Descriptions des arts et métiers
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- DES ARTS ET METIERS,
- FAITES OU APPROUVÉES
- PAR MESSIEURS DE L’ACADÉMIE ROYALE
- JD JE S NC JC JE INC JES JDJE UP^LMJCSo AVEC FIGURES EN TAILLE-DOUCE. NOUVELLE ÉDITION
- Publiée avec des obfervations, & augmentée de tout ce qui a été écrit de mieux fur ces matières, en Allemagne, en Angleterre , en Suilfe, en Italie.
- Far J. E. Bertrand, Profeffeur en Belle s-Lettre s à Neuchâtel, Membre de /’Académie des Sciences de Munich, & de la Société des Curieux de la nature de Berlin.
- TOME XVIIL
- Contenant une Table analytique des matières de l'Art d'exploiter les mines de charbon de terre. Un Supplément à la notice des opérations tentées en Normandie & en Bour-, gogne, annoncées dans le troifiane article de la derniere partie ; & plufieurs addi-dons & corrections. Une nouvelle Méthode pour divifer les injlrumens de Mathématique & d’Aflronomie. La Defcription d'un microfcope & de différentes micromètres , dejiinés à mefurer des parties circulaires ou droites, avec la plus grande. pricijion.
- A NEUGH’AT.EL
- BIBLIOTHÈQUE DU CONSERVATOIRE NATIONAL des ARTS & MÉTIERS
- iNodu Catalogue. Prix ou Estimation Entrée, leML
- Dé IME RIE DE LA SOCIÉTÉ T Y P O G R A F H1 Q.W K.
- M. DCC. L X X XL
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- ART
- D’EXPLOITER LES MINES
- D E
- Par M. Morand, médecin.
- TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES ,
- Servant de précis pour la fécondé partie de l’ouvrage relative à l’extradion, au commerce & aux ufages du charbon de terre, principalement à Liege, en Angleterre & en France ; avec un didionnaire des termes & expreffions du métier en différentes langues.
- SUPPLÉMENT
- A la notice des opérations tentées en Normandie & en Bourgogne , annoncées dans le troifieme article de la derniere partie ,* & plujieurs additions & corrections-,
- Tome XV11L
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- JLèjU,
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- SUPPLEMENT
- A U
- CATALOGUE ALPHABÉTIQUE
- Des différent charbons de terre , & des fubfiances minérales qui fe rencontrent en les exploitant, ou dans leurs environs ; augmenté des divers noms que les ouvriers de différens pays donnent aux. uns & aux autres y & des termes qu'ont employés les naturalifles & les ch y-miftes, tant pour les définir que pour les dijlinguer. (a)
- CNota. Les mots ufités en Angleterre font défignés par un. En Auvergne, ar. En Hollande , holl En Allemagne, ail. En Haynault, hay. En Efpagne , efp. Dans le pays de Liege, lie. Dans.le Lyonnais, lyon. En Languedoc, lang. En Saxe,Jax. EnSuede, fu. En Ecofle, écof. 1
- CEROSUS {lapis) fibris rigidis. Asbefius immaturus viridis. Ca-ryfiius lapis.
- Agaric minéral. Craie coulante. Farine foflile. Laie de lune.
- Agay ( mort ). Voye\ Glaife veine de charbon.
- Alana & famius lapis nonnullorum. Tripoli.^
- Apyre. Réfra&aire.
- Ardoifé ( charbon de terre ) , ail. SchieiFer- ftein. Glaife ardoifée.
- ( a ) Nous nous étions propofé de faire entrer dans ce Supplément & dans la table des matières une tradu&ion complété d’une fécondé édition de l’ouvrage allemand in-i 2, imprimé à Chemnitz en 1743 , fous le titre : Lexique des nouveaux èf des plus judicieux travaux des mines minéraux, &c. par un minérophile de Freyberg. On y trouve ralfemblées par ordre alphabétique la defeription, les obfervations dénominations des travaux des mines, des fonderies, grillages , ainli que celles des matériaux , des uftenfiles , inftrumens &
- A
- Arenofus ( lapis ) glutine argillaceo. Arenaceus ( lapis ) glutine argillaceo, Argilla.
- Argilla apyra. Terra porcellanea. Gri-fea. Nigra. Croco tincla. Humofa , fufca , inquinans. Linn. Syft. nat. tom. III. édit. 1768* Argilla piclo-ria fufca , Volf. Min. Humus nigra. brunna , Waller. Min. Terra um~ bria, Baum. Min.
- Argilla la clea. Leptamonofo farina-cea, feticulofa , tenera 9 maculans.
- manipulations qu’ils exigent ; mais nous avons reconnu que l’auteur, M. Zeifig, affelTeur du tribunal qui décide fur les droits des mines, n’était point par lui-même au fait de la matière , “& par conféquent n’a point été en état de juger des meilleurs minéralogiftes ou écrivains dans cette partie. Cet ouvrage n’eft point un guide fin ; M. le baron d’Olbac en juge de même : fans cela il l’aurait traduit, il y a long -tems ; futilité de la chofe engagera faits doute l’académie de Freyberg à s’occuper de per-fe&ionner cet ouvrage.
- A ij
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- du charbon de terre
- D. Gadd. Argille blanche, fablon-neufe , altérée de fmolandie. PlaJ-tica indurata fubtilis macra , ufibus mechanicis aut polituris inferviens. "Wolfterd. Glarea indurata cohae-rens afpera. Creta jlavefcens. Terra Tripolitana. Tripela. Alana & fa-mius lapis' Marga luteo albafria-bilis. Tripel. Trippel. Tripela. Tri-poli.
- Argillaceum ( Jlratum ) , Ju. Leers kiol.
- Argille. Corroy , an. Clay grife,/u. Lera. Pure. Terre à potier , pli. Letten. Voye\ Letten.
- Argilieux ( charbon de terre ) , ail.
- ' Thon kohlen. ( Guhr. ) V. Cloya.
- Argilleufe ( marne ), an. Clay marie.
- Arfénical ( charbon de terre), qualité attribuée fauifement à ce fofïi-le par quelques auteurs modernes. ( Pyrite ) le mundick eft quelquefois arfénical.
- Asbejle. Aibeftus immaturus , viridis. Lapis acero fus fibris rigidis. Caryf tius lapis.
- Asbcflus immaturus. Viridis. Voyez Lapis acerofas. Voyez Asbefte.
- B
- Baed, fu. Couche
- Banne - mettle , an., Voye\ Mettle.
- Ba/r. Shale. Slate, an.
- Bajfetingy an.
- Bat, an ( Soft) an.
- Bauge ( terre à ) , an. Cowshut marie. Voye^.s Loam.
- Becheux. Couche.
- Bed, an. lit, couche. Coal,an.
- Beed y fu. Couche, (col) fu. couche dè
- . charbon. ( Sten. ) Couche de pierre.
- Berg ( Wafch.) Fett. ail. Schwefel-arten. Sorte de bitume ou de ma-
- tière fulfureufe, dont le charbon de terre eft une efpece. ( Groe ) fu. Vuye\ Groeberg.
- Bett. ( O ber ) ail. Couverture.
- Be\y. Bezin.
- Bief. Picardie.
- Bituminofa ( terra ) , lenis , arida , ail. Reiifeftem kohlen * efpece de Bezy.
- Bituminofum ( lithantrax ) > feu pi-ceum.
- Blanc ( nerf) , raffon.
- Bleuâtre. Voye\ Bleu marie.
- Bleu marie , bleuâtre. Marie à boulets. Hànn.
- Bleu ( tuf).
- Bleue (glaife).
- Bloc de cuivre ou plutôt pyriteux r an. Brafs lump. Voy. Dewils. Pape. Voye$ Bras.
- Bois ( charbon de bois ). Tourbe. alL Holtz kohlen.
- Bolis. Del Pec.
- Bolus indurata.
- Bonne haavreie.
- Bouillardée ( veine). Voye\ Krein.
- Bouillons. Rognons.
- Boulets (marie à). Bleue marie. Bou-routte, mine en niaye, lié.
- Boutons ( pierre à ). ail. Knopfftein. Brand-Shilfer.
- Bouya\ (le), mines par tombes.
- Brand - Stuffer, ail. Schifius phlogif ticatus. Ardoife qui brûle, pierre à bouton.
- Brandur ( Sortur ) , ail. Gagas vel lignum petroleo imbutum} ebenum faffile, lithoxylon } pfeudo gagas. libelle de mine.
- Brafier. Tuf glaifeux ou pierreux. Rouge.
- Brafs , an. Cuivre. Car. an. Calamine. Lump, an. Bloc de cuivre ou plutôt pierre pyriteufe, ou marcaifite
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- ET DE SES MINES.
- S
- ordinaire des mines de charbon de terre.
- Erazil y an.
- 'Bryne, fu. Cos fablonn eux qui forme le toit des veines.
- C
- Caillouteufe ( terre ).
- Calamine.
- Calcinée { marne ) j an. chalky land. Lime. Voye\ Stone.
- Carbo marinus. Sea coal Dans Mathieu Paris, au tems de Henri III, roi d’Angleterre , le charbon de Newcaftle eft défigné de cette maniéré.
- Carbones lignei ex mumia vegetabili. Lithantrax cum carbombus ligneis. Voyez Mumia.
- Carrege. Redinog ferne fton , an,
- Caryftius lapis. Asbeflus viridis. La~ pis acerofus , fibris rigidis.
- Çajjes. Pyrites. Mâchefer follile des . glaifieres.
- Cafualy an.
- Chalk, an. Craie. Pierre à chaux.
- Chalks jlones , an. Craie en pierre.
- Chalky land, an.
- Charbon. Feffy. Foffile. Ne point confondre cette dénomination avec celle du charbon de terre minéral. De terre. Jayet. Sin. Moui. Ardoifé, ail. Shifferftein. Argilleux y ail. Thon kohlen. Micacé ou granulé. Oeufs de. Charbon bois tourbe. Pyriteux. Terreux. Semelle de.
- Chaux ( pierre à ) , an. Lime ftone.
- Chevau ( rein de ). Dos de cheval,
- lié.
- Chien ( koyon de ). Klavay. Roumanie.
- Clay. Mud. Dirt , an. Terre grade. Argille. Marie, an. Manie argilleufe.
- Lond, an. Fire , an. Stone, an.
- Clod coal. D’après la defcription que feu M. Jars donne de ce charbon, c’eft un charbon qui fe colle très-peu en brûlant, & dont quelques feuillets contiennent une poudre de charbon , comme de charbon de fauîe qui tient aux doigts. Voye% Ctow.
- Cloya. Hann. Lit argilleux.
- Clum. Clunch , an. Ces deux noms, félon ia diverfité des endroits, expriment toujours une argille compacte & pefante s elle fe trouve dé-pofée par lits les uns fur les autres, depuis la furface jufqu’au charbon dans les mines auprès de Dudley. Dans celles de Sommerfet & aux environs, de même qu’au nord de l’Angleterre, lorfqu’elle eft placée à la furface ou près de la furface, & d’une épailfeur confidérable, elle eft un indice certain qu’il y a du charbon de terre au-deifous.
- Clunch ( clum ), an. Voyez Clum,
- Coal ( bed ) , an. Couche de charbon. ( Edge. ) Pot vein. ( Clod. ) Fire quater, an. Felling. Main,an. Charbon ferme. ( Marlin ). ( Sea ). P. Carbo marinus. ( Thrée ) vein , an. Veine de trois charbons. Top.Topp. Splin. ( Crow).
- Coal (slipper). Semelle du charbon.
- Coejfe. Couverture de charbon.
- Col bedde , fu. Couche de charbon.
- Common damp. Foui air. Stith, an.
- Combufiibles ( mines ).
- Cos porcellana Linn. Cos particulis arenaceis arg ilia ce i s que , feu lapis arenaceus glutine argillaceo. P or-cellano anom. Min. Dans les fouilles de Bofrup.
- Cos Jablonneux. Bryne, fu.
- Coulante ( craie ) , agaric minéral.
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- DU CHARBON DE TERRE
- Farine foffiie. Lait de lune. Cowshut-marle 9 an. Terre à bauge. Cowftu-marle, an. Terre à bauge.
- Coyons de chien , lié. Klavais.
- Craye coulante. Agaric minéral. Farine foffiie. Lait de lune.
- Craye en pierre, an. Chalks ftone.
- . Vitriol de craie. Vitriolum crétacé um. Séle'nite gypfeufe.
- Creta flavèfcens. Tetra Tri poli tana.
- 'Waller. Voyez Argilla.
- Crétacée ( terre ), marneufe. Terre à chaux , an. Chalky land. Crétaceum vitriolum. Vitriol de craie. Séle'nite gypfeufe.
- Cryflal minéral. Miroir des volcans.
- V. Pierre obfidienne.
- Cuivreux, cuivreufe (pyrite), an. Mundick , quelquefois arfénical. Voyeq Mundick.
- Culm y an. Kolm. ail.
- Cut a leat gurt. Trenche , an,
- D
- Dead9 an.. Terre commune ou fubf-tance déplacée avec le minerai. Débauchement. Krein.
- Deerinyck. Tourbes du voifinage de Bruggen, décrites par ÂnfelmBoot, liv. II, de gemmis, chap. lyg. Derle. Terre de porcelaine.
- Détour ( terre du ), glaife.
- Dieve. Terre glaife, guieve.
- Diving. Twing-marle. Peat-marle. Dirt y an. Clay mud.
- Douce (roche). Gorre.
- Douceur. Havreie. Pec.
- E
- Eart loos , an. Terre primitive, terre meuble friable. Dans les mines de Cornouaille on donne ce nom à la
- terre primitive, parce qu’elle n’a pas encore été remuée.
- Earth. Grewt, an. Terre.
- Ebene de mine , Sortur. Brandur, ail.
- Ebenum fojjile. Gagas vel lignum petroleo imbutum. Pfeudo gagas. Li-thoxylon , ail. Sortur. Brandur.
- Ecaille, ail. Schale.
- Ecailleufe (ardoife). Helvet. Lavege,
- Edge coal t an.
- F
- Farine foffiie. Agaric minéral. Craie coulant!. Lait de lune.
- Faiance ( terre à ).
- Felling. Coal y an.
- Fer ( mine de ). Corabuftible fixe.
- Ferru ( charbon ) , ar. Mejeux. Meju.
- Ferri ( minera ) phlogiftica. Voyez Minera.
- Fejfy ( charboii ).
- Fett ( berg ) , ail. Voye\ bergfett.
- Fêta kol, fu. Charbon gras.
- Feu ( pierre faifant). Pyromaches.
- F ire clay y an. Stone. Peldon , aril Quater coal, an.
- FiJJilis fchifiofus ( lithamrax vel ) , cum pauxillo porcellaneœ albœ.
- Fliunvare ? ftone ware , flints ftone, an. Pierre à faïance, pierre à poterie.
- Floor , an.
- Foffiie ( ebenum ). Lithoxylon, gagas vel lignum petroleo imbutum. P feu* do gagas, ail. Sortur. Brandur.
- Foulon ( terre à ).
- Four ( terre à ).
- G
- Gagas vel lignum petroleo imbutum. Pfeudo gagas. Ebenum foffle , lithoxylon y ail. Sortur. Brandur.
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- ET DE SES MINES.
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- Caife. Terre particulière aux carrières d’ardoife, efpece d’agai. Gangue lignifie quelquefois parmi les mineurs la matrice du minéral. Gemfs. Pierre feuilletée & tendre. La pyrite s’y trouve quelquefois. Gypfeufe ( félénite ) Vitriol de craie.
- Vitriolum cretaceum.
- Glaife ardoifée, bleue, verdâtre, grife. Marne. Dieve. Guieve. Terre du détour.
- Glarea indurata cohœrens afpera. Cretafavefcens. Terra Tripolitana. "Waller. Tripoli. Voye\ Argilla. Glarea. Linncei. Leptamnos. Moz, fu.
- Sablon en pouffiere.
- Glarece lapis.
- Glittering ftone. S par , an.
- Gorre. Roche douce.
- Groeberg y fu. Pierre de roche grani-teufe.
- Granit. Roc vif.
- Graniteufe ( pierre de roche ) , fu. Groberg.
- Granito rojfo. Syenites. Piropœcilon antiquorum. Granit.
- Grajfe ( terre ) y an. Mud.
- Graften >fu. Saxum commune grifeum. Grewt. Earth y an.
- Grin'd flon, an. Pierre à meule, pierre à remouler , à aiguifer , à polir, très-commune dans plufieurs mines de charbon.
- Grife ( argille) , fu. Lera. ( Glaife ).
- (Roche ) yfu. Groeberg.
- Gri\\le 9 an. Couche claire obfcure. Groeberg 3 fu. Roche grife.
- Grolet moer- ftein , fu. ail.
- Grouette ( terre ). Terre pierreùfe. Ground. Land. Soil, an. Terre. Sandy, an. Terre fablonneufe.
- Guhr argilleux.
- Guide, lyon. lié,
- Guieve. Dieve,
- Gurt. Trenhe. Cut à leat, an.
- H
- Haavreie. Douceur. V. Pec. (Puante}. ( Bonne ).
- Holt\ - kohlen. Charbon de bois tourbe.
- Houage , lié. Terre noire , douce, qui divife quelquefois une veine de houille en deux couches ou membres, ou qui fe trouve fouvent entre la veine & le fol ; ce terme n’eft que dans M. Genneté : il revient à ce que les houilleurs appellent à Dalem douceur. Pec. Haavreie.
- Humus. Mud , an. Limon.
- Huttonp an. Charbon.
- J
- Jam. Rubbe, an.
- Jayet groftier. Lithantrax larvatum.
- Joint p an. Seam.
- K
- Kalck , an. Chaux , craie calcinée.
- Kohlen ( holtz) , ail. Charbon de bois tourbe. ( Thon ),all. Charbon de terre argilleux.
- Klavay. Koumaille , lié. koyons de chien.
- Kiefjel, ail. Cailloux
- Kiol ( Leers ) , fu. Stratum argilla-ceum.
- Klapur, fu. Glarece lapidis fpecies. Klavais.
- Knaver. Les ouvriers appellent fou-vent ainfi la pierre de taille.
- Knopfftein , ail. Pierre à bouton. Brandskifter. V. Bouton.
- Kohlen ( tage ) , fu. Tak- ftein, fu. Pierre de toit.
- Kolm} ail. Culm, an. Voye\ Culm.
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- DD CH A RÈ 0 N DE TERRE
- Koumaille. Klavay, lié. Koyon de chien.
- Koyon de chien.
- Krein. Débauchement.
- L
- Lait de lune. Agaric minéral. Craie coulante. Farine foffile. 4 Land ( chalky ) , an. { clay ) , an.
- (Ground ), an. Terre. V’. Ground. Lapidea , lapidefcens ( terra ). Terre tufiere, tuliere, celle qui approche du tuf.
- Lapidefcens ( terra ). Voyez Lapidea. Lapis arenofus glutine argillaceo. Arenaceus glutine argillaceo. Ace-rofus , fibris rigidis. Asbefius im-maturus viridis. Caryftius lapis. Caryfiius. Asbefius immaturus viridis. Lapis objïdianus. Miroir des volcans. Voye\ Pierre obfidienne. ( Samyus ). Alana nonnullorum. Tripoli. Voy. Argilla. Suillus 9 ail. Orlten. Wolf. Voy. Pierre de porc. Larvatum ( lithantrax ). Jayet grof-fier.
- Leers kiol. Stratum argiïlaceum. Leptamnos. Glarea Linnki. Moz, fu.
- Sablon en pouffiere.
- Lera ( fpik ) , fu. Terre à potier. Argille grife.
- Letten, alL Argille. Terre à potier. Lichte torffen. Tourbe des Pays-Bas. Voye\ Deerinick.
- Lignum petroleo imbutum. Gagas. Pfeudo gagas. Ebenum foffile. Li-thoxylon, ail. Sortur Brandur. Lime , an. Chaux. Marne calcinée, quelquefois fynonyme des mots çlay, mud. Stone ,an. Pierre à chaux, Loam. Malm, an. Terre grade, terre à bauge.
- Lithoxylon. Ebenum foffile. Pfeudo
- gagas. Gagas vel lignum petroleo imbutum y ali Sortur Brandur.
- Lithantrax vel fiffids fchiflofus cum pauxilloporcellaneœ albce. Bitumi-nofum feu piceurn. Cum carbonibux ligneis. Durius. Fiffile. Fragilius. Larvatum.
- Ligneum. Metallifatum feu minerali-fatum. Petrofum. Piceurn feu bi-tuminofum. Terrefire. Terrejlre at-que mixtum. Verjicolor mutabile.
- Lump , an. Mafle, peloton. ( Cafual ) an.
- Lune ( lait de \ Agaric minéral. Craie. Coulante. Farine foffile.
- M
- M âchefer, foffile des glaifieres. Pyrites. Caifes.
- Maille fer. Maniefer.
- Manne. Segulum. Merga.
- Marga luteo - alba , friabilis Linnœi. Tripoli. Voye\ Argilla.
- Marie ou moelle de terre. ( clay ) , an. Marne argilleufe. (Bleue). Bleuâtre.. Marie à boulets. Martelle.
- Marie ( Steel ), an. ( Gowshut ). Terre à bauge. ( Diving ) , an. Statte, an. Twing. Diving, an.
- Marlin coal, an. Charbon à cuire la chaux, ou marne. '
- Marne. Glaife.
- Marne argilleufe. Clay marie , an. Calcinée, an. Lime. Voye^ Lime.
- Marneufe ( terre ). Crétacée, terre à chaux, an. Chalky^nd.
- Martelle. Marie. Hann.
- Matafala. Lugd. Stratum de l’enveloppe du charbon. • -
- Merga. Segulum. Manne.
- Métallique ( pierre ).
- Metallifatum (lithantrax ) , feu mine-ralifatum.
- Mettle ;
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- ET DE SES MINES.
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- Mettle, an. Lie de terre noire ou noirâtre très - dure , qui féparele corps de la veine ; il eft très - dur, vitrio-lique & s’effleurit à l’air. ( Banne ) an.
- Aime j ali Grube.
- Mine à fer. Pyrite des glaifieres. ( Ebene de ). Combuftible. De fer combuftible fixe, Mine par tombe. Boyaz, lié.
- Minera fer ri phlogiflica. S axe a. Ni-dulans.
- Minéral ( charbon). Fauffe dénomination. Agaric. Craie coulante. Farine foflile. Lait de lune.
- Mineralifatum ( lithantrax ) , feu métal li fatum.
- Aîmoir des volcans. Pierre obfidienne. Voye-{ Lapis.
- Mo, flL.
- Moelle de terre. Marie.
- Afoer ( Gtolet). Stein, ail. fu.
- Molylbdena. Potelot.
- Mort agay , lié.
- Moui. Sin. Charbon de terre.
- Mud, an. Humus.
- Moules. Moufles, nœuds dans les ar-doilieres.
- Mouton (faut de ), lié. Rihoppement.
- Mo\ , fu. Glarea Linncei. Leptamnos. Sablon en pouffiere.
- Mud. Dirt. Clay , an. Terre grafle.
- Mulm. Terre noire combuftible, félon M. de Genflane, appellée ainfi en Allemagne & en France , connu fous le nom de houille.
- Mumia vegetabilis. Partie confti-tuante des charbons de bois tourbe.
- Mundick, an. Pyrite cuivreufe , quelquefois arfénicale.
- Mylla. (Swart ),/!/.
- N
- Nerf. Blanc. RafFon , lyon.
- Tome XVllf
- Nœuds. Krins. Torrings.
- Nidulans ( minera ) , lié. BourouttC.
- O
- Obfidienne (pierre ). Miroir. Cryftat des volcans.
- Œufs de charbon. Lugd. Clous pierreux.
- Orfien. "Wolf, ail. Pierre de porc. Voye\ Lapis fuillus.
- P
- Parafite ( bande, couche ).
- Paving. Stone.
- Peut. Peat turf, an. Terre maréca-geufe. Tourbe.
- Peat marie. Diving marie, an.
- Pec. Bolis. ( Del) hé.
- Peigne. Charbon d’Irlande.
- Peldon. Fire ftone , an.
- Petrofum ( lithantrax).
- Peyrat ( charbon ).
- Phlogiflica (minera ferri}.
- P hlog.’flic a tu s ( fehiflus ) Brand-fchi-fer. Heinc.
- Piceum ( lithantrax) , feu bitumino-fum.
- Pierre à chaux , an. Lime ftone. Chalk. (Craie en) an. Chalks ftone, Faifant feu. Pyromaches. Grani-teufe. Métallique. De porc. Orften. Wolf. Lapis fuillus. A boutons , ail. Knopfftein.'De roche ,fu. Grae-berg. De roche groiîiere. Weacken. Saxum rude. Contenant ordinairement du fpath fufible. De toit. Tak-ftein. Tage-kohlen, ail. A remouler j an. Grind ftone. Voye\ Agay.
- Pierreux , an. Rubly.
- Pierreufe ( grouette ). Terre.
- Pipe ( terre à ).
- Piropcccilon. Syenites. Granito roffb* B
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- ,10 DU CHARBON DE TERRE
- Ri te h y an. Poix, bitume.
- Plafiica{ argilla ), indurata , bolo in-durato cincla.
- Plate niettle, an. Branche cljfte.
- Porc ( pierre de ). Orften. Wolf.
- ; Lapis fuillus. Spatum opacum fœ-tidum. Genre de pierre calcaire de la clalTe des fpaths & non des gypfes.
- Porcellana alba. Gos Linn. Poye^
- . Cos alba. •
- 'Porcellana ( terra ). Argilla apyra.
- Pot vein coal, an.
- Pottlot. Mine de plomb. Plomb de mine. Plomb minéral. Crayon. Plombagine. Plomb de mer. Molybdène.
- Pfeudo gagas , gagas vel lignum pétrole o imbutum. Ebenum fofiile. Li-thoxylon, ail. Sortur Brandur.
- Puante -haavreie, lié.
- Pyromaches. Pierre faifant feu. Voy. Pierre.
- Pyrite cuivreufe, an. Mundick, quelquefois arfénicale.
- Pyriteux ( charbon ).
- o.
- Quarts , an. Fireftone. Fire quater coal, an.
- R
- Rajfon, & non raftou. Nerf blanc , lyon.
- ftone. Ragged ftone, an. Pierre en blocaille. Blocage.
- Rapillo. Cineres conglomeratæ. Voy. Cineres , efpece de pozzolane.
- Réfraclaire. Apyre.
- Remouler ( pierre à) , an. Grind ftone.
- Rihoppement. Saut de mouton , lié.
- Roc vif. Voye\ Granit. Grife, fu. Groeberg.
- Roche douce. Gorre. Sauvage, c. a. d.
- . qui ne contient rien de métallique ,
- du moins qui ne renferme point du métal que l’on cherche.
- Rock fand, an. Roc fableux.
- Rqfo granito. Syenites. Piropœcilon antiquor.
- Rabbly, Rubble, an.
- Rubles., Rubly, an.
- Rude ( faxum) ail. Waacken. Pierre de roche groffiere. Voyez Saxum.
- S
- Sable (verd ). V. Roc.
- Sablon en pouftiere. GlareaLinncei. Leptamnos , fu. Moz. V^oye^ Cos fablonneux.
- Samius lapis nonnullorum. Tripoli. Voyez Argilla.
- Sand ( rock ) , an. Roc fableux.
- Saut de mouton. Rihoppement, lié.
- Saxum commune grifeum. Comme il fe trouve fous terre & dans les mines métalliques. Greften , fu. Rude, ail. Waacken.
- Schwefel arten, ail. Voye\ Bergfett.
- Schaléy ail. Ecaille , an. Shale. State. Bass , an. Ertz. V. Ertz Wande. Voye\ Table des matières.
- Schifiofus ( fijjilis ) , vel lithantrax cum pauxillo porcellanee albee.
- Schifer , ail. Ardoife. ( Brand ) , fu. Ardoife qui brûle.
- Schifer-fiein , ail. Charbon de terre ardoifé.
- Schirri lapidei. Pierres dures qui fe trouvent dans d’autres maifes.
- Schifius terefiris bitumin&fus. Phlo-gifiicatus, ail. Brand- fehifer.
- Schifius phlogifiicatus.Brand-fchifer, ail.
- Seal. { Sope). Soup.
- Seam, an. Joint.
- Sélénite gypfeufe. Vitriol de craie. Vi-triolum cretaceum.
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- ET DE SES MINES.
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- Semelle du charbon, an. Slippercoal. Shale. Voye\ Slate.
- Shelly ftone , an. Pierre feuilletée. Vein, an. Couche coquilliere vraiment femée de coquilles.
- Shiffer (brand), ail. Schifius phlo-gijîicatus.
- Shîjfèrigy ail. Pierre ardoifée.
- Slate. Shale. Bass , an.
- SUpper coaly an. Semelle, fol, plancher du charbon , petite couche friable.
- Soft, holl. an.
- Soil. Ground, an. Terre végétale. Sope féal , an.
- Sortur. B Land u r , ail. Gag as feu. lig-num petroleo imbutum. Pfeudo ga-gas. Lithoxylon. Ebenum fojjîle. Soup. Sope. Seal, an.
- S par. Glubtering, gliftering ftone, an. Spick leva , fu. Terre à potier, argille. Splint coal.
- Squatt y an. Monceaux épars de forme applatie qui ne font point en veine, & qui font interrompus.
- Stak jîen , fu. Bloc de pierre.
- State marie , an.
- Steel marie 9 an.
- Sten. ( Tak) , fu.
- Stein. ( Grolet ). Moer, fu. ail.
- Stith. Coramon damp. Foui air, an. Stein ( Shiffer ). Charbon de terre ardoifé. ( Knopf). Pierre aboutons.
- ( Grolet moer). (Tak). Pierre de toit.
- Stock y ail. Bloc de minéral.
- Stone ( lime ) , an. Pierre à chaux.
- ( Chalks ) , an. Craie en pierre.
- ( Clay ). Cleaving, an. Pierre par feuillets qui fe fendent. Fire.Peldon, an. Frée, an. Glittering. Gliftering. Spar , an. ( Sbelly ) , an. (Grind ), an. Pierre à remouler. ( Paring ), an. (Rage ). Ragged, an. Pierre eu bio-
- caille. ( Ware). Flins. Flintware, an. Pierre à faïance, pierre à poterie. ( Fern ). Carreg - Redynog , an.
- Stratum argillaceum , fu. Leers kiol.
- Sivare mylla y fu.
- Syenites. Piropœcilon. Granito rojfo. T
- Tabac. Tourteau.
- Tage-kohlen , ail. Tak-ftein , fu.
- Tak-ftein , Ju. Pierre de toit. Tage kohlen.
- Terra bituminofa lenis ar.ida y ail. Unreiffe Steiu-kohlen.
- Terra lapidea 9 lapidefcens. Terre tufiere , tuliere. Celle qui approche du tuffe.
- Terra porcellanea. Tripolitana. Tripoli. V. Argille.
- Terre y an. Dead.
- Terre à bauge , an. Cowshut marie. Glaife. Dieve. Graffe, an. Mud. A pipe. Marneufe. Crétacée. Terre à chaux, an. Chalky land. Maréca-geufe. Tourbe , an. Peat. Terre à four. A foulon. A faïance.
- Terreflre ( lithantrax ).
- Terre ( moelle de). V. Marie.
- Terre gronette. Terre pierreufe de porcelaine. Derle. D’ombre. Pourrie. Tuffiere. Tuliere. Terra lapi-dea , terra lapidefcens. Celle qui approche du tuf. Végétale y an. Soil. Ground. A potiers. Argille. Letten, ail.
- Terreux (charbon). V. Lithantrax.
- Thon - kohlen , ail. Charbon de terre argilleux.
- Thrée coal vein , an. Veine de trois charbons.
- Toit ( pierre de ). Tak-ftein, fu.
- Tombes ( mines par). Bouyas.
- Top. Topp coal 3 an.
- B ij
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- DU CHARBON DE TERRE.
- i z
- Torf. Turf. Turrfe. Zorff. Zurb, al.
- Tourbes celtiques , an. Peat. Turf. Torffen ( lichte ). Deerinck.
- Tourbe ( charbon de bois )• Hoitz-kohlen.
- Tourteau. Tabac.
- Tripel, ail, Trippel ,fu- Tripela , an.
- Tripoli. V. Argilla.
- Tripela cartheus & mercati. Tripoli. V. Argilla.
- Tripoli. Terra Tripolitana. ^Waller. Tuf. V. Brafier.
- Tuffiere, tuliere (terre). Terra lapi-dea , terra lapidefcens. Terre qui approche du tuf.
- Tuliere ( terre ).
- Twing marie. Diving marie, an.
- V
- Végétale. V. Terre , an. Soi). Ground. Vein, an. Veine. Pot vein coal, an. Veine de trois charbons, an. Thrée
- coal vein. Bouillardée.
- Vegetabilis ( mumia ).
- Verd( fable).
- Vif ( roc ). Granit. /
- Vitriol de craie. Sélénite gypfeufe.
- Vitriolum cretaceum,
- Vitriolum cretaceum.
- Volcans ( pierre de ). Voye\ Pierre obfidienne.
- W
- JVackeii, ail. Voyez Saxum rude. Voyez Saxum.
- Ware (doue). ( Flints ). Flints ftone , an. Pierre à faïance. Pierre à poterie. JVafch- bergy ail.
- Z
- Zorff. Zurb. Torf. Turf. Turve,a/A Peat, an. Tourbe.
- Zurb. Zorff.
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- PRÉCIS DE L’OUVRAGE
- AVEC ADDITIONS
- POUR SERVIR
- DE TABLE DES MATIERES
- A LA SECONDE PARTIE,
- QUI TRAITE DE L’EXTRACTION OU EXPLOITATION ;
- Précédée d'un Di&ionnaire des termes 8? expreffions en différentes langues ; concernant les ufages & le commerce du charbon de terre dans plujieurs pays.
- ri-.—
- Nous publions, félon que nous en avons pris l’engagement auprès de nos ledeurs, la Table des matières relative au travail de M. Morand fur les charbons de terre & qui doit le compléter. Elle remplit feule avec quelques additions un cahier volumineux dans l’édition in-folio ; mais après en avoir fait un examen attentif, nous nous fommes affinés qu’elle contient des termes de fart en diverfes langues , des définitions de certains objets intéreffans , & fur-tout un très-grand nombre de détails que l’on trouve mot à mot dans les tables du contenu dans les fedions & les articles, placées à la fin des volumes VI, XVI & XVII de notre colledion. Nous avons obfervé enfin que l’auteur, en travaillant à'cette Table générale , y a fait entrer fur certaines matières de nouvelles comiaiffances , acquifes depuis h compolltion de fan
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- i4 ry DU CHARBON DE TERRE ;V
- ouvrage , & qui par conféquent n’ont pas pu y entrer. Toutes ces confldé-rations nous ont fait fentir la néceffité de ne point imprimer cette même table en entier, mais d’en retrancher ce qui n’eft que pure répétition des Tables particulières, en confervant cependant tout le reffce , & en fuppri-mant les renvois devenus manifeftemenu inutiles , puifque ceux qui font marqués dans ces dernieres fuffifent pour remplir le but auquel toute table des matières efl; deftinée.
- A
- Abandonne. Axhuê , lié. Bure abandonné , interrompu. Différentes circonftances obligent d’abandonner ou d’interrompre les foffes & les ouvrages : au pays de Liege on en connaît un grand nombre qui font travaillées.
- Abattement , lié. Canal , tranche pour décharger les eaux.
- Abattijjcment, abattement d’eaux , Hé.
- Aboette ( verge d’), lié. Sonde. Tarriere.
- Abouter. Avant - bouter.
- Abtenfen, fu. Excavations.
- Abus qui fe commettent touchant le fait des mines , fe réduifent à trois chefs. Moyens imaginés par le gouvernement pour y obvier.
- Abus des compagnies exploitantes par privilèges , méritent la plus fé-rieufe attention de la part de ceux qui veulent entrer dans les fociétés des mines.
- Abqieden ( dus ) derer Gebande. Den Gruben^ug , ail. Menfura fübterranea.
- Accaparement. Efpece de monopole conflftant à faire des levées con-fidérables de marchandées pour s’eu approprier la vente à foi feul, pour les vendre à fi haut prix que l’on voudra.
- Dans ces derniers tems, en 1773 , le fleur Jacques - Chriftophe Mathieu de la Salle , fe qualifiant ingénieur des mines, s’annonça dans Paris , lui & fa compagnie, comme entrepreneurs généraux des mines de charbon de terre ; ilavoit pris les mefures les plus contraires à l’efprit & à la lettre des ordonnances, pour faire cet monopole fur le charbon de terre , & avait cherché à s’affûter lui '& fa compagnie d’un privilège exclulif pour le commerce des charbons de terre d’Auvergne , du Forez & du Bourbonnais. La Gazette du commerce du 11 mars raffura les particuliers faifûnt ce négoce , en annonçant que le fleur Mathieu n’avait point réufîi dans fes follicita-tions pour cet effet ; mais les fuites de l’accaparement entrepris par le fleur Mathieu ne Te firent pas moins fentir, par la ceffation prefque fubite du commerce, par la difficulté de le procurer du charbon de terre , quoi^ que d’abord on affedât de vendre ce combuftible à un prix modéré. L’annonce que fit cette compagnie ( dans des avis imprimés ) foit de cette cir-conftance, foit de l’indication de leur bureau au port S. Paul, le foin qu’elle eut de répandre ces avis dans Paris
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- ET DE S ES M I N E S.
- *1
- & dans les provinces, étaient une tentative faite pour fuppléer au manque de fuccès dans l’obtention d’un privilège exclusif qu’on s’arrogeait ainlî dans le fait i & réellement,dès l’année 1773, cette compagnie avait pâlie , avec MM. de Brafïàc & de Frugeres, propriétaires de la plupart des mines d’Auvergne , un traité par lequel ces deux feigneurs avaient vendu au iieur Mathieu, exclullvement à tous autres, pendant le tems & efpace de vingt années entières & confécutives , tous les charbons de terre de la meilleure qualité qu’ils pourraient faire extraire dans toute l’étendue de leurs poifeffions. Par le même, traité , MM. de Frugeres & de Braifac s’étaient obligés envers le fleur Mathieu de 11e pouvoir vendre ni faire vendre directement, ni indirectement aucun charbon fur les mines ni au port , pour être embarqué, à l’exception des charbons propres feulement à cuire la chaux , & de ceux qui feraient transportés-par terre.
- Cette compagnie s’était emparée de même des autres fources d’appro-vifionnement de ce combuftible pour » Paris : pareil arrangement était Fait > pour la mine de Fims en Bourbon-! nais , & vr.aifemblablement pour celles de Forez.
- Les procès-verbaux juftificatifs des refus faits à la mine de Fims & à celles d’Auvergne, aux marchands qui.sly! p.réfenterent pour acheter du charbon, ou des offres arbitraires & con-l ditionnelles d’en délivrer, ont mis à découvert la manœuvre par laquelle
- le fieur Mathieu entendait fe rendre maître de modérer ou d’étendre à fon gré la circulation-d’une marchait-dife de cette importance , fous le pré-texe d’en avoir acheté tous les charbons extraits & à extraire. Un traité de cette efpece , pour arrher les charbons de terre deftinés fur-tout à l’ap-provifionnement, d’une capitale, rentre abfolumeut dans un des cas prévus par l’art. II du ch. III de l’ordonnance de décembre 1672. Les marchands forains, voituriers de charbon de terre pour la provifion de Paris, préfente-rentau confeil une requête pour faire cafler & annuller le traité du lieur Mathieu & compagnie avec les propriétaires & fermiers des mines de charbon.
- Accaparer. Faire des levées de mar-chandifes permifes, afin de les rendre rares : il fuit clairement que cette ma-, nœuvre eft illicite ; auiîi en bonne police eft-elle défendue, fous peine de confifcatioii des marchandifes accapa-reés, d’amende pécuniaire,& même de punition corporelle, en cas de récidive.
- Acérer. C’eft donner au fer le plus doux, par le moyen d’une chaleur déterminée, unefoupleffe encore plus grande , en -l’empêchant, d’une part, de perdre fon phlogiftique & en lui donnant de l’autre occalion de s’en faturer ; ce qui procure à fes parties conftituarites le moyen de prendre une texture égale. ,
- Acide ,f maniéré d’être qui fait l’ef-fence de to.ut.fel qui fe rencontre dans.-lés. végétaux comme dans les minéraux , & qui fe marque à la langue
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- Dü CHARBON DE TERRE
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- par un goût piquant, en caufant un fentiment d’aigreur. Les acides fe re-connailFent à l’effervefcence qui Te Fait quand on les mêle avec une autre Forte de corps appelle alkalis : les acides minéraux Font l’acide vitriolique , l’acide du nitre, & l’acide du Tel commun.
- Acide fulfîtreiix volatil, c’eft celui formé par l’acide vitriolique , le phleg-me & la portion de l’efprit entièrement brûlé par l’acide : PexhalaiFon légère d’acide fulfureux volatil ne Fe remarque, Félon M. Venel,dans les charbons de terre , que dans un certain tems de l’ignition.
- Acide vitriolique. Voyez Vitriolique.
- Acidum ( fulphureo ) lithanthrax , charbon pyriteux , dans lequel la pyrite furabonde au bitume.
- Acier, Fer plus pur & plus Toupie, & qui porte difFérens noms > félon les endroits où il Fe fabrique.
- Aimanté.
- Fondu.
- Acte defociété, eft un point important de l’examen des perfonnes qui veulent s’intérefler dans les mines ,
- Actionnaires , ajfociés, ou intérejjés dans les mines.
- Parère, ou avis & confeils Fur les Fo-ciétés pour les entrepriFes des mines.
- A eus magnetica. Verforium. Aiguille aimantée.
- Adhiritê, terme de coutume de Limbourg, de Liege , du Hainaut, Luxembourg,Namur; c’eft celui qui par les œuvres de loi, a acquis le droit foncier en la chofe, ce qui s’appelle en matière de mines , très-fond.
- Adjacens venarum pars. AGRIC.
- Anzines du pas , lié. '
- - Adverfa vence pars. Ag. V. Vena. -
- Adverfum cap ut fodinarum. AGRIC. Voy. Fodina.
- Ajournement , pour airage , pour obtenir vifite.
- Æqua vena , ail. Fia cher Gang. Aer. V. Air. Immobilis. Agric. Feu, ftagnans ;pejîilens aura, ail. Bôfe "Witter, air- ftagnant. Naturellement & Amplement cette exprelfion d’Agricola pourrait Fe traduire par Je mot air fixe dont il eft fi fort queftion parmi les phyficiens, & dont les effets font ab-folument les mêmes que cet air ftagnant ou immobile des mines.
- Æfiuarium. Soupirail d’aqueduc. Bure de xhorre.
- Aiwes, lié. Eaux.
- Affinage. Purification en grand de l’or, de l’argent, & de tout métal étranger.
- Affinage à VAllemande. Affinage fous le chapeau.
- Des mattes.
- Ajfinerie. Creufet qui ne Fert qu’à diffoudre & travailler une portion de la gueuFe, pour la porter au gros marteau. Au fortir de ce cre-ufer, la gueuFe s’appelle loupe. Au Fortir du gros marteau , c’eft une piece.
- Affioxhement d’eaux , lié. - : 1
- Affrètement ffret, fretage.
- Affoncer, lié.
- Agent ( coal ) an. fadeur de charbon. n > <
- Agent, moteur , agens appliqués à l’adion des pompes.
- Agraffes , liens de fer pour retenir des pièces de menuiferie.
- Agger.
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- ET DE SES MINES.
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- Xgger , vallum , Stein - Walle ,fu. rempart, parapet, mûri Hé, faille.
- Agricoki, fon traité latin de re me-tallica , ouvrage précieux , fur - tout concernant la partie de l’exploitation des mines.
- Ahovcr, axhuer, lié. murailler dans fon pourtour un bure abandonné ou interrompu.
- Aides de P avalleur , trairelfes au jour.
- Aides des officiers chableurs & maîtres des ponts fur la Seine.
- Aiguille d’un cadran , ftyle, gnomon d’une bouffole de mine.
- Aiguilles ou coins, lié. aweye.
- Aiguille à caillou, à pierre.
- Aiguille à veine , ou à charbon.
- Aiguille des carriers.
- Ailes , dents du pignon.
- Aimant ( pierre d' ) pierre héra-çlienne de Platon , pierre d’héraclée , pierre ferriere, en vieux françois calamite, marinette, magnes.
- Air de P athmofphere , employé pour faire mouvoir des machines , aidé par quelque puilfance.
- Faire le tems, faire communiquer ou faire circuler Pair, ail. Wetter bringen. Auram fuppeditare.
- Air naturel, ou libre , fon état naturel. Compreffion habituelle de l’air , telle que fi cet air venait à perdre tout-à - coup fa pefanteur , il tendrait à s’écarter de toutes parts avec une force confîdérable ; on peut auffi entendre par état naturel de Pair, la denfité qu’il avait avant d’être comprimé.
- Changement d’air naturel dans les mines, eft celui qui eft le réfultat na-Tome XVlll.
- turel de la profondeur des puits ouverts, fur une étendue de galerie. Nous croyons devoir en rapprocher ici ce qui fe trouve dans le chapitre VIII de l’ouvrage de M. Delius , où cette matière eh traitée avec beaucoup de fa-gacité. Pour l’intelligence de cet article , il obferve dans la fedion précédente , qu’en confidérant l’air comme un corps fluide, il s’enfuivrait que dans les mines l’air devrait toujours entrer parles ouvertures les plus élevées , & fortir par les ouvertures les plus baffes ; cela arriverait auffi nécef-fairement, Ci Pair n’était pas en même tems élaftique, & Il en conféquence de cette propriété expanllve il ne produirait des effets tout différens de ceux qui font produits par d’autres corps fluides : par cette raifon, dit M. Delius, l’expérience fait reconnaître que les courans d’air n’entrent pas toujours par les ouvertures les plus élevées, pour fortir par les puits ou ouvertures les plus baffes ; mais on fait que quelquefois, fur-tout en hiver, l’air entre par les ouvertures baffes , & qu’il fort par les plus élevées, tandis quepréci-fément le contraire arrive en été. An printems & dans l’automne, lorfque ce cours de l’air change, il arrive par conféquent que le courant eft entièrement arrêté pendant quelque tems, jufqu’à ce qu’il ait pris fon chemin ordinaire. Voici comment M. Delius rend raifon de ce fait.
- Jufqu’ici l’on a penfé que c’était le changement de pefanteur de l’air qui était la caufe de ce phénomène : on eft dans l’opinion qu’en hiver l’air ex-C
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- DU CHARBON DE TERRE
- n
- teneur efl: plus pelant que l’air de la mine , & qu’il elt au contraire plus léger en été; par conféqueiu on a dit que fieu hiver la colonne d’aire descend de la fuperficie de l’athmofphere, & prefle l’air contenu dans le puits b, il fallait néceifairement que la colonne d’aire, qui elt dans le puits & élevée au-deffus, cédât, & qu’ainfi le courant d’air entrât par un premier puits b, & fortît par un autre puits d , puifque la colonne d’air a ferait dans ce moment plus pelante que la colonne c , qui devrait être dans toute fou étendue plus légère que la colonne a, parce que fa partie contenue dans le puits était plus légère. En été, au contraire, la colonne a ferait plus légère que la colonne c, parce que celle - ci deviendrait plus pefante par la partie d’air plus lourde contenue dans le puits ; & par fa pref-fion il devrait arriver que le courant entrât par le deuxieme puits d, & ref. fortît par le premier b.
- Mais il y a de très-fortes objedions à faire contre cette opinion : car en po-fant qu’en hiver la colonne a foit plus pefante jufqu’à l’entrée de la mine, que la partie de cette colonne contenue dans le puits, il s’enfuivrait qu’un corps plus pelant pourrait repofer fur un corps élaftique moins pelant fans le comprimer, ce qui eft contre toutes les loix de la pefanteur. Car deux colonnes d’air, égales en hauteur, doivent être preilèes l’une comme l’autre en égale proportion par l’air fupérieur , & par conféquetit elles doivent être d’une pefanteur égale. Le centre de la t galerie b ferait donc en c le point de fé-paratiou où les deux colonnes p relié-
- raient d’une force égale l’une contre l’autre ; il réfulterait de là qu’il n’y aurait aucun courant d’air. Il en réfulterait encore que tous les hivers & étés ce phénomène devrait fe mani-fefter dans tous les puits & galeries dilférens en hauteur , puifqu’en hiver l’air ferait toujours plus léger dans le puits d, & plus pefant en été que le grand air ; & par conféquent la nature ne pourrait point fe changer dans les loix de la pefanteur & du mouvement. Cependant rien n’eft plus commun que les exceptions à cette réglé, & l’expérience nous apprend plutôt que les courans d’air dans les ouvertures hautes & balles prennent quelquefois un chemin tout oppofé. Ii faut donc qu’il y ait une autre caufe que la pefanteur qui produife cet événement, & nous la trouverons en la cherchant principalement dans la vertu expanfive de l’air.
- Changement artificiel d'air ; moyen par lequel on obvie au défaut de circulation d’air, provenant de l’égalité de la profondeur des puits , entre lesquels il n’y a aucune communication.
- Air des mines , altéré de différentes maniérés, ou chargé de vapeurs , ou condenfé au-delà de fon état ordinaire.
- Manque d'air, ou défaut de circulation de l’air dans les mines.
- Mauvais air , mauvais brouillard* Air nuijîble. Air fiagnant. Air fixe. Efiprit follet des mines , touffe, pouffe. Fumus virofus , aura pefiilens 9 aer immobilisa aer gravis. Agric. Air fuf-focant. Moffette. Cobolt. ail. Schwaden. Bad Air. Vergift Lufte. Bergmarm-lein. L’expreiliou latine, aer immobi-
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- ET DE SES MINES.
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- Ils , dont s’eft fervi Agricola, qui s’interprète naturellement par air Jlagnant, peut de meme fe rendre par le mot à'air fixe , adopté depuis quelques années parmi les phyficiens pour exprimer une fubftance dont la nature eft ignorée, & dont on ne connaît que des propriétés fingulieres, qui fe rapportent aifez avec celles de différentes fubftances , particuliérement avec celles de l’air méphitique des fouterreins de mines, des puits de la ville d’U-trecht, des cuves de biere en fermentation , &c. M. Black, phyfici-en d’Angleterre , qui a introduit le mot à'air fixe , entend une efpece d’air, différent de l’air élaftique commun, répandu néanmoins dans l’athmofphere, à peu près auliî pelant, qui fe combine avec la vapeur du foufre & des réfines , qui fe dégage des matières en putréfadion, qui eft renfermé auffi dans les alkalis fixes volatils , & qui réfui te de la terre calcaire. M. Baumé eftime que cette fubftance n’eft que l’air de l’athmofphere diverfement altéré. Comme l’air des fouterreins de mines, l’air fixe éteint la flamme & les charbons allumés ; refpiré par les animaux, il leur caufe la mort. Il fe combine avec l’eau, &c.
- Air inflammable, ou vapeur détonnante ou fulminante. Retour de l’air inflammable fur lui-mème, après avoir exercé fa force expanfive.
- Embouter, conduire l’airage , faire pafler le. vent.
- Airage des montées, des vallées.
- Bure , ou foffe d'airage, burtay , lié. tuyau d'airage, boyau d'airagey caffi ,
- plancher déairage.
- Waxhieux, lié. ou repaffeur dé airage. Diiférens mqyens de changer l’air des mines.
- Voie d'airage , rewwailette, lié. Voie de trouffement, caffi , boyau.
- Aire, (géométrie ) fuperficie, ef-pace renfermé entre plufîeurs lignes, ou quelque figure que ce foit, area „ aire d’une fuperficie plane. L’aire d’une figure plane eft l’efpace qu’elle contient, lequel fe mefure par de petits quartés.
- Airure , lié. Fibra recumbens in dio tecli. Agric. Waime de voue , lié.
- Ajutage, robinet, ou petit tuyau adapté à l’ouverture d’un jet d’eau.
- Alage atou , alage alentour , lié* Quand les maîtres d’une foffe ne font point encore parvenus dans les ouvrages au point de bénéficier, ou lorf-qu’en les pourfuivant on vient à tomber court , les maîtres doivent contribuer chacun en proportion de leur part ; pour cela, on leur envoie à chacun une cédule : cela s’appelle un alage atou, ou alentour,
- Alais ( charbon de la mine de la forêt près ) , fort terreux.
- Alambic dans les machines à vapeur. On appelle de ce nom le vaif-feau deftiné à contenir & à faire bouillir plufîeurs tonnes d’eau, qui font fans celle recrutées par de l’eau Froide.
- Albigeois, petit pays dont Albi eft la capitale. On y trouve près la ville de Blaye , à fix cents pieds de profondeur totale , une veine de charbon fous une couverture pierreufe , qui commence à fe montrer à 248 pieds G ij
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- DU CHARBON DE TERRE
- de la faperficie ; elle eft compofée dans Ton épaiffeur, d’un premier roc de couleur noire, fuivi d’un roc gris de i Go pieds, au-delfous duquel vient un autre roc noir de 50 pieds d’épais.
- Alfreton, province de Derby en Angleterre. A quelques milles d’Alfre-ton , l’on exploite la mine de charbon de Swanwich ; il n’en eft point fait mention dans notre ouvrage.
- Algèbre. Science du calcul des grandeurs en général.
- Algue marine. Rien n’eft comparable à cette plante , pour donner au feu de la chaleur.
- Alidade. Alilade. Index ou réglé mobile, qui partant du centre d’un inf-trument agronomique ou géométrique, tel que le graphometre, l’aftro-labe , peut en parcourir tout le limbe, afin de montrer les degrés qui marquent les angles avec lefquels on détermine les diftances , les hauteurs , &c. L’alidade porte deuxpinnules élevées perpendiculairement à chaque extrémité.
- Allier, Bec d’Allier , entrée en Loire.
- Alluchons, alickons, terme de riviere, qui défigne l’efpece de pointes ou de dents de bois des roues de moulins. - Elles different des dents, en ce que celles-ci font corps avec la roue, & font pofées fur elle, au lieu que les alluchons ne font que des pièces rapportées ; la partie qui fait dent, & qui l’engrene , s’appelle la tête de l’allu-chon j celle qui eft emmortaifée ou affemblée de quelque façon que ce foit avec la roue, s’appelle queue de balluchon.
- Allure. Direction des veines vers quelque point de l’horizon.
- Alluvium ( terre d’) terre limonneu-fe , dépofée par les eaux des rivières.
- Alt a vena. Agric. Veine profonde.
- Altemberg, Alteberg, petite ville dans la haute-Saxe au cercle d’Ertzgeburg , c’eft- à-dire, dans la province du Margraviat, où font des mines d’argent.
- Alumelle, charbonnière de houille.
- Alveus , auge, cuve , palfage de communication.
- Amende , amendes , forte de peines pécuniaires, qui dans la coutume de Liege appartiennent au procureur général , quand le feigneur du lieu ou l’officier font négligens à faire exécuter les ordonnances concernant les bures abandonnés ou interrompus.
- Amas [ mines en ] blocs de mines appellées auffi mines de" rencontre , parce qu’elles fe rencontrent par ha-îard, comme celles d’Altemberg. Minera cumulata.
- Amirauté, jurifdiélion royale , qui juge en dernier relfort jufqu’à la concurrence de 50 livres & connaît, tant au civil & criminel que police, de tout ce qui concerne la marine & le commerce maritime.
- Amont -pendage [ mahire d’] ou d’athier [ foffe d’].
- Amorceux , an. womble , tète de la verge à forer , ou de la tarriere.
- Analogie , en mathématiques , eft la même chofe que proportion , ou égalité de rapport.
- Dans l’analogie , qui fait partie des problèmes relatifs à la géométrie fou-terreine, tome XVII, pag. 69 après le
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- Ef DE SES MINES,
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- petit angle , 5 6° 57' 9 , fur les
- lignes logarithmiques on apperçoit les quarrés & leurs racines au premier coup-d’ceil ; puis ajoute34
- Le plus grand angle A 8o° ^
- Le plus petit E 56° 57'
- 180 Les trois angles.
- Angle compris. D 430 o'
- 137 ... Somme des angles inconnus.
- 68.30 La' moitié de la fomrne.
- 11.33 Moitié de la dilférence.
- 80.03 Le plus grand angle.
- 56 . 57 Le plus petit angle.
- ç Lefinus de E 16526942 J au côté A D 98>378?)
- j Sinus de D 11.4864775
- L Au côté de A E 9.9233450
- Valeur de la bafe AE
- 36.57.1.5631325.
- Recherche dit quarrl de £hypotènufe A B. Quarré de AE 36,57 pi. 1337,3 549 Quarré de AD 9,125.. 0083,265625' La fomrne ou quarré AB 1420,630525 dont la racine eft un peu moindre de 38 pieds, ou 37,69 pieds, qui valent enfin 37 pieds 8 pouces 3 lignes Dans cette analogie on compte la déclinaifon du plan , non du fud ni du midi, mais de l’eft ou de l’oueft.
- Analyfes chymiques du charbon de terre. De toutes les productions des trois régnés 3 le charbon de terre eft celle qui préfente plus de fingularités & de difficultés à lanalyfe. Parmi les analyfes nombreufes qui ont été faites à ma connaiifance de quantité de charbon de terre, & par divers favans , celui des mines de S. George en Anjou
- vient d’ètre examiné chymiquement, dans le plus grand détail, par MM. Parmentier & Defyeux. La voie des menftreux /impies & compofés n’a donné aucune lumière fur la nature de ce charbon 5 on n’en a retiré qu’une petite quantité de terre qui s’eft combinée avec les acides, & une matière colorante extractive , dont l’eau bouillante s’eft chargée. Les réfultats de la diftillation de ce charbon à la cornue fe font trouvés abfolument les mêmes que ceux qu’ont fourni les charbons de Newcaftle, d’Ecofle , de Nowo^ gorod , de Welün, de Siléfie, &c. analyfes par MM. Model , Hyerne, Kurella & autres. De lanalyfe à feu nu, il a réfulté que l’alkali volatil & le foufre contenus dans les produits qu’on en avait retirés, étaient entièrement l’ouvrage du feu , n’ayant rien été apperqu de femblable en examinant le même charbon par le moyen des réactifs. Ces différentes recherches concourent à affigner à ce charbon une nature moyenne entre le charbon bitumineux proprement dit, & celui vulgairement nommé foufreux , & celui que l’on appelle proprement bitumineux, dont il s’éloigne néanmoins. Les réfultats des charbons de terre de plufieurs pays font tous différens.
- Analyfe ( mathématique ) eft le moyen d’employer l’algebre à la folu-tion de plufieurs problèmes en les ré-duifanrà des équations, afin de trouver les inconnues au moyen des connues.
- " Angin. Vire va ut. Singe. Angin à pompe. Bouriquet.
- Angle. Ouverture que forment deux
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- lignes , ou deux plans , ou crois plans qui fe rencontrent. Angle droit eft celui qui eft formé par une ligne qui tombe perpendiculairement fur une autre ; ou bien c’eft celui qui eft mefuré par un arc de 90 degrés. Angle aigu eft un angle plus petit qu’un angle droit, c’eft - à - dire , qu’il eft mefuré par un arc moindre que l’arc de 90 degrés. Angles correfpondans des montagnes. Angles égaux , font ceux dont les côtés font inclinés les uns aux autres de la même maniéré, ou qui font me-furés par des arcs égaux d’un même cercle, ou par des arcs femblables de cercles différens.
- Angle horaire eft l’angle au pôle formé par le cercle horaire & par le méridien.
- Angle dtincidence, angle d'inclinai-fon. Quelques auteurs d’optique appellent angle d'inclinaifon ce que les autres nomment angle d'incidence j mais plus communément 011 appelle en optique angle d’inclinaifon, l’angle compris entre un rayon incident fur un plan, & la perpendiculaire tirée fur le plan au point d’incidence ; quelques auteurs nomment angle d'incidence le complément de ce dernier angle.
- Angle oblique eft un nom commun aux angles obtus & aigus. Angle obtus eft un angle plus grand que l’angle droit, c’eft - à-dire, dont la mefure excede 90 degrés. Rectiligne , celui dont les côtés font des lignes droites.
- Angleterre (commerce du charbon d’) dans la capitale & dans l’étendue
- de ce royaume. Quelques commer-qans font venir de ce charbon à Paris. Ils font de la plus grande qualité ; mais les droits de tranfport & ceux dont ils font chargés à l’entrée du royaume, les rendent tort chers ; ils reviennent à plus de 90 livres la voie.
- Annenberg ( S. ) ou S. Annoeberg ( Mine de ) dans laquelle Agricola fait mention d’un accident occafionné par le mauvais air, ou l’air fixe.
- Antigraphus , antigrapheus. Scriba partium , Agricolæ. ait Berg - Schrei-ber. Contrôleur fermenté.
- Août ( mois d’). Les maîtres de foifes doivent pourfuivre leur ouvrage de jour à jour, fî ce n’eft par force d’eaux, ou faute de lumière , au mois d’août, ou en tems de guerre.
- Appareil de pompe , barillet. Nom donné quelquefois au pifton , dans une pompe à bras, qui n’a pas de corps de pompe.
- Apprêt du charbon de terre , avec de»' argillesj avantages particuliers de cette fabrication , pour mitiger fa fumée, réprimer fon odeur au feu , pour donner un chauffage économique en retardant fa confbmmation , & augmentant la durée de ce feu. Coniequences, deux propriétés diftinctes qui appartiennent à la façon donnée au charbon de terre ; favoir , une économie fur la matière même, & une forte de correctif des vapeurs de la houille.
- Appropriation du charbon de terre au travail des mines de fer.
- Appui, ( ftatique ) point fixe & immobile , capable de rélifter aux plus grands efforts. Ce point, nommé aulli
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- point d'appui, a lieu dans le levier & dans le treuil , où il eft quelquefois appelle hypomochlion, centre du mouvement.
- Appuie. - pot, trépied, uftenfîle de cuiGne fait de fer , en demi-cercle ou en triangle , qui fèrt à appuyer un pot ou un coquemar , afin qu’il ne fe ren-verfe pas.
- Aquagium , jus cuniculi, droit de faire un1 aqueduc dans les terres des autres.
- Aquarius fulcus , rigole pour conduire les eaux.
- Aqueduc, canal, xhorre , lié. Cunicu-Z//5.Wattu Troumma./^. Percement , galerie de pied.
- Arbeit ( Feld ). Galeries.
- Arbttare ( Kol ) fu. ouvrier de mine .de charbon. Houilleur.
- Arbrijlolle Occitan. Galerie. Gralle.
- Arbue, herbue, aubue , efpece d’ar-gille ou de terre vitrifiable , employée dans les forges , comme fondant & corre&if. Communément c’eft une efpece de pierre à chaux.
- Arc> en géométrie, eft une portion de courbe ; par exemple, d’un cercle, d’une ellipfe , ou d’une autre courbe.
- Arc. Une veine de charbon , avant d’arriver à une faille , s’étend fouvent à une grande diftance en formant une efpece d’arc.
- Architecture , eft en général l’art de bâtir, qui ordinairement eft divifé en trois elpeces ; {avoir, l’architecfture civile, ou l’art de compofer & de conf-truire les bàtimens pour les différens lifages de la vie ; l’archite&ure militaire , ou l’art de fortifier les places
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- pour les défendre de l’effort des bombes & du canon ; & l’architedure navale , qui a pour objet la conftruction de tous les bàtimens flottans & de tous les édifices qui fe conftruifent fur le bord de la mer : les différentes conftruc-tions relatives à la conduite & au tranf port des eaux d’un endroit dans un autre , font défignées par quelques écrivains fous le nom 8architecture, hydruidique. Les principes fur Iefquels fe conduit la pourchafle des ouvrages fouterreins relatifs à l’exploitation des mines , permettent de comprendre cette partie de la fcience des mines fous, le nom d'architecture fouterreine des mines. Elle fe trouve développée , pour ce qui concerne l’épaulemeut ou l’étançonnage, dans le mémoire de M. deTilly. L’archite&ure fouterreine eft un point intéreflantde l’exploitation; fa connaidance eft nécefîaire à un ingénieur de mines.
- Ardent Ç delpuech) , montagne du Montet dans le Rouergue, Scedali.
- A reine, xhorre. Canal. Mahay ,lie. Poly, an. fu. Stoll. Wallu. Efpece de chemin couvert , conftruit à chaux & à pierres , nommé dans quelques endroits percement, galerie de pied 5 cuniculus } via arenata. Lorfque dans une montagne à charbon on peut former un aqueduc fouterrein au iud ou au nord, les eaux s’évacuent fans frais, & on peut extraire le charbon de la mine , fans l’enlever par des bures. Une areine peut être pourchalfée au travers d’une veine, ou dans le corps de la montagne. L’objet qu’on fe pro-pofe dans la conftru&ion de ces aque-
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- ducs , eft d’extraire le charbon , & de xhorrer les eaux.
- A reine de communication. Les entrepreneurs des mines ont deux moyens pour communiquer avec une areine, ou en pouffant une galerie à travers les veines & rochers, ou en forant des trous j ce que l’on appelle communiquer par des boleux.
- A reines bâtardes , areines franches. Dans la ville de Liege on diftingue ces deux fortes d’areines ; les areines franches , en écoulant les eaux des mines, en fournilfent dans tous les différens quartiers de la ville de Liege , les places publiques, les maifons particulières , à ceux qui veulent les payer, &c. Les areines bâtardes font celles dont les eaux ne font d’aucun ufage, & dont l’embouchure eft en partie au bord de la Meufe. Comme elles font inférieures aux premières, il eft eflen-tiel pour la ville d’en empêcher la communication.
- Argilles , terres graffes en abondance dans les différentes couches des mines de charbon de terre. Dans ce genre de terres il s’en trouve de di-verfement colorées.
- Ar filles de la première qualité , arfilles de la fécondé qualité , argilles com-munes , argilles terres , argilles fables. Sous ces diiférens noms , font com-prifes des matières terreufes placées fuperficiellement fur le globe, qui à la confiftance terreufe joignent.plus ou moins fenfiblement les qualités vif-queufes & tenaces de la glaife proprement dite.
- Argilleufes , terres argilleufes &
- marneufes en Angleterre.
- Arithmétique, Icience ou art de démontrer cette partie des mathématiques qui confidere les propriétés des nombres.
- Arniers, ou propriétaires d’une galerie d’écoulement.
- Arpenteurs de mines, ail. Marks-Schei-de. Fodinarum menfores. Finitores me-tallici.
- Arrivage à bord des marchandifes , ou des bateaux au port. ( Déclaration d’)
- Arfénical: aucun charbon de terre ne participe de cette fubftance.
- Afphyxie, dont les ouvriers de mines peuvent être furpris, foit par la commotion de la vapeur fulgurante , foit par l’effet de la vapeur fuifocante , ou de l’air fixe, à la fuite defquels l’homme refte & peut refter long-tems fans mouvement, comme frappé de la foudre , & mourir. Morbus attonitus, morbus fyderatus.
- Afpirant ( tuyau ) fax. Aufter kiel.1
- Afpirante ( pompe ) ou commune.
- Afpirante & refoulante ( pompe- ).
- Afpiration ( tuyau d’ ) ou tuyau montant.
- Ajfai nier, Lyon. Tarir , fécher les eaux.
- Ajferes, Tigilli, membrures ou grof-fes pièces de bois de feiage , fervant aux ouvrages de charpenterie & de menuiferie.
- Afjiage jus, lié.
- Ajfociation , tendante à hauffer le prix des charbons de terre, à l’ufage de Londres & de fon voifinage , défendue. Loi contre ces affociations*
- Exifte
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- Exifte de même en France, confignée dans une ordonnance de François I, néceffaire pour avoir le plus grand effet pollible relativement à l’appro-vifionnement de Paris , en l’année I f2G, qui a fervi de bafe à l’art. 24 , titre 15-, de l’ordonnance de 1669. Cette loi porte qu'un traité de fociété qui paraîtrait avoir pour objet d’envahir une partie confidérable d’une forte de marchandife relative à la provifîon de Paris , ferait annullé, comme étant chofe prohibée par les loix pour cet approvifionnement. La profcription de ees traités eft prononcée par un arrêt du parlement, du 10 juin 163 3, rendu fur la police & réglement des marchands de bois & de charbon , tant de la ville de Paris , que forains. Cet arrêt enjoint à tous marchands de faire les achats, vente & débit de leurs mar-chandifes , chacun féparément & à part, fuivantlancienne forme,à peine de confifcation deflites marchandifes, & d’être privés du trafic, & d’amende arbitraire ; & où ils auraient dès à pré-fent fur les ventes ou port en cette ville de Paris, amené marchandifes en commun , feront tenus de les lotir dans trois mois ; & dès-lors la cour a’caffé & annullé toutes affociations pour le trafic des marchandifes , fous les mêmes peines de confifcation. Voyez Accaparement.
- Ajfocié de mine , ail. Berggenoffe.
- Affeoir pourfuites & courfes d'ouvrages , lié.
- Ajjula. [ Charpent. J Cale.
- Affurance [ ligne alidade * d’] de l’aftroîabe. [ Soupape d'
- Tome XV11L
- AJlalle , lié.
- Afiechut, ftikay , ftiket, peta , lié. Fourche defUnée à empêcher le her-naz de rétrograder.
- AJlringente [ teinture médicinale ] , qui peut fe tirer du charbon de terre.
- ÂJlrolabe, Lu. aflrolabium , cofmo-labium , ajlrolapfus , fufpenforium , ar-milia fufpenforia , planifpherium , uth-lantica , alphantia. Arab. Watyagora. Plateau de cuivre qui repréfente fur un plan les principaux, cercles de la fphere.
- AJlrolabe particulier. Univerfel.
- Athier [ mahire d’ ] ou à'amont-pen-dage.
- Athoitr [ fojfes de grand ] , bernai double , lié.
- Fojjes de petit athour.
- Athmofphere. L’air de l’athmofphere s d’après quelques obfervations , peut être confidéré comme un fluide corn-pofé de deux fluides, dont les pefan-teurs fpécifiques font prodigieufement inégales. M. le Roi, docteur & pro-feifeur en l’univerfité de médecine de Montpellier , agrégé à la faculté de Paris , a prouvé que ces deux fluides fe trouvent mêlés enfemble dans des proportions différentes , fuivant le plus ou moins grand éloignement de la terre; d’où il fuit qu’indépendam-ment de l’inégalité de condenfution ré-fultante de ce que les couches fupé-rieures de Pathmofphere lont moins comprimées que les inférieures , la pe. fauteur fpécifique de l’air doit varier encore , & fe trouver d’autant plus grande dans les couches voifines de la terre, & d’autant plus petite dans celles D
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- qui en font plus éloignées.
- Cette confédération paraît avec rai-fon à M. le Roi, devoir entrer pour quelque chofe dans l’eftimation de la hauteur de l’athmofphcre; elle fait fen-tir toute la difficulté de ce problème , & l’impolfibilité d’en donner une fo-îution qui convienne également à tous les climats ; elle donne aufïi une explication des obf'ervations de MM. Caf-llni, ftouguer & autres. Dans quelques cas , l’air de l’athmofphere peut être confidéré comme étant à l’air ftagnant dans la mine à peu près comme du vin qu’on fait nager fur de l’eau.
- Attdiers de mine. Les deux principaux font une forge & un chantier, où s’exécutent les ouvrages en gros bois.
- Equipage d'un attelier, ou dénombrement des approvifionnemens né-ceffaires pour l’exploitation d’une carrière de charbon.
- Attelier de fabrication pour lin éta-bliflement en grand du chauffage de houille apprêté , peut être regardé comme celui d’une briqueterie.
- Attributions. Droits ou privilèges qui donnent à une jurifdidtion la con-naiflance de tout ce qui concerne un objet.
- Aube 5 abe, arbre de fojfe.
- Aubes ou vannes ; leur nombre pour oppofèr au courant de l’eau, eft difficile à déterminer.
- Audi, mefure de charbon.
- Aufs-chage-water 3 ail. Conduite des eaux.
- Auge , cuve.
- Auger, augar , augre. Whimbe, iin, Tarriere,
- Augets ( roues à pots ). Moteur de la machine pour la mine de Pontpéan en Bretagne.
- Aulne , ulna , orgya. 11 eft très-ordinaire dans plufieurs pays de mefu-rer les ouvrages à cette mefure , qui eft aufti celle des mines. Beaucoup d’auteurs anciens 8c modernes ne donnent à l’aune de Paris que 43 pouces 8 lignes ; c’eft une erreur : ils ont fans doute voulu parler de l’aune des drapiers , qui eft de 43 pouces 9 lignes, & qui ne fert qu’à mefurer les draps ; l’aune de Paris eft de 44 pouces du pied de roi, & contient aufli quatre pieds romains antiques. L’aune Sué-doife eft d’environ demi-aune de Paris.
- Aura pejlilens, ail. Vergifte Luft.
- Aurgaffes ,fax. Dégorgeoir.
- Aurioles , auruols , cafagnous , châtaignes blanches.
- Aufler kiel, fax. Tuyau afpirant.
- Auqat f mines de charbon ). Dans la Limagne.
- Aval pendage ( ouvrages d’). Veine d’aval pendage. Pendage ( la partie d'aval ) , peut , fi l’on veut, fe travailler par une grade, ou par une vallée , fur lefquelles on prend des quef-trejfes. Foffes d’aval pendage. ( Mahire d” ). De defeente , ou mahire defeen-dante.
- Avallereffe, lié. Burtay. Baume.
- Avant - bouter , abouter , lié. Avant-main , c’eft-à-dire , ligne de l’ouvrage quand on commence ^exploitation ; le niveau eft une voie pourchailèe de cette maniéré. Veine en avant-main , dreu de jloc, dans la partie d’aval pendage.^ Avant-mener 3 bouter, pourfuivre 9 con-
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- duire. Avant - pendage ( bure d’ ). Spouxheux , fpuifeux.
- Avarié , marchandée qui dans le voyage a éprouvé un déchet quelconque , par échouement ou autrement.
- Aweie, lié. aiguille, de veine.
- Axe , ou aijjleu ( Mécanique ) ca-thetes, eft proprement une ligne ou un morceau de fer ou de bois , qui pafife par le centre d’un corps , & qui fert à le faire tourner fur lui-même. C’eften ce fens que l’on dit l’axe d’une fphere ou d’un globe , l’axe ou l’eftieu d’une roue , qui quelquefois fe nomme en particulier, goujon , boulon, tourillon , axiculus.
- Axe de Ûhorizon , de l’équateur, de l’écliptique , du zodiaque , &c. lignes droites qui paifent par les centres de ces cercles , & qui font perpendiculaires à l’horizon. U axe du cercle s’appelle autrement fon diamètre.
- Axe dans le tambour, ou eftieu dans le tour, axis in peritrochio, eft une des cinq forces mouvantes, ou une des machines fimples , imaginées pour élever des poids.
- Axe de P aimant, ou axe magnétique , ligne droite dont les extrémités font les pôles de l’aimant.
- Axiculus , clavis orbiculorum , boulon , goujon, ail. Welechin. Axis in peritrochio. Moulinet , treuil ou tour. Voy. Treuil. Aijjieu dans le tambour ou dans le tour. Les leviers s’appellent rayons
- Axis recta cylindri bajium centra connectens.
- AxisJlatutus, ail. Spille. Axis Stratus 3 ail. Wille*
- A^ellus , axis parvus qui fucula nun-cupaturdBaudet, finge , bouriquet.
- Afimutal, ( cadran ) cercle ( du foleil.
- Afimuth ( cercles verticaux d’), c’eût - à - dire , cercles qui, paflant par le zénith d’un lieu, fout compris également par l’horizon , fur lequel ils tombent perpendiculairement. On compte ordinairement autant d’azi-muths que l’horizon a de degrés : ainfi l’on peut fixer leur nombre à 360 , il l’on veut ; Sc li on ne le veut pas , on eft libre d’en compter autant que l’on peut concevoir' de parties dans l’horizon , quoique les azimuths foienfc tous égaux, en ce qu’il n’y en a pas un qui foit le premier plutôt que les autres. Cependant le méridien, qui eft un azimuth , puifqu’il eft coupé par le zénith & par l’horizon à angles droits, de même que le cercle qui le divife en deux ,c’eft-à-dire , le premier vertical, font les deux principaux azimuths.Ces azimuths partagent l’horizon en quatre parties égales. C’eft fur les azimuths qu’on mefure la hauteur des aftres. La partie de ces cercles , depuis l’horizon à l’aftre , marque leur hauteur j & celle de l’aftre au zénith en eft le complément. Les aftronomes fontufà-ge des azimuths, pour déterminer la parallaxe de hauteur, ainfi que la réfraction. On s’en fert auftl pour ob-ferver la déclinaifon de la boulfole.
- Azimuth du foleil, ou d’une étoile , eft l’axe de l’horizon compris entre le méridien d’un lieu, & un vertical quelconque donné , dans lequel fe trouve le foleil ou l’étoile.
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- DU CHARBON DE TERRE
- A^iir , verre bleu, bleu d'émail, attiré ( charbon ). Charbon verrou. , lithati--trax verjicolor.
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- Üac , bage, bâche; par ce terme on défigne en général tout ulfenfile propre à contenir quelque choie que ce îoit ; dans les forges on appelle de ce nom un petit panier fervant à porter au fourneau la mine & la calfine ; en hydraulique , comme dans le jardinage , on entend par bâche, ou bac , un coffre ou une cuvette de bois , qui reçoit l’eau d’une pompe afpirante à une certaine hauteur, où elle efl; reprife par d’autres corps de pompes foulantes , qui l’élevent plus haut. Les planches dont et! compofé pour l’ordinaire un bâche, ou bac, & toute efpece de conflrudion en planches , pièces à plat, lé nomment de même dans l’idiome des houilleurs Liégeois , bâche, c’elf-à-dire, plancher. Le foi, ou un ouvrage bafché, joxhlé, lignifie planchéié.
- Bacneure, efpetteure. Utilité de ces chemins pour palier d’une veine à une autre.
- Bacquet, diminutif de bac, pour exprimer toute efpece de capacité propre à recevoir de l’eau. Dans une taille ou dans une veine on fait un ouvrage creux , bâché , nommé baquet, pour y laitier écouler les eaux, & les décharger enfuite. Dans les carrières de charbon d’Angleterre, le vaifleau def-tiné à enlever le charbon hors des mines, & qui contient environ un gallon 5 s’appelle backet,
- B ad a, lié. outil des xhaveurs.
- B ad air , foui air, an. Schwadeil s ail. Mauvais air.
- Bagnes , baignes , eaux ramaflees dans des vnides fouterreins. On dit en langage de houillerie Liégoife, donner dans une baigne , percer au pic.
- Baguette divinatoire, baguette divine, ou mercuriale, Ferge métallo - fophique, Fïrgula divina. On a donné ces noms différens à une branche que l’on prend d’un coudrier, d’un chêne, d’un faule ou d’un mûrier, & qu’il faut employer fraîchement coupée ; quelques - uns l’entouraient de fil de cuivre. Agricola2 dans fou traité de re met allie a , parle de l’utiüiéde cette baguette , dont on a tout lu jet de douter. La nature des couches-que l’on rencontre dans une fouille , font des guides bien plus alfurés.
- Bahire de planches. Planchéiage.
- Bailliage de mines, ail. Berguemeif. ter. Jurildidion en Allemagne pour les mines : grand & petit bailliage.
- Baille , paniers du poids de 280 livres net.
- Bakom , kalia vvatuet , fu. Jeter l’eau derrière foi.
- Balancier, ou manivelle. ( Hydr. ) La partie qui dans une machine réglé le mouvement, efl nommée du terme générique balancier. C’ell un morceau de bois fretté par les deux bouts , qui fert de mouvement dans une pompe , pour faire monter les triangles des corps. La conflrudion de cette principale piece eil variée félon les machines. Quelquefois ton affemblage repréfente une forte d’échelle, comme
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- dans les Feldgeftang. Dans la machine à vapeur, connue vulgairement fous le nom de machine à feu, plufieurs pièces portent le nom de balancier.
- Balancier repréfenté lorfque l’iu-je&ion d’eau froide ayant condenfé la vapeur renfermée dans le cylindre , le poids de la colonne d’air fait baifler le pifton.
- Balichage déport, & nettoiement de riviere.
- Ballon ( exhalaifon en ,), an. Glob. Damp.
- Banc de niveau. Platteure qui fuc-cede à une roilfe. Banck ( Berg ).
- Barbelures de fonde. Dents ou pointes ménagées dans la ferrure de la tarriere.
- Bardeur, homme de journée employé dans les atteliers à porter le bou ou la civiere.
- Baraque, hutte à air, de l’invention de M. Triewald : efpece de récipient à air, dans le genre de celui d’Àgri-cola.
- Baril, vaiffeau de bois rond , en forme de tonneau.
- Barillet, tambour. Appareil de pompe , ainfi appellé à caufe de fa forme de baril.
- Baromètre. Infiniment propre à mefurer le poids de l’air, ou plutôt les différens états de compreflion de l’athmofphere. Il y en a de plufieurs efpeces ; dans le nombre, le baromètre fimple , auquel tous les autres quant au fond fe réduifent, n’eft autre chofe que le tube de Toricelli , appliqué contre une planche verticale divifée en pouces ,-à compter de lafurface du
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- mercure contenu dans une cuvette, & fubdivifée en lignes ou demi - lignes dans fa partie fupérieure. Ces graduations font connaître la marche du mercure , ou les variations qui arrivent dans lapreflion de l’athmofphere.
- Quand on choifit un baromètre, il faut choifir celui d’une certaine grof-feur, qui, par exemple, ait deux ou trois lignes de diamètre intérieur, afin que le mercure qui y eft contenu n’éprouve pas trop fenfiblement l’impref fion de la chaleur qui tend à le dilater ; fouvent les hauteurs de deux -baromètres ne s’accordent pas enfemble, parce que l’effet de la chaleur fur le mercure devient plus ou moins fen-fible, félon que le tube eft plus ou moins étroit ; à cette caufe peuvent s’en joindre d’autres, comme quelque petite inégalité dans les pefànteurs fpécifiques du mercure de chaque baromètre , la .difficulté de les purger également d’air, les différentes afpéri-tés des parois des tuyaux, le vuide plus ou moins parfait dans leurs parties fupérieures.
- Barres à tourner, an. Geer. Radii, Scytalæ. De manivelle , fax. Korb ftange. Barres du trait, fax. Zug ftail-gen. Barres. Tir ans ail. Kunft. Fermantes , ou montans.fax. Schloffer. Barre» Pince. Levier.
- Barrouws Çweel') an. Brouettes
- Bas ( levay , lié. ou niveau ) de l’eau Avaüé ( bure bas ). Bouxtay , torret, lié,
- Bafchole, coffre ou baquet employé dans le quartier de Decize à enlever des mines les eaux & le charbon.
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- ifa/lAo/ge, bafchole employé comme mefure, faifànt la fixieme partie d’un tonneau
- B a feules, montans ,fax. Schwinger.
- BaJJicot. Dans les ardoifieres , on appelle ainfi le traîneau connu parmi les houilleurs Liégeois , fous le nom de fployon.
- B a (fins , labra , baffin de décharge. Lacujculus. Fafte ou tafte.
- Batelier, an. Keelman, confrairie, ou fociété de gens de mer & bateliers ayant , pour l’exportation du charbon , la police de la Tamife depuis le port de Londres jufqu a la mer, & au-delà.
- Autre femblable confrairie à New-caftle. Voyez Hoajl men. Bateliers <£ allégé.
- Corps de bateliers à Condé, jouif-fant du privilège exclufif du tranfport du charbon fur l’Efcaut. •
- Bdtimens pour l’importation du charbon de Newcaftle en Angleterre.
- Bathen, an. bage.
- Batillum, ail. Schauffel. Pelle de bois.
- Battitures, chaux de mars, attirable par l’aimant, qui fe détache par écailles du fer rougi & calciné.
- Battre les eaux. Hann. Se débar-rnfler d’une partie d’eaux, fans-chercher à les épuifer en entier.
- Baudet , bouriquet. Dénominations ufltées parmi les feieurs de planches, pour cléfigner les tréteaux ou chevalets fur lefqiiels ils placent leurs pièces élevées pour travailler : la fécondé dénomination eft appliquée, dans quelques pays de mines 3 au petit treuil, à bras. ,
- Baume. Borne. Percement. Ce même nom eft donné dans quelques pays de mines de charbon , à une ar-gille dont il eft plufieurs efpeces.
- Bayle ( charpenterie ).
- Bec df Allier. Entrée en Loire.
- Beche, hoyau. Haw. Ligo rutrum. ail. Fraze. Beche à pierre. Pic. Beche Parifienne.
- Beel Cornish, Tubber, an. Pic.
- Belandes, belandres. Petits batimens de mer, en ufage dans la balfe-Flandre pour emporter le charbon de terre.
- Bele , poteau d etai.
- Bene , mefure du Lyonnais.
- Bénéficier, lié. Décharger, épuifer une grande partie des eaux. Par xhor-re ou areine.
- Berk Borer , fu. Mït^nghohr Leu-poldi. an. Auger. Tarriere.
- Berg-omit, Berggerdeht, ail. Bergf-ting j /«• Tribunal des mines, pour les réglemens & loix de mines.
- Berg Banck , ail. Mauvaife efpece de charbon pierreux, ou d’arête du. nerf charbonneux.
- Berg brume , ail. Officier des mines.
- Berg-compas, ail. Boulfole de mines.
- Berggang, ail. Veine métallique.
- Bergenoffe , allem. Qui a part aux mines.
- Bergkappe Bergmant. Helv. Cappe ou bonnet de mineur.
- Bergharkig, ail. Bitumineux.
- Berghauptmann ,all. Intendant des mines. Prœfeclus metallorum.
- Berghauptmanfchaft, ail. Intendance des mines.
- Berghaver, ail. Fojjor.
- Bergmannlein, ail. Efprit follet des
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- ET DE SES MINES.
- mines. Cobolt. Voye2 Vapeur ou ex-kalaifon.
- Berg Meijler , ail. Maître , directeur, infpe&eur des mines. Magifter metallorum.
- Bergmerf, ail. Mine , minière.
- Berg mors, ail. Terme de mineur.
- Bergricht, Bergordung , ail. Jurisprudence déminés. Loix , droits , ré-glemens & ordonnances concernant les mines.
- Berg Richte. Cour des mines. Il y en a de Supérieures & de Subalternes.
- Berg Rie hier , ail. Juge pour les affaires des mines. Judex metalliciis.
- Berg Schreiber , ail. Contrôleur des mines. Scriba partium. Agricola.
- Berg Sting, ail. fu. Tribunal.
- Berg Theil, ail. Part ou portion de mines.
- Berg Trog. ail. Paffage de communication.
- Berme , clôture, parapet, rempart , terre-plein ; agger, vallutn , fu. Stein-vralle. Voyez ^Faille.
- Bertos, And. Bricolle. Bretelle.
- Berwette, lié. brouette.
- Berwettereffes, lié.
- Befieg, befleg, fax. Ligament.
- Beffwaer,fu. Empêchement, faille.
- Bet ,/u. Cours de charbon , kol bet.
- Béton ( mortier ou maçonnerie de ) , compofé d’une partie de mâchefer.
- Beufe. Dans les mines de Namur, on appelle ainfi un coffre qui porte l’eau fur les aubes'des roues de la tréfilerie.
- Biche ( pied de) ou de chevre.
- Bief. Terre on&ueufe , quelquefois
- caillouteufc, de plufieurs pieds d’épais, placée dans quelques endroits au - def-fous d’une couche de glaife pure.
- Bielle. Piece de fer tournante , adaptée à l’œil d’une manivelle, & qui à chaque tour fait faire un mouvement de vibration à un va'rlet, en le tirant à foi, ou en le pouffant en avant.
- Biei, canal un peu élevé & un peu biaifé , qui conduit lès eaux pour les faire tomber fur la roue d’un moulin.
- Billes , billettes , charpenterie.
- Bifnuth, bifmuthum , pyrites , plum-bi cineres , Agricola. Stamnum cinereum. quorumdam, Marcafiite par excellence, tectum argenti , parce qu’on fupçonne ordinairement une mine d’argent dans fon voilinage , fouvent défignée par le nom d"étain de glace. Dans les livres des alchymiftes, qui font grand cas du bifmuth , comme pouvant être important dans leurs recherches , on trouve le bifmuth déligné fous quantité de noms , félon les rapports & fa reffemblance avec plufieurs métaux; quelques-uns l’appellent mine brillante de faturne , dragon de montagne , fleur des métaux , eleclr.um' immatu-rum. Saturne philofophique. C’eft un demi-métal très-caffant, facile à réduire en poudre ; il re'ffenible affez par fa couleur , lorfqu’il eft^ récemment extrait de fa mine, à l’étain & à l’argent; mais à l’air il devient bleuâtre; il reffemble fur-tout beaucoup au régule d’antimoine & au zinc : aucun demi-métal n’eft autfi aifé à fondre que le bifmuth ; il furfit de l’approcher d’une chandelle pour qu’il entre en fufion. La propriété qui rend ce
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- DU CHARBON DE TERRE
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- demi-métal remarquable, eft celle qu’il a de fe mêler très - aifément avec tous les métaux , même les plus durs, excepté le zinc, ce qui lui a valu de la part de quelques écrivains le nom d’aimant des métaux ; mais il les rend plus légers & plus calfans, à raifon de la quantité qu’on y en a ajouté.
- Bitraha machina. Agric. grand her-naz pour enlever plufieurs charges.
- Bitume. Seul principe inflammable dans quelques charbons. La houille grafle contient plus de bitume pur que les autres efpeces. Art d’extraire le bitume du charbon de terre , connu en Angleterre. Pratiqué aux forges de Sultzbach, par diftillation. Le bitume qu’on obtient par ce moyen , peut être fubflitué au meilleur cambouis.
- Bitume favonneux. Fadice pour imiter les eaux minérales favonneufes.
- { Bitume de tourbe. Diftind par fa mauvaife .odeur particulière ; limon-lieux, groiïier , plus fec, moins gras que le bitume propre aux charbons de terre, quoique très-analogue.
- Black Baft. Schijlus terrejlris nïger, carbonarius. Efpece de pierre d’ardoife noire, jplaçée’à 130 pieds de profondeur en,ter$e, & à 30 pieds au-deflus du .Keqnpq'fcoal. ; ^ r BlackyBurne. Black Borne. Black Jdqurne.: Petite ville d’Angleterre où il y a une mine de charbon de terre.
- Bleu diémail, a^iir , verre bleu. Vitrification du fmalt ou fchmalt, dont la calcination peut s’exécuter au feu de charbon de terre.
- > Blyth (Scotk ) , charbon d’Ecofle.
- Bobine> cylindre de bois, traverfé
- dans fa longueur d’une broche qui luî fert d’axe.
- B os wetter,, ail. Loft,fu. Mauvais air.
- Boete , Panier , coffre, boîte de foupape.
- Boete ( droit de ), droit de fait des marchands. Droit établi dans plufieurs endroits du cours de la Loire , à Moulins , à Nantes , à la Charité , à Sau-mur, en faveur des marchands fréquentait cette riviere , & autres qui viennent s’y rendre.
- Bœuf ( cheminée en œil de ) pour le chauffage au charbon de terre.
- Boccage, pays BejfJin. Mine de charbon à Littry.
- Boijle, village près Meulan-fur-Seine.
- Boigne, lié. borgne, borgne vallée.
- B oigne levay , borgne niveau. Coif trefle , queftrefle de niveau.
- Borgjiir. Faire la vallée.
- Bois d’arbres foreffiers , qui font propres à être emmagafinés pour les entrêprifes de mines. Bois d’étai. Bois d’étançonnage des puits & des galeries. Bois débité. Bois à. clige. Bois de rotte de merrein. Bois de many ou de parti bure, lié. Faux bois. Bois de cornouiller.
- Bois fojjile. Arbores fubterraneœ car-bonariœ, igné fœtentes. Charbons de bois fb(fie, ou charbon de bois tourbe, pour diftinguer le bois foffile encore dans fon état ligneux non altéré , du bois foflile bitumineux. Charbon de bois fof file, converti en jayet. Boifage. Fuflaye.
- Boijfeau. Mefure de bois, de forme ronde,
- Boiffeur,
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- ET DE SES MINES.
- Boiffeur, boijjîeu, faifeur de voie.
- Boiteux , lié. trou de tarné, ainfî appelle parce qu’au moyen de la direction dans laquelle il eft foré de bas en-haut, Peau fort avec précipitation , comme en bouillant.
- Bonnet, ou cape de mineur, allem. Bergkappe.
- Bonnys , an. Squatte. Applati.
- Booren, ( Jord ) fu. Tarriere qui creufe à 60 brades.
- Bora, fu. Forer.
- Borax , baurach Arabum. Chryfo-colla. Agricola. Aphronitron veterum. Subftance foflïle, faline , affez reifem-blante à l’alun , & qui fe range au nombre des Tels alkalis. En ne confidé-rant ici le borax que relativement à la métallurgie , dans laquelle il eft d’un grand ufage, nous obferverons qu’il ne fe diifout que dans de l’eau très-chaude j que mis au feu , il forme une efpece de verre aifez beau, & qu’il rend vitrifiables toutes les terres auxquelles il eft mêlé. Mais fa principale propriété eft de faciliter infiniment la fonte des métaux , après avoir été fondu à part avec toutes les précautions convenables pour qu’il ne fe vitrifie point; ce qui le rendrait moins propre aux différens ufages auxquels on l’emploie , qui font de brafer & louder tous les métaux. Il y a du borax falfifié avec l’alun. Il n’eft ni fi blanc, ni fi léger, &vne gonfle pas au feu comme le borax pur, qui fe reconnaît à là clarté & à fà tranfparence , & qui, goûté fur la langue, n’a que très-peu de faveur.
- Bore, an. Trou de tarriere.
- Tome XF11I.
- Borer, ( Berk ). Mitzngehohr. Tarriere.
- Borgne levay. Borgne vaille. Avan-tageufè lorfque la veine pend en talud.
- Boring, an. Percement avec la tarriere.
- Bornoyer, c’eft regarder avec un œil en fermant l’autre, pour mieux juger de l’alignement , ou connaître fi une furface eft plane, ou de combien elle penche.
- Bofe Wetter , ail. Air ftagnant.
- Bot, lié. Hotte.
- Born. ( Waters }. Coal an. charbon noyé dans l’eau.
- Botterejfes, lié. femmes qui fe chargent de porter les fardeaux.
- Boucaut, grande futaille.
- Bouche, œil du bure.
- Boues médicinales fa&ices, aifées à fe procurer avec le charbon de terre.
- Boueurs , débacleurs , &c. petits officiers des ports à Paris.
- Bougnou, lié. puifard pratiqué dans les ouvrages fouterieins. Petit boit--gnou , fommier de bougnou.
- Bouillant ( fable ).
- Bouillardée ( veine ).
- Bouillaç. Tas de charbon. Charbon en bouilla£, mine en taye, mine en tas.
- Bouillon , tas de charbon dans les mines du Forez.
- Boulage , lyon, Menfuration fou-terreine.
- Boulets , briquettes de houille. Pe-lottes de charbon de terre empâté avec des terres gralfes faites à la main.
- Bouleur , lyon. Arpenteur de mines.
- Souleverfeiwns occafionnés par les
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- DU CHARBON DE TERRE
- exploitons de l’air détonnant, ou du feu grieux.
- Bouriquet, finge. Afdlus , bouriquet angin à pompe , bouriquet 9 tourniquet bouriquet à bras.
- Bcuroir à poudre, à terre.
- B ou [foie de mines , boujfole manuelle, boujfole de main, ou d la main ; compas de mines , ail. Berg-Compals. an. Dial.
- Bout ( tire ) de la pompe refoulante , outil des mines de Montrelay.
- Boute a port. Officier des ports de Paris.
- Bouter un trou de tarré.
- Bout eux ju.
- Bouton de mine , lyon.
- Bower. ( Erde ) ail. Terebra 9 tar-riere, fonde.
- Bouxtay , bure bas avallè, lié. Def-cenderie , torret. Cette forte de bure des ouvrages intérieurs , eft vraifembla-blement, ainfi que les tourets ou tor-rets, ce qui eft appelle dans Agricola fojfce latentes. Premier bouxtay, fécond bouxtay, troifieme bouxtay.
- Bouxtures. Malfes ou blocs de charbons pyriteux qui fe rencontrent dans quelques veines , & qui donnent en brûlant une odeur très-forte.
- Boyau de mine, voie fouterreine , galerie.
- Boyau , ou galerie pour faire letems. Voie d'airage. Caffi.
- Braifes de charbon de terre, an. Coaks. Cinders , lyon. Grefillons , recuits ; prov. eicarbilles ; ar. efcarbil-îes -, lié. krahays ; han. grouelfes. Fabrication des braifes de charbon de terre , éclaircie dans quelques points
- afin d’en déduire des réglés qui afTÔ-rent le fuccès de cette pratique dans l’appareil préliminaire, & enfuite dans la maniéré de gouverner le feu.
- Braifne. Nom donné à Ville-Dieu-les-poeles , en Normandie , à un mélange d’argille & de fumier de cheval, dont on enduit les pierres des moules où l’on coule le métal en tables.
- Branche de la tarriere. Branched clift an. Rocher à impreffions.
- Brand^all. Fumeron. Le même nom brand eft donné au rouge fin d’Angleterre.
- Bras ( herna^à^). Herna^ à main 9 herna^frnple , bouriquet à bras , bure à bras , fojfe de petit athour, tourret à bras , grand herna£ à bras , œuvre de bras , bras de levier.
- Brafer , ferruminare. Maniéré de fouder très-médiocrement le fer avec le fer, en faifant fondre du cuivre mêlé avec du borax dans la jondion des parties.
- Brafil. Corn an. Sorte de marcaf-fite charbonneux , efpece de boux-ture.
- Brafque. Couche de frafin feche, c’eft - à - dire , de charbon de terre en poudre , mêlé quelquefois avec de l’ar-gille.
- Braffac. Quartier de la Limagne , où il fe trouve des mines de charbon de terre.
- Braffager ( port de ) où s’embarque fur l’Ailier le charbon de terre des mines d’Auvergne.
- Brajfe. Orgya. Mefure de la longueur des deux bras étendus , & qui eft ordinairement de 5 pieds de roi.
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- ET DE SES MINES.
- Cette mefure eft fouvent employée pour les ouvrages fous terre, pour les fouilles de puits & de mines.
- Bretelle , bricolle. Burgeau ,bertot.
- Brinqueballe 9 brincbale. Barre ou verge qui fait jouer une pompe ; ce mot a un peu vieilli , il convient mieux de dire la tringle de fer attachée d’un bout à la manivelle, & de l’autre au pifton qui fait fon jeu dans le corps de la pompe. Dans les machines à moulettes, on appelle quelquefois brinqueballe, la piece qui conduit les féaux.
- Briques. Entrent dans les matériaux de mines, pour mefurer & foutenir l’intérieur des bures.
- Brocques , lié. chevilles pour bro~ quettes de mine.
- Brondir , marteau à brondir. "
- Brcndijjoir. Comme ii l’on avait voulu dire bruniffoir.
- Brott^fu. Exploitation.
- Brouettes , an. weel barrows. Lié. berwette.
- Bryn fu. Salbande, lifiere.
- Bukets, an. baquet.
- Bure,fojJe à houille, appellé dans les mines de Decize croc , an. bore, lié. choc. Av aller, fojjoyer, efcondire un bure, ratteler, difcombrer un vieil bure. Choix des endroits propres à alfeoir un bure. Plomb de bure , jlampe , lié. Profondeur d’un bure , en proportion de l’enfoncement de la veine que l’on veut atteindre. Bouche , œil du bure , bufe du bure. Chargeur au bure , traîneur , petit chargeur chalfeur au bure, conducteur des chevaux, coillrelfe, queftreffe du niveau du bure. Pas du
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- bure , levay , niveau du bure ,Jployon du bure ou du hernaz, parti bure, bois de many , ou bois de parti bute, bute à bras, fojj'e de petit athour , herna^Jîmple, bure qui pitte , profondè à thier de bure. Grand bure , maître bure , bure de thargeage , bure à tirer, puits de jour % 'bure dextraction.
- Bure de xhorre, bure d’ardue, ceflua-rium. Bure profondé fur une franche areine.
- Bure avant - pendage 3 fpouxheux } fpuijeux.
- Bure à pompe.
- Bure bas, avallé, torret, bouxtay, OU bure fouterrein.
- Bure de la machine à vapeur. En Angleterre le bure de la machine à vapeur fe place toujours à l’endroit le plus bas où eft la couche de charbon, dans l’arrondiifement qu’on a acquis. Par ce moyen toutes les eaux s’écoulent dans le bougnou , & on charrie avec bien plus de facilité le charbon jufqu’au burque , le tranfport étant toujours en defcendant.
- Bure dairage , burtay. Bure ou puits que l’on approfondit en même tems. Son effet de faciliter la circulation de l’air.
- Bufe. A l’endroit où les foufflets dégorgent leur venton adapte un petit tuyau ou conduit en fer, quife nomme bufe. En hydraulique les bu-fes, dans une digue, font compofées de gros arbres de 18 pouces, coupés par tronçons , fciés fur leur largeur pour les creufer de <; pouces de profondeur, & de io de largeur. On rejoint ces tronçons par entailles bien
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- D U CHARBON DE TERRE
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- calfatées & goudronnées avec des che-villes de bois, ce qui forme un corps ou conduite pour communiquer l’eau d’un réfervoir fupérieur dans une éclufe , ou pour la jeter quand elle eft fuperflue. Dans les mines de charbon , on appelle bufe , ou bufe du bure, un tuyau de fer-blanc, 8c un canal de bois fervant de communication entre les puits, dans les mines, & qui y conduit l’air.
- C
- A B EST J N, vindas , ou machine d moufle.
- Cadentes crypta > ail. Fallende. Galeries en pente inclinée.
- Cadran afimuthal^ cadran horizontal , décrit par les azimuths ou verticaux du foleil.
- Cadre du pifton de pompe refoulante.
- Cake of coals , an. état du charbon qui s’eft pris & collé en brûlant, qui a formé par la chaleur du feu une ef-pece de croûte ou tourteau en voûte.
- Caillou ( aiguille à ) , coin.
- Caillou ( marteau d ).
- Cailloux du Rhône , ou gallets employés fin* les bords de ce fleuve à faire de la chaux dans des fours chauffés avec du charbon de terre.
- Calamine , ou mine de fine , an. Rrafe car. Calamine d’Angleterre.
- Calamite , marinette y diophyta magnes , aimant.
- Calcination, calcinage des calamines , 'ou mines de zinc , & de quelques mines arfénicales , au feu de charbon de terre.
- Cale , ajjula.
- Calfater. Matières à calfater les pièces de différentes machines.
- Calibré ( métal ).
- Canal de B ri are, fervant de communication de la Loire avec la Seine, & par lequel les charbons de terre d’Auvergne, du Forez & du Bourbonnais arrivent à Paris.
- Canal de Bridgwater, près de la ville de Manchefter, au comté de Lancaf tre. Ouvrage des plus furprenans que l’on puiflè citer dans l’hiftoire des navigations dans l’intérieur des terres.
- Canal de Monjîeur, creufé nouvellement en Anjou , pour favorifer l’exportation du charbon de terre de la mine de S. Georges de Chaftelaifon.
- Canalis, cuniculus , ail. Wafler-Seige , areine, xhorre.
- Capitale ( bafcule ) fax. Haupt-Schwinge.
- Capital ( courant ) , maîtreffe ou principale veine.
- Capfa, corbis. AU. Trunnen. Cap fa longa , ail. Rollen. Patnes , ail. Hund. Putealis, ail. Taw. Panier , coffre , coufade. Fecloria. Chien.
- Caput fodinarum , ail. Fund Grube. Tête de veine , partie qui approche plus de la fuperficie, & où la veine commence à prendre fa pente. Caput adverfum. Cauda , pied ou extrémité de la veine.
- Carbonaria ( terra ) , tourbe.
- Carbonilla , mortier compofé de terre à four & de charbon en poudre* délayés enfemble avec de l’eau, & fervant d’enduit ou de garniture extérieure aux catins.^
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- ET DE SES MINES.
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- Carbonum ( Mans ). ( Area'). Montagne d’Elide en Olimpe.
- Car ( brafe ) , calamine.
- Cardinaux ( points ). Du monde.
- Cargaifon, carguaifon. Chargement d’un vai fléau ; ainfi toutes les marchan-difes dont le vaitfeau eft chargé, com-pofent la cargaifon. On entend auffi quelquefois par ce mot lafadure des marchandées qui font chargées dans un vaiffeau marchand. Quelques - uns fe fervent du mot de cargaifon , pour lignifier l’a&ion de charger , ou le tems propre à charger certaines marchandifes. En ce dernier fens , l’on ajoute les mots, tems de cargaifon.
- Carihou , Lié. puifard qui fe ménage dans plufieurs endroits d’une houil-liere, comme dans le pied de la mallire d’aval-pendage. Faire un carihou , fe fervir d’un carihou , dans le langage des houilleurs Liégeois, c’eft; fe rendre maître des eaux dans quelques occafions fixées par l’expérience.
- Carmcaux ( charbon de ), nommé à Bordeaux charbon de Gaillac, qui eft l’entrepôt de cette mine.
- Carpe ( rocher faifant ).
- Carpe a charbon, ou charbon faifant carpe.
- Carreau de S. Severe. Granit.
- Cartabelle, mémorial, tablettes faites à Dalem de feuilles d’ardoifes. Pugil-laria.
- Caryfius lapis , asbefte.
- Cafa putealis. Agric. Hernaç , hutte.
- Cafcanes , terme de fortification , puits , efcoule , trou ou cavité en forme de puits, d’où l’on pouffe une galerie. Ce mot, qui a veillieft cepen-
- dant employé dans quelques mines métalliques pour fignifierdes galeries en cafcades ou gradins , que les mineurs Allemands nomment Strojfen.
- Cajfant, dur, eft oppofé àdudile, à malléable : ces deux termes , dur & cajfant, fe rendent par celui à?écroui* On dit du fer , un fer cajjant à chaud, fu. Bocd Brecht. Fer caÿant à froid ^fu. Kalbrecht. Voyez Fer.
- Caffe , cajfure du charbon de terre j renfeignemens que l’on en tire fur la qualité de ce foflile.
- Caff, boyau d'air.
- Caffn, foyer où fe rend le métal à mefure qu’il fe fond.
- Cafine , chat, ail. Gatzen - Stein , dont on fe fert pour la fonte du fer, dérive peut-être de Kalfein, pierre à chaux. Dans quelques pays , c’eft une terre ; dans d’autres , c’eft une pierre , fouvent un gros gravier calcaire.
- Cafual^lump. an. bloc en maffe accidentelle.
- Cafus, pente , inclinaifon du charbon d’une galerie.
- Cathete , cathetes: en géométrie finus droit, ligne perpendiculaire à plomb, cathete d'incidence , ligne droite tirée d’un point de l’objet, perpendiculairement à la ligne réfléchiflante.
- Catin, foyer de forge. Gatinus } tigillum.
- Cauda , pars jacens venez.
- Cémentation du fer. Trempe en paquet.
- Cendrée de cuivre. Cendrée de Tournay , appellée en Languedoc , cendrilles, cendrée , cendrier , couche • qui fert de teclum aux bancs de glaife.
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- ?8 DU CHARBON DE TERRE
- Cendres du charbon de terre. Ce rélîdu de Pignition, Toit dans les charbons qui Te réduifent entièrement en cendre , foit dans ceux qui ne s’y réduifent qu’en partie , indique par fa quantité , la bafe conftituante du charbon que l’on a fournis au feu, quant à la quantité de. bafe terreufe qui a altéré le bitume.
- Cendreux ( fer , acier ) barres cen-dreufes, filandreufes , terreufes.
- Cens dé areine {premier, fécond, troi-jieme ( jus cuniculi ). L’entrepreneur qui a acquis les mines de houille & charbons , par rendage , permilîion, ou droit d’areine, paie ce droit fur le pied fixé.
- Cercle. Mefure de géométrie. La mefure naturelle de la circonférence du cercle eft un arc. La raifon en eft, qu’une ligne droite ne pouvant toucher une courbe qu’en un point, il eft impoffible qu’une droite foiü appliquée immédiatement à une portion de cercle quelconque : ce qui eft nécefi faire cependant afin qu’une grandeur puiife être la mefure d’une autre grandeur ; c’eft pourquoi les géomètres ont divifé le cercle en 360 parties, ou petits arcs qu’on nomme degrés.
- Le degré fe divife en foixante minutes , & chaque minute en foixante fécondés , chaque fécondé en foixante tierces , &c. de forte qu’un degré , 10 àegrés, 20 deg. &c. font j|5, *£, j§2 d’un cercle ; une minute, quinze min. &c. font 55, £5, &c. d’un degré ; une fécondé, dix fécondes &c. font d’une minute , &c. Ces parties s’expriment ainfi 1°, io°, 2100; l'iy'j 1" io"
- &c. Il en réfulte qu’un cercle eft de 21600, de 1296000", de 77760000'" &c. & qu’un degré eft de 3600', de 216000", &c.
- Cercle géométrique des mineurs; di-vifion de fa circonférence. Demi-cercle, graphometre. Hemityclium , quart de cercle, appellé par Pline dioptra.
- Chablage, travail du chableur.
- Chableurs , officiers commis fur les rivières.
- Chaideurs. Dans les mines d’Alface, on donne ce nom aux ouvriers qui pilent la mine à bras. On pourrait tranfporter ce nom aux ouvriers qui feraient employés à battre le charbon de terre , pour le préparer à être corroyé avec de l’argille , & mis en formes ou briquettes.
- Chaîne pour la menfuration des mines. Echaîne. Arvipendium.
- Chaînes du bure, auxquelles s’attachent les coufades , tinnes , & autres caillons qui s’enlevçnt au jour , faites en fer , pour tenir lieu de cordes , & compofées de mailles liées enfemble les unes aux autres.
- Chalans, bateaux qui viennent de la Loire , & qui apportent quelquefois du charbon jufqu’à Paris : ils font étroits, médiocrement longs, & peu élevés , à caufe des canaux & des éclufes par lefquels il faut qu’ils pafi fent. Ils ont quatre pieds de bord : on les appelle autrement marnois.
- Chaldern, chaldron , mefure d’Angleterre.
- Chambon ( Carrières de ) dans le Forez.
- Chambray , chambreau} fourneau, lié.
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- ET DE SES M I N E S.
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- Ouvrage Fait pour l’écoulement des eaux, dans les ferres des ferreinens.
- Chambre 3 en généra! , exprime parmi les houilleurs Liégeois, toute ef-pece de dilatement.
- Chambre d’éclufe. Efpece de canal qui eft compris entre les deux portes d’une éclufe.
- Chambre de tonlieu , lieu où fe paie le droit de tonlieu dans nombre de feigneuries, pour raifon des marchan-difesqui paffent, ou qui fe tirent Fur le territoire.
- Chames. Terme de charpenterie , à Dalem.
- CJianciJfure , ( efpece de ) ou de pouffiere très - hue & très - déliée , d’un beau jaune citron, que l’on pourrait prendre pour du foufre , & qui fe trouve fur quelques fragmens de charbon de terre reliés long - tems expofés à l’air.
- Changeage. Petit dilatement ménagé dans les houillieres de Houfe & de Sarrolay, pour que les hier-cheurs, qui viennent à fe rencontrer, puilTent fe détourner, & laiifer le paf-fage libre.
- Changement £ air artificiel, c’eft-à-dire , réfultant d’une conftrudion appropriée dans le puits d’une mine. Changement de charge inévitable dans la navigation.
- Chape , chappe , écharpe , lié. win-day. Etau dans lequel font contenues les poulies. Capfa , capfula, locula-mentum orbiculorum.
- Chapeau de mine. Lyon. Couvertures des veines.
- Chapeau des étançons. Traverfe de
- bois qui furmonte l’étançon. Chapeau mobile de la hutte, ou baraque à air.
- Chapeau ( affinage fous le ) ou affinage à Pallemande.
- Chapeau ( fourneau d ). Chapeau fe dit auiîi d’un préfent, ou d’une efpece d’exadion qui a lieu dans certains commerces , au-delà des conventions. Un maître de navire demande tant pour le fret, & tant pour fon chapeau. Dans la coutume de houillerie du Limbourg ,le coup de chapeau eft une efpece de remerciement dû en certains cas.
- Charbon. Outre les deux efpeces générales de charbon dur , compade, gras, noir luifant, difficile à s’allumer, & qui eft réputé le meilleur ; & de charbon tendre , friable , facile à fe dé-compofer à l’air & à s’allumer au feu, en donnant une flamme plus vive que l’autre : on en diftingue , par les dénominations , quantité de fortes, foit à raifon des arts auxquels-elles font propres, foit à raifon de l’efpece de feu vif ou léger qui en réfulte , foit à raifon de leurs qualités extérieures , foit à raifon du lieu ou de la mine même d’où elles font tirées.
- Charbons d’ardoife , ou charbons du toit, ail. Tage kohien. Bitumineux, Li-thantrax bituminofo fulphureum. Hoffmann. Qui contient du bitume dans une proportion au moins égale à la pyrite. Les charbons de cette nature font d’une texture ferrée & compade, d’une couleur luifante & inaltérable à l’air libre. Dans l’analyfe ils fournif. fent une grande quantité d’huile 8c d’alkali volatil, peu d’acide 3 de foufre
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- & de réfidu 5 ils font lents à s’enflammer , jettent une flamme vive , qui fe foutientlong-tems, en donnant une fumée épaiffe , on&ueufe , que l’on pourrait appeller balfamique. Les charbons bitumineux font adoptés par préférence dans les travaux de iorges.
- Charbon chaud, maigre ou léger, c’eft la même chofe.
- Charbon doux , charbon tendre, employé à Liege pour les fenderies dans les fours à réverbere.
- Charbon ferré , lié. charbon décidément folide, plus analogue à la pierre, & d’un beau noir luifant.
- Charbon ferru, mejeu, medjeu , ar.
- Charbon fin , net ; houille en piece flambant , eft très - bitumineux. Sa flamme fournit beaucoup de phlogif. tique.
- Charbon de forge , propre aux forgerons.
- Charbon gras , charbon maigre.
- Charbon grêle , ou charbon de grille , pour les poêles & pour les grilles.
- Charbons ( gros , goimbe ), galliete , gros rodelot.
- Charbon jayet, ainfi appel lé par M. de Genffane. Mollalfe , & de peu de confiftance.
- Charbon léger, ou menu charbon gras, charbon qui manie bien le fer.
- Charbon menu, nommé petite houille, charbon moyen, charbon noyé, nye^ ; lié. charbon peyrat, charbon de poids, de poix.
- Charbon pur, c’eft - à - dire , exempt de tout mélange , qui diminue ou qui gêne fou phlogiftique , ou qui lui fait contracter des défauts particuliers.
- Charbon pyriteux ; lithantrax fui-phureo acidum. On peut décider qu’un charbon eft de cette nature , lorfqu’il eft tendre & friable, qu’il eft plutôt d’une couleur terne que noire, quand il eft fujet à s’altérer ou à fe décom. pofer à l’air , à s’enflammer fpontané-ment, en devenant falin & terreux j lorfqu’à l’analyfe à feu nu, il donne beaucoup de foufre & d’acide , peu d’huile & d’alkali volatil ; qu’il prend feu aufti-tôt j qu’il donne une flamme légère dont la chaleur eft peu confi-dérable ; qu’il répand une fumée tirant fur l’acide, & pénible à l’odorat. Les charbons de cette nature fe con-fumentplus ou moins lentement, félon qu’ils font plus ou moins pyriteux. Ils font exclus des travaux de forges.
- Charbon foufreux , veine puante } an. Stinking Vein.
- Charbon fuant. J’appelle ainfi le charbon de terre alfez abondant en bitume pour qu’au feu cette partie onétueufe venant à fe liquéfier , coule en gouttes comme de l’huile. Charbon gras.
- Charbon tendre. Il en eft: de fi tendre, qu’il fe fépare en pièces de toutes fortes de formes.
- Charbon de verrerie. La grande vivacité du feu que donne le charbon de Finis, le rend très-propre en général pour les fourneaux de verrerie.
- Charbon verron, charbon queue de paon. Lithantrax variegatum , ail. Azur Kohl. Place qu’occupe ce charbon dans le corps des veines.
- Charbon xhorré, lié.
- Charbon à yeux de crapaud^ 'lié, charbon
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- bon dont les molécules repréfentent dans leurs furfaces des écailles ou facettes fpéculaires rondes.
- Charbon de bois fojjîle, ou charbon de bois tourbe, bois foffile imprégné ,de bitume terreftre groiîier, ail. holtz kohien.
- Charbonnage ( cour des jurés du ) à Liege.
- Charbonnier , magafin de charbon pour les atteiiers de fabrication de houille apprêtée.
- Charbonnière, port dans le Nivernois.
- Charbonnière, nom donné dans les anciennes ordonnances aux carrières de charbon.
- Ckarbonniere , allumelle ; fourneau à lécher, griller, ou brûler à demi le charbon de terre , à la maniéré du charbon de bois.
- Charge de charbon à dos de jeunes filles, dans quelques mines d’Angleterre. A dos de mulet.
- Charge, mefure de port & de vente de différens poids , en difFérens pays.
- Charge , en métallurgie , lignifie suffi une quantité déterminée de matériaux qui doivent opérer & fubir les effets de la digeftion dans les fourneaux de forges.
- Chargeage , lié. changrage. Repos , dépôt.
- Chargeur au bure , .traîneur.
- Charrie. Quantité de charbons que peut contenir un tombereau, confi-dérée comme mefure ; c’eft le terme ulité eu plufieurs endroits , comme en France le mot charretée.
- Charretée à S. Rambert eft compo-fée de quatre benes, & quatre charre-Tome XFllI.
- tées compolent la voie.
- Charriot des hiercheux , fplovon, hé.
- Charriot à charbon, charriot à levier an. coal waggon. Voiture à quatre roues, imaginée pour tranfporter le charbon de terre de la mine à l’embarquement.
- Charroyage de la mine au port d’embarquement. Facilité par un plan» chéiage particulier, lorfque le chemin eft en pente.
- Charte partie, aéle d’affrètement fur l’Océan, ou de noliffemeut fur la Méditerranée : c’eft un écrit contenant la convention pour le louage du vaif-feau, ou la lettre de fa&ure , & le contrat de cargaifon.
- Chajje, méchanique , terme appliqué à un grand nombre de machines^ prefque toujours il lignifie un efpace libre, qu’il faut accorder foit à la machine entière , foit à quelqu’une de fes parties, afin d’en augmenter on du moins d’en faciliter l’aeftion,
- Chajje, dans la pratique des travaux fouterreins , lignifie des dilatemens continués dans une longueur conlidé-rable , pour faire des galeries ou des boyaux de mines ; de maniéré que ce terme pourrait dans certains cas être lynonyme à galerie. Une chajje d'ouvrages exprime une fuite de travaux en avant dans la mine.
- Chajfer , éloigner les mines. Chajjer les ouvrages. La vallée.
- Chajfeur au bure , lié,
- Chajfis, dans les machines hydrauliques , tringles de fer qui font le long du tuyau montant d’une pompe, pour donner le mouvement au pifton, &
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- qui font attachées aux manivelles , foit fimples , foit à tiers point.
- CkaJJîs à couliffes.
- Chaffis d’une poulie. Mouffle. Chat, winday, lié. tour, chape. La charpente appellée chaty fixée folidement à la tête de la vallée où finit le pied du bure , dans la mahire d’athier , & répondant à peu près au hernaz de jour, fe trouve dans une pofition telle que le chief, qui tombe dans le bure après avoir embralfé en-delfous le grand xolle par la gorge oppofée à celle qui regarde le petit rolle, fe ramene vers ce dernier, afin de jouer fur fa gorge dans la partie d’en-haut, & d’attirer îe vay ou le ghyot du fond de la vallée.
- Chat de vallée , chat ; ail. Catzen ftein.
- Châtelaine ( montagne de ) au quartier de Moncenis en Bourgogne , & qui fournit du charbon de terre.
- Chaude. Degré de chaleur que doit éprouver le fer pour être forgé.
- Chaudière , cucurbite , fond de Va-lambic de la machine à vapeur pour fournir la vapeur nécelfaire au cylindre ; ordinairement cette bouilloire eft en fer.
- Ce fond de l’alambic eft fujet , à l’occafipn de l’ébullition continuelle de l’eau, à s’encralfer plus ou moins , quelquefois même à s’incrufter de couches très - épaiffes & très-compactes de vafe ou de limon , félon la nature.du terrein dans lequel ces eaux fe font filtrées. La même chofe s’ob-ferve dans une marmite de la cui-fine des Invalides : dans ce cas on juge facilement que le métal dont eft formée
- la cucurbite , ne touchant plus immédiatement à l’eau, n’eft plus défendu contre faction du feu , & fe brûle plus ou moins vite : on eft obligé alors d’y mettre de teins en tems des pièces neuves , quelquefois même de renouveler entièrement tout ce fond , ce qui oblige alors de fufpendre le travail pendant cette réparation. LorC-qu’on reconnaît cette difpofition par la nature de l’eau , il faut avoir foin de nettoyer la chaudière plus ou moins fouvent, pour enlever ce dépôt de vafe qui s’attache aux parois & y forme une croûte pierreufe. Dans la machine à vapeur de S. Gilles, près de Liege, on a vu un fond entièrement neuf à l’alambic, brûler en trois jours de tems ; ce qu’on attribuait à ce que la machine ne* tirait que de vieilles eaux chargées de fédi-mens de vieux bois, de décombres, &c. & à la négligence de nettoyer la chaudière. Depuis que la machine ne tire que des eaux vives & claires, la chaudière cralfe très - peu. L’incrufta-tion qui fe forme dans le fond de la chaudière de la machine d’ingrande en Bretagne, eft pierreufe , très-dure & très - épaiife.
- Chauffage, an. fewel.
- Chauffe de fer, chauffe fuante.
- Chaufferie en général eft un creufet deftiné à recevoir les pièces pour les chauffer à mefure qu’on achevé de les battre.
- Chauffrettes, fe chauffent à Liege avec l’efpece de charbon la plus faible, empâtée avec de l’argille.
- Chauffne , charbon de chaufourniers ,
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- charbon pour cuire la chaux, eft toujours ,'Comme le charbon de maréchal , un charbon menu, charbon maigre , léger, appelle par les houilleurs Liégeois del fouaye.
- Chaux noire des Chinois ; mélange de chaux blanche , & d’un mauvais pouffer de charbon de t'erré.
- L’auteur du traité de la connaif-iance générale des grains & de la mouture par économie , M. Beguillet, à la fuite de l’énumération des échantillons de charbons de terre de Chine, a pris de cette chaux noire une idée qui n’eft point du tout conforme à 'celle qu’en donne le mémoire inféré dans les Tranfactions philofophiques , qui eft celui dont nous avons donné la traduction ; il parle de cette chaux, comme d’une matière grajj'e , qui demande à être employée fur- le - champ , à mefure quon P'extrait de la mine, & qui , pour peu quelle vienne à fe def-fécher, perd cet onctueux d'où, elle emprunte toute fa qualité: en conféquence M. Beguillet croit que ce pourrait être une chaux naturelle, telle qu’on la tire des eaux' de Bath en Angleterre, & qui fait, dit - on , une ef-fervefcence confidérable avec l’eau froide : cette opinion lui a donné lieu d’inférer dans ce même endroit de fou ouvrage , tome II, partie I, une note fur les pierres à chaux noires.
- Chauther. Mefure de charbon à Londres , pefant deux, mille trois cents livres.
- Cheminée dd appartement. En chapelle. Fornix. Caméra. De cuijïne. En œil de bœuf ? à plufeurs ttfages. ~
- Cheminées a la pruffunne , ne font point favorables aux cheminées où l’on veut fe fervir de charbon de terre.
- Caijjes ou petits baquets portatifs , pour garder près de fa cheminée , ou dans fou anti - chambre , une petite provifion de chauffage.
- Cheminée de P alambic de la machine a vapeurs , en cuivre, va aboutir hors du bâtiment, & dans cet endroit eft fermée dune foupape chargée de plomb, nommée ventoufe.
- Chemife de veine. Enveloppe.
- Chefna, lié. dérivé de chaifheau. Chaifneau dans quelques provinces, écheneau par corruption, compluvium , terme d’agriculture. Canal de bois qui reçoit les eaux d’un toit, & les conduit en-bas ; c’eft apparemment de là qu’eft venu le nom donné au canal par lequel on fait couler dans la mine l’eau que l’on veut mefurer.
- Cheteur, lié. tuyau , ou efpece de cheminée élevée en brique, au-deffus des foffes de grand athour.
- Cheval ( vallée a J grande, droite. Dos de cheval. Rein de chevau. Saut de rocher d’une forme particulière.
- Cheval d'eaux. Maniéré de parler des houilleurs Liégeois, pour exprimer une quantité d’eaux déterminée. Herna£ ou machine à chevaux.
- Chevalet,fupport ( méchanique ) tréteau qui fert à échafauder, & porter des tringles de fer dans les machines hydrauliques, fax. Stage.
- Chevet. Sol. Semelle de la veine, ail. Liegende.
- Cheville, efpece de fort clou à tête , avant ordinairement depuis trois F ij
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- pouces jufqu’à quinze & dix - huit de longueur, pour arrêter les aifemblages de charpenterie , afin de mettre en place les ouvrages , & les retenir jufqu’à ce qu’ils foient pofés à demeure. On emploie auiîî en houillerie force chevilles de bois ; les foreurs ont toujours la précaution d’en avoir de la groifeur des forets , & de toute longueur , afin que lorfqu’ils viennent à donner dans une bagne , ils puiffent boucher promptement les trous de fonde. Il arrive quelquefois qu’ils font obligés d’abandonner la place , ou de conftruire a l’entrée de l’ouvrage , que l’on fait alors plus étroit, un ferrement pour y conftruire & renfermer ces eaux avec foin, de maniéré qu’elles ne puiffent pas pénétrer dans les ouvrages inférieurs.
- Chevre ( pied de ) ou de biche. Ef-pece de hamainte , ou levier.
- Chevron, ( charpen. ) pièces du balancier de la machine à vapeurs.
- Chief, chivre , lié. chaîne du bure ou de folfe , ou cowette de la vallée. La chaîne du bure, munie d’un crochet à chaque extrémité, ne doit avoir de longueur que celle nécelfaire pour aller & venir du fond du bure au jour : elle eft compoféedans fa longueur de deux membres,& divifée en deux parties égales, pour qu’ils puiffent fe fé-parer & fe réunir à volonté. La portion qui defcend dans la vallée eft plus forte que la chaîne du bure ; on l’appelle chaîne de vallée , owcowette. Enfin une troifierrfë chaîne qui s’adapte au cul du coulfat, & qui en s’enlevant tire un panier attaché à cette
- chaîne. Mettre la main au chief. Comble de chief. Chief à cowe , chief à queue , lié. Conduire les ouvrages d’un bout à l’autre fans interruption. Chief à queue. Chief de torret, chaîne de petit bure.
- Chien, coffre, traîneau roulant, ci-fium.
- Chine ( charbon de ) efpece p ri fée par les Chinois, pourl’ufage de leurs forges. Parmi les échantillons de charbon de terre envoyés de Chine à la fociété royale de Londres par le pere Grammont , avec la defcription des étuves Chinoifes , il s’en trouvait deux efpeces générales en deux paquets ; l’un était étiqueté charbons de bonne qualité , l’autre était infcrit, mauvais charbons : ceux qui étaient dans le premier paquet étaient numérotés vraifemblablement dans l’ordre de leur pofition en terre. Voici leur defcription fommaire. Numéro i, peu charbonneux & de peu de qualité : efpece de quartz noir fchifteux , avec des veines fpatheufes blanches j ce premier échantillon était accompagné de trois petits morceaux d’une pierre très-mince en lames plates, de deux lignes d’épaifteur, tranfparentes comme de l’albâtre ; c’eft un fpath à filets , qui a été comparé à la pierre tranfpa-rente , qu’on croit être du marbre , fur laquelle les Chinois font ces magnifiques peintures, & dont ils font des paneaux de paravent.
- Le num. 2 à peu près comme le num. 1 , mais moins fpatheux & plus charbonneux : la pierre de charbon, proprement dite, eft encore veinée de
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- quelques légers filets de fpath blanc.
- Le num. $ un peu meilleur que le précédent, mais encore peu bitumineux } il eft grenu , à petites lames : il y en a un fécond paquet du même num. qui eft moins bon, & mêlé même de petits filets de fpath blanc.
- Le num. 4 n’eft point veiné ; mais il eft à lames brillantes, & de bonne qualité.
- Le num. 5 , bon charbon à grandes lames brillantes , mais inférieur à un charbon de terre de France.
- Le fécond paquet, infcrit mauvais charbons , contient un num. 6, qui eft fchifteux & très-pyriteux ; un num. 7 de même efpece, qui n’eft point bitumineux ; un num. 8 , infcrit très-mauvais pour la fanté : ces morceaux font pleins d’une efpece d’ochre ferru-gineufe, comme nos charbons d’Auvergne s iis ne font point gras.
- Les num. 9, 10 , 1 r , 12 , paraif-feut être des morceaux de mâchefer vitreux, de couleur très-rouge.
- Chlique, fchich ( métallurg. ) minerai en poudre.
- Choc, croc. Puits de mine.
- Choin ( pierre de ) rouge.
- ‘Chommage , fêtoyage des puits de mines.
- Chorobatte , niveau , ail. ’Walfer-waage. Grad Bogen. Libella.
- Choxque 3 lie. première ouverture produite par l’entame d’une veine dans fa laye , & dont il réfulte nécef-feirement des débris 'de’'maUvaife houille, ou d’unf genre de térroule , qui prend quelquefois ’ le nom de choxque. ' '
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- Chymie, premier moyen par lequel il eft à propos de commencer l’examen d’un charbon de terre , avant depalfer à l’analyfe par le feu immédiat & la voie des menftrues fimples & com-pofées. C’eft le moyen le plus favorable pour donner une idée générale des parties conftituantes de ce foftile.
- Chymie analytique, en décompofant le charbon de terre , y décele des principes médicamenteux , & procure même des remedes propres à différentes maladies. Des boues minérales. Analyfe du pétrole. Mâchefer.
- Ciel ouvert ( extraction ou exploitation à ) , dans le Forez.
- Cimens , mortiers, dans lefquels on fait entrer la houille’ brute , ou fes cendres, ou fa fuie.
- Ciment perpétuel, ou ciment de fon-tainier.
- Ciment ou mortier de béton.
- Cinders , an. Frafil, braifés qui approchent d’un état de calcination 5 qui in cineres abeunt.
- Cineres conglomeratce. Rapillo. Les Italiens donnent ce nom à des terres brûlées , comme réduites en cendres, d’une couleur grife plus ou moins foncée : ces cendres environnent les bouches des volcans , & fe rapportent beaucoup aux terres calcinées qui fe trouvent en Auvergne & à la po{-%olane. 1
- Circulus ferreus , ail. Eîferner ring. Das eiferne Redlein. Anneau, cercle de fer fervànt à attacher ou à faifïr une pièce Quelconque. w
- Citcidüs'horanus , ail. Stunden-Scheileii,'J"
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- Cifeau 9 herpet, lié. cifeau ou trépan de la fonde à forer.
- Cijîum, ail. LaufFtarn , traîneau monté fur roues.,
- Cité de Liege ( areines de la ). Leur garde confiée aux jurés du charbonnage, qui doivent en conféquence les connaître parfaitement, pour veiller à leur confervation.
- Clains ( jurifprudence Liégeoife ). Àcquifition prohibée, contraire à l’ef-, prit de l’article de la loi, comme l’était, par exemple, autrefois l’acquifi-tion de parties de foffes, par les jurés du charbonnage: ce qui eft aujourd’hui licite, ou toléré.
- daignes ( déboutera) jurifprudence Liégeoife , lignifie par. voie de fait.
- dan y terme de charpenterie, bout des pièces de Heures qui font fous les portelots , pour attacher les rebords & bordages des bateaux.
- Clapet, petite foupape de fer ou de cuivre, que l’eau fait ouvrir ou fermer, par le moyen d’une charnière.
- Claufirum , quarré de terrein déter-miné'dans les concelfions.
- Clavis. Axiculus orbiculorum. Boulon , goujeon.
- Clavettes.
- Clavus, cuneus, cheville.
- Clays propres à ftjppléer aux cribles , pour féparer le charbon menu du charbon en morceaux, ou roulans , lorfqu’on veut faire des briques ou pelotes de charbon.
- Clos des pâtes. Préparation qui s’exécute dans ce quartier, pour corroyer les terres gradés ^que l’on veut allier aù charbon 'de terreafin de faire des briquettes.
- Clef , ou tourne - h - gauche , pour vilfer & dévider les différentes pièces de la tarriere auglaife. ' -,
- CUrck , an. contrôleur. ^ ^
- Cliquet, foupape de fûreté , cliquet de marionnette , placé au - deifus des alambics dç la machine à vapeurs de GrifF & de ’Wafington.
- Cloche (puits de la ) en Auvergne , dont on prétend que le charbon eft. d’une qualité approchante de celui d’Angleterre.
- Clod coal, charbon ainfi nommé dans les mines d’Ecodè.
- Clôture , parapet, mur , rempart , agget, vallum , fu. Stein. Valle. Berme
- Clous , noyaux pierreux , marrons pyriteux dans les mines de charbon.
- Clufte, ail. Foeders, an. Fibres. Vei-nettes , clutte, charbon , efpece de petite terroule.
- Coaks y an. charbon réduit par une fimple de/îîccation ou évaporation , dans un état de braife plus ou moins décidé, félon le feu qu’on a fait elfuyer au charbon brut, privé ainfi ou de fon humidité , ou de fon acide ondueux. Fabrication de coak à Carron en Ecolfe.
- Coal, agent, an. coal ( cake of') , croûte en gâteau que le charbon de terre gras forme en brûlant. Coal, ca-king. an. Commis. Felling. Charbon qui fe gonfle ( main. ) charbon ferme. Owner , an. propriétaire. [Pit] charbon de mine. [ Pitçh ] charbon de poix, charbon de forge, charbon de maréchal. , ,
- Coal wagon y an. charriot à charbon.
- Cobalt y minéral propre à colorer le verre en bleu.
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- Cobolt, anciennement les mineurs ignorans appelaient de ce nom l’exlra-lailonfuffocante, qu’ils prenaient pour un elpnt follet ,ou pour un mauvais génie.
- Cochlea ex ténor, écrou.
- Lochlea interior, ftrie cannelée qui régné enfpirale dans l’intérieur d’une vis.
- Codax, ail. Kapffe.
- Cog - wheel , an. toute efpece de grande roue armée d’alluchons.
- Coins , an. Wedges. fu. Kyla. Coins ou aiguilles , coins à caillou , à pan termine en pointe.
- Coijlrejje , quejlrejje , lié. efpece de galeries pratiquées à droite & à gauche , dans les ouvrages fouterreins. Coijlrejfe de gralle, de montée, de niveau du bure , borgne levay , borgne niveau.
- Coijlrejje de vallée.
- Collecta ,Jymbolum , Agricoles.
- Collets ou rebords de l’alambic de la machine à vapeurs, du cylindre.
- Collis , nions, pogium,podium , putois , pic. 1
- Combles (pojjefjeur des ) lié. hurtier.
- Combujlible , ( du charbon de terre comme') propre à chauffer, foitfours , foit fourneaux à chaudières.
- Combujlion, ignition,déflagration du charbon de terre , fervant à faire connaître la compofition & la texture de ce follile, par la maniéré dont le feu le détruit, & par le réfidu qu’il lailfe après être confumé.
- Commis , an. coal faélor.1 - Communauté des nautes , hautes Pa-nfiaci, anciennement communauté
- des marchands de Paris.
- Communication (pafflige de ) atveus, ail. Berg Trog. Pour communiquer avec une areine il eft deux moyens au choix des entrepreneurs des mines ; le premier eft de chaffer une galerie dans les veines & dans le rocher ; le fécond eft de communiquer par des boleux. Cette fécondé façon , quoique pratiquée , a l’inconvénient de ramener avec les eaux qui paflent par le boleux , toutes fortes d’immondices qui, en venant boucher le trou , forcent les eaux de remonter dans le bure, où il faut enfuite les xhorrer. Voyez Boleux.
- Communication des ouvrages d’une areine à une autre , fupérieure ou inférieure. 11 faut obferver qu’à Liege il eft défendu , fous peine capitale, à tout maître de foffes travaillant par bénéfices des areines franches , c’eft-à-dire, fe débarraflaut des eaux de fa mine, par ces areines , de communiquer fes ouvrages à une areine bâtarde plus baife ou inférieure , à caufe du grand préjudice que cela ferait aux areines qui fourniifent à la ville. Il eft également défendu à ceux qui travaillent par les bénéfices d’une areine bâtarde, d’approcher les limites del’a-reine franche, fous la-même peine; à cet effet, on fait des maflifs fépara-toires-, qui font en garde’de loi, pour faire la diftindion & la féparation de toutes ces areines.
- Comparchonniers ( maîtres ),panhon~ niers , parchons g lie:s dérivé probablement-du mot "perfonhïers g en ufage dans plusieurs coutumes} 'à par tic u~
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- librement en Bourgogne, où les mains-mortes ont lieu, & lignifie affocié avec un autre,, pour tenir un ménage en commun ; ces coutumes, font que ceux d’une même famille tiennent tout en commun, & chacun de ceux qui la compofents’appelleperfonmer, ou com-perfonnier.
- Comporte, baille * mefure ufitée dans l’Albigeois , du poids d’environ 280 livres net à Bordeaux.
- Compreffîon condenfation [ phyf ] adion de réduire l’air dans un moindre volume : les loix principales de la com-preffion confident en ce qu’elle eft en raifon des poids, & que plus l’air eft comprimé , plus grande eft: fou élafticité.
- Comptage , Wardage, lie.
- Compte [ panier du ], droit extraordinaire.
- Compte, vingtaine, an. Score.
- Compteur, marqueur., wadefofle, lié. A Dalem , notulant & propriétaire. A Liege , foadiflxid confiée à tenir une noteexa.de dp toutes les marchandées , & la note des journées de tous les ouvriers employés au fervice de la fociété ; fpn compte doit être arrêté tous les quinzejours : il eft: auffi obligé à chaque quinzaine de diftribuer à tous les alfociés un billet contenant ce qu’ils doivent payer pour leur part* Le droit du, compteur eft; d’un pour cent de toutes les dépenfes qui fe font.
- Compteur, ouvrier trayeur, lié.
- Concevions de mines, permiflions , privilèges accordés par les fouverains , de fouiller &, d’exploiter fur fou propre
- terrein , ou fur celui d’autrui, & qui ont pour objet de favorifer la découverte ou l’extradion des matières utiles. Les ufages font diiférens en diffé-rens pays, & félon les minéraux. Dans le Hartz, il eft permis à tout mineur d’entreprendre une mine de fer -, les officiers du roi, c’eft - à - dire , le con-feil des mines leur eu donne le fief ou la conceifion , mais fous des conditions relatives à l’abondance de minerai. A cet effet, on leur fixe une fomme quelconque pour chaque foudre de minerai ( quarante-huit quintaux le foudre ) , de façon qu’ils puif-fent gagner leur vie honnêtement, en bien travaillant. On diminue ou l’on augmente cette fomme , fuivant la quantité qu’ils peuvent livrer.
- Concordat en 1487 , au pays de Liege , intitulé paix de S. Jacques, érqané d’un travail férieux, par com-miffion des trois ordres de l’état. Bafe de la jurifprudence Liégeoife fur tout ce qui concerne la houiilerie.
- Conducteur des féaux. Dans les machines qui enlevent l’eau du fond des mines.
- Conduire , mener le vent , embouter V airage.
- Conduites des eaux ,.fax. Aufschage Waller.-,:;!
- Connaiffenierit, commerce de nier, adte figné d:u capitaine du vailfeau & de l’écrivain , portant reconnaiifauce des marchandées que le marchand a fait charger , avec fouméfion de les porter à leur deftination, moyennant un certain prix : tout ce qui a rapport à ces efpeces d’a&es fous feing privé ,
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- eft fixé par l’ordonnance du mois d’août 1681.
- Le mot de connaiflement n’eft guère a’ufage que fur l’Océan ; fur la Méditerranée , on ditpolice, de chargement, qui a la même lignification.
- Conquête , droit de conquête , formalité à obferver de la part de l’entrepreneur pour ce droit ; elle con-fifte à prouver par témoins ou par experts, qu’il eft en état de bénéficier, pu d’extraire les eaux qui fubmergent les mines à conquérir, quand ce ferait même des veines ou couches de charbon qui n’auraient jamais été exploitées , que ce foit par une galerie d’écoulement , faite ou à faire par enfei-gtiementdu juge ,ou par bénéfice delle tinne. Une fécondé formalité confifte à faire conftater le fubmergement des mines & l’impoffibilité de les travailler fans bénéfice d’areine ou delle tinne , & enfuite à demander au juge les fins & effets de l’aâion de la conquête , qui eftun décret d’adjudication : en ce cas , le propriétaire du fonds, ajourné, doit déclarer s’il eft dans la réfolution de travailler par lui-même les mines qui font dans cet état. Il reçoit ordre du juge de mettre auffi-tôt 3a main à l’œuvre , & de faire tout ce qui convient, fi les propriétaires ne s’oppofent point à la conquête : le juge après les preuves achevées , accorde le décret d’adjudication ; s’il y a des oppofans , c’eft-à-dire , des propriétaires qui aient commencé dans leur fonds une exploitation fur l’ordonnance du juge , & qui ne continuent point le travail de jour à jour, ce qu’on Tome XVIII.
- nomme être en faute; le juge , après avoir rendu contre eux les ordonnances prefcrites par la loi, accorde le decret d’adjudication à l’entrepreneur par droit de conquête. Cette forme eft fondée fur l’intérêt public , qui exige que les mines ne reftent point fans valeur : ce qui arriverait fi quelqu’un ne fe préfentait point pour courir les rifques des dépenfes qu’entraînent ceS entreprifes. Il eft à propos d’obferver qu’en matière de conquête , on ne peut acquérir que le domaine des veines noyées ou fubmergées , & que toutes les autres veines , ou parties de veines fupérieures à l’areine , appartiennent au propriétaire du fonds.
- Conquête des mines abandonnées.
- Confeil des mines en pays étrangers. ail. berg- amt.fu. berg-fting. Son pré-fident Berg-Meifter. Officiers publics qui veillent à toutes les opérations de mines , & qui les dirigent dans tous les points. En France , confeil du roi. Confeil ordinaire au pays de Liege.
- Confervateur ( juge ) , qualification du bailli de la juftice du canal de Briare.
- Confervation des areines, entre les mains des jurés du charbonnage , à Liege.
- Contreforts ( architecture ). Piliers pour appuyer ou foutenir des ouvrages difpofés à écrouler. Dans les travaux de mines , on pratique de ces piliers pour retenir les digues.
- Contre-pente. Dans le canal d’un vaif feau ou d’un aqueduc , on appelle ainfi l’interruption du niveau de pente , qui fait que les eaux s’arrêtent, foit G
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- DU CHARBON DE TERRE
- fQ.
- qu’on ait mal conduit le niveau , Toit que 1’affai/fenient du terrein en foitla caufe.
- Contrôleur des mines , 'ail. berg-fchreiber.
- Contrôleur général des mines. Dans l’ancienne législation Franqaife fur le fait des mines, il y avait un prépofé , en titre de contrôleur général, qui était affilié de commis pour l’exercice de fa charge ; après le rembourfement de l’office de grand-maitre des mines, toutes les affaires fur cet objet patfaient .par le contrôleur général des finances; aujourd’hui elles font du département deM,. Bertin,fecretaire d’état..
- Contrôleur de charbon ,. an. clerc , fteward, ou receveur..
- Cornus furnarius , rable , fourgon.
- Convent, lié. convention.
- Cope ( traîner à ) ( traîneur à ) lié. traîner à deux » traîneur à,deux. Hier-eher à cope.
- Cophinus , coufade., an. corfi.
- Copray ,. copay ,. outil à., l’ufage des boiifeurs & des ripaffeurs.
- Corbis , panier y alUzoCo. an,, corf.
- Cordes , cordages , funes duciarii.
- Cordeau, corde fubffituée quelquefois, à. la chaîne..
- Corium nudaredécharner délac-der.
- (<orn y. brafiV, an. forte de charbon , OU. peut - être forte de bouxture de la mine de ^edneysbury , en Angleterre..
- Cornet ou tuyau adapté au fourneau, ventilateur., dans la mine de Decize..
- Çornish tubber, beel, an. Pic.
- Qorp,s de pompe; fous ce nom. efi.
- compris le pifton d’une pompe , & le grand tuyau dans lequel l’eau monte parle mouvement du pifton. Le tuyau du clapet, ou du premier pifton , etë le premier corps de pompe. Quelles quefoient la figure & les dimenuons du corps de pompe, aindque le tuyau d’afpiration , le pifton porte toujours le point d’une colonne d’eau de même bafe que lui , & qui a pour hauteur iadiftance verticale où l’on veut élever l’ea.u au niveau de celle du rélervoin.
- Correaux (; tonnais à )..
- Corroi, argilla , terre glaife dont on garnit le fond & les côtés de3 baffins des fontaines ou des canaux pour retenir l’eau , appellée Gorroie * parce que dans ce cas elle fert de fou-dure..
- Cofmographie agronomique , bafe de l’ufage de quelques inftrumcns. de là géométrie fouterreine..
- Cofmolabe., pantocofme, inftr.ument univerfel;.
- Côtés ( -veine découverte fur les lié. Ç parmffe découverte fur les ) lié’.
- Côtoie lié.. Les quatre parties de la chaîne qui tiennent aux quatre angles du cou fa de & du toefeu, ou fer d’airage.
- Cottbles , anfes, manivelles , taquets triqmts , chevalets ^ jambes y coubles de chief \ coubles de tour.
- Couches mêlées, ail. gechatte , couches difpofées par Hts ne maniéré qu’il fë trouve entre chaque lit une maffe d’une autre fubftance foffile.
- Couches vierges..
- Coufade , panier , lié. cophinus..
- Couillons , arêtes pierreufes,, inéê.
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- ET DE SES MINES.
- n
- gales dans leur épaifleur, dont le char' bon de la mine de Finis eft femé.
- Coulante y planches avec lefquelles on latte les puits de mine en Anjou. Coulanter. Latter une folTe, planchéier des galeries. Coulée fe dit de tout ouvrage jeté en moule. Fer coulé.
- Coulée. ( Métallurgie. ) Flux de la matière fondue , à laquelle on ménage une ouverture dans les fourneaux de fonte. —
- Coupai y coprai.
- Coupe y ancienne mefure du pays Montais pour le charbon de terre, du poids de cinquante livres , poids de marc.
- Coupe d'une mine y tableau ou def-cription ichnographique pour fup-pléer au profil en deflin figuré ( d’une mine ) , toujours difficile à exécuter dans les détails circonftanciés.
- Coupelle y vaiiTeau métallurgique.
- Coupelle anglaife , coup elle allemande.
- Coupelle mobile dans le fourneau d’affinage du plomb , ufité en Angleterre.
- Coupes y terme ufité dans les houil-leries du Hainaut, pour exprimer les fentes aqueufes.
- Coupes y godets.
- Coupeur, dêpiéceur de charbon , lié. Kol huggare, fu. Ouvrier qui coupe la mine.
- Coupure , royon, lié. rcuillon.
- Cour des voir s jurés du charbonnage à Liege. La jurifdidtion établie depuis les tems les plus reculés, pour connaître tout ce qui concerne les mines de charbon, ou les affaires en fait de
- houillerie, fe nomme la cour des voirs jurés du charbonnage. Elle n’était anciennement, fuivant l’art. XV , com-pofée que de quatre perfonnes ; elle a été augmentée jufqu’à fept. Cette même cour, dans fou inftitution , a été établie pour connaître en première inf-tance toutes les caufes agitées e*n matière des mines de houille , charbon & autres minerais, comme fer , plomb , &c. Chaque membre dé cette jurifi didtion doit être houilleur de pro-feflion , & être examiné avant d’être admis au ferment , par les échevins de la juftice fouveraine de la cité & pays de Liege, à l’effet de voir s’il a la capacité fuffifante pour en faire la fonction : l’une des principales eft de veiller aux eaux dépendantes des arei-nes.
- La cour des voirs jurés a non-feulement l’autorité de décider les caufes en matière de houillerie, mais aufli de donner des records pour tous cas dépendais de la même matière, félon l’art. XX de la paix de S. Jacques ;& lorfqu’il arrive des difficultés qui ne font pas foumifes à leur tribunal, ils font ordinairement choifis pour experts , de même que d’autres houilleurs de profeffion , principalement les maîtres ouvriers des foffes ou mines du pays.
- Cette cour eft: autorifée à donner des records fur les requifitious qui lui font envoyées des pays étrangers , pour les confulter en matière de houillerie , fur les ufages qui s’obfervent dans le pays de Liege ; il lui en vient communément du duché de Lim-G ij
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- DU. CHARBON DE TERRE
- SZ
- boug , d’Aix-la-Chapelle, &c, On paie à chacun des voirs jurés deux écus -par jour , lorfqu’on les emploie , & communément on les défraie.
- Quoique MM. les échevins de la fouveraine juftice foient ainfi juges dans ces matières , la cour du charbonnage a toujours fon adivité pour l’inf-trudion des procès & pour porter des records.
- r Courant capital, fu. maîtrefle veine.
- Courir parallèlement, marcher à côté l’une de l’autre.
- Couronne de chargeage , couronne des chambres , lié.
- Couronne , ou roue de champ , ( méc. ) dents des différens rouages font ordinairement taillées dans leur place, c’eft-à-dire, en allant de la circonférence vers le centre ; mais il s’en voit auflî qui font taillées perpendiculairement, 8c c’eft alors que la roue eft appellée roue en couronne , roue de champ.
- Couronnement, lié. Principal carrefour des galeries de mine.
- Couroyer , lyon. Pratiquer une muraille à chaux vive , pour contenir dans lahouilliere les eaux qui fe font jour en petite quantité.
- Cours , étendue , marche d’une veine , flot, fu.
- Cours des areines à Liege , dirigé dans certaines formes décidées par les loix.
- Court-jeu , lié ( faire un ou plujieurs trous de tarrè en ).
- Couture, terme de marine & de cal-fateur , lignifiant la même diftance qui' fe trouve entre deux bordages d’un bâtiment , & qu’on remplit de cal-
- fat ou d’étoupe goudronnée , ou de moufle , &c.
- Couvette ( fouille j , galerie de pied , percementlié. xhorre, areine.
- Cowe ( travailler du chief à ).
- Cowée, lié. trait formé du gh.iot à roue , du ghiot à fployon , & du vay.
- Cowes , lié. (afîife des ) plate cowe.
- Cowette, lié. chaîne de vallée.
- Craie rouge , fanguine , hématite , tête vitrée.
- Crank, an. affemblage de plusieurs pièces de fer qui concourent enfemble à ouvrir & à fermer alternativement les orifices d’impulfion & de fuite dans les machines à vapeur.
- Cranon, lié. Robinet de bois ou de fer-blanc adapté dans quelques occa-fions pour l’écoulement des eaux.
- Crapaudine^grenouille, couette, piece de fer ou de cuivre de differente grof-feur félon la force des pivots, creufee dans fon milieu en forme de calotte renverfée , dans laquelle tourne un pivot.
- Creufer de jetée , en jeteé.
- Creufet, ouvrage , foyer de forge.
- Crevaffe , fente , an. fret.
- Crible de main. Voyez Claie.
- Crimp, coal fador, an. fadeur de marchand.
- Croc, dans les houillieres deDecize, veut dire puits de mine.
- Crochet, hotteux.
- Croifures , étrèjillons.
- Crone - wogt, fu. officier des mines pour le roi, qui eft fous les ordres du college & du maître des mines de la province.
- Croûte ou gâteau que forme le char-
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- E T ï) E S E
- fcofl de terre , îorfque le feu' échauffe & fond le bitumé qui s’y trouvé allié.
- Dans les mines de Cornouailles ,'on appelle auffi croûte une efpece dé pierre blanche farineufe, mêlée de'mine'& de terre molle.
- Crow, coali an. charbon peu ou point bitumineux, commun en Cumberland.
- Crowin, fouma, lie! tâter le fouma.
- Crujla, ail. shallen.
- Crypta. Fojja latens & occulta, A g. Specus , ail. gruben.
- Crypta afcendentes yjurgentes.
- Crypta cadentes, ail. fallende.
- Cube ( nombre ). C’eft le produit qui fe forme en multipliant deux fois tin nombre donné par lui-même, ou autrement en multipliant un quarré par fa racine. Cube, ( géométrie ) corps dont les côtés font fix quarrés, & dont là longueur , la largeur & la profondeur font égales. On le nomme auffi èxaedre. Le cubé eft Ja mefure par laquelle on détermine la folidité de tous les Corps.
- Cube ( pied') d'eau. Cuber lés corps , mefurer leur folidité, ce qui fe fait en général ~eii multipliant enfemble les trois dimenfions , pourvu qu’on détermine précifément ces dimenfions. Ce qui fait la difficulté , eft que chacun des corps ayant une forme particulière , a auffi des dimenfions qui en quelque façoiylui font propres , & qui demandent une recherche tenant à leur nature. - ..
- Cubique fpîed ^). JSe dit d’un:(olide pour exprimer la partie de, ce folide qui contient un cube dont le côté eft un pied j le poids du pied cube du
- S M I N È S. f 3
- > • • | - '•
- charbon de terre eftvenviron de cin-
- quante-huit'lixrés^\ . ... v.
- Cuillères, cuiltijrj ; meches, lanternes'"de la' fondé ’oii tarriere , fu. naf-ware. , -
- Cuirs pour les différens agrès de mines.
- Cuirs dés piftons de pompes.
- Cuivre. Confidéré comme entrant dans les matériaux néceffaires pour la conftrudion d’une machine ou pompe à vapeur.
- Fonte des mines de cuivre d’Ordah-lens en Norwege,, avec du charbon d’Angleterre. . r ' Fonte de la mine de . cuivre de S. Bel en Lyonnais, avec des braifes de charbon dej:erre. y J
- Nature du minerai de cuivre de S. Bel.
- Raffinage du cuivre par le feu de charbon crud , ou de fes braifes.
- Cuivre ( cendrée dey y métallurgie. Dans quelques raffinages lé cuivre., en bouillonnant dans la caffe, fe forme, en petits globules femblables à de la graine : c’eft ce qu’on appelle cendrée de cuivre.
- Cuipeaux ( charbons de bois tourbes de ) en Bourgogne j bois encroûté d’une maffe de bitume groffier, fétide , fablônneux-' * commun dans plufieurs provinces , où on le prend d’abord pour un mauvais charbon de terre.
- Culm, Gharbon , kolm.
- Cumberland , Cumbria , province d’Angleterde très-abondante en charbon déferré", & qui aboutit à la mer d’Irlande & à l’Ecolfe.
- 'Cüneiis'yclavus , cheville, ail. feiL
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- DU CHARBON DE TERRE
- 5*4
- Cuniculus} gric , ail. ftollen ,fu. floll, Jlolln , cuniculï jus. Droit d’areine , cu-mculi ojliolum. Porte d’airage. Cuni-culi vel fodinœ præfes. ail. fteiger oder Hutman.
- Cupols , fourneaux employés à Fintshire pour la fonte du plomb, & à Briftol pour la fonte de la mine de cuivre.
- Cuv4, auge , alveus.
- Cuvelage , cuvellement, cowdlement. Quand les eaux gagnent de maniéré à pouvoir gêner les travaux, on s’en rend maître en les retenant, ou en les faifant remonter jufqu’au niveau de Pareille , ou dans un bougnon pour les tin lier ou les xhorrer enfuite ;d’où le mot de cuvelage fe prend quelquefois Simplement pour tinnage. On empêche encore les eaux de fe porter dans les ouvrages inférieurs, en pratiquant ce qu’on appelle un cuvelage, un cuvellement, un cowdlement.
- Pour cela on forme fur le rocher , au - delfous fde la fource qui donne Peau, & tout autour du bure, une place propre à fervir d’affife à des pièces bois d’un pied jufqu’à deux pieds de largeur. On les alfemble fur de la moulfe, de maniéré qu’elles forment entr’elles un 'polygone communément de huitcôtés, dont la capacité intérieure eftla même que celle du bure : on en ajufte ainfi plufieurs rangs les uns fur les autres eh montant , & tous féparés par de la moulfe.
- Cuvettes, réfervoirs de plomb placés de diltance en diftance dans les bufes du bure.
- Cylindre , cilindre, ouverture, tùyaü,
- fax. rohne. Corps terminé par deux cercles égaux & parallèles. , .
- Cylindre ou corps de pompe a vapeur, toujours de métal calibré.
- Petit cylindre où fe rend la vapeur de trois chaudières échauffées par des tuyaux de communication dans la machine de "Walker.
- Cylindrique ( pied) d'eau. C’eft-à-dire , qui a un pied de hauteur & de diamètre.
- D
- DagJu. grand jour.
- Dame ( métallurgie. ) Pierre pofée furie fond & à l’entrée de l’ouvrage, pour empêcher la matière de s’écouler directement, & ne lui lailïer de palfage que par le côté.
- Damp, an. humidité , ou air des mines : common damp , an. foui air. Stith, an. Fulminating damp. Air détonnant ou fulminant. G lob damp , vapeur qui fe forme & s’élève en forme de boule ou de ballon au haut des voûtes des fouterreins de mine , alL citerrung.
- Darguoire ( charbonnière de ) en Lyonnais.
- Das gang-geburge , fax. Gangba-ftig. Filons perpendiculaires.
- Das Zuleg - oder Zeichen ; ail. Der Zulege compajf. ail. Das Vermeffen ail. Jnfrumentum lineationis.
- Dèbaclage, baclage, débâcle, terme de rivîere.
- Débacleur, petit, officier de ville , prépofé au dèbaclage.
- Débauchée ( veine ) en fur jet.
- Déhanchement \ lié. krein,
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- E T T) E S E S MINE S. >
- <tï
- Débit du bois , partie eflentielle à connaître dans les travaux de mines, qui tient à la folidité de l’ouvrage & à l’intérêt du charpentier j c’eft la maniéré de tirer d’une piece de bots tout îe parti poffible , & qui confiée , avant delà refendre, à rendre, compte des-pièces qu’on peut prendre fans y faire trop de perte : on appelle auiTi de ce nom la maniéré & l’aâion de refendre le bois, de le couper par pièces.
- Décharge de taille-, Lie. voie.
- Décharger une heve, lié.
- Déchargeurs y lié. ouvriers employés, à l’œil du bure.
- Décharner délarder , entamer le charbon qui approche du toit ou de la couverture de la veine.
- Déchireurs & infpecleurs au déchirage des bateaux officiers & ouvriers fur les ports..
- Décimales, chaque partie égale de chaîne de dix en dix.
- Deci^ ( charbon de ) en Nivernois. D’après les obfèrvations faites par M. de la Houilliere à Nantes, ce charbon fe confirme promptement en flambant T donne une chaleur médiocre, & tombe en cendres-, au lieu de fe coller fur la grille.
- Déclaration d'arrivage dans les ports de Paris-.
- - Déclinaïfon*, en aftronomie , eff la même choie que latitude en géographie.
- Décliq ( art méchan. & hydraul. ) terme qui défigne toute efpece de ref-fort, tel que celui qu’on attache à un bélier ou un mouton d’une pefanteur ixtraordinaire;, qu’on éleva bien haut *
- & par le moyen d’une petite ooirdé qui détache le décliq , on fait tomber lé mouton fur la tète d’un pilotis : dans les pièces de la machine à vapeur qui' appartiennent au robinet d’injection * il y a un relîort qui ett défigné fous lé nom décliq. 1
- Decüvis ,. declive, terme peu en ufag-e , qui fe dit d’une pente formée en plan incliné , dont la ligne eft entre la ligne perpendiculaire & la ligné horizontale.
- Découvert ( mefure à ) , menjio fub-dialis , lié. dépendement.
- Découverte ( mine de la ). Dans les carrières de charbon de la Limagne les ouvriers appellent ainfi la couché qui fe préfente la première, & que les Allemands nomment tage-kohlen .-parois ou pareujfe, lié.
- Découvrement propre , fax. eigen-tHshen. Schram. Découvrement des félons s fax. verfshramen.
- Decuma, le dixième;
- Decumanus, fermier du dixième.
- Dédommagement aux propriétaires des terreins. Suivant l’article V des ufages du charbonnage de la paix de S. Jacques , de l’ail 1487 tout entrer preneur doit payer au propriétaire de la furface , pour les dommages- qu’il a-faits;à fes fonds, foit pour enfoncer les bures ou puits , foit pour remplacement des machines , bâtimens, déblais , charbons, &c. hr double valeur de la rente du fonds qui doit être mefuré & eft-imé par experts , à raifom de ce qu’on peut l’occuper & s’en fer-vir malgré lui y le propriétaire' peut exiger une. caution réelle & fufhianta
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- DUC H A \R.fi ON' DE TERRE
- en hypotheque, tant pour aifurance du paiement annuel de ces dommages que pour la réparation d’iceux, jusqu’à ce que le fonds foit remis dans fon premier état ; ce qui doit être reconnu par les experts , comme il a été plusieurs fois ftipuîé en pareil cas.
- Ce dédommagement néanmoins n’eft point dû à celui qui affeinit les eaux de îbn voifin : il eft expreifément décidé dans la coutume de Liege, que dans le cas où les ouvrages reçoivent les eaux d’une exploitation voifine , qui a déjà jeté les entrepreneurs en frais pour l’épuifement, ces mines n’ont pas le moindre droit d’exiger un dédommagement , il ne leur eft dû qu’un remercî-ment : c’eft auiïi un ufage de houillerie au pays de Limbourg. M. Jars trouve cette coutume injufte. Ilpenfe déplus, dans fon ouvrage , qu’il en réfulte de grands inconvéniens, & que les digues que l’on pratique pour retenir les eaux & les faire rétrograder dans des ouvrages fupérieurs , deviennent dangereuses lorfqu’elles viennent à crever , ou lorfqu’on vient à donner dans de vieux travaux ; il ajoute que néanmoins on prend aujourd’hui les plus grandes précautions pour éviter ces accidens.
- Défoncement, puits fouterrein , tor-ret.
- Dégorgeoir ,fax. anfgaifes.
- Dégagement , occultus tranjitus, Agric. Lié. bacneur , chambray.
- Degré de Latitude , efpace de 57100 toifes renfermées entre deux parallèles : comme la terre n’eft pas exactement fphérique , les degrés de lati-
- tude ne font pas égaux : la comoarai-fon exacte de ces degrés peut fervir à déterminer la figure de la terre. Degré de Longitude , efpace renfermé entre deux méridiens.
- Délarder , terme de carrier, qui fignifie attaquer la pierre dans Ion joint.
- Delineatio iconica. Monogrammus. Monochroma. îcon. Monogramme, def-fin en efquiilè.
- Demain , alL. vormelfen.
- Demi - coifirejj'e , quejlrefje , faujfe quefirejje , hé.
- Demi - gralle , lié.
- Dem i - quejîrejje.
- Demi - roijje, lié.
- Demi - vallée , lié.
- Demi - minou
- Den Gruben- rtig. Das abrjehen de. jet gebandre , ail. Modus in charta re-prefentandi fpecuum menfuratarum axes.
- Denrée fans coîu. Une areine conf-truite d’autorité de juge , doit refter libre au profit de l’entrepreneur , & perfonne ne peut y apporter aucun empêchement; elle eft héréditaire dans une famille , & regardée comme immeuble, fuivant l’article XI du record du charbonnage de l’an 1607; mais celui qui, à la faveur d’une telle galerie ou autrement , viendrait à travailler les mines de houille & charbons fous des héritages dont il n aurait pas acquis le droit par les voies ufitées , ferait obligéde payer la denrée fans coût au propriétaire , c’eft-à-dire , toute la valeur de la veine exploitée , ou plutôt celle de tout le charbon extrait, fans pouvoir exiger
- aucuns
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- ET DE SES MINES.
- SI
- aucuns frais pour la dépenfe du travail fait pour l’extradtion ; les éche-vins de Liege ont même ftatué en 1^67, que dans ce cas il y a lieu à pourfuite au criminel.
- Dents des roues de machines , différemment taillées.
- Deorfum v et fus , deorfum verfum , de haut en bas.
- Dépendemeni j lié. mefure des voies fouterreines dont la direction eft oblique. Dépendre , niveller.
- Dépôt , premier dépôt des briques de houille lorfqu’on les releve pour la derniere fois dans l’attelier de fabrication.
- Dertage %ug 9all. Menjio fubdialis , lié. dépendement. •
- Dérangement des couches de charbon par des bancs pierreux , de if à 20 toifes d’épaifleur , qui fe continuent quelquefois dans une longueur considérable.
- Der flottes ligende , fax. bafes , couches horizontales. -
- Defcendante ( galerie ) , mahire def-cendante, mahire de defeente , déavallée , dé aval - p end âge , lié.
- Defcenderies , foifes qui vont en pit-tant, dans l’inclinaifon de la veine , lié. torret, bouxtay.
- Defeente ( mahire de ) , lié.
- Déftrieur ( filon ) , ou qui fe perd.
- DefpiefJ'eur, coupeur, lié. ouvrier qui coupe la veine, lorfqu’elle eft détachée.
- Defpiécer, lié.
- Deffous la main ( veine de ) veine non xhorrée , lié. Lyon. Raffon.
- Dejfus la main ( veine de ) veille xhorrée, lié. VoyezXhorré, ( mine de Tome XVlll.
- dejjus ) Lyon, fomba.
- Devant ( pierre de ). For floue , an. Terre morte ou rocher, dans lequel le lit mourant fe retrouve enfuite 3 lié. faille.
- Dévidoir, moulinet. Dans l’appareil de la fonde, 011 appelle dévidoir, le tour fur lequel roule la corde , avec laquelle on leve & on abaifle la tar-riere, girgillus , ail. hafpel.
- Dévoiement, déviation. Obfervation, d’une déviation très - particulière , mais douteufe , dans les veines de charbon, au Hainaut Français.
- Diaboli ferais, ail. teuffels dreck , bitume greffier , terreux & fétide , qui parait être propre à la tourbe & aux charbons de bois tourbe.
- Dial, an. bouflole , cadran de boufi foie.
- Dialling , an. gnomonique ; niveller avec la bouflole , lié. plumming.
- Diaphragma, intervenium , dans les mines en mafle j couche de féparatioi^ entre une veine fupérieure & une veine inférieure , lié. fampe.
- Diaphragme , ( mécanique ) piece nommée dans la machine à vapeur, régulateur.
- Die mark feheide-kunft. Geome-tria fubterranea. Le premier mot eft l’article le.
- Dk ronde feheibe damit man ber-greihet. Machina ventilatoria.
- Die Weife mitleilachzad forchen. Eventilatio linteoreum jacîatu.
- Dift, drift, an. allure de veine.
- Difficulté de refpiration dans les ouvriers occupés aux travaux fouter-reins.
- H
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- DU CHARBON DE TERRE
- Digging, an. fouille enterre.
- Digues pour les eaux, dans l’inté-rieur des ouvrages.
- Dilatation , terme de phyfique , par lequel on entend la diftribution de la matière propre d’un corps clans un efpace plus grand qu’elle n’occupait auparavant. Il n’eft point de matière dans laquelle cette dilatation fe manifefle plus que dans l’air.
- Dilatement, dilatation, élargijfement, Hl Excavation de différentes fortes , appellée quelquefois taille; on dit dilatement de hierchage , dilatement de veines.
- Dioptra, nom générique de tout inflrument fervant à regarder , & donné en particulier par Pline , au quart de cercle.
- Dioptres , petits trous dans les inf-trumens dioptriques, par lefquels paf-ffnt les rayons vifuels, qui viennent des objets à l’œiL
- Diorix, foifé , canal, ruiffeau pour détourner de l’eau.
- Direckoprincipalis, ail. haupt ftrei-ehen.
- Duedon des couches ou veines de charboti, lié. allure. On entend par ces expreffions la fituation des veines , relativement aux quatre points cardinaux d'u monde.
- La direéiion des veines de charbon s’exprime différemment en termes de mineurs.
- Difc ombrer , lié. nettoyer un vieux hure.
- Difpicrtèe , ( veine ) lié.
- D.fi./.p ns des veines.
- Dijiillation du chzïhon de terre-pour
- en tirer le bitume per defcenfum. Diftil-lation de la liqueur ou fuie du charbon de terre, pour en retirer avec économie de l’alkali volatil. En voici un procédé , imaginé par M. de Suive » apothicaire à Liege.
- R. Quatre livres de fuie de houille : mettez-les fur une toile un peu ferrée , tendue fur un chaffis ; verfez def» fus huit ou dix pintes d’eau bouillante v prenez l’eau qui aura été filtrée , & faites-la évaporer dans un chauderon de 1er juiqu’à ce que la liqueur foit réduite à la confiflance d’un firop clair. Procédez enfuite avec cette liqueur de la maniéré fuivante.
- f)ans le cas où il s’agit d’obtenir de l’alkali volatil fluide , mettez, avec la liqueur de fuie que vous venez d’avoir , de la chaux éteinte en quantité fùtfffante pour former une eîpece de bouillie. Ce mélange doit être fait dans un matras de verre ou de grès 9 en y adaptant auffi - tôt un chapiteau de verre , au bout duquel on lutera un récipient, afin de recevoir les vapeurs qui s’élèveront de ce mélange; l’opération fera traitée à un feu modéré, & on continuera la diftillation jufqu’à ce qu’il ait palfé environ un quart de la liqueur qui aura été employée. L’opération achevée, on trouve dans le récipient de l’alkali volatil fluide très- piquant, qui ne diffère de l’alkali volatil du fel ammoniac que par un peu d’odeur d’huile de luccin : on parvient à ie dépouiller de cette odeur en le diffilîant une fécondé fois fur un peu de pierre de chaux.
- Dixième royale, droit pour le roi,
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- très-ancien en Angleterre , établi eu France dès l’an 1413, pour le roi, fur toutes les fubftances terreftres. Affranchi ou modifié en différens tems félon les circonftances.
- Dixième ( jeu du ) , commerce maritime, facilité accordée pour mettre les capitaines de navires à couvert des failles qu’ils pourraient encourir par erreur dans la jauge de leurs bâ-ti me ns.
- * Doigts , parties de l’aune des me-fureurs de mines.
- Dominus , dominus cuniculi, Lié. fei-gneur arenier , premier auteur & fondateur primitif de Tareiiie.
- Domini vica-rius, ail. vorlcger.
- Donlege ( die ) ail. obliquité.
- Donlcgter gang, ail. venu obliqua.
- Donner dans une baigne, percer au pic, lié.
- Dormant ( charpent. )
- Dos de cheval, rein de chevau , elpece de faille.
- Dojfes , lié. Ramures ou fafeines pour étançonner.
- Double barre ,fax. geftange.
- Double hernaq. Folle de grand athour, lié.
- Double pannée , double treque , double trait.
- Double ferrement, lié.
- Douillard , mefure ufîtée dans le Bourdelais, pour le charbon d’Ecoffe & d’Irlande.
- Douille, virole : en général on donne ce nom à tout cylindre , anneau , ou tuyau de métal.
- Drebbel ( Cor mil) , invention de ce payfàn, pour conduire un vaillèau à
- la rame fous l’eau. Ce vaiffeau qui avait été confinait pour le roi Jacques Ier, contenait douze rameurs , fuis compter les palfagers : l’expérience en fut faite dans la Tamife , & un de ceux qui étaient de cette navigation fous l’eau , vivait encore lorfque M. Boy le en a écrit ia relation, feule trace que l’on ait confervée de cette navigation finguliere: la liqueur, félon M. Boyle^ était de l’invention d’un phyficien > gendre de Drebbel, qui débouchant la bouteille , en faifait ufige de tems en tems , quand l’air du vaiffeau , échauffé par Phaleine de ceux qui y étaient , n’était plus refpirable.
- Drccler , ail. Ve cio res. Hiercheux.
- Drefjant ( veine en) ou furplombée , qui va par les trois heures.
- Dreu de foc, lié. En ligne de la voie ou alignement de l’ouvrage , ou, comme on dit, en avant-main.
- Drift , dift, an. Manege. Allure des veines.
- Droit (filon), fax. feheute gange.
- Droit. ( Jurifprudence. ) Loi, conf titution , réglé obligatoire, différente dans fes maximes chez chaque nation.
- Droit ( acquiftion du ) déexploiter une mine de charbon , félon les ufages & coutume de Liege. Il eft plufieurs maniérés de s’affurer de ce droit vis-à-vis des propriétaires de la furface, nommés au pays de Liege hunier ; & vis-à-vis des propriétaires du fonds, ap-pellés rendeur, terrageur. Voyez Raideur , Terrageur , Huniers. La première forme d’acquifition eft défignée fous les expreliions convention , rendait ,
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- pzrmiffion. La fécondé maniéré efl dite voie ou action de conquête , parce qu’au refus du propriétaire de laper-miflion par rendage & convention, ia faculté d’exploiter la mine efl odtroyée par autorité de juge , en vertu d’un mandement du prince Ernefl de Bavière , du 22 décembre I f81 5 publié félon les formes au péron de Liege, le 20 janvier i^82. Cette loi efl: fondée fur l’intérêt public qui exige que des fubflances utiles ne _reAent point enfouies , & que l’entrepreneur qui fe propofe à fes. rifques , périls & fortune , d’en faire jouir fon pays, foit favorifé par la loi.
- Droit ou cens à'areine > lié. Eli'parlant d’un aqueduc , il faut diflinguer deux fortes de droits ; celui de percer & de conduire cet aqueduc dans le ter-rein d’autrui, exprimé dans quelques auteurs latins par le mot aquagium le fécond droit eft la: redevance de celui qui fait pouffer à fes frais une galerie directement, & qui efl: due avec le droit de terrage : ce droit d’areine efl appellé dans la coutume de Liege-le cens , ou le cert d’areine, parce que dans quelques diftricts on paie ordinairement le centième trait.. Dans d’autres endroits c’efl; le 80e franc & libre r à moins que l’entrepreneur 11’ait fait la dépende de l’aqueduc , & qu’il-ne foit lui-même arnier. Ce droit de cens d’areine eff dû non - feulement pour, les charbons qui font au-delfus du niveau de la galerie, mais encore pour ceux qui font au - délions& généralement pour tout ce qui efl extrait d’une mine qui v.erfe fes eaux dans l’areiue , attendu qu’en faifant ce per-
- cement , on ne fe propofe pas toujours de découvrir une veine de charbon , ou un filon métallique il effc tout /impie que fouvent on n’en rencontre point lorfqu’on pourchalfe une-galerie de cette efpece ; alors la coutume en Allemagne efl que les portions de mines qui recueillent les avantages de ce percement paient à celui qui en efl le propriétaire le droit de percement ; c’efl le dix-huitieme ou le: neuvième , ou le quatrième denier, félon les circonflances , félon les conventions qui ont été flipulées , & félon les ordonnances & loix de mines de-çhaque pays..
- Droit ou cens de terrage, lié. Droit qui appartient à différentes perfonnes.
- Droit de verfage, lié. qui efl le même que le cens d’areine, & qui efl dû au propriétaire du fonds par les entrepreneurs , dans les cas où au lieu de xhorrer les eaux par une areine, ils les xhorrent par des machines qui les, enlèvent au jour.
- Droit de fouverainetè fur les exploitations de mines. Droit de là couronne. Droit régalien tan. royalty. Droit dont l’origine remonte aux empereurs Romains , qui étaient propriétaires dans, les Gaules de plulieurs fonds de terre*, lefquels par la fuite compoferent le domaine corporel de nos premiers rois. L’état romain s’appropria encore les: métaux , & toutes les matières profitables qui pourraient fe tirer du fein de la terre, non - feulement dans l’étendue où il avait la propriété, mais., encore dans les fonds de fes fujets, dont la jouiffance fut reftreinte à la, fuperheie.,.
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- Cet état fixa enfuite fon droit à dix pour cent fur tout ce qui provenait des carrières de marbre & de pierre ; cinq pour cent, comme tréfoncier , & cinq pour cent, pour droit de fouvcraineté ; c’efl-à-dire, que dans les fonds propres aux fujets , l’état fe réduifit à cinq, pour cent fur le marbre & les pierres feulement j mais il ne fe relâcha aucunement de la totalité des autres matières, faifant valoir pour fon compte les mines d’or & autres métaux précieux, pour la fouille defquels il employait des criminels condamnés aux travaux fouterreins , que l’on regardait comme une efpcce de fupplice ; il y employait auflî des efclaVes fifca-lins,mais aux travaux les moins pénibles.
- Droit commun de la France fur Pobjet des mines , minieies , & autres fubf tances terreflres. Nos premiers rois fuc-celfeurs des empereurs, ont exercé fur les mines & métaux les mêmes droits que les Romains , ce qui coniïitue le droit de fouveraineté , marqué par l’impôt du dixième royal. Voyez Législation. Ce droit du roi â pu quelquefois être éludé, & il paraît avoir été ufurpé quelquefois fous difFérens prétextes : comme pour mines achetées du domaine , avec le droit du dixième. Le fleur de S. Julien trouva des difficultés vis-à-vis de quelques fei-gneurs; mais l’édit de 1666 déclara ces droits recouvrables , dans les endroits où ils n’auraient pas été payés fans que les acheteurs ou autres tenanciers du domaine puffent prétendre lefdits droits leur avoir été vendus & baillés, à moins' qu’il n’en fut fait
- mention dans leurs contrats ; & ce même édit enjoignit aux procureurs généraux , ou leurs fubftituts , la recherche de ces droits.
- Une compagnie établie par édit du mois de février 17x2 pour toutes les mines du royaume, jouiflàit , à titre de bienfait, de ce don du dixième fur le produit des- mines ; mais il fut révoqué par un arrêt du confèil, en date du 1 mai 1731 , qui.reftreiguit en même tems la conceflîon à l’exploitation des mines & minières des provinces de Béarn, de la baffe-Navarre, de Languedoc & de Rouffillon. Par cet arrêt le (leur Delage & autres furent auto-rilés à prendre de nouveaux affociés, confentant à un intérêt proportionné aux fonds qu’ils mettraient dans l’en-treprife.
- Cette levée du dixième fur les raines pour le roi, parailfant être un obftacle aux progrès des découvertes , ainfi que la nécefîîté d’avoir une permii-fîon , les fouverains affranchirent de ce dixième royal plufieurs mines de foufre ,falpêtre, fer, ochre ,.pétroiU charbon de terre , ardoife , plâtre , craie , & autres fortes de pierres pour bâtimens & meules de moulins.
- Cette exemption , par les mêmes raifons d’utilité , s’eft étendue naturellement fur quelques matières à tous ceux qui par la fuite des tems obtinrent des permiflions de venir dans. les.pofi feilions d’autrui. . ? •
- Les lettres de Charles VI, en 14134 après avoir interdit»à tout feigneur fpirituel ou temporel la demande du droit de mine , comme appartenant uniquement au roi,..en affranchiifcnt;
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- pendant un terms limité le (leur la Roque*, feigneur de Roberval , fes aflbciés & autres employés à fes opérations , fans que les officiers royaux pulfent prétendre à cette levée : & ailleurs , pour en conftater l’établilfe-ment , décharge ledit Roberval du paiement du droit de régale ou quint, lui en fait même don & remife en tant que befoin.
- Le fieur François de Blumenftain, dans la conceffion qui lui fut octroyée le 9 janvier 1717 pour l’efpace de 20 années , de la mine de plomb de la pa-roiîfè de S. Julien , province du Forez, à dix lieues à la ronde , fut également déchargé pour ce tems du paiement du droit de régale ou quint, dont SaMa-jefté lui fit don.
- Charles VI, Charles VII, Louis XII, François I, Henri II, François II, n’ont fait, comme l’obfervent les auteurs de l’Encyclopédie,qu’augmenter les privilèges , quitter une partie des droits de leur domaine, établir des jurifdidions particulières, accorder des exemptions d’indemnités pour la fouille des mines, parla fim-ple confidération que les entrepreneurs & ouvriers de mines vaquent continuellement au bien de nous & de la chofe publique, dit l’ordonnance de nos rois , & qu’ils ont fouvent préféré le public à leur intérêt particulier.
- Droit de retrait, appellé en France réméré; droit que chaque alfocié dans les entreprifes de charbon à Liege a fur la part ou l’intérêt qu’un alfocié veut vendre en rendant à ce dernier le prix qui aurait été payé par un étranger.
- Les parens d’un alfocié qui aurait vendu fou intérêt, font exclus de ce droit de retrait ; il n’appartient qu’à la fociété , dont chaque membre eli en droit d’y concourir pour là quote part : les héritiers d’un alfocié qui vient à mourir n’en font point exclus.
- Droit additionnel. Collecteur des droits fur laTamife. Water bailiff.
- Droit de fret. Droit de 50 fols par tonneau de mer, payable parles capitaines & maîtres de vailfeaux étrangers , à l’entrée ou à la fortie des ports & havres du royaume, en conféquence de l’arrêt du confeii du 19 avril 1701 » portant réglement pour le paiement de ce droit: il fe payait à morte charge, c’efbà-dire, le vailfeau tant plein que vuide, pour toute la continence de chaque vailfeau.
- Droit impofé dé abord au barrit, fans aucune détermination de cette mefure.
- Dtoits fur les charbons de terre étrangers qui viennent dans le royaume par mer.
- Droits de circulation , droits des traites , droits des aides, droits d'octrois , droits aliénés , droits des cinq groffts fermes, droits d'entrée & de fortie. Sous ces titres font compris non-feulement les droits d’entrée & de fortie , mais encore quantité d’autres qui ont été créés fucceffivement depuis l’an i;oo , Si qui tous ont été réunis aux cinq grolfes fermes , & fixés en 1664 fur toutes fortes de marchan-difes pour les provinces de l’intérieur dn roj'aume, défignées en finances fous le nom de provinces des cinq grojfes fermes.
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- Les droits fur le charbon de terre en particulier ont été tantôt augmentés par diiferens rég/emens , enfuite modérés ou remis à- leur première fixation.
- Droite (tnain ) du leva y , lié.
- Droite vaille , grande vaille , ou vaille à cheval.
- Droiture, droiturer , avoir droiture. ( Jurifprudence liégeoife ). Obtenir droit fur des obfets conteftés.
- Drufen,all. Filons ou fentes ftériles. Donner dans les arufen.
- Ducere fojfam patentent, ail. -eiil roch-treiben.
- Ductarius /unis , ail, feil.
- Darius hthantrax.
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- aux fouterreines , ou eaux de mines. Les eaux, comme on l’a vu , forment, tant que dure une exploitation de mines, le plus grand embarras des travaux ; on ne peut même les avancer, foiten détachant le charbon avec les pics , foit en faifant fauter des quartiers de roches avec la poudre à canon , fans augmenter ces eaux ; Pexplofion de la poudre en fait quelquefois venir une grande abondance : aulîi, dans cette opération , il faut toujours être mu'ni de fiches ou chevilles de bois. Le travail lé difpole & s’aifure toujours la veille j c’elt la fonction des foreurs.
- La nature des eaux qui fe font jour dans un terrein eft réputée , par quelques écrivains, pouvoir fervir d’indice de la préfence du charbon de terre.
- Cheval y ou deux chevaux d'eau. Mtr
- d'eaux , lié. '
- û Faai, poids de Peau, augmenté ainfi que fon volume, à mefure que l’on approfondit.
- ' Levays. Levaux ordinaires de l'eau.
- Machine à eau , ail. feld geftangen. Autre efpece employée à AÏtemberg , margraviat de Mifnie ; ail. wafîer^ goepel. Kerrhade. Machine à eau. Machine a roue. Ouvrages deifous eaux»
- Verfage d'eaux, endroits verfians.
- Opérations de mines, relatives aux eaux. Battre les eaux. Conduite des eaux. Auffchage walfer. Cuveler les eaux. Epuifiement des eaux. Jeter Veau derrière foi.
- Mejurer , lié. xanchier les eaux. L’accroilTement de Peau dans les bures fe mefure avec grand foin: quand le tems elt fec, on les fait bailfer de fix pouces en vingt-quatre heures ; mais on obferve allez généralement des crues fenfibles après la pluie , qui détruit quelquefois , lorfqu’elle eft abondante, le travail de plufieurs jours: cela dépend, fans doute, de la nature pierreufe ou lablonneufe des couches à travers defquelles les eaux de pluie fe font palfage.
- Paître les eaux. Voyez paxhifies.
- Eau de bagnes , ou qui a féjourné dans les vuides fouterreins.
- Les recherches de M. le chevalier de Borda permettent de fuppofer que une machine dont le cylindre a yi pouces & demi de diamètre, peut élever à la hauteur de 612 pieds , 27734 •pieds cubes d’eau par jour ; 8c fi cette eau n’elt élevée qu’à 70 pieds, elle pourrait en élever dans le même tems
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- 242474 pieds cubes : on doit retranT cher; de £çtte .quantité celle, qui eft nécelfaire pour le--fervi.ee des-la machine , c’eft-à-dire, pour le refroidif-fement du pifton du cylindre , & pour l’injedion qui détruit la vapeur.
- D’après les données fur le cylindre , & fur la pompe refoulante de cette machine, on trouve que cette machine peut élever 1988° pieds cubes d’eau par jour , à la hauteur de 400 pieds, ce qui prouve 'qu’il y a de l’avantage à n’employer qu’une feule pompe refoulante pour élever l’eau d’une grande profondeur.
- Eau-mere. ( Chymie. )
- Eboulement. Ecroulement. Effondrement. Accident qui arrive fréquemment dans les mines en ma (Tes : ces fortes de mines ont plus befoin que toutes les autres d’être étançonnées foigneu-fement.
- Ecaille , ail. fchaleertz, croûte fu-perficielle détachée ( dans les mines métalliques ) de la mafle du rocher, fur lequel on a fait agir le feu pour la facilité du dégagement du filon. Cette écaille s’appelle wand. Dans quelques mines de charbon , on appelle écaille une couche placée entre le charbon 8c la falbande du toit, le plus fouvent de trois ou quatre pouces d’épais. On appelle aufii dans le mâchefer, écailles de fer, des feuillets de fer brut qui y font mêlés.
- Echalas. Pieu. Palus localis.
- Echarpe. Chape , ail. rad ftube. Rova theca feu loculamentum. Capfa, feu capfula , loculamentum orbiculorum.
- Echelles ( mécanique ), an. laders.
- Dans lès mines! métalliques, le ,'puits deftiné à monter & à defeendre fe> garnit d’échelles , dont chacune , fui-vant l’ufage_ d,es mines d’Allemagne , a douze aunes ou vingt-quatre pieds de longueur & eft compofée de vingt-quatre échelons qui font à un pied de diftance les uns des autres, & a'Ju-jettis dans les deux longs morceaux de bois qui en forment les montans. Les échelles^s’attachent,au haut du. puits par des crochets, &' tiennent au chafiis quarré qui eft à l’œil du bure , dans lequel on enfonce un crampon , auquel les ouvriers qui commencent à defeendre dans la mine peuvent fe tenir. À une certaine profondeur , dans le roc vif, où on ne peut plus commodément accrocher les échelles par des crampons, on accroche plu-fieurs échelles les unes aux autres par des crochets en S , placés à leurs extrémités. Toutes ces échelles doivent être bien folides & foigneufement vili-tées comme les chaînes.
- Echelles ( mathématique & géométrie ). Certaine longueur établie arbitrairement avec les divisions ulhelles , pour mefurer les grandeurs qui fe préfentent. On en conftruit de plu-fieurs façons.
- Eclievins de la fouveraine juf ice de Liege. Cette cour exerce fouveraine-ment la juftice dans toutes les affaires criminelles , & on ne peut appeller de fes arrêts civils qu’au confeil ordinaire du prince , formant un tribunal fupé-rieur en troifieme inftance , & en dernier relïort aux confaux de l’Empire. Cette cour , communément appellée
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- haute & fouveraine juftice, eft com-pofée d’un grand mayeur , nommé communément fouverain officier du prince, de plufieurs échevins dodteurs en droit, de deux fous-mayeurs , de deux chambellans & de onze greffiers, qui ont chacun un clerc-juré.
- Toutes les caufes ou procès qui s’élèvent fur le fait des mines de charbon ,fe traitent devant ce tribunal. Le prince autorife fept avocats des plus expérimentés, qu’on nomme révifeurs, pour faire la révifion des deux inf-tances précédentes ; car il n’eft permis, dans aucune caufe agitée en matière de houillerie , d’en appeller aux juges de l’Empire. Suivant le privilège accordé par l’empereur Maximilien II, en lyyi, ces derniers juges ne doivent dans aucun cas prendre connaif-fance de ces matières.
- Ecrou. Cochlea interior. Solide fil-îonné intérieurement , de maniéré qu’il puiffe s'infirmer peu à peu dans le cordon ou filet d’une vis, en rampant pour ainlî dire tout le long des fpires. C’eft comme le moule de la partie de la vis qui s’y trouve engagée.
- Ecroui (piece de fer), c’eft-à-dire, plus frappée.
- Edifices ( conjlruction d'), magajins, chemins, &c. relatifs au travail des mines. Les premiers établilfemens de mines en France ont reçu du gouvernement toutes les facilités néceifaires pour ces objets, qui en font des dépendances dire&es ; le fieur Julien de Grippon & fes affociés, les premiers qui ont fait des entreprifes de mines par privilège en 1560, étaient auto-Tome XVIII.
- rifés en vertu des lettres - patentes du roi, du io feptembre IJ48, à prendre, dans les endroits qu’ils trouveraient convenables , terres , héritages & ruiffeaux pour conftruire , bâtir , & édifier toutes mines , moulins, fourneaux , fonderies, affineries & maifon-nages néceifaires tant pour eux que pour mettre en œuvre, alfurer , retirer & accommoder les choies provenantes des mines & minières ; auffi de prendre terre pour faire cheminsà conduire leurs mines, bois, charbon, viétuaille & autres chofes commodes & utiles pour cet effet, en payant toutefois préalablement la fuperficie des terres raifonnablement, & félon que le cas le requerra, fans que les propriétaires puiilent prétendre à aucun droit ef-dites mines, & demander autre intérêt que la récompenfe des terres, fuperficie ou incommodité d’icelles, encore 'qu’en icelles lefdites mines fuient tirées î au moyen que par-devant notaire ou juffice il aura fait offre aux propriétaires de leur récompenfe, telle qu’elle fera arbitrée par gens à ce connai liant.
- Edimbourg, capitale de l’Ecolfe méridionale , dont le territoire fournit une très-bonne qualité de charbon de terre.
- Effiorefcence à remarquer fur quelques charbons de terre , & dont la couleur quelquefois très-jaune , peut donnera la vue l’idée d’une pouffiere fulfureufe , tandis que ce n’eft, la plupart du tems, qu’une chanciffure d’ochre jaune.
- Egougeoirs. Egoutoirs. On appelle
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- ainfi dans les mines, pour fouiller la calamine , des conduits ou crevafles danslefquelles les eaux vont fe perdre.
- Eigentlichen fchram , fax. Décou-vrement propre.
- Ein querfchlag, ail. Le premier mot fignifie un.
- Ein fumpft, lacuna.
- Ein wetterung , ail, damp , an. Vapeur amaflee depuis long - tems , dans les mines qui ont été interrompues.
- Eifern&r- ring, circulas fen eus , anneau.
- Eifen glimmer, fer de chat.
- Elajlicité, propriété de certains corps, & en particulier de l’air, par laquelle fes parties cedent pendant quelque tems à la comprelîion , mais reprennent enfuite cette propriété lorf-que la comprelîion celle.
- Eld, loft, fu. Pompe ou machine à vapeur.
- Eloigner, chajfer les mines, lié.
- Email ( bleu d’), azur , verre bleu.
- Emanations intérieures des mines de charbon de terre , en général plutôt mé-dicamenteufes que nuilîbles.
- Embouchure ,fax. fchlanch.
- Embouter, conduire Pairage.
- Embrafement fouterrein des mines de charbon de terre.
- Emeri ( pierre d’) , ail. fehmirgel, hall, fehmirgel - ftein , lat. fmyris, fmerillus cjfcinarum , pierre à polir le fer & l’acier.
- Emérillon. Crochet de fer particulier.
- Emétique ( tartre ) , confeillé par quelques auteurs pour les noyés 3c les fuffoqués.
- Empan. Diftance ou mefure de longueur , comprife dans l’efpace formé par l’extenlion de la main, depuis le pouce étendu d’un côté , jufqu’à l’extrémité du petit doigt oppofé, faifant trois quarts de pied , d’où on l’appelle en latin dodrans, ordinairement fpitha-ma , ou palmus major, parce que c’etl prefque la même chofe que le palme romain ; deux empans font un pied 3c demi.
- Empêchement , fu. befwaer , lié. faille.
- Encombres. Ruines enlacées les unes dans les autres.
- Encombrance. Encombrement. ( Marine ). Entaifement de la cargaifon des marchandifes dans un vaiifeau.
- Encouragemens aux travaux de mines. On n’a point du tout manqué en France , plus qu’ailleurs , à donner les encouragemens néceifaires à ces fortes d’entreprifes, & à leurs fuccès : les premières ordonnances de nos rois font marquées à cet efprit dans les dons ou diminutions du dixième royal. Les fauve-gardes accordées aux entrepre-neui s j les permilïîons de port d’armes ; les exemptions de tutele 8c curatelle j les franchifes des tailles & autres fub-fides ; la permiflion d’ériger un marché franc, près des mines ; de prendre des bois ; le droit de naturalité en faveur des étrangers, entrant dans les entre-prifes de mines ; le privilège de ne point déroger à la nobleffe ; les défenfes à tous gentilshommes de s’oppofer-& d’empêcher l’ouverture & la recherche des mines ; les adoptions de compagnies pour travailler les mines du royaume i l’établilièment de juges ; de
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- commiflaires de jurifdi&ions de police, pour l’adminiftration de juftice, tant civile quecriminelle ; enfin la création d’une charge & office de grand-maître, gouverneur & furintendant général réformateur , d’un lieutenant général, d’un lieutenant particulier , d’officiers, pour les mines , d’un contrôleur général, &c. les évocations au confeil, des conteftations pour raifon de l’exploitation des mines : tout prouve l’attention & l’intention du gouvernement pour favorifer cette branche de commerce j & l’on n’a point oublié en même tems d’affurer aux marchands & ouvriers la tranquillité de la part des gentilshommes qui voudraient les molefter. 4
- L’hiftoire fuivie de ces différentes ordonnances , frappée au véritable coin d’une fagetfe prévoyante , forme une efpece de réglement de finance & de police , qui femble être ignoré.
- Enfonçure. On appelle ainfi dans les mines de Fims le pied de la veine.
- Engin. Terme général, fynonyme à machine.
- Engine , an. Machine. ( S team ). Machine à vapeur.
- Enguel, treque. Panier de charbon livrable.
- Enlevures. Nom donné dans les mines de Fims à la tète de la veine.
- Enfeignemens , lié. Autorités, per-miffions de juftice qui s’obtiennent de la cour du charbonnage , ou enfeigne-ment de voir-jurés ou de juftice.
- EntbleJJen , ail. V’.nas corio nudare.
- Entonnoir. Plufieurs pièces de mécanique employées dans les travaux
- de mines portent le même nom d’entonnoir , telle que la piece de la fonde ou tarriere anglaife.
- Entrait. ( Charpenterie ) Poutre fur laquelle portent les folives.
- Entrepreneurs. Il leur importe d’avoir fous les yeux un état clair & diftind des ouvriers employés aux travaux , foit intérieurs , foit extérieurs , de l’extracftiou journalière & des dépenfes, pour comparer les frais d’exploitation & d’adminiftration avec le débit.
- Entrepreneurs de mines de charbon de terre au pays de Liege, Dans la coutume Liégeoife la compagnie d’entrepreneurs paie au propriétaire du fonds un ducat d’or pour la rupture dit ga^on. L’ouvrage commencé, la fociété 11’eft pas obligée d’exploiter indiftinélement les mines qu’elle a acquifes , foit par rendage , foit par permijfîon , foit par droit de conquête , & dans tous les fonds d’une même conceffion ; il fuftit qu’une partie de veines acquife foit exploitée pour les travailler de fuite dans les fonds voifins : alors la fociété, tenue uniquement vis-à-vis de l’un ou l’autre propriétaire qui ont fait lacefi. fion, de leur notifier à mefure que l’on entre dans leur fonds , ne peut être dèfaijie.
- Selon les réglés de houillerie au pays de Liege ,une fociété doit pouf, fer fes ouvrages le plus loin qu’il eft poflible fur la veine qu’elle a commencé d’exploiter, parce que, travaillant ainfi , elle fait non-feulement fon profit, mais encore celui du public, des terrageurs , &c. Par exemple , li
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- elle a entrepris un ouvrage , en fui-vant rinclinaifon de la couche que l’on nomme vallée ou gratte, elle doit 1 aider près du puits un maflif de charbon nommé ferre de veine , de la longueur de douze toifes ou environ . puis drcf-fer & pouffer deux tailles oppofées l’une à l’autre , que l’on appelle coif treffes ( ce font des ouvrages pris dans le charbon même & en l’extrayant, avancées du niveau, & fur la direction de la couche ) , les ouvrages doivent fe pourfuivre toujours en fui vaut l’in-clinaifon & la direction de la veine, fans toucher à ce qui avoifine le bure , finon pour fuppléer à ce qui peut manquer de la quantité de traits qu’on doit élever chaque jour à l’œil du bure , c’eft- à - dire , à fo traits.
- Tout entrepreneur qui a fait travailler en fonds d’autrui, acquis légitimement , eft obligé de déclarer par ferment le nombre de traits fortis par les ouvrages pourchaifés féparément fous chaque fonds.
- Les demandeurs, lorfqu’ils doutent de la fidélité de cette déclaration , font admis à exiger une vifite des ouvrages fouterreins, pour conftater par experts la quantité de traits.
- Comme le terrein qu’une fociété a acquis pour exploiter des mines de charbon eft ordinairement limité par celui d’une autre compagnie, il eft ordonné par les loix , & il eft d’ufage, foit pounempëcher la communication des eaux, foit auffi pour éviter les difficultés d’un mefurage douteux , de îaiifer trois toifes d’épailfeur de chaque côté des limites, ce qui fait fix toifes ;
- & ce charbon eft perdu pour toujours en tout ou en partie.
- Un entrepreneur ne peut vendre fon intérêt à un étranger au préjudice de fes afiociés , il ne peut que le céder à un autre aifocié; on a eu intention dans cette loi d’empêcher que la fociété ne fe trouve compofée de perfonnes qui ne plairaient pas aux intéreffés, qui leur fufciteraient des querelles , & nuiraient à l’entreprife.
- Entrepreneur d\treihe. Par la fucceft lion des tems il s’eft fait & entrepris un grand nombre de galeries d’écoulement dans Les différens diftriéts : il en eft de deux efpeces ; nous en ferons plus bas la diftin&ion : mais il n’eft permis à perfonne d’en entreprendre que par formalité de juftice, & après l’indication qui lui a été donnée de l’endroit où doit être placée fon embouchure , quand ce ferait même pour écouler les eaux de fes propres ouvrages; tous ceux qui veulent s’en fer-vir avec le confentement de l’entrepreneur , font obligés de lui payer le cent d’areine fur le pied ci-delfus mentionné.
- Lorlqu’un arnier ou tout autre entrepreneur veut chalfer une galerie d’écoulement, il doit le faire au plus jufte niveau qu’il eft polfible, éviter avec foin la contrepente, & ne donner de pente à cette galerie qu’un pied fur cent toifes de fèpt piedsxha-cune , afin de ne pas perdre de l’écoulement ; cette pente étant fuffifante pour la décharge des eaux pour l’œil de l’areine. Si en pourchaffant cette galerie, après la permiffion du juge 3
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- un propriétaire de mine refufe de donner paflage dans fes fonds, ramier eft autorilë à fe faire paiîage par cham-bray , limité à quatre pieds de large, en payant au propriétaire le double droit de terrage pour le charbon provenant du chambray. Cette galerie, ouverte par autorité déjugé, ne peut éprouver d’empêchement de qui que ce foit, & elle refte libre au profit de l’entrepreneur : elle eft héréditaire dans une famille, & déclarée immeuble par l’article XI d’un record du charbonnage de l’année 1607.
- Entrepreneurs & ajfociés dans les en-treprifes di mines en France. Une des premières compagnies eft celle du chevalier de'la Roque , feigneur de Roberval. La néceftité d’une aflbcia-tion pour ces fortes de travaux indique le befoin d’encourager les régnicoles & les étrangers à y concourir. Il fut en conféquence permis au iteur de Roberval de s’aifocier dans chaque mine huit perfonnes tant Françaifes de nation, qu’étrangères, de quelque qualité & condition que ce fût ; il fut par cet arrêt mis en poifeflion des mines & minières ruinées ou délaiffées, ou fecré-tement pojfédées fans congé des rois pré-déceffeurs, aux ciaufes & conditions accoutumées , de dédommager les propriétaires des terreinsoù ledit Rober-vai voudrait faire travailler.
- Entrepreneurs généraux de mines de charbon de terre. Compagnie de monopoleurs qui s’eft annoncée à Paris fous ce titre en 1773.
- Enveloppes terreufes & pierreufes des veines de charbon, à connaître
- pour la première, fécondé & troifieme fouilles.
- Epaiffeur ( première ) du globe. Encroûtement formé de différentes couches , dont la nature & différentes çirconftances qui leur appartiennent', peuvent très - raifbnnablement être jugées par des obfervations comparées de la fuperficie extérieure de la terre, de fes éminences, de fes profondeurs , &c.
- Epaiffeur. Dans les mines d’Auvergne 011 appelle ainfi la m&liè de charbon renfermée entre le cmt & le plancher.
- Epaiffeur fixée par le réglement du pays de Limbourg , pour qualifier une veine , petite , groffe ou moyenne.
- Epaiffeur de veines, gênante pour le travail.
- Epalement. Jaugeage.
- Epaulement. Il eft très-facile de juger de la néceftité de remplir les ef-paces qu’on a fouillés pour foutemr le terrein : tantôt on remplit ces excavations avec les pierres ftériles & matières inutiles, qu’il ferait difpen-dieux de déblayer du fond des mines; c’eft ce qu’on appelle en général dans les houilleries de Liege triguts , ou fouayes.
- Lorfqu’on veut foutenir par le haut ces efpaces vuides, on forme de différentes maniérés des planchers plus ou moins folides , félon les circonftan-ces. Si l’on n’apporte pas à cet épau-lement tout le foin convenable, on court les rifques d’écroülemens très-dangereux pour la vie des ouvriers , & très - funeftes pour l’intérêt de l’en-
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- treprifc. Dans le courant d’avril 1777 à Crombiepoint, près de Tortybum en EcofTe , phifieurs acres de terre, au-deifous defquels on exploitait des mines de charbon , fe font abymés furie-champ : cet écroulement a menacé les travaux des falines qui fe font dans le même endroit, d’une inondation qui a exigé l’emploi de cent hommes & de cinquante chevaux pour tarir la crue extraordinaire des eaux , qui ont enfuite ouvert la terre dans un autre endroit : elle a été précédée d’un bruit femblable à celui du tonnerre, & accompagnée d’une fecoulfe qui a élevé un rocher au -delfus du niveau , à la hauteur de 14 pieds.
- Epinac. Bourg à trois lieues d’Au-tun & du hameau de Refille : la mine de charbon fituée à demi-lieue d’Epi-nac, découverte en 1744, n’a commencé à être exploitée qu’en I7f 1 » les travaux ont préfenté des vertiges d’une exploitation antérieure.
- Eplucheur ( marteau d'). Marteau à pointe. Outil employé dans les mêmes mines.
- Epfom ( fel d’ ). Sel neutre formé par l’union de l’acide vitriolique & d’une terre alkaline particulière. L’enveloppe terreufe du charbon de terre de Littry en balfie-Normandie, n’eft pref qu’entiérement , félon M. Monnet, que la terre même du fel d’Epfom combinée avec du foufre.
- Equateur , ou cercle équinoxial. Grand cercle qui paife par les pôles de l’orient & de l’occident de l’horizon. C’eft de ce cercle que l’on compte la latitude, quinze de fes degrés répondant à une heure, puifque 360 de-
- grés répondent à 24. Son élévation méridienne eft toujours égale au complément de la latitude d’un lieu pré-pofé.
- Equerre. Niveau. Chorohatte , ail. walfer - waage , grad Bogen. Libella. Réglé. Norma. ( Géométrie. ) Inftru-ment de bois ou de métal fer vaut à tracer & mefurer des angles droits. Lorfque les deux branches font mobiles à un point, on l’appelle biveau, ou fauffe équerre.
- Equilibre. Pefanteur égale de deux corps comparés l’un à l’autre.
- Equipeurs. Déquipeurs. Petits officiers de ville, fur les ports de la Seine, dans Paris.
- Erde borrer, ail. Terebra. Tarriere , lié. tarré.
- Erecla vena, all.Jlchender gang , lié. veine roilfe.
- Erpet. Fermoir, lié. Piece du tarré , appellée auffi cifeau, an. chijfel.
- Ergata. Axis ad horh^ontemperpen-diculariter ereclus. Vindas.
- Ert^-wand , ail. Dans les travaux de mines métalliques on appelle de cette manière les feuillets de rocher que le feu détache.
- Efcalin de Lieg-e, fait 12 fols & demi, argent de France.
- Efcarbilles. Nom donné en Auvergne aux braifes réfultantes du charbon de terre qui à éprouvé la com-buftion à un certain degré, appellées en Provence efcabrilles ; à Valancien-nes , grouejjes ;T dans le Lyonnais recuits , grejillons ; à Liege , kta-hays ; en Angleterre , coaks , cin-ders.
- Efclipe. Nom donné dans les mines
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- d’Aniou au traîneau des hiercheurs.
- Efclufe. ConftruCtion en pierre ou en charpente , qui s’ouvre & fe ferme par des portes à deux extrémités ; ce qui produit un baffin dans lequel on retient & où i’011 éleve des eaux.
- Chambre d’efclufe , fas. Baffin , ou chambre qui retient les eaux dans une efclufe. Le droit de péage s’acquitte à chaque éclufe, fuivant la pancarte qui doit être attachée au bureau où fe paie ce droit. Lorfque, pour les be-foins de l’état , on double ou on tierce les droits de péage , cette augmentation appartient au roi, qui ordinairement les donne à ferme.
- Efdufée. Maife d’eau contenue dans une chambre d’efclufe.
- Efclujîers. Gardes des efclufes , chargés de manœuvrer quand il palfe des bateaux qui. montent ou qui def-eendent dans un canal.
- Efcombrier, lié.
- Efcondire. Foffoyer. Avaler un bure, lié.
- Efcoquer la laÿe. Expreliions des ouvriers des houiilieres du Montais , qui, en travaillant de front, fe renvoient la houille l’un à l’autre.
- Efcoupe. Beche de fer , femblable à la triwelle des houilleurs Liégeois , employée indifféremment dans la mine de Montreîays pour le charbon & pour les pierres.
- Efpetteure , lié. Dérivé fans doute du terme de coutume efpeter , empiéter avec la charrue fur le grand chemin ; les houilleurs Liégeois appellent de ce nom, ou bacneures, les voies de détour.
- Efpinglette. Outil dont on fe fert dans les mines d’ingrande ou de M011-treîay.
- EJprit de lithantrax , ou de charbon de terre.
- Efprit - de-vin. Cette liqueur, qui eft un mélange d’eau ou phlegme & d’une huile éthérée fubtile, inflammable, eft plus ou moins dilatable, félon qu’elle eft plus ou moins rectifiée, ou félon que la dofe d’huile, eft plus ou moins forte par rapport à celle de l’eau. Voy. Expanfibilité. Le choix de fa qualité pour les thermomètres eft donc un article effentiel. Toute efpece eft bonne pour un thermomètre , pourvu qu’on ait foin d’en tenir note fur la planche même de l’inftrument.
- M. de Réaumur donne les moyens de ramener deux efprits - de - vin au même degré de dilatabilité, St de comparer enfemble les obfervations faites avec des thermomètres dont les ef. prits-de-vin feraient différens, lorf. que le rapport de leur dilatabilité eft connu. Voyez Thermomètre.
- Efjuu, axe , cathetes. ( Mécanique ) En particulier , efjîeu dans le tour, axe dans le tambour, roue dans fon efjîeu , ou Amplement tour , axis in peritrochio. Machines qui fe rapportent à celle nommée efjîeu dans le tour.
- EJîau. Efoc. Nom donné dans les mines d’Anjou aux ftappes ou piliers formés avec du charbon.
- Etalages. Partie du fourneau des groffes forges ; ce font les quatre portions de l’ouvrage d’un fourneau def. tiné à foutenir la mine quand elle
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- tombe en fufion ; elles forment enfem-ble la figure d’une trémie irrégulière.
- Etalon du barrit , dépofé à i’hôtel-de-ville de Rouen. Du minot, qui fert de mefure pour la vente du charbon de terre dans Paris. Des moules qui ont fervi à fabriquer les pelotes de charbon de terre apprêté , dépofé à l’hôtel j- de - ville , pour obvier à la fraude. ' ° :
- Etalonneur. Officier commis pour marquer & étalonner les mefures. Etalonnées des mefures de bois.
- Etançonner. Habiller un puits.
- Etoupe. Bourre de chanvre , de filaffe , qui dans quelques occafions peut être remplacée par du cuir : pour la platine du grand pifton du cylindre de la machine à vapeur , on fubffitue au cuir une meche molle bien trempée. Pour boucher des ouvertures , on peut auffi fe fervir de moulfe , au lieu d’étoupe.
- Etranglemens auxquels les ouvertures des foupapes & robinets font fujettes.
- Etrèjîllons. Croifures.
- Etain ( mine d ) , étain miniralifè dans la pierre. Minera Jlanni faxofa vulgaris, Wall. Stannum amorphum pe-tra varia vejlitum, Wolf ; ail. finn fpath. Zinn - graub. Ne doit pas être confondu avec la mine purifiée, nommée dans les opérations métallurgiques , pierre détain. Mines détain cryf-tallifée. Minera cryjlallorum Jlanni. Stannum polyedrum , irregulare , pie-rumque nigrum , Wolf.
- Etain de glace. Servant à faire de la foudure légère ; les droguiftes ap-
- pellent l’étain 'de glace, bifmuth.
- Etrier. ( Architecture. ) Etrier fuf-pendu fur l’effieu du régulateur. Longue cheville, crochets qui en dépendent.
- Étuves , ou fourneaux à la Chinoife. Rangs, pour chauffer les appartenons avec le charbon de terre ou autre combuftible. De plufieurs efpeces. Rang pavé ou carrelé. Ti - kang. Rang en ejlrade , dans lequel on fe tient affis, Rao-kang. Rang en murailles ou à cheminée. Tong-kang. Tous trois conffcruits fur les mêmes principes.
- L’auteur du traité de la connaiffance générale des grains & de la mouture par économie, M. Béguillet, a inféré à la fuite d’un mémoire envoyé de Peking, fur la confervation & la police des grains à la Chine, une description de ces kangs Chinois, qui paraît être traduite.de celle qui a été inférée dans les TranfaCtions philofo-phiques, & que nous avons publiée : il y a joint le plan géométral de cette étuve, une coupe dans fa longueur, une coupe perpendiculaire dans fa largeur , une coupe horizontale, & une cinquième planche repréfentant une maifon Chinoife pour faire voir la multitude des fenêtres fituées au midi, afin de faire mieux juger de la chaleur d’un kang, où le thermomètre doit être à fept ou huit degrés au - de£ fus de la glace , tandis que dans la maifon il eft à neuf & à dix.
- M. Béguillet obferve que la théorie de ces kangs bien maniée , remplirait l’objet qu’on fe propofe dans les étuves à fécher les farines -, qu’on pourrait
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- Tait même y garder une combinaifon, telle que le feu du fourneau pourrait ieti même tems fervir aux ufages du ménage , au lieu de cheminée i que ces kangs pourraient même -, avec quelques perfe&ions , être adoptes ;avantageufement pour les fales baffes des hôpitaux, des atteliers, & de toutes les maifons des hôpitaux.
- Eventement du charbon de terre dans les mines qui ont été bouleverfées & dérangées , comme on pourrait dire •que l’ont été les mines en mafTe.
- Eventilatio linteorum jaclatu. Ventilation fuffifante pour les cas les plus fîmples.
- Eventoir.. Ouverture particulière que. l’on eft en ufage , dans les mines d’Anjou , de pratiquer pour obvier au défaut d’air.
- Excavations. Dilatemms.
- Exhalaifon fouterreine. Vapeur ga-leufe. Fumus virofus. Su. ima. Voyez Vapeur, air.
- Exhalaifon du charbon de terre au feu , renfeignement de fa qualité.
- Expanfibilitè. Propriété qui eft fen-fible dans différentes fubftances : elle eft produite par une caufe qui tend à écarter les unes des autres les parties des corps , & dès-lors l’expanftbilité ne peut appartenir qu’à des corps actuellement fluides. Expanfibilitè de l'air. Expanfibilitè de Cefprit-de-vin. Quelle que foit la loi fuivant laquelle les parties d’un corps expanfible fe repouffent les unes les autres, c’eft une fuite de la répulfion que ce corps forcé par la compreffion à occuper un efpace moindre fe rétabliffe dans fon premier état Tome XVIIL ,
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- lorfque la compreffion vient à cetfer» avec une force égale à la force comprimât! te.
- Expanfible. Des notions données fur l’expanfibilité , il réfulte qu’un corps expanfible eft élaftique par cela-même , fans pour cela néanmoins que tout corps élaftique foit expanfible.
- Exploitation des mines métalliques, ou fentes & filons , complètement décrite dans les fix premiers livres,de re mztallica, par Agricola; elle fe trouve détaillée très-- en grand, dans le chapitre III de Lehmann, tome L Ce qui fe trouve fur ce fujet-dans l’Encyclopédie , au mot Mine , eft extrait de cet ouvrage: les différons.articles qu’il renferme, concernant;l’exploitation , feront portés à leur place dans cette table des matières. Les perfonnes qui s’occupent des opérations de mines , ne peuvent que puifer des connaiffances intéreffantes dans ce rapprochement comparé du travail des mines dans les différons âges-; le volume des mémoires de Par cadémie des inferiptions & belles-lettres, pour l’année 1777, contient des recherches très - curieufes par Mî l’abbé Amelion , fur la.manière dont les anciens exploitaient autrefois les mines.
- Exploitation des mines de charbon ,em Angleterre. M. Qv^ifte, dire&eur des fabriques de fer en Suede, a publié, dans le premier trimeftre, des a&es de l’académie de Stockholm, un mémoire fur ies charbons de terre de la Grande-Bretagne , & qui fera fuivi d’un fécond fur leur exploitation.: nous, ferons K
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- ufage dans cette table des matières de ce qui Te trouve de particulier dans le premier , fur les cduches de la mine de Newcaftle & de Wittehaven..
- Exploitation des mines de charbon au pays de Liege, décrite en abrégé- par M. Jars dans- fes^ Voyages métallurgiques
- Exploitation des mines de charbon en France fur le même plaiu
- Explofions de mines>. On'a-vu-décès explofions enlever des décombres à plus de.ioo.pieds hors delà bouche du bure.
- Explofn e-, fulminante, détonnante ((vapeur-, exhalaifon ).
- Extracteurs , nom que l’on donne dans le Lyonnais- aux entrepreneurs déminés de charbon, ou à ceux- qui ont traité avec les propriétaires.
- Ex traction du charbon dans les mines , ou quantité qui peut s’en enlever en différens tems donnés, par jour-, par année, en obfervant que ce qui peut s’enlever en une journée d’ün-puits de mine , eft relatif au nombre des. chevaux, à la profondeur du bure, fur-tout à la force- de la machine d’ex-tradion..
- On trouve dans le chap, VII dé l’ouvrage de-M. Delius, un femblable calcul , "pour les différentes machines à. enlever les minerais & les.eaux.
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- FAAZ, lié. poids, charge. Faa^ de iVau..
- F acteur général, ou- commifjionnairê. Par arrêt donné par le roi, féant en j&nj.couvfçil, fur l’ordre réglement
- que Sa Majefté veut être gardés an-fait des mines & minières du royaume ». du 14 mai 1,604, les contradans & affociés font tenus d’avoir fur le lieu où efi: la mine travaillée, un fadeur général quipuilfe répondre de l’exe-.-cution de leur contrat, faire les. dili-. gences. requifes ,.tant pour le travail,, la fonte & affinement des métaux , que pour payer les droits de Sa Majefté , enfemble les. ouvriers tenir toujours-fonds de charbon , & autres provi-fions.néçeffaires à la continuation du. travail, & rendre auxdits oontradans & affociés compte.de ce qu’il aura reçu, pour eux de trois mois en trois mois 5r ou autre tems-convenu .entre les affociés & contradans.
- Faction des mines ; cette expreffion. fe trouve dans les anciens réglemens ». pour défigner les ouvrages de mines.
- Faclorcoal, an. commis.,
- Eahacle , .ail.. harpago»
- Faille lié. Flow floue.. Spririgj Gaks. Dicks.- Obftaclès. pierreux de grande étendue ,„& que l’on peut re* garder comme des montagnes fo.uter-reines* Dans les mines d’étain d.e Cor~ nouailles, les. obftaclès- pierreux, qui s’oppofent à la pourfuite des- travaux,. font appelles fam. Ge rocher épais eft. d’un gris noirâtre & fec ; les ouvriers, de ces mines-regardent les pierres. noires-comme de mauvais préfage , & conduifant à un }am; de.façon qua fi.en creufant on rencontre une terre noire , comme marécggeufe , on s’attende rencontrer un jam , & on lis-tarde pas à être arrêté.
- F aire.un carihou, Hé,_
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- Taire la mefure au platteau , lié.
- Faire fuivre la lumière , lié.
- Faire le tems, faire circuler l'air.
- Faire paffer le vent.
- Faifeur. Feu de voie. Ouvrier de mine dans les houillieres de Dalem.
- Fall.9 an. Ruine-, chute.
- Folia. Fallande , fu. Inclinaifon , pente du charbon.
- Fallende , ail. Cadentes cryptce.
- Famprade, ail. Tympanum dentatum. Roue dentée.
- Fanal. Phare. On pourrait y allumer des feux de charbon de terre ; elfai de cette lumière fur un fanal conftruit en 1772 dans l’un des ouvrages extérieurs des fortifications d’Ofiende. Ce fanal a été entretenu avec le -charbon de terre , depuis le 15 octobre 1774, jufqu’au décembre dans-cet efpace de tems il a confumé 277,440 livres en poids, du meilleur & plus gros charbon du pays , fai faut 260,800 livres, poids de marc : cette quantité de charbon a coûtée environ 3306 livres tournois ; ce qui fait, nuit commune, environ ^90 livres, poids de marc, revenant à environ 7 livres 10 fols. En faifant le feu on employait d’abord 30 à 40 livres de charbon fur le bois, & on continuait d’en mettre fuivant le be-foin ; lorfque le vent étâit confidé-rable, il en fallait confirmer beaucoup plus que lorfque le tems était calme; dans les nuits d’hiver, la violence du vent éteignait, emportait les morceaux de charbon hors la de grille , & 2000 livres fuffifaient à peine ; dans les grands orages, le feu s’éteignait, &
- on pouvait à peine le rallumer. Ces inconvéniens , qui n’avaient point été prévus, ont fait abandonner l’idée-qui paraiflait alfez naturelle., pour chercher & avoir une lumière égale & confiante, qui fe verra de plus loin que le feu de charbon de terre.
- Fardeau. Dans les mines d’Anjou , on appelle auifi le mouvement des terres pour s’écrouler , & que l’on empêche en reftapant la taille.
- Farten , ail. Scalae , machinée ,fcan-forice.
- Fajle. Tafle. Laciifculus. Baflin de décharge.
- Fat. Tourg, fu. Mefure pour tranfi-porter le minerai en Suede.
- Fauconneau. EJlourneau. Sorte de piece de bois pofée à angles droits, au-deifus du poinçon de l’engin, de qui contient une poulie à chacun de fes deux bouts.
- Faid, ail. Lâche , mol.
- Fauffe-équerre. Récipiangle. Mefure. Angle. ( Charpenterie fouterreine au pays de Dalem. )
- Fauff'e - laye. Jointure interrompue de charbon.
- Faujjè-quejlrejfe. Demi-queflrejfc, lié.
- Faux - bois. ( Charpenterie fouterreine en Anjou. )
- Faux - membre, lié. Piece de chief ou de chaîne de folle.
- Faux - roiffe , lié. Roifle qui fè change en un autre pendage.
- Fécule, bizut. Bleu d'Erlinghen, égal au plus beau bleu de Prulfe, préparé avec la fuie de charbon de terre cuit ou delféché dans les fourneaux de di£ tillation à Sultzbach.
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- Réil, ail.'Curie us.
- Edi kaw y beche , hoyau. Ligo.
- Feld - arbeite. Galeries.
- Ftld geftangen. F d'd oder- Jlfeken. Gangenjlangen-Kunf. Felifder ftreken gangen, Feld geftangen. Machine ou engin à barre. Machine à tirans ho-rfcntaux-, Machine à eau.
- Il'y, en a dfe différentes fortes , félon le nombre des corps de pompes qu’elles font agir, ou félon qu’elles peuvent être affifcs directement'à la bouche du puits à'pompes, ou qu’elles en font éloignées.
- Fendans. Fagnijjès ,JiJ. Grandes ouvertures, ou crevatles dans les fieges de pierres.
- Fenderus.. Maniéré de fendre & couper le fer en baguettes, ainii que de 1etendre & de l’applatir fons ies cylindres , félon la méthode ul'kée dans le pays de Liege , en ‘Angleterre & en S/iiede.
- Fentes & filons.. Terme de mines métalliques. Les fentes ou Vuides remplis dans leur entier du même minéral. , & lans ouvertures , portent, comme les filons , les noms de fentes capitales , fentes régulières , fentes irrégulières, Il elt de ces fentes qui, au lieu d’être, occupées par de la bonne mine, foht remplies par de l’argiile dnfé-rente ,,par des cryftaux quartzeux ; quand les ouvrages donnent dans ces rnauvaifes fentes, cela s’appelle donner dans les dritfen.
- 'Fentes aqueufes , qui donnent de Leau , fu. fprings, lié. affilage jus.
- Fjer déairage. Toc -feu , Lié. tokay.
- ' Fers à feu , ou grillages grilles. Dif-férens tokays pour l’airage des mines..
- Fer à mine. Pyrite commune dans, les glaifiereSi
- Fer de mine. Fer à mine. Fier di menne, lié. Outil de houilleur.
- Fer acerain. 'Fer aigre. Fer caffant à froid. Fer rouverain , qui Gaifeaiiement: à froid. Il eft fujet à‘ brûler plus aifé-ment que les fers doux. Ce fer , aigre pour quelques ouvrages , eft préférable au fer doux 3 tels font ceux à qui. il importe peu d’avoir de la foupleflê 5 mais que l’on veut qui foient capables de réliftance & d’être bien polis j d’où on l’appelle aufîi fer calfata, ou acerain. Voyez Fer enfant à froid, fer ronverain.
- Fer ( bon ) commun.lOn vend fous ce nom à Paris, un fer dont unetpa'rtie de la calfure elt blanche-& brillante &• ces endroits ont le grain plus fin que celui du fer de roche ;. le refte de la cadure elt grifàtre & d’un grain moins 'fin , lequel, à la rondeur près qu’il n’a pas , eft allez femblable à celui d’un acier médiocre que l’oiûa cade au-deiîus de l’endroit où difparaiffent les grains brillans que prend l’acier trempé fort chaud. Le nom de ce fer indique le cas qu’on en fait. If devient communément acier blanc., très - dur & de bonne qualité.
- Fer ( bon ) , fer doux à. la lime, on fer tendre , qui pouvant être travaillé chaud & à froid, devient propret toutes fortes d’ouvrages. Ce fer eft' très-eftimé, parce’qu’ila de la chair : on dit qu’un fer a de la chair , quand fà caifure ne. préfente ni lames, 3 nii
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- ET D E SES m:-I \N E'S. V V
- Tsorps; globuleux y maisdes. fibres; comble on-envoie en caïfantdu bois., les •unes faisantes , les autres formant.des creux. Leifer doux eft auffi nécelfaire pour certains ouvrages, que l’acier ou le fer trempé le font pour d’autres., 'en général pour tous les ouvrages qui 'doivent n’ëtre pas caifaus. 11 fe connaît à la caflure,. qui doit être noire tout au travers de la.barre : -alors il.eft malléable à froid & tendre à la lime,; mais -il eft piusdujjet à 'être cendreux., ic’éft-à^dire., clair & (moins ilnilànt -après iqu’il feft poli :.il s’y'trouve.des taches grifes; ce «’elf pas-qu’il ne fe -trouve* des-barres de -ce‘ fer qui n’ont -point> ces défauts.
- Fer cûffant ta chaud, y fui rroed •b te c ht.
- :Fer>caffanvà. froid yfu. .kahbrecht. Il :fè connaît en ce qu’il a le grain gros 8c clair à la cafture,-comme l’étain de '-glace. Quand on manieda barre, on le trouve rude à la main il eft tendre au feu ,ê ne peut»endurer une grande, ohaleur fans fe brûler; il y.a de ces • fortes de ’fer qui deviennent -plu&caf--fans en les forgeant, &;ne peuvent, ^ëtre ni drelfés , ni tournés à froid.
- 'Fer cendreux, qui ne s éclaircit pas ;feienà la -lime , en forte qu?il conferve -toujours des ' taches - grifes.
- Fer corroyé , adouci-, affiné fur Pendu me. Plufieurs-pièces de fer'corroyées.
- Fer écruÆoroui, c’ëlbà-dkeplus frappé.
- Fer de fonte,fonte -de fer , ou fer coulé.
- Fer gerfiux , -fer où a feyrenGoittrent
- des fentes & crevaftes.-Elles font ordinairement accompagnées de taches -& d’autres défauts qui pénètrent la fubftance du métal.
- .Fer rouverain. Se connaît à dès gerçures ou découpures-qifon voit-tra-,verfer les.quarrés dés barres ;-il eft pliant, malléable - à . froid, • & cafta nt-à chaud ; il rend une odeur de foiifre' à la forge ; fi onde frappe yil-en fort .des étmGeHeS'femblables à depetites-.Haiumesen étoiles ; quand on le chauffe un peu .plus'blanc que couleur-de ceriferouge,il s’ouvreà chaud,quelquefois prefque‘tout en travers de la barre , fur-tout- loffqu’on le-bat ou qu’on le ploie ;-il éft'fujet à avoir des; -pailles & des grains , c’eft le défaut du fer d’Efpagne : les vieux fers qui. ont été longitems^expdfés à l’air s font: fujets à devenir-rouverains.'
- Fer de roche. Ce que l’on nomme* -ainfi à Paris, -a le-grain-petit, ferré.,, la calfure blanche & brillante ; il s’en; confomme beaucoup dans''cette ville où il eft recherché-pour les-ouvrages que l’on veut.rendre 'nets -& bien> polis.
- F-er furckau ffe ^ ou ‘bridé à fa fuper-ficie, dont il fe détache trop d’éeailles b de feoriès ,-ce qui le fait nommer-fer brûlé à 4a forge.
- Fergon. Fourgon; Tifonnier.
- .Fermantes {futrres ) ou montans ,fax;. féhloffen
- Fermer la porte. Fermer dés 'niveaux" parades floupures , lié.
- Fermoire.’Erpct. Pièce du tarré-Lié^-geois:
- ‘ Fermoir&^à quatre cotés,-.'Autre.-pieeee
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- 78 DU CHARBON DE TERRE
- du tarré Liégeois.
- Ferne jlone , ail. Carrer gedynog, an. .Caillou fleuri, ou impreffions de ro-feaux, &c.
- Ferrât. Mefure ufïtée à Gaillac pour le charbon de terre. -
- Ferreus ( circulus ) ail. eiferner ring, anneau. V. Anneau. Ferreus ( uncusA ail. fcilhade.
- Ferru ( charbon ) , medjeux.
- Ferruminare. Brafer, fouder le fer.
- Fejle Hangend. Liegend gefiein , ail. Le penchant de la montagne.
- Fêta koffu. Charbon gras.
- Fétoyer ( faire ) les foffes , mettre la main à la chaîne.
- Feu brifou , feu grieux , lié.
- Feu [fer à ) pour l’airage des mines. Foc-feu.
- Feuilleté ( charbon ) , medjeu.
- Feufel, ail. Ma Iléus.
- Fibra incumbens fub dio tecli. Fibra fubdialis. Airure de veine, lié. weime de vone.
- Fibre. Vùnule.
- Fiches. Chevilles de bois.
- Fiducielle ( ligne ), diamètre de la bouffole.
- Fier di menue , lié. Voyez Fer de mine.
- Fierflad , paroiffe à un quart de mille de Helfimborg , où il fe trouve du charbon parmi les couches rangées comme il fuit : i °. une pierre de fable épaifle de 6 bralfes ; 2°.;lit de charbon de 2 pouces d’épais , qui remonte vers le jour ; 3<?. couche ar-gilleufe de 2 & | de braffes ; 40. couche de pierre de fable d’un pied, yoyez Pierre de fable; j°. lit de char-
- bon qui a été exploité , de répaifleuf d’un demi-pied à un pied ; 68. terre noire, 4 pouces, voyez Svdtor; 7®. argille noire ardoifée, d^ùn pied ; 8^. pierre de fàble bleuâtre.,'très-dure , 3 & | de brade. Le cinquième lit était d’un demi - pied depuijfance; mais il alla en augmentant dans un champ de 12 brades jufqu’à un pied, changea enluite en nvauvaife terre noire , qui continua dans une étendue de 4 braffes; alors le charbon reparut’de l’é-paiffeur d’un demi - pied ; après qu’011 en eut enlevé environ cinq mille tonnes , la veine parut épuifée.
- Filanduufe. Toirchée, lié. (Houille ).
- Filières. Dans les carrières on appelle ainfl des lits ou bandes à plomb qui interrompent les bancs, & qui fervent de filières aux eaux : c’eft ce que les houilleurs Liégeois appellent fagnijfes ,fendans.
- FtLling coal f an. Charbon qui fe gonfle.
- Filon , ( découvrement du ) , fax. verfshramen.
- Filons ( mine métallique ) , ail. klujft. Fentes de peu d’étendue, & étroites , remplies ou de mine , ou d’autre fubftance ; elles ont une partie de la roche ou de la montagne qui leur fert de toit, & une autre au-def-fous qui leur fert d’afîife. On remarque dans un filon fâ diredion ou fa fitua-tion relative aux quatre points cardinaux du monde, dirigée tantôt du fep-tentrion au midi, tantôt du midi au feptentrion , tantôt de l’orient à l’occident, tantôt de l’occident à l’orient, ou à peu près. Voyez Couches.
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- E T DE SES MINES.
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- Il ne faut pas s’imaginer qu’un filon dans fa direction, décrive exa&ement une ligne droite' qui réponde précisément à tels ou tels points de l’univers , femblables à une riviere. Les.filons à l’occafion des pentes de montagnes, ou à l’occafion des rochers qui les tra-verfent dans leur marche , décrivent différens détours. Lorfquils confervent leur direction & leur dimenjïon, on dit qu’ils ont leur vrai cours, ou que ce font de vrais fiions. Force du filon. Dimen fion en longueur, largeur, profondeur. .. . Fort' du vrai filon , ail. edle mïttel. Chevet du filou , ail. liegende. Couvertureal!. hangende. Fente on fituation des filons , relative à. l’horizon. Direction, allure. Infiniment variée., & diverfement exprimée par les mineurs , félon que cette chute, ou pente etl plus ou moins fenfible : cette pente fe détermine au .moyen-du quart de cercle;
- Filons capitaux.
- Filons par couches.
- Filon couché, fax.*ûaker gang , ail. flach gang qui va d’orient au ’ midi , pendant les heures ro, n, 12, en faifant avec la ligne horizontale un angle de 45.,degrés.
- Filon dêferteur,, interrompu..
- Filon droit, de pied droit, debout, perpendiculaire, ou qui a peu de pente., fax. feheutè gaug> ail. ifehend gang.
- Filon horizontal.
- Filon incliné, ou. prolongé. Schwe-bend , faifant avec la ligne horizontale quinze degrés.
- Filon en majje ,fax. ftock werk.
- Filon matinal, ,ou. du levant, ^épi-
- thètes données par les Français , par rapporta l’expofition de la montagne , aux filons qui ont leur diredtion d’oc-cident au feptentrion , pendant les heures 4 ,5 , 6 , & que les Saxons^ nomment, morgen-gang.
- Filon contre nature. Filon rebelle s dont la.pente fe trouve différente de> ce qu’elle doit être naturellement.-Filon oblique , c’eft- à- dire , qui a; beaucoup d’inclinaifon ; d’ou il arrive que les coffres dans lefquels on charge, la. mine pour l’enlever au jour , ne peuvent point defeendre d’à - plomb ‘ par les bures : ce qu’indique le nom, toulege , donné par les Allemands à* ces filons , qui font avec la ligne horizontale un angle de 74, degrés.-Filon perpendiculaire ou de pied-'droit. On doit obferver que les degrés ne font comptés qu’en partant de .la ligne horizontale , & que fi 0115 les compte en - avant de la perpendiculaire , il faut prendre cette détermination à rebours.
- Filon précipité. Filon incliné, extrêmement couché , qui fc perd entièrement dans la profondeur de la montagne. Les Saxons le nomment fehw-chente gang. Il ne.différé du filon par lits que parce qu’il n’a qu’un lit -, Sç il n’èff: pas tant, appellé. précipité, à raifôn de cette.pente qui varie dans' fa marche, qu.’à raifon de fa dirediion: vers les points de rhorizon..
- Filon prolongé. Synonyme de filow précipité..
- Filon rebelle*, qui change de dkec~-tion j-le même que-filon contre-na*-ture-.
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- D U •" C HA R B G N D E TERRE ~
- Filon qui remonte ou qui fe releve. L’inclinaifon d’un filon ne fe foutient pas toujours la même dans tout lbn trajet. On en voit qui tombaient presque perpendiculairement, & qui prennent tout d’un coup une inclinaifon prefque horizontale; alors on dit, le filon remonte, ou fe montre au jour. Gang richtet fich auf.
- Filon qui s'enfonce. Un filon marchant prefque fuivant une ligne horizontale, defcend quelquefois tout d’un coup perpendiculairement ; c’eft ce que les mineurs expriment en difant que le filon s’enfonce.
- Filon du jbir, filon tardif. Filon ainfi appelle par les Français par rapport à fon expofition ; c’eft le même que les Saxons nomment fpad gang, qui eft dirigé du feptentrion à l’occident , pendant les heures 7,8*9-
- Filons vrais, ou qui ont leur vrai cours.
- Filon qui prend du ventre. Gang wirft einen bauch. Qui fe renfle dans quelqu’une de fes parties.
- Filon. Veinule, ail. klufft.
- Fims (charbon de) en Bourbonnais.
- Fin ( charbon ). Ne lignifie qu’un charbon ou une houille en piece ; on l’appelle aulïi charbon net.
- Fin papin, lie. Fouaie employée à calfater les madriers du bougnou.
- Fine terroule > demi - terroule , employée pour les chaufferettes.
- Finitores metallici. Fodinarum men-fores. Arpenteurs de minés.
- Fireforck. Poker, an. Fourgon. Fer à remuer le feu.
- Finement, lié. Serrement qui fe fait
- pour renfermer les eaux par le moyen de gros bois d’une épaiffeur différente, félon la quantité d'eau ; cette conftruc-tion n’a lieu que dans les ouvrages de plattures.
- Pire Jlone , an. Quartz.
- Firmini ( charbon de ). Excellent.
- Fi file ( Fuhantrax ). Charbon d’ar-doifè.
- Fifjilis fchifiofus cum pauxillo por-cellanece albcz, vel lithantrax.
- Fitter, an. Homme qui équipe un vaiffeau. Maître d’allege.
- Flach , fax. Talud.
- Flâcher gang , ail. Vena porrecla, venacequa, qui fe continue également dans fon étendue.
- Flanc ( attaquer une mine en ). Lorf-que les veines fe prolongent le long d’un coteau de montagne parallèlement à fa bafe.
- Flang ( korb ) , fax. Barre de manivelle.
- Fletx, fax. Filon par couche.
- Fleuret. Plufieurs outils de mine portent ce nom , la brokette de mine des houilleurs Liégeois eft un fleuret allez femblable à l’aiguille des carriers. C’eft toujours une piece de la fonde , & dont il faut avoir des provifions. Fleuret ordinaire de mine des houillie-res d’ingrande. Grand fleuret de fonde. Fleuret quarré. Autre , dont le tranchant eft croifé. Fleuret en langue de ferpent.
- Flint glafs , an. Verre blanc, ou cryftal d’Angleterre. Verre à cailloux.
- Flint mill, an. moulin d Jilex , rouet à fufil des mineurs , ufité dans la mine de 'Wittehaven eu Angleterre.
- F lit du-
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- Flitche, lié. Al flitche.
- Flob , ail. Trochlea. Poulie.
- Floens ut flrykande , fuy Cours du filon. -
- Floe*. Ce mot eft quelquefois employé pour iÿnonyme à fchwebender gang. Venu pmdms feu dilata.
- Flone (for) f an. Pierre de devant. Féal h.
- Florine (Sainte). Quartier de laLi-magne, abondant en mines de charbon de terre.
- Flot ,fu. Cours , marche , étendue, route du charbon ; détermination particulière du charbon dans fa marche , dans fon courant.
- Flotteur. Cylindre folide de cuivre, appel lé auffi plongeur.
- Floux. Dans les mines de Bretagne.
- Flüchtig, ail. Etat des pierres qui dans la mine ne font point ferrées les unes contre les autres.
- Fluor. M. Pie Ilot fe fervait de ce mot comme fynonyme à gangue.
- Flux. Fondant.
- Fodders, an. mefure de charbon.
- Fodina metalli , fodina metallica, ail. grub oder zeche. Mine. Fodince prce-fes. Maître de folfe , maître de mine. Fodince vel cuniculiprcefss , ail. fteiger oder hutman.
- Fodinarum area. Fodinarum caput , ail. fund , grub. Tête de mine. Fodinarum menfores , arpenteurs. Fodina-rum fcriba , ail. berg-fchreiber.
- Foeders , an. Fibres. Veinules.
- Foible (houille) , terroule.
- Foihelts. Dans les mines de Dalem on appelle ainfi les ferremens placés aux quatre coins de la couffade, & Tome XVIII.
- auxquels s’attachent les chaînes.
- Follets ( malins). E [prit s follets des mines, aü. cobolt. Bergmanlein.
- Foncet. Bateau de Seine & de Loire.
- Fonciers ( feigneurs) 8c hauts-juf i-ciers. Cette qualité ne leur donne aucun droit fur les mines. Les lettres du roi Charles VI, du 30 mai 1413 , font précifes fur ce point ; il y eft déclaré expTellement que nulfeigneurfpi-rituel ou temporel, de quelqu état, dignité ou prééminence, condition ou autorité , quel qu'il foit , n aura , ne doit avoir , à quelque titre, caufe , occ ifion, quelle qu'elle foit, pouvoir ni autorité de prendre , reclamer, ne demander cf-dites mines ( du Nivernois & Lyonnais ) ni en autres quelconques afffes dans le royaume , la dixième partie ni autres droits de mine, &c. La rai fon en eft donnée dans le préambule. Par les mêmes lettres & par Péditdu 14 mai 1604, il eft pourvu aux dédom-magemens de paifages & chemins par les bois, terres , rivières de ces feigneurs, de maniéré que le tout leur foit moins préjudiciable que frire fe pourra, & qu’en même tems ces feigneurs jufticiers ou fonciers & tous gentilhommes, ne gênent en aucune maniéré les ouvertures à entreprendre fur leurs terres, le tranfport de tout ce qui aurait rapport à l’affinement des mines hors thr leurs terres \ l’édit du [4 mai 1604 défend de traverfer ces opérations fous quelque prétexte que ce foit j 8c en rappellant l’édit du mois d’octobre iffZ , qui feul avait attribué des droits aux hauts - jufticiers , ordonne que , conformément à ce L
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- DU CHARBON DE TERRE
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- droit, les feigneurs hauts -juftieiers , après la levée du dixième royal fur la part reliante aux entrepreneurs , puiflent prendre du receveur*par les mains du facteur général^ un quarantième du denier pour tout droit, encore n’eft-ce qu’à la charge d’aider les entrepreneurs de paiTages , chemins commodes , & toutes autres cho-fes néceffaires , qui leur feront payés : faute de quoi, les hauts-juftieiers & fonciers ne peuvent prétendre à ce droit. Par ces mêmes lettres d’odobre I5f2 , en faveur du fleur Roberval, le quart dit dixième eft afFeclé aux. feigneurs juftieiers ou fonciers.
- Fo-nd. Superficie.
- Fondant. Flux., Métallurgie. D'ans lès travaux de là docimafie & de la métallurgie on donne ce nom à des-fubftances que l’on joint à d’autres: corps pour en Faciliter la fufion. en vitrifiant les fubftances terreufes & pierreufes , afin que par ce moyen la partie métallique puilTe s’en dégager.. On n’en fait ufage. que dans les elfais ou dans les opérations de la docimafie , qui fe font en petit, & dans lesquelles on opéré fur une matière d’un petit volume.
- Fontaine. Réfervoir. Nom donné dans les mines de Fims au principal pui-fàrd, appellé bougnou par les houilleurs Liégeois.
- Fonte pâteufe , dans laquelle le métal nefe fépare point des feories , qui elles - mêmes ne font point affez liquides pour couler hors du fourneau , ce qui arrive dans les fontes par le mélange ayec les charbons j d’où dépend
- en particulier la durée d’une fonte hier* conduite d’ailleurs.
- Forage. Entamure par un trou de foret ou de fonde.
- Foramina fpiritalia. * ail. windlo-cher. Puits à air.
- Forb, ail. Panier. Corbis. D’autres fois ce mot revient au mot latin tym-panutn,.
- Force. Touffe , lyon. Pouffe. Fouma.
- Forder fahr. Schaclit , fax. Puits de tranfport ou d’extradion. Maître bure. Forderniff, ail. Difficulté des débâcles de l’eau. Forder jîollen, ail'. Galerie de déblai.
- Forer. Pénétrer dans une maffe ter-reufe, pierreufe ou charbonneufe avec la tarriere, Forer Fen-haut. Forer d’en-bas. Forer dans une direction horizontale. Forer de nïveau. Forer dreu de Jloc, lie.
- Forêts. Par lettres-patentes du io odobre 15^2,. en amplification des premières lettres données au fieur de la Roque, feigneur de Roberval , il était permis au fieur Roberval, fes commis & fes entremetteurs-, ou fes ayans - caufe , de prendre ès bois & forêts qu’ils trouveront plus commodes , tel nombre & quantité d’arbres qu’ils verront leur être convenable en .les payant toutefois raifonna-blement ; les officiers des eaux & forêts , & tous autres fujets, par ce^ même article obligés, quand ils en feront requis , de délivrer du bois , fans aucun autre mandement fpécial fûr ce, ni aucune lettre que le vidi-mus de cette ordonnanse * & au prix marchand.
- lorejlier. Dans plufieurs coutumes?
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- même en France , les foreftiers font les fergens ou gardiens des forêts. L ordonnance 1669 ^es appelle fergens à garde. Dans le pays Montais 011 les nomme hui fiers o ufergen s.
- Foret. Tar-ré. T arrière. Terret. Sonde. Verge.
- Foreur. Manche de la première piece de la tarriere anglaife.
- Foreur (maître ) en Angleterre.
- For jlone, an. Pierre de devant. Faille.
- Forge. Premier attelier de mine. On doit entendre par-là les petites forges ou fourneaux dans lefquels on fait chauffer le fer pour le battre & le travailler fur l’enclume avec le marteau. Ces forges font accompagnées de beaucoup d’uftenfiles.
- Foyer de forge. Creufet. Catinus. Ti-gillurn.
- Fork. Raker. Coal rake , an. Fourgon. Râble. Fergon. Tifonnier.
- Formalités à obferver a Liege pour entreprendre une mine.
- Les maîtres des foffes ou entrepreneurs des mines au pays de Liege , 11e peuvent abandonner aucuns de leurs ouvrages fouterreins, fans avoir préalablement donné avis à l’arnier & au terrageur, ou fans l’autorifation du juge. Sinon ceux-ci, ou l’un des deux , feraient en droit de les obliger de revuider les eaux qui fe feraient raffemblées dans les ouvrages, & de leur faire donner les accès libres & nécelfaires jufqu’au vif thiers, c’e(Ladite jufqu’à la fin, ou au bout de ceux où ils ont laifle la veine, pour examiner en même tems la conduite des
- travaux, fi l’on a payé les droits mentionnés i & s’il relie quelque ehofe à extraire avec profit, dans ce cas l’arnier & le terrageur font en droit de continuer les travaux à l’exclufion de la fociété , qui pour lors e(t obligée de leur céder l’ulàge du puits , des machines, des outils & autres accef-foires, à l’exception des chevaux , pour extraire tout ce qu’ils voudront, & à leur profit, dans les ouvrages abandonnés, à la charge par eux de rendre le tout en bon état à la fociété , pour qu’elle continue le refte de fou exploitation dans les travaux à faire, foit fur la même veine, foit fur d’autres veines fupérieures ou inférieures.
- Formeti, ail. Fourneau de fonte.
- Formes. Lunettes. Foumes. Moules dans lefquels on preffe & l’on bat avec la main ou autrement le charbon de terre empafté avec des argilles.
- Fornix. Caméra. Cheminée en chapelle pour fe chauffer avec du charbon de terre.
- Fort du filon, ail. machtig - keite. Edle mittel. Ligne du fort.
- Forte toife. Eaux du fécond niveau.
- Forts \ toutes perfonnes de journées qui s’adonnent à remuer & porter de pefans fardeaux fur des crochets ou fur des hottes : c’eft ce qu’on nomme communément à Paris porte-faix, & à Liège des botterejjes, parce que ce font des femmes qui s’emploient à ces travaux.
- Fojfa latens , vel occulta. Cripta , ail. querfchlag. Foffas latentes & cuniculos fubjlruere. Fojfa patens. FoJJ'a putealis. Puifart. Foffas ducere, ail. echorffen.
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- Fojjt [ maître dé jj , maître de miné.. Frœfes fodinœ , maître de fojj'e au pays de Liege.
- Fojj'e s à houille, Puits de mine. Bures appellëes à bürque ; dans les
- mines de Decife, croc. FoJJe de grand athour. Herna£ double.Tourret à bras. De petit athour. Herna^Jîmple. Bure à bras, D'amont pend âge. D'aval pendage,Fc(féaux bras.
- Fojj'e. Champ ainfi nomme en Auvergne , qui eft le centre des mines du quartier de BralFac, de Sainte-Florine & de Frugeres , abandonné en 176$, reprife en 1774 Fous le nom de mine de Sadourny^
- Fofjîle (ebenum), ail. fortur brandur»
- FojJ'or. Ouvrier de houilliere.
- Fojfoyer. Avaler. Efconduire un bure , lié,
- Fouaye r lié, mettre au feu delfouaye..
- Fouille. Premier travail des mines-pour pénétrer juFqu'aux mines & fubf-tances terreftrès. Seconde fouille, Troi-Jîeme fouille. Droit de fouille. Droit de propriétaire, toujours refté intadt Fouille couverte..Conduit fouterrein. Galerie de pied. Percement. Areine. Maîtrede galerie 3, alL. erbe-ftollen, an. free lud fu. wattu ftoll.
- Fouilbir.. Piece dé la tarriere an-glaife. -
- Fout air. Common damp. Stith , an. Bad 3 air, ail. Fdivvaden. Mauvais air. Air nuifible.
- jTourna. Krowin. Vapeur fuflfocante.
- Fourne. Forme. Lunettes.'Moules.
- Fourche [ areine faifant] ,, fourche & rottijjes de Careine. . .
- Fourche. [Hydraulique. ] Broche ou
- tuyau qui Fe Foude Fur un autre.
- Fourchu [ levier ] du fécond appaw reil de la Fonde ou tarriere anglaiFe.
- Foureur. Bourroir > pour déboucher le trou du fleuret.
- Fourgon. Râble, an. fork. Poker. Raker. KoalRake. Fergon. Tifonnier.
- Fourneau.. Repos. Chambray , lié. Travailler par chambrays.
- Fourneau à feu pour Pairage, conf-truit pour une des mines de Decize en Kivernois..
- Fourneau allemand eu fourneau courbe , ou fourneau à manche. Différent fourneaux compris Fous la dénomination de fourneaux courbes.
- Fourneau de fonteail. formen:
- Fourneau defuf on. Hauts Fourneaux. Employés dans les forges de Carron en Ecolfe, à la fonte des minerais de fer.. ' Fours [ terre d] , terres des poëliers.
- Fours & fourneaux pour calciner des terres & des pierres avec le feu de houille.
- Fours & fourneaux pour les calcinations que demande le traitement des -calamines ou mines de zinc. Pour la, calcination du plomb. Pour la calcination du faire.
- Fourneaux ou allumettes pour le cui-Fage du charbon de terre à Pair libre ou en meule.
- Fourneaux de réverbéré , nommés eu France fourneaux anglais ; en Allemagne fourneaux à vent, qui feraient •mieux nommés fourneaux à air. Employés à la fonte de la gueufe avec le clod codl réduit en une efpece de cin-ders, appellé coak.
- Cupol ou fourneau pour la fonte de
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- plomb à Flint-Shire, principauté de Galles , comme on fond Ja mine de cuivre à Briflol. Fourneaux de fer fondu pour la fonte de la mine de plomb en Etoile , avec la tourbe & le charbon.
- Fourneau mixte , faifant à la fois les fondions d’un fourneau à manche & d’un fourneau de réverbere pour fondre toutes fortes de mines par le feu de charbon de terre.
- Fourneau dont on fe fert en Angleterre pour affiner au feu de charbon de terre le plomb tenant argent.
- Fourneau de Sultfbach pour fe procurer , par le deflechement au feu , des braifes de charbon de terre , & de ce fofile obtenir des cinders.
- Fourneaux à chaudières qui fe chauffent ou qui peuvent fe chaulfer avec le feu de houille.
- Fourneaux de P alambic de la machine à vapeur , vulgairement appellèe pompe à feu.
- Far un relevé exaét , fait fur plu-fleurs mois de travail , la grande machine de Montrelais de 521 pouces de diamètre , confomme, félon M. le chevalier de Borda , 9 pieds cubes de charbon par heure ; & il faut quand elle elt refroidie , trois heures de feu avant qu’elle ne produife affez de vapeur pour fe mettre en mouvement. Cela pofé, une machine de cette force qu’on voudrait faire travailler pendant 24 heures feulement, pour la lailfer repofer enfuite , confumerait 27 fois 9 fô pieds cubes, ou 2 s 1 pieds cubes de charbon ; mais M. de Borda obferve que le charbon qu’on emploie à:l’aliment.de cette, machine étant nou-
- 8f
- velîement tiré delà mine, & n’ayant pas eu le terns d’être détérioré par l’adion de fuir , doit avoir de la fupériorité fur le même charbon tiré depuis long-tems hors de la mine ; par eonféquent, des machines .auxquelles on emploierait de la houille anciennement tirée, en confommeraient une plus grande quantité; & M. de Borda ci oit que cela irait au moins à un dixième d’augmentation.
- Une des machines établies à Lonc-dres, fur laquelle M. Magellan a envoyé quelques éclairciifemens , & dont le cylindre a 49 pouces anglais de diamètre , donne à peu de chofe près le même réfultat. Sa confommation elt de 6 boilîeaux de charbon par heure ; chaque boiifeau contient les | d’un quintal de charbon , & le quintal pefe 112 livres aver du poids , d’où M. de Borda trouve , par le rapport de la livre aver du poids avec la livre françailè, que les 6 boilfeaux contiennent 467 livres de charbon, ce qui fait 8 pieds cubes & En fuppofant maintenant qu’il faille 2 heures f pour chaulfer cette machine, il réfuîte qu’elle confomme 215 pieds cubes de charbon pour 24 heures de travail, ou 26 heures \ de feu. Ayant trouvé ci-dellus 276 pieds cubes de charbon pour la grande machine de Montrelais , &... pieds cubes pour la petite , on obferve que ces deux machines font à peu près dans le rapport desiurraces des deux piftons , qui font l’un de 49 pouces anglais , & l’autre de 52 J pouces de France. Ainli les co.nfoni-mations de ces deux machines font?
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- à peu près proportionnelles à leurs forces. On fait cependant qu’en général les petites machines confomment à proportion plus que les grandesj d’où on pourrait conclure que le charbon d’Angleterre eft un peu meilleur que le nôtre , ou que nous avons fup-pofé la détérioration de notre charbon anciennement tiré , plus grande qu’elle n’eft réellement, ou peut être enfin que l’eftimation des fix boif féaux , en nombres ronds , n’a pas été faite avec beaucoup de précifion : au refte, les'différences des réfultats font alfcz petites pour qu’on puiile les négliger.
- Des diiférens calculs fûts par M. le chevalier de Borda fur les machines à vapeur établies à Montrelais , & qui nous ont paru devoir être rapportés chacun aux articles qu’ils concernent, .on tire ce réfultat, qu’une grande machine à vapeur confommc un pied cube de charbon par jour , pour chaque pouce d’eau qu’elle fournit, à la hauteur de ioo pieds, c’eft- à - dire, pour f76 pieds cubes d’eau qu’elle .éleve à cette hauteur. Par-là il eft aifé de calculer la dépenfe pour une hauteur , & pour une quantité d’eau quelconque.
- Fourniture. ( Commerce. ) Terme ufité dans quelques provinces de France, fur les bords de la Loire , pour une quantité déterminée de charbon de terre.
- Fow flon. Spring, an. Befwaer. Bryne , fu. Faille, lié.
- Foyer de forge. Creufet. Ouvrage ,fu. hoerd. Catinus. Tigillum.
- Fragilms ( Lithantrax ). Charbon du Grieshorn en Suilfe.
- Fragrnens ( pièces de veines détachées en ) j ail. gefehube. Pierres de veines en morceaux , mêlées de terre , qui ont été entraînées hors de leur place par de fortes pluies, & qu’il ne faut pas confondre avec les feif-fen-werk. Voyez Seiffen- Werk. _
- Frais ( charbon ) , récemment tiré de la mine : différent en poids du charbon fec, ou anciennement extrait. Peut être aufli différent en qualité.
- Frais. Dépenfes relatives à ditfé-rens objets, foit d’exploitation , foit d’exportation , foit de commerce du charbon de terre ,pour la conftruétion. d’un puits de mine.
- Fraijil. Frafil. Frejil. Fraifi. %FraJint Le mot fraijil a différentes lignifications : quelquefois on appelle ainfi la craffe du fer. On défigne communément par ce terme une concrétion cendreufe du charbon de terre.
- • Fram fryka , (h. Continuation de la direction du charbon de terre en avant.
- Franches areines, ou mifes en garde de loi à Liege. Les mines qui en dépendent, font vifitées tous les quinze jours par deux voirs - jurés , dont le rapport eft porté fur des regiftres, foit afin que dans la fuite des tems on puiiïé lavoir à quelles veines on a travaillé , & quelle a été l’étendue des ouvrages, foit afin que,s’ils peuvent nuire à quelque areine franche ,1a cour du charbonnage donne des défenfes de travailler plus avant , particuliérement quand les extrémités des ouvrages avoi-
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- finent que1que areine bâtarde. Voyez A reines.
- Françctfe [ mine S. ] à Roche-la Ma’iere dans le Forez.
- Frafe. Rutrum, Beche. Hoyau..
- Frajîer, Dans les forges , on appelle ainfi la poufliere àefrajîn. [ Couche de].
- Frk , lyon. Aqueduc fouterrein , areine.
- Fret. Frettement. Terme de marine fur l’Océan , fynonyme à nolis fur la Méditerranée.
- Fretoy, village près deNoyon,
- Frette. Clathrus. [ Architecture. ] Lien', cercle de fer , dont on arme la couronne d’un pieu , d?un pilotis , pour l’empêcher de s’édater , ou l’extrémité de barres de fer que l’on veut retenir enfemble.
- Fretter , fretter des tuyaux , des pieux, c’eft les garnir dans leur extrémité de cercles ou d anneaux de fer, quarrés ou ronds.
- Frider Jlollen , ail. Galerie de dé-blay.
- Front ( attaquer une y âne de ).. Quand une veine , après avoir parcouru un côté de la montagne , vient aboutir au jour à< Tune de fes extrémités & eft attaquée en fuivant cet indice qu’elle donne au jour j c’eft: ce que l’on ap^-pelle attaquer la veine de front. Cette méthode, la plus avantageufe pour l’exploitation dans cette allure de veine, eft rarement praticable, parce qu’elle dépend non - feulement de la difpofition des veines , mais encore-de la fituation des montagnes où elles iè rencontrent. On peut voir fur cet
- objet l’article XI & Part. IX du réglement inftru&if donné par M. de Genffane.
- Frugeres. Territoire de la Limagne 9 & qui donne du charbon de terre.
- Fulmmante ( vapeur ) ou détonnante * an. fulminating, damp, lié. feu grieux.
- Fumée qui s'exhale du charbon de terre lorfquil brûle au feu , peut être un renfeignement fur fa nature; Brandshagen a penfé de même pour les mines foumifes au grillage , que l’on pouvait, par les fumées qui s’eu échappent pendant cette opération , connaître l’efpece de matières volatiles qui s’en exhalent. M. Hellot, dans le chapitre X, tome I, pag. 199 , a inféré les obfervations de Brandshagen , qu’il a traduites de la collection anglaife de Houfton ; elles peuvent très-bien s’appliquer à notre îujet.
- Lorfque la mine a beaucoup de loufre commun , dit Brandshagen, on y voit diftincte nient dans l’obfcurité une flamme bleue, avec une fumée d’un blanchâtre obfcur. La fumée des mines qui ne font pas fulfureufes eft feulement bleuâtre , mais fans aucune flamme bleue. Dans d’autres le foufre eft fi fubtil, qu’on n’apperqoit aucune fumée y elle fe perd fous la moufle u cependant fi on retire le teft à rôtir & qu’on le tienne oppofé au grand jour,, alors on l’apperqoit. Daiutres ne don--lient aucun des figues précédens, 011; n’en peut avoir d’indices que par l’o*. deur, quand on retire le teft du feuî pour un moment.
- Il avertit, en commençant, que fi: ©n donne un feu trop fort aux mines ,,
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- au commencement de leur grillage, le foufre & les autres matières volatiles ne s’évaporent que très-difficilement j cette remarque peut encore être applicable dans le cuifage ou grillage des charbons de terre en alumelle, ou autrement, pour ce qui concerne le gouvernement du feu.
- S’il était vrai, comme quelques écrivains l’ont avancé , que quelques charbons fuffent d’une nature ariénicale, la fumée ferait un moyen de s’alïurer de la préfence de ce mélange dangereux. On doit favoir que la fumée ar-fénicale eft plus abondante, plus épaif-fe , & plus brune que celle du foufre ïèul ; que de plus , fi le foufre eft mêlé avec l’arfenic, on apperçoit dans la fumée un peu de bleuâtre : mais pour s’alïurer plus précifément fi elle eft arfénicale , on n’a qu’à tenir au-deflus de cette fumée une lame de fer poli: ou au moins bien net, au bout de quelques minutes il s’y fublime en allez bonne quantité une matière parfaitement blanche , fans mélange d’autre couleur.
- Fumeron , ail. brand . lié. pouteure.
- Fumus virofus. Aura, vapor fodina-
- rum.
- Fundammtum ; les Latins défignent par cette expreffion la partie oppofée au ciel de la mine , & qui eft nommée en français , fol, femelle , plancher.
- Fundgrub, ail. Tête des mines. Ca-put fodinarum.
- Funis duclarius , ail. Gep. Gepel Seil. Cordes à tirer, à enlever.
- Furnarius ( contus ). Rable. Tifon-nier. Fourgon.
- Furfte , ail. Toit, ciel de galerie.
- Fufeau du taquet de caheflan. Marine. Piece de bois fort courte que l’on met au çabeftati pour le renforcer.
- Fufèe de vindas, ou caheflan volant. Piece ou arbre du milieu du vindas , dans la tète duquel on paife les barres à tourner.
- Fujîl ( rouet à ) des mineurs. Moulin à filex , an. flint mil].
- Fuflage. Vieux mot, conlervé dans les mines d’Auvergne, pour défigner le fafcinage ou étançonnage des bures avec des branchages.
- G
- ad do. Sledge, an. Marteaux.
- Gaebel, ail. Hangard.
- Gaillat [ charbon de ]. C’eft celui de Carmeau , à deux lieues d’Alby , & qui fie vend à Bordeaux.
- Galabin [ Pierre ] & fleur du Jonc-quier. Compagnie établie par édit du mois de février 1722, pour travailler pendant trente-années toutes les mines du royaume, excepté celles de fer, aux conditions portées en 14 articles.
- Galene. Mine de plomb en cubes. Le charbon de la mine de Hargar-then dans la Lorraine Allemande , eft auffi mêlé avec de la galene à facettes, à en juger par un échantillon qui était au cabinet de M. Davila.
- Galerie, boyau de mines ; chemins, allées qui fe conduifént en-avant dans l’intérieur d’une montagne en ligne prefque horizontale. Les ouvriers Allemands des mines métalliques défignent ces chemins fous le terme générique ftoU, flollen , ital. galleria,
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- & les ouvriers de mines de houille à Liege , fous les termes de tailles, tail-lemens, bojjîemens. Dans les mines métalliques les différentes parties des fiolls font désignées en particulier fous différens noms; l’entrée s’appelle mun-dloch, embouchure ; l’extrémité borgne formant cul - de - fac, jîollen ort. Gau{ ort. Locus terminants ; la partie fur laquelle on marche eft appellée fhole; celle qui en fait le ciel, la voûte ou le faîte , fui fie ; les parois formant muraille à droite & à gauche, ulme.
- L’objet des galeries de mines eft d’aller chercher les veines ou filons, de donner un écoulement aux eaux , ou de conduire & les eaux & les matières de la mine jufqu’à l’endroit où on les raffemble, afin de les enlever au jour , ou d’établir un libre courant d’air dans la mine. Les allées fouterreines-en ligne prefqu’horizontale , 'qui ne viennent pas aboutir au jour, fe nomment en allemand Jlrekke, en fuédois Jlrae-ka. Une fèule & mênie galerie peut quelquefois être conftruite de maniéré à pouvoir remplir ces différentes vues ; _comme cependant le plus ordinairement , ou le plus grand nombre de ces voies fouterreines eft affeélé à un feul ‘de cçs ufages particuliers , on établit plufieurs efpeces de galeries.
- Galeries qui ont pour but de s’éclaircir de la nature des filons déjà découverts. Such flollen , c’eft - à - dire , galeries de recherche, ou galeries de ha-faryd, fans doute parce qu’on hafarde leur pourchaffe au rifque de ne rien rencontrer.
- Galeries pour atteindre un filon , Tome XVUl.
- Zuban flollen , galeries d'approche.
- Galerie pour reprendre foit le filon foit d’autres travaux ; on peut ranger dans cette clafle les voies de dégagement , nommées en houillerie , bac-neure, efpetteure.
- Galerie par laquelle on fe débar-rafle du produit de la mine , farder f olien ; galerie de déblay , ou de dégagement, lié. Galerie de voie.
- Celles par lefquelles on fe propofe de détourner & faire écouler les eaux, nommées par les Allemands eibe ftcl-len , maîtreffes galeries ^ parce qu’elles font ordinairement des plus confidé-rables pour leur longueur ; c’eft ce qu’on appelle à Liege areine ; en France galerie d'eau, fouille couverte, percement ; en italien conicolo , o galleria.
- Galerie pour l'écoulement de V air, ail. wetter follen , lié. voie d'airage, rua wablette. Voyez Airage. Ruawalette.
- Les voies fouterreines doivent encore être confidérées en - général * quant à leur direction , d’après laquelle elles reçoivent les noms de galerie afeendante , galerie convergente , galerie divergente , galerie tranfverfale , &c. Jamais elles ne doivent, du moins dans les bons principes , avoir une marche tortueufe, comme il fe pratique en Lyonnais.
- Ecarts de la direction des galeries. Comment ils font indiqués par les écarts de l’aiguille aimantée de la ligne méridienne. Ces écarts donnent matiere-à plufieurs problèmes qui demandent l’attention des ingénieurs de mines. Dans un ouvrage de M. de Genflane , qui fera cité au mot Géomé-M
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- trie fouterreine , le feptieme problème donc l’auteur donne la folution, eft pour meftirer la longueur d'une galerie , & connaître fa direction générale ; l’intitulé du douzième problème, qui renferme trois cas particuliers , eft une galerie ou un point dans les travaux fouterreins d'une montagne étant donné , trouver de [autre côté de la montagne un point où [on puijje percer une galerie qui aille rencontrer la première , ou le point donné en ligne dioiteyainJî que le nombre des toifes qu'il y aura à percer.
- Entrer en galerie. Exprefiion employée dans les mines d’Anjou, lorf-que l’entame d’une mine fe fait par une galerie. Cette galerie eft nommée , dans le réglement inftrucftif de M. de GeniTane galerie d'attaque ou galerie d'entrée : cette voie fouterreine, deftinée à être ce que les houilleurs Liégeois nomment grande vallée , doit dans les principes de M. de Genüane,* art. VII , avoir trois pieds & demi de largeur par le bas , deux pieds & demi par le haut , fur fix pieds de hauteur de paifage libre , lorfqne les étançonnages font eu bois ; dans le cas où le foutien eft en maçonnerie , il fiiffit de donner à la galerie trois pieds-de largeur fur toute la hauteur, qui fera également de cinq pieds & demi, c’eft- à - dire , fix pieds fous comble, li y a néanmoins une obfervation à faire pour les mines qu’on attaque de front,. & dont l’épaiifeur de la veine exploitée pourrait avoir plus ou moins de fix pieds.. Doit-on lorf-q.ue la veine ne va point à fix pieds d’épaifièur prendre ce dilate.me.nt en
- hauteur fur le toit ou fur le fol de fa veiner' Ce cas fait l’objet de l’article VI du réglement propofé par M. de GeniTane , qui fe décide dans l’un & l’autre cas d’après la folidité du toit, qu’il ne faut point altérer en l’entamant , & que l’on peut entamer fi cette gangue fupérieure eft peu confiante..
- Lorfqu’au contraire la veine a plus de fix pieds d’épaiifeur , M. .de Genf-fane veut que l’on fuive toujours le côté du toit , afin que les travaux foient plus fûrs, làuf .après avoir décharné la chemife fupérieure , à revenir fur les pas pour prendre L'éponte inférieure.
- La longueur de cette galerie eft fixée en France par l’art. VI du réglement de 1744 > il y eft ordonné expreifé-ment de poulfer la galerie d’entrée' jufqu’à l’extrémité de la veine , fauf à fe procurer l’airage néceifaire. M. de Genilane a commenté cette injoneftion dans l’art. XVI de Ion réglement.
- Largeur des galeries. M. de Genf-làner art. X du réglement, obferve que cette dimenfion doit encore fe régler fur la folidité du toit, ainfi que: fur celle du charbon ; il y aurait de-' l’imprudence , félon lui , de donner aux galeries plus de fix à huit pieds de largeur, & de laiifer les piliers d’appui de même dimenfion, de maniéré qu’il y ait autant de plein que de vui-de. L’auteur remarque qu’il s’en faut encore de beaucoup que le plus grand nombre des veines puille comporter cette largeur de galeries, fur-tout lor£. que les veines ont peu de pente, & qu’on ne rifque rien de laiifer les
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- piliers d’appui un peu plus forts , le charbon dont ils font formés n’étant pas perdu.
- Galerie de croifée. C’eft ce que les Liégeois appellent Levais ou niveau du cette galerie indiquée par M. de Gentiane, dans le cas où l’on attaque la veine de front, fait le fujet de l’article IX du réglement inftruCtif.
- Galerie dlextraiïion en Anjou.
- Galerie de voie.
- Galerie fupérieure. Lorfqu’il s’agit d’exploiter une veine de charbon dont l’inclinaifon fuit le penchant de la montagne, M. de Gentiane , art. I de fou réglement inftruCtif, confeillede la travailler par une galerie fupérieure, plutôt que par un puits.
- Galerie inférieure , conformément à l’article. XI de ce même réglement , ne doit jamais être entamée qu’après avoir tout-à-fait extrait ce qui fe trouve dans la galerie fupérieure.
- Galhiot, lié. Train à roues , fur lequel eft monté le met pour mener du fond de la grande vallée les charbons qui en proviennent.
- Gallet. Mine à gallet. Minéral ferrugineux, ainfiappellé dans quelques mines de France.
- Galliete. Goimbe. Hann. Charbon employé dans les poêles. Voyez Gayette.
- Gallon. Mefure ufitée à Caen , peu différente du gallon ufité en 4 Angleterre.
- Gang, matfe métallique , aintî nommée à caufe de fa diftribution en rameaux dans l’intérieur de la terre, & que les mineurs ont cru relfembler
- à celle des veines dans le corps animai ; la portion qui en eft la couverture eft ce qu’on nomme parspendens ; l’autre , qui fert d’aflife , pars jacens. Les veines métalliques different en-tr’elles non-feulement par leur direction vers les plages du monde , mais encore par leur pente de haut en bas, ou de bas en-haut. Voyez Pente. La première pofition des veines fournit une fécondé divifion en veine droite , en veine prolongée , dirigée entre 9 & 12 heures , en veine dufoir & en veine du matin.
- Donlegter gang. Vena obliqua.
- Flach gang , ail. Filons dont les directions font par les lignes de 9 & de 3 heures ; filon couché ou incliné , parce qu’on obferve que tout filon dont la direction n’eft point nord & fud , ou eft & oueft, eft d’autant plus incliné'à l’horizon qu’il s’éloigne davantage de ces deux directions principales ; d’où il fuit que les filons qui fe dirigent fur la ligne de 3 ou de 9 heures, font ceux qui pour l’ordinaire font les plus inclinés , ou qui flaquent le plus.
- Gang haftig,fax. Veines perpendiculaires.
- Gang [ morgen ] , ail. ( Morgret ). -fax. Filon du matin , dirigé entre 3 & 6 heures ; M. de Genffane met dans cette clalfetout filon dont la direction va'depuis le nord julqu’à l’elt, c’eft-à dire', depuis la ligne de 12 heures jufqu’a la ligne de 6 heures.
- Nacht gang , ail. Spath - gang, fax. Filon du foir, qui fe trouve entre 3 & 6 heures. M. de Genffane définit M ij
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- le nackt gang un filon dont l’alignement fe dirige depuis l’eft jufqu’au fud , ou depuis l’oueft jufqu’au. nord , c’eft - à - dire , depuis la ligne de 6 heures jufqu’à celle de 12; il définit le fpath gang, celui qui va par les 6 heures , c’eft-à-dire, de l’eft à l’oueft ; on peut également donner au fpath gang le nom de jîehengang, parce qu’il eft ordinairement vertical ; mais on le diftingue fpéçialement desJlehen gang, parce que les filons qui ont cette direcr tion font toujours mêlés de fpath , & renferment peu d’autre roches , au lieu qu’on ne rencontre que peu ou point de fpath dans les filons dont la direction eft par les, 1,5 heures au nord & fud.
- Schecheute. Scheute ,fax. Stehend y.fle-chend , ail. Filon précipité, ou filon in~ clinL Vend recta , qui. tombe entre les heures 12 & 3 ;.filon droit ou vertical , parce que , félon M._ de Genf-fane , tout filon qui a cette direction eft ordinairement vertical , ou perpendiculaire à l’horizon.
- Gange rach,,^all. Gange ( fchwe-bende ). Vtnapendens , feu dilaiata.
- Gangue. Partie propre au .filon, différente du minerai, & interpolée enr tre les veines. Ail..Tauhergen. Gangue ou matrice du charbon de terre toujours fchifteu.fe.
- Garçons de la pelle, Aides des mefureurs de. charbons fur les ports de Paris , pour, mettre le charbon dans les mefures, ne doivent faire cette befogne qu’en préfence des jurés/me-i tireurs.
- Gardes pour le mi ..dan s les pays de.
- N DE T E R R E
- mines : dans la vérification des lettres du roi Charles VI, par le fénéchal de Lyon , en date du premier avril, il eft fait mention de ces gardes des mines du Lyonnais, & autres. Les entrepreneurs & les alfociés de mines avaient aufîi le droit d’en avoir douze à leur choix , portant la bandoulière aux armes de Sa Majefté & de celles du grand-maître , pour la confervation , fureté & maintien de leurs travaux & de leurs magalîns.
- Garde déminés dans les houillieres de Liege ; on l’appelle auiîi wardeur : eft celui qui veille de jour & de nuit à: l’économie , qui acheté toutes les marchandées néceftaires ; il en tient un regiftre qui eft joint à celui du compteur, pour avoir la fomme totale de la quinzaine. Voyez Compteur.
- Gardes - bateaux , gardes de nuit. Petits officiers des ports fur lariviere de Seine dans Paris , commis, par les " prévôts, des.marchands & échevins,. pour veiller la-nuit fur les ports ,.à la eonfervation des marchandées qui y ont été mifes à terre.
- Garde --cendre , lié. Efpece dé raf pour amener les cendres des grandes cuifines hors du foyer de l’âtre,
- Garrage des bateaux de charbon, de terre aux ports de deftination , aur delfus & au-deftous de Paris.
- Garres. Lieux marqués fur les rivières , au - delfus & au - deifous de-Paris,, où les bateaux doivent s’arr r.êter..
- Garniture, de* feu. Uftenfiles de cheminées.
- Garniture de fer > fax, fchudht
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- ET DE SES M I N E S.
- Gafche. An fe du burgeau. Voyez Burgeau.
- Gauche ( main ) du levay , lié.
- Tourne- à-gauche. Clef particulière - de la tarriere.
- Gas} aLL. geifi , qui fe prononce gaifire , dérivé du mot hollandais ghoaji , qui fignifie cfprit ; la même idée eft exprimée en anglais par le mot ghojl-, principe volatil ou fugace , comme fpiritueux, intimement mêlé à l’air , & qui paraît être de la nature des acides, mais très-varié , très-mul-tiplié , & très-différent de l’air lui-même. La vapeur iuffocante des mines paraît être une exhalaifon gafeufe:
- Gayettes. Menu charbon propre aux ouvrages des forgerons , & particuliérement aux veYreries%
- Gayettes. Gaillette. Charbon.
- Ga^on. Terme fouvent employé • dans le langage de houillerie à Liege , pour exprimer la fuperficie extérieure du fol. On dit la rupture de ga^on, pour défigner le premier défoncement fu-perficiel.
- Ga^on (coureurs de ). Dans les mines métalliques on a ainfi appelle , à caufe de leur peu d’étendue , des veinules qui ne s’étendent qu’à quelques toifes dans les montagnes, foit dans leur direction , foit dans leur chute, & qui font enfuite étranglées des deux côtés par le roc.
- Géants. ( Caiffe des ) dans les mines métalliques d’Allemagne, on appelle ainfi une caiffe dans laquelle on vuide les Tacs de décombre fortant du puits , pour les porter aux halles; il y en a deux efpecesune - à roue , qui ie
- traîne avec un cheval attelé tantôt fur le devant, tantôt fur le derrière delà voiture , à un crochet tenant lieu de timon : cette caiffe eft à peu près de la même forme que le met des Liégeois. Elle a quatre pieds de long fur deux de large & fur quatorze pouces de profondeur. Afin de tirer plus commodément les déblais avec un racle, une des.planches de côté eft difpofée de maniéré qu’elle peut s’ouvrir & fe fermer avec une petite perche de fer : il y a une fécondé efpece de caiffe de géant ep maniéré de traîneau , qui roule fur deux rouleaux horizontaux & fur deux rouleaux verticaux.
- Geer , an. Barres à tourner.
- Gefœrhte fchweife , ail. Terres colorées par un mélange de fer, qui couvrent quelques montagnes métalliques.
- Gehcenge i ail. Pente oblique d’une montagne en partant de ion fom-met.
- Géminé, ail. Gouttières.
- Genis ( Saint ). Terre noire. Charbonnière du Lyonnais.
- Genneté ( M. ) méchanicien de feu: Sa Majefté Impériale ; auteur d’un ouvrage. dans lequel il s’eft propofé de donner la connaiffance des veint-s de houille ou de charbon de terre , 8c-de leur exploitation dans la mine.
- Genou. ( Arts méchaniques. ) Espece d’affemblage de pièces de fer, cuivre ou bois , q.ui fe. met à des gra^-phometres , & à plufieurs inftrumens; de mathématiques ; le nom de genoux vient du mouvement des. pièces aifeni--blues.,5 quelquefois. on. limite, ce moy*-
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- vement; en d’autres occafions on lui laiiTe toute l’étendue qu’il peut avoir.
- Il eft un inftrument de mines , connu fous le nom particulier de genou , en latin goniodicles , infirumen-tum goniometricum ; mefure angles , à caufe des coudes ou courbures que forment les angles : cec inftrument eft décrie dans l’Encyclopédie, au mot Géométriefouterreine, monté fur un boulon , autour duquel il eft mobile dans le fens vertical & dans le fens horizontal ; il fe trouve aulli gravé & décrit dans Weidler & dan» Voigtel. M. Saverien en fait mention fous le nom gnomon. C’eft une réglé de bois d’environ 2 pieds ou 24 pouces de long, montée fur un pied ; elle eft formée de deux parties jointes enfemble par une vis ; en deux endroits eft elle munie d’une pinnule , par le moyen de laquelle on détermine parallèlement à la ligne des pinnuîes , la pofition d’une corde ou d’un fil de laiton , auquel on fufpend plufieurs inftrumens , comme un niveau, une bouifole, un demi-cercle , félon que l’on veut déterminer l’inclinaifon des lignes a l’horizon , & trouver fur-tout les différentes di-redions vers les parties du monde ; car quoique le niveau foit attaché à un fil, la pofition de l’inftrument eft telle qu’il peut s’abaiifer ou s’élever félon l’occurrence , jufqu a ce que le poids partant du centre de la machine , indique l’angle d’inclinaifon ; de même aufti après avoir fufpendu la bouifole au genou , on peut déterminer la fitua-tion d’un endroit, en faifant mouvoir l’inftrument jufqu’à ce que l’aiguille
- N DE TERRE
- aimantée montre ce que l’on cherche.
- Genffdne ( M. de ) correfpondant de ^académie des fciences de Paris , commilfaire député par les états de Languedoc pour la vifite générale des mines. & autres fubftances ter-reftres de la même province ; auteur d’une Hijloire naturelle du Languedoc , avec un réglement inflruclif fur la maniéré dé exploiter les mines de charbon de terre.
- Gentilshommes. Par les lettres - patentes du 4 mars 1 1, entérinées au
- parlement de Grenoble en faveur du fieur de Roberval & de fon aifocié le fieur Claude Grippon de Guillem, fei-gneurde S. Julien, il eft fait défetife à tous les gentilshommes du pays d’Alet & autres qu’il appartiendra, de donner aucune forte d’empêchement à la recherche des mines, fous peine de défobéilfance & d’amende arbitraire ; même défenfe portée antérieurement dans les lettres de François I, du 29 juillet 1560.
- Géométrie fouterreine ; mieux nommée géométrie appliquée aux ouvrages fous terre , ail. die mark feide kun. Clef de l’art de l’exploitation des mines.
- M. de Genflane s’eft donné la peine de compofer ex profeffo un traité fur cette matière, publié en 1776 à Montpellier, fous le titre de Géométrie fouterreine , ou de géométrie pratique appliquée à Cufage des travaux de mines , avec cinq planches. Plufieurs articles de cette table des matières nous fer-viront à faire connaître cet ouvrage , le feul que puiifenc fe procurer juf-
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- qu’a préfent nos ingénieurs de mines en France.
- Géométrie fouterreine, Découvrir Ja direction des veines par les opérations de géométrie fouterreine , c’eft- à - dire >. prendre l’heure de la direction entre les deux points les plus éloignés qui puilFent le prendre dans la mine 3 cette heure de direction fe prend avec des piquets, depuis la fuperficie de la montagne où elle exifte , en continuant de prendre cette direction de la même maniéré avec des piquets jufque dans la montagne où l’on veut la découvrir.
- Il eft à obferver que , pour une veine perpendiculaire , on peut toujours continuer à piquer la ligne de direction, foit que les montagnes montent , foit qu’elles s’abailfent, parce 'qu’une ligne perpendiculaire qui s’étend en longueur , relte toujours dans une même pofition , relativement aux quatre points du ciel, n’importe qu’à fa tète elle: foit droite ou courbe. Il n’en eft pas de même pour les veines dont l’inclinaifon eft en ligne oblique.
- George ( S. ) de Chatelaïfon , parodie d’Anjou , où il fe trouve plu-lieurs puits de mine de charbon en exploitation. Les diiférens échantillons' que j’en ai vu ; annoncent une qualité feche , friable , & falit en conféquence aifémentles doigts quand on le manie quoiqu’il' ne foit pas onétueux. Sa couleur eft d’un noir luifant. Il eft com-pofé- par filets réunis en faifceaux , qui ne parailfent pas avoir une direction aftèdée dans le même feus 3 il eft femé de feuillets micacés pyriteux.
- D’après les expériences de M*. de.
- la Houilliere à Nantes, en 1776, ce charbon choifi parmi le plus gros & mis dans le réverbere avec du Ligotage , ne donna point de flamme ; quelque chofe que l’on pût faire, il s’entadà & boucha la grille : il vaut infiniment mieux pour la forge que celui de Decize.
- En 1776 il a été imprimé en une feuille i/z-40 une analyfe de ce charbon , par AI. Rouelle. Get habile chy-mifte le trouve très - relfemblànt aux meilleurs charbons de terre d’Angleterre r tant par l’afped intérieur que par l’analyle. Je ne fuis point du tout de fon avis fur le premier point 3 je laille à décider fur la comparaifon des analyfes y qui Purement établilfent une grande différence lorlque l’on traitera des charbons de terre d’Angleterre de la première qualité.
- Par rapport aux braifes qu’on peut obtenir de celui de S. George , nous dirons feulement ici, d’après l’analyfe de M. Rouelle, que le réfidu de Cm livres pefant, traité dans une retorte de grès lutée & placée dans un fourneau de réverbere, a été trouvé léger , fonore,du poids de cinq livres & demie & deux gros 3 ce même réfidu eflayé-s’eft allumé aile ment par le feuillet r a même brûlé allez bien fans ce le-cours dans un iirnple- fourneau à? vent, & n’à donné dans cet embrafe-ment aucune odeur défâgréable. Voy». au mot Analyfe i lesréfultats trouvés-par M. Parmentier,
- Gepel. Machine1 à enîèver;-
- Gepel feil, ail. Fîmes duclariîl
- Gerenge r. lu ber-g., und waifet fie;-
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- DU CHARBON DE TERRE
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- ben. Machine à tirer.
- Gerenge çri wetter bringen. Machinez fpiritales , machines pour donner de l’air.
- Gefencke , ail. Anciens ouvrages, ou partie la' plus enfoncée , la plus profonde des travaux.
- Gefchube y ail. Fragmens de mines. Voyez Mine par fragmens.
- Gefchutte, ail. Couche^, mêlées ou difpofées par lits, de maniéré qu’entre chaque maife il y a. une malle d’une autre fubftance.
- Gejlange , fax. Double barre.
- Getriebe, ail. Ecailles. Getrieb , ail. Planchettes.
- Gewand , ail. FaulTe muraille que l’on eft obligé de faire pour empêcher l’éboulemeut des mines, lié.ferre.
- Ghiarra , ital. Petits morceaux de pierre à fulil, de quartz, de pierre calcaire ; les gros morceaux s’appellent ciottoli, ciottoloni.
- Ghyot , lié. GrolTes tonnes pour conduire les eaux dans l’intérieur de la houilliere.
- Girgillus , ail. hafpel. Dévidoir, moulinet pour enlever au jour les eaux & les denrées. '
- Gife. Charpenterie de mines.
- Gifement. Terme de marine pour défigner la maniéré dont une côte gift, & eft fîtuée eu égard aux rhumbs de vent de la bouflole ; induCtion tirée par M. Needham du gifement ou du gifant de la montagne de Lousberg , près Aix-la-Chapelle; ce gifement ou penchant de montagne eft appellé en allemand dos hangend und lie-gend geflein.
- Glaceries ( chauffe des ) , opérations des fourneaux de glaceries qui peut s’exécuter au feu de charbon de terre.
- G lai je , ou terre-glaife. Matrice des charbons de terre.
- Glaife, argille - glaife, quelquefois nommée terre à potiers. Argille en maffe. Argilla cumulata , confondue avec l’argille ou l’argille - terre , & avec une variété prodigieufe de terres de cet autre genre , eft une argille enfoncée profondément en terre; mais qui au lieu de cette apparence, de cette confiftance friable de terre propre à l’argille avant qu’on l’ait maniée, fe] trouve en mafle liée, compacte, comme fi elle avait déjà été corroyée , de maniéré à ne pouvoir , dans la fouille qu’on en fait, être coupée que comme des fubftances molles & continues.
- Glaife calcaire y ou marne. Les marnes ont la glaife pour principale terre.
- Glarea mobilis. Sable coulant.
- Glajf. Glafur kohlen, ail. Mine de charbon azuré.
- Glajf ( Flint ). Verre à cailloux. Verre bleu , ou cryjlal dl Angleterre. GlalT. -Kopft, ail, Kidney oar. Voyez Mine en roignons.
- Glauber ( fel de ) , exiftant dans quelques charbons de terre. Voyez l'Analyfe des eaux de la houilliere de Littry en baffe - Normandie y par M. Monnet ; ce fel de glauber a été ap-perqu en efflorefcence fur la fuperfi-cie des charbons tirés en profondant un nouveau bure d’airage de la houilliere dite Buffi à Liege , & de ceux qui fe tirent de la même houilliere : cette efflorefcence
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- efflorefcence faline dont fe couvrent ces charbons , quelques jours après qu’ils font tirés, fe reproduit à rae-fure qu’on i’enleve avec le balai. M. de Saive, apothicaire & habile chy-mifte à Liege, qui l’a examinée, s’en eftaffuré par la configuration des cryf-taux, par leur grande dilTolubilité: leur diffolution dans une liqueur alkaline ne fe trouble point, & ne .forme pas de précipité : en tout les expériences de l’artifte pour connaître la bafe & l’acide de ce fel , font conduit à y reconnaître Palkali marin & l’acide vi-triolique.
- Gli Jierri dantiche cave, ital. Vieux déblais de mines.
- Glob, damp , an. Ein weittherung, ail. Vapeur fouterreine.
- Gnomon. Indicateur , retifeigne-ment. Stiie, ou aiguille d’un cadran folaire.
- Goepel ( waffer) kerrade. Machine à eau, machine à roue employée à Al-temberg.
- Goges. Crochets de fer des paniers des trairejfes dans les houillieres de Dalem.
- Goimbe. Galliette.
- Gongue. Gangue, mefure de cent vingt , cent trente livres, employée à la vente de la houille dans quelques endroits du pays de Liege.
- Gord. Gorre. Clayonnage, paliffade pour pêcheries : termes employés dans les ordonnances concernant la police de la navigation des rivières.
- Gorre, roche douce , nerfs. Noms donnés dans quelques mines de charbon à la gangue , ou matrice fchif-Tome XVI II.
- teufe du charbon de terre. Il y a aufiî en Auvergne une mine nommée les Gourds ou les Gorres.
- GoffeLie , mal écrit gauchely , où eft la houilliere actuellement la plus con-fidérable du pays de Charleroy, & d’où l’on tire de la groffe houille qui fe tranfporte prefque toute ; de la petite houille, c’eft-à-dire , les morceaux détachés de la greffe, lorfqu’on la détache j & le charbon ou le menu de la houille le plus employé au chauffage.
- Goudron fourni par le charbon de terre.
- Gouverneur & furintendant général des mines en France, qualifié auili dans quelques ordonnances & lettres - patentes de nos rois, furimendantgénéral réformateur ; principal officier du fouverain pour la partie des mines > l’établiffement de cette charge remonte au régné de Louis XI en 1471. Les trois premiers qui l’ont poifédée en titre, ont été le fieur de la Roque de Roberval en 1 5 fz , le lieur Claude de Grippon, feigneur de Saint-Julien, d’abord fon affocié , en ij"6o,& le fieur Vidal , receveur général des finances à Rouen , fous Charles, le 30 feptembre 1^48 i il paraît que ce fut à cette époque que l’office de gouverneur &. furintendant général des mines prit une certaine forme ou con-fiffance, quoiqu’il n’ait été réellement créé en titre d’office que par l’édit de réglement général de Henri, de l’année 1601 : le fieur de Saint-Julien s’étant démis de fon office , le roi, dans la vue de récompenfer les fervices rendus par le fieur Vidal qui avait N
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- de l’expérience furie fait des mines, lui attribua , aux mêmes claufes & conditions du feu fieur Roberval & du fieur de Saint-Julien, les mêmes droits dont ils jouiraient ; il avait pouvoir d’ouvrir, de faire ouvrir, & de chercher dans tout le royaume les fubfiances terreftres & métalliques 3 ce qui exigeait qu’il fût revêtu d’une certaine autorité & jurifdi&ion. Voyez Grand-maître,
- Gouverneur de ta machine à vapeur. Recior machinct.
- Grad - bogen , wafifer - wage , ail. Chorobatte. Niveau, Libella.
- Gradins , degrés, ail. Jlrojfen , marches formées dans les mines métalliques pour chaque ouvrier. Ces gradins doivent avoir depuis une demi-verge jufqu’à deux de longueur ; lorsque les filons font épais, on forme à chacun des côtés des degrés ou gradins pour le dégager de la roche, & pour cela on fe réglé fur les falbandes & fur le bejîeg , de maniéré que la mine refte ifolée : c’efi; ce qui s’appelle dépouiller le filon,
- Gradus, Decas. Dixaine, degrés , divifion de la circonférence du cercle. Les Allemands comptent par heures & par minutes 3 mais il eft beaucoup plus commode &; plus exaét. de compter par degrés, fauf à les convertir en heures à la maniéré ordinaire , dans îç cas. où un angle qu’on aurait trouvé à un point donné , & qu’on aurait à marquer de 108 degrés, c’eft-à-dire , que l’aiguille fe ferait fixée au 108e degré , & dans ce cas , au lieu de marquer igg degrés von aurait, marqué
- VI heures4i minutes, parcequé IO& degrés répondent exactement à fix heures quatre minutes & demie.
- Graebergy fu. Pierre.
- Grœciflure. Déclinaifon de l’aiguille aimantée vers l’orient, Belgic. De Naald Ofiers.
- Grains ( mine de fer en ). Grains de fer fi durs que la lime ne faurait y mordre.
- Graififiefac ( mines de charbon de ) , diocefe de Béziers , fujettes aux interruptions.
- Graiteux. Raf. Rateau.
- Graile, lié. Voie fouterreine.
- Grand athour (fiofie de ). Herna£ double. Grand bure. Maître bure. Bure de chargeage. Grand Herna£ à bras.
- Grand-maître. Surintendant & réformateur général fur le fait des mines en France. Par le premier titré de création de cet office , dont l’inftitut a été confirmé dans ledit du réglement général du mois de juin 1601 , aucune ouverture de mine ne pouvait fe faire qu’en vertu de commiffion du grand-maître , ou , en fon abfence , de fou lieutenant - général ; tous deux prêtaient ferment entre les mains du chancelier, & par-devant le parlement! le fieur de Saint - Julien prêta fon ferment en qualité de grand-maître général , le 11 mars î f <Si. Lés aflociés prêtaient ferment entre les mains du grand-maître i le même édit porte commandement à tous ceux qui auraient connailfance de quelque mine, d’en venir faire une déclaration au fieur de Saint - Julien des lieux & des endroits où elles étaient fituées. Voy.
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- Règlement général.
- Les droits & prérogatives de cette charge étaient on ne peut pas plus étendus : l’ordonnance de François II du 29 juillet 1560» qui rappelle celle de Henri II en faveur du fieur de Saint-Julien, donne à ce grand-maître pleine & entière charge, fuperinten-dance & connaiflance,avec coercition perfonnelle pour faire entretenir, garder & obferver les ordonnances de juftice.
- Il avait. pouvoir de faire faire & pafler contrats & marchés d’acquifi-tion de fonds de terres, de moulins, martinets , bois pour faire conftruire édifices & maifons , acheter uftenfiles & outils jugés néceffaires, ordonner paiement d’ouvriers, charretiers, voituriers, meifagers & autres employés aux travaux de mines précieufes, pourvu que le fonds en fût pris fur ce qui revenait de ces mines au roi.
- Les quittances & paiemens due-ment contrôlés étaient valides lorf. que le receveur général avait fait vérifier fon état par le grand - maître ; & attendu l’impoffibilité de la part de ' cet officier & de fon tribunal, d’être par - tout, il était permis à lui &à fes officiers de fubdéléguer en leur place des perfonnes capables & fol-vables aux taxations extraordinaires que le grand - maître pourrait juger raifontiables. Voy. Lieutenant-général.
- Aucun tabellion ou notaire ne pouvait paffer de contrat pour le fait des mines, fans "que le grand-maître eût figné à la minute. ' ' ,.v
- Le même édit porte ordre exprès
- à tous lieutenans généraux, feigneurs tant eccléfiaftiques ayant juftice , que feigneurs temporels , de prêter aux-dits officiers , entremetteurs & leurs commis affociés ou conforts, alfif-tance & faveur en tant que befoin fera , à peine de tous dommages, dépens & intérêts des parties intéreffées, & de faire en leur pouvoir garder inviola-blement & obferver ces articles , fans fouffrir qu’il y foit contrevenu, fous,, les peines de privation de leur droit & juftice.
- L’ordonnance de Charles IX, du mois de mai , pour donner au fieur de Saint - Julien fes commis & aifociés tous les moyens de faire profit auxdites mines, & s’entretenir dans leur état , leur donnait permiflion ex-clufive de faire le trafic de tous les métaux trouvés dans les mines qu’ils travailleraient, même de fer & d’acier, & de les pouvoir faire mener & conduire par tout le royaume franc & quitte de tout péage, de les vendre & faire vendre tant aux étrangers qu’aux nationaux , & de les mener vendre en tems de paix hors du royaume. Sont exceptés feulement de cet arrêt les cendres & billons d’or & d’argent, le fer & l’acier, que le roi veut être vendus feulement dans le royaume.
- Les matières qui provenaient manufacturées de ces mines, étaient marquées aux armes du grand-maître & à 4 celles de la compagnie.
- Cet office de grand- maître furin-tendant des mines & minières de France a encore eu lieu de nos jours, & a été rempli par Louis Henri duc de n ü
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- DU CHARBON D E T E R R E
- Bourbon, prince du fang. On voit une copie des iettres de commifflon expédiées en cette qualité au fieur Noël Danican,. fecretaire honoraire du roi , ancien maître des comptes, à l’effet de, faire exploiter plufieurs mines de cuivre & de plomb tenant argent,. & autres minières , dans le Bourbonnais. Ces lettres , en date du il février 173 a, & données à Paris, furent expédiées , à ce qu’il parait, par leur teneuraprès lavue d échantillons de mines & d’épreuves que le fleur Danican avait fait faire ; elles portent la joui dance de ce privilège pour lui=, fes héritiers & ayans- caufe & aifociés , à perpétuité , fuivant & conformément aux ordonnances & notamment de l’édit en forme de réglement générai du mois de juin 1601 , & l’arrêt rendu au confeil le 14 mai 1604 : auxquels travaux., eff-il dit, il fera par nous commis un ou plusieurs contrôleurs dont les ap-pointemens feront payés fur le dixième appartenant au roi. La derniere concefîion émanée du grand-maître,. eft du 7 novembre 1737 qui ne fut produite qu’environ trois ans après'fur les mines de S. George en Anjou.
- Grandes forges. Lieux où l’on, fabrique le fer'.
- Grande mahire, longue mahire , gran-r de mine.
- Grande vaille , droite -vallée,.
- Grande veine. Platteure , lié», Banc de niveau , grande mine.
- Granit. Granités. Granitum. Pierre de. roche, compofëe, plus ou moins
- tendre , plus ou moins dure , félon les grains qui entrent dans la texture : tantôt ils font durs , de nature filicée & vitreufe , réfiftant au feu fans paf-1er à i état de fer parfait ; tantôt ils font farineux & de fpath fufible , ce qui conftitue un- faux granit : on en trouve dont les grains font calcaires, fe détruifant aifément. Le granit donne des étincelles-.quand on le frappe avec le briquet. Dans les mines de charbon on rencontre communément du granit, comme dans celles du Lyonnais, où il eft de couleur grife. Dans les mines d’Anzat en Auvergne on l’appelle rocher gris , qui eft fem-blahle au granit des. isles; de Chau-zey en Normandie..
- Granito rojj'o Ltalorum. Fyropœeilon Syenites antiquorum. Marbre reffem-blant au granit, qui en général approche des marbres au premier coup-d’œil.
- Granulé ou micacé ( charbon ) , cf-pece de charbon pyriteux..
- Graphometre a honjfole.,. graphometrt dans le cercle, Hemycilium. Circonférence ou demi-circonférence ordinairement en cuivre, divifée en degrés & en minutes ; au centre il y a une réglé ap.pellée alilade, qui peut tourner autour du centre j. elle Sert à diriger les rayons vifuels par le moyen* de deux pinnules , c’eft-à dire , deux, plaques percées qui font attachées fur< l’alilade.
- Grappi. Grappeti 0 jîa rognoni , ital Mine par nids en rognons, en grappe,.
- Gras ( fable ) ou coulant* Glanai mobilis...
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- ET DE SES MI N E S..
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- Greffier. Contrôleur, receveur general aux gages , taxations , privilèges & exemptions : office créé par l’édit de réglement du roi Henri, en jôoi.
- Greffier des compagnons du métier de. houilleur à Liege.
- Grenier. ( Marine , archite&üre navale. ) Planches qui fè mettent à fond' de cale & aux côtés jufqu’à fleur, quand on veut charger- en grenier ; ees planches fervent à conferver les marchandifes '.charger en grenier ^embarquer en grenier , en commerce maritime c’eft embarquer au fond de cale ou dans quelqu’endroit fec, fans emballer, mais en maife. Déclaration en grenier ^déclaration d'un grenier , n e peut avoir lieu, d’après les arrêts du. confeil ; mais par évaluation de barril.
- Gresle ( charbon ), lyon. lié, rou-lans.
- Grès lié. Greit. Coirelle. Que— relie. Pierre très-dure & très-com-pade, qui paraît affieder les terreins de mines à charbon; elle eft placée par couches comme les eharbonsentre les lits de ce foffile : il s’en trouve de plusieurs efpeces; Grès pourri, de couleur pâle , formant la fécondé couche de la couverture de lamine de Finis , où on lui donne en particulier le nom' de foutre..
- G refilions'. Recuits-lyon. Menues braifes de- charbon grefillées dans le feu de cheminée. Peut-être auffi ap— pellées grtflions du mot corrompu employé par les boulangers & le petit-, peuple de Pans v pour exprimer les-grillons ou grillots, infedè noir qui fè. plaît dans les lieux chauds., comme-
- fours & cheminées;
- Grieux (feu) , lié. feu brifou. Terou Les mines de charbon de terre font très - fujettes à cette vapeur inflammable & détonnante : le meilleur moyen d’y remédier, lorfqu’elle effi portée à un certain point, o’eft de le-toulfer , en lui ôtant toute communication avec l’air extérieur, & quelquefois dë combler le puits de lat mine, pour n’en reprendre le travail* que plufieurs années après.-
- Grillage ou rôtifjage des mines, ail',, roflung. Uftulatio. Grillage du minerai de fer dans quelques forges de la* Grande-Bretagne au feu de charbon» de terre.
- Grille ( charbon pour la ). ExpreR-fîon appliquée à quelques charbons» propres à être employés à chauffiez dans les grilles.
- Grifchieb ,. ail. Indice.
- Grife ( baume ), Efpece d’argitlff.'-Treque, Pelée..
- Groeda ,fit. tète de là veine.-Signio £e littéralement herbe r»le langage des* mineurs Suédois a adopté ce terme-pour défigner la tige des charbons la tète des veines , que les Liégeois» appellent foppe, foppement.
- Groueffies. Recuits, grefillons , escarbilles , an. coaks..
- G round. Land ,. an. Terre;
- Gros charbon,-Rondelot, Voy.-Ron*-' delot..
- Gros fers. Tirans, chaînes;-
- Grosberg, fu. Roche grife;
- Grub , ail. hgnifie ’ tantôt' mine:,, tantôt veine , tantôt lé puits r-néan*--raoins, pourda premiere.fignfficats
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- on dit grub oder qeche. Fodina.
- Grub en, all.Specus, Crypta. Galerie.
- Grub en. Dcn çug, ail. Da£ abfieden.
- Grue. Machine compofée du treuil & de la poulie, fervant à charger & décharger, à élever les matériaux d’un bâtiment. Il n’y a point de réglé déterminée pour la conftruétion de cette machine, qui efl: variée dans la dif-polition de fes parties , félon l’ufage auquel on fe propofe de l’adapter, & en particulier félon la charge qu’on veut enlever.
- Grufva ( kol ) , fu. Mine de charbon.
- Grund herr, ail. Proprutanus. Kieu-fer grand. Filets de miiyes qui fe •croifent.
- Guercheux. Vuidangeurs, lié. hier-cheux.
- Gueulard. Regifre. Porte de fer coulé, qu’on met fur le haut du fourneau.
- Gueule de loup. Dans le whim gin , ou la petite machine à monter le charbon , employée dans une mine d’Angleterre.
- Gueufe. Gueujillon. Lingot de fer coulé dans le fable au fortir du fourneau , ayant communément douze ou quinze pieds de long.
- Guhr en fafft. Succus mineralis. Pleurs métalliques atténués ; guhr ar-gilleux ou bitumineux.
- Guide , ail. wegweifer , an. wife. Indice de paroi.
- Guieteu. Hiercheux dans les mines d’Anjou.
- Gut wetter, ail. bon air.
- H
- jfÿ^AArRÈE. Douceur, fubftance intermédiaire aux lits de charbon dans quelques terreins de mines.
- Habiller un puits, l’étançonner.
- Hacon, lié. clef ou pince de fer avec laquelle on embraiïe les verges de fer qui compofent le tarré lorfqu’on veut les vériner.
- Haefl waeg, fu. chemin du cheval dans le manege du hernaz. Haefwind, fu. machine à chevaux.
- Hald, ail. déblais de mines amalfées près du puits & des galeries : il eft important fur-tout dans les mines métalliques , de remuer, d’examiner ces déblais, pour bien connaître les difïé-rens produits d’une veine , les roches qui l’accompagnent, &c.
- Hall, ail. puits fouterrein , lié. bouxtay.
- Halle à ficher^féchoir, quartier d’at-telier de fabrication de pelotes.
- Hamaint. Hament, levier , pince.
- Hamaydes , lié. bras de levier du tambour.
- Hament, voyez Hamaint.
- Hampt flreichen , ail. direclio prin-cipalis. Hampt fehwinge } fax. Bafeule capitale.
- Hancion, lié. mefure d’eau.
- Hand habe> ail. veclio.
- Hang, ail. toit ou roche fupérieure d’une veine. Hangend liegend , couverture,, oppofé à liegend geflein, le gi-fant ou le penchant de la montagne.
- Hape, tenaille dont on fe fert en faifant ufage de la fonde anglaife , pour en faiftr le manche, lorfque l’on
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- veut retirer,, à l’aide des treuils, la fonde entrée à une trop grande profondeur en terre, pour pouvoir être retirée à bras d’hommes.
- Haneix. Herna^. Cafa pute ails»
- Harpago, aLL oder fahaéle.
- Hafpel, fu. cabeftan , treuil, tour , dévidoir , girgilïus, machina tracloria, hafpel horn , ail. manivelle , hafpel rad, ail. tour à rouage.
- Hauts levais de l’eau. Bas lie.
- Haut niveau y ou niveau fupérieur.
- Hauteur, lié. épaifleur de veine.
- Hauteur méridienne , moitié de l’ef-pace que les aftres parcourent depuis leur lever jufqu’à leur coucher.
- Haver ( berg) r ail. foffor, mineur , voyez Houilleur. Haver y fax. Piqueur de veine.
- Havet, vieux mot, qui veut dire crochet. Uncus.
- Havret , outil de houilleur pour entailler la veine dans les mines de Montreiais.
- Haw, pioche plate dont on fe fert dans les houillieres du Hainaut Français , pour attaquer quelques couches terreufes,
- Haway r fappe , lié. pioche pour fiipperdémolir les terres.
- Hawe, lœuchet, lié. pelle ou bedie de différente efpece dans les mines.
- Helfenborgy en Suede. Au nord de eette ville,, dans- une étendue d’environ | de mille, ou deux lieues de Francevers le village de Hittarp , on apperçoit vers les bords du Sundr plusieurs couches de charbon qui ont été anciennement travaillées , mais qui font très-minces, en épaideut &
- en qualité. Voy. SaitJîfefirand. Ce lieu eft un des principaux où l’on trouve du charbon : à trois raille braffes de l’endroit, on n’y en rencontre cependant que des veinules de quelques pouces d’epaitleur, mais d’une bonne qualité , couvertes d’une efpece de pierre de labié ; dans les mêmes endroits on tire des pierres à bâtir & des pierres à meules.
- Hématite ( pierre ) fanguine. Craie, rouge.
- Hercïn gelen, ail. chute des fondis> éboulement.
- Hercifcere, erclfcere fodinas & cuni~ culos. Répartir, -faire le partage des mines. Le quatrième livre d’Agricola concernant les aqueducs de mines,, traite de ce partage-
- Herd, ail. area-
- Hérijfon, ( méchaniqne )', roue.
- Herna^ rhoutte ,.lié. angard au-deiTus de la bouche du puits, où fe trouve placée une machine qui tourne à bras d’hommes ou par des chevaux,.appelle indiftindlement hernaSployon à'e herna{ ou du bure , trainean long. &. étroit.
- Herna£ à bras,herna^à main-, herna^ Jimple. Bure à bras., fojje de petit athour T grand herna£ à bras,
- Herna,{ double , machine à chevaux foffe de grand, athour.
- Herna£ de vallée,.
- Herna£ d rouage pour les bures-cüiî-fidérabies*
- Herna£ d vent, machine d vent r mou* lin d pompe pour épuifer les eaux ds-quelques mines,.
- Hefpelcr , ail,. veUiadus^
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- Heures , degrés, parties de divifion de l’horizon ( dans le langage des mineurs ), & qui correfpondent à chaque point où fe trouve le foleil pendant la révolution journalière de vingt -quatre heures : lorfque , par exemple, une ligne , une veine de charbon , un filon métallique fe dirigent du nord au lud , ou du fud au nord , on dit que cette ligne va par les douze heures. Si cette ligne fe dirige par le nord-efl & fud-ouefl, on dit qu’elle va par les neuf heures, & ainfi des autres , en ajoutant ou diminuant les quarts , les demi-quarts.
- Ces heures ou divifions qui fe marquent fur la boulTole des mineurs, fe placent différemment fur cet inflru-ment, félon qu’il efl monté : dans les cas où l’on fe fert d’une boutfole ordinaire qui n’a point d’alilade, ces heures & divifions fe marquent de gauche à droite , douze de chaque côté de la ligne nord & fud, comme on marque celles d’un cadran d’horloge; la raifon de cette conflrudion efl fenfible , parce que lorfqu’on prend un alignement avec les boulfoles fimples , 011 commence par placer à demeure l’inflrument de maniéré que l’aiguille foit fixe fur le point du nord , fans avoir égard à la déclinaifon. Cela fait, on tend un cordeau fur la ligne de direction qu’on cherche , & on fait paffer ce cordeau au centre de la bouffole , c’efl-à.dire , fur la chape de l’aiguille; alors la divifion coupée fur le cadran par ce cordeau , donne l’heure de la diredion : telle efl la méthode que fuivent la plupart des mineurs.
- M. de Genffane , dont nous n’avons fait qu’emprunter cet extrait, remarque fort bien qu’on peut aifément, en plaçant le cordeau fur le milieu , fe tromper de plusieurs minutes, & même d’un degré, principalement fi on ne prend pas garde à l’effet de la lumière qui fait toujours paraître le cordeau à côté de la divifion qu’il coupe réellement ; ce qui , dans le mefurage d’une diflance confidérable, où l’on a prefque toujours beaucoup d’angles à prendre , rejette à une , deux & même trois toiles à côté du véritable point cherché.
- Les heures, dans les bouffoles auxquelles on adapte une alilade qui rend plus fùr l’ufage de l’inflrument, font placées en fens contraire ; M. de Genffane confeille encore de tracer fur la même plaque un cercle fur lequel foient marqués les degrés , en commençant par zéro au point du nord de l’inflrument, & en les notant de part & d’autre jufqu’au nombre de 1 go qui fe trouve le point du fud : par cette dilpofition des divifions , la ligne tracée fur i’alilade efl toujours, dans quel-qu’opération que l’on falfe, placée fur la diredion qu’on cherche, & l’aiguille marque toujours fur le cadran quelle efl cette diredion en heures & en degrés. Voyez Degrés.
- Heve , lié. Décharger une heve , me-furer une heve , abattre un certain nombre de pieds cubes de la veine ; on connaît par-là combien il entre de charbon dans chaque trait ; de forte qu’en mefurant ainfi tous les ouvrages excavés, on peut juger à peu près de
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- E T D E S E
- h quantité qui eh a été tirée. Rapa-ritr une heve , lié.
- Hierchage , lié. Tirage des hier-cheux ( diftance réglée pour le). A cope ou à voier
- Hiercher, lié. Tirer le fployon.
- Hierdieux, lié. hieteux. Couple de hiercheux. Sploon. Sployon des hie_r-cheux. Rateau des.
- Hochets , lié. Pelotes , boulets de houille ou de charbon empafté avec de la terre gralTe.
- Hoedt. Chapeau. Mefure de continence dont qii Te fert pour les grains dans plulieurs villes des Provinces-Unies, & qui eft une des diminutions du laft, évaluée à io tonnes. Le hoedt ou chapeau , qui eft une autre mefure de compte en Hollande , fur laquelle s’évaluent les droits d’entrée ou de fortie qui fe paient pour le tan & pour * le charbon de terre , équivaut précifé-ment à ce que l’on nomme à Lrege une voie de Meufe. Par le tarif des droits d’entrée & de fortie du pays de Liege en Hollande, la houille paie d’entrée trois florins pour un hoedt, & quatre florins pour la fortie. Le hoedt & demi eft nommé falter.
- Hoejïige geburge , ail. Montagnes ftériles ou non métalliques, formant chaînes , qui accompagnent les montagnes à veines.
- Hoerd. Catinus. Tigillum. Foyer de forge.
- Hoghshead. Mefure de liquides dont ~on fe fert en. Angleterre, & qui eft proprement le muid; il faut deux ho-.ghshead pour faire la pipe ou la botte.
- Hchi kolen , ail. Charbon de bois Tome XVlll.
- E MINES. ios
- tourbe. Ainli nommé par l’auteur, pour cara&érifer l’efpece de bitume groiîier & fétide, dont font imprégnés les bois fofliles qui fe rencontrent communément dans le voilînage des rivières.
- Horarius( circulas. ) Cercle horaire, ail. ftuden fcheiben.
- Horizon ( Pôles de,C, points de V ) Dans les travaux de mines l’horizon Le divife en 24 parties appellées heures. Cette divilion commence toujours par la ligne XÎI, dont la direction efl: nord
- fud. Les autres divifions fe placent de part & d’autre de Cette ligne; fa-fvoir, douze depuis le nord-jufqu’au fud, & douze autres depuis le fud jufqu’au nord ; d’où l’on voit que la ligne de l’eftà l’oueft, & réciproquement , palfe toujours par le point de lix heures j que la direction dû nord-oueft au fud - efl: fe trouve fur la di-vifîon de neuf heures, & que celle du nord - efl: au fud - oueft répond aux points de trois heures , & ainli des autres.
- Hornjlein. Efpece de pierre qui rélifte au feu , & dont il y en a de noires, de blanches & de rougeâtres.Elles font très-dures , & contiennent quelquefois des paillettes d’or & d’argent : on en rencontre ordinairement dans les mines riches.
- Hotte. Bot. Hotter , lié.
- Hotteux , lié. Efpece de pic.
- Houille ( folfe à ), lié. Puits de mine.
- Houilleur. Borin , lié. Ouvrier employé aux travaux de houille.-
- Houilliere, lié. Mine ou carrière de charbon de terre. L’almanach mar-O
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- DU CHARBON DE TERRE
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- cliand , imprimé à Liege pour l’année 1774, renferme l’état des houillieres owfoffies de grand athour, les plus connues dans le pays ; nous le placerons ici, afin de fervir de comparaifon à celui que nous avons donné pour l’année 1761 , que nous étions fur les lieux. Fojje de l Efpérance ou du Moulin à vent , fituée à Herflal. Les Crompieres du Jieur Ramotte , fituees à Vottem. Des maîtres de la bacque-nure, près l’hôpital S. Georges ou des Innocens, deux machines à feu. Du fieur Louvat ou de la Vigne. Deux machines à feu , porte de Vivignis. Deux de Bonnefin. Machine à feu , fituée à Hocheporte Del Cognoulle. Suite de l’ouvrage de Bonnefin. Fojje de la Sauvage mêlée, fituée à Ans. Du greffier Hardt. Del Coronne , machine à feu près de l’églife de Glain. Deux du Péril & Pries. Mac hine à feu à S. Gilles. Des bons Buveurs. Machine à feu au quartier de Saint Nicolas - en-Glain. Foffie du Berger, près la cenfe de Homevert. De l'Efpérance. Machine à feu , Monteynée. Aux Keffiales. Machine à feu , Jemeppe de Quitris. Machine à feu, Seraing fur Meufe. De VEfpérance. Flemal haute. De S. Nicolas ou du nouveau bure. Aux eaux. Machine à feu. De Pupille. Beine. Du bois d'Avroy.
- Houlle. Subftance terreufe particulière.
- Houppe. Outil employé dans les houillieres de Mons , & qui eft le même que la triwelle des Liégeois.
- Houtte. Hutte. Houthe , lié. Cafapu-tealis. Baraque conftruite fur la bouche du puits.
- Houttemant. Sergent, condudeur des mines.
- Hoyau. Pioche. Beche , an. mattok, ail. feilhau. Pic à hoyau.
- Hwarf, fu. Amas. Bouillon. Hwarf kol. amas de charbon.
- Huffwud kol. Flot, fu. Cours. Marche de la veine principale. Huffiwud Jlraek. ( Oeflra ) ,fu. Courant capital oriental. Huffiwud Jlraek. ( Woejlra J Courant capital occidental.
- Huggare {kol ) , fu. Coupeur de charbon.
- Huile de charbon de terre. Baume univerfel terreftre & minéral.
- Huileufe ( matière ) ou cambouis tiré du charbon de terre.
- Humieres 5 lié. Ufufruit.
- Humilis ( yena ) , veine fuperfi-eielle.
- Hund, ail. Cap fa patens.
- Hundred. Quintal d’Angleterre, du poids de 112 livres.
- Hurres de pierre ( conduire le xhorre en ) ou par maxhais , lié. c’eft-à-dire au travers de la pierre.
- Hunier , lié. Maître de la fuperficie d’un héritage où l’on enfonce un bure.
- H usb and, an. Econome. Régilfeur.
- Hutte. Cabane en planches , en clayonnage, élevée au-delfous de l’œil du bure & du tourniquet.
- Hutton coal.
- Hydraulique. Science du mouve-vement des eaux, dans une dire&ion ou perpendiculaire, ou oblique; ce qui donne la divifion de l’hydraulique en deux parties, i°. la fcience de l’écoulement de l’eau renfermée dans des vafes ou tubes de différentes
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- ET DE SES MINES.
- formes, & de différentes ouvertures -, 2*. les loix du mouvement des fluides dans les canaux.
- Hydro - dynamique , félon Daniel Bernoulli, eft la fcience du mouvement & de lequilibre des eaux , c’eft-à-dire l’hydraulique & l’hydroftatique. Les machines mues par un courant d’eau, apporté foit par une riviere, foit par unruilfeau, reçoivent leur force motrice de i’impulfion de cet agent, par fon poids ou par fon choc fur les aubes en-deflus ou en-deflous. La partie elfentielle de l’hydro - dynamique eft la meilleure maniéré d’employer la force de l’eau comme principe moteur.
- Hydro-Jlatique. Partie de la mécha-nique qui s’occupe des recherches né-ceflaires pour déterminer les conditions de l’équilibre entre les fluides.
- Hypothénufe. Côté du triangle op-pofé à l’angle droit.
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- Ichnographie. Plan géométral.
- Icon. D.elineatio iconica. Mono-chroma. Monogramma. Monogramme. Orthographie. Voyez Profil.
- Ignidon du charbon de terre, obfer-vée dans fa marche & fa progreftion , fait connaître la ftructure de ce fof-file.
- Ima. Wœdret , fu. Vent. Air. Vapeur, exhalaifon de mines.
- Immunités, ou exemptions 6* privilèges accordés par les rois à ceux qui s’occupent des travaux de mines précieu-fes & métalliques : le premier édit eft celui de Charles VI, du 30 mai 1413 , ratifié par lettres du mois de février
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- *1483 '• les lettres de Henri II du 10 octobre 1^5*2, en faveur du fieurRo-berval, en rettreignant au nombre de vingt affociés & ouvriers , fujets du roi, outre les étrangers, la jouiilance de ces immunités, les fpécifient dans le plus grand détail. Sa Majefté entend que ces ouvriers foient quittes & affranchis leurs perfonnes & leurs biens , de toutes tailles, taillons, grèves , gabelles, charges & aydes de villes , châteaux, forterefles, entrées & forties, guets, portes, ports, péages , paflages, pafleports, 4e, 6e, 8e, 10e, 20e, tant des unes que des autres , vivres & chofes nécelfaires pour eux, & aufli de garnifons, logis, & contributions de gens de guerre , & de toutefervitude & fervice de guerre, généralement de toutes impofitions & fubfides quelconques , mifes ou à mettre, & pour quelqu’occafion que ce foit, en tous pays pofledés ou à poflederpar le roi, tant deçà que delà les monts , fans que ledit fieur Rober-val & fes alfociés ou employés foient aucunement & puiifent être contraints au contraire en quelque maniéré que ce foit. Afin de donner au fieur Rober-val plus de facilité de trouver le nombre d’ouvriers" qui lui fera néceflaire pour le travail des mines dans toute 1’étendue qu’il le jugera,outre les journées au prix courant qu’il eft ordonné leur être payées ; il eft déclaré que tous ceux qui travailleront effectivement auxdites mines jouiront, fous mêmes réferves , des mêmes privilèges dont ont toujours joui & jouif. fent actuellement les ouvriers travail-O ij
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- lant aux monnoies ; favoir , d’exemptions de taille , de colleéle , tutele, curatelle,de logement de guerre, & de fubventions, &> généralement de toute autre charge publique , meme de milice.
- Impaflation ou apprit du charbon de terre avec des argîlles. Dans cette préparation pour les houilles grades de Liege, la quantité d’un cinquième de terre glaife eft réputée trop forte & les gâte. Il n’en faut tout au plus qu’un vingtième , & même encore moins , fi le charbon eft très - gras j en tout, il n’en faut que ce qu’il eft néceiTaire pour maintenir le charbon en hochets, fi le charbon eft une clutte ou charbon maigre ; il faut moitié de terre glaife, lorfque c’eft pour brûler les hochets à feu découvert ; il n’en faut qu’un quart, lorfque c’eft pour brûler dans les poêles.
- împofitions. Tailles. Par les lettres du roi Henri II, du ro octobre ifS2, il eft défendu expreifément à tous les élus ou autres qu’il appartiendra, de furcharger de tailles & impofitions quelconques les villes & villages prochains des lieux où l’on befogne aux mines , pour l’augmentation qui leur pourrait avenir à caufe des mines & du trafic qui Ce fera, & pour ce aufiî que les bâtinlens, forges , fontes , af-fineries , moulins , charbon pour fondre & affiner , & autres diverfes cho-fes nécelfaires à l’entretenement des mines.
- Impugner la ’rnefure , Vie. Contefter l’fexaditude du dipendement.
- Impuljioh. Mouvement de vibration
- ifochrone imprimé par la pefanteur de l’air dans le pifton, & fucceffive-ment dans le balancier de la machine à vapeurs. La machine qui épuife les eaux de la mine de Montrelay donne par minute neuf coups de pifton , dont la levée n’eft que de cinq pieds , quoique le mouvement du pifton dans le cylindre foit de fix pieds , parce que le bras extérieur du balancier eft plus petit que le bras intérieur. La plus forte machine qui agit par io répétitions de pompes , dont le diamètre eft de 8 \ pouces , donne communément par minute 8 coups de pifton & demi, dont la levée eft de fix pieds, ce qui produit par jour 28940 pieds cubes d’eau , en y apportant néanmoins une diminution relative à la marche de la machine qui ne peut jamais être continue.
- Impur ( charbon de terre ) ail. reifFe ftein kohlen.
- Incidence ( point d’ ) optique, eft le point où l’on fuppofe que tombe un rayon de lumière fur un verre, ou fur un miroir. Axe d'incidence, ligne qui tombe perpendiculairement fur une furface.
- Inclinaifon. Les mathématiciens font très-fouvent ufage de ce mot, qui lignine l’approximation ou la tendance de deux lignes l’une vers l’autre , de maniéré qu’elles falfent un angle. Inclinaifon , en gnomonique pour les méridiens , eft l’angle que fait avec le méridien la ligne horaire du globe , qui eft perpendiculaire au plan du cadran ; lorfqu’il s’agit de l’inclinaifon d’un plan fur lequel on
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- vent tracer un çadran, alors on définit ce terme, l’arc d’un cercle vertical compris entre ce plan & celui de l’horizon auxquels il eft perpendiculaire. x
- Inclinaijon des veines de charbon, en général dans le pays de Liege. Nous ajouterons ici, en maniéré de réfumé, ce qu’en dit M. Jars. Mlm,. 1 f de fes Voyages métallurgiques. Lorfqu’il n’y a point de faille dans le terrein d’une mine, toute couche de charbon qui paraît à la furfaçe de la terre, au midi, s’enfonce du côté du nord , & va jufqu’à une certaine profondeur , en formant un plan incliné ; elle devient enfuite prefqu’horifontale pendant une certaine diftance pour remonter du côté du nord, par un fécond plan incliné jufqu’à la furface de la terre, & cela dans un éloignement de fon autre fortie , proportionné à fon inclinaifon & à fa profondeur.
- Le même académicien a vérifié cette obfervation près de S. Gilles , à trois quarts de lieue au couchant de la ville de Liege ; il y a plus, la première couche , qui eft près du jour ,forme une infinité de plans inclinés qui viennent fe réunir au même centre, de forte qu’on peut voir tout autour les endroits où elle vient fortir à la fur-face de la terre : les couches inférieures fuivent cette même marche ; mais, par rapport à l’étendue qu’elles prennent en plongeant,on n’apperqoit que deux plans inclinés qui font très-fen-fibles : par exemple, en vifitant les mines du Verbois qui font un peu plus au nord-oueft de Liege que celles de S. Gilles, M. Jars a obfervé que
- les couches dirigées de l’eft à l’oueft font inclinées du côté du midi, tandis, que les couches exploitées à S. Gilles, qui ont la même direction, s’inclinent du côté du nord; l’expérience a prouvé à tous les houilleurs de Liege, que dans l’un & l’autre endroit on exploitait les mêmes couches , formant, comme il vient d’être dit, deux plans inclinés; mais il remarque qu’entre S. Gilles & le Verbois, il y a un vallon qui a la même dire&ion que les couches, & même inclinaifon de chaque côté.
- Néanmoins l’obfervation des deux plans inclinés , qui eft vraie pour les endroits dont il vient d’être parlé, ne peut être faite par-tout. A l’une des portes de la ville , par exemple , au nord de la Meufe, on exploite les mêmes couches , mais inférieures ; elles prennent leur inclinaifon du côté du midi fous la ville, en fe rapprochant de la riviere ; d’où l’on peut conclure qu’il eft très - douteux que dans cet endroit elles fe relevent pour fortir au jour : cela n’eft pas même probable, mais plutôt de l’autre côté de la Meufe, ce qui paraît très-vrai-femblable.
- Maniéré dont les ouvriers de mines jugent & déiîgnent, par les heures , l’inclinaifon des veines. Voyez Veines du matin ou du levant. Veines du foir ou du couchant.
- On doit avoir toujours préfent à l’idée que les couches marchent dans la même inclinaifon que les montagnes dans lefquelles elle fe trouvent; qu’elles fe redèntent dans cette marche
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- DU CHARBON DE TERRE
- des vallons qui font entre les collines & monticules , félon les variations qu’elles éprouvent : on dit que la couche qui a trop d’inclinaifon fait chaudière ; lorfqu’elle fe releve trop , on dit qu’elle fait bolfe : on nomme inclinaifon de La couche leur terminai-fon à la fuperficie , comme celle des veines & filons.
- M. de Genifane , dans fa Géométrie fouterreine, donne , num. XVIII, la folution de ce problème : ConnaijJ'ant la direction & Vinclinaifon cCun filon au fommet ou dans un endroit quelconque d'une montagne, déterminer t endroit au pied de cette montagne ou le filon doit pajfer.
- Incliné (" filon "| ou précipité , fax. fchewcheute gang. [ Plan ].
- Index magneticus. Aiguille aimantée.
- Indices de mines lie peuvent être regardés former des loix générales > il exifte feulement dans chaque pays , des obfervations d’expérience d’après la nature des rocs qui y font connus, dont on peut tirer des préemptions fur la noblefle ou la ftérilité de la veine , félon fefpece de roc qu’elle aura pour chevet ou pour couverture ; mais c’elt toujours félon les pays, comme l’obferve M. Delins.
- Indice du charbon de terre. A tout ce que nous avons fait obferver fur cet objet en différens endroits de notre ouvrage , on peut ajouter ici ce que M. de GenfTane prétend , d’après fes principes. Dans le voifinage des charbons de terre on doit néceifairement, félon cet auteur , trouver des terres
- noirâtres, alumineufes, des veines de terre blanchâtre, grenue & mouchetée de points noirs, fur-tout des. terres de couleur fauve. Difc. prélimin. pag. 33 , de /’ Ht fi. nat. du Languedoc.
- Indice du paroi. ail, wegueiCer , atu wife , garde, Lyon.
- Indices , ail. griefchieb.
- Inflammation des bitumes augmentée par l’eau , rapprochée de ce que l’on obferve fur les charbons de terre que les ouvriers de forge ont coutume d’arrofer d’eau.
- lngeftores. Agric. Chargeurs.
- Injection. Introdudion de l’eau , par expiration ou foulement, dans les machines à vapeur. (Robinets d’) ( Soupape d’) ou foupape reniflante.
- Infpecteur, maître, directeur des mines , ail. berg meifler. Commiffion établie en 1727 , le 6 avril, par arrêt du confeil, en faveur du fieur François Morel , dans les mines des Pyrénées , exploitées par le fieur Galabin & compagnie. La fondion de cet inf-pedeur confiftait à tenir regifire-jour. nal , duement coté & paraphé , de l’exploitation de toutes les matières qui fe tireraient dcfdites mines , en diftinguant celles qui tiendront fuffi-famment pour fervir à faire des ef-peces de billon , ou qui feront du moins allez riches pour mériter d’être affinées j comme auffi de la conver-fion qui fera faite defdites matières en flaons, & de l’envoi de ces flaons dans les monnoies , avec tous les regiftres particuliers qui feront néceflaires pour faciliter la connaiflance du produit defdites mines & de l’emploi des ma-
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- tieres. Il Fut mis en pofleffion par l’intendant de la généralité d’Auch ; les appointemens étaient payés par le di-xedteur de la monnoie de Pau.
- Injlrumens météorologiques , ou propres à déterminer les différens chan-gemens qui arrivent à l’air confidéré comme corps à reflort, ou comme pe-fant, & fcs différens degrés de température. Ces différens inftrumens, comme baromètres & thermomètres , ont tous un défaut effentiel & inévitable j le verre eft fujetaux variations du chaud & du froid; il fe dilate & fe eondenfe différemment à proportion de„ fon épaiifeur, ce qui trouble la marche naturelle de l’efprit - de - vin ou du mercure. De plus , ou doit ob-ferver que les degrés égaux d’un même thermomètre indiquent des dilata-
- • tions égales de la liqueur ; mais on ne doit pas affirmer qu’ils indiquent des
- . degrés égaux de chaleur ; car il peut fe faire que la chaleur en augmentant ne fuive pas exactement le même rapport -que la liqueur en fe dilatant. Il eft . très-poffible qu’à mefure que la cha-
- • leur croit également, elle trouva plus ou moins de difficulté à dilater la même liqueur. Tout ce qu’on peut donc conclure, lorfqu’on voit monter la liqueur dans un thermomètre , c’eft que la chaleur augmente, mais non
- . précifément fuivant quelle loi. Voyez Baromètres. Thermomètres.
- Intendant* de mine , an. over mann. Over Seer Sureyor. Survey. View. C. Berghanptmann. Intendance des mines, ail. berghanptmann fchaft.
- Intendans de province. Dans les pre-
- mières ordonnances fur le fait des mines , comme celle de Henri II, du io octobre i ^ f 2 , de Charles IX en 1563, îa connaiffance des oppofitions & appellations fur le contenu auxdites lettres , était réfervée au roi & à fon con-feil privé, avec défenfes à toutes cours, juridictions, tantfouveraines , préfi-diales , qu’autres , à tous jufticiers , tant eceléfiaftiques que laïcs, d’en connaître. Par l’édit du roi, en forme de lettres-patentes, pour l’ouverture des mines d’or & d’argent, découvertes fur les terres du Vigean & de l’isle Jourdain en Poitou , donné à Ver-failles au mois de juillet 1705”, il eft ordonné que toutes les conteftations nées & à naître fur le fait des mines tant entre les ouvriers & commis que les propriétaires des héritages, foient portées en première inftance pa*- devant l’intendant de la province de Poitou,& jugées par lui,auquel eft attribuée la connaillance privati vement & à Fexclufion de tous autres juges , pour l’ordonnance dq l’intendant être exécutée nonobftant oppofitions ou appellations quelconques, faufl’appel directement au confeil. Par un arrêt du confeil, intervenu le iç janvier 1741 , après le rembourfement de -l’office de..grand-maître, les intendans de province ou de la généralité dans laquelle il fe trouvait des mines , étaierft commis pour raflembler uiî expofé général de ces differentes en-treprifes, ainfi que de tout ce qui y avait rapport , & envoyer au confeil leur avis fur l’état de ces entreprifes, & être ftatué d’après le rapport du
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- DU CHARBON DE TERRE
- contrôleur général des finances.
- lnterejfè, affocié dans les mines, ail. bergenofs. En Allemagne on afligne à abaque intéreflé une étendue de nerrein de 100 verges de longueur, & de 50 en largeur.
- Intérêt de mine , dans le pays de Liege, eft réputé bien meuble.
- En faveur des perfonnes qui feraient dans le cas de s’intérefler dans ces fortes d’affaires , nous croyons utile de placer ici un modèle d’adion dans une exploitation de mine en France , précédé d’une formule & des conditions à aileoir entre les aflociés.
- Conditions fous lefquelles les fieurs..........
- propofent de faire ouvertures nouvelles, continuer & rétablir des travaux dans les endroits où il y a des mines de. . . .
- Qui fe peuvent trouver dans les montagnes de. . . .
- Jufqu’aux confins de. . . .
- Où finiflent les limites de Nicolas .... Sieur de. . . .
- MODELE DE ÜA CT JO N.
- Action de Travaux de mines de. .. j000 livres. Dans les montagnes de...
- kT<?* Jufqu’aux confins de ...
- Où finiflent les limites
- de ... .
- Et de tout ce qui eft expliqué dans la conceftîon qui en a été faite pour... années , à commencer du jour de fa date, par S. A. Mgr. le duc de Bourbon , grand-maître des mines & minières de France, le. . .
- du préfent mois de.... > & au... .
- Contrejîgnè par. . . . , fecretaire de fescommandernens, & aux charges, claufes & conditions d’icelles. Du. . . jour de. . . . mil fept. . . .
- Nous fouflignés donataires defdites mines , reconnaiflons avoir reçu du porteur des préfentes , la fomme de mille livres, pour laquelle il aura intérêt dans le quart du produit des travaux , conformément aux claufes & conditions de ladite eonceiîion, fans courir par lui aucuns rifques d’autre perte que de ladite fomme de mille livres préfentement payée , ni pouvoir en aucun cas être obligé de faire un plus grand fonds pour raifon de la préfente adion , qui fera employée fuivant fon num. dans les états de répartitions qui feront faits tous les ftx mois, fur lefquels états les paiemens fe feront aux adionnaires par le tré-forier général des mines , mais au porteur des adions fans aucun récépifle de leur part, feulement en préfence du contrôleur général defdites mines , qui fera mention , dans l’adiou qui fera préfentée, & fur le regiftre du tréforier & du contrôleur , du jour du paiement, & de la fomme payée pour la décharge du tréforier.
- Enregiftré au contrôle général de& dites mines , fol. , par moi fouE figné contrôleur général, les jour & an que deflus.
- Enregiftré au regiftre des adionriai-res ifol. , par moi tréforier général defdites mines, les jour & an que deflus.
- Nous
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- ET DE SES MINES.
- • Nous, grand-maîtrevfurintendant & général réformateur des mines, minières & fubitances terreftres de France , permettons auxdits fleurs & de travailler aux mines
- fpécifiées jcî - deffus , aux conditions y portées. A ce du mois de mil fept cent
- Louis-Henri de Bourbon. Collationné fur un des originaux remis au greffe par moi fouffigné fecre-taire des commandemens de mondit feigneur , & greffier defdites mines & minières de France.
- Interruptions , di fcontinuités des veines dans leur marche , de différentes efpeces.
- Interruption du travail des machines à vapeur. Parmi les caufes nombreufes de cette interruption, la plus fréquente vient, comme il a été dit, de ce qu’il faut de tems en tems renou-veller les pillons des pompes j la vigilance des ouvriers attachés au fervice des machines peut prévenir en partie ces inconvéniens , qui d’ailleurs ne produifent communément qu’un retard d’une heure fur 24. D’autres accidens , tels que les ruptures des chaînes , font perdre plus de tems > mais ils font fort rares : enfin les plus grandes caufes d’interruption viennent des réparations qu’il faut faire de tems en tems aux chaudières 5 on remarque que ces réparations font d’autant plus fréquentes qu’on a moins de foin de nettoyer les chaudières.
- Intervenium. Séparateur, diaphragme dans les mines en maffe.
- Inventaire. Defcription, état & dé-Tome XVIII.
- nombrement porté fur un regiftre des agrêts qui compofent l’équipage d’un attelier de mine.
- Iron oar, kidney oar, an. mine en rognons , tête vitrée. Minerai de fer qui eft une efpece d’hématite reffem-blante à ce que les Allemands nomment glaff - kopf.
- Iron jlone, an. Autre minerai de fer, qui fe fond au feu de charbon de terre dans des hauts fourneaux, aux forges de Carron en Ecoffe.
- j
- Jable. Partie des douves d’un tonneau qui excede les fonds des deux côtés , & qui forme en quelque façon la circonférence extérieure de chacune de fes extrémités. Le jable fe prend depuis l’entaille ou rainure dans laquelle font enfoncées & affujetties les douves du fond de la futaille , jufqu’au bout des douves de longueur. Cette même entaille ou rainure, où l’on fait entrer les fonds, fe nomme auffi queL quefois le jable.
- Jacens ( vena ).
- Jacens ( pars ) vena. Cauda.
- J allons , jallans. Perches , piquets J lié. fiipeaux. Bâtons droits, pointus par un bout pour être fichés en terre par cette extrémité, pour fervir de fignaux dans le nivellement, & à diffé-rens ufages dans plufieurs opérations de mines.
- Jambes. Traquets. Taquets. Triquets. Chevalets. Supports du bouriquet 9 coubles, manivelles.
- Jambes de poète, jambes du treuil. Montans.
- P
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- DU CHARBON DETERRE
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- Jante qui accompagne le balancier dans la machine à vapeur.
- Jars ( M. ) de l’académie royale des fciences de Paris, de celle de Londres , pour l’encouragement des arts , & affocié de l’académie des fciences , belles-lettres & arts de Lyon , auteur des Voyages métallurgiques qui renferment plufieurs mémoires fur les mines de charbon de terre de Liege & d’autres pays.
- Jas. Bouillon de charbon dans les mines du Fore2.
- Jayet, bitume concret, nullement différent d’un charbon de terre bien pur , tel que le cannel coal. Jayet ( bols fojfjile converti en) , & que l’on peut appeller charbon de bois foffile jayeté.
- Jaugeage, art de déterminer la quantité de fluide , ou d’autres matières que peuvent contenir des vaiffeaux. Pour jauger les tonneaux , il faut d’abord appuyer un des bouts du bâton de jauge fur le jable du tonneau ou futaille que l’on veut jauger, faifant attention cependant , que quand le jable d’une piece eft plus court qu’il ne doit l’être , cette diminution du jable donne néceffairement un excédant de jauge 5 cette façon de jauger appartient au tonnelier. Le jaugeage des vaijjeaux de mer eft très-difficile , à caufe de la grande irrégularité des courbes , & du grand nombre des différentes courbes qui entrent dans la furface d’un même vaiifeau, & qui produifent fa capacité.
- Jetée en jetée ( creufer de }. c’eft-à-dire de la hauteur à laquelle
- un homme peut jeter avec une pelle.
- Jeter l’eau derrière foi.
- Jeu ( long ) , lié. trou de tarré entier ( court ) demi-trou de tarré.
- Jod ( commerce en Angleterre ) * quart du quintal, autrement 27 livres d’avoir du poids.
- Joint de charbon de terre , an. feam.
- Joker, ail. contignationes , étages.
- Jonction, réunion , affemblage de beaucoup de veines & de filons qui fe joignent enfemble , très-différent de Vamas, qui , félon la remarque de M. Delius, peut bien être formé de cette maniéré , mais rarement.
- Jord bore , fu. tardere.
- Jour ( trairejfes au ) , lie. ( puits de ) bure à itirer , bure d’extraélion , bure de chargeage , grand bure , maître bure, ouvrages pourfuivis de jour a jour, lié. c’eft-à-dire, fans interruption j refaiver au jour, lié. faire la mefure hors des ouvrages fouterreins. Jour ( verfement au) f lié. Jour luthier au ) lié.
- Journal économique, ouvrage périodique commencé en 1751, renferme plufieurs morceaux détachés fur les mines de charbon de terre, cités ou employés dans le courant de cette defcription.
- Journal d'exploitation ( modèle de ) , en faveur des perfonnes qui veulent conduire de ces fortes de travaux.
- Journaliers employés aux manœuvres d'un grand attelierde fabrication de hochets ou de charbon de terre en pelotes.
- Joxhlé, dans le Limbourg, fignifie
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- bafchê avec des bois quarrés mis en poutres , en molitans.
- Ju (honteux ), dans les mines de Dalem.
- Judex metallicus , ail. berg richter, juge pour les affaires de mines.
- Juge confervateur, qualification du bailli qui exerce fur le canal de Briare le droit de jurifdi&ion attribué aux feigneurs du canal.
- Juges confervateurs de la provifion de la capitale fur le canal de Briare.
- Jumelles, dans les arts méchaniques, fignifie deux pièces femblables & fem-blablement pofées. Jumelles de fer 9 fax. wangeneifen.
- Juratus acluarius 9 juratus metallicus, ail. berg fchreiber.
- Juratus partium venditor.
- Jures du canton.
- Jures du charbonnage , à Liege, qui exercent la jurifdiétion du charbon : on lia rien de certain fur fon inftitution , qui , félon toute apparence , remonte à l’époque de la découverte de ce folîile dans le pays de Liege ; on voit feulement par l’édit de l’empereur Maximilien , & qui eft imprimé tout au long dans Louvreix , part. II, chap. XIII, n°. 34 , que les appellations des fentences rendues en ce liege fe portent au tribunal des échevins , des jugemens defquels on appelle au confeil ordinaire , à qui l’édit attribue un pouvoir fouverain fur cette matière, & que l’empereur, pour favorifer le commerce du charbon, ordonna qu’on ne pourrait dans la fuite fe pourvoir à la chambre impériale contre les décidons du confeil 5
- quand même la valeur des chofes con-teftées excéderait les fournies pour lefquelles il eft permis en d’autres matières d’interjeter appel des jugemens du confeil. Cet édit a été confirmé par celui de Charles VI, du 27 juin 1721 , enregiftré à la chambre de Wetzlar le 17 mars 1728.
- Les voir-jurés , compofant ladite cour, font tenus de le rendre tous les quinze jours fur les mines dépendantes des areines franches , pour examiner les ouvrages : ils y font defcendre en conféquence deux membres de leur corps , lefquels font enfuite » leur rapport qui eft enregiftré, afin que dans des tems pofté-rieurs on fâche à quelles couches ou veines les maîtres des foffes ont travaillé , & quelle a été l’étendue de leurs ouvrages.
- Lorfque ces députés reconnaiifent que les ouvrages peuvent porter préjudice à l’une ou l’autre des areines franches , qui font affranchies & mifes en garde-loi, la cour fait défenfes de travailler plus avant, fur-tout li les extrémités des ouvrages fout à portée de quelques areines bâtardes pouffées au voifinage, comme, par exemple, celle de Gerfon-Fontaine, qui domine du côté de S. Laurent, S. Gilles, S. Nicolas, & aux environs , à portée de l’areine franche de la cité, de même que celle de Bratidfîre & celles appelles Brodeux , qui font également bâtardes , & qui confinent avec celle de Richon-Fontaine, qui eft franche , & domine dans le quartier de Sainte-Walburge.
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- Jus ( afjîage ) , lié Crevafles ou ouvertures qui donnent jour à beaucoup d’eau.
- Jus cuniculi. Droit d’areine. Jus prcedü. Droit de fouveraineté.
- Jujlice tant civile, que criminelle ( ad~ minijlration de) fur le fait des mines. M. Delius, dans la quatrième partie de fon ouvrage, obferve très-bien que pour entretenir une bonne économie dans les mines, il eft néceifaire d’y établir une juftice civile & de police} punir rigoureufement les vols & les fraudes 5 ne point tolérer la fainéan-tife , l’ivrognerie , & tous les vices qui portent préjudice à l’entreprife; entretenir foigneufement la difeipline & la fubordination, le bon marché des vivres, fur-tout dans les endroits où le terrein eft pauvre & ftérile , afin de n’ètre pas forcés de hauffer le fa-îaire des ouvriers.
- Dès l’an 1413 , le roi Charles VI, par lettres du mois de mai, en faveur des marchands , maîtres faifant l’œuvre , & les ouvriers occupés de l’ouverture & des travaux de mines , avait établi dans le bailliage de Mâcon & fénéchaulfée de Lyon, un juge pour connaître & déterminer, conformément aux ordonnances & inftruélions baillées par les maîtres des monnoies de la cour de Paris , tous cas mus ou à mouvoir , avec appel au parlement, excepté cas de meurtre, rapine ou larcin.
- Par les lettres du roi Henri II, du 10 odobre 1 fpa., en amplification de lettres précédentes , il eft donné au fieur la Roque, fèigneur de Rober-
- vaî, fes commis & députés en fon abfence & officiers qu’il pourra commettre , puilfance & autorité de faire & adminiftrer toute juftice , jurifdic-tion, tant en cas civil que criminel, quant au fait des mines , & ce jufqu’à la fentence définitive & exécution d’icelle , inclufivement fur tous ouvrans, trafiquans, négocians & befoignans les mines , ou dépendances d’icelles *, ce tribunal était néanmoins tenu d’ap-peller à fes jugemens , tant de lui que de fes officiers & commis , fix hommes de loi, avocats ou confeil-lers , & trois autres perfonnes efti-mées les plus capables d’entre les aifo-ciés. Ces jugemens ne fouffraient de délai que dans les cas de jugemens à mort, ou portant la peine de quef tion j alors, s’il y avait appel , le jugement était fufpendu & porté au fiege le plus prochain , foit des cours fou-veraines , foit des juges ordinaires, avec lefquels un tribunal de confeil-lers établi par un édit antérieur , cité immédiatement dans cet endroit, jugeait en dernier relfort jufqu’à 200 livres , l’appel des jugemens de mort & de torture , en fouveraineté & par arrêt, fans qu’il fût permis enfuite à l’une ni à l’autre des parties d’en appeller : avec défenfe aux cours fou-veraines , juges & officiers quels qu’ils fuffènt, d’en prendre connaiifance , à peine de nullité de toutee qui ferait fait par eux.
- En vertu de ces mêmes lettres de 15 fi, les crimes de vol de mines ou de faux monnoyage, ou recélement de mines comme fruftraut les droits
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- du roi, tranfport de mines, billons ou métaux hors du royaume , fans congé & connaiiTance du fleur deRo* berval, étaient jugés par lui avec la liberté de les mettre entre les mains de la juftice ordinaire des lieux où étaient les mines , avec leurs charges & informations pour leur procès.
- En conféquence de ce pouvoir, l’édit donnait au fieur Roberval, à fes commis & députés, le pouvoir d’avoir des prifons dans les endroits qui leur fembleraient le plus convenables , tant pour la fureté de leur perforine , que pour la confervation des métaux , mi. néraux & autres uftenfiles ; & d’avoir armes offenfives & défenfives, per-mifîion de les porter & les faire porter par les ouvriers de ces mines, ainii qu’à fes principaux commis ou députés & leurs domeftiques, qui feraient dans le cas de fe transférer dans le royaume.
- Pour cet effet & autres ordonnances concernant la juftice , police & l’ordre convenables, l’édit approuve & authentique le feing & le feel du fieur Roberval, voulant que foi y foit ajoutée en fa partie , comme au feing & fcel des officiers de Sa Majefté ; défend de plus à tout tabellion & notaire de paifer aucun contrat pour le fait des mines & ce qui en dépend, fans que ledit fieur Roberval ou fes députés & commis euflent figtié à la minute.
- Enfin , par ce même édit le fieur Roberval avait pouvoir d’établir des officiers de police , & de faire des fta-tuts & ordonnances de police à vidi-
- mer pair le confeil privé du roi.
- Par un arrêt du 14 mai 1604, & eft ordonné que dans les endroits où il y a des mines, il y aura des carcans , eftrapades & marques de juftice pour en impofer aux ouvriers de mines , dans leurs querelles , dans leurs jeux , & pour les punir.
- Cette jujlice ou commifiion fur le fait des mines a enfuite changé de forme. Par un arrêt du confeil, du 1 % juillet de l’année 172? , en conféquence des repréfentations du fieur Galabin & compagnie , chargés de l’ouverture des mines dans les Pyrénées , Sa Majefté s’eft réfervé & à fou confeil toutes les demandes & contef. tâtions, procès civils & criminels, fur-venus & à furvenir pour l’exploitation defdites mines, & l’exécution de l’édit de 1722 dans l’étendue du ref fort du parlement de Pau j & pour ce qui eft des circonftances , dépendances , renvoie par - devant le premier préfident du parlement de Pau, l’intendant de Béarn, & plufieurs con-feillers audit parlement, affiliés du procureur général, pour juger en dernier relfort, en interdifant à toutes fes cours & autres juges cette con-naiffance , à l’exception de ce qui concerne le fait de la monnoie réfervé aux juges à qui la connaiffance en appartient. Cet édit autorife les commif-faires à juger en nombre de trois au moins dans les cas d’abfence des autres , dans les procès civils, & au nombre requis par l’ordonnance dans les procès criminels j il leur eft encore permis de nommer pour faire les fonc-
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- tions de procureur du roi en ladite commifîion , telles’perfonnes capables qu’ils aviferont bon être, au cas qu’il furvienne des affaires dans lefquelles la fonction d’une partie publique ferait néceffaire.
- En 1728 , le 22 juin , dans la vue d’accélérer le travail des mines, qui pourrait être retardé par les demandes , conteftations générales, particulières & perfonnelles fur le fait de la compagnie des mines du royaume, Sa Majefté, par lettres - patentes fur l’arrêt , datées du 11 juillet, confirma ces dilpofitions, en nommant pour leur exécution le premier préfident, l’avocat général, plusieurs confeillers du parlement de Pau , & l’intendant de cette généralité, avec pouvoir de fubftituer d’autres officiers du parlement , de commettre un procureur pour le roi , & un greffier.
- Juficiers > hauts & fonciers. L’ordonnance du roi Charles VI, du 30 mai 1413, portée par maniéré d’édit, ftatut, loi & ordonnance irrévocable , reftreint les droits & prétentions de ces feigneurs , tant pour le droit du dixième déclaré appartenir au roi feul & être une prééminence de la couronne, que pour les différens empèche-mens qu’ils s’efforceraient de donner aux entreprifes de mines , leur enjoint de fournir aux ouvriers , moyennant jufte & raifonnable prix, chemins fixés par deux prud’hommes, voies, entrées, iffues par leurs terres , pays, bois, rivières & autres chofes nécef-laires. Voyez Seigneurs,
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- J^albrecht } fu. fer cafTant à froid.
- Kamm. ( Minéralogie. ) Roc très-dur qui fe trouve au-deffous ou entremêlé d’un roc tendre.
- Rangs. Fourneaux ou étuves chi-noifes. Kao - kang, où l’on fe tient affis.
- Rafla watuet bakom. Sig , fu. Jeter l’eau derrière foi.
- Rauchetays , lie. kauchet. Morceaux de houille de moyenne groffeur. Bouter le kauchet , fignal de mutinerie parmi les ouvriers houilleurs Liégeois.
- Kaukteufe ( veine ). Voyez Pleine.
- Keables , an. féaux.
- Keelman, an. bateliers.
- Kedria , poix minérale , naphte , afphalte. Partie graffe ou bitumineufe du charbon de terre. Voyez Poix minérale.
- Rerme dans les mines d’Anjou.
- Kihel ,fax. piece du feldgeftangen.
- Rieufer grund, ail. petits filets de mine qui fe croifent.
- Rila , fu. coin.
- Klafter, ail. toife des mines métalliques, de fix pieds cinq pouces de France.
- Kehrrade. JFafer goepel. Machine à eau , machine à roue.
- K laie, lié. clay. Klayeufe ( terre ) , ferme , dure, lâche, fablonneufe, peu fujette aux eaux.
- Klufft, ail. filon , fente remplie de minéraux , mais étroite , & n’ayant point une grande longueur; on appelle auflï klufft, en anglais foeders, des
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- veinules ou petites veines qui partent d’un tronc fort & nourri, s’étendant tantôt en direction oblique , fè joignant tantôt à d’autres Veines ; ce qui fait qu’on les appelle rameaux nourriciers.
- Klyfta, fu. fentes.
- Klyfùgc. Fifflis , qui fe fépare par feuillets ou par écailles.
- Knaw, ail. Maiïes de rochers qui fe rencontrent dans les filons des mines , plus dures & plus fermes que ne le font les autres pierres & rocs de la montagne.
- Kneufi, fax. mélange pierreux de quartz, de mica , de fable , d’ardoife, de plufieurs terres , de limon , de filex pétrifiés. Cette pierre compofe la plus grande partie des montagnes de la Saxe ; c’eft dans fon voifinage que l’on cherche les veines métalliques.
- Knobbe. A Rammelsberg, knobbens. Scories de la fonte des mines d’argent & de plomb, obtenues au feu de tourbe & de charbon de bois.
- Knopfffein. Pierre à bouton, parce que le plus communément on taille cette fubftance en ferme de boutons : quelques naturaliftes prétendent que le knopftftein fe trouve dans plufieus mines de fer; il eft rangé par quelques-uns dans la claife des ardoifes , contenant beaucoup de particules fer-rugineufes. En en jetant au feu , on reconnaît que c’eft un vrai charbon de terre très-dur, fort approchant du jayet, du kennel coal, & de quelques charbons d’Ecoflé, dont on fait des pommes de cannes, des falieres, des taifes s des tabatières , & diiiëreiis
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- uftenfiles de ménage que l’on prétend être faits au tour.
- Koirelle. Querelle. Grès, lié. Greit. Se rencontre conftamment dans toutes les mines de charbon.
- Kol. Kulme. Efpece de charbon de terre , qui brûle avec une flamme plus vive que le brand skiffer, mais moins vive que le charbon de pierre ; & au lieu de tomber en cendres, fe réduit en slag.
- Kol. Fondant employé dans la fonte de plomb, efpece de kulm.
- Kol arbetare , fu. ouvrier de charbon.
- Kol bet, couche de charbon.
- Kol ( fêta ) i fu. charbon gras.
- Kol foens ut frykand, fu.
- Kol gruba , fu. mine de charbon.
- Kol ( huggare ) , fu. coupeur de charbon.
- Kol klyfter, fu. fentes de charbon.
- Korg ( kol ) , fu. mefure de charbon, pour les fourneaux en Suede.
- Korb fange , fax. barre de manivelle.
- Krahays, lié. Braifes de charbon de terre.
- Krein, lié. crein. Renflement des parties du toit ou des veines même. M. Jars le définit partie de rocher qui part du toit, & plus communément du mur , formant un renflement dans un alignement en angle droit à la diredion de la couche , & toujours en defeendant ; le krein fe rapproche tellement du toit, que l’épaiflêur du charbon diminue au point de fe réduire à une trace noire qui fe continue feulement quelques pieds, pen-
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- dant lins ou deux toifes ; & l’ayant traverfé , Pon retrouve le charbon comme précédemment : ces kreins , que M. Jars prétend fe trouver dans prefque joutes les mines de charbon, fe rencontrent communément, félon lui , en fuivant la diredion de la couche toutes les quarante, cinquante ou foixante toifes. Souvent ils fe retrouvent dans les mêmes*endroits au-delfus ou au-deifous, c’eft-à-dire, dans les couches fupérieures & dans les couches inférieures. Dans les mines d’Anjou, M. de Voglie a obfervé aufli qu’il n’y a point de veines fans kreins *, que dans une veine parallèle au même endroit, on trouve le même krein, ou un pareil : on doit les percer pour continuer le travail. -
- Kreugefl unde, diredion perpendiculaire du filon.
- Kreufchlage, ail. fcories qui s’attachent aux parois du creufet.
- Krouffe. Nœud de pierre fort dure qui traverfe ou comprime le filon ; on travaille tout autour de la roche jufqu’à ce qu’on retrouve- le filon tel qu’il était auparavant ; mais li le filon fe trouve entièrement coupé, on change de diredion de maniéré qu’on ne puiife plus former de gradin ; les mineurs difent qu’ils ont donné dans un cul-de-fac.
- Kmmm* \apfen. Kurbel , fax. tourillon.
- Kunfl fchacht culrn , puits à machine. Kunjl (Jlangen ).
- Kurbe 9 fax. manivelle.
- Kurbel. Krumme. Zapfen, fax. manivelle pour machine à eaux , autre-
- ment dite tourillon.
- Kurella ( M. ) , auteur d’eflais & expériences chymiques, imprimées en allemand à Berlin , //z-8°. iparmi lefqueîs il fe trouve en particulier un article compofé de 19 fedions fur le charbon de terre confidéré dans fà formation, fa nature, fes principales propriétés & ufages, confidéré enfin par la voie de l’analyfe chymique.
- L
- AC H AGE des bateaux de charbon de terre, dans les endroits ( de la riviere de Seine à Paris ), où ils attendent leur tour pour defcendre.
- Lachaife, Lachy , village du Bourbonnais , près la mine de charbon de Finis , où les premiers travaux de fouille ont été faits anciennement par des Liégeois.
- Lachter9 ail. brade des arpenteurs de mines.
- Lacs ( mine des ) , en baffe - Auvergne , dépendante du village de Sainte» Florine.
- Lacuna , ail. eifen. Sumpft , voyez Wa(fer fchacht.
- Lacufculus. Bafjin de décharge.
- Laders, an. échelles.
- Laegige gaenge ( tonn ). Laegiger fchacht {tonn.) ail. Voyez tonn Lcegig gang, & tonn Laegiger fchacht.
- Laitier , efpece d’écume métallique durcie, appellée dans les forges ordinaires mâchefer.
- Laiton ou cuivre jaune, alliage d’une certaine quantité de pierre calami-naire de cuivre de rofette & de vieux cuivre ou mitraille.
- Lampes
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- Lampes pour brûler de l’huile ou du fuif dans les mines , ainfi qu’il fe pratique dans les houillieres d’Auvergne. Dans les foires de grand athour, il fe fait une grande confom-mation de ces matières. On obferve que quand l’air d’une mine eft trop fort, les chandelles fe confumenttrop vite , & que lorfqu’il eh modéré, elles brûlent irrégulièrement, & font fu-jettes à s’éteindre : elles valent mieux & font plus économiques que les lampes lorfque l’air eh calme, parce qu’elles ne font point dans le cas d’ètre renverlées & d’ètre entretenues.
- Lampe à feu. Fourneau ventilateur de M. Sutton.
- Land coal metters, an. metteurs à port.
- Langue de bœuf. Outil de la forme du fer d’un fponton renforcé par fon axe, furmonté d’un manche entièrement femblable & égal à celui de la tarriere , & dehiné à fendre les pierres fur lefquelles la tarriere ne peut mordre ; fa plus grande largeur doit excéder celle de la tarriere.
- Langue de ferpent ( fleuret ou trépan en). Sonde de terre, ufitée dans les mines deMontrelay, Autre qui entre dans la compofition de la tarriere anglail’e , pour percer les rochers les plus durs.
- Languette. Mouche. Moxhe de veine. Partie de la tarriere Liégoife pour fonder & pareulfer la veine.
- Lanterne , meche ou cuiller delà fonde anglaife, fu. nafware.
- Lanterne ( méchanique ) , roue dans laquelle tourne une autre roue,
- Tome XVLU.
- Lanterne ( hydraul. ) , pièce à jour faite en lanterne , avec des fu féaux qui s’engrenent dans les dents d’une roue, afin de faire agir le pihon dans le corps de pompe.
- Lapis terminais, ail. lochflein.
- Largeur d'une veine ou d’un filon. V. Puiffance.
- Larmier. Ce terme, qui a différentes lignifications en maçonnerie , & qui eh une efpece de chena{, fe donne à une piece du baritel à eau , ainfi qu’à une piece des roues à chute inférieure , dont on voit la defeription dans M. Delius.
- Laf. Lafe. Letch. Letcht. Laflre. Dans quelques pays du nord c’eh un terme général qui fe prend pour la charge entière d’un vaiffeau. Lajl lignifie quelquefois up poids ou une mefure particulière , mais qui change eu égard aux lieux , & eu égard à la différence des marchandifes ; fou-vent il eh pris pour le poids de deux tonneaux. Les Hollandais mefurent ordinairement la charge de leurs vaif-feaux par lahes. On dit, un vaiffeau de ifo lahes , c’eh-à-dire , de 300 tonneaux; il faut 10, fo, quartieres pour faire le laite.
- Latéraux ( conduits , ou palfages ).
- Latior feu principales vena , veine principale , maîtrelfe tige.
- Latitude d'un lieu, ou élévation du pôle fur l’horizon de ce lieu.
- Latter, coulanter. Charpenterie d’une foffe ou d’un puits de mine.
- Laufftarn, cifum , traîneau monté fur roues.
- Lave, fcorification ferrugineufe ,
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- ou efpece de fcorie des volcans.
- Lavege, ardoife écailleufe de SuifTe.
- Lanjè , charpenterie dans les mines de Dalem.
- Laye. Moye. Soyf. Joint naturel qui fe trouve dans les bancs de charbon.
- Layeufe ( veine ) , non xhorrée.
- Lead, an. Plomb, lump lead, an. Iliade. Swelling lead. Smethon.
- Lech, nom donné en Hongrie à la matte.
- Législation des mines, la plus ancienne loi fur les mines, & qui conftate le droit de dixième du roi, ainfî que la poffeffion où étaient les propriétaires des mines ou des fubftances terreftres, de les exploiter entiére--ment à leur profit, eft fordonnance de Charles VI, du 30 mai 1413 : ces lettres-patentes , au jugement de l’auteur du traité hiftorique de la fou-veraineté duroi,chap. X, page 5:42, parlent de ce droit comme d’un droit anciennement établi ; elles portent que au roi feul appartient le dixième fur les mines du royaume, &c. Les dif-pofitions contenues dans ces lettres-patentes , & que nous avons inférées dans cette table des matières, chacune à leur place, ont été confirmées dans tout leur entier par les édits de Charles VII, du premier juillet T437 ; de Charles VIII, des mois de février & novembre 14835 de Louis XII, juin 14985 par lettres-patentes de François I, du 29 décembre i j 1j , 1519, & du ig oétobre IJ21 ; par celles de François II, du 29 juillet 1 j6o i par la déclaration de Charles IX, du 26 mai ij63. Toutes ces loix, citées
- par Blanchard , dans fa compilation chronologique des ordonnances, relativement à la confervation du droit du roi fur les mines, ont été recueillies dans un petit volume i/z-12, imprimé plufieurs fois fous le titre d’Edits, ordonnances , arrêts & régle-mens fur le fait des mines & minières de France, avec les déclarations du droit de dixième dû au roi fur les métaux & toutes fubltances terreftres, enfemble la création des officiers fur lefdites mines, privilèges & libertés concédés aux entrepreneurs & ouvriers d’icelles. A Paris , chez Prault, imprimeur des fermes & droits du roi, 1764. L’hiftoire de cette première législation françaife pour les mines , eft inférée fommairement, page vj de la préface des fontes de mines, traduite de Schlutter.
- L’état des mines d’Alfaee, donné par M. le comte d’Hérouville de Clayes , dans le Dictionnaire encyclopédique , au mot Alface , tome I , eft fuivi d’obfervations faites en 1771 par des perfonnes éclairées, comme devant contribuer à l’exploitation avantageufe de toute mine 5 elles renferment des points de vue utiles qui pourraient entrer dans un corps de législation.
- Leifle. Tabella.
- Leiflen. Tabellœ tranjverfœ.
- Letten. Efpece de terre argilleufe , ou plutôt glaifeufe.
- Lettres de commifjîon expédiées en France par le grand - maître fuperinten-dant, & par fon lieutenant général. Comme les diverfes commiffions fur
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- le fait des mines pouvaient oceafion-ner confufion & embarras , il fut ordonné par l’art. VII de l’édit de 1601, que ceux qui feraient commis par le lieutenant général , ne pourraient jouir de leur conmiiflion, &en vertu d’icelle faire aucun exercice fur lef-dites mines , qu’au préalable ils n’euf-fent fur leurs lettres de commiffion pris attache du grand-maître, & que ces commis , portant la qualité de Lieutenant particulier dudit grand-maître , jouiraient, pendant le tems qu’ils^ exerceraient ladite charge & commiffion , des privilèges 8c exemptions attribués par ces lettres aux officiers de mines. Voyez lieutenant général & particulier.
- Levant ( veine du') , ou du matin > ayant fon cours depuis 3 heures juf-qu’à 6 , ou qui fe trouve entre 3 & 6 heures.
- Levay , niveau du bure, eft proprement la voie qu’on pourchaife en avant-main.
- Levier. Pince. Hament. Levier. Barre. Vectis. Porectum. D’ufage dans la plupart des machines } il peut être de bois, de fer , ou de toute autre matière , félon l’objet auquel 011 le def-tine : il doit avoir dans chaque cas une groffeur & une réfiftance proportionnées à fa longueur, à la matière dont il eft, & aux efforts qu’il eft obligé de fupporter. La détermination de cette groffeur eft une quef-tion qui donne peu deprife à la théorie , & fur laquelle on doit fur-tout confulter l’expérience.
- Levier droit ou coudé. Vectis recta
- ail. vrandeftangen.
- Lézardes. Veinules quart{eufis ou fpatheufes, de 3 ou 4 pouces d’épaif-feur , qui coupent par intervalles un roc graniteux dont eft eompofée la-couverture pierreufe de la vraie mine de charbon à Rive-de-gier.
- Libella. Niveau. Chorubatte. 'Waffer-waage. Gradbogen. Libella flativa. Agric.
- Lichtloch, ail. foupirail.
- Lichte. Tord en. Tourbe des Pays-Bas.
- Liege ( pays de ) abonde en habiles houilleurs , & en charbon de terre, qui eft un des meilleurs après celui d’Angleterre. Il paraît, par un arrêt du confeil du 31 odobre 1672, que dans la province de Champagne & autres avoiGnant la riviere de Meule , on faifait ufage , pour le feu ordinaire du chauffage , du charbon de terre venant de Liege par la Meufe.
- Lieures. ( Charpenterie. ) Pièces de bois courbes par un bout, qui fervent à élever les bords des bateaux avec les clans.
- Lieutenant général, lieutenant par~ ticulier & officiers du grand - maître des mines. En vertu de l’article IV de l’édit de réglement général du roi Henri, en date du dernier juillet , & du 13 août 1603 , le lieutenant général du grand-maître pour tout le royaume, ainli que toutes perfonnes revêtues d’office , portaient le titre de confeil-lers du roi ; avaient des gages annuels à prendre fur le fonds du droit du roi ; avaient de plus, fur les mines, minières & ce qui en dépend , les mêmes
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- pouvoirs & autorité que le grand - maître lorfqu’il fe trouvait abfent, & dans les cas urgens qui ne pouvaient attendre fa préfence ou fes ordonnances, fur les avis qui lui étaient donnés des occurrences de fa charge.
- Ledit de 1601 , vérifié en parlement & en la chambre des comptes le dernier juillet & le 15 août 160$ , par lequel l’état de grand-maître des mines fut rétabli en office , établit en même tems un lieutenant général par tout le royaume avec la qualité de con-feiller, & un coutrôleur général, auffi en titre d’office formel, pour tenir re-giftre & contrôle defdites mines, leur quantité & qualité, & des droits de Sa Majefté ; & pareillement à Paris un receveur général pour faire la recette de ces deniers , & un greffier pour faire tant avec le grand - maître qu’avec le lieutenant général en per-fonne , ou par fes commis , les expéditions , fentences , jugemens & autres , qui fe feront dans cette charge.
- Par ce même édit, le lieutenant général a les mêmes pouvoirs & autorité fur les mines & minières , & ce qui en dépend quant au grand-maître en fon abfence , & pour les chofes urgentes qui ne pourraient attendre fa préfence ou fes ordonnances fur les avis qui lui auront été donnés.
- 11 pouvait, ainfi que le grand maître , fubffituer en fon lieu & place une perfonne capable , en qualité de lieutenant particulier , pour tous les endroits où il le jugerait bon, pour en leur abfence régler , ordonner , rétablir & réformer ce qui ferait néeef.
- faire , tant pour les mines que pour la confervation des droits du roi.
- Outre les gages annuels que nous avons énoncés au mot officiers , afin de ne point retarder les opérations de leur charge, le même édit de 1601 , article VIII, attribue au grand-maître & au lieutenant général ; lavoir, au grand - maître cent écus deux tiers , au lieutenant général quatre écus par jour dans leurs tournées , dont ils étaient tenus de rapporter bons & valables procès-verbaux faits fur lef-dites mines , & au greffier un écu entier auffi de taxation exprelfe ; laquelle fomme, tant de gages & taxations ou gratifications ordonnées par le grand-maître ou le lieutenant général , & mêmes frais à faire par huiffiers & fergens pour contraintes & conferva-tions du droit royal , taxations des commis du lieutenant particulier , était aifedée & prife fur les deniers provenans du droit du roi, par le receveur général & fes commis, en vertu d’ordonnances & de fimples quittances du grand-maître & du lieutenant général, & de parties prenantes, en vertu de ces ordonnances au vidi-mus de ces patentes , avec les procès-verbaux du grand-maître , du lieutenant général , des lieutenans particuliers , & commis.
- Lieutenant particulier du grand-maître. Par l’article V de l’édit de 1601 9 ce lieutenant particulier devait donner au grand-maître & au lieutenant général avis des nouvelles ouvertures de mines qu’on voudrait faire, leur envoyer qualité , elfais & échantillons 3
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- pour être ftatué à ce fu’jet par le grand-maître , ou en Ton abfence , par le lieutenant général. Pour avoir un état certain du profit & des émolumens réfultans des droits du roi, le grand-maître , furintendant , & en fon abfence le lieutenant général, étaient tenus par l’article VI, de faire féparé-ment des tournées dans les provinces du royaume , dreflaient des procès-verbaux de la recette du droit royal & du contrôle, & ils en envoyaient un au confeil d’état, & un autre au receveur général, commis à la recette & au recouvrement des droits.
- Ligament, fax. befteg. V. Letten.
- Licht, ail. côté qui couvre le filon , & qui eft oppofé au côté fur lequel il eft couché.
- Liggande, fit. Couche.
- Lighter men, an. batelier d’allege.
- Ligne , eft ce que les ouvriers nomment un trait qui va d’un point à un autre. En mathématiques c’eft tun ligne employé pour fignifier la première & la plus petite des longueurs.
- Ligne oblique , plus ou moins , ail. flach.
- Ligne a plomb, ail. feiger, eft une ligne perpendiculaire, c’eft - à - dire , une ligne qui fait un angle droit avec la ligne horizontale.
- Ligne qui ne s’éloigne pas beaucoup de la ligne horizontale, ail. fehwebend.
- Ligne de niveau , ail. fohlig. Eben fohlig. Ligne plus ou moins oblique, ail. flach.
- M. de Genflàne , dans le chapitre Vide fa Géométrie fouterreine, donne la folution du problème num. 6.
- Prolonger une ligne donnée fur un ter-rein.
- Le problème XI de M. Weidler, eft mener une ligne horizontale droite fur la terre, dans les cas oit la fuperficie ejl inégale , & dans ceux où. elle eft coupée par des précipices ou dé autres obfacles confidérables. Le problème XIII, trouver une ligne droite par laquelle on peut approcher en moins de tems des fouter-reins ; ce qui éclaire lorfqu’il s’agit de pénétrer de delfus la furface aux galeries , & lorfqu’on peut communiquer d’une galerie à une autre qui en eft voifine.
- Ligne fiducielle , ligne de foi , ligne d'affurance. Diamètre de la bouifole.
- Ligne des nombres. Echelle,
- Lignes artificielles , ligne des parties égales, ligne des lignes , ligne des cordes.
- Dans le langage de l’exploitation, les houilleurs Liégeois appliquent différemment le mot ligne; ils difent, ligne de l'ouvrage , ou avant - main.
- Ligne. ( Gnomonique ). Ligne méridienne , ou ligne du midi, eft celle qui tend d’un pôle à l’autre, & qui repréfente le cercle du méridien. Dans les cadrans verticaux cette ligne du midi eft toujours perpendiculaire à l’horizon.
- Ligne fouflillaire. Ligne fur laquelle on éleve le ftyle d’un cadran.
- Ligne dleau des fontainiers , évaluée à la cent quarante - quatrième partie d’un pouce d’eau. Ligne de l'eau. En parlant d’un vaiifeau , c’eft l’endroit du bordage jufqu’où l’eau monte, quand le bâtiment a fa charge & qu’il flotte.
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- Ligne du fort. ( Marine. ) En parlant d’un vaiffeau, fe dit de l’endroit où il eft le plus gros.
- Lignutn petroleo imbutum. Gagas. Pfeudo gagas. Ebenum foffîle. Lithoxy-lon. AIL fortur brandur. Bois fofjîlc jayetê.
- Ligo. Hoyau. Becke , ail. feilhaw.
- Ligida. Nom latin donné par Agri-cola à l’aiguille de la bouffole.
- Limagne ou baffe- Auvergne. Province qui fournit du charbon de terre à la ville de Paris, & où il y a plu-fieurs puits de mines ouverts à Braf-fac, Sainte-Florine , Auzat, & autres paroiiîes, éle&ion d’Iffoire. Ces mines ont été affichées à vendre , en vertu d’un arrêt du confeil du 3 décembre 1774 > enfemble ou féparément, au plus offrant & dernier enchériifeur, à la requête des intérefles dans ces mines. Nous placerons ici un nouvel état de ces mines , d’après l’affiche, tant pour l’exaélitude des noms des endroits , à laquelle nous avons pu manquer, que pour préfenter ici un tableau plus rapproché des mines de cette province.
- Dans un champ dit Chaniac ; dans les tenemens de Baratre, les G ours puits haut & bas , le Bourguet, les Rivaux , le Croc, la chalandre , la Prade ; dans les appartenances & territoire de la Roche- B re fin , mine de Mari aile , terroir de la Font, du Pradel, de la Corn-belle ; dans les terres & prés joignant Chacal ou canal de la mine de la Foffe ; les Gours hauts , le terroir <£Artonnas ; au terroir de Sadoumy, au terroir de Tanfae, Tanfat-U-Terron , fur l’Ailier
- & paroiffe de Baulieu ; Vignal haut ; Vignal bas, dans le champ du Chefne, La Daille , ou le champ du Chefne, le champ de Naffé; aux territoires de la Megecote, de la Plenide, contigus l’un à l’autre , paroiffe Sainte. Florine, dé-pendans de la terre & feigneurie de Rel-hiac ; les mines de Neuvialle, de la feigneurie de Vergonghon.
- Limande. Soliveau. Chevron. Lat. Tigillum. Les noms français font donnés en charpenterie à une piece de bois de fciage plate , étroite , & peu épaifle; on en emploie de cette efpece dans quantité de conftruêtions pour les mines.
- Limites de concefjion. Etendue du terrein dont une compagnie eft mife en poffetlion par privilège, doit être bien fpécifiée dans la conceffion, de maniéré à ôter matière à procès.
- Linea normales. Ligne à plomb.
- Linie ( fokles ), ail. Lit de la galerie.
- Liquet. Selon M. de Genlfane, on donne ce nom dans quelques endroits à la roche inférieure d’une veine de charbon.
- Lifiere de veine, ail. làlbande, fu„ bryne. Lorfqu’une veine n’eftpas liée intimement à fes côtés avec le rocher de fa couverture & de fon chevet, & qu’ellefeféparefacilement, cette fente de réparation eft ce qu’on nomme faU bande, ou lifiere de veine ; cette fente, qui félon la remarque de M. Delius, accompagne toujours la veine, eft quelquefois remplie d’une pierre de la même nature que celle de la veine ; mais fouvent elle n’y reffemble en rien *
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- ni à celle de la couverture ni à celle du chevet, c’eft ce qu’on nomme allez "bien lijzere, & en plufieurs endroits, trace , bejîeg.
- Liteau, linteau. Tringle de bois couchée fur une autre qui lui fert de lit, ainfi appellée à caufe de fa dif-pofition ou de fon ufage , ou parce que d’autres tringles repofent fur elle.
- Lithantrax metallifatum feu minera-lifatum. Charbon de terre minéralifé.
- Lit,plancher fol ,aflife d’une couche.
- Lits couches de mines, de pierres, de rocs ; un ingénieur de mines doit fe les rendre familiers.
- Lits de fubfances terreufes. Leurs marches différentes font pareilles à celles de lits de charbon de terre. Dans le voifinage de la mine d’où on tire l’alun , fur la route de Freyenwald à Berlin, il fe trouve , au rapport de M. Lehmann , dans le mémoire fur les eaux de Freyenwald , une terre noire traverfée en quelques endroits par des veines de fable d’un pouce d’épaiffeur, qui la coupent verticalement & non en ligne droite ; mais ces veines forment des angles fembla-bles à des ouvrages de fortification ; cette reffemblance de marche avec celle des charbons de terre eft très-remarquable.
- Lits ou couches des montagnes à couches , obfervent ordinairement une forte de réglé dans leur pofition ; néanmoins cette régularité eft quelquefois entièrement renverfée ; le dach ftein , appelle autrement tych fiein , ou pierre du toit 3 fe trouve quelquefois immédiatement à la fuperficie fous la
- terre franche.
- Lit mourant. Maniéré dont les veines métalliques fe terminent tout d’un coup.
- Littry, petite contrée du Bocage en baffe-Normandie, près la fource de la riviere de Laure qui paffe par cette ville : le nom de Littry eft défiguré dans la plupart des cartes géographiques , où il eft appellé Livry. Cet endroit eft remarquable par une mine de houille ou charbon de terre, découverte en 1749 , fur laquelle M. le marquis de Balleroy a exercé un privilège accordé en l’an 1744,rétrocédé à une compagnie en 1747. Cette mine occupe au moins 300 ouvriers par jour. Il y a deux puits qui ont depuis trois jufqu’à quatre cents pieds de profondeur.
- Livrable ( panier ) , enguel treque»
- Loca, ail. Oertungen.
- Localis (palus ). Pieu.
- Loch berge, ail. montagnes où la matière minérale, fituée à peu de diftance de la fuperficie 5 fauve l’embarras de l’approfondiffement.
- Lochen , ail. creufer dans la mines à peu de diftance de la furface , au lieu de pouffer le travail en profondeur.
- Loch-flein, couche d’ardoife iimple, fans mélange.
- Loculamentum orbiculorum. Capfa. Capfula, Chape. Echarpe.
- Locus, ail. ort. Locus terminatus. Cul-de-fac , ail. gauz ort.
- Loft, air. fu. Skalegiga , fu. air. mauvais. Machine eld loft, fu. machine à vapeur.
- Logarithmes. Nombres artificiels
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- qu’on fubftitue aux nombres ordinaires , afin de changer toutes les efpeces de multiplications en additions , & toutes les efpeces de divifions en fouf-tradions. Logarithmique ( règle ) de Gunter.
- Loing(riviere, canal de). Sa jurif-di&ion au prévôt des marchands & échevins de l’hôtel-de-ville de Paris: police de cette navigation fixée par line ordonnance du bureau concernant la fureté des bateaux de charbon, & autres droits fur ce canal.
- Loire, riviere.
- Londres, capitale de l’Angleterre , anciennement approvifionnée pour le chauffage en bois que lui fournirait fon voifinage , chauffée enfuite avec du charbon de terre. M. de Freville dans fes Mémoires fur l’état du commerce de la Grande-Bretagne , rapporte qu’en 1728 il arriva à Londres plus de fix mille huit cents barques chargées de ce combuftibîe.
- Longs membres , lié. Longs côtés du bure.
- Long jeu , lié. Trou de tarré entier.
- Longitude d’un lieu déterminé , eft la partie du cercle de déclinaifon qui paife fur ce lieu, comprife entre le premier méridien & ce lieu.
- Longue mahire, lié. Grande mahire.
- Longues verges, lié. Piece qui s’adapte à l’amorceux.
- Longueur dans les mines d’Auvergne , exprime la maffe de veine confédérée dans fon étendue en largeur.
- Louchet. Haxye. Beche des houilleurs Liégeois.
- Loup? Apparence de houille d’une
- épaiffeur imperceptible , placée entre les bancs de pierre , & que l'on prendrait pour la veine.
- Loup ( gueule de ) dans la petite machine à enlever le charbon des mines de Newcaftle , pour empêcher le vent de fouffler dans le tuyau d’airage.
- Lousberg ( montagne de ) , près Aix-la-Chapelle . Montagne fecondaire élevée & laitfée par les eaux de la mer à leur retraite.
- Lumps, an. morceaux , pelotons. Lump le ad, an. mine en malfe d’une efpece de plomb pur.
- Lunettes , formes ou moules en fer, pour mettre le charbon pétri avec des terres graifes en pelottes ou briquettes. Lepaifîeur du fer qui n’a point été donnée, quand il a été fait mention de ces lunettes, eft d’une petite ligne ; fon pourtour eft de 16 pouces 3 lignes , pied de roi: ceux de moyenne grandeur à Liege portent 3 pouces 2 lignes de hauteur, 6 pouces 2 lignes de largeur, & 2 pouces une ou deux lignes de hauteur.
- Lure en Franche - Comté , d’où on tire du charbon de terre pour être con-fommé aux fours à chaux , près Saint-Loup , aux environs de Bains en Lorraine & ailleurs. Le charbon de Lure eft diftingué en charbon de trois qualités , l’un feuilleté & léger , traverfé de filets ferrugineux , & donnant le moins de chaleur ; le fécond eft d’uii tiffu ferré, pefant, noir, luifant & ver-ronj ilfe tire des couches les plus enfoncées , & fon feu eft très-adif ; le troifieme eft très-pyriteux , il eft réputé le moins propre aux fours à
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- chaux, parce que le foufre qu’il contient diminue la qualité & la quantité de la chaux.
- Lutte, lié. cloifon de réparation en menuiferie, établie à l’entrée du bure.
- Lyon. Traînée , guide. Indice du parois , ail. wegweifer. Voyez Waîmede vone.
- M
- JS^^ASSEN ( die ) , ail. Limites dz conceffion.
- Mâchefer, ou laitier du charbon de terre. Deux efpeces , mâchefer Jîmple , ou réfultant du charbon de terre brûlé feul; mâchefer compojé , réfultant du charbon employé au feu de forges , doit tenir de la vertu non-feulement du fer fondu , mais encore des propriétés réunies, & des parties bitu-mineufes du fer , & de celles que le charbon de terre lui a tranfmifes.
- Machina bitraha, à deux traîneaux, ou qui tire, quienleve deux charges.
- Machinez funiculares. Machines funiculaires. Scanforiœ , ail. farten.
- Machinez fpiritales. Machinez pneu-maticez. Machine à air.
- Machinez tracloriez. Machines à tirer des fardeaux , ail. gereuge fobergund. "Waller heben.
- Machine, lié. muraille de féparation en brique ou en maçonnerie , qui s’établit dans le bure.
- Machine. On appelle proprement machine tout çe qui fert à tranfmettre , à régler & à augmenter, fuivant une certaine loila force mouvante d’un fardeau qu’on veut élever, ou qui a line force fuffifante pour. arrêter le Tome XVIII
- mouvement d’un corps.
- Machines ( travaux- de mines qui s’exécutent par). Moyens dus la plupart du tems au pur hafard, à des conje&ures heureufes & imprévues , à un inftind; méchanique , à la patience du travail , à fes relfources ; l’expérience a tellement conliaté la bonté de celles qui font en ufage, que l’on dirait prefque ;qu’il ne s’agit que de les copier avec précilion, & qu’elles ne confident que dans une exécution de routine. La pratique des machines doit être éclairée par la théorie, & ce moyen ell même le feul qui puiife lui faire faire des progrès rapides & certains. Dans la conftruction des machines on doit appliquer les loix de l’équilibre & du mouvement, voyez Equilibre ; & pour connaître leur effet, il faut le calculer dans le cas d'équilibre.
- Machines fmples ont différentes deffinations ; elles ont chacune leurs propriétés, leur objet particulier , & toute la perfe&ion dont elles font fuf-ceptibles: elles ne peuvent le comparer enfemble que dans un fens fort impropre.
- . Machines compofées en général. Machines qui réfultent de plulieurs machines jointes & combinées enfèrnble , ou de la même répétée un certain nom. bre de fois. Etant difficile qu’on puiife produire l’eifet dont on a befoin parle moyen d’une machine ffinple, Pu-fage des machines compofées eff indiil penfable & très - fréquent. Pour des charges auffi conlidérables que celles que l’on a vu qui s’enlevent au jour
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- dans quelques mines , les machines ne peuvent être que plus ou moins composes, & mifes en a&ion par une force proportionnée.
- Machines qui fe rapportent au treuil. On doit fur - tout avoir attention , pour les machines qui fe meuvent fur des aiguilles ou pivots s’adaptant à des crapaudines , comme le baritelà eau , que le cercle des crapaudines doit être plus ouvert que leur diamètre , afin d’éviter les frottemens.
- Machines pour enlever les eaux & les charbons dans des féaux & .dans des cailles.
- La gazette de Liege, du 29 mars 1776 , N®. XXXIX j annonce une invention allez particulière pour enlever les houilles d’un bure ; c’eft une machine dans laquelle 011 fe paffe entièrement de chevaux * de chaînes , de cordes ; 011 n’a pas même befoin , Iorfqu’011 fe fert de cette machine , de profonder un fécond bure 5 ilfufïït aux ouvriers d’atteindre le pied de l’enfoncement, pour en être remontés de moment en moment, fans jamais être expofés au moindre retard ni au moindre danger.
- L’auteur prétend en même tems , que cette machine, dont la conftruc-tion coûterait environ huit mille florins , eft beaucoup plus folide que les machines ordinaires, & moins fujette à fe détraquer \ que d’un bure de cent toifes & plus de profondeur , elle enlèvera dans une journée la même quantité de denrée que l’on en tire par les machines connues, moyennant la dé-penfe de huit florins par jour , ce qui
- ne fait tout au plus que le quart de la dépenfe qu’entraîne journellement la méthode aujourd’hui en ufage ; & qu’en doublant les frais journaliers, il eh poffible avec cette machine , fans y rien changer , de tirer le double de denrées, de même que d’enlever les eaux; qu’enfin , en cas de nécefiité on peut enlever à la fois les eaux avec chaque panier de houille, pourvu que leur pefanteur n’excede pas la pefàn-teur des paniers remplis de houille : ce qui alors feulement ferait hauffer les frais à feize florins de Brabant. Cette invention , annoncée aufîi dans une petite brochure de huit pages in - 16 , intitulée : Defcription abrégée d'une nouvelle machine , & autres pièces cf horlogerie , ayant fait naître allez généralement , même dans le pays où elle ferait d’un ufage très-avantageux, des doutes tant fur fa poffibilité que fur fes avantages , l’inventeur M. Hubert Sarton , horloger à Liege , méchannicien de S. A. R. le prince Charles de Lorraine, & de S. A. S. le prince évêque de Liege, a propofé de la faire exécuter à fes frais & dépens , aux rifques de fes dé-penfes fi l’expérience ne réuflit point* & moyennant une rétribution proportionnée ou des affurauces convenables en cas de réuffite , de la part de ceux qui voudraient y afiifter. Je 11e fâche point que l’expérience ait eu lieu.
- Machines à air. Machines pneuma-ticce, machinée fpiritales , ail. gezeige. fvowetter bringen, wind gend. Toute efpece de machines qui s’établiflfent fur la bouche des puits pour renouveller l’air dans les mines, comme hernai
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- ou moulins a vent yfoufflets , fourneaux à feu , & en général toutes les machines comprifes fous le nom de ventilateurs.
- Machine à air, décrite dans Agri-cola , qui attire & ramene l’air du fond du puits.
- M. Delius décrit & repréfente une efpeee de ces machines inventée en 1753 par M. Hoel , & dont la def-cription a été publiée à part; elle eft mife en mouvement par l’effet alternatif de l’eau ramaffée de la fuperficie extérieure de la mine ( qui en vingt-quatre heures emploie à fon mouvement 20736 féaux d’eau ), & de l’eau de l’intérieur de la mine même qui emploie 17280 féaux. Par le calcul de M. Delius , il fe faifait dans le premier cas 22 levées & demie de la machine en une heure de tems, & dans le fécond cas 20 levées en une heure aufli; chaque levée enlevant 19 à 20 féaux d’eau, ce qui produit en vingt-quatre heures, dans le premier cas,
- 10944, &'dans le fécond 9120 féaux d’eau jufqu’à la galerie de décharge dite de la Trinité.
- Machine afpirante. Pompe afpirante, ail. wetter langende machine , qui exténue l’air de maniéré que celui dont elle eft environnée eft obligé de la fuivre avec prefîion. L’opération eft la même que celle des machines foufflantes à l’aide de tuyaux ou de conduits de planches qui y font adaptés, & dans lefquels le mauvais air eft porté; ces machines produifent un meilleur effet pour délivrer du mauvais air que les machines foufflantes, Les
- meilleures font celles avec lefquelles on pompe l’air de la même maniéré que l’eau fe pompe dans les machines hydrauliques : on en a inventé de particulières, décrites par M. Delius dans le chapitre VIII de fon ouvrage.
- Machine foufflante , ail. vretter bla-fende machine , qui comprime l’air & le pouffe en-avant. Le but des machines foufflantes eft de forcer l’air extérieur à entrer dans l’endroit où il y en a un dont on veut fe débarraffer, Sc par ce moyen , de mettre en adion cet air ftagnant chargé d’exhalailons, afin de le chaffer du puits ou de la galerie où il fe trouve.
- Machine à colonne d’eau , ail. waffer faulene machine : inventée par M. Hoell, premier machinifte de l’impératrice. Les principales parties de celle établie au puits de Sigifmond , font des tuyaux de chûte brifés en angles , parce qu’ils fuivent communément la pente oblique d’une montagne ; un autre tuyau perpendiculaire quife réunit au premier par un tuyau de communication horizontale , & un cylindre dans lequel l’eau doit remonter, &c. Toutes les dimenfions & conf-trudions de ces différentes pièces font détaillées , ainfî que le jeu de ces machines , dans la fedion V du chapitre IX de M. Delius. Toutes les fois qu’on n’a point dans les étangs affez d’eau pour toute l’année , ou qu’on eft obligé de la divifer, de l’é-conomifer, ou enfin qu’on n’eft point gêné pour la perte des chûtes, cette machine eft utile. Au puits de Léopold il y en a trois Tune fur l’autre ; à Schem.
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- nitz on en a établi jufqu’à huit.
- Machine a eau , ail, feld geftatlg.
- Machiîie ou baritel à eau , alL. treip kunft. Machine à roue , ail. wafier goepel. Kehrvrade : inconnue en France , employée à Altemberg. Cette machine a varié dans Ta conftruétion , par rapport aux frottemens qu’il faut éviter le plus qu’il eft poiîible , ce que l’on ne peut obtenir que d’une conf-trudlion fimple. M. Delius donne de cette machine une defcription- très-ci rconftanciée, & de ce qu’on a imaginé pour la iimpliSer. Il en donne auffi un calcul très - exact.
- Machine ou baritel à eau 7 avec une roue à modérateur. Cette machine eft décrite dans M. Delius, chapitre VIL
- Machine eld loft , fu. machine à vapeur.
- Machine a feu , pompe à feu , mieux nommée machine à vapeur. Voyez Machine à vapeur.
- Machines funiculaires ; c’eft-à-dire , ou l’on n’emploie que des cordes pour foutenir un poids, ou pour contrebalancer plnfieurs puilîances.
- Machine à molettes. Baritel, ail. rolf kunft, pferd kunft. Supérieure pour la force aux tourniquets j on s’en fert pour enlever alternativement ou avec des féaux , ou avec des facs de cuir , les eaux & les matières dans des puits de moyenne profondeur : quand ces machines font uniquement employées à l’extradion des eaux , c’eft ce que les houilleurs nomment engin à pompes , parce que dans une certaine profondeur , d’où il faut enlever une plus grande quantité d’eau, les Lacs & les
- féaux feraient infuffifans , & qu’alors il faut recourir aux pompes.
- Machine à molettes. Baritel ou machine à chevaux , lié. hernaç a chevaux , fu. haeft-wind. Lorfque les puits font: ouverts fur le fommet des montagnes, où il eft difficile d’amener de l’eau , de former des étangs , de conftruire des machines hydrauliques , on eft: alors obligé d’employer les machines à chevaux appellées en France, du nom général , machines à molettes , compofées d’une roue horizontale & dentée, qui reçoit le mouvement de chevaux d’une roue à lanterne qui fe meut par la deuxieme de deux manivelles adaptées à l’arbre de la roue à lanterne, à laquelle on adapte un ou deux tirans , qui, comme dans les roues hydrauliques, meuvent média* tement ou immédiatement les fecîeurs par d’autres balanciers verticaux, & auxquels font attachés les tirans du puits.
- Machine à molettes employée dans la mine de Carron , qui ne demande pour fon fervice que deux chevaux.
- Machine à molettes d’une nouvelle invention , employée dans la mine de Walker, & qui agit par huit chevaux allant au grand trot.
- Machines à pompes , lié. engins à pompes : très-coûteufes dans l’entretien , .mais dont les frais peuvent être fauvés par une galerie maîtrelfe , qui a le double avantage de débarralier les eaux les plus profondes, & en même tems de faciliter l’exportation au-dehors. *
- Machines hydrauliques mues par
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- l’eau , ail. feld geftang.
- Machine hydraulique qui peut être mue a volonté par les eaux, par le vent, par des hommes , par un ou plujïeurs chevaux, inventée par M. Dupuy.
- Machine à foujflet. Roue à foujflet. Roue centrifuge du docteur Etienne Haies.
- Machine à tirailles. Machine hydraulique à laquelle on adapte un ou plufieurs tirans , décrite dans l’ouvrage de M. Delius.
- Machine ou herna£ à vent hydraulique , ou moulins à pompes à la Hol-landaife.
- Machine à vapeur , connue généralement fous le nom de machine ou pompe a feu , an. Jleam engine. L’ex-preffion anglaife que nous adoptons, défigne bien mieux par Ton moteur cette machine , puifqu’on peut en pays étranger Ja confondre avec les pompes employées pour éteindre le feu, que nous appelions en français pompes à incendies.
- Toutes ces différentes machines doivent fe rapporter à deux principales , uniquement différentes par leurs forces , à raifon de la différence de la méthode fur laquelle elles font conftruites ; favoir, celles qui font à giflons & à leviers , & celles qui pourraient être défignées par le nom de machines à balancier.
- Machines à vapeur fans balancier, que l’on pourrait auffi appeller machines de Savery ou de Newcomen & Cav/ley , qui les premiers les ont exécutées ou perfectionnées ; actuellement feules ufitées en Angleterre.
- Dans la machine à vapeur de la
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- mine de S. François à Schemnitz, la plus petite des chaudières contient 3 3O féaux d’eau, & la plus grande 361. Elle ne doit cependant être remplie que d’un tiers, c’elt-à-dire, jufqu’à la hauteur de fon plus grand diamètre , afin qu’il puiffe s’élever par fa plus grande furface une plus grande quantité de vapeurs élaftiques. M, Delius obferve à ce fujet, dans le calcul qu’il donne de la force de cette machine, que les chaudières qui en dépendent ont une proportion au cylindre , comme de 11 à 1 ÿ mais que comme le tiers de la chaudière eit rempli d’eau , le vuide qui contient les vapeurs effc à celui du cylindre , comme 7^1; qu’il refte par conféquent après chaque levée du pifton encore affez de vapeurs pour remplir fix fois le cylindre : d’où l’on doit conclure que la chaudière d’une machine à vapeurs doit avoir en hauteur & en largeur une proportion convenable au cylindre.
- Machy ( M. de) 9 cenfeur royal, de l’académie impériale des curieux de la nature , & de l’académie des fciences de Berlin, connu dans le public par plufieurs ouvrages & mémoires de chymie, & à qui l’auteur eft redevable de la connailfance, par la voie de la tradudion, de l’ouvrage de M. Kurella fur les charbons de terre , ainfi que des analyfes chymiques de ce fofiile faites avec M. Parmentier & M. Defyeux, dans le laboratoire de l’hôtel royal des invalides.
- Macht , ali. macgtighet, fu. puifi-fan ce de veine.
- Maçonnerie de béton. Chaux mêles
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- avec du gravier, ainlî nommée à Lyon. Maçonnerie de moellon & de mortier pour les fours à chaux.
- Madrier. Poutre plate , ou grolîe planche épailfe de cinq à lîx pouces.
- Machtig - keit, ail. Le fort du filon.
- Magalaa. Lapis manganenfs. Cæfalp. Voyez Manganefe.
- Magajîns d’atteliers, angards , appentis, pour garantir les approvilion-nemens du dépérilfement , & d’ètre détournés ; dilférens félon les matériaux qui demandent à être mis dans des endroits fecs ou à l’air ; doivent être conllruits folidement en pierre ou en bois, félon l’ufage auquel ils font deffinés; entretenus foigneufement & fans retard, pour éviter les fortes dépends.
- Magajîns de charbon ,fu. kolhufe , lié. paires , hai. pakus. L’article 17 des placards du Hainaut pour la perception des droits domaniaux , imprimés à Bruxelles en 1704, veut que tous ceux qui auront delfein de conduire de telle elpece de charbon que ce foit, ailleurs qu’aux magafins qui fe font aux bords de la riviere , foit privilégiés ou autres, foient obligés, avant de charger ou décharger aux foifes, de prendre du commis un billet portant la qualité & la quantité de charbon , «St la foife où ils auront delfein de prendre charge , comme auffi les lieux où ils prétendent les mener, & les routes qu’ils devront tenir, afin que lefdits commis puif-fient inférer le tout dans leurs billets:
- Garde - magajîn , lié. maquilaire. Voyez Maquilaire.
- Magtfrijfare. Bel g. de Naald welf-
- tert. Déclinaifon de l’aiguille aimantée.
- Magnes. Onomatric. Lapis lydites de Sophocle. Lapis magnejîus. Lapis nau-ticus. Sideritis. Diophyta. Lapis Hera-clins. Pierre Héraclienne de Platon. Pierre d'Héraclée. Pierre ferriere. Eu vieux français calamite. Marinttte. Voyez Aimant.
- Magmtica ( acus ). Verforium. Index magneticum. Agric.
- Magnétique ( afmuth ). ( Barreau ). Voyez Aimant artificiel. Magnétiques ( fubjlances ) qui fe rencontrent dans les entrailles de la terre.
- Main. ( Méchanique. ) Le bois ou le fer dans lequel la roue d’une poulie eft fufpendue , enchâlfée ; ce terme eft quelquefois lynonyme à chappe, écharpe. On appelle auffi main, main de fer , toute piece de fer à relfort, crampon ou crochet placé au bout d’une corde ou d’une chaîne , pour tirer des féaux, des paniers en - haut, unctis ferreus.
- Main coaf an. pourrait bien lignifier charbon principal.
- Main ( herna£ à ), ou d bras. Herna£ firnple.
- Maître des très-fonds & des mines : propriétaire des terreins de mine , lié. maître du feigneurage. Territorii do-minus. Avant l’époque des conceffions obtenues par les Leurs de Roberval, de Çrippon de S. Julien, 8c Vidai de Belle - Saigues , fous les régnés de Henri II, François II & Charles IX J les proprétaires des terreins étaient défignés fous le titre de maîtres des très - fonds. Le motif du législateur, dans les différentes obligations impo-
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- fées aux propriétaires d’un terrein de mines , ne paraît point précifément avoir été d’ufer d’aucune forte d’autorité.
- Ces fortes d’entreprifes entraînent toujours des procès & des contefta-tions fans nombre. Pour obvier aux différends qui pourraient furvenir entre les propriétaires des héritages auxquels fe trouveront aucunes defdites mines , 8c les étrangers ou autres qui les voudront ouvrir 8c travailler , l’art. XXII de l’édit de Henri IV, du mois de juin i5oi , ordonne que les propriétaires qui auront dans leurs terres, héritages 8c polfelîions, des mines ci-deffus non exceptées , & qui les voudront ouvrir, ne le puiffeut faire fans envoyer premièrement vers le grand-maître pour prendre réglement d’ice-lui. La forme dans laquelle doit être faite de gré à gré l’eflimation des terreins des propriétaires entr’eux & deux prudhommes , eft Page ment fixée dans les plus anciennes ordonnances. L’arrêt du confeil du $ janvier 1717, en faveur du fieur de Blumenftein , la prefcrit eu cas de difficultés , à la dé-cifion de perfonnes commifes à cet effet, ou de l’intendant de la province , pour être le prix payé aux propriétaires fix femaines après, & du jour de ;la prife de poffeffion. Ce même arrêt attribue aux propriétaires des fonds , où il y aurait néceffité de faire des tranchées & ouvertures , un dédommagement d’un fol par chaque ton** neau de mines de cinq cents pefant.
- L’édit de Henri IV, du mois de juin 1601 , préfente toujours ces
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- motifs de bienfailance & de bienveillance de nos rois ; ce prince devenu le modèle de fes fucceffeurs , fe défiftale premier de fon droit fur plufieurs matières foffiles qui entrent le plus dans le commerce. On ne peut s’empêcher en paffant, de faire remarquer l’intention de ce pere des François : cejî, dit-il , pour gratifier nos bons fiujets , propriétaires des lieux. Nous avons cité cet article II de l’arrêt à fa place. Ce prince, toujours occupé du bien-être de fou peuple , croyant appercevoir que la levée de ce droit royal préjudiciait aux progrès des découvertes , & voulant encourager les entreprifes déjà commencées , fans avoir ïatisfait au droit du dixième, les releve par l’article XXVI, de ce qui pouvait à cet égard être dû précédemment feulement.
- Maître, directeur , infpecîeur de mines, ail. bergmeifter.
- Maître de fojjes. Prœfes fodinœ. Maître de mine.
- Maître houilleur, lié. Chef d’entre-prife de mine , præfes fodinœ ; obligé, lorfqu’il travaille fous des fonds de particuliers dont il a acquis la eeffion , par permiflîon ou autrement, de déclarer par ferment Ife nombre de traits fortis des ouvrages chaffés fous le fonds de chaque particulier.
- Maître foreur, lié. maître ouvrier de nuit, pour diriger les forages dans le jour. Voyez Foreur.
- Maître ouvrier , lié. mettre ovry.
- Maître roifife , lié. veine en pente roiffe , différente des veines appellées iimplement veines roiffes.
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- Maître , maîtrejfe galerie , ail. erb-ftollen , haupter ftollen. Galerie de pied, lie. areine. Avantageufe en proportion qu’elle elt placée à une plus grande profondeur, ce qui ne peut avoir lieu que dans des mines bien importantes. Voyez Œil. Ces grandes galeries maîtres ne peuvent avoir rarement moins que cinq pieds de largeur , & de neuf à dix de hauteur, dont deux ou trois font à raifon de la quantité d’eau à laquelle ces galeries fervent d’écoulement. Celle nommée francifcenréefiollen, ou galerie maitreife de l’empereur François dans la mine de Schemnitz, elt la plus conildérable qu’il y ait jamais eu, félon M. Delius , puifque fon trajet, tant dans les couches de pierre que dans le filon qu’elle accompagne , a déjà plus de fix mille toifes de longueur, & qu’elle traverfe le puits âïtpuits de Thérefe, à la profondeur perpendiculaire de, 224 toi-fes , & cependant la mine exploitée a encore 44 toifes de plus de profondeur, fans compter les anciens ouvrages inférieurs a&uellement fub-mergés, quifontà 24 toifesau-delfous.
- Maître d'allégé , an. fitter.
- Malt. Orge, froment, ou épeautre à demi germé , féché à la touraille, & moulu , fervant à faire la biere ; on ne met germer que le quart du grain dont on fait le malt.
- Maligne ( eau ) des glaifieres.
- Maliens, ail. feufnel.
- Malm ( flots ) , agglutination de matière fàblonneufe & argilleufe, qui dans certains endroits d’Angleterre s’emploie à la fonte des fers.
- Malthct. Kedria terreflris. Bitume greffier. Voyez Poix minérale.
- Manche de la fonde ou de la t.ar-riere , piece commune à toutes les autres pièces qui la forment. Elle elt compofée de plufieurs verges , tringles ou barres de fer de différentes longueurs , & d’environ 8 à 9 lignes en quarré , qui toutes fe vérinent les unes dans les autres.
- Man ( fiée ) an. mati ( old ) , an. vieil homme , vieux ouvrages. Man ( over ) , over foée, an. intendant. Man ( pit ) an. ouvrier mineur.
- Mancot. Mefure de charbon d’ufage à Valenciennes ou à Cambray.
- Mande. Mefure d’ofîer pour le charbon de terre.
- Manege, trottoir , lié. pas du bure. Partie du terrein qui environne l’œil du bure , où travaillent les chevaux attachés au hernaz pour enlever les denrées au jour, & où fe tiennent les ouvriers qui amènent à terre les cou-fades dans les houillieres de Liege ; il eft de 47 pieds & demi, mefure du pays , de milieu à milieu, & dlenvi-ron trois pieds de large.
- Manette , première piece de la chaîne de mefurage, formée en étrier pour fervir de poignée.
- Manganèse. Manganefia ojficinarum. Magnefia. Magalcea. Lapis rnanganenfis C&falpin. Ferrum mineralifatum minerd fuligineâ matins inquinante, quee pajfim finis convergentibus confiât, Wall. Ferrum nigricans, Jplendens e centro radia-tum , Wolfi. Férfurn miner alifatum nigricans , obfolete jplendens , fibrofum , Cartheus, Brunn fiein , ail. Magné lie
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- des verriers. Manganefe. Minéral,ou mine de fer qui donne la couleur rouge-violette au verre.
- Mange trad. ail. Machina.
- Manivelle, fax. kurbei. Sorte de levier auquel on donne un mouvement de rotation.
- Manivelles coudées , très - en ufage pour les pompes , & dans une infinité d’occafions où l’aeftion ne peut fe tranfmettre que par des voies indirectes.
- Manivelles multiples , avec lefquelles les puiffances agiffent fucceftivement, & dont les unes travaillent pendant que les autres font en repos, préférées dans les grandes machines aux manivelles (impies.
- Manivelles à tiers-point, ou â tire-point. La plupart des pompes foulantes agiffent par une manivelle à tiers-point, avec trois corps de pompe, dont l’un afpire pendant que les deux autres foulent & contre-foulent l’eau.
- Manne, dans quelques ouvrages , fe dit d’une couche de terre minérale placée fur une veine métallique dont elle eft l’indice. Segulum. Merga. Marga. Manne dans le commerce eft un grand panier ou uftenfile pour tranfporter différentes chofes. Benna , d’où (ans doute eft dérivé le nom français de la mefure ufitée dans les mines du Lyonnais , benne. Dans les fonderies de Namur, la manne de charbon contient 200 livres pefant.
- Maquilaire, lié. garde-magafn Se receveur. M. Jars qui l’appelle receveur principal. paraît avoir confondu fon office avec celui du garde - foffe -ou Tome XVIlJ.
- compteur.
- Matbre. Deux montagnes de Firmy où fe trouve aufti du charbon de terre dans le Rouergue, contiennent de très-riches carrières de marbre fort beau , d’un mélange de couleurs fingulier & rare dans fa difpofition , dont le grain très-fin eft fufceptible d’un beau poli; on y en a découvert de verd-brun , de gris-verd, de gris-noir, de noir tacheté & veiné de blanc, de verd mêlé de violet, de blanc veiné de verd , & de plulieurs verds très-beaux; de blanc avec de la breche , & veines vertes.
- Marchandée de charbon. Les art. VI & VII des placards du Hainaut ordonnent que le nombre du poids de la voiture fcJit griffé fur le bateau, & que la qualité & quantité , ainfi que le poids de la marchandife , fuient notés fut le regiftre du receveur de l’impôt fut la houille , & des commis aux tenues de la r-iviere de Haine, obligés pour cet effet d’avoir l’un & l’autre un regiftre.
- Par l’article XXIV, concernant la déclaration des droits fur le charbon, il eft dû douze florins pour le droit de chaque bateau chargé de quelque marchandife que ce foit, en montant comme en defeendant. Deux patards à la va y de charbon du poids de 15*0 livres. Huit patards au muid de coche^ ; les gaillettes excédant le poids de deux livres, (ont réputées gros charbons , & comme cochei ; & quand les tourneurs déclareront avoir chargé une herke de gaillettes, le receveur obfer-vera la pratique établie depuis quelque tems, qui eft de fe faire payer de
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- 20 nmids fur le pied de huit patards chaque , comme le cochez, & de 6o muids reftans comme menu charbon , à deux patards du muid. Deux patards au muid de charbon de forge, ou menu charbon. Trois patards à la che-valée de gros charbon , & de la moitié pour le menu. Deux patards à la bau-deléej un liard à chaque fâchée ou broutée.
- Marche-pied. Planchéiage particulier, un peu élevé, des galeries dans lef-quelles fe fait la décharge des eaux de toute une mine.
- Marché, traité , convention , accord dans les a&es de commerce. Marchés d'ouvrages qui fe font à la toife , à la tâche & autrement. M. Delius , à rai-lbn du peu de fonds à faire fur la vigilance des ouvriers, eftime les marchés à la journée défavantageux ; il penfe qu’il eft bien plus railonnable d’intéreffer leur affiduité , leur diligence & leur induftrie , en les payant à la tâche. Dans quelques occaiions ces marchés ne doivent même être fixés & réglés qu’après des épreuves exadesdutems qu’un ouvrier intelligent peut employer à tel ou tel 'ouvrage , félon les circonftances ; cela eft fur-tout facile pour les traîneurs à tant de pieds de roc , ou autre matière par toife de diftance.
- Marcheux, ouvriers , ( femmes à Liege) qui piétinent la houille pour la mêler avec l’argille & tripler les hochets.
- Maréchal ( charbon de ). Charbon de forge , charbon de poix , pith coal.
- Maréchaudage , lié. office du prépofé
- à tout ce qui concerne la forge & la réparation des outils de fer & d’acier néceifaires pour l'exploitation.
- Marin ( acide ).
- Marinages. Recoupes. Décombres.
- Marionnette ( cliquet de ). Soupape de fureté ou â’afurance.
- Markfeider , Jii, Directeur de mines.
- Mark fchiner , ail. Menfor. Arpen-teur qui mefure , qui borne.
- Mark fcheide kunfl , ail. Géométrie fouterreine.
- Marie ou. glaife calcaire. Différentes terres appellées de ce nom en Angleterre. M. de Genffane , dans le discours préliminaire de ion Hiftoire naturelle du Languedoc , part. I, donne pour caraderes diftindifs de ces terres : i°. De tomber en effiorefcence , delta-dire , de fe réduire en une efpece de pouffiere lorfqu’elle eft expofée quelque tems à l’air ; de faire effervefcence avec tous les acides j d’être graife & douce au toucher ; de fe pétrir fous les doigts comme la glaife , lorfqu’on la mouille un peu , étant fraîchement tirée de terre ; de fs fondre dans l’eau, en dépofant au fond du vafe des graviers j de fe durcir un peu au feu, étant mife en pelote, fans fe changer en brique ; d’être abfolument infipide au goût.
- Marque de contenance d’alleges à ap-pofer dans le port de Newcaftle fur les allégés. L’art. I des placards du Hainaut fur le charbon de terre, ordonne que les bateaux auront deux marques ou griffes, l’une pour l’hiver, l’autre pour l’été , afin de limiter les charges & voitures qu« chacun pourra
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- mener , fixées du premier novembre au premier avril, douze cents ways de gros charbon ou trois kerkes de menu pour le plus, dont le poids peut revenir à cent quatre-vingt mille livres, & depuis ledit jour premier avril jufqu’au premier novembre , mille ways de gros charbon ou deux kerkes & demie de menu , & point davantage, dont le poids revient à cent cinquante mille livres. L’article IÏI ordonne que le§ marques ou griffes foient en vue fur le côté de chaque bateau , vers la proue & la pouppe.
- Marteau , an. fmith’s sledge , à brondir, à caillou, d'éplucheur, on à pointe, à main , ainfl nommé parce qu’on ne s’en fert que d’une main ; à veine ; efpece de pic.
- Martelle. Marteau pour enfoncer un coin.
- Martinet, efpece d’ufine, ainfi nommée dans les grolfes forges, du nom du marteau qui s’y meut par la force des roues du moulin , ou du nom de la paroilfe de S. Martin à Vienne, où font tous les grands marteaux de forge, fervant à battre le fer 8c l’acier, & à forger les excellentes lames d epées , que l’on appelle lames de Vienne. Barres à martinet.
- Majfe pour abattre les mines. Grojfe majje.
- Majfe. Nom donné à la mine ou veine. Maffe de charbon , carpe à charbon.
- Maffifs. Piliers d'appui. MalTe de minerai qui fe laide de diftance en diftance dans les fouterreins de mines pour les foutenir j leur hauteur eft de
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- deux, trois toifes, 8c même davantage. M. Delius remarque très - judicieufe-ment que l’art d’épauler les fouterreins , porté aujourd’hui à une grande perfection , fauve la perte réfultante de ces piliers , 8c que le plus fou vent même on peut lailfer pour maffif des portions de mines (tériles , pour foutenir la couverture & le chevet.
- Mathématiques, fcience qui s’attache à connoître les quantités & les proportions. Indifpenfable pour guider les opérations des mines, applicable aux travaux de mines.
- May. Met. Voyez Met.
- Matrice des mines , matrice métallique, ail. bergmutter , eft, félon M. Delius , le roc des montagnes; c’eft, félon cet auteur, ce roc qui a donné naiffance tant aux pierres de gangue qu’au minerai : ce favant penfe que lorfqu’ou voudra examiner par principes la fubf-tance des montagnes , des rocs qui fervent d’enveloppe aux veines, on parviendra à acquérir fur la connaif-fance des veines des réglés plus claL. res, plus certaines que celles par lef-quelles on fe conduit, 8c par confé-quent plus utiles à l’exploitation. Voy. Roc de montagne.
- Matte. Fonte de fer, laquelle dans cet état n’eft propre à aucun ouvrage, & demande à l’affinerie beaucoup de travail pour en faire un très-mauvais fer. Première matte ou matte crue, ail. fpurftein. Pierre de cuivre , ail. fpurjlein. Matière moyenne entre le minéral & le métal, d’où 011 l’appelle en quelques pays métal crud. Le raffinage des mattes peut s’exécuter avec S ii
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- les braifes de charbon de terre.
- Mattoks y an. Hoyau. Beche. Marte.
- Mauotrad, ail. Machina.
- Mauvais air des mines. Mauvais brouillard, lyon. touffe , force, ail. bôfes wetter. Il 11’eft pas décidé fi, pour remédier à ces inconvéniens, il faut expulfer l’air de la mine , ou lui en fubftituer un autre de dehors.
- Maxhay} mahay , lié. canal de mine.
- Meafure ( watter ) * an. mefure de quai.
- Medjeux , charbon ferru , ou feuilleté.
- Megecote, mine de bafîe-Auvergne , qui brûle.
- Meifler, all.pmfes. Bergmeifter.
- Mémorial. Cartabelle. Tablettes en ardoifes.
- Men ( coal) , an. vendeur de charbon. Men (pit ) , an. gens d’équipage de mine, ail. bergmann.
- Menfor ( fodinarum ) , arpenteur de mines.
- Menfirues (chymie), tout corps fluide qui en diflout un autre. Dans l’analyfe , par la voie des menftrues fimples & compofées, on doit faire entrer en confidération les change-mens légers que les menftrues elles-mêmes peuvent y apporter.
- Menfura fubterranea, ail. den gru-ben zug , das abzeiden, boulage , mefurage, menfuration.
- Mer. Quelques mines de charbon ou quelques parties d’ouvrages vont jufques fous la mer, jufqu’à un quart de lieue, fans qu’il y ait aucun danger pour les travaux 3 dans la mine de
- "Wittehaven , on eftime que la mafle de rocher, qui fert de lit à la mer, Si de toit à la mine, a plus de ico toifes d’épaiifeur.
- Mercatores aquee, Parijiaci, con-frairie.
- Mercure, vif-argent. Fluide minéral ou métallique très-pefant & ^expan-jflble.
- Méridien, cercle de longitude.
- Méridienne , ligne du midi. Ligne droite dans laquelle le méridien & l’horizon ou chaque plan horizontal s’entrecoupent. Il n’eft prefque pas d’opération géométrique dans les travaux de mines, qui ne foit relative au méridien du lieu ; il eft donc in-difpenfable d’y avoir une méridienne exaCte , à laquelle on puifle rapporter les directions des différens alignemens qu’on eft obligé de prendre. Il eft vrai que le commun des mineurs fe borne lans tant de façon à prendre pour méridien celui que l’aiguille de la bouf-fole leur indique ; mais comme la direction de l’aiguille aimantée varie fuivant les lieux, & que d’ailleurs d’autres circonftances ne permettent pas toujours d’avoir dans un endroit quelconque une méridienne exaCte ,on a recours à des méthodes particulières , qui confident en des problèmes.Voyez Problème , Méridienne du cadran.
- Merrain ( bois de ) , bois de chêne débité en petits ais ou douves pour faire des tonneaux, des cuves, des féaux.
- Meche, ( art méchan. ) fer ou partie de l’œil attachée au fût d’un outil ; comme dans la fonde anglaife lapiece
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- nommée trépan on meche. On donne encore le nom de meche à toute efpece de matière feche & préparée pour prendre feu, & le communiquer , comme les meches de foufre, pour allumer la poudre dans les baguettes creufes dont on fe fert en guife de fleurets ou d’aiguilles dans quelques mines métalliques pour faire fauter le roc. M. Delius parle dans fon ouvrage, de meches de feuilles de canne, qui brûlent plus & ne dépofent point des étincelles de durée.
- Mefurages des terrages. Les Voyages métallurgiques de M. Jars renferment une ordonnance du roi de Suede touchant la mefure du terrein pour les mines & leur exploitation. Faire La mefure au plateau, lié.
- Mefure à découvert, menfo fubdialis , définie par Weidler , l’art de chercher & de définir foit les lltuations des lignes tirées fur la fuperficie de la terre, foit leur inclinaifon fur l’hori-zon , foit leur diredion aux plages du monde.
- Mefure. ( Commerce. ) Mefure de quai, mefure d'eau , an. watter meafure ; mefure dont on fe fert pour les denrées feches qui viennent par eau, comme huîtres , charbon.,
- Mefure matrice du comté de Nantes, pour la vente du charbon de terre de France & d’Angleterre , eft une efpece de barrique qui, au nombre de 21 , avec un comble de 19 pouces , forme la fourniture Nantaife. Voyez Fourniture. Cette mefure ne différé pref-qu’en rien de l’ancienne barrique étalonnée fur le boiffeau matrice.
- Mefure des charbons de terre & des fels que les marchands font fortir de Dunkerque, doit en conféquence d’un arrêt du confeil d’état du 27 juillet 1700, être faite en-deqà des éclufes des canaux, en préfence des commis pour ce établis.
- Mefures par terre & de continence. Toutes variées à l’infini, foit pour la continence , foit pour la forme qu’on leur a donnée dans les différentes provinces. Les rédudions en pareils cas demandent des calculs, préfen-tentdes difficultés; & les dimenfions d’un vaiffeau quelconque, une fois prifes, on n’en tire aucune facilité pour établir fa continence. M. Tillet a imaginé quelques machines propres à abréger le travail, ou plutôt à le faire difparaître. Ces variations dans les mefures, fur - tout celles qui font employées au pied des mines, font contraires au bon ordre , & demanderaient que les compagnies de mines fe conformaffent pour la livraifon de leurs charbons à la mefure du pays, qu’elles euffent même fur les lieux une mefure matrice du pays.
- Mefurer, en géométrie , c’eft-à-dire , rechercher & définir la grandeur d’une chofe félon une mefure établie qui répond aux propriétés de la chofe même.
- Mefureurs & pefeurs du gros & menti charbons en Hainaut, nommés tourneurs , ainfi que les fadeurs des marchands , font pris à ferment pour l’exaditude de la jauge des navires. A Arras , il eft dû aux mefureurs pour l’entrée & pour la fortie du ma-gafin , douze deniers & quelque boif-
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- fou qu’on leur donne ordinairement Met. May y lié. Caiflon étroit, monté fur roues , pour parcourir des galeries en pente ; fa forme & mon fini éfion dans les houillieres de Liege. Dans quelques autres pays vifités par M. de Genlfane, ce coffre tiré par une manivelle à bras, mue par deux hommes , a la forme d’une hotte & eh recouvert en - deffus.
- Métal de timbre ou de cloche, c’eft-à-dire , qui entre dans la compolîtion des timbres, & qui eft le même que celui employé pour fondre les canons; il eh employé à fervir de doublure intérieure à la crapaudine fur laquelle joue le pivot de l’arbre tournant de la petite machine à élever le charbon d’une mine de Newcaftle ; cette maniéré eft plus économique que d’employer des pivots & des crapau-dines totalement faites de ce métal. M. Belidor , dans fon Architecture hydraulique , la donne exactement telle que la voici : de cuivre rouge ou rofette de Suede , & d’un douzième d’étain fin d’Angleterre ; c’eft-à-dire, par exemple , que fur onze livres de cuivre , 011 ajoute une livre d’étain.
- Metalli fodince. Fodiruz metaüicæ, fax. neinbruche.
- Metallicus. ( Jurants acluarius. ) Juré du canton , ail. bergfchreiber.
- Métallique ( pierre ) dans les mines de charbon d’Angleterre.
- Metallifatum lithantrax. Minera fer ri phlogijlica.
- Metallorum prcefectus. ail. berg-amptmann. Metallicoruin magijhr.
- ail. bergmeifter.
- Métallurgiques ( opérations ), exécutées & tentées avec le feu de charbon de terre brut ou réduit en braifes.
- Métaux. Le charbon de terre, fui-vant fes différentes qualités, nuit aux fontes des métaux dans différens degrés , fur-tout à la fonte du fer. Il eft pofîible néanmoins de tirer parti de ce fofîiîepour les demi-métaux imparfaits , qui font d’une facile fufion. M. de Genlfane eft perfuadé qu’il y aurait un bénéfice de moitié fur la dépenfe des fontes , & d’un dixième fur le produit du minéral. Les difficultés attachées à l’emploi du charbon de terre pour la fonte des métaux , ont de tout tems été apperques , & 11’oiit pas été de tout tems regardées comme infurmontables. Les Ephémé-rides d’Allemagne avancent que le charbon de terre, à raifoft de fa partie huileufe , rend le fer plus doux & plus traitable fous le marteau ; mais que pour peu qu’on augmente le feu, le fer fe fond, & n’eft plus aifé à employer.
- Méthode de la Walachie, défignée par cette expreffion dans l’ouvrage de M. Delius, pour une conftrudion de digues . au travers d’une riviere , pour faire élever & entrer dans un canal l’eau néceffaire a l’a&ion des roues hydrauliques : cette méthode eft adoptée dans les mines de Schemnitz.
- Metters land coal, an. metteurs de charbon à terre en Angleterre.
- Mica. Ferrugineux. Fer de chat, ail. eifen glimmer. Brand ou rouge fin d’Angleterre.
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- Micacé ( charbon ) ou granulé , compofé de petits grains ou de petites lamelles peu épaiifes.
- Mild, ail. feuilliere, tendre.
- Minaret. Dans le Périgord on donne ce nom à une touille en forme de puits.
- Mine ( mejure ) faifaut à Liège deux minots.
- Mine. Minerai. Voyez Minerai, ail. cru b. Fodina. Metalli fodina. Contre-mine. Le terme de contre - mine fe trouve dans l’ouvrage de M. Delius, fe&. 227 & 22% , pour exprimer les puits d’airage de communication pour la galerie de percement.
- Maître de mine, maître defojje. Prce-fes fodince.
- Matrice des mines , ail. bergmutter.
- Miner, Conduire un boyau de mine. Cuniculum agere.
- Mines ( divijlon des ) par les fondeurs , relativement au traitement ; en mines Jîmples, c’eft-à-dire , dégagées de toute partie terreufe & pier-reufe ; en mines dures, celles qui font unies à une efpece de pierre vitri-fiable qui les rend très - dures ; en mines réfractaires, c’eft-à-dire , qui font jointes à des pierres réfradaires , ou qui réfiftent à l’adion du feu.
- Divifion de mines par leur poftion en terre. Mines élevées , dont la direction va de bas en haut. Mines horizontales ou dilatées, c’eft-à-dire, qui s’étendent par elles-mêmes à l’horizon. Le plan horizontal régulier de toute forte de lits & couches de mines ou de terres j annonce une grande étendue.
- Mines profondes. Celles qui defeen-
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- dent de la furface de la terre, ou verticalement , ou plus ou moins obliquement vers fon centîre, dans l’intérieur de la terre.
- Mine accidentelle, o*U mine de ha-fardi nom donné dans le Lyonnais à une forte de charbon.
- Mine <£alluvion ou de tranfport. Mines tranfportées. Seilfen werk. En bloc , en rognons, en nids , ail. nef-terweis, ail. fehoads j à Dalem , en niaye , en bouroutte ; à Liege , mine par tombe. Minera nidulans.
- Mines de chaffe. Mines d’alluvion placées communément près de la fu-perficie , très - mélangées , & n’avant pas beaucoup de fuite ni d’étendue.
- Mine difperfée par très-petits morceaux comme la blende.
- Mine en bloc ou en rognons , lié. En bouroutte , ail. putzenwerk. Dans plulieurs montagnes à veines on rencontre une certaine quantité de minéraux en forme irrégulière , que l’on peut très-bien nommer rognons informes , qui s’étendent à peu de dif-tancedecôte & d’autre , & prennent leur origine d’une fente formée irrégulièrement i on leur a donné le nom de bloc y parce qu’on ne peut point les compter parmi les veines : ainli c’eft un tas de minerai difperfé en petite quantité.
- Mines en couches ou par dépôt, font ordinairement formées par décompo-fitions, & 11e donnent que des terres métalliques.
- Mines dilatées , gang thut fi ch auf, ou plutôt filons dilatés ; c’eft-à-dire , qui s après un étranglement repren-
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- nent leur première dimeniion ; on les appelle de ce nom , parce qu’elles occupent fouvent beaucoup d’efpace ou de largeur. Mine pyriteufe dilatée par couches.
- Mine égarée. Mine tranfportée , ail. feilFen werk. Mine parfragmens réunis enfemble & formant une grande niafle. Seiff'en werk , parce que les métaux qui fe tirent de ces fortes de mines ne s’obtiennent que par le lavage.
- Mines égarées , mines par mafj'es détachées , que Ion appelle rognons, marrons , nids. Nieren , minera nidu-lans. Ayant une coque ou enveloppe s mais n’ayant aucune liaifon ni communication avec les filons voifins , ni même entr’elles : il y en a quelquefois plufieurs dans un même canton.
- Mine entière , c’eft-à-dire , bien pure, ail. bergmutter.
- Mines par fragmens détachés , an. fchoads, ail. nefterweis. Nieren. Gef-chiebe. Rognons , fragmens. Mine entraînée. Les mines par fragmens font des éclats détachés de montagnes j ordinairement elles fe trouvent placées fuperficiellement.
- Amas. Mine en majje. Stockwerk. Minera. Vena cumulata. Il arrive quelquefois , dit Agricola, quoique rarement , que plufieurs morceaux de fbflile fe trouvent entalfés dans un même endroit d’une épaiifeur d’un ou deux pas , & dune largeur de 4 ou ç 3 dont un eft éloigné de l’autre d’environ trois ou plus de pas, lefquels fe trouvent préfenter d’abord dans leur
- difpofition correfpondante la figure d’un difque, & s’écartent enfuite davantage. Ce qu’Agricola appelle vena cumulata, eft une veine partagée en plufieurs parties , & qui occupe un grand efpace dans une étendue de ter-rein , & n’eft autre chofe , dit cet auteur, qu’une place remplie d’un genre de foflile quelconque.
- M. Delius décrit une veine en maffe un filon ou fente très-longue, mais dont la largeur ribejl point proportionnée à la. longueur ; telle , par exemple , qu’une nialfe de f à 7 verges , ou de f o à 70 pieds d épais ; ce n’eft autre chofe, pour ne rien changer à l’expreflîon de cet auteur, qu’une veine puiffante, très - courte dans fa direction. Les mineurs regardent ce qu’on appelle amas , cumulus , comme la jonction ou la réunion de plufieurs veines & filons. M. Delius penfe qu’un amas peut fe former par cette réunion , mais que cela eft rare. Il connaît plufieurs de ces amas où il ne fe trouve rien moins qu’un alfemblage de veines j mais ils font entourés d’une roche pure qui renferme le minéral dans fon centre de la même maniéré qu’une amande eft placée dans fa coque : au refte, ajoute-t-il, quand il fe préfente une veine qui a trente ou quarante toifes de longueur, fur une largeur extraordinaire de quinze à vingt toifes ou plus, & qui fe rétrécit vers fa fin ; c’eft ce qu’on appelle cumulus , dans l’expreflîon franqaife, amas , mine en ma fle.
- Ce qui fe trouve dans cet ouvrage 9 & dans ce que nous avons rapporté
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- d’Agricola, fpécifie bien clairement ce genre de mines, foit en grande, foit en petite malfe. M. Dslius obferve même que la rencontre que i’on fait quelquefois de blocs de minerais irréguliers , c’eft- à-dire , auxquels on napperqoit rien de ce qui fe trouve dans les veines & filons difperfés ch & là dans le roc, & dont on ne voit ni la direction, ni la pente, ne doivent point pour cela être nommés amas , ftock werk , mais plutôt un bloc j car les véritables amas ont, félon M. Delius, une direction & une chûte réglées. Il fait mention d’un amas fitué àDegnaczka, dans leBan-nate, qui s’étend de 40 toifes au levant en longueur, & qui incline du midi vers le nord en pente réglée, en confervant 20 toifes de puilfance. Sa couverture eft une pierre calcaire blanche j fon chevet eft une roche ardoifâtre en feuillets épais de couleur grife. Le fameux amas, près Goslar au Hartz, dans le Kammelsberg, a une direction 8c une chute réglées, une couverture 8c un chevet ; quoique, félon la remarque de M. Delius, on ajoute communément à la définition d’un amas, qu’il eft fans direction, fans couverture ni chevet.
- De cette opinion adoptée parmi les mineurs , rapprochée du fentimentde M. Delius , il réfulte clairement, ou bien qu’il n’eft point ordinaire que les mines en malfe aient une direction réglée , ou du moins qu’elle eft difficile à reconnaître. Il réfulte encore que la différence effentielle d’une veine à un amas, eft que la direction Tome XVIII.
- d’une mine en malfe n’eft pas continuée aufti loin que celle d’une mine par veine , & qu’elles ont, à proportion de leur longueur, une largeur démefurée, ce qui ne fe voit pas dans les filons : c’eft à ce titre que je regarderais lamine de eharbon de Wet-tin , la mine du département d’Altern-berg , de ce genre.
- Il n’eft donc point étonnant que les différens lits que ces malfes font encore voir quelquefois, ne foient pas féparés les uns des autres par des ftampes régulières d’une fubftance autre que le charbon , & ne forment point alors des rameaux diftincfts , comme dans les mines par veines.
- La partie intermédiaire entre deux veines, défignée dans Agricola par le mot intervemum , eft entièrement cachée fous terre lorfqu’elle eft entre des veines dilatées ; dans les veines profondes , fa partie la plus élevée vient au jour, le refte s’abyme en profondeur.
- L’idée que l’on doit fe former de ces mines en général, doit porter , à mon avis, fur ce que le charbon de terre ou le minerai ( fi c’eft une mine métallique) , au lieu de former alors autant de rameaux diftiuds, comme il fe voit dans les mines par veines, ces différens lits de charbon ou cordons de minerais font accumulés immédiatement les uns fur les autres, de maniéré qu’ils ne préfentent enfemble qu’une feule & même malfe , plus remarquable conféquemment que les mines en veine, quant à leurs épaif-feur & volume , d’où fans doute elles
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- tirent lé nom de mine en maffe, du mot îatm maffa , par lequel on entend, quidquid ejî fpijfum denfumve, ou des verbes tnajjo , majfare , c’eft-à-dire , in maffam conglobata, condenfata.
- A juger des mines en ma (Te proprement dites, par comparaifon avec les mines qui fe continuent de fuite dans des fentes régulières en cordons ou filons prolongés entre deux enveloppes qui leur fervent dans toute leur marche de couverture fupérieure & de couverture inférieure , ü eft difficile de ne pas foupçonner que l’ef-pece de mine en grande maffe ne fbit -dans un genre particulier ce que font dans l’intérieur des montagnes les failles pierreufes des Liégeois , ou les rubbish des Anglais & autres écrou-lemens pierreux, c’eft-à-dire, des amas réfultans d’un éboulement fur-venu dans le corps de la mine même , dont les matériaux ont été dérangés en totalité, au point que ces mines 11e font plus ni dans le même état, ni dans la même difpofition où elles avaient été dans leur première formation. L’œil du phyficicn, familiarifé avec les' minéraux, je ne dis point, affemblés curieufement dans un cabinet d’amateur ou de naturalifte , dans lequel on ne trouve que des échantillons ifolés, mais confidérésen grand dans les fouilles de recherches, dans les pourchalîes de travaux fou-terreins, feuls endroits propres à connaître l’organifation d’une mine, jugera facilement d’une mine en grande malfe. On y obferve que ces mines en maffe ne fe trouvent pas envelop-
- pées de leur véritable gangue , c’eft-à-dire , diftinguées d’une façon marquée de la pierre ou de la roche fupérieure, ni de la roche inférieure, qui peut-être dans l’écroulement de la mine 11’ont pas fuivi ces blocs lorf-qu’ils ont été déplacés , & qui peut-être fe font détruits & confondus parmi les fubftances dans lefquelles elles ont été mêlées depuis : ce qui explique affez raifonnablement le mélange que l’on y reconnaît dans la maffe dont ces mines font compofées , de frag-mens de gorre , de grès, de nerfs difperfés au hafard & confufément, & qui y annoncent 1111e fubverflon en grand , un bouleverfement, une mine nouvelle formée de la démolition d’une autre mine. Dans les mines de charbon en malfe on remarque un défaut d’égalité dans la qualité de charbon qu’elles donnent dans tout le cours de leur exploitation.
- Mine en niaie. Minera nidulans.
- Mine en taye. En tas , bouillon , ou bouilla£. Tas irrégulier & par rognons de minerai de bonne qualité.
- Mines arfénicales. Defcription d’un fourneau imaginé par M. de GenfTane pour les calcinations que demande le traitement de ces mines.
- Mine de fer. Les mines de fer, du moins les mines en grains, font toutes également fufibles , ne different les unes des autres que par les matières dont elles font mélangées , & point du tout par leurs qualités intrinfeques qui fontabfolument les mêmes, d’après l’obfervation de M. de Bufion.
- Mines de fer en. grain , qui font celles
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- . dont on Fait nos fers en France, ne contiennent point de foufre comme les mines en roche.
- Mine de fer travaillée avec le feu de houille. Pourquoi la même mine don. ne-t-elle un fer de qualité inférieure à celui qu’on en retire , lorfqu’elle eft travaillée avec le feu de charbon de bois? Quels .font les moyens d’approprier le charbon de terre aux minéraux ferrugineux , quels qu’ils foient, pour en tirer du fer propre à tous les ufages économiques, & pareil à celui qu’on retire au moyen ' du charbon de bois. Sujet d’un prix propofé pour l’année 17765 par la fociété royale des fciençes de Montpellier , en conféquence d’une délibération des états généraux de la province de Languedoc.
- -Mine à. gallet. Mine de fer. S chiffe ferrugineux ou minéral, ainfî appellé dans quelques forges de France, & qui fe fond à Sultzbach.
- Mine de plomb en cubes, galene, nommée dans le commerce alquifoux.
- Mine de plomb flriée , an, fweling lead. Smethom.
- Mine en rognons. Tète vitrée , an. kidney oar, iron oar, efpece d’hématite, ail. glalf-kopf, de différente efpece.
- Mines inflammables , ou combuflibles qui s’allument au feu , telle que la mine de cuivre bitumineufe de Bisber-gen cil Suede ; mine de poix de Ban-naten Hongrie , les brander1 des Allemands.
- Mmes ou carrières de charbon de
- terre ,fu. grufva. Comme ce fuffile g
- une même origine que les? métaux & autres fubfiances terreffres, les régle-mens qui ont lieu pour les mines pré-, cieufes s’étendent- tous à ce folfile , dont les carrières font quelquefois appelles mines. Mines de charbon de terre, matière à occupation depuis le premier inftant qu’011 en foupqonne en un endroit, jufqu’à l’inffant qu’on va chercher le charbon à des profondeurs confîdérables. Occupation du propriétaire, d’un entrepreneur, des. ouvriers employés, du phyficien, de l’homme de commerce ou de finance, du politique , de l’homme d’état.
- Minerai {filets de ). Veinules très-minces ( compagnes du ). Voy. Soda vena. Minerai pur, fans mélange, ail. derb ertz. Difperfé, ail. poch ertz„ Eingefprengt ertz. Tas de minerai, ail. fall ertz.
- Minerai parfemé ou difperfé. Tas de minerai mêlé avec beaucoup de pierres de gangue.
- Minerai de fer qui fe traite au feu de charbon de terre dans la Grande-Bretagne.
- Minerai en poudre, ( Métallurgie. ) ail. fchlich, chlique.
- Minéralitê, qualité propre & par-, ticuliere à chaque minéral : je me fuis permis cette expreffion pour défigner la partie conflituante , bitumineufe, du charbon de terre qui paraît affaiblie dans les minas en maffe.
- Minéraux quelconques , confédérés indiftincîement comme richefîês appartenantes en commun à l’état & au particulier, méritent les regards attentifs du fouyerain pour corriger les T ij
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- négligences des propriétaires , des extracteurs, écarter ou prévenir les abus, & conferver le bien public.
- Mineurs ( ouvriers ) , an. miners , pitman 5 aÙ. bergmann , bergleute , in bergwerker arbeiten. Aiguille des mineurs. Rouet à fujil des mineurs. Moulin à Jilex, an. flint mill.
- Minute. ( Géographie & astronomie. ) Soixantième partie d’un degré ou d’un tout , venant du mot latin minutas, petit.
- Mife en forme. Quantité de pelotes que donne la mife en forme dans la fabrication d’une mefure fixée ; nombre de pelotes que l’on peut obtenir dans un efpace de tems déterminé.
- Mittel, ail. l’entre - deux. MitteU lerg, montagne où la matière minérale fe rencontre vers le milieu de fa hauteur ; c’eft aufli pour exprimer une montagne moyenne entre deux montagnes plus hautes. Mittelgeburge , ail. Montagnes qui fe trouvent entre celles nommées Vorgeb'ürge, & les plus hautes chaînes. Edlemittel. Le fort du filon. Mittel fchiefer , banc ou couche d’ardoife qu’011 rencontre entre deux couches de matières minérales , foit de même, foit de diiférente nature.
- Mitqngehokr. Leupold. Berg borer, att. awger , an. tarriere anglaife.
- Mo ,fu. terre nourricière du fable.
- Modérateur, dans le baritel à eau : on nomme ainfi une roue adaptée à l’arbre du tambour, & dontl’ufage eft d’arrêter tout court la machine lorfque l’on veut décrocher le fac qui arrive , & en accrocher un vuidej cette roue sft décrite par M. Delius,
- Modiolus ( rot ce ), ail. nabe. Moyeu.
- Mcetorp, en Weftrogothie : le charbon de terre de cet endroit eft argil-leux & alumineux , fe polit aifément, 8c eft employé à faire des tabatières & des boutons } au feu il fe réduit en fcories.
- Mofettes, mouffettes, vapeurs ou ex-halaifons fouterreines dans les mine» de charbon de terre.
- Mofettes des mines métalliques , na font pas comparables dans tous les points aux m offertes de mines de charbon , fi l’on en excepte les mines de ce foflile , qui font pyriteufes ; néanmoins les phénomènes de fuffocation dans toute efpece de fouterreins, fe rapportent allez entr’eux dans les points elfentiels.
- Moifes, ( Charpenterie. )
- Moifonner la taille dans les mines d’Anjou.
- Mollettes , moulettes , nom donné communément dans les travaux de mines aux poulies.
- Moment. ( Méchaniquc. ) Quantité du mouvement d’un mobile. Le mouvement de tout mobile peutaufti être confidéré comme la fomme des momens dans toutes fes parties.
- Moment. (Statique. ) S’emploie proprement & particuliérement pour dé-figner le produit d’une puilîance par le bras du levier auquel cette puif fance eft attachée , ou , ce qui eft la même chofe, par la diftance de fa direction au point d’appui. Une puif. fance a d’autant plus d’avantage , toutes chofes égales d’ailleurs , qu’elle agit par un bras de levier plus long*
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- Mondique, pierre à fer. Pierre d’ar-quebufade. Lithos pyrites. Lapis pyrites. Pierre à feu.
- Monnaies ( cour des ). Dans les lettres patentes du 16 feptembre 1 ç57 3 concernant les mines d’argent découvertes dans une partie du Piémont, l’attribution des différends & contef-tations a été donnée à la cour des mon. noies de Paris.
- Monofpaflos , trochlea Jimplex. Poulie fimple.
- Monre(fe. Meneufe. Rakoyeux. Ber-wettreffe y lié.
- Mons, ville du Hainaut Autrichien.
- Montagnes , ail. geburge. La pour-chafle & la conduite des travaux de mines ne peuvent jamais être exécutées avec fruit & avec intelligence, û en particulier on ignore la nature du terrein que l’on a à fouiller dans un pays où l’on fait ces fortes d’expériences. La connailfance générale des montagnes n’eft pas moins importante. M. Delius , dans fon ouvrage, s’eft occupé de. cet objet fondamental j on y trouve non-feulement fur cet article la première épailfeur du globe , mais encore fur les veines & les fub-ftances qui la parcourent, des vues & des obfervations entièrement neuves. Il en eft de même de la divifion des montagnes du premier & du fécond ordre, dont l’auteur établit, d’après les expériences , des caradteres particuliers , afin d’éviter les méprifes dans lefquelles nous avons fait remarquer qu’on peut tomber eii prenant pour montagne primitive une chaîne de montagnes qui 11e l’eft pas. Nous
- n’emprunterons ici, relativement à cet objet, que ce qui peut être généralités.
- s On appelle montagne la furface du nouveau globe formée en élévations & en collines, lailfant entr’elles des profondeurs continues , nommées fonds & vallons. A cette définition le favant écrivain ajoute celles de toutes les parties qui font dépendantes de montagnes, & qui ne font point ici hors de place.
- Une contrée dans laquelle plufieurs montagnes s’étendent en long, eft ce que l’on appelle chaîne de montagnes , geb'ûrgekette.
- L’enfoncement qui eft entre deux rangs de chaînes de montagnes, eft appellé vallée, thall.
- Les petites montagnes qui tiennent par les côtés aux grandes & longues montagnes , tiegel.
- Leurs profondeurs intermédiaires, gninde.
- L’endroit où ces fonds fe réunit fent au haut de la montagne formant un coude , ail. Jîncken , fchluchten.
- La pente oblique d’une montagne, par laquelle 011 peut arriver à fa cime , le dos, gehcenge. Cette partie inclinée, prolongée en hauteur fur le dos, fom-met. L’élévation au - deifus de fon dos, la tête.
- Montagnes qui , s’écartant de deux côtés d’une grande chaîne de montagnes , fe perdent dans la plaine, vor-gebiirge. Les montagnes placées entre celles - là & les plus hautes chaînes, mittelgebürge. Moyennes. Celles qui , parvenues à leur plus grande hauteur.
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- s’étendent dans le milieu, hohe ge-biirge.
- Caraderes diffindifs entre les inégalités montueufes qui traverfent & 'qui coupent la fuperficie de la terre dans les continens.
- Montagnes déchirées. Zerriifene ge-bürge.
- Montagnes ( hautes). On ne doit entendre par cette exprefiion , que la chaîne primitive des montagnes qui au feul afped préfentent l’idée d’une forte digue deitinée à fervir de fou-tien aux montagnes du fécond ordre.
- Montagnes à pente douce , qui s’élèvent de leur pied en pence douce.
- Montagnes rapides ou efcar pies, qui s’élèvent de leur pied en pente roide. M. Delius obferve que ce n’eft point parler en mineur,ou conformément à l’art de l’exploitation des mines, d’appeller montagnes rapides celles qui font ifolées, & qui tirent vers la plaine, ou qui font dans la plaine, attendu que bien {cuvent elles ne font rien moins que roides ayant une pente décidément oblique : ce qu’on remarque dans les vallons étroits que forment les montagnes efearpées.
- Conteurs & angles correfpendans des montagnes. Obfervation très-importante pour la théorie de la terre, faite d’abord par M. Bourguet, & qui con-fjfte en ce que les montagnes ont des directions fuivies & correfpondantes entr’elles , enforte que les angles faiU lans d’une montagne fe trouvent toujours oppofes aux angles rentrans dans la montagne voiiine qui en elt féparée par un vallon ou par une profondeur ;
- obfervation générale & uriiverfelle-rnent reconnue, & dont tout le monde peut fe convaincre par fes yeux. Cette Angularité saujourd’hui reconnue uni-verfellement, ne demande, pour s’en convaincre par les yeux, autre attention que celle d’examiner en voyageant la pofition des collines oppoiëes, & les avances qu’elles font dans les valions : ou fe convaincra alors que le vallon était le lit d’une riviere , & les collines les bords des courans s car les côtés oppofés des collines fe correfpondent exactement comme les deux bords d’un fleuve. Dès que les collines à droite du vallon font une gorge , les collines , à très-peu près , ont auffi la même élévation , & il elf très - rare de voir une grande inégalité de hauteur dans deux collines op-pofées & féparées par un vallon.
- Vues générales fur la fuperficie extérieure de la terre , comparée., avec fa fuperficie intérieure.
- Divifion des montagnes. Montagnes du premier ordre , nommées auffi mon-tagnes primitives, ou de La vieille roche, c’eft - à - dire , d’ancienne formation. Montagnes à filons. Leur firudure intérieure homogène & fans interruption.
- Montagnes du fécond ordre. Monta„ gnes par couches ou par dépôt. Seules propres aux charbons de teqre. Viennent quelquefois s’appuyer contre les montagnes primitives, avec lefquell.es elles femblent fe confondre & fc perdre infenfiblement dans les plaines. On trouve dans l’ouvrage de M. De-liu§ fur les montagnes à couches, &
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- fur les montagnes moyennes ou à veines, un détail intéreffant & des ob-fervations qui font particulières à ce favant, & qui méritent grande attention. Principaux phénomènes tant intérieurs qu’extérieurs des montagnes à couches , rapprochés les uns des autres, afin de donner de ces montagnes une idée exacte & précife qui aide à les reconnaître infailliblement, à les dilfinguer entr’elles, & à juger delà, profondeur à laquelle y font placés les charbons de terre, dont la pofition y eft toujours telle que ces matTes de houille occupent la partie la plus balfe du terrein fur lequel les couches font portées, & les bancs fchifteux occupent la partie du milieu.
- Les Allemands appellent banck berge. les montagnes dans lefquelles les mines fe trouvent par des couches en échelons.
- Dans la pratique de l’exploitation, les montagnes apportent à plufieurs recherches des obftacles & des difficultés qui fe lèvent par le, calcul aidé de plufieurs inftrumens : on trouve dans tous les ouvrages de géométrie fouterreine, la folution des différentes queftions auxquelles donne lieu la différence de l’inégalité du terrein fuper-ficiel. La Géométrie deM. de Genffane renferme entr’autres les problèmes énoncés comme il fuit. Problème IX. Trouver fur les coteaux (Tune montagne les points qui correfpondent perpendiculairement aux contours , ou à tout autre point donne dé une galerie pratiquée», au pied de cette montagne. Problème XV. Le fornmet d'une montagne formant les
- limites de deux états limitrophes , déterminer ces mêmes limites dans l'intérieur de la montagne, & connaître f les travaux pratiqués dans cette montagne anticipent fur le territoire voifin. Problème XIX. Connnaijfant l'inclinaifon & la direction de deux filons collatéraux , dont l'un penche ou ef plus incliné que l'autre , déterminer la profondeur du lieu de leur croifée dans Vintérieur de la montagne.
- Montagne briilée , montagne de feu. Carrière de charbon embrafée il y à 29 ans dans le Lyonnais, à un quart de lieue de S. Genis-Terre-noire, à demi-lieue de Rive-de-gier, & à une lieue & demie de S. Chaumont. Autre dans le Rouer-gue, dite montagne du Montée. S cédaii. Del puech ardent.
- Montant (tuyau) , ou tuyau d’af-piration. Montant, efpece de bafcule dans le feldgeftange. Ouvrage ou échelon en montant.
- Montée ( ouvrage par ) , lié. Montée (première) (fécondé). Coifreffe, quef trejfe de montée, demi-montée. Montée des niveaux du bure ; airage des montées , lever des montées.
- Monter une rule , monter directement en pendage de veine , monter une taille , lié.
- Montes primarii. M. Ferberg, dans fes Lettres fur la minéralogie & fur l’hiftoire naturelle de l’Italie , qualifie de ce nom les montagnes inférieures formées de fchilfe, qui s’étendent par-deffous les montagnes calcaires, auxquelles elles fervent de bafe. Montes fecundarïi, les Alpes calcaires. Montes tertiarii, les collines.
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- Montet ( montagne, de ). Del puech ardent.
- Montrelay ( mine de ) en Bretagne.
- Morgen gang, all.Fena matutina. Morgret gang , fax. Filon du matin.
- Morte-charge. ( Commerce de mer ).
- Mortier ou ciment, une mefurede chaux & deux mefures de mâchefer, broyées avec de L’eau, font un mortier très-dur.
- Moteur. [ Méchan. ] Ce qui meut ou met en mouvement. Dans toutes les machines, il ne s’agit que de bien connaître ce principe. Moteur. ( Hi-draul. ) Puiffance par laquelle agit une machine hidraulique.
- Motte ,( eaux minérales de la ) tiennent peut-être une partie de leurs propriétés du bitume de charbon de terre.
- Mouche, moxhe de veine, lié. Languette, meche du tarré.
- Moufle, poulie a moufle, polifpaflos. Affemblage de plufieurs poulies, les unes fixes, les autres mobiles ou fimples, toutes embraffées par une même corde. Les poulies fixes font portées par une même chape, & les poulies mobiles par une autre chape ; elles peuvent avoir différentes difpofitions. Leur principal ufage eft de faire gagner de la force. On appelle auffi moufles des barres de fer à l’extrémité defquelles on a pratiqué des yeux pour contenir les barres ( dans les feldgeftangen ) par des clavettes qui paffent dans les yeux.
- Moules, lunettes, formes pour donner au charbon de terre, empâté avec des argilles , une forme particulière.
- Moulinet. ( Méchanique. )'Treuiî ou tour , axis in peritrochio. Gros rouleau ou cylindre, ou eflieu traverfé de deux leviers qui s’appliquent aux grues, aux cabeftans, aux engins , & autres machines femblables, fleftinées à enlever des fardeaux.
- Moulettes , mollettes , poulies.
- Mouvement ( loix du). Comme toute machine eft deflinée à fe mouvoir , on doit la confidérer dans l’état de mouvement, & alors avoir égard à plufieurs chofes.
- Moufjé pour fervir d’étoupes ou de calfatage dans certaines occafions.
- Mouton, pièce d’un équipage de fonde , de laquelle M. de GemTane fait mention dans fon difcours préliminaire de l’Hiftoirenaturelle de Languedoc; il dit quede mouton ne redemble pas mal à un poids d’horloge ; fa bafe eft circulaire , & fon diamètre eft d'environ deux lignes plus grand que celui de la tarriere; la furface de fa bafe eft un peu enfoncée en forme de calotte renverfée, de maniéré que fa circonférence forme une efpece de*. tranchant circulaire ; l’extrémité op-pofée à fà bafe eft garnie d’un manche entièrement femblable à celui des pièces précédentes ; fon ufage eft d’arrondir les trous qu’on a faits au travers des bancs de roche avec les autres pièces, de brifer & égalifer les éminences qui pourraient arrêter le libre paffage de la tarriere, pour pénétrer dans les terres qui font au - deffous de ces roches. Saut de mouton , rihoppement.
- Moxhe de veine , mouche, aiguille, Moyen
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- Moyen proportionnel, eft une quantité qui occupe le milieii d’une proportion ; ainft 6 eft moyen proportionnel entre 4 & 9, parce que-4 eft à 6 comme 6 eft à 9, le quarré d’un moyen proportionnel eft égal au produit des deux extrêmes.
- Moyen de roue. Modiolus rotœ , ail. nabe.
- Muhle (berg). Démolition, éboule-ment de roc, excavation fouterreine qui fe pratique dans les mines métalliques lorfqu’on manque de décombres toujours nécelfaires , foie pour remplir des vuides , foit pour former des maffifs ou des murailles ; les endroits de mines les plus favorables , & qu’on doit préférer en conféquence , lorfqu’on veut avoir de ces déblais, font les parties où le roc eft mol, & qui prête le plus à cet éboulement.
- Muid. Mui. Grande mefure de cliofes liquides, diversement appellée dans plusieurs provinces j en Champagne , queue ; en Bourgogne , feuillette \ en T.ouraine, poinçon y en Berry, tonneau \ en Poitou, pipe y en Lyonnais , afnée ou botte ; à Bordeaux , barrique, dont les quatre font ce qu’ils appellent le' tonneau. Le mot de muid, pris auffi pour la futaille de même mefure, 11e fignifie pas toujours une mefure certaine & déterminée, y ayant des muids plus grands les uns que les autres.
- La mefure du muid, pour être exacte , doit être celle des géomètres , favoir, huit pieds cubiques. Le muid de chofes liquides à Paris contient huit pieds cubes d’eau j chaque pied Tome XVIII.
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- cube contient 36 pintes mefurées au jufte, & lorfque l’eau ne paife point les bords j quand elle les paife, le plus qu’il eft poftible fans verfer, le muid ne contient que 3 ç pintes , dont chacunepefè deux livres, & chacune des premières pefe deux livres moins fept gros. Le muid contient deux cents quatre-vingt-huit pintes de celles qui pefent deux livres moins fept gros, & deux cents quatre-vingt de celles qui pefent deux livres chacune.
- Le muid ou h. barrique revient à 63 gallons, A Liege , le muid fait deux ftiers. A Bois-Bojfut, le muid de charbon de terre eft de 13 pieds cubes. Muid de charbon de terre, poids de Mons. Dans le Hainaut Autrichien, tout charbon qui s’achete aux foifes doit généralement le droit à proportion du muid ou de la waye , n’y ayant, outre les privilégiés, que celui qui fe donne en aumône aux ouvriers & fclanneurs pour fe chauffer, qui foit exempt des droits de l’état.
- Le muid de charbon à Frefnes eft évalué à environ 14 pieds cubes.
- A la Rochelle, le muid pour les droits de charbon d’Angleterre & d'Ecolfe, évalué à 80 bailles ou paniers.
- A Paris, pour la vente de charbon de terre , le muid ou la voie compofée de trente demi-minots.
- Mumia vegetabilis. Momie végétale de Cromfted, efpece de terre d’ombre friable, très-commune dans les couches de charbon de Boferup , ou plutôt imprégnation de matière charbon-neufe diverfament colorée, & quelquefois reffenablante à la terre d’ombre, V
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- à laquelle elle peut fuppléer.
- Mundtoch, ail. Entrée, embouchure d’une galerie de mine.
- Muraillement, ouvrage de maçonnerie qui fe conftruit dans les travaux fouterreins, & qui fe fait ou à chaux ou fans chaux, ou à fec, félon que les endroits où il fe pratique font humides , ou félon les endroits où l’air circule librement : l’on conçoit encore que le local exige une différence dans le muraillement, félon que les ouvrages font envoûte, à plomb ou en entaille/félon la nature des veines, des rocs qui leur fervent de toit & de femelle ; de même différent dans les bures , félon qu’ils font profondes en pillant, ou perpendiculairement. Ce travail de muraillement eft particuliérement néceifaire pour les endroits qui doivent toujours fervir ; on ne peut fur-tout s’en paffer par-tout où il y a de la part des rocs une preftion considérable qui détruirait les boifages, comme dans les grandes galeries de pairage , les ftaples & autres ouvrages de cette nature. Les articles 19, 2,0 &21 du réglement de M. de GentTaue renferment des détails fur ce muraillement des puits. M. Delius, dans fon ouvrage , a particuliérement enchéri pour cet article , fur celui de l’académie de Freyherg.
- Murray , hé. Petit mur bâti fans ciment pour étayer les ftaples, ou pour reftapîer les ferres. On donne encore ce nom à une maçonnerie de briques, pour ajouter au feu de charbon de terre une chaleur de reverberc.
- Mutter ( berg ), matrice des mines.
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- Jt^ADiR , nom arabe donné au plan immobile de la fphere qui eft perpendiculairement au-deffous de nos pieds, & éloigné de 180 degrés du zénith , tous deux pôles de notre horizon *, ils tombent par conféquent fur le méridien , l’un au-deifus, l’autre au-delfous' de la terre i à quelque diftance que l’un de ces points foit de l’équateur & des pôles du monde , l’autre fe trouve toujours dans la partie oppofée du monde , à la même diftance de l’équateur & des pôles.
- Naf.ware ,fu. cuiller de la tarriere. Naf-ware, holl. trou de tarré.
- N ailles, lié. Agraffes plates , ou lames de fer qui lient enfemble les pièces de bois dont les cuves font compofées. Naïlkur. Maintenir avec des naillcs les tinnes ou autres uftenfiles de ce genre.
- Naturalises. Phyficiens. Leurs obfer-vations multipliées & combinées fur la fuperficie de la terre , fournilfent des vues , forment un corps de préceptes fur la véritable ftruélure intérieure.
- Naturalifation accordée aux étrangers , alfociés & ouvriers, leurs hoirs; & fuccelfeurs, pour récompenfe des talens, & de la part dans laquelle ils concourent à l’entreprife des mines du royaume, à l’effet de jouir en France de tous les droits civils, c’eft-à-dire, d’être à tous égards aflimilés aux naturels Français, farts être tenus de payer aucune finance , ni de prendre d’autre lettre de naturalité que le Vi-dimus , à la feule condition d’exhiber
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- un certificat du grand-maitre. Ce privilège eft concédé, dans toutes Tes dépendances, par l’ordonnance de François II, du 10 juillet i , confirmée par Charles IX en if6l , & plufieurs autres enregiftrées dans les parlemens & dans les chambres des comptes. Dans les lettres-patentes de Henri II, du n octobre 1152, ce privilège eft reftreint à 40 ouvriers par chaque mine. L’arrêt du confeil, du 14 mai 1604, portant nouveau réglement fur le fait des mines & minières du royaume , développe ce privilège d’une maniéré propre à encourager les étrangers à s’intérelTer dans les travaux de mines ; & aucune loi poftérieure n*y a encore dérogé. Le fieur Harriffon, les (leurs & demoifelle Brurchie intérefles dans les mines de Bretagne , en ont joui par arrêt du confeil du 17 de feptembre 174]. Le (leur Peifter , intéreifé dans la compagnie formée pour l’exploitation des mêmes mines , a été réputé régnicole par arrêt du 2 de décembre 17 y y 9 revêtu de lettres -patentes ; le tout néanmoins pour le tems que le (leur Peifter relierait employé à l’exploitation des mines de France, & domicilié dans le royaume.
- Naturelle ( terre ) ou neuve, lie. plein vif thier.
- Nautce Parijiaci. Nautes. Ancienne & première communauté que faifaient les marchands de Paris fréquentans la riviere de Seine, à laquelle vraifenir blablementa luccédé la compagnieap-pellée enfuite mercatores aquce Parijiaci.
- Navette ( huile de ), pour grailler
- les mouvemens des machines.
- Navigation de Condé en Hainaut , réglée pour la perception des droits domaniaux , par les placards du Hainaut, imprimés à Bruxelles en 1704, confirmés dans tous leurs points au nom de Sa Majefté Impériale, par Ferdinand Gafton Lamorald de Croy, comte de Rœux, gouverneur, capitaine général, grand-bailli & officier fouverain du pays & comté du Hainaut. Arrêt du confeil d'état du roi, en forme de réglement, concernant cette navigation de Condé, du 4 novembre 1718. Chambre de navigation.
- Navigation ou canal de communication de la riviere du Layon , depuis S. Georges de Chatelaifon, avec la Loire à Chalonnes , projeté depuis 1740 , exécuté «aujourd’hui fous le nom de canal de Monfieur, qui a daigné honorer de fa protection cette en-treprife favorable à la circulation du charbon, entamée à la fin de 1774. L’ouverture de ce canal, contenant 27 éclufes, 12 ponts & 6gués, a été faite le 26 du mois de décembre 1776.
- Navire à morte-charge. Commerce de mer. A charge complété.
- Neinbruche, fax. Fouilles.
- Newcomen, marchand de fer, & Cawley , vitrier en Angleterre , auteurs d’une derniere perfection de la machine à vapeur.
- t Nerfs. Gorres. Caillettes. Arêtes pier-reufes, efpece de fchifte réfractaire, tenant immédiatement au charbon de terre. Qui traverfe quelquefois dans une certaine longueur un banc de terre , comme dans la mine du Lyon*.
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- nais. Dans quelques bancs de houille, qui ont environ deux pieds d’épailfeur, on trouve au milieu un de ces nerfs de deux doigts d’épais, qui traverfe horizontalement le banc de charbon ; il fuit toujours la veine félon fa longueur, & eft fouvent au milieu, le banc étant conlîdéré en place. Ces nerfs font à exclure & à détacher foi-gneufement des charbons que l’on veut réduire en coaks.
- Nerf blanc, ou rajfon, dans les mines du Lyonnais.
- Nefierweis , ail. Minera nidulans. Voyez Mine.
- Net ( charbon ), ou fin. Houille en piece. Voyez Mines.
- Neuve ( terre ). Terreiii neuf. Voy. X'être naturelle , lié. plein vif thier.
- Newcafile. Le mémoire de M. Quift, que nous avons indiqué au mot Exploitation , renferme un état des couches qui forment la maiïe des mines de Newcafile j & comme il différé en quelques points des deferiptions dont j’ai fait ufage, il m’a paru utile d’en rapprocher cette nouvelle énumération des bandes rencontrées dans ce même territoire. i°. Terre fuperficielle ( dammjord ) de 4 à 5- bralfes, confinant dans une argille^ lera) mêlée de fable. 20. Argille brunâtre, de l’é-paiffèur de 3 bralfes, ferrugineufe , mêlée de mica; elle eft tout-à-fait meuble & tendre , & forme une couche qui ne fe rencontre point par-tout. 30. Pierre fablonneufe, ( fand ften ) épailfe de 2,3 à 4 bralfes , blanchâtre , mêlée de mica , & changeante quelquefois dans fa nature comme
- dans fon épailfeur. 4°. Argille d’environ 8 brades d’épailfeur , un peu ferrugineufe , toujours mêlée de filandres charbonneufes , de mica fin , de fable fulfureux {Jvafvelkies ) , de pouftier de chaux ; elle n’eft point combufti-ble. 50. Petite couche de charbon de terre, épailfe de 6 pouces. 6°. Argille pierreufe , làblonneufe & micacée, de répaiiïeur de 4 bralfes. 70. Couche' de foot coal, c’eft-à-dire, qui a un pied d’épailfeur , 8c qui eft toujours groftier. 8°- Argille pierreufe , ferrugineufe , micacée , épailfe de § bralfes. 9°. Argille de même qualité que le No. 4 , de 9 bralfes d’épailfeur. IG°. Troilieme couche de charbon de terre , de 3 à f pieds d’épailfeur , & quelquefois davantage. 11°. Argille pierreufe , ferrugineufe, comme le N°. 8, qui n’a été percée que dans très-peu d’endroits , parce qu’on ne s’eft pas fou-cié d’atteindre les couches, inférieures de charbon qui ont été reconnues être à une profondeur double.
- Niveau ( ligne de ). Réglé de niveau. Trouver le niveau, c’eft trouver ce qui eft parallèle à l’horizon. Niveau. Chorobatte, lié. plomet # ail. walfer-wage, grad bogen. Nivella , libella, inftrument de géométrie fouterreine , auquel on peut fuppléer par le demi-cercle.
- Nivellement. Art de trouver une ligne horizontale, ou de connoitre combien un endroit eft plus élevé qu’un autre, en prenant le terme de la mefure de leur élévation au centre de la terre ; d’où il fuit que deux points également éloignés de ce centre
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- font de niveau.
- Noblejje Par lettres du roi , du 30 feptembre 1^48 5 les commis, alfociés & entremetteurs ne dérogent au droit & privilège de noblelfe , dignité ou état. Par un autre édit confirmatif du 10 oCtobre 1 52 , il eft non-feulement permis à toutes perfonnes , de quei-qu’état & condition qu’elles foient,de rechercher & travailler les mines , de s’alfocier qui bon leur femblera , fans que lefdites a/fociations dérogent à la noblelfe, ni aucune dignité ou qualité, en prêtant par l’eifayeur & affi-neur le ferment accoutumé entre les mains du grand-maître. L’article XII de l’édit du mois de février 1722, portant étabMement d’une compagnie pour travailler pendant trente ans les mines du royaume , eft précis fur cet objet, en faveur des gentilshommes, officiers & autres, comme directeurs ou intérelfés dans ladite compagnie.
- Nocs. Dans la mine de Pontpean, canaux de bois pour conduire les eaux.
- Nofifit ( barq ). Intérelfé dans les mines.
- Noir. Swartor. Voy. Swartor. Svsart mylla,fu. Terre noire, commune dans les mines de charbon de Suede.
- Noir de terre, efpece de foffile noir , dont les peintres fe fervent après l’avoir bien broyé , pour travailler à frefque, 8c qui n’eft qu’une efpece de terre d’ombre calcinée.
- Noifetiet. Au lieu de l’aiguille qui s’introduit dans le patron pour faire jouer la poudre à canon , on emploie quelquefois des baguettes de noife-
- tier ou d’autres efpeces de bois, creu-fëes en - dedans. M. Delius décrit les maniérés de fe fervir de ces baguettes moins fujettes à manquer, mais plus dangereufes que les trous de l’aiguille, parce qu’elles peuvent s’allumer par la poudre, & brûler long-tems avant de communiquer le feu à la poudre.
- Nombres. Réfolution des nombres trouvés dans la mefure des fouterreins, définie par "Weidler. L’art de chercher , par le moyen des hypothénufes & des angles donnés, les perpendiculaires & les bafes ,& de les expofer avec leurs angles fur les tables.
- Nombre quarré , produit d’un nombre multiplié par lui - même , comme quatre eft le produit de deux multiplié par deux.
- Norma. Réglé. Equerre.
- Normalis (linea ). A-plomb.
- Non ( mine de charbon de ), en Bretagne.
- Notification, dans la coutume de Liege, doit être faite au propriétaire ou terrageur par une fociété ou un entrepreneur avant de travailler, parce qu’alors le propriétaire envoie faire l’examen des ouvrages aux frais de là fociété , afin de reconnaître fi l’on obferve les réglés établies pour la direction des ouvrages. En fait de privilèges en France , pour qu’ils /oient connus de tous ceux qui peuvent y avoir intérêt, l’article VIII de la déclaration du roi, du 24 décembre 1762 , ordonne qu’après l’enregiftre-ment defdits privilèges dans les cours, il lbit, à la diligence des procureurs généraux, envoyé copie collationnée
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- d’iceux aux bailliages dans le reiTort defquels ils doivent avoir leur exécution.
- Notulant à Dalem , compteur à Liege.
- Nourritures, lie. fources d’eaux fou-terreines.
- Noyau ( mine de ) en Bourbonnais.
- Noyées ( veines ) , c’eft - à - dire , qui font d’un niveau plus bas que l’areine. ' Nudare ( venus corio ) , ail. gænge entblôfen.
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- O B er bett, ail. couverture.
- Oberg ,nober, uber , ail. La première exprellion défigne la croûte fupérieu-re i la fécondé , une pierre molle ; la troifieme, une efpece de pierre pourrie : mais ces mots peuvent avoir d’autres lignifications ïuivant la conftruc-tion des phrafes.
- Ober faule , pierre fort mollalfe & pourrie, qui fouvent coupe & écrafe les veines & filons des mines.
- Obliqua venu ou devexa, ail. dunk-legter gang.
- Oblique (ligne), ail. fiach. Ligne félon laquelle une veine ou filon s’incline en profondeur, & qui fe détermine par le demi - cercle partagé en degrés , de maniéré qu’une veine depuis le 19 jufqu’au 4fe degré eftune veine oblique.
- Obliquité, ail. doulege. On obferve que dans les profondeurs la plupart des veines gardent une obliquité réglée.
- Occidentales horce.
- Occultus iranjitus, dégagement.
- Oculé ( charbon de terre j , ainfi déligné par M. Sage, dans la fécondé édition de fes Elémens de minéralogie docimaffcique , par rapport à la forme des petites empreintes qu’on y remarque, & qui font des cercles de quatre ou cinq lignes de diamètre, dans le milieu deTquels font d’autres cercles plus petits & concentriques i ces veftiges circulaires font éloignés les uns des autres de lix ou fept lignes. M. Sage ajoute qu’en calîant des morceaux de ce charbon, il a trouvé des lames circulaires du diamètre des cercles , qui femblent n’en être que les empreintes. Ces lames font fragiles , & ont paru à M. Sage d’une nature argilleufe. M. Rcinhold Forfter prétend que ces yeux prétendus font formés par une médufe. M. Sage m’a fait voir I’échainillon qu’il a décrit venant de la mine de Nadau} l’examen que j’en ai fait d’après la grande quantité de charbons de tous pays qui m’ont pafle par les mains , d’après l’habitude ïuivie où je luis de les conlidérer dans l’abondante colle&ion que j’en ai faite, ne m’a donné fur cet échantillon que l’idée d’une reflèmblance abfolue avec les facettes , qui ont fait donner par les Liégeois à quelques charbons le nom de charbon à œil de crapaud, différente feulement dans le charbon de Nalfau , en ce qu’il ell fec & n’approche point des charbons gras, où ces écailles à facettes applaties font multipliées à l’infini les unes fur les autres , & tout à càzê les unes des autres.
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- Octroi en jurifprudence fignifie con-ceflion de quelque grâce ou privilège faite par le prince. Les o&rois ou deniers d’odrois font des levées de certains droits en deniers que le prince permet à des communautés de faire fur elles-mêmes, pour leurs befoins & néceffités. Ces odrois fe lèvent fur la vente des denrées & marchandées, félon ce qui a été odroyé par le prince.
- Oder, fu. veine.
- (Economie, œconomie dans les extractions confifte à élever dans un porte le plus de matières qu’il eftpoiïibJe, fans forcer les chevaux. M. Delius entre fur cet article dans un détail extrêmement intéreifant par un exemple calculé d’après ce qui fe tire du puits de Sigisberg,& par le calcul de la machine d’extradion ; nous ne pouvons à chaque inftant que dertrer de voir cet ouvrage traduit en français.
- Economique , œconomique- { administration civile , politique & ) de mines. Voyez Administration. j
- Œgla Ju. nœud de corde.
- Oer, monn.oie de Danemarck , dont trente - deux font un dahler.
- Oerdrorna , fu. charbons qui n’ont point de veine.
- Oertung , an. Tag ausbrigen , ail.
- Oertungen , ail. loca.
- Œufs de charbon dans les mines de Rive-de-Gier.
- Œufvre^fu. fupérieur.
- Œuil de crapaud ( charbon de terre à ), du même nom donné au fer à gros grains , compofé de petits feuillets ou de petites écailles à facettes ou fpéculaire.
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- Œuil du bure , bouche du bure.
- Œuil delà galerie - maître ou de Va* reine. Ne faurait être placé trop bas au pied de la montagne , lorfque la veine fe plonge à une grande profondeur en terre.
- Œuil. ( Arts. ) Trou qui fert à emmancher les outils ; dans les grues, engins & autres machines à élever des fardeaux , on appelle ceuils les trous par lefquels partent les'cables. Œuil de manivelle. On appelle auffi œuil en mé- / tallurgie l’ouverture fituée au bas d’un fourneau, & par laquelle la matière fondue eft reçue dans le bartin.
- Œuil-de-bœuf ( cheminée en ).
- Œuvre, ail. werck, ce qui réfulte d’une fouille.
- Œuvre de bras ( tranche par').
- Œuvres de veine , travaux qui s’exécutent dans le corps d’une veine. Travailler l’areine par œuvre de veine.
- Œuvre. (Métallurgie.) Quand dans une fonderie on traite des mines qui contiennent de l’argent, ces mines ou renferment déjà du plomb par elles-mêmes, ou bien l’on eft obligé d’y joindre ce métal avant de faire fondre la mine : après le mélange fait, on fond le tout, & de cette fonte il réfulte une matière qu’on appelle œuvre , en allemand werck, qui n’eft autre, choft que du plomb qui s’eft chargé de l’argent que contenait la mine avec laquelle on Pa mêlé , & des fubftances étrangères qui fê trouvaient dans la mine d’argent. On nomme encore œuvre ou plomb^d'œuvre le plomb qui a été fondu avec le cuivre dans le fourneau.
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- Œuvres blanches , gros ouvrages de fer tranchans & coupans qui fe blanchiment, ou plutôt qui s’aiguifent fous la meule.
- Officiers des intéreffés dans les mines. Les coutumes d’Allemagne donnent aux intéreffés dans les mines le pouvoir de prendre des officiers pour leurs opérations , pour la manutention des fonderies, leur économie & leur comptabilité , en les payant de leurs fonds : il en eft de même des entrepreneurs de mannfa&ures & fabriques.
- Officiers du grand-maître des mines , en France. Lieutenant général, contrôleur général , receveur général , qui tons avaient des gages fixés par l’article VIII du réglement de 1601 ; le lieutenant général, mille écus ; le contrôleur générai, tant pour lui que pour fes commis , mille écus ; le receveur général, tant pour lui, fes commis , que pour le port & les voitures des deniers dans fes mains à Paris, femblabie fournie de mille écus , avec quatre deniers pour livre de la recette annuelle , à Pinftar des receveurs généraux des bois ; 13 3 écus un tiers au greffier j & à chacun de ceux qui feront commis dans les généralités du lieutenant particulier , un écu & demi par jour dans leurs tournées, pour reformations & établilfemens à faire fur lefdites mines.
- Officiers chableurs & maîtres des ponts fur la riviere de Seine. Leurs fondions , &c.
- Old man, an. vieux: ouvrés, lie. vieil homme , vieux ouvrages.
- Operarius y ail. pumper.
- Orbiculus. Trochlea. Pouliç , rolle , rollette , moulette, molette , ail. fchei-ben.
- Orbis. Agrip. Plateau des Liégeois.
- Ordinaires ( levays ) de l’eau , lié, mefuresordinaires du charbon de terre.
- Orgya. Ulna. Brade. Mefure de fix pieds, ou l’étendue des deux bras , ail. lachter.
- Orientales ( horce ). Voyez Heures.
- Ort , ail. locus.
- Ort ( gau^ ), locus terminants, cul-de-fac.
- Ortpflook. Ortpfahl, ail. Palus loca-lis. Pieux.
- Orthe, ail. Cul - de - fac , extrémité du Jlreche.
- Ortographie. Profil, plan élevé , ou coupe d'une mine.
- Ofver ( de Naald), belg.
- OJiiolum. Embouchure. OJliolum cuniculi, ail. thorlein.
- Ouf ( roiffe ) .
- Ouvertures. Fentes, yk klyft.
- Ouvrage. Terme générique employé dans les travaux d’exploitation comme dans les travaux de fonte. Res metallica , traité fous ce titre en latin par Agricola. De nos jours, par l’académie des mines de Freyberg , en allemand , défiguré par une traduction franqaife publiée il y a quelques années. Traité depuis en allemand par M. Delius. Voyez Exploitation. Cité en extrait dans beaucoup d’articles de cette table des matières. M. Schreiber en a fait une tradu&ion qu’il a préfentée nouvellement à l’académie, & dont l’impreffion mériterait d’ètre fécondée par le gouvernement :
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- l’art de l’exploitation rifque toujours d’être un art de pure tradition ; l’ou-vrage de M. Delius nous fera connaître cetartaufli parfaitement qu’il eft connu des Allemands fes premiers inventeurs.
- En exploitation , l’on appelle ouvrages de mines, & communément ouvrages fouterreins, ail. fchicht, les travaux qui s’exécutent, à commencer par l’enfoncement du bure profondé fur une veine , & ceux qui fe continuent dans toute l’épaiifeur d’une ou plufieurs veines formant la malfe d’une montagne.
- Ouvrage en montant. Echelon montant. M. Delius traite dans les plus grands détails des différens ouvrages qui fe pratiquent dans les mines métalliques , fous les noms à?ouvrage ou entaille en gradin , ou en firojje ; ouvrage ou entaille en montant ; attaque du minerai de bas en haut ; ouvrage à faîte , &c.
- Ouvrages 8c matinaux de charpenterie dans les fouterreins de mines. Ces ouvrages doivent être le moins multipliés que faire fe peut; outre l’obf-tacle qu’ils peuvent, comme le remar*. que M. Delius, apporter à la liberté du courant d’air dans les galeries, la pourriture des bois occafionne auffi une infedion dans Pair.
- Ouvrage. ( Métallurgie. ) Creufet qu’on met dans le bas du fourneau. Foyer de forge.
- Ouvrage. ( Forgerie. ) Gros ouvrages noirs. Légers ouvrages en fer.
- Ouvris ( vieux ) an. oldman.
- Ouvrier mineur , lil% ovry. Servi-Tome XFIII.
- i€t
- teurs du métier , an. ranging over the coal. Fit man.
- Overman, Overfeet,an. Intendant Piqueur.
- Owners (coal') an. propriétaire.
- P
- jP AELE rlglle [ travailler à ] c’eft-à-dire, à Ja tâche.
- Paires, liè.pakus hann. Magafins où le charbon fe porte au fortir du bure.
- Paître ou pahe les eaux ( puifards dans lefquels on laide ) lié. féparés par des Jlappes, & communiquant entre eux.
- Pakus, hain. lil. pairs. Dans les placards du Hainaut, on défigne fous le nom de pakus les magafins de charbon , qui, par l’article 29 , ne doivent pas être faits au-delfoiis, mais au-delfus de la derniere tenue de la riviere, a peine de conEfcation de chevaux, chariots , marchandées, & à peine d’amende.
- Paix de S. Jacques , à Liege. Reglement de houillerie , émané d’une commiflion créée en 1487,pour l’examen des anciens privilèges & coutumes de houilleries , & faifant aujourd’hui la bafe de tous les ufages de ce pays concernant la houillerie.
- Pains de liquation. Fonte de cuivre.
- P ailette. Plumas , lil. Crapaudine en cuivre ou en fer.
- Pale. Vanne qui fournit Peau des roues dans les machines hydrauliques.
- Palette ou battoir de bois, pour comprimer la houille dans des moules avec des argilles , & la former en bri-X
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- quettes. Palette , pelle à feu.
- Palonniers. Bâtonneaux, pièces de bois dans toute machine à tirer, auxquelles on attache les traits des chevaux quand on les attele, & qui donnent le branle à la machine. Palanga tracloria.
- Palus localis, ail. ortphloen. Pieux.
- Panaché , chatoyant, [ charbon ] ou verron; il s’en trouve qui le font diverfement.
- Pande , ali. Tigna oblique défendent ia.
- P année [ double ] à Dalem : double trait, double trecque en Flamand. Panier remontant au jour, chargé de houille.
- Panier, coffre , boite, dans lequel le charbon fe charge au fond du bure j dans les mines de Hongrie , chien ; à Liege, coufade; an. corf, ail. korb. Cor-bis cophinus.
- ; Pannys. Pannins. Paniers des trai-refles dans les houillieres de Houfe & de Sarrolay.
- Paon ( charbon queue de'), an. peak coal, charbon chatoyant, agréablement panaché. Lithantrax fplendide variegatum.
- Papin ( fin ) , voye^ Fin papin.
- Parement ( archite&ure ). Dans un ouvrage de maçonnerie, on défigne fous ce nom ce qui paraît d’une pierre ou d’un mur au-dehors, & qui, félon îa qualité des ouvrages, peut être layé , traverfé & poli au grès.
- Parère, ou avis & confeils fur les fociétés pour les entreprifes de mines.
- . Parmjfage pareujfe , lié. ou trous de taure y faits le long des voies ou
- des airages reftans dans les ferres, à côté des tailles. Pareujfes , c’eft-à-dire, parois ou côtés des ouvrages. Pareujfe de la voie, découverte fur les côtés.
- Parvienne ( beche ) , pioche dont 011 fe fert dans les fouilles de charbon d’ingrand.
- Parmentier , ancien apothicaire-major de l’hôtel royal des invalides , membre des académies de Lyon & de Rouen , qui a remporté le prix des arts , fur une queftion propofée en 1772 par l’académie de Befanqon. Le public ne lui eft pas feulement redevable de plusieurs ouvrages qui lui affurent comme auteur, comme traducteur , comme éditeur , la recon-naiffance de la poftérité ; il a bien voulu me féconder avec MM. de Machy & Defyeux dans des recherches chymi-ques fur le charbon de terre, qui ajoutent à la connaiffance que l’on avait de ce fofîile.
- Pars venarum jacens. Partie qui fert d’affife aux veines. (Pendens ) qui leur fert comme de couverture.
- Parti-bure , lié. Pour empêcher que les paniers , féaux & coffres qui montent dans les bures, ou quiydefcen-dent, ne viennent à fe rencontrer , on forme dans le commencement de l’œil du bure une féparation oucloifon en planches, qui écarte les cordes & féaux ; c’eft ce qu’on nomme à Liege parti-bure.
- Pas du bure, lié. trottoir, manege , anfnnes du pas, lié. fumiers que les chevaux laiifent fur le pas du bure..
- Pas de vis. Intervalle qui fépare deux {pires confécutives.
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- Pajfage à chute. Entaille en dépendant, approfondiifement, tourniquet ; noms donnés dans les mines métalliques aux puits fouterreins.
- Paffage, taille , voie , via , voie de dégagement. Paffage (galerie de). Chemins fouterreins pour le tranfport des matières , pour la circulation de l’air, pour l’écoulement des eaux ; dilate-mens horizontaux dans l’intérieur des mines qui fe communiquent enfemble, ou qui vont aboutir , foit à une galerie qui débouche au jour, ou même à des tourniquets feulement, ou à des puits de décharge. Comme ce font des routes de chariots, de traîneaux , ces galeries de palfage ont les dimen-fions proportionnées à leur pente. Elles ne different des galeries principales & des galeries de recherche , qu’en ce qu’elles ne vont point déboucher au jour. Elles fe pouffent ordinairement fur les veines même, & font communément éloignées les unes des autres de g, io, iztoifes, & davantage. Doivent être tenues proprement, pour que le chariage ne foit point gêné. Les galeries de paffage ne font autre chofe que des galeries d’alongement, quand on ne les comble point & qu’elles font entretenues pour l’ufage continuel} on les nomme des pajfages, parce que le tranfport des matières fe fait par des chariots.
- Çajjage de communication, alveus, ail. berg trop.
- Paffe -par-tout, efpece de beche en ufage dans les mines de charbon de Montrelays. £
- Pajle, terme de manufacturiers en
- poterie, pour défigner l’argille qui fe prête fous la main comme de la pâte.
- Patte, lien de fer qui tient lieu de griffes pour contenir quelqiie chofc en place. Patte d'écrevijfe dans la machine à vapeur.
- Patron , cartouche , pétard , efpece de boîte en parchemin ou en papier, en plufieurs doubles, ou en fer-blanc, ou même de bois , qui renferme la charge de poudre que l’on veut faire jouer dans un trou de fleuret.
- Paule , pele , trivelle , truelle , lié. louchet de fer.
- Pahage , lié. puifard ou réfervoir.
- Paxhijfes, lié. vuides inférieurs fer* vant de repos ou de réfervoirs.
- Paxilli lignei , pieux.
- Péage. Droit domanial qui fe paie au roi, ou par fa permiffion, à quel-qu’autre perfonne, pour paffage fur un pont, fur un chemin, fur une riviere , ou à l’entrée de quelque ville, & qui dans l’origine a pour motif & pour objet l’entretien des ponts , ports, paffages & chemins.
- Pelare}fu. piliers d’appui.
- Pelée , treque grife. Dans les mines de charbon de Rolduc, panier remontant au jour , chargé feulement de charbon.
- Pelle, an. fchwel, de bois, fchauffel, batillum, pelle à feu , palette pour ramaffer les cendres , garçons de la pelle ( commerce de charbon à Paris ), pour mefurer les charbons devant les officiers-mefureurs.
- Pelotes , boulets , briques, hochets de charbon de terre, empafté avec des y r,
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- argilles & mis en forme de pelotes, foit pour économifer fur la matière première, foit pour diminuer & corriger fodeur du charbon de terre. Le mélange du charbon de terre avec de l’argille n’eft point inconnu dans la mine de Boferup en Suede. On fépare au moyen du farclage les gros morceaux de charbon d’avec les petits, que l’on trie encore par le lavage du pouffer argiileux de la mine ; on tire par ce moyen parti de tout ce charbon, en le mouillant avec de l’argille, & en le mettant en pelotes qu’on fait fécher ; on s’en fert fous cette forme dans les falpètrieres.
- Pendage , inclinaifon des veines.
- Pendens ( venu ) , ail. langende, lie-gende , fchwebend gang , pendens (pars venatüm ) , caput, toit.
- Pente, terme relatif à la fituation horizontale. Tout ce qui s’en écarte, enforte qu’une des parties du plan refte dans la ligne horizontale, & l’autre defcende au-deflbus, eft en pente. Pente des montagnes, des plaines, des vallons. Pente perpendiculaire des montagnes , fax. feukrecht.
- Percée, lyon. Toute efpece de jour pratiqué pour la circulation de l’air.
- Percement, perforatio, apertio, terme d’architedure qui fe dit de toute ouverture faite après coup pour la baie d’une porte ou d’une croifée, ou pour quelqu’autre fujet, dans les ouvrages de mine : le même nom percement de jour fe donne à une fouille entamée & continuée dans le cœur d’une montagne, par le flanc de la montagne, au-deflbus du niveau de l’endroit où
- l’on travaille : ce qui s’appelle dans quelques endroits galerie de pied ^ fouille couverte ; c’eft un des ouvrages fou-terreins le plus propre à fe débarrafler d’une grande quantité d’eaux , & à renouveller l’air des mines j mais cette galerie n’eft pas toujours praticable, foit parce que la veine ou le filon font trop éloignés du flanc de la montagne, foit parce qu’ils font au - deflous du niveau de la vallée.
- Un percement demande une certaine étendue & une certaine profondeur , à prendre depuis la furface jufques dans l’intérieur d’une montagne , ce qui varie dans les différens pays qui forment l’Allemagne. Cette étendue eft de 9 \ verges à Joachim, fthal, de 14 dans l’éledorat de Treves , de 10 verges & un empan en Saxe, Le propriétaire d’un tel percement, quand il eft parvenu à l’endroit où commence le terrein d’une portion de mine appartenant à un autre , ou lorfqu’il rencontre un filon , quand même il appartiendrait à la mine afli-gnée à une autre compagnie, ce propriétaire a la liberté de faire détacher du minerai pour fon compte , dans une étendue de 5 J verges, à compter depuis le niveau de l’écoulement des eaux jufqu’à la voûte, & d’une demi-toife d’épaifleur.
- Toutes les ouvertures quife pratiquent dans l’intérieur d’un paifage à l’autre , foit par des entailles en montant & en descendant, & qui communiquent à ces paflages , foit d’un ap-profondilfement à l’autre , par le moyen de paflages horizontaux, fe
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- nomment percemens de communication. Le principe fur lequel on doit fe régler pour établir ces percemens de communication , eft que la circulation de l’air dans les mines dépend de deux embouchures fuperficielles ; car à ce défaut les percemens , ordinairement très - difpendieux & très - longs à établir , ont peu d’avantage. M. Delius s’étend beaucoup fur cet objet.
- Percer au pic, Lie. donner dans une baigne.
- Perche des arpenteurs de mines, ail. lachter. Brade. Mefurer à la perche.
- Perçoir de montagnes , fu. jord boo-ren. Grande fonde très - utile dans les montagnes à couches.
- Perdre la veine, c’eft ne plus ap-percevoir la veine rihoppée ou entièrement difcontinuée & amincie au point qu’elle eft confondue avec la couche qui l’environnait.
- , Perdues ( pierres ), détachées des montagnes primitives.
- Périgord ( bas) , ou noir, province de France. Efpece de charbon de terre.
- Peritrochium , tympanus , tambour ou cylindre : dans le cabeftan, l’axe ou l’ailfieu font les leviers ou barres.
- Perpendicule, ligne verticale & perpendiculaire , qui mefure la hauteur d’un objet j on dit la perpendicule de cette tour eft de cinquante toifes. On nomme encore perpendicule le fil qui dans une équerre eft tendu par le plomb , & qui donne la perpendiculaire à l’horizon.
- Pertica , ail. ftab. Perche. Pieux. Stippeaux.
- Pejlilens aura > ait. vergifte luft 9
- bocfes wetter. Mauvais air.
- P et a, Jliket, jlikay, lié. bâton ferré aux deux extrémités.
- Phares, tours élevées fur les bords de la mer, fur lefquelles on allume, de grands feux pour fervir de guide aux vailfeaux j charbon de terre employé à cet uftige en 1772 à Qftende. La gazette des banquiers, des négo-cians & des marchands , du juillet 1775", n°. 10, porte que la chambre du commerce de Rouen avait obtenu le 10 décembre 1772 un arrêt du confeil qui lui permet de faire élever fur les côtes de cette province quatre tours ou phares qui ont été conftruits, & fur lefquels on a dû commencer au premier novembre 1775’ à brûler du charbon de terre.
- Pharmacieportative, ou boîte contenant les remedes propres à fecourir les ouvriers noyés ou fuffoqués dans les mines.
- Phlogijlicatus fchijlus. Cronftedt. Phlogijlicata ( minera fer ri ).
- Phlogiftique. ( Chymie. ) Principe inflammable le plus pur & le plus fimple, & qui paraît être le feu élémentaire combiné , devenu un des principes des corps combuftibles , ayant beaucoup de difpofition à s’unir aux matières feches , terreufes , & même à y adhérer fortement. Voyez Vapeurs fouterreines. M. de Genlfane eftime que le phlogiftique renfermé dans le charbon de terre eft pour le moins aufîi analogue aux métaux que le charbon de bois , & fur-tout très-propre à l’affinage des mattes.
- Phyjiques Q cartes ). A juger de
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- l’abondance des mines de charbon de terre, dans beaucoup de pays, à juger de la maniéré dont ce foffile s’y trouve irrégulièrement épars en monceaux énormes , ou difpofé en cordons ou bandes, dont la fuite fe perd dans la profondeur de la terre , il eft permis de foupqonner que ce foffile diftribué dans toute l’étendue fuperficielle du globe, en compofe une bonne partie : fous ce point de vue ce foffile, dont l’exiftence eft prouvée dans beaucoup d’endroits où on l’extrait à différentes profondeurs , eft de nature à fournir feul une carte phyfique applicable à la géographie naturelle , & qui m’a fem-blé pouvoir être préfentée à part, & devoir être goûtée des naturaliftes.Soit qu’on l’envifage fous le point de vue qui forme de ces cartes phyfiques une véritable géographie fouterreine, & pour ainfi dire l’anatomie de cette îùbftance , foit qu’on l’envifage politiquement du côté de futilité à retirer de la conuaiffance de la préfence du charbon de terre dans tels ou tels endroits , de la connaiffance de fa portion en tas , de fa distribution par bandes continuées fous les couches ter-reufesou fous les couches pierreufes qui compofent les entrailles de la terre, de la connaiffance même des différent tes profondeurs , auxquelles ce foffile fe trouve en différens pays , les cartes ajoutées dans cet ouvrage, & annoncées au public dès l’année 1761, dans une féance de rentrée de P académie , à mon retour de Liege , doivent être regardées abfolument neuves.
- - M$ Quettard a déjà publié fur la
- France & fur l’Egypte des cartes minéralogiques drelïees par M. Buache, dont le plan confidéré par les fleuves , rivières & chaînes de montagnes, formant ce qu’il a appelïé l’efpece de charpente du globe , a été adopté par l’académie en 1762 ; les foins que ce géographe a bien voulu donner à celles - ci, achèvera de leur donner un fuffrage univerfei; il fera utile d’y ajouter la carte du même auteur, ou géographie naturelle de la France, divifée par terreins de fleuves & de rivières , préfentée à l’académie en 1744 & en 1762, & publié en 17<5^8 ^ avec l’approbation & fous le privilège de l’académie.
- Pic , podium ,pogium , collis , mons, puteus, pic de terrajjier, an. beel, cor-nish , pic, pioche 9 tubber, pic à hoyau , J'arijJa, hoyau , ou beche à pierre.
- Pics à roc , pics à tête.
- Gros pic d’avalleur ou d’avallereffe ; hoyau , pic de veine, nommé dans les mines de Montrelay marteau à veine.
- Pièces ( houille en ) , charbon fin, charbon net.
- Pied droit (veine de') , ou perpendiculaire.
- Pied (galerie de) , fouille couverte, percement, lié. areine.
- Pied de veine, laye d’en-bas.
- Pied de biche , lié, efpece de hamaint ou de levier.
- Piercure. Recoupure. Ruwalette, lié,
- Pierre Çaiguille à ). Queufnier. (’ Beche à ) pierre.
- Hurre de pierre ( conduire la xhorre en ) lié. ou par maxhais , c’eft - à - dire , au travers de la pierre.
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- Pierre calcaire. Parmi les échantillons du cabinet de M. Davila , on voyait lin morceau de charbon de terre de Gioerarpemolla, près de Hel-fimborg, dans une matrice de pierre calcaire.
- Pierre cornée. Sous les couches des veines horizontales , il fe préfente ordinairement un lit pierreux de la nature des pierres cornées.
- Pierre feuilletée, fchifte, gangue , ou matière fchifteufe du charbon de terre.
- Pierres de gangue ou de veine ; pierres qui fe trouvent dans les veines , filons & amas ,foit qu’elles foient ou qu’elles ne foientpoint métalliques, & qui fe diftinguent aifément du roc formant la mafle de la montagne. Voyez Quart£. Spath. Limon. Fluor. Pierres cornées. Ocre. Mica. Glauch. Pierre calcaire.
- Pierre hématite. Sanguine. Craie rouge. Tète vitrée. ,
- Pierre métallique très - compacte s & d’un bleu foncé.
- Pierre noire des mines d’Irlande.
- Pierres perdues. Portions détachées des montagnes primitives, fur-tout lorfqu’elles fervent d’appui à une montagne du fécond ordre.
- Pierre-ponce. Pumex. An. pumice ftone.
- Pierre-pourrie , an. rotten ftone.
- Pierre de roche. Matière pétrifiée , qui , fuivant l’opinion commune , doit confifter en pierre de granit, & qui n’eft qu’une pierre à chaux pure , félon M. Delius.
- Pierre fablonneufe. Pierre defable, an. fandflone, dans la mine du roi Adolphe Frédéric , eft d’un gris - clair , friable
- & à gros grains, quartzeux & argilleux, dont une portion eft dans fa partie fu-périeure à moitié tranfparente , & de la grandeur d’un petit grain de che-nevis, mais à grain fin & folide dans fon enfoncement. Elle fe coupe aifément , & ne fond qu’à un très-grand feu , en fe durcilfant d’abord , fe retirant à la chaleur, devenant friable , & fe féparant lorfqu’on la chauffe & qu’on la refroidit à plufieurs reprifes : la maffe de cette couche parait être formée de cinq lits feuilletés, argilleux , différens, durs , & de couleur cendrée ou rougeâtre, ou rouge-brun , ce qui provient du fer dont elle eft mêlée ; l’auteur compare fa nature à celle des mines de flots malm.
- Pierre de taille , an. frée ftone , pa-ving ftone.
- Pierres propres au muraillement. Pierres à chaux friables, pierres cornuai-res , & toutes celles qui ne font point fujettes à fe dilfoudre ou à fe réduire' en terre.
- Pieux , palus 0 flipes , Jlipeaux , piquets.
- Pignon, nom donné à toutes petites roues qui s’engrenent dans des grandes.
- Pile ronde. Pile du puits. Dans les mines du Lyonnais , 011 appelle ainft un mallif fervant de foutien aux mallires du bure.
- Piliers £ appui ; dans les voies fou-terreines , maflifs ; en charbons maf-fifs ; en Anjou , eftoc ; en SuedQ^pelare. M. de Gentiane , dans l’article XLVI & dernier de fon réglement, décrit la maniéré de tirer parti de ces piliers 9
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- lorfqu’on n’a plus rien à tirer de la mine qu’il s’agit d’abandonner : c’eft toujours, dit-il, dans la veine fupé-rieure qu’il faut commencer cette be-fogne, & par les endroits les plus éloignés & de la galerie & du bure d’extraction, en revenant en - arriéré à mefure qu’on les a abattus , en portant fur-tout une grande attention à ce que les piliers que l’on va rencontrer dans cette marche ne flé-chiflent point fous la charge du toit: dans ce cas, il confeille fagement d’en, laiffer quelques - uns pour foutenir ceux qui faibliffent, & profiter des autres. Après avoir ainlî moijfonne la veine fupérieure , on vient à la veine qui eft deifous , principalement lorf-que le rocher qui forme le fiampe eft folide & d’une certaine épaiffeur; même façon fuivie dans les mines du Lyonnais.
- Pince, levier, barre de fer, lié. ha-mente, hamainte.
- Pince à feu. Pincettes.
- Pinne. ( Géométrie pratique. ) Petits bâtons de la longueur environ d’un pied, dont on fe fert dans l’arpentage pour marquer le nombre des changemens de chaîne.
- Pinnules , petites pièces de cuivre , au nombre de deux , minces , à peu près quarrées , élevées perpendiculairement aux deux extrémités de i’a-lilade ou d’un demi-cercle , d’un gra-phometre, ou de tout inftrument de ce genre, & dont chacune eft dans fon milieu percée d’une fente qui régné de haut en-bas.
- Pioche plate des jardiniers. Havr.
- Pioche Parvienne.
- Pipe. Mefure particulière pour la vente du charbon de terre, eft une barrique pefant environ i f oo livres.
- Piquer ( géométrie fouterreine ) , marquer avec des piquets l’heure de la diredion d’une veine , depuis la fu-perficie de la montagne qu’elle parcourt , jufques dans une autre montagne où on voudrait la reconnaître. M. Delius fait remarquer pour cette opération, que pour une veine perpendiculaire, on peut toujours continuer à piquer la ligne de diredion , foitque les montagnes s’élèvent, foit qu’elles s’abaiifent, attendu qu’une ligne perpendiculaire qui fe prolonge en longueur refte toujours dans une même pofition du monde , n’importe qu’elle foit courbe ou qu’elle foit droite à fa tète ; il n’en eft pas de même pour les veines dont l’inclinaifon eft une ligne oblique , parce qu’une veine de ce genre, placée dans des montagnes qui s’élèvent & s’abaiifent, fait décliner très - conftdérablement des heures de la ligne horizontale. On doit par conféquent piquer avec foin cette déclinaifon produite par l’élévation ou l’abaiffement des montagnes à la fuperficie.
- Piqueur, lyon. lie. royteu. Piqueur de veine,fax. haver.
- Pijlons de pompe , appareil depompe , barillet^ tantôt en bois, tantôt en bronze : les premiers fe gonflent, s’épaiffif. lent dans l’eau, & quand la machine n’agit pas , fe fechent & fe rétrécilfent. Les piftons faits de bronze font plus de durée, & n’ont aucun inconvénient.
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- Cette préférence n’a cependant lieu que dans les puits perpendiculaires ; comme dans les puits obliques les pif-tons traînent, ils s’ufent beaucoup dans les cylindres ; & afin de ménager les cylindres , on fe fert de piftons en bois, malgré leurs inconvéniens.
- Quoiqu’il y en ait de différentes efpeces , on peut néanmoins en dif-tinguer deux claifes. Piftons avec des ajjiettes ou platines de cuir j quand elles font en bois , leur extrémité eft en forme conique tronquée j ils font garnis de cercles deferéchancrés dans le bois , & fuivant leur grandeur, percés comme ceux de bronze de fept à huit trous ronds . de maniéré qu’ils foient tous éloignés du centre. Pif-' tons avec des clapets ou foupapes. Piftons à deux clapets. M. Delius fait mention de la difpofition de ces piftons , dont on faifàit ufage dans les machines à vapeur, comme étant en général meilleurs que ceux à un feul clapet , les autres fermant l’ouverture trop tard , & laiffant par confé-quent tomber trop d’eau j ils confif. taient, félon cet écrivain , en une af-iîette de cuir, qui couvrait entièrement le pifton , & l’on arrêtait par-def fus deux pièces de tôle en demi-cercle, avec des vis. L’afliette de cuir fe ferrait fur la traverfe du pifton par une fourche formée en croix, qui devançait un peu , en fervant de fiche au pifton. L’afliette fe féparait ainfi en deux foupapes. Comme les grandes ouvertures de ces efpeces de piftons biffent paffer l’eau fans une forte preft. lion, ils évitent les inconvéniens qui Tome XVIII,
- exiftent dans la première efpece de pif-, tons. Il faut feulement avoir foin que les clapets foient forts & faits avec exa&itude., afin qu’ils ne ploient pa*s * & qu’ils joignent par-tout également. Ils valent beaucoup mieux en cuir qu’en bronze ; il faut éviter qu’ils fe renverfent en s’ouvrant , ce quf les empêcherait de fe fermer.
- Cette piece ( le grand pifton ) & la cucurbite font les pièces les plus capitales d’une machine à vapeur: la première comme confldérable par fon poids & par fa grandeur j la fécondé ? par la précifion qui lui eft effentiel-lement néceffaire.
- Pii men. Ouvrier mineur. Gens , o» équipage de mine.
- Pittant, pitter. Bure qui va en pit-tant. Trou de tarré qui va en pittant.
- Pivot. Morceau de fer ou d’autre métal , dont le bout eft arrondi en pointe , pour tourner facilement dans une crapaudine ou dans une virole.
- Pivots. Tourillons.
- Pixhas j lié. filtrations d’eaux qui produifent des fources.
- Placards ( Jurisprudence ) lignifie ordinairement quelque chofe qu’on affiche publiquement à la chancellerie & dans les greffes ; un ade en placard eft celui qui eft écrit fur une feule feuille de parchemin non ployée , & qui n’eft écrite que d’un côté : les affiches de Hollande font de même ap-pellées placards , ainfi qu’en Flandres & en Brabant les anciennes ordonnances des anciens fouverains, & auxquelles les fujets de chaque province ne font obligés qu’autant qu’elles ont Y
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- été publiées : la plupart font en flamand ; il y en a cependant quelques-unes en français. Les placards qui ont précédé la ceffion des places des ref-îorts des parlemens de Flandres, font obfervés , à moins que le roi n’y ait dérogé depuis.
- Plan. ( Géométrie.) Repréfentation faite fur le papier , de la figure & des différentes parties d’une maifon ou d’autre chofe femblabîe.
- Planckéié , couvert de planches. Plancher.
- Plancheieurs. Déquipeurs. Boueurs, officiers fur les ports à Paris , formant une même communauté avec les metteurs à port, les débacleurs, les gardes - bateaux.
- Planches , ais ou pièces de bois de fciage , le plus ordinairement faites de chêne,de hêtre, de fapin, de noyer, de peuplier.
- Plaquettes. Clous. Pyrites des glai-fieres.
- PUtre ( pierre propre à faire du ).
- Platine , toute plaque de métal d’une épaiffeur fuffifante pour que la piece rie ploie pas.
- Plate ( pioche ). Haw, pour attaquer les couches terreufes dans les mines du Hainaut Français. Plate cowe, lié. ( charpenterie ) ou plancher de cuvelage.
- Plebe. Jlone, an., petits cailloux fermant à lefter les vaiffeaux, & que les marins dans ce cas appellent fingel.
- Plein vif thier, lu. terre neuve, veine qu’on n’a. jamais travaillée.
- Plomb de bure , lié. ftampe.
- Plomb (min£de'). On connaît plu-
- fieurs mines de charbon tenant plomb j il s’en voyait un échantillon de cette efpece dans la colle&ion deM- Davila ; il était dans une matrice fablonneufe, & venait de Hartgarthen , Lorraine Allemande ; la mine de plomb était jugée celle dite favonneufe , que M. Henckel regarde comme rare : il y avait auffi de la galene à facettes.
- Plomber,plumer un bure, lie. prendre fa-plomb, ou mefurerfa profondeur*
- Plomberie, fonte de plomb.
- Plomet. Niveau. Nivella. Libella.
- Plongeur, flotteur , cylindre folide de cuivre, ainfi nommé parce qu’il s’enfonce dans l’eau. Dans rhifluire que M. Defaguliers a donnée de la machine à vapeur ,il eft rapporté quç lorfqu’on comnjiença de faire aller la machine ( vers 1712 ), on obferva une chofe qui étonna beaucoup ; c’était de voir donner très-promptement plufieurs coups l’un après l’autre. O11 s’occupa de la recherche de ce qui prod.uifait cet effet, & l’on découvrit dans le pifton un trou par lequel l’eau, froide qui condenfait la vapeur dans l’intérieur du cylindre , s’échappait, tandis qu’auparavant on condenfait la vapeur en refroidiffant le cylindre par l’extérieur ; on fè fervait d’unflotteur ou plongeur qui était enfermé dans le cylindre , & qui en s’élevant, îorfque la vapeur était forte , ouvrait le tuyau d’injeétion, en donnant un coup, d’où il réfultait que la machine ne pouvait donner que fix, huit ou dix coups par minute.
- Plumât 3 bouton de cuivre ou de fer.
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- Plumb. Plumb mlê, a/?, plomb ou lllveau.
- Pneumaticez ( machinée ) , machines à vent.
- Podium. Pogium. Pic,
- Poêle , fourneau à air, pour obtenir un renouvellement d’air dans les mines. M. de Genflâne , art. XLV du réglement inféré dans ion Iiiftoire naturelle du Languedoc , propofe pour fourneau à air un fort poêle de fer de fonte, abfolument femblable à ceux dont on fe fert en Allemagne pour échauffer les grands appartenions , dont le cendrier, c’eft-à- dire, la partie de deifous la grille , aboutirait à un tuyau afpirant, que l’on ferait defcen-dre jufqu’au fond des travaux , & le tuyau fervant de cheminée ferait élevé à la hauteur de douze ou quinze pieds.
- Poêle économique , en ufage parmi les pauvres du Lyonnais, fervant à la fois pour cuire les nourritures & pour chauifer.
- Poêle ou fourneau de Techmeyer, qui dans fa conftruCtion réunit les avantages de ne point donner de fumée, d’augmenter la chaleur, d’échauffer en peu de tems & à bon marché.
- Poêle ou fourneau économique de M. Lewis, de la fociété royale de Londres.
- Poêles ouverts , dont on fait ufage en Fenfylvanie, fembîables à quelques égards aux chemines en œil-de-bœuf.
- Poêliers ( terre des ) , terre à four, connue fous la qualification de terre franche.
- Poids 9 ( Phyf.) effort avec lequel
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- un corps tend à defcendre par fa propre pefanteur & fa gravité ; il y a cette différence entre le poids d’un corps & la gravité , que la gravité eft la force même ou caufe productive du mouvement des corps pefans , & le poids comme l’effet de cette caufe, effet qui eft d’autant plus grand que la malfa du corps ett plus grande , parce que la force de la gravité agit fur chaque particule du corps. Ain fi le poids d’un corps efl: double de celui d’un autre, quand fa ma fie efl double ; mais la gravité de tous les corps eft la même en tant quelle agit fur de petites parties égales de chaque corps.
- Poids en méchanique fe dit de tout ce qui doit être élevé , foutenu ou mis en aClion par une machine, ou de ce qui réfîfte de quelque maniéré que ce foit au mouvement que l’on veut im* primer.
- Poids d'un homme à faire entrer dans une charge d’enlevement du fond d’un bure à la fuperficie, en y ajoutant les poids du met, du coufade, du ghyot, & définitivement celui d’un homme ordinaire, qui eft évalué communément à environ i fo livres : il m’eft arrivé plus d’une fois de remonter fur le couffat plein , moi cinquième, c’eft-à-dire , avec quatre houilleurs.
- Poids des cables à faire entrer, îorfqu’on s’en fert au lieu de chaîne, dans les calculs de la puiifance des différentes machines à enlever ; une corde d’un pouce de diamètre pefe environ deux livres fur dix de longueur.
- Poids de marc , poids de cuivre com-pofë en tout de huit pièces, parmi lef*
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- quelles la boîte feule fait nombre, & qui, toutes enfemble, font ce qu’on appelle le marc , & fervent à pefer juf-qu’aux plus petites diminutions du marc compofé de 4608 grains.
- Poids de Marfeille , plus léger que celui de Paris d’un cinquième ; c’eft-à-dire, que cent livres de Marfeille n’en font que 80 de Paris. Il eft même à obferver qu’au - deffous de vingt-cinq livres il y a un quart de différence dans le poids ; ainfi vingt livres de Marfeille n’en font que quinze à Paris.
- Poids ( avoir du ). Pound aver du poids ? an. Livre ou poids auquel fe pefenten Angleterre toutes les groffes marchandifes communes , comme fer, cire,&c. divifée en 16 onces, & pefant 7004 grains , chaque once pefant 437,55- grains, différente de fonce de la livre ou poids nommé en anglais troy. La livreaver du poids eft à notre livre de Paris à peu près comme 6? à 68 , notre livre étant eftimée pour 7560 des grains dont la livre aver du poids pefe 7004. Ces proportions des poids anglais avec notre livre de Paris, plus précifes que celles indiquées dans le Dictionnaire du commerce , ont été données à M. Leroi, par le célébré M. Graham , horloger , membre de la fociété royale de Londres.
- Poids de la charge qui s’enleve d’une machine. Dans l’idée que nous avons eflàyé de donner de ce poids , & de la force de différentes machines , on doit faire attention , comme le remarque très-judicieufement M. Delius , que la force d’une machine change à tout iuftant à raifon de la proportion de la
- charge , & que le poids véritable n’eft qu’inftantané j qu’il change de fécondé en fécondé, à mefure que le fac ou le couffat monte dans le bure; qu’il eft né-ceffaire en conféquence , pour connaître la force à employer, de calculer le poids & les frottemens : ainfi les chau-gemens de la charge étant momentanés , il faut abfolument calculer le plus grand poids; c’eft-à-dire, par exemple , le couffat rempli & étant au bas du puits, & commençant à être élevé.
- M. Delius , dans le chapitre VII de la fécondé partie de fou ouvrage, pcéfente fur l’élévation de ce poids enlevé des mines par différentes machines, des calculs très - intéreifans , dans lefquels il n’a omis aucune des circonftances propres qui doivent ei> trer en ligne de compte.
- Poignée, lié.
- Poinçon. ( Charpenterie. ) Longue piece de bois élevée à-plomb, & terminée par le haut en pointe, fur laquelle eft appuyé le fauconneau.
- Pointai,( charpenterie ).trais ar-recta. Toute piece de bois qui, mife en œuvre d’à-plomb , fert d etai aux poutres menaçant ruine , ou à queL-qu’alitre ulàge.
- Pointe ( marteau à ). ou marteau d'é-r pjucheur.
- Pointrole. Marteau pointu, enfilage dans quelques mines pour entailler la veine.
- Poiteroles. Dans les mines de Pont-péan on appelle ainfi des pioches pour faire des excavations.
- Poittes. ( Charpenterie de mines. ) Bâtis de bois en maniéré de portes,
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- pour étayer les voies.
- Poix , goudron. Pix navalis, com-pofition de poix noire & de fuif pour goudronner les cables , mêlée avec du fuif, afin que cet enduit ne brille point les cables. Quatre quintaux de poix , feptaryte livres de fuif, dilfous à un feu modéré , on y trempe chaque touron , enfuite on les corde enfemble.
- Poix-refine. Réfine de pin , privée de fou aquofité, pour la Yécher. Dans les rocs , où les trous de fleuret donnent beaucoup d’eau, l’argille employée communément à enduire les patrons ou cartouches n’eft pas fuffifante ; o-n eft obligé de les enduire de poix chaude , afin qu’ils foient impénétrables à l’eau.
- Poix minérale. Maltha. Kedria ter-rejlris, ail. teuffe 1 s dreck. Bitumen. Bitume demi-liquide tel que le naphte, la poix des Barbades, 1 epétrole di Auvergne, de Gabian. Bitume concret, tantôt greffier & fétide, tantôt dans un état de pureté & de finelfe , fans mauvaife odeur au feu : on pourrait fuivre ces deux nuances différentes d’abord dans les terres-tourbes ou tourbes terreufes, puis dans les tourbes en malfe ou en-fuite dans les holtz kohlen ou charbon de bois-tourbe , que j’ai ainli diftingué des bois foffiles, à raifon de la groffiére-té du bitume, formant,avec les parties hétérogènes , un maltic fec dénué d’onétuofité , & exhalant au feu une odeur défagréable & pénible, & pour le différencier du bois folïile confervé {amplement dans un état de ficcité. Ce bitume concret commence à fe rencontrer plus épuré dans les charbons de
- terre qui peuvent former après ces bitumes une férié marquée . en commençant par quelques fehiftes phlo-giftiques, tels que les brand skiffier. Le lithantrax lucidum friable, HlLL.feu lithantrax bituminofo-fulphureum , ou charbon de terre fec, léger, friable, & fe réduifant dans fa caffe en petites parcelles de peu de confiftauce , donnant plus de terre que de bitume, & four-niiîant, par rapport à fa bafe alumi-neufe , glaubérienne , pyriteufe ou vitriolique , des variétés fans nombre. Lithantrax lucidum durius, lithantrax fulphureo-acidum. Charbon gras , pe-fant, d’un noir foncé, luifànt, dur, compacte, fe cafTant difficilement, & fe féparant en pièces folides , qui dans les bons charbons de Liege de cette efpece affeôtent pour l’ordinaire une forme quarrée , & qui fe coagule au feu. La pureté de ces charbons gras de bitumineux les rapproche d’un ordre de folfiles remarquables par leur légèreté & leur texture plus affinée, tels que la pierre à bouton , knopifltein. L’ampelitis , le jayet , dont la malfe féculente qui s’obtient par la di{filiation , a entièrement le coup-d’œil du kennel coal , plus dur , moins doux au toucher , tous trois dif-férens les uns des autres par la continuité de leurs lits; nous excluons-de ce tableau , que nous préfentons ici comme une étude de charbons de terre, le fuccin, rangé par quelques auteurs parmi les bitumes ; ce que l’on peut encore regarder comme très-douteux , lorfq.ue l’on envifage fa grande identité avec la gomme copale,.
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- Poix ( charbon de ) an. pi tell çoal.
- Poker, firefork , an. fourgon.
- Polarité. Propriété particulière à l’aimant ou à une aiguille aimantée de fe diriger vers les pôles du monde.
- Pôles de l'écliptique. Deux points fur le plan mobile de la fphere du monde, defquels tous les points de l’écliptique font éloignés de 90°. L’un eff appelle pôle feptentrional ou boréal, parce qu’il eft dans la partie fepten-trionale du monde ; & l’autre pôle , méridional ou aujlral, parce qu’il eft dans la partie méridionale. Ces pôles font éloignés de 23*? \ des pôles du monde.
- Police des mines en France , fixée par les anciennes ordonnances du royaume , changée ou inconnue depuis la fuppreflion de l’oftice du grand-maître. Attribuée dans quelques oc-caftons à des commiftions, & aujourd’hui , pour la plupart du tems, aux intendans & commiiFaires départis pour l’exécution des ordres du roi dans les provinces & généralités du royaume. Le tome II du Didionnaire des arts & métiers renferme, pag. 266 , un projet de réglement de police dans lequel plufieurs articles mériteraient confidération.
- Par édit du 14 mai r604 , toutes perfonnes ayant contracté & pris réglement du grand-maître & général furintendant pour ouvrir 7k travailler line ou plufieurs mines, font d’abord tenues , un mois après leur contrat, d’ouvrir & travailler ces mines avec le nombre compétent d’ouvriers.
- Ce terme d’un mois expiré , fans
- avoir entamé l’ouvrage , ces perfonnss étaient déchues de leur obtention , <% le grand - maître pouvait la faire paft fer à d’autres , aux conditions utiles a la confervation des droits du roi & au bien publie , à moins que les entrepreneurs n’euifent quelqu’excufe rai-fonnable & fuftifante pour les décharger du retardement de leur entreprife j & fi, après la première ouverture, le travail difeontinuait plus de quinze jours la première fois, huit jours la fécondé, & quatre pour la troifieme, avec le nombre compétent d’ouvriers , il était pourvu par le grand-maître aux places de celui qui était en faute pour la part qu’il avait dans ladite mine.
- Dans le cas où il arrive quelqu’ac-cident qui empêche la continuation de l’exploitation , le faéfeur général eft obligé d’en avertir. Voyez Facteur.
- Par l’article XXIII de ledit du réglement fur le fait des mines & minières du royaume , portant en même tems création de grands officiers , il eft permis aux maîtres , entrepreneurs & ouvriers de travailler fans aucune interruption , excepté les dimanches , les quatre grandes fêtes de l’année, l’Afcenfton, la Fête-Dieu, les quatre Notre-Dame, les douze Apôtres , les quatre Evangéliftes , les fêtes de pa-roilfes où il y a des mines, & défenfes exprelTesA tous jufticiers, prélats, ou autres officiers & fujets de les troubler les autres jours de fête.
- Nul 11e peut quitter la mine commencée à travailler , qu’il n’en ait averti le grand-maître ou fon lieutenant particulier fur le lieu , afin qu’il
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- pourvoie à la confervation. des droits de S. M. & du public; & en ce cas, celui qui quittera l’ouvrage d’une mine commencée ne pourra tranfpor-ter que les uftenfiles qui lui appartiennent , non attachés à clous ni fcellés.
- Si les créanciers de quelqu’alfocié ou maître entrepreneur fallait arrêt fur une mine pour dettes , tous les ouvriers , marchands , charpentiers qui la travailleront, feront préférés & les premiers payés , enfemble les marchands qui auraient fourni du bois ; du fuif, ou du fer pour les travaux ; le tout après que le droit de S. M. aura été préalablement & avant toutes chofes payé & fatisfait entre les mains du receveur général.
- Toute la police anciennement d’u-làge relativement au droit de mine & d’areine eft très - amplement détaillée dans le quatrième livre d’Agricola.
- Poly. LlMB. -Areine. Mahay.
- Polyfpajlus. Moujfle.
- Pommiers , village au - detTous de Voreppe en Dauphiné. M. Sage, de l’académie des fciences , m’a procuré un morceau de charbon provenant de Pomerays en Dauphiné , & qui n’eft abfolument qu’une écorce de holtz kohlen, femée de portions de coquilles de riviere; je préfume que cet échantillon vient de Pommiers ,dont le nom eft altéré.
- Pompe à air, machine afpirante avec laquelle on pompe l’air, de la même maniéré que l’on pompe l’eau dans les machines hydrauliques , au moyen d’une ventoufe par laquelle l’air eft
- conduit à la fuperficie ; cette pompe à air, qui peut à volonté devenir une machine foufflante , fe place dans un puits où il y a une machine hydraulique , à laquelle on peut en adapter plufieurs. M. Délius a repréfenté & décrit une de ces machines , avec une autre pour y fuppléer.
- En 1775-, le 9 juin, un jeune éleve de l’école de deflîn de la ville de Liege, âgé de 14 ans (Henry Ophoven ) , a préfenté & dédié au magiltrat le plan d’une machine à vapeur d’une des mines de Liege, qui , par un recès du confeil de la cité , a été joint dans la bibliothèque à la defeription de l’art d’exploiter les mines de charbon de terre.
- Pompe ( engin a ). Bouriquet, lie.
- Pondage,poids, pondus, dans les anciennes archives d’Angleterre, fignifie un droit que l’on paie au roi fuivant le poids des marchandées.
- Ponte , éponte , falband , toiture , du mot italien pont, parce que la falband eft élevée au-delfus de la veine, comme un pont au - deflus d’une ri. viere.
- Ponts. Maître des ponts. Voyez maîtres.
- Porcellanea alba, porcelaine, pierre: argilleufe fort tendre, quife durcit au feu, & prend au tour toutes les formes que l’on veut.
- Porion. A Goflelies dans le Hainaut Autrichien on nomme ainli le maître, ou gouverneur des ouvriers & des. travaux de houillerie.
- Porrecia vena , ail. flacher. gang , vena æqutu.
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- Ports ( Boutes à ), officiers de rivière , chargés de l’infpeétion pour rarrangement des bateaux dans les ports, chargés auffi du rembourfage de la garde & du renvoi de bateaux.
- Porte-faix , nommé crocheteur, lorf-qu’il fe fert de crochets ; & ailleurs, fort, à caufe de la force qu’exige ce métier ; à Liege botterejfes.
- Porte-feu, lié. fer à feu. J’ai déjà adopté dans mon ouvrage le premier 110m plus propre à exprimer le grillage de fer, dans lequel on brûle le charbon de terre dans des cheminées.
- Porte-lurniere , dont fe fervent les houilleurs du Hainaut dans les travaux fouterreins, au lieu de lampes.
- Porteurs , bois de charpenterie dans les mines d’Anjou.
- Poffelays, vraifemblablement pour potelets, petits poteaux qui garnilTent les pans de bois fous les appuis des croifées , fous les décharges, dans les fermes des combles & les efehilfres des efcaliers.
- Pot vein coal, fécondé couche de charbon de terre d’une mine du comté de Sommerfet.
- Potafje , cendre de pot, fel alkali fixe qui fe tire des cendres de différens bois j on donne auffi le nom de potable à la cendre noire qui contient ce fel alkali, & qui a été rendue compa&e & folide comme une pierre, par le moyen d’une humedlation préliminaire avec de l’eau : ce qui, par la calcination qui fuit, la durcit. La po-tafle ne différé de la foude que par ce que cette derniere efl mêlée de fel marin, & efl tirée d’une efpece par-
- ticulière de plante , appellée kali , varec* &c. Lapotalfe efl: employée dans la verrerie , dans la fabrication du fmaît bleu, dans les teintures, dans les blanchifferies de toile, & efl: quelquefois défignée fous le nom de cendre de Mofcovie.
- Les fourneaux dont on fe fert en Angleterre pour faire le minium* avec le feu de charbon de terre, & décrits par M. de Genffane, tome II, chap. XXI, page 191 , font réputés par cet auteur propres à la calcination de la potalfe, ils ont ordinairement 4 pieds de longueur fur 8 de largeur, & 5 de hauteur. Comme le feu n’y efl: pas conlidérable , ils 11e demandent point grande précaution dans leur conftruélion, mais feulement une certaine attention pour les proportions qui leur conviennent, & pour le degré de chauffe, afin d’éviter la fufion des matières par elles - mêmes très-aifées à fondre, & qui doivent néanmoins y acquérir un certain degré de chaleur égale & uniforme pour fe réduire en grumeaux, & prendre une couleur blanche tachetée de bleu célerte.
- Poteaux , bois taillés & alfemblés différemment félon leur deftination j ceux qui font de deux pieds de longueur , employés à foutenir le fécond quarré aux quatre coins du bure où ils régnent fur toute la profondeur du puits , font appellés chandelles.
- Pottelle ( charpenterie fouterreine). Trous dans lefquels on enchâffe des bois avec de la pierraille, pour affu-jettir une charpenterie.
- Potelot
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- Potelot , mine de plomb, crayon.
- Potence ( charpenterie ) , piece de bois debout comme un pointai, couverte d’un chapeau ou d’une femelle par . delfus , & affemblée avec deux liens ou contrefiches, & qui fert à fupporter une poutre trop longue , ou à en foutenir une autre.
- Potence ( crémaillère ou broche en), Vie.
- Potes à piliers, ou poteaux élevés d’à-plomb pour foutenir une poutre tranfverfale.
- Potere(fe, couche de cailloux ou galets entre l’argille & la craie , mêlée de fable & de terre grife.
- Potin, efpece de compolition de cuivre de deux efpeces.
- Pottey , excavation dans laquelle on alfujettit le pied des bois, d’étançonnage.
- Pottle, mefure d’Angleterre pour les matières feches comme pour les liquides \ pour les matières feches a trois pottles font un gallon.
- Pottkr, encombrierlié.
- Pots ( roues à ), ou à augets , fur îefquelles l’eau tombe en chûte dans les augets.
- Poudre à canon que l’on introduit, & à laquelle 011 met le feu dans les trous de fleuret, pour faire fauter le roc. Le trou que l’on a d’abord lailfé refroidir de la chaleur produite par l’action du foret, rempli à force de poudre à canon ou d’une cartouche, eft rebouché avec une cheville, afin que le coup falfe plus d’effet ; on enfonce enfuite un petit tuyau qui va jufqu’à la cartouche j ce tuyau eft Tome XPTII.
- rempli de poudre pure, afin de s’en fervir pour allumer la cartouche. La qualité de celle que l’on emploie eft un autre article de confidération. La poudre fine n’eft point la meilleure „ ordinairement on emploie la poudre à canon ; il eft bon de la garantir de l’humidité qui lui ôte fa force , & de connaître les, degrés de force de celle dont on fe fert, pour fe conduire en conféquence, autant qu’il eft poftible , dans les opérations de mines, dont le roc qui change de dureté, ou d’autres circonftances, ne permettent point de pouvoir calculer jufte la force du coup. Cette opération eft une des plus dan-gereufes de toutes celles qui fe font dans les mines 5 car fouvent l’outil employé à charger la poudre dans le trou, fait partir de la roche des étincelles qui, en allumant la poudre , peuvent^ blelfer ou même tuer les ouvriers.
- M. Lehmann eftime qu’un coup ordinaire peut, eu proportion de la poudre qui a été employée , faire fauter ou détacher à la fois trente, quarante , cinquante quintaux de roche , & même davantage , fans compter la malle qui s’ébranle lans tomber, & que l’on achevé de détacher à coups de pics, avec des leviers de fer, des pieds de chevre, &c.
- Lorfque le coup donne dans un roc très-dur & très-compact, il pro-»' duit un très-grand effet ; mais fi, à l’occafion de quelque fente des eaux des drufen^ ou par quelqu’autre caufe, la' poudre a pris l’air , l’effet eft très-peu de choie, ou même nul. ;
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- Pour bien diriger un coup , & lui faire produire tout fon effet, le principal ouvrier introduit un petit morceau -de bois dans de la terre-glaife, qu’il attache précifément à l’endroit où l’on fe propofe de percer un trou , & indique de cette maniéré au foreur la direction qu’il doit fuivre.
- Pourchaffes , pourfuites , courfes d’ouvrages.
- Pourrie ( terre ) , argille pure & Ample , pierre pourrie , an. roLlen Jione.
- Pouffer au niveau, lié. recouper le niveau exaét, afin de procurer à l’eau un écoulement infenfible.
- Poutnures , lié. Fumerons , nerfs , mêlés dans quelques charbons de terre, & qui répandent une très-mau-vaife odeur, comme ce qu’on appelle fumerons dans les charbons de bois.
- Po{{o, ital. puits de mine.
- PoTpplane , pou^oiane , débris graveleux & grenelés des pierres de volcans , diverfement coloriées , & qu’il ne faut pas confondre avec les cendres volcaniques fines & fariueufes.
- Prcefecïura, intendance, préfe&ure, gouvernement de plusieurs efpeces dans les opérations de mines , dans lefquelles on défigne chaque officier chargé de différent diftriâ:, fous le nom depræfecius, tel que celui appelle pr&fectus fodince vel cuniculi, dont l’office elt décrit dans le quatrième livre d’Agricola.
- Prccfeclus metallorum, ail. bergampt mann, officier chargé de la ipolice de plufieurs mines.
- Prœfeclus rationibus , ail. ezchicht meiller.
- Prcefes , prcejidens fodinœ, ail. ftei-ger meifter , oder huttmann , qui préfide à quelques fondions de lieutenant de mine.
- Précipitée ( veine ) , qui fe perd dans la profondeur de la montagne, /j/æ-cipitata venu, fartzen fich und fallen, ail. fu. fchewchcnte gang^fax.
- Prélocuteurs ou procureurs à Liege , fervant d’affeffeurs aux jurés du charbonnage.
- Premier ou principal chargeage, lié. dilatement ou chambre pratiquée au pied du bure, mais un peu de côté, ou à côté de la vallée.
- Prem fcheiben , ail. timpanum , har-pago.
- Prefcription de quarante jours , dans le droit, de travailler les houilles fur le terrein d’autrui , au pays de Liege. Une fociété qui aurait enfoncé un puits ou bure dans un héritage appartenant à autrui, & au fu du propriétaire, & qui ferait parvenu à la veine, finis s’ètre mis vis-à-vis de lui en réglé au préalable , c’eft-à-dire , fans en avoir eu la permiffion, ni lui avoir fait aucune lignification pendant le laps de quarante jours , acquiert le droit de continuer fes ouvrages fur la veine rencontrée , file poffeifeur ne lui a fait aucune défenfe dans ce délai, en payant toutefois le droit de terrage accoutumé.
- Dans un pays où la propriété eft auffi protégée, on conçoit qu’une loi telle que la prefcription , dont la légitimité n’eft pas également admife par tous les jurifconfultes , eft bien cimentée fur des principes de l’équité
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- la plus rigoureufe. Cette poffeffion par prefcription n’eft abfolument qu’une interprétation forcée du filen-ce, ou de la négligence du propriétaire légitime en faveur d’un étranger , qu’il ferait injuile néanmoins de troubler lorfqu’il aurait mis les ouvrages en état. La loi reftreint le droit de ce dernier à la feule veine travaillée pendant quarante jours , au vu & au fu du propriétaire ; & la fociété ne peut étendre fes ouvrages à d’autres veines ni fupérieures, ni inférieures , même dépendantes du bure par lequel elle eft parvenue à cette veine prefcrite ; elle ne peut même y travailler par l’enfoncement d’un autre bure , le propriétaire étant en droit de fair lignifier une défenfe. La décifion du pays de Liege a toujours été invariable fur ce point ; & par un record de la cour des voires-jurés de l’an la fociété eft même tenue de paver au propriétaire le droit de terrage avant l’expiration des quarante jours. Voyez Droit de terrage. Encore la loi porte expreflément que cette prefcription de quarante jours n’a lieu qu’a-près que le propriétaire du fonds a affirmé par ferment qu’il a ignoré que la fociété a travaillé à la veine fous fon fonds pendant quarante jours con-fécutifs ; & dans ce cas, la fociété eft obligée de faire preuve que le propriétaire erua eu entière connaif-fance.
- Un cas particulier de prefcription de quarante jours, eft lorfque trois affociés ayant exploité plusieurs des couches dont on leur a fait la cefîion
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- par un puits profonde à frais communs , deux de ces intéreifés viennent ouvrir un autre bure dans l’étendue de la conceffion commune , fans interpeller le troifieme affocié j ce dernier, pour conferver fon droit, eft obligé de concourk avec les deux autres, & ne peut agir par voie de défenfe, l’ouvrage étant ouvrage qui tient au bien public ; & il eft entièrement déchu de tous fes droits à l’égard de ce puits & des veines qui en dépendent, s’il laide travailler fes deux affociés à la veine par l’enfoncement d’un nouveau bure pendant quarante jours, à fon vu & fu, fans avoir réclamé fa part.
- Prefcrites ( houilles ) , lie. acquifes par droit de prefcription.
- Pnjjiôn. En méchanique on diftin-gue des forces motrices, les forces de preffion qui tendent feulement à imprimer du mouvement, & qui 11’en produifent pas , attendu que leur effet eft diftrait par la réfiftance de quel-qu’obftacle, ou par d’autres forces oppofées j la fcience des forces de preffion confidere fur-tout l’équilibre dans les machines.
- Preffion des terres & des rocs dans les puits, différente félon que ces foifes font perpendiculaires , ou en pittant.
- Prêtre ( bonnet de ) , outil à manche, quarré dans fon extrémité , évidé dans fes quatre faces , ainfi que par le milieu , enforte qu’il forme quatre ef-peces de tranchans obtus aboutiffant aux quatre angles, & dont l’enfemble repréfente à peu près la figure qui lui
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- ïSo du charbon-le terre
- a fait donner ce nom. Son diamètre fur les angles eft égal à celui de la tarriere.
- Primage, ou premier achat d’une marchandife.
- Primant ( montes ) , divifion d’un favant minéralogifte d’Italie, M. Àr-duini, des montagnes du Vicentin & du Véronois , en montagnes primaires, fécond aires & tertiaires, relativement à la pofition fupérieure ou inférieure de ces montagnes, & à la différence de leur ftruélure intérieure. M. Jean Arduini nomme montagnes primaires les montagnes inférieures formées de fchifte, qui s’étendent par-deifous les montagnes calcaires auxquelles elles fervent de bafe , & qui, par confé-quent , doivent avoir exifté avant elles.
- Prime ( arithmét. ) dixième partie de l’unité.
- Primitive ( terre ) , an, fehelf.
- Principalis directio 3 ail. hamptftrei-chen.
- • Principatus feu prædiæ {jus} , droit de fouveraineté ou droit régalien.
- Privilèges & exemptions pour £ exploitation des mines. M. Delius , dans fon ouvrage , infifte beaucoup & avec raifon fur la néceffité d’encourager ces fortes de travaux par différentes exemptions & privilèges ; il penfe que le fonds des terres fur lequel fe trouvent les mines , doit être exempt de toute efpece d’impôts & fubfides 3 les intéreffés & ouvriers, libres de toutes charges & impôts & de fervice militaire 3 il veut que les vivres , & toutes chofes néceflaires à l’exploitation,
- foient exempts de droits de péages & de douanes 3 on accorde aux compagnies qui exploitent avec perte , l’exemption du dixième , &c.
- Privilèges pour l’exploitation des mines en France, ou concefîions accordées aux propriétaires des terreins, ou aux feigneurs, ou à des particuliers n’ayant aucun droit à la chofe. Les propriétaires ou feigneurs de ter-rein peuvent aifément en abufer, pour empêcher que perfonne ne puiffe venir exploiter 3 ce cas a été figement prévu par la déclaration du roi.
- Déclaration du roi concernant les privilèges en fait de commerce , du 24 décembre 1762 , par l’art. XI fixés au terme de quinze années de jouif-fance , fauf prorogation de ce terme. Par l’art. IV, les privilèges peuvent être cédés pendant la vie des privilégiés aux enfans & non à d’autres, fans une permifîion fpécialej ne peuvent, en conféquence de l’art V, appartenir ( en cas de décès du privilégié pendant la durée de fon privilège ) à fes héritiers direds ou collatéraux , légataires univerfels , ou autres ayans caufe , à moins qu’ils n’obtiennent une confirmation après avoir juftifié de leur capacité, &c. Par l’art. VI, tous les privilèges qui n’ont abouti à aucun fuccès de la part des concef-fionnaires , ou dont ils auraient négligé l’uiage & l’exercice pendant le cours d’une année entière , ainfî que les arrêts & autres titres, font nuis & révoqués.
- Problème, ( Mathématique pratique.) Queftion dont on demande la folution?
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- & qui renferme toujours trois parties, la propofition , la réfolution & la dé-monftration. M. le chevalier de Dolo-mieu, dans le Journ. de phyf. a mis en problème la recherche 'de la caufe de la plus grande abondance des eaux & des fources fouterreines dans la nuit que dans le jour. La folution en a été donnée par M. l’abbé de Li-nieres, dans le Journal de phyfique du mois de décembre , page 4^5.
- Profil, plan élevé ou coupe d’une mine orthographiée. Recta pictura. Monogrammus. Icon. Delineatio ico-nica. Monochroma. Monogramme. Pro-filus venarum. delineatus. Defcription ichnographique d’une mine ou carrière de charbon.
- Profondeur des bures ou des puits de mines, ail. hall. Dans le pays de Liege celui de S. Laurent, qui paflait pour un des plus remarquables par cette circonftance, allait à cent toifes : le puits de la citadelle de Liege qui eft profond de toifes, & qui contient 28 pieds d’eau, paife pour avoir été une fofle à houille.
- Profondeur des puits relative à renfoncement de la veine qui on veut atteindre. Si le filon s’enfonce d’une toife de profondeur, le puits eft profond de trente pieds, & ainfi des autres en proportion. L’auteur de la traduction des Mémoires de l’académie de Suede dans la collection académique, prétend que ceci eft toujours le réfultat d’une réglé de trois direde. Le nombre de toifes par rapport auquel on détermine l’enfoncement, eft au nombre de toifes dont le filon s’enfonce,
- comme la diftance de la fin du filon près du jour à l’ouverture du puits eft à la profondeur de ce puits.
- ProgreJJîon arithmétique , fuite de termes qui ont toujours une même différence ; géométrique, fuite de termes qui font alternativement antécé-dens & conféquens en même raifon, ou qui ont toujours un même quotient.
- Projet de législation fur Us mineSm Dans le tome I de l’Encyclopédie 9 lettres ALS, page 502, on en trouve un dont les art. XX, XXII, XXIII, XXIV, XXVI, pourraient être appliqués aux mines de charbon.
- Proportion. ( Géométrie. ).Reffem-blance ou identité de deux ou plusieurs raifons qui 11’ont qu’un même expo-fant; voyez Raifon, pour ne point confondre ce fécond mot avec celui de proportion. La propriété fondamentale de la proportion géométrique eft l’égalité du produit des extrêmes à celui des moyens. Propofition de l’ufage le plus étendu dans toutes les mathématiques , & dont on fait un théorème fondamental, duquel dépend la réglé de trois, quoiqu’on en puifïè donner une démonftration plusfim-ple. L’égalité de deux rapports forme ce que l’on appelle une proportion ; trouver un des quatre termes d’une proportion dont on ne connaît que trois ; problème dont la folution renferme la réglé générale de proportion , dite réglé de trois ; compas de proportion.
- Provifions ( lettres de ) , ou commifi fions d'offices à la nomination du grand-maître des mines , par l’ordonnance
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- de ï6ot. Par Part. XIII de cet édit de réglement général, portant révocation de tout autre en faveur du fieur Roberval , il paraît qu’il y avait un fieur de Beringhen revêtu d’un fem-blable pouvoir , dont les commis ou repréfentans furent confervés à la charge feulement de prendre de nouveau commiffion & réglement du fieur de Roberval.
- Provijionnel ( rèfervoir ) de la machine à vapeurs.
- Puceau ( charbon) dans les mines d’Auvergne.
- Puel ( del), jirdent. Scêdalie, montagne du Montet. Montagne de charbon de terre qui brûle en Rouergue.
- Pugillaria. Tablettes. Cartabelle.
- Puirincent, anciennement Puyri-mont, près la ville de Vouvant en bas-Poitou , à deux lieues fud de la Châtaigneraie , & autant nord de Fontenay, fur une monticule à 50 ou 60 toifes d’un ruifleau coulant à l’oueftj mine commencée en 1774, abandonnée vers la fin de Panne 1775 à une profondeur perpendiculaire d’environ 100 pieds, & de 40 au-delfous du lit du ruiifeau : je n’ai pu avoir d’échantillons de cette mine qui m’aifu-rent que ce qu’elle produit eft du vrai charbon de terre.
- Puifard,pahage, lié. réfervoir d’eau, fu. wattu dunt, particulier à toutes les tailles & voies fouterreines qui fe pratiquent le long d’une ferre.
- Puifard (principal ) ,fojfa putealis. Agric. lie. bougnou.
- Puiffance d'une veine, ail. macht, fu. maegtighet. Par cette expreflion
- reçue dans le langage des mines, on doit entendre largeur & épailfeur. M. Delius femble n’entendre par ce terme que la largeur de la veine entre le chevet & la couverture.
- Puifance. ( Méchanique. ) Force mouvante. Force motrice. Agent extérieur appliqué à un corps , & qui lui imprime ou qui tend à lui imprimer du mouvement : ces deux cas différens donnent lieu à la diftinétion de forces motrices qui produifent un mouvement réel & a&uel, & de forces de prefjion. Les puilfances font en raifon des charges à élever.
- Puijfance. ( Algèbre. ) Par le terme fimple de puiffance on doit entendre une quantité dont l’expofant eft un nombre entier politif i la puijfance d'une grandeur eft le produit de cette grandeur multipliée par l’unité , ou par elle - même une fois, nommée alors première puiffance, ou deux fois, nommée fécondé puiffance, plus ordinairement quarré, ou trois fois , dite troifiemepuifjance, plus communément cubes ; quatrième , nommée quarré quarré.
- Puits de mine, fofe à houille, lié. ail. grub, ital. pozzo , enNivernois croc, burgue au pays Montais.
- Puits à air, puits ou fojfes d'airage proprement dits. Puits de refpiradon , lié. foupiraux , burtaux , ail. wind-fchacht, fax. wetter-fchacht. Puteus fpiritalis. Puits qui defcendent fur des rameaux de veines pour le renou® vellement de l’air, fur-tout quand ces rameaux font à une grande profondeur au-defious des galeries ; ces fou*
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- piraux obvient pour l’ordinaire affcz bien au défaut de circulation de l’air, quand la marche des veines en plat-teures & leur lîtuation peu enfoncée permettent de multiplier fur leurs trajets des puits d’extraélion.
- Puits aucuns , de vieux travaux ou de vieux enfoncemens : la rencontre de ces folfes dans les fouilles peut fervir Utilement de renleignement fur la fuite de la dire&ion de la veine 5 il eft des attentions particulières à avoir pour tirer un parti avantageux de ces puits. M. Delius n’a pas négligé de les indiquer, & il eft important de confui-ter (cm ouvrage fur ce point.
- Puits de décharge , férvant non-feulement pour les décombres, mais encore pour l’extradion du minerai ; fa largeur dans le bas eft plus confi-dérable que dans le haut, & il va toujours en fe rétréci (Tant dans la partie montante : ce puits fe bouche à fou pied avec des fupports , & fe planchéie en - dedans ; on le remplit enfuite de décombres , puis on le débouche avec précaution d’un côté , en faifant rouler les décombres j cette charge preife les parois, le puits fe vuide,& on continue de le remplir jufqu’à ce qu’il foit nécelfaire de le vuider entièrement.
- Puits d'extraction , puits de jour, hure à tirer, bure à chargeage, grand bure, maître hure.
- Puits à machine ,fax. kunft fchacht.
- Puits à pompe , bure à pompe de folîe ou puits profonde à plomb fur une veine pour y établir des pompes 5 püteus aqualis.
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- Puits du réfervoir, fu. wattu dunt fchacht.
- Puits de fortie , jax. treibc fchacht.
- Puits fouterrein , défoncement, torret, bouxtays ; dans les mines métalliques, tourniquet , approfondijfement. Entailles en defcendant, paffage à chute.
- Puits de tranfport, fax. forder ou fahr fchacht.
- Puits obliques ou profondes en pillant , muraillés différemment que les puits perpendiculaires. On peut voir dans l’article XXI du réglement de M. de Genlfane, les détails qu’il donne fur le revêtilfement en maçonnerie des puits faits en drageant.
- Pump , chaîne 3 an. tiges de pompes.
- Purger les renfeignemens , lié.
- Purification de la houille. C’eft ainlî que les encyclopédiftes d’Yverdon , au mot Houille, ont qualifie lé cuifage de la houille pour en obtenir des coaks.
- Putealis ( cafa'). Hernaz , houtte. Fojfa putealis.
- Putei deferti, puits abandonnés.
- P u te us , ail. fchacht. Caverna per~ pendicularis, puteus reclus , puits d’à-plomb.
- Puteus qui lacunce loco ejl , a IL waifer fchacht.
- Puteus aqualis , ail. funtfchacht. Puits à pompe ,fpiritalis , ail. wind-fchacht. Puits à air. Capfa. ail. hund. Seau , tonne, tinne.
- Pogium. Podium. Collis. Mous. Pic.
- Puteorum ( tigna ), poutres de re-vètilfement pour étançonner les puits.
- Pyriques ( expériences ) , eflàis , épreuves de charbon au feu, très-propres à faire connaître la texture ,
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- la nature, la qualité de ce combufti-ble. Le charbon de S. Georges fe gonfle' médiocrement au feu en fe graifi-fant médiocrement à la fuperficie , & y formant des champignons: la flamme paraît claire & belle , accompagnée .d’une fumée qui n’eft point défagréa-ble : il s’efl converti partie en cendres, partie en fcories , aflez reflfem-blantes à la pierre - ponc^.
- Pyrite folide. Pierre dldrquebufade. Pyrites fulphureus nudus , Waller. Indice ordinaire de foufre. M. de Ma-chy , dans fes procédés chymiques, démontre que le foufre n’exifte pas dans les pyrites, mais qu’il y eft produit par le feu qui achevé de charbon-ner les matières à phlogiftiquer, & de les combiner avec l’acide vitrio-lique > tandis que par la décompofi-tion humide ces mêmes pyrites ne donnent pas un atome de foufre. Quelques charbons paraiflent devoir à la pyrite prefque feule leur inflammabilité. M. Parmentier & M. Delyeux ont cherché à reconnaître la nature de petites lames brillantes & pyriteufes , remarquables dans le charbon de terre de S. Georges ; ces lames détachées 8c raflemblées ont été mifes dans le creux d’un' charbon embrafé, & ont préfenté à l’obfcurité une petite flamme bleue , accompagnée d’une légère odeur jugée appartenant au foufre.
- Pyrite des charbons d'Horge en Suifle , tombant à l’air en effloref-cence atramenteufe, cendrée , vitrio-lique, qui, par diflférens procédés, fournit du vitriol verd , comparable au vitriol de Hongrie, & à celui qui
- fe tire auffi à Kap-feu en Suifle > ayant néanmoins une faveur doucâtre , d’apres l’examen de M. Scheuchzer dans fou voyage des Alpes.
- Pyrites dans les houillieres de Liege, nommées bouxteurs , en mafles irrégulières , la plupart du tems martiales. Par l’examen que j’en ^ai fait, & que M. Parmentier a vérifié depuis, j’ai reconnu que cette pyrite a donné à la cornue un peu de phlegme de l’al-kali volatil, mêlé de quelques gouttes d’huile , du loufre, dont une partie s’étant combinée avec l’alkali volatil, s’efl: préfentée fous un état d’hépar. Quelques expériences auxquelles le réfidu a été fournis , n’ont préfenté que des phénomènes qui caraclérifent la préfence d’une terre en partie martiale.
- Pyrite des glaijieres. Fer à mine. Plaquettes.
- Pyriteux ( charbon ) tombe en ef-florefcence à la longue, étant même enfermé \ ce qui fait que les charbons de ce genre, tels que celui de Mon-thieu, de Littry , & autres , quoique bons d’ailleurs , ne font point propres à emmagaliner.
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- Ç u A D r e , bordure , ou chaflls, pour l’ordinaire de forme quarrée. Quadre du piflon d'une pompe refoulante , auquel aboutit une chaîne dans la machine à vapeur.
- Quadrilatère. Géométrie. Figure terminée par quatre lignes droites , & qui prend diflêrens noms félon le parallé-liihie de fes côtés, ou de quelques-uns
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- des côtés i le quadrilatère.dont chaque côté eft parallèle au côté oppofé, eft appelle parallélogramme , en obfervant que tout parrallélogramme eft bien quadrilatère , mais que tout quadrilatère n’eft point parallélogramme.
- Qualité du charbon de terre d’une mine , 11e peut être bien jugée à la vue que dans les magafîns, ou par de grands envois. M. de Gentiane prétend que dans les mines feches, c’eft-à-dire , où l’on në trouve point d’eau , il ne faut pas compter fur la bonne qualité du charbon de terre j la rai-fon qu’il en donne eft que l’eau empêche & arrête l’évaporation de fa fubf-tance inflammable.
- Qualité de la houille à déduire de la maniéré dont elle s’embrafe au feu, de la fumée, de l’odeur qu’elle répand & du réfidu de fa combuftion.
- Quantité. C’eft l’objet de toutes les mathématiques ; on y comprend tout ce qui peut être augmenté & diminué. Les quantités peuvent être définies félon le nombre & félon & la mefure , ou félon le poids j elles ne font cependant que des nombres indéterminés , dans lefquels on n’établit pas encore d’unité fixe avec laquelle elles aient de relation. En algèbre 011 calcule avec des quantités connues, de même qu’avec des quantités inconnues ; celles-là fe repréfentent par les premières lettres de l’alphabet a, b, c, &c. & celles-ci par les dernieres. Les quantités n’étant point des nombres déterminés, il eft évident que tout ce qu’011 démontre des nombres en général leur doit également convenir. Ainfi une quantité Tome XVlll.
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- algébrique eft une ou plufieurs grandeurs défignées par une ou plufieurs lettres de l’alphabet prifes ordinairement dans les minufcules..
- Quantité de mouvement dans les mé-chaniques eft de deux fortes , celle du mouvement momentané y qui eft le produit de la vitefle par la maffe toujours proportionnelle à l’impulfion qui fait mouvoir le corps , & celle du mouvement impulfif.
- Quarantième denier du pour tout droit foncier aux feigneurs hauts - juf-ticiers. Par l’arrêt du 14 mai 1604, ce droit leur eft payé après que celui du roi eft fatisfaiti il doit être pris fur la part qui refte aux entrepreneurs j c’eft le facteur général qui le perçoit. Mais ce droit ne paraît appartenir aux feigneurs qu’à la charge d’afîifter les entreprifes de mines » conformément à ce qui eft porté par ledit d’odobre 1^52.
- Si après l’ouverture faite d’une ou plufieurs mines , dans la terre d’un haut-jufticier, le filon ou la pourfuite du travail conduisit les ouvriers dans les terres de la juftice d’un autre haut-jufticier , le feigneur de cette haute-juftice 11e peut , en conféquence de l’article fuivant de l’arrêt de 1604, prétendre aucune part au droit de quarantième ni autre, à moins qu’il ne fût befoin de faire de nouvelles ouvertures & de nouveaux chemins en ladite juftice , auxquels cas le'grand-maître ou fon lieutenant général appellent avec eux le nombre de juges porté par les ordonnances, pour régler & départir le droit qui doit ap-A a
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- partenir à chacun des hauts-jufKciers , aux charges portées par les vérifications de l’édit.
- Qtiarré. Chaftis , affemblage en quarré , formé de quatre pièces de bois d’équarrifîàgê, pour foutenir les parois d’un bure de forme quarrée. M. de Genffane, dans l’article XIX du réglement fur les mines de houille , décrit la conftrudion de ce quarré.
- Quarré de terrein pour les concef-fions. Clauflrum.
- Quarré. ( Algèbre. ) Le- poids de la colonne de l’athmofphere qui preffe fur le pifton de la machine à vapeur , eft toujours proportionnel au quarré du diamètre du cylindre.
- Quarrée ( racine ). Algèbre. Racine d’un quarré;
- Quarré ( fleuret ). Employé dans les travaux de mines de Montrelais.
- Quarrer une poutre, c’eft l’équarrir.
- Quart , ou quatrième partie du dixième royal, attribué par l’édit du io odob-re iyy2' à tous les feigneurs , fur les minéraux & flérrii - minéraux -, pour raifon d’encouragement à favor-rifer les-travaux, refufé en même tems à ceux qui n’aideraient point les opérations des mineurs , & diminué au prorata de la diminution du dixième du roi.
- Quart de- cercle. Quatrième partie d’une circonférence, c’eft-à-dire, de 90 degrés. Inftrument nommé quart de cercle. Par Pline , dioptmt.
- Quart de roijfe, lié. degré de pen-dage , roilfe.
- Quartier de réduction. Inftrument employé fur mer pour réfoudre plu-
- fîeurs problèmes de pilotage par les triangles femblablesj peut être regardé comme une invention plus Amplifiée que l’aftrolabe. Cette merveii-leufe invention eft fondée fur cette propriété du cercle, que le cofinus eft au rayon comme le rayon eft à la fécante, & le fécond' rapport fupplée généralement à l’autre, & s’opère facilement fur le quartier de rédudion.-
- Quartier (' roc de ) , roc cendré , ondé , compade , quoique feuilleté , fervant de toit à ce qu’on appelle dans, les houillieres d’Auzat la grande mine.
- Quartiers. Mefure ulitée dans quelques endroits d’Angleterre, particuliérement à N.ewcaftle,& à Morlaix en Bretagne.
- Quart^eux, ( hornftein ) formant le corps des montagnes primitives.
- Quatre-vingt-unieme: trait de charbon. Droit de terrage dû pour les veines fous eau , par un entrepreneur par adion de conquête, au propriétaire du fonds..
- Quatrième niveau ( eaux du ) haiir. Grandes ramaffes d’eau au fond du bure.
- Quergefleïn. ( TauBe ). Couche de pierre à vuide. Pierre rude.
- Querque. Kerke. Charge ou mefure de charbon de terre & autres marchandées des bateaux navigeans entre Mous & Coudé.
- Querfchl'ag, ail. traverfe, ouvrage.
- Quefler, lié. fonder en queftant.
- Queue dlaronde. Troifieme outil da fleuret, décrit par M'. de Genffane. Cifeau dont le taillant eft échancré au milieu., & qui forme une efpece de
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- fourche aflez femblable à celle de la queue de certains oifeaux de proie ; il eft garni d’un manche de même longueur & de mêmes dimenfions que ceux de la cuiller de la tarriere & de fa langue de bœuf; il eft également employé à brifer les rochers qui ne peuvent être percés avec la tarriere.
- Queue de filon 9 ail. tauben.
- Queue de paon ( charbon ) an.peak coal. Lithantrax fplendide variegatüm. Charbon panaché comme les pyrites fulfureufes , de couleur verdâtre , bleue, violette ou pourprée , à peu près comme les couleurs de la gorge d’un pigeon , ou celles des plumes de paon, ce qui lui a fait donner par les Anglais le nom de peak coal.
- Queufnier. Aiguillon. Aiguille à pierre, à caillou.
- Quille. Terme de marine, par lequel on défigne la plus grofte piece de bois des vaiffeaux, qui régné de pouppe en proue, & qui fert de fondement & de bafe à tout le bâtiment, parce que c’eft fur elle que font alfem-blées toutes les pièces fur lefquelles le bâtiment eft conftruit. C’eft elle , par conféquent, qui donne la longueur des autres pièces qui doivent lui être proportionnées.
- Quint, droit de régale , remis quelquefois pour faciliter les établilfemens de mines, ainfi qu’il a été fait pour le fleur François de Blumenftein, par l’arrêt du confeil du 9 janvier 1717, qui lui accorde pendant vingt ans le privilège d’exploiter la mine de plomb de S. Julien, Molin, Molette en Forez.
- Quintal, an. hundred. Cette mefure qui fe marque dans le commerce par ce ligne §, varie en différens endroits , depuis 100, 102, 108,112 livres ; le cent fait à Paris le quintal, & 11 z livres d’avoir du poids, font le hundred ou quintal d’Angleterre. Les cent livres de Liege ne font à Paris que 95 livres.
- Quinte, coutume d’Angers, eft la feptaine , le territoire , la banlieue , la voirie, l’étendue de ia jurifdidion du prévôt ou autre premier juge ordinaire ; ce terme vient de ce que les Poitevins & les Angevins donnaient aux banlieues de leurs villes l’efpace de fooo pas ( coutume d’Anjou ) ; quelques - uns penfent que ce terme vient de ce que le juge a droit de faire tirer la quintaine dans fa jurifdidion ; Ménage croit que ce mot quinte vient de ce que la jurifdidion du prévôt d’Angers eft compofée de cinq châtellenies.
- Quintelage , quintlage en flamand. 'Quincelage9 terme de commerce de mer ufité dans quelques endroits, pour lignifier ce qu’on nomme plus ordinairement lejl.
- Qwifi Anderjf ’on ( M. Benoît ) , di-redeur des fabriques de fer à Stockholm , auteur de quatre mémoires fur les mines de charbon d’Angleterre, inférés dans les Ades de l’académie de Suede , Ie, 2e, 3e & 4e trimeftres de l’année. Voyez Exploitation.
- Quotet. Défaut des dents de rouage.
- Quotient. ( Algèbre.) Grandeur qui marque combien de fois le divifèur eft contenu dans le dividende.
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- as le. Fer emmanché pour remuer les tifons ou manier la braife dans le four. Fourgon. Cornus furnarius.
- Racine de puiffdnces. ( Algèbre. ) Grandeur qu’il faut multiplier par l’unité ou par elle-même , afin d’avoir fes différentes puiflances, d’où elle prend les noms de premiere-ou fécondé, félon les puiflances dont elle eft la racine. On dit racine de la première puiflance, racine de la fécondé puif-lànce , plus fou vent racine quarrée : la troifieme s’appelle plus fouvent racine cubique. On doit remarquer que la première puiflance & la racine première d’une grandeur font la même chofie , parce que l’une & l’autre font la grandeur elle-même ; on doit encore remarquer, qu’en parlant de la racine quelconque d’une grandeur » cette grandeur eft une puiflance fem-blable.
- Racles. Terme de riviere;, endroits où le terrein pendant un certain efpace a plus de profondeur , & qui fert de garre pour les bateaux ; il s’en trouve deux dans l’étendue du canal de Loing ; celle dite de VEcuelle, pouvant contenir à peu près 20 ou 2 f bateaux. Celle qui eft de plus de conféquence eft dans la partie au-deflus des éclu-fes de Moret, vulgairement nommée Roche S. Marnés, formée par la nature , & qui eft une portion de la 'riviere de Loing, fur un quart de lieue de long , d’une largeur preft-qu’égaie à celle de la riviere de Seine, de maniéré qu’on peut facilement y
- garer jufqu’à 150 & 200 bateaux fans nuire à l’avalage & au montage des bateaux fur le canal ; au bas de cette racle il y a pour la retenue de l’eau, des coulifles qui s’ôtent & fe lèvent dans le cas de crues d’eau & d’inondations. On peut commodément faire dans cette racle le rinfage des bateaux , le volume d’eau en Seine leur permettant un plus fort chargement que fur les canaux. Cette racle facilite beaucoup la circulation du commerce des denrées de toute efpece venant de la riviere de Loire, des canaux de Briare , d’Orléans & même de celui de Loing , en ce que ces canaux étant mis en chommage en differens tems de l’année, Les marchands voituriers raflemblent dans cette racle une grande partie des bateaux chargés defdites marehandifes, foit avant la fermeture du canal, fbifc immédiatement après fon ouverture: étant à la proximité de la chute de la riviere de Loing en Seine , ils en peuvent fortir^aifément les bateaux pendant le chommage du canal, & à la première fonte des glaces ; ce qui affine la provifion de Paris des mar-chandifes venant de la Loire & des trois canaux. C’eft ainfi qu’à la faveur de cette racle, les voituriers ne font pas néceffités de defcendre dire&e-ment à Paris leurs marehandifes, ce qui confommerait beaucoup de tems par le trajet de la bofle de S. Marnés à Paris, & Je retour des compagnons au pays.
- Rad hafpel, ail. Machine. S tube, all% Chape, écharpe. -
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- Radiî. S cy talcs. Barres.
- Radius. Semi-diameter , ail. fpeiche.
- Radoir. Rouleau en bois fervant à racler la mefure rafe.
- Raete. Rate (grande) du métier, lié. Incorporation au moyen de laquelle on eft compagnon du métier pour les ouvrages tenant à l’art. Petite raete. Permiflion d’exercer les ou-vrages qui concernent la houille Torde des bures.
- Raf. Rateau , lié. graiteux , < L'un. pour féparer les krahais des cendres , & les faire rentrer dans le feu. Raf, garde-cendres pour amalfer les cendres des grandes cuilînes.
- RagJlone. Ragged ftone , an. Pierre en élocaille.
- Rail ( falfe ) , ou jack rail, an. Poutre de bois en longueur, dans le trajet du chemin pour les chariots à charbon, fervant à droite & à gauche de fauife barrière dans les coudes des ponts.
- Raifon en arithmétique & en géométrie , eft le réfultat de la comparaifon que Ton fait entre deux grandeurs homogènes, foit en déterminant l’excès de l’une fur l’autre , ou combien de fois l’une contient l’autre , ou y eft contenue. Cette comparaifon de deux grandeurs entr’elles peut fe. faire de deux maniérés: ce qui fait diftinguer la raifon arithmétique , ou txpofantùn rapport arithmétique , & raifon géométrique , ou fimplement. raifon.
- Les chofes ainfi comparées s’appellent les termes de la raifon ou du rapport. La chofe comparée s’appelle
- Pantécédent ; celle à laquelle on la compare, fe nomme le conjéquent. Des notions des raifons géométriques, il fuit qu’en géométrie la valeur d’une raifon eft le quotient de l’antécédent divifé par le conféquent, & qu’une fradion eft une raifon géométrique , Ton numérateur en eft le conféquent, & fon dénominateur eft l’antécédent.
- Souvent on confond le mot de raifon avec celui de proportion , quoiqu’ils foient tout-à-fait différens l’un de l’autre. En effet, la proportion eft une identité ou fimilitude de deux raifons ; la raifon peut exifter entre deux termes, mais il en faut un plus, grand nombre pour former une proportion.
- On fe fert aufti du mot raifon , & plus communément fur-tout lorfque ce mot eft joint à un adjedif, comme raifon compofée , qui eft le produit de deux ou plufieurs raifons. Raifon in-verfe, &c.
- Raifon légalité. ( Géométrie. ) Raifon ou rapport qu’il y a entre deux quantités égales. ' (
- Raifon de nombre à nombre , c’eft-à - dire , qui peut être exprimée par des nombres.
- Raifons. Raûones. Parts des aifociés-En vertu du dernier article de l’arrèc donné par le roi féant en fon confeil r fur l’ordre & le réglement concernant les mines & minières de fon royaume, du. 14. mai 1604, tous ceux qui ont part dans les mines font confervés en leur bien, part & portion,. fans qu’ils, puilfent être déclarés vacans. à leu»
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- décès, & ce fans même avoir befoin de lettres de naturalité.
- Rameaux de mines. Cordons, quelquefois galeries, voies fouterreines.
- Ramures. Eftanfillonnage avec faf. cines.
- Rancher. Bec d’une grue. Forte poutre foutenue obliquement par le moyen de différentes pièces.
- Range. Grate in a kitchin , an. Grille pour le feu de cuifine en particulier ; en général iron cradle. Grille de feu.
- Raker. Coal rake. Fork. Ruble 9 an. Rable, fourgon, fergon.
- Rapeheu , tireboux, lié. Piece du tarré liégeois.
- Rapeyter, lié. Rechercher dans de vieux ouvrages les piliers, ferres ou jftappes qui y font reftés.
- RapilLo, ital. Cineres conglomérat ce. Matières terreufes brûlées & réduites en cendres. Efpece de pozzolane.
- Rappoïntis. Ferronnerie. ) C’eft ce qu’on nomme proprement ferrailles.
- Rapport d'une toife à un pied, con-féquemment à la définition de la raifort de nombre à nombre , eft une raifon de cette efpece, parce que la toife eft au pied comme i à 6.
- Rapport entre Ventrée & la fortie des vapeurs fouterreines par les puits de mines , & entre l’élévation & le refoulement de la fumée ou de l’air dans les cheminées. Indu&ion fur ce qu’il convient de faire dans les puits de mines, pour y avoir un air frais & lalubre, & qui fe rapproche beaucoup de la pratique reçue de tout tems au pays de Liege.
- Rapport entre les vapeurs des mines
- & les eaux qui fe rencontrent daHS les fouterreins.
- Rapport d'experts. Procès - verbal dans lequel des experts font la relation de ce qu’ils ont vu ou obfervé, & où ils donnent leurs avis. Rapport des ouvrages fouterreins.
- Rapport du maître foreur, dans les exploitations en Angleterre, fur le nombre & l’épaiifeiir des couches tra-verfées par la tarriere.
- Rapporteur ( petit. ) Demi - cercle gradué. Tranfportatorium circulare.
- Raréfaction, a&ion de raréfier un corps -, c’eft lui faire acquérir un plus grand volume, fans lui ajouter aucune nouvelle matière j ainfi l’air raréfié eft l’air dont le volume eft augmenté.
- Raréfié (air de l’athmofphere ) différemment raréfié dans les parties fu-périeures que dans les parties inférieures , qui le font toujours moins.
- Rareté ou cherté du bois de chauffage dans la plupart des provinces de France , menace d’une difette abfolue, & avertit que le moment eft venu de s’occuper des moyens propres à y remédier.
- Rafiete, mefure d’Anzin.
- Rajîere de Dunkerque.
- Rationes, raifons, parts des affociés. Rationes accepti & expenjî. Compte de recette & de dépenfe. Rationibus prce-fectus, ail. eichtmeifter.
- • Râteler, difcombrcrdU vieux bure, lié. Rauwache , ail. roc très-folide qui fe trouve à la fuperficie, & qui eft en-croufté d’un tuf très-dur.
- Rawhieu, ouvrier dans les houil-lieres de Dalem, qui fupplée au maréchal.
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- Ray cirai, AV. bâton ferré & crochu à extrémité.
- Rayon ( géométrie ), demi-diametre d’un cercle ou d’une ligne tirée du centre à la circonférence , radius ,femi-diameter ; on l’appelle autrement Ji-nus total, inclïnaifon d'un rayon, ou angle d'inclinaifon d'un rayon, angle que fait ce rayon.
- Rayons ( méchanique ) , bâtons qui s’écartent d’un point central en forme de rayons J & qui font en effet des demi-diametres d’un cercle. On donne le nom de rayons, fcytalœ., aux leviers adaptés au cylindre , fans quelquefois qu’il y ait de tambour. Dans les rouages , lorfqu’on veut élever un poids par le moyen de plulieurs roues dentées, les rayons des roues doivent être pris pour les bras des leviers qui font du côté de la puilfance, & les rayons qui font du côté du poids ou de la réfîftance.
- Rebord, partie faillante dans un ouvrage. Il eft nécelfaire de ménager un rebord à l’alambic de la machine à vapeur, afin de recevoir la chaleur du feu, qui n’a befoin que d’ètre au même point convenable pour faire la liqueur dans une brafferie.
- Rece£ , réels , ail. reifeh , recejfus. En Allemagne , ce terme eft employé pour défigner le cahier des délibérations qui fe-raffemblent toutes à la fin d’une aifemblée avant de fe retirer, & que l’on rédige par écrit i l’aéfce qui les contient s’appelle réels : c’eft auffi la délibération même.
- Recette ( compte de ) & de dépenfe, lu forme de cette partie d’adminiftra-
- tion politique & économique des mines du tems d’Agricola , eft décrite au livre XIV du traité De re métallica de cet auteur : le compte de la dépenfe fe rendait toutes les femaines par le préfet des mines , aftifté du président ou maître, & des jurés j celui de la recette de trois mois ou quatre fois l’année.
- Recette du dixième du roi., dont, par les lettres de Henri II du ioodobre 1 S f 2 5 le fîeur Roberval, fes entremetteurs ou fes commis étaient chargés à leur foi & ferment, fur leur regiftre & ferment , fans autrement en être comptables. Par l’article VI de l’édit de 1601 , il devait être dreifé un procès-verbal de cette recette du dixième & un autre du contrôle, comme des vifites de mines j un de ces procès-verbaux devait être envoyé au confeil d’état, un autre était remis -entre les'mains du receveur général.
- Receveur, fteward , contrôleur, an. overman , compteur , receveur , lié. maquilaire.
- Receveurs ordinaires & généraux , chargés de la recette du droit de dixième denier au profit du roi : par lettres-patentes de François I, du 29 de juillet 1560, tenus de fe trouver chacun fur les lieux à la première fonte, pour tenir regiftre du jour de cette opération.- Le receveur général était obligé, par l’art. IX de l’édit de 1601 , de donner caution par-devant les tréforiers de France. Par l’art. XV, le receveur général devait faire-vérifier l’état du contrôleur par le grand-maître* L’art. XI de la même or doit.-
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- nance porte que ce qui aura été payé par le receveur général ou Tes commis, fera paffé & alloué en la dépenfe de fes comptes, & rabattu de la recette d’iceux, par-tout où il appartiendra. L’arrêt du 14 mai 1604, fur l’ordre & réglement que S. M. veut être gardé au fait des mines & minières du royaume, pourvoit à la rentrée du dixième, qui doit au préalable être .payé & fatisfait entre les mains du receveur général, dans les cas où il s’agit de payer les créanciers de quel-qu’affocié ou maître entrepreneur.
- Rechange. (pièces de ). Comme tous les outils, uftenfiles, ainfi que les machines dont on fe fert pour les travaux de mines, ont fans celfe befoin d’être réparés , il ell indifpenfabie d’être fourni de toutes fortes de pièces en état d’être fubftituées à celles qui fe dégradent ou qui fe brifent ; de ce genre font des cuirs, des pillons garnis, des clapets, des tuyaux afpirans, des tuyaux fupérieurs, des barres, des tirans , & toutes fortes de ferrures ; de cette maniéré 011 remédie à l’inftant à tous les dérangemens, & les ouvrages ne chomment point.
- Recherche de mines, permit par les lettres de François I, du 29 juillet 1560, au heur Claude Grippon de Guillem, feigneur de S. Julien, dans le Languedoc, avec défenfe à tous gentilshommes de le troubler , fous peine de défobéidànce & d’amende arbitraire î les obligations différentes de ceux qui s’occupaient de ces fortes de recherches & entreprifes font fixées par plufieurs articles de l’édit de 1601.
- Par l’art. XX, les métaux provenans des mines ne pouvaient être vendus fans la marque du grand-maître.
- Récipiangle , mefure-angle , fauffc~ équerre y inllrument de géométrie fou-terreine , fervant à prendre les directions & les mefures des travaux fouterreins. O11 l’emploie fur - tout pour vérifier les opérations faites avec la bouffole , à laquelle il peut fuppléerj il faut feulement obferver que pour cet effet on doit avoir foin de marquer les Hâtions qu’on a faites avec la bouf foie, afin de placer le récipiangle aux mêmes endroits.
- Récipient, dans une machine à vapeur i la grandeur de cette partie doit être proportionnée à la groffeur du cylindre , afin d’avoir une quantité de vapeur fuftiiante pour le jeu de la machine ; dans la machine à vapeur de Savery , le récipient eft une elpece de cylindre fans pifton.
- Record. ( Jurifprudence. ) Récit, témoignage, atteftation d’un fait, lié, déclarations , attestions de juftice.
- Recoujje , réméré. Dans quelques coutumes, 011 appelle ainfi le retrait lignager, & les rentes rachetables.
- Recouvrement du droit du dixième pour le roi, paraît avoir été le principal & unique objet de la législation françaife fur le fait des mines ; à en juger par les articles VI, VII, VIII, IX, X, XI de l’édit de s 601.
- Recia vena, ail. ftehender gang, veine qui continue toute fa marche' ou fon allure, fans fe détourner, fans faire aucune tortuofité, telle que la veine en platteure. Recla defcendens vena.
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- vwa. Veine qui defcend ou qui monte debout, ou d’à-plomb, lie. roiffe.'
- Rectangle , parallélogramme dont les angles {ont droits, & par confë-quent égaux, comme l’efl: ordinairement l’ouverture des bures.
- Rectangle ( angle ), dont les deux côtés font d’équerre. Les coudes ou courbures que forme une veine métallique , en fe détournant de l’heure de fa dire&ion , font quelquefois tels, qu’elle s’écarte de Ton heure prefque tout-à-fait ou en entier, en angle rectangle, ce qui s’exprime en difant que la veine a. fait un crochet.
- Rectangle ( triangle ), qui a un angle droit ou égal à 90 degrés. Dans cette efpece de triangle, le côté op-pofé à l’angle droit eft nommé hypo-ténufe. Ce font ces fortes de triangles que l’on a le plus communément à réfoudre dans la géométrie fouter-reinc : en connailfant l’hypoténufe & un des angles aigus, on parvient aifément à cette folution , au moyen d'une table des (inus. M. de Genlfane en a inféré une dans fa Géométrie fouterreine. On y parvient encore par une méthode méchanique pratiquée par les mineurs, comme étant plus courte & plus aifée, mais qui n’eft pas de la derniere précifion : elle s’exécute avec une réglé fervant. d’échelle, divifée en deux ou trois cents parties parfaitement égales.
- Rectiligne ( triangle ), formé par des lignes droites j leurs angles fe raefu-rent par des portions d’arc connues, par leurs fin us & par des cordes qui font moitié de leurs côtés.
- Tome XrilL
- Rector machina, G. hengfikçr, gou~ verneur de la machine.
- Reclus (puteus ), puits profonde en* ligne perpendiculaire. ( Sinus), cathetus , cathet.
- Recuits, grejîllon, lugd. braifous de charbon de terre.
- Redifcombrer, râteler un vieux bure, lié.
- Refendement, lié. pour le palfage de l’air & des ouvriers. Refendement de ferre.
- Réformateur général, grand-maître, furintendant des mines & minières de France ; charge ou office dont ont été revêtus le fieur Jean-François de la Rocque , chevalier feigneur de Ro-berval, en if48» avec pouvoir de s’aifocier telles perfonnes que bon lui femblerait, étrangères ou non , & de toute qualité & condition.
- Enfuite le fieur Claude Grippon de Guillem , écuyer , feigneur de Saint-Julien , d’abord aifocié du fieur de Ro-berval, en vertu de lettres de per-miffion du roi du dernier avril 1^-6 , confirmées par une déclaration donnée à Compeïgne en ij*f7, mis eiv polîêffion définitive par lettres du 29 juillet 1560, vérifiées en parlement.
- Le fieur Antoine Vidal, feigneur de Bellefaignes, précédemment receveur général des finances à Rouen , par lettres du 28 feptembre 1568, après la réfignation du fieur de Saint- ^ Julien, confirmées par lettres du 21 octobre 1 f.74.
- Un fieur de Beringhen, pour les mines du duché de Guienne, antc-
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- rieurement & dans le même tems que l’édit de réglement général du mois de juin 1601.
- Antoine deRuzé , marquis d’EfHat, chevalier des ordres de S. M. maréchal de France, par lettres du dernier décembre 1626} regiftrées l’année fuivante dans les parlemens de Tou-loufe, de Bordeaux & de Provence.
- Charles de la Porte, marquis de la Meilleraye , chevalier des ordres de S. M. lieutenant général au gouvernement de Bretagne, capitaine général & grand - maitre de l’artillerie, aniïi grand-maître & furintendant général des -mines 8c minières de France, vers l’année 1634.
- ' Louis-Henri, duc de Bourbon, prince du fang , par lettres du 30 août 1717.
- Louis , prince de Condé, fon fils.
- Refufer le travail, lié. faire'fêter , ou fétoyer um fûjje. Mutinerie des ouvriers. ‘ . f
- Regale ( jus ) metallorum. Droits particuliers fur les mines ‘d’or , levés par ies-fouverains , qu’ils nommaient Xpu-r<w-oh, mis au nombre des droits qu’ils appelaient royaux. Les ordonnances de Charles IX de 1563 & de 1 f6.y ne font mention que du dixième , & il n’y eft pas queftion du charbon de terre j par l’art. II, de l’édit de 1601 ce droit eft réftreint à l’or 8c à l’argent.
- Régalien ( droit ). Par ce terme qui eft le plus üftté de tous y pour ce qui eft du droit de fouveraineté en fait de mines, on entend les droits du fei-gneur d’un pays', fur les objets qui n'ont"pu de leur nature être mis'en
- la pofleflicfn de fes fujets > ils ont été par cette raifon attribués au bien public , & fournis à l’adminiftration du feigneur, comme lui tenant lieu de propres pour en faire,ufage Buvant l’exigence des cas, par des difpofitions relatives au bien public. Telle eft la. définition que M. Delius donne de ce droit.
- Sur ce fondement les exploitations de mines font de droit régalien, parce que la répartition de la propriété n’a pu fe faire que relativement à l’agriculture & aux beloins de la vie ; & ce qui eft refté enfoui fous terre n’ayant dû faire partie de cette même répartition , 011 y a attaché des foins particuliers réfervés au bien commun , ou à celui qui lé"dirige , comme adminiL trateur de l’état, pour en faire ufi ufage qui tournât à l’avantage publie.
- Il réfulte de là qu’il n’appartient qu’au fouverain d’un pays ' d’exploiter les mines d’or & d’argent, déTaire monnoyer leur produit, pour le rendre propre à la circulation dans l’état 9 8c de faire extraire des entrailles de la terre les métaux de moindre qualité pour le bien public.
- Il paraît que tous les états- policés fe font entendus fur la néceffité de ne pas laiffer les mines au pouvoir des fujets , dont le droit a été reftreint à la fuperficie , 8c de réfer ver l’autre propriété à l’autorité fouveraine ;-ehez la plupart des peuples les loix- font pofitives à cet égard en Hongrie ce droit régalien exprimé d’une maniéré précife & expreffe dans l’article I de l’ordonnance des mines par Fempe-
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- rear Maximilien , s’étend bien plus loin; car le feigneur du pays eft en droit de s’approprier les terres de la noblelTe dans lefquelles il fe trouverait du minerai ; il eft vrai qu’alors le feigneur dédommage & donne d’autres terres.
- De là , le droit du fouverain ou d'exploiter par lui-même , ou de donner à titre de fief & de bail ces mines, moyennant une certaine redevance ; ce qui comporte le droit de donner la permiliion d’exploiter & de fe réfer-ver quelque portion, comme la chofe fe pratique, mais uniquement pour s’afiurer cette redevance de fouveraineté, qui eft différente félon les pays : en Saxe , l’électeur tire le dixième de tout le métal que produifent les mines ; les neuf autres dixièmes font partagés entre les actionnaires, les frais de l’exploitation prélevés. V. le [mot Souveraineté , où nous entrerons dans de nouveaux détails fur cet objet, comme pouvant être envifagé fous différens points de vue.
- Régie ( plan de ) , intimement lié avec le fuccès de l’exploitation : il eft difficile à atfeoir fi l’on n’a pas d’abord pris la précaution de s’inftruire de ce qui fe pratique en plufieurs pays fur les différentes ou principales parties qui compofent cette adminiftration ,
- & relativement au prix des journées.
- Regie ( nouvelle ) des droits aliénés aux communautés des officiers fur les ports, fous les ordres du roi. Voyez Supprejjion de ces offices.
- Regijlre. Codex. Comme fi l’on (filait rerurn gejlamm tabula , dejcriptio.
- Tout ce qui fe pratiquait autrefois relativement à cette partie de i’adminif-tration des mines , fe trouve décrie dans le livre IV du Traité d’Agricole de re metallica ; cet auteur y détaille ce que comportaient les différens re-giftres de mines , dont voici les principaux.
- Regijlre du grejjîer des mines, fur lequel ce prépofé enregiftrait chaque mine > il avait un regiftre des nouvelles , & un regiftre des anciennes » dont on reprenait les travaux.
- Regijlre du greffier des iméreffiés, fur lequel étaient infcrits les maîtres de chaque mine qui lui ont été indiqués par celui qui a le prenper découvert la mine ; remet les nouveaux actionnaires à la place de ceux qui avaient vendu leur action.
- Regijlre du contrôleur général des mines. Par l’art. XIX de l’édit de réglement général du mois de juin 1601 i cet officier du grand - maître ou fes commis, pour prévenir tous abus , étaient obligés de tenir bon & fideler regiftre des noms, lieux & pays, de la naiffance & demeure de chaque employé , quel qu’il fût, des gages, journées & arrivée des ouvriers, des jours & journées qu’ils travailleront, des paiemens qui leur feront faits , lefi quels doivent être exactement de jour en jour, de femaine en femaine, de mois en mois , d’an en an : enfemble tous les marchés, achats ,acquifitions quelconques , ainfi que de tout ce qui provient de la mine. On y enregif. trait auffi l’action de chaque intéreffé dans l’affaire.
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- Regijlre du greffe des mines. Par l’arrêt du 14 mai 1604, tous contraclans avec S. M. & travaillais aux mines font tenus d’y déclarer & faire regif-trer les noms de leurs aflociés, & pour quelle part chacun eft entré , fans que les uns ni les autres puiffent vendre m changer lefdites parts, fans en avoir préalablement averti le grand-maître ou fes lieutenans, & fait en-regifixer leurs ventes ou échanges au greffe, afin d’y avoir recours au be-foin.
- Regijlre -journal de Vinfpéclair. Par l’arrêt du confeil du 16 avril 1727, portant commiffion d’infpeéteur dans les mines des Pyrénées , en faveur du fleur François Morel, il devait y avoir un regiftre - journal duement coté & paraphé de l’exploitation de toutes les matières qui fe tireront defdites mines diftinguées par leurs qualités , & tous regiftres particuliers nécelfaires pour faciliter la connaiflance du produit de ces mines , & de l’emploi des matières.
- Regijltes des compagnons du métier de houilleur à Liege , où font infcrits par le greffier du métier tous ceux qui veulent voter fur les affaires de houil-leries , fur les éle&ions des offices, &c,
- Réglé. Inftrument- le plus en ufàge dans tous les arts méchaniques , di-vife en un nombre de parties égales, & fervant d’échelle pour dreffer des plans , &e. Equerre. Norma.
- Celle dont fe fert M. de Genffane eft de cuivre & pliante , pour la commodité du transport, & fes parties aliquotes font divifées en pouces &
- en lignes , auxquelles il donne la valeur fictice qu’il veut,fuivant l’étendue des ouvrages. Dans la folution du problème IX, niveller un terrein quelconque , il emploie deux réglés de même longueur & de différente ef-pece ; Tune fixe> ayant huit à dix pieds de longueur, & divifée feulement par pieds, dont les numéros de divifions fe comptent de bas en-haut; l’autre mobile , divifée par pieds, pouces & lignes dont les numéros fe comptent de haut en-bas , parce qu’alors , fi l’on veutfa-voir l’a hauteur du niveau , il n’y a qu’à joindre la fomniedes deux nombres. La première réglé , c’eft-à-dire la réglé fixe, eft évuidée fur toute fa longueur, & on place dans cette échancrure la réglé mobile, que l’on fait hauffer ou baiiîer le long de la rainure , & qui eft percée d’une petite fente fur toute fa longueur, excepté à chaque extrémité dans une longueur de trois pouces : cette fente fert de cou-liffe à un bouton de cuivre, fur lequel eft foudée une petite plaque de fer-blanc quarrée, dont le bord fupérieur fe place toujours foigneufement fur une divifion de pied ; cette plaque peinte en-dehors , afin de fervir de point de mire, eft placée en la faifant jouer le long de la fente plus ou moins haut, fuivant la pente du terrein que l’on fe propofe de niveller. De cette maniéré on peut prendre une hauteur de quinze à dix-huit pieds à cha-, que dation, ou à chaque coup de niveau , parce qu’on fouleve la réglé mobile avec la pointe d’un bâton , quand on ne peut plus y atteindre
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- avec la main , ce qui eft très commode dans Je s terreins rapides.
- O11 peut mettre au nombre des réglés mobiles en général , l’index qui part du centre d’un infiniment agronomique ou géométrique, pour, en parcourant tout le limbe , montrer les degrésqui marquent les angles par lef-quels on détermine les diftances, les hauteurs, &c. C’eft cette piece ap-pellée alilade, alidade, qui porte deux pinnules élevées perpendiculairement à chaque extrémité.
- Réglé déarithmétique. On donne ce nom à certaines maniérés de calculer, fur lefquelles eft fondée l’arithmétique ; pour parvenir à la réfolution des triangles reétilignes; il eft inévitable* d’être inftruit de ces réglés, particuliérement de la réglé de trois , par laquelle on trouve à trois nombres donnés un quatrième nombre proportionnel.
- Réglé de trois ou de proportion , ap-pellée aufti en arithmétique réglé dlor, réglé de compagnie, réglé dCalliage, réglé de faufiepofition. On appelle ainfi la .réglé générale contenue dans la folu-tion du problème. Trouver un des quatre termes dlune proportion dont on ne connaît que trois ; & d’où l’on tire après l’avoir réfous cette réglé générale : Un terme quelconque dlune proportion ejl égal au produit des extrêmes di-vifé par un des moyens, ou au produit des moyens divifés par un des extrêmes.
- Dans la pratique de la réglé de trois on a attention à prendre garde H les termes donnés font en raifon directe ou en raifon réciproque avec le terme
- inconnu, ce que l’on connaît par l’état de la queftion, & ce qui donne dans le premier cas la réglé de trois, nommée réglé de trois directe, qui fert à trouver les termes inconnus de plu* Heurs proportions.
- Il eft des queftions compofées, dont les folutions nommées réglés de compagnies , & par lefquelles il n’eft pas befoin d’autre réglé que de les diftinguer en plufieurs proportions, dont on trouvera les termes inconnus par la réglé de trois directe, dans laquelle les deux derniers termes homogènes font entr’eux comme les deux premiers.
- Rêglemens , droits , loix , ordonnances des mines, ail, bergrecht, berg-ordnung.
- Réglement ( édit de ) général en France fur le fait des mines & minières du royaume, & création d’un grand-maître, fuperintendant & général réformateur, un lieutenant, & contrôleur & un receveur général ; enfemble un greffier aux gages , taxations , privilèges & exemptions portées en icelui ; re-giftré au parlement le dernier juillet, & à la chambre des comptes le treizième août i6oy Cet édit de réglement cotnpolë de vingt-fept articles , dont nous avons porté les principaux fous différentes lettres , a été enregijlré du trls-exprès commandement du roi, réitéré par plufieurs lettres de jufiîon, fans que le grand - maître & fon lieutenant puifient par provifion ni autrement procéder à C exécution de leurs jugemens foit contre les propriétaires , fur Couverture de la terre & autres en conféquence , au
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- préjudice des appellations interjetées, a peine de tous dépens , dommages & intérêts.
- Par l’article XVIII, tous entrepreneurs ou autres failant recherche de mines, étaient tenus, aufli-tôt qu’ils en auraient découvert quelqu’une , d’en avertir le grand-maître, de lui porter ou envoyer l’eflai & échantillon qui en aura été fait, en indiquant le lieu , province & paroifle dans lefquelles eft lituée la mine, afin de prendre de lui . réglement avant de pouvoir faire travailler.
- L’article XXI-, pour affurer la pof-felîîon tranquille des mines & minières à ceux qui les entreprendront, déclare qu’ils ne pourront être dépoifédés ni leurs affociés, fuccefleurs & ayans-caufe , des mines qu’ils travailleront fans discontinuer, à la condition qu’ils Satisferont aux conditions de leurs contrats & réglemens qui leur auront été baillés par le grand-maître.
- Réglement, dans les anciennes ordonnances , lignifie l’ordre que prefi crivait le grand-maître pour tout ce qui devait être obfervé par ceux qui relfortiifaient à fa charge.
- Réglement inftruétif pour l’exploitation des mines de charbon des Cé-vennes & autres endroits de la province de Languedoc. Voyez Genffane. Réglemens anciens & nouveaux concernant la navigation de Condé eu Hainaut.
- Régulateur, diaphragme qui réglé le jeu du balancier.
- Remblayée ( galerie').
- Rembourfement de F office de grand-
- maître & furintendant des mines & minières de France, par arrêt du z% octobre 1741- Nouvelle forme donnée en conféquence à ce qui concerne cette adminiftration , par arrêt du cônfeil du 1 s janvier 1741 , qui ordonne que tous ceux qui exploitent ou prétendent avoir droit d’exploiter des mines, remettent entre les mains des inten-dans copie des titres qui leur ont été accordés , un état de leurs entreprifes, la quantité , efpece & qualité des métaux qui s’en tiraient à l’époque de cet arrêt, le nombre des ouvriers qui y étaient employés j le tout bien certifié véritable par les propofés à la direction des ouvrages , par les principaux intéreifés, pour être ordonné en-îiiite par S.'M. ce qu’il appartiendra en coiinaiiîance de caufe, fur le rapport du contrôleur général des finances. C’eft en conféquence de cet arrêt que ce miniltre était chargé depuis de ce qui concerne les mines, dont le département a été enfuite détaché, pour entrer dans celui de M. Bertin , aujourd’hui fecretaire d’état.
- Rempart, mur, parapet , benne, clôture, terre-plein , agger, vallum, fu. ftein vall ; lié. faille. Voyez Faille.
- Remuage du charbon de terre pour féparer les gros morceaux des menus.
- Rencontre ( fers de ) ftrolfeifen.
- Rendage ( jurifprudence ) , fe dit de ce que l’on rend quelque choie au feigneur, au maître, le profit qu’il en> retire ; rendage fe prend aufli pour la ferme, le profit & revenu qu’on retire d’un héritage ; dans la coutume de Liege les rentes créées par rendage font.
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- les rentes foncières réfervées , lors de l’aliénation du fonds. E11 houillerie on nomme rendage de prifes , l’acqui-fition du domaine utile de mines de charbon ; ce terrein, en vertu de cette acquifition, peut être travaillé par autant de bures où l’acquéreur juge né-cellaire d’approfondir dans l’étendue des prifes ou mines cédées; & il ne peut pas être dépouillé de ce droit, fans être deifaifi par l’autorité du juge dans la forme prefcrite. Mais cette ef-pece de décret du juge , que l’on nomme Jemonce, faijîne , ne peut avoir Heu que lorfque la fociété ou compagnie des maîtres des foifes entrepreneurs eft en défaut de travailler , par exemple , lors d’une celîîon de travail pendant lîx femaines, à moins qu’il n’y ait des caufes légitimes de fufpen-fion, comme le manque d’air , l’abondance d’eau ou la guerre.
- Rendeur. Terrageur} lié. propriétaire du fonds, qui peut être en même tems hurtièr, c’eft - à - dire , propriétaire de la furface.
- Renettoyeux, rinetieux , lié. outil qu’il fe fubftitue au fer de mine.
- Repaire, ( terme d’artifan) marque que les ouvriers font fur les pièces d’un ouvrage qui fe démonte ou fe ralfemble, afin de les remettre chacune à leur place quand il en eft be-foin. Ce qui fait le même effet en écriture, notre ; en ce ièns , repaire vient du mot latin reperire , parce que ces marques fervent à retrouver, à reconnaître l’endroit où chaque pièce doit être replacée. Repaire , en architecture , eft une marque qui fe fait fur
- un mur pour donner.un alignement & arrêter une mefure de certaine dif. tance, ou pour marquer les traits de niveau fur un jallon ou fur un endroit fixe : ainfi, dans les travaux de mines, toute efpece de marque , même linéaire, pour reconnaître l’ouvrage où on en était refté lorfqu’on l’a repris, eft quelquefois nommé repaire , repere.
- Réparations des dommages , lié. remettre l'héritage en fon prijline gayon. Les échevins de Liege font juges lorf-que les experts 11e font point d’accord entr’eux fur Peftimation des dommages faits à Plumier.
- Repos. Fourneau. Chambay.
- Reprèfentationspatibulaires, carcans 9 efirapades. Par l’arrêt du confeil du 14 mai 1 ($04 , fur l’ordre & réglement que S. M. veut être gardé au fait des mines & minières de fon royaume, il doit y avoir dans les endroits où travaillent les ouvriers, de ces repréfen-tations pour la punition, au jugement du grand-maître & fuperintendantgénéral des mines, ou de fes lieutenans , auxquels la connaiftànce des délits doit appartenir en première inftance.
- Reproduction de la houille dans les anciens fouterreins de mines. Allégation de M. Genneté fur ce point, plus que douteufe. Ce qui a pu fe rencontrer dans de vieux ouvrages , & être regardé par les ouvriers de mines comme houille ou minerai de nouvelle formation , eft bien plus vraifemblablement quelque portion ancienne lailfée ou oubliée lorfqu’on en a quitté les travaux , ou quelqu eboulement de maffe de charbon qui occupait le ciel des
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- galeries, & qui y était ignorée , qui s’eft enfuite retrouvée lorfqu’on eft venu y travailler dans des tems pof-térieurs.
- Réfervoir d'air. (Hydraulique ). Tam--bour creux , ménagé dans le tuyau montant d’une pompe foulante.
- Réfervoir ou. fontaine dans les mines du Bourbonnais , fervant de bougnou.
- Réfervoir ( puits de) fu. wattu dunt skakt.
- Réfidence ( obligation à ) de toute efpece d’officiers en général, dans le lieu où fe fait l’exercice de leur office ; on l’emploie du moins lorfqu’il exige un fervice continuel ou affidu. Par l’ordonnance du roi Charles VI, du 30 mai 1413 , il eft enjoint aux marchands , maîtres faifant l’œuvre , & aux ouvriers de mines de faire leur réfidence fur les lieux du martinet & des mines; femblable injonction par l’ordonnance du roi Henri II du 10 odobre 1 f f 2 , aux officiers , commis & députés à la recette du dixième.
- Réfine. Poix. Matière vifqueufe qui coule fpontanément ou par incifion , de plufieurs efpeces d’arbres appelles par cette raifon réfneux ; tels que les pins , térébenthes & autres , dont la réfine liquide qui eft le piflæleon , eft fouvent appellée du meme nom térébenthine , par rapport à fa reifemblance, & l’autre plus groffiere , féchée & épaiffie au feu ou au foleil, fouvent mélangée & diftinguée alors par les noms de poix-réfine , colophone , poix-noire , poix de Bourgogne. Une des parties conftituantes , inflammables des charbons de terre eft une forte de réfine.
- Réfinetix , arbres-qui fourniflent de la réfine , appellés en Allemand bois à aiguille.
- Réfinifié , efpece de régénération continuelle de cette réfine dans les cendres du feu de charbon de terre, qui s’en engraifient {ans cefle.
- Réfifiance, poids ou obftacle à. vaincre. Se dit en général d’une force ou d’une puilîance qui agit contre une autre , de forte qu’elle détruit ou diminue fon effet. Il y a deux fortes de réfiftances, lefquelles dépendent des différentes propriétés des corps fluides ou folides réfiftans ; & ces réfiftances font réglées par différentes loix.
- Réfolution. ( Jurifprudence. ) Signifie quelquefois décifion d’une question, quelquefois la délibération prife par une compagnie. Réjolutions de la cour du charbonnage d Liege, fur diffé-rens points de houillerie.
- Réfolutions & placards. ( Commerce. ) On appelle ainfi en Hollande les ordonnances .des Etats-généraux des Provinces-Unies, foit pour la police , foit pour la politique, foit enfin pour le commerce. Quelques-uns mettent une différence entre réfolution & placards , regardant la réfolution comme l’ordonnance même , & le placard comme l’affiche expofée en public pour promulguer des réglemens. Vov. Placards.
- Réfolution, plus communément fo-lution. ( Mathématiques. ) Enumération des chofes qu’il faut faire pour obtenir ce que l’on demande dans un problème.Réfolution algébrique de deux efpeces ; l’une qui s’exerce fur les pro~
- blêmes
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- blêmes numériques, une furies problèmes géométriques. Réfoludon des nombres trouvés dans la mejure des fouter-reins, ou l’art de chercher par le moyen des hypothénufes & des angles donnés , les perpendiculaires & les bafes , & de les expoferavec leurs angles fur leurs tables. Réfoludon d'un triangle, réfoudre un triangle, c’eft chercher la valeur des parties dont le triangle eft compofé, c’eft-à-dire, de fes angles & de fes côtés.
- Refponfable, ouvrier faifant fétoyer les folles fans raifon valable, eft refponfable du dommage qui en réfulte.
- Refit igner , faigner une areine , lié.
- Reffaifir ou dépolféder les maîtres dans leurs prifes, lié.
- ReJfort. ( P hy fi que. ) Effort que font certains corps pour fe rétablir dans leur état naturel , après qu’on les en a tirés avec violence , foit en les comprimant, foit en les étendant; c’eft auffi ce qu’on nomme force élaf. ûque ou élafidté. Cette qualité dans l’air, ainfi que fa pefanteur , influent confidérablement fur l’a&ion des machines hydrauliques. Refjort fe dit quelquefois & allez fouvent du corps même doué de cette élafticité ; de là il s’emploie plus ordinairement dans les arts pour lignifier toute piece élaf-tique employée dans un grand nombre de différences machines , pour réagir fur une piece & la faire mouvoir par l’effort qu’il fait pour fe détendre ; pour cela une des extrémités,du ref-fort s’appuie ordinairement fur la piece à faire mouvoir, & l’autre eft fixement attachée à quelque partie de la ma-Tome XFllI
- chine. Ces relfortsfont quelquefois en laiton très - écroui, mais communément ils font de fer forgé ou d’acier trempé, & un peu revenu ou recuit, afin qu’ils ne calfent point. Dans la machine à vapeurs on voit plufieurs pièces de ce genre , comme le relfort deftiné à prefter le régulateur contre l’orifice du collet. Un autre contre lequel le bouton du régulateur s’appuie en allant en-avant, lorfqu’il fe ferme.
- Rejlitudon des denrées à Liege , infligée avec une amende par réglement du prince Théodore aux ouvriers de fofles qui en portant des houilles aux paires , en détournent quelque partie.
- Retardement d’ouvertures & de travail de mines : par l’arrêt du î4 mai 1064 , toute perfonne qui a contracté & pris réglemens du grand - maître , eft tenue , un mois après le contrat, de fe mettre à l’ouvrage, fous peine d’être dépolfédée , à moins que lefdits entrepreneurs n’aient une excufe rai-fonnable & fuffifante ; font de même dépofledés, ainfi que tous employés en faute dans le cas d’interruption de travail par négligence, ou autre motif dont ils ne puiffent donner excufe légitime.
- Retrailles. Déchet. Rognures-.
- Rétrécie ( veine ) , ail. ftreindure Veine étranglée par quelque krouffe ou koumaille.
- Retrojfeux , ( houillieres de Dalem ) ouvriers des paires.
- Retrouver la veine étranglée ou coupée par un filon croifé ou divifé dans la couverture ou dans le chevet. De ces C c
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- différens cas, le plus difficile eft celui où la veine fe trouve étranglée au point qu’elle ne s’apperçoit plus du tout. M. Delius confeille alors de fuivre la recherche dans l’heure de la direction, & la veine fe retrouve le plus fouvent dans la première puif-tance, après avoir traverfé la partie du roc qui la coupait ; mais quand cela n’arrive pas dans la diftance de quelques toifes, il faut chercher la veine par des galeries de traverfe. M. Delius emploie la fin du quatrième chapitre à difcuter toutes les différentes maniérés dont les veines peuvent fe perdre & fe retrouver.
- L’accident le plus fréquent, c’eft l’étranglement, c’eft-à-dire, que la couverture & le chevet fe rapprochant, fe réunifiant, détruifent abfo-lument dans cette'partiela veine, qui alors eft perdue jufqu’à une certaine diftance s mais rien n’eft plus facile , félon M. Delius, à retrouver, en pourfuivant les extrémités des alon-gemcns , ou les approfondiffemens dans l’intervalle des deux efpeces de rocs, jufqu’à ce qu’ils commencent à fe rétablir dans leur première forme.
- Revelet. Rifvelaine, lié. Outil de fer employé par les xhaveurs.
- Réverbéré ( feu) par le fol'geron dans fa manœuvre.
- Revêtiffement des puits de mines, différent félon différentes circonftan-ces. En maçonnerie, en partie ou en totalité. En briques , quelquefois à chaux, d’autres fois fans chaux ou à fec , félon que les endroits font humides ; en fafcines , appellées roiffes , pour les foifes de petit athour. Eu
- gros bois, pour les foffes de grand athour, comme il fe pratique dans les mines deNeweaftle. Revêtiffement des puits quarrés, & quarrés longs, fixés par l’article IV de l’arrêt du confeil portant réglement pour l’exploitation des mines de houille, du 14 janvier 1744.
- Révolutions, ou baffes de veines , de couches.
- Réveillon. Coupure. Rayon , lié.
- Reuillon , dans les mines deDecize, petit puits à plomb , établi à côté du bure d’extra&ion, & moins large que ce bure.
- Rexhaver une fojfe , lié. Travailler de nouveau une foffe qui avait été abandonnée, & à laquelle on donne alors plus d’étendue qu’elle n’en avait.
- Richon - fontaine ( areine de ) , l’un des quatre conduits de décharge privilégiés dans la cité de Liege.
- Ridge, an. Faille , qui fait varier l’allure des veines.
- Riegel, ail. Petites montagnes longues par les côtés, & qui tiennent à de grandes montagnes.
- Rigole. Coupure pour les eaux. Aquarius fulcus.
- Rihoppement de veines , produit par une faille, dans une mine de charbon , à Bishop Sutton près Stowi en Sommertshire. Rihoppement en faut de mouton.
- Rilegatura , ital. Fente remplie de quartz ou de Ipath. On entend auffi quelquefois par cette expreffion une veine métallique.
- Ring ( eiferner ) , ail. circulus ferreus. Anneau.
- Ringard. Barre de fer ronde , plate
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- par lin bout en forme de lance ; elle eft deftinée, fuivant fa longueur & fa groifeur, aux difFérens ouvrages d’une forge.
- Rinfage des bateaux. Verfage des marchandifes d’un bateau dans un autre , ou de trois bateaux en deux feulement.
- RipaJJeur , lié. ouvrier de mine qui fuccede dans le travail au boitfeur.
- Rijîapleur , lit. ouvrier qui fuccede dans le travail au ripalfeur.
- Rijlay , rajîau , lié. rateau tout en fer, pour les hiercheux & les ftanfeurs.
- Riviere navigable. Confidération générale fur cet objet, dans les fpécu-lations de mines, pour la facilité du débouché.
- Riviere donnant matière a quelque problème de géométrie fouterreine ; tel, par exemple, que celui de l’ouvrage de M. de Genflane. N°. XVI. Un point étant donné dans un vallon, déterminer , s’il eflpojffible , d’y amener une riviere qui en ejl jeparée par une montagne , & le nombre de toifes de percement quil y aurait à faire.
- Rixthaler. Monnoie étrangère valant 2 livres io fols.
- Robinet, ou clef de tuyaux par lef. quels fe déchargent les eaux dans différentes opérations de mines , appellé à Liege cranon.
- Roc de montagne. Roche. Un champ négligé dans la pratique de l’exploitation des mines, & dans lequel M. Delius a perfectionné les connaifTati-ces *, c’eft ce roc des montagnes, dans lequel les veines & filons ont ordinairement leur marche & leur direc-
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- tion. Jufques à préfent on ne s’eft point mis en peine d’en déterminer la nature par l’examen & l’analyfe chymique ; les pierres de veines, les pierres de gangue, comme quartz, fpath, ont feules fixé les vues des phy-ficiens minéralogiftes , qui les ont regardées comme matrice des métaux ; les chymiftes feuls fe font exercés fur ces pierres uniquement par rapport aux opérations métallurgiques. Selon M. Delius, ce roc des montagnes efl la vraie matrice métallique. Cet auteur ne s’eft pas moins attaché aux pierres qui fe trouvent dans les veines , filons & amas , mêlées avec du minerai , ou fans minerai, & qui font différentes du roc formant la maiTe de la montagne , ainfi que fur les difFérens changemens qui fe rencontrent dans le roc de la couverture & du chevet des veines , & qui déroutent fréquemment les mineurs. M. Delius infifte fort fur l’importance dont il eft pour les mineurs , de bien obfèrver & connaître les rochers dans lefquels les veines & filons ont ordinairement leurs marches ou directions ; ce lavant en diftingue cinq efpecs , les roches-ardoifes , les roches fablonneufes , les roches cornées , les roches calcaires & les roches mixtes..
- Roc. Roche entière qui efl: pleine dans toutes fes parties, qui eft fans ouvertures , 8c qui eft par - tout de même nature.
- Roc à gros bancs. Roc dont les feuilles font grolfes.
- Roc boifé. Roc dont les feuilles font petites.
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- Roc confus, dont les feuilles n’ont pas de bancs réglés , mais difperfés au hafard.
- Roc fêlé, roche fendue , qui n’eft pas entièrement lié par les fentes , mais qui a quelques vuides , ou qui eft rempli d’une efpece de terre molle j dans ce dernier cas , ce roc fe nomme roc plein de filons pourris.
- Roc feuilleté , dont les bancs font compofés.
- Roc à filon favonneux, c’eft-à-dire, rempli de matière favonneufe.
- Roc ou grès. Roc machurè. Rocher gris. Granit blanc , grifâtre , très-dur.
- Roc noir ardoifé, brouillé.
- Roc pourri, dont les bancs font désunis , & dont les intervalles ne font occupés que' par des matières molles, favonneufes , ou des «filons pourris.
- Roc de quartier , fervant de toit à la grande mine.
- Roc folide. Roc entier. Roche dans laquelle on ne reconnaît ni banc, ni couche.
- Roc à trouer. Mines métalliques. Couche d’ardoife pauvre , placée dans le toit, au-delfus de la couche du minerai , & fur laquelle on prend quelquefois la hauteur que l’on veut donner aux gradins.
- Roc ( pic de ).
- Roches. On appelle ainfi des pierres compofées de caillou , de fpath , de mica, & quelquefois même d’autres pierres.
- Roche cornée , fu. graeberg. Pierre que l’on confond fouvent avec le granit , le fchifte corné , le geftell-ftein i
- fes parties eflfentielles, félon les remarques de M. le baron de Dietrich , dans fes notes fur les lettres de M. 'Ferber, font du quartz, dans lequel il y a des taches ou des raies grofi fieres de mica, féparées les unes des autres ; mais lorfque ces r^ies de mica font très - rapprochées, & que par là cette roche devient fchifteufe ou feuilletée , l’ufage auquel on l’emploie pour les foyers lui fait donner le nom geftell-ftein , fans pouvoir néanmoins appliquer cette même dénomination à la roche cornée, employée au même ulàge, au défaut du vrai geftell-ftein.
- Roche de corne. Argille endurcie qui fait la lifiere de quelques filons ; on défigne auffi quelquefois par ce nom des cailloux ou pétro-filex.
- Roche - la- Moliere en Forez , où eft: la mine de charbon appellée mine Sainte - Françoife , dont le charbon le vend à Paris, fous le nom de mine royale.
- Roche. Territoire d’Auzat en Auvergne. Expérience pyrique fur le charbon de cette mine. Au dire des marchands, il eft d’une qualité très-inférieure à celui des autres mines du même canton, & ne peut être employé dans la confommation de Paris.
- Rocher, ou terre verte. Tourteau. Terre compa&e dans les houillieres du Hai-naut.
- Rocher calcaire , ou fpatheux, ou calcinable , très-commun dans une partie du pays de Liege , appellé , par les ouvriers de mines de fer 3 pays blanc.
- Rochers quart^eux 9 très - volumi-
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- lieux , arrangés en lames parallèles s variés d’ailleurs , & entre-mëlés dans toutes les autres circonftances de couches de pierres, de grès ou fàblon-neufes , de fchiftes noirâtres, de pyrites & de houilles. Ces rochers d’une fubftance vitrifiable & inattaquable par les acides, forment h maiTe générale des montagnes & des vallées du côté de Franchimont au pays de Liege , & font d’une matière analogue à l’argille ; les plus tendres fe réduifent même en argille avec le tems. Tous les rochers du pays , tant les calcaires que les quartzeux , à l’exception de quelques portions fuperficielles retiverfées accidentellement, y font dans un ordre très-régulier , félon l’obfervation de M. de Limbourg le jeune, & ils y gardent une fituation allez conllante ; le bord fupérieur de leurs lames fe dirigeant en longueur de l’eft à l’oueft ,. & leur plan étant à peu près perpendiculaire à l’horizon, comme Ci ce n’était qu’une feule & même mafle très-étendue au loin dans le pays, & très-enfoncée en terre.
- Rocherfchijleux, dit par le même auteur , rocher de matière vitrifiable , formant une partie du pays Belgique , qualifié par les ouvriers de mines de fer, pays noir.
- Roches qui accompagnent les veines de charbon dans le pays de Liege. M. de Limbourg le jeune obferve dans un mémoire préfenté à l’académie de Bruxelles, que les rochers à houille de ce pays font à la proximité des rochers calcaires , qu’ils font compofés de lames parallèles entr’elles.
- Rockers ( forage des ) en Angleterre.
- Rock fande, an. roc fabloniieux.
- Roed Brecht, ail. fer caffant à chaud.
- Roh-fmal^en , fu. première fonte , ou fonte à dégroilir.
- Roh.flein. ( Métallurgie.') Matière impure & mélangée, qui s'obtient dans la fonte après le roh - lmalzen.
- Roiffe, lié. armement de fafcines maintenues par des planches , pour foutenir quelquefois l’intérieur des bures.
- Roiffe y lié. ( pendage de ) perpendiculaire ou à peu près.
- Rokter. Hacher menu.
- Rolle. Defcente du puits. Bufe du bure.
- Rollen y ail, longa capfa patens
- Rolles. Rollettes. Orbiculi. Poulies , en bois de chêne , ou de hêtre. Bois de rolles. Rolles du bure , lié. Rolle du chat de vallée , Hé.
- Roly en Boulonnais, avoifinant les mines de charbon de terre concédées par arrêt du confeil au. duc d’Hu-mieres le 6 juin 1741 : par un autre arrêt du confeil, du 28 feptembre de la même année , défenfe au fieur Bu» camps d’ouvrir dans fes terres de Roly & Aulnay , des mines de charbon ;de terre , à la diftance de deux cents perches de celles du duc d’Humieres.
- Rombaumy alL.Sucula. Méchanique. Rouleau.
- Romaine ( bureau de la ) à Rouen & au Havre, où les maîtres de navires , en vertu de l’arrêt du confeil , du 11 feptembre 1714, font leur déclaration , & repréfentent leurs con-
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- naiflemens & chartes parties. Cette douane eft appellée romaine., de ce que cette forte de balance y eft particuliérement en ufage.
- Ronddot ( houille en ). Rondelot. Gros charbon. Gaillette. Se vend à Arras à la même mefure que le menu charbon.
- Rofette ( cuivre de ) de Suede , entre dans la compofition de plufieurs agrès de mine.
- Rotijfage. Grillage. Ujlulatio , ail. rojlung.
- Rotten Jlone , an. pierre pourrie.
- Rottices , ou routes de l’areine, lié. fourches de l’areine.
- Rouage, rouet. Machine compofée, dont l’effet eft très - confidérable -, les rouages ne font autre chofe que des treuils, dans lefquels la puiffance’agit fur la grande roue , à l’aide de fes propres dents ; ce qui tient alors lieu du cylindre , eft une roue- dentée, beaucoup plus petite, adaptée fur l’axe ou tige de la grande roue , de maniéré qu’elle ne peut tourner que la grande roue ne tourne auffi. Pour diftinguer l’une de l’autre , on nomme la petite un pignon ; fes dents s’appellent des ailes. Voyez Leviers. Voy. Ailes. Sous ce nom de rouage, on comprend dans une machine toutes les parties qui regardent les roues, les lanternes , les tufeaux, les pignons. Hernaç ou machine à rouage pour l’enlevement des denrées de quelques bures, mu à bras, par des chevaux.
- Roue. ( Méchanique. ) Machine limple con(iftant en une pièce ronde de bois, de métal, ou d’autre matière,
- & qui tourne autour d’un ailiieu ou axe. Le même nom de roue eft fou-vent donné aux poulies ou moulettes.
- Roue dans fon aijjîeu. Machine compofée d’une roue attachée par les rayons à un cylindre ou rouleau, que l’on nomme treuil j 8c qui eft appuyée par les extrémités. La puiffance eft ordinairement appliquée à la circonféi. rence de cette roue , qu’elle fait tourner par le moyen de plufieurs chevilles perpendiculaires à fon plan ; le poids eft attaché à une corde qui tourne autour du treuil. Tel èft l’effet ou la propriété de cette machine.
- La roue eft une des principales puif-fances employées'dans la méchanique, & eft d’ufage dans la plupart des machines ; on lui donne différentes formes fuivant les mouvemens qu’on veut produire , ou l’ufage qu’on veut en faire. Les roues font diftinguées en roues fimples & en roues dentées.
- La roue Jimple ou proprement dite, eft celle dont la circonférence eft uniforme , ainfi que celle de fon ailiieu ou arbre , & qui n’eft point combinée avec d’autres roues. Telles font les roues de voitures. Roues des voitures pour tranfporter les charbons de la mine aux magafins. G’eft la même réglé que pour la machine appellée tour ou treuil, axis in peritrochio. En effet, la roue limple n’eft autre chofe qu’une efpece de treuil, dont l’aillieu ou axe eft repréfenté par l’aillieu même de la même roue, dont le tambour ou pe-ritrochium eft repréfenté par la circonférence de la roue \ les grandes roues ( il faut entendre par-là celles qui ont
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- cinq ou fix pieds de diamètre ), ont l’avantage d’avoir leur centre à peu près à la hauteur d’un trait de cheval, ce qui met Ton effort dans une direction perpendiculaire au rayon qui porte verticalement fur le terrein , c’eft-à-dire, dans la direction la plus favorable, au moins dans les cas les plus ordinaires : c’eft une remarque faite par M. l’abbé Nollet, dans fes Leçons de phyfique.
- Roues en couronne , Si. roues plates & de champ. Roues dont le plan eft perpendiculaire à la partie regardée comme la bafe de la machine.
- Roues dentées. On nomme ainfi celles dont la circonférence ou les aiflieux font partagés en dents qui engrenent dans des pignons, afin qu’elles puif-fent agir les unes fur les autres , en s’engrenant dans des pignons, & fe combiner 5 ce qui forme une machine compofée, très - propre à élever de grands fardeau^.
- La théorie des roues dentées peut être renfermée dans la réglé fui van te : la raifon de la puiffance au poids , pour qu’il y ait équilibre, doit être compofée de la raifon du diamètre du pignon de la derniere roue au diamètre de la première roue, & de la raifon du nombre des révolutions de la derniere roue au nombre des révolutions de la première, faites dans le même tems ; ou Amplement, le rapport de la puiffance ejl comme le produit des rayons des pignons au produit des rayons des roues. En effet, dans chaque roue Si fou pignon la puiffance eft au poids comme le rayon de la première
- roue eft au rayon du pignon. Ainfi chaque roue donnant ce produit , le rapport de la puiffance fera au poids comme le produit des rayons des roues. On voit par-là combien une machine des roues dentées peut augmenter l’effort d’une puiffance.
- Les roues multipliées font fouvent d’une grande utilité , ou pour aider, ou pour accélérer le mouvement ; néanmoins l’inconvénient qui en ré-fulte d’un autre côté par une plus grande quantité de frottemens, peut quelquefois être tel, qu’alors cet inconvénient égale ou furpaffe même l’avantage qu’on pourrait retirer de la multiplication des roues. Les dents de ces roues font de hêtre pour l’ordinaire. M. Delius préféré le bois de chêne très-dur.
- Machines compofées de roues dentées. La plus grande perfection de ces machines eft, en général, un pointtrès-difficultueux j on ne peut dans ces machines compter fur une précifion bien exaCle ; il faut, pour ainfi dire , que le pignon Si la roue ne faffent Amplement que fe toucher. M. Camus s’eft attaché , dans fon Cours de mathématiques , à déterminer la meilleure figure qu’011 puiffe donner aux dents de ces roues, ainfi que le diamètre que deux roues qui engrenent enfem-ble doivent avoir relativement au nombre de leurs dents, & à la quantité de leur engrenage.
- Roue , dans les machines hydrauliques , ail. kunft rad, font de différentes efpeces. Roues à aubes. Roues à pots, ou à augets, La roue confi-
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- dérée dans la méchanique comme un levier continuel, plus elle eft grande , plus fon demi-diametre ou rayon eft éloigné du point de la charge, c’eft-à - dire , de l’anfe de la manivelle ; car plus le bras de la manivelle eft contenu dans le rayon de la roue, ou dans les diftances inftantanées de l’éloignement des godets , plus la puiffance de la roue devient confi-dérable , ou ce qui eft la même chofe, plus la charge adaptée au tirant diminue; & comme une grande charge contient beaucoup plus d’eau , que le poids de l’eau & Ton éloignement de la charge compofent toute la force de la roue , il eft évident qu’une grande roue a beaucoup plus de force qu’une petite, toutefois lorfque les manivelles font d’une même proportion ; par cette même raifon les roues des machines hydrauliques dans les mines font prefque toutes de cinq ou fix toifes de hauteur.
- Roue à chute fupérieure, & roue à chute inférieure, ne different les unes des autres , qu’en ce que les premières reçoivent leur mouvement de l’eau qui tombe dans les godets fu-périeurs, & qui y refte jufqu’à ce qu’elle fë décharge inférieurement. L’agent des roues à chûte inférieure eft l’eau venant à choquer obliquement contre les godets ; mais comme dans ce cas il faut un plus grand volume d’eaux, ce qui eft rare à avoir auprès des mines, les roues à chute fupérieure font les plus ordinaires. L’établilfement de ces machines demande donc au préalable un nivelle-
- ment exaél de la pente de l’eau, pour déterminer à quelle hauteur on peut s’en procurer pour déterminer le choc de l’eau contre les ailes , connaître la quantité d’eau qui arrive dans un tems donné, afin de conf. truire l’éclufe en conféquence. Les différentes conftru&ions des roues à chiite inférieure font décrites dans M. Delius ; elles different principalement de la conftrudion des roues à chute fupérieure en ce que leurs ailes font dreffées en ligne droite, & correfpondent aux rayons.
- Roue à vent, alL flocher. Tambour a vent, machine ulitée depuis long-tems en Allemagne pour porter de l’air dans les mines, & repréfentée dans toutes fes parties parmi les planches de M. Delius ; compofée d’une cage ou d’une caiffe renfermant dans fon intérieur une roue à ailes, adaptée à un arbre cylindrique , dans lequel il y a une manivelle enchâffée qui fe meut à bras d’hommes. L’air eft mis en mouvement circulaire , & en s’éloignant vers la périphérie, s’introduit dans des tuyaux adaptés à la cage ; l’air contenu dans le milieu étant exténué, l’air extérieur entre fans ceffe par des ouvertures placées latéralement , & eft toujours porté dans les tuyaux. Lorfque cette caiffe fert d’afpirateur, on adapte ces mêmes tuyaux à l’ouverture où elle afpirait dans le premier cas, & à la fuperficie,^ ainfi que le tuyau par lequel eft pouffé le mauvais air afpiré. Cette machine a aujourd’hui la préférence fur toutes les autres , parce qu’elle peut être
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- placée par-tout fans grands inconvé-niens, que fon mouvement demaude peu de force, & qu’on peut, avec elle , fe procurer de l’air frais fans interruption.
- M. Delius remarque qu’il eft né-celfaire qu’elle foit placée dans des endroits où elle puilfe afpirer & poulfer toujours un air frais i car il elle af-pirait un air mauvais, elle augmenterait celui que l’on veut extraire de la mine. Lorfqu’au contraire ces machines doivent être afpirantes , il eft elfentiel de les placer de maniéré que l’air afpiré puilfe fe communiquer tout de fuite avec celui de la fuperficie, lans pouvoir s’introduire de nouveau dans la mine j en conféquence il faut, quant aux machines fouillantes , les placer dans l’endroit où l’air de la fuperficie entre dans la mine, & les machines afpirantes dans l’endroit par lequel l’air fort de la mine.
- Rouergue , province de France , abondante en charbon de terre. En 1763, il y en avait une quarantaine de mines ouvertes, dont la fouille datait, pour la plupart, de 30,40 ou 50 ans ^ le charbon s’y maintenait alors à un prix plus modique que dans aucune mine connue i elles font travaillées par percement de jour. Les conceflionnaires qui, aux termes de l’arrêt du 15 février 1763,devaient fe mettre en état dans un an à compter de cette date , de faire le fervice du public , fe font trouvés convaincus par procès - verbal fait en vertu d’un arrêt du parlement de Touioufe, n’avoir extrait, dix-huit mois après l’ob-Tome XVlll.
- tention de leur concefïion , que 778 comportes de charbon , dont 300 feulement étaient d’alfez bonne qualité , malgré le travail de foixante hommes par jour, depuis le mois de février 1774, jufqu’au 4 feptembre s ce qui eft très - différent de ce que les habitans faifaient charger année commune.
- Rouet. ( Charpenterie. ) Alîemblage de madriers, fur lequel on affeait la maçonnerie des puits, bien de niveau dans celui que l’on approfondit , & fur lequel 011 établit la maçonnerie, dans la conftru&ion indiquée par M. de Genffane, art. XXI du réglement qu’il propofe. Les madriers dont il eft compofé, ont quatre pouces d’é-paiffeur fur une largeur à peu près égale à celle du mur que l’on conftruit dans le puits., & d’un diamètre pareil au diamètre de cetTe foife , félon que le puits doit être profondé en dragans 5 ce rouet doit être double & affemblé avec de fortes chevilles : fi au contraire on veut faire le puits par un travail en fous - œuvre, le rouet doit être fimple; & pour un puits de fix pieds de diamètre , il doit néceffairement être compofé de fix madriers de trois bons pieds de longueur en - dedans, de la largeur du mur, & ces pièces ne doivent pas être alfemblées.
- Rouet à fuJiL des houilleurs Anglais. F tint mill.
- Rouge ( craie ) , fanguine, hématite, tête vitrée.
- Rouge fin F Angleterre. Brand.
- Rouilleferrugineufe (teinte nuancée de ) formant le fond de la couleur de la première couverture de la veine de D d
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- Fims , appellée Baume.
- Rouilleux [ charbon ]. Panaché. Li-thantrax rubiginofum , feu rubigine ob-folete variegatum. A Grâce , près Mon-teignée , au pays de Liege, on tire une houille maigre de ce genre ; c’eft la feule que je connaifle.
- Rouleau. Radoir. Outil.
- Rouleau, tambour fur lequel tournent les cord\es , cables ou chaînes ; les plus petites ont ordinairement de quatre à cinq pieds de diamètre, de fept poucesd’épaiffeur, & la cannelure cinq pouces de large, fortifiés de cercles de fer. Les rouleaux de grand diamètre caufent de petits frottemens ; les petits rouleaux , au contraire, en produifant de grands , on doit éviter de les employer. Les conféquences du frottement des cordes fur les poulies fixes influent fur la réfiftance que font les cordes à être pliées. Des expériences faites par M. Amontons, pour connaître ce frottement, il réfulte principalement que la réfiftance qui vient des rouleaux , diminue en raifon in-verfe de leur diamètre. Si l’on a une corde d’une ligne de diamètre à laquelle foit fufpendu un poids d’une livre, & que cette corde faffe un tour fur un rouleau d’un pouce de diamètre, il faudra le poids d’une once, ou la fixieme partie du poids que fou-tient ici la corde pour furmonter la réfiftance à fe courber : d’où il fuit que fi, par exemple, le poids était de 400 livres, la corde de 8 lignes de diamètre , & que le diamètre du rouleau ou de la poulie fixe eût f pouces', on aurait pour la réfiftance 640 onces
- ou 40 livres, qu’il faut ajouter au poids de 400, pour furmonter cette réfiftance. La raifon de cette réglé eft que la réfiftance d’une corde d’une ligne de diamètre, avec un poids d’une livre fur un rouleau d’un pouce , eft: à la réfiftance d’une autre corde, comme une once eft au produit du diamètre de l’autre corde par le poids qui la foutient, divifé par le diamètre du rouleau , puifque , fuivant les expériences , les réjijlances font en raifon compofée de la raifon directe des poids , & de la raifon inverfe du diamètre des rouleaux.
- Round houfe, an. hutte à air.
- Rouverain (fer), fer plein de craffe, difficile à fouder, qui fe caffe à chaud lorfqu’on le travaille.
- Royal.( dixième ) , an. royaltie. Droit régalien. Privilège royal. Jus procedrice. Droit du roi fur les métaux. Ordonnance du roi Charles VI, faite au grand confeil en 1413 fur ce fujet & fur l’exclu lion des feigtieurs à y prétendre. Don du dixième pendant les cinq premières années , déterminé au fieur de Roberval dans les lettres de Henri II, du dernier feptembre ij-qg.j au fieur Julien pendant les quatre premières années , par lettres de François II du 29 juillet iy6o.
- Toutes perfonnes contraintes au paiement du dixième, & pour cela fou-mifes à la jurifdidion des juges députés pour le fait des mines par les mêmes lettres. Défenfes à tous officiers & particuliers de s’approprier le droit du dixième , & de s’exempter de le payer, par lettres de Charles IX du
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- premier juin 1562. Ordonnance du même, du mois de mai 1563 , qui foumet toutes fortes de perfonnes au paiement du dixième. Les droits de dixième qui n’ont pas été payés , déclarés ufurpés par lettres de Charles du 26 mai 1 <>63.
- Ordonnance de Charles IX du mois de feptembre 1563 , qui défend au parlement & à tous autres juges de connaître des différends fur le droit de dixième.
- Don du dixième pour fix ans au fieur Vidal, par lettres de Charles du 28 feptembre 15-68- Don & oCtroi du dixième à la compagnie Galabin , par édit de février 1722. Arrêt du confeil du premier mai 1731, qui révoque ce droit. Arrêt du confeil du 14 mai 1746 , qui difpenfe le fieur Blalon de payer pendant cinq ans, à compter du 3 décembre 1744, au fermier du domaine le quint denier au muid du gros charbon de terre , & le dixième au muid du même , provenant des mines qu’il fait exploiter dans fa fei-gneurie de Blalon.
- Roy on. Coupure , lié. reuillon pour fuppléer au peu d’épaiffeur des veines dans l’exploitation , quelquefois pour fervir de canal aux eaux, &c.
- Royons , lié. Cerceaux, bandes de fer deftinées à renforcer différentes cailfes qui entrent parmi les agrès de houillerie, comme les bâches 8c autres uftenfiles de ce genre.
- Rubble. Rubly, an. Pierreux.
- Rubord, charpenterie, premier rang de planches ou bordage d’un bateau qui fe joint à la femelle, & qui eft la
- première piece du fond du bâtiment.
- Rule , an. Rider. Squere. Equerre. Rulle. Monter en rulle, lié. c’eft-à-dire, monter directement en pendage de veine.
- Run , commerce de riviere. Terme employé dans les anciennes ordonnances pour lignifier rang.
- Rupture de gaqon , lié. efpece de denier - à - Dieu que donne au hurtier ou maître de la fhperficie celui qui entreprend un nouveau bure : c’eft ordinairement une piece d’or qui eft un ducat. Cela s’appelle donner quel~ que chofe pour la rupture du ga^on.
- Rusbruch, ail. première entaille ou entame dans une veine attaquée avec l’outil ; ce qui revient affez à ce que les houilleurs Liégeois nomment choxque.
- Rutrum. Beche. Hoyau , ail. fruck.
- Ruwalette, Lié. Ouverture de taif-lemens , lié. R eût canal pour Vairage dans un burtay, ou petit canal pour l’airage.
- S
- AB le , mélangé ordinairement dans les glaifes , dans les argilles , & dans les mines de charbon.
- Sable d'alluvium des bords de l’Ef. caut, employé à faire des briquettes.
- Sable bouillant. Les travailleurs en terre nomment ainfi une efpece de la-blon qui fe trouve dans les marais , & au travers duquel l’eau fe fait jour quand on marche fur ce fable.
- Sable gras. Sable coulant. Glarea mo~ bilis. Sable des fondeurs. Sable à faire des moules, an. form land.
- D d ij
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- Sable pierreux de la mine du roi Adolphe-Frédéric , fin , d’un jaune clair , de fix à neuf pouces d’épail-feur, entrelardé de molécules d’ardoife noire ou charbonneufe ; cette pierre de fable ne fe fond point, mais fe di-vife lorfqu’elle a été chauffée & refroidie.
- Sable foufreux, qui fe trouve quelquefois dans le charbon de Wettin.
- Sable verd, noirâtre, compofant une couche folide des mines de charbon du pays Montais, & qui a l’air d’être volcanifée.
- Sable vitrifiable, anguleux , & rude au toucher , commun dans quelques plaines de la banlieue de Liege , & notamment dans celle où eft placée la citadelle. M. de Limbourg le jeune , dans un mémoire envoyé à l’académie de Bruxelles, remarque que ce fable & le fleny y font arrangés en couches horizontales de peu d’épaif-feur, fous le rocher ; dans cette partie du pays , c’eft-à-dire, près la citadelle , les fables y font mêlés d’une forte de craie.
- Sable ( conjlruction â chaux & à ) pour les murs d’étai des galeries. M. de Genffane confeille de faire ufage du mortier de M. Loriot.
- Sablonneufe ( argille ) ordinaire dans les mines de charbon. ( Couche. )
- Sablonneufe (pierre ) d’un gris-blanc, fouvent mêlée avec du mica ferrugineux noir y elle n’a pas ordinairement de feuilles, ou elles font fort épaiffes 5 dans fa rupture elle eft très-feche au toucher, & grenue j tantôt elle eft peu dure, tantôt moyennement dure, &
- donne du feu quand elle eft décidément dure. ( Terre. ) Ainfi nommée de quantité de fable dont elle eft com-pofée : elle admet facilement l’eau ; mais elle s’y filtre , & n’y refte pas.
- Sac pour extraction. Sorte de poche faite d’une piece de toile ou de cuir coufu par le bas & par les côtés , ouvert feulement par le haut pour mettre dedans ce que l’on veut.
- Dans quelques mines métalliques, les facs employés à l’enlevement du minerai du fond du puits, font de cuir de bœuf & garnis de leurs poils , ce qui les rend d’un fervice d’affez de durée. M. Delius eftime qu’ils font à employer de préférence à des cailles dans les puits larges , perpendiculaires, qui ont peu ou point de boifage, & qui ont peu de profondeur. Il y a de ces facs de deux grandeurs différentes ; les grands contiennent fix quintaux, & les petits deux.
- Dans les baritels à eau, le nombre de facs à extraire ne peut point fe fixer, comme on fait avec le baritel à chevaux, attendu la néceflité où l’on eft d’économifer très - foigneu-fement les eaux pour l’ufage de beaucoup d’autres machines ; car plus les godets fe remplirent promptement, plus l’eau fuit ou court, plus la roue tourne , & plus 011 enleve de facs.
- En Angleterre onfe fert pourvui-der les eaux, de facs de cuir qui s’en-levent avec des cordes : il eft de ces facs qui contiennent huit ou neuf gallons.
- A Braffac le charbon s’enlevede la mine dans des facs qui fe tranfportent
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- à dos d’âne ail port d’embarquement. M. de Genflane , article XXXVI de fon réglement , improuve fenleve-ment des charbons dans la mine avec des facs ; cette maniéré eft, félon lui, difpendieufe à la longue, &ilobferve qu’elle brife le charbon.
- Sac, pour mefure. A Nort ou Niord en Bretagne , on compte que la pipe eft cotnpofée de trois charges de chaque cheval, ou fix facs.
- Le chaldron de charbon de terre fur la Tamife , pour y être vendu , doit être compofé de 12 lacs ou 36 boilfeaux.
- Sacrée ( houilliere ) dans le comté de Namur près Charleroy , ainfi nommée du nom du propriétaire qui en avait aufii fait la découverte. Elle eft aujourd’hui la moindre du pays , & tire à fa fin.
- Sacuka , fu. pencher , incliner, pendre.
- Safran de mars. Ocre. Fer ainfi réduit par l’humidité.
- Safre. Sajlor. Cobalt réduit en verre pulvérifé i on vend aufli fous ce nom le cobalt après qu’il a été rôti, mais mêlé avec deux ou trois parties de cailloux ou de quartz calcinés. Sa calcination peut s’exécuter au feu de charbon de terre qui ne peut pas non plus nuire à fa vitrification. Moyen propofé par M. de Genlfane pour remédier à cet inconvénient dans le cas où il aurait lieu.
- Safft ( ert J ail. Guhr. Succus mi-neralis.
- Saignée dans les mines du Hainaut Français , eaux fortant des rochers
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- par des fentes ou coupes. Saigner Us eaux, lié. faigner l’areine.
- Saignée ( médecine chirurgicale) à la jugulaire & au bras , eft utile, félon quelques cas particuliers, pour fecourir les houilleurs noyés ou fuf-foqués dans les mines.
- Saint-Andeol ( charbonnières de ). Sainte-Croix , près Sainte-Marie-aux-Mines , endroit où fon a découvert du charbon de terre vers 1772.
- Saint-Leger-des-Vignes ( paroi Je de ) fur le bord de la Loire , en Nivernois , où font les magalius de charbon des mines de Decize.
- Saint-Severe( carreau de ). Efpece de granit alfez fréquent dans les mines de charbon.
- Salband, ail. Lijiere de veine , écorce du filon. Lapis tunicatus. Les mineurs Allemands appellent falband la fubf-tance foflile placée entre le filon & la roche , ce qui donne l’idée de l’enveloppe ou de f écorce du filon 5 il lignifie aufti la difpofition ou l’arrangement des pierres en général j mais le mot falband défigne plus particuliérement la partie de roche qui borne les filons par les deux côtés, ce que l’on exprime par le mot lijiere. C’eft une efpece de pierre qui n’eft ni trop dure , ni trop tendre i il y en a cependant qui fe trouvent être de la nature de la pierre cornée , & alors on l’appelle bef-teg. Mais communément les falband font argilleufes & terreuftes. Elles ren." ferment & contiennent fouvent des métaux , & reçoivent les exhalailons & les vapeurs métalliques.
- Sale ( Houille ) lié, charbon menu.
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- Saler, lié. journée du maître-ouvrier.
- Salines ou faulnerie. On peut y employer le feu de charbon de terre , comme cela fe pratique dans quantité d’endroits.
- Salpêtrieres. En Suede on fe fert du menu poufiîer du charbon de Boferup , mis en pelotes pour les falpêtrieres , & on obferve qu’elles y entretiennent une cuiffon plus égale que le feu de bois ; on y a l’expérience que dans un chauderon de (àlpêtriere , de la teneur de huit tonnes , dix-huit féaux de liqueur peuvent être réduits dans l’eC-pace de vingt - quatre heures en fal-pêtre, avec une & fept neuvièmes de tonne des plus petits charbons.
- Saltjioeflrand, en Suede. A fo brades vers l’eft du côté de cet endroit, & à 19 cents brades au nord de Helfenborg, des Ecodais ont exploité une mine de charbon vers le milieu du fiecle dernier ; ces travaux ont été ruinés par les troubles de la guerre. On y voit encore des puits de 16 à 18 brades de profondeur.
- Sand ( form ). Sable des fondeurs. Sable à mouler , ou à faire des moules.
- SandJlom. Pierre de fable.
- Sanguine. Craie rouge. Pierre hématite. Tête vitrée.
- Santé. Les inconvéniens qu’éprouvent du côté de la fanté les ouvriers, de mines, fouvent éloignés des pa-roiffes & des villages, ont été prévus par l’arrêt du conlèil du 14 mai 1604, pour l’entretien d’un chirurgien, & les différens fecours. Cet arrêt fixe
- fur la ma de entière de tout ce qui revient de bon & de net, la retenue d’un trentième pour l’entretien d’un ou deux prêtres , à l’effet de’ dire la meffe , d’adminiftrer les facremens; &c. Recherches & confeils de médecine fur les maladies & accidens qui mettent en danger la fanté & la vie des ouvriers de mines. Effet du chauffage de charbon de terre fur la fanté. Réflexions fur quelques artifans expo-fés journellement à la fumée de ce feu.
- Sapin ( bois de ) employé quelquefois à l’étançonnage des puits, défap-prouvé par M. de Genflane, article XIX de fon réglement, comme ayant le défaut de fe pourrir.
- Sapine. Sapinière. Bateau pour voi-turer le charbon de terre. Sapine dé Auvergne fur l’Ailier.
- Sappe. Haway , lié.
- Sarbruck en Lorraine. Près de cette ville il y a eu une mine de charbon que l’on a été obligé d’abandonner à oaufe du feu, que l’on prétend être encore dans fon intérieur.
- Sariffa. Hou. Hoyau.
- Sarrolay , au pays de Dalem.
- Saverien. Membre de la fociété royale, aujourd’hui académie royale des fciences , arts & belles-lettres de Lyon, auteur du Didionnaire univerfel de mathématiques & de phyfique, où l’on traite de l’origine , du progrès de ces deux fciences , & des arts qui en dépendent, &c. 2 vol. in-40. Ouvrage dont nous avons emprunté beaucoup de définitions de mathématiques & de phyfique.
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- Savon ( écaille, de ) , an. foupe , fope féal. Terre argilleufe qui Te trouve dans les mines de charbon.
- Savon noir. Savon liquide, défigné par fa couleur , afin de le diftinguer des favons blancs ou folides, & dont Ja fabrique différé particuliérement, quant à la partie grade employée dans fa compofition, en ce qu’au lieu d’huile d’olive on y fait entrer différentes efpeces de grailles communes , que fourniffentles cuifines , le flambart des chaircuitiers, ou des huiles de poiffon, des huiles de colfat & autres de cette efpece, qui le rendent d’un prix médiocre , & plus propre par fa confif-tance que les favons folides, à fervir de cambouis pour graiffer.
- Savonneux ( bitume factice ). Eau minérale favonneufe faétice. Malle fa-vonneufe minérale fadice.
- Savonnerie. Rondelot ou gros charbon favorable pour ces manufactures.
- Saut d'une veine , changement de pofition de couche, de maniéré qu’une de fes parties s’élève, & l’autre s’a-bailfe, ce qui s’exprime en difant que la couche ou la veine fait un faut. M. Delius obferve qu’en général les étranglemens , écarts & fauts de veines fe rencontrent rarement ou point du tout dans les veines qui fuivent leur diredion entre deux efpeces de rocj qu’ils n’ont pu arriver que dans deux efpeces de rocs, puilque la crevaffe a toujours dû fuivre l’intervalle des deux rocs qui n’ont pu être liés intimement, & que les crevaffes n’ont pu les croi-fer, mais ont dû nécelfairement finir à fa rencontre ; de cette maniéré, il
- eft évident que le faut de la veine n’a pu avoir lieu. Saut de mouton, Rihop-pement.
- Sautereau. Table de bois , dont on fe fert pour le boulage dans les mines du Lyonnais.
- Sauve - garde. Lettres par lefquelles un particulier eft mis fous la protection du roi, avec défenfes à toutes per-fonnes de le troubler. Le roi Henri II, par fon ordonnance du io d’odobre 15-5 2 , après avoir attribué à fon con-feil privé la connaiffance de tout le contenu dans ladite ordonnance , déclare prendre & mettre le lîeur Ro-berval , fes commis & députés, affo-ciés, & tous ouvrans, befognans & trafiquans les mines & ce qui en dépend, tant leurs perfonnes , familles, que biens quelconques, en fa protedion & fauve-garde fpédale ; & afin que le fieur Roberval puifîe en toute fûreté & liberté continuer lefdits ouvrages , le roi défend à tous fesfujets & autres qu’il appartiendra, de violer ni enfreindre cette fauve-garde , fous peine d’être punis comme défobéiffans & rebelles.
- Sai, bied. ( Conftruétion d’éclufe. ) Comme les bieds & les éclufes forment un niveau toujours le même, il eft impofïible de ménager l’eau , & on eft obligé de remplir ou vuider i’é-clufe, fuivant la route des bateaux jufqu’à la hauteur ou le bas du bied dans lequel ils entrent ; le feul ouvrage praticable eft , quand il fe préfente des bateaux montais & def. cendans , d’emplir l’éclufe pour les bateaux defcendans, & de la faire fer-
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- D ü CHARBON DE TERRE
- vir vuide aux bateaux qui montent.
- Scabini, officiers repréfentans autrefois lps échevins pour ce qui concernait les marchandifes venant par eau à Paris. Magifler feabinorum , ancien chef des officiers de la confrairie des marchands fréquentans la riviere de Seine.
- S cales , ail. farten. Scanforiæ ma-'chlnœ.
- Scandulares ( funes ). Cordages.
- Scanforiæ ( machines ). Echelles.
- Sceau. Scel. Sigillum. Par larrêt du 14 mai 1604, les fignatures & feels du grand-maître étaient approuvés & authentiqués, comme feings & feels des officiers du roi : il était défendu en conféquence à tous tabellions & notaires de paffer aucun contrat pour le fait des mines & ce qui en dépend, fans que le grand - maître eût figné à la minute.
- Sceau (frais du fceau ) , à la grande chancellerie, pour les arrêts du con-feil : l’auteur de la découverte d’une mine de charbon dans la montagne de Soyeres en 1770 , en a été exempté, & du droit de marc, qui était alors établi.
- Scèdalie. Montet. Del puech ardent.
- S cédule. Dans les coutumes fchedule, dans l’ufage ordinaire cédule ou fcédule. înfirumentum. Signifie en général toutes fortes de fignatures ou d’obligations fous feing privé, & même des brevets d’acte paffé par - devant notaire. Scédule. Style de Liege. AJlalle. Mémorial. Tableau.
- Scénographie. Terme de perfpedi-ve. Représentation d’un objet élevé
- fur le plan géométrique. On ne voit pas qu’elle puiife être d’ufage pour donner une idée nette des travaux fouterreins ; la fcénographie ne peut bien s’exprimer ou être fuppléée que par une malfe d’argille fraîche , dans laquelle on entaillerait les différentes routes, comme elles le font dans la mine.
- Schacht ? fax. Puits. Schacht. [ Kunfl. ] Puits à machine. Waffer fchacht. Puits pour tirer les eaux, lié. puifeux.
- Schaft, ail. [ air. ] Puits à air.
- Schallen , ail. crufla. Ecaille.
- Schauffel, ail. Batillum. Pelle de bois.
- Scheibe , ail. Orbis. Orbiculi, Pou, lies.
- Schelf, an. Terre primitive.
- Schelly, veine, an.
- Schicht , ail. work. Journée d’ouvriers. Ouvrages. Tâche d’ouvriers.
- Schicht-wajfer, ail. eaux de couches fuperficielles.
- Schiffer (lein. Charbon de terre ar-doifé.
- Schifle. Pierre feuilletée. M. de Limbourg le jeune , dans fon mémoire pour fervir à l’hiftoire naturelle du pays Belgique, remarque qu’entre Liege & Franchimont, les lames de fehiftes bruns font fouvent renverfées prelque perpendiculairement fur les lames des fehifes calcaires.
- Schife corné. M. le baron de Die-trich , dans fa traduction des lettres de M. Ferber fur la minéralogie & fur l’hiftoire naturelle d’Italie , penfe qu’on ne devrait appeller fehifte corné que l’elpece de pierre dans laquelle
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- ET DE SES MINES.
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- le quartz eft intimement Jié avec le mica ,de faqon qu’on ne peut les dil-tinguer l’un de l’autre à la vue.
- Schifleufe [ gangue ou matrice ] du charbon de terre , n’eft toujours qu’une argille durcie, alumineufe & feuilletée; bitumineufè, lorfqu’elle a été imprégnée d’un acide vitriolique ; & fétide, lorfqu’elle a été imprégnée, d’acide marin.
- Schijius phlogijlicatus , ail. brand skiffer.
- Schlauch , fax. embouchure.
- S chie fl. Traha , ail. fchlitten, traîneau.
- Schlich. Chlique , ail. Minerai en poudre lavé & préparé de maniéré qu’on n’a plus qu’à le faire palfer au grillage pour le porter au fourneau.
- Schluter, auteur du traité de la fonte des mines, ( traduit par M. Hel-lot ) nommé receveur du dixième des mines, pour récompenfe de ce qu’il avait trouvé le moyen de diminuer la confommation du bois pendant qu’il était directeur des fonderies du bas-Hartz.
- Schmirgel, ail. Pierre d’Emeri.
- Schofler, ail. barres fermantes.
- Schram \_eimtlifchen ] , fax. Décou-vrement propre.
- Schramberg , ail. Montagne d’une nature à pouvoir exploiter commodément les mines par des vuides , le long des filons métalliques.
- Schramber,-all. Rigole -, canal.
- Schraube , ail. Çochlea, vis.
- , Schreiber [ b erg ], Scriba. Juratus ac-tuarius metallicus.
- Schrood, province de Wetfex en Tome XV1IU ......................
- Angleterre ( Charbon de terre de ). Sa propriété d’amollir le fer , remarquée par les ouvriers.
- Schuhe , fax. Garniture de fer.
- Schurf, ail. Trous que les ouvriers font de diftance en diftance, dans 1% recherche de la tête d’un filon.
- Schwebend, ail. Ligne qui s’écarte peu de la ligne horizontale.
- Schwebenter gang. Filon précipité oit incliné.
- Schwinge, fax. Bafcule.
- Schwen grad oder rad hafpel , ail. Machine d’extracftion.
- Schwinge ( hampt ) , fax. Bafcule principale. . .
- Scoggan, an. Crochet formant détente. Nom que les Anglais donnèrent à une piece de la machine à vapeur , à laquelle elle a été ajoutée pendant quelque tems par Humphry Pot-ter. Cette piece,par rapport à fon effet, peut & doit fe rendre en notre langue par détente : au moyen de ce qu’elle était mife en jeu par la barre ou la poutre , la machine donnait jufqu’à 1 f & 16 coups par minute, au lieu de huit ou dix qu’elle donnait îorf-qu’on employait un flotteur, quand la force de la vapeur parvenait à ouvrir l’inje&eur ; mais le feoggan étant compliqué de cordes, de cliquets , &c. M. Henri Beigton le fupprima dans une machine qu’il fit exécuter à New-cafüe en 1718 , la poutre toute feule faifant l’effet beaucoup plus Amplement. 'f' j
- Score, an. Compte.,Vingtaine. Me-fure valant' une tonne.
- . Scot blith9 an. Charbon ainfî nomme Ee
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- «IS DU CHARBON DE TERRE,
- du port de Blltli en EcolfevOÙ on le charge.
- S cuba partium , ali. berg fchreiber.-Anùgraphus fcriba partium vendit a-rum.
- Scytalœ. Radii. Rayons, barres du treuil.
- Sea coal, an. Carbo marinus. Charbon venant par mer.
- ; Scam , an. Joints , membres de charbon.
- Seau à puifer de, Veau , feilîe , fitu-lus. Vailfeau de bois appelle merrein , relié de fer, fervant ordinairement à puifer & à garder de l’eau. Dans un baritel à eaux, _un feau peut conte-* nir environ 900 à iooo livres d’eau. M. Delius évalue goooo féaux d’eau de confommation par 24 heures, la roue faifant cinq tours par minute.
- Sec ( charbon ). Son poids différent, félon qu’il eft plus ou moins fec au fbrtir de la mine.
- Sécadou. Séchoir pour le déffeche-ment des châtaignes dans le Rouer-gue.
- Sécante. Ligne qui coupe les arcs de cercle dans des parties déterminées quelconques d’une circonférence. On fè fervait autrefois de fécantes dans la trigonométrie ; on trouve même encore, dans des tables de Omis & de tangentes, celles des fécantes .‘aujourd’hui on peut réfoudre les problèmes de trigonométrie fans fécantes, & en le fervant feulement dès firius & des tangentes ; mais il y a des cas où'l’on1' «R bien aife , pour abréger , d’employer les logarithmes dés fécantes.
- Séchoir^ Kaile à fécher pour le char-
- bon de terre dans une grande fabrication.
- Secondaires ( montagnes ). M. Ar-duini, dans fa divifion. des montagnes du Vicentin & du Veronnais, nomme montagnes fecondaires les montagnes qui confiftc-ut en couches de pierres calcaires d’un grain ferme & compad, où fe trouvent des corps marins pétrifiés.
- Seconde. Soixantième partie d’une minute , foit en la divifion des cercles , foit en la mefure du tems.
- Secours pour les ouvriers de mines dans, leurs maladies, affurés par l’ordonnance de l’ail 1604, qui pourvoit^ l’entretien d’un prêtre ou deux , d’un chirurgien , & à l’achat des mé-dicamens , dans tout endroit où il y a une mine en exploitation ; de laquelle dépenfe, ainfi que des autres 5 l’état doit être fait & arrêté par le grand-maître ou fon lieutenant général en fon abfence, félon l’ordre contenu à lart. X de ledit de i£or.
- Secours à donner aux ouvriers fuffb-qués ou noyés dans les mines. La vie des ouvriers fuffoqués ou noyés dans les mines dépend des feeours quron leur donne dans cet état , ainfi que de la maniéré de procéder dans leur adminifiration.
- Secret de fondre la mine de fer au feu de charbon de terre , & de le fabriquer en barres avec le même combufible, propofé à Liège par M. Blakey. En 1777 cet habile méchanicien a fait imprimer une‘ lettre qu’il m’adreffe , en date du 2.0 odobre , au fujet de cet article qui le concerne dans mon ou-
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- vrage ; il prétend que cette négociation devait être un fecret pour tout autre que pour les perfonnes intéref-lees ; il Te plaint de l’in exactitude de mon correlpondant dans l’expofé du fait ; il donne enfin dans cette lettre l’éclaircilfement de deux articles qui fui ont femblé préfenter une critique. Voyez au mot Soufflet ce que M. Blair ey a imprimé dans cette lettre.
- Seet ( over ). Man. Over man , an. Intendant, compteur, infpecteur. '
- Segment de cercle , eft la partie d’un cercle , c’eft - à - dire, un arc & une ligne droite qui ne paife pas par le centre.
- Scgulum , merga , manne.
- Seiffen werck, ail. lits de fable & de filex lous les tetreaux, dans le fond des vallons, au pied des montagnes; ils s’étendent quelquefois , félon la remarque de M. Delius , à de grandes diftances le long des vallons, & font quelquefois épars ; ils contiennent dans leur mélange des métaux & des minéraux.
- Seiger, ail. ligne à plomb.
- Seigneurage , feigneuriage ( jurisprudence ), eft en général un droit appartenant au feigneur à caufe de fa feigneurie. En France , le terme cJe feigneuriage n’eft guère ufîté que pour exprimer le droit qui appartient au roi, pour la fonte & pour la fabrication des monnoies. Ce que l’on entend à Liege par cette expreffion en matière de houillerie. L’areine eft feigneurage.
- Seigneur arenier , hurtier de l'ardue, liç. Seigneurs de, village , obligés dans
- la coutume de Liege , de Faire exécuter l’ordonnance de police touchant les bures abandonnés. Ils ne peuvent exiger de -cens des maîtres de foife.
- Seigneurs. Leurs droits au pays Montais , lorfqu’ils veulent exploiter par eux-mêmes. Cas où ils ne peuvent plus vendre leurs mines.
- Sdgneurs hauts-jufliciers & fonciers en France. L’art. XXV de l’édit de réglement général du mois de juin iéoi , enjoint expreifément à tous lieutenans généraux , feigneurs , tant eccléfiaftiques ayant juftice, que feigneurs temporels , de prêter aux officiers , entrepreneurs, à leurs commis & alfociés , tout confort, aifif-tance, Sc telle faveur que requis en feront & que befoin fera, à peine de tous dépens , dommages & intérêts des parties intéreffées ; leur enjoint de faire en leur pouvoir in valablement garder & obferver le contenu dans ce réglement, fans fouffrir qu’il y foit contrevenu, fous les mêmes peines, & de privation de leurs droits & juftice.
- Sdgneurs du canal de Briare. Leurs droits. Ils font devenus feigneurs de la terre de Briare ; ils y ont haute , moyenne & balle juftice , fous le titre de prévôté rclfortilfante au bailliage royal de Gien , & de là au préfidial d’Orléans, pour tous les cas préti-diaux feulement.
- Seil. Gepel, ail. F unis duel anus. Seil hache , ail. Uncus fer reus.
- Seilles 3 féaux , fci tuiez.
- Sel alkali, nommé aufti alkali minéral 3 qu’on trouve dans quelques E e y
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- eaux minérales , c’eft 4a bafe.:du fel marin; on. le trouve :dansda foude, combinaifoti imaginée par M. Navier de l’alkâli minéral avec la partie bi-tumineufe du charbon de terre , pour obtenir une concrétion favonneufe médicinale. • -
- Sel alumineux. M. Bomare, dans Ton mémoire fur les mines de Bourgogne , volume des Savans etrangers , prétend que dans les houillieres de Liege il y a une couche alumineufe.
- Sel ammoniacal. Ce fel eft mis par la plupart de ceux qui ont examiné chymiquement les charbons de terre , au nombre des produits que l’analyfe chymique fait reconnaître dans ce fofiîle.
- Sel ammoniac fecret de Glauber ; fel neutre, aiguillé , réfultant de la combinaifon de l’acide vitriolique avec tout alkali volatil, foupçonné par M. Kurella dans les charbons de terre qu’il a examinés. .
- Sel d'Epfom. Acide vitriolique combiné avec une terre calcaire de l’efpece de la magnéfie.
- Sel Glaubérien. La furface des houilles provenant de la houilliere entre Flemalle & Jemeppe fe recouvre d’efflorefcence, dans laquelle on retrouve diftindement le fel d’Epfom, le fel de Glauber, & de la félénite.
- Sel marin à bafe terreufe alkaline, de la nature de la magnéfie.
- SelJeliniteux. Combinaifon de terre abforbante & calcaire avec l’acide vitriolique reconnu par l’analyfe , non - feulement dans les eaux qui trafverfent les mines de houille, mais
- encore dans quelques charbons mêmei comme dans le charbon de terre vitriolique de Sevrac-le-Gattel en Rouer-gue qui a été examiné chymiquement d’abord par M. Cadet, enfuite par M. Sage, de l’académie des fcien-ces. Les cendres du charbon de terre de Fi ms , dans l’analyfe faite aux Invalides'par MM. de Machy, Parmentier & Defyeux, verdilfant légèrement le firop violât , ont donné des marques frappantes d’une félénite.
- Sélinite gypfeufe, dans les charbons d’Irlande.
- Sel de fuccin , reconnu dans quelques charbons par MM. Junker , Vallerius & Hoffman , n’a été trouvé dans aucun par MM. Kurella & Sage.
- Sellette. Petite Pellette de quatre à cinq pouces de haut, dont on fe fert dans les houillieres de Liege pour former les hiercheux. On la leur attache â chaque main : l’auteur des Délices du pays de Liege , qui parle •de ces uftenfiles dans l’hiftoire de l’invention du charbon de terre à Liege , n’en fait pas d’autre mention que de dire qu’on attache cette ef-pece de banc à chaque main des hiercheux.
- Sely. Petit traîneau , chargeur de fely au pays de Liege > au comté de Namur, feloueur.
- Semblables ( termes , quantités ). Algèbre. Quantités qui contiennent les mêmes lettres, & précifément le même nombre de lettres.
- Semelle , an. slipper , ait. fokle s liegende 9 chevet, plancher, lit fur lequel repofe la couche la plus in-
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- férié lire , où de deflbus.
- Semelles d’un bateau. Pièces de bois qui forment le pourtour du fond , & qui fervent à encouturer le bord.
- Semonce, lié. affignation, adjour-nement.
- Senkrecht, fax. pente perpendiculaire.
- Séparateur , intervemum, Agricol. Roc de féparation.
- Séparation du roc, petites fentes étroites, non métalliques.
- Septentrion. L’un des quatre points cardinaux ; c’eft celui qui répond fuir l’horizon au pôle boréal, & par lequel palfe le méridien : ainii ce point fe détermine par la ligne méridienne. On donne encore à ce point le nom de nord.
- Sergent, huiffier, foreftier dans les mines du pays de Dalem.
- Serment. Affirmation d’un fait , d’une chofe, pour fuppléer aux témoins , qui dans le cas où ils peuvent avoir lieu , eft fupérieur aux témoins même. Dans l’ancienne législation françaife , le ferment du grand-maître, par l’édit de fleuri du 10 octobre 1552 , fe prêtait entre les mains du chancelier ou du garde des fceaux.
- Serotina vena, fpath gang, veine du foir.
- Serremens, lié. maffifs ou piliers, ménagés dans les travaux fouterreins pour diffiérens objets , peut - être appellés ferremens, parce qu’ils ferrent & compriment les parois : leurufage eft quelquefois de fervir comme des efpeces de digues pour retenir les eaux ; ils fe conftruifent avec de fortes pièces de bois \ félon M. Jars, on en
- met pour J’ordinaire deux qui font alfemblées du côté où l’eau vient, de maniéré qu’elles forment enfemble un angle obtus. Leur extrémité eft appifyée dans une entaille faite de chaque côté dans le corps de la veine même. Le rocher fur lequel pofent les pièces de bois, eft d’abord bien applani & revêtu de maulfe j félon la hauteur de la couche, on place deux , trois, quatre pièces de bois les unes fur les autres, avec de la moulfe entre deux. On ferme la partie fupérieure en pofant des planches contre le toit, & en chaffant de gros coins de bois entr’elles & les pièces, jufqu’à ce que le tout foit parfaitement ferré & bouché. M. Genneté, dans fon ouvrage intitulé : Connaif-fance des veines de houille , 110. §, art. II, renvoie à un autre qu’il a publié à Nancy en 1777, fous le titre de Confiruclion d’un pont de bois de charpente, pour Vétabliffement des plus fortes éclufes connues dans les houillieres de Liege, fous le nom de ferremens de veines , pour retenir les eaux dans les vuides des veines exploitées 5 il en donne cependant, page 120 , une defcription abrégée qu’il a elfayé d’éclaircir par la figure.
- Serres, lié. piliers formés de portion de veine , pour foutenir le toit & tenir lieu de contreforts.
- S et rie, dans la mine de Fims , efpece de crein qui étrangle la veine.
- Serrurier ( charbon de ) , fu. kelmf> meds kol.
- Service , eonfervation & entretien de Pareille.
- Seuils, ( charpenterie fouterreins }
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- dans les mines d’Anjou. Seul en, ail. Tigna erecla.
- Sheffield, Scheffietd , ville du comté du Northumberland, en Angleterre , renommée pour fes fabriques de limes.
- Sheal. Lieu de rendez - vous à Newcaftle, pour tous les bàtimens charbonniers.
- S hep ton. Mallet ( prés ) au village d’Evericht en Ecoife ; mines dont le charbon eft dangereux dans l’ufage, «Se qui font abandonnées.
- Sheuté gang, fax. Filon droit.
- Ship , an. Bateau , allégé. Skip ( munjhr of ), an. Ship money.
- Shola, fu. Semelle , plancher. Shole} ail.
- Shord, an. Pelle.
- Signum. Marque , fignum terminale j tantôt c’eft un pieu , tantôt Te marque fur une pierre ou borne que l’on place pour fervir de bornage.
- Silex ( moulin à ). Rouet à i'ufil des mineurs , an. flint miil , fu. eldgvarn.
- Sillon de la mine , ail. gangue.
- Simple ( herna{), herna£ à bras ou à main. Fojfe de petit athour. Bure à bras.
- Simplex ( trochlea ). Monofpaflos.
- Sincken ( ein"). Schlachten, endroit où les fonds fe réunifient au haut d’une montagne, formant un coude.
- Singe. Virevaut. Engin. Treuil. [ Architecture. ] Machine compofée de deux croix de S. André avec un treuil à bras j ou à double manivelle, & qui fert à enlever des fardeaux , à tirer la fouille d’un puits. Singe volant. /
- Sinter. Efpece de terre argilleufe délayée ou mollafle, qui Ce trouve dans les mines.
- Sinus, [ géométrie ] que les anciens nommaient corde. Ligne droite , tirée des extrémités d’un arc, perpendiculairement fur le diamètre qui pafie par l’autre extrémité ; ou bien le iinus droit d’un arc elt la moitié de la corde du double de cet arc. Les iinus s’emploient dans la trigonométrie pour connaître dans un triangle le rapport des angles à fes côtés , & celui de fes côtés aux angles. A cette fin, & pour en faciliter l’ufage , l’on a fuppofé un rayon divifé en icooocoo, ou en plufieurs parties , & on a calculé combien de ces parties vaut le iinus de chaque degré du quart de cercle, & pour chaque minute de chaque degré , même de io en 10 fécondés , dont on a conftruit des tables appel-lé es tables des finus.
- Sinus artificiel. Quelques géomètres appellent ainfi les logarithmes des iinus.
- Sinus de complément. Sinus droit d’un arc qui forme le fupplément à 909 avec un autre angle ou arc donné.
- Sinus droit. Sinus reclus. Cathet. Ca-thetes. Demi - corde double de l’arc.
- Sinus total, demi-diametre ou rayon du cercle.
- Sinus verfe, que les anciens appelaient fléché ou l'extrémité du rayon. Partie du demi-diametre , ou rayon intercepté entre l’arc ,& fon finus: tous les problèmes de trigonométrie pouvant fe réfoudre par les iinus droits & par les tangentes, qh inféré rare-
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- ment les lînus verfes dans les tables ordinaires dont on fe fert en trigonométrie , avec d’autant plus de rai-fon , qu’on peut aifément trouver le lînus verfe par les tables des lînus , quand on en a befoin.
- S iphones. Pompes.
- Situation (Tune mine pour le voiji-nage de grands chemins ou de rivières, à conlîdérer dans une entreprife d’exploitation , ou dans tous autres éta-bliliémens y relatifs , comme forges , fourneaux, &c. par la facilité des débouchés , & de fe procurer tout ce qui eft uécclfaire pour les travaux. M. Blakey n’ignorait point la conféquence de ce principe, pour l’exécution qu’il proposait aux états de Liege, & dont il paraillait s’écarter. Il s’en eft expliqué dans fa lettre imprimée , & en a donné la raifon.
- Situiez, alL tannes.
- Situlus. Seau à puifer de l’eau , ail. vralfer tanne.
- Skadeliga. Loft ,fu. Mauvais air.
- Skaer. Fouilloir.
- S kaki, fu. Puits. Wattu dunt skakt. Puits de réfervoir.
- Skiffer bedd, fu. Couche d’ardoife.
- Skiffer brand. Pierre à bouton , ef-pece de jayet. Dans un puits de la mine du roi Adolphe-Frédéric, nommé konjl-fchachtet, on a tiré des malfes dures-de brand skiffer, & des arbres entièrement jayetés , dont quelques-uns portaient encore des marques de l’écorce î quelques - uns encore , moitié ligneux , moitié charbons, & fe-tnés de miimia vegetabilis.
- Slage ,fu.fchlag, alL [ métallurgie]
- Ecailles. Feuillets écailleux* Pailles-que le marteau fait éclatter du fer que i’ow forge.
- Slige , an. Traîneau.
- Sluttand, fu. defeente de veine.
- Smalt. Schmalt. Union de la chaux de cobalt avec du quartz, qui a été à demi vitrifié.
- Smegruis. Petit charbon, charbon de chaux , charbon de forge.
- Smethmn. Sweling lead , an. Mille de plomb triée , qui fe vend aux potiers de terre pour vernir leurs poteries.
- Smiti, ail. Grailfe.
- Soda [ vena ] feu Jlriclior , par oppofîtion à la veine délignée par l’ex-prelîîon vena latior, ou vena princi-palis.
- Société ou confrairie de la trls-glô-rieufe Trinité & de S. Clément, appel-lée communément maifon de la Tri-nité. Première compagnie de gens de mer ou mariniers formée en Angleterre pour la police de la Tamife , depuis le port de Londres jufqu’à la mer, & au-delà.
- Société royale des fciences de Mont~ pellier, établie en 1706 par Louis XIV, & fous la prote&ion du roi, comme l’académie royale des fciencCsde Paris, à laquelle elle eft alfociée. Prix qu’elle a propofé en l’an 1777 fur l’ufage du charbon de terre pour les travaux mé~! tallurgiques du fer.
- Société libre d'émulation pour Pen-couragement des arts , métiers 8c inventions utiles, nouvellement formée à Paris ( en 1776 ) fous la protection de Sa Majefté. En- propofant en
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- M77.7, au mois de juin, un prix fur les moyens Les plus avantageux & les moins coûteux de pourvoir au chauffage du pauvre & du peuple, autres que ceux qui s'emploient acluellement, a annonce que les moyens devaient entr’autres ie réduire à fuppléer le bois par le charbon de terre , feu! , ou combiné avec d’autres fubftances qui rendront le chauffage moins coûteux , & d’un ufage à peu près égal & facile.
- Société royale de Londres , académie formée dans la capitale d’Angleterre , vers l’an 16^8, comme fociété libre, revêtue de lettres - patentes du roi Charles II en 1663 , pour s’occuper de toutes les parties de la physique , de l’hiftoire naturelle , de la médecine, des mathématiques, de l’antiquité y de la chronologie , &c. Cette compagnie tient un des premiers rangs parmi les fociétés fa vantes de l’Europe, & eft célébré fur-tout par le recueil périodique de fes mémoires , connus ious le titre de Tranfaclions philofophu ques , généralement eftimés , & qui renferment un grand nombre de mémoires fur le charbon de terre.
- Société de mines. Compagnie établie par édit du mois de février 1722, en-jregiftré au parlement, pour travailler les mines du royaume pendant trente années, à l’exception des mines de fer , fous le nom de Jean Galabin , fieur du Jonquier.
- Soft bat, an. Bat tendre.
- Sohle , ail. Ligne. Sohle Unie. Erbe fiollen y ail. Galerie - maître.
- Sohligy àll. fohlig. Ebenfohlig. Ligne de niveau»
- Soir [ filon du ] ou du couchant , dont la direction eft entre lix & neuf heures.
- Sol rouge. Superficie première d’une mine de Sommertshire.
- Sol. Lit. Chevet d’une couche eu égard à la ligne horizontale.
- Sol pour livre [ droit de J, auquel plufieurs autres droits ont été affu-jettis pendant une longue fuite d’années, comme droits de péage, paf-fage de travers, barrage, pentenage & autres. La perception en était réglée par arrêt du confeil du 22 décembre 17715 mais fur la remarque faite par le gouvernement, que ces droits étaient difficiles à être perçus avec juftice à caufe de leur modicité, & tombant en grande partie fur le peuple, que leur recouvrement donnait fou-vent lieu à des perceptions irrégulières , ils ont été affranchis par un arrêt du confeil du jf feptembre 1774.
- Solaire [ cadran ]. Projeétion utile pour les travaux de mines, qui fe dirigent en fuppléant fur le lever & fur le coucher du foleil, & dans lefquels on a befoin de fuppléer à toute elpece d’horloges.
- Sole [ mine delà] , troifieme membre des mines de charbon d’Auvergne , ainfi nommé parce qu’il eft la bafe inférieure de la maffe du charbon.
- Soliveau. Chevron. Limande. TigiU lum.
- Sombernon en Bourgogne. M. Be-guillet , dans fon hiftoire de Bourgogne , indique cet endroit comme y ayant du charbon de terre dont M. Daubenton a fait l’épreuve & i’analyfe.
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- ET DE SES MINES. *2*
- M. Daubenton n’en a aucune con-nailfance.
- Sommet. [ Géométrie. ] Pointe d’un angle quelconque.
- Sommier. [ Charpenterie. ] Grofle piece de bois de moyenne grofleur entre ia folive & la poutre , & fouvent iynonyme de poutre : dans plusieurs machines le nom de fommier elt appliqué à plufieurs pièces de bois qui fervent à foutenir un poids, un effort. Sommier de bougnou , Lie.
- Sonde de terre. Outil deftiné à pénétrer profondément dans les entrailles de la terre , pour connaître la nature des lits qui la compofent, & pour trouver des eaux. Dans ces cas ce font de petites fondes qui ont rarement plus de feize pieds de long , pe-fant environ trente livres, & qu’un feul homme peut manoeuvrer facilement , de maniéré à pouvoir en une heure fonder jufqu’à feize pieds de profondeur.
- Sonde , tarriere pour les mines de charbon de terre ; lié. tarré, verge d'aboete. M. de Genlfane , dans fon difeours préliminaire du premier volume de l’Hiftoire naturelle de la province de Languedoc, a donné une defeription fort détaillée d’une de ces fondes, com-pofée d’une cuiller ou tarriere , d’une langue de bœuf, d’une queue-d’aronde , d’un bonnet de prêtre, & de l’équipage que l’on appelle le mouton.
- Tarriere anglaife. Berkborer. Premier appareil de la fonde. Second appareil. Manœuvre qui s’exécute avec la fonde. Elle fe trouve décrite dans l’ouvrage de M. de Genffane.
- Tome XVI11.
- Trous de la fonde avec la tarriere anglaife yfu. naf. Warehol ; difpo-fîtiF.
- Trous de tarré. [ Houillerie Lié-geoife. ]
- SopreJJe, lié. [ Charpenterie. ] Piece de bois traverfante dans le hernaz.
- Sortie [ puits de~\, puits d’extraction , fax. treibe fchacht.
- Soufflets. L’une des plus anciennes machines dont on ait fait ufage dans les mines pour améliorer l’air fouter-rein , foit en pouffant l’air par des tuyaux jufqu’à l’endroit d’où on voulait chalfer le mauvais air, alors les foufflets étaient de cuir ou de bois, tels que les foufflets de fonderies ou de martinets , foit en afpirant le mauvais air : & dans ce cas on adaptait à ces machines deux foupapes, telles que l’une était afpirante, & l’autre expirante. Les foufflets , dont le principe moteur était ou les pieds ou les bras d’un homme, ou des roues hydrauliques , ou des animaux, demandent des attentions particulières, fur lefquelles on trouve dans l’ouvrage de M. Delius des détails intérefîàns. Plufieurs des machines employées à l’airage ne font autre chofe que des foufflets auxquels on a donné une perfection relative à l’objet.
- Soufflets Jimplespour conduire Pair dans les mines par des hommes ou des chevaux ou par un courant d'eau. Employés dans les mines de cuivre de Herngroundten Hongrie. Elfayés dans la mine,- de Château-Lambert en Franche-Comté, par M. de Genffane. Efpece de foufflet imaginé par M. de Genlfane, qui au
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- Heu de refouler l’air , faisait l’effet d’une pompe afpirante. Décrit depuis dans l’art. XLIV de fou réglement inftru&if.
- Soufflas de fourneaux de forge , que M. Blakey fe proposait d’employer aux forges & fourneaux dans lefqueis il devait exécuter à Liege le fecret de fondre la mine de fer au feu de houille. Cet artifte , dans une lettre imprimée , & datée d’Amfterdam le 20 o&obre 1777 i a relevé ce qui m’avait été écrit touchant la force de ces fouf-flets : comme ils étaient annoncés devant être d’une toute autre forme que ceux ufités , leur effet prodigieux , quelqu’extraordinaire qu’il parût, ne pouvait fournir aucune réflexion ni critique , ni autre ; je m’étais contenté-de rapporter Amplement la chofe telle qu’elle m’était mandée de Liege.
- Soufre. Subftance folide , friable , néanmoins très - inflammable , qui eft ou native ou tirée par différens procédés de différentes matières fbfllles qui en font chargées naturellement 5 ce n’eft autre chofe qu’une fubftance combinée de l’union intime de l’acide vi-triolique avec le principe phlogiftique ou inflammable. Ce que les anciens chymiftes entendaient par ce mot foufre. Il ne fe trouve point dans les mines de fer.
- Fleurs de foufre , foufre fublimé qui ne différé que par plus de ténuité & de légéreté. M. de Fleurieu , ainfi que M. de Fougeroux , ont reconnu à la fuperficic des fchiftes de la mine de charbon de terre de S. Genis-Terre* Noire , dans le Forez , des fleurs de
- foufre en couches aflez épaiffes.
- Foie de foufre. Flepar. Soufre fondu avec un alkali fixe j il eft d’un rouge foncé , attire l’humidité & eft âcre 5 fon odeur fe fait remarquer dans la combuftion & dans l’analyfe de quelques charbons. Dans les charbons de-terre d’Aubaigne , ce foie de foufre eft ammoniacal. M. Sage juge que c’eft le foie de foufre exiftant dans tous les charbons de terre, qui peut nuire dans l’ufage économique de ce charbon comme combuftible, & qui produit l’altération des métaux qu’on chauffe avec ce bitume.
- Soufre dans le charbon de terre ( odeur de ). L’idée où l’on eft aflez communément de l’exiftence du foufre dans le plus grand nombre de charbons de terre eft abfolument un faux préjugé. Il a été conftam-ment remarqué dans les analyfes, que l’alkali volatil, le fel ammoniac, l’acide fulfureux , le foufre uni à l’ai-kali, ou avec l’huile dans l’état d’hé-par ou de rubis , font formés dans les vaiffeaux qui renferment les charbons de terre fournis à la diftillation ; il ne s’enfuit point pour cela que dans la combuftion du charbon de terre, les vapeurs qui s’en exhalent foient de la même nature , les phénomènes de la combuftion ne pouvant jamais être comparés avec ceux de l’analyfe dans les vaiffeaux clos. Si dans le premier cas ii y a une décompofition pref-que totale , une partie de cette dé-compofition a lieu effectivement dans le fécond cas ; mais il s’opère des re-compofitions d’où proviennent l’alkali
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- ET DE SES MINES.
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- volatil , le fel ammoniac, le foufre, qui 11e fe trouvent point tout formés dans la fuie de charbon de terre.
- Soufrées [ meckes ] , néceifaires parmi les approvifionnemens d’une mine , pour mettre le feu à la cartouche lorf-qu’011 veut faire fauter le roc avec la poudre à canon : ou prend ordinairement trois de ces meches , on les amollit en les paflant par - deifus la flamme d’une lampe, & après les avoir entortillés enfemble, on les attache par un bout au bout du petit tuyau qui va jufqu’à la cartouche , & 011 allume l’autre bout à la lampe , en ayant attention de fe retirer promptement dans quelqu’endroit fur. Si cet endroit eft un peu éloigné, on donne plus de longueur aux meches , afin qu’on ait le tems de gagner cet endroit avant qu’elles mettent le feu à la poudre.
- Soufrcux [ charbon ] , veine puante. Stinking vein , an.
- Soupape. Clapet. Valvules. Partie des plus eflentielles des machines hydrauliques ; c’eft un bouchon, un couvercle, ou toute autre piece ler-vant dans une pompe à laifler pafler l’eau , mais qui referme enfuite le paf-fage quand elle a été une fois tirée par le moyen du pifton. La difficulté que Peau éprouve en paffant par les fou-papes , eft une des principales con-fidérations dont ceux qui entreprennent d’établir des pompes doivent s’occuper.
- Conftru&ion des foupapes de la machine à vapeurs de Freines. Soupape reniflante, fervant à évacuer Pair que
- la vapeur chafle du cylindre , lorsqu'on commence à faire jouer la machine , & enfuite l’air amené par l’eau d’inje&ion qui empêcherait l’effet de la même machine. fi elle n’avait point d’échappée ; elle eft placée au fond d’un godet.
- Soupirail d'aqueduc. Æfluarium.
- Sous-tendante. Sub - tendante. Ligne droite oppofée à un angle, & qui eft préfumée tirée des deux extrémités de l’arc qui mefure ce même angle. Linea recla. Linea fubtenfa.
- Souterrein [ puits ] , bure , défonce-ment, torret, bouxtay.
- Souterrein £ génie , follet ] , confondu par les anciens ouvriers de mines , avec les différentes vapeurs Suffocantes.
- Souterreins [ mefure des ]. Le IIIe problème de Weidler renferme une Solution pour la mefure des galeries/ dont l'entrée efl oblique , & dans le IVe , la mefure des fouterreins dont la direclion efl de bas en - haut.
- Souflilaire [ ligne ] nommée auffi méridienne du plan. Ligne droite qui représente un cercle horaire perpendiculaire au plan.
- S outre, Dans la mine de Finis en Bourbonnais , les ouvriers appellent ainfi un grès pourri, de couleur pâle , & qui eft commun dans tous les ter-reins à charbon.
- Souverain [ confeil ] des mines. Pour la confervation du droit régalien & du bail, donnés par l’autorité Souveraine en Allemagne, on établit dans les villes qui ont des mines dans leur voifimtge , des confeils Supérieurs & un conleil F f ij
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- fouverain compofé de per formes ver-fées & expérimentées dans les opérations des mines qui font en même tems d’un très-grand fecours pour l’avantage même de ces entreprifes. La cour appellée à Liege la cour des voirs-jurés du charbonnage, eft un de ces confeils, le plus recommandable par Ion utilité.
- Souveraineté fur les mines [ droit de\9 renfermé uniquement à fon origine dans le dixième au profit du fouverain. La première ordonnance de nos rois fur le dixième en i.... de Charles IX eft très-remarquable à deux titres. Nous avons & devons avoir 3 & à nous , & non à autre , appartient de plein droit , tant à cauje de notre fou-verainete & majefé royale , comme autrement , la dixième partie purifiée de tous métaux qui en icelles mines efl ouvré & mis au clair ; il ajoute tout de fuite , fans que nous foyons tenus d'y frayer ou defpendre aucune chofe , fi ce n était pour maintenir & garder ceux qui font oeuvrer & font rèfdens 9faifant feu & lieu fur ladite ouvre , pour eux ou leurs députés qui favent la maniéré & fcience d'ouvrer efdites mines*, & à iceux donner privilèges, fanchifes & libertés , telles qu’ils puilfent vivre franchement & feurement en notredit royaume, mefmement qu’une partie d’iceux font de nations & pays étrangers , & en voit-on plufieurs mourir & muftiler en faifant ledit ouvrage, tant par la puanteur qui eft efdites mines, comme par les autres périls qui font d’aller fous terre minant ; pour quoi ils ont befoin d'être préfervés ,
- gardés de toutes violences , opprefions, griefs & mole fies par nous , comme du tems palfé a été fait par nos prédé-ceffeurs rois de France en cas fem-blables.
- D’après la teneur de l’ordonnance, les privilèges , franchifes , accordés à ceux qui entreprennent des travaux de mines ( propriétaires de ces ter-reins , ou étrangers qui fe font arran*. gés avec les premiers ), femblentêtre une forte de dédommagement de la charge du dixième au profit du roi ; dédommagement auquel s’eft engagé lui-même le fouverain , autant qu’un encouragement ou une précaution contre quiconque voudrait éluder le dixième. Ce droit de dixième entraînant pour la fûreté & fa confervation un pouvoir de permettre ou d'empêcher la fouille, on en a fouvent inféré un pouvoir fuprème & abfolu , dérogeant aux loix de la propriété, ouvrage de la nature , dont l’autorité fouveraine eft tutélaire , pour que ces mêmes loix ne foient pas violées.
- C’eft à la faveur de cette extenfion imaginaire qu’on a vu multiplier dans prefque toutes les provinces de France des concefiîons ou lettres-patentes de privilège, dont le plus grand nombre font autant de furprifes faites à la religion du prince ; tout le monde le reconnaît pour fouverain arbitre & dif-penfatenr des honneurs, des titres , des grâces ; mais il n’a pas intention de donner atteinte à la puiflance privée des propriétaires , lans doute la première qui ait exifté dans le monde ; il eft inconteftable que les propriétés
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- font dans les mains du roi, mais pour les conferver, & non pour en difpofer : brique par raifon d état, qui n’eft autre choie que l’utilité publique , il vient à en difpofer, l’indemnité due au propriétaire devient une nouvelle efpece de propriété qui fupplée à la première, qui ne fait que la fortifier, qui eft entièrement oppofée aux dons & conceiïions o&royés par lettres-patentes fous le nom & au profit de particuliers.
- Soyer es ( montagnes des ) en Dauphiné, ou plutôt dans le Graifivau-dan : en 1770 on y a découvert du charbon de terre dont l’exploitation par conceiïions a été accordée pour trente ans.
- Spahne ( holg ), fax. Copeaux de bois.
- Spath calcaire fujîble , ali. feld fpath.
- Spath gang, fax. Filon du foir, Vena ferotina.
- Spath en barres, fax. Stangen fpath. Cryftaux non métalliques de fchoerl opaques, blancs , farineux à leur fur-face , oblongs, arrondis, ftriés à la fuperficie ; on les rencontre parmi quelques laves & dans quelques mines, appellésfpath, à caufe de leur relfem-blance avec le fpath calcaire.
- Specus. Crypta , ail. gruben.
- Speiche, ail. Radius.
- Speifs. Speigge. ( Métallurgie. ) Efpece de bronze ou matière aigre, regardée par M. de Genflâne comme une forte de régule. On nomme auffi Jptifs un mélange de quartz & de cobalt calciné, qui n’eft pas vitrifié.
- Sfirhacle, all.Uncus. Crochet.
- Sphere. Sa connaiflance eft nécelfeire pour celle de plufieurs inftrumens, de l’aftrolabe , &c. L’aftrolabe peut même fervir de fphere , de globe , même de demi-cercle, l’ufage de ces inftrumens fe faifant par l’aftrolabe, & fouvent même plus commodément, parce qu’il eft plus portatif.
- Sphere ( cercles de la ). Les principaux, tels que l’horizon & le méridien , font repréfentés fur le plan d’un des plus grands cercles de l’af-trolabe.
- S pille, ail. jdxis flatutus.
- Spiritales (machinez ). XVind fenge. Gezenge, wetter bringen, machines à air.
- Spiritales ( putei ) , ail. wiild ichachte , puits d’airage.
- Spiritalia foramina , ail. wind , locher.
- Spithama , fpalmus major. Do~ drans. Empan.
- Splint coal, partie fupérieure ou toit d’une vei e de charbon deCarron.
- Sploon, fployon , lié. du herna^ ou du bure. Petit traîneau fait en échelle de 4 pieds de longueur environ, fur deux & demi de largeur, & un demi de profondeur. Sployon des hiercheux. Ghyot à fployon. M. de Genlfane , dans l’article XXXVI du réglement inftru&if , parle de ces chariots , capables de contenir environ deux quintaux de charbon , dont les roues d’une extrémité doivent avoir fix pouces de diamètre , & celles de l’autre neuf pouces : l’extrémité où font ces grandes roues devient la partie de devant, îorfque la voiture
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- va en defcendant ; & l’extrémité des petites roues eft le devant, lorfque le travail eft de niveau, ou va un peu en montant.
- Spouxkeux , fpuifmx. Bure avant• pendage, LU. bure qui Te profonde quelquefois, quand on n’a pasconf-truit de parti-bure, & qui eft aflez éloigné du grand bure pour donner l’aifance de travailler un grand bure , afin de xhorrer les eaux.
- Sprach ( b erg ) , langage des mines, mêlé de termes techniques de différens pays , fouvent corrompus , dénués de fens , même barbares , dont il eft in-difpenfable d’ètre inftruit ; ce langage doit être regardé , dans chaque pays , comme la clef du métier, de même que la géométrie eft la clef de l’art de l’exploitation.
- Spring, fu. Fente, rupture, ouverture dans le roc , dans le charbon.
- Spring , an. communément fource d’eau : le même terme paraît quelquefois être fynonyme aux mots Sov, flone, faut, befwaer, faille.
- Springlees , flips , ( charpenterie de minas ) , à Dalem.
- Springleeler, aifurer , reflerrer avec des fpringues.
- Spru{{ , ital. mine éparfe , en grappes, en rognons.
- Spurflein, ail. Première ma Ite, ou malte crue.
- Squatt, an. Minéral des mines de Cornouaille, en morceaux épars de forme applatie , 8c qui ne font point en veine , c’eft-à-dire, qui ne font point continus : c’eft ordinairement de l’étain incorporé avec du fpath.
- Stab, ail. Pertica , an. pool.
- , S ta lire , lié. Grande planche, fur laquelle fe marque avec de la craie le nombre des paniers de houille qui arrivent au jour.
- Stage, fax. Supports.
- Stampe , plomb de bure , lié. dimeil-fion du bure en profondeur , lignifie aufli quelquefois l’intervalle d’une veine à une autre.
- Stangen kunf, ail. feld geftange, fangen ( £ug f, barres de trait.
- Stanfeurs, lié. ouvriers chargés des étançonnages des travaux & des cu-velages.
- Stappes , lié. piliers d’appui, formés avec des [ouailles , c’eft-à-dire , de la menue houille , fïapp? fous la main ; c’eft avant le pendage ou en defcendant.
- State marie , an. forte d’ardoife gralfe, bleue ou bleuâtre.
- Stations. ( Géométrie pratique. ) Point fur la terre auquel doit répondre le centre d’un inftrument avec lequel on mefure ; il fe marque communément avec un fil à plomb , ou avgc le pied même de l’inftrument. Il fert à la juftelfe dans la mefure , afin que la longueur rapportée félon l’échelle géométrique, relie toujours proportionnelle , & que l’opération en général fe falfe avec exactitude. On fe contente quelquefois de faire ces notes par écrit.
- Statique. Science de la pefanteur des corps ; elle traite particuliérement du centre de gravité , de l’équilibre des corps graves, & des mouvemens qui dépendent de la pefanteur.
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- Statuts & régie m eus de compagnie de mines, pour la régie , la conduite & la police des perfonnes employées fur les mines , à drelfer , de l’agrément & fous l’autorité du grand-maître , par l’art. Xfll de l’édit du mois de février 1722, portant établiffement d’une compagnie pour toutes les mines du royaume , enregiftré au parlement de Navarre , avec injonction de rapporter au greffe les ftatuts qui feront donnés par le grand-maître.
- Statuts du college des houilleurs à Liegt, du 24 juillet 1^93 , renouvelles en 1684, avec quelques chan-gernens , & depuis cette époque , fuivis de mandemens de plufieurs p rinces.
- Statuts & ordonnances fur la conduite de la navigation entre les villes de Mous & de Coudé, l’entretien des rivières , réglement de ven-tailles & tenues d’eaux y fervantes.
- Statutus axis , ail. ipiîle.
- Steam engine , an. machine a vapeur.
- Stechement, ha. touret des bures fouterreins.
- Steal marie, formant une des premières couches des mines.
- Steen ( finir gel ) hol. fchmirgel, ail. fmyris , fmerillus officinarum , émeri 3 pierre d’émeri.
- Stehender gang y ail. Vena recla.
- Steigende , ail. Crypta J,urgentes 3 afcendentes , lié. montées.
- Stein ( kohlen ), un roijfe, charbon de terre impur,'flein vallen, fu. agger, yallum.
- Stellige geburge > montagne ifolée
- qui a fes bancs d’une direction plus longue & mieux fuivie , & qui en conféquence s’étend plus au loin, n étant pas li entre-coupée de vallons.
- Sten ( tack ), fu. toit de pierre.
- Stercus diaboli , ail. teutfels dreck.
- Steward, an. Intendant, contrôleur, receveur.
- S ticket, fikay , pet a , lié,
- Stier , mieux feptier, mefu're de continence, différente félon les endroits ; à Liege , comme dans d’autres endroits, le feptier fait 12 boilfeaux ou deux mines.
- Stiga , fu. Montée du charbon , tète du pendage.
- Stile , lignifie en général le gnomon ou raiguille £un cadran qu’on drelfe fur un plan pour jeter l’ombre qui marque les heures. C’eft la ligne ou verge d’un cadran dont l’ombre marque l’heure ou la véritable ligne horaire ; on fuppofe toujours dans toutes ces fortes de cadrans que le ftile eft une partie de l’axe de la terre :. ain.fi on le place de maniéré que fes deux extrémités regardent les. deux'pôles du monde, & que l’extrémité foit dirigée au pôle élevé, fur .l’horizon où l’on conliruit le cadran.
- . Stink fenche , an^ Puanteur, ftiti-kiîig vein, an. veine puante, charbon foufreux.
- Stiptau , f ips terminales , piquet ou morceau de bois que l’on plante pour marquer des {tarions.
- Stipper 3 ftepper, ouvrages fippésy qui fiippent, c’eft-à-dire, qui rendent à.tel ou tel endroit.' ,
- Stith, vapeur de mine dans les
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- houillieres de Newcaftle.
- Stoc ( dreude), (aller) en lignes de la voie de l’ouvrage, en avant-main, en droiture.
- Stock, fu. poutre.
- Sockd, fu. foupape , clapet. Stockel kiel, fax. cylindre à foupape.
- Stock werk , fax. filon en raafle.
- StoLl. fu. fofle, menée fouter-rein e, wattu fioll, percement, fioll d’eau.
- Stollen, ail, fioll, fu. chemins qui fe percent dans la montagne en ligne prefque horizontale. Boyaux de mines : le même mot fiollen, pris quelquefois pour cunicuLus , fiollen fort, ail. eul-de-fae , fuch , fiollen, ail. ga lerie de hafard ou de recherche , welter fiollen, ail. galerie de foupirail, erbe fiollen , ail. galerie-maître, forder fiollen , ail. galerie de déblay , frider fiollen, ail. galerie de déblay , hamp-ter fiollen , ail. galerie-maître , an. fine lud, voyez galerie.
- Stone , an. poids , peut être évalué à environ douze livres de France.
- Frée fione , an. iron fione , an. lime flone , rotten fione, clay-ftone, fione (plebe ) finger, an. fingel, petits cailloux fervant à lefter les vailfeaux : les marins les appellent alors fingel.
- Stone ( pumice ), pierre-ponce.
- Stop coclk, an. robinet de la machine à vapeur.
- Stojfeiçen ,fax. fers de rencontre.
- Stouppures, lie. décombres de minés, employées à différens ufages , à fermer les niveaux du bure.
- Strata humi ( tigna 'j , ail. fehne.
- Stratum, lit , couche : ces deux
- termes français font ordinairement pris dans le même fens. On doit néanmoins entendre par lit une malfe ou bande compofée de plusieurs couches, & en conféquence la couche n’eft qu’une partie de lit.
- Stratus ( axis ) , ail. welle , treuil horizontal, tour, moulinet, dévidoir.
- Stream engine, an. machine à eau , fiream works , an.
- Streckement , petit torret fur les bures fouterreins.
- Streichen ( liaupt ) , ail. DirectÏO principalis.
- Streindure. Dalem, veine rétrécie. Crein.
- Strekken , ail. Conduit dirigé en ligne prefque horizontale , mais qui ne va pas aboutir au jour.
- Strikc, an. baifler, fe dit des ri-hoppemens de veine i diiférens félon qu’ils font en bas ou en haut.
- Stroeclan ( woefira huf wud ) , fu. Courant principal, oriental.
- Stroffen , ail. cafcanes, galerie en gradins.
- Strouler, lie. remonter au-devant, remonter la main.
- Stusbaume, fax. Supports, chevalets.
- Stryka , fu. diredion , fram firyka, en avant, hufwud , firyka, diredion principale.
- Strykande ( jloens ut ) , fu. cours du filon.
- Stuard ( M. Villiam, comte de ) , ancien capitaine de grenadiers au régiment royal des Deux-Ponts, au fervice de France. Fonte de mine de fer exécutée fous fa diredion, à Aizy
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- en Bourgogne avec du charbon de terre. Peu de tems avant cette tentative, M. de Stuart en avait fait à Breteuil en Normandie une femblable (que j’ignorais abfolument) avec du charbon de terre d’Ardinghem , préparé par le cuifage fur le lieu, & non à Breteuil, comme je l’avais cru. Dans ce moment j’ai une connaitfance auiïi entière qu’exacte fur l’une & fur l’autre opération ; mais les remarques dont elles font fufceptibles , entraîneraient un trop grand détail pour donner place ici à l’enfemble relatif au fujet ; l’importance de la matière me détermine à la publier ailleurs, pour^aider le progrès de cette recherche : je m’en tiendrai à inférer ici le réfultat de l’expérience faite à Breteuil, & dont je puis alfu-rer l’exaCtitude ; j’apprécierai enfuite les conduirons portées au procès-verbal arrêté à Aizy, fur les opérations qui y ont été exécutées. Enfin , quoique la maniéré de M. Stuart pour préparer les charbons de terre, par le cuifage à l’air libre , n’ait rien de particulier , j’aurai foin , dans l’explication de la planche , relative au cuifage du charbon de terre en allu-melle , de décrire le procédé qu’a fuivi M. de Stuart à Ardinghem & à Aizy ; cela donnera la facilité de le comparer avec ce que j’ai publié fur cet objet, & de le rapprocher des principes que j’ai établis. Les bornes étroites , dans lefquelles une table des matières nous oblige de nous renfermer, pas même le manque de fuccès des opérations dont nous rendons compte, ne peu-Tome XVI11,
- vent noiivS difpenfer d’affigner dans cette courte notice hiftorique une place honorable à l’augufte promoteur de ces elfais importans. Les perfonnes de haut rang ou conftituées en dignité, qui, par leur protection ou par leurs libéralités, concourent à des découvertes difpendieùfes , ont autant de droit que les favans à la reconnailfance de la poftérité pour leur bienveillance : nous devons, en conféquence, rendre ici un hommage public à la mémoire du feu prince de Bourbon Conti. Le goût naturel dont il était animé pour les arts, pour tout ce qui pouvait tendre à quelque découverte , affurait la protection de ce prince aux perfonnes qui s’occupaient d’objets utiles i il paraît que c’efl au feu prince de Conti qu’on efl redevable des facilités accordées par le miniftre, pour les expériences faites d’abord à Breteuil , par lefquelles nous allons commencer , & enfuite à Aizy.
- La mine de fer, fur laquelle M. de Stuart a opéré à Breteuil, eft une mine d’diluvium., ocreufe, & mêlée de pierres de grès. M. Cadet, de l’académie desfciences, M. le chevalier de Fon-tanieu, aujourd’hui de la même académie , & M. le fubdélégué de l’intendance d’Alençon , député par M. Bertin , miniftre , étaient préfens ; on a réufîi très-facilement à fondre cette mine de fer avec les braifes de charbon de terre d’Ardmgheim dans un fourneau dont nous donnerons les di-menfions. Il avait été dreifé un projet de procès-verbal qui n’a point été arrêté. Mais on peut regarder comme G g
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- certain le réfuîtat fuivant. Le Feu des braifes de charbon terre employées aux eftais de Breteuil, détruirait ou fublimait le phlogiftique métallique qui Fert de gluten aux parties de Fer, & en conftitue la ténacité. La Fonte qui en a réFulté était caftante à chaud & à Froid; elle était très - difficile à raffiner. Dans cette Fécondé opération la Fonte perdait plus que la Fonte ordinaire , on en a Fait cependant quelques barres de Fer qui avaient l’apparence d’ètre de bonne qualité , quoiqu’il contînt du cuivre en aftez grande quantité ; ( cette circonllance eft très - fin-guliere ) on en a même obtenu des grains & des culots aftez confidé-rables.
- Les principales expériences Faites à Aizy , font confignées dans un procès-verbal du mois de mai 1776; mais il y en a eu dé préliminaires en premier lieu avec des braifes de charbon de terre d’Ardingheim , enfuite avec celles du charbon de S. Etienne ; nous Lavons , quant aux premières, qu’il n’a pas été poffible de les employer , non plus que le charbon brut du même endroit, ni au Fourneau , ni à la forge ; il a réuffi, comme le fécond , aux forges des maréchaux , des taillandiers , des ferruriers & cloutiers qui en ont fait ufage en grand , en employant des fers qui avaient été fondus & fabriqués avec du charbon de bois.
- Après cette tentative, M. de Stuart a procédé à d’autres eftais avec les braifes de charbon de Saint-Etienne, à la grande chaufferie ou renardière de la
- Forge à fabriquer le Fer en barbes ; nous renvoyons au détail que nous publierons , l’expofé & l’analyfe de ces. expériences. M. le comte de Stuart lui-même n’en fut point fatisfait, ce qui le détermina à fe retourner fur le charbon de terre de Montcenis. Il Fe rendit lui-même à la mine , en fit préparer fur le lieu , & le fit tranfporter à Aizy avec une partie de charbon brut, pour y exécuter le procédé du cui-fage en préfence de M. deBuifon qui le délirait.
- Ce font les opérations exécutées dans le mois de mai 1776 avec ces braifes de charbon de terre, qui ont le plus fixé l’attention , & qui ont paru pouvoir former la matière d’un procès - verbal. Des échantillons de fonte de diverfes gueufes & fers forgés , provenans de ces charbons préparés, ont été dépofés dans le cabinet d’hiftoire naturelle de S. M. ainfi que plufieurs morceaux des braifes provenant de Xalumelle qui avait Fourni les braifes employées à ces fontes.
- Les Fers provenans des fontes faites avec les braifes de charbon de Montcenis , étaient pleins de nerf & paraif-faient très-bons. La qualité excellente de ces fers a été prononcée d’apres quelques eftais, & d’après l’apparence ; mais a-t-elle été conftatée par quelque expérience décifive ? O11 ne faurait trop fe rappeller ce qui a été reconnu aux forges de Sulztbach , un grand nombre d’années après qu’on y pratiquait la fonte des mines de fer au feu de charbon de terre. Pour juger
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- û cette fonte exécutée à Aizy a la capacité & le liant de fcs parties entr’elles qui lui procurent la facilité de réfifter à de violens efforts, pour mettre l’expérience de M. de Stuart hors de toute contradiction, n’aurait-il pas été à propos de fou mettre cette fonte à nombre d’épreuves , comme de faire des marteaux de forges , quelques mortiers à éprouver la poudre à canon, &c ? C’était là le cas de recourir aux différentes maniérés employées par les marchands de Suede & d’Angleterre, pour éprouver le fer qu’ils embarquent.
- Nous réfervant de difcuter toute cette expérience, ou à part, ou dans un fupplément, venons, comme nous l’avons annoncé , aux conclurions du procès-verbal.
- Les perfonnes qui ont afîifté à . ces opérations terminent le procès-verbal en difant que des expériences y rapportées , il réfulte qu indubitablement M. Williams comte de Stuart a trouvé, & ejl vrai poffejfeur d’un fecret unique , qui ejl de fondre & affiner le fer non-feulement avec du charbon de terre préparé fuivant fa méthode dans Us hauts fourneaux & forges , fans rien changer à la manutention & ufages qui font établis 4ans le royaume , avec telle ou moindre quantité de charbon de bois qdon voudrait y admettre, mais même quon le fait auffi avec le charbon de terre préparé fans aucun mélange de charbon de bois.
- Les perfonnes verfées dans le genre de travaux dont il s’agit, & qui liront avec attention le procès - verbal, n’y
- reconnaîtront point de concordance avec les conféquences. Les différentes opérations exécutées fous îa direélion de M. de Stuart, viennent très-bien à l’appui de toutes celles que nous avons rapportées dans la troifieme fection de la fécondé partie. Voilà tout ce que nous voyons : les expériences faites tant à Breteuil qu’à Aizy,font de nouvelles preuves inconteftables que dans un fourneau monté fur la méthode de celui qui a fervi, qui eft échauffé & en train depuis fept mois, on peut avec des braifes de charbon de terre bien préparées , & appartenantes à un charbon de bonne qualité, on peut, dis-je, fondre des mines de fer , c’eft-à-dire , dépouiller la fonte des parties impures qui fe mélangent avec elles à la fufion des mines. Mais ce n’eft pas ce qui eft intéreffant à prouver , puifque foit avec du charbon de bois , foit avec du charbon de terre feul, la chofe a réufîi plus d’une fois : le véritable objet de recherche , eft de parvenir conftamment à exécuter parfaitement la fonte des mines avec économie , ou du moins avec égalité de dé-penfes dans le même efpace de tems à peu près qu’en demanderait la même fonte au feu de charbon de bois: fans quoi l’expérience , quelque heureufe qu’elle puiffe être , n’eft qu’illufoire. La queftion fe réduit alors à celle-ci. Employant des braifes préparées de telle faqon, de charbon de terre de telle nature , échauffer & faire aller le train ordinaire à un fourneau à fondre des mines de fer, ou tel autre fourneau fpécifié, parvenir à cet objet avce G g ij
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- autant d’économie & davantage , & dans le même tems que la chofe fe pratique avec des charbons de bois.
- Dans la conduite tenue pour les opérations dirigées parM. de Stuart à Breteuil & à Aizy, on n’entrevoit aucun principe fur la connaiflance des fourneaux de forge , fur les fontes , fur le choix du charbon, fur la fabrication des braifes , dont la qualité douce doit influer fur la qualité des fers, ni fur la méthode ou le degré du c'uifage. On verra au contraire, dans les détails de ces opérations, des manipulations variées qui s’écartent en tout des principes généraux fur ces objets fondamentaux.
- Stul, ail. Tripus. Trepié.
- Stunden, ail. Hem. Stunden fehei-ben, ail. Circulas horarius.
- Suante ( chaude ) , c’eft-à-dire complété.
- Suartor. Ardoife noire, argilleufe, qui s’allume & brûle au feu fans faire flamme ni chaleur, mêlée de charbon de pierre qui flambe & fe réduit en cendre, tandis que les autres confer-vent en tout ou en partie leur premier volume , placée communément dans la mine du roi Adolphe Frédéric , au-de/Tus des couches de charbon , & dans toutes les landes -, elles font en partie friables, en partie plus dures ; il s’y trouve mêlé une partie de kolm.
- Subcijîvum ( fodinarnm ), area ul-dma quee abfolvi non potejl ; le fur-plus de mine qui n’a pu être travaillé.
- Subdèlégués du grand-maître de mines
- en 'France , & de fes principaux officiers. Attendu la difficulté de la part du grand-maître des mines , fon lieutenant, contrôleur général & greffier , d’être en même tems par-tout où leur pré-fence pourrait être néceflaire pour leur fervice & pour le devoir de leur charge , i’art. XV de l’édit de réglement général permet audit grand-maître & à chacun de fes principaux officiers, de commettre 8c fubdéléguer en leurs charges perfonnes folvables que le grand-maître jugera en fa confcience capables.
- Subdèlégués d'intendans de province. Par l’article X de l’arrêt du confeil du 14 janvier de l’année 1744» portant réglement pour l’exploitation des mines de houille , aucune forte de travail ne doit être cefle qu’après déclaration faite au fubdélégué de l’intendant de la province le plus à portée du lieu de l’exploitation.
- Subdèlégués de ville, pour la jurif-didion du bureau de ville dans les cas urgens.
- Subdialis ( vena ) ( fibra ) figniBe littéralement veine à découvert j mais Agricola , dans lequel on trouve ce mot, s’en fert pour fignifier toute e£ pece de veine qui vient de la fuper-ficie joindre le toit d’une veine , ou qui du fond de la montagne vient joindre le plancher d’une veine. Subdialis ( menjîo , menfura ), ail. der tag zug. Mefure fouterreine.
- Subhajlation. Venditiofub hajla. (Ju-rifprudence. ) Vente d’un ou de plu-fieurs héritages d’un débiteur , qui fe fait après plufieurs criées, devant la
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- juftice des lieux où font fitués les héritages : ufitée dans quelques provinces de France , où l’objet de ces fubhaf-tations eft le même que celui de la vente par decret.
- Sublimation de l'alkali volatil concret de la liqueur de fuie de charbon de terre. M. de Seve, apothicaire de Liege, le fert pour cela d’un mélange départies égales de craie en poudre fine & de potaffe pour faire une pâte avec cette liqueur. On doit procéder dans cette opération avec les mêmes précautions recommandées pour la dif— tillation. Mais quand on s’apperce-vra que la croûte faline qui fera formée dans le chapiteau commence à fe refoudre par les vapeurs , il faut retirer le feu & refroidit tout l’appareil au moyen de linges mouillés appliqués fur la cucurbite & fur le chapiteau. Si le fel volatil 11e fe trouve pas aufîi blanc que vous le defirez , faites-le fublimer de nouveau fur de la craie bien feche & réduite en poudre fine.
- Submergées (veines ) dejfous la main. Veine au-defj'ous du niveau du xhorre. Veine non xhorre. Vune inférieure , lié. En matière de conquèt, on ne peut , au pays de Liege , acquérir que les veines noyées ou fubmergées, c’eft-à-dire, qui font d’un niveau plus bas que la galerie d’écoulement ; les veines ou parties de veines fupérieures à cette galerie relient en propriété au propriétaire du fonds.
- Subreptices ( lettrés-patentes de con-cefjion fouvent ) par des réticences ou de faux expolés qui ont écarté l’attention du fouverain fur des circonllances
- qui euffent fait refufer la grâce folli-citée & obtenue, prefque toujours par conféquent fufceptibles d’oppofttion ou de fufpenfion, & iailfant un libre cours aux réclamations ; d’ailleurs ces lettres-patentes, comme toutes celles expédiées fous le nom & au profit des particuliers , ne font jamais accordées que fous la réferve expreife, toujours fous - entendue , quand elle n’elt pas exprimée , du droit d'autrui ; enforte que fi les droits de quelqu’un font compris ou altérés par la grâce, par le privilège porté dans les lettres-patentes , le particulier a toujours le droit de s’oppofer à l’effet 6c à l’exécution des lettres - patentes , par-devant les juges ordinaires auxquels reiTortifTent la faculté & le loin de juger les difeuf-fions qui, fur l’exécution de lettres-patentes , peuvent concerner les droits & les intérêts des particuliers.
- La puiifance réglée du fouverain ne s’étend pas jufqu a pouvoir intervertir l’ordre des loix en faveur de leurs fujets au détriment d’un tiers ; & quoique les grâces qu’accorde le fouverain doivent toujours être favorablement interprétées , celles de l’efpece dont ii s’agit ici 11e peuvent jamais avoir l’effet de dépouiller un tiers de fa propriété , & doivent toujours être entendues ftrictement.
- Subrogation permife en fait de privilège, à ce qu’il paraît par un arrêt du confeil du 35 janvier 1746, qui, en confirmant l’adjudication faite à la dame veuve Danycan des mines de Bretagne , & de la fubrogation au privilège accordé pour les faire valoir,
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- DU CHARBON DE TERRE
- ordonne qu’elle en jouira conformément aux lettres de conceiïion du 11 février 1750.
- Subjides, fubvmtions. Le rot Charles VI, par fon édit de 1413 ? confi-dérant que ceux qui s’adonnent aux travaux de mines, le mettent continuellement en danger de périr, veut & ordonne que les marchands & maîtres faifant ouvrir les mines à leurs propres coûts , millions & dépens, & qui ont feu , lieu & réfidence fur lefdites mines & martinet, ainfi que leurs députés en un chacun martinet 'tant feulement, & aulîi les ouvriers avec les gardes de S. M. & non autres, foient quittes, francs & exempts de toutes tailles , aydes, gabelles , quart de vin , péage & autres quelconques fublides, quels qu’ils foient, ayant ouvré dans le royaume , c’eft à favoir du creux de leurs terres & poffeflions, & non d’autres.
- Dans le privilège exclufif donné à Verfailles le 6 juillet 1727 au fieur Jean May, Anglais, pour, pendant l’efpace de cinquante ans, établir, conftruire, ériger, enfeigner & mettre en pratique dans toute l’étendue du royaume la machine à vapeur j les mêmes exemptions, droits & fran-chifes accordés pour l’efpace de vingt années à tous ceux qui font de nouveaux établilfemens utiles à l’état , étaient odroyé«s à tous les alfociés , prépofés & ouvriers, tant Français qu’étrangers.
- Subtendante. ( Géométrie. ) Bafe du triangle-redangle.
- Suburranea. ( geometria ) , ail. die
- mark fcheide. Géométrie fouterreinç. Subterranea. ( menfura') , den gruber zug, das abzieden, mefure fouterreine.
- Succeffeurs & ayans-cauTe des privilégiés , appellés par la loiàlajouif-fance du privilège , par l’article V de la déclaration du roi concernant les privilèges. Dans le cas du décès d’un privilégié pendant la durée de fou privilège , les héritiers directs ou collatéraux , légataires univerfels, particuliers ou autres ayans-caufe , ne peuvent fuccéder audit privilège fans avoir obtenu une confirmation, après avoir jufiifié de leur capacité ; & ce nonobf-tant toutes claufes , telles qu’elles puif-fent être , qui pourraient fe rencontrer, foit dans le titre de conceffion , foit dans les titres & aétes poftérieurs , auxquels il elt expreffément dérogé par la déclaration.
- Succin, Succinum. Karabe officinar. Bitume concret, différent en couleur, dont l’efpece de couleur jaune eft plus communément appellée ambre. L’état des mines du royaume donné par Martine Bertereau, dame & baronne de Beau-Soleil, dans l’ouvrage dédié au cardinal de Richelieu fous le titre de la Rejlitution de Pluton, en 1640, indique une mine de fuccin jaune , autrement nommée ambre , près de Laon , & quantité de tourbes.
- Selon M. de Genlfane , il s’en trouve de bien pur & tranlparent dans le charbon de terre d’une veine qui s’exploite prés du pont S. Efprit.
- Succin noir. Succinum nigrum offici-narum. Jayet auquel fe rapportent en particulier le canal coal des Anglais,
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- & le charbon de terre en général.
- Sucula , ail. ronbaum. Treuil du moulinet , axis in peritrochio , mais muni de barres, & parallèle à l’horizon.
- Sud. L’un des quatre points cardinaux ; il eft diftant de 90° des points eft & oueft, de 1 go° du nord , auquel il eft par confisquent diamétralement oppofé.
- Suede. Plufieurs provinces de ce royaume poffedentdes mines de charbon de terre , qui font le fujet de quelques mémoires inférés dans les A&es de l’académie de Stockholm.
- Suer. Se dit du fer auquel on fait efluyer une chaude qui en amollit les parties intérieures , leur donne une couleur dorée , & en fait fortir une couche de vernis fluide.
- Suffocante ( vapeur ) lie, fouma ; an. fling. Stith à Newcaftle. Aer im-mobilis , aer gravis.
- Suffocation dans les houillieres a deux caufes différentes ; exhalaifons fou-terreines, & vapeurs du feu de charbon de terre allumé dans les galeries. Cette fyncope eft du même genre que celles occafionnées par les exhalaifons du charbon de bois embrafé dans un endroit renfermé.
- Suffocation produite par les exhaîai-fons intérieures des houillieres , par le fouma, par le krowin , c’eft-à-dire, par l’état de l’air des fouterreins. Les obfervations de M. Triewald, celles de M. l’abbé de Sauvage & de M. Lemonnier , & toutes celles que l’on pourra recueillir fur cet objet font de la plus grande conféquence ; elles doivent fervir de bafe à toutes les mé-
- thodes à imaginer pour le traitement. Sentiment de l’auteur fur l’état primitif des ouvriers au moment qu’ils éprouvent l’atteinte de cette fuffoca-tion, pour expliquer cet accident.
- Suicide. Manie commune , dit-011 , parmi les Anglais, attribuée par quelques écrivains Français à la vapeur qui s’exhale du chauffage avec le charbon de terre.
- Suie de poix. Noir à noircir. Noir de France, réfui tan te de poix de rebut, brûlée & condenfée en fumée , 8c qui eft toujours inflammable.
- Suie de charbon de terre ,. dite dans le langage du peuple Liégeois , foufre de cheminée, eft une fuie réjînifiée ou bituminifce. Odeur qu’elle renvoie dans certains tems des cheminées dans les appartemens, donne par les lotions du fel ammoniac, & ne différé de la fuie des feux de bois que par cet état ammoniacal bituminifé & fucciné.
- Analyfe de la fuie du charbon de terre de Fims. Procédé pour obtenir de l’alkali volatil, en décompofant le fel ammoniac qui fe trouve dans la fuie de houille, publié parM. de Seve, apothicaire à Liege, dans un des journaux de Liege, intitulé Efprit des journaux, juin 1776. Ces procédés fe rapportent pleinement avec la théorie reçue fur les propriétés de la chaux & de l’alkali fixe , pour dégager l’alkali volatil des fels ammoniacaux. Nous avons fait connaître ces procédés aux mots D filiation, Sublimation.
- Suie du charbon de terre, préférable à la cendre pour l’engrais des terres, très-bonne pour le foin 8c pour le grain,
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- Employée au pays de Liege à fertilifer les terreins froids, à faire périr le ver des plants de houblon. Pratique ordinaire des agriculteurs Anglais. Employée utilement pour entrer dans la compofition de l’encre d’imprimerie. Pour faire du bleu.
- Suif pour les lampes , au lieu de chandelles ou de l’huile de navette , employé dans différentes mines , félon les pays & félon les circonftanccs.
- Suijfe. Grand pays de l’Europe à l’orient de la France, où la cherté de bois à brûler augmente fenfiblement, & où il y a?beaucoup de mines de charbon de terre.
- Suite, férié (Algèbre) , fe dit d’un ordre ou d’une progrelfion de quantités qui croilfent ou qui décroiiîent félon quelque loi.
- Suivre ( faire ) la lumière , Lié. donner la liberté à la circulation de l’air.
- Sulcus aquarius.
- Sùlphureo - acidum ( lithantrax ). Charbon pyriteux, à caufe de l’exha-laifon acide ou fulphureufe.
- Sulphureufe ( odeur qualifiée ) dans quelques charbons de terre.
- Sulphureux ( acide ), effet de l’acide fulphureux, ou de ce qu’on appelle foufre du charbon de terre fur le fer , félon Swedemborg. Efprit acide fulpku-reux,, n’a point été apperçu par M. Kurella dans le charbon de terre qu’il a analyfé, mais un efprit alkalin volatil.
- Sulphureux. Terme adopté dans le langage des ouvriers , & couferyé dans cet ouvrage pour lignifier pyriteux , afin de marquer l’alliage particulier
- qui fe trouve avec la portion bitumi-neufe. Charbon de terre, lithantrax bitu-minofo-fulphureum , à caufe de l’exha-laifon graffe & bitumineufe dominante.
- Sultrfiach, à trois lieues de Colmar, appartenant à l’élecfteur Palatin. Eaux minérales acidulés. A cent pas * de la fource, couche de charbon de terre, fonte de fer avec ce charbon.
- Summa pars venez. Tète de la veine.
- SumpfiX eifen ). Lacuna.
- Sunderland ( charbon de ) employé à Rouen par les teinturiers & d’autres ouvriers à fourneaux, fous la déligna-tion de charbon de fécondé qualité , pour le diftinguer de celui de New-caftle , qui y eft auffi employé fous le nom de première qualité.
- Superficie. Aire. Surface. Tout ce qui n’a que deux dimenfions de l’étendue, la longueur & la largeur ; la mefure commune & la plus naturelle des fur-faces, eft un quarré plus ou moins grand , d’où l’évaluation d’une furface eft nommée quadrature ; d’où il fuit que , pour mefurer une furface, il ne faut que chercher combien de fois elle ^ contient le quarré , que l’on prend alors pour l’unité.
- Superficie , furface du terrein ( inspection de la ) pour reconnaître li un ter-rein renferme du charbon de terre , peut être utile , mais non comme le prétendent les mineurs.
- Superficie ou furface de terrein , con-fidérée relativement à la géométrie fouterreine , & aux problèmes à réfoudre. Quel point de la furface corref-pend à un point donné deffous ? Tracer une ligne dioiie fur une furface inclinée
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- 6* inégale. Pénétrer d'un point de la fur-face à un lieu donné de la mine.
- Supérieure ( roche ou éponte ) , toit.
- Supérieure ( veine ) d'aval-pendage , lié. veine xhorrèe fupérieure.
- Supplément. ( Géométrie. ) On appelle fupplément d'un angle , ou angle de fupplément, celui qui , joint à un autre, fait avec lui igoQ. Le même terme s’applique aux arcs.
- Supports, fax. fiage , fe dit en général de tout ce qui foutient quelque chofe. Pour les feldgeflange. ces fup-ports doivent être pôles en terre fur des folives & fur des traverfes bien affemblées ; leurs dimenlions doivent être bien proportionnées pour que les barres puiflent agir en ligne droite, foit en montant, foit en defcendant : fans cette attention , il en réfulterait des ruptures.
- Surchauffé ( fer ), qui a efluyé une chaude forcée.
- S urgentes ( cryptcc ) vel afcendentes , ail. fteigende/
- Surjet, élévation en rondeur dans certains ouvrages des tailles; expref-lion appliquée aux veines de charbon.
- Surintendant , grand-maître & réformateur général des finances & des mines & minières de France. Par ordonnance de François Iï, du 29 juillet 1560, ayant entière fuperintendance & con-nailfance, avec toute coercition per-fonnelle pour faire pratiquer , entretenir , garder & obferver félon que be-foin fera les ordonnances dejuftice; par l’ordonnance de Charles IX, du 27 feptembre 1568, avec pouvoir, intendance & autorité fur le fait des Tome XVIII.
- * famines & minières de tous métaux, minéraux , fe mi-minéraux & fubftances terreftres qui peuvent fe tirer & extraire de la terre dans le royaume.
- Surplomb, en architecture, fe dit d’une muraille qui penche , ou , comme difent les ouvriers, c’eft-à-dire, qui deverfe, qui n’eft pas à-plomb.
- Surplombée ( veine ) , veine inclinée ou penchée , quœ ad libellam non Jlat, qui n’eft pas à-plomb.
- Surfutn verfus. Contre-mont, en-haut.
- Survey. View ers , an. Arpenteur , expert.
- Surveyor. Overfeer, an. Arpenteur, intendant.
- Sutton {ventilateur de ), nommé en Ecolfe lampe à feu , employé dans la mine de Littry en Normandie.
- Swanwich, à quelques milles d’Aî-freton en Derbishyre , mine de charbon dans une matrice fehifteufe.
- Swelly, an. Swulnand, fu. couche qui s’élargit & qui s’enfle de maniéré que le fond prend une ligne courbe, tandis que la couverture de deifus conferve une ligne droite.
- Swulnand, an. fwelly , renflement de veine.
- Syderatus ( morbus ) feu attonitus. Syncope. Afphyxie. Suffocation.
- Symbolum. Symbolus. Arres. Marque , enfeigne. Ce mot latin fe trouve fouvent répété dans Agricola. Sym-r bola dominis indicere , date ; ce qui paraît revenir à l’exprellioii liégeoife, donner ajlalle.
- Sympofium. Compotatio. Du tems d’Agricola, la police concernant les H h
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- ouvriers de mines s’étendait jufques fur le tems où ils s’affemblaient pour boire enfemble : cette réunion était appellée en allemand {echen.
- Syndic des ardues à Liege. Prépofé en charge pour toutes les affaires re-1 latives aux areines de la cité, que l’on ne peut approcher qu’avec beaucoup de formalités , fans encourir la rigueur des loix. Le devoir de la charge du fyndic des areines confifte à demander vifitation, à intenter procès contre'ceux qui travaillent fans enfeignement de juftice fur les franches areines ou dans leur voifinage , ,à les pourfuivre & conclure criminellement.
- T
- T^ bac , fubftance pierreufe, ordinaire parmi les couches des mines de charbon du comté de Namur : ainfi nommée à calife de fa couleur fauve, que j’ai reconnu , à l’examen que j’en ai fait, être le produit d’une ochre ferrugineufe qui entre dans fa compofition. Voyez Tackjlein.
- Tabeila, ail. leifte. Tabella tranf-verfa, ail. leiften.
- Tableau qUi préfente dans tous les points la connaiffance phyfique d’une mine, pour fuppléer plus parfaitement à Pichnographie d’une mine. Tableau pour fuppléer à Y orthographie d’une mine en exploitation. ' •
- Table des matières de cette fécondé partie , dans laquelle on.s’eft propofé différens objets ; de raffembler une définition la plus exaéte pofiibleMes termes propres du métier , & d’après
- des auteurs eftimés, celle des termes des arts ou fciences employés dans le courant de l’ouvrage ; de fervir de précis de l’ouvrage , & même de fup-plément ( pour plufieurs articles ) foit à l’ouvrage , foit à la table des matières de la première partie ; de former une efpece de table de renvoi des mots & des chofes qui éclairciffent l’objet , qui indiquent les rapports plus ou moins éloignés, rappellent les notions communes , les principes analogues, & aident les conféquen-ces. Cette table des matières a été encore enrichie d’une notice à peu de chofe près complété de la législation franqaife fur les mines , &
- d’une grande partie des placards du Hainaut, concernant le commerce du charbon de terre.
- Tables en mathématiques , font des fuites. de nombres tout calculés, par le moyen defquels on exécute promptement différentes opérations aftrono-miques , géométriques, &c.
- Tables logarithmiques. Tables des logarithmes de tous les nombres, depuis 1 jufqu’à 10000 , & qui fervent à trouver les logarithmes des nombres plus grands: il y a de ces tables où, pour plus grande précifion, les logarithmes ont dix & même quinze décimales ; les communes n’en ont que fept, & même on 11e fefertguere que des cinq premières. Pour bien comprendre l’ufage de ces tables , il eft indifpenfable d’en avoir fous les yeux; il s’en trouve de toutes faites dans plufieurs ouvrages , & ordinairement ou prefque toujours elles font
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- accompagnées d’un difcours qui en enfeigne les ufages. M. Ozanam, dans le fécond volume de fon Cours de mathématiques , a inféré une table des logarithmes pour les nombres naturels , depuis l’unité jufqu’à ioooo , fur celles d’Uîacq, imprimées à la Haye en i66$ , qui paffent pour être des plus corre&es, & corrigées fur celles du même auteur , imprimées à Amfterdam en 1683.
- Tables des Jinus artificiels , ou logarithmiques , ou tables des logarithmiques des Jinus. Le rapport des Jinus & des tangentes au rayon , exprimé en nombres naturels & formant ce qu’on appelle table des Jinus naturels , tangentes , &c. eft quelquefois exprimé en logarithmes , qui indiquent tout d’un coup la valeur du finus, du co-finus, de la tangente & de la cotan-gente de chaque degré & minute de tous les angles aigus poftibles, & d’un quart de cercle employé aux opérations trigonométriques ; c’eft ce qu’on appelle confructiondes tables des Jinus , des tangentes & des Jécantes , parce que, après avoir trouvé les finus de dif-férens angles, on en a confinait des tables dans lefquelles ces finus font placés à côté des angles dont ils font la mefure. On a fait la même chofe par rapport aux tangentes & aux fé-cantes.
- Dans toutes ces tables , les finus, tangentes & fécantes & leurs logarithmes font différemment arrangés; mais elles conviennent toutes avec le Jinus & cojinus de chaque arc , font l’un auprès ou vis-à-vis de l’autre. Il
- en eft de même de toutes les tangentes , & cot. des fécantes & cof des logarithmes des Jin. & des cof. & enfin des logarithmes des tangentes & des cojinus.
- La maniéré'dont chaque table eft arrangée, eft expliquée pour l’ordinaire au commencement. Il fuffit de favoir en général que toutes les fois qu’011 aura un arc ou un angle, dont la valeur fera exprimée en degrés on minutes , on trouvera dans les tables le nombre des parties de fou finus, de fa tangente & de fa fécante, & qu’on y trouvera aufli le logarithme de fon finus & de fa tangente , & réciproquement lorfqu’on aura un nombre que l’on faura être le finus ou la tangente, ou la fécante, ou le logarithme du finus & de fa tangente, ou de la tangente d’un are inconnu, en cherchant ce nombre dans la colonne des finus ou des tangentes, ou des fécantes , ou dans la colonne des logarithmes des finus ou des tangentes , l’on trouvera toujours dans la même page le nombre de degrés & minutes contenu dans l’arc ou dans l’angle inconnu. Si 01111e trouve point le nombre propofé dans la colonne où il doit être, 011 pourra s’en tenir au nombre qui en approche le plus.
- Le fécond volumé du Cours de mathématiques de M. Ozanam renferme une table des finus, tangentes & fécantes pour un rayon de 10000000 parties, & des logarithmes des finus & des tangentes pour un rayon de 10000000000 parties.
- 'Tables par le moyen defquelles H h ij
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- avec peu de calcul on parvient à connaître le côté & la bafe dans un' triangle - redtangle dont on connaît l’hypothénufe & l’angle adjacent. La conftrudtion de ces tables eft l’objet du fécond problème de Weidler. Il y en a de très - anciennes, dans lef-quelles la mefure des mines eft divi-fée en goo minutes. On peut en faire de nouvelles accommodées à la proportion décimale , la rédu&ion en étant faite au moyen de la réglé de trois.
- Table des parties centéfimales , pour la réfolution des triangles-rectangles, lorfqu’on n’a point fous la main une table des fin us. M. de Genlfane donne une de ces tables dans le chapitre V de la Géométrie fouterreine.
- Tablettes. Cartabelle. Memorial. Pu-gillarla.
- Tabulatum. Plancher , planchéié.
- Tach Jloln , hong. creux fouterrein.
- Tack,fu. toit, tackfieln. Pierre de toit.
- Talitement. Canal, lié. Talllemens nommés pierçures. Bouche de taille— mens ouverte dans le burtay ou bure d’airage , appellée ruwalette. Taille-ment de traverfe pour arriver à une veine quand les levays de l’eau font forts.
- Tailles. Impôts. Subfides. Les affo-ciés & employés aux entreprifes de mines en font exempts. Par les lettres du roi Charles VI du.........par
- les lettres de confirmation du roi Charles VII en 1437 , du roi Henri II du 10 oétobre 15^2, de Charles IX du feptembre 1563, dans lefqiielles
- le nombre des affranchis de taille eft fixé à quarante hommes fur chaque mine ; exemption confirmée par l’article II de l’édit dérèglement général du mois de juin 1601, &c.
- Tambour. Rouleau. Axe dans le tambour. Dans une grande exploitation, où il y a beaucoup à extraire , les grands tambours font plus utiles que les petits, quoiqu’on foit obligé d’y atteler plus de chevaux j mais lorfque l’exploitation eft peu confidérable, on doit préférer les petits tambours , ( voyez Rouleau), parce qu’il eft également poflible de fuffireà l’extraélion, & qu’on évite la dépenfe de plus de chevaux.
- Tambour. Barillet. Dans le baritel à eau , la longueur ainfi que le diamètre du tambour doivent fe régler fur la profondeur des puits & fur la quantité de cables qu’il doit enrouler j le plus grand qu’il y ait à Schem-nitz a feize pieds de longueur, dans fon petit diamètre neuf pieds , & dans fon plus grand quinze pieds.
- Tambour a vent, ail. focher. Les tambours à vent demandent dans leur ufàge & leur conftruétion différentes attentions ; leur mouvement devient plus lent& plus pénible dans les grands tambours à vent, & ils font incommodes à placer dans les endroits convenables : s’ils font trop petits, ce mouvement eft prompt & aifé ; mais comme l’air dans fon mouvement circulaire ne s’éloigne pas affez de fon centre,il n’eft conféquemment pas affez expanfé,& n’afpire pas affez d’air. Ces tambours exigent donc une proportion conve-
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- nable, qui eft de lix pieds : il eft encore à propos qu’ils ne foient pas trop étroits, puifqu’alors ils contiendraient une trop petite quantité d’air -, enfin il faut que les ailerons approchent près des parois du tambour , qu’il ne refte que i’efpace néceffaire pour avoir du jeu : dans le cas op-pofé il relierait trop d’air dans cet efpace fans mouvement. Le focher eft ordinairement d’un pied & demi de largeur , & compofé de huit ailerons.
- Les roues ou tambours a vent ont aujourd’hui en Allemagne la préférence fur toutes les machines foufflan-tes, parce qu’elles peuvent être placées par-tout avec facilité , & que leur mouvement demande peu de force , pouvant être tournées pendant toute une journée par un jeune homme.
- Tambour. (Hydraulique.) Tuyau de raccordement en plomb.
- Tampon. ( Hydraulique.) Cheville de bois ou morceau de cuivre applati, rivé & foudé au bout d’un tuyau. Tampon du robinet d'injection dans la machine à vapeur , foudé avec une patte d’écreviffe qui embraffe une broche tenant au manche d’un grand marteau mobile fur une charnière.
- Tangente. ( Géométrie.) Ligne droite qui eft perpendiculaire au rayon d’un cercle , & qui fe continue jufqu’à l’extrémité du rayon prolongé à travers de l’arc. On l’appelle tangente naturelle , pour la diftinguer de fon logarithme , connu fous le nom de tangente artificielle.
- Les tangentes, de même que les finus 3 font des lignes droites que dans les calculs trigonométriques on fubf-
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- titue aux angles donnés ou cherchés, félon les différens cas où les unes & les autres de ces lignes peuvent être en proportion avec les côtés des triangles j & c’eft dans la connailfance de ces cas que confifte la fcience du calcul trigonométrique.
- Tangente du cercle , ligne qui rencontre la circonférence d’un cercle fans le couper.
- Tangente de compliment. Tangente d’un arc ou d’un angle qui fait avec un autre arc ou un autre angle 90 degrés. On l’appelle aulïi cotangente. Aubes en tangente, dans les roues à eau : on appelle ainfi les aubes qui font fur des tangentes tirées à différens points de la circonférence de l’arbre qui porte la roue, pour les diftinguer des aubes en rayon, qui font fur les rayons de la roue, 8c dont elles fuivent la diredion félon leur largeur.
- Tannen , ail. Jitidce, petites tinnes.
- Taquet, terme de marine qui défi-gne toute piece de bois à laquelle oti amarre quelques manœuvres. Appliqué par les houilleurs Liégeois aux jambes ou chevalets du treuil, qu’ils nomment aulïi triquets.
- Taraude , c’eft-à-dire , creufé en écrou pour arrêter une vis ou une piece terminée en fpirale, comme les pièces de la fonde.
- Tare. Goudron. Pix navalis. Zopififa, Poix retirée des navires qui ont été en mer, remplacée fouvent par la poix noire , qui eft un mélange de fauffe colophone & de goudron.
- Tarifs locaux , fouvent fallifiés 8c contraires aux premiers principes du
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- commerce. Les lettres - patentes de 1723 ordonnent que les déclarations feront faites relativement aux tarifs c’eft - à - dire, que les capitaines de vaiffeaux , marchands & voituriers font tenus de déclarer au poids les marchandées dont les droits doivent être payés au poids, à la mefure celles qui doivent payer à la mefure , & au nombre celles qui doivent payer au nombre.
- Tarré, lié. trous de tarré.
- 7'arrière , verge à forer. Tarriéré anglaife, an. augar, augré, auger, whimble : fa partie fupérieure ou tète, fa partie moyenne, fa partie inférieure. Tarriere du Hainaut Français. Tarriere décrite par M. de Genf-fane, compofée de cinq pièces, fans y comprendre le manche , dont quelques-unes font décrites à leur mot.
- Tartara ( charbonnière de ) dans le Lyonnais.
- TaJJage, en fait de mefures de continence , produit pour l’acheteur une différence de quantité, & par confé-quent de poids du charbon de terre, le non-taffage étant à l’avantage du vendeur.
- Tauben, ail. queue du filon. Durcll taube quergeftein, ail. couches de pierre à vuide, pierre rude.
- Tauber geflein , ail. toute partie ftérile de mine.
- Taupe ( mine de la ) en Auvergne.
- Taupines. Rochers jaunâtres.
- Taxation ou attribution des gages des officiers du grand~maître des mines en France , fixée par l’art. VII de ledit de réglement général , à favoir,
- au lieutenant général, mille écus i au contrôleur général, tant pour lui que pour fes commis , mille écus i au receveur général, tant pour lui, fes commis , que pour le port & voiture des deniers en fes mains à Paris , pareille fomme de mille écus , avec quatre deniers pour livre de la recette aétuelle , à l’inftar dfcs receveurs généraux des bois , cent trente-trois écus , un tiers audit greffier & à chacun de ceux qui feront commis efdites généralités de lieutenans particuliers efdites provinces.
- Taxe des charbons arrivant à Londres 8c dans les ports adjacens, fe fait par le lord-maire.
- Taye ou tas ( mine en ) , bouilla petite taye dans la mine de Fims. Subftance noire, caillouteufe , placée entre une glaife & une argille tapée, dite baume grife.
- Tays dans les mines du Lyonnais. Chambre d’exploitation.
- Techniques ( termes ) dans la minéralogie, dans l’art des mines , dans la métallurgie, comme dans toutes les fciences, on a dû recourir à un grand nombre de termes forgés la plupart du tems par les ouvriers , obligés de s’entendre entr’eux. Ce langage du métier exifte fur-tout en Allemagne & en Saxe , où les travaux de mines & les opérations fubféquentes font très-cultivées ; & quoique la plupart n’aient pris de fens & leur lignification que parl’ufage; quoique dans plufieurs pays où ils ont été tranfmis par les ouvriers étrangers qui y font venus, ils n’en foient devenus que
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- plus barbares ; quoique les mots même y aient été altérés; que leurs lignifications aient été changées, félon le tour de la phrafefélon ee qui les précédé ou qui les fuit ; que l’explication en un mot dépende fouvent du texte , il eft cependant à propos d’en connaître au moins la lignification générale , afin d’aider la leCture des ouvrages publiés en différentes langues fur les mines. On a cherché à les ralfembler dans cette -table des matières. Pour ce qui eft de la recherche de ces mots ou noms propres par lefquels 011 déligne en minéralogie ou dans le langage du métier, foit les charbons de terre, foit les différentes fubftances folïiles qui fe rencontrent dans leurs mines ou aux environs , il faut confulter le catalogue alphabétique à la fin de la table des matières pour la première partie.
- Teie. Taille dans les mines de Dalem.
- Teinture. ( ManufaBure. ) La fuie de la houille pourrait peut-être fervir aux teintures de petit teint, pour l’enluminure & le lavis des plans. Les teinturiers , à Aix-la-Chapelle, n’emploient pas, pour chauffer leurs fourneaux, autre chofe que le feu de houille.
- Température de Pair, différente dans les quatre faifons de l’année, influe fur la maniéré dont il circule dans les mines.
- Tempejlie • ( voye ), lié. Expreffion employée dans les rapports d’experts, & qui fignifie embarraffée par des décombres.
- Tems. Ce mot eft fouvent pris ,
- comme celui de vent, pour l’air; on dit faire le tems, faire le vent, c’eft-à-dire , faire circuler l’air dans la mine.
- Tenue, an. fcorre. Paniers.
- Tenon. ( Architecture. ) Bout de piece de bois ou de fer, diminué quarrément environ du tiers de fou épaiffeur pour entrer dans une mor-taife.
- Tenues d'eau dans les rivières entre Mons & Condé, pour la navigation. Les commis aux tenues ont la garde des clefs pour les clorre & les ouvrir aux heures fixées. Par l’article XI des placards du Hainaut, tous les bateliers venant charger au rivage de quelque marchand, font obligés de prendre des commis aux tenues, par lefquels ils pafferont un billet, certifiant que leurs bateaux font jaugés & marqués de tel ou tel nombre, pour lefquels ils paieront un patard ; & ces billets, ainfi que celui des tourneurs, fignés des fadeurs des marchands , doivent être portés au receveur de l’impôt, fans lefquels il ne leur fera point donné quittance pour le droit, ni permiflion de defcen-dre la riviere avec charge.
- Par l’article XII, ces commis aux tenues font pris à ferment de déclarer fidèlement les jauges & les nombres marqués fur les bateaux ; & par l’article XIII il leur eft défendu, ainfi qu’à tous autres, de fe rendre caution envers le receveur directement ou indirectement pour les droits; & le receveur n’acceptera pas leurs billets à ce fujet. Par l’article IV ils ne peuvent laiffer defcendre aucun bateau ,
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- s’ils n’ont vu la charge comme la marque & le chiffre, pour reconnaître ù le tout correfpond.
- Le bouillon d’eau à la fortie des tenues entraîne quelquefois des dommages pour les bateaux: l’art. XVI porte que s’il coule à fond quelque bateau , ou que cela provienne de quelqu’imprudence ou négligence du condu&eur, ou caducité du bateau, le maître doit refondre fes dommages & intérêts caufés par le retardement qu’il apportera au commerce ; & fi le bateau n’eft pas retiré de la riviere dans l’efpace de dix jours, le bateau demeurera confifqué au profit du roi.
- Tenue, ou contenance des bateaux , voyez Bateaux, fixée dans quelques endroits , décide les droits. Au-delfous du canal de Briare, on ajoute au prix principal les droits du canal, qui font de vingt-cinq livres pour les petits bateaux, & de trente-trois livres cinq fols huit deniers pour les grands , jufqu’à la tenue de vingt-quatre pouces. Par - delà chaque pouce fe paie quatre livre&pour les grands bateaux, & trois livres pour les petits.
- Terebra, ail. erd bohrer. Sonde, tarriere.
- Terme. ('Algèbre.) Quantité à l’égard de laquelle on peut imaginer une autre chofe relativement à une autre. Termes femblables, qui contiennent les mêmes lettres écrites autant de fois dans chacune des quantités.
- Terme, en géométrie, fe prend quelquefois pour les bornes, les limites d’une chofe ; ainfi le point eft le terme de la ligne, la ligne le terme de
- la furface, & la furface le terme d’im folide ; c’eft ce qu’on a coutume de nommer terme de quantité. Terme ( dernier ) homogène de comparaifon.
- Termes. Terrein donné , concédé pour une exploitation. Les termes limités parles anciennes ordonnances n’avaient chacun que fept toifes de long& de large; aujourd’hui à Schem-nitz un terme doit contenir 25088 toifes quarrées,& un terme de puits 9408 toifes. Ces termes ne font d’une telle proportion de grandeur, qu’avec compagnie , on a à travailler pendant des fîecles entiers.
- Termes & délais accordés dans la coutume de houillerie à Liege , pour rétablir les vignes. Termes ou tems fixes & limités, pour l’exercice de privilèges en fait de commerce. L’art. XI de la déclaration du roi fur cet objet, du 24 décembre 1762, & re-giftrée en Parlement le 16 mars 1763 , porte que tous les privilèges qui ont été ou qui feraient dans la fuite accordés indéfiniment & fans terme, feront & demeureront fixés & réduits au terme de quinze années de jouif-fance, à commencer du titre de con-cefilon , fàuf aux privilégiés à obtenir la prorogation dêfdits privilèges, s’il y a lieu, fans néanmoins qu’il foit par cette claufe rien innové à l’égard des conceffions faites par le roi en toute propriété, foit en franc-aleu, foit en fief, foit à la charge de redevance annuelle.
- Par l’article III, les privilèges illimités dans leurs titres de conceffion, & fixés par le précédent article au
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- terme de quinze années qui fe trouveront expirées ou dans la quatorzième année, ou dans la quinzième année de leur exercice, au jour de la préfente déclaration, feront prorogés de trois années, à compter du jour de ladite publication, fauf au privilégié à obtenir de nouveau une prorogation ultérieure , s’il y a lieu.
- Terminaifon de la veine au jour, ail. das aufgehen oder ausbeilén des gan-ges. Orifice des veines & filons entre les deux roches qui les accompagnent , vifible à la fuperficie.
- Trminale ( fignum). Marque faite fur une pierre dans les mefurages de mines.
- Terminalis ( lapis ),fiips terminalis ; expreffions qui fe trouvent dans Agri-coîa fur la mefure des mines.
- Terminatus ( locus ). Gauz ort.
- Terra carbonaria. Turf a ericea. Terra bruaria. Tourbe. L’expreffion de terra carbonaria paraît avoir induit quelques auteurs à confondre fous ce nom le charbon de terre.
- Terrage ( compter le ) , lié. Fonction de fouvrier frayeur, qui annote les traits fortant au jour.
- Terrageur, lié. en français champar-teau , champart, agrier. 7 erra geur, propriétaire des minéraux , eft quelquefois en même tems hunier.
- Terrafje de Hollande. Terre grifâtre qui fe trouve aux environs de Cologne & dans les Pays-Bas. M. Belidor , qui définit ainfi cette préparation de chaux, dans fon traité intitulé, Silence des ingénieurs , liv. III, dit que cette terre fe cuit comme le plâtre, fe réduit enr Tome XVUJ.
- fuite en poudre , & qu’elle fe mêle avec de la chaux fufée & éteinte, ce qui compofe un mortier excellent pour les ouvrages baignés par les eaux. M. Fourcroy , qui parle de cette préparation dans l’Art du chaufournier, fans en indiquer la compofition , ne lui trouve aucun des caractères de la chaux. Non-feulement cette matière ne s’éteint ni à l’air, ni à l’eau , mais elle ne fait même aucune eifervef-cence avec les acides ; il la foupçonne un vrai ciment de terre ou de pierre argilleufe cuite.
- Terreaux. Par cette dénomination, très-ufitée dans les defcriptions de ter-reins de mines par les Allemands, M. Monet juge qu’on doit entendre des terres molles ou friables , argilleufes ou fablonneufes, qui comblent les vallées.
- Terre-Noire ( S. Genis ) ou montagne brûlée en Lyonnais , & non dans le Forez.
- Terre ( bouroir à ). Outil employé dans la mine -d’Ingrande, pour boucher lesfources d’eau avec de la terre.
- Terre fervant -de bafe ù quelques charbons de terre, fe reconnaît par la calcination.
- • Terres bitum'mmfes , 'vitriüliques & combuflibles ; efpeces de tourbes que l’on pourrait diftinguer par le nom de terres-tourbes.
- Terre calcaire abondante, félon M. Bomare, dans les charbons de terre} il eft douteux qu’elle s y trouve en grande quantité.
- Terres fauves. Indices. Tabac. Tau-pine.
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- Terre à faiancc commune , à Decize , aux environs de Rouen.
- Terres fortes. Première efpece d’ar-gille commune, dite terre à brique.
- Terre à foulon. Argille très-fine, exempte de fable, fe délayant aifément & uniformément dans l’eau ; il en eft qui tiennent un peu de la nature calcaire.
- Terre à fours. Terre des poètiers.
- Terres franches. Qualification impropre des terres nommées terres â four, terres despoètiers. Diftinguées, en raifon des proportions, de fable & de légéreté , par les noms de terres fortes ou de fables.
- Terres graffes. Terre à brique. Terre a tuile. Terre à potier. Aux environs de Rouen.
- Terre à fours, des poètiers, connue fous la qualification de terre franche, mais mêlée avec une aifez grande quantité de terre argilleufe maigre.
- Terre ou pâte propre à être amalgamée avec le charbon de terre.
- Terre inflammable ou combujlible , comme la terre de Freyenwald, comme les terres-tourbes.
- Terre naturelle. Terre neuve. Terre primitive , lie. plein vif thier.
- Terre. ( Noir de terre. ) Calcination de la terre d’ombre.
- Terre d'ombre folide , fe trouve mêlée avec le charbon de Bolfrups.
- Terres â p2yA,commuiies dans plu-fieurs endroits.
- Terre-plains , & chaujfées ; leur voi-finage ne peut être fouillé.
- Terre pourrie , compacte , formant une efpece de tripoli.
- Terre primitive , an. fchelf.
- Terres-tourbes. Terres turfacées com-buftibles de différente efpece , & qu’on appelle tourbe d'engrais , terre végétative , communes dans toute la Picardie , à Travecy,à une lieue de la Fere , depmème que près de la ville de Laon. C’eft une terre de cette efpece qui, à mon avis , eft unie avec un bitume groflier & fétide au holtz kohlen. M. de Genlfane, dans fon difcours préliminaire i parait la regarder comme le mulm; il paraît cependant confondre cette derniere avec la terroule deLiege.
- Terre végétative ( agriculture ), terre combuftible qui fe réduit en cendres pour fervir d’engrais aux terres.
- Terre verte, efpece d’argille dans les glaifieres.
- Terre-houille. Terre de houille. Terme impropre par lequel on défigne , dans quelques endroits , des terres - tourbes ou terres combuftibles, appellées autrement houille d'engrais , communes à Jufly, Vendeuil, Ruminy, Benay, Beaurin, Golancourt, Travecy, Charmes , Liez, Cefîîer, Suzy, Servais» & dans prefque toute la Picardie.
- Terroule. Tiroule , lié. ou houille maigre. Terroule douce. Terroule fine , ou terroule proprement dite vraie terroule , bonne feulement pour les chaufferettes. Fortes terroules des environs de Liege, fe mettent en boulets entièrement à la main , fans être triplées avec les pieds. Feux de terroule dans le Limbourg.
- Terreux. Ti oificme qualité de la plus grande partie des charbons de terre, tenant un milieu entre les bitumineux
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- & les pyriteux : lorfque cette partie conftituante fe trouve eu une aifez grande proportion dans les charbons de terre , ils réfiftent plus long-tems à leur deftrudion dans le feu; ce n’efl: pas qu’ils donnent pour cela un feu plus vif, & réellement de plus de durée que les autres, comme onde pourrait conclure d’abord; une terre com-buftible fe conferve long-tems rouge & brûlante , fans pour cela donner une grande chaleur.
- Terrein neuf, qui lia jamais été fouillé, & où l’on ne connaît pas de charbon de terre.
- Terrein. Son égalité ou fon inégalité donnent dans la géométrie fou-terreine matière à quelques problèmes pour tracer une ligne droite.
- Terris. Limb. lié. tributs.
- Territoires de mines , à confidérer fous plufieurs points de vue, pour leurs cir-confcriptions exades , afin d’obvier aux empiétemens & ufurpations.
- Territoires limitrophes , appartenant à deux différens poffeffeurs, donnent matière à un problème de géométrie fouterreine qui forme le numéro XV de l’ouvrage de M. de Genflane, chapitre VI.
- Tejl. (Métallurgie. ) Terre cuite qui fert au grillage de mines.
- Tête vitrée, Pierre hématite. Sanguine. Craie rouge.
- Tête ( marteau à ), en ufage dans les fouilles de mines du Hainaut Français.
- Tête, ou partie fupêrieure de la tar-riere angtaife.
- Tête de filon. Tête de veine. Summa
- pars venæ , lié, amont - pend âge, veine d'amont-pendage, en tant qu’elle eft la partie montante de la platture , nommée dans quelques pays veine de def-fous la main.
- Teuffcls dreck. S ter eus diaholi. Bitume groffier, fétide.
- Texture du charbon de terre très-variée , fe développe dans la combutlion lente & graduée
- Teyment. Coupure prife dans le toit ou dans la deie.
- Théorème. Vérité de fpéculation , ou proportion qui énonce une vérité. Par exemple , les trois angles d'un triangle font égaux à deux droits. Le quarré fait fur /’hypothénufe d'un triangle - rectangle , ejl égal à la fomme du quarré des deux côtés, &c. Le premier théorème de la géométrie fouterreine a pour but à trouver par le niveau d'inclï-naifon Vangle aigu dans un triangle-rectangle.
- Théorie pratique de l'exploitation des mines de charbon de terre, renfermée’ dans les articles I & II de la fedion IV. La difpofition générale de la^fuperfi-cie extérieure & de la première épaiL feur du globe peut fervir d’introdudion à cette connailfance. La perfonne à.laquelle j’avais communiqué en 1761 l’introdudion de mon ouvrage , que j’avais lu à la rentrée publique de l’académie , m’avait annoncé que des fa-vans travaillaient d’après des mémoires excellens à la même entreprife que moi, & qu’ils donneraient bientôt un ouvrage complet de la plus faine théorie & de la meilleure pratique ; nous avions fur-tout efpéré être par - là dif-I i ij
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- penfés de la quatrième fedion, ou être mieux éclairés fur les objets de {impie defcription, auxquels nous nousfom-mes bornés dans les trois premières de la fécondé partie. Nous avons attendu inutilement l’exécution de cette annonce, pour laquelle il ne nous refte que le delir d’avoir fervi d’encouragement.
- Infiruclion fur la fcience des mines ( métalliques ) fuivant la théorie & la pratique, avec un traité fur C adminif-tratwn des mines, pour l’académie impériale & royale de Schemnitz, par M. Chriftophe-François Delius, confeiller & commidaire de S.M. la reine de Hongrie , à la cour des monnoies & des mines, in-40. Vienne, en allemand, 1773 5 avec 24planches in-folio : ouvrage tçaité par l’auteur en mineur , en phyficien , en méchanicien & en homme confommé , beaucoup plus détaillé dans toutes fes parties que celui de l’académie de Freyberg , auquel il eft poftérieur ; nous en avons emprunté pour cette table des matières un grand nombre d’articles. Le mérite de cet ouvrage vient de déterminer M. le diredeur général des finances , d’accorder une récompenfe à M. Sçhreiber, qui en a entrepris avec fuo-cès la tradudion approuvée par l’académie des fciences , & aduellemgnt fous preffe.
- Térébenthine ( huile de ) propre à fuppléer à l’huile de navette, à l’huile depoiffon .pour grailfer les machines.
- Thermomètre. Inftrument de verre dans lequel on renferme une liqueur élaftique qui, en fe dilatant par la cha-
- leur , ou en fe condenfant par le froid ,
- > indique les changemens de température qui arrivent à l’athmofphere. Les thermomètres de mercure, le plus en ufage aujourd’hui, font ceux de Fahrenheit & de M. Delilfe ; celui de M. de Réaumur eft à l’efprit-de-vin :1e premier eft difpendieux dans fa conftruc-tion en général ; mais on en fait des efpeces d’abrégés , où l’on 11e pouffe
- > pas la gradation fi loin , & qui font très - bons pour les obfervations mé-' téoroiogiques.
- Le thermomètre deM. de Réaumur eft unanimement regardé comme très-bon pour cet objet en particulier j mais c’eft où fe borne fon avantage par rapport à la propriété qu’a l’efprit-de-vin de refter pur , & de conferver fa vertu expanfive quelqu’ancien qu’il foit, de fupporter une très-grande chaleur fans bouillir, & de ne geler qu’à un froid exceffif.
- Thefe de médecine fur îa queftion les charbons de terre donnent un chauffage nuifible à la famé. Conelufion négative.
- Thier ( plein vif ), lié. terre naturelle. Terre neuve. Veine qui n’a pas été travaillée.
- Thier de bure, lié. affiette du puits d’extradion fur la tète de la veine.
- Thon kohlen, ail. charbon de terre argilleux.
- Thorlein, ail. ojliolum cuniculi.
- Thorny clift, arborefcens , marcajfîte , an.
- Thrée coal. Veiny an. Veine de trois charbons.
- Thoue, bateau de charbon de terre,
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- fervant au tranfport du charbon de terre à Paris ; deux efpeces, l’une appelée thoue commune, l’autre dite choix de S. Rambert. La thoue commune, qui eft la voiture la plus ordinaire , contient 28 ou 30 voies, La thoue de Saint-Rambert eft beaucoup plus grande que la thoue commune ; Pa tenue ordinaire eft eftimée de 40 à 42 voies , de trois milliers pefant chaque.
- Tierce, foixantieme partie d’une fécondé.
- Tiers de platture de roiffe.
- Tiers-point ( machine à ) , manivelle.
- Tige, Tronc. Fuft. Colonne. Cau-dex.Caput, Culmus.Stirps. Truncus, fu. groeda. Employé Couvent dans les mémoires de M. Triewald , pour défigner la partie de charbon ou de veine qui s’approche du jour.
- Tigillum. Catinus. Foyer de forge en charpenterie fignifie petit foliveau.
- Tigmun chevron,
- Tignum ( charpenterie ). Poutre. Solive. Tignum ereclum , ail. ièulen. Poteau. Hnmi Jlratum.
- Ti kang. Fourneau, étuve chinoife, carrelé.
- Tilly ( M.de), auteur d’une brochure intitulée : Mémoire fur t utilité , la nature & Vexploitation du charbon minéral, in-12. 175-g.
- Timpe. Tuyere. Rufline , & contrevent, pierres deftinées à faire le creuf^ qui reçoit le métal.
- Tinnage. Cuvelage. Enlèvement des eaux de mines avec des féaux appel-lés tinnes.
- Tinnays. Petits tonneaux pour le tranfport des pierres, gangues & triguts.
- Tinnes , lié. feau. Tonneau pour en-
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- lever ou'xhorrer les eaux. Poids d’une tinne , dans les houillères de Liege, 500 livres. Jeter à la tinne. Xhorre del tinne. Bénéfice dd tinne, lié. épui fe-meilt des eaux par le moyen de l’cnle-vement de celles du bougnou dans des tonneaux , pour les élever jufqu’à l’a-reine , ou même jufqu’au jour.
- Tirage ( barre de ) , à laquelle dans les feldgeftangeti eft attaché un pifton de pompe.
- Tirage. Géométrie fouterreine. Lyon. boulage , menfuration.
- Tirage, expreffion impropre , par laquelle on défigne dans quelques mines l’opération de faire fauter le roc avec la poudre à canon. Pour le tirage (impie 011 emploie communément depuis deux jufqu’à trois onces de poudre ; M. Delius indique les différentes maniérés de s’y prendre, pour fe régler dans cette opération félon la nature & la compolition du roc que l’oit veut faire fauter.
- Tirage ou fiat tire de foie. Cette partie de manufacture confomme une quantité confidérable de charbon de bois , auquel 011 pourrait fubftituer la houille pour obvier à la cherté du bois, qui en augmentant d’année en année, augmente les frais de fabrication.
- Tirans. Barres , fax. kunft. Longues pièces en bois ou en métal, qui compofent le barrage, feldgeftangen, quelquefois en plufieurs rangées.
- Tïrebout de pompe refoulante dans la machine à vapeur,
- Tireboux. Rapeheux. Piece du tarré liégeois & de la fonde employée dans la mine de Montrelay.
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- Tirer ( bure à ) , bure d'extraction. Bure de charge âge. Puits de jour. Maître-bure , grand bure. Son allîette eft fur la tête de la veine.
- Tifonnier. Fergon. Fourgon.
- Titres conflitutifs des privilèges , arrêts , lettres-patentes , brevets en fait de commerce, par la déclaration du roi du 24 décembre 1762, font & demeurent nuis & révoqués, en conféquence de Part. VI, dans le cas où les privilèges , dont les conceflionuaires ont inutilement tenté le fuccès, ou dont ils auront négligé l’ufage & l’exercice pendant le cours d’une année; font néanmoins exceptés de cette deftitu-tion , les privilèges dont l’exercice aurait été fufpendu par quelques caufes ou empèchemens légitimes, dont les privilégiés font tenus de juftifier,
- Titres d'honneut , en confidération des foins & de l’application que Sa Majefté attendait de la compagnie établie par l’édit du mois de février 1722, pour travailler les mines pendant trente années, afin d’encourager à porter ces fortes de travaux à leur perfedion , & dédommager les intéreflés des fom-mes confidérables qu’ils feraient obligés d’avancer : il leur était promis par l’art. XIV des titres d'honneur qui puif-fent pafjer à la pojUritè, & ce fur la repréfentation du grand-maître le duc de Bourbon, dont l’agrément était né-celfaire pour former la compagnie.
- Toc-feu. Fer à feu. Grillage ou chau-deron rempli de charbon allumé, & que l’on fufpend dans le bure d’airage.
- Tods flone. Laves difperfées par bloc dans des petites veines de terre-glaife,
- qui coupent le filon de la mine de 'plomb de Hagmine.
- Toirchie, filandreufe (houille) , lié. houille tortillée , tricotée , dont les feuillets 11e font pas de droit fil.,
- Toife ( forte ) , eaux du fécond niveau.
- Toife. Mefure pour les diftances fur terre en général. Sa longueur eft de fix pieds , & contient 72 pouces ou 864 lignes, ou 1036g points. S’emploie aufli pour les mefures des ouvrages fouterreins de mines , & eft alors appellée communément en Allemagne klafter. Toife métallique ou toife de mines , ou toife de montagnes , eft différente en différens pays.
- La toife des houilleurs de Liege fur la rive gauche de la Meufe, eft de fix pieds, en obfervant que le pied de Paris fait onze pouces une ligne & un tiers de Liege ; & fur la rive droite de la Meufe la toife eft de/ept pieds, à l’exception des ouvrages de maréchau-dage, pour lefquels elle eft toujours de fix pieds.
- Toife-cube. Parallélipipede re&angle qui a fix pieds de long fur fix pieds de large & fix pieds d’épaiffeur : autrement c’eft un folide dont chaque côté eft égal à une toife en longueur, comme on entend par pied quarré une furface quarrée , dont les quatre côtés font chacun égaux à un pied en longueur ; la toife cube contient 216 pieds cubes. Mefurer à la toife , c’eft chercher combien de fois la toife & fes parties font contenues dans l’étendue qu’on veut mefurer.
- Toifé, Art de mefurer les étendues
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- des lignes, des fuperdcies & des fondes , par le moyen de la toife ou d’autres mefures qui fe rapportent à la toife.
- Toit, ail. hangende. Lit qui fert de couverture à une couche. ( Pierre de ) fu. tack Ile in.
- Tokoy. Dans le pays Montais, même chofe que fer à feu.
- Tôle. Fer mince & en feuilles employé à la partie des chaudières de la machine à vapeur qui eft expofée au feu, à former le vafe du fourneau de diftillation de Sultzbach.
- Tombe ( mines par ), bouyalié. comportent dans l’exploitation une différence de l’exploitation des mines par veines.
- Tombeux, lie. trou de tarré de haut en - bas, vient du carihou tomber par une tranche dans le bolleux qui fe rend dans le fpouxheux.
- Ton kang. Fourneau. Etuve à la chinoife , avec cheminée.
- Tonlieu ( chambre pour les domaines & ) pour conteftations fur les matières de houillerie, établie à Herve, d’où on appelle au confeil fouverain de Brabant, à Bruxelles.
- Tonnage. Tunage. Droit de tonneau. Fecligal portorium. Droit qui fe perçoit en Angleterre pour le roi, fur les marchandises voiturées par terre ou par eau , & qui fe leve fur chaque tonneau.
- Tonne, ail. grande caifle ou cuve, employée dans les puits profondés obliquement.
- Tonnes. Bacheaux. Uftenfiles employés , au lieu de facs, à l’enlevement des matières, autrefois en ufage dans
- les mines métalliques j mais leur inconvénient de fe heurter fans celle en mentant & en defeendant dans les puits , de rompre les cables , de fe détacher, d’endommager le boifage , les a fait fupprimer abfolument : on ne les a confervés que dans les puits très-larges , qui ont peu ou point du tout de boifage, parce qu’ils font peu profonds , & où l’extraélion peut fe faire commodément avec ces tonnes ou bà-cheaux. Il eft encore à obferver que comme une tonne eft au moins du double plus pefante qu’un fac , le poids que la machine doit enlever fe trouve confidérablement augmenté : on perd en conféquence le double avec un ba-ritel à chevaux, par la raifon qu’il faut faire pour entretenir plus d’attelage de ce qu’on économife fur les tonnes , en conftdération des facs. Il eft donc évident que les tonnes ne font plus utiles que lorfqu’on peut faire ulage du baritel à eau.
- Tonne ( ein ) , laegiger fchacht. Puits oblique dans lequel la cuve ou le coufade traînent de 4f à 7$ degrés, non-feulement fur le côté du chevet de la veine & du filon , mais encore fur le côté des veines qui ont moins de quarante-cinq degrés, & plus que foixante & quinze degrés.
- Tonne laegige gaenge, ail. veines. L’étymologie de ce mot vient des puits obliques dans lefquels la grande caifle ou tonne traîne fur un plancher conf. truit exprès.
- Tonne. Mefure pelant quatorze quintaux , & davantage dans quelques endroits. Lettonne de charbon de bois dans les mines de Suede} eft de trois" pieds
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- cubiques. La tonne de fer , félon M. Jars, pefe en Angleterre 2r quintaux de cent douze livres, poids d’Angleterre.
- Tonnes dans les mines du Lyonnais , excavations remplies d’eaux qui fie rencontrent dans les ouvrages.
- Tonneaux pour l’enlevement des eaux, des pierres & des houilles.
- Tonneau. Boucaut. Grande futaille. Tonneau de charbon de terre à Mont-cenis.
- Tonneau de mer, faifant 21 barrils du poids de 250 livres. Son poids eftimé 2000 livres.
- Tordu ( puits ) dans les mines du Lyonnais.
- Torf ( darii ) , darris , darrinck ; an. peat turf, mojfe en Ecolfe. Tourbe.
- Torleu , vecliarius. Ouvrier dans les houillieres de Dalem , faifant les fonctions des trairelfes au jour des houil-lieres de Liege.
- Torreins dans les ardoifieres, même chofe que kreins.
- Torret, lié. défoncement fouterrein , puits fouterrein. Bouxtay. Tour rets à percer, multipliés les uns au-delfus des autres, diftingués alors par les noms de premier, fécond torret, fignifie aullî quelquefois Jînge volant ou torret à bras.
- Torta venu , Agric. Veine ou filon quife détourne de fon chemin.
- Tou ( allage à ) allage à l'entour, lié.
- Toucheur dans les houillieres du Lyonnais.
- Touffe , défaut d'air. Force. Dans les houillieres du Lyonnais.
- Toumment ( çer ) ail. féparé de fa
- maffe , jeté hors de fa direction , & en même tems tranfporté de fa place.
- Tour , tambour, treuil à Paris , eft ce qu’on nomme moulinets coubles du tour , lié. Elevé en traverfe fur les longues ou fur les courtes mahires, félon le terrein , félon que le bure eft profond , félon qu’il faut deux treuils, un pour les eaux, un pour les houilles.
- Tour ou cabefan pour éprouver la qualité du fer dans toute lé étendue d'une barre; ce moyen confifte à établir fondement un cabeftan vertical ou horizontal, dont la fufée de fonte de fer a huit à neuf pouces de diamètre, fur environ quatre pieds de longueur ; à un de fes bouts prolongé hors de l’é-pailfeur de fes jumelles , on applique une puilfance motrice quelconque » fur une des extrémités du corps des treuils, on pratique une lumière qui doit pénétrer fon diamètre, laquelle fera d’une dimenfîon uniquement fuf-fifante pour recevoir le bout des barres ; contre les jumelles du treuil 011 alfujettira une forte piece de fonte de fer percée dans Ion étendue d’une ouverture de dix - huit lignes de largeur, dont les angles extérieurs feront abattus , & qui correfpondra au centre du treuil : cette defcription eft empruntée d’un mémoire de M. Grignon fur une Théorie dé artillerie de fer contourné ou à rubans.
- Tour ( épreuve du ) & du détour fur le cabeftan qui vient d’ètre décrit * l’utilité de recourir à cette épreuve dans certains cas, & fur-tout dans des eJfais de fonte de fer par des procédés nouveaux,
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- nouveaux , nous engage à placer ici le detail que M. Grignon donne de cette expérience , indiquée dans notre ouvrage. On commencera par plier légèrement le bout de la barre fur une longueur de trois à quatre pouces j on la paffera par la coulilfe de la piece de fonte de fer , pour l’introduire dans la lumière du treuil ; alors on fera agir la puilfance qui imprimera au treuil un mouvement de rotation qui attirera la barre & la forcera de s’appliquer en fpires fur fa furface ; elle fera dirigée par les bords de la coulilfe par laquelle elle filera s lorfque la barre fera entièrement paifée, on imprimera à la machine un mouvement contraire qui fera devider la barre de delfus le tour, laquelle fe redrelfera en paflant par la coulilfe ; fi le fer fort de cette épreuve fans fe rompre, oneft fur qu’il eft de bonne qualité.
- Tourbe , HoLl. torvena. Darry. Turfa veenne. Cefpes bituminofus. Turfa ericea Bruaria. Terra carbonaria. Elle a été confondue par quelques auteurs avec le charbon de terre.Efpeces différentes. Quelques-unes remarquables par leur feu vif, long, & par le mâche-fer qu’elles donnent en brûlant. M. de Bougainville dans fon voyage autour du monde aifure en avoir trouvé dans les isles Malouines , dont les charbons avaient une aélion fupérieure à celle du charbon de terre. L'humus ou fol fuperfi-ciel. des bruyères , » --dit terra bruaria , eft :un premier genre de terre - tourbe. Bitume de tourbe. Charbon de bois-tourbe ou charbon de bois foffle, ail. holtz-kohlen. Terres-tourbes , fit. torf jord.
- Tome XVIÎI.
- La tourbe, quoique très - différente & à tous égards très-inférieure en qualité au charbon de terre, a néanmoins de tems en tems, comme dans d’autres pays, fixé l’attention du gouvernement Français, pour aller au-devant de la cherté & de la difette du bois de chauffage dans la capitale. On voit dans un traité des tourbes , in-4?. en 1663 , par Charles Patin , do&eur-régent de la faculté de médecine de Paris, un brevet du roi,du 30110V. i6f8» & lettres-patentes du 18 décembre fuivant, portant en faveur du fleur de Chambré, pouvoir , faculté & per-miffion de faire tirer feul, & par ceux qu’il commettra, pendant trente ans, des tourbes à brûler dans l’étendue de vingt-cinq lieues aux environs de Paris ; & en conféquence de l’avis du prévôt des marchands du 23 août i6f9, des médecins de la faculté du 21 juin 1662, & d’une épreuve faite chez M. le premier préfldent de Lamoignon, en 1764 le réglement du prévôt des marchands & échevins 5, du 4 novembre 1663 j pour la mefure & le prix des tourbes, a été imprimé en extrait in-40.
- Tourberie. Tourbière., Endroit d’ou fe tirent des tourbes j en hollandais vu-nen. Arrêt du confèil, du 17 juillet 1744 » ftui permet au fleur Porro de fabriquer exclufivement à tous autres, à Paris & à cinq lieues aux environs, du charbon de tourbe , & d’exploiter les, mines , de tourbe , &c.
- _ Touret à percer, nommé , dans le langage' des houilleurs Liégeois , torret : d’obligation par l’art. X du réglement K k
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- I) V C H.AsR^B V N D E TERRE
- pour les mines de houille en France.
- Tourg. Fat ,fu. Mefure. pour porter la mine au fourneau s'en bois ou en fer battu , un peu excavé en forme de •panier ou de van, & contenant qua-' •rante- ou cinquante livres*de mine.
- Tourillon. Greffe cheville ou boulon de fer fervànt d’étai ou de pivot, Fur lequel tournent les fléchés des baf-cules & autres pièces de bois dans les •machines. Tourillons du balancier. Ce miot fignifie auffi les extrémités du cylindre ou du tambour d’un treuil, & la manivelle d’une machine hydraulique, ail. kurbel , krummer zmfen.
- Tournans. Tourniquets , dms les •feldgelfangen.
- Tourne-à- gauche. Clef de tarriere.
- Tourne - dehors. Tourner hors de la bufe du bure, lié.
- r' Tourneurs. Dans le Hainaut Autrichien , on nomme ainfi les pefeurs & mefureurs de gros & dc-menur charbon. Par l’article X des placards, ils font, ainfi que les facleuts des marchands, pris à ferment Ü’obferver la jauge pour la charge de chaque bateau fans l’excéder *eiv: aucune maniéré, & ne peuvent mêler le gros charbon avec le ‘menu; font au (fi fermentés pour (ÎOiuler une déclarafièft'éxâéte& fidelle ’en poids" &' de ’ la mefüre de chaque forte de charbon qu’ils auront chargé, à peine d’être punis Comme atteints du 'crime de faux; ‘Dalisfiés cas ùû il y a°fraude des droits' de- Ihmpôf, les ve il de u r s 'acheteuVs^eiVcb uûentr-une amendé.’Tar fhtirridU yjes "uns &
- les autresfibntfiéfpHnïiMes du! fait de leurs -facteurs & lour rieurs* , & ^obligés
- de ne fe fervir, pour la'délivrance de leurs charbons, que des tourneurs fermentés, à peine de cent patagons d’amende pour la première fois , de deux cents patagons pour la fécondé, & d’une autre amende plus forte pour la troifieme fois, à l’arbitrage du juge.
- Les bateliers "ne peuvent non plus, en conféquence de ce même article , lailfer ni faire charger leurs bateaux que par les tourneurs fermentés , & cela fous pareilles amendes, fans qu’ils puifi fent s’exeufer fur leurs valets & autres fervans à la conduite de leurs bateaux, d’autant qu’ils en font refponfables.
- Tourniquet. Bourriquet. A Liege on appelle de ces noms, en général, le petit treuil employé pour avaller un bure. Dans les mines métalliques, on nomme de ce même nom une entaille à chûte , c’eft-à-dire*, en defeendant , un paflage à chûte , un puits fbuter-reiifi Tourniquet, ail. hafpel. Tourniquet-à roue, ail. tad hafpel.
- Tourons. Terme de cordier. Ce font plufieurs fils de caret, tournés enfem-ble , & qui font partie d’une corde.
- Toux que - confervent les ouvriers de mines qui ont échappé au danger de' la fuifocation occafionnée par les exhalaifons fouterreines. r Trabenech.. Nom donné dans plufieurs endroits du Dauphiné à la pierre de Périgord , ou'à la mine de plomb à -gr-bile maille , connue dans plufieurk ^endroits fous le nom àz-.vernisf dont fes'émaiUeurs & les potiers de terre feTervent-pour vernir 'leurs.'po tends, -c>.TrabS", ^/.y^^. Giurpenterie. Poutre. Trabs .arrecla. Poinçon. .: ! I
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- E T D E S E S M I N E S. » a
- * Trace à la craie , pour fervir -! de guide aux houilleurs Anglais, dans un cas particulier. t ;;
- Tracer la ligne qui communique d'une mine à une autre ; propofition de géométrie fouterreine pratique. Ligne droite, ( tracer une j fur une furface inclinée & inégale , dans un terrein inu praticable. ;
- Tractoria ( machina ) , ail. hafpel. Machine à tirer.
- Traemner, ail. Venu le. Gegen , ail. vénule oppofée. Voyez Minutes.
- Traha. Traîneau. Traha carens. Cap-fa , ail. fchleife , traîneau fimple ; traîneau de baritel, fployon de hernaz. Traha cui impojita ejl cap fa ,alL. fchlite, traîneau pour tonneau, & autres.
- Traînée. Guide, lyon.
- Traînée, mot par lequel M. Genneté défigne la marche générale des filons , ou la férié continue de toute une bande de charbon de terre.
- Traîneau. ( Méchanique. ) Dans les mines d’Anjou efclipe.Traha,an. sledge. ail. fchleife. Traîneau Jimple comme le fployon. Efpece de machine qui n’a point de roues , & qui eft feulement compofée de quelques fortes pièces de bois jointes enfemble, 8c emmortaifées avec des chevilles : aux quatre coins de ce bâtis, formant une figure quar-rée longue , font de forts crochets de fer , pour y atteler des chevaux qui le traînent. !
- Traîneau de baritel:, fployon du hernaç , lié.,qui s’adapte au herna£ , & que l’on furcharge de pierres plus ou moins , félon les circonflances, afin d’oppofer une nouvelle réfiflance au
- poids de la charge qui défcend dé le retenir plus facilement p ceAraîneau fert aufîî à defceridré des bois & d’autres matières dans la mine; ifconfille en’ deux pièces de bois longues de fept pieds fur deux de large , 8c qui font affemblées ; il s’attache avec une corde à un gros clou implanté dans un bras de’ la machine.-* 5 f ’p a
- Traîner ( chamois 'à, ) petites caif-fes baffes portées fur quatre rouleaux & traînées en-arriéré par deux jeunes-garqons, dans lefquelles fe^fait le tranfport des matériaux ou des décombres. .s a r
- M. Delius les juge-préfépables aux brouettes dont on fe fert dans beaucoup de mines, parce que la •charge d’un charriot n’a befoin que d’ètre pouffée, au lieu que les brouettes ont befoin d’ètre foutenues en même teins avec les mains. Un homme, par cette raifon, ne peut dans un ouvrage continuel tranf-porter plus d’un quintal, tandis qu’un charriot contient depuis 200 livres juf-qu’à 25o de matières, & fe pouffe plus aifément & plus promptement. L’ufage des brouettes n’efl point du tout économique , & n’eft bon que pour les ouvrages de la fuperficie.
- Traîner à cope ,. Lié. d la voie.
- Traîneur. Chargeur au bure, lié. ayant fous lui deux ouvriers. .
- TrairefJ'es au jour , lié. femmes ainfî nommées.
- Trait ( barres de ) , tirans, fax. zug-ftangen. Charge du coufade , valant ordinairement de quatorze à quinze livres. : '
- Trait ( quatre-vingùeme j lié. droit
- K k ij
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- DU C H A R B 0\N D BT B R R E
- d’un panier fur quatre-vingt, dû au terrageun, d’où il eft auffi appelle droit de terrage , dû auffi à l’arniçr :1a fociété eft obligée de mettre ce quatre - ving<* tieme trait à part dans le paire : le terrageur & .l’arniçr peuvent en faire vendre le charbon à leur profit; mais dans l’ufage èrdinairç , ils s’arrangent avec la fociété qui en paie la valeur, en déduifant .quelquefois ? félon les conventions, un ou deux efcalins, qui font à peu près vingt-cinq fols de France par chaque trait, pour les frais de la vente.
- Traite foraine. Traite, droit de quelques feigneurs.
- Tranche, lié. conduit fouterrein qui va rencontrer une décharge d’eau. Canal , abattement pour décharger , fai-gner les eaux. C’eft par un conduit de cette efpece qu’on verfe les eaux du bure dans l’areine , en attendant que les ouvrages fupérieurs foient achevés. Dans les mines de Cornouailles,tranche eft pris pour toute efpece d’ouverture, puits ou boyaux latéraux.
- Tranchée. FoiTe. Folié en croix , de quelques toifes de longueur. M. de Gentiane ayant obfervé dans plulieurs mines, que loit par négligence, foit faute d’intelligence , les ouvriers , en ne faifant que gratter les veines avec leur pic , comme les tailleurs de pierre pourda taille , réduifent tout le charbon en menu, qui n’eft point propre à être employé dans les grilles , ce qui en diminue confidérablement le débit ; ifconfeille, dans l’art. XXXV de fon réglement, d’exiger des mineurs qu’ils commencent à faire une tranchée de fix
- pouces ou environ dans le charbon fur je fol & de toute la largeur delà galerie; «St de dix-huit à vingt pouces de profondeur en avance , 8c même davantage lorfque cela eft poflible ; en-fuite de dégarnir avec le pic de chaque côté de la galerie, en y pratiquant une .efpece de fente ou féparation de même profondeur : cela fait, les ouvriers doivent chader à coups de maife plufieurs forts coins de fer au haut de la galerie , entre le toit «St le charbon , ce qui le détache «St le fait tomber par gros quartiers.
- Par cette manœuvre on avance le travail du double , & l’on a du charbon tel qu’il le faut pour quantité d’ufages. Pour alfujettir les mineurs à fuivrc cette méthode ,M. de Genlfane confeille de ne recevoir leur charbon & Je ne leur payer leur falaire qu’au-tant qu’il n’y aura tout au plus que le quart en pouffier, «St que le furplus fera en gros quartiers.
- Tranent ( mine de ) en Angleterre.
- Tranfactions philofophiques. Collection des Mémoires lus & envoyés à la Société royale de Londres, compofée de dùfertations fur toutes les parties de la phyfique, de l’hiftoire naturelle, de la médecine, des mathématiques , de l’antiquité & de la chronologie.C’eft dans cette fource riche & abondante que nous avons puifé la plus grande partie de tout ce que nous avo/ns publié concernant le charbon de terre & les mines de ce foflile eu Angleterre , où fe font faites les obièrvations les plus curieufes & les plus intéreifantes, entr’autres, fur les différentes exha-
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- lai Tons qui accompagnent cette fubf-tance dans fa mine.
- Tranjit. Vecligalpro tranfitu. Droit de. barrage, ( Terme de douane. ) Acte que les commis des douanes délivrent aux marchands voituriers ou autres pour certaines marchandifes qui doivent pafler par les bureaux des fermes du roi, fans être vifitées ou fans y payer les droits, à la charge néanmoins, par les propriétaires ou voituriers defdites marchandifes, de donner caution de rapporter, dans un tems marqué dans l’acquit, un certificat en bonne forme, qu’au dernier bureau elles ont été trouvées en nombre , poids, quantité & qualité, & les balles & les cordes avec les plombs Pains & entiers, conformément à l’acquit.
- Tranjîtus ( occultus. ) Dégagement. Voie de dégagement.
- TranJ.migration des ouvriers hors du pays, défendue.
- Tranfport. Réparation des rouets , chemins & autres : à combien fe monte k dépenfe pour ces objets, dans une mine d’Ecoffe appellée Bleffay.
- - Tranfport. Enlèvement des uften-files d’une mine que l’on abandonne , comme fuif, marteaux & autres fem-blables, non fcellés & non attachés,. ne peut, en conféquence de l’arrêt du 14 mai 1604, être fait par celui qui quitte l’ouvrage, fans que le grand-maître ou fon lieutenant particulier n’ait été averti, afin qu’il foit au préalable pourvu à la confervation des droits de S. M. & du public.
- Tranfport du charbon du pied du
- bure au port d’embarquement ; doit être une confidération importante pour l’entrepreneur. Indications générales fur ce fujet, par rapport aux différentes combinaifons que doivent entraîner dans l’adminiftration économique d’une entreprife les diftances de la mine au magafin, le nombre des voyages, la nature du chemin , le tems que les voitures chargées de charbon emploient à faire le chemin de la mine au magafin, &c.
- Tranfport du charbon de la mine Roche-la - Moliere à S. Rambert, de S. Etienne. Ce que coûte ce tranfport. Tranfport du charbon d’Auvergne de la mine au port d’embarquement, en facs , à dos - d’àne , à dos de mulet, aux mines de Rive-de-Gier, à dos de jeunes filles à Madeftone en Ecoffe, comme à Liege par les bottereffes.
- Tranfport des briques ou pelotes de houille par charroi.
- Tranfportatorium circulare. Rapporteur.
- Trapp. Corneus nigsr folidus. "Waller. Saxum impalpabile fchiflofum ,fub-calcarium , fragtntntis rhombeis . Linn. Pierre de touche de Cronftedt. Pierre d’un grain plus ou moins fin, com-pofé d’un jafpe ferrugineux, tendre , & d’une argille durcie, qui forme quelquefois des montagnes entières , & plus communément des veinés , enveloppées de roche d’une autre ef-pece. On y remarque quelquefois des particules reffemblantes à du fpath calcaire, mais qui ne font pas effer-vefcence avec les acides ; il s’en trouve de ftriée & de grenulée : la couleur
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- DU CHARBON DE TERRE
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- du trapp varie auffi ; il y en a de grife , de rougeâtre , de brune, de bleuâtre de noire ; celle-ci cil compacte , & fuf-ceptible de poli comme l’agaühe ; le trapp 5 dans la partie la plus enfoncée en terre, e£l ordinairement plein de fentes & de gerçures, & affe&e une figure rhomboïdale.
- Les diverfités obfervées dans ce genre de roc compofé , paraiffent autant de fujets de douter que le trapp doit conilatnment, par-tout où il fe trouve, un même genre de pierre; les houilleurs Anglais , parmi iefquels le mot trapp eff connu, ne paraiiïent l’avoir attaché qu’aux roches ou failles de grande étendue qui font rihop-per les veines de houille , parce que ces roches, à l’inftar d’une trappe, ferment, couvrent,, remplirent un lieu creux , d’où dérive le mot de trapp , enharnacher , couvrir. Les failles , ainll qu’on l’a .vu , peuvent être d’une nature différente les unes des autres, comme le font les trapps , les rubbles & rubbish.
- Traguets , triquets , tmquets du bure , chevalets.
- Travail, travaux de mines au pays de Liege, travail par bafj'e taille , par chambray, travail de fus & deffous les eaux, par oeuvre de veine , travail de mines, pour ce qui ejl de la propriété des intérêts particuliers, &c. travail fur le fonds £ autrui. Crime de forfaiture ou de feule, fi on n’a pas au préalable rempli la loi vis-à-vis du propriétaire. Travail de quarante jours , pendant Iefquels le propriétaire a droit de retrait, déjîfement de travail de la part
- des maîtres , formalités particulières.
- Travail de mines en France. L’art. XXIII dê l’édit de réglement général du mois de juin 1601, permet aux maîtres , entrepreneurs & ouvriers de faire travailler fans difeontinuer, ex-: cepté les dimanches & grandes fêtes: le défiffement du travail doit être notifié au fubdélégué de l’intendance du grand - maître. Par un article de l’arrêt du 14 mai 1604, nuis officiers ayant charge dans les mines, ne pourront être atfociés, ni participer directement ou indirectement au travail & profit defdites mines auxquelles ils feront employés, fans permiftion du roi.
- Traverfant ( filon ), ail. fetrende gangue.
- Traverfe de la couverture, traverfe dans le chevet. Galeries croifantes qui commencent à la couverture ou au chevet de la veine qu’on exploite, & qui ont pour objet de découvrir de nouveaux filons anobliffans, ou d’autres veines. Traverfe dans le chevet ou traverfe de la couverture. Galerie de traverfe, ail. durfchlage.
- Treffort en Brejfe {prés de} à Melio-na{. Mine de charbon de terre.
- Trempe. Liqueur plus ou moins compofée & très-froide, dans laquelle on plonge Vacier pour le durcir. Trempe des limes au feu de charbon de terre en Suede & én Angleterre.
- Trempement & corroiement des pâtes, ou apprêt de la glaife pour la rendre propre à fe mêler avec le charbon de terre.
- Trench-vdn coal, an.
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- ET n E S E
- Trengen , ail. Delfécher , Lyon. afleinier. >
- Trentième, eft attribué dans la coutume de Liege à un poifelfeur de ter-rein fur le travail qui fe fait fous fon bien ou dans fon bien. Dans la coutume de Limbourg fe réglé provifion-nellement au quatre-vingt-unième, au quarante-unième & au vingtième panier, félon que les veines font grof-fes , moyennes ou petites ; ce trentième dans l’ufage de Limbourg fe paie fur la folfe.
- Trépan, meche, cifeau , langue de ferpent.
- Trépas, pertuis. Trépas de Loire. Droit qui, ainfi que la traite par terre ou impofition foraine d’Anjou, a fait partie de l’apanage accordé en i <{6G par Charles IX à Henri de Valois fon frere, qui ^n avait joui jufqu’à fon avènement à la couronne, & qui les avait enfuite compris l’un & l’autre
- • dans le fupplément d’apanage qu’il .accorda en 15-76 à François , duc d’Alençon, fon frere, qui les avait pof-
- • fédés jufqu’à fon décès eu 15*84 J ces deux droits furent réunis enfuite avec
- d’apanage à la couronne peu de te ms ^après, en vertu d’un édit du mois d’oétobre 1 y 85 i ces droits avaient été aliénés fous faculté de rachat, & avaient toujours été poilédés depuis à titre d’engagement par différens particuliers. En exécution de l’article IX d’une déclaration du premier juin >1771, ces droits font rentrés au roi, moyennant, un rcmbouriement fait aux, engagiftes,. & ont en laite été réunis-à. l’apanage,de Moniteur par
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- arrêt du confeil d’état du roi, du 14 décembre 1776. ,
- Treppen verk , ail. Plancher de galeries d’airage. Voyez Plancher.
- Tréforier & receveur général des mines. Dans les réglemens concernant le fait des mines en France, dans chaque endroit où il y, a une mine ouverte , il doit, en copféquence de l’arrêt du 14 mai 1604, être pris fur la maife entière de tout ce qui en proviendra de bon & de net, un trentième, lequel eft mis en mains du tréforier & receveur-général d’icelles mines, lequel en fera un chapitre de recette à part.
- Tréteaux, chevalets. Supports des feldgeftangen.
- Treuil, tour. Machine fimple faite d’un tambour. Machines qui fe rapportent au tour, rouleau , tambour ; tym-panus, peritrochium ; treuil du moulinet. Sucula. V. Moulinet, Treuil ordinaire. Le principal point de cette machine eft que la grolfeur de l’aiffieu Ibit proportionnée à la longueur du levier.
- Treqa'f en fait de peinture de porcelaine & de poterie, le dit lorfque la fuperficie eft gercée de petites fentes
- 6 rayons^Efpece de deflin particulier ainfi figuré dans quelques parties du toit des veines.
- Triage des charbons propres à être corroyés avec les pâtes p pour avoir un chauffage économique ; en quoi con-fifte ce triage.
- Triangle. (Géométrie.) Figure com-prife entre trois lignes , qui a par con-féquent trois angles & trois côtés 5 le
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- DU CHARBON DE TERRE
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- côté inférieur eft ordinairement pris pour la bafe, quoiqu’on puiife choifir tout autre côté ; & une ligne perpendiculaire, menée de la pointe d’un angle fur la bafe, fe nomme la hauteur du triangle. Tout ce qui a rapport aux angles dont un triangle eft formé, eft une connaiftance importante ; les méchaniciens en font un grand, ufage pour examiner par les angles toutes les forces mouvantes; & en géométrie, toutes les figures fe mefurent par des triangles auxquels on les réduit.
- La partie eftentielle de la géométrie fouterreine, qui aide à connaître la longueur des lignes , eft donc celle qui enfeigne à calculer toutes les parties d’un triangle par le moyen de celles que l’on connaît, d’où on l’a appelle trigonométrie, qui eft l’art d’appliquer le calcul arithmétique à la géométrie.
- Le triangle confidéré par rapport à fes côtés, eft de trois elpeces. Confidéré par rapport aux angles de trois efpeces auffi.
- Le côté du triangle oppofé à l’angle droit , eft nommé hypothé-nufe.
- Maniéré de mefurer-par lesdifférentes efpeces de triangles. Maniéré de réfoudre tous les problèmes de géométrie fouter-reine, fans calculer les triangles. Triangles à prendre & à rèfoudre pour trouver les dimenfions d'une mine de fer.
- Triangle rectangle, c’eft-à-dire, qui a un angle droit. Dans tous les triangles de cette efpece, 011 n’a befoin que du théorème. Dans tout triangle
- rectiligne, les côtés font entr eux comme les finus des angles oppofés. Problème dont M. Weidler donne par le calcul & par le moyen de l’échelle géométrique & du rapporteur, la folution du problème : Trouver le côté & la. bafe dans un triangle rectangle dont on connaît l'hypothénufe. Le chapitre III de la Géométrie fouterreine de M. de Genifane , eft employé à la réfolution des triangles rectangles. Le chapitre V eft terminé par l’application d’une méthode méchanique pour le même objet, par le moyen d’une réglé divifée en deux ou trois cents parties bien égales, que l’on prend pour une échelle.
- Triangles rectilignes. Triangles dont les trois lignes qui concourent à leur formation , font des lignes droites ; confidérés dans la partie de la géométrie diftinguée par le nom de trigonométrie rectiligne, dont le calcul' eft appliqué à connaître la valeur des lignes & des angles d’un triangle re&iligne , feule efpece de triangle que l’on ait à réfoudre dans les opérations de mines. Le chapitre IV de la Géométrie fouterreine de M. de Genifane eft employé à la réfolution des problèmes qui concernent les triangles-recftili-gnes obliques.
- Triangles femblables. Lorfque les trois angles, chacun en particulier, font égaux , ou lorfqu’il n’y a qu’un angle qui foit égal à l’angle qui lui répond dans l’autre triangle, & que les côtés font proportionnels , ou encore lorfque les trois côtés d’un triangle font proportionnels aux trois côtés
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- ET DE SES MINES. 26}
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- de l’autre triangle, les triangles fem-blables ont leurs côtés homologues proportionnels. Quatrième proportion du fixieme livre d’Euclide, fur laquelle eft fondé le compas de proportion.
- Dimenjîon du triangle, d’un très-grand ufage dans la trigonométrie, pour réfoudre par le feul fecours des triangles femblabies , tous les problèmes trigonométriques.
- Tribunal des Vingt-deux à Liege, autrement nommé Tribunal de la Foule, contre l’opprefiion. Rempart de la conftitution du pays de Liege, & qui alfure le droit de toute efpece de propriétaire. Compofé de quatre chanoines de la cathédrale , nommés par le chapitre, comme état ecciéfiaftique ; quatre membres de l’état noble ; quatre bourgeois de Liege ; quatre nommés par la ville, parmi lefquels les bourguemeftres en nomment chacun un ; deux autres nommés pàr les feize chambres repréfentant le corps de la bourgeoifie : les autres rertans font à la nomination des villes du pays de Liege qui font intervenus à la paix des Vingt-deux. On appelle de ce corps aux états révifeurs, compofés en tout de quatorze perfonnes ; favoir, quatre membres de la cathédrale, comme étant l’état primaire , dont deux amovibles font choifis par le prince ; quatre de l’état de la noblelfe , choifis par ie corps ; quatre de l’état tiers repréfentés par les deux bourguemeftres régens, & les deux anciens de l’année précédente , qui 11e font que pour deux ans; de deux révifeurs ou députés à vie, à la nomination des villes qui Tome XVIII.
- ont droit de nommer au tribunal des Vingt-deux.
- Trigonométrie. C’eft , à proprement parler, la fcience des triangles, ou l’art de trouver, par trois parties données d’un triangle, les trois autres parties qui en font inconnues. Partie elfentielle de la géométrie-pratique, pour y palfer de la théorie ; & comme il y a deux fortes de triangles. il y a auifi deux fortes de trigonométries. Celle des triangles rectilignes , qu’on appelle trigonométrie rectiligne, ou trigonométrie plane, & celle des triangles fphériques , nommée trigonométrie fphétique. Il s’agit, de trouver les parties de ces triangles par le moyen de quelques-unes de leurs parties que l’on fuppoie données, ce qui embraife en même tems plufieurs opérations qui fe font par le moyen des triangles, & qui fervent à mefurer une infinité de grandeurs, & confifte dans la fo-lution de trois problèmes; favoir: i°. les trois côtés étant donnés, trouver les angles ; 2°. deux côtés & un angle étant donnés, trouver le rejie ; 3°. deux angles & l'un des côtés qui foutiennent ces deux angles étant connus , trouver Iautre angle & les autres côtés.
- La folution de ces trois problèmes dépend de quatre théorèmes démontrés dans tous les cours dé mathématiques, & dont 1e premier confifte à trouver par le niveau d’inclinaifoi* l’angle aigu dans un triangle rectangle : le problème, trouver une quatrième proportionnelle à trois nombres donnés, eft du plus grand ufage eu trigonométrie.
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- Triplage des hochets , lié. tripler , fouler avec les pieds le charbon avec les terres grades , pour être mis en hochets.
- Triple droit. ( Jurifprudence. ) Lorf-qu’on paie un droit trois fois.
- Tripoli. Argilla fubtilis macra, uji-bus mechanicis aut polituris inferviens. Wolfterd. ail. tripel, fu. trippel, an. tripela. Tripoli pierreux, dans lequel fe convertirent au feu les gores du mauvais charbon du Lyonnais. Il eft à obferver que le tripoli, déjà allez eompad, devient très-dur au feu, de façon qu’il étincelle comme l’acier 5 il y en a même qui fe vitrifie à fa fuper-ficie.
- Trivelle , truelle , lié. efpece de lou-chet de fer dont on fe fert pour remuer la houille & les fouayes.
- Trochlea , rechamus , orbiculus, ail. flots. Poulies. Trochlea Jimplex vel monofpajlos.
- Trock del teie. Troc de taille.
- Troijieme niveau ( eaux du ) dans les houillieres du Hainaut Français ; lit de terre fous lequel elles fe font jour. Ne font à, craindre pour leur force qu’au premier inftant de leur éruption.
- Trotoir, manege, lié. pas du bure. L’étendue à donner à l’aire que doit parcourir un cheval attelé aux machines d’extraction, n’eft pas un article indifférent.
- . Trou nommé le Bouillon, à Condé, fur la riviere de Haifne. *
- . Trou de décharge dans les mines métalliques j ouverture pratiquée en maniéré d’un petit puits , par laquelle on
- jette , dans la galerie de communication , le minerai deftiué à être tranf porté au bocard.
- Trou de fonde , ou de la grande tar-riere anglaife.
- Trous de brokette de mines ou de fleuret, pour ouvrir le chemin ; faire place.dans lei.roc aux cartouches avec lefquelles .on fait fauter les pierres. •
- Trous de fleurets, doivent toujours être faits dans une diredion telle que l’élafticité du feu ne foit point gênée de toutes parts, en trouvant une trop grande réfiftance j mais de maniéré que la réfiftance foit moins confidé-rable d’un côté que la force de la poudre, s’il en doit réfulter un effet fuffi.-fant pour rompre une affez grande partie du roc : il y a fur cela néanmoins des diftindions à faire relativement à la nature des rocs que l’on veut faire fauter.
- Trous de tarrépour mettre en fureté la vie des houilleurs , & garantir les ouvrages de fubmerfions , néceffaires, par fconféquent, dans la pourfuite des ouvrages , fe pratiquent dans le commencement de l’ouvrage fur la tète d’une veine fupérieure à une veine inférieure, en pittant hors de la ma-hire du bure, quelquefois le long des tailles, & fe nomment alors trous de taillé; à l’extrémité des chambrays; le long des voies; de haut en bas dans les ferremens. Leur profondeur différente , diftinguée alors par l’expref. fion de court jeu & de long jeu. Elle peut quelquefois être de dix-fept toiles de plomb. Les trous de tarré ont treize à quatorze iignes de diamètre,
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- & fe font à une diftance proportionnée les uns des autres : à une taille de cinq toifes, par exemple, les foreurs divi-fent cette taille en trois parties. Pour bouter, trois trous de lept toifes de longueur chacun : les trous de chaque côté ne font approfondis que de cinq toifes, & doivent être refaits chaque mois; quant aux trous de tarré qui font devant l’ouvrage, & qu’on appelle trous de taille, on ne fait que continuer les mêmes , à moins qu’il ne s’en trouvât qui, par une direction trop haute ou trop bafle, donnaient dans le toit ou dans le mur; alors il faudrait refaire de nouveaux trous de tarré. Par-tout où l’on doit travailler, le foreur a foih d’aller la veille former de ces trous , afin de reconnaître le voifinage des bagnes.
- Trouille, petite riviere du Hainaut, qui prend fa fource au village de Me-rieux, paife à Mous , de.là à Gena-pel, où elle fè jette dans l’Haifne.j objet du deuxieme article de l’ordonnance de 1595.
- Troumma, fu. Canal. ( Wattu troum-ma. ) Aqueduc. '
- Troujjement (voie de) au pays de la reine ; voie d'airage ou raw ailette.
- Troye, an. poids de troye, en Hollande, ell ce que l’on appelle particuliérement à Amlterdam poids de marc. Il cft égal à celui de Paris. Livre en Angleterre, où on ne l’emploie qu’à pefer les chofes précieufes, comme l’or & l’argent: il efl; de douze onces à la livre.
- Trum, ail, Piece féparée de fon tout.
- Trunnen, ail. cap fa.
- Tubber ( cornish ) beel, an. Pic.
- Tuile ( terre à ) , terre à brique. Charbon à cuire les tuiles.
- Tull afgifft , angl. Paiement des droits.
- Turf, tourbe de Hollande.
- Tunna, fu. Tonneau.
- Turf, dry turf. Torf, an. Tourbe.-
- Tutele, curatelle , & toute efpece de commilîîons, Parmi les franchifes différentes, données par l’article IV de l’édit de réglement général du mois de juin i6or, l’exemption de ces charges eft fpécifiée en particulier, à la condition néanmoins que ceux qui prétendront en jouir aient travaillé ou fervi aux mines fix mois avant, 8c qu’ils feront déchus de ces franchifes s’ils venaient, après avoir éludé ces commilîîons, à fe retirer du travail des mines ; qu’en même tems ils feront alors tenus en tous dépens, dommages & intérêts envers celui qui aurait été élu ou choifi à leur place.
- Twekilling, ail. Fourneau à deux vents.
- Tuyaux à air. Canaux à vent. Porte-vent. Tuyaux d’airage à l’extérieur d’un puits de mine , lié. chetteur. Prolongés du dehors en-dedans , pour fervir d’écoulement à l’air , an. air pipes, fu. troumma. Terminés quelquefois en entonnoir ; formant quelquefois un plancher nommé treppen werk. Tuyau d’airage ou porte-vent de cuir. Effet des tuyaux à air en différens tems de l’année.
- Pour l’ordinaire les tuyaux d’airage font de fer quarré & en bois, L 1 ij
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- forés, comme ceux- dont on fait ufage pour -les pompes hydrauliques,, ou bien, faits avec, quatre planches atiem-blées, pour établir une ventilation dans les naines j. on les fait ordinairement de la longueur d’une planche, & une de-leurs; extrémités toujours plus petite, afin'qu’on puilfe les emboîter Puma dans, l’autre s il faut qu’eiks foient bien unies extérieure-mient j. & afin que Pair ne trouve point é.’aurce iHue • & d’autre entrée qu’aux extrémités, les points font garnis en giflais r l’entrée de l’air eh favorifé par la forme d’entonnoir que l’on donne à J:extrémité extérieure. 11 eft encore néceiîàireque ces tuyaux foient plus étroits, & qu’ils continuent toujours d’une égale largeur : l’expérience a fait connaître que les conduits larges 11e font pas- auili avantageux que les conduits étroits, parce, que l’air qui eft ^comprimé & denfie dans ces d.er-. niers, a une circulation bien plus vive & bien plus fraîche, tandis que dans les premiers il eft toujours trop ex-paillé, & refte conféquemment faible ; la largeur la plus avantageufe eft de lix pouces. Remarque de M. Jars fur cette capacité des tuyaux d’airage. Les tuyaux d’airage ont l’avantage de pouvoir s’enlever quand ils ne fervent plus dans un endroit, pour être employés ailleurs.
- • Tuyaux de pompe, toujours de potin ou de cuivre, & par économie en bois. Le plus grand-qui reçoit le pif-ton , & qui forme le premier corps de pompe, eft appellé tantôt corps de pompe^ tantôt tuyau du clapet ou du pif-
- ton ^ tuyau afpirant, tuyau cCafpirâdon, ou tuyau mentant, fax. aufter kiei.
- Tuyau de foupape, fu. ftokel kiel.
- Tuyaux ( principaux ) de la machine à vapeur. Tuyau qui conduit au cliquet reniflant, tuyau de traverfe du cylindre & de l’alambic.
- Tympanus. Peritrochium , ail. forb. premfcheibe. Treuil. Dmtatus , alU famprade.
- Tympheicum. Gypfum antiquorum. Quelquefois marneux.
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- XJ B E R fchujf. ail. Reftant ou fur-plus du profil, foit de la mine, foit du minerai, extrait des fouterreins. Signifie aufti une montagne qui penche au-delfus d’une autre.
- Vacations.'(Jurifprudence. ) Tems, heure employée à une occupation : outre les gages ordinaires des lieute-nans particuliers pour les mines, dans chaque généralité, fixés par l’art. VIII de l’édit de réglement général, il leur eft alloué par le même article, pour vacations de journées , de vifites & autres fondions, un écu & demi. Vacations des jurés du charbonnage à Liege.
- Vaedret, ima, fu. Vent, air des mines.
- Vague, wague. Mefure pour le charbon dans le pays Montais, évaluée jufte à 144 livres de poids.
- Val-Travers, comté de Neuchâtel ; mine de pierre d’afphalte. Nous ne fai-ions ici mention de ce bitume concret, que par rapport à plulieurs indications données dans l’ouvrage de
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- M. de Genlfane, comme de véritables charbons de terre, & qui ne nous paraiij'ent être autre choie que des pierres d’afphalte.
- Val de Ville en Alface j il femble qu’il y a du charbon de terre dans cet endroit, à en juger par un arrêt du confeil du 30 avril 1746 , portant privilège exclufif en faveur du fleur Makau d’Herkems, pour faire exploiter pendant trente ans une mine de charbon.
- Validation. Le grand-maître des mines en France ayant, par l’article XIV de ledit de réglement général du mois de juin 1601 , le pouvoir de faire & palier tous contrats & marchés d’acquifition de fonds de terres , maifons, ' moulins , martinets, bois, &c. de faire conilruire tous édifices & maifons, acheter outils & ultenfiles nécelfaires, ordonner des paiemens, ouvriers , chartiers, voituriers, mef-fggers & autres perfonnes qu’il convient employer aux travaux des mines , pourvu que le fonds en foit pris fur ce qui revient au roi ; l’art. XV ^îilide & autorife tous ces marchés, baux & ordonnances, ainfi que les quittances & paiemens , à la< charge que le tout foit bien & duement contracté , & que le receveur-général ait fait vérifier fon état par le grand-maître.
- Vallay , vallée, lié. Ouvrage fou-terrein.de-houilliere, qui fe prend au. principal cka/gcage en angle droit, à la direction de la veine, & en fuivant fa pente.
- ValU, fu. Allée, fuite, file, pile. S te in va 11.
- Vallée. ( Géographie phyfique. ) Enfoncement qui ell entre deux rangs ou chaînes de montagnes.
- Valvula mobilis , valvula verfatilis. Valvule, clapet, crapandine , joupape.
- Vanix, lié. Cailîbn en planches, pour fervir de bafche aux eaux, large du côté du bure , à l’endroit ou arrive l’eau , 8c étroit dans la partie fervant de décharge, qui va rendre dans les tranches. Le vanix fe place au jour quand on n’a pas de xkorre. Eaux ck vanix, ou ramalfées dans le cailfon ainfi nommé. Serres de vanix ou de pahages. Serres ménagées fous les niveaux du bure, pour foutenir les eaux des pahages.
- Vapeur ( étuve à ).
- Vapeur ( machine à ) , an. fteam en-gine, mal-à-propos pompe à fieu. Voyez machine à vapeur. Vapeur de l’eau qui bout dans la chaudière de la machine. Sa force expulfive fait équilibre à la prellion de l’athmofphere & au poids d’une colonne d’eau de fept à huit pieds de hauteur ; en conféquence la prellion de l’athmofphere étant équivalente au poids d’une colonne d’eau de trente-deux pieds de hauteur, il s’enfuit que la force de la vapeur eft à la preflion de l’athmofphere comme trente-neuf elf à trente-deux environ.
- Vapeur (réfieryoir A), ou» petit cylindre dans la machine à vapeur.
- Vapeurs jouter reine s , oui air des mines. Follets malins. Génies fbuter-7tins , ail. bad air, an. fioul air. Common damp. A Newcaftle , (lirh Jlink. A Liege crcwin , fiouma. Agric. vergifte lufie. Sckxvaden. Gravis hali-tus. Aer un mobilis, fin. waedret , ima.
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- Jlirflxé. Ses effets fur les mineurs font variés ou modifiés félon différentes circonftances, & ils font auflî prompts que fâcheux.
- Vapeurs humides, en privant l’air de fon élafticité, lui fout contrarier dans les fouterreins une qualité aufîi mobile que les vapeurs acides & fulfu-reufes.
- Vapeurs des mines, félon l’auteur moderne d’un traité des eaux minérales, font fulfureufes, falines, métalliques , très-abondantes, très-fixes, très-élafliques, très-volatiles & pénétrantes j mais il eft certain que l’air, comme réfultat de la décompofition des fubftances minérales dont elles fe détachent, fait la bafe , la partie principale & eflentielle de ces exhalaifons, & que l’air de l’athmofphere n’y entre pour rien, n’étant au contraire que propre à détruire ces exhalaifons, en opérant la deftru&ion de leurs principes conftitutifs. Voyez Exhalaifons.
- Les vapeurs fouterreines qui fe rencontrent dans les mines & dans les lieux fouterreins, paraiffent être un phlogiftique uni intimement à une quantité confidérable de matière ter-reufe très - fine, du même genre & de même nature que les vapeurs volatiles & non enflammées, qui s’exhalent dans certaines occafions de plu-fieurs corps combuftibles. Toutes ces vapeurs fe reffemblent, en ce que lorfqu’elles n’ont pas la liberté de fe difiiper en plein air, elles ont la propriété d’abforber l’air ou d’en détruire ï’élafticité ; d’agir fubitement fur le cerveau & le genre nerveux; de cau-
- fer l’ivrelîe, l’étourdiflement, la fuf-focation, la fyncope & la mort.
- Vapeur formée en globe , an. glob damp, ail. ein - weitterung. Vapeur qui s’élève & s’amaffe au haut des voûtes des fouterreins : cette vapeur eft fufceptible d’un accroilfement fin-gulier & prompt.
- Vapeur fijfocante, lié. fouma. Mérite de la part de l’ouvrier la plus grande vigilance , à caufe de la promptitude avec laquelle cette moffete exerce fon aétion , & parce qu’elle fe rencontre quelquefois à une très-petite profondeur des puits. Le plus important eft de prévoir fa préfence : ce qui, pour l’ordinaire, eft très-poffible. Marche progrelfive de la vapeur fuf-focante dans la mine pyriteufe de Quekna, ou maniéré dont les ouvriers font affe&és par cette moffette, d’après le rapport de ceux qui ont échappé; elle n’a pas été remarquée par les dif-férens auteurs qui ont écrit fur les fluides aériformes ou gas.
- Obfervationdes houilleurs Liégeois, confirmée par M. Triewald & par M. Jars, qui conclut que les ouvriers fouffrent par la grande & fubite dilatation de l’air , & que la forte conden-fation & compreffion qui lui fuccede, eft ce qui l^s fufloque.
- Vapeur inflammable , fulminantet détonnante. Feu grieux , feu brifou >, an. fulminating damp. Remarques des houilleurs Anglais fur les tems où elle s’obferve, fur fe s périodes, fur les mines dans lefquelles elle eft plus fréquente. Idée avancée par M. de Tilly, fur ce qu’il prétend que la vapeur fui-
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- minante n’a lieu que dans les mines dont les veines font nitreufes.
- M. de Fleurieu , correfpondant de l’académie, parmi de nombreufes notes qu’il m’a communiquées fur les houillieres du Lyonnais, eft entré dans les détails fuivans fur une vapeur inflammable qui était renfermée dans un ancien vuide d’où l’on avait tiré du charbon : ce vuide avait environ quiii2e pieds en quarré fur vingt de hauteur, dont douze à treize étaient remplis d’eau. Au mois de décembre 1771, que l’on reconnut la moffette, un ouvrier ayant voulu examiner avec une lampe cette ancienne chambre par une ouverture d’un pied & demi dans fa plus grande largeur , qui fe trouvait à deux pieds au-deflus de l’eau, il fortit, au moment que la lampe fut préfentée, une flamme vive, qui s’étendit horizontalement de 15 pieds environ à la hauteur de cette même ouverture, & qui s’éteignit au même inftant avec une explolion pareille à celle d’un coup de piftolet, & une violente commotion dans l’air qui n’eut point d’autre fuite. La curiofité ayant porté un ouvrier à répéter cette expérience, la flamme qui s’éleva fut moins vive & moins bruyante que la première j mais elle mit le feu au charbon qui formait les parois de l’ouverture , épais d’un demi-pied ; on remédia aifément à cet accident, en brifant cet endroit, & jetant dans la bagne d’eau ces charbons allumés.
- - Au mois de mai 1773 , dans la même mine de M. Galoc, qùï était abandonnée & noyée depuis un an,
- un ouvrier étant defcendu dans le puits ,après qu’on eut épuifé les eaux, afin de reconnaître fi les galeries n’étaient point éboulées ; fa lampe , lorf-qu’il la préfenta du côté de la galerie qu’il voulait vifiter, développa une flamme vive qui fe difflpa dans le moment avec une forte explofion , dont la brûlure auvifage,aux mains & aux' bras, l’a retenu trois femaines fort incommodé, & fans pouvoir travailler , quoiqu’aux premiers cris on l’eût promptement retiré avec la benne dans laquelle il eft d’ufage de defcen-dre dans les travaux.
- , Vapeurs du charbon de terre embrafè. Leurs effets fur le corps humain , quand elles font concentrées, peuvent être aufli préjudiciables que celles du charbon de bois allumé , que celles des lumières, des fumées fuifeufes, hui-leufes , renfermées dans des antichambres , dans des fa lie,s de fpe&acles ; elles n’ont rien de commun avec ce que l’on reprocherait ou à la vapeur du charbon de bois embrafé, ou à ces différentes exhalaifons grafles.
- Vapor fodinarum , aura , fumus vi-rofus. Air, vent.
- - Vargue. Dans les houillieres de Rive-de-Gier , les ouvriers appellent ainfi le tambour de la machine à enlever le charbon.
- Vanations annuelles de Vaiguille aimantée. Plufieurs auteurs ont foup-qonné qu’elles tiennent à la formation ou décompofition des mines ferrugi-neufes dans le nord , comme les variations diurnes tiennent à la chaleur de ja terre , dont l’éle&ricité eft plus
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- forte après midi du côté du couchant.
- Variations des rivières fur lefqùelles s’embarquent les charbons de terre pour rapprovifionnement de Paris, obligent de changer les chargemens. Une'équipe, par exemple, qui, en partant d’un port de l’Ailier, au-deflus & au-deflous de Moulins, aura été compofée de quinze bateaux, ne l’eft plus que de neuf ou dix à fon arrivée au canal de Briare, parce que les eaux étant baffes dans l’Ailier & dans la Loire , un bateau ne pourra contenir que dix voies de charbon, ou douze au plus, pour naviger fur ces deux rivières , au lieu qu’il en portera vingt & même vingt-cinq dans le canal, & davantage fur la Seine.
- Varicelle , petite varicelle. En Lyonnais , frontière du Forez, à demi-quart de lieue au - delà de S. Chaumont. Tête des mines du Lyonnais.
- Varlet. ( Hydraulique. ) Efpece de balancier de bois équarri, gros dans fon milieu, & fe terminant en deux cônes tronqués , frétés & boulonnés , pour recevoir dans fon milieu les queues de fer des pièces que le varlet met en mouvement.
- Vay, lié. Le grand eft du poids de cinq cents cinquante livres, poids de Liege.
- Vecliarius, ail. Hefpeler.
- Vecligal ( Omne metallum ejl). Tout terrein de mine eft fujet à un tribut on nature dû au fouverain ; mais il ne déroge nullement à la propriété du maître du fonds.
- Vecligal portorium. Tunnage. Vecli-gal folarium.
- Vecligal pro tranjitn. Droit de barrage.
- VeBis, levier, ail. hafpel horn, hand habe. Veclis recla, ail. hafpel winden, windeftangen.
- Vtenues, koll. Tourbes.
- Veine métallique. ( Grub. ) Filon. Fente remplie de minéraux, étendue en longueur & en profondeur dans les montagnes, & quia une puiffance. Vena , gangue. Filon , kluft. Fente. M. Weidler donne le premier nom , gangue, aux veines métalliques, & le nom de kluft, fibra , aux petites veines qui partant d’un tronc fort & nourri, tantôt s’étendent en direction oblique, tantôt fe joignent à d’autres.
- Plufieurs prétendent diftinguer les veines d’avec les filons, en appellant filons les fentes étroites qui s’écartent des veines, & donnant le nom de veines à toutes les autres fentes qui fubfiftent d’elles-mêmes, foit petites, foit grandes. M. Delius trouve cette derniere dénomination plus jufte, attendu la difficulté qu’il y aurait de régler la grandeur qu’un filon devrait avoir pour perdre le nom de filon & prendre celui de veine. Si, au contraire , on appelle indiftinCtement veines toutes les fentes qui exiftent par elles-mêmes, on peut alors en faire deux clafles, dont la première com-prendroit les veines principales qui ont des directions bien fuivies, & la fécondé comprendrait les veines moyennes qui ne s’étendent pas loin. L’ouvrage de M. Delius, dont la traduction eft prête à voir le jour, mettra à même de connaître tout ce qui
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- a trait à cette matière, fur laquelle nous donnerons'ici quelques définitions empruntées de ce même auteur , pour fervir d’exemples.
- Veines & filons nobles , dans lefquels on trouve du minerai, ou pur, ou mélangé de pierres de différentes cf-peces.
- Veines & filons faux âges, qui contiennent limplement des pierres & terres fans minerai.
- Vune contiguë avec le rocher , c’eft-à-dire, liée intimement avec le rocher de la couverture & du chevet , de maniéré que le tout ne paraît qu’une feule pierre.
- Veines & filons pourris. Filons, autrement appellés encore filons fau-vages, mais dont la terre qui les com-pofe eft une terre pourrie.
- Veine variable. Voyez au mot latin vena ; fes différences font défignées dans Agricola.
- Veines de charbon de terre, confide-rées dans la description de l’art de les exploiter, fous tous les points de vue ; lié. vonne, vofne, an. weim. Leur nombre & leur étendue font quelquefois très - confidérables dans le maffif d’une montagne. A deux milles environ fud- eft de Stony- Eafton, près les montagnes de Mendyp, il fe trouve une veine qui s’étend à la diftance de quatre milles vers l’orient, 8c qui eft divifée en plufieurs branches.
- Veines de charbon ; maniéré dont elles fe comportent dans leur direction & leur fituation , relativement aux quatre points cardinaux du monde j leur chûte ou inclinaifon relative Tome XVIII.
- à l’horizon j leur cfimenfton en longueur , largeur profondeur j leur force 8c leur puiffarice , efléntielle à reconnaître.
- Vunes de charbon qui remontent du fond vers la furface, fans avoir été interrompues dans leur cours.
- Veine qui va par les trois heures , c’eft-à-dire , qui court nord-eft & fud-oueft. Qui va par des douqe heures , c’eft-à-dire , qui court nord & fud. Qui va de neuf à on^e heures, ou qui va fud-eft & nord-eft. Veine du matin ou du levant. Vdne du foir ou du couchant.
- Veines ( outils pour œuvres de ), ai-guilles deiyeine, c’eft-à-dire, employés pour les ouvrages dans le charbon même.
- Veine en plein vif thier , lie. Qui n’a jamais été travaillée.
- Veine difpiertée , veine violée , lié. Qui a déjà été travaillée.
- Mines par veines. Leur exploi tation moins fîmple que celle des mines en maife.
- Veine bouillardêe dans les mines d’Anjou.
- Veine principale, ou maîtreffe veine , fiu. hufwad flot.
- Grande veine, grande mine, ou plat-ture. Banc de niveau, grande veine. Ce qu’on appelle ainfi en houillerie à Liege, pour faire une différence des veinettes. Eft une veine de deux pieds de.hauteur pour le moins. N’eft pas toujours la plus riche & la plus lucrative pour l’exploitation.
- Veine (petite). Ce que l’on doit appeler de ce nom dans la coutume de M m
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- Limbourg. Veine (moyenne ) {groffe f Veine {petite) f mine ainfi appeilée dans le pays Montais. Sur Jutnet. Dans la mine de Fims en Bourbonnais'.
- Veine (puante ). Veine foufreufe , charbon fou freux, an, ftinking vein.
- Veine kaucheteufe , ou qui houille bien, lie. c’eft-à-dire, plus abondante en houille qu’en charbon.
- Veine riche & lucrative. On doit regarder comme plus riche celle des veines qui eft tout-à-fait la derniere au-delfous des autres , parce qu’elle a nécelfairement plus detendue en longueur que chacune de celles qui la precedent, foit qu’elles foiènc à pendage de roiffe, foit qu’elles foient à pendage de platture.
- Folles {veines). Veinules de charbon qui fe remarquent dans des maffes de rochers.
- Veine rétrécie par quelques défec-tuofités du toit, ail. ftreindure.
- Vzincs confédérées dans texploitation, ne peuvent être approchées dans aucune entreprife fous les églifes, les châteaux, étangs, maifons , fans remplir des formalités. La diftance fixée à Liege par des experts choifis à cet effet, eft ordinairement de dix toifes.
- Membres de veines féparés par des feams ou par des agais.
- Œuvres de veine , lié. Ain fi nommés , pour les diftinguer des ouvrages qui fe font dans la pierre ; l’areine fe travaille quelquefois par œuvre de veine.
- Pied de veine > laye d’en-bas, veine £ a val-pendage.
- Tête de veine. Afllette convenable du grand bure.
- Veine en. avant - main, lié. c’eft-à-dire , dans la partie d’avahpendage. Attaquer- la veine en avant-main.
- Veine defcendante, pied de la veine , ou veine d’aval-pendage.
- Vzine découverte fur les côtés ( laif-
- fir lad-
- Veine ( ouvertures pratiquées dêune taille à une autre, au travers de la ).
- Veine non xhorrèe , veine Jituée dejfous la main, veine au-dejfcus du niveau du xhorre, veine inférieure.
- Veine xhorrée , veine Jîruêe dejfous ou fur la main du xhorre , veine fupé-rieure. M. de Genifane eft d’avis de commencer l’exploitation par les veines fupérieures, iorfque le charbon eft de bonne qualité. La raifon qu’il en donne eft de décharger de ce poids les veines inférieures , quand on viendra à les travailler : cette confidération eft abfolument nulle, & ne peut infirmer les vrais principes de houille— rie qui demandent le contraire. Areine aboutée dune veine fupêrieure à une veine inferieure.
- Epaijfeur {grande) de veine. M. de Genifane, article XL de fon réglement, prétend que l’exploitation de ces fortes de veines eft la plus difficile & la plus dangereufe, & qu’il n’eft pas poffible d’en extraire tout le charbon dont elles font formées , parce que des piliers d’appui de plus de quinze à vingt pieds d’épailfeurm’ont pas alfez de confiftance & de folidité pour en foutenir le toit 5 il ajoute qu’il eft toujours difficile de prefcrire des réglés qui mettent ces fortes de travaux à l’abri de tout danger. Ce qu'il
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- rapporte à cette occasion des mines de Rive - de - Gier, eft tout - à - fait au défavantage des conceffionnaires, & conforme aux plaintes des propriétaires. Le conful du lieu a afluré à M. de Genflane que parmi les mineurs employés à cette mine, il en eft peu qui foient morts dans leurs lits, & qu’ils avaient la plupart péri dans la mine les uns après les autres. Voici la maniéré dont M. de Genflane pro-pofe d’exploiter ces mines de grande épaifleur. Je commencerais, dit M. de Genflane, par pratiquer une galerie capitale ou galerie d’iflue fur toute l’étendue de la veine, immédiatement au-deflus du toit; après quoi je ferais des galeries collatérales à angles droits de la première, toujours fans s’écarter du toit, & je laiflerais entre chaque galerie, des murs de charbon de douze à quinze pieds d’épaifleur ; quant aux galeries, je leur donnerais une largeur de fix à huit pieds, fuivant la folidité du toit. De cette maniéré je commencerais par prendre tout le charbon qui fe trouverait dans ces galeries fur toute l’étendue de la veine, comme fi elle n’avait que l’é-paifleur donnée aux galeries. Cette première opération achevée, j’abaif-ïerais toutes mes galeries de fix pieds l’une après l’autre, en commençant par la galerie d’iflue, & je prendrais garde fur-tout à ne pas toucher aux murs de féparation que j’aurais foin de conferver dans leur entier : de cette ipaniere je prendrais tout le charbon qui fe trouverait fur cet abaiflemènt de fix pieds de hauteur, fur toute
- l’étendue d e la veine. J’abaiflerais en-fuite une fécondé fois mon travail de fix pieds , & ainfi de fuite jufqu’au fond de la veine. Si, dans le courant du travail, j’appercevais quelques parties des murs de féparation où le charbon fût d’une confiftance faible, j’y placerais quelques étançons pour le foutenir & le contenir : par-là toute l’extradion poftible fe ferait fans le moindre danger pour les ouvriers. Dans les pays habitués aux exploitations en grand , on n’eft point du tout embarraflé d’une très - grande épail-feur ; l’expérience a établi dans ce cas des réglés bien fûres.
- Epaiffeur ( petite ou moyenne, ) de veine , depuis dix jufqu’à douze pouces. Réglés d’exploitation différentes que pour les grandes épaiffeurs. On doit toujours, félon M. de Genflane, article XXXIX du réglement qu’il propofe, commencer par fe procurer une galerie d’iflue. Enfuite, comme il ferait trop difpendieux de couper le lit des veines pour donner une galerie de hauteur capable de mettre le mineur à fou aife, on ne doit prendre que le charbon feul, les mineurs y étant couchés fur le côté; pour cet effet ils ont une petite planchette attachée à la cuifle, & une autre au bras , près de l’épaule, du côté où ils font couchés; ils doivent commencer par dégarnir un peu le charbon par le bas, & enfoncer enfuite des coins de fer par le haut, ce qui le fait détacher & tomber aifément , à caule de fou peu d’épaifleur : il n’eft point d’ulàge , pour foutenir le toit de ces M m ij
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- veines , de iaiiTer des piliers de charbon ; on leur fubditue un nombre fuffilant de billots de brin de fix à huit pouces de diamètre , & d’une longueur à peu près égale à celle de l’épailfeur de la veine. A mefure que les ouvriers avancent, on place d’abord une rangée de ees billots ou poteaux derrière eux , d’environ trois pieds de diftance de l’un à l’autre, & on les ferre avec de forts coins qu’on chaiTe entre le toit de la veine & lé bout fupérieur des poteaux. Lorfque les mineurs font avancés de plus de trois pieds, on place derrière eux\ de la même maniéré, une fécondé rangée de poteaux parallèle à la première, & ainlî de fuite, jufqu’à ce qu’il y en ait quatre rangées ; après quoi on ôte les coins de la- première rangée, c’efc à-dire, de la rangée la plus éloignée des mineurs, & l’on tranfporte les billots pour venir faire une nouvelle rangée derrière eux dès qu’il y a une place fuifi&nte& de cette maniéré on parcourt toute l’étendue d’une veine, parce que les quatre rangées de poteaux font plus que fuffifantes pour foutenir le toit dans le voifinage des ouvriers, & pour les garantir de tout danger.
- . Veinette, lié. par comparaifon en épailfeur avec les veines nommées grandes veines. Les veinettes fuivent en tout la dire&ion de la veine principale , à moins qu’elles ne foient débauchées. Dans la coutume de Liege, les droits des jurés, pour l’enfoncement d’une nouvelle folTe, n’ont lieu que lorfqu’on eft parvenu à la veinette.
- Veinules, vcnules. Veines ou fibres-menues , ail. clufie, an. fioeders , dans leurs parties oppofées, de l’autre côté d’une montagne ou d’une riviere, appellées gegen traemner: Veinules, compagnons du minerai, ail. ertzge faehrtel.
- Veinules des fionds , coureurs de ga-[on, qui fe rencontrent le plus fou-vent dans de petits vallons placés fur le dos de la matîe haute d’une montagne, & qui inclinent vers fon pied ; ils croifent ees vallons, & entrent de quelques toifes dans les parties qui s’élèvent vers les côtés, & fe coupent entièrement par la fuite: ce qui leur fait quelquefois donner le nom de veinules des fionds. Le roc dans lequel elles fe trouvent pour l’ordinaire,, ell une ardoife avec beaucoup* de fentes confufes ; on les trouve le plus fouvent dans les contrées où les-montagnes de la première clalfe finif. fent, & où les montagnes moyennes commencent.
- Vena, veine ran. wofimt 9 lié. vofine* Il eft à propos de connaître les défi-gnations latines données aux veines t voici celles que l’on trouve dans Agri-cola. Vma cequa , ail. fiachert gang*
- Alta feu profionâa.....Cumulata, en
- malfe. Curvata.......Deficendens......
- Matutina.......ail. morgen gang....
- Lateralis.....Vena obliqua, ail. don-
- legter gang.
- Vena pende ns fieu âilatata*
- Vena principalis fieu latior.
- Vena propendms, lié. drelfant. .. 1 Veine-fiur-plombét, veine précipitée..
- Vena recla, lié. platture.
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- Vma focia vel jlriclior.
- Vma ferotina , ail. fpat gang.
- Vendeur ) appelle quelquefois terra-geur à Liege.
- Venditor ( jurants ) partium.
- Venei, auteur d’un ouvrage publié en *77 S » par ordre des états de la province du Languedoc, fous le titre : Injlruclions fur l'ufage de la houille, &c.
- Vtnt, air athmofphérique. En Angleterre, où les vents font variables, il en eft qui paraiifent fuivre certaines heures.
- Vent, air fonterrcin , lié., fou ma. Faire circuler le vent, ou le fouina avec le vent, communiquer le vent, conduire , mener le vent, faire defcendre le vent, pafer le vent, retourner le vent , tuer le vent. Pratique ufitée dans les mines d’Anjou pour tuer le vent extérieur qui peut faire obftacle à la fortie de Pair de la mine. Machines à vent, boîte à vent, machine d'airage décrite par plusieurs auteurs , mais peu uft-tée. M. Delius en a donné la defcrip-tion ; hema^ ou machine à vent hydraulique.
- Ventailles des rivières d’entre Mo ns & Coudé; leur entretenement eft réglé par les ftatuts & ordonnances fur la navigation.
- Vmte ou échange des parts d'entrepreneurs ou à'ajfociés ; en conféquence de l’arrêt du 14 mai 1604, ne peut être faite fans au préalable en avoir averti le grand - maître , & fans avoir fait enregiftrer les ventes ou échanges au greffe des mines.
- Vente & commerce exclujîf du charbon de /erre,tant en Vivarais que dans
- le Forez & le Lyonnais, accordé au mois de mars 1669, à un lieur Gri-folon, par arrêt du confeil enregiftré au parlement, révoqué le 26 oétobre de la même année par arrêt du confeil, fur la réclamation des habitans de tout le pays, & en particulier du Gravenand & du Mouillon , avec condamnation de 100 livres de dommages & intérêts envers Grifoion.
- Ventilateur (fourneau ) de M. Sut-ton, exécuté d’abord à Londres ,, eft en petit la méthode que fuivent les houilleurs Liégeois dans leurs bures d’airage ; ulité en Ecolfe & à New-caftle dans les mines de charbon ; ne l’eft cependant pas généralement dans, tous les puits. Par fa conftruétioiv fi-mple & peu coûteufè, on réuifit à établir un très - grand courant d’air jufqu’aux extrémités les plus éloignées d’une mine. Son principal avantage eft de produire toujours un effet égal, quelque tems qu’il falfe. Application de ce fourneau aux mines de Littry en baffe-Normandie.
- Ventilateurs, foujflêts corrigés, ou affemblage particulier de foulRets,. dont l’effet eft de renouveller l’air d’un, endroit renfermé, l'oit en yintrodui-fanü un air nouveau, foit en pompant: celui qu’on veut ôter. Fourneau. Cas où il eft applicable. Soufflet, ventilateur du docteur Defaguliers, fèmblable , à certains égards , à ceux employés en Heffe par Papin. Il eft utile pour pomper les vapeurs d’une mine lorsqu’elles font plus pefantes que l’air commun, ou les en chaffer quand elles font plus- légères * & variée à cet effet.
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- dans fa conftru&ion. L’exécution de cette machine eft telle, que tout l’air contenu dans un efpace de huit pieds cubes peut être changé en une minute.
- Ventoufes, porte - vent, canaux à vent, tuyaux à air. Ces ventoufes ou canaux à vent, dont on fe fert pour extraire l’air de la mine parle moyen des fourneaux à feu, 11e doivent pas être plus larges que de quatre à cinq pouces au plus de diamètre ; car la circulation dans les tuyaux étroits eft beaucoup plus vive & plus forte que dans les tuyaux larges.
- Ventre ( veine faifant ), c’eft-à-dire , renflée, augmentée de volume & de puiflance dans quelqu’une de fes parties ; on obferve que cet endroit de la veine eft fouvent de la meilleure qualité.
- Venula , ventile, veinule.
- Verdâtre ( fable ), tirant un peu fur le noir , & qui compofe le rabot.
- Verge. ( Jurifprudence. ) Mefure pour les longueurs, dont on fe fert en Angleterre & ailleurs. En général elle répond à l’aune , & eft feulement différente à raifon des toifes. La.verge d’Angleterre contient fept neuvièmes de l’aune.
- Verge métallique, ou mefure fervant à mefurer & compter les mines.
- Verge mètalioflophique, baguette divinatoire.
- Verge a forer, an. borings rods.
- Vzrge d'aboete, hay. longue verge , lié. courte verge, lié.
- Verge des pompes, en fer.
- Vzrge, fumpfy fax. Travail d'eau.
- Vzgifle luffte, aura peflilens. Air Tou-terrein.
- Virmejfen ( dqs ) , ail. Bouffole de mines.
- Vernis minéral. Nom donné dans quelques endroits à la mine de plomb à groffes mailles.
- Vernis pour les peintres avec le charbon de terre.
- Vernis adapté dans les mines -de Newcaftle pour les joints des chaudières de la machine à vapeur, afin de les empêcher de couler.
- Verre. Maffe plus ou moins tranf* parente, due à la fufion de matières vitrifiées, aidée par des matières fufi-bles, ou de la fufion de matières non vitrifiées, aidées l’une par l’autre.
- Verre à cailloux , verre métallique , verre blanc, cryjlal d'Angleterre , an.
- flint glaff.
- Vers à foie (graine de) foignée à la chaleur du feu de charbon de terre. M. de Genffane rapporte auiïi que M. de la Mallette de Villefort a ob-fervé dans des expériences qu’il a faites , que le produit des vers chauffes avec le charbon de terre, était d’un fixietne plus fort que celui chauffé au feu de bois; il a conftamment remarqué qu’à égale quantité de fe-mence, il a toujours eu beaucoup plus de foie que fes voifins.
- Verfage d'eaux, verflment d'eaux , lié. fe dit de toute efpece de maniéré de fe débarraffer des eaux jufqu’au jour, autre que par une galerie d'écoulement. Voyez Verflment au jour.
- ( Droit de) dû à l'hunier, comme maître depuis la fuperficie jufqu’au
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- jour. Ce droit, qui eft le même que le cent d'ardue, parait injufte même aux gens de loi, dit M. Jars, attendu que le propriétaire de la furface n’a fait aucune dépenfe, au lieu que fariner en a fait une confidérable pour fa galerie d’écoulement. Il paraîtrait donc fuffifant, pourfuit M. Jars, pour le propriétaire, de lui payer le double du dommage occafionné par le cours des eaux fur la furface du ter-rein.
- V’.tfage ( droit de ) , cens d'ardue. Droit que les entrepreneurs doivent au poifelfeur de l’héritage.
- Vtrfans ( endroits ) , verfage d'eaux, lié.
- Verfatilis , mobilis ( valvula ). Soupape.
- Vtrficolor ( lithantrax ) , a^iireum , lithantrax fplendide variegatum , an. pea koc. Queue de paon, charbon verron -, commune & belle variété, différente de celui qui eft terne & rouilleux.
- Verforium , acus magnetica. Aiguille aimantée, aiguille de la boufj'ole.
- Verfus ( furfum ), en-haut, contre-mont.
- Verfshramen ^ fax. Découvrement des filons.
- Via. Pafjage , taille, voie, dégagement. Via arenata , areine,
- Pial (port de) en Auvergne.
- Vibration. ( Méchanique. ) Mouvement régulier & réciproque d’un corps ; en phyfique exprime différens autres mouvemens réguliers & alternatifs.
- Vicarius ( dominé ) , ail. vorleger.
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- Vieil homme {le) a déjà été là , ail. gefencke.
- Vierge [couche). Charbon puceau.
- Vieux bure ( ratteler, reiifcombnr un ).
- Vieux ouvrés, vieux ouvrages, an. oldman.
- View ers , furvey , an. Arpenteur, déc ouvreur, expert.
- Vif-argent, mercure. Ce fluide a l’avantage de relier toujours pur, & de conferver fa vertu expanfive, quelque ancien qu’il foit, de ne geler qu’à-un froid exceffif qui eft très-rare , &c. La hauteur du mercure, dans un même endroit, eft fujette à de fréquentes variations , fuivant les différens états de l’athmofphere j les plus grandes hauteurs & les plus grands abaiflémens arrivent toujours en hiver ;un des ufages importans du mercure eft celui qu’on peut en faire en certains cas, pour trouver la différence des niveaux de plufieurs points placés fur la furface de la terre. Voyez le défaut effentiel & inévitable des inftrumens météorologiques, au mot Thermomètre.
- Vif thier [plein) , lié. Terre neuve , terre naturelle.
- Vignes, dans la coutume de Liege, doivent être rétablies aux frais des maîtres jufqu’à la quatrième année.
- Villenage. Terme de coutume, tenue de rentes ou d’héritages fous fer-vitude. Tenir en villenage, c’eft tenir en cenfive \ tenir en villenage privilégié, c’eft tenir du prince , & être attaché à l’héritage fous un certain fervice. Droit de villenage. V. Régalien.
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- Vindas, cabefan. Treuil , tour, dont l’axe eft vertical à l’horizon, & qui tourne en rond au moyen de barres pofées en travers par le haut de l’effieu , & qui font conduites à bras. Fufée de vindas, ou cabejlan volant.
- Vingtaine, compte, an. fcorn. Voyez Scorre.
- Virevaut. Singe, engin.
- Virgule. Marque de grammaire employée en géométrie, comme le point en mathématique, & qui, félon la place qu’on lui donne, eft une indication différente. Dans les tables de logarithmes, par exemple , la virgule qui fépare le premier chiffre de la gauche de chaque logarithme, marque que les chiffres de la droite ne font que des chiffres décimaux; en aftronomie on y a fubftitué l’accent, qui lignifie minute ; lorfqu’il eft double , il défigne une fécondé, &c.
- Virolle, rondelle. Hydraulique. Petite bande de métal forgée en rond comme un anneau.
- Virojus ( fumus ) , aura, vapor fo-dinarum.
- Vis y cochlea exterior. Vis, cylindre droit revêtu d’un cordon ou filet fpi-ral, dont la groffeur eft uniforme, & dont l’inclinaifon à l’axe du cylindre eft conftamment la même dans toute fa longueur.
- Vis de foupape, faites pour enlever les foupapes des réfervoirs, font com-pofées d’une vis à filet quarré, portant par un bout une tête quarrée où s’ajufte une clef, comme ferait à peu près celle d’un aiftieu, & par l’autre
- une tige à l’extrémité de laquelle eft une moufle double boulonnée 8c cla-vetée, où s’emboîte le tenon d’une foupape ; cette vis eft montée fur une boite, efpece de canon de fer, fer-vant d’écrou aufli à un filet quarré, brafé, intérieurement appuyé fur une traverfe portée fur des potences fcel-lées & arrêtées fur les parois des réfervoirs.
- Vis ovreges , lie. vieux ouvrages.
- Vijites des ouvrages de mines, à Liege. Les arniers & terrageurs font les maîtres de faire vifiter plufieurs fois l’année les travaux dont ils retirent les droits, afin de s’affurer fi les entrepreneurs exploitent avec économie, & fuivant les réglés.
- Vijites régulières des foffes de grand athourpzï les jurés. Rétributions pour ces vifites.
- Vijites des foffes de grand ou de petit athour, travaillées à la faveur d’une areine bâtarde, ou avoifînant une des franches areines.
- Vif tes des ouvrages dont on abandonne la pourchajfe.
- Vf tes & chevauchées du grand-mai-tre des mines en France , ou de fon lieutenant-général, dans les provinces du royaume.
- Vf te des bateaux ou nefs fur la rivière de H ai f ne, par l’article IX des placards du Hainaut, doit être faite deux fois par an; favoir,au mois de mars & au mois de novembre, afin de voir fi les nefs font bien & fuffl-famment réparés ou équipés de tout ce qui eft néceflaire, & convenablement entretenus ; & ils ne peuvent
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- naviger jufqu’à ce que la vifite & les réparations ordonnées en préfence des commis , foient duement faites, à peine de deux cents livres d’amende pour la première fois , du double pour la fécondé, du triple & de cor-redion arbitraire pour la troifieme fois, félon l’exigence du cas.
- Vijiteurs d’ijfue. A Bordeaux l’on appelle aind deux commis prépofés pour faire la vifite dans tous les vaif-feaux tant étrangers que Français, lorfqu’ils font en état de partir du port, à la différence des commis nommés vifiteurs d'entrée, qui font la vifite de tous les bâtimens entrans dans le port.
- Vijite des marchands forains par eau fur les ports de Paris, pour conf-tater la qualité des matchandifes.
- Vitejfe. ( Méchanique. ) Affedion du mouvement, par laquelle un corps eft capable de parcourir un certain efpace en un certain tems ; à confide-rer dans l’effet de la force. Les vîteffe & courfe des piftons des pompes de la machine à vapeur ne doivent point être augmentées , il vaut mieux augmenter le nombre des corps de pompes.
- Vitrée ( tête) , pierre hématite , fan-guine , craie rouge.
- Vitriol martial, affez ordinaire dans les charbons de terre & dans les pyrites de ces mines. Dans la colledion de M. Davila on voyoit un morceau de charbon de terre pyriteux avec une effîorefcerice"’ vitriolique , venant de Gandelfart, près Oehningen , & une éfflorefcence faline de même elpece fur un charbon de Decize.
- Tome XVIII.
- Vitriole {la). Mine ainfi nommée en Auvergne, & qui ne donne plus.
- Vitrioliques ( eaux ) (butefreines des houillieres , comme dans celle de Lit-try. Outre la propriété médicinale que doivent avoir les eaux fouterrei-nes vitrioliques , on prétend avoir remarqué que les bois employés dans les fouterreins où ils font ^humedés par ces eaux, réfiftent des tems infinis fans fe pourrir , qu’ils deviennent même folides de plus en plus j cet effet mérite attention , pour dans ces mines préférer les conftrudions de planchéïages ou de bois, aux murail-lemens qui font plus difpendieux.
- Ultne, ail. parois de galerie de Jlol.
- Ulna, orgia , pajfus, Agricol. alL lachter.
- Uncia, dans les meftires géométriques, lignifie la douzième partie d’ün pied, c’eft - à - dire lin pouce , parce que le mot latin uncia chez les Rb» mains, était en général la douzième partie d’une chofe qu’on prenait pour un tout, & qu’on appellait as.
- Uncus fer reus, ail. feilhade.
- Union du bitume à l'acide du charbon de terre : de l'acide vitriolique à la partie grade du charbon de terre, forme un charbon bitumineux } de l'acide fulfu-reux volatil, donne charbon pyriteux.
- Union ou alliage du foufre, de l’ar-fenic, du zinc , du cuivre au minerai de fer, des''barres de fer provenant de la fonte exécutée au fourneau de Bréteuil, avec des braifes de charbon de terre 'd’Ardinghem , quoique pa-railfant avoir-les qualités d’un très-bon'fer * contenaient du cuivre en N n
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- aflez grande quantité. Jufqu’à cette expérience on n’avait eu à cette forge aucun foupçon de cette union de cuivre ; & la mine qu’on y traite , qui eft une mine d’alluvium ocreufe & mélangée d’une efpece de grès pierreux , vraifemblabiement pyriteux , état fous lequel le cuivre eft plus ordinairement uni au minerai de fer. Il pourrait être utile de conftater à quoi tient dans l’opération exécutée à Ereteuil, cet alliage de cuivre qui ne s’étoit jamais fait appercevoir.Pour engager les maîtres de forges du canton à cette recherche, nous indiquerons ici les maniérés de le reconnaître , d’après un programme imprimé à Bar - le - Duc, de questions proposées & adreflees aux maîtres de forges. Le cuivre uni au fer fe fait connaître par la couleur verte de la flamme du fourneau ; il donne des laitiers d’un brun noirâtre ; la matte qui en réfulte eit très-blanche & caflante , d’un tiflTu ferré ; le fer qui en provient cafle -à chaud , & eft ferme à froid. Pour reconnaître l’alliage du cuivre au fer fabriqué , il faut en difloudre dans facirie vitriolique affaibli & avec excès d'acide , & introduire dans cette dif-folution des lames de fer polies. Si au bout de quelque tems ces lames font couvertes d’une couche de cuivre {bus fa couleur naturelle;, c’eft une preuve que, le fer en (contient. Si, l’on veut juger de l’expérience, de Ëreteuil par cette circonftance , on' eft fondé à prononcer que ce fer prq-, venu de la fonte aux braifes.de char-f bon de terre, était d’une trèa-rnau-i
- vaife qualité; la plus petite partie de cuivre mêlée accidentellement à une malfe de fer étant fuffifante pour l’empêcher de fe.rallier & de fe fou-der, de maniéré qu’il ne peut être forgé. Cette particularité eft aufti une démonftration évidente que , foit la nature du charbon d’Ardinghem contenant cuivre ou non , foit la faqon qui avait été donnée aux braifes employées à la fonte exécutée à Breteuil, ne font point propres à féparer de la mine qui a été traitée toute partie étrangère à fon eflence, à rendre le fer homogène , & à le perfectionner.
- Unreiffeti jlein kohlen, ail. charbon de terre impur.
- Voirs - jurés ( cour des ) ou éche-vins du charbonnage à Liege. Jil ri (diction qui connaît en première mftance des caufes touchant la houillerie.
- Voifinage d’un bain ; pour le reconnaître . on perce la veine dans trois parties, en avant & aux deux côtés.
- Voitures. Tout ce qui fert à porter & à voiturer. Ainfi dans les ouvrages foutgrreins de houillerie , on dit voL turcst de vallée , pour exprimer- les uftenfiles avec lefquels on amené au principal churgeage tout le produit des travaux de vallée. Sous le nom générique de voitures , on comprend dans le commerce, non - feulement les voitures de tranfport par terre , appellées pour le charbon charretées , qui font à conftdérer quant aux roues fur lefquelies ces voitures font montées , mais encore les voitures par eau. ^
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- A Mons la voiture de charbon de fix muids pefe environ 4800 livres du pays, ce qui eft à peu près égal aux livres poids de marc. A Bruxelles le charbon de terre fe voiture dans quelques quartiers où il y a beaucoup à monter , dans de petits charriots à quatre roues , traînés par trois chiens attelés de front ; la caifle du charriot a cinq pieds cinq pouces de long dans le bas , & cinq pieds huit pouces dans le haut, fur deux pieds cinq pouces de large & deux pieds de profondeur ; elle contient 1000 pefant.
- Voiture. ( Commerce de riviere. ) Comprend la charge , nommée dans le commerce de riviere , chargement, cargaifon, & quelquefois le droit exprimé plus ordinairement parle terme de fret ou celui de nolis.
- Voitnre. Charge de bateau fur la riviere de Haifne.
- Voiture ( Lettre de ) , écrit donné aux voituriers contenant la quantité & la qualité de marchandée dont ils fe chargent, nommé dans le commerce de mer charte-partie , nohffement. Difficulté d expédier au lieu de chargement des lettres de voiture juftes & relatives au poids-, à la mefure , à la quantité de bateaux, à raifon des variations de rivières. Voyez Variations de rivières.
- Voituriers de charbon par eau. Bateliers. Sur la riviere de Seine à Paris , la décharge des marchandées à terre 11e peut être faite lans l’aveu des propriétaires , 8c fans qu’il y ait eu au moins une fommation préalable de la part des voituriers.
- Volans. Terme de. meunier , pour désigner les deux pièces de bois qui repréfentent dès échelles attachées en forme de croix à l’arbre du tournant, & qui font placées hors de la cage du moulin à vent pour tourner ; 011 les appelle auéi volées ou ailes du moulin. Le modérateur adapté à l’arbre du baritel à eau , eft une efpece de volant placé hors de la cage de la roue, & qui eft touché dans beaucoup d’endroits.
- Volant. Singe ou cabejlan.
- Volatil ( efprit alkalin ) dans le charbon de terre.
- Volcanifêe ( pierre ) , ou qui en a les apparences dans les houillieres du pays Montais.
- Vonne, vofne. Limb. Veine.Waime de vofne.
- Vorgerburge, ail. montagnes qui s’écartant de deux côtés d’une grande chaîne de montagnes , fe perdent dans la plaine.
- Vorgefumpft, ail. Travail d'eau.
- Vorleger, ail, Vicarius domini.
- Vorort, ail. Fond de la galerie.
- Votfchberg, à fix lieues de Freiftritz, mines de charbon de même qu’à 10 milles de Votfchberg , dans la Styrie fupérieure.
- Voûte. Croûte. ( Forgerie. ) Gâteau que forme le bon charbon de terre en brûlant, & qui le rend très-propre à forger le fer. La confiftance , la durée de cette efpece de croûte indiquent la bonne qualité du charbon de terre.
- Voûté. La coutume de Liege ordonne que les bures abandonnés foient voûtés.
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- Voye. Pafflige. Dégagement , lié. tailie. Via.
- Voye de charge de bateaux, differente fur plusieurs rivières ; par exemple , fur ia riviere de Haifne , voyez les art. 47 & 48 de l’ordonnance de if96. Sur le canal de Briare , pefe trois milliers, & Te mefure dans cinq poinçons & demi, jauge d’Orléans ; mais la meilleure tnefure eft au millier, qui eft la même pour toutes les provinces d’où l’on tire du charbon de terre à conduire à Paris ; les droits que paie cette voie de charge font, au - delfous du canal , à raifon de trente & trente-deux livres, les droits de Loire compris.
- Voye de charbon à Paris. Charge d’un tombereau.
- Voye de charbon dans les mines de Montcenis , compofée d’environ fept tonneaux de Bourgogne.
- Urineufe ( odeur forte ) , qui fe ma-nifefte dans l’analyfe de quelques charbons de terre, comme dans celui de S. Georges de Châtelaifon , & qui annonce un état ammoniacal.
- Ufâges & coutumes obfervéesà Liege fur le fait de houilîerie, recueillis par Louvreix , & difpofés dans un autre ordre.
- Ufages & coutumes pour l’entreprife & pour la fouille des mines en Angle-gleterre.
- UJîne. Ce terme , qui eft principalement en ufage dans les mines, ou dans les atteliers qui y ont rapport, comprend fous lui en général les machines qui fervent pour exécuter certains travaux , les refenderies , les
- applatilferies , les gros marteaux ou martinets qui fervent pour battre le fer & le cuivre, &c. font des uffnes. Souvent on entend par ce.terme non-lèulement les machines , mais encore les bâtimens où elles font établies : ainfi l’on dit, le fer pajfe par différentes ufines avant .déêtre réduit en verges pour Vufage des cloutiers.
- Ufienfiles de houilîerie au pays de Liege ; ceux employés dans les ouvrages extérieurs , qui s’élèvent hors des mines par des cabeftans , pour l’épuifement & l’enlevement des eaux, pour le traitfport de la houille arrivée au jour , uftentiles relatifs à quelques manœuvres & opérations extérieures. Uftenfiles d’airage.
- Ufufrucluaire ( édit ) dans la coutume de Liege, & du Limbourg.
- Uttes. Bulgce , ail. bulg. Sacs ou féaux de cuir.
- Vrai filon. Vrai cours de filons; direction & dimenfion qui fe confervent les mêmes. Vune régulière. Vraie mine.
- Vuidange , ancien droit des officiers - mefureurs 8c porteurs fur la vuidange de chaque bateau de charbon de bois & de terre.
- Vuïdangeur. Guercheux.
- Vuides inférieurs , lié. paxhijfes. Vui-des réfultans des ouvrages faits dans une grande profondeur. S epuifentpar de petits torrets lorfque les eaux ne font pas en grand volume.
- Vurfl. Dans les mines de fel de Halle fur la Salza, on nomme^ainfi un traîneau de bois.
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- ET DE SES MINES.
- i8f
- W
- l$/7~dDE-foffe, lié. garcie-fofle , ef-pece de commis prépofé aux employés autour de la hutte.
- WacL ( huf') flot, ju. Veine principale.
- Waeg ( ha efl ) fu. Changement d’air.
- Wœflerjilberg en Suede. Mine com-buftible qui paraît n’être que du charbon de terre.
- Wœflra hufwud flrœclan , fu. Courant capital.
- Wagon ( coal ) an. Chariot à charbon.
- Wague , 1vaque. Muid de charbon des mines du pays Montais.
- W'aide ( M. Del- ) ancien préfet du college des médecins de Liege ; fes obfervations fur 1’efFet attribué à la houille de nuire à la poitrine.
- Waidy , lié. vuide.
- Waime de vone , Lié. fibra incum-bms fub dio tecti.
- Waitroule , wateroule , lié. Garniture pour couvrir les yeux des chevaux qui font tourner le hernaz.
- Wallington-Ballas-key. Lieu de chargement du charbon de Neuwcadle, à une lieue au-deffous de Sheals.
- Wall, walleflein ,liè. faille.
- Walker, à trois milles de New-caftle , où efl la machine à vapeur la plus confidérable , où les eaux ramaf-fées à cent toifes de profondeur s’élèvent à quatre-vingt-neuf toifes, jufqu’àun percement de quatre pieds de haut, & de deux cents cinquante toifes de long. Machine à vapeur fur cette mine.
- Wangeneifin ,fax. Jumelles de fer.
- Ware (nas.) holl. fu. Trou de tarré.
- Wardée ( heure ). Jurifprudence Liège oife.
- Wardet, fu. Air , changement d’air.
- Wafdage , lié.
- Wajfer, ail. Eau. Wajfer ( aufschage) , conduite des eaux. Wajfer goepel, kchrrade. Machine à eau , machine à roue. Wajfer fchacht , ail. Puteus qui lacunce loco efl. Wajfer fchicht, ail. eaux de fource. Wajfer waage, aqueduc. Wafer grade bogen. ^Sfajfer f ige, ail. canalis. Cuniculus. Wajfer tonne , ail. petit fau.
- Water- baillif an. Colle&eur des droits qui concernent la navigation de la Tamife.
- 'Water meafure , an. Mefure d’eau , mefure de quai. Mefures dont on fe fert pour melùrer les denrées feehes qui arrivent par eau.
- Wa:kins ( François ), opticien du prince de Galles. Modèle d’une machine à vapeur, publié en gravure.
- Wæw & Boutteu , auteurs d’une nouvelle conftrucîion de machine à vapeur en Angleterre, différente des autres en ce que ce n’eft pas le poids de l’air , mais la force de la vapeur , qui agit fenfiblement, & que le vuide fe fait fans injeétion : les inventeurs prétendent qu’une livre de charbon dans le fourneau de cette machine éleve sooo livres d’eau à iooco pieds de hauteur ; il y en a a&uellement à Londres & dans plufieurs endroits de l’Angleterre.
- M. Perrier , méchanicien , connu à Paris par fà pompe à feu établie dans les jardins de M. le duc d’Or-
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- 286 DU CHARBON DE TERRE
- Icans & de M.[le duc de Chartres, ainfi que par le projet approuvé de l’académie & du gouvernement, de distribuer de l’eau de la Seine dans tous les quartiers & dans toutes les nvai-fons de Paris avec des machines à feu , comme cela fe pratique à Londres pour Peau de la Tamife , a vu de ces machines.'Je vais elfayer d’en donner l’idée , d’après le defîin qu’il m’en a communiqué.
- La machine à vapeur, cônftruite fur les principes de MM. Watts & Boutteu,eft compofée d’une chaudière , d’un double cylindre , d’un réfrigérant & d’une pompe. La vapeur circule toujours entre les deux cylindres , & quand la machine agit," le régulateur ouvre la communication du cylindre intérieur au réfrigérant, & ferme au même in (faut l’ouverture de la vapeur. La même opération s’exécute en fens contraire lorfque le pifton eft defcendu au point le plus bas, & ainfi de fuite.
- Dans cette méthode la vapeur n’éprouve aucune coudenfation lorf-qu’elle entre dans le cylindre , parce qu’il n’eft pas refroidi par une eau d’injecftion comme dans les méthodes ordinaires ; la vapeur eft aufii plus condenfée , &la différence eft comme 36 à 32 ; de manière que plus de force de vapeur d’un côté , & moins de coudenfation & de déchet fur le volume de l’autre part, une chaudière de grandeur médiocre fait un effet confidérabîe : M. Perrier le trouve ainfi.
- ^Wattu , fu. eau j wattu dunt, fu.
- réfervoir d’eau; wattu duntshakt, fu, puits de réfervoir ; wattu flolL , fu. galerie fj’eau ; wattu troumma ,fu. tuyau ; wattu & bakom fig kafa. Jeter l’eau derrière foi.
- Way. Foie. Charge fur la riviere de Haifne.
- Waxhieu , lié. repafleur d’airage.
- Wegveifer, ail. wife, an. Guide , trace, indice de paroi qui enfeigne le chemin ou la route à prendre dans l’exploitation.
- Welchin, ail. Axiculus.
- endcdoken, fax. tournant.
- Werc , werk , dans la langue allemande , lignifie en général œuvre ; & dans les travaux de mines , tout ce qui réfulte d’une fouille. Wirk (ftock ) fax. filon en maffe ; werk ( treppen ) ail. plancher des galeries d’airage.
- Werjl , mefure itinéraire dont on fe fert en Mofcovie , contenant 3?04 pieds d’Angleterre, ce qui fait environ les deux tiers du mille anglais. Une lieue de France contient quatre werfts ; un degré a go werfts , ou 60 milles d’Angleterre.
- Wetter , ail. air des fouterreins de mines ; wetter bringen , auram (ïippe-ditare ; wetter ( boes. ) ail. mauvais air, c’eft-à-dire, lequel ne circule pas bien avec l’air extérieur. ÎVetter fchacht, fax. puits d’air, puits de foupirail j wetter ftollen, galerie de foupirail ; guth wetter, air des fouterreins non-chargé de parties hétérogènes, & fe mêlant bien avec Pair extérieur.
- Wettin en Saxe , couche de terre de la mine de charbon de Wettin.
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- ET DE SES MINES.
- 387
- Wey, an. La plus grande mefure de continence des choies feches , contenant cinq chaldrons , à trente-deux boiffeaux le chaldron.
- Wharf, fu. Couche , banc.
- Willis [Thomas), célébré médecin Anglais, déclare que la phthyfie fait peu de ravage dans les pays où Ton fe chauffe avec la houille.
- '''Whinmble , augur , auger, aùgre , an. Tarriere.
- Wind, ail. air , vent ; wind fang, machine à air -, wind loch , trous à air, lié. hurteau;wind fchacht, puits à air , peut-être auffi ce mot fe prend quelquefois pour exprimer un grand puits d’extraction ou puits de jour, parce qu’il communique au jour ; à l’une des mines de Schemnitz , qui eft la plus profonde de cet endroit, & où l’on atteint la partie la plus enfoncée par trois puits, dont chaque eft de la longueur d’une échelle de g 00 échelons , eft appellée mine, de wind-fchacht ; peut-être auffi eft-ce parce qu’il y a plufieurs puits à air.
- ’Winday , lié. chat. yïïinde^all. machine à poulie; winde haefl, fu. machine à molettes mue par des chevaux ; winde Jlangen y ail. yectis recia.
- 'Winslov; , célébré anatomifte [de l’académie des fciences ; fa thefe fur l’incertitude des lignes de la mort, & les recherches de M. de Réaumur fur l’incertitude de la mort des noyés , doivent être regardées comme une première & même époque de l’attention que marquent aujourd’hui plu-lieurs nations pour rappelier à la vie
- des perfonnes que l’on jugeait défef-pérées trop légèrement.
- W(/d, an. wegwdfev, ail. Guide , indice , trace du paroi, lié. lyon.
- 'sWifpd, mefure de charbon ufitée â Wettin , contenant 24 boiffeaux, pefant en tout environ 48 à fo quintaux.
- Wittehaven, port dans le Cumberland , & dont le territoire abonde en mines de charbon de terre fort profondes , travaillées en pente beaucoup au - deffous de la mer. A l’état que nous avons donné dans la première partie, des couches dont ce territoire eft compofé, nous ajouterons ici celui publié nouvellement par M. Beng Kwift Anderfon , directeur des fabriques de fer à Stockholm , dans le mémoire dont j’ai parlé au mot Exploitation.
- 1-
- Argille glutineufe , fo-
- lide..............
- Argille fableufe , qu décrépite au feu. . Culm, argille graffe qui décrépite & durci fortement au feu. Argille pierreufe. . Argille plus pierreufe Charbon de terre. Argille d’un noir obf cur , ferrugineufe mêlée de mica. . Charbon de terre. Argille noire, obfcure mêlée de mica. .
- toif.
- 11
- pi. po.
- 1
- 2 2
- 10
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-
- m
- DU CHARBON DE TERRE
- toif. pi. po.
- De Vautre part. . . 31 4 11
- 10. Argille grade. ... 2 3 4
- 11. Argille plus meuble,
- mêlée de fable. . . 3
- 12. Argille pierreufe. . 1 2
- 13. Argille phlogifiiquée
- ( nommée fill. ) . . 4 4 9
- 14. Argille grade, mêlée
- de pyrites, fets-malm. 6 I 11
- if. Pierre fablonneufe
- micacée.............. 3
- 16. Culm............ 3
- 17. Pierre fablonneufe
- micacée. . . .- . 9 14
- 18. Pierre fablonneufe
- micacée, plus meuble. 3 4
- 19. Argille mêlée de fable & de micaphlogifti-
- qué..................8 4 f
- 20. Argille bleuâtre au haut de la couche ,
- & noire inférieurement................. 23
- 21. Charbon de terre for-
- mant la principale couche.............13
- 22. Argille grifâtre , dé-
- crépitante un peu au feu.................f
- 23. Pierre fablonneufe
- dure.................4
- 24. Charbon de terre
- avec une argille noire. 1 io • Argille dure phlogif-
- tiquée...............134
- 26. Culm femblable au
- n°. 3 & 16. . . .10 1 2
- Total 87 8 1
- Nt B. Plufieurs couches de charbon fe trouvent dans quelques endroits à une profondeur confidérable au-deifous des précédentes qu’on exploite.
- ^Wouter Vaulis, dodteur en médecine & braifeur à Rotterdam , dans un ouvrage fur l’art de brader , en 1755 , juge le charbon de Sunderland le meilleur pour échauffer la chaudière à houblon.
- dragues , commerce de riviere fur la riviere de Haifne, art. V & XIX du réglement concernant la navigation.
- X
- an cier les eaux , LU. Mefurer les eaux pour reconnaître la force de la nourriture de Veau , dans les ouvrages fouterreins.
- Xhancion, lié. Dans un demi-pied de largeur & un quart de hauteur, nous avons tant de xhancions.
- Xhavtrla veine, lié. couper la veine, ce qui fe fait, ou avec le rifvelaine, ou avec la xhavrejff'e.
- Xhaveur, ( ouvrier ).
- Xhavrejfe, un des outils du xhaveur.
- Xhorre , canal , aqueduc , areine , lié. pris en général pour épuifement d’eau par quelque moyen que ce foi\t. Le xhorre ou areine , bien immeuble dans la coutume de Limbourg. Xhorre ou œil de Vareine , bute de xhorre, veine au - deffous du niveau du xhorre , main du xhorre, xhorre del tinne, bénéfice de xhorre, xhorre fur eaux, fous eaux , ( niveau de la) ou voie de conquête.
- Xhorre ( charbon ) , lié. par areine,
- par
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- ET, DE SES MINES.
- 2 8?
- par tranche , xhorré en hure de pierres.
- Xhoirie ( veine ) fur ou dejfous La main , lié. non-xhorrée , veine layeufe , de dejfous la main , veine au-dejfous du niveau du xhorre , inférieure.
- Xhorrer, lié. tirer au jour, décharger, épuifer les eaux , xhorrer le bougnou.
- Xhorreurs, Limb. venant à concourir pour la conquête d’une même veine dans une ou plufieurs jurif-di&ions, venant travailler une même veine, xhorreurfupérieur, xhorreur pouvant dans un cas particulier prendre pallage au travers des veines d’autrui.
- Y
- Y , piece nommée Y dans la machine à vapeur , à caufe de fa forme , dont les branches font renverfées , avec un poids qui doit entrer dans la partie fupérieure de l’aiflieu où on le pouffe plus haut ou plus bas, félon qu’il convient, par le moyen d’une clef ou d’un coin.
- Yeux de crapaud ( charbon ).
- Yeux, œil , yeux des ouvriers de mines, réputés morts , à confulter pour décider fi l’on doit abandonner les fecours propres à les rappeller à la vie.
- Yard, verge, mefure d’Angleterre qui effc de fept neuvièmes d’aune de Paris. Neuf verges d’Angleterre font en conféquence fept aunes de Paris. On peut, en fe lervant de la réglé de trois, réduire les verges d’Angleterre en aunes de Paris, & réciproquement les aunes de Paris en verges d’Angleterre.
- Tome XVIII.
- TL
- 7, appfen ( krumme ) , fax. tourillon.
- Zechen , ail. fympojiutn.
- Zechfein, efpece de pierre blanche & luifante, nommée aufii fpath, qui fe rencontre fou vent dans les mines métalliques i fouvent on l’appelle dach flein , pierre de toit, à raifon de fa pofition fur le rainerai ou fur la couche.
- Zeifig ( M. ) , aflerteur du tribunal qui décide fur les droits de mine, auteur du Lexicon minéralogique ou minérophile, imprimé à Schemnitz en 1745 , format in - 12.
- Zéro, lut. cyphras, chiffre en général ; mais le mot latin cyphras lignifie %éro. Il eft employé dans la mefure des longueurs avec la chaîne, lorfque l’on enregiftre les dimenfions prifes.
- Zerrijfen, ail. geburge, montagnes féparées, entrecoupées par des fonds & des vallées.
- Zertriimmert, ail. veine ramifiée ou partagée. Trum.
- Zimmermann ( Charles-Frédéric ), auteur de l’ouvrage intitulé : Académie des mines de la haute - Saxe , &c. 8c d’un mémoire imprimé dans le Journal économique , fur le charbon de terre, où il opine pour l’innoGence du chauffage avec ce foflile.
- Zinc , demi - métal blanc , tirant un peu fur le bleu, difpofé en facettes comme le régule d’antimoine : de toutes les matières métalliques , le zinc eft celle dont le pnlogiftique eft plus O o
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- 25)0
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- aifé à s’enflammer ; la flamme qu’il donne eft éblouiffante par fa blancheur. Plufteurs mines de fer contiennent beaucoup de {inc. Dans un programme imprimé à Bar - le - Duc, de queftions générales propofées aux maîtres de forges , l’auteur , M. Grignon , je crois, avance que les laitiers produits par les minerais de fer, chargés de zinc , font d’un verd moufle , & qu’ils prennent la couleur gris de lin , lorfque la fufion & le départ font bien exads , & que le fer chargé de zinc eft dur , à gros grains ( œil de crapaud ), forge bien * cafle à froid.
- Zopiffa , pix navalis , goudron, tare..
- Zug ( den gruben ) ail. das ab-fiechen derer gebande , ail. Maniéré de repréfenter les axes de galeries me-fu rées.
- Zug Jlangen , fax. Barres de trait dans le feld geftangen.
- Zuickaw, en Saxe , mine de charbon de terre , dont le charbon doit à la pyrite prefque feule fon inflammabilité.
- Zurich ( canton de ) & autres en Suifle. Mines de charbon , entr’autres à Horg, dont le charbon eft pyri-teux , & d’une ftrudure très - particulière.
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- ADDITIONS
- Fourmes par V Auteur depuis VimpreJJion des cahiers in - folio.
- AVERTISSEMENT DES EDITEURS.
- La table des matières, que nous venons de réduire à fes juftes bornes, eft fuivie dans l’original d’une nouvelle explication des planches qui accompagnent tout le travail de M. Morand, laquelle nous avons cru devoir fupprimer, comme ne renfermant que ce qui fe trouve dans celles qui terminent les volumes VI, XVI & XVII de notre colle&ion, avec quelques détails auxquels le texte feul de l’ouvrage même peut fuppléer. Cependant attentifs, comme nous nous fommes impofé le devoir de l’être , à conferver tout ce qui peut fervir à rendre complet le travail de notre laborieux auteur , nous extrairons de cette nouvelle explication la notice exacte qu’on y voit des mines de charbon de terre qui exiflent dans les différentes provinces de la France, autant que les recherches de M. Morand ont pu les lui faire connaître. On fe rappellera lans doute d’en avoir vu un effai dans les pages 519 à f43 de notre vol. VI; mais nous avons jugé néceffaire de répéter ici ce qu’il contient, afin de raflembler dans un même lie,u tout ce qui fe rapporte à cet objet.
- Mines de charbon de terre actuellement connues & exploitées en France.
- Dans le deffoin de faciliter au curieux ou à l’homme en place la recherche de tous les endroits qui poffedent des mines de charbon de terre, nous allons donner à part pour chaque province cet état, lieu par lieu. Il devient d’autant plus nécelfaire, que depuis nos premières recherches nous avons trouvé à augmenter eet état de beaucoup d’autres endroits qui ne fout pas marqués dans celui qui fe trouve dans notre première partie , & qu’au lieu de cent quarante mines, ou puits de mines , que nous avions indiqués aux commilfaires de l’académie, nous en comptons aujourd’hui plus du double en vingt & une provinces ; encore pouvons - nous alfurer que le nombre réel en eft bien plus grand : on va être en état d’en juger. Dans les provinces où il fe trouve plusieurs puits de mines ouverts, & fur-tout dans les pro-
- O 0 ij
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- DU CHARBON DE TERRE
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- vinces dont les mines font exploitées par des conceffionnaires, & , pour parler plus jufte , par leurs fous-traitans, il eft très - difficile de fe procurer ces états complets ; les régilfeurs des compagnies de fous-traitans n’étant fûrs detre maintenus dans leur pofte , qu’autant que la compagnie ne viendra pas à changer, fe tiennent conftamment fur leurs gardes, & obfervent né-celïairement le plus grand lilence fur les moindres renfeignemens.Dans les provinces où ces fortes d’exploitations par privilège n’ont pas encore eu lieu , l’idée que pourrait en faire naître la confection par un état de ce genre , apporte le même obflacle pour en avoir un ; les fubdélégués des intendans ne peuvent les obtenir, leurs demandes ne donnant que de la crainte & de la méfiance.
- Pour obvier d’avance à cette difficulté qui nuit à la connailfance des richelfes de chaque province , il ferait fort à fouhaiter qu’à mefure qu’il fe fouille quelque mine ou quelque fubftance terreftre dans les différentes provinces , il en fût tenu, dans les bureaux de MM. les intendans, un regiftre bien exaét & détaillé , avec la note des fituations & circonftances qui en ont été connues , des motifs qui les ont fait abandonner, afin de juger des endroits où il ferait utile & inutile de fouiller par la fuite.
- Les cartes minéralogiques rempliraient cet objet; mais elles comportent une dépenfe qui ne peut avoir lieu que dans un moment, & qui 11e peut fe répéter plusieurs fois.
- Le réfumé que nous allons donner des principales mines de charbon qui ont été exploitées ou qui le font encore en France , en marquant par une étoile celles dont nous n’avons point de certitude, formera une démonftra-tion bien fenfible de nos richelfes en ce genre, & il -ne fera plus permis de douter qu’en France ces mines font affez nombreufes & affez riches pour devenir une production nationale , digne d’une attention férieufe de la part du gouvernement, des propriétaires qui voudront faire valoir leur terrein , &c. Relativement à cet objet, qui eft un des principaux points de vue que nous nous foyons propofés dans notre travail, nous obferverons que l’on pourrait fe fervir utilement de la carte phyfique ou géographique naturelle de la France, par M. Buache , dont nous avons fait mention dans la table des matières, au mot Phyjîqaes ( cartes. )
- Deux circonftances très à remarquer pour ces fortes d’entreprifes, c’eft i°. la fituation des mines de charbon de terre , pour l’ordinaire à peu de diftance de quelque grande ou de quelque petite riviere plus ou moins favorable à la première exportation du charbon : z°. la facilité d’employer les rocs de la mine à conftruire une chauffée de communication de la mine à une riviere qui en ferait éloignée.
- ***
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- Duché de Luxembourg.
- Partie Frahçaife.
- MvLüiert. * S Duché de °u'iSna»-Frémoy, près Montmédy.
- Hainaut Impérial.
- Comté de Namur.
- La mine la plus confidérable du pays de Charleroi eft celle appellée Houilliere Sacrée, fituée à Goffelies. On -en tire de la groiTe houille.
- A Fontaine - l’Evêque, petite ville en plat pays, entre Binche & Charle-roi, à deux lieues de cette derniere ville , les veines font en pendage roiffe, prennent leur cours du levant au couchant, & paraiffenfc fuivre une aiiure particulière qui mérite d’être expofée ici, par rapport à des confidérations qui tiennent à l’exploitation. Ces veines font au nombre de trois ; l’une eft nommée la grande veine, l’autre s’appelle veine de fept palmes , & la troi-fieme veine de cinq palmes. Chacune eft diftinguée par les ouvriers en trois parties ; lavoir, 1 z droit du midi, le droit du nord , & la platteure. Ils appellent droit du midi h partie haute ou roijfe , implantée au midi, qui fe dévoie enfuite en platteure , & ils nomment droit du nord la partie de roiife qui lue-cede à la? platteure du côté du nord, portant Ton extrémité aulli au midi.
- Cette diredtion générale, roiifé ou plate , varie dans les degrés, de maniéré que les parties qu’on nomme droite font quelquefois plates au point d’avoir feulement deux pieds fur une toife, & quelquefois d’être entièrement roilfes.
- Le travail des folfes de Fontaine-l’Evèque, éloignées de trois quarts de lieue des remparts & fur une pente, ne donne que du charbon à la fuperficie , qui n’eft pas des meilleurs, & qui blanchit au feu. Il n’eft confommé que par les pauvres ; les perfonnes aifées fe fournilfent de chauffage à Charleroi. La plupart des folfes de Fontaine - l’Evêque font négligées ou abandonnées: il eft à préfumer qu’elles deviendraient profitables , li l’on xhorrait les eaux par le fecours d’une machine à feu, ou par un canal fouterrein.
- Hainaut Français.
- Depuis Haifne-Saint-Pierre , jufqu’à Mons.
- Fresnes. FoJJe Dur Fin,
- de la Pâture. de S. Lambert.
- & neuf autres fojfes.
- Total. . . . I z
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- A N Z I N. A Raifmes. Fofjfe d'en - haut.
- d'en - bas.
- Les trois autres fojfes de la rivière.
- Vieux - Corbeau.
- Mouton - noir.
- Comble.
- Pied.
- Dell croix.
- Midy.
- du Chaufour.
- Près N. D. du S. Cordon.
- Fojfe du Jardin.
- de la citadelle de Valenciennes. Total . . If
- VlEUX-CoNDÉ. Fojfe des Trois-arbres.
- Gros - caillou.
- Sainte-Barbe.
- S aint-Roch. du Bon-carreau.
- la canifere au BOIS DE CONDÈ.
- Saint - Vaafl.
- Pied fur Vaaf.
- Bois de Bonne - Efpérance.
- Aubry.
- Saint-Sauve.
- Qidevrain. Total. . . . 12
- ISLE S. ÂMAND, OU OsTREVENT.
- Anich , Annis , aujourd’hui Anniche.
- Près de ce village, dont M. le marquis de Traifuel eft feigneur, & près d’Anberchicourt, fur la chauffée de Bouchain à Douay, il s’eft formé une compagnie dont les travaux en grand font parvenus à tomber fur deux veines de charbon de terre.
- La première couche rencontrée fous la terre végétale, eft une argille micacée, jaunâtre, de 18 pieds d’épailfeur.
- La fécondé , appellée par les ouvriers marie , eft une craie blanche , folide, de 18 toifes d’épailfeur, plus compa&e & plus dure à mefure qu’elle eft plus enfoncée.
- La troifieme eft compofée de deux couches nommées bleues & dieve 3 fai-
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- ET DE SES MINES.
- 25 >-
- font enfemble une épaiffeur de 44 toifes; c’eft une argille grifâtre & calcaire , à laquelle les eaux s’arrêtent pour l’ordinaire.
- La quatrième appellée tourtin, eft une pierre argillo- calcaire , de couleur mêlée de blanc & de noir; cette derniere couleur vient de cailloux roulés en menus grains , dont on en diftingue d’une grofleur marquée, femés dans la maiTe ; c’eft à ce rocher en banc de fix à fept pieds d’épaiffeur, très-connu dans toutes les foffes à charbon de dix lieues à la ronde , entre Condé, S.Amand, Montagnes & Valenciennes , que les veines de charbon prennent nailfauce fur un plan incliné, défigné par le banc pierreux qui fuit.
- Ce cinquième lit, appellé roc Qiioirellc , a fept ou huit toifes d’épailfeur. Il eft de la nature du grès , tendre , mêlé d’un peu de mica & de charbon.
- L’enveloppe inférieure de la veine eft comme à l’ordinaire une efpece d’ar-gille durcie , mêlée de mica, mais liée fans ordre', ce qui annonce du charbon bouilla£ .• elle eft liife au toucher, luifante & noircie par fa proximité du charbon ; on l’appelle le mur. Son épaiffeur eft de cinq à fix pieds.
- Une des veines a d’épailfeur fix palmes , faifant deux pieds & demi ; l’autre a huit palmes , .ce qui revient à trois pieds.
- Le charbon dans une de ces veines fe trouve alfemblé confufément en bouillaz ; dans l’autre il eft de meilleure qualité.
- Artois.
- En 1747, le 10 mars, il y a eu un arrêt du confeiî , portant privilège en faveur du fieur Louis-Jofeph de Villers & compagnie, pour l’exploitation des mines de charbon de terre aux environs de Pcrues, petite ville fur la Clarence , à trois lieues de Béthune, & à fept d’Arras. Cette fouille continuée jufqu’à une carrière de grès , n’a eu aucun fuccès ; la piace du puits recouverte aujourd’hui de terre, fur laquelle pafîe la charrue, eft marquée par un arbre qu’on y a planté , afin de le reconnaître dans le befoin.
- Dans cette province , comme dans,beaucoup d'autres , le bois devenu très-rare, eft aujourd’hui porté à un prix exorbitant. L’affemblée générale des états s’occupe des moyens les plus propres à procurer le chauffage. Elle a réfolu en 1778 de demander un privilège exclufif pendant trente ans pour ceux qui feront agréés par les états à l’effet d’exploiter les mines de charbon de terre qui peuvent fe trouver dans le pays, & elle a annoncé par la voie des papiers publics ( Gazette de France , lundi 2 mars 1778 , n°. 18 5 fol. 78 ) qu’elle leur accordera la fomme de 200000 livres pour récompenfe, lorfqu’ils auront mis une mine de charbon de terre en pleine exploitation; mais je doute fort qu’il fe trouve du charbon de terre dans cette province, malgré l’affertion de M. Havé. Je ne connais pas d’exemple que les pays à
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- DU CHARBON DE TERRE
- 296
- tourbes aient en même tems du charbon de terre ; les recherches fur cet objet dans ces endroits me paraîtraient plus qu’équivoques & rifquables.
- M. le duc de Guines, ancien minière du roi auprès de S. M. Britannique, vient de fe déterminer à procurer à la province l’avantage que les états attendent de la découverte d’une mine de charbon de terre. Ce feigneur m’a fait l’honneur de me confulter , & a envoyé dans fa terre de .... le fleur Hubert Firqneyx, pour prendre à ce fujet les arrangemens convenables.
- Picardie.
- Boulonnais.
- Rethi. Exploitée d’abord en vertu d’un arrêt du confeil du 6 juin 1741 , en faveur du duc d’Humieres j on en tire peu aujourd’hui.
- Ardingkeim, à quatre lieues de diftance de la mer: c’eft dans cette mine qu’ont été faites les expériences barométriques.
- Deux puits, un très-ancien, nommé Ury, épuifé aujourd’hui depuis 1777, dont le charbon placé à neuf pieds de la fuperfiçie, fe fouillait à neuf cents fept pieds de profondeur, en trois endroits difterens5 enfuite , dans deux, le charbon était friable, & d’une qualité affez médiocre. La feule mine travaillée actuellement, & qui a commencé à l’ètre il y a vingt-cinq ans, eft appellée la Sans-pareille. Son charbon fe, calfe irrégulièrement, & brûle bien, quoiqu’il fe gonfle médiocrement au feu.
- Le banc pierreux qui précédé le toit du charbon eft femblable à la kraw, mais pierreufe , des houillieres de Liege.
- Le toit eft graniteux, de couleur grife.
- Le mur ( on y appelle ainfi la lifiere des côtés de la mine ) eft formé d’une argille compacte, feuilletée & affez dure.
- Le charbon qui s’y vend au barril, du poids de cinq cents vingt livres, eft de trois prix dirferens; le charbon fin 2 livres 10 fols 5 le rondin 3 liv. 8c le gros f liv.
- M. le marquis de Courtanvaux, dans la vifite qu’il a faite de cette mine(a), dont la profondeur eft de cent vingt toifes, rapporte que la malle eft compofée de plufieurs lits de roches , d’un lit de glaife feuilletée, couleur d’ardoife, femée de grande quantité de pierres faites en cœur, faifanc feu avec l’acier, quoique leur conflftance intérieure foit prefque
- (a) Journal du voyage de M. le marquis de Courtanvaux T fur la frégate Y Aurore , pour eflayer par ordre de l’académie royale des fciences plufieurs inftruniens relatifs à la longitude , mis en ordre par MM,. Pingré & Meffier, in-40. de l’imprimerie royale, chap. XIII, page j08.
- aufîi
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- ET DE SES MINES.
- 1cj7
- aufli molle que la glaifc dans laquelle elles fe trouvent, & qu’elles parailTent être de la même nature.
- A Souverain - Moulin, hameau diftant de Boulogne d’une lieue , & dépendant de Huit-Mil, dont M. de Béthune eft feigneur, il s’eftfaic, d’après un affleurement de charbon, une fouille qui a été fuivie inutilement, à grands frais * jufqu’à près de cent pieds de profondeur.
- Littry.
- Basse-Normandie.
- Maine.
- Landes de Rochalas, à trois lieues de Laval.
- Anjou.
- S. Georges-de-Chatelaifon, à quatre lieues de Saumur. Travaillée en 1740 par huit puits, dont le principal étoit le grand puifard ; les autres étaient; Le puits Hardouin.
- De la Buffe.
- De la Bretonniere.
- Du Ponnir.
- Bigot.
- De l'Hirondelle.
- Gourion, communiquant au précédent.
- La Bigotelle.
- S. Aubin de Laigné, deux puits.
- Chaudtjonds, un puits.
- Chalonne , deux puits.
- Montejean - fur - Loire.
- Montreuil-Bellay, fur la riviere de Toé, à quatre lieues de Saumur. Doué. Doé , à quinze mille pas de la Loire , à une lieue d’une petite riviere appellée le Tonê, qui fe perd dans la Loire, après s’être groflie de plusieurs autres petites.
- S. Georges-de-Chate.la,iso N.
- M. Renon, directeur de ces mines, m’a envoyé un plan où le pendag.e des veines qui s y rencontrent eft entièrement oppofé à celui exprimé dans un deffin que j’ai encore dans mon porte - feuille, avec le mémoire de M. de Voglie, dont il fait partie. Dans le plan de M. de Voglie * les veines de charbon de S. Georges font en plattures 5 le nouveau plan géoniétral, dreiîe par M. Renon, .annonce un pendange & une difpolition abfolument Tome XVLU. P p
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- 498 DU CHARBON DE TERRE
- la même que celle tracée dans la première partie, copiée de l’ouvrage de Lehman» , pour le comté de Hohenftein , landgraviat de Thuringe , dans la haute-Saxe. La coupe tranfverfale de la mine de S. Georges, fur une longueur de foixante & treize toiles de galerie , faite à trois cents pieds de profondeur , & dirigée du fud-oueft vers le nord-eft, traverfe quatre veines de charbon, & foixante efpeces de bancs de pierres diftiuds, dont voici l’état tel qu’il m’a été envoyé, avec les éclaircilTemeus que je n’ai pu vérifier, n’ayant point encore dans mes mains les différens échantillons.
- , pieds po.
- 1. Grès ou grifon (a) très-dur, noir, pyriteux , faifant feu au
- briquet : fon épaiiTeur eft inconnue..............
- 2. La veine du puits Morat, à laquelle ce banc fert de mur, a
- d’épaiifeur.....................................................4
- 3. Roc doux (£), fehifte fervant de toit à la veine........... S
- 4. Grijon fin, efpcce de grès gris, micacé & ferrugineux. . . 10
- 5. Roc doux, fehifte feuilleté, femblable au n°. III.................. 1
- 6. Grifon fin, femblable au n°. IV................................64
- 7. Roc doux écailleux............................................. 4
- 8. Grifon fin & tendre , participant beaucoup de la nature du roc,
- & faifant feu contre l’acier.........................................3
- 9. Rpc doux , écailleux & caillouteux............................. 4
- 10. Grifon fin, très-dur & compade....................................... 3 4
- 11. Rqc 4caUieux , tendre............................................ 6
- 12. Grijôn î^jJeiÿiblant au nQ. VI....................................... f
- 13. Roc. L’échantillon annonce un crin ou clou; il eft formé en
- couches concentriques , & participe plus ou moins de la nature du grès; il fait feu contre l’acier , & fert de mur à la petite veine du puits1 puiifant.......................................7
- 14. Petite veine, mal nommée.................................... 3
- 35-, Roc doux, reifemblant au n°. XIII. & faifant feu contre
- l’acier, fervant de toit à la petite veine...................... y
- 16. Grifon pyriteux..........................................................16
- 17. Roc noir, feuilleté & écailleux..................................4
- Ig. Grifon caillouteux très-dur.......................................3
- 19. Roc doux feuilleté................................................. 4
- 20. Grifon caillouteux très-dur......................................4
- 67 7
- (a) De la nature du grès, fouvent quartzeux , pyriteux, micacé, très- dur, & fe dilatant néanmoins ordinairement à l’air.
- {b) Le roc eft toujours un fehifte plus ou moins bitumineux & inflammable.
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- ET DE SES MI NES. 299
- pieds po.
- Ci - contre. ............................................. 67 7
- 21. -Roc ........................................................3 6
- 22. Grifon femblable aux num. XVIII & XX.........................2
- 23. -Roc à peu près femblable à ceux ci-delîus...................114
- 24. Grifon très-caillouteux & très-dur........................... 1 6
- 2S- Roc comme ceux des num. ci-deflus......................... ïû
- 26. Grifon fin, très-dur 8c compa&e.................................... 24
- 27. Roc doux , feuilleté & charbonné.................. 4
- 2g. Roc doux écailleux , un peu caillouteux....................... . 27
- 29. Grifon, comme les num. X & XXVI..................................4
- 30. Roc charbonné.................................................. f
- 31. Grifon, comme les num. XIX, XXI, XXIII, XXV. . . r
- 32. Roc caillouteux, brouillé, comme les clous , faifant feu contre
- facier....................................................... ç
- 33. Grifon, comme le num. XXXIII................................... 2
- 34. Roc doux écailleux....................................... 2
- 35. Grifon très-dur , un peu pyriteux.................... 9
- 36. Roc écailleux & doux.........................................S
- 37. Grifon noir, pyriteux, très-dur................................... 16
- 3 8. Roc doux..........................................................4
- 39. Grifon, comme le num. XXXVII................................ • 7
- 40. Caillou noir, formé de couches parallèles & fervant de mur à
- la veine du puits folitaire.....................................10
- 41. Veine............................................................4
- 42. Roc écailleux, faifant le toit de la veine......................10
- 43. Roc doux, gris, formant fuite du num. XLII.....................16
- 44. Grifon caillouteux très-dur......................................G 6
- 4f. Roc doux 8c écailleux.................................... . . 6
- 46. Grifon. Extrémité du roc. .......................................8
- 47. Roc doux & écailleux........................................ • 16
- 48. Grifon quartzeux & pyriteux très-dur.............................9
- 49. Roc, comme le num. XLVII.........................................4
- JO. Grifon , comme le num. XLVIII.................................... 5*
- çi. Roc doux, feuilleté & un peu charbonné.............................4 G
- 52. Roc doux 8c écailleux, fuite du n. LI..............................7
- 5-3. Grifon, comme le num. LIX.........................................4
- 54. Roc mêlé de grifon.............................................. 14
- f 5. Roc noir pareillement mêlé de grifon & de gravier.................8 «
- m 3
- P P ii
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- 3oo
- DU CHARBON DE TERRE
- pi€i,
- De l autre part...............................................2 S 5”
- $6. Roc pareillement confondu avec du grifon..........................i>
- 57. Grifon quartzeux très-dur........................................10
- 58. Roc tri etc de grifon............................................ 8
- 59. Grifon fin & tendre...............................................4
- 60. Roc gris , mêlé & feuilleté......................................48
- 61. Roc charbonné pyriteux.......................................... 8
- 62. R~oc gris feuilleté. . 18
- 63. Grifon fin pyriteux, faifant le mur de la veine du puits du
- nord.......................................................
- Veine.........................................................13
- 64. Roc doux écailleux, faifant le toit de la veine , épailTeur in-
- connue.....................................................
- po.
- 6
- EpailTeur totale, connue...............409 9
- ou 75 toifes courantes, de profondeur, 7 pieds.
- La Gazette d’agriculture du mois d’avril 1774, P* 229 » article de Poitiers, annonçait une nouvelle découverte de mines très-abondantes à Dos près Saumur.
- Poitou.
- * Noulis.
- Courfon , ou Concourçon.
- B A S * P O I T O U.
- Puirincent. Puirincent. ( Voyez la fîtuàtion de cette mine à la table des matières. ) M. Gaîlot, dotfteur en médecine , réfidant à Saint-Maurice - le-Girard , près Fontenay-le - Comte, & qui s’eft donné des foins infinis pour me procurer par M. Lavau , propriétaire de la mine , les éclaircifie-mens fuivans fur le charbon de terre qui fe trouve en cet endroit, eftime que la veine prend fon allure du fud - eft au nord - eft, à peu près; il a obfervé que le terrein «fuperficiel de‘la mine eft de pierres calcaires un peu fablonneufes ; & que le «défions eft oômpofé de couches argilleufes , de fchiftes, de pierres afièz dures pour avoir eu befoin d’ètre attaquées par îa poudre à canon-, & de pyrites.
- Le charbon fut reconnu dans -un chemin en 1774 , 'à deux afleuremens de près d’un demi-pied d’épaifieur , plus ou moins, ayant quatorze pouces de terre entr’eux deux; l’ouvrage a été entamé dans deux endroits, d’abord obliquement, enfuite par toutret ,'d’o.u Ton avait établi des galeries-qui 'ont été abandonnées en 1776, à 110 pieds environ de profondeur perpendiculaire , à 140 pieds en pittant obliquement, La fécondé mine ouverte
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- ET DE SES M I N E S,
- boï
- dans un champ voifin à mi-côte, eh au fud-eft de la précédente fur la même veine , à deux ou trois cents toiles de diftance ; à fept à huit pieds on a trouvé la pierre ou le roc très-dur accompagnant la veine, couchés l’un & l’autre infenfiblement ; à vingt pieds & au levant le charbon s’eft élargi d’un pied & demi à deux pieds : il était rouillé, écailleux, fort fec , & très - friable fous les doigts. Cette veine s’eft affile fur une pierre qui traverfait diamétralement à quelque chofe près le puits , ayant de trois à quatre pieds de diamètre environ. Une efpece de petite galerie qui s’eft entamée , ne put être poulfée à plus de trois ou quatre pieds , parce que le puits s’affaiflait ; ce qui détermina à rentrer dans le puits, afin de chaffer une galerie fur une pierre accollée au mur , mais différente , & qui pouvait étayer en partie le puits : la première attaque une fois faite, la pierre fe prêtait à l’outil, mais elle s’eft perdue à environ vingt pieds en avançant ; au-deffous il s’eft trouvé une terre noire fort g rafle, plus forte qu’une argilîe la plus tenace , des pierres noires de la grofleur du poing & davantage, oblongues & très-pefantes pour leur volume , & que les ouvriers ont nommées clous ; dans le puits il y avait des pelotes de charbon épars & très-fec ; au-deflbus d’un banc de terre de if ou 20 pieds d’épaifleur s’eft rencontré une veine de quatre ponces , aifez bien réglée ; une autre de deux pouces , réparée de la première par une couche terreufe de fix pouces d’épaifleur, & encore d’autres petites veinules mêlées de terre; en fonçant encore 20 à 2V pieds, la veine s’eft élargie imperceptiblement , & eft venue à 16 ou 17 pouces d’une part, & 6 à 7 de l’autre , où toujours de la terre entre deux. Eu continuant à foncer, les veines paraiffent amincies ; 011 fe décide à aller en galerie ; au couchant les veines font plus fortes , & au levant la moitié moins : dans la galerie du couchant elles diminuent ; dans celle du levant elles augmentent; de forte qu’on trouve par fois trois pieds de charbon ; il va & vient, & eft quelquefois fans mélange de terre entre les deux; comme il paraît encore diminuer dans la galerie du levant , on forme , pour foncer deflus , un autre puits de <jo à 60 pieds. La veine varie encore également dans fa plus grande épailfeur qui eft de trois pieds quelques pouces ; on a été eii'galerie, même variation ; on en a fait deux l’une fur l’autre ; enfin on a gagné cent cinquante pieds en traînant , avec la veine qui penchait toujours; le mur toujours affez uni & bon, mais étranglé par fois, & même accollé à une autre, pierre très-épaifle x& très-dure ; le rétréciflement *de la veine & de fes. couvertures augmentait Jà-mçfprp., que l’on approfondirait; plus près du jour ÿ & après-le ;banc eçt#e0terre noire , cette
- pierre accollée au mur, maist7moins dure , s’eft détachée d’elle-mème , '& a occafionné des réparations à la boifure. Cette ^pierre était traverlëe de finuofités noires , comme des veinules quEentreePupaki# heauçioup d’autres
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- 302
- DU CHARBON DE TERRE
- pierres noires, molles, pourries, fe défuniflant aifément, fur-tout à l’air. Peu d’eau jufqu’à la profondeur de quatre-vingt & quelques pieds; mais on a rencontré une fource très-forte dans la galerie du couchant, où le charbon s’ert perdu ; dans celle du levant il n’y en avait plus que fix pouces , fur lefquels on fonça quelques pieds : on trouva les deux couvertures qui allaient fe réunir.
- M. Gallot, qui a defcendu dans cette mine en 1776 , a reconnu dans quelques endroits, depuis deux pieds & demi jufqu’à cinq d’épaiffeur à la veine de charbon, fans parler de ce qu’011 Iaiifait encore au mur, qui était bon.
- Cette defcription détaillée , & propre à faire juger de l’organifation de la mine , montre que fon charbon eft difpofé en veine ,-de l’efpece qu’on appelle reine irrégulière ; mais ce qu’il y a de plus à y remarquer, c’efl; la nature du. charbon qu’elle donne : ce qui m’en a été envoyé , depuis la notice que j’en ai inférée à la table des matières, annonce une mine en bouya£ , telle qu’elle eft, qui fe fépare en maifes écailleufes de grandeur & d’épaiffeur différentes, d’un noir peu foncé & plutôt grilatre, très-douces au toucher. Il ne lailfe pas que d’être femé de lames pyriteufes , & quelquefois de petits noyaux pyriteux: c’efl: un des plus mauvais charbons que j’aie encore vu , qui ne mérite pas la moindre dépenfe pour l’exploiter ; il s’échauffe & rougit dans le feu comme une pierre fans flamber. O11 y avait entamé une nouvelle mine qui a été abandonnée en 1779.
- Les fubftances pierreufes qui accompagnaient l’envoi, font une mauvaife efpece de taupine ; une pierre d’un grain fin, de couleur cendrée , mêlée de paillettes micacées argentines; & enfin la pierre de toit ou la coque du bouyaz eft une argille tapée , de couleur d’ardoife cendrée , comme elle le devient à l’air, très-douce au toucher, vergetée de blanc dans fes caffures ; une roche calcaire; une roche dure , mêlée de gros morceaux de quartz.
- Il y a une dixaine d’années qu’on prétend avoir aufli tiré du charbon de terre près le Pont-Charrau, à un demi-quart de lieue de Chantonnay, dans la même province, fur la route de la Rochelle à Nantes ; on y voit encore les vertiges des puits & des charpentes d’étançonnage. M. Gallot, qui n’a pu que fe promener fur le lieu, a reconnu à la fuperficie du terroir labourable des pierres calcaires, & des terres de même nature que celles qui fe trouvent à Puirincent, & fur-tout dès fchiftes femés de mjca blanc , même des frag-mens de charbon femblable à celui de Puirincent, dont il paraîtrait alors que la veine de Pont-Charrau eft une continuation.
- B A S - L I M O U S I N.
- Cinq endroits reconnus.
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- ET DE SES MINES.,
- Haute-Bretagne.
- 3° 3
- Nore.
- Vieille - Vigne.
- Montrelay ou Chapelle-Montrelay, près Ingrande , trois puits. Lorraine.
- 1. Hargarthen.
- 2. Vieille - Ville, près Nancy.
- Pays-Messin.
- Mets, près des glacis de la porte des Allemands. Haute-Alsace.
- La Ley à Val-de-Vilîers.
- Sainte - Hypolithe , à Sainte-Marie-aux-Mines, à deux lieues de Scheleftat. Le membre de charbon de cet endroit eft compofé de deux quartiers ou couches de houille, toute menue , féparées l’une de l’autre par un lit glaifeux noir, qui a depuis un jufqu’à quatre pieds ; la couche fupèrieure de charbon a deux pieds ; la couche inférieure , depuis deux jufqu’à trois pieds; la toiture eft une ardoife ; la pierre de fol eft une efpece de granit greffier , femé de paillettes micacées & pyriteufes.
- Près Sainte-Marie-aux-Mines , dans le haut, au - deffus des montagnes à veines, à l’endroit nommé Sainte-Croix, une couche de beau charbon ïolide, formé de petites bandes allez fuivies, comme la houille du Hainaut Français, ayant depuis un pied jufqu’à deux d epailfeur. II s y en rencontre à deux toifes au-delfus, & à quatre toifes au-delfous, d’autres couches plus minces, féparées par un roc noir, fuligineux, alumineux & pyriteux. Le toit de la couche la plus remarquable eft formé de deux bancs ardoifés,& le fol par trois lits de pierre noire.
- Franche-Comté.
- Près Salins, fouille en 1762, par feu M. Jars. Champagne.
- Lure,
- 1. Melliona
- Bresse.
- Lyonnais.
- Les endroits de cette province, connus pour avoir des mines de charbon de terre , font principalement le long de la riviere de Gier, qui, après un
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- DU CHARBON DE TERRE
- 504
- cours de huit lieues', depuis fa fource au moue Pila, vient fe jeter dans le Rhône à Givors.
- Ces mines commencent fur la frontière du Forez, à la Fariçelle ou petite Varicelle, où il s’en trouve de confidérables, Elles tiennent à celles de S. Cha-mont, après lefquelles. viennent celles de la paroilfe de S. P auL - en - Jdrejl, qui ne fout plus exploitées ; celles de Gravenand & du Mouillon , celles du bourg de Rive - de - Gier , à cinq lieues de Lyon, fur la route de cette ville à S. Chaumont & à S. Etienne , dans une montagne.
- Ce territoire de Gravenand & du Mouillon, en y comprenant une demi-lieue à la ronde, eft le plus riche de la province du Lyonnais. Ils font contigus l’un à l’autre,* & préfentent fous la couche végétale qui varie en épaif-feur depuis deux jufqu’à quatre pieds , quatre bancs de pierre fuivis de quelques couches de fehifte, après lefquelles vient une première maife de charbon , à if, 20 ou 30 toiles de profondeur au-delfous du fol : ce membre de charbon s’étend fur un banc de roche qui couvre un fécond membre de charbon. Dans l’ordre que nous avons détaillé, l’exploitation de ces mines eft en général irrégulière & peu profitable , telle que peuvent le faire de fimples particuliers , qui ne fongent qu’au produit, fans être en état de fournir à de grandes avances ; ce qui fait que les premiers travaux portent préjudice à ceux que l’on veut entreprendre enfuite ; l’eau fur-tout, en gagnant la plus grande partie des puits, avait ruiné ces travaux, pour lesquels une compagnie a été autorifée par arrêt du confeil en 17^9 , à pratiquer une galerie d’écoulement qui a delféché plulleurs mines.
- D’une centaine de puits achevés, prêts à être exploités, & d’autant d’autres qui atteignaient le charbon, les puits principaux en exploitation font :
- Au Gravenand,
- Le puits de M. Bonard.
- Un fécond puits de M. Bonard, non ouvert.
- Grand puits.
- Sur la Vigne - Pafleliere, deux puits non ouverts.
- 9 puits ( à la Dame Chaftellux ) dont cinq en pleine exploitation depuis l’année 173 f.
- Vancien puits du Creux , non ouvert.
- Le puits du Noyer, du Gou.
- du Gros - châtaignier , non ouvert.
- Le grand puits du Bel - air.
- La mine Michon, ouverte par deux puits.
- Le
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- ET DE SES MINES.
- 3o;
- Le grand s le petit, non ouverts.
- Le puits du Mûrier. Total 22.
- Mouillon.
- Le puits Chorlio.
- Le puits Journoud.
- Benoît - cote.
- de M. Fleur -de- lix.
- Chambeyron.
- Truffel.
- Fond.
- du Maine , non exploite. Total
- Territoire de la Bastie, ou Tous - Hissome, ou la Bastie.
- Le petit puits Don^el.
- Le puits la Croix.
- Duprè.
- Jean-Dard, appartenais tous quatre aux fleurs Donzel freres,
- Le puits du petit Peyrard.
- Les deux puits Bajardon.
- Le puits Madinier - Coyette.
- Le puits Celle.
- Le puits Champin.
- Le puits Guinand.
- Le puits Callet.
- Le puits de M. Saint - Germain.
- Le puits de VHer^e , non exploité ou lion ouvert.
- Le puits Toulet, non exploité.
- Il y a plufieurs autres anciens puits dans lefdits territoires qui font épuifés.
- Total 1 f.
- Hors du voifinage de la riviere de Gier, il s’en trouve dans plufieurs territoires qui en font éloignés de plufieurs lieues, comme à S. Genis-les-Ollieres , qui ne font plus exploitées.
- Dans divers territoires de la paroifle de Saint-Genis-Terre-noire, à une petite demi-lieue de Rive - de - Gier.
- La Varicelle, abandonnée.
- La petite Varicelle. '
- La Catonniere.
- Grand-Floin, paroiife S. Martin - la - Plaine j enfin en fuivant le Gier. Paroijfe de T art ara.
- Tome XVIII. Q_q
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- VU CHARBON DE TERRE
- Dargoire.
- S. Andiol. le- Château.
- Montrcnd, près ChaJJigny. Total i o
- Béaujolois.
- Les puits ouverts fur les bords d’uti ruilfeau, en fe rapprochant de S. Symphorien, qui n’eft pas diftant de la ville de Lay d’un quart de lieue, n’ont jamais donné qu’une fort petite quantité de c'harbon de terre très-imparfait, qui brûlait à peine , & ne pouvait fervir à la forge, de maniéré qu’on les a abandonnés à caufe des eaux.
- H-a ut-Dauphiné. Briançon nais.
- Briançon.
- „ Entre Ce^annes & Sejlrïche. ' '
- Bas-Dauphiné.
- Election de Vienne. Ternay.
- Graisivaudan. Ga pençois.
- Les mines que j’ai indiquées dans ces deux cantons, d’après-des papiers publics, me parailfent plus que douteufes. J’ai tout lieu de loupqonner que ce n’eft que quelque terre ou pierre d’afphalte , comme à Lampertjloch en balle - Allace.
- Depuis les découvertes annoncées dans la fécondé partie de mon ouvrage, un particulier de Montboroud s’eft tranfporté, à ma follicitation , dans deux des endroits que j’ai indiqués. A l'Epine où la fouille eft abandonnée & comblée, cette perfonne a retiré près d’une petite fource d’eau ferrée, une maife noire qu’elle m’a envoyée, pelotonnée à la main. Cette fubftance, qui par la défécation a contracté une couleur blanche , n’eft qu’une glaife fableufe. Les payfàns prétendent que, iorfqu’ils labourent au-delfus de cet endroit, le foc de la charrue amene des morceaux de charbon de terre.
- A Montmour il fubfifte un trou d’environ cinq cannes de profondeur, dans lequel on apperçoit un rocher très-dur. Le particulier qui eft allé viliter cet endroit m’a fait palfer trois fubftances , dont la première eft une terre py-riteufe, tenant une partie de gypfe & une partie de pyrites décompofées ; la fécondé, un dépôt terreux & lableux , dans lequel on diftingue du mauvais charbon;la troifieme, du charbon très-mauvais,très-fec, en menus morceaux.
- Provence.
- i. Pépin , près Aubaigne.
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- 2. Fort -de ~ Bouc.
- 3. Maifon de campagne de M, Vélin.
- 4. Fuveau.
- Près du château Peynier.
- COMTAT VeNAISSIN.
- Piolen.
- Dans cet endroit on diftingue trois qualités de charbon ; la premiers eft appellée vulgairement charbon plat, 011 ne l’emploie à aucun ulage j la fécondé employée à cuire de la chaux, eft nommée charbon inférieur ; la troifieme appellée charbon fin, eft employée à tous les ufages pour lefquels on a befoin de fer, même pour le chauffage & pour la cuifine. On prétend qu’il ne donne point de mauvaife odeur: les deux efpeces d’ufage que j’en connais , font terreux & d’un noir terne.
- La haute & la balfe-Provence, dans une étendue de quarante lieues de long , fur trente à trente - fix de large , fe reffentent du fol bitumineux qui l’avoifine au nord, & de celui qui l’avoifine de l’autre côté du Rhône au couchant. A confidérer cette fuperficie de l’eft à foueft, depuis Piolen jufqu’au Var , & depuis le territoire de la Cran julqu’à la partie oppofée, terminée par la mer, on y trouve le bitume dans l’état fluide & dans l’état concret, fous forme de charbon de terre , même fous forme de jayet.
- Pour mettre de l’ordre dans l’état où je vais entrer des nombreufes mines de cette province, fur lefquelles j’ai eu, comme on va le voir, des détails très-circonftanciés (a), il eft à propos de faire une différence entre les mines que l’on connaît dans la haute-Provence, & celles qui font dans la baffe.
- Haute-Provence.
- Dans cette partie , on en connaît dans la viguerie de Digne, dans les terres d'Annâges, de Cheverne, dans le val de Barrefmes. Le charbon de ce dernier endroit eft faible & pauvre ; mais comme il 11e s’en eft trouvé qu’à une profondeur médiocre, il pourrait fe faire qu’en fouillant plus aivant, on en rencontre de meilleure qualité.
- (a) J’en ai l’obligation à M. Darluc, Marfeille, qui a fait fur cet objet des redocteur en médecine à Aix, que le goût cherches exaétes à l’occafion du prix pro-des obfervations a conduit dans la plupart pofé par l’académie de Marfeille, & qui ne des endroits où il fe trouve des mines de s’efi: point fait une peine de me communi-charbon en Provence, & à M. Bernard , quer fon manufcrit. directeur adjoint de l’obfervatoire royal de
- Q-i >j
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- 3o$ DU CHARBON I)K T K R R E
- Les mines de haute - Provence Te trouvent dans le prolongement des montagnes de Leberon. Le pied de cette montagne , qui parcourt une douzaine de lieues allant du levant au couchant , en préfente les annonces. Dans une partie de cet, efpace, la fuperficie des céteaux laide à découvert des fchiftes argilleux, friables, légers, & qui exhalent, lorfqu’on les foumet à l’adiou du feu , une odeur bltumineufe. A la diftillation , ils donnent une huile approchant de l’huile minérale, connue fous le nom de pétrole: dans les grandes chaleurs , les rochers exhalent une odeur d’afphalte , le pied de ces côtes parait compofé de terres bitu milieu les-, enfin , quelques ruilfeaux defcendans de la montagne entraînent des fragmens de charbon de terre qu’ils roulent quelque part dans fon fein. On prétend qu’il eft de meilleure qualité, à proportion que les veines ont moins depailfeur : elles affeélent allez généralement une lîtuation approchant de la verticale ; & lorfqu’elles s’enfoncent en s’écartant de ce pendage, ce n’eft que de quelques degrés.
- Autrefois il s’efî: exploité d’alfez bonnes mines dans le terroir de la Cran > mais le petit nombre de fabriques dans ce quartier & de manufactures dans les villes un peu confidérables du voifinage, n’a pu être un fujet d’encouragement à fuivre ces fouilles ; elles feraient cependant une reifource bien à defirer pour la partie de cette province fituée dans des montagnes couvertes de neiges pendant cinq mois de l’année, & dont les habitans n’ont d’autres moyens de fe garantir des rigueurs du froid, que de fie confiner, tant que dure cette mauvaife faifion , dans les bergeries , & d’y vivre en fociété avec les troupeaux. Le manque de débouché pour In plupart des mines de la haute - Provence , elf caufe qu’elles font en général d’un rapport médiocre, ou abandonnées dès que le feu ou l’eau gagnent la fouille, & qu’elles font uniquement conduites par le caprice ou l’idée des ouvriers.
- A Voix, il s’eft tiré du charbon de terre, mais feulement de la fuperficie & d’une qualité médiocre, ainfl qu’à Forçaiquitr. Mas, évêché de Glan-deves, Barle, Château - Redon , vjguerie de Digne, la viguerie de Sifîeron, B renon, viguerie de Cajlellane, Confegades, font réputés avoir du charbon de terre. On prétend qu’il y en a entre Ollioules & Baudot. A Toulon ,1e long de Leigontier, on croit en reconnaître des indices; mais M. Bernard les regarde comme très-douteux. Le territoire de la Roque, celui de Bri-gnolles, fous la montagne de Calderon, celui de Maçanguès, tous dans le prolongement des endroits où il y a du charbon de terre, & fitués fur le flanc de la même montagne, ont fourni du jayet.
- Viguerie de Forcalq_uier.
- Les mines de charbon, feules dignes de tenir place dans une defcription
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- qui ne renfermera que celles connues en exploitation, font au quartier de Manofque & de Dauphin, viguerie de Forcalquier, formant tous deux une étendue d’environ quatre à cinq lieues.
- S. Martin 8c Dauphin ne font féparés que par un torrent : dans quantité d’endroits , les coteaux font compoiés eflentiellement de fchiftes inclinés à l’horizon ; dans l’été, on voit découler la poix minérale : les mines font toutes les memes , & courent verticalement de l’efc à l’oueft. Dans le quartier de S. Martin , où elles font élevées d’environ deux cents toiles au-delfus du niveau de la mer, M. Bernard compte quatre veines, uné de quatorze pieds d’épaiilêur, trois de dix à onze pouces, fans comprendre une de quatre pouces 3 les mines de Dauphin, fur-tout celles dans lefquelles l’airage n’eft ménagé que par un burtay à air, font fujettes au Ion mouquet ; c’eft ainfi que les ouvriers des mines de Provence appellent le mauvais air ou la moffette. Dans une galerie, quoique paffablement élevée, on a eu l’exemple des fâcheux effets de cette vapeur fur plusieurs ouvriers qui ont été rappellés à la vie avec fuccès, par la (impie afperfion d’eau froide que nous avons fpécialement recommandée ailleurs. La voûte & les parois d’une ancienne galerie font revêtus d’une incruftation de foufre pur 3 l’eau de cette galerie forme au-dehors de la mine un ruillèau dont l’eau , d’une odeur fétide, noircit dans l’inftant les métaux blancs, & dans laquelle le foufre, combiné avec une terre alkaline , eft fous forme d’hépar. M. Bernard allure qu’on peut ramafler abondamment du foufre fur les pierres que cette fource baigne dans fon trajet.
- Les mines de Manofque ont été vifitées aufti par M. Bernard. Ce favant les trouve élevées d’environ 2T4 toifes au-deflus du niveau de la mer,>& croit qu’elles n’ont pas confervé leur première (ituation , vu qu’elles ne font aujourd’hui telles qu’on les trouve, que par des afîiiillemens arrivés pofté-rieurement à leur première formation. Dans les montagnes où elles font, ii n’eft pas rare de trouver du fuccin.
- Les mines exploitées à Manofque, ne donnent que du charbon friable, appellé charbon de terre. Le toit & le fol des veines {ont nommés les épaules de la mine j leur nature eft marneufe. Le lit, ou cette couche appellée Ion caffion , 11’a ordinairement que deux ou trois pouces d’épais; mais quelquefois il forme un crein qui interrompt la veine, & que les ouvriers appellent nœud.
- Au quartier de Gandes , territoire de Manofque, l’on a connu quatre veines in exploitation ; la première a deux pieds & demi d’épais 3 la fécondé cinq pieds , fans y comprendre quatre pouces de Ion caffion ; la troifieme fept pieds ; la quatrième eft perdue dans un écroulement qui eft arrivé à fon épaule fup«-rieurej ce qui fait que l’épailfeur qu’elle avait, ne peut être aflignée ici.
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- Basse-Provence.'
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- Les mines de la baffe-Provence, dont la fituation eft au midi, occupent une étendue de plufieurs lieues depuis Mima jufqu’à Auriol. Une montagne calcaire d’environ cent cinquante toifes d’élévation au-deflus du niveau de la mer, couverte dans la partie du nord, de pins, de genêts épineux, de chênes . verds, fépare le terrein de ces mines d’avec l’horizon de Marfeille au midi.-
- v L’efpace qu’elles occupent eft une dépendance de cette montagne, & de même nature , différente de celle du terrein des mines de la haute-Provence, & ne préfentant rien de femblable même pour les indices de la préfence du charbon de terre. Les coteaux font la plupart incultes, couverts auffi en général de petits pins, de chênes verds, &c. Dans le voifînage de ces coteaux * & dans les vallons entre des pierres calcaires, fou vent divifées en lames, on remarque une terre qui fe fait diftinguer par fa couleur noirâtre ; des pierres fchifteufes de même couleur percent de la furface de ces coteaux; le fonds renferme de diftance en diftance , à une grande profondeur, des bancs pierreux, calcaires ,durs & blanchâtres; quelquefois à une profondeur moyenne, quelques veines de mauvais charbons, ou plutôt des fchiftes charbonneux ; & au - deffous, entre des bancs de roche dure , de bonnes veines de charbon compad, d’un noir mat, pur néanmoins, & rarement pyriteux, diftingué en Provence par le nom de charbon de. pierre , de celui qui eh plus friable, dit charbon de terre.
- La terre noirâtre , les pierres fchifteufes de même couleur, les bancs calcaires , font dans le pays regardées de bon augure pour la préfence du charbon. Lorfque ces fubftances fe rencontrent, la derniere fur-tout, elles encouragent k la pourfuite des recherches : elles méritent donc qu’il foit fait ici une mention détaillée. Pour remplir cet objet complètement, j’emprunterai du Mémoire de M. Bernard les détails intéreffans qui iuivent. »
- Les mines de charbon de la baffe - Provence fortent du pied ou de la partie moyenne des plus hautes montagnes ; elles courent dans des collines contiguës, peu inégales, fe montrant fou vent fur leurs finus par des filets noirâtres. La première fuperficie de peu de profondeur, & peu fertile, eft d’un rouge blanchâtre, mêlée abondamment de petites pierres calcaires. L’afpetft de ces collines eft le même que celui d’une infinité d’autres qui fe voient par-tout dans le pays calcaire, & où la houille n’eft point connue. A cette couche fuperficielle fuccede un banc de pierres d’une épaiffeur variée, puis un lit terreux, femblable au premier , qui eft afîis fur de nouveaux bancs de pierre compaéte. Cet ordre de difpofftion lè foutient en avançant en profondeur ; enfuite, au lieu de lits de terre , ce font des couches de
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- houilles qui conftamment fe trouvent entre les bancs de pierre calcaire. M. Bernard obfervc que cette pierre, quoique dure & calcinable , ne rend point, lorfqu’on la frappe , le fon net & aigu qui fe fait entendre en frappant les bonnes pierres calcaires du pays. Je penferais que cette différence eft le réfultat d’une imprégnation de flux bitumineux.
- Dans toute l’étendue des terreins où il y a des mines de charbons en Provence , on apperçoit une grande quantité de coquilles terreftres & fhi-viatiles, fofllles, de trois efpeces; ce font des moules , des vis, des caraites à ifries tranfverfales, d’autres à ffries longitudinales , mais dont les valves ont rarement plus de trois lignes de longueur. Dans tous les bancs de rocher, ces coquillages fè trouvent répandus en quantité bien marquée *, mais ils fe retrouvent en amas prodigieux, & parfaitement confervés avec leur lui-faut fur les parties de roches qui forment le toit & le nerf des charbons.
- Les lits de pierres & par conféquent ceux de charbon ont rarement les mêmes inclinaifons fur deux collines voifines : fouvent la direction de leur èpontezSk. entièrement oppofée. Auffi, quand une mine de houille eft à mi-côte, on n’eft pas fondé à fe flatter de la retrouver fur les collines voiflnes, dans le plan qu’elle forme.
- Dans la plupart des mines connues par l’exploitation en baffe - Provence, le pendage paraît infenfible. Les veines éprouvent des interruptions par de gros rochers que les ouvriers appellent loue, roncus ajujlat.
- Pour ne pas être obligé d’interrompre les defcriptions particulières qui m’ont été fournies par M. Bernard, & pour en faciliter l’intelligence, je crois à propos de faire connaître d’abord les différentes maniérés ufitées dans le pays, pour désigner chaque couche, & l’ordre qu’elles gardent ordinairement dans leur difpofition refpecîive.
- Me/20. Sous ce nom générique font comprifes toutes les fubffances placées entre le toit & le lit des veines. Il fe trouve des menos de 3,4,8 pans d’épaiifeur : (a) les plus fréquens font les me/zos de 3 & de 4 pans.
- Lon,rouffoun. Rocher calcaire , fervant de lit ou de fol à toute la mena, & pareil en tout au Ion lintaon.
- Les couches qui compofent la maffe de ces mines fe préfentent ordinairement dans l’ordre fuivant :
- Lon lintaon , faîte ^ toit principal de la meno, qui toujours eft un rocher calcaire, uni, & toujours chargé dans la fur face qui touche les veines, d’empreintes de moules , de camites , & fur-tout de vis.JSz toit & le. fol font d’une couleur grife. .
- (a) Pan , empan , mefure ufitée en Languedoc &'en Provence & qui eft la même chofe que palme. Voyez Empan, Palme, table des matières. Dans le Languedoc elle eft de neuf pouces deux lignes. . . ;
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- Houille en majje ( dépendance des menos') plus ou moins fale , difpofée en bornes d’une épailfeur variée , mais conftamment très-grande, donnant un charbon moins folide, femé de taches pyriteufes , très - approchant quant à fa qualité de la houille des bornes inférieures. Il s’en trouve de légère & friable ; il s’en rencontre aufli de pelante & terreufe.
- Lon blus.' Pierre calcaire fervant de lit à la veine fupérieure, prefque toujours d’un ,bleu [foncé, plus ou moins imprégnée de bitume, plus ou moins dure, plus ou moins luilante, & très-variée dans la même mine.
- La croujlo, dépendance du lon blus, moins pénétré de bitume, femé de quantité de vis terreftres, de moules fluviatiles, de camites brifés, & même de beaucoup de coquillages entiers.
- La meneto, petite veine de houille, dont l’épaifleur va rarement à plus d’un demi-pan; fouvent elle ne va point à plus de quatre doigts: celles qui font moindres fe diftinguent par le nom de reveltes ; la houille qui provient des menetos eft réputée la meilleure; elle eft plus dure, plus luifante que l’autre ; dans toutes les mines, on la fépare pour les ufages de forge les plus groffiers.
- Lon mouliero. M. Darluc regarde ce ftratum comme bitumineux ; il ab-forbe aifément les eaux fouterreines qui fe filtrent & fe dilfipent au travers , & par cette confidération elle 6xe l’attention des ouvriers dans les travaux : nous nous y arrêterons, lorfque nous parlerons de la maniéré d’exploiter ces mines en Provence.
- Lon pourri, lon faibli, lon parten, terre tourbeufe , de couleur rouffâtre ou brune, félon qu’elle tient plus ou moins de fubftance végétale; elle brûle au feu & exhale une odeur de tourbe ; elle eft bonne à" fervir d’engrais pour les terres labourables: le dernier de fes noms, lon parten, exprime aufli les efpeces de layes ou de fentes que remplit cette fubftance dans les rochers de mines, autant que j’en puis juger par les obfervations de M. Darluc; il femble que le lon mouliere, le lon pourri, le lon foibli, le lon parten, ne font qu’un même ftratum diverfement défigné'par les ouvriers; félon qu’ils croient devoir quelquefois en exprimer la nature, la pofition 'ou quelque propriété.
- / Viguerie de S. Maxim in.
- Dans la plaine de Nans, on a fait des fouilles en dilférens tems; mais la rencontre des eaux & la'quantité médiocre de houille qui s’eft trouvée, avaient fait abandonner les recherches : cette plaine eft élevée d’environ deux cents toifes aurdelfus du niveau de la mer. En 1779, on y exploitait une meno de quatre ;pans d’épaifleur. La croufto était fort coquilliere ; le charbon de la principale veine était en général pyriceux & peu folide.
- Le
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- Le terroir de S. Zacharie., voifin de celui de Nans, renferme aulfi du charbon de terre. M. Bernard a vu au nord de ce village , qui eft élevé d’environ cent trente-fix toifes au-deflus du niveau de la mer , une mine de charbon qui n’avait été ouverte que pour fournir à quelques fours à chaux; dans le voifinage on trouve diverfes pierres feuilletées qui renferment beaucoup de moules fluviatiles.
- De S. Zacharie à AurioL, dont les mines font actuellement abandonnées , 011 reconnaît les mêmes traces de houiile; les collines fitué-es au pied des montagnes qui font au nord, & la fréquence des mêmes coquillages, annoncent une même organifation.
- Viguerie de Grasse.
- Tout le terroir de Valdonne porte fur du charbon de terre ; on y connaît une mine enflammée qui brûle tranquillement depuis plus de cinquante ans ; la pente de la colline eil ouverte en plufieurs endroits , la mine la plus baife cil connue fous le nom de grand mena ou mena, bénéficiée par une galerie dont l’ouverture eft élevée de cent quatre toifes au-delïus du niveau de la mer ; l’épaifleur de ce meno eft de fix pans, il eft incliné du levant au couchant, & comme tous les autres, traverfé dans fa longueur par deux pans d’épaiffeur de cronflo. Au meno fuccede le meneto, inondé & abandonné. A quatorze toifes de diftance du Ion Lintaon du meno de cinq pans , vient un meno de quatre pans , exploité actuellement ; 1a croûte a environ deux pans & un quart d’épaiifeur , & le meneto un demi - pan. A fix toifes au-deifous, toujours fur la même colline, vient un autre meno de quatre pans non exploité, entièrement femblable au précédent: ces trois veines paraiflent avoir à peu près le même pendage. A l’ouverture de la galerie, le charbon était de médiocre qualité; il n’a commencé à fe trouver bon qu’à trois ou quatre toifes plus en-avant.
- A une cinquantaine de toifes du grand meno , vers le nord , eft une mine embrafée; on en a vu fortir, par une ancienne ouverture, de la fumée accompagnée d’une odeur défagréable & particulière, vraifemblablement la même que celle que l’on reconnaît à toutes les mines qui font enflammées, & dont je parlerai à la mine de Megecote en Auvergne; les joints des lits de pierre qui formaient le toit vers l’ouverture, diftillaient goutte à goutte les «aux pluviales qui avaient pénétré dans la mine.
- Viguerie d’Aix?
- Entre Allanche & Roquevaire, il s’eft exploité autrefois une mine, de même qu’entre Roquevaire 8c Aubagne, fous la montagne de Gariaban « au Tome XVUL _ R r
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- hameau de YEfeont; celle-ci était épailfe, mais terreufe & de mauvaife qualité.
- La maffe de charbon la plus intérelfante de la bafle-Provence , eft dans ce quartier 5 il s’en tire au voifinage de Mimet, à Gardant, à Turenne, à Greafque, à Belcoden, à Pe/v/z près Aubagne. Nous commencerons par ces endroits; & après en avoir donné la polîtion, nous finirons par d’autres moins confidérables. La pofition de Mimet eft à trois lieues d’Aix, du levant au couchant, au pied de la montagne de Notre-Dame-des-Anges , qui termine l’horizon de Marfeille ; Gardane n’en eft qu’à une lieue plus bas, tirant au nord , enfuite Fuveau à la même diftance ; Greafque eft dans la même diredion de Mimet, en avançant vers le levant, toujours au niveau de la même montagne ; Belcoden, Pépin fe trouvent dans cette diredion, n’ayant guere qu’une demi-lieue de diftance de l’un à l’autre 3 enforte que toutes ces mines occupent cinq à fix lieues de terrein allant du levant au couchant.
- Parmi les principales que je viens d’indiquer, les mines les plus en valeur font celles de Greafque & de Fuveau. Au territoire de Greafque , on en exploite plufieurs, celle de M. du Breuil, dont l’ouverture eft élevée de cent cinquante-fix toifes au-delfus du niveau de la mer: en creufant dans le rocher, l’on trouva, à une toife de profondeur, un meno de Ion foibli9 de deux pans de hauteur; enfuite , à treize toifes, un meno de quatre pans, traverfé dans fa longueur par un banc de pierre de deux pans d’épailfeur, & chargé de coquillages ordinaires ; enfin, à cinq toifes au-delfous, un fécond meno de quatre pans , donnant un charbon femblable en qualité à celui du meno précédent, mais plus abondant, parce que la croûte eft moins épailfe. Dans chacun de ces deux menos, fous la croûte, eft placé le 'meneto qui fournit le charbon pour les forges.
- Au pied de la colline de Greafque, on rencontre plufieurs mines vers l’eft. Pour defeendre dans la première ,à la faveur'de quatre-vingt-treize marches qui font pratiquées exprès, on traverfe un rocher calcaire très-dur , enfuite en trouve un meno qui a un peu plus de trois pans ; le premier lit eft „ comme dans toutes les autres mines, plus abondant en charbon ; il * environ un pan & demi. Au - deifous de la croûte vient le meneto, qui 9 environ un pan d’épailfeur : l’ouverture de cette mine eft élevée de cent cin-quante-fix toifes au-delfus du niveau de la mer.
- En defeendant vers Fuveau, élevé de cent foixante & feize toifes au - delfus du niveau de la mer, on trouve plufieurs mines, toutes placées entre l’eft & le fud de ce village, différentes des autres par la petite épailfeur des veines , par la qualité fupérieure d’un charbon fur l’épailfeur & le nombre des lits de féparationj elles font profondes & marchent en pendage de plattur*;
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- leur allure eft dirigée vers le nord. Les lits de pierre calcaire qui leur fer* vent d’enveloppe, font remarquables par des empreintes & des amas de coquilles & de moules fluviatiles, quelquefois de corps marins , & une très - grande quantité de vis terreftres, appellées dans le pays limaçons, dont on diftingue plufieurs variétés généralement affez bien confervées ? malgré leur fragilité, & qui, la plupart du tems, paraiifent écrafées, comme fi elles avaient fouftert du poids des couches fupérieures, fans qu’il y ait de didèmination apparente de débris ( a).
- Dans la mine nommée la Fodade, dans laquelle on defcend par cent marches, le meno a deux pans trois quarts d’épailfeur ; vient enfuite uns veine ou revelte de charbon de deux pouces, couverte d’une pierre de trois quarts de pans d’épaiifeur, dilpofée par feuillets & couverte de coquilles; au-deifous eft: un rocher calcaire épais de quatre pans, couvrant une fécondé revelte de charbon d’un pouce : cette veine eft: aiîife fur un rocher calcaire ; en fuivant les couches, fe rencontrent après ces reveltes ou veines placées au-deifous de la principale. On obferve que le principal meno, au-deiîus du toit, eft compofé :
- 1. De houilles d’environ i pan.
- 2. B lus.
- 3. Charbon. î pouce.
- 4. Rocher coquillier.
- p. Houille dite revelte environ |.
- 6. Croûte coquiliiere femée de vis terreftres.
- 7. Houille dite la meneto environ |.
- 8- Roujjonn , ou fol de la mine.
- En allant de Greafque à Mimet, l’on parcourt beaucoup de collines, dont la plupart des pierres préfentent des indices de charbon de terre ; on n’y en emploie cependant pas. La première mine qui fe rencontre , appartient à M. Rey , travaillée par un puits de 7 à 8 toifes de profondeur, aiutravers du rocher. Sous ge rocher eft placée une veine de charbon épaiile d’un pan & davantage, féparée du meneto par un lit de pierres coquillieres.
- La mine de \Oratoire, au territoire de Gardane, travaillée auiïi par un puits d’environ 4 cannes, {b) 5 toifes de profondeur dans le roc, eft coin-pofée d’un meno de 4 pans. Sous ce rocher, il y a d’abord un lit de charbon
- (a) Cette enveloppe des mines deFu- laquelle je m’arrêterai lorfque j’en ferai à veau eft encore remarquable par une cir- la qualité du charbon de terre de cette conftance particulière: lorfqu’on en échauffe mine.
- un morceau en le frottant, il exhale fer.fi- (b) La canne de Provence & du Lan-blement une odeur de pierre de porc. J’ai guedoc eft de huit pans ou empans, qui vérifié cette obfervation de Jri. Bernard, à font fix pieds deux lignes de France.
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- de plus d’un pan d’épais, féparé du *meneto par la croûte. Cette mine élevée de 156 toiles au-deflus du niveau de la mer , a plufieurs ouvertures placées à des hauteurs inégales; ce qui fait qu’elle n’eft point fujette aux mouffettes. A peu de diftance, il y a une mine inondée aujourd’hui & abandonnée : le meno, de 7 à 8 pans d epaifleur, avait un pendage plus marqué qu’à Fuveau & à Greafque , & fou allure était dirigée vers le fud-eft. Le charbon 11’y était interrompu que par un lit pierreux d’un pan & demi d’épailfeur. La mine de Capus, aufti voifine de celle de l’Oratoire, dirigée comme la précédente , vers le fud-eft, renferme un meno épais de quatre pans ; mais l’épailfeur de fa croûte rend l’exploitation peu avantageufe.
- Les mines de Vallon, de Lainoia 8c de Maurice ©nt des menos de 4 pans d’épailfeur.
- Hors des territoires de Gardane 8c de Mimée, il ne fe fait plus d’exploitations, quoiqu’à Simiane, viguerie d'Npt, on trouve par-tout des indices de charbon. Les ouvriers prétendent qu’en cet endroit le pendage eft très-con-fidérable , & que le meno fe trouverait prefqu’en roiffe. M. Bernard eftime que toutes les collines fituées à l’oueft de Simiane , & qui accompagnent la chaîne de Montagne de Notre-Dame des anges,renferment tontes de la houille; leur afped dans le lointain lui a préfenté l’idée d’une forme pareille à celle qu’il a décrite; 8c comme elles {ont contiguës, il fe croit plus fondé dans Ion opinion. Il ajoute que la grande carte du terroir de Marfeill-es par Chevalier, marque du charbon & du jayet au vallon appelle delà Charbonnière dans les montagnes de Leraque, qui font une fuite de celles de Notre-Dame des anges.
- Tout le terroir de Bdcodene eft appuyé fur de la houille; pour le préfent il n’y a que trois mines en exploitation.
- L’ouverture de la Galere eft élevée de cent cinquante-fix toifes au-delfus du niveau de la mer. A environ fix toifes de profondeur fous le rocher, on rencontre une petite veine de deux pouces d’épaifleur, affife fur une autre femblable. A huit toifes plus avant , fe trouve un meno de quatre pans , traverfé dans fa longueur ou épahfeur par deux pans 8c un quart de croûte. Le meneto a environ un demi - pan d’épais ; le pendage eft infenfible, l’allure eft de l’oueft à l’eft.
- A quelques centaines de toifes de la Galere, s’exploite u«ne autre mine, dont le charbon eft à vingt toifes de profondeur. Le meno, abfolument de même nature que celui de la Galere, eft de quatre pans, & couvert d’un rocher femé de beaucoup de moules fluviatiles.
- À Pépin, diftant de Belcodene d’environ demi-lieue , on retrouve la m-ême erganifation qu’à Gardane , à Fuveau , à Greafque 8c Belefden* aux Michels, & dans plufieurs endroits du territoire de Ptynku ' . ...
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- LT DE SES MIN E S.
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- Pour dire 1111 mot de la nature des charbons de Provence , que'nous faifons connaître en détail dans la fécondé partie , on remarque que les charbons de la balle - Provence font très-beaux, de l’efpece connue vulgairement fous le nom de charbon de forges , ou charbon de maréchal. A cette maniéré vague de les défigner, il faut cependant ajouter qu’ils font d’une nature compacte & homogène, au point d’avoir quelque reflemblance avec le jayet.
- Province du haut-Languedoc.
- Carmaux , dont l’entrepôt eh Gaillac. Quelque riches que foient les mines de charbon de terre dont nous avons donné les indications en parlant du Languedoc , elles ne font pas encore à beaucoup près fnffifantes pour une province où la confommation de bois à brûler eh auili confidérable qu’in-difpeufable , pour pouvoir tirer parti avec le feu des principales productions du pays, qui font auhî les principales matières de fou crû, comme des vins qui fè diftillent afin d’avoir des eaux-de-vie, des huiles d’olives, donc les moulins ont befoin de feu-, des foies, dont les filatures confirment une grande quantité de bois , dont la difette, précifément dans les cantons où ces manufactures font établies , augmente les frais de fabrication , & met une entrave irrémédiable au commerce.
- La cherté extrême du bois dans le Languedoc, & qui accroît annuellement dans une proportion inquiétante, a déterminé les états de cette province à s’occuper de ce befoin , & de pourvoir à la difette dont elle eh menacée: dans cette vue elle a chargé M.’de Genflane de faire une recherche des diiférens endroits où le charbon de terre pouvait fe trouver à la portée des villes principales : c’eh ce qui a donné lieu à l’ouvrage que nous avons cité fous le titre , Hijloire naturelle de la province de Languedoc.
- Nous allons en donner ici un relevé pour ce qui concerne le charbon de terre feulement ; mais, en nous en rapportant purement & Amplement aux recherches dont M. de Genffane a été chargé, nous ne pouvons dihi-muler une idée dont nous abandonnons la vérification à l’auteur lui-même, & aux perfonnes qui feront à portée de s’en charger ; il nous a paru que M. de Genlfane confond aflez fouvent avec le charbon de terre ce que nous appelions charbon de bois fofjîle, qui eh très - ditférent quant au fond même, & des mines de pierre d'afphalte , de l’efpece qui fe trouve dans le comté;de Neuchâtel, au Val- Travers ; dans le canton de Berne, au village de Chavornay $ à la Sablonniere, en bafle - Alface , &c. Nous avions efpéré d’être en état, pour ce réfumé , d’apprécier & d’éclaircir nos doutes 'par la colipdion que nous avions demandée des diiférens échantillons * mais il 11e nous en elt parvenu aucun.
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- 3i% DU CHARBON DE TERRE Bas-Languedoc.
- Diocefe de B esters.
- Sur les hauteurs qui font à l’eft des territoires de Caux 8c de Neffiés t on commence à appercevoir la tète de veines de charbon de terre qui s’étendent le long des montagnes au nord de Neffiés & de Caux , jufqu’au-delà des territoires du prieuré commendataire de Calfan, d’où elles fe prolongent vers les montagnes qui font au nord de Gabian & aux environs de Pezennes, jufqu’au nord de Badarieux , palfent par S. Sixte & au Boufquet, du côté de Caunas & de la tour de Brouffon, & s’étendent au nord de Bouf-fagues , vers Càmplong & Graijfefac, où la veine reconnue de 12 pieds d’é-pailfeur , mais irréguiiere, e(t très-bien travaillée.
- A Graipefac ces veines fe partagent en deux branches ; la droite s’étend vers S. Génies, dans le diocele de Caflres ; la gauche s’étend vers Oular-gues, Celfenon , Bize & la Caunette , du côté des diocefes de Narbonne & de S. Pons ; fe prolonge jufqu’à Monze , dans le diocefe de Carcajfonne.
- L’auteur regarde les veines de cette province comme une fuite de celles qui s’étendent depuis le pont - Saint - Efprit jufqu’à Alais , de là à Durfort, à S. Loup dans le diocefe de Montpellier , & à Neffiés , dans celui de Beziers.
- La montagne de la. Traverjïere , à l’eft de Neffiés & au nord de Caux , a été entièrement exploitée autrefois ; on y voit d’anciens veliiges de travaux abandonnés , fi l’on en croit la tradition , à caufe des moffettes inflammables ; il fubl^lte encore quelques relies d’un ancien chemin qui conduit du pied de la montagne de la Traverfiere jufqu’à Agde, & que l’on nomme encore aujourd’hui Carrieiro Carbonniero.
- Vers l’année 1776, 011 a attaqué avec permiflïon du miniftere une veine de charbon dans les roches de Caillus ; elle a été rencontrée le quatrième jour de travail, & reconnue de 4 pieds d’épaifleur.
- A la montagne de Maniols, à deux lieues de Neffiés, il y a quelques années que les payfans tirèrent du charbon ; des qu’ils eurent trouvé l’eau , ils en relièrent là.
- DlOCESED’Uzès.
- En remontant vers Laudun , quelques mines de charbon qui, félon M, de Genflane , a beaucoup d’odeur & eft trop bitumineux : il n’eli propre qu’à cuire la chaux.
- Pont-Saint-Efprit. Aux environs, charbon jayet très-bitumineux , mêlé de Véritable fuccin jaune. Tout le territoire de ces environs , depuis la rivière d’Ardeche jufqu’à S. Alexandre 3 & même jufqu’à Veriéjean;, eft rempli
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- ET DE SES MINES.
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- de charbon de terre qui s’étend au couchant, du côté de la Chartreufe de Val-bonne , jufqu’à Cornillon : vers le nord-oueft, charbon de même qualité qu’au S. Efprit. Le toit calcaire de la veine contient des coquilles bivalves.
- A un quart de lieue au fud-eft de Barjac, plufieurs veines de charbon que l’on fouille feulement à la fuperncie.
- A la Pigere , paroilfe de Bannes , plufieurs mines abandonnées à caufe des eaux, & reprifes par une galerie d’écoulement qui va atteindre une veine de ig pieds depaiifeur & de la meilleure qualité : elles font à portée du Rhône par l’Ardeche qui n’en eft pas éloignée.
- A un bon quart-d’heure à l’oueft de Portes , deux mines de charbon de très-bonne qualité , dont on attaque maintenant la veine inférieure.
- En defcendant de cet endroit, vers la Grande- Combe, au nord-oueft de Pradel, mine de charbon très-excellent ,& qui s’exploite depuis long-tems.
- A un bon quart-d’heure de chemin plus bas, montagne appellée la Forêt 9 dont on retire journellement avec des facs une grande quantité de charbon. M. de Genifane , en examinant les alentours de cette montagne, s’eft ap-perçu que le feu y eft dans une partie.
- A iTmpoflaire, au-deflus du château de Trefcol, bonnes mines de charbon , donc on ne prend que pour les filatures de foie.
- Entre le Colet de De^e & de S. Hilaire , fur le bord du Gardon.
- Tous les environs de Pradel jufqu’au Mas-Dieu , où les habitons fouillent à leur fantaifie au pied de ce village pour leurs befoins.
- Tout le territoire qui borde la Seçe , depuis S. Ambrois jufqu’à Peires-Males.
- Molieres exploitée depuis long-tems.
- Roque - Sadoui lies.
- BeJJîeges.
- Crealles , toutes trois abondantes & de bonne qualité.
- Au bas du château de Montalet, à un quart de lieue de S. Ambrois, mine qui vient entamée.
- Toute la partie depuis Servies jufqu’à Font - couverte.
- Diocese de Narbonne.
- A un petit quart de lieue de chemin au-delfus de Bi^e, attenant l’ancien moulin à papier, plufieurs veines parallèles les unes aux autres, & de très-bonne qualité , reconnues d’environ ou 14 pieds de profondeur.
- M. de Sanchieres, infpeèleur des travaux publics dans le département de Bizer& qui m’a envoyé un plan du local, fait mention de deux veines, près du moulin de Basfonds ? obferve qu’elles ont degrés d’inclinaifon »
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- «O
- BU CHARBON DE TERRE
- il leur donne neuf-à dix ponces d’épaifleur, traverfée dans fa longueur par un nerf très-dur j de maniéré que cette épaiffeur, y comprenant le nerf, varie de deux pieds à deux pieds fîx pouces. La dureté de ce gore & les eaux ont fait abandonner çes veines : je ne penfe pas que ce foient les mômes indiquées par M. de Genflane , près le moulin de Paziols.
- Entre Bi^e. & le pont de Caberac, on a reconnu, en approfondiflant un puits , quatre toifes de gravier & cinq toifes d’argille ; alors on fit un trou de fonde de fîx toifes , qui fe font trouvées auffi de terre d’argille. On fit un autre puits à un endroit élevé de trente pieds au - deffus de la riviere à cette profondeur ; l’eau fe fit jour dans une abondance qui ne peut être épuifée. Un autre puits de cinquante - fept pieds eut le même fort i on a cherché à s’affurer par la,fonde s’il y a du charbon dans un plus grand enfoncement. Le même infiniment a été employé dans d’autres endroits où le charbon était apparent ; mais il ne parait pas à M. de Sanchieres que les veines puilfent être exploitées avec avantage , leur pendage efl horizontal. M. de Gentiane avance que ce charbon efr très - bitumineux & donne beaucoup d’odeur en brûlant ; il eflime que fî on en excepte les environs d’Alais » il n’v a point en Languedoc de canton où il y ait autant de veines que dans le voifinage de Bize ( a). Dans l’étendue d’une petite demi-lieue il en porte le nombre à trente-deux, à la vérité fort petites en général.; mais au-deflus de Bize on en trouve beaucoup , dont les directions font convergentes , & vont fe réunir en deux maitrefles branches qui fe prolongent parallèlement , & fe montrent au jour fur près de demi-lieue de longueur.
- C’efl à cet endroit que , par rapport à la cherté du charbon de terre , on efl obligé de tirer de Graiifefac , éloigné de plus de quinze lieues, & par rapport à la proximité du canal royal. M. de Genffane s’efl occupé de recherches pour reconnaître s’il y a poffibilité d’y établir une exploitation en réglé} nous faifonsconnaître dans la fécondé partie de l’ouvrage la maniéré dont cet écrivain a conduit ces travaux.
- Pour l’inflant, je m’en tiendrai à indiquer ici la nature des échantillons de plufieurs des couches de cette mine, qui mettent à portée de prendre une idée de fon organifation i ils m’ont été envoyés par M. Marcorelle, correfpondant de l’académie , qui a bien voulu les aller recueillir fur les lieux ; accompagné de M. de Sanchieres & du chef des ouvriers. La première fubflance efl une argille pyriteufe & calcaire, brillantée par du gypfe cryilallifé ; la fécondé formant le toi-t de la veine , efl une terre argillo-calcaire, chargée d’empreintes de coquilles ; le charbon placé fous' ce chapeau efl pyriteux , plus ou moins femé de coquilles} il s’y en trouve quel-
- (a) Hiftoire naturelle du Languedoc , tome IV, pag. 93 & fuivartfei,. ^
- que foi s
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- ET DE SES MINES:
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- qnefois une Ci grande quantité de débris, que le peu de charbon qui s’y trouve mêlé le convertit, lorfqu’on le brûle , en bonne chaux : ce lit de charbon fe trouve féparé par un nerf d’un autre lit de même nature que le lit fupérieur, mais plus calcaire, & qui repofe fur un ftratum de terre argilleufe un peu imprégnée de bitume.
- On eft au moment d’exploiter une nouvelle mine à Cafiafiel, dans les montagnes des Corbieres ; on prétend qu’il s’y trouve deux veines marchant du fud-eft au fud-oueft, fur neuf heures, & ayant deux pieds de chute par toife vers le midi. Il y a toute apparence que ce terrein a été fondé ; car 011 ajoute que la première veine a de trois pieds à trois pieds & demi d’épaiflëur, la fécondé quatre pieas & demi environ, & que le (lampe intermédiaire eft un roc de vingt pouces d’epais; il m’a, en elfet, été envoyé deux échantillons de charbon de terre de Cafcaltel , placés l’un fur l’autre dans la mine, fans m’avoir fpecifie s’ils appartiennent à deux veines différentes; une efpece eft de bonne qualité, l’autre d’une qualité très-inférieure , ne donnant en brûlant, au rapport des gens du pays, ni odeur, ni vapeur acide, ce qui fait qu’on allure qu’il eft naturellement de foufre.
- Près de Saint- Jean- de- Cueillies , M. de Genflane a obiervé à Ca^arch des veines de charbon, dont la terre eft femee de petites tellines quelquefois entières & dans leur état naturel, d’autres fois en parties dilfoutes & converties en houille : ces coquillages paraillent à M. de Genflane un motif fuffiiant pour attribuer la formation originaire des mines de charbon de terre à une vafe limonneufe impregnee de bitume. (a )
- A l’extrémité du territoire de Tnchan , qui forme une forêt de buiflons du côté de. Segure , fur un terrein appartenant à l’abbaye de la Grajfe t il fe trouve plufieurs veines.
- Diocese de S. Pons.
- Au lieu de Mattes, plufieurs veines très-bonnes.
- Diocese de Lodeve.
- Au pied de la montagne volcanifée qui eft entre Lunas & Lodeve, indices, GevaudanomDiocese de Mende.
- Paroilfe de S. Pierre de Triplés, furie bord de la Jouante, veine reflerrée entre deux roches calcaires; charbon d’aifez'bonne qualité ; exploitée par quelques payfans.
- (a) Hiftoire naturelle du Languedoc , tome I, page 205. ,
- Tome XVliî. S f
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- DU CHARBON DE TERRE
- Paroilfe de S. Prejet, fur le bord du Tar , à mi-côte au-deflous de Si Roman de Dolan, mine abandonnée à caufe des eaux.
- La gangue des mines de charbon de ce quartier effc, félon M. l’abbé Girand , une roche fchifteufe, rougeâtre, qui fe débite aifément; dans plusieurs endroits elle eft pulvérulente} & par-tout où l’on trouve des fcilTures de la roche, on reconnaît entre deux des amas de matières par tranfport, étrangères, granitiques ou quartzeufes, même des portions de fchifte de même nature.
- A L A I S Au pied des Civennes.
- Toute la côte, depuis Roche-belle jufqu’au - delfus du Mas-des-bois, en remontant le Gardon & le Galaifon fur une demi - lieue de longueur , eft entrecoupée de veines de charbon de terre fouillées au hafard pour l’ufage des fours à chaux.
- En palfant de cette montagne vers celle de Sauvages , dans le vallon de Trepalou , à l’oppolîte de mines de fer , font des veines de charbon de terre qui vers la Blaquiere fedivifent en deux branches , dont la principale s’étend le long des montagnes fituées à la droite ou à l’eft du Gardon, jufqu’aii - delà de Portes, près d ç Chamborigavt, où. le terrein change entièrement de nature; cette maîtrelfe branche qui s’étend le long du Gardon , fe replie vers Pradels & le Mas-Dieu , où il y a eu anciennement des travaux de mines de plomb & d’argent, auxquelles on pourrait employer le charbon de cet endroit, dont la mine eft dévaftée, s’étend vers S. Jean-de-Valhrifque , où le charbon eft très-abondant, mais mal exploité, Roubrac , S. Ambrois, Bannes & Barjac, & fe prolonge vers Cornillon & la Chartreufe de Valbonne , jufqu’au Pont-Saint E/prit} mais dans ces derniers endroits les charbons font trop bitumineux : ce font plutôt des mines d’afphalte que des mines de charbon.
- Dans les montagnes en remontant de Chamborigaut à, Portes, indices de charbon à chaque pas que l’on fait.
- La fécondé branche , moins forte, s’étend à gauche des deux côtés du Galaifon , vers le château de la Fare , la Beaume-Olimpie , jufqu’au - delfus des montagnes de Vaugean d’un côté,. & jufques vers Bergueirolles de l’autre.
- Aux environs d’Alais, fur la rive droite du Gardon.
- À Trculay.
- .Aux environs de Mialet, indices.
- Au fbmmet de la montagne de Noguret, au-delfus de S~ André de Val-borgne , .terrein de Pompidou, deux bonnes veines.
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- ET DE SES MINES.
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- En defcendant la montagne de Laigoual, au-deffus de Cabrillac , indices le long de la côte à droite de la Jouante, depuis Gatuzieres jufqu’à Meru-cis. Dans quelques parties du fond de la riviere de Jouante , on apperçoit des veines de charbon.
- En defcendant la Jouante , à un quart de lieue au-deflbus de Meracis , près le moulin de CapdLan , bonne mine de charbon, dont la veine a trois bons pieds d epailfeur au jour.
- Au bas de Reven , fur les bords de la Dourbie, proche le moulin de Gardies , veine de dix pouces d’épaifleur , exploitée par deux mineurs & deux manœuvres qui en retirent communément en huit heures vingt quintaux par jour . vendu fur-le-champ à dix fols le quintal.
- Entre Mol/eres & le Vigan, au-delfus du pont d’Avefe , plufieurs veines qui s’étendent jufqu’au petit village des Fonts, où le charbon fe trouve au-deflbus du fol de deux rivières qui confluent en cet endroit.
- A Fabregue.
- Au Mas-de-Coularou , entamées toutes deux par des Allemands , abam-données enfuite.
- Près Sumene, dans la vigne du nommé Sales , quelques veines.
- A demi-lieue au-deflus de Sumene, dans un endroit appelle SounaJou, de très-bonnes mines.
- Sur le chemin de Sauves à Durfort, au pied de la montagne de Valfonds, indices qui s’étendent de l’autre côté du vallon, vers le chemin de Dur-fort à S. Hippolyte.
- En defcendant des hauteurs de Mas-Noblet à Vabres, fur le chemin qui conduit à la Salle, indices.
- Q_uartier des Cevennes.
- A une lieue de Figan, cinq mines.
- Montcoudour, près de Bouflague, dans la baronnie de ce nom.
- VlVARAIS.
- La mine de Janjac, lituée dans des montagnes granitiques , voifines de la mine de Prades , fournit à tous les.befoins de la province. M. l’abbé Giraud de Soulavie a obfervé qùe le toit de cette mine eft une roche dans laquelle domine le quartz en petits grains, fouvent de forme globuleufe. Le charbon lui a paru le même que celui de Prades} on prétend même que la veine de cette mine lui ell correfpondante.
- S f ij
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- D U CHARBON DE TERRE
- Près de Janjac, dans le Folcan.de-Coupe, il a remarqué que ce qu’on y appelle garde de la houille eft une vraie lave fpongieufe ; elle eft en couches & defcend du cratere des volcans. Encre cette couche & la houille , il y a une autre garde.
- Le terrein de S. Marcel ou de S. Jujl, quoique calcaire, renferme auflî de la houille ; & félon M. l’abbé Giraud, la roche qui forme le toit eft de la nature du marbre.
- Il s’en trouve aufli à Salava{, dans un fol calcaire , qui n’eft pas exploitée. La roche qui y fert de toit à la mine palfe pour être une pierre de chaux pourrie.
- Diocèse de Montpellier.
- Dans les montagnes, aux environs de Prades & de Montferrier, quantité d’indices.
- Comté de F o i x.
- La montagne de Mouffe renferme du charbon de terre, à en juger par un morceau que j’ai vu , provenant de cet endroit.
- A une lieue de l’oueft de la ville de Foix à Baoulon , dans la conceftion des mines de M. le marquis de Viilepinte , entre la grande route de Pamiers à Touloufe, & la route de la Baftide de Seron, près de la Riege , il fe trouve du charbon de terre , au voilinage d’une mine de galene de plomb blanc 8c quartz , & d’une mine de plomb terreux , tenant argent.
- La veine fe marque fur cent cinquante pieds d’étendue en longueur i le charbon que j’en ai dans ma collection eft d’une elpece qui "brûle bien en flambant, & donnant l’odeur d’un bon charbon bitumineux. La combuftion achevée , il exhale dans fan incandefcenc.e une odeur de foufre fenfthle a comme la plupart dés charbons dans cet état d’ignidon.
- G U I E N N E.
- Quercy„
- *• S. Bolis.
- Montauban.
- Depuis Andufe jufqu’à Villefort.
- Au village de Vergougnoux.
- Rouergue,
- Plaute-Marche.
- Millau.
- EUU'.on de Mas-de-Bonac.
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- ET DE SES MINES.
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- Cantabre , diocefe de Vabres. r .
- Severac -le - Cajlel, charbon vitriolique comme celui de Berghlob en Allemagne. »
- Basse-Marche de Rouergue.
- M. Venel fait mention d’une mine de charbon à Cantabre, éledion de Villefranche , diocefe de Vabres 5 & il remarque que fon charbon exhale , lorfqu’il commence à brûler, une ddeur fétide.
- L’occalion que j’ai .eue, depuis U\ publication de mon ouvrage, d’être confulté, par lettres qui m’ont été adrelfées de cette province, touchant le privilège concédé pour Yépuration du charbon, c’eft-à-dire , pour fa réduction en braifes,& pour de nouvelles tentatives relatives à une ceffion de droits des anciens concefïionnaires dont j’ai parlé j cette occafion, dis-je, m’a procuré la facilité d’avoir des renfeignemens exads & détaillés fur les mines de charbon du Rouergue. Ces renfeignemens ont eni'uite été éclaircis par une très-belle fuite d’échantillons.
- Les mémoires qui m’ont été fournis avec emprelfement, lorfqu’on a été alluré de ma maniéré de penfer fur les conceftions , m’ont fait reconnaître plulîeurs circonftances relatives aux mines de cette province , & qui achèveront d’en compléter l’hiftoire.
- La diredion de la plupart de ces mines eft prefque parallèle à la fuperficie des montagnes. Il y en a de fi immenfes qu’on n’en connaît pas l’étendue.
- ' La couverture fupérieure & la couverture inférieure du charbon, foit terreufes, foit pierreufes, font défignées dans le patois du pays par les noms de tuf ou tab. Lorfque néanmoins cette couverture porte fenfiblement un caradere de dureté & de pefanteur , on la diftingue en patois par les noms de peïre fie, pierre fie. Le mélange fréquent de ces portions de toit ou de plancher, dans le charbon des mines du Rouergue, a pendant long-tems diminué la valeur du charbon à Bordeaux; mais 011 eft occupé dans ce moment à remédier à ce défaut.
- Les mines les plus remarquables du Rouergue font celles de Caflal, de Cranfae , de Léviniac , de Cahors , & de Bonquiés , même paroiife de Buanehe , de Vialaret . de la Carpi, même paroiife de Firmy , de Palayret, d’Albin , de la Belfairie, du .Montet.
- Le charbon des autres endroits eft le même que celui des principales mines qui viennent d’être nommées ; cependant le charbon de la mine fituée au-deifus du village de la Belfairie , & celui de la mine qui eft au-deiîous de ce même village , fur la montagne , quoique toutes deux à côté l’une de l’autre , ne font point de la même veine ; ils appartiennent à trois veines différentes. Je remarquerai feulement ici en paftant, que parmi les fubftances
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- D U CHARBON DE TERRE
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- provenantes de la montagne de Montée, il s’en trouve qui tiennent de l’alun cryftallifé, du vitriol martial, du Tel ammoniac & de ce même Tel de volcan, prefque pur.
- .3 l Territoire d’Aubin.
- On ÿ peut compter une cinquantaine de fouilles , entr’autres :
- Taroifles de Levinhac. de Vialaret.
- Une mine baignée par la riviere du Lot.
- Firmy.
- Cranfac.
- Le nombre des bateaux , partant année commune des mines de cette province, dont nous 11’avons indiqué ici que les principales, fe monte à 534. Leur charge eft depuis ifo jufqu’à 250 milliers ; ce qui, en portant chaque charge à 2,00 milliers pour terme moyen, donne 66800 milliers par an.
- Roussillon.
- M. l’abbé Giraud-Soulavie , qui s’eft fait connaître à l’académie par des mémoires minéralogiques très - intéreifans, a eu la complaifance de me fournir fur la mine de charbon de Prudes, ainfi que fur plufieurs autres qu’il a vifités dans fes voyages, des notes dont je ferai ufage.
- Celle de P rade s , qui fournit à la plus grande partie des cantons du voi-fînage, eh fort riche ; la roche fchijieufe eft noirâtre, fendue en fens vertical , renfermant dans ces fentes une roche quartçeuje comme en décombre ; la roche fehifteufe eft fou vent femée de gros clous de fpath dur ou fufible , en forme de cailloux roulés, ou de groffes lentilles. Ces cailloux tiennent quelquefois à d’autres, comme des grains de chapelet.
- P-ROVINCES DE FRANCE,
- Dont plujîeurs mines de charbon font d portée de la ville de Paris.
- Il eft très-fâcheux que cette richelfe de premier befoin foit encore trop éloignée de la capitale , pour pouvoir jamais efpérer , ( tant qu’il ne s’en trouvera pas dans le voilinage de la ville de Paris , ou de quelques-unes des rivières confluentes à la Seine), que l’ufage de ce combuftible toujours cher, & par les frais d’une longue exportation & parles droits exorbïtans dont il eft chargé à fon entrée , s’introduife dans le chauffage & autres ufages domeftiques 5 mais l’importance de la pofttion des mines
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- ET DE SES MINES.
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- dont nous allons parler, pour lapprovifionnement de quelques confomma-teurs auxquels, le charbon de terre eft indifpenfable dans la capitale, mérite de former une dalle à part.
- B o u r gog ne.
- Aux ois.
- ' A deux lieues d’Avalîon , dans un terrein appartenant aux chanoines de Semur, à cinq lieues de la riviere navigable qui defcend à Paris, mine découverte en 1778.
- Autunois.
- A Résilié près l’Epine, bourg à trois lieues d’Autun, & dont 011 donne communément le nom à la mine de Rezille , le charbon découvert en 1744 n’a été fouillé qu’en 1751, que les travaux ont pr'éfenté les veftiges,d’une exploitation. Les vignes ont un pendage de plàtteure au même degré d’incli-naifon qu’à Champagne ; on en connaît deux de fix à neuf pieds d’épailfeur environ , à cent pieds à peu près de profondeur, entre deux bancs de coirellû.
- Le charbon de chaque veine eft diftingué fur le lieu en deux efpeces ; celle employée pour les verreries, qu’on appelle gros charbon, & celle appellée charbon de maréchal, qui eft plus bitumineux. Lorfque le charbon de Rezille a été long-tems expofé à l’air , le vitriol & l’alun fe cryftallifent fur fes fur-faces j lorfqu’il brûle , il exhale une odeur qui paraît' autorifer les ouvriers à le qualifier de charbon foufreux. Ce que je fais, c.’eft que le toit fchifteux de cette mine eft quelquefois femé de lits pyriteux ; le fol appelle le) mur, eft une argille en malfe, à laquelle les émanations bitumineulès ont donné une couleur grife. Outre la pierre connue fous le nom de coirdle, & qui fe trouve aulfi dans celle-ci, on y remarque une pierre ardoifée., que les ouvriers appellent indices du jour.
- En 1779 , le commis des mines, en approfondilfant pour fou utilité un bouxtay à 15 ou 20 pieds plus bas que le principal puits, ayant été obligé de le pouffer au-delà à 30 pieds environ, pour fervtr de fécond puifard , & pour la facilité de l’extraébon du charbon, eft tombé fur un banc de roche cendrée de quatre à cinq pouces d’épailfeur , porté fur une couche de'fept à huit po-uces d’épais, d’une fubftance de même nature bolaire comme le roc qui le précédé, & de même couleur. 'AA .nil - A A v .C)
- B R L O N N, A. I. ,S. '
- La Chapelk-foas-Dhun ,,à cinq lieu.es de-. B eau jeu , mine- ouverte eûM.778 par M.. Tranchand laine., réfidaat à S.E tienne, àla profonde ur de cinquante-
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- 32% DU CHARBON DE TERRE
- quatre pieds., & compofé de deux couches d’un pied d’épaifleur. Il a cru reconnaître à une centaine de toifes de diftance une tête de veine de trois pieds d’épaifleur à deux pieds de la fuperficie ; dans un pâturage commun , on prétend avoir extrait de très-bon charbon en préfence de l’ingénieur de ta province , à la profondeur de fix pieds ; & la fonde eu a Fait aulîî reconnaître à la profondeur de quinze pieds , une veine de lix pieds de hauteur.
- Un particulier ayant droit de pâturage dans ce communal .a déjà obtenu la permiffion de profiter des recherches de M. Tranchand, & fallait creufer un puits vers le mois d’août 1778.
- Bailliage de Beaune.
- Chorey.
- Montluel, près du Rhône.
- Bourbon - Lancy. !
- Marceney, près Châtillon-fiir-Seine.
- Sombernon. Il paraît qu’on a trouvé du charbon dans le voifînage de la montagne de Sombernon , qui eft une malle de terre argilleufe & pourrie 9 de texture feuilletée femblable aux découvertes des carrières d’ardoife.
- Norget , près de Dijon.
- Montbar.
- M O N T c E N I S.
- t
- Fanget, autrement appelle les Charbonnières.
- Montagne de la Châtelaine.
- Guerfe.
- Marigny.
- Breuil. Mine de Creu^ot.
- Blan-^y.
- Savigny.
- ' Pleffis.
- Sauvigné.
- Foulon fur l’Arroux.
- Martinet.
- S. Berain. ' 1 •
- S. Eugcne.
- Charmoy & S. Nimier fous Charmoy.
- Morey.
- Bourgogne.
- Sur la montagne de la Châtelaine, dans une excavation de foixante pieds, l’on a rencontré xm/lratum fehifteux, bitumineux, très - compadl, d’un
- beau
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- ET DE SES MINES.
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- beau matte noir dans fes caflures. Les différeras lits qqi compofent .ce fira-tum ont contra&é, par la juxta-pofition, un poli très - lui fan t , les uns Fur une Furface feulement, les autres Fur deux; quelques-uns même préfentent un côté également plane & poli, qui rapproche fa couleur noire de celle d’un beau marbre noir antique; il fe trouve de ces derniers qui forment des tables de dix lignes depaifl'eur, au rapport de M. de Morveau, cor-refpondant de l’académie des fciences : ce favant a 4éfigné Gette pierre une efpece de lave dure d'un beau noir, & polie naturellement Ça). Je crois à propos d’oblerver que les ampelites ou pierres à crayon noir, très-communs en Bourgogne & aux environs d’Autim (b), ont tous les mêmes propriétés que cette pierre faillie de la montagne de la Châtelaine. Les recherches de M. Bayeu,fur cette fubftance qu’il a examinée complètement avec la faga-cité qui lui eft naturelle , & qu’il a même traitée dans des vaiffeaux fermés (c) , lui ont fait reconnaître que fa matière charbonneufe, reliée dans la retorte, a confervé dans un état friable une dureté qui permet que l’on puiiFe encore s’en fervir à former fur le papier des traits d’un beau noir; il propofe à cette occafion un moyen d’en tirer parti pour cet objet avantageux aux delîinateurs, & penle qu’il pourrait bien y en avoir une carrière dans les environs d’Autun.
- C’eft dans ce même quartier (dans la carrière de charbon de la montagne de Crenzot, attenant le mont Saint-Vincent J que M. de Morveau a ob-fervéune iubftance minérale qui peut intéreifer la curiofité des naturalises.
- La mine de Montcenis a Ion allure du levant au couchant, & eft inclinée à l’horizon d’environ un pied par toife. Le plancher, d’un pied d’é— paiifeur , eft dur, pyritcux & chargé d’empreintes de plantes : il a été remarqué fur les lieux que le charbon de la telle fe relfent de la nature pyri-teufe du fchifte qui Fert de lit à la veine, mais que le charbon qui eft plus enfoncé eft moins pyriteux.
- Haut-Forez.
- Dont les charbons paffent dans le commerce fous le nom de charbon de
- ( a ) Elemens de chyrnie de l’académie de Dijon.
- <Jb ) On en voit des affleuremens à Saint-Seyne ,à Sombernon, où vraifemblablement M. Béguiilet l’a confondu avec du charbon de terre, & dans toute la direction de la même ligne jufqu’à Arnay-Ie-Duc, de même qu’aux environs d’Autun. Il eft à préfumer que dans le voifinage de cette ville fur-tout i’ampelite placé à une grande profondeur Ionie XriH.
- fous terre t acquerra ce degré de perfection remarquable fur la pierre fchiiteufe des mines de Montcenis. M. Bayeu m’a donné un morceau analogue, poli par art, venant des ruines de l’ancien Autun, & qui lui avait été envoyé fous le nom de marbre noir antique.
- ( c) Effais chymîques, par M. Bayeu , partie de l’examen chymique de différentes pierres.
- T t
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- 33°
- DU C H A R B ON- D E T E R R M
- S. Etienne , capitale de cette province, aflife en partie fur une mafle de charbon qui paraît'être1 le centre de toutes les mines. Le charbon de S. Etienne elt en général plus tendre, plus propre à la forge , & ronge moins le fer que les charbons de Rive-de-Gier.
- Montagne appellée Bute.
- 1. Treuil. 1
- 2. M.onthieu , deux fo/Tes. ' ' CV: h
- 1. Terre-Noire. !
- 1. S. Jean de Bonnefond. Charbon très-mélangé de parties terreufes qui le rendent difficile à brûler.
- 2. Villars , deux folles.
- 2. B ois-Mont fer, deux folles.
- Mine Sainte-Françoife , à Roche-la-Molliere ou la Mouliere , trois folles*
- 3. La Beraudiere, trois folfes.
- 3. Rica-Marie , trois folies.
- 3. Chambon, trois folies.
- 3. Firminy , du côté du Velay , trois folfes. l. Le Llufcl.
- 3. .S'. Germain - LEpt r, trois folfes.
- 8- Crémeaux, huit folfes.
- I. S. Victor.
- I. S or hier e.
- I. Fouilloufe.
- I. Clapier.
- 1. Montfalfon.
- Bas-Forez,
- Rouanais.
- I. Villemontais.
- 1 „ S. Maurice - fur - Loire.
- Basse-Auvergne.
- Limagne.
- Le long de la Dordogne, plulieurs mines, î. Lampres , paroilfe de Champagnac.
- 1. Sauxillang.es.
- Territoire MAn^at, fept folTes.
- I. Salverre.
- I. Charbonnière.
- I. Sainte-Florine»
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- ET DE SES MINES.
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- I. Les Barrivaux.
- i. Les Gourres ou les Gorres 3 deux puits.
- I. Collines de Lang:at.
- I. Grille.
- • I. Neuvialle.
- I. La Poiriere.
- I. Fonda ry.
- I. La Vitriolle.
- Z. Chambleve, trois folfes.
- I. Meche - cote.
- I. La Leuge.
- 1. Mine rouge.
- 2. L'Orme, deux folfes.
- I. Vergonhon.
- I. Champelas.
- I. Lande Jur Alagnon.
- I. Frugere. •
- I. Anqon.
- I. Bofgros. '
- I. Barate.
- I. Gros - Menil ou Groutmtiu
- 3. Les Lacs, trois folies.
- 1. Puits de, Brajac.
- La Fojje, autrefois travaillée par iix puits, remife aujourd’hui en exploitation fous le nom de mine de Sadourny.
- 2. La Moulure y deux folfes. ..
- I. La Taupe.
- I. Champ ou Vigne de Madame.
- Bourbonnais.
- ; Fimsy quatre folfes. JNoyau.
- y.
- ' î
- Nivernois.
- Champvert, paroilfe près Decize, deux folfes.
- Le mauvais air qui s’oppoiàit & la.pourfuite des travaux de cette mine en 1773 , a été tout-à-fait corrigé & détruit lorfqu’on y a eu profondé un nouveau puits. MM. Perier , méehaniçiens, y ont établi une machine à feu,
- Dmy. ... . ... .
- T t jj
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- 332 DU CHARBON DE TERRE
- Isle-de-France.
- S. Germain - m - Laye. '
- Je fuis informé à Pinftant, qu’un particulier prétend s’ètre alluré avec îa fonde de la prélènce du charbon de terre dans la montagne de S. Germain-en-Laye. La nature des couches de cette montagne, qui ont été reconnues à la profondeur de pius de vingt-huit pieds par les travaux de M. Peronnet, donne lieu de foupqonner ce qui peut induire en erreur fur ce point, & rendre la découverte très - douteufe.
- Ces diiferens lits, dont M. Peronnet a fait voir les échantillons à l'académie , & décrits par M. de Fougeroux dans le volume de- nos Mémoires pour l’année 1771, étaient un lit de tuf de fable coquillier, de glaife ardoi-fée, de glaife crétacée , de pyrite, de craie blanche, douce au toucher, fous lequel 1) s’eli rencontré du bois fojjîk jayetL
- On voit que le poutiier combuftible , ramené dans le cul lier de la fonde » lors de h recherche dont il s’agit, pourrait bien n’appartenir qu’à de la pyrite ou à du bois foffile , fans que l’on foit fondé à conclure que ce poufiier était du charbon de terre v la tradition de la préfence de ce foifile intéreflant dans un canton du voilînage de S. Germain-eivLaye, s’elt déjà trouvée en défaut il y a plusieurs années.
- Le particulier qui continue cette entreprife eft le fieur Tubeuf, concef* fionnaire des mines de charbon des Cevennes, & directeur de la mine d’Albin , lorfqu’elle était exploitée par des conceiîionnaires , comme auffi.eii Languedoc par une permiilion qu’il avait obtenue , & où il ne s’eft pas mieux fait vendre que dans les autres endroits où il a cherché à faire des écablilTe-mens.
- La permiilion qu’il a obtenue pour trente ans , par arrêt du eonfeil du 10 avril 1779, en expoiant dans fa requête qu’ii a découvert des mines de charbon de terre fur les rives de la Seine1, particuliérement dans un lieu nommé Clos-Moify, près de S. Germain-en-Laye, paroiife du Pecq , cette permiilion porte fur l’étendue des terreins compris entre- Chantilly, la Ferté-fbus-jouare, Rozey, Corbeil, Chevreufe & Mantes, ayant Paris vers le centre. •
- Une pareille découverte , à la portée de la capitale, fallait pour le moins honneur au concelïionnaire. Je doute toujours très - fort qu’il puilfe jamais parvenir à faire voir qu^fes indices ne l’ont point trompé une perlonne qui était au moment de hâfarder dans cette entreprife une partie considérable' de fa fortune & de celle de fes parens y m’a- coirfulté à cette occalioiij je me fuis tranlporté, à fa priere, iur les lieux, pour diriger
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- ET DE SES MINES.
- 33?
- là marche avant de contracter. Je ferai entrer l’avis que je remis à ce fujet par écrit, parmi des confultations que j’ai données en différens tems fur des matières de mines : je m’en tiens, pour le moment, à l’énumération des lits que les travaux du fleur Tubeuf avaient traverfés.
- E TA T des couches reconnues dans la fouille faite au Clos - Moify , pris S. Germain -en- Laye, vijitées le 29 mai 1779.
- 1. Banc de pierre.
- 2. Idem,
- 3. Sable gris.
- 4. Sable jaune.
- f. Sable cendré.
- 6. Glaife noire.
- 7. Sable jaune foncé.
- 8. Sable blanc.
- 9. Glaije noire.
- 10. Sable cendré.
- 11. Glaife noire.
- 12. Glaife verdâtre.
- 13. Glaije grife veinée de rouge.
- 14. Glaife grife veinée de jaune & rouge.
- If. Glaife grife fablonneufe, veinée de verd, gris & jaune.
- 16. Glaife grife, veinée de rouge.
- 17. Glaife cendrée, veinée de jaune.
- 18. Tuf mêlé de gris-rouge.
- 19. Tuf glaifeux, blanc, veiné de verd & de gris.
- 20. Blanc d’Efpagne, femé de quatre en quatre pieds de pierre à fufil.
- Total en épaiffeur. ..... 187 pieds
- dont foixante-fept pieds couverts d’eau.
- Par les informations que j’ai prifes l’année fuivante, j’ai fu qu’au mois de mars 1780, ce puits, alors à plus de trois cents pieds de bas, fervait à extraire jour & nuit, au moyen d’un (impie tambour mu par deux chevaux, des terres de la même efpece que la vingtième couche de la fouille de 1779.
- v Un fécond puits creufé de quarante - cinq pieds, eft compofé de galeries horizontales , fuivant plusieurs directions , d’où l’on tirait une glaife très-noire, parmi laquelle fe trouvaient beaucoup de fiibftances que l’on qualifiait de charbon de terre, dans lequel même on remarquait quantité de siolécules très-menues, que fon difait être du foufre, parce qu’étant mifes
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- DU CHARBON DE TERRE
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- par mottes dans h feu, elles s’enflammaient ; les parties de glaife noire expofées de même à un brafier, s’embrafaienc en fe réduifant en poufîiere. Ce qu’il y a de fingulier dans les prétendons du fieur Tubeuf, & qui prouve même le contraire de ce qu’il avance de la préfence du charbon de terre , c’eft qu’il donne pour preuve un goût de foufre qu’on fent à la bouche d» puits dans certains tems, lorfque le vent eft au midi.
- Total, foit des endroits où il a été fouillé du charbon de terre, & où ies travaux peuvent être repris avec fureté, loit des endroits d’où l’on en tire a&uellement...........422, Folles ou puits de mines.
- ADDITION à la page 117 du tome XVI.
- Préparation du charbon de terre de la mine dite Sans - Pareille , à Ardlnghem ,
- par le cuifage,
- La quantité de charbon employé fe montait à 96 barrils, & un fixieme de barril du poids de ^20 livres , faifant environ cinquante milliers ; ce qui revient à peu près à dix-huit voies & un huitième & demi de voie, faifant 320 livres pefant la voie.
- Pour cette opération , il a été établi fix fourneaux; le foi de chaque fourneau était drelfé en élévation & de forme circulaire, fortifié dans fou contour par une ceinture de briques : il était creufé. en rigoles parallèles & tranfverfales au nombre de douze , qui communiquaient entr’elles , & qui continuaient jufqu’à l’extérieur pour former foupiraux ou lumières, qui fans doute fe bouchaient ou fe fermaient félon la dire&ion que l’on voulait donner à l’action du feu. Les parois de ces rigoles étaient revêtues de brique* pofées debout, & les parties du refte du fol intermédiaires à ces canaux, carrelées en briques pofées de plat : le point de réunion de ces rigoles au cen tre de l’air du fourneau , était occupé par une bûche élevée en droiture, vraifemblablement pour former une cheminée à la meule, à mefure que la combuftion de la bûche fe faifait.
- Les charbons en morceaux, de la groffeur de trois à quatre pouces, furent entallés en pyramide, & eifuyerent un cuifage d’environ trente - fix heures , qui a altéré le volume de charbon au point d’etre diminué prefque de moitié.
- Telle eft, fur le rapport qui m’a été fait verbalement par une perfonne préfente à la préparation , l’idée que j’ai prife de la difpofition obfervée dans ce cuifage. Si l’on trouve un peu de précifîon à cette defcription, je la puis
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- alTurer exadle ; d’ailleurs, la relation qui va fuivre de ce cuifage à Aizy , auflî en meule , fera plus circonftanciée.
- Cuifage de charbon de terre de Montcenis a Montbar.
- Il fut choifi un terrein élevé, fur lequel M. de Stuard établit en pierres calcaires une aire excédant ce terrein d’environ huit à neuf 'pouces. Cette aire était creufée en rigole dans quatre endroits principaux qui fe correspondaient dans le point du milieu , de maniéré que ces quatre canaux', devinés à éloigner & à faire évaporer les fraîcheurs , formaient la croix de Malthe (<z). Ces rigoles avaient quatre pouces de large fur environ fix pouces de hauteur. L’aire fut en fuite revêtue de fable gras & battu, pour unir la place.
- Les charbons de terre de Montcenis , du volume d’un œuf d’oie & de poule , furent rangés à la main les uns contre les autres fur cette aire, en ob-fervaut delaiifer entre les morceaux le moins d’intervalle poffibie, à l’exception des endroits de l’aire répondant à la rigole en croix de Malthe , defti-née à introduire & porter le feu dans toute la meule , & qui par confé-quent reliaient toujours libres. La quantité de charbon fournis à ce cuifage, a été d’environ trois queues, jauge de Bourgogne, par chaque alumelle : dans le centre du premier fourneau, il a été mis de gros morceaux de charbon de terre, du volume de bouteilles de pinte de Paris.
- Le fourneau entièrement drelfé dans la forme des fourneaux à cuire du charbon de bois , la meule a été couverte de tout le menu charbon de terre, à l’épailfeur de deux pouces & plus, & il y a été répandu alfez généralement une petite quantité de terre calcaire -, puis on l’environna , par le con-feil d’une perfonne préfente à l’opération , de tue-vent ou paillalfon , afin d’empècher que l’air ne fit courir le feu d’un côté plus que d’un autre, & parvenir en conféquence à un cuifage plus égal. ( b )
- Pour mettre le feu à la meule , on a jeté quelques livres de charbon de bois bien allumé dans le petit caveau qui a été ménagé du centre de la meule à la circonférence jfur le plan horizontal de l’aire où était placée la meule , on a jeté du feu dans les quatre petites rigoles qui ont été bouchées légèrement avec du menu charbon de terre , quand on s’eft apperçu que le corps de la meule s’allumait.
- (a) Il eft à propos que le terrein foit privé d’humidité.
- (b) Sans cette précaution , on effuierait à ce fourneau les mêmes inconvéniens qu’aux fourneaux de charbon de bois, où une partie du charbon fe trouve cuite, & une autre echaudée ou en fumerons t &
- dans les charbons de bois ces fumerons ne nuifent pas à la fufion , donnent au contraire de I’adtivité au feu : on fent qu’il n’en eft pas de même pour les braifes de houille, puifque c’eft précisément tout ce qui s’exhale en fumée qu’on cherche à enlever,par ee cuifage, au charbon de terre.
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- DU CHARBON DETERRE
- Le vent qui foufflait lors de l’opération ( a ) était nord & bife. La conduite du feu a été confiée au charbonnier le plus intelligent de ceux employés dans la forge ; & de l’avis d’une des perfonnes qui étaient préfentes , la meule effuya une cuiffon pouffée jufqu’au rougijjage : par le même confeil encore on répandit defliis une légère quantité de chaux fondue réduite en poudre, afin d’en abforber les parties vitrioliques & fulfureufes.
- Ce cuifage a duré environ 36 heures j les braifes qui en ont réfulté fe font trouvées trës-Iégeres ; la quantité s’eft trouvée diminuée d’un tiers environ , & le poids du charbon diminué d’environ deux tiers. On a prétendu, fans doute d’après M. de Stuart, que ce charbon n’effc cenfé bien cuit que lorf-qu’il a perdu environ moitié ( b ). Tout cela doit varier félon le charbon, félon le degré du cuifage, & félon la méthode qui a été employée ( c ). Les braifes étaient entièrement dépourvues d’odeur défàgréable lorfqu’clles ont été refroidies} les roulans apres leur refroidiiTement fe font trouvés 11’avoir eifuyé qu’un rejfuage, c’efl-à-dire, un cuifage imparfait pour ce charbon.
- Pour tirer parti de ce qui refiait des braifes défeclueufes du charbon de S. Etienne, M. de Stuart leur fit effuyer pendant quatorze ou quinze heures un nouveau cuifage par le même procédé ; elles furent triées à la main , morceau par morceau} une partie fut mile au rebut. Ce fécond cuifage altéra la quantité de charbon au - delà de l'attente de M. de Stuart. Ces braifes recuites une fécondé fois, & mifes en ufage , mêlées avec du charbon de bois choifî, fe font trouvées encore généreufes. Cette obfervation de la qualité que conferverent ces braifes , malgré cette circon(lance , efl à remarquer } il s’enfuivrait que dans un charbon de l’efpece de celui de S. Etienne, le feu poulie au-delà du rougilfage , 11e fait que confommer le braifon , le diminuer de volume fans l’appauvrir âbfohiment, de maniéré que tant qu’il relie de cette fubflance fpongieufe , de ce fquélette de charbon , elle retient toujours , quoique dépourvue abfolument de bitume, une propritété inflammable, aétive , comme le charbon de bois , tant qu’elle repafle au feu , juf-qu’à ce qu’elle foit confumée. Si cela était, comme la chofe paraît affcz vrai-lèmblable , la quantité de cendres qui fù trouverait dans le fol du fourneau à feu clos, ou autre, pourrait venir à l’appui de l’obfervation de la fumée, & fervir de réglé pour reconnaître que le cuifage efl achevé.
- ( a ) On doit fe rappeller qu’en général Etienne perd moins de fon poids, le tems favorable pour cette opération eft (c) Dans le Visionnaire domefiique le tems fec. portatif, trois quintaux de charbon de terre
- ( b ) Il a été remarqué que celui de Saint- doivent faire un quintal de braife.
- HISTOIRE
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- E T D E SES MINES.
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- — <&
- HISTOIRE ET ANALYSE
- Des operations faites fous la direction de M. le comte DE S TU A RD en Normandie & en Bourgogne i dans les années 1775- & 177<5, pour fondre & affiner le fer avec les braifes de charbon de terre. Envoyées à Vacadémie impériale & royale des fciences & belles-lettres de Bruxelles. Supplément aux pages de ce traité, oîi il efl parlé fuccintement de ces opérations,
- 5Les tentatives & expériences en tout genre , même celles qui n’ont pas répondu à l’attente qu’011 s’en était promife , lont toujours bonnes à connaître. Les fautes qui s’y font appercevoir , fervent aux perfonnes qui fe livrent à de nouveaux eliais , & conduifent quelquefois fûrement à la découverte que l’on cherchait. Les opérations dont nous annonçons l’ex-pofé & l’analyfe , m’ont paru , à tous égards , mériter d’etre rendues publiques. Lorfque , dans la troffieme fection de mon ouvrage, j’ai traité , au troilîeme article, des opérations métallurgiques tentées ou exécutées avec le feu de charbon de terre en dilférens pays, je n’avais pu avoir de connailfance précife, relative à l’opération faite à Aiz y, j ^ignorais même qu’il en avait été fait une précédemment à Breteuil. La difficulté que j’ai eue d’obtenir dans ce tems les informations dont j’avais befoin pour enrichir mon ouvrage, ne m’a point découragé : j’ai été à même, au moment qu’on achevait d’imprimer la table des matières , d’y inférer une notice fommaire de la maniéré dont M. Stuard a obtenu ces braifes de charbon de terre à Ardinghem , enfuite à Aizy , & de l’application qu’il a faite de fes braifes à la fonte des mines dans ces deux endroits.
- Les perfonnes qui s’intéreifent à la métallurgie, ou celles qui y ont des connaiitances , ne penferont point, je crois , qu’inilruit a&uellement eu détail,'fur cette entrepnfe importante, je doive ou je puifle m’en tenir à avancer, comme je L’ai fait, que ces eflais n’ont pas réuffi. Dans le point de vue que j’ai dû me propofer, une allégation n’eft point une preuve : tout le monde ferait néanmoins en droit de me demander cette preuve, elle fe trouvera dans l’expofé qui va fuivre ; je lui donne la forme la plus fimple poffible, & propre néanmoins , fi je ne me trompe, à jeter quelque jour fur la fonte des mines avec le feu de charbon de terre , & fur les points qui font à réfoudre dans ce problème.
- Ce ferait encore ici le moment, avant d’entrer en matière, de nommer deux perfonnes, entr’autres, qui ont bien voulu me communiquer les pria-* Tome XVUL V v
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- DU CHARBON DE TERRE
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- cipaux détails de ce mémoire hiftorique ; mais leur honnêteté lie leur a pas permis d’attacher aucune forte de mérite à un fimple récit de faits qui eût pu me venir par d’autres , puifqu’ils n’ont pas été feuls témoins de ces expériences ; leur complaifance à cette occalîon a d’ailleurs été déterminée uniquement par le motif de l’utilité qui pourrait réfulter de la connailfance & de l’examen de ces eifais ; elles m’ont impofé l’une & l’autre la condition de paraître méconnailfant ; je fuis obligé, pour me conformer à leur volonté , de déclarer que ces deux perfonnes ont voulu que je me difpenfalfe de leur donner publiquement la faible marque d’égard qui leur eft due Ci légitimement, & dont je me propofais de m’acquitter bien volontiers en les nommant ici.
- Opération faite, en octobre 1 '775' aux forges de Breteuil en Normandie , pour fondre La mine de fer avec des braifes de charbon de terre déArdinghem.
- Cette opération paraît liée avec celle dont nous avons fait une fimple mention ailleurs. Les expériences de M. le chevalier de la Houliere , dans le comté d’Alais en l’an 1775 , ont vraifemblablement donné origine aux elfais de AL Stuard. Les fecours & les encouragemens qui avaient été accordés à M. de la Houliere dans fes généreufes entreprifes , firent naître à M. Stuard l’efpoir d’un fuecès plus heureux , & le projet dans la même province d’un établiflement de forges à alimenter avec du charbon de terre. Le feu prince de Conty, à qui le comté d’Alais appartenait alors par droit patrimonial héréditaire, accueillit le projet , Si procura à M. le comte de Stuard pour fon expérience l’ulàge d’un fourneau à Breteuil. Il s’y rendit au mois de feptembre 177^ , & l’opération fut exécutée en préfence de M. Cadet, de l’académie des fciences , de M. le chevalier de Fontanieu , propriétaire de la mine de charbon d’Ardmghem , chez qui avait été préparé le charbon, & de M. le fubdélégué de l’intendance d’Alençon. M. le comte de Stuard avait fait tranfporter ces braifes à Breteuil.
- La quantité de charbon qui avait fubi cette préparation fur le lieu, fè montait à 96 barrils & un fixieme de barril, du poids de $20 livres, faiiànt environ fo milliers : ce qui revient à très peu près , dans notre maniéré décomptera Paris, à dix - huit voies & un huitième & demi de voie, valant 2760 livres pefant, ce qui fait près de la moitié d’un bateau iuppofé chargé de 28 voies. Voyez le prix de ces charbons au pied de la mine , dans l’état des mines de charbon de terre de France à l’article Boulonnais. Au fourneau , ces braifes donnaient une chaleur beaucoup plus vive que celle du charbon de bois ; elles furent mêlées avec un tiers de ce dernier.
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- Depuis le réfultat de cette opération, que nous avons donné à la table des matières au mot Stuard, le détail que l’on nous avait fait efpérer ne nous eft point parvenu : nous n’infifterons ici que fur le cuivre qui s’eft fait voir dans la fonte exécutée à Breteuil. Voyez la table des matières, au mot Union du foufre, du cuivre , &c. avec Le charbon de terre. ( a ) Nous nous en tiendrons uniquement pour cela à une obfervation : de quelque caufe qu’ait pu provenir cette fingularité apperçue pour la première fois dans les fontes de la mine qui fe traite aux forges de Breteuil, & que nous avons foupqonnée pyriteufe ( b ), on eft fondé à préfumer que ce fer provenant de la fonte exécutée dans ce fourneau au feu de braifes de charbon de terre , était de très - mauvaife qualité , & ne pouvait convenir à aucun des ouvrages qui demandent un fer fouple , dudile & nerveux i l’expérience apprenant que la moindre partie de cuivre mêlé accidentellement à une maife de fer , comme cela arrive , par exemple , lorfque le mufeau de la tuyere du fourneau vient à fe briller & à tomber dans l’ouvrage de l’affinage , ou lorfqu’on ufe de vieilles ferrailles parmi lefquelles il fe trouve quelque mitraille ; cette partie de cuivre, verfée dans les malles de fer, eft fuffifante pour l’empêcher de fe rallier & de fe fonder : de maniéré qu’il ne peut être forgé , & que le cuivre enfin rend le fer dur & rouverain, c’eft-à-dire, caftant à chaud, lorfqu’il eft pétri avec le fer dans le travail de l’affinage.
- Opérations faites aux forges d'Aiigy fous Rougemont, en Bourgogne,
- Ce fut peu de tems après les eflais de Breteuil, que M. Stuard difpofe fes nouvelles opérations. Dès le mois de novembre de la même année ï77f , il était arrivé à Montbar , chez M. le comte de BufFon , avec des lettres de recommandation de la part Lde M. Bertin , miniftre. Le fourneau de Montbar n’était pas en feu alors , & ne devait pas y être de long-tems. Les eftais fe firent à Aizy ,= 011 M. Stuard vint s’établir j il annonça qu’il emploierait à fes expériences des charbons de terre provenant de la mine d’Ardinghem & de Saint - Etienne en Forez. En effet, il en avait fait remonter à Auxerre un aflez grand nombre de tonnes , dont une partie a été tranfportée à Aizy par Auxerre.
- (a) On doit fe refïouvenir que cette table des matières contient des obferva-tions, des remarques, même des augmentations & des explications circonftanciées qui peuvent la rendre utile à lire en entier.
- (b) N’ayant point reçu les échantillons qui nous avaient été promis, nous n’avons pu en juger précifément ; mais nous la foup-çonnons telle, par la raifon que c’eft ordinairement fous l’état pyriteux que le cuivre fe trouve uni au minerai.
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- Les principales & premières opérations ont‘été-indiquées à îa table des matières, au mot Stuard. Voici une de ces expériences, fur laquelle nous avons eu le détail cireonftancié qui fuit. Avant tout, nous garderons dans cette anâlyfe le même plan que nous avons fuivi dans les fêmblables def-criptions raflfemblées dans la troilieme feétion de notre ouvrage, où nous avons fait connaître la principale conftrudion des fourneaux dont on s’efft fervi pour exécuter ces fontes , la nature de la mine, la qualité des fers qui en proviennent, &c.
- La forme & la dimenfion des fourneaux devant être relatives à l’efpece de mine que l’on traite , la maniéré dont les foyers de forge font montés étant aulTi relative à Pefpece de fonte qu’ils doivent mettre en fufion, la précifion, en fait de defeription de procédé , exige ces connaiflances préliminaires : nous les donnerons ici, quoique dans la méthode de M. Stuard il n’y ait abfolument rien à changer dans la manutention ulîtée en France. Quant à îa mine de fer qui fe traite dans ce canton , nous préviendrons que c’eft une mine limonneufe en général, à grains de la grolfeur de la poudre à tirer.
- I&menjions de l'ouvrage de chaufferie ou afflnerie dite à l’Allemande , ou renardière en ufage d la forge dJAiqy.
- Du fond au haut de l’aire, du côté'de la ; varme ( a ), «onze pouces & demi de hauteur.
- Du fond au haut de Faire., .du ; côté du contreventtreize pouces de hauteur.
- Du fond au haut du contrevent, côté de Paire, huit pouces de’hauteur.
- Du fond au haut du contrevent, côté du chiot, onze pouces & demi de hauteur.
- Le contrevent incliné fur la hauteur , d’un pouce fur le backè. (b')
- Du fond à la hauteur de la varme , côté du chiot, quatre pouces.
- Du fond au haut du chiot, fix pouces , non compris i’épaiifèur de la taque à recevoir les charbons pour la Monde la gueufe & la fabrication des fers; cette taque ( c ) e(l ordinairement de quinze lignes d’épailfeur.
- (a) Les côtés de l’ouvrage font faits par quatre plaques, la varme fous la tuyere du côté oppofé, le contrevent, Paire au-deffus, le chiot fur ie devant, percé d’une ouverture à la hauteur de la tuyere pour fervir d’iflue aux feories, & d’une à fleur du fond dont on fe fert dans la macération des fontes ; le bas de ce quarré eft garni d’une autre plaque appellée fond, parce qu’elle en fait l’office j le contrevent du
- deflus eft une autre plaque fur le contrevent pour retirer les charbons.
- ( b ) Badie, auge de bois d’un pied de vuide fur fix pieds de longueur, garnie de fer en-dedans & fur les côtés, abreuvée d’eau pour rafraîchir les outils & arrofer le feu.
- ( e) Taque, taqueret, plaque de fonte qui termine l’ouvrage en-dehors.
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- La largeur'du fond de la varme au contrevent, côté de l’aire, quatorze pouces ; & côté du chiot, quinze pouces de largeur.
- Hauteur de la tuyere au fond , quatre pouces.
- Eloignement de la tuyere au chiot, treize pouces.
- Eloignement de la tuyere à l’aire , onze pouces.
- La tuyere avance dans l’ouvrage de trois pouces trois lignes, & l’extrémité de Ion mufeau eft à treize pouces de diftance du contrevent.
- La tuyere eft pofée de maniéré que le vent des (bufflets darde horizontalement dans l’ouvrage 5 fi la tuyere eft trop inclinée , la fonte en fufion refte liquide, ou tout au moins fe forme difficilement en fer malléable ( a ).
- Au furplus , la pofitîon de la tuyere fe trouve alfervie à la qualité des charbons & à celle de la fonte de fer; de forte qu’il fe rencontre des circonftances où la tuyere doit être inclinée d’un ou de plufieurs degrés ; d’autres , dans lefquelles il convient de l’entretenir horizontalement; d’autres en fufion , où il faut qu’elle dirige le vent des fbufflets à un ou à plufieurs degrés au-delfus de l’horizon. Cette derniere méthode donne pour l’ordinaire un fer très-aigre.
- Le foyer monté, on place une taque de fonte fur la taque de contrevent qui s’incline fur le bâche , afin de relferrer le feu & tenir les charbons en repeeft , & pour entretenir les grenailles de hamecelach ( b ), qui fe font détachées des renards ou loupes , lors de l’inftant qu’ils feront martelés.
- S’il était poftible de fubftituer à cette taque un corps non-métallique & non-fufible , la méthode en ferait infiniment avantageufe* la taque échauffée coopéré infrudueufemenc à la confommation des charbons; il en eft de même de la taque fixée dans la cheminée au-delfus de la tuyere qu’on fait remplacer par de la brique de tuile.
- ( a) On doit obferver que Iaconftruc-tion & la pofition de l’ouvrage font commandées par la pofition des bufes des fouf-flets ; l’ouvrage doit y être fournis, & non les foufflets à l’ouvrage.
- ( b ) Terme corrompu du mot allemand iharnmerjchlag , qui fignifie proprement écailles de fer qui s’en détachent par le marteau, & que nous appelionsbattitures\ mais dans nos forges Vhamecelach eft un laitier en menus grains, qui fe détache des ringards avec lefquels on pique la piece dans l’aifinerie 7iou que l’on introduit dans le
- trou du chiot pour lâcher le laitier des chaufferies & des affineries, lorfque l’ouvrier les plonge rouges dans l’eau du bâche pour les refroidir. On fe fert de cet hanamerfchlag pour ranimer le fer gritloté , pour rendre les chaufferies laitineufes, & pour rafraîchir les pièces un inftant avant de les tirer des renardières ; c’eft auffi un excellent fondant lorfqu’il y a de l’embarras dans l’ouvrage d’un fourneau: quelques maîtres de forges en mêlent au minerai pour en tirer de la fonte.
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- DU CHARBON DE TERRE
- Opération exécutée le il janvier 1776 à la grande chaufferie ou renardière de la forge à fabriquer le fer en barres (a), avec des braifes de charbon de terre, déclarées par M. Stuard être du charbon de S, Etienne, cuit a l'air libre au village de Seve prés Paris, à ce quon a prétendu.
- La grande chaufferie était en bon train de travail au charbon de bois, bien garnie & fournie de fos charbons de terre enflammés , faifant du fer marchand de bonne qualité, c’eft-à-dire, le plus compacte & le plus nerveux pofîible, pliant en même tems , & propre alors à être plongé dans les ouvrages qui demandent la plus grande folidite , tels que la conftruction des vailfeaux & des édifices , la ferrurerie , la taillanderie & la maréchalerie ; ( h ) & au moment que la loupe ou le renard ( c ) fut tiré du foyer, battu fous le marteau , & reporté au foyer ( à dix heures vingt minutes du matin ), M. Stuard fit jeter du charbon de terre, & fur ces charbons de la chaux de pierre calcaire éteinte, à quatre reprifes différentes *, & deux onces de fel marin **.
- A onze heures cinquante minutes la loupe fut tirée du foyer , ce qui fait une heure & demie de travail.
- La loupe fuivante, taillée de la même maniéré en charbon de terre 8c en charbon de bois , avec l’addition ( à quatre reprifes ) de chaux calcaire , ne fut tirée du foyer qu’à une heure 28 minutes.après midi, ce qui donne une heure 38 minutes pour fa formation : 011 obferva que le fer refufait abfolu-raent de fe former au fond du creufet , ce qui engagea l’ouvrier nrarteleur, chef de la forge, à y faire fondre une forne 8c demie (d) réduite en grenailles : alors le fer fe forma.
- Pour travailler la loupe fuivante, on ceffa de jeter du charbon de terre
- (a) Une renardière eft une des cheminées de forge , laquelle fait l’office de l’affi-nerie & de la chaufferie, fond la gueufe& pouffe les pièces à leur perfe&ion. Travailler en renardière , c’eff affiner la fonte & chauffer dans un même feu le fer crud pour le forger, tel qu’il doit paffer dans le commerce : le fer que donnent les renardières , eit un fer fupérieur.
- ( b ) Un fer de cette nature eft d’un poids-fpécifiquement plus confidérable & plus avantageux au fabricant.
- ( c ) Loupe , malle de fer brut & impur, que l'on fait dans les affineries ,&qui eft la première forme élémentaire du fer de loupe pétri dans le feu avec le ringard,
- & dont on rapproche les parties par l’effet du marteau dans l’opération du cinglage.
- ( d) La difficulté à travailler les fontes fe corrige en jetant dans le foyer des craffes de forge pilées, qui fervent de fondant; la forne employée ici pour cet objet, eft la craffe, écume ou feorie, qui fe forme au fond du foyer de la forge, & que l’ouvrier eft obligé de lever quand il s’apperçoit que cette craffe ou forne , qui eft ce que les maréchaux nomment mâchefer. s’oppofe par fon volume à fes opérations ordinaires. Une forne commune du fourneau d’Aizy doit aller aux environs de 20 à 25 livres ; ce qui, pour la quantité d’une forne & demie, donne de 30 à 33 livres.
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- fur le foyer ; il relia garni de fes menus charbons & de bois & de terre , du renard ou de la loupe précédente. Ce foyer fut couvert à l’ordinaire en charbon de bois , jufqu’à la formation de la loupe qui fut tirée à deux heures 19 minutes , ce qui donne 51 minutes pour la formation de cette loupe qui était d’une grande chaleur.
- La loupe fuivante fut continuée au charbon de bois ; on la tira à trois heures 7 minutes, d’où l’on voit qu’elle a été 48 minutes à fe former-, la chaleur ou rouge brifant du feu était moindre que dans la loupe précédente ***,
- La première loupe a été très-difficile à forger ; elle a préfenté à l’œil le rouge brifant, aiiffi que fon effet} fon poids en bande était de 44 livres. Cette bande caffée à froid dans la partie forgée au charbon de terre , préfen-tait une partie de veine ou nerf affez blanc, un gros grain à œil de crapaud. , & caffait facilement. A chaud elle ne fouffrit point Yejlampe, & elle éclata. La partie de cette même bande forgée au feu de charbon de bois, & dont l’extrémité était en barreaux, préfenta un gros grain couleur de fonte terne, affez groffier, nerveux cependant dans fon milieu, mais de couleur brune.
- La fécondé loupe était du poids de 72. . . Elle exigea des précautions pour être forgée ; le fer éclatait & fe disjoignait fous le marteau : on eu vint cependant à bout affez aifément , en répandant fur ce fer enflammé, lorf-qu’il fut rapporté de nouveau au foyer, de Yhamecelach très-menu, afin de le nourrir. Cette bande, pour la marteler , fut chauffée au charbon de bois. Façonnée en barreau, elle préfenta un, grain groffier d’un blanc fombre, ayant néanmoins du nerf dans -, fon milieu. Une portion de cette bande fabriquée en fer plat, préfenta à peu près le même phénomène. A la chaufferie du cloutier , ce fer tomba en fuüon comme de la fonte, & il fallut de grandes précautions pour en tirer quelque parti utile.
- La troifiemc loupe s’eft trouvée d’une qualité bien inférieure pour le métal, à celui qui fe fabrique avec le charbon de bois * * * *.
- Remarques fur l'opération précédente.
- r * La fubffitution de pierre à chaux à la terre d’herbue dans les foyers de forge, pour adoucir & rendre plus malléables les fers fragiles , rf eft point une pratique propre à M. Stuard. La première perfonue connue pour l’avoir introduite ell M. Rigoley, directeur des forges & fourneaux d’Aizy j c’eft lui qui dès 1764 a commencé a en faire quelquefois ufage, & qui depuis 1768 fa conftamment adopté dans fes travaux 5 nous aurons occafion de revenir à cette méthode en terminant ce mémoire.
- * * A cette fécondé addition il s’éleva l’inftunt après une flamme fulfu-reuiè aiièz vive.
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- DU CHARBON DE TERRE
- *** Pour la formation d’une loupe au feu de charbon de bois, il ne faut au plus que 4^ minutes. De l’expérience dirigée par M. Stuart, il ré-fuîte que ,pour fondre & former au fond du foyer une loupe ou renard avec le charbon de terre , il faut le double de tems qu’il eu faut avec le charbon de bois.
- **** Cette troifieme loupe a en conféquence été environ fept minutes de plus à fe former que l’ouvrier n’en mec communément en n’employant que du charbon de bois : cette troifieme loupe ne s’eft elle pasreifentie de l’excès des parties vitrioliques ik fulfureufes qui s’étaient fixées au foyer ou creufet de la forge, lors de la formation de la fécondé loupe , par le charbon de terre qui y dominait encore ?
- La qualité du charbon de terre n’a-t - elle pas auffi influé fur la quatrième loupe ?
- Cette expérience du 12 de janvier 1776 n'ayant pas paru fatisfaifante, M, Stuard prit le parti de contremander ce qu’il attendait encore de fes braifes de charbon de terre de S. Etienne ; il fit enfoncer plufieurs des tonnes qui lui reliaient , & qu’il trouva être de charbons défectueux dans le choix 8c dans le cuifage; ce fut alors qu’a la forge d’Aizy on indiqua à M. Stuard la mine de Montcenis. M de BufFon, fur l’opinion que lui avait donnée de ce charbon un mémoire de M. de Morveau , approuva ce confeil. M. le’comte de Stuard fe tranfporta à Montcenis ; il y féjourna quelque tems pour faire cuire de ce charbon félon fa méthode. A la plus grande proximité pofiible du même endroit, M. Roettiers avait fait l’acquifidon d’un fourneau que l’on fit aller au feu de charbon de bois s M. Stuard fit conduire une bonne quantité de charbon de terre préparé, & une grande quantité de brut pour le cuire à Aizy, conformément au defir qu’en marqua M. le comte de BufFon. Il efFaya aufîi de tirer parti du reliant des braifes de charbon de Saint - Etienne , qu’il avait mis au rebut comme n’étant point bonnes ; il leur fit efliiyer un fécond cuifage, après lequel ces braifes mêlées avec du charbon de bois choifi, fe trouvèrent encore généreulcs a la fufion des mines, comme on le verra bientôt.
- Les opérations de M. Stuard qui paraiflent lui avoir concilié une approbation de marque, ont été commencées dans les derniers jours d’avril avec les charbons de Montcenis préparés fur le lieu par le cuilage à l’air libre. En mettant fous les yeux le proces-verbal qui en a été dreiïe , nous avons cru devoir nous abflenir de le foumettre à une difcullion en forme, dans laquelle on puiffe foupçonner l’envie de critiquer ; nous nous en tiendrons à rapprocher de ce procès-verbal des confidérations générales puifées directement dans l’expérience.
- Obfer votions
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- Obfervations préliminaires fur le haut fourneau de la forge d A f y.
- A la fuite d’une brochure intitulée, Art du charbonnier, publiée en 177Ç » par M. Rigoley , qui l’a envoyée à la bibliothèque de l’académie des fciences, nous trouvons dans l’avant-propos d’un mémoire très-intéreffant fur Us moyens d'améliorer les fers aigres, que la forme fur laquelle eft monté le fourneau d’Aizy, eft d’après les principes de M. Robert de Guignebourg , dont la méthode a été rendue publique par ordre du gouvernement. Par rapport à l’efpece de mine qui te traite dans les fourneaux d’Aizy, il a feulement été néceflaire d’apporter quelques différences principalement dans l’élévatiou de la tuyere, dans l’éloignement des coftieres fur la dame , &c.
- Le fourneau, tel qu’il a été employé, pour être rempli exactement,' tient de 78 à 81 rafes de charbon .de terre ( a ). Il était tout en pierres calcaires qui 11’éclatent pas au feu , faciles même à fe réduire en chaux , & il venait d’ètre reconftruit le 20 odobre 177$-. Les dimenfions qui vont en être données, ont été vérifiées lors de fa reconftrudtion , avant fou mis en feu. ( b )
- Mefure de fes principales parties.
- Elévation du fond au-deflus de la bune ou gueidard, dix-huit pieds.
- Hauteur du fond à la tuyere, treize pouces.
- Eloignement du côté de tuyere à la ru/line , fept pieds & demi.
- De Ta tympe à la tuyere, feize pieds & un quart.
- De la tuyere au contrevent, quatorze pieds & demi.
- Largeur de laruftine en bas fur le fond, treize pieds & demi.
- (a') Raffe , rafe , reffe, grand panier compofé en forme de van en brins d’ofier, de viourne ou de bois de chêne, contenant environ une feuillette ou ço livres de charbon dans quelques provinces ; dans quelques endroits le quart d’un fac de charbon d’environ 3 1 livres pefant : la livre de fix onces. La tafje ou rcJJ'e, audi pleine qu’elle peut l’être, eft quelquefois diftin-guée par le nom de raQce.
- (b) Pour comprendre ces dimenfions, il fuffit d’être prévenu que l’ouvrage ou badin dans lequel le métal tombe en bain, était compofé de fon fond, de fa pierrede tuyere & de celle de contrevent ; les pierres adifes fur le fond, avaient 16 pouces
- Tome XVUL
- de hauteur ; celles de la tuyere étaient entaillées pour y recevoir la plaque du deflous de la tuyere de trois pouces & demi. Les pierres que l’on emploie pour l’ouvrage, font calcaires, d’une couleur roufie, non-ge-liffes, plus tendres que dures ; les ételages, la cheminée ou le gueulard font auiïi de pierres calcaires, d’un moilon peu épais, plus tendre que dur; cette qualité de pierre eft fans doute éprouvée dans cette forge , pour mieux réfifter à l’aétion du feu. M. Grignon obferve que cet emploi de pierres calcaires, pour les parois intérieures d’un ouvrage , eft très - onéreufe. Voyez aulü X Art des forges & fourneaux à fer , trou feme fecîion , mémoire de M. de Rcaumur.
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- Largeur de la ruftine en haut, quatorze pouces.
- Hauteur de la pierre de contrevent fur le fond, feize pieds & de mu
- Longueur des pierres de contrevent & de tuyere depuis la tympe à la ruftine , deux pieds.
- , Largeur de la tympe, quatorze pouces & demi.
- Du fond à la tympe , quatorze pouces & demi de hauteur.
- Hauteur de la pierre de tympe, vingt-fix pouces. ( a)
- Largeur du deflus de Vétel âge ou échelage ou étalage fur la tympe ( b ) , quatre pieds.
- A un pied en-deifous, cet ételage a trois pieds quatre pouces de largeur.
- A deux pieds en defcendant, cet ételage a deux pieds fix pouces.
- Enfin cet ételage , au - deffus de la pierre de tympe , a vingt-un pouces de large.
- Largeur de l’ételage fur la tuyere au haut, cinq pieds.
- A un pied en defcendant fur la tuyere, trois pieds neuf pouces & demi de large.
- A deux pieds en defcendant fur idem , trois pieds quatre pouces.
- A trois pieds en defcendant fur idem , deux pieds dix pouces.
- A quatre pieds en defcendant fur idem, deux pieds trois pouces, & cet ételage a feulement deux pieds de large en - bas ou fur la tuyere.
- Largeur de l’ételage fur la ruftine, quatre pieds deux pouces au-haut.
- A un pied en defcendant, trois pieds neuf pouces , y comprenant un pied d’angle ou pan du côté de la tuyere & dix pouces du côté du contrevent.
- A deux pieds en defcendant fur idem, trois pieds, dont huit pouces d’angle du côté de la tuyere, & huit pouces du côté du contrevent.
- A trois pieds en defcendant fur idem , vingt - fept pouces & demi, dont fix pouces & demi d’angle du côté de la tuyere , & huit pouces du côté du contrevent.
- A quatre pieds en defcendant fur idem, dix-huit pouces & demi , dont trois pouces d’angle du côté de la tuyere , 8c trois pouces du côté du contrevent.
- A quatre pieds 8c demi au bas de cet ételage fur la ruftine, quinze pouces de large, y compris deux pouces d’angle du côté de la tuyere , & trois pouces du côté du contrevent.
- Largeur de l’ételage fur le contrevent au haut, quatre pieds dix pouces.
- (a) Partie du creufet qui eft en oppo- (6) L’épaiflçur en hauteur delà pierre fition avec le côté de la tuyere ,ainfi que de tympe eft indifférente ; elle n’eft portée' les pièces qui compofent cette partie. ici que pour l’exaétitude des dimenfions,
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- A un pied en defcendant, trois pieds dix pouces.
- A deux pieds en defcendant, trois pieds deux pouces.
- A trois pieds en defcendant', deux pieds huit pouces.
- A quatre pieds en defcendant & fur le contrevent, deux pieds trois pouces & demi.
- La hauteur perpendiculaire du fond, au haut de l’ételage du contrevent, eft de cinq pieds dix pouces neuf lignes , & cette hauteur par inclinaifon eft de fix pieds deux pouces trois lignes.
- La hauteur perpendiculaire du fond, au haut de l’ételage de la tympe , eft de cinq pieds dix pouces neuf lignes, & cette hauteur par inclinaifon eft de fix pieds quatre pouces.
- Hauteur perpendiculaire du fond au haut de l’ételage de la tuyere , cinq pieds onze pouces , & cette hauteur par inclinaifon eft de fix pieds quatre pouces.
- Hauteur perpendiculaire du fond au haut de l’ételage de la ruftine , cinq pieds onze pouces, & cette hauteur par inclinaifon eft de fix pieds quatre pouces.
- Profondeur ou longueur du fond de la ruftine à la dame, quatre pieds.
- Largeur du fond contre la dame, quatorze pouces.
- Hauteur du gueulard , ou cheminée , depuis l’extrémité d’en - haut des ételages, jufqu’à l’extrémité horizontale de la bune, treize pieds, (a)
- La bune a fur la ruftine & la dame vingt - deux pouces d’ouverture, & fur le contrevent & la tuyere vingt-fix pouces.
- Procès - verbal drejfé & arrêté le 4 mai 1776 , fur une fente de mine de
- fer exécutée à Aiçy le 30 avril * le 1,2 j 3 & 4 ruai de la même année.
- Nous fouflignés, Jean-Nicolas Dorival, avocat eii parlement de Paris , prépofé par fon altefle féréniffime monfeigneur le prince de Conty , pour être témoin des opérations ci-deffous ; Jacques-Nicolas Roettiers de la Tour , écuyer, confeiller du roi en l’hôtel-de - ville de Paris 8c échevin ; Claude-Jofeph Monniot de Fonrelle, ancien maître des forges des Trois-Evêchés & de Franche-Comté ; Edme Rigoley, maître de forge à Aizy, près Mont-bar en Bourgogne ; Franqois Gauvenet, commis de la forge dudit fieur Rigoley; Michel Chaudouet, fondeur dudit fourneau d’Aizy ; & Pierre Malgras , chef marteleur de ladite forge , aiîifté de M. Jofeph-Gabriel-Bafile Du-clos, confeiller du roi, élu en l’éleeftion de Tonnerre , délégué à M. Gerardin,
- _(zO La cheminée dite le gueulard, & les ételages ont été montes a quatre pans : on appelle bune une faufle paroi excédant le maflif, & fur laquelle le chargeur peut commodément porter & lever une charge.
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- fecretaire du roi, fubdélégué à l’intendance de Paris au département de Tonnerre ; requis par les fouffignés ci-deffous dénommés.
- Déclarons nous être tranfportés le 29 avril de la préfente année mil fept cent foixantc-feize chez M. Rigoley, maître de forge à Aizy, près Montbar , pour être préfens aux divers eflais & opérations de M. Williams comte de Stuard , ancien capitaine de grenadiers au régiment de Royal-Deux-Ponts , au fervice de France, des charbons de terre préparés par ledit fieur comte de Stuard, pour fondre & affiner le fer; lefdites opérations conduites ious les ordres du fieur Monniot de Formelle ledit jour vingt-neuf avril, accordé par ledit fieur Rigoley, les fieurs comte de Stuard & Monniot de Fonrelle , après la gueufe numérotée 358 ( a ) * coulée à fept heures vingt minutes du foir , fe font emparés du haut du fourneau , & de toute l’autorité fur les fondeurs & gardes ; le lieur Monniot de Fonrelle, en préfence des perfonnes ci - deifus dénommées , a fait pefer les mefures qui fervent à charger ledit fourneau. La raiTe s’eft trouvée contenir trente-quatre livres de charbon de bois comble ; la couche remplie des minéraux lavés , fuivant l’ufage du fieur Rigoley, s’eft trouvée auffi pefer quarante-quatre livres ( b ). Le fieur Monniot de Fonrelle a de fuite qrdonné & fait remplir en charbon de terre préparé lefdites mefures ; il s’eft trouvé que ladite raffe raclée a contenu trente-quatre livres pefaut dudit charbon de terre préparé.
- La coutume de fondre de M. Rigoley eft de charger à treize demi-charges ; lavoir, fix mefures ou ralfes de charbon de bois pefant trente-quatre livres chacune , & huit couches de mine de quarante-quatre livres à chaque chatge. Le fieur de Fonrelle ordonna qu’on mît dans le fourneau quatre rades de charbon de bois, & une rade & demie de charbon de terre préparé , huit couches de mine & quarante-neuf livres de terre d’herbue ; toutes ces treize charges ont été fuivies par le même procédé ; la gueufe a été coulée le foir je avril à fix heures trente cinq minutes s la gueufe a pefé feize cents vingt-cinq livres, a été numérotée 3^9 ( 1 )
- Il eft à remarquer que la gueufe coulée lé matin, à fix heures trois minutes, provenait des minéraux & charbon de bois dont le fourneau fe trouve toujours alimenté i pourquoi ladite gueufe , numérotée 359 , ne pourrait paraître qu’à la fuite de ladite coulée. (2 )
- (a) Voyez le préambule des remarques quement, afin qu’ils aient la hauteur du qui vont fuivre. derrière qui eft droit, & que l’ouvrier ap-
- ( ô ' Conch-e ou conge, don , panier , puiefurfon eftomac; il fe termine en pointe vaiftèau de bois, de cuivre,ou de fer, fer- à la partie anterieure qui eft ouverte: l’ou-vant à porter le minerai dans le fourneau, vrier porte la conge au moyen de deux Le fond en eft plat ou légèrement circu- poignées fixées aux parties latérales, laire ; les côtés font droits & coupes obli»
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- On a fuivi la fécondé opération de fonte dans l’ordre fuivant : trois rafles de charbon de bois deux rafles de charbon de terre préparé, huit couches de mine , deux livres de chaux éteinte, & quarante-neuf livres de terre d'herbue. La gueule qui en eft provenue le premier mai à fix heures dix minutes du matin , numérotée 360 , s’eft trouvée être du poids de quatorze cents foi-xante & quinze livres, ci. .. 1475. ( 3 )
- La troilieme fonte a écé conduite par un régime différent} M. Monniot de Fonrelle voyant une ardeur très-grande, & qu’on pouvait, fans crainte de faire aucun tort ^u fourneau, porter à tout charbon de terre préparé par la méthode du lieur comte de Stuard , & profiter de tous les avantages de la bonté dudit charbon de terre préparé, a ordonné les charges fuivantes ; cinq rafles de charbon de terre préparé, neuf couches de mine , fix livres de chaux éteinte & quarante - neuf livres d’herbue. Ladite fonte a rendu une gueufe du poids de feize cents vingt-cinq livres , qui a été coulée à dix heures trente minutes du foir ledit jour, & a été numérotée 361. Cette fonte a lupporté quatorze charges, ci. . . i62f. ( 4 ).
- La quatrième fonte, numérotée 362, a été conduite ainfi qu’il fuit : deux rafles de charbon de terre de S. Etienne préparé, trois rafles de charbon de bois , huit couches de mine , ce qui a été continué fix charges ; les fept autres charges ont été de trois raflés de charbon de terre préparé, deux raflés de charbon de bois, deux livres de chaux éteinte , & quarante - neuf livres d’herbue ; ce qui a produit une gueufe du poids de dix-neuf cents livres; elle a été coulée à onze heures du matin , le 3 mai , ci... iyoo. ( f )
- Les trois premières fontes ©nt été faites avec du charbon de terre provenant de la mine de Afontcenis ; la quatrième fonte a été faite avec des charbons de terre provenans de la mine de S. Etienne en Forez, préparés fuivant la méthode dudit fieur comte de Stuard : toutes lefdites fontes ont réufîi à la fatisfa&ion defdits Monniot de' Fonrelle & Rigoley. On a brifé des morceaux de toutes ces gueufes , qui ont été préfentés à M. le comte de Butfon qui s’eft tranfporté a ladite forge , & a été témoin du fuccès le plus fatisfaifant qu’on puifle defirer dans cette partie; ce qui prouve avec la plus grande évidence que l’on peut fondre avec le charbon de terre préparé du fieur comte de Stuard, & avoir de très-excellente fonte, non-feulement en y mêlant une proportion de charbon de bois, ainfi qu’il eft détaillé ci-deifus, mais encore avec le charbon de terre préparé, fans aucun mélange. ( 6 )
- Pour fuivre l’effet defdites fontes , le lendemain 3 mai , les fouflignés fe font tranfportés à la forge ; ils ont fait conduire à la chaufferie la première gueufe numérotée 3^8 i ont fut affiner & forger par tous les forgerons du fieur Rigoley indiiféremment ( 7 ) les diverfes barres de fer qui en
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- ont été tirées, qui ont produit du fer d’un très-bon grain & nerveux; les autres gueufes , numérotées 361 & 362, ont été traitées avec le même fuccès. Tous lefdits affinages fe font faits avec le charbon de terre préparé fans mélange; il y a eu cependant de la variation : la gueufe numérotée 361, qui n’a été fondue qu’avec du charbon de terre préparé fans aucun mélange, a produit des fers d’une qualité fupérieure, tant par fon grain que par fon nerf. M. le comte de Butfon, auquel on en rendit compte , s’eft en confé-quence tranfporté le lamedi 14 de mai, à onze heures du matin, à ladite forge d’Aizy; il a fait recommencer toutes les opérations : on a donc formé fous fes yeux plufieurs renatds ou loupes des différentes gueules, que l’on a convertis en barres, barreaux & bandes de toute groffeur & épaifléur, lef. quelles ont eu le même fuccès ; ce qui a été jugé facilement, lefdites pièces ayant été rompues en fa préfence, tant à chaud qu’à froid. Il a eu la curiofité auffi de faire porter à la clouterie & d’y faire forger de gros & petits clous qui ont réfilté à toutes les épreuves. ( 8 )
- De toutes ces expériences il réfulte qu’indubitablement M. "Williams comte de Stuard a trouvé & eft vrai poîfefTeur d’un fecret unique , qui eft de fondre & affiner le fer avec du charbon de terre préparé fuivant fa méthode , dans les hauts fourneaux & forges , fans rien changer à la manutention & ufages qui font établis dans le royaume , avec telle ou moindre quantité de charbon de bois qu’on voudrait y admettre, mais même qu’on le fait auffi avec le charbon de terre préparé , fans aucun mélange de charbon de bois.
- Il a été remis à M. le comte de Buffon, fuivant la demande qu’il en a faite, plufieurs morceaux de charbon de terre préparé, des morceaux de fonte de diverfes gueufes & fers forgés en provenant, pour être dépofés dans le cabinet d’hiftoire naturelle de Sa Majefté : il en a été remis de même audit fleur comte de Stuard fous le cachet de M. Rigoley, dont les moitiés defdits morceaux relient dépofées entre les mains du fieur Rigoley , fous le cachet de M. de Stuard, ledit fieur Rigoley voulant bien s’en charger. ( 9 )
- Ledit procès-verbal fait & arrêté entre nous fufdits à Aizy près Mont-bar , le quatrième jour de mai mil fept cent foixante & feize, pour fervir & valoir comme de raifon. Signio Dorival fils, Roettiers delà Tour, Monniot de Fonrelle, Rigoley , Baille Duclos , M. Girardin, le comte de Stuard , Gauvenet , Chaudouet fondeur, Pierre Malgras.
- Remarques fur le procès-verbal,
- ( * ) Les perfonnes qui ne font point au fait des travaux de forge doivent être prévenues, pour l’intelligence de ces numéros., qu’en exécution de.
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- l’arrêt du confeil & des lettres-patentes du 7 mars 1747 touchant la marque des fers, les maîtres de forge pour le droit de marque font tenus de pefer & de numéroter toutes les gueufes qui fe coulent depuis Pinftant du tire-pâle, à compter du numéro, & de fuite fans interruption à chaque coulée, afin que les commis de la marque des fers qui doivent être appellés, puiffent vérifier quand bon leur femble ces gueufes lorfqu’elles font entalfées, & reconnaître fi chaque np. eft réellement du poids porté fur le regiftre.
- Ayant voulu connaître par comparaifon la différence des produits de ces expériences avec les produits ordinaires du fourneau , une perfonne réfidant à Châtillon-fur - Seine a bien voulu , à ma follicitation , faire elle-même, fur le regiftre du commis de la marque des fers de ce tems, un relevé numéro par numéro , date par date , des fontes & coulées obtenues depuis le premier avril 1776 au fourneau d’Aizy. On reconnaîtra bientôt que cette inftrudion m’était nécelfaire.
- Le mot coulée, qui a plufieurs acceptions dans l’art des forges, lignifie tantôt, comme on le voit ici, le produit en poids & en nombre des pièces coulées, tantôt, comme dans le procès-verbal, l’opération par laquelle 011 coule la fonte dans les moules , mieux rendue par le mot coulaifon.
- ( 1 ) 11 n’eft pas indifférent d’être prévenu que la gueufe précédente au num. 3^8 , c’eft-à-dire, la gueufe num. 557, était du poids de 1700, & d’obferver en même tems que celle-ci, num. 3^7, pour laquelle on avait commencé , après la coulaifon du num. 3^8 , à admettre le charbon de terre au fourneau, s’eft trouvée du poids de 1275" » h clair que Ie produit du fourneau a baitfé notablement, puifque ce num. $58, au lieu d’être de 17^0 ou de 1800, &c. ne s’eft trouvé que de I27f.
- Cette différence dans les produits 11e doit - elle pas être attribuée aux changemens des matières admifes au fourneau, lefquelles ont procuré le num. 359 du poids de 162^ ?
- Les gueufes, num. 360, 361 & 363 , d’un fuccès varié dans leur produit & dans la qualité de ce produit, ce qui a caufé quelqu’embarras au fourneau, & a procuré des fontes de qualité inférieure , de même que pour les num. 363, 364, ]6<) & 366", pourraient très - bien auffi provenir de l’admiffion du charbon de S. Etienne , avec lequel a été coulé le num. 362.
- (2 ) Cette remarque femblerait donner à entendre qu’on avait eu l’imprudence de procéder aux premières opérations dans un inftant où le fourneau n’était pas en état de fa marche; fi cela eft , n’aurait - il pas dû en être queftion dans le commencement du procès-verbal ? Cette obfervation n’aurait pas échappé : il n’eft donc pas poffible de prendre cette allégation défavorablement au fourneau , néanmoins on fait exactement fur quoi compter à cet égard par le relevé du regiftre du commis de la marque des fers 9
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- que nous donnerons à la fin de ce mémoire, pour juger, & de ce point, & de la différence des produits au feu de braifes de charbon de terre.
- ( 3 ) Produit fort inférieur (d’après l’état des fontes coulées à ce fourneau pendant le mois d’avril ) à celui qui s’obtient avec les charbons de bois dans ce même fourneau.
- (4) Que penfer ( eu égard à la tenue du fourneau, donnée ci-devant de 312 à 324 ) de cette manœuvre forcée pour les charges, formant un volume total de 62 f chacune ? En faifant attention à la conlïrudtion des parois intérieures de l’ouvrage du fourneau en pierres calcaires , & à la maniéré dont on a brufqué ainfi l’admiffion du charbon de terre feul dans le fourneau, n’ya-t-il pas de l’imprudence ? N’a-t-on pas couru le rifque de ruiner & de porter pour la fuite du fondage, le préjudice le plus réel? Les informations que j’ai prifes à ce fujet m’ont appris que . depuis les opérations de M. Stuard , le fourneau n’a marché qu’au préjudice du maître, & que pour moins perdre on a été obligé de l’éteindre. Quoiqu’il en foit, le poids de i6zf , relativement de 13 charges à 14, ne donne que le poids commun de 1^09 : ce qui eft un poids inférieur d’environ 22f au poids commun des gueufes que le maître du fourneau coulait avant ces expériences. Voyez le regijlre de la marque des fers.
- ( f ) L’inconvénient obfervé d’une part dans l’ufage des braifes de charbon de terre de S. Etienne, employées tant à la forge qu’au fourneau de fufion du minerai; cette réuffite obtenue d’une autre part avec les braifes de charbon de terre de Montcenis , ne prouvent-ils pas la néceffité d’une attention particulière à avoir dans la qualité du charbon de terre dont on fe propofe de faire des braifes ? Ne fuit-il pas évidemment de ces deux différences, une dépendance certaine entre le choix du charbon & le degré du cuifage, qui ne doit pas être le même pour toutes les qualités de charbon ?
- Pour faciliter la réuffite de cette fabrication aux perfonnes qui voudraient l’entreprendre, nous en avons développé le procédé dans toutes fes circonf-tances , fous le titre : différentes efpeces de braijes de charbon de terre ; leur fabrication en général.
- Au furplus , le choix attentif des charbons de bois qui ont pu fuppléer au manque d’aCtivité du charbon de S. Etienne , quoique fournis à un fécond cuilàge , & qui doivent être regardés comme les principales caufes de ce produit de 1900 delà gueufe 362, ne doit pas ici détourner du vrai point; c’eft la qualité de la fonte qu’il faudra toujours apprécier, ce qui va être fait dans un inftant.
- ( 6) Les opérations , depuis les 7 heures 20 minutes du foir 29 avril, jufqu’au premier mai à 11 heures 30 minutes du foir, paraiifent avoir été fui vies avec la plus grande exactitude ; depuis ce dernier inftant jufqu’à la , coulée
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- coulée du num. 362, qui eft du poids de 1900, il efi: très - douteux que Poil puiffe y faire tout le fonds , les obfervations font trop négligées : le fondeur dans ces derniers inftans s’eft éloigné différentes fois de fon polie , a été occupé à faire charger & régir le fourneau. La conduite tenue fur-tout pour la derniere gueufe coulée, num. 362, offre des variations fufcep-tibles de beaucoup de réflexions & de queftions. Dans ce moment, où il eŒ a propos de ne point interrompre l’attention fur la fuite du procès-verbal, nous nous contentons en général de prévenir le leéteur fur cette circonf-tance , & nous examinerons à part, en finiffant , la qualité de ces fers.
- (7 ) Dans cette revue il n’eff fait aucune mention de la gueufe num. 338 ( du poids de 127^ ) , coulée après treize charges , qui efi: au moins du tiers de la charge ordinaire du fourneau dont on s’eft fervi. Les maîtres de forges ont à décider fur la raifon de cette différence de 42^ en moins de celui de la gueufe num. 357, qu’a efluyé cette gueufe num. 358.
- O11 n’a pas non plus éprouvé le num. 360 3 par quelle raifon ? Au fur-plus , les fers qu’il a produits fe font trouvés femblables à ceux du num. 3 5*9 } l’examen qui en a été fait depuis fera rapporté en finiffant.
- ( 8 ) Les fers provenant des fontes faites avec les braifes de charbon de Montcenis étaient pleins de nerfs , & parafaient très - bons 3 la qualité excellente a été prononcée d’après la contexture de l’étoffe , d’apres l’apparence d’un bon fer nerveux iorfqu’il elt refroidi, d’après quelques eilais 3 & ces effais font rapportés au procès-verbal. Mais ces expériences font - elles décisives ? Conflatent - elles bien l’excellente qualité de ces fers ? Voye^ ce qui a été obfervé fommairement en pariant de ces expériences.
- Pour accréditer une pratique qui 11’eft pas encore bien connue parmi nous, les rédacteurs du procès-verbal devaient-ils fe prelfer de porter le jugement qu’ils y ont énoncé ? Nous avons profité au mot Tour, à la table des matières , de la defcription du cabeftan propre à s’affurer de la qualité du fer de barres , lorfqu’elles font entièrement refroidies , & qui a été publiée dans un ouvrage de M. Grignon. Au furplus , nous fommes en état de fuppléer à cette omifîîon des commiffaires : la perfonne à laquelle nous fommes redevables des détails hifforiques que nous donnons ici, a bien voulu fatisfaire à toutes nos demandes , & nous pouvons aflurer qu’elle efi digne de toute confiance, non-feulement comme témoin des expériences portées au procès-verbal, mais encore comme connaiffeur. Voici les remarques & les expériences faites ultérieurement fur les barres de fer fabriquées avec les gueufes.
- Avec celles num. 3^9, 361 , 362, il y a eu quelques barres fabriquées.
- i°. Les fers provenant du num. 359 avaient l’apparence d’une bonne qualité; mais ils étaient difficilés à raffembler fous Je marteau, étant chauds Tome XVIll. ^ y
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- au point nécellaire d’attirer la loupe en fbarre, & ils étaient alors difpoles à éclater de toute part; d’ailleurs ils n’ont pu foutenir l’eltampage à chaud, non plus que les îiutn. 361 & 362 ; & l’on affure dans l’exaéte vérité, que ces fers, num. 3^9 & 361 , étaient de la qualité de ceux connus dans le commerce pour rouvcrains.
- 2$. Les fers provenant du num. 361 avaient cependant l’apparence de la qualité la plus fupérieure, étant très - nerveux & pliant à froid dans tous les iens (ans fe cafler, la fufion du minerai en fonte & la réduction de cette fonte en fer forgé ayant été faites au feu de braifes de charbon de Montcenis.
- 30. Les fers provenant du num. 362, dont le minerai a été fondu au fourneau en partie avec les braifes de charbon de S. Etienne foumifes à un fécond cuifage, fe font trouvés de la qualité la plus inférieure; au point que le fer forgé ne préfentait dans fa calfure qu’un gros grain ( vulgairement nommé œil de. crapaud ) terne , avec i’apparence du luifant du charbon de terre. Dans le fait il fut de la plus grande difficulté à marteler dans là fabrication en barres, les parties du métal ne voulant pas fe réunir : des parties de ces barres portées à la grolfe clouterie, ce n’a été qu’avec beaucoup de peines & de foins qu’on eft parvenu à en faire au feu du charbon de bois quelques clous dont les parties étaient mal foudées.
- 40. Le num. 352 ayant été, après le départ de M. Stuard , fabriqué en fer au feu de charbon de bois , ces fers ont fouffert à la clouterie plus du quart de leur rédu&ion , tandis que les fers ordinaires n’y fupportent qu’un cinquième; en même tems ces clous ont emporté à la fabrication à la forge du cloutier un tems plus considérable; enfin, à l’emploi ils fe font trouvés fragiles. Une partie des fers de ces deux num. 362 & 363 n’a pu être deffinée au rouage, non - feulement parce qu’ils n’ont pu fupporter Vejlampure , mais encore à caufe de leur grande fragilité.
- f0. Mêmes obfervations fur le num. 363.
- Les épreuves à la clouterie, énoncées au procès-verbal, comportent plusieurs remarques. Il eh d’abord à propos de fa voir que ces épreuves ne tombent point fur les num. 3^9 & 361.
- Les fers provenant de ces fontes fe font trouvés de la qualité la plus inférieure. Pour les fers provenant des fontes faites au feu de braifes de charbon de S. Etienne , on a été obligé de les mettre avec grande perte à la clouterie, & les confommateurs en ont fait des reproches.
- La qualité des fers provenant des fontes faites avec les braifes de charbon de Montcenis, quoique pleins de nerfs, n’a pas eu plus de fuffrages. Il en efl revenu de même des plaintes de la part des confommateurs.
- C 9 ) U a été remis auffi entre les mains du fieur Rigoley , fous le fceau de M. le comte de Stuard & de M. Rigoley, des morceaux de fonte
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- 8c de fer du num. 361 feulement; pourquoi n’en a-t-il pas été fait de même pour les num. 3^9 , 362 ? C’était la vraie maniéré de taire une com-paraifon authentique ; mais un bon nombre d’échantillons des fers provenant de ces num. 369 & 362, donnés à une perforine qui a bien voulu s’en deffaifir en ma faveur, annoncent l’infériorité de leur qualité , ainfi que de celle des fontes dont ils font provenus.
- Examen des concluions du procès - verbal.
- En me chargeant volontairement de la tâche que je me fuis impofée dans mon ouvrage, de ralfembler fous un même coup-d’œil, non-feulement tout ce qui a rapport aux ufages ordinaires du charbon de terre , mais encore tout ce qui pourrait venir à ma connaiffance touchant les différentes tentatives faites pour en multiplier , pour en étendre ou pour en perfectionner les avantages , j’ai eu foin particuliérement pour ce dernier article de me tenir en garde contre toute efpece de prévention ou d’enthoufiafme ; je n’ai aucune rai Ton de préfenter ou d’adopter, comme méritant de l’être, des procédés douteux ou imparfaits , encore moins des procédés défectueux. Les queltions , ainfi que les obfervations fommaires , auxquelles nous avons cru devoir donner place en expofant hilforiquement les opérations de M. le comte de Stuard, ont dû fuffire pour faire naître d’autres queftions, & pour donner lieu à des idées plus approfondies de la plupart des per-fonnes qui par état s’occupent en grand des travaux métallurgiques : les conclufions qui terminent le procès - verbal nous ont paru mériter d’être difcutées à part. On ne peut fe dilfimuler qu’elles font trop généralifées ; qu’en même tems elles ne font point conféquentes aux opérations auxquelles on a voulu les rapporter. Ces opérations n’apprennent rien de neuf ; la queftion à laquelle fe réduit ce que l’on cherche en France depuis long - tems , & que M. Stuard a dû chercher, eft bien fimple. D’après les données & les conditions , il ne s’agit que de trouver dans les opérations dirigées par M. Stuard , telles qu’elles font rédigées dans le procès - verbal, la folution du problème que nous avons expofé généralement.
- En commençant par le combuftible fubftitué au charbon de bois pour la fonte des mines , on voit que pour les opérations exécutées à Breteuil il a été employé un mauvais charbon : 011 voit que celui de S. Etienne s’elt trouvé mal conditionné ; qu’enfuite il y a eu une irrégularité confidérable dans les charges : donc point de fecret fur le charbon à employer; donc point de méthode fur le degré de feu à donner au charbon pour le réduire en braifes,lefquelles néanmoins doivent par leur qualité douce influer autant
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- que le grillage de la mine, foit fur la qualité des fers, foit fur la fonte aii fourneau. Ne remarque-1-on pas au contraire , dans toute la marche fui-vie à Aizy, une incertitude foutenue , & fur la connaiifance préalable des charbons de terre, & fur les réglés que l’on pourrait ftatuer touchant la fabrication de ces braifes ? Pour réulîir généralement à ce que ces braifes foient bien conditionnées , c’elt-à-dire , qu après leur cuifage elles ne foient plus fournies de ce qu’on veut enlever au charbon brut par la préparation qu’on lui fait efluyer , ou qu’elles ne foient pas énervées ou même trop confommées par un cuifage pouité difproportionnément à la nature du charbon employé ; pour réulîir , dis - je , à cette préparation , il doit y avok-urve réglé de conduite dans le gouvernement du feu.
- Pour ce qui eh de l’avantage, au moins économique, de ces braifes, & de la préférence à leur donner fur le charbon de bois , pour ces fortes d’opérations , c’elî une affaire de comparaifon. Sans doute on a voulu tout au moins s'en affurer au fourneau dont M. Roettiers avait fait lacquifition dans les environs de Montcenis, & qu’il fit alleu au feu de charbon de bois. Nous ignorons ce qui a été reconnu à cet égard ; nous nous fommes peu embarralfés , quoique nous en ayons encore été à même , d’avoir la communication des réfultats obtenus dans ce fourneau. On fait, dans les opérations ordinaires au feu de charbon de bois, le nombre de bannes Ça) nécelfaire pour fondre une quantité de mine fuffîfante pour produire un millier de fonte en douze heures. On fait le coût de la banne achetée dans la forêt, &c. Il eh aifé enfuite,par rapport aux confommations, par rapport au tems employé à la fufion , & par rapport au produit, de comparer le tout aveu le travail dirigé par M. Stuard, avec les opérations du même genre exécutées avant lui avec fuccès , c’eft-à - dire , avec les résultats que nous avons, donnés des opérations au fourneau de Newcaftle, au fourneau de Sultzbach,, même avec l’elfai de M. de Morveau : tôut eh connu & fixé par l’expérience.. Les perfonnes du métier , auxquelles nous prétendons uniquement faire connaître les tentatives exécutées à Breteuil & à Aizy, & à qui il appartient d’en juger , n’auront pas de peine à prononcer fi la conduite tenue.dans ces opérations s’accorde bien avec les idées reçues dans l’art des forges & fourneaux à fer. La feule lecture attentive du procès - verbal a dû leur fuffire j toutes les. réflexions ‘qui en font des dépendances , les nouveaux détails dans lefquels nous allons entrer relativement à la conclufion de cet écrit, ne font que pour
- (a) Bannes-1 différentes par leur poids, hauteur ; il fe trouve des bannes qui ne foit à rai Ton de celui du charbon, foit à pefent que içoo livres. Entre Sambre & laifon de la banne même, contiennent 20 Meufe , on eftime que la banne pefe 2$.6d poinçons : le poinçon , dans quelques en- livres, droits, a 20 pouces de diamètre fur 28 de
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- les perfonnes peu au fait de,la matière, & qui néanmoins pourraient être curieufes de tenter de nouveaux efîais en ce genre. Il nous a paru utile dans ce cas , & même poiîible de mettre les opérations qui viennent d’être expo-fées, & les conclulions du procès-verbal, à portée d’être jugées par les perfonnes les moins inlîruites. Une fuite de théorèmes & de lemmes que nous allons ralfembler fur la fonte des mines , & dont l’application fe fera naturellement, remplira à peu près ce but ; la liaifon de ces lemmes entr’eux formera un enchaînement de rapports dire&s avec les opérations décrites dans le procès-verbal, & conduira, par des principes connus, à appercevoir le défaut de ces opérations. C’eft ainii que les principes des arts peuvent être réduits de maniéré à être failis facilement par les perfonnes capables feulement d’une attention raifonnable. Celles qui délireront un plus grand éclair-cilfement, le trouveront dans la defcription de l’art des forges & fourneaux à fer.
- Théorème I.
- L’art des forges & fourneaux à fer conlifte à établir dans un fourneau une grande chaleur avec le moins de combulîible poffible.
- Théorème II.
- Le fer ne peut fubir l’a&ion du feu, ou qu’il n’acquiere un degré de perfection , ou qu’il ne fe détruife. Dans l’opération la mieux conduite, il s’entraîne nécedâirement beaucoup de fer qui fe fcorifie, & toujours il y a une perte confîdérable de fa lubftance: la fcience , l’habileté, en traitant le' fer , coniîftent donc à en retenir tout ce qu’il peut fournir a de maniéré qu’il s’en confomme en pure perte le moins poiîible.
- L E M M E I.
- Un fourneau de fonderie demande à être rempli avec égalité, uniformité & fans relâche.
- L E M M E I I.
- La quantité mefurée & combinée d’alimens pour le fourneau , efl: ce qu’on appelle charge ; elle fe donne fuccelTivement à des diftances réglées d’environ quatre-vingt minutes de durée , & doit fe confommer en tems égaux ; la régularité de ces charges n’ett pas une circonfhmce de moindre conféquence que l’uniformité des mines & des charbons ; l’exa&itude du produit d’un fourneau en dépend auili elfentiellement ( a ). On doit donc
- (a) La pratique du maître du fourneau pour employer plus de matériaux, loin dont on s’eft fervi, & qui eft annotée dans qu’il en réfulte de l’avantage, il s’enfuit le procès-verbal, elt des plus fages ; car beaucoup d’inconvéniens, foit pour la coa-
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- faire attention que ce n’eft qu’avec la plus grande prudence qu’on doit f# permettre de s’écarter, même le plus légèrement, de la maniéré dont u& fourneau fe charge.
- Lemme III.
- Le mélange proportionnel d’alimens pour le feu, ainfi que de minerai, de fondant & de corredif, dont les charges doivent être compolées , eft décidé article de conféquence.
- Lemme IV.
- Le vohime du charbon doit être invariable, (a)
- Lemme V.
- Le volume proportionné de mine au charbon employé , eft un article fur lequel on eft aifez d’accord. Dans plufieurs provinces, il eft prefque généralement reçu que , pour les plus grandes charges , le nombre de conges peut être porté à vingt-quatre fur douze raffes de charbon ; on peut cependant obferver que quelques maîtres de forges n’adoptent point cette pro* portion.
- Lemme VI.
- La proportion de mine avec le charbon en général, eft eftimée comme 4050 eft: à 2484, ce qui donne 1798 de fonte ; chaque coulée, fuppofée de neuf charges, eft de douze heures de durée, devant produire de dix-huit cents à deux mille au plus pour une mine riche.
- Lemme VII.
- Un fourneau bien conduit peut, à vingt charges, produire cinq milliers de fonte en vingt-quatre heures, & foutenir un an & plus de travail; 011 prétend même qu’il eft des efpeces de mines qui, à ce travail, produiraient jufqu’à fix ou fept milliers , fans différentes circonftances qui47éuvent réduire ce produit à moins de moitié.
- Lemme VIII.
- Le déchet ordinaire de la fonte réduite en fer, eft communément d’un
- fommation d’alimens , foit pour la difficulté peut s’évaluer exa&ement que dans chaque du mélange de beaucoup de matières. forge. M. Grignon fixe ce volume à cinq
- (g) Le poids variable du charbon & la ralfes , pefant 230 livres, ce qui ferait 17® contenance de la rafle différente dans di- livres pour une rafle pefant 34 livres, verfes provinces , fait que cet article ne
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- tiers au moins; quinze cents de fonte pour un mille, de fer, le poids diminuant au prorata du nombre des chaudes & des coups de marteaux.
- De ces principes confiâtes par l’expérience fondée fu-r des connaiflances certaines de la mine , fur une manipulation intelligente, il réfulte un procédé confiant & invariable dans tous les points , un départ exatft des matières étrangères qui retient unies intimement à la fonte ; & en même tems, dans chaque endroit, un état de confommation fixe pour un mille de fonte, & pour un mille de fer.
- Les opérations d’Aizy avec les braifes de charbon de terre préfentent, à l’égard des réfultats, un fait qui eft à remarquer.il a été employé , pour parvenir à la coulai]on , beaucoup plus de tems que fi l’on eût employé des charbons de bois : de là deux inductions très - probables ; favoir , une plus grande confommation de combufiibîe , 8c dans la fonte une qualité défeéhieufe, fuite néceifaire de la lenteur avec laquelle on elt parvenu à la coulaifon.
- Quant à la manipulation variée , il eft aifé d’en juger, en fuivant dans le procès-verbal les charges qui ont eu lieu pour chaque gueufe. L’attention 8: l’exaéiitude à fuivre la fonte du num. 362, & peut-être de quelques autres, ne font pas bien conftatées. Voyez la remarque Jîxieme. Enfin l’in-finuation que préfente le procès-verbal fur la gueufe num. 3^9, voyez la remarque 2, mérite d’être réduite à fa jufte valeur. Le regiftre portatif du commis de la marque des fers à Châtillon-fur-Seine, peut remplir ce dernier objet : j’ai cherché à m’en éclaircir d’une maniéré pofitive.
- Corollaires pour fe. vir de réfumé à ce mémoire.
- En terminant cette analyfe des opérations exécutées à Breteuil & à Aizy, nous ne pouvons nous empêcher de revenir à une réflexion qui certainement fe préfentera à l’idée de nos ledteurs. Plufieurs d’entr’eux regretteront dans doute que les intentions du miniftre qui a facilité ces tentatives, & ks dépenfes du gouvernement foient entièrement infruétueufes. Ne ferait-il pas au moins à defirer qu’elles pufient fervir ,dans les occasions où l’on voudrait tenter d’autres e fiais t Telles ont été mes vues en follicitant des renfeignemens qui ne me font parvenus qu’avec bien de la difficulté , & pour lef'qirels j’ai été obligé de m’adreffer fucceffivement à différentes per-fonnes. Le motif d’utilité qui m’a conduit, m’engage à effayer de faire tourner ces mêmes tentatives au profit des endroits dans lefquels, par la fuite du tems, il y aurait de l’économie (à caufe du bas prix) à fe fervir de charbon de terre par préférence au charbon de bois.
- En s’arrêtant d’abord à ce qui regarde le combuftible que l’on voudrait
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- fubftituer à celui qui eft d’ufage, il me femble qu’il eft plufieurs queftions bonnes à faire. '
- i9. Ne ferait-il pas néceflaire de connaître, d’une maniéré très-précife ou très-approchante, le degré de chaleur de ces braifes , par comparaifon avec le degré de chaleur du charbon de bois, & fur - tout avec le degré de chaleur du même charbon de terre brut? Pour ce fécond article, c’eft-à-dire, pour ce que j’appelle braifes de charbon de terre, j’ajoute ici, d’un charbon de terre fuppofé convenablement choifi, un auteur qui, je crois, eft M. Baumé, a avancé comme certain en général, que trois dofes de charbon de terre cuit, c’eft-à-dire, ainfi réduit en braifes, produifent la même chaleur qu’une dole de ce même charbon donnait brut, ou avant d’être préparé.
- 2°. N’y a-t-il pas une attention à faire pour ces braifes comme pour le charbon de bois, relativement au tems écoulé depuis le cuifage, qui peut le rendre plus ou moins a&if ?
- 3°. Pour les forges, il ne faut employer le charbon de bois qu’après trois femaines de fon refroidiffement. S’il eft trop nouveau, il fe confume trop vite , & fa chaleur très-brufque altéré le fer.
- Les braifes de houille long-tems repofées, c’eft-à-dire, employées long-tems après leur fabrication , confervent-elles toute leur qualité ?
- Pour nous rapprocher maintenant de l’expérience en elle-même, c’eft-à-dire, d’une expérience pour laquelle, en cherchant à éviter les frais d’une conftru&ion ad hoc fur les principes de M. Genffane, on voudrait fe fervir des hauts fourneaux de forges , tels qu’ils lont établis dans le royaume ( æ) , ne pourrait-on pas propofer la marche fu i vante , fi l’on voulait éviter la dépenfe du fourneau propofé par cet auteur ? Nous croyons d’autant plus devoir expofer ici cette marche , qu’elle eft le réfuitat des réflexions de l’une des perfonnes qui fe font prêtées obligeamment à nos différentes demandes fucceftives : c’eft par conféquent chofe à laquelle cette perfonne a feule part, qui lui appartient en propre, & dont elle n’eft pas libre de fe dépouiller par modeftie.
- i°. Echauffer le fourneau avec du charbon de bois , & le faire marcher de même jufqu’à ce qu’il y ait au moins vingt coulées de faites au charbon de bois.
- 2°. N’admettre par charges, dans les premiers inftans , qu’une demie rafée de charbon de terre.
- 3°. Après s’être affuré que la qualité de la fonte & des fers fe trouve la même qu’elle était avant l’admiiîion du charbon de terre , augmenter alors d’une autre demie rafée de ce charbon, & ainfi de fuite, jufqu’à ce qu’on fût
- (a) Tous les fourneaux à fondre la mine de fer, font des fourneaux à manche, eonftruits dans les principes des athanors,& dont la tour eft perpendiculaire au foyer.
- convaincu
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- convaincu que Ton ne peut faire mieux'; il ’n’eft pas difficile de préfumer qu’il peut être fort eflentiel d’habituer peu à peu le corps d’un fourneau en feu à un combuftible, qui eft pour lui un aliment tout nouveau, & dont la qualité encore mal connue doit autant influer fur la qualité des fers , que la qualité des charbons de bois influe fur le même point. Il ferait très-permis de penfer qu’il conviendrait d’agir avec la même circonfpeétion aux foyers de forge conftruits fuivant l’ufage des lieux, tantôt en renardière, ou à l’allemande (ce qui elt la méthode la plus économique), tantôt en affinerie. ' ' •
- 4°. Chercher à fixer la quantité de chaux qu’il conviendrait d’ajouter » foit aux fourneaux, foit aux foyers de forge, “ainli que le tems de l’y admettre. ( a ) De l’utilité de l’admiffion du charbon de terre à la fufion des mines ; telle mine en admettrait une plus grande quantité que telle autre mine , fans que la qualité des fontes & des fers en fut altérée ; ce ne fera, pas avec des principes vagues & généraux que l’on peut admettre une feule méthode.
- Dans le nombre des citoyens , entre les mains defquels la fabrication des fers eft aujourd’hui, il en eft plufieurs qui non - feulement font très-éclairés , mais encore qui font capables d’en étendre la connailfance ; l’intérêt général doit être une circonftance pour les engager à communiquer fur cet objet le fruit de leurs lumières & de leurs expériences : l’hiftoire fommaire que nous publions de l’ulàge que l’on a tenté des braifes de charbon de terre , pour fondre la mine de fer & affiner la gueufe, leur ouvre un autre, champ non moins important.
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- AVIS INTERESSANT
- Aux phyjicuns naturalises, aux entrepreneursd''exploitation de mines de charbon , aux propriétaires de mines , aux chefs déatteliers à fourneaux & autres confommateurs de chauffage , fur les différentes parties de cet ouvrage qui peuvent concerner les uns ou les autres , & quils peuvent fe procurer féparément.
- $?OUR remplir le but qu’on s’eft propofé, en entreprenant ce travail , de raifembler de toutes parts ce qui tient au charbon de terre , de faire de cet
- (a) L’auteur du mémoire que j’ai cité lefquelles il eft parvenu à perfectionner fa plus haut, fur les moyens d’améliorer les méthode d’admettre la chaux fondue aux fers aigres, & de leur ôter leur fragilité , foyers de forges, à fixer la quantité & le fait connaître les différentes tentatives par tems de l’y admettre.
- Tome XFLIf Z z
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- ouvrage une efpece de dépôt général dans lequel on puiffe aller à la recherche des différens retifeignemens à defirer touchant Phiftoire phyfique , l’extradion , le commerce & les ufages de ce foflile , il a été indifpenfable de le confidérer fous ces différens points de vue , dans trois principaux pays. Maigre l’étendue que comporte le fujet traité en grand détail comme objet d’hiftoire naturelle, d’induftrie, de commerce & de néceflité, on s’eft appliqué à diftribuer l’ouvrage dans un plan qui répond à l’intention que l’académie a eue » en entreprenant la defcription des arts & métiers , de ménager aux artif-ees la facilité de fe procurer les traités des arts qu’ils exercent, ou de ceux quils voudraient connaître, fans être obliges d’en acheter en même tems d’autres qui leur feraient moins néce(faires (a). Nous avons cru en conféquence devoir indiquer par cet avis, à ceux de nos ledeurs qui pourraient ne s’occuper des mines de charbon que fous un feul rapport, les différentes parties de l’ouvrage qu’ils peuvent fe procurer féparément.
- La première, publiée en 17685 eft Phiftoire phyfique , tant du charbon de terre que de fes mines, ou, fi l’on veut, la connaiflance de la fubftance ioumife aux opérations ultérieures de l’exploitation & des divers ufages ; cette partie eft principalement du reffort du naturalifte , qui peut s’en tenir à cette première diftribution de l’ouvrage.
- La fécondé partie , compofée d’une première 8c d’une fécondé fedion publiées en 1773 , fait connaître la pratique de l’exploitation, les ufages & le commerce du charbon de terre au pays de Liege & en Angleterre j elle peut regarder les propriétaires de terreins à charbon, comme premiers intéreffés à avoir des notions fur les moyens pratiqués pour mettre en valeur une produdion de leur fol ; mais les maîtres - ouvriers & ceux qui fe chargeraient d’entreprendre de ces exploitations, & qui doivent être jaloux de réuflîr, s’inftrui-ront à fonds dans ces deux fedions fur Part de conduire en grand les fouilles & les travaux fou terreins.
- La troifieme fedion de cette fécondé partie, publiée en 17745 préfente le même tableau pour la France feulement. Les différentes provinces du royaume qui poffedent des mines de charbon de terre ( & elles font nom-breufes ) font paffées en revue dans cette ledion : on y donne la connaif-fance de la maniéré dont on y exploite ces mines ; du prix & de la qualité du charbon qu’elles fourniffent ; du négoce qui s’en fait dans quelques provinces. La marche de ce commerce dans Paris y eft confignée dans toutes fes parties, pour aider à en prendre une idée, & éclairer en même tems fur le monopole ouvert & caché. L’homme d’état, curieux de porter fes
- (a) AvertrfTement de la defcription des arts par l’académie royale des fciences , publié en 1799, & inféré à la tête de la defcription de l’Art du charbonnier de buis, la première qui a paru.
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- regards fur les nouvelles fources de riclielTes & de commerce intérieur , pourra puifer dans cette fedion quelques vues de fpéculation fur la circulation animée de ce commerce , fur les moyens d’augmenter l’avantage du négociant 8c du confommateur, fur la législation relative h ces mines , même fur les abus par lefquels on parvient fouvent à en éluder la fagelfe. Voyez l'introduction.
- La quatrième fedion eft divifée en quatre articles, dont les trois publiés en 1776 renferment une théorie-pratique de l’exploitation , & des vues générales fur l’adminiftration des exploitations de mines; cette partie regarde proprement ce qu’on pourrait appeller les ingénieurs des mines de charbon de terre.
- Le troilieme & dernier article de cette quatrième fedion publiée en 1777, traite de tout ce qu’on peut retirer d’utile pour les arts, tant du charbon de terre brut * que de ce qu’il lailfe après lui Iorfqu’il a paffe par le feu. Ce foiïîle y eft enfuite confidéré en particulier comme combuftffile qui ne doit pas êtreabfolument exclus des fourneaux métallurgiques, & qui peut dédommager complètement du dépériffement des forêts pour les foyers domefti-ques. Les perfonnes qui font les vraies intéreifées à la chofe, c’eft-à-dire , les dilférens confommateurs & artiftes qui ont befoin d’appliquer le feu à leurs opérations, trouveront dans cet elfai de théorie-pratique, des réglés de conduite pour employer à leur avantage le charbon de terre dans leurs atteliers. Tous les endroits enfin qui éprouvent de la difficulté pour le chauffage, y reconnaîtront les relfources de ce foffile , pour fuppléer à la rareté & à la cherté du bois ; on peut dire que cet article eft pour des provinces entières, foit en France , foit en pays étrangers, qui font menacées de difette de chauffage , une éveille importante fur le combuftible qu’elles poffe-dent dans leur fol, ou qu’elles peuvent tirer, par la communication des rivières , des contrées qui les avoifinent.
- Note des éditeurs. On voit à la fuite des travaux de M. le comte de Stuard un recueil d’additions & de corrections pour l’ouvrage même de M. Morand ; & nous devons d’autant plus les fù-pprimer ici, que tout ce qu’elles contiennent d’intéreflant eft tiré des notes que nous avons ajoutées au texte
- de la première partie de fon ouvrage dans notre tome VI, & dont il a cru devoir tranf-crire quelques unes dans celui-ci], afin, comme il le dit lui-même , que l’édition Parifienne des cahiers des arts in-fol. fe trouve, comme la nôtre, revue, corrigée & augmentée.
- «fis»
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- NOUVELLES ADDITIONS.
- Manufacture, de menus bijoux & ufenfiles de jayet.
- X*A propriété de quelques charbons connus dans différens pays, de pouvoir être débités, comme l’ambre, en petits ouvrages utiles, ou curieux, en uttenfiles de cabinets & de ménage , taftes, pommes de cannes , falieres, tabatières, flambeaux , grands écritoires de bureaux, &c. n’eft point du tout un objet étranger au plan de notre ouvrage. Les collections d’hiftoire naturelle offrent de ces échantillons de différens pays, où l’on s’occupe de cette efpece de bijouterie de goût pour les colonies. Ce charbon , kennel xoal, commun en Angleterre , dans le Staffordshire & le Lancashire, & qui n’eft autre chofe que le jayet, ne fe travaille pas , au rapport de Robert Plot, avec des outils à pointes, ils cafteraient le charbon : on emploie d’abord à cet ouvrage de grofles limes, auxquelles on fait fuccéder enfuite des limes plus fines ; on achevé de polir avec du jonc.
- Ce débit du charbon de terre-jayet en petits ouvrages, peut être pour quelques cantons un commerce digne d’attention. M. le Monnier ( a ), en ..parlant des mines de jayet de Bugarach, bourg fitué au pied du pic du même nom, dans le Rouflillon, remarque qu’on y travaille cette matière affez proprement, pour en faire des colliers, des boutons, &c.
- M. de Genlfane (£) , qui a vu à Peyrat & à la Baftide, villages fur le Ters, dans le vallon de Sainte - Colombe, deux moulins à jayet, en donne une defcription que je vais placer ici.
- Moulin à jayet pour la poliffure.
- Celui de Bugarach eft renfermé dans un bâtiment quarré, de feize pieds dans œuvre, dont le fondement en terre occupe en longueur tout le milieu: ce fupport de l’édifice eft une voûte de huit pieds de large, de lîx pieds de hauteur, & qui s’élève d’un bon pied au-deflùs du rez-de-chauflee, pour former le fol ou le plancher du laboratoire.
- (a) La méridienne de l’obfervatoire royal dienne , par M. le Monnier, page CCXV. de Paris, par M. Cafflni de Thury , avec ( b ) Hiftoire naturelle de la province des obfervations d’hiftoire naturelle, faites de Languedoc, tome IV, page 205. dans les provinces traverfées par la méri-
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- Cette voûte eft percée au centre d’un trou de dix-huit pouces de diamètre, & reqoit un arbre vertical de dix pouces d’équarriffage & de quinze pieds de longueur. Cet arbre eft garni par le bas d’un pivot de fer arrondi en fulèau, qui porte fur une crapaudine de cuivre entaillée à demi-bois fur une traverfe à moitié enterrée fur le fol de la voûte. L’extrémité fupérieure de l’arbre eft garnie d’un tourillon engagé dans un anneau de fer, & fixé dans une poutre qui porte de part & d’autre fur les murs du bâtiment ; & afin que la poutre ne varie point, elle eft retenue par deux traverfes placées eu croix fur les quatre angles du même bâtiment.
- Cette charpente forme tout-à-la-fois le plancher fupérieur du laboratoire, & loutient celle du bâtiment qui, comme on vient de le voir, a quatre faces.
- L’arbre montant porte une roue horizontale à ailerons recourbés, de cinq pieds de diamètre ; elle eft entièrement femblable à celle dont 011 fait ufage dans la plupart des moulins du Languedoc & du Dauphiné ; fa polition eft fur l’arbre, dans la voûte, à dix - huit pouces de terre , & elle reqoit d’un canal ou lanqoir fait d’un gros arbre creufé, l’eau qui y eft amenée par un canal pratiqué à cet effet au rez-de-chaulfée : d’où.l’on voit que cette roue tourne plus ou moins vite , fuivant qu’on lui fournit plus ou moins d’eau.
- Le même arbre portant la roue, après avoir traverfé le trou pratiqué à la. voûte, porte un tambour fixé à deux pieds & demi au-deffus du fol du laboratoire, où il eft foutenu par un croifillon emmortaifé dans l’arbre. Ce tambour a trois pieds de hauteur, fur cinq pieds de diamètre; il eft formé avec des douves comme celles d’un tonneau, & eft très-uni & poli autour5 fon diamètre eft le même par le haut & par le bas, fes deux fonds débordent d’un bon pouce tout à l’entour, ce qui donne à ce tambour la forme d’une efpece de groffe bobeche; de maniéré que la roue qui eft dans la voûte ne faurait tourner fans que le tambour ne tourne également.
- A un pied au-deffus du tambour , il y a un canal circulaire d’environ huit pouces en quarré dans œuvre, qui régné tout à l’entour du tambour, & dont la moitié déborde en-dehors. Ce canal reqoit l’eau par un petit chêneau qui aboutit à une auge placée au - dehors du bâtiment, & cette même eau eft élevée dans l’auge par une légère roue à pots , placée fur le courant de l’aqueduc qui conduit l’eau fur la roue placée au bas de la voûte.
- Lorfque le canal circulaire fe trouve aux deux tiers plein d’eau, il y a un petit canal de décharge à l’oppofite du premier, qui conduit l’eau fuperflue hors du bâtiment ; on a fur - tout grand foin que tous ces chêneaux ne perdent pas une goutte d’eau , afin d’éviter toute efpece de gâchis dans le laboratoire : on fera bientôt connaître leur ufage.
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- A dix-huit pouces de diftance de la furface du tambour, & à neuf pouces plus bas que fon fond inférieur , font placés horizontalement & à égale diftance tout à l’entour, fix meules entièrement femblables à celles des lapidaires, avec cette différence que celles-ci font d’un grès très-fin & très-dur ; elles ont quinze pouces de diamètre, fur environ un pouce & demi-d’épaiffeur; elles font montées chacune fur un axe ou arbre vertical de fer, d’un pouce en quarré, & dont l’extrémité inférieure qui eft au-deffous de la meule, eft faite en pointe, & portée fur une petite crapaudine fixée à fix pouces au-deffous de la meule. La partie fupérieure de ces arbres, qui eft au-deffus des meules, eft arrondie à fon extrémité en forme de tourillon, & s’élève à trois pieds au-deffus de la meule, où elle eft engagée dans un petit collet de fer, fur une petite charpente ou efpece de potence: ce qui maintient l’arbre à-plomb, afin que la meule foit parfaitement horizontale. Au moyen de ces précautions , les meules tournent avec tant d’aifance, qu’au moindre mouvement qu’on leur imprime elles fe meuvent long-tems fans s’arrêter.
- La partie fupérieure de chaque arbre eft garnie d’une bobeche de bois dur, de quatre pouces de diamètre , & d’environ cinq pouces de longueur, y compris leur bourrelet. Ges fix bobèches font toutes placées à différentes hauteurs fur leurs arbres, enlorte que chacune répond à une hauteur différente du cylindre ou tambour.
- Chaque bobeche reçoit une courroie ou laniere de cuir flexible , qui paffe fur le tambour de la même maniéré que celles des roues de couteliers ; avec cette feule différence , que chez ces ouvriers le mouvement eft vertical, au lieu qu’ici il eft horizontal. De cette maniéré, les fix courroies le trouvant fur le tambour à des hauteurs différentes, font féparées les unes des autres, & ne s’embarraffent point au moyen de la difpofition des bobèches; & c’eft afin d’éviter cet inconvénient, qu’on les a placées à différentes hauteurs fur leurs arbres. On ferre & on lâche ces lanières à volonté , fuivarit que le travail l’exige, au moyen d’une petite courroie en forme de lacet, à peu près comme l’on nouait autrefois les courroies des fouliers.
- Par cette difpofition , le tambour ne faurait tourner fans faire tourner en même tems les bobèches, & conféquemment les meules, avec beaucoup de facilité. M. de Genffane a obfervé que, lorfque le moulin travaille rondement , le tambour fait fon tour en quatre fécondés de tems, & conféquemment les meules font près de quatre tours par fécondé.
- Ce travail ne pouvant fe faire qu’autant que les meules font continuellement arrofées d’un filet d’eau, le canal circulaire , dont il a été parlé, eft percé d’un trou vis-à-vis de chaque meule ; chaque trou eft garni d’une efpece de robinet de bois , au moyen duquel, & d’un petit chêneau qui eft au-deffous, on fait tomber fur la meule l’eau qui y eft néçeffaire.
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- Les meules font enchâlfées à fleur dans des lunettes pratiquées au milieu d’une farte planche de bois, de maniéré qu’il n’y a qu’un bon quart de pouce d’intervalle entre la meule & le bord du contour de la lunette; c’eft par cet intervalle que s’échappe l’eau qui tombe fur la meule, & va fe perdre au moyen d’un conduit ou plan incliné dans le trou de la voûte. Pour que les petits grains de jayet qui peuvent échapper des doigts des ouvriers ne fe perdent point en tombant dans cet intervalle, on a fixé autour, fur le bord de la lunette, une rondelle de cuir qui porte d’un demi-pouce tout autour de la meule, au moyen de quoi l’eau peut s’échapper entre la rondelle & la meule, ce que 11e peuvent pas faire les grains de jayet.
- Ces meules durent environ quatre ans ; on les tire des bains de Rennes, dans le diocefe d’Alet. Quoique leur grain foit très - fin, elles ne feraient cependant pas capables, fans quelque précaution, de donner aux ouvrages de jayet le poli nécelfaire. Auprès de chaque meule, il y a un morceau d’agate d’environ deux pouces de groffeur plus ou moins, & poli fur un de fes côtés. Le moment & la maniéré de s’en fervir feront indiqués à leur place : nous finirons cette defcription par une remarque que fait M. de Genlfane fur la conftru&ion du bâtiment. Il eftime que, fi au lieu de la forme quarrée qu’on lui donne, il était conftruit en hexagone avec une croifée à chaque face vis-à-vis de la meule, les ouvriers feraient mieux éclairés, & que leur travail ferait plus commode.
- Premier travail pour digrojjir le jayet.
- Les ouvriers à qui le jayet eft remis par ceux qui en font le commerce, fe nomment efcapontaires, dont le travail confifte à dégroflir l’ouvrage, & à lui donner la première façon ; ils travaillent chacun dans leur particulier fur une efpece de billot ou fort établi, & ne fe' fervent pour leur befogne que de couteaux à lame large & fine. ( a) Près d’eux font plufieurs petites febilles de bois; dans les unes ils mettent les boutons dégroflis de jayet, dans une autre les grains de chapelet, dans une troifieme les grains pour les colliers, & ainfi de fuite; de maniéré que chaque febillene contient que des pièces de même grolfeur, foit en boutons , foit en autres ouvrages.
- Toutes ces febilles palfent à des femmes, dont la tâche eft de percer ces pièces avec des forets différens en finelfe & en grolfeur , montés fur du petits tours à bobeche , qui fe tournent avec l’archet.
- ( a ) Ils font défignés , dans un ouvrage que je ne me rappelle pas, gros couteaux , ayant un grand pan de longueur, larges d’un demi-pan, du côté de la pointe venant enrétré-cillant jufqu’au manche.
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- 3*8 DU CHARBON DE TERRE
- Chaque efpece d’affortimeiit de même groffeur, après avoir requ cette façon , eh remife dans une petite febilie , pour recevoir une derniere main qui ne regarde plus les efcapontaires.
- Second & dernier travail du jayet au moulin.
- L’operation qui s’exécute au moulin , demande une bonne vue dans l’ouvrier; par rapport à cela , on n’y emploie que de la jeuneffe. Quatre filles ou femmes affifes , deux à droite & deux à gauche de la meule, ont chacune devant elles deux febilles de bois ; dans l’une font les ouvrages dé*-groffis, dans l’autre les ouvrages finis : la planche qui forme la lunette dans laquelle tourne la meule, fert de table, autour de laquelle elles font affifes de chaque côté de la meule, de maniéré que deux travaillent de la main droite , & deux de la main gauche ; elles peuvent avoir les unes & les autres tout le jour de la croifée fur leur ouvrage.
- La fille qui travaille de la main droite, appuie fa main gauche fur fotl genou gauche; avec le pouce & l’index de la main droite , elle prend une piece ‘dégroffie dans la febilie , & l’applique fur la meule , le coude étant appuyé fur la table ; de cette maniéré elle forme la première facette à la piece ; elle n’a pas befoin de l’autre main pour la fécondé , l’habitude lui a fait contra&er la facilité de tourner fa piece avec les deux doigts de la main droite, & de lui donner toutes les faces que demande l’ouvrage , d’où l’on voit qu’il n’y a que la main droite qui agilfe, la main gauche reliant toujours appuyée fur le genou, afin d’affermir l’attitude de l’ouvriere. La piece finie . ce qui ell prompt, elle ell mile dans la febilie qui lui eil delli-née ; une autre déjà dégroffie , ell reprife dans la febilie qui ell auprès, & ainfi de fuite. Cette manœuvre lailfe juger qu’à l’égard des deux filles qui font à l’oppofite & en face, c’ell la main gauche qui agit,& la main droite ell appuyée fur le getrou.
- Quand le poli des pièces devient terne, les ouvrières prennent l’agate placée près de la meule , la paffent fur la meule pour émouffer le grain du jayet, & le rendent très-uni.
- Les ouvrages finis font remis à d’autres femmes qui paffent des fils dans les pièces qui en ont befoin , comme grains à colliers, grains à chapelet, &c. On les arrange enfui te fur du papier, pour être mis en paquets ,& prêts à être vendus. - >
- Circonjlances particulières fur ce commerce, rapportées par M. de Genjfanc.
- Le jayet employé à ces ouvrages dans Pattelier de Bugarach, appartient aux veines qui font les moins fortes : on prétend que plus elles font fortes ,
- moins
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- E T n E S Ê S MINES,
- moins îejayçteft dur, & moins il eft précieux \ il çfi en mprçeaur de diffé., rens volumes, dont les plus gros ne paiîent guere quatre pouces d’épaifieur, & font même fouvent beaucoup plus petits ( a) y ils fç vendent à ia livre depuis quatre jufqu’à'dix francs, félon la fineffe & la dureté.
- Tout ce travail fe paie à tant lagroTe, ou au cent , fuivant la qualité.
- Sur fix meules qui compofent un moulin à jayet, il y a vingt-quatre files employées : elles gagnent huit à neuf lois par jour , l’un portant l’autre.
- Pour fournir au travail de ces ouvrières, il faut fept à huit efcapontai-res , cinq à fix femmes faifant agir les forets, autant pour paffer les fils & arranger les ouvrages polis ; de maniéré qu’un moulin peut occuper entre quarante & cinquante perfonnes.
- Tout ce monde ne laiifie pas que de gagner chaque mois au-delà de j'fo livres ; les cinq moulins établis fur la riviere de Lers font entrer dans le vallon de Sainte-Colombre près de 33000 livres par an, outre le bénéfice du négociant qui occupe toutes ces perfonnes.
- Fabrication de braifes de charbon de terre dans des fourneaux clos , par M. Charles -Frédéric Kiefmann , mineralogifle de Bruxelles, ( b )
- Conjlruclion du fourneau.
- SLes pieds de ces fourneaux peuvent être bâtis de briques liées avec un mortier de chaux ordinaire jufqu’à la voûte des cendriers inclulivement; là commencera le fol du fourneau, lequel, comme le reffe du fourneau, doit être fait intérieurement jufqu’à,la hauteur du-deifus de la porte de pierres bien reflétantes au feu, ou de. bonnes briques cimentées avec une bonne argille : le trou de la griile ayant un pied en quarré, il faudra pofer les barreaux de fer, qui doivent être d’un pouce en quarré & de trois pieds de longueur, de maniéré qu’il y ai t-deux pouces d’intervalle de l’un à l’autre: afin de pouvoir ôter à volonté & remettre aifément les barreaux en place, on pratiquera des couliTes. Ces fourneaux confiants, ou les laiffe féchec
- () Les pièces travaillées bien plus en grand eu Angleterre, donnent lieu de pen-fer que l’opinion reque à Bugarach n’eft point .du tout exaéte ; mais c'eft toujours une maniéré de tirer parti des petites -portions de jayet.
- () Mémoire qui a remporté le prix pro-Tonu XVlll.
- pofé en 1777 par lafociété royale des feien-ees de Montpellier, en confequence d’une délibération des états-généraux de Languedoc, Ce mémoire , envoyé dès le mois de juillet 1777, acte imprimé en 1779 à la fuite dés mémoires lus dans l’aTemblée publique delà fociété royale le2ç nov. 1778.
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- lentement s après trois ou quatre jours on peut achever ce defféchement en y allumant un petit feu.
- ; Après avoir mis un peu de menu'bois fur la grille , choifi une bonne houille grafle exempte de pierres ou de pyrites, on en prend des morceaux de la groffeur à peu près de fix, huit ou dix livres pefant ; on en remplit le premier fourneau aux deux tiers ou aux trois quarts de fa hauteur intérieure, en rangeant les morceaux de maniéré que l’air puiffe circuler librement dans les fourneaux , & de façon que les morceaux puilfent être retournés comme on le voudra avec un inftrument quand iis feront allumés.
- .. Le feu mis an premier fourneau, l’on arrange le fécond, on l’allume, & ainfi de fuite à chaque ; deux ouvriers en fe relevant, peuvent gouverner quatre Fourneaux jour; &' nuit : les différentes chofes dont ils doivent être approvifionnés , confident en un long tifonnier 3ou fimple , omarrné dans Jfon bout de deux pointes comme une fourche, d’une longue & forte tenaille qui fe manie à deux mains , d’un rable de fer à long manche , d’une grande pelle à four aufii à long manche, de baquets remplis de menue houille en petits morceaux menus, & d’un garde-feu, -àla faveur duquel l’ouvrier peut approcher du fourneau lorfqu’il eft embrafé, & manœuvrer aifément. La ftructure de cette piece'eft très-fimple ; les pieds ou pattes de deux morceaux de bois quarrés ou croifés, dans le milieu defquels eft fiché une perche de médiocre groffeur en forme d’un pied de tète à perruque ; fur cette perche on cloue une planche large de fix pieds.
- Quand les fourneaux font allumes , les morceaux qui font ou fur la grille ou près de la grille, doivent être attaqués & échauffés'par le feu plus que tous les autres : c’eft ce qui arrive aufii ; ils fe détachent en conféquènce des autres morceaux de charbon qui fe ^collent enfemble, parce qite leur bitume n’eft pas encore détruit. Il eft donc néceffuire de vifiter de terns en tems les fourneaux en ouvrant la porte ; l’ouvrier tire une, deux ou trois barres de la grille, & avec le tifonnier il fait tomber par le trou de la grille dans le cendrier les morceaux de charbon qui font cuits, d’où il les faifit avec la tenaille lorfqu’ils ne donnent plus ni odeur ni flamme, pour les porter à une autre place-derrière !luf par*tas : là ils s’étbignent d’eux-mêmes.
- Quant aux barres de fer qu’il a retirées ', il aura foin d’y jeter de l’eau s afin de les refroidir , puis de les remettre en place j & avec le tifonnier ou le rable il fera retomber les autres charbons dans les endroits vuides.
- Avec les charbons que l’on retire, il tombe de tems en tems des braifes .qui ne font point complétésj il faut les remettre dans le fourneau paria porte. ;. *-
- . A mefure que le fourneau fe vuide jufqu’à la moitié de la- hauteur de la
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- porte, l’ouvrier prend avec la pelle à feu de la menue houille , la met au fourneau fur ies. chatbons allumés, ayant attention de la mettre par tas de diftance en diftance , afin que ces tas venant à fe recoller par la chaleur , forment une feule & même piece. Lorfqu’ils font pris enfemble, l’ouvrier, à proportion qu’il aura retiré du charbon par le cendrier, remettra par la porte du fourneau de nouvelles pièces de houille , en les y entaflant autant qu’il fera poftible. Cette manœuvre fe continue tant qu’on veut charbonner de la houille , fans que les fourneaux fe refroidilfent. (a) Ces fourneaux à la longue s’endommagent : pour les réparer il eft indifpenfable de les laiifer refroidir.
- Tandis qu’un ouvrier eft occupé aux fourneaux , l’autre tranfporte en brouettes les braifes refroidies dans le magafin ; là des enfans , foit avec des petits blocs de bois de dix pouces ou d’un pied de hauteur, foit avec un couperet, hachent & coupent les gros morceaux, pour les avoir de la grofleur d’œufs de poules à peu près : il eft indifférent qu’ils foienc un peu plus gros ou un peu plus petits. Ces morceaux conviennent également pour les fourneaux de fonte & pour les foyers de raffinage : M. Kiefmann s’en ferc journellement dans fon laboratoire, tant pour la fonte des métaux que pour le raffinage , pour la coupelle de l’argent, pour la refonte de l’or , & pour les elïàis de toute forte de minéraux. Il allure faire avec un quintal de charbon de houille plus d’ouvrage qu’avec deux quintaux de charbon de bois. M- Needham , de l’académie impériale & royale des fciences, arts & belles-lettres de Bruxelles, attelle dans un certificat figné de lui à la fuite du mémoire, s’ètre trouvé piufieur.s fois au laboratoire du fieur Kiefmann , lorf-qu’il travaillait à la fonte de diftérens métaux, & l’avoir vu n’employer dans fes fourneaux que des charbons de houillecharbonnés de la maniéré détaillée dans le mémoire: le même fa van t ajoute que toutes les opérations, les eftais même , ont été aulfi parfaits que s’ils avaient été faits avec du charbon de bois.
- La houille ainfi réduite préfente à l’œil les phénomènes connus fur toutes les braifes de charbon de terre. M. Kiefmann dit qu’e'le perd confidéra-blement de fon poids, mais rien de fon volume j au contraire , un quintal de bonne houille grajje, qui eft la meilleure efpece pour cette operation , fans pierre ni pyrite, acquiert, étant charbonnée, un plus grand volume que celui qu’elle avait avant le charbonnage ; plus if eft poreux & léger, plus il eft propre aux travaux : c’eft la vraie marque qu’il eft bien chaibonné. Ces braiiès allumées dans une forge ou dans un fourneau à vent, ne donnent que la même flamme des charbons de bois, & ne communiquent aucune
- (a'i Cette méthode ingénieufe d’avoir des braifes de charbon parait approchante de ce qui fe pratique à Scheffield , & dans les manufactures de limes, du voifinage de Newcaftle.
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- mauvaife qualité au fer dans des fontes enr grande, Us efpecesde minerait font d'une bonne qualité & d'une nature convenabléi Cette remarque impor- ' tante à mon avis, & fur laquelle j’ai înfiftédorfque j’afdécrit les différentes ’ opérations métallurgiques exécutées avec le charbon de terre réduit en coacks ou braifes , n’a point échappé à M. Kiefmann. Pour charbonner commodément ce qu’il faut de houille pour un ou deux fourneaux de fonte, il propofe , félon la quantité de braifes' dont on a befoin, trois ou quatre fourneaux fur un même corps de maçonnerie, fervant de piedeftal, dans lequel on ménagera des trous de cendriers, fous les grilles de chaque fourneau en particulier. ' '
- M. Kiefmann ajoute à ces remarques deux obfervations bonnes’à rapporter ici : avec les menus bnifons qui fe détachent des coacks , on peut, félon lui, en les empâtant avec de la glaife, en faire des boulets pour le'chauffage ; ce qui s’accorde avec ce que nous avons rapporté ailleurs. Il penfe auliï que les petits forgerons peuvent les préférer à la houille brute, en les trempant Amplement avéc de l’eau. J’obferve à cet égard que l’idée de M. Kiefmann eft très - intéreffante : la réflexion vient entièrement à fon appui. Si, en effet , on fuit un peu attentivement le travail de ces ouvriers, il eftajféde remarquer que ce n’eft point du tout lorfque le charbon donne de la flamme , que leurs fers fe chauffent ; cet effet ne s’opère véritablement que dans l’inftant où tout le charbon ramaffé eft parvenu à l’état d’incan-defcendance > il refte néanmoins à conftater li ces braifes pourraient fatis-faire avec fuccès à cet ufage, à quelque degré que ce foit qu’elles euffent été cuites ou deflechées. Il ferait pofîîble que cette préparation portée au dernier période les appauvrirait à un point qui les rendit infrudueufes pour cet objet. M. le Prieur, curé d’Albin en Rouergne , a fait faire l’expérience des carrais par des maréchaux du lieu , & ils n’ont pas trouvé que ces braifes chauffent autant que le charbon brut.
- Opération pour une fonte avec les braifes de charbon de terre obtemies- dans les fourneaux de M. Kiefmann. Ça')
- Il eft effentiel avant tout de ne pas perdre de vue la remarque que j’ai rappellée à l’occafion de la méthode de cet artifte, fur laquelle j’avais déjà tâché de fixer l’attention de ceux qui s’occupent de ces métaux. M. Kief. manu obferve que dans les différentes, efpeces de mines ferrugineufes il y en a dont on ne peut par aucune opération tirer un bon fer à forger ,mais feulement du fer à couler; que, fi les minerais de fer font dénaturé à four-
- (<&) Extrait du mémoire qui a, remporté le prix de la. fociété de.. Montpellier.
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- nir un bon fer quand on les traitera avec le charbon de bois, ils le fourniront également quand ils feront travaillés avec la houille charbonnée. Voici maintenant la maniéré dont il procédé.
- D’après la propriété connue de ces braifes, de s’allumer plus lentement que le charbon de bois, on doit, pour fe difpofer à une fonte, commencer par mettre dans l’ouvrage un peu de charbon de bois foutenu par une efpece de grille formée de barres de fer croifées , l’allumer & charger immédiatement après des charbons de terre par-delfus. Comme il convient de chauffer toujours les fourneaux de fonte à un certain degré, avant de charger les minéraux , il faut que ce fourneau {oit rempli de charbon jufqu’à la moitié & un peu plus ; on fera mouvoir les foufflets très - doucement & feulement autant qu’il eft néceifaire pour donner un peu plus d’adivité au feu , qui doit allumer les coacks de maniéré qu’on ne s’en fervira plus quand les charbons feront bien allumés. ( a ) Lorfque cette partie de charbon fera bien en feu , on en remettra aufti-tôt d’autres par-deffus, jufqu’à ce que le maître fondeur reconnaiife que fou fourneau eft en état d’être chargé de minerai, ce qui aura lieu au bout de dix-huit heures. Si le fondeur s’apperçoit que le feu eft trop violent, il doit y mettre une petite charge de nouveau charbon pour amortir le volume du feu ; en même tems on retirera les barres de fer,& l’on fera agir les foufflets; peu à peu on chargera du minerai, jufqu’à ce qu’on voie qu’il commence à y avoir de la matière dans le fond du fourneau : pour lors, après avoir chargé du charbon , on augmentera la charge des minerais chaque fois que l’on aura chargé peu à peu du charbon ; par là on obtiendra une meilleure gueufe.
- Pour faire une fonte blanche.
- On ne doit pas craindre de faire la charge du minerai plus forte prefque de moitié que celle qui fe met ordinairement pour une charge de bois, parce que le feu eft beaucoup plus vif & plus ardent que celui du charbon végétal , & que la fonte ira beaucoup plus vite; elle fera au moins un quart de tems plus tôt achevée qu’avec les charbons de bois ; & comme on peut charger les braifes de charbon de terre d’une plus grande quantité de minerai , outre le gain du tems on épargnera beaucoup de combuftible, ce qui dédommagera bien des frais & des dépenfes de la main-d’œuvre & de la façon des charbons.
- Pour réulîir encore mieux, il ferait bon, félon M. Kiefmann, que les deux
- (a) Ces foufflets doivent, félon M, Kiefmann, être fimples & de la grande forte? donnant beaucoup de vent.
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- foufflets ne fuflent pas dans une même tuyere , mais que chaque fouffleteût fa tuyere pofée de façon que le vent fût obligé de fe croifer dans l’intérieur du fourneau.
- Il réfultera de là que les charbons de terre qui font plus durs & plus lents à fe confommer que les charbons de bois, fe confumeront mieux, & que l’œuvre fera plus nette.
- Le fondeur doit auffi fe ménager, ou par les tuyères, ou encore mieux entre les deux tuyeres , une ouverture par laquelle il puilfe introduire de tems en tems pendant la fonte un tifonnier ou une baguette de fer un peu courbée à fon extrémité, nettoyer en la tournant le devant des tuyeres, & foulever un peu les charbons trop afïailïës, afin que le vent des foufflets fe diftribue mieux dans toute la capacité du fourneau.
- En obfërvant pon&uellement cette manœuvre , M. Kiefmann regarde comme certain que l’on obtiendra des gueufes de fer auffi bonnes en qualité que celles obtenues avec le charbon de bois.
- Raffinage du fer.
- Pour cette opération avec les braifes de charbon de terre , M. Kiefmann obferve feulement qu’il convient de mêler ce combuftible avec un tiers ou une moitié de charbon de bois j ce n’eft pas, à ce qu’il prétend, que celui-ci contribue en rien à la bonne qualité du fer, mais c’elt uniquement parce que les charbons de terre iont fujets à s’éteindre par le contact de l’air, & que le foyer du raffinage dans fa partie extérieure, fur laquelle les foufflets ne peuvent étendre leur adion,eft expofé à l’air. Il ii’eft donc ici quefflon que d’entretenir le feu des braifes de houille.
- L’auteur obfèrve de plus, dans le raffinage des gueufes , qu’en faifant dans le premier feu des petits lopins, & en les palfant enfuite à un fécond feu , afin de les ramafler & d’en faire de groffes loupes , on obtient un feu d’une bien meilleure qualité que fi l’on eût d’abord fait de groifes loupes à un feul feu. M. Kiefmann préféré la qualité de fon ouvrage à la quantité , & aime mieux le vendre à bon marché, ou même n’en point avoir de débit.
- Defoufretnent du charbon de terre dans des alumelles, par M. de Genffiane.
- Les canaux ou rigoles marqués d’efpace en efpace fur l’aire du fourneau parailfent une perfection ajoutée à cette conftruction. Elles donnent de l’aéti-vité au feu, &c. auffi elles ont été depuis adoptées par toutes les perfonnes: qui fe font occupées de cette fabrication , entr’autres par M. de Genlfane , qui a publié, en 1779 , fes vues & fes idées fur cet objet, (a)
- (a) Extrait du Journal de phyfique du mois de novembre 1779,page 337,
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- Ce minéralogifte pôle d’abord pour principe, que le nœud de l'épuration du charbon de terre , pour le rendre propre à la fonte des mines, confifte à dégager ce foflïle de deux fubftances également nuifibles à ces fortes d’opérations ( le foufre & le bitume ) & à prendre garde cependant de le dépouiller de fa qualité combuftible : il obferve que le foufre, quoique bien plus volatil que le bitume, ne s’en fépare qu’après que cette partie graifleufe s’en eft dégagée , ou qu’après qu’elle eft confumée par le feu , & que ce n’eft qu’alors que ce charbon rend une vraie odeur de foufre.
- L’auteur recherche enfuite pourquoi jufqu’à ce jour cette opération de l’épurement m alumdU à l’air libre, laplus commode & la plus expéditive, félon lui, n’a pu être exécutée en France allez parfaitement pour que les charbons ainfi préparés aient pu être employés avec fuccès aux travaux des forges à fer. Ayant remarqué que dans les meules faites tout Amplement fur un ter-rein uni, comme cela fe pratiquait affez communément, les couches fupé-rieures de la meule fe trouvaient incomparablement mieux épurées, & que les couches inférieures, quelques précautions qu’il prît, contenaient toujours un peu de bitume qui les rendait mattes & beaucoup plus pefantes que les premières : il en a conclu que le degré de chaleur , éprouvé par ces dernieres couches , était infufïïfant pour détruire la partie bitumineufe , encore moins pour dilîiper la partie fulfureufe, qui ne s’en fépare qu’après la confommation du bitume. Il préfume que ce bitume ne dépofe fon acide que lorfque le feu l’a entièrement atténué; & qu’alors cet acide, fe combinant avec la partie inflammable, forme le foufre qui ne peut s’exhaler qu’après qu’il a été formé. La • chofe lui parait d’autant plus probable , que pour dégager le foufre des fubftances minérales qui le recèlent, il ne faut qu’un léger degré de feu.
- De ces différentes remarques M. de Gentiane conclut que , tant qu’il y a du bitume dans les couches inférieures, le foufre ne peut s’en féparer, & que jamais le charbon de terre ne pourrait s’épurer complètement. La chofe, félon lui, eft encore moins poliible dans des vaiifeaux fermés , tels que ceux ufités dans quelques endroits de l’Allemagne & en Ecoife , où l’on profite d’une partie du bitume & de l’huile du charbon , parce que le feu n’a jamais affez d’intenfité dans ces fourneaux pour coufommer toute la partie bitumineufe qui donne lieu à la formation du foufre. (,e n’eft qu’en pratiquant au-deffous du loi du fourneau des canaux , qu’on peut porter de l’air dans tous les tas de charbon, & y maintenir un Lu égal; ce n’eft qu’en ménageant une retraite au bitume, qu’on peut parvenir à dépurer parfaitement le charbon des fubf tances nuifibles à la fonte des mines : M. de Gentiane a, en conféquencei imaginé pour cela de placer dans les intervalles des rigoles, du labié dans lequel découle ce bitume. j£n clFet, ce iàble pénétré, imprégné de bitume, devient quelquefois-humide , ü fe graüfe même; il faut alors le changer,
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- & en le faifant bouillir dans l’eau , le dépouiller de cette huile qui vient à la iurface de l’eau , dont on le fépare en l’écuinant: c’eft une efpece de goudron très - bon pour les voitures quand il a été raffiné. L’opération fe borne à 1$ faire bouillir à feu lent, jufqu’à parfaite évaporation de l’eau qui y était unie, & jufqu’à ce qu’il prenne la confiftance d’une huile grade.
- Pour obviera l’inconvénient réfultantde l’engorgement que pourrait occa-fionner le bitume, M. de Genifane imagina d’abord des rigoles en terre, comme on a vu que l’a pratiqué M. le comte de Stuard, afin que le bitume fondu pût s’écouler par les canaux ; mais jugeant en même tems que celui qui fe trouverait éloigné de ces conduits 11’aurait pas la facilité d’y arriver , & obfervant que les couches inférieures de la meule ne recevaient pas alfez d’air , conféquemment alfez de feu , pour que la dépuration fe fit exactement, il prit le parti de former fes rigoles en pierres , & de remplir les intervalles angulaires avec du gros gravier bien lavé , pour fervir de réfervoir au bitume coulant des charbons j & comme il peut auffi, félon lui, refluer de ce réfervoir dans les rigoles, ou plutôt s’engorger dans ces canaux faute de conferver l’état coulant, M. de Genifane eft d’avis de ne pas joindre exactement les briques dont il recommande de couvrir les rigoles , comme on le verra. Ces rigoles n’ont pas feulement l’avantage de favorifer l’évacuation du bitume en liquéfa&ion , en devenant des efpeces des regilfres pour porter l’air dans les 'parties qui en ont befoin, & pour le fupprimer dans les endroits où il ferait •trop fort-, en fermant les portes ou ouvertures extérieures des regiftres, du "côté où le feu eft trop fort, & les ouvrant du côté où il eft trop faible. Cette conftruétion préfente encore l’avantage de fournir tout l’air nécelfaire à l’entretien du feu dans les couches inférieures de la meuie.
- Avant de décrire la conftruction du fourneau telle qu’il la propofe, M. de Genifane donne fon fentiment fur le choix des charbons les plus propres à fubir cette opération. Il exclut, conformément à la pratique reçue, les charbons mêlés de nerfs, & qu’il appelle charbons nerveux , c’eft-à-dire , mêlés avec tin fchifte noir, plus ou moins femés de grains pynteux. Les coacks qui en réfultent font terreux & plus nuifibles que fi ces charbons n’avaient pas été épurés : il exclut auffi les charbons que j’appelle charbons fecs , & qu’il nomme charbons' jayet. Ces charbons étant alliés à un bitume qu’on pourrait dire delféché, peu nourri, ne lailfent après leur cuiiàge qu’un caput mortuum, ftérile.
- Les charbons adoptés par M. de Genifane, comme propres à cette opération , font le charbon maréchal, féparé de fes nerfs j il eft en cela d’accord avec l’expérience.
- Le charbon qu’il nomme charbon léger, ne donne, étant épuré, qu’un coack de peu de durée au feu, & qui le réduit en cendres.
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- Fourneau en aîumelle pour obtenir en trente -fix ou quarante heures ou davan-tage , foixante: à foixante & dix quintaux pefant de braifes , de cent foixante-dix à cent quatre-vingt-quinze quintaux de charbon de terre.
- Difpojîtif On commence par fe munir des matériaux qui doivent entrer dans la conftru&ion de l’alumelle; fa voir, de charbon de terre en menu poufiier, ou mis dans cet état, ou tiré parmi les charbons, même de poulîier de charbon brûlé, & de pierres feches , foit de grès, foit de fehifte , un peu fortes, de briques, de quelques tuileaux & de gros fable bien lavé , pour qu’il n’y ait plus aucun mélange de terre. La fuite de cette defeription va faire voir les ufages de chacun de ces matériaux. On ramaife aufli le charbon de terre qui doit entrer dans le fourneau, concalfé de la grolîeur du poing , & choifi fans aucun nerf.
- On commence par former une aire de vingt-quatre pieds en quarré ,bien battue avec une batte ou une demoifille bien applanie , &c Sur le milieu de l’aire on trace un quarré dont les côtés auront huit enjambées de longueur ; on coupe enfuite les angles de ce quarré pour avoir une aire de figure o&o-gone , donnant aux petits côtés fix pieds de longueur & neuf pieds & demi aux grands côtés.
- Dans l’intérieur de la ligne qui forme l’odtogone, creufez un bon demi-pied de profondeur la fondation d’un mur de pourtour, auquel vous donnerez quinze pouces d’épaiiieur & dix-huit pouces de hauteur au-delfus des terreins , en obfervant de lailîer au milieu, de chaque côté & à fleur de terre, des trous ou ouvertures d’un bon demi-pied en quarré : cela fait, vous formerez diago-nalement, d’une ouverture à l’autre, des canaux ou rigoles, comme le fai-fait M. de Stuard, de fix pouces de largeur & autant de profondeur. Ces rigoles feront faites avec les pierres dont il a été fait mention , de maniéré qu’elles aient une bonne alfife & qu’elles ne fe dérangent point facilement. Vous les couvrirez enfuite avec vos briques placées à un pouce d’intervalle les unes des autres , fans être aucunement aiîujetties , de maniéré qu’on puifle en lever quelques-unes au befoin. Les portes de ces rigoles doivent être munies chacune d’un bouchon, pour les ouvrir ou les fermer félon les circonf-tances. Les rigoles arrangées, on remplit les intervalles avec le gros fable jufqu’à fleur du delfus des briques qui fervent de couvertures aux rigoles , en uniifant bien le tout de niveau, de façon qu’il y ait du jour entre les briques.
- Arrangement & gouvernement du fourneau.
- La place ou folTe'à'charbon préparée, on couvre l’aire avec lesp’us forts morceaux de charbon; ceux de moyenne grolîeur font arrangés delfus ce pre-Tome XV1IL B b b
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- mier lit, & ainfi de fuite pour les .couches friperie are s difpofécs en forme 5e cône furbaiflé de la hauteur environ de trois à quatre pieds , de maniéré que le pied de la meule fe trouve retenu contre le mur de -pourtour de la charbonnière.
- En formant la meule , on a foin ;de conferver dans le- centre un vuide de fept à huit pouces fur toute la hauteur du tas , rempli à mefure qu’on a formé ce vuide de menus branchages de bois foc & de tout autre combuthble,-auquel on doit mettre le .feu pour allumer le fourneau.
- Le fourneau chargé , en fuivant l’arrangement des différens lits, orné gai i fera autant qu’il fe peut toute la fur face de la pile. Sur fa totalité, excepté néanmoins le deifus du tas où l’on ne met rien ,.on formera avec l’efpecè de mortier fait de poufîier de charbon brut, ou de braifes un peu mouillées, une chemifo d’environ deux doigts d’épailfeur, un peu davantage vers le pied de la meule. On affermit légèrement cette chemifé en la battant à plat avec une .pelle , pour que le feu ne la dérange point, & qu’elle devienne par l’embrafement une efpece de croûte ; elle fe fend & fe crevalfo dansplufleurs .endroits , &*cela ne favorife que davantage la fortie de la fumée.
- Cela fait, portez dans le centre de la meule , qui ne doit pas être couverte de frafier , une pelletée de braife ou de charbon de l^s allumé: dès: que le centre eft enflammé ,fermez le trou avec un gros morceau de charbon , ayant attention que le feu ne s’éteigne points obfervez en même temsla marche dis feu , afin de la conduire. Elle doit être telle qu’à mefure que le feu defcend en brûlant le bois qui a fervi à l’allumer , le charbon de terre qui lui eft contigu dans le centre du fourneau, s’allume auflï, & gagne pe.u'à peu à L’entour fur toute la hauteur, Sidfonis’ap'pençoit que Je feu s’étend plus d’un côté que-d’un autre, & qu’il ne s’éloigne, pas également,, par-tout -du point milieu , .on ôte l’air de ce.icôté , & on arrête le progrès du feu en fermant la porte de la rigole
- côté qui répond à celui oû le feu gagne trop vite. Lorfque le feu devient trop violent dans toute l’étendue de. la pile ,, il efl néeeliàire d’ôter l’air au fourneau, en bouchant toutes lesuigoles , & de veiller attentivement à.ce'que la flamme ne forte point en-delions du tas:; .ce qui ferait confumèrlo charbon en cendres. Dans le cas où la flamme s’échapperait du tas s omy jeterait une pelletée de frafier. Les trous urf peu confidérablesqui paraîtront fe former 5 feront bouchés avec du frafil mouillé!, ou bien on les couvrirai avec dés 'tuileaux.
- Marque de V opération achevée,
- v, . ’ , .- r
- La fin de l’opération efl: annoncée par la fumée & par lodeur qui s’exhale de la pile. La première fumée efl: jvo’iïfi'f-V épaillé, ayant d’abord une forte odeur de bitume ou d’afp halte , qui ^s’anéantit j la fumée devient eufuite
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- bleuâtre & tranfparente. A l’odeur de bitume, fuccede une odeur de foufre: à mefure que celle-ci le diffipe , la fumée diminue & devient blanche.
- ' Quand il n’y a plus d’odeur de foufre , & qu’il n’y à prefque plus*de fumée , on bouche avec du fraifier tous les endroits parlelquels la fumée s’échappe; on bouche les portes des rigoles , afin d’étouifer le feu.
- Sept ou huit heures après, on retire les charbons avec légéreté , de maniéré à ne pas brilèr les braifes qui font alors tendres & friables. On emploie à cette manœuvre des rateaux de fer à longues dents un peu recourbées ; à mefure qu’on retire ces braifes, on les étend à terre & elles s’éteignent d’elles-mèmes fort promptement. Elles ne doivent être portées au magafin que lorfqu’elles font refroidies en entier.
- Toutes lesfois qu’on charge de nouveau le fourneau, il eft bon de s’aflurer û les rigoles ne font point embarraflèes par la grailfe qui a tranfliidé des charbons : il ne s’agit pour cela que de lever quelques-unes des briques placées fur les rigoles; & fi elles fout embarralfées, il' faut changer le fable qui'peut fervir encore, après Tavûir.-faic bouillir dans l’eau , d’où l’on1 peut en retirer le bitume.
- Un homme pour le jour & un homme pour la nuit fuffifent à trois fourneaux ; il en faut untroifieme pour aider à charger & à décharger le fourneau , préparer le fraifier , &c. ‘
- M. de Gentiane remarque que les braifes réfultantes de ces cent foixante-ditf à cent quatre-vingt-quinze quintaux de charbon brut, ne font parfaitement épurées & propres aux travaux des forges à fer, que quand le charbon arfubi la diminution de poids, que nous avons portée dans le titre de ce mémoire-.’ Il n’en n’eft pas de même du volume ; car au fraifier près , on retire , félon lui, prefqu’autant de braifes qu’on- avait de charbon brut ; & à la fonte elle foi* îbnne beaucoup plus que le charbon de bois.
- Exploitation des mines de Provence, (a)
- Presque par-tout dans cette province, on s’en tient à exploiter les mines les plus îuperficielles ; la modicité des prix du charbon de terre ne permët pas' de penfer à faire des travaux, en grand.
- Dans les commencemens on donnait dans ces mines depuis quinze jufqu’à; vingt livres aux propriétaires, & l’on pouvait extraire pendant une année le charbon que l’on voulait. Les frais de l’exploitation & de l’exportation regar-doient l’extradeur ; aujourd’hui ce font les propriétaires-qui fe chargent de; tout ; ils font exploiter, & vendent lé charbon au poids.
- (a) Tout ce que je vais dire fur cet article , eft un relevé du mémoire que M. Bernard a bien.voulu me communiquer, &
- dont j’ai emprunté tout ce qui a trait dans-le fupplément aux états minéralogiques à la compolition des mines de Provence.
- B b b ij
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- La maniéré de procéder confiée à enfoncer un puits de mine quelquefois dans la dire&ion de la veine ; mais communément on Paflied dans les bancs de rocher, afin de les traverfer , en y pratiquant groffiérement des degrés fort étroits. Le toit s’étançonne avec des pierres de nerfs , de blus , &c.
- Trois outils fuffifent pour le travail de ces mines. i\ Un pic de fer prifma-tique d’un pouce d’équarriffage, long d’un pied , terminé en pointe , qu’on a foin de réparer & de tremper tous les jours : le manche a environ quatre pieds de longueur. 2°. La malle de fer eft employée principalement à brifer les rochers qui font la croûte & les nœuds formés parle loncajjîon. 30. Enfin le levier avec le pic & quelquefois la poudre à canon font mis en ufage pour la pierre dure. Il en coûte jufqu’à foixante francs pour la canne quarrée d’excavation dans cette pierre.
- Les nœuds qui fe rencontrent dans ces mines font formés par le loncajjîon» qui au lieu de former à l’ordinaire une couche de deux ou trois pouces d’épaif-leur, prend toute la place du charbon dans la veine ,au pointnon-feulement d’occuper tout cet efpace entre les deux épaules , mais encore d’écarter les épaules l’une de l’autre & de les renfler.
- Communément les ouvriers exploitent ce nœud, lorfqu’ils lui foupçonnent une grande étendue, & qu’il y a affez près de là une galerie ouverte: ils percent des couches intermédiaires, afin d’éviter ce nœud, en allant de l’une de ces galeries dans l’autre.
- Dans les mines où les veines font étroites, c’eft-à-dire de peu d’épaifr feur, on ne perce point de galeries; il faudrait prendre fur la couverture que l’on a vu être un banc de rocher dur & fauvage, & défunir la cfoi-fon qui fépare les deux veines , lefquelles n’ont fouvent qu’un pied d’épailfeur î la dépenfe excéderait de beaucoup le profit ; on aime mieux faire travailler ces veines de la maniéré la plus incommode qui fe puiflfe pour les ouvriers.-A demi penchés , le corps appuyé principalement fur le côté oppofé à la partie de la mine qu’ils attaquent dans un efpace à peine de deux pieds dè large , ils s’y traînent en fôutenant la cloifon avec des pierres plates , prifes d’efpace en efpace fur le lit & fur le toit de la veine , & détachent la houille.‘ Des enfans à moitié nus, qui fuivent l’ouvrier, placent le charbonTur un petit chariot d’un pied de haut, ou dans des cabas', \\& le traînent au pied du puits de la mine , & le portent en haut fur leur tète.
- A Manofque , à Saint-Martin , à Dauphin , & dans le quartier limitrophe * on ouvre dans la partie la plus balfe poflib'e , une galerie tracée horizontal îement ; la hauteur eft ordinairement de fix pieds ; la largeur fe réglé fur l’éloignement des épaules; le toit de la galerie s’appeile Ion célejle, le fol Ion.-faon.
- Quand la mine eft au voifinage d’un ruiffeau ou d’un torrent, la galerie,
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- s’ouvre quelquefois dans un endroit affez élevé , au - deflus du niveau de l’eau. La raifon de cette conduite eft de fortir plus commodément le charbon, & de le garantir du nique d’ètre emporté par les eaux. Afin de remplir cet objet, on donne un peu de pente à la galerie, & elle ne fe pouffe horizontalement que lorfque l’on eft arrivé aux environs du ruiffeau.
- Comme dès que le travail fe fait au-deffous du niveau du ruiffeau, les ouvriers fe trouvent dans l’eau, ils ne font pas toujours à même de creufer leurs nouvelles galeries au-deffous de la première, ce qui eft plus avantageux, à ce qu’ils imaginent: ils mettent toujours à profit, autant que cela eft pof-fible,la difpofjtion du local, pour fe garantir des eaux.
- Aux mines de Manofque, le long de Paradis, où le ruiffeau a dans cet endroit beaucoup de pente , & le lit une toife de largeur feulement, le lit eft creufé devant la mine, de maniéré que le fol de la galerie ouverte fe trouve fix pieds au - deffus i alors il fe trouve une galerie au-deffous de la première, & les eaux des veines fe rendent dans le ruiffeau. Si le ruiffeau n’a pas affez de pente pour en faire le puifard de la mine , ou s’il faut creufer le lit fur une trop grande longueur , on ouvre alors dans l’intérieur du coteau un canal dans lequel fe portent les eaux des galeries inférieures , qui vont fe rendre dans une partie du ruifîeau, ou !e lit fe trouve au-deffous du niveau des galeries i cela eft ainfi aux mines de Saint-Martin.
- Les galeries fe pourchaffent jufqu’à ce que les lumières ne puilfent plus fe foutenir i alors on ouvre une communication avec d’anciennes galeries, ou ils donnent de l’air par le Ion célfle. Ils ouvrent une fécondé galerie au-deffus ou au-dedbus de la première, & plus communément au-delfous, l’obfervation leur ayant appris que la qualité du charbon eft meilleure, en proportion que l’on atteint le bas de la veine, fur-tout fî le coteau dans lequel eft la couche n'a nas beaucoup d’élévation.
- Quand la fécondé gai me eft poulfée fur la première pour former \elon faon, on laide environ un pied d? houille, qui fert à porter les épaules de la mine , & à foutenir les travailleur!-. Si elle eft ouverte au-deffous , on ne laide que le déblai de la première gJerie; & ce déblai, en s’affermifîànt avec 1s tems par les allées & venues des ouvriers, devient le Ion célefle Je la fécondé galerie; il fert en même tems d’étançon aux épaules de la mine.
- Dans le cas où les épaules font fendues ou crevalfées , on pofe des tra-Yerfes de bois pour empêcher que ces fentes ne fe féparent en quartiers.
- La galerie la plus longue eft eftimée par M. Bernard avoir environ cent trente cannes. A Saint-Martin , il y en a une qui peut avoir deui cents toifes de profondeur.
- Pour atteindre les veines obliques, on eft dans l’ufage de pratique! deux
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- puits de mines. La première ouverture deflinée à fervir d’entrée & de fortte J eit toujours plus fpacieule : la fécondé eft pour l'airage de la mine, c’eft-à-dire pour entretenir la communication de l’air intérieur avec l’air extérieur, prévenir ainfi le 'Ion mouquet ou la mouffette , dangereux fur - tout en été, lorfque les ouvrages ont chommé quelques jours. Sans cette précaution, les lumières s’éteindraient dans les ouvrages , les travailleurs feraient fuf-foqués. Depuis long-tems on n’a point entendu parler de ce malheur dans ces mines, excepté dans celles de Dauphin.
- Le charbon étant détaché de la veine, on le fépare des éclats pierreux qui s’y mêlent; on en emplit des cabas de fpare (a) qui fe placent fur de petits chariots de quatre à cinq pieds de longueur fur un pied & demi de largeur , montés fur trois roues d’environ dix pouces de diamètre , & dont une ifolée eft fur le devant ; toutes trois ont un cercle de fer. Des enfans de dix à douze ans traînent ce s chariots.
- Quand les veines aboutilfent à l’ouverture de la mine, on en fort tout le charbon dans ces cabas ; mais lorfqu’elles aboutilfent à des puits , les enfans qui traînent les chariots ne vont pas plus loin* que l’endroit où le puits rencontre les veines: là ils fe partagent le charbon, & ils le portent hors de la mine fur leurs tètes, dans des demi-cabas d’environ cinquante livres de chargé, en montant quelquefois jufqu’à cent cinquante degrés, toujours baignés des eaux pluviales. Pour alfurer leur,marche, ils s’appuient du mieux qu’ils peuvent fur un bâton. Dans la mine de M. du Breuil , territoire de Greufque, où les enfans ont cent vingt-fix marches à monter en portant le charbon fur leurs têtes , on croit obferver qu’ils font tous faibles & mal faits. Deux hommes & deux enfans fuffifent dans ces mines pour l’entretien du charbon qui fe confomme à Manofque. Les deux premiers travaillent chacun dans une galerie différente ; les enfans charient le charbon, & le portent fur leurs têtes dans des cabas. Comme feulement il ne ferait pas ailé de la retirer de cette maniéré du Fillaon, on a percé en plusieurs endroits la combe intermédiaire , pour faire palfer le charbon de la galerie du Fillaon dans celle de Ion Mero-, & alors il eft transporté hors de la mine avec beaucoup de facilité.
- Dans lamine de Saint-Martin, le charbon étant toujours en menus morceaux, fe tranfporte de l’intérieur de la mine dans des facs de la conte-
- (a) Spartum, lignum Jpartum , delà croît fpontanément en Efpagne fur des frmille des graminées, formant une gerbe montagnes arides, fe voit au Jardin-Royal de deux à trois pieds de haut, à feuilles de Paris. Les Efpagnols en font, comme d une ou une ligne & demie de large , fur- les anciens, des cordages, des tapis, des, d:x huit à trente pouces de long, & feter- capifTaiçs, des corbeilles, &c. minant en pointe aiguë. Cette plante qui
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- fiance d’un quintal, revêtus du côté qui porte fur les épaules de la mine, de plufieurs pièces de cuir très - épais, placées au nombre de quatre le long du Tac ; de maniéré que la piece placée près de l’ouverture , tombe fur le fécond, celui-ci fur le troifieme , &c. Par cette précaution , les facs acquièrent une forte de foupleffe , & fe prêtent aux mouvemens.
- Les ouvriers fe paient à raifon de lix fols par quintal ; ils en tirent julqu’a quatre' quintaux, & alfez promptement. Dans l’été leur tàcfte eft finie'quelquefois à neuf heures du matin. L’huile pour leurs lampçé , les inftrumens , les facs font à leurs frais.
- v, Deux ouvriers fe mettent dans une même galerie , l’un exploite le charbon, l’autre le tranfporte ; ils doivent entr’eux deux fe fournir huit lacs, t Aux mines de Saint-Martin & de Dauphin , il y a ordinairement quatre ouvriers} quelquefois il y en a jufqu’à douze dans ces deux endroits, félon les-demandes que l’on fait de la marchandife. On retire cependant une plus grande quantité de houille de ces mines. O11 permet aux ouvriers qui y font, de tirer depuis huit jufqu’à douze quintaux , au lieu de quatre : alors leur journée eft double ou triple.
- Qualités & ufages des differens charbons de terre de haute & bajje - Provencè.
- La houille de S. Martin & de Dauphin eft tendre , & exhale en bridant line fumée plus épaiife que toutes les autres du quartier; c’eft la feule qui foit propre à tous les ouvrages de forges. La mine du terroir de S. Martin , nommée Quatorze-pieds, n’en fournit que de mauvaife qualité pour les fours à chaux. Le Bon charbon qui fe trouve quelquefois dans l’intérieur de la couché a befoin, comme les charbons flandrins, d’être mouillé, avant que d’être employé ; d’ailleurs , il offre les mêmes phénomènes au feu; il ne fe tire de la mine qu’en fraifil.
- • ! Celle qui s’eft tirée d’une houillère pour les fours à chaux, &.aujourd’hui abandonnée, au nord de S. Zacharie, était friable & d'une qualité médiocre, comme celle de la houillère qui a été exploitée au hameau dé YËfcou't.
- ' - Le charbon qui fe tirait d’une mine à peu de diftance de celle de fOratoire, était de même d’une qualité tres-médiocre. Celui de la Meneto, de la houillère de Capus, fervait aux forges. <
- " Dans les mines de Fuveau le charbon , toujours de veines minces, fe-rapproche généralement pour la qualité de celui qu’oiï tire des veines minces des autres mines. ?t
- En général , le charbon'de ces "quartiers eft à l’œil très - relfemblan't -aii )ayet ; au feu il flambe beaucoup , fe fépaie en morceaux , fans s’amollir. Celui dont l’effet eft le plus a&if, eft en même tems le plus dur & le plus/luifant. M» Bernard en a examiné avec foin de toutes les mines , & il n’a trouvé de
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- différence marquée dans aucun, même dans leur pelànteur fpécifique, qui eft, félon lui, à celle de l’eau dans le rapport de 316 à 112.
- Cette efpece dure & folide eft la feule qui puiffe être employée aux forges. Dans toutes les mines, on la fépare pour cet ufage : elle ne chauffe cependant point le fer jufqu’à le pouffer à la blancheur & à la foudure; elle eft même lente à le rougir au point de pouvoir être battu fous le marteau. Les forgerons ont dit à M. Bernard qu’ils ne peuvent s’en fervir que pour les ulages grollîers. La bonne houille qu’ils emploient leur vient de Dauphin, du Lyonnais , d’Alais, de Flandres.
- Les houilles provenant des bancs les plus épais font plus variées : elles font fouvent tachetées de pyrites. Il y en a qui approchent beaucoup plus , pour la qualité, de celles des Menetos ; il s’en trouve de très-légères & de très friables. On en voit aufti qui font fort terreufes & très-pefanres.
- Le meilleur charbon des Menos parait à M. Be“iiard être conftamment plus pefant que celui des Menetos. Sa pelànteur IpéciSque, comparée à celle de l’eau, s’eft trouvée exactement, félon M. Bernard, comme quatre eft à un.
- La houiiie la moins pelante ne lui pavait être que ce qu’il appelle de la terroule faiblement bitumineufe. L’auteur en conclut que ce n’eft pas par le poids de ce foifile, fous un volume déterminé, qu’on peut fe décider fur la qualité. Ii eft certain que ce n’eft pas la feule circonftance ; il en eft encore plufieurs autres. ( a)
- Aux mines fituées dans le prolongement des montagnes du Leberon, l’on remarque beaucoup de différences dans les qualités des charbons, comme dans les couches terreufes & pierreufes qui accompagnent les veines. On y obferve, de même qu’à Fuveau , &c. que le charbon eft meilleur à proportion que les veines ont moins d’épaiffeur.
- Le charbon le plus eftimé des mines de Manofquc reffemble fort, félon l’opinion de M. Bernard, à celui qui vient d’Alais dans la Provence. Il fe met aifément, comme ce dernier, en fraifit ; il eft un peu moins brillant, & a une odeur de foufre plus marquée. On l’emploie avec fuccès pour tous les ouvrages de forges. Il chauffe fuffifamment le fer pour le blanchir & le fondre jufqu’à foudure dans un degré cependant plus faible que le charbon d’Alais, qui eft inférieur aux houilles du Forez & de Flandre. Ce charbon flambe très-àifément, s’amollit alors confidérablement; & fi l’on fouffle, il s’éteindrait, û on ne le remuait pas, ou du moins fi l’on 11e fe fervait pas de foufflets.
- Plufieurs mines donnent du bon charbon, quoiqu’il ne foit pas propre à tous les ouvrages de forges j il reffemble entièrement pour la dureté à celui de Fuveau. M. Bernard remarque néanmoins qu’il lui a conftamment trouvé
- (a) Voyez quatrième partie, fe&ion IV, article III, caracleres de bonté dans les «harbons de terre en général.
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- un caraélere, au moyen duquel on pourrait le diftinguer. Quoique fes caffures foient très - nettes , il n’a jamais ni le luifant ni le coup-d’œil verniffé, qu’on obferve fur celui de Fuveau.
- Il fe trouve enfin des mines de* très - mauvaife qualité , & dont le charbon ne fert qu’aux fours à chaux. Cette efpece eft moins luifante & plus pefante ; ce que M. Bernard attribue à une quantité furabondante de matière terreufe. Il remarque qu’elle perd très-peu de fou volume en brûlant.
- Le charbon des mines de Manofque eft quelquefois mêlé avec tant de pyrites que , lorfqu’on le détache , il fe décompofe à l’air , en décrépitant, comme dû' fel dans le fer.
- Aux environs du Mont - Efpd la houille eft d’une qualité différente, félon la pofition du local. Elle eft en général d’une qualité inférieure à la houille qui s’emploie dans les fabriques : elle ne fert que pour les fours à chaux. Les quatre veines de S. Martin, de Dauphin, de Voix, font exploitées pour les fabriques de Manofque, les teinturiers, les chapeliers , les tanneurs. Ceux qui brûlent le vin en emploient le charbon avec avantage depuis une quinzaine d’années ; c’eft le meilleur connu dans ce quartier 5 il différé même beaucoup des autres. Selon M. Bernard , il eft plus léger, plus abondant en matière combuftible, & approche fort de celui de Fuveau pour la qualité.. Les ouvriers ont alluré M. Bernard qu’il s’employait aufli avec fuccès dans les forges de Manofque pour les ouvrages les plus grofliers.
- Il eft pyriteux & fe décompofe à l’air , lorsqu’il y a été long - tems expofé. Il fe réduit alors en petits feuillets, fur lefquels fe montrent des cryftaux de vitriol martial, d’alun, de félénite, &c.
- O11 l’a effayé , il y a quelques années , pour les filatures de foie ; les ouvriers prétendent que les entrepreneurs en avaient trouvé le feu trop ardent, & fa vapeur préjudiciable à la foie. M. Bernard attribue ces deux inconvéniens à la mauvaife conftru&ion des fourneaux dont on s’était fervi. Cela pourrait être ; mais la qualité pyriteufe de ce charbon me femblerait une caufe fuiïifante, ou du moins une caufe de plus.
- La [mine de Gande, territoire de Manofque dans le Mont-Efpel même, & qui eft compofée de quatre veines, ne donne que des charbons propres aux fours à chaux , peu différens en qualité des charbons employés dans ces fours fur le bord de Paradis.
- Les mines de Voix , à l’eft de celles de S. Martin & de Dauphin , dans des coteaux, fituées fur le prolongement de la chaîne qui renferme celles de S. Martin, & organifées de même, fourniffent aufli un charbon qui paraît de la même nature; c’eft-à-dire, friable & approchant de celui d’Aîais. Pour le moment, qu’011 n’a pas encore pénétré bien avant, le charbon qu’on en tire eft inférieur à celui de S. Martin.
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- Le charbon de Confegudes à trois ou quatre lieues environ des Mas , n’était b,on que pour les. forges ; ce qui a fait abandonner la mine prefqu’auffi- tôt qu’on a eu commencé à l’exploiter.
- Une mine de houille exploitée vers l’année 1770, à peu près, dans la communauté de Meyronnes, au-deffus du village appelle Stours, vallée de Barcelonette, donnait en abondance des charbons très-gras, parmi lefquels les entrepreneurs prétendent en avoir obfervé qui étaient comme humectés de matière huileufe.
- A Fuveau , l’ouvrier qui détache le charbon de lamine gagne depuis huit jufqu’à douze fols , félon la difficulté de l’extraction. La houille de cette ruine coûte par charge environ quatre fols de plus que celle des autres mines. On la préféré à Marfeille à toutes les autres qu’on y emploie, comme plus compacte, chauffant mieux, comme moins fulfureufe & moins incommode par fa fumée; c’elt peut-être ce qui en hauffe le prix, à moins que la difficulté qu’elle a de Le féparer de la veine n’y foit pour quelque chofe.
- Des charbons de. terre qui s'emploient dans les différentes manufactures de
- Marfeille.
- Le prix de la houille , rendue à Marfeille, varie peu. Le charbon de la qualité la plus médiocre ne vaut jamais moins de trente - fix fols par charge ( de trois quintaux pefant), & le même poids de la meilleure qualité n’elt jamais payé plus de quarante - cinq fois. Le propriétaire des mines n’a qu’une très-petite partie de cette fornme: la variation du. prix de la houille elt toute , ou à fon profit, ou à fon préjudice: le voiturier a vingt-quatre fols par charge.
- La rareté des bois de chauffage à Marfeille , comme aux environs de toutes les grandes villes du royaume, & la cherté qui s’enfuit,ont déterminé, depuis quelques années , plufîeurs fabricans de la ville de Marfeille à fubf-tituer au bois le charbon de terre. On y emploie indifféremment celui de Pépin , de Greafque, de Gardane, de Fuveau , mais entr’autres ce dernier ; Si j’ai reconnu que tous les autres ont, comme lui , une odeur particulière & défagréable.
- Les voifins de ces manufactures fe font d’abord récriés ; le chapitre noble de l’abbaye de Saint - Victor intenta , il y a environ vingt ans, un procès au fabricant d’une favonnerie établie à fa proximité, & dont le fourneau fe chauffait, comme aujourd’hui, plufieurs autres , avec le charbon de terre. Depuis ce tems le voifinage s’y eft accoutumé.
- Tout nouvellement un chaufournier, qui s’eft établi à peu près dans le même quartier, s’eft cru permis, pour fon four, de préférer au bois qui eft trop cher , le charbon de terre. L’adminiftration du chapitre de Saint-
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- Vi&or, & plufieurs habitans voifins de cette abbaye ont porté plainte. Les médecins municipaux, à la requffition de MM. les maire, échevins & aflefleurs, fe font tranfportés fur le lieu , & ont donné leur avis : il s’eu eft fuivi une fentence de MM. les échevins , par laquelle il ejl défendu au chaufournier de fe fervir dorénavant de charbon de terre pour cuire fa chaux. Celui-ci en a appelle au parlement d’Aix.
- La communication que j’ai eue du rapport qui eft la bafe de la fentence de MM. les échevins , me met à même d’en donner ici un extrait. Les conu miflaires paraiifent avoir connaiflance au moins d’une partie de ce qui a été publié en France depuis quelques années fur cet-objet, & qui combat les préjugés fur les émanations du charbon de terre au feu ; ils déclarent être éloignés de regarder l’ufage qu’on peut faire de la houille, avec toutes les précautions & les ménagemens convenables, comme auiîi pernicieux qu’on le penfe communément ; mais ils n’en paraiifent pas davantage regarder les émanations de ce fofiile au feu, comme pleinement juftifiées de tous reproches: ils renouvellent à ce fujet les vieilles préventions que l’expérience, forcée par la rareté & par la cherté des bois de chauffage bannit de proche en proche de toutes les provinces où l’on a pu fe procurer du charbon de terre, & qui fe diffipent en fumée avec celle de tous les atteliers ou l’on brûle impunément de ce foffile ; & ce qu’il y a de remarquable ici, c’eft qu’il y a actuellement dans Marfeille même un grand nombre d’atteliers que l’on peut donner pour exemple. La matière foumife à la calcination dans le fourneau infpecté de l’ordre de MM. les échevins , donne enfuite lieu aux commilfaires d’infifter jfeparément dans leur rapport fur les vapeurs âcres & gazeufes qui s’élèvent des pierres calcaires, lorfqu’on le réduit en chaux ; & les commilfaires penfent que, dans un climat fec & chaud, ces vapeurs font capables-d’augmenter la difpofition des habitans aux maladies dominantes à Marfeille.
- Tel eft en raccourci le rapport des médecins municipaux, dont il réfulte deux conféquences : i^. le four à chaux, chaulfé avec du charbon de terre, doit être prolcrit; 2°. le même four à chaux, chaulfé foit avec du bois,foit avec du charbon de terre, ne peut être confervé à la proximité de la ville.
- Dans la fentence intervenue , il eft feulement interdit au chaufournier de fe fervir dorénavant de charbon de terre. Je me crois permis de placer ici à ce fujet quelques réflexions. (Tuant au charbon de terre, objet unique de la réclamation qui a donné lieu à la vifite des médecins , & à la fentence dans laquelle néanmoins les craintes de ce combultible font éliminées, lî le parlement d’Aix confidere la difficulté qui s’eft élevée, la caufe fera bientôt éclaircie. Elle eft toute inftruite à mon avis. La fumée, l’exhalaifon du charbon de terre en elles-mêmes ne font aucunement préjudiciables à
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- la faute: j’ai en occafion de m’étendre fur cet article dans une lettre imprimée, où j’ai parlé de ce procès. (a) M. Bernard penfe aulîi que cette fumée eft fort analogue à celle du bois , & préfume qu’elle ell incapable de produire des effets plus nuifibles ( b J : le charbon de terre de Fuveau , en particulier, examiné chy iniquement par un artifte de Marfeille, eft difculpé des reproches que l’on pourrait faire à un très-petit nombre de charbons de terre, (c) Ce charbon au furplus, & tous les autres employés à Marfeille, font connus directement parles effets ; on pourrait compter dans cette ville pins de deux cents fabriques , comme chapeliers , raffineurs de fucre , fabri-cans de foufre , de tartre, &c. dont les fourneaux ne ie chauffent qu’avec ce combuftible.
- Le chaufournier, dont Pétabliffement efl: fitué hors des remparts , & par conféquent bien moins à la proximité de la ville que les autres manufactures établies dans l’enceinte même, peut donc uniquement être le fujet de quelques réflexions. Quant aux émanations que donne la pierre à chaux foumife à la calcination & à leurs influences relatives au local , on doit convenir que la vapeur des fours à chaux en feu efl très - incommode , & fe fait fentir très au loin ; mais cette incommodité que l’on obje&e , pourrait n’ètre pas entièrement fans répliqué : je ne fais même fifla doétrine de Preft-ley fur l’air fixe ne pourrait pas être invoquée en faveur de ces feux de fours à chaux. Je crois que ce favant les a confeillés quelque part dans un de fes ouvrages pour purifier l’air des villes. D’ailleurs la côte maritime de cette partie de la Provence, très - chaude & très- feche à la vérité , efl cependant tempérée par des vents continuels , fur-tout par le vent nord oueft cire ins, nommé clans ce pays mïjiral. MM. les médecins de Marfeille font plus à nrième que perfonne de balancer judicieufement ces différentes confidérations, & la chofè en mérite la peine. La vue de l’état floriflànt des différentes manufactures de Marfeille , fource en partie des richeffes de cette ville, qui feraient taries fans la fubflitution du charbon de terre au- bois devenu rare dans-ce canton : cette vue, dis-je, efl fans doute ce qui a déterminé l’académie des fciences, belles - lettres & arts , établie à Marfeille, à prendre le charbon de terre en.confidération comme combuftible, & à tenter ,j en propofant un prix, de fixer les opinions des Marfeillois fur cet objet,
- (a) Lettre à M.. le chevalier de Heuzy, Provence, & imprimé à Marfeille 1779. ancien bourguemaitre deLiege, & ancien (c) M. Jacquart, apothicaire-chymifte miniftre de S. -A. S. près S. M. Très-Chré- de l’amirauté à Marfeille, a envoyé à l’a-tienne. Efprit des journaux , octobre & no^ cadémie des fciences de Paris une analyfe vembre 1779. très-bien faite de ce charbon, laquelle efl
- ( b ) Il s’en exprime ainfi dans !e me- admifeà l’impredion dans le volume.Xd^p n oire qui m’a fourni tout le fupplément Savans étrangers», jour les mines de charbon de terre de
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- comme la faculté de médecine de Paris l’a fait encore nouvellement pour les habitans de Chaillot près de la vüle de Paris , à l’occafion de l’établitîement d’une machine à vapeur, dite vulgairement pompe à feu, à la porte de la Conférence pour élever les eaux de la Seine dans quelques quartiers. On peut voir l’extrait du rapport des commiifaires de la faculté à ce fujet dans la lettre à M. le chevalier de Heuzy. Dans chaque endroit où l’on commencera à faire ufage du charbon de terre , on doit s’attendre à beaucoup de difficultés , à raifon des préjugés : l’état de dépérilfement de nos forêts à la portée de nos grandes villes , doit conduire de proche en proche à l’adoption de ce combuftible , & faire defirer en conséquence l’ànéantiiTement de tous les préjugés qui s’y oppofent mal-à-propos.
- Gonjlruclion de Ici cheminée de cuijine avec tuyaux aériens, de la frégate anglaife le Prince Frédéric, (a)
- Cette cheminée eft faite comme les poêles; elle a feulement de plus, dans l’intérieur , une grille de fer, fur laquelle porte le charbon de terre, & cette grille eft de quelques pouces plus élevée que le fond qui lui fert de cendrier.
- Au-delfous de ce poêle eft une maçonnerie de briques, dans laquelle on place les chaudières deftinées à la cu-iflbiv des alimens.
- Trois tuyaux de cuivre de fix pouces de long & de trois pouces d’ouverture font placés* horizontalement dans la maçonnerie de là cuifine du côté de l’avant, dont les orifices répondent au cendrier de la cuifine; & ayant fait lever des briques du maftif de l*a maçonnerie en-dehors de la cuifine , toujours* en - avant, nous avons trouvé quatre autres tuyaux de deux pouces & demi à trois pouces de diamètre,aufii de cuivre, placés verticalement,dont les orifices font dans une efpece de canal ou auge pratiquée dans la maçonnerie , avec trois réparations ou cloifons dé briques; de forte que chaque tuyau horizontal répond à fon tuyau vertical, excepté l’un des tuyaux horizontaux qui répond à deux autres verticaux.
- Nota. L’auge eft vuide & faite de briques; fon fond eft àuflî de briques & de plâtre, ainfi que tout le contour : elle eft-exa&ement couverte de briques quarrées & plates , maçonnées avec du mortier, appuyées fur le bord de l’auge & fur les cloifons. Les deux premiers tuyaux verticaux font dans la même chambre ; le premier qui eft à bas-bord , & le plus proche de l’âtre de la cheminée ,.defcend perpendiculairement fur le premier pont, ou il eft recourbé & court le long & à côté de l’iloire , jufqu’à l’arriere de la grande écoutille,»
- (a) Achetée en 1749 par la compagnie des Indes de France, vifitée par ordre de la compagnie le 18 novembre 1749, au port de l’Orient, par MM. -BauÜTièr, . Délile-* & Bory.
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- DU CHARBON DE TERRE
- où il eft recourbé, & entre dans l’archi-pompe, où il éprouve une autre courbure pour defcendre perpendiculairement dans ladite archi - pompe, jufqu’à un pied de la varangue. Ce tuyau eft recouvert de jumelles dans toute fa longueur ; le fécond 8c le troifieme tuyau percent feulement le fécond pont & reftent au niveau du bordage dudit pont. Leurs orifices font fermés par une lame de cuivre, percée de quatre à cinq trous, & répondent à la cambufe, lorfque les vivres font dans l’entre-pont pour les voyages de long cours î le quatrième tuyau, qui eft aufli de cuivre, eft au bout de l’auge , du côté du tribord & defcend perpendiculairement jufqu’au fond de cale, & le bout refte dans un entre - deux de membres : il eft également couvert de jumelles.
- Fourneau de Nevocajîle, pour réduire le charbon de terre en braifes nommées cinders.
- Explication de la planche.
- Num. I.
- A , B, C , D, élévation en faqade du fourneau en perfpecftive.
- E, entrée du fourneau qui eft garnie d’une porte de fer.
- Num. II.
- C ,D, E, F, plan ou coupe horizontale du fourneau , prife à la hauteur de la porte.
- H, forme intérieure du fourneau.
- I, porte par laquelle on introduit les charbons dans le fourneau, &par laquelle on les retire quand ils font réduits en cinders.
- Num. III.
- A, B, C, D , coupe verticale du fourneau.
- E, intérieur du fourneau.
- F, H, hauteur à laquelle on emplit le fourneau.
- I , porte du fourneau.
- K, L, cheminée dont l’embouchure Kfe ferme à demi ou en entier avec une brique.
- Num. IV, V, VI, VII, VIII.
- Fourneau dont Je fert M. Kiefmann , minéralogijle de Bruxelles , pour fakz des braifes de charbon de terre.
- 4, plan premier du fourneau.
- f, plan deuxieme.
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- ET DE SES MINES.
- 39i
- 6, élévation du Fourneau.
- 7, coupe du fourneau.
- 8, pian du deflus.
- Nutn. IX , X & XI.
- Elévation en face d'un foyer propofè à Paris en 1780 pour être alimenté au feu de bra'ifes de charbon de terre au Lieu de bois.
- A , A, jambage du foyer de deux pouces de largeur & de vingt-quatre pouces de hauteur, conftruit dans une cheminée de cinq pieds de largeur, & de trois pieds de hauteur fous le manteau.
- B, B , petit manteau de foyer de deux pouces de hauteur , deux pouces d’épaiifeur & vingt-huit pouces de longueur.
- C, C, ligne horizontale ponctuée , qui indique la hauteur de la gorge fii-périeurede la hotte de la petite cheminée ; cette partie peut être plus élevée, fur-tout quand la cheminée eft fujette à donner de la fumée.
- D, D, lignes ponctuées qui indiquent la direction des angles du devant de l’intérieur de la hotte de la cheminée.
- E , E, lignes ponctuées qui tracent la direction des deux angles de la rofie de la cheminée.
- F, bouton fervant à tourner la foupape , laquelle e£t fermée quand le bouton eft en pofition horizontale.
- G, G, ligne ponctuée horizontale, qui indique la pofition & l’étendue de la foupape quand elle eft fermée, (a)
- H, H, les deux jambages de la grande cheminée.
- I, 1, ligne marquée eii points , indiquant la pente delà roftie & l’in-clina,ifon des côtés R, R, & qui répond aux lignes E, ,E.
- L, L, partie antérieure de la grille, compofée de quatre barreaux, non compris le barreau du fond, tous alfemblés dans les montans N, N.
- M, M, manteau de la grande cheminée.
- N, N, montans du chaflis de la grille ; leurs pieds S , S , peuvent être courbés ou roulés en-dehors , afin de rendre la grille plus folide. Ces pieds ont trois pouces de hauteur au-deflous du fol ^ie Pâtre.
- O, petit oreillon qui eft faillant,L dans lafg. num. XI.
- P, petite arcade pratiquée dans le deuxieme barreau de la grille pour introduire le feu.
- Q_, Q_î côtés vuides entre les jambages-H, H , de la grande cheminée
- (û) Cette languette placée ici comme dans l’explication delà figure fuîvante, ne une perfection , eft très-mal imaginée & fauve aucun des inconvéniens de la vapeurx même dangereufe ; fa conftruCtion détaillée nuifible de cette braife.
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- 3S)Z DU CHARBON DE TERRE
- Si ceux A, A, de la petite. Ces places peuvent fer.vir à emmagafiner du charbon d’un côté, & à placer de l’autre les garnitures de fer 5 ils peuvent fe fermer avec des panneaux (impies ou ornés.
- R-, R , côté^ intérieurs du foyer qui s’élargiffent à mefure que la maçonnerie s’élève & que la roftie s’incline.
- Num. X. Profil de la figure fuivante. Num. XI.
- À, D, C, mafïif de la rollie F qui a huit pouces à fa bafe D, C , & fe termine à rien en A , qui a trente pouces de hauteur.
- A , B , axe de la foupape qui tourne en A dans une virole de fer fcellée dans le mur, & fe inet en B par l’olive ou le bouton dont le grand diamètre doit être parallèle au plan du volant de la foupape.
- E, foupape formant un trapefe compofé d’une feuille de tôle affujettie par un rivet & deux petites chappes à fon axe ; on la dirige fur différens degrés d’ouverture au moyen du bouton qui eft au-dehors du manteau de la cheminée.
- F, maiïif de la roftie coupé fur une ligne inclinée de quinze degrés ; dans les cheminées qui auront beaucoup plus de profondeur que celle figurée num. IX & X, il faudra donner une plus forte inclinaifon à la roltie, parce qu’on fera obligé d’avancer la maçonnerie du foyer, pour que la chaleur puiffe fe répandre dans l’appartement.
- G, coupe du manteau de la grande cheminée.
- H, partie antérieure de la grille.
- I, fond de la grille.
- L, cendrier de trois pouces de hauteur.
- M, jambage de la grande cheminée.
- N, partie fupérieure de la hoffe du foyer, qui s’embouche dans la bafe du tuyau de la grande cheminée.
- O , efpace de deux pouces, qui relie libre quand même la foupape E ferait fermée.
- P., partie antérieure de la piece du cadre de la cheminée du foyer.
- CE, portion de la partie antérieure de ce cadre au-delfus du manteau : elle eft inclinée en-dedans pour regagner la ligne de fa-plomb du manteau G de la grande cheminée.
- K, manteau de la cheminée du foyer.
- Num.
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- ET DE SES MINES. Nura. X I.
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- Plan d' 'un plus petit foyer à employer les braifes de charbon de terre au chauffage
- domejlique.
- A, bafe de la roftie qui forme un quarré long de huit pouces fur fept.
- B, B, les deux jambages coupés fur un angle qui aboutit au derrière de la grille G.
- C, C, parties antérieures du petit chambranle de deux pouces de largeur, formant une ouverture de vingt-quatre pouces , fur la ligne ponétuée 1,1.
- D, fond de la grille compofée de cinq barreaux de quatre à cinq lignes, pofés fur leur diagonale , & aifemblés à tenons dans les deux côtés F, F. Cette grille a fix pouces de largeur, vingt de longueur en - devant , & fept fur le derrière en G.
- E, oreillon foudé au premier barreau de la grille pour pofer un charbon allumé.
- F ,F, Côtés du chaffls de la grille.
- G, G , maffif de la bafe de la grande cheminée.
- 1,1, ligne de l’affleurement des deux jambages qui eft à un pouce de la grille.
- Dimenfions de Couvrait de chaufferie ou affnerie dite à l’allemande ou renar-' diere , en ufage à la forge d? Ai^y,
- Du fond au haut de l’aire du côté de la varme, n pouces de hauteur.
- Du fond au haut de l’aire du côte du contrevent 13 pouces de hauteur.
- Du fond au haut du contrevent, côté de faire, 8 pouces de hauteur.
- Du fond au haut du contrevent, côté du chiot * 11 pouces | de hauteur.
- Le contrevent incliné fur la hauteur d’un pouce fur la bâche.
- Du fond à la hauteur de la varme , côté du chiot, 4 pouces.
- Du fond au haut du chiot, 6 pouces , non compris l’épailfeur de la taqut à recevoir les charbons pour la fufion de la gueulé & la fabrication des fers ; cette taque eft ordinairement de quinze lignes d’épaifleur.
- La largeur du fond de la varme au contrevent, côté de faire, 4 pouces; & côté du chiot 15 pouces de largeur.
- Hauteur de la tuyere au fond , 4 pouces.
- Eloignement de la tuyere à faire, 11 pouces.
- La tuyere avance dans l’ouvrage de 3 pouces 3 lignes , & f extrémité de fon mufeau eft à 13 pouces de diftance du contrevent.
- La tuyere eft pofée de maniéré que le vent des foufflets darde horizontalement dans l’ouvrage ; Il la tuyere eft troj? inclinée, la fonte en fuiion Tome XVIII, D d d
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- I) U CHARBON DE TERRE
- refte liquide, ou tout au moins Te forme difficilement enfer malléable.
- Au furplus , la pofition de la tuyere fe trouve aifervie à la qualité des charbons & à celle de la fonte de fer ; enforte qu’il fe rencontre des cir-conlhmces où la tuyere doit être inclinée d’un ou de plufieurs degrés ; d’autres dans lefquelles il convient de l’entretenir horizontalement ; d’autres enfin où il huit qu’elle dirige le vent des foufflets à un ou plufieurs degrés au-delfus de l’horizon : cette derniere méthode donne pour l’ordinaire un fer très - aigre.
- Le foyer monté, on place une taque de fonte fur la taqne de contrevent, qui s’incline fur la bâche, afin de refferrer le feu & tenir les- charbons en refpect, & pour entretenir les grénailles de ham.ecelach, qui fe font détachées des renards ou loupes , lors deTinffant qu’ils feront martelés.
- S’il était poffible de fubftituer à cette taque un corps non métallique & non fulible, la méthode en ferait infiniment plus avantageufe : la taque échauffée coopéré infruclueufement à la confommation des charbons ; il en eft de même de la taque fixée dans la cheminée de la tuyere qu’on fait remplacer par de la brique de tuile.
- Additions pour les mines de Janjac , dans le Vivavais.
- M. l’abbé Girand-Soulavie, qui a obfervé cet endroit voîcanifé, appelle Volcan-la-coupe, regarde toute cette maffe comme un compofé de courans de laves de houille & de laves commencées du volcan. ( a )
- Il a trouvé auffi dans plufieurs quartiers de ce voifinage la houille dit-poiée en lits & en veines dans les enfoncemens, ce qu’il appelle lave ba-falte, couvrir la houille en petite quantité à la vérité , & pofée entre le ba-laite & le fol granitique fondamental : ce qui lé rapporte , comme il le dit lui-même , avec la remarque de M. de Genffane, que les cantons du Vivarais qui ont été volcanifés, forment un alignement prefque parallèle à celui-ci. Cet alignement, félon M. de Genffane, commence à Roche-Maure fur le bord du Rhône , fej dirige vers le mont Coiron , paffe du côté de Janjac , Thueitz, Montpezat, la chartreufe de Bonne-Foi, & s’étend vers Pradelle. Ici cet alignement fe partage en deux branches; la première à droite fe répand vers la plus grande partie du Velay, & fe prolonge au-delà de Clermont en Auvergne. La fécondé prend la gauche vers Langogne, va gagner Cabrilhac , paffe par le diocefe de Lodeve, & defcend dans celui de Béziers, du côté de i’Averne & Vizas , continue vers S. Tiberi, Agde & S. Loup, & fe termine au Fort-Brefcon de la mer Méditerranée,
- (æ) Hiftoire naturelle de la France méridionale, tomeII, page 339.
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- ET DE SES MINES.
- Addition pour la mine d'Anniche.
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- M. le chevalier de Ferruflac, capitaine au Corps-Royal d’artillerie , a trouvé dans la nouvelle foife de cette houilliere l’empreinte que nous avons fait graver, & qui eft défignée par les houilleurs du Hainaut fous le nom de grillage : il remarque (a) que la nature de la fubftance dont eft formée cette empreinte, eft d’argille vitrifiable,d’un gris Bleuâtre,& qu’il y en avait plufieurs appliquées l’une fur l’autre par lames, mais féparées chacune par une couche mince de charbon très-pur.
- La couche de roche, dont elle fait partie, eft tantôt de l’efpece connue fous le nom de quoirelle, tantôt argilleufe, fableufe, à peu près pareille à celle du grillage, & contient quantité d’empreintes végétales toujours tracées & enduites d’une couche de charbon. L’obfervateur remarque à cette occa-fion, que ces empreintes ne font pas uniquement comprifes dans le toit & dans le mur de la veine, ni dilpofées parallèlement au fens de la couche.
- Les mines de charbon exploitées dans le Mont-Efpel préfentent quelques particularités bonnes à connaître.
- Les trois premières couches , éloignées l’une de l’autre de trois toifes , ont à peu près vingt pouces d’épaitfeur : la derniereou quatrième,qui n’eft éloignée de la troifieme que d’un pied, a neuf pouces d’épailfeur, & eft appellée Ion filloon; & celle qui la précédé, ou la troifieme , la mero. Le premier nom eft donné par les ouvriers à toute veine de houille d’une épaiffeur médiocre, & le fécond aux veines d’une épaiifeur marquée, & voifines des Ion filloon.
- On remarque que les mines de ce quartier font embraflees d’un côté par une couche de pierre marneufe qui eft tantôt au midi, tantôt au nord de la veine , & de l’autre par une couche de pierres calcaires. Ce font ces deux bancs que les ouvriers appellent les épaules de la mine ; mais quelquefois c’eft tantôt une pierre marneufe, & l’autre une argille pure : d’autres fois les deux épaules font de pierre marneufe, de pierre calcaire, même de terre argilleufe.
- Dans une partie du territoire de Manofque, appellé.Gande, dans le Mont-Efpel, fur le bord du ruiifeau de Volverane, & à l’eft de celles qui font fur le bord de Paradis, on exploite des mines de charbon tant foit peu élevées au - delfus du fol de Manofque; les veines font difpofées de même, mais elles font plus épaillès, & les épaules font d’une nature différente. MM. Bernard & Gérard, auteurs des defcriptions dont nous faifons ufage, y ont reconnu quatre veines ; la première, la plus proche de Manofque, eft épailfe de deux pieds, la fécondé eft divifée en deux parties par quatre
- (a) Obfervations fur les couches folides & terreufes de la terre. Journal de phyfique, juin, 1780, page 453.
- D d d ij
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- 39* DU CHARBON DE TERRE
- ponces de Ion cajjion ; la troifieme a fept pieds d’épaifTeur_, une des épaules eft pierre nvarneufe de trois pouces d’épailfeur , après laquelle vient une couche d’argtlle de deux ou trois pouces : la quatrième veine placée fous le Ion célefie , a été abandonnée par rapport à l’écroulement de Ton uclum. Il y a une veine de fept pieds, travaillée à vingt toifes de profondeur.
- En travaillant à demi - lieue de Manofque au nord-eft de cette ville, dans un terrein argilldux, pour y cohftruire un aqueduc qui doit porter des eaux à Manofque , il s’eft rencontré de la houille à fix toiles de profondeur, fur le flanc d’un coteau compofé en grande partie d’une argille jaunâtre ; cette houille en couches de fix pouces d’épais, était d’une mauvaife qualité , & a été employée à cuire de la chaux.
- Fabrication d'alun.
- D’anrès tout ce que j’ai fait remarquer fur les mines de charbon de terre de différens pays , on reconnaît que les fchiftes , que l’on fait en général être des mines d’alun plus ou moins riches , (ont particuliérement de cette nature dans les carrières de charbon de terre , indépendamment des efflorefcences fulfureufes, jaunâtres, que M. de la Tourette a obfervées à la mine de S.Etienne qui brûle, & dont il a été parlé ailleurs. Il en a reconnu d’autres de couleur blanche , d’un goût falin & très-ftyptique ; elles font mêlées avec les terres grillées ou ammoncelées en mas & dans les fentes des rochers, faifant corps avec les pierres grillées. M. de la Tourette les a reconnu pour un véritable alun dont la formation eft la même que celle de l’alun de la Solfaterra près de Pouzzol. On fait, ajoute ce favant dans la lettre qu’il m’écrit à ce fujet, que cet alun n’eft point en veine ni contorfe dans des pierres, comme dans les mines d’alun ordinaires. La Solfaterra eft le cratered’un volcan fous lequel le feu agit encore vivement ; l’alun fe forme à la furface du cratere , par la décompofition du foufre que les feux fouterreins volatilifent ; le phlogiftique s’échappe ; l’acide vitriolique fe combinant avec les terres argilîeufes qu’il rencontre, forme de l’alun qu’on obtient par criftallifation , après l’avoir fait diifoudre dans l’eau.
- Il ferait poilible, continue M. de Fleurieu,par des procédés femblables à ceux qui font en ufage à la Solfaterra , de tirer de l’alun de plufieurs pierres & de plufieurs terres qui fe trouvent au - deifus de la mine 8c dans les environs ; il importe uniquement de s’affurer fi la quantité ferait fuffilante pour former les établiflemens néceffaires. On doit fe rappeller en effet qu’à Champagne 8c dans plufieurs endroits on a établi fur des mines de charbon de terre des manufadlures d’alun. M. de Fleurieu me marquait dans fa même lettre que le fieur Glefner, horloger de Lyon , venait d’obtenir, en J773 , un arrêt
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- ET DE SES MINES.
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- du confeil,qui autorife l’hôpital de S. Etienne, propriétaire des mines em-brafées, à louer au fieur Glefner pour foixante années les terreins brûlés, & y établir une manura&ure d’alun. La Gazette d’agriculture (a) annonçait auiii cette exploitation , en faiiant obferver que cette vapeur de la mine, qui y forme l’alun, eft telle que les mêmes pierres pulvérilees & leilîvées pour en extraire l’alun , s’imprégnent de nouveau d’une grande quantité d’acide 'vitriolique, en les expolant dans les endroits de la mine d’où la fumée fort le plus abondamment,
- M. Monnet, en obfervant que le charbon de terre fournit de l’alun , à raifon de la pyrite qui y eft communément répandue , fait une remarque très-importante pour les perfonnes qui voudraient fe livrer à ces entreprifes. L’alun de ce fchifte charbonneux eft rarement ou jamais allez pur, ni alfez cryftal-lifé à la première fois. Il exige une purification extérieure par la diAblution de fes cryftaux, dans une lubrifiante quantité d’eau i on la fait bouillir, on l’écume à la fiuperficie, on la fait couler dans un baquet ou tonneau, dans lequel elle fe cryfiallife. Après cinq ou fix jours de repos, on obtient l’alun en mafle de la forme du'vaiifeau, dans lequel on l’a laide léjourner, on le brife en morceaux, on le porte égoutter fur un plancher pareil à celui que l’on conlfruit dans les manufactures de vitriol.
- En 1780, dans le mois de juillet, on écrivait de Cette , qu’on y éprouvait d’une maniéré fienfible & fatisfaifiante combien cette fiubftitution au bois qui s’employait auparavant, était avantageufe pour la diftillation des vins & des efprits. Ces avantages ont été aulîi reconnus dans tous les environs du pays de Lavaur, où cette diftillation ne fie fait plus autrement. 11 en réfiulte une diminution dans le prix du bois, qui de 1.8 à 20 fols le quintal qu’on le vendait, environ deux ans auparavant, ne fie vend plus que 12 à 13 fols.
- A Cette, on a calculé que la confiommation du bois pour cette partie, le portait pour ces objets feulement, avant l’époque de l’introdudlion de la houille , à plus de 400,000 quintaux , faifiant 1 fooo charretées de 30 quintaux chacune. Si l’on ajoute à cette confiommation celles des verreries, lavon-neries , raftineries, teintures, & tant d’autres fabriques qui ont befioin de feu , l’on juge de l’énorme confommation qui fe faiiait de bois.
- M. Bernard , dans fou Mémoire qui a remporté le prix propofé par l’académie de Marfeille , a parcouru fur le même plan que M. Venel les différens arts auxquels on peut appliquer avantageufement le feu de charbon de terre. L’auteur a mis à profit avec beaucoup d’intelligence les expériences directes , qu’avait fait le chymifte , & donne de très-bonnes vues fur les modifications que les circonftances du local, & l’état des fabriques de Provence peuvent indiquer.
- (a) Du 14 mai 1774» page 30g.
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- DU CHARBON DE TERRE
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- Avis pour la fonte de la mine de fer, & pour les forges d*affinage dans les
- hauts fourneaux.
- cc Pour la fonte on avertit MM. les maîtres des forges, qu’il faut com-„ mencer à mettre le fourneau en feu avec du charbon de bois ; que huit M jours après on peut mêler un fixieme de charbon épuré, un quart huit „ autres jours après, & moitié à la troifieme huitaine : à 62 degrés la fonte „ coulera en un tiers moins de tems qu’avec le charbon de bois feul, & une „ mefure de charbon épuré tiendra lieu de trois mefures de charbon de bois ; „ ce qui donne une économie de tems & de matières. „ Voyez, à ce fujet, Part d’exploiter les mines de charbon de terre.
- Quant à l’affinage, il y a deux maniérés d’opérer. ct De deux feux qui „ font dans une forge, l’un ne doit être employé qu’à former la loupe ou le 3) lopin , & l’autre à l’affinage.
- „ Le feu deffiné à former la loupe ou lopin doit être compofé de deux tiers M de charbon épuré & d’un tiers de charbon de bois.
- „ A l’égard du feu d’affinage , il peut être tout en charbon épuré, fans M aucun mélange de charbon de bois. „
- L’importance de pouvoir par ces braifes obvier à la difette des bois, dont fe trouvent menacées prefque toutes les forges du royaume , a déterminé des expériences réitérées dans les mois de février & mars 1780, dont les réful-tats ont été publiés féparément avec des remarques, dans un imprimé intitulé : Avis aux maîtres de forges. (a)
- Expérience faite à la forge de Halberg, dans la principauté de Naffau-S aarbruck.
- Le procès-verbal de cette épreuve a conftaté que l’on a fait d’excellentes fontes ( b ) avec trois cinquièmes de charbon de bois & deux cinquièmes de charbon épuré, avec deux cinquièmes de charbon de bois &c trois cinquièmes de charbon épuré, avec quatre cinquièmes de charbon épuré & un cinquième de charbon, enfin avec le feul charbon épuré.
- On a remarqué néanmoins que les fontes faites avec le feul charbon épuré, félon l’ufage des Anglais, & même celles faites avec quatre cinquièmes de ce charbon, n’étaient pas propres à être affinées, mais lèulement à refter'èn nature de fontes i que les fontes coulées avec trois cinquièmes de charbon épuré & deux cinquièmes de charbon de bois, n’ont donné qu’un fer commun j mais que les fontes coulées avec trois cinquièmes de charbon de bois , deux cinquièmes de charbon épuré , ayant été affinées au charbon de bois,
- ( a ) Quatre pages in-40, avril 1780.
- (£> ) La nature de la mine de fer n’eft pas indiquée.
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- ET DE SES MINES.
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- bois, ont' rendu de très - bon fer nerveux, particuliérement du fer dentelé . de la femelle à fer-blanc, du fer de martinet à bandes, & tout ce qu’il eft poffible de forger avec le fer provenu de fontes coulées avec le feul charbon de bois.
- Il eût été à defirer que cet affinage fe fût fait auffi avec partie de charbon de terre & partie charbon de bois.
- Mais cette tentative n’a pu réuffir même avec le mélange de moitié charbon de bois & moitié charbon épuré.
- Le procès-verbal porte que la loupe n’a pu fe former : la raifon qu’on en donne , eft que le charbon de terre épuré , n’étant pas li léger & ne fe con-lommant pas fi vite que le charbon de bois, il fe mêle dans le fer, & l’empêche de fouder.
- Sur cette première épreuve , il a été fait différentes obfervations.
- La première, que fi les Anglais n’ont par réuffi à affiner les fontes coulées avec le charbon de terre épuré , cela provient peut-être moins de l'imperfection de leur préparation que de ce quils emploient ce charbon feul & fans mélange de charbon de bois.
- La fécondé obfervation , que fi , dans l’épreuve faite à Saarbruck pour la fonte de la mine on a adopté le mélange de charbon de bois, afin de modérer l’ardeur du charbon de terre épuré, on n’a point encore connu le degré de chaleur de ce charbon , dont une mefure remplace trois raefures de charbon de bois à volume égal.
- La troifieme, que ce mélange eft abfolument néceflaire, foit pour la fonte , foit pour l’affinage ; mais que pour réuffir dans l’une & l’autre opération, il faut être extrêmement avare de charbon épuré, & ne l’employer que dans les proportions fuivies lors des épreuves faites à S. Dizier, dont voici le procès-verbal, accompagné auffi de remarques.
- Procès - verbal d'expériences faites a la forge du Clos - Monder, prés S. Di fier en Champagne, {a )
- “ Ce jourd’hui, 17 mars 1780, M. Caronge des Bornes, maître des „ forges de Guengorfar en Charolais, intérefte dans la compagnie d epure-M ment des charbons de terre de France, & adminiftrateur de celles de la prin-
- cipauté de Nafiau - Saarbruck , demeurant à Paris, rue de Tournon-, „ s’étant tranlporté à la forge du Clos-Moutier près de Saint-Dizier chez
- (æ) La mine de fern’efl: point indiquée gnon prétend qu’elles font toutes,ainfi que pour fon efpece. M. Rouelle penfait que les leurs analogues , produites par la deftruc-mines de fer de Champagne étaient des tion des pyrites martiales. Mémoire fur la mines par tranfport & par dépôt. M. Gro» formation des mines de Champagne, p. 20.
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- T) U CHARBON DETERRE
- ’3> M. Contenot, propriétaire de ladite Forge, à l’effet d’y faire l’épreuve des 55 charbons épurés pour la fonte & l’afÇnage des fontes, il y a été procédé „ en préfence de MM. les propriétaires & maîtres de forges des environs de 53 S. Dizier, invités à cet effet par mondit fleur Contenot, & de la maniéré 53 fuivante : „
- cc Les charges ordinaires du fourneau du Clos-Moutier , étant de neuf 5, à raifon de fept rajfes ( a ) de charbon de bois, & onze à douze couches ( b') „ de mines, d’où il réfultait toutes les douze heures une gueufe d’environ „ deux mille livres. Ces mefures ont été changées , le charbon de bois a J, été réduit à trois rades ; & pour tenir lieu des quatre autres, il a été mis ,3 feulement deux raffes de charbon épuré, dont la chaleur s’eft trouvée affez 53 considérable pour fupporter jufqu’à treize couches de mines , au lieu de 53 la charge ordinaire de onze à douze couches.
- 33 Ce procédé continue à rendre des gueufes & de très-belles fontes, depuis 53 2000 jufqu’à 2200 & 2300 livres pelant. „
- „ Le 2i , deux de ces gueufes qui ne pefaient, l’une que ifoo , & l’autre „ 1300 livres, à caufe des plaques qui avaient été coulées avec , & qui avaient „ diftrait une partie de la fonte, ont été affinées au feul charbon de bois & „ toutes les bandes qui en font réfultées, ayant été mifes féparément, foit pour 3, reconnaître la qualité du fer, foit pour en conftater le poids, eu égard à la „ qualité ordinaire des fers provenant des fontes coulées au feul charbon de 3, bois, & de leur produit en fer,il a été unanimement reconnu que les fers „ étaient de bonne qualité; que vingt-une bandes produites par la gueufe pe-„ fant 15-00 livres, ont rendu 113 f livres de fer, au lieu de 1000 livres qu’on „ a coutume de retirer d’un pareil poids de fontes; & que dix-fept bandes j, produites par la gueufe pefant 1300 livres ,ont rendu 958 livres, au lieu 3, de 866 livres deux tiers, qu’on en obtenait ordinairement.
- ,, Le 22 , une troifieme gueufe coulée avec pareille portion de charbon de „ terre que celle ci - deffus annoncée, a été affinée en partie avec moitié „ charbon de bois & moitié charbon épuré; c’eft-à-dire, que la quantité de a, mefures de charbon de bois , que l’on a coutume d’ufer pour faire une 3, piece , a été divifée en fix mefures : trois de ces mefures ont été feulement ,, employées ; 8c pour tenir lieu des trois autres, il a été uniquement mis une >9 mefure de charbon épuré, du pareil volume que l’une des trois de charbon a, de bois, & qui a elle feule produit autant d’effet.
- „ Le fer qui a réfulté de cette fonte, a d’abord donné beaucoup de peine
- (a) On a omis le poids de la rafle dans charbon ; au fourneau d’Unville qui en efl cette forge; elle varie dans les provinces, voifin, elle pefe 42 livres & demie, comme il a été dit. Au fourneau Bayard, ( b ~) â voir du quel poids eft la couche,
- près Saint-Dizier , elle pefe 46 livres de
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- j, aux forgerons, puis ils font parvenus à faire de très-bon fer, qui éprouvé, „ foit à la fonderie , foit à la forge, a donné de très - belles verges & d’excel-„ lens fers à chevaux. „
- t£ Le 23 , M. le Blanc, propriétaire des forges du Builfon , qui avait affilié ,, à ces différentes opérations , & qui n’a cefle , ainlî que fon commis , d’aider „ de leurs lumières les différens ouvriers employés à l’épreuve , ayant defiré „ les continuer dans fès propres forges , en faifant affiner* avec moitié charbon ,, de bois & moitié charbon de terre , dans les proportions ci - delfus , une ,, gueufe coulée au charbon de bois : M. le Blanc nous a fait le rapport qu’il ,j était réfulté d’excellens fers, propres à tous les ufages, „
- Fait & drefle, pour fervir ce que de raifon. Signé , Contenot. Le Blanc du Buisson. Contenot de Montreuil. Bourgeois de Richemont.
- CLEMENT DE MaRNAVAL. Le COMTE DE BlENVILLE. Le PAGE. CARÜNGE
- des Bornes.
- Ce procès-verbal annonce , comme on le voit, quatre- fortes d’épreuves. ( c’eft toujours le rédacteur de l’avis qui parle. ) La première, des fontes coulées avec trois rafles de charbon de bois & deux de charbon de terre épuré, qui ont tenu lieu de quatre autres rafles [de charbon de bois, que l’on avait coutume d’employer.
- Dans cette opération , une mefure de charbon épuré ne repréfente que deux mefures de charbon de bois j mais le fourneau ayant fupporté une plus grande quantité de mines, le charbon épuré a toujours produit l’avantage d’une mefure contre trois.
- Les charges des fourneaux different fuivant les formes ; mais quelles qu’elles foient dans une forge , la feule maniéré d’employer le charbon épuré dans un fourneau , c’eft de former fix mefures égales en volume du charbon de bois que l’on eft dans l’ufage de mettre pour chaque charge ; de n’employer que trois de ces mefures ; & de remplacer les trois autres avec une mefure de charbon épuré, d’un volume égal à l’une des trois mefures de charbon de Lois.
- Il faut éviter de mettre cette mefure de charbon épuré dans le fourneau, ou la première, ou la derniere avec le charbon de bois; ou même dans le milieu, parce que quand elle arrive feule au bas du fourneau , elle y relie trop en mafle;mais, à mefure que l’on met les trois paniers de charbon de bois , il faut les entre - mêler de la mefure de charbon épuré.
- On doit même obferver, lorfque l’on met un fourneau en feu, de le faire aller au feul charbon de bois les huit premiers jours, avant que de commencer à fe fervir du charbon épuré.
- La deuxieme épreuve a été d’affiner au charbon de bois des gueufes coulées avec partie de charbon de bois, & partie de charbon de terre, comme il a été pratiqué à Saarbruck.
- Tome XVlll.
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- La troifieme épreuve a été d’affiner avec partie de charbon de terre & parti* de charbon de bois, des fontes coulées au feul charbon de bois.
- Enfin la quatrième épreuve, & la plus eflentielle,a été d’affiner avec partie charbon de terre & partie charbon de bois , des fontes coulées auffi aveo i’un & l’autre charbon, en obfervant l’économie du charbon de terre, dans la proportion indiquée.
- Prefque la totalité des forges du royaume font aujourd’hui montées en renardière. Il en refte très-peu qui travaillent en affinerie & chaufferie.
- Dans les unes comme dans les autres, l’affinage peut fe faire avec partie charbon de terre, & partie charbon de bois, dans les proportions ci-deffus indiquées. ^
- Dans une renardière , il faut d’abord faire une première loupe avec le feul charbon de bois 5 & lorfque la piece efl: foudée, la rapporter à la renardière. C’eft alors que l’on peut commencer à faire ufage des trois mefures de charbon de bois avec la mefure de charbon épuré , reprélèntative de trois autres mefures de charbon de bois.
- Voici la maniéré d’en ufer : H-tôt que votre première loupe mife en pièces efl: rapportée fur la renardière , & que la fécondé loupe va commencer, mettez fur-le-champ la mefure de charbon épuré , elle accéléré la fufion de la gueufe; & pour achever l’ouvrage, n’employez que vos trois mefures de charbon de bois, qui ayant’moins de chaleur que le charbon épuré, opéré plus facilement la formation de la loupe.
- Le procédé efl le même pour les affineries. A l’égard de la chaufferie, oà l’on achevé la piece qui n’a été faite qu’à demi à l’affinerie, on peut n’ufer que de charbon épuré fans mélange de charbon de bois ; à moins que dan* cette chaufferie, on n’y faffe auffi des loupes , nomme cela fe pratique dans quelques forges ; auquel cas il faudrait n’y employer le charbon épuré que dans les tems & proportions ci - deffus indiquées.
- Mais il y a lieu de croire que l’ufage des charbons de terre épurés achèvera de faire détruire ce qui relie des forges en affinerie & chaufferie , fi l’on en vient au point de reconnaître que le travail fe fait mieux & avec plus d’é.co-nomie de charbon dans les renardières, fur-tout avec partie charbon épuré » qui accéléré l’ouvrage d’un lixieme.
- M. Contenot, chez qui fe font faites les expériences, a pris ce parti, & il va faire un fécond marteau , parce que le charbon épuré chauffant plus vite que le charbon de bois , un feul marteau pourrait fuffire à trois feux en renardière. Peut-être trouvera-t-on par la fuite le moyen d’employer le charbon de terre épuré & fans aucun mélange de charbon de bois ; mais quant à préfent, il réfulte toujours, d’après le procédé indiqué, une très-grande économie pour les forêts du royaume} en employant le charbon épuré. Cet
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- avis imprimé annonce que déjà plufieurs maîtres de forges de S. Dizier ont traité pour fix années; que d’autres ont donné leur parole; qu’enfm ceux de Normandie, à la veille de manquer de bois , demandent des épreuves dans les forges.
- Le rédacteur de cet- avis préfume que ces exemples feront fuivis dans toutes les provinces du royaume , même à prix égal. Les raifons de fon attente font que , i°. il y a peu de maîtres de forges qui ne foient dans le cas de chommer quelques mois de l’année par la difette du charbon de bois , & qu’à la faveur du charbon de terre épuré, ils tireront tout l’avantage de leurs ulines ; 20. que leurs fers travaillés à ce feu , étant de meilleure qualité, ils en obtiendront un prix plus fort; 30. enfin qu’avec ce mélange de charbon épuré, on obtient un dixième de fer de plus, qu’avec l’ufage du charbon de bois feul.
- Je crois inutile de m’étendre davantage fur cet article , qui occupe aujourd’hui avec raifon & les physiciens, & les maîtres de forges. Les expériences nouvellement faites à Breteuil, chezM. le Vacher, où s’étaient exécutées celles de M. le comte de Stuard, donneront de nouvelles lumières , foit que ces expériences réuffilfent, foit qu’elles ne réuffifl’ent pas. (a) Je finirai feulement par quelques obfervations qui font venues depuis à ma connailïance.
- Réflexions fommaires fur cet avis.
- Un maîtrô de forges , jugé avantageufement par un de Tes collègues, que je fais être très - inftruit dans la partie, trouve que cet avis aux maîtres de forges, dont nous venons de donner un relèvement, renferme des alfertions tendantes à conferver des préjugés nuifibles au progrès de l’art des forges , & de la derniere perfection de la méthode qu’011 cherche d’employer les charbons de terre à la fonte & à l’affinage des fers. Cet artifte, qui me paraît s’être occupé de tout ce qui eft relatif aux forges , n’imagine point que l’emploi de ces braifes puilfe être auffi général qu’on pourrait le croire , quoiqu’on lui ait alfuré ( par une lettre du 12 avril 1780) que dans la Champagne & dans le Maine, on les emploie avec tout le fucces poflîble dans les fourneaux , les ajflneries & les chaufferies. Voici en abrégé ce que penfe fur cet objet ce maître de forges, dont les Mémoires ont été remis à M. le dire&eur général des finances. L’auteur m’a communiqué des deffins explicatifs.
- Relativement à la façon de travailler dans ce qu’on appelle renardière, il ne l’effime point avantageufe à la qualité du fer; il la juge au contraire fort préjudiciable pour l’économie. L’avantage ell du côté des affineries ; les renardières néceffitent une plus grande confoinmation de charbon, une moindre
- (a) Il eft à préfumer qu’on s’empreffera de les rendrepubliqu.es, fur-tout fi elles ont réufli. - - .
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- fabrication , en s’oppofant par la fouftraélion des matières réfradtaires, & par la deftruétion des matières analogues , à la perfe&ion dont le fer eft fufceptible par un bon affinage. En un mot, cet artifte penfe fermement qu’avec la méthode publiée par la compagnie, on ne parviendra jamais à tirer du minerai tout le métal qu'il contient, & de la qualité dont il doit être.
- Il ne peut fe perfuader qu’il ne faut rien changer aux dimensions des fourneaux, fondé fur ce que la différence des deux efpeces d aliment en doit indifpenfablement néceffiter une dans les moyens de l’emploi, & doute abfo-lument que, fans ce changement, on puiffe parvenir à ce qu’on cherche.
- Utilité de Vemploi des braifes de charbon de terre pour l'affinage.
- A Paris, on a commencé la fonte de l’or, de l’argent & du cuivre, avec le charbon épuré feul. Le fuccès qu’il a eu , a déterminé l’affinage de la mon-noie & plufieurs fondeurs à en faire ulage , à caufe de l’économie du tems & de l’économie de la matière , qui font confidérables. La chofe parait démontrée par l'opération qui fuit. '
- On a mis dans des creufets égaux cinquante mannes de chaux d’argent î on les a placés dans des fourneaux d’égal diamètre; on a chauffé l’un avec le charbon de bois, & l’autre avec le charbon de terre dit épuré. La fonte s’eft faite dix minutes plus vite avec ce dernier. L’expérience a été répétée cinq fois avec un fuccès égal. Pour les cinq opérations , on a confommé dix-neuf boiffeaux de charbon de bois, & feulement quatre de charbon de terre épuré. Les rapports pour la dépenfe font comme deux livres huit fols à huit livres quatorze fols fix deniers.
- Etat des couches qui fe rencontrent fur une veine de charbon de terre, dans la
- paroiffe de Critche, & dans d'autres quartiers voijins, à dix milles au nord
- de Derby , dans l'étendue ctun demi - mille. Ça)
- Une couche de clay courant du nord au fud ; fa largeur de l’eft à l’oueft eft préfumée peu confidérable. Elle varie en épaiifeur depuis deux aunes jufqu’à vingt, étant couverte à l’endroit où elle vient gagner la fuperficie, d’une clay rougeâtre; mais à une plus grande profondeur on trouve une fubftance femblable à Vhumus , épaifle d’un pied.
- Une clay rouge, de confiftance ferme , ayant environ une aune d’épaiffeur.
- (a) Cet état eft traduit de l’Hiftoire gille, qu’il nomme argilla indurata Der-des foffiles, par Acofta, feft. i, membr. i , bienjts, XVIII. Cronch lohite chai in Ber-page 42, parmi les éclairciftemens furl’ar- bishire lijier.
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- Dans plufieurs puits où l’on fouille la clay, fur-tout dans l’endroit où l’argille eft mêlée avec un fable rougeâtre, on rencontre des maii'es détachées de poul-fier de pierraille, grit Jlone, caftantes, couchées horizontalement.
- S haie, dont fépaiiieur varie fuivant la profondeur de la couche de clay. Ce fhale, à mefure qu’il eft plus profond, devient plus dur, & le forme en plus grandes couches, qui prennent un caractère du fchijlus terrefïris niger carbonarius, nommé plate dans les mines de Durham & de Newcaftle. Quand les flrata placés au-delfus font de coniiftance lâche & molle, il s’imbibe des eaux de fources & de torrens, qui, en détrempant les parties ocreufes martiales (a) dont il eft fans doute imprégné, lui donnent alors une teinte jaunâtre. Il eft fouvent entrelardé de rognons globulaires àüiron jlone.
- Charbon, dont fépaiiieur variée depuis un pied jufqu’à trois quarts d’aune , va en augmentant à mefure qu’il s’enfonce en terre.
- Efpece d'iron jlone rouge d’environ fix pouces d’épais.
- Clay renfermée entre deux couches diftincftes , dont la fupérieure eft pier-reufe , noirâtre , pefante , de même qualité que la clay, & dont i’épaiifeur eft d’environ demi-pied. La couche inférieure , foal^ paraît être une fubftance femblable. La bande de clay intermédiaire varie elle-même en épaufeur qui a été reconnue depuis un pied jufqu’à trois quarts d’aune.
- Notes pour le mot claie , tome VI, page 463.
- Marne ou plutôt argille, ainfi nommée dans les mines de charbon d’Angleterre , formant pour l’ordinaire la couche fupérieure de la terre. On a vu par Vétat minéralogique de ces carrières dans la Grande-Bretagne, que la fin elfe , Ja qualité on&ueufe, la couleur , la coniiftance des clay s , eft variée à l’infini, & produit des efpeces nombreufes. Nous avons tâché de les faire connaître à leur place. Nous ajouterons à ce qui en a été dit, ce que nous avons pu trouver encore de, relatif à cette forte d’argille.
- Pour peu que la clay fe rencontre en couches de peu d epailfeur, fa con-fiftance en général n’eft point légère, ni fon tifon lâche. Lorfqu’elle forme des couches de deux à huit aunes d’épailfeur, elle eft compa&e , folide, gradé & onétueufe au toucher. Cette épailfeur eft plus confidérable en Sommerfet & au pays de Durham , dans quelques endroits , toute clay pefante & fermé eft nommée Jliff.
- Quant à Les variétés, fauteur du Treatife upon coal mines en diftingue jufqu’à cinq.
- (a) Ocra rufo-flava, Acojl. très-corn- ties du nord de l’Angleterre, ainfi qu’en mune dans les galeries de plufieurs mines France & ailleurs, de charbon de Cumberland , & d’autres par-
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- i°. La clay bleue & grade, comme en Sommerfet.
- 2°. La clay fine, de couleur bleue , argilla plajlicaparticulis fubtilioribus.
- 20. Clay bleue ou bleuâtre , ferme & compacte , plus ou moins ondtueufe au toucher, & difpofée en couches fîtuées à une profondeur aifez conftdé-rable. Dans lg^ Stalïbudshire elle forme une couche remarquable.
- Dans le voilinage de Dudley , dans quelques mines de Sommerfet, de même que dans le nord de l’Angleterre, elle fe tro-uve eu couches fuccelTives depuis la fuperftcie. En Sommerfet, elle eft eftimée indice du voilinage de charbon toutes les fois qu’elle forme dès la fuperficie un Jlratum très-épais. On y rencontre des impreliions de plantes ; il fe trouve quelquefois , foit au-deifus foit au - delfous du charbon , une clay de couleur brunâtre foncée , avec un mélange làbleux.
- 4°. Clay blanchâtre , communément appellée cray crétacée.
- 5 e?. Clay jaunâtre , qui fe trouve en moindre quantité que la clay bleue.’
- On doit ajouter à ces variétés, ou renfermer dans ce nombre,l’argille compacte & douce , qui fe trouve dans plulieurs mines d’Angleterre , & qui dans celles de Dudley & du voifinage de Litchefteld eft appellée en langage de mines clunch, clurn, dont on en a vu quelques-unes dans les états minéralogiques de la Grande - Ilretagne. ( a )
- Potters clay , terre à potier. L’auteur eftime les meilleures celles qui fe trouvent près des mines de charbon ; toutes les potters clays font nommées throwing day, terres à tourner, parce qu’elles font plus compactes, propres à ces fortes d’ouvrages ; c’eft en quoi elles different d’un autre genre de clay nommée slips ? qui à caufe de leur texture plus friable & plus lâche, font terres courtes.
- Potte clay, terre à bouteille , d’une couleur claire blanchâtre , tirant fur le jaune.
- Hardfife clay, terre réfiftante au feu, de couleur blanchâtre , plus obfcure, mêlée d’un jaune foncé, fervant aux marchandifes noires.
- Red blanding clay , clay rouge, douce au toucher.
- White clay, clay blanche, quoique de couleur bleuâtre, fervant aux marchandifes jaunes, parce que cette couleur eft la plus chere qu’ils emploient.
- L’efpece de clay nommée slip, employée à peindre les marchandifes, eft: d’une nature telle qu’étant mêlée avec de l’eau, cette eau prend une confif-tance oléagineufe où iïrupeufe, au point qu’étant mife dans un feau, elle palfe au-travers d’un tuyau de plume. On en diftingue de trois couleurs.
- i°. Orange slip, slip de couleur orangée.
- 2°. White slip, slip blanche.
- ( c ) Robert Flot, dans fon Rijï. nat. du comté de Stafford,
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- 39. Red slip, slip rouge.
- Les clays étant communément fableufes, forment fouvent un genre de clay connu fous les noms de loam ou malm , dont une partie brunâtre, & d’autres de couleur bleue, rangées en couches épaiifes, très-compa&es & très-pefantes , à caufe des parties depebble & de flint, dont le gravier eft rempli.
- Dans les vallées ou dans les bas-fonds, dans lefquels le charbon fe trouve à découvert aux environs de Charmagna , la furface eft un fol rouge, qui à la première ou à la fécondé fpit dégénéré en marie.
- Il eft aufîi un fol rougeâtre, qui fe termine promptement en loam dans quelques collines en-deqà de Newcaftle, & dans le voifinage defquelles on trouve beaucoup de couches de fable & de ramfione, qui étant calciné , forme le Urne jlone.
- Ce loam , ou terre en partie clayeufe en partie fablonneufe , fe trouve fou-vent aux environs des charbons. Acofta en diftingue plufieurs efpeces, employées la plupart comme terres à brique , & dont quelques-unes font appelles par Hill thranflomichtes, par d’autres glilchtomichies.
- Les malm remarquables font les fuivantes :
- Fire earh , terra mifcella , luteo fufca , dura. Acofta 1 , p. 11 2. Thranfio-michtes fiavefcens , dur'wr & afpera. Hill. Hift. foff. n°. 4., p. 423.
- Penny earth de Northampton, appellée à Londres ÎVindjbr loam, parce qu’il en vient de couleur rouge , du voifinage de 'Windfor. Terra mifcella fufca, Acolt. 11, p. 113. Thranflomichtes durifiima fufca. Hill. n°. 6, p. 426.
- Sonp earh. Steatites qui fe trouve dans les mines de charbon. V. Sonp fop féal, p. 308. Les talcites des environs des mines de charbon de S. Chaumont' font une efpece de Jleatites.
- Addition pour le fupplèment du catologue alphabétique.
- Basalte. Pavé, chauffée des géans. Peire-Ferran en haut-Vivarais. Peires-Ferrogues dans le bas - Vivarais. Bafaltes fcrrei coloris & duritiei. Plin. Plift. nat. lib. 36, c. 7. Bafaltes lapis qui angulis confiât, minimum quatuor, pluri-mum feptem. Conrad. Gefn. de fig. lapid. p. 20. Bafaltes lirais refificns, fumme durus, variis in locis Germanice repertus. Em. Konig, Reg. min. p. 295* Bafaltes ferreï coloris & duritiei lapis , marmori congener, in longiufculis fruflis ba-culifque crefcens. Mich. Bern. Valent. Marmoro -proferon nigrum , columnare & polygonum. Bafaltes mifcuus diclus. Eram. Mendès d’Acofta. Hift. nat. of fofi* fils , p. 261 , lium. 2. Marmor nigerrimum, duriffîmum , columnare , quod bafaltes & lapis lydius antiquorum. Hill. Hift. of foflil. Bafaltes feu bafanus, atri marmoris genus. Boet. de Boot. de lapid. & gemm. 2. cap. 327, p. 496. Cryfiallographie, par M. Rome de Lisle, elpece 1, p. 24.6. Voyez Mine de Janjac.
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- Schorl , ail. fchoerl. Cookie. Coll. an.
- Schirl ^all. Skiorl,///. Genre de bafalte en petites mafTes de différentes couleurs. Bafaltes feu borax lapidais , columnaris , politus , pyramidibus tri-queflris. $yft. liât. edit. XII. Stamnum cryflallis columnaribus nigris. Syft. liât, edit. IX. fol. i$. Bornais cryflallifatus ,ptifmaticus , laterlbus inordinatis, 'Wall. Smeciis cry flallifatus , cryflallis oblongis irregularibus, Caft. min. Bafaltus cry flallifatus. Conft. min. §.7^. Roche de corne cryftallifée. Wall. Cryftallo-graphie, par Rome de Lisle, elpece 11 , p. 26t. Pierre tantôt opaque , tantôt tranfparente, dont le grain eft plais ou moins fin & ferréd’une texture fouvent lamelleüfe ou fibreufe, quelquefois graveleufe, aifecftant différentes formes, dont la prifmatique eft la.plus ordinaire.
- Chauffée , pavé des géans, an. Voyez Bafalte.
- Cornais cry flallifatus. Voyez Schorl.
- Cockle. Coll. Schoerl, an. Voyez Schorl.
- Schir , ail. Schoerl, an. Voyez Schorl.
- AVIS A U RELIEUR.
- Il fera attention à la réclame ci - bas, & ira de réclame en réclame jufqu’à la fin du Charbon de terre & de fes mines ; après quoi il placera la Nouvelle Méthode pour divifer les inflrumens de mathématiques , &c. enfuite la Defcription d'un microfcope, qui terminera le volume.
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- Mu
- ADDITIONS.
- E n t re p ri s e formée en 1779 à Paris £*? dans tout le royaume , pour appliquer au chauffage domejlique en particulier les braifes ds charbon de terre.
- Seconds, fuite des tentatives exécutées dans les fourneaux des forges d Aipy.
- jLes tentatives exécutées fous la dire&ion de M. le comte de Stuard n’avaient pas eu de fuccès; il eût été déraifonnable d’en tirer aucune conféquence contre Pefpoir ou la poiîibilité de meilleures réuilîtes : aulii la fabrication des braifes fe continuait-elle. La choie était au point que, dès l’année 1778 , une nouvelle compagnie fe trouvait en état d’en fournir à des provinces, (a) Cette compagnie inllruilàit le public qu’elle fe çvo'poWirt diapprovifionner de ces charbons tous les pays qui fe trouvent entre le Rhin , la Sarre & la Mofelle. On y prévient ( b ) que cette préparation ef le fruit de dix années de travail, d’épreuves réitérées, qui ont conduit a la découverte de ce fecret. ( c )
- Ce que j’ai dit en 177^ , en traitant des mines de charbon d’Angleterre, où j’annonçais que je m’arrêterais en particulier à ces charbonnières , l’hif. toire que j’ai donné en 1777 de tout ce qui a rapport à cette méthode, (oit à feu clos , foit à l’air libre, (d) donnent à juger de j’alfertion avancée dans le projpe&us que je viens de citer; elle parait cependant avoir été la bafe de l’obtention d’un privilège exclulif, accordé en 1778 , pour l’efpace de quinze années, à J. P. Ling natif de Saarbruck, ayant fait un fonds de dou^e cents mille livres pour Pétablijjement des atteliers , fourneaux, magafins & emplacernens nécef-faires à cette préparation , & étant en état de fournir de ces charbons aux provinces dans lefquelles S. M. jugerait à propos de lui accorder le privilège de cette préparation , à C effet de récompenfer & dédommager le feur J. P. Ling des peines & dépenfes que lui a occajionné cette découverte.
- () Avantages de la méthode nouvellement découverte d’épurer le charbon de terre , en deux colonnes , l’une en français, l’autre en allemand, fol. i , alinea 3.
- () Ibid.
- ( c ) Ayant eu , en 1776 ou 1777, quelques recherches à fuivre à la bibliothèque Tome XFIIL
- du roi, i’apprts de M. l’abbé Defaunay, que l’on était venu à differentes reprifès lire & confulter la derniere partie de mon ouvrage ; & j’augurai dès lors, que c’était la partie qui concerne toute cette fabrication.
- (d) Art d’exploiter les mines de charbon, fuite de la quatrième fedion, part. IL
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- Par lettres-patentes du même jour de l’arrêt du confeil d’état, 7 août 1778 » cette permifjîon exclufive eft: donnée au fleur Ling, dans toute Vétendue des provinces de Normandie , Dauphiné, Provence , Languedoc & dans les généralités de LilLe & de Vileticiennes , avec défenfe a tous autres de faire ladite préparation ,fous quelque dénomination que ce puifje être , à t imitation dudit Jieur Ling, dont la propriété dijlinchve efl de faire furnager le charbon, quand bien même ils parviendraient à découvrir le fecret de la préparation du Jieur Ling.
- Ces lettres patentes qu’on s’eft hâté de faire enregiflrer dans les cours fou-veraines, & qui l’ont été en feptembre 1778 au parlement de Touloufe, à celui de Rouen, &c. ont porté l’alarme dans tous les pays de mines de charbon. Au moyen delà correfpondance que j’ai été obligé d’entretenir dans ces endroits fur l’objet de mon travail pendant vingt ans, j’ai été inlfruit pofl-tivement que plufleurs provinces ou cantons de provinces font inquiets fur ce privilège, dont la teneur , comme on vient de le voir,femble interdire la liberté bien naturelle à ceux qui ont des mines, de préparer en grand ou de vendre des braifes qui fe font journellement en petite quantité dans les foyers où l’on brûle du charbon de terre. Dans le cas où ce privilège exclufif fervirait de prétexte pour dépouiller les propriétaires de mines du droit de tirer eux-mêmes de leurs mines, de leur charbon, tout le bénéfice qui en dépend, en vendant leur charbon brut, ou, s’ils le jugent à propos, réduit en braifes qu’ils conuailfent dans leurs foyers domeftiques & dans les grands atteliers Pou s les noms d’efcarbilles , efcabrilles , gronejfes , recuits, grejillons \ il eft incon-teftable que dans ce cas ce privilège ferait abuiif. ( a )
- Au furpius, les papiers publics .annonçaient de ces charbons épurés parle fleur Ling dans diiférens endroits. Il en avait été tranfporté d Lyon, qui venaient des mines de S. Chaumont & de S. Etienne. L’annonce ajoutait, on en a été afe^ content. En 1779 1 d en eft: encore venu de Montcenis en Bourgogne , au quai de la Saône à Lyon , un bateau qui a été annoncé dans les affiches de cecte ville & dans le Journal de France {b). Il était dit expreffément dans ces papiers publics, que ce charbon était pareil à celui dont on a fait tannée précédente de nombreufes expériences , & qu’il avait très-bien rêufji dans toutes les opérations métallurgiques. Il ne manquait à cette allégation, pour qu’elle foit exacte, que l’indication des endroits où s’étaient exécutées avec fuccès les opérations métallurgiques. Mais on voulait tirer parti de ces braifes pour d’autres uiàges , les étendre fui-tout aux feux;domeftiques; & comme le charbon de terre a,
- (a) J’ai eu occafion , à la requifition de moyen de nous procurer, la communauté & mandement d'Albm dans t b) Annonces, affiches, avis divers & le Rouergue, de développer ce que j’ava-me journal general de France , num. 3 , pag. 2, ici. On trouvera à la fin de cetce édû ou de Lyon , 8 décembre, la confultation que nous avons uouve
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- plus particuliérement que tout autre combuflible , befoin de l’a&ion de l’air pour s’allumer & fe maintenir, comme aufîi cet agent extérieur efl encore plus néceffaire au charbon puffé à l’état de braife, il parait que le fleur Ling était embarratïé fur le moyen ventilateur, propre à le maintenir enflammé dans les foyers où on l’emploierait. Il 11e s’agit plus , efl-il dit dans le Journal de France , cité il n’y a qu’un in liant, “ il ne s’agit plus que d’employer ce „ charbon épuré dans les foyers domefliques. Il faudrait difpofer à cet effet ,5 des cheminées. On a cru devoir en conféquence, fans promettre ni mé-„ (Vailles ni argent, en offrant feulement pour prix la reconnaiffance pu-„ blique , propofer aux phyllciens & aux architectes la folution de la queftioiî „ fui van te:
- „ Le charbon épuré, purgé de fon acide vitriolique, de foufre , fi l’on „ veut, ou enfin préparé à la maniéré de M. de Stuard , & tel qu’il vient des „ atteliers établis près de Montcenis, ayant befoin d’un grand courant d’air „ pour entrer & s’entretenir en incandelcence , & jufqu’à parfaite combuflion, „ difpofer les cheminées , les fourneaux de cuifine & autres âtres & foyers „ domefliques , de maniéré que ce charbon puifie être fubflitué au charbon „ de terre crud, & fur-tout au charbon de bois. „
- L’objet déliré fut rempli allez promptement 5 ces cheminées à l’ufage du charbon épuré , furent annoncées la même année dans un premier profpeclus fur le chauffage. En 1780» parut l’avis inflru&if avec deux planches gravées fur l’exécution de plufieurs de ces cheminées. O11 reconnaît clairement dans les figures repréfentatives , que cette conftru&ion a été dirigée avec intelligence ; que Panifie y a combiné foigneufement les proportions les plus favorables pour établir dans ces foyers un courant d’air capable d’allumer ces braifes & d’entretenir le feu qu’on peut en obtenir. C’elf préeifément ce qui était demandé fions la promefje de la reco7inai(fance publique. Mais fur la parole du fleur Ling, Panifie était parti d’un point faux touchant l’innocence ab-folue des,exhalaifons de ces braifes : c’eft fur cette circonflancc particulière que le Leur Ling s’eft plû à infifler dans fes profpeclus. Il efl néceffaire de s’y arrêter , pour la foumettre à un examen attentif; il fera à propos d’examiner enfuite fi l’avantage de l’économie fur le bois efl réel.
- Dans le premier profpeclus , le fieur Ling , en propofànt un charbon qui, à la vue, efl femblable au charbon de bois, raffure, tant qu’il peut, les perfonnes qui craignent les évaporations mortelles de ce dernier. Il ne fe lafle point de répéter que les confiommateurs ne fieront point expofes aux accidens de Caj-pkj'xie, ce charbon épuré ayant la propriété de n'exhaler aucune vapeur dèl&taire , comme le charbon de bois. Le fleur Ling a compté que le public s’en rapporterait fur cela à une allégation pofitive, & il n’en donna aucune preuve. Mais en lifant l’avis publié en 1780 fur la confïru&ion des cheminées à l’ufage du cliar-
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- bon épuré, (<i) on remarque qu’on avait cherché à faire enforte que de ce charbon fans fumée , fans vapeur, il ne puifje refouler aucune vapeur dans L'appartement oit L'on viendrait à ufer de ce chauffage fingulier. Comment concilier ces termes contradictoires ’{ car s’ii n’y a point de vapeur, il eft certain qu’elle n’efl pas nuifible, & alors on ne doit pas craindre ce refoulement. Le fieur Ling , en même tems qu’il dit que ce charbon na point de vapeur, en reconnaît cependant une. Ne doutant pas de Ion innocence , apres avoir avancé qu’il n’en exifte pas , il n’a point héfité à faire entrer dans la confiru&ion de fa cheminée une certaine foupape qui s ouvre & fe frme à volonté, dont la position , l’étendue , la ftru&ure font foigneufement marquées à la pl. I sfg. 2 i pi. II, fig. 3 , fi g, f , fig. 6. Le fieur Ling croit quon peut lafermer en fûreté quand on voudra prolonger la durée du feu, en prenant feulement pour cela Vin fiant auquel le charbon épuré aura difjipé tout fon principe inflammable. Dans la conftrudion indiquée, cette foupape fermée ne laiife plus que deux pouces d’ouverture , afin d’entretenir la combuftion du charbon.
- Lorfque le fieur Ling a demandé par la voie du Journal à être éclairé fur la ventilation à appliquer à fon nouveau ccmbufiible , il a invité les phyficiens à joindre leurs lumières à celles des artiftes. Il avait raifon \ & c’elt en confé-quence qu’on s’eft cru permis de lui certifier que les phyficiens penfent unanimement que les vapeurs de ce charbon dans des endroits clos ne font, pas plus que les vapeurs des autres charbons , fans inconvénient. Ces mêmes phyficiens aflurerent encore qu’ils font fondés à douter tout au moins que cette ouverture faifant partie de la conffrudion de la foupape, foit fuffifante pour laiifer une libre ilfue, à cette exhalaifon. Il eft enfin plus que probable que dans l’appartement échauffé avec le charbon épuré, la foupape étant fermée, fe rapproche dangereufement d’un endroit clos.
- Le fieur Ling à la vérité femblait croire de tems en tems , & déclarait même affirmativement que c’eft urt chauffage fans vapeurs nuifibles ; mais il fe trompe , & il n’eft point fait pour en juger. Le public a été averti de nouveau que la vapeur du charbon de terre a quelquefois occafionné des accidens très-graves à des perfonnes qui y avaient été expofées. A Albin dans le Rouer-gue, il eft certain que chez les chapeliers, où l’on fe fert de ces braifes, les garçons étrangers en font incommodés dans les commencemens. Aux dilférens exemples d accidens que j’ai rapportés, l’occafion m’engage d’en ajouter un autre arrivé dans le pays de Liege , quelques années avant le voyage que j’y ai fait. En 17^ , à peu près dans la faifon de l’hiver , par un tems de gelée , on fabriquait des hochets au château de Wigimont , appertanant alors à M. de Magis,confeiller aulique de S.M.l. On travaillait à cet approvifionnement dans
- (a) Avis fur la conftruètion des cheminées à l’ufage du charbon épuré , fuivi de l’explication des deux planches, in-40. huit feuilles, alinea z} page 1,
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- une cave , comme cela fe pratique quand il fait grand froid. Les botterefles y avaient allumé un feu de houille -, & afin d’etre plus chaudement, elles avaient bouché le foupirail de la cave. Le halard ayant conduit un des fils du. feigneur (a) à cet endroit, lorfque toute la beiogne était finie, il vit, à la lueur d’une lampe qui éclairait la cave, une bottereiie reliée feule fur le tas de hochets. S’étant approché pour lui faire quelque quellion , il la trouva fans connaülance, fans mouvement & hors d’état de proférer une feule paule: elle était morte. La circonltance dont je viens de parler quant au foupirail de la cave , fut remarquée & regardée comme caufe du malheur de ia bottereiie.
- Si l’on n’avait pas connaiüance de faits de cette nature , qui doivent fervir de leçon contre l’ignorance ou contre l’imprudence, il ferait railonnable de demander l’avis des médecins & des chymilfes. Les premiers ont prononcé en 176y. Les féconds , pour être fondés à préfumer fortement du danger des exhalaifions de toute elpece de fublfances réduites dans l’état de charbon, n’auraient befoin que de remonter aux premiers principes , ou plutôt à la première conlidération des choies. Toute fublfance combulfible contient des fluides en partie aqueux & en partie huileux ; c’elt la réduction de ces fluides en vapeur , qui donne occafion à la flamme , fur tout lorfque le fluide aqueux elt diflipé en plus grande partie. A mefure que ces fublfances huileufes perdent leur fluidité, l’état enflammé diminue au point qu’il n’y a plus qu’une flamme légère , voltigeant fur la furface du corps allumé, qualifié alors char• bon. Si la déflagration fie fait dans un appareil fermé, tel que dans les fabriques de charbon, comme la flamme n’a pas d’iflue, il 11’y a que l’état fluide qui fe dillipe, & la plus grande partie des fublfances qui fe feraient enflammées demeure dans l’état de ficcité qui confiitue le charbon ; avec cette remarque elfentielle , que l’acide qui accompagne ces fortes de fluides acquiert, & plus de concentration , & un plus grand degré de combinaifon avec les autres fublfances. Ainfi, en prenant telle fublfance charbonnée que l’on voudra, foit de nature végétale comme charbon de bois, fuit de nature minérale comme les coaks ou braifes de houille , foit même animale comme les lubfi. tances ofléufes , les matières huileufes & acides très - concentrées font, lori-qu’on vient à les allumer de nouveau, chalfées, par l’état incandefcent, en vapeurs très-fubtiles, dont la préfence dans un endroit clos 11e peut jamais être indilférente.
- Feu M. Venel, très -bon juge en matière de chymie , & dont fans doute le fieur Ling ne voudrait pas reculer le fentiment, penfait bien de même. Dans un ouvrage qu’il a publié (a) cinq ans après l’édition in-40. de mes
- (a) M. l’abbé de Magîs , aujourd’hui ( b i Sous le titr q : Inftruflions fur l’u-chanoine de Liege, qui m’a plufieurs fois fage de la houille4 in-88'. avec figures, alluré ce fait. Lyon, 1774.
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- Mémoires fur la nature , les effets , propriétés & avantages du feu de charbon de terre , avance que les coaks répandent des le commencement de leur combuftion , & fur-tout quand leur feu expire , quelques bouffées rares à la vérité, mais tré's-fenfibles, de vapeur acide , fulfureufe. Il donne fur cet objet pour alfertions rigoureufes une remarque de fait très-importante ici, & qui eft connue de tous ceux qui ont l’expérience du feu de charbon de terre dans les différens périodes de fa combuftion. (a ) C’eft donc de la part du fleur Ling une témérité que d’annoncer le chauffage d-e charbon de terre comme dépourvu de vapeurs nuifibles, fans y mettre aucune reftriclion. Les renfeignemens que donnait le lieur Ling pour faire connaître le moment auquel il permet de fermer \àfoupape de fa cheminée * ne dirigent, n’éclairent pas le commun du peuple qui ignore ce que c’eft que le principe inflammable. Ce document, le lairgage dans lequel il eft exprimé , ne corrige nullement l’allégation hafiirdée, trop loigneufement mife en tête du profpectiis, chauffage fans vapeurs nuifi~ blés. M. Ling induifait conftamment en erreur le particulier inattentif ; il expofait à un danger évident les portiers de rnaifon, les hommes du commun, déjà alfez imprudens , malgré ce qu’ils en favent tous , pour allumer du charbon de bois dans leur logement toujours fort reflerré, ou pêii aéré , & où fou vent il n’y a pas de cheminée. Sur la foi d’un imprimé muni de l’approbation de la police, le peuple ne ferait aucune difficulté de fubftituer fans ménagement au charbon de bois ces braifes de charbon de terre , déclarées exemptes des inconvéniens du charbon végétal. Le fieur Ling ne peut être admis pour garant qu’une iffue de deux pouces laiffée aux vapeurs de ce charbon, fur la nature defquelles il eft d’ailleurs en erreur, foit fuffifànte pour mettre à l’abri de rifques auflî graves que ceux qui viennent d’être expofés.
- Il eft aflurément du devoir d’un médecin , & pour moi fpécialement c’en était un plus particulier que pour perfbnne , de relever ces annonces : j’ai dans le tems commencé par fatisfaire a cette obligation , par la voie des papiers publics; la lettre dans laquelle je m’expliquais d’une maniéré cir-conftanciée, a paru depuis dans plusieurs journaux. (£) Aucun médecin, aucun phyficien , aucun chymifte n’a infirmé ni contredit ce que j’ai avancé fur cet objet, foit dans mon ouvrage, foit à l’occafion de M. Ling,
- ( a ) Enforte , ajoute M. Venel, que la la fin de la combuftion une légère vapeur préparation defiinée à épurer les houilles fulfureufe , qui fe manifefte même affez ne les corrige que pour le tems de leur conftamment dans un lieu fermé, fi l’on fe combuftion, pendant lequel elles n’exha- fert de ce feu hors d’une cheminée, lent aucun principe fulfureux ; cette pré- (ù) Lettre & réponfe à M. Leroi, de paration y a laide fubfirter en entier les l’académie royale des fciences, touchant principes & la difpofition d’après lefquels le chauffage économique, préparé par le toute houille brute ou préparée exhale à fieur Ling.
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- dans les fourneaux. Il y a toute apparence que perfonne ne m’a trouvé fautif, ni dans, mes principes, ni dans mes preuves, & certainementM. Ling n’eft pas homme à prétendre avoir raifon tout feul. ( a )
- _ Quant à la reffource des braifes de charbon de terre fubftituées généralement au bois pour le chauffage domertique & pour la cuifine, ainfî que le propofe le fieur Ling, un peu de réflexion réduira à fa jufte valeur tout ce qu’il avance fur ce point, de même que fur l’économie qu’il veut procurer aux peuples par ce remplacement général dans les foyers domeftiques: c’eft uniquement de ce remplacement, & de fon réfuîtat économique, dont je veux parler, n’y ayant pas à héliter , pour les fourneaux, pour les feux d’artiftes. Examinons la marche que tient le lîeur Ling , vis - à - vis du public : il pofe pour principe que l'économie, réfultante de fon charbon épuré £/?•, relativement au degré de chaleur & de la durée, d'un tiers par rapport ait bois le plus dur, de moitié par rapport au bois commun, & de trois quarts par rapport au charbon de bois, ci volume égal. En conféquence il regarde fon jiouveau combuftible ceft-à.-dire, le charbon épuré, comme devant être un chauffage admilhble dans tous les foyers domeftiques. Il le produit au 'public, confidéré par comparai fon avec le charbon de bois , & quant a la mefure qui fera la mèiné , & quant au prix de vente. A Paris , la mine ou voie , du poids de go à 86 livres , fera du prix de 3 liv. lo fols -, ce qui revient à 7 liv. Le confornmateur qui adoptera ce chauifage eft alluré par le heur Ling , qu’il ne dépenfera que 7 liv. au lieu de 27 liv. 10 fols qnil lui en coûterait en charbon de bois, attendu que, pour obtenir les effets d’une voie de charbon préparé, il en faudrait iix de charbon du prix de 43 livres 13 fols.
- Tel eft l’échafaudage fur lequel eft bâti le lyftème que le (leur Ling préfente à la capitale, à toutes les provinces du royaume, fur ces braifes, qu’il prétend pouvoir être employées avec un fucc'cs étonnant a tous les ufages P ffib le s.
- Des confidérations indifférentes pour le leéteur , m’ont empêché , dans ma réponfe à M. Leroi , de toucher cet article , & même de me laiifer pénétrer fur ce que j’en penfais : je jugeais que la chofe 11’aurait point ce
- ( a ) Le Mercure de France, du 26 août 1780, n8, 36, renferme, page 187 , une lettre d’un maître de forges en réfutation de la lettre à M. Leroi. Je puis dire que cette apologie du chauffage de braifes de charbon de terre, quant à leurs vapeurs que je déclare nuifibles en lieu fermé, & que le fieur Ling prétend tantôt nuifibles, tantôt innocentes, que cette apologie eft
- tout-à-fait manquée. L’auteur avait à jufti-fier la découverte que s’attribua le fieur Ling , & l’innocence abfolue de ce chauffage employé fans précaution: il s’en faut beaucoup que l’apologifte fe foît occupé de ces deux articles ; il annonce un manque de bonne-foi dans t’analyfe de la lettre à M. Leroi, & a traité tout fon fujet en homme qui n’eft pas inftruit.
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- fuccès étonnant pour tous les ufages pofllbles ; il me fuffifait pour le moment de prévenir le public fur ce qui l’intéreifait efleniiellement. A l’égard de la chofe en elle-même, c’efi-à-dire de l’emploi, & de l’emploi économique de ces braifes pour tout le chauifage domeltique , il me fuffifait aulii de renvoyer, comme je l’ai fait, au tems & à l’expérience. En difanc l'expérience, je ne parle point de toutes celles faites à Bordeaux, à Lyon, dans les atteliers de divers artifies difiingués , tant à Paris que dans les provinces. Je montrerai bientôt qu’elles n’ont aucun rapport avec ces mêmes ;braifes employées à chauffer inrîifiin&ement toute efpece d’appartemens. Les feux allumés dans la grande falle de l'hôtel - de - ville , à l'hôtel d'A tigre , à l'hôtel de Danemark , che^ M. de la Blancherie, & dans différentes mai-fous de tous les quartiers de Paris , ne lignifient rien non plus ; ces fpecïa-cîes multipliés, réitérés ( a j rendent fenuble uniquement ce qu’on pourrait appeller le premier effet d’un combuffible nouveau pour le public de Paris, ou de quelques provinces , & très - reconnaiiîable pour toutes les perfonnes qui habitent.les pays dans lefquels on emploie le charbon de terre à tous les ufages domeftiques. Dans ces endroits , il n’eft point d’enfant qui ne fâche à merveille que toute braife reftante d’un grand feu de houille ( & c’efi un charbon devenu, fi on veut l’appelier ainfi, épuré ) donne long-tems une chaleur très-ardente & fouteuue, félon que la houille convertie en braifes était de telle ou telle qualité : il n’efi pas d’enfant qui ne s’entende parfaitement à ranimer, à entretenir cette chaleur, en jetant de tems en tems dans le brafier quelques morceaux de houille brute , & principalement de celle nommée houille grade ; ce qui fait très-bien. Précifément à l’in fiant que M. de la Blancherie a difeontinué fou journal, quelques Liégeois qui avaient été voir ce feu à l’atfemblée de la rue de Tournon, avaient adrelfé à l’auteur de cette feuille une lettre de réclamation fur toute cette nouveauté prétendue. La circonfiance de l’interruption des nouvelles de la république des lettres, où cette piece n’a pu paraître, mena procuré l’envoi par un des Liégeois, (b ) Je reviens aux expériences publiques & particulières, faites dans des cheminées d’appartemens : elles ne font point du tout, comme'le dit le fieur Ling, propres adonner au public la facilité de juger de. ce chauffage ; elles ne font rien voir de ce qui importe réellement; c’efi - à - dire, qu’elles ne forment point pour l’acheteur qui fe décidera à elfayer de ces braifes, une démonfiration de la fupériorite de ce chauifage fur les feux ordinaires avec du bois : c’efi ce qui refie tou-
- fa) Un chandelier de la ville de Metz, giftrats , une montre de ce feu appliqué à dans une affemblée extraordinaire qui fe des foyers de neuf differentes conilruc-tenait à l’hôtel-de-ville, a fait en préfence dons.
- du commandant,de l’intendant & des ma- {b) Elle eft datée du 26 janvier 17R0.
- jours
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- jours à prouver. Quant à fou ufage général dans les cheminées, tous lés raifonnemens , tous les calculs de comparaifon que le fieur Ling a rapprochés entre ces braifes & le charbon végétal, après avoir oublié de fuivre cette même comparaifon avec le bois, ne vont point ad rem. i
- Le chauffage dont il s’agit , 11’eftpas fans mérite: il était confiant, avant que M. Ling en eût alluré le public , que ces braifes employées après avoir été éteintes , même plufieurs fois, retiennent dans les moindres portions non parvenues à l’incinération , la propriété de s’allumer de nouveau, c’eft - à - dire, de devenir incandefcentes , & quelquefois légèrement flambantes, de donner alors une chaleur aufli confidérable & plus foutenue que celle du charbon végétal. Cette propriété évaluée comparativement à environ le double dans la houille préparée en alumelle c’eft - à - dire à l’air libre, eft une conféquence de la texture primitive du charbon de terre. Ces brailès font plus dures , par conléquent plus lentes à fe confumer & de plus de durée au feu.
- Il n’y a point de doute que , toutes les fois qu’il s’agira , dans les endroits où l’on aura la houille de la première main , de balancer entre elle & le charbon végétal, il n’y aura pas à héfiter en faveur de cette brade de houille, confiderée quanta fon application dans les fourneaux: mais dans la thefe du fieur Ling , tout cela ne décide rien pour l’avantage & pour l’économie dans les cheminées. Ce ne ferait tout au plus, & toujours fur les lieux où le charbon de terre eft conftamment ri bas prix, que pour les perfonnes habituées par caprice ou par fantaifie à fe chauffer avec du charbon de bois, & qui voudraient lui préférer la braife de houille : encore faudrait-il, pour l’économie ( & ceci demande attention ), que ces perfonnes aient à confommer pour leur ufage toute la quantité de braife réfultant d’une voie ou d’un minot de charbon de terre brut, & non le volume feulement que repréfentait auparavant cette voie , ou ce minot en nature, c’eft-à-dire avant d’avoir été charbonné. Mais d’abord , a-t-on vu quelqu’un chauifèr un fa!Ion avec du charbon de bois , dans les pays nième où le charbon de terre eft le feul combuftible connu ’i Eft-il venu à l’idée de beaucoup de perfonnes , de ne l’employer toujours en chauffage que lorfqu’il eft charbonné , ou , en fuivant la qualification du fieur Ling, épuré? Comme dans cet état il ne donne plus de fumée marquée , on peut bien s’en fervir quelquefois. Il a bien été avancé que, pour l’ufage des cheminées dont la fumée du chauffage rentre dans les appartemens, on pourrait n’employer que le reliant du feu de la veille : c’eft un cas fpécifié en particulier, auquel on pourrait peut-être en ajouter quelques autres, comme pourrait l’avoir penfé M. Dangenouft ; mais alors la chaleur que le charbon de terre avait donnée avant que d’être réduit en braifes, avait profité Tome XV 111. G g g
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- dans'un autre foyer, & n’était pas perdue : n’y a-t-il point de Pabfurdité, toik^au moins de la bizarrerie, à venir propofer au publie de chauffer journellement pendant tout un hiver une falle de compagnie , un appartement , toutes les- pièces d’une maifon, avec un brader,'au lieu d’un béai* & b;|n feu, ou de bois dur, ou de charbon de terre brut? N’y a-t-il point de la' Angularité1 à employer ce brader aux feux de cheminées des cuifincs? Comment caractériser le férieux, î’emphafe, avec lequel on effaie d’exalter: cette relfource dans une capitale où le charbon de terre apporté de loin , eff reconnu d’un prix trop haut pour pouvoir être d’un ufage économique, même employé dans fon état brut; état dans lequel il chauffe le double de tems, puifque d’abord il y a eu tout le tems de l’inflammation?
- Le deur Ling, au lieu de s’en tenir à infifter fur les avantages réels de ces braifes, connues pour être très-profitables & économiques dans nombre d’atteliers & de manufactures qui ont befoin de combuftibles, s’eft entêté d’un fyftème faux, & qu’il n’a pu ignorer être tel. Après avoir eifayé de le faire valoir par un calcul de comparaifon pour le prix & pour la me-fure!de vente, entre le charbon de terre & le charbon de bois, avec lequel perfonne ne fe chauffe, il s’efforce de fe concilier le dernier fuffrage du public, en déclarant que le volume de charbon préparé, égal au volume d'une voie de charbon de terre ordinaire ( du prix de 72 à 76 liv. dans Paris ) ne reviendra au confommateur qu à 52 Liv. 10 fols.
- Le filence raifonné, dans lequel je me fuis renfermé fur l’analyfe que j’aurais pu dès lors préfenter des promelfes économiques du fieur Ling, 11’a pas dû lui faire illufion : tout le monde était émerveillé ; ma diferétion était un parti convenable à cette époque. Les premières préventions du public méritent des égards , c’eft toujours avec circonfpe&ion qu’il doit être défa-bufe, & jamais cela ne doit être au premier inffant. Aujourd’hui que le chauffage économique fans fumée ni vapeurs a été effayé pendant un hiver, une partie du public, plus difpofée à écouter le pour & le contre, prêtera volontiers fon attention aux éclairciffemens propres à lever le féduifant des déclarations du fieur Ling fur le volume de charbon préparé, égal au volume d’une voie de charbon de terre brut , ou à celui du minot de charbon de bois , fur les prix, les poids , les mefures, comparés, &c. Tout cela eff à mon avis autant d’énigmes dont l’explication tient à la connaiflance de la fabrication du charbon épuré, & à celle du commerce de charbon de terre.
- Ce combuffible entrant dans Paris, revient effectivement à l’acheteur , à la fomme de 72 à 76 liv. la voie fy compris les droits, formant prefque moitié de cette fomme.
- Le gouvernement, pour favorifer les confommateurs, a voulu que le
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- charbon de terre converti en charbon épuré, c’eft - à - dire réduit en braifes » Ibit réputé marchandée de charbon de bois.
- Cette braife, ou ce charbon épuré, fupporte uniquement dès lors , félon toute apparence, les droits qui fe perçoivent fur le charbon végétal, ( lavoir une livre par voie ) & non ceux qui fe paient fur le charbon de terre, lefquels le font monter alors au prix de 72 à 76 liv.
- Cette conjecture fuit naturellement de ce qui eft avancé par le fieur Ling , que fa vente eji en tout foumife au même régime que Le charbon de bois , comme il aurait pu dire encore du charbon épuré, que fa fabrication eft très - analogue à celle de ce charbon de bois.
- L’efpece d’inftruction déclaratoire du prix du charbon de terre dans Paris , très - fupérieur au prix de la même marchandée fur le lieu & aux portes de Paris , avant d’avoir payé les droits qui le doublent tout d’un coup ; cette inftruction déclaratoire ne revient donc ici à rien : elle ne peut éclairer le public ; étant liée avec toutes les autres circonftances de melure, de volume , tant de ce charbon que de celui végétal, elle ne peut qu’écarter ou embarralfer les recherches que l’on voudrait faire pour arriver aux mêmes fupputatiotis que le fieur Ling a faites dans fon particulier : elle n’eft pas fuffifante pour aider à reconnaître fi le vendeur en bon citoyen 11e s’eft confervé qu’un bénéfice honnête, tel que l’acheteur jouiife réellement de tout l’avantage poflible attaché à ce prix , à cette mefure, à ce volume dont il eft parlé dans le profpe&us : car après l’article de la non-exiftence de vapeurs, le point eéentiel de l’aifàire gît dans l’économie pro-mife , en attendant l’expérience fuivie 5 fans quoi l’avantage pour le confom-mateur n’eft qu’apparent & illufoire.
- Je ne m’arrêterai point à préfenter aucun calcul fur cet objet, je m’en tiendrai à préfenter les données fur lefquelles on doit faire porter les fuppu-tations qui pourraient venir à l’idée. Elles doivent avoir pour bafe :
- l°. Le prix du charbon de terre acheté au pied de la mine par le fieur Ling, ou tout autre marchand qui fie propoferait de fabriquer des braifes.
- 2U. La quantité qu’il faut de charbon brut, évalué au poids, pour avoir tant pefant de braifes de ce charbon.
- 3°. La quantité qu’il faut de ce même charbon , en volume, pour avoir un femblable volume en braifes.
- 40. A combien peut revenir en province, (a) la fabrication d’une quantité donnée de charbon de terre. ...
- Quant au premier article, l’avantage du marchand s’approviftonnant fur le lieu, mérite fort d’être remarquée,.Sur douzet voies, par exemple , du prix
- (a) Où font établis les différens atteliers du fieur Ling. t
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- de quatre livres à nos mines qui fournirent Paris, (a) & bien inférieur dans les autres provinces , le fieur Ling, à raifon de la différence de mefure de Paris, a au moins trois voies de bénéfice. Les droits étant uniquement fupportés par l’acheteur , il eft aifé de voir combien ce prix de 72 à 76 livres eft diminué pour le marchand.
- A l’égard du fécond article, on peut regarder comme confiant,qu’en général 100 livres pefant de charbon de terre brut fe réduifent à 65 livres pefant de braifes , ou de charbon nommé épuré.
- Le troiiîeme article doit être rapproché du précédent de la maniéré que voici. Cent livres de charbon , réduites à ce poids de 65 livres , produifent un volume beaucoup plus confidérable que celui exiftant d’abord avant d’avoir été réduit en braifes ; & comme c’eft à la mefure, non au poids, que le charbon de terre épuré effc vendu par le fieur Ling, il eft à propos de développer ici cette circonftance. Entr autres obfervations opérées parlecuifage fur ce foflîle qui paife à l’état fonore , qui devient léger, poreux comme le charbon de bois, qui en conféquence fumage à l’eau pendant un efpace de tems plus ou moins confidérable , qui a diminué fenfiblement de poids , &c. l’augmentation de volume du charbon de terre crud , lorfqu’il a été épuré, débitumé, &e. eft un des changemens les plus frappans que ce foflile contraéle par l’ignition pouffée à fon jufte degré ; c’eft dans cet état qu’il faut le confi-dérer pour les calculs relatifs à ce troifieme article. Ce volume de charbon cuit, de quelque prix qu’il foit, & dont le fieur Ling fe prévaut vis-à-vis du confommateur pour l’économie, ce volume qu’il vend, ne doit pas être comparé feulement à un femblable volume & au prix du charbon de terre crud5 ce n’eft que la moitié ou environ, foit de la voie non préparée, foit même peut - être de ce fécond volume préparé. M. Jars, M. de Genffane , tous ceux qui brûlent du charbon de terre dans les cheminées , connaiffent ce renflement de la houille au feu, lequel d’une voie ou d’un volume donné, quel qu’il foit, d’un bon charbon gras, en produite peu près deux aux fabri-cans. Dans l’entreprife aduelle de M. Ling, ne pourrait-il pas arriver que l’acheteur n’en ait qu’une au lieu de deux '(
- La dépenfe de cette fabrication eft encore une chofe connue. Il eft de fait qu’à Riÿe-d'e-Giér le quintal de ces braifes, poids de marc , rendu à S. Bel, où elles font employées depuis 1769, revient, tous frais faits , achat de charbon, façon des ouvriers, emplacement pour la préparation, pour la pro-vifion & le tranfport , à environ deux livres quatre fols; 1.
- Ainfi la voiëdê'charUliiv'dê tetré-crud ; qui'dans le primage , loin de revenir au fieur Ling à yaiou^^'liVr&S'y même à la moitié,,.à beaucoup près, rendu
- (a) Porté au plus haut,V:i" • lIii ’ ;
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- à Villeneuve S. George, & qui d’ailleurs fe fabrique fur le-lieu, la voie du charbon de terre, dis-je, lui revient encore à un prix bien inférieur, lorfqu’il la vend dans Paris fous forme de braife, dont une mefure de contenance quelconque ne repréfènte jamais que la moitié ou à peu près, de ce qui avait été en charbon brut, dans la même mefure , avant d’ètre fabriqué.
- Si l’on rapproche de la dépenfe nécellaire pour une fabrication , l’avance faite pour cette entreprile , d’un fonds de douze cents mille francs ( a ), on trouvera que la compagnie s’eft mife véritablement en état de fubvenir à un très - grand approvifionnement de ce combuftible , puifqu’elle pourrait débitumer , charbonnifer 839,160 || quintaux de houille brute , lefquelles produiraient en braifes ou charbon épuré 54,545,454 ^ quintaux pefant.
- Pour être mieux entendu des habitans de Paris, ou de nos marchands accoutumés à eftimer nette marchandée à l’œil par voies ou muids, la quantité de 836,160 || quintaux de charbon brut, fournis à ce que le (leur Ling & quelques autres perfonnes ont nommé-épurement, peut être évalué à 27,972. voies de trois mille pefant *, & la quantité de 54,545,454 quintaux de charbon de terre réduits en braifes par le cuifage, peut être évaluée à 1 8,1 g2 voies.
- En lailfant un in liant toutes ces coniidérations à part, deux faits bien poli-tifs contredifent abfolument fans répliqué les deux principales allégations du lieur Ling, l’une concernant l’avantage inappréciable & inconteftable, félon lui, de ce combuftible pour le chauffage général, l’autre concernant la découverte prétendue d’un moyen fupérieur à tous les autres connus, de réduire le charbon d'e terre en braifes^
- Quant au premier, il eft notoire que beaucoup de monde s’était empreffé de faire conftruire les cheminées indiquées pour ce chauffage. Ce grand nombre de perfonnes, convaincues d’avance de tout ce que promettaient les prof-pecius du fieur Ling, a aidé à reconnaître plus promptement ce quienell, foie pour l’économie, foit pour la privation abfolue d’exhalaifous &de vapeurs. Je ne citerai ici-perfonne quoique la chofe foit très - permife : un feul fait fuppléera à tout. Le mardi 30 janvier, en conféquence d’ordres donnés à ce fujet, toutes les cheminées qui avaient été conftruites pour ce chauffage dans les bureaux dé Verfailles, ont été détruites^
- Pour ce qui eft de la découverte du fieur Ling, uiî voyage que je viens de faire dans le Languedoc, m’a mis à même de me convaincre par moi-même qu’il n’y aérien de neuf dans-l’opération du fieur Ling pour débitumer le charbon de terré, & que Ton procédé eft décrit en entier dans Y Art d'exploiter les mines de charbom Dès le mois de février de cette année, il m’avait été mandé d’Albin dans le Rouergue, que le fieur de la Bretoniere, l’un des agens
- (a) Expofé de la requête du fieur Ling.au confeil Æétat du roi, en demandedu..pri* vilege, 7 août 17 78» -
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- du fieur Ling était à Cahors j que ie (leur Valfal, autre agent, avait pafle au mois de feptembre aux mines d7Albin , & qu’il y avait un attelier d’épurement établi aux environs de Cahors près du chateau de M.d’Arcambal.Le lundi 18 juin , étant à Cahors, après être ailé vifiter les mines de charbon du Rouer-gue (a) je gagnai, en herborifant, le village de Gallecife , qui fe prononce GalUcies, fur le bord du Lot, près de Sagenne. On m’avait bien indiqué l’endroit, & en effet il faut palier près du château du Boufquet, dont M. le marquis d’Arcambal eft feigneur; je n’étais point attendu à l’attelier fi éloigné de Paris, j’étais accompagné dans ma coude d’un jeune eccléfiaftique neveu d’un chanoine. Ayant d’abord été à même, par la pofition de cet attelier fur le penchant d’une coiiine qu’il me fallait defcendre pour y arriver, de le voir, chemin faifant, par-delîus le mur, de diftinguer des parties de chaque fourneau, de reconnaître enfuite que l’entrée de l’attelier était ouverte, 8c qu’il y avait des travailleurs , nous gagnâmes cette porte , mon compagnon 8c moi, pour en profiter. J’aurais pu m’en diCpenfer & retourner fur mes pas ; je m’étais arrêté d’abord à voir fort à mon aife par-deffus le mur, & j’avais reconnu que les fourneaux d’épurement font exactement les mêmes que ceux décrits dans l’explication des planches de mon ouvrage, employés par M. de Stuard, détaillés depuis dans l’ordre de conftruCtion en 1779 par M. de Genf. fane, Journal de phyfique, mois de novembre ( b ). Je vis dans cet attelier fix fourneaux abfolument, je le répété , les mêmes que ceux que j’ai décrits. Ils étaient fur un même alignement ; plusieurs étaient en réparation : on était occupé à en dreffer un pour être mis en feu fous peu de jours. Je partis le furlendemain, & je n’y fuis point retourné : qu’y aurais-je vu que je ne fufle pas? Ainfi le degré de perfection, dont la préparation anglaife n approchait pas, félon l’avis , aux mines de forges, conlifte uniquement à maçonner la place à charbon en briques , & à conftruire le ceintre en briques à demeure, ce qui effectivement maintient toujours mieux la pile ou meule de charbon, qui eft ce qu’on; appelle fourneau dans les charbonnières de bois, & accéléré en même tems ie drefjage; mais il eft clair que cela a été pratiqué à Montbar & à Ardinghem en 1775" , avant que le fieur Ling eût quitté M. de Genffane dont il était ouvrier pour la conftruCtion de fes fourneaux. II eft encore évident que cette perfection a été publiée en 1779, & qu’il ne peut être qualifié auteur du fecret de la purification du charbon de terre.
- Une des chofes les plus fingulieres ,avancées par le fleur Ling, eft celle énoncée dans fa requête en demande de privilège d’un fonds déjà fait de douze cents mille francs pour fon opération, qui pour toute fon exécution
- (a) Particuliérement les deux qui y font embrafées, dont la defcription a été lue à l’entrée publique de l’académie du 14 novembre 1780.
- Cb } Ce détail dans l’ordre de conftruCtion eft inféré dans cette édition in-40.
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- Comporte très-peu de dépenfe. Les perfonnes inftruites, ou celles qui pourraient confulter tout ce qui a rapport à cette fabrication dans la derniere partie de l’Art d’exploiter les mines de charbon de terre , en jugeront facilement par un réfumé bien limple.
- Ifn’elt perfbnne au furplus qui ne doive defirer de voir quelqu’un parvenir par fes fpéculations ou par fes recherches à la gloire de contribuer à l’in-trodudion du charbon de terre dans Paris; & dans les provinces , le tableau des avantages de cette adoption , pour les citoyens mal - ai Tes , tracé dans la ddcripiion de Part d’exploiter les mines de charbon de terre, doit fur ce point ranimer les vœux , & foutenir le courage de faire de nouvelles tentatives y mais le fieur Ling, en voulant trop étendre Pufage des braifes de charbon de terre , dont la fabrication eft connue depuis long-tems , & dont les propriétés particulières ne le font pas moins, n’a fait, félon moi, qu’ôter à ce combuftible le mérite qu’il a réellement, & éloigner l’époque de fon introduction à Paris, où elle pouvait être infiniment utile dans les atteliers à fourneaux, &c; J’ai tout lieu de craindre que la fpéculation économique , expofée dans lesMifférens profpeBus du lieur Ling , ne vaille pas mieux que celle du particulier qui en 1770 avait paru vouloir fe charger défaire connaître à Paris le chauffage à la Liégeoife, d’après les procédés que j’avais communiqués à l’académie & à la faculté , & qui ont été depuis publiés à leur place, dans la defcription de l’art d’exploiter les mines de houille.
- CONSULTATIONS ET AVIS
- Donnés par P auteur fur plu peur s points de jur ([prudence, 6? autres,
- concernant les mines.
- Réponfe en confultation demandée au nom du mandement dd Albin dans le Rouer• gue, par fon premier échevin , ( a ) fur une concefjîon des mines de ce canton, & fur le privilège exclujîf de débitumer le charbon de terre.
- JT’ai reçu , monfieur , la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire en date du 20 avril dernier , de la part de la communauté & mandement d’Albin , pour me témoigner au nom des propriétaires, & des habitans de ce canton leur reconnailfance fur ce que j’ai inféré en 1774 dans mon ouvrage aca-
- • v - •; , i
- (a) M. Bradât de S. Parthem, avocat au parlement de Touloufe , premier échevin de la communauté & mandement d’Albin.
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- démique ( faifant fuite à la Defcription des arts & métiers ), touchant les mines d’Albin, & en faveur des propriétaires.
- J’avais eu dans ce tems une copie de l’arrêt âii confeil, obtenu par les fleurs Tuilier & Drouin, auxquels il avait été donné une permiffion, d’abord provifoire & pour un an feulement, d’exploiter les mines de charbon qui fe rencontreraient dans les paroiffes de Craufat & de Trébois, convertie enfuite fur les (impies dires & requilitions des folliciteurs qui n’avaient fait aucun ulage de la permillion , en une conceffîon définitive. & exclufive de années,avec un arrondilfement d’une lieue de Royan , mefurée à vue d’oifeau, dont le voilinage de Vialaret elt donné pour le centre.
- La forme & la teneur de ce privilège me fuffirent alors pour le regarder du même œil que tous ceux qui m’ont fourni matière à explication dans les autres provinces, pour le juger hors d’état par toutes ces nullités, de pouvoir foutenir à fon avantage un feul regard de la cour l'ouveraine , à laquelle il s’était préfenté pour l’enregiliremcnt. Il n’y a pas de doute qu’il n’ait été jugé ainfi par les conceilionnaires eux-mêmes, puiiqu’ils n’ont pas ofé s’y expofer.
- Telles font, monfieur , les feules & uniques conlidérations qui, fans avoir la qualité d’homme de loi, ni de propriétaire, m’ont engagé , en parlant des mines de charbon du Rouergue, à plaider hihoriquement la caufe des propriétaires du canton d’Albin , comme je me le fuis cru permis pour d’autres provinces de France , dont j’ai eu occafion de parler. Il eft vrai, moniteur, que relativement au Rouergue en particulier, je n’ai pu m’empêcher de faire à la charge des concellionnaires une différence effentiellej fayoir , que la caufe des propriétaires , ainfi que celle des habitans du canton d’Albin, ne fait qu’une avec celle de tous les endroits à portée de jouir de l’abondance Si du bon marché d’une matière de première néceffité pour eux , comme pour les quartiers d’où ils la tirent ; de maniéré que le privilège aujourd’hui le fujet d’un renouvellement d’inquiétudes , fe trouve être manifellement la ruine de pîulleurs contrées à la fois. On fent aifément que , fi les aélions où il entre le plus d’injullice, font celles qui, en troublant l’ordre public, nuifcnt à un plus grand nombre d’individus, les conceffionnaires des mines du Rouergue font coupables envers la contrée & les quartiers qui s’y approvisionnent, d’un délit irréparable.
- Les premières idées que j’ai prifes de ces fortes de privilèges, n’ont point changé : au contraire, l’examen que j’ai fait de la plupart d’entr’eux, m’ont tous préfenté le tableau d’invafions irrégulières , toujours motivées dans les demandes fur de faux expofés, toujours fautives néceifairement par le mépris des formalités à obferVer pour la vérification Si l’enregifirement des lettres - patentes, par des contraventions formelles aux claufes & conditions
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- de leurs privilèges, fouvent odieufes , par les dommages & les violences qu’i's font fouifrir aux propriétaires", par les affaires injuftes qu’ils leur fuf-citent, par les procédures frayeufes& fatigantes qu’ils leur font elîuyer.
- Depuis que les vues répandues dans mon ouvrage ont fait connaître ma maniéré d’apprécier en général ces fortes de privilèges dans leur principe & dans les abus fans nombre qui s’tn font en France, j’ai été interrogé de divers endroits fur ces concédions, qui deviennent le plus fouvent autant d’outrages faits à un gouvernement doux & modéré , en lui attribuant une intention injuffe. Ces occafîons d’avoir à répondre à plufieiirs perfonnes, font devenues en peu de tems pour moi des occafîons de m’exercer & de me former en fîlence dans une partie que je n’avais qu’ébauchée dans mon ouvrage , d’après des apperçus multipliés. Il était tout fîmple que j’euife à cœur de donner des folutions exactes & précifès 5 je me fuis tenu alors obligé d’employer mes ioifirs à méditer fur ces matières. Ce n’elt pas, monfîeur , le feul point fur lequel j’ai été à même de donner mes avis ; les entreprifes de mines font fujettes à des différends dont la plupart, & les plus diflîcultueux par conféquent , ont befoin d’ècre éclairés par dès rapports d’experts ; les juges ordinaires ne peuvent s’en patfer , faute de réunir à leurs lumières Les connaiiiances d'u métier. Ùyarct eu quelquefois à répondre fur des objets contentieux de divers genres, qui n’avaient point été faifis fous leur véritable point de vue, il m’a été néeeifâire, pour ne rien négliger, de corifîdérer tout à la fois en légifte & en homme du métier ces différentes parties , qui jamais ne font connues par une feule & même perfonne. Je me fuis déterminé à les approfondir, pendant vingt ans qu’a duré la rédaction de mon ouvrage. J’avais raffemblé de divers pays les coutumes, les ufages, la législation , les réglemens pour l’exploitation , pour les aflociations de mines , même pour le commerce. Cette collection intére(faute , dont j’ai fait mention dans mon ouvrage, a été la bafe de mes premières études. Ce recueil comparé, rédigé, rapproché, m’a préfenté des principes fûrs & fîmples touchant i’adminiftration civile, politique & économique des mines. J’en ai formé pour mon ufage particulier, dans les cas où on me demande avis, une efpece décodé applicable à notre législation, fauf quelques circon (lances que je n’ai pas encore prévues. Après 1 avoir projeté 9 je n’ai pas tardé à fentir la nécefiîté de faire une application de ces connaif.
- (a) Cette efpece de canevas, tracé fur un mémoire pour M. le marquis de Caftries, nombre de fujets, autant que le c/ompor- miniftre & fecretaire d’état, contre le fieur tait la. nature de l’ouvrage, parait être jugé Tubeuf, l’ouvrage donc nous donnons une très- avantageufement par les avocats. Plu- fécondé addition d’un format plus comme-fieurs y ont déjà eu recours pour différens de , elt cité comme plein de vues excellen-points contentieux : toutrécemmenq, dans tes^fdq la matière de la législation, fol. 2g, Tome XVlîl. ' H ji h
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- fances à celles du droit, en particulier du droit commun de la France & de la jurifprudence. En effet, depuis trois ans je fuis infcrit, comme on vous l’a affuré, monfieur, dans la faculté de droit à Paris.
- Voilà, monfieur, comme de proche en proche j’ai été conduit à aquérir fur toutes les matières de houillerie, des connailfances réfléchies, dont je ne me ferais jamais avifé de m’occuper r & qui naturellement ne peuvent être fuppofiées dans un phyfkien. Elles ne pouvaient, monfieur, nie conduire à une époque plus honorable pour moi, que celle dont voue me faites part, en m’annonçant que la communauté *d’Albin vous charge, en qualité de premier échevin , d’invoquer ces connaiifances. Senfible aux douceurs attachées à une profeflîon qui me met à même de diriger les hommes dans la confervation de leur fànté, je ne nie félicite pas moins aujourd’hui, monfieur , de me trouver à portée de diriger un corps de citoyens dans les moyens de défendre leur droit, leur propriété, leur fortune. Je me fais auffi un vrai plaifir de répondre d’une maniéré circonftanciée, conformément à ce que vous defirez , aux deux queftions. qui mtéreüent le canton d’Albin ,, relativement à fes mines de charbon.
- PREMIERE Q_U E S T I O N.
- Que penfez vous du droit des concefiionnaires de nos mines, de leur requête, & de l’arrêt du confeil, qu’ils furprirent eu 1763 ? Outils pu vendre leur droit, & les acquéreurs font-ils fondés à s’emparer de nos mines, qui font la feule reifource de la contrée ?
- Réponse..
- La preuve aifé'e à produire de l’émulation & de la concurrence qui régné entre/les propriétaires des mines d’Albin pour l’exploitation de ce foffile, donne exclufion à toute permifiion de l’efpece demandée & obtenue par les fleurs Drouin Si Tuilier le 15 février 1763 : ii fuffit, pour s’eu convaincre, de remonter d’abord aux vues que le gouvernement fe propofe iorfqu’il accorde des cancellions de mines. Ces vues font exprimées nettement dans le préambule de l’arrêt du confeil d’état du roi du 14 janvier 1744 > portant règlement provifoire pour Vexploitation des mines de charbon de terre„ Il peut quelquefois être utile pour l’état, d’obvier aux inconvéniens réful-tans , j°. delà négligence des propriétaires; 20. de la liberté indéfinie dont ils jouiffent depuis 1698 > & de laquelle on a cru voir rçfulter en certaines occafions une concurrence nuifible à leurs entreprifes refpedives. Le préambule de la déclaration du roi, du 24 décembre 1762, enregifhée eu parle-
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- •ment le 26 mars 1763 , concernant les privilèges en fait de commerce , afiigne clairement l’objet de ces concédions : récompenfer l’induftrie des inventeurs, exciter celle qui languirait dans une concurence fans émulation. Ce font les termes de l’arrêt. La quantité confidérable de charbon de terre qui -s’exporte de tout le carton d’Albin dans le cercle du Rouergue * juiqu’à Bordeaux , dans la haute-Auvergne , dans le haut-Querci , donne à juger que le travail des mines du quartier d’Albin n’a pu être préfenté au confeil du roi, languiffant dans une concurrence fans émulation.: aufti ne trouve-t-on dans la requête des (leurs Drouin & Tuilier , qui ont cependant obtenu le privilège, aucun des motifs qui quelquefois peuvent les faire obtenir. Il eit donc ailé de prouver que le privilège fur lequel la communauté d’Albin •demande avis, eft abfolument oppofé à l’efprit & à la lettre de tous nos régletneus français fur l’exploitation des mines , & notamment à la déclaration du roi, concernant les privilèges : mais dans l’état préfent des chofes, on reconnaîtra bientôt qu’il eft abfolument innutile de traiter à part le premier membre de la queftiou. La communauté d’Albin eft entièrement difpenfée de fuivre les conceffionnaires dans leur requête , de contefter •fur les opérations (Inguliérement diligentes des arpenteurs choilis à l’effet de fixer l’étendue de la conceffion, ni de revenir à réclamation du procès-verbal, commencé le 20 avril 1760 & clos le 22, ni enfin contre l’arrêt du confeil qui s’en eft fuivi. La folution du fécond membre de la queftiou propofée emportera la folution du premier : Les conceffionnaires ont-ils pu vendre leur droit ? & les acquéreurs font-ils fondés à s’emparer de nos mines qui font la feule reffource de la contrée ?
- Sans s’arrêter pour le moment à l’efpece du droit dont il s’agit, droit qui, félon lesloix , non protrahitur de perfonna ad perfonam , de re ad rem , neque de cafu ad cafum, il fuffit d’envifager la queftiou fous le point de vue général.
- Pour tranfporter un droit à autrui, il faut être réputé Tiabile à conférer, c’eft-à-dire être poffeffeur légitime, de bonne foi, & reconnu fans oppo-fition quelconque L’acquéreur d’un droit dont l’auteur 11e réunit pas ces conditions, eft auiïï peu fondé à l’exercer , que celui qui en fait la ceflion ; cet acquéreur s’eft procuré vitiojam rem. Le droit romain qualifie ainfi une chofe qui ne peut fervir à l’ufage auquel elle eft deftinée : les auteurs du droit que la communauté d’Albin déclare être transféré, ( les conceflion-naires ) .ont - fis une poffeflion fondée & titrée ? C’eft ce qui eft à examiner. ' ,
- . Leur titre primordial & originaire eft le droit de fouveraineté du roi fur les mines , jus principatus , jus prœdriæ, mais vu à la façon des folliciteurs de concefliotis , parvenus en France depuis plufieurs années à faire confon-
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- dre perpétuellement, par des fens détournés, le droit du fouverain , celui du public & celui des propriétaires ; de maniéré que le droit de fouveraineté fur les mines, pris dans l’acception de quelques auteurs pour le droit de s’approprier les mines, ou la faculté d’en accorder la fouille à qui l’on juge à propos, eft véritablement dégénéré, par les furprifes & par les abus des eonceïfionnaires , en un droit appelle aufli par les auteurs latins jus mo~ nooolii, dont le nom feul était fi odieux aux Romains, qire Tibere, au rapport de Suétone , étant obligé de s’en fervir en plein fénat, fe crut obligé de demander la permiffion de le faire, parce qu’il était emprunté du grec.
- Quel eft donc au vrai le jus principaïus fiodinarum, confidéré félon le droit de la nature & des gens, & dans l’efprit d’une nation dont le roi eft le pere ? Ce n’eft autre chofe que la fuprème intendance d’un roi, d’un empereur d’un prince quel qu’il fuit, fur les mines; d'où il fuit que cette autorité du fouve-train doit être regardée comme un pouvoir prote&eur & conlèrvateur fur la chofe ainfi que fur les propriétaires. En admettant ces principes , que les propriétés font entre les mains du roi , il eft inconteftable que c’eft , non comme le prétendent les eonceïfionnaires, pour en difpofer , mais uniquement pour maintenir & conferver les propriétaires dans leur jouiifance , & pour affûter le droit régalien, qui tout fimplement eft le droit de dixième lùr les minéraux & les fubftances terreftrés ; encore , félon toute apparence, loff-qu’elles font déplacées & tranfportées , comme marchandées : d’où vient la maxime , omne metallum efi Veciigale , ex eo quod omne rnetallum vehitur. Lâ preuve que l’autorité du fouverain n’a jamais pu être relative qu’à l’impôt fur les fubftances de mines , & point du tout au droit infini du propriétaire, lb trouve dans tout l’exercice que ce dernier fait de fon droit, à fa volonté, de fon vivant & après fa mort. La puilfamce privée du propriétaire eft fi réelle, que la polfelîion le tranfmet à la poftérité par droit de fuccelfion , & que les lettres - patentes portant concefiion de mines, ne peuvent, dans la rigueur des loix,ètre mifes à exécution qu’après nombre de formalités. Il n’eft pas hors de propos de les retracer ici eiy oppofition à la marche que fui veut nos eonceïfionnaires. Pour obtenir une concefiion, il doit être bien prouvé d’abord qu’il exifte véritablement une mine dans le terrein concédé. 2°. Il doit avoir été conftaté juridiquement qu’il ne s’y faifait point d’exploi* t-ation ; 30. que le maître du terrein fe refufe, par quelque caufe que ce foit9-à faire jouir le public & l’état des avantages dépendans du travail de la miné.. Une autre preuve non moins forte du droit du propriétaire, c’eft que,malgré le privilège concédé à un étranger, il eft donné au propriétaire un tems poüt rentrer dans fon droit & faire connaître le delfein qu’il en a. Un dernier argument péremptoire eft, que dans les cas où , par raifon d’état, qui n’eft autre th.ofe que Vutilité publique ,1e roi femhic déroger par une concefiion à la M
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- .naturelle de la propriété; le privilégié eft au même inftant affujetti à indemnité envers les propriétaires , cela en tout pays & en France par les plus anciennes ordonnances fur le fait des mines. Cette charge ou claufe ne devient-elle pas évidemment une efpcce de nouvelle propriété qui fupplée à la première, & qui authentique le droit du propriétaire, auquel il a été momentanément & forcément porté atteinte pour le bien général ? En effet, toutes ces per-millions ordonnent au préalable, en termes exprès , ces dédommagemens à dire d’experts, dans le cas où. l’ouverture ou l’exploitation defdites mines cauferaient quelques préjudices aux propriétaires des fonds-.
- En partant de la lettre de cette injonction formelle ,.que nul concefîionnaire ne peut éluder, & qui eft importante dans la conceftion dont il s’agit, comment pouvoir eftimer le préjudice porté à la contrée d’Albin ? Comment les concefïîonnaires, dont elle a déjà à fe plaindre, parviendraient-ils à s’acquitter de l’indemnité , lorfqu’on viendrait à établir invinciblement les proportions fui van te s ? L'extraction & le commerce du charbon de terre font en vigueur dans la communauté & mandement d'Albin. Ce travail en fait la feule refj'ource; ce nejl qu en s'y livrant, comme les propriétaires Vont toujours fait depuis plus de huit Jiecles , que les habitans acquittent les charges multipliées dont ils font tenus envers le roi & envers les feigneurs , qu’ils fe procurent le bled que leur fol ne leur fournit point ; ce nejl qu'à la faveur du commerce de charbon de terre que les feigneurs, les bourgeois , les laboureurs & autres cultivent leurspojfejfons , &c. En un mot, latteinte portée à cette liberté d’extraire & de vendre leur charbon, leur porte un préjudice confidérable ; & l’extenfion donnée par les conceffionnaires à leur privilège réduirait à l’indigence quinze paroilfes dont la population eft évaluée à environ vingt mille âmes.
- Il eft clair que c’eft afin d’obvier à toute efpece de furprifes & d’injnftices:, que toutes les législations ont voulu que ces fortes de privilèges qui iutro-duifent un étranger ou une fociété dans le patrimoine d’autrui , 11e foient légitimées qu’autant que les droits o&royés aux conceiîionnaires s’accordent avec Ceux des hauts jufticiers & des propriétaires des terreins qui deviennent aiTu<-jettis à l’exercice de ces privilèges.
- C’eft aufE fous ces mêmes points de vue que de tout tems l’exhibition, préfèntation, publication & vérification des lettres patentes portant privilège , ont été décidées néceifaires & indiFpenfables pour leur entérinement & accompliffement , après examen des caufes contenues en icelles j toutes* ehofes confia mrirent pratiquées, comme 011 le voit en 1483 par la confirmation de lettres du roi- Charles VI, datées de Paris le 30 mai, par la déclaration' donnée en février 1487 au Mont-lès - Tours. La même formalité a été remplie' par le fieur Claude Grippon de Guillem,feigneur de S. Julien , pour les lettres patentes qui lui: avaient été accordées le 29 juillet 1-560, & en-J 5 62. La
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- cour, en les entérinant, ordonna qu’il fût fait publication defdites lettres-patentes , & l’arrêt d’entérinement d’icelle , requife par ledit fieur de Saint-Julien , tant' aux perfonnes qu’il appartiendra & pourront commodément être rencontrées , qu’à fon de trompe & cri public par les fénéchauffées, bailliages , provinces , villes & villages des lieux où il appartiendra, à ce que nul n’en prétende caufe d’ignorance.
- Ces difpofitions annoncent fans répliqué que la puiffance réglée du fou-verain ne prétend jamais intervertir l’ordre'des loix en faveur des fupplians, au détriment d’autrui. Dans les lettres-patentes de privilèges & de conceffions , le roi ajoute toujours , fauf en autres chofes notre droit, & C autrui en toutes chofes. Quand cette claufe n’eft pas exprimée, elle eft toujours fous-entendue ; de maniéré que le particulier léfé par un privilège , a toujours le droit de s’oppofer à P effet de l’exécution des lettres-patentes. Les formes prefcrites par les loix donnent cette facilité] elle a été renouvellée de nos jours dans la déclaration du roi, concernant les privilèges en fait de commerce ( a ). Il eft ordonné art. VII, que les brevets foient etiregijlrés dans Us cours , & que copies coLlationnèes dêiceux foient envoyées aux bailliages , dans le reffort defquels ils doivent avoir leur exécution. L’intention du législateur eft clairement expliquée ans ce même article;, afin , eft-il dit, que tous ceux qui peuvent y avoir intérêt, en prennent connaijfance.
- La ducheffe d’Uzès s’était abftenue de l’exercice de la conceftïon faite en 1689 au duc de Montauzier fon pere, jufques à ce que trois ans après, en 1692 , elle eût obtenu des lettres - patentes, & jufques à ce que le parlement de Paris eût vériBé fon privilège qui ne peut avoir aucun effet dans la province de Rouergue , notamment dans celle d’Anjou, où fon conceffionnaire Goupil, pour avoir abufé du privilège, fut condamné par arrêt du confeil en mille livres de dépens , dommages & intérêts envers les propriétaires.
- Quels peuvent donc être les puilfans appuis, fur lefqueis les conceffion-naires d’Àlbin comptent alîêz dans le fecret pour ofer méprifer des formalités qui font la fureté publique ? ou quels font les motifs plaufibles, qui ont pu les porter à s’en difpenfer? Voudraient-ils , pour fe difculper de ce grief, arguer de l’oppofition mentionnée dans l’arrêt du confeil, attribuée au (leur Antoine Roux co-feigneur d’Albin ? Prétendraient-ils inférer de cette opposition , que leur démarche en demande de privilège a eu une notoriété publique ? L’induélion eft faillie, cette oppofttion fuppofe évidemment que le fieur Roux a été inftruit dans fon, particulier du motif de l’arrivée 'du fub-delégué aux mines d’Albin le 21 avril 1756. Voilà tout; le refte s’explique allez naturellement, il fuffit de prononcer les noms concejfion , conceffionnaire,
- ( a ) Cité déjà plus haut.
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- pour porter l’effroi ou le découragement dans tout un canton. Qui dit une compagnie privilégiée de mines , dit une compagnie fortement foucenue & appuyée par le gouvernement, & d’autant plus puiffante que les principaux membres de cette fociété ne paraîtraient pas. Cette impreftion a pu agir à un certain degré fur le fleur Roux, & le déterminer à s’occuper dans ce moment de Ion intérêt particulier : excufable par les circonfhmces, il a pu le réloudre à demander pour lui perfonnellement ( & fans avertir fes voifins de l’invafion qui les menaçait) la concelïion de fou terrein , efpérant, félon toute apparence, mieux réuffir dans fa demande. Qui fait même fi, fur cela, il n’a point été trompé par les foliiciteurs du privilège ? Ils font fertiles en promelfes& en artibces les conceflîonnaires ; peut-être ont-ils flatté le fleur Roux, fous la convention du filence abfolu de fa part, de féconder fes vues & fes délits eu tems & lieux ;c’eft même ce que laifferait entrevoir le ménagement avec lequel le fleur Roux elt traité dans l’arrêt en faveur des coucelîionnaires. Ou eft tout étonné de voir qu’après la formule Ample & courte, qui le déboute de les demandes & oppofltions qui paraiflent datées du même jour que le procès-verbal de tranfport du fubdélégué de l’intendance fur les lieux, on a feint de mettre fes prétentions à couvert par un fauf auditJïeur Roux à demander par la fuite , s’il le juge a propos, la pertnijjîon qui lui ejî necejjairc pour obtenir une concefjion de mine de charbon. La maxime de droit, te fis unus, tejlis nullus , eft appliquable ici ; l’oppofltion fur laquelle voudraient fe fonder les fleurs Tuilier & Drouin eft la feule , & ne juftifie point qu’il y ait eu une notification légale du privilège. Il n’y a pas à douter que , fi d’autres que le fleur Roux en enflent eu connaiflance , ils fe feraient réunis contre les demandeurs de la concelfion; & il n’eft pas douteux qu’en faifant caufe commune , ils n’euflent obtenu juftice.
- Les conceiîîonnaires feraient-ils affez peu réfléchis .pour effayer de faire valoir en leur faveur fur ce point une lignification faite au fleur Braffat de la ville d’Albin, dans une afligna'tion donnée devant le fubdélégué de Ville-Franche, commis par l’intendant, en délaiflement d’un pré à Banquier, pour y Taire l’ouverture d’une mine, & y Ctmftruire les bâtimens néceflaires? L’examen de cette piece dépofe contr’eux ; cet exploita la requête du fleur Tubeuf, qualifié de directeur des mines, eft le premier qui ait fait connaître dans le pays & les prétentions des conccllionnaires, & leur début à l’exercice du privilège; l’arrêt du confèîl eft en date, du 13 février 1763. Le privilège était nul le 13 février 17640 à plus forte raifon le 24 mars, date de l’affigna-tion. Ainfi, dans le cas/où le privilège fe fût trouvé revêtu‘de. toutes les formes, il était devenu entièrement nul. L’exploit du 24 mars 1764'eft arrivé hors du tems preferit, la déclaration que nous avons citéê ne donnant aux conceflionnaires que le-terme d’un'an pour fe mettre après l’exploitation de
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- leur privilège. L’art. VI porte que tous les privilèges dont les conceffîonnaifes auraient néglige tuf agi & l'exercice pendant le cours déune année , feront & demeureront nuls& révoqués , à moins quils n aient été fufpendus pour quelques caufes légitimes.
- Les prétextes pour mériter cette indulgence qui peut avoir lieu , ne manquent jamais aux concellionnaires ; jamais on ne les a vu embarralfés, lorf. qu’il s’agit de s’exeufer, ou fur le manque d’abondance de- la denrée, dont l’abondance eft toujours une de leur première obligation , ou fur l’interruption de l’exercice de leur privilège. La malveillance des habitans du pays leur fournit ordinairement un échappatoire allez fpécieux. On a vu les conceüion-naircs d’Anjou fe rejeter, pour fe défendre de femblables reproches, fur les. contradictions perpétuelles de leurs adverfaires. C’eft’ainfi qu’ils font dans l’ufage de déligner les propriétaires qui alfurément ont bien droit d’être les çontradideurs des concellionnaires.
- Le fieur Tubeuf voudrait-il donner pour raifon de l’abandon du privilège le foulevemqnt général du canton, le renversement des mines & des bâti meus des concellionnaires ? Il parait que les habitans d’Albin, ne nient point cet événement fatal à la concefüon ; mais les dates détruifent tous les fubterfuges., & changent abfoîument la thefe. Si les empèchemens apportés par les habitans d’Albin n’ont eu lieu qu’à une époque à laquelle les concelfionnaires avaient perdu. le droit qu’ils avaient furpris, ces derniers font feuls coupables; ils jbnt même pu.nîdàbles. ; ils ont commis un délit; public. En rétabli liant les faits dans l’ordre qu’ils le font pâlies, on jugera que le motif fur lequel, les cou-ceiliqnnair.es voudraient s’exeufer de l’interruption de leur priviiege e.ft illn-loire.
- Le fieur Tubeuf, pourfuivi à la requête du fieur Bradât, était au moins dans le cas d’éprouver le fort qu’avait éprouvé en Anjou, le conceffiouaaire de la ducheife d’Uzès. Par fentence du juge de la communauté d’Albin & de la communauté de Livinhac, il fut décrété le 13 aoiit 17645 & le 24 du même mois , le parlement de Touloufe rendit un arrêt portant défenfe de mettre à- exécution le priviiege qui n’était point revêtu des formalités. Di (Emulerai t-on ici que cet arrêt vengeur d’infraêlions à la loi a été cade ?'Pourquoi le dif-fini u 1er ? Ce n’a été encore qu’une nouvelle (urprife faite par les concellionnaires au confeil du roi. Le malheur eft, que cette efpece de fuccès a été un nouvel encouragement à l’inconduite des uîurpatews.,Touit-enus d’une compagnie dedragonSidu régiment de Beaufremont. Le fipur Tu beu f, antérieurement à.l’arrêt du confeil en ca(fa.tion,du ig fèptembre 1764 , avait pris,poifefEou à main armée de mines ouvertes, qui n'appartenaient .point à la oonceffioa lorfqu’elle avait une exiftenee apparente , qui ne lui appartenaient pas davantage le 13. février 1764, que ce priviiege du 13 février-.*763.était.aanuüé:par>
- Part.
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- Part. VI de la déclaration. Enhardi par ces victoires militaires. il empêcha l’exploitation de toutes les autres mines qui n étaient point comprifes dans le terrein limité par la conceflion. A ces troupes , on fublKtua enfuite une compagnie d’invalides, renforcée d’une ordonnance de l’intendant, portant amende de cent livres à tout contrevenant au privilège.
- Ces voies d’autorité, toujours fubftituées aux voies légales, aux voies ouvertes, ont eu l’effet qu’on doit en attendre j elles ne rendirent les conccf-fionnaires que plus entreprenans. Un (leur Fleury, qui remplaça le fieur Tubeuf, s’abandonna à de nouveaux excès ; fes menaces, fes vexations portèrent le défefpoir dans l’ame du peuple, qui ri a d'autres reffources pour jbn chauffage que le charbon. Il y eut un foulevement général : la destruction des mines & des bâtimens, l’expulfion des étrangers , qui dès le 13 février 1764 n’étaient plus réellement fous la fauve - garde du fouverain , ramenèrent la tranquillité.
- Les conceflionnaires ne peuvent donc point dire qu’ils ont éprouvé des empèchemens réels ; ceux dont ils voudraient arguer ne conftatent que des empêchemens provenans d’une part de leur manque de fourmilion à la difpO-fition expreffe des ordonnances du royaume , renouvellée dans l’art. VIII de la déclaration du 24 décembre 1762» provenans de l’autre part de l’abus énorme qu’ils ont fait de leur privilège. Qu’était en effet le fieur Tubeuf à l’époque que les conceflionnaires voudraient citer en leur faveur ( leur éloignement forcé du canton d’Albin)? Il était convaincu d’avoir ufurpé le bien d’autrui, fans y avoir aucun droit j comme tel il avait été décrété j il avait d’ailleurs encouru de fait la punition d’un délit prévu dans le préambule de la déclaration du roi, concernant les privilèges, le défaut de publicité des titres, qui donne fouvent lieu aux privilégiés de détendre & de gêner abufivement l'indujlrie & le travail des fujets du roi. Ça')
- Les habitans d’Albin, injuftement dépoffédés par les conceflionnaires, ou leur repréfentant ( le fieur Tubeuf), avaient droit à être les contradicteurs de ces étrangers. Dans le défefpoir, ils ont fait ce que permet le droit de la nature , ils fe font raffemblés pour rentrer en force dans leurs propriétés ; & depuis ce tems, les conceflionnaires n’ont point fait de nouvelles tentatives.
- Il efl; donc démontré à l’égard des conceflionnaires , fur lefquels la communauté & mandement d’Albin defire aujourd’hui de nouveaux éclairciffemens, que le droit de ces conceflionnaires, ( qui en lui - même 11’efl: point un droit réel, jus in jure ) dérogeant au droit commun , n’était qu’un droit imparfait qui eft refté tel ; il n’a donc pu devenir droit parfait qu’autant qu’il aurait été revêtu des formalités prefcrites dans notre législation françaife fur le fait
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- Ça) Voyez La déclaration* Tome XV11L
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- des mines, parmi lefquelles on a rangé les carrières de charbon de terre. Ces formalités donnent feules à ces fortes de grâces , aux privilèges , force de loi, aflurent feules aux compagnies légitimement pourvues d’un privilège la pleine jouiîfance de la conceffion, l’alfLirance, la prote&ion, foit du roi ou de fes minières , foit des cours fouveraines, qui ont appofé le dernier fceau aux claufes & reflri&ions relatives au droit des propriétaires , {bit pour la préférence qui leur appartient pour faire ces fouilles ,foit pour les indemnités auxquelles ils peuvent prétendre. Le privilège dont il s’agit, défe&ueux par ce vice de formalité, n’exilfe donc pas; une chofe qui n’exifte pas ne peut être cédée.
- En fuppofant que ce privilège ne fûtinfe&é d’aucune irrégularité fur ce point, il a été anéanti le 14 février 1764, y ayant alors une année révolue farts exercice de la part des conceffionnaires: fécondé raifon pour ne pouvoir être cédé.
- Une troifieme enfin ôte aux fieurs Tuilier & Drouin tout moyen d’avoir fait une ceflion valide, La même déclaration du roi, dans laquelle les conceffionnaires qui n’ont point fait ufage de leur privilège dans l’efpace d’un an, fe trouvent déchus de la conceffion, a pourvu au cas qui fait l’objet des craintes de la communauté d’Albin , & réfout le fécond membre de la queftion propofée. Les conceffionnaires ont-ils pu' vendre leur droit? Par l’art. IV, l'exercice du privilège efl permife pendant la vie du privilègié d fes enfans ou petits-infans , mais non d d'autres 7 fans autorifaùon fpèciale du roi. Les fieurs Tuilier & Drouin, déchus de leur privilège par toutes les raifons qui viennent d’être données, n’ont pu certainement obtenir cette autorifation qu’en furpre-nant la religion du roi, comme ils avaient fait pour obtenir leur privilège. Cette nouvelle conceffion ou prorogation ferait donc fubreptice : elle rétablit dès lors la communauté d’Albin dans tous fes droits de réclamation. Les acquéreurs de cette efpece de nouveau droit des conceffionnaires n’ont pu dans l’efpece préfente recevoir de bonne-foi un droit pour le moins litigieux ; ce droit efl; odieux en juffice. Ces acquéreurs ne deviennent pas plus les maîtres que les auteurs du droit acquis ; ils font préfumés de mauvaife foi & évincés.
- Seconde (Question;
- Quel efl: votre avis fur la requête du fieur Ling, Si fur le privilège exclufif qu’il a obtenu pour quinze ans d’épurer le charbon de terre dans le royaume ? N’avez - vous pas, monfieur , connaiifance du procédé de faire de ces efcarbilles , & ne l’auriez - vous pas publié ?
- Réponse.
- Le privilège, fur lequel la communauté d’Albin demande avis par cette
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- fécondé queftion, a en tout point un rapport dire<5l avec la concefilon de mines , qui a fait l’objet de la première queftion. Les principes mis en ufage pour la difcuter, ainfi que la déclaration du roi concernant les privilèges en fait de commerce , s’appliquent entièrement à cette fécondé queftion , & fourniraient plufieurs moyens de nullité contre celui - ci , s’il s’agiftait de contefter fur la forme j mais je crois indifpenfable de faire obferver avant tout, que ce privilège en particulier doit être conftdéré, quanta fon objet, fous un point de vue favorable, comme je le montrerai bientôt ; dès lors la queftion fe réduit naturellement à ce qui touche les propriétaires de mines de charbon do terre. Le privilège dufieur Ling efl exclufif f\\ femble par là porter atteinte à la liberté dont tout propriétaire de mine doit jouir, celle de vendre fon charbon ,#ou tel qu’il fort de la carrière, ou, lorfqu’il le voudra, cuit, defjoufré ^ épuré ^ fi on veut appeller ainfi avec le fieur Ling, la préparation qu’il donne , comme beaucoup d’autres perfonnes , à ce charbon ; enfin fous toutes les formes poffibles.
- Les vues du miniftere ,pour être quelquefois ignorées ou non exprimées» n’en font pas toujours ni moins claires , ni moins dignes du refpedt de tout bon citoyen : le gouvernement a voulu accueillir , favorifer fous le nom de J. P. Ling une tentative de laquelle il pourrait réfulter un encouragement qui rendrait l’ufage du charbon de terre plus commun, plus étendu j il n’eft perfonne qui ne fente le grand avantage politique qui s’enfui vrait pour la confervation de nos forêts.
- En regardant de cette maniéré Je privilège fournis à la queftion, dont nous développerons .davantage le fens par la fuite, en préfumant ainfi des intentions du gouvernement, qui a toujours pour objet l’avancement du bien général, très-conciliable ici avec le droit des propriétaires ; ceux du canton d’Albin, comme ceux des autres provinces de France, doivent bannir jufqu’à l’ombre d’inquiétude fur l’atteinte que le privilège du fieur Ling pour l'épurement des charbons femble d’abord portera leur droit- Les défenfes faites par l’arrêt du confeil du 7 août 1778 à toutes autres perfonnes que leJieur Ling ou j'es ayans-caufe défaire pendant le tems qui lui ejl accordé la préparation de charbons épurés , ne peuvent porter que fur les marchands de charbon de terre, & non fur les propriétaires de mines. Je ferai voir, dans le courant de cette réponfe , que la compagnie Ling femble ne pas fe propofer de gêner aucunement ces derniers : il n’y a pas de doute en conféquence , qu’elle ne fe porte à en donner toute efpece de garantie , à fouferire volontairement fur ce point, pour lequel les propriétaires feraient admis fans difficulté à réclamation, même dans les cours feuveraines où le privilège eft enregiftré, ou au confeil du roi , pour avoir un arrêt d’interprétation , dans le cas où le fieur Ling refuferait de fe foumettre à cette modification.
- La communauté d’Albin , qui confulte, a donc/deux marches à tenir : la première confifte à interpeller le fieur Ling , pour s’afturer s’il entend ap-
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- pliquer aux propriétaires de mines de charbon de terre üexclufïon énoncée dans Ton privilège. Selon toute apparence, le mandement d\Aibin aura fatiC faction, & fera difpenfé de la fécondé marche.
- Dans la fuppofition néanmoins, où, contre toute attente, le fieur Ling attaché à la lettre de fon privilège, voudrait en faire valoir l’exécution pleine & entière , & mettrait les propriétaires, de mines dans la néceffité d’une réclamation, je vais fatisfaire tant fur les points de forme que fur le fond , à la queftion propofée par la communauté d’Albin : je ferai voir d’abord, que la méthode d’épurer les charbons de terre, donnée par le fieur Ling pour choie nouvelle, eft connue & pratiquée depuis long-tems; que le prétexte fur lequel il a obtenu fon privilège eft nul par conféquent. Je finirai par indiquer les raifons de droit & d’état qui militent en faveur des propriétaires de mines pour épurer eux-mêmes , s’ils le jugent à propos , le charbon de terre avant de le vendre.
- L’objet des privilèges en fait de commerce, eft de récompenfer P'ïnduflrie des inventeurs ( a ). Une des conditions pour mériter & pour obtenir un privilège C récompenfe de l’induftrie ) , eft donc qu’il y ait invention , découverte. C’eft uniquement à ce titre que le fieur Ling a obtenu fon privilège , en date du 7 août 1778 > c’eft - à - dire , que le fieur Ling a préfenté comme fecret qui lui eft particulier, une méthode qu’il a adoptée pour épurer les charbons de terre : terme dont il fe fert auffi pour défigner fon procédé. Mais ce terme, difons-le en paffant, également applicable aux liqueurs diftillées ou filtrées, aux métaux qui ont éprouvé la fufion, au bois lorfqu’il eft char-bonné , ne doit pas en impofer. Epurement ne défigne point ici un procédé, mais uniquement l’état particulier, la qualité qu’a contractée le charbon , reffué, cuit, ou deffoufré, fi on veut, c’eft-à-dire, dégagé, par une préparation quelconque, de ce qui le rendait contraire à certaines opérations.
- Le fieur Ling expofe dans fa requête , que tous les procédés imagfnés & fuivis en France , en Angleterre & dans d’autres pays , font demeurés imparfaits jufqii du tems qu apres des recherckes & des épreuves longues & multipliées , il a trouvé le fecret de le perfectionner. Il n’a point héfité à avancer que fa méthode pour le defoufrement tf la plus Jîmple, la plus fûre de toutes : certain de la perfection de fa méthode qu’il dit ailleurs ( a ) lui avoir coûté beaucoup de dépenfes , & dix ans de- travail-, certain qu’elle lui appartient privativement, 6t qu’elle ne peut être revendiquée par perfonne ; affiné en même tems de
- (a ) Préambule de la déclaration du roi, en deux colonnes, allemand & français., concernant les privilèges en fait de com- Paris, chez Simon, 1780 , fous le titre: merce , du 24 décembre 1762, enregiftrée Avantages de la méthode nouvellement en parlement le 16 mars 176$. découverte d’épurer le charbon de terrey
- ( b ) Efpece de profpeétus de trois pages , page 1, Üg. 10.
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- îa réuflite de fes démarches pour folliciter Ton privilège, il s’efl hâté de procéder à ce qui pour l’ordinaire n’a lieu qu’après la conceiïion obtenue, il a formé avec plujîeurs perfonnes un fonds de doutre cents mille livres pour C établif-fement des attehers , fourneaux, magafns & emplacemens nécejjaires à la fuf~ dite préparation.
- Tout ce que le Leur Ling met en avant, ainfi que fa précipitation à fe mettre en devoir d’exercer le privilège qu’il attendait, fait allez voir que la préemption n’a point eu de bornes > fa hardieife lui a donné tout l’avantage > elle a cependant été quelquefois chancelante : ici, il annonce fa méthode comme découverte, ailleurs il l'annonce comme une perfection de méthodes, dont il ne peut s’empêcher de faire une mention: il fe place lui-même, tantôt entre la gloire d’avoir inventé , tantôt entre le bonheur d'avoir porté un procédé connu à fa derniere perfection. Quelle que foit l’efpece de gloire qui eft réfervée au Leur Ling, elle doit lui alfurer récompeufe & dédommagement j mais il faut preuve non équivoque qu'il y a découverte, ou que fa méthode d’e/wrerles charbons de terre efî fupérieure à toutes celles connues. Encore faudra-t-il, lorfqu’il s’agira de prononcer, ne point confondre la méthode , toute fupérieure même qu’elle pourra être , avec l’application heu-reufe de ce charbon de terre artificiel à des opérations importantes. Ce font deux articles très - diiférens. J’avais déjà été interrogé par pluLeurs perfonnes fur l’annonce de ce nouveau combujîible propofé pour le chauffage, : éa) dans une lettre à M. Leroi ( b ), il a été afligné pluLeurs époques bien antérieures à la date que prend le Leur Ling , & même à celle dont il a été forcé de ne point s’éloigner, en citant les procédés fuivis en Angleterre, en France & dans d’autres pays. La queftion qui m’eft propoiée fur le même objet pour la communauté & mandement d’Albin , eft plus dire&e & plus précife : je vais la traiter dans les détails qu’elle exige relativement à la circonftance fuppofée.
- L’ordre à fuivre dans la folution de la quefiion exige néceffairement , comme je viens de le faire remarquer , de distinguer , i°. L'invention , même la perfection dont le Leur Ling fe fait honneur dans le public ; relativement à lui , c’eft le feul point dont il s’agit. 2°. Les avantages de la chofe en elle-même, pour examiner fi le Leur Ling doit ou peut, dans aucun teins, fe prévaloir de ces avantages en faveur de fa. méthode.
- Quant au premier point, la découverte a-t-elle été conftatée appartenir
- (a) Profpectus intitulé : Chauffage cco- l’académie des fciences, Journal de phy-nomique fans fumée ni vapeurs nuifiblés, fique , janvier i 780, page 248. Journal d’a-charbon préparé par J. P. Ling. Paris, griculture <& du commerce , mars, page 130. 1779 , in-40. Mercure de France du 20 mai 1780,.
- ( b ) Lettre en réponfe à M. Leroi, de
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- au fieur Ling ? Comment cela a-t-il été conftaté ? La leélure de la requête fait voir que le privilège a été accordé fur les dires du fieur Ling, qui a déclaré avoir un fecret. Il ne s^eft pas contenté de s’exprimer ainfi dans fa requête ; voici comment il s’en ell expliqué depuis : Ce fecret eft un charbon de terre qui, au moyen de différentes maniérés dont il eji préparé à £ épurement fuivant Les dfférens atteliers auxquels il eji defîiné, peut être employé avec un fuccès étonnant pour tous les ufages poffibles. Il la même exalté comme un chauffage incomparable , merveilleux : un nouveau combujlible tiré du charbon de terre, auquel une préparation particulière a enlevé toutes vapeurs nui-Jibles , & tout aliment de fumée. Il permet hardiment, quand le feu eft bien embrafé, de fermer une foupape de la cheminée. Cette alfertion n’était pas indifférente pour les agrémens du chauffage domeftique ; mais la fanté publique y eft interrefîée : on ne voit pas que l’alfertion ait feulement été examinée} la vapeur qu’exhale le charbon de terre préparé par le cuifàge ou épuré d’une maniéré quelconque , cette vapeur n’eft pas fenfible fous forme de fumée. Le fieur Ling en a conclu , qu’il n’y a point d’exhalaifons incommodes & dangereufes. L’hiver prochain achèvera de décider le public fur ce qu’il doit penfer à ce fujet, ainfi que fur l’économie de ce chauffage dans la capitale & dans les endroits très - éloignés des mines. Quant aux expériences, elles n’ont point effectivement été épargnées j il s’en eft fait beaucoup, & en grand, dansplufieurs provinces : en mon particulier , j’en fuis alluré par des lettres circonftanciées. Sont-ce des preuves qu’il y a découverte dans la préparation ? Non, affurément : à la vérité , c’était du nouveau pour la plupart des endroits où l’on a fait ces montres, de feu de charbon de terre épuré 5 mais comme combuftible , fes avantages pour quelques opérations font connus : ils ont été exagérés en partie par le fieur Ling, ils ont été raprochés à propos de Vutilité que le commerce pourrait effectivement retirer de P application de ce charbon a beaucoup d'ujages , autres que ceux pour lefquels ils font employés, fur - tout fi, en devenant le chauffage général, il pouvait remédier à la difette de bois : fur ce feul expofé, les parlemens de Toulôufe , de Rouen & plufieurs autres cours fouveraines fe font déterminés à l’enregiftrement du privilège , fans fonger à l’examen du fond & du principal ; des compagnies plus occupées des objets de phyfique & d’économie , auraient pu, avec connaiffance de caufe, confirmer ou infirmer la découverte du fieur Ling, prononcer fur ce qu’elle a de commun ou de particulier, quant à fes avantages, avec les moyens connus, pratiqués même avant lui d’après l’avis aux maîtres de forges. Il a été jugé à propos de paifer par - delfus cette formalité préalable de le foumeitre'*ou de le renvoyer à aucun jugement. Cette omiflion de forme généralement ufitée, convenable 9 on peut dire néceffaire dans cette occafion,
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- pour s’affurer des deux points fur lefquels porte le privilège du fieurLing, ne donne matière à aucun reproche contre lui. Le motif de cette irrégularité doit dans fon principe être refpeété de tout bon citoyen ; mais le fleur Ling s’abulerait groffiérement, s’il prétendait donner à fon privilège , dont les limites font fixées tacitement, une extenfion préjudiciable aux droits des propriétaires de mines de charbon , dans quelques provinces que ce puiffe être : c’efl donc uniquement pour tranquillifer la communauté d’Albin , aider ce corps nombreux de citoyens à remettre le fleur Ling dans fon chemin, s’il longeait a s’en écarter, qu’il devient utile de fuppléer à ces omifîlons, & de faire voir que tout au moins il eft très - douteux que ce qu’il s’attribue foit une découverte. Comment prouver cette proposition ? Le foin avec lequel fe cache le procédé, dans les endroits où il s’exécute , ( a ) devient un fujet de grande difficulté , lorfqu’il s’agit de contredire politivement cette qualification de découverte que l’on a bien voulu conferver extérieurement à fa méthode : cela n’empêche pas que l’on ne puiffe percer le voile de myftere dont fe couvre le fleur Ling; nous mettrons pour cela à profit, iç. l’infpedion même du charbon préparé par le fleur Ling, 2°. les ex-preffions employées dans fa requête du 7 août 17785 30. les expériences qui ont étés faites.
- En portant d’abord un coup - d’œil connaiffeur fur les charbons épurés qui ont été vendus à Paris l’hiver dernier , ces échantillons s’annoncent à la flmple vue ( fl on en excepte leur état fonore , leur légéreté , leur configuration irrégulière, remarquable par de profondes gerçures ) comme des morceaux de charbon de terre brut , & en ayant la même couleur ; fouvent ils étaient mouillés quand on les achetait, & faliifaient les doigts, comme s’ils euifent été faupoudrés de pouffiere de charbon de terre , ou comme fl on les y eût roulés ; lorfqu’ils étaient fecs, ils ne laiiïàient pas que de tenir encore dans leurs filfures & leurs inégalités extérieures, une quantité remarquable de pouffiere; en lavant ces charbons l’eau fe noircit,. & il s’y précipite beaucoup de frafd ; alors toutes les fuperficies de ces charbons mifes à nu, laiflent à découvert la contexture renflée, poreufe, crevaffée, que tout charbon de terre gras acquiert par le cuifage, foit à l’air libre, foit dans des fourneaux fermés. Il fera à propos de fe reffouvenir par la fuite, de ce renflement en malle fpongieufe.
- On n’ofe foupçonner que cette poudre foit un déguifement pour changer laffiorme extérieure & apparente , pour que ces braifes 11e foient point d’abord connaiffables. Ce poullier ferait-il pour favorifer tant foit peu la première
- (a) Les e'ptireurs font.fort cachés dans leurs opérations. Lettre écrite le 24 mars-1780, de Valenciennes , où il y. avait un attelier d’épurenient ,.près de la citadelle , y ers la porte de Tournay..
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- încamlefcence de ces efpeces Ôé éponges à feu, lorfqu’on les allume ? Donnerait-il l’explication de ce qu’avance le fieur Ling dans fa requête , lorfqu’il die qu il a un procède particulier pour travailler très - avantageufement le poujjier de charbon de terre , qui dans toutes les autres préparations ejl perdu ? Si le Jecret ou la perfedion du jecret gît dans l’attention à conferver quelque tems fur l’extérieur du charbon le pouiïier qui a pu être jeté delfus pour achever de l’éteindre ou de l’étouffer, il n’y aurait rien de bien merveilleux dans la recette , puifqüe la maniéré d’employer économiquement ce pouflïer au chauffage n’elt point ignorée ; & d’ailleurs le pouffer de charbon, réfervé pour des ufages particuliers , n’eft jamais perdu : ces charbons en feu, dit le fieur Ling , fumaient Veau. Voilà ce qu’ils donnent lieu de remarquer lorfqu’on les confi. dere. Je viens au fécond moyeu que je me fuis propofé d’employer pour démêler par ces expériences inférées dans la requête, la concordance du pro., cédé du fieur Ling avec les procédés publiés dans plufieurs ouvrages.
- Sa méthode n’eft, comme de raifon , défignée dans cette piece que d’une maniéré très - fuperficielle , très - imparfaite ; c’eft un fecret. En raifonnant néanmoins fur deux propofitions qui y font énoncées, en les rapprochant enfuite de tout ce que l’on fait fur la fabrication de ce que j’ai cru pouvoir appeller braifes de charbon de terre , nommées à Albin efcarbilles, carruls, je crois très-pofiible, à la lueur de ces particularités, de pénétrer le fecret du fieur Ling & de le dévoiler. Voici les deux propofitions qui fe lifent dans fa requête : i Sa méthode, quoique très- fmple, doit être variée fuivant la qualité des diffèrens charbons. Il eft inutile d’ajouter ce qui fuit j favoir, que Ja méthode ne pourrait être fuivie par des ouvriers ordinaires, puifque pour le fuccès de chaque opération il fallait être dirigé par des analyfes recherchées.
- 2°. Une qualité dif inclive du charbon épuré par le fieur Ling, ef de furnaget, Veau.
- Quant à la nécefîïté de varier le procédé fuivant la qualité des charbons, ou ne peut s’empêcher, quelque fens que l’on veuille donner à cette expreflîon , d’être frappé du rapport fingulier quelle a avec ce qui fe lit dans le cahier de l’Art d’exploiter les mines de charbon de terre, publié en 1777. Toutes les parties auxquelles il me fuffit de renvoyer en note, méritent d’être comparées avec cet avertiffement du fieur Ling. Tout ledeur impartial jugera s’il y a quelque différence eiîentielle; nous négligerons de nous arrêter à ce qu’il a ajouté concernant les analyfes recherchées , qui ont pu être néceffaires pour diriger fes opérations. Cette efpece d’affirmation, fi l’on voulait adoucir l’hyperbole dont il a plu au fieur Ling de l’affaifonner, fe trouverait affez conforme à ce qui eft recommandé dans la defeription de l’art d’exploiter les mines de charbon fur la néceffité de l’analyfe chymique pour connaître les
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- parties conftituantes du charbon de terre, p. 980. Elles fe rapprocheront peut-être aulli de l’opération qui fe faifait à Sultzbach, dont cependant le fleur Ling ne fait point ufage pour épurer fes charbons.
- La fécondé proportion eft remarquable à plufleurs égards, nous nous arrêterons au flmple énoncé : la qualité dijîinclive du charbon de terre, préparé par la méthode du fleur Ling , fruit, dit-il, de dix ans de travail & de dépenfes conjidèrables , eft de fe maintenir fur Veau. C’eft ici, on ne peut trop le répéter, où fe montre la faveur dont on a ufé envers l’expofant, pour acquiefcer à fa requête , fans doute afin de réveiller par ce privilège l’attention des marchands de charbon de terre & des confommateurs fur une fubftance qui fera tres-précieufe , lorfque les artiftes, métallurgiftes ou autres , qui ont befoin de combuftible , feront parvenus à trouver les moyens d’employer le charbon de terre épuré à difïérens ufages. On ne doit pas fe tromper fur le motif de cette concefilon, & les propriétaires de mines doivent fonder fur ce point leur confiance: telle a été évidemment l’intention du gouvernement, lorfqu’il a accordé le privilège , en faifant abftra&ion de toutes les autres allégations impofantes& hafardées du fleur Ling , que le moindre examen aurait réduites à rien. Cette qualité dijîinclive, attribuée à fou charbon qui eft du nombre de ces allégations, va nous occuper : fans doute il a cette propriété pendant quelque tems, il eft aifez aifé de s’en convaincre; mais fl le gouvernement n’avait pas eu, pour le bien de la chofe, des raifons particulières, il eût certainement demandé l’avis des perfonnes qui peuvent avoir quelques con-r.aiffances fur cette matière. Le réfultat de cette information n’aurait pas été favorable au lieur Ling, comme auteur d’une découverte, comme étant parvenu à fabriquer un charbon de terre avec la propriété dijîinclive de fur nager Veau. Dans les grands atteliers, il eft au fu des moindres employés, que toute efpece de fcories a cette propriété. Les phyflciens favent que tout charbon de matière, foit végétale, foit animale, foit minérale, eft dans le même cas, & que la chofe ne peut être autrement; de façon que cette propriété (diflinc-tive, félon le fleur Ling) dans fon charbon épuré eft une propriété qui conf-titue toute efpece de fcorification , toute efpece de charbon , qui eft commune à tous les charbons , & qui 11e peut pas ne point fe rencontrer dans toute fubftance complètement charbonifiée. Auffl fe fait-elle appercevoir dans les charbons préparés à fanglaife, par M. Jars , par M. de Genfîane , par M. le comte de Stuard , parM. Kiefmann de Bruxelles., de même que dans ceux qui s’épurent par la feule combuftion dans les foyers domeftiques, où le patois de chaque pays les déflgne fous différentes dénominations : voilà des vérités inconteftables. Lorfque le fleur Ling a demandé ( ce qui lui a été accordé ) qu’il fût défendu à toutes perfonnes de s'immifcer ,fous quelque dénomination que ce puffe être , dans ladite préparation de charbon, épuré, quand bien même elles par-Tome XVUL K k k
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- viendraient à la découvrir, il prévoyait {ans doute que la découverte ne ferait pas difficile, je ne dis point, aux naturaliftes phyficiens, niais à quiconque elt dans l’ufàge de brûler du charbon de terre , & d’en avoir perpétuellement fous les yeux des braifis désignées effectivement dans plufieurs provinces ( il il’eft point indifférent de le répéter ) par des dénominations différentes, On ne foupqoniiera pas que le fleur Ling ait intention, de défendre à toutes per-fonnes decqnfumpr le charbon de terre; & cependant,pour rendre fon privilège exclufjf valide, ç’eft ce qu’il faudrait, puifque long-tems avant que le fleur Ling parût avec fon fecret, toutes les perfonnes çonfumant du charbon de terre, qpéraient, fans s’en douter, le fecret du fleur Ling, & l’exécuteront encore, faqs la plus légère tentative d’aller contre fon privilège. Enfin le fabricant de braifes de charbon, le fleur Ling aurait - il prévu la queffion propofée aujourd’hui.? N’aveç-vouspas, monfieur , connaijfance de ce procédé? ne L'auriez-vous pas publié? Beaucoup de perfonnes auraient pu être également interrogées, elles auraient répondu comme moi. Voyez la première partie de l’art d’exploiter les mines de charbon de terre, publiée en 1773. Voyez l’art. LII île la quatrième fedion , publiée en 1777. Paffant maintenant aux expériences faites fur le charbon épuré par le fleur Ling, pour juger du rapport qu’elles peuvent avoir avec ce que l’on connaît des charbons épurés par toutes les méthodes connues, nous 11e pouvons pas mieux faire que de tranfcrire ici 1’enregiftrement d’une cour fouveraine; je m’arrête à celui de Rouen, du 20 novembre 1778- \
- “ Il efl démontré que par la préparation de l’expofant, non-feulement le M charbon de terre perd fes propriétés défagréables, incommodes R miifib'es, w mais qu’il acquiert de nouvelles qualités fupérieures à celles du bois , auquel M il peut dans tous les cas être fubfticué avantageufement pour les confom->5 mateurs & pour la qualité des fabrications; qu’il efl plus économique dans >3 l’ufage que les houilles brutes, par l’accélération de les chaurfcr, par les w qualités qu’il donne au fer & à i’acier, qu’il ne corrode jamais , qu’il rend „ plus propre à recevoir le fini, & parce qu’il ne lailfe que peu ou point „ de mâche - fer apres s’etre confumé. Les avantages du charbon épuré par }J le fieur Ling fur le charbon de bois, font une durée triple, un prix beau-M coup moindre & une chaleur infiniment plus aétive. „ Réfumons en deux mots. Les expériences fur les charbons préparés par une méthode dont le fieur Ling garde pour lui le fecret, ont démontré tout ce que l’on fait des charbons préparés à la façon anglaife. Les chymifles, les naturaliftes, les phyficiens diront unanimement que ces expériences ne leur apprennent rien de nouveau , & que tous ces faits font confignés dans les ouvrages de MM. Jars, de Gentfane, Kiefmann , cités par M. Venel, & recueillis dans la defcription de l’art d’exploiter les mines de charbon de terre; mais il était très-impur.,.
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- tant pour le bien général ( la chofe eft évidente)de donner occafioîî aux recherches, aux tentatives qui pourraient conduire à trouver, non le fccret de Vépurement ^ puifqu’il eft connu & publié, mais l’art de faire de ces charbons un emploi kir, heureux & confiant. C’eft là le problème dont la folution a été propoféc en 1777» c’eft là ce que le gouvernement a cherché à procurer pour l’avancement des arts & la confervation des forêts. Il a efpéré , il a prévu que de ce privilège accordé pour Y épurement Au charbon, fuppofé découvert ou non, il réfulterait un concours d’artiftes experts & de favans, qui prendraient à tâche de rendre à l’état ce fèrvice important. Ce privilège accordé fous le nom de J. P. Ling eft donc une efpece de prix d’émulation, propolé par le gouvernement. La lagelîe de fes vues femble être à la veille d’être couronnée par le fuccès, fi l’on en juge par les annonces publiques.
- De toutes les différentes applications que l’on peut faire des braifes de charbon de terre à ditfèrens arts, il n’en eft aucune d’aufti grande conféquence' que celle que l’on ferait avec avantage aux travaux métallurgiques.
- Aufti les confommateurs intéreflës à cet objet n’ont pas manqué de tourner leur attention fur ce point. L’énoncé du problème rappellé plus haut ; les effais entrepris infruétueufement par M. le comte de Stuard, que le fieur Ling dit avoir été fon éleve; ceux qui ont été continués depuis cette époque, pour tâter de nouveaux procédés propres à fixer l’emploi uniforme des charbons épurés dans la fonte de l’affinage du fer, nous conduifent naturellement au fécond point que nous nous Pommes propofë de difcuter, pouf voir la part qu’a ou que n’a point, dans les réuffites qu’on annonce , la méthode , quelle qu’elle foit, d’épurer le charbon de terre.
- Les avantages de la chofe en elle-même appartiennent-ils privativement à la méthode particulière que le fieur Ling prétend avoir , d’épurer mieux que perfonne les charbons de terre? Afin d’être fûrs de nous faire entendre, pré-fentons la thefe d’une autre maniéré : les fuccès obtenus particuliérement dans la principauté de Maffau - Saarbruck & à S. Dizier en Champagne , avec les charbons du fieur Ling, doivent-ils être attribués à l’emploi de fes charbons épurés ? Ces fuccès , en les fuppofant définitifs, ne feraient-ils pas plutôt le fruit des lumières, des connaiffances , d’un genre indépendant, foit de la fcience, foit de la pratique d’épurer ie charbon ? Voilà la vraie queftioiv, à laquelle il faut toujours ramenèr lé fieur Ling , quand il' voudra1 s’en faire trop accroire; Lés perfomres qui conUaiffent la phyfique' dés forges & les rapports intimés qu’il y a' entr’eBés & 1&: phyfique générale , leslibmiWe's du métier inftruits dans la pyrotechnie métallurgique, dans l’art des grands fourneaux , reconnaîtront d?a-Êortf qu^ la- quéftion n’eft paS fi déplacée ; bién plus, elle s’accorde abfolum'èMt éè qui à: été déclaré pour la fabrication des charbons dè terre à la rfianiéré' angkafe, dans le' petit écrit impriiné, adrefFé
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- aux maîtres des forges: On y convient judicieufement, au fujet d’une épreuve faite à la forge de Halbery, principauté de Naifau - Saarbruck , que le manque de fuccès des Anglais à affiner les fontes coulées au feu de charbon de terre , provient peut-être moins de l'imperfection de la méthode anglaife que de ce quelle n admettait que le charbon de terre feul.
- Au furplus j il y aurait un moyen facile de lever le doute , particuliérement celui qu’il nous eft permis d’élever ici au fujet de la fupériorité du charbon-épuré par le fieur Ling fur les charbons épurés par d'autres perfonnes qui n’auront point connaiffance du procédé du fieur Ling, puifque c’elf un fecret. Il ne s’agirait que de recourir à des expériences de comparaifon , faites à diverfes reprifes dans les mêmes circonftances, les mêmes proportions, avec toutes les mêmes attentions , en employant des charbons de terre préparés par des méthodes connues fous différentes dénominations; de cette maniéré on jugerait clairement s’il y a dans ceux préparés par le fieur Ling une découverte. Toutes les perfonnes qui ont connaiifance des différentes recherches publiées fur cet objet, ne feraient point étonnées que les charbons du fieur Ling n’euifent rien de merveilleux. Il eft plus que probable que ceux épurés par M. Jars à S. Bel, par M. de Genffane , par M. Kiefmann, ou par d’autres perfonnes, fe trouveraient auffi bons. M. de Hayanges avait déjà trouvé les proportions pour les faire réuflir à la fonte. Ne voit-on pas'même pour le,s charbons tde bois, que pour les grands fourneaux à fondre la mine de fer , le meilleur,charbon,eft celui qui eft mêlé? Ne .ferait-ce pas alors mal-à-propos quefilëfabricant de braifes, par un procédé dont il fe dit auteur, attribuerait à fa méthode une perfection par laquelle les charbons épurés fe trouvent être applicables avec plus de fuccès aux opérations métallurgiques ? Ne ferait-il pas évident que le fuccès dont il prétendait tirer avantage en faveur de fon procédé , à l’exclufion de tout autre , ne dépendrait pas de l’irnperfection des méthodes connues pouvépurer le charbon de terre , ainfi que l’ont très - bien remarqué les favans qui ont dirigé les opérations rendues publiques dans l’avis aux maîtres de forges,? Cette réflexion ne fe trouve-t-elle pas conforme auffi à:ce qui a été avancé, dans la de.fcription de l’art d’exploiter les mines de charbon de terre? Il eft dit en termes exprès : Les recherches à faire pour y parvenir, foi t en les mêlant enfemble , foit autrement, doivent au-jourd\hui rencontrer bien moins de difficultés. En préfentant ailleurs un effai de comparaifon entre les charbons de bois & les charbons de terre, il eft remarqué, qute dans- l'état ou font les différentes connaijfances qui font le nœud des opéra fions métallurgiques , peut-être ne A agit-il plus que défaire une étude compar des effets &. des, qualités des- charbons de bois 6*j des charbons de terre.,Il eft facile de s’apperçevoir, qu’une, bonne partie>de la troifieme fedion a été employée à décrire la fabrication des braifes de charbon de terre dans un détail beaucoup
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- plus étendu que dans tous les autres ouvrages, à éclaircir cette méthode de maniéré à en faciliter l’exécution ou à la conduire à la perfection dont elle peut être fufceptible, & à préfenter même tout ce qui pourrait ouvrir fur cette matière de nouvelles vues aux perfonnes au fait de la conftru&ion intelligente des fourneaux de forges , expérimentées dans l’art de gouverner le feu, exercées dans les autres pratiques de la fabrication des fers 5 c’eft à eux à qui j’ai adreifé la parole, comme pouvant feules fuggérer habilement les modifications, les variations nécelfaires dans toutes les parties de ces elfais ; mais fans doute les efforts des artiftes, à la veille’d’une réuftîce fans répliqué , fl l’on en croit le fieur Ling, fuflent à jamais reftés incomplets, s’ils n’euffent été guidés,fécondés,comme ils l’ont été, par des favans inftruits dans la phyfique des forges, qui ont apporté avec zele dans ces épreuves intéreffantes, des con-naiffances profondes fur la manipulation de la mine, fur le développement, la concentration , l’intenfité de la chaleur, &c. &c. qui influent en général fur la bonne ou mauvaife qualité de la fonte du fer & de l’acier. On ne peut nier que ce ne foit par ces gradations d’elfais entendus & concertés , qu’on parviendra à réulïir avec le charbon épuré pour la fonte & l’affinage du fer.
- C’eft donc au concours de la théorie & de l’expérience fur l’art des forges, aux lumières réunies des maîtres de forges & des favans , aux vues du gouvernement, plus qu’au combuftible employé ( puifqu’il était connu) qu’on fera redevable d'être à l'abri de la difette de bois, dont fe trouvent menacées prefque toutes les forges du royaume, & qu’on fera redevable de tous les avantages attachés à l’emploi plus étendu d’un combuftible relégué dans les petites forges.
- De cet inftant, où eft le mérite du fecret du fieur Ling? Si d’ailleurs 011 vient lui oppofer les manques de formes, il a été prouvé que fon privilège eft nul. Si on lui objecte l’expofé configné dans fa requête, il eft prouvé que fa méthode, qu’il dit être un fecret, eft non-feulement connue dans les moindres détails, mais encore pratiquée depuis vingt ans à S. Belm en Lyonnais ï qu’elle a été pratiquée par M. de Genlfane, par M. de Stuard. Son expofé eft donc faux.
- Finiifons par difcuter la caufe des propriétaires de mines du canton d’Albin & de toutes les provinces de France. L’examen rapide, exad cependant, que nous venons de faire de la progreffion des tentatives exécutées en France pour découvrir la méthode avantageufe d’employer les braifes de charbon de terre dans les opérations métallurgiques, & de ce qui a donné lieu à ces expériences, juftifie ce privilège, quoiqu’accordé à un procédé connu, mais qui ayant encore befoin d’autres fecours étrangers au procédé en lui-même, ne peut être un privilège dont les propriétaires de mines puiffent éprouver la moindre léfion. Ces derniers ne peuvent, fous aucun prétexte , être dépouillés
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- du droit naturel de tirer tout le bénéfice poiïible de leurs mines , de préparer, charbonn&r eux-mêmes en grand leur charbon de terre, de faire des braif&s qu’ils voient fe faire journellement en petite quantité dan? leurs foyers, ou dans leurs fours , où l’on brûle du charbon de terre , du droit de vendre leurs charbons, foit bruts, foit réduits dans'i’état de charbon , parce que tous ces droits font fondés fur le droit naturel, que ne peut infirmer aucun privilège.
- Si la méthode du fieur Ling eft réellement fupérieure à toutes celles connues , ou à celles que fuivront les propriétaires de mines , qu’a-t-il à craindre? Ne doit-il pas être fur de la préférence que lui donneront tous les confom-mateursauxquels le charbon épuré fera néeelfaire ? Si le fieur Ling fongeait à étendre aux propriétaires de mines l’efFet des prohibitions portées dans fou privilège, n aurait-il pas bien mauvaife grâce? Pourrait-il être indifférent au rifque qu’ii courrait d’etre regardé comme exadeur ? Une comparaifon fort fimple fera fentir combien fa prétention ferait abfurde,déraifonnable & inique. Une partie de la récolte des châtaignes dans lesCevennes& leRouergue efiféchée au feu; dans ce dernier endroic on emploie même le charbon de terre. Que le fieur Ling foit fuppofé pour un inftant être un de ces récolteurs. Si alors un particulier , une compagnie, qui auraient une maniéré différente pour obtenir ce deiféchement de châtaignes, ou autres choies femblables , venaient, en vertu d’un ordre fupérieur, faire fécher, exclufivement à tous les récolteurs, foit les cajiagnoux dans les Cevennes , foit les aurnols dans le Rouergue, comment le fieur Ling recevrait-il ces fabricans privilégiés ? G’eft aujourd’hui la communauté d’Albin, ce fout les propriétaires de mines de charbon dans toutes les provinces de France, qui lui propofent cette queftion. Je crois qu’on peut aller au-devant de fa réponfe par les réflexions fui vantes.
- Il n’eft dans les arts aucune pratique, aucun procédé , qui ne puiffe devenir l'objet d’un privilège aufli abufif, aufil contraire au libre exercice du moindre talent, y ayant très - peu de matières donc l'indu ftrie ne puiffe altérer, finon l’effence, du moins la forme.
- Prenons un exemple plus frappant encore, & qui fait plus à la portée générale : avec du raifin l’on fait du vin; avec des pommes & des poires, du cidre & du poiré ; avec des olives on fait de l’huile : avec du charbon de terre faire des braifes , n’eft-ce pas fenfiblement la même chofe ? Peut-il raifonnabîement y avoir une permiflion exclufive, fous le prétexte d’un procédé particulier, d’empècher le propriétaire d’une vigne, d’un pommerai, d’un olivet, de faire de fes pommes, de lès poires, de fes olives, c<» que fes voiûns font chacun à leur maniéré ? Il y aurait non - feulement, de l’injuftice, & le gouvernement ne le fouffrirait pas; mais il y aurait encore un inconvénient réel pour le bien général : une obfervation très - courte 9 dont il eft permis à beaucoup de monde de ne point fè douter, pour la
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- fabrication du charbon de terre , mettra cet inconvénient dans le plus grand jour. Il eft néceifaire de fe rappeller ici une des circonftances qui fe remarque à la vue fur les charbons de terre épurés, dejfoufrés, &c. félon une méthode quelconque.
- Le bourfoufflement qu’éprouve le charbon de terre, lorfqu’il eft préparé par le cuifage, e11 tel qu’il y a augmentation de volume; cette augmentation eft relative à la maniéré dont on s’y prend pour faire ces brades; elle eft auftl en proportion de la qualité plus ou moins grade & bitumineufe du charbon de terre fournis à l’opération : ce charbon épuré, paifant dans le commerce à la même mefure qu’il fe vend ou crud ou brut, rend au fabricant près de deux mefures pour une , s’il eft un charbon gras de la première qualité, & par conféquent près du double du prix, lorfqu’on le livre à l’acheteur au même prix que la mefure du charbon brut. Sans doute le fteur Litig n’abufèra point de l’autre qualité diftinétive du charbon épurée ( ce renflement ) pour porter à un prix trop haut fa marchandée. On peut croire que le heur Ling ne méfufera point de cet avantage; mais un des grands principes de gouvernement en matière de commerce , & qui fait une portion considérable de fa liberté , eft d’atfurer , de maintenir par tous les moyens poifibles la concurrence. Cette fource d’abondance , de l’aifance du plus grand nombre d’hommes polfible, ne peut dans cette occafion être entretenue fiirement, qu’autant que les propriétaires fe trouveront enpofition. de pouvoir vendre de leur côté à un prix inférieur de celui du fteur Ling, le charbon qu’ils auront épuré eux-mêmes , & qu’ils feront jaloux de vendre ou aulli bons, ou meilleurs. Ainft , de quelque maniéré que l’on veuille en-viiager le privilège du fteur Ling dans ce qui a rapport à Cexdufion donnée à toutes perjonnts de s immifeer dans la fabrication des charbons épurés , les propriétaires ont manifeftement pour eux la jufticedeleur caufe & la fagelfe du mimftere , puifque leur droit eft lié inféparablement avec l’intérêt général.
- Au furplus, li ce qui fe dit à Paris eft vrai, que la compagnie du fteur Ling eft occupée d’atfermer des mines dans plusieurs provinces, qu’elle vient d’en acquérir en Bourgogne , c’elt un fujet de préfumer des dilpofitions railonnables a la compagnie : peut-être même eft-ce elle qui a cru pouvoir fe fubroger dans le canton d’Albin à la conceffton qui a fait le fujel du premier mémoire.
- La compagnie n’y penfera plus, lorfqu’elle aura reconnu que ce privilège eft nul dans fon principe , & annullé par quinze ans de non-exercice.
- Elle fe bornera , dans les provinces de France, à acheter le charbon de terre au pied des mines, comme les autres confommateurs ; elle fe bornera à Vépurer, tk à le vendre dans cet état, concurremment avec les propriétaires , fans leur impofer une loi qui n’a pu être faite pour eux,
- Paris, le 20 niai 17^0. Signé, MoiiAND. j
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- Lettre de M. de Bujnel, avocat au parlement de Flandres, ancien doyen de la faculté de droit en l'univerjité de Douay , à Vauteur de V Art d'exploiter les mines de charbon, touchant fa confultation en faveur des propriétaires de celles <£Albin en Rouergue. PhiUppeville, 3 1 mai 1780.
- Je ne puis , monfieur, a Ifez vous remercier de l’honneur que vous m’avez fait de me communiquer le mémoire en façon de lettre , que vousadreflez en ré-ponfe aux propriétaires de la communauté d’Albin.
- La matière des préjugés relatifs à l’exploitation des minéraux 11e peut être mieux traitée. Vous avez faifi les vrais principes , & vous les avez éclaircis en jurifconfulte profond & qui efl; bien pénétré des maximes du droit public du royaume. Soyez bien perfuadé qu’elles font celles du gouvernement ; mais fon autorité n’ell que trop fouvent furprife fous le prétexte du bien public, lorfqu’il 11e s’agit que d’un intérêt très - particulier.
- Salus populi ïfuprema lex efo. C’eft de ce principe bien entendu que dérive l’exercice du domaine éminent du fouverain, en vertu duquel il peut s’emparer d’une propriété, ou la concéder à un tiers. Vous avez, monfieur, développé l’efprit de cette loi en citoyen & en homme d’état; on ne pourrait rien ajouter à votre mémoire , fans rompre la chaîne des conféquences que vous avez établies avec une précifion fans répliqué} car où il n’y a pas de raifon d’état, il ne peut naître de privilège, fans devenirnuifible à l’état lui-même, qui efl: intérelfé à maintenir les propriétés.
- L’extraclion des minéraux , fur - tout celle du charbon de terre , efl: fans doute un bien public ; mais lorfque le propriétaire du fonds peut & veut bien s’y vouer , il efl: le premier privilégié, puifqu’il fatisfait aux befoins de l’état, & qu’il difpenfe le fouverain d’ufer de fon autorité.
- Les propriétaires de la communauté d’Albin ont pour eux les raifons de juftice & la déclaration de 1762. Vous les avez inftruits , & ils feront écoutés.
- Vous avez, monfieur, enrichi cette partie par des recherches infinies fur l’exploitation des mines de charbon: il vous reliait à prévenir les difficultés qu’elle peut faire naître; ce que vous venez de donner à ce fujet, mérite bien de trouver place à la fuite d’un ouvrage fait pour éclairer nos contemporains & la poftérité.
- Recevez avec les fentitnens de ma reçonnaiffance, ceux du refpeél infini avec lequel j’ai l’honneur d’être, &c. Signée de Busnel,
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- gjjLiJ.'»sl... g-r1» ‘ ....-jl - '«a^,'. sr^'aagg=a^«gg-===gB«
- Avis fur un fecours d'argent, à folli citer du gouvernement, /;owr une mine déjà en exploitation, 6* fur les motifs qui doivent ajfurer un accueilli favorable à la demande, quoique la mine foit en train.
- jpAR une fuite des connaiflances que j’ai acquifes fur toutes les parties relatives aux mines de charbon de terre, par une fuite de la fatisfa&ion que j’éprouve , en citoyen , à voir former de ces entreprifes dans le royaume , j’ai lu avec autant d’attention que d’intérêt l’expofé qui m’a été communiqué de î’état actuel ( éclairci par un plan) de la fouille commencée en 17 . . à Anniche dans l’Oltrevent, fur le chemin de Bouchain à Douay, entre cette chaulfée & celle de Marchienne. Le local m’eft fpécialement connu depuis 1742, & j’ai quelqu’idée des travaux dont il eft queftion, par les échantillons que j’ai pu me procurer dans le tems, des différentes couches qui forment ce que j’appelle couverture de la mine, ainü que de celles qui forment les enveloppes des veines de charbon.
- - Je foupçonne fort que le premier jugement porté de la qualité du charbon d’Anniche , uniquement d’après la fonde , félon toute apparence , a été trop précipité, en regardant le charbon extrait de cet endroit, commefupérieur au charbon d’Angleterre. Les comparaifons mifes fouvent en-avant dans la plupart de nos mines, entre leurs charbons & celui d’Angleterre , m’ont prefque toujours paru hafardées. J’ai expliqué fur cela ma façon de penfer dans mon ouvrage académique fur l’art d’exploiter les mines de charbon de terre, à l’occafion de celui de Littry, comparé avantageufement d’après quelqu’échantillon au charbon de la Grande-Bretagne. C’eft bien alfez, félon moi, & l’on doit être fatisfait, quelque part que ce foit, de rencontrer un charbon à peu près égal en qualité à l’efpece de bon charbon d’Angleterre, que l’on pourrait nommer charbon de première qualité, ou comparable à celui de Fims en Bourbonnais. J’obferverai même que j’ai tout fujet de croire que la fécondé veine de la folie d’Anniche elf une veine en bouillaz, ou irrégulière, qui en con-féquence fe trouvera étranglée, peut-être même interrompue dans quelque partie de fon trajet. fr;i;
- Au furplus, l’entreprife d’Anniche , faite par le maître des très-fonds, n’en n’eft pas moins recommandable ; & il s’en faut de beaucoup que l’obfervation précédente, amenée par le fujet, tende à dégoûter l’entrepreneur; mais le maître des très-fonds, pour lequel on me demande avis, doit être prévenu de tout ce qui l’attend , de tout ce qui le menace peut-être dans la pour fuite de fes travaux: c’eft même l’éclairer fur l’étendue de fon projet, pour lequel il doit, plus qu’il ne l’a pu faire encore, s’armer de perfévérance , afin d’être à l’abri du chapitre des accidens, qui dans ce genre d’affaires font un vrai labyrinthe. Tome XVIII. L 1 l
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- 11 y aurait pour des entrepreneurs un grand inconvénient à fe trop flatter fur les fuites de leur entreprife, en la regardant portée aujourd’hui à fon dernier terme d’incertitude, de rifques & de hafàrds ; ce ferait enfin une grande imprudence de leur part de fe perfuader qu’ils ne doivent plus s’attendre à des dépenfes beaucoup fupérieures à celles fur lefquelles même ils pourraient avoir compté ; que dis-je! même à des pertes confidérabtes.
- M. le marquis de Trefnelle, dans le travail qu’il fait exécuter à fa terre A’Anniche , cherche fans doute l’intérêt public en même tems que le fieu propre. Il permettra fûrement que l’on prenne cette opinion de fa perfonne» c’eft donc à un feigneur refpectable par ces fentimens , que je réponds ici fur le Mémoire qui m’a été préfenté, concernant la fituation des travaux d’An-niche. En homme qui a l’ame noble & élevée , le maître des très-fonds doit avoir pour objet d’exploiter en grand , je veux dire, de fuivre une entreprife utile à plufieurs des fiecles qui fuccéderont à fa mémoire.
- Aujourd’hui qu’il a été allez heureux pour découvrir deux veines qui, d’après ce que l’expérience apprend , en couvrent d’autres au-deilous, qu’a-t-il à faire? S’alfurer de la préfence d’une troifieme , d’une quatrième, peut-être d’une cinquième , inférieures aux deux premières , dont il eft en pollef-lion i creufer à cet effet des bouxtays ou torrets, c’eft-à-dire, de petits puits fouterreins, qui viendront tomber fur la troifieme , d’en profonder de nouveaux fur cette troifieme veine, afin d’arriver à la quatrième , & ainfi de fuite * le plus qu’il pourra, afin de travailler les veines les plus profondes, avant de chaffer les premières veines trouvées.
- Cette pourîuite de travaux préliminaires en approfondiffement, qui n’auront que l’avantage de faire connaître la richeffe à venir du canton & de l’état en retardant le bénéfice réel & mérité , n’eft .ni la moins pénible, ni la moins incertaine, ni la moins difpendieufe. Les exhalaifons, les incendies fouter-reines , les eaux, font des obffacles fréquens & formidables ; il faudra favoir les vaincre , les combattre ; & dans ces profondeurs, où il eft: néceffàire de s’en* gager , ces obffacles font bien plus embarraflans que pour les premières veines. Les dépenfes qu’entraînent.,,foit les différentes précautions pour fe garantir de ces dangers, foit les machines variées pour les diminuer ; les unes & les autres , fouvent infru&ueufes pendant quelque tems , fe trouvent toujours bien fupérieures à celles qui ont été néceffaires’pour les premières fouilles. C’eft une vérité qui s’apprend par la pratique c’eft auili la raifon pour laquelle nous voyons en France, où. nous ne manquons point de mines de charbon, tant d’exploitations^ bornées aux'premières veines, les^plus près.du jour. Ces veines cependant ne doivent être compolées que pour l’écorce d’une mine; elles font communément les moins bonnes : leur travail uniquement dnfté par mie économie forcée', je veux dire, par la crainte des dépenfes atia-»
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- chécs à la fouille des veines profondes , pour couvrir de mer d'eaux, comme s’expriment les Liégeois, les veines inférieures, par lefquelles on doit toujours commencer une véritable exploitation ; & fi les eaux ne noient pas ces veines placées aü-deifous, elles les rendent prelqu’inacceilibles pour la fuite des tems où Ton voudra le difpofer à les attaquer.
- D’après ce tableau fort reiferré d’un travail exécuté dans les grandes réglés , dans les vrais principes & dans des vues d’utilité publiquequoique l’entre-prife fur laquelle je fuis confulté,ait débuté fous d’heureux aufpices, puif-qu’en peu d’années on a extrait du charbon en abondance lurfifante pour remplir une partie des premières mifes de fonds, M. le marquis de Trefnelle ne doit regarder encore cette entreprile que dans une forte d’état d’enfance, fi je puis m’exprimer ainfi: elle aura encore long-tems befoin de l’intelligence des prépofés & ouvriers, des reifources des aifociésdans l’affaire, de la vigilance & des encouragemens du maître des très-fonds. M. le marquis doit de ce jour regarder la mine de charbon , placée dans fa terre d’Antiiche, comme un pofte très - difficile , dont il ne pourra s’affurer qu’après bien des atfauts , & avec perte de beaucoup d’argent. De ce que , par la nature du terrein & la fituation peu enfoncée des premières veines, M. de Trefnelle a été plus heureux que d’autres exploitans, qui dans différentes provinces ne font parvenus à traverfer l’enveloppe des veines qu’après des difficultés rebutantes , après des dépenfes énormes, la fécondé fouille en profondeur, & qui eft toujours celle à defirer , celle à laquelle on doit l’inviter ; cette fécondé fouille, la principale, n’eft donc point du tout celle qui entraîne à beaucoup près moins de frais & moins de difficultés. Il y a de quoi être effrayé : il ne doit pas moins s’y attendre & s’y préparer. Pour citer un exemple de nos pays , même du voifinage de l’Oftrevent, où eft la fouille d’Anniche , il fuffirait d’être inftruic hiftoriquement dès non-fuccès qu’éprouva fucceffivement & pendant bien des années confécutives, après les facilités données en 1720 par le gouvernement, feu M. des Androuins , fubrogé aux premiers intérelîés des folles à houille de Valenciennes & de Condé. Les puits ouverts fur Aubry , enfuite aux paroiffes de Treux, de Courombes, & à Bofquian du Bruay, 11’ont prof, péré , malgré letablilfemeiit de ce qu’011 appelle pompe à feu, qu’à Force de confiance & d’argent.
- Afin donc de prévenir d’avance & d’applanir ces obftacles, capables de défefpérer, de ruiner même fes alfociés , M. le marquis de Trefnelle doit s’occuper dès a&uellement de faire une nouvelle malfe de fonds ; il doit en-fuite procéder à l’établiffement qu’il projette, d’une machine à vapeur, à l’aide de laquelle il peut profonder avec fûreté & fuccès les puits fouterreins qui doivent le conduire fur les veines inférieures, fur les richeffes & de la mine d’Anniche & de l’état.
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- En projetant de fuivre Ton entreprife de la maniéré qui vient d’être efquif-fée , la feule , je le répété , qui foit vraiment utile à l’état, il me paraîtrait que M. le marquis de Trefnelle ferait fondé en raifon pour s’adreller avec confiance au gouvernement, & folliciter quelques fecours. Je dois lui donner le confeil d’en faire la démarche. L’idée qui fe préfente à moi dans ce moment fur cette refiource, ne paraît pas être venue à M. le marquis, ni à fes aifociés.
- Du moins je n’appcrçois rien qui y reifemble, dans le Mémoire que m’a remis M. l’avocat Petit. Je crois au contraire y entrevoir qu'on n’a pu être que très-éloigné de cette idée par les craintes que l’on pourrait avoir, que la mine en train, & donnant un produit, ne foit une raifon à objecter valablement à la demande d’un fecours au miniftere. De là naît tout naturellement une queftion que je me fais à moi-même pour la première fois.
- Une exploitation de mines, dont les travaux font parvenus à donner du produit, peut - elle, doit-elle être favorifée de quelque fecours par le gouvernement ? A quels titres, fur quels motifs , un entrepreneur de mines, dans i’efpece donnée, peut-il demander & efpérer ce fecours ï
- Ces deux queftions abfolument neuves ne font pas indifférentes: leur dif-cufîîon railonnée, en fixant les motifs fur lefqueis le miniftere peut raifonna-blement fe porter à accorder ou à refufer des .fecours d’argent dans ce cas; ces deux queftions, dis-je, intéreffent le miniftere même ; elles intéreffent directement les maîtres des très-fonds, particuliérement dignes de toute elpece de bienveillance, de toute efpece d’encouragement & d’un appui prefqu’illi-mité. L’importance du fujet m’engage à le traiter ici , fans y être invité ; d’ailleurs tout ce qui a précédé, pour faire fentir l’étendue d’une entreprife en grand, rentrera dans le développement du point de la queftion ; il vient même à l’appui, & fervira de bafe à ce développement. Tout gît à décider une autre queftion , enfuite à rappeller fommairement l’intention foutenue .du miniftere fur le fait des mines.
- Dans un terrein à charbon , importe-t-il à la chofe publique qu’une exploitation fe faffe en grand? Eft-il indifférent, vu les clépenfes énormes qu’entraîne une exploitation en grand , de fe borner à des fouilles vagues & ambulantes feulement fur les premières veines rencontrées?
- Dans la plupart de nos provinces, où le charbon de terre eft placé , comme on dit, près du jour , où le propriétaire n’a quelquefois qu’un coup de beche , de pioche, à donner dans fon jardin , dans fon champ, pour fe procurer fon chauffage & quelque petit bien-être, en vendant de fon charbon ; e’eft de la maniéré expofée dans le fécond membre de la queftion , que les chofes fe conduifent, tant que les eaux ou d’autres embarras n’obligent point de quitter la place. Le moyen d’intervention d’autorité, pour que cela ne foit pas ainfi, efit aiîùrément très - embarraflàm à imaginer 5 du moins perforine
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- n’a encore propofe d’expédient fur ce point. Interdire au particulier cette fouille de place en place, ce ferait évidemment, fur-tout dans quelques endroits ( comme dans la haute - Provence , dans le Rouergue ) priver un par-ticuli-er d’une reflource de première nécelîité, à laquelle la nature femble avoir voulu pourvoir, (a)
- Cela n’empèche pas qu’on ne foit frappé du vice inhérent à cette maniéré d’extraire le charbon; maniéré forcée par l’impolTibilité toujours réelle, même pour le plus riche particulier , de fournir à la dépenfe qu’entraînerait un travail en plus grand approfondidement.
- Cette liberté naturelle de travailler fon'terrein à fa volonté, eG: aufii le grand cheval de bataille, ( lauf l’expreflîon ) que mettent en-avant les fol licite urs de concellions fur le cerrein d’autrui, où ils lavent qu’il y a du charbon : conciliions auxquelles font attachées nombre defranchifes, immunités, grâces, faveurs de nos rois.
- Or, dans quelle dilpofîtion M. le marquis de Trefnellc s’annonce - t - il aujourd’hui par ces premiers travaux dans la mine de fa terre d’Anniche? Ces fouilles, quoique de rapport, ne font point à dédaigner; le millilitre ne peut les abandonner au fort des événemens , comme celles que fait un fimple particulier, pour fon ufage feulement ou fou bien-être. C’eft ici un maître des très-fonds, qui ayant eu le courage de former en grand fou entreprife, s’occupe férieufement “ de l’ouvrage & continuation de mines, 3Î qui concernent grandement le bien du roi, & le bien de la chofe pu-K blique. „ Je me fers des propres exprellions confignées dans la ratification des lettres du roi charles VI en 1413 , par Charles VII en 1437 , de l’avis , conieil & délibération des gens de finance : expreffions adoptées fucceflive-ment dans toutes les déclarations & ordonnances fubféquentes à celles - là ; il eftaifé de s’en a durer dans la confirmation des lettres de privilèges de Louis Xil , en 1498 , vérifiées par les receveurs généraux des finances , par le fené-chal & 'es élus de Lyon. Il n’efl pas un de nos fouverains qui 11e le montre “ délirant ladite œuvre { de l’extraction des mines ) être continuée au bien, „ profit & utilité de nous, de notre royaume & de la chofe publique.
- ( a '' Cet expédient n’eft pas impoflible à trouver; il ne faut pour cela que mettre abfohiment de côté tout l’efpritde fyftême actuellement palfé en principe fur les con*. eeffions. Ce point de législation m’a toujours afferié vivement ; on a dû s’en apper-cevoir dans tout le courant de la deferip-tion de l’art d'exploiter les mines de charbon de terre. L’étude réfléchie que j’en ai faite de bonne-foi 3. & fans autre fentiment
- de prévention que celui d’être choqué des abus des concelftons , m’a conduite qu’il me foit permis de faire ici cette annonce ) à un plan très-fimple, qui pare entièrement à tous les inconvéniens de ces fortes de privilèges, dans le cas où ils feraient in-difpenfablernent ncceflaires , & notamment à celui de dépouiller un pauvre payfandu produit de fon champ, dont il ne peut fe-pafler pour vivre,
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- C’eflainfi que s’expriment François Premier en 15-1 f, & [Henri ... en 15-48, à 1 occafion du fieur Roberval, cc defirant l’augmentation du'bien, „ profit & utilité de la république de notre royaume „ dans fa déclaration amplifiée dans les mêmes vues , & dans les mêmes termes par Henri II, en Mf2- .
- Toutes les ordonnances de nos rois refpirent la même follicitude judicieulè & bienveillante relativement au travail des mines ; par ce motif, ils fe font prefque toujours départis ou relâchés du droit de dixième : “ confidérant,
- diîâit Louis XII en 1498 , le grand bien & profit qui revenait aux rois à „ l’occafion des mines ; & la nécetfité, dit François .. . dans fa déclaration du „ 29 juillet 156G, entérinée au parlement de Grenoble, de remédier à la „ difette des moyens de procurer diligence d’affembler ouvriers & commis „ pour befognerenprofondeur icelles mines, & icelles mettre en l’état qu’elles „ doivent être pour en tirer les métaux , minéraux & fubftances terreflres „ qui y feront trouvées, pour nous en accommoder nous & nos fujet6 j afin , „ ajoute le roi dans la même déclaration concernant le fieur Roberval, de M donner audit fieur plus grande occafion & moyen de fournir aux frais „ faits & à faire pour la recherche & perquisition des mines , & fupporter „ ceux que pour cette occafion il pourra faire à l’ouverture d’icelles, & en >y chercher d’autres. „ Dans les mêmes vues, le roi Henri<l confirma, aug-„ menta en 1552 les privilèges du fieur Roberval, fur ce que ledit fieur }5 avait remontré que les facilités antérieurement accordées n’étaient pas „ fiiffifantes pour attraire, ainfi qu’il eft requis, ouvriers pour befogner lef-„ dites mines, ni auffi induire à s’affocier pour fournir argent, & latisfaire à „ la dépenfe grande & excejjîve qu’il convient y faire, ni pour donner occafion „ à tous nos fujets promettre deniers, encore qu’ils puiffent favoir qu’il y „ a grand nombre de minières qui font déjà ouvertes & atteintes jufques aux j, gangues & filons principaux , &c.
- „ D’où procédé en partie le préjudice de la difcontinuation de l’extradion ,5 des minéraux & fémi-minéraux dans nos pays. ,,
- Dans la même ordonnance, le roi fait à l’entrepreneur de mines, abandon de bois, dans quelques cantons. N’a -1 - on pas vu dans ce fiecle le confeil du roi, d’après ces grands principes politiques, venir au fecours de M. des Andronins, qui expofait fa fortune pour l’utilité de l’état, lui accorder une gratification confidérable en argent & en bois?
- Enfin la remife du dixième par Henri en 1 ^2 , a pour but, que les nobles & feigneurs de nofdits pays , terres & feigneuries, aient moyen d’aider à entretenir & continuer lefdites mines, & favorablement traiter les marchands & ouvriers.
- Telles font les intentions conftamment & clairement exprimées dans les
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- ordonnances de nos rois. Toutes ces déclarations énoncent bien précifément le but que fe propofent nos fouverains d’aider par tous les moyens poffîbles les emreprifes des mines , immunités , franchifes , libertés , encouragemens de toute efpece; & cela même à des conceffionnaires, c’eft-à-dire à des entrepreneurs mis , pour rai fou d’état, en polleilion momentanée du bien d’autrui, & qui naturellement doivent être traités fidèlement, puifque la conccflîon d’une étendue de terrem, fur lequel il eft permis à un conceiîionnaire, par grâce fpéciale & particulière, de fouiller privativement à tout autre, eft déjà un don , une gratification très-confidéruble. Son titre eft un titre de rigueur, qui ne doit plus être fufceptible d’extenfion , & qu’il faut exactement reftrcin-dre ; un conceiîionnaire, en un mot, une fois revêtu légalement de fon privilège, ne mérite plus aucune faveur: c’eft à lui à en acquérirdes fruits à fes rifques, périls & fortune.
- On ne peut difconvenir néanmoins qu’unanimement il a pu être quelquefois utile d’accueillir ces demandeurs de concefiion pour des terreins neufs » c’eft-à-dire, on ne connoiifait point de charbon de terre ; mais les maîtres des très-fonds font dans un cas bien différent & bien plus favorable. M. le marquis de Trefneüe, travaillant en grand , doit être regardé d’un autre œil qu’un conedlionnaire. Il fe propofe d’aller attaquer les veines de charbon que couvrent celles qu’il a reconnues; ce font précifément ces veines profondes , fpécifiées dans la déclaration de Henri, en i 5 f 2 , qui font les gangues & filons principaux , bons à être mis en œuvre, pour apporter dans le royaume , dans la province ,/>rq/zV incroyable.
- De ce dépouillement fidele , qui vient d’être fait des plus anciennes ordonnances de nos rois, dérivent irréfragablement les conféquences fuivantes ;
- Un fecours quelconque , auquel fe détermine le miniffere, en faveur d’un maître île très-fonds, décidé à pourfuivre fa mine de la maniéré la plus avantageufe à l’intérêt public, ce Dcours ne peut être regardé accordé au particulier qui en fait la demande: il doit être réputé un bien pour l’état. Le fifc,le domaine du roi eff deftiné pour ce grand objet. Dans un gouvernement éclairé , cette propofition n’eft ni téméraire ni abfurde. En venant an fecours d’une entreprife, telle qu’eft préfentée celle commencée à Anniche 9. le gouvernement avance le bien de l’état; l’efprit, la lettre des déclarations, de nos fouverains, l’exemple récent que j’ai cité , & qui fait tant d’honneur au confeil d’état, font des garans de la difpofition du roi , incliner libéralement , pour parler toujours le langage du législateur bienveillant, & comme il eff dit dans les lettres de Louis XII, en faveur des maîtres marchands, failant l’œuvre & des ouvriers & mineurs du Lyonnais à incliner libéralement à la demande de M. le marquis de Trefnelle.
- Je me ferais honneur, fi la circonftance le permettait, de foutenir , de développer cette thefe, & de faire valoir les droits queM. le marquis de Trefnelle;-
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- a dans cette occafion fur. les regards du gouvernement; mais il n*y a pas k douter que le minilire des finances , ayant le département des mines, ne foit frappé des conlidérations que je viens d’expofer, & qui font de vrais titres pour M. le marquis de Trefneîle , ainfi que pour tout maître des très-fonds & de mines. Paris , ce 29 avril £781.
- Nouvelles de la république des lettres & des arts. Luge, le 30 décembre.
- On vient d’envoyer la délibération fuivante à M. Morand de l’académie des fciences de Paris.
- Le magilfrat de la noble cité de Liege a agréé avec une grande fàtisfaclion .la table générale du grand ouvrage de M. Morand fur Part d’exploiter les mines de charbon de terre, qui lui a été préfentée de fa part, par M. le confeiller de Saive. Les éloges que l’on doit au Pavant & eflimable auteur de ce beau & utile traité 11e pourraient être allez répétés, & le magilfrat fe glorifie d’avoir agrégé au nombre des bourgeois de cette ville un perfonnage dont le mérite & le zele font un honneur infini aux corps & aux fociétés dont il eft membre. L’ouvrage de ce Pavant fera un article précieux dans la bibliothèque de la ville ; & la maniéré généreufe dont l’auteur l’y a dépofé, ne mérite rien moins que les fentimens de la plus vive reconnaiilance & de la plus haute confédération de la part du magilfrat.
- Fait au confeil de la cité , tenu fpécialement le 18 feptembre 1779, par ordonnance des feigneurs, des magiftrats. J. S. F. Rouveroy 9pro de Cologne. Grand fceau, avec quatre rubans de foie, deux jaunes & deux rouges.
- Lettre de S. E. M. le comte de Schejfer, grand-chancelier de S. M. le roi de Suède , à M. Morand, touchant la partie de l'ouvrage intitulée : Recherches & confeils de médecine fur les maladies & accidens qui mettent en danger la fanté & la vie des ouvriers de mines, dont le cahier imprimé féparément , avait été envoyé par Ü auteur à S. M. le roi de Suede. Stockholm , 2% mars 1776.
- toi m’a ordonné , monfieur , de vous remercier en fon nom, de l’ouvrage très •• intéreifant que vous avez fait parvenir à S. M. Elle en a été très-fàtisfaite, & l’a fait remettre d’abord à fon college de médecine, afin que vos obfervations, fi importantes pour la confervation des hommes ,foient mifes à profit dans ce pays fur-tout, où un li grand nombre d’individus font employés aux travaux des mines.
- Après m’etre acquitté des ordres du roi, trouvez bon , monfieur, que j’aie l’honneur de vous témoigner en mon particulier, &c.
- Signé, Le COMTE DE SÇHEFFER.
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- DE DIFFÉRENS MICROMETRES.
- •*!>-—------ ^=arr^= I»
- Defcription du microfcope.
- IL a. defcription que nous allons donner du microfcope lie fera point relative aux verres qui le compofent, ni à leurs effets, cette partie appartenant à l’optique, qui doit être traitée à parti mais feulement par rapport à fa conf. trudion & aux différens inftrumens qu’on y a ajoutés pour en rendre l’ufage plus commode, plus fur & plus propre à toutes les expériences & à l’application qu’on en a faite à la mefure exade des objets qui y font fournis.
- La fig. i repréfente en perfpedive le microfcope tout entier, monté fur fon pied & garni de fon micromètre , dont on va donner le détail dans les figures fuivantes.
- La fig. 2 eft le plan du cbaffis qui fait la bafe du pied. On ÿ voit : i°. en A A, quatre trous formant écrou , deftinés à recevoir les vis A , A des fig. 4 & 7 , faites pour caler l’inftrument. 2°. En B B, le plan des quatre montans qui portent la table du microfcope, dont on voit le profil fig. 4 & 7. 50. En C, un trou fait pour recevoir le pivot C du miroir fig. <j. 40. En D, D, D, trois trous pour recevoir les vis de la piece fig. 8*
- La fig. 3 eft le plan de la table du microfcope. On y voit, i°. en A, un grand trou rond, deftiné à laiifer paffer la lumière renvoyée par le mi-Tome XVIII. Al m m
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- roir fig. f & 6. 2°. En B , B, deux petites joues qui y font tenues par les quatre vis C, Ces deux joues font deftinées à recevoir un mierometre fig. 47 & 48 , dont on parlera plus bas, & que l’on y fixe par le moyen de la vis de prefîion D. 30. En E, la naiflance d’une petite tablette qui porte deux joues pareilles à celles dont on vient de parler, & qui font deftinées au même ufage. On voit le plan de cette piece entière , fig.\$ 9. 40. En //, deux petits index, dont on parlera dans l’explication de la fig. 38* 5°* E11 G, une échancrure deftinée à recevoir la barre fig, 17.
- La fig. 4 eft le profil de la bafe fig. 2 , jointe à la table fig. 3 , par les mon tans B, B, vue dans fa longueur; & par-derriere on y voit, i°. en A, une des quatre vis à caler, 20. en C, le trou d’une vis faite pour fixer la barre fig. 17 contre la table, 30. en F, F, les deux petits index dont on voit le profil en /, & dont on expliquera l’ufage , comme on l’a déjà dit, à la fig. 38.
- Les fig. f & 6 font la coupe & la face d’une monture qui contient deux petits miroirs, l’un plan & l’autre courbe, adotTés l’un à l’autre. Cette monture eft mobile dans un demi - cercle , dans lequel elle roule fur les deux pivots a cl, pour pouvoir préfenter celle des deux faces dont on a beloin. Ce demi-cercle porte lui-même fur un pivot C, qui tourne librement dans le trou C des fig. 2 & g.
- La fig. 7 eft la coupe des pièces ,fig. 1 & 3 , faite fuivant la ligne G A E de la table. On y voit, i°. en A, deux des vis à caler; i°. en C, le trou du pivot C de la fig. ; 30. en D, un des trous faits pour recevoir une des vis fraifées qui doivent paifer dans les trous D des pièces fig. 2 & g , & fe vider dans la piece fig. 10; 40. en G, la moitié de l’échancrure G de la table fig. 3 , avec la vis qui doit entrer dans le trou C de la fig. 4.
- La fig. 8 eft une piece deftinée à fervir de bafe à la douille fig. 11,12 & 13. On y voit, i°. en F, un trou detiiné à recevoir la vis/dela/g. 14, 2°. en E, E, deux trous correfpondans aux trous E , E de la fig. 2; 30. en D , D , D, trois trous correfpondans aux trous D , D, D de la même fig. 2 ; 40. en C, un trou aufli correfpondant au trou C de la même figure , & défi-tiné , comme lui, à laitier palier le pivot C du miroir fig. 5 ; 50. deux petits trous h , h, pour recevoir deux petits pieds , dont on voit l’un dans le profil fig. 10 > 6°. quacre petits trous g, g, g, g, pour recevoir les vis g, g, &c. des fig. 12 & 13.
- La fig. 9 eft le profil de la précédente.
- La fig. î o eft le profil d’une rondelle qui fe pofe par-deffus la partie D D D , h h C de h fig. g, qui eft percée des mêmes trous qu’elle , mais qui font en écrou pour recevoir le bout des vis qui atfemblent les pièces 2 & 8, parce que ces vis fe montent par-deifous. O11 y voit eii-delfous en h, un des deux
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- petits pieds qui doivent entrer dans les trous h, h de la fig. 8.
- La fig. 11 eft Le plan d’une douille quarrée. On en voit 1 élévation dans les fig. J2 & 13.
- La fig. j 2 eft l’élévation de cette douille dans le fens le plus étroit. On y voit en A un trou fait pour recevoir la vis A de la fig. 14, & en gg, deux des quatre vis qui doivent l’aflujettir fur la piece fig. g , en g g g g.
- La fig. 13 elt encore une élévation de la même douille, fur le fens le plus large. O11 y voit en g g les mêmes vis dont on vient de parler dans la figure. précédente , & en B B , les trous frai les , faits pour recevoir les têtes des vis b b , deftinées à arrêter la barre, fig. 17, contre une des parois intérieures de cette douille.
- La fig. 14 elt le profil d’une confole definée à affermir la douille qu’on vient de décrire dans la fituation perpendiculaire , fur la piece fig. 8. On voit, i°. en A , une vis qui doit entrer dans le trou A de la fig. 125 2°. en b, une vis faite pour entrer dans la face poftérieure de la douille, dont on apper-cevra plus facilement la place dans la figure fuivante ; 30. en/’, une vis def-tinée à palier au - travers du trou F de la fig. 8.
- La fig. ï f eft le plan de la même confole, dans lequel on voit les deux vis A, faites pour entrer dans le trou A de la fig. 12, & la vis b dont on a parlé dans la figure précédente.
- La fig. 16 eft le profil d’une barre de cuivre/eftinée à entrer dans la douille, fig. 12, & à y être fixée , comme on le dira tout - à - l’heure. On y voit, i°. en C, le bout d’une vis faite pour entrer dans le trou C de la fig. 4 , & rendre fa fituation invariable; 2°. en D, une vis faite pour y attacher la petite confole qui eft à côté, & dont on expliquera plus bas l’ufage. Cette petite confole porte un pied/, qui doit entrer dans le trou/de la fig. 17; 30. en E, fur le bout fupérieur, une vis dont la tète eft alfez large pour déborder la piece, afin de fervir d’arrêt à la piece , fig. 18 & 19, dont on parlera dans un moment.
- La fig. 17 eft la face de la même piece. On y voit, i°. en C, le trou fait pour la vis C de la figure précédente ; 2°. le trou D correfpondant auffi à la vis D de la même figure ; 30. en / le trou qui doit recevoir le pied/ de la petite confole, même figure. Enfin en B B , les deux trous faits pour recevoir les vis b b de la fig. 12 ou 13.
- La fig. 18 eft le profil d’une fécondé barre de cuivre, qui doit entrer auffi dans la douille fig. 12 ; mais avec la différence qu’elle y eft mobile, & qu’elle peut couler le long de la barre, fig. 16. O11 y voit, i°. en un trou pour recevoir une des vis a de la piece fig. 21 & 22; 2°. en b b b , trois trous pour recevoir les goupilles deftinées à arrêter la crémaillère , fig. 10 , dont on parlera plus bas ;• 30. en c, une retraite faite pour recevoir l’échancrure c de la piece fig. 30 8c 31. M rfi m ij
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- La fig. r9 eft la face de la même piece. Ou y voit en A , le trou fait pour recevoir la vis A de la fig. 21. Au-delfous 011 apperçoit la face de la crémaillère ( dont on voit le profil fig. 20 ) logée dans un incruftement fait pour la recevoir. On voit au-déifias de cette figure en c, le plan du bout de cette barre , dans lequel on apperqoit en c le trou de la vis c de la fig. 30, & en d d deux petits trous pour les petits pieds d de la même piece ,fig. 31.
- La fig. 20 eif le profil de la crémaillère dont on vient de parler , dans lequel on voit en b b b trois trous pour palier les goupilles delfinées à la fixer dans l’incruftement de la figure précédente, & qui font correfpondans aux trous b b b de la fig. 18.
- Les fig. 21 & 22 font le plan & le profil d’une piece qui fe fixe fur la piece, fig. i 8 & 19, par le moyen de la vis A, qui entre dans le trou A de la fig. 19 , & des deux vis a, qui répondent au trou a de la fig. 18 , & à celui qui eft de l’autre côté , & que l’on ne peut pas voir. Cette piece porte un anneau refendu pour faire reiîort contre le petit bout du microfcope qu’il embraife.
- Les fig. 23,^4 & font le plan, la face & le profil d’une piece def-tinée à porter un arbre à vis de rappel, fig. 28 > dont on parlera plus bas. Dans le plan fig. 23 , on voit en a l’écrou refendu qui doit recevoir cet arbre, & en b la vis de preflion qui doit arrêter cette piece fur la barre immobile, 9%. 16 & 17, pendant que la vis de rappel qui tient, comme on le dira plus bas, à la barre mobile, la fait defeendre ou monter par un mouvement très - lent.
- La fig. 24 eft la même piece vue en face. On y voit en C , une petite plaque mince qui coule & fait relfort contre la barre immobile, fig. 17.
- La fig. 25 eft le profil de la même piece , dans lequel on voit en face le bouton de la vis de prefiion b, qu’on n’avait vu qu’en profil dans les figures précédentes.
- La fig. 26 eft le plan d’une piece qui porte un anneau refendu, deftiné à recevoir le corps du microfcope. On y voit, i°. en a , un trou liife, deftiné à recevoir le collet de l’arbre, fig. 28 i 2°. en b b, deux trous faits pour recevoir deux vis deftinées à attacher fur cette piece celle de la fig, 30; en c, line ouverture quarrée, faite pour laitier palfer la barre immobile de la fig. 17 j 40. en D D , deux vis dont on voit le profil en d, fig, 27, & deftinées à fixer fur celle-ci la piece D , même figure.
- La fig. 27 eft la coupe de la précédente. On y voit, i°. en a la moicié dutron a de la/g. 26 i 2°. en cia moitié de l’ouverture c de la même figure ; 30. en ds la vis qui doit fixer la piece D avec celle-ci. Il faut obferver que cette piece D , dont on ne voit ici que le profil, doit avoir une largeur égale à celle de la barre immobile,/ÿ. 17,
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- La fig. 2g effc i°. un arbre de fer taraudé de A. en B, qui entre dans l’écrou a de la fig- 23 ; 2°. un épauleraient a, qui doit porter contre les bords du trou a de la fig. 27 ; 30. un quarré b , deftiné à entrer dans la douille du bouton fig. 29 , qui aflujettit l’arbre de maniéré à ne pouvoir defcendre j 40. une petite vis e , pour recevoir l’écrou E de la même
- La fig. 29 eft le profil du bouton qui doit faire tourner l’arbre ou vis de rappel, dont on vient de parler ; on doit fuppoier que ce bouton eft percé d’une douille quarrée, dans laquelle doit entrer la partie quarrée b de cet arbre ; le petit écrou E eft fait pour fe monter fur la petite vis e de cet arbre, & empêcher le bouton de reifortir. Ce bouton porte une petite aiguille ou index fait pour montrer les divilîons fur le petit cadran dont nous allons parler.
- La fig. 30 elt un petit cadran qu’on fixe en b , b fur la piece fig. 26 , par le moyen de deux vis qui paifent par les trous b, b, & furie bout de la barre mobile, par le moyen de la vis c , fig. 31.
- La fig. 31 eft le profil de. la précédente , dans lequel 011 voit en c , la vis qui, en paifant à travers le trou c de la fig. 30, va fe vider dans le trou c du bout de la barre mobile, qui eft repréfenté au - delfus de la fig. 19. On voit auffi en d , un des pieds qui doivent entrer dans les trous d, d, qui font aux deux côtés du trou c, dont on vient de parler dans la même fig. 19.
- La fig. 32 repréfente deux petites pièces qui s’attachent fous les deux joues de l’échancrure G de la table fig. 3 , par le moyen de deux vis qui palfent au travers des petits trous a a ; ces pièces, de l’une defquelles on voit le profil fig. 33 , reçoivent les deux bouts d’un arbre fig. 34, dont on va parler.
- La fig. 34 eft un petit arbre qui porte au milieu de là longueur un pignon dont les dents font proportionnées à celles de la crémaillère fig. 20 ; cet arbre eft terminé par deux petits quarrés a , a, faits pour recevoir les boutons qu’on voit en a , a , fig. 37.
- La fig. 3 ç eft une petite boite de cuivre mince , dont on voit la coupe fig. 3 6, qui fert a recouvrir le petit arbre dont on vient de parler , pour empêcher la poufiiere d’entrer dans les dents du pignon -, elle s’arrête par deux vis en-delfous des deux petites pièces fig. 32.
- La fig. 36 eft la coupe de la boîte de cuivre de la figure précédente.
- La fig. 37- repréfente en coupe le petit arbre fig: 34, avec fes deux boutons cl ^ cl , tout monté dans les deux pièces fig. 32.
- La fig. 38 eft la face d’un des boutons a de la figure précédente, fur laquelle on voit une divifion qui, en tournant avec le bouton, préfente fuc-
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- cefïlvement toutes Tes parties à un des index fixés à la table , St qui font marqués /, / dans les fig. 3 & 4.
- La fig. 39 eft une petite plaque deftinée à porter le micromètre; cette plaque dont on voit la naiiîance en E , fig. 3 , s’atfujettit contre la table , par le moyen des vis /z, A; elle porte deux joues & une vis de prefiion comme la table fig. 3 , & pour le même ufage.
- La fig. 40 eft le profil de la même piece.
- La fig. 41 eft la coupe du corps du microfcope tout monté , avec fes verres & fon micromètre. On y voit :
- i°. En A B C D la piece qu’on appelle l'œilleton , c’eft - à - dire , à laquelle on applique l’œil pour voir dans le microfcope. Cette piece eft percée en B , d’un trou que l’on couvre ou que l’on découvre à volonté , par le moyen de la couülfe B ; cette piece qui fe monte à vis eu C, D, dans la piece C D E F , fert aufîi à contenir l’oculaire D dans fà place.
- 2°. En C D E F, une piece qui porte en C D, une vis intérieure , faite pour recevoir la piece précédente; en D, un épaulement pour foutenir l’oculaire D ; & en E F , une vis extérieure faire pour entrer dans la piece fuivante. On voit le profil de cette piece fig. 42.
- 30. En EF, une piece dont on voit le plan fig. 44, & le profil fig. 43. Cette piece qui s’arrête fur la face fupérieure du micromètre du microfcope, porte une vis intérieure pour recevoir la piece précédente. On parlera plus bas de fon ufage.
- 4^. En F G, un micromètre femblabie à ceux que l’on met dans les lunettes aftronomiques , qui eft décrit ailleurs.
- 5°. En G H 1, une portion du corps du microfcope qui s’attache en G fur la plaque inférieure du microfcope, & en H I, une vis extérieure qui entre dans la piece fuivante, & qui fert en même tems à contenir l’oculaire H dans fa place.
- 6°. En H I K L M, l’autre portion du corps du microfcope, qui porte en H I une vis intérieure faite pour recevoir la piece précédente. En I, un épaulement pour foutenir l’oculaire I. En K L extérieurement, une portion îilïe faite pour entrer dans le petit collet fig. 21 & 22. En L M, une vis intérieure pour recevoir le porte - lentille M N O P, & une autre vis extérieure pour entrer dans celle d’une autre efpcce de porte-lentille plus large que celle que l’on voit ici.
- 70. En L M N O P , le porte-lentille, qui lui-même eft compofé de deux pièces , l’une L M N O, dont on voit féparément le profil fig. 45" , qui porte une vis extérieure L M, faite pour entrer dans la piece précédente, & de l’autre côté une autre vis, auffi extérieure, pour entrer dans celle de la fécondé, qui eft la calotte O P , dont on voit aulîi le profil fig. 4^ , & qui eft deftinée à contenir la lentille O dans ce porte-lentille.
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- La fig. 42 eft le profil de la piece C D E F de la précédente.
- La fig. 43 eft le profil de la piece E F de la fig. 41.
- La fig. 44 eft le plan de la piece précédente. Q_R S T eft la plaque fupé-rieure du micromètre. V, X, Y, X, eft un anneau refendu en Y, qui porte trois oreilles V X X. L’oreille V effc attachée par deux vis fur la plaque du micromètre. Les deux oreilles X X le font auffi chacune par une vis ; mais les trous de ces oreilles qui laiifent palier les vis , font oblongs, afin de laiifer à l’anneau la liberté de s’ouvrir ou de fie fermer , à mefure qu’on lâche ou qu’on ferre la vis Y, qui joint les deux parties de l’anneau dans l’endroit où il eft refendu : l’ufage de cette piece eft de laiifer entrer plus ou moins la piece fig. 42 , qu’on voit aufli en CD E F, fig. 41 , parce que portant le premier oculaire, il faut, fuivaut les différentes vues, pouvoir approcher plus ou moins cet oculaire des fils du micromètre ; & quand on l’a placé à la diftance convenable , en tournant la vis Y, on arrête cet oculaire d’une façon invariable.
- La fig. 45- eft le profil du porte-lentille, qui eft marqué L M N O dans la fig. 41, dans laquelle on l’a expliqué.
- La fig. 46 eft la coupe d’un autre porte-lentille qui eft fait pour recevoir la vis extérieure L M du corps du microfcopefig. 41.
- Le microfcope que l’on vient de décrire étant ainfi monté, il nerefteplus, pour en faire ufage , que d’expofer fous la lentille les objets que l’on veut examiner, & d’approcher ou d’éloignér le microfcope des objets, fuivant la force de la lentille que l’on y a adaptée.
- Nous expliquerons plus bas les divers moyens qu’il faut employer pour préfenter les objets fous le microfcope de la façon la plus avantageufe , & de leur donner les mouvemens néceffaires pour préfenter fuccelîiveinent les différentes parties de ces objets ; mais avant d’entrer dans ce détail, & pendant qu’on a préfente l’idée de la monture qu’on vient de décrire , il faut expliquer fon ufage.
- Lorfqu’on veut chercher le foyer d’une lentille que l’on a adaptée au microfcope, & que l’on a pour cet effet placé d’une façon quelconque 1*a petit objet fur la table , de maniéré cependant qu’il réponde au trou de la lentille , il faut en approcher ou en éloigner le microfcope par un mouvement aifiez prompt pour pouvoir juger, à peu de chofe près, de l’endroit où il commence à laiifer voir l’objet, quoique confufément, & en-fuite avoir un mouvement affez lent pour trouver avec exactitude le point précis auquel l’objet paraît le plus net & le plus tranché.
- Pour remplir le premier objet, il faut i°. lâcher la vis de prefîion A, fig. 1. 20. En plaçant l’œil en B, pour regarder dans le microfcope , appliquer les deux mains aux boutons C, C qui font aux deux bouts de l’arbre
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- du pignon qui engrene dans la crémaillère, & les faire tourner d’un fens ou de l’autre : alors il eft' évident que ce pignon qui tourne dans les deux pièces qui ont été décrites jîg. 32, & qui font fixées à la table, forcera la crémaillère à monter ou à defcendre ; mais comme cette crémaillère eft retenue dans la barre mobile décrite fig. ]g & 19 , & qu’elle porte avec elle les deux colliers D & E, fig. 1 , qui ont été décrits à part fig. 21 & 26 , dans lefquels pâlie le microfcope , il s’enfuit que le microfcope montera ou def-cendra avec un mouvement auffi prompt qu’on le jugera à propos , & que dans ce mouvement on rencontrera l’endroit auquel l’objet commencera à paraître plus ou moins diftindement ; alors pour parvenir à le voir plus parfaitement, on s’arrêtera à cet endroit , & l’on cherchera à donner au microscope un mouvement plus lent.
- C’eft le fécond objet que l’on avait à remplir. Pour cet effet on commencera par fixera la barre immobile, par le moyen de la vis de prelîion A, la piece qui a été décrite fig. 23 , 24 & 2S , qui porte l’écrou de la vis de rappel F,fig. 1 ; mais comme cette vis eft retenue dans fa partie fupérieure dans un collet qui tient à la barre mobile décrite fig. 18 & 19 , & à laquelle tient auffi le microfcope , il s’enfuit que, quand on fait tourner cette vis , elle fait monter ou defcendre la barre mobile, & par conféquent le microfcope, par un mouvement très-lent & proportionné à fon pas qui, eft fin. Cette opération donne une grande facilité pour trouver le foyer de la lentille avec la plus grande précilion.
- Nota. On a marqué fur les boutons C C, & fur un petit cadran ou collet de la vis de rappel G , des divifions pour les parties des révolutions du pignon ou de la vis; mais elles font de peu d’ufage , & l’on peut s’en palfer.
- Venons maintenant aux moyens depréfenter les objets fous le microfcope de la façon la plus favorable.
- Il faut d’abord obferver qu’il eft uécelfaire d’éclairer les objets que l’on veut examiner , foit qu’ils foient tranfparens , foit qu’ils foient opaques. Dans le premier cas , on les place fur de petites plaques de verre qui laiflent palfer la lumière : mais dans ce cas , il faut avoir attention à ménager la lumière dans une proportion convenable aux lentilles dont'on veut fe fer-vir; celles d’un plus court foyer ayant befoiu d’une lumière plus vive, & celles qui en ont un plus long exigeant quelquefois que l’on diminue la quantité de lumière. Outre cela, les unes & les autres demandent que l’on écarte les rayons qui ne font pas utiles, parce qu’ils nuifent fouvent à la diftindion de l’objet.
- Dans le fécond cas, c’eft-à-dire, pour les objets opaques, ou ceux dont on veut examiner les couleurs , on les place fur des plaques opaques, noires ou blanches, fuivant la nature des objets, & 011 les éclaire par-deifus, en
- faifant
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- failânt tomber des rayons de lumière , ou directement, ou en les raflem-blant par infraction, ou par réflexion, de façon que leur foyer tombe fur ces objets.
- Mais, quelle que foit la maniéré dont 011 veuille examiner ces objets, il eft toujours fort utile de pouvoir leur donner des mouvemens prompts ou lents dans deux directions différentes , pour pouvoir en faire paffer fous le microfcope les différentes parties, & de pouvoir en mefurer exactement les dimenfions. C’eft pour remplir ces deux differentes vues qu’eft fait le •micromètre dont nous allons donner la defeription ; après quoi nous donnerons celle des différentes pièces deftinées à préfenter les objets fous le microfcope, dont la plupart doivent s’adapter au micromètre, &. quelques-unes en font indépendantes.
- Defcription du micromètre.
- Les fig. 47 & 48 font le plan & le profil du micromètre tout monté.
- La fig. 49 eft une plaque de cuivre fur laquelle fe montent toutes les pièces qui compofent le micromètre. On y voit iS. en AA, deux trous qui font faits pour laiffer paffer les vis a, fig. fo & Ç3 , qui doivent arrêter la piece fig. 52, & $"4. 20. En B B, deux trous pour les vis b, fig. $’o ,
- qui doivent attacher la piece fig. ff, $6 & 57. 30. En C C , deux joues qui font arrêtées par des vis qui le mettent par-deffous, & dont on voit la place ponctuée en C C.
- On voit que ces deux joues portent des divifions qui défignent les révolutions de l’arbre à vis fig. 68, dont on parlera plus bas. Il faut obferver que , pour plus de diftin&ion, l’on n’a marqué fur chaque joue les révolutions que de deux en deux; mais avec l’attention que l’une marque les révolutions paires, c’eft-à- dire, la 2e , la 4e, la 6e , &c. & l’autre marque les impaires, c’eft-à-dire, la Ie , la 3e , la 5e , &c.
- 4”. En D D , la place aufli ponctuée de deux vis d, fig. 50 j qui doivent arrêter la piece fig. ^8 , ?9 & do.
- La fig. 50 eft le profil de la piece fig. 49.
- La fig. 51 eft la face du bout de la piece fig. 49 , dans laquelle on voit en profil le bifeau qui termine les deux joues CD & CD de cette piece fig- 49-
- Les fig. 52, & 54 font le plan, le profil & l’élévation d’une piece
- deftinée à porter le cadran fig. 69 , dont on parlera plus bas. On voit en A, dans le plan fig. f 2 , les deux trous A formant écrou pour recevoir les vis a du profil fig. ^3. On voit dans;l’élévation fig. ^4, en E E, deux trous formant écrou pour recevoir les vis^ E E| dont on voit les tètes dans le cadran fig. 69. . , , ; ; 1 1
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- DESCRIPTION’
- Les fis:, ç?, & ^7 font le plan, le profil & l’élévation d’une piece
- qui s'arrête en B B, de la fig. 49 , par le moyen des vis b, du profil fig. 56. On voit dans l’élévation fig. 57, en G G, deux rainures deftinées à recevoir les deux languettes G G de la fig. 61 , & le trou H qui doit recevoir la pointe de l’arbre fig. 6 g.
- Les fig. 58 , f 9 & 60 font le plan , le profil & la face d’une piece qui entre fous le bout des joues G D, C D de la piece fig. 49 , où elle eft arrêtée par les vis d des fig. fo & 59. On voit dans la face fig. 60, qu’elle a deux bifeaux deftinés à recevoir la coulifle fig. 61 s & quand elle elt entrée dans le bout de la piece fig. 49 , repréfenté fig. 5 1 , ces deux bifeaux , avec ceux que l’on voit dans cette fig. ji , forment une efpece d’ouverture en hexagone irrégulier, propre à recevoir le bout de la couliffe fig. 6i , qui eft repréfenté fig. 64.
- Les fig. 61 & 62 font le plan & le profil d’une piece dont on voit le bout du côté de A , fig. 63 , & le bout du côté de C, fig. 64. Dans le plan fig. 61 , on voit en G, G, les deux trous faits pour recevoir les vis g g, du profil fig. 6z, deftinées à fixer la piece fig. 73, 74 & 7f , & l’on y voit en I le trou formant écrou deftiné à recevoir le bout en vis du bouton I, fig. 72. On y voit de plus, que les faces des côtés font d’équerre dans la partie A B, comme le montre la fig. 63 , & en bifeau deifus & deffous, comme on le voit fig. 64.
- La fig. 63 repréfente le bout de la même piece vue du côté de A A. On y voit deux trous k k, formant écrou pour recevoir les vis IC K, de la piece fig. 67.
- La fig. 64 repréfente le bout de la même piece vue du côté de C C 5 on y remarque les bifeaux de la partie B C, de la piece fig. 56 & 57 , & deux autres bifeaux qu’on 11e pouvait voir, parce qu’ils font en-deflous de la piece, dont on ne voit que le delfus dans la fig. 61. Ces quatre bifeaux fe trouvent ici projetés fur le profil quarré de la partie A B de cette piece.
- Les fig. , 66 & 67 font le plan , le profil & la face d’une petite piece qui s’adapte au bout A A de la piece fig. 61 & 62.
- On voit dans le plan fig. 6f, les vis K, K, qui entrent dans les trous k, k, de la fig. 63 , en paifant à travers les trous k, k, de la fig. 67. O11 voit dans la fig. 67, q;’i eft la face de cette piece, les deux trous K? K, qui lailfent paffer les vis K, K, dont 011 vient de parler , & le trou L formant écrou qui doit recevoir la vis fig.' 68.-
- La fig. 6g eft un arbre à vis deftiné à faire mouvoir la couliife fig. 6r & 62, qui gliffe par fon bout CG, fig.'61 & 64, dans les joues dont on voit le plan en. JC C, fig. 49, & le profil dans les fig. S1 & 60 ., & par
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- fou bout A. A , dans les rainures G, G, de la piece fig. ^y^La pointe H de-cet arbre fe place dans le trou H de la fig. 57, après qu’on l’a fait entrer dans le trou L formant écrou, qu’on voit en L , fig. 67.
- Il porte en F, un épaulement deftiné à l’empêcher de palier au travers du trou F de la piece fig. f4 , qui ne laide palier que la partie quarrée de cet arbre, & le petit collet delfiné à porter le bouton & l’aiguille qui doit montrer les divifions du cadran fig. 69.
- La fig. 69 eft un cadran divifé en cent parties, qui s’attache en E, fig. 54, par le moyen des vis E, E ; le limbe fur lequel font marquées les divifions eh relevé eu relief, de la même épaiffeur que l’alidade marquée M, qui elf une piece taillée par fen extrémité en portion d’un cercle égal à celui de l’intérieur du limbe, afin de le toucher dans toutes les parties, dans le mouvement de l’aiguille, & porte lui-même une divifion de Vernier,'qui donne les dixièmes parties des divifions du limbe.
- La fig. 70 eft le profil de l’alidade dont on vient de parler. On y voit en /, une petite vis deftinée à la fixer fur le collet f de l’arbre fig. 6g. G & g font le plan & le profil d’un petit écrou qu’011 met en g au bout de l’arbre fig. 6g , après qu’on l’a fait entrer dans le bouton de la fig. 6g , pour l’empêcher de relfortir.
- Il eft important d’obferver ici, que, quoique la petite vis /, qui doit arrêter l’aiguille fur l’arbre, ne paraiiîe qu’une vis de preifion , & qui pourrait par conféquent permettre d’arrêter l’aiguille à différens points de la circonférence de l’arbre, comme on l’a pratiqué jufqu’ici aux cadrans de micromètre, il faut, au contraire , faire dans l’arbre un petit trou qui réponde à cette vis , afin de la remettre toujours dans la même pofition. Sans cela , on ne pourrait compter fur la jufteffe de la table qu’on doit faire du micromètre, comme nous le dirons ailleurs.
- Les fig. 71 & 72 font le plan & le profil d’une piece qui doit être placée fur la piece fig. 61 , de maniéré à y être mobile fur un centre : pour cet effet, on fait paffer le pivot I >. fig. 72 , à travers les trous I de la piece elle - même fig. 71, de la rondelle N, & de la piece fig. 61 , lequel formant écrou , reçoit la vis qu’on voit au bout du pivot , pendant que la partie liffe de ce pivot qui traverfe la piece, lui permet de fe'mouvoir fans qu’il fe déviffe.
- On voit dans le plan fig. 71 , en O, une portion de cercle ( dont le centre eft le même que celui du pivot ). qui eft taillée en écrou fur fà tranche, pour pouvoir s’engrener dans une vis fans fin, dont on parlera plus bas ; & l’on y voit auifi en P un trou deftiné à recevoir la vis p du Profil fig. 72.
- Dans ce profil fig. 72 , on apperçoit la forme d’une efpeee de pince Q_,
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- deftinée à recevoir la queue des diiférens porte-objets qu’on vêtit adapter au micometre , & la vis de preflion p faite pour les y contenir.
- Les fig. 73 , 74, 7^ , 76 & 77 font le plan , la coupe & les profils d’une piece deftinée à recevoir & à contenir un arbre avis fans fin fig. 78. Cette piece s’ailujettit en G G, fig. 61 , par le moyen des vis g g de la fig. 62.
- O11 voit dans les coupes, fuivant la longueur fig. 74, & dans fa largeur fig. 76, que cette piece eft creufe de façon à loger la vis fans fin, & à recevoir la tranche circulaire O de la piece fig. 71 , qui doit s’engrener avec elle.
- On voit dans le profil fig. 7? , & la face fig. 77 9 une petite piece faite pour recevoir & arrêter l’arbre à vis fans fin fig. 78 , quand 011 l’a mis en place.
- Tous ces détails achèveront de s’entendre clairement, en donnant un coup - dœil fur les fig. 47 & 4g , dans lefquelles toutes les pièces qu’011 vient de décrire font repréfentées toutes montées , & font faciles à reconnaître.
- On y appercevra aifément, qu’en tournant le bouton G , la vis à laquelle il eft appliqué fera avancer ou reculer toute la coulilfe qui eft; terminée par la pince, & que par conféquent la ligne R R, tracée fur cette coulilfe , répondra fucceffivement aux divifions marquées fur les joues C . C, dont on a parlé fig. 49 ; & que fi , d’un autre côté, on tourne le bouton H, la vis fins fin à laquelle il eft appliqué fera décrire une petite portion circulaire à la pince CT? qui tourne fur le pivot I.
- Par ce moyen, tous les porte - objets que l’on veut arrêter dans la pince du micromètre en fuivant ces mouvemens , préfentent à volonté fous le microfcope toutes les parties des objets qu’on veut examiner, & l’on voit aifément quelle facilité ils fournilfent pour en déterminer la mefure, foit qu’on veuille fe fervir de ce micromètre même , foit que l’on veuille employer celui qui eft: placé dans le corps même du micromètre.
- Voici maintenant plufieurs pièces que l’on peut adapter au micromètre 5 & quelques autres que l’on peut appliquer Amplement au microfcope en les plaçant fur la table.
- La fig. 79 eft: un anneau de cuivre qui porte une queue faite pour être placée dans la pince du micromètre. Cet anneau eft fait pour recevoir une petite piece de bois tournée, qu’on appelle un modérateur, dont on voit le profil fig. 8o , & la coupe fig. gi. Cette coupe fait voir le trou conoïde qui eft: percé à travers cette piece, & qui eft: fait pour laiifer paifer la lumière qui vient du miroir fig. f , placé fous la table du microfcope , & de garantir des rayons étrangers les petites plaques de verre fur k£
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- quelles on expofe les objets qu’on veut examiner & qui fe placent fur cette petite piece.
- La fig. 82 eft une plaque de cuivre qui eft aufii deftinée à être adaptée à la pince du micromètre, dans laquelle on fait entrer fa partie échancrée. Elle eft percée d’un trou rond, deftiné à lailfer palfer le modérateur dont on voit le profil fig. 83 , & la coupe fig. 84*
- La fig. 8ï repréfente deux petits porte-objets compofés d’un petit cylindre d’ivoire ou d’ébene , attachés parjun fil de cuivre un peu courbé à une petite queue de cuivre faite pour être adaptée à la pince du micromètre.
- La fig. 86 en repréfente le profil.
- Ces porte-objets font faits pour les objets dont on veut éclairer la face fupérieure, & pour palfer au-delfous d’un miroir de réflexion, dont on va parier tout - à - l’heure.
- La fig. 87 eft un anneau de cuivre deftiné à porter le petit miroir fig. 89 & 90. Cet anneau, dont on voit le profil fig. 88, porte une douille A, qui entre dans l’arbre A de la fig. 88 , fur lequel on le fixe à la hauteur que l’on veut par le moyen de la vis de preftion B.
- Les fig. 89 & 90 font le profil Si la coupe d’un petit miroir courbe de cuivre, argenté dans fa concavité , dont la partie fupérieure eft percée d’un trou allez large pour lailfer palier la partie K P du corps du microfcope, fig. 41 , fous lequel on le place. Ce miroir eft fait pour ralfembler les rayons qu’il reçoit du miroir fig. 5 & 6, qui eft fous la table du microfcope, afin d’éclairer la face fupérieure des objets que l’on a placés fur un des petits porte-objets fig. 85 & 86.
- Les fig. 91 & 92 font le profil & la coupe d’un modérateur qui porte en-delfous une rainure en queue d’aronde, faite pour recevoir une des pièces fig. 93. Ces/pièces fig. 93 font percées chacune de trois trous de différentes grandeurs & fervent de diaphragme à ce modérateur, afin de pouvoir diminuer à volonté la quantité de la lumière qui vient du miroir de défions, & qui a été décrit fig. 5 & 6.
- La fig. 94 repréfente les deux faces , l’une noire & l’autre blanche, d’une dame d’ivoire d’un côté , «St d’ébene de l’autre qui porte une queue dans laquelle fe place un petit baluftre de cuivre, tel qu’on le voit dans le profil fig. 9f , Si qui s’aflujettit dans la pofttion qu’on veut par le moyen d’une petite vis de preftion a.
- La fig. 9f eft le profil de la piece précédente, dans lequel on voit le petit baluftre dont on vient de parler. Ce petit baluftre porte une aiguille qu’on peut tourner à frottement, & qui fert à percer & à tenir ifolés les infedes ou autres petits corps qu’on veut préfenter fous le- microfcope. Ce baluftre fe
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- monte également fur l’une & fur l’autre face de la dame, afin de donner ntl fond noir ou blanc à l’objet que l’on veut examiner, fuivant que l’un des deux eft plus favorable à la couleur de cet objet.
- La fig. 96, dont on voit le profil fig. 97, eft une plaque de cuivre , défi tinée à recevoir un fécond micromètre entièrement femblable à celui des fig. 47 & 48. Pour cet effet, elle porte deux joues A A, femblables aux Joues B B de la table du microfcope, fig. 3 , avec une vis de prelïion B, pareille à celle qui eft marquée D dans la fig. 3. Elle eft échancrée en C, pour pouvoir être adaptée à la pince du premier micromètre. On y voit en D une ouverture oblongue, faite pour lailfer palfer la lumière du miroir fig. 5 & 6 i elle eft percée en E d’un petit trou formant écrou pour recevoir line vis qui doit fixer fur elle la piece fig. 101. Comme cette petite plaque eft deftinée à fervir aufîi quelquefois fans être adaptée au premier micromètre, elle eft percée de deux autres trous FF, qui fervent à la fixer fur un morceau de bois fig. 98, qui lui fert de pied, & dont nous parlerons plus bas.
- La fig. 97 eft le profil de cette même plaque. On y voit en A un petit rouleau de bois deftiné à en foutenir un des bouts, pendant que l’autre eft pris dans la pince du premier micromètre.
- Cette plaque eft deftinée à plusieurs ufiges. Quand elle eft ainfi prife dans la pince du premier micromètre, & qu’elle en porte un fécond qui fe trouve pofé en fens contraire du premier , elle fert à faire la table des révolutions & des parties de celui - ci, fuivant la méthode que j’ai décrite dans un Mémoire que j’ai lu à l’académie, au mois de mars 1767.
- Un autre ufage de cette même plaque , fig. 97, eft de porter le micromètre pour mefurer les foyers des petites lentilles. Voici le détail du petit appareil néceffaire pour cela, & fon ufage.
- La fig. 98 repréfente cet appareil tout monté. On y voit en A un petit piedeftal de bois, fur lequel on arrête en B C la petite plaque qui a été repré-fentée à part, fig. 97. On arrête dans cette plaque , par le moyen de la vis de prelïion D , le micromètre dont on voit la pince en E, quand on le juge convenable.
- On voit en F G une petite plaque de cuivre, pliée en équerre , dont on voit à part la face & le profil , fig. 99 & 100.
- On y voit encore en C H une autre petite plaque de cuivre pliée aufîi en équerre, dont on voit le profil fig, 101.
- Les fig. 99 & roo font, comme 011 vient de dire, la face & le profil d’une piece qui eft portée par la pince du micromètre. On y voit en A urne plaque de glace plane, qui doit être taillée en bifeau par les bords , & qui eft fixée par une fertiffure fur la plaque de cuivre, mais de façon qu’elle n’excede pas la furface du verre.
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- I.a fig. toi eft, comme ôn l’a ditaufïi, le profil d’une plaque de cuivre, pliée en équerre, qui eft arrêtée fur la plaque fig. 96 , par une vis qui entre dans le trou Ë de cette figure.
- On y voit en R un petit trou dans le centre d’une concavité qu’on y a formée pour pouvoir y placer l’œil dans le tems de l’obfervation.
- Tout étant ainfi difpofé , 011 place la lentille dont on veut mefurer le foyer en I, comme on le voit dans la fig. 98, & on l’arrête avec un peu de cire verte autour de les bords , avec l’attention de 11e pas laiffer la cire excéder répaillèur de la lentille.
- Enfuite, après avoir difpofé le micromètre de Jaqon que fes index {oient arrêtés au point zéro de leur divifion, on l’approche tout entier en lâchant la vis de preiiion D, jufqu’à ce que la furface K du verre plan , fur laquelle on a mis des poufiieres de papillon , vienne toucher la furface de la lentille. Alors 011 fixe la vis de preifion D , & 011 fait reculer la couiilie du micromètre qui emporte avec elle la piece F K G, jufqu’à ce que les poufiieres de papillon paraüTent les plus diftindles qu’il eft pofîible ; & quand on a trouvé ce point, les divifions du micromètre donnent fort exactement le foyer de la lentille que l’on cherchait, en tenant compte, comme de ration, de l’épailfeur de la lentille.
- Il arrive fouvent, fur-tout lorfque le foyer des lentilles eft un peu long, que l’on a peine à décider bien précifément du point auquel les petits objets paraiflent le plus diftinélement, & que l’on fait cheminer le micromètre pendant quelque tems fans appercevoir de changement bien fenfible ; alors il faut recommencer l’opération & s’arrêter au premier endroit où l’on commence à voir l’objet prefqu’entiérement net, quoique l’on efpere encore une plus grande netteté, & écrire ce que donnent les divifions du micromètre; enfuite on continue jufqu’à ce qu’après avoir vu l’objet le plus difiinétement qu’il eft poflible, on commence à voir diminuer fa netteté : alors on marque encore ce que donnent les divifions du micromètre ; & en prenant un milieu, 011 a allez précifément le point de la plus grande diftindtion.
- Defcrïption du fphérometre.
- Le fphérometre efl un inftrument deftiné à mefurer les courbures des verres lenticulaires, afin d’en conclure le rayon des fpheres fur lefquelies ils ont été travaillés.
- Cet inftrument eft compofé de deux parties qui doivent être pofées fane contre l’autre.
- La fig. 102 repréfente la première partie qui eft proprement Rjnftrument, & la fig. iii repréfente la fécondé , contre laquelle la première doit être appliquée. Voici le détail & l’ufàge d.e l’une & de l’autre.
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- DESCRIPTION
- La fig. 10$ repréfente la face de l’inftrument vue du côté du cadran. Ou y voie, i°. la réglé a a , qui a deux longues fentes b b , faites pour recevoir les tenons des pièces fig. 104, 105 & 106: 2°. en C C, les boutons des vis j fig. 107 : 30. en D , le cadran avec fon bouton E & fou aiguille F d’une vis de compte ,fig. 109 , dont on parlera plus bas. ,
- Les fig. 104, 105 & 106 font le plan, le profil & une face d’une des deux pièces qu’on voit en I l,fig. 102.
- O11 y voit en a, un petit tenon fait pour entrer dans la longue fente b de la réglé a a, fig. 103. Ce tenon eft percé d’un trou a ,fig. 104 , pour recevoir la vis fig. 1873 qui fert à fixer cette piece fur la réglé a a ,fig. 103.
- La fig. 108 eft la coupe du micromètre marqué F ¥, fig- I02,compofé d’une vis de compte repréfentée à part,y£g. 109 , avec fon cadran fig. no, dont 011 11e donnera pas plus de détail. Tout ce qui a été dit jufqu’à préfent 6c l’infpection des figures fuffifent pour le faire comprendre aifément.
- Ce micromètre fait marcher une coulille terminée en pointe, comme on le voit en E, fig. 102.
- La réglé A'A de cette même figure 102 , eft divifée en pouces 8c lignes de chaque côté, mais en laiiïant entre le commencement des divifions G G un intervalle d’un pouce.
- Les pièces H H, repréfentées féparément fig. 105 , portent une divifion de Vernier de neuf lignes, divifées en dix pour donner les dixièmes de ligne.
- La fig. ni, dont on voit le profil fig. 112, eft une petite piece de bois A , fur laquelle on a fixé par deux vis la petite réglé B B, qui doit être dreifée avec le plus grand foin. O11 voit dans le profil fig. 112, que cette piece de bois eft fixée fur une piece de cuivre recourbée de façon à pouvoir être faille par la pince du micromètre.
- Quand on veut faire ufage de cet inftrument ; Ci l’on veut, par exemple, mefurer la courbure du verre II, fig. 102, il faut d’abord placer les deux pièces H H de façon qu’elles embraflent la plus grande corde 11 de ce verre qu’il eft poffib!e,en les éloignant du centre d’une quantité égale ( dans la figure elles embraiïent une corde de deux pouces ). Enfuite il faut faire marcher la coulilfe qui porte la pointe E, jufqu’à ce qu’elle dépaffe les pointes des pièces H H * alors en pofant l’inftrument perpendiculairement, on la retire petit à petit jufqu’à ce que les trois pointes portent également & fans aucun ballottement.
- On a o’ofervé par expérience , que l’on s’apperçoit du moment où le ballottement celle avec une exa&itude furprenante ; car dans le fphérometre qui a fervi de modèle , & dont la vis de rappel eft d’un quart de ligne de pas, 011 a éprouvé qu’une feule partie du cadran , c’eft-à-dire , un quatre-
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- centième de ligne de différence, laiiîait appercevoir ou faifait celTer le ballottement.
- Lorfqu’on a ainfi pris trois points de la courbure , fi l’on "applique le fphérometre contre une réglé bien dreflee, de façon que les deux pointes H H portent contre cette réglé, il eft évident que la diftance qui refie entre la pointe E & la réglé eft la fléché ou le finus verfe de l’arc I E , dont la corde I î eft connue, & qu’ainfi il efl facile d’en conclure le rayon de la fphere qu’on cherche ; mais pour cela il faut avoir bien exactement la mefure de cette diftance.
- Le moyen qui fe préfente naturellement, efl de Etire rapprocher la pointé E de la réglé par le moyen de la vis de rappel, & cela pourrait réellement fe pratiquer ainfi } mais indépendamment de l’inégalité de la vis , dont il faudrait par conféquentavoir fait d’avance une table, il y aurait encore quelque difficulté à s’affurer du contaét de la réglé.
- Il paraît plus fimple & plus fur de pofér le fphérometre fur la piece, fig. ni, de façon que les deux pointes H, H touchent la réglé, & déplacer cette piece dans la pince du micromètre alors en expofaut le tout fous le microf-cope, on mefure facilement la diftance de la pointe E à la réglé par le mouvement du micromètre.
- On fent que pour cet effet il eft néceffaire que la pointe E foit dans le même plan que la réglé , & que fi celle-ci ne s’y trouvait pas, il ferait ailé de la caller de façon qu’elle s’y trouvât.
- Il eft bon d’obferver que , fi l’on plaçait le micromètre comme on le voit dans la fig. i , la longueur de la réglé B B de la fig. 11 i , ainfi que celle du fphérometre, empêcheraient de pouvoir avancer le tout fous b microfcope. C’eft pourquoi il faut placer le micromètre dans la petite planchette H qui a été faite à cette intention.
- Injtrument pour mefurer les profondeurs.
- Les fig. 113, 114 & iif repréfentent le plan, le profil & la face de cet infiniment.
- Dans cette figure ABC, eft une double équerre de cuivre, dans laquelle on a fait une rainure en queue-d’aronde , dont on voit le profil en D, fig. 11
- Cette rainure eft faite pour recevoir la petite réglette D E qui doit y couler à frottement.
- Pour rendre ce frottement doux, on ajufte fous la partie B F de la double équerre , un petit reffort de cuivre, dont ofi voit féparément le plan fig. 116, & le profil fig. 117, & qui eft repréfenté tout monté fig. 118. Ce refibrt eft fixé par un bout au moyen de la vis G, & porte à l’autre bout un pied H„ Tome XV 111. O o 0
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- qui en paflant à travers mi trou fait au fond de la rainure D , fig. 115:, appuie contre le deifousMe la réglette D E,/^. 113 , & l’empèche de couler trop librement.
- La réglette D E,^. 113, eft divilee en pouces & lignes, & l’on trace fur le bord de la rainure en I K une divifîon de Vernier.
- Il eft aifé de voir qu’en plaçant la réglé A C fur les bords de la profondeur que l’on veut mefurer, & en pouffant la réglette jufqu’à ce qu’on eu atteigne le fondvJ on aura la mefure de la profondeur à un dixième de ligne près.
- Fin du lomt XFI1L
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- EOTJRNEAIJXDE CUISAGE DE CHARBON". CHEMINEE POIJB SE SERVTRDE CE S BRAISE S • pl TT, TT.
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- Nouvelle division des Instruments.
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