La vitesse de propagation de la vague (en mètres par seconde) est égale à 2,356 XW 3/3. W désignant la vitesse du vent en mètres par seconde.
- Ces formules combinées aux précédentes permettent de déduire des relations entre la hauteur des vagues (H) et leur longueur (L) ou leur vitesse de propagation (C).
- H = 0,17 X L'1/1 = 0,1215 C3/\
- Ces dernières formules sont particulièrement utiles aux constructeurs.
- Le transport du lait par pipe line. — Le transport quotidien du lait dans les grands centres urbains est un problème que la crise des transports a rendu souvent bien angoissant." D’après Engineering and Industrial Management, on aurait envisagé en Allemage le transport du lait à grande distance, dans des canalisations métalliques analogues à celles employées pour le transport du pétrole sous le nom de pipe-line. Le lait serait envoyé sous pression relativement élevée dans des conduites de faible diamètre. Comme il ne serait pas en contact avec l’air, il n’y aurait pas de risque d’altération. Il n’y aurait même pas à craindre que la caséine vienne à se séparer du lait pour former des dépôts qui toucheraient la conduite, cette éventualité ne pouvant se produire que si du lait déjà aigre était introduit dans la canalisation et toutes précautions seront prises pour l’empêcher. Si néanmoins cette éventualité venait à se produire, un rinçage avec une solution alcaline dissoudrait rapidement ces dépôts.
- Valeur des arbres fruitiers. — Dans le règlement des dommages de guerre, quelle valeur faut-il attribuer aux arbres fruitiers détruits par les explosions, les projectiles, les gaz, quand ils n ont pas été systématiquement sciés par 1 ennemi? Les Commissions de réparations ont décidé d attribuer à 1 arbre, selon son espèce, une valeur représentant son prix en pépinière, son transport et les frais de plantation, et d’y ajouter une plus-value selon son âge, les soins d’entretien qu’il avait reçus (taille, tuteurs, sulfatages, travail du sol, etc.), et la valeur d’avenir qu’il représentait.
- Le point le plus délicat de cette évaluation est le barème des augmentations de valeur en fonction de l’àge, et les spécialistes ne sont pas encore unanimes à ce sujet, si l’on en juge par les récentes études de MM. Breton-Bonnard dans Le Jardin, Lécolier dans La Vie agricole et rurale, Delannoy dans La Vie à la Campagne.
- Prenons comme exemple un pommier à cidre.
- M. Breton-Bonnard 1 estime à 2 fr. 5o, plus 1 franc par au jusqu à 35 ans, en y comprenant les 4 années de pépi-
- Vaieur du bois/
- Age en ans
- nière ; de 36 à 60 ans, il lui ajoute une plus-value annuelle de 2 francs ; de 60 à 80 ans, il en retranche une moins-value annuelle de 2 francs : après 80 ans, il lui accorde uniquement la valeur du bois de chauffage.
- M. Lécolier l’estime, au moment de la plantation, à 7 fr. 5o. Il y ajoute pendantchacunedes iopremières années 1 fr. 20 représentant le loyer et les frais ; le pommier de 10 ans vaut donc 7 fr. 5o |- (r fr. 20 X 10) 19 fr. 5o.
- A partir de 10 ans, le pommier produit des fruits dont le revenu est .
- 10 à 15 ans. 32 kg ; i 0 tr. 10 moins 2 fr. 20 de frais — 1 lr.
- i5 à 20 — 5/t — — 2 fr. 20 — 3 fr. ao
- 20 à 2ô — : 4 — — 2 fr 7 5 — /,. fr. (55
- 20 à 00 — 97 — — 3 fr. 3o — 6 fr. 40
- 3o à 40 — 108 — — 3 fr 5o — ' 7 fr. 3o
- 40 à 60 — i35 — — 3 fr. 5o — 10 fr.
- L’auteur capitalise ces sommes à 5 pour 100 pour avoir la valeur de l’arbre de 10 à 60 ans. De 60 à 80 ans, il diminue la valeur d’un vingtième chaque année pour tomber à o plus la valeur du bois.
- Selon M. Delannoy, le pommier vaut, une fois planté, 7 francs; il conserve cette même valeur toute la première année ; la deuxième on y ajoute 2. francs pour l’accroissement, a francs pour les soins et 1 franc pour la prime contre tout accident, ce qui fait v>. francs. On
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- admet qu’il ci’oît vigoureusement jusqu’à a5 ans, sa valeur augmente donc chaque année de 5 francs et, à sa a50 année, notre pommier^vaut : 7 fr. X (5 X 24) = 127 fr-. De ‘i5 à o ans, il reste stationnaire, il ne demande plus de soins et ne court plus grands risques, on n’augmente donc plus annuellement sa valeur que de 2 francs. A 40 ans, il vaut': 7 -[- (5 X a4) + (2 X i5) = francs. Puis vient la décrépitude, et l’arbre n’a plus que la valeur de son bois.
- Si l’on trauscrit par une courbe les valeurs auxquelles aboutissent ces trois procédés d'estimation* on voit mieux leurs différences (Gg. 1). L’estimation de M. Breton-Bonnard est considérablement inférieure à celle de Mi Delannoy et surtout à celle de M. Lécolier.
- Répartition des deux principaux types de toits en France. — M. Jean Bruuhes a récemment présenté à l’Institut français d’Ànthropologie une carte de cette répartition. Il distingue le toit du nord, aigu, à forte pente, recouvert d’ardoises, de tuiles plates, de chaumes, de plaquettes de pierre ou de bois, et le toit du midi, le vrai toit des pays méditerranéens, bas, à pente modérée, à deux ou quatre pans, rayé de rangées de tuiles creuses. Ces deux types de toits, au lieu de se mélanger comme on pourrait le supposer, se rencontrent le plus souvent à une ligne très nette de démarcation, par exemple entre Vichy (toits du Midi) et Cusset (toits du Nord). Les indentations de cette limite sont très curieuses à considérer d’abord et à interpréter ensuite. Un îlot tout à fait remarquable de toits bas à couverture de tuiles creuses se rencontre dans la Champagne orientale et en Lorraine. M. Jean Brunhes, se réservant de publier une étude plus détaillée sur cette question, fait remarquer qu’il est très important de cartographier des faits pareils tant qu’ils subsistent encore; même si les interprétations historiques ou préhistoriques qu’on en peut donner sont discutables, l’ensemble de ces faits réels mérite d’être consigné et figuré.
- M. Hubert fait remarquer que la zone des toits plats signalée par M. Brunhes correspond sensiblement aux régions de la Gaule fortement romanisée et où l’influence romaine a duré. Il se peut donc que la forme des toits, non déterminée par les conditions climatériques, soit en réalité un souvenir de l histoire.
- Uns usine de pâte à papier au Congo belge. —
- Une usine de pâte à papier est en voie de création au Congo belge près d’Elisabelhville dans la vallée inférieure du Loualaba, annoncent les Commerce Reports du Congo. Ce"t établissement doit employer comme matière première le papyrus extrêmement abondant sur les bords de cette grande rivière et dans les lacs avoisinants. D’après les analyses qui ont été faites récemment, le papyrus du Congo contient 37,8 pour 100 de cellulose. Le produit de la fabrication est évalué au début à 20000 tonnes par au.
- Un appareil de voirie pour la fusion de la neige. —; Un ingénieur a inventé un appareil destiné à obtenir rapidement et à peu de frais la fusion de masses considérables de neige. Il se compose essentiellement d’un foyer de fonte, enveloppé d’un manchon et surmonté d’ün réservoir où la neige est accumulée. Un système de canalisation amène l’eau de fusion dans le manchon, d’où après avoir été échauffée, elle remonte en jets sur la neige entassée dans le réservoir, 90 pour 100 de la chaleur développée serait utilisée.
- Pour la chauffe on peut se servir de n’importe quel combustible. Le plus petit modèle, du poids de 225 kg, fond environ 25 m3 de. neige à l’heure, L’emploi de cet appareil a fait réaliser à la municipalité d’Ilelsingfors une économie de 60 pour 100 dans les frais du nettoyage des rues au printemps.
- Faüt-il transformer les cuirassés en navires de commerce? — Dans La Mer, revue de la Ligue Maritime Française, M. Laubeuf, membre de l’Institut, préconise la transformation en cargos des cinq cuirassés du type Normandie, restés inachevés et dont la construction vient d’être définitivement arrêtée, plutôt que leur démolition qui causerait une énorme dépense de main-d’œuvre.
- Déjà l’ancien croiseur-cuirassé Dupuy-de-Lôme a été
- modifié aux chantiers de la Gironde en un cargo, le Péruvier, à une seule hélice au lieu de trois, filant 9 nœuds et pouvant porter 4000 tonnes, qui fait le transport du charbon de Cardiff.
- Les transformations à réaliser seraient, d’après M. Laubeuf :
- a) Débarquement des deux machines latérales en conservant l’hélice centrale et la machine centrale seulement.
- b) Suppression de la moitié des machines de condensation.
- c) Suppression de la moitié des chaudières.
- d) Suppression de l’artillerie.
- e) Suppression des tubes lance-torpilles et des torpilles.
- f) Enlèvement de la cuirasse des flancs.
- g) Suppression des 2/3 de l’équipage, vivres, eau, matériel divers, embarcations, appareils auxiliaires.
- h) Installation de mâts de charge, ouverture de panneaux de chargement, etc.
- La transformation de nos 9 croiseurs cuirassés les plus petits suivant ce plan nous procurerait en six mois 45 000 tonnes de charge utile, ce qui vaudrait mieux que la destruction rapide par les arsenaux ou lente par la rouille de nos navires de guerre devenus inutiles.
- Transport des œufs par les mustélidés. — M. Xavier Raspail vient de donner dans le Bulletin de la Société Zoologique de France d’intéressantes observations sur ce sujet. Il rappelle d’abord le cas publié dans le Journal des Débats, d’une hermine qui enlevait des œufs de goélands dans une chambre située aU haut d’un escalier, en tenant l’œuf entre sa gorge et ses deux pattes de devant; puis, pour arriver à le descendre, se laissait glisser sur le cou et le dos d’une marche à la suivante et ainsi de suite jusqu’à ce qu’elle eût atteint le sol, après quoi, elle emportait l’œuf à son nid. -
- Bien que très incomplète, cette observation est rapprochée par M. Raspail du mode de transport qu’il a vu employer par un écureuil pour ravir des œufs de pintade dans un parquet.
- « De bonne heure, un matin, dit-il, au moment où je débouchais dans la cour des Pintades, j’apèrçus un écureuil qui venait d’enlever un œuf qu’il emportait contre sa gorge en l’y appuyant avec sa patte gauche, sans que son agilité, qui en fait un habile et si gracieux gymna-siarque, en fût diminuée; il sauta sur le chaperon du mur de clôture et gagna lestement les arbres où il ne dut pas tarder à gober l’œüf. »
- La fouine, grâce à sa forte taille, emploie un autre procédé : elle a une gueule suffisamment grande pour lui permettre de transporter très facilement des œüfs de poule, en les tenant fixés entre les maxillaires par les canines, dont les pointes pénètrent si légèrement dans l’épaisseür de la coquille qu’il faut apporter une certaine attention pour y apercevoir les petits trous qu’elles y font, semblables à ceux qu’on pratiquerait avec une pointe d’épiugle. Elle va les cacher soigneusement sous des petits amas de mousse, sur le trajet de son refuge, et revient les chercher, avec méfiance et précaution, quand elle est sûre de ne pas être observée.
- Carte postale de 23 000 mots. — M. Marcel Mauvais, de la Chaux de Fonds, nous envoie une carte postale de format courant sur laquelle il a réussi à faire tenir 23 154 mots représentant plus de 125 000 lettres.
- L’écriture est si réduite qu’en maints endroits il y a 3 lignes par millimètre de hauteur; elle est parfaitement lisible, même à l’œil nu, si la carte est exposée à un bon éclairage, par exemple à un rayon de soleil. Le texte tiré du livre « Les mille et une nuits » en représente 74 pages d impression.
- C’est donc la matière d’un petit volume transcrit sur une simple carte postale.
- Par ce chiffre fantastique de 23 154 mots cette carte détient probablement le record du monde de la carte j postale micrographique. Pour beaucoup elle représentera en quelque sorte Une réalité sortie du domaine de l’impossible; ne la croirait-on pas, en effet, tirée elle-même d’un de ces merveilleux contes dont elle est recouverte ?
- Ce travail unique est intéressant à plus d’un titre tant par la légèreté que la sûreté de main qu’il a fallu pour réussir une œuvre d’une telle patience,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- 'Electricité
- Distribution électrique de l’heure. — Lorsqu’on a une habitation avec des dépendances un peu éloignées, il est intéressant d’avoir une horloge centrale qui communique l’heure aux différents points, où il est utile qu’elle soit connue.
- D^ns les villes, on emploie la distribution par l’air comprimé. Dans les usines, écoles, etc., on utilise des
- systèmes très étudiés. A tous ces moyens, nous ne nous attarderons pas. Nous voulons quelque chose de simple, facile à construire avec très peu d’outillage et de connaissances.
- Nous prendrons comme principe d’avoir une horloge centrale qui, au moment où elle sonne, ferme un circuit électrique, lequel actionnera les sonneries placées aux dif-
- éimbre
- ferents endroits d’utilisation. Horloge centrale. — L’hor-timbre isolé l°ge centrale devra naturellement et tout d'abord mar-_. quer l’heure exacte ; elle
- F,?‘V- ?]™etcouP‘e du timbre devra sonner au moills ]es
- .sol,, _ Marteau avec balai. h^re8 et leg demies> Cest
- d’ailleurs le cas général.
- i disposition. Pour donner un contact à chaque coup de marteau sur le timbre, la solution la plus simple consiste à utiliser le timbre lui-même comme pôle et le marteau comme deuxième pôle de l’interrupteur ainsi formé (fig. i).
- Le timbre sera isolé de son support au moyen d’un petit tube en fibre ou simplement en. caoutchouc mince avec deux petites rondelles. Tout cela peut être trouvé facilement dans la boîte aux déchets ou dans la trousse du vélo. Pour obtenir un contact plus long, on remplacera avantageusement la boule du timbre par un faisceau de petits fils de laiton ou mieux de cuivre rouge fin, qu on pourra trouver dans un morceau de fil souple pour 1 éclairage. On disposera cette espèce de balai en le ficelant ou mieux en le soudant sur la tige. Cette tige sera courbée et le balai coupé à longueur, de façon qu au repos il y ait une distance faible entre le frotteur et le timbre.
- Le circuit électrique aboutira à la masse, au pivot du fiappeur transformé en frotteur et au timbre isolé. A
- chaque coup de la sonnerie, le balai donnera un contact un peu prolongé, qui ferme momentanément le circuit.
- ie disposition.— Si l’on ne veut pas toucher au timbre, on peut employer une lame ressort en bronzephospho-reux ou en laiton, qui prolonge la tige du marteau au delà du pivot (fig. 2).
- Le contact sera constitué par un petit] plot ou une tige fixée dans une pièce en isolant, qui sera assujettie sur la paroi de la pendule. La lame contact, qui est recourbée pour avoir plus d’élasticité, viendra fermer le circuit sur le plot, mais pendant un temps assez court. Ceci a d’ailleurs l’avantage de permettre à l’horloge de continuer à sonner avec son timbre.
- Les deux extrémités du circuit aboutiront à deux bornes sur le côté ou l’arrière de la pendule ; une borne sera à la masse, l’autre isolée sera reliée au plot de la pièce fibre.
- Circuit. — Le circuit sera à deux fils, qui s’attacheront aux bornes de la pendule et qui iront à chaque ou 1 on doit placer une sonnerie, comme lorsqu’il s’agit d’un circuit d’éclairage.
- bronzé
- timbre
- Fig. 2. — Dispositif avec plot sur isolant.
- Naturellement, il y aura une source de courant dans ce circuit; elle sera constituée par une batterie de piles plus ou moins importante, suivant la longueur du circuit à alimenter. Un interrupteur général pourra-isoler la pile du circuit et de préférence cet interrupteur sera placé entre la borne masse et la pile, pour éviter des débits fâcheux en cas de terre dans le circuit. De cette façon, si une terre se produisait (dans le cas d’une canalisation à l’extérieur par exemple), les sonneries entreraient en action et avertiraient de l’accident.
- Appareils di utilisation. — En général, on branchera en dérivation sur le circuit des sonneries ordinaires, à faible résistance de préférence et réglées d’une façon
- Pendu/e
- C/oche
- à i/o ccup
- Fig. L — Circuit général.
- très sensible. Chaque sonnerie peut comporter son interrupteur individuel comme s'il s’agissait d’une lampe.
- Pour la première disposition de l’horloge, il est préférable d’employer des sonneries trembleuses, qui donneront un tintement à chaque coup de marteau avec un réglage approprié de ce dernier.
- Avec la deuxième disposition, il vaut mieux utiliser la sonnerie à un coup ou la sonnerie trembleuse transformée dans ce sens (voir Recettes de l’Atelier). A chaque contact sur le plot, la sonnerie sonne une fois et produit le son d’une véritable horloge.
- On peut vouloir amplifier le son de la sonnerie, par exemple, pour des ateliers ou des endroits découverts. On emploiera alors une cloche électrique qu’il est d’ailleurs facile d’installer avec une douille d'obus.
- Cette douille est suspendue par un fil métallique, qui traverse la tige porte-amorce, à une équerre sur une planchette. Suspendue ainsi, elle vibre d’une manière remarquable. L’électro d’une sonnerie ordinaire, trembleuse ou à un coup, est fixé en dessous, à une place appropriée, avec une forme de tige de boule en rapport pour venir frapper sur le bord de la douille, quand la palette est attirée.
- Le même circuit peut servir à réaliser des éclairages, des manœuvres d’appareils à heure fixe, toutes les heures et; demi-heures ; il peut même, combiné avec une sonnerie disposée en encliquetage
- (voir La Nature du i5 mai 1920), isolant caoutchouc
- avec un système d’aiguille et de cadran, indiquer quelle est l’heure qui vient de sonner. Il suffit de brancher cette sonnerie transformée surle circuit, comme une sonnerie ordinaire.
- Si l’on veut donner un éclairage, il est nécessaire et prudent Fig. de le faire au moyen d’un relai, à mercure ou autrement, que nous décrirons d’ici peu. Dans ce cas, il ne s’agit souvent que d’un éclairage donné automatiquement, à une heure fixe, par exemple, à la tombée de la nuit, même si le
- ,— Réveil avec contact dans le timbre.
- patron est absent. Il vaut mieux alors employer pour cela un réveil.
- Contact donné par un réveil. — Le réveil ne sonne que lorsque le timbre est actionné à une heure que l’on fixe à l’avance. Pour le contact, on peut employer également deux dispositions, l’une avec le contact sur timbre, l’autre avec le contact sur clé.
- iro disposition. — Le timbre est isolé du réveil, comme pour le premier dispositif de l’horloge. On a disposé à l’intérieur du timbre une plaquette en laiton rivee ou soudée et dont la pente est telle que le marteau qui vient la frapper y restera calé (fig. 4).
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Lorsque le réveil sonne, le contact.est établi en permanence.
- 2° disposition. — On utilise la clé du remontoir. Celle-ci, au moment où le réveil sonne, tourne en géné-
- le rève/t<? commencé à -fonctionner Fig. 5. — Réveil avec contact sur clef.
- ral en sens imerse du mouvement nécessité pour le remontage.
- On commence par fixer la clé par rivure, soudure ou autrement, de façon qu’elle ne puisse plus se rabattre sur le fond (fig. 5).
- On prépare ensuite en laiton mince une sorte de bec (fig. 6) qui constitue les deux bornes auxquelles vient aboutir le circuit.
- Cette sorte de gouttière est disposée à l’aplomb de la clé, comme l’indique d’une façon suffisamment claire la figure 5. Au moment où le réveil sonne, la clé tourne et
- /ô'/ton mrnee
- ig. 7. — Gouttière pour interruption par chute de la clé.
- vient réunir électriquement les deux branches du con-tacteur, ce qui ferme le circuit.
- Si le ressort du réveil est assez fort, le réveil continue à tinter et la clé se dévisse; elle tombe alors dans le fond de la gouttière et continue à fermer le contact, à moins qu’on ait pris une disposition comme celle de la figure 7, pour les deux branches de la gouttière, La clé dévissée tombe et échappe au contact des deux lames, le circuit est coupé.
- Circuit. — Le circuit sera le même que celui de l’horloge ; il permettra d’actionner des sonneries pour réveil-
- pi/es
- tinter la sonnerie du téléphone. Le tout est une question de résistance totale du circuit et de puissance de la batterie de piles.
- Installation avec plombs fusibles doubles. — Quand on fait sauter les plombs de l’installation par suite d’un court-circuit ou autrement, il est nécessaire pour avoir du courant, delà lumière à nouveau, de remplacer le plomb fondu.
- À ce moment on ne trouve généralement pas la bobine du fil fusible et même si on connaît l’endroit où on l'a mise on n’a pas de lumière pour s’y rendre.
- Il est commode alors de pouvoir faire la lumière instantanément et pour cela il est facile d’imaginer une
- fùs/ô/es
- a
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- Installation avec plombs fusibles doubles.
- ffe/at
- Fig, 8. — Circuit du réveil.
- 1er les dormeurs endurcis, d'appeler les personnes à une heure fixée ; au moyen d’un relai, on peut aussi éclairer les locaux comme nous l’avons indiqué ci-dessus (fig. 8).
- Tous ces petits dispositifs sont amusants à édifier; ils peuvent être établis même en employant les lignes téléphoniques pour l’usage privé, qui existent quelquefois dans les usines, dans les grandes installations ou simplement dans les maisons de campagne un peu importantes. Cela aura évidemment pour effet de faire
- installation. Celle que nous allons indiquer donne toute satisfaction à ce sujet.
- La partie principale est constituée par un interrupteur bipolaire à deux directions. Quand le courant est donné par les fusibles A par exemple, si ces fusibles sautent par suite d un accident, il suffit de manœuvrer l’interrupttur et de le mettre sur la source du courant par l’intermédiaire des fusibles B. Evidemment si B saute à nouveau il n’y a plus rien à faire, mais alors c’est que le réseau de distribution a une défectuosité chronique à laquelle il faut remédier sérieusement, mais le plus généralement ce fait ne se produira pas et on a ainsi le courant immédiatement. Ceci permet de trouver le fil fusible et de réparer les coupe-circuits A ou bien on peut attendre qu’on soit disposé à cette opération.
- L’interrupteur double et les deux coupe-circuits peuvent être montés sur un petit panneau de chêne qui sera placé près du tableau du compteur ou simplement près des bornes d’arrivée du courant dans la distribution.
- Support de pile sèche. — La batterie de piles est en général fixée sur une planchette ou même dans une petite boîte.
- Quand onemploiedespiles sèches on peut simplifier tout cela et fixer la pile avec un simple clou.
- Pour céladon utilise comme le montre la figure io un fil de fer de 3 à 4 mm qu’on enroule en spirale autour delà pile en faisant l’opération au préalable sur un rondin de bois d’un diamètre légèrement plus faible que celui de la pile sèche à supporter,
- A la partie inférieure le fil de fer est enroulé à angle droit et forme une base ronde d’assise pour la pile.
- A l’extrémité supérieure le fil de fer est recourbé et forme un crochet d’attache dans lequel on place le clou ou le crochet.
- C’est un procédé simple qui rendra des services pour les installations peu compliquées; il évite la longueur des circuits.
- dou
- d/ de fer
- Support de pile sèche.
- Fig- io
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- VARIÉTÉS
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- COMMENT ACHETER LES FRUITS FRAIS? — LES NÈFLES
- Très, secondaires sont les nèfles au regard de l’alimentation dans laquelle elles ne peuvent entrer qu’à 1 état blet et en petite quantité à cause de leur âpreté qui, ainsi que je m’en suis assuré par l’analyse, est due plutôt à 1 acidité qu’au tanin. Elles sont peu abondantes sur les marchés parce que leur culture, généralement restreinte, ne comporte guère dans les jardins fruitiers que quelques pieds isolés. Il n’existe de plantations importantes que dans certaines régions du centre de la France, du bassin de la Loire et des départements de 1 Orne et de 1 Eure-et-Loir d’où est expédiée la plus grande partie des fruits qui arrivent à Paris.
- Quelles variétés acheter de préférence? — Le choix n’a que peu à s’exercer, car la culture ne comprend guère, en France, que les quatre variétés suivantes entre lesquelles les deux premières sont les plus répandues.
- La Nèfle commune. Ses fruits, les plus petits des quatre variétés, sont souvent les mieux pourvus d’une saveur agréable.
- La Nèfle à gros fruits. — Leur grosseur est supérieure à la moyenne et leur astringence un peu moindre.
- La Nèfle à fruits monstrueux de Hollande. — Ils détiennent le record de la grosseur, mais ils perdent en qualité ce qu’ils gagnent en volume, sans compter que les noyaux occupent beaucoup de place dans la pulpe.
- La Nèfle sans noyau ou osselet. — Les fruits sont allongés et généralement petits. L’avantage de l’absence de noyaux est contrebalancé par une saveur un peu inférieure à celle des autres sortes.
- Quind et comment les acheter? -— La récolte des nèfles n ayant lieu que vers la fin d’octobre, et même souvent après qu’elles ont subi les premières gelées blanches, elles n’apparaissent sur les marchés qu’à partir de cette époque.
- On peut les acheter sous deux états : à l’état ferme et ne possédant que juste la maturité acquise à l’arbre et à l’état blet. Dans le premier cas, si la maîtresse de maison désire en avoir une petite provision, elle n’aura qu’à faire son choix dans les paniers carrés ou ovales dans lesquels on les apporte couchées sur de la paille. Etant donnée la dureté de leur chair au moment de leur cueillette qui a lieu à la main et non à coups de gaule, les nèfles sont peu sujettes à des lésions ou à des meurtrissures ; l’attention doit plutôt se porter sur leur odeur. Il faut que celle-ci soit à peu près nulle ou rappelle un peu le goût de vert, mais surtout absolument indemne d’odeur de paille ou de moisi que rien ne pourrait enlever et qui les rendrait inmangeables lorsqu’elles seraient devenues blettes.
- Dans le second cas, le blettissement étant la condition indispensable de l’emploi des nèfles, on conseille pour 1 obtenir de les étaler sans qu’elles se touchent sur de la paille longue de blé ou de seigle dans un endroit très sec et aéré. Bien que ce moyen donne de bons résultats quand la paille est fraîche et sèche, il arrive souvent que, par suite de la faculté absorbante de leur pulpe, les nèfles contractent cette odeur désagréable, et comme, d autre part, il n’est pas toujours facile à la maîtresse de maison de se procurer ce substratum, je conseille de le remplacer par des frisons de papier, ou encore, pour régulariser et bâter le blettissement, de les rouler dans un drap.
- Lorsqu’on les achète à l’état blet, il faut veiller à ce qu'elles soient entières, indemnes de moisissures sous les replis de leurs sépales persistants, revêtues d’une
- peau brun-rougeâtre, ridée mais non fissurée sur les côtés et à. peine entr’ouverte à la surface. Leur chair colorée en roux brun, bien que cédant facilement sous la pression, doit être encore assez ferme et communiquer au palais, à la dégustation, une saveur éthérée particulière, agréable et fraîche, due à son acidité assez élevée. Elle ne doit être qu’à peine molle et jamais visqueuse, ce qui indiquerait que le blettissement est parvenu au terme extrême qui confine à la pourriture. A ce sujet, je me permettrai une digression qui a son utilité.
- Beaucoup de gens rejettent les nèfles parce qu'ils considèrent très souvent le blettissement comme identique à la pourriture, ce en quoi ils se trompent totalement, car ces deux modifications, physiques et chimiques de la chair du fruit, diffèrent absolument, visiblement ou non, l’une de l’autre; on peut les résumer très succinctement comme suit. Dans le blettissement, la modification commence toujours dans l’intérieur du fruit, au pourtour des loges et suit une marche centrifuge, tandis que dans la pourriture c’est généralement tout le contraire. La pulpe blette saine a une odeur spéciale due à une production d’éthers agréables et d’aldéhyde, alors qu’atteinte de pourriture elle exhale une odeur désagréable résultant de fermentations génératrices d’acides volatils repoussants, tels l’acide butyrique et les composés ammoniacaux.
- En outre, au cours du blettissement, il se produit une série de phénomènes chimiques résultant de la respiration et sous l’action desquels une partie plus ou moins grande de sucre, de tanin et d’acidité est brûlée, tandis qu’au contraire la teneur en matières pectiques augmente notablement. On s’en rendra suffisamment compte par les deux analyses ci-dessous que j’ai effectuées en 1905 sur des nèfles provenant d’un néflier de la forêt de Fontainebleau. De la quantité récoltée j’avais fait deux lots, dont l’un fut analysé quand les fruits eurent atteint leur maturité de garde, mais sans trace de blettissement, et l’autre, au contraire, lorsque leur blettissement fut complet, tout en restant indemne de pourriture. Les résultats se rapportent à un kilogramme de fruits pourvus de leurs noyaux.
- Nèfles mûres Sucre lol.nl. Tanin. Matières pectiques. Acidité en acide sulfurique monohvdraté.
- à point. . . 83sr,9o 2êr,I2 igsr,oo 5er,2 5
- Nèfles blettes. 8,2gr,07 59»'', 00 4Br. 69
- Principaux usages. — On mange généralement les nèfles telles quelles à l’état blet, il ne faut pas, toutefois, en abuser car, si elles agissent favorablement sur l’intestin, à petite dose, leur excès peut provoquer, paraît-il, de graves entérites. On en confectionne aussi des conserves et des marmelades communes, à la manière ordinaire.
- A côté de leurs usages alimentaires, on a songé à utiliser leurs propriétés astringentes au point de vue thérapeutique, notamment en Allemagne. On a conseillé l’emploi d’une sorte de marmelade dont voici la préparation. On met dans un chaudron 1 kg de nèfles privées de leurs noyaux, 5oo gr. d’eau et 800 gr. de sucre. On fait bouillir pendant 45 minutes en^agitant suffisamment pour éviter une attache, et l’on met ensuite en flacons préalablement ébouillantés, se fermant hermétiquement puis on stérilise au bain-marie durant 5 minutes. La dose serait de ia5 gr. par jour. A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Fabrication des timbres en caoutchouc. — Dans tm composteur ordinaire, on commence par composer le texte avec des caractères d’imprimerie et on tire une épreuve pour s’assurer qu’il n’y a pas eu d’erreur. Puis on nettoie parfaitement les caractères, on sèche et ùnbibe très légèrement d’huile pour éviter l’adhérence du plâtre lors du moulage.
- Pour effectuer celui-ci, on entoure le composteur d’une bande de carton que l'on maintient par une ligature de façon à former une cuvette dans laquelle on coule du plâtre fin gâché assez liquide pour pénétrer dans tous les interstices.
- Quand le plâtre a fait prise, on détache la ligature et laisse sécher complètement; enfin on applique sur ce
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- moule une feuille de caoutchouc que l’on comprime fortement avec une plaquette de bois maintenue par une cordelette. Le tout est introduit dans l’eau bouillante qui gonfle le. caoutchouc et lui fait épouser tous les détails du moule.
- Après refroidissement on détache la feuille de caoutchouc, puis on la colle sur un manche approprié au moyen de la dissolution employée couramment pour les réparations de pneumatiques.
- Schampoing économique. — Prendre :
- Saponine................a5 grammes.
- Savon mou...............25 —
- Alcali volatil..........io —
- Eau ordinaire........... i litre.
- On délaye progressivement le savon au moyen de l’eau, on ajoute la saponine, puis finalement l’alcali. Après agitation vigoureuse, on laisse reposer quelques jours et décante le liquide clair légèrement ambré que 1 on met en flacons pour l’usage.
- Brillatftines pour les cheveux. — On trouve dans le commerce deux variétés de brillantines, les unes sont limpides et portent le nom d’huile antique, les autres troubles et constituent spécialement les brillantines.
- Pour obtenir les brillantines limpides on utilise la propriété de l'huile de ricin d’être soluble dans l’alcool et on mélange simplement ;
- Huile de ricin .... 4o grammes.
- Alcool à 95°...........g5o cm3.
- A volonté on parfume au moyen de l’essence préférée.
- Dans le cas des brillantines troubles, il suffit de remplacer l’huile de ricin par l’huile d’amandes douces, mais alors les proportions d huile et d’alcool seront à peu près égales en volumes, soit •
- Huile d’amandes douces. . 400 grammes.
- Alcool à 9.5°...........5oo cm3.
- Parfumer à volonté comme précédemment.
- Pour enlever l’odeur de l’iodoforme.— Le produit pharmaceutique connu sous le nom d’aniodol qui est une solution de trioxyméthylène dans la glycérine, additionnée d’un dérivé de la série allylique, possède, outre des propriétés bactéricides marquées, celle très intéressante de détruire l’odeur de l’iodoforme.
- Après un pansement, il suffit de se laver les mains daus une solution à 1 pour 100 d’aniodol pour que disparaisse toute odeur dont la persistance est parfois gênante.
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- BOÎTE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés, hile répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de reuseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. F.n raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu i mmédiatement.
- Réponses. — M. M. Marchai, à Vic-sur-Seille. — 1" La maison Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, pourra certainement effectuer la transformation de machine Wimhurst que vous désirez; — 20 Les expériences de Walsh, de Morsen, de Schültz ont montré que si ou pousse le vide de plus en plus loin au delà du millième de millimètre de mercure, la résistance de l’air au passage du courant augmente et dans le vide absolu aucun passage n’a lieu. D’après la loi de Pascben et Péan, le produit de la pression du gaz par la distance entre les extrémités des conducteurs est constant. La limite de sensibilité est donc fonction du réglage de l’appareil et du vide obtenu ; comme la lumière intervient surtout par des rayons calorifiques qui modifient celui-ci (exemple : chauffage préalable des ampoules radiographiques), la rapidité du phénomène dépend donc de la transmissibilité très variable suivant une foule de conditions ; — 3° Les ouvrages suivants peuvent vous être recommandés : Les brevets d'invention et les marques de fabrique, par Pelletier, professeur à l’Ecole centrale, éditeur Béranger, i5, rue des Saints-Pères. Ce qui fait l'objet d'un brevet d’invention, par Vander Hae-gen, éditeur Dunod, 47» quai des Grands-Augustins.
- M. Volpi, à Nice. — Pour donner aux objets en plâtre l’aspect et les caractéristiques du marbre, il suffit d’incorporer au plâtre avant gâchage une quantité de poudre de racine de guimauve qui peut varier de 5 à. 10 pour 100 suivant l’effet que l’on veut obtenir. La prise se trouve naturellement retardée et le durcissement n’est complet qu’au bout de quelques heures, mais on obtient ainsi de très belles imitations, surtout si au dernier moment on introduit dans la masse des poudres colorées telles que bleu de Prusse, ocre rouge ou jaune, chro-mate de plomb, etc., de manière à produire des veines appropriées.
- M. G. V. G., Anvers. — i° Manuel du Savonnier, par Calmels et Wiltner, éditeur Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augustins ; Les corps gras industriels, par Michel Perret, chez Bernard, 29, quai des Grands-Augustins; — 2° Analyse des matières grasses, par G. Halphen, éditeur Masson, 120, boulevard Saint-Germain ; — 3° Pour doser séparément les alcalis caustiques dans un savon, on opère ainsi : 10 gr. de savon sont desséchés, puis dissous dans 100 cm3 environ d’alcool fort, on fait passer
- dans la dissolution un courant d’acide carbonique pour amener les bases caustiques à l’état de carbonates qui sont insolubles dans l’alcool. On filtre ces carbonates et lesjredissout dans l’eau chaude, puis alcalimétriquement, en se servant d’une liqueur d’acide chlorhydrique déei-normale, on détermine l’acide carbonique total correspondant à la potasse et à la soude réunies. Enfin après évaporation, on précipite la potasse par le bichlorure de platine à l’état de chloroplatinate de potasse, on attribue à cette potasse l’acide carbonique nécessaire pour former un carbonate, par différence avec l’acide carbonique total on obtient celui qui appartient à la soude d’où on déduit le poids de celle-ci.
- M. Planel, à Montrabé (Haute-Garonne). — Nous pensons que vous pourrez donner aux crins de cheval et soies de porc la raideur demandée en les trempant dans une solution acétonique d’acétate de cellulose. Quelques essais préalables vous indiqueront les proportions à employer suivant le but à atteindre. ’S ous trouverez de l’acétate de cellulose chez MM. Clément et Rivière, rue de la Cristallerie, à Pantin (Seine).
- M. P, Laf'aye, à Paris. — On peut assez souvent réussir à souder la fonte au moyen de l'étain en frottant préalablement la surface de la fonte avec une brosse en fils de laiton jusqu’à ce qu’elle soit bien jaune. Mais pratiquement nous vous conseillerons, surtout dans le cas que vous indiquez, réparation de cylindres de moteurs, d’effectuer la soudure autogène au moyen du chalumeau oxyacétylénique en vous servant de baguettes de fonte
- silicée.
- M. H. Brock, à Anvers.— 1° L'épuration et le blanchiment de la gomme laque se pratique habituellement de la manière suivante. Dans une bassine on introduit Gomme laque. ...... 5 kg
- Carbonate de soude. ... 2 kg 5
- Eau.......................... 100 litres.
- On porte à l’ébullition, la cire fond et se rassemble la surface, la laque se dissout en se combinant avec ‘a soude. On laisse refroidir et enlève le gâteau de cire solidifié, puis on blanchit soit en faisant passer un courant de chlore, soit par addition d’un hypochlorite. Finalement on décompose par un acide pour remettre la gomme laque en liberté; — 20 Nous n’avons pas connaissance. d’ouvrages spéciaux sur la question.
- M. Jongla, à Kolea. — i° Les renseignements que nous avons donnés dans notre numéro 2384 du 6 décembr 1919 sur la fabrication des marbres artificiels sont le plus complets que l’on possède actuellement sur la ques tion, mais il est indispensable que chaque expérimentateur détermine par la pratique les tours de main flm, ^ permettront d’obtenir d’heureux effets ; — 20 L artic
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- BOITE AUX LETTRES
- auquel il est fait allusion est celui des Recettes de la maison, sur la silicatation et la fluatation, page 285 (éditeur Masson); il vous permettra de compléter les données relatives à l'obtention des marbres artificiels; aucun autre ouvrage spécial ne nous est connu.
- M. Antonio Èlosegui, à Tolosa (Espagne). — Pour conserver aux tricots de laine la douceur au toucher, il est indispensable d’éviter pendant l’opération du dégraissage et du foulage l’emploi des alcalis qui durcissent la laine. C’est pourquoi on doit se servir lors de l’ensimage d’huiie d’olives et non d’oléine ; pour dégraisser ensuite, on fait usage uniquement de terre à foulon et foule dans un bain de savon qui est suivi d’un passage à l’eau claire. Pour terminer on procède à un battage de la pièce humide afin de redresser les poils et dégager ceux qui ont été feutrés dans l’opération du foulonnage. La terre à foulon dont on fait usage doit correspondre à l’argile smectique, c’est-à-dire être onctueuse au toucher et exempte de sable.
- M. Lambert, avenue Malalcofï, Paris. — Les pastilles employées dans la fabrication des culots de lampes à incandescence sont obtenues par estampage à la presse, le verre qui les constitue ne présente pas de composition spéciale et il suffit de le ramollir vers 4^0° pour lui donner la consistance voulue. Vous pourrez vous adresser aux maisons suivantes au sujet de cette préparation : Le Naour, 12, rue Claude-Yellefaux ; Paquet et Vial, 25, rue des Envierges, Paris, 20'.
- M. C. Benavent, à Reus (Espagne). — Tous articles en ferro-nickel manufacturé peuvent vous être fournis par : Le Ferro-Nickel, 29 bis, rue des Francs-Bourgeois; Société Biache-Saint-Vaast, 28, rue Saint-Paul, Paris.
- M. Mairey, boulevard Picpus, à Paris. — i° Les Recettes de l'Atelier, pages 275 et suivantes, vous fourniront un grand nombre de formules pour la préparation des crèmes et cirages analogues aux produits actuellement dans le commerce (éditeür Masson, 120, boulevard Saint-Germain) ; — 2“ Une formule d’excellent scham-poing facile à préparer se trouve dans le présent numéro ; — 3° Les pétroles dits ininflammables vendus pour nettoyer les cheveux ne sont pour la plupart que des dissolutions alcooliques présentant moins de danger parce qu’elles ne s’enflamment pas à distance comme les éthers de pétrole. On peut leur substituer avantageusement le tétrachlorure de carbone qui est réellement ininflammable, que l’on peut également parfumer et qui constitue un excellent dissolvant de la matière sébacée; — 40 Pour préparer des briquettes ne s’altérant pas à l’humidité, il suffit d’employer comme liant le brai de houille ou coaltar. !
- M. J. Ollier, à Montreuil-sous-Bois. — i° Veuillez vous reporter aux « Recettes et procédés utiles » du présent journal qui traitent spécialement de l’obtention des brillantines ; — 20 La désignation brillantine n’implique aucune spécification de composition, on peut donc employer ce terme pour tous les produits destinés à bril-lanter la chevelure.
- M. J. Gilles, à Gennevilliers. — i° La cémentation se pratique en noyant les pièces à cémenter dans une poudre appelée cément placée elle-même dans une caisse et en chauffant le tout dans un four à une température voisine de 10000. Les praticiens emploient des mélanges empiriques de charbon de bois, suie, cuir, sel marin, etc., mais la meilleure composition pour cémenter est, d’après les travaux de Le Châtelier, constituée par :
- Charbon de bois..............60 kg
- Carbonate de baryte..........4° —
- Habituellement on termine par une trempe des objets;
- 2° Nous ne connaissons pas d’ouvrages spéciaux «ur la question.
- èl. A. Romanetto, à Annonay. —Nous donnons d’autre Part, dans les « Recettes et procédés », la manière de fabriquer les timbres en caoutchouc que vous pourrez appliquer également à l’obtention des modèles pour broderies, dentelles, etc.
- 3/. Primois-Baraguey, à Saint-Evroult (Orne). — Le remplissage d’un tube barométrique est toujours une opération délicate. Pour cela on soude à l’extrémité du tube un T en verre dont une branche étirée et fermée à la lampe plonge dans du mercure bouilli et chaud, l’autre branche est mise en communication avec une pompe à Vlde. En même temps on chauffe le tube barométrique pour en chasser l’humidité. Quand le vide est poussé aussi loin que possible, on casse la pointe et le mercure
- remplit l’appareil; on supprime alors la jonction avec le T et retourne le tube sur le mercure. Eu égard à l’appareillage nécessaire, le mieux serait de confier cette opération à un spécialiste.
- M. Virgile Mamet, à Habère (Haute-Savoie). — Nous avons donné, de la page 71 à la page 77 des Recettes du laboratoire, toutes les indications que nous étions susceptibles de fournir sur l’argenture du verre, mais, ainsi que nous en prévenions nos lecteurs, ces opérations sont très délicates; il faut essayer les divers procédés, ne pas se rebuter devant un insuccès et acquérir certains tours de main, ce que l’on n’obtient que par la pratique et des essais répétés.
- M. Ansaldi, à Lyon. — i° Si nous avons bien compris votre demande, il s’agit de bloquer un objet mince au moyen d’un mastic pour pouvoir le travailler. Vous obtiendrez ledit mastic en prenant :
- Gomme du Sénégal. . 55 grammes.
- Eau ordinaire .... 100 —
- puis en délayant dans le liquide une quantité suffisante de carbonate de magnésie, de manière à obtenir une pâte épaisse dont vous garnirez l’intérieur de l’objet. Après séchage plus ou moins prolongé à l’air, vous pourrez effectuer le travail nécessaire et il vous suffira de laisser séjourner dans l’eau froide pour enlever le produit employé ; — 20 Faites rectifier la date erronée de la pièce officielle par l’autorité qui l’a délivrée, toute intervention autre pourrait vous causer de grandes difficultés.
- M. P. Cissac, à Bordeaux. — i° L’enlèvement des iaches comporte toujours au préalable la détermination de leur origine. Si elles sont dues à des matières sucrées, un simple lavage à l’eau réussit; dans le cas de matières grasses, le tétrachlorure de carbone est, par excellence, le produit à employer; enfin, s’il s’agit de taches spéciales, café, vin, etc., il faut tenir compte de la nature de la matière colorante du tissu pour ne faire intervenir que des réactifs non susceptibles de l’altérer : une formule générale me peut être donnée ; — a0 La cire à cacheter qui constituait les scellés mis sur un meuble doit d’abord être enlevée, pour la plus grande partie, en se servant d’unê lame de canif légèrement chauffée et sans aller jusqu’au vernis, puis on imbibe l’emplacement avec un tampon imbibé d’alcool qui dissout la résine du cachet. En opérant avec précaution on peut arriver à l’enlèvement complet. Poxxr terminer on passe à l’en-caustiqtie, laisse sécher et polit au chiffon de laine; — 3° La ligne stratégique de chemin de fer inaugurée en 1918 par M. Clemenceau était une ligne de raccordement entre la ligne Tréport-Abbeville et celle Amiens-Boulogne ; elle partait de Quesnoy-le-Montant et aboutissait à Port-le-Grand. A cette époque de la guerre la communication entre Clermont de l’Oise et Amiens était interrompue, les Allemands dominant là ligne des hauteurs de Grivesnës, tous les transports devaient s'effectuer par Le Tréport et Abbeville, cette dernière gare formant cül-de-sac, où les trains pour remonter sur Boulogne devaient prendre une direction inverse. C’est pour éviter cet inconvénient que la nouvelle ligne est venue supprimer le passage par Abbeville. Les voyageurs ont utilisé cette voie depuis l’armistice jusqu’au mois de mars 1919, époque à laquelle le fonctionnement antérieur a été rétabli par Amiens.
- M. Rignot, à Saint-Julien (Morbihan). — La conférence faite par Mme Gurie au Conservatoire national des Arts et Métiers en 1920 avait pour titre : Les radio-éléments et leurs applications. Cette conférence a été éditée parla Librairie de l’Enseignement technique, 3 bis, rue Thénard, où vous pourrez vous la procurer au prix de 1 fr. 5o.
- M. Sully H. Guinaud, à Milan. — Les fours à tremper et cémenter électriques sont établis’dans le genre du four de laboratoire décrit dans le n° 2411 de La Nature, mais avec des dimensions suffisantes pour les dimensions des pièces qü’on a à traiter.
- Les adresses des fours américains dont vous parlez sont les suivantes : The Electric Alliance Fürnace O, à Alliauce. Ohio et International General Electric C1, 120 Broadway, à New-York. Nous n’en connaissons pas d’autres donnant des rendements industriels intéressants.
- M. R. Bazin, à Condé-sur-Noireau. — Pour charger des accumulateurs à 8 volts au moyen d’une source donnant 5o volts, il faut en effet faire intervenir une résistance qui puisse absorber la différence du voltage. Le courant étant d’une intensité de 12 ampères, la chute de tension 5o~8, soit 42 volts, exige une résistance
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- BOITE AUX LETTRES
- ohmique de — > soit 3 ohms 5. Cette résistance doit être
- I 2
- établie avec un £1 capable de laisser passer 12 ampères, il faudrait prendre un £1 de fer qui sur un grand cadre à l’air libre peut laisser passer jusqu’à 12 ampères au millimètre carré.
- Pour une résis tance liquide on emploie l’eau avec une dissolution de sel ordinaire légère. Nous ne pouvons indiquer complètement dans la correspondance la manière de procéder. Nous comptons y revenir dans la « Science appliquée ». En tout cas vous trouverez'des indications utiles dans les différents formulaires de l’électricien, par exemple celui d’Hospitalier édité par la maison Masson.
- >/. Beaumont, à Asnières. — Votre transformateur devant abaisser la tension de no à 16 volts, le rapport
- de transformation est de théoriquement.
- Etant donnée la puissance désirée, 6 ampères sous 16 volts, cela représente déjà un modèle un peu important. Vous pouvez prendre 3200 spires au primaire et constituer le secondaire avec un enroulement en deux parties de chacune 3oo à 320 spires chacune. Ces deux enroulements pourront être montés en dérivation et donner un ampérage double.
- La section du noyau serait d’environ 20X20 et la tôle a l’avantage d’être aussi mince que possible avec du papier de soie collé sur une face. Les marchands de tôle : Nozal, 5, quai de Passy, par exemple, pourront vous en fournir, mais cette qualité est en ce moment assez rare.
- Le fil de 16/10 est bon pour le secondaire. Celui de 7/10 pourra convenir pour le primaire, mais si la résistance ohmique est insuffisante, vous aurez à boucler un rhéostat en série sur le primaire.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de io°/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. __________
- La Chimie et la Guerre: Science et Avenir, par Charles Moureu, membre de l’Institut, professeur au Collège de France, 1 vol. in-8, 384 P- Collection des Leçons de la Guerre (*). Masson, Paris. Prit : 10 francs.
- Ce livre, admirablement documenté, nous montre le rôle considérable joué dans la guerre par la science et les laboratoires et aussi quel stimulant elle a été pour eux.
- La chimie, notamment, a eu sa part importante dans la métallurgie, la fabrication des poudres et explosifs et des gaz de combat (agression et protection), l’aéronautique (gaz des ballons, métaux, essences, huiles, vernis des avions), le camouflage (matériel, teinture, ignifugation), l’intendance (subsistances, habillement, cuir), le service de santé (ravitaillement militaire et civil en produits pharmaceutiques), la production de tous les produits indispensables devenus rares par manque d’importation (potasse, platine, corps radioactifs, acide lactique, verrerie, porcelaine, etc.). L’auteur qui s’est occupé personnellement d’un grand nombre de ces problèmes donne sur chacun d’eux une foule de renseignements de première main.
- La deuxième partie montre que les mêmes problèmes existaient dans le camp adverse et qu’on y fit également appel à toutes les ressources des laboratoires.
- Cette révélation du rôle de la science — M. Moureu envisage surtout la chimie — oblige à examiner notre .organisation d’enseignement et de recherches. L’auteur passe en revue les moyens de recrutement des - chimistes, les cours existants dans le haut enseignement, les laboratoires de recherches, l’outillage, les crédits, la situation des savants, la nécessité d’une collaboration internationale.
- Cette revue de ce qui existe chez nous et que la guerre nous a montré insuffisant, conduit à cette leçon qui est la conclusion du livre : parmi les éléments, les conditions de la grandeur nationale, la science occupe le premier plan. Il faut lui faire sa place dans l’esprit public, dans les préoccupations budgétaires aussi. Les savants honorés, payés, disposant de moyens d’études, augmenteront notre connaissance, ajouteront à notre gloire et, par l’augmentation de
- 1. Déjà parus dans cette collection : L'Industrie française, par Léon Guillet et Jean Durand ; Alimentation et Ravitaillement, par R. Legendre ; Les leçons militaires de la guerre, par le commandant Bouvard ; L’Aéronautique, par le commandant Orthlieb; Marine et guerre navale, parle capitaine de frégate J. Vaschaldr.
- production des richesses, aideront à apaiser les grands conflits sociaux.
- Prospection, Recherche et Etude des gîtes miniers, par F. Colomer [Encyclopédie technique des aide-mémoire Plumon), 1 brochure, 90 p. Béranger, éditeur, Paris, 1920.
- Ce premier volume d’une nouvelle collection essentiellement pratique contient des généralités sur la constitution des gîtes miniers, sur l’organisation des travaux de recherches, sur les levés, la reconnaissance des minerais, la définition de leur valeur commerciale. On y trouve en outre un petit lexique et une bibliographie.
- L’Usine. Vocabulaire des termes techniques français-anglais et anglais-français (Guides techniques Plumon). 1 vol., 263 pages. Béranger, éditeur. Paris,
- ig1*)-
- Ce petit dictionnaire n’est pas seulement une liste de termes avec leur traduction. Ceux-ci ont été groupés d’une façon logique correspondant aux divisions naturelles de l’usine. Des dessins et photographies montrent les machines dont lefc pièces sont énumérées. Un ingénieur ou un étudiant peut ainsi apprendre à penser en anglais, et se munir d’un bagage linguistique d’une indiscutable utilité.
- Le système Taylor, Analyse et commentaires, par A. Imbert, i vol. in-12, i5g p. Ravisse, Paris. Prix : 12 francs.
- Le Dr Imbert, professeur à la Faculté de Médecine de Montpellier, se consacre depuis de longues années à l’étude de la physiologie du travail. II était donc qualifié pour juger du système Taylor qu’il analyse clairement, après quoi il rappelle les critiqnes dont furent l’objet les applications réalisées par Taylor et ses continuateurs. Il en conclut que si les principes de l’organisation scientifique sont excellents, les adaptations doivent tenir compte des sentiments des hommes auxquels on les impose et ne pas être trop rigoureuses.
- Culture de la pomme de terre, Conseils pratiques pour son amélioration, par S. Mottet. 1 vol. in-8, 72 p > 35 fig. Librairie agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 4 fr. Avec planches en couleur, 5 fr. 5o.
- L’auteur démontre que la médiocrité des rendements de beaucoup de cultures est principalement due à lfl négligence apportée au choix et à la préparation des plants. Dans les chapitres suivants, il indique Ie® moyens pratiques de remédier à cette médiocrité qui porte un grand préjudice à l’agriculture. Tous ceux qui veulent faire de bonnes récoltes de pommes de terres doivent s’inspirer des conseils précieux contenus dans eet ouvrage.
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- Supplément.
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- INFORMATIONS
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- Aéroplane à surface variable. — À mesure que la vitesse des avions va croissant, les difficultés d’atterrissage augmentent, puisqu’on ne peut guère dans les appareils actuels faire varier la vitesse en marche. Vers la fin de la guerre, la Direction des Inventions avait mis à l’étude un appareil à surface d’ailes variable, capable de marcher à vitesse réduite au départ et à l’atterrissage. Ses inventeurs, MM. Gastambide et Levavasseur, avaient construit un premier modèle quand survint l’armistice. Depuis, ils reprirent la réalisation de leur idée avec l’aide des constructeurs Latham et Gie. Ces jours-ci, les premières démonstrations du nouvel appareil ont eu lieu au champ d’aviation de Villesauvage, près d’Etampes. Parti avec i m.' 76 de largeur d’aile aux plans supérieurs, il vola en pleine vitesse avec 1 m. 60 et atterrit avec 3 m. 28, dans un remarquable ralenti, touchant terre à moins de 60 km à l’heure. La photographie ci-jointe montre l’avion Gastambide et Levavasseur au moment du départ pour ces récents essais.
- Les principales caractéristiques de l’appareil sont : biplan muni d’un moteur de 25o chevaux, surface portante variant au gré du pilote de 3a à 5 a m2 ; les plans supérieurs sont seuls mobiles, chacun d’eux est constitué par trois surfaces glissant l’une sur l’autre, celle du
- milieu demeurant fixe cependant que celle du dessous glisse vers l’avant et celle du dessus vers l’arrière, donnant une profondeur d’aile qui va de 1 m. 60 à 3 m. 28. La courbure du plan se modifie à mesure qu’il se déploie pour éviter le danger d’un déséquilibrage.
- L’avion Gastambide et Levavasseur a maintenant fait ses preuves. C’est la première solution pratique du problème du vol avec grands écarts de vitesse.
- Le radiogramme météorologique de la Tour Eiffel.
- — Depuis le i®r novembre, la Tour Eiffel a repris à
- I ih 3o (temps légal) l’émission du radiogramme météorologique donné par le Bureau Central météorologique ; il est émis sur ondes amorties de 2600 m. de longueur.
- II commence par les lettres BCM. Viennent ensuite les observations de 14 stations, désignées par une ou deux lettres et données dans l’ordre suivant :
- S Stornoway V Yalencia C Copenhague HE Le Helder PR Prague P Paris.
- O • Ouessant
- CF Clermont-Ferrand N Nice *
- PE Perpignan BI Biarritz (Socoa) CR La Corogne R Rome A Alger
- Ces lettres indicatrices sont suivies d’un groupe de six chiffres : les deux premiers donnent la pression atmosphérique en millimètres entiers, le chiffre des centaines (7) étant sous-entendu. Les deux suivants donnent la direction du vent, le cinquième la force du vent et le dernier l’état du ciel suivant les codes ordinaires (voir ci-dessous).
- Après ces groupes de chiffres sont indiquées, en langage ordinaire, la position des centres de hautes et de basses pressions et une prévision générale pour le jour suivant.
- Les observations télégraphiées sont celles du jour même, relevées à 7 heures du matin. Les stations dont les observations ne seraient pas parvenues au moment de l’émission de la dépêche seront simplement suppri-
- mées. Il ne peut résulter de cette suppression aucune incertitude, les stations étant rangées toujours dans le même ordre et étant désignées par une ou deux lettres caractéristiques.
- Code employé :
- Direction Force et vitesse du vent. État du ciel.
- ilu vent.
- 02 N.N.E. 0 calme, de 0 à 1 m. 0 beau
- 04 N.E. 1 presque calme, de 1 à 2 m. 1 peu nuageux
- 06 E.N.E. 2 très faible, de 2 à 4 m. (1/4 couvert)
- 08 E. 3 faible, de 4 à 6 m. 2 nuageux
- 10 E.S.E. 4 modéré, de 6 à 8 m. (1/2 couvert)
- 12 S.E. 5 assez fort, dé 8 à 10 m. 3 trèspuageux
- 14 S.S.E. 6 fort, de 10 à 12 m. (3/4 couvert)
- 16 S. 7 très fort, de 12 à i5 m. 4 couvert
- 18 S.S.W. 8 violent, de i5 à 18 m. 5 pluie 6 neige
- 20 S.W. 9 tempête, plus de 18 m.
- 22 w.s.w. 7 brume
- 24 w. 8 brouillard
- 26 W.N.W. 28 N.W. 9 orage
- 3o N.N.W. 3a N.
- Ainsi le premier groupe
- S 6oi663
- se déchiffrera :
- S = Stornoway, 60 = pression 760 mm, i6=^vent sud, 6 = vent fort (de 10 m. à 12 m. par seconde), 3 = ciel très nuageux.
- Concerts radioélectriques. — Dès le début de l’apparition du téléphone, on en fit dans certaines grandes villes comme Paris et Londres une intéressante application connue sous le nom de théâtrophone ; des microphones placés sur les scènes des principaux théâtres ou concerts sont reliés à un réseau, dont les abonnés peuvent entendre chez eux, sans se déplacer, telle représentation qui leur convient. La radiotéléphonie permet aujourd’hui de faire beancoup mieux encore; le Bureau of Standards des Etats-Unis se livre depuis quelque temps à une série d’expériences ayant pour but de transmettre la musique à travers l’espace, au moyen des ondes hertziennes, comme on le fait couramment maintenant pour la parole. Rien de plus simple que ces transmissions; quant à la réception, les petits appareils d’amateurs suffisent amplement pour l’assurer, et les amateurs américains qui se trouvent dans un rayon convenable autour de la station radioélectrique du Bureau of Standards, n’ont qu’à se mettre en écoute tous les vendredis de 8 h. 3o à 11 heures pour jouir d’un concert gratuit. Les esprits imaginatifs verront peut-être dans ce genre de concert la forme d’avenir du concert public.
- Le moyen employé par le Bureau of Standards pour émettre sa musique est très simple : on fait jouer un phonographe devant le transmetteur radiotéléphonique, ou mieux encore on monte un microphone à plaque de charbon, à là place du diaphragme vibrant usuel. Le phonographe produit ainsi lui-même directement et mécaniquement dans l’appareil téléphonique les variations de courant que l’appareil émetteur traduit en variations d’ondes hertziennes. L’émission est absolument silencieuse. Il en résulte cette conséquence un peu paradoxale, que le lieu d’émission est le seul endroit où le concert ne puisse être entendu.
- Une nouvelle forme de l’hydrogène. — On connaît depuis longtemps la modification allotropique de l’oxygène qui, sous l’influence d’agents physiques tels que la décharge électrique silencieuse, les rayons ultraviolets, etc..., se transforme partiellement en ozone.
- Déjà, en 19x3, sir J.-G. Thomson avait été amené à conclure, d’après les mesures électriques faites sur les gaz ionisés, qu il devait exister des particules dont le poids at)mique était égal à 3, et qui étaient probablement produites par la combinaison de 3 atomes d’hydrogène. Cette combinaison H3 disparaissant d’ailleurs lorsque l’on fait passer l’étincelle électrique dans un mélange
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- d’hydrogène et d’oxygène en proportions explosives.
- Dans une communication récente, Vankataramaiah, de l’Indian Institut of Sciences du Bengale, a fait connaître une manifestation chimique particulièrement intéressante de l’existence de cet hydrogène condense.
- En remplissant un eudiomètre d’un mélange de 3 volumes d’hydrogène et de i volume d’oxygène, et en introduisant une solution alcaline de permanganate de potasse dans l’appareil, on constate que dès le passage de l’étincelle le permanganate vire à la teinte verte.
- L’effet réducteur de cette nouvelle forme d’hydrogène, qui existe normalement dans l’hydrogène et qui peut-être fournira l’explication du pouvoir particulier de l’hydrogène « naissant », a été essayé sur un certain nombre de réactions chimiques : l’indigo bleu est ramené à l’état d’indigo blanc, le chlorure ferrique est transformé en chlorure ferreux, le nitrate de potassium en nitrite, etc....
- L’acide sulfurique et la guerre. — Avant la guerre,
- nous produisions annuellement environ 12000000 t. d’acide dans les chambres de plomb, et notre fabrication d’acide fumant dit oleum (procédés de contact) était fort restreinte (6000 t.). Au cours des hostilités, de nombreuses et puissantes installations nouvelles ont été créées, tant pour l'oleum que pour l’acide des chambres ; et, à la fin de la guerre, notre production annuelle totale était voisine de 2 millions de tonnes d’acide des chambres et de 3ooooo t. d’oleum. Les pyrites nécessaires étaient, pour une bonne part, de provenance étrangère (Espagne, Portugal, Italie), et venaient en partie par voie de terre, à cause des dangers de la guerre sous-marine; en 1917, notre production nationale de pyrite fut de 270000 t., et nos importations s élevèrent à 55o 000 t. (Ch. Moureu, La Chimie et la Guerre : Science et Avenir).
- L’acide nitrique et la guerre. — La majeure partie fut préparée à partir du nitrate de soude naturel du Chili, qu’on décomposait par l’acide sulfurique, et une proportion notable de notre production d’acide sulfurique fut consacrée à ces opérations, qui laissaient comme résidu du bisulfate de soude (') Notre consommation de nitrate, avant la guerre, était annuellement de 320 000 t., dont les sept huitièmes (280 000 t.) allaient comme engrais à l’agriculture. En 19*6, nos importations atteignirent 54o 000 t. et la presque totalité fut absorbée par la fabrication des munitions, au grand préjudice de notre agriculture, qui en souffrit beaucoup, comme elle souffrit de la pénurie de superphosphates.
- Nous avons pu fabriquer, pendant la guerre, plus de 60000 t. d’acide nitrique synthétique. Pour la cyana-mide, notre production annuelle, qui, avant la guerre, était de 8000 t., a pu atteindre le chiffre de 100000 t. Quant à la production totale d’acide nitrique, de i5 000 t. par mois avant la guerre, elle passa à 5o 000 t. dans les derniers mois des hostilités (Ch. Moureu, La Chimie et la Guerre. Science et Avenir).
- Les corrosions dans les installations à vapeur. Leur suppression par les filtres à tournure de fer.
- — Les grandes installations de machines à vapeur modernes et surtout celles à turbines n’utilisent que de l’eau très pure. La vapeur, après avoir travaillé dans la turbine, est condensée sur les faisceaux des condenseurs à surface, et l’eau condensée est renvoyée à la chaudière, additionnée d’une petite quantité d’eau d appoint pour compenser les pertes inévitables dues aux fuites. C’est donc pratiquement de l’eau distillée qui circule du condenseur à la chaudière d’une installation à turbine. Les incrustations, si gênantes dans les chaudières, se trouvent de ce fait supprimées. Or, on a constaté, avec surprise, que la disparition de ce grave inconvénient était en quelque sorte compensée par 1 apparition d’un défaut très grave : des corrosions très rapides s’exercent sur les parois des générateurs de vapeur. Dans les installations moins perfectionnées, les corrosions sont naturellement plus rapides encore. L’agent corrosif principal n’est autre que l’oxygène de l’air que leau tient toujours en dissolution et que l’eau d’appoint réintroduit d’une façon constante. L’acide carbonique que l’eau dissout en proportions importantes a également une action corrosive; mais celle-ci ne 1. Des stocks énormes de ce sel, dont l’utilisation immédiate était difficile, ont été accumulés ou jetés dans les cours d’eau.
- s’exerce qu’en présence de l’oxygène. Il importe donc, pour la sécurité et la durée des installations à vapeur, d’éliminer rigoureusement l’oxygène de l’eau d’alimentation. Ce problème a fait l’objet de nombreuses recherches dans ces derniers temps et reçu diverses solutions.
- M. Gaston Paris, chef des Laboratoires Paul Kestner, lui consacre dans un récent numéro de Chaleur et Industrie une étude approfondie. Il précise tout d’abord les conditions de solubilité de l’oxygène dans l’eau.
- Parmi les gaz de l’air, l’oxygène est celui qui est le plus soluble dans l’eau; l’air contient 79 volumes d’azote pour 21 volumes d’oxygène; l’air dissous dans l’eau pure est composé de 65 volumes d’azote pour 35 volumes d’oxygène.
- L eau dissout l’oxygène de l’air avec plus ou moins d’avidité suivant sa composition. L’eau distillée en dissout plus qu’une eau naturelle ; une eau douce plus qu’une eau dure. On trouve dans l’eau distillée plus de 8 cm5 d’oxygène par litre pour 6 471/2 dans l’eau naturelle à 20°.
- La solubilité de l’oxygène dans l’eau est proportionnelle à la pression et inversement proportionnelle à la température (7 cm3, 8 par litre à 20° pour l’eau distillée ; 2 cm3 à 1000).
- Lorsqu’on chauffe l’eau, on observe un phénomène de sursaturation, il y a retard au dégagement du gaz jusqu’à 75°; à ce moment se produit un dégagement d’air d’abord par petites bulles, puis tumultueux à l’ébullition. Les eaux riches en carbonate de soude, en sels alcalins, c’est le cas des eaux dites épurées, retiennent plus d’oxygène à température élevée que les eaux brutes.
- L eau appauvrie en air par ébullition reprend de l’air en refroidissant. Si on ne l’agite pas, on observe dans l’accroissement de la teneur en oxygène un retard comme précédemment au départ des gaz par chauffage. Il se produit un faux équilibre que l’agitation de l’eau fait cesser.
- Ces points établis, M. Paris arrive à préconiser le remède suivant :
- Tout d’abord chauffez- l’eau d’alimentation à une température voisine de zoo0, pour lui faire abandonner une grande partie des gaz qu’elle contient (les a/3 environ). Pour éviter les effets de sursaturation, il est nécessaire de produire en même temps une action mécanique pour faire dégager les bulles de gaz ; il suffit pour cela d’offrir au liquide de grandes surfaces de frottement, de le faire passer par des conduits à surface variable (filtres à coke, tubes à section variable).
- L’eau ainsi traitée et débarrassée des 2/3 de son oxygène est soumise ensuite à un traitement chimique des plus simples, qui la purge entièrement de l’oxygène restant. Onia fait passer sur de la tournure de fer offrant une très grande surface, très facilement oxydable. Il se produira sur ce fer ce qui se serait produit sur les parois du générateur. L’oxygène s’y combine en formant de la rouille, et l’eau est totalement débarrassée du gaz corrosif.
- On dispose donc ainsi d’un moyen d épuration aussi simple qu’efficace. M. Paris a trouvé que pour de l’eau distillée à ioo°, cette méthode bien appliquée ne consomme que 3 gr. 3 de fer par tonne d’eau. Dans les centrales, où l’eau à vaporiser circule en circuit fermé et est dans une certaine mesure protégée contre les apports d’air extérieur, la consommation de fer peut tomber à 1 gr. 65 par tonne d’eau.
- La tourbe employée à la chauffe des locomotives et des vapeurs en Suède et en Norvège. — Afin d’atténuer l’énorme importation de charbon à laquelle la faiblesse de sa production en combustible minéral l’oblige, la Suède envisage depuis plusieurs années l’utilisation de ses tourbières. Les recherches poursuivies pour employer la tourbe à la chauffe des locomotives ont donné des résultats encourageants et une Compagnie de chemins de fer exploitant un ensemble de lignes d’une longueur de 412 km, se sert uniquement de ce combustible végétal. Le réseau de 1’ <tat l’emploie également, mais sur une moindre échelle, il fait usage de poudre de tourbe qui donne toute satisfaction.
- En Norvège où le même problème se pose avec autant d’acuité, une ligne de caboteurs à vapeur chauffe également à la tourbe et grâce à cet expédient a pu continuer son service, alors que d’autres Compagnies ont dû désarmer leurs bateaux faute de charbon de soute.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- "Physique
- Centrifugeuse électrique à grande vitesse. Cette nouvelle machine est constituée par un axe tournant dans deux coussinets et portant à sa partie supérieure un plateau d’acier ajouré qui reçoit et supporte les porte-tubes. Ces porte-tubes comportent un dispositif spécial à ressort qui fait que, pendant la rotation, ils s’appuient sur la tranche du plateau d’acier, laquelle a une grande section Grâce à cette disposition, les porte-tubes et leurs tourillons ne supportent pas l’action de la force centrifuge, contrairement à ce qui existe dans toutes les autres machines; c’est le plateau en acier qui supporte cette action, et la sécurité obtenue contre tout accident est ainsi considérable. Un cylindre protecteur en tôle d’acier complète encore cette sécurité.
- Le coussinet supérieur est élastique et, quelle que soit la vitesse, permet au centre de gravité de la partie tournante de correspondre avec le centre de rotation. Grâce à ce coussinet spécial et aux amortisseurs du bâtis, cette machine ne vibre pas et ne fait aucun bruit. Enfin, grâce à un dispositif de débrayage spécial, commandé par un levier, non seulement on peut faire passer
- Fig. I. — Centrifugeuse électrique à grande vitesse.
- la courroie de commande de la poulie fixe sur la poulie folle pour arrêter la machine, mais du même coup la tension de la courroie sur l’axe de la machine se trouve supprimée sans qu’il y ait besoin d’avancer le moteur sur ses glissières ; l’arrêt se fait donc avec une très grande douceur et sans aucune secousse, ce qui est capital pour obtenir des sédiments bien séparés.
- Cette centrifugeuse permet de traiter en une fois 3oo cm3 dans 6 tubes de 5o cm3 chacun.
- Moteur et centrifugeuse sont montés sur un châssis de bois reposant sur des amortisseurs en caoutchouc, ce qui permet de la placer n’importe où sans craindre les trépidations et le bruit.
- Cette centrifugeuse est construite par M. Boulitte, i5-2i, rue Bobillot, Paris, i30.
- *»> Chimie
- Une méthode nouvelle d’analyse chimique. —-Principe. — Lorsqu’on introduit dans une solution des quantités croissantes d’un réactif susceptible de précipiter un desi ions de la solution, la résistivité électrique de celle-ci suit une variation continue.
- La courbe correspondante revêt une forme régulière avant et après que tout le corps ait été précipité, mais au moment même où la précipitation a été exactement achevée, elle présente en général un point d’inflexion. Nous allons voir par un exemple comment ce fait peut être mis à profit en analyse.
- Considérons, pour fixer les idées, une'solution qui renferme environ une molécule de S04Na2 par litre. Ajoutons à io cm3 fortement étendus de cette solution i cm3 d’une solution renfermant une molécule de BaCl2
- par litre (solution normale). Il va se faire entre les deux corps une double décomposition suivant la formule classique
- SO* Na2 -f Ba Cl2 = SO Ba + a Na Cl.
- SCMBa insoluble s’éliminera de la solution. Donc l’addition de Ba Cl2 revient en somme à substituer dans la solution à un certain nombre de molécules de S04Na2 un nombre double de molécules de Na Cl. Le coefficient de dissociation de Na Cl étant plus élevé que celui de S04Na3, la résistance de l’électrolyte s’en trouvera diminuée. L’addition d’un nouveau, centimètre cube de réactif aura un effet identique et cela tant qu’il restera du S04Na2 non décomposé. Mais quand la précipitation aura été achevée, par exemple quand on ajoutera le 14e ouïe i5e centimètre cube de BaCl2. aucune réaction n’aura plus lieu et la résistance diminuera avec une autre rapidité par suite du simple apport des nouvelles molécules dissociées.
- L’allure de la courbe qui représente la variation de la résistance R en fonction du volume de Ba Cl3 ajouté est à peu près la suivante (fig. 2) :
- La courbe présente en général un point d’inflexion S qui correspond exactement à la saturation. Donc si après chaque addition de quantité connue de BaCl2, on |pro-cède à une mesure de la résistance du liquide, on arrivera à déterminer un certain nombre de points figuratifs de deux brandies de courbes AS et SB et on pourra cons-
- VoL BaC/aajoutè Courbe de résistance.
- truire ces lignes. De leur point de rencontre S on déduira immédiatement sur le graphique la quantité de BaCl3 nécessaire pour la saturation et le problème de l’analyse sera résolu.
- Ce que nous venons de dire à titre d’exemple pour l’ion SO4 peu se répéter, à peu de choses près, pour n’importe quel corps susceptible de précipiter dans les mêmes conditions.
- Cette méthode approximative est tout indiquée pour certains dosages industriels effectués en série»; il est facile en effet de suivre rapidement par le procédé Kohl-rausch comment varie la résistance électrique d’une solution.
- Elle présente en outre l’avantage sur toutes les autres méthodes de s’appliquer à des mélanges aussi complexes que l’on voudra à condition d’employer des réactions spécifiques.
- La précipitation pourra se faire toujours dans les conditions habituelles de l’analyse gravimétrique. Le chauffage qui, en analyse pondérale, a le plus souventpour but de rassembler le précipité, sera ici rarement utile.
- Détails des opérations. — Pour déterminer la résistance d’un électrolyte tel qu’une solution saline, on emploie la méthode de Wheatstone-Kohlrausch(l). On ne peut utiliser le courant continu puisqu’il y aurait électrolyse et modification des propriétés de la solution. On a donc recours au courant alternatif, et le galvanomètre, inutilisable en l’occurrence, est remplacé par un monophone.
- La bobine d’un appareil médical portatif, ou une petite bobine d’environ 2 cm de diamètre, est parfaitement suffisante; il sera prudent de la disposer sur une lame épaisse de feutre.
- X, Nous empruntons les détails qui suivent sur la mesure de la résistance à l’excellent ouvrage de M. Monvoisin' : Le lait, physiologie et analyse. Paris igao, chez A.sselin et Houzeau, place de l’Ecole-derMèdecine. Cette méthode nous a donné de très bons résultats.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Le courant sera fourni par uu ou deux éléments Le-clanché, une pile sèche ou un accumulateur, P.
- Les conducteurs venant de la bobine I se bifurquent : d’une part, ils sont continués par un fil de platine iridié AB parfaitement calibré, d’une longueur de io<>o mm ; d’autre part, se trouvent sur le trajet du conducteur
- secondaire ADB la boîte de résistance R et la cuve où la cellule électrolytique.
- Une boîte de résistance étalonnée, permettant d’avoir 80-110 ohms au total, est suffisante.
- Nous employons une cuve électrolytique à électrodes verticales E. disposées dans un cylindre de verre ouvert, aux deux extrémités, ainsi que l’indique la figure 4. Cette cellule nous permet d’opérer au sein d un grand volume de liquide et sert d’agitateur à l’occasion.
- Les tubes T sont remplis de mercure et dans ce mercure plongent les fils terminant les extrémités du conducteur.
- Les deux conducteurs secondaires sont réunis par un conducteur DC en pont, portant le monophone T. Une extrémité du conducteur est fixée à un curseur C (fig. 3), mobile le long de la règle graduée supportant le fil calibré de 1 m. de longueur.
- Pour faire une détermination, on commence par amener le liquide à examiner à une température bien déterminée, qu'il conservera pendant toute la durée de l’expérience. Pour Cette raison, il est avantageux d’employer un thermostat réglable ou d’opérer avec un grand volume de liquide, ou encore de placer le récipient à liquide dans une grande masse d’eau amenée et maintenue à la température voulue.
- La température sera mesurée à un dixième de degré près, car elle a une grande importance au point de vue des résultats puisque la conductibilité augmente rapidement quand la température s élève. Une variation d un dixième de degré peut la faire varier déjà de quelques millièmes.
- Il est avantageux, pour garder les mains libres, d’employer un monophone à Casque. On commence par coiffer le casque. En enlevant un certain nombre de chevilles on intercale Une résistance Connue dans le circuit. On fait alors passer le cùurant, et on remarque la production d’un bruit plus ou moins accentué dans le téléphone ; on déplace avec la main le curseur G sur la réglette graduée jusqu’à silence complet, ce qui se produit lorsque les deux extrémités du pont sont au même potentiel et qu’aucun courant ne passe dans le pont DC. On note, en millimètres, le point où le curseur s’est arrêté et, après avoir agité le liquide avec l autré main, on fait une nouvelle lecture de la même façon.
- Pour une oreille musicale ou une oreille exercée, les deux lectures ne diffèrent guère entre elles que de 1 mm, si la température na pas varié pendant l’expérience.
- Un interrupteur M permet de ne faire passer le courant que pendant le temps strictement nécessaire aux observations.
- Pour avoir le maximum de sensibilité, la lecture doit se faire dans la partie moyenne de la règle, on arrive facilement, en enlevant ou en ajoutant des résistances, à satisfaire à cette condition.
- tig. 4.
- Electrodes.
- L application de la loi d’Ghm montre que R
- Y =
- et
- d’où V (iôoo-ti) 2= R x (7
- V = R
- p-> et pour
- La résistance totale de la cuve est : Y :
- la même cellule - est une constante, dite coefficient de s
- cuve, que nous désignerons par A. L’égalité précédente devient alors
- Y — P A
- et on voit que Y est proportionnel à la résistance du liquide essayé. Il suffira donc d’étudier comment varie V.
- Dans le cas des essais, en séries, il est avantageux de construire une fois pour toutes une petite table à deux entrées donnant immédiatement Y en fonction de R et de a. Au fur et à mesure des déterminations, on marquera à la craie sur un tableau noir ad hoc pour graphique les divers points de la courbe.
- L addition du réactif dans la cuve électrolytique s effectue avec une burette de Mohr. Le réactif sera titré au préalable parles procédés habituels. On agitera le liquide après chaque précipitation avec la cellule électrolytique.
- Il faut près d’une demi-heure par dosage pour une personne un peu exercée.
- La détermination approximative de certains éléments dans les produits commerciaux, qui sont le plus souvent des mélanges fort complexes, trouve là une solution élégante. Jossph Eklich,
- Chimiste au Laboratoire de Chimie minérale du Collège de France.
- Chauffage
- Récupérateur de calories « Airgé ». — Cet appa reil (fig. 5) a pour but d’obtenir un meilleur rendement calorifique des feux de cheminée, en captant uUé certaine quantité d’air froid pris au niveau du sol pour 1 échauffer dans de gros tubes qui le rejettent ensuite dans l’appartement.
- Placé à 1 intérieur de l’âtre, il ne dépare nullement la cheminée et peut même servir de chenets. A la partie inférieure et de chaque côté de l’âtre, sont placés deux tubes en tôle par lesquels entre l’air froid. Ces tubes sont reliés par un tube collecteur situé à la partie inférieure et au fond de l’âtre. Sur ce dernier viennent s’adapter deux autres tubes de diamètres plus faibles situés à égaie distance qui atteignent la partie supérieure du fond de l’âtre et dans lesquels l’air s’échauffe,attendu qu’ils sont exposés au rayonnement et à la flamme du combustible.
- L’air ainsi chauffé monte dans un second tube collecteur, d’où il est ensuite rejeté à l’intérieur de l’appartement, à la partie supérieure de l’âtre, par deux bouches de calorifère, et cela d’une manière continue.
- En plus, une barre de fer relevée aux deux extrémités reposant sur les tubes d’entrée d’air froid forme avec ceux-ci des chenets; deux tringles de fer placées à égale distance relient la précédente barre au premier tube collecteur, permettant ainsi de brûler des bûches de toutes dimensions.
- Pour laisser le bon fonctionnement du tablier de la cheminée, les deux tubes formant bouches de calorifère sont sectionnés en deux parties dont l’une, extérieure, s’adapte à la main quand le tablier a été relevé.
- A la dernière Exposition du Feu, cet appareil a obtenu une médaille de vermeil.
- Prix : 75 francs; constructeur : Récupérateur Airgé, 8 bis, rue de Châteaudun, Paris.
- Fig. 5.— Récupérateur « Airgé ».
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- VARIETES
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- Lès utilisations des marrons d’Inde. — L’industrialisation des marrons d’Inde, bien qu elle ne soit pas encore généralisée, a fait cependant de réels progrès en ces dernières années, surtout pendant la guerre.
- Dans les distilleries contrôlées par les Services des poudres et de l’aéronautique, on a extrait, du marron d’Inde, l’alcool et lacétone — produits indispensables à la défense nationale — et en employant cette matière première, on a pu économiser des quantités correspondantes de maïs, de riz, d’orgé, de pommes de terre, de mélasse, qui ont toujours été les sources principales de nos industries de fermentation et ont pu être réservées à l’alimentation humaine.
- On produit l’alcool de marrons d’Inde en traitant ces fruits comme les autres matières amylacées : on les réduit en poudre aussi line que possible, ensuite on les saccharifie soit par le malt, soit par les acides. La matière refroidie est additionnée de levure de bière et mise en fermentation. Lorsqu on peut disposer d’un alambic apte à distiller les matières pâteuses, il faut travailler en étendant d’eau assez notablement, laisser déposer ou filtrer le jus avant la distillation. Les vinasses obtenues servent pour diluer la matière de l’opération suivante.
- Des marrons d’Inde on peut aussi extraire une fécule convenant parfaitement à la préparation de l’amidon. Les marrons sont d’abord dépouillés de leur écorce et de leur membrane interne, ensuite on les divise à l’aide d’une râpe molle et on les presse. Le résidu du pressurage est délayé dans l’eau et la liqueur obtenue est passée à travers un tamis à mailles très serrées. Après décantation, on obtient une fécule douce au toucher, laquelle, après dessiccation, acquiert tous les caractères d’un véritable amidon.
- Le marron d’Inde est utilisable également en teinture, et son écorce peut se prêter à la préparation des extraits tanniqües. Ce fruit constituerait alors une ressource, permettant, jusqu’à un certain point, d’épargner les bois de Châtaignier qui vont, en si grande quantité, alimenter les usines produisant les extraits tanniqües.
- L’intérêt qui s’attache à l’utilisation des marrons d’Inde, surtout par ces temps de vie chère, est beaucoup augmenté par l’emploi qu’on en peut faire dans l'alimentation du bétail. Mais cet aliment ne doit être distribué qu’avec discernement, en prenant certaines précautions.
- À l’état cru, le marron d’Inde n’èst pas accepté par tous les animaux, à cause du principe amer qu’il contient — lequel est intermédiaire entre la saponine, qui donne à la nielle des blés son pouvoir toxique, et à la colchicine, poison contenu dans le bulbe du colchique d’automne — et qui peut même, chez certaines espèces, produire des intoxications. L’immersion prolongée dans de l’eau fait disparaître la plus grande partie du principe nocif; il en est de même de la cuisson à la vapeur ou à l’eau bouillante; on rejette l’eau de cuisson. Le séjour dans l’eau froide, en courant continu, pendant 2 heures environ, ou encore le lavage à l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique à i pour 1000 sont de même employés pour éliminer le principe vénéneux. C’est surtout par la cuisson qu’on fait disparaître l’amertume tout en favorisant la saccharification de l’amidon. Les marrons d’Inde prennent un goût sucré qui les rend très appétissants.
- La dessiccation, en couche mince, à l’air libre, peut aussi faire disparaître la saveur astringente, l’âcreté des marrons d’Indë préalablement concassés.
- On sait que le marron d’Inde cru est, par la saponine qü’il contient, un décongestionnant très actif, ce qui explique son action contre les hémorroïdes, les varices, les phlébites chez l’homme, et contre la pousSe (emphysème pulmonaire) chez le cheval.
- Au point de vue de l’alimentation du bétail, les marrons d’Inde présentent un certain intérêt comme nourriture économique puisqu’il suffit de récolter les fruits qui, à l’automne, tombent sur le sol. Ils sont riches en matières amylacées et en hydrates de carbone.
- La moyenne des nombreuses analyses indique, pour leur composition, la teneur suivante pour ioo d’éléments digestibles :
- Marrons d'Inde.
- A Irais. A. l’élat. sec.
- Aon décor- Décor- Non décor- Décor-
- tiqués. tiqi16s. tiqués. tiques
- Matières azotées . . 2,6 2,3 4,1 4,3
- Matières grasses . . . I . 2 2.5 2,0 4,6
- Extractifs non azotés 3o. 3 38,0 48,4 66,6
- Unités nutritives . . . 34' 44 54 78
- D’après ces chiffres, et eu égard à l’amidon, le marron d’Inde aurait une valeur alimentaire supérieure à celle de la pomme de terre, et à l’état sec, puis décortiqué, il équivaudrait sensiblement au riz. Distribué cuit, il est plus nutritif que cru. Il est établi que i kg de marrons frais équivaut à 3 kg de betteraves fourragères ou de fourrage vert, et qu’à l’état sec leur valeur nutritive est égale à celle du maïs.
- Les chevaux, les bovins, les moutons et les chèvres, acceptent facilement les marrons d’Inde. Les bovins peuvent les consommer crus, à la dose de 2 à 3 kg environ, par tête et par jour. Ils n’ont pas d’action nocive sur le lait des vaches et les veaux peuvent les consommer sans danger. Toutefois, il faut s’abstenir d’en donner aux vaches en gestation, car au bout d’un mois environ la lactation des vaches soumises à ce régime tarit. Il n’en reste pas moins que les marrons décortiqués, hachés et mélangés à des racines fourragères ont une influence favorable sur la qualité du beurre.
- Ce sont les moutons qui s’accommodent le mieux de cet aliment, surtout lorsqu’on leur distribue les marrons hachés, finement divisés et en mélange avec des betteraves ou autres racines charnues, passées au coupe-racines. Ces animaux peuvent en consommer, par doses progressives, îoq à 5oo gr. et jusqu’à 1 kg par tête et par jour, suivant la taille. Mais si les moutons et les brebis ne sont pas incommodés, par contre l’agneau, en un laps de temps très court, en est tellement affecté qu’il est comme empoisonné dans le sein de la mère et celle-ci avorte. Il faut donc s’abstenir également de faire consommer les marrons d’Inde parles brebis en état de gestation.
- A part cela, les marrons peuvent entrer dans les rations d’engraissement. En 2 mois 1/2 des moutons déjà bien en chair, et conduits au pacage dans les champs, ont été engraissés avec une ration journalière ainsi composée : foin de regain 5o à 100 kg; marrons d’Inde 75 kg; son ou farine 20 kilogrammes.
- Aux vaches, il n’ën faudrait pas donner plus de 2 kg par tète et par jour, avec une poignée de son.
- Les porcs acceptent assez difficilement les marrons d’Inde, même cuits ; néanmoins, on peut arriver à leur en faire consommer jusqu’à 1 kg à l’état de farine, après lavage dans un courant d’eau continu. Il est indiqué aussi de faire cuire les marrons avec des pommes de terre, en tenant compte que la proportion de marrons ne doit pas dépasser 10 pour 100.
- Le marron d’Inde, considéré comme substance médicamenteuse dans le traitement de l’emphysème pulmonaire du cheval, est distribué à raison de ioo à 3oo gr. par jour et par doses progressives. L’état du cheval poussif s’améliore beaucoup sous l’influence de Ce traitement.
- Quant à utiliser la farine de marrons d’Inde dans l’alimentation des volailles, des poules et autres oiseaux de basse-cour, il ne semble pas que l’on puisse lé conseiller, l’expérience ayant démontré que les volailles sont très sensibles à l’action de la Saponine; on a voulu essayer de petites quantités de marrons cuits ou lavés, mais ces essais ont montré que le marron d’Inde, à la dose de 40 à 5o gr , es) un poison pour les canards et qu’il ne convient guère mieux aux poules.
- Mentionnons, enfin, cet usage encore peu connu, des marrons d’Inde, dans l’économie domestique : quelques poignées de marrons d’Inde décortiqués et écrasés — r kilogramme pour 25 litres d’eau— remplacent, économiquement, dans la lessive, la Saponite ou autres produits similaires.
- Le marron d’Inde, fruit industrialisé, ou aliment potir le gros bétail, constitue une ressource très appréciable dont il faut réaliser l’utilisation intégrale.
- Henri Blin.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- OSL.
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- Patinage de la tôle. — Prendre :
- Bichlorure de mercure . . 20 grammes
- Chlorure de bismuth . . . 10
- Chlorure de cuivre. . . . 10 —
- Acide chlorhydrique . . . 60 —
- Alcool à go° 5o cm5
- Eau ordinaire 5oo —
- Faire dissoudre le bichlorure de mercure dans l’alcool, les chlorures de bismuth et de cuivre dans l’eau acidulée par l’acide chlorhydrique, mélanger les deux solutions et appliquer sur la tôLe au moyen d’un pinceau sans garniture métallique. Laisser sécher, rincer, puis passer une légère couche d’huile.
- Remise en état des gommes à effacer. — Au bout de quelque temps de service, les gommes à effacer se ^chargent de la matière grasse des doigts, elles deviennent brillantes et ne mordent plus sur le papier. Pour leur rendre leurs qualités premières, il suffit de les faire bouillir pendant quelques minutes dans de l’eau renfermant 5 pour ioo environ de carbonate de soude (vulgairement cristaux), après rinçage, les gommes sont prêtes à fonctionner de nouveau.
- Revivification du plâtre. — Le plâtre ayant servi à aire des moulages, ou même celui provenant de démo-
- litions, peut être revivifié en procédant de la façon suivante :
- On pulvérise les morceaux de façon à les amener à la grosseur d’une noisette, puis on en effectue la cuisson à la température de i6o° C. de la même façon que s’il s’agissait de gypse naturel.
- La température doit être observée avec grand soin. Si elle était trop basse, le produit ne ferait pas bien prise et ne durcirait pas; au contraire, si la température dépassait aoo°, le plâtre deviendrait mort et ne ferait plus prise du tout.
- On peut également se resservir des vieux plâtres en les trempant dans une solution saturée d’alun, puis cuisant au rouge sombre. Après pulvérisation, on gâche pour l’emploi non avec de l'eau pure, mais avec une solution également saturée d’alun. Ce procédé présente l’avantage de pouvoir être appliqué à plusieurs reprises avec un aussi bon résultat.
- Cirage noir à l’encaustique :
- Encaustique............5co grammes.
- Bleu de Prusse......... 5 —
- Carmin d’indigo .... 2,5 —
- Noir animal pulvérisé. . 25 —
- (Communiqué par M. Thuaud, pharmacien au Croisic.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans la boite aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont signalés par ses abonnés. Elle répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui lui parviennent accompagnées d’une bande d’abonnement. En raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le plus souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Réponses. — M. le commandant Manche, à Vannes. — i° Pour la préparation des grenades extinctrices, il est absolument inutile d’employer des produits purs, les matières brutes, le plus souvent résidus d’industrie, suffisent. i° Les termes de nigrosine W et de noir CN sont synonymes, le cas est fréquent pour les matières colorantes qui de composition identique sont présentées sous des noms divers par les fabricants.
- RJ. J. Gouzon, à Lyon. — Le repolissage d'une glace de vitrine ne nous paraît pas pouvoir être effectué autrement que par un professionnel. En effet, si les produits employés, rouge d’Angleterre et potée d’étain sont parfaitement connus, il est nécessaire de les faire intervenir successivement d’après leur numéro de finesse résultant d’un classement par sédimentation, le mieux est de vous adresser à un miroitier.
- M. le JDT Eberhardt, à Saint-Imier, Suisse. — Nous pensons que pour obtenir une obturation parfaite entre la glace d’un médaillon et le sertissage, il vous suffira de passer sur la jonction une très légère couche d’une dissolution d’acétate de cellulose dans l’acétone (5 pour ioo).
- Bibliothèque de l’Ecole de cavalerie de Saumur. — L'alcool dénaturé a pratiquement une composition constante, il est en effet constitué par l’alcool (L’industrie grains ou betteraves auquel on ajoute par hectolitre, d’après les ordonnances de la Régie,.i5 litres de méthylène et 5oo c. c. de benzine lourde. Le méthylène employé est de l’alcool de bois qui contient 65 pour ioo d’alcooDméthylique, 25 pour ioo d’acétone et io pour ioo de produits empyreumatiques. L’alcool dénaturé doit marquer go° à l’alcoomètre Gay-Lussac, s’enflammer facilement et brûler avec une flamme non fuligineuse sans laisser de résidu1 sensible. ,
- Abonné 4843-8342. — Pour utiliseï les vieux journaux comme combustible, il suffit de les faire tremper pendant deux ou trois jours dans de l’eau alcalinisée par i pour ioo de carbonate de soude de façon à dissoudre le résinate de l'encollage, brasser fréquemment, puis comprimer entre les mains la pâte obtenue pour en former des boules de la grosseur d’un œuf, laisser ensuite sécher à l’air.
- Si on dispose de poussier de houille ou charbon de bois, voire même de sciure, en incorporer de io à 20 pour ioo à la masse avant moulage.
- L’utilisation des vieux livres se fera de même, après coupage des ficelles ayant servi à brocher et séparation des cahiers, ce qui est rapide.
- M. Brazier, à Laon. — Les assiettes de collection qui ont été endommagées se réparent très bien au moyen du ciment suivant :
- Après avoir chauffé fortement un morceau de verre quelconque on le plonge dans l’eau froide, il se réduit en poudre que l’on achève de broyer finement dans un mortier.
- On mélange alors parties égales de poudre de verre et de chaux vive, puis on y ajoute du blanc d’œuf en quantité suffisante pour obtenir une pâte consistante dont on se sert pour enduire les parties de l’assiette à joindre, on serre fortement et laisse sécher.
- Les fissures sont bouchées avec le même produit que l’on colore à volonté avec un peu de vermillon, de bleu de Prusse ou de chromate de plomb suivant le ton à obtenir.
- M. Blanc, à Lubersac. — Dans le cas où les taches d'encre se trouvent sur des tissus blancs, le mieux est d’employer l’hydrosulfite de soude comme nous l’avons indiqué dans La Nature du n septembre dernier, n° 2423. Mais s’il s’agit d’étoffes teintes il faut se limiter à des produits moins énergiques, le pyrophosphate de soude en solution saturée convient alors très bien, mais l’opération est longue, demande de la patience et l’on ne doit pas se décourager s’il y a insuccès au début du traitement.
- M. Postaire, à Versailles. — Les galoches en cuir peuvent être protégées facilement de Vattaque des acides, il suffit pour cela de les badigeonner au moyen d’une solution obtenue en diluant la composition qui sert à recoller les pièces de pneumatiques, par une quantité de benzine suffisante pour atteindre la fluidité nécessaire.
- RJ. le Dr Compagnon, à Montmirey, Jura. — Vous obtiendrez certainement une excellente liaison des briques réfractaires dans le fourneau de cuisine en vous servant de l’argile courante désignée sous le nom de terre à poêles à laquelle vous incorporerez un dixième de son poids de fibres d’amiante. En opérant de cette façon et laissant bien sécher avant tout chauffage il ne se produira pas de fissures.
- M. Soyer, rue Saint-Fargeau, à Paris. — Veuillez vous reporter aux Recettes et procédés utiles du pré-
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- BOITE AUX LETTRES
- sent numéro dans lequel nous donnons une formule de patinage de la tôle.
- M. Massin, à Orléans. — La préparation du savon de sable ne présente pas de difficultés, on prend :
- Savon de Marseille .... 15.grammes.
- Sable blanc fin...........85 —
- Le savon est divisé en menus copeaux, puis additionné d’un dixième environ de son poids d’eau, on chauffe au bain-marie, puis lorsque la liquéfaction est complète on incorpore progressivement le sable à la masse, finalement on met en moules et laisse sécher.
- MM. Despinasse et Calvet, à Saint-Etienne. — Nous pensons que la préparation suivante vous donnera satisfaction pour coller le caoutchouc sur pièces de bois :
- Faire digérer pendant 2 à 3 semaines de la gomme-laque en écailles dans dix fois son poids d’ammoniaque liquide concentrée (alcali volatil). On obtient ainsi un liquide épais qui fixe très énergiquement après séchage, en ayant soin de presser fortement pendant la dessiccation.
- M. Jan Kerguistel, à Toulon. — La formule que nous indiquons d’autre part à M. Brazier doit convenir, il suffira de donner au ciment la couleur ardoise correspondant à celle du marbre brisé, par adjonction d’un peu de noir de fumée.
- M. Clans, à Yitry-le-François. — La réparation de bacs d’accumulateurs en verre devant résister à l’acide n’est guère pratique à notre avis, le mieux, croyons-nous, serait de les sécher parfaitement, puis d’enduire les fissures de solution de gutta telle qu’on la trouve dans le commerce pour les réparations de pneumatiques.
- P. C. L. M., à Montlucon. — Il ne faut employer sur un terrain de tennis aucun produit vénéneux pour empêcher l’herbe de pousser, le plus simple est d’arroser au moyen d’une solution de chlorure de calcium à 200 gr. par litre qui sera sans inconvénient pour les joueurs et aura l’avantage de supprimer la poussière. Pour le marquage du sol délayer du blanc d’Espagne dans de l’eau additionnée de 10 pour 100 de silicate de soude du commerce, vous obtiendrez ainsi une grande résistance à la pluie.
- M. Lesseur, à Saint-Jean-d’Angely. — i° Les explosions qui se produisent dans votre lampe à alcool ont pour cause un mélange des vapeurs d’alcool avec de l’air, il faut donc chercher comment a lieu la pénétration de celui-ci, soit par une jonction imparfaite de la garniture et du corps de la lampe, soit par la chute d’une pièce dessoudée, une étude attentive de l’appareil vous fera trouver la cause. 20 A notre connaissance, la Société du Ripolin s’est limitée aux produits laqués, vous pourriez vous renseigner à la maison, 7, place de Yalois. Aux adresses suivantes, vous trouverez des dorures liquides de toutes qualités : Bollorée-Sœhnée, 19, rue des Filles-du-Calvaire ; Bridoux, 7, rue Mou-raud, 20e'; Charnelet, 64, route de la Révolte, à Saint-Denis, Seine; Renaut, 44> boulevard de Strasbourg, Paris.
- M. Chenesseau, à Orléans.— La vulcanisation à froid du caoutchouc s’obtient en badigeonnant celui-ci avec une solution à 2 ou 3 pour 100 de chlorure de soufre dans le sulfure de carbone ; vous trouverez ce produit tout préparé sous le nom de sulfumate chez Faron, 148, rue de Grenelle, et non spécialisé dans les maisons Deiss, i5, rue Yolta; Etablissements Tencé, 34, rue de la Justice, à Aubervilliers ; Francis, 35, rue Saint-Fargeau; Minel et Albert, 108, faubourg Saint-Denis.
- M. Poizat, à Cours. — i° Traité de la composition décorative, par Fréchon ; éditeur, Masson, 120, boulevard Saint-Germain. 20 Revue art et décoration,' 2, rue de l’Echelle. Pour autres ouvrages consacrés à la technique des arts décoratifs divers, demander les catalogues aux éditeurs spéciaux dont voici les adresses : Berville, 25, rue de la Chaussée-d’Antin; Laurens, 6, rue de Tournon; Sennelier, 3, quai Yoltaire. 3° La teinture du coton, par Serre, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins ; L'Industrie de la teinture, par Tassart, éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille.
- Mme Friedmann, rue Octave-Feuillet. — La viscose doit piôuvoir remplacer les feuilles de papier appliquées sur les capsules de bidons. La préparation de ce produit ne présente pas de difficultés, essentiellement on hydrate la cellulose de la pâte de bois chimique par macération dans la soude caustique, puis on met en contact avec du sulfure de carbone de manière à former
- le xanthate de cellulose ou viscose qui se présente sous forme d’une masse sirupeuse que l’on peut étendre au pinceau. La viscose ne se çonservant pas, la préparation doit se faire au fur et à mesure des besoins. La machine que vous avez décrite dans votre lettre peut parfaitement convenir pour l’étendage régulier.
- M Deslandes. — i° Les écrous à gauche sont peu courants, vous pouvez vous adresser aux maisons suivantes : Binet, 37, boulevard Bourdon; Michel, io5, avenue Parmentier. S’il ne vous faut que quelques unités, vous aurez difficilement néanmoins satisfaction.
- 20 L’ouvrage de M. Duroquier paraîtra prochainement, nous ne pouvons indiquer en ce moment de date précise.
- 3° On ne fait pas à notre connaissance de lampes 1/2 watt pour 2 volts.
- 4° Pour les moyeux de bicyclette, si Mestre et Blatgé ne peuvent vous en fournir, adressez-vous aux Cycles Deprez, 24, rue Meslay, ou à la Manufacture de Saint-Etienne, 42, rue du Louvre.
- 5° Il n’est pas possible d’indiquer un enroulement compound pour faire servir une dynamo 4 volts, 5 ampères comme démarreur de moto. Il y a des choses un peu délicates pour un amateur qui ne saurait construire des appareils de ce genre. En tout cas, cela nécessiterait une étude longue qui d’ailleurs est trop spéciale pour convenir à la rubrique Science appliquée. Il faut vous adresser aux spécialistes du démarrage électrique, par exemple à la S. E. V., à Billancourt.
- M. A. P., place Delibes, à Marseille. — i° Nous pensons que l’espèce dont il s’agit est, probablement, le Cycas tonkinensis. Pour la multiplication des Gycadées, on détache les bourgeons qui se sont développés sur la tige et les boutures ou rejetons qui poussent au pied de celle-ci, puis on les enterre légèrement dans le sable d’une couche, en serre à multiplication. Dès que bourgeons et boutures ont formé leurs racines, on les rempote en godets dans de la terre de bruyère sablonneuse et la culture se fait ensuite comme celle des sujets adultes. C’est donc en serre qu’il faut tenter la multiplication des Cycas importés de Saigon et plantés dans la vallée de Santa-Manza (Corse) où, vraisemblablement, le climat leur est propice. Notez que, dans le midi de la France, on multiplie les Cycas par semis, notamment les Cycas revoluta produits en grande quantité sur le littoral méditerranéen et destinés à être vendus sur les marchés septentrionaux, celui de Paris, en particulier; —20 Nous , ne connaissons pas d’utilisation du fruit, sous nos climats ; peut-être, par son astringence, se prêterait-il aux mêmes usages que le gland. L’intérêt qu’offrent les Cycas est tout entier dans leur utilisation comme plantes décoratives de serres et de jardins d’hiver, au même titre que les palmiers et les fougères arborescentes ; — 3° Yous pourriez consulter, à Marseille, M. Y. Davin, directeur du Jardin Botanique (Parc Borély), et le Directeur de la villa Thuret, à Antibes ; — 4° Pour les études publiées sur les Cycas, voyez à la Librairie Horticole, 84 bis, rue de Grenelle, Paris, 70.
- M„ A. B., Algérie.— x° Pour préparer l’acide citrique ôn traite le jus de citron par la craie et la chaux. On lave le précipité à l’eau chaude et on le décompose par l’acide sulfurique. Les cristaux d’acide citrique se décomposent par évaporation. En Angleterre, on traite le jus de citron par l’acide sulfurique : 4 kg d’acide pour 5 kg de jus. L’évaporation a lieu dans un réservoir plat. L’acide citrique donne des cristaux solubles dans 0,75 pour 100 d’eau froide eto,5 partie d’eau bouillante; — 20 La fabrication de l’acide citrique a été traitée dans La Nature, année 1905, t. II, page 282; —3° Dans les cas dont il s’agit : traitement d’une maladie des vins blancs, et acidification éventuelle, on peut se demander s’il ne serait pas plus simple de recourir à l’emploi de l’acide tartrique. Sur ce point comme pour ce qui a trait aux détails de fabrication du citrate tricalcique et au mode opératoire pour fermentation spontanée du jus, il y aurait lieu de consulter le Directeur de la Station agronomique à Alger, M. Mathieu, directeur de la Station œnologique de la Gironde, à Bordeaux. Pour ouvrages, voir : Coulet, éditeur, 5, Grande-Rue, Montpellier; Dunod, éditeur, 471 quai des Grands-Augustms, Paris, 6°.
- M. Puget, à Alger. — Nous pouvons vous indiquer l'ouvrage suivant : L’Automobile « la portée de tous., de Marcel Astruc, édité par Lavauzelle, 124, boulevard Saint-Germain, à Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
- G&
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de io % pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. __
- Génératrices de courants et moteurs électriques. Introduction à l’étude de F électrotechnique appliquée, par C. Gutton. 2° édition revue et corrigée. 1 vol. 16X25 de vn-296 p. avec 218 fig. Dunod, éditeur. Paris, 1920. Prix net : 3o francs.
- Cet ouvrage, rédigé pour les étudiants qui se préparent à suivre les cours de l’Institut Electrotechnique de Nancy, possède les qualités île clarté et de précision qui sont la marque de toutes les productions de son distingué auteur. Il contient les connaissances techniques essentielles, nécessaires à quiconque ne vise pas à se spécialiser dans la construction électrique. Cette nouvelle édition a reçu un certain nombre de modifications : notamment en ce qui concerne la question de la commutation et les essais des alternateurs; il a été mis dans l’ensemble au courant des |>lus récents progrès.
- Théorie des hélices propulsives, marines et aériennes et des avions en vol rectiligne, par A. Hateau, membre de l’Académie des Sciences. 1 vol. 160 p. Gauthier-Villars, éditeur. Paris 1920.
- Cet ouvrage se compose de deux parties bien distinctes qui constituent chacune une contribution importante et originale à un problème de science appliquée des plus importants. Dans la première l’auteur établit une théorie nouvelle de l’hélice propulsive, laquelle, moyennant certaines hypothèses simplificatives, lui permet d’aboutir à des formules simples pour la poussée, le couple et le rendement, formules s’accordant bien avec les résultats expérimentaux. Dans la seconde partie, l’auteur expose des méthodes de calcul qui permettent de déterminer à l’avance avec une bonne approximation toutes les circonstances du vol horizontal ou de la montée d’un aéroplane aux diverses altitudes, et en particulier la hauteur du plafond.
- Le chauffage des habitations. Etude théorique et pratique des procédés et appareils employés pour le chauffage des édifices, des maisons, des appartements, par G. Debesson, 2e édition, 1 vol. 718, p., 730 fig. Dunod, éditeur. Paris, 1920. Prix net : 80 francs.
- Il n’est pas de problème pratique plus important que le chauffage des habitations. Il n’en est pas dont la complexité soit plus grande et lorsqu’on l’aborde, on est tout surpris de l’imprécision et de linsuffisance des données scientifiques au moyen-desquelles il conviendrait de le résoudre rationnellement En leur absence, le praticien ne peut donc que s’appuyer sur l’expérience péniblement acquise par lui ou ses prédécesseurs. M. Debesson en résumant clairement les résultats de cette expérience, en exposant les divers systèmes employés et leurs mérites respectifs, a rendu un très grand service. Son livre est une encyclopédie du chauffage ; il ne rendra pas seulement service aux spécialistes, mais davantage encore à tous ceux qui ayant à choisir un système de chauffage entendent ne se décider qu’en connaissance de cause.
- Le Noyer, par F. Lesourd, i vol. in-16, 186 p., 52 fig. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris. Prix : 3 francs.
- Après avoir montré l’importance du noyer, répandu partout en France, M. Lesourd en fait une étude botanique qui montre combien sont nombreuses les variétés. Les indications .précises sur la fumure, les soins culturaux, la récolte, la conservation des noix, seront consultées avec profit. Des chapitres particu-' lièrement intéressants sont consacrés au commerce des noix et des cernaux. Enfin des détails sur les parasites et les maladies du noyer complètent l’ouvrage.
- Elevage intensif. Veaux et porcs. Lait et viande, par André Gouin et Pierre Andouard. i vol. in-16, 160 p., Librairie agricole de la Maison Rustique. Paris. Prix: 3 francs.
- Suivant un plan méthodique, MM. Gouin et Andouard étudient successivement l’élevage des veaux, les aliments qui doivent servir à la production de la viande, la pratique de l’élevage intensif et les améliorations à apporter à l’élevage ordinaire, l’engraissement des bovidés, l’alimentation normale des vaches laitières. Ils montrent quelques-unes des erreurs de la théorie allemande des « valeurs amidon » qu ils ont été les premiers à battre heureusement en brèche. L’ouvrage se termine par la pratique de 1 élevage intensif des porcs.
- Ecrit pour les agriculteurs, ce livre est appelé à leur rendre les plus grands services, surtout au moment où la reconstitution du troupeau doit se poursuivre suivant les meilleures méthodes.
- l.es sous-produits de la basse-cour et du clapier, par Mme Babet-Ciiarton. i vol. in-18, .206 p., 3i pl. et fig. Librairie agricole delà Maison Rustique. Paris. Prix:
- 5 francs.
- L’auteur montre les profits que l’on doit trouver dans l’utilisation raisonnée des sous-produits de la basse-cour. Sur les soins exigés pour la peau de lapin comme sur ceux à donner aux plumes, Mme Babet-Charton donne des conseils précieux; en même temps elle montre que, sauf dans des cas exceptionnels, la production abondante de la chair doit rester l’objectif principal de l'élevage.
- Les nouvelles théories alimentaires, par Raoul Lecoq, 1 vol. in-8, 77 p., 21 fig. Yigot frères, Paris. Prix :
- 6 francs.
- Revue des données actuellement connues en matière d’alimentation : besoins dynamiques et plastiques de lorganisme humain ; conséquences de l’analyse biologique des aliments; valeur qualitative des protéines; avitaminoses, vitamines et bactéries ; importance des sels minéraux ; aliments et alimentation. L’auteur * insiste sur le rôle des albumines, des vitamines et des sels et rapporte les expériences récentes montrant leur importance.
- Devant le mystère de la névrose. De la guérison de cas réputés incurables, par Emile Magnin. i vol. in-16, 75 p. Yuibert. Paris. Prix : 3 fr.
- M. Magnin relate quelques cas curieux de guérisons de névroses qu’il a réalisés.
- Méthode Hubert-Frédéric de sténographie internationale. 1 vol. in-16. Editions Charron, 34, Champs-Elysées. Paris.
- La sténographie est un art si ancien et si répandu aujourd’hui, que vouloir découvrir de nouveaux procédés d’abréviations, d’ordre fondamental, semble impossible. Toutefois, parmi les nombreux systèmes existants, un choix judicieux des formes et des règles les meilleures, les plus claires, les plus faciles à s’assimiler, ont permis, grâce à quelques idées heureuses et nouvelles, d’édifier une méthode présentant des avantages très marqués sur celles en usage : facilité d’étude et précision de lecture.
- L’initiateur de celte nouvelle méthode, l’ingénieur Hubert Puttemans, bruxellois polyglotte, partant du désir d’établir une sténographie qui permît de prendre des notes dans les langues des différents pays qu il avait habités, examina pendant de longues années les systèmes des différentes langues pour adopter, en fin de compte, comme base, la méthode française d’Aimé Paris, déjà améliorée par le Belge Meysmans. En 1918, le genevois Frédéric Weber connut les travaux de Puttemans et fixa les modifications nécessaires aux exigences pratiqües du commerce et des applications aux diverses langues étrangères. La simplicité de la méthode a permis d’en présenter un exposé parfaitement clair dans un recueil de dimensions réduites et de fournir ainsi à l’élève un moyen d’assimilation facile et rapide de cette sténographie.
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- N° 2433
- LA NATURE
- Supplément. 20 Novembre 1920*
- INFORMATIONS
- Transformation de l’électricité statique de l’atmosphère én électricité dynamique. — D’après le journal romain Epoca, un ingénieur italien, M. G. Lent-ner, serait parvenu à opérer cette transformation au moyen d’un appareillage se composant d’un poteau, sorte d’antenne de 12 m. de hauteur ayant à son extrémité supérieure un collecteur constitué par une sphère en aluminium munie de pointes enduites de substances radioactives. Ce collecteur communiquerait avec un transformateur spécial par un fil conducteur. Le courant de terre et celui de l’atmosphère s’attireraient par réciproque induction et les substances radioactives agiraient sur le transformateur par une influence encore inexpliquée.
- Le succès des premières expériences a amené cet ingénieur à les renouveler avec des appareils plus grands qui ont également donné des résultats positifs.
- cette pratique, et avec MM. Yiger, Schribaux, Petit, Lindet, qui tous ont apporté à l’Académie d’Agriculture des preuves des mauvais résultats de l’emploi des solutions de sels pour les graines avant leur germination.
- La renaissance industrielle dans les régions dévastées. — L’année 1920 a été marquée par une activité intense dans les travaux de reconstitution des industries dans les régions dévastées. La plupart des établissements industriels de ces régions autrefois si actives et prospères ont été détruits les uns au cours des combats, la plupart par les déprédations systématiques de l’ennemi. Le graphique ci-dessous qui nous est communiqué par L'Office de Reconstitution Industrielle met en évidence d’une manière frappante la reprise de l’activité industrielle depuis l’armistice. On pourra y
- 50%
- 40%
- 30%
- Z07o
- I07o
- 07o
- Industries textiles
- Souhaitons rapide la mise au point de cette invention dont les applications pratiques seraient innombrables. Peut-être verrons-nous quelque jour le long de nos routes des mâts récepteurs collectant gratuitement dans l’espace l’électricité atmosphérique.
- Le trempage des semences. — Périodiquement, on reparle des avantages du trempage dans une solution saline des semences de céréales pour faciliter leur germination et augmenter lé rendement. Périodiquement aussi, on démontre l'inefficacité de cette manœuvre. La voici qui vient de reparaître une fois de plus, et M. Bachelier vient de la réfuter à nouveau devant l'Académie d’Agriculture. Expérimentant sur du blé et de l’orge en pleine terre, il a constaté que les meilleurs rendements sont obtenus avec les semences non traitées ; en période de sécheresse, le trempage pendant 6 heures dans l’eau pure active la levée, mais l’emploi des solutions salines, que ce soit celles de nitrate de potasse ou de nitrate d’ammoniaque, n’a jamais d’effet avantageux et peut même être nocif si l’on dépasse un faible degré de concentration. En ceci, M. Bachelier se trouve d’accord avec Duhamel du Monceau qui, en 1760, critiquait déjà
- constater une progression particulièrement rapide depuis le début de l’année 1920. Ce graphique a été établi d’après les statistiques portant sur les établissements employant plus de 20 ouvriers. Si le taux de progression qui en résulte se maintenait, il faudrait moins de 2 ans pour que la plupart des industries aient repris leur activité d’avant-guerre.
- Quelques productions du Service de Santé pendant la guerre. — M. Moureu donne dans son livre La Chimie et la Guerre les renseignements suivants sur l’effort pharmaceutique accompli pendant cette période.
- I. — Médicaments chimiques :
- Années.
- 1 ç)i 3 1915 1917
- Antipyrine . . . 1.900 kilogrammes. 6.000 10.000
- Chloroforme . . 1.800 l5.000 25.000
- Eau oxygénée . 6.5oo 3oo.ooo 5oo.ooo
- Iode. . . . . . 400 15.000 4.000
- Quinine .... 800 2.5 00 90.000
- Vaseline.... 4.5 00 6o.oco 250.000
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- INFORMATIONS
- II. — Médicaments galéniques (fabriqués dans les Etablissements centraux pendant la guerre) :
- kilogrammes.
- Comprimés d’antipyrine...................... 3'i.ooo
- — d’aspirine...................... 20.000
- — d’opium................... 11.000
- — de quinine..................... i5o.ooo
- JN ombre.
- Ampoules de biiodure de mercure. . . 3.5oo.ooo
- — de caféine. . . . 2.800.000
- — de cocaïne. . . . . .... 3.000.000
- — de chloroforme . 6.000.000
- — d’iode 3.000.000
- — de morphine. . . 6.000.000
- — de novocaïne . . 5oo.ooo
- — de sparléine. . . 2.000T000
- III. — Sérum antiténanique et vaccin antityphique.
- Sérum anti- Vaccin antityphiqus
- tétanique (1 nstitut Pasteur, Val-de-Gràe
- (Institut Pasteur). Lipo-vacein).
- 19*4 . . 40•000 Chiffres inconnus.
- igi5 . . 600.000 —
- 1916 . . I.000.000 —
- 19*7 . . I.400.000 —
- 1918 . . I.400.000 7Ôo.000
- !9»9 . . 40.000 45o.000
- IV. — La production de comprimés divers, qui s’élevait, en 1 g 13, à 6000 kg, a atteint 80000 kg en 1918. Celle des ampoules hypodermiques est passée de 500 ooo à plus de 20 000 000.
- V. — Objets de pansement.
- Catguts stérilisés (bobines). . . 180.000
- Drains stérilisés..................t.i35.ooo
- Pansements individuels.............6.120.000
- Utilisation des plantes aquatiques du Nil.
- \é Entente estime que les plantes aquatiques des bords du Nil et de ses affluents forment une masse évaluée à 144 millions de tonnes, et peuvent être utilisées de diverses façons d’après ce que dit le Journal of thé Society of chemical Industry.
- Le pouvoir calorifique du papyrus sec est d’énviron 2000 calories par kilogramme, tandis que le pouvoir calorifique correspondant du charbon bitumeux est de 85oo calories. Les 144 millions de tonnes de papyrus équivalent donc au point de vue du nombre de calories qu’elles sont susceptibles de fournir à 28 millions de tonnes de charbon. Si donc, on transformait en énergie mécanique l’énergie calorifique de ces 144 millions de tonnes, on obtiendrait d’une façon continue une puissance de 3,6 milliolis de chevaux, soit les trois quarts de la puissance moyenne des chutes du Niagara.
- On a soumis ces plantes, séchées, à l’action de l’eau, sous diverses températures, et à des pressions variables. Le résidu insoluble obtenu correspond aux 56,5 p. 100 du poids de la matière initiale traitée. Ce résidu, débarrassé des matières volatiles, des acides organiques, tels que l’acide acétique, des matières minérales, et de la majeure partie des matières protéiques, constitue alors une matière première très satisfaisante pour la fabrication du papier.
- Enfin l’analyse des cendres de ces plantes a montré qu’elles contenaient de 16,5o à 29,62 de potasse. On peut même séparer par dissolution dans l’eau un produit contenant jusqu’à 3g pour 100 de potassium, soit 5o pour io3 de potasse. Il en résulte que ces produits peuvent encore constituer un engrais de grande valeur pour l’agriculture.
- - Le zinc électrolytique. — Un fait important dans la métallurgie du zinc est la possibilité de le préparer par électrolyse directe à partir du minerai. Ce procédé nouveau a été_ mis en œuvre à l’Anaconda Cr et semble devoir ouvrir une nouvelle voie à la métallurgie de ce métal.
- Le facteur le plus important pour la réussite de l’opération est la présence de sels de manganèse, dont le rôle semble être de servir de générateur d’oxygène pour l’oxydatiôn du fer, de l’état ferreux à l’état ferrique, rendant la séparation de ce métal complète, et permettant d’avoir une solution purifiée de laquelle il est possible
- de retirer directement le zinc par électrolyse. Au cours de celle-ci, le sel de manganèse se trouve réoxydé à un degré d’oxydation plus élevé que l’état manganeux, et peut, par suite, être réutilisé pour le traitement de nouveaux minerais.
- Le minerai préalablement calciné est traité à chaud par l’acide sulfurique en excès, les métaux se dissolvent et une partie du fer, qui reste à l’état ferreux et par suite ne peut être précipité par la chaux, est oxydé par le manganèse. On précipite alors tous les métaux étrangers par la chaux et on filtre ; la solution filtrée est électrolysée en employant des anodes insolubles.
- Curieuse tentative de suicide. — M. le D‘ Henry Reynès, professeur suppléant a l’Ecole de Médecine de Marseille, vient de signaler à l’Académie de Médecine le cas extraordinaire d’un dégénéré qui put s’enfoncer impunément deux clous dans le cerveau, à travers le crâne, avec une pierre de jardin. Ce dégénéré, jeune homme de 25 ans, mélancolique, anxieux, neurasthénique, avait déjà essayé à plusieurs reprises de se suicider, ce qui avait conduit à l’isoler dans une villa où l’on avait enle\é tout ce qui pouvait être dangereux. Ces précautions furent vaines. Le malade chercha dans le jardin une pierre avec laquelle il arracha au mur d’un salon deux clous qui supportaient deux tableautins. Il en rabota les têtes, puis, n’ayant pas de marteau, il se servit de la pierre du jardin pour s’enfoncer sur le sommet du crâne un clou dans le cerveau ! N’éprouvant aucun accident, le jeune homme s’enfonça un second clou dans le crâne, par le même moyen, un peu en arrière du premier. Il n’y eut encore aucune suite !
- Quelques jours après, le malheureux avoua l’événement à son père qui amena son fils au D1' Reynès. Celui-ci ne voulut d’abord pas croire à la possibilité d’une pareille aventure. Il n’y avait ni fièvre, ni réaction méningo-encéphalique, ni troubles moteurs ou sensitifs : rien. Sur le sommet de la tête, sur la ligne médiane, deux traces cicatricielles étaient visibles ; mais on ne sentait aucune extrémité de clou. Devant l’insistante affirmation de l’intéressé, il fit pratiquer un examen aux rayons X qui révéla les clous. Le lendemain, après incision du cuir chevelu, les clous furent arrachés. Quelques jours après, à travers un des trous faits par les clous, le pauvre mélancolique s’enfonça une aiguille de bas qui ne produisit que des troubles passagers !
- Les clous — dits pointes de Paris — avaient 3 cm 1/2 de longueur !
- Sans doute, l’histoire des tentatives extraordinaires de suicide contient des cas bien invraisemblables. Mais celui-ci est des plus rares et de plus il est un nouvel exemple de traumatisme du cerveau sans conséquences visibles.
- Les foires flottantes. — Il n’est pas, à l’heure actuelle, de pays qui n’ait de foire ou plutôt ses foires, attendu que les grandes villes industrielles et les grands ports de commerce ont voulu avoir la leur malgré que les résultats montrèrent que bon nombre de ces manifestations commerciales ne répondent pas au but visé : l’exportation dans les pays d’outre-mer comme l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale, la Chine, le Japon, l’Australie, etc. Aussi songe-t-on à créer des foires flottantes.
- C’est ainsi que les Italiens vont faire partir prochainement de Naples un navire avec mission de visiter les principaux ports de la Méditerranée occidentale. Il s’arrêtera successivement à Tunis, Alger, Tanger, Lisbonne, Barcelone, Marseille et Gênes, soit un parcours de plus de 2700 milles marins. Par la T. S. F., les exposants suivront jour par jour le succès de leurs produits ; les ordres seront transmis par ce moyen ultra-rapide et les réponses parviendront aux acheteurs par la même voie, dans la même journée.
- Si le succès espéré de cette première croisière commerciale se réalise, d’autres parcours seront envisagés.
- A leur tour, les Hollandais viennent d’affréter un vapeur de plus de 6000 tonnes, avec le parcours suivant : New-York, Philadelphie, Nouvelle-Orléans, La Vera-Cruz, la Havane, Port-au-Prince, Guayra, Port of Spain, Pernambuco, Bahia, Rio-de-Janeiro, Santos, Montevideo et Buenos-Ayres, soit 14 ports. Le prix du mètre cube d’emplacement est fixé à 2800 florins, ce qui n’a rien d’excessif.
- A quand la foire flottante française ? Nous laisserons-nous dépasser par des nations moins importantes
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- *•» Hygiène
- Masque manométrique pour la mesure du débit respiratoire maximum. — La mesure du débit respiratoire maximum est devenue une opération banale en clinique pour connaître la valeur fonctionnelle des poumons. Plusieurs appareils ont déjà été imaginés dans ce but, depuis la bouteille pleine d’eau que le sujet vide en y expirant de 1 air du Dr Pescher jusqu’aux compteurs à gaz de grande sensibilité.
- Le Dr J.-G. Pech vient d’en réaliser un nouveau basé sur la pression manométrique du courant d’air circulant près de la bouche.
- 11 se compose d’un masque métallique stérilisable relié à un manomètre. Le masque s’applique exactement sur le visage du sujet à examiner, au moyen d’un rebord pneumatique en caoutchouc pouvant être plus ou moins gonflé. Il est maintenu en place par un lien élastique entourant la tcte du sujet. Dans ces conditions, l’intérieur du masque ne communique avec l’atmosphère qu’au moyen d’un orifice O (fig. i) percé dans une mince paroi. Cet orifice est calculé de telle façon qu’il ne peut en aucun cas gêner la respiration du sujet examiué. En arrière de l’orifice O, et un peu au-dessous de son bord inférieur, s’ouvre une tubulure A que l’on peut relier au manomètre mensurateur par un tube de caoutchouc. Le manomètre, très sensible et rigoureusement étalonné,
- Fig. I. — Masque manométrique du Dr ,T.-C. Pech,
- donne par lecture directe la valeur du débit respiratoire en litres et fractions de litres à la seconde. Un boulon latéral B permet, par une légère rotation, de faire coïncider au repos l'aiguille indicatrice avec le zéro de la graduation.
- Avant et après chaque opération, il est recommandé d’aseptiser le pourtour du masque par friction au moyen d’un tampon de ouate imbibé d’un antiseptique (alcool ou sublimé corrosif à i pour 1000 par exemple). Si besoin est, le masque lui-même peut être aseptisé comme tout instrument de chirurgie en métal nickelé. On place le masque sur le visage du sujet en emprisonnant son nez et sa bouche; on le fixe par le lien élastique passé autour de la tête, puis on relie par le tube en caoutchouc le masque au manomètre mensurateur dont l’aiguille a été préalablement amenée à coïncider avec le zéro de la graduation par manœuvre du bouton latéral. On voit aussitôt l’aiguille se mouvoir tantôt dans le sens inspiration, tantôt dans le sens expiration. L’amplitude des oscillations donne à chaque instant la valeur du débit respiratoire du sujet en expérience. On procède à la mesure du débit maximum en demandant au sujet de respirer aussi énergiquement et aussi fort qu’il le peut, de façon à donner à l’aiguille les plus grandes oscillations possibles. Un sujet adulte normal présente un débit maximum de i litre 700 à la seconde environ, aussi bien à l’inspiration qu’à l’expiration.
- Le masque manométrique du Dr J.-C. Pech est construit par M. Boulitte, i5-ai, rue Bobillot, Paris, i3”.
- A
- ctg'Ni. ‘Electricité ^$3
- Construction simple dune torche électrique.
- — Nous devons à l’ingéniosité d’un de nos lecteurs,
- M. Bouvet, les indications nécessaires pour construire à peu de frais, avec des matériaux qu’on a toujours sous la main, une torche électrique, c’est-à-dire le support d’une pile sèche cylindrique.
- Nous indiquerons d’abord la manière de procéder de M. Bouvet, en l’agrémentant de quelques amélio-
- \°y
- Fig. 2. — Détail de la douille prise de courant.
- rations qu’il est bon d’y apporter, nous rappellerons ensuite à nos lecteurs la manière de construire soi-même la pile sèche qu’on monte dans la torche.
- Tout d’abord, on se procure un tube de fer dans lequel on pourra faire glisser librement la pile spéciale qu’on se sera procurée. (Si l’on construit la pile soi-même on fera au contraire la pile d’un diamètre convenable à la demande du tube qu’on possède.) La longueur du tube sera un peu plus grande que celle de la pile.
- Fabriquons la douille prise de courant. On découpe une étoile en laiton mince avec um trou au centre (fig. 2). Le mieux serait de prendre du bronze phosphoreux, mais à la rigueur on peut même utiliser du fer-blanc.
- Les branches de l’étoile seront ensuite repliées de manière à former une cage cylindrique d’un diamètre qui permettra à la douille à vis de la petite lampe électrique de se visser facilement dans le support formé par les 4 branches de la croix relevées.
- Celte prise sera garnie d’une rondelle de gros carton ou de liège au fond et au culot extérieur. Ces rondelles seront assemblées par une lige métallique centrale en cuivre et sur laquelle on soudara deux pastilles, également en cuivre, qui fixeront définitivement les rondelles isolantes.
- On peut, si l’on veut, employer pour celle pièce un bouton de faux-col à lige fixe en cuivre, dont on aura supprimé la tête. Une fois la tige en place, on soudera une rondelle en cuivre à la place de la tête. Ce double plot est isolé de la prise, car la tige passe dans le trou de la croix sans la toucher; il servira à faire communiquer la queue de la douille de la lampe avec le pôle charbon de la pile sèche.
- On coupe une rondelle de liège qui pourra entrer à frottement très dur dans le tube et au centre on y assujettit la douille qu’on vient de constituer.
- Au préalable, on a fixé dans cette rondelle une épingle de sûreté dont on a coupé la tête protectrice de la pointe et qu’on aura dépliée comme le montre la fig. 3.
- Cette épingle est
- enfoncée obliquement dans la rondelle et soudée à une branche de la prise.
- Le montage de la prise et de la rondelle de liège ainsi fini, on enfonce cette dernière en place et on pourra l’y assujettir par un petit rivet ou par un coup de pointeau au niveau de la rondelle sur le tube extérieur.
- La pile sèche sera préparée en y soudant une lamelle contact qui viendra à hauteur de l’extrémité libre de l’épingle. Un trou oblique est percé dans le tube à cette hauteur et on y place un petit poussoir du genre du
- Fig. 3. — Contact.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- plot double précédent et constitué de la même façon. Ce poussoir fait communiquer la lamelle zinc de la pile avec l’épingle puis le pôle extérieur de la douille de la lampe.
- Pour éviter des contacts intempestifs, il est bon de placer un petit ressort à boudin de rappel sous le poussoir afin que normalement la pile soit hors circuit.
- La pile en place dans le tube est maintenue par un ressort de culot sur lequel appuie le bouchon de fermeture. Ce bouchon peut être en liège, en bois, en fibre ; il rentre à force dans le tube et sera avantageusement épaulépour réaliser un ensemble plus élégant.
- On peut compléter l’ensemble par un chapeau de fermeture en laiton ou en carton et donner plus de puissance à la torche en recouvrant la partie antérieure de papier d’étain collé. Il faut avoir soin que ce papier d’étain ne touche pas la croix, ni l’épingle.
- Il est figuré en pointillé sur notre figure d’ensemble.
- Comme nous le disions au début, il peut être plus pratique de faire la pile à la demande d’un tube plutôt que de chercher un tube à la demande d’une pile. Or, il est très facile de faire une pile.
- La boîte sera faite avec du zinc qu’on roule et qu’on
- . v/s sc/ée et hmée
- K\ papier
- Fig. 5 — Construction de la pile.
- soude suivant une génératrice, de même on y rapporte un fond soudé et on amalgame ce récipient intérieurement avec une brosse et du mercure, sans toucher aux parties soudées en étain, qui seront pour cela vernies au préalable à la gomma laque. On place au fond une
- petite rondelle de carton, et on tapisse l’intérieur avec du buvard épais. Dans le fond, on coule alors une petite épaisseur de cire 1 à bouteille, quelques l millimètres seule-1 ment.
- F L’électrode positive sera un cylindre de charbon, maintenu bien au centre, et portant une tige de cuivre à l’extérieur qu’on pri-Fig.6. —Porte-torche dans une armoire, vera de son écrou et
- qu’on coupera auras, afin de former un plot bien uni. On imbibe le buvard de composition excitante qui sera une solution de formule suivante :
- A) Eau. ........ io parties en poids
- Chlorure de zinc." . . 4 —
- Sel ammoniac .... 3 —
- On prépare ensuite le mélange dépolarisant :
- B) Charbon de bois pulvérisé. ...... 20 parties en poids.
- Bioxyde de manganèse
- en poudre.........40 parties en poids.
- On imbibe ce mélange B avec un quart de son poids de liquide excitant A préparé précédemment. Et cette bouillie sera placée dans la pile en tassant très fortement et en maintenant le charbon bien au centre. Une fois le remplissage effectué presque au bord on recouvre d’une rondelle de buvard épais humecté de liquide A, on saupoudre ensuite d’une couche de sable très fin la rondelle qu’on vient de placer et on termine la fermeture avec de la cire.
- On soudera la lamelle zinc pour former le pôle négatif et on collera sur la surface métallique, fond et surface latérale une feuille de papier protectrice et isolante.
- L’avantage de ce procédé est qu’on peut préparer en même temps plusieurs éléments pour les torches qu’on a l’intention de fabriquer et qu’on est maître absolu de la dimension à donner à la torche en question.
- Cette facilité et le prix de revient bon marché permettront de placer à demeure dans les coins sombres, dans les étagères, les placards, une torche destinée à éclairer commodément.
- Il est facile d'imaginer pour cela un petit support constitué par un tube carton formant pochette (fig. 6).
- *> Chauffage
- Economiseur de gaz « Langione» pour réchauds et appareils de chauffage. — Pour faire produire aux appareils de chauffage par le gaz le maximum de chaleur avec le minimum de consommation, deux conditions sont requises : une -pression toujours régulière et constante et un débit de gaz toujours proportionnel aux besoins de l’appareil de combustion.
- Or, pour diverses raisons, la pression n’arrive pas toujours d’une façon régulière et uniforme aux appareils d’utilisation, et on se rend compte que dans ces conditions il est malaisé d’assurer le débit de gaz strictement nécessaire à ces appareils.
- Par suite, cette irrégularité de pression et cette instabilité dans le débit se traduisent par une déperdition de gaz et de chaleur qui peut varier suivant que la pression est la plus basse ou la plus élevée entre 10 et 40 pour 100. Cette déperdition se constate facilement, car elle se manifeste de deux façons très sensibles : d’une part, par le sommet des flammes qui présente une combustion diffuse et de coloration jaune ; d’autre part, par un sifflement très prononcé, indiquant le passage du gaz inutilisé, s’écoulant sans s’enflammer, ou dont la combustion est défectueuse. Dans tous les cas, le compteur marque toujours.
- L’économiseur « Langione » a été établi pour remédier à ces inconvénients qui sont la cause d’une dépense malgré tout importante et sans aucun profit pour la consommation. Grâce à un dispositif spécial, cet appareil assure une pression constante et un débit toujours et strictement correspondant aux besoins des appareils de chauffage, tout en leur assurant le maximum de calorique.
- La pose est très simple et le réglage très facile. Réglé à l’avance sur la plus basse pression utile, il ne peut l’être toutefois d’une façon définitive que sur le fourneau qui doit l’utiliser, ceci en raison des différences que présentent les tuyauteries etinjecteurs des divers modèles de fourneaux répandus dans le commerce. Des instructions sont données pour effectuer ce réglage définitif.
- Grâce à cet accessoire accepté par plusieurs compagnies gazières, il est donc possible d’atténuer la hausse des prix du gaz, tout en faisant œuvre utile vis-à-vis de l’ensemble des abonnés comme aussi on aide le pays à conjurer la crise du charbon.
- Constructeurs : J. Juilliet et Cio, 52, rue Saiiït-Georges, Paris.
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- VARIÉTÉS
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- COMMENT ACHETER LES FRUITS FRAIS? - LES KAKIS OU PLAQUEMINES DU JAPON
- Originaires de la Chine et du Japon, les kakis sont produits par divers Diospyros, arbres ou arbrisseaux de la famille des Ebénacées. Ce sont des fruits — des baies botaniquement parlant — pourvus de leur calice persistant, du volume d’une prune à celle d’une grosse pêche ou une tomate, souvent sans pépins. Les kakis dont il est question ici, et qu’on appelle également plaquemines du Japon, proviennent de ce pays, ils possèdent une forme sphérique ou ovoïde, une coloration jaune ou rouge et une surface régulière ou diversement côtelée. Si j’en parle ici, c’est que plusieurs variétés horticoles tirées de cet arbre (Diospyros kaki, ou B. Si-Tsche Bunge) ont été introduites depuis près d’un demi-siècle en Europe, et que si elles sont cultivées principalement dans la région méditerranéenne, elles le sont souvent aussi sous le climat parisien où elles mûrissent leurs fruits quand elles se trouvent à une exposition chaude. J’ai mangé plusieurs exemplaires de quatre variétés cultivées près de Paris, B. Costata, Mazelli, Tsourou-marou et Yemon, et leur qualité ne m’a pas paru différer sensiblement de ceux provenant du Sud, qu’on expédie à Paris, à Londres et, autrefois, à Pétrograd.
- Quelles variétés acheter de préférence? — Le choix n’est pas facile à faire, car leur présence sur les marchés dépend de la région ou de l’importance des halles de la ville qu’on habite. Les grandes pépinières delà banlieue parisienne ou des rives de la Loire propagent plusieurs des principales variétés suivantes qu’on rencontre dans le Midi et dont voici une description très süccincte.
- B. Coronaria. — Fruit plutôt petit que moyen, de la grosseur d'une mandarine ou d’une petite tomate.
- D. Costata. — Fruit très gros, ovoïde, côtelé, de forme irrégulière, de couleur orange vermillonné ; pas ou peu de pépins. Très cultivé.
- I). Guibochi. — Fruit gros, allongé, mesurant i5 à ao cm de circonférence.
- B. Hatchuya. — Fruit rouge vif, gros o m. 3o de circonférence sur o m. 09 de haut. Pulpe jaune brun, très sucrée, fondante, presque liquide, pourvue de pépins; très bon.
- D. Lycopersicon ou Guillaud. — C’est le kuro-kaki des Japonais ; un des plus gros fruits dépassant o m. a5 de circonférence, rouge doré, ressemblant à une tomate. Pulpe jaune brun, sucrée, sans pépins.
- D. Kouroukoma tomate. — Fruit légèrement aplati et côtelé de o m. 23 de circonférence, pourvu de pépins, très bon.
- . B. Mazeli. — Fruit gros, orangé, globuleux, à peau lisse, saveur agréable; très voisin du B. Costata.
- B. Sahuti. — Gros fruit]se distinguant par sa faible astringence, pourvu souvent de pépins, bon.
- B. Tan-Nashi. — Fruit allongé, apte à être desséché pour la conserve.
- B. Tiodomon. — Fruit très gros, de o m. 20 à o m. 22 de circonférence, pulpe sucrée et ferme, chair presque noire à maturité, très productif. Un des meilleurs.
- B. Touvoukou kaki. — Fruit très gros, arrondi, rouge doré, très bon.
- B. Tsouroumarou ou Tsoumarou. — Fruit très gros, régulièrement mamelonné ou côtelé, jaune orangé. Peau luisante ; pulpe jaune pâle ; saveur peu sucrée, sans pépins.
- B. Yémon. — Fruit assez gros, mamelonné ou côtelé, jaune orangé. Peau lisse; pulpe fine, assez sucrée, sans pépins.
- B. Zendji. — Fruit moyen, conique, très bon et très apprécié.
- Quand et comment les acheter? — La cueillette des
- kakis se fait chez nous après la chute des feuilles et avant l’apparition des gelées qui leur seraient nuisibles ; on les récolte de la fin octobre au 10 novembre. En dehors du Midi, on ne les trouve que rarement sur les marchés, mais généralement dans les grandes maisons d alimentation et chez les fruitiers bien achalandés où 1 on peut les acheter non mûrs ou blets. On en reçoit directement du littoral méditerranéen emballés différemment selon leur degré de maturité. Il faut toujours les préférer à ceux des autres régions.
- A 1 état ferme, les plus beaux sont enveloppés séparément dans du papier joseph et reposent sur un lit de rognures de papier, en une ou deux rangées, dans de petits paniers ou dans des caisses plates; à l’état blet, ils sont mis en papillotes. L’enveloppage et l’emballage sont tels que leur peau ne puisse être gercée ou éclatée, mais reste bien entière.
- Le blettissement des kakis s’obtient comme je l’ai dit pour les nèfles dans un précédent article. A ce propos, il n est pas sans intérêt de montrer que, si l’âcreté des nèfles est due à des acides, celle des kakis résulte de leur teneur, en tanin. Pour permettre de s’en rendre compte, comme il n’existe guère, que je sache, d’analyse de kakis, j’ai réuni ci-dessous celles que j’ai effectuées en 1904 et igo5 sur 6 exemplaires appartenant à quatre variétés provenant alors des pépinières dg, M. F. Jamin, à Bourg-la-Reine.
- Les analyses 3e rapportent à 1 kg de pulpe blette, sauf pour un échantillon de D. Tsoumarou qui était loin d’être mûr.
- Poids moyen d’un fruit. Sucre total. Tanin. Matières pectiquüs. Acidité exprimée en acide sulfurique monohydraté.
- gr. gr. gr. g1’- gr.
- Dyospj'ros Cos- f 128 ido.oG 0.68 i3.oo 0.590
- tata . . . . ( i37 129.39 0.23 7.75 0.48 1
- D. Mazeli. . . 126 101.76 0.2.5 r/(.25 0.820
- D. Tsoumarou, blet . . . . 2(3 102.28 0.2 G 10.00, o./,8i
- D. Tsoumarou, non mûr . . 172 90.65 118.29 10 29 i5.oo 0.750
- D. Yemon. . . 158 0.25. 7-40 0.900
- Il serait intéressant de savoir si l’on ne parviendrait pas à faire disparaître l’âcreté de ces fruits en opérant, comme on le fait au Japon, mais en remplaçant le « saké » ou eau-de-vie de riz par de l’eau-de-vie de vin. Voici le procédé : on met les kakis dans des barils de saké vides qu’on ferme hermétiquement; 6 à 8 jours suffisent pour enlever la saveur astringente et rendre le fruit très sucré. Quand l’odeur de saké n’est pas assez forte dans le baril, on y verse une petite quantité de ce spiritueux.
- Principaux usages. — Les variétés cultivées en France ne sont consommables qu’à l’état blet; ce sont les « sibugaki « du Japon. On enlève le calice et l’on mange la pulpe à la cuiller, après l’avoir sucrée et arrosée de kirsch, car elle est généralement fadasse. On en prépare aussi des conserves et des marmelades delà même façon que pour les coings.
- Quand on veut prolonger la durée des kakis, il n’y a qu’à les sécher à la mode japonaise qui est très simple. On les pèle et on les suspend par la queue dans un endroit sec et très ventilé. Ils noircissent en séchant, par suite de l’oxydation du tànin qu’ils renferment, mais leur richesse saccharine s’accroît notablement, au point que, conservés bien secs, ils se recouvrent d’une efflorescence blanche qui n’est autre que du sucre exsudé.
- A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Collage à sec des épreuves photographiques. —
- Lorsque l’on n’a pas affaire à un papier relativement épais et que l’on n’agit pas avec rapidité, les colles
- aqueuses présentent l’inconvénient de provoquer un gondolement de l’épreuve, ou si on attend l’imbibition complète, après séchage le carton se recourbe du côté
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- de la photographie. — On peut éviter cet ennui par le petit procédé suivant très propre et très expéditif, qui consiste à utiliser la dissolution de caoutchouc que l’on trouve couramment dans le commerce en petits tubes. Par pression légère on fait sortir un peu de liquide que l’on applique sur le bord de l’épreuve, au dos bien entendu et on contourne ainsi le papier d’une traînée uniforme sans excès qui produirait des bavures, puis on l’applique sur le support choisi. On assure l’adhérence soit en tapotant avec le doigt entouré d’un linge, soit en frottant après avoir interposé une feuille de papier buvard entre l’épreuve et la main.
- Enfin on laisse jusqu’à dessiccation l’image ainsi montée sous une charge, quelques livres par exemple, une planéilé parfaite est obtenue et en aucun cas l’humidité ne pourra provoquer de décollement.
- Blanchiment des chapeaux de paille. — On commence par laver le chapeau dans une solution de carbonate de soude à 5 pour ioo (cristaux du commerce), puis on le plonge dans le liquide suivant :
- Permanganate de potasse.............. 2 gr.
- Acide sulfurique..................... 2 —
- Eau ordinaire......................1000 c. c.
- On laisse en contact jusqu’à ce que la paille ait pris
- une coloration brune, à ce moment on immerge dans un
- bain composé de :
- Bisulfite de soude.................... 10 c. c.
- Acide chlorhydrique.................... 5 —
- Eau ordinaire....................... 1000 —
- Lorsque la paille est redevenue blanche on rince abondamment et laisse sécher à l’ombre.
- Noir oxydé pour boîtiers de montres. — Après un décapage à la soude caustique à 5° B, puis à l’acide nitrique au tiers, on prépare le bain suivant :
- Limaille de fer.......................20 gr.
- Sulfate de cuivre..................... 3 —
- Acide chlorhydrique pur...............3o —
- Acide azotique pur....................5o —
- L’addition de limaille de fer ne doit être faite que peu à peu, la réaction étant très vive; quand elle est terminée on ajoute : 1
- Perchlorure de fer à io° B........4°° c- c.
- Le mélange étant rendu bien homogène et filtré au besoin, on en badigeonne les pièces et laisse sécher à l’air. Successivement la coloration passe par le rouge et le vert ; quand ce résultat est atteint, on place les boîtiers dans une étuve à 5o° jusqu’à développement de la coloration noire, on rince et sèche à la sciure.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — Dans ta boîte aux lettres, la Rédaction publie les faits d’un intérêt général qui lui sont, signalés par ses abonnés, hile répond également, dans la mesure du possible, aux demandes de renseignements qui loi parviennent accompagnées d’une bande d abonnement. F.n raison de l’abondance de la correspondance et des recherches le p us souvent nécessaires, il ne peut être répondu immédiatement.
- Réponses. — M. Buenaventura Cavaglia, à Mereédès (Uruguay).— i° Le produit que vous nous avez adressé servant au capsulage des flacons est de la viscose ou xanthate de cellulose.Vous pourrez vous procurer ces pièces prêtes pour l’emploi au Comptoir des textiles artificiels, 16, rue du Louvre à Paris, qui les vend sous le nom de capes-viscoses ; 2° Pour les couleurs d'aniline solubles dans les corps gras s’adresser à la Manufacture lyonnaise de matières colorantes à Lyon; 3° Le mica se trouve chez tous les droguistes ou marchands de couleurs, il suffit de le réduire en poudre pour l’emploi dont vous parlez.
- M. Xavier de Maistre, à Allery. — Vraisemblablement il s’agit Xaccumulateurs Edison dont l’usage était courant dans les formations américaines, leur capacité utile est d’environ 18 à 3o watts-heure par kilogramme d’élément, c’est-à-dire supérieure à celle des accumulateurs au plomb, mais la différence de potentiel par élément n’est que de 1 volt 22. En dehors de la légèreté, ce type d’accumulateur présente les avantages suivants : impossibilité de sulfatation, si pernicieuse et si fréquente dans les accumulateurs au plomb, robustesse, aucune chute de pastille n’étant à craindre, les dépôts d’oxyde de fer et d’oxyde de nickel se faisant à l’intérieur de tubes perforés. L’électrolyte est une solution de potasse dans l’eau distillée additionnée de quelques grammes de lithine. Sauf pendant la charge qui s’opère comme celle des accumulateurs ordinaires, il faut avoir soin de tenir les accumulateurs parfaitement fermés pour éviter la carbonatation de la potasse.
- Le liquide évaporé se remplace simplement par de l’eau distillée, la potasse en dissolution ne sert que de véhicule aux ions et ne subit réellement aucune décomposition, c’est-à-dire qu’associée à la lithine elle favorise les échanges. Dans ces conditions les accumulateurs Edison peuvent subir des charges et des décharges répétées sans être endommagés ; contrairement aux accumulateurs au plomb on peut les décharger complètement même les charger en sens inverse sans qu’il en résulte d’inconvénient. Ces accumulateurs conviennent parfaitement au chauffage des lampes Audion et nous sommes persuadés qu’ils vous donneront satisfaction.
- M. B. Cayron, à Tillabery Niger. — i° Lampes à alcool pour éclairage : Tito-Landi, 23, boulevard
- Henri-IV ; Freiche-Prim, 4, boulevard du Temple; Roffo, 8, boulevard Voltaire ; Société Paris-Lumière, 172, quai Jemmapes ; 20 Moteurs à alcool : Goujon, 10, nie Blaise-Pascal, à Neuilly-sur-Seine ; Labbé, 208,' rue Saint-Maur; 3° Nous n’avons pas reçu votre envoi.
- M. Ve) an, à Montauroux. — Nous avons publié dans un de nos précédents numéros une recette de vernis pour bicyclettes, veuillez bien vous reporter à la réponse faite àM. Gillet à Ermenonville.
- M. Juan Galdamès, Santa Ana Salvador. — i° L’échantillon que vous nous avez adressé est un papier peint gaufré, vous trouverez tous renseignements sur sa fabrication dans l’ouvrage Le Papier, par Charpentier, Encyclopédie Frémy, consultez également le fascicule Papier du Dictionnaire de Laboulaye,\endu séparément chez Dunod, 47. quai des Grands-Augustins ; 20 La Société la Collophane, 16, rue du Louvre, vous fournira des pellicules rigides en viscose pour plaques négatives.
- M. Marcel Rouyer, à Paris. — Le meilleur moyen, pensons-nous, à'imperméabiliser votre vêtement de gabardine est de le tremper dans la solution suivante :
- Acétate d’alumine à G0 Baume. ” : 5oo c. c.
- Eau ordinaire.................... 20 litres.
- L’imbibition doit durer au moins une journée, après quoi on laisse sécher à l’ombre.
- M. A'AX-4175.)— i° lu apprêt de Saint-Quentin n’est pas une mixture, mais une opération mécanique qui est effectuée au moyen de métiers ou rames dits métiers de Saint-Quentin. Ces appareils sont constitués essentiellement par un cadre métallique disposé d’une façon analogue au cadre des matelassières et sur lequel on tend l’étoffe mouillée de telle manière que pendant le séchage l’étoffe conserve sa rectitude, c’est-à-dire que les lisières soient bien parallèles et les fils de chaîne perpendiculaires aux fils de trame. En outre, le poil n’étant pas comprimé par une calandre se tient dressé de sorte que l’étoffe demeure duveteuse et garde le caractère dû au tissage. La particularité du métier de Saint Quentin est de présenter des mâchoires qui serrent les lisières, par opposition au métier suisse dans lequel on emploie des picots. Quant au séchage il est activé au moyen d’un réchaud placé en dessous du métier ou encore par des cylindres dans lesquels circule de la vapeur, s’il s’agit d’appareils perfectionnés. Quelquefois les rames sont mobiles pendant l’opération afin de dégager les fils qui pourraient s’être collés, on obtient ainsi le maximum de souplesse, en mêrrie temps que le meilleur aspect; 20 Vous trouverez l’appareillage pour articles de bonneterie [dans les maisons suivantes : Jenin, 37, avenue de la République ; Gornély, 87, fau-
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- bourg Saint-Denis ; Dehaitre, 6, rue d’Oran ; Machine Corporation, 87, boulevard Sébastopol.
- M. Ducoté, à Fleurville-Vérizet. — Le noir de fonderie est un mélange de sable et de charbon de bois en poudre, ce dernier ayant pour but de faciliter le dégagement des gaz pendant l’opération de la coulée. Le sable employé est le sable de carrière dit sable à lapins, ou quelquefois le sable vert préalablement séché par passage au four ou à l’étuve.
- Pour l’obtention des noyaux qui servent à réserver des vides, on emploie la terre de fonderie qui est une argile contenant deux tiers de sable, afin d’éviter les fendillements on y incorpore des déchets de poils ou de la filasse.
- M. J. S., à La Chaux-de-Fond. — i° Nous avons répondu dans un précédent numéro aux questions déjà posées ; 20 On prépare Y aniline par hydrogénation de la nitrobenzine au moyen d’un mélange de limaille de fer et d’acide acétique
- C6H3Az02 + 3 H* = OEDAzH* + a H*O.
- L’opération se pratique dans un cylindre en fer où on introduit d’abord 10 kg d’acide acétique à 8° étendu de six fois son poids d’eau. On y ajoute ensuite 3o kg de limaille de fonte et ia5 kg de nitrobenzine : il se produit une vive réaction avec dégagement de chaleur, lorsqu’elle devient moins tumultueuse on ajoute encore de la limaille jusqu’à concurrence de 180 kg, on met en mouvement un agitateur et on prolonge le malaxage deux heures après la dernière addition de fer. Finalement on distille l’aniline formée par un courant de vapeur qui favorise l’entraînement ; 20 Chaque révélateur possède ses propriétés spéciales, douceur au contraste, action lente ou vive ; le talent de l’opérateur est d’adapter le révélateur au cliché à traiter, trop ou peu posé ; il ne peut être question de comparer les révélateurs entre , eux et d’en mesurer la force. 3° Même observation pour les plaques, la sensibilité étant orientée pendant la fabrication soit vers une couleur, soit vers un groupe de couleurs déterminées.
- M. le Dr Vialard, à Rochefort-sur-Mer. — Yous trouverez les renseignements demandés sur le manganèse dans les ouvrages qui suivent : Le Manganèse, minerais, gisements, propriétés et applications, par Lecomte-Denis. Le Manganèse dans VEncyclopédie de Frêmy, volume spécial. Les Minerais de manganèse, par Carnot. Pour les minerais ocreux consultez Les Ocres, par Hubert. Tous ces ouvrages sont édités chez Dunod, 47, quai des Grands-Augustins.
- M. Guy Padieu, à Dompierre. — JL extraction des huiles contenues dans les graines au moyen de dissolvants tels que le sulfure ou le tétrachlorure de carbone, est basée sur le même principe que le soxlhet des laboratoires, c’est-à-dire qu’après une première extraction le solvant est vaporisé, puis, après condensation, retombe à nouveau sur la matière à épuiser. Pour l’appareillage les maisons suivantes peuvent vous le fournir : Bataille, 11, rue Malakoff; Deiss Henri, i5, rue Yolta ; Société Scott, 70, rue de Tocqueville.
- M. Nicolas, à Nancy. — On peut donner une fixité plus grande à l’encre pour stylo graphes en y ajoutant, suivant la fluidité désirée, quelques gouttes de la solu-
- tion suivante :
- Gomme-laque en écailles . . i5 grammes.
- Borax......................... 5 —
- Eau ordinaire ................5o —
- Cette dissolution se fait à l’ébullilion et on a soin de remplacer l’eau à mesure qu’elle s’évapore, l’addition du produit ne devra se faire que progressivement en faisant à chaque fois un essai pour ne pas empâter l’encre.
- M. G. C., à Marseille. — Il a été répondu à votre question concernant les schampoings à éther de pétrole dans le n° 2426 du 24 octobre dernier.
- M. R. Lépy, à Saint-Mandé. — L’isolant liquide employé dans les bobines Ruhmkorfî de construction récente est constitué par des huiles lourdes de pétrole ou un mélange pâteux d’huiles lourdes et de paraffine; dans ce cas, s’il se produit une étincelle, l’isolant se referme après son passage et il n’en résulte aucun inconvénient comme fonctionnement.
- M. le Dr Besançon, à Yillefranche-sur-Saône. — La coumarone ou benzo-fürfurane a pour formule C8H60 et s’obtient dans les laboratoires en chauffant à une température élevée l’acide coumarilique avec de la chaux
- C° H6 O3 == C8 H° O + CO2,
- Elle se rencontre associée à l’indène dans les goudrons de houille et peut s’extraire des huiles qui bouillent entre 168° et 175°, après qu’elles ont été soigneusement débarrassées de tout composé phénolique ou pyridique. A cet effet, on traite par le brome ces huiles parfaitement refroidies, on ajoute environ 4^0 grammes de brome par kilog. d’huile en agitant constamment et évitant que la température ne s’élève au-dessus de zéro. Il se séparé ainsi du dibromure de coumarone qu’on transforme en le chauffant avec de la potasse alcoolique en bromo-coumarone ; on enlève cette dernière à l’aide de la vapeur d eau et on la réduit en solution alcoolique par 1 amalgame de sodium. On entraîne enfin la coumarone par un courant de vapeur d’eau.
- On peut également extraire la coumarone en traitant par l’acide picrique les huiles de goudron de houille bouillant entre 1600 et 180°, séparant le picrate de coumarone formé et décomposant ce dernier par les alcalis étendus.
- La coumarone est un liquide plus lourd que l’eau, insoluble dans 1 eau et les alcalis, ne se solidifiant pas à 180, bouillant à i68°,5, facilement entraînée par la vapeur d’eau. Les acides minéraux et principalement 1 acide sulfurique concentré transforment la coumarone en une résine très soluble dans l’éther, le benzène, le chloroforme, l’huile de lin, l’essence de térébenthine,
- 1 essence minérale, et susceptible de nombreuses applications pour fabriquer les vernis. Les Allemands ont donné une extension considérable à cette fabrication, d après la Revue Chimie et Industrie, ils ont fabriqué 10 000^ tonnes de ce produit en 1916, les prix suivant qualités ayant oscillé entre 5o et 2ào marks les 100 kgs.
- M, Virgilio Bedoni, à Rome. — Réponse a été faite à vos questions dans le n° 2428 du 16 octobre, nous vous prions de vous y reporter.
- M. Michel, à Châtillon-sur-Loire. —- i° Le produit dont il s’agit n’est qu’un nom spécialisé et ne correspond pas à un composé nouveau, le véronal en constitue le principe essentiel ; 20 La distillation des pommes de cèdre fournit deux sortes de substances : Y'essence de cèdre concrète, fondant à 74° et bouillant à 282° qui est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, et le cédrène ou huile de cèdre qui est liquide, bout à 287°, sa densité est de 0.984, il se comporte comme une aldéhyde; 3° Pour rendre les lettres inviolables, il suffit de coller 1 enveloppe au moyen de blanc d œuf délayé dans son poids d’eau, puis de repasser avec un fer modérément chaud de façon à coaguler l’albumine, ce qui a lieu à 6o°, la vapeur d’eau est alors sans action et tout décol-' lage impossible.
- FL. Bouvet, à Cauderan. — Deux méthodes sont employées pour la fabrication du linge lavable : i° On enduit le linge préalablement empesé d’une dissolution dé nitro-cellulose dans 1 acetate d amyle (genre Ever Glean) ou d acétate de cellulose dans 1 acétone. Les solutions se font a 3 ou 4 pour 100 et on donne 3 à 4 couches avec intervalles de dessiccation. L’inconvénient de la nitro-cellulose est parfois de jaunir parce qu’il se produit une dénitration. A.fin que ces vernis conservent une certaine souplesse, on y ajoute un peu d’huile de ricin, ainsi qu’une^ charge minérale de blanc de zine ou dé lithopoue qui donne de 1 opacité. i° Le linge américain consiste en une feuille de toile incluse entre deux plaques très minces de celluloïd également plastifié par l’huile de ricin.
- Dans les deux cas après recouvrement de l’étoffe, on donne un gaufrage à chaud qui simule les mailles d’un tissu, ce travail demande des machines spéciales ; par suite, la préparation du linge lavable n’est pas du domaine de l’amateur.
- M. J. Lambert, à Pommerœul, Hainaut. — i° Vous trouverez les renseignements les plus complets sur la fabrication actuelle de la margarine dans l’article « Fabrication de la margarine de W. Clayton, Revue de Chimie industrielle de décembre 1918, n° 324; 20 Les ouvrages qui suivent sont à notre connaissance les plus complets sur la question soie artificielle : Celluloïd et soies artificielles, par Bockmann. La soie artificielle, par J. Beltzer. La soie artificielle, par Willems, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins. Les soies artificielles, par Chaplet et Rousset, éditeur Masson, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. G. B. I., h Paris. — La première condition à réaliser pour faire disparaître les empreintes de tampons,
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- est d’enlever la matière grasse par immersion dans un solvant approprié, tel que le tétrachlorure de carbone, puis, après séchage complet, de détruire la matière colorante d’aniline. Nous pensons que vous réussirez en traitant d’abord par un bain léger d’acide chlorhydrique à 5 gr. par litre, ensuite par une “solution de peroxyde de sodium à même teneur, un lavage soigné étant pratiqué entre les deux opérations. Se servir de préférence de cuvettes photographiques assez grandes pour contenir les feuilles, de manière à réduire au minimum la manipulation du papier. Terminer par un rinçage prolongé à l’eau pure, répéter au besoin les opérations successives.
- 'N. Bodin, à Saint-André de Gorsy. — L’emploi de tout produit toxique pour la destruction des espèces de poissons nuisibles rendrait pendant longtemps l’étang inhabitable ; à notre avis, le procédé le plus pratique serait la destruction à la grenade, répétée au besoin à quelques jours d’intervalle avant l’époque du frai.
- M. G. Risler, à Paris. — i° La charge de rupture" du plomb à la traction est la suivante à o° en kilogrammes et par millimètre carré :
- Plomb en masse.................i,3
- Plomb eu fil...................2,2
- Ala même température, la charge limite d’élasticité serait :
- Plomb en masse................i,o5
- Plomb en fil..................0,47
- On ne possède pas de données suffisantes pour établir la loi précise de l’influence de la température sur la résistance, d’une manière générale celle-ci décroît d’autant plus rapidement qu’on se rapproche du point de fusion, moment où elle devient nulle. Dans le cas présent, pour le plomb qui fond à 326°, on peut admettre que la résistance se trouve vers 2000 réduite au tiers de sa valeur primitive.
- S/. A. B., à Périgueux. — Nous donnons d’autre part, dans les Recettes et procédés utiles, les renseignements demandés pour blanchir les chapeaux de paille.
- M. L. F., à Versailles. — La destruction des champignons qui ont envahi le sol de votre cave sera obtenue facilement par un arrosage au moyen d’une solution de sulfate de cuivre (vitriol bleu) à 5o grammes par litre d’eau, ce produit est en effet le spécifique contre les cryptogames. Pour préparer la dissolution, il suffit de placer le sulfate de cuivre dans un nouet de linge et de suspendre celui-ci à la surface de l’eau; à mesure que le sel se dissout, le liquide plus dense gagne le fond et au bout de très peu de temps le résultat est atteint. Il faut pour cette opération se servir d’un récipient en bois et non d’un vase métallique, fer ou zinc qui serait attaqué.
- Cercle Le Pardal, à Perpignan. — La formule de noircissement des boîtiers de montres que nous publions dans ce même numéro vous donnera, pensons-nous, satisfaction.
- MM. Mielle, Cailloux, à Metz. — 1“ Vous trouverez tous les renseignements utiles sur la fabrication des hypochlorites dans l’ouvrage Le chlore et ses dérivés de l’Encyclopédie Billon, éditeur Bernard, 1, rue de Médicis. Voir également, Dictionnaire de Wiiriz, 2e Supplément, C-chlore (Industrie) D-E (Electrochimie). 20 En ce qui concerne les installations, s’adresser aux maisons Graüer, 76, boulevard Richard-Lenoir et Simon-Carves, 3g, rue Cambon.
- M. C. II., à Château-sur-Epte (Eure). — Pour obtenir des renseignements détaillés sur le procédé John M. Burly, relatif à la transformation des vieux papiers en pâte à papier, voyez au journal La Papeterie (Bulletin Officiel de la Chambre syndicale du commerce des papiers en gros et Revue technique de l’industrie du papier), (Paris, 9, rue Lagrange, 5e), organe dans lequel le brevet John M. Burly a été analysé.
- M Dupuj , rue Rougemont. — Pour chauffer une pièce il faut 40 watts environ par mètre cube. Pour une petite pièce le plus petit courant est de 45o watts. Vous pouvez vous adresser à Clin et Cie, 29, rue Corbeau ; Brianne, 2 ter, boulevard Saint-Martin, Randegger Niestlé, 188, boulevard Voltaire, à Paris.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de io°/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. _______
- La fabrication des matières intermédiaires pour les colorants, par John Cannell Caïn, traduit de l’anglais par Pierre Salles, i vol. 16 X 25 de xx-294 p. avec 25 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1920. Prix net, 24 fr.
- Rien n est plus important, dans la renaissance actuelle de l’industrie des couleurs d’aniline, que de connaître ce qui s’est publié sur la fabrication des matières intermédiaires.
- Le but de l’auteur a été de rassembler pour chaque corps les procédés les plus récents ou les plus originaux avec détails. Il n’a pas jugé utile de reprendre point par point certaines opérations courantes ; mais on trouvera des descriptions complètes de la réduction à l’aniline, la sulfonation au phénol, etc....
- Pêcheurs bretons, par Auguste Dupouy, i vol. in-16, 233 p., de Boccard, Paris. Prix : 6 fr.
- Suite d’études sur la population maritime de la côte bretonne de Camaret à Quiberon : sardiniers, thoniers, chalutiers, langoustiers. L’auteur, qui les connaît bien, les décrit dans leurs rudes métiers, avec leurs qualités admirables de courage, de dévouement, d’enthousiasme dont la guerre a fourni maints nouveaux exemples, mais aussi avec leurs défauts et leurs insuffisances : routine, entêtement. Ce livre de géographie humaine est un des documents les plus exacts et les plus vivants où l’on puisse connaître la côte sud du Finistère et les pêches de ses marins.
- La Roumanie nouvelle, par A. Muzet. i vol. in-8, 272 p., 21 pl. et 1 carte. Pierre Roger, Paris. Prix : 8 francs.
- Ce nouveau volume de la collection « Les Pays modernes » montre la situation de la Roumanie nouvelle, telle que l’a faite son histoire et la guerre de 1914. avec ses nouvelles provinces de Transylvanie, Buco-vine, Banat, Bessarabie. L’auteur décrit son organisation politique et administrative, ses finances, ses ressources agricoles, industrielles et commerciales. Il examine sa situation bancaire actuellement difficile, les menaces de ses voisins hongrois, bulgares, bol-chevistes et son avenir prospère si l’Entente veut l’aider.
- Le socialisme suivant les peuples, par Edmond Laskine.
- 1 vol. in-16, 264 p. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix : 6 fr. 75.
- L’auteur démontre que, loin de constituer une doctrine partout la même, un ensemble d’idées homogènes, le socialisme revêt, suivant les races, les milieux, les traditions nationales, les formes les plus diverses : ici libéral et là autoritaire, ici démocrate et là, comme dans la Russie bolcheviste, autocratique; ici pacifiste et humanitaire, là nationaliste et xénophobe. D’attachantes analyses du socialisme platonicien et de l’Etat communiste fondé par les Jésuites au Paraguay; de vivantes esquisses de la tradition socialiste en France, du socialisme belge, du milieu et de l’action socialistes en Angleterre, aux Etats-Unis, dans les « terres d’expériences » d’Australie et de Nouvelle-Zélande; un chapitre sur le socialisme irlandais, qui éclaire singulièrement les tragiques événements d’aujourd’hui, conduisent à celte conclusion, fortement établie, qu’il y a autant de socialismes qu’il y a de peuples, et que le socialisme ne peut passer d’un peuple chez un autre sans changer d’àme.
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- LA NATURE
- Supplément.
- A NOS ABONNÉS
- N° 2434
- 27 Novembre 1920
- LA NATURE est obligée d'augmenter ie prix de son abonnement pour l’année prochaine. Elle avait espéré une baisse des cours du papier qui aurait diminué les sacrifices qu’elle fait depuis plusieurs années pour éviter à ses abonnés la charge croissante de ïaugmentation des prix de toutes choses. Or, non seulement, les prix du papier ne diminuent pas, mais encore LA NATURE a dû subir pendant cet exercice de nouvelles augmentations des Irais d'impression, d’illustration, de brochage, etc.
- Alors que le coût de la vie a presque quadruplé, alors que la dépense de papier est multipliée par 8 et les frais d'établissement du journal par 6, le prix d’abonnement a seulement passé de 20 a 40 francs.
- En ce moment de renaissance industrielle et économique du pays, où l’utilité d’un organe d’information et de documentation scientifique est plus grande que jamais, LA NATURE tient à conserver la place prééminente qu'elle tient depuis près de 50 ans. Sa valeur technique s’affirme chaque jour puisque le nombre de ses lecteurs est aujourd’hui plus grand qu’avant la guerre; sa puissance de propagande des idées françaises s'accroît avec le nombre toujours plus grand de ses abonnés à l’étranger. Mais, pour conserver la haute tenue scientifique qui a fait son succès, pour continuer de tenir ses lecteurs au courant de toutes les grandes découvertes en même temps qu’elle les renseigne sur tous les perfectionnements techniques et qu’elle leur donne les renseignements pratiques les plus utiles et les plus précis, elle ne peut malheureusement plus maintenir ses abonnements à un prix inférieur actuellement à celui que lui coûtent le papier et l’expédition, sans compter les frais de rédaction et d’illustration.
- Force lui est donc de demander a ses fidèles abonnés de l’aider à franchir la lin de cette période de crise. '
- Terminons en souhaitant que le mouvement de baisse dont ou parle beaucoup et qui, sur certains articles, commence à s affirmer, nous permette bientôt de diminuer nos prix. Nous serons eu tout cas les premiers à en faire bénéficier nos lecteurs.
- Les renouvellements gui nous parviendront à dater du 1er Décembre et tous les nouveaux abonnements ii dater d’aujourd'hui sont soumis au nouveau tarif :
- NOUVEAUX PRIX D’ABONNEMENTS :
- France et Colonies Etranger..........
- US AS SIS MOIS
- 50 fr.. 25 fr.
- 60 fr. 30 fr.
- N. B. — Le prix pour f étranger comporte les augmentations d'affranchissement postai actuellement élaborées par la Conférence postale internationale de Madrid, et qui vont être prochainement mises en vigueur peur tous les pays de f Union postale universelle.
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- INFORMATIONS
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- Le prix Nobel de Médecine de 1920 : le Dr Bordet.
- — Le prix Nobel de physique vient d’être, décerné à M. Ch.-Ed. Guillaume, celui de médecine au Dr Bordet, celui de littérature à M. Cari Spitteler.
- Le lauréat du prix de médecine est directeur de 1 Institut Pasteur de Bruxelles. C’est un Belge dont les affinités françaises sont profondes, puisqu’il fit une partie de ses études à l’Institut Pasteur de Paris.
- Il est surtout connu du public par la réaction qui porte son nom quand on ne lui donne pas à tort celui du berlinois Wassermann. Les recherches qui aboutirent à cette réaction de grande importance furent poursuivies à Bruxelles par M. Bordet, en collaboration avec M. Gengou. Nous essaierons ici de l’expliquer à à nos lecteurs. Si à des globules rouges de lapin ou de inouton, on ajoute du sérum humain et qu’on porte le tube à l’étuve à 37°, on voit très rapidement les globules se détruire, leur matière colorante s’échappe et colore le liquide ; on dit qu’il y a hémolyse. Si le sérum a été préalablement chauffé à 56° pendant une demi-heure, l’hémolyse ne se produit plus ; on admet qu’on a détruit ainsi une substance, le complément ou alexine, nécessaire à l’hémolyse, sans toucher à une autre, la sensibilisatrice ou ambocepteur, qui seule, n’a pas d’effet. En effet, si aux globules du lapin, on ajoute le sérum d’homme chauffé (sans complément, mais avec sensibilisatrice), puis du sérum de cobaye frais et naturellement inactif, on voit l’hémolyse se produire ; le sérum de cobaye a fourni le complément nécessaire à la réaction. Le sérum d’homme est naturellement sensible aux
- globules de lapin ou de mouton. Il l’est artificiellement aux bactéries lorsqu’elles ont développé une maladie humaine; le sang d’un typhique détruit, dissout les bacilles typhiques, le sang d’un syphilitique détruit les spirochètes, etc. Bordet et Gengou ont rendu cette réaction facilement visible, si bien que leur procédé a pu sortir du laboratoire et servir en clinique au diagnostic de nombreuses maladies microbiennes contagieuses. En particulier, Wassermann a mis au point la réaction de Bordet-Gengou en ce qui concerne la syphilis.
- M. Bordet a de nombreux autres titres de gloire. Il s'est occupé de la bactériologie de la grippe et de nombreuses fièvres infectieuses, et tout récemment, en Belgique et en France, on a appliqué un sérum qu’il a découvert contre la peste qui décime les bovidés.
- Les stations radiotélégraphiques du réseau intercolonial français. — La Revue générale diElectricité donne à ce sujet les renseignements suivants.
- La grande station de Bamako (Haut-Sénégal) est actuellement en construction. Elle rayonnera sur les régions de la Côte d’Afrique, du Sahara et du Tchad'; et assurera les relations entre l’Afrique Occidentale Française et la métropole (35oo km), Saïda (Afrique du Nord) et Brazzaville (Congo). Ce dernier poste est également en voie d’édification, il pourra communiquer directement avec la France et avec Tananarive (4000 km)!
- Les travaux du grand poste de Saigon, le plus important dix réseau, sont poussés activement. Ce poste com-
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- INFORMATIONS
- muniquera régulièrement avec le Tonkin, la Nouvelle-Calédonie (735o km) et Madagascar (7300 km). Tous ces postes fonctionnent au moyen d’alternateurs à haute fréquence. Le poste de Saigon sera doté de 2 alternateurs de 5oo kilowatts. L’antenne supportée par 8 pylônes haubannés de 25o m. de haut couvrira une surface rectangulaire de 1400 m. de long sur 600 de large.
- La production du radium et la guerre. — Avant la guerre, la France, l’Autriche, l’Allemagne, le Portugal, et aussi les Etats-Unis, produisaient du radium. En Autriche, une usine d’Etat exploitait sur place la pechblende (oxyde d’uranium impur) de Joachimstahl. En Allemagne, on fabriquait peu de radium et une quantité relativement notable de mésothorium. Au Portugal, une usine importante, ayant des liens avec une des Sociétés françaises, était prospère. Aux Etats-Unis, c’est en 1 g 13 seulement que l’on entreprit la fabrication du radium, à Pittsburg, en partant des carnotites (vanadates d’uranium) du Colorado et de l’Utah.
- En France, le radium était produit, avant la guerre, dans trois usines : à Nogent-sur-Marne, à Saint-Denis et à Gif. En 1913, on y a préparé 4 gr- 35 de radium; le prix du gramme de radium était de y5o 000 francs. On ne connaît pas, en France, de minerais d’uranium intéressants pour une fabrication de radium. Nos industriels traitaient les gisements , américains de carnotite, les minerais portugais d’aulunite (phosphate d'urane et de chaux) et la pechblende d’Angleterre. Le radium français trouvait facilement son emploi, surtout à l’étranger, car il n’y avait pas de concurrence sérieuse.
- Quant au mésothorium, la production en France, moindre qu’en Allemagne, se faisait, à partir des sables monazités (la monazite est un phosphate double de thorium et de terres rares), dans une seule usine, où il était préparé comme sous-produit de la fabrication des sels de thorium et de cérium pour manchons à incandescence. Cette production était équivalente à 3 déci-grammes de radium (la quantité de mésothorium est évaluée en radium, par comparaison des rayonnements).
- Durant les hostilités, nos fabrications ont été gravement atteintes dans leurs approvisionnements en minerais, charbon et réactifs, alors que les demandes de produits pour les besoins de la Défense nationale ont été sans cesse en augmentant.
- Une nouvelle usine fut créée, et notre production totale d’août 1914 à juillet 1918 fut de 5 gr. n. Aujourd’hui, la capacité de production de nos quatre usines dépasse 18 gr. par an.
- Notre production en mésothorium, pendant la guerre, a été équivalente à 85 centigrammes de radium. La capacité actuelle de production de la seule usine qui prépare ce corps équivaut à celle de 2 gr. de radium.
- Autant qu’il est possible de le savoir, les productions à l’étranger ont été importantes pendant la guerre. Le Portugal a fabriqué plus de 5 gr. de radium en 1918, et, aux Etats-Unis, la Radium Chemical Company a produit 27 gr. de radium depuis 1 g 13.
- Quant aux applications, elles étaient de deux sortes : d’une part, les traitements du lupus, des taches de lie de vin, des ulcères superficiels, des cicatrices adhérentes, des névrites, de certains cancers, etc., utilisent les sels de radium ; et, d’autre part, on employait le radium pour la préparation des produits luminescents destinés à des usages militaires. (Ch. Moureu, La Chimie et la Guerre.)
- La préparation de l’acide chlorhydrique à partir du chlore. — Pendant la guerre, l’industrie du chlore a pris un développement considérable et de nombreuses usines hydroélectriques ont été montées pour la préparation de ce corps. Il convenait donc, maintenant que l’état de paix est rétabli, d'utiliser et le chlore dont on a des stocks énormes, et les usines dont la capacité de production est considérable.
- Malheureusement, les applications du chlore sont assez limitées, et il reste un gros excédent que l’on ne peut utiliser. Aussi est-il intéressant de signaler un procédé capable de transformer le chlore en acide chlorhydrique, produit d’une importance industrielle considérable et d’un débouché presque illimité.
- On a bi'eveté un grand nombre de procédés dans lesquels on réalise directement l’union du chlore et de l’hydrogène, réaction qui, on le sait, se produit spontanément et violemment à la température ordinaire sous
- l’action de la lumière. On opère, en général, dans tous ces procédés en faisant passer le mélange chlore-hydrogène sur du charbon de bois à une température de 3oo° environ, et à l’obscurité, pour avoir une réaction moins brutale. Mais la nécessité de préparer l’hydrogène est une cause de dépenses exagérées.
- Un procédé beaucoup plus intéressant consiste à faire passer le chlore avec de la vapeur d’eau dans une cornue d’argile remplie de coke, de charbon de bois ou d’anthracite, et chauffée au rouge sombre.
- Dans ces conditions, on obtient de l’acide chlorhydrique chimiquement pur, car on peut facilement le séparer de l’acide carbonique qui se forme simultanément. Non seulement la transformation est quantitative, mais, dans les conditions optima, la température à laquelle se produit l’opération est à peine supérieure à 2000. On peut d’ailleurs transformer, par le même procédé, le brome en acide bromhydrique. Etant donnée la simplicité du procédé, on voit qu’il est possible que le problème de l’acide chlorhydrique soit renversé : au lieu de préparer directement cet acide (par action de l’acide sulfurique sur le chlorure de sodium) dont, par le procédé Deacon, on tirait le chlore, il semble qu’il soit plus simple de produire d’abord le chlore (par électrolyse) et de le transformer ensuite en acide chlorhydrique par le procédé que nous venons d’exposer.
- Traitement du mal de mer. — Il serait fort long, et complètement inutile d'ailleurs, d’énumérer tous les moyens qui ont été préconisés contre lé’ mal de mer. Leur nombre, leur diversité et, il faut bien le dire, leur peu de succès s’expliquent par l’obscurité de la pathogénie des accidents qui cohstituent le mal de mer. La Presse médicale rend compte de recherches récentes du professeur P. Nolf, de Liège qui, partant de conceptions toutes nouvelles, attribue le mal de mer à une excitation du nerf vague comparable aux effets de la pilocarpine, de la muscarine ou de l’ésérine. Il a donc songé à le traiter par l’absorption de sulfate neutre d’atropine, à la dose de 2 milligrammes absorbée en trois fois : au départ, après une demi-heure et une heure, ou encore par l’injection sous-cutanée de la même substance. Le même remède est également préconisé comme efficace par le Dr Pierre Gazamian, médecin principal de la marine française qui l’emploie aussi bien préventivement qu’à titre curatif.
- Dans les cas où. l’état du réflexe oculo-cardiaque et des tensions artérielles pourrait faire redouter la défaillance du système sympathico-surrénalien, il a paru avantageux d’associer à l’atropine l’emploi de l’adrénaline, tel qu’il a été préconisé par M. Naamé (6 milligr. par voie buccale, en trois fois, à une demi-heure d’intervalle).
- Dans le même ordre d’idées, M. L. Pron, d’Alger, a utilisé avec succès soit la teinture de belladone à hautes doses (XXV gouttes avant l’embarquement, à répéter jusqu’à C gouttes en 24 heures, ce qui correspond environ à 1 milligr. d’atropine, soit des pilules contenant i centigr. d’extrait de belladone, associé à d’autres médicaments calmants (extraits de coca, de Cannabis indien] dejusquiame, etc.).
- Voici donc de nouveaux moyens, plus rationnels que ceux préconisés jusqu’ici, de délivrer du mal de mer les personnes naviguant:
- Le plébiscite en Carinthie. — La population de la zone A de la Carinthie, comprenant des parties des arrondissements de Klagenfurt, Villach, Vôlkermarkt et Wolsfberg, a été consultée par voie de plébiscite sur le rattachement de ce territoire à l’Autriche ou à la Yougoslavie.
- Ce referendum, qui a pris fin le 10 octobre dernier, a donné les résultats suivants :
- Rosegg .............
- District de Fortach . . District de Bleiburg , Arrond1 de Vôlkermarkt
- Pour
- l'Autriche.
- 1.980 voix 6.428 — 5,140 — 8.304 —
- Pour la Yougo-Slavie. 2.331 voix
- 4.984 -5.33g “ 2.442 —
- Totaux . . 21.852 voix. 15.096 voix,
- soit 59,14 pour 100 des voix en faveur du rattachement à la République autrichienne.
- L’ensemble de la région qui a été soumise au plébiscite a une population de 156 076 habitants, d’après le recensement du 31 janvier 1920. (D’après le Mouvement Géographique.)
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- laquelle s’enclosent tous les poteaux, un chevronnage cloué. Toute cette ossature est recouverte de lattis « CR », extérieurement et intérieurement, ainsi que le plafond et le chevronnage. A l’extérieur, les parois sont enduites d’un mouchetis de ciment; à 1 intérieur, parois et plafonds sont enduits de plâtre. Sur le lattis de la couverture est placée une toiture-terrasse inclinée (en trois épaisseurs). Le plancher est parqueté sur couche isolante.
- Une cheminée avec son conduit intérieur tout en brique apparente complète ladite construction.
- Bien entendu, les fondations, fort légères en raison du peu de poids de la construction, sont en matériaux durs.
- Construction
- Constructions rapides et économiques en lattis
- « CR ». — La raréfaction et la cherté de la main-d’œuvre, la diminution de production des matériaux comme également la difficulté et la cherté des transports font, on le comprend sans peine, que le problème de la construction à bon marché est difficile à résoudre, pour ne pas dire impossible.
- On songe donc, et plus particulièrement pour des constructions rapides, non seulement à limiter la quantité de matériaux employés, mais à ne donner à ceux-ci
- f ig. i et a. — Constructions rapides et économiques en lattis « CPx. «.
- qu’un volume aussi restreint que possible afin de diminuer considérablement le prix des transports et aussi économiser sur la main-d'œuvre.
- La construction en lattis « CR » (lig. x et a) a été établie dans cet ordre d’idées. Le lattis en question se compose d’une forte feuille de carton spécial sur lequel sont fixées parleur petite base des lattes de bois sec affectant une forme trapézoïdale. L’espace libre entre les lattes placées parallèlement entre elles prend l’aspect d’une queue d’aronde. Tel quel, ce matériau est imperméable par le fait du collage des lattes au moyen de goudron qui recouvre toute la surface du carton. Dès lors, fabriqué en panneau, comme il est dit ci-dessus, ce qui en facilite la pose, il peut s’appliquer n’importe où, se scier, se plier, se rouler, et recevoir enfin un enduit quelconque.
- Comme mur, le lattis « CR » s’emploie à l'intérieur et à l’extérieur, ce qui constitue une double paroi avec matelas d’air à l’intérieur; la face extérieure étant enduite avec un mortier quelconque : chaux, ciment, mortier bâtard,. celle intérieure avec du plâtre, de la chaux, de la bourre, de l’argile, etc. Tous ces enduits, faits directement sur le lattis, adhèrent parfaitement bien à celui-ci en raison du grippage et deleurenclavage dans les queues d’aronde. Etant enfermés dans le lattis, la pourriture des bois n’est pas à craindre.
- Les cloisons se font à simple ou à double paroi comme les murs, en recouvrant le lattis d’un enduit intérieur quelconque. Employé comme aire de plancher, il donne satisfaction soit pour les planchers avec parquets posés directement sur l’aire, ou posés sur lambourdes, soit pour les carrelages ou les dallages. Enfin, comme couverture, il se pose directement sur le chevronnage, puis l’enduit fait on n’a qu’à appliquer une toiture terrasse, inclinée ou horizontale.
- Fabriqué comme il a été dit, en panneaux de diverses dimensions, la pose en est très facile et rapide ; il se cloue tous les o m. 40 à o m. 45 sur l’ossature en charpente etpeut épouser les brisures, cintres, décrochements, etc., de la construction. Le poids d’un panneau de x m. 20 sur x m. pèse environ 7 kg; un homme seul peut donc le poser. Il s’emmagasine aussi facilement au moyen d’un simple empilage à la façon des rouleaux de carton bitumé.
- Les figures 1 et 2 représentent une construction de 8 m. de côté ainsi faite récemment à Clamart (Seine), près de la gare. Fermes et pans de bois sont très simples : une semelle, des poteaux, une sablière moisée entre
- Une construction à peu près semblable figurait à la dernière Foire de Paris.
- Adresse du constructeur : Société la Construction rapide, 4i bis, rue de Châteaudun, Paris.
- Le ciment armé dans la construction des fenêtres châssis « Cimarmé ». — Le béton de ciment armé a, comme on sait, deux qualités importantes : rigidité et résistance à l’humidité, que l’on ne trouve pas dans le bois. Avant la guerre, le béton armé était d’un prix bien supérieur à celui du bois, aussi ne songeait-on nulle-
- Etèvation
- Coupe V7~
- Fig. 3. — Baie formée de 3 châssis « Cimarmé », types normaux de a m. X 1 m.
- ment à le substituer à ce dernier. Mais actuellement, les prix atteints par le bois que la guerre a raréfié aussi bien en quantité qu’en qualité sont tels que le problème s’impose sérieusement à l’attention des constructeurs et qu’il y a lieu de prendre en considération ces substitutions qui apparaissent très rationnelles à l’égard de certaines parties accessoires soit d’un bâtiment industriel, soit même d’une habitation courante, dans lesquels les frais d entretien doivent être réduits le plus possible, sinon même supprimés.
- Tel est le cas des fermes de charpentes, des châssis de fenêtres, etc., jusqu’ici exécutés en bois ou en fer, matériaux essentiellement périssables. Etablis en béton de ciment armé, on comprend que ces parties de cons-
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- traction, outre qu elles seront de ce fait indéformables et incombustibles, ne demanderont ni entretien, ni peinture et que l’on n’aura pas à craindre de pourriture ni d’oxydation quelconques.
- Les châssis des fenêtres dits châssis « cimarmé » (fig. 3) dus à M. W. Defontaine, ingénieur architecte belge, sont constitués par des montants et traverses, à ballées espacées de o m. 42 environ, formant par suite
- des ouvertures à vitrer de o m. 41 Xo m. 41, lesdits montants et traverses ayant o m. 06 de largeur et o m. o85 d’épaisseur.
- L’encadrement général du châssis coulé en même temps forme : dans le bas, un seuil parfait avec jet d’eau ; dans le haut, par
- Coupe verticale
- l’intermédiaire d’armatures spéciales, un linteau capable de supporter de grandes charges et calculé à la flexion ; enfin sur les côtés, des montants de section appropriée. Ainsi chaque châssis constitue un monolithe qui se place au fur et à mesure de l’avancement de la maçonnerie, assurant par ce moyen une fermeture rapide de la bâtisse. Le châssis est ancré dans la maçonnerie au moyen de fers plats. La pose se fait très rapidement attendu que les opérations de placement du linteau, de la construction d’aplomb des têtes de murs avec battées sont ici supprimées.
- Par l’emploi de ces châssis, on évite la dépense du seuil et du linteau extérieurs efipar conséquent les sujétions nombreuses que ces éléments de construction entraînent quand ils sont indépendants. Placés, ils laissent une impression de solidité et donnent toute satisfaction au point de vue de l’aspect de la cons truction ; par leur teinte claire, ils ressemblent à des morceaux de pierre blanche qui, avec de la brique rouge, par exemple, réalisent un tout parfaitement agréable.
- Quelques dispositions spéciales fort intéressantes viennent compléter les avantages de ce type de châssis en ciment armé :
- i° Ils peuvent être fournis grillagés c’est-à-dire garnis de barres rondes ou carrées destinées à mettre le bâtimentà l’abri des effractions. Ces barres sont de simples tiges d’acier mises dans les châssis pendant leur fabrication ; elles sont parfaitement et définitivement scellées à chacun des passages dans les traverses ;
- 20 Les châssis peuvent se juxtaposer ou se superposer, et à cet effet, des rainures font tout le tour du champ de chaque châssis et reçoivent lors du montage, un coulis de ciment. On réalise de la sorte de grandes surfaces vitrées s&ns interposition de montants ou de traverses ;
- 3° On peut assurer la ventilation des locaux en mettant dans les cadres, à la place des carreaux, de petits châssis ouvrants en fonte ou en acier, avec charnière
- bbab
- mmmm
- mm
- mmm
- mmg
- 181818
- mm
- kmmmm
- iipsr
- Fit!
- Façade d’une teinturerie
- à Curcghem-Anderlecht (Belgique), montrant des châssis superposés.
- placée au gré des clients, au-dessus de 1 un des côtés ou au-dessous.
- Les carreaux sont fixés dans les battées au moyen d un mastic à la chaux pulvérisée, opération des plus simples et ne demandant nullement l’intervention d un ouvrier vitrier. Afin d’assurer le bon placement de ces carreaux, une zone de béton de cendrée est réservée au milieu sur chaque côté des carreaux pour permettre le clouage; cette zone sert aussi pour la fixation des vis nécessaires pour le calage des châssis ouvrants d’aération. L adhérence du verre et du mastic est parfaite.
- On comprend qu’une fois en place, ces châssis n’ont pas besoin d’entretien. La pluie a même une action bienfaisante, car l’eau ne fait qu’activer le durcissement toujours croissant du ciment.
- Ces châssis, créés en vue de la reconstruction rapide et économique des constructions des régions dévastées, conviennent particulièrement pour les usines, ateliers,
- dépôts, abris, écoles,cottages et habitations ouvrières; ils sont construits en séries, absolument interchangeables, et comportent plu-sieurs grandeurs. Leur prix de revient n’est point élevé et dans tous les cas est en dessous de celui des mauvais châssis en fer, en fonte ou en bois que l’on trouve en plus grand nombre que l’on croit dans le commerce des industriesjdu bâtim ent.
- Adresse du constructeur : M. Timmerman, 4L rue Pasteur, à Cureghem (Belgique).
- Coupe horizontale
- Fig. 4' — Coupes verticale et horizontale d’un châssis « Cimarmé
- Chauffage
- n
- c
- Régulateurs du tirage des cheminées. — M. Parafa, professeur au lycée d’Orléans, propose la solution suivante au problème du tirage des cheminées. On introduit dans le corps de cheminée un tronc de cône ou de pyramide s’adaptant par la base au tuyau de la cheminée et mesurant à son extrémité supérieure à peu près le tiers de la section du tuyau. Cela suffit à empêcher tout retour de fumée et à régulariser le tirage. Le rendement en chaleur est augmenté, puisque la déperdition se trouve fortement diminuée, et, la combustion étant plus régulière et à peu près parfaite, la consommation en combustible est aussi diminuée d’autant.
- Cela est du naturellement à la chambre chaude C constituée sous le cône. La température et la pression des gaz contenus dans cette chambre assurent leur sortie à l’orifice du cône et rendent tout retour impossible. La cheminée tire bien.
- D’autre part, le tirage devenant régulier et modéré, la consommation est aussi faible que possible, eu égard au rendement. On peut éco- Fig. G. nomiser ainsi jusqu’à 5opour 100 du combustible.
- L’application du principe est facile. On introduit dans le tuyau du poêle un cône en tôle construit de façon à s’adapter parfaitement par la grande base. Ce cône doit être placé à une distance de deux mètres au moins du foyer, à moins que le foyer ne soit lui-même de grande dimension.
- Il est facile de constater immédiatement les heureux résultats, surtout si l’on fait l’expérience avec du bois.
- Pour les cheminées proprement dites, il serait peu pratique d’adapter l’appareil si près du foyer, à cause du ramonage. On place en haut du tuyau, à la sortie, un appareil en terre cuite qui remplace la forme ou mitron actuels etne s’en distingue pas extérieurement. Le cône régulateur est mobile. Il J)eut s’enlever à main pourfaireleramonage.
- Le résultat est tellement sûr qu’on n’a plus à se préoccuper de la sortie des gaz. L’orientation et la hauteur de la tête de cheminée perdent de leur importance.
- Constructeur du régulateur en tôle : M. A. Moutard, 43 bis, rue des Cloys, Paris.
- Fabricants de la mitre régulatrice en terre cuite . MM. Labrut et Recullé, à Orléans (Loiret).
- — Régulateur du tirage des cheminées.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- LA VOUTE CELESTE EN DECEMBRE Ï920
- La longueur des nuits, l’éclat des constellations qui se trouvent au Sud dans la soirée, font de décembre un mois particulièrement favorable à l’étude de la voûte étoilée. Toutefois, les nuits claires sont très froides et l’étudiant du ciel devra être doué de ce « courage scientifique », de ce feu sacré sans lequel il lui sera impossible de réaliser les observations qui sont à portée de son télescope.
- L’événement le plus important du mois est la disparition de Vanneau de Saturne, dont nous parlons plus loin. La planète Jupiter offre, d’autre part, dans les configurations de ses quatre principaux satellites, des aspects curieux que l’on devra suivre. Nous les décrivons également plus loin.
- I. Soleil. —Nous arrivons au terme des jours courts, le solstice d'hiver se produisant le 22" décembre, à 311 17“. Depuis le mois de juin dernier, nous avons assisté à la descente graduelle du Soleil de l’hémisphère nord dans l’hémisphère sud. Sa déclinaison, qui était de —21049' I<M décembre, tombe à —23027' le 22 pour remonter à — 23°6' le 3i.
- La durée du jour, de 8"3im le icr décembre, n'est plus que de 8h 1 im du 20 au 24 et remonte à 8k i6m le 3i.
- Le tableau ci-dessous donne divers éléments se rapportant au Soleil, pour le mois de décembre :
- Dates.
- Décembre 11 — 26
- Parallaxe
- horizontale.
- 8" 94 8" 95 8" 95
- Demi-diamètre.
- 16' 16",3o 16'17”,45 16' 17'',54
- Distance.
- 147.190.000 km 147.010.000 — 147.000.000 —
- dans le n° 2412, donnant la hauteur au-dessus de l’horizon, connaissant la déclinaison de la Lune).
- Le tableau ci-dessous donne quelques éléments dont la valeur résulte de la distance variable de la Terre à la Lune :
- Dates.
- Décembre
- 1er
- i3
- 26
- 3i
- Parallaxe.
- o° 59'29" o° 53' 58"
- 1° l'26"
- o° 58'19"
- Demi-diamètre.
- 16' 14” 43" 16' 46" i5'55"
- Distance à la Terre
- 368 54o km 406 100 — 357000 — 375 910 —
- Apogée le i3, à 6 heures; périgée le 26, à 1 heure.
- L’observation physique de la Lune est accessible aux instruments de moyenne puissance et nous ne saurions trop la recommander. -
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 18 décembre, occultation de 25 Poissons (gr. 6,2), de i8hiom à ig112 im.
- Le 19 décembre, occultation de 60 Poissons (gr. 6,2), de 211' 17“ à 221' 35ra.
- Le 27 décembre, occultation de A2 Cancer (gr. 5,7), de 1911 56m à 20h 57™.
- Le 28 décembre, occultation de 60 Cancer (gr. 5,7), de o1’ 4m à i1' i3m.
- Marées, Mascaret. — Heures de la pleine mer à Brest pour les grandes marées du mois (Pleine Lune du ï5).
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — Se reporter pour l’observation de ces phénomènes à ce que nous avons dit dans les précédents Bulletins.
- IL Lune. — Voici les phases de la Lune pour le mois de décembre 1920 :
- D. Q. le 2, à i6h2g“
- N. L. le 10, à ioh 4m P. Q. le 18, à i4h4om P. L. le 25, à i2h38m
- Age de la Lune, à midi: le ic‘ décembre —20^8; le io=oJ,i. Pour les autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le ior ou le 10. Tlg, r.
- L’âge de la Lune est assez souvent employé par les
- observateurs des régions lunaires pour caractériser leurs dessins : l’indication de l’âge étant, en effet, le moyen d’indiquer le nombre de jours et d’heures écoulés depuis la Nouvelle Lune et donnant ainsi une idée de 1 élévation du Soleil au-dessus des paysages lunaires. Cette élévation intervient principalement dans la variation des aspects lunaires, elle est la cause à peu près unique des variations que l’on a cru constater dans certaines régions de notre satellite. Toutefois, l’indication de l’âge n’est pas une donnée suffisamment précise et nous avons montré par ailleurs qu’il vaut mieux lui substituer la longitude du terminateur. Le calcul de cette longitude sera indiqué ultérieurement ici. Pour simplifier, il suffira de mentionner sur les dessins que l’on prendra la longitude par laquelle passait le terminateur au moment de la prise du dessin. Une simple observation des cratères lunaires situés juste à la limite de l’ombre et une bonne carte de la Lune suffiront pour cette détermination, qui sera ainsi réalisée avec une approximation très suffisante.
- Les plus grandes déclinaisons de la Lune en décembre sèront atteintes le 10 décembre : —19°3' et le 24 : + i9°29' (voir la figure du Bulletin astronomique publié
- 1, Les heures exprimées en ce bulletin sont données en temps moyen légal, compté de ob à 2/|h à partir de minuit. Le temps
- Dates.
- Heure. Coefficient.
- 25 décembre 15h44''
- 26
- 26
- 27
- 27
- 28
- 4“ 9" 16"33"
- 4
- 22
- *7
- 511 47
- 1 r
- 0 >99 im,o3 iin,o5 im,o5 im,o5 im,o4
- lra,OI
- Variation apparente de perspective de l’anneau de Saturne entre 191/1 et. 1935.
- A l’époque de la Plèine Lune de décembre., le phénomène du mascaret se produira et sera, si les conditions météorologiques sont favorables, important, en raison des coefficients élevés de la marée. Voici, d’après VAnnuaire du Bureau des Longitudes, les heures probables de l’arrivée du Mascaret pour l’époque de cette Pleine Lune :
- légal est le temps moyen de Paris retardé de 9“21‘ pond au temps de Greenwich.
- Il corros-
- Dates. Coefficient, uillebeuf. Villequier. Caudebec
- décembre X™,o3 7h 44ra 8"7i"> 8h 3om
- 26 — i“,o5 2011 6m 20h 43™ 2oh 5am
- 27 —- , im,o5 8h 3om 9k 7™ 9h i6m
- 27 — i™,o5 2oh 54,n 21,l 31m 21h 4om
- 28 — ira/-./ 1 >94 9’1 2 0m 9h57m io’1 6m
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessous, établi au
- moyen des données de l’Annuaire astronomique Flammarion pour 1920, contient les renseignemente les plus importants pour l’observation des planètes principales.
- Mercure arrivera à sa plus longue élongation du matin, le 3 décembre, à i5 heures, à 2o°22r à l’Ouest du Soleil. On pourra le rechercher quelques jours avant et après cette date, le matin, à l’aurore. Le 5, comme on le voit dans le tableau ci-joint, il se lève à 5h32m. soit ih 57m avant le Soleil. On se rend ainsi compte de la difficulté que présente l’observation de cette planète qui, la plupart du temps, reste plongée dans le rayonnement solaire.
- Vénus, dont la conjonction supérieure avec le Soleil a eu lieu le 3 juillet dernier, s’écarte peu à peu du Soleil et se couche environ 3 heures après lui. On peut donc l’observer le soir, dès la tombée de la nuit, à l’horizon Sud-Ouest.
- Portion illuminée du disque de Vénus, en centièmes 'du diamètre : i01 décembre, 0,78; le 6, 0,77; le 11,
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Date : Lever Passage Coucher Aseen- Diamètre Constellation
- ASTRE à au Méridien de Paris. 1 sion Déclinaison. et VISIBILITÉ
- décembre Paris. Paris. droite. apparent. étoile voisine,
- 5 / 29“ il1’ 4ir 3i9s i5‘ 54°’ l6h 47“ 22° 23' 32' 31" 2 Scorpion
- Soleil. . . i i5 7 39 11 45 52 15 53 l7 31 — 23 16 32 A3, 6 Scorpion ’ »
- 25 7 45 I 1 5o 48 1 5 57 18 i5 — 23 24 32 34, 8 Sagittaire
- 3 ï 7 46 11 53 44 16 0 18 42 — 2 3 6 32 34, 8 Sagittaire
- 5 5 3-2 10 •9 i5 5 ‘6 20 — 16 0 6,4 y Balance Le matin, au début
- Mercure. . < i5 6 7 10 33 i4 58 16 I I — 19 57 5,4 fs Balance 1 du mois,
- 25 6 5o to 57 15 3 17 14 —- 23 8 5,0 0 Scorpion plus grande élongation
- 31 7 i3 11 I 2 i5 12 l7 53 — 24 i3 4,8 1 Sagittaire le 3.
- 1 5 10 27 14 3o 18 32 *9 35 — 23 48 14,4 p Sagittaire
- Vénus, i5 10 24 14 4i 18 58 20 26 — 2 I 23 i5,4 pCapricornef Le soir, se couche 3 heures
- 25 10 15 r 4 5o *9 26 21 ï 5 — 18 0 16,4 t Capricornel après le Soleil. \
- / 3 L 10 16 •4 54 19 43 21 43 — i5 3ô 17,0 oCapricorne,
- ( 5 11 G ï 5 3o J9 54 20 35 — 20 5 5,4 (3 Capricorne j 0 Capricorne; Le soir.se couche 4 heures
- Mars . . . i5 ro 46 i5 22 19 58 21 7 — »7 54 5,2
- 25 10 24 15 i3 20 3 21 37 —- 15 24 5,o YCapricorne( après le Soleil.
- [ 31 10 10 i5 8 20 5 21 56 — i3 47 5,o oCapricorne
- Jupiter . . i5 •3i 23 2 l 7 7 5 4 35 34 12 I 4 2 I 1 I I *9 21 4" + 5 5 42 3i 35,o 36,8 cr Lion ) O Lion Seconde parlie de la nuit.
- Saturne. . i5 23 38 5 59 12 20 11 43 4 6 16,0 (3 Vierge Seconde partie de la nuit.
- Uranus . . i5 11 23 16 33 21 42 22 18 — 11 23 3,4 a Verseau Au début de la nuit.
- Neptune. . 15 J9 58 3 21 10 44 9 4 + 16 48 2,4 5 Cancer Presque toute la nuit.
- 0,75; le 16, 0,74;; le 21, 0,72; le 25, 0,70; le 3i, 0,09. La phase est le complément à l’unité des nombres ci-dessus. Ainsi, le 16, le disque illuminé est de 0,74 et la phase de 0,26.
- La position très défavorable de Yénus en ce mois ne permettra guère d’effectuer d’observations utiles. Nous rappelons qu’avec de puissants instruments l’étude des taches de la surface, de leurs formes, de leur rotation, etc., constitue un programme important. La durée de rotation de la planète n’a pu encore être déterminée d’une façon précise, il y a toujours là un problème à résoudre.
- Mars, dont le diamètre est réduit à 5" environ, est visible le soir, après le coucher du Soleil, en de mauvaises conditions. Il faut attendre à présent sa prochaine opposition pour effectuer d’utiles observations.
- Jupiter arrive en quadrature occidentale le 10 décembre et la période de ses observations va commencer. Les plus petites lunettes montrent les bandes et les satellites de Jupiter. Avec des instruments un peu puissants (lunettes de 108 mm et plus) on peut faire d’utiles observations de la surface. Prendre des dessins de celle-ci chaque fois qu’on le pourra. L’indication de lheure et de la date du dessin permet de connaître quelle partie de Jupiter était tournée vers nous, mais le mieux est d’indiquer la longitude des dessins, rapportée au méridien zéro. S’il y avait des objets fixes à la surface de Jupiter, on pourrait choisir l’un d’eux comme point de départ des longitudes, comme on l’a fait sur Mars. Mais il n’en est pas ainsi : on y voit des bandes nuageuses qui tournent avec une vitesse différente de celle du globe lui-même, la tache rouge qui se déplace à la surface du globe comme une sorte d’île flottante, etc. Eu juin 1910, la longitude de la tache rouge correspondait au méridien zéro; en 1911, elle était de 325° environ; en juillet 1912 de 3o3°, etc.
- L'American Ephemeris donne, en temps moyen astronomique (qui commence 12 heures avant le temps légal), les heures de passages du méridien zéro au milieu du disque de Jupiter. Voici ces heures pour le mois de
- décembre. Dates., Heure du passage. Dates. Heure du passage
- Décembre 2 5h 5im,26 Décembre 18 i8h 58m, 17
- — 4 7h 29™,58 -- 20 201' 36m,4 5
- — 6 9h 8Œ,09 — 22 22h i4m,7‘2
- . — 8 io’1 46”, 49 — 24 23h 52™,g6
- — 10 i2h 24“,86 — 27 ih 3im,r9
- — 12 14h 3m, 21 — 29 3'1 9m,4o
- 14 16 i5h 4i”’,55 i7hI9”>87 — 3i 4"47ra>59
- La rotation à la latitude de la taclie rouge (système II) est de 36°,22 en 1 heure, de o°,6o en 1 minute.
- Supposons que l’on ait pris un dessin de Jupiter le 9 décembre, à 3 heures du matin, ce qui correspond au 8 décembre, à i5 heures (t. m. astronomique). L’heure du précédent passage du méridien zéro est le 8 décembre, à ioh46ra>49' Ee temps écoulé depuis ce précédent passage est i5h-ioh 46”,49. soit 4h 13m,51. La longitude du méridien central sera donc, au moment de l’exécution de notre dessin, de
- 36°,22 x 4h + o°,6o X 13m,51 — i52°,99.
- Nous recommandons l’observation des phénomènes résultant du mouvement des quatre principaux satellites autour de la planète et dont voici la liste pour décembre :
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DATE Décem- bre. Satel- lite. Phéno- mène Heure. DATE Décembre . Satel- lite. Phéno- mène Heure.
- 2 IV Em. 2h 5m i3 I Em. 5h20B’(r'
- 2 III E. c. 7 1 i3 III P. c. 6 10
- 6 II P. c. 1 23 i3 II P. f. 6 43
- 6 II O.f. 1 46 18 IV E. c. 4 7(4)
- 6 III P.c 1 u(i) 20 I E. c. 3 43
- 6 I Em. 3 27I1) 20 II 0. c. 4 3
- 6 II P. f. 4 10 20 III 0. c. 5 3(5)
- 6 III P.f. 5 24 20 II P. c. 6 27
- 7 . I P. f. 0 4i 20 II O.f. 6 5a(»)
- 10 IV P. c. 5 49 20 I Em. 7 12
- i3 III 0. c. 1 5 22 II Em. 4 9
- i3 II O. c. 1 3o(2) 23 III Em. 23 53
- i3 I E. c. 1 5 0 3o I P.f. 0 46
- i3 II P. c. 3 56(3) 3i II P.f. 0 55
- i3 II O.f 4 !9(2) 3i III Em. 6 5o
- i3 III O.f. 4 28
- 1. De 2h 1 i'n à 3h27m, on ne voit qu’un seul satellite autour de Jupiter, le IV, loin à l’Est de la planète. Le I est derrière, les II et lit devant.
- 2. Do ih3om à 4h >9m) les ombres des satellites II et III sont
- visibles sur le disque. '
- 3. De 3h56m à 5h20ra, deux satellites seulement visibles autour de Jupiter, le III et le IV.
- 4. A 3h 43“, curieuse disposition des satellites I, II, IV, du Sud au Nord et a l’Ouest de Jupiter.
- 5. De 5» 3m à fi» 52”, ombres des satellites II et III visibles sur Jupiter.
- •%!
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-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 4*
- Saturne est visible dans la seconde partie de la nuit. Nous avons dit plus haut que l’attention se trouvait attirée en ce moment par la disparition de l’anneau. La figure i, que vient de publier M. Camille Flammarion dans F Astronomie, montre schématiquement la variation apparente de perspective de l’anneau entre 1914 et 1935. Nous voyons déjà que cet anneau, avant 1921, était éclairé par en dessous (face australe) et le sera par-dessus après 1921 (face boréale). Mais le phénomène de la disparition des anneaux est un peu plus complexe.
- i° L’anneau disparaît quand son plan passe par la Terre, il est exactement vu par la tranche;
- 2° II disparaît quand la Terre se trouvant d’un côté de l’anneau, le Soleil "éclaire l’autre côté, la face obscure étant alors tournée vers nous ;
- 3° Il disparaît quand le plan passe par le Soleil, car alors il n’est éclairé ni d’un côté, ni de l’autre.
- La succession des événements précédents s’accomplira comme suit dans la période actuelle :
- De la Terre, on verra :
- Avant le 6 novembre 1920, la surface australe de l’anneau.
- Du 7 novembre 1920 au 21 février 1921, la surface boréale de l’anneau.
- Du 2J2 février au 2 août 1921, la surface australe de l’anneau.
- Après le 2 août 1921, la surface boréale de l’anneau.
- Le*passage de la Terre par le plan de l’anneau se produira le 6 novembre 1920, le 21 février 1921 et le 2 août 1921.
- Le Soleil éclairera la surface australe de l’anneau, avant le 10 avril 1921; la surface boréale après cette date. »
- En résumé :
- L’anneau disparaîtra du 7 novembre 1920 au 21 février 1921 (époque pendant laquelle nous ne verrons que le côté obscur de l’anneau).
- L’anneau réapparaîtra du 22 février 1921 au 9 avril 1921 (à cette dernière date le soleil éclairera la face boréale).
- L’anneau disparaîtra du 10 avril 1921 au 2 août 1921 (dans ,cet intervalle, la Terre verra la face australe de l’anneau, tandis que le Soleil éclairera la face boréale).
- L’anneau réapparaîtra définitivement pour une quinzaine d’années après le 2 août 1921.
- Nous continuons ici, comme nous le faisons tous les
- mois, de donner les principaux éléments de la planète,
- à la date du 3 décembre :
- Grand axe extérieur....................... 3g", 3
- Petit axe extérieur....................... o", 6
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau....................... . . . . -f-o°5o
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de Panneau . -................................. — i° 58'
- Uranus et Neptune, visibles,,le premier au début de la soirée, le second presque toute la nuit, pourront être trouvés au moyen de petites cartes spéciales que nous avons publiées dans les Bulletins astronomiques des N0B 2412 et 243o.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à g1* Jupiter en conjonction avec la Lune, à 5° 19' N. Le 3, à 2i\ Saturne — la Lune, à 5° 5o'N.
- mercure
- Le 14, à 6h, Vénus Le 15, à 6h, Mars Le 16, à 20h, Uranus Le 28, à 6h, Neptune Le 3o, à i8\ Jupiter
- la. üuub, a O'"
- la Lune, à 70 27' S. la Lune, à 6° 35' S. la Lune, à 5° 36' S. la Lune, à 5° i5' N. la Lune, à 5° 7' N.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (p Persée), variable de la grandeur 2,3, à la grandeur 3,5, en 2j 20h 48“ :.7 décembre, 3h35m; 10, oh24m; 12, 2ihi3m; x5, i8h2m; 27, 5h i8m, 3o, 2h7m.
- Etoiles filantes. — ior décembre, étoiles filantes. Radiant près de rj Persée.
- Du ierau 10 déc. étoiles filantes (Géminides). Radiant : œ-p
- Gémeaux.
- Le 6 déc. étoiles filantes. Radiant : ç Taureau.
- Du 6 au i3 — — P. IV. 254.
- Du 9 au n — — a Gémeaux.
- Du 10 au 12 — — : Grande Ourse.
- V. Constellations. — Au Zénith, à 2111 : Persée.
- Au Nord : la Petite Ourse (a), Céphée (jx), le Dragon, la Grande Ourse (ç).
- A l’Est : Les Gémeaux (a), le Cancer, le Lion, le Petit Chien (a).
- Au Sud-Est : le Taureau (Pléiades), Orion (nébuleuse), le Grand Chien.
- Au Sud ; le Bélier, la Baleine (Mira Ceti), l’Eridan, les Poissons, Fomalhaut va disparaître.
- A l'Ouest : Pégase, le Verseau, le Petit Cheval, le Dauphin, l’Aigle, le Cygne (p, la Nova, devenue rouge, est de 9e grandeur environ). Em. Touchet.
- *<
- BOITE AUX LETTRES
- ><
- AVIS. — L'abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature obligent à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d'intérêt général et accompagnées d'une bande d'abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires, et.du nombre des correspondances, il 11e peut être répondu immédiatement.
- Réponses. — T. S. F. — M. Ch. Muller, à Paris. — Le poste radiotélégraphique de la Tour Eiffel ne transmet plus à i5 heures de télégramme de presse; cette émission a lieu, depuis le 23 mai dernier, à 11 heures (Temps moyen de Greenwich) sur ondes amorties de 3200 mètres.
- Capitaine E. Ferrai, à Constantine. — i° L’emploi du dispositif hétérodyne, décrit dans le n° 2418 de La Nature, vous assurera une excellente réception de tous les grands postes européens avec un collecteur d’ondes très modeste ;
- 20 Vous trouverez, du fil de cuivre isolé au coton, chez Geoffroy et Delore, 27, rue des Chasses, à Clichy;
- 3° Il n’y a qu’une seule couche de fil sur chaque carcasse ; l’expression entre parenthèses (deux couches) se rapporte au guipage de coton.
- M. Simone au, à Marsangy. — i° Nous donnons toute préférence à votre projet d’antenne en nappe de 60 m. de longueur. Ecartez, le plus possible, vos fils parallèles et faites partir votre entrée de poste de la partie la plus élevée de la nappe, c’est-à-dire, en se reportant à votre plan, de la partie suspendue à l’arbre de i5 m.
- Voyez notre article sur l’antenne dans les nos 2386 et suivants de La Nature-,
- 20 Votre système de condensateur variable est très ingénieux.
- M. Chaumette, à Corbeil. — 1° Tous les horaires d’émissions radiotélégraphiques sont donnés en temps moyen de Greenwich;
- 20 Les petits transformateurs sans noyau utilisés dans l’amplificateur hétérodyne Duroquier sont constitués par deux enroulements semblables et de même fil. Il est indispensable au bon fonctionnement de cet appareil que le condensateur variable placé entre le 3° filament et la 3° grille soit de très petite capacité;
- 3° Nous prenons bonne note de votre réclamation et mettons les lecteurs de La Nature en garde contre les fournisseurs peu consciencieux.
- M. Marcel Grégoire, Le Pouliguen. — i° La batterie du circuit de plaque de l’hétérodyne peut être constituée par dix accumulateurs doubles donnant une tension totale de 4o volts;
- 20 Le fil isolé à la soie est excellent pour cet usage, mais il coûte beaucoup plus cher que le fil isolé au
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- BOITE AUX LETTRES
- coton; tout autre fil bien isolé peut être employé, toutefois n’utilisez pas le fil émail en raison du peu d’épaisseur de l’isolant;
- 3° La station radiotélégraphique de Nantes, dont 1 indicatif est UA, transmet à 2 h. 3o, sur entretenues de 9000 m. de longueur d’ondes, des avis de navigation, puis travaille avec Beyrouth jusqu’à 3 h. 3o, à 7 heures, UA répond au service de la marine de FL sur entretenues de 4i5o mètres.
- De 7 h. i5 à 8 heures, Nantes travaille sur entretenues de 9000 m. avec Constantinople (FID — 5ooo m. entretenues) et avec Cattaro (FTG — i35o m. amorties). A 8 h. 3o, UA reprend son trafic avec Constantinople. A 9 h. 3o et pendant un quart d’hêure environ, Nantes correspond sur entretenues de 11000 m. avec LP (7800 m. entretenues) ; à i3 heures et jusqu’à 14 heures, sur entretenues de 9000 m. avec Constantinople.
- A 14 h. 3o, Nantes transmet des avis de navigation
- sur entretenues de 9000 m., puis trafique avec Beyrouth jusqu’à i5 heures.
- A 16 heures, UA envoie sur 2800 m., en amorties, un avis de navigation; à 17 heures, sur entretenues de 11000 m., elle reprend sou trafic avec LP (Kœnigs, Wusterhausen) et à 22 heures, sur entretenues de 9000 m., avec Constantinople (entretenues, 5ooo m.) jusqu’à a3 heures.
- M. J. F. à Chartres. — Consultez les Eléments de T. S. F., par Duroquier. Prix : 9 fr. Dunod, éditeur, Paris, 1920.
- M, André Dugne, à Bayonne. — Votre insuccès doit être imputable au peu de sensibilité de votre détecteur, avec une antenne comme celle dont vous disposez, on doit recevoir un très grand nombre d’émissions radio-télégraphiques. Votre plaque de zinc, enfouie en sol humide à proximité de vos appareils, constituerait une meilleure prise de terre.
- <
- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.)
- Topographie et nivellement, par C. de la Condamine (Encyclopédie des aide-mémoire Plumon), 1 vol., 68 p., Béranger, éditeur, Paris, 1920.
- Exposé concis des méthodes les plus pratiques employées dans l’exécution des levers de plan et de nivellement. La théorie a été laissée de côté. L’auteur insiste surtout sur le côté pratique des méthodes, réglage des appareils, compensation des erreurs, etc. Il donne de nombreux exemples numériques.
- Cahier de manipulations de physique (Première C et D), par A. Albert, i vol. in-8°, 195 p., 59 fig., Alcan, Paris. Prix cartonné : 12 francs.
- Choix de 34 manipulations d’électricité et d’optique, conforme au programme de 1912, bien présentées et commentées de manière à développer le goût et l’esprit de l’expérimentation.
- Stations centrales proprement dites, par V. Neveux (Encyclopédie des aide-mémoire Plumon), 1 vol. illustré, 200 p., Béranger, éditeur, Paris, 1920. Prix net : 14 francs.
- Cet ouvrage résume les données essentielles qui sont nécessaires à l’ingénieur pour l’établissement, la conduite et l’entretien d’une usine électrique à vapeur, à moteur, ou hydraulique.
- Moteurs Diesel, par G. Supino (Manuels Hœpli), traduit de l’italien par N. de Tedesco, i vol. 470 p., 325 fig., i5 planches hors texté, Béranger, éditeur, Paris, 1920. Prix net : 32 francs.
- Ce qui fait la valeur de cet ouvrage, c’est que son auteur y a condense sa grande expérience personnelle en matière de moteurs Diesel, et qu’il en a fait un véritable manuel. Après un exposé très bref des généralités théoriques, l’auteur étudie le moteur Diésel, sous toutes ses formes, et dans tous les détails - des différentes parties de son mécanisme.
- Technologie du caoutchouc souple, par R. de Fleury,
- 1 vol. 14 X 22 de vi-210 p. avec i3o fig., Dunod, éditeur,. Paris, 1920. Prix net : 18 francs.
- Cet ouvrage a pour but de montrer clairement comment on classe et utilise les gommes et autres matières. II expose les moyens de choisir le mode de régénération des déchets vulcanisés, de classer et réaliser les mélanges, de choisir et utiliser les machines de la préparation, d’organiser la distribution
- et l’emploi de la vapeur et de conduire la vulcani-salion. Il traite enfin des détails d’installation d’une usine de caoutchouc.
- La technique de la production du froid et de 'ses applications modernes, par Etienne Pacoret, i vol. 16X25, xii-4i6 p., 169 fig. Dunod, Paris. Prix : 52 francs.
- Le développement considérable de l’industrie du froid et ses nombreuses applications, rend cet ouvrage d’autant plus précieux qu’il n’existait, en France, aucun livre complet sur « la technique de la production du froid ».
- M. E. Pacoret étudie d’abord à fond les divers types de machines frigorifiques, leur conduite et leur entretien. Il donne ensuite tous les détails nécessaires sur la distribution du froid et ses multiples applications (fabrication de la glace, conservation des denrées alimentaires, application du froid à diverses industries), etc. Les entrepôts et abattoirs frigorifiques sont l’objet d’une monographie spéciale. Enfin, l’ouvrage se termine par un chapitre sur les navires et wagons frigorifiques.
- Abondamment illustré, complété par de nombreux détails techniques et des devis d’installations réalisés dans divers pays, ainsi que par de nombreux tableaux numériques, cet ouvrage, qui se recommande par sa clarté, est certainement appelé à rendre de grands services à tous ceux, si nombreux aujourd’hui, qui ont à utiliser l’industrie frigorifique.
- Les lois scientifiques de l'éducation respiratoire, par Jules Amar, i vol. in-8°, 118 p., 26 fig. Prix : 9 francs.
- L’auteur rappelle les principes physiologiques de la respiration, montre le rôle de l’éducation respiratoire et ses effets dans la respiration pathologique, dans la respiration de fatigue et en milieu confiné et dans les exercices physiques.
- La vision extra-rétinienne et le sens paroptique, par Louis Farigoule, i vol. in-8°, 107 p. Editions de la Nouvelle Revue française, Paris. Prix : 10 francs.
- Avec une logique rigoureuse, un esprit critique aiguisé, l’auteur présente une découverte extraordinaire : la vision extra-rétinienne par la peau. Les yeux bandés, ses sujets et lui-même par\iennent, après un certain entraînement et un effort particulier d’attention, à reconnaître les formes et les couleurs. Diverses régions du corps présenteraient ce sens paroptique dont le siège anatomique serait des ocelles constitués par les ménisques ou terminaisons nerveuses héderi-formes déjà connus dans l’épiderme et dont la fonction restait jusqu’ici ignorée.
- Athènes moderne, par Fred. et Eri. Boissonnàs. Introduction par G.. Arvanitakis, i vol. in-40, 48 pi- Editions d’art Boissonnàs, Genève. Prix : 10 francs.
- Voir l'article paru dans le numéro 2482.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- INFORMATIONS
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- N° 2435
- 4 Décembre 1920.
- Avis de F Administration. — L’échéance du 3i décembre étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du décembre (n° 2438), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement (sans frais, par notre compte postal, n° 599) le montant de leur renouvellement avant cette époque et de joindre une des dernières bandes de la Revue. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée à partir du i5 décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant cette date, renouvelé ou donné ordre contraire.
- Depuis le ier décembre 1920, le prix d'abonnement annuel est ainsi fixé :
- France : 50 francs. Etranger : 60 francs.
- Ebullition, évaporation et tensions internes des liquides. — Est-il un phénomène plus commun, et par conséquent plus connu semble-t-il, que l’ébullition de l’eau ? Et pourtant, si vulgaire que paraisse cette opération, il est encore des particularités que nous ignorons.
- Si on fait bouillir de l’eau dans un ballon que l’on retire ensuite du feu, et qu’on arrose le ballon avec de l’eau froide, le liquide intérieur recommence à bouillir, et non à petites bulles, mais en produisant de grosses bulles qui se dégagent avec une force presque explosive. La raison, d’après S. Skinnès qui a étudié ce phénomène, est que la chaleur provient de l’intérieur de la masse d’eau et que l’adhérence entre le verre et l’eau a été diminuée par le refroidissement extérieur.
- Cette adhérence peut être mise en évidence par de nombreuses expériences. Un tube en U parfaitement propre, rempli de mercure, et retourné avec précaution, peut, même si la longueur est supérieure à 76 cm, ne pas présenter de rupture de la colonne de mercure. On a, dans une expérience, pu ainsi observer une colonne de mercure de 1 m. de haut; 76 cm étaient équilibrés parla pression atmosphérique, et le poids des 24 autres centimètres de mercure était équilibré par l’adhérence aux parois.
- Si l’on chauffe de l’eau dans un vase cylindrique en verre dont la surface extérieure est recouverte de caoutchouc ou d'huile, la température peut monter jusqu’à io5°, avant que l’ébullition ne se produise, puis, brusquement, elle se déclare.C’est le phénomène bien connu du retard à l’ébullition que l’on explique en admettant l’existence de tensions à l’intérieur du liquide.
- Parmi d’autres phénomènes intéressants, citons l’ébullition de l'eau dans uij récipient en papier graissé, l’ébullition n’ayant pas lieu si le papier n’a pas été traité, par suite de la formation d’une pellicule gazeuse mauvaise conductrice de la chaleur. On peut modifier l’expérience classique de la caléfaction dans laquelle intervient aussi -cette gaine de vapeur, de la façon suivante : on chauffe une lame métallique (en platine si possible) reliée à une des bornes du secteur électrique. On dépose sur cette lame une fois chaude'une gouttelette d’eau qui s’entoure immédiatement d’une enveloppe de vapeur, on plonge alors dans cette gouttelette un fil électrique relié à une lampe électrique ordinaire, dont le second fil est branché sur la borne libre- du secteur. Dans ces conditions, la lampe émet à peine une lueur rouge intermittente, le courant qui passe à travers la gaine de vapeur étant très faible. Si on supprime le chauffage, la lame métallique se refroidit, la gaine gazeuse autour de la gouttelette diminue, la lampe émet une lumière rouge, puis, brusquement, lorsque la gaine a disparu, la lampe reprend son éclat normal. De même dans l’extinction des incendies, il semble que l’eau agisse plutôt par l’évaporation intense des gouttes que par_ l’action de masse de l’eau froide.
- Les questions de tension interne que nous venons de rappeler ont une importance considérable dans les problèmes de lubrification, car il semble, en définitive, que l’action de l’huile se réduise finalement à l’activité d’une pellicule excessivement mince au contact du métal, peut-
- être même partiellement combinée avec les molécules superficielles, ces combinaisons étant de nature particulièrement instables, la pellicule étant soumise à des efforts de tension par suite du fonctionnement des appareils mécaniques.
- Une nouvelle préparation catalytique. — Lorsque Ion fait passer un mélange comprenant 2 volumes d’oxyde de carbone et 1 volume d’hydrogène sur de l’amiante imprégnée d’oxydes de cobalt ou d’osmium, et de soude caustique, la température d’expérience variant de 3oo à 42o degrés et la pression étant d’environ 100 atmosphères, on constate qù’il se produit de l’eau, de l’acide carbonique, du méthane, des hydrocarbures supérieurs, et des composés oxygénés, tels que les aldéhydes. Les hydrocarbures sont saturés ou non, et ont un point de fusion de 25o° environ.
- En ajoutant des composés nitrés ou sulfurés au mélange gazeux traité, on obtient des dérivés organiques nitrés ou sulfurés. Les catalyseurs de grande conductibilité calorifique, tels que les fils et tiges de métaux ou de carbures, principalement du groupe du fer, sont les plus actifs, il y a donc là une nouvelle méthode de préparation des carbures d’hydrogène et de leurs dérivés qui est susceptible d’un gros débouché industriel. Ajoutons que c’est la Badische Anilin und Soda Fabrik qui étudie actuellement ces réactions.
- Les mouvements verticaux de la Tour Eiffel. — M. Ch. Ed. Guillaume vient de rendre compte à la Société suisse de Physique qu’il a disposé, sur le 2e étage de la Tour Eiffel, un levier actionnant un enregistreur, et dont une extrémité était reliée au sol par un fil d’invar. L’appareil, muni d’un amortisseur destiné à ramener le levier au zéro lorsque le fil avait subi, par l’action du vent, un raccourcissement apparent, inscrivait, par une courbe continue, les mouvements verticaux des deux étages inférieurs de la Tour, dus aux changements de sa température.
- La comparaison de ces mouvements avec le diagramme thermométrique révèle un parallélisme qui s’étend jusqu’aux petits détails, montrant que la Tour, grâce à la légèreté de sa construction, suit très rapidement les changements de la température de l’air.
- Nouveaux paquebots géants. — Le Mouvement Géographique annonce qu’on va mettre en chantier aux Etats-Unis deux paquebots qui pourront traverser l’Atlantique en quatre jours, de Montauk-Point (Long-Island) à Plymouth. Ils auront 3o5 m. de longueur, io m. 65 de tirant d’eau, un tonnage de 55 000 t., et ils pourront filer 3o nœuds sous l’impulsion de quatre machines d’une puissance totale de 110 000 chevaux. Us seront aménagés pour transporter 4000 personnes, dont 3ooo passagers.
- Par leurs dimensions, ces nouveaux paquebots seront bien, selon la formule chère aux Américains, « the big-gest in the xvorld », car le Vaterland, dont les Allemands étaient si fiers et qui est devenu américain sous le nom de Leviathan, n’a que 274 m- 3o de long; Y Aqui-tania, lancé en 1-914, 264 m. 55; Y Olympia, a5g m. 70.
- Les deux nouvelles unités, construites et armées sous la surveillance du « Navy Departement », en partie sinon en totalité aux frais de l’Etat, seront classées en temps de guerre parmi les croiseurs auxiliaires.
- Les verres d’optique et la guerre. — La fabrication des verres d’optique était, avant 1870, essentiellement française. A dater de cette époque, l’Allemagne, résolue à produire elle-même, accorda une subvention annuelle de 200 000 marks à la verrerie d’Iéna, pour des recherches en vue de cette industrie. Elles conduisirent à la fabrication de verres d'optique en tous points semblables aux verres français. Elles aboutirent, en outre, à la création de verres nouveaux, qui permirent à la maison Zeiss la mise en pratique des nouvelles formules de Abbe. En 1914, l’Allemagne possédait dans ce domaine une suprématie mondiale.
- Cependant le sol de la France et. son industrie chimique ont toujours fourni les matières premières entrant dans la composition des verres d’optique. Nos sables, en
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- particulier, sont très recherchés ; nous en exportons d’assez grandes quantités)1).
- Pendant la guerre, un effort très méritoire a été fait par la verrerie Parra-Mantois, qui a pu fournir aux opticiens 90 tonnes de verres d’optique du ier août 1914 au ior juin 1916 (45 t. de iïint, t. de crown, 22 t. de crown-borosilicate). Tous ces verres étaient d’une parfaite homogénéité ; ils résultaient d’un choix effectué sur une production de 700 t. (2). Notre production des verres d’optique, qui était de 40 t. en 1913, fut de 140 t. en s916.
- Nous ajouterons, pour signaler l’importance de l’effort accompli, que la verrerie d’optique française a produit les quatre cinquièmes des verres utilisés par les Alliés. De ce fait, notre production d’appareils ou instruments divers (jumelles, objectifs photographiques, instruments d’observation) a été considérable (3oo 000 jumelles, par exemple, furent cédées à nos Alliés) ; elle a permis de fournir à l’armée américaine, au fur et à mesure de l’arrivée des troupes, tout son matériel d’optique.
- (Cii. Moureu, La Chimie et la Guerre.)
- Une nouvelle hypothèse sur l’origine des combustibles minéraux. — On attribue généralement aux combustibles minéraux une origine fossile ; les gisements de houille seraient des accumulations de végétaux engloutis au cours des révolutions géologiques du globe; le pétrole serait dû à la transformation daus des conditions analogues de masses de poissons. M. Rigaud, dans la Revue Scientifique, propose une hypothèse toute différente. Il assimile le globe terrestre à un bain de fonte incandescent à la surface duquel flotte une croûte solide analogue aux scories d’un haut fourneau. L’eau peut pénétrer à travers les fissures de cette croûte, et en raison de l’augmentation rapide de pression à laquelle elle est soumise en se rapprochant du centre du globe, elle descend et augmente de température sans se vaporiser; ainsi à 3ooo m. de profondeur, la température n’est encore quede ioo°, tandis que la pression pourrait atteindre 3oo atmosphères, c’est-à-dire correspond à une température d’ébullition de 5oo°. L’eau peut donc arriver au contact du bain incandescent, et y provoquer des réactions qui, suivant M. Rigaud, donneraient naissance aux combustibles minéraux. L’auteur appuie sa thèse sur l’étude des phénomènes volcaniques et la composition des gaz s’échappant des cratères des volcans, sur les nombreux dégagements d’hydrogène carboné que l’on observe dans la nature (grisou, feux follets). Le grisou, en effet, n’apparaît pas seulement dans les mines de houille; on a observé des explosions de grisou dans la mine de fer de Bouxviller en Alsace, dans celle d’Exincourt dans le Doubs, dans les mines de sel de Wieliczka, dans le percement du tunnel de Cabres en Vaucluse. M. Rigaud observe en outre que les venues pétrolifères sont en rapports évidents avec les cassures du sol et avec les grands systèmes de fractures de la croûte terrestre qui sont en même temps les axes volcaniques ; c’est ainsi qu’on les rencontre le long de la côte américaine du Pacifique jalonnée par les volcans du Chili, du Pérou, de Californie, de même sur l’axe volcanique des Antilles et de la Méditerranée, de même encore sur la ligne de dépression que dessine la Caspienne, la mer Morte, la côte Est de l’Afrique, et surtout au Nord du Caucase avec prolongement à l'Ouest et au Sud des Alpes de Transylvanie.
- Mais, objectera-t-on, les traces végétales et animales que l’on observe si abondamment dans les gisements houillers ne sont-elles pas une preuve indiscutable de leur origine organique? M. Rigaud répond que ces végétaux définissent exactement le climat qui régnait dans la région où ils se sont formés, et que celui-ci correspond à une température trop élevée pour permettre la formation de tourbières, et laisser subsister pendant plus d’un temps très court les tissus organiques
- 1. On ignore généralement, d’ailleurs, qu’avant la guerre, « les maisons françaises, en particulier la première d’entre elles, la maison Parra-Mantois, exportaient la moitié de leur production de verrerie d’optique. Une partie importante de celle-ci allait en Allemagne, où elle était transformée en objectifs photographiques et en appareils de toutes sortes qui nous revenaient ensuite avec des estampilles dont quelques-unes, assurément, étaient une garantie de qualité, mais dont une propagande habilement entretenue maintenait la réputation à une hauteur injustifiée ». De Gramont de Guiche, Revue Scientifique, 22 mai 1920.
- 2. Ajoutons que les verreries de Saint-Gobain poursuivent, en ce moment, des essais en vue de la préparation de verres spéciaux jusqu’ici fabriqués par la verrerie Chott, d’féna.
- morts surtout au contact d’un sol humide. -Ce serait donc une preuve de plus à l’appui de sa théorie ;-Jes réactions souterraines dont nous avons parlé plus haut donnent naissance à toute une série de bitumes; les débris végétaux et animaux sont vemts s’accumuler dans les nappes bitumineuses ainsi créées ; celles-ci ont permis leur parfaite conservation ; ce qui explique la présence de fossiles parfaitement conservés dans la houille actuelle.
- La conclusion de cette étude est rassurante pour tous ceux que préoccupent l’avenir de notre globe et de sa civilisation. On sait que les gisements connus de combustibles minéraux n’ont qu’une puissance assez limitée, et au taux actuel de l’accroissement de consommation, leur durée sera relativement courte; l’hypothèse de l’origine organique les fait apparaître comme des réserves d’énergie solaire accumulée au cours des révolutions du globe et dont l’épuisement est fatal; suivant l’hypothèse de M. Rigaud, ce serait au contraire de l’énergie empruntée à la chaleur interne du globe; la production des combustibles minéraux s’opérerait d’une façon continue dans les profondeurs souterraines des régions volcaniques.
- A propos de sirènes. — Dans le n° 2410 de La Nature, une question était posée au sujet des sirènes empaillées de certaines collections. Un de nos abonnés, M. Auguste Genin, de Mexico, nous adresse à ce propos la note et la photographie ci-dessous.
- i( La sirène représentée ici figure dans mes collections d histoire naturelle mexicaine. Elle m’a été vendue par un Japonais qui prétendait l’avoir trouvée dans l’Océan Pacifique et l’avoir conservée en vie pendant plusieurs
- jours. La sombre fatalité voulut que la soi-disant sirène mourût précisément la veille du jour où il me fut donné de la voir.
- « Avant cela et depuis, j’ai eu l’occasion de voir d’autres sirènes semblables qui toujours, étrange coïncidence, venaient de trépasser quand on les soumettait à l’attention des visiteurs. Aussi, savais-je fort bien qu’il s’agissait d’un subterfuge.
- « En effet, ma sirène est formée de trois parties : la tête appartient à un singe ; le buste et les bras très habilement truqués sont en carton-pâte revêtu d’une couche de colle de poisson à laquelle adhèrent des poils de singe mêlés à de la fibre de coton, particulièrement aux épaules et aux coudes, de telle sorte que cette végétation cutanée paraît semblable aux poils de la tête qui appartiennent bien à un singe. Les ongles ou griffes des doigts proviennent également' d’un quadrumane de petite espèce. Quant à l’arrière-partie du corps, c’est-à-dire delà ceinture à la queue, c’est un poisson empaillé.
- Les endroits où cette partie adhère au reste sont réunis avec beaucoup de soin et recouverts également de poils et de coton. L’ensemble est bien fait pour tromper les gens qui le regardent superficiellement, mais l’objet ne résiste pas à un examen approfondi. C’est tout simplement un truquage. »
- Une enseigne lumineuse monstre. — En vue défaire de la réclame pour ses divers articles : roues à disques en acier et essieux pour auto-camions, ponts-arrières, différentiels, mèches spéciales, etc. ,1a firme «Clark Equip-ment Company », de Buchanan (Michigan), a fait établir une enseigne électrique n’ayant pas moins de 55 m. de long et 12 m. de hauteur en sa partie la plus élevée.
- Cette enseigne qui serait l’une des plus grandes des Etats-Unis est éclairée la nuit par 12 lampes à azote de y5o watts et peut être aperçue de toutes les directions de la ville à une distance de près de 4 km. Sa construction a exigé l’emploi de 4060 m. de poutre, 885 m. de fil électrique et i36 feuilles de métal galvanisé.
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- T. S. F. DES AMATEURS
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- CONSTRUCTION D’UN POSTE D’ÉMISSION SUR ONDES ENTRETENUES ET D’UN TRANSMETTEUR DE TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Nous étonnerons peut-être quelques amateurs de T. S. F. en leur apprenant que le moins compliqué et le plus avantageux des procédés de transmission radioélectrique est celui qui utilise les ondes entretenues; mais le simple examen du dispositif de la figure i où nous avons représenté aussi clairement que possible les
- Condensateur fixe
- Bobine
- Bob/ne
- de
- p Jaques
- |i Microphone
- Fig. i. — Poste à ondes entretenues (télégraphie et téléphonie).
- différents organes d’un émetteur d’ondes entretenues permettant l’échange de conversations à plus de io km et l’envoi de télégrammes à plus de 60 1cm avec une source électromotrice de 3oo volts et une batterie d'accumulateurs donnant 6 volts, suffira, pensons-nous, pour les convaincre.
- Nous avons vu dans les chapitres précédents que l’entretien d’oscillations dans un circuit de réception est une opération fort simple; or, ces oscillations peuvent être également produites le long d’une antenne et leur pouvoir de rayonnement est très important.
- Dans la télégraphie par étincelles, les vibrations de l’antenne sont très amorties et la durée totale de toutes
- les oscillations rë-Antenne sultant d une- étin-I I celle est excessivement brève comparée au temps qui sépare deux étincelles consécutives. A cause de ces longues périodes derepos durantles-quellesle radiateur reste inerte, il est indispensable , pour obtenir une puissance moyenne notable, de mettre en jeu d’énormes puissances instantanées; au contraire, en entretenant constamment
- les oscillations de l’antenne il n’y a plus de moment de repos perdu et on obtient la même puissance moyenne avec des valeurs instantanées infiniment plus petites.
- A ce bénéfice vient encore s’ajouter, à la réception, celui de l’amplification naturelle des signaux par l’hétérodyne; ainsi de grandes portées de télécommunication sont pratiquement réalisables, grâce aux ondes entretenues, avec une source d’énergie presque infime.
- Notre petit poste émetteur, dont la figure a donne le schéma de principe, est à trois lampes, il peut servir pour la télégraphie comme pour la téléphonie sans fil, fonctionnant en hétéi’odyne, il permet encore la réception des ondes entretenues.
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- Schéma cl’mi poste émetteur à lampes.
- Le dispositif est constitué de la manière suivante :
- Une bobine de self B est intercalée à la fois dans l’antenne et dans le circuit-plaques des trois lampes montées en parallèle ; ce circuit comprend également une source de courant continu à 3oo volts, relice par sou pôle positif aux plaques et shuntée par un petit condensateur au mica. Le courant se ferme par l’intervalle qui sépare les filaments et les plaques des lampes.
- Le circuit de grilles comprend, outre l’espace entre les filaments et les grilles, une seconde bobine de self b.
- Un manipulateur I est intercalé sur le fil commun aux deux circuits et qui relie les bobines B et b au pôle négatif des accumulateurs de chauffage" des filaments.
- Un condensateur variable à air, de faible capacité, a ses armatures respectivement reliées à l’entrée des bobines de plaques et de grilles.
- Un microphone shunté par une petite self court-circui-table est monté sur le fil qui réunit la bobine B à la bobine b.
- Pour télégraphier, on court-circuite le microphone. Si l’on appuie alors sur le manipulateur, le courant à 3oo volts passe brusquement dans l’espace filament-plaque et dans la bobine B, il détermine dans celle-ci une force électromotrice de self-induction qui amorce l'oscillation de l’antenne. Cette oscillation produit des variations périodiques de la tension de grille et par suite des variations périodiques de l’intensité du courant dans le circuit de plaque. La force électromotrice de self-induction dans la bobine B entretient l’oscillation de l’antenne.
- La réception des signaux émis se fait au moyen d’une hétérodyne.
- Pour. téléphoner, on enlève la connexion qui court-
- fcreLampe Ze Lampe 3e Lampe
- Fig. 3. — Montage de 3 lampes en parallèle.
- circuile le microphone et on bloque le manipulateur sur son plot de transmission; l’antenne entre eu vibration et devient le siège d’oscillations entretenues. Il suffit alors de parler devant le microphone pour que les variations de résistances de ce dernier altèrent plus ou moins la valeur de la self intercalée entre ses bornes et déterminent ainsi dans le circuit d’antenne des changements d’amplitude suivant fidèlement les vibrations de la parole, par conséquent de fréquence sonore et susceptibles d’être perçus dans un récepteur ordinaire de T. S. F.
- Nous allons examiner séparément chacun des orgaues qui composent le poste émetteur à ondes entretenues en négligeant toutefois les détails de construction qui auraient été donnés dans le cours des chapitres précédents.
- Lampes émettrices et leur montage en parallèle. — On adoptera de préférence, pour l’émission, des lampes à filament renforcé, des lampes « Métal », par exemple; mais à défaut on pourra utiliser des tubes à vide d’un modèle courant eu prenant soin, dans ce cas, pour ne pas brûler les filaments, de régler la tension du courant de chauffage entre 4 et 5 volts.
- Les lampes étant convenablement placées sur leur support, on réunit par une connexion commune les bornes de plaques, par une autre connexion les bornes de grilles, puis on relie respectivement les extrémités de même pôle des filaments par des conducteurs de r mm de diamètre environ. Toutes les connexions doivent être courtes et être soigneusement isolées les unes des autres.
- Aucune erreur de montage n’est possible si l’on prend pour guide le schéma de la figure 3.
- Bobine de plaque et bobine de grille. — Deux bobines de self quelconque peuvent remplir l’office de bobine de grille et de bobine de plaque à la condition toutefois que les deux enroulements soient de sens different.
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- T. S, F. DES AMATEURS
- En employant deux bobines à curseur, cela permet d’obtenir des réglages précis avec différentes longueurs d’ondes; en général, et lorsque les bobines sont faites de même fil, un accord favorable du circuit de grille exige un nombre de spires presque double du nombre des spires
- en jeu dans la bobine de plaque.
- , Yoiciles dimensions des bobines qui nous ont donné les meilleurs résultats (télégraphie plus de 80 km, téléphonie 12 km) sur une antenne à deux brins de 60 m.de longueur, éloignés l’un de l’autre de 3 m. environ et tendus horizontalement à 9 m. de hauteur.
- Chaque enroulement a pour support une carcasse de carton paraffiné de io cm de diamètre et 12 cm de hauteur. La bobine-plaque, enroulée de gauche à droite, comprend environ 80 spires de fil de cuivre 9/10 isolé à la soie (deux couches) et gomme-laqué; la bobine-grille, enroulée de droite à gauche, comprend environ (140 spires de fil de cuivre 4/10 isolé à la soie et gomme-laqué.
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- <&-...JQ\._______1°}
- f ig. 5.— Plaque d’armatnro Fig. 6.— Plaque d’armature fixe. mobile.
- Souton isolant
- Dorne de formâture fixe
- irne de ièrmature
- •7 mobife
- Fig. 4- — Petit' condensateur rotatif.
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- LMaaAaAAAAAAaaaaaAaAAAaaaaaaaa4
- Ces deux enroulements ne sont pas réglables et sont intercalés entièrement dans leur circuit ' respectif ; ils doivent être suffisamment éloignés l’un de l’autre pour qu’aucune réaction mutuelle ne soit possible entre eux, une distance de 20 cm est très suffisante pour cela.
- Condensateuritariable. — Le condensateur variable K destiné à l’accouplement des bobines de grille et de plaque
- doit avoir une j£û----------capacité d’au-
- tant plus faible que les ondes émises sont plus courtes — sans toutefois qu’un réglage
- très précis soit de rigueur — comprise entre o et 1/10.000 (un dix-millième) de microfarad, cette capacité suffit largement au réglage du poste qui nous intéresse. L’emploi d’un condensateur tropimportant serait de nature à compromettre l’accrochage d’oscillations dans l’antenne.
- On trouve couramment dans le commerce des condensateurs rotatifs de petite capacité vendus à des prix abor-
- ' dables; mais il
- fillill
- Fig. 7.
- Tigo filetée et écrou.
- . filetée
- Fig.
- Montage des plaques fixes.
- est facile de cons truire soi-même ces appareils.
- Nous avons re présenté sur h figure 4, conve nablement groupées, les parties essentielles d( l’instrument ï réaliser.
- Dans un < feuille de zin< ou d aluminium
- d’un millimètre ou d’un demi-millimètre d’épaisseui on découpe des secteurs tracés d’après les croquis de figures 5 et 6 et en nombre plus ou moins grand suivai la capacité qu’on désire obtenir avec eux. Quatre plaque du type A destinées à constituer l’armature fixe et troi plaques du type B destinées à l’armature mobile donner une capacité suffisante au petit condensateur de cor plage à utiliser avec notre poste à ondes entretenues.
- Les angles et les arêtes de chaque lame doivent êtr légèrement arrondis et les surfaces ne doivent présente
- Support dup/yot
- fete de pivot cy/indntjue
- 9. — Montage des plaques de l’armature mobile.
- aucune aspérité susceptible de meflre les armatures en court-circuit.
- L assemblage des plaques en bloc se fait au moyen de, petites tiges filetées de 2 mm de diamètre (fig. 7) qu’on trouve avec
- des écrous calibres Couvercle, du co/fret
- chez, tous les quin- \ /n(jex
- cailliers.
- Chaque lame est embrochée par un oeillet (armature mobile) ou par deux œillets (armature fixe) d’un diamètre de 2 mm 1 /a sur les tiges filetées où les écrons de serrage la maintiennent solidement. Il importe que toutes les plaques soient rigoureusement parallèles, aucune autre précaution ne complique la construction de l’armature fixe; mais en ce qui concerne l’armature mobile, quelques corrections d’ajustage sont, en plus, nécessaires. C’est ainsi que l’extrémité inférieure de la tige filetée, qui porte les plaques mobiles et leur sert d’axe de rotation, doit avoir ses filets enlevés à la lime pour devenir une tête de pivot cylindrique capable de tourner à frottement doux dans l’orifice ménagé au centre d’une rondelle ou d’une petite plaque métallique (fig. 10)'qui se fixe sur le fond du coffret protégeant les organes du condensateur. Cette rondelle doit avoir une épaisseur convenable pour que les plaques mobiles alternent régulièrement et sans con tact avec les plaques de l’armature fixe.
- (A suivre.) Franck Duroquier.
- Fig. 10.
- Ronclollo-snppoiT ch; Taxe üc l’aniuum-u mobile.
- qg'î'S, Jouets
- Jeu de construction métallique « Mobilo ». —
- Yoici un jeu de construction avec lequel les enfants pourront se distraire sans le secours des parents.
- Mobilo se compose en tout et pour tout de 3 pièces différentes qui sont : la barre ; la roue; la bride (fig. ii).
- En combinant ces trois éléments, on arrive à reproduire n’importe quelle construction. Son principal avantage, à part son extrême simplicité, réside dans le système d’assemblage qui supprime les boulons, les écrous et partant le tournevis. Plus de danger donc de se blesser, l’enfant n’ayant à manier qu’une simple clef s’emboîtant sur la vis delà bride. Cette vis ne s’enlevant jamais de la bride ne peut se perdre.
- Un deuxième avantage de cette bride, c’est que lorsque l’enfant doit démonter une construction, il lui suffit de donner en sens inverse un seul tour de clef à chaque vis, pour qu’instantanément toutes les pièces soient libérées.
- Les pièces sont en acier nickelé, ce qui donne aux constructions Mobilo un cachet d’élégance auquel d’ailleurs contribue la finesse des barres.
- Mobilo est vendu dans un Fi x r. _ Lcs trois p;èces emballage soigné, il existe ciu C( Mobilo ».
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- différentes, comportant de 64 à 4<>8 pièces. Dans chacune d’elles se trouve un luxueux manuel de 48 pages expliquant clairement tous les assemblages qu’il est possible de réaliser et donnant une reproduction photographique d’un très grand nombre de modèles.
- Le jeu Mobilo, de fabrication française, est breveté dans tous les pays. Il est en vente dans les grands magasins et dans les maisons de jouets,
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- VARIETES
- Procédé simple et rapide pouï* avoir l’heure exacte. — Dans son numéro du 17 juillet dernier La Nature publia un article indiquant un moyen d’obtenir l’heure exacte sans instruments et sans calculs.
- Le système que j’emploie, pour avoir l’heure exacte, est bien plus simple, car il n’y a pas d’épure à faire, ni de compas, règle, équerre et rapporteur à manœuvrer.
- fl suffit d’avoir un fil et un annuaire donnant les ascensions droites des étoiles et le temps sidéral à midi légal de chaque jour. La Connaissance des Temps ou Y Annuaire du Bureau des Longitudes fournissent ces deux données.
- Le fil doit être tendu du haut en bas d’une fenêtre ayant vue sur le sud, et la verticalité du fil doit être assurée, au moment de l’installation, par le contrôle d’un fil à plomb.
- Lorsqu’on veut connaître l heure exacte, il faut, avrnnt de procéder aux calculs, choisir, dans le ciel étoilé, une* étoile facilement visible et qui, dans la direction du sud, traverse le fil dans la soirée à une heure convenant à l'observateur.
- Ensuite :
- i° Chercher dans l’annuaire l’ascension droite de l’étoile choisie ;
- a0 Retrancher de cette ascension droite le temps sidéral à midi légal du jour de l’observation;
- 3° Retrancher ou ajouter l’écart en temps de longitude entre Greenwich et le lieu de l’observation (retrancher si le lieu est à l’est de Greenwich ; ajouter, au contraire, cet écart si le lieu est à l’ouest). On trouve l’écart en temps en divisant par i5 l’écart en degrés. Ldécart en temps entre Greenwich et le lieu d’observation est égal à oh 0)m iT plus ou moins l’écart de longitude en temps mire Paris et le lieu d’observation (plus si le lieu est à l’est de Paris, moins si le lieu est à l’ouest de Paris).
- 4° Retrancher, enfin, une petite correction établie comme suit : — les trois opérations précédentes donnent l’heure assez approximative du passage de l’étoile. Ce passage a lieu un certain nombre d’heures après midi légal. La correction à retrancher est de 1 minute pour 6 heures.
- 10 secondes pour 1 heure.
- 1 seconde pour 6 minutes.
- Ainsi si le passage a lieu à ç),l25m du soir, la correction est de i"'+ 3os + 4% soit 11,134S.
- Tout ceci fait, on a l’heure exacte à laquelle l’étoile doit couper le fil, et il ne reste qu’à observer le passage et mettre sa montre à cette heure-là si elle n’y est pas.
- Mais, naturellement, il faut, tout d’abord, connaître très exactement quel est, vu de la fenêtre, le point de l’horizon qui correspond au sud précis. Il suffit, pour le connaître, de demander par téléphone à l’Observatoire le plus proche d’avoir l’obligeance de vous donner l’heure légale exacte. Les Observatoires donnent ce renseignement très volontiers et gratuitement. On peut aussi s’adresser à un poste de T, S. F. s’il en existe un dans la localité habitée par l’observateur. Enfin, l’heure intérieure d’une grande gare peut, à la rigueur, servir, mais c’est moins précis.
- Le jour où on a pu, soit par l’Observatoire, soit par la T. S. F., soit par la gare, se procurer l’heure exacte et régler sa montre, on calcule quelle doit être, le soir, l'heure du passage de l’étoile derrière le fil. Un peu avant l’heure trouvée, on regarde 1 étoile en la mettant sur le fil. On la suit avec l’œil en la maintenant sur le fil. On se fait prévenir, par une personne toute voisine, de l’instant précis où la montre, bien réglée, marque 1 heure du passage donnée par le calcul. A ce moment-là, on ne bouge plus, on laissé l’étoile quitter le fil en continuant sa course, et on regarde, sans bouger, sur
- quel point de 1 horizon pouvant servir de repère passe le fil. On note soigneusement ce point. On n’a plus, alors, pour les observations futures, qu’à faire coïncider le fil avec le point repéré sur l’horizon pour avoir la direction absolument exacte du sud. On possède ainsi une parfaite méridienne, que le centre du soleil traverse à midi vrai du lieu d’observation.
- Yoici un exemple indiquant, chiffres à l’appui, la marche à suivre pour avoir l’heure exacte à chaque observation.
- A Saint-Etienne (Loire), la différence de longitude avec Greenwich est de ol’i7m33B à l’est.
- La veille ou l’avant-veille du jour d’observation (31 juillet 1920), j’ai constaté qu’une étoile assez brillante passe au sud vers les 10 heures du soir. Cette étoile est a d Ophiucus (Rasalaghe). Cette heure me convenant pour observer, je cherche dans la Connaissance des Temps quelle est l’ascension droite de cette étoile et quel est le temps sidéral, ce 3i juillet, à midi moyen de Greenwich (midi égal). Je trouve :
- A\= i7h3im if TS = 8’135m i3\
- Mes calculs s’établissent alors ainsi :
- /R — TS — oh 17 “ 33s —: correction,
- soit /R 17U 3 rm
- TS 8h 35m i35
- 811 5 61,1 4S.
- Ecart de longitude oh 17m 33s,
- 8h38m3i:
- correction oh im25s
- 8h 3m 6* heure de passage.
- Je sais donc que, le 3i juillet 1920, en maintenant -par la vision le fil sur le repère de l’horizon, il sera 8h 37“ 6b du soir lorsque l’étoile a d’Ophiucus traversera le fil, et si ma montre n’indique pas cette heure, je l’y mettrai. (Tenir à la main une montre compte-secondes dont on déclenche l’aiguille trotteuse au moment où on constate le passage de l’étoile derrière le fil.)
- Dans les calculs précédents, une donnée ne varie jamais : c’est l’écart de longitude.
- Tant qu’on ne change pas d’étoile (et une étoile peut servir pendant quinze jours), la donnée de l’ascension droite ne varie pas non plus.
- Seule varie chaque jour l’heure sidérale à midi légal. Elle avance chaque jour de 4 minutes moins 4 secondes environ.
- Comme on le voit l’ensemble des calculs pour obtenir l’heure exacte est des plus simples et des plus rapides à effectuer.
- La distance zénithale de l’étoile n’entrant pas en jeu, la réfraction n’a pas à intervenir. 11 n’y a pas, non plus, de papier à maintenir bien horizontalement, ni de longueurs d’ombres à mesurer, ni de nœuds à faire au fil à plomb. D’ailleurs, le fil à plomb est remplacé par un fil fixé définitivement. Pour que ce fil ne subisse pas des variations de tension par suite de la chaleur ou de l’humidité, le mieux est de le faire passer, au sommet de la fenêtre, dans l’anneau d’un petit piton placé la boucle en bas, puis dans 1 anneau d’un second piton placé à côté et à unè certaine distance du premier, de laisser pendre le brin sortant du deuxième piton et d’attacher à l’extrémité libre de ce brin un corps un peu lourd. De cette façon le fil sera toujours tendu également,
- Depuis longtemps je me sers de ce système d’un simple fil vertical pour avoir l’heure exacte, et j’en suis toujours très satisfait. Je ne crois pas que, pour un amateur, il y ait un procédé plus simple. G. Bodakt.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- QJfc..
- Peinture ignifuge économique. — Yoici, d’après la revue Y Usine, la recette d’une peinture ignifuge efficace et économique. On mélange à sec, intimement a5 kg de sulfate de baryte pulvérisé et 1 kg d’oxyde de zinc; à ce mélange, bien homogène, on ajoute 20 litres d’eau. Par
- malaxage, on obtient une pâte à laquelle on ajoute enfin a5 kg de silicate de potasse 3o° B. (avoir soin de ne pas toucher ce produit avec les mains).
- On donne 2 ou 3 couches de cette peinture sur les bois à protéger, en ayant soin de laisser sécher la couche
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- précédente avant d’appliquer la suivante. Remuer souvent parce que le pigment étant très dense se déposerait rapidement. Cette peinture ne se conserve pas toutefois plus de trois jours; on peut la teinter par l’addition d’une faible proportion d’une couleur minérale délayée au préalable dans un peu d’eau.
- Comment déterminer rapidement la vitesse d’un arbre. — On n’a pas toujours à sa disposition un compte-tours qui permette de mesurer la vitesse d’un arbre, valeur qu’il est intéressant de connaître même
- quand il s’agit de petites ma-n sp/rei chines d’amateur.
- f Il est facile d’y remédier en
- se munissant d’une montre et jJ 3rbre ! d’un crayon tendre. Quand la JJ rotation est à sa vitesse nor-
- JJ male, on met le crayon dessus
- J/ crsYon l’arbre et on le déplace suivant
- A/ ‘ l’axe de manière qu’il trace
- Âf une hélice à peuprès régulière.
- ™ On maintient le crayon au con-
- tact pendant une dizaine de secondes, d’après la vitesse à mesurer. On calcule le nombre n de spires qu’on a tracé et en divisant par le nombre t de secondes qu’on a repéré au moyen de la montre, on trouve de cette façon
- la vitesse cherchée, soit -• t
- Réparation^des bacs d’accumulateurs. — Quand un bac d’accumulateur fuit, le mal vient souvent de ce que les plaques en celluloïd formant le bac se décollent à leur point de soudure, à la suite de secousses plus ou moins fortes. Il arrive fréquemment aussi qu’il se produit une fêlure au milieu même de la paroi.
- On remédie facilement à une fuite de coin en vidant le bac de son électrolyte, puis en recollant les parties à l’aide d’une colle spéciale constituée par des déchets de celluloïd, qu'on a dissous dans un peu d’acétone.
- Dans le cas d’une fêlure, on se contente quelquefois de l’enduire sur tout son parcours avec une assez forte couche de colle, mais cette réparation est de courte durée, car la colle au contact de l’acide se désagrège en très peu de temps ; le bac fuit de nouveau.
- Pour exécuter une réparation durable dans ce cas, on prend une vieille pellicule photographique qu’on débarrasse de la couche gélatineuse qui la recouvre; on avive la surface avec du papier émeri très fin, on procède de la même manière sur la partie fêlée du bac, puis on enduit la pellicule ainsi préparée de colle à l’acétone. On applique le tout sur la partie à réparer et on fait
- pression avec la main pendant quelques instants pour faciliter l’adhérence.
- Après séchage, on obtient une réparation étanche, solide et durable.
- Celte opération est très simple, elle ne demande que peu de préparatifs : avec quelques morceaux de pellicules dans le coffre, le chauffeur peut en cas d’accident réparer sur la route la batterie à peu de frais et plus rapidement presque que pour une réparation de chambre à air.
- Nettoyage des façades en briques apparentes. —
- Le journal The British C-layworker indique à cet effet un mélange d’ammoniaque liquide, de savon mou, et de pierre ponce en poudre. Si les briques sont fortement décolorées, un sérieux brossage doit être fait préalablement.
- Ce procédé, au dire du journal anglais, aurait sur celui au jet de sable l’avantage de ne pas dégrader ni décolorer les briques.
- Cire pour moulage du cuir. — Les Industries du cuir donnent la recette suivante pour préparer une cire avec laquelle on double les cuirs en relief, dans le but d’augmenter leur solidité :
- Farine ou fécule.............. 10 p.
- Térébenthine de Venise ... 10 p.
- Cire d’abeille..................40 p.
- Elémi...........................5o p.
- Mélange à préparer au bain-marie. [Revue de chimie industrielle.)
- Ciment caoutchouté « Immédiat ». — Ce ciment caoutchouté, qui est une sorte de soudure autogène du caoutchouc, fait corps avec l’objet réparé avec une adhérence telle qu’il est impossible de l’arracher sans endommager les alentours de ladite réparation. Il supprime dès lors la vulcanisation et remplace la pièce, laquelle a le défaut d être longue à poser et demande beaucoup de soins, sans que l’on soit toujours certain de l’adhérence.
- L’ « Immédiat » s’emploie sur la route, car il ne demande pas de préparation spéciale; pour faire une réparation ordinaire, 3 minutes suffisent, et il n’est pas nécessaire d’attendre qu’il soit sec pour se remettre en marche, qu’il s’agisse d’un vélo, d’une moto ou d’une automobile.
- Avec lui, on a pu réparer un éclatement de o m. 10 de longueur à une chambre à air de roue arrière d’aulo et repartir immédiatement après.
- Fabricant : Société l’Immcdiat, 22, avenue des Canadiens, Joinville-le-Pont (Seine).
- JfeD
- 1gO
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L'abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent au service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. I! est rappelé qu’en r.ûson des recherches le plus souvent nécessaiies et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Chariot transporteur élévateur Lakewood, Allen Machinery, 19, rue de Rocroi, Paris.
- Réponses. — T. S. F. — M. Pux, à Montmorency. — t° Nous avons parlé des signaux Aldëbaran dans le n° 2410 de La Nature, page 177. Ces signaux ne sont plus émis, l’aviso Aldébaran ayant terminé sa croisière;
- . 20 Le paraffinage d’un enroulement se fait en répandant à l’aide d’un gros pinceau de la paraffine très chaude sur le fil bobiné;
- 3° Nous ne pouvons vous renseigner sur l’identité du poste dont vous percevez les signaux, vos indications sont trop vagues. Essayez de prendre l’indicatif de la station, cela nous permettra de vous donner sa situation et de vous renseigner sur son genre de trafic ;
- 4° Le poste de Bordeaux (Croix d’Hins) procède encore en ce moment à des essais de transmission transatlantique ;
- 5“ Nauen transmet à i3 h. 3o sur entretenues de gSoo m. ou de 4^00 m. ; un deuxième poste de Nauen transmet àla même heure sur entretenues de 12600 m., de même à 20 heures.
- M. Dclahàye, à Lille. — La résistance des écouteurs de T. S. F. doit être calculée d’après la'résistauce du circuit détecteur dans lequel ces écouteurs sont utilisés. Avec un détecteur électrolytique, on emploie généralement des écouteurs de 4 à 5ooo ohms ; avec un détecteur à galène ou à cristal présentant une faible résistance ohmique, on se contente d’écouteurs de 200 à 5oo ohms; dans les circuits de plaque des tubes à vide, on utilise des téléphones de 5 à 10000 ohms de résistance. Il est prudent toutefois de ne pas tabler uniquement sur la valeur de la résistance pour faire choix d’un téléphone de T. S. F.; cette résistance n’étant pas-nécessairement une garantie de sensibilité.
- M. A. W. Beeringen. — Nous vous donnerons satisfaction très prochainement en consacrant un article à la radiogoniométrie et à la réception sur cadre. Pour les ondes courtes, il y a avantage à utiliser des cadres de grandes dimensions portant quelques spires de fil très espacées ; les petits cadres à spires plus nombreuses et plus serrées conviennent aux ondes de grande longueur.
- M. Ed. Moerlen, à Mulhouse. — i° Le chauffage du
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- BOITE AUX LETTRES
- filament exige du courant continu; employez, de préférence, de bons accumulateurs ayant une capacité de 40 à Go AH ;
- 'i° Le schéma de montage de votre transformateur est rationnel, employez des écouteurs de 5oo à 1000 ohms de résistance montés en série et supprimez ce transformateur qui absorbe en pure perte une quantité notable d’énergie.
- M. A. Major, à Paris. — i° Nous procédons en ce moment à des essais sur cadre; nous vous renseignerons exactement à ce sujet;
- 20 Vous trouverez des aimauts de toutes formes et dimensions chez Garalp et Laur, 55, boulevard Auguste-Blanqui, à Paris; choisissez, pour construire votre relais, un aimant de 10 cm de hauteur, 7 de largeur totale à la base du fer à cheval, et de 1 cm d’épaisseur; vous pouvez, d ailleurs, demander un aimant à armatures échancrees pour relais à cadre. La petite bobine porte environ 100 m. de fil 3/ïoo. Nous détaillerons prochainement la construction d un x’elais .à cadre galvanomé-trique ;
- 3° Le cohéreur Duroquier à bille est très facile à construire, mais sa grande sensibilité exige l’utilisation d’un potentiomètre; les premiers modèles ont été construits par la maison Louis Ancel, 91, boulevard Pcreire, à Paris.
- 4092, Lillebonue. — i° Une amplification trop forte dénature sensiblement la valeur des sons en téléphonie sans fil. Toutes les syllabes ne produisent pas, en effet, sur le microphone de l’émission des variations de résistance électrique en accord avec la hauteur des sons produits; les voyelles a ou o, par exemple, provoquent de grandes variations de résistance, tandis que la voyelle i en produit de beaucoup plus petites. Si on règle l’action du microphone de façon à atteindre la variation d amplitude maxima pour les voyelles a ou o, la voyelle i se trouve devenir moins active et il en résulte, après amplification, une déformation très accentuée de la voix, comme vous l’avez très justement remarqué.
- 2“ Voici l'horaire des grands postes européens Paris FL :
- 411 3o — 8.000 m,. entretenues 11'1 00 — 3 200 m. amorties i9'‘oo— 8.000 m. entretenues lande.
- Lyon YN :
- 31’ 3o — i5.5oo m. entretenues : 51'3o —i5.5oo m. entretenues: 8h 3o — i5.5oo m. entretenues équatoriale.
- i9hoo — i5.5oo m. entretenues: Orient.
- Nauen POZ :
- 13 *' 3o— g.5oo m. entretenues 201'00— 9.500 m. entretenues 2.3'1 00 — 12.600 m. entretenues Poldliu MPD : ihoo— 2.800 m. amorties Horsea BYC
- oh 00— 6.000 m. entretenues . i2hoo— 6.000 m. entretenues 201' 00— 6-oco m. entretenues :
- Carnavon MUU : i6h3o — 14.000 m.
- Budapest HB : i9h00 — 3.6oo m.
- Varsovie WAR
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- : presse pour la Russie. :presse.
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- d’information, pour la Grèce, pour l’Afrique
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- . Moscou MSK
- 2.100 m. amorties
- 3h 00 1 ih3o 13U 00 i8u 00 22'13o 23hl5
- 5.ooo m. amorties 5.ooo m. amorties 5.000 m. amorties 5.000 m. amorties 5.ooo m. amorties 7.608 m. entretenues:
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- =presse en anglais.
- : presse en russe.
- : presse en français.
- 3° La réception graphique des radiotélégrammes exig un dispositif assez compliqué que nous ne pouvons dé crire ici, mais au sujet duquel vous trouverez toutes le indications dans notre prochain manuel qui paraîtr chez Masson.
- l)r Sioops, à Bruxelles. — Dans le dispositif hétérodyne représenté figure 8 dans l’article de La Nature du
- 7 août 1920, les. deux enroulements B et b doivent être bobinés en sens inverse Fun par rapport à l’autre.
- M. R. Pioch, 31° rég. d infant. — D’une façon presque générale,, la résistance est chose « indésirable » dans les circuits de T. S. F. Le rendement de votre appareil sera donc médiocre si vous utilisez pour sa construction du fil. i5/ioo; tenez-vous aux données de notre article sur .1 hétérodyne et si vous ne désirez recevoir que 1 émission amortie de FL, vous pouvez réduire de plus de moitié la longueur du fil bobiné sur chaque enroulement.
- Comte de La Boulaye. — Le petit compensateur permet de faire réagir la première grille sur la première plaque, avec un grand nombre de lampes, vous déterminerez par expérience les connexions les plus favorables.
- M. Castre, à Lyon. — Le fait de placer le condensateur réglable entre les appareils et la ligne d’éclairage supprime tout danger de recevoir le courant dans les doigts lorsqu on touche aux connexions du récepteur et qu’on est soi-même mal isolé du sol.
- Employez un condensateur variable à air de 0,0025 mf environ.
- 3f. Pierre Belle faye, à Àngoulême. — Il est préférable d employer des piles pour le circuit de plaque et des accumulateurs pour le chauffage du filament. Le courant continu à no volts est utilisable, mais donne de très médiocres résultats sans compter que son utilisation com-
- plique le montage de l’hétérodyne et rend le dispositif peu pratique; voici à tout hasard un schéma de montage avec courant de 110 volts servant à la fois au chauffage du filament et à la tension de plaque (en L est montée une lampe de 16 bougies 110 volts).
- Prince V. S., île de la Réunion. — Nous vous conseillons d’adopter le dispositif hétérodyne décrit dans les nos 2417 et 24.18 de La Nature. Disposez votre antenne en nappe horizontale.
- M. Vandenbonhe, à Montana. — L’appareil le plus simple et le plus pratique pour apprendre seul et rapidement la lecture au son est, à notre connaissance, le Morsophone de Ch. Schmidt de Bar-le-Duc. »
- Le dictamorse est un véritable manipulant automatique très répandu en Angleterre où il est construit. M. le Professeur de physique de l'Ecole de Théologie de Poitiers possède un dictamorse qu’il céderait à bon compte à un amateur désireux d’apprendre seul la lecture au son.
- M. F. Pagliari, à Milan. — Une batterie de 20 éléments de piles de lampe, de poche peut vous faire un long service. Nous avons utilisé pendant plus de 6 mois la même batterie sur un amplificateur en service une heure par jour.
- M. Léon Jéquier. — i° Nous ne pouvons vous donner les renseignements demandés dans la Boîte aux lettres, en raison du peu de place dont nous y disposons; mais nous vous donnerons satisfaction en consacrant un prochain article à la confecti >n de transformateurs d’induction utilisables pour la transmission en T. S. F ;
- 20 Les arbres ne constituent que des collecteurs d’ondes de fortune, leur rendement est très médiocre; employez une antenne classique;
- 3° L’ouvrage de M. Duroquier, cité d’autre part, est tout à fait à la portée des amateurs;
- 4° Vous trouverez des lampes à 3 électrodes chez Radiguet et Massiot, boulevard des Filles-du-Calvaire. Ces lampes .valent de i5 à 25 francs, selon la marque; nous vous recommandons les marques « Métal » et « Fotos » adoptées par la Radiotélégraphie militaire. Vous trouverez également de bonnes lampes à la Société Indépendante de télégraphie sans fil, 26, rue de la Boétie.
- M. Géo Dombre, à Levallois-Perret. — Vous trouverez
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- les renseignements et conseils que vous cherchez dans l'ouvrage suivant : Eléments de T. S. F. pratique, par F. Duroquier, en vente aux bureaux de La Nature : prix actuel : 9 francs.
- M. René Cli., sapeur radio, à Toui. — Vous ne pou-
- vez pas utiliser pratiquement le courant alternatif redressé pour la tension de plaque de votre amplificateur. Le schéma que vous nous soumettez est régulier; l’armée a utilisé durant la guerre un dispositif semblable, mais uniquement pour la transmission
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. __
- Cours d’astronomie, partie générale élémentaire, par M. Alliaume. 1 vol. 368 p., Gauthier-Villars, éditeur, Paris, et Uystpruyst-Dieudonné, Louvain, 1920.
- Ce cours élémentaire a pour objet de préparer à l’étude de l’astronomie mathématique, de la mécanique céleste et de la topographie scientifique. L’auteur s’est imposé de suivre les progrès de l’astronomie dans leur évolution logique. Après les préliminaires mathématiques indispensables, l’étude rapide des instruments essentiels, il divise son programme en 3 parties suivant le point à partir duquel se fait l’étude de l’univers, c’est-à-dire successivement : l'œil de l’observateur (coordonnées locales), le centre de la terre (coordonnées géocentriques), le centre du soleil (coordonnées héliocentriques) ; la première partie comprend donc l’étude du mouvement diurne; la seconde partie, l’étude du géoïde, avec notions de géodésie et cartographie, l’état du soleil, ses mouvements et les mesures du temps par le soleil et l’étude de la lune; la 3epartie comprend l’étude du système solaire, de l’attraction universelle et des étoiles.
- L’électrométallurgie du fer et de ses alliages, par Jean Escard. 1 vol. 16 X de ix-811 p., 368 figures. Dunod, éditeur, Paris, 1920. Prix net : 90 francs.
- L’emploi de l’énergie électrique dans la métallurgie du fer est aujourd’hui sorti du domaine du laboratoire pour entrer dans celui de la grande industrie.
- M. Escard expose tout d’abord les procédés préconisés pour la fabrication des fontes électriques ; les applications en sont encore peu nombreuses, mais offrent un intérêt accru par la pénurie mondiale du charbon; ce même chapitre contient une étude du procédé Keller pour la production des fontes synthétiques. Les aciers électriques et les ferro-alliages qui sont ensuite étudiés font l’objet d’une industrie chaque jour grandissante ; l'auteur examine en détail tous les procédés actuellement pratiqués ; il étudie ensuite l’industrie toute nouvelle du fer électrolytique ; il termine par l’étude de la trempe et de la soudure électrique et du triage électro-magnétique,
- La pratique des essais commerciaux et industriels. Matières minérales, par G. Halphen. 3° édition revue et augmentée par G. Paris, i vol. in-16, 412 P-> 57 fig. Baillière, Paris. Prix : 10 francs.
- Ce traité est un livré essentiellement pratique. Loin de chercher à rassembler toutes les méthodes publiées sur chaque matière, les auteurs ont fait un choix de celles qui ont paru le plus convenables, tant au point de vue de l’exactitude des résultats que de la simplicité des manipulations à effectuer.
- Les métallurgistes, les pharmaciens, les chimistes et, en général, tous ceux qui, de loin ou de près, s’occupent d’analyse chimique, y trouveront un guide qui leur permettra de surmonter les difficultés que présente ce genre d’études.
- Voici la table des matières : Réactifs. — Analyse qualitative : Réactifs. Détermination des bases par voie ignée. Analyse par voie humide. — Analyse quantitative : Considérations générales, Eau, Chlore, Acide chlorhydrique, Chlorures, Soufre, Azote, Phos-
- phore, Arsenic, Antimoine, Bore, Borates, Silicates, Verres, Porcelaines, Engrais, Analyse des terres, Argent, Mercure, Plomb, Platine, Cuivre, Bismuth, Or, Etain, Fer, Chrome, Aluminium, Zinc, Manganèse, Nickel, Baryum, Calcium, Magnésium, Potassium, Sodium, Ammoniaque, Couleurs minérales, Facteurs pour le calcul des analyses.
- Vergleichende Anatomie des Nervensystems, par le I)r Æ.-B. Droogleever Fortran. Erster Teil : Die Leitungsbahnen im Nervensyslem der Werbellosen Tiere. 1 vol. in-8°, 370 p., 116 fig. De Erven F. Bohn, Haarlem.
- Excellente monographie des voies de conduction nerveuse chez les Invertébrés. L auteur examine, groupe animal après groupe, l’anatomie du système nerveux, les notions anatomo-physiologiques encore très incomplètes, d’après les travaux originaux qu’il cite à la fin de chaque chapitre. Il n’existait pas encore d’ouvrage de ce genre qui permît de suivre l’évolution du système nerveux chez les animaux inférieurs.
- Mémoires sur les perceptions obscures, par Maine de Biran, publié par Pierre Tisserand, i vol. in-16, 67 p. Prix : 3 francs.
- Les principes de la connaissance humaine, par Berkeley, traduction de Charles Renouvier, i vol. in-16, 109 p. Prix ;’4 francs. Collection des classiques de la Philosophie, Armand Colin, Paris.
- Celte collection est destinée à mettre à la disposition du public des ouvrages de premier ordre généralement peu accessibles. Elle fait ainsi pendant à celle des classiques de la science.
- Chaque volume débute par deux notices, l’une biographique, l’autre bibliographique, présentant les faits de la vie de l’auteur, ses conceptions et ses oeuvres.
- Les deux premiers volumes qui viennent de paraître vulgarisent l’un, le plus important ouvrage de Berkeley où l’on trouve exposée toute sa conception métaphysique de la connaissance, l’autre une série de mémoires de Maine de Biran choisis comme les plus typiques de sa philosophie du moi.
- Une démocratie historique : la Suisse, par C.-G. Pica-vet. 1 vol. in-16, 296 p. Bibliothèque de Philosophie scientifique, Flammarion, Paris. Prix : 7 fr. 50.
- Analysant d’abord les éléments naturels, géographique et économique de la nation suisse, il montre comment s’est constituée lentement depuis le pacte de 1291, constitutif des cantons primitifs, jusqu’à la Révolution française, cette unité instable, non artificielle mais historique, que maintient une volonté collective, celle du peuple helvétique, malgré la différence des races, langues et religions. A la Révolution de 1789, qui introduit en Suisse des idées nouvelles, succèdent les périodes modernes et contemporaines, riches en expériences politiques, et qui réalisent la conciliation du cantonalisme ancien et des innovations rendues nécessaires par les besoins d’une nation, économiquement très développée.
- La guerre de 1914-1918 est une grande épreuve de laquelle l’unité suisse sort victorieuse, malgré les périls intérieurs et extérieurs.
- La conclusion passe en revue tous les problèmes d’après guerre que la Suisse a résolus ou dont elle poursuit la solution : neutralité helvétique en fonction de la Société des Nations, dont Genève devient le centre officiel, libre navigation du Rhin, question des zones franches, etc.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- INFORMATIONS
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- N° 2436
- 11 Décembre 1920
- Avis de l’Administration. — L’échéance du 3i décembre étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 25 décembre (n° 2438), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement (sans frais, par notre compte postal, n° 5gg) le montant de leur renouvellement avant cette époque et de joindre une des dernières bandes de la Revue. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée à partir du i5 décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant cette date, renouvelé ou donné ordre contraire.
- Depuis le ier décembre 1920, le prix d’abonnement annuel est ainsi fixé :
- France : 50 francs. Etranger : 60 francs.
- Nouvelle théorie cosmogonique. — M. A. Guébhard a exposé récemment à la Société de Physique une originale théorie cosmogonique et géologique dont nous résumons ci-dessous les grandes lignes. L’auteur se demande d’abord comment une croûte solide eût jamais pu naître, s’étendre et s’épaissir sur un globe de fonte incandescente en voie de refroidissement si la substance n’avait joui de la propriété, qu’ont notoirement l’eau, le fer, le bismuth, et qui nonobstant toutes contestations, a été reconnue à presque tous les métaux et silicates, spécialement aux laves, de se dilater au moment de la solidification et de surnager leur bain. Or une telle substance, aussitôt enfermée et mise en état de surfusion, ne cherche plus qu’à rompre son enveloppe et à déverser son trop-plein. Ne voilà-t-il pas la cause toute naturelle du volcanisme, cause intrinsèque et profonde, dont la puissance immanente est mesurée par les manomètres à air libre que sont les volcans à déversement continu, du type hawaïen, tandis que c’est souvent dans des diver-liculums très( supérieurs de cheminées momentanément obturées que prennent naissance les déclenchements cataclysmaux ?
- A la base de la première croûte de scories vitreuses, la lente solidification de la pulpe magmatique entretient un niveau de température constante, bien voisine, sans doute, de celle de prise du basalte ferrugineux et qui joue le rôle du soi-disant « feu central », auquel des estimations inconsidérées attribuent des centaines de mille degrés, comme s’il était possible qu’un globule liquide, né d’une condensation de vapeurs, ait jamais possédé une température supérieure à celle de volatilisation du plus réfractaire de ses cléments et qu’après tant de siècles, le brassage des marées anciennes, puis les courants de convection, n’aient pas égalisé à bien peu près les températures internes entre la barysphère ou noyau des métaux lourds et la pyrosphère, que de formidables pressions maintiennent à l’état fluide, tout en lui donnant une rigidité comparable à celle de l’acier.
- D’autre part, en haut, la surcharge des premières éjections a dû faire fléchir les bords déchirés de la pellicule flottante et substituer dès l’origine; à la géométrie de forme et à la continuité de substance admises par les calculateurs, une marqueterie cloisonnée de boucliers continentaux, à la fois réunis et séparés par les alignements sinueux des crêtes volcaniques, dessinant les raccords à inflexions et rebroussements, dont notre géographie a gardé de nombreux exemples, des lignes de soudure rompues des derniers « glaçons » ignés, devenues l’axe, dorénavant permanent, de larges chenaux jumelés, les géosynclinaux de notre mappemonde, tels que les figure le Traité de Géologie, de M. E. Haug et tels que certains observateurs croient en avoir aperçu des traces sur la planète Mars : réceptacles désignés pour tous les futurs dégorgements liquides d’une atmosphère encore gravide de tout ce qui, resté à l’état volatil au moment de l’occlusion de la protosphère (probablement vers i85o°), va servir à l’édification superficielle de la lithosphère.
- Ici, M. Guébhard admet l’existeuce d’une phase
- immense de hautes températures anhydres où toutes sortes de liquides ardents, dégagés par l’atmosphère, avant qu’apparût l’eau, à 365°, en ont joué le rôle à un degré paroxystique, soit en arrosant les reliefs continentaux, soit en s’accumulant dans les doubles chenaux, tout préparés pour une sédimentation ignée où s’élaboraient métaux et minéraux.
- Mais toute sédimentation, quelle qu’elle soit, résultant d’un transport de matière des parties hautes vers les parties basses, a pour effet une altération constante de l’équilibre de flottaison des plaques continentales qui, dans leurs encadrements volcaniques, ne pourront se prêter qu’aulant quelles auront gardé une grande flexibilité aux doubles tensions de bombement central et d’affaissement marginal, auxquelles se rattachent, à défaut des « poussées tangentielles » de certaines théories, les phénomènes géologiques connus de l’t'so-stasie, de Yépirogénie et autres connexes, tandis qu’à une rigidité plus grande ne peuvent correspondre que des mouvements généraux de bascule, plus ou moins disruptifs, ou des décrochements locaux, de réajustement temporaire, générateurs de tremblements de terre.
- D’une autre application directe de la loi de gravité à celle des sédimentations est sortie celle de l’orogénie. N’est-il pas clair, en effet, que l’accroissement indéfini des surcharges sur des couches de fond, à coefficient de résistance naturellement limité et encore réduit par le maintien des hautes températures, a dû provoquer des effondrements du toit, qui, chassant à l’état pâteux, comme dans les expériences de Tresca, Daubrée, W. Spring, un vrai raz de marée souterrain, ont, par lui, restitué au loin, en soulèvements, dislocations, déformations du plafond, et finalement en pointements éjectifs centrifuges, leur énorme énergie centripète ?
- Les grandes routes de l’air. — Dans un exposé fait à la Conférence de l’Air, à Londres en octobre dernier, sir F.-H. Sykes, contrôleur général de l’aviation civile en Angleterre, résume comme suit la situation actuelle des communications aériennes dans les principaux pays.
- i° Angleterre. — A l’intérieur du Royaume-Uni, il n’y a pas encore de ligue régulièrement exploitée, MM. Beard-more se proposent d’inaugurer prochainement à litre d’expérience un service entre Londres et Glasgow. Par contre des services réguliers sont assurés par des compagnies anglaises entre Londres et Paris, Londres et Bruxelles, Londres et Amsterdam. Quatre compagnies exploitent la ligne Londres-Paris, avec service quotidien ; les deux autres lignes ont chacune un service quotidien. Elles assurent le transport des lettres et des passagers.
- 20 France. — Sir F.-H. Sykes relève l’existence de deux services quotidiens entre Paris et Londres, et de deux autres irréguliers ; d’un service régulier Paris-Bruxelles avec passagers, d'un Bordeaux-Nice et d’un Bordeaux-Toulouse. La Compagnie Lalecoèreassure 3fois par semaine un service postal et de passagers entre Toulouse, Tanger et Rabat (i5oo km environ) ; elle fait en outre pour le Gouvernement espagnol le service postal entre Alicante et Malaga et 5 fois par semaine celui entre Malaga et Casablanca. Il note encore l’existence du Paris-Strasbourg dont le prolongement sur Prague et Varsovie d’une part, Vienne, Budapest, Belgrade, Bucarest et Constantinople d’autre part, est à l’étude de concert avec les gouvernements intéressés.
- Etats-Unis. — Le Post Office a fait une très intéressante expérience de service postal aérien de grande envergure. En 19x8, ont été inaugurées les premières lignes : New-York-Washington et New-York-Cleveland-Chicago. Cette dernière a été ensuite prolongée sur Minneapolis, Saint-Paul, Omaha et Saint-Louis. Le Congrès vient de voter un. crédit de 1 2S0 000 dollars pour la création d’une ligne transcontinentale de New-York à San-Francisco. Entre le i5 mai 1918 et le icr janvier 1920, les avions du Post Office ont parcouru plus de 700000 km et transporté 22 254000 lettres. Les frais ressortent à moins de 1 dollar par mille anglais. Le Post Office vient également d’ouvrir un service d’hydravions entre Key-West et la Havane.
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- INFORMATIONS
- Colonies britanniques. — Lés colonies et Dominions britanniques étudient activement la question des communications aériennes; le Canada, les Indes, la Nouvelle-Zélande et l’Australie ont créé à cet effet des organismes officiels ; mais aucune ligne n’a encore été ouverte pratiquement, à l’exception d’un service d’hydravions dans les îles Bermudes. Le Canada étudie surtout le moyen de réaliser par la photographie aérienne la cartographie des provinces de Québec, Ottawa et Toronto.
- De l’exposé du major général Sykes, il résulte nettement que la France est, avec les Etats-Unis, parmi les pays alliés, le pays le plus en avance pour la réalisation des transports de commerce aériens.
- Electrification des chemins de fer suisses. — Le
- Mouvement Géographique signale que les travaux d’électrification auxquels procèdent en ce moment les chemins de fer fédéraux comportent notamment la construction de deux stations hydro-électriques devant assurer à elles seules la marche des trains de tout le « premier arrondissement », c’est-à-dire de la Suisse occidentale.
- Ces deux stations seront alimentées, partiellement en série, par les forces hydrauliques du bassin du Trient. La première, l’usine de Barberine, sera établie dans le voisinage du Chàtelard, non loin de la frontière française, sur la ligne de Chamonix ; et la seconde, l’usine de Yernayaz, à 640 m. plus bas, sur la rive gauche du Rhône.
- L’ensemble de ces deux usines offrira une puissance constante par 24 heures de 38 5oo HP, ce qui permettra une production annuelle de 200 millions kilowatts-heure.
- L’usine de Barberine, en particulier, réalisera une puissance moyenne de 11 100 HP à l’axe des turbines, soit 7200 kw à la centrale, puissance suffisante pour fournir l’électricité nécessaire à la traction sur les lignes Brigue-Lausanne, Lausanne-Vallorbe et Lausanne-Genève, en attendant la construction de l’usine de Yernayaz, et pour combler plus tard, spécialement en hiver, les vides du diagramme de puissance de cette dernière usine.
- L’usine de Barberine utilisera une chute de 714 m. Un barrage établi à l’extrémité inférieure du haut plateau de Barberine, à 1800 m. d’altitude, donnera naissance à un lac artificiel où s’accumulera pendant le printemps et l’été une réserve d’environ 40 millions de mètres cubes d’eau.
- Les frais d’établissement de cette usine sont évalués à 37 millions de francs. Les frais d’exploitation s’élève-ront-par suite à 3 3oo 000 francs, soit 2 Ô20 000 francs d’intérêt et d’amortissement et 780000 francs de frais généraux. Pour une production annuelle de 63 millions de kilowatts-heure, le kilowatt-heure ressortira donc à 5,2 centimes, chiffre relativement élevé, mais qui se trouvera abaissé à 3,3 centimes lors de l’entrée en exploitation de l’usine de Yernayaz.
- Il est actuellement question de créer, ou plutôt de rétablir, sur la route de la Furka un lac capable de fournir une puissance de i5oooo HP. Ce lac occuperait toute la vallée d’Urseren qui devait déjà former une cuvette, à une époque plus ou moins préhistoi’ique, et que l’on referait par F obturation du passage que s’est ouvert la Reuss, vers le trou d’Uri.
- La peste bovine. — Nous extrayons de la Presse médicale l’étude suivante du professeur Panisset, de l’Ecole d’Alfort :
- « La peste bovine n’avait pas été observée dans lEu-rope occidentale depuis 1879, lorsque son existence fut tout à coup signalée en Belgique au mois d’août. La maladie avait été importée par des zébus venant des Indes néerlandaises qui transitaient dans le port d’Anvers avant de gagner le Brésil.
- « L’annonce de cette nouvelle retentit comme un cri d’alarme. Les anciennes relations ont perpétué le souvenir des épidémies qui, jadis et à maintes reprises, avaient dévasté le bétail de l’Europe, toutes avaient eu leur point de départ en Orient, toutes avaient succédé aux guerres, et toutes avaient été introduites avec le bétail des steppes qui constituait une réserve d’animaux rustiques, aptes à la marche, mais parmi lesquels la peste bovine existait à l’état endémique.
- « La surveillance sanitaire de nos frontières, exercée depuis de longues années, les changements profonds
- imprimés au ravitaillement des troupes en campagne nous ont tenu depuis 40 ans à l’abri des atteintes de la peste bovine. Et pourtant la maladie est commune eu Orient, aussi bien dans le proche Orient que dans les Indes et l’Indochine, elle sévit en Egypte, elle est un des plus gros obstacles au développement régulier de notre élevage en Afrique occidentale française.
- « La peste bovine est à peu près exclusivement une maladie des bovidés. Elle débute par un mouvement fébrile très marqué, les muqueuses prennent bientôt une coloration rouge foncé et l’on voit s’établir les signes d’une stomatite, d’une conjonctivite et d’un coryza intense, des desquamations épithéliales surviennent en même temps que s’établit une diarrhée alimentaire, puis séreuse et souvent sanguinolente. La maladie évolue en quelques jours, elle se termine toujours par la mort. L’autopsie révèle d’importantes lésions gastro-intestinales : congestion intense avec desquamation épithéliale plus ou moins marquée selon les régions.
- « La transmission de la peste bovine s’opère avec une extrême facilité. Appartenant, elle aussi, au groupe des grandes contagions à virus filtrant, la maladie n’a pas heureusement ce pouvoir de diffusion que possède la fièvre aphteuse et, dans les pays où elle n'est pas installée à demeure, il semble qu’il soit relativement facile de limiter ses foyers et de les éteindre peu à peu. La Belgique, envahie en nombre de points de son territoire au début de l’épizootie, se libère peu à peu par l’application des procédés de la prévention; on ne signale plus, chaque semaine, qu’une dizaine de cas nouveaux. La France, si directement menacée par ses frontières du nord largement ouvertes, n’a pas eu à enregistrer un seul cas de peste bovine depuis que l’épizootie règne en Belgique.
- Pour lutter contre la peste bovine, les moyens diffèrent selon les lieux. Dans les régions où la maladie règne à l’état endémique, on ne saurait intervenir par les procédés héroïques qui peuvent triompher des foyers récemment créés.
- « En Egypte, aux Indes, en Afrique occidentale, on a recours à l’immunisation. On peut préparer rapidement, chez les bovidés ayant résisté à la maladie, un sérum doué de hautes propriétés préventives et curatives. De puissants Instituts fonctionnent en Indochine et dans les possessions anglaises où l’on produit le sérum contre la peste bovine. En dépit d’une prophylaxie sérothéra-pique active, la maladie persiste parce que la connaissance de nombreux foyers échappe aux autorités sanitaires, et aussi parce que le sérum ne confère, par sa qualité même, qu’une immunité de courte durée. Pour pallier à cet inconvénient de la sérothérapie, on a préconisé des procédés de séro-vaccination capables de conférer immédiatement, sans danger (à la faveur du sérum), une résistance de longue durée (à la faveur du vaccin ou du virus lui-même). Les essais réalisés sont encourageants, mais les modalités de la séro-vaccination ne sauraient être considérées encore comme définitivement fixées.
- « En Belgique, on a bien pensé à recourir à la séro-prévention. Le Gouvernement français et le Gouvernement belge ont entrepris la lutte côte à côte. Les premières doses de sérum ont été demandées d’urgence à l’Egypte en même temps qu’un établissement était créé à Bruxelles pour la production. Pour mettre toutes les chances de son côté, le Gouvernement belge poursuivait simultanément l’extinction de la maladie par l’abatage des malades et des contaminés partout où la peste bovine se manifestait, mais seulement là où l’on avait lieu d’attendre les meilleurs effets de cette mesure. Nous avons dit les résultats heureux obtenus jusqu’à maintenant : ils suffiraient à juger la valeur des moyens mis en œuvre si nous n’avions déjà les preuves fournies par une lutte de longue durée dans les pays exotiques.
- « La peste bovine n’est pas transmissible à l’homme.
- « S’il ne faut pas cesser de veiller contre la peste bovine, nous pouvons veiller sans alarme : la thérapeutique et la police sanitaire disposent de moyens sûrs pour enrayer ses progrès.
- « La fièvre aphteuse ne nous trouve plus démunis ; ses manifestations inattendues, son épidémiologie dont les règles nous échappent, le peu de résistance conféré par la maladie naturelle, tout est pour déjouer les tentatives qui sont faites dans le but de nous doter, contre elle, d’armes efficaces. »
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- T. S. F. DES AMATEURS
- GSÊL.
- CONSTRUCTION D'UN POSTE D’ÉMISSION SUR ONDES ENTRETENUES ET D’UN TRANSMETTEUR DE TÉLÉPHONIE SANS FIL (Suite et fin)
- U.n collier de mêmes dimensions que la rondelle portant le pivot maintient l’extrémité supérieure de la tige filetée et se fixe sur le couvercle du coffret; un ressort en boudinette d’acier assure une légère friction de l’axe sur ce collier et empêche une rotation trop libre de l’armature mobile.
- La manœuvre du condensateur est commandée par un bouton isolant fixé sur l’axe de l’armature mobile.
- L’ordre à suivre pour la construction de l’appareil est le suivant : d’abord confectionner l’armature fixe et y assujettir provisoirement le fond et le couvercle du coffret protecteur; confectionner ensuite l’armature mobile et repérer convenablement sur chaque planchette l’emplacement des ouvertures destinées au logement du pied et au passage de la tête de l’axe de rotation constitué par la tige filetée portant les plaques mobiles.
- Libérer le couvercle et le fond du coffret pour y fixer les rondelles perforées et les deux bornes de connexion du condensateur.
- Enfiler sur la partie* supérieure de l’axe de rotation le petit ressort d’acier emprisonné entre deux minces rondelles de cuivre.
- Replacer le fond du coffret en le maintenant définitivement au moyen des écrous extérieurs des tiges filetées de l’armature fixe ; engager le pivot de l’armature mobile dans la lunette de la rondelle support; remettre le couvercle en faisant passer la partie supérieure de
- l’axe de l’armature mobile à travers l’ouverture du collier et fixer à demeure ce couvercle au moyen des deux autres écrous extérieurs des tiges filetées de l’armature non mobile.
- Visser et coller le bouton isolant. Etablir les connexions entre les armatures et les bornes.
- Fermer enfin le coffret avec les planchettes latérales.
- Pour s’assurer des repères de réglage, il est bon de disposer un index à la base du bouton de manœuvre et de tracer au rapporteur sur le couvercle du coffret une demi-circonférence graduée en degrés qui indiquera sous l’index la valeur de la capacité utilisée.
- Quatre petites cales en liège collées aux angles inférieurs du coffret en soulèveront légèrement le fond que dépassent les deux écrous maintenant l’armature fixe.
- Condensateur-shunt. — Il est nécessaire de placer entre les bornes de la source à 3oo volts un petit condensateur fixe de 4 à 5 dix-millièmes de microfarad, destiné à assurer le passage des oscillations susceptibles d’être arrêtées par la résistance intérieure de la pile. Chaque armature est constituée par une feuille de papier d’étain mesurant i cm sur 2 cm ; elle est isolée de l’armature voisine par une mince carte de mica; en raison de la haute tension aux bornes du condensateur, il est prudent de ne pas employer le papier comme diélectrique.
- Manipulateur. — La valeur relativement peu élevée du courant coupé par le manipulateur permet d'utiliser pour le poste d’émission à ondes entretenues un interrupteur rudimentaire.
- La figure 1 représente un appareil de ce genre. Une simple lame flexible en laiton mesurant 8 cm de longueur et 1 cm de largeur est fixée par une de ses extrémités sur une cale métallique reliée à une borne de connexion; cette lame porte à son autre extrémité un plot susceptible d’être amené par une flexion de la lame, commandée par un bouton isolant surmontant le plot, en contact avec une petite enclume métallique reliée à une seconde borne de connexion.
- Ce dispositif, dont la figure 2 donne le détail et les dimensions, est monté sur un socle de bois de 2 cm d’épaisseur, 10 cm de longueur et 6 de largeur. Les mêmes vis à bois (vis de 2 cm) maintiennent la lame
- Berne.
- ûou/on /so/ant
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- Fig. 1. — Manipulateur,
- flexible sur sa cale et fixent cette dernière sur le socle.
- Il est facile de régler la course du manipulateur en relevant par une légère déformation l’extrémité de la
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- W ML,1'
- Fig. 2.
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- Détails du manipulateur.
- ftondel/e /so/ance
- lame qui porte le plot de contact; une bonne manipulation est obtenue avec une course limitée à 1 ou 2 mm.
- Microphone. — Nous recommandons aux amateurs que la transmission radiotéléphonique intéresse de se procurer pour leurs expériences une cellule microphonique de combiné « Burgunder » ; le prix n’en est pas élevé, l'appareil est robuste et fonctionne parfaitement; la figure 3 représente une cellule de combiné Burgunder à grenaille de charbon.
- Pour utiliser la cellule microphonique il est indispensable de la fixer sur un support permettant de maintenir l’appareil isolé dans la position verticale à haufeur des lèvres de l’opérateur et assurant l’établissement de connexions pratiques avec le circuit émetteur.
- La figure 4 représente en coupe le modèle de support à confectionner, la figure 5 le représente vu de dos.
- Dans une planchette d’un demi-centimètre d’épaisseur on découpe une couronne ayant
- pour diamètre intérieur le diamètre de la cellule microphonique et munie d’une queue de 7 à 8 cm de longueur destinée à servir de poignée à l’appareil.
- On découpe, d’autre part, dans un disque de bois de 2 ou 3 cm d’épaisseur, une lunette conique ayant 8 cm de grande ouverture et 45 mm de petite pour constituer un pavillon acoustique destiné à recueillir devant la plaque du microphone les vibrations sonores.
- Le cornet acoustique se fixe sur la couronne simplement au moyen des vis des deux bornes de connexion i et 2.
- *
- Cepsü/e intèr/eure a grena/Ûe de chorùon
- Fig. 3. — Cellule micro-phonique.
- Fig. 4. — Support pour cellule microphonique (coupe).
- Fig; 5. — Support pour cellule microphoniquo
- (vu de dos).
- Le pourtour de l’ouverture de fond du cornet dépasse de quelques millimètres le bord intérieur de la couronne et forme avec lui un cadre à cornière où s’encastre la cellule microphonique.
- Les bornes de connexion sont solidaires de deux languettes métalliques qui assurent respectivement leur liaison électrique avec la capsule à grenaille et avec la plaque vibrante de la cellule.
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- T. S. F. DES AMATEURS
- Tl n’est pas malaisé de construire de toutes pièces un dispositif microphonique et les amateurs qui avec raison trouvent attrayant de réaliser entièrement de leurs mains leurs instruments d expériences ont, pour la plupart, à leur disposition dans les éléments usagés de petites piles pour lampe de poche tout ce qui est nécessaire à la confection d’excellents contacts microphoniques.
- On se procure tout d’abord une mince planchette de sapin, bien sec et sans nœud, d’un millimètre à peine d’épaisseur, de 8 cm de longueur et 7 cm de largeur, qu’on polit soigneusement et recouvre d’une Hg. 6. Planchette couche antihygrométrique de vernis
- e sapin. à la g0mme ]aqUe (fig. 6).
- C’est sous cette planchette rigide et particulièrement apte à résoner sous l’effet des vibrations sonores qu’on dispose les contacts en charbon dont les variations de résistance électrique suivent fidèlement les modulations de la voix.
- Les bâtonnets en charbon de cornue qui constituent l’électrode positive des éléments de piles pour lampe de poche fournissent à peu de frais les contacts microphoniques. On débarrasse de toute trace de sel et de matière dépolarisante les bâtonnets qu’on veut utiliser en les lavant en bain chaud à l’aide d’une petite brosse ou d’un torchon rugueux ; après quoi on les façonne de la manière suivante :
- Trois bâtonnets sont taraudés le long d’une génératrice et portent 7 alvéoles demi-sphériques de 2 mm de profondeur (fig. 7) ; sur l’un des trois bâtonnets les alvéoles sont répétées le long d’une seconde génératrice opposée à la première.
- Quatorze barrettes de 25 mm de longueur, coupées dans des bâtonnets et effilées en cône à leurs deux extrémités (fig. 7) sont destinées à relier entre tsux les bâtonnets pourvus d’alvéoles comme les barreaux d’une échelle en relient les montants (fig. 8).
- Tous les contacts en charbon étant façonnés, on fixe le bâtonnet à deux rangs d’alvéoles au centre de la planchette et perpendiculairement aux veines du bois (orientées dans le sens de la longueur) au moyen de 3 ou 4 gouttes de seccotine épaisse. Au besoin, pour avoir une plus grande surface d’adhérence, on aplanit à la lime l’arête du bâtonnet en contact avec la planchette.
- On opère de la même façon pour fixer les deux autres bâtonnets l’un à droite, l’autre à gauche du précédent, en ayant soin de placer les pointes des barrettes de raccord dans les alvéoles qui leur conviennent. Les barrettes ne doivent pas être serrées entre les bâton-
- Bornes du microphone
- Fig — Dispositif microphoniquo.
- nets, leurs pointes doivent pouvoir jouer librement, sans excès, dans les alvéoles.
- En conservant sur chaque bâtonnet la petite coiffe métallique sur laquelle était soudée la connexion de la pile, il est facile d’y souder une nouvelle connexion pour relier le bâtonnet central à une borne et les bâtonnets extérieurs solidairement à une autre.
- La planchette de sapin pourvue du dispositif microphonique est ensuite collée par ses bords sur un petit
- pupitre dont rinclinaison convenablement déterminée assure aux contacts des charbons une pression favorable à des variations de résistance aussi régulières et aussi grandes que possible sous l’influence de faibles vibrations.
- La forme et les dimensions de ce pupitre sont indiquées par le dessin de la figure 9.
- Le côté de la tablette qui porte les organes microphoniques est celui qui doit être placé vers l’intérieur du pupitre.
- Il y a avantage à coller la tablette sur tout le bord du pupitre afin dk>btenir une résonance acoustique très nette lorsqu’on parle devant l’appareil.
- Pour l’usage, le microphone se pose sur une tablette horizontale feutrée à hauteur des lèvres de l’opérateur.
- Self du microphone. — Le microphone peut être monté immédiatement à la suite de la bobine de plaque ; mais les variations de résistance que détermine dans l’appareil la vibration des contacts en charbon peuvent être assez grandes pour amener un brusque décrochage des oscillations entretenues et supprimer toute émission. On pare à cet inconvénient en branchant le microphone non plus à la suite de la bobine de plaque, mais sur quelques spires de cette bobine, disposition facilement réalisable si l'on utilise une bobine à un curseur, ou mieux encore en shuntant le,microphone par une petite bobine de self indépendante.
- Cette inductance peut être réalisée par un enroulement de même sens que la bobine plaque, en fil de cuivre isolé à la soie de 35/ioo — 20 m. environ — bobiné enplusieurs couches sur un faisceau de fils de fer mesurant 8 cm de longueur et 1 cm de diamètre.
- Fixée sur un petit socle, la self-shunt doit pouvoir être court-circuitée par un interrupteur ou par une barrette reliable aux bornes.
- Accumulateurs de chauffage et batterie à haute ten sion. - On emploie pour Fig. 9.-P-ptre dn microphone.
- le chauffage des filaments
- une batterie de trois accumulateurs de 60 ampères-heure donnant une tension de 6 volts* un rhéostat de chauffage permet de régler exactement la température d’incandescence la plus favorable, mais n’est pas absolument indispensable.
- La batterie à haute tension est composée d’éléments de piles sèches; mais les petites piles pour lampe de poche ne sont plus ici tout à fait assez robustes ni d’assez grande capacité pour fournir un débit régulier sous une différence de potentiel de 3oo volts; il faut employer des blocs spéciaux — blocs Heinz — ou confectionner soi-même, ce qui est très facile, des éléments de capacité moyenne.
- La batterie de piles doit être particulièrement bien isolée du sol; un défaut d’isolement aurait pour résultat de compromettre le fonctionnement du poste.
- Utilisation et réglage du poste à ondes entretenues. —-a) Télégraphie. — Pour télégraphier, mettre la self du microphone en court-circuit; allumer les lampes; appuyer sur le manipulateur et tourner la manette de réglage du condensateur rotatif jusqu’à ce que l’ampèremètre thermique intercalé sur le circuit d’antenne indique une déviation maxima ; répéter cette manœuvre pour s’assurer que l’aiguille de l’appareil de mesure suit instantanément les mouvements du manipulateur. Régler, au besoin, le chauffage des filaments pour augmenter l’intensité du courant dans l’antenne, ce courant peut atteindre ici oA 5 à oA 6 dans les meilleures conditions de réglage.
- Il faut manipuler lentement.
- A défaut d’ampèremètre thermique, on contrôlera son émission sur un petit poste à hétérodyne placé dans UDe pièce voisine ; mais le prix d’un petit ampèremètre thermique de ô à 1 ampère n’est pas excessif.
- b) Téléphonie. — Pour téléphoner, bloquer le manipulateur sur son plot de transmission ou mettre ses contacts en court-circuit au moyen d’une petite cale métallique; ouvrir l’interrupteur ou enlever la barrette court-circuitant le microphone ; accrocher comme il a
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- Bâtonnet de charbon B/vèo/e semf- sp/iènque
- Jiopsu/e de connex/on Contacts en charbon.
- Bornes du microphone
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- DES AMATEURS
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- «té dit précédemment, les oscillations dans l’antenne par le jeu du. condensateur variable en se basant sur les indications de l’ampèremètre thermique. Parler alors lentement et distinctement, suffisamment haut mais sans éclats de voix devant et près du cornet du microphone tenu verticalement, ou au-dessus de la tablette de sapin, si on utilise le microphone à pupitre.
- Avec une antenne à deux brins de 60 m., écartés de 3 m. et tendus horizontalement à 8 ou 9 m. de hauteur, la longueur d’onde de transmission réalisable avec le poste décrit est supérieure à 600 m. et peut dépasser 1200 m. avec l'appoint d’une self additionnelle dans l’antenne.
- En utilisant des piles de bonne capacité et des accumulateurs de chauffage bien chargés, la portée de la
- transmission peut atteindre et même dépasser Go km en télégraphie et 12 en téléphonie, la réception étant naturellement assurée sur amplificateur.
- Pour utiliser le dispositif émetteur comme hétérodyne et recevoir avec lui les ondes entretenues de 400 à 2000 m. environ, il suffit de déconnecter l’antenne et de la relier à un récepteur ordinaire de T. S. F. placé à proximité. On supprime deux lampes, on réduit le courant de chauffage à 4 volts et celui de plaque à 80, puis on accroche, au moyen du condensateur variable, des oscillations locales. Ces oscillations interfèrent avec les oscillations recueillies par le récepteur de T. S. F. et composent avec elles des mouvements de fréquence sonore perceptibles au téléphone.
- Franck Duroquier.
- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et.du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Rectification. — La table antenne (Voir n° 2431, 6 nov. 1920). — « C’est par erreur que dans l’article de M. Dosne, « La table antenne », il a été question d’un procédé Bréguet pour renforcer les sons de l’écouteur téléphonique, il s’agit du procédé Berget consistant à recevoir les sons du téléphone sur un premier microphone, qui lui-même les conduit dans un autre récepteur téléphonique de moindre résistance, lequel est coiffé d’un deuxième microphone qui les conduit finalement dans un téléphone haut parleur; l’appareil connu aussi sous le nom de renforçateur Ducretet-Roger, du nom de son constructeur, a été décrit et figuré dans La Nature (n° 2135, 25 avril 1914)- « L’enregistrement des radiotélégrammes par le télégraphone de M. Poulsen, par M. P. Dosne » (Note de la Rédaction).
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Lampe à arc Garbarini. M. Garbarini, 18, rue de Berne, Paris (8e).
- Communication. — Emploi du courant alternatif pour chauffer le filament des lampes des amplificateurs. — Le filament des lampes à 3 électrodes utilisées dans les amplificateurs de T. S. F. doit être chauffé au moyen de courant continu emprunté en général à des accumulateurs. Ces derniers appareils sont fort chers et délicats ; on peut évidemment effectuer le chauffage au moyen de tout autre source de courant continu; mais lorsque l’on ne dispose que du courant alternatif du réseau, le problème paraît plus difficile. Un de nos lecteurs M. Maurice Binard, de Vincennes, nous écrit qu’il l’a résolu de façon très satisfaisante, en transformant le courant alternatif du réseau en courant continu au moyen d’un petit transformateur Ferrix.
- Demande. — Le prince Vinh-San, 95, rue de l’Eglise-Saint-Denis (La Réunion), désire entrer en correspondance avec des personnes, qui ont observé des manifestations des courants telluriques, pouvant l’éclairer sur ce fait : « ayant réuni deux prises de terre qu’il avait faites pour des expériences de radiogoniométrie, l’une de ces prises étant à 2 m. de profondeur et l’autre à 60 cm, les deux distancées de 5 m., il a obtenu une déviation de 5° sur un galvanomètre ».
- Réponses. — T. S. P, — M. LHetschy, à Lyon. — Votre insuccès doit provenir de votre condensateur variable monté aux bornes du cadre et qui est ou insuffisant ou de trop grande capacité ; adoptez pour votre cadre un condensateur variable à air de Q.023 mf environ.
- Au besoin, augmentez la capacité des petits condensateurs de liaison en donnant aux armatures une surface de 1 cm2 environ.
- Veillez aussi à ce que la batterie de chauffage des lampes soit bien chargée.
- M, B. B., Nîmes. — Vous pouvez employer le fil
- lumière 9/10 ou 12/10 isolé à la gutta pour l’enroulement de votre cadre radiogoniométrique.
- Nous publierons incessamment un article sur la confection et l’utilisation du cadre.
- M. H. S., Seine-et-Oise. — Pour réaliser avec ün poste à galène une réception suffisamment forte pour être entendue de tout un auditoire, il vous faut utiliser un amplificateur à basse fréquence de 3 ou 4 étages et un téléphone haut parleur.
- Le poste de Croix d’Hins n’a pas terminé ses essais et nous ne pouvons vous fixer actuellement sur l’horaire de ses transmissions régulières.
- M. S. F., 106. — i° Nous avons donné tous les renseignements nécessaires pour construire des condensateurs fixes et variables dans notre chronique La T. S. F. des amateurs ;
- 2e Voyez réponses à divers.
- M. G. D., à Roanne. — La construction d’une soupape électrolytique, un élément de Graetz, par exemple, est très simple et à la portée d’un amateur. Vous trouverez des plaques d’aluminium pour constituer vos électrodes positives à la Compagnie Française des métaux, 10, rue Volney, à Paris. Employez comme solution du borate d'ammonium ou du bicarbonate de sodium.
- M. J. P. Kcenig, à Colmar. — 10 II faut disposer sur votre fil de terre un condensateur variable destiné à diminuer la longueur d’onde propre de votre collecteur en l’accordant sur la longueur d’onde que vous désirez recevoir;
- 2° Deux cylindres de verre mince pouvant pénétrer, à frottement doux, l’un dans l’autre peuvent servir à confectionner un petit condensateur variable, il suffit de recouvrir la surface intérieure du petit cylindre et la surface extérieure du grand d’une feuille d’étain ou de clinquant et d’assurer des connexions convenables;
- 3° Vous pouvez donner aux supports d’enroulement de votre hétérodyne la forme cylindrique et utiliser, au besoin, un Tesla dont le secondaire est bobiné en sens inverse du primaire;
- 4° L étendue de l’échelle des longueurs d’onde recevables dépend de la longueur du fil bobiné sur votre hétérodyne.
- M. Ch. Vincent, à Louhâns. — Vous pouvez utiliser votre machine de Wimshurst et un condensateur pour obtenir une décharge oscillante et réaliser un appel à distance en employant un cohéreur à limaille monté sur sonnerie au poste récepteur.
- Voyez nos réponses à différents lecteurs àu sujet d’un ouvrage pratique de T. S. F. Nous vous conseillons de construire vous-même vos appareils, ils vous reviendront bien meilleur marché et seront plus robustes que les appareils de bazar dont le commercé est actuellement inondé.
- M. Max Morand. — i°Les deux groupes de 6 chiffres transmis après les signaux horaires se rapportent au temps exact de l’émission du premier et du dernier battement des signaux horaires scientifiques.
- Les deux nombres 312677 et 361 995 que vous avez relevés indiquent que les battements ont commencé à 23 h. 3i' 26" 77"' et ont cessé à 23 h. 36' 19" 95"'.
- 20 L’ouvrage de M. Duroquier vous donnera tous les
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- renseignements pratiques pour la construction et l’utilisation de tous les appareils de T. S. F. à l’usage des amateurs.
- Les Eléments de T. S. I. pratique sont en vente à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain. Prix actuel : 9 francs.
- 3° L’adresse de la maison de l'Accumulateur Tudor est 26, rue de la Bienfaisance, à Paris.
- M. J. de Bures, à Mar sac. —• Vous trouverez dans notre article consacré aux condensateurs fixes [La Nature, n° 24°1 du 24 avril) tous les renseignements utiles pour la confection des petits condensateurs dont vous avez besoin.
- M. Morel, à Paris. — Voyez notre réponse à M. Max Morand.
- M. Corbari, à Paris. — Nous vous conseillons d’employer pour la charge de vos accumulateurs la soupape électrique à vibreur qui donne d'excellents résultats. Nous ne pensons pas que le prix d’achat soit très différent de celui de la soupape électrolytique. Le fonctionnement de l’un ou de l’autre procédé n’a pas d’action sensible sur la durée des éléments.
- M. Mages, à Bourgoin. — La construction d’un transformateur a été donnée dans le n° 2408 du 29 mai. Etant donné l’ampérage que vous désirez, les sections de fils nécessaires sont relativement importantes. Vous pouvez prendre du fil de 6 à 7/10 pour le primaire, mais cela nécessitera un nombre de spires élevé qui dépendra de la section du noyau, laquelle sera environ de 3o cm de côté. Le secondaire devra avoir un nombre de spires qui sera le i/5 de celui du primaire, le fil employé serait du 25/ioo. Le transformateur que vous voulez construire n’est pas un jouet, ce n’est plus du domaine d’un amateur et vous ne sauriez obtenir facilement un appareil d’un rendement acceptable, surtout si vous constituez les noyaux avec des fils de fer comme vous en avez l’intention. A titre dyindication, la puissance que vous obtiendrez sera de 120 watts utiles, mais la consommation dépendra naturellement du rendement de l’appareil.
- M. Guyot, à Creil. — i° Pour donner les résistivités des alliages de nickel, les longueurs et diamètres à utiliser, il est indispensable de savoir la composition de l’alliage ; le mieux est de prélever un échantillon et de le mesurer. Pour remplacer la résistance des 6 lampes du numéro 2411, il faut prendre un rhéostat en fil de fer capable de donner 5 ohms en laissant passer i5 à 20 ampères ou bien un rhéostat liquide (voir réponse faite à M. Bazin).
- 20 Les montres de Seger sont constituées par une pâte d’argile et de sable. On constitue des pâtes avec des dosages différents et les montres sont étalonnées ensuite par essais avec mesures pyrométriques. C’est une graduation évidemment expérimentale.
- M. R. B., Le-Vivier-sur-Mer (Ille-et-Vilaine).— Vous trouverez des indications sur l’utilisation industrielle des pommes pour la fabrication des pâtes, dans le Nouveau Manuel du Confiseur et du Chocolatier, par Henri Blin, chapitre XXII, Pâtes de Fruits, pages 409 à 4l6; Pâte de pommes et de poires, pages 419 à 422, 1 vol. 6 fr. 75 (Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hau-tefeuille, 6e).
- L. S.. Bordeaux. — On peut charger les accumulateurs sur courant triphasé en employant des appareils redresseurs qui, suivant les puissances, coûtent de 3 à 400 francs environ.
- Sur un réseau triphasé, on peut les brancher sur un fil de phase quelconque et le point neutre, ou bien entre deux fils de phase; en tout cas il est préférable de choisir la tension de 110 volts de préférence pour l’alimentation de l’appareil, on ne prendra le 220 volts que si l’on ne peut faire autrement.
- Ces appareils donnent du courant toujours de même sens, mais ondulé; ils peuvent servir pour l’électrolyse et actionner des électro-aimants, mais il faut savoir pour quel usage vous destinez ces électro-aimants.
- Vous aurez des indications de prix de ce genre d’appareils en vous adressant à M. Georget fils, 5o, rue Desbordes-Valmore.
- M. Rossel, à Grenoble. — Les appareils les plus simples pour redresser le courant alternatif sont les soupapes à vibreur et le redresseur à vapeur de mercure.
- Pour le montage sur le triphasé, voyez la réponse faite à£. S., Bordeaux, qui indique tous les renseignements nécessaires.
- Néanmoins les appareils pour électrolyse s’établissent couramment pour donner 12 ampères sous 5 volts. Ce sont les modèles les plus faibles que nous connaissons, leur prix varie de 35o à /\5o francs suivant qu’ils possèdent ou non des appareils de mesure et de réglage.
- Omega-Burriana. — Il nous paraît difficile à un amateur de construire lui-même un redresseur à vibreur ; en tout cas il est impossible de donner dans la Petite Correspondance des indications complètes des dimensions à adopter. Pour 120 volts, 5o périodes avec 2 éléments à charger, il faut employer les plus petits modèles du commerce. Voyez à ce sujet la réponse faite à L. S., Bordeaux.
- M. Mages, à Bourgoin. — i° Nous avons donné dans la Science appliquée le moyen de construire un petit transformateur (voir n° 2408 de La Nature).
- 20 Etant donné que vous désirez obtenir 20 volts et 5 ampères vous pouvez prendre une section de noyau égale à 20 X 20 mm. Le premier aura 3200 spires 18 à 20/100 fil émaillé ; le secondaire environ 85o à 900 spires de Illégalement émaillé 9/10 ou 10/10,
- 3° Les caractéristiques des petits transformateurs domestiques qu’on peut construire soi-même n’existent dans aucun ouvrage.- Très probablement la maison Masson éditera prochainement un recueil de travaux d’amateurs où vous trouverez les renseignements nécessaires.
- M. Rambot, à Bruxelles. — Les constructeurs d’appareils à'alimentation automatique des chaudières pourront vous donner tous renseignements. Nous pouvons vous indiquer, notamment pour l’alimentation automatique, M. Henry Leenaers, 109, boulevard Excelmans, à Paris.
- M. Besombes. — Il est dangereux de commencer à faire construire un appareil avant de vous être garanti par un brevet. Vous pouvez vous adresser pour faire construire un appareil d’essai à M. Argentini, 2, rue Gobert, mais il est douteux que sur de simples indications un industriel quelconque veuille prendre à sa charge la réalisation d’un appareil d’essai.
- Capitaine Richardeau-i^i. — 1. Le compteur électrique ne peut être utilisé que pour l’intensité maximum pour laquelle il est étalonné. D’ailleurs les Compagnies d’Electricité plombent les appareils compteurs et il est interdit d’enlever ces garanties.
- 2. Par conséquent vous ne sauriez utiliser un courant de 3 ampères avec un compteur capable de laisser passer seulement 1 ampère. Il faudrait non seulement changer les fusibles mais aussi le bobinage.
- 3. Pour utiliser ce compteur il faut alors le shunter, mais ceci n’est possible que d’accord avec la Compagnie qui fournit le courant et qui doit vérifier tout compteur, le plomber avant sa mise en service.
- M. Desmazières, à Sarrebrück. — Nous ne pouvons vous indiquer la tension des lampes que vous demandez, car chaque constructeur a une valeur déterminée et cela constitue un peu un secret de fabrication. En tout cas il n’y pas de lampes avec pression voisine de la pression atmosphérique, car elles ne résisteraient pas à la pression du gaz chauffé par le filament.
- M. R. B., h Bordeaux. — Electricité. — Avec votre fil d’arrivée du courant vous ne sauriez prendre un ampérage que de 4 ampères au maximum; par conséquent, l’appareil de chauffage ne consommera que 44° watts.
- Etant donné que le chauffage est intermittent et de secours cette puissance sera suffisante.
- Vous pouvez vous adresser aux constructeurs d appareils de chauffage électriques extrêmement nombreux, voici quelques adresses : Electro-Entreprise, 46» rue du Rocher, à Paris; Goisot, 10, rue Bélidor; Paz et Silva, 55, rue Sainte-Anne; Randegger Niesllé, 188, boulevard Voltaire.
- La consommation sera o,85 X 4.4o à l’heure.
- M. Moreau, à Issoudun. — i° Nous donnerons dans la Science appliquée la construction d’appareils à noyau de fer doux du genre de ceux que vous demandez.
- 20 II nous est difficile de vous indiquer un milli-ampèremètre d’occasion. Peut-être pourriez-vous vous adresser à quelques constructeurs, mais nous doutons que vous trouviez quelque chose d’occasion.
- 3° Nous n’avons pas connaissance que des recherches aient été faites sur le sujet que vous indiquez. Vous pouvez continuer vos essais en toute sécurité.
- 4° Nous ne pouvons donner la construction d’une
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- soupape genre Soulier actuellement. Le vibrateur nous paraît être d’une réalisation difficile pour un amateur.
- M. F. H., à Bruxelles. — A une charrette à bras vous pourriez adapter un moteur à essence, mais il vous faudra une réduction de vitesse importante suivant le diamètre des roues de la charrette. C’est un calcul simple à faire qui vous indiquera s’il vous faut un arbre intermédiaire entre le moteur et la poulie calée sur l’essieu. Cela dépend aussi de la vitesse du moteur choisi.
- En tout cas il vous faut un embrayage à cône que vous pourrez établir suivant les indications données dans la Science appliquée (numéro double 2400 et 2401).
- Aucun constructeur n’a de modèle directement applicable. Il faut prendre un moteur industriel de série'et l’agencer vous-même.
- M. le Dv Arrigo, à Tunis. — i° Il ne nous est pas possible de donner ici toutes les indications, gravures et photographies que vous demandez. Tout ce que nous pouvons vous dire c’est que le moteur universel est un moteur série. Vous pouvez voir à ce sujet la Science appliquée des numéros 2377 et 2399.
- 20 Les appareils de chauffage électriques utilisent l’effet Joule. Un appareil marche indifféremment sous continu ou alternatif et sous un voltage déterminé. Ceci fixe la valeur de la résistance ohmique et par suite la nature et le diamètre du fil.
- M. Mages, à Bourgoin. — i° Il n’y a aucun avantage au point de vue économie à monter le rhéostat avant ou après. L’intensité est la même tout le long du circuit et la perte par effet Joule ne change pas.
- 20 Nous ne pensons pas que cette régénération de la pile Leclanché soit bien efficace. Vous trouverez dans les Recettes de l atelier un procédé de régénération applicable quand le sel ammoniac est remplacé par le chlorure de manganèse.
- 3° Il n’est pas nécessaire pour un voltage aussi faible que celui des éléments d’accus d’avoir un voltmètre très résistant.
- M. le DT Daussy, à Nantes. — Etant donné que vous ne désirez sans doute que des quantités relativement faibles de toutes les matières que vous énumérez, le mieux est évidemment que vous vous adressiez aux Etablissements Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple, à Paris, qui pourront vous fournir également le moufle réfractaire.
- Avec un compteur de 3 ampères seulement, vous ne pouvez obtenir une température suffisante, ce n’est pas le voltage qui intervient dans l’effet Joule, mais l’intensité du courant. Il faudrait prendre un fil de chauffage de 220/3, soit environ 75 ohms et ce fil devra avoir environ 3o/ioo de millimètre de diamètre. Vous pouvez néanmoins obtenir un résultat en donnant à votre four des dimensions très réduites. Si l’enroulement chauffant n’a pas la résistance ohmique nécessaire, vous établirez un rhéostat de lampes capable de laisser passer 3 ampères. Gomme il s’agit de 220 volts, une combinaison de six lampes de 100 bougies à filament métallique montées en parallèle vous donnera satisfaction.
- M. G. Z., à La Baule. — Il est possible d’utiliser la soupape^ électrolytique pour charger les accumulateurs. Il nous paraît difficile d’installer une soupape pour un amateur. Nous étudierons néanmoins la question.
- Il est encore plus simple de prendre un transformateur avec vibreur. Si vous désirez avoir des renseignements plus complets, nous sommes à votre disposition.
- M. G. Dupuis, à Paris. — 1° a) L’ouvrage Chasseurs de fossiles est édité par la librairie Hermann, rue de la Sorbonne, Paris.
- b) Nous »ne croyons pas que l’idée de Klee ait été reprise et exposée dans un ouvrage avant Lenicque.
- 20 Le rendement des éoliennes est au maximum de 40 pour 100 mais il vaut mieux compter seulement sur 3o pour 100.
- a) Une éolienne de4M,25 de diamètre avec i3,ioma de surface donne une puissance de 2 chevaux par vent ordinaire. Avec 4 m. de vent, cette puissance serait beaucoup plus faible.
- b) On calcule la surface suivant la projection des ailes sur le plan de la roue. Si l’on prend la surface de l’aile il faudrait multiplier l’action du vent par le cosinus de l’angle d’incidence et le résultat serait le même.
- c) Une puissance de 3/4 de cheval qui serait à peu
- près celle de la roue avec vent de 4 ut- actionnant une génératrice ne donnerait que 55o watts théoriquement, ce qui donne 5 ampères sous 110 volts. Il nous paraît difficile de charger la batterie dans ces conditions, car le chiffre de 55o watts doit être beaucoup plus faible en pratique. La tension de charge devrait aller à x5o volts au moins.
- d) Chaque élément doit être chargé avec un courant dont l’intensité est de x ampère par kilogramme de plaques.
- M. G. T., à Saint-Michel (Aisne). — i° Chèvres. Pour vous procurer des chèvres, voici des adresses d’éleveurs : M, J. Crépin, au journal l’Acclimatation, 46, rue du Bac, Paris, 7e; Levrot, 54, avenue du D'-Durand, à Gentilly (Seine) ; Patris, à Lizeray (Indre) ; Pinguet, boulevard du Nord, à Ham (Somme); Moullon, à Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret); Pape, à Vallangoujard (Seine-et-Oise) ; Dissous, La Faisanderie, par Vineuil-Saint-Firmin (Oise) ; — 20 Pour essaims d’abeilles, voyez aux adresses suivantes : Brouchot, à Marly-le-Roi (Seine-et-Oise) ; Bellot, à Chaource (Aube); de Gurgy, 22, place Saint-Yincent, à Mâcon (Saône-et-Loire) ; Auguste Hugot, à Coussegrey (Aube) ; — 3° en ce qui concerne les ruches, voyez : L. Robert-Aubert, apiculteur-constructeur, à Blaincourt, par Précy (Oise); J.-C. Tissot, 7, rue du Louvre, Paris, ior; Raymond Gariel, 2 ter, quai de la Mégisserie, Paris ; Albert Mathieu, rue Jeannne-d’Arc, à Châteauroux (Indre) ; — 40 Comme ouvrages d’apiculture pratique moderne, il y a, notamment : Apiculture, par Hommell, 1 vol. 10 fr. ; Ma méthode d Apiculture : Manuel pratique d’apiculture intensive, par P. Peter’s, 1 vol. 7 fr. 5o ; Cours complet d’apiculture, par G. de Layens et Gaston Bonnier, x vol. 6 fr. ; Cours pratique d’apiculture, par E. Sevalle, x vol. 7 fr. 5o. Pour achats et tous autres renseignements, voyez : Société centrale d’Apiculture, 28, rue Serpente, Paris, 6°.
- M. Cinqualbres, à Bordeaux. — x° La gélatine inso-lubilisée peut récupérer sa solubilité par l’action d’un corps susceptible de lui céder de l’oxygène, par exemple un sel ferrique : par exposition à la lumière, la gélatine s’empare de l’oxygène du sel ferrique, en le faisant passer à l’état de sel ferreux, et redevient elle-même soluble. Cependant, il nous paraît peu px*atique d’essayer de récupérer ainsi les planches de gélatine bichro-matée employées dans les procédés d’impression photomécanique ; car la préparation d’une nouvelle couche est au moins aussi simple et en tout cas plus sûre que le traitement ci-dessus; 20 Vous ne nous dites pas quelle est la surface du cliché à agx^andir; mais, quoi qu’il en soit, pour impressionner une couche aussi peu sensible que la gomme bichromatée, il faut recourir à l’arc électrique. Vous trouverez des renseignements détaillés sur ce sujet dans La photographie à la lumière artificielle, par Albert Londe (O. Doin, éditeur, 8, place de l’Odéon, à Paris).
- M. Léon Porteu, à Bourg-des-Comptes. —- Nous communiquons votre demande de devis à la Turbine Escaffre, 7, rue Berteaux-Dumas, à Neuilly-sur-Seine, qui vous répondra directement sur la recommandation du rédacteur de l’article.
- MM. Van Kerkhoven, frères, à Boom. — Voyez la réponse faite à M. Porteu, nous transmettons votre demande au constructeur.
- M. Marquet, à Montpellier. — Etanchéité des vitrages. — Il est nécessaire que le mastic n’ait pas une dureté telle que le verre ne puisse se dilater lors des grandes chaleurs; ce serait différemment provoquer des fendillements.
- Vous pourriez envisager la réfection de votre véranda au moyen de fers à vitrages spéciaux tels que les systèmes Murat, Hardy, etc.
- Voici au surplus les adresses de constructeurs :
- Linol-métal pour vitrages étanches, M. Collantier, 10, rue Denis-Poisson, Pai’is ; Bandes métalliques antifuite, E. Moyse, 89, rue du Ranelagh, Paris; vitrages étanches, Hardy, i3i, avenue de Versailles, Paris.
- M. Oliveros, à Castellon — Il nous paraît difficile de vous donner des indications pour construire la machine en cours de construction dont vous nous parlez. Le mieux serait que vous attendiez, pour la reprendre, que nous publiions la manière de construire soMÈbeme une machine électrostatique de Wimshurst. Cela fera en effet la matière d’un prochain article de la Science appliquée qui va paraître sous peu.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient a la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ____________
- Théorie industrielle de l'électricité et des machines électriques, par A. Verdurand. Préface du général Ferrie, i vol. in-8°, 484 p., 342 fig. Dunod, Paris, 1920. Prix : 48 francs.
- M. Verdurand a voulu créer un instrument qui permît de résoudre rapidement et autrement que par des procédés empiriques les problèmes qu’ont à résoudre chaque jour les ingénieurs électriciens.
- Il a établi une méthode d’analyse des quelques phénomènes électriques et magnétiques que l’on retrouve, sous des formes diverses, dans toutes les machines. Elle fait appel d’abord à l’imagination pour lui présenter une description claire et précise des phénomènes, ensuite au raisonnement pour appliquer à ces phénomènes les lois simples par lesquelles on peut déterminer les caractéristiques de la machine étudiée.
- ^ Pour obtenir ce résultat, la théorie générale de 1 électricité prend comme point de départ l’expérience d Ampère et déduit de celle-ci, par des raisonnements basés sur les seuls principes de la mécanique, toutes les lois fondamentales de l’Electrotechnique.
- Nouveau manuel théorique et pratique du constructeur en ciment armé, par N. de Tédesco, et V. Forestier. 2e édition complètement refondue. Tome II. 1 vol. in-8, 556 pv 341 fig. Béranger, Paris, 1920. Prix : 42 fr.
- Ce tome comprend huit parties :
- i° Choix et préparation des matériaux, mise en œuvre, coffrages; 20 Fondations; 3° Constructions industrielles et particulières ; 4° Canalisations. Réservoirs circulaires. Cuves; 5° Ponts; 6° Murs de soutènement et barrages ; 70 Constructions maritimes et navales ; 8° Travaux divers.
- La cinquième partie comprend en outre une note sur le calcul des arcs, par M. Henry Lossier.
- La potasse d Alsace, par le general Jourdy. i brochure 12 p. et 1 carte, Imprimerie Nationale, Paris, 1919.
- Cette étude très résumée expose l’essentiel de ce qu’il faut connaître sur le gisement de potasse d’Alsace, ses produits et son avenir.
- Enquête sur les richesses minérales du Nord-Est de la France et des régions voisines. Introduction, par le général Jourdy. i brochure de 6 p., 2 cartes dressées parM. de Margery : structure géologique de la région de l’Est, concessions minières de la Lorraine et des régions voisines, Imprimerie Nationale, Paris, 1919.
- Le minerai de fer de Lorraine, par L. Cayeux, i brochure de 37 p. avec 2 cartes, Imprimerie Nationale, Paris, 1919,
- Substantielle étude écrite pendant la guerre pour exposer la constitution du célèbre bassin de Briey, son rôle avant et pendant la guerre, son avenir.
- Les houillères du Nord et du Pas-de-Calais, hier, au-jourd hui, demain (1914-1920), par Auguste Pawlowski. 1 vol. 174 p. Imprimerie spéciale de V In formation j Paris, 1920. Prix : 6 francs.
- M. Pawlowski retrace le martyrploge de chacune de nos houillères du Nord et du Pas-de-Calais, pendant les 4 années de la grande guerre; on ne dira jamais trop la sauvage perfection déployée par l’ennemi pour les anéantir. A peine l’orage apaisé, sans perdre un instant, on s'est mis à la reconstruction, œuvre gigantesque hérissée de difficultés de tous genres, mais entreprise avec une énergie et une science qui ont permis, en moins de 2 ans, de réaliser des miracles.
- M. Pawlowski nous fait assister à la résurrection des houillères et son petit livre, qui veut n’être qu’un exposé technique, est plus émouvant qu’un roman.
- La navigation fluviale et les forces hydrauliques en Suisse, par Victor Jaunin. i vol. 262 p. avec nom-
- breuses cartes et figures. Editeur, La Suisse Economique, Lausanne 1920.
- On a souvent dit de la Suisse qu’elle était, au point de vue chemins de fer, la plaque tournante de l’Europe. M. Jaunin montre qu elle doit tendre également, et cela dans l’intérêt général, à devenir la gare d’eau de l’Europe ; c’est-à-dire le croisement des grandes voies fluviales dont l’aménagement se dessine en Europe : le Rhin, le Rhône et le Danube, et les canauîx d’Italie; M. Jaunin étudie à fond les problèmes touffus et délicats qui se rattachent à la mise en état de ces fleuves, problèmes techniques, économiques et politiques Il démontre la nécessité pour la Suisse, si elle veut échapper à l’emprise économique exclusive de l’Allemagne, de voir réaliser la jonction du Rhône au Rhin par Genève et Bâle, et à cet effet il préconise la création d’un réseau fluvial suisse raccordé ainsi à la mer du Nord, à la Méditerranée, et de plus à l’Adriatique par le Tessin et les fleuves italiens. Le livre est complété par de nombreuses annexes documentaires.
- Où en est la météorologie ? par A. Bekget (Collection des mises au point). 1 vol. 3oa p., Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1920.
- Ce volume est le premier d’une collection dont le but est de présenter sous une forme claire et accessible au plus grand nombre l’état actuel des principales branches de la science. C’est en quelque sorte un bilan encyclopédique que l’éditeur de cette collection se propose de présenter au public. L’ouvrage de M. Berget résume d’une façon très attachante nos connaissances sur l’atmosphère, sa composition chimique, ses rapports avec la lumière, sur la chaleur solaire, sur la pression et la température atmosphérique, sur les grands mouvements de l’atmosphère et sur la prévision du temps.
- La tricomonosis intestinal, par le Dr Edmundo Escomel. 1 vol. in-8, 78 p., 3 pl. Sanmarti, Lima.
- Monographie de la trichomonase intestinale, du protozoaire qui en est l’agent causal et du traitement imaginé par l’auteur : térébenthine et iode.
- The Nature of Animal Light, pas E. Newton Harvey. 1 vol. in-8, 182 p. 35 fig. Monograph ou Experimental Biology, Lippincott CT, Philadelphie et Londres. Prix : relié 10 sh. 6 d.
- La production de lumière par les animaux et les plantes a toujours excité l’admiration; un grand nombre de travaux ont été publiés sur ce sujet. Quelle est la nature de celte lumière? Quels organes la produisent? Quelles réactions chimiques l’expliquent? Les progrès de la chimie physique permettent aujourd’hui de répondre beaucoup mieux à ces questions. M. Newton Harvey a rassemblé toutes les recherches expérimentales, toutes les hypothèses, et les a groupées clairement. Il en résulte que la bioluminescence est due à l’oxydation à basse température d’une sorte de protéose oupèptone, la luciférine, attaquée par une diastase, la luciférase. Il examine les conditions physico-chimiques du phénomène et termine par une bibliographie qui fait de cette monographie un nouvel et excellent chapitre de la collection de MM. Jacques Loeb, Morgan et Osterhout.
- La campagne de Macédoine 1916-1917, par le colonel Feyler, i vol. in~4°, 120 p.,-24 pl.,-3 caries. Editions Boissonnas, Genève. Prix : 20 francs.
- Tentative heureuse pour introduire le récit d’un des grands actes de la guerre européenne dans un cadre qui fasse absolument corps avec l’exposé, si bien que l’unité de l’ouvrage soit obtenue par cet accord intime de la science et de l’art. A cet effet, le colonel Feyler et M. Fred. Boissonnas ont visité les lieux en commun, après indications puisées aux Etats-majors eux-mêmes, et guidés par des officiers qui participèrent aux actions; et ils ont arrêté, sur place, le choix des photographies les plus caractéristiques des opérations décrites. Développement scientifique et représentation artistique, s’éclairant ainsi l’un par l’autre, forment un ensemble lié. Les bandeaux et les culs-de-lampe ont été composés sous la même inspiration afin de renforcer encore l’impression cherchée.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2437
- 18 Décembre 1920,
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- INFORMATIONS
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- Avis de rAdministration. — L’échéance du 3i décembre étant l’une des plus chargées de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés, dont l’abonnement se termine avec le numéro du 25 décembre (n° 2438), de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement (sans frais, par notre compte postal, n° 599), le montant de leur renouvellement avant cette époque et de joindre une des dernières bandes de la Revue. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée à partir du i5 décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas, avant cette date, renouvelé ou donné ordre contraire.
- Depuis le ier décembre 1920, le prix d'abonnement annuel est ainsi fixé :
- France : 50 francs. Etranger : 60 francs.
- Les Etats-Unis et les dirigeables. — Dernièrement au Comité des affaires militaires des Etats-Unis, le colonel Hensley déclarait que, si le 11 novembre 1918, l’armistice n’avait pas été signé, dix jours après, un dirigeable Zeppelin chargé de puissantes bombes devait
- la livraison à Détroit en pièces détachées. Celles-ci pourraient ainsi être étudiées à loisir par les services techniques des usines Ford.
- Les 55 militaires américains commandés par le commandant Maxfield sont arrivés d’Amérique en Grande-Bretagne afin de prendre livraison du dirigeable anglais R-38 acheté par le gouvernement des Etats-Unis. Ce dirigeable, terminé il y a quelques semaines, a subi avec grand succès ses épreuves de réception ; ses caractéristiques sont les suivantes : longueur, 155 m; diamètre, 26 m ; capacité, 76300 m3 ; puissance ascensionnelle nominale, 82 t.; force motrice, 2400 chevaux en six moteurs; vitesse maximum, 115 km[à l’heure ; vitesse normale, 107 km-h.; vitesse de croisière, 72 km-h.; capacité de vol à pleine vitesse, 83oo km en 77 heures ; capacité de vol à vitesse de croisière, i5ooo km en 209 heures.
- Il est intéressant de remarquer que ce dirigeable pourrait facilement réaliser le raid sur New York qu’ambitionnaient les Allemands, il est cependant très sensiblement inférieur comme dimensions, comme puissance et comme rendement aux dirigeables Zeppelins que nos ennemis nous ont livrés.
- Une grande Compagnie américaine, la Compagnie de
- quitter l’Allemagne à destination de New York et bombarder cette ville. Ce raid ne devait avoir d’autre valeur, du moins à ce que nous pensons, que celle d’une démonstration destinée à frapper l’imagination américaine et à lui inculquer l’idée de la supériorité technique aérienne allemande ; cependant nos ennemis étaient en pleine débâcle militaire. Et le colonel Hensley disait avoir acquis pendant son voyage d’études aériennes en Europe la certitude que l’Allemagne surpassait, dans cette voie, toutes les autres nations européennes. Il ajoutait même que l’Amérique avait commis une erreur en achetant un dirigeable anglais (i?-38). D’après lui, l’Allemagne était à la veille de révolutionner la construction des grands rigides, elle adoptait une méthode de construction entièrement métallique qui devait même supprimer le revêtement extérieur en toile et les ballonnets à gaz.
- A la suite, vraisemblablement, des révélations du colonel Hensley, Henry Ford, le constructeur d’automobiles a offert au département de la marine américaine de fonder une usine de construction aéronautique à Détroit et d’y entreprendre la fabrication de plusieurs grands dirigeables du type Zeppelin. Après la réussite de leurs essais et leur acceptation par le département maritime, ces dirigeables seraient seulement payés par l’Etat américain. Henry Ford suggère d’acheter à l’Allemagne un Zeppelin du dernier type et d’en demander
- pneumatiques Goodyear and Rubber C”, vient d’acheter au gouvernement américain la station aérienne d’ALron, avec l’intention d’y installer un immense hangar capable de contenir"4 dirigeables de 100 m. de longueur; elle y installe également une usine d’hydrogène pouvant pro*-duire 2800 m3 par jour. Cette société doit créer une' ligne de navigation aérienne exploitée au moyen de petits: dirigeables rigides analogues à ceux que les Allemands utilisent dans le même but, tels que le « Bodensee ».
- Ces quelques informations montrent l’intérêt de plus-en plus vif que les Etats-Unis portent à la question des transports aériens et toute la confiance qu’ils ont pour les méthodes allemandes de construction.
- De toutes parts, il nous revient le bruit que les établissements Zeppelins de Friedrichshafen réorganisent activement leurs ateliers. Ils ont profité de l’inaction forcée, conséquence du traité de paix, pour agrandir leurs hangars et leurs dispositions d’aménagement sont telles qu’ils semblent bien vouloir construire des unités de a5o à 3oo m. de longueur. J.-A. Lefrang.
- Photographie des décharges électriques. — Un
- de nos abonnés, M. Robert Descamps, nous adresse, à la suite de l’étude du professeur Stéphane Leduc, parue dans le n° 243o, la note suivante et la photographie ci-dessus.
- « Yos photographies me donnent l’idée de vous communiquer une reproduction d’étincelle que j’ai réussi &
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- INFORMATIONS
- obtêùîr ii y a quelque quinze ans et qui intéressera peut-être vos lecteurs. Elle a l’avantage d’être très nette et de montrer d’une façon saisissante la différence des aigrettes aux deux pôles.
- « Yoici le mode opératoire : En laboratoire complètement obscur-, placer sur une large plaque métallique, de 5oo X 5oo par exemple, une plaque photographique gélatine au-dessus, le verre par conséquent étant en contact avec la surface métallique.
- La plaque photographique doit avoir au minimum le format 18 X 24 ou i3 X 18, on vient placer sur la plaque deux tiges métalliques pointues entre lesquelles on fait éclater contre la gélatine une seule étincelle fournie par une grosse bobine d’induction. Il est nécessaire pour obtenir un bon résultat que les pointes métalliques ne soient pas trop rapprochées des bords de la plaque. Autrement l’étincelle sauterait sur la plaque métallique au lieu de passer d’une pointe à l’autre.
- Il est bon pour la même raison d’incliner légèrement les pointes l’une vers l'autre, mais cette condition n’est pas essentielle.
- La bobine d’induction doit être réglée pour une périodicité d’étincelle faible et son circuit primaire est fermé par un manipulateur permettant un contact de durée très courte.
- L’étincelle est plus nette si l’écartement des pointes est à la limite de la longueur possible de l’étincelle pour un réglage donné de la bobine. Une étincelle trop chaude, trop nourrie, donne de mauvais résultats et un voile.
- La rigidité de la terre. — Si l’on observe les marées qui se produisent dans l’eau contenue dans un canal, on constate qu’elles n’ont ni la même amplitude, ni la même phase que si la terre était parfaitement rigide. En comparant les observations aux résultats du calcul, effectué dans le cas d’une rigidité parfaite de la terre, on peut déterminer la grandeur et le caractère des déformations de l’écorce terrestre.
- Michelson et Gâte ont opéré sur des tubes de i5o m. de long, i5 cm de diamètre, allongés horizontalement l’un dans la direction nord-sud, l’autre dans la direction est-ouest. Ces tuyaux étaient à demi remplis d’eau, et les variations du niveau de la' surface libre, à chaque extrémité, étaient déterminées à. 1 aide d un interfero-mètre de Michelson.
- Les expériences, qui ont duré un an, ont fourni les résultats suivants ; la rigidité de la terre est la même dans les deux directions ; quant à l amplitude observée des marées de l’eau par rapport à l’amplitude calculée dans l’hypothèse d’une terre parfaitement rigide, elle n’est que les 0,69 de cette dernière amplitude, c’est-à-dire que l’amplitude des marées terrestres est le tiers environ de ce quelle serait si la terre était liquide. Enfin, on constate un retard sur l'établissement de la marée qui indique une très légère viscosité de la terre.
- Le caoutchouc synthétique en Allemagne. — La
- question du caoutchouc synthétique semble avoir fait de sérieux progrès, en Allemagne, au cours des hostilités.
- On sait qu’en 1879, Bouchardat, le premier, obtint, en polymérisant l’isoprène CH2 = C (CH3) — CH ==: CH2, hydrocarbure bouillant à 33°, du caoutchouc. Ce résultat remarquable était pour ainsi dire tombé dans l’oubli lorsque, il y a une dizaine d’années, des recherches furent entreprises, dans différents pays, en vue de réaliser en grand la polymérisation du même hydrocarbure ou d’hydrocarbures analogues, notamment un méthyl-isoprène. Ces études, qui avaient déjà donné des résultats encourageants, ont été poursuivies avec une grande activité en Allemagne depuis 1913.
- Le caoutchouc synthétique fabriqué à partir du méthyl-isoprène s’çst montré nettement supérieur à celui qui provient de l’érythrene CH2 = CH — CH — CH2 ou de l’isoprène. Toutefois, il est très oxydable et difficile à combiner au soufre (vulcanisation). Cette dernière opération est grandement accélérée, en même temps que la détérioration par l’oxydation est notablement retardée, si l’on incorpore au produit certaines substances organiques, comme la pipéridine ou le thiocarbonate de pipéridyle. La « vulcanite » ainsi préparée, qui renfermait 25 pour 100 de soufre, était: d’une qualité peu inférieure à celle des produits similaires provenant du bon caoutchouc para.
- A la fin de 1914, l’Allemagne ne produisait pas encore commercialement du caoutchouc synthétique. En 1915, en ajoutant de l’huile au méthylcaoutchouc, on parvint à étirer de petits bâtons cylindriques lisses pour la fabrication d’antennes en « vulcanite » qui satisfirent à toutes les conditions exigées et constituèrent la première application heureuse du produit sur une échelle commerciale. On construisit ensuite des cellules pour accumulateurs, on substitua partiellement le caoutchouc synthétique au caoutchouc naturel dans les mélanges pour enveloppes de pneumatiques et dans certains produits de récupération.
- Vers la fin de 1915, plusieurs centaines de tonnes de méthylcaoutchouc furent commandées pour les sous-marins, où le produit fut employé surtout dans les boîtes d’accumulateurs, mais aussi dans les allumeurs Bosch. Le méthylcaoutchouc a également été utilisé dans la préparation des produits pour lesquels on emploie du caoutchouc tendre (feuilles d’emballage à haute pression, tissus pour couvertures, isolement des fils, pneumatiques). On l’a encore employé avec succès pour les enveloppes de dirigeables, et aussi pour l’isolement des câbles terrestres et sous-marins. (Ch. Moureu, La Chimie et la Guerre.)
- Production de 1920 dans l’hémisphère septentrional. — Le Bulletin de Statistique de l’Institut International d'Agriculture publie les résultats totaux des récoltes des céréales dans la plus grande partie des pays de l’hémisphère septentrional. A présent, on a les données pour presque tous les pays, sauf la Russie; mais pour l’Europe, les comparaisons avec les années antérieures ne sont pas toujours possibles à cause des nombreux changements territoriaux survenus. Des données disponibles et comparables pour l’hémisphère septentrional, il résulte que la production totale est de 568 millions de quintaux de froment et de 56 millions de quintaux dé seigle, soit un total de 624 millions de quintaux. Cette quantité est légèrement supérieure à celle produite l’année passée (617 millions) et égale à celle obtenue pendant la période quinquennale précédente.
- Les données comparables se rapportant à l’orge nous fournissent, pour un ensemble de pays comprenant un peu moins de la moitié de la production mondiale, un total de 127 millions de quintaux, quantité supérieure de 8 pour 100 à celle produite dans les mêmes pays l’année passée et inférieure de 5 pour 100 à la moyenne quinquennale.
- La production de l’avoine dans les pays de l’hémisphère septentrional pour lesquels on a des données comparables (presque 60 pour 100 de la production mondiale) est évaluée à 383 millions de quintaux, avec une augmentation de 21 pour 100 par rapport à celle de l’année dernière et de 9 pour 100 par rapport à la moyenne.
- On prévoit une bonne récolte pour le maïs dans l’Europe sud-est, et moyenne en Italie, tandis que la production des Etats-Unis s’élève à 817 millions de quintaux avec une augmentation de 10 pour 100 par rapport à l’année dernière et de 16 pour 100 par rapport à la période quinquennale antérieure.
- Les renseignements sur la production probable du sucre de betterave sont favorables pour l’Autriche, la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Suède et le Canada; les renseignements des Etats-Unis tant pour le sucre de canne que pour celui de betterave sont aussi favorables.
- Un laboratoire d’hydraulique industrielle à Toulouse. — La ville de Toulouse vient de signer une convention avec l’Université par laquelle elle met à la disposition de celle-ci la chute de Banlève sur la Garonne, et de vastes terrains situés dans le Ramier du château, afin d’y installer un laboratoire d’hydraulique industrielle. .
- Auprès de ce laboratoire, sera installée une exposition permanente de la houille blanche.
- Ce musée industriel aura certainement la plus heureuse influence, à tous les points de vue.
- En effet, l’Institut électrotechnique de Toulouse est chargé, en vertu d’une convention avec la Société hydrotechnique de France, des essais des usines hydroélectriques de la région des Pyrénées et du Massif Central; le Ministère des Travaux publics lui a, en outre, confié d’importantes recherches d’hydraulique. Il était donc nécessaire d’organiser, dans ce but, un laboratoire disposant de puissances et de masses d’eau considérables.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- r> Chauffage <-*
- Appareil Thiébaud pour empêcher les cheminées de fumer. — Quelle que soit la cause qui fasse fumer une cheminée — et il en est de nombreuses — il faut y
- Fig. 1-2. — Appareil Thiébaud pour (.Perspective
- empêcher les cheminées de tumer et Coupe.')
- chercher remède, si l’on veut avoir chaud d’abord et ensuite ne pas noircir rapidement plafond, meubles et tentures. Parfois, un simple ramonage, l’élévation de la poterie sur le toit suffisent; d’autres fois, le mal semble irrémédiable, par défaut de construction. Dans ce dernier cas, l’appareil Thiébaud peut apporter une très grande amélioration.
- Placé au sommet de la cheminée, sur le toit, il forme autour du tuyau une série de pyramides tronquées où l’air extérieur s’engouffre, quelle que soit la direction du vent; il s’y ralentit, s’y échauffe et vient sortir en filets ascendants à la partie supérieure, un peu au-dessus et autour de l’orifice du tuyau, créant un appel d’air, un courant vertical régulier qui augmente le tirage et empêche la fumée d’être rabattue par le vent vers le ” chambres à feu.
- Les figures i et 2, qui représentent l’appareil Thiébaud en perspective et en coupe, suffisent à montrer sa simplicité et à expliquer son efficacité.
- Constructeur : M. Emile Thiébaud, à Trévillers (Doubs).
- ctg-sss. Automobilisme
- Contrôleur d’allumage pour moteurs à explosion.
- - L’allumage est la principale cause des ennuis qu’ont
- à supporter ceux qui emploient les moteurs à explosion. Rien n’est désagréable comme d’essayer à la main si une bougie fonctionne, en recevant la décharge entre les doigts.
- Le contrôleur d’allumage « Ra-damax-Kirby» permet de trouver instantanément tout défaut d’ignition. Cet appareil est
- basé sur le fait que, quand une étincelle se produit aux pointes des bougies, la tension électrique variant avec une extrême rapidité, plusieurs milliers de variations se produisent pendant la durée d’une étincelle. Le contrôleur « Radamax-Kirby » répond à toutes ces variations ou pulsations très rapides, mais reste insensible aux pulsations relativement lentes émises par la
- Fig. 3. —- Contrôleur « Radamax-Kirby
- magnéto quand aucune étincelle ne se produit» la bougie.
- Il indique instantanément et avec certitude absolue si une étincelle se produit dans le cylindre aux pointes de la bougie, sans qu’il soit besoin de rien démonter, le moteur étant en marche normale, la nuit ou le jour, par tous les temps.
- Aucun autre essai de la bougie n’est aussi sûr que celui-là, une bougie pouvant parfaitement allumer à l’air libre alors qu’aucune étincelle ne se produira sous pression dans le cylindre. L’appareil dure indéfiniment et fonctionne sur tous moteurs à explosion : automobiles, avions, dirigeables, tracteurs agricoles, etc. Un moteur d’auto peut ainsi être vérifié en quelques secondes, un moteur fixe d’aviation en une minute.
- Pour contrôler une bougie avec le « Radamax-Kirby», on met en contact une des bornes de l’appareil avec le sommet de la bougie et l’autre avec la base.
- Si la bougie allume dans le cylindre, une étincelle sera visible par la fenêtre de l’instrument. Si elle n’allume pas, pour quelque cause que ce soit, aucune étincelle ne se produira dans l’appareil.
- En vente, chez Kirby Beard et Cia, 5, rue Auber, Paris.
- *»> Cyclisme <«*
- Frein démontable Ki-PIet. — Nous avons remarqué au Concours Lépine un nouveau frein de bicyclette, le
- Fig. 4- — Frein démontable « Ki-Plet ».
- « Ki-Plet », qui présente l’avantage de pouvoir se démonter et se remonter rapidement.
- Son aspect est celui des freins à commande par câble flexible (fig. 4)-
- II se démonte en dévissant les deux écrous A, puis en retirant la plaque B pour sortir les deux branches C et la came D, il ne reste alors que la plaque E qui est fixée à demeure sur la bicyclette par une tige filetée et un écrou à oreille et retenue par la fourche ; le frein est commandé par un câble flexible dont l’extrémité vient s’accrocher comme un balancier de pendule dans le crochet F ; la gaine de ce câble se place très facilement à la main dans un mamelon percé et fendu G qui lui donne son assise ; le crochet F étant mobile sur la came D, au moyen d’un filetage, permet de régler l’écartement des branches G.
- Les porte-patins H sont également démontables ; ils sont articulés pour pouvoir entrer facilement les patins en caoutchouc qu’on y serre à l’extrémité au moyen d’un petit boulon. Cette particularité est très intéressante pour les freins de bicyclettes dont les parties en caoutchouc s’usent rapidement.
- Le nouveau frein « Iii-Plet » est donc non seulement démontable, mais réglable dans toutes ses parties. C’est là un avantage pour le bicycliste qui peut d’abord le nettoyer, puis lui assurer par quelques tours de vis une puissance de serrage constante.
- Constructeur : M. G. Boissard, 20, rue Gompans, Paris, 19°.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Selle pour cycles à réaction propulsive et pouvant servir de démarreur. — An dernier Concours Lépine, M. Jeannet horloger, g, rue d’Alsace, à Asnières, a exposé une nouvelle selle de bicyclette destinée à utiliser les caho ts de la route pour la propulsion.
- Les particularités de cette invention consistent en la forme spéc iale de la selle A, qui est construite en métal
- Selle pour cycle a réaction propulsive.
- léger nervé et embouti, d'une seule venue : son long bec ar ticulé A' se fixant sur le cadre en B (fig. 5) et ses ressorts-boudins B' B' de suspension lui donnent une souplesse extraordinaire, le retour de choc, ou réaction, est ralenti, grâce au petit système genre pignon libre E, calé sur le moyeu arrière et dont le petit levier de prise D est relié par une tige au levier C delà selle, ce qui nécessairement produit un travail à double effet, amortisseur et de propulsion.
- De plus, en libérant la selle de son attache de levier II et en accrochant à cette attache l’extrémité d’une bretelle ou « bricole » appropriée G terminée par un ressort de souplesse F, le cycliste peut accroître sa puissance propulsive d’une façon appréciable en utilisant le jeu naturel des muscles du dos, lorsqu’il se courbe sous l’effort (fig. 5).
- Construction
- La poutre métallique «PP ». — Cette poutre a pour but de remplacer économiquement, à distance égale, dans la construction des planchers, les solives laminées en fer à double T. Basée sur la propriété des arcs et particulièrement de l’arc parabolique, la forme de cette poutre fait que les charges ne développent dans ses éléments que des tractions et compressions pratiquement constantes.
- Elle se compose (fig. 6 et 7) : i° d’un fer à T simple ou d’un fer méplat (membrure supérieure) et 20 d’un bandage ou fer plat de forme parabolique (membrure inférieure).
- La courbe est réglée au moyen de cales en fer.
- L’âme du T (ou du méplat) passe aux extrémités du
- Fig. 6. — Poutre « PF », type pour planchers ordinaires.
- bandage plat dans une mortaise dont la tranche vient buter contre le T. Cette partie de la poutre reçoit les charges qu’elle transmet par l’intermédiaire des cales et du hourdis (béton ou plâtras) à l’arc inférieur; celui-ci travaille dès lors à la façon d’une tige suspendue à des points fixes immuables, puisque la traction qui tendrait à rapprocher ces points est contrebalancée par la résistance à la compression du fer de la membrure supérieure. Quant à la membrure inférieure, elle est
- percée à ses extrémités afin de faciliter l’ancrage dans les murs.
- Les poutres « PF » sont rendues solidaires les unes des autres au moyen d’entretoises.
- La figure 6 représente le type ordinaire, l’arc étant en dessous.
- Une variante de ce type destinée à l’établissement des terrasses et des planchers par lesquels on prévoit l’écoulement des eaux, consiste à faire au contraire cintrée la membrure supérieure, et droite la membrure inférieure.
- La figure 7, type du Génie militaire, est destinée à la construction des planchers en ciment armé appelés à recevoir des fortes charges.
- Le poids de la poutre « PF » comparé à celui de la poutrelle 1 d’égale résistance est d’environ 40 pour io<>
- Fig. 7. — Poutre
- », type Génie militaire pour, planchers
- en moins à l’avantage de la première. L’économie obtenue par cette poutre au lieu et place de la seconde est pour Paris de 1$ pour 100 environ.
- L’écartement des poutres varie de o m. 70 à o m. 90 et même au delà. Leur pose est identique à celle des autres genres de poutrelles ; toutefois les assemblages étant supprimés, cette pose peut être confiée à des ouvriers quelconques.
- Constructeur : Société la Poutre « PF », 76, boulevard Magenta, Paris.
- **> Objets utiles
- Cache-pot réservoir. — Il est fort agréable d’avoir chez soi des plantes en pot. L’ennui est qu’il faut souvent les arroser et qu’on ne peut s’en aller en vacances ou en voyage en les abandonnant à leur sort; on les retrouverait mortes, desséchées.
- Au Concours Lépine, nous avons vu un cache-pot réservoir qui supprime l’arrosage fréquent des plantes en pot. Il possède un réservoir relié au pot à fleur par un ou plusieurs siphons qui ne débitent que très lentement dans le vase.
- L’écoulement de l’eau est réglable selon la nature de la plante et ses besoins.
- La capacité du réservoir est telle, que les soins fréquents sont supprimés et qu’on peut abandonner les plantes pendant un, deux ou même trois mois sans crainte qu'elles manquent d’eau. Un modèle spécial a été créé pour les cimetières, qui s’adapte aux formes de vases habituellement employées.
- Pour charger le cache-pot, on le plonge tout entier dans un seau d’eau, puis on le laisse égoutter et on y met la plante. Si l’on s’aperçoit que le débit est trop grand et que le fond du vase est noyé, on règle l’arrivée
- Fig. 8. — Cache-pot réservoir.
- d’eau en supprimant un ou deux siphons. Une fois réglé, l’appareil peut fonctionner deux mois sans aucun soin.
- Le cache-pot réservoir est construit par M. P. Pinson, ferblantier, 209, boulevard Davout, Paris, 20°.
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- VARIÉTÉS
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- COMMENT ACHETER LES FRUITS EXOTIQUES FRAIS? — LES BANANES
- Parmi les fruits exotiques que nous recevons à l’état frais, les bananes occupent un rang très important, sinon le premier, et nul fruit ne le mérite davantage si l’on tient compte de la grande valeur nutritive qu elle possède sous un petit volume et dont notre alimentation peut bénéficier si facilement.
- Quelle variété acheter de préférence? — Quoique les bananiers à fruits comestibles (produisent plusieurs variétés dans les pays où ils sont cultivés, les bananes commerciales que nous importons n’appartiennent qu’à trois espèces de Musa : Musa Cavendishii ou M. Sinen-sis, Bananier de Chiae ou Bananier nain; M. sapientum ou Bananier figue; M. paradisiaca ou Bananier plantain. Le premier produit la banane des Canaries, les deux autres, les bananes groupées sous le nom de bananes d’Amérique; c’est celle des Canaries qu’il faut acheter de préférence.
- Banane des Canaries. — On l’appelle parfois aussi banane de Chine, parce que le bananier nain qui la fournit en est originaire. Toutefois, celui-ci est cultivé depuis longtemps aux Canaries où sa variété Johnson l’emporte notablement sur les autres. Ses fruits nous parviennent très aisément étant donnée la faible distance qui sépare les îles du continent. Il en vient un peu également de l’île Madère, des Barbades, de la Guadeloupe, de la Guinée française ou une de ses races, la Camayenne, a été introduite.
- Banane d'Amérique appelée aussi Banane-figue, banane à cochon. — Elle provient surtout de la Jamaïque, de Costa-Rica, des Antilles, du Brésil, etc. D’après M. IL Jumelle, la variété du Musa Sapientum, la plus cultivée à la Jamaïque, est la Gros Michel, nommée encore Martinique, Peugeot ou Dominique.
- Quand on compare les deux sortes de bananes entre elles, on trouve que la banane des Canaries est un peu moins longue, moins grosse et plus arquée que celle d'Amérique, que sa chair, à maturité normale, est plus fondante, beaucoup plus parfumée et surtout dépourvue d’un goût comme mucilagineux que le palais perçoit souvent dans la banane d’Amériqüe, et qu’elle est de conservation plus facile et plus longue. C'est, d’ailleurs, à beaucoup près, la plus estimée sur les marchés d’Eu-rOpe, la banane d’Amérique étant surtout expédiée sur ceux du Nouveau Continent.
- S’il arrive peu de cette dernière sur nos marchés français, bien qu elle supporte mieux le voyage que la banane des Canaries, c’est qu’elle est frappée en Europe, même en sa variété Gros Michel, d’une déconsidération qui est due, d’après M. Labroy, à ce que les commerçants traitent ces régimes comme ceux des Canaries et livrent les fruits avant qu’ils ne soient devenus jaunes et ne commencent à céder sous la pression du doigt.
- Je mentionnerai pour mémoire que le littoral algérien tunisien nous fait aussi quelques expéditions de fruits du Musa Cavendishii.
- Quand et comment les achetet? — En temps normal, on trouve des bananes toute l’année sur les marchés, notamment aux Halles de Paris, surtout en ce qui concerne les fruits des Canaries, dont l’expédition doit toujours être soignée pour éviter qu’elles ne soient abîmées pendant la traversée. Je m’expliquerai à ce sujet dans un article ultérieur.
- La maîtresse de maison dont la famille est nombreuse, quand elle se trouve éloignée d’un centre important, peut avoir intérêt à acheter un régime entier. Elle devra bien vérifier l’état des fruits qui doivent être absolument sains, de nuance verdâtre avec une légère teinte jaune et très fermes sous le doigt. Le régime sera suspendu dans un endroit très sec et froid mais dont la température pourra varier en vue de régulariser et d’échelonner la maturité suivant les besoins de la consommation.
- L’achat, presque toujours, a lieu chez les fruitiers ou dans les maisons d’alimentation quand on en désire une certaine quantité et sur les petites voitures des quatre saisons lorsqu’on en veut quelques-unes. Si l’on en fait une petite provision, il ne faut prendre que des bananes très saines, à peu près mûres, dont la peau indemne de toute tache sombre revêt une teinte uniforme vert jaunâtre, nuancée par places de jaune doré, et ne les faire
- séparer du régime qu’au moment de la vente, parce que plus elles y sont restées, plus elles y auront puisé tous les principes nécessaires pour acquérir la maturité normale et le maximum de leurs propriétés nutritives et organoleptiques, tandis qu’autrement la maturité ne serait que factice.
- Quand on achète des bananes pour les manger de suite, on peut être moins rigoureux, et même, si l’on est gourmet, il y a lieu de rechercher celles dont la peau compte quelques petites tachés gris-noirâtre qui sont, il est vrai, un indice de maturité avancée, mais qui comportent une augmentation de parfum. Si les fruits sont moins nourrissants, ils y gagnent d’être plus savoureux à cause des éthers formés pendant la garde. Il importe toutefois de délaisser celles qui sont trop blettes, ainsi d’ailleurs que celles qui sont trop vertes. Dans le premier cas, elles sont souvent avariées par des champignons dont les sécrétions rappellent le moisi et leur ingestion est capable de produire des troubles des voies digestives; dans le second cas, elles sont encore très pauvres en principes assimilables et dépourvues de toute saveur que seule la garde peut élaborer.
- Principaux usages. — Le principal et certainement le plus agréable usage consiste à manger la banane à l’état frais quand elle est bien mûre à point et qu’elle a acquis une odeur et une saveur fraîches et très agréables rappelant l’éther amylique en même temps qu elle possède sous un faible volume une très grande valeur nutritive ainsi que l’attestent plusieurs analyses, de Corenwinder, Balland, Alquier, Marcano et Müntz, etc.
- Le pourcentage de la partie bonne à manger ou chair et du déchet ou peau a été évalué par ces auteurs comme suit en chiffres ronds :
- Corenwinder. Balland. Alquier.
- Chair . . 66 59 70
- Peau. . . 34 41 3o
- En outre, d’après Alquier, les résultats se rapportant à la partie bonne à manger se décomposent, au regard de leurs parties utilisables digérées dans la proportion suivante : matières azotées 1,21 ; matières grasses o,5o; hydrocarbonés 21,87; sucre 16,20; cellulose (hydrocarbonés ingérés) 0,87; cendres o,65; nombre de calories par 100 gr. 99,69; nombre d’unités nutritives organiques (par 100 gr.) 24,3i.
- On fait avec les bananes des beignets d’une grande délicatesse, mais on les mange également cuites sous la cendre ou au four. Les maîtresses de maison pourraient, comme c’est l’usage en certains pays, faire cuire les bananes à feu lent, les sécher et les transformer en une pâte qui, stérilisée au bain-marie, se conserverait assez longtemps avec un goût rappelant celui du beurre frais.
- Parmi les différents modes de conservation, la dessiccation joue un rôle important. Les essais qui ont été faits avec deux appareils différents ont donné, pour 100 kg de fruits pelés, 27 kg 6 avec l’un et 3o kg avec l’autre. Dans les pays d’origine, on les dessèche au soleil en les plaçant sur des claies où on les laisse assez longtemps pour que la peau commence à se ratatiner. On l’enlève et on les expose de nouveau jusqu’à ce que leur sucre se concrète à leur surface. Séchées ainsi, elles prennent souvent, d’après M. H. Jumelle, un aspect brun noirâtre, mais il me paraît très probable qu’on les obtiendrait blanches si, avant de les passer à l’évaporateur, on les soumettait comme les pommes dans la boîte à blanchir aux vapeurs de l’anhydride sulfureux. Quoi qu’il en soit, on les réunit dans le sens de leur longueur et on les met en boîte. On les consomme, paraît-il, après cuisson, avec la viande, apprêtées comme les pruneaux.
- Aux différents usages alimentaires on peut ajouter la préparation d’une farine très estimée, d’un vin et d’une eau-de-vie dont je parlerai bientôt. Corenwinder avait même pensé que la banane, dans laquelle il avait dosé 21 gr. 80 de sucre total pour 100, dont i5 gr. 90 à l’état de sucre cristallisable, pourrait donner lieu à une fabrication industrielle du sucre qui assurerait, peut-être, plus de profits que la canne à sucre et la betterave, mais cette idée, n’a pas. que je sache, reçu d’application pratique. A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pâte dentifrice. — Prendre :
- Amidon de blé................ 5 gr.
- • Eau distillée de rose. .... i5 — Glycérine neutre...............80 —
- Mélanger intimement, puis chauffer au bain-marie dans une capsule en remuant constamment jusqu’à ce qu’il se forme une gelée bien homogène.
- Ajouter alors progressivement un mélange à parties égales de carbonate de chaux précipité, carbonate de magnésie et pierre ponce finement pulvérisée, de manière à obtenir une pâte épaisse.
- Colorer par un peu de carmin n" 4° et parfumer avec :
- Essence de menthe..........i gr.
- Essence de badiane.........o gr. 5
- Taches de rouille et moisissures sur le linge. —
- Les deux petits procédés suivants réussissent parfois très bien sans qu’il soit à craindre d’altération du linge :
- Pour les taches de rouille, mélanger préalablement une cuillerée à café d’alun en poudre et deux cuillerées de crème de tartre, mettre une pincée de cette poudre sur la tache, mouiller avec un peu d’eau, puis lorsque la tache a disparu, rincer soigneusement pour enlever les sels en excès.
- Dans le cas de moisissures, on fera un mélange à
- parties égales de sel ammoniac et de sel de table fin puis on dissoudraune cuillerée du mélange dans unverre d’eau. La tache étant imbibée de cette dissolution, le linge sera exposé au grand air jusqu’au lendemain. Finalement il suffira de rincer à l’eau claire comme précédemment.
- Gants piqués par l’humidité. — Prendre une boîte de carton fermant bien, passer plusieurs fils à l’intérieur pour isoler les gants de la boîte et dans cette boîte placer un tampon d’ouate imbibé d’ammoniaque. Fermer la boîte, le lendemain on constatera que les gants ont repris leur aspect primitif.
- Conservation de l’encre de Chine. — Tous les dessinateurs savent que l’encre de Chine, si on veut lui conserver sa fixité, doit être préparée au moment même de l’emploi, toute encre ancienne perdant ses propriétés.
- L’altération a pour cause la destruction plus ou moins complète de la gélatine qui sert d’excipient au noir de fumée; pour éviter cet inconvénient, il suffit d’employer pour délayer le bâton d’encre de Chine, de l’eau contenant par litre :
- Sublimé............... o gr. 5o
- Sel de table..........x. io gr.
- On pourra ainsi préparer de petits flacons d’encre dont la conservation sera de longue durée.
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- BOITE AUX LETTRES
- oêl.
- AVIS. - I/abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Réponses. — 31. Gadaud, à Paris. — Vous obtiendrez un très bon fixatif pour les cheveux en prenant :
- Semences de coings................. 20 gr.
- Eau tiède..........................100 —
- Laisser en contact cinq à six heures, agiter fréquemment, passer au travers d’une mousseline et ajouter :
- Eau de Cologne.......................4 gr,
- M. Bucquet, à Paris. — Pour répondre à votre demande d’une façon utile, il nous est indispensable de connaître exactement le but que vous vous proposez en cherchant à agglomérer des paillettes de chanvre, s’agit-il d’un , aliment pour le bétail, d’un combustible, d’un produit industriel? Prière de nous fixer à ce sujet.
- M. Royer, à Paris. — En réponse à votre question nous avons publié dans un précédent numéro une recette pour l’imperméabilisation des tissus, nous vous prions de vous y reporter.
- M. A. Diederichs, à Lyon. — Le procédé suivant vous donnera, pensons-nous, satisfaction pour renickeler directement les pièces d'automobile : après avoir dégraissé au carbonate de soude appliquer au moyen d’un tampon
- une mixture composée de :
- Sulfate de nickel................ 55 gr.
- Bitartrate de potasse............175 —
- Chlorure de sodium...............160 —
- Eau . . . ,......................600 c. c.
- Rincer soigneusement, sécher à la sciure et polir au chiffon de laine.
- M. Agry, à Paris. — Le zinc de votre baignoire s’est oxydé à l’air et peut être carbonaté. Pour enlever cet enduit laver d’abord à l’eau vinaigrée, puis après rinçage à l’eau ammoniacale terminer par un lavage à grande eau, répéter au besoin les opérations successives.
- M. Petit-Yvelin, à Paris. — La soudure de l'aluminium présente certaines difficultés qui ne la mettent pas à la portée de l’amateur, pratiquement le mieux sera d’arrondir le trou dans le vase en question et d’y mater un rivet également en aluminium.
- M. le commandant G. Beirlaen, à Bruxelles. — Pour
- peindre sur le zinc, il est préférable de se servir soit de blanc de zinc, soit de lithopone, on est ainsi certain qu’il ne se produira aucune réaction entre le pigment et le support.
- 31. X..., à Lyon. — Le bois qui convient particulièrement à la confection des tableaux noirs est le hêtre bien poncé, on l’enduit ensuite d’un mélange à parties égales de noir animal et de blanc d’Espagne délayé dans de l’essence de térébenthine additionnée de 20 pour 100 de vernis copal. Après séchage, on passe au bout de deux ou trois jours une nouvelle couche et on renouvelle cette opération jusqu’à épaisseur suffisante pour résister à l’usage.
- 31. Peeters, à Rouen. — Il suffit pour donner à la cire toutes colorations, d’y incorporer des couleurs à base minérale, telles que le bleu de Prusse, le vermillon, le chromate de plomb, le blanc de zinc. Vous pourrez trouver des cires colorées chez Berville, 25, rue de la Chaussée-d’Antin qui vous fournira également tous les ouvrages sur le modelage.
- 31. Briquet, à Paris. — i° Le blanchiment des fourrures d’hermine peut s’effectuer de la manière suivante : On commence par démonter les peaux de leur doublure, puis on les plonge en les foulant dans un mélange à parties égales d’eau oxygénée et d’eau ordinaire, additionné de 1 cm3 par litre d’ammoniaque liquide ou alcali volatil. On laisse la peau dans ce liquide pendant 4 à 5 heures en malaxant à plusieurs reprises, dans l’intervalle on constate qu’il se dégage de petites bulles d’oxygène pendant ce temps, on enlève alors du bain, laisse égoutter et abandonne à l’air deux ou trois heures, finalement on rince, passe au bleu d’outremer, léger, et laisse sécher à l’ombre ; 20 Les agglomérés de pous-
- siers s’obtiennent en mélangeant :
- Argile grasse . ..................12 kil.
- Chaux éteinte en poudre .... 4 —
- Poussier de houille ou coke ... 84 —
- Le tout est délayé dans-une quantité d’eau suffisante pour faire une pâte, puis on procède au moulage des briquettes dans l’un des appareils aujourd’hui courants tels que celui d’Harmand de la maison J. Arthur, 23s, rue de Rivoli.
- 31. Raymond Ober, à Fontenay-sous-Bois. — i° Les ouvrages suivants vous donneront, pensons-nous, satisfaction : Manuel de Céramique industrielle, par D. Arnaud et Franche ; Contribution à l'étude de la céramique, par Chantepie; La Porcelaine, par Dubreuil;
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- éditeur Dunod, 47> quai des Grand s-Augustin s. 20 On emploie pour le rodage un grand nombre de matières siliceuses, alumineuses ou ferrugineuses, le talent de l’opérateur consiste surtout à les employer dans un ordre déterminé suivant leur grosseur et leur dureté, le mieux serait pour vous de visiter un atelier où se font ces opérations pour lesquelles le tour de main a plus d’importance que le produit mis en œuvre.
- 31. Mariani. — i° La fabrication du celluloïd utilise habituellement comme dissolvant l’alcool dénaturé, les proportions courantes sont :
- Nitrocellulose................... 100 kg
- Camphre........................... 4° —
- Alcool dénaturé................... 80 —
- Les galettes de nitrocelluloses sont concassées au moulin et dissoutes dans l’alcool camphré avec l’aide d’un malaxeur, puis la pâte épaisse est passée entre des cylindres chauffés à 6o° et écartés de i5 mm environ, c'est à ce moment que I on incorpore les matières minérales destinées à colorer la masse ou à produire des marbrures. 20 Pour les crèmes à chaussures dont lexci-pient est la térébenthine, employer pour la coloration noire ; le noir animal ou le noir d’ivoire pour les crèmes aqueuses à base de savon, se servir de nigrosine dans la proportion de 1 pour 100 et additionner ensuite de 2 pour 100 de noir de fumée.
- 31. le comte de Coubert, Château de la Boisnière. — Le tétrachlorure de carbone ne peut être considéré comme dangereux lorsque son emploi est ,momentané, comme par exemple pour le dégraissage des vêtements, seule son absorption continue pourrait causerune intoxication. Il ne faut donc pas séjourner dans une pièce saturée de ses vapeurs, la destruction des mites est du reste basée sur ce principe, quant au danger d’incendie il est nul, le tétrachlorure étant ininflammable.
- 31. IL.-C.-86, à Nice. — Vous trouverez tous les renseignements sur la champagnisation des vins dans le Manuel général des Vins, par Robinet d’Epernay, tome II, vins mousseux et champagne qui est vendu séparément par la librairie Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augus-tins.
- M. De gais, à Puyon (Basses-Pyrénées). — i° Ainsi que son nom l’indique, le produit en question a pour base le kaolin ou terre à porcelaine, la perfection du poli obtenu dépend uniquement de l’état de finesse auquel l’abrasif a été amené ; 20 Nous ne connaissons pas de produit plus économique que la colle forte pouvant être employé dans le cas considéré comme agglutinant. 3° Des machines spéciales sont nécessaires pour le moulage que vous désirez effectuer, adressez-vous à la maison Randegger et Niestlé, 188, boulevard Voltaire. 4° Dans l’hygromètre décrit le 4 septembre 1920, n° 2422 de La Nature, il est évident que le contrepoids doit être établi pour faire uniquement équilibre au poids du cordeau compris entre le point d’attache et la poulie, ce n’est qu’à titre de renseignement qu’un chiffre a été donné, concernant] seulement l’installation de l’inventeur; d’autre part, il faut que le cordeau ait pris son régime, fonction des conditions locales avant d’être susceptible de donner les indications voulues.
- 31. Desmazières, à Sarrebruck. — i° Il ne faut pas espérer recoller avec une grande solidité un marbre de commode fendu par le milieu, même entier le marbre sous une épaisseur aussi faible présente une assez grande fragilité, car il est rare de le voir reposer sans porte à faux. La condition première sera donc de remettre les fragments en place et de les caler très soigneusement, ensuite vous pouriez couler dans la fissure une pâte assez fluide obtenue en gâchant du blanc de ztnc dans une mixture composée de :
- Chlorure de zinc (densité i5oo) . 100 gr.
- Borax......................... . 5 —
- 20 La même composition pourra vous servir pour réparer les statuettes brisées. 3° Les emballeurs emploient très simplement pour marquer les caisses de la boue d’encre, si on désire une plus grande solidité on peut utiliser la formule suivante :
- Gomme laque. ........ 7^ gr.
- Borax.......................... 7^ — ,
- Eau...........................85o —
- Faire bouillir et après dissolution ajouter
- Dextrine................... "jS gr.
- puis une quantité de noir de fumée suffisante pour donner l’intensité voulue, couleur qui peut être rempla-
- cée par le rouge d’Angleterre. 4° Pour donner au guipage du fil de votre lampe électrique une blancheur nouvelle, il vous suffira de le badigeonner de blanc d’Espagne ou de terre de pipe délayée dans de l’eau légèrement gommée.
- M. L. Barret, à Grenoble. — Nous pensons que vous réussirez à dorer légèrement les petits objets dont vous nous avez remis échantillons, en procédant par dorure au trempé qui se pratique de la façon suivante :
- Prendre : Chlorure d’or ... i5 gr.
- Eau................1000 c. c.
- Après dissolution ajouter :
- Bicarbonate de potasse. ... 125 gr.
- La solution étant portée à l’ébullition y tremper les objets pendant deux à trois minutes, laver et sécher à la sciure de bois.
- M. Bérard-Blanc, au Puy. — Il ne peut être question de teindre un métal, la seule solution est de déposer sur celui-ci une couche plus ou moins épaisse d’or ou d’argent ; dans le premier'cas la dorure au trempé dont nous indiquons la formule à la réponse précédente vous donnera très probablement satisfaction, mais il sera nécessaire de désargenter au préalable par passage en bain nitrique léger pour éviter la formation de chlorure d’argent. Dans le second cas vous pourriez employer le bain qui suit également à l’ébullition.
- Nitrate d’argent................ 5 gr.
- Phosphate de soude..............12 —
- Potasse caustique............ 7,5 —
- Cyanure de potassium .... 10 —
- Introduire le phosphate, le cyanure et la potasse dans un ballon jaugé de un litre, y ajouter environ 400 cm3 d’eau, puis lorsque la dissolution est complète y verser le nitrate d’argent, dissous d’autre part dans environ 200 cm3 d’eau, finalement compléter le litre. Se rappeler que le cyanure de potassium est un poison violent et prendre par conséquent toutes précautions contre une inoxication possible.
- M. P. C..., à Bruxelles. — Vous trouverez d’autre part, dans les Recettes et Procédés utiles, une formule de pâte dentifrice facile à préparer.
- M. Absire-Sevrey, à Rouen.— Une grande résistance aux intempéries est donnée à la peinture principalement si elle est exposée aux embruns par le procédé suivant :
- Faire dissoudre à froid dans un flacon bien bouché 60 gr. de caoutchouc Para, c’est-à-dire non vulcanisé dans un litre de nitrobenzine. Ajouter 20 gr. delà dissolution ainsi obtenue à 1 kg de peinture ordinaire, bien mélanger et employer par temps sec.
- Ne se servir comme pigment que de couleurs minérales fixas à l’exclusion des couleurs d’aniline qui sont très fugaces à la lumière, éviter les verts de mélange, par exemple bleu de Prusse et chromate de plomb, leur préférer les verts de chrome.
- 31. Louis Glemin, à Riaille (Loire-Inférieure). — i° Sous l’influence du mycoderma aceti, Y alcool de Vhydromel se transforme en acide acétique, on dit que la boisson se pique, cela a lieu quand le liquide peu alcoolique est laissé en vidange ou sur lie.
- Il vaut mieux prévenir la maladie en ne faisant fermenter que des liquides riches en sucre ou en versant à la surface vers la fin de la fermentation une couche d’huile. Quand l’accident s’est produit on peut atténuer l’acidité par addition d’un peu de craie, mais le mieux est une consommation rapide, ce moyen n’étant qu’un palliatif.
- 20 Pour dégraisser un fût ayant contenu de l’huile, le plus pratique est de le confier à un tonnelier qui effectuera un flambage intérieur au moyen de copeaux après l’avoir défoncé.
- M. Pingray, à Béziers. — x° L’altération que vous avez constatée sur votre cuiseur en aluminium est due à la structure du métal, aucun remède ne peut y être apporté. 20 La manière la plus simple à'imperméabiliser un parapluie est de l’imprégner à deux ou trois reprises avec une solution obtenue en étendant de quarante fois son volume l’acétate d’alumine du commerce qui marque 6 à 8° Baumé. Laisser sécher à l’ombre au moins une journée entre chaque opération.
- M. J. Lucius, à Paris. — i° Le blanchiment de la soie s’effectue par décreusage à l’ébullition dans deux bains successifs de savon à 10 gr. par litre, chaque opération durant environ une demi-heure on îùnce ensuite à l’eau pure, non calcaire.
- 2° Nous avons donné dans un précédent numéro une
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- recette pour brunir l’acier, sous la rubrique : Noir oxydé pour boîtiers de montres.
- H. A.-M. Bogota. — Des renseignements très complets vous seront fournis sur l’analyse des végétaux par les ouvrages qui suivent : Analyse des végétaux de Z Encyclopédie Frémy. Analyse des végétaux, par Dra-gendorfî, traduction Schlagdenhaufen ; éditeur Dunod, 47> quai des Grands-Augustins.
- M. Lereboullet. — i° La conservation des plantes d herbier peut être assurée en pulvérisant sur les feuillets une solution d’acide salycilique dans l’alcool à 2 gr. par litre. 20 La réparation des toiles cirées comporte certaines difficultés au point de vue raccordement si 1 enduit est écaillé; cependant avec du soin on peut obtenir un très bon résultat de la mixture suivante :
- Huile de lin siccativée..........3o gr.
- Cire jaune....................... 3 —
- Gomme laque...................... 3 —
- F aire chauffer à feu doux jusqu’à homogénéisation, puis étendre d'huile de lin pour donner la consistance voulue suivant l’épaisseur à atteindre, colorer au moyen des couleurs d’aniline solubles dans l’huile de la Manufacture lyonnaise qui sont très répandues aujourd’hui.
- Dans le cas où l’enduit n’aurait pas été enlevé, recolorer simplement par du vernis gras additionné de
- vésuvine et nigrosine en proportions convenables pour la teinte désirée.
- M. Pienovi, à Saigon. — Veuillez vous reporter aux recettes que nous donnons dans le présent numéro pour enlever les taches de rouille et de moisissures sur le linge.
- Mlle Gillet, à Châalis par Ermenonville. — i° Les gants genre Suède, Turin ou chevreau glacé supportent mal 1 intervention de l’eau, surtout quand la température de celle-ci dépasse 3o° C, nous croyons que vous pourrez remédier dans une certaine mesure à l’accident en retournant les gants et imprégnant l’envers d’une solution aqueuse de glycérine à 2 5 pour 100. 20 Voir dans le présent numéro la recette relative aux gants piqués. 3° La conservation des papillons avec tout leur éclat s obtient en pulvérisant sur l’insecte après dessic-
- cation la solution suivante :
- Gomme laque blanche .... 6 gr.
- Résine copal................. 4 —
- Bichlorure de mercure. ... o,5 —
- Alcool à g5°. ...............200 c. c.
- Opérer de préférence dans une pièce aérée à cause du sublimé dont l’absorption pourrait être nuisible.
- M. P. V..., à Paris. — Veuillez vous reporter aux Recettes et procédés utiles de ce même numéro.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La. Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.) ______
- The theory of Electric Cables and Net Works, par A. Russel (2e édition). 1 vol. in-8illustré, 348 p. Editeur Constable. Londres 1920. Prix : 24 sh.
- Les réseaux électriques couvrent aujourd’hui la plupart des pays civilisés; leur établissement et leur exploitation constituent une branche spéciale et importante de l’art de l’iDgéuieur. M. Russel en résume d’une façon claire, mais parfois un peu sommaire, les principes et les règles essentiels. L’auteur étudie suc-\ cessivement les conducteurs, les isolants, les différentes méthodes de distribution et les règles qui président à leur choix, les méthodes pratiques de mesure de l’isolement d’un réseau, la recherche des fuites, les dispositifs de sécurité, etc.
- Wireless Transmission of Photographs, par Marius, J. Martin (P édition). 1 vol. illustré. 14\ p. Editeur The Wireless Press. Londres 1920.
- Puisque l’on peut transmettre les photographies sur les fils télégraphiques, il est certainement possible de réaliser une transmission analogue par les moyens de la T. S. F. L’auteur expose le principe delà méthode qu’il a conçue à cet effet et décrit les appareils qu’il a construits dans ce but.
- Les camions de la Victoire, par Paul Heuzé. i vol. in-18 jésus, 274 p. « La Renaissance du Livre », éditeur. Paris 1920. Prix net : 5 francs.
- Exposé émouvant et complet du rôle héroïque joué par nos camions automobiles pendant les diverses phases de la grande guerre. M. Heuzé, admirablement documenté sur la question, met en relief dans un style élégant et ferme le prodigieux effort accompli et ses résultats.
- De Valimentation en eau potable des communes, par Maurice i>e Barral. i vol. in-8, 323 p., 2 tableaux. (Edition du B. O. E., 126, rue de Provence, Paris). Prix : 10 francs.
- Tous ceux qui s’intéressent à ce problème éminemment pratique (maires, conseillers municipaux, admi-
- nistrateurs,^ juristes, ingénieurs, architectes, industriels, usiniers, financiers, etc.), trouveront dans ce livre, exposé et discute dans une forme claire et précise, 1 état complet de la question, à son triple Pomt vue administratif, juridique et financier. Ils posséderont ainsi un guide précieux qui leur facilitera singulièrement la compréhension nette d’une question vitale pour la nation, parmi l’abondance et l’enchevêtrement des textes de toutes sortes qui la régissent.
- Hydrologie et hydroscopie. P. Landesque. In-8°, 225 p. Dunod, 1920, Paris. Prix : i5 irancs.
- Après une première partie hydrogéologique générale, l’auteur résume, dans une seconde partie (hydroscopie) la question de la baguette divinatoire. Il expose les résultats pratiques intéressants qu’il a obtenus en lunisie, aux environs de Kérouan, Enfidaville, Sousse, lums. Ses réussites l’amènent à conclure que le procédé est efficace, qu il doit être employé avec prudence et par des chercheurs sérieux ; 'que les plus sensibles et les plus consciencieux hydromanciens peuvent se tromper ; que les baguettisants sont doués d une sensibilité physiologique spéciale et peuvent rendre des services ; qu’il ne faut pas condamner le procédé de parti pris; que le phénomène existe, mais que sa cause reste inconnue.
- Traité de chimie analytique appliquée, par le prof. V. Villavecchia, traduit et annoté par P. Nicolardot. 1. II. 1 vol. in-8, 640 p., 107 fig. Masson et Cie, Paris. Prix : 40 fr.
- La Nature a récemment signalé l’apparition du tome I de ce remarquable ouvrage consacré aux méthodes et réglés pour 1 examen chimique des principaux produits industriels et alimentaires. Voici aujourd’hui le tome II et dernier qui complète ce traité. Il est consacré à l’analyse des viandes et préparations de viandes, lait et ses dérivés, farines, pain, pâtes alimentaires, amidons, recules, dextrines, sucres et produits qui en contiennent, bières, vins, alcools et liqueurs, huiles essentielles, téi ébenthine et ses produits dérivés, vernis, caoutchouc et gutta-percha, produits taniques, encres, cuirs, matières colorantes, fibres textiles, filés et tissus. Pour chaque matière, les méthodes sont soigneusement sélectionnées, clairement exposées, si bien que cenpuveau traité, parfaitement au courant des procédés lefe plus recents, est le guide indispensable de tout laborktoire d analyses de chimie appliquée. Les nombreuses notes du traducteur, basées sur sa grande expérience personnelle, complètent le remarquable travail du professeur Villavecchia et ajoutent à son intérêt.
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- LA NATURE
- QUARANTE-HUITIÈME ANNÉE — ,9ao
- DEUXIÈME SEMESTRE
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS _ SCIENCE APPLIQUÉE - VARIÉTÉS - HYGIÈNE ET SANTÉ
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- I. - INFORMATIONS.
- Acide chlorhydrique : préparation à partir du chlore. ... 170
- — nitrique et la guerre..................................154
- — sulfurique et engrais chimiques......................... 97
- — sulfurique, et la guerre...............................154
- Acier : fabrication au four rotatif.......................... 65
- — et fonte en France en 1919........................... 57
- Accumulateurs thermiques....................................... 81
- Aérien (service) : Paris-Londres................................ 1
- Aéroplane à la conquête de la haute atmosphère............... 65
- — : record de durée du vol............................. 1
- — à surface variable.....................................153
- — ; voyages à haute altitude........................... 53
- Air : grandes routes.....................................185
- — atmosphérique : recherches négatives sur un nouveau
- constituant................................................. 97
- — comprimé pour combattre les vagues................... 66
- Alfa : papier..................................................422
- Algue : production d’oxvde de carbone.......................... 57
- Allemagne : progrès dans l’industrie cinématographique . . 26
- Alsace et Lorraine : données statistiques.................... 74
- Altitude : répartition de la population française............ 49
- Aluminium : rayons à miel......................................105
- Amérique : poste aérienne....................................... 2
- Amundsen........................................................ 2
- Aqueduc le plus grand du monde................................. 49
- Arbres fruitiers : valeur......................................44g
- Arc-en-ciel sur un arbre....................................... 42
- Assimilation chlorophyllienne : grandeur chez le pin sylvestre. 26
- Astres : agrandissement à l’horizon........................... 130
- Atmosphère : transformation de l’électricité statique en dynamique ... 461
- Automobiles : statistique...................................... 89
- Autriche : population..........................................445
- Avalanche au sommet du Mont Blanc..............................201
- Aviation : coupe Gordon-Bennett. ..............................424
- Aviation : poste, en Amérique................................... 2
- Aviation (Pour U)..............................................424
- Aviette : concours............................................. 33
- Avion : record de vitesse......................................429
- Avranchin : houille verte......................................... .
- Bateaux-citernes pétroliers : Hotte mondiale.................... 9
- Bétail français : statistique..................... ... . 90
- Bibliographie : conférence internationale...................... 5g
- Billes : fabrication...........................................43g
- Bois de cibucao : extrait de teinture..........................444
- Bois : industrie de la distillation au Canada.............; 9
- Bordet, prix Nobel de médecine. ...............................459
- Boussole en papier................................................
- Briques crues dans la construction.............................495
- Briques poreuses de laitier..................................... 4
- Cadmium : lampe à arc à vapeur................................. gj
- Cadmium : protection du fer.................................... gg
- Cariatide : plébiscite....................................... 170
- Carte postale de 23 000 mots......................................
- Supplément au n* 2438 de La Nature du 25 décembre 1920.
- Camion automobile en agriculture................................105
- Camphre......................................................... 5g
- Canada : immigration............................................430
- Canada : industrie de la distillation du bois............... 9
- Caoutchouc : nouveau procédé de vulcanisation...................157
- Caoutchouc synthétique en Allemagne.............................194
- Cargos à moteur Diesel.......................................... g9
- Catalyse : nouvelle préparation.................................477
- Cendres : récupération magnétique dans les cendres .... 201
- Céramique : institut français................................... 90
- Charbon pulvérisé : locomotive.................................. 50
- Chamonix ; catastrophe glaciaire................................443
- Chemins de fer suisses : électrification........................486
- — : Tanger-Fez............................................49g
- : utilisation des espaces bordant les voies.............414
- Cheptels français et allemand.................................. 201
- Chili : tremblement de terre.................................... 97
- Chutes de l’Iguazu............................................. 444
- Chutes des usines hydroélectriques : record de hauteur. . . 49
- Ciment : industrie et crise du charbon.................... 137
- Cinéma aux États-Unis........................................... g|
- Cinéma : progrès allemands dans l’industrie................. 26
- Combustibles catalytiques dérivés du pétrole.................... 73
- Combustibles : concours de la Ville de Paris 66
- Combustibles minéraux : nouvelle hypothèse sur l’origine. . 178
- — : récupération magnétique dons les cendres..............201
- Comètes Kudara et Schaumassc.....................................89
- Comète Tempel 2 : redécouverte................................. 49
- Concours Lépine................................................. 59
- Conférence internationale de bibliographie...................... 58
- Corrosions dans les installations à vapeur : leur suppression. 154
- Cosmogonie : nouvelle théorie...................................185
- Coupe Gordon-Bennett............................................424
- Cristaux sensibles à la lumière................................. 75
- Cuirassés : faut-il les transformer en navires de commerce'?. 146
- Cuivre : production mondiale.......................................
- Culture : influence sur les pluies..............................202
- Danube : partage................................................. 2
- Décharges électriques : photographie............................493
- Delage : nécrologie.............................................429
- Diamant : industrie dans le Jura................................ 26
- Dirigeables aux États-Unis................................... . 49g
- Distillation du bois au Canada................................... 9
- Ducos du Hauron : nécrologie................................... 97
- Eau morte....................................................... gg
- Ebullition, évaporation et tensions internes des liquides . . 177
- Électricité atmosphérique : utilisation........................ 57
- Électricité statique de l’atmosphère : transformation en électricité dynamique...............................................494
- Électrification des chemins de fer suisses......................jgg
- — de la Palestine......................................... g2
- Ëlcctroculture par lampes au néon...............................201
- Éléphant fossile de Chagny...................................... 49
- Energie électrique : grands transports. .................. 42, 129
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- Engrais chimiques et acide sulfurique........................
- Enseigne lumineuse monstre...................................
- Epinard en arbre : pâte à papier ............................
- Etats-Unis : cinéma..........................................
- ntats-Unis : dirigeables.....................................
- États-Unis : hydravions géants...............................
- Étoile nouvelle..............................................
- Eupen et Malmédy.............................................
- Europe : superficie et population des états..................
- Explosifs de guerre en agriculture...........................
- Fer : protection parle cadmium...............................
- Filtres à tournure de fer supprimant les corrosions ....
- Foires flottantes............................................
- Fonte et acier en France en 1919.............................
- Forêts : incendie monstre....................................
- — : tanks protecteurs..................................
- Four rotatif : fabrication de l’acier........................
- Fourrures : durée............................................
- France : fonte et acier en 1919..............................
- — : industrie du nickel...............................
- — : monnaie au cours de la guerre......................
- — : population en 1919.................................
- — : répartition de la population......................
- — : récoltes de 1920 ..................................
- — : statistique du bétail..............................
- Froid : institut international . . ..........................
- — : vague en Norvège méridionale......................
- Fruits : nouveau procédé de séchage..........................
- Gibier et guerre en Belgique.................................
- Gibraltar : tunnel...........................................
- Glaces : catastrophe dans la vallée de Chamonix..............
- Groenland : diminution des oiseaux sur la côte orientale . . Habitations : reconstruction dans les régions libérées ....
- Hannetons : nouvelles utilisations...........................
- Houille verte dans l’Avrancliin..............................
- Hydraulique industrielle : laboratoire à Toulouse............
- Hydravions géants aux États-Unis.............................
- Hydroélectrique : record de hauteur de chute.................
- Hydrogène : nouvelle forme...................................
- Iguazu : chutes..............................................
- Immigration au Canada........................................
- Incendie de forêts monstre...................................
- Inondation de Louth..........................................
- Institut de céramique........................................
- — international du froid...............................
- — d’optique...........................................
- — polytechnique de l’Ouest............................
- — de Psychologie......................................
- Islande: tremblement de terre . . . .........................
- Italie et Yougo-Slavie : frontière...........................
- Japon : effort colonial......................................
- Jura : industrie diamantaire.................................
- Kenya, ancienne Afrique orientale anglaise...................
- Lac né en une nuit...........................................
- Lait : transport par pipe-line.................................
- Laitier : briques poreuses...................................
- Lampe à arc à vapeur de cadmium..............................
- Lampes au néon : électroculture..............................
- Latitude : répartition de la population française............
- Le Havre : grande forme de radoub . . .................
- Liquides : ébullition, évaporation et tensions internes . . .
- Lockyer (Sir Norman) : nécrologie............................
- Locomotives à charbon pulvérisé..............................
- — au mazout...........................................
- Longitude : répartition de la population française...........
- Lorraine et Alsace : données statistiques....................
- Louth : inondation...........................................
- Lumière : cristaux sensibles.................................
- Mal de mer : traitement......................................
- Malmédy et Eupen.............................................
- Marées : force motrice captée à l’embouchure de la Rance .
- Marseille : port en 1919.....................................
- Mazout : locomotives.........................................
- Météorologie : radiogramme de la Tour Eiffel.................
- — : radiotélégrammes ............................ 17,
- Miel : rayons en aluminium...................................
- Monnaie en France au cours de la güérre......................
- — de nickel............................................
- Mont Blanc : avalanche.......................................
- Moteur Diesel : cargos.......................................
- Motoculture : grande semaine internationale..................
- — : semaine d’automne)................................
- Mustélidés : transport des œufs..............................
- Nécrologie : Yves Delage . '.................................
- Nécrologie : Ducos du Hauron................................. 97
- — : Sir Norman Lockyer.................................. 75
- — : Auguste Righi..............................•. . . . 41
- Neige : appareil de voirie pour la fusion....................146
- Nickel : industrie en l'rance...................................129
- — : nouvelles monnaies.....................................106
- Nil : utilisation des plantes aquatiques.....................162
- Norvège méridionale : vague de froid......................... 9
- Nouvelle-Guinée : départ d’une expédition.......................137
- Noyés : curieux moyen de secours au xviue siècle............. 10
- Œufs : transport par les Mustélidés..........................146
- Oiseaux : diminution sur la côte orientale du Groenland. . . 57
- Optique : institut............................................. 90
- Optophone....................................................201
- Or : réserves des diverses nations...........................202
- Orateur électrique........................................... 75
- Oxyde de carbone produit par une algue....................... 57
- Palestine : électrification.................................. 82
- Paonne à plumage de paon..................................... 82
- Papier d’alfa : nouveau procédé de fabrication...............122
- — : pâte d’épinard en arbre............................. 42
- — : usine de pâte au Congo belge........................146
- Paquebots géants nouveaux ...................................177
- Parquets sans joints.........................................122
- Peste bovine................................................. 186
- Pétrole r combustibles catalytiques dérivés..................... 73
- — : production mondiale en 1919............................ 42
- Pétroliers : Hotte mondiale des bateaux citernes............. 9
- Photoélectrique : nouvelle substance, le thalofide........... 34
- Photographie : grand concours................................... 58
- — des décharges électriques................................193
- Pin sylvestre : grandeur de l'assimilation chlorophyllienne . 26
- Pipe-line : transport du lait...................................145
- Plantes aquatiques du Nil : utilisation.........................162
- Pluies: influence de la mise en culture.........................202
- Poissons volants .'.................................. 98, 114
- — volants : vol............................................. 9
- Population : dénombrement....................................130
- — des États de l’Europe................................. 90
- — française en 1919........................................ 90
- — française : répartition d’après l’altitude, la longitude
- et la latitude................................................ 49
- — de la Nouvelle Autriche..................................113
- Port de Marseille en 1919........................................ 2
- Production de 1920 dans l’hémisphère septentrional .... 194
- Prix Nobel de médecine : Dr Bordet...........................169
- Psychologie : fondation d’un institut...........................106
- Radioclub de France..........................................202
- Radioélectricité : concerts.....................................155
- Radiotélégrammes météorologiques..................... 17, 25
- — météorologiques de la Tour Eiffel........................153
- Radiotélégraphie : station la plus puissante.................105
- — stations du réseau intercolonial français................169
- Radium : production et la guerre................................170
- Radoub : grande forme du Havre...............................106
- Rance : force motrice des marées captée......................158
- Récoltes françaises de 1920 ................................. 121
- — : partage entre l’homme et les animaux...................202
- Reconstitution agricole des régions libérées.................... 2
- Reconstruction des habitations dans les régions libérées . . . 158
- Régions dévastées : renaissance industrielle....................161
- — libérées : reconstitution agricole........................ 2
- — : reconstruction des habitations.........................138
- Righi : nécrologie ............................................. 41
- Rigidité de la terre............................................194
- Rives : protection contre la mer............................. 54
- Roulements à billes : fabrication...............................158
- Séchage des fruits : nouveau procédé............................ 42
- Semences : trempage.............................................161
- Serpent (homme mangé par un).................................... 58
- Service de santé : quelques productions pendant la guerre . 161
- Sirènes.........................................................178
- Squale : échouage............................................... 35
- Standardisation ........................................... 50, 90
- Statistique des automobiles.................................. . 89
- — du bétail français...................................., 90
- Suicide : curieuse tentative....................................162
- Superficie des États de l’Europe................................ 90
- Tabac : fumée comme moyen de secours aux noyés .... 10
- Tanger-Fez : chemin de 1er. ........ ,..........................106
- Tanks protecteurs de forêts..................................... 89
- Tasse de Siam...................................................122
- Teinture de bois de Cibucao................................... 114
- Terre : rigidité.............................................. 194
- 97
- 178
- 42
- 81
- 193
- 97
- 89
- 73
- 90
- 82
- . 66
- 154
- 162
- 57
- 121
- 89
- 65
- 9
- 57
- 129
- 10
- 90
- 49
- 121
- 90
- 10
- 9
- 42
- 138
- 157
- 113
- 57
- 158
- 114
- 115
- 194
- 97
- 49
- 153
- 114
- 130
- 121
- 1
- 90
- 10
- 90
- 26
- 106
- 9
- 201
- 57
- 26
- 81
- 150
- 143
- 1
- 81
- 201
- 49
- 106
- 177
- 75
- 50
- 1
- 49
- 74
- 1
- 73
- 170
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- TABLE DU SUPPLEMENT
- TUalofide.......................................
- Thé épuisé : aliment du Bétail..................
- Thermo-accumulateurs............................
- Toits : répartition des deux types en France. . .
- Toscane : tremblement de terre.................
- Tourbe pour chauffe des locomotives et vapeurs.
- — : utilisation dans La région du Nord . . .
- Transports d’énergie électrique................
- Tremblement de terre au Chili...................
- — en Islande...............................
- — de Toscane...............................
- Trempage des semences...........................
- 54 Tl 4 81 146 113 154 98 42 97 9
- 113
- 161
- Tunnel à Gibraltar....................
- Urbanisme : Ecole des hautes éludes. Usine de pâte à papier au Congo belge Vagues : combat par l’air comprimé.
- — ' dimensions...........• . . .
- Verres d’optique et la guerre ....
- — soluble, ses emplois...........
- Vol des poissons volants..............
- Vulcanisation : nouveau procédé . . . Yougoslavie et Italie : frontière . . . Zeppelin : livraison à la France . . . Zinc électrolytique...................
- 137
- 202
- 146
- 66
- 145
- 177
- 98
- 9
- 137
- 201
- 41
- 162
- II. — SCIENCE APPLIQUÉE.
- Aciers : traitement thermique...............................131
- Agitation : nouveau procédé. . . ...........................100
- Analyse chimique : nouvelle méthode.........................155
- Automobiles : pour empêcher le vol.......................... . 68
- — : protection contre la gelée......................... 107
- Baraquement pliant démontable.................................. 44
- i Blocoto Pi Uct................................................. 68
- Boîte à onglets............................................... 139
- — à piles pour piles économiques à la soude............204
- Bougies : contrôleur d’allumage................................195
- Boutoir de sûreté pour les sabots des chevaux............... 19
- Cache-pot réservoir.- . . 196
- Centrifugeuse électrique à grande vitesse......................155
- Charrue à main................................................. 75
- Chauffage des immeubles par le pétrole......................203
- Cheminées : appareil Thiébaud pour les empêcher de fumer. 195
- — : régulateurs de tirage.................................172
- Ciment armé dans la construction des fenêtres...............171
- Clé : confection d’une étiquette...............................108
- Compteur pour jeu de golf...................................... 28
- Constructions rapides et économiques en lattes « C. R. a. . . 171
- Contrôleur d’allumage pour moteurs à explosion..............195
- Couvercle pliant Uaborde pour machines à écrire.............140
- Déclencheur automatique pour pose ou instantané.............140
- Démarreur à ressort le Boy.....................................107
- Développement : cadre porte-clichés E. W. D.................140
- Distillation : appareil Daner.................................. 19
- — : petit appareil....................................... 159
- Economiseur de gaz « Langione »................................164
- Électricité : appareils portatifs pour vérifications d’installations. 27
- — : installations avec combinaisons ingénieuses........... 11
- — : moine pliant........................................ 20
- Etiquette pour clé.............................................108
- Fausset automatique............................................ 28
- Fenêtres-châssis « Cimarmc »...................................171
- Flic ......................................................... 68
- Frein démontable Ki-Plet.......................................195
- Frigon.........................................................107
- Fusil : suspension Tirvile.................................... 60
- Gaz : économiseur « Langione »................................ 164
- — d’éclairage : petit élévateur de pression...............125
- — t: nouveau procédé d’agitation..........................100
- Gelées : prévision par le rosôomètre...........................123
- Golf : compteur pour jeu....................................... 28
- Gonfleur A. V.................................................. 36
- — Kirby junior...............................................204
- Heure : distribution électrique..............................147
- Hygromètre mural................................................ 75
- Injecteur MM................................................. 51
- Jeu de construction métallique « Mobilo »....................180
- Lampe de poche : pile sèche nouvelle......................... 27
- Limes eu biseau : montage.......................................139
- Locomobiles : chauffage à la sciure de bois ........ 52
- Machines à écrire : couvercle pliant Lahorde.................140
- — Noiseless................................................ 20
- Marque manométrique pour mesure du débit respiratoire . . 165
- Meuble-lit extensible et démontable.............................100
- Moine électrique pliant......................................... 20
- Moteurs d’automobiles : protection contre la gelée...........107
- Nliilli fiche...................................................132
- Onglets pour tubes ou tiges : boîte.............................139
- Perceuse : construction................................. 51
- Petrole : chauffage des immeubles...............................205
- Pile économique avec une boîte de conserves.................. 76
- — à la soude : boîte.......................................204
- — sèche nouvelle pour lampe de poche...................... 27
- —1 sèche : support...........................................14g
- Plombs fusibles doubles : installation..........................148
- Pneumatiques : gonfleur A. V.................................... 38
- — gonfleur Kirby junior...................................204
- Poire électrique : amélioration................................. 62
- Poutre métallique « P F ».......................................196
- Presse-pantalon électrique...................................... 99
- Pression du gaz : petit élévateur...............................124
- Prise de courant pour fils souples T. E. G................... 99
- Réclame : carles-supporL...................................... 140
- Rectification : appareil Darier................................. 19
- Récupérateur de calories « Airgé »..............................156
- Régulateurs du tirage des cheminées........................... 172
- Respiration : masque manométrique pour mesure du débit. . 165
- Réveil pour jeunes gens doués d’un sommeil robuste .... 203
- Roséomèlre.....................................1.............123
- Sciure de bois : ebaufl'age des locomobiles..................... 52
- Skootamota...................................................... 59
- Support Zéfar pour Vest-Pocket.................................. 28
- Torche électrique : construction simple.........................165
- Tour d’horloger : installation.................................. 59
- Vest-Pocket : support Zéfar .................................... 28
- Ventilation parfumée............................................ 60
- Vol des automobiles : pour l’empêcher .... .... 68
- Vulcanisaleur Vulcans...........................................132
- Wagonnets à mécanisme intermittent............................. 17
- ! NI. — VARIÉTÉS.
- Comment acheter les fruits frais? (A. Truelle.) Les abricots. 5
- — Les pêches d’espalier . ................... 21
- — Les brugnons et nectarines . . ' . . . . . . . ... . ,f 29
- — Les poires d’été et d’automne. . ................. . 45
- — Les poires d’hiver................................... 61
- — Les poires à cuire, à sécher et d’apparat. . . . , . . 95
- — Les coings................ ..........................153
- — Les nèfles,..............................................149
- — Les kakis ou plaquemines du Japon..................... 165
- Gomment acheter les fruits frais? Les bananes...................197
- Fabrication domestique de la bière (II. Blin)................... 55
- La distillation des fruits de table pour les petits producteurs
- (A. Truelle)................................................. 77
- La conservation du miel (A. Rolet).............................. 85
- Préparation des fruits de table pour la distillation (A. Truelle). 109
- L’industrie des foies gras (A. Rolet)........................... 125
- Les utilisations des marrons d’Inde (H. Blin) ..................157
- Procédé simple et rapide pour avoir l’heure exacte (G. Bodart). 181
- IV. - HYGIÈNE ET SANTÉ.
- L’aviateur aux grandes altitudes (R. M.),...................... 5 II Varicelle et zona (R. M.)........................................... 55
- Désinfection du linge des tuberculeux (R. M.).................. 15 II Nouveau traitement du paludisme par les rayons X (R. M.) . 94
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- TABLE DU SUPPLEMENT
- V. — RECETTES ET PROCEDES UTILES.
- Accumulateurs : désulfatation et entretien...................207
- — : réparation des bacs...................................182
- Agglomérés de liège : fabrication...............................110
- Aluminium : noircissement.......................................110
- Bacs d’accumulateurs : réparation...............................182
- Bâches : imperméabilisation..................................... 22
- Bicyclettes . vernis........................................... 127
- Bisulfate de soude : destruction des mauvaises herbes .... 46
- Blanchiment des chapeaux de paille...............'...........166
- Brillantines pour les cheveux...................................150
- .Briques : nettoyage des façades................................182
- Calques de plans et dessins : reproduction directe .... 14
- Caséine : peinture..............................................110
- Chapeaux de paille : blanchiment................................106
- — : vernis................................................. 127
- Ciment caoutchouté « Immédiat ».................................182
- — chinois pour recoller la porcelaine, le marbre .... 29
- Cirage noir à l’encaustique.....................................158
- Cire pour moulage du cuir.......................................182
- Clarification des liqueurs..................................... 105
- Collage à sec des épreuves photographiques......................llo
- Conservation des pièces d’histoire naturelle.................... 86
- Courant alternatif et continu : pour le reconnaître.......... 62
- Cuir : cire pour moulage........................................182
- Démastiquage des vitres......................................... 62
- Dessins à la craie : fixatif................................. 71
- Dessins ,et plans : reproduction directe des calques......... 14
- Développement des papiers à imagif apparente ....... 77
- Eau dentifrice..................................................110
- Émail des enseignes : réparation................................103
- Encre bleu-noir pour stylographes............................ 71
- — de Chine : conservation.................................198
- — pour rubans de machines à écrire..................... 29
- Enseignes émaillées : réparation.............................. 100
- Eponges : nettoyage.......................................... 61
- Étoffes huilées : préparation................................ 127
- — : photographie............................'.......... 13
- Façades en briques : nettoyage..................................182
- Faïence: réparalion........................................... 109
- Feux de Bengale : préparation. ... 22
- Fixage provisoire.............................................. 134
- Fixatif pour dessins à la craie sur papier noir ....... 71
- Fontainier : mastic............................................. 30
- Fourmis (Contre les)........................................... 46
- Fourneaux : pâte flamande..................................... 13
- Cants piqués par l’humidité.................................... 198
- Gaufrage et teinture des tissus : nouveau procédé............ 86
- Gommes à effacer : remise en état.. .........................158
- Graisse des vins blancs : traitement............................ 46
- Grenades extinctrices d’incendie............................... 62
- Herbes : destruction par le bisulfate de soude. ............. 46
- Ignifuge : peinture économique..................................181
- Imperméabilisation des bâches................................... 22
- Incendie : grenades extinctrices................................ 62
- Iodoforme : pour enlever l’odeur . . . ......................150
- Jumelles : vernis noir........................................ 21
- Lampes à incandescence : régénérescence......................... 46
- Lessive analogue à la lessive Phénix............j............127
- Liège : fabrication des agglomérés..............................110
- Linge : taches de rouille....................................... 86
- — : taches de rouille et moisissures......................198
- Liqueurs : clarification........................................103
- Machines à écrire : encre pour rubans........................ 29
- Marbre : ciment chinois......................................... 29
- Mastic pour fentes de parquets.................................. 13
- — de fontainier........................................... 50
- — de vitrier..............................'............ 50
- Miroir élongateur du point de vue............................154
- Mites : destruction............................................. 86
- Moustache : liquide fixe........................................ 22
- Murs et boiseries : préparation pour la peinture............. 13
- Nettoyage de6 façades en briques apparentes..................182
- Noir oxydé pour boîtiers de montres...........................166
- Noircissement de l’aluminium....................................110
- Objectifs : vernis incolore pour monture..................... 22
- Parquet : mastic pour fentes................................. 13
- Pâte dentifrice.................................................198
- — flamande pour fourneau.................................. 13
- Patinage de la tôle.............................................158
- Peinture analogue au ripolin....................................110
- — à la caséine............................................ MO
- — ignifuge économique.....................................181
- — : pr éparation des murs et boiseries.................... 15
- Pétrole : désodorisation. ...................................... 14
- Photographie sur étoffes........................................ 15
- II : pour retenir ce nombre. ................................ 47
- Piles sèches : procédés pour prolonger l’existence...........117
- Plans et dessins : reproduction directe des calques.......... 14
- Plantes : conservation ......................................... 86
- Plaques panchromatiques à employer sans écran................ 54
- — : sensibilité. ......................................... 54
- Plâtre : revivification........................................158
- Porcelaine : ciment chinois..................................... 29
- — : réparation......................................... 109
- Renforcement et voile dichroïque................................ 54
- Ripolin : peinture analogue..................................... MO
- Rubans de machines à écrire..................................... 29
- Scliampooing économique........................................ 150
- Scies : comment donner la voie .............................207
- Silhouettes photographiques..................................... 54
- Soie : pour distinguer la naturelle de l’artificielle .... 86
- — : procédé de décreusage ............................... 117
- Soleil : préservation ......................................... 30
- Stylographes encre bleu noir.................................... 71
- Taches de rouille et de moisissures sur le linge................198
- — de rouille sur le linge . 86
- Teinture et gaufrage des tissus : nouveau procédé .... 86
- Temps de pose des sujets en mouvement..................... 39
- Thé : préparation rationnelle de l’infusion..................... 71
- Timbres en caoutchouc ; fabrication.............................149
- Tissus : teinture et gaufrage................................... 86
- Tôle : patinage ................................................158
- Vases en verre : sectionnement régulier.............•. . . . 127
- Vernis pour bicyclettes........................................ 127
- — â chapeaux de paille................................... 127
- — irieolore : pour montures d’objectifs................... 22
- — noir pour jumelles...................................... 21
- Verre : sectionnement régulier..................................127
- Vins : blancs traitement de la graisse.......................... 46
- Vitesse d’un arbre : détermination rapide.......................182
- Vitres : démastiquage.......................................... 62
- — : mastic................................................ 50
- Voile dichroïque et renforcement................................ 45
- VI. — DIVERS.
- Bulletin astronomique(ÉM. Toüchet). 37, 69, 101, 141, 175, 205 T. S. F. des amateurs (J. Ddroqüier} :
- Réception des ondes entretenues. Construction de tikkers . 312
- Construction d’un hétérodyne........................ 35, 43
- Amplificateur à résistance.......................... 83, 91
- T. S. F. des amateurs (J. Duroquier) : /
- Construction d’un amplificateur à basse fréquence à transformateurs ..............................................415
- Construction d’un poste d’émission sur ondes entretenues et d’un transmetteur de téléphonie sans fil. . . . 179, 187
- FIN DE LA TABLE Dü SUPPLÉMENT
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie La hure, rue de Fleuras, 9, à Paris.
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