Descriptions des arts et métiers
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- DESCRIPTIONS
- DES ARTS ET MÉTIERS,
- FAITES OU AP P ROUTEES PAR MESSIEURS DE L’ACADÉMIE ROYALE JD JUS SCXJËXTCJES JD je: JP
- AVEC FIGURE S E N TAILLE-DOUCE.
- NOUVELLE EDITION
- Publiée avec des obrervations, & augmentée de tout ce qui a été écrit de. mieux fur ces matières, en Allemagne, en Angleterre , en Suilfe, en Italie..
- Par J. E. Bertrand , Profeffeur en Belles-Lettres à Neuchâtel, Membre de lAcadémie des Sciences de Munich.
- TOME VI.
- Contenant Vart du ferrurier s Vart du chandelier, & l'art d'exploiter les mines de charbon
- de terre
- (C~ BÏBLÏbTHÉQUE'
- DU COSSERVATOm?. N.vTI
- i’ds ÂflTS & 7.1 li
- S->sh. zJ/TLÆL
- A NEUCHATE L,v-
- De l’Imprimerie de la Société Typographique.
- M. D C C. L X X V I.
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- DU SERRURIER.
- Par M. Duhamel du Monceau,
- Tome TL
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- ART
- V SERRURIER (0<
- CHAPITRE PREMIER.
- Introduction & principes généraux fur l’art du ferntrier.
- Article premier.
- Plan de P ouvrage,
- I- licous commencerons cet art, qui eft fort étendu , par faire connaître ks différentes qualités des fers, & indiquer la façon de les diltinguer, par expo-fer en général à quels ouvrages chacuns font propres, relativement à leur qualité douce ou aigre, &c. les lieux d’où on les tire pour Paris, les différens échantillons des fers qu’on trouve chez les marchands. En un mot, il nous a paru convenable de commencer par faire connaître la matière fur laquelle le ferrurier doit travailler, renvoyant toutefois pour le travail qui fe fait dans les groffes forges , à ce quia été dit par M. le marquis de Courtivron, de l’académie des fciences, & M. Bouchu , maître de forge, correfpondant de la même académie , dans les quatre fections qu’ils ont données fur les groffes forges (2).
- 2. Nous entrerons enfuite dans la boutique du ferrurier, pour faire connaître les différens outils qui lui font néceffaires.Nous 11’avons pas prétendu rendre cette énumération complété j notre deffein a été de ne prêter atten-
- ( 1 ) L’art du ferrurier fut publié à Paris fantes , dont j’ai profité dans cette édition, en 1767 , & à Leipficken 1769. M. le doc- (2) Ces quatre fedions ont été publiées teur Schreber, éditeur de l’ouvrage aile- avec un commentaire utile, dans le fécond mand, y a ajouté des notes très-intéref- volume de cette édition.
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- 4, - • ART DU SERRURIER.
- tjon qu’aux outiïs qui fervent le plus communément, & nous avons réfervé à parler des autres Iorfqu’il s’agira des ouvrages où ils font particuliérement employés. Un détail plus étendu .n’aurait point eu de bornes, puifque très-fréquemment les ferruriers imaginent & font eux-mêmes les outils qui leur paraiffent commodes pour exécuter certains ouvrages.
- 3. Nous commenceEQtis enfuite à entamer les connaiffances qui tiennent plus direélemenfàTart du ferrurier. Nous parlerons des diffère ns charbons 'qu’ils peuvent employer, de la_ préférence qu’on doit donner aux uns fur les autres, fuivant les différens ouvrages qu’on fe propofe de faire. Nous expliquerons comment 011 doit placer le fer dans la forge pour lui donner une bonne chaude 5 comment on doit forger , fouder, brafer , limer le fery & nous parcourrons ainfi les élérnens ou les principes de cet art.
- " 4. Les ouvrages de lerrurerie font d’un ufage bien commun dans les bâti-méns. Quelquefois ils fervent à augmenter leur îolidité s les chaînes, les ancrés, les harpons , les.çmbrafures, les (entons donnant du fi) 11 tien ,aux ouvrages de maçonnerie 5 -les équerres , les tirans, les liens-, les brides affermirent les ouvrages de charpenterie.& de menuiferie. D’autres fois les ouvrages de fer-rurerie j tels que les grilles, font employés à la fureté de ceux qui habitent les maifonsrils mettent à l’abri des voleurs les appartemens jfituésau raiz-de-chauffée; dans certaines circonllances ils tiennent lieu de portes de bois, même de murs, fans offufquerla vue. On en fait des garde-fous , tels que font les balcons vis-à-vis les croifées , les rampes des efcaliers , les baluftrades qui bordent les terraffes, les folles , les làuts-de-loup ; & toutes les chofes que nous fie préfentons que du côté de leur utilité ,-'deviennent des objets de décoration par les ornemens qu’on y ajoute ; c’eft même en cette partie de la ferrurerie que notre art s’elb le plus perfectionné de nos jours. Les fuperbes grilles, les balcons , les portes grillées , que l’on voit dans les cgüfes, chez des particuliers , & fur-tout dans les maifotis royales, font voir que la menuiiferie &îafculp-ture ne font prefque rien en bois qu’on ne puiifé-imiter en fer,& fou vent avecplus de légéreté. Quand on n’épàrgtie point la dépenfe , 011 voit des moulures pouffées auffi net que fi elles l’étaient fur le bois, des couronnemèns de grilles remplis de feuillages , de rinceaux, de fleurons , de couronnes, d’écuf-fons, meme défigurés d’hommes & d’animaux. Nous pourrions citer des ouvrages en ce genre qui font d’une très-belle exécution , tels que les grilles de Maifon , la grille du chœur de Notre-Dame, celle de l’abbaye de S. Denys , exécutée par un frere de cet-ordre, la-chaire de l’ubbaye de S. Antoine , les belles grilles que M. Deftriches a faites pour le Portugal, un dais que M. Gérard a fait danis la vue de faire nppercévoir jufqu’où pouvait aller cette partie de fart clu ferrurier, & quantité d’ouvrages qui ont été exécutés avec élégance fi; précifion par M Durand,
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- A R T DU SE R R U R 1 E R.
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- 7 On ne trouvera dans notre ouvrage qu’un petit nombre de ddîms de ces beaux ouvrages , parce que nous avons apperçu qu’ils n’avaient pas plus de bornes que les traits que peuvent imaginer les meilleurs defTinateurs : d’ailleurs on trouve grand nombre de ces beaux delîîns chez ceux qui vendent des eftampes. Nous nous bornerons donc à expliquer en général les moyens que les ouvriers habiles emploient pour les exécuter avec goût & précilion, & nous ne donnerons que le petit nombre de deilins qui nous ont paru nécef-iaires pour faire mieux entendre le travail des ouvriers.
- 6. Ainsi , après avoir expliqué la façon de faire les grilles de barres droites, nous expliquerons comment on peut les orner d’enrouiemcns de par différens contours qu’on fait prendre au fer. Nous galberons enfuiteàla maniéré de faire des moulures en battant le fer rougi au feu fur des moules qu’on nomme étam-pes ; comment on emboutit le fer au marteau, & fur les talfeaux; enfin comment on le releve fur le plomb pour faire des ornemens très-recherchés.
- 7. Quantité d’ouvrages de menuiferie feraient inutiles, fi le ferrurier n’y mettait pas la derniere main. Il faut ferrer les portes & les croifées, les bat-tans des armoires, les couvercles des coffres, &c. ce qui exige , pour que toutes ces chofes puiflent s’ouvrir &fe fermer, des gonds , des pentes, des couplets, des charnières , des fiches à vafè & à broche. De meme pour les tenir fermés, on emploie des verroux , des targettes , des bafcules , des efpagnolettes , des loquets, loquetons , &c. Enfin, pour qu’il n’y ait que le propriétaire qui puifîe ouvrir les appartemens , les colfres & les armoires , on a imaginé une infinité de fortes particulières de ferrures & de cadenas. C’eft par cette belle partie de l’art du ferrurier que fe terminera notre art(*).
- (*) J’ai trouvé dans le dépôt de façade-fuie un grand nombre de planches gravées ik une partie de l’explication des figures écrite de la main de Al. de Réaumur. Inutilement ai-je efifayé de retrouver l’ordre que M. de Réaumur s’était propofé de ftnvre dans la defeription de ce grand art : ce qui m’a engagé à Rire graver pîufieurs nouvelles planches, à faire des changemens aux autres, & à faire la defeription de toutes les opérations fuîvant l’ordre qui m’a paru le plus convenable. Heureufement que j’ai trouvé ce qui regarde les ferrures & les cadenas , entièrement fait par M. de Réau-mur ; & je le donnerai fans prefque y faire
- aucun changement.
- Pîufieurs habiles ferruriers fe font fait un plaifir de me prêter la main ; fi quelque opération m’embarrafiait, ils la faifaient exécuter devant moi dans leur boutique. M. Durand , qui demeure à S. Viétor, a fur-tout pris un intérêt particulier à mon travail : M. Gérard , maître maçon , dont le pere effc établi ferrurier auprès deSafnt-Etienne-du-Mont, m’a rendu les mêmes fervices, & de plus m’a aidé de pîufieurs deffins qu’il exécute avec beaucoup plus de précifion que ne pourraient faire des defTinateurs qui n’auraient pas connu comme lui l’art da ferrurier.
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- ART DU SERRURIER.
- Article IL
- Qualités & dimenfions de.s fers, & du choix quon en doit faire pour dljférens
- ouvrages.
- 8. Avant que d’employer le fer, il faut que le ferrurier connaiffe fa nature, & qu’il apprenne à en diftinguer les différentes qualités ; car fuivant l’efpece d’ouvrages qu’on doit travailler, il convient d’employer différentes qualités de fers, les uns doux & les autres plus fermes. D’ailleurs tous les fers 11e doivent pas être travaillés de la même maniéré : les uns veulent être plus chauffés que d’autres. Toutes ces connaiffances font donc effentielles à un ferrurier.
- 9. Or on peut, à l’examen extérieur du fer en barre, acquérir quelque con-naiifance fur fa qualité ; mais on en eft encore plus certain quand on examine fon grain après qu’il a été rompu : c’eft ce que nous allons effayer de rendre fenfible.
- 10. Il faut d’abord s’informer de quelle mine vient le fer, fi elle eft dojace ou caffante ; car quoiqu’il arrive que dans une même mine, ou une même forge, il fe trouve des fers plus aigres les uns que les autres, l’ordinaire eft que tous les fers d’une même forge font d’une qualité approchant la même. Par exemple, à Paris on regarde les fers de Berry, comme étant plus doux que ceux qu’on nomme de roche, ou que ceux qu’on appelle fers communs , quoiqu’il fe trouve des fers de roche qui font fort doux.
- 11. Après ce qui a été dit dans les quatre feétions fur le fer, & à l’occa-fion de la forge des ancres , on fait qu’on fond la mine dans de grands fourneaux, qu’011 coule le fer en gros lingots appellés gueufes 9 auxquels on donne dans le fable la forme d’un prifme triangulaire du poids de quinze à dix-huit cents livres & plus. O11 porte la gueufe à l’affinerie , où on la fait chauffer fondante 5 on la ramaffe, on jette du fable deffus, & on la paffe fous le gros mar-1 teau, où onia bat d’abord à petits coups pour rapprocher & fouder les parties les unes avec les autres. Quand cette loupe eft reffuée, c’eft-à-dire quand par les coups de marteaux 011 en a fait fortir le laitier qui était interpofé entre les parties de fer, on frappe plus fort pour étirer le métal en groffes barres d’environ trois pieds de longueur; enfuite on les fait repalfer à la forge, pour leur donner différentes formes, à la demande des marchands. Je 11e rappelle fommairement ce travail qui a été bien détaillé ailleurs, que pour qu’on fâche que quand il fe trouve dans le fer des grains fi durs que la lime ne peut mordre deffus, & qu’011 eft obligé de les emporter avec un cifeau ou un burin, c’eft prefque toujours parce que le fer a été mal travaillé par l’affineur.
- 12. Quand les barres font longues & menues , le ferrurier qui choifit du fer, les fouleve par un bout, & les fecoue fortement: quelquefois elles font fi aigres, qu’elles fe rompent. Il eft rare que les barres ne puiffent fupporter
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- ART DU SERRURIER.
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- cette épreuve ; c’eft pourquoi on leur en fait éprouver une pins forte: on les drelfe fur un de leurs bouts , & on les laiffe tomber fur le pavé; les fers fore aigres fe rompent ( 3 ). De plus, fi en examinant attentivement la furface des barres, onapperçoit de petites gerces qui les traverfènt, c’eft une marque que le fer n’a pas été fuififamment corroyé , qu’il tient de la nature du fer de gueufe , & qu’il fera rouverain (4); c’eft-à-dire , caftant à dhaud & difficile à forger. Si au contraire on apperqoit de petites veines noires qui s’étendent fuivant la longueur de la barre , c’eft une marque que le fer a été bien étiré ; car il eft certain que par la façon de battre le fer fous le marteau, on lui donne du nerf, ou on lui ôte cette qualité s’il l’avait ( 5 ); en terme de fer-rurier , on le corrompt. Cependant il eft toujours avantageux que le fer 11e foit point pailleux.
- 13. On connaît encore mieux la qualité du fer en examinant fon grain; pour cela il faut le^rompre. On prend donc un cifeau bien trempé , & ayant placé la barre de travers fur l’enclume , on lait une entaille à grands coups de marteau ; puis faifant porter à faux le barreau fur deux morceaux de fer qu’on met à fix pouces l’un de l’autre fur un billot de bois, & frappant à grands coups de marteau fur l’entaille, on rompt le barreau.
- 14. D’abord, quand on eft obligé de tourner en différais feus le barreau pour le rompre, quand il plie fous les coups de marteau, quand ces coups font marqués par de fortes imprelfions, on eft certain que le fer eft doux au moins à froid. Au contraire il eft aigre , fi dès les premiers coups la barre fe fépare..
- i<f. Si la rupture eft brillante, fi elle fe montre formée de grandes paillettes comme des morceaux de taie, on eft certain que le fer eft fort aigre , qu’il fera dura la lime & difficile à manier fous le marteau tant à chaud qu’à froid ; qu’il fera tendre à la chauffe, & qu’il fe brûlera aifément (6); quelquefois mêmeau fieu de s’adoucir fous le marteau ,. il en deviendra plus aigre (7).
- (3) Ces preuves ne font ni fuffifantes ni juftes. Une barre de fer étendue fous le marteau & rebattue à l’eau , devient dure & caftante. Il ferait impoftble delà laifter tomber fans la cafter. Cependant, fi l’on prend foin de la Faire recuire à un très.grand feu , elle peut devenir le meilleur fer pour la fen urerie.
- ( 4 ) Rothbrüchig. Le fer n’eft pas difficile à'forger parce qu’il n’eft pas flexible & malléable, mais parce qu’il eafte fous le marteau:
- (ç) C’eft à force de le chauffer mal à propos ,, qu’on ôte le nerf au fer yenforte qu’il.
- n’eft plus lié , & qu’il cafte. La meme chofe arrive, fi l’ouvrier ne fait pas le tourner comme il faut en l’étendant.
- (6) L’expérience contredit cette obfer-vati'on. Le fer, dont la rupture eft brillante, ne fe laiffe pas aifément corroyer : il eft tendre à la chauffe , mais il ne fe brûle pas-pour cela plus que d’autre fer.
- {7) 11 arrive que le fer fe brife à froid r s’il a été mal pafl'é à la chauffe ; mais il n’en eft pas plus dur pour cela. La groffeur des grains les empêche de fe lier enfemble em paffant à. la chauffe.
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- A RT'n U SE R R' V Tl I ER.
- Ce fer efë dofte de mduvaife qualité pouf toutes fortes d’ouvrkges fcule'mônti à caufe de fa dureté, il pourrù être employé'en gros fer dans les circonftances où il eft expofe à des frotte ni en s. ‘ "
- 16. Il y a des fers qui fe montrent moins blancs & moins brillans que les précédons, parce que leur grain elt moins gros : ils ne font pas fi aigres, ils fe charment mieux comme ils- ne font pas moux, les maréchaux les etti-ment, & les fèrruriers les emploient feulement pour les ouvrages qui doivent relier noirs, pa.ree qu’ils font durs a là lime, & que fouvent on y rencontre des grains fur leiquels la lime ni le foret ne peuvent mordfe ( g'). Quand la càfllire elt d’un brun noirâtre & qu’elle eil: inégale, y ayant des flocons de fer qui fe déchirent comme quand on rompt du plomb, ce que les ouvriers appellent^ la càair, c’elt du Fer très-doux , qui fe travaille aifément à chaud & à froid fous le marteau & fous la lime; mais il efl prefque toujours difficile à polir, & rarement il prend un beau luiflre. „ '
- T7. Il fe trouve encore des fers qui font, pour ainfi dire, compofés deg deux efbeces dont nous venons de parier , parce qu’on apperçoit fur leur rupture des endroits blancs & d’autres hoirs. Quand 011 emploie ces fers tels qu’ils viennent de chez les marchands, ils font pour l’ordinaire pailleux, & de dureté inégale ; mais quand 011 les a corroyés , iis font excelîens pour la forge & pour la lime; ils font fermes fans être calfans, & ils fe poliflènt aifément , pourvu toutefois qu’ils 11e foient point cendreux : défautauquelfont expofés prefque tous les fers doux. Il efl fenlible que ces fers auraient, au fortir des grofles forges , la bonne qualité qu’on leur procure, fi 011 les y avait corroyés avec plus de foin.
- 18. Il y a encore des fers qui ont le grain fin & gris, qui n’ont point de chair, qui cependant ne rompent point aifément, qui font même aifez plians. Ces fers prennent un beau poli ; mais ils font durs à la lime & bouillans à la forge (9). En un mot, ce font des fers acérains qui prennent la trempe. Les maréchaux les préfèrent pour faire des focs & des contres de charrues, parce qu’ils'tiennent, comme nous l’avons dit, de l’acier ; mais ils ne font pas propres pour les ouvrages qui doivent fupporter de grands efforts , comme font les aiiiieux de voitures. Quand on doit î^s limer, il faut les laider fe refroidir doucement, pour qu'ils 11e fe trempent point ; & 011 doit les ménager à la {orge , prefque comme fi on travaillait de l’acier.
- 19. Les fers qu’011 nomme rouverains, dont nous avons déjà dit quelque
- (8) Lorfque le fer a ce défaut, les ouvriers Allemands difent qu’il a des veines d’acier, es hat Stahlhader. Ils difent du fer qui a de la chair , dus Eifcn iji Jclûe-friüit.
- (9) Lorfqu’après avoir mis le fer au feu pour le recuire , 011 le fait éteindre trop promptement, il devient bouillant à la forge ( en allemand , es hchonimt Elafcn ), & il peut même fe tourmenter & devenir courbe.
- chofe »
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- ART T)U SERRURIER. $
- cliofe, font afle.2ployans & malléables à froid; mais il faut les ménager au feu, Sc fous le marteau. Ils répandent, quand on les forge, une odeur de fbu-fre , & il en fort des étincelles fort brillantes. Si on les chauffait prefque blanc» & qu’on les frappât rudement, ils fe dépèceraient fous le marteau 3 ils lé rompraient, ou ail moins ils deviendraient pailleux. Les fers d’Efpagne & ceux qu’on fait avec de vieille mitraille corroyée, font prefque tous roriverains : ils font bons, mais il faut les travailler avec ménagement; un mauvais forgeron n’en ferait que de mauvais ouvrage.
- 20. Afrûs avoir indiqué la façon de connaître la qualité des différons fers , il elt bon de détailler ceux qui fe trouvent chez les gros marchands de fer de Paris. Les fers de Lorraine font réputés les plus doux de tous , enluite ceux du Berry, du Nivernois , & de la rive de la Loire. Enfuite viennent ceux de Champagne & de Bourgogne, qu’on nomme les fers de roche ; Si entre ceux-là on eu diftingue de trois qualités: ceux qu’on nomme limplement déroché, entre lefquels il y en a qui font prefque aulli doux que ceux du Berry ; ceux qui font d’une qualité inférieure fe nomment feers demi-roche ; & tous les fers qui font encore de moindre qualité, fe défignent fous le nom de feers communs.
- 21. Tous les fers fe façonnent de dilférens échantillons ; & les plus petits fers quarrés, de quatre à cinq lignes jufqu’à huit & neuf, fe nomment du carillon: ainlî il y a du carillon de Lorraine , de Berry, de roche & de fer commun. Les ferruriers fe fournilfent des uns & des autres fuivant les ouvrages qu’ils veulent faire, & le prix qu’ils les vendent; car les fers de Lorraine & de Berry font plus chers que les fers de roche, & ceux-ci coûtent plus que les fers communs.
- 22. Les carillons exceptés, tous les autres fers font délégués fous le nom de feers quarrés, & il y en a depuis neuf à dix lignes jufqu’à trois pouces & demi & quatre pouces quarrés, tant en fer de Lorraine que de Berry, de roche , ou commun. Cependant on déligue encore ces dilférens fers par les ufiges qu’on en fait le plus communément.
- 23. On nomme côte de vache tous les fers refendus dans les fonderies (io). On les d il tin gu e aifément, parce qu’ils ne font point à vive-arète : leurs faces font arrondies, leurs bords font inégaux & remplis de bavures, & les plus menus fers fendus s’emploient pour faire des fentons ; ils portent même ce nom. O11 tient dans les magaiins des côtes de vache depuis deux à trois lignes en quarré jufqu’à douze.
- 24. Les fers méplats forgés au gros:marteau font de différens échantillons, Se ils fervent à une infinité d’ouvrages dilférens. Ceux qui s’emploient pour
- (10) En Allemagne & en SuilTe, chaque On n’a point en Allemagne, de dénomina-ferrurier refend les fers dont il a befoin. tion particulière pour le fer refendu.
- Tome FI. B
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- ART DU SERRURIER.
- les bandages des grolfes voitures, ont depuis vingt-neuf jufqu’à trente-deux lignes de largeur fur do uze à quinze lignes d’épailfeur, & les barres ont environ neuf pieds de longueur. Les fers qu’on nomme bandages pour de moyennes voitures , ont depuis fept jufqu’à douze lignes d’épailfeur, fur la même largeur & longueur que les précédens.
- 2 7. On tient encore des fers méplats qu’on nomme à bandages, qui ont vingt-neuf à trente lignes de large fur lîx jufqu’à huit lignes d’épailfeur, & les barres ont depuis douze jufqu’à treize pieds de longueur. Prefque tous ces fers font de roche : cependant on en trouve de mêmes dimenfions , qu’011 a tirés de Lorraine & de Berry ; fur quoi il eft bon de remarquer que les fers de Lorraine ou de Berry , qui font très-doux , durent plus fur les voitures que les fers dits de roche, quoiqu’ils foient plus durs. Pour les équipages, on emploie le plus fouvent du fer de Berry ou de Lorraine, qui a cinq à lix lignes d’épailfeur , ving-fix à vingt-huit lignes de largeur; &la longueur des barres eft de quinze à dix-huit pieds. On tient encore des fers méplats de toutes les qualités, & fur-tout des communs , depuis dix-fept à dix-huit lignes de largeur jufqu’à trente & trente-deux pouces, & depuis quatre jufqu’à huit lignes d’épailfeur : la longueur des barres varie.
- 26. Le fer dit demi-laine , tel que celui qui fert à ferrer les bornes & les feuils de portes, a de vingt-lîx à vingt-huit lignes de largeur fur fix à fept lignes d’épailfeur, & les barres ont neuf à dix pieds de longueur. Le fer de maréchal pour ferrer les chevaux, a cinq à lix lignes d’épailfeur, douze à feize lignes de largeur , & les barres ont douze à quatorze pieds de longueur.
- 27. Le fer qu’on nomme cornette, a de cinq à fept pouces de largeur, lix à huit lignes d’épailfeur, & quatre à lix pieds de longueur. On en revêt les bornes & les encoignures qui font fort expofées au choc des roues. Les bandelettes, pour les limons & les rampes d’efcalier, ont pour l’ordinaire de deux à quatre ligues d’épailfeur , fept à huit lignes de largeur; & les barres ont depuis lix jufqu’à douze pieds de longueur. Les fers ronds pour les tringles fe tiennent en paquets, &l’on en trouve depuis cinq lignes de diamètre jufqu’à neuf & dix.
- 28' Les feuilles de tôle à féaux, ou fer mince & battu, ont depuis douze juf. qu’à quinze lignes de largeur, & une ligne d’épailfeur. Les tôles à palaftre ont depuis lix jufqu’à neuf pouces de largeur, fur une ligne ou une ligne & demie d’épailfeur : les feuilles ont huit à neuf pieds de longueur. La tôle à ferrure a depuis dix-huit jufqu’à foixante lignes de largeur, environ une ligne d’épailfeur; & les feuilles ont cinq à lix pieds de longueur. La tôle à fcie eft la même que celle à ferrure.
- 29. La tôle pour garnir les portes cocheres, a depuis neuf jufqu’à treize pouces de largeur , fur une ligne & demie ou deux lignes d’épailfeur ; la longueur des feuilles eft de cinq à lix pieds, La tôle de Suede pour relever & emboutir, a
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- vingt, vingt-deux pouces de largeur , fur une ligue d’épaiifeur ; & la longueur des feuilles eft de vingt-fix à vingt-huit pouces. La tôle dite à étrille,, a de fept à neuf pouces de largeur , une demi-ligne d’épaiifeur ; & les feuilles ont vingt-fept à vingt-huit pouces de longueur : elles fe vendent par doublons. Les tôle* dites à rangettes, qu’on emploie pour les tuyaux de poêle, ont quatorze à quinze pouces de largeur, une demi-ligne d’épaiifeurj & les feuilles ont dix-huit à vingt pouces de longueur. Enfin les tôles à réchaud, dont fe fervent les chauderonniers & tôliers, ont une demi-ligne d’épaiifeur, fept à neuf pouces de largeur, &les feuilles ont de dix-huit à vingt pouces de longueur.
- 30. Il ne faut pas croire que tous les fers que nous venons de délîgner foient précifément employés aux ufages pour lefquels on les tient dans les magalins ; les ferruriers choililfent chez les marchands de fer, ceux qui leur conviennent, ou pour la qualité ou pour les dimenlîons ; car dans les magalins bien aflortis, on trouve à choifir des fers de toutes fortes de dimenlîons.Comme rien 11’eft plus économique pour les ouvrages de ferrurerie que d’employer des fers qui aient à très-peu de chofe près les dimenlîons dont on a befoin, quand on a à faire quantité d’ouvrages d’une même efpece, on envoie dans les forges des modèles qu’on y copie exactement : c’eft ainli que dans les provinces on tire des forges des fers pour les focs & les coutres des charrues , qu’on ne trouve point chez les marchands de fer de Paris. La marine tire des fers méplats pour les courbes, des carillons pour les chevilles, &c. & elle envoie aux forges des modèles en bois , afin de diminuer, le plus qu’il eft poftible, la main-d’œuvre dans les ports (*).
- ( * ) Nous avons dit plus d’une fois que le fer acquiert de la force chaque fois qu’il eft forgé ; mais nous nous fommes toujours fervis du terme dé étiré, c’eft-à-dire, forgé toujours dans un même fens en alongeant le fer : car on peut, en forgeant le fer, le corrompre, comme difent les ouvriers, & diminuer de fa force. ( Voyez la forge des ancres , la tréfileric (1 x) , &c. où cet article eft fuffifamment expliqué. ) Ceci bien entendu , je vais rapporter une expérience que M. de Buffona faite pour reconnaître la force du fer , chargé fuivant fa longueur.
- Une boucle de fer de dix-huit lignes & demie de grolfeur ( c’eft-à-dire, que cha-
- que montant de cette boucle avait trois cents quarante-huit lignes quarrées , ce qui pour les deux fait fix cents quatre-vingt» feize lignes quarrées ) ; cette boucle avait environ dix pouces de largeur fur treize pouces de hauteur , & le fer était à peu près de la même groffeur par-tout. Cette boucle étant chargée perpendiculairement, elle a rompu prefque au milieu des deux branches verticales , & non pas dans les angles, étant chargée de 28 milliers.
- Suivant cette expérience, chaque bar-reau d’une ligne quarrée ne pourrait fup-porter que 40 livres. Cependant M. de Buf-fon ayant mis à l’épreuve un fil de fer qui
- (ï i) Dans les cayers des arts de Paris la fin de ce fixieme volume, fi le nombre in-folio. Je n’ai pas encore publié ces def- confidérable des feuilles cqnlacrees à la criptions ; mais je compte les inférer à ferrurerie , peut me le permettre.
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- ART DU SERRURIER. Article III.
- Detail de la boutique & des outils qui font les plus, nécejfaires aux ferruriers.1
- 31. Je ne me propofe point de faire ici l’éniimération de tous les outils dont fe fervent les ferruriers ; je me borne à ceux dont les boutiques bien montées font pourvues, me réfervant de parler de ceux qui ne fervent qu’à certains ouvrages lorfque l’occalion s’en préfentera: d’ailleurs, les ouvriers imaginent de nouveaux outils fuivant les circonftances ; & ce point fait une partie de leur fa voir, qui eft fur-tout bien important quand on a à faire beaucoup
- d’ouvrages femblables : en ce cas onfe vrage , fans rien perdre fur la précibon.
- avait une ligne de diamètre un peu fort , ce fil qui n’avait pas une ligne de folidité n’a rompu qu’étant chargé de 49s livres, après avoir fupporté 482 livres , fans fe rompre. La force de ce fil était donc douze fois plus grande qu’une verge d’une ligne quarrée , prife dans le barreau.
- D’où peut dépendre cette différence énorme dans la force de deux verges d’une pareille folidité? r°. Dans les épreuves que nous avons frites fur la force des cordes , nous avons reconnu que les forces particulières des cordons , étant ajoutées les unes avec les autres , furpaflent la force d'une corde formée d’un pareil nombre de cordons. Mais cette différence de force dépend en partie d’une caufe particulière à la fabrication des cordes , & que nous avons fait appercevoir dans l’art de la garderie.
- 2°. On fait qu’il y a bien de la différence de cohérence entre les parties des differens fers , & l’on ignore quelle était la qualité du fer de la boucle , par comparaifon avec celui du fil de fer ; mais je crois avec M. de' Buffon , qu’il y a une autre caufe qui influe
- (12) Cette expreffion n’eft pas jufte. Le fil de fer ne paffe point par le feu depuis que les barres de fer ont été portées fous lemaarteau pour les amincir. Le frottement, en paifant par les filières de différens diamètres , lui communique un certain degré
- procure des outils pour expedierl’ou-
- beaucoup fur cette différence de force ; Lavoir , de ce que le fil de fer a pafl’é bien des fois par l’epreuve du feu , & qu’il a été fort étiré. Les expériences fuivantes le prouvent (12).
- M. de Buffon fit rompre une boucle faite avec le même fer que la précédente : elle avait dix-huit, lignes & demie de groffeur : elle ne fupporta de même que 284$° livres, & rompit prefque dans le milieu des deux mon tans.
- Une autre boucle de même fer , mais qui avait été reforgée & étiree, de forte que le fer fe trouva n’avoir que neuf lignes d’épaiff feur fur dix-huit de largeur, fupporta , avant que de rompre,i7;oo livres *, pendant que, fuivant les autres expériences , elle aurait du romprefous le poids de 14000.
- Une autre boucle du même fer qui avait été réduite à feize lignes trois quarts de groffeur, ce qui fait cinq cents foixante lignes quarrées, a porté 24600 livres ; au lieu que , fur le pied .des premières épreuves , elle n’aurait porté que 22400 livres.
- de chaleur fuffifant pour l’amollir. Si l’on veut donner au fil de fer plus de flexibilité on le fait rougir ; & û on le fai fait rougir trop fréquemment, il ne ferait plus bon à rien.
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- 32. Tl efi; indifpenfable d’avoir des enclumes (13) pour forger â;chaud 8c à froid. J’ai donné ailleurs la façon de forger & dè réparer celles'qui font •rompues , avec un détail des différentes formes qit’oii leur donne : il fuffit de 'dire ici que, dans les boutiques où l’on travaille habituellemerit’de gros fer, il faut, 19. une groife enclume quarrée, placée fur fou billot à portée de la forge.
- 33. 2°. Mais le plus ordinairement les ferrüriers ont une forte enclume à une ou à deux bigornes, telle que (fig. 2 , à la vignette ) , pour étirer le fer, & pour tourner les grolles pièces en rond. On en a ordinairement de différentes grandeurs ; & à celles qui nefontpas'groffes & pelantes, on ménage en-deffous une partie faiîlante ( 14) , &c. qui entre dans le billot. Pour augmenter leur fermeté , il eft bon de ménager à la table des greffes enclumes un trou quarré b (Jig. 2 , vig.), dans lequel on met ou un tranchet ou une fourchette pour couper, ou pour rouler de petits fers.
- 34. 30. Aux bigornes (fig< 2, vig.) on a foin qu’une des pointes foit quarrée,
- 8c que l’autre foit ronde ; celle-ci fert à bigorner les anneaux des clefs , les an-uelets , & quantité d’autres pièces; 1
- e 3f. 40. On a encore une bigorne moins groffe , qu’on met fur un billot ; & d’autres fort petites, qu’on place'fur' l’ctabli dans une platine de fer, oti bien qu’on faiiît par le bas dans les mâchoires d’un étau : elles fervent à arrondir les petits fers, tels que plufieurs pièces de la garniture des ferrures. Il faut encore plufieurs tas & tâffeaux d’établi , quarrés ou à bigorne, de différentes grandeurs; les uns ont la table plate, d’autres l’ont arrondie. Ixotis en parlerons plus en détail quand il s’agira de relever le fer far le tas pour faire des ornemensP
- 36’. <j°. On doit avoir plufieurs marteaux, principalement des gros qu’on rnene à deux mains (pl. R fi g* 7, 83 9) 3 & qu’on nomme à devant ou traverje; des marteaux à main (fig. 10,11 ) , dpanne de travers ou à patine droite ; des marteaux d’établi (fig. 12), pour porter en ville, 8c qui fervent à bigorner, pour faire des enroulemcns ; des marteaux à tête plate , pour drefiér 8c planer le fer ; des marteaux à rète ronde & demi-ronde , pour relever & emboutir les pièces rondesf&c. Nous,en parlerons dans la faite , lorfqu’il s’agira des or-nemens.
- 37* 6°. Des foufflets (impies ou à deux vents , pour animer le- feu ; on en voit un petit dans la vignette , fig. 28 , 8c deux hommes (fig. 13 , 14) qui font agir un grand fou fil et qu’on ne. voit point. Comme on trouvera ailleurs la façon de faire les grands foufflets de forge , & comme nous les repréfente-
- (i?) En allemand , Atnbos. Voyez-eri la (1$) .Cette partie Taillante a paru inutile formepl. 1, B , à la vignette. La bi- aux ferrüriers Allemands. Leurs enclumes
- gorne s’appelle en allemand Horn , corne, n’en ont point.
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- rons plus en grand, il fuffira de dire ici que deux grands fouffiets iiinples, comme nous en avons repréfentés à la forge des enclumes , font communément plus de vent qu’un foufflet double ; mais il faut plus de force pour les faire mouvoir. Le vent fe rend dans la forge par un tuyau qu’on nomme la tuyere (15).
- 38- 7°. On ne peut fe pafler de tenailles de différentes groffeurs : les unes font droites, elles fervent à tenir ie fer fur l’enclume ; on a aufli des tenailles croches qui fervent à tenir le gros fer dans la forge , des tenailles goulues pour faire des boutons , des tenailles à lien pour faire des vafes, des rouets, &c. des tricoifes (fig. 6, 6,6,6,6).
- 39. 8°« Des pinces pour manier les pièces délicates. On les nomme volontiers bequettesplates;i\y en a dont les ferres font rondes, elles fervent à rouler les pièces délicates. Il y a auffi des pinces à anneaux ( 16 ) ; les ferruriers ne s’en fervent guere, à moins que ce ne foit pour des ouvrages très-délicats.
- 40. 9°. On doit avoir plufieurs broches ou tifonnieres, pour ouvrir le feu, & des palettes (fig. 13) pour dégager la tuyere & fablonner le fer; une pelle de fer, pour mettre le charbon à la forge; & une grande pelle de bois, pour mettre le charbon en tas, ou en emplir les corbeilles.
- 41. 10e. Il doit toujours y avoir auprès de la forge une auge de pierre où de bois ( fig. 26, à la vignette') pour avoir de l’eau à portée, avec un balai ou écouvette (fig. 14), pour raffembler le charbon & arrofer ie feu ; & dans quelque vafe, du fable fec (fig. 28 , à la vignette).
- 42. 11\ Il eft indilpenfable d’avoir des cifeaux (17) , des tranches (18) , pour fendre le fer à chaud, ou le couper quand il y en a de trop. O11 voit dans la vignette un ouvrier C , qui coupe un morceau de fer avec un cifeau à froid. Les tranches font un fort cifeau emmanché dans une hart : nous les repréfente-rons ailleurs. O11 a encore des cifeaux ou tranches percées pour couper à chaud des riches & couplets ; des poinçons ronds, quarrés, plats ou ovales ( fig. 1 f , 1 f , if), pour percer à chaud des trous de différentes figures.
- (10 Voyez ce qui eft dit fur les foufflets dans le fécond vol. de cet ouvrage, pag. 96 & fuiv. Les foufflets de ferruriers font moins gros que ceux des forges. Dans bien des endroits on les fait encore de cuir fi on leur donne une certaine grolfeur, il vaudrait peut-être miéux les faire de bois. La def-cription qu’en donne M. de Réamur à l’en-droit que je viens de citer , eft très-bien faite : les figures font exadtes , & donnent une idée fuffifante de la machine. Ün y voit
- la maniéré de mettre en mouvement le fouf-fiet par le moyen de l’eau. Le moindre filet eft allez fort pour opérer cet effet ; & les maitres ferruriers qui font à portée de fe donner cette commodité, y trouveront probablement leur avantage.
- (16) En allemand , Stockzangen,
- (17) En allemand, MeiJJ'eL
- 08) En allemand , Jbjchroten, Schrot-meijjcl. .
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- 43. 12°. Des mandrins (19) ronds, quarrés , ovales , en lofange, triangulaires (fig. 16,16, 16), pour agrandir des trous ou forger deiTus, des canons de ees différentes figures : c’eft pourquoi il faut en avoir de différentes grandeurs & formes, comme nous le ferons voir dans la fuite ; car il n’a pas été poffible de repréfentertous ces différens outils fur une même planche.
- 44. 130. On 11e peut guere fe paffer de réglé de fer, pour dreffer les pièces qui doivent être droites; d’équerre, pour aflembler les pièces à angle droit ; de fauffes équerres, de compas de différentes grandeurs à branches droites » ou courbes , pour mefurer les longueurs , les diamètres & les épaiffeurs.
- 4f. 14°. Il effc bon d’avoir des cloutieres rondes , quarrées ou ovales, avec des poinçons pour former les têtes des vis. Il en fera parlé ailleurs.
- 46. 15°. Des chaffesquarrées,rondes 8c demi-rondes (fig, 17), pour battre les endroits où le marteau ne peut atteindre; alors on place la chaffe, & l’on frappe deffus avec un marteau. Le manche de ces chaffes eft de fer (20).
- 47. 16°. Il eft indifpenfable d’avoir des étaux (21). Il en faut de grands (fig. 1 ) pour forger & limer les groffes pièces à chaud & à froid. On les nomme étaux de réftftance. B, eft le corps de l’étau. C, l’endroit où les deux pièces B s’affemblent à charnière, avec une goupille qui les lie. D, œil de l’étau. A , le reffort à chien, qui fert à ouvrir les mâchoires. E, au-deffous font les rondel-, les. F , la boite dans laquelle eft l’écrou5, & qui reçoit la vis. K, fa manivelle ou fon levier. H, la bride qui fert à attacher l’étau fur l’établi. Les étaux à limer font de force moyenne.
- 48. 17°. On a encore des étaux à patte (fig. 2) (22) , qu’on met fur l’établi pour travailler les petites pièces: la vis A, qui eft reçue dans l’écrou B , eft au-deffous de l’établi ; la patte C eft par-deffus. Ces deux pièces fervent â attacher ces fortes d’étaux : les mâchoires & les autres parties font à peu près comme dans les grands étaux. Les étaux à main font fort commodes pour faifir les petites pièces de fer qu’on aurait peine à tenir dans les mains r on en a quelquefois dont les mâchoires font alongées, & fe terminent en pointe on les nomme étaux à goupille (23). Nous détaillerons ailleurs la façon de faire les étaux. Les figures 18, 19, 20, font des elpeces d’étaux qu’on nomme moi-daches (24) : nous aurons plus d’une fois occafion de parler de leur ufage.. Enfin 011 a encore des elpeces de mordaches de bois , pour affujettir les pièces, polies.
- (19) En allemand, Borner. cotés. Les chaffes s’appellent en allemandr
- (20) On conçoit qu’il feraittout aufli bon SetzmciffeL
- de bois. Les Suiffes ont une efpece de chaffe (21) En allemand, Schrcmhefiôcke.
- qui ne doit pas être inconnue en France. (22) En ali. Schratihefiôcke mit Lappcn.
- Le manche eft placé au milieu , pour qu’on (23 ) En allemand , Fcilklehcn..
- puiffe la retourner & s’en feryir des deux (24) En allemand, lilupprcn.
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- 49. 1 Les grolfes limes confident en gros carreaux (fig. 3 a) (25)-tail-
- lés rude pour ébaucher les gros fers à froid. Les demi-carreaux {fig-3 b), qui 11e diiferent des carreaux que parce qu’ils font moins gros, & lés groflés carrelettes (26) (). Celles-ci font taillées moins rude ; elles fervent pour limer après qu’on adreifé avec le carreau & le demi-carreau. Les limes plates {fig 4 b ) font encore moins rudes. *.
- 50. 19°. Les limes moins grolfes font les limes quarrées'O?#, f b ) , ou les
- petites carrelettes qui fervent à ouvrir les trous quarrc.s. Les limes rondes ou èn queue de rat {fig. y <z), les ovales & les, demi-rondes, pour ouvrir les trous de ces figures, & faire les dents des fcies de long;, les limes triangulaires ou en tiers-point, pour limer les fcies à débiter, faire les pas des vis & des taraux, &c. Les limes à bouter, pour limer les panetons-des clefs & les fcies à refendre, &c. Enfin les limes à fendre ou fendantes de pîufieurs groffeurs* pour fendre les clefs : il faut y mettre un.dolferet. Nous aurons occafionde parler ailleurs de ces differentes limes. v e i;>
- f 1. 20°. Les petites limes font quarrées , ou demi-rondes , ou coutelles , ou en queue de rat, ou ovales , ou-triangulaires;, ou en cœur, &c.Toutes ces petites limes , qui ne diiferent des autres que par leur groifeur , fervent pour évider les anneaux des clefs , & les pièces d’ornemens, comme éculfons, cou-ronnemens, etc. Il faut encore des limes fendues par le milieu , pour épargner des filets ; des limes à fendre de pîufieurs fortes ; & il faut avoir quelques-unes de toutes ces limes qui ne foient point taillées d’un côté, afin qu’elles ne mordent point fur ce que l’on veut ménager. .
- SZ. 2i°. On a encore des limes de toutes ces fortes, qui font taillées fm,‘& qu’on nomme lunes douces (27) : elles fervent à finir les ouvrages délicats , & qu’on fe propofe de polir.
- 53. 22°. Il faut encore d’autres menus outils ; des forets(28)(/g. 21) de différentes groffeurs avec leurs boites , pour percer à froid; des poinçons plats dé différentes fortes , pour piquer les rouets des ferrures, & des poinçons bar-longs pourpercer les trous des pieds des relforts, &c. des perçoirs (29) (.fig. 22, 23 ) , pour percer avec les poinçons : un morceau de fer plié {fig. 24) tient fouvent lieu d’un perçoir; 3a palette (30) {fig- 25 ) pour percer feul ; l’archet {fig. 2(5), avec fa corde de fioyau pour faire tourner le foret. On 11e peut fe palier de griffes, de tourne-à-gauche (31) {fig. 27) de pîufieurs groifeuts , de fourchettes {fig. 28), petites tranches {fig. 29); une tranche pour emmancher dans une hart. ••-h-.- ' ' ,
- [(2;) fin allemand , /h'nijeile, 1 (29VÈn allemand , Lochfcheibe.
- (26) En allemand, Vorfcile. n(;o) En allemand , da.r Forlirett.
- (27) En allemand , Schiiditfdh\ ' .(ji; En alieman.l , Wcndàfcn.
- Ç28) En allemand , Bohrcr.
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- Ï4- Les ferairiers bien montés ont un ou plusieurs tours & toutes leurs dépendances, & des outils particuliers pour forer ; mais nous remettons à en parier ailleurs, ainii que de quelques outils qui ne fervent qu’à certains ouvra ges.
- Çf 23 . Une meule de grès & des pierres à aiguifer de diiFérens grains font encore d’une grande utilité. On voit à la vignette au haut de la planche une boutique bien fournie d’ouvriers, qui ont chacun différentes occupations.
- ^6. A, deux apprentifs qui tirent les foufflets. B,un maître forgeron & deux compagnons qui battent le fer chaud fur une enclume quarrée. C, un compagnon qui coupe un morceau de fer avec un cifeau à froid. D, un compagnon qui fait une rivure dans l’étau. E , un compagnon qui lime avec le gros carreau. F, un compagnon qui lime avec une carrelette. G, un compagnon qui arrondit un poinçon ou la tige d’une clef. H, maniéré de tenir la lime pour Kmer l’anneau d’une clef. Nous ferons ufage, dans plus d’une occafion, de ce qui eft repréfenté fur cette planche.
- Article IV.
- Des attentions qui font néceffaires pour bien chauffer le fer a la forge.
- 57* L’art du ferrurier confifte en grande partie à profiter de la duclilité du fer pour en faire différens ouvrages en le frappant avec le marteau ; mais le fer froid eft peu duélile-, & le ferrurier aurait bien de la peine à le travailler, s’il île lavait pas augmenter cette ductilité en le chauffant. Heureufement 3e fer a la propriété de s’attendrir par la chaleur , au point de céder facilement aux coups de marteau s mais il eft impoffible de bien forger un fer qui a été mal chauffé. Il faut que le ferfoit amolli par le feu, & éviter qu’il ne foit bridé î c’eft pourquoi un gros barreau de fer 11e doit point être chauffé /comme un menu ; un fer aigre ou acerain doit être moins chauffé’qu’un fer doux, & c’eft un article où échouent les mauvais ouvriers (32).
- 58- Le forgeron doit aufiî connaître la qualité de fon charbon j car il s’en trouve de chargés de foufre, qui rongent & gréfillent le fer ( 3 3 ). Il y en a qui
- (32) Il importe beaucoup qu’un ferrurier foit à même de s’affortir de toutes les efpe-cesde fer. S'il riîanque de fonds, ou qu’il n’ait pas auprès de lui des marchands de fer, dont le màgafin foit bien fourni, il ne peut pas faire de bon ouvrage.
- (} ?) 11 y a des charbons de pierre telle-ment chargés de foufre , qu’ils rongent & gréfillent, en moins de rien , des morceaux Tome FL
- de fer de la grofleur du bras. Le fer chauffé avec du charbon trop chargé de foufre , ne fe foude pas fi bien. A Leipfick, en n’emploie que du charbon de pierre, mais on mêle celui de Drefde avec celui de Zwic-kau : le premier, chargé de particules ter-reufes, eft beaucoup plus pefant, tandis que l’autre eft plus léger. Lorfqu’on tient le charbon de pierre en plein air, expofié
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- chauffent beaucoup plus que d’autres. Le charbon d’Angleterre, qu’on nomme de Neucajlle, eft très-bon ; mais comme il eft léger, il le confume fort vite & il gréfille le fer: c’eft pourquoi on le mêle avec celui d’Ecoffe ou avec celui d’Auvergne , qui eft terreux, & qui feul ne ferait pas un feu affez adif. Il y a en France de fort bon charbon : celui de Saint-Etienne en Forez eft quelquefois meilleur que celui d’Angleterre ; celui de Moulins vient enfuite ; celui d’Auvergne eft moins eftimé. Il faut que le morceau de fer qu’on chauffe foit placé dans le charbon un peu au-deffus du courant d’air qui fort de la tuyere ; car Ci le fer était immédiatement à l’embouchure de la tuyere , cet.air nouveau le refroidirait, pendant que les deux côtés feraient très-chauffés ; & fi le fer était alfez éloigné de la tuyere pour qu’il y eût du charbon entre la tuyere & le fer, le feu qui ferait lancé par le courant d’air fur une portion du barreau, le brûlerait en cet endroit, pendant qu’ailleurs il ne ferait pas affez chaud. Il ne faut donc pas enfoncer trop le fer dans le charbon; mais il eft à propos qu’il foit un peu élevé au-deffus de, la tuyere,,afin que le feu étant animé dans une grande étendue, le barreau chauffe uniformément & dans une longueur fuffifante pour être forgé. En général il faut ménager tellement la chaude que la chaleur pénétré au fond du morceau; car un fer qui ferait beaucoup chauffé à la fuperficie , & peu en-dedans , fe forgerait mal.
- S9. On peut donner une bonne chaude avec le charbon de bois & auffi avec celui de terre; même celui-ci, quand il eft bon , chauffe plus vite & plus à fond que le charbon de bois : mais il eft plus facile de connaître fi le fer eft affez chaud quand on emploie le charbon de bois , que quand on fe fert de celui de terre ; parce que, quand on donne la chaude avec le charbon de bois on apperqoit des étincelles brillantes qui fortent du fer avec bruit, comme de petites étoiles blanches ; & alors le barreau eft bien près d’être fuffilarnment chaud , s’il ne l’èft pas trop. Le charbon de terre forme fur le fer une croûte & une flamme claire qui empêche les étincelles de paraître auffi fenfiblement. Mais on perce la voûte de charbon avec un tifonnier ; & quand on voit le fer
- pendant quelque fcmsau vent & à la pluie, le fourre s’évapore , & le charbon eft de meilleur ufage que iï on l’avait mis dans une cave , comme plnficurs le font. On peut auffi le mettre dans un tonneau, & ver-fer de l’eau delTus ; mais rl vaut toujours mieux l’expoferen plein air. Dans les pays eù il y a beaucoup de bois, comme en Suiffe, on ne s’elt fervi , jufqu’à préfent, que- de charbon de bois dur ; mais comme la difette s’annonce , il fera fort utile d’imiter à cet égard la méthode établie dans le nord. Nous
- trouvons dans nos montagnes pîufieurs mi» nés de charbon de pierre : il eft à fouhaiter que nous fâchions profiter de ce préfent de la nature. M. Bertrand donne une affez longue lifte de ces mines de charbon de pierre , qui fe trouvent dans les cantons de Zuric & de Berne. V. diH. onjclologique au mot charbon de pierre. Confultez auffi, Scheuchzeri, itin. alpin, tom. II, pag. 470 & feq. Hiji. naturelle de Northamptorty par Morton*
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- bien blanc, & comme bouillant, on juge qu’il eft bien chaud.
- 60. Quand la forme du fer qu’on chauffe le permet, il elt très-avantageux de le retourner dans la forge pour qu’il foit chauffé également par-tout; mais cela ne fe peut pas toujours : heureufement, quand la forge elt bien attifée, on peut chaufferie fer par-tout & à fond fans le retourner.
- 61. La perfection de l’attifage de la forge confiftc en ce que le charbon faffe au-delfus du fer une voûte, ou comme un fourneau de réverbere, dans lequel le feu animé par les foufflets attaque, en circulant, le fer par tous les côtés. Çette efpece de fourneau de réverbere fe fait aifément, quand on emploie du charbon de terre ; car en mettant à l’extérieur du charbon mouillé, ou en mouillant le delfus du charbon, il fe forme une calotte qui fublifte long-tems fans être pénétrée par le feu. Si l’on emploie du charbon de bois, on en met auffi de moinllé par-delfus; mais la voûte fe forme bien mieux quand on couvre le charbon de bois avec du charbon de' terre mouillé. Ainfi rien n’eft mieux, pour donner une bonne chaude, que d’employer du charbon de bois, & de mettre par-delfus cette couche du charbon de terre mouillé ; d’autant que par ce mélange des dilférens charbons, on évite d’avoir beaucoup de crade dans la forge (34).
- 62. Quand on manque de charbon de terre , il faut humeéfer le charbon de bois qui eft en-deifus , avec de l’eau dans laquelle 011 a détrempé de la terre rouge; cette boue fort claire forme la Groûte que nous avons dit être néceC-faire pour donner une bonne chaude.
- 63. Pour s’affurer file fer eft; fuffifamment chaud , on peut arrêter les fouf-ftets; & en prêtant l’oreille (3 > ), on entend un petit bruit comme fi le fer bouillait.
- 64. Mais ce moyen eh dangereux; car fi quand on celfe de fouffler il tombe un charbon vis-à-vis la tuyere avant que le fer foit chaud, la chaude eft: interrompue. Il vaut mieux examiner s’il fort, par l’endroit où le fer entre dans le charbon, des étincelles rouges ; alors 011 juge que le fer commence à s’échauffer: mais îorfque les étincelles font blanches, le fer eft; chaud. Ou bien on perce la voûte de charbon avec un tifonnier, comme il a été. dit plus haut.
- 6<). Il faut proportionner la quantité du charbon & la force du vent à la groffeur du fer qu’on veut chauffer ; car fi, pour chauffer de petits fers, on fai-
- (}4) Il femble que l’on préféré par-tout le charbon de bois. Pour concentrer le fer, on arrofe la furface du charbon avec de Peau dans laquelle on a fait difloudre de la terre grade.
- (3 ç) Non feulement ce moyen eft dangereux , piais encore il fait perdre beaucoup
- de tems. Il ne faut pas non plus percer la voûte de charbon , puifqu’on interrompt aulfi la chaude. Il vaut mieux mettre le ti-fonnier devant le charbon , pour que le feu ne fe dérange pas. Alors on tire le fer, on le fable, & l’on peut voir aifément s’il elt allez chaud.
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- fait agir fortement de grands foufflets avec un grand feu , le .fer ferait brûlé avant qu’on eût pu connaître s’il a acquis le degré de chaleur qu’on defire.,
- 66. Il faut auffi proportionner à la quantité du feu, la grolfeur des tuyeres % la tuyere doit être plus petite pour le petit fer, & plus groffe pour le gros fer» Dans les boutiques bien montées, on a de petites forges pour chauffer les. petits fers.
- 67. Il faut encore proportionner la chauffe à la qualité du fer, & être prévenu que les fers.aigres brûlenjt plus aifément. que les doux (36)} de forte que ceux-ci doivent être plus chauffés que les autres»
- 68- Suivant les différentes intentions, on doitauffi chauffer plus ou moins le fer ; par exemple, il doit être plus chauffé quand on veut le fouder, qun quand il ne s’agit que de le forger, & on diftingue les. différens degrés, de chaleur par la couleur que prend le fer : c’eft pourquoi on dit qu’il ne faut chauffer certains fers aigres ou aceraius ou rouverains que couleur de cerifeÇzj), fans quoi ils fe fépareraient par morceaux fous le marteau : au contraire, un fer doux peut être chauffé blanc (38); & pour faire une bonne foudure, il faut une chaude.filante (39); on la nomme ainfi , parce que quand la maffe de fer eft grolfe, on en voit dégoutter des parcelles fondues.
- 59. Quand 011 craint qu’un fer aigre ou rouverain ne brûle, il eft fou vent bon , quand il approche d’être chaud (40), de le découvrir de charbon, & de. jeter deflus du fable fee. O11 attife de nouveau la forge, & 011 achevé de donner la chaude qui ordinairement réuflît mieux.
- 70. Quand on tire le fer de la forge, il faut le foulever & fe garder de le laift. 1er tramer fur le freftl (*) : cette attention eft fur-tout néceifaire pour les.fers^ qu’on veut fouder. Il faut être prévenu que certains charbons de terre laiflént une craffefur le fer, qui le fait paraître couvert de fraiftj, quoiqu’onl’ait tiré’ de la forge avec les précautions que nous venons d’indiquer. E11 le frappant, contre l’enclume , ou le billot, ces craftés tombent, & le fer refte allez net.En général, l’acier doit être moins chauffé que le fer, & il y a des aciers fuis qu’il. 31e faut pas. chauffer jufqu’au couleur de cerile..
- 71. Nous avons dit que, pour qu’une chaude foit bonne, il faut que le fer foit chauffé à fond, & pour cela il faut le chauffer par degrés : un feu trop vif pourrait brûler la fuperficie du barreau avant que la chaleur eût pénétré dans, l’intérieur , ce qui ferait un grand défaut., C’eft par cette réflexion que je termine ce que j’avais à dire fur la maniéré de bien chauffer le fer..
- (36) C’eft ce que les meilleurs maîtres (4°) H faut qu’il foit prêt à fouder;
- contredilent par l’expérience; (*) Dans les greffes forges on dit frafil;..
- (3_7) En allemand , Rotliwarnu à Paris, on emploieplus volontiers le terme
- (38) En allemand., Wüfswarm. de fiaifil,.
- iW fn allemand ^ïeffmdc
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- Article V.
- De la maniere de fouder à chaud ( 41 ).
- 72. Le fer a cette propriété, que deux morceaux fe réunifientaflez exactement pour n’en faire qu’un, quand après leur avoir donné une bonne chaude, 011 les forge l’un fur l’autre ; & nous allons rapporter les attentions qui font néceflaires pour bien exécuter cette opération.
- 73. Il faut d’abord refouler, puis amorcer en bec de flûte, les deux pièces qu’on veut fouder enfemble. Si l’on fe propofe de fouder l’une à l’autre les deux pièces AB (pL I,fig, 31 ) , il faut étirer en flûte les deux parties qu’on veut réunir, de forte qu’en les pofant l’une fur l’autre, elles fe joignent à peu près comme fi elles étaient d’un feul morceau. Si c’eftde gros fers, quelques forgerons penfent qu’il eft bon de marteler les faces qui doivent fe toucher î ce qui confilfe à faire fur l’une & l’autre piece des entailles avec un cifeau, ou une tranche, ou la panne du marteau.
- 74. D’autres ferruriers forgent les deux pièces qu’ils veulent réunir, de forte qu’elles s’accrochent, afin que les pièces 11e puifient couler l’une fur l’autre (42)5 mais ces martelages & ces crochets font à peu près inutiles, parce que, comme il faut donner une forte chaude, les bravures s’effacent à la forge, & elles pourraient être nuifibles fi elles contribuaient à retenir le fraifil.
- 71). Les deux pièces étant bien amorcées, & les ayant tenues plus grofles qu’elles ne doivent l’être, ce qu’on fait fouvent en refoulant le fer, on leur donne une bonne chaude blanche, apportant toutes les attentions que nous avons détaillées dans l’article précédent, pour que le fer foit bien chaulfé à fond fans être brûlé , prêtant une linguliere attention à ce que les deux morceaux de fer foient également chauds, & qu’ils le foient dans toutes les parties qui doivent fe réunir; mais peu au-delà de l’amorce, afin que le fer 11e s’amaigrifie pas auprès delà fbudure.
- 76. Quand on eft parvenu à les bien chauffer, on les tire doucement de la forge : on prend garde qu’il ne s’attache du fraifil fur les faces qu’on veut fouder ; car ces parties étrangères empêcheraient les deux morceaux de fer de fe .réunir : il eft vrai qu’ordinairement la force de la chaude empêche qu’il 11e s’y en attache. On les porte diligemment fur l’enclume, on les frappe contre le billot pour faire tomber les crafies, fi l’on apperçoit qu’il y en foit refté. Deux ouvriers placent les deux morceaux l’un fur l’autre dans la pofition où ils
- (41) En allemand , SchweiJJen.
- (42) On fe fert utilement de cette méthode , Iorfqu’il s’agit de greffes pièces.
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- doivent relier après qu’üs feront foudés; & l’on frappe d’abord à petits coups, mais répétés le plus promptement qu’il eft poffible, fur toute l’étendue de la foudure; cav, comme le fer eft fort chaud, fi l’on frappait d’abord à grands coups, les deux bouts pourraient gliifer l’un fur l’autre, ou le fer le romprait par parcelles, fur-tout s’il était aigre. Enfuite il faut frapper plus fort j caria réunion doit fe faire d’une feule chaude. Quand la îfoudure eft manquée à la première, il eft difficile d’y revenir; cependant, fi Ton apperce-vait des endroits qui ne fuffent pas foudés , ce qui arrive quand il s’eft trouvé entre les morceaux qu’on veut réunir, des crades ou des écailles, il faudrait ouvrir l’endroit pailleux avec un cifeau ou un poinçon, afin d’aviver l’intérieur de la paille, & en faire fortir les crades & les écailles : on mettrait dans l’entaille une mife ou lardon de fer doux ou d’acier. Quelques-uns couvrent le tout de terre franche détrempée avec de l’eau ; mais quand le fer eft prefque chaud à forger, on ôte doucement le charbon de deiïùs la piece, & avec une palette on jette déifias l’endroit qu’on veut fouder, du fablon, ou du grès pilé fin & fec, ou de la terre franche en poudre. On remet le charbon à fia première place, 8c on continue la chaude jufqu’au blanc; puis on bat très-promptement & à petits coups l’endroit qu’on veut fouder. Souvent des fers aigres qui ne fe réuniraient pas , fe foudent très-bien quand on les a ftiupoudrés de fable ou de terre en poudre. Des forgerons m’ont dit qu’ayant à fouder des fers aigres, & remarquant que leur fer étant trop chaud fia dépeçait, ils s’étaient bien trouvés de tremper le fer dans l’eau de la forge, 8c de le retirer fur-le-civamp pour le porter bien vite fur l’enclume.
- 77. Quand on a jeté du fable fur les foudures, la lime a peine à prendre delfus : ce qui 11’arrive pas quand on s’eft fervi de terre franche réduite en poudre.; ainfi il y a des circonftances où la terre eft préférable au fable. Cependant; à Paris, je n’ai vu employer que du fable ( 43 ).
- 78. L’acier fe foude moins bien fur l’acier que fur le fer: c’eft pourquoi en parlant de la forge des enclumes, nous avons dit que quand on voulait charger d’acier la table d’une vieille enclume , on foudait de l’acier fur une femelle de fer doux, & qu’on rapportait cette femelle acérée fur la vieille enclume. De même, quand 011 a à fouder enfemble deux bouts de fer aigre, fou-vent on fe trouve très-bien de rapporter entre deux une lame de fer très-doux. On prétend qu’une lame d’acier eft encore très-bonne pour réunir des fers aigres. Il y a des pièces de gros fer qu’on aurait peine à placer bien exactement l’une fur l’autre pour les forger : en ce cas on les perce & 011 les alfujettit avec des boulons (pl. I,fig. 30). On chauffe tout enfemble les deux pièces &les boulons, on les faupoudre de fablon; & quand la chaude eft bien donnée, ils fe foudent allez bien.
- (43) La meilleure terre qu’ç>n puifle employer pour cela , eft la terre grafle,
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- 79. Cette pratique eft cependant fùjette à bien des inconvéniens. l°. S’il entre des craifes entre les deux pièces boulonnées, la foudure n’eft pas exade (44). 2°. Il eft difficile de bien chaufferies deux pièces qui doivent fe réunir, & qui étant appliquées Tune fur l’autre, ne font pas expofées à la grande adion du feu. Ce n’eft pas la face qui doit être foudée, qui reçoit la principale impreiîîon du feu ; & la difficulté augmente, quand les morceaux de fer font de grolfenr inégale. 30. Il faut que les boulons foient bien chauds pour qu’ils fe foudent eux-mêmes , & qu’ils fe pêtriifent avec le relie du fer (4^). 40. On voit dans la forge des enclumes, & encore mieux dans celle des ancres, qu’on peut fouder de gros fers fans les boulonner.
- 80. Ainsi nous ne pouvons approuver cette méthode ; mais on effc quelquefois obligé d’y avoir recours.
- 81. J’ai dit qu’il fallait amorcer les pièces qu’on voulait fouder ; cependant j’ai vu fouder très-bien une piece au bout d’une autre piece. Il eft vrai que l’une & l’autre étaient de fer doux.
- 82. Il arrive quelquefois que , pour fouder enfemble deux barreaux de fer aigre, on fe trouve très-bien de fouder au bout d’un des deux barreaux un morceau de fer doux qu’on foude enfuite à l’autre bout de fer aigre.
- Article VI.
- Sur la maniéré de brafer le fer.
- 83. Il n’eft pas poffible de fouder une piece de fer à chaud , comme nous l’avons expliqué, fans changer fa forme & particuliérement fa longueur; il eft cependant quelquefois important deraffembler deux pièces travaillées comme une clef (46), en confervant leur forme & leurs dimenfions. On peut le faire en les brafant, ainfi que nous allons l’expliquer.
- 84. Je fuppofe d’abord qu’on ait à brafer une piece telle qu’une clef qui ferait rompue en biais. Il faut ajufter & affujettir le mieux qu’il eft poffible les deux pièces, de forte qu’elles fe joignent exactement à l’endroit où on veut les brafer, & de façon que les deux pièces foient à l’égard l’une de l’autre dans la pofition où elles doivent être: fans quoi,lorfque les deux parties feraient réunies, elles feraient un tout difforme, & qui ne pourrait fe réparer au marteau ni à chaud ni à froid ; c’eft pourquoi on les liq ordinairement avec
- (44) Tout dépend de la prudence de die Uicten ) foient bien chauds, il faut
- l’ouvrier. S’il eft exad & attentif à fon pouffer le feu plus lentement, ouvrage, il préviendra fans peine cet in- (46) 11 ferait plus court & plus commode convénient. de faire une clef neuve, que de la rapiécer
- (45) Pour que les boulons (en allemand, ainû.
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- du fil de laiton, afin qu’elles ne fe dérangent point. S’il n’y avait pas d’incon-vcnient à raccourcir la piece rompue qu’on veut brafer, on pourrait limer les deux morceaux de maniéré qu’ils auraient l’un fur l’autre un bec de flûte.
- 85. Mais li la piece était rompue net, il ferait difficile d’aflujettir les deux morceaux en confarvantleur longueur; & fans cetajullement, labrafuren’aurait point de force.*En ce cas, on refend les deux pièces , & 011 rapporte dans les fentes une petite lame de fer ( 47).
- 86. Quand toutes les pièces qu’on veut brafer font bien réunies , & quand on a avivé avec la lime les endroits qui doivent fe raflembler parlafoudure , carlacralfe, la grailfe & la rouille empêchent le cuivre de s’attacher au fer; enfin quand les pièces font bien ajuliées & affermies dans la polition qu’elles doivent avoir , on prend du laiton ; le plus jaune efb le meilleur : 011 le gratte & on le détape ; quand il ell bien net, on en coupe de petits morceaux qu’011 met entre les deux pièces qu’on veut brafer, ou fur toute l’étendue de la jointure ; on couvre le tout avec un papier ou un linge qu’on affujettit avec du fil, afin que les morceaux de laiton ne fe dérangent pas; on fait enfuite une pâte avec de la terre grafle, du fable, de la fiente de cheval, du verre pilé ou du fraifil pulvérifé , & un peu d’eau ; on pétrit cette pâte. Si l’on employait une terre trop grafle, elle fe fondrait avant le cuivre; c’eft pour empêcher qu’elle ne fe fende , & qu’elle ne fonde, qu’on y ajoute du fable, du fraifil, de la bourre, ou de la fiente de cheval.
- 87. On couvre l’endroit qu’011 veut brafer, avec cette pâte ; & fuivant la groifeur de la piece , on en met une couche de deux, de trois, de quatre, de cinq ou de fix lignes d’épaifleur, & on met par-defliis de l’écaille de fer qui defleche la terre , & empêche encore qu’elle ne fe fende : 011 met la piece ainli ajullée dans le feu de la forge , & on chauffe à petititvent & doucement. Il ell même mieux de tenir du teins la piece dans du charbon allumé fans faire agir le fou filet ; car, pour que le cuivre s’attache bien au fer, il faut que le fer foit chaud avant que le cuivre fonde: or la chaleur du charbon fans l’aélion du fouf-flet n’eil pas aflez confidérable pour faire fondre le cuivre. Mais quand le fer ell chaud & prefque rouge, on anime le feu doucement par le vent du foufflet ; & alors le fer a pris aflez de chaleur (48) pour que le cuivre s’y attache. Lorf-qu’on s’apperc.oit qu’il fort de la terre une fumée ou une flamme bleue tirant fur le violet, on juge que le laiton entre en fonte ; & 011 retourne la piece à différentes reprifes pour que le laiton fondu fe répande par-tout. Enfin, quand on juge que le laiton a bien rempli les vuides , on tire la piece de la forge, &
- (47) Ce rapiéçage efl: encore plus mau- pour faire fondre le cuivre & le réunir avec
- vais que le précédent. le fer.
- (48) Il faut que le fer foit chauffé blanc,
- on
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- on continue à la tourner doucement & lentement jufqu’à ce qu’elle Toit un peu refroidie, afin que le laiton ne fe raflemble pas plus à un endroit qu’aux autres. Quand on juge que le laiton eft figé, on met la piece à l’écart pour qu’elle fe refroidifte dans la terre 3 alors les morceaux font brafés, & 011 peut emporter avec la lime le cuivre qui eft de trop. Mais on 11e peut pas mettre la piece à la forge pour la rétablir au marteau 3 car le cuivre ferait fondu avant que le fer fût alfez amolli pour être forgé, & les morceaux fe fcpareraient d’autant plus aifément que le cuivre jaune ne peut être battu à chaud. O11 peut employer de la rofette au lieu de laiton3 mais comme la mitraille de cuivre rouge eft un peu plus chere que celle de cuivre jaune , il 11’y aurait aucun avantage à employer de la rofette, à moins qu’on 11e pût redrelfer à chaud une piece qui ferait brafée avec le cuivre rouge, parce que la rofette eft duo tile à chaud & à froid (49) 3 mais je 11e l’ai pas éprouvé.
- 88- C’est ainfi qu’011 braie les grolfes pièces. A l’cgard de celles d’un moindre volume, elles peuvent fe brafer fuis terre : pour c.ela, ayant ajufté les pièces comme nous l’avons dit, & ayant mis de petits morceaux de laiton fur l’endroit qu’on veut réunir, on mouille cet endroit & on faupoudre deifus du borax ( jo) en poudre (*)3 on fait fécher doucement la piece devant le feu , faifmt enforte que le laiton & le borax ne fe détachent pas : enfuite on met la piece à la forge , & 011 arrange tout autour des morceaux de charbon de bois pour qu’ils entourent toute la piece fans y toucher. On fait agir doucement le fouffiet jufqu’à ce qu’on voie le laiton couler & s’étendre dans toute l’étendue de la fente : ce qui fe fait aifez promptement, parce que le borax précipite la fufion , & en même tems fait étendre le laiton fondu.
- 89* La brafure eft plus propre & moins apparente , quand au lieu de laiton 011 emploie de la foudure de chauderonnier, qui eft faite avec dix parties de laiton & une partie d’étain fin : ce mélange peut fe piler en grenaille. Cette foudure eft très-fufible 3 mais il eft bon d’être prévenu qu’étant très-aigre , elle ne tient pas aufti bien que le laiton. D’ailleurs, comme cette foudure fond aifément , le fer 11’a pas le tems de s’échauffer avant que la foudure coule : ce qui çft, comme je l’ai dit, un obftacle à la perfection de la foudure.
- C49xy Cela eft impraticable. Ce qui a été fondé ne peut plus être redrelfé , foit qu’on ait employé du cuivre ou de la rofette. On préféré le premier, parce qu’il tient mieux; car pour le prix de la mitraille , il elt à peu près le même.
- ( s°) Ce borax en poudre eft ce qu’on peut employer de mieux, il eft préférable au cryftal & à toute autre chofe ; mais, il Tome KL
- faut avoir foin que les pièces à fonder ne foieftt pas trop rapprochées, afin que le borax puiffe pénétrer dans la fente. C’eft à quoi l’on manque fouvent, & ce qui rend les.foudu.res fi mauvaifes.
- ( * ) Je crois que le cryftal très-fufible mis en poudre, pourrait s’employer avec le borax , & mettre en état de moins employer de ce fel qui eft cher.
- D
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- 90. Quand on veut brafer des pièces précieufes & très-délicates, on emploie dé la foudure d’orfevre, faite avec deux parties d’argent fin & une partie de cuivre rouge, qu’on fa^t fondre dans un creufet, & qu’on coule dans une petite lingottie're qu’on a auparavant frottée defuif. O11 bat ce lingot jufqu’à ce qu’il foit de l’épaifteur d’une forte feuille de papier. On coupe cette foudure par paillettes', & on brafe au borax, comme avec la foudure de chauderonnier. Celle-ci a l’avantage de ne point marquer fur le fer , de fondre aifément & de réunir le fer au moins aufîi fortement que les autres, auxquelles elle eft préférable pour les pièces très-délicates. Elle ne convient même que dans cette circonftancc , parce que, comme cette foudure fond aifément, un morceau de fer alfez gros n’aurait pas le tems de s’échauffer avant que la foudure fût fondue.
- Article VIL Manière de recuire le fer & Vacier ( f 1 ).
- 91. Il eft quelquefois néceftaire de faire recuire le fer & Vacier , foit pour rendre ces métaux plus aifés à forer & à limer , foit pour qu’on puifte les travaillera froid au marteau, foit pour que les outils acérés ou les reftortsfoient moins caftans. Mathurin Joufte (*) confeille de les couvrir d’une couche de terre franche (52) alliée de bible à l’épaifteur de trois ou quatre lignes , & de mettre les ouvrages ainfi couverts de terre, dans un tas de charbon qu’011 Jaifte s’allumer de lui-même, & d’y laifter l’ouvrage jufqu’à ce qu’il foit refroidi, après que le feu s’eft éteint de lui-même.
- 92. Quelques-uns frottent l’ouvrage avec du fuif ou de la cire avant que de l’envelopper de terre. Cette méthode me paraît fort bonne , parce que la terre empêche qu’il ne fe leve des écailles de delfus le fer} & les matières graftes font que le métal 11e fe brûle pas, ce qui eft important pour des ouvrages qui font prefque finis , ou qu’il faut recuire plufieurs fois. Le fieur Durand , habile ferrurier établi à Saint-Viêtor, m’a afturé qu’après avoir fait bien des eftais , il n’avait rien trouvé de mieux, pour adoucir le fer & l’acier par le recuit, que de le faire rougir à la forge couleur de cerife , & de le fourrer tout rouge dans un mélange de fon & de fraifil. Il fort de ce mélange une épaifte fumée : apparemment que la partie graffe du fon agit fur le ferpour lui donner beaucoup de
- (ç 1) En allemand , das Eifcn amglühen. rerie, qn’ilregardait comme des chefs-d’œu-
- (* ) Mathurin Joufte était un très-habile vres , fon ouvrage ne nous a pas été d'une ferrurier, établi à la Fléché, qui a fait un ou- grande utilité.
- vrage fur fon art ; mais comme il s’eft con- (52) On peut auffi employer utilement tenté de décrire quelques pièces de ferru. la terre grafte mouillée.
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- douceur. Au.refte, on trouvera dans d’autres arts, différentes façons de recuire le fer, qui ont aufli leurs avantages.
- 93. Les uns, par exemple, recuifent dans un four chaud, d’autres avec un feu de bois blanc ; d’autres mettent les pièces 'délicates dans une marmite de fer, qu’ils mettent au milieu des charbons ardens : ces diverfes méthodes & plufieurs autres lé trouveront dans les détails de différens arts.
- 94. Les petits outils d’acier & les refTorts fe recuifent fou vent en les pofant fur un gros morceau de fer rougi au feu , ou même à la lumière d’une chandelle , quand ils font fort déliés. Le fer & l’acier polis prennent différentes couleurs au recuit : d’abord ils deviennent bleus, enfuite on apperçoit des veines pourpres, puis la couleur tire fur le jaune, après elle brunit & devient ce qu’on appelle couleur dd eau, quand 011 la frotte avec la pierre qu’on nomme fan-guine, qui eft un caillou très-dur (f 3), ou une efpece d’agate. Ces différentes couleurs indiquent au ferrurier le progrès du recuit, & on fait que tel outil doit être revenu au bleu, un autre au jaune, &c. On fe fert encore du recuit, pour donner aux ouvrages de fer & d’acier polis, des couleurs qui font quelquefois très-agréables.
- Article VIII.
- Sur la façon de forger (^4).
- »
- 9C Pour travailler les gros fers, le maître forgeron fe fait aider par deux ou trois compagnons (B dans la vignette), qui frappent chacun avec 1111 gros marteau : quand le fer eft fort gros, le maître le manie à deux mains ; & en ce cas, il ne tientpas de marteau , il dit àfes compagnons ce qu’ils doivent faire ; mais fouvent le maître tient de la main gauche le fer qu’on forge , & de la droite un marteau qu’on peut manier d’une main. Quand le fer eft allez long pour qu’il puiffe le manier fans fe brûler, il 11e fe fert point de tenailles > mais il ne peut s’en paffer quand le fer eft court. En ce cas il le foude quelquefois au bout d’une barre de fer qu’011 nomme ringard.Y oyez la forge des ancres & des enclumes.
- 96. Quand les compagnons font accoutumés à manier le marteau & à bien frapper de mefure, le maître en a moins de peine, & l’ouvrage s’expédie plus promptement ; mais le travail des compagnons s’apprend allez ailement. Il n’en eft pas de même du maître : il doit frapper du marteau qu’il tient dans/a
- (Sî) La fanguine, en allemand , Elut- avec une forte de jaffe, qui s’appelle faiu Jltin , n’eft pas un caillou; c’eft une efpece guine, en allemand, rothcr Jofpe , & qui de mine de fer molle & friable. Voyez Ber- ne vaudrait rien pour recuire le fer. trand , diction., ory IIo logique , au mot fan- (54) En allemand , Schmiederu
- guine. 11 ne faut pas confondre la fanguine
- D ij
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- lnain à l’éndroit où il veut que les autres donnent leur coup j &par la forcé des coups qu’il donne, il leur indique s’il’faut frapper plus ou moins fort 5 il indiqueauiîiaux compagnons qu’il faut difcontinuer de frapper, en lailfant tomber foii marteau fur l’enclume à côté du fer qu’il forge j & 011 recommence quand il fait porter fou marteau fur le Fer. Ce 11’eft pas tout :c’eft lui qui doit entretenir le fer fur l’enclume, l’avancer, le reculer, le tourner dans tous leç lëns, & avoir le coup-d’œil affez jufte pour que les côtés d’un fer quarré foient bien à angle droit pour le tenir d’une largeur & d’une épaiifeur convenable, & la même dans toute la longueur d’une barre, en confervant toujours les arêtes bien vives. Je parle ici des fers quarrés, & qui doivent conferver leur même calibre dans toute leur longueur ; mais il y a des cas où le fer doit être plus gros d’un bout que de l’autre , & il n’eft pas aifé d’entretenir cette diminution uniforme, en confervant les arêtes bien vives. C’efttout le contraire pour les fers ronds : 011 n’y doit appercevoir aucune arête, & pour l’ordinaire il faut que la circonférence foit bien ronde. Les habiles forgerons fatisfont fi bien à toutes ces conditions , qu’on n’apperçoit point les coups de marteau , & qu’on croirait que les fers qui fortent de leurs mains auraient été dreifes à la lime. Il eft vrai que pour les fers ronds , ils fe fervent fou vent d’étampes & de marteaux qui font creufés en portion de cercle. Comme il n’elt queihon ici que des principes généraux , je ne parle point des fers qui doivent être forgés de grolfeur inégale , de la maniéré de faire des enroulemens , & de quantité d’opérations qui font beaucoup plus difficiles que celles dont nous venons de parler. Il fe préfentera, dans la fuite de ce traité, beaucoup d’occafions de parler en détail de toutes ces chofes , qui maintenant 11e feraient point à leur place naturelle.
- 97. Pour les petits fers , un feul homme les tient fur l’enclume de la main gauche , & il les bat de la main droite : quoique le forgeron évite en tirant le fer du feu de le traîner dans le fraifi!, il a foin, avant que de le pofer fur l’en-d-ume , de lui donner un coup fous l’enclume pour faire tomber le fraifîl qui pourrait s’y être attaché.
- 98* On commence auftl, quand le fer eft fur l’enclume, par donner der très-petits coups qui font détacher l’écaille du fer, enfuite on forge plus ferme* & on finit quand le fer celle d’être alfez chaud pour s’étendre. On peut bien à petits coups rendre la fuperEcie du fer plus unie, lors même que le fer eft prefque froid. Mais fi l’on continuait à donner de grands coups fur un fer refroidi, outre qu’on perdrait fon tems, puifqu’il 11e s’étendrait pas, on pourrait de plus rendre le fer pailleüx.
- 99. Une grande partie des petits ouvrages demandent beaucoup d’adreffe & d’habitude pour bien mener le marteau j c’eft pourquoi Mathurin Jouife recommande aux apprentifs de s’exercer à forger du plomb, s’attachant à lui faire prendre avec le marteau la même forme qu’ils voudraient donner à
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- tfu fer. Je crois que cette méthode, quine confomme ni fer ni charbon, eft bien propre à former la main des apprentifs, qui en font quittes pour refondre leur plomb quand ils veulent faire un autre ouvrage.
- 100. Quand on veut que la piece qu’on forge foit bien unie, on mouille* #n finilfant, le marteau & l’enclume , & le fer fe trouve très-net & bien uni.
- 101. Quand il faut étirer du fer, foit pour le corroyer & le rendre plus doux , foit pour le réduire aux proportions dont on a befoin-, pour avancer beaucoup l’ouvrage, le maître forgeron pofe le fer fur la partie arrondie de la bigorne, & en frappant de la panne de fon marteau , il indique aux compagnons qu’ils doivent faire de même ; & l’ouvrage s’en exécute plus promptement. Mais enfuite il faut forger avec le plat du marteau, & fur la table de l’enclume , pour unir& dreiferle fer.
- 102. Nous avons dit, en parlant de la maniéré de chauffer le fer, que les fers aigres, rouverains & acérains devaient être chauffés avec plus de ménagement que les fers doux. J’en dis autant à l’égard de la forge : on peut forger plus fortement les fers doux que les. autres.
- Article IX.
- Maniéré de mener la lime. ,
- - 103. C’est un grandtalent pour unferrurier que de bien forger ; mais il eft aullitrès-intérefiant qu’il fâche bien limer. Le carreau (pL I, jîg.% a ) eft: fans contredit la lime la plus difficile à mener , au moins pour la fatigue. Le ferrurier ayant bien ferré dans fon étau le morceau de fer qu’il veut dégrof-ftr, étant debout devant fon établi, la jambe gauche un peu en avant, (pl. 11& dans la vignette ) faifit le manche du carreau avec la main droite; il pofe fon carreau fur le fer qu’il veut limer, il appuie le talon de fa main gauche fur le bout du carreau oppofé au manche ; & en pouffant fortement le carreau , puis le retirant à lui, il entame le fer & il le dreflë, détraifant toutes les inégalités que le marteau aurait pu lailfer. Il aurait peine à dreffer fon fer, s’il poulfaitfa lime perpendiculairement fur le barreau ; il faut qu’il la pouffe un peu obliquement, & en la promenant un peu fuivant la longueur du barreau ; & l’angle que doit faire le carreau avec la barre , eft à peu près déterminé par l’obliquité des hachures du carreau. Quand 011 a drelfé fon fer à peu près, on le retourne dans l’étau pour croifer les traits de la lime par de nou~ Veaux traits. Mais le ferrurier doit prêter une grande attention à mener fon carreau bien horifontalement : car les apprentifs qui font balancer leur lime, forment lafurface de leur fer en dos-d’âne; ils liment rond, au lieu que la fiirface du fer doit être bien plate, pour former fur les angles du fer de- vives arêtes. En un mot, il faut limer plat.
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- Ï04. In doit auili prêter une fmguîiere attentionquand illime des fers quarrés, que toutes les faces foientbien d’équerre} &pour s’affurer s’il y parvient, il doit, quand il a bien dreiïë une face, préfenter de tems en tems l’équerre pour dreifer de même les autres faces, & préfenter auffi de tems en tems fur la longueur une réglé bien dreifée, pour s’affurer s’il 11’emporte pas ici ou là trop de fer. Quand il a dégroffi fon fer avec le carreau , il le perfectionne avec la carrelette (pl.I ,fig. 3 b.,& F dans la vignette), & il emploie des limes de moins en moins rudes, fuivant que l’ouvrage exige plus ou moins de perfection. Toutes les groifes limes fe mènent de la même maniéré, le corps étant un peu penché en avant, pour appuyer toujours fur la lime, afin qu’elle morde fur le fer.
- ioç. Je ne dois point oublier de faire remarquer qu’il ferait impoffible de bien dreifer unepiecede fer, li elle n’était pas placée bien horifontalement. Ainfi il eft très-important d’établir l’étau bien perpendiculairement, pour que les mâchoires foient exactement horifontales, & on doit placer auffi le fer bien ferme & bien horifontalement dans les mâchoires de l’étau.
- 106. Lorsqu'il faut limer une piece qui eft fourchue ou qui forme un enroulement, l’ouvrier ne pouvant pas placer fa main gauche au bout de la lime , tient toujours le manche de la lime de la main droite ; mais il pofe les doigts de la main gauche fur la lime tout auprès de la main droite (pl.I, FI dans la vignette ) , & il lime en pouffant & tirant à lui alternativement : il faut toujours que la lime foit menée bien droite, & éviter de la faire balancer fur l’ouvrage.
- 107. Il y a des cas où les ferruriers doivent employer des limes rondes, demi-rondes, à tiers-point, &c. fuivant les contours du fer qu’ils travaillent.
- 108. Dans certaines circonftances, par exemple quand on fait des tiges d’efpagnolettes ou des tringles de rideau, après avoir dreifé le fer, ce qu’011 fait en promenant la lime fur une certainedongueur du barreau , & en la balançant : lorfque le fer eft dreffé, on le tire en long ; alors le ferrurier tenant le manche du carreau d’une main,& l’autre extrémité du carreau de l’autre main , il pofe fa lime perpendiculairement fur la tringle ; & la promenant fuivant la longueur de la tringle , il forme des traits qui fuivent cette direction.; & avec des limes moins rudes , il les adoucit. Souvent pour aller plus vite , il met la tringle entre deux limes. Le iieur Durand a imaginé une machine pour exécuter promptement ce travail: nous pourrons en parler dans la fuite.
- 109. Lorsqu’on a à limer un petit fer rond , comme une goupille, ou un poinçon, l’ouvrier le tenant de la main gauche , le pofe fur un morceau de bois qui déborde l’établi, ou qui eft pris dans l’étau (pl.I,G dans la vignette ) ; 8c tournant continuellement le fer qu’il veut arrondir, à mefure qu’il fait agir la lime, il parvient à le faire à peu près rond.
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- * iio. L’ouvrier qui veut limer le bout d’un morceau de fer , l’appuie contre la table de rétabli, la tenant ferme, pendant qu’il fait agir la lime de la main droite ; ou bien il faifit l’ouvrage dans l’étau, & il lime des deux mains.
- ni. Quand un ferrurier veut limer auprès d’un ornement ou d’un talon qu’il ne veut point entamer , il prend des limes dont un des côtés n’ell point taillé ; 8c en mettant ce côté vers l’endroit qu’il veut ménager, il ne l’entame point.
- il 2. Nous aurons bien des fois occafion de parler des différentes opérations qui fe font avec la lime : ainfi nous nous bornerons au peu que nous venons de dire f qui fufïit pour donner au commencement de notre art une idée générale d’une des opérations du ferrurier qui exige le plus d’adrelfe & d’habitude.
- Article X.
- ' Sur la maniéré de polir le fer & l'acier,
- il 3- Le fer le plus doux, le plus aifé à chauffer & à forger tant à chaud qu’à froid , celui quieftauffi le plus aifé à limer, 11’eft pas ordinairement le plus propre à prendre un beau poli i il conferve prefque toujours un œil terne & gras. Il y a encore des fers cendreux qui reftent toujours chargés de petits points qui empêchent qu’on ne les poliffe parfaitement. Les fers aigres, durs 8c difficiles tant à forger qu’à limer, prennent communément un poli plus brillant ; & l’acier reçoit bien mieux le poli que le fer , fur-tout quand il eft très-fin & trempé bien dur. T
- 114. LÈS ferruriers dérouillent & décraffent les gros fers qu’ils veulent éclaircir, en les frottant avec de l’écaille de fer : autant vaudrait-il les frotter* avec du grès ; mais ces écailles fe trouvent fous leur main, 8c ils i'e propofent d’exécuter une opération très-groffiere. Ils blanchiffentà la lime les ouvrages plus recherchés j & après les avoir ébauchés avec des limes fort rudes, qui avancent l’ouvrage, ils emploient des limes moins rudes, 8c d’autant plus fines & plus douces qu’ils veulent donner plus de brillant aux pièces qu’ils travaillent. L’attention qu’ils ont pour les ouvrages qu’ils neîveulent pas polir exactement , & qu’ils 11e fe propofent que d’éclaircir , efl de promener toujours la lime dans un même feus, de faire enforte que les traits que la lime forme fur le fer foient toujours dans une même diredion , autant que cela fè peut; car fi au milieu d’une platine il fe trouve un bouton ou quelqu’autre piece fail-lante, les traits de lime font néceifairement interrompus ; il faut que les traits de la lime prennent une autre diredion : ce qui paraît fur l’ouvrage, fins néanmoins faire de difformité, lorfque les ferruriers ont l’attention que les endroits où la lime change de diredion foient bien terminés. Ceci eft bon pour les
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- ouvrages communs 5 mais quand on veut donner un poli fin, il Faut, lorfqu’ou a dreiTé la piece avec une lime bâtarde, croifer les traits avec une lime plus fine pour emporter Pimpreflion de tous les traits précédemment formés; & cette manœuvre doit s’obferver toutes les fois qu’on change de lime. Plus elle eft répétée, plus l’ouvrage eft parfait.
- 115. Quand on veut que les ouvrages foient plus brillans, on emploie, après les limes douces, des grès fins, de l’émeri pilé & palîe à l’eau, de la pierre à l’huile réduite en poudre fine, du colcotar broyé trèsrfin, de la pierre pourrie d’Angleterre, de la potée d’étain, du tripoli, &c. Nos ferruriers , pour frotter leurs ouvrages avec ces poudres , fe fervent d’un .morceau de bois tendre, ou d’une lame de plomb, qu’ils chargent de ces différentes poudres délayées avec de l’huile. Ce travail eft; très-long, & pour cette raifon augmente beaucoup le prix de l’ouvrage. Il ne tiendrait qu’à eux de l’abréger en employant des meules. Suivant la forme des ouvrages, ils pourraient fc fervir, tantôt de meules de bois fembîables à celles des couteliers ; ou quand les fur-faces font plates , de meules horifontales montées comme celles des lapidaires, chargeant les unes ou les autres d'émeri fin, & enfui te dépotée , dont ils-fe-raient line pâte avec de l’huile : mais au moyen de ces meules , il 11e leur ferait pas poffible d’atteindre dans les creux des moulures; c’eft le cas où il convient d’avoir recours à une induftrie dont les Anglais font grand ufage. Ils ont des meules verticales & d’autres horifontales, qui font hériifées de poils de fanglier comme les décrottoirs ; ces. poils entrent dans tous les creux des moulures, & y portent l’émeri & l’huile qui fervent à les polir.
- iiô1. Au moyen de cette induftrie , les Anglais donnent un grand brillant à leurs ouvrages de fer & d’acier les plus communs (> <f). Ii eft bon de remarquer qu’on pourrait donner du brillant à un ouvrage qui n’aurait point été douci; mais pour faire un bel ouvrage , il faut qu’il foit parfaitement douci avant que de le polir ou de lui donner le dernier brillant.
- 117. On procure encore un brillant très-vif aux ouvrages de fer & d’acier pol is, en les fourbiflant, c’eft-à-dire, en les brunifiant avec un outil d’acier trempé très-dur-& bien poli, ou avec une pierre de fanguine qui eft fort dure & fe trouve dans les mines de fer. L’un ou l’autre étant aifujettis au bout d’un long manche, 011 frotte l’ouvrage avec force , & 011 lui donne un brillant très-vif.'(^)
- 118- L’acier trempé fort dur prend un poli brun & très-brillant; il eft: alors en état de prendre par le recuitune belle couleur bleue, ou ce brun brillant qu’on appelle couleur d'eau.
- Çî <;) Cela eft très-bon pour les ouvrages (s6) De petits ouvrages, de forme ronde , folides ; mais les petites pièces & les ouvra- peuvent être polis avec une courroie de cuir, ges délicats en font endommages. qu’on enduit d’huile & d’émeri.
- Art.
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- Article XI.
- Des ornemens quon fait avec Vhampe.
- 119. Le fer amolli par le feu eft tout autrement tendre que l’acier trempe, ou même que le fer qui eft froid. Les ferruriers ont profité de cette propriété du fer, pour le mouler étant rougi & amolli par le feu, dans des creux qui font faits avec de l’acier trempé. Quoiqu’on donne une forte chaudeau fer qu’on veut ainli mouler, il s’en faut beaucoup qu’il foit affez coulant pour entrer dans le creux d’un moule, comme font les métaux fondus; il eft feulement amolli, & il faut le contraindre à entrer dans le creux par de grands coups de marteau.
- 120. Cette manœuvre induftrieufe abrégé beaucoup l’ouvrage: •'car au lieu d’employer la lime pour former les vafes qui terminent les fiches, les moulures qui ornent les efpagnolettes , les boutons, les poignées & les olives, pour les loquets, les verroux , les ferrures, &c. les plate-bandes des baluftra-des & des rampes d’efcalier ; toutes ces chofes font faites en un inftant au moyen d’une étampe fimple ou double, qui eft faite avec deux morceaux d’acier, dans lefquels on creufè la forme de la moitié d’un vafe ou d’un bouton, foit qu’il foit ovale ou rond. Le fer étant dégrofti & formé à peu près comme le doivent être les vafes ou les boutons, on le fait bien chauffer; puis Idf pofant fur la femelle d’en-bas A ÇpL I? fig. 32) de l’étampe, & pofant def. fus l’autre femelle E, on frappe déifias celle-ci à coups de marteau , on la fouleve pour retourner vite le fer dans l’étampe avant qu’il foit refroidi, & ayant ainli retourné pïuGeurs fois le vafe ou le bouton, il a pris la forme qu’on déliré ; il ne s’agit plus que de le blanchir à la lime, & de lui donner le degré de poli qu’il doit avoir. Pour les petits boutons , 011 a de petites étampes (Jzg. 33 ). A eft la femelle de delfous ; B eft celle qu’011 pofe delfus ; elle a la* forme d’un cachet. S’il eft queftion de plate-bandes , 011 a des étam-pesTjfg. 34) , & on frappe fur le fer avec le marteau. S’il s’agit de moulures, ou d’arrondir les tiges d’efpagnolettes, on pofe le barreau fur une étampe, & on met delfus la femelle (fig. 35) fur laquelle on frappe, comme nous allons l’expliquer plus en détail.
- 121. On fait encore les têtes des vis avec une étampe: la tige de la vis étant retenue dans une efpece de clouiere, on frappe fur la tête avec un poinçon qui porte en creux la forme que doit avoir en relief la tête de la vis.
- 122. Il ferait bien long d’évider à la main, avec un burin, un cifeau & la lime, les moulures qu’on voit aux plate-bandes des rampes d’efcaliers, des baluftrades, des balcons, &c. Ces moulures fe font très-promptement, comme nous venons de le dire , au moyen d’une étampe (fig. 34) qui porte la contre-
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- ART DU SERRURIER.
- épreuve des moulures qu’on veut imprimer fur le fer. Lorfque nous parlerons delà façon de travailler les grilles, nous donnerons la figure de ces étampes : nous nous propofons aulfi d’expliquer ailleurs comment on place les étampes fur les enclumes , & comment on pôle le fer deifus pour le frapper avec le marteau, & le contraindre à entrer dans fétampe ; car il nous a paru convenable de réferver ces détails pour les endroits où nous aurons à parler des ouvrages qu’on fait avec fétampe.
- 123. Les mandrins font encore des efpeces d’étampes fur lefquelles on forge du fer, pour ménager des ouvertures ou des creux ovales, ronds, quarrés, en lofange, à pans, &c. On en fait ufage dans bien des occafions , pour former des douilles de toutes fortes déformés, des mortaifes, &c.
- 124. Les tiges des efpagnolettes font faites avec du fer quarré qu’on nomme du carillon, pour l’arrondir & lui donner la forme d’une tringle: quand 011 a abattu avec le marteau les angles du fer, 011 achevé de le calibrer dans une étampe qui elf creufée comme une gouttière. Le maître tient la barre d’une main , il la pofe fur la gouttière creufée dans la femelle inférieure de fétampe qui elf placée fur la table de l’enclume; il pofe deifus la partie fupérieure de fétampe qui e(i pareillement creufée en gouttière ; un compagnon frappe def. fus, & le maître tourne la barre en diiférens fens. Si l’on veut qu’elle forte de Fétampe plus propre, on frotte de grailfe le creux de fétampe, & par cette ‘ïnanœuvre la barre quarrée devient bientôt une tringle ronde.
- 125. On forme aulîi avec fétampe les moulures qui font aux nœuds des efpagnolettes: on trouvera tous ces détails, dont nous ne parlons ici que d’une façon très-fommaire, aux endroits où il s’agira de ces diiférens ouvrages. Mais il convient de dire ici quelque chofe de la façon de faire les étampes.
- 126. Pour faire les étampes qui doivent fervir pour calibrer des fers longs, comme les plate-bandes des rampes , des balcons & des balultrades, ou les tringles qu’on arrondit, on foude un morceau d’acier fur un morceau de fer, & on creufc grolfiérement en gouttière l’endroit des moulures ; enfuite 011 forme avec la lime ou le tour fur un morceau d’acier, ou plus communément fur un morceau de fer, des ordres de moulures pareils à ceux qu’on veut faire paraître fur la plate-blande; puis faifant rougir fétampe qu’on a ébauchée, comme nous l’avons dit, on imprime à grands coups de marteau dans fétampe les moulures qu’on a formées en relief fur le barreau. Ce morceau de fer fait donc P office d’une étampe qui fert à former la vraie étampe : avec cette différence que, comme fétampe en relief ( 57) ne doit fervir qu’une fois, on fe contente de la faire avec du fer; au lieu que la vraie étampe qui doit fervir iong-tems, eff chargée d’acier qu’on trempe après qu’elle a reçu fimpreifion
- (57) L’étampe en relief s’appelle en allemand der Kern, le noyau.
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- des moulures, & qu’on a réparé à l’outil les défauts qu’elle pouvait avoir. Voilà comme on fait très-promptement des étampes propres à former fur le fer des moulures femblables à celles que les menuilîers pouifent avec le rabot fur le bois. Il parait beaucoup plus difficile défaire des étampes pour imiter les moulures que font les tourneurs ; car il femble qu’on eft obligé de creufer au burin les gorges , les glands , les boutons, enfin tous les ôrnemens. Mais communément les ferruriers fe contentent d’ébauchër groffiérement ces étampes ; & pour les finir, ils forment fur le tour , & avec du fer , le bouron, l’olive, le vafe, ou l’ornement dont iis ont befoiu ; 8c en faifant rougir l’étampe creufe qu’ils ont ébauchée, ils la perfectionnent en frappant dedans celle en relief C58) qu’ils ont faite fur le tour, & qui étant de fer dur , réfille fuffifam-ment pour imprimer la forme dans le fer rougi au feu,*à peu près comme un cachet imprime fon empreinte fur la cire. Les moulures étant ainfi aifez bien formées en creux, on trempe l’étampe qui fert alors à faire un grand nombre de moulures femblables fur le fer, comme je l’expliquerai dans la fuite.
- Article XII.
- Sur la façon de couper le fer.
- 127. On coupe le fer à chaud & à froid. Pour couper le fer à chaud, lorft qu’il eft gros, un compagnon le porte, au fortir de la forge, fur la table de l’enclume. Le maître forgeron pofe deflus une tranche ou un cifeau emmanché dans une hart, & un autre compagnon frappe fur la tranche avec un marteau à deux mains : quelquefois 011 retourne le barreau, pour entamer le fer pat' deux côtés oppofés.
- 128. On fe fert auffi de la tranche pour emporter le fer qui fe trouve de trop aux endroits où l’on a fait de groifes foudures : nous en avons parlé à l’occafion des ancres & des enclumes.
- 129. Quand il s’agit de petits fers, on a fur le bord de l’enclume une petite tranche (/?/. ffig. 29) dont la queue entre dans une mortaife pratiquée fur l’enclume ; on pofe le fer rougi delTùs cette tranche , & d’un feul coup de marteau le fer eft coupé.
- 130. On coupe auffi le fer à froid avec un cifeau bien acéré qu’on nom me cifeau à froid, & à grands coups de marteau l’ouvrier C (//./, à la vignette) entame le fer; mais cela 11e fe pratique guere que pour des fers de moyenne g rôdeur.
- OS'1 Toutes les étampes en relief doivent être d’acier bon ufage.
- fi on veut qu’elles faffent ua
- E ij
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- 131. On-verra dans la fuite de cet art que les fers minces fe découpent avec une gouge ou un cifeau qu’on nomme langue de carpe, ou même un cifeau qui a le taillant quarré, La tôle , le fil de fer peuvent auffi fe couper avec des ci-failles ( 59 ) (pi. I, fig. 3(5), dont la grolfeur eft proportionnée à l’épaiffeur du fer qu’on veut couper ; mais les ferruriers ne fe fervent guere de cet outil.
- 132. On coupe aiiiÈ le fer avec une fcie; c’eft une lame d’acier mince, qui çft dentée fur le tranchant & (triée fur les côtés , & qu’ou aifermit par un dof-feret. Enfin les limes fervent auili à couper le fer; mais les ferruriers évitent d’employer ce moyen, parce qu’il n’elt pas affez expéditif.
- Article XIIL
- * Manière* de faire les ornemens de ferrurerïe découpes.
- 133:- Autrefois on relevait en-bolTe les platines, ordinairement fur le tas , quelquefois fur le plomb , comme nous L'expliquerons lorfqu’il fera queftion des grilles, richement ornées. On évidait à jour entre ces reliefs plufieurs endroits ; &. pour les rendre plus appareils., on mettait quelqu’étoffe de couleur entre la platine & le bois. Il y a même quelque lieu de croire que le bois des portes de Notre-Dame était couvert de cuir, apparemment rouge ou doré, fur lequel on avait mis. les ornemens de fer qui fu b liftent encore aujourd’hui,
- 134. On croyait encore augmenter le mérite de ces platines , en couvrant le fer de vernis.de différentes couleurs , ce qu’on appellait fort improprement les émailler. Joulfe donna la.compolition de quelques-uns de ces vernis ,qui font bien inférieurs à ceux qu’on pourrait faire aujourd’hui. On étamait auiiî plufieurs ferrures, & je puis affûter qu’il y a un grand avantage à fuivre cette méthode ; car je connais un château, aifez ancien , dont toutes les ferrures qui; ont été étamées font encore blanches & exemptes de rouille ( 60 ).
- 135-. Au reite, tous ces, ornemens 11c font plus de mode : 011 eft aujourd’hui
- (îç) En allemand, Stodcfcherem
- ( 60 ) Les ferrures étamees durent fort l'ong-tems, quand l’ouvrage eft bien fait; cependant en Allemagne comme en France la mode a paffé, pour faire place aux ferrières de rofette. L’étamage avait l’inconvénient d’exiger plus de tems ; il faut que les plaques de fér trempent pendant quinze jours, avant d’être étamées. Pour faire tremper le fer on fe fervait de feigle égrugé , ce qui- occafionnait une confommation affez tsoniidérable de cette précie.ufe denrée. Ou
- pourrait trouver d’autres ingrédièns moins coûteux', pour- détremper ces plaques de tôle. Tel eft l’acide de bois ( en allemand-HolzeJJig ), très- commun par-tout on l’on: fart du charbon ; les lies de vinaigre font-aufllfort bonnes. On a envoyé à la fociété-des arts de l.eiplick des plaques très-bien* étamées , qu’on avait fait tremper avec des: épinesou feuilles de lapin. Voy. Schreber,. neiic Caméral-Schrifteii) tom. Vil, g. sîo ;; tom. X, p. a.04.
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- dans le goût de faire les platines des verroux, les rofcs qui accompagnent les boutons & les couronnemens des boucles déportés cocheres , découpées , évi-dées & percées à jour: peut-être a-t-on eu raiion de préférer les ornemens (impies & bien polis aux reliefs qu’on faifait autrefois, qui le plus fou vent étaient alfez mal exécutés. Je dis le plus fouvent * car il y a eu & il y a encore aujourd’hui d’habiles ouvriers qui font en ce genre des ouvrages dignes d’admiration. Quoi qu’il en foit, le grand ufage qu’on fait maintenant des ouvrages découpés, a fait imaginer des moyens pour les exécuter promptement & régulièrement. Je vais indiquer ces moyens.
- 136. Quand on a à faire beaucoup d’ornemens qui doivent être d’une même grandeur & d’un même deiîin, on fait correctement & avec de fortes plaques d’acier, des patrons qui portent régulièrement tous les contours que doivent avoir les platines, avec les à-jours ou les parties qui doivent être évidées : on les nomme des moules (61). On aifujettit entre deux de ces moules d’acier femblables & trempés, plufieurs feuilles de tôlei & afin que ces feuilles de tôle ne fie dérangent pas, il y a aux moules deux trous dans lel-quels paifent des broches à vis qu’on ferre avec des écrous ; ou , ce qui ri’effc pas fi bien, 011 ferre les moules dans les mâchoires d’un étau. Quand les morceaux de tôle font bien aifujettis entre les deux plaques qui forment le moule, on découpe à la fois toutes les feuilles de tôle, en fuivant les contours du moule avec un cifeau quarréj & on évide les à-jours en employant des cifeaux de différentes figures, comme des langues de carpe, des gouges , &c. fuivant les contours qu’on doit fuivre. S’il y a dans le deffin des trous qui fe fui-vent pour former comme des graines, on les forme avec des poinçons qui font plats par le bout, au lieu d’être en pointe, & qui emportent la pièce. Il peut le trouver quelques parties délicates qu’on ne pourrait pas emporter avec le cifeau j en ce cas, 011 en. trace les contours avec une pointe (62), & on les évide avec de petites limes.
- 137. Quand les feuilles de tôle font tirées du moule, on fuît tous les contours avec la lime pour les ébarber, & quelquefois on taille les. bords oie quarrément ou en bifeau.
- 138- Ces fortes d’ornemens empruntent leur principal mérite du beau poli qu’on leur procure 5 & comme ce poli fe donne principalement avec différentes limes, il faut aifujettir les platines ou lesrofettes qui font mince, sfur une planche qui leur donne du Tou tien. On aifujettit cette planche en la faifiifant dans un étau par une partie qui fait faillie amdeilous de la planche ou retient les pièces qu’on veut polir fur la planche par un étrier de fer qui porte'
- (6 i) En allemand, Klnppen, (&2) En allemand y Ko mer»
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- à fou milieu un écrou dans lequel entre une vis dont le bout d’en-bas appuie fur la platine.
- 139. Les ferruriers donnent un mérite de plus à ces ornemens découpés, en les attachant fur la memiiferie avec un nombre confidérable de petits clous dont les tètes font rondes & polies , & qu’ils arrangent avec régularité & goût fur toutes les parties de l’ouvrage.
- 140. Il y a des ouvriers qui s’occupent prefque uniquement à faire de ces fortes d’ouvrages 5 & il y en a à Paris des magalins, où les maîtres ferruriers fè fournirent: mais quand ils ont une roiètte ou un autre ornement d’un goût fingulier, qui 11e fe trouve pas chez le quinquaillier , ils le font exécuter dans leur boutique 5 & comme une ou deux rofettes 11e dédommageraient pas de ce qu’il en coûterait pour faire des moules d’acier ou de cuivre , ils collent fur une plaque de tôle, le papier qui porte le defïin , &ils découpent la tôle fur du plomb avec une langue de carpe, ou des cifcauxdont le taillant a différentes formes, ce qui emploie beaucoup plus de tems que la méthode que nous avons décrite.
- Article XIV.
- Manïcr& de percer le fer 0 d'y faire des vis , & de le frai fer.
- 141. En général, on perce le fer à chaud & à froid. L’opération de percer le fer à chaud eftla plus expéditive 5 mais les trous qu’on fait à froid font plus réguliers.
- 142. Pour percer un morceau de fer à chaud , on fait rougir à la forge l’endroit où Ton veut faire le trou.
- 143. On commence par entamer le trou fur l’enclume par les deux faces oppofées, avec un poinçon, pour ne pas faire de bavure ; enfuite , afin de déboucher le trou , 011 pofe l’endroit rougi fur une perqoire ( pL //, fig. 1 ) , qui eft ordinairement un cylindre de fer creux & fort épais : au refte il importe peu que la perqoire foit cylindrique ou parallélipipédique , il ne s’agit que de donner au fer un point d’appui tout autour de l’endroit qu’on veut percer , & que l’endroit où doit être le trou ne porte fur rien. Si la piece qu’on veut percer n’eft pas épaifîe, & que le trou doive être affez menu , le ferrurier tient de la main gauche un poinqon qu’il pofe fur le fer chaud ; il frappe dediis jufqu’à ce qu’il ait fait bourfouffler le fer par-delfous 5 puis pour emporter la piece , il retourne le fer ; & pofant fur la bolfe un poinqon dont le bout foit quarré, il frappe fur la tête du poinqon avec un marteau qu’il tient de la main droite. Si le trou doit être fait dans de gros fer, le poinqon (/>/. If fig. 2 ) eh emmanché dans unehart, &on frappe deifus avec un gros marteau à deux mains. Si le trou doit être ouvert, & qu’on ne veuille point enlever le morceau de fer
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- qui occupait îa place du trou ; comme il ne s’agit que d’ouvrir le fer, & pour ainfi dire, de le fendre en deux, on commence par former l’ouverture avec un poinçon en lofange (pi. II, fig. 3 ) , qu’on nomme langue, de carpe ( 63 ), & on l’acheve avec un poinqon {6a.) (pl. Il,fg. 4) dont Ja groiîeur doit être proportionnée à celle du trou qu’on veut faire j & fi le fer eft épais, on monte la langue de carpe , ainli que ces difïérens poinçons , dans une hart (pl. II,fig. 2), comme on fait les tranches , & on frappe déifias avec un gros marteau. L’effort du poinqon fait ouvrir le fer , qui ordinairement fait des bavures en-délions , en même tems que le barreau de fer s’élargit furies côtés. Four lui faire reprendre la forme qu’il doit avoir, on le frappe fur la table de l’enclume ; & ayant mis dans le trou un mandrin rond ou quarré, on forge dclfus. Il faut donc avoir des langues de carpe, des poinçons & des mandrins de différentes grolfeurs & de diverfes figures, ronds, quarrés , en lofange, ovales, &c. pour donner aux trous plus ou moins d’ouverture & différentes formes. Comme la chaleur du fer détrempe , amollit & gâte la forme de ces outils , on eft obligé de les rétablir , & de les tremper de tems en tems. On verra dans îa fuite, qu’on trouve de grands avantages à forger fur des mandrins.
- 144. Il eft luperflu de dire qu’on peut percer à froid la tôle très-mince avec un poinqon bien acéré. En ce cas, on place la tôle fur un morceau de plomb, & on frappe avec un marteau fur la tète du poinqon ; mais quand on veut faire partir le morceau , après qu’on a commencé le trou avec un poinçon dont le bout eft quarré, on retourne la tôle, onia pofe fur une perqoire (pl. Il ,Jîg. 1) , & mettant le poinqon fur la boffe qui a été faite par le premier coup , on frappe de nouveau fur le poinqon , & le morceau tombe dans la perqoire : enfuite on ébarbe les bavures avec la lime, s’il eft nécelfairej car fouvent le morceau fe détache fans laiiïer de bavures.
- 145. On perce à froid les fers plus épais avec un foret (pl. 19fig. 21 ). Cet outil eft une broche de bon acier dfqui eft quarrée dans une partie de fa longueur, pour être alfujettie folidement dans une efpece de poulie e qu’on nomme la boîte : au fortir de la boîte, cette broche eft plus menue & ronde ; fon extrémité/ s’élargit & eft applatie j enfin la plupart fe terminent en quarré, & cette extrémité eft formée par deux bifeaux oppofés. Les ferruriers commencent le trou avec une langue de carpe, ce qu’ils appellent gouger le trou.
- 146. Quand le fer qu’011 a à percer n’eft pas épais , les ferruriers le percent quelquefois avec un foret qui eft monté fur un inftrument qu’on nomme drille ( 65 ) (fig. 5.) : il eft formé d’un petit arbre de fer vertical a b , au haut duquel eft un trou dans lequel palfe une bande oie cuir a e ,ad, qui va répondre de chaque bout à une traverfe e que l’arbre vertical traverfe , & qui
- (63) En allemand, aufhaum» (64) En ail. tin Born, (6ç) En ail. Rtnnfpindrf.
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- forme avec lui comme une croix. Cette traverfe c'tmt fout mue par îa bande de cuir, au-deffous de laquelle eft line efpece de meule de plomb c, allez pelante, la partie b eft percée d’un trou quarrc qui reçoit le bout dftm.-haut du foret b f; & la partief eft le taillant de ce foret. On pofe à plat ia piece qu’on veut forer, on met le tranchant du foret à l’endroit où doit être le trou ; on fait tourner l’arbre»^ b plulieurs tours , pour que les courroies ae^a ds’enroulent autour de lui par plulieurs révolutions ; enfuite mettant une main à un bout de la traverfe en e, & l’autre à l’autre bout en d, l’ouvrier appuie dediis, pour que la corde , en fe déroulant de delfus l’arbre , lui imprime un mouvement circulaire fort vif. Alors il fouleve les mains ; & le mouvement qui était imprimé au plomb c, continuant d’autant plus long-tems que ce plomb eft plus lourd, les cordes fe roulent en fens contraire de ce qu’elles étaient fur l’arbre a b. L’ouvrier appuie de nouveau les mains fur la traverfe e d, puis il les releve ; & continuant ce mouvement alternatif, le foretjtourne tantôt de droite à gauche, & tantôt de gauche à droite , ce qu’il faut pour percer le fer.
- 147. Les ferruriers fe fervent rarement de cet inftrument; il eft d’un bien plus grand ufage dans d’autres arts , où il eft connu fous le nom de trcpan.
- 148. Quand les ferruriers ont à percer du fer qui n’eft pas fort épais, ils mettent la palette à forer (pi. /, fig. ) contre leur eftomac. Cette palette, à laquelle on donne différentes formes, eft de bois; mais elle eft garnie d’une plaque d’acier a b , percée de trous c, dans l’un defquels on met le bout d du foret; on roule la corde d’un archet (pL I ,fig. 26) fur la boite e, on appuie l’extrémité/du taillant du foret fur l’endroit qu’011 veut percer; 011 met la pointe^dans un des trous de îa palette, & failant agir l’archet, on fait tourner fort vite ce foret qui peu à peu perce le fer.
- 149. Qu and le ferrurier eft déchargé d’appuyer avec fon eftomac le foret contre la piece qu’il perce , il a la liberté de fe placer perpendiculairement fur la longueur du foret, & il eft bien plus en force pour faire agir l’archet : c’eft ce qui a fait imaginer différentes machines. Dans ce cas , pendant qu’une main fait agir l’archet, l’autre pouffe le foret vers le fond du trou au moyen d’une vis & d’un écrou.
- 1^0. La machine (fig. 6) qui.eft fort en ufage , eft une piece de fer pliée de façon qu’elle forme deux branches ou montans parallèles ab, joints l’un à l’autre par un arc à reffort c, pris dans la même piece qui forme les deux montans , ou , ce qui revient au même , par une piece foudée aux deux bouts inférieurs des montans a b; ainli au moyen de ce reffort,les montans tendent à s’écarter par le haut. Une fécondé bande de fer c d9 repliée auffi en deux, & qui eft pofée horifontalement, forme une couliffe pour un des montans b; les deux bouts d de cette.bande horifontale font attachés chacun d’un côté
- différent
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- différent au montant a, qui doit refter fixe pendant que celui b eft mobile.
- i f i. Le bout e. de cette efpece de couliffe eft percé par un trou tarau dé en. écrou qui reçoit une vis f; en tournant cette vis, elle pouffe le montant mobile b vers le montant fixe a; l’extrémité du montant mobile b eft formée en palette , & il tient lieu de la palette que les ferruriers mettent fur leur eftomac ; elle reçoit de même l’extrémité de l’arbre du foret, & le preffecontre la piece g h que l’on perce.
- 152. Pour faire ufage de cette machine, 011 faifit dans l’étau le montant fixe a on place la piece à percer g h contre l’extrémité d de ce montant; on place le foret horifontalement entre la piece à percer, &la palette du montant mobile ; la vis/donne le moyen de preffer le foret contre la piece, & de continuer cette preffion à mefiire que le trou fe creufe : ainlî le lerrurier fait jouer l’archet de la main droite , & il a continuellement la main gauche fur la vis/ pour la tourner d’un fens ou d’un autre, à mefure qu’il s’apperçoit que le foret mord trop ou trop peu.
- 153. La figure 7 repréfente un autre outil à percer qui eft encore d’un ufage plus commun dans les boutiques des ferruriers 5 il eft compofé d’une petite barre de fer ronde a b c-, dont un des bouts c eft recourbé en crochet, & dont l’autre a eft taillé en vis. Cette piece paffe au travers d’une autre de, qui eft pareillement de fer, & formée en palette par un bout e; par l’autre d, elle eft recourbée en talon.
- 1^4. PûURfe fervir de cette machine, on ferre dans l’étau la piece apercer, on accroche à la boite du même étau le bout en crochet c, & on fait entrer le bout d recourbé de la palette dans un trou percé dans l’établi. Ce trou eft affez grand pour permettre à la palette de s’incliner, quoiqu’il l’empêche de tomber. On place horifontalement le foret /g, entre la palette & la piece qu’on veut percer ; on le fait tourner avec l’archet; & pour preffer continuellement la palette contre le foret, l’ouvrier tourne l’écrou h qui eft traverfé par la vis de la piece abc.
- : 155. On conçoit que ces deux machines ne feraient pas propres à percer des trous profonds ; car comme les palettes s’inclinent continuellement, le trou ne ferait pas percé droit': mais l’obliquité de ce trou 11’eft pas fenfible, quand les pièces qu’on veut percer ne font pas épaiffes.
- 156. Les ferruriers 11e laiffent pas de fe fervir de ces machines pour percer des trous a-ffez profonds; & pour empêcher que le trou 11e devienne fort oblique , ils placent la queue du foret dans un autre trou de la palette , pour le relever un peu à mefure que le trou s’approfondit ; ou bien ils inclinent un peu la piece à percer , qui eft fàifie dans l’étau.
- 1 S 7- Quand le fer eft épais, comme il faut faire agir long-tems le foret, & que ce travail eft pénible, on fe fert d’un chevalet, pour tenir le foret Ce Tome VL ~ F
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- chevalet eft formé de deux poupées de fer. La poupée qui reçoit le bout du foret eft aifujettie à demeure au bout de la femelle ; l’autre poupée eft mobile,. & elle gliiïe dans une rainure, où elle eft retenue par une vis , & un écrou qui fort au-delïous de la femelle 5 on conçoit que le porte-foret le tient très-folidement. On faifit la femelle dans un étau ; un compagnon fait agir l’archet avec les deux mains, & un autre préfente la piece qu’il faut percer : la fatigue eftainfipartagée entre deux ouvriers, & l’ouvrage s’expédie. On verra , lorsque nous parlerons des clefs, d’autres chevalets qui font encore plus commodes. Nous n’en parlerons point ici, pour éviter les répétitions.
- 158- Quelquefois il faut évaferune des deux ouvertures d’un trou, pour qu’une rivure ou la tête d’une vis fe logent dedans, & foient arrafées. Cet élar-gilfement fe fait avec des fraifes, les unes rondes, coniques & garnies de ftries A (fig. g), ou avec des fraifes quarrées & pyramidales B (fig-9 En faifant tourner ces fraifes comme les forets avec l’archet, à l’ouverture d’un trou précédemment fait, onl’évafe; & en taillant en cône tronqué une tète, de vis, elle fe loge dans le trou, où elle fe trouve arrafée.
- 159. Il y a encore des circonftances où un bout de douille ou de tuyau doit être calibré ; pour cela on y palfe un aléfoir : mais le vrai lieu de parler de cet infiniment eft dans l’art du fondeur, lorfqu’on traitera de la façon de travailler les corps de pompes ; ou dans celui de l’armurier, quand il s’agira, de percer les canons de fufils. Ainfi , quoique les ferruriers falfent quelquefois, ufage des aléfoirs , nous remettons à en parler dans une autre occafion.
- 160. On trempe de tems en temslebout des forets dans de l’huile, pour empêcher qu’ils ne fe détrempent. Mais il eft au moins auiîi avantageux d’y introduire un petit filet d’eau qui rafraîchit continuellement le foret, & qui ne. forme pas de boue ou cambouis comme l’huile.
- 161. Les ferruriers font grand ufage des vis & des écrous pour alfembler leurs ouvrages. Les vis fe font prefque toujours avec la filiere, & les écrous, avec les tarauds ; ainfi il faut dire quelque chofe de ces deux inftrumens.
- 162. Une filiere eft un trou percé dans un morceau d’acier {fig. 10), & dans l’intérieur duquel eft infcrit un pas de vis. Ce pas de vis fe fait avec un taraud : ainfi il faut commencer par expliquer comment on fait les tarauds matrices qui fervent à faire les filières > d’autant que quand 011 a de bonnes filières , on s’en fert pour faire les tarauds qui fervent enfuite à faire les écrous dans le fer.
- 163. Les gros tarauds (66) ne doivent point être entièrement d’acier j ils feraient trop expofés à fe rompre. On doit fouder une virole d’acier fur un morceau de fer à la partie a (fig. 11 ), où doivent être les filets de la vis ; ou bien on les fait tout de fer , & 011 les trempe en paquet : ce qui, dans certain nés circonftances, eft préférable.
- (66) En allemand, Schraubenbohren
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- 164. Quand cette partie a eft couverte de bon acier, 011 fait fur le tour la portion a (fig. 11 ) qui doit porter les pas de la vis ; cette partie doit être un peu conique ; on forme fur elle avec la lime, ou encore mieux fur le tour, les pas de vis, & on tourne en rond la portion b qui doit être terminée par le quarré c. Alfez fouvent 011 fait à la partie a trois échancrures triangulaires d, qui coupent tous les pas de vis : ces entailles font que les pas de vis font comme autant de couteaux qui entament le métal 5 & les gouttières d fervent à loger les copeaux qui font formés par le pas devis du taraud. Quelquefois on lime la partie adu taraud en triangle. Il ne relie de pas de vis qu’en efg: ce qui fuffitpour entamer le fer, & former les pas de l’écrou. Quand tout eft ainli difpofé, on trempe le taraud fort dur.
- 16Ç. Pour faire la filiere (67) {fig. 10), on forge un morceau de fer , auquel on rapporte un lardon d’acier à l’endroit où l’on doit percer la filiere ; on le perce d’un trou qui doit être alfez large pour recevoir le bout le moins gros du taraud ; 011 met le taraud dans le trou 5 & ayant mis le quarré c du taraud dans le tourne-à-gauche {fig. 12), on fait tourner le taraud dont les pas de vis trempés s’engagent dans l’acier non trempé de la filiere ; on tourne en fens contraire le taraud , on l’ôte du trou ; avec une brode 011 ôte les paillettes d’acier qui font dans les entailles d du taraud, on le frotte d’huile, puis 011 le force de nouveau à entrer dans le trou ; & quand il l’a traverfé en entier, les pas de vis font imprimés dans l’intérieur de la filiere , & il 11e relie plus qu’à la tremper.
- 166. Les vis & les écrous fe font comme les tarauds & les filières : toute la différence confifte en ce qu’on fait les vis & les écrous avec du fer; au lieu que la portion des tarauds & des filières où font formés les pas de la vis, doivent être d’acier trempé, foit qu’ils foient faits fur le tour ou à la filiere. Alors ils fervent à faire des vis & des écrous dans le fer , qui eft plus mou que l’acier trempé. Mais de plus 011 peut faire, & les ferruriers font le plus ordinairement, les tarauds avec des filières, & les filières avec des tarauds; & ces ièconds tarauds leur fervent enfuite à faire des vis & des écrous dans le fer. Ce qui exige en cela le plus d’attention, eft de proportionner la groifeur du cylindre qu’on veut palier dans la filiere, à la groifeur du trou : s’il était trop menu, les pas ne feraient pas allez profonds , & les filets feraient interrompus ; s’il était trop gros , comme il éprouverait trop de ré'liftance à palfer dans la filière , il fe tordrait & courrait rifque de fe rompre. La groifeur du cylindre qu’011 veut palfer à la filiere, doit être égale à l’ouverture de la filiere prife au tond des pas de la vis. Quand les ferruriers doivent faire beaucoup de vis d’une même groifeur, ils percent dans un morceau de tôle un trou qui leur
- F ij
- (67) En allemand , Schneideifen.
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- fert à calibrer les cylindres de fer qu’ils veulent tarauder. Il y a quelque avantage, fur-tout pour les petites vis (68) , à fe fervir de filières brifées ou formées de deux pièces (/g-13), les trous delà filiere étant percés à moitié dans une piece A & à moitié dans une autre B. En rapprochantplus ou moins les deux pièces au moyen de la vis C , on diminue le trou à meiure. que le pas. fe forme : de cette façon, on fait fans effort les vis, & on ne fatigue ni la filiere, ni la vis que l’on fait. Les pièces AB portent donc l’écrou ; les pièces DE ne fervent que'de rempliffage ; ces quatre pièces entrent à coulilfe dans les. côtés. FG de la filiere ; une des joues de la couliffe eft emportée enHI, pour qu’en ôtant la vis C , on puiffe retirer les pièces ABCD.
- 167. Il eft fouvent commode d’avoir des pas de vis plus ou moins gros & plus ou moins fins, percés dans une même filiere ; mais ces filières ne fervent que pour de petites vis..
- 168. Quand on veut former de groffes vis ou des filets dans un gros écrou , il faut employer beaucoup de force : c’eft pourquoi on fait le tourne-à-gauche fort long , pour avoir un grand bras de levier. En ce cas il faut que la filiere , ou le taraud, foient bien fermement affujettis , ainfi que lavis ou l’écrou qu’on veut tarauder. Pour cela, on aflujettit le taraud ou l’écrou dans le tourne-à-gauche , de maniéré que le bras de levier porte une vis qui ferre l’écrou ou le porte-taraud dans la boite. Un barreau de fer fert à ferrer la vis du levier. Pour tenir bien ferme la piece de fer qu’on veut tarauder, on a dans les grandes boutiques une efpece d’étau fort bas & très-fort (fig. 14 ), qui eft ferré par deux vis g g ; &. l’on affujettit le boulon ou la piece de fer dans laquelle on veut faire un écrou, entre les deux mâchoires ccdd de cette efpece d’étau, aa font deux forts piliers de fer de deux pieds & demi de haut, dont le bout d’en-bas eft reçu dans une forte piece de bois qui eft fceliée en terre. La folidité de ces piliers eft encore augmentée par les arcboutans b ; &: les deux piliers a font immobiles, ainfi que la mâchoire c c qu’ils portent à leur bout d’en-haut; la mâchoire dd, qui eft mobile, porte les deux ailes se, qui embraiiènt la mâchoire fixe c c , & repofe fur les talons//! Il eft fenfible qu’en tournant les deux vis g g , on rapproche la mâchoire dd de celle ce qui eft fixe , & le fer qu’on met entre-deux eft aflujetti très-fermement : alors-deux ouvriers placés aux bras des leviers du tourne-à-gauche , ont beaucoup' de force pour faire agir le taraud..
- 468) E11 allemand., S-dintidcJUiippert,
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- v ART Dû SERRURIER. w
- • *Hggy..' -r-i ---iis.-. -u ,.rjrt , S«
- CHAPITRE IL
- Des gros ouvrages en fer, />o«r /« foliditê des bàiimens.
- T6$. x^pres avoir donné quelques principes généraux fur la ferrurerie, il faut entrer dans des détails, & commencer parles ouvrages les plus groifiers , qui font en état d’être mis en œuvre au fortir des mains du forgeron * fans être réparés à la lime.
- 170. J’ai dit que le ferrurier travaillait pour la Habilité , la fureté & la décoration des bàtimens : mais nous nous propofons de ne parler préfentement que des ouvrages qui contribuent à leur foliditê ou Habilité ; ainii nous allons, détailler les pièces qu’on forge pour rendre plus durables les ouvrages de maçonnerie & de charpenterie. Nous dirons enfuite quelque chofe de quelques gros ouvrages de forge qui font employés pour la conltruction des vaideaux.
- Article premier.
- Des gros fers pour Les bâtimzns»,
- 171. Pour entretenir les murs de face dans leur -à-plomb, on les lie avec l'es murs de refend par des tirans & des ancres.
- 172. On appelle ancre un morceau de fer qui s’applique fur l’extérieur du mur qu’on veut retenir, & qui entre dans une boucle qu’on a faite à un tirant
- L’ancre eii quelquefois droite, comme AB (pL. H, fig. 15 ), & en ce cas elle n’efl autre chofe qu’un barreau d’un pouce ou dix-huit lignes en quarré y auquel on fou de un talon G,, pour qu’il ne coule.point dans, la boucle C du tirant A (fig. 16).
- 173. On a perfectionné les ancres 5 & pour les mettre en état d’embraffer une plus grande étendue du mur qu’on veut retenir, on en a fait en Y ( 70)T ou en S , ou en X.
- 174. Pour faire les ancres en Y, on foude un barreau de fer quarré au barreau AB (fig. 17) vers, l’endroit C, puis, on enroule la branche D qui fait le prolongement du corps defuncre AA, &.011 enroule de même & en feus contraire la branche E qu’on a foudéeau corps de l’ancre vers C. Ces enrou-
- (69) En allemand , Zugband. qu’elles étaient vifiblcs en-dehors du mur
- (70) Cette forte d’ancres s’appelle en al- où elles étaient placées. On en faifait une Iernand Vorfaucher. En Su’fTe & en Aile- efpece d’ornement. Aujourd’hui on les magne , on les pelait autrefois de façon cache dans le mur.
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- îemens fe font fur la bigorne , ou pour l’ordinaire dans des fourchettes avec des griffes, comme nous l’expliquerons dans la fuite : enfin on foude le talon C {fig. 18 ) , & l’ancre en Y eft finie.
- J"/S‘ Pour taire l’ancre en S (.fig. 19) , on fait un enroulement en A, un autre en B, & 011 foude un talon en C. Il dépend de I’adreiïè de l’ouvrier de donner à l’S un contour agréable.
- 176'. L’ancre en X fe fait avec deux barres de fer que l’on courbe parles extrémités ; 011 les joint par le mileu , où l’on foude un talon.
- 177. A l’égard des tirans, les plus fimples , ceux qui coûtent le moins , mais aufii les moins bons, 11e font qu’une bande de fer plat A D C {fig. 16) , dont on replie le bout en C fur un mandrin d’une groiïëur proportionnée à celle de l’ancre B. On foude l’extrémité de la partie recourbée avec le corps de 3a barre, pour former une boucle ; on donne enfuite une bonne chaude en D ; & faififfantle corps de la barre avec deux fortes griffes , en tordant on fait le pli I), qu’il fauteflayer de faire le plus long qu’il eft polfible, pour moins corrompre le fer. Moyennant ce pli, ou peut clouer la partie droite A fur unepoutre , & alors on termine le tirant par un talon , comme le harpon {fig. 20 ). Si 011 met à l’autre extrémité de la même poutre un pareil bout de tirant ou un harpon avec fon ancre, les deux murs oppofés feront affez bien liés l’un à l’autre -, mais la liaifon eft encore plus parfaite quand la barre ou le corps du tirant traverfe tout le bâtiment ( 71 ). Souvent, pour que rien ne paraiffe, 011 noie cette barre dans un mur de refend, & l’ancre dans celui de face. Quand les tirans ne traverfent pas toute la largeur du bâtiment, on les termine en A par un fel-lement en enfourchement, comme le harpon {fig. 21) , afin qu’elles fe lient mieux avec le corps du mur. Les talons fe font ou dans l’étau ou fur le bord de l’enclume ; à l’égard du fellement, on fend la barre avec la tranche , & on ouvre un peu les deux côtés qu’011 a féparés.
- 178- Quand ces tirans manquent, c’eft ordinairement par la partie D ( fig. 16 ), parce que le fer eft corrompu en cet endroit ( 72 ). On éviterait cet inconvénient en mettant la barre du tirant de champ , ou dans le mur, ou fur une des deux faces verticales d’une poutre : mais un défaut de ces tirans qui fublifterait toujours, ferait qu’on 11e pourrait p.*s les bander avec force dans le fens qui convient pour rapprocher les murs l’un de l’autre ; c’eft l’avantage qu’on fe procure au moyen des chaines fimples {fig. 22), ou par les chaînes qu’on nomme à moujle { fig. 21).
- (7O On ne fait cela que dans les bâti- grands bâtîmens toute la folidité convenions dont les murs menacent ruine. Dans nable.
- quelques églifes gothiques, les piliers font (7c) Et cela même n’arrive que quand ainlï attachés l’un a l’autre. On a trouvé des on s’eft fervi de mauvais fer. moyens plus fimples de donner aux plus
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- 179. Pour faire les chaînes fimpîes (9%. 22), on forme en A un enfournement ; & au bout de chaque branche B B, on fait, fur un mandrin quarré plus large qu’épais, une boude foudée ; on en fait une auffi au boutD de la barre C D 5 & mettant cette boucle D entre les deux autres B B , on les traverfe toutes trois par une forte clavette H qu’on forme un peu en coin, pour qu’en la chaifant les chaînes foient tendues.
- 180. Pour faire les chaînes à moufle (fig. 21), on recourbe le bout des barres A B & CD} & fi l’on veut, on foude les bouts recourbés, comme on le voit en A ( fig. 22 ) : en fuite on fait des chaînons en F G ; le bout C d’une des barres s’accroche dans le chaînon en F, on place le crochet B de l’autre barre entre les deux crochets G du chaînon5 & au moyen de la clavette H, qu’011 chalfe à force, la chaîne à moufle eft bien tendue, comme on le voit {fig. 21 ). Ces chaînes iont très-bonnes, & elles feraient encore meilleures, li l’on foudait aux corps des barres tous les bouts recourbés 5 mais elles coûtent plus que celles dont nous avons parlé d’abord.
- 181* On choilit, pour faire les chaînes , les bandes de fer les plus longues qu’011 peut, afin de mettre moins de moufles ou chaînons, parce que cette partie coûte plus que le refte.
- i82- Il ferait bon que les chaînes (73)fulfentfaites avec du fer doux; & fi le fer était fort aigre, on fonderait du fer doux aux endroits où l’on doit faire les boucles, pour que ces endroits étant mieux foudés, ne rompilfent point. Quand les barres font trop courtes, on les aîonge en en joignant deux enfemble ; mais alors le fer elfc un peu corrompu aux plis (74).
- 183. Il y a de petits tirans de moindre conféquence, qu’on nomme harpons. S’ils aboutiflent à une piece de bois à laquelle on puiife les attacher, on les termine par un talon ; s’ils aboutiifent à un mur, on les termine par un fcelle-ment.
- 184. Il y a des tiges de cheminées qui, s’élevant fort haut an-deffus des croupes, courraient rifque d’ètre renverfées par le vent, fi elles 11’étaient pas affermies par des chaînes ou tirans qui traverfent l’épailfeur du tuyau, 8c auxquels 011 ajufte des ancres qui s’appuient fur les deux faces oppofées des cheminées. On fait ces ancres, ou en S , ou enX. Les S font retenues par la grande boucle, & l’extrémité du tirant eft attachée à la charpente par de forts clous , un talon, & quelquefois un enfourchement.
- 18L La longueur de la boucle eft déterminée par l’épailfeur du tuyau de cheminée : on la forge fur un mandrin qui a la même épaiifeur que les ancres.
- (7 O 11 eft abfoîument néceflaire que les (74) Lorfqu’il eft plié fou vent, le fer perd chaînes ( en allemand , Gabelanker ) foient de fa force ; mais on peut remédier à ce défaites en entier avec du fer très-doux. faut, en ajoutant des pièces de fer neuf.
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- Après l’avoir courbée au moyen d’une griffe , on y fait une foudure ; à l’égard de l’autrè bout du tirant, on lui donne différentes formes , fuivant que l’exigent les pièces de charpente où on les attache.
- i$6. On fortifie quelquefois les cheminées de briques qui fe fendent, par des embraffures (75) : elles font formées par quatre bandes de fer qui s’aifem-blent par leurs extrémités à tenon & àmortaife ; ou bien une bande eft courbée en équerre , & elle s’affemble à tenon & à mortaife avec la piece voifine.
- 187. Les mortaifes s’ouvrent à chaud avec une langue de carpe, & on les équarrit au moyen d’un mandrin. À l’égard des tenons, comme ces embraffures font ordinairement faites avec du fer aigre , on fonde furies bouts, des morceaux de fer doux qu’011 équarrit avec une chaife, comme nous l’expliquerons dans la fuite; puis 011 y fait une ouverture pour y palier une clavette. Ordinairement 011 ne prête pas beaucoup d’attention à bien former les angles ; mais fi on délirait les faire réguliers, 011 refoulerait le fer en ces endroits, ou l’on y fouderait une mife (76) pour fe procurer de l’étoffe, afin de faire les angles à vive-arète. Ceci regarde toutes les pièces qui doivent être coudées en retour d’équerre.
- 188* Ces fortes d’embraffures 11e font plus guere d’ufage: on a coutume de fortifier les cheminées de briques par de forts fentons (Jig. 23), qui fe terminent en fcellement, & qui s’accrochent les uns dans les autres; ils font noyés dans l’épaiffeur de la maçonnerie.
- 189. A l’égard des cheminées de plâtre , on les lie avec de faibles fentons faits de fer fendu mince, & qui s’accrochent les uns dans les autres (*).
- 190. Les manteaux de cheminées s’appuient fur une forte piece de fer quarrée qu’on nomme pour cette raifort manteau de cheminée ( 77). O11 en fait avec un l'impie barreau de fer qui porte fur les jambages ; mais il efè mieux , pour éviter l’écartement, de faire deux retours d’équerre aux deux bouts, avec deux fcellemens qui entrent dans le mur. Dans des offices, on en fait quelquefois de ceintrés. Nous parlerons ailleurs fort en détail de la façon de ceintrer le fer.
- 191. Quand on met des manteaux de marbre ou de pierre de liais , les marbriers emploient de petites'pattes de fer mince, qui ont un petit fcellement par un bout, & un fort petit mamelon par l’autre, qui entre dans un trou que le marbrier fait pour le recevoir.
- (7O En ail. Schlieffen , ou Vorpajjcn. gros fers fendus fe nomment chez les mar«.
- (76) Cette précaution parait inutile, chauds des côtes de vaches ; ils font ordi-
- parce que l’angle ne foulfre pas beaucoup nairement arrondis fur une de leurs faces, d’effort. (77) Dans le nord & en Suiife , la plupart
- ( * ^ fe terme defenton vient de ce que des manteaux de cheminée font inontés fur ces menus ouvrages.font faits avec du fer1 bois, fendu par les couteaux des fonderies ; les
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- Ï92. On fait ces pattes avec du fer plat qu’on refend à chaud pour faire le fcellement qui doit être plat. Du côté du mamelon, on bat le fer fur le tranchant pour augmenter fon épailfeur, on le courbe, & on achevé de le former dans une étampe. Quelques-unes de ces pattes ont deux mamelons ; un en-delfus qui entre dans le manteau , & un en-dellbus qui entre dans le jambage : on en fait aulfi qui ont des mamelons à chaque bout, pour lier deux pièces de marbre qui fefuivent.
- 193. On lie encore les pièces de charpente par des harpons ( fig. 24) , qui fe terminent d’un bout A par un talon, & de l’autre B par un (bellement, ou bien par des plate-bandes. Les unes AB font droites, & les autres CD (fig. 2f ) font courbes,pour s’ajufter , par exemple, à la figure des limons des efcaliers.
- 194. Les équerres font encore de bonnes liaifons : quelquefois le fer eft plié fur le plat; mais à la figure 26 , les barres fontfoudées dans l’angle, où l’on ménage un gouilet pour lui donner plus de force : la plupart font terminées par des talons. On ouvre ou l’on ferme plus ou moins les branches des équerres , fuivant la place où on veut les pofer.
- 195. Je détaillerai dans un inftant la façon de forger les équerres, en parlant des courbes des vaiiTeaux.
- 196'. Les brides coudées ou non coudées (fig. 27 ), fervent à fortifier une piece de bois qui eft fort -affaiblie par une grande mortaife , ou à foutenir un chevêtre , lorfqu’on craint d’affaiblir les pièces où il aboutit, par des entailles à mi-bois ou des mortaifes. On fe fert auffi d’une bride pour lier une poutre à un endroit qui paraît faible, ou qui commence à s’éclater. O11 met quelquefois, Pune à côté de l’autre, deux femelles retenues par des boulons; ou bien 011 met aux deux bouts des femelles , deux étriers.
- . 197. Ces équerres, brides , étriers, crampons, plate - bandes, font liés fuivant leurs forces & la place où on les met, par des crochets, chevillettes ou pattes ; on fe fert de ces menus fers pour foutenir les corniches de bois ou de plâtre , ou bien on emploie à ces ufages des crampons ou dents de loup, ou des clous & chevilles à tète, ou même des boulons (fig. 28,29, 30), qui font ou à clavette comme A (fig. 28),ou à vis comme B (fig. 29 ) , ou à fcel-lement comme C (fig. 30). Ordinairement on fait leurs têtes quarrées, & on les encaftre dans le bois : d’autres fois 011 leur fait des tètes rondes. On fait l’œil a ( fig. 28 ) avec une langue de carpe & un mandrin ; on taraude la vis b avec unefiliere , comme nous l’avons expliqué : à l’égard du fcellement c, nous avons déjà dit comme on le fait.
- 198- On peut faire les tètes rondes en refoulant le fer, & le frappant enfuite dans une étampe , ou une efpece de clouiere : mais cette opération corrompt Tome VI. G
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- le fer ( 78 ) i ainfi le plus fouvent on foude au bout du barreau un morceau de fer en portion d’anneau. Je dis une portion d’anneau ; car fi l’anneau était entier, comme il augmenterait de volume, il s’étendrait fous le marteau & il ne fe fouderaitpas. On foude pareillement les tètes plates , & on finit les unes & les autres dans une étampe, ou plus fréquemment dans le gros étau D (pl. I, dans la vignette).
- 199. Comme il y a du danger à mettre du bois fous les âtres des cheminées , il eft ordonné d’y mettre des enchevêtrures : fouvent les charpentiers les font en bois, & on met du fer fous le foyer i mais ils font meilleurs en fer. C’eft un gros fer quarré, dont les bouts recourbés portent fur les folives: le coude doit être égal à l’épailfeur des folives, & la diftance à la largeur du foyer fupérieur. Toute l’étendue du foyer jufqu’au fond de la cheminée elt garni par ce qu’on nomme des bandes de trémie ; on les fait de fer plat, parce qu’elles 11’ont à fupporter que le poids du foyer, au lieu que le chevètre fup-porte toutes les folives qui aboutilfentdeifus: 011 arrête les bandes de trémie fur les folives qui les portent, par des clous qu’on met dans des trouspercés exprès.
- 200. Les fabîieres font foutenues par des corbeaux qu’011 fait en bois dans les b itimens qui n’exigent point de propreté; mais les corbeaux en fer (fig 31) font beaucoup moins difformes: ce n’eft autre chofe qu’un gros morceau de fer quarré qui eft terminé à un de fes bouts par unfcellement A.
- 20T. Autrefois on pofaitles folives fur les poutres; mais comme Tépaif. feur des poutres pendantes a paru difforme, on a entaillé le deffus des poutres de l’épailfeur des folives. On s’eft bientôt apperçu que ces entailles affaiblif. fiaient les poutres , & l’on a trouvé plus à propos de rapporter fur les côtés des poutres des pièces de bois qu’on nomme des lambourdes ; & c’eft dans ces pièces qu’on fait les entailles qui reçoivent les folives. O11 attache ces lambourdes fur les côtés des poutres avec des chevillettes ; mais pour les bâtimens de con-féquence, il eft beaucoup plus folide de mettre de diftance en diftance des étriers doubles (pl. III, fig. 1 ). La partie AB porte fur la face fupérieure de la poutre; les côtés AC, B C embraifent les côtés verticaux de la poutre, & les crochets C D £ fupportent les lambourdes.
- 202. Les plombiers ont aufii recours aux ferruriers pour donner de la foli-dité à leur ouvrage. Ils embraifent les tuyaux de defcente avec des gâches ou crampons. La partie ronde embraffe le tuyau, & les deux branches font fcel-lées dans le mur. Les chaînaux font foutenus par des crochets qu’on nomme à chaîneaux, & les gouttières en faillie par des barres de godets. Un des bouts eft en l’air; l’autre extrémité embraffe quelquefois une poutre, & d’autres fois elle fe recourbe & eft fcellée dans un mur. Au milieu font, de diftance en
- (78) On n’endommage pas le fer en le coupant avec un cifeau.
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- diflance, des crochets qïiî embralfent & foutiennent la gouttière.
- 203. Comme il n’y a pas beaucoup de préceptes à donner fur la façon de forger les pièces dont nous venons de parler, après ce que nous avons dit des principes généraux de l’art du ferrurier, nous fommes perfuadés qu’on ne fera pas embarralle à les forger, fur-tout étant aidé par les figures. Ainlî nous croyons devoir nous borner à ce que nous avons dit des ufages de chaque piece qu’on peut employer pour la folidité des bâtimens.
- 204. Outre les ouvrages dont nous venons de parler, on met encore au nombre des gros fers, les linteaux de portes & de croifées, les barres d’appui unies, les barres de languettes , de contre - cœurs, de potagers j les potences des poulies à foin & à puits, ainlî que les impériales de puits, quand elles ne font point ornées ; les plates-bandes pour mettre fur les margelles.
- 205. Les manivelles pour les puits à treuil, & les autres machines, les armatures pour les bornes & les feuils des portes cocheres, les fabots des pilotis, &c. tous ces ouvrages font de forge, & fe vendent à la livre. A l’égard des pattes, crochets d’efpalier, &c. qui fe vendent au cent, nous aurons occasion d’en parler ailleurs.
- 206. La plupart des ouvrages dont nous venons de parler, fe vendent au poids, & font de différens prix, fuivant la nature du fer qu’on eil obligé d’employer, & le travail qu’on défit y faire.
- 207. Je 11e me propofe point d’entrer ici dans le détail de toutes les ferrures qui fervent à la conftruétion d’un vailfeau : cette partie du travail du ferrurier me mènerait beaucoup trop loin. D’ailleurs , la plupart de ces ferrures fe travaillent à peu près de même que les gros fers des bâtimens : ainlî je me renferme à dire un mot des guirlandes & des courbes de fer, des ferrures des bouts de vergues & de celles du gouvernail, lîmplement pour donner une idée des gros'ouvrages de ferrurerie qu’on fait pour les vailfcaux, & de la maniéré de les travailler. Je profiterai de ces exemples pour expliquer comment on doit forger les grandes équerres ; car ce qu’011 appelle dans la marine des guirlandes & des courbes, font, à proprement parler, de grandes équerres qui doivent être très-folides.
- Article IL Des guirlandes (79).
- 208- Les guirlandes font de grandes équerres DC, AB (y/.///,/g. 2) formées par deux bandes de fer A B ou C D qu’on nomme lattes dans les ports.
- C79) En allemand , Kniceifm. Les guir. landes fervent à joindre, dans la partie infé-
- rieure d’un vailfeau, le fond du bâtiment avec les côtés.
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- Chacune des branches; eft entaillée par le gros bouta mi-fer en æ& en c,pour former l’amorce qui eft néceifaire. pour les fonder avec le talon. Les deux-branches font percées fur leur plat'de trous eee, & c. à dix 011 onze pouces de diftance les uns des autres 5 on leur donne allez de diamètre pour recevoir les chevilles qui fervent à attacher les guirlandes dans l’intérieur du vailfeau contre les membres. Au refte, les branches de l’équerre font plus épaides du côté de l’angle AC ou ac , ce qu’on, appelle le rcnfm , qu’à leur extrémité op-pofée B D-ou bd. Quand les deux lattes lont forgées , percées & amorcées par le bout épais a & c, on forge un talon qui elt un morceau de fer /de deux pieds de long, de lix pouces de large, & fept pouces d’épailfeur (*)., pereé d’un ou.deux trous au milieu. Quand ces, différentes pièces font préparées 3 le chef d’ouvrage met le gros bout de la latte c dxa feu.5; on chaude à un autre feu le talon/de la guirlande. Quand le tout eft chaud à fouder-, 011 les tire du, feu, & 011 pofe la partie-c fur un des bouts du talon/, qui eft amorcé de façon que les deux parties qui font entaillées ou amorcées fe rencontrent y oit frappe.à grands coups pour fonder enfemble ces deux pièces. Cette opération,., qu’on nomme La premiers encolure., étant faite , on fait la fécondé encolure en foudant le; bout. *z-de l’autre latte-à l’autre bout du talon/ On fortifie le taloiî & les foudures par des mifes qu’on met dans l’aiifelle de la< guirlande-, puis oit remet le tout au feu. pour recevoir une fécondé chaude. Alors 011 préfente: fur la.piec.e le modelé en bois.qu’a donné le conftruéteur ; 011 l’appelle -A ga-~ bari ( gp). Pour voir 11 la guirlande prend la forme qu’elle doit avoir,,quand' les talons font bien formés, & quand les foudures font fortifiées.par des mifes (81 ),-> on fe difpofe à fouder l’areboutant g h, qui fe place ordinairement-aux deux tiers de. la longueur des lattes ,.à commencer parle bout mince, &• on place les bouts de l’areboutant dans une amorce ou entaille, qu’on a faite* fur le champ de chaque latte en g h , pour tenir les bras .de la guirlande à l’ouverture qu’on defire. Quandl’areboutant eft fondé , & quand on a fortifié les; foudures de l’areboutant par une ouplufieurs mifes , omauine guirlande pa-. reille à celle qui eft reoréfentio figure 2, A B CD G II': elle pefe ordinairement-treize, quatorze, ou quinze cents livres; ainll c’eft un. gros morceau de.* forge.
- (*) Tl eft évident que les dîmenfions dé viennent pour un vaiffeau de foixante dti toutes les pièces de ferrurerie , q-u’on.fait quatorze canons, pour un vaifleau , changent fuivant la gram (80) On dit aufîi le calibre.
- deur de ce vaifleau. ÎYhis je ne puis entrer- (gi) Les mifes, en allemand Wiirfi, fbnfc
- dans ces détails; ainfl je nie fuis borné à des pièces de lèr, foudees fur d’autres, donnerà peu près les grandeurs qui con- pièces , pour les rendre plus fortes.
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- Artic le II L Des courbes de j mereaux
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- 209. Les courbes de jottereaux (fig. 2), qui fervent à lier l’éperon au corps du vailfeau, font auifi des efpeces d’équerres formées d’une latte de jottereau A B qui s’attache fur le jottereau ( g2 ) d’une latte d’éperon C D qui s’attache fur l’éperon, & d’un arcboutant GHalfemblé comme il eft représenté dans la figure. On fou de fur la latte'CD un fort talon F, auquel 011 forme une amorce, pour qu’elle s’alfemble à mi-fer avec la branche ou la latte AB 5 011 forge à part l’arcboutant G FI 5 on fait des amorces aux extrémités, & des. entailles en G & en H fur le champ des lattes, pour recevoir les amorces de l’arcboutant ; & à la forme près, ces courbes fe forgent comme les guirlandes : elles peient ordinairement neuf cents, mille, ou onze cents livres..
- Article IV.
- Des courbes de faux ponts ( g 3
- 2x0. Les courbes de faux ponts (/>/. III., fig. 4) font formées par deux lattes, dont l’une AB allez longue fe cheville furie bord , 6c l’autre AC plus courte fe cheville fur le faux bau : elles font, affermies par un arcboutant j l’une & l’autre branche font chevillées fur le plat! Quand on veut faire une de ces courbes, 011 perce les.lattes de plufieurs trous FFF, pour recevoir les chevilles, qui doivent l’attacher au bau & aux membres. Comme ces courbes font plates, & comme la branche AC doit être attachée fur le bau , & la branche AB’ fur les membres,. l’équerre reçoit fa principale force de l’arcboutant DE , quii rie peut être foudé que fur le champ de ces lattes. Comme elles ont peu d’e~ paiifeur, on met en D, ainfi qu’en E, des renforts qui augmentent en ces; endroits l’épailfeur des lattes. On commence donc par fortifier les lattes en D-& en E,. par des renforts on fortifie auffi leur extrémité vers- A par une* forte mile : 011 amorce les deux bouts A à mi-fer , comme on le voit dans lai figure. On fonde ou l’on encole les deux branches en A, & on fortifie l’aiifelle; par une mife Gpenfuite on préfente le gabari fur les lattes boudées, qui forment l’équerre, pour leur donner jufte l’ouverture qu’elles doivent avoin. Cette, opération faite,, on foude l’arcboutant fur le champ des lattes en DEA,
- (82-) Pièces de bots courbés qui'Tou tien- fond du bâtiment, pour pouvoir y rangerr nent l’éperon du vaifleau On nomme auffi plus commodément les marchandées- Les jottereaux les courbes qui fervent à foute- matelots & les foldats- ont leurs branles dans* nir les barres de hune au haut des mâts. ces endroits , abfolument obfcurs. Us conv (83). Les faux ponts font pratiqués au tribuent beaucoup à la folidité du vaiiîeauj.
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- & on fortifie ces foudures par une ou deux mifes. On fortifie aufli l’encolage A par deux mifes qu’on pofe dans Paiifelle l’une après l’autre. La jonction des trois pièces qui compofent une courbe étant faite, on vérifie encore fi l’ouverture eft bien conforme au gabari, & on finit par la parer avec le marteau , pour la rendre plus agréable à l’œil. On retranche quelquefois fous les gaillards l’arcboutant aux courbes verticales qu’on cloue fous les barreaux & fur les membres , pour dégager les logemens qui y font, & parce que ces courbes ne fatiguent pas autant que celles des ponts. Les courbes des faux ponts pefent environ 300 livres.
- Article V.
- Des courbes de ponts.
- 2ïi. Les courbes qu’on nomme de ponts , parce qu’elles fervent à unir les baux du premier & du fécond pont au corps du vaiifeau , fe forgent autrement que les courbes des baux du faux pont, parce que les courbes du faux pont fe clouent ou s’attachent une branche fur les baux, & l’autre fur les membres : ainti il faut imaginer une bande de fer plat qui ferait pliée en A fur fon plat formant une équerre ; au lieu qu’aux courbes des ponts, une des branches doit être chevillée & clouée fur une des faces verticales du bau. Cette branche AB dans la pi. III ,fig. f, fe préfente par fa face plate 5 & l’autre branche AC devant être attachée fur les membres elle préfente fon épailfeur. La branche ou latte verticale AC, dont 011 ilè'vtoit que l’épailfeur qui doit être attachée au côté du vaiifeau, & qu’on nomme Latte de bord, eft percée, comme les lattes de faux ponts , aux endroits marqués fff On foude un renfort en A pour qu’il y ait plus de fer à l’endroit de la foudure ; on foude aufîi un renfort en d, où doit aboutir l’arcboutant ; on fait auffi une entaille fur le champ en e , pour recevoir l’arcboutant.
- 212. Quand les deux lattes font ainfi forgées, & quand on s’eft aifuré, en les préfentant fur le gabari, qu’elles ont la forme que defire le conftruéteur, 011 chauffe féparément le bout A des lattes de bord & de bau. Les deux pièces étant chaudes , le chef préfente la fienne , qui eft celle de bord, fur l’enclume, & le chauffeur pofe celle de bau fur le champ de la latte de bord. Le tout étant bien foude & fortifié par des mifes qui doivent s’étendre fur les deux lattes & former le talon , on vérifie fi les deux branches de la courbe ont l’ouverture qu’elles doivent avoir ; & 011 foude l’arcboutant, un bout e fur le champ de la courbe de bord, & l’autre bout d fur le plat de la çourbe de bau. Ces courbes pefent ordinairement 300 ou 3 ço livres.
- 213. En voilà aifez pour faire comprendre comment on forge ces grandes équerres qu’on nomme courbes dans la marine : ce qui indique la meilleure ma*, mere de forger les équerres pour toutes fortes d’ufàges.
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- Article Vf.
- Des ferrures de gouvernail.
- 214. Un vailfeau qui a perdu fou gouvernail, eft en très-grand danger : ainfl les forgerons doivent choifir , pour les ferrures de gouvernail, d’excellent fer, & le travailler avec tout le foin poffible.
- 215'. On fait que le gouvernail eft placé en-dehors du vailfeau , tout du long de Pétambot (84) > & pour qu’il ait un mouvement de rotation ou de charnière femblable à celui d’une porte qu’on ouvre & qu’on ferme, les ferrures confiftent en gonds que les marins nomment crocs , & en pentures qu’ils appellent canaffîeres. Les gonds tiennent au gouvernail, & ils font en enfour-chement, pour qu’ils puilïênt embrafferles deux faces du gouvernail.
- 216. Les pentures , dont l’œil eft en faillie, ont pareillement deux branches qui embraffent l’étambot, & fe prolongent fur le corps du vailfeau.
- 217. Le gond ou croc {fig. 6 ) , repréfenté en plan en A, & de profil en B , (fg. 7) eft le plus élevé , étant placé environ deux pieds au-deffous du trou de la barre du gouvernail. Comme le gouvernail a moins de largeur en cet endroit que plus bas , les branches a a ne font pas longues * & pour les arrêter plus fermement, on les termine par deux ailes ou pattes b b, qui permettent de les arrêter par un plus grand nombre de clous \ c eft le croc ou la cheville du gond.
- 218* Le gond ou croc, qui eft placé dix-huit pouces au-deffus de la quille à un endroit où le gouvernail a beaucoup de largeur, a pour cette raifon les branches a. a fort longues, & point de pattes. O11 y met encore un gond ou un croc intermédiaire : nous ferons feulement remarquer que les branches 11e font pas toujours parallèles ; elles s’écartent ou fe rapprochent, pour s’appliquer exa&ement fur les faces du gouvernail.
- 219. Les pentures ou canaffieres {fig. 6) embraffent par la partie b toute la faillie de l’étambot, & les branches a a font clouées fur le corps du vailfeau, à différentes hauteurs. Comme, à caufe des façons, la figure du vailfeau change beaucoup à différentes hauteurs, fur-tout à Barrière, il s’enfuit que l’ouverture des branches des pentures doit aufli être fort différente : c’eft pourquoi la • penture ou canaflîere {fig. 6) quidoitêtre placée dix-huit pouces au-deffus de la quille & recevoir le gond, a les branches a a prefque parallèles, & fort longues ; parce qu’à l’endroit où cette penture eft placée, les façons font fort pincées, & elles n’ont pas plus d’épaifïèur que l’étambot. La penture qui
- (84) L’étambot, ou étambord, en aile- tie poftérieure. Elle fert à foutenir le châ-ünand Hinterjleven , eft une groflè piece de teau de pouppe, & fur-tout le gouvernail, bois, placée au fond du vaifîeau , à fa par-
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- eftplacéeau-deffus de la liffe d’hourdi (8T ) 5 a des ailes prefque droites, ou deux pieds environ au-ddfous du trou de la barre du gouvernail, le corps du vaifleau étant prefque plat en cet endroit. Il n’en eft pas ainll de la penture intermédiaire i cette penture étant placée à un endroit où le vaifleau a beaucoup de renflement, les ailes font très-divergentes. La partie b de ces trois pentures embraife l etambot : nous ferons encore remarquer que les yeux c font garnis en-dedans d’une virole de cuivre.
- 220. Je vais dire quelque chofe fur la façon de forger ces gonds ou crocs, & ces pentures ou canalfieres. À l’égard des pentures, il s’agit de donner une bonne forme à leur tête c, & l’équerrage convenable aux ailes a a.
- 221. Pour un vaiifcau de foixante & quatorze canons, on prend un barreau de cinq à fix pouces en quarré, & l’on foude au bout un ringard pour pouvoir le manier plus aifément. Le chauffeur donne une bonne chaude à ce barreau , puis il le tire du feu , & le porte fur l’enclume.
- 222. Pour le percer, un ouvrier pofe deffus un poinçon qui eft plat par le bas & rond au-delî lis , emmanché dans une hart, & il frappe fur ce poinçon qui ouvre d’abord le trou, puis l’arrondit par la partie ronde du poinçon qui fait l’office de mandrin. Le trou étant fait , on fait avec une tranche deux entailles aux deux côtés du trou : elles doivent avoir un pouce & demi de profondeur, & être éloignées du trou de deux pouces 5 ces entailles marquent la largeur que doit avoir la tête de la canaffiere ou penture. On remet le fer au feu ; & quand il eft chaud , 011 le reporte à l’enclume ; 011 le pofe fur une des faces où le trou eft percé ; & avec une tranche on fend le barreau en deux , en commençant à l’endroit où l’on a fait l’entaille jufqu’à neuf ou dix pouces de longueur où l’on coupe le barreau, & l’on foude un ringard àlapiece pour pouvoir la manier plus aifément.
- 223. Pendant ce travail, d’autres ouvriers préparent trois ou quatre miles pour charger la tête : 011 en pofe une à droite & l’autre à gauche de l’œil ; la troiiieme fe place fur la tète : il eft rare qu’on en mette furie plat. Quand les miles font ainfi placées, on donne deux bonnes chaudes, une à droite & l’autre à gauche, pour perfectionner l’une après l’autre ces deux parties. On emporte avec la tranche le fer qui eft de trop , on arrondit la tête c, & on pare cette partie, puis 011 agrandit le trou avec un mandrin de quarante-quatre à quarante-cinq lignes de gros. O11 emporte du fer , & on perfectionne le trou avec une tranche qui a la forme d’une gouge j puis avec un poinçon on fait des trous d’environ ftx lignes de profondeur, tant autour que dans l’intérieur
- (80 On appelle HJJ'e toutes les pièces de lier toute la charpente. d’hourdi,
- bois qui étant placées bout à bout clans le en ail. Qiiccrbalken, eft la première piece à corps du bordage d’un vaifleau , fervent à l’arriere du vaifleau.
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- du trou, pour que le cuivre qu’on doit y Fondre s’attache mieux au Fer. Ou remec la pièce au Feu pour Ja parer, s’il en eft beFoin, & la tête de la canafo ilere eft finie ; cependant on l’amorce pour recevoir les lattes a a»
- 224. Les lattes qui doivent Faire les branches a a, ne viennent pas toutes préparées des Forges : pour qu’elles Foient meilleures, on les Fait dans les ports, foudant enFemble plufieurs bandes de bon Fer plat de différentes longueurs miFes l’une Fur l’autre, Formant un paquet qui diminue d’épailfeur à mefure qu’il s’éloigne de la tète ou de l’amorce qu’onafoiteà la tète c h Le paquet de Fer en lame étant bien arrêté par des cercles ou brides, on le met au Feu, & on lui donne une bonne chaude pour Fouder les barres, d’abord au gros bout; 011 continue les chaudes pour Fouder les mêmes barres dans toute leur longueur qui eft de quatre pieds & demi ou cinq pieds pour un vaiffeau de foixante & quatorze canons. A meFure qu’on donne les chaudes, on perce de» trous de fix en fix pouces : ce que l’on continue dans toute la longueur do la latte qu’on travaille. Quand elles Font bien corroyées & régulièrement Forgées , on les Foude aux amorces qu’on a Faites à la tète.
- 22f. Les ailes de de la tête doivent embraffer l’étambot, & le trou ou l’œil de la canaffiere doit être au milieu de ces deux ailes. L’ingénieur-conftruéteur fait donner aux forges un gabari ou modèle qui indique précifément la Forme que ces pentures doivent avoir : c’eft pourquoi le forgeron, pour s’y conformer exactement, fait, au milieu du trou de Fa canaffiere, une marque avec une tranche ; puis prenant avec un compas Fur le gabari la diftance de ce trou à l’extrémité des ailes, il porte cette ouverture de. compas Fur le 1èr, & il marque de deux coups de tranche la longueur des ailes, ainfi que l’endroit où il doit faire les plis d e.
- 22 6. Voilà l’endroit où doivent être marqués les plis. Pour les former, on a ajufté un fort étrier au bord d’une grolFe enclume qui eft pofée à terre : cct étrier doit excéder de trois pouces la table de l’enclume. On donne une bonne chaude à l’endroit où doit être le pii, on paife promptement la branche du gond jufqu’au pli dans cet étrier ; & en relevant la latte à Force de bras, on lui fait prendre la forme d’une équerre ; on en fait autant à l’autre latte : alors la canaffiere a la forme d’un grand étrier dont les branches Font plus ou moins ouvertes, fuivant l’endroit où elles doivent être placées. On préfente les pièces Fur le gabari, pour que les branches aient précifément l’ouverture que ringénieur-conftruéteur déliré : on finit par les parer, & 011 les porte à la fonderie pour garnir l’œil de cuivre fondu.
- 227. Après avoir expliqué comment on forge les canaffieres ou pentures. qui Font attachées au corps du vailfeau, il fout donner la façon de forger les gonds ou crocs qui s’attachent Fur le gouvernail même. On choifit pour cela une barre d’excellent fer rond , de trente-fix lignes de diamètre pour un vaifi Tome VL H
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- feau de foixante & quatorze pièces de canons. Elle a été forgée en paquet^ l’ayant bien fait refluer dans l’étendue de dix-huit pouces de longueur qu’elle doit avoir. Après avoir refoulé un bout pour augmenter fa groflTeur, on remet cette piece au feu, & on la porte fur l’enclume pour l’amorcer; on Papplatit fur deux côtés oppofés , faifant prendre à l’amorce la figure d’une queue d’a-ronde large d’environ cinq pouces , & on laiffe le milieu de l’amorce de même épaiffeur que le diamètre du fer, pour recevoir les lattes.
- 228- Cependant, pour fortifier l’amorce par une mife, on chauffe à.un autre feu un morceau de fer plat d’environ un pied de long, de quatre pouces de large, & de huit à neuf lignes d’épaiffeur. Pendant que cette barre chauffe» 011 donne aulîi une chaude au croc ; & ayant tranfporté les deux pièces fur l’enclume , on les foude, de forte qu’elles n’en font plus qu’une. Pendant que des forgerons préparent deux lattes , comme il a été dit en parlant des pentu-res, on chauffe blanc la tète des gonds qu’on vient de forger, & à grands coups de marteau on fait prendre à la partie odela figure de l’épaiffeur du gouvernail. On marque avec une tranche l’ouverture de, qui eft indiquée par le gabari ; & à l’endroit de ces marques, on foude les lattes qui forment les bras a a, ayant foin que les lattes puilfent s’appliquer exactement fur deux faces du gouvernail, où on les attache folidement avec des clous & chevilles»
- Article VIL
- Ferrures des bouts de vergues. ~
- 229. Lorsqu’il y a peu de vent, on aîonge les vergues, au moyen de ce qu’on nomme des boute-dehors (%6) qui portent de petites voiles pour augmenter la largeur des grandes. Orilfaut que ces boute-dehors puilfent lé ramener le long de la vergue , lorfqu’on ne veut point faire ufage de ces voiles furnu-méraires ; '& être pouffés en-dehors, lorfqu’on veut en faire ufage.
- 230. Pour cela on fait entrer la vergue dans un anneau A (j%.7) , qui embraffe la vergue, & doit être placé entre le quart & le tiers de la moitié de fa longueur. A ce grand anneau en eft foudé un autre petit B, dans lequel paffe le boute-dehors. Il ne ferait point affujetti folidement, s’il n’était arrêté que par cet anneau ; mais on met au bout de la vergue une pareille ferrure. Le bout de la vergue entre dans un des anneaux, & le boute-dehors dans l’autre. On conçoit que le boute-dehors qui paffe dans les deux anneaux , a la liberté d’être porté en-dehors & retiré en-dedans du vailfeau, étant toujours affujetti
- (86) Les boute-dehors , en ail. Spieren, mat, pour y mettre de petites voiles, lorf-font de petites perches attachées au grand qu’il y a peu de vent-
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- Solidement. Ces ferrures fe nomment cercles de bouts de vergues ; & le grand anneau A ( fig. 7 ) eft ordinairement à charnière en a & en b. Les ferrures que nous venons de décrire fè nomment à la françaife. Celles qu’on appelle à Pan-glaire (fig. 8,9 ), font un peu différentes. Le grand cercle à charnière A , qui embralfe la vergue, ne différé point de celui à la .françaife , & il fe place au même endroits mais pour que le boute-dehors foitplus aifément porté en-dehors ou en-dedans du vaiffeau, on ajoute au petit cercle B qui doit recevoir le boute-dehors, unrûuleauC, fur lequel repofe le boute-dehors. A l’égard de la ferrure de bouts de vergues ( fig. 9 ), au lieu de l’anneau BD (fig. 7 J , on fait une lardoire EF, qui embraife par fes branches le bout de la vergue , & qui, au moyen de la barre coudée GH, porte le cercle I qui a le rouleau K, fur lequel repofe le boute-dehors. On place encore en arriéré du vaiffeau un chandelier qui porte un boute-dehors pour la voile qu’011 nomme tappe-cul.
- 231. Maintenant qu’on a une idée de ces ferrures & de leur ufage, il faut dire quelque chofe de la façon de les travailler.
- 232. Pour faire la ferrure de bouts de vergues à l’anglaife (fig. 9), 011 prend, pour un vaiffeau de foixante &quator2e canons , quatre lattes de trois pieds de longueur, de deux pouces & demi de largeur au collet, & de fèpt ligues d’épaiifeur ; on fait à chacune un coude au gros bout du côté de F, pour que les branches s’ouvrent comme une lardoire , & qu’elles puiiiènt embraffer le bout de la vergue : ainfi ces coudes doivent être d’autant plus grands que la vergue eft plus groffe. O11 foude les quatre lattes enlèmble en F , & on amorce ces lattes réunies. O11 amorce à un autre feu une barre de fer quarrée ou ronde, pour la fouderaux quatre lattes réunies comme on le voit en FG. O11 prépare le cercle I qui porte le bout de barreau H ; & ayant amorcé les barreaux FG &HG, 011 les foude au point G, de forte que les deux faffent un retour d’équerre ; enfin on ajufte au cercle I le rouleau K, fur lequel doit porter le boute-dehors, & la ferrure eft en état d’être ajuftée au bout de la vergue, & affujettie par des clous & les viroles L M.
- 233. Les cercles de bouts de vergues à la françaife, font beauçoup plus fimples : ils confiftent en deux cercles faits avec du fer plat; la grandeur ds l’un doit être proportionnée à la groffeur de la vergue au bout où on doit le placer, & celle de l’autre à la groffeur du boute-dehors ; on les perce pour y river à chaud une petite traverfe.
- 234. Les cercles de boute-dehors à charnière A (fig. 7, 8 )> que l’on place entre le tiers & le quart de la vergue, font faits de fer plat ; on commence par forger les charnières a b, on les foude au bout des barres c d qu’on a coupées d’une longueur convenable pour entourer la vergue à l’endroit où ce cercle doit être placé. On forge avec le même fer l’anneau ou le demi-anneau,B , qui doivent recevoir le boute-dehors, & on les lie aux cercles A par les petites tra-
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- verfes NT. Pour que le boate-clehors coule plus aifément,'on y ajoute quelquefois un rouleau comme aux ferrures anglaifcs.
- 235. A l’égard du chandelier ou du cercle de boute-dehors à pivot, ©n
- forge les charnières; on forge à part les deux parties, on les pofe l’ûnefur Vautre pour percer les trous qui doivent recevoir la cheville du rouleau. On foude enfemble ces deux parties , & on leur donne une forme quarrée conforme au gabari. On donne une forme circulaire à la partie fupérieure, & Ion finit par le pivot ou le pied du chandelier e f f
- Article V 11 L
- Des chevilles de differentes fortes*
- 236. On fait encore dans les groifes forges des ports , des chevilles de difh férentes fortes. Nous allons ep dire quelque chofe d’une façon fort ahrégée.
- 237. A l’égard des chevilles à organeau (fig. 10}, qui fervent pour les: batteries de canons , il faut prêter une grande attention fur-tout à la tète c’eft pourquoi on les fait ordinairement avec de vieux fers : on en fait un paquet fur un bout de fer plat; on lie ces vieux fers avec quelques brides. Le paquet, ou comme difent les forgerons, le pâté, étant formé , on lui donne une chaude légère, feulement pour mieux rapprocher toutes les parties ; en-fuite 011 donne une forte chaude pour fouder & corroyer enfemble les diifé-rens morceaux de fer qui forment le pâté. On donne une troifieme chaude pour percer le trou, & donner à la tète la forme qu’elle doit avoir; 8c Von forme une amorce à deux pouces du trou, pour y fouder un bout de fer rond qui fait ce qu’on nomme la cheville , ou la partie hc qui doit traverfer les membres ; on ouvre en c une efpecê de mortaife pour recevoir une clavette; enfin on ajoute l’organeau d à peu près comme nous l’avons expliqué en parlant de la forge des ancres.
- 23g. La cheville à clavette ( fig.i 1 ), qui paife dans le taillemer & Pétrave » eft plus longue ; celle à clavette qui traverfe l’étambot & fa courbe, eft plus courte. La cheville à rivet, qui traverfe l’étambot, de même que celle aufîi à rivet, qui traverfe l’étrave & le marfouin, ne different de la cheville (fig. r 1) que parce qu’elles n’ont pas de clavette, & qu’elles font un peu moins longues. La cheville qui fort à l’aifemblage des couples eflcourte, épailfe 8c quarrée. Celle qui fert à affùjettir les courbes de bois, eft à clavette. Toutes ces chevilles & plusieurs autres font faites de barres de fer doux & de bonne qualité, des échantillons qui approchent le plus de celles que doivent avoir ces différentes chevilles, relativement à leur deftination, & à la grolîbur des bâtimsas. On fait à l’un des bouts une tète en forme de cham-
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- A R T D U S E R R U R TE I?, a
- pignon ; on les forge d’un bout à l’antre toujours un peu en diminuant.
- 239. Je ne parlerai-point de la façon de faire la tète, ni d’ouvrir l’œil, parce que toutes ces chofes ont été amplement expliquées ailleurs.
- f .............. , ---------------- ...
- C,H A P I T R E III.
- Des ouvrages de ferrurerie qui fervent à la fureté de ceux qui habitent
- les maifons.
- 240. avoir détaillé les ouvrages de ferrurerie qui fervent à augmenter la folidité des bâtimens, & de plus quelques-unes des pièces principales qui contribuent à laliaifon du corps des vailfeaux, nous nouspropo-fons de traiter des ouvrages qui font employés pour la fureté de ceux qui habitent les maifons. Il faut des ouvertures aux murs pour former les portes d’entrée, & les fenêtres qui éclairent les appartenons; mais il eft nécelfaire que ces ouvertures foient impraticables à ceux qui voudraient piller ce qu’on y a renfermé. D’un autre côté, rien n’eft plus agréable que d’avoir, aux murs des jardins & des parcs, des percées qui permettent d’étendre la vue dans la campagne. Mais il ne faut pas que ces jardins & ces parcs foient ac-ceftibles à tout le monde. Rien n’eft plus propre à remplir ces intentions que les grilles (87) ; aüfii nous nous propofons d’en traiter dans le plus grand détail. Mais pour ne point interrompre ce que nous aurons à dire fur les différentes efpeces de grilles , nous allons nous écarter un peu de notre marche, pour parler des croifées que l’on peut faire avec du fer, d’autant que ces ferrures fe rapprochent allez des grilles, tant pour leur conftrudion que pour leur ufagej car une croifée garnie d’un chaftîs en fer ferait aulîi liirement fermée que fi l’on avait mis une grille de fer devant un chalfts de bois.
- Article premier.
- Des chajjis à verre , qu'on peut faire en fer.
- 241. Tous les vitraux des églifes font garnis de panneaux de verre montés en plomb, & ces panneaux font reçus dans des bâtis de ferrurerie. Comme ces bâtis font communément des ouvrages de forge, c’eft ici véritablement le lieu d’expliquer la maniefe de les faire.
- (87) Cette dépenfe très. eenlidérabîe ne convient qu’au* princes & aux grands feigneurs.
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- 242. Ces bâtis confident ordinairement en des montans AB (pl. IV\ fig. 1) 8c des traverfes femblables à CD : ces montans & ces traverfes font faits avec du fer plat de dix-huit lignes de largeur fur fept à huit d’épaiifeur, & qu’on nomme à Paris fera maréchal. Pour les aifembler, on fait aboutir les traverfes femblables à C & à D fur les montans A B , & on les unit au moyen d’une petite bande de fer platE F, qu’on attache avec des rives tant fur les montans que fur les traverfes j de forte que fur le côté oppofé qui répond au dedans do l’églife, les montans & les traverfes font arraîes comme GHj & quand on les regarde du côté du dehors de l’églife, on voit la petite bande de fer EF qu’on a ajoutée pour réunir les traverfes aux montans. Ces chafîis font entièrement dormans ; il n’y a que quelques panneaux qui puiifent s’ouvrir, ayant un petit chafîis particulier qui eft ferré fur les montans avec de petits gonds ou des couplets, dont les ailerons font rivés fur les montans, comme on le voit en I K.
- 243. Il n’y a point de feuillures à ces vitraux ; c’eft pourquoi autrefois on rivait fur les montans & fur les traverfes, des crochets LLL, qui tenaient lieu de feuillure; maintenant on fait mieux, 011 rive fur les montans & les traverfes a a des broches qui fe terminent par une vis; ces broches traverfent une lame de fer mince ce ; les bords du panneau de vitre fe placent entre la lame de fer mince a, & la traverfe aa; & en ferrant les écrous femblables à d, le panneau eft pincé tout autour par les bords ce, 8c affujetti plus folidement qu’il ne le ferait dans une feuillure. Cependant les panneaux feraient immanquablement enfoncés par les coups de vent, s’ils n’étaient pas foutenus par des vergettes de fer, faites de petits fentons qui fe terminent à chaque bout par un œil qui entre dans les broches à vis b, & font aifujettis par l’écrou d. Les vitriers arrêtent les panneaux de verre fur ces vergettes, au moyen de petites bandes de plomb ou de fer-blanc, qu’ils foudent fur les plombs du panneau , & qui fe replient fur les vergettes.
- 244. Ces bâtis de ferrurerie font faits ordinairement affez grofïiérement, parce qu’étant toujours vus de loin, un ouvrage recherché 11e s’appercevrait pas, & le travail qu’il exigerait ferait en pure perte.'
- 24^. On pourrait faire, & l’on fait effectivement en certaines circonftan-ces , des vitraux d’églife beaucoup mieux travaillés. Pour en donner une idée, je vais expliquer comment font faits les chafîis à verre des ferres du jardin royal des plantes. Ceux-ci reçoivent de grands carreaux de verre ; mais il eft aifé de concevoir comment, en retranchant ce qu’on nomme dans la menui-ferie les petits bois, pour ne conferver que les traverfes , 011 pourrait les rendre propres à recevoir des panneaux.
- 246’. Voici donc comment font faitsîes chafîis des ferres en queftion : les portes 8c les baies font formées par un bâti de fer, îolidement affemblé à
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- tenons & à tnortaifes, comme je l’expliquerai en parlant des grilles ; & c’eft à ces bâtis que font attachés les pivots & les fiches à gond qui tiennent les portes-battantes. Les petits fers qui tiennent lieu de ce que les menuifiers appellent les petits bois, qui, comme Ton fait, doivent recevoir les carreaux de verre; ces petits fers, dis-je, font faits avec du petit carillon, & les traver-fes s’aifemblent avec les montans à mi-fer , comme nous l’expliquerons en détail lorfque nous parlerons de certaines grilles de religieufes, qui font faites avec des barreaux quarrés. Il faut maintenant des feuillures pour recevoir les carreaux; elles font faites en attachant fur le carillon avec des rivures, des bandes de fer plat affez minces, mais fuffifamment larges pour excéder les barreaux de carillon de trois lignes de chaque côté; & les carreaux font retenus dans ces feuillures par quelques chevilles & du maftic. Ces chalfis, qui ferment avec des efpagnolettes , font fort folides & affez propres.
- 247. On pourrait, fans augmenter beaucoup le travail, former avec i’é-tampe, les feuillures aux dépens du carillon. Mais le fieur Chopitel, célébré ferrurier de Paris, a fait des chalfis à verre infiniment plus propres. Nous allons en dire un mot, quoique ces ouvrages fortent de la fimplicité de ceux dont il s’agit dans ce chapitre.
- 248. Il avait imaginé & fait exécuter àEffonne un laminoir qui était formé de deux forts cylindres de fer que l’eau faifait tourner en des feus contraires l’un de l’autre. Ces rouleaux parfaitement bien ajuftés, portaient fur leur circonférence des entailles, les unes quarrées , les autres en gôrge ronde, & les autres en forme de moulures. En paffant des barres de carillon chauffées dans un four comme on le fait à certaines fenderies, dans les entailles quarrées, elles fortaient du laminoir calibrées avec de vives arêtes mieux formées qu’on 11’aurait pu les faire avec la lime en y employant beaucoup de tems. E11 paffant des barres dont on avait abattu les arêtes dans les gorges rondes, elles fortaient propres à faire des tiges d’efpagnolettes, ou des tringles de rideaux. Au moyen des entailles en moulures . on formait avec des fers méplats des plate-blandes ornées de moulures , 8c propres à être attachées fur les rampes des efcaliers, fur les balultrades, &c. Et ce même laminoir four-niffait au fieur Chopitel le moyen de faire à peu de frais des chaffis à verre, très-propres & ornés des mêmes moulures que les chalfis à verre qui fortent des mains des menuifiers (88)* figure 3 marque l’un des profils des plate-bandes pour le.s baluftrades. Ln figure^ repréfente ce que portaient d’épaif leur & de largeur les deux montans du milieu des deux chalfis à verre d’une
- (SS'1 Une pareille machine exigerait des d’un laminoir , on forme les moulures à frais très - confidérables. 11 faut un grand chaud par le moyen des étampes. Des ou. débouché , dans une ville comme Paris, vriers habiles les font fi délicatement qu’il pour encourager une telle entreprife. Faute y a peu de chofe à corriger à la lime.
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- croifée de fix pieds fix pouces de hauteur, & de quatre pieds de largeur. La figure 4 repréfente donc les deux battans de cette croifée : il y a à un de ces bat» tans une plate-bande à doucine, & à l’autre une plate-bande unie; fur laquelle1 eft pofée lefpagnolette : ces deux barreaux ont auffi chacun une feuillure a a pour recevoir les chalîis à verre.
- 249. Le fieur Chopitel étant mort, ce beau laminoir a été détruit; mais on peut voir chez le fieur Durand, célébré ferrurier, qui demeure à Saint-Victor , un modèle très-proprement exécuté d’une pareille croifée, & une porte vitrée battante, très-proprement exécutée, qui eft en place depuis plusieurs années.
- 250. Assurément les croifées en fer coûteraient plus que celles en bois ; mais elles 11e font point fujettes à fe déjeter, & ce ferait un ouvrage dont oij, 11e verrait pas la fin. Comme les petits fers font plus menus que les petits bois; ces croifées laiifent palier plus de jour ; & la dépenfe de ces chafiis ferait conli-dérablement diminuée , fi l’on employait des verres de Bohème, parce qu’a-' lors on fupprimerait prefque tous les petits fers ( 89 )•
- 251. Je vais maintenant parler fort en détail des grilles de fer de toutes les efpeces.
- Article II.
- Des grilles Jhnples & fans ornetnens.
- 252. Les grilles qu’on métaux fenêtres du raiz-de-chauffée pour les rendre plus fûres contre les voleurs , celles des portes de jardins, & celles qu’on met au lieu de murs aux endroits où l’on veut fe ménager de la vue , doivent être les plus fimples de toutes; non-feulement pour des raifons d’économie, mais encore afin que les grilles des croifées ne diminuent le jour que le moins qu’il eft poflible, & que les autres n’olfufquent point la vue. Les ornemens feraient déplacés dans ces circonftances, puifqu’ils feraient incommodes.
- 253. De plus, notre intention, en expliquant d’abord la maniéré de faire les grilles fimples, après avoir parlé des gros fers desbâtimens, eft de commencer toujours parles ouvrages les plus aifés à exécuter, avant que de palier à ceux qui font plus difficiles.
- 2^4. Celles d’entre ces grilles qui font les plus fimples n’ont que deux pieds & demi à trois pieds de hauteur (pi. IF, fîg. f ), foit qu’elles foient défi-tinées à faire des baluftrades vis-à-vis les fauts-de-loup & au bord des folles,
- (89) Ne feraicdl pas plus convenable de vienne , on ne faurait fupprimer entiére-faire venir le verre d’Angleterre ? Il fem- ment les petits fers, ble qu’il coûterait moins. Mais d’où qu’il
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- ailles balcons les plus communs. Elles ne font formées que par des barres montantes , fembjables à a. a, qui font aflèmblées haut & bas dans les fom-miers AA.
- 255. Cet aflemblage fe faifant à tenons & mortaifes, il convient d’expliquer comment on s’y prend pour faire promptement & folidement tant les tenons sque les mortailes j & ce point étant-une fois bien expliqué, ncus ferons dif-penfés d’y revenir toutes les fois que nous aurons à parler de cette forte d’afi femblage, ce qui arrivera affez fréquemment.
- 2^6. Il eft fenfible qu’on pourrait faire les tenons à la lime, & les rnortai-les à peu près comme les font les charpentiers, en perçant avec le foret des trous tout près les uns des autres , & en emportant le fer qui relierait entre les trous , d’abord avec un burin , & enluite avec la lime ; mais ces opérations feraient fort longues, & 11e rempliraient pas fi bien le but qu’on fe propofe, que la méthode que fuiv-ent les ferruriers. Il faut la décrire. Pour aflènibler les montans aa avec les Pommiers AA ( pl. IV, fig. 5 ) du haut & du bas, il faut former des tenons aux bouts desbarres montantes, ou au bout du barreau, & faire des mortaifes aux endroits DD des Pommiers A A. Les tenons entrent dans les mortaifes , & on les rive fur les Pommiers A aux endroits D D.
- 257. Les tenons-ayant moins de diamètre que le corps des barres , on doit Forger l’extrémité des barres un peu plus menue que le refte; mais ce tenon, doit être taillé quarrément un peu méplat, & fortir d’un endroit plus renflé que le corps de la barre j car ce petit renflement rend l’affemblage beaucoup plus folide.
- 258- Pour équarrir le tenon (90), on fe fert de chaffes quarrées, & à chanfrein ou à bifeau , qui font des efpeces de marteaux à tête quarrée & plate fur les deux faces, & dont le manche qui eft de fer eft plus long que celui des marteaux ordinaires (91). U11 ouvrier tient fermement fur l’enclume la barre dont le bout fort de la forge j & le maître forgeron j après avoir un peu refoulé le fer pour former le renflement dont nous avons parlé, tient de la main gauche , dans une pofition verticale, le manche de la chafle, & dans la main droite un marteau ordinaire ; il appuie l’angle de la chafle qui eft en-bas, contre un des côtés qu’il veut difpofer en tenon ; & frappant avec Ion marteau fur la chaffe, il forme une des faces du tenon, & refoule le fer, ce qui fait au-deffus du tenon le petit renflement qu’on voit au bout du barreau , & auffi au ,bout de la barre. Faifant ainfî parcourir à la chafle les quatre faces du tenon, 011 les finit les unes après les autres.
- • 259. Dans quelques boutiques, au lieu des chaffes dont nous venons de
- - (9°I Ees tenons ronds-font plus faciles à (91) On peut voir la figure de ces dwG faire & à ajuiter. fes, pl. 17» *
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- parler , on en a de fendues, ou de creufées comme une clouiere, dun trou quarré ou rond no (pl.IV,fig. 6, 7) , propre à mouler un tenon d’une certaine groiïeur. Us font entrer dans le creux de cette étampe le bout de la barre qui eft fort chaud, & qui a été amené à peu près à la grolfeur du tenon; & frappant enfuite fur Fétampe ou la chaiTe creufe, le tenon fe trouve formé avec un petit renflement au-deflùs. O11 ne rnet point ordinairement de manche à cette efpece d’étampe ; on la fait affez longue pour qu’on puilfe la tenir dans la main fans courir rifque de fe brûler au fer qui eft chaud.
- 260. Ce qui empêche beaucoup de ferruriers d’avoir de ces étampes (92), eft iq. qu’il en faut un aiïortiment pour faire des tenons de toutes les grof-feurs. 2°. Parce que le fer eft corrompu par le refoulement, & que les tenons font fujets à fe rompre ; c’eft pourquoi plufieurs préfèrent de rapporter un lardon: nous en parlerons dans la fuite.
- 261. Les tenons étant faits aux deux bouts de toutes les barres, il s’agit de faire aux fommiers A A (pl. IV, fig. 5 ) les mortaifes qui doivent les recevoir, telles qu’011 les voit en Q_(pLIV, fig. 8). Pour percer régulièrement les mortaifes , on commence à pofer fur l’établi une bande ou réglé de fer qui doit être de la longueur des fommiers. On la divife avec un compas , pour marquer les endroits où il faut faire les mortaifes, pour que les barreaux foient convenablement efpacés. Ce fera, fi l’on veut, cinq pouces & demi ou fix pouces, fi les barres montantes a a (jpL IV, fig. % ) ont un pouce de groft feur; & 011 les placera plus près à près , fi les barres font plus menues : mais il faut tantôt augmenter & tantôt diminuer un peu la diftance des barres , pour qu’au bout du balcon , ou de la baluftrade, ou de la porte, il ne refte pas une diftance plus grande ou plus petite qu’entre les autres barreaux. Ces diftan-ces étant exactement marquées fur la règle, on y donne un coup de lime pour que la marque ne s’efface point; & comme en perçant les mortaifes, les barres des fommiers s’alongent un peu, on préfente fur le fommier, à chaque trou qu’on perce, la réglé divifée, afin que les mortaifes foient bien placées.
- 262. Pour former les mortaifes , 011 fait rougir à la forge l’endroit où on veut les former ; on pofe la barre fur l’enclume, & o.ti commence le trou avec une langue de carpç. Sur-le-champ, plaçant la barre de<plat fur la perçoire (pi I23), on perce l;e trou avec un poinçon qui diminue un peu de grolfeur par en-bas , mais qui prend enfuite la forme quarrée que doit avoir la mortaife ;. & fon extrémité doit être plate, pour détacher le morceau de fer qui tombe dans la perçoire. Si c’eft du. fer plat ?. on frappe fur le poinçon, qui eft ordinairement- fait un peu en dirninuant de:grQÜêur par le .bout; .& au-
- "<9.2> On, ne.fe fertidçs étampes que lorfque Fon;a.pne quantité'confidérable de tenons à faire. . ....
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- deiîlis il a la gro/feur & la figure que doit avoir le tenon, afin que quand le trou eit ouvert par le bout du poinçon, la mortaife foit formée par la partie qui eft au-deüiis, qui dans ce cas fert de mandrin; ou bien ayant retiré le poinçon, on chaiTe dans le trou un mandrin, & on laide le mandrin dans la mortaife pendant qu’on frappe fur les deux faces oppofées de la barre, pour effacer au moins en partie Pélargiifement qui s’eft fait vis-à-vis les môrtaifes. Quand le fer eft gros, on emmanche le poinçon dans une hart, & on frappe delfus avec un gros marteau à deux mains.
- \ 263. Quand les tenons & les mortaifes font faites, il ne s’agit, pour monter ces grilles, que de faire entrer les tenons dans les mcfrtaifes, ayant attention que led deux Pommiers A A. (pl. IV, fig. 8 ) foi'ent bien parallèles l’un à l’autre, & que les barres aa foient exactement perpendiculaires, ou qu’elles foient d’équerre avec les Pommiers. Enfuite on rive l’extrémité des tenons qui excede les Pommiers. Alors, fi ces baluftrades doivent être placées dans une embrafure, on fcelle les extrémités A A des Pommiers dans les jambages. Si ces baluftrades font longues, 011 leur met de diftance en diftance des arcboutans (pi. IV,fig. 9 ou 10). On couvre aufli quelquefois le Pommier d’en-haut d’une plate-blande ornée de moulures : ce qui fera expliqué dans la fuite. Nous remettons encore à un autre lieu à faire remarquer que quelquefois les barres préfentent à celui qui les regarde, une de leurs faces plates, & d’autres fois un de leurs angles ; ce qui fe peut faire, ou par la difpofition de la mortaife, ou par celle du tenon. Tout cela deviendra clair par ce que nous dirons plus bas.
- 2^4. Les Pommiers A du haut & du bas fuffifent pour alfujettir fermement des barreaux qui n’ont que trois pieds de longueur, comme font ceux des baluftrades & des balcons; mais il ferait aifé de faufler ce même de rompre des barreaux montans qui auraient fix , ou huit, ou douze, ou quinze pieds de longueur, comme font les grilles des portes des jardins, ou celles qui ferment les croiféos. Dans ces circonftances , on fortifie les barreaux, en les fai-fant palfer dans des traverfes qui font percées de trous allez grands pour que les barres montantes palfent au travers. Voici comme l’on fait ces traverles.
- 26). Ayant coupé les barres qui doivent faire les traverfes de même longueur que celles des Pommiers, & ayant marqué , comme nous Pavons dit, les endroits où l’on doit percer les trous, foit qu’on les veuille percer fut une des faces des barres, ou diagonalemcnt fur cette face , ou fur l’angle formé par deux faces, on donne une bonne chaude à l’endroit où l’on veut percer les trous, qu’on commence à ouvrir avec un large cifeau, ou une tranche, ou une langue de carpe. On refoule un peu le fer, foit en frappant avec le marteau fur le bout des. barres rougies, foit én frappant le bout des barres pofé perpendiculairement fur l’enclume ; & par ce moyen 011 fait ouvrir les fentes. Enfuite’ 011 achevé de les former avec un mandrin, qui eft lui-mêiiie une efpece de
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- çifeau qui, à quelque diftance delà pointera précifément la meme figure & la: même grofleur que celle qu’on veut donner au trou ; ouce qui eft la même chofe, un peu plus que celle du barreau montant qui doit pafler dedans.
- 266. C’est toujours à chaud qu’on perce les barres ; & pendant qu’on les. perce avec le mandrin, elles font pofées fur une perçoire (/>/. /, fig. 23 ). Lar perçoire, comme nous l’avons déjà dit, eft une efpece de cylindre creux, dont les bords font fort épais. Il e.ft à propos que laperçoire ait deux entailles diamétralement oppofêes fur les bords fupérieurs, pour que la.barre retenue dans les entailles chancelé moins quand on frappe fur le cifeau ou fur le mandrin y. & pour cela il faut que l’entaille de la perçoire foit quarrée quand on veut percer les trous fur le plat des barres , & triangulaire quand on veut les percer fur les angles : ce qu’on ne fait pas ordinairement, parce que les joues du trou feraient affaiblies. Il eft bon de remarquer qu’en perçant les, traverfes, 011 n’emporte pas le morceau, comme aux fommiers; on écarte feulement le fec pour ouvrir les trous : c’eft pourquoi il y a toujours.un nœud ou un renfle*, ment aux deux côtés des trous..
- 267. Dans les boutiques où l’on n’eft pas bien monté’en outils, on fefert au lieu de la perçoire , d’une piece de fer. folide, & pliée à peu près comme, une S, ou en arcade.: ils.pofent la barr.e.à percer fur cette piece de.fer, & la t.rou fe trouve entre les deux branches;.
- 26’8- L’effort du mandrin qui ouvre le trou, évafe la barre en ces endroits y ce qui forme , comme nous l’avons dit, des nœuds fuis qu’on foit obligé d’y, rapporter, du fer. Vis-rà^vis ces noeuds ,..aux côtés- des trous ,.le fer étant .divife en deux, n’a que la moitié de l’épaifleur que la traverfe a ailleurs; & pour, que la barre, fe déforme, moins, on la forge quelquefois fur une étampe. Les-barres s’accourc.iifent plutôt que de s’aîonger dans cette opération : cependant on fera bien de préfenter de tems en tems la réglé, divifée,,comme lorfqu’on-fait les fommiers .; car il eft important que les trous des fommiers & des tra~ verfes fe rapportent exactement,.fans.quoi il neNferait.pas poffible de monter: la grille.
- 26% ÛN.voit des grilles, oùles faces dès Barres* montantes font parallèles, à la. face du fommier d’en-bas : alors on perce les traverfes fur une des .faces, dès barres,.comme M (pL Ijf,fig. w). On fait aufti les faces des tenonsparal--leles.aux faces des barres 3.&.on perce les traverfes fur le plat, de façon.que les; faces, des trous . fuient, parallèles aux côtés de la barre..
- 270.-.D’autres fois, on-trouve quelque chofe de plus agréable de préfenter; en-devant l’angle, des barreaux montans : alors on fait enforte oue la.diagonale; de.s; barreaux, montans tombe perpendiculairement fur la face du,fommier,. Pour cela , 011 dirige la face la pi us large du tenon d’un angle, à l’autre des barreaux montans,. de façon que cette, face, foit parallèle.à la fàce.d.u.fommier;&;
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- eft ce cas-oiv perce les trous des traverfes B B ,,ou fur l’angle des barreaux qui doivent faire ces traverfes comme N (fig* 12) ,; ou plus communément, pour ménager la force du fer, on perce les trous fur le plat des fommiers.
- 271. Suivant qu’on veut rendre-les-grilles plus ou-moins folides , ou l’on ne met qu’une traverfe, ou 011 en met deux, ou même un plus grand nombre.
- 272. Si nous avons fuppofé qu’on aifemblait les barres montantes dans les lommiers à tenons & mortaifes, c’eft pour expliquer comment on fait cette forte d’aifemblage 5 car pour l’ordinaire on fait des trous ronds dans les fommiers , qu’on perce à chaud avec un poinçon ; & l’on termine les barres montantes par des lardons ronds, qu’011 rapporte,-ou qui fe font comme les mor-t-aifea, avec une efpece de clouiere..Quand les rivures font bien faites, cet aflem-blage eft très-bon; &.il exige beaucoup moins-de travail & de précifion que les tenons & mortailès , qu’011 ne peut cependant fe difpenfer de faire pour les bâtis des,portes & panneaux,-comme nous le dirons dans la fuite.
- 273- Quand on emploie du fèr déux,-on peut faire les grilles comme nous venons de le dire ; mais comme les fers aigres fontmoins chers que les doux, on a coutume de les employer pour ces fortes d’ouvrages, qui confomment beaucoup de'fer,.&,qui n’exigent point des-opérations délicates& précifes : cependant , Ci l’on n’employait que du fer aigre., on aurait peine à percer les traverfes.; .ainfi les traverfes & les fommiers fe font en fer doux;.Il ferait aufti difficile de faire les tenons avec du fer aigre; c’eft pourquoi les ferruriers fendent le bout des barres de. fer aigre a(pL IF, fig. 13 ) & y rapportent un bout b de fer doux. Quand ce bout eft bien fondé avec la barre, elle eft terminée pan du fer doux,.avec.lequel on-peut faire les. tenons quarrés, ou les lardons ronds* comme nous l’avons expliqué ; & cet ouvrage eft prefque aufli bon que s’il était entièrement de fer doux avec des tenons (93 ),
- 274, ON*s’attache fur-tout à faire; régulièrement les tenons & Jet mortaifes; des barres,principales NE, IF, L G, HO, entre lefquelles font les barreaux-montans ^ (pLIF,fig. 5 ) ; & en rapportant le lardon de fer doux , on ménage un petit renflement dans les angles, pour donner plus de foîidité à l’affemblage.. Ces renflemens qu’on voit aux angles L G (:fig• S ) &c. font des efpeces de goufi-fets qui fortifient ces parties; & comme, on les fait avec du fer doux, on a-,, aux extrémités-des fommiers, de l’étoffe pour y-fformer de bons tenons. Il eft fur-tout eflentiel d’apporter ces attentions aux bâtis des portes & aux pièces-voifines des endroits où les portes font pendues, & aufti aux montans qui font, continuellement ébranlés par fe battement des portes.
- ( 9 V) Cette économie paraît très-mal en- c’eft' ce que-Pon dbitr fùr-tout recommander»' tendue : le travail-qu’exig© cette opération-, aux ferruriers < que leur propre intérêt fol»-anflhbien que le feu , &c. revient au ffi.cher licite, autant que celui de leurs pratiques qye fi Ton achetait d’abord de bon fer.; & àn’smploycr que de bonne marchand ife.
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- 27<f. Pour monter les grilles ordinaires, on commence par paiïer les barres montantes dans les trous des traverfes ; enfuite on met leurs tenons dans les mortaifes des Pommiers ; & ayant tout établi bien quarrément , 011 rive les barreaux fur les Pommiers, comme nous Pavons dit en parlant des grilles à hauteur d’appui.
- 276. S’il s’agit d’une porte, les Pommiers du haut & du bas, ainfî que les traverfes, Pont rivés Pur un fort barreau F I (pl- IF, jîg. f ) , lequel Pe termine en-bas par un pivot femblable à I, qui eft reçu dans une crapaudine , & par le haut il eft embralPé par un collet K; & le dernier barreau L G, eft rivé Pur le Pommier d’en-bas I L,& Pur celui d’en-haut G \ pendant que les traverfes , quand il y en a, Pont rivées par un de leurs bouts fur le montant F I & par l’autre fur celui LG, qui forme un chafiis dans lequel font les barreaux mon-tans.
- 277. S’il eft queftion d’une grille qui ferme une percée faite au mur d’un parc (pl.IF,fig. 14), le Pommier d’en-bas A A eft encaftré de toute Pou épaiifeur dans des tablettes de pierre de taille, Pur lePqueîles la grille repofe. Les bouts de ce Pommier, ainfi que l’extrémité de toutes les traverfes, Pe terminent par un fcellement comme E, & elles font fcellées dans les jambages de pierre de taille qui bordent la percée.
- 278- Souvent aux grilles à hauteur d’appui (pl. IF, jîg. f ), le Pommier d’en-bas n’eft point encaftré dans la tablette ; mais il y eft attaché de diftance en diftance par des crampons N ou O , qui fouvent enflent une boule, comme on le voit en M.
- 279. Quand les grilles ont une certaine longueur, on les fortifie par des arcboiîtans (pi. IF, jîg. 9, ro). On en met Pur-tout aux barreaux qui reçoivent le battement ou qui fuppdrtent les portes; & les uns, comme Q_ (fig. 9 ) , Pont arrêtés au barreau montant par un collet, & fcellés par en-bas dans un dé de pierre ; d’autres ( fig. 10) font joints au barreau par un lien S, & lont liés par en-bas au moyen d’un autre lien T au Pommier T Y , lequel eft fcellé dans la pierre par un crampon X ; & le Pommier X T Y embrafle le barreau montant par un enfourchement qui eft en Y.
- 2go. Au-dessus de la dernieretraverfe E (pL IF, fig. 14), on termine les barres montantes en pointe ou toutes droites D , ou en flammes ondoyantes comme F. Quand on ne veut point interrompre cet ornement au-defliis des portes, on rapporte ces pointes Pur une barre qui forme le delfus de la baie de la porte.
- 2gi- Nous avons dit que les portes roulaient par en-bas Pur un pivot dans une crapaudine I (pl. IF, jîg. f), & que parle haut elles étaient retenues par un collet qui fait l’elfet d’une bourdonniere. Ce collet Pe fait de différentes façons : c’eft ce qui nous refte à expliquer. Les plus folides font faits par un morceau
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- de fer courbé en anneau A (pi I^^fig- 10 } les deux bouts de ce morceau de fer fe réunifient pour faire un fort tenon B qui entre dans une mortaife qu’on fait au barreau C ; ce tenon eft rivé en B 9 & goupillé en D : cela eft plus bolide que la fîmple bride K (fig. 5 ).
- 282. Quand on fcelle des grilles dans i’embrafure des croifées, on n’ap-pointitpas le bout D des barres (pl,IV,fig. 14) 5 on les fait entrer dans des trous qu’on fait à la plate-bande du haut, & on fcelle dans les jambages les bouts E B des traverfes cSc le bout A du fommier d’en-bas.
- 283. Quelquefois » pour jouir de l’appui des croifées, & pouvoir apper-cevoir ce quifepaiïê au-delîous des croifées , 011 plie les barreaux montans G H, en E F (fig. 16)-, de forte que la partie d’en-haut des barreaux montans eft dans I’embrafure des croifées , pendant que la partie baffe depuis F jufqu’àH fait faillie en-dehors : ce qui oblige de couder le bout d u fommier A , ainfi que l’extrémité de la traverfe E, afin de regagner le dedans du tableau, où l’on doit les fceller. C’eft pourquoi on termine toutes ces parties par un fcellcment. Enfin 011 fcelle le haut des barreaux montans dans les pierres de la plate-bande du haut de la croifée , ou bien on les termine en pointe comme D (fig. 14 ) j ou encore on replie les pointes en-dedans vers la croifée , comme K G (fig. 16).
- 284. Les grilles des parloirs des religieufes font faites de deux façons : les unes le font avec des barres parfaitement équarries;& 011 affemble les traverfes avec les montans, en entaillant les unes & les autres aux endroits où elles fe croifent, de la moitié de leur épaiffeur 5 de forte qu’elles s’arrafent en-dehors & ên-dedans. O11 perfectionne les entailles à la lime, on joint les montans avec les traverfes aux endroits où ils fe croifent, au moyen des goupilles arraféesi& quand cet ouvrage eft bien exécuté, on n’apperçoit point les joints.
- 28f. D’autres grilles de religieufes font faites avec des barres rondes, tant pour les montans que pour les traverfes. Elles fe fontprécifément comme les grilles dont nous avons parlé d’abord, excepté qu’on perce les traverfes avec un poinçon rond, & on fait de petits nœuds bien arrondis.
- 2g6. On fait encore des grilles qu’on nomme entrelacées (pl. IV, fig. 17 ) ? parce que tantôt les montans paffent au travers des traverfes, & à d’autres endroits les traverfes paifent au travers des montans ; mais ce ne font pas des ouvrages ordinaires. Ces grilles font plus difficiles à faire que les autres, fans être meilleures. On leur attribue cependant un avantage, mais'qui eft bien peu confidérable : on dit que fi un montant de grille de fenêtre ou de foupi-rail de cave était aflemblé à tenons en-haut & en-bas, ce qui fait le plus folide ouvrage des grilles communes, on pourrait tirer un barreau de place lorfqu’on aurait coupé les tenons du haut & du bas ; au lieu qu’après avoir coupé près des deux bouts un montant des grilles entrelacées, l’entrelacement empêcherait qu’on ne tirât le barreau.
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- 287. D’abord nous ferons remarquer que dans les'grilîes ordinaires s î’ap-pui empêche qu’on ne tire ies barres ou montans , & qu’on les dégage des'tra-verfes lorfqu’ily en a. D’ailleurs , cela ne ferait favorable à cette difpofit^on des montans que quand 011 aurait befoin de fes ôter en entier j 8c les voleurs trouveraient aifez de palïage au travers d’une grille entrelacée, après avoir ôté la partie d’un montant qui ne reçoit point de traverfe. £7eft ce que l’on comprendra a-ifément en examinant la figure îj ^ q{\ à la partie cc±dd, ce font les traverfes qui paffent dans les montans ; & à la partie T T V V, ce font les montans qui paffent dans les traverfes : & avec un peu de réflexion-, on concevra comment s’alfemblent ces fortes de grilles 5 c’eft â quoi fe réduit tout ce qu’elles ont de particulier*
- 288- Jousse , qui s’eft attaché dans fon livre à ne rapporter que ce qui lui paraiffait de plus difficile dans fon art, a repréfenté deux de ces fortes de grilles. Dans un quarré qui eft au milieu delà première, il y a ajufté la figure d’un nom dejifus, qui eft fondée à une des traverfes j mais c’eft un ornement indépendant du travail propre à cette grille, qui au refte eft la même qu’on a repréfentée (fig. 17), & femblable à 1111e que j’ai vue & démontée à Breft.
- 289. L’autre grille que Joulfe a repréfentée, a cinq quarrés garnis de fleurons, & abien plus d’entrelacemsns que la première : les montans y font plus lacés avec les traverfes ; mais pour faire ces entrelacemens, il fautbrifer des montans & les fouder enfuite. Or, quand on voudra profiter de cet expédient & employer le tems nécelfaire pour l’exécuter, on entrelacera, tant qu’on voudra , les montans avec les traverfes.
- 290. Nous allons maintenant traiter des grilles qui font faites de fers contournés & roulés, & qui pour cette raifon fortent de la fimplicité de celles dont nous venons de parler.
- Article IIL
- Des grilles ornées par les feuls contours du fer , & des différentes maniérés de rouler
- le fier ou d'en former des volutes , que les ferrdriers nomment des rouleaux 5 avec
- les différentes façons de les affembler.
- 291. Dans les ouvrages de fer où l’on veut fortir de la fimplicité des barres droites dont nous avons parlé dans l’article précédent, comme font les grilles qui fervent à la décoration des églifes & des autres grands édifices ,Mes balcons des maifons particulières, la plupart des rampes des efcaliers un peu confidé-rables, tous ces ouvrages font plus compofés que ceux dont nous avons parlé ; ils exigent plus d’adreife , & ils ne pourraient être exécutés fans des précautions & des induftries particulières.qui méritent d’être décrites.
- 292. Comme il ne s’agit point encore d’ouvrages très-riches, la plupart
- des
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- ART DU SERRURIER.
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- des ornemens dont nous nous propofons de parler, & qui efFe&ivemént font très-agréables, fe réduifent à des contours qu’on donne aux barres de fer, qu’on fait varier d’une infinité de maniérés* mais dans ces contours on emploie très-frequemment les volutes : on les appelle dans la ferrurerie du fer roulé, & on nomme un rouleau (94) une barre de fer contournée en volute, telle que A & B (//. IV, fig. 18 ) *• on voit que le panneau de ferrurerie ( fig. 19 ) reçoit fon principal ornement de quatre rouleaux A B C D, les parties E F étant du fer droit.
- 293. Ces parties de ferrurerie font faites tantôt de fer en barre qui eft communément du carillon , & tantôt du fer en lame qui a été applati par les cylindres des applatilferies, qui donnent à ces lames une forme bien régulière, fur-tout quand elles ont pafle plufieurs fois entre les rouleaux. Quand les ferruriers ontbefoin,pour certaines parties, de fer d’un échantillon qui nefe trouve point dans les magafins, ils les étirent & les applatiflent eux-mêmes dans leurs forges avec leurs marteaux ; mais fi ce travail était beaucoup répété, il augmenterait confidérablement le prix de l’ouvrage. Aifez fouvent il entre dans une même grille ou dans un même balcon du fer quarré ou du carillon, & du fèr applati ou en lame. Le deflin exige quelquefois qu’011 emploie de l’un & de l’autre fer , & les parties qui font en fer applati exigent bien moins de travail que celles qui font en fer quarré * mais comme elles ont moins de force, on a l’attention de mettre du fer quarré aux endroits qui courent plus de rifque d’être rompus. D’ailleurs, les ouvrages qui font faits en fer quarré ont toujours l’air plus mâle & plus fatisfaifant à la vue que ceux qui font faits avec du fer en lame.
- 294. Le ferrurier commence par tranlporter le defiin qu’il a imaginé, o» qui lui a été fourni par l’architede, fur une grande table de la même grandeur què l’ouvrage doit être, afin de s’épargner la peine défaire des réductions, & principalement pour qu’il puilfe préfenter fur le defiin les pièces à mefure qu’il les travaille, pours’alfurer s’il les exécute régulièrement* au refte ce de£ fin confifte dans un fimple trait, les ombres feraient inutiles.
- 29f. Si la grille devait être plate & formée d’une répétition de panneaux femblables, tels, par exemple, que.celuipl. IV, fig. 19 , il fuflîrait d’avoir un defiin de ce panneau, ou d’une partie, pour faire tout le refte.
- 296. Mais comme ordinairement on fépare les panneaux femblables par d’autres qui forment des elpeces de pilaftres, il faut avoir deux patrons, un pour les panneaux, l’autre pour les pilaftres.
- 297. Lorsque les grilles forment un rampant, comme aux efcaliers,ii faut que le patron fuive le rampant, au droit des quartiers tournans * il fout
- (94.) En allemand, SchnorkeU Tome VI.
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- que le deffin foit fait fur une furfàce convexe qui fuive les contours du limon , parce que dans tous ces cas il faut que la difpofition d#s enroulemens change beaucoup. C’eftlà où l’on reconnaît les ferruriers qui ont du goût : car il faut que ces parties foient conformes au deffin courant, quoiqu’on foit obligé de beaucoup changer le contour de toutes les parties qui le forment ; & il y a quelque difficulté à y parvenir fms eflropier le deffin. Les habiles ouvriers parviennent cependant à varier toutes les parties de leur ouvrage fans que rien paraitfe rompu. Nous rapporterons dans un inllant comment ils s’y prennent pour fe tirer de ce petit embarras. Il faut encore que le patron fuive le bombement d’un balcon , fuppofé que ce balcon fût bombé ; mais on doit fur-tou: avoir foin que tous les montans s’élèvent perpendiculairement : fans quoi la grille ferait ditïbrme quand on viendrait à la mettre en place. Par exemple, il faut que dans la rampe (pl.IV, fig. 20) , les fommiers C C & B B foient bien parallèles aux limons de l’efcalier, & que les montans B C fe trouvent bien à-plomb, quand la grille fera en place. Les entre-toifes horifontales F doivent être parallèles aax fommiers , & les verticales GG doivent fe trouver à plomb ou parallèles aux montans B C. Sans ces attentions, l’ouvrage n’aurait rien de fitisfaifant ; il choquerait immanquablement tous ceux qui auraient le coup-d’ocil un peu jufte.
- 298- Comme les ferruriers font affervis à fuivre le|s contours que les charpentiers ont donnés aux limons, ils relevent ces contours avec du fer en lame paré , mince & bien recuit, qu’ils appliquent exaélément fur le limon j & c’eft furie contour de cette barre qu’on divife les panneaux & les pii aftres, comme nous l’expliquerons dans un inftant.
- « 299. A mefîire qu’on a contourné les pièces, on les préfente fur le patron , & on les reélifie quand on s’apperçoit qu’elles n’en fuivent pas exactement les contours.
- 300. Comme dans toutes les grilles & les balcons il y a toujours plufieurs pièces de fer qui font roulées de la même façon,le ferrurier commence par préparer une efpece de moule , fur lequel il courbe les pièces qui doivent être fèaiblables.Ce moule, qu’011 appelle un faux rouleau (9$), eft un barreau auquel on fait prendre le contour qu’on veut donner à un nombre de pièces femblables ; mais afin que les faux rouleaux (/>/;//', fig. 21 ) confervent leur figure, on les rive quelquefois en plufieurs endroits fur une forte barre platess9 & cette barre fert à les faifir dans l’étau. D’autre^ fois le faux rouleau efl terminé par un crampon qui entre dans* le trou qu’on fait fur l’enclume pour Recevoir une fourchette ou une tranche. Lorfqu’on travaille de gros fer, on attache quelquefois , le faux rouleau fur un gros billot de bois 5 mais dans l’un
- (95) En allemand, ein moddl zu fdmôrkcln»
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- ou l’autre cas il faut toujours que le faux rouleau foit horiFontal : il ferait difficile d’en faire ulage, Il on lui donnait une autre pofition.
- 301. Quand on veut rouler un barreau, on lui donne une bonne chaude, 0$ recourbe dans l’étau avec le marteau celle de fes extrémité s.qui doit faire le centre ou lanaiifance de la volute ; en un mot, on forme avec le marteau les plus petites révolutions de la volute a b c'd e^pl.'IV, fig. 22 ) d’abord comme t, en-fuite comme b. On engage enfuite l’extrémité de la plus petite révolution du faux rouleau dans l’angle que forme le petit commencement de la volute, puis ou tourne peu à peu le barreau de. fur les révolutions de ce faux rouleau , & ouïe force à s’y appliquer exaélement par les griffes (pl. I,fig. 27). Si le barreau s’élève trop, on le force à s’abaifler dans le faux rouleau avec le tourne-à-gauche; s’il fe gauchit, on le redrelfe avec le tourne-à-gauche ou les fourchettes*
- 302. Comme il faut que le fer foit flexible , on le met de tems en tems au feu; mais à chaque chaude, avant que de le remettre dans le faux rouleau, quelques-uns trempent dans de l’eau la partie qui a été roulée, pour qu’elle ne fe déforme pas. Cette pratique n’eft cependant pas bonne ; l’eau fait ouvrir le fer & le déforme : d’ailleurs, fl le fer était acérain, il fe tremperait, & on ne pourrait plus le forer ni le limer; & fans le tremper dans l’eau, on parvient à faire fuivre l’enroulement au fer qu’on travaille. Q11 conduit donc fucceffive-ment la barre fur chaque tour du faux rouleau, jufqu’à ce qu’elleies ait enveloppés tous, & qu’elle ait été appliquée exactement fur chacun deux. Nous avons déjà dit que, pour faire entrer la barre dans le faux rouleau, pour faire-qu’elle s’applique exactement fur tous fes contours, & qu’elle ne l’excede point par en-haut, on fe fert de diflérens outils.qui étantaflezlongs fourniffent au forgeron un levier qui augmente beaucoup fa force : au relie il y en a de différente forme, mais en général ce font des efpeces de crochets qui peuvent embrafler en même tems la barre &le faux rouleau (pl. I ,fig. 27). Au bout des barres il y a deux dents.
- 303. Quelques-uns de ces outils qu’on nomme tourne-à-gauche (96), ont leurs deux bouts recourbés & ramenés parallèlement au corps de l’outil dans une longueur de deux ou trois pouces, comme 011 le voit pL I, fig.zy.lh fervent, comme nous l’avons dit, pour dégauchir la barre. Les autres ne font, comme on le voit, recourbés de la forte qu’à un de leurs bouts ; leur autre bout eft recourbé à angle droit; & à quelque diftance du coude, on a fbudé une piece de fer qui égale la partie recourbée, & qui lui eft parallèle, formant toutes les deux enfemble ideux dents qui ont fait donner à ces outils le nom de griffe. Une dent porte fur le faux rouleau, l’autre fur la barre, & leur ufage eft d’obliger la barre à s’appliquer fur les révolutions du.faux rouleau.;
- (96) En allemand, Sprunggabdn.
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- d’autres, comme { (pl. IV, fig. 23 ) ont un de leurs bouts fourchu', & leur ufage eft de redrelfer le fer quand il prend un faux contour, & quand une de fes faces ne s’applique pas fur le faux rouleau. Suivant la grolfeur des. fers qu’on travaille, 011 fe fert de griffes plus ou moins fortes & plus, ou moins longues.
- 304. On voit aux extrémités des barres (pl. IV, fig. 22) des rouleaux plus ou moins avancés, & ceux fig. 18 font finis. On voit encore (pl. IV, fig. 21) un faux rouleau d’une autre forme; car il faut en avoir de bien des formes différentes fui vaut les différens contours qu’on veut faire prendre aux rouleaux. On forme les arcades (pl- IV, fig. 24) fur une efpece de faux rouleau,’ ou plutôt fur un mandrin; il porte à fa partie convexe une petite cheville qui doit entrer dans un trou qu’on a fait au milieu de la barre qu’on veut tourner en arcade ; on faifit la branche dans un fort étau ; &, fur la partie convexe, on contourne les barres qui doivent faire les arcades.
- 305. Quand les ferruriers n’ont pasbefoin d’un grand nombre d’eiiroule-mens de même forme & de même grandeur , ils favent fe paffer de faux rou^-leaux : plufieurs même ne s’en fervent jamais. Pour cela ils mettent dans l’étau , ou encore mieux dans un trou qu’on a pratiqué fur la table de l’enclume, une fourchette A (pl. IV, fig. 2^ '). Ils engagent dans cette fourchette le barreau qu’ils veulent rouler ; & au moyen d’une’ griffe à dents ab, ils obligent le fer de fe rouler. Cette méthode exige plus d’adreffe que le faux rouleau ; mais il y a d’habiles ouvriers qui contournent ainfi leur fer avec une régularité’furprenante. Il y a même quelques circonftances où l’on ne peut le fervir ni de faux rouleaux, ni de griffes , & où l’on eft obligé de rouler le fer avec le marteau , en frappant à peu près comme fi l’on voulait le refouler.
- 306. Très-souvent les rouleaux terminent des barres droites, comme on voit les. rouleaux D C H aboutir aux parties droites E F (pl. IV, fig. 19 ). La même chofe fe voit aulïi au bas de la figure. 24, pl. IV. On ne fonde pas les rouleaux au bout des parties droites en E ou en F : il faut ftpnc faire des retours d’équerre-en E & en F. Pour que ces angles foient bien formés , il eft nécelfaire de ménager de l’étoffe en ces endroits. Si l’on travaille fur du fer quarré, ou peut en refouler le fer pour le rendre plus gros aux endroits où l’on doit former les angles ; mais fi l’on travaille fur du. fer plat, on ne peut.pas fe difpenfer d’y fouder un nforceau de fer doux.
- 307. Pour donner plus de grâce aux rouleaux , on a coutume de diminuer un peu l epaiffeur du fer a mefure qu’il approche des petites révolutions des' volutes ;& fi ces premières révolutions font Paillantes & très-rapprochées les unes contre les autres, elles.font une maffe : on évide cet endroit avec le burin & la lime, & on fait la rainure de la volute aux dépens du,fer, ce qui augmente confidérablement le travail.
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- 308. Quelquefois il part d’une même volute deux branches qu’011 roule dans des fens diiîerens, comme on voit dans la figure 2^,pl IV, les deux branches a d c & c b de la volute d. En ce cas on foude deux barreaux A B l’un avec l’autre ; une partie fait le rouleau, l’autre partie fe contourne commet, & la troifieme partie comme b: de cette façon un habile ouvrier peut faire toutes les polies d’un feul morceau, fans être obligé d’employer ni liens ni rivures ; mais par cette méthode le fer n’eft point évidé jufqu’au fond de la volute; & l’ouvrage deviendrait bien plus conlidérable, li on voulait l’évider au cifeau. Pour que la volute foit évidée à la forge comme A (pl. V, fig. 2), on forme deux talons qu’on foude. à plat, comme on le voit en B (pl. V,fig. i ). La partie a de h figure 2 effc faite du barreau a ( fig. 1 ) ; la volute b ( fig. 2 ) eft faite de la partie b (fig.. 1 ) , & elle eft formée au marteau; enfin la partie c (fig. 2) eft faite de la partie c (fig. 1 ). Pour joindre la partie efig, avec la partie abc, 011 fait une foudure en d.
- 309. Quelquefois il part trois rouleaux drun même endroit; pour cela on forme trois talons aux barres abc (pl. V, fig*%) ; le talon de a eft foudé avec le talon de b, 81 ces deux talons avec celui c; le rouleau a (fig./\.) eft formé par la barre a (fig. 3 ) ; le rouleau b (fig. 4) , par la barre b (fig. 3 ) ; 8c le rouleau c (fig. ^, par la barre c (fig. 3 ). Mais il faut être bon forgeron pour faire ces fortes d’ornemens..
- 310. Quand les pièces ,. foit droites, foit roulées, dont les grilles doivent être faites, font forgées, on fonge à les affembler ou à les réunir de façon qu’elles faffent un tout pareil au deiîin que la grille doit avoir. Ces alfemblages fe font de quatre maniérés : ou par des foudures, ou à tenons & mortaifes, ou avec des rivures ou par des liens. Les parties EF du panneau (pl. IV, fig. 19) font fondées en K ; ai-nfi les deux enroulemens A B avec l’entretoife qui les lie FE, forment un membre d’ornement qu’il faut réunir avec l’autre qui eft pareil & préparé pour remplir le panneau. Les montans GG s’affemblent à tenons & mortaifes, comme nous l’avons expliqué en parlant des grilles fimples.
- 311.. Pour faire les affemblages à rivure , on perce les deux pièces, dans les endroits où elles doivent fe toucher, comme en I (pl. IV7fig. 19 ) , & on fait entrer dans ces deux trous une goupille de fer doux qu’on rive par les deux bouts ; e’eft ce qu’on nomme une rivure. La quatrième maniéré d’affembletefi par des liens qui embraffent les deux pièces qu’on veut réunir; entre ces liens, il y en a de fimples H (pUV,fig. 19), & d’autres qui font ornés de moulures N (pl. IV,fig, 24)-: ces derniers contribuent à la décoration de l’ouvrage.. A l’égard des affemblages à tenons & mortaifes, nous n’avons rien à ajouter A ce que nous en avons- dit à l’oGcafion des grilles les pluslimples ; nous y rem-voyons donc entièrement.
- 3 L2- Nous, ferons remarquer feulement que la baluftrade (pl: IVt fig. 24}
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- eft aflemblée avec des rivures en f, & par des liens ornés en N.
- 313. Pour ce qui eft de l’aifemblage à rivure,' comme la principale opération confifte à percer les trous aux endroit^ où doivent entrer les goupilles , nous n’en parierons pas non plus, parce que nous avons fatisfait à tout ce qu’on peut deiirer, à l’endroit où nous avons expliqué les différentes maniérés de percer le fer à froid & à chaud. Il nous fufïira de faire ici les trôis réflexions fuivantes. i°. E11 général, pour qu’une rivure tienne bien, il faut\, quand on a mis fa goupille dans le trou, donner au fer qui l’embraffe quatre coups de langue de carpe, pour ferrer le trou contre la goupille ; enfuite on forme la rivure. 2°. Quand la rivure fe trouve dans certains endroits d’un rouleau , comme vers les premières révolutions, la goupille ne peut être frappée imraé*-diatementpar le marteau : alors, pour fe procurer un point d appui aflèzfolide pour que le bout de la rivure où le marteau ne peut atteindre fe rebroufle , on pâfTe un morceau de fer coudé qu’on appelle unpo'mçon coudéÇpL V, fig. f ), de façon qu’il recouvre le trou qui eft dans la révolution du rouleau, afin que le bout de la rivure fur lequel 011 ne peut frapper rencontrant le morceau de fer , fe rive ; & on achevé de perfectionner cette rivure en frappant fur le poinçon coudé, pour qu’il agifle fur le bout de la rivure. Quand il eft poffible d’entrer la rivure par l’endroit où le marteau ne peut atteindre, on commence par faire une petite tête à la goupille. Il faut toujours que les goupilles foient de fer doux. 30. Quand deux pièces 11e fe touchent pas exactement, on les joint quelquefois par une rivure qui porte à fon milieu une graine ou boule. 4**. O11 fait encore des rivures qu’on nomme prifonnurs. Pour cela, on fait dans une barre de fer ou une plate-bande un trou qui ne perce que de deux lignes, & 011 elfaie que ce trou foit un peu plus large au fond qu’à fon entrée, ce quife peut faire en balançant un peu le haut du foret ; mais de plus on rétrécit l’entrée du trou avec la langue de carpe ; on met dedans un lardon , au bout duquel 011 a fait une petite tète. Quelques coups de marteau fur le bout de ce lardon, & qublques coups de langue de carpe auprès, fuffifent pour le river aflez dans le trou, pour qu’il n’en puilfe fortir ; &les coups de marteau qu’on donne en-fuite fur l’autre bout pour le river, ne peuvent qu’augmenter l’adhérence du lardon.
- 314. A l’égard des liens les plus ftmples, qui ne peuvent fervir que dans les endroits où les pièces fe touchent comme H {pl. IF, fig. 19 ) , ils tiennent lieu des rivures, & ne leur font pas beaucoup préférables. Ils font formés par une pièce qui porte deux petits tenons traverfant une petite piece quarrée qui les lie, & fur laquelle 011 les rive j mais il y a des pièces qu’on lie enfemble, quoiqu’elles ne fe touchent pas : les ouvrages ornés de rouleaux en donnent fréquemment des exemples. On en voit un en N (pl. F, fig. 24)5 la piece qui embrafle & affujettit les deux pièces un peu éloignées l’une Üe l’autre, eft
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- appellée un lien,'Si maintenant prefque toujours un lien à cordon, à caufe[des moulures dont ils font décorés. On apprendra dans l’article où il s’agira d’é-tamper les ornemens , comment on forme les moulures fur ces fortes de liens. a a (pi. V, fig. 6) eft un morceau de fer étampé, & propre à faire un lien à cordon; b eft un cifeau propre à couper le cordon; c, un morceau de fer coupé pour faire un lien à cordon; il eft vu du côté de la moulure ; c-, le même mor-ceaifvu du côté plat ; c3, la piece qui avec la piece c2, fait le lien entier fembla-ble kc 4. Pour faire le corps du lien c ^ qui embraife les pièces qui doivent être liées, on y ajoute une fécondé piece qui fait la quatrième, & un des longs côtés du reétangle: celle-ci eftappellée la bride du lien: elle s’aflemble avec le corps du lien par les pieds à rivure du lien, ou de petits tenons. Dans les ouvrages propres, le lien dont nous venons de parler eft une efpece de boite c s fermée par-deflus & par-deffous, (vL P, fig. 6). On n’y voit point de vuide, il fem-ble entièrement malîjif, parce qu’on ferme le delfus & quelquefois le delfous du lien avec deux pièces minces c6, qu’on appelle les couvertures du lien: les uns les aiTemblent avec le cordon par des entailles & des tenons à queue d’a-ronde; les autres attachent deux petits étoquiaux près de chaque bout de la couverture, qu’ils arrêtent par de petites rivures qui paüènt au travers du cordon & dans les étoquiaux.
- 315. Les mâchoires des étaux ordinaires ne feraient pas commodes pour tenir les liens pendant qu’on les rive ; on les met dans une efpece de tenaille qu’on nomme mordache (pl. 1, fig. 20) , & on ferre lesmordaches dans l’étau ordinaire. Ces mordaches font formées de deux branches qui font jointes, comme les forces , par un reflbrt qui tend à les écarter , & par conféquent à ouvrir la mordache ; leurs deux bouts font coupés quarrément, mais entaillés de façon qu’il refteintérieurement à chaque branche une partie plate & fail-lante;ces deux parties {aillantes font une efpece de petite table ou enclume, fur laquelle porte la piece qu’on veut river: c’eft un point d’appui qui l’empêche de defeendre.
- 316. Souvent deux rouleaux ne font tenus enfemble que par une barre droite , aiTemblés par chaque bout avec l’un d’eux à tenons & mortaifes : ces pièces F(pl. IF, fig. 29) fe nomment des entre-toifes (97), terme que la ferrurerie a emprunté de la charpenterie & de la menuiferie, qui les emploient en quelques circonftances à peu près pareilles.
- 317. Il manquerait à la partie de l’art du ferrurier qui regarde les grilles, un article bien important, ft nous négligions d’expliquer comment on doit conduire le travail des rampes d’efcalier, & la façon de les mettre en place. Des ierruriers qui fauraient faire des grilles d’appui ou des balcons avec du fer
- -> (97) En allemand , SchlieJJen.
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- droit ou contourné, pourraient bien être embarralfés à faire & à mettre en place des rampes d’elcalier, s’ils ignoraient certaines pratiques qui fournii-îentdes moyens de faire fuivre à leur ouvrage les contours qu’exigent les limons, tant dans le fens horifontal que dans le vertical. Car nous avons déjà dit enpaifant, que les ferruriers font aliervis à fuivre les contours que les charpentiers ont donnés aux limons des efcaliers : quoique les habiles ferruriers parviennent à corriger une partie des défauts qu’ils apperqoivent danS les limons. Mais il faut fuppofer le limon^>ien conduit: en ce cas ils relevent avec une bande de fer en lame , parée , mince & bien recuite , les contours des rampes , en appliquant ce fer exactement fur le limon ; à quoi leur fervent beaucoup les tourne-à-gauche , & les griffes dont nous avons parlé , fur-tout aux endroits des quartiers tournans. Ce travail fe fait à froid, n’ayànt communément pour enclume qu’un billot de bois ou un grès; & comme cette lame eft de plaideurs pièces , on a foin delà couper dans les parties droites à l’approche des quartiers tournans.
- 318- Le charpentier doit avoir eu l’attention que la face fupérieure de fon limon 11e s’incline ni du côté des marches ni en-dehors, afin que la bande do fer plat que pofe le ferrurier, ne s’incline pas non plus ni d’un côté ni d’un autre : fans cette attention, il ne ferait pas polfible de monter la rampe, à moins que le ferrurier n’eût réparé par fon induftrie les fautes qu’aurait fait le charpentier.
- 3,19. On tranfporteà la boutique cette bande de fer qui eft de plufieurs morceaux; mais on fait à ces différens morceaux des marques de rencontre ou des repaires, parce qu’ils doivent s’ajufter les uns avec les autres pour donner les contours du limon.
- 320. C’est fur les contours de cette lame qu’on divife les panneaux & les pilaftres, ou les endroits où doivent fe trouver les barreaux montans qui iêrviront à former le bâti, foit que la rampe étant des plus (impies doive être formée de barreaux montans comme la baluftrade ( pl. IV, fig. j ) , ou d’arcades comme celles (pl. IV, fig. 24), ou de panneaux (pl. IV, fig. 29). Ce que nous nommons le bâti de la rampe, doit être formé par le fommier d’en-bas c c (fig. 29 ) , par le fommier d’en-haut B B ; & de tems en tems, fuivant le deffin, par des barreaux montans c B qui doivent entrer dans le limon, & donner de la foiidité à la rampe. Les montans c font terminés à leur bout d’en-haut par des tenons qui font requs dans des mortaifes que l’on fait au fommier d’en-hant B : au contraire,chaque partie du fommier d’en-bas eft terminée par des mortaifes qui embralfent des tenons qu’on pratique aux; moii-tansc. Ainfi le fommier d’en-bas doit être coupé vis-à-vis chaque montant c. A l’égard du fommier d’en-haut, on peut le couper où l’on voudra, à moins que ce ne foit une rampe à panneaux; car alors l’empattement qui joint les
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- .différentes pièces du fommier doit tomber fur un des barreaux montans.
- 321. Pour ce qui eft des rampes en arcades, qui ne font point interrompues par des barreaux montans comme la baluftrade à panneaux (pi. IV,fig. 29) , 011 attache le fommier d’en-bas au limon par de forts gougeons c (pl.IV, fig. 24) clavettes dans le limon : on en met de diftance en diftance, & le fommier d’en-haut eft retenu par des rivures qui font en D.
- 322. On fait à la boutique fur la lame de fer plat avec laquelle on a pris le contour de la rampe , le fommier d’en-bas qui doit être de fer quarré doux , ayant grand foin que ce fommier fuive exactement tous les contours de la lame à laquelle on a fait prendre ceux du limon.
- 323. Comme le fommier d’en-haut qui fert d’appui doit fuivre tous les contours de celui d’en-bas, & lui être parallèle dans toutes fes parties , on le contourne fur le fommier d’en-bas, qui alors fert de patron ; à l’égard de la plate-bande, on la contournera quand les panneaux feront montés à la boutique. On fait que la plate-bande eft une bande de fer plat, ornée de moulures. Nous dirons dans la fiftte comment on les fait fur une étampe. Il faut que le fommier d’en-bas ait une forme régulière ; lors même que le limon a des défauts, l’habile ferrurier fait les corriger. Comme 011 a marqué fur la lame qui fuit les contours du limon , la divifton des panneaux & des pilaftres , on coupe le fommier d’en-bas vis-à-vis ces marques, & on forme à chaque bout des tenons qui doivent entrer dans des mortaifes qu’on fait aux barreaux montans pour les recevoir.
- 324. Quand il y a des barreaux montans qui s’étendent du fommier d’en-bas au fommier d’en-haut, comme CB (pi. IV, fig. 29 ) , on fait enforte que les barreaux montans excédent le deifous du fommier d’en-bas de fix pouces, afin qu’ils entrent de cette quantité dans le limon , où on les arrête avec des clavettes : ce qui rend l’ouvrage très-folide.
- 32 v II faut que les barreaux montans foientbien à plomb : ainfi on conçoit que, pour que les tenons qu’on fait dans le fommier d’en-bas qui eft rampant, s’ajuftent exactement avec les barres qui doivent être à plomb, il faut faire une fauffe coupe. On la prend avec une fauife équerre que les ferruriers nomment fauterellc, qui fert aufli à faire régulièrement les tenons qui terminent les pièces du fommier d’en-bas , & les mortaifes des barreaux montans qui doivent les recevoir.
- 326. A l’égard des rampes à arcades, qui 11’ont point de barreaux montans, on ne peut fe difpenfer, pour prendre les fauiîes coupes dont nous venons de parler, d’y mettre des barreaux poftiches, qu’on ôte à mefure qu’on met en place les arcades ou les deflins courans.
- 327. Quand les fommiers d’en-haut & d’en-bas, ainfi que les barreaux montans, font faits, il faut les préfenter fur la place, pour s’affurer que tout
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- le bâti s’a}lifte bien ; car la perfection de la rampe dépend beaucoup de l’exac-titude qu’on a obfervée dans le bâti : aiufi, après avoir examiné fi. le fommier d’en-bas fuit exactement les contours du limon, il faut vérifier avec un fil à plomb, fi les barreaux montans font exactement à plomb, puis placer le fom-m.ier d en-haut, & s’affurer encore s’il eft bien parallèle à celui d’en-bas.
- 32g. Quand le bâti eft bien régulière ment établi, on peut compter avoir fait une partie çonfidérable de l’ouvrage -, car c’eft dans les. efpaces compris entre les deux fommiers & deux montans., qu’on doit rapporter des barres fimples, fi c’eft une fimple rampe femblable à la baluttrade (pLJV, fig. f ) ; ou des arcades, fi la rampe doit être dans le goût de la figure 24 ; ou d’autres ornemens comme ceux de la figure-19, pi. IV^ ou de la figure 29. Il faut donc, avant que de démontrer le bâti de la rampe pour la reporter à la boutique , fe mettre en état de le monter dans la boutique , précifément^comme s’il était .en place : pour cela on prend l’ouverture de tous les angles que les barreaux montans font avec les fommiers tant du haut que du bas. Qn pourrait prendre ces ouvertures avec une fauife équerre , & les conferver; mais, les lerru-ïiers s’accommodent mieux d’un petit inftrument qu’ils \\ommQwtgriffie (98) (pi. V>fig. 7): c’eft un petit barreau de fer qui porte une pointe acérée à chacune defes extrémités.
- 329. Ils numérotent leurs barreaux 1, 2 , 3, Scc. (pL V\ fig. 8), & la .petite griffefait l’office d’un compas à verge qui 11e change ppint d’ouverture y pour conferver l’ouverture de l’angle a , ils mettent une pointe de la -griffe fur le milieu du barreau montant 1 , & l’autre fur le fommier ; & avec fim pointeau ils font un petit trou aux endroits où répondent les pointes de la .griffe.-Pour avoir l’ouverture de l’angle b , ils. tranlportent de même la grilfe •du côté£, & ils.font une marque fur le montant & une fur le fommier ; ils
- font les mêmes, opérations fur les.angles c & d y de même fur les quatre angles -formés par la rencontre du barreau montant 2 , avec les. fommiers du haut .&.du bas, & de même fur tous les barreaux. Ils. démontent enfuite tout leur :bâti; ils le portent à la boutique.. Quand ils ont établi leurs, fommiers, & cquand ils ont mis chaque barreau à fa place, ils vérifient s’ils ont çonfervé leur même pofition relativement .aux fommiers, en repréfentant la griffe dans les. trous précédemment marqués tant fur les barreaux que fur les fommiers.
- 330. Le bâti étant ainfi exactement établi dans la même pofition où il -était en placé fur ie limon, il s’agit.de tranfporter entre les montans & les t fommiers- les -panneaux qui doivent les remplir : ce qui ferait bien difficile à iqui ne faurait pas, comment ioms’y prend pour qu’un deffiii qui remplit un
- quadre quarré en rempliife uii.qui eft: en dofange.. Mais.toutes les difficultés
- -j. .(9.3) En,allemandeine. Lthrt.
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- s’évanouiiTent, quand on connaît la méthode que fuivent les ferruriers. Four la faire comprendre, je fuppofe qu’on veut tranfporter le panneau abcd (pi. V, fig. 9) qui eft dans un bâti quarré, dans celui (fig. 10) qui eft en lofange ; il faut divifer les côtés ab Si dcen quatre parties égales, & les côtés ad Si b c en huit parties plus ou moins > Si tirer par ces points des lignes verticales parallèles au côté b c , & des lignes horiiontales parallèles au côté a b. Enfuite on divif'e de même la ligne a b de la lofange (fig. 4) , en quatre parties, & la ligne b c en huit. O11 tire par ces points les lignes verticales & ho-rifontales qui font marquées fur cette figure 10, qui fè trouve divifée en 1q-fange, au lieu que la figure 9 Feffc en quarré, Enfuite faifant répondre toutes les parties du defim de la figure 9 à lofange de la figure 10, le deilin fe trouve figuré comme il doit l’être, pour le rampant.
- 331. Les quartiers tournans (pL V, fig, 11 ), fe tranfportenttout de même fur la convexité d’un tambour qui a la même courbure que le quartier tour* nant : mais pour divifer en quatre ou en un plus grand nombre départies la cir-conférence de la courbe abc, on prend cette circonférence avec une réglé très-mince, qu’on plie furie tambour j & l’ayant redreflée , on divife fa longueur en quatre parties. Si l’on veut même tranfporter le ddïin avec plus d’exaêlitude, on multiplie les divilions, afin que les quarrés qu’on forme fin* le tambour foient plus petits ; car plus on fait les carreaux petits, plus on a de facilité pour tranfporter le defini du quarré dans la lofange, & d’une furfacs plane fur une convexe. Pour tracer fur le tambour les lignes horifontales, on fe fert aufli de cette même réglé mince qu’on applique exactement fur toutes les divifions de la ligne cd, Si de toutes les autres verticales qui lui font parai* leles. Les lofanges étant ainfi tracées fur la circonférence du tambour, on y tranlporte le deilin de la figure 9, comme nous l’avons dit en parlant de la
- figure 10.
- 332. On travaille alors toutes les parties qui doivent former le panneau , comme nous l’avons expliqué plus haut. On les affemble àmortaifes, ou par des rivures, ou avec des liens, & on perce des trous tant dans les fommiers du haut Si du bas que dans les montans, pour y affujettir les ornemens des panneaux j enfin on apporte à l’efcalier les panneaux tout montés pour les mettre en place. Il fe trouve certains efcaliers où dans les endroits des quartiers tournans les fommiers tant du haut que du bas approchent tellement de la pofî-tion verticale, qu’il ne ferait pas poffible d’y rapporter le défini en entier; en ce cas on retranche une partie du deflin, ou on y fubftitue quelques ornemens qu’on effaie^, qui s’écartent le moins qu’il eft poffible du goût des autres panneaux»
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- Article IV,
- Des ornemens Jîmples, qui fe font à Champs ou fur de petits tas..
- 333. Ordinairement le fer roule occupe la plus grande partie des panneaux des balcons & des grilles ; cependant il celle prefq.ue toujours entre ces. pièces de fer roulé d’aifez grands vuides qu’on remplit d’ornemens qui repré-fentent diverfes fortes de feuilles, de tiges ou de jets chargés de graines.. D’ailleurs les.montans & les traverfes qui forment les c.hafiis des panneaux font quelquefois décorés.de quarts de rond ou de moulures; & les plate-ban-des qui recouvrent les appuis des balcons, des balullrades d’appui & de& rampes, font toujours, ou prefque toujours, ornés de moulures. La plupart? de ces ornemens feraient très-longs à exécuter avec le burinle cifeau, la lime ouïe rabot; on les fait très-vite au moyen d’une efpece de moule dont nous avons déjà parlé au chapitre I, qu’011 nomme hampe, Comme je me fuis plutôt étendu fur la façon de faire les étampes que fur la maniéré d.’en faire ulage , je vais reprendre ce dernier point, & entrer dans.des détails fuffifans.
- 3 34. L’étampe (/?/•/,fig. 34 ) etl une pièce de fer épaiffe , chargée d’acier, où font formées en creux les moulures ou figures qu’011 veut exécuter en relief, & 011 fait en relief fur l’étampe les moulures qu’011 veut faire en creux fur l’ouvrage : c’eft une efpece de cachet qui imprime fon empreinte fur le fer chaud & attendri par le feu. Nous avons déjà vu faire ufage des.,étampes à l’occafion des tenons, &.des,tètes des,boulons, & nous,avons expliqué la maniéré de s’en fervir. .
- 3 3 ) • Les étampes les plus /impies , dont nous devons pour cette raifon parler en premier lieu, font celles qui fervent à imprimer des cordons des quarts de rond , des doucines & d’autres moulures fur des pièces longues &. droites. La même étampe-fert-quelquefois pour faire des ornemens de-différentes largeurs,, & même pour des ornemens de différente eipece s tout dépend des moulures & des différentes.cannelures qui y fontj’ormées.
- 336. Pour le fervir de l’étampe,,on l’alfùjettit fur la table d’une forte enclume ; enfuite on pofe fur quelques-unes de fes cannelures la partie de la barre qu’on veut ét-amper,.& qu’on vient de faire rougir à la. forge ; on frappe déifias, à grands coups de marteau ;,la barre eil forcée d’entrer dans les cannelures de l’étampe, &. d’en prendre la figure. En chauffant de même & en forgeant fur l’étampe füccelîivement toutes les parties d’une barre,. on lui donne d’un.bout à l’autre le même ornement.
- 337. Pour que les moulures foient formées bien régulièrementil'faut que les étampes lôient fermement alfujetti.es fur la table d’une forte enclume. On les y met tantôt en.long, & tantôt fuivaut la largeur de l’enclume ; celles.
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- qu’on place en long font moins longues que la table de l’enclume, & cependant elles font beaucoup plus longues que larges. Elles ont à chaque bout un crochet , & on palFe dans chacun de ces crochets une bride de fer ; on paiTe le milieu de ces brides dans les crochets de l’étampe , on ramene les deux bouts de chaque bride fous la table de l’enclume ; & comme elles font percées à leur extrémité , on retient les deux bouts enfemble par un boulon quipalfe dans les deux trous, & qui eft lui-même arrêté par une clavette.
- 338- Les étampes qui fe mettent en travers del’enclumê, font auflî plus longues que larges , & il faut que leur longueur excede un peu la largeur de Pendiiine: elles ont à chaque bout un crochet qui fe trouve hors delà table; deux bandes de fer, qu’on arrête fous l’enclume par le boulon qu’on paife dans les trous & qu’on retient avec la clavette , fuffifent pour aifujettir fermement cette écampe fur l’enclume..
- 3 39. Pour épargner un ouvrier , on place fouvent auprès de l’enclume fur laquelle l’étampe eft. attachée > une barre de fer verticale , dont le bout inférieur qui eft recourbé & pointu , enfonce dans le billot qui porte l’enclume ; le bout fupérieur de la même barre eft auiii recourbé , & il forme un crochet. Cette piece tient lieu d’un ouvrier; car en palfant le bout de la barre qu’011 étampe fous ce crochet,. elle eft ailujettie fur l’étampe, & le crochet l’empêche de fautiller après.chaque coup (99)
- 340. On recommence à frapper le fer qui repofe fur l’étampe jufqu’à ce que les moulures foient bien imprimées dans le fer ; & quand on travaille des ouvrages qui. demandent à être bien finis , 011 répare les endroits défectueux avec la,lime droite ou courbe & le. burin..
- 34.1. Il eft certainement avantageux d’a/fujettir les étampes fur la-table de l’enclume. Cependant cette méthode a des.inconvéniens : il fe détache né-çeiîairemeiit des écailles du. fer rouge qu’011 pofe fur l’étampe. Si on les y laift fait,. elles fe logeraient dans les creux de l’étampe, & empêcheraient que les moulures 11e fe formalfent ; ilfaut.les ôter avec un plumeau , ou en fouillant. Pendant ce tems le fer fe.refroidit : c’eft pourquoi on a bien plus tôt fait de ren-verfer l’étampe.. Cette raifon engage bien des ferruriers à ne les point attacher fur l’enclume & en les faifant plus pelantes , elles s’y tiennent alfez bien d’elles-mèmes pour qu’on puilfe forger, delfus le fer fur lequel on veut imprimer des moulures-
- 342. Quand.dans des cas particuliers & rares 011 11e peut pas fe fervir de Éétampe.,.l’ouvrage eft beaucoup plu§ long à exécuter & rarement aufti pur-
- ( 99 ) Ge procédé eft! trop long' & trop dans lë trou de l’enclume fur laquelle on compliqué. On fait à l’étampe un bouton travaille. Cette méthode des Allemands eft. d’.un pouce environ de longueur, qui entre infiniment plus court® & meilleure».
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- fait. Par exemple, pour faire une plate-bande qui aurait un quart de rond de chaque côté & une moulure au milieu,'il faudrait abattre à coups de mai*-; teau les angles des deux côtés fur une même face, achever de leur donner de; la rondeur avec la lime > & enfin, pour faire paraître une partie faillante entre ces deux quarts de rond, il faudrait forger une fécondé bande plus mince & plus étroite que la première, & l’attacher avec des rivets entre les deux quarts1 de rond. On trouve quelques anciennes grilles, où les plate-bandes font tra--vaillées de cette façon : apparemment que dans le tems qu’elles ont été faites , on ne connaiifait pas les étampes, qui d’une feule opération font des ouvrages bien plus parfaits, comme une baguette entre deux plate-bandes, des douanes , en un mot, toutes les moulures que les menuifiers font fur le bois avec leurs rabots.
- 343. Dans les ouvrages dont nous venons de parler, l’étampe fait prefque tout, &il ne relie fouvent rien où l’ouvrier puiife faire paraître fon adreifej on en a fait même où les moulures étaient encore mieux fuivies. Le fleur Gho-pitel, célébré ferrurier de Paris, avait établi fur la riviere d’Eifonne près Cor-beil, comme nous l’avons dit, un laminoir où une barre palfant entre deux rouleaux fur undefquels les moulures étaient tournées en creux, elle fortait ornée de moulures très-bien détachées. Ici la preflion des rouleaux faifaiù l’effet des coups de marteau pour faire entrer le fer dans l’étampe.
- 344. Il y a bien des ouvrages de ferrurerie où l’étampe n’eft pas d’un aufïï grand fecours. Elle 11e fert qu’à façonner de petites pièces qui par leur affem-blage doivent en forrher de confidérables : c’ell ce qu’on verra par les différentes feuilles dont nous allons parler. De toutes les efpeces de feuilles, celles dont les ferruriers font le plus d’ufage font celles qu’on nomme feuilles d'eau; elles entrent dans prefque tous les ouvrages chargés d’ornemens. En général les feuilles d’eau (pl« V, fig. 12) font beaucoup plus longues que largesî elles font pliées en gouttière jufqu’à quelque diftanqe de leur bout qui fe ren-verfe fur le dos de la feuille ; cette partie renverfée fe nomme la. lippe de la feuille ; enfin les bords de cette feuille font ondés : voici comment on les fait.
- 34^. Toutes les différentes formes qu’on donne à la tôle pour faire une feuille d’eau font comprifes fous la figure 12 & marquées de la lettres, à laquelle nous avons ajouté des chiffres pour les diftinguer; & les outils qui fervent pour faire ces feuilles , font compris fous la figure 13 , & déflgnés par la lettre t avec différais chiffres : ainfi des autres. On commence par forger un morceau de fer plat ou de tôle, on le coupe quarrément à un de fes bouts, & à l’autre il fe termine en pointe allez arrondie u 5 il a en largeur & en longueur de quoi fournir à l’étendue de la feuille qui eft plus ou moins grande. L’étampe fert ici à imprimer une nervure qui s’étend de toute la longueur de la feuille, & à renverfer la lippe, ou à donner une courbure arrondie au bout de la feuille.
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- 346. Cette étampe eft une piece de fer t1 (Jïg. 13 ) , dans laquelle eft ereufé un trou en demi-fphere; au fond de ce trou, 011 a ménagé une arête t2, propre à imprimer une cannelure dans la feuille ; on pofe fur le trou de i’é-tampe le bout de la feuille qui a été chauffé ; & pour l’y faire entrer , on a un poinçon ou bouterolle t3, dont le bout eft proportionné au diamètre de l’ouverture du trou ; il eft arrondi & comme divifé en deux parties égales par une cannelure proportionnée à l’arête du fond de Pétampe.j on oblige la feuille à entrer dans l’étampe en frappant fur la bouterolle ; fon bout u2-y prend une figure arrondie , pendant que la nervure y eft imprimée.
- 347. Quelques ferruriers- creufent la nervure & arrondiffent le bout de la feuille avec le marteau; alors leur étampe eft une barre de fer* 4, fur laquelle font deux parties plus élevées que le relie; l’une & l’autre font arrondies & leparéespar une cannelure; on fait le milieu du bout de la feuille dans cette cannelure, en frappant avec la panne du marteau. Cette méthode eft; bien plus longue que l’autre, & les feuilles u 3 ne font pas fi bien formées.
- 348. Toute la partie depuis la lippe u4 jufqu’à l’autre bout, doit être crev-fée en gouttière; on creufe cette gouttière avec une étampe t' qui eft en demi-anneau.# > & qui a une oreille jk à chaque bout. On ferre cette étampe dans un étau ; & avec la panne du marteau, on y fait entrer fucceffivement toute la longueur de la feuille jufqu’à la lippe..
- 349. Jusqu’ici la partie creufée en gouttière eft droite ou à peu près droite comme u*(fig. 12}; il faut la renverfer commet5; on lui fait prendre cette courbure en la battant à petits coups fur un petit tas fourchu *6.Les deux branches de ce tas font parallèles l’une à l’autre , & toutes deux ont une courbure approchante de celle qu’on veut faire prendre à la feuille. Le vuide qui eft entre les deux branches fert à conferver la gouttière ou nervure : on l’approfondit même lorfqu’on frappe immédiatement au-deffus de cette féparation. Par cette opération la feuille eft mife dans l’état repréfenté par u% ; il faut, pour la finir, onder fes bords comme le repréfentent u6 u7 : on forme ces ondes à petits coups de marteau fur de petits tas t7, qui étant minces, laiffent à l’ouvrier la= liberté de contourner les bords de là feuille comme il le juge à propos.
- 350. Les feuilles d’eau font, de toutes celles que font les ferruriers, les plus difficiles à exécuter ; celles qu’ils nomment fiuïlles de palmier font quelquefois un grand effet, quoiqu’elles foient bien plus aifées à faire. C’eft un 'grouppe de feuilles femblables à B3 ( fig. 14 ) qui font longues, étroites, pliées en gouttière jufqu’auprès de la pointe, & un peu çeintrées ; elles n’ont ni ondes ni nervures. Quand on a forgé & coupé une piece de fer plat ou de tôle B" de la grandeur & de la figure propre à être étampée, la feuille eft bientôt finie au moyen d’une étampe A2 qui reffemble à de grands cifeaux ; la partie recourbée £dt véritablement l’étampe ; le refte, depuis, le clou jufqu’au.bo ut, font des
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- leviers qui font néceifaires pour augmenter la preffion. Les deux parties recourbées ne font point* en taillant : l’une effc creufée en gouttière, & Fautré plus mince fe loge dans cette gouttière A3.'Quand Fétampe eft fermée , ces deux parties font ceintrées comme les feuilles de palmier doivent Fètre. On ouvre Fétampe, on pofe la piece de tôle toute rouge fur la partie creufée en gouttières en preifant l’autre partie de Fétampe on contraint la feuille de tôle à en prendre la forme comme dans un moule , & la feuille eft faite. On.raflem-ble plufieurs de ces feuilles, on les monte fur une tige B4, & on forme un grouppe D2 pour monter les feuilles & en former des branches. On fait paffer des rivets de diftance en diftance dans la branche principale B4 s le même rivet porte de part 8c d’autre plufieurs feuilles pour imiter en quelque forte la difpo-fition des feuilles du palmier.
- 3$ r. Les ferruriers font la plupart du terns les rivets avec de gros fils de fer. Ils enlacent quelquefois des branches de lierre ou d’olivier autour de celles de palmier, comme on le voit en D2. Les feuilles de ces branches E2 E3 E4 font encore plus aifées à faire : on en coupe les contours au cifeau , on les plie avec le marteau ,& on forme la nervure fur un petit tas t7 (/g. 12) qui a une nervure au milieu; on réunit plufieurs de ces feuilles fur une branche commune E5, & celle-ci fur une branche principale E7.
- 3 $2. Les ferruriers qui ont du goût & du deilin, varient d’une infinité de maniérés ces fortes de branchages ; ils y ajoutent des grappes de raifin E6, ils imitent même certaines fleurs , & enlacent les branches E7 ; mais la façon d’exécuter tous les ornemens , revient à ce que nous venons de dire ; avec de il petites différences , que perforine ne fera embarraffé de les imaginer.
- 3f3- Les graines entrent encore fouvent dans les ouvrages de ferrurerie. O11 donne ce nom à des boules pofées les unes au-deffus des autres , &qui vont toujours en diminuant de groffeur , de forte qu’elles femblent enfilées par une même tige qui fertde bafe à la plus groffe des graines ou boules, & quia un jet qui fort de la plus petite : le tout eft pris dans une même piece de fer , après qu’elle a été arrondie, terminée en pointe, en un mot façonnée au marteau & à la lime. Pour tailler les graines , on commence par les efpacer & par marquer d’une entaille jufqu’où chacune doit aller. Ces entailles fe font avec un cifeau dont le taillant eft circulaire, ou en portion de cercle. La féparation de chaque graine étant ainfi marquée, on les arrondit une à une par le moyen de deux étampes. La première , ou celle de deffous, s’arrête fur l’enclume , comme nous l’avons expliqué en parlant des moulures; elle eft creufée en gouttière , & elle a au fond une arête tranchante dont la coupe eft femblable à l’efpace qui doit être entre deux graines. La figure de la partie creufc de l’autre étampe qui doit être deflus , eft la même que celle qui tient à l’enclume ; mais elle a un grand manche de bois. La graine qu’on
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- veut arrondir fe pofe fur l’étampe de l’enclume, de forte que l’arête du fond de cette étampe entre dans l’entaille qui fépare les graines. On pofe de même au-deifus des graines l’autre étampe, un ouvrier frappe deiTus , & la graine fe moule dans l’une & l’autre étampe. On retourne à différentes fois la même graine dans les étampes; à chaque fois on frappe deiiiis, & elles font faites bien plus promptement & plus régulièrement qu’elles ne le pourraient être avec la lime.
- 354. Maintenant 011 emploie une méthode encore plus expéditive : car ayant des étampes qui portent quatre, cinq, fix graines, lorfque le morceau de fer eft forgé ,on étampe tout à la fois la file de graines précifément comme nous dirons qu’on fait les moulures auprès des nœuds des efpagno-lettes ; 8c par ce moyen toutes les graines font faites à la fois plus régulièrement que quand on les fait les unes apres les autres. Quelquefois le fil qui termine ies graines, eft droit, & quelquefois on le rend ondoyant for la bigorne.
- 3ÏV Gn a vu qu’on fe fervait très-avantâgeufement de certaines étampes, qu’on peut comparer aux clouieres, pour former les tenons. Les mandrins ioiit des eipeces d’étampes qui donnent la grandeur & la forme aux trous qu’on a commencés avec des poinçons ou des langues de carpe. On verra dans la fuite qu’on fait encore ufage des étampes pour donner des formes agréables aux têtes des vis, pour former les vafes qui décorent certaines fiches , pour les boutons, & dans plufieurs autres-circonftances.
- 3)6. On voit en O, fig. 15, & aux j%. 16 & 17, les outils dont fe fervent les ouvriers qui montent les ornemens, pour percer leur fer. O11 peut confulter ce que nous en avons dit au commencement de ce mémoire.
- 3 Ï7. On imite quelquefois aifez bien 8c très-aifément en fer, des fleurs na-’ turelles. Pour faire la tulipe, 011 découpe, pour faire les fix feuilles de la fleur, deux morceaux de tôle ; on fait un trou au milieu, 011 bat les trois parties fur un tas pour creufer chacune comme une cuiller; & formant fur un tas fourchu des rainures dont celle du milieu s’étend jufqu’à la pointe, & les autres s’étendent moins haut, on imite la forme des feuilles des fleurs des tulipes ; on met deux pièces pareilles l’une dans l’autre, pour faire les fix feuilles de la ' fleur. Quand 011 a attaché fur la tige C les feuilles qui font plus firoples & plus îiifées à faire que les feuilles d’eau, on paife l’extrémité d’en-haut de cette tige dans le trou qui eft au milieu de la piece de tôle découpée, qu’on a creufée & relevée comme nous venons de l’expliquer ; & quand 011 a rivé le bout de cette tige, 011 rapproche les feuilles pour en former la coupe d’une tulipe.
- 3<çg. La fleur du narciile eft formée de trois morceaux de tôle, une qu’on creufe fur le tas pour faire le baftin du milieu, & deux découpées pour faire les fix feuilles de la fleur, en les tenant plus arrondies que les feuilles des Tome F/. M
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- tulipes ; & les renverfant un peu par les bords, on monte au bout d’une tige ces trois pièces qui par leur aifemblage imitent alfez bien la fleur d’un narcifle.
- 3Ç9. Tous ces ornemens, comme on le voit, font aifés à faire, & ils fof-fiflent pour faire comprendre comment on imite les fleurs-de-lys , les grenades, &c. Mais il y en a dont l’exécution eft plus difficile. Nous allons en parler dans l’article foivant; & ce que nous avons à dire, jetera beaucoup de jour fur ce que nous venons d’expliquer d’une façon trop générale.
- Article V.
- Des ornemens de ferrurerie emboutis du marteau.
- 3 60. Les étampes que nous avons vu lî commodes pour former des moii-iures fur de gros fer, & même pour commencer des ouvrages plus délicats, comme font les feuilles d’eau , les étampes fi utiles en bien des circonftances ne font pas propres à faire de grands morceaux d’ornement ; elles ne font bonnes que pour imprimer des moulures fur des pièces maifives, ou pour mouler quelques efpeces de petites feuilles : encore avons-nous vu, en parlant des feuilles d’eau, qu’elles laiflent beaucoup de chofes à faire à Padrefle du ferrurier.
- 361. Les ornemens les plus légers, qui, quoique minces, ont beaucoup de relief & d’étendue, fe font ordinairement de pluiieurs morceaux. Par exemple , le rinceau Y (pL 18 ) eft compofé de trois fleurons.T" V"2 X2. On
- commence ces fleurons au marteau for des efpeces de tas ou tafleaux ; c’eft ce qu’on appelle des ornemens faits au marteau : on concevrait mieux ce travail, Ci nous expliquions ce que c’eft qu'emboutir ( 100 ) & réteindre ( 101 ). Mais.nous nous réfervons à traiter ce point intéreflant dans l’art duchauderonnier j il nous fuffit de dire préfentement que le taifeau eft une petite enclume qui fon-tient la piece pendant qu’011 la releve en bofle avec le marteau : ainli ces ornemens fe commencent à peu près comme nous avons dit qu’on finiilait les feuilles d’eau ; & c’eft de cette façon qu’on fait les plus grands morceaux dont les parties doivent être détachées & ouvertes , c’eft-à-dire, dont différentes feuilles doivent être fur difFérens plans. C’eft à quoi fervent beaucoup les rapports de différons fleurons, ce que l’on concevra aifément enfaifant attention que le rinceau Y eft compofé de trois fleurons. TVX montrent les trois morceaux de tôle qu’on a découpés ; & T2 V2 X2, ces morceaux de tôle travaillés & qui n’ont plus befoin que d’être affemblés pour faire le fleuron Y.
- 352. Presque tous les ornemens de ferrurerie font relevés au marteau. Cependant les ouvrages faits for le plomb font mieux finis s les côtes , les 11er-
- (100) En allemand , duftieferii .. (ici) En allemand , Wiedcrfcnimm.
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- vurcs , & les autres parties délicates des feuilles & des fleurons font mieux repréfentées : de forte qu’on fait au marteau les parties d’ornemens qui doivent être vues de loin: il ferait inutile d’v mettre un grand fini, on ne l’ap-percevrait pas j mais on travaillerait fur le plomb les ornemens qu’on doit voir de près, & dont on pêut confidérer tous les détails, fi on ne les faifaifc pas en fonte de cuivre : ce qui épargne de la peine & eft meilleur, parce que les fleurons relevés étant fort minces, ils font fouvent rompus lorfqu’on les met à portée de la main. L’inconvénient de la fonte en plufieurs endroits, eft qu’elle tente les voleurs, au lieu que les fleurons en fer ne font d’aucune valeur. On ne peut guère fe difpenfer de travailler fur le plomb les armoiries 8c les fupports, qui quelquefois repréfentent des hommes & des animaux, lorfi. qu’on veut qu’ils foient très-finis.
- 363. Tous ces ornemens fe font avec de la tôle, & on a grande attention de choifir la plus douce, comme eft celle de Suède. L’ouvrier la prend plus ou moins épaiffe, fuivant qu’il fe propofe de lui donner plus de relief, ce qui exige qu’il l’étende davantage ; mais communément il préféré la mince, parce qu’elle eft moins chere & plus aifée à travailler.
- 364. Quoique la tôle deSuede foit aflez du&ile, cependant elle ne P eft pas autant que l’argent & le cuivre : il faut que l’ouvrier la travaille avec plus de ménagement ; & comme elle fe durcit & s’écrouit fous le marteau, il faut de tems en tems lui donner des recuits ; car tous les ouvrages relevés fur le tas fe travaillent à froid : cependant fi l’on avait une grande quantité de petits fleurons à faire qui euffent tous la même forme, je croirais poflible de les avancer beaucoup à l’étampe. Pour cela il faudrait avoir deux plaques d’acier, une defquelîes porterait le defiîn en creux ,& l’autre en relief; on mettrait entre ces deux plaques la tôle rougie au feu ; & au moyen d’un coup violent » tel que celui que donne le balancier des médailles, le fleuron ferait imprimé, & il ne ferait plus queftion que de contourner les différentes parties fuivant l’intention du defîm.
- 36). Nous avons déjà dit que les defims de ferrurerie fe font de la grandeur que doit avoir l’ouvrage , & qu’on n’y trace que les traits fans ombres. On ponce le defiin des ornemens fur un papier qu’on découpe en fuivant tous les traits, & on colle le papier fur la feuille de tôle qu’on veut travailler.
- 366. Le contour étant ainfi marqué, le ferrurier le fuit avec un cifeau à froid, & il découpe fa tôle comme la été le papier qu’il a collé deffus. Ordinairement le tranchant du cifeau qu’on emploie pour découper là tôle, n’eft point quarré, mais un peu arrondi ; c’eft une efpece de langue de carpe.
- 367. Il faut, quand on defiine des ornemens pour la ferrurerie, avoir l’atd tention de choifir ceux qui peuvent être exécutés avec plus de facilité, & qui doivent faire un plus grand effet: c’eft pourquoi 011 ne deifine pas commu-
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- nément les feuilles que prefentent les végétaux. On en a imaginé qui ne ref-femblent guère à celles des plantes, que pour cette raifon on nomme feuilles d’ornemens, qui font fort découpées, & dont les bords fe contournent en dif-férens fens Y (pl. ) ; il faut donc que la tôle qu’on a découpée prenne
- différens reliefs , que d’une tige il parte différentes feuilles, que ces feuilles foient mifes dans différens plans, qu’elles prennent chacune différente convexité, qu’elles aient des nervures qui préfententun peu l’idée des vraies feuilles. C’eft là où fe montrent le goût & l’adreffe de l’ouvrier, talens qu’on ne peut acquérir que par un long exercice.
- 36"8* L’ouvrier qui veut travailler un ornement au marteau, fe place entre deux étaux. Dans l’un, il met différens taffeaux ou tas , comme nous le dirons dans un in fiant, & dans l’autre un morceau de bois ou de plomb. Les tas ou taffeaux E, F, G, H, I, K, L, M (fig. 19 ), font des tiges de fer acéré & trempé, d’environ un pouce de diamètre, & qui ont depuis deux jufqu’à fix pouces de hauteur. Ces tas different les uns des autres principalement par leur extrémité fupérieure qui fait le deffus des tas : les uns font faits comme les tètes des marteaux, & ont toutes les variétés des différentes tètes ; e’eft-à-dire, qu’il y en a de plus ou moins convexes : d’autres reffemblent aux pannes des marteaux; ils font minces par rapporta leur largeur, mais toujours arrondis en-deffus : enfin d’autres taffeaux font fourchus, ils fe terminent par deux tranches plus ou moiîiis écartées, & chacune plus ou moins mince. Les tas qu’on nommo, fendus, fervent pour faire les groffes nervures ou côtes ; ce font celles qu’on travaille d’abord, & qui fervent à guider pour les autres ; la largeur de la fente du tas détermine la groffeur de la nervure. On appuie la tôle fur le tas dans l’endroit où doit être la nervure, on frappe avec le marteau fur la fente du tas, & il fe forme un fillon qui marque la nervure ; & quand on veut faire des nervures plus fines, 011 prend des tas dont les fentes foient plus étroites.
- 369. Les fines nervures fe font, ou fur l’arète d’un tas ,'ou fur un tas formé comme la panne d’un marteau. Plus le tas eft mince, plus la nervure eft fine ; car pour former les nervures, 011 frappe à droite ou à gauche aux deux côtés du tas. Si l’on veut relever en boffe le milieu d’une feuille, on fe fert de tas de différentes groffeurs, dont la tète eft arrondie.
- 370. Il ne fuffit pas d’avoir des tas de différentes groffeurs & figures, il faut aufti avoir des marteaux de différentes formes. L’ouvrier choifit, fuivant fes différentes intentions, les marteaux qui luiparaiffent les plus propres à remplir lès vues.
- 371. Mais pour donner certaines rondeurs ou certaines courbures aux feuilles entières, on le trouve très-bien de fubftituer aux tas ou taffeaux, des morceaux de bois ou de plomb, fur-tout pour former des concavités. On donne cette forme au bois, mais le plomb la prend par les coups de marteau qu’on
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- donne fur la tôle ; on appuie deflus la tôle, & on la forge avec un marteau à tète ronde : le bois ou le plomb cede aux coups des marteaux, & la tôle qu’on frappe deflus en prend d’autant mieux la courbure qu’oil veut lui donner; ce qui fait que le plomb eft préférable au bois, parce qu’étant plus ductile , il obéit mieux aux coups de marteau, & encore parce qu’à chaque coup de marteau on change fa figure, & on lui fait prendre celle qu’on defire. De même pour faire le fleuron Q_Q_P (fig. 20 ) on découpe la piece de tôle N pour faire le milieu P du fleuron; les pièces de tôle OO font deltmées à faire les fleurons de côté QO. Comme les extrémités de ces fleurons ^ s ont beaucoup de revers, il ferait difficile de les prendre dans le même morceau ; on travaille à part les dif-férens revers R S" Sz, qu’on rapporte enfuite avec des rivets. On les voit en place au fleuron Q_QJP, ils font marqués des lettres rs s.
- 372. Le vafe (7%. 21) eft compoîe de l’aflemblage d’un nombre de pièces féparées, ainfi que nous allons l’expliquer.
- 373. La bafe du pied du vafe qui forme une efpece de focle, eft formée par une piece femblable à D D (fig. 22), qui eft garnie de plufieurs étoquiaux ddd qui fervent d’attache à differentes pièces , comme nous allons l’expliquer: 011 plie cette piece pour en former un quarré 4 44 4 (fig. 23 ) , comme on le voit en E ; D font les étoquiaux ; quatre pièces femblables à F , forment la dou-cine du pied du vafe ; 011 y voit les trous qui fervent pour les aifembler. La cage quarrée E reçoit une traverfe g g qui porte une tige G qui s’élève dans l’axe du vafe. On voit en H le pied fini & garni des doucines qui font faites avec les pièces F. On met au-deflus du pied en i une efpece de gland en virole I qui s’enfile dans la broche montante G.
- 374. On fait à part, & comme nous l’avons expliqué plus haut, un fleuron K K (fig. 24) qu’on enfile auffi dans la broche G ; ainfi il fe trouve placé au-deflus du gland, & il embralfe le corps du vafe qui eft gaudronné. Ce corps du vafe eft formé d’une piece M ( fig. 25 ) qui en fait le fond. Sur ce fond M font aflemblées des pièces détachées femblables à N & N, qui par leur union forment les gaudrons & le corps du vafe L ( fig. 26').
- 37f. On pofe au-deflus de cette efpece de tulipe qui forme le corps du vafe , un cordon O ( fig. 24) formé de petites pièces de tôle pliées en forme de ruban, & qui font attachées au cerclefifen-haut & d’en-baspp. On voit cette virole féparée en P (fig. 27) , & la virole roulée en ruban Q_(fîg. 28 ) qui eft entre deux viroles P. La virole roulée Q_eft faite avec une lame de fer plat un peu courbé , & on la roule fur un mandrin.
- 376. Le couvercle du vafe eft fait à peu près comme le corps ; une plaque ronde de fer porte des lames relevées en gaudron, qui font attachées fur une calotte de tôle. Au-deflus de ce couvercle, ou met une virole renflée en cordon , & par-deifus un petit vafe d’où il fort des flammes. On pourrait les faire
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- avec de petites lames de fer travaillées féparément, contournées en différent fens, & les aflembler dans le petit vafe , comme nous l’avons expliqué j mais ordinairement on les fait en bois ou en fonte.
- Article VI.
- Maniéré de faire les ornemens relevés fur le tas , & finis fur le plomb.
- 377. Les ferruriers ne font guere dans l’ufage de relever fur le plomb» Cependant on pourrait relever fur le plomb prefque tous les ornemens qu’on fait fur les talfeaux ; l’ouvrage en ferait plus long, mais aullî il ferait plus parfait. C’eft pourquoi nous croyons devoir expliquer cette façon de travailler, quoiqu’on puilfe juger qu’elle effc trop recherchée pour des ouvrages de ferru-rerie. Il 11e ferait pas poiîible de donner fur le plomb les grands reliefs ; c’eft pourquoi on commence toujours par ébaucher l’ouvrage fur le tas, comme nous l’avons expliqué , & on ne fait que le perfectionner fur le plomb.
- 378. Quand 011 travaille fur le plomb , on eft encore guidé parles traits du deffin qu’on veut imiter, qu’on fait de la même grandeur que doit être l’ouvrage fini ; mais comme il ferait difficile de travailler de grandes pièces, on coupe en plulieurs parties les rinceaux qui ont de l’étendue 5 on travaille en particulier chaque feuille ; & quand ils font finis , on les alfemble les 11ns avec les autres par des rivets. Nous avons déjà dit qu’on devait avoir recours à cet expédient lors même qu’011 fait des ornemens au marteau: fans cela les renverfemens de feuilles feraient bien difficiles à exécuter ;& quand toutes ces pièces fépat'ées font bien réunies, elles ne parailfent faire qu’un feul morceau , fur-tout quand on les voit d’une diftance un peu considérable. On pourrait auffi travailler les ornemens de fer avec le cifelet fur le rnaftic ; mais ce travail n’eft guere du diftriCl des ferruriers ( 102): il faut l’abandonner aux ouvriers qu’on nomme cifeleurs , qui travaillent fur des métaux plus précieux, l’argent & l’or , quelquefois le cuivre.
- 379. Donnons un exemple delà divffion d’un corps d’ornemens en pl u-lleurs pièces. On conçoit, fans que nous le difions,que le fronton {pl. 1V, fig. 1 ) eft formé d’un grand nombre de pièces dont une partie fera détaillée dans l’explication de cette planche \ mais de plus chaque corps d’ornemens eft formé de bien des pièces : c’eft ce que nous-allons faire appercevoir. Les parties E F qu’011 nomme les confoles du couronnement , font chargées de
- (102) Les habiles ferruriers, comme il y M. Schreber nomme M. Schwarz , très-en a beaucoup en Suiffe & en Allemagne , habile ferrurier à Leipfick , & je pourrais travaillent des ornemens avec le cifelet. en citer plufieurs autres.
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- plufleurs rinceaux & feuilles d’ornemcns : on voit cette confolc (fig. 2 ) repréfentée feule & plus en grandi G H eft la partie E de la figure i , & o p de \à figure 2. Ce n’eft pas tout, G H eft formée des deux pièces IK & L L. La partie fupérieure F de la figure i, repréfentée par R Q„(fig- 2 ) , eft foi niée par les deux pièces M N. Ainli O P Q_R (fig- 2) repréfentcnt toutes ces pièces montées & réunies par des rivures. R2 (fig. 6) eft un des rinceaux de la confole R (fig- 1 ), qui n’eft pas encore à la place; & ce rinccau-ià même eft -Couvent compofé de deux ou trois pièces qu’on a travaillées féparément , ainfi que nous l’avons expliqué plus haut. Il en eft de même des autres orne-mens qui décorent cette confole , ainfi qu’on le voit en E F (fig-1 ).
- 380. Comme les deux côtés d’un fronton font ordinairement lemblabîes & fymmétriques , on travaille en même teins les deux pièces qui doivent former les deux côtés du fronton. O11 commence donc par couper deux morceaux de tôle égaux, & un peu plus grands que le trait du defiin; & pour cela on colle le papier fur lequel eft le deifin fur la tôle, ou bien on le pique & on le ponce avec de la craie: mais auparavant on a frotté légèrement de fil if la tôle, afin que la poudre de craie qui fort du poncif s’attache mieux à la tôle. Par cette petite opération, le defiin eft tranfporté fur un des morceaux. de tôle. iMais nous avons dit qu’on en mettait deux l’un fur l’autre, qui devaient être travaillés en même tems , & par les mêmes coups de marteau ; il faut donc que les traits du defiin fervent pour les deux feuilles, & il eft eifentiel qu’elles 11e fe féparent pas , & même qu’elles ne perdent pas leur première fituation réciproque ; pour cela on replie les bords en plufieurs endroits.
- 381. Comme il faut que les pièces qu’on doit travailler aillent plufieurs fois au feu , les traits de craie qui ne tiennent qu’à delà graillé feraient bientôt effacés : c’eft pourquoi 011 marque les contours du deifin avec un poinçon d’acier qu’on nomme pointeau & les marques fubfiftent jufqu’à ce que l’ouvrage foitprefque entièrement fini; mais ce deifin ne fert qu’à marquer les principaux contours des différentes parties, dont les unes doivent former des reliefs, & les autres des enfoncemens. On commence à former ces creux & ces reliefs fur les taifeaux, & avec le marteau , comme nous l’avons dit en parlant des ornemens qu’on fait au marteau; mais on a grand foin de n’emboutir que peu à peu, ne donnant qu’une concavité ou une convexité peu fenfible aux parties qui doivent en avoir beaucoup ; puis on la fait recuire, & ce n’eft qu’à force de recuits répétés qu’011 parvient à bien emboutir. Le fer n’a pas affez de foupleffe pour être traité brufquement; ce 11’cft qu’à force de ménagemens & de patience qu’on parvient à l’étendre fans le rompre. Nom: avons parlé plus haut de la forme des taflèaux & de celle des marteaux : ainfi. nous pouvons nous difpenfer d’y revenir.
- 382. On bat auffi le fer fur le plomb ou fur le bois creufé en baifin, comme-
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- nous Pavons dit plus haut; & quelquefois on pofe le plomb fur un billot. A tous les recuits , on commence à travailler fur le taffeau ; & quand Pquvrage eft avancé à un certain point, on le releve fur le plomb qui fert à former les reliefs, les creux & les rondeurs.
- 383* Tout ce que nous venons de dire ne différé prefque pas des procédés que nous avons expliqués pour les orncmens emboutis; aufli n’avons-nous point encore parlé de ce qu’on appelle véritablement relever fur le plomb. Les ouvrages auxquels on fe propofe de donner cette perfection, doivent commencer par être emboutis, & alors l’ouvrage n’eit encore qu’ébauché ; ce dernier travail qu’on appelle relever fur le plomb ou fur le maflic, eft véritablement emprunté du cifeleur.
- 384- Mieux l’ouvrage eft embouti, mieux il fe travaille fur le plomb. Pour cette derniere opération, on remplit de plomb fondu ou de maftic , tous les creux qu’on a formés en emboutiffant; pour cela on borde de terre gralfe le pourtour de la tôle, en fuivanttous fes contours ; & quand cette terre eft bien feche, on coule du plomb fondu dans cette efpece debaflm; on pofe la face on le-plomb fe montre, fur un billot de bois; on y arrête l’ouvrage avec de gros clous, dont la tète eft en forme de T, pour qu’elle appuie fur les bords de la piece ; car il faut que les coups qu’on donnera pour travailler la piece , ne la dérangent pas : c’eft pourquoi on met tout autour de la piece les clous prefque touchans.
- 3 8 L La piece étant bien alfujettie, l’ouvrier travaille à la relever ; ce terme exprime fort bien ce qui réfultera de fon travail. Il s’agit d’augmenter les reliefs & les creux des endroits emboutis, de détacher de nouvelles parties & de donner du relief à tout l’ouvrage : tout cela s’exécute avec des efpeces de ci féaux qu’on nomme mattoirs (pl. VI, fîg. 3 ). Ils different des vrais cifeaux en ce que l’extrémité qui porte fur la tôle , au lieu d’être tranchante, eft toujours taillée par dents & hachures, comme une lime ,& cela afin que l’outil engrene fur le métal, & qu’il ne gliffe pas lorfqu’on le frappe avec le marteau. Le mattoir du ferrurier eft, à la force près , le cifelet du cifeleur, & il fait l’effet d’un repou (loir.
- 386. Il faut avoir de grands & de petits mattoirs , & dont l’extrémité foit différente; dans les uns, elle.eft quarrée, dans d’autres arrondie. O11 en a de minces, d’épais, de larges, d’étroits, &c. afin de pouvoir travailler dans toutes les efpeces de creux qu’on veut former. Pour commencer à relever, l’ouvrier fe fert d’un des plus gros mattoirs : il le tient de la main gauche ayant la pointe inclinée vers fon corps , & il frappe de {fus avec le marteau ; commentant par relever ou plutôt par enfoncer tous les traits qui marquent le contour de ce qui a été embouti, eu fuivant les lignes ponétuées'î que nous avons vu piquer au commencement. Il releve enfuite les parties comprifes
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- entré ces traits. Pour relever, il faut, comme nous l’avons dit, placer obli-quementle mattoir, & frapper un peu au-delfus du trait ; l’inclinaifon qu’on donne au mattoir oblige le plomb & le fer à s’élever ; le fer s’étend fous les coups, & ce dont il s’étend eft employé en convexité : ce qui le prouve, c’eft que le contour du delîîn n’augmente ni ne diminue, cependant les reliefs augmentent. Il eft vrai que, pour produire cet effet, il fuffit fouvent de creufer les concavités , & d’enfoncer les endroits qu’on veut fillonner pour faire paraître les nervures des feuilles.
- 387- Les contours des feuilles ou des parties de feuilles étant marqués, comme nous l’avons dit, on trace les nervures & les côtes avec de la craie, avec laquelle on fait deux traits qui renferment la largeur de chaque nervure ; ils fe rapprochent à leur origine, où ils concourent prefque à un même point, & ils s’écartent pour fe diftribuer aux différentes parties de feuilles, comme on le voit en R2 (pi. VI,fig. 2).
- 388- Il faut prêter une flnguliere attention à ces nervures; car ce font elles qui font principalement diftinguer les ouvrages qu’on a travaillés furler plomb de ceux qui font faits fyr le taifeau : les nervures fur le plomb font plus régulièrement & plus nettement tracées.
- 389- On enfonce avec les mattoirs la partie du fer qui eft fous chaque trait, d’où il fuit que l’entre-deux des traits prend du relief, & forme une côte ou arête. En général, quand on releve fur le plomb, il eft à propos de travailler les parties fembîables les unes après les autres, & de 11e pas finir tout de fuite un même côté ou un même fleuron; parce que fi Ion agilfait ainfi , comme 011 porterait le plomb d’un même côté , on trouverait des vuides fous la tôle, quand on viendrait à travailler un autre côté du même fleuron.
- 390. Quand les pièces font fufïifamment relevées & bien finies, on coupe les bords au cifeau, & on fait fondre le plomb qui foutenait la tôle pendant le travail ; & quand ces bords font bien ébarbés , il ne relie plus qu’à les aflfem-bler avec des rivets. L’explication des figures achèvera de faire comprendre comment 011 alfemble les différens fleurons qu’on a travaillés en particulier, qui doivent faire un tout régulier.
- 391. Suivant cè que nous avons dit des ornemens emboutis ou relevés fur le plomb, on conçoit que ce font des pièces minces-, & terminées par quantité de pointes. Ces raifons font qu’on ne les place qu’à des endroits élevés, non feulement parce que les pieds les dérangeraient, mais encore parce qu’ils accrocheraient les habits : c’eft une attention qu’il faut avoir quand on defïine des ouvrages de ferrurerie. Et c’eft pour .cette raifon que les ferruriers fe contentent ordinairement de relever leurs ouvrages fur le tas : le grand fini qu’on leur donnerait fur le plomb ou fur le maftic, ferait inutile pour des ouvrages qu’011 ne voit que de loin.
- Tome VL
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- 392. On fait encore, nous l’avons déjà dit * des ornemens de fe rru rerie en-©vidant une piece pleine. Comme on ne fait pas ufage de ces ornemens pour les grilles, nous remettons à en parler lorfqu’il s’agira des verroux, des targettes, des mains, des olives, des poignées, &c. C’efl encore pour placer chaque chofe en fou lieu, que nous remettons à un autre endroit à parler des. ferrures creufées au cifelet,. au burin, avec différentes limes > &c. comme ou fait quelquefois les boucles ou heurtoirs de porte cochere-.
- CHAPITRE XV.
- Des ouvrages de ferrure rie qui ont rapport à la fermeture des portes- * des cro, fées, des armoires & des coffres.
- 393* Ç*ette partie de la ferrurerie donne beaucoup d’occupation aux ouvriers; ainli nous devons effayer de la traiter en détail. Il faut commencer par mettre les portes, les croifées, les armoires en état de s’ouvrir & de fe fermer au moyen des charnières ou de pièces qui en tiennent lieu-,, telles que les pentures, les gonds, les fiches à broche ou à vafe, les couplets , &c. enfuite on les garnit de loquets , de verroux,. d’efpagnolettes, de bafciiles & de targettes., & d’autres petites ferrures qui les tiennent fermées, mais, q.uf permettent en même tem-s à tout le monde de les ouvrir ou de les fermer. Enfin, pour interdire à tous autres qu’aux propriétaires la faculté d’ouvrir au de fermer les portes. & les coffres,, on fait ufage des ferrures & des cadenas. Ce dernier travail, où l’adrelfe & l’induhrie des ouvriers ont plus brillé que dans tous les autres,, exige de plus grands détails: mais heureufement il s’elt trouvé fait dans les papiers de M. de-Réaumurj c’ell pourquoi, à caufe de fon étendue & de fon importance, il fera un chapitre particulier, qui fera le cinquième de. cet ouvrage.
- Article premier.
- Des différentes fortes de pentures ; paumelles, briquets & fiches ou char/iieres qui rendent les portes , battantes >ouvrantes & fermantes*
- 394. On fortifie les affemblages de nienuiferie par des équerres (103) qu’oit encaftre de leur épaifleur dans le bois ,& qu’on attache foit avec des clous foie avec des vis ; & quelquefois, pour plus de folidité, on met des équerres en-dehors & en-dedans ; & les tètes des clous rivés font fur l’équerre du dehors ; l’autre bout fe rive fur l’équerre du dedans, Pour les- croifées. battantes,& les
- (103) En allemand , Winkdtifim.
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- portes légères, on fe. fert de petites équerres ; mais pour les portes cocheres, en met des équerres B (pl. VI>fîg.$), qui ont toute la longueur de la tra-verfe, & portent à leur extrémité deux branches A qui remontent fur les deux montans. Ces branches ne font pas toujours aux extrémités des équerres ; & le corps des équerres B, ainft que les branches A, font fouvent contournés pour s’ajufter à la forme des pièces fur lefquelles elles doivent être attachées : nous en donnerons des exemples, principalement en parlant de la ferrure des équipages. Quelquefois on termine les branches par des fleurons C C, & quelquefois aulfi on arrête le bout des branches par des crampons DD.
- 39On ferre donc -différemment les portes fuivant leur grandeur & leur pefatiteur,& auffi fuivant le degré de propreté qu’elles exigent. Les grandes portes des fermes & des granges, où l’on ne cherche que de la folidité , font fufpendues par un pivot & une bourdonniere.
- 396. Le pivot FF (104) (pl. VI,fig. 5 ), eft un fort étrier compofé de deux branches E & d’un mamelon C ( 105 ) ; les deux branches de l’étrier embraf. lent le chardonnet ( 106) de la porte, & elles font traverfées par des clous rivés qui ont pour point d’appui l’une & l’autre branche. Le mamelon C re-pofe fur la crapaudine fig. 6, & c’eft ce pivot qui fupporte tout le poids de la porte. Quelquefois le pivot C ( fig. 7 ) eft porté par une équerre dont les deux branches A & B font arrêtées fur Pépaiffeur du chardonnet & de la traverfe d’en-bas'par des clavettes A (fig. 8) qui font goupillées: voilà la ferrure du bas. Celle du haut ne fert qu’à empêcher le déverfemeiit de la porte, au moyen de ce qu’on appelle la bourdonniere (107) ; les plus fimples font faites par le haut du chardonnet de bois B ( Ag- 9 ), qui eft arrondi & qui entre dans une bride ou un lacet A (fig. 10), qu’011 fcelle au haut du jambage, d’autres fois la bourdonniere eft formée par une douille de fer A [fig. 11], qui eft fcellée au haut du jambage, & dans laquelle entre un gond B qui répond à un enfourchement qui embralfe le chardonnet, & eft retenu fur le haut de la porte par des clous rivés. On le met dans une lituation renverfée, pour que quand le pivot ou la crapaudine s’ufent, le poids de la porte ne charge point ce gond qui 11e doit fervir qu’à empêcher le devers, & prévenir que la porte ne bailfe du nez» comme difent les ouvriers, ou ne s’incline du côté oppofé à la bourdonniere.
- 397. Aux grandes portes propres & à panneaux, on fait les crapaudines en équerre AB (fig. 7)5 la branche horifontale de l’équerre paffe fous la traverfe du bâti, & la branche perpendiculaire fur l’épailfeur du montant j le pivot C eft la prolongation de la branche verticale, & ces branches font retenues fur la menuiferie par des clavettes A ( fig> 7 ) qui Tont traverfées par des gou*
- (104.) En allemand , Zapfen, (106) En allemand , Laufer.
- (105) En allemand, Hacken. 0°7) allemand, Angel.
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- pilles B. Le bout du pivot eft reçu parla crapaudine fig. 6, &le devers de la porte eft retenu par des fiches à gonds AB CD [fig. 12] , compofées des deux gonds A B, liés par la broche C avec la fiche à gond D ; les deux gonds font liés par le boulon C ; mais il faut lailfer du jeu entre les deux gonds AB, & l’aile D, pour que le poids de la porte repole toujours fur la crapaudine & le pivot, même quand l’une & l’autre s’ufent. A l’égard des deux gonds AB, ils doivent être fcellés dans les jambages de la porte ; & l’aile D delà fiche à gond-doit être ferrc*e dans le montant de la porte, étant retenue avec des broches , comme nous l’expliquerons dans le chapitre du ferreur. Pour faire le pivot en étrier, on fonde au bout F (fig. 5 ) , & entre les deux barres EE qui doivent embraifer le chardonnet, un morceau de fer pouf faire le mamelon Ci & 011 forge le dedans de l’étrier , ou fur la bigorne, ou dans l’étau. Le pivot à équerre (fig. 7), fe fait à peu près de même, excepté qu’on ouvre à ouverture d’équerre celle des branches qui doit être pofée horifontalement fous la traverfe delà porte, & qu’au lieu de fimples trous, on ouvre des mortaifes qui reçoivent les.clavettes fig. g. Nous remettons à expliquer commentée font les fiches à gonds, & les gonds, après que nous aurons parlé de toutes les efpeces de pentures.
- 398. Les pentures les plus fimples, qui fervent pour les portes d’entrée dans les differens bâtimens, font de longues barres de fer dont un bout eft roulé en anneau fur un mandrin fig. 13; mais pour le mieux, il faut que l’anneau qu’on appelle l& nœud de la penture foit lbudé à la barre. Il y a des pentures qui font compofées d’une double bande appliquée de part & d’autre de la porte, de forte qu’elles reçoivent entr’elles deux toute l’epailfeur du bois : c’eft ce que Joulfe aappell k pentures flamandes ,flg. 14. Quelquefois les deux branches font égales & femblables, quelquefois elles font de différente forme & grandeur, comme dans la figure 14, pour s’ajufter à la menuiferie fur laquelle les pentures doivent être attachées.
- 399. Les portes des chambres qui font légères, & qui ne font pas travaillées avec beaucoup de foin, fur-tout les portes battantes qui n’ont qu’un bâti couvert d’étoffe ,fe ferrent avec des pentures qu’on nomme paumelles (iog); elles different des autres en ce qu’elles font plus courtes 8c plus larges3 comme on veut les attacher fur le bâti immédiatement auprès du nœud, elles s’élargirent pour prendre la forme d’une platine , afin que s’étendant haut & bas fur le bâti, leur largeurfupplée en partie à ce qui manque à leur longueur, pour leu* donner de la force : il y en a qui s’évafent comme une patte percée de trois trous A (fig. 15)» - on les nomme à queue dêaronde: d’autres qu’011 nomme en S ( 109), B , même figure, fe partagent en deux parties, dont une remonte & l’autre defeend, le nœud étant entre deux.
- (1 og) En allemand, llatktnhàndcr.
- (109) En allemand* Bockhornbànder.
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- 400. Toutes ces pentures s’affemblent avec des gonds ( 110) qui font, ks uns à (bellement, les autres à patte, &les autres à pointe (fig. 16, 17,1.8,19) fuivant qu’ils doivent être attachés à de la maçonnerie ou à de la menuiferie : il y a cependant des pentures dont le bout fe termine en pivot A B {fig. 20 ), & alors ce pivot eft reçu dans une crapaudine qui eft ou à (bellement ou à pointe. Il y a des pentures qui font droites {fig. 12,13), d’autres font coudées ; quelquefois le gond eft rivé fur l’équerre qui fortifie l’aifemblage {fig. 21) ; celles-ci font employées pour les portes qui fe ferment d’elles-mèmes. Il y a auiîi des gonds droits {fig. 17,19)5 d’autres coudés {fig. 16,18) ; entredes uns & les autres,il y en a à fcellement {fig. 18 , 19) ; d’autres à patte (|fig. 16), qui (e clouent fur la menuiferie ; & d’autres à pointe {fig. 17), qu’011 enfonce dans le bois du chambranle.
- 401. Quand une fois on eft prévenu que les nœuds des pentures fe font fur un mandrin, on ne peut être embarralfé à les forger, à moins qu’on n’y mette beaucoup d’ornemens qui ne font que des accelfoires inutiles, & qu’on fait comme les autres ornemens dont nous avons parlé à foccalion des grilles, ou dont nous aurons encore occafton de parler dans la fuite. On pourrait citer comme un chef-d’œuvre en ce genre les pentures des deux petites portes oui font aux deux côtés delà grande porte de l’églife de Notre-Dame de Paris. M. de Réaumur, comme bien d’autres, a été frappé de la fingularité de cet ouvrage ; & je trouve dans fes papiers, fur une feuille volante, une note que je crois devoir inférer ici.
- 402. “Il eft certain, ditM. de Réaumur, que peu de ferruriers aujourd’hui „ oferaient entreprendre un pareil ouvrage. Plufieurs même ont imaginé
- que ces pentures ont été jetées en moule, & queBifcornet ( c’eft le nom du ferrurier qui l’a fait} avait le fecret de faire du fer moulé de la qualité „ dù fer forgé. Joulfe regrette la perte de ce fecret, qui effe&ivement ferait fort „ à regretter, s’il avait été découvert. Au lieu que nos pentures font en-dedans des bâtimens , celles-ci font en-dehors des portes. Le corps de la penture eft 3, à l’ordinaire une large bande .de fer qui forme une efpece de tige qui jette ,3 de toutes parts une infinité de branchages, chacun defquels en fournit 33 d’-autres. Trois pareilles pentures foutiennent chaque porte; & de part & ,3 d’autre de la penture du milieu, c’eft-à-dire, entre elle & la penture d’en-3, haut, & entre elle & la penture d’en-bas , il y a une faujfiepejiture. Je donne w ce nom à une bande de fer qui fert de tige à divers ornemens pareils à ceux ,3 des pentures. Ces portes qui font fort grandes, font par-tout couvertes d’or-5, nemens qui prennent leur nailîance de ces cinq pentures ; ils font le même 33 effet que Ci la porte était fculptée par-tout, & les ornemens d’une penture 3> rencontrent ceux de l’autre.
- (110) En allemand, llafpm.
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- 403- 33 Quoi qu’on en dife, le corps des pentures & les ornemens font de fer forgé, & faits , comme on les ferait aujourd’hui, de divers morceaux foudés tantôt les uns fur les autres , tantôt les uns au bout des autres 5 ce qu’il y a de mieux n’eft pas même la façon dont ils l’ont été : les endroits où il y a eu des pièces rapportées fontaifez vilibles à qui l’examine avec attention ; on 11’a pas pris alfez de foin de les réparer, quoique cela fut aifé à faire. 404. „ Quoi qu’il en-foit, ces pentures font certainement un ouvrage qui a demandé un tems très-confidérable, & qui a été difficile à exécuter. Il n’eft pas aifé de concevoir comment on a pu fouder enfemble toutes les pièces dont elles font compofées : il y a cependant apparence que toutes celles d’une penture l’ont été avant qu’elle ait été appliquée fur la porte ; car on aurait brûlé le bois en chauffant les deux pièces qui devaient être réunies. 40Ç. „ On n’a pas mis non plus une pareille malfe à une forge ordinaire ; il paraît nécelfaire que dans cette circonftance la forge vint chercher- l’ouvrage. On s’eft apparemment fervi defoufflets portatifs, comme on s’enfert encore aujourd’hui en divers cas; on a eu foin de rapporter des cordons , des liens, des fleurons, &c. dans tous les endroits où de petites tiges & des branches menues fe réunitfaient à une tige ou branche plus confidéra-ble. Les pièces rapportées cachent les endroits où les autres ont été fou-dées; c’eft ce qu’on peut obferver en plufieurs endroits où les cordons ou fleurons ont été emportés : ces cordons & fleurons avaient fans doute été rapportés & réparés après avoir été foudés. Ce n’a pas non plus été chofe facile que de rapporter fur la porte & d’y ajufter une penture de cette grandeur; il y a même ici une chofe qui embarraffe ceux qui examinent ces pentures.
- 406. „ Le corps de la penture eft, comme nous l’avons dit, en-dehors; mais il faut que le nœud foit à l’ordinaire en-dedans ; pour cela 3 la penture fe coude à angle droit à quelque diftance du bord de la porte le plus proche des gonds ; là elle paffe au travers de la porte dans une mortaife; de l’autre côté de cette mortaife elle a un nœud pareil à ceux des portes ordinaires, qui a pourtant moins de hauteur que ceux des gonds ordinaires proportionnellement à la grandeur de la penture. Ce nœud embarraffe ceux qui 11’y regardent pas d’affez près ; ils croient qu’il faut qu’il ait été foudé après que la penture a été attachée (m), & ne peuvent point imaginer comment il l’a été.
- 407. „ Mais toute leur difficulté naît de ce qu’ils croient que le nœud n’a pu paffer au travers de la porte, parce qu’il ne paraît pas en-dehors qu’011
- Ci 1 0 Ce nœud peut auffi avoir été forgé de la même pièce que la penture, & percé enfui te,
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- M ait fait une mortaife affez grande pour la laifîer pafler, parce que la penture 33 recouvre elle-même line partie de cette mortaife. Il n’y a pourtant rien en 33 cela que de fimple ; & li l’on voulait aujourd’hui fufpendre une porte avec ,3 une penture attachée en-dehors, & qui pour aller joindre le gond paffât au n travers de la porte, on s’y prendrait précifément comme on s’y eft pris ,3 pour faire paffer le nœud de ces grandes pentures ; mais, comme nous ve-33 lions de le remarquer, on a donné peu de hauteur à ces nœuds, afin de 33 netrepas obligé détailler une trop grande mortaife dans la porte. „
- 40g. Comme JVL de Réan mur a beaucoup travaillé fur Padouciiïèment du fer fondu, il a été engagé à examiner avec attention ces belles pentures qui ont toujours paffé pour avoir été fondues , & qui fe trouvent être d’un fer doux. Les pentures dont M. de Réaumur vient de parler, font donc très-char-' gées d’ornemens , plus remarquables parce qu’elles font difficiles à exécuter, que par le bon goût 5 on peut même dire que ces ornemens font déplacés & poltiches. Une grande partie de la difficulté de l’exécution aurait été fan-vée, fi leferrurier avait mis ces trois fortes pentures en-dedans del’églife, & qu’il eût couvert le dehors de la porte d’une dentelle de ferrurerie, qu’on aurait pu faire d’un meilleur goût que le nombre infini d’enroulemeiis qu’on voit fur ces portes. Mais dans ces tems, ou le goût gothique régnait, il fem-blait que les ouvrages étaient d’autant plus beaux qu’ils étaient plus difficiles à exécuter. Au moins en réfultait-il qu’il fe formait d’habiles ouvriers qui auraient exécuté avec facilité des ouvrages de meilleur goût. C’eft ce qu’on peut dire de plus avantageux pour les ouvrages gothiques.
- 409. Je reviens à mon fujet, & je dis que, comme il n’efë pas probable qu’on retombe dans ce mauvais goût, les pentures font des ouvrages furlef. quels il n’y a pas beaucoup de préceptes à donner pour la façon de les forger 1 tout le travail fe réduit, comme on l’a déjà vu , à étirer une barre , à en rouler un des bouts fur un mandrin , apercer des trous tout du long de la barre pour recevoir les clous qui doivent l’attacher. Lorfque le nœudelt fait, on eu îoude le bout avec le corps de la penture fur l’arête de l’enclume. Il y a'des efpeces de paumelles domine pL VI, jtg.'li, où le nœud eft d’une pièce rapportée fur l’équerre qui fortifie l’alfembîage'du bâti de menuiferie. On îi’eni fait ufage que pour des portes battantes très-légeres & garnies d’étoffe. Pour, donner aux paumelles une figure en S (fîg. r$ )•, on fend la piece de fer , & on écarte l’une de l’autre les parties fendues.
- 410. Il y a des façons plus compofees de ferrer ou dépendre les portesjô 011 les emploie dans les appartemens ç mais avant que d’en parler , il faut dire quelque chofe des gonds qui entrent dans les'pentures. ..
- -. 411. Les gonds eonfiftent en un morceau de fer qui doit s’attacher par un bout dans l’embrafure des portes i-,& porter à l’autre bout une cheville ou* goujon qui entre dans le.nœud d’une penture*-
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- 412. Comme les gonds doivent être attachés , ou à de la maçonnerie, ou à du bois, on les termine, au bout qui fait leur attache, ou par un lcellement comme fig. 18, 19, ou par une pointe comme fig. 17 , ou par une patte comme fig. 16 ; à l’égard de la tige , 011 la fait le plus fou vent droite comme à la fig. 19 , & quelquefois coudée comme aux fig. 16, 18-
- 413. La plus (impie maniéré de faire les gonds, foit en bois, foit en fcelle-ment, eft de prendre la cheville qu’on nomme le mamelon dans la même piece dont eft fait le corps du gond, en refoulant un peu le bout du barreau pour donner du corps au mamelon, & le courbant enfuite à l’équerre. Ces gonds font le moins chers & aufii le moins bons ; la petite attention qu’ils exigent eft, par le refoulement dont nous avons parlé, de laiffer le fer plus renflé qu’ail-leurs à l’endroit où doit être l’angle faillant du gond. Sans cette précaution , l’angle ferait arrondi, & le mamelon ne ferait pas bien ajufté au bout du corps du gond, ce qui arrive fréquemment à ces fortes de gonds fi 12). Les gonds font beaucoup mieux faits quand on rapporte le mamelon, comme nous allons l’expliquer : mais cela fe fait de deux façons différentes, une pour leç gonds à {bellement, & l’autre pour les gonds en bois. Pour les gonds à fcelle-ment, on perce à chaud d’outre en outre avec un poinçon & un mandrin le bout du corps du gond où doit être le mamelon , & on les foude (113) principalement en rivant à chaud l’extrémité du mamelon quiexcede en-deffous le corps du gond ; car Ci l’on frappait fur le nœud, il s’étendrait & fe fouderait mal avec le mamelon. Comme en perçant le nœud du gond avec un mandrin, on a étendu le fer en cet endroit, il s’enfuit que le fer faillit tout autour du mamelon , & cette faillie forme un point d’appui à l’endroit où doit repofer le nœud de la penture (114). Quelques coups de marteau donnés quand on perce le trou, ou fur le mandrin, ou quand 011 rapporte le mamelon, arrondirent cette partie comme on le voit à la figure 19. Comme les gonds en bois {ont plus faibles que les autres , & comme ils fe terminent fouvent en pointe, on courrait rifque de les fendre, Ci on les perçait comme les autres : c’eft pourquoi on y apporte plus de ménagement. On applatit & 011 arrondit le bout où doit être le mamelon; on y forme un nœud, à peu près comme celui des pentures ; & quand le mamelon a été mis dans ce nœud, on foude les deux pièces enfemble. Je reviens aux autres efpeces de ferrures qu’on emploie pour pendre les portes.
- 414. Ce qu’on nomme des fiches différé des pentures & des paumelles en ce que leur attache eft dans le bois, comme la partie D de la fiche à gond (pl. FI,
- (112) L’endroit où repofe le nœud de la eingckniete Hacken. penture, & fur lequel porte le gond, fe (114) L’endroit où repofe le nœud de la trouverait gâté. >' penture fe nomme en allemand , der An*
- fil}). ce qu’0*1 appelle en allemand, Jatz*
- fig•
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- fig. 12 ) , au lieu que les autres font appliquées deifus la menuiferie. La paEr tie D de la fiche peut être regardée comme un tenon qui entre dans une mon. taife qu’on fait dans le bâti de bois 5 elles y font en quelque façon fichées , ce qui probablement les a fait appeller des fiches. Quoique cette ferrure convienne aux portes légères, on ne faille pas d’en mettre aux grandes portes cocheres, principalement auxou guichets; mais ces ferrures font toujours defti-nées pour les portes de menuiferie propres & ornées de panneaux, auxquelles il ferait défagréable de voir les moulures coupées par des bandes de fer. La partie des fiches qui entre dans le bois fe nomme l'aileron (115) ; celle qui eft en-dehors & qui eft analogue au nœud des pentures, eft nommée la boîte (116). Dans certaines fiches qu’on nomme à vafe (pl. VI, fig. 22), cette boite plus alongée que le nœud, eft terminée d’un côté par un petit ornement qu’011 appelle le vafe (117), parce qu’il en a ordinairement la figure.
- 41 ?. La boîte de la fiche à vafe reçoit un gond M comme les nœuds des pentures ; ce gond eft ajufté à une partie E, qui eft entièrement femblable à la boîte, qui porte comme elle un aileron qui fert à arrêter ce gond dans le chambranle , comme l’aileron de la boîte l’eft dans le montant de la porte.
- 416. Il y a des fiches qui ne portent point de gond, 011 les appelle des fiches à noeuds (1 ig) ( fig. 23 ) ; ou quand elles font très-groifes, fiches à chapelet : ce font de vraies charnières, qui au lieu de boîte ont deux ou un plus grand nombre de nœuds ; la diftance d’un nœud à l’autre eft égale à la longueur du nœud même ; c’eft une boite qui a été pour ainfi dire coupée en plufieurs parties. O11 emploie enfemble deux pareilles fiches , dont l’une a un nœud moins que l’autre ; les nœuds de celle-ci font reçus entre les nœuds de celle-là, à la maniéré des charnons d’une charnière ordinaire , & on les retient enfemble par une broche qui enfile tous les nœuds : on voit de ces fiches aux volets brifés, ainlî qu’aux poutis des portes cocheres. Pour les poutis des portes cocheres, les chapelets font faits, comme nous l’avons dit, d’autant de pièces détachées qu’il y a de nœuds tout-à-fait femblables (pi VI, fig. 24) , qui font embrochés par un fort boulon ; pour les croifées, les portes d’armoires ou les volets, les fiches à nœuds ont une aile commune à toutes Y Y
- (fig- 23 X
- 417. On nomme fiches coudées ( 119) celles dont les ailerons font pliés en équerre ; on les emploie dans certaines difpofitions de portes d’armoires. Une autre forte de ferrure moyenne entre les paumelles & les fiches eft ce qu’on nomme les couplets (120) (fig. 25 ); ils s’aifemblent à charnières comme les
- (n O En allemand , der Lappcn. Geioinde.
- (116; En ail. dcis Gewindc. (119) En ail, gekrippte Ffichbandtr.
- ( 117) En ail. der Knopf i le bouton. (i2o)BEn ail. 'zufanimcngefeilU Bander.
- (11S) En ail. Fifchhander mit dem
- Tome VI.
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- fiches à nœud, & ils s’attachent fur le bois comme les paumelles. Ils peuvent auiîi fervir à des volets, brifés ou non; mais on ne les emploie jamais que pour des ouvrages de menuiferie légers, & qui ne font pas faits avec beaucoup de foin.
- 418- Pour la fermeture des boutiques, on emploie quelquefois des pentu* res brifées par des nœuds A qui forment des couplets (fig. 26). Après ce que nous avons dit, la feule inlpedion de la figure fuffit pour que l’on conçoive la maniéré de les faire.
- 419. On donne le nom de briquet ( 121 ) à une efpece de couplet A ,B, C, qui ne faurait fe plier que d’un côté, & qui a deux nœuds , deux parties en faillie, qui empêchent qu’on.ne le plie des deux côtés oppofés. On les applique par le coté onpofé au nœudfig. 27,285 29. Les nœuds fig. 28 5 29, n’entrent point l’un dans l’autre; mais il y a une piece D {fig. 30) qui forme deux nœuds, & qui au moyen de deux broches, complette la charnière , comme on le voit fig. 27 , 29. Les tables à manger qui ne fe plient que d’un côté , font ordinairement aiîemblées par des briquets. On peut fans doute varier ces efpeces de ferrure ; mais les exemples que nous venons de donner fufRfent pour jeter du jour fur les ferrures dont nous ne parlons point. Il nous refte à expliquer la façon de faire les fiches ; elle elt plus recherchée & plus induftrieufe que celle des pentures.
- 420. Pour faire une fiche à boîte fig. 22, on prend un morceau de tôle forte ; on le coupe de la largeur que doit avoir la fiche, non compris le vafe, & on lui donne a (fez de longueur pour qu’étant pliée en deux , elle fourniffe la boîte & les deux pièces qui doivent former l’aileron. On plie cette tôle fur un tas ou fur une bigorne, & on forme une gouttière au milieu de la piece qui doit faire la boîte ; en mettant un mandrin dans cette gouttière, on rapproche les deux parties qui doivent faire l’aileron; au moyen du mandrin, ce rapprochement forme la boite, & on fait l’aileron en foudant l’un à l’autre les deux morceaux de tôle qui excédent le cylindre creux ou la boîte. Pour des ouvrages très-recherchés, on prend la boîte, l’aileron & le vafe dans un même morceau, & on perce la boîte au foret comme on ferait une clef; mais ces fiches exigent beaucoup de travail, & elles ne font guere meilleures que les fiches ordinaires lorfqu’elles font bien faites.
- 421. Pour faire le vafe de cette fiche, on forge un morceau de fer cylindrique , terminé à un de fes bouts par un lardon auifi cylindrique, mais plus menu, de telle forte que ce lardon puiife entrer jufte dans la boîte de la fiche, & que la partie qui furmonte le lardon foit de la grolfeur de l’extérieur de la boîte. Le lardon qui entre dans la boîte, y eft retenu par une rivure s & la
- (1 ai) En allemand, Kufsband.
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- portion plus grofle doit excéder la boîte, pour être figurée en forme de vafe A (fig. 22 ) ; la boite ne fera donc fermée que par un de fes bouts où fera le lardon, & l’autre bout ouvert en cylindre creux pourra recevoir le gond. Allez fouvent, au lieu de la goupille, 011 foude dans la boîte la partie qui doit faire le vafe ( 122 ).
- 422. Si l’on voulait avoir une fiche à gond, il n’y aurait qu’à faire entrer par un bout de la boîte un gond ou une broche ( 123 ) , & ne mettant point de vafe le river fur le bout de la boîte où nous avons dit qu’on attachait le vafe : la fiche à boîte ferait par-là changée en fiche à gond ; mais il eft bon pour les fiches à vafe que cette broche excede par le bas de la boîte, & qu’elle y foit un peu renflée, pour y faire un vafe femblable à celui qui termine la boîte. On voit les doux pièces réunies , fig. 22.
- 423. ÜNe fiche à nœud ou à charnière fe prend fuivant la force qu’elle doit avoir, ou dans une piece de fer battu, ou dans une piece de tôle pareille à celle dont on fait les fiches à boîte; mais pour les fichés à nœud on évide en R la piece de fer , comme on le voit fig. 31. En la découpant, 011 laide au milieu un nombre de bandes féparées pareil au nombre des nœuds que doit avoir la fiche. Chacune de ces bandes a en longueur de quoi fournir à la hauteur & au contour d’un nœud, & elle eft découpée tant plein que vuide. On conçoit qu’en repliant en deux & roulant fur un mandrin la partie du nœud où font les bandes, en rapprochant les ailes, & en les foudant, comme nous l’avons expliqué pour les fiches à vafe, on fait une fiche à nœud S & T, de forte qu’en réunifiant ces deux parties comme on le voit en V (fig- 23 ), & en pafianfc une broche dans tous les nœuds, la charnière eft complété : c’eft ce qu’on nomme une fiche cl nœud ou à broche. Les couplets Z (fig- 32), fe font comme les fiches à nœud, excepté qu’ils ont moins de nœuds , & que le nœud eft entièrement jeté fur une des faces de l’aileron. A l’égard des briquets fig. 27,28 & 29, ils fe font comme les couplets, excepté que les deux parties font liées par une piece poftiche fig. 30, qui eft un double nœud ; & quand on a mis les deux broches, il y a deux charnières accollées l’une à l’autre.
- 424. Comme les fiches s’emploient fur des ouvrages propres, on blanchit à la lime les nœuds & les boîtes , & on a foin de tirer les traits en long: plu-fieurs même font très-exaélement polies ; à certains couplets les ailerons font découpés à jour pour les rendre plus propres.
- 42>. Si l’on faifait les vafes à la main, ils exigeraient bien du tems , mais ordinairement on les fait aftez vite en leur donnant leur figure dans une
- (122 ) Ce travail eft trop long. 11 eft bien amTi bien que le vafe, doit être faite delà plus court de fouder les vafes , ou boutons, même piece.
- H2}) La broche qui traverfe la boîte,
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- étampe. Cette étampe eft quelquefois faite de deux pièces féparées,qui portent chacune en creux la forme de la moitié du vafe , & on leur ménage un £ repaire pour que la rencontre foit précife ; d’autres fois ce font des efpeces de tenailles O P (pL VItfig. 33 ), au bout de laquelle P eft gravée la figure de la moitié du vafe ; on renferme la portion de fer rougie au feu & ébauchée pour former le vafe , entre ces deux parties de l’étampe (124) ; un ouvrier les tient bien exactement placées, pendant qu’un autre ouvrier frappe avec le marteau fur l’endroit où font figurés les valès en creux. A la vérité par cette opération les vafes ne font pas finis , on eft obligé de les réparer au fortir de l’étampe avec la lime & fur un tas, s’aidant d’un cifeau dont le taillant eft circulaire, & qu’on nomme dégorgeoir 9 parce que ces efpeces d’étampes fervent à former les gorges , & à creufer les parties qui détachent le corps du vafe. Mais.quand on travaille des fiches très-propres, on répare les vafes fur le tour.
- Article IL
- Des ouvrages de ferrure.ru qui fervent pour tenir les portes & les croifées fermées } tels que les verroux , les targettes , les efpagnolettes 3 les crémones , &c.
- 4.26. Nous avons fuffifamment détaillé toutes les efpeces de ferrures qui procurent aux portes & aux battans d’armoires un mouvement de charnière, au moyen duquel 011 peut les ouvrir & les fermer ; mais pour que ces portes •&ces battans d’armoires foient véritablement utiles, il faut ajouter d’autres ferrures, fans lefquelles celles dont nous avons parlé ne feraient pas d’une grande utilité 5 elles ne tiendraient rien à couvert, puifqu’il leur ferait indifférent d’ètre ouvertes ou fermées ; le moindre vent les mettrait dans l’un ou l’autre état : auili les ferruriers 11e manquent-ils jamais de les garnir de ferrures qui remédient à ces inconvéniens : les unes les tiennent fermées aifez exactement pour que le vent ni les animaux 11e puiiï’ent les ouvrir j mais de façon que l’accès des appartemens foit facile à ceux qui veulent y entrer.La plupart des loquets font de ce genre. Par d’autres ferrures-, comme font quelques efpeces de loquets , & les verroux , le propriétaire peut s’enfermer ; mais elles ne garantillent rien de la rapine des voleurs ,‘lorfque le propriétaire eft forti: ce font des ferrures de ce genre dont nous allons parler. Pour que la fermeture des appartemens & des armoires foit complété, il faut non feulement que le proprietaire puiife s’enfermer chez lui, de façon qu’on n’y entre qu’avec fa permiilion} mais de plus il faut qu’elles foient exactement fermées
- (124) Ce travail eft plus pénible oue ce- Allemagne & fen Suiffe. Le dégorgeoir n’a kii de l’étampe. On ne le connaît pas en par là même aucun nom allemand.
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- quand il fort. C’eft à quoi fervent les ferrures & les cadenas. Nous nous pro-pofons defuivre en détail ces diiferens objets, & nous commencerons , comme nous avons fait jufqu a préfent, par les ouvrages les plusfimples, avant que de palfer à ceux qui font plus compliqués; &pour cette raifonnous parlerons des ferrures dans un chapitre particulier.
- Des verroux.
- 427. Les verroux Fourniflent la façon la plus fimple de s’enfermer chez foi ou dans fa chambre. Ils font tous faits d’une piece de fer ronde ou quarrée, qui aune certaine longueur, & qui coule dans deux crampons qui tiennent le corps des verroux aifujetti dans la pofition où ils doivent être} & un des bouts du verrou entre tantôt dans un trou fait à une des pierres de l’embra-fure de la porte , tantôt dans un crampon , & quelquefois dans une gâche ; ce font ces crampons & gâches qui les tiennent fermés. Au milieu du corps du verrou etl un bouton , ou une^queue, ou une efpece de palette aflemblée à charnière avec le corps du verrou ; ces queues & boutons fervent à ouvrir ou à fermer commodément le verrou.
- 428- Le plus fimple de tous les verroux qu’on emploie pour les portes des fermes, parce qu’il elf très-lblide, & qu’il ne lui manque que de la propreté, ce verrou A ( VI» fig• 34 ) eft fait d’un bout de fer forgé rond a b ; on le fend à chaud en c pour y attacher, au moyen d’une goupille, une queue d qui fert à l’ouvrir & à le fermer. Ce barreau coule dans les deux crampons ee dont les queues traverfent la porte , & font rivées fur l’autre côté. Ces crampons font fouvent faits comme le lacet B {fig. 34); & fouvent le bout a9 quand on ferme le verrou, eft reçu dans un pareil lacet. La forme de la queue d varie, quelquefois elle s’affembie au point c à charnière, & étant plate comme C , elle porte un paneton ou auberon qui entre dans la fente de la ferrure plate D, & alors la porte elf aufli bien fermée que Ci elle l’était avec une ferrure à pêne : on ne fait ufage de ces ferrures plates , que quand on met les verroux en-dehors des portes (i2>). O11 en fait d’un peu plus propres (fig. 35), dont le corps a b elf quarré ; les crampons e e le font aufii, & on rive ordinairement au milieu un bouton d qui.fert à le fermer & à l’ouvrir. On pofe fouvent ces verroux quarrés fur une platine.
- 429. On met ordinairement les verroux figure 34, en-dedans des maifons ou des appartemens ; mais quand 011 les met en-hors, on fait la queue droite
- (i2<;\Ces verroux ,^en ail. Ricgcl, font rouxne font pas bons Iorfque la porte banTe; l’ouvrage des forgerons, ou maréchaux, alors on ne peut ni les ouvrir, ni les fermer connus en Allemagne & en Suide fous le commodément,
- Aom de Grûbjchmicde. Cette forte de ver-
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- & fendue, pour que quand le verrou eft fermé, elle fe rabatte fur un crampon qui la traverfe, & dans lequel on pafle un cadenas qui tient le verrou fermé. Quand les verroux font plats ou quarrés, comme la figure , ils ne peuvent tourner dans leur crampon ; c’eft pourquoi, au lieu du Jbouton, on y ajufte une queue , qui étant attachée au corps du verrou par une charnière, peut fe relever ou s’abaiffer pour entrer dans une ferrure plate, comme nous l’avons dit, ou recevoir le crampon & le cadenas dont nous venons de parler.
- 430. A l’égard des verroux qui fe pofent en-dedans , comme en faifant un petit trou à la porte , il ferait facile avec un crochet de pouffer la queue du verrou & d’ouvrir la porte, on met quelquefois au-deifus du verrou un petit crochet qui retombe de lui-même derrière le verrou quand il eft fermé , & 011 ne peut ouvrir ce verrou qu’auparavant 011 n’ait foulevé le crochet.
- 431. On met aux portes cocheres propres des verroux plus ornés (pl. VIIf fig. r ) , qui font, à proprement parier, de grandes targettes femblables à celles qu’011 employait autrefois pour tenir les volets fermés ; & ces targettes n’étaient, à proprement parler, que de petits verroux de l’efpece dont nous parlons : B eft la gâche du verroux Â. On voit que la targette ou le verrou C (fig. 2,3) repofe fur une platine AA , qui porte les deux crampons ou cramponnets BB , fervant de couliife au verrou qu’on mene par un bouton D; on attache la platine de ces verroux ou de ces targettes fur la menuiferie avec des vis en bois ou des clous. Il eft vrai qu’011 a fait des targettes dont la platine recouvrait le verrou 5 le bouton tenait à une queue qui excédait la platine , & le verrou coulait au-defious de la platine dans une cage de tôle à laquelle il y avait une fente qui recevait un petit bouton pour empêcher le verrou d’en fortir. Comme ces targettes fe mettaient à des volets arrafés , le verrou entrait dans une efpece de gâche. Maintenant la platine eft prefque toujours entre le verrou & le bois ; & comme on fait les battans des croifées à recouvrement, le verrou eft reçu dans un crampon ou une gâche B (fig. 1 ), qu’on diipofe de différentes façons, fuivant la place.
- 432. Les verroux dont nous avons parlé jufqu’à préfent, fe meuvent ho-rifontalement : il y en a dont le mouvement eft vertical, & le plus fimple de tous eft celui repréfenté fig. 4, 5, qu’011 mettait anciennement au bas des portes cocheres ; ce verrou n’eft qu’un gros barreau de fer quarré, taillé en chanfrein par en-bas, pour qu’il entre mieux dans la gâche. On foude au milieu un talon pour empêcher qu’il ne forte des crampons qui le retiennent. On ajufte en-haut une boucle ou un anneau qui fert à l’arrêter à un crochet pour le tenir ouvert. Ce verrou gliife dans des crampons B qui traverfent le battant de la porte ; & quand on l’a décroché, il retombe & fe ferme par fon propre poids ; le crochet A qui l’empêche de retomber, eft repréfenté à part C (.fis- ? ) > on a fait de ces verroux (fig. 4) , qui étaient ajuftés fur une platine.
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- Enfin, pour fermer le haut des portes, on a encore fait des verroux à queue (fg. 6 ). Nous en parlerons en détail lorfqu’il s’agira des croifées. Je n’explique point ici comment on fait les platines ornées & à jour, parce que j’en ai parlé au commencement de cet art, chapitre I, §. 133. Je fuis obligé de m’écarter un peu de mon objet, pour faire mieux comprendre ce que j’ai à dire fur la fermeture tant des croifées que des portes à deux vantaux.
- Des croifées anciennes.
- 433. Anciennement on lailfait un montant dormant ou meneau qq (J%. 7), au milieu des baies des croifées, & on les traverfait au milieu de leur hauteur par un importe rs, de forte que la baie était divifée par une croix dormante ; à ces croifées, les chaflis à verre étaient arrafés, & les volets étaient à recouvrement j les_challis à verre, tant du haut que du bas, étaient fermés par des targettes qui entraient dans des gâches, & on n’ouvrait prefque jamais les chartis à verre du haut ; les volets du bas étaient fermés par des targettes dont le verrou entrait dans un crampon ; & comme on ne pouvait fe difpenfer d’ouvrir les volets d’en-haut qui étaient trop élevés pour qu’on pût les ouvrir, il l’on y avait employé des targettes, on faifait ufiige des loqueteaux.
- Changemens qu on a faits aux croifées, & qui ont engagé a faire des verroux à reffort.
- 434. Peu à peu on a élevé l’importe pour faire la partie d’en-bas des croifées beaucoup plus grande que celle d’en-haut, comme on le voit figure 7 \ alors on ne pouvait plus atteindre aux targettes qui étaient en-haut de cette partie } c’eft ce qui a fait imaginer les verroux à reifort & à queue (fig. f>). Le verrou A eft retenu fur une platine par deux crampons BB comme le verrou des targettes; mais comme ce verrou eft dans une pofition verticale , fon propre poids l’aurait fait defcendre & ouvrir de lui-même, fi par le frottement d’un reifort qu’on met entre le verrou & la platine, on n’avait pas fait un obftacle à fa defcente. On fixe fur les côtés du verrou deux petits oreillons qui fervent à limiter fa courfe entre les deux crampons BB ; ces verroux ferment dans un crampon qu’on met au-delfus de la croifée fur l’importe , & ils fe ferment fur le montant de la croifée. Il eft fenfible qu’en alongeantla queue de ces verroux , le bouton fe trouvait à portée d’être faifi de la main5 & pour maintenir toujours cette longue queue dans une même fituation, 011 l’entretenait en diiïérens endroits par de petits crampons qui faifaient l’office de conducteurs.
- 43 S- On a fait encore un grand ufàge de ces verroux à reifort pour fermer les armoires ; le verrou qui fermait le haut avait une longue queue, & celui du bas en avait une allez courte.
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- 436. On a toujours fait le bout des verroux en chanfrein, afin que fi le bois fe déjetait, la pointe du verrou prenant dans le crampon, on put, en forçant un peu, oblige* le bois de revenir dans fon joint. Afin de rendre le chanfrein plus conlidérable, on a fait des verroux très-étroits & fort épais ; mais il fallait que le battant fe fût peu déjeté pour que ce moyen le fît revenir. Il en a été à peu près de même des verroux qui portaient à leur extrémité un crochet, & qui fe fermaient en tirant le bouton en-bas : l’avantage qu’on fe procurait, fe réduifaità ce qu’on a plus de force en tirant le bouton eu-bas qu’en le relevant, mais quand la croifée était alfez déjetée pour que le crochet ne prît point dans le crampon, elle bâillait toujours par le haut..
- 437. La forme des croifées a encore changé j & au lieu de les arrafer dans le montant ou le meneau du milieu, on les a faites à recouvrement ou à noix ; dans l’un & l’autre cas, un battant s’appuyant fur l’autre, &n’y ayant plus de meneau dormant, il fulfifait d’arrêter le vantail qui s’appliquait fur l’autre , pour que les deux le fuffent ainfi avec deux verroux à reifort attachés fur le vantail qui recouvrait l’autre, les deux étaient fermés, le verrou d’en-bas entrait dans une gâche qui était fur l’appui $e la fenêtre, & celui d’en-haut dans un crampon. Il a enfuite paru plus commode de n’avoir à porter la main que fur un bouton, pour ouvrir ou fermer une porte d’appartement, une croifée, une armoire.
- Deux verroux lies par une barre de fer nommée crémone.
- 438- La plus fimple maniéré de produire cet effet était de joindre le verrou d’en-haut avec le verrou d’en-bas par une verge de fer, ou de faire que les queues des deux verroux fe joigniffent, & qu’elles fuffent foudées l’une à l’autre, en failant le verrou d’en-bas comme les autres verroux à reffort, & le verrou d’en-haut à crochet (fig. 8 ), 8c en mettant à la hauteur de la main un bouton ou une main k (fig. 9 ). Il eft clair que lorfque l’on abaiffait la main ,les deux verroux fe fermaient, & qu’en pouffant en-haut la même main , les deux verroux s’ouvraient, parce qu’au moyen du crochet figure 8 , les deux verroux fe fermaient en baiffmt, & ils s’ouvraient en. montant.* On faifait la main k Çfig. 9 ) à charnière, afin qu’elle n’accrochât point lorfqu’on paffaitpar les portes. Ces verroux qu’on a nommés crémones, ne font plus d’ulagej on leur a préféré les efpagnolettes à bafcule (12,6).
- (126) On fe fert encore des crémones , de , excepté dans le cas que je viens d’in-pour les portes des buffets fort élevés. En diquer, on les nomme Schubriegel mit Allemagne , où elles ont auffi pafle de mo- Zugfiangaiy
- Des
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- Des efpagnolettes a bafcule.
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- 439. A&B font les queues des deux verroux à reJÎort ab ,ab(fig. 10). CD eft un levier qui a fort point d’appui au point G où eft un tourillon H, fur lequel il tourne ; & ce tourillon H eft fermement attaché à la platine E F qui eft arrêtée par des vis au montant de la croifée ou de la porte ; l’extrémité I du verrou A eft attachée à l’endroit i du levier C D, & le bout K du verrou B eft attaché au point k de ce même levier; ces attaches i & k font des goupilles rondes qui ont la liberté de tourner dans les trous I & K qui font l’extrémité des verroux. Il y a un bouton en D, & on fait le levier C D aifez long pour que celui qui ferme la croifée puilfe vaincre la réfiftance que les verroux éprouvent pour entrer dans leurs gâches. Ces efpagnolettes à bafcule font fort bonnes, fur-tout depuis qu’on a beaucoup diminué le balancement des queues des verroux, occafionné par le levier C D. Voici comme on y eft parvenu : d’abord les queues des verroux n’étaient point coudées ; elles allaient s’inclinant un peu de côté & d’autre répondre tout droit aux points i k : ce qui pro-duifait un grand balancement qu’on a évité en partie, en faifant à l’extrémité des queues des verroux les coudes arrondis qu’on voit clans la figure 10; maintenant on pofe fur une platine EF ,(fig. 10) une rondelle de fer retenue par le tourillon H qui lui permet de tourner quand on appuie fur la queue D* qu’011 fait affez longue, & qui emporte avec elle la rondelle G: à la circonférence de cette même rondelle font attachés par deux goupilles rivées les bouts des deux verroux AB qui peuvent tourner fur les goupilles i k. Il eft évident que quand onhauffe ou quand on bailfe le levier D pour faire tourner la rondelle, les deux verroux montent ou defcendent en même tem's; le balancement des verroux eft moindre qu’il n’était d’abord, à caufe du coude de la queue des verroux A B, ainfi qu’il eft repréfenté dans la figure 10. On recouvre ordinairement ces bafcules par une efpece de palâtre qui les rend fort propres.
- Des efpagnolettes à pignon.
- 440. ON -eft encore parvenu à’faire que les coudes des verroux ne balancent point du tout, par un moyen fort ingénieux & commode, qui eft connu lbus le nom d5' efpagnohtte à pignon ( *).
- 441. On place , au milieu de la platine'FF (fig.11), un pignon ou une petite roue dentée qui tourne fur un axe qui traverfe la platiné FF, ainfi que la
- \i ' •••', i 'iO'i’tj ' H U ! o . .
- O) Je ne fais ce qui a Faitappeller (127) Les efpagnolettes ont confervc en
- gnokttcs.tontes les ferrures dont nous par- Allemagne leur, nom français ; ce. qui feulions ; car il eft probable qu'elles ont été bleappuyer la conjèdture de M. Duhamel, imaginées par les ferruriers de Paris (127). en faveur des ferruriers de fa nation.
- Tome VL P
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- couverture ou le palâtre qui recouvre tout cet engrenage,& qu’on n’a peint repréfenté dans la figure. Le bout des deux verroux A B eft coudé à angle droit en CD, & chacun porte un rateau qui çngrene dans la roue dentée placée au centre de la platine. O11 voit que, quand on hauife le bouton G, onéleve le verrou B * mais en même tems on éleve auffi le rateau de ce verrou qui engrené dans le pignon, lequel engrenant dans le rateau du verrou A, fait def-cendre ce verrou de la même quantité que l’autre s’élève : ce qui rend très-fen-Jühle le jeu des deux verroux, tant pour ouvrir que pour fermer la porte ou la çroifée (128)» Pour empêcher que les.râteaux ne s’écartent du pignon, 011 a pratiqué fur chaque pièce une ouverture longue ,dans Îaquelleiîy a des conducteurs ou petites chevilles, qui font rivées {ur la platine FF. O11 met de dift tançe à autre le long des queues des verroux, des conducteurs L , & on couvre tout l’engrenage d’un palâtre qui rend çes elpagnolettes fort propres.
- 44.2., Toutes ces elpagnolettes ont cet avantage , que les queues des verroux le prolongeant fur toute la longueur des battans., elles les empêchent un peu. de fe voiler ; mais elles n’ont pas celui de. les faire revenir à leur place quand ils le, font : c’eft ce qui a fait donner la préférence aux elpagnolettes dont nous allons, parler 5,mais, auparavant il eft bon de faire remarquer qu’on eft. parvenu è tenir les volets fermés par les mêmes elpagnolettes à verrou que nous venons de décrire.. Le moyeu eft bien lîmple ; on mettait, fur la queue des verroux un paneton qui, quand le verrou s’élevait ou s’abaiifait., portait, fur un autre paneton attaché au volet;. & quand on changeait le verrou de fi tu a ti on , comme les deux panetons ne fe recouvraient plus, on pouvait ouvrir les volets lans ouvrir les chaffis à verre : il eft vrai que la rencontre de ces deux panetons exigeait de la précîfioh, &. qu’ils étaient expofés à fe détraquer..
- Des efpagnolettes à agrafe & â pignon*.
- 443. L^espagnolette dont nous allons parler, fert en même tems à fermer les chalfis à verre & les volets : on peut la nommer à agrafe & a pignon; fa principale partiejfg. 12, eft une verge de fer ronde rr 9 auffi longue qu’un des mon-tans du chalfis à verre > elle eft retenue contre le montant, qui eft à recouvrement, par des lacets à vis ttuuy elle a autant de collets, c’eft-à-d ire , d’en droits où elle a moins de diamètre qu’ailleurs, qu’il y a de lacets employés à la retenir. Chaque lacet. AB {fig. 13 ):a un tète^ronde,.formant une efpece d’anneau qui entoureun des collets de. ja; verge rf (fig* 12)- Comme le. diamètre de, la verge eft plus grand au-delfns du collet, on ne reiferre l’anneau du lacet que
- r j ' ’ :. . . : 1 ' rr.1 '' ~V V-’- :([ ' ‘ ; > < ’ ’ — ‘ ’
- ( 128) Une poignée eft bien plus propre rowx. On îa fait en laiton, pour plus de pro* à faire jouer te rateau,. & à pouifer les ver- pietés
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- quand la verge y eft engagée : on voit un collet en b b (fg. 14). Il eft déjà aifé de comprendre que la méchanique qu’on emploie ici ne relfemble point à toutes les efpagnolettes dont nous avons parlé jufqu’à préfent, puifque la verge 11e peut ni s’élever ni s’abaifler; mais elle peut tourner autour d’elle-même. Voyons d’abord comment, en tournant, elle ferme le chaflis haut & bas: chaque extrémité de la barre rr (fig. 12) a une partie rs en crochet qui eft perpendiculaire au corps de la verge ; ce crochet qu’on appelle le paneton de l’efpagnolette, eft perpendiculaire au chaiïis lorfque l’efpagnolette eft ouverte, & il eft parallèle au plan du chaftis , lorfque l’efpagnolette eft fermée. Ce paneton eft coudé à angle droit près de ion extrémité : quand le corps du paneton eft parallèle au chaflis, fou coude fe trouve accroché dans un crampon, ou quelque chofe d’équivalent, & il s’en dégage quand le corps du paneton devient perpendiculaire à la traverfe de la croifée.
- 444. La piece qui fert de crampon peut être faite de différentes maniérés; mais avant que de nous occuper de ces petites variétés, voyons le fécond effet de l’efpagnolette, qui confifte à tenir les volets fermés. On a imaginé quelque chofe de plus fimple *, mais voici comme on s’y prenait d’abord. Il y avait deux platines de fer n attachées contre le montant du chaflis à verre qui fait le recouvrement : l’une eft proche du bout fupérieur de la verge, & l’autre de fou bout inférieur. Dans chacune de ces platines étaient arrêtés deux des lacets à vis te , qui arrêtaient la verge de l’efpagnolette ; la partie de la verge qui eft entre ces deux lacets était alfujettie à une partie de pignon qui n’avait de dents que fur un quart de fa circonférence a a (fig. 12,14). Le nombre de ces dents n’allait ordinairement qu’à trois ; le refte de la circonférence du pignon était uni & circulaire; la partie où les dents étaient taillées était circulaire par rapport au chaflis. Quand l’efpagnolette était fermée, ce pignon portait une elpece de long paneton Z d’environ flx pouces de longueur : on le nommait Vaileron, & il était perpendiculaire à la verge de l’efpagnolette. Quand cet aileron s’appliquait contre le volet, il le tenait fermé ; un autre aileron pareil Z2 s’appuyait fur l’autre volet, & le tenait de même fermé ; ce fécond aileron était aufli la queue d’un fécond pignon y qui n’avait, comme l’autre, des dents que dans le quart de fa circonférence; mais celui-ci avait un eflieu particulier qui était retenu par deux petites piecès V * perpendiculaires à la platine fur laquelle elles étaient rivées ; le pignon-tz de la verge, & celui b qui en eft féparé, s’engrenaient l’un dans l’autre; ainfi lorfqu’on tournait la verge dans ces fens , on tournait les deux ailerons jufqu’à les obliger de s’appliquer l’un contre l’autre : l’aileron Z qui tenait au pignon a de la verge, en fuivait le mouvement; mais en même tems, au moyen de l’engrenage, il faifait tourner l’autre pignon b dans un fens contraire du fien, & l’aileron Z2 s’approchait de l’aileron Z ; alors on pouvait ouvrir les deux volets. On arrêtait au cou-
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- il s
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- traire les deux volets en faifant tourner la verge dans un feus contraire ; car les deux ailerons s’écartaient l’un de l’autre jufqu’à ce qu’ils fufient dans une même ligne droite, l’un & l’autre étant exactement appliqués contre les volets.
- 44f. Pour que les volets & les chaffis à verre reftaflent fermés, il ne s’a-giffait plus que de fixer la verge dans cette pofition ; pour cela, entre les deux noeuds uu (fig. 12), on joignait à la verge une efpece de queue .v qui lui était attachée par. un boulon ou une charnière j cette queue pouvait s’élever ou s’abaiffer, par conféquent on pouvait la faire aifément entrer dans un crampon à patte y qui était attaché à un des volets, & alors tout était fixé ; c’efë cette même piece qui fervait de main ou de levi£t pour ouvrir la croifée, ce qui s’exécutait en levant la queue x pour la dégager du crampon y ; en-fuite on la faifait tourner horifontalement* la verge fuivait ce mouvement, les ailerons fe relevaient, & déjà on pouvait ouvrir les volets s en même tems les griffes ou agraffes rs fe dégageaient de leurs crampons, & rien n’empêchait qu’on ouvrît les chaflis à verre. Ces pignons étaient fujets à fe détraquer ; les ailerons étaient embarraffans. C’eft pour ces raifons qu’on a abandonné ces fortes d’efpagnolettes ; & celles qu’on fait aujourd’hui font infiniment plus (impies. Nous allons en parler. 1
- Des efpagnolettes À agrafe Jimpté.
- 446. Les efpagnolettes à agraffe dont;il s’agit font, pour le corps de l’efpa^ gnolette * tout-à-fait femblables à celle dont nous venons de parler ; le chaffis à verre eft fermé par les crochets ou -agraffes qui font en-haut & en-bas j elles n’en -different que par fajuflement, qui eft deftiné à tenir les volets fermés 5 cet ajuftement eff beaucoup plus (impie , auffi maintenant on 11’en fait pre£ que point d’autres. jL’efpagnolette à agtaffe (fig. 14 ) a une tige de fer alfu-jettiè fur un montant de la croifée par des pitons à vis (fîg, 13 ), reçus dans des .collets i les bouts de cette tige de fer portent pareillement des crochets qui prennent dans des gâches..tenant au dormant-: ces efpagnolettes ont, commedes autres * run levier D en ferme de poignée pour tourner fefpagiio-Jette; mais elïéis n’ont. ; point les pignons éentes ,& à aileron qu’on voit aux figures.-1% V ï4..'Qn ifoude fur la barr'e.deujqou trois panetons p jdont la faillie doit être i dans ;b'mêrfte plan queia main j-quand donç.on met la. main perpeii-diculaire au.plan de la Groifée les petits paneton^ le font auffi ; on. a: attaché fur le volet qui,doit fermer, lo chaffis à verre qui,porte l’efpagnolette, & vis-à-vis le.petit paneton dont nous venons de^arler,-une efpece de porte bffig: 15), qui n’eft'autre, ch© fe.qu’une plaque de,-fer qui a un œiî,quarré ,- Qu qui elt fuf-fifamment évitée.pour recevoir lé’paiieton- Çes.pieees font un-peu courbées par leur;bout} de.faq.on qu;e quand le volet, eft fermé > cette partie recourbée embrafte la verge de l’efpagnolette.
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- 447. On conçoit que les petits panetons a étant dans une fituation perpendiculaire au plan de la croifée , fi l’on abat le volet, le paneton a entre dans l’ouverture de la porte £; & fi l’on retourne la main pour fermer l’efpngnolette, les panetons a s agraffent dans la porte b, & ce volet fe trouve fermé. A l’égard de l’autre volet, on attache deifus de petites pattes c {fig, 15 ) dont le bec c a aiTez de longueur pour être un peu attrapé parle bout du panetons. Ou conçoit donc que par les trois petites pièces abc, les volets fontauiîî exactement fermés par les efpagnolettes que fi l’on avait mis les pignons de la fig. 12. Quelquefois 011 a compris ces a grades entre deux nœuds qui traversaient une petite platine d {fig, 1 ^ ; mais communément on n’en met point, & on met tout Amplement les agraffes comme a, b fans platines.
- 448. Une chofe qu’il eft plus important de faire remarquer, c’eft qu’on ne peut pas fe fervir d’un crochet à patte, pour arrêter fur le chaihs à verre la main des efpagnolettes, quand on veut qu’elle ferme en même tems les volets, parce que l’épaiifeur de ces crochets empêcherait les volets de s’approcher des challis à verre; dans ce cas on met fur le dehors des volets le crochet à patte Y {fig. 12 ), & fur les chaihs à verre on met de petits crochets plats G {fig.i6fi quifebrifent à charnière en G tout auprès du montant, afin que ce crochet puilfe fe coucher fur le montant faits faire d’épaiifeur, lorfqu’on veut fermer les volets.
- 449. On trouve encore quelques efpagnolettes qui ferraient par en-bas à faire monter &defcendre un verrou au moyen d’un pas de vis très-alongé, qui prenait dans un écrou taraudé dans l’intérieur du verrou; enforte qu’en tournant la barre de l’efpagnolette, on faifait monter & defeendre le verrou. Aflu-rément cette conftruction 11e vaut pas le crochet dont on fait ufàge aujourd’hui (129); mais il y a apparence qu’on ne s’effc pas déterminé tout d’un coup à abandonner les verroux, qui étaient prefque lafeule fermeture dont on fit ufage.
- 4^0. En examinant toutes Tes efpeces d’efpagnoîettes qui fe trouvent dans des bâtimens qui commencent à devenir anciens, dn reconnaît que les efpagnolettes ne font pas'parvenues tout d’un coup au degré de perfection où nous les voyons aujourd’hui. Les premières efpagnolettes étaient très-fimples. Les pitons étaient attachés furies montans par des efpeces de pattes; ils-ne pou*, vaient fervir qu’à fermer des chaffis à verre ; & comme la main ne devait point embraffer de volets, on fe contentait de fendre le barreau, & de retenir dans cette mortaife l’extrémité de la main avec une goupille, de façon néanmoins qu’elle .pouvait s’élever &. s’abattre: ou bien on faifait la main à charnière.
- ( 129 ) Tl y a cîes cas ou ce verrou eft abfolument néceffaire ; par exemple, pour de* portes qui n’ont point de feuiJs.
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- On fe fert encore de ces efpagnolettes Amples, pour fermer les croifées qui il’ont point de volets, ou certaines portes.
- 4fi. Si dans le commencement de l’invention des efpagnolettes on voulait couvrir de volets les chaflis à verre, ou bien les volets étaient tenus fermés par des verroux, des targettes ou des loqueteaux; ou bien on mettait une fécondé efpagnolette fur un des volets. Cette efpagnolette avait haut & bas des crochets qui tenaient fermé le volet où elle était attachée; & outre cela elle avait, comme nous l’avons dit, deux grands ailerons qui, quand il s’a-gi.lïait de fermer les volets, s’appliquaient fur le volet auquel la verge de l’efpa-gnolette n’était pas attachée. Cette fécondé efpagnolette avait aufli une main pour la tenir fermée.
- Comment on fait les efpagnolettes pour fermer les volets aux croijees qui ont un
- impofe.
- 4f2. Quelquefois les propriétaires défirent avec raifon qu’il refie au haut de leurs croifées au moins quatre carreaux dormans, comme on le voit à la figure 7. Les chaflis à verre compris dans ces croifées depuis l’impofte jufqu’au haut reftent toujours fermés, ainfi point d’embarras à cet égard. O11 peut les tenir fermés avec des verroux, des targettes & des loqueteaux qui ne fervent que quand on nettoie les vitres ; & l’efpagnolette 11e s’étend que depuis l’impofte jufqu’en-bas, ce qui fuftit pour les chaflis à verre; mais les volets font rarement interrompus, ils s’étendent depuis le bas jufqu’au haut de la croifée. Si l’efpagnolette fe termine en q, ou à l’impofte, la partie q r des volets n’eft point foutenue par l’efpagnolette ; fouvent il n’y a pas grand mal: comme cette partie n’eft pas confidérable, pour peu que les bâtis foient forts & de bois fec, cette partie fe maintient fans fe déjeter: mais 011 veut quelquefois qu’elle foit affujettie ; alors on emploie deux moyens : l’un eft de prolonger l’efpagnolette jufqu’en r, & tout l’inconvénient qui en réfulte fe réduit à ce que quand le chaflis à verre eft ouvert, on voit un bout d’efpa-gnolette qui en excede le bâti : l’autre moyen qu’on emploie plus communément, confifte à couper l’efpagnolette en q (fig. 17), d’attacher la partie qr fur la partie dormante qr du chaflis à verre de la croifée (fig. 7). Le bas de cette partie fe termine par un enfourchement dans lequel entre le- tenon S qui termine la partie d’en-bas de l’efpagnolette ; & au moyen de ce tenon qui fe loge dans l’enfourchement, quand on ferme la croifée, la partie ?reft emportée par la partie d’en-bas, & elle en fuit tous les mouvemens, comme fi l’efpagnolette était d’une feule piece.N
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- De quelques façons de fermer les contrevents.
- 4^3. A la campagne, fur-tout aux croifées du rai2-de-chauffée qui donnent fur les parcs (130), on defire quelquefois avoir des contrevents qui rendent les appartemens plus fûrs contre les voleurs, 8c qui protègent les croifées qui fans cela relient expofées aux injures de l’air, même pendant l’ablènce des maîtres. La plupart de ces contrevents font ferrés avec des pentures qui font clouées fur les contrevents , & des gonds fcellés dans les pierres de taille qui forment le tableau * de cette façon toute l’eau qui coule le long du mur, tombe fur le contrevent qui fe pourrit, quoique fouvent 011 ait la précaution de mettre au haut des contrevents une emboîture, de chêne qui réfifte mieux à la pourriture que le bout des planches de fapin dont eft formé le contrevent. Il eft mieux de ferrer les contrevents par en-bas avec un pivot coudé qui aboutiffe à une crapaudine fcellée dans l’appui, & de mettre en-haut une penture coudée pour que le contrevent étant fermé, il entre dans l’embrafure de la croifée, &-qu’il foit un peu à l’abri de la pluie. Comme on veut que les contreventsparaiffent le moins qu’il eft poffible quand ils font ouverts, on les peint en blanc fur le côté qui alors fe montre en-dehors * & comme d’un autre côté 011 trouve agréable que les baies des croifées foient marquées quand les contrevents font fermés , 011 peint en brun l’envers du contrevent, ou la face qui fe montre ; moyennant cette attention, les contrevents paraif. fent peu quand ils font ouverts ; & quand ils font fermés, l’ouverture des croifées fe diftingue bien des murs. Pour tenir ces contrevents fermés , on ne peut pas fe fervir de crochets, parce que les chaiîis à verre font maintenant à
- (150) En Suiffe, ou l’air eft plus froid , les contrevents font néceffaires pour garantir les maifons durant l’hiver. On en met à toutes les croifées , dans les villes comme à la campagne. En Allemagne, on fuit la même méthode, & avec beaucoup de raj-fon , puifque même dans les pays chauds, les contrevents garantifiTent les appartemens de l’ardeur d'ufoleil,, & les rendent plus frais & plus agréables. Le contrevent qui fe pofe en-dehors des croifées , entre dans une battue creufée exprès dans les jambages des fenêtres Ils font fufpendus comme les portes ordinaires, avec des gonds & des pentures. Four les ifermer,, on fait entrer vers le milieu des deu x mon tans. un crochet attaché, par un anneau-,& dont la Ion*
- gueur eft proportionnée à îa largeur du contrevent. A la même hauteur, & en-dedans du contrevent, on cloue une barre rie fer, portant cinq à fix trous, auxquels le crochet s’attache. Cette barre , qui fe nomme un rat eau , fert à tenir le contrevent plus ou moins ouvert, félon qu’on veut plus ou moins de jour dans la chambre. Pour tenir le contrevent ouvert, de maniéré qu’il ne foit pas refermé par le vent, on fcelle contre le mur une barre de fer repliée paraî-' lélement au mur , dans laquelle vient donner le crochet d’ün loquet doué en-dedans du-contre-vent* Ce loquet porteune poignée,. & peut être ouvert depuis la fenêtre, fans trop étendre le. bras*
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- noix; mais les ferruriers ont imaginé difÉerens moyens qu’ils ont variés fuivant les circonllances, & qui la plupart produifent alfez bien ce qu’on defire.
- 474. Les contrevents dont nous venons de parler font fort bons ; mais ils ne font pas auift propres que ceux qui font ferrés fur le dormant de la croifée, & qui s’appliquent immédiatement fur les chalîis à verre. Ces contrevents ont à l’ordinaire deux vantaux, & chaque vantail fe plie en deux: quand les murs ont alfez d’épailfeur, le contrevent ainli brifé 11’excede point, quand il elt ouvert, le tableau de la croifée ; mais quand le mur n’a pas alfez d’épaif-feur relativement à la largeur des croifées , on forme labrifure de façon qu’elle fe trouve fur l’angle du tableau, & une partie du contrevent fe replie en-dehors fur le mur. Quand le contrevent elt fermé, il doit s’appliquer exactement fur le chalîis à verre : il relie à lavoir maintenant comment avec des chalîis à verre qui font à noix, 011 peut tenir les contrevents fermés. C’ell ce que nous allons expliquer le plus clairement qu’il nous fera polîible.
- 4^. L’espagnolette n’a aucun rapport avec le contrevent, ainli elle e(l faite à l’ordinaire. Comme les contrevents font brifés, ils font garnis dans leur hauteur de trois pentures reçues dans trois gonds à pointe qui entrent dans les montans du dormant, & à l’endroit de labrifure elles ont une charnière comme une fiche à broche; l’extrémité de ces pentures s’étend jufqu’au bord du contrevent, & les bords font taillés en chanfrein, afin que les deux vantaux puilfent rentrer d’environ un demi pied dans l’intérieur de la chambre , lôrfque les chalîis à verre font ouverts. C’ell pour cette raifon#que les contrevents 11eportent pas julqu’à l’appui; ils fe terminent par en-bas à la hauteur du jet-d’eau du chalîis à verre : 011 retire donc en-dedans les deux vantaux du contrevent, dont les bords s’éloignent l’un de l’autre,! d’autant plus qu’ils entrent davantage dans la chambre pour la même raifon qu’ils s’éloignent quand 011 les poulfe en-dehors pour les ouvrir. Or il y a furie montant du chalîis à verre qui porte la gâche de la noix, lix crochets qu’on place pour plus grande folidîté à la hauteur des bandes des pentures des contrevents ; & trois de ces crochets ont leur croc à droite, & les trois autres ont leur croc à gauche. Suppofons maintenant qu’on a tiré en-dedans de la ehambre les deux vantaux des contrevents , & que pour la raifon que nous avons dite, il s’en faut d’une certaine quantité que les bords ne fe touchent j 011 poulfe les chalîis à verre dans leur baie pour les fermer à l’ordinaire ; les crochets palfent entre les 'bords des deux vantaux du contrevent; & continuant à pouffer les chalîis à verre , on poulfe en même tems les contrevents, dont les bords fe rapprochent d’autant plus qu’ils font plus près d’être dans le plan de la croifée. Iis s’engagent ainli fous les crochets qui les retirent, & empêchent qu’oii ne puilfe les ouvrir Jufqu’à ce qu’ayant ouvert les chalîis
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- ART DU SERÎiURTE IL
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- à verre, & ramené les contrevents en-dedans de la chambre, les bords de® vantaux du contrevent s’écartent > & fe dégagent des crochets qui font fur le -montant du -chaflîs à verre: alors ayant o-uvert les chaflîs à verre, on poulie en-dehors les contrevents.
- 4f<?. Comme ces contrevents s’appliquent très-exa<5tement fur les chaflîs à verre,il finit qu’ils s’ouvrent de toute la hauteur, parce que l’épailfeur defini* polie, s’il y en avait un, ne permettrait pas d’en faire ufage. Comme le contrevent fe termine au-deifus du jet-d’eau du chaffis à verre, ce qui eft néceC. faire pour qu’il entre dans la chambre, ce jet-d’eau femble fait pour le contrevent lorfqu’il eft fermé. On pourrait placer les crochets du chaflîs à verre à la hauteur qu’on voudrait -, ils ne retiendraient pas moins les contrevents : mais il eft mieux qu’ils fe rencontrent fur l’extrémité des perdures. On a coutume de mettrç fur les contrevents, aux endroits où Ce rencontrent les crochets, un morceau de fer recourbé, ou une elpece de gâche qui les recouvre, & qui empêche qu’avec une pince on 11e puifïe les rompre.
- De la façon de faire les efpagnolettes.
- 4Y7* âpres avoir amplement décrit toutes les bafcules & efpagnolettes qui ont été ou qui font en ufage, il faut dire quelque chofe de la façon de les faire j mais je m’attacherai particuliérement à celles qui font le plus d’ufage, celles dont j’ai parlé en dernier lieu , & qu’on connaît fous le nom à'ejpagno* lettes à agraf e.
- 4^8* Pour faire une de ces efpagnolettes, on prend un barreau de carillon, qui doit avoir une longueur pareille à la hauteur de la croifée j 011 en abat les angles & on lui forme huit pansj enfiiite on l’arrondit à l’étampe, comme je l’ai dit plus haut j c’eft-à-dire, qu’011 le forge entre deux étampes qui font creufées chacune en demi-rond; & en retournant fréquemment le barreau dans l’étampe, il eft bientôt arrondi comme une tringle. Il eft queftion enfuit© de renforcer les endroits qui approchent des nœuds ; pour cela, on forge des mifes en viroles ou des anneaux qui relient ouvefs, & on les fonde aux ciiUi-oits qui avouaient les nœuds, comme bb^fig, 14). Comme ces endroits doivent avoir des collets & être ornés de moulures, on fuit par les forger fur une étampe qui porte en creux les moulures qu’on veut faire en relief fur le barreau \ on frotte l’étampe de fuif > 011 retourne fréquemment le barreau à mcliire qu’on le forge china Péf^mpe, & en très-peu de tems les orne mens des moulures font faits ; il iveft pins queftiop. que de les répudier un peu avec la lime.
- Lorsqu’on fait des efpagnoîettes uèe-propres (131), on ne fe fers
- (1} 1) On peut les dégvofilr à l’étampe.
- Tome VL
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- vto A k 'r^îÿ- ü S i r Æ- tf-R'ï e k
- 'fôini '#&àâ(>evâto àfèt &r‘îè 'tétât 1ësf &i$rbît§ bà doivent ^rëTesmbuTuf é#* & on forhie tôiïtéâ lès'mbuhîres.avee -l’outily enfuitè ottTbude-cès’mibrcëaii'^c 'travaillés au tohr farki tige dé réfpagn blette. •Qiüntdb.ii feÿropbre - çfctôg broft-zer, on fe contente de les blanchir j mais ffl^iY Véiit les;niëttÆè:en^cbnieüî 4l?eair|il;-fdijt;!eü^dbnn^-mî beatf péH-i%16rsiHieA?a’gi£ pîù s qüè de lés* attacher fur% montant du ebaffis --j èelaî fe fait; co mtriê itbiVs i’àvbhs- déjà dit ; $#c desdâéëtsqaüx'qtfëts- bn'dénué ddfférentesformës, fuiVaht’le goût du férrurféiL Mais hiiéfti plus* important de Üire; comblent bu inet bes laéetseh place a droit b $}figî14 )•'/* les parties’-^ui touchent' d étant plus greffes qüe-le collet qui les fépafe? iln’eft pas poftae^ehfilet le lacet par îe^boütdèdefpagrtoréttcflès fér¥nriè)pS' é’^preiinerit de deux façons differëAtesy qùfffoht' à3peu:pbès .àüm bènnes i’tinè qiïè'i?{ilitre^ Gn forgé un ihotcéhir de-féTy quLéfli affez- largë aîk ihilieu pour' former le corps du Jlacéfc ,'•&*'ïl fe termirié-ën'pointe1 par les deifk extrémitésépbür;én-faire ia quëuè.: Oh éfeàïhpë le cbrpsP pour'lui dbnnef 1k forme qu’on juge convenable-?: Tctt^îbpiié'éis'lâbbfc'fôfuh trikhdrm qufdoitêtfb de la même grolfeur que la partie du collet oùjl doit être placé. Les deux pointes rapprochées y fondées , & taraudéès jtifqtt,‘ên:fe~(./fgr. 17), forment la queue du lacet; niais on chauffe & on ouvre le corps du lacet, comme f -t^yi'pour lëdnèttre éhplacë-ï &"qüand bhFaÿïhfà féndroft^’^g. 14 ), on lé réiférrenveoFétahpour lui faité-réprëiidré fë prehî'iëtë'fdtm ei D’autres;, après avoir fotidé.'M queue dn lacet à iâ partie qui én dô^t &irëlè' côrps , roulé & foudé-cette p'àttié'v coUpétifeFannëau cciïnlnëon!î?é;voît;ën« (fy. rg )•; puis ayant chauffé & ouvert l’anneau , ils le paflênt dans^ le collet, & le refferrent dans- l’étau ; &'qüOiqhe le côrpS dûdàcet1 hé f&itr quë rapproché yla feulé force du fer fiifïïü poiir quhl ne's?oüvre; jamkisyquând bh fa!mis éh pléW? la queiiè kyant1 traverféde montant' ’ de H croîfëéy efà 'arrêtée- par ï’ëéfbu - qui eff dé l’autre côtédh mbritant.Ori )^A &-Bydes lacets dont nous avons,
- déjà pafclé plus fraiit. Polir -rëiidrelés •'phf ghees^ & lès àgraffés fdes éfpàgnoîett^è^ plus propres ’, fin lés découpe quélqueféis’y cohinie ©h* lé voit (fig: ib ). Leè crochets1 dés efpagnblettës- s’agràfiént qbélc|uéfèië;dansdèS: crampons-,, mai& plus commiméhièiit dans- iinë ^âeHei iHP ' •- « ' ' t / • • :
- 4<îoi NOUS aflbli^ parlerÿ dân^'urfarticlefepàré ? dës grbfles & fortes ferriiy tes qn’bii -empiété- polir les- portes; qbbhëres. Nous, reviéhdr.bnsenfuité â- çfb qui regard les portes d’appartement, & lés vaiitàux des arnibireé^1 ï: j
- , , ; ' / ; .;j jl , ; A -R.', T| l , Ç-‘. If E ; , I t: £> 3glbl Oi ÜOhjp SJifk Clt
- • . ' 7 Dgjafkrrné**. Kü'vozzod ^
- 4^1. Autrefois , pour tenir les portes çoçheres ferniéeson mettait an bas les gros verroux ( fig. 4 & 5 ) 5; & en-haut orî ÆèltÉtt lêf-
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- A"R T D U S E R R U R 1E R.
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- c’était-un gros barreau de fer quarré L L, percé dans-foh milieu pour recevoir le gros boulon N; ce boulon traverfait le montant de la porte environ aux deuxtiers de fa hauteur ; on mettait entre le fléau & la porte la platine O * & par -deffus le fléau la rondelle P 5 le tout était arrêté par une clavette qu© Pon palfait dans l’œil du boulon. Le fléau dans cette fituation 11’empêcherait pas qu’on ouvrit la'porte; mais on pofait fur les deux vantaux deux forts panetons-.& crochets M, attachés dans des fens contraires; de forte que ,-quand on faifait tourner le fléau fur le boulon qui le traverfait , il s’accrochait dans ces deux crampons ; & quand on voulait ouvrir la porte, on tirait en-bas la barre R; & le fléau fortant des crochets & devenant perpendiculaire, fe rangeait fur le montant de la porte qui pouvait s’ouvrir aifément. La barre R portait en S un paneton ou un auberon qui, entrant dans la ferrure plate T, empêchait ceux qui étaient en-dedans de la maifon d’ouvrir le fléaiu - 462. Outre le gros verrou & le fléau, pour alfurer la fermeture des portes cocheres, 011 mettait encore fur le poutis une crémaillère G(fig. 20), dans laquelle- s’accrochait la barre IH (fig. 21),.qui entrant dans les dilférens crans de la crémaillère , permettait d’aflujettir le poutis à telle ouverture qu’on jugeait convenable. Au moyen de toutes œs ferrures, les* portes étaient bien fermées ( 132). Mais 011 emploie maintenant- des ferrures beaucoup plus fimples,&qui font à peu près auffi Rires. -v\• ;
- 463. On ferme le haut de la porte au moyen d’une demi-efpagnolette très-forte', qui s’étend depuis le haut delà porte jufqu’à la hauteur de la ferrure:, & le bas eft terminé par des moulures' eiv cul-de-lampe'; le crochet tient le haut de la porte exactement fermé ; & le corps de" l’êlpagnolette qui ell un fort barreau, empêche que le montant de la porte ne fe déjette. On ne met point en-bas de verrou , qui fe rouille ordinairement y & ne peut plus couler dans fes crampons; mais 011 met une barre, qu’on pofe aflez bas pour aflujettir très-folidement la partie baflede la porte en s’accrochant dans des pitonsà vis ou à rivurei A l’égard' du poutis; il eft tenu fermé par une grofle ferrure à deux tours & deux forts verroux. , : > ' ' " • ' ! • r '-j r / .»
- • '*464-' On conçoit queceuxquifonten-îdedans de la maifoirpeuvent lever le crochet, & ouvrir l’efpagnoîetté , ainfi que les verr'ouxi alors la porte n’étant fermée que parle pêne , ihferait poffible àcelui qui-aurait ouvert l’efpa-gnolette,' la barre & les verroux , d’ouvrirflapotte en forçant fur le pêne. Pour Obvier*à cet inconvénient, on met dans'l’œiLK de la barre {'fig. zr) p& au bout delà main-C de l’efpagnolettéun moraillon & auberon qui entre'dans il ne ferrure platev au moyen de quoi il n’eft pas podîble' defcverj la barre iii d’ouvrir Pefpagnolett©; mais ces moraillons font defagréables-: de plus; il faut
- ;ii. ;j;. ... : y, i- .,i. ..il.'..* U.Vi'.'. . n .y.n
- (13 2) Ces fermetures furannées ne méritaient pas d’être rapportées ici,
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- *24 A R T DU SERRURIER.
- avoir de petites clefs pour ouvrir les ferrures plates , & ces petites clefs font fou vent égarées. V oici comme nous avons remédié à ces petits inconvénient. D’abord > pour empêcher qu’on ne puilfe décrocher la barre E (fig* 22), nous avons ajufié dans la gâche B de la ferrure A un faux pêne C, qui étant pouffé par le pêne D de la ferrure, recouvre le crochet E de la barre , & empêche qu’on ne le dégage de fon crampon; tant que la porte eft fermée, le pêne D empêche qu’011 ne faife rentrer le faux pêne C dans la gâche B ; mais quand la ferrure* eft ouverte, on fait aifément reculer le faux pêne, & alors on peut lever le crochet pour ouvrir les deux battans de la porte. Ce qu’il y a de commode,. e’eft que quand on a fermé le premier battant, & mis le crochet, le, faux pêne C eft poulie par le pêne D, & placé fur le crochet E fans qu’on y faife attention. Nous avons fait ufage avec grand fuccès de cette petite mécha-nique.
- 4&f. Nous avons encore imaginé un moyen tout aufïi fithple pour empêcher qu’on ouvre les efpagnolettes, fans avoir recours aux moraillons ni aux ferrures plates. A (/g. 23) eft mie portion de la tige dune efpagnolette à la hauteur de la ferrure; cette portion de l’efpagnolette traverfe fa gâche B qui doit recevoir le pêne C de la ferrure ; vis-à-vis ce pêne C,nous fai fan s fonder à la tige A de l’efpagnolette un petit paneton qui s’élève dans la gâche quand on ouvre l’efpagnolette, & qui fe couche au fond de la gâche quand on ferme l’elpagnolette. Quand la ferrure eft ouverte, rien 11e s’oppofe à ce mouvement , & on eft maître d’ouvrir ou de fermer l’efpagnolette comme on le }uge à propos. Mais fi l’efnagnolette étant fermée,. le paneton eft couché au fond do la gâche, & qu’on vienne à fermer, la ferrure, le pêne C coule fur le paneton > & alors il n’eftplus pofhble d’ouvrir l’efpagnolette. Ce moyen eft bien (impie & extrêmement commode.
- 466. Si l’on voulait en même tems, & d’une feule opération, tenir l’efpa-gnolette 8c le crochet fermés fins avoir recours aux moraillons, il faudrait ajufter à la tige de rdpagnolette- à la hauteur du crochet, un pignon denté feulement dans la moitié de la circonférence, & que ce pignon engrenât dans des dents.qui feraient à-fa.queue d’un faux pêne,formant comme une crémaillère y car en tournant Pemagnoleite pour la fermer, le pignon ferait fortir le iaux pêne qui h placerait au-detibs du crochet.
- 467- Nous avons parlé plus haut des ferrures qu’on fait pour fortifier les affemblages des portes-cocheres, ainfi que des pivots, gonds, fiches‘à gond & à nœuds, qu’on emploie, pour les tenir battantes. Àinfi il ne s’agiifait dans cet article que de détailler les moyens qu’en peut employer 'pour les tenir exadlement fermées. Ayantiàtisiàit à ce point, trous allons revenir à îaffiE-ruxe des, portes des appartemens & des armoires*
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- A RTD U SERRURIER.
- Article IV.
- I2Ï
- Des ferrures que les ferruriers emploient pour tenir les portes fermées , telles que les différentes efpeces de loquets & de becs de canne (i 3 3).
- 4A8. On peut regarder les loquets comme un genre particulier de fermeture, qui en quelques circonftances a prefque les avantages des ferrures, puifqu’on eft obligé d’employer une clef pour les ouvrir.
- 469. Le loquet ordinaire eft compofé d’une longue piece de fer A B (pl. VIII,fg. 1 ) , appellée le battant, & en quelques pays la dinche ; c’sft une efpecé de levier qui tourne librement autour d’un clou qui eft le plus fouvent à un des bouts du battant A; l’autre bout B , qu’on appelle la tête, eft retenu par un crampon G C, qui modéré l’on mouvement, fans l’empêcher de s’élever 8c de s’abailfer d’une certaine quantité. Quand la tête du battant eft abaiiïee, elle eft engagée dans une elpece de crochet H & T ( fg. 2,3), qu’on nomme ie mentonnet, qui eft attaché au chambranle dans l’embrafure , ou à l’huifferie de la porte, laquelle eft ainli retenue fermée par le battant du loquet. La figure 2 H,repréfente un mentonnet à pointe, pour mettre dans la menui-ferie3 & le mentonnet T (fg. 3.) eft à fcellement pour les embrafures en plâtre.
- 470. Pour ouvrir la porte, il faut élever le battant du loquet parle moyen d’une piece de fer L M (fg. 4 } qui traverfe la porte, dont on éleve quelque-fois la queue, en appuyant le pouce fur un évafement L, qui eft au bout de ce petit morceau ç|£ fer, & qui fe préfente au-dehors de la porte3 c’ett ce qu’011 appelle un loquet apoucier. II y a au-dehors de la porte une elpece de poignée K (fg. 4), qui fèrt à tirer la porte pour la fermer: cette poignée & ce pou-cier L M font retenus par une platine N O, qui eft clouée fur la porte. D’autres fois il y a au-dehors de la porte une boucle , une olive D (fg. 1 )ou un bouton qu’on tourne pour élever le battant. On fait alfez communément ufage de cette difpofition de loquet pour les portes des chambres, en tournant l’olive D ou l’anneau F : le petit morceau de fer G ou £ fouleve le battant 5 quelquefois la tige de l’olive D ou de l’anneau F eft quarrée 5 elle entre dans le trou A (fg. 1 )-, qu’on fait alors quarré 3 & en tournant l’olive, le battant fe leve : mais il y a fouvent trop de frottement & de réliftance. Il y a d’autres loquets, plus induftrieufement difpofés, qu’on ne peut ouvrir qu’avec une clef. On fait de ces loquets de deux fortes différentes : les uns qu’on.appelle
- (13?) En allemand, IQinke ; toute ïa çaife, on ajouteaufteutfdie oderfranzoJL fermeture fe nomme ein Klinkcnfchlofs ; & fehe Art,-félon qu’elle eft à l’allemande ou à. la. fran-
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- ART DU S ER R U R I E R.
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- à vielle, & les autres à la cordeliere. Les loquets à. vielle ont une entrés? blable à celle des ferrures; quand la clef eft affez enfoncée pour que fon paneton excede-l’épaiffeur de la porte, en la tournant, 1© paneton foulevé une efpece de manivelle , ou un levier recourbé, qui fouleve le battant. Les loquets à la cordeliere, qui font fort en ufage dans les dortoirs des couvens, ont auffi une clef , mais qu’on ne tourne point ; on ne fait que la- foulevêt* le bout du paneton de cette elpecede cleféleve une petite pièce de fer f I2-) qui tient au battant-; ce paneton eft évidé en plufieurs endroits , dans lefquèls paffent des morceaux de fer de pareille figure, ce qui forme une elpece de garniture affez ingénieufement imaginée- '•
- 471. Ce que nous venons de-dire des différentes elpeces de loquets ; ne peut qxi’eil donner une idée générale ; pour les faire mieux connaître , il faut les lüivre les uns après les autres plus en détail. Nous allons effayer dede faire.
- ' " : • : * - Des loquets Jimples, : ï*
- 472; Il eft Clair que, fi l’on attachait fur le battant d’une porte, & en-dedans dé l’appartement, un morceau de fer femblable à AB 1 ) , en mettant un clou dans l’œil A;, pouf que ce morceau de fer, qu’on uomme/ebattant du, loquet} puiffe tourner fur le point A, & qu’on mît fur le chambranle de la pôrteuuffi: en-dedans de d’appartertrentun mentoilnet H (ÿtg. 2 ) ydans lëquel s?CTigdgèrait de bout B du battant A B; il ne ferait pas poffible à celui qui fërâît en^deliors;d’entrer dans l’appartement; & celui qui eft en-dedans.en fbrtirait eft levant avec le doigt lediout B1 du battant pour^g dégager du men-tioiinët H. Afin d’empêcher le bout'B de tomber pardon-propre poids dans la perpendieulairépbnëlijée AF; & afin qu’il ne s’élève pas trop ; on le renferme dârisde crampon C C ( fi g-1 ), quif limite foil mouvement. Quand la porte bat dans une^mbtafüre de plâtre'; au lien du' mentonnet H (fig. 2 ), on en met tihi-boiidéfT,f{Jj%'.> ' 3-:), qui a -deux fceUemens1 pour d’affujettir - dans l’éttîbræ-ftire 34)'. Ordinairéhient on foühaite que les loquets'puiffent s’ouvrir eiu. dedans1'eiudëhors des appartenlens, &on leur donne; cette propriété de pllifieürs'maiiieres trèS-finiplesir 1 r'' ' - ' - •. ; : »
- î!* 473: La plùs commune a été d’attacher fur lé: dehors de la porte une pla* iriiié'r^j/fg. 4)9 de! la ttavêrfer par une branche'1 courbedC, qui étant rivée eni; dbdarià delà chambre1, fournit Une poignée polir tirer la porte à foi; & la feré Biefpîatihe ï:eft èncofe travèrféeparJune*broche1 LAluffujettieàda platine par une échancrure & une goupille. Cette broche s’évafe en-dehors de la
- •.•>\oU,U*l‘(.*luji i,. ,jsrr)‘ -.v' ».
- (154) Cette forte de loquets ne‘nié™-, des arts.- Nos payions en font en bois' pour tait pas d’être placée dans la defeription fermer leüwétables.'1 l » ü: ..
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- r MR T D- ïï S ER R U RI R &
- Tï*7
- "chambre'par; une- palçtte'C' qàfon homme ierpvimèr '^paroe'qtftert âp'püÿaiht le ipouce fur cettê palette 3. on contraintda; partie M de s’élever &;’de-lbülèVèble •battant' du loquet jufqu’à ce qu’il ait échappe le crocb et ou m entonner. Quand ion eft en-dedans de f appartement, gu ouvré le loquet'-, ou en fou levant le ‘bout M, ou eufoulevant immédiatement, le bout B du battant (7%. -1)3 nfàïs .communément 011 met un bouton vers G, parlequél 011le leve(ï'3y). B1 ‘ '
- 474. Une manier© encore plus.(impie, -& qu’011 pratique fouvent pour pro-iduirele même effet, eft de faite1 le trou &>(fitp 1 ) quarré 3 de palier dedans toiie broche quarrée', retenue- eh-dedans de la chambre par un écrou répond en-dehôrs à un bouton ou à une olive femblable àE) Qfip 173 qui porté dur une platine en rofette. Il eft clair que cetboüton, quffekà'drèr'lapottél, fertauftlà ouvrir le loquet en le tournant. Le feul incbnvéhient eft'que ,- s?ff y a du frottement du battant dans de mentor net, com'mecetteréfiftance éft appliquée à. un long bras de levier , 011 a peine à tourner-le bouton , ce qufi "oblige de le faire ovale, ou de lui donner uii allez grand diamètre. Souvent & ces fortes de loquets , on rive en-dedans de la chambre-fur le battant vers! G -un petit bouton qui fert à foulever le battaht à tirer à^foi la porte, lorfqu’on
- l’ouvre. ' • n, ; ' > f
- • 475 . La figure 1 repréfente une autre difpofition de loquet à bouton. D.eft
- 1111.bouton qui eft '-au-dehors de la chambre 3 à fou centre eft line broche E qui porte une partie en faillie EE faite en portion de cercle ^ qui foiïleve le battant 3 quelquefois on fubftitue'au bouton une boucle , & on ajufte à la broche une pièce de fer qui fouleve le battant quand on tourne la boucle » quelquefois !en pouffant le bouton , on'fait’agïr une bafcule qui fouléWle battant 3 & puifqu’il ne s’agit que de lever le battant j 011 peut iriiaginer une infinité de moyens pour produire cet -effet : ainfi'nOus 11’infifterons pas davaii-foige fur ce point 3 & nous allons parler dé loquets un péu plus cômpoféfcfo 0
- - , . Des loquets à vielle* a , - 1 t
- 476. On a voulu qu’il y eût quelque, difficulté à ouvrir,les loquets , poivr entrer dans des cabinets, & par-là mettre les loquets en état de .tenir en queL que façon lieu de ferrures, à la vérité bien imparfaitesy mais qui font fujffiT fautes pour renfermer des effets peu précieux, ou pour tenir fermées de? portes qui, étant dans des dortoirs,.font déjà affez fures, I] faut une clef, ou-quefo que chofe d’équivalent,,pour ouvrir ces, loquets, qu’on,nomme vielle appa-r remment parce que leur jeu fe fait par ‘une manivelle qu’on a comparée à celle ffune vielle. "°'u ' 1 ’ rï - 7''-ïvî '• "y-**.
- (1 3 ç) Ce loquet eft le plus (impie que Klincke mit dêr JVippt. 11 eft meilleur qu§ ¥s>n connaiffe ; on l’appelle en allemand, celui que l’auteur va décrit®*- - -
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- 477. Ces loquets font formés d’une platine P (fig. f ), qui eft attachée fur la porte par quatre vis, & au milieu eft l’entrée pour la clef 5 le battant du loquet eft attaché de l’autre côté de la porte. Sur la furface oppofée , eft rivée une broche ou un étoquiau O, qui porte le levier coudé N, ou la vielle qui eft mobil^autour de la cheville O ; ©n apperçoit encore une petite garniture en M : ainfi il faut concevoir que l’étoquiau eft folidement attaché à la platine ; que la manivelle étant terminée au bout O par une douille enfilée par l’éto-quiau, elle peut tourner autour du point O ; & l’on voit que le paneton de la clef s’appuyant au milieu de la manivelle, il fouleve la vielle, & la branche N leve le battant AB jufqu’à ce qu’il foit échappé du mentonnct. On conçoit que la platine P fert de palâtre fur lequel 011 attache l’étoquiau O, la garniture M, & l’entrée de la clef. Pour éviter que toutes ces ferrures 11’éprouvent du frottement, 011 ajoute la couverture X {fig. 6), percée d’un trou dans lequel l’extrémité de la clef, qu’on tient pour cette raifon un peu longue, peut entrer. On attache encore fur la platine un crampon à rivet, qui fèrt de condudieur à la partie B du battant,
- 478- Ces loquets (136) font’d’unufage très-commun pour fermer des garde-robes & d’autres cabinets, qui ne renferment pas des effets très-précieux ; cependant on peut les ouvrir aifément avec un crochet. Ceux dont nous allons parler font un peu plus difficiles à ouvrir quand on n’en a pas la clef j 011 les nomme à la cordeliere.
- Des loquets à la cordeliere.
- 479. AB {fig. 7 ) eft le battant du loquet ; C eft le crampon qui lui fèrt de conducteur. D eft un bouton attaché folidement à la partie g du battant ; g/eft une tige de fer, attachée folidement au bout g de la broche du bouton D, & qui forme en cet endroit un retour d’équerre. Tout cela eff^ en-dedans de la chambre j & l’on voit que , pour fortir de la chambre, on ouvre ce loquet en foulevant le bouton D, & qu’étant en-dehors de la chambre ,011 ouvrira le loquet en foulevant le bout de la broche/i mais afin d’obliger d’avoir une clef pour foulever le petit barreau/g, on a misfùus la platine une efpece de garniture. Pour donner une idée de ce petit ajuftement, confidérons la chofe dans un autre point de vue (137).
- 480. a a {fig. 8 ) eft une platine clouée fur la face delà porte qui regarde le dehors de la chambre ; elle porte l’entrée b du loquet à la cordeliere, & elle lui fert de palâtre ; la cloifon c qui divife en deux fuivant fa longueur
- (M 6) Ces loquets ne font guere ufités (157) Cette defcription fort détaillée en Allemagne & en Suiffe. On ferait pref- aurait pu être omife, parce que cette forte que une ferrure, avec çe que coûte une fer* de loquets eft très-incommode. meiure pareille»
- rentrés
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- l’entrée b 9 eft formée par l’aileron c a e ( fg. 9 ). Cette pièce eft attachée fur la platine à l’endroit cpar l’évaièment e (7%. 9); la partie ec divife l’entrée en deux par la cloifon c (fig. 8 ) , & la partie arrondie b ( fg. 9 ) forme une partie de la garniture, parce qu’on verra dans un inftant qu’elle doit palier dans la partie arrondie de la clef.
- 48 r. e e (fig. 7) eft une platine creufée en gouttière , qui eft attachée fous le palàtre a (fig. 8); elle tient lieu d’un foncet de ferrure pour empêcher la clef d’entrer trop avant , & la courbure concave de cette piece doit correft pondre à la courbure convexe de la clef. Pour concevoir la maniéré de fe fervir de ce loquet, imaginons la platine a (fg. g ) clouée fur le derrière de la porte, que le loquet A B (fg. 7) foit ujufté fur la partie de la porte qui eft en-dedans de la chambre par une vis ouun clou qui entre dans l’œil A , & à l’autre bord par le crampon C; ajoutons qu’011 a fait une é-chancrure dans l’épaifleur de la porte pour recevoir le foncet ee {fig. 7) , qui tient à l’intérieur de la platine a (fig. 8)5 qui fert de palàtre ,où entre la clef : en la préfentant de piat daiisl’ouverture gh (fig. g) , la cloifon c c entre dans la rainure de la défi la partie arrondie b de la figure 9 entre dans l’ouverture de la clef; les ailes ad (fig. 9 ; entrent dans l’ouverture tranfverfale de la clef3 en foule-vant cette clef, elle appuie fous l’extrémité/du petit morceau de fer/(;%. 7 ) & fouleve le battant g du loquet A B , jufqu’à ce qu’il ait échappé le paneton. La garniture de ces efpeces de loquets conlifte au rapport qu’il doit y avoir entre toutes les parties des pièces ce e d(fig. 9 ) & e e (fig. 7), avec la forme de la clef; ce qui fait que les loquets à la cordeliere font plus difficiles à ouvrir que ceux en vielle.
- Des loqueteaux à reffort.
- 482. On mettait autrefois très-fréquemment , & on met encore quelquefois aux volets des croifées qui font élevées ^ des loqueteaux à rdlort; ces loqueteaux font cotnpofés d’une platine ordinairement découpée ; fur un des bords de la platine eft rivé un cramponnet, dans lequel entre l’extrémité d’un battant de loquet; ce battant eft percé d’un trou vers le milieu , & attaché en cet endroit fur une platine par une goupille rivée, de forte qu’en peut regarder ce battant de loquet comme un levier qui a fon point d’appui au milieu de fa longueur , où eft la goupille qui lui permet de fe mouvoir : unreft fort de chien ( * ), retenu par un étoquiau , a fes branches engagées dans le cramponnet, & elles appuient le bout du battant furie bas du cramponnet. Il eft maintenant évident qu’en tirant le cordon qui eft dans l’œil, 011 fouleve
- (*) Je crois qu’on nomme ces refforts de que les arquebufiers mettent aux chiens des chien , parce que ce font des refibrts pareils platjr.es de ftifils.j Tome yi.
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- l’autre bout du battant, & on le dégage du mentounet> & en tirant un peu? ce cordon en-dehors, le volet s’ouvre ; pour le fermer, on conduit fortement par le cordon le volet contre la croifée; l’extrémité du battant gliffe fur la.-, partie inclinée du mentonnet; le raifort le fait defcendre dans la coche de cc mentonnet, & le volet refte fermé jufqu’à ce qu’on tire le cordon.
- 483. On-a été long-tems à fe fervir de ces loqueteaux pour fermer les volets n n de la partie d’en-haut des croifées, parce* qu’on n’y pouvait pa& atteindre avec la main. Mais ces loqueteaux, qui n’étaient pas bien* forts,, étant expofés à elfuyer de violentes fecoulfes, exigeaient d’affez fréquentes-, réparations. C’eft pourquoi on leur a fubftitué des ferrures plus folides & plus propres à faire revenir un volet qui fe ferait dé jeté. Nous en avons., parlé aifez amplement*
- Des becs dé canne ( 13 gr)*
- 484* Gn fait une efpece de petite ferrure à pêne-, employée aflez foüvent'-par les moines au même ulage que les loquets-, & qui s’ouvre avec une clef-' fans paneton. La forure de la clef eft quarrée ou à plulieurs-pans ,'.comme celle des clefs, de pendules {fig. iq ) j ^.eft- la clef ; p * le quarré qui tient- à la-fer-rure, & qui entre dans la, clef; elle*reçoit donc une broche p de pareille-figure: cette broche eft arrêtée fur la -couverture* mais- elle y tourne aifé-ment. La même broche porte-une lame de fer aifez femblable au,paneton d’une clef, & qui-eu fait - aufli la fonction : ici la clef eftdone en quelque façon divifée en deux ; Ion paneton eft rivé fur la broche p {fig. n). Quand la clef tourne, elle fait tourner la broche, &'lepaneto-n pouife.en même teins le reifort/z1, ainlî que les barres du pêne s s; alors le-pêne IvK avance: ii eft une platine au-fond d’un-palâtre; l m n 2 , le grand relfort. Le foffét eft une * plaque de fer qui couvre le grand reftbrt;elle eftici enlevée, pour lailfer apper-* cevoir l’intérieur. K K eft le pêne ; on le voit ieparément ( fig. ; s , fes barbes; t, fes.encoches ; u {fig. 11 ) , les picolets ou cramponnets qui condnifent le relfort. On voit que la fûreté de ces efpeces de verrouxà reifort dépend dé ce qu’il faut que la douille quarrée de lac’ef foit de groifeur « recevoir la bro* che quarrée qui doit y entrer : aulli n’emploie-t-on ces efpeces de ferrures, que pour renfermer-des chofes qui ne font pas très-précieufes, & qu’il fuffit.dé mettre un peu à couvert de la main.
- 48?. Voici encore une efpece de petite ferrure qui eft moins iure que la précédente, puifque-ce qui tient lieu de la clef, refte toujours attaché à la porte ; c’eft un bouton en-dedans de la chambre, & un en-dehors, qu’il n’y a
- (138) En allemand ^fchliejjcndc Fade.
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- «qu’à-tourner pour ouvrir la ferrure, ou , fi l’on veut, le petit verrou à reffort qu’on nomme un bec de canne. Figure 13 eft le palâtre ou la cage d’une petite ferrures A, le trou par où palfe la tige des boutons ou olives qui fervent à ouvrir le pêne-; B, trou pour mettre une des vis qui fervent à l’attacher à la me-nuiferie ; C , trou dans lequel on rive l’étoquiau fur lequel eft roulé le reifort à boudin; DE ,un trou & une petite mortaife qui fervent l’un & l’autre pour attacher le picolet qui embraffe le reifort; F,-ouverture pour le .pêne. Figure 14-, le palâtre garni de toutes les pièces qui font jouer le pêne ; G HI , le pêne ; -K L, le cramponnet ou picolet qui fert de condu&eur au pêne : il eft aflùjetti par la vis M , & on voit qu’il limite le mouvement du.pêne à la longueur de l’entaille N O. P, reifort à boudin qui pouffe le pêne en-dehors ; Q_R eft un morceau de fer;( 13-9 ) qui tient lieu du paneton de la clef pour faire mouvoir ie pêne. O11 peut y remarquer un trou quatre S, dans lequel doitentrer la partie quarrée Y de la tige des olives XX ( fig. 1 f ). La face qu’on voit (7%. 1 6 ) eft celle qui regarde le côté du palâtre , & on apperçoit ün petit congé 11 qui empêche que les ailes q r ne portent contre le palâtre. Suppofons maintenant , pour appercev-oir l’effet de cette efpece de ferrure, que la broche quarrée V {fig* 15) foit dans l’ouverture quarrée S '(fig. 14) ; on voit que quand on tournera une des olives X ( fig. 15 ) , une des ailes R-ou Q_du bec de canne prelfera la partie recourbée HI du pêne, qui fera par-là obligé de rentrer dans la ferrure; & la partie G de ce pêne étant dégagée de fa gâche, on pourra ouvrir la porte quand 011 kiffefa les olives en liberté-; le reifort P s’appuyant fur la partie'recourbée du pêne, le pouffera en-dehors; & k partie G entrant -dans fa gâche, la porte fera fermée. On taille ordinairement la partie G du pêne en chanfrein pour qu’il glilfe fur fa gâche, & que la porte fe ferme en la pouffent, fans qu’011 foit obligé de tourner les olives ; c’eft ce qu’011 appelle un bec de canne. On attache une rofette découpée fur la porte à l’endroit où l’on a fait le trou par lequel paffe k tige V qui répond aux olives X ( 140 }.
- 486. Il y a encore de petits becs de canne qu’on emploie pour les portés de bibliothèque , «St qui font beaucoup plus fimplesque ceux dont nous venons de parler ; ils confident en une feule platine ÀA (pl.VlIl,fig. 17), qui s’attache avec des vis fur le battant intérieur de l’armoire î BB eft une petite portion de rebord qui fournit un paffege au pêne, & qui fert à le guider dans fe marche % CD eft le pêne ; C en eft la tête qui eft taillée en chanfrein ou en bec de canne. On voit qu’en E ce reifort diminue beaucoup d’épaiffeur, ce qui fait que le bout du reifort à boudin K s’appuie fur fe partie feillante, & chaffe le pèno
- (1Î9) Ce morceau de fer a en allemand (140) Ces longues delcfiptions d’objets «ne dénomination particulière. ÜA l’ap» très-connus font tout au moins inutiles pelle Fallenrelir. coufument un tems précieux,
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- en-dehors. On peut remarquer auflî à ce pêne une ouverture G, dans laquelle eh une cheville à tête quarrée 1, qui fert de conducteur au reilort, & qui limite fa courfe. Au-dellous du pêne eft une barbe H, fur laquelle s’appuie le paneton L, quand 011 tourne le bouton M Çfig. 18 ) q.ui eft en-dedans de la chambre. Lorfqu’on veut ouvrir l’armoire v il eft clair qu’en tournant le bouton M, le paneton L s’appuie fur la barbe H du pêne, ce qui l'oblige de rentrer dans la ferrure ; & quand on lâche le bouton , l’extrémité du relfort K pouffe le pêne en-dehors. N (_/%. 16) eft une petite platine qu’on attache avec des pointes fur le battant de l’armoire pour recouvrir le trou qu’on a fait pour-paAerla broche O du bouton M ( 141 ). Les.ferruriers ne fe bornent pas à taire
- (141') On a parlé précédemment des ver-roux verticaux, qu’on nomme à reffor.t, parce que pour les empêcher de retomber par leur propre poids, on met un petit reflfort ,entre le verrou & la platine qui le porte. Pour ouvrir les croifées fermées avec ces fortes de verroux , on eft obligé de porter la main fuccefliyement fun le verrou d'en-haut & fur celui d’en-bas., pour-les ouvrir ou les fermer l’un après l’autre. Pour ouvrir à la fois le haut & le bas, on a imaginé de faire le verrou d’en-haut à crochet ; & pendant qu’on fait defcendre le verrou d’en-bas dans fa gâche , celui d’en-haut s’engage-dans un crampon Au contraire, en levant la. main, le verrou d’en-bas fe dégage de £1 gâche., & celui d’en-haut de fon crampon.
- On a produit le même effet, au moyen des verrouxà bafcule; l’un montant, l’autre defcendant. Us font rivés aux goupilles qui font fur l’év.afement de la main. Au milieu de cet évafement eft un trou , dans lequel entre la broche, placée au centre de la piece ,& rivée fur la platine. On conçoit, qu’en élevant la main , les deux verroux. Portent de leurs gâches, & qu’en abaifïânt cette main, les deux verroux rentrent dans leurs gâches, 11 eibfenfible que les queues des verroux éprouventun certain balancement. Ce leger inconvénient a été évité par les verroux à pignon, dont il a été parié ci-deffus.
- Tousces vèrroux ne peuvent faire reve'-nir dans leqr place les volets qui fe font dé-
- jetés , qu’autant que le bifeau du verrou, peut prendre, dans la gâche ou le crampon, qui eft deftiné à le recevoir. C’eft pour cette raifon qu’on taille toujours en chanfrain le bout des verroux ; & pour augmenter cet effet, on les place de champ , les faifanc-étroits & fort épais.dans le fens qui eft per-, pendiculaire à la croifée.
- On a continué. à perfectionner les ferrures des croifées ; & au. lieu de lever & de baif-fer les queues des verroux , on a attaché une forte barre de fer ronde fur le battant du chaiTis à verre qui portait la noix. Cette tringle était retenue par des lacets reçus dans des collets qui permettaient à la barre de tourner fur elle-même. On était alors bien près d’imaginer les efpagnolettes , tel-, les que nous les avons aujourd’hui ; mais comme on était accoutumé aux verroux on ne les a pas abandonnés tout de fuite : en employant cetre tringle, qui empêchait les chaftis de fe voiler, 011a cherché a faire mouvoir verticalement les verroux , lorf-, qu’on ferait tourner la barre. On y a réufti, au moyen d’une vis dont les pas font.très, alongés , afin que le verrou parcourût plus de chemin dans la révolution d’un demi tour.. Enfin on a entièrement abandonné les verroux , & i’on .a imaginé les efpagnolettes. à agraffç. La barre fermement affujettie au montant du chafiis à verre, par des lacets ^retenus par des pattes , ou plus fréquemment par des vis-, portait à fes extrémités deux crochets. En fui faut tourner ee.ug
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- îeur ouvrage , ce font encore eux qui le mettent en place : c’effc ce que’ nous allons traiter dans l’article liiivaiit.
- Article IIL
- Ouvrais de. laferruterie qui regardent le ferreur.
- 48 7-Ferrer des portes, deschafïîs de fenêtres , des contrevents, &c. c’effc y attacher les ferrures néceflaires pour les tenir en place & pour les ouvrir ou fermer ; favoir les penturcs, les fiches ou couplets, & les ferrures, loquets, verroux, targettes ou crochets. Le ferreur fuppofe toutes ces pièces faites,, il n’a aucunement à façonner le fer ; ce qu’il a même fouvent de plus difficile à faire , c’effc d’entailler le bais : ainfi les arts qui ont pour objet de travailler le bois , fembleraient avoir droit de revendiquer cet article : auffi les menuifiers. adroits ferrent-ils très-bien(142) 5 & pour les ouvrages propres, il eft bon dans la plupart des provinces, que le menuifier& le ferrurier fe réunifient pour mettre les ferrures en place. Nous regarderons néanmoins l’art'du ferreur comme une partie de la ferrurerie , d’autant que les ftatuts des ferruriers leur donnent r par privilège * le droit de ferrer: d’ailleurs, il eft bon de voir tout de-fuite mettre en place les pièces que nous avons vu travailler..
- Des portes à pentur.es & à gonds ^
- 488* Le ferreur rfiApus occafiondè montrer fbn adrefie, quand il n’a qu’à fufpendre une porte avec des pentures ordinaires.Il commence par la prélèn-'ter à l’huifierie ou à la baie& à l’y appliquer comme il veut qu’elle y foit tenue (143 ) 5 il marque alors par deux traits fur le mur ou furfe montant dit
- 'barre fur elle-même', au moyen d’un levier fuite on mit fur les volets une fécondé ef-appliqué vers le milieu , les crochets pre- pagnolette., portant de longs panetons qui naient dans un crampon , une gâche, ou s’appuyaient fur l’autre volet pour le fer» une chevillée de fer, recouverte par la gâ- mer. On a enfin imaginé la mécanique œ-che, & le challis étaie fermé, fin tournant pliquée ci-deffus', pour faire en for te que Je 'en fens contraire-, les crochets forçaient’ volet fût fermérpar la même efpagnolette du crampon on ouvrait la-mroifée.’Par qui fermait les chaffis à verre.
- -cette mécaniqoetrès-fimple , non feulement ;(r4'2)bes menuifiers doivent ferrer eux» .on tient les croifees exa&ement fermées, mêmes tous les-ouvrages propres. A Paris, mais de plusfa barre empêche_qu’elles; ne il y a des ferruriers qui n’ont point d’autre fé déjettent, & lês crochets font revenir les Vocation que celle de ferrer les différons-e.hafiîs déjetés. D’abord ces efpsgnolettes ouvrages; mais en province, il n’y a pas "ne fermaient que lés-chafïïs à verre ‘/on fer- “‘de quoi occuper un ouvrier fans relâche. •m'Ait les volets avec des verrouxù reifort, (144) llafaut qu’elle joigne exactement des targettes, des loqueteaux à r effort, fin- .par en. ha s &. par en-haut.
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- chambranle ou du dormant, la place d’un des gonds. Il tire avec l’angle dHm .cifeau un trait le long de la partie intérieure du gond, & un autre au bout de fon mamelon ; avec le même outil, il trace deux autres traits fur la porte , l’un en fuivant le bord fupérieur du nœud de la penture, & l’autre en fuivant le bord inférieur du même nœudi& de la même maniéré,il marque tout de fuite la place de l’autre gond & de l’autre penture , ou des autres gonds & pentures , s’il y en a plus de deux; il eft feulement important que le délions de la porte oppofé aux gonds releve plutôt un peu au lieu de plonger j car c’eftun grand défaut à une porte que de baifter du, nez, '& de traîner fur le plancher.
- 489. La porte étant retirée de Pouverture, le Ferreur la couche à plat, & y attache les pentures entre les traits précédemment marqués; car c’eft pref. que toujours par elles qu’on commence3 on eft plus gêné quand les gonds fontpofés les premiers. On attache les pentures, ou avec des clous ordinaires, .& alors leur tète eft fur la penture même, ou, ce qui eft la même chofe , vers le dedans de la porte5 ou bien on les attache avec des clous rivés qui font des clous àgrolfe tête, pareils à ceux qu’on voit fur les portes cocheres : la tête de ceux-ci eft en-dehors de la porte.. Pour les faire palfer, on perce dans le bois des trous vis-à-vis ceux des pentures. Les clous doivent y entrer avec aifez de peine pour être gênés, & ils doivent être alfez forts pour qu’on 11e rifque point de les cafter en les enfonçant. Enfin on rogne la tige du clou à une ou deux lignes de la penture , & on rive le bout excédant fur la penture même. Comme les clous rivés font chers, 011 fe contente fouvent de mettre deux clous rivés fur chaque penture près des nœuds, & les autres font des .clous à pointe. Autrefois on faifait .des clous dont la tète était à pointe de diamant, & la tige était fendue -, on mettait la tête en-dehors de 1a pojte fur le bois, & quelquefois fur une virole mince découpée, qui faifaît comme une efpeee de rofettej la tige traverfait la porte ainfi que la penture , & on écan-tait les deux branches du clou qui embraflàient la penture dans le fens de fà largeur.
- 490. Les pentures étant attachées, il faut fcellerles gonds. Ceux qui le doivent être dans le mur, n’occupent que les ferruriers de province. Le droit de lesfceller appartient à Paris aux maçons. On les fcelle communément avec du plâtre ; mais comme le trou qu’on a fait pour les recevoir eft fouvent beaucoup trop grand, 011 le remplit de morceaux de tuileau, qui avec le plâtre compofentun maffiffort folide(i44). Au lieu de tuileau, d’autres ouvriers*
- (144Ô Ce rempliffage ne tiendra jamais mettre. Les coins de bois, pour remplir bien. Les bons maîtres percent le rrou pro- ces ouvertures , font un fort mauvais ou» poxtionnément au gond qu’ils veulemy vrage.
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- for-tout quand faute de plâtre ils font obligés de feeller en mortier, enfoncent des morceaux de bois taillés en coins ; ils font entrer, les premiers par le gros bout,. & les autres par la pointe. Jouffe a raifon d’avertir que des gonds libellés de la forte-ne le font folidement qu’autant que le bois relie fain ; mais quand on emploie de bon cœur de chêne , il fubfifte long-üems fans fe pourrir.
- 491.. Dans les pays où le plâtre eft cher, on fcelie les gonds avec du mortier de chaux & de ciment, dans lequel on mêle. de. la mouffe qui donne du fou-tien au mortier & qui ne pourrit jamais. On fe fert encore, pour feeller les gonds, de limaille- de fer détrempée dans, du vinaigre ; on em tourne le gond' qu’on enveloppe enfuite de filaffe, on le fait entrer à force dans fon trou qu’on remplit dp limaille autant qu’on peut. Le vinaigre fait rouiller cette limaille , la rouille unit les grains enfemble jufqu’à en faire une malfe folide-& très-dure. D’autres ajoutent à la limaille, du tuileau pilé & palfé au tamis.-Le défaut de ce maftic eft- d’être long-tems à prendre corps ; & comme la: limaille gonfle en rouillant,, ellene manque pas d’éclater les pierres lorfqu’el-les font tendres , ou quand: le fcellement eft près du bord de la pierre y en ce ee cas 011-pourrait employer un maftic fait avec de la poudre de chaux bien détrempée avec.une huile delïiccative ,. de.la filaffe & du ciment palfé au tamis de crin , fans fe difpenfer de fourrer dans-le trou des morceaux de tuileau frottés d’huile. 11 y. a des endroits,à-la campagne.-où cette poudre de tuileau fait le corps de la compoiîtion ; 011 la lie en la mêlant avec,des limaces-rouges broyées..D’autres fe fervent de diverfes efpeces de ciment;, comme de. la chaux vive & du ciment- gâchés aveu du fromage mou & du lait. Enfin , dans les pays où il y. a des meulieres pour travailler le fer j’ai vu faire de très-bons-feellemens1 avec la boue qui fe trouve au fond des auges.où trempe, la meule, qui 11’eft autre choie que de laJimaille de fer & du grès..
- 492. Si les gonds font en.pointec’eft. l’affaire dufeçreur de les enfoncer dans le chambranle qui eft de bois ; mais on n’arrête jamais ni les uns ni les autres avantique d’avoir remis la porte garnie, de fes pentureS'en place; elle fixe.la po.lition.qui leur convient;.
- 493. Le défaut le plus ordinaire des portes-eft dè traîner en-bas du côté eppofé aux-gQiidS'OU le plus proche de la ferrure. Le poids de la porte , fem-hlable à celufd’un levier dont les gonds feraient le point-d’appui^ fait effort pour faire fortir le gond lupérieur , & pour enfoncer davantage le- gondinférieur: Si-la porte était folidement-liffpendue, les axes des deux gonds devraient être dans une même ligne verticale tirée àdiftanees égales du mur dè -la:porte; mais comme < il arrive fouventque les gonds ou lespentures cèdent un peu-,.il eftà propos de donner au gond inférieur un peu plus.de faillie qu’au gond fupérieur : mais cette différence, doit aller à bien peu de «hel-è, & c’eft .à la prudence del’ouvrier. à la régler.
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- 494. Nous ne croyons pas devoir nous arrêter à expliquer la maniéré d’attacher les pivots, les verroux, les loquets , les ferrures, les gâches, à ces for* tes déportés. Il ferait encore fuperflu de faire obferver que toutes les ferrures des portes qui donnent fur la rue , & fur-tout des portes cocheres, doivent être très-fortes ; non feulement parce que ces portes font fort lourdes , mais encore parce que ce font elles qui font la principale fureté des maifons; & pour cette raifon 011 attache ces ferrures avec de forts clous rivés.
- Maniéré de ferrer les fiches à nœuds. ou à gonds.
- 49Où il y a le plus de foin à apporter pour le ferreur, 8c où la propreté de fon travail peut paraître, c’elt dans la maniéré de ferrer les fiches, foit à nœuds foit à gonds. Il commence toujours par préfenter la porte, foit de maifon, foit de chambre, foit d’armoire, à l’ouverture qu’elle doit fermer; il prend enfuite deux fiches emboîtées comme elles le feront lorfqu’on les aura fichées; & appliquant l’aileron de l’une fur la porte, & l’aileron de l’autre fur le chambranle ou montant de la baie à la place où il convient qu’elles foient placées, il marque avec deux traits l’endroit où répond le bord fupé-rieur[& le bord inférieur de chaque aileron qui fervent d’une réglé ,1e long de laquelle il tire fes traits. Il marque tout de fuite & de même la place dés autres fiches qui feront employées.
- 496. Pour ferrer à préfent chaque fiche , il y a deux chofes à faire : i°. de creufer dans l’épaiifeur du bois une mortaife qui reçoive fen aileron qu’on peut regarder comme un tenon : 2\ d’arrêter cet aileron dans la mortaife, par le moyen de deux pointes qui traverfent le montant de la porte ou du chambranle. Après avoir forgé l’aileron , on y a percé deux trous, ou fou vent le ferreur les perce lui-même ; ces trous doivent recevoir & laitier palier les pointes. Il faut marquer en quels endroits de l’entaille fe trouveront ces trous quand la fiche y fera logée; autrement il ne ferait pasaifé de les faire enfiler par les pointes. La largeur des ailerons, & les endroits qui feront vis-à-vis de leurs trous étant marqués , on creufe la mortaife.
- 497. Pour la commencer, 011 perce avec un vilebrequin, garni d’une meche, des trous prefque touchans dans toute la longueur de la mortaife qui doit être égale à la largeur de l’aileron ; la mortaife ne doit avoir de profondeur que la longueur de l’aileron , ainfi chaque trou du vilebrequin ne doit pas pénétrer à une plus grande profondeur; c’eft pourquoi le ferreur marque fur la meche du vilebrequin la longueur de l’aileron, & on ne la fait entrer dans le bois que jufqu’à cette marque. On coupe enfuite avec un cifeau, fur lequel on frappe à l’ordinaire avec un marteau , le bois- qui eft refté entre les trous, & 011 enleve ce bois, ou 011 Hettoie la mortaife avec le bec d’âne & le
- crochet.
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- crochet. Ce qu’il y a de plus long dans le travail du ferreur , eft decreufcr ce« mortaifes; quelques ouvriers fuirent une méthode qui Pabrege beaucoup. Après avoir percé les premiers trous, ils en percent d’autres qui rencontrent ceux-ci obliquement en inclinant le vilebrequin ; ainfi au lieu que les autres trous étaient parallèles aux bords de la porte , ceux-ci leur font inclinés. Le vilebrequin expédie bien plus d’ouvrage que le cifeau & le bec d’âne : il refte peu à faire à l’un & à l’autre de ces outils.
- 498* Mais cette pratique a fon inconvénient: en perçant obliquement, on conduit fouvent la pointe du vilebrequin par-delà l’endroit où feront les côtés de l’aileron 5 cela ne fait à la vue aucun mauvais effet, mais la fiche en eft moins fermement affujettie ; elle n’eft plus retenue que par les feules pointes.; au lieu que quand l’entaille n’a précifément que la largeur de l’aileron, les côtés même de l’entaille la foutiennent. Il en eft comme d’un tenon qui ne fait jamais un bon affemblage quand il eft à Paifè dans fa mortaife. Quoi qu’il enfoit, l’entaille étant^aite, on perce les deux trous qui doivent la tra-verfer, & laiifer paifer les pointes qui aifujettiront l’aileron; on fait enfuite entrer cet aileron dans la mortaife. On cherche alors fi les trous percés dans le bois fe rapportent bien à ceux qui le font dans le fer; car malgré les précautions qu’on a prifes , & dont nous avons parlé, il arrive fort fouvent qu’ils ne font pas bien précifément l’un vis-à-vis de l’autre. On fait entrer par un des trous un outil appelle cherchepointe, & qui eft lui-même pointu ; on frappe deflus : quand on fent qu’il n’avance pas aifément, ou que les coups de marteau donnent un certain fon plus clair que celui du bois, c’eft une preuve que la pointe ne rencontre pas le trou de l’aileron ; alors on change l’inclinaifon de l’outil, ou on prend un cherche-pointe qui eft un peu courbé, jufqu’à ce qu’on ait trouvé l’inclinaifon convenable pour rencontrer Je trou de l’aileron (iqy); alors on retire cet outil, & on fait entrer une pointe de fer, ou un clou fans tête, en fuivant l’inclinaifon qu’avait le cherche-pointe (145); & enfin on coupe cette pointe de part & d’autre à fleur de la porte. On apper^ çoitau haut du cherche-pointe un crochet qui eft très-commode pour le retfi rer lorfque les coups de marteau l’ont rendu très-ferré dans fon trou ; c’eft aufll pour donner prife aux tricoifes lorfqu’on eft dans le cas de retirer la pointe , qu’on y pratique une petite tète. (147)
- 499. Nous devons rémarquer que les portes fe placent de deux maniérés :
- (145) Ce procédé annoncerait un ouvrier l’autre.
- qui n’a pas appris comme il faut l’art de (147) Cette petite tête eft inutile, fi l’on
- ferrer. a fu pofer la pièce comme il faut. Dès que la
- (146) Il faut que la pointe entre tout pointe eft entrée, on la lime des deux cô* droit dans le trou ménagé pour elle: autre- tés-, pour qu’eUe arrafe avec le bois, snent la fiche tire d’un côté plus que de
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- ou elles font en recouvrement fur les dor-mails , ou elles font arrafees ; c’eft-à-dire, qu’elle ne débordent ni de part ni d^autre les montans. Quand les portes font en recouvrement, l’ouverture de la mortaife qui reçoit l’aileron des fiches à gond , ou de celles qui en tiennent lieu, eft fur une des faces du dormant qui eft recouverte par la porte ; c’eft-à-dire, que le plan de l’aileron eft perpendiculaire au plan de la porte fermée : c’eft le cas où les fiches qui entrent dans la porte demandent le moins defujétion. Quand on perce leur mortaife, il faut feulement prendre garde qu’il ait depuis le milieu de cette mortaife jufques à la partie de la porte qui s’applique fur le montant, le demi-dia-metre de la fiche, & quelque petite chofe de plus : cet excédent n’eft pasné-ceflaire, mais il eft avantageux quand les gonds tirent trop la porte. Quand les portes font arrafées , ou qu’elles ne font point en recouvrement, l’ouverture des mortaifes qui reçoit les ailerons des fiches à gonds, ou de celles qui en tiennent lieu, eft dans la face qui marque l’épaiifeur du dormant > dans ce cas , lès ailerons des fiches font parallèles au plan de la porte fermée. L’ouverture de ces mortaifes fe prend alors pour l’ordinaire auprès de l’angle ou dans l’angle même.C’eft aufii ce qu’on appelleferrerfur t angle. Dans ces cas, les nœuds des fiches empêcheraient la porte de s’approcher affez près du dormant ; il y relierait un vuide dont le diamètre ferait égal à celui du nœud , fi l’on n’entaillait en feuillure la partie de1 la porte & celle du montant qui répondent aux fiches. O11 donne à chacune de ces entailles autant de largeur que le nœud a de diamètre.
- 500. Les volets brifés fe ferment aufii d’une maniéré femblable. Il eft important pour ces fortes de ferrures , de marquer bien précifément jufques où peut aller la boîte ou nœud, ou, ce qui eft la même chofe, marquer bien pré-cifément le centre de la mortaife qui reçoit l’aileron. O11 peut le faire avec le compas après avoir pris le demi-diametre du nœud. Mais le trufquin ( 148 ) , (fig. 19 ), qui eft décrit dans l’explication de cette planche, eft un outil bien plus précis ; il ne donne pas feulement le diamètre de la fiche, il fert à tracer la ligne qui doit être tout du long du milieu de la mortaife , & dans fa vraie direction. Si l’on emploie des fiches à nœuds, l’ufage eft d’arrêter celles
- (148) Le trufquin, en ail. Streichmaafs, eft une efpece de compas, qui fert au me-nuifier à marquer les tenons & les mortaifes. Dans le cas dont il s’agit ici, on veut connaître , foit les diamètres, foit les longueurs des fiches , pour tracer les dimenfions des entailles. On prend ces mefures avec la pointe £ du trufquin, & fon corps h. Æ/eft le corps du trufquin, traverfé en deux fens
- par deux trous / k, qui fe rencontrent un peu dans l’intérieur ; l eft l’entaille où pafi'e la branche h, qui porte la pointe ; k, l’autre entaille où entre le coin i. On voit au-delTùs en m , la branche qui porte la pointe, & en n l’autre branche faite un peu en coin, qui fert à fixer la branche m, en la prenant contre l’entaille.
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- qui en ont le plus contre le dormant. Au refte, celles qui tiennent lieu du gond, qui font celles du dormant, s’arrêtent, ou en terme de l’art ,fepointent les dernieres ; il eft plus aifé de les hauder, bailler, avancer & enfoncer, félon qu’on le trouve nécellàire , qu’il ne ferait aifé de le Faire fur les autres. Il n y a que les fiches à gonds des chaffis à verre, qui ont des volets, où l’on pointe les fiches à gonds les premières. Comme dans le même endroit du même montant il doit y avoir deux fiches féparées par peu d’épailfeur , on n’eft pas libre de changer leur place à volonté ; aulïî commence-t-on par elles, & l’on vient enfuite à celles des volets & des chalfis à verre, qui demandent des fefreurs exercés.
- foi. Il n’y a point d’efpeces d’ouvrages à Paris qui ne puilfent occuper plufieurs ouvriers. Il y a des ferruriers qui ne s’occupent qu’à ferrer des fiches, & ce font ceux qu’on nomme/erreurs. On n’a guere recours à eux pour ferrer les pentures qui exigent peu de lavoir. On donne communément depuis deux fols jufqu’à trois pour ferrer chaque fiche j c’eft-à-dire, pour ferrer une-fiche en boîte , & celle qui lui fert de gond.
- De la façon de mettre en place les efpagnoïettes.
- 502. Pour mettre en place des efpagnoïettes , ayant établi le chalfis fur des tréteaux, le ferreur pofe l’efpagnolette fur le montant de la croifée où elle doit être attachée précifément comme elle fera en place ; il marque fur le montant les endroits où répondent les lacets qui doivent alfujettir les efpagnoïettes ; iL perce des trous pour recevoir la queue de ces lacets, & il les arrête avec les écrous, faifant une petite entaille dans le bois pour que ces écrous foient arra-fés. Il met enfuite en place les volets pour marquer vis-à-vis les panetons les endroits où il faut placer les portes & les agraffes qui fervent à alfujettir les volets. Enfin, il met dans leur dormant la croifée ou au moins les chalfis à verre pour tracer en place les entailles qui doivent recevoir les crochets, & il finit par y attacher les gâches. Tout cela s’exécute allez aifément, & n’exige pas autant d’adrelfe que les fiches. Ce que nous venons de dire fuffit pour indiquer aux ouvriers comment ils doivent s’y prendre pour mettre en place les autres ouvrages de ferrurerie.
- 503. Voila les portes & les croifées ouvrantes & fermantes, & de plus elles font garnies de petites ferrures telles que les loquets, qui fuffifent pour empêcher le vent & les animaux de les ouvrir. Quelques-unes même de celles que nous avons décrites, telles que les loquets à vielle ou à la cordeliere, exigent qu’on ait des efpeces de clefs pour ouvrir les portes. D’autres enfin tiennent les portes & les fenêtres très-fùrement fermées pour celui qui fe renferme dans fa chambre ou fa maifon : de ce genre font les verroux, les crochets, les
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- fléaux, les efpagnolettes; mais aucune de ces ferrures ne remplit l’office d’ime bonne ferrure : fi le propriétaire fe renferme dans fa chambre, elle équivaut à un bon verrou y s’il en fort emportant avec lui fa clef, il eft très-difficile à un étranger d’y entrer ; fouvent les voleurs trouvent plus de facilité à rompre les portes ou à percer les murs. Ce que je viens de dire a fon application aux coffres & aux armoires : pour peu donc qu’on réfléchiffe à la grande utilité des ferrures , 011 doit convenir que c’èftune belle invention, & que cette partie de la ferrurerie méritait d etre bien décrite. Heureufement M. de Réaumur s’eft dhargé de ce foin , & le chapitre.V fera entièrement de lui.
- CHAPITRE V.
- Bes ferrures de toutes les efpeces. Far M. de Rèmtfmm..
- Article e r e m i e r.
- Des ferrures en général.,
- f04- ous voilà enfin parvenus aux ferrures ,.qui font la fureté des fermetures des portes des armoires , des coffres, & de tout ce qu’on veut y renfermer. Heureufement cette belle partie de la ferrurerie s’eft trouvée faite par feu M. de Réaumur ; e’eft donc lui qui va parler.
- fof. Il n’y a point de machines plus communes que les ferrures ; elles font affez compofées pour mériter le nom de machine; mais je ne fais s’il y en a qui foient auffi peu connues par ceux qui les emploient. Il eft rare qu’on fâche en quoi confifte la bonté d’une ferrure , le degré de fûreté qu’on peut s’en promettre. Leur extérieur eft prefque la feule chofe à quoi l’on s’arrête. Les ufages importans auxquels elles font employées, devraient cependant exciter la cu-riofité à les connaître, filacuriofité était toujours excitée raifonnablement.. Il 11’y a rien dans la ferrurerie qui demande plus d’adreffe &, d^habileté de la part de l’ouvrier : auffi eft-ce toujours une ferrure que les ftatuts de cet art. propofent pour chef-d’œuvre à chaque afpirant à maîtrife.
- J06. Il y a bien des efpeces de ferrures, dont les unes conviennent mieux pour certaines fermetures, & d’autres pour d’autres. Elles ont chacune des parties ou des difpofitions de parties particulières : les unes font plus aifées à forcer que les autres 5 il y en a qui donnent prife aux crochets fimples ; d’autres 11e peuvent être ouvertes que par deux crochets ; d’autres plus parfaites font à répreuve des crochets : enfin il y en a d’aifées à ouvrir avec, des ruffignols
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- ©ud'es clefs corrompues ,.& d’autres qui ne peuvent l’être que très - difficilement. Voici l’ordre que nous nous fommes propofés de fuivre pour faire connaître toutes ces différences & en général tout ee qui contribue à rendre les> ferrures parfaites ou défectueufes.
- 507. i°. Nous ferons connaître les principales parties des ferrures, celles qui leur font communes à prefque toutes , & nous donnerons en même tems une courte explication des termes dont nous aurons befoin dans la fuite. 2°. Nous indiquerons après, les principales efpeces de ferrures, celles auxquelles toutes les autres peuvent être ramenées. 3°. Nous les ferons mieux connaître, chacune par une courte defcription , & fur-tout par une explication de la planche oùelles font repréfentées. 4°. Les ferrures étant connues, nous viendrons à la maniéré de faire leurs parties , de les aifembler ou de compofer toute la ferrure, les clefs , les garnitures., & la façon de les piquer. 40. Enfui nous ferons^ quelques remarques fur leurs défauts & leurs perfections. Nous décrirons les, maniérés dont 011 les ouvre fans la clef, & comment elles doivent être faites-; pour être le plus fures qu’il eft pollible».
- Article IL Détail des différentes parties qui. compofent une ferrure
- 408* On fait qu’une ferrure eft une efpece de boîte ordinairement rec« tangle ou quarrée (pl. FII,fig. 20 ) , qui renferme un ou pluiîeurs verroux qu’011 ne peut ouvrir que par le moyen d’une clef. Cette efpece déboîté eft louvent ouverte d’un côté j c’eft celui qui eft appliqué contre le boiS: le côté parallèle à celui-ci, ou à.la piece de bois contre laquelle la ferrure eft attachée, & qui forme l’extérieur de la boîte r m’appelle le paldtre ( 149 ) ; c’eft fur le palatre que font alfujetties la plupart des pièces de la ferrure. Des quatre autres faces de la ferrure , l’une a a ( 140) eft nommée le rebord dupaldtre ; c’eft celle où eft une ouverture £ par où fort & entre l’efpece de verrou qui ferme la ferrure qu’on nomme le pêne. Elle eft nommée rebord dupaldtre, parce qu’elle eft faite de la même piece que le palatre qui a été plié à angles droits.
- 409. Les trois autres faces x-x de cette efpece de boîte font nommées en-femble lu cloifon ( 141 ) ; elles font compofées d’une piece de fer pliée deux fois à angle droit , & arrêtée perpendiculairement fur le paUtre. Elle l’eft par de petites piec.es de fer b b appellécs étcquïaux ( 142), nom commun dans la
- (14-9' En allemand, Schlofsblech; en (ini-plement, Blcch.
- (*150) En ail. der Stulp desSchlof die cher f
- (1 çiù En allemand , der Umfchwcif. (153) En allemand , Stifte.
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- fèrrurerie à la plupart des petites pièces qui en portent ou qui en arrêtent d’au-très. Celles-ci font forgées quarrément; elles ont tres-peu de diamètre , & font prefque auffi longues que la bande qui forme la cloifon eft large ; un des bouts de chaque étoquiau eft terminé par un tenon qui entre dans le palatre , & eft rivé dcifus. A quelque diftance de l’autre bout, l’étoquiau a un autre tenon en faillie fur un des côtés, c’eft-à-dire, perpendiculaire à fa largeur; celui-ci entre dans la cloifon, & s’y rive. L’elpece de verrou que la clef fait aller & venir, & qui tient la porte fermée, eft appellée pèle (153), & plus fou-vent pêne. M. Félibien a préféré ce dernier nom : nous l’adopterons auffi, quoique les ferruriers lui donnent prefque toujours le premier. Le pêne eft retenu dans la ferrure par un crampon À qui lui tient lieu de couliife; on l’appelle le picola (1^4); il eft attaché au palâtre par un tenon & une vis.
- fio. Le corps du pêne a des efpeces de petites dents B ( /%. 21 ) , qui donnent prife à la clef; ce font en terme de l’art, les barbes du pêne (15 5) ; le bout D qui fort de la ferrure , ou plus généralement celui qui tient la porte fermée, eft fa tète; & l’autre E fa queue. Quelquefois le pêne a deux tètes , & il eft appellé pêne fourchu; quelquefois il en a encore davantage. Si le pêne n’était pas arrêté fixement où il a été -conduit par la clef, ce 11e ferait qu’une efpece de verrou , il ferait ouvert toutes les fois qu’on pourrait le pouffer avec une lame de couteau ou avec un clou : c’eftpour cela qu’en même tems que la clef le pouffe , elle le dégage de l’endroit où il eft arrêté. Dans plufieurs ferrures , le pêne a des entailles C appellées encoches (1^6). Une petite piece de fer qui, fuivant les conftruétions des ferrures , eft tantôt fur le pêne & tantôt fur le reffort, & auffi quelquefois fur le palâtre , fe nomme Varrêt du pêne qui s’engage dans une encoche qui eft: ou fur le pêne, ou fur la gâchette. Quand cet arrêt eft porté par le reffort, la clef lefouleve toutes les fois qu’elle fait marcher le pêne ; fi la petite piece qui fert d’arrêt eft portée par le pêne, elle s’engage dans une encoche qui eft à une piece attachée contre le palâtre, qu’on nomme l& gâchette. Les planches donneront des exemples de ces différentes difpofitions d’encoches & d’arrêts.
- f 11. Mais ce qui cara&érife principalement la ferrure, & ce qui la rend plus fûre, ce font les pièces appellées communément les gardes (157); & dans la ferrurerie, les garnitures (1^8) i ce font elles qui empêchent de tourner toute clef qui n’a pas certaines entailles. Il y en a de cinq fortes, dont il fera plus aifé de donner l’idée quand nous aurons remarqué les différens endroits où les clefs peuvent être fendues.
- 0 ç ?) En allemand , der Riegel, (1 ç 6) En allemand , Einf riche.
- (194) En allemand , Stiidcl. (j $7) En allemand , das Gcwirre.
- (i s ç) En ail. die Angrijfc des Ricgcls. (15 8) En allemand, das Eingeritchtà
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- fï2. Toute clef eft compofée d’une partie longue (fig-2 2), qui en eft la tige (159) 5 un des bouts de la tige fe termine par un anneau a, l’autre bout elt tantôt percé , & alors la clef eft dite forée ; tantôt il eft façonné en bouton j on appelle ces clefs à bout ; près de ce dernier bout, la clef a une partie plate en faillie ed, qui eft appellée le paneton. Le paneton eft le plus fouvent plat & toujours coupé quarrément. Le côté du paneton oppofé & parallèle à la tige eft pour l’ordinaire plus épais que le refte p on le nomme le mufeau de la clef g g. Il y a des panetons courbés deux fois félon leur longueur, qu’on 110m-mepanetons en S, parc» qu’ils en ont la figure. On fait de refte que c’eftle paneton qui fait marcher le pêne ; l’ouverture de la ferrure qui le laiife paffer, s’appelle avec raifon Ventrée. On nomme aufti entrée un ornement de fer rapporté fur la porte autour du trou qui laiife palfer la clefs mais afin que tout paneton qui peut entrer dans la ferrure 11’y puilfepas tourner, on l’entaille, & on attache dans la ferrure des pièces qui s’oppofent au mouvement des clefs qui ont leurs entailles d’une autre figure ou d’une autre grandeur.
- ^13. On fend les clefs’-de bien des maniérés différentes, & qui peuvent encore être plus variées qu’on 11e le fait s elles fe réduifent à cinq efpeces principales d’entailles qui conduifent à toutes les autres. Celles qui ont leur ouverture fur les côtés, foit inférieur foitfupérieur du paneton ee, font appelles les rouets; il y a pourtant une de ces fortes de fentes qui a toujours le nom de bouterolle : c’eft celle qui eft taillée vers le bout inférieur, & qui fépare, pour ainii dire , le paneton de la tige f Les autres fentes plus avancées vers le mufeau font toujours nommées rouets. Les entailles de la troifieme efpece font moins profondes que les rouets , elles font creufées dans le mufeau : il y en a plufieurs parallèles les unes aux autres, on les appelle les rateaux gg; elles forment les dents de la clef ; mais lorfqu’une de celles-ci, c’eft ordinairement celle du milieu, eft pouffée plus loin que les autres , & jufqu’auprès de la tige nzj elle prend le nom de planche , & fait la quatrième efpece de fente qui demande dans la ferrure une partie très-différente de celle que demandent les rateaux. Enfin, quand la fente appellée planche s’élargit quelque part vers le milieu du paneton , ou proche de la tige , comme on le voit à la figure 22, on donne un nom particulier à cet endroit de la fente, on le nomme un permis ;
- (içç) La tige d’une clef s’appelle en ail. fe-au de la clef fe nomme der Reif. Les das Rohr ; l’anneau , die P,ante. La cleffo- panetons en S , gef.ammtc Barte. L’entrée , re'e , en ail. gehohrte SchliiJJel, porte dans ou l'ornement en fer, rapporté rur la porte quelques endroits le nom de clef à Telle• autour du trou de 1« ferrure . der Schiiif-mande; & les clefs à bout, game SchWJJef fclfchild. Les entailles à rouet portent tou-fe nomment clefs à la françaife. Le pane- jours le nom de Reifc, fans diftinéticn de ton , en ail. der Bart, s’appelle dans quel- celles qui font placées vers le bout de la ques provinces, la barbe d’une clef. Le mu- ferue.
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- & quoique ce lie foit qu’une modification de la planche , nous le mettons dans une claffe particulière, parce qu’il engage à un travail fort différent. Quand il y a une entaille ifolée dans le paneton, c’eft-à-dire, qui ne communique ni avec la planche ni avec les .rateaux, elle porte auffi le nom de permis.
- 514. Ainsi toutes les fentes des clefs fe réduifent aux rouets, bouterolles l rateaux , planches & pertuis. Mais il y en a des unes & des autres de bien des figures différentes , dont il 11’eft pas tems de parler : il fufFit de remarquer à préfent que, quand une clef tourne dans une ferrura, chacune de fes fentes reçoit une piece de fer qui lui eft proportionnée, & ce font toutes ces pièces enfemble qui portent le nom de garniture. Elles ont auffi chacune le nom particulier de l’entaille de la clef, à qui elles conviennent: un rouet de la clef tourne, par exemple, autour d’une piece appellée rouet qui eft une lame de fer roulée, & ainfi des autres; mais quelquefois la clef 11e rencontre que dans une partie de la circonférence qu’elle décrit, la piece qui arrêterait une autre clef. Les pièces appellées rateaux de la ferrure, n’occupent prefque jamais qu’une petite partie de cette circonférence.
- S1 S- Quelquefois toutes ces pièces font recouvertes par une piece plate auffi.grande que le palâtre, on la nomme alors la couverture : elle eft le deffus de la boîte ; mais plus fou vent elles font cachées feulement par une piece plate beaucoup plus petite C (fig. 20). Elle eft portée par deux pieds e e, qui font arrêtés fur le palâtre par des vis , & cette piece eft nJmmée le foncet: auffi eft-elle le petit fond; elle porte , comme le palâtre, quelques-unes des garnitures. Si la clef a, par exemple, des rouets de part & d’autre, un de ces rouets eft attaché au foncet, l’autre au palâtre.
- S f 6. Quand la ferrure n’a qu’une entrée , qu’on ne peut l’ouvrir que d’un côté, cette entrée eft du côté du foncet. Si la clef eft forée , il y a dans la ferrure une broche F, qui en porte aufti le nom , qui va au moins jufqu’au foncet, & même par-delà. Cette broche eft la garniture du trou de la clef.
- ^17. Mais quand la clefn’eft pas forée, on attache fur le foncet une efpece de tuyau C (fig. 23 ), appellée canon, qui a autant de longueur à peu près que le bois de la porte a d’épailfeur; ce canon conduit la clef dans la ferrure. Celles j qui ont des broches n’en ont pas befoin, la broche produit le même effet. Cependant, pour les ferrures folides, comme font celles des portes, on met un canon, quoiqu’elles aient une broche.
- 518- On appelle ferrures à plufieurs fermetures, celles quife ferment en plus d un endroit : ce qui fe fait, ou par le moyen.de pênes qui ont plufieurs têtes , ou des tètes divifées en plufieurs parties, ou par le moyen de plufieurs pênes differens, ou enfin par le moyen de quelques autres pièces , dont nous parierons dans la fuite. Car nous donnerons des exemples de tout ceci dans dif->
- férentes
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- M R T D D S E R R U R I Ë & ï4f
- férentes planches. La longueur que îa cîe-f fait .parcourir au pêne pour l'ouvrir, «Il nommée lu courfe dupèm*
- Article I IL
- ’ViviJîon des ferrures , & expoftion des parties qui font propres à chacune.
- 519. Toutes les ferrures fe rangent allez naturellement en deux clafles » dont la première comprend celles hors defquelles elt le pêne, lorfqu’elles font fermées, & l’autre celles au-dedans defquelles le pêne relie en entier, quoiqu’elles foient aulîi fermées. Nos ferrures ordinaires des portes de chambres , d’armoires -, de bureaux, &c. font de la première clalfe. Les ferrures de •coffre fort , les ferrures en bolfe , les ferrures plates, qui retiennent les fléaux des portes cocheres, les ferrures antiques & les cadenas font de la fécondé clalfe.
- 520. Les premières fe divifent en ferrures à broche, en ferrures befnardes-» & en ferrures qui, fans être befnardes , n’ont pourtant point de broches. Les ferr ures à broches font celles dont les clefs font forées ; les ferrures befnardes, celles dont la clef n’eft point forée » & qui sbuvrent de fun & de l’autre côté de la porte, parle moyen d’une clef qui entre par des ouvertures pofées l’une vis-à-vis de l’autre. Enfin il y en a qui, quoiqu’elles n’aient pas de broche » ne s’ouvrent pourtant que d’un côté. Les ferrures dès portes de chambre font prefque toujours befnardes j celles des portes d’armoires & bureaux font à broche, ou au moins elles ne s’ouvrent que d’un côté.
- 521. La tète du pêne ou des pênes des unes & des autres, ell tantôt quar* rée, & tantôt taillée en bifeau d’un côté. Il y en a quelques-unes qui oiit prelque toujours Ce bifeau, & qui en prennent le nom de ferrure en bec de canne; en en voit fouvent aux bureaux. Quand ces ferrures font fermées , les tètes de leurs pênes font ou arrêtées dans une entaille faite dans le bois pour les recevoir , ou paifées fous unepiece de fer nommée gâche. Entre les gâches les unes fe fcellent en plâtre, & on les appelle à fcellement ; les autres qu’011 nomme gdckes à pointe, font effectivement terminées par des pointes qu’on enfonce dans le bois.
- %22. A préfent toutes les ferrures fe font pour être attachées en-dedans de îa chambre ou de l'armoire. Il n’y a plus que quelques ferrures de la fécondé clalfe, qu’on attache en-dehors. Pour rendre celles qui étaient en-dehors aulïï fûrement attachées, & afin qu’elles ne fiâent pas un effet défagréable, il fallait les charger de beaucoup d’ouvrage. On enverra des exemples dans les ferrures antiques.
- S23. Il y a des ferrures> foit befnardes, foit à broches, dont les unes fon£ Tome VL T
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- appellées à pênes dormans, & cela parce queje pêne ne fort de là ferrure ou n’y rentre que quand il eft pouffé par la clef; & à d’autres qui lont appellées ferrures à tour & demi, leur pêne n’eft entièrement dans la ferrure que quand 011 le tient ouvert ; il y à unreffôrt qui tend continuellement à l’en faire fortir. Nous ferons, voir dans les planches fuivantes les différentes difpofîtions qu’on donne à ce relfort. Ces ferruresvfe.ferment- d’un demi-tour eu tirant la porte ; c’eft-à-dire, qu’il faut un demi-tour de clef pour les ouvrir de ce que le relfort les ferme ; on les ouvre aulfi par le moyen d’un bouton placé en-dedans dfe la-chambre. On les appelle à tour & demi, parce que la clef fait un tour & demi pour les ouvrir entièrement., ou un pour les fermer, parce que ce l'effort a; fermé le demi-tour.
- ^24. On donne aufîî affez- fouvent pour nom aux ferrures le nombre des tours que fait la clef pour les ouvrir. On appelle feirure à demi-tour:y celle que-la clef ouvre en un demi-tour; on 11’en.fait point de celles-ci pour des portes,. & rarement en fait-on dont les pênes fortent en-dehors ; nous en avons pour*, tant un exemple dans les colfres forts d’Allemagne (* ). On appelle ferrure à un tour ^ celle où la clef 11’en fait qu’un ; à deux tours, celle ou elle.; en fait deux. Il n’y a que des ferrures extraordinaires où les tours de la clefpaifënt ce-nombre*
- 525. Outre le pêne,, les ferrures de cabinet ont quelquefois-une efpece de verrou qui fe ferme fuis la clef; de forte qu’une ferrure-à-pêne dormant fe ferme en tirant la porte, comme une>à tour & demi: ce verrou eft pouffé hors de laferrure par-un relfortcomme le pêne des tours & demi ;-&-on l’y fait-entrer par-le- moyen'd’un bouton-, ou-avec la clef qui, en faifant marcher le pêne, fait aufîî marcher le-verrou j parce que le-pêne le .tire* On. en trou-veraun exemple àviwslesplanchés. ' f ; ; : - ;
- <)26: On peut encore ramener à cetteclâlîe de ferrures celles de Buffet: outre lès pênes dormans qu’elles-ont de commun avec quelques-unes des précédentes-,, elles ont de plus des verroux-qui fe ferment haut &-bas, afin què-l’ar-. genterie foit plus en fureté'; dans les unes-, ces verroux hauflent & baiffent par le -moyen d’un-levterr appellé b'afcuU ; &-dans d’autres , par le-niouvement d?ün-pignon\qiii1' engrene- dans des dents tailléès dans ces verroux-, & difpo-. fées-comme celles des'crémaiîréres-.-On'en trouvera-le détail dansles plahches , & on -y a joint une maniéré de füfpendre les portes qui s’ouvrent des deux, côtés , comme celles de quelques; chaifes roulantes ( ï 60) V parce que ces fortes cfé pentures ont au -moins autant de rapport avec lés..ferrures de bujfet, qu’à*. vec lespentures ordinaires. - -a c-:-,ri-y: -fi. - p -
- -•'•1 ? /.' A, -, j;>; en r-.ft/up -, •’< . . ’ ’•
- (*') On p'eiit'eft prëridVe ndeé'^aVié 'pet-if-' ‘tîfe9 vôhùrés'a dèux roues -, tratnééspar:-beç„de canne pi VIII, 17. uphomme. Ons’enfçrt à/Paris, a.ulièu.de-
- (160) L'es chaifes roulantesfont de pe-. cbahès-à-porteurs^ ‘ *
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- 'f27., Les ferrures de la fécondé cb'ffe, outre l’entrée de la clef, ont une ou plu (leurs ouvertures, félon qu’elles font à une ou à plulieurs fermetures , pour recevoir des efpeces de crampons appelles aubère ns. Tantôt l’auberon elt rivé à une bande de fer qui fe baille & fe leve, comme on le voit aux portes cocheres-, aux ferrures antiques•; cette bande eft nommée Le moraillon ( * )» Tantôt il tient au manche d’un verrou , tel eft celui des ferrures en bolîe ; tantôt il eft attaché au couvercle d’un coffre. Les ouvertures qui laiffent entrer les auberons-, font ou dans le rebord du palâtre ou dans le palâtre, lorf-que les ferrures s’attachent en-dehors. Toutes ces ferrures font fermées brique l’auberon eft arrêté dedans de façon à n’en pouvoir fortir : or il y a trois maniérés dont on l’y arrête; favoir, i°. par un pêne femblable à ceux des autres ferrures, tel eft celui des ferrures en boffe, ferriires de caffette qui s’attachent en-dehors, & ferrures de fléaux de portes cocheres ; 29. par le moyen d’un pêne qui a une longue branche perpendiculaire qui fe recoude ou fe termine par une tête parallèle au rebord du palâtre : on nomme pênes en bord {idi) les ferrures qui en ont de cette derniere elpece; 39. enfin elles fe ferment par le moyen de gâchettes. La ferrurerie fait un double emploi de ce terme ; nous nous en fouîmes déjà fervis pour exprimer des pièces qui arrêtent les pênes ordinaires ; peut-être pourtant que la lignification ne fera pas équivoque , parce que les pièces qu’il lignifie , different affez de figure & de poiition pour qu’il foit toujours ailé de reconnaître de laquelle on veut parler. Nos gâchettes qui fervent à fermer, font portées par un étoquiau autour duquel elles tournent, comme un levier autour de fon point d’appui ; un des bouts qui eft d’un côté de l’étoquiau, donne prife au paneton de la clef, & l’autre a une tête propre à s’engager dans un auberon. Quelquefois la même ferrure a des pênes & des gâchettes. Les plus mauvaifes de toutes, qu’on emploie quelquefois pour des coffres , n’ont qu’une feule gâchette, on les nomme des houffettes (162) 5 elles s’ouvrent à un demi-tour, & fe ferment à la chûte du couvercle.
- f 28. Celles à pênes en bord & à gâchettes ont en-dedans des pièces analogues aux gâches des ferrures de la première claffe; on les#nomme des coqs {163). La tête du pêne ou de la gâchette, après avoir paffé dans l’auberon, entre dans le coq ; elle fert à le foutenir. Les cadenas font des ferrures qui ne s’attachent pointa demeure contre les portes qu’ils tiennent fermées. La plupart reviennent aux ferrures de la derniere claffe ; ils fe ferment par un pêne qui ne fort point : mais plulieurs femblent compofer un genre particulier, ils
- (*) Noué en avons parïé'à Toccafiori'des * (162) En allemand, teutfehe Falkn , ou
- verroux. < Ui'-.'nm.'; teutfcîïe Riegel.
- ( 161 ) En ail. franzôjlfche Sdtcnkpôfe. ( 16$ ) En allemand, Rohrc,
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- ne fe ferment point par des pênes, gâchettes&c- niais par des retforts oi* d’autres dilpolitions de pièces. Tout ceci s’éclaircira pat l’infpeddon des Egarés quifuivent, & les explications qui y font jointes. Mais auparavant nous, allons donner une idée fuperficielle de la maniéré de faire les différentes pièces; quj compofent une ferrure ; ce que nous aurons à dire dans.la. fuiteeii devieur-dr&plus çlair.,
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- Idée générait de la maniéré de faire les differentes pièces dont une ferrure efl compojeé ^ de.piquer la ferrure. àlaffem.bler toutes fes pièces.
- 529, Il faut commencer'par faire la clef comme nous l’expliquerons ^ ç’ell la bafe fondamentale de la ferrure.
- 530. Nous fuppofons donc que la clef de lav fêrrure qu’on entreprend eft
- finie, ou.;au;moins que fes garnitures font fendues , puifque c’efl: la clef qui détermine la pofition & même la ligure de la plupart des autres pièces. Le pa-lâtre elt la bafe où s’attachent ces mèmes,pieces ; on commence pour cette rai~-fon par le forger. On le fait ou. de tôle ou d’une barre étirée ,, félon qu’011 le veut plus 011 moins épais.; on l’équarrit & on plie enfuite Ton rebord , qui eft: ce qu’il y a de plus, difficile à l’égard de la cage d’une ferrure; ce rebord doit, faire un angle drdit avec le corps du. palàtre;, la manière ordinaire elt de-.* faire prendre fucceffivement diÆerens-angles.à cette partie jufqp’à ce qu’elle foit arrivée à l’angle droit &. cela en la forgeant ou fur l’enclume ,. ou fur une mâchoire de l’étau. D’habiles fërruriers au. contraire plient d’une feule chaude la.partie deltinée au, rebord jufqu’à venir toucher le-palâtre & s’appliquer delfus ; dans la chaude fuivante,.iisrelevent cette même partie , ils Ia; mettent à l’équerre avec le relie..La raifon qui leur fait préférer cette prati-. que à celle qui ell le plus en ufage ,,c’ell qu’ils ont obferv.é qu’en fuivant la première, on affaiblit trop le rebord dans l’endroit où il fait un angle avec le corps.du palâtre; à mefure qu’onde plie, les coups le rendent plus mince en cet endroit, & c’ell. cependant où il a befoin,d’avoir, plus de force. On voit aifez fouvent des ferrures où ce rebord bâille , où il s’écarte de la cloifon : ce qui ne ferait pas arrivé, s’il eût eu.plus d’épaiifeur du côté-extérieur de l’angle ; au lieu qu’en , ouvrant ce rebord aprèsd’avoir entièrement plié, on refoule la matière vers,1e fomniet de l’angle*,.&;Oii,y.-.eai:trouvç de, relie quand.,on:veut; appîanir l’angle du palâtre avec la lime. Nous ne dirons point comment on ouvre dans le rebord du palâtre.rle trou.oiL,fendrons qui lailfei.it fortir,Tes tètes des pênes, ou qui donnent entrée aux.au héronsil n’y a fur cet article aucune pratique à remarquer,,,.. ; \ v7: v..
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- ?3T. Le palâtre étant forgé , on forge la. cloifon qui fe fait aiuTi d’une bande de tôle y ou d’une barre de fer étirée , à qui l’on donne un peu plus de largeur que le paneton de la clef n’a de hauteur : on plie cette bande à angles droits en deux endroits diftërens, à quoi il y a moins de fujétion qu’à plier le rebord du palâtre, parce que la cloifon fatigue moins , d’ailleurs elle n’eft pas prife dans la piece qui forme le palâtre j elle y eft aflemblée comme nous allons rèxpliquctv
- f32.. Nous avons vu des ferrures faites avec foin, où la cloifon portait les étoquiaux qui fervent à l’arrêter furie palâtre ; ils font pris dans la piece même dont elle eft formée. Ce font des endroits où l’on a réfervé plus d’épaiifeur, & qu’on a percés enfuite. tout du long pour lailfer palfer des vis j mais on ne* prend dé pareils, foins que pour des ferrures de chef-d’œuvre : 'es étoquiaux de toutes- les ferrures communes font de petites pièces.rapportées & faites avec peu de façon ; un même mo,rceau de fer étiré fort long, & de la grolfeur qui leur convient, en fournit plufieurs. Chaque étoquiau elt rivé par un bout: fur lepalàtre;,il a pour cela un tenon à. ce bouty& il a quelque part dans fa-longueur & fur le côté yune partie en faillie ou un tenon qui fe rive fur la cloifon. On donne à-la piece étirée pour faire des étoquiaux , plufieurs de ees petites, parties Taillantes disantes les unes, des autres de la longueur d’un étoquiau ; divifant enfuite cette piece entre deux de ecs parties {aillantes , & autant de fois qu’on peut faire de pareilles-divilionsron lapartage etrplufieurs-étoquiaux.
- f 33. Il y a pourtant dés étoquiaux un peu plus façonnés ; ils fervent auftf à un double ufage ; on les appelle des étoquiaux à patte ; celui de leurs bouts qui ne fe rive pas dans-le palâtre y porte une'patte, une efpece de tète percéej par un trou qui laiiîe pafferune vis qui fert à alfujettir la ferrure contre la porter ce qui eft-une maniere-plus propre & plus fûre d’attacher les ferrures que la. maniéré ordinaire..
- f 34. L&palâtre, laicioifon &:îes étoquiaux étant préparés, on encloifonne là-ferrure ,.cfeft-rà-dire , qu’on attache la cloifon fur le palâtre. On verra dans les planches les placès où fe mettent les- étoquiaux , & qu’on en donne plus ou-moins aux. ferrures felom leur grandeur. Gti marque laplàce ‘des étoquiaux qu’011 veut employer tant fur le palâtre que' fur la cloifon , & on perce aveer un foret s dés. trous dans tous les:endroits marqués. Chaque étoquiau entre dans.deux de ces trous jfavoir,.dans un du palâtre ,& dans imtrou correfpon-dant de la cloifon ;on rive les tenons en-dehors , on en" fait de mème'à touS' les étoquiaux..: 00 m , ob;ï.:.:a. jA ^ ;L.d . : r :i
- 53 ÿ. Dans les ferrures communes la cloifon n’eft point affuiettie avec le rebord dù-palâtre.,nous :a-vous--déjà renmrqiié^qu’jil arrive aiftfofçrt fou-yent que .ce rebord bâille* qu’il s’ëcârte'de la eloifon. Ce rebord eft appliqué for le bord de la porte ;.ü réfifte aux!efforts < qui tirent Îa-ferrure du coté deè
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- gonds, & il a de ces efforts à foutenir toutes les fois qu’on pouffe une porte contre fa baie avant que le pêne foit rentré, & encore plus dans d’autres cir-conftances. Le mieux ferait donc que le rebord du palâtre & la cloifon fuffent liés enfemble ; quelques-uns le font en entaillant les deux bouts de la cloifon, & ceux du rebord du palâtre, de façon qu’ils peuvent s’affembler à queue d’a-ronde (164). Mais une manœuvre plus Lire, & auffi commode, pour arriver au même but, c’eft de faire la cloifon plus longue qu’on ne la fait ordinairement ; au lieu qu’elle fe termine de part & d’autre où commence le rebord du palâtre , il faut qu’elle foit pliée à angle droit à chacun de ces endroits ; chacune des parties qui font par-delà ces angles ou plis, deviennent par confé-quent parallèles au rebord du palâtre, avec lequel on les affujettit par des rivures (idf). Il n’eft pas néceffaire de donner beaucoup de longueur à l’une & à l’autre de ces parties. !
- 53 6. Voilà la boîte de la ferrure faite; il relie à la remplir de fes pièces , du pêne, du picolet, & desrelforts, gâchettes , garnitures , foncets, &c. O11 forge & lime ordinairement toutes ces différentes parties avant que de commencer à en piquer ou affembler quelqu’une. Piquer une piece, c’eft marquer par des traits fa place fur le palâtre. Si la ferrure eft pour un coffre fort, & qu’elle ait des coqs , ce font les premières pièces qu’on pique , & qu’on alfem-ble; mais 11 la ferrure eft du genre de celles dont le pêne fort, on commence par piquer le pêne ; on marque par un trait à quelle diftance de la cloifon doit être celle de ces faces d’où partent les barbes , & cette diftance-eft au moins pnfe au diamètre du cercle que décrit la clef; 011 lui donne même quelque chofe de plus , car il faut que la clef tourne aifément. f
- Ï37- Une autre chofe à déterminer dans la Jftuation dix pêne, c’eft la longueur de fa courfe; or, cette longueur eft toujours égale à la diftance d’une barbe à l’autre, & de plus à l’épaiffeur d’une des barbes ; de forte qu’en faifant les barbes au pêne, on réglé l’étendue de la courfe qu’il aura dans la ferrure ; car fi cette ferrure eft bien faite, quelque nombre de barbes'qu’il ait, la première de fes barbes, ou la plus proche de'la tête, doit fe trouver, quand le .pêne eft entièrement ouvert* à des diftances des deux bouts de la ferrure pareilles à celles où en eft l’entrée ide.la clef i -ou plus exactement pareilles à celle où eft le centre du cercle que la clef décrit; & la derniere des barbes doit être dans la même place quand le pêne eft fermé.
- S 3 8-i On enleve les pênes comme toutes les pièces maiîives au bout d’une barre, on les façonne félon que la ferrure le demande, & on elpace leurs barbes
- (164) Cètte opération s’appelle en ail. -pique de travailler comme il faut. ; r einfchleifen ; mais on en fait peu de cas', & u ( 16ç ) Cela ne fe fait que lorfque toute l’on ne la pratique pas par-tout où l’on fe da ferrure eft piquée. j
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- proportionnellement' au chemin qu’on veut qu’ils faflent dans leur courfej & l’on fait quelle eft cette diftance dans des ferrures communes. Les ouvriers même qui fe font mis iur le pied de donner leur ouvrage à bon marché , & qui par conféquent n’y peuvent employer que peu de tems , ont des . étampes à barbes, c’eft-à-dire, des fers où la figure des barbes eft gravée en creux à. la diftance où elles doivent être les unes des autres. On forge le pêne fur ce fer, & on y étampe les barbes; mais il y a encore à déterminer la longueur de ces mêmes barbes; car plus une barbe effe longue plus long-tcms la clef a prife delfus pendant qu’elle faitfon tour. La raifon en eft claire : fi une barbe ne faifait que toucher ou entrer peu dans la partie fupérieure du cercle que la clef décrit, la clef ne ferait que toucher, ou elle .poufferait peu cette barbe ; (1 au- contraire la longueur de la barbe égalait celle du rouet que décrit la clef, &. qüe: le pêne fûtfur la tangente du bord Supérieur de ce cercle la clef poufferait la barbe pendant un quart de tour , & pourrait amener la barbe fuivante par-delà la.place, que nous lui. avons affignée comme la plus convenable.. . ' 4
- 539; Oit , pour biéii déterminer la longueur dés barbes par, rapport à leur diftance , ou-, ce qui eft. la mèmeichofe , par rapport à l’étendue :de la courfe du pêne',, il faut, fi la feerure. eft à broche, ou ,-fi.elle a<une clef à bout, y piquer le centre de la tige. Pour cela 011 applique; le,paneton'de la clef contre le bord, du pêne mis. en place, mais entre fes; barbes , & on appuie le bout de la tige de la clef fur le palâtre. On tire deux traits parallèles au pêne, qui font deux tangentes du bout.de la.tige ; au milieu decesdeux tangentes, on perce untroLi.quieftceluide la broche,.ou le trou qui. laide paffer latig.edela clef.à bout. Souvent même 15 ouvrier ne prend pas tant de précautions pour, marquer le centre de,la*clef, & 11elaiifejpas de bien faire; il mouille le bout de la clef avêmfa falive,- & l’applique', comme nous, l’avons. ditf, fur le.palâtre.; fi la clef eft forée*elle-mouille la.circonférence du cercle,qu’il faut ouvrir;,fi elle.eft à bout, elle mouille le centre de ce cercle ( 166). Il eft de conféquence que la Clef ; en> tournant affleure le. bojrd cj u pêne ; car- p ar-là.le pêne devient .1 ui-m èm e une garniture,-puifqu’ii empêche . d’entrer tpufe, clef qui} aurait, le paneton
- plus large.quej:eélle_qiurdo.itol’-QUYriri , ^ . b. •/ - v,
- e il 540. L bEvceiître :de. fa. def :étàftt piqué -, i feft aif4# - y£i|{j.ufqu’pù elle.. doit conduire chaqireobarbedàfin que celle qui fuit.yiçnnefdans la placq~où. elle à pris- k première, quand ,elle- abandonne cette première., &'on-pique auffl -la place- rdu .picoletitk celle ides arrêts; *&• des gorges du .refïort- çfu pêne. Les arrêts
- * J'àè6) tfn/pa?e^b‘uVrÉgé)^ïbrfir'cf'janiais- M.'dé-Réàüïmm On péu-t-c-rohe que oe-ii’é-dès mains d’un bon ouvrier. Rn général, taie qu’un cannevas, auquel il fe propofait flotté,suiceairdît>dans çet 1 ârti- de iaettre la derniere nnun... elè.,,eft. bien éloigné de.ïfeîiadü;udé,dè. r.. :
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- «doivent trouver Fencoche chaque fois que la clef celle de pouffer une barbe* .& la clef doit prelfer la gorge des relions toutes les fois qu’elle commence à agir contre une barbe. Lepicoleteft une elpecede crampon qui fe forge comme tous les autres. >
- f 41. Les grands relforts , les relforts à boudin, fouiilot, relforts de chien , fefont d’acier de Hongrie peu trempé ( 167) : s’ils l’étaient trop, ils feraient plus caffans, & il fuftit qu’ils aient fuffifamment d’éiafticité. A beaucoup de ferrures ces relforts font’de fer; & pour leur donner de l’élafticité autant qu’il faut, après les avoir enlevés & forgés à chaud , on les bat à froid , 011 mouille de tems en tenis le marteau avec lequel on les frappe. Les ouvriers attentifs ne les frappent de la forte que fur une des faces, fur celle qui eft du .côté où le relfort tend à s’ouvrir, ce qui leur fait prendre une figure qui augmente encore leur aétion. On fait toujours en aciéries refîbrts à deux branches qui ferment le pêne d’un demi-tour, quand une des branches du relfort agit immédiatement contre la queue du pêne, qu’elle ne la prelfe point par le moyen d’un fouiilot, parce que dans ce cas le relfort doit agir plus loin, & que le fer ne conferverait pas toute l’élafticité nécefîàire. Ces relforts étant forgés, on les trempe , & 011 leur donne un recuit au fuif, ou 011 les recuit fans fuif. Les bons ferruriers, au lieu de relforts de chien, emploient ceux à boudin; & généralement tous ceux qui doivent réagir avec force, font faits avec de bon acier de Hongrie ( 168) j auquel ils donnent un recuit convenable.
- 542. Enfin le pêne, le picolet & les relforts étant piqués, ou, fi l’on veut, arrêtés, on pique les garnitures ; en faifant tourner la clef, on trouve les circonférences fur lefquelles doivent être les rouets. Les dents de la clef montrent aufïi alors jufques où peuvent aller les rateaux. On marque avec des traits la place de toutes ces pièces. S’il y a des planches, des permis , la clef réglé de même la hauteur de leurs pieds. Toutes ces pièces fe rivent à l’ordinaire.
- 543. La derniere piece à mettre eft le foncet, ou la couverture , fi la ferrure en a‘ une; la furface extérieure de l’une & de l’autre doit .être mife de niveau avec le bord de la cloifon , autrement on ferait obligé d’entailler la porte où Ton veut attacher la ferrure, & il eft à propos de n’avoir à y faire d’autre entaille que celle qui lailïe paffer la clef ou fon canon.
- 544. Voilà en gros comme fe font les ferrures ; mais ces idées générales ne fuffifent pas, on verra les détails dans la fuite : il faut auparavant décrire toutes les efpeces de ferrures qui font en ufage ; & pour le faire avec ordre,
- (167) On fe fert prefque dans toute FAI- (168) On emploie auffi en Allemagne lemagne 9 de fer de Styrie fortement battu, l’acier de Styrie..». .
- nous
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- nous parlerons d'abord des ferrures auxquelles la tête du pêne fort'du palâtre pour entrer dans unegâche. Nous parlerons enfuite de celles où le pêne refte dans la ferrure, & palïe dans une efpece de gâche qu’on y introduit & qu’on nomme auberon. Après quoi nous traiterons des cadenas.
- Article V.
- Dis ferrures t auxquelles la tête du pêne fort du palâtre, pour entrer dans une • gâche ( 169 ).
- T4V- Lk figure 17, 'pl. VÎIfi eft.un petit bec de canne qu’on mçt aux portes des bibliothèques , ou a des portes vitrées très-îégeres ; comme ces petites ferrures conduifent peu à peu aux ferrures, il eft bon de les analyfer avec quelques détails. AA, le palâtre. B, petit rebord du pâlatre par lequel fort le pêne. CD, le pêne quia une ouverture en G, dans laquelle eft une cheville à têts I, qui fert de conducteur au pêne , & tient lieu des picolets > & cette cheville qui, par fa tète , alfujettit le pêne, limite fa courfe. On voit en Hune efpece de barbe fur laquelle s’appuie je paneton L , qui eft foudé à la broche du bouton , & qui tient lieu du paneton d’une clef, pour retirer le pêne dans l’intérieur de la ferrure. P, eft un picolet qui reçoit le bout de la broche O du bouton, & qui fert à l’affermir. E11 Q_font les trous pour attacher le palâtre au battant de la porte. K, eft un reffort à boudin qui pouffe le pêne en-dehors « quand le paneton du bouton le laiffe en liberté. La figure 24 repréfente le pêne DC, fa barbe H, fa fente G ; qui reçoit la cheville à tète I j on y voit une partie de la broche O du bouton, & fon paneton L ; enfin le reffort à boudin K , qui appuie contre le talon E, qu’on a formé en diminuant l’épaiffeur du pêne à la partie EF. On voit à la figure 1 g , le bouton M, fa broche O , fon paneton L t &une petite platine N, qui recouvre le trou qu’on a fait au battant de l’armoire pour paffer la broche O. Je pourrais m’étendre beaucoup plus fur de pareilles petites ferrures que les ferruriers favent varier fui van t les circonstances 5 mais nous croyons devoir nous abftenir d’entrer à ce fujet dans de plus grands détails. Ainfi nous allons entamer ce qui regarde les ferrures qui doivent faire l’objet du chapitre V.
- - 546. La figure 20 repréfente une ferrure à broche & à gâchette, attachée fur le palâtre. On voit cette ferrure prefque entière, vu-e en perfpedive du côté de l’entrée de la clef. Il faut remarquer que dans toutes les figures, les
- (169) Cet article eft fait de manière donnerai pas à la fin de l’art l’explication qu’il peut fervir d’explication pour les figu- des planches relatives à ce cinquième cha« res auxquelles il renvoie , & dont on ne pitre * ceci pouvant en tenir lieu, faurait fe paffer pour le comprendre. Je ne Tome TI,
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- mêmes pièces font repréfentées par des lettres pareilles. rr, le palâtre. x x, {h cloifon dont une partie eft brifée en y. a a le bord du palâtre , dans lequel elb l’ouverture £ du. pêne ED. b, les étoquiaux qui fervent à aifembler la cloi-fon avec le palâtre. C, le foncet. On le voit féparém.ent à la figure 2^ , avec fes pieds ou attaches e e, & l’entrée qui à ces ferrures eft percée dans le foncet. F , eft la broche. DE, le pêne ; il eft vu fêparément figure 2 r. D, fa tête. E, fa queue. B , fes barbes, d, l’ouverture pour l’attache du. bouton G. H, fig. 26r, la gâchette, h, fon pied autour duquel elle tourne comme on le voit figure 2. g , fa gorge. I, le reifort de la gâchette , qui eft attaché au palâtre en K , & qui va s’appuyer fur la. gâchette, en fe prolongeant derrière l’étoquftru K A eft le picolet ; il eft en place {fig. 20 }, il fert de conducteur au pêne, il a à un bout a un tenon qui entre dans le palâtre, & à l’autre b un œil pour recevoir une vis. On voit à la figure 27 > comment le paneton de la clef prend dans les barbes du pêne, & comment il leve la gâchette.
- 5:47. P (pl IX, fig. i ) eft un reifoft à deux branches , qui fert à fermer le demi-tour. Q_eft fon pied ou Pétoquiau qui l’attache au palâtre; une de fes branches s’appuie fur la cloifon, comme on le voit fig. 2Q, pl PlII, en £,* l’autre appuie fur une levre ou talon qui eft à la queue du reifort, & il y a en R {pl VIIIfig. 20', & pL IX, fig.. 1 ), un étoquiau qui empêche cette branche du reifort de trop avancer.
- On voit ,pl. IX, fig. 1, comment le bouton & la couîiife s ajuftent avec le pêne pour ouvrir le demi-tour. L’entrée eft une platine de tôle découpée & percée pour recevoir la clef ; onia cloue fur le battant, de forte qu’elle réponde exactement à l’entrée qui eft ouverte dans le foncet.
- 549. Figure 2 eft un rateau avec fon pied : on verra dans la fuite que c’eft; une garniture qui entre dans les dents qui font au mufeau de toutes les clefs.
- 550. Figure 22, pl VIII, clef forée. Fig. 3 ,pl IX, clef à bout ; a, l’anneau \ b c, la tige ; d e, le paneton -, gg, le mulèau : nous parlerons ailleurs des garnitures.
- ffi. Les figures 4,f, 6, repréfentent une ferrure forée à tour& demi, à pêne en paquet, ou monté fur gâchette. Les ferrures plus petites, fervant pour des bibliothèques, n’ont point de gâchette, mais ont un grand reifort placé entre le pêne & la cloifon. )
- f S 2. La figure 4 repréfente la ferrure parfaite & montée. A, le palâtre. B, la cloifon. C, le rebord du palâtre. D , la queue du pêne. E , fa tète. F , le reifort double. G, le foncet. P, la broche. S , l’entrée.
- Figure 5 , la même ferrure où l’on a ôté la cloifon & le foncet, pour mieux faire âppercevoirles parties du dedans. A, le palâtre. C, le rebord. D , la queue du pêne. E, fa tète. KK, fes barbes. H, le picolet. I, l’ouverture pour recevoir le bout de la couîiife. L , la gâchette. M, 1k gorge. O, le rouet, P ,1a broche. T, les rateaux. F, le reifort double.
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- A$4* figure 6, eft le plan de cette ferrure où l’on a pondue le foncet. À , le palâtre. D, lu. queüe du pêne. E, fa tète. KK, les barbes. H , le picolet. M, la gorge de la gâchette. F, le relfoît double. G, le foncet qui eft pondue. S, l’entrée. TT, pieds des rateaux. Figure y ,0, les rouets détachés. Figure g, F, le relfort double. Figure 9, P , la broche avec fon pied. Figure ro , T, le rateau avec fon pied. Figure n , H , le picolet. Figure 12 , Q_,la coulilfe. Figure 13 , Q_R, la coulilfe & le bouton joints enfemble. Figure 14, E D , le pêne. K , fes barbes. I, ouverture pour recevoir la queue de la coulilfe. Figure 15 , G , le foncet renverfé pour faire voir fes pieds, fon rouet & l’entrée. Figure 16, la clef dont le paneton eft refendu d’un rouet fimple, d’un rouet à pleine croix, & des dents pour le rateau. Figure 17, une petite ferrure à pêne dormant , & à deux tours, vue en perfpedive, & à laquelle 011 a ôte une partie de la cloifon & le foncet. A, le palâtre. B, la cloifon. C, le rebord. D E-, le pêne. KK, fes barbes. H, le picolet. LE, le relfort. M,fa gorge. P, la broche. S , l’entrée. TT, les pieds des rateaux. Figure 18 , la clef qui eft fendue pour un rouet i, une bouterolle b , & les dents d’un rateau.
- A5T- La ferrure que nous allons décrire peut fervirpour donner une idée générale des ferrures befnardes. L’entrée B de la clef de la fig. 19, eft pour ouvrir la ferrure lorfqu’on eft dans la chambre. Un canon conduit la clef dans la ferrure lorfqu’on veut l’ouvrir étant en-dehors. La partie de la planche QQ_ ( figure 20) partage l’épailfeur de la ferrure en deux. Le pertuis R a autant de faillie du côté de Q_Q_, qui eft caché, que de celui qui eft en vue. De quelque côté qu’on falfe entrer lu clef, la fente a ( fig. 21 ) qui partage fon paneton en •deux parties égales , reçoit la planche Q_Q_de la figure 20, autour de laquelle elle tourne: d’où il fuit que pendant que les dents d’une des moitiés du paneton fouleventle grand relfort, & qu’elles pouffent la gorge K , les dents d’une . autre moitié du paneton poulfent une des barbes du pêne -> le pêne peut alors céder à l’effort de la clef, parce que l’arrêt du relfort ne fe trouve plus engagé dans les encoches du pêne , lorfque la clef éleve le grand relfort.
- 5^6. Cette difpolition de relfort eft commune à bien des ferrures: on voit dans la figure 22, les encoches r du pêne, où s’engage l’arrêt du relfort au bout de chaque tour, & les barbes -q. Cette figure repréfente ce pêne féparép s : ion étendue vers n eft l’arrêt qui empêche le pêne de for-tir-de fon palâtre, plus loin que fa courfe; q, les barbes 5 r, les encoches. On voit en s un talon qui fert à éloigner le pêne du palâtre pour qu’il ait moins de frottement,
- 557- La planche X donne un exemple des ferrures qui ont une couverture. Dans l'a figure 1, le palâtre eft emporté ; A L eft la cou verture. Dans la /g. 2,3 , la couverture eft emportée, & B B eft le palâtre ; mais la couverture ne fert fouvent que pour une propreté alfez inutile j le foncet lui tient lieu de cette piece. V ij
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- Çî8* Elle a deux pênes dont le fort eft dormant, & à deux tours ; auftl lui voit-on dans les figures trois barbes & trois encoches. L’arrêt de ce pêne eft double de ceux des pênes que nous avons vus ; car outre qu’il eft tenu par un grand reffort II (/g. 2) , il porte encore une gâchette en paquet ( fi g. 1 ) D E E. L’arrêt qui entre dans les encoches E E de cette gâchette, eft rivé fur le palâtre. On peut auffi remarquer une pofition de gâchette différente de. celle qui eft fur la planche VIII, & quelque différence dans, fa figure & celle du reffort. Le pêne qui eft ainfî arrêté par une gâchette & un grand reffort, en vaut mieux, non-feulement parce qu’il eft retenu par une force double, mais fur-tout parce qu’il eft plus mal-aifé aux crochets de l’ouvrir 5. car fi les garnitures permettent à un crochet de lever ouïe reftbrt ou la gâchette, celui des deux qui n’eftpas levé tient encore le pêne auffi fortement que le pêne des ferrures ordinaires eft tenu.
- ï 59. Elle a un fécond pêne à demi-tour,"qui difpenfe de fermer le plus fort quand on eft dans,la chambre. Un reffort à boudin Q_ferme le demi-tour de ce pêne ; on l’ouvre dans la chambre par le moyen d’un bouton P la- clef ouvre aulli ce petit pêne par-dehors.après avoir ouvert entièrement le plus gros,. & cela parce qu’il y a une équerre mobile O NM (/%• 1 ) qui tourne autour du pied N ou éto qui au qui la porte 5 ce. pied paffe au travers de l’angle de l’équerre , & eft rivé furie gros pêne} une des branches O de la même équerre eft horifontale , & couchée fur le gros pêne , quand ils font tous deux entièrement fermés ou ouverts.; l’autre branche M alors eft verticale', & engagée par le bout V dans une entaille faite dans le petit pêne K. La figure 4 montre la difpofition des deux pênes RS & IK l’un par rapport à l’autre , & celle de l’équerre O N M, quand ils font tous deux entièrement ouverts ou fermés ; mais quand, le gros pêne RS eft entièrement ouvert, & que le petit Ili ne l’eft point encore,les deux branches de l’équerre prennent des pofitions inclinées, parce que la partie M de l’équerre, marche avec le pêne fur lequel elle eft arrêtée; alors le bout O de la branche qui- était couché fur le gros pêne eft en-deffous de ce pêne, & dans un endroit où il peut donner prife aux dents de la clef. Par conféquênt, fi la clef tourne, elle releve cette branche O , qui s’oppofe à fon paffage : l’équerre entière tourne donc fur elle-mième,. d’où il fuit que la branche M qui eft engagée dans le petit pêne ,. l’ouvre.
- 560. On donne quelquefois des canons aux ferrures befnardes ; ce canon tourne avec la clef il eft arrêté dans la.ferrure, parce qu’il a plus de diamètre qu’en-dehors , ou que n’en ont les entrées de la clef > ce qui eft montré par m &./ ( fig• 5 )• Ce canon eft un bonne garniture pour les ferrures befnardes ; comme: il tourne avec les crochets, il les empêche de trouver les barbes.du pêne.
- 561. Reprenons ces objets, pour les examiner plus, en détail. L,afi-gura. 1 repréfente la ferrure ayant fon paiâ.tre emporté.:
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- La figure 2 la repréfente ayant la couverture & une partie de fa cîoifon emportées.
- •La figuie 3 eft un plan de cette ferrure qui eft en perfpedive dans les figures i , 2.
- A A, figure i, la couverture.
- B B (figure 2,3 ) , le palàtre.
- C,. le grand pêne.
- T) EE, figure i, la gâchette. D, fon pied. EE, fes encoches, dans îef. quelles entre un étoquiau rivé fur le palâtre qui ne faurait .paraître dans aucune des trois figures.
- H(.figures 2,3), grand reifortavec fes arrêts.
- I ( figures 1,2 ) , un des pieds de la planche ou permis, qui n’a point été mife ici, pour éviter-la confuifon.
- K, le fécond pêne.
- L, fon picolet.
- M, une des branches de l’équerre qui ouvre le fécond pêne.
- N (,figure 1 ) , le pied de cette équerre.
- O (.figure 1 ), la gorge.
- P (.figures 2, 3 ) , bouton qui ouvre ce pêne dans la chambre.
- Q_( figures 1,2 , 3 ), reifort à boudin qui le ferme.
- Figure 4,. R S, le grand pêne vnféparénient avec la gâchette DE en paquet & fon équerre O N M dans la pofition où elle eft quand le petit pêne IK & le grand font tous deux ouverts ou. fermés.
- I m {figure 5 ), canon tournant & fa coupe y il ne l'aurait fortir de la ferrure 3 à caillé de la partie m l qui eft plus groffe que le relie.
- Figure 6 , n, clef belîiarde.
- <j62* Les figures 7 & 9 repréfententime ferrure befnarde à tour & demi, à pêne en paquet ou monté fur gâchette. Les ferrures des portes de cabinets, & la plupart de celles des portes de chambres font pareilles à cette ferrure ; la clef fait un tour & demi pour les ouvrir , & n’en a qu’iin à faire pour les fermer, parce que le reifort qui pouffe le pêne ,. lui fait parcourir ce que ferait un demi-tour de clef..
- 3. La dilpolition du reifort du demi-tour eft différente ici de celle delà fig. 1 il ne pouffe pas immédiatement le pêne. Ce reifort ki k( fig. 7,9 ) , agit contre une piece àapoWéefouillot Imn (fig. 10) qui peut tourner comme autour d?un centre autour-deffétoqu-iaü qui im-fert de pied j cette efpecè de reifort eft appeWêereffbrt de ehïcn.: Mais nous avons eu fur-tout en vue de faire connaître dans cette ferrure’ce qu’on appelle un pêne en paquet ou montéfiir gâchette. C’eft un pêne qui porte, avec foi-la'“gâchette , ••&-le‘<rèffort qui tient la gâchette abaiffée dans le tems que le pêne eft arrêté. La gâchette X. Y {(figures 9 ,jo)V
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- eft une lame de fer plus épailîe à un bout qu’à l’autre. Les bons ouvriers font un trou dans cette épailfeur; & les mauvais , au lieu de rendre le bout de la.gâchette plus.épais, fe contentent de le rouler. Dans le -trou X qui eft au bout de la gâchette, eft un étoquiau qui lui fort de pied, & qui eft rivé tout auprès de l’endroit où eft la tète B du pêne. La gâchette va jufqu’auprès de la queue du pêne j elle eft recourbée dans la partie Y qui doit fe trouver entre les deux barbes P P ; elle y forme une convexité qu’on appelle la gorge de la gâchette, & qui donne prife aux dents dé la clef. On fait quelquefois cette gorge d’une piece rapportée; par-delà cette gorge la gâchette a deux encoches l dans le côté qui eft le plus proche du palâtre. Le relfort, d’où dépend en partie le jeu de la gâchette , eft une lame pliée prefque à angle droit en deux parties inégales : la plus courte a un pied/, rivé fur le pên'e proche de fa queue, un peu par-delà le pli : la branche la plus longue s’incline & vient s’appuyer fur la gâchette prefque horifontalement, ayant fa gorge affez avancée entre les barbes du pêne ; la gâchette ne peut cependant avancer davantage vers le côté où le reflbrt la poulfe ; la fécondé branche du relfort de la gâchette en empêche : elle palfe par-delfus le bout de la gâchette ; mais le relïort ne manque jamais de ramener la gâchette en fa place d’abord que la clef celle de lui faire violence ; & quand la gâchette eft dans cette difpolïtion , le pêne ne {aurait fe mouvoir horifontalement. Il y a au-deifous de P un petit arrêt fixé fur le palâtre, qui s’engage alors dans une des encoches £ de la gâchette, d’où la gâchette n’eft dégagée .que quand la clef l’éleve,
- 564. La figure 1 %,g, eft un morceau d’acier difpofé pour faire un relfort de gâchette.
- Entrons dans de plus grands détails, pour donner une idée plus jufte de cette ferrure.
- La figure 7 , eft la ferrure befnarde qui fert à une porte ordinaire , vue du côté qui eft dans la chambre,
- La figure 9 eft la même ferrure eft perfpecftive,
- AA A eft le palâtre ; auprès de ces lettres font les trous qui fervent à attacher la ferrure fur la porte,, Comme cette ferrure eft courte , les trous pour l’attacher font fur le rebord du palâtre & fur une elpece de patte qui eft attachée à la cloifon, !
- B, eft le rebord du palâtre dans lequel la tête du pêne palfe, comme quand il eft fermé à demi-tour. , • -
- C & c eft la cloifon ; on ne l’a pas mife à dëlfeinde deux côtés à la figure 9.
- D , le bouton qui ouvre le demi-tour; communément il n’y en a point à ces fortes de ferrures forfqu’elles font deftinées pour des armoires. v,
- Es fig. 9 ? petit; qtoquiau du boufon avec une clavette pour retenir le bon* tOl\Ds‘fiSUrC7' ' ! ;• . , ,
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- F,/%. 7,te cache-entréei il n'y en a point aux ferrures d’armoires, qui Rouvrent que d’un côté.
- H , place où fe pofent les pieds du foncefe. *
- O, entaille proche de ta tête du pêne : ajoutes les ferrures à demi-tour , k tète du relfort doit être en bifeau , ce qui les a fait nommer en bec de canne,.
- PP, barbes du pêne.
- Q_, l’endroit entaillé pour l’éfeoquiau du bouton quand il y en a.
- VXYZ & PP (fig. n )eft le pêne renverfé de haut en-bas, pour faire voir là gâchette & fon reilbrt.
- V, la tête du pêne.
- X , l’endroit où la gâchette effc portée par un pied»
- Y, gorge de la gâchette.
- Z , l’encoche de la gâchette où l’arrêt s’engage.
- &, le relfort qui preife la gâchette en X, & qui en retient pourtant la tète vers Z.
- XYZ figure io, font voir la gâchette & fon reflbrt détachés du pène^ & ces pièces placées comme elles le doivent être l’une par rapport à l’autre.
- La figure 10 fait voir-comment le relfort de chien, le fouillot & la gâchette en paquet font difpofés les uns par rapport aux autres.
- 570. On fait des ferrures à broche qui s’ouvrent cependant des deux côtés y elles fe ferment à quatre fermetures par le moyen de deux pênes & d’un verrou. Quoique les ferrures à broche ordinaires 11e puilfent être ouvertes que d’un côté, il eft aifé d'en faire qu’on ouvre de l’un & de l’autre côté , & cela fans multiplier aucune des pièces elfentielles ; tout fe réduit aux changemens & aux additions fuivantes. A ne pas mettre les deux entrées l’une vis-à-vis de l’autre, quoiqu’on les mette fur une même ligne. Aucune ne doit être au milieu du palâtre ou de la couverture. Pour la dilfance qui doit être entre l’une & l’autre , 8c l’addition des parties, on en jugera aifément par celle que nous allons prendre pour exemplp, qui a un pêne dormant 8c à deux tours. Ce pêne eft fendu ; mais 11e nous arrêtons point encore à cette circonftance. Les arrêts de ce pêne font portés par un grand relfort, placé horifontalement emdelfus du pêne, comme nous l’avons expliqué en parlant des pênes dor-mans fimples. Ce que ce relfort ’a de particulier , c’eft qu’il a deux gorges : le milieu de l’une eft vis-à-vis le milieu d’une des entrées 5 & le milieu de l’autre gorge , vis-à-vis le milieu de l’autre entrée : par conféauent, foit que la clef tourne dans l’une, foit qu’elle tourne dans l’autre ouverture, elle leve ce, ïelfort, elle le défeneoche. On multiplierait en même proportion le nombre des gorges des gâchettes, fi c’était un pêne en paquet. On voit de même qu’il faut multiplier le jiombre des barbes du pêne. Au lieu de trois, il faut en donner fix à notre pêne dormant à deux tours , afin que la clef en puiffe poiufer
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- trois par chaque entrée. Pour le nombre des c-ncoches du pêne , il relie de même ; il ne faut auffi de même qu’un arrêt. On met quelquefois moins de garnitures à celles des entrées par ou on ouvre en-dedans de la chambre, qu’à l’autre, parce qu’il n’importe pas autant qu’une ferrure ioit bien fermée quand on eft dans une chambre , que quand on en eft dehors. Dans ce cas, le rouet iimple répond à l’entrée du dedans de la chambre.
- 561. Pour 11e pas trop multiplier le nombre des planches, la même ferrure nous fervira encore à faire voir quelques flrucftures particulières. Celle-ci a deux pênes réels, & par-dehors fcmble en avoir quatre. i\ Le premier eft un pêne fourchu, un pêne à deux tètes, qui ont chacune une ouverture particulière dans le rebord du palâtre PP ( planche XI, figure 4). 20. îi a de plus un fécond pêne s , qui fe ferme par un demi-tour, & qui s’ouvre immédiatement par la clef, & non par le moyen d’une équerre. Près de fa tête, ce pêne a une hafture, & cela afin que fou corps s’élève bien plus haut que la tète ; il va fe placer horifontalement entre le palâtre & le pêne dormant ; & voici pourquoi il ferme toujours à un demi-tour. Un reifort de chien qui prelfe un fouillot, comme nous l’avons expliqué plus haut, tient ce demL tour fermé. Le même pêne a un étoquiau, & il y a une couliffe ou entaille pour recevoir cet étoquiau taillé dans le pêne dormant, de façon qu’il peut aller & venir dans la coulilfe. Celui-ci n’a que deux barbes, le reifort de chien le ferme toujours d’un demi-tour, la clef fait faire le tour, & demi reliant» 3°. Enfin il femble que cette ferrure ait un quatrième pêne l. Elle porte un verrou qui en a la figure ; ce verrou eft pofé fur la cloifon; on l’ouvre & on le ferme à l’ordinaire d’un bouton ; il s’ouvre ici par le moyen dune coulilfe * qu’on a mife feulement pour varier.
- 5 62. La figure 1 eft la ferrure enperlpeclive, à laquelle 011 a ôté la couverture & la cloifon d’un côté.
- E, l’entrée du côté du palâtre ; on remarquera qu’il n’y a pas tant de gar-
- nitures , parce qu’on n’a pas befoin de fermer fa porte auffi iurement quand 011 eft dedans, que quand on eft dehors» . L t,,
- F, place de la broche qui répond à l’entrée qui eft du côté de la couverture. i;.
- G, grand reifort qui fert darrèt au pêne dormant. ?
- HI, les deux gorges.
- KGHI, eft le même reifort 5 K marque fon entaille, m .
- L , reifort de chien. • :
- M, fouillot prelfé par le reifort précédent. On voit conwrierit il peut attein* dre le pêne à tour & demi, fans montrer le pêne dormant. <• ;
- . OPP, le pêne dormant, qui parait avoir deux têtes PP, parce qu’il eft fourchu.
- a,
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- Q_j une'dcs encoches ; on voit auffi en-deifous Tes barbes.
- S , même figure, la tète du pêne à tour & demi.
- Figure 2 , STVX, ce pêne en entier.
- T, eft fa hafture , ou un coude formant renvoi pour que la tète du pêne forte de la ferrure, & que le corps foit pofé dans la ferrure fur le pêne dormant.
- W, fes barbes.
- X, l’étoquiau qui entre dans la coulifle E du pêne dormant.
- 5^3- On ne contente pasde ferrures ordinaires pour les portes des buffets5 on en veut qui arrêtent la porte en-haut & en-bas , & qui de plus fortifient la porte même, en y arrêtant une barre en travers. On emploie auffi ces fortes de ferrures pour des portes de chambres qu’on veut fermer bien fièrement. O11 trouve ici une des façons dont cela s’exécute.
- f o4. La figure 3 repréfente une porte avec fon chambranle. Outre le pêne qui entre dans la gâche D à l’ordinaire , il y a deux verroux C fermes par la même ferrure. La porte elt de plus fortifiée par une barre EF , dont un bout eft arreté dans le crochet F , l’autre dans la ferrure.
- . Pour fuivre toutes les fermetures de cette ferrure , commençons par celle de fon pêne. Il eft ouvert par deux tours de clef, comme tous les pênes dor-mans à deux tours ; c’eft un grand reifort qui fait fon arrêt ; mais il fe recoude à angles droits où finiirentl.es autres pênes (fig. 4 K), pour defeendre vers la cloifûn auprès de laquelle il fe coude une féconde fois ; la partie qui eft après le fécond coude LM, a environ le tiers de la longueur du corps du pêne , & lui eft parallèle : nous la nommerons la queue du pêne.
- <)66. En fermant le pêne, 011 ferme les deux verroux & la barre horifontale; ceile-ci l’eft par la queue du pêne. Le bout de la barre porte un crampon ou auberon > figure 5 , Q_& R. La cloifon eft entaillée pour laiifer entrer cet au-beron dans la ferrure ; quand la tète du pêne le ferme, fa queue entre dans 1 auberon , & alors la barre eft arrêtée ; la queue du pêne a un picolet particulier , il aune entaille dans laquelle entre auffi l’auberon, cet auberon en embarraife moins. Ici la queue agit comme les pênes en bord.
- 567. Reste à voir comment le pêne enfe fermant ferme le verrou d’en-bas & celui d’en-haut. Ils font chacun attachés par un bouton autour duquel ils roulent au bout d’un des bras du levier appelle baficule ( fig. 6) ; ces deux bras font égaux , ils font horilbntaux lorfque le pêne eft ouvert, & alors les deux verroux font ouverts ; mais dès-lors que le pêne fort de fa gâche , le levier s’incline , la branche la plus baffe ferme le verrou d’en-bas , & la plus haute celui d’en-haut. Voici par quelle méchanique cela s’exécute : le levier tient à une tige plate attachée au pêne par un bouton j c’eft donc le pêne qui porte le levier ; dès-lors que le pêne marche, il emporte avec foi le bouton ; la tige du Tome Vl% X
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- levier rte peut pas le fuivre en confervant la pofîtion verticale, les deux ver-roux qui tiennent aux branches du levier s’y oppofent, ils fout arrêtés eux-mêmes par les entailles de la cloifon , dans lefquelles ils paffent; tout ce que peut faire la tige du levier, c’eft de s’incliner, ce qui lui eft permis , parce que le bouton qui lui fert de pied eft reçu dans une efpece de coulilfe ou d’entaille plus longue que large. Le pêne oblige donc la tige du levier à s’incliner , par conféquent les deux branches du levier s’inclinent aulli, l’une defcend & l’autre monte; la première pouffe en-bas un verrou, & la fécondé pouffe l’autre en-haut. Le poids des deux verroux doit être égal, afin que la clef trouve moins de réfiftance à les ouvrir & à les fermer.
- <)6 8- On a encore quelquefois ajouté un verrou { (fig. 4) à cette ferrure ; il eft fermé par un reffort, & 011 l’ouvre en tournant un bouton qui tient à une tige de fer, laquelle porte une platine qui a prife fur le talon du verrou.
- Détaillons plus exactement cette méchanique.
- La figure 3 repréfente la porte entourée de fon chambranle & fermée.
- A A, la porte..
- B B , fon chambranle.
- C C, les verroux qui ferment haut & bas.
- D , la gâche où entrent le pêne & le verrou.
- EF, la barre.
- E, l’endroit où fon auberon entre dans la ferrure.
- F , le crochet qui foutient l’autre bout de la barre.
- G , le bouton fur lequel peut tourner la barre quand elle n’eft point arrêtée dans la ferrure.
- La figure 3 eft le plan de la ferrure.
- H, le grand reffort.
- I K L M eft le pêne recoudé à angles droits en Kj & enLM, eft fa queue.
- N, le picolet ordinaire.
- O, picolet fendu pour laiffer paffer l’auberon de la barre : on le voit en O & en R. '
- P Cf, bout de la barre E*
- Q_, fon auberon.
- R S , fait voir comment Tauberon R entre dans le picolet fendu, & la queue du pêne coupé eu S, qui eft entrée dans cet auberon.
- T V, eft le même pêne avec fon paquet, favoir, fon reffort T, & fa gâchette V.
- X , le reffort féparé.
- Y, la gâchette auffi féparée.
- Z 3 verrou qui eft tenu fermé par un reffort.
- a, ce yçflort#
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- î>, picolet du verrou.
- c , lame de fer qui a prife fur la queue du verrou.
- d, tige de fer à laquelle tient cette lame.
- La figure 7 eft une coupe faite près des boutons qui ouvrent le verrou.
- ee, boutons dont un eft de chaque côté de la porte. Ce bouton eft détaillé en ux.
- f, la tige de fer qui tient au bouton.
- g, la lame qui rencontre la queue du verrou.
- La figure 6, eft une partie de la ferrure qu’on a prife feulement de la grandeur néceflaire pour démontrer d’où dépend le jeu des verroux qui ferment iiaut & bas.
- hiklm , la bafcuie en T renverfé.
- h i, les deux bras du levier.
- k 5 étoquiau rivé dans le palâtre , autour duquel les deux bras précédons peuvent tourner.
- *2, 3, 4, partie de la couverture qui empêche que les verroux & la bafcuie n’agilfent contre les garnitures pendant leur mouvement.
- Iui, tige de la bafcuie qui a une entaille ou coulilfe Im 9 où entre un étoquiau rivé dans le pêne., & marqué I.
- o, verrou fupérieur.
- p, le trou de la cloifon par où il pafle.
- q y l’endroit où l’on a coupé ce verrou.
- r , verrou inférieur, & le trou de la cloifon par où il palfe.'
- 'S, l’endroit où il a été coupé.
- 1C fig• 8 ) la clef.
- 569. Au lieu des bafcules pareilles à celles que I’onvient de voir, on met fou-vent des pignons aux ferrures qui ferment des verroux en-haut & en-bas, ou qui ont des efpeces de pênes verticaux. Les tiges de ces verroux palfent dans des entailles faites à la cloifon ; leur partie qui eft en-dedans de la ferrure eft, >dentée à peu près comme le font les crémaillères (j>l.X'lI,fig. 1 )j les dents d’un des verroux font tournées vers les dents de l’autre, aufti s’engrenent-elles dans le même pignon ; ce pignon a pour pied un étoquiau horifontal rivé dans le palàtre. Ce pignon peut tourner autour de ion pied, & en tournant il ferme & ouvre les verroux ; car il eft clair qu’il fait monter l’un & defeendre l’autre (*). Il n’y trouve pas grande réfiftancc , fi le poids de chaque verrou eft le même ; c’eft un levier dont lesbras-font également chargés. Refte feulemenÆ à faire tourner le pignon, & rien de plus flniple: c’eft le pêne qui en eft chargé*
- ( * ) Nous avons eu occafion , en parlant cule , & ceux à pignon ou à crémaillère ; des verroux, de décrire les verroux à baf- les deifms fe voient fur la planche VIL
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- outre fes barbes ordinaires, il en a d’autres, ou des dents qui s’engrenenti dans le pignon ; par conféquent toutes les fois que la clef fait marcher le pêne , le pignon tourne j & fait monter un des verroux & defcendre l’autre : ce qui les ferme ou les ouvre, félon que le pêne s’eft avancé du côté de la gâche, ou qu’il s’en eft éloigné.
- f 70, Nous avons fait mettre encore à cette ferrure un pêne qui le ferme à un demi-tour feulement, & que lu clef ouvre par le moyen d’une équerre. La difpodtion de cette équerre efL différente de celle dont nous avons fait mention ci-deifus ,1e pied de celle-ci eft arrêté fur le palâtre, & non fur le pêne comme l’autre. A chaque tour que fait la clef, elle rencontre la gorge de la branche fupérieure de cette équerre , elle la releve, par conféquent les branches inférieures pouffent le pêne j elles l’ouvrent, & le redore le referme fl la clef commence un nouveau tour.
- 571. Il y a des portes qu’il eft commode d’ouvrir des deux côtés (a). La./?-gure 2 donne l’idée d’une des maniérés dont cela s’exécute : les gonds des pen-tH *es font de chaque côté des efpeces de verroux qu’on fait fo-rtir de leurs boîtes qui tiennent lieu de gâche. On éleve une tige de fer à laquelle tiennent ces gonds. Cette tige peut être élevée par un pignon, fi on le veut, ou d’une maniéré plus limplc, comme il eft repréfenté dans la planche.
- La figure 10, pL VII, fait voir une maniéré de fermer haut & bas une armoire avec de fimples verroux, lorfqu’il ne s’agit que de bien maintenir les: tnontans ( b ).
- L’échelle de cinq pouces eft pour la ferrure à pignon.
- La figure 1 ,y/. XII, eft la ferrure vue du côté qui s’attache contre le bois*
- AA,, couverture qui cache toutes les parties intérieures...
- B , l’entrée qu’011 a faite en S , & à laquelle 011 a donné une broche.
- C C, deux entailles percées dans la cloifon entre fon bord & la couverture* pfcnrfervir de coulilfe à un des verroux.
- D E, ce verrou coupé enD & en E ; la partie E prolongée eft celle qui porto: la tète du verrou , & qui ferme en-h au*/.
- F G , l’autre verrou dont la partie. F prolongée ferme en-bas.,
- H, le pignon.
- IK , les dents du verrou, où le pignon s’engrene ; il eft à remarquer que Te poids des. deux verroux doit être tel, la longueur de la partie qui 11e s’ac-
- (a) Nous avons été tentés d’en parler l'orfque nous avons expliqué la façon de faire les fiches à nœuds ; mais comme nous avons vu que M. de ftéaumur eu av rit traité,, nou.s n en. avons rien. du;. C.’eit encore.
- pour cette raifon que nous nous difpenfé-rons d’en parler, lorfqu’il fera queftion de.-la ferrure des équipages.
- (//) On peut confulter ce que nous avons; dit. fui les verroux. à. bafcule. & à pignon..
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- croche point, telle que le pignon folt toujours à peu près également chargé de chaque côté.
- La figure 2 fait voir la difpofition d’une porte qui s’ouvre de deux côtés.’ On a repréfenté la portière d’une chaife roulante, parce que c’eft ordinairement le cas où l’on en fait ufage. ef, ef, chaflis dormant.
- gi ,g i, la partie de ce chalîis fermée par une porte. h i, penture de chacun des côtés de la porte.
- k, k, k , k , les fiches des pentures.
- Ihylh, relforts qui poulfent les pentures en-bas.
- mi, mi, relforts qui tirent ces pentures en-bas. Les uns & les autres relforts ne font pas abfolument néceifaires.
- n, efpece de ferrure, qui a un bouton par le moyen duquel on ouvre la porte de ce côté.
- o ) le bouton qui ouvre l’autre côté où l’on a ôté le paîâtre de la ferrure. p, barbes, de la penture que le paneton du bouton éleve ou abaiife félon qu’on veut ouvrir ou fermer la porte. Il eft aifé d’imaginer qu’une clef avec un paneton pourrait faire l’effet de ce bouton; auffi s’en fèrt-on quelquefois. qrs eft une partie de cette porte qui a été brifée; q en eft le bois. rs, reifort qui tend à abailfer la penture qu’on a élevée, pour la mettre comme elle eft. quand la porte eft ouverte.
- t, une des fiches de la penture * tirée de fes boites quand on veut ouvrir la. porte.
- u , les boîtes de cette fiche. x, les mêmes boîtes vues féparément.
- l, fiches ou contre-fiches qui fe placent entre les deux bqîtes.r.
- 5:72. La porte, dans lapofition où elle eft repréfentée, eu fermée ; il n’eft pas poffible de l’ouvrir ni du côté de n, ni du côté de o. Mais quand on tourne; le bouton o , le paneton qui s’engage dans les barbesp, fouleve le barreau vertical, & en même tems la broche t ; alors les nœuds u u & la broche t s’emportent avec la portière , & il ne refte d’attaché au battant que le gond { : il eft clair qu’alors le» gonds k k qui font du côté de o, font l’office de verroux verticaux, pendant que ceux qui font du côté de n font l’office de charnière3, & le. contraire arrive quand on tourne le bouton n.
- Article VI.
- Des Jîrrures dont le. pêne refie renfermé dans le palâtre».
- Ï7?. Les ferrures dont nous avons parlé j’ufqu’à préfent, qui fervent pour tenir les portes. & les armoires fermées „ ont toutes d e s. p eue s qu i for t e 111 dupa-
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- lâtre , Centrent dans une gâche ; il eft bon de-dire quelque chofe d’une autre efpece de ferrure, dont les pênes relient renfermés dans le palàtre ; un crampon qui entre dans la ferrure par une fente qui eft au bord, fait l’office d’une gâche dans laquelle le pêne entre. Ces eipeces de ferrures fervent pour les couvercles des bureaux qui fe rabattent. pour les coffres , Les pendules , & en quantité d’autres occafions.
- => 574. On voit fur lapl XII, un genre de ferrures dont nous avons fait la fécondé claife , favoir, de celles qui fe ferment fans que le pêne forte en-dehors. Celles qui font repréfentées ici, font appellées des pênes en bords , apparemment parce que la tête du pêne marche toujours en fuivant le rebord du palàtre.
- S7f. Les ferrures des coffres font communément de cette elpece , & on les fait toutes aujourd’hui comme celle qui eft repréfentée ici, pour être attachées en-dedans. Elles ne font jamais befnardes ; on leur donne toujours des broches : on pourrait pourtant y mettre des clefs à bout; mais elles en. feraient moins bonnes.
- 576. Nous allons commencer à nous faire une idée des chofes qui leur font communes, en fuivant la figure 3 , qui repréfente la plus fimple des ferrures de ce genre.
- 577. Ces ferrures font de figure recftangle , comme celles des portes ; mais au Lieu que dans les autres ferrures les plus longs côtés font horifontaux , dans la ferrure en place comme 011 la repréfente ici, ils font verticaux. Le rebord du palàtre eft alors la partie la plus élevée; il a une ou plufieurs entailles B (fig' 3 ) , qui reçoit un crampon appellé auberon, attaché au couvercle du coifre.
- >78- Le corps du pêne, la partie du pêne où font les barbes, efthorifontale à l’ordinaire , & portée vers le milieu du palatre par deux picoîets qui lui fervent de coulilfe. Ceci eft affez femblable aux ferrures dont nous avons donné la defcription ; mais d’un des bouts du corps de ce pêne s’élève une tige de? fer jufqu’auprès du rebord de la cloifon : c’eft au bout de cette tige qu’il faut chercher la tète du vrai pêne ; c’eft une partie en faillie, taillée quarrément & parallèle au reborddu palàtre. Quand le pêne marche, il porte avec foi la tige précédente, dont la tète entre dans l’auberon du coffre, & alors le coffre eft fermé. Afin que la tète du pêne, après qu’elle eft paffée dans l’auberon, ait moins de jeu , elle eft reçue dans une pièce de fer qui eft, pour.ainfi dire , une gâche. Cette piece eft attachée contre le rebord du palàtre & contre le palàtre même ; elle fait l’office de conduéleur, 011 la nomme coq : il y en a de doubles & de fiimples; celui de la figure $ , HI G , eft fimple.
- 579- Quand ces fortes de ferrures n’ont qu’une feule fermeture , il faudrait donner au pêne une tète trop longue, fi la tige qui la porte était droite; c’eft pour s’épargner cette longueur, qui ferait inutile & incommode, qu’on
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- rècourbe la tige d’une façon qui approche fon bout fupérieur de l’entaille qui reçoit l’auberon figure 1, M. La clef fait marcher le pêne de ces ferrures comme celui de toutes les autres, & rencontre des barbes femblablement placées. Le pene eft arrêté par un reffort qui eft pofé au-deifus 5 il eft fem-blabie aux grands refforts que nous avons vu placés de même en d’autres ferrures il 11’en diftere qu’en ce qu’il eft plus court.
- y 80. La figure4 montre la conftruélion d’une ferrure à pêne en bords à deux fermetures. Elle a deux ouvertures a b dans le rebord de fon palâtre, qui reçoivent deux auberons G G (fig- 6 ) de la bande auberonniere g. L’auberon qui entre dans l’entaille b (fig. 4 } y eft arrêté par la tète du pêne. Ce pêne ne différé de celui de la ferrure précédente, qu’en ce que fa tige eft moins coudées, elle n’a pas auflî fi loin à aller trouver fon auberon.
- 58ï- L’auberon qui entre dans l’entaille a eft fermé par une gâchette qrs ( fig. 4,7). Cette gâchette eft une pièce de fer plus longue que la tige du pêne, mais qui lui eft femblable par en-haut : elle a une tête telle que la fienne ; au lieu que, quand la tige du pêne fe meut, elle eft portée parallèlement à elle-même s la gâchette tourne comme un levier autour de fon point d’appui ou pied r. Quand elle eft fermée, elle eft verticale 5 & elle eft toujours fermée ici quand la clef ne la tient pas ouverte : un reifort qui la prelfe continuellement , contraint la tête à fe tenir dans fon coq. Ce reifort eft un reft. fort double ou compofé d’une lame t x y pliée en deux branches ( figure 8 ), & qui font entre elles un angle très-aigu 5 une des parties ou une des branches du reifort a deux pieds t x qui la fixent fur le palâtre , l’autre branche y a feule du jeu, & prelfe la gâchette au-deifus de fon pied.
- 5 82.La clef, en tournant, rencontre la partie inférieure de la gâchette, dont la gorge s (fig,. 4) s’oppofe â Ion paifage : ainft tant que le paneton eft ho-rifbntal & tourné du côté de la gâchette, il la tient ouverte ; mais elle fe ferme fi-tôt que la clef l’abandonne. Les lettres/ d(fig. 4 ) marquent les coqs dans lefquels entrent les tètes du pêne & de la gâchette 5 ceux-ci font des coqs doubles. La figure 9 ,/ge, le fait appercevoir.
- 583- On conçoit comment les coffres qui ont de ces fortes de gâchettes fe ferment parla chiite du#couvercle. La tète de la gâchette eft taillée en bifeau q (fig. 7). Lapreflîon du couvercle force par conféquent cette gâchette à s’ouvrir, à laiifer entrer l’auberon, tant que cette gâchetten’eft pas tenue ouverte par la clef.
- ' 584* On fait de petites ferrures qui 11e fe ferment que par une feule gâchette : mais il nous a paru inutile d’en faire repréfenter une. Il eftaifé d’imaginer, en examinant la figure 4, que le pêne eft ôté, & que la gâchette eft plus près du milieu. Cette ferrure en ferait une qui fe fermerait avec une feule gâchette, mais ce font les plus mauvaifes de toutes les efpeces, elles s’ouvrent par un
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- ftmple demi-tour. On n’en fait guère dffiftige que pour les ferrures plates » celles q fon met aux caifettes , aux porte-feuilles , aux pendules , &c.
- ^85. Dans-{a. figure 4,{ eft la broche 5 1 & &, les rateaux qui font repré-, fentes fig. 10. £ (fig. 4) repréfente auffi le rouet qu’on voit en Z (fig. 11 ) j p 9 le reifort du pêne qu’on voit à part , fig. 12. ^
- 586- K (fig. 4) le grand pêne qui eft vu à part ,fig. 13, avec fes barbes n , & fes encoches o. La figure 14 repréfente la clefi 6, la partie du canon de la clef qui eft forée j 5 , le paneton.
- 587* Il n’eft point de ferrures où ilfoit plus ordinaire & plus nécefïaire de multiplier les fermetures qu’à celles des coffres forts. C’en font de ce genre qu’on prend pour les chef-d’œuvres les plus difficiles. Celle-ci eft une des plus fimples & des plus eu ufage; elle fe ferme à trois fermetures , dont une dépend du pêne & les deux autres des deux gâchettes. Comme ces fortes de ferrures fe fout avec foin, on leur donne fouvent des couvertures ornées ; on en voit une, figure 1. Quelquefois on les fait plus chargées d’ornemens inutiles ; car le bois contre lequel ils font appliqués les cache. Les remarques que nous avons à faire fur cette ferrure font: i°. que la tige H du pêne s’élève à peu près du milieu I du corps ( fig. 2, 4). Ce pêne n’a que deux barbes'MM (fig. 2, <> ) , & peut être ouvert feul, & fermé par un demi-tour de la clef; mais la ferrure eutiere ne l’eft que par un tour & demi, & voici comment. Suppofons la ferrure entièrement fermée comme elle l’eft fig. 2 , où les tètes du pêne & des gâchettes font dans leurs coqs , & que le pêne s’ouvre en allant de R vers N, parce qu’il peut palier fous le pied de la gâchette XV E; la clef, en tournant de R vers V, ouvre donc le pêne ; en continuant fa route elle arrive vers X, elle y rencontre la gorge X de la gâchette X V E (fig. 2, 6), elle l’ouvre, mais la clef doit achever fon tour pour parvenir à la gâchette de c b (fig. 2,7). Si-tôt qu’elle abandonne la gâchette X V E, elle fe ferme : elle quitte donc celle-ci 5 mais pour y revenir, elle va jufqu’à la gorge d, ouvre la gâchette de b c: celle-ci eft alors ouverte, & elle ne fe ferme point comme l’autre, quoique la clef l’abandonne : nous en verrons bientôt la raifon; mais fuppofons-le à préfent. Refte donc à ouvrir la gâchette X V (fig. 2 ) ; pour cela 011 fait faire à la clef un demi-tour en feus contraire du tour qu’elle a fait, onia ramene par en-bas de d vers X; & lorfque fon paneton efthori-fontal, 011 l’arrête. Ce paneton ouvre la gâchette & l’empêche de fe fermer. Il eftaifé de voir pourquoi on fait rebroulfer chemin à la clef quand elle eft arrivée en d ; les barbes du pêne qui ne peut plus céder, l’arrêteraient, ii ellfà voulait continuer fi route dans le même fèns. Ces fortes de ferrures font mifes au nombre de celles qui ont des lecrets, parce que bien des gens ne s’avifent pas de faire tourner une clef dans le feus contraire à celui où ils l’ont tournée pour achever d’ouvrir,
- f88.
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- % S 8- Tl y a différentes maniérés de tenir la gâchette de c b ouverte après que le paneton l’a quittée. En voici une. On a un reffort qui eft une fimple lame de ter ou d’acier/g (fig-ÂJ 5 coupée plus longue que large à peu près quarré-ment. Son reffort tend à lui donner une petite convexité > cette lame eft attachée par un bout contre le palâtre, entre le pêne & celui de fes picolets qui „eft le plus proche de le gâchette) h (fig- 5 ) repréfente le côté convexe de la lame ou reffort qui touche le palâtre : quand le pêne eft fermé, il tient le ref. fort applati & entièrement appliqué contre le palâtre ; mais lorfqu’on ouvre le pêne,& qu’on fait faire un demi-tour.à la clef, alors ce demi-tour faifant tourner de la droite vers la gauche la partie^ de la gâchette 2,7) ,
- le bout du reffort/^(fig. g ) s’échappe de deffous la gâchette, fe préfente à la partie e placée au-deffous du pied de cette gâchette, & la tenant enrefpect, s’oppofe à fon retour 5 de forte qu’elle ne peut plus fe fermer qu’en faifant faire un tour entier à la clef. Ceci deviendra plus clair par les explications fui vantes. ; ....
- 589* Cette ferrutef fe fermé par un tour de clef; car ramenons la clef de X end, en la: faifant paifer par MM. ï°. La gâchette X fe ferme des-lors que le paneton abandonne fa gorge; 2°. Ce paneton rencontrant les barbes du pêne , ferme le pêne , & il ferme en même tems la gâchette de b ; car le pêne en avançant) .abaiffe le reffort qui s’oppofait au retour de cette gâchette. La figure 1, h R IN, fait entendre comme le pêne abaiffe ou laiffe relever ce reffort félon qu’il marche vers R ou yers £L *590. Le pêne a ici deux picoVets.NR. Son arrêt eft produit par une gâchette P & O (fig• 9). Cette gâchette eft une efpece de loquet qui a fon pied .attaché à un des picolets, & dont la tète s’élève & s’abaiife dans une efpece de mentonnet Q£fîg* ou de couîiffe taillée dans l’autre picolet. Le
- même picolet fournit un reffort fimple & étroit qui preffe la gâchette vers fon pied ; ce reffort eft appelle reffort en feuille de fauge. La gâchette a une gorge O qui fe trouve entre les deux barbes du pêne quand il eft fermé; elle a de plus une encoche ou entaille.P (/g. 9), dont l’ouverture eft fa partie inférieure. Le pêne,porte un petit étoquiau fur lequel tombe l’encoche ou partie entaillée quand la gâchette eft. abaiffée : alors le pêne ne faurait être mu horifontalement ; mais quand la clef releve la gâchette, l’arrêt ou l’étoquiau du pêne fe trouve hors de l’encoche, 8c alors le pêne peut avancer. Pour achever de’rendre cecffplus clair, je vais fuivre plus en détail l’explication des figures*
- La figure 1 repréfente la ferrure vue du côté qui s’applique contre le coffre»
- A (fig. 10) eft la bande auberonniere qui s’attache au bord du couvercle du coffre.
- B B B, les trois auberons.
- Tome VL
- Y
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- irro ART D U S RR R U R 1ER.
- ‘ G , queue déda bandé auberonriiere.
- D D (fig. i ) eft le rebord fupérieur du palâtré."
- EE E, font les trous quilaiflent pâfler les auberons.’
- F F, la cloifon du palâtre.
- G G, la couverture qui cache la garniture.
- HH, la partie fupérieure de la couverture qui eft évidée , & cela fimpîe-meilt pour l’ornement.
- I, la broche qui entre dans 1k ferrure de la clef.
- K, entrée faite en S ( elle doiti être droite, parce que la clef l’eft).
- LM, foncet, ou couverture des garnitures.
- N N N, les trois coqs.
- O, la tête du pêne.
- P P, les deux gâchettes. 1 ; : f
- Q_j les relforts qui ferment les gâchettes.
- La figure 2 reprérente la même ferrure de la figure i, à laquelle on a ôté le rebord DD, & un des rebords F &la couverture G G. Ôn n’y a pas mis non plus la garniture. La figure 3 eft le plan de la même ferrure, & les autres figures plus petites font les parties détachées des figures précédentes. On a marqué dans toutes ces figures les parties femblables avec les mêmes lettres.
- A,le trou de la broche. Le cercle pondué marque le cercle que décrit le paneton de la clef.
- B , le palâtre auquelon a ôté fa cloifon, ainfi qu’en B (fig. 2 ).
- C, C,C, C, étoquiaux ménagés dans l’épaiiTeur de la cloifon pour l’attacher au palâtre avec des vis s. ce qu’on pratique dans les ferrures de chef-d’œuvre.
- D D D, les trois coqs.
- EEE(^2) font voir les têtes du pêne & des gâchettes engagées dans les coqs.
- F D G E ( fig. 11 ) eft un coq détaché.
- E eft 1k partie qui reçoit la tête du pêne ou gâchette.’
- F eft un des deux pieds du coq qui l’attache au palâtre.
- G eft le trou qui fert à l’attacher au rebord du palâtre.
- H {fig- 4) la tige du pêne.
- I en eft le corps.
- Kl eft le pêne en entier, vu du côté qui s’applique contre le palâtre.
- LI {fig- S ) eft le pêne dont on a coupé la tige en L, où l’on voit fes picolets , gâchette, redort, &c.
- MM, barbes du pêne. r
- N, picolet qui porte le pied & la gâchette du pêne.
- O, la gorge de la gâchette du pêne.
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- P (fig 9 ) Pencoche de cette gâchette. j .-. rî
- Q_(/fg. S ) l’arrêt engagé dans l’encoche précédente. é R (fig. f ) fécond picolet dont la partie S eft le reflort en feuille de fauge qui prefle la gâchette du pêne.
- T V X ( fig. 6) une des gâchettes qui ferme la ferrure , favoir , celle qui n’eft ouverte que quand elle eft tenue par la clef.
- T, fa tète.
- V, l’endroit où palfe l’étoquiau qui la porte.
- X » la gorge contre laquelle agit la clef.
- Figure 12, Y Z a, un des reflorts; Y Z, fes deux branches ; îa branche Y a un pied, il y en a un autre en a.
- b c (fig. y), partie fupérieure de la gâchette qui refte ouverte quand le pënel’eft;Æ, fa tète; c, place de l’étoquiau; d,fa gorge.
- £ , la partie qui rencontre le reifort qui arrête cette gâchette.
- fS {fis- 8 ) 5 ce reflort.
- g, l’endroit où eft l’étoquiau qui l’attache.
- La fig. 6 du pêne» dont la tige eft brifée en L,fait voir le reflort précé* dent marqué h, placé comme il le doit être par rapport au pêne. i (fig. 13 ), un des rateaux. k (fig. 14), la garniture.
- b (fig. if), le paneton de la clef; R S, le picolet & fon reflort marqués des mêmes lettres qu’à la figure f.
- o ( fig. 16 ) un anneau de clef qui eft fort orné.
- 591. La ferrure de coffre à quatre fermetures (170) s’ouvre , comme celle à trois fermetures, par un tour & demi de clef, dont le demi-tour eft en fens contraire du tour. Deux de fes fermetures dépendent auffi de deux gâchettes difpofées comme celles de la ferrure précédente, & dont par conféquent nous 11’avons rien à dire.
- f 92. Ce qu’elle nous offre de plus particulier, c’eft, en termes de ferrurerie,’ fon pêne brifé, ou plus clairement fes deux pênes qui fervent pour les deux autres fermetures. Enfemble ils n’occupent guere plus de place qu’un feul pêne à tige, & cela parce qu’ils font entaillés de façon qu’ils s’emboîtent mutuellement l’un dans l’autre.
- f93. Ils ont chacun une tige IK (fig. I ) , fd (fig. 2) qui ont chacune une tète tournée de différons côtés. Les deux tiges font appliquées l’une contre l’autre quand la ferrure eft ouverte, elles s’éloignent l’une de l’autre quand
- ( 170 ) Il y a long.tems que cette efpece que le loquet fe fauffe ; & il eft impoffible de ferrure a paiîé de mode en Allemagne, de les ouvrir dès que la clef eft perdue, fans Files reviendraient trop cher; d’ailleurs endommager le coffre, elles font très-aifément ébranlées, pour peu
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- ün la ferme > la clef n’agit que fur un pêne pour les faire marcher toutes deux. Un d’eux a feul des barbes, fon corps eft plus fort que celui de l’autre.
- $94. La fig. 3 , ruts, & la fig. 4, op qnx , repréfentent les deux pênes; auxquels on a coupé les tiges en n & r, & font voir comment une partie du pêne qui n’a point de barbes, entre dans l’autre pêne, & réciproquement; comme une partie du pêne à barbes entre dans celui qui n’en a point.
- 59 f. La fig. f , tt montre ces deux pênes dont on a coupé les tiges , autant emboités l’un dans l’autre qu’ils le peuvent êtres on y voit pourtant un eR pace vuideç, au-deflous duquel font des dents taillées dans le pêne'à barbes?, on voit de même des dents au-deffus de cet efpace , taillées dans Pautre pêne ; çelies-ci lui tiennent lieu de barbes qui font pouifées par un pignon..
- Ï96. Ce pignon eft arrêté fur le pêne à barbes par un pied ou eflieu autour duquel il eft mobile) quandles deux pênes font fermés, il eft également: éloigné des dents des deux extrémités, & celles du milieu font engrenées entre les fiennes j par conféquent toutes, les fois que la clef fait avancer les pênes à barbes vers un côté ,. le pignon fait aller l’autre pêne de l’autre côté » car les dents de ce premier pêne font tourner le pignon y & le pignon , en tournant, pouffe le fécond pêne : ainfi ces pênes s’écartent ou viennent à lai rencontre fun de l’autre félon le fens dans lequel' le pignon tourne-
- 597. ÜN donne ordinairement à ces fortes de ferrures un tambour MM ( fig. 1 ) , qui eit une efpece de cylindre creux , Ici vaut de cloifon à toutes les; garnitures. Les rouets RR font attachés contre les parois intérieures. Le tambour eft entaillé dans les endroits où la clef doit avoir prife fur les barbes; du pêne Si fur les gorges des gâchettes;. Il eft encore ordinaire de donner à ces fortes de ferrures un canon tournant T S , au milieu duquel on voit une-broche triangulaire , parce que la clef dont 011 a le paneton fig. 6, en 4, $ » eft forée en tiers-point..
- f98.. Si les explications précédentes n’avaient pas fîifïifamment fait entendre comme une des gâchettes F (fig. 1 ) eft tenue ouverte par un reffort tant que lés pênes, font ouverts, on pourrait ajouter que le bout du reffort fimple pafïe. fous la gâchette j>par conféquent *li cette gâchette en s’ouvrant avance, le bout du reffort s’échappera, & ce reffort tiendra la gâchette ouverte jufqu’à ce qu’il foit abaiffé par le pène..
- 599. Lk fig. 1 repréfente en perfpedive une ferrure à quatre fermetures du côté où entre la clef. A A B D, le palâtre j 011 a ôté le rebord qui était en AÀ, comme dans la figure. 1 de la planche précédente, & la partie de la cloi-ibn qui doit être en A B. Cla cloifon qu’on a laiffée d’un côtéi E E E E » les quatre coqs. F G»les deux gâchettes.. HH,.lesrefforts qui les tiennent fermées. IK;,les deux pênes difpofés comme ils le font lorfque la ferrure- eft; fermée. LL», les picolets des pênes. M, le tambour. NN, fes pieds- Q_Q_»
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- les gorges des gâchettes qui entrent par deux autres échancrures.RR, les; rateaux qui font rapportés j il eft mieux de les prendre dans la piece j & plus ils ont d’étendue, meilleurs ils font. S , le canon dont la broche eft en tiers-point fimple. T, la contre-tige du canon.
- abcdef (fig„ 2 ) font les deux pênes vus ouverts & repréfentés du même côté qu’ils paraiffent dan® la figure 1. a b font les barbes du pêne}, c d eft fa tige. e eft partie du corps de l’autre pênej/eftlatige.
- n op q x (fig. 4 ) eft le pêne à barbes, vu du même côté que dans la figure précédente, n eft partie de là tige qui a été coupée, p eft une entaille qui reçoit la partie de l’autre pêne formée en tenon. 0, la crémaillère de ce pêne. q , partie de ce pêne taillée en tenon pour entrer dans l’autre, rusty (fig. 3 ) eft celle du lêcond pêne dont la tige a été coupée en r. s eft la partie en tenon* qui entre dans la mortaife p du pêne à barbes, t eft la mortaife qui reçoit le tenon q du pêne à barbes, y , les dentelures ou la crémaillère de ce pêne. 4 ( fig- 6 ) > paneton de la clef.
- 60o. La ferrure de coffre-fort à lix fermetures eft la plus difficile de celles qu’on donne à faire pour chef-d’œuvre aux afpirans à maîtrife ( 171 ) ; & parmi les afpirans , on n’y oblige que ceux qui n’ont aucun titre , c’eft-à-dire, ceux qui ne font point fils, de maître, qui n’ont point fait leur apprentifiage à Paris ou qui n’y ont point travaillé pendant huit ans en qualité de compagnons. Les ftatuts de la ferrurerie fuppoiènt que cette ferrure peut être faite en trois mois1; mais c’eft quand elle eft rres-iiUiple , fans ornemens, fans; vuidanges comme celle qui eft ropréfencée ici.
- 6qï. De ces lix fermetures ,deux dépendent de deux pênes pareils a ceux de la figure, r.. On. les- a repréfencés ici ouverts ,./%.• 7, au lieu qu’ils font fermés; dans la figure 1. Les quatre autres fermetures le font par quatre gâchettes a£> Semblées deux à deux à charnière.
- 602. Des deux gâchettes affemblées à charnière, l’une eft plus longue que i’autre ee e.e.;: la plus courte 11e va guère qu’au-deffous de leur pied commun qui eft la br oche de la charnière. La plus longue defcend jufques; au tambour, & a une gorge k, qui donne prife à la clef sla clef ouvre ces deux grandes.gâchettes comme dans la fig- r, & la ferrure entière par un tour & demi dont le demi-tour eft en fens contraire du tour. Quand la clef ouvre une longue gâchette, elle ouvre en même tems la petite gâchette portée par le pied cela par une méchanique à laquelle nous ferons attention après avoir: obfervé celle qui les ferme ,& les coqs qui reçoivent leurs-tètes.
- ( 171Q C’était aufli en Allemagne une rinsnqfen. Mais comme là ferrurerie s’efê piece qu’on donnait â faire pour chef-d’œu- perfectionnée , cette ferrure eft hors de; we. On les nomme Katzmkôpfz mit Me- modé, & n’eft plus un chef-d’ouvf-e.
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- 603. Un même reffort tient fermées les deux gâchettes d’une même charnière; ce reifort elh double, c’elt une bande de fer pliée en deux parties égales & femblables, qui à l’endroit du pli forment un angle aigu. Près du fom-met de cet angle, & du côté qui doit toucher le paUtrer, ce reifort a un pied rivé dans le palàtre à diflance égale des deux gâchettes ; l’eiïort que font les deux branches pour s’ouvrir ferme donc ici les deux gâchettes. Il ne diffère de ceux que nous avons déjà vus dans les ferrures de coffres forts qu’en ce que ces deux branches font mobiles , au lieu que les autres ont une de leurs branches fixe.
- 604. Quatre coqs fuffilentici pour les fermetures, & cela parce que les deux du milieu F F font doubles ; elles reçoivent chacune une tête de pêne & une tête de gâchette ; aufîi ont-elles au milieu une cloifon qui les divife en deux cellules. Les ftatuts de la ferrurerie ne permettent pas de faire cette cloifon d’une prece rapportée, ils veulent que le coq foit d’un feul morceau de fer. On remarquera aulïi, comme nous l’avons déjà fait, que dans toutes ces ferrures les éùoquiaux de la cloifon font pris dans la piece même qui fait la cloifon, & qu’ils font percés pour laiifer palfer des vis qui affujettif-fent enfemble la cloifon & le palàtre. Il nous relie à voir comment la clef, en ouvrant une des grandes gâchettes, ouvre la petite avec laquelle elle eft alfemblée à charnière. Entre plufieurs maniérés dont cela pourrait s’exécuter, voici celle qui ell communément en ufage.
- 60<). La grande gâchette, en tournant autour de fon pied, fait tourner une bafcule, qui ell un levier à deux branches inégales, dont la plus longue ell verticale comme la gâchette elle-même , quand cette gâchette ell fermée, & dont la fécondé & plus courte branche ell alors horifontale. Cette bafcule a fon pied différent de celui des gâchettes; la longue branche de la bafcule defeendjufques vers la gorge de la gâchette, pour lui ménager une place où l’on entaille la gâchette , mais de façon que cette branche ell néceffairement entre la cloifon & la gâchettt; l’entaille ne lui permet pas de venir de l’autre côté ; ainfi dès-lors qu’011 fait tourner la gâchette , dès-lors qu’oti approche fa queue de la cloifon , on fait tourner en même tems la bafcule ; la plus courte branche de celle-ci, dont nous n’avons encore rien dit, ouvre alors la courte gâchette, & cela parce que le bout de cette branche ell engagé fous une petite partie entaillée qu’a la courte gâchette : cette branche pouffe dans la courte gâchette ; elle l’ob'ige à comprimer le reifort, à le faire céder, autant qu’il ell ncceffaire pour que1 la tète de la gâchette forte du coq. Le mouvement de la elef ferait rude, fi la branche de la bafcule, contre laquelle agit la grande gâchette , n’était beaucoup plus longue que celle qui agit contre îa petite gâchette : cette difpofition fait que la force de la clef eft appliquée fur un levier beaucoup plus long que celui contre lequel le reffort fait effort ; par-là fa main ell en état de vaincre aifément fa réfutai ice. Le tambour qu’on a donné
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- *a cette ferrure ne tourne pas tout autour, comme celui des ferrures précédentes y ce font des difpofitions qui lé varient à volonté, & qu’on a fait repré-fenter feulement pour montrer les différentes maniérés dont les ouvriers s’y prennent pour arriver à une même fin. Celle des grandes gâchettes qui n’a pas befoin de la clef pour être tenue ouverte, eft auili arrêtée ici par un relient dilpofé tout autrement que dans les planches précédentes. Effayons d’éclaircir ceci, en entrant dans de plus grands détails.
- 606. La figure 7 repréfente en perfpe&ive une ferrure du côté où la clef entre i on en a ôté la couverture qui va ordinairement jufqu’aux coqs, & les garnitures qui fe logent dans le tambour, elles auraient rendu le dellin trop confus. A A, le rebord du palâtre. B B, la cloifon. D D D D montrent comment ies coqs font attachés contre le rebord du palâtre. E E, les deux coqs fimples. F F, les coqs doubles. D, l’ouverture par où paffe la vis. H, un des pieds du coq. L, endroit où le tambour eft coupé pour donner entrée aux barbes du pêne, & à la gorge de la gâchette. M,les rateaux. L, l’endroit où eft placée la broche, e d, une des longues gâchettes, e , une des petites gâchettes.
- 607. Il y a certainement long-tems que les ferrures qu’on nomme modernes , ont été véritablement modernes (172) ; elles en confervent cependant le nom, comme le pont-neuf conferve le lien. L’article XVII des ftatuts des fer-ruriers, tiré de ceux qui leur furent accordés par Charles VI en 1411, ordonne pour chef-d’œuvre aux afpirans à maîtrife ,,les ornemens dont elles font furchargées-; ils font femblables à ceux des églifes gothiques, ce qui prouve de refte qu’il faut chercher bien loin leur origine.
- 608. On en faifait de trois fortes , de porte de chambre ou de cabinet, de buffet & de coffre fort. Elles s’attachaient toutes en-dehors, comme les autres ferrures antiques, au lieu qu’à préfent toutes nos ferrures s’attachent en-dedans.
- 609. Les panetons des clefs des unes & des autres étaient percés de per-tuis qui n’avaient aucune communication entr’eux ni avec les bords du paneton. Celles qui avaient le moins de pertuis en avaient fept i elles étaient propofées pour chef-d’œuvre aux afpirans d’apprentiffage. Celles qui étaient ordonnées aux afpirans fans qualité, en avaient depuis fept jufqu’à vingt & un. Les jurés fuivaient une efpece de tour de rôle qui était tel : à l’afpirant qui. fe préfeutait après celui qui avait fait une clef à neuf pertuis , ils en donnaient à faire une à dixj à l’apprentif fuivant, une à onze, & ainfi de fuite : mal-
- (1721 On doit plaindre beaucoup les fer- berté de décharger cette édition de pîu-ruriers qui s'aviseront de lire cere longue fieurs figures très-fuperflues . qui fe *ap-defeription d’nn onvrage^abfolunjent inutile portaient à cette efpece de ferrure.
- & hors d’uiiige de nos jours, j’ai pris la li-
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- heur h qui fe préfentait lorfque le nombre des pertuis était devenu grand* Ton ouvrage en était beaucoup pius difficile, foit à caufe des pertuis à percer > foit à cauïè de la garniture qu’il fallait faire* L’ouvrage d’ailleurs était toujours très-long. La clef & la ferrure étaient fi chargées d’ornemens, de vui-danges, de fculptures, de charnières, dun fi grand nombre de dents & de rateaux fendus comme les dents des peignes & de forures difficiles, qu’il y avait telle clef qui ne pouvait être finie en moins de fîx mois par un ouvrier diligent & habile j la clef & la ferrure enfemble l'occupaient près d’un an, & quelquefois jufqu’à deux (173).
- 610. Tout ce travail n aboutirait pourtant qu’à faire un ouvrage de très-mauvais goût & de mauvais ufage. Les ferrures, quoique à quatre fermetures, n’étaient qu’à un demi-tour, & on pouvait aifément en déranger les garnitures. Pour la figure des clefs , elle était entièrement ridicule, comme on le voit aifez par celle que nous avons fait repréfenter,/?/. XIV9fig. 8. A la place de l’anneau ordinaire, elles avaient un chapiteau quarré, terminé par quatre angles aigus qui ne pouvaient guere manquer de blelfer la main de celui qui 's’en fervait un peu indifcrétement.
- 611. Jousse en a fait repréfenter quelquel-uns dont les anneaux font d’un meilleur goût: mais après tout, ces ouvrages ridicules,fi l’on veut, & mauvais tout enfemble, alfuraient à la ferrurerie des ouvriers habiles. Il eft peu d’ouvrages qu’on ne pût confier à un homme qui avait fait une pareille clef & une pareille ferrure. Mais comme un ouvrier capable de les exécuter % n’était pas fouvent en état d’employer en pure perte le long tems qu’elles demandaient, une fentence de police du 29 juillet 1699 leur a fubftitué d’autres chefs-d’œuvres. Il ferait à fouhaiter qu’on eût fait entrer dans les nouveaux une partie de ce qu’il y a de plus difficile dans les modernes ou anciens , mais qu’on eût feulement diminué le nombre de ces chofes difficiles : l’afpiranc ferait obligé à même preuve d’adrelfe, & n’aurait pas tant de tems à perdre»
- 612. On ne trouve plus de ces fortes de ferrures que chez les curieux. Nous ne l’avons pourtant pas fait repréfenter pour la feule fingularité de la figure; elle donnera occafion de remarquer quelques façons de travailler qui méritent d’être connues.
- 613. Celle qui eft repréfentée dans les planches eft une ferrure de coffre fort, faite il y a plus de quarante ans par le fieur Bridou, qui a été un des anciens de fa communauté. Elle eft faite pour être attachée en-dehors du coffre , dans l’épailfeur duquel toutes les garnitures doivent être logées par un
- * (17C a vu des apprentifs chargés de de très-bons maîtres qui n’avaient pas été ces beaux chefs-d’œuvres, quitter la partie obligés défaire de pareils ouvrages.
- & s’enfuir. Et j’ai connu un grand nombre
- moraiUon,
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- tnoraiîlon attaché au couvercle du coffre. Ce moraillon a deux branches qui -vers leur milieu portent chacune en-defloüs un auberon ; le palâtre eh percé •en deux endroits, pour recevoir les auberons, & deux pênes entrent dans ces auberons pour les fermer. On obfervera que les ferrures qui s’attachent •en-dehors, ont alors leur palâtre en-dehors, & que l’entrée de la clef eh par con-•fcquent dans le palâtre. Cette ferrure a de plus une troifieme ouverture ; celle-ci eh en-deifus dans le milieu du rebord fupérieur & le feul rebord du palâtre. Un auberon en bouton, attaché au couvercle du coffre, entre dans cette ouverture. Ce font là , à proprement parler , les feules fermetures de la ferrure , qui ne laiffe pas d’être appellée !à quatre fermetures , & cela parce que l’auberon dernier eh arrêté par deux gâchettes.
- 6rq.. Mais avant que de voir la difpofition des parties qui fervent à fermer cette ferrure, arrètons-noys un peu au dehors. Elle a un Cache-entrée C, pi. XIV,fi'g, 9. Dans les ferrures de ce genre, les cache-entrées entrent toujours dans le defini de l’architeélure de tout l’ouvrage. Ce cache-entrée s’ouvre ordinairement par uhfecret, maisaifez (impie. Il eh tenu par en-bas à charnière , il occupe toute la place qui eh entre les deux pilahres du moraillon jufqu’à la confole qui porte un petit faint ; il porte en-dedans un petit verrou qu’un reffort tient fermé. On ouvre ce verrou en abaiifant un petit ornement qui eh en-dehors du cache-entrée. De tous les ornemens du dehors de la ferrure & même de la clef, nous 11e parierons à préfent que de ceux qui représentent des efpéces de dentelles, pour faire remarquer la maniéré dont ils font travaillés. Ils font compofés de trois platines différemment évidées, & plus les unes que les autres. Celle qui eh en-deffous l’eh le moins , celle du milieu l’eh davantage, & enfin l’extérieure l’eh le plus, & cela afin qu’au travers de celle-ci on voie une partie des deux autres , fans pourtant laiifer distinguer que l’ouvrage eh de trois pièces ; il en paraît finguliérement travaillé. Oh attache les charnières ; celle du moraillon eh à onze nœuds» La broche , qui tenait les nœuds ou chanions affemblés, devait être creufe. Par un petit tour d’adreffe ils faifaient paraître cette broche encore beaucoup plus travaillée. Elle femble percée tout du long par trois trous féparés, l’ouvrier en était pourtant quitte pour fouder à P un & l’autre de fes bouts une petite platine percée elle-même par trois trous ; ceux d’une des platines étaient vis-à-vis ceux de l’autre. Quoique tout l’intérieur de la broche foit creux, il ne le parait, à qui la regarde, que comme les platines des bouts.
- 61 La clef était ordinairement à double forure. Ses permis étaient rangés fur trois rangs GNM ( fig. 8 )> quand il y en avait plus de neuf; les permis étaient quarrés d’ordinaire, ou ils étaient des quarrés un-peu refendus de deux côtés. Les permis du rang le plus proche de la tige font de la pre-Tome VI, Z
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- îiiiere efpece, & ceux des deux autres rangs N M de la fécondé > enfin ces clefs avaient ordinairement une bouterolle &un rouet à chaque bout du paneton. La forure de la clef fait affez imaginer que la ferrure devait avoir une broche logée dans un canon * que la broche entrait dans le trou du milieu de la clef, & le canon dans la fécondé forure de la tige. Ceci fera alfez expliqué dans la fuite, à l’occafion des différentes forures des clefs.
- 616. La garniture qui mérite ici le plus d’attention eft celle des pertuis. Ce font des fils ou des lames de fer, des portions défiguré d’anneaux proportionnée à celle des pertuis. Ils font difpofés fur trois rangs concentriques, & chaque rang eft compofé de plufieurs lames ou portions d’anneaux pofées les unes au-delfus des autres. Toutes les lames des pertuis d’un même rang tiennent par un bout à une même piece de fer qni leur fert de pied commun ; ces trois pièces font foudées enfemble. Cette forte de garniture, difficile à travailler, a deux grands défauts :Ja ferrure 11e peut être fermée que par un demi-tour v il eft impoffible que la clef faffe un tour entier > elle eft arrêtée dans l’endroit où eft le pied des lames en anneaux qui font la garniture des pertuis, la clef ne faurait paffer outre. Le fécond inconvénient , c’eft que chaque lame eft une portion d’anneau circulaire qui n’eft fou-tenue que par un bout ; il eft par conséquent fort aifé de déranger ces fortes de garnitures 5 le moindre effort eft capable de les tirer de leur place : alors on voudrait inutilement faire entrer la clef dans la ferrure , elle n’y faurait plus tourner. Au refte, ces lames étaient fî bien ajuftées & fl bien proportionnées à la figure des pertuis , 'que la clef en tournant en chaffait l’huile.
- 617. Les rateaux font difpofés à f ordinaire ; mais ils ont chacun des lames plus longues, plus larges & plus minces que celles qu’on emploie ailleurs au même ufage. La profondeur, le peu d’épaiffeur & la largeur des dents de la clef lé demandent. Il refte à voir d’où dépendent les mouvemens de cette ferrure. Les deux auberons du moraillon font retenus par deux pênes qui, en paffant, nous fendront d’exemple de pênes qui ne fortent point hors de la ferrure comme ceux de la première claffe , & qui fe meu vent le long du rebord du palâtre 'comme ceux que nous avons vus. La clef, en tournant, pouffe une des barbes de l’un des pênes} elle le fait avancer dans un des auberons j dès-lors que celui-ci marche, il pouffe l’autre pêne dans l’autre auberon. Voici comment ils font difpofés l’un fur l’autre d’une des maniérés dont on difpofe des pênes bridés. Celui qui a des barbes eft plus menu à un bout qu’à l’autre, il entre dans une entaille de l’autre pêne à peu près comme dans une caiffe : ce fécond pêne eft hafté ou recoudé deux fois à angles droits > ainfi fa partie qui eft après lè fécond coude, eft parallèle au pêne à barbes. Il y a une piece de fer affem-blée à'charnière avec le bout de cette partie du pêne recoudé, & avec l’autre f>ênë immédiatement aU-deffus dé la barbe la plus proche de la cloifbn. Cette
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- piece eft percée au milieu par un trou qui reçoit un étoquiau rivé dans le palâtre ; elle peut, comme un levier, tourner autour de cet étoquiau. De cette difpofition il fuit que quand le pêne à barbe eft pouffé vers fon auberon, il oblige le petit levier à prendre une pofition plus approchante de Phorifon-tale : ce levier pouffe donc le pêne recoudé, il le fait entrer dans fon auberon ; de même quand on ramene ce fécond pêne, le levier ramene le pêne recoudé»
- 618- A l’égard des refforts qui fervent à arrêter le pêne à barbe, ils font difpofés à peu près comme dans les autres arrêts ; de forte qu’il 11’eft plus quef-tion que de voir comment eft arrêté d’auberon qui tient au couvercle du coffre. Une feule gâchette y fuffirait : pour rendre la chofe plus difficile, on avait établi d’en employer deux. Ces gâchettes font retenues vers le milieu du palâtre par un étoquiau ; elles font affemblées à charnière : l’une a deux nœuds, l’autre n’en a qu’un ; deux reiforts attachés chacun contre un des côtés de la cloifon, tiennent les deux gâchettes affujetties l’une contre l’autre tant qu’on ne fait pas violence aux refforts ; elles font l’une & l’autre taillées en chanfrein creux, & il refte affez d’efpace entre les chanfreins de Tune & de l’autre pour laiffer paffer une piece de fer , dont la tête eft plus groffe que le refte : c’eft une efpece de tête de clou ; au-deffous du chanfrein des gâchettes , il y a une cavité qui reçoit cette tête 5 quand le deffus du coffre tombe , la tête de l’auberon contraint les deux gâchettes à s’écarter ; elle va fe loger dans leur cavité, où elle eft retenue jufqu’à ce que la clef écarte les gâchettes l’une de l’autre.
- 619. La clef n’a prife que fur une d’elles, & c’en eft affez; celle fur qui elle a prife, a une queue plus longue que l’autre 5 cette queue fe trouve dans la route de la clef, elle fait tourner cette gâchette autour de fon étoquiau , comme un levier tourne autour de fon point d’appui, & celle-ci écarte l’autre en même tems par un moyen que les ferruriers emploient dans diverfes ferrures au lieu des pignons, & dont nous fommes par conféquent bien aifes de pouvoir faire mention ici. C’eft par le moyen d’une petite piece de fer qu’ils appellent une S : fouvent auffi elle eft faite en S ; elle eft tenue par un étoquiau autour duquel elle peut tourner & qui la divife en deux également ; elle eft
- 4 immédiatement entre les deux gâchettes, & prefque verticale quand elles fe touchent; le bout inférieur de l’S eft engagé, à 11’en pouvoir fortir, dans une entaille creufée dans une des gâchettes , & le bout fupérieur de l’S eft de même dans l’autre gâchette : ainfi dès-lors que la clef retire une gâchette de fa place, cette gâchette oblige l’S à le coucher, ou, ce qui eft la même chofe,à écarter la fécondé gâchette.
- 620. La figure 9, pl. XIV, repréfente le devant de la ferrure chargée de tous fes ornemens & ayant en place fa bande auberonniere. AA'AA, le palâtre. B B ,1a charnière du cache-entrée. C, petite piece qu’on tire en-bas pour
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- sgtf-
- ouvrir le verrou du cache-entrée. M, la broche de la charnière percée au bout en trois endroits. N, la place du petit faint. O O , les- ornemens en vui-danges qui fe mettent au coin du palàtre, avec la vis qui fert à l’arrêter..
- 621. On fait des ferrures de coffres connus à Paris fous le nom de coffres forts d’Allemagne. 11 ne manque rien à ces fortes de coffres du côté de la iolidité. Ils font faits en entier de fer;& quand ilsneferaient que de bois, revêtuscomrae ils le font extérieurement de bandes de fer, ils ne pourraient être brifés que très-difficilement (174). Leurs ferrures font fort différentes de celles que nous avons vues jufqu’ici. Elles ont prefqu’autant de grandeur que le delfus du coffre ; elles fe ferment par un grand nombre de pênes. Celle que nous avons fait graver a douze fermetures ; on en fait qui en ont vingt-quatre & plus : malgré la grandeur de ces ferrures, & tout l’appareil avec lequel elles font faites, elles répondent mal à la folidité du relie du coffre ( 177). Si nous en avons fait repréfenter une, c’eft fur-tout pour faire voir qu’on n’y doit pas avoir grande.confiance.j. & pour en faire fentir les défauts, afin qu’on ne s’avife plus de faire venir de loin des ouvrages qui 11e valent rien. Nous aurons- en même tems occafïon de faire remarquer une maniéré commode de faire mouvoir à la fois plusieurs pênes ou gâchettes, dont on pourrait faire un meilleur ufage. Tous les pênes 11e s’y ferment qu’à un demi-tour: e’elt ce qu’il eli aifé de voir par le paneton u (fig.-2), qui pour garnitures a des pertuis ( 176 ) différens de ceux dont nous avons parlé jufqu’ici par leur figure, mais qui de même font ifolés , & ne parviennent point jufqu’au bord du paneton. Or nous avons obfervé, à l’occafion des pertuis des modernes, que toute clef qui a de pareils pertuis ne peut faire qu’un demi-tour. On le voit encore par la garniture de cette ferrure représentée féparément en 16, 14, 13 (fig. 3 ).. Le pied 14,13 des garnitures des pertuis empêche la clef d’achever un tour. Les pênes de cette ferrure réfifteraient fortement à qui voudrait entreprendre d’enlever le delfus du coffre. Mais ce n’eft pas par-là qu’un crocheteuhr dé portes les attaquerait ; il n’y a qu’à percer le. coffre en certains, endroits, & alors il elt facile (177)
- (174) Des coffres forts de bois ont'un grand inconvénient, c’eft que dans les in. oendies ils ne font pas affinés comme ceux •te fer.
- (17O M. Schreberreproche ici à notre auteur de- montrer quelque prévention contre l'invention de ces ferrures , uniquement parce qu’elles viennent d’Allemagne. -Ce qu’il y a de certain , c’eft qu’on ne peut: lien objeder contre Ja falidite.de l'ouvrage-,,
- dèslè moment qu’il eft bien fait.
- (176) Les ferruriers Allemands nomment ce pertuis, Mittdbruchen, lorfqu’il eft fur des ferrures à la francaife; &: liichtjdiei. ben pour les ferrures à Taliemande.
- ( j 77) La chofe n’eft pas auffi aifée qu’elle le paraît à notre auteur. Tandis qu’on repouffe un des nênes, l’autre réparait en-dehors.-
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- de les ouvrir tous à la fois-avec un poinçon, comme on le verra affez parla defcription de iafferrure.-
- 622. Dans la planche XV, le coffre ( figure i ) eft repréfcnté ouvert; on voit la ferrure attachée contre la furface intérieure de fon deifus : afin pourtant que les pièces dont elle elt compofée fuffent vifibles, on a enlevé une couverture qui les cache ordinairement & qui les défend de lapoufîiere. Une-partie de cette couverture eft dans le bas de la planche, marquée 19 & 20 {fié- 4)- ^
- 623. Cette ferrure (figure 1 ) a douze pênes, quatre dans fes angles,'
- afkc;. lix dont trois font fur chacun de fes côtés ,-d ded d i; & deux dont un elf au milieu de chaque bout b g; chaque pêne elt retenu par deux picolets comme on le voit figure 7. Entre ces picolets le pêne a une enco--che 6 ( figure 7, , dans laquelle eft engagé un reifort 1 Ce reffort
- eft ordinairement une efpece de reifort à boudin, porté par un étoquiau ; dès-lors^qu’on abat le deifus-du coffrevees douze reiforts ferment les douze pênes , comme les ferrures de porte à un demi-tour ferment leur dèmi-tour C 178)’: d’où l’on voit combien ces colfres font peu durement fermés. Ici les pênes 11e rencontrent ni gâches nfcôqs; mais il y a tout autour du coffre un rebord de fer EEEE (fig. ï ), dont la faillie eft vers le dedans,-qui tient lieu & de gâche &: de coq. Les pênes s’engagent fous ce rebord; de forte que quand le deifus du coifre ne ferait point arrêté par des charnières, il ferait bien folidcmenfrètenirfi les pènes étaient plus difficiles à ouvrir.-
- 624. On n’ouvre point cette ferrure comme les autres , par le devant; pour tromper,-on y met pourtant une entrée D. Mais la véritable entrée de la-clef eft en-deifus-du couvercle vers fon milieu; elle eft ordinairement cou-verte'par quelque cache-entrée (’ 179) qui a un lecret. Dans un'demi-tour , la clef ouvretous les pênes en pouffant une piece cle fer que nous appellerons h grand pêne ( 1 go) , quoiqu’il ferve uniquemènt'à ffire agir les autres P Q_R S T ([fig. 5O3 h eft foutenu par des picolets Y-Y (fig- J").
- 62f. Ce grand pêne eft placé environ vers le milieu du deifus du coffre1 parallèlement à un côté. Quand il eft pouffé par la clef, il s’éloigne d’un des; bouts, &• s’approche de l’autre ; & c’eft pendant ce mouvement qu’il ouvre toutes les fermetures.
- 626. À chaque bout il y a deux branches perpendiculaires à fa tige P QjR. S (7%. 1 » 5); entre celles*ci il y a quatre autres branches pofées deuxàdeux, l’une d’un: côté,l’autre de l’autre, & également diftantes du milieu T TW
- Le dèmi-tour ", dont l’auteur parle " (179') Le cache-entrée s’appelle en aile»
- ici, devient un tour entier, acaufe des gar- niand , Vorgefperre.'
- -nitares & de la longueur de la barbe. Ainfi- (igo) En -al-lemancQ 'SchlepprkgeU lUbjeétion tombe d’eile-mérner
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- A RIT DU SERRURIER.
- ( fig. i » 5 ). Les deux branches P Q_ d’un des bouts ouvrent trois pênes ; lavoir, ceux de deux angles ac, & un au milieu de ceux-ci b. Les branches de l’autre bout R S ouvrent cinq pênes 5 favoir, outre les trois de l’autre bout a gf, les deux les plus proches de ce bout & /. Les quatre autres branches n’ouvrent chacune qu’un pêned ddd.
- 627. Mais voyons d’abord P effet des deux branches P Q_qui ouvrent trois pênes. Elles font d’inégale longueur ; la plus longue P s’appuie fur le bras d’un levier k m 9fig. 1 ; & 5 ,fig. 9. Ce levier a deux bras km,m l, qui font entr’eux un angle aigu. Il eft foutenu par un étoquiau , autour duquel il tourne librement. Son fécond bras eft appuyé fur une partie en faillie qui eft à la queue du petit pêne æ, comme on le voit fig. 7; dès-lors que le grand pêne s’approche de l’autre bout du coffre, la grande branche P de ce pêne preffe la branche k m du levier kml. L’autre branche de ce levier m L, en tournant, tire le pêne, elle l’ouvre. Cetmouvement entendu, tous les autres font faciles à entendre j ils dépendent d’une femblable méchanique.
- ^28- La branche la plus courte Qjhi pêne s’appuie immédiatement fur un rebord en faillie qui eft à la queue du pêne qui occupe le milieu de ce bout du coffre : par conféquent dès-lors que le grand pêne marche , il ouvre celui-ci, & c’eft ce petit pêne celui c qui eft dans l’angle. Entre eux deux il y a un levier plus ouvert 4 (fig. 10), mais du refte affez femblable à celui dont nous avons parlé pour ouvrir le pêne a. Il n’en différé que par le côté vers lequel il eft tourné. Le petit pêne du milieu a une branche qui s’appuie fur un des bras de ce levier. L’autre bras du même levier a prife fur un étoquiaup rivé dans la queue du pêne de l’angle. Dès-lors que le pêne du milieu s’ouvre ,il fait tourner le levier qui tire vers le dedans du coffre le pêne du coin. Ainiî, voilà les trois pênes a,bfc, ouverts (i80- Les quatre branches qu’a le grand pêne entre fes deux bouts T T V V , n’agilfent pas différemment pour faire rentrer chacun-ftes pênes des côtés ddd d. Ces branches ont chacune prife fur un des bras d’un levier en équerre, dont le bout de l’autre bras eft appuyé fur un rebord de la queue du pêne.
- 629. Reste à voir comment les deux branches R S de l’autre bout ouvrent cinq pênes. Les autres agiffent en tirant, & celles-ci en pouffant. L’une qui eft la plus courte R, rencontre la branche d’une équerre r foutenue par un étoquiau , comme tout ce que nous avons vu; l’autre bras de l’équerre rencontre encore le rebord de la queue du pêne e qui eft fur le devant du coffre: ainiî l’on voit affez comment il peut être ouvert. L’autre bras de l’équerre, que la branche du pêne pouffe immédiatement, ouvre encore un autre pêne ;
- (181 ) Ce n’effc pas ainli qu’on fait en AI- fres forts. Elles font; moins compofées & lemagne les fermetures de caiffes ou de cof- plus fûres.
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- c’eft celui qui eft au milieu du bout g; Entre l’équerre & ce pêne , il y a un le-, vier en S ( fig* i & n ). Un de fes bras eft dans le chemin de la branche d’équerre que nous confidérons; l’autre bras embraffe un étoquiau rivé furie pêne du milieu g-. L’équerre en tournant fait tourner l’S, & FS poulie ce pêne en-dedans du coiFre. C’eft à la demiere branche S à ouvrir les trois pênes ref-tans ; fon bout rencontre un des bras d’une équerre t, dont l’autre bras s'appuie fur le pêne de côté i ; voilà donc de quoi l’ouvrir. Deux autres leviers x & u fervent à ouvrir les deux des coins f & h. Ils font foutenus chacun par un étoquiau entre le pêne du milieu & un des coins. Une de leurs branches qui eft la plus courte , s’appuie fur un étoquiau rivé en-deffus du pêne proche (a queue; leurs deux autres bras font recourbés de façon que leur convexité eft du côté de la branche du grand pêne. Un de ces bras s’appuie immédiatement: fur la branche du pêne affez près de fa tige; le bras de l’autre levier eft logé dans la concavité du précédent. La branche du pêne pouffe le bras qui la touche , & celui-ci pouffe le bras de l’autre équerre ; ces deux équerres tournent & leur mouvement eft fuivi de celui des deux pênes fh. Elles font repréfen-tées à part, fig. 9,10.
- - 630. Mais les mouvemens de tant de pênes ne peuvent fe faire fans de
- rudes frottemens (182)- Le coffre en devient difficile à ouvrir ; on eft quelquefois obligé de paffer un petit levier dans l’anneau d© la clef pour la faire tourner. Cependant , par une explication plus détaillée des figures, nous allons achever de donner une idée complété de cette grande ferrure. Figure 1 , A À A A eft le coffre ouvert. B B, AA, le deffus du coffre. C C , une des bandes horifontalés qui foutiennentles plaques de fer dont le coffre eft compofé. D , une des bandes verticales , où il y aune fauffe entrée de clef. EE FF GG, rebord en-dedans du coffre fous lequel les pênes fe placent.HH, tètes de quelques-uns des clous qui tiennent les barres. I, petit coffre dans le grand. K, pièce qui fe leve pour foutenirle couversle. LL (fig. 1 & 12), crochets qui arrêtent en partie le deffus du coffre.MM, crochets ou mains du deffus du coffre qui s’engagent fous ceux du dedans L L. N N,deux des charnières de ce coffre. 'O N N (fig. 13) les fait voir féparément. P Q_R S (/g. I & S J, le grand pêne. P'Q_î les deux Franches d’un de fes bouts. R S, les deux branches de Fairtre bout. V V, deux branches du milieu. T T, deux autres branches plus grandes. Y Y, les picolets : on les voit féparés, 8ifig- 6. X ( fig-6 ), la barbe du pêne. Z Z ( /%. 1,76-8) 5 quelques-uns des refforts qui ferment les pênes, abc (fig-1 )j les trois pênes qui font ouverte par les branches-P Q. 4 À d d, les
- (iS2)ll n’eft pas douteux que les fer- teur, feraient Fujettcs à beaucoup de frot» rures faites fuivant cette explication , & temens ; mais ce n’e'ft pas ainfi qu’ontra. d’après les figures que donne ici notre au- vaille-en Allemagne.
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- j<84 1 ART. DU SERRURIER.
- -quatre pênes qui font ouverts par les quatre branches du milieu, e fig h ï5?es -cinq pênes qui font ouverts par les branches RS. k l.m /.levier qui ouvre le pêne a. k, le bras par lequel la branche P a prife; celle qui tire le pêne. m , fon étoquiau ; n, branche du pêne b qui ouvre le pêne c ; o, le levier qui ouvre ce pêne./?l’étoquiau fur lequel la branche de,ce levier.a prife. q q qq , les .quatre équerres qui ouvrent les pênes d d d d. r, équerre qui ouvre le pêne e. s, levier en S qui ouvre le pêne g. t > équerre qui ouvre le pêne i. u , levier qui «ouvre le pêne h. x, levier qui ouvre le pêne f. Les pièces ( fig. 6., 7., 8 > 9 « jo , 11., 12, 13 , 14 ) , marquées par ..des -chiffres , font les pièces eifentielîes repréfentées féparément. I , 2,3., 4, 5 , font les leviers de diftérentes figures., employés dans le coffre. 1 efi le levier kL 2, les leviers q. 3 , le levier s. .4, $ , les leviers x & u. 6,7 { fig. g), eff un petit pêne dont la gorge en entaille 6 eft pouifée par le relfort Z. 7, le rebord qui donne prife au levier. 8 :(fig- d)3 fes picolets. Figure 7^ font les pièces précédentes en place. Fig. 1 ) , efc la clef dedinée far l’échelle du coftre. Figure 2, paneton de la clef defliné fur une plus grande échelle. Figure 3 ; 12 , 13 •> 14» 1S > ddt •voir la garniture de la clef. 12 ert la couverture. 13 , 14 en font les pieds. Les garnitures fout rivées contre le pied 13, & c’eft pour cela que la clef ne peut faire qu’un demi-tour, iq, la garniture du milieu; c’eft une efpece de pertuis qui 11e faurait. convenir à une clef forée qui fait un tour entier. 16 > la broche, y { fig. 1 ) dans le deifus du coffre , fait voir la garniture en place. O11 doit imaginer l’entrée de l’autre côté. Figure 4; 19,20, moitié de la couverture de fer qui s’attache au-deflus du coffre pour cacher les relforts. 2 0, endroit où elle eft percée pour laiffer paffer les garnitures. 2i {fig. 16) , une des mains du coffre. On conçoit aifément qu’en pouffant le grand pêne {fig. f ), par quelque moyen que ce foit» on ouvrira aiiement tous les pênes.
- Article VIL De la fierrure en bojfe & des cadenas.
- 631. La ferrure en boffe {fig. I ), eft très-antique ; elle n’eft plus guere en ufage qu’à la campagne. Elle s’attache en-dehors de la porte , par conféquent feutrée K de la clef eft dans le palâtre B ; ce palàtre eft embouti, & fait une boffe d’où la ferrure a pris fon nom. Cette figure du palâtre épargne la peine de lui forger & de lui attacher une cloifon, Il a affez de concavité pour loger toutes les pièces du dedans de la ferrure H H I K G. Cette efpece de ferrure eft du genre de celles dont le pêne ne fort point. Au-deffus de celle-ci il y a un verrou C; elle eft faite pour le tenir fermé. Le manche ou mo-yaillon de ce verrou DE q un auberon qui entre dans la ferrure en E, &
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- le pêne-entre dans cetauberon, comme on le voit en G: du refte', les gar» iiitures de cette ferrure n’ont rien de particulier, on peut les lui donner telles qu'on veut : on les fait ordinairement aifez /impies, parce qu'elle eft de peu de valeur.
- 632. Ainsi fig. 1 eft une ferrure en bolfe. A A en eft le palâtre embouti en B. C, le verrou. D, le moraillon du verrou. E, l’endroit où eft l’auberon. F F, la couverture , & la ferrure vue par le dedans. G G , le pêne. HH, les picolets qui le portent. I, le reiTort. K, la broche. L, la clef.
- 63 3. On appelle cadenas les ferrures qui 11e s’attachent jamais contre le bois à clous & à vis, mais qui ont une anfe propre à entrer dans un crampon ou dans le maillon d’une chaîne. On en fait de bien des figures différentes, éle fphériques, fig. 3 ; de plats , de triangulaires, fig. 4 ; 011 en fait d’autres en cœur, fig. 2. On en fait aulli de toutes fortes de grandeurs : les plus grands fervent à des chaînes de bateaux, à des portes de caves ; les plus petits, aux valifes, malles; d’autres font faits pour les fers qu’on met aux pieds & aux mains des criminels , pour les entraves des chevaux (183). Nous allons en parcourir les principales efpeces.
- 634. Fig. 2, eft un grand cadenas en cœur pour bateaux ou portes de caves. On fait ceux-ci auftî grands & aufti forts que des ferrures communes. Le corps ou boîte F G du cadenas eft compofé de deux pièces égales & fera* blables 11 D , dont l’une tient lieu de palâtre , & l’autre de couverture. Ces deux pièces-font féparées par une bande contournée comme elles, qu’on peut appeller la cLoifon du cadenas GG, & qui eft aulli alfembîée avec les deux au» très pièces par des étoquiaux H H. Le pêne eft alfujetti contre une des deux pièces précédentes par deux picolets K ; le refte de la garniture n’a rien de particulier. L’anfe A eft recourbée en-dehors du cadenas en arc. D’un côté, cette anfe fe termine par une tige ronde & droite qui entre dans le cadenas par fa partie fupérieure, & fort en - delfous par fa partie inférieure B C. Cette tige eft entre la cloifon & la queue du pêne, fi l’on peut donner le nom de queue & de tête à un pêne dont les deux extrémités font femblables. L’autre bout de l’anfe ne peut defeendre qu’un peu au-deflbus du pêne. La partie qui doit refter en-dehors eft plus groffe ; l’ouverture 11e faurait la lailfer paf-1er. La partie qui eft en-dedans, a une entaille alfez grande pour recevoir la tête du pêne; quand le pêne eft entré dans cette ouverture, le cadenas eft fermé. L’autre branche de l’anfe , celle qui a une tige droite ; 11e faurait s’élever; mais lorfqu’on dégage le pêne de la branche la plus courte,:rien
- . (1 g;) Pour empêcher les chevaux de s’é- de lafig. 6 ,>pl. XVI., Ces entraves ne bief-carter, fans les empêcher de paître, on fent pas l’animal & ne lui gâtent pas les jam-leur met un cadenas qui refl’emble à celui bes, comme le font les entraves de cordes* Tome FI. A a
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- n’empêche ^u’on rt’éleve l’anfe entière ; afin pourtant qu’on ne l’éleve point jufqu’à le faire fortir du cadenas , la tige droite a, à fon extrémité, un bouton G trop gros pour fortir par l’ouverture dans laquelle le refte de la tige joüe. Quand on veut, on garnit ces fortes de cadenas comme les meilleures ferrures.
- 63 f. ÀiNsi la figure 2 repréfente un grand cadenas en cœur ( 184). A, anfe du* cadenas. B * la tige de l’anfe. C, fon bouton. D, la partie de la tige qui eft dans le cadenas. E F marque une piece de fer fur un cadenas fermé, qui fert de cache-entrée ; on l’arrête avec une vis en F qui ne peut point fortir entièrement du cache-entrée ; mais en détournant la vis, on fait marcher de côté le cache-entrée , & l’on découvre l’entrée qui eft delfous & qu’on a repréfentée fur le cache-entrée: ce cache-entrée eft repréfenté à part. L’entrée de la clef èft donc au-deffous de E. G G, la cloifon du cadenas. H H , étoquiaux fervant à attacher cette cloifon contre une des pièces qui fervent de palâtre & de couverture. 11 * une de ces pièces. K , le pêne. L, le refîbrt du pêne. M, un rouet. N * la broche ; elle eft repréfentée à part fur la piece qui la porte. O * la clef. P fait voir comment le pêne entre dans une des branches de l’anfe.
- 636. Les figures 3 , 4 repréfentent de petits cadenas ronds & triangulaires , dont l’intérieur eft le même. On fait des cadenas, foit ronds, foit triangulaires* auxquels on donne une garniture alfez faible * mais différente de celle du précédent. Ces fortes de cadenas ont deux oreilles ; un des bouts de l’anfe eft rivé à l’une de ces oreilles O (fig. 3 ) * mais mobile autour de fa rivure, & il y a un mouvement de charnière ; auffi-tôt que l’autre oreille a été enfoncée dans le cadenas -, il eft arrêté par le pêne qui s’engage dans l’entaille qu’on a faite à cette anfe pour le recevoir. La queue de ce petit pêne eft continuellement pouffée par un reffort double M (fig. 3 ) femblable à quelques-uns de ceux que nous avons vus aux ferrures qui le ferment différemment d’un demi-tour. Ce pêne eft fouVent logé dans Une couliffe; il eft recoudé à équerre dans l’endroit Ou lerelfort le pouffe. Une des branches de l’équerre IL fert dé barbe; la clef, en tournant, rencontre cette branche, &lapre£-fant i elle fait céder le reffort & pouffe le corps du pêne en arriéré > alors le Cadenas eft ouvert.
- 637. Ainsi la fig. 3 eft un cadenas rond. A eft lé morceau convexe qui ferme je coq du côté de l’entrée de la clef. B s moitié d’une des oreilles. C, moitié de l’autre oreille à laquelle l’anfe .eft attachée. D , piece de fer pour former k cloifon qui affemble deux piee.és embouties pareilles à la piece A. E E,
- (184) Cés cadenas à la françaife font des dépôts de marchandifes ; on a vu de beaucoup moins fûrs qure ceux à Pâlie* jeunes gens ouvrir ces cadenas en les rem-friande. On ne peut pas les employer pour pliffanc de boue-, le* magafins & autres lieux qui contiennent: '
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- deux pièces qui occupent Pefpace entre les deux bouts de la piece précédente, & qui donnent les oreilles du cadenas. F, autre piece qui bouche le vuide qui eft d’une oreille à l’autre. G, pièces qui forment une coulilfe dans laquelle gliffe le reffbrt. HIK L eft un cadenas dont le deffus eft emporté. H, la broche. IL, le pêne dont la branche I entre dans l’anfe. K, le picolet. L, la branche du pêne contre laquelle le reffort agit. M, le reffort. N O, l’anlê.
- 638. Fig, 4 eft un cadenas triangulaire , ouvert & fermé, qui ne différé du
- cadenas rond que par fa forme extérieure ; la garniture de ces fortes de cadenas reffemble quelquefois à celle des ferrures & quelquefois à celle des cadenas ,fig, 3. Lafig, 5 repréfente un cadenas en demi-cœur fermé par quatre refforts fans autres garnitures. Il eft dommage qu’il ne faille que quelques coups de marteaux pour faire iàuter l’anfe de ce petit cadenas j car il
- eft des plus ingénieufement imaginé, & iln’eft guerepoflîble qu’il puiffe être ouvert par une clef qui n’a pas été faite exprès. Les deux branches de fou anfe fe terminent en pointe F F qui ont chacune quatre faces planes. Il y a des refforts rivés ou fondés fur deux des quatre faces de chaque pointe, favoir, les deux faces intérieures par rapport à l’anlê F G, F G, & fur deux faces extérieures prifes du même côté fur chaque pointe. Les refforts ne font affujettis qu’auprès des pointes ; ils tendent à s’ouvrir entre chaque oreille EE. Le cadenas a des ouvertures qui laiffent entrer ces pointes 5 mais on ne les y fait entrer qu’avec un petit effort. Les deux bouts de l’anfe étant entrés 3-ufqu’au-deffus des refforts, le cadenas eft fermé fans pêne, ni gâchette, ni autrq appareil. Les quatre refforts s’ouvrent , & par oonféquent ils 11e fau-raientplus fortir par où ils font entrés. On ouvre ces cadenas avec une petite clef forée Kl., dont le paneton eft fait différemment de ceux que nous avons vus. La partie du milieu a quelques lignes de largeur de plus que celles des bouts., & elle a une longueur égale à la diftance qui eft entre les deux pointes du cadenas, ou peu moindre. Cette partie du milieu doit tourner entre les deux pointes, & preffer les deux refforts attachés contre les faces qui font en-dedans de l’anfe; & des deux autres parties du paneton , l’une abaiffe un des refforts qui eft en-dehors de l’anfe, & l’autre abaiffe l’autre. Ces quatre refforts ainfi abaiffés., rien n’empèche de ‘retirer l’anfe de dedans le cadenas, ou, ,ce qui eft la même chofe, de l’ouvrir.
- 639. Fig. 5 eft donc .un cadenas en demi-cœur qui fe ferme par quatre ref forts. A,.cecadenas fermé, ayant encore fa clef en A. B,fon anfe. C, fil de fer qui ne fort qu’à empêcher l’anfe de tomber quand le cadenas eft-ouvert. Il empêchemilli qu’on ne change l’anfe de-côté. EË D F GH, eft ce cadenas - ouvert. D,, feutrée de la clef. Ë E, les oreilles entre lefquelles font les -trous
- t(i8s) Si,le cadenas eft bienfait,l’anfe ne fautera pas , malgré les Goups de marteau.
- A a ij
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- toù entrent les, pointes de Panfe.' FF^ les pointes dè Panfe, H F ,• H F-,reporte attachés fur «une des faces de chaque.pointe.. G F, GF $ refforts attachés fur les deux faces du dedans de Panfe. I K eft partie d’un cadenas démonté 5i où la clef eft entrée. I marque la broche de la clef. K fait voir comment la clef* en tournant, abat les quatre relforts. L M L , la clef. M, la partie du paneton qui ferme le s/deux relforts marqués ci-deffùs GG. L L , la partie du paneton qui ferme les deux relforts qui fe préfentent en avant;
- 640. La /%• 6" eft celle d’un cadenas cylindrique quife fernie par une me» chanique alfez femblable à celle du cadenas de la figure précédente. On fait un cadenas qui fe ferme & s’ouvre par le même principe que le précédent, dont la clef eft cependant fort différente. Ce cadenas eft un cylindre creux, qui près d’un de fes bouts a une oreille B où un des bouts de Panfe eft rivé ou fondé -, Pautre bout de Panfe a une elpece d’auberon Ci & près de l’autre bout du cylindre, il y a un trou qui lailfe entrer cetauberon dans le cadenas. Pour Py arrêter, on fe fert d’un clou DF F qui pour tète a un gros bouton D. Près de la .pointe de ce clou fur chacune de fes faces eft attaché un relfort qui s’ouvre en lardoire, précifément difpofë comme ceux que nous avons vus dans le cadenas précédent. Le bout du cylindre le plus proche de l’auberon eft ouvert i par cette ouverture , on fait entrer le clou j, & auflî-tôt qu’il eft entré, Panfe eft arrêtée., E11 tirant le bouton par la tète , on ne peut plus le faire fortir fans brifer les relforts, ou fan^fe fervir d’une clef G H K. Elle eft fort différente de toutes celles que nous avons vues. Près de fon bout elle eft recoudée, & la partie recoudée eft; percée par un trou quarré. L’entrée de cette clef eft au bout du cylindre oppofé à celui où eft le clou à refi. fort. O11 fait entrer d’abord la partie percée , & enfuite la tige de la clef i, tout eft difpofé de façon que la partie percée reçoit le clou ; en avançant, elle abaiffe fes quatre relforts, & en continuant de le pouffer , elle l’ôte de fà place : alors le cadenas eft ouvert. .... i--
- 641. Fig, 6, au haut de la planche. A, cylindre creux qui fait le corps du cadenas. B C, fon aille qui a en Cumauberon. D, tète du clou à relfort qui ferme ce cadenas. Près de E, l’entrée de la clef. F F font voir les relforts; attachés fur le clou D. G H K, la clef dont Pouverture PI reçoit la pointe du elou, & preife enfuite les relforts. K, la partie de la clef qu’on préfente à l’entrée M pour ouvrir la ferrure, & la faire entrer peu à peu. MNOP, eft ce cadenas ouvert tout du long , pour faire voir comment les relforts du clou le ferment, & comment la clef l’ouvre. M, la clef. N, la tète du clou, ü ,Pau-beron de Panfe. P, la clef dans, laquelle la pointe du clou eft entrée. -
- 642. Fig. 7, autre cadenas cylindrique à reffort. Le corps du cadenas eft, comme celui du précédent , un cylindre creux A; il y a au-fli une anfe femblable B, & qui entre par un bout, d’une maniéré femblable. Une tige de fer
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- -:mi une efpece de pêne a F, entre dans l’auberon B de cette anfe , & la tient fermée, l’autre bout a de cette tige eft taillé en vis. La clef 1 eft un écrou percé dans une tige de fer ; on fait entrer cet écrou par le bout ouvert du cadenas , & en le tournant on tire le pene de l’auberon. Lorfqu’on veut fermer la ferrure, il n’y a qu’à détourner l’écrou ; à mefure qu’on lâche le pêne, il eft pouifé vers l’auberon par un reifort à boudin H. Ce relfort eft appuyé par un bout contre le cylindre du côté où entre la clef, & de l’autre bout contre une platine ronde G que porte le pêne , afin que ce relfort ne pouffe pas le pètie trop loin qu’il ne foit pas hors de la prife de la clef; il y a une platine ronde E bralée en-dedans du cadenas, comme nous allons l’expliquer plus en détail.
- 643. Fig. 7 eft le cadenas cylindrique qui fe ferme par le moyen d’un re£ fort à boudin. A, le corps du cadenas. B, l’auberon de l’anfe. C, la clef entrée dans le cadenas. DE, le corps du cadenas ouvert qui lailfe voir le trou D par où entre la clef. La platine E percée quarrément pour laiffer marcher le pêne. F, pêne taillé en vis-par le boutez; le bout F eft celui qui entre dans l’auberon. F eft aufïi l’endroit du pêne qui palfe dans une platine contre laquelle il eft fou dé- ou rivé. G , platine attachée au pêne & à un bout du r effort à boudin. H, le relfort à boudin. I, la clef. KLM font voir toutes les parties en place dans- un cadenas dont un côté a été emporté. K, la clef coupée en deux félon fa longueur pour lailfer voir la tète du pêne. L , le bout, du pêne qui entre dans l’auberon. M , la platine qui empêche le pêne d’aller trop loin.
- Article VIIL
- Maniéré détaillée de faire les ferrures, e'eft-à-dire, de faire les pièces dont elles font compofées, & de les ajjembler.
- 644. Nous pouvons fuppofer à préfent les différentes efoeces de ferrures-:
- connues, puifqu’il n’en eft point qu’011 ne puiife ramener à quelqu’une de celles que nous avons décrites Quelles qu’elles fôient, leurs pièces
- s’aifemblent à peu près de la même maniéré ; mais les pièces dont les une£ font compofées, fe travaillent tout autrement que celles qui compofent les autres. C’eft fur-tout dans les clefs & dans les garnitures que le travail varie. C’eft au-fti ce que nous examinerons plus en détail. i°. Nous commencerons-parles clefs, c’eft toujours auflipar où les ferruriers commencent les ferrures.
- (136) U s’en trouverait encore un grand qui ne font point rapportées ici ; mais fur^ nombre , fi l’on entreprenait de compléter tout il y a une foule de méthodes alleman-tout ce que l’auteur femble avoir négligé. des , dont on ne Fait aucune mention, j’ai; Il y a des méthodes connues en France , tâché d’y fuppléer dans mes notes.
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- a*. Nous traiterons enfuite des garnitures qui conviennent aux differentes clefs. 3°. Nous verrons forger & limer les autres parties dont le travail eft plus fimple, comme les palâtres, cloifons, picolets, étoquiaux, pênes & refforts. 4’. Nous affemblerons enfuite ces pièces pour en compofer une ferrure. Nous finirons ce qui regarde les ferrures par l’examen de la fureté qu’on peut fe promettre de chacune d’elles, félon leur efpece de garniture : à l’occafion de quoi nous dirons quelque chofe des fecrets.
- De la maniéré de faire Us clefs»
- <?4f. On prend une piece de fer de deux ou trois pieds de longueur, &de groffeur proportionnée à celle de la clef que l’on veut former. Ces fortes de pièces font ordinairement des morceaux d’une barre plus large, qui a été fendue tout du long en deux ou trois ; (*) auffiles nomme-t-on des fentons (i 87)- On met un bout de ces fentons dans la forge ; on lui donne une chaude fuante, 011 le chauffe prefque fondant. On le retire alors du feu , on le porte fur l’enclume pour le forger & l’étirer, ou, en terme de l’art, pour enlever la clef Ce qu’on appelle enlever une clef (r88) j c’eft donner grofîiérement fa figure au bout du fenton, étirer la tige , le paneton, percer Panneau, & enfin détacher cette clef du refie du fenton. C’eft apparemment de cette derniere opération, que la façon entière d’enlever a tiré fon nom ("**). L’anneau fe prend toujours au bout du fenton. C’eft la partie qu’011 forge la première & d’abord à plus petits coups. Quand le refte eftdégrofli, on le perce avec un. poinçon de fer 5 deux ou trois coups de marteau en font l’affaire.
- 64 6. Un bon ouvrier enleve fa clef d’une chaude: Jouffe affine qu’il en peut même enle ver jufques à trois & quatre, quand le fer eft doux ; mais c’eft quand 011 enleve la clef avant que d’avoir étiré le paneton & percé l’anneau; ce qui alonge la façon au moins de moitié.
- 647. On lui donne enfuite une nouvelle chaude, après laquelle on arrondit mieux la tige ; on réferve fbn embafe , fi elle en doit avoir une ; on dégage cette tige du paneton ; on met le paneton de grandeur; on forge fon mufeau. Pour former ce mufeau, la pratique de plufieurs ferrurierseft de tremper dans l’eau la clef prefque couchée, en faifant entrer la première la partie de la tige la plus proche du paneton, & cela jufqu’à ce que le milieu ou les deux tiers de la largeur du paneton foient mouillés. On la retire auffi-tôt de l’eau, &
- (*) A Paris, on ne fe donne pas la peine (188) fa allemand , den Schlüf'd htrun* de refendre le fer, parce qu’on en trouve ter hauen.
- de tout échantillon chez les marchands; (**) Allez généralement les ferruriets mais ils choififfent de bon fer de roche. emploient ce terme quand ils détachent
- Ct87) En ail. abgefchrotete Stückc. d’un barreau un ouvrage dégrofU.
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- oîl frappe fur le bord où doit être le mufeau , qui n’ayant point été mouillé eft encore rouge, & par conféquent fouple, pendant que le refte a pris plus de dureté. Il s’étend, & déborde de l’iin & de l’autre côté le refte du paneton. C’eft la méthode la plus commode ; mais les bons ouvriers ne la regardent pas comme la meilleure : la trempe durcit trop unr partie de la clef ; ils favent allez ménager leurs coups pour forger le mufeau fans le fecours de l’eau. Ils ferrent le paneton dans l’étau, & lailfent en-delfus la partie qui doit être applatie.
- 648. Si la clef eft pour une ferrure befnarde, elle doit avoir une hayve, ou, comme nous l’avons expliqué ailleurs, une partie en ligne droite, qui fait faillie fur une des faces du paneton. On fait l’hay ve avant què le mufeau foit forgé ; on l’étampe, l’étau même fert de moule ou d’étampe à la plupart des ferruriers. Ils approchent fes deux mâchoires l’une de l’autre , jufqu’à ce qu’il ne refte entr’elles qu’autant de diftance que l’hay ve doit avoir de largeur. Ils appliquent le paneton prefque blanc fur l’étau, & à coups de marteau ils contraignent une petite partie du fer à fe mouler entre les mâchoires. D’autres fe fervent d’un fer à hayve, c’eft-à-dire, d’un fer où eft creufée une gouttière de la profondeur & de la largeur que doit avoir l’hayve ; ils tiennent ce fer fur l’enclume , & étampent le paneton delfus.
- 649. Il y a des panetons courbés , qu’on appelle panetons en S, parce que leur courbure reifemble à celle d’une S. Ceux de cette forte qui font le plus grofliérementfaits, fe forgent fur l’arète de l’enclume. Mais pour ceux qu’on travaille avec plus de foin, on tient le paneton droit & plus épais qu’à l’ordinaire : on y perce enfuite deux trous ; l’un où doit être le vuide autour duquel tourne la queue de PS. La maniéré dont on forge la tige apprendra celle dont on fore ces panetons ; avec la lime on ouvre chacun de ces trous d’un côté , dans toute leur longueur ; le côté où l’on ouvre l’un eft fur une face du paneton, & celui où l’on ouvre l’autre eft fur l’autre face; enfin limant les bords de ces trous, on achevé de donner la vraie courbure de l’S. On donne à d’autres panetons une courbure demi-circulaire vers le milieu ; il 11e faut pour ceux-ci que la moitié du travail néceifaire pour ceux qui font en S.
- 650. Le paneton étant ainfi dégroffi, on travaille à mieux façonner l’anneau : nous ne dirons pas qu’on a donné une nouvelle chaude, nous fuppo-ibns qu’on donne celles qui font nécelfaires , & il en faut plus donner à proportion que la clef eft plus grolfe, & que l’ouvrier eft moins habile. On tient le paneton avec des tenailles, & on fait entrer le bout d’une bigorne dans l’anneau ; aufli cette façon s’appelle-t-elle bigorner l’anneau (189) ; à coups de marteau on dégrofftt fon contour, on l’agrandit, on l’arrondit.
- (189) En allemand , die Haute auf dem Morne Jîrecken.
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- 6çi. Il prend fur la bigorne une figure circulaire, ce 11’eft pourtant pas celle qui doit lui relier. Les anneaux de nos clefs communes fout un peu ovales, le deilus eftapplati en anfe de panier. Lui donner cette figure, s’appelle le ravaUr (190). O11 ferre pour cela la clef entre les mâchoires d’un étau , en laiifant l’anneau en-dehors. Dans cet anneau on fait entrer un des bouts d’un outil de fer appellé ravaloir. Son corps eft un prifmeà quatre faces égales, & les deux bouts font coniques. Oa frappe contre cet outil engagé dans la clef, il alonge l’anneau du côté fur lequel il porte ; on l’alonge de même de l’autre côté ; & enfin pour furbaider davantage le même anneau, 011 donne quelques coups de marteau immédiatement-fur la partie fupérieure.
- 6 s 2. On dégrollit enfuite , fi l’on veut, la clef avec la lime quarrée , 011 drede mieux la tige, 011 la dégage davantage du paneton , on rend le paneton de la hauteur dont on le fouhaite; en cas qu’il ne foit pas bien dans le plan de l’anneau, on l’y met. Si la clef eft à bout, on arrondit fon bout, on le dégage un peu du refte de la tige. Mais fi la clef doit être forée , 011 fonge à y travailler 5 on commence par faire un petit creux qui donne prife au foret, ce qu’011 nomme gouger la clef {191), parce qu’on fait le trou avec une efpece de burin appellé gouge ; il eft plus épais que les burins ordinaires (*).
- 3. Ce qu’011 doit avoir principalement en vue en forant la clef, c’eft que la forure ait le meme axe que la tige ; qu’elle n’incline point plus d’un côté que d’un autre. Les forures des clefs communes font rondes, elles fe font par le moyen d’un foret d’acier bien trempé, comme tous les outils à couper le fer. Le bout de ce foret eft femblable au taillant d’un cifeau, il n’en différé que par fa grandeur. Ce foret eft dégagé derrière le taillant; c’eft-à-dire, que fon taillant a plus de diamètre que le refte qui doit entrer après lui dans la forure, afin que le fer qu’il détache , trouve iifue; 011 en a de propres à des clefs de diiférens diamètres.
- 6 s 4. On le fait toujours agir parle moyen d’un arçon ou archet, outil connu de refte. Afin que l’arçon puilfe le faire jouer , ce foret eft engagé dans un eftieu fixé dans le centre d’une boite.. Ce que les ferruriers nomment boîte du foret ([92) , eft une efpece de cylindre qui à l’un & l’autre bout a un rebord comme une bobine. Ces boites ont communément un pouce fept à huit lignes de diamètre , & quelquefois moins.
- Les maniérés dont on perce communément les clefs fe réduifent à
- (190) En allemand , die Ràute richten.
- (19D En allemand, den Schlüffd mit den halbrunden Mtijjd zum Bahr en vor-hauen
- O Quand nous avons parlé, au premier chapitre, de la façon de percer le fer, nous
- avons annoncé qu’il en ferait encore quef-tion lorfqu’il s’agirait des clefs, & nous avons remis à cet endroit à parler de plu-fieurs manœuvres que nous avons vu qui étaient décrites par M. de Réaumur.
- (192) En allemand, üeft des Bohrers.
- deux.
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- deux , dont la première eft lorfqu’un ouvrier perce feul ; il ferre le paneton dé la clef dans l’étau , au-deffus duquel la tige relie horilbntale. Ii app uie le bout du foret dans le trou commencé par la gouge » & il appuie contre fon ventre le bout de i’eifieu qui porte le foret ou la boite : ce n’eft pourtant pas immédiatement; il a eu foin de couvrir fon ventre d’une efpece deplaftron, appelle palette (193)’ C’eliune piece de bois plate» dont la figure importe peu , contre le milieu de laquelle ell attachée une bande de fer percée de plufieurs trous. C’eli dans un des trous de cette bande qu’entre le pivot qui termine par un bout l’effieu de la boite. La preflion du ventre de l’ouvrier foutient feule la palette, la boite & le foret, & elle met le foret en état d’agir contre la clef. Dans cette attitude, l’ouvrier fait aller & venir l’archet, & la clef fe perce.
- 6)6. L’autre maniéré de percer eft enufage pour les grofiés clefs. Elle occupe deux ouvriers ; l’un 11e fait que tirer l’archet, & l’autre tient la clef. Le foret ajufté dans fa boite, eft foutenu par un chevalet, c’eff-é-dire , par deux petits montans de bois ; l’un eft affemblé fixe à équerre au bout d’une piece qu’on peut appeller la bafe du chevalet (194); cette piece a une entaille dans laquelle entre un tenon ménagé au bout du lècond montant. Ce tenon eft lui-mème percé par une entaille, dans laquelle on fait entrer un, coin par le moyen duquel 011 fixe ce fécond montant à la diftance où on le veut, du premier.
- 65 7. Le chevalet fe place dans un étau. Ses mâchoires ferrent la piece îiori-fontale qui fert de bafe à ce chevalet. Pendant qu’un ouvrier armé à l’ordinaire d’un archet, fait tourner la boite avec vîtefle , un autre foutient la clef, il la prefl'e contre la pointe du foret. Il la tient dans les tenailles à vis, appelléea étau à main (19 f).
- 6<;8- Comme le trou doit recevoir une broche droite & cylindrique, il doit être percé droit & rond. A mefure qu’on le perce, on examine s’il eft tel. Quand la cief mérite quelque attention, on mefure avec un calibre (196'} fi (es parois ont par-tout une épailfeur égale ; fi on laide à la tige par-tout une égale épailfeur; & c’eft afin qu’on puilfe mieux calibrer le trou, que Joulfe, avec quelques ferruriers, veut qu’on mette la tige à huit pans avant que de la forer. Ce calibre eft compofé d’une bande de fer pliée en équerre, pL XVII, fig. 1. Une des branches 4 de l’équerre eft environ d’un tiers plus courte que l’autre 5 ; au bout de cette branche plus courte , il y a une broche de fer 6, parallèle à la plus grande branche de l’équerre. Enfin dans le bout
- (!9î) En allemand , Bruflbrett. ce procédé eft beaucoup trop pénible, le
- (194) En allemand , der Fuji vorn Ge- foret ne peut pas entrer avec exactitude. Jîelle. (196) £n allemand, dncJLetTe.
- (19O En allemand , Feilklobcn. Au relie
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- de la plus longue branche, il y a un écrou qui laide palfer une pointe de fer en vis 7, de forte qu’011 approche ou éloigne à volonté la pointe de la vis de la broche* Voici la maniéré de fe fervir de cet outil ( 197). O11 fait entrer la broche du calibre dans le trou de la clef; on l’applique d’un côté contre fes parois * & l’on fait approcher la pointe de la vis jufqu’à ce qu’elle touche la clef en-dehors. L’épaiifeur de la clef en cet endroit eft donc précifément ce qui eft compris entre la broche & la pointe ; en faifant tourner le calibre, en le faifant monter & defcendre, on voit fi l’épaiifeur eft par-tout la mêmej où le calibre ne peut palfer fans repouifer la pointe, l’épaiifeur eft plus grande, & plus petite où elle touche moins. La broche ou tige eft taillée en vis du côté où elle touche une des branches de l’équerre, & arrêtée par un écrou: ce qui donne la facilité d’alonger la broche , de la faire entrer plus avant dans la' clef.
- On fe fert encore d’un autre calibre plus iimple , & alfez bon pour les clefs communes. C’eft une lame de fer pliée trois fois à angle droit ; elle forme une efpece de petit chaftîs , à cela près qu’un des côtés 9 de ce petit chaflîs eft rond, & qu ilne touche pas un des bouts. Ce côté eft la broche qui doit entrer dans la clef. L’efpace qui eft entr’elle & un des bouts du calibre, fert à mefurer l’épaiifeur de la tige de la clef. On rapproche ou l’on écarte cette branche flexible, félon que l’épaiifeur de la clef le demande.
- 660. Mais pour toutes les clefs communes , on néglige de faire ufage de ces calibres ; & la plupart de ceux qui s’en fervent n’y ont recours que lorft qu’ils arrondilfent la tige. Les autres calibrent leur trou en laiifant la clef librement fur le foret, & la retournant fucceiïivement de diiférens côtés. Si la direction de la tige eft la même dans quelque fens qu’on lapofe, c’eft une preuve que le trou eft bien au centre: ii au contraire elle s’incline davantage , lorfque certaines parties de la tige font au-deflus , c’eft une preuve que les parois de ces parties font plus minces que le refte, que le foret les a creufées davantage ( 198 J.
- 661. Outre les deux maniérés de forer les clefs, dont nous venons de parler, il y en a une troiiieme qui a été imaginée par M. Renier , & qui eft peut-être peu connue (199). On s’y fert d’un chevalet,fîg- 2 , qui a quelques
- (197) Les ferruriers Allemands trouvent puis long-tems en Allemagne, d’où M. Re.
- tet outil trop fatigant, ils ne s’en fervent nier peut l’avoir apportée en France. La jamais. machine s’appelle Drthbartck. Les ferru-
- (198) Il faut que l’ouvrier ait l’œil juftê. riers portent quelquefois leurs clefs aux
- àVèc ce talent le procédé eft beaucoup plus tourneurs , qui les tournent aufli fort habi-«5fé que celui que l’on vient de décrire , ïement. On fore encore les clefs à laj'ufee^ an moyen du calibre. en ail. RmnJpind'cL
- (199) Cette méthode eft très-connue de*
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- pièces de plus que le précédent ; elles épargnent l’ouvrier occupé dans Fautre à tenir la clef, & donnent un moyen de percer la clef beaucoup plus droit. L’effieu commun à la boîte & au foret, palfe par-delà les deux mon-tans. Un des montans a une entaille quarrée, & c’eft en-dehors de ce montant que le foret eft retenu dans le bout de feiïieu qui le reçoit, par le moyen d’une vis j un boulon de fer empêche l’effieu de s’élever dans cette entaille. L’autre montant eft percé par un trou rond, qui laide palfer l’autre bout de l’effieu. Ce bout d’effieu a au moins autant de longueur en-dehors du montant, qu’on donne de profondeur aux trous des clefs forées le plus avant. La bafe du chevalet eft prolongée par-delà ce montant, & le bout de la partie prolongée eft entaillée ; dans cette entaille eft retenue par un boulon une piece de fer recoudée , qui a deux branches. Le coude eft précifément dans F entaille. La branche fupérieure a une rainure du côté du montant ; dans cette rainure eft le bout de l’effieu. La branche inférieure eft chargée d’un poids autant pelant qu’on le juge nécelfaire. Ce poids tend à faire tourner la branche recoudée vers le montant, & par conféquent à pouffer l’effieu qui porte le foret: ce qui produit la preffion néceflaire pour que le foret trouve prife fur la clef. De l’autre côté, la bafe du chevalet porte un troffieme montant qui fert à tenir la clef. Le bout de la tige eft fur le bout fupérieur de ce montant , & le refte de la clef porte fur une elpece de petite table quarrée. La piece qui forme cette petite table, eft alfemblée à équerre près d’un de fes bouts contre une autre piece à peu près de même grandeur & de même figure ; celle-ci s’applique contre la face du montant, & elle y eft retenue par un boulon à vis fixé dans le montant. Elle a une entaille qui laiife palfer ce boulon. Avec un écrou qu’on fait entrer dans la pointe de ce boulon, on la ferre autant qu’il eft néceifaire pour la foutenir. Dans le delfus de la petite table portée par cette piece, il y a quatre vis fixées; ces vis donnent le moyen d’alfujettir la clef qu’on veut forer. On pofe deifus deux bandes de fer pliées chacune vers le milieu en portion de cercle, & percées chacune près de leur bout par un trou qui laiife palfer une vis : d’où l’on voit alfez qu’on gène ces barres avec des écrous. La clef étant ainfi en place, la branche inférieure de la piece recoudée étant chargée d’un poids ftiffifant, il ne s’agit plus que de faire jouer ce foret par le moyen d’un arçon ordinaire ; ce foret va toujours droit, & la clef fixe ne peut être que bien percée. On remarquera peut-être que le foret, à mefure qu’il avance , eft moins preifé contre la clef, parce que l’inclinaifon de la branche où le poids eft fufpendu change ; mais ce changement eft fi peu confidérable, que l’eftètn’én eft pas diminué fenliblement.
- 2. Nous nous fervirons encore de cette occafion pour faire remarquer un moyen fi ni pie dont fie fervait le mèmeM. Renier pour forer plus Vite. Au lieu de l’huile dont les ferruriers frottent de tems en tems leur foret, il avait
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- un pot qui lai (Tait continuellement tomber de l’eau fur la clef. Cette eau a deux bons, effets : elle entraîne la limaille à mefure qu’elle eft détachée , & empêche le foret de s’échauffer; elle lui conferve fa dureté. Il y a d’autres manières, dans la ferrurerie, de percer des trous, dont nous ne parlerons point ici, parce qu’ils ne conviennent point à ceux qui font profonds (*).
- 663. Mais les ferruriers cherchent à prouver leur adrelfe , en faifant aux clefs des trous bien plus, difficiles que les fimples trous ronds , & qui rendent les ferrures plus parfaites.: nous allons.parcourir les, principales de ces efpe-ees de forures., & montrer comment il faut s’y prendre pour y réuffir. Dans-les forures ordinaires , la tige de la clef eit un cylindre creux & c’eft ce qu’ou appelle forure JimpU. Mais on fait des. clefs, qu’on nomme à doubk forure. ; la tige eft compofée de deux cy 1 indues,creux qui ne fe touchent point l’un l’autre ; l’extérieur eft féparé de l’inférieur par un efpace vuide; les ferruriers les appellent même à. triple, forure:, parce qu’elles, demandent une forure d'ans la broche de la ferrure "q ui reçoit la clef.. Quelquefois, la tige de ces clefs eft compofée de deux pièces , & c’eft la maniéré la pfovS fimple de les. faire. On perce d’abord la tige comme pour les forures ordinaires, à*cela, près qu’on donne à cette forure un diamètre beaucoup plus grand par rapport à celui de la tige. On forge enfui te un fécond cylindre , dont le diamètre eft moindre que celui du creux précédent, précifément de la quantité du vuide qu’on veut laiifer entr’eux. La. longueur de ce nouveau, cylindre fe prend, égale à la profondeur-du trou qu’on- a percé dans la clef On le fore, comme on a foré l’autre ; après quoi on le fait entrer dans la. tige de la clef,, aftn.de l’y affujeitir aifément, & de lui en faire occuper le centre. En le forgeant, 011 a attention de lui laiifer une bafe. d’une ligne ou deux de longueur , qui a même diamètre ou un peu davantage que le trou de là tige : airffi ce cylindre n’entrant qu’à force, pourrait être ftable ; on le retientpourtant d’une maniéré encore plus fixe-; on attache fa bafe contre la tige- parle moyen d’une rivure.; on. les lime enfuite , de façon qu’elles ne parailfent. point ( 200).
- 664, Mais la maniéré fa plus parfaite de faire les doubles forures , c’eft de les percer toutes les deux dans la tige même , fans rapporter aucune piece. On commence alors par forer le trou du centre.. On forge enfuite une broche d’acier qui a même diamètre que ce trou , & qui eft plus longue qu’il n’eft profond. Cette broche a de plus une queue de longueur arbitraire, qui a plus de groifeur que le refte de la broche. Entre la queue & le corps de la broche , il y a. une partie longue de quelques lignes, dont le diamètre furpaife celui du corps de. la broche, précifément d’une quantité égale, à: celle de l’épailfeur
- 0) Onen a vu les moyens détaillés dans (zoo) Gette forte de clefs n’eft pas uiîtée le chapitre premier. en Allemagne.
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- que doit avoir le cylindre qui entoure le vuide du milieu delà tige. Enfui ort forge une virole d’acier, un peu plus courte que la tige de la broche. Cette virole eft elle-même un cylindre creux, elle peut pourtant s’ouvrir d’un côté dans toute la longueur. Etant fermée, le diamètre de fon vuide eft égal à celui du cylindre creux qui doit occuper le centre delà tige, î’épailfcur des parois de ce cylindre comprife ; & l’épaifléur de la virole eft la mcfure du vuide qui doit féparer le cylindre extérieur de l’intérieur. Un des bouts de la virole-eft taillé en lime. On l’ajiifte fur la broche de façon que la tige de la broche1 occupe fon centre. On la rive fur la partie de la broche qui a moins de diamètre que la queire , & plus que la tige. On la tient encore fermée , & fur-tout quand on commence à s’en fervir, par le moyen déboutons coulant femblables à ceux des porte-crayons.
- 665. Voila toutes les pièces qui compofent l’outil néceifaire pour faire la fécondé forure. Son ufage eft aifé à imaginer. On fait entrer le bout de la tige dans la première forure, & c’eft le bout de la virole qui doit faire la. fécondé. La tige foutient le fer autour duquel la virole fore , & contraint la virole à tourner toujours autour du même centre. O11 engage la queue de la-broche dans une boîte fèmblable à celles des forets communs , avec lefqueîs: un homme feul perce une clef. Pendant que l’ouvrier fait tourner d’une main la virole qui tient ici lieu de foret, il pre.ife avec fon eftomac cette virole , par le moyen d’une palette , contre la clef qui eft arrêtée dans l’étau. Si fon voulait faire des formes triples & quadruples , on le pourrait en multipliant le', nombre des viroles , ou en en employant fucceffivement de différens diamètres ; mais ce ferait un travail long & difficile. Après les formes rondes, les plus> ordinaires font celles que les ferruriers appellent en tiers-point, c’eft-à-dire r dont l’ouverture eft triangulaire. Il y en a en tiers-point (impie, l’ouverture de celles-ci eft un triangle rediligne ; il y en a en tiers-point cannelé , les trois-; côtés de celles-là font curvilignes. Les afpirans àmaitrife font obligés à foret' des clefs de l’une ou de l’autre façon.
- 666. Pour forer une clef à tiers-point (impie , on commence par lui faire1
- uue forure ronde; 011 change enfuite ce cylindre creux en un prifine à bafe1 triangulaire , par le moyen de fept à huit broches plus grolfes les unes que les autres , dont on fe fert fucceffivement. Ces broches font d’acier trempé j. leur bout eft triangulaire ; le corps de la broche l’;eft auffi, mais il a moins de diamètre. La broche fe termine par une queue plus forte que la tige précédente-, & prefque auilï longue; Près de fon bout, elle a un talon otv une partie en faillie, pour qu’on puilfe la retirer facilement. '
- 66y.. La première broche eft la plus petite de toutes : en frappant fur fa queue-à- petits coups, on refoule le fer des côtés du trou, on en détache1 auffi des parcelles qui tombent dans, le fond du trou; peu à peu l’on fait eiv
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- trer la broche, elle rend un peu triangulaire le chemin qu’elle parcourt ; mais on lui en fait peu faire fans la retirer , elle pourrait s’engager trop ; & c’eft afin de la pouvoir retirer, qu’on lui a laifle un talon; en donnant quelques coups au-delfous, on la dégage. Après l’avoir retirée, on la fait rentrer une fécondé fois & même une troifieme , mais de façon que les faces de la broche touchent chacune une face du trou différente de celles qu’elles touchaient auparavant : les faces du trou en deviennent plus égales entr’elles.
- 668. Cette première broche ayant allez élargi le trou, on en emploie line plus grolfe ; ou plutôt, pour épargner le tems & l’acier , on fait recuire la première pour la détremper; on refoule fon bout pour le rendre plus large, & on lui donne une nouvelle trempe.
- 669. Un accident à craindre, c’eft de calfer la broche dans le trou. Il ne ferait guere polfible d’en retirer le morceau; & fi l’on voulait employer des forets ordinaires pour percer la partie reliée, on courrait rifque d’en calfer beaucoup fans avancer l’ouvrage. Une petite précaution que prennent les ferruriers, met leur travail en fûreté contre cet accident. Avant que de faire ufage des broches, ils mettent dans la forure dfc la clef une petite pincée d® poudre ; & au lieu de bourre , ils chalfent un petit morceau de plomb jufqu’à la poudre; quand une broche fe calfe , il n’y a qu’à faire rougir la clef, elle enfiamme la poudre (201 ) qui chalfe la broche (*).
- 670. Les ferrures de ces fortes de clefs ont des canons qui font, pour ainfi dire, des étuis où la clef s’emboîte ; or comme il eft ordinaire de donner à l’extérieur de la tige des clefs forées en tiers-point une figure approchante de la triangulaire, le canon doit aufli avoir cette figure. Deux des côtés de ces tiges font plats & forment un angle : le troifieme qui eft celui d’ou le paneton prend fon origine , s’arrondit ordinairement, & eft un peu détaché du refte, par deux entailles qui vont depuis le bout de la clef jufqu’à l’anneau ; ce côté arrondi s’appelle la contre-tige ( 202 ). Cette contre-tige eft en-dehors , ou à fleur du canon : le creux du canon eft triangulaire ; 011 le fait par conféquent avec une broche de grofleur proportionnée à celle de la clef Mais le canon eft outre cela ouvert d’un côté dans toute fa longueur, pour recevoir la contre-tige , & c’eft avec une lime ordinaire qu’on fait cette ouverture. Le centre du canon doit auflî être occupé par une broche précifément femblable à la dernière qui a fervi à forer la clef. O11 l’arrête par le moyen d’une petite goupille ou rivet qui la traverfe & le canon, tout auprès de fon fond, La forure en tiers-point cannelé n’eft plus difficile qu’en ce qu’elle oblige à canneler les
- (201) Il faut fuppofer que ce petit art!» l’ouverture de la clef qu’on fait rougir, fice a été inventé par quelque plaifant. (202) En allemand, Schlüjfdrohrt'
- ( * ) Il faut éviter de fe mettre devant
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- côtes des broches. La clef qui doit être percée de cette façon eft d’abord forée par un trou rond; on change ce trou en un à tiers-point fimple, & on fait celui-ci en tiers-point cannelé.
- 671. On remarquera que la derniere broche que Ton emploie pour l’une & l’autre forure, a prefque autant de largeur qu’au bout, fiir une longueur d’environ un pouce. Mais de quelques broches qu’on fe ferve , on ne doit pas. oublier dè mettre fouvent de l’huile, pour les faire glilfer plus aifément-,
- 672. La forure en étoile, pl. XVII, fig. 3 , n’a rien de plus difficile que celles en tiers-point ; tout dépend encore de la figure des broches, & de la mani-ere dont on les pofe.
- 673. Pour la forure en fleur de lys ,fig. 4, qui eft regardée comme une des plus difficiles, on forme d’abord quatre trous ronds, dilpofés aux quatre coins d’un quarré dont le centre de la tige occupe le milieu; le trou le plus, éloigné du paneton fe transforme enfuite en celui qui reprélente le fleuron du milieu de la fleur de lys, ou, en terme de l’art, la lippe. On y parvient avec des broches en lofange. Deux des autres trous deviennent les ailerons; on fait pafler dans chacun fucceffivement, des broches évidées dans leur lon^ gueur ; enfin on fait le pied de la fleur avec un autre foret.
- 674. La maniéré de forer les canons eft la même ; un grand ouvrage eft encore celui de travailler les broches qui doivent en occuper le centre ; on le fait avec la lime.
- 6y<). Il nous refte à préfent à voir comment on fend les clefs, c’eft-à-dire, comment 011 taille leurs rouets, rateaux, pertuis, & autres garnitures. Lorf-que les clefs méritent qu’on prenne beaucoup de précautions , avant que de commencer à les fendre , on trace avec une pointe appellée aufli pointe à tracer (203), des traits qui marquent la longueur & la figure de chaque fente quelques-uns noirciflent auparavant le paneton avec du noir de fumée. Elles' fe taillent avec deux fortes d’outils ; toutes celles qui fe terminent à une des faces du paneton, & qui font droites , comme les rateaux, bonterolles, rouets fimples , fe fendent avec une lime que fon ufage fait nommer lime fendante ; pour les autres entailles, comme les bras d’une pleine croix, le fût d’un vilebrequin , & toutes autres qui ne vont pas fe terminer en ligne droite fur une des faces du paneton, elles s’ouvrent avec des burins (204), & s’achèvent avec des limes fines.
- 676. Les garnitures étant tracées, 011 met le paneton de la clef dans des tenailles faites comme les tenailles à vis; elles n’en different que parce que leurs branches s’approchent l’une de l’autre par leur reffort. On les nomme des ferre-panetons (205). On gêne le ferre-paneton entre les mâchoires d’un
- (203) En ail. Reibeak. (204) En ail. -Kreutzmeiffèl. (20$) En ail. Bartklappe,
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- étau : après quoi on commence par fendre les entailles droites qui fe terminent à une des faces du paneton ; car c’eft toujours par celles-ci qu’on commence, & n’importe par laquelle.
- .677. La lime avec laquelle on les taille , porterait avec plus de raifon le nom de fiie. Fig. 5 , c’elt une vraie foie à main : les ferruriers les font eux-mèmes , & d’un excellent acier 5 les dents font peu dévoyées 5 la lime fe termine par une queue qui s’engage dans un manche de bois. Mais afin que cette içie 011 lime mince ait allez de force, 011 la garnit d’un doffier ; ce doftier eft une piece de fer à couliife avec un manche , aulii longue en-dehors que la fcie... Le dos de la fcie ou lime s’engage dans cette couliife. La maniéré de fe fervir de cet outii n’a rien de particulier : en peu de coups il taille une des fentes i une fcie ordinaire ne fend guere plus vite le bois.
- 678. Au lieu de cette fcie ou lime, d’autres fe fervent d’une vraie lime, qui eft taillée fur les côtés & jufqu’au tranchant, mais femblable dans tout le refte à la fcie précédente. Cette fécondé lime eft plus propre à agrandir les fentes déjà ouvertes, qu’à les tailler : les bons ferruriers ne s’eu fervent qu’à cet ufage.
- <379. On voit bien que les fentes de la fécondé efpecene peuvent s’ouvrir avec les fcies précédentes ; on a recours au burin, on le pouife à la main , & quelquefois 011 frappe deifus avec le marteau. On dreffe , on applanit les mêmes fentes avec le burin ou avec des limes très-fines. Comme les clefs, en tournant dans les ferrures, décrivent des cercles , chaque entaille devrait être renfermée entre des arcs de cercles qui euifent pour rayons , l’un la diftance du centre de la tige au commencement de l’entaille, & l’autre la diftance du centre de la clef à l’autre bord de l’entaille ; mais on fe contente de leur donner de la courbure , fans trop regarder laquelle, & encore 11ele fait-on que pour les ferrures de prix.
- 680- Enfin ou achevé de façonner la clef avec des limes de différentes figures pour'fes différentes parties 5 on lime l’anneau en-dedans avec une queue de rat, & en-dehors avec une lime carrelette, & de même les autres parties. On la polit avec des limes plus fines , ou avec un bruniffoir. Quand elle eft bien limée, on ne la ferre plus dans l’étau qu’avec des tenailles de bois.
- Article IX.
- Des differentes fortes de garnitures.
- 681. Nous avons affez fait remarquer que la principale force des ferrures leur vient de leurs garnitures ; c’eft ce qui les caractérife, qui met une véritable différence eatr’elles, les (impies loquets & les verrous à reffort. Comme
- elles
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- elles font ce qu’il y a de plus important dans les ferrures . elles font, auffi ce qu’il y a de plus difficile à faire j il faut être habile ouvrier pour contourner de certaines laçons des pièces de fer minces fans les caifer quelque part. Auffi ne faurait-on employer du fer trop doux pour cette elpece d’ouvrage.
- 682. Nous regarderons à prcfent les ferrures comme réduites fous deux genres : lavoir, fous celui de iêrrures à clef forée ou ferrures à broche , & fous celui de ferrures befnardes , & cela parce que ce dernier a des efpeces de garnitures qui ne fout pas propres à l’autre. Nous commencerons par celles du premier.
- Des ferrures forées.
- s
- 683* Toutes les garnitures des ferrures à clefs forées, font ou des rouets, ou des bouterolles , ou des planches foncées, ou des râteaux, On trouve dans une ferrure,tantôt les unes, tantôt les autres ; & quelquefois on les trouve toutes enfemble. Les unes & les autres peuvent être contournées de prefque autant de figures différentes que l’ouvrier en peut imaginer ; il y en a pourtant certaines qu’on eft plus en ufage de leur donner j nous choifirons des plus limples , & des plus difficiles de celles-ci, autant qu’il en fera néceffaire pour donner une idée de la façon dont les autres peuvent être forgées.
- 6%4. Comme on a donné les mêmes noms aux entailles de la clef & aux garnitures de la ferrure, nos expreffions pourraient en être quelquefois équivoques , fi nous 11’avertiffions defquelles nous voulons parler. Auffi aurons-, nous foin d’ajouter quelquefois le mot de ferrure ,ou d e clef, félon que nous voudrons faire entendre que nous parlons de la clef, ou de la ferrure. Par exemple , quand nous dirons le rouet de La clef, nous défignerons l’entaille faite dans la clef ; Sc quand nous dirons le rouet de la ferrure, nous défignerons la piece de la ferrure qui paffe dans l’entaille ou rouet de la clef ( 206).
- Des rouets fimples & bouterolles.
- 68C Les rouets fimples ( 207) des ferrures font des lames de fer roulées^ qui ne forment pour l’ordinaire qu’une portion de cylindre creux ( fig. 1 ). Quand le rouet de la clef ell entaillé dans le côté du paneton le plus proche de l’anneau , le rouet de la ferrure eft attaché contre le foncet ou la couverture , & par conféquent il ne peut avoir que partie de la furface d’un cylindre ; il doit au moins lui manquer tout ce qui eft néceffaire pour laiffer libre le mufeau de la clef.
- 6%6. Quand le rouet eft taillé dans le côté du paneton le plus proche du
- (206) En allemand , das Eingcrichte. (207) En allemand, einfache Reijcn.
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- bout a (fig. 7 ) , alors le rouet de la ferrure eft attaché contre le palâtre, & iî pourrait avoir toute la circonférence du cylindre. Mais fouvent on ne la lui donne pas , pour épargner le travail.
- 6g 7. La bouterolle delà clef ne différé du dernier rouet que parce qu’elle eft plus proche de la tige g (fig. 8 ) ; car on appelle ainfi L’entaille qui la fépare du paneton. Comme la bouterolle de la ferrure a peu de diamètre, 011 lui donne pour l’ordinaire toute la circonférence du cylindre X ( voye^ fig. 9 ). Ainfi les rouets & les bouterolles font toujours des cylindres ou des parties de cylindres creux, qui ont pour hauteur la profondeur de l’entaille delà clef, & pour diamètre deux fois la diftanee du centre de la tige à l’entaille. Ils ont de plus deux pieds diamétralement oppofés; c’eft-à-dire, deux petites parties qui excédent le refte, & qui fe rivent dans le foncet, ou dans le palâtre , félon la place du rouet. On fait communément les uns & les autres d’une piece de fer forgée mince, qu’on appelle & que nous appellerons fier à rouet*. La largeur de cette bande doit être égale à la hauteur du rouet, & fa longueur doit fournir la circonférence. Aufti nommerons-nous fouvent hauteur du fier à rouet fa largeur ; & longueur du rouet, une longueur égale à fa circonférence.
- 688. Ce ne ferait pas un ouvrage pofïible à un géomètre , que de prendre fur le fer à rouet une longueur égale à la circonférence ou à partie de la circonférence que doit avoir le rouet ; mais la chofe eft ftmple pour le ferrurier qui 11’a pas à y regarder de fi près. Pour les rouets communs, il ne s’agit que de mefurer une longueur égale à une demi-circonférence, depuis le milieu d’un des pieds jufqu’au milieu de l’autre. Pour le faire, une des méthodes eft de marquer précifément la place d’un pied 5 de pofer, autant exactement que l’œil en peut juger , le centre de la tige vis-à-vis le milieu de ce pied , & de marquer avec un trait l’endroit où eft l’entaille de la clef; fur ce trait, on applique la tige delà clef, & ainfi de fuite on prend trois fois la diftanee du centre de la tige à l’entaille , ou, fi l’on veut, on les prend avec un compas. A cette longueur on ajoute environ une treizième ou quatorzième partie , & là doit fe trouver le milieu du fécond pied, qu’on marque furie fer à rouet ; c’eft-à-dire, qu’on fùppofe ici que la demi-circonférence eft égale à trois rayons, & un peu plus à caufe qu’on retraint un peu le fer en le tournant. L’autre méthode auiïi fimple & très-ordinaire, c’eft de prendre une ouverture de compas quelconque; la plus petite eft la meilleure. On voit combien de fois cette ouverture fe trouve dans la demi-circonférence piquée fur ce palâtre ou foncet. Suppofons qu’elle y foit quatre fois avec un refte , on marque l’endroit où elle y eft jufte quatre fois fur la lame de fer à rouet; on prend une longueur qui commence au milieu d’un des pieds , & qui eft égale à quatre fois l’ouverture du compas, plus à ce qui a refté outre ces quatre ouvertures; on lui ajoute même encore quelque chofe, & on lui en ajoute
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- d’autant plus que l’ouverture du compas fe trouve moins de fois dans la demi-circonférence : la raifon en eft alfez claire. Ce qui doit refter au rouet par-delà les pieds, n’engage à aucune mefure gênante 3 car Ci on lui en donne trop , il eft toujours aifé d’en retrancher.
- (589- La hauteur du rouet n’eft pas auffi difficile à prendre, puifque la longueur de l’entaille de la clef la donne.
- 690. Le fer à rouet étant coupé de longueur & de hauteuf, on le tourne fur la mâchoire de l’étau &fur la bigorne. Si l’ouvrage était plus important, on pourrait le faire fur un mandrin du diamètre du rouet 3 mais c’eft une chofe peu nécelfaire. On le met en place, quoique fouvent alfez mal roulé, & on y met auffi la clef3 on la fait tourner quelques tours, & elle arrondit parfaitement le rouet, pourvu qu’entre les deux pieds il y ait à peu près ce qu’il faut pour fournir à la demi-circonférence. S’il y avait trop, la clef lui feraitfaire un pli près de l’un ou l’autre pied , & corromprait vite le rouet; s’il y avait trop peu, la clef fe corromprait elle-même. O11 donne une circonférence entière aux bouterolles, & à quelques autres rouets. On foude les deux bouts du fer à rouet l’un fur l’autre.
- 691. Il y a des ferrures de conféquence , où , au lieu de rouler des lames de tôle , 011 perce une pièce de fer-, & on la lime tout autour d’épailfeur convenable pour faire les bouterolles : mais c’eft employer du tems alfez inutilement. J’ai connu des ferruriers habiles, à qui l’uïàge du tour était familier, qui y avaient recours pour faire les bouterolles, les rouets, &c. des ferrures de prix 3 c’eft bien le meilleur moyen de leur donner une parfaite rondeur ( 208
- Rouet en pleine croix*
- 692. Les rouets de la clef, qui repréfentent une croix ordinaire, font nommés des rouets en pleine croix cb ( fig. 7). Ils font compofés d’une fente parallèle à la tige comme les rouets (impies, & en ont de plus une perpendiculaire à celle-ci, qui forme les deux bras de la croix. Ain fi le rouet en pleine croix de la lerrure doit être partie d’un cylindre creux, qui, à la même hauteur où font taillés les bras de la pleine croix de la clef, ait en-dehors 8c en-dedans une lame circulaire perpendiculaire à fa furface, & qui excede, foit du côté de fa furface extérieure , foit du côté de fa furface intérieure, de la longueur d’un des bras de la croix MM N O (fig. 10)3 ou , ce qui revient au même, qu’on imagine qu’on a appliqué ce rouet fimple perpendiculairement fur un plan 3 que du centre du cercle qui fert de bafe à ce rouet, on a décrit deux cercles , dont l’un qui palfe par-dehors le rouet a un rayon
- (208) Taus les rouets ne vont pas fur le tour.
- C C ij
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- qui furpafle celui du cylindre de la longueur d’un des bras de la croix, & dont l’autre cercle qui palfe parle dedans du cylindre, a un rayon moindre que celui du cylindre, de la longueur d’un des bras; que de chacun de ces cercles on prenne une portion fembîable à celle de la circonférence du rouet; & qu’on imagine qu’on a détaché du refte du plan, ou de la lame , la portion renfermée entre ces cercles : il ne s’agira plus que de fe repréfenter la partie du rouet limpfe, où doivent être ies bras paflùnt au milieu de cette bande, pour imaginer l’eifet qu’elle doit faire. Ce que nous venons de dire, eftauilî en quelque forte la manière dont on fait le rouet. _
- 693. On commence par couper pour le rouet (impie , une lame AB'AB de longueur & de hauteur convenable; on lui réferve Tes pieds C C; enfuite, avant que de le tourner, vers le milieu de fa longueur on fait une ouverture D un peu longue & d’une largeur à peu près égale à l’épaifleur de la lame qui doit former les branches de la croix. A la même hauteur A A, on fend l’un & l’autre bout du rouet jufqu’au pied le plus proche de ce bout: après quoi on tourne ce rouet à l’ordinaire ; & même pour s’alfurer qu’il l’eft bien , ©n le met en place dans la ferrure , & on y fait tourner la clef. Alors on le retire , & on l’applique perpendiculairement fur une lame de fer , qui a été réduite à l’épaifleur qui convient aux entailles de la clef. Sur cette lame 011 décrit, avec une pointe à tracer, deux portions de cercle dont l’une marque l’endroit que touche le contour extérieur du rouet, & l’autre l’endroit que touche fon contour intérieur; c’eft-à-dire, qu’on décrit ces lignes en fui-vant avec la pointe la circonférence du rouet, d’abord par-dehors, & en-fuite par-dedans. On marque de plus fur ces cercles l’endroit qui répond à la fente qui eft dans le milieu du rouet, & les endroits où fe terminent les deux fentes qui font proches des pieds ; ou , fi j’011 veut, 011 ne décrit les cercles que jufqu’au commencement de chacune de ces fentes. La platine fur laquelle ces deux arcs de cercles ont été décrits, doit former les bras de la croix: une partie en doit être en-dehors, & l’autre en-dedans du rouet. Pour cela on la fend entre les deux cercles décrits jufqu’aux endroits où répondent les fentes du rouet proche des pieds ; & quand on en eft à la portion de ces cercles qui répond à la fente du milieu, au lieu de fuivre l’entre-deux des cercles , on coupe une efpece de pied ou de rivure. Ce pied tient à la partie qui a le moins de circonférence. Il doit entrer par le dedans du rouet dans la fente qui eft vers fon -milieu, & c’eft là où il doit être rivé. On agrandit avec la lime le trou qu’011 a fait eu fendant la platine, jufqu’à ce que fon vnide foit à peu près égal à l’épaftfeur du rouet : aufti eft-ce une entaille où elle doit être logée. On plie enfuite un peu en-dedans les pieds du rouet, ce qui l’ouvre un peu ; alors on le fait entrer tout doucement dans l’entaille de la platine, ayant en même tems attention que le pied de la platine foit reçu
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- par la fente du milieu du rouet, où on le rive enfuite. On rcdreffe avec le marteau la platine , ou le rouet, ou fes pieds dans les endroits où ils ont été un peu courbés 5 car il n’eft guere poflible que ces deux pièces confervent exadement leur figure pendant qu’on les emboîte l’une dans l’autre. En£n on coupe à froid avec des cifeaux tout ce que la platine a de trop, foit par-dehors , foit par-dedans, par'rapport à la profondeur des bras de la croix de la clef.
- 694. On voit que la partie de la platine qui eft par-dedans, eft mieux affu-jettie que celle qui eft par-dehors. Cette derniere n’a point de pied, de forte qu’elle n’eft point attachée depuis la fente dun des bras jufqu’à la fente de l’autre ; il eft vrai que des ferruriers habiles la fertilfent de façon qu’elle embraflè très-étroitement le rouet. Mais fi on la brafàit, elle n’en ferait que mieux retenue j & c’eft le cas où il devrait être permis d’employer de la fou-dure : elle ne pourrait faire qu’un bon effet. (209)
- Croix de Lorraine.
- 69%. La «roîx de Lorraine ne différé de la croix ordinaire, qu’en ce qu’elle a deux bras de plus parallèles aux deux autres > d’où l’on voit que pour faire un rouet de ferrure en croix de Lorraine, il faut ajouter en pleine croix une fécondé platine, qu’011 prépare & qu’011 pofe comme la première.
- Rouets à faucillons , foit en-dehors foit en-dedans , & bouterolles à faucillons
- en-dehors.
- 696. Lorsque le rouet de la clef n’a qu’une des branches de la croix, on l’appelle rouet à faucillon. Si cette branche ou ce fauciilon eft entre la tige de la clef & le rouet, c’eft un faucillon en-dedans (fig. 12,1 ). S’il eft entre le mufeau de la clef & le rouet, c’eft un faucillon en-dehors. Il fuit de la pofition de la bou-terolle, qu’il n’y a que cette derniere efpece de faucillon qui lui convienne
- {fig- 13)*
- 697. La garniture de la ferrure qui répond à ces deux elpeces de rouets , eft femblable à celle de la pleine croix, à laquelle on aurait ôté la partie de la lame qui eft ou en-dedans, ou en-dehors du rouet. Ainfi la maniéré de les faire eft encore plus aiféeque celle de faire la pleine croix 5 on commence de même par couper le rouet fimple , dans lequel on fend trois ou quatre trous, à la hauteur où doit être le faucillon, favoir, un près de chaque pied, & l’autre
- (209) En Allemagne , il eft permis d’em- vre , qui eft plus fluide , qui pénétré mieux ployer la foudure ; c’eft même une pratique dans le fer , & qui par cette raifon doit étr# très-ordinaire , qui contribue à la folkîité préféré au laiton, de l’ouvrage. On emploie pour cela du cui-
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- ou les autres entre ceux-ci. On applique le rouet après l’avoir tourne fuî une platine , fur laquelle on marque le contour, foit intérieur, foit extérieur* du rouet ; on y marque de plus des pieds aux endroits qui répondent aux fentes du rouet * & il ne refte plus qu’à couper la lame, river fes pieds , & la réduire à une hauteur convenable.
- 698- A l’égard du faucillon en-dehors, que portent quelquesbouterolles, ordinairement on le fait d’une platine percée au milieu , à laquelle 011 ne laiifê point de pieds , parce qu’on brafe cette platine i car cette boüterolle ayant une circonférence entière & peu de diamètre , il ferait très-difficile d’y river les pieds du faucillon , fi on lui en lailfait. On fait pourtant des bouterolles à fauchions qui demandent plus de travail-, & ce font les feules permifes par les ftatuts des ferruriers de Paris. On prend une piece de fer ronde, qui a autant de diamètre par-tout qu’en a la boüterolle avec fon faucillon ; on perce cette piece au milieu, afin qu’elle puitfe recevoir la tige de la clef , & en-dehors on diminue fon épailfeur jufqu’à ce qu’elle n’ait que celle qui convient à la fente de la clef, en réfervant une partie en faillie tout autour, qui ferme le faucillon. %
- Rouets & bouterolles renverfês en-dehors ou en-dedans, foit à angle droit, foie
- à. crochet.
- 699. Quand le bras de la croix eft à un des bouts du rouet, on î’appellè un rouet renverfê, en-dehors ou en-dedans , félon que cette entaille eft entre lê rouet & le mufeau , ou entre le rouet & la tige. Si ce bras , cette entaille eft perpendiculaire au corps du rouet, c’eft fimplement un rouet renverfê I (fig. 12). Mais fi elle y eft oblique-, on le nomme rouet renverfê en crochet , ou en bâtoti rompu e (fig. 14).
- 700. On coupe le rouet renverfê plus haut au moins qu’un rouet fimple-, 'de tout Ce qu’il faut pour faire le pli : en forgeant le fer à rouet , on tient là partie qui doit le fournir, environ du doublé plus épaiffe que le refte. Quelques-uns même-, pendant que leur fer à rouet eft encore tout droit, le plient en deux plus près d’un de ces bouts que de l’autre , & cela feulement afin de lui donner là plus d’épailfeur qu’ailleurs ;-après quoi on le tourne, s’il doit être renverfê en-dehors. Après l’avoir tourné en rond , en frappant doucement & le tenant appuyé fur l’enclume ou la bigorne, on lui rabat un rebord à angle droit, obtus ou aigu, félon que la fente de la clef le veut ; mais il eft à remarquer qu’on commence toujours à rabattre ce rebord par les bouts du rouet, & qu’on les tient pour cela plus épais , & un peu plus larges que lé refte. Les bouts maîtrifeut le corps de la lame. Joulfe veut pourtant au contraire, qu’on commence à le rabattre par le milieu ; mais les ouvriers daujour* d’hui fe récrient contre cette méthode.
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- A RT VU SE R R U RIE i?.
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- TOI*. Il y a un peu plus de façon pour lç rouet renverle en-dedans, & cela parce qu’il y a à craindre d’ouvrir le remet en le renverfant, & que la partie qu’on renverfe doit, étant renverfée-, avoir une moindre circonférence -, or il eft toujours plus aifé d’étendre du métal en le frappant,, que de le rétrécirî ayant coupé le rouet de longueur & de hauteur convenable , on le plie fur un mandrin qui a le même diamètre que le rouet doit avoir en-dedans. On laiife le rouet fur ce mandrin, & on prend une virole de fer qui n’a pas un cercle entier de circonférence,. & dont le diamètre eft égala celui du cylindre revêtu du. rouet ; on met cette virole autour du rouet ,, comme le rouet eft autour du cylindre > on ferre enduite le tout entre les mâchoires d’un étau. On remarquera feulement que le rouet a été placé de façon qu’il excede le mandrin de tout ce qu’il faut pour fournir au renverfement. E11 frappant cette partieon l’abat fur le bord.du.mandrin, pendant que la virole & le mandrin, maintiennent le rouet*
- Pleines croix, renverfees en-dehors ou. en-dedans %fous un angle qudconq ue„
- 702.. La pleine croix renverfée dans la clef eft celle qui au bout d’un de fes bras a une entaille : fi cette entaille/( fig. 14 ) eft au bout du bras le plus proche de la tige-, elle eft renverfée en-dedans > & en-dehors a, fi elle eft à l’autre bout..Pour ï’une & l’autre, on fait une pleine croix à l’ordinaire , mais à laquelle- on laiife de quoi fournir à la renverfure, du côté où elle doit être. O11 a deux viroles de fer qui ont chacune , leur épaiiTeur comprife , le diamètre du rouet pris en-dedans , fi la renverfure eft en-.dedans » & le diamètre du rouet pris en-dehors, fi la renverfure doit être en-dehors. Chaque virole a autant d’épailfeur que le bras a de longueur jufqu’à l’endroit où il doit être renverfe.. On met une de ces viroles en-delfus, & l’autre en-delfous de la platine qui répond au bras de la croix , & à petits coups de marteau on la renverfe fur une des viroles. Si l’on veut que le coude foit à angle droit, le bord de la virole eft plat i fi l’on veut un autre angle quelconque à ce coude, on donne le même angle au bord de la virole. Puifque les faucillons font fembla-bles aux bras des. croix, il eft aife2 clair qu’on renverfe leurs garnitures de la même façon.
- Des rouets & des pleines croix hofiies, foit en-dedans, foit en-dehors.
- 703. Lorsqu’un rouet ou le bras d’une pleine croix B C (/%• 7), outre la renverfure, a un fécond coude, on l’appelle un rouet hafé k (fig. 1 f ), ou une pleine croix haflée. Quelquefois une pleine croix eft renverfée! d’un côté, & haftée de l’autre , & cela quand un de fes bras n’a qu’un coude, & que l’autre
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- enadeux. Quelquefois le rouet eft hafté, & il a une pleine croixfoit, (impie, Soit renverfée ou haftée.
- 704. Nous prendrons pour exemple la maniéré dont on fait un rouet fimple qui porte une pleine croix renverfée d’un côté. On coupe la bande de fer qui doit former le rouet, comme pour un rouet (impie, & on la prend alfez large pour fournir à la hauteur du rouet hafté. O11 prépare enfuite une autre bande de fer, un peu plus large & plus longue que la précédente , & qui a autant d’épaif-feur qu’il y a de diftance entre le premier & le fécond coude du rouet de la clef. Entre les deux bouts de cette bande , 011 taille une fente droite alfez large & alfez longue pour lailfer palier la lame qui doit devenir le rouet. O11 fait palier cette lame au travers de la fente ; après quoi, à coups de marteau , on l’abat de l’un & de l’autre côté de la fente par où elle a pailé. Ainfi on lui fait les deux coudes qu’elle doit avoir. Ils font tous deux à angles droits , fi la fente eft coupée quarrément 5 mais li l’on veut qu’un des coudes ait un autre angle, il n’y a qu’a donner la même inclinaifon au côté de la lente fur lequel ce coude doit le mouler.
- 70ÿ Il ne refte donc plus qu’à rouler ce rouet, & 011 le roule avecda piece même qui a fervi à faire fes haftures ; elle le fondent. Pour le faire plus commodément , on prend un mandrin qui a une branche mobile autour d’un bouton 4, 5,6 Cfig. r6)\ cette branche forme, avec le corps du mandrin , des efpeces de tenailles ; on met un des bouts du rouet entre le corps du mandrin & fa branche. On la ferre enfuite dans l’étau , & en donnant plusieurs recuits , 011 tourne le rouet à petits coups de marteau, & la bande fur laquelle il eft appliqué , autour du mandrin: après quoi on coupe cette bande, pour en retirer le rouet.
- 706. Si le fécond coude C de la hafture , fîg. 17, a un angle trop aigu pour qu’on puiife le lui donner de la maniéré précédente , on a recours à un autre expédient. Le rouet hafté en bâton rompu de la figure 17 en donnera un exemple. On prend encore une lame plus longue & plus large que le rouet, & quia à peu près en épailfeur ce qu’il y a de diftance d’un coude à l’autre. Dans cette piece 29, 30,011 creufe une entaille, dont une des faces fait , avec le deifus de la lame, le même angle que fait dans la clef la première partie renverfée avec le corps du rouet. Cette face de l’entaille a autant ou plus de largeur que la première partie renverfée a de longueur; on donne à l’autre face de l’entaille la même inclinaifon par rapport à la précédente , qu’à la partie du rouet, qui vient après le fécond coude, avec celle qui eft entre les deux coudes; & enfin on forge une elpece de coin de fer au (fi long que l’entaille, & de figure à s’y bien appliquer. Tout étant ainfi préparé, on pofe la lame deftinée au rouet fur l’entaille précédente , & fur cette lame on pofe le coin. En frappant doucement fur le coin, on contraint le fer à rouet à fie
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- mouler dans l’entaille, ce qui forme le fécond coude ; pour le premier , on ls lui fait en l’obligeant de s’appliquer fur le refte de la bande de fer entaillée. On plie enfuite le rouet & la lame enfemble comme nous l’avons dit ci-devant ; mais avant que de les plier, 011 a foin de les river fur une piece qui les retient enfemble.
- 707. Jousse donne une maniéré de faire les rouets haftés delà première efpece différente de celle que nous avons expliquée. Il veut qu’on fe ferve d’un mandrin de même diamètre que le rouet, qui ait à un bout une entaille de même hauteur & profondeur que le premier coude de la hafture ; qu’on plie le fer à rouet autour de ce mandrin, & qu’011 lui falfe le premier coude. Après quoi il fait mettre une virole d’une ligne & demie d’épaiileur autour de la partie qui a été renverfée fur le mandrin3 ü faille déborder cette partie par-delà la virole , fur laquelle il la fait enfuite replier à petits coups , pour faire le fécond coude. Mais la maniéré que nous avons donnée eft plus Lire pour tourner le rouet fins le faire fendre.
- 708- Le même rouet peut , comme nous l’avons dit, porter une pleine croix haftée , ou renverfée , ou tous les deux enfemble. Alors on fait ce rouet comme lions venons de le dire ; on lui ajufte la platine comme aux pleines croix fimples ; & s’il faut la renverfer, on la renverfe , comme nous l’avons vu en parlant des pleines croix renverfées. A l’égard de celles qui de plus font haftées, on les fait, comme 011 les renverfe, par le moyen de deux viroles ; mais une de ces viroles , favoir , celle fur laquelle on a renverfe la platine la première fois, a un rebord placé à la hauteur que le demande la fente de la clef; on recourbe le rouet la fécondé fois contre ce rebord, on lui fait prendre le même angle.
- Rouet en N.
- 709. Ce qu’on appelle rouet en N ( fig. 19 ) , eft un rouet auquel les deux coudes de la hafture font prendre la figure d’une N. Il eft aifé d’imaginer comment doit être taillée la piece dans laquelle 011 moule , pour ainfi dire, le rouet pendant qu’il eft droit. Cette piece aune entaille oblique , dans laquelle le fer à rouet prend la direction des jambes de l’N. En reiiverfant le fer à rouet en fens oppofa de chaque côté de l’entaille , on fait les deux jambes. Enfin il ne refte plus qu’à rouler ce rouet avec fon moule , duquel on le retire enfuite.
- Rouet en fut de vilebrequin (210).
- 710. Le rouet appelle en fut devilebrequin l{fig. 13 ) , parce qu’il reffemble au fut ou manche de cet outil, eft un rouet qui a double haîhire, c’eft-à-
- (210) Toutes ces garnitures & plufieurs 6c coùteufes ; on peut, avec beaucoup moins autres font trop coinpolces , difficiles à faire de peine, atteindre le but qu'on fe propofe.
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- dire, qu’il a quatre coudes. Il y en a en fut de vilebrequin, dont les angles font droits, & d’autres dont les angles font aigus; ceux-ci font appelles des fûts de vilebrequin en queue d'aronde : la grande difficulté eft de tourner ces rouets* on n’y travaille qu’après qu’ils ont été pliés aux endroits où ils doivent l’ètre. Ceux qui font en angles droits, fe plient fur l’étau. On peut auffi les plier fur une elpece de mandrin, comme le dedans du Fût * mais un pareil mandrin n’eft bien nécelfaire que pour ceux qui font en queue d’aronde.
- 711. Quand les uns & les autres ont été pliés, on prend une piece de fer doux plus longue & plus large que le rouet * & qui a autant d’épaifîeur que le fût a de profondeur. O11 fend cette piece avec la lime à fendre, en ligne droite* en deux endroits diffiérens. Chacune des fentes commence à un des deux bouts de la bande de fer , & a plus de longueur que la lame deftinée au rouet ; fi ce rouet eft en fût de vilebrequin à angles droits, eiles font toutes deux perpendiculaires aux furfaces de la lame ; & fi le rouet eft à queue d’aronde * elles font inclinées comme le font dans la clef les entailles qui forment la queue d’aronde ; c’eft-à-dire, que le plein qui refte entre ces deux entailles eft: un moule qui doit s’appliquer exactement dans le fût du vilebrequin.
- 712. On fait entrer doucement le fer à rouet dans ces deux fentes; mais avant que de l’y faire entrer, on lui a formules deux coudes du milieu du fût. On achevé les deux autres après qu’il eft entré dans le moule; on renverfe fur chaque côté du moule une partie du rouet. Enfin à chaque bout du moule, ou au moins à un bout, on rive fur le rouet une petite bande de fer qui ne fert qu’à contenir mieux ces pièces. Ilne refte plus alors qu’à tourner le rouet comme nous l’avons expliqué, favoir, fur un mandrin d’un diamètre convenable. Etant tourné, 011 brife le moule pour en retirer le rouet, on lui fait fes pieds ; & s’il a quelqu’autre garniture , comme pleine croix , &c. on la lui ajoute.
- Rouet en H»
- 713. Le rouet qui dans la clef a une féconde entaille parallèle à la plus longue , & jointe à celle-ci par une troifieme entaille qui leur eft perpendiculaire à l’une & à l’autre, eft appellée un rouet en H, E ( fig. 19 ). Pour le faire , on prend une lame de fer mince, de la longueur du rouet ; pour la largeur , 011 en jugera par la maniéré dont on la travaille. On plie cette lame en deux félon fa longueur, après quoi on la fait entrer dans un moule qui a une longue entaille, ou Ton fe fert de la mâchoire de l’étau. L’épaiifeur de ce moule eft égale à la longueur de l’entaille qui dans la clef repréfente la barre de l’H; la platine à rouet déborde de l’un & de l’autre côté du moule. On l’ouvre du côté où les deux bouts font appliqués l’un fur l’autre, & on la frappe à petits coups fur le côté oppofé, afin d’élargir ce côté au point
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- ïi-éceflfaire pour qu’il forme la plus courte jambe de l’H ; enfin on le tourne à la maniéré'ordinaire.
- Rouet en Y.
- 714. Le rouet en Y, D (fig. 17), eft encore plus facile que celui qui eft en H i on plie auffi en deux la bande de fer à rouet, en frappant fur cette bande «repliée ; on foude enfemble les deux parties qui doivent faire le pied , la tige de l’Y. Enfuite féparant les deux branches, on ouvre i’Y, & 011 tourne le rouet à mefure, frappant fur l’étau alternativement la branche qui eft dehors & celle qui eft en-dedans du rouet. On élargit l’une , &l’on retraint l’autre.
- 71 f- & y a une autre maniéré défaire les rouets en Y, qui convient auffi à des rouets de diverfes autres figures. Après avoir plié le fer à rouet comme nous l’avons dit, on en ouvre les deux branches pendant que ce fer eft droit j on le fait palfer dans les fentes de la clef pour s’atfurer qu’il a la figure qui leur convient ï alors on remplit d’étain fondu le vuide qui eft entre les. deux branches de 1*Y; & quand l’étain eft refroidi, on tourne le rouet à l’ordinaire : l’étain maintient les branches à peu près dans l’inclinaifon où on les a miles. (21 ï)
- Rouet en S»
- 716'. Le rouet en S , B (fîg* 8 ) » c’eft-à-dire -, ïe rouet dont le bout fe termine par une S, eft fait auffi comme les rouets en H & Y d’un fer à rouet ^qui a été d’abord plié en deux. Mais pour former celui en S, le pli ne doit pas être fait au milieu du fer à rouet. On laide les deux parties appliquées l’une fur l’autre, depuis le pli jufques où doit commencer l’S ; c’eft-à-dire , qu’on laide droit ce qui répond à la profondeur de la fente droite où elle finit , on écarte l’une de l’autre les deux parties du fer à rouet. Elles font inégalement larges, puifque le pli n’a pas été fait au milieu de la bande. La plus étroite forme la queue de l’S , & la plus large en forme la panfe & la tête. O11 roule chaque partie autour d’un fil de fer, en les frappant à petits coups ; après quoi on tourne ces rouets, comme tous ceux qui fe font dans des moules.
- Rouet en fond de cuve.
- 717. QüAisfD la principale entaille du rouet de la clef, au lieu d’être parallèle à la tige, lui eft inclinée, on la nommer rouet à fond de cuve s t (fig. 20);
- (211) Tout ceci eft encore trop compo- toute la garniture eft gâtée par les crochets, fé , & cela fans la moindre néceffité. Si l’on parce que d’ailleurs elle eft fort peu folide. eft dans le cas de faire crocheter la ferrure ,
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- Auffi la garniture qui lui répond reflemble à une portion de cuve, ou, plus exactement, c’efi un cône tronqué & creux. Cette efpece de garniture elt peu en ufage. Jouiié dit qu’elle corrompt les clefs,à caufe du grand efpace qu’il leur faut ; mais c’efi plutôt parce qu’elle efi difficile à faire (212): un paneton peut avoir de la force de relie, quoique des fonds de cuves y foient taillés. Les ferruriers font fur-tout embarraifés à couper ces rouets de hauteur. La difficulté ett plus grande à les couper de longueur : à la vérité ils ne doivent pas être fermés, non plus que les rouets fimples communs ; s’ils l’étaient, la clef 11e pourrait y entrer. Mais il faut qu’il relie une certaine portion de cercle entre leurs deux pieds, & h difficulté elt de déterminer la longueur qui y convient à l’un St l’autre bout du rouet pour leur donner des portions de cercles femblables. Pour faire ientir en quoi confifie cette difficulté, nous fournies obligés de faire quelques raifo.nnemens. qui jeteront du jour fur la pratique que fuivent les ferruriers.
- 718- Si l’on conçoit l’entaille du rouet prolongée jufqu’au centre de la tige, comme en q, St que l’on conçoive auffi la ligne qui marque le bord du paneton prolongée jufqu’au centre de la même tige comme en r; la ligne qr fera l’axe du cône dont le rouet op de la ferrure doit être une partie , & cette partie elt celle qui enveloppe le cône tronqué dont npro efà la coupe. Sup-pofons ce cône tronqué recouvert d’une bande de papier qui s’applique delfus exadement; fi ayant fendu cette bande de papier le long d’un des côtés du cône, nous l’enlevions de delfus le cône, nous n’aurions qu’à appliquer la même bande fur une pièce de. fer propre àno.tre. ufage , couper c.ette piece. de. fer, & enluite la rouler.
- 719. Mais voici la pratique que fuivent les ferruriers on doitfuppofer fa fente de la clef prolongée jufqu’au milieu de la tige. On prend , avec le compas , la longueur de cette fente prolongée. De cette ouverture de compas , ou décrit un arc de cercle fur une platine de fer. D’une fécondé ouverture de. compas, on. prend la, longueur qu’il y a depuis l’endroit où finit l’entaille, jufqu’à celui où étant ceniee prolongée , elle rencontre le milieu de la tige. De. qette ouverture St. du centre du cercle décrit, on décrit un fécond cercle fur la. platine d'e-fer. La partie comprilè entre ces deux cercles donne fa hauteur du. rouet. On marque en quelque endroit de Lun o.u de l’autre cercle, un pied du- rouet.. Du milieu de ce pied, on mefure une circonférence précifcment. comme on l’a fait, pour placer le lec.ond pied des rouets fimples.; ce fi-a-dite , ou. en. appliquant, trois fors la. clef fur cette circonférence , ou en en divifàntt
- (2i?ri Les bons ferruriers Allemands font femblenc les redouter , comme étant trop grand ufage de ces garnitures, qu’ils ajuf- difficiles. ten.t au compas \ au lieu que les Français,
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- en quatre ou cinq parties le demi-cercle piqué fur le palâtre, & rapportant ces diviiions depuis le premier pied jufqu’au fécond. Le fécond pied étant marqué , on tourne ces rouets , comme les fimples , fur l’étau & fur la bigorne.
- 720. Une maniéré plus fùre , mais plus longue, de faire ces rouéts, ferait' d’avoir un mandrin conique de même hauteur & de même diamètre que Je cône de l’entaille, & de forger le rouet fur ce mandrin. On pourrait même faire un mandrin pareil de cire, ou de bois , le revêtir d’une bande de papier,, jufqu’à l’endroit où le cône doit être tronqué ; on n’aurait qu’à étendre le papier fur une platine de fer, le piquer tout autour pour couper le fer à rouet; allez exactement de grandeur ; car je fuppofe qu’on aurait marqué la place des pieds fur la feuille du rouet (213). Au refte,les pieds font du côté du petit, ou du côté du grand cercle, félon le côté du rouet qui doit être attaché à la fer-rure, & félon la partie de la ferrure à laquelle il doit être attaché.
- Rouet foncé,
- 72T. On appelle rouet fonce K (fg. 12), celui qui étant fendu parallèlement à la tige de la clef, clt croifé par une entaille lemblable à celle du rouet' en pleine croix, mais placée au bout du rouet. C’eft un rouet taillé en T r par conféquent on pourrait faire le rouet foncé , en foudant ou en rivant au bout du rouet fini pie, une platine femblable à celles des rouets en pleine croix. Mais les bons ferruriers veulent qu’il foit fait fans rivure, d’une feule piece. Pour cela, on coupe une bande de fer de largeur convenable, comme pour un rouet limple : mais en la forgeant, on a attention de la tenir beaucoup plus épaiife d’un côté que de l’autre. On ferre le côté épais entre: les mâchoires d’un étau, on le frappe, on l’oblige à s’élargir. Ce dont il déborde de l’un & de l’autre côté du corps de la lame, elt ce qui forme la fon-qure. O11 la lime de chaque côté pour la réduire à la largeur convenable, & on tourne enfuite le rouet en frappant à petits coups fur les bords de la fon-çure. On a un faux rouet, c’eft ainfi qu’on appelle une platine qui a au milieu un trou circulaire du diamètre que doit avoir le rouet ; en appliquant à di-ver le s. reprifes- le vrai rouet fur le faux, on voit ce qui manque à fa courbure. Quelques ouvriers qui craignent de ne pas réuffir à tourner ces rouets, forgent une platine ronde, du milieu de laquelle ils enlevent une platine circulaire de même diamètre à peu près que le vuide qui doit être au milieu du rouet. Ainfi il leur refte une couronne circulaire , ils la ferrent dans les mâchoires d’un étau ; & en frappant fur fon bord intérieur , ils lui font un rebord s pour fournir à ce rebord, ils ont eu attention, en forgeant la platine » de la tenir plus épaiife qu’ailleurs vers cet endroit.
- (21 l) Tous ces procédés (idongs , fi minucieux , font inutiles*
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- Planche, fonde (214).
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- 722. Il n’y a guere d’efpece de garniture qui vaille celle-ci * on manque rarement de la mettre aux meilleures ferrures : quand elles font bien placées & de grandeur convenable, elles rendent les crochets inutiles. En gênerai» on appelle planche une lame parallèle au palatre qui en eft foutenue à quelque diftance. Une des dents de la clef , plus profondément fendue que les autres » tourne autour de cette planche. C’eft, pour ainii dire, un rateau qui fait tout îe tour de la ferrure , & beaucoup plus large que les autres. Prefque toutes les ferrures befnardes ont des planches , au moins toutes celles qui ont des per-tuis en ont j mais on ne les appellz planches foncées que dans les ferrures dont les clefs font forées, ou que quand la fente ne va pas jufqu’à la tige. Les autres £planchesfimples H (fg. 19). Au bout de l’entaille de la clef » on finit celle de la planche. Il y a une autre entaille , qui eft celle qui fait la fonqure, & ces deux entailles enfemble font la planche foncée. L’entaille qui fait la fonqure eft tantôt parallèle , tantôt inclinée à la tige ; fouvent elle eft renverfée, ou a des haftures; en un mot, elle eft fufceptible des mêmes variétés que les autres garnitures: nous nous tiendrons à deux différentes* qui donneront aifez d’idée des autres.
- Planche foncée en fut de vilebrequin GG (fi g. X9 ).
- 725. On commence à la faire comme fi fa fonqure était fimple, & on leâ commence toujours de même, de quelque façon qu’elles foient renverfées» Elles doivent être comme les rouets foncés d’une feule piece 9 & on les forge aufti de même; c'eft-à-dire, qu’en frappant fur le bord d’urte bande de fer on l’élargit, on lui fait un rebord de la largeur dont on a befoin. O11 tourne enfuite cette piece. Ce ferait là line planche foncée fimple ; on lui fait les ren-verfures, haftures, par le moyen de viroles & de mandrins -, comme nous l’avons expliqué à l’occafion des rouets. Nous parlerons feulement d’unfe maniéré commode de faire les planches foncées en Fût de vilebrequin. On fait une tenaille exprès; les bouts de fes deux mâchoires ont une courbure femblable à celle du milieu du fût. Une de ces mâchoires eft de plus entaillée 5 ia hauteur de cette entaille eft égale à la partie du fût prife depuis la planche jufqu’à fon premier coude, & la profondeur de l’entaille eft égale à la diftance qui eft depuis le premier coude jufqu’au fécond. D’où il eft aifé d’imaginer comment, à coups de marteau , on forme cette efpece de hafture , puifqu’il ne s’agit que d’obliger la platine à s’appliquer fur l’entaille.
- (à 14) En allemand, Krugrcife, On a des garnitures qui valent mieux que celle-ci.
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- 724. Ces fortes de planches font ordinairement foutemies par deux pieds rapportés , appelles couffinets , rivés par un bout fur la planche, &par l’autre, fur le palàtre, qui fervent auftià porter le foncet ou couverture..
- Planche foncée en fleur de lis\
- 725. On peut rapporter la fonçure à la planche, & on le fait torique cette fonçure eft d’une figure difficile à forger. Par exemple, fi c’eft une fleur de lis, on fait fa fleur de lis, & on la rive à la planche. La fleur de lis N ( fig. 12 ) fe fait de trois pièces, dont la fécondé & la troifieme font le milieu de la fleurj on fait l’une & l’autre de deux pièces droites, comme elles font re-
- ' préfentées dans la figure , en évidant une piece de fer, foit avec la lime foit avec des pointes, O11 les tourne féparément, on les aifemble, enfin on les, fonde & on les rive à la planche,
- 72 6, Reprenons plus en détail ces différens objets. La figure 7,pl. XVH\ eft un paneton qui a un rouet (impie & un rouet en pleine croix c b. A A B Ba fig. 11, fer à rouet > A A en eft la langueur , & B B la hauteur.. C Ç, les pieds, du rouet : pour avoir un rouet (impie de ferrure, il ne refte qu’à tourner çe fer j mais on lui a fait de plus les entailles.néceifaires pour devenir rouet eu pleine croix. A A font les fentes où entre la platine qui forme les bras de la croix. D eft la fente où entre le pied, ou la rivure ménagée dans la même platine. E F D , fig. 6, eft le fer à rouet précédent roulé, G G H H %fig. 21, pla-tine deftinée à faire les bras de la pleine croix, HHI, fente circulaire qui y a été faite pour laiffer paffer le rouet droit, I, le pied qui doit entrer dans l’entaille D. K , la partie qui doit faire le bras extérieur, ou celui qui eft en-dehors du rouet. L H marque par une ligne ponéhiée, la partie de la platine qui n’eft point entaillée , & qui doit s’engager dans l’entaille du rouet, La ligne ponctuée intérieure montre ce qui doit être emporté en-dedans de cette platine, NNMMOO ifig. iq, eft une pleine croix faite : on lui a pourtant ôté une partie de fa circonférence 5 & 0.11 l’a fait de même à la plupart des garnitures fuivantes , afin que l’intérieur en fût plus vifible. MM, pieds du rouet. N Ns bras extérieur de la pleine croix. O O , bras intérieur. P , bouterolle fimple,
- 727. La figure 14 eft un paneton où font taillés , 1*. un rouet qui a un fau-cillon d, & qui eft de plus renverfé en bâton rompu en e: 2°, une pleine croix renverfée en - dedans fi: 30. une bouterolle qui a un fàueillon g renverfé. T TT V V, fig. 22, fer à rouet fini ; T T T, fon faucillon 5, V V, fa renverfure en bâton rompu. X,j%. 9, bouterolle qui enX a une rainure pour recevoir la circonférence de la platine Y. Y,/g. 23 , platine qui fertà faire un faucillon rapporté à une bouterolle,
- 728. La figure 15 eft un paneton où eft entaillée une croix de Lorraine g,
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- & une pleine croix reuverfée en-dehors en A, & haftée en &. Le fer à rouet pour une croix de Lorraine ne diifere du fer à rouet A AB B, fig. n , que parce qu’il a le double de fentes, i, I, fig. 24, bande de fer fur laquelle eft attaché ie fer à rouet 2,2, qui fera la garniture des fentes kl1 ; le fer à rouet 2,2, paife au travers de la bande r , 1 , & eft replié de l’autre côté de cette bande. 4, f,6, fig. 16 , mandrin à tenailles quifert à tourner les rouets haltes & renverfés; 4, la tige du mandrin; f , fa branche qui tourne autour d’un boulon ; 6, lame de fer qui fert de moule ; 7, fer à rouet arrêté fur cette lame ; la lame 6 effc roulée en partie autour du mandrin. 8 8 8 » 9 9 »fig• 2? , la garniture de la fente kh. 8 8 8 > la partie de la croix haltée. 9 9, le bras renverfé.
- 729. Figure 13 , eft un paneton qui a i°. une bouterolle à faucillon droit / .* 2*. une fente en fut de vilebrequin /, dont la tige du fût eft croifée par une fente qui forme avec elle une croix de S. André reuverfée n. 16, fig. 26 , le moule ou la lame de fer fur laquelle 011 forme le fût de vilebrequin. 17, le fer à rouet. 18 » autre partie du fer à rouet qui paife de ce côté du moule , & retourne enfuite de l’autre. 19 , profil qui montre comment le fer à rouet paife dans fon moule. 20, 2T, 22 ,fig. 27 , garnitures des fentes l n , fig. 4. 20 , fût de vilebrequin. 22, 21 , 22,21 , croix de S. André reuverfée.
- 730. Figure 20, paneton où font taillés deux rouets en fond de cuve, qui forment auiïi des croix de S. André renverfées d’un côté; op eft une des entailles eu fond de cuve; t eft l’autre, pq eft la ligne op prolongée jufqu’au. centre de la tige ; oq eft le plus grand rayon qui fert à décrire un cercle fur le fer à rouet; p q eft le rayon qui décrit le petit cercle concentrique au précédent. ooppuu n }fig. 28 , fer à rouet coupé pour l’entaille o p de la fig. 20 ; q o, rayon égal à q o de la fig. 20 , & les q p font aiufi les mêmes dans l’une & l’autre figure, u x u font deux tiers du cercle décrit du rayon o q ; ce qu’il faut dans notre cas euo r, eft égal à la moitié de r q. y y, le milieu des pieds des rouets pris au milieu de chaque cinquième partie ou de chaque x u. 23 , 23 , le fer à rouet tourné en fond de cuve. 23,23 en font les pieds.
- 731. Figure 8, paneton qui a une bouterolle fimpleg,&une pleine croix À qui porte un rouet en S, B. 25', 2f , 26,26 ( fig. 30 ), fait voir comment on forme le rouet précédent d’une feule piece ; 25,2s eft 1e bord du fera rouet qui a été laide plus épais, & qui a fourni de quoi former l’S ; 26, 26,2f , 2% font les deux branches du fil qui fert de moule pour le tourner & rouler l’S. 27, endroit où ces deux fils font attachés enfemble. 28,28 {fig- 31 ) eft le rouet précédent fini.*
- 732. La figure 17 a une pleine croix haftée en bâton rompu C à angle aigu, & un rouet en pleine croix qui fe termine par un Y, D. 29,30 {fig. r 8 ) moule dans l’entaille duquel fe forme la hafture de la figure C. 30, petite bande de fer qui entretient ce moule. 31 , com^qui entre dans l’entaille 29,30.
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- 33 (fig- 32 ) le rouet de la figure C fini. 34 ( fig. 3 3 ) eft le rouet de l»figure Df \jà. figure 19 a un rouet E qui eft une pleine croix terminée par une H, une autre pleine croix F qui fe termine en N, & une planche foncée II G G, Figure 3J , moule fendu pour le rouet en H. 37 (fig. 36) moule fendu pour plier le rouet en N. 40,40,41,41 ( fig. 37 ) planche foncée qui commence à être contournée. 42,43 {fig. 38 ) tenailles rompues en 43 , par le moyen def-quelles on fait la renverfure de la planche. L’entaille 42 fert à faire cette ren-verfure. La partie 40 eft renfermée entre les deux branches, pendant qu’à petits coups on rabat la partie 41.
- 733. La figure 12 a 1*. un rouet fimple renverfél : 2*. un rouet en T mar-qué K i il fe fait d’une piece pareille à celle qui eft marquée 38 , 39 , 38 : 3*. deux autres rouets L M en T inclinés : 40. une planche foncée N en fleur de lis* 46 & 47 ( fig. 39 ) piece limée pour faire la fleur de lis vue de deux côtés difFé-rens. 48 (fig. 40 ) la même piece roulée. 49 , la fleur de lis finie j il n’y manque qu’à Rapporter une planche à peu près femblabJ.e à celle qui eft marquée 44,44*
- Article X.
- - jDes ferrures à bout.
- Garnitures des ferrures befnardes.
- 734, On peut tailler dans les clefs befnardes toutes les efpeces de rouets qu’on taille dans les clefs forées , pourvu que les entailles des rouets n’aillent jamais par-delà le milieu du paneton, qu’à chacun de fes bouts il y ait la même garniture, & qu’elles foient toutes deux placées Y une vis-à-vis de l’autre , fans quoi la clef ne pourrait pas entrer des deux côtés. On peut leur donner auffi des planches foncées ; mais leurs garnitures propres & celles dont nous avons à traiter, font les pertuis, c’eft-à-dire, des trous de diverfes figures percés dans la clef, dont le milieu eft également diftant de l’un & de l’autre bout du paneton. Les garnitures qui répondent à ces trous ou pertuis de la clef font toujours portés par une planche, qui n’a plus le nom de foncet, quand elle va depuis les dents de la clef jufqu’à fa tige , ou ce qui revient au même, quand elle n’a au milieu que le trou néceffaire pour laifler tourner la tige.
- 73 5. On donne à ces pertuis différentes figures dans différentes clefs. Nous en avons raifemblé des plus ordinaires & des plus difficiles à faire. Quand le pertuis 11’a point de place qu’il doive néceflairement occuper, quand il peut être plus près ou plus loin du mufeau, 011 Pappelle pertuis volant ; on appelle auffi quelquefois la garniture de la ferrure pertuis volant, lorfque cette partie de la garniture qui doit entrer dans le grand pertuis delà clef, au lieu de.faire tout le tour delà planche, n’occupe qu’une très-petite partie de cette planche. Les ferruriers appellent entr’eux ces fortes de garnitures des permis à lapro* Tome VI» E e
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- v en gale ( ). Les garnitures des pertuis fe font ou de fer mince, comme ce-
- lui dont nous avons vu faire les rouets ; & alors ils les travaillent d’une maniéré alfez femblable j nous donnerons pourtant quelques exemples de la maniéré de les tourner : ou elles fe font de fer épais , &fouvent une partie d’un pertuis eft de fer mince, & une autre partie eft de fer épais ( 216 ).
- Pertuis en cœur, en trejle ; pertuis quarrés, &c.
- 736. Tous ces pertuis font faits- de gros fer avec le marteau & la lime, ow avec des tas à étamper, pour aller plus vite , on façonne le morceau de fer de maniéré qu’il puilfe entrer dans le pertuis de la clef. On l’y fait palier d’un bout à l’autre, pour s’aifiirer qu’il a la figure convenable dans toute fa longueur : après quoi, en tournant cette piece, on lui donne une courbure qui n un rayon plus grand ou plus petit, félon la diftance du centre de la clef à laquelle eltle pertuis qui doit recevoir cette piece. Si fa place eft à l’extrémité de la planche la plus proche du centte , on crcufe tout autour du pertuis une1 entaille dans laquelle 011 loge le bord de la planche : c’eft de quoi on peut voir des exemples dans le pertuis en cœur, qui eft repréfentepl. XVIII , fig. 2. Et pour faire entrer la planche dans ce pertuis , on fronce un peu la planche par-derriere, on lui fait deux plis qui l’ouvrent un peu vers le centre ; alors on place le pertuis , après quoi l’on rearëlfe la planche. A d’autres pertuis qu’on veut mieux alfujettir, on fait une fente qui les traverfe au milieu ; on laiilè un pied à la planche, qui entre dans cette fente, & on rive ce pied en-dedans du pertuis. Quand ce pertuis doit être entre les deux circonférences, on l’ouvre en deux dans la plus grande partie de fa longueur ; on le laiife feulement fermé près de fes bouts , & au contraire on fend les deux bouts de la planche (217). On la fait entrer doucement dans la fente du pertuis , les deux bouts du pertuis palfent entre les fiennes. On fertit enfuite ce pertuis -, & fi l’on veut encore l’arrêter plus finement, on perce un ou deux trous dans la planche & le pertuis , & on y met des rivures.
- 737. Les garnitures à pertuis de fer mince fe façonnent ordinairement dans des efpeees de moules. Par exemple, le pertuis en fût de vilebrequin, fig. 4, fe fait d’une lame qui a autant de longueur que le pertuis a de circonférence , & un peu plus de largeur qu’il n’a de hauteur. On a un moule entaillé en deux endroits, où l’on fait paffer les deux côtés de cette lame: après quoi
- Cette garniture s’appelle en ail. magne, au contraire, & en Suiffe, on eft îine Bcfützangmit einetn gcradeti Reif und perfuadé que les garnitures foudées font mit eirtem Kulben. beaucoup plus durables, fi la foudure eft
- (2î6) En France on n’a pas coutume de bien faite, fonder les garnitures, G’eft pour cela que (217) Ce procédé vaut mieux que celui notre auteur n’en parle pas Ici En Aile- quia-été décrit précédemment.
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- ’on les replie , on tourne le rouet fur fon moule { 21 g ) , & on coupe ce moule pour en ôter le rouet. L’explication de la planche fuppléera à ce qui pourrait manquer pour la parfaite intelligence de la fabrique de ces fortes de garnitures. On verra comment fe font les pertuis en ancre, en croix de chevalier de Malthe, en chapeau, &c. Nous ferons feulement remarquer comment s’ajuftent fur la planche les pertuis en fût de vilebrequin, en fond de cuve, en M , & autres pareils. Ils fe placent à peu près comme les pleines croix. On entaille feulement les bouts du pertuis, & au milieu on lui fend un ou deux trous pour laiifer paifer des pieds ; enfuite on fend la planche dans une circon-rence égale, &l femblable à celle qui eft entre les deux fentes les plus proches des bouts du pertuis ; en fendant la planche , on lui lailfe autant de pieds qu’on a fait de fentes dans la circonférence du pertuis entre celles des bouts ; & enfin on aifemble les pertuis dans leurs planches , comme nous avons vu aifem-filer les bras des pleines croix avec leur rouet. Il y a des clefs qui ont des pertuis qui ne tiennent point à d’autres entailles , ce font des trous ifolés. On a vu des exemples de ces pertuis dans les clefs des ferrures antiques, appel-lées modernes. On en voit aifez fou vent à des clefs de ferrures d’Allemagne. Ces fortes de pertuis demandent dans la ferrure des garnitures difficiles à faire & fort mauvaifes , puifque la ferrure où elles font ne peut jamais fe fermer qu a un demi-tour de clef. On en entendra aifez la raifon, & on verra tout ce qui eftiiéceifaire à la fabrique de ces garnitures, fi l’on confulte la planche des ferrures appellëes modernes, où leur intérieur eft repréfenté.
- Rateaux.
- 738- Les feules garnitures dont il refte à parler, font les rateaux; ordinairement ce font des lames foutenues les unes au-delfus des autres par une tige commune , parce que les fentes du rouleau de la clef font à angles droits. Mais quelquefois la fente droite fe termine à une fente ronde, celles-ci demandent des rateaux qu’on nomme en pomme. Quelquefois cette fente de la clef repréfente un cœur, alors le rateau eft en cœur ; en un mot, on peut donner toutes fortes de figures aux fentes des rateaux de la clef, & toutes ces figures n’engagent à aucune explication. Pour la façon des rateaux des ferrures, ce font de petites pièces aifez maffives, taillées dans une piece plus groife qui leur fert de tige commune.
- 739. Entrons dans quelques détails fur ies garnitures des ferrures'b efnar-des. 'La figure 1 eft un paneton qui a un pertuis à tiers-point , & un pertuis
- (2 ig') On plie l’anneau en rond fur une mand , halbe Kruckreife. On les prêtent à bigorne ;& dès qu’il a la rondeur qu’on de- Leipfick aux appremifs, pour faire leur iîre , on coupe l’anneau en deux pour faire chef-d’œuvre, la garniture. Les rouets -s’appellent en alle-
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- Volant à chapeau , avec deux rateaux eii pomme. *z, le perttiis en tiers-point ou à jambes, bbc, le pertuis en chapeau ; b b, font les rebords du chapeau ; c * la forme. A A B B C D eft la garniture de la ferrure qui convient au paneton précédent ; on n’a pris qu’une partie de la circonférence de cette garniture, & une partie de la planche 3 on a fait de même dans les figures fembla-bles. A A B B , partie de la planche. C C C, pertuis en chapeau. D D, pertuis en tiers-point ou à jambes. F F G , planche qu’on a foncée en F F pour l’ouvrir par-devant & recevoir le pertuis FI. H, pertuis en tiers-point, le même que celui D qui a une rainure en H pour recevoir la planche. I, piece préparée pour faire le pertuis en chapeau , & en état d’être tournée. K, tas cannelé dans lequel on étatnpe dés pièces deftinées pour des pertuis de différentes figures. L, la cannelure où la piece I a été étampée. MM , rateaux en pommes , qui répondent aux rateaux dd de la clef.
- 740. La figure 2 eft un paneton dont le pertuis eft un cœur percé par une fléché 3 e,le cœur 3 /,1a fléché. N NO O, la garniture delà figure 2. PP, le cœur. Q_Q_, la fléché. R, l’une des moitiés du cœur qui fe rive en-deflus ou en-deflbus de la planche -, à caufe que le cœur femble percé par un fléché. S, les deux moitiés du cœur appliquées l’une fur l’autre. T , piece dont on fait -le cœur. V V X X X , la fléché fendue en XXX pour laifler pafler la planche.
- 741-. Figure 3 , paneton avec un pertuis en trefle, & un pertuis à chapeau > ‘dont les entailles font différemment difpofées de celles de la figure 1. g, le pertuis en trefle. h, le pertuis en chapeau, i ikk9 garniture du paneton précédent. mmm, le trefle. ///, le chapeau, n, fer rond plié pour faire deux des parties du trefle. o , deux de ces morceaux de fer tournés.
- 742. Figure 4 eft un paneton qui a un pertuis quarré avec un fût de vilebrequin ( 219). Pi le pertuis quarré. q , le fût de vilebrequin, rr s s ttuu* la garniture de la figure précédente, ttt, eft le fût du vilebrequin. uuu,\q pertuis quarré. xxyy, moule fur lequel eft la piece qui doit faire le fût du vilebrequin, v2-, coupe du moule précédent qui montre le fer à rouet plié fur fon moule. / 4, le fût de vilebrequin3 on voit en u'11 de fes bouts £ comme il eft taillé pour recevoir la planche3 & en i, une autre entaille où entre le pied de la planche. 2 -, 3 -, 4, 5 -, planche de la garniture précédente. Les parties { { du fût de vilebrequin fe placent en 2,2. 3,3-, l’endroit où la planche eft entaillée pour laifler pafler la moitié de la hauteur du fût de vilebrequin. 4, pied du rouet qui fe loge dans le tronc du fût de vilebrequin.
- 743. Figure 5 eft un paneton qui a un pertuis fendu en cœur & croix dé Saint-André.'6, le cœur. 7, la croix de Saint André (220). 8585 9,1a garniture dé ce paneton 5 8 , 8 3 la croix de S. André 3 9 , le cœur. 10, le cœur
- é«2o) Cette piece s’appelle en ail. einfachcr Ster-n*
- (219) Eft ail, lïruckreif.
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- îeparé. il, eft la même garniture engagée dans le paneton. 12,12 , une des pièces qui forment la croix de Saint-André » entaillée en 12, 12, pourlailfer palier la planche. 13 , 14 & 1 f, l’autre piece.
- 744. La 6 elt un paneton percé par un permis en cul-de-lampe , & un en M, & dont deux rateaux font fendus en fond de cuve. 16, le cul-de-lampe. 17, l’M. i8 5 19,19 5 la garniture de ce paneton ; 18 , le cul-de-lampe j 19, 19, l’M.. 20, moule dans lequel on forme l’M. 21, la lame de fer dont l’M eft faite. 22, le coin qui la fait entrer dans ce moule. 23 eft le profil du moule. 24, celui de l’M. 2S , celui du coin,
- 74f. Figure 7, un paneton percé par un pertuis en ancre avec fonjas. 26 elt cette ancre. 28, 29, elt la garniture du paneton précédent. 28 elt l’ancre. 29,29, le jas formé par une piece femblable à celle des pertuis en chapeau. 30 , piece préparée pour faire les bras de l’ancre. 3r, piece pliée qu’il ne relie plus qu’à rouler pour faire les bras de l’ancre,
- 746. ’ La figure 8 elt un paneton dont le pertuis elt une croix de chevalier deMalthe. 33, la garniture de la figure 8. 34,3^, piece prête à finir qui fait deux des branches de la croix de chevalier. Quand on l’attache avec des rouets, on la fend en deux félon la ligne 34, 3<j. Une de ces parties fe met en-delfus, & l’autre en-delfous, & elles forment les deux branches qui font divifées par des lignes ponctuées. 36,3 6, une desdeux autres branches de la croix de chevalier deMalthe prête à être roulée. 37, la même roulée.
- Article XL
- Où Von examine ce qiCon peut fe promettre de fureté de chaque efpece de ferrure, félon la façon dont elle eft garnie & attachée.
- 747. Le principal fruit à tirer des articles précédens pour ceux qui ne font pas ferruriers, eltdefavoir jufqu’à quel point 011 peut compter fur une ferrure, & comment elle doit être conftruite pour être le plus fûre qu’il eft pof. fible. Mais pour entendre quelles font , des parties décrites ci-devant, celles qui les rendent plus fures , il faut nécedairement expliquer comment 011 ouvre ou force une ferrure lorfqu’on n’a point fa clef. Ne craindra-t-on pas que nous 11e donnions en même teins des leçons aux voleurs? Il n’y a pas grande apparence qu’ils viennent les chercher ici, & qu’ils en aient befoin; ils font plus grands maîtres que nous dans l’art d'ouvrir les portes. Apprenons donc l’art d’ouvrir les portes fermées , afin d’apprendre celui de les fermer d’une maniéré qui ne laide rien ou qui laiffe peu à craindre.
- 748. Pour mettre cet article en ordre comme les autres, uo.us lui donnerons deux parties. Dans la première, nous verrons comment on peut ouvrir une ferrure dont on n’a point la clef, par l’ouverture qui laide .pader la clef j
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- mais afin que le remede fuive de près le mal, nous parlerons enfuité des garnitures qui mettent la ferrure à l’abri de toutes les tentatives qu’on peut faire par cette voie. Dans la fécondé partie , nous parcourrons les différentes maniérés dont on ouvre les ferrures , foit en faifant de nouveaux trous à la porte., foit en forçant l’une ou l’autre ; & nous tâcherons d’indiquer les meilleurs moyens de les mettre à couvert.
- 749. La maniéré la plus fimple d’ouvrir une ferrure dont on n’a pas la vraie clef, c’elt de la tâter-avec une autre clef. Il n’eit que trop ordinaire de trou*, ver des ferrures qu’un grand nombre de clefs ouvrent , pourvu que la hauteur de leur paneton nefurpaffe pas celle de l’entrée : ce qui vient en général, ou de ce que la ferrure 11’a pas allez de garnitures , ou de ce que les garnitures ont trop de jeu dans les entailles de leur clef; car il une ferrure était remplie de beaucoup de garnitures différentes , & que les garnitures fulfent, pour ainfi dire , moulées dans les entailles d’un paneton, qu’elles euffent précifé-ment la même épaiifeur & une hauteur égale à la profondeur des entailles, il ne ferait peut-être pas polîible de trouver une autre clef qui pût ouvrir cette ferrure. Mais la choie n’eft pas ordinairement fi difficile ; les ouvriers font prefque toutes leurs garnitures d’une tôle qu’ils choififient plus mince que les entailles de la clef, dans lefquelles les garnitures doivent paifer, afin d’avoir moins de fujétion. D’ailleurs , pour le courant, ils ne font que quatre ou cinq fortes de garnitures ; ce font ou des rouets firnples ou des pleines croix , fi la ferrure eft à broche; ou quelques planches fimpks avec des pertuis de deux ou trois fortes , fi la ferrure eftbefnarde : d’où iln’eff pas furprenant que des clefs ouvrent des ferrures pour lefquelles elles n’ont pas été faites.
- 7<jO. Il y a d’ailleurs une efpece de fymmétrie qu’011 affede ici, & qu’il ferait bon de s’attachera éviter. Je veux dire qu’011 donne, par exemple, une même largeur & une même profondeur à toutes les entailles qui féparent les dents , qu’011 fait toutes les entailles des rouets à peu près également larges ; au lieu que fi l’on variait bizarrement ces épailfeurs dans chaque clef, & qu’011 prît la peine de faire des garnitures plus épaiifes pour les plus larges entailles , & plus minces pour les plus étroites, & qu’on variât plus les polirions de toutes ces entailles qu’01111e fait; que les rouets fulfent tantôt plus & tantôt moins éloignés de la tige; que les dents eufiènt des largeurs inégales différemment combinées dans chaque clef: il ferait bien rare d’en rencontrer une qui ouvrît une ferrure pour laquelle on ne l’aurait pas faite. (221 )
- 751. Mais les ferrures communes , loin d’avoir ces perfections , font encore fouvent plus mauvaifes qu’elles 11e paraiffent; 011 croit qu’elles ont au
- (221) Si les garnitures font faites comme foit impolfible d’ouvrir avec une clefétranu il faut, il fuffit que la clef en différé de Té- gere. paiffeur dune feuille de papier, pour qu’il
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- moins les garnitures que demandent les entailles qui font à leur clef ; & on fuit ces entailles pour le faire croire. Cependant telle clef a un rouet en pleine eroix, dont la ferrure n’a qu’un rouet (impie ; fouvent de deux rouets marqués fur la clef, la ferrure n’en a qu’un. Un rouet, une planche, un pertuis n’occupe quelquefois qu’une partie de la circonférence qu’elle devrait avoir.. Cela e(l fur-tout ordinaire aux ferrures de balles & de clincaillers. De cent perfonnes qui en achètent, il n’y en a pas une qui s’avife de les faire démonter pourvoir fi leur intérieur a toutes les garnitures que la clef lui donne; à peine trouve-t-on cette centième perforine qui fâche quelle garniture de la ferrure convient à chaque entaille de la clef. L’ouvrier qui connaît l’ignorance où l’on eft fur cet article, & qui veut gagner du tems , s’épargne une façon dont on ne lui tiendrait pas compte.
- 7^2. Mais paifons à une maniéré d’ouvrir les (errures , qui demande plus de fcience qu’une clef de lia lard. O11 connaît aifez la figure des crochets (222) avec lefquels on ouvre la plupart des ferrures dont on a égaré les clefs. On fait que ce fout de gros fils de fer recourbés près d’un de leurs bouts, & que c’eft par le moyen de pareils crochets que les ferruriers font leurs premières tentatives fur les ferrures qu’on leur donne à ouvrir.
- 753. Pour voir comment on fait ufage du crochet, il faut fe fou venir que quand la clef ouvre, elle fait ordinairement deux chofes : elle éleve un reifort, & pou(Te les barbes d’un pêne. La partie du crochet qui eft depuis l’endroit où le fil de fer a été recourbé jufqu’au bout qui en eft le plus proche , tient lieu du paneton; elle ne doitauiïi avoir au plus qu’une longueur égale à la hauteur du paneton , ou à celle de la hauteur de la clef , puifqu’on la fait entrer dans la ferrure par cette ouverture, comme le paneton de la clef. Le refte du crochet tient lieu de tige. Pour faire agir plus commodément ce crochet, ôtons toutes les garnitures de la ferrure, nous les lui rendrons dans la fuite, & nous remarquerons en même tems qu’elles euflènt mis obftacle à l’adion de notre crochet.
- 754. Si la ferrure où nous l’avons fait entrer eft à un tour & demi, & que fon demi-tour ne foit fermé que par le reifort qui pouffe la queue du pêne, c’eft le cas le plus (impie, & celui où l’on fe trouve fouvent lorfqu’on tire la porte d’une chambre où l’on a laide la clef; le pêne n’eft alors qu’un ver-rouil appuyé par un reifort, par conféquent il n’y a qu’à chercher avec le bout du crochet une barbe du pêne, & après l’avoir rencontrée, la pouffer aifez fort pour faire céder le reifort ; on fait marcher le pêne, & on l’ouvre.
- 755. Mais fi le pêne eft fermé à un tour & demi , ou qu’il foit un pêne dormant fermé à un ou à deux tours , ce n’eft plus aifez alors de rencontrer
- (322) En allemand , Dictrichte, ou Auffperrhaacken.
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- la barbe du pêne, il faut foulever la gorge du relfort pour faire fortir l’arrêt du redort de fon encoche, & c’eft par-là qu’on commence. Le relfort étant foulevéjon introduit un fécond crochet: pendant qu’on tient avec la main gauche , ou de quelqu’autre maniéré, le premier dans la pofîtion où on l’a mis pour élever le relfort, on cherche avec le fécond la barbe du pêne; & il eft aifé de faire céder le pêne , quand on l’a trouvé ; rien ne le retient.
- 7<)6. Quand le pêne eft en paquet, quand il porte lui-même la gâchette qui fert à l’arrêter, un feul crochet peut ouvrir la ferrure; car ayant foulevé cette gâchette, iln y a qu’à la pou-fer dans le même fens qu’on poufferait le pêne pour le faire marcher; & on produit le même effet, puifqu’elle tient au pêne & qu’ils marchent enfemble (223). Ainfi l’on remarquera que cette façon d’arrêter le pêne eft bien moins bonne que celle de l’arrêter avec un grand ref fort pofé au-deffus de ce pêne, ou avec une gâchette dont le pied eft rivé fur le paîâtre, puifque dans le premier cas on ouvre le pêne avec un feul crochet, & que dans le fécond il en faut deux.
- 7^7. Donnons à préfent à la ferrure deux arrêts, dont l’un dépend d’un grand relfort, & l’autre d’une gâchette dont le pied eft rivé fur lepalâtre: il faut alors qu’un troifieme crochet vienne au fecours des deux premiers : ils font chacun employés à lever une gorge de relfort. La ferrure en eft par con-féquent plus difficile à ouvrir (224) ; il n’eft pas aifé d’arranger trois crochets , & fur-tout quand il y a des garnitures que nous allons bientôt conli-dérer ; car li elles donnent palfage à un crochet, elles 11e le donneront pas à deux ou trois.
- 7^8. Il ne faut pas un lî grand appareil pour ouvrir une ferrure befnardc à tour & demi qui a un bouton , lorfqu’on eft du côté du bouton , ou , ce qui eft la même chofe , en-dedans de la chambre ; car fi ces ferrures 11’ont qu’un feul relfort, ce qui eft le cas ordinaire , on peut les ouvrir même avec un clou ; on fouléve le relfort avec la pointe du clou , & on ouvre le pêne en tirant le bouton.
- 759. La prudence ne voudrait pas qu’011 confiât rien de précieux à des ferrures qui ne font pas à l’épreuve des crochets : 011 le fait cependant tous les jours. Ils peuvent ouvrir la plus grande partie des ferrures befnardes, malgré leurs garnitures. Un exemple pris de ces ferrures aidera à nous faire entendre tout ce qui regarde les autres. Choifiifons-en une qui ait, comme le paneton le demande, pour garnitures deux rouets & une planche garnie d’unpertuis. O11 obfervera que dans cette ferrure, & généralement dans toutes
- (223) Cela rieft pas aulfi aifé que notre au- (224)11 eft impolfible d’ouvrir depareil-
- teur le fuppofe , parce qu’on ignore quelle les ferrures fans les gâter, eftlaftruriure intérieure de la ferrure.
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- les autres, il y ami vuide qui répond à ce qui .eft en plein dans le paneton de lajclef> or le vuide qui laide entrer ce paneton, laide toujours entrer le crochet. Dans notre exemple , le crochet étant entré, n’a qu’à avancer jufqu’à un des bords de la planche j là il rencontre le vuide qui eft entre cette planche & le rouet, & peut librement aller chercher les barbes du pêne ou la gorge du reübrt. De même un autre crochet a libre palfage de l’autre côté de la planche entr’elle & le fécond rouet, pour aller chercher auifi ou les barbes du pêne ou les gorges du redfort. Ces crochets peuvent avoir chacun un diamètre preft que égal à la largeur de la partie du fer qui eft comprife entre la planche & le bout de chaque rouet, ce qui fuffit pour qu’ils aient une force allez confidé-rable. Si les rouets de la clef étaient fendus plus avant, qu’ils allalfent pref-que jufqu’à la planche, il n’y aurait de pailâge que pour un crochet trop faible i mais la clef deviendrait elle-même trop faible, une de fes parties ne tiendrait plus qu’à un hlet : il faut toujours que les entailles lui laiflent une certaine force } mais on voit que toutes celles qui tailleront aux crochets un chemin pareil à celui que nous venons de. voir , comme le laiifent prefque-toutes les ferrures befnardes, pourront être ouvertes par deux ou trois crochets.
- 750. Pour boucher le palfage aux crochets, il faut donner aux garnitures de ces ferrures une planche foncée qui aille croifer fur les rouets ; que le paneton foit entaillé de façon que les gorges des relforts & les barbes du pêne foient à couvert, & il n’y a plus moyen que les crochets puiifcnt aller les rencontrer. Cette garniture vaut mieux que tous les pertuis les plus difficiles à
- faire (22O- •*
- 761. On donne quelquefois aux ferrures befnardes un canon qui reçoit la clef & qui tourne avec elle. Ce canon tournant eft une bonne efpece de garniture , fur-tout fi 011 le fait un peu gros i il reçoit à la vérité le crochet comme la clef, & le crochet peut le faire tourner j mais fi ce canon a alfez de diamètre» il 11’eft pas poilible.au bout du crochet d’atteindre les barbes du pêne, ni leg gorges des reiforts.
- 762. Les ferrures à broche font plus aifées à être mifes à l’épreuve des crochets que les ferrures befnardes ; on n’y eft point gêné à mettre des entailles égales à l’un & à l’autre bout du paneton, & chacune des entailles parallèles à la tige ou des rouets peut aller plus loin que le milieu des panetons, ce qu’on 11e peut faire <dans les ferrures befnardes : cependant, fi ces fortes de ferrures ne font garnies que d’une pleine croix ou d’un rouet renverfé, qui font les garnitures ordinaires., il eft toujours aifé aux crochets de les ouvrir:;
- (22O Mais avec de pareilles ferrures , il doute forte de ferrures ; ou s’ils n’y réufllC-faut bien fe garder de perdre la clef. On fent. pas du premier coup , on doit fe garder* voit encore qu’il n’eft pas julte d’exiger des de les accufer de mafadrefle. ferruriers qu’ils ouvrent indiftinétemenc
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- J R T DU SERRURIER,
- e’eft ce que l’on verra, fi l’on examine des panetons qui n’ont que de ees fortes d’entailles ; le plein qui refte à la clef montrera le vuide qui refte dans la ferrure four le jeu du crochet..
- 76"3. Les planches foncées font excellentes dans ces ferrures comme dans toutes les autres , contre les crochets, pourvu que la dent qui preife les barbes & celle qui fouleve les reiforts, foient les deux plus proches de la planche ; car alors la ferrure metfurement à couvert des crochets les parties contre lqf-quelles ils devraient agir.,
- 764. Mais on garnit ces fortes de ferrures d’une maniéré très-fimple, très-fûre & à peu de frais.. Si elle n’eft pas plus en ufage, e’eft apparemment parce qu’elle n’orne pas allez la clef, & que l’on veut de l’ornement par-tout. On fend trois rouets dans la clef, deux à l’un des bouts du paneton , & l’autre à l’autre bout entre les deux précédens. On les fait aller chacun par-delà le milieu de la clef, de forte qu’ils fe croifent tous. Si les trois rouets de la ferrure ont une hauteur égale à la profondeur de ceux de la clef, il 11’y a point de crochet qui puilfe approcher des barbes & des gorges j la ferrure en devient encore plus fûre , lorfque le paneton où font fendus les rouets précédens , cil en S.
- Fin du texte, de M, JR.eaumnn
- *...... "T.-sr^a ,=r. . ;- '---L—g=sg===a»
- CHAPITRE VI.
- De la ferrure des équipages, & particuliérement des r efforts*
- 765". ]£l eft très-important à un carrolfe & à une berline d’être alfez légère pour ne point trop fatiguer les chevaux ; mais il faut d’un autre côté qu’elle ait de la force : car un équipage fouffre beaucoup , fur-tout quand on le mene Vîte. Pour fatisfaire à la première condition , les charrons & fur-tout les me-nuifiers'tiennent' leurs bois le plus minces qu’ils le peuvent y & pour remplir la fécondé, on fortifie les alfemblages avec du fer. Ces ferrures font faites les unes parles maréchaux , & les autres par les furruriers ; quelques parties même font faites, tantôt par les maréchaux, & tantôt par les ferruriers, fuivant le degré de propreté qu’on veut donner à ces ouvrages : car ceux qui fortent des mains- des- maréchaux, ne font jamais auifi propres que ceux que travaillent les ferruriers. Pour les ouvrages où l’on exige de la magnificence, les ferruriers emploient même le feeours des cifeleurs & des doreurs ; mais nous devons nous renfermera ne parier que des ouvrages de pure ferrurene, puif-qu’on traitera ces autres arts à part. Je vais commencer par détailler les
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- A K T DU S E R RU RI E R.
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- ouvrages qui font toujours faits par les ferruriers, qui appartiennent à la caiife des voitures. Je dirai enfuite quelque choie des ouvrages qui regardent le train* & qui font faits, tantôt par les ferruriers, & tantôt par les maréchaux. Je parlerai enfin des reiforts, parce qu’ils font toujours faits par les ferruriers j je ne dirai rien des elïieux, des bandages des roues & des bandes qui fortifient les brancards, ces parties étant toujours faites par les maré-= chaux.
- Article premier.
- Des ouvrages de ferrurerie qui appartiennent à la caijfe.
- 766. Les tenons & les mortaifes que font les menuifiers de carroifes font fî faibles qu’ils feraient bientôt briles, ii on ne les fortifiait pas par des équerres de fer, dont 011 varie beaucoup la forme, pour qu’elles s’ajuftent aux contours des bois fur lefquels on doit les appliquer. Les unes font pliées fur le plat* pi. XIX, fig. r ; d’autres, furie tranchant du fer. Quelques-unes ont trois bandes , fig. 2 d’autres n’en ont que deux. Celles qui font en-dedans de la caiife font moins finies que celles qui font en-dehors : les unes font attachées avec des clous à tête ronde j d’autres, avec des clous rivés fur lequerre qui eft en-dedans > d’autres, avec des vis ; d’autres ^fig. 3 , au lieu d’une branche , ont une patte i 011 s’en fertdans les cas où l’on eif obligé de les attacher fur la largeur d’une traverfe. Et pour empêcher les traverfes d’en-bas de la caiife de s’écarter, on met par-delfous la caiife une bande de fer plat, fig. 4, terminée à chaque bout par une patte. O11 met auiïi quelquefois au dos des cailfes une tringle menue ( 226 ), fig. 6, terminée par deux vis.
- 767. Four attacher la caiife aux foupentes , 011 met par-delfous une bande de fer plat, fig. <;, attachée par des clous à vis qui traverfent le bâti de la caiife, fon brancard ( 227), & la bande de fer fur laquelle on met les écrous. Cette bande eft quelquefois terminée par une main , d’autres fois par deux, pour recevoir les foupentes qui embralfent un boulon à vis, fig. 7 5 il y a fur les côtés, à l’avant ou à l’arriere, des pitons à charnière ( 228 ) fig- 8 5 qui fervent à retenir les guindages.
- 768- Pour ferrer les portières des chaifes de pofte, qui s’abailfent en-devant, telles que celle qui eft repréfentée fig. 9 (*), ily aau bas deux couplets ou pattes à charnière ou fiches A, qui permettent à la portière de s’abailfer & de fe rapprocher du corps de la chaife. Quelquefois dans la trayerfe B B, on loge deux verroux D E& un pignon F (fig. io), quife ferment au moyen d’un
- (226) En allemand , eïne Spilïe. ( * ) On appelle ces portières à la Toü'.
- C227) En allemand, Sckwelkr. loupe.
- {2zS) En allemand , Sckwungringe. F f ij
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- petit relient, & qu’on ouvre avec des olives G, fig. n. On peut fupprimer cette ferrure aux chaifes de pofte: quand les montans de la portière ont une pente conlidérable en-dedans, la portière s’appuie d’elle-mème dans la feuillure avec allez de force pour qu’elle ne s’ouvre point, même quand les brancards portent à terre. Il y a des chaifes dont la portière du devant s’ouvre horifontalement ; & eu ce cas, afin qu’on puilfe defcendre des deux côtés fans être incommodé par la portière, on met fur les deux montans qui forment les bords de la portière, des fiches à gonds, & il y a dans l’épai-feur du pa-neau un levier qui fait fortirle gond des noeuds qui font du côté qu’on veut ouvrir, par exemple, du côté droit. Alors la portière peut s’ouvrir de ce côté-là ; & du côté gauche, la fiche reftant avec leur broche ou gond , la portière roule fur fa charnière. Quand ou ferme la portière, la broche du côté droit retombe dans les nœuds de la fiche, & l’on eft maître de foulever la broche qui enfile les nœuds des fiches du côté gauche, fi l’on veut l’ouvrir de ce côté-là. Cette efpece de ferrure eft détaillée dans le chapitre des ferrures.
- 769. A l’égard des portières des carrolfes & berlines, qui s’ouvrent hori-fontalement, elles font ferrées avec des fiches à vafe, mais qu’011 fait prefque toujours de cuivre doré : ainli elles ne font point du diftridt du ferrurier (229). On les tient fermées par un loqueteau B (7%. 12}, foulevé par une broche C qu’on fait tourner au moyen d’un anneau A qui eft ordinairement de cuivre doré > ou bien le loqueteau B eft foulevé par une olive de cuivre doré qui fait tourner la broche C : dans l’un & l’autre cas , le loqueteau tombe dans une gâche qui eft ferrée dans l’épailfeur du montant, ou dans un crampon doré, attaché avec des vis fur le montant.
- Article IL
- Des ouvrages de ferrurerie qui appartiennent au train.
- 770. Il eft très-probable que les premières voitures roulantes étaient fort approchantes de nos charrettes ou des chariots ; ceux qui s’en fervaient étaient expofés à y recevoir tout le choc des cahots ; on les a rendu un peu plus fupportables en fufpenda'nt la caille par des chaînes ou des courroies obliques. C’eft ainli qu’étaient fufpendus les carrolfes à fléché, & que le font encore les carrolfes de voiture. Les équipages font devenus encore beaucoup plus doux, au moyen des. foupentes horifontales qu’on emploie fi utilement pour toutes les berlines, les chaifes légères & les cabriolets. Dans ce cas (7%. 13 ), le
- (229) En Allemagne & ailleurs, cet ouvrage fe fait par les ferruriers.
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- brancard AB du corps de la berline a en-deffous une forme arrondie qu’on nomme le bateau j la foupente CD eft attachée folidement par un bout à la traverfe du devant C, & elle répond par-derriere à un petit treuil G ( fig. 14 ) fur lequel on la force de fe rouler au moyen d’une forte clef E qui fournit un grand levier -, St ce petit treuil ne peut tourner en fens contraire , parce qu’il elt arrêté par un linguet L {fig. 15 ) , qu’on nomme trappe, qui prend dans les dents des roues F {fig. 13) qui font dentées obliquement & enarbrées aux extrémités du petit arbre ou treuil G , fur lequel l’extrémité D de la fou-pente elt roulée, étant arretée par une cheville de fer nommée dent de loup (230 •, qui traverfe la foupente, & entre dans une ouverture pratiquée au milieu du petit arbre G. Les roues dentées F ont à leur centre un trou quarré dans lequel entre l’extrémité quarrée de l’arbre ou treuil. Ainli elles ne peuvent tourner fans que le treuil ou l’arbre tourne. Mais il faut que le treuil foit fermement attaché aux traverfes du derrière du train de la berline. C’eft à cela que fervent les fupports H {fig. 16), les arcboutans I, & les jambes de force K que l’on contourne de différentes laçons pour les ajufter aux différentes maniérés dont les bois du train ont été difpofés par le charron. Il y a une picce de fer plat L , fig. 1S , qui s’accroche dans les dents des deux roues pour les empêcher d’obéir aux ioupentes qui font effort pour fe dérouler de deifus l’arbre. Cette piece fe nomme , comme je l’ai dit, la trappe. Comme toutes les pièces du train d’un équipage fouffrent beaucoup , 011 les fortifie par des arc-^boutansj les uns A {fig, 17) font droits, & les autres B {fig. 18) font plus ou moins ceintrés; & comme à chaque équipage ils prennent des figures & des contours différens, nous nous contentons d’en repréfenter deux qui pourront donner une idée des autres. Autrefois le fiege du cocher était porté par des pièces de bois qui étaient à l’avant, & qu’on nommait moutons ; mais maintenant on fait les moutons en fer A {fig. 19), & 011 fortifie ces porte-fieges par l’arc-boutant B.
- 771. La plupart de ces ferrures qui appartiennent au train font faites par les maréchaux groiïiers. On n’a recours aux ferruriers que quand on veut des ouvrages très-recherchés*, encore tousles ornemens qui tiennent de la fculp-ture (ont-ils faits par des ferruriers-cifeleurs : c’eft pourquoi nous croyons devoir nous difpenfer d’entrer à ce fujet dans de grands détails. Nous nous contenterons de dire que, pour les ouvrages (impies , on ébauche les moulures à j’étampe, & que pour les beaux ouvrages très-recherchés , on les fait entièrement avec la lime, les burins , &c. Tous les aiïemblages du train font fortifiés par dés bandes de fer, des liens, &c. qui font toujours faits par les maréchaux.Mais j’infifierai fur les refforts, qui fe font toujours par les ferruriers.
- (z%o) En allemand, Haackcœ.
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- Article III,
- Des refforts>,
- 772. On gagne beaucoup de douceur en fufpendant les cailfes en berlines par des foupentes horifontales ; mais les voitures font encore tout autrement douces quand on les fufpendavec des reiforts d’acier. Il eft probable que les premiers reiforts qu’on a appliqués aux voitures étaient de bois AA (fig. 2o)ï & comme ces reiforts n’étaient, à proprement parier, que des perches ployantes , 011 a commencé par leur fubftituer des barres d’acier c-ontournées comme il convenait. Mais on n’a pas été long-tems à imaginer qu’on ferait des reiforts bien plus parfaits & plus lians, en joignant les unes aux autres un nombre de lames d’acier qui toutes enfemble formeraient un feul reifort > ce font ces reiforts (fig. 21 ) qui font maintenant en ufage, & dont nous devons parler.
- 773. Les ouvriers nommentfeuilles de refifiort, les lames d’acier dontl’aifem-blage forme un reifort ; & tous les reiforts des équipages font des paquets de feuilles d’acier pofées les unes fur les autres (231) ; de façon que la première a plus longue que toutes les autres * furpaiîé la fécondé b ; la fécondé , la troiiîe-me c , & ainfi des autres. Toutes ces lames font arrêtées les unes fur les autres par un ou plufieurs boulons A. Plus les lames font minces , & en même tems plus leur nombre eft grand* plus les reiforts font lians. Il faut de plus que la force des reiforts foit proportionnée à la pefmteür de la voiture ; un cabriolets qui aurait des reiforts très-roides * ferait auifi rude que s’il n’en avait point, parce qu’ils ne plieraient pas ; & un reifort faible ire pourrait pas fupporter une voiture fort pelante. Un paquet de feuilles difpofées comme nous venons de le dire * eft appelle par les letruriers un coinde refifiort. Quelques reiforts ne font compofés que d’un feul com ou paquet de feuilles ; tels font ceux des brouettes (fig. 22), & du devant des chaifes, quand on en met à cet endroit; ou des voitures de la cour. Tous les reiforts des voitures peuvent fe réduire au Coin ilmple dont nous venons de parler , mais qu’on difpofe de bien des façons différentes , comme nous le ferons voir dans la fuite* Ainfi l’article principal & par lequel nous devons commencer , fe réduit à bien expliquer comment 011 doit faire un troin de reifort.
- 774. Le fer ne vaut rien pour faire des reiforts, parce qu’il n’eft pas aifez
- (231) 11 n’y a guere qu’à Vienne, & peut- ment, & qu’on ne peut plus les rétablir être dans un petit nombre de villes d’Alle- quand ils ont été une fois attaqués de la magné* où l’on emploie des reiforts d’acier; rouille. On couvre quelquefois ces reiforts encore ne s’en fert-on que pour les carroiles de maroquin , ou de quelqu’autre peau fou-de panade. Ailleurs on ne s’en fert pas , par- pie , pour les conferver.^ ce qu'on trouve qu’ils fe rouillent fort aifé-
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- çlaftique ; quand il â été plié par une force fiipérieure à la fienne s il relie fins fe redreffer; il faut donc de l’açier : mais celui qui aurait un grain trop fin ferait caffant; ainfi il faut éviter de s’en fervir : une étoffe formée de fer & d’acier corroyés enfemble ferait préférable.. Mais affez fauvent, pour éviter la dépenfe & s’épargner la peine de faire cette étoffe! les ferruriers prennent de l’acier de Champagne ou du Nivernois. Ce-s aciers communs ont effectivement les principales qualités qui font- néceffaires pour ces fortes d’ouvrages; ils tiennent du fer, ils font fibreux comme lui , ils ont du corps.qui les met en état- de réfifter à de violentes fecouifes fins fe rompre (232) ; & quand ils font trempés à propos , ils ont affez bien la roideur & Pélaftieité qu’011 déliré malheureiifement les ouvriers comptent tellepient fur la bonté de ces aciers, qu’ils ne les corroyent point ; ils fe contentent d’étirer un carillon pour en faire une feuille de refforf..
- 77<ÿ- Mais quand on veut faire d’exceliens refforts , pour lefqueis on n’éparr gne- pas la dépenfe pourvu qu’ils foient lians & légers , on forge de l’acier de Hongrie (233) entre deux lames d’acier commun, ou même de fer. Voici les avantages qui en réfuftent î on fait que le bon acier doit être ménagea la chaude.; & les deux feuilles d’acier commun ou de fer qui enveloppent Pacier de Hongrie, recevant la première aétion du feu, partagent Pacier, qui alors n’en eft point endommagé ; & il réfulte de cet alliage une étoffe très-folide & très-élafc tique, qui difpenfe de faire les refforts auffi pefans que |e foiitnéceffairement ceux qui font faits d’acier commun. Je vais détailler la façon de faire un coin de reffort tel que ceux qu’au met fous les brouettes , fig. 22. Le bout le plus épais a eft attaché fous la caiffé par des boulons à vis ; la tringle h qui tient lieu de foupente, eft attachée au bout le plus mince du coinç ; ain'fi c’eft cette partie qui reçoit le premier choc, & l’autre bout de cette tringle embraffe Peffieu qui eft à Paife dans une ouverture d faite à la caiffe. Le brancard ou le boulon e, par lequel on tire la brouette, eft auffi attaché à Peffieu, Nous ne nous arrêterons point à fixer le nombre des feuilles de ces refforts, ni leur longueur, ni leur pefanteur; toutes ces chofes doivent varier fuivant le nombre de refforts qu’on emploie pour fufpeudre une voiture, le poids plus ou moins grand de la voiture , & auffi le degré de douceur qu’on veut lui procurer ; car un reffort fort liant qui rendrait une voiture très-douce fur un pavé uni, pourrait 11’ètre pas le meilleur dans un chemin trçs-raboteux î les balanceniens trop, grands font incommodes & rendent les coups de côté prefque inévitables. Mais dans toute forte de cas la feuille la plus longue qui s’étend depuis le gros bout a jufqu’à l’endroit c , où la foupente doit être attachée, eft en quelque façon le vrai reff
- (2.32) L’acier de Styrie a toutes ces pro- (2? v! Ou plutôt de l’acier de Styrie, qui priétés, eft moitié fer & moitié acier. . .
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- fort, puifque les autres feuilles qui vont toujours en diminuant de longueur ne femblent faites que pour fortifier celle-ci. Comme la feuille la plus longue fatigue beaucoup, pour les raifons que je viens d’expofer, loriqu’on veut faire de très-bons relforts, on commence le coin par deux ou trois feuilles qui font d’une même longueur, & qu’on fait plus minces que fi l’on fe contentait de faire la grande feuille d’une feule piece.
- 776. Le ferrurier commence toujours par travailler les plus longues feuilles , parce que, il par quelque accident elles venaient à rompre, il s’en fervi-rait pour en faire une plus courte. Us appellent enlever une. feuille , faction de forger une barre, de l’applatir, & de la réduire à une longueur & une épaiifeur convenables : elle doit être un peu plus large par les deux extrémités que par le milieu ; le bout oppofé à l’attache doit être plus mince que le relie, & allez large pour qu’on puiife y pratiquer deux oreilles. Pour cela on étire les angles a, fig. 23 , pendant qu’on abat les angles du coté b, & qu’on arrondit cette partie qui doit être la plus épaiilé de toute la feuille. A mefure que les feuilles font forgées , on les place les unes fur ies autres pour voir Ci elles s’y ajuftent bien. Enfuite on perce le trou ou les trous par où doivent palfer les boulons qui doivent les réunir enfemble ou les alfujettir à l’équipage. Comme la circonférence de ces trous ne doit point être baveufe, on ne fait point les trous avec un poinçon & un mandrin , mais avec une efpece d’emporte-piece, qui eft un cifeau creufé en gouge & emmanché dans une hart ,fig. 24. Les ferruriers ont même alfez fouvent un emporte-piece fait en anneau, avec lequel ils emportent le morceau, & percent le trou d’un feul coup. Le relfort fortant de la forge, ellpofé fur une perçoire; un compagnon pofe l’emporte-piece fur le fer, & un apprentif frappe deifus.
- 777. Les boulons qui traverfent toutes ces feuilles, les ralfemblent bien exactement par leur bout le plus épais; mais elles pourraient fe déranger à leur bout le plus mince. C’eftpour éviter cet accident, qu’on a pratiqué des oreilles a a ,fig. 23 , à leur extrémité la plus mince.
- 778. On arrange donc les unes fur les autres les feuilles dans l’ordre où elles doivent relier, la feuille 2 fur la feuille 1, la feuille 3 fur la feuille 2, & ainfide fuite , finiifant par mettre la feuille 8 fur la feuille 7 ; & toutes les feuilles fe trouvent difpofées comme on le voit fig. 2 y On paifeles boulons dans les trous du bout le plus épais; on les voit fig. 2f; & on rabat les oreilles d’une feuille fur celle fur laquelle elle eft pofée, c’eft-à-dire, fur celle qui la furpaife le moins en longueur : par ce moyen, elles font tellement aifujetties qu’elles ne peuvent s’écarter ni à droite ni à gauche.
- 779. Il 11e faut pas oublier de dire qu’en forgeant les feuilles, on leur donne à toutes un petit contour, pour que le coin de relfort étant attaché fous la voiture comme le bout oppofé aux boulons, s’écarte de la cailfe : ce qui
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- eH: néceflaire pour qu’il puifte fe plier & fe redrefter librement. Chaque feuille doit donc participer à la courbure générale quon voit au coin fig. 21, mais les grandes plus que les petitcs.il ferait bien difficile de donner à toutes les feuilles la figure qui leur convient, pour qu’étant réunies toutes enfemble , elles concouruftent à la figure qu’on defire , fi on les travaillait féparément; mais les ferruriers les retiennent toutes enfemble au moyen de la tenaille fig. 26 , qui différé des tenailles ordinaires en ce que les deux parties qui font les mordans font droites, & percées chacune d’un trou dans iequeî on fait palier un boulon qui traverfe les feuilles de reifort ; toutes les feuilles font ainfi retenues dans l’état où elles doivent être; l’ouvrier les porte à la forge; & quand elles font rouges , il les bat fur l’enclume, pour donner au coin la figure qui eft repréfentée fig. 21 ; & l’on 11e parvient quelquefois à donner ta forme qu’011 defire, qu’après trois ou quatre chaudes. Alors on ouvre les tenailles, & on défaftemble les feuilles pour les tremper féparément. Quand on leur a fait prendre un rouge couleur de cerife, on les jette dans l’eau, froide ; mais par ce moyen la trempe eft trop forte, les reiforts feraient trop caftans, il eft néceftaire de leur donner un recuit convenable; c’eftSlà où certains ouvriers réuffiftent mieux que d’autres. Il y en a qui prétendent que la degré de chaleur qui convient pour un bon recuit, eft quand en frottant fur le reftort un morceau de bois de fapin fec, il en fort des étincelles (234). Il y a des ferruriers qui trempent toutes les feuilles de reftort à la fois, étant rat femblées en paquet. Ce moyen eft plus expéditif, peut-être auffi que les feuilles font un peu moins fujettes à fe déjeter; mais il eft difficile que toutes les feuilles prennent un même degré de chaleur (235 ) ; & auffi comme elles fa recouvrent les unes les autres, elles doivent recevoir inégalement l’impreffion. de l’eau ; & il faut, après la trempe, les défaftembler, fi elles ne l’ont pas été auparavant, pour redrelfer celles qui fe feraient tourmentées, & leur donner un peu de poli, comme je vais l’expliquer. Quand les feuilles ont requ un recuit convenable, on les polit; quelques-uns prétendent qu’elles en font moins fujettes à rouiller. J’ai peine à me le perfuader ; car le noir de la forge fait un enduit fur le fer qui réfifte long-tems à la rouille ; &plufîeurs couches de peintures à l’huile qu’011 met fur les coins, font très-propres à les défendra de la rouille. Cependant les refforts polis font plus propres; & l’on apperqoit, en les poliffant, des défauts qu’on ne verrait pas fur le fer brut: de plus, les feuilles étant polies , elles gliftent mieux les unes fur les autres ; & les reiforts
- (214^ On prétend que cette marque eft une chaleur égale ; il faut feulement avoir très-équivoque, puifque les étincelles vien- la précaution de metrre'quelque chofeentre nent du bois, & non de l’acier. chaque feuille , par exemple, un petit mor-
- (2} O U eft cependant très-utile cle pro- ceau de fer-blanc, céder ainfi , parce que-lcs feuilles prennent
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- en font plus lians. C’eft pour cette raifon , & aufîi pour prévenir la rouille’, qu’on grailfe les feuilles avant que de les réunir pour la derniere fois.
- 780. Quoi qu’il enfoit, quand 011 veut les polir, on commence par les écurer avec du fable ou du grès; enfuite on les émoud fur une meule de grès, comme font les taillandiers. O11 les préfente à plat fur la meule , & on les émoud en long; c’eft tout le poli qu’011 leur donne ordinairement : ceux qui veulent un plus beau poli, augmentent beaucoup le prix des relforts, fans qu’ils en foient meilleurs. Quand les feuilles bien grailfées font alfemblées de nouveau , on les alfujettit par des boulons à vis, & ils font en état d’être mis, . en place. Pour des ouvrages très-propres, on.repalfe à la lime chaque feuille.
- de relfort avant de les tremper.
- 781. Quoique nous n’ayons parlé que des relîorts les plus fimples, de ceux qui font à un coin, nous avons cependant dit prefque tout ce qui eft néceftaire pour faire comprendre la manière de faire les autres relforts, qui font la plupart formés de la différente pofition ou de l’alfemhlage deplufieurs coins lèmblables à ceux dont nous venons de parler.Effectivement, li l’on mettait aux quatre angles d’une voiture quatre bons relforts femblables à celui fig. 21 , comme on le voit fig. 27, on aurait une voiture très - douce: de ce genre font les relforts qu’on nomme à apremont, qu’011 met fur le devant de plulieurs voitures, & quelquefois derrière , où l’on attache les relîorts fur la planche, comme on le voit aux chaifes de la cour.. Les mêmes relforts peuvent auifi s’attacher au brancard; alors 011 les fait croifer en x: ils font fur-tout très-doux quand on les recourbe , comme on le voit fig. 28- Le relfort,. fig. 29., qu’on nomme à talon, eft un relfort double qui, s’il était coupé par le milieu, ferait deux coins femblables à celui de la fig. 21. C’eft ainfi qu’on fait les relforts de la diligence de Lyon.
- 782. Les relforts qu’on nomme à la Dakfime dtfi {fig. 30 ), parce qu’ils ont été inventés par M. Dalefme, de l’académie des fciences, font prefque un relfort à talon, qui eft placé verticalement. M. Dalefme les enveloppait parjafoupente qui s’étendait depuis la cailfe g jufqu’au haut du relfort/, & fe terminait au bas du relfort en d. On fuit encore cette méthode qui eft très-bonne; cependant, pour des voitures légères, quelquefois on agraife la fou-pente à l’extrémité fi du relfort.
- 783. Autrefois ces relîorts étaien/attacliés au mouton par une forte courroie : maintemant 011 les attache par un lien de fer;, mais pour plus grande fureté, on joint à ce lien une courroie à boucle, afin que, fi le lien de fer venait à rompre , le relfort fût retenu par la courroie. Ces relforts ne font ni fort chers ni fort lourds, & ils font très-doux: auflî en fait-on maintenant un grand ufage pour les chaifes de pofte & les berlines , auxquelles quelquefois on en met quatre; ou bien 011. les marie avec les relforts à apremonu On donne aulfi aux redores dont nousvenons de parler, différons contours,*
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- pour laifler la liberté de placer une malle, ou dans d’autres vues ; & cela fe conçoit aifément, fans que nous foyons obligés de multiplier les figures.
- 784. Les meilleurs relforts pour les chaifes de pofte font ceux qu’on nomme à ècrevijje (236'), fig. 31. Ce font encore des relforts à un coin , femblables à la fig. 32, qui font réunis parleur tète, comme on le voit fig. 33. O11 fait de ces relforts à deux & à quatre Goins ; mais il nous fuffira de parler de ceux qui n’en ont que deux, parce que les deux autres qui font pofés à côté font entièrement femblables à ceux dont nous allons parler. Nous nommerons le coin À , fig, 33 , U fupêruur; & celui B , /’inférieur. Us font réunis par leur tête au moyen du boulon C. On met toujours deux relforts pareils à celui-là, qui font attachés à la planche du derrière de la chaife, comme on le voit fig. 31. Cette planche porte à fon milieu un arrondilfement M, fig. 34: c’eft là que font attachés , l’un à côté de l’autre, le gros bout ou la tête C des coins fupé-rieurs & inférieurs A & B ; le bout B inférieur de ces coins va jufqu’auprès des bouts de la planche, & porte fur un mufle ou bande de fer qui forme une gouttière B , fig. 31, & b, fig. 34, pour empêcher les relforts de s’écarter à droite & à gauche. Les deux bouts A des coins fupérieurs fe rapprochent l’un de l’autre, & même quelquefois ils fecroifentlorfqu’ils ne font par chargés ; mais le poids de la chaife fait qu’ils s’écartent. La tête de chaque paire de relforts eft reçue & alfujettie par des clous à vis dans une boite de fer battu, fig. 3 y , & D ,7%. 3 f ; & cette boîte eft alfujettie fur l’arrondilfement M,/g. 34, de la planche de derrière par les montans E, fig. 31. O11 voit en F, fig. 31, les crochets où s’attachent les foupentes.
- 78f- La figure 36 repréfente les feuilles de relfort qui font nécelfaires pour faire un coin femblable à la fig. 37, pour les relforts à écreviife. Fig. 38 , un corps de chaife de pofte ; a a , la caifle b ,\ a portière ; ce , la traverfe d’en-bas garnie de fe s équerres ; dd eft un faux brancard qu’on nomme quelquefois le foufflet. On attache deifous la bande de fer e e , au bout de laquelle eft la main qui fert à attacher les foupentes des relforts à écreviife 5/eft un relfort à apremont, fous lequel eft la barre ,/%. 39 , au bout de laquelle eft la main où s’attache la foupente de devant, au moyen d’un boulon & d’un rouleau, comme 011 le voit en G, fig. 40. g, fig. 38, eft le fupport des guindages qui font pondués , & qu’on tend au moyen d’un petit crici & h i pondue marque le brancard.
- 786. Pour faire comprendre qu’on peut beaucoup varier la difpofition des coins de relforts , il me fuffira de joindre aux exemples que je viens de rapporter , la difpolition qu’on donne à certains relforts qu’on met fous les carrolfes à fléché. Ces relforts exceliens ne font plus guere d’ufage, parce
- (2? 6) Ces relforts à écreviife font malfifs & pefans.
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- qu’on ne fe fert des carrofles à fléché que pour les cérémonies ; on ne met même plus guere derrière les chaifes de reiforts à écreviife, parce qu’on les trouve trop chers & un peu lourds. Lesreiiorts des anciens carrofles41, font à deux coins ; les faces ou les feuilles a b font tournées l’une vers l’autre ; les deux tètes c d, font liées enfemble par deux forts boulons à vis : quand ces reiforts font en place, un de ces coins b eft en - delfus, nous le nommerons U fupérieur ; l’autre a eft en-delfous , nous l’appellerons l'inférieur. Ces deux coins ainfi difpofés, ne forment qu’un reilort qui eft d’une figure très-avantageufe pour l’effet qu’il doit produire. Ce relfort a deux bouts a b qui font flexibles : celui du coin fupérieur b porte la voiture ; le coin inférieur a eft comme attaché à la foupente, & il reçoit le choc des cahots, ou au moins il le partage avec le coin b: ainfi toute la voiture porte fur des parties flexibles. Ces deux coins peuvent donc être regardés comme des branches de levier dont le point d’appui eft à l’endroit cd. Mais ce point d’appui n’eft pas fixe , les chocs le font changer de place : plus ils élevent la pointe a du coin inférieur, plus ils font defcendre le point d’appui c d ; ce qui fait que le choc ou le mouvement qu’il produit eft partagé entre le mouvement du point d’appui, & la contraction des reiforts.
- 787. Mais il eft avantageux que le point d’appui puifle monter & defcendre : il eft très-important qu’il ne puifle aller ni à droite ni à gauche j ce qui arriverait fouvent, Ci l’on n’avait pas pris des précautions pour prévenir ce dérangement. Pour cela 011 a renfermé les reiforts dans une cage ou un chaftis fg. 42. Ce! chaftis de fer eft formé de deux pièces de fer égales nn\ on les appelle mains. Le milieu de chaque main eft forgé prefque droit, & le fer eft plus large qu’épais. Les deux bouts de cette partie prefque droite fe terminent par des contours en arc, dont l’un eft en-deflus, & l’autre en-delfous par rapport à la partie qui eft droite. Deux pièces entièrement femblables l’une à l’autre , font tenues à une diftance l’une de l’autre un peu plus grande que la largeur du relfort par quatre boulons 00. Le relfort eft repréfenté dans fa cage. Or un desboulous dont nous avons parlé, eft arrêté contre un des angles du fond du carrolfe; c’eft celui/? qui eft à l’origine d’une des parties contournées ; & cette partie contournée deicend en-deifous delà cailfe. Les mains tournent librement autour de ce boulon ; les deux bouts des coins du reifoit font entre les boulons/? & q , &ccs deux boulons font à l’origine des parties contournées. Le bout du coin inférieur s’appuie fur le boulon r. C’eft par ce boulon que les chocs lui font communiqués ; car la foupente tient au boulons qui eft le plus élevé des quatre. Enfin le boulon q fournit un point d’appui au coin fupérieur b , «& fert à entretenir le relfort dans une polition convenable.
- 788- Nous n’avons pas parlé exactement, quand nous avons dit que les talons cd des coins a Si b (Jîg. 41 ) étaient pôles l’un fur l’autre > car ils iont
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- féparés par une piece de fer plate e qui fe termine en-dehors par un rouleau creux aulii large que lereifort: on nomme cette piece e h talon du rejjort, lorfqu’elle eft aifujettie entre les tètes des deux coins. Le boulonp (fig. 42 ) palfe dans la portion creufe & cylindrique de ce talon. En jetant les yeux fur les ftgures que nous venons de citer , principalement fur la figure42 , on apperçoit que ce talon contribue à maintenir les coins dans la cage , la tête des coins étant retenue dans la cage par le talon & fon boulon ; ainfi le point d’appui des deux branches du relfort peut defcendre avec liberté, quand les cahots l’exigent, parce que les fecouifes ne peuvent faire élever le bout inférieur du coin , qu’il 11e lève le boulon fur lequel il porte ; par conféquent le boulon inférieur, celui qui retient le talon , defeend en même tems.
- 789- Le petit bout du coin fupérieur a aufli un mouvement fous la caille ducarroifej & afin qu’il éprouve moins de réliftance, l’extrémité de ce coin eft un peu arrondie, comme on le voit fig. 41 ; &pour que le frottement de ce coin n’ufe pas les bords du carrolfe , & qu’il ne s’écarte pas à droite & à gauche , il coule fur une bande de fer attachée au corps du carrolfe, & garnie de deux oreilles formant les rebords d’une efpece de coulilfe qui reçoit le bout du reifort. Cette piece qu’on appelle le mujle , a encore un autre ufage:elîe fe prolonge au-delà de l’endroit où porte le bout du relfort, & elle porte le boulon qui attache les deux mains. Une étampe fert à forger cette bande de fer fur le mandrin qui tient lieu du boulon dont nous venons de parler. La main extérieure eft ordinairement recouverte par des ornemens qui étant de bronze ou cifelés , ne font point l’ouvrage des ferruriers. Le coin inférieur a (fig. 41 ) elt plus long que le fupérieur; il doit être plus fouple, & il a alfezla forme des coins (impies de reifort; c’eft-à-dire, qu’il a un peu de concavité vers fes bouts, & une convexité au milieu. Le coin fupérieur b a une courbure uniforme dans toute fa longueur, excepté près du bout, où , comme nous l’avons dit, il eft arrondi à l’endroit qui s’appuie fur le carrolïè.
- 790. Pour les grandes voitures, 011 met quelquefois quatre ou ftx coins pour un reifort; mais comme ces coins font pofés à côté les uns des autres & parallèlement, deux coins font l’effet d’un qui ferait double de largeur: les grands carrolfes de cérémonie des duchelfes font ordinairement formés de quatre coins , & ceux du roi de (ix. On multiplie les coins pour donner aux reiforts aifez de force pour fupporter ces lourdes voitures: on pourrait leur en donner une fulfifante, en faifant ies lames beaucoup plus épaiiles , comme font celles de la diligence de Lyon ; mais en multipliant les lames, on gagne de la douceur. Quand pour les grandes voitures les reiforts font formés de quatre ou de ftx coins, les deux paires de coins entièrement femblables font placées à côté les unes des autres dans les mains, & la largeur du mufle eft égale à celle de tous les coins.
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- 791. On voit (pl. XX, fig. r ) un grand carroffe garni des relforts don£ nous venons de parler : à l'avant/?, il n’y a que la main ; à l’arriere q, le ref-fort eft dans la main. On a vu à Paris une caleehe anglaife , à laquelle, fig. 2, un reifort à la Dalefine était attache en e au mouton c d, & foutenupar un montant G & un arcboutanty. La foupente était attachée à un fort anneau de cuir h , dans lequel était un reifort à boudin. Cette voiture était fort douce ; niais je ne fais pas fi cet ajultage conviendrait à une voiture pelante. M. Renard a imaginé, & fait exécuter des relforts, fig. 3 , très-légers, fort lians , & qui ne font pas chers. Ces relforts confident en un chaflis de ferries deux grands côtés AB font faits par deux bandes de fer plat AB 5 aux bouts B , font des trous pour recevoir un fort boulon C, auquel s’attache la foupente5 aubout A duchaffis eft foudée une piece de fer plat D , fig. 4 , à laquelle il y a deux trous a a dans lef quels entrent librement les deux boulons E. On en a repréfenté un féparément, fig <). Ces deux boulons pofés parallèlement l’un à l’autre , comme on le voit fig. 3 , font foudés à la traverfe F de l’anneau F G ; & c’ell à la partie G de cet anneau, ou de cette main , qu’011 attache la foupente. On pâlie les boulons dont je viens de parler , dans les trous de la traverfe D du chaffs A B ; ces trous font marqués a a (fig. 4). Ont enfile enfuite ces boulons dans les relforts à boudin H, fig. 6, comme on le voit fig. 3. O11 fait paifer ces mêmes boulons dans la rondelle K , & dans les ouvertures b b de la piece I, fig. 7. Enfin 011 alfujetdt le tout avec des écrous L , qu’011 vide dans la partie des boulons E qui eft taraudée. On voit toutes ces différentes pièces alfemblées à la fig. 3 , où le reifort eft complet. Suppofons maintenant, pour concevoir l’effet de ce r effort*, que deux puiliances, l’une appliquée en M, & l’autre en N, agiifent fuivant des directions oppofées : il eft clair que la puilfance N tirera vers elle la traverfe C du challîs AB , & que la puilfance IV1 tirant à elle l’anneau G F , elle tirera les boulons E qui, à caufe des écrous L , agiront fur la traverfe I pour contracter les relforts H qui par leur réaétion tendront à rétablir la machine dans l’état où elle était avant que les forces M &N euffent exercé leur action. O11 peut placer ces reflorts, ou dans une pofition verticale, en prolongeant allez le brancard du deifous de la cailfe pour que les foupentes elles-mêmes foient dans une pofition verticale; ou bien on les pôle horiiontalement, comme on le voit en O & P (fig. 8 ). Dans cette derniere pofition , les relforts fatiguent beaucoup plus; mais il eft de fait qu’ils réfiftent depuis plufieurs années fur des cabriolets, des ehaifes, des diligences , & de grands carrolfes. Pour éprouver ces relforts ,1VL Renard attache la partie Mà quelque choie de folide; & avec une efpece de treuil, il tire allez la partie N pour que les relforts à boudin foient entièrement contractés : alors les rendant à eux-mêmes , il exige qu’ils reviennent au point d’où ils étaient partis.
- 792. Un article bien à l’avantage de ces relforts, eft qu’on 11e ferait point
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- arrête, & qu’on ne courrait au coin rifque, s’ils venaient à rompre , parce que le chaffis A B B eft plus fort qu’il ne faut pour foutenir la voiture. Mais pour que ces refforts réufïiffent, il faut favoir choifir l’acier convenable, favoirle travailler fans l’altérer, le tremper & le recuire à propos. C’eft ce que M. Renard, qui en eft l’inventeur, a étudié avec foin , & à quoi il réuifit admirablement bien (*). Comme les ftores font encore du diftrict des ferruriers, il eft convenable d’en dire quelque chofe. Sic’eft un petit ftore pour nn équipage, on prend un gros fil de fer, à l’un des bouts duquel on loude un petit anneau ; fi c’eft un grand ftore, c’eft ou une broche de fer, ou un bâton bien droit ab 9 fig. 9 , au bout duquel on ajufte deux tourillons de fer cd; on arrête un fil de fer non recuit à un de fes bouts comme en e \ puis on roule fur la verge de bois ou de fer, un fil de fer non recuit,comme on le voit depuis e jufqu’en b ; en-fuite on palfe ce long reflort à boudin dans un tuyau de fer-blanc ; on met aux deux bouts de ce tuyau deux tampons de bois ou deux plaques de métal fou-dés du côté fi fig. io. Le tampon de bois eft percé pour recevoir à l’aife le tourillon c : il en eft de même à l’autre bout g ; mais les axes c & due peuvent tourner dans les yeux des pitons h i, & le bout du fil de fer du côté b n’eft point arrêté à la broche qui l’enfile, mais au tampon de bois qui bouche l’extrémité g du tuyau ,fig. io. La verge c d ne peut donc tourner ; mais le tuyau de fer-blanc a cette liberté, pourvu qu’il contracte le reffort à boudin qui eft dedans. Tout étant ain fi difpofé , on attache un morceau d’étoffe furie tuyau de fer-blanc ; au bas de cette étoffe, on attache une baguette de bois. On roule tout le taffetas fur le tuyau de fer-blanc : & l’axe c tétant fermement affujetti dans les pitons h i, il eft clair qu’e'n tirant le taffetas par en-bas, on feratourner-le tuyau de fer-blanc, & on contra&era le reffort à boudin , qui par fa réaélion fera tourner le tuyau de fer-blanc en fens contraire: ce qui roulera deffus le taffetas pour que le.ftore fe tienne fermé à la hauteur que l’on veut. On met quelquefois au morceau de bois o qui ferme le tuyau g-, une roue dentée o y dans laquelle s’engage un lin guet p pouffé par le reffort r. En tirant le cordon />, on le dégage des dents de la roue<?, & le ftore remonte comme de îui-mëme.
- Explication des figures relatives an chapitre fixkme, dans lequel il s’agit
- des ferrures des équipages.
- PlancheXI.X, fig, i , équerre où le fer eft plié fur le plat ; elle s’attache dans' les angles, une branche fur une traverfe, l’autre fur un montant : l’ouverture de l’angle varie, ainfi que la forme des branches, pour s’ajufter aux contours de la menuiferie.
- (*)Les refiTorts pour cabriolets pefent nard, mcchaincicn ordinaire du roi, de-24 à 2 ; ceux pour diligences, vis-à-vis , meure aux petites écuries du roi ^ faux-%2 livres i ceux pour berlines, 40, M. Ee- bcurg Saint-Denis* i
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- Figure 2, équerre à trois branches ; les branches b b s’attachent fur mac traverfe, & la branche a fur un montant.
- Figure 3 , équerre à patte qui fe termine en b par une patte qu’on attache fur la largeur d’une traverfe. Il y a quelquefois une patte à chaque bout, figure 4; alors elles fervent à em,pècher l’écartement. O11 emploie au même ufage un long boulon ,fig. 6, qui fe termine en vis par les deux bouts.
- Figure 5 eft une bande de fer qui fe termine aux deux bouts par des mains dans lefquelles entre le boulon.
- Figure y , ces mains fervent pour attacher les foupentes.
- Figure 8 eft un piton à charnière qui fert à attacher les guindages.
- Figure 9 eft le bâti d’une portière de chaife de polie; on voit en AA les charnières qui lui permettent de s’ouvrir; un de ces pitons à charnière eft re-préfenté à part en A; à la traverfe d’en-hautB B onajufte quelquefois la piece , fig. 10, qui renferme deux verroux E D à pignon F ; en tournant un des bon-tons G, on ouvre enfemble les deux verroux qui fe ferment d’eux-mêmes au moyen de deux reflorts.
- Les figures 11 & 12 repréfentent les loqueteaux qui fervent à tenir les portières des voitures fermées. A, la boucle ou le bouton fervant à tourner la tige C qui porte le paneton B.
- Figure r 3 , équipage fufpendu en berline. AB, le brancard de la cailfe, figuré en bateau. MM, la foupente qui eft horifontale ; elle eft attachée en F avant la traverfe C, & en arriéré au cric DEF. FF, les roues dentées du cric. G, le corps du cric qui forme un treuil : 011 voit au milieu une fente où entre une clavette de fer qui arrête la foupente, & qu’on nomme la dent de loup. HIK, areboutans, fupports & jumelles qui attachent fermement le cric au train. L, piece de fer qu’011 appelle la trappe ; elle s’engage dans les dents des roues du cric pour l’empêcher de fe dérouler ; elle fait l’office d’un linguet ou encliquetage.
- Fig. 17 , ig , areboutans droits & contournés.
- Fig. 19, porte-fiege avec fou areboutant.
- Figure 20, corps de chaife monté avec des refforts die bois AA.
- Figure 21, coin de reflort. a b c , les feuilles. A, les gougeons à vis qui fervent à l’attacher.
- Figure 22, brouette garnie de fon reflort. ac. le reflort; fon attache eft en a. cb, verge de fer qui répond d’im bout c au reflort, &de l’autre à l’ef-fieu de la brouette, dr, ouverture au corps de la brouette pour laifler du jeu à l’eflîeu. e, brancard (237).
- (2}7> Les ferruriers font aufii de fer les attacher au brancard. La traverfe où l’on marche pieds qui fe mettent fous chaque met le pied eft couverte par une planche portière. Ces marche-pieds font terminés ceintrée, qui eft attachée par des boutons, par des boulons à vis, qui fervent à les Figure
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- Figure 2 y , coin de relfort formé de huit feuilles.
- Figure 23 , les huit feuilles qui compofent ce coin de relfort.
- Figure 24, gouge emmanchée dans une hart pour percer les feuilles fans faire de bavures.
- Figure 26 , toutes les feuilles réunies & failles par la tenaille à goupille. On met une plaque de fer à l’endroit où doit porter le relfort on fe fert aulfi d’un mufle pour empêcher que les mouvemens du bout du relfort n’ufent la caifle.
- Figure 27, corps de berline qui eft foutenu par quatre coins de reflorts {impies & qu’on nomme à-apremont.
- Figure 2g, coin de relfort.
- Figure 29, grande voiture fufpendue par un relfort double dit à talon. C’eft ainli qu’on fait le relfort de la diligence de Lyon.
- Figure 30 , corps de la caleche qui a en avant un relfort à apremont, & à l’arriéré la foupente répond à un relfort à laDalefme. ac, le relfort à apremont. ch, la foupente de devant, def, le relfort à la Dalefme. e, la bride qui l’attache au mouton./#, la foupente de derrière.
- Figures 31, 33, quatre coins de reflorts ajuftés pour un relfort à écrevifle. AB, la tète des reflorts. C, leur talon & leur attache.
- Figure 32, deux coins féparés.
- Figure 34, la traverfe ou la planche fur laquelle eft un évafement enM où font attachés les reflorts par leur talon* on voit en b un mufle fur lequel s’appuient les reflorts, & qui empêche qu’ils ne s’écartent à droite ou à gauche.
- Figure 3 5, cage de fer qui reçoit les talons du relfort.
- Figure 36, les feuilles qui doivent former uiLcoin du relfort à écrevifle.
- Figure 37, un coin de delfous où les feuilles font réunies.
- Figure 3 g , corps de chaife de polie, a a, le corps de la chaife. b, la portière èn partie ouverte. cc,latraverlè d’en-bas./, relfort à apremont qui eft à l’avant. dd, pièce de bois vueféparément figure 20, onia nomme le fouffiet. «e, bande de fer qui porte en arriéré une main pour attacher les foupentes. i h, le brancard de la chaife pondué. g, le porte-guindage i h y (fai eft pondue.
- Figure 39, bande de fer qui porte la main d’un relfort à apremont.
- Figure 40, le relTort à apremont/, repréfenté à part avec la bande de fer. Nous allons parler des reflorts en cage qu’on met aux angles des carrolfes de cérémonie à fléché. Figure 41, les deux coins de reflorts fig. 2f, 26, réunis par leurs talons, a, celui de delfous. b, celui de deflus. ci, leurs talons qui font réunis par un toulon à vis , & en e eft une piece placée entre les deux reflorts, & qu’on nomme aulîi le talon. Ces reflorts fe pofent dans une cage qu’on nomme main ; la figure 42 les repréfente renfermés dans la main.
- Tome VI, H h
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- A HT DU S T R H U R J B IL
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- La figure 1, pl. XX, eft un corps do grand carroife, en d%; le reflort eft dans la main, & en p la main fans reflort.
- Fiugre z, reflort d’une caleche anglaife 3 ah, un reflort à la Dalefbe bien contourné 3 c d, le mouton où il eft attaché par la bride e ;/& gy montans & arcboutans pour rendre l’attache de ce reffort plus, folide 3 ik, anneau de cuir, dans lequel eft un reflort à boudin. La {bupente s’attahe à la main, h*,
- Figure 3, reflort inventé par M. Renardvu en entier.
- AB AB, chaflis de fer, fermé en C par un tourillon, & en D par une plaque percée de deux trous.
- La figure 5 repréfente un long boulon E taraudé en vis au bout. H & fou dé à la partie F de la. mainFG : 011 le voit en place en E 3.. Il y en a deux. On enfile ces boulons dans le reflort H {fig. 6}3 on met par-defliis la plaque I {fig. 7 ) » & hs boulons entrent par les trous b b; on met à chacun une. rondelle & le tout eft aflujetti par des écrous femblables, à. L {fig- 3 ) toutes ces pièces fe voient réunies,/#. 3..
- La figure g eft deftinée à faire voir comment on place les reflbrts 3 la ibu-pente eft coupée en 0 8c p y & les reflbrts étant ajuftés en ces endroits aux îbupentes. M & N. » comme on le voit fig. 3 , tout Le refte s’ajufte comme; à l’ordinaire.
- La figure 9 eft deftinée à faire voir l’ajuftement d’unreflbrt dans l’intérieur d’un flore, on le voit roulé, fur une tige de bois ou defer^é: refont des tourillons qui cependant ne doivent point tourner dans les pitons h i; le fil de fer eft arrêté en e à la tige a b, & du côté de b à un tampon de bois attaché folidement au tuyau de fer-blanc fg {fig,. 10) > dans lequel on fait pafler tout l’ajuftement de la figure % On voit en g une pointe qui doit entrer dans le tampon de bois b, pour le joindre fermement au tuyau de fer-blanç;.On voit du côté de b , un encliquetage quifért à tenir le ftore fermé de la quantité qu’on veut, o (fig. 11 ) eft une roue dentée en rochet yp (fig. 10) , linguet ou encliquetage qui prend dans les dents du rochet o, & qui y eft porté par le reflort r; en tirant le cordon p, on dégage l’encliquetage des dents de la roue* & le ftore s’onyre;
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- ART DU S E R R U R I E LL
- ' ..... ................—
- C H A P I T R E VIL
- Desrenvois de fonnettes & de leur pofe, de la ferrure des pefjiennes, des flores pour les cabinets d'appartement, S? du travail de quelques ornemens pris aux dépens du fer„
- 793» comprenons dans ce feptiemè chapitre pfufieurs articles qu’il eft
- bonde ne pas omettre , mais qui ne font pas affez confidérables .pour faire autant de -chapitres-particuliers.
- , A R T 1 C L E P R ï M I E R.
- Des rémois de fonnettes }frde leur pofe,
- 794- Tout le monde fait combien il eft commode , pour appelle? à foi 1er <Homeftiques dont on a -befoin, de n’avoir qu’à tirer un cordon qui eft auprès de fa cheminée, ou auchevet de fon lit, ou à portée de fon bureau. Ce cor-don fait agir une fofinette qui fe fait entendre à l’endroit uù fe tiennent les domeftiques, îors’nième que cet endroit eft fort éloigné de la chambre ou du cabinet qu’on habite j la communication du mouvement du cotdon avec là fon-nette fe fait par des fils de fer & des renvois -, avec ces feconrs, les ferru-riers experts pour la pofe des fonnettes, font parcourir le fil d’archal dans tout le pourtour d’un appartement > ils le font monter aii plus haut dès mai-fb ns , & defeendre au raiz-de-chaudee, de forte qu’on fait jouer les fonnettes des plus éloignées avec un très-petit effort.
- 79f. Les pôfeurs de fonnettes ne doivent point être arrêtés par les cloi-fons, les murs & les poutres qui fe rencontrent en leur chemin -, ils les percent d’un trou pqt lequel paffent lès fils d’archal. Pour cela, ilsont des vilebrequins , avec des meches, qui doivent avoir depuis neuf pouces de longuéur jufqu’à deux pieds & plus, pour percer des murs, des poutres où des cloi-T fons épaiffes i ffeft pourquoi il faut avoir de ces meches ffemblables à celles des marbriers pour percer les pierres, & d’autres comme celles des rftenuïfiers pour percer le bois.
- 796’. Ils ont encore dés broches , fig. 12 , dont le bout eft acéré} les unes font d’un pied de longueur i d’autrés de deux Ou plus. Elles font quelquefois utiles pour percer plus promptement les trous lorfqu’il fe rencontre dans l’intérieur des mors des gravois ou des plâtras que la broche peut èntarïier. On fonde à ces broches en a un talon qui donne la facilité de les retire? -,
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- lorfqu’à coups de marteau on les a fait entrer à force. On peut en avoir quelques-unes aflez déliées, où il y ait un œil vers b pour fervir à paffer le fil de fer dans les trous, lorfqu’ils font ouverts. Quelquefois on fe contente de faire paffer avec l’aiguille une ficelle dans le trou, & y ayant attaché le fil de fer elle fert à l’introduire. On doit avoir encore de fortes tricoifes 4 pour arracher les broches des renvois qui feraient mal placés ; il eft bon d’en avoir encore dont les mâchoires foient tranchantes pour couper les BU de fer. Il eft utile d’avoir des pinces ou béquettes, les unes dont les mâchoires foient quarrées pour failir le fil de fer, & le tirer plus commodément qu’avec les mains lorfqu’il réfifte , ou lorfqu’on veut redrefier celui qui fe ferait courbé. Les marteaux fervent pour enfoncer les broches , fig. 12, & aufli les tiges des renvois, les crampons, &c. La petite bigorne eft utile pour rouler l’extrémité des gros fils de fer qui fervent à faire des refforts qu’on roule ordinairement fur un mandrin qu’on fait tourner avec une manivelle dont nous parlerons ci-après. On emploie tout au plus de trois ef-peces de renvois ; deux même feraient fufRfans. A celui fig. 13 , le clou A, lorfqu’il eft enfoncé dans le mur, porte le triangle B CD, qui forme le renvoi parallèlement au plan du mur. L’autre efpece de renvoi ne différé du précédent que parce que la branche B eft un peu plus longue que les autres; c’eft à cette branche qu’on attache le cordon, pour que l’appliquant à un plus long bras de levier, on ait plus de facilité à tirer la fonnette. Il y a quelques obfer varions à faire fur le clou A, qu’on enfonce dans le mur ou le bois ; & fi l’on avait à le fixer dans du mortier , on enfoncerait dans le trou une groffe cheville de bois, dans laquelle 011 ferait un trou pour recevoir la pointe a du clou; la partie b eft arrondie pour recevoir l’œil c des triangles B CD; on met par-delfus la rondelle c, fur laquelle on rive l’extrémité de la partie arrondie b ( 238 )•
- 797. Quand le clou A du renvoi eft enfoncé dans le mur, le triangle B C D eft dans une pofition perpendiculaire au mur ; pour produire cet effet, on ménage au clou A une tige ou mamelon en C qui entre dans le trou-£ du triangle ,& dans la rondelle , le tout étant retenu par la rivure du mamelon; on apperqoit que le mouvement du triangle doit être parallèle à la tige du clou. Ces fortes de renvois fe mettent dans les angles , ou lorfque les fils d’archal doivent faire un retour d’équerre.
- 798. A l’égard des fonnetes, on les montait autrefois dans de petites hures de bois foutenues par des tourillons qui entraient dans’ de longs pitons qu’on enfonçait dans .la muraille ; un contre-poids fervait à remettre la fonnette
- (2 3 8) Les doux qui attachent les renvois une vis , qui entre dans les boifcries fans de founettes, portent aulfi quelquefois les endommager»
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- dans fa pofition ; car par fou poids feul elle n’aurait pas pu vaincre le frottement de tous les renvois. Maintenant on fufpend prefque toutes les fonnettes à un r.effort à boudin g., fig• 14.} & pour vaincre le frottement des renvois » on emploie un autre reifort à doudin A , qui tire le fil d’archal i qu’011 a joint à celui de la feuillette en k : on difpofe ces relfprts de rappel de bien des façons .différentes , fuivant que la place l’exige., ce qu’on peut imaginer aifément , & ils produifent toujours un très-bon effet. Lorfque les fils d’archal font fort longs pour aller d’un renvoi à un autre, on les fait paffer dans de petits crampons /, fig. 15 , qui leur fervent de conducteurs.
- 799. Pour prendre une idée du jeu des renvois, il faut jeter les yeux fur la figure .14., & l’on concevra qu’en tirant le cordon/, on fera jouer les renvois abc. Il eft évident qu’en abaiffant le cordon/, on fera mouvoir la fonnette / Avec un peu de réflexion, on ne .fera pas.embarraflë de pofer les ren-vois-dans le fens qui leur convient , d’autant qu’en les préfentaut à la place avant que de les attacher., on pourra les tourner en différensfeus jufqu’à ce qu’on ait trouvé la pofition qui leur convient. Pour.empêcher que par la tirée .des refforts de rappel dont nous avons parlé , les renvois ne fe renverfent, op met d.u côté où ils ne doivent point agir., une.cheville de fer, fur laquelle une .des branches du renvoi s’appuie quand on a lâché le cordon. On acheté le .fil .de ferpar paquets roulés en écheveau. On doit commencer par le recuire dans un four ou dans la braife, & prendre garde de le brûler ; enfuite pour le redreifen, le pofeur en attache un bout à un clou, & prenant dans ja main un morceau de cuir., il recule en ferrant fortement le fil dans ce cuir , ce qui . fuffit pour le redrefler. Comme ce font les pofeurs qui fourniffent le fil de fer, ils le prennentffouventtrop menu, afin qu’il leur en coûte moins, & parce qu’ils 1’emploient plus aifément; mais auffi il en dure moins (239). Les branches ÜCD des renvois font tantôt de fer, & le plus fouvent de çuivrefondu : elles •ont environ deux pouces & demi de longueur. La broche -ou lejdou A, a quatre ou cinq pouces de longueur; & celle du renvoi , fix à fept pouces fur •cinq à fix lignes de gros auprès de la rivure. Les ferruriers pofent auffi des renvois pour ouvrir les ferrures à reffort des portes cocheres ; mais comme la méchanique eft la même que pour les lonnettes, à cela près que les renvois
- (239) Le fil de fer menu eft fuffifamment L’infperftîon des lieux doit diriger le po. fort pour les fonnettes , pourvu qu’il n’ait Leur. On ne paie pas cet ouvrier fur la lon-pas été brûlé en paflant au feu. Si l’on veut gueur du fil d’archal ,.mais fur le nombre •qu’il dure plus long-tems, on peut prendre des équerres. 11 femble qu’en France, on du fil de laiton. En général, la maniéré de multiplie trop le nombre des équerres ; c’eft pendre les fonnettes , indiquée ici, n’eft cependant ce qu’il faut éviter autant qu’il pas toujours rla meilleure. On a des équer- eft: poflible, à caufe des frottemens. tes coudées à angle droit ou à angle obtus.
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- font plus forts , & le ül cfarchal plus gros , nous n’avons rien à ajouter à ce que nous avons dit. Un des articles le plus difficile dmpofeur de fonnettes, eft de favoir s’échafauder •; c’eft prefque toujours avec des échelles ou des échafauds très-légers, qu’ils établirent fur les appuis des croifées d’une façon très-hardie > car comme on les paie à tant le cordon, ils évitent-, autant qu’ils le .peuvent j des échafaudages qui-leur coûteraient trop.
- A R T I C L E Iï.
- De la ferrure des perfiemes.
- Boo. Tout le monde fait qu’en été-, pour fe ménager de Pair dans les appar-temens , & enmème tems un jour doux qui ne foit pas éblouiffant comme eft la lumière direde du foleil, on a imaginé de fubftituer aux contrevents ce qu’on nomme des perfiennes ( fig. 16 ). C/eft un bâti de menuiferie ABCD , garni de gonds ou de couplets en EFG-, qui permettent de l’ouvrir & de le fermer, comme les contrevents ordinaires; au montant *oppofé CD -, on nietune efpagnolette ou des verroux à relfort HL, pour pouvoir le tenir fermé quand on le juge à propos. Dans l’épaifléur des montans AB & -CD-, on-met de petites planches minces, portant à chacun de leurs bouts un petit tourillon de fer qui filtre dans des trous pratiqués dans l’épailfeur & à la face intérieure M des montans AB &CD ; de forte que chacune de ces petites planches KK peut tourner furies tourillons, &êtrc placéecomme onle juge à propos, ou de façon que la largeur des planches foit dans unefituation verticale ou dans une fitua-tion honfontale. Si on les place dans une fituation verticale, comme elles fe recouvrent les unes'les autres, ainfî que le pureau des ardoilès , la perfienne fait l’effet d’un contrevent ordinaire^ le paffage de l’air & celui de la lumière font interceptés ; mais fi l’on met le plan de toutes les petites planches dans une pofition horifontale, comme elles ne préfentent que leur épaiifeur qui eft peu confidérable, l’air & la lumière peuvent -paifer librement ; de forte qu’en inclinant plus ou moins toutes ces petites planches, 011 fe donne autant d’air ;& de jour qu’011 le juge convenable : mais.il eftfenfible qu’on ne pourrait pas jouir de cet avantage, s’il fallait porter fucceffivement la main à toutes ces planchettes pour changer leur inclinaifon. Les ferruriers font parvenus à faire enforte qu’on pût faire mouvoir toutes à la fois toutes ces planches avec beaucoup de facilité ; pour cela ils prennent une tringle de fer quarrée & menue LL(fig> 16* 17), ils y ajuftent à la hauteur de'la main une poignée Q_, & dans toute la longueur de cette tringle autant de petits pitons N qu’il y a de planches ; ils ajuftent au bord de chaque planche une petite pièce coudée P .(fig. 17), qui fe termine -à fun de fes bouts par une
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- A- R T B, V: S E R R U R I; É R>
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- patte' o qu’on attache fur chaque planche& à. l’autre bout par un petit tpurillon qui entre à l’aile dans les.trqus des pièces N;.une de ces petites S s’attache, fur les.planqhes. d’un côté de la, tringle LLj. celle qui eft.en-deiïus Rattache de l’autre côté,..& ainfi alternativement tout du long de la tringle LL, Gomme on le, v.ojt fig. 16. Maintenant. il eft, clair qu’en hauffant le bputon q.u la poignée Q_,. on éleve, le devant.de toutes les petites planches d’une même quantité,,&. dans le,même.iuftantj cequ’il fallait faire,
- A- R T; i c l E-. 11 L.
- Bes flores, pow les croifées tfappartemensi,
- $p-iv Nous, avons déjà parlé.., . à- Poccaflon deHa.fsmjre desiquipages^ee* petits ftp res .qu’on met aux portières des. carroifes j„&: ce que nous en ayons;dit3 a. du, donnée une-idée de la^dilpufitiorndes redqrts à. boudin.,, dans ces, petites, machines,qpi font d’une, grande.commodité dans plufieurs cirçonftances, Mais£ cela ne doit pas nous difpenfer-de-parler des, grands, if ores d’appartemens.,,. dont les r.eflbrts, étant faits avec-de. grosfil de fer-,.exigent,"pour les,plier des précautions,dont, on eft. djfpenfé.lorfqu’on fait les. dores, des. voitures, dont nous avons paçlé..
- 802.. Ces grands flores 18 ,,font formés ,.i°. d’une broche de fer A B
- qui fe prolonge dans toute la. longueur du dore du. côté dp A., il y a un.anneau ouœil qui entre dans un crochet, ou petit gond qui féru à l’attacher dans le tableau,de la croifiée>.odv pourrait percer le bout B d’un autre qeil pour fixer la broche à un piton au moyen d’une goupille j car la broche AB 11e doit point tourner , elle doit, être fixe 3, l’extérieur du flore eft formé par un tuyau de fer-blanc GD E F,.qui a environ deux pouces & demi à.trois pouces de diamètre.. Les deux bouts de Ge tuyau font fermés par deux tampons de bois G H qui font attachés; au tuyau de fer-blanc par des.pointesqu’on voit à lafig, 19,, en C D E Fi*& ces tampons font percés, dans leur milieu d’un-trou dans: lequel palfe librement la broche. A B, de forte que cette broche forme un effieu fur lequel tournent, les.tampons & le tuyau de fer-blanc.
- 803* Si l’on avait de gros fil de fer aifez long pour faire le-reffort à boudin d’une feule piece depuis. G jufqu’en Hd fuftirait d’attacher un des bouts I (fig. 18 à de ce relfort au tampon G : ce qu’on fait eu recourbant le bout du fil de fer pour l’engager dans un trou pratiqué à la circonférence du tampon G; & afin que ce relfort foit bandé lorfqu’on tournera le canon de fer-blanc CD EF, ainfi que le tampon G, l’autre extrémité K du fil de fer eft fermement attachée à la broche AB, qui, comme nous l’avons dit, ne doit point tourner. Pour cela on met un morceau de bois IC qu’on attache à In
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- broche de fer pat une goupille qui traverfe & le morceau de bois & la broche rie fer, & on arrête le bout du fil de fer dans ce morceau de bois qui ne doit point tourner non plus que la broche A B, à laquelle il eft attaché très-fermement. Il eft évident que le bout K du relfort à boudin ne pouvant pas tourner, & le boutI du même relfort étant emporté par le tuyau , on bandera le relfort à boudin en faifant tourner le tuyau C DEF s & le relfort voulant fe rétablir dans fou premier état, fera tourner le tuyau en fens contraire lorf.-qu’on le lailfera en liberté. On attache bien fermement le bout d’une pieee de coutil fur le tuyau de fer-blanc, enfuite on roule toute la longueur de ce même tuyau, & on coud en-bas une réglé de bois L M poncftuéeà laquelle il y a un cordon N O P. On attache avec des crochets ou petits gonds, au haut de la croifée , la broche AB, de forte qu’elle ne puiife point tourner. Il eft évident qu’en tirant en-bas la réglé LM, qui tient au bout de la piece de coutil, on déroulera le coutil de delfusle tuyaii de fer-blanc * qui tournera en bandarit le relfort à boudin d’autant plus qu’on fera faire plus de révolutions au tuyau j & le relfort tendant à fe rétablir dans ion premier état, fera tourner en fens contraire le tuyau de fer-blanc j quand en lâchant le cordon N O P, le coutil fe roulera fur le tuyau , & remontera vers le haut de îa croifée. Voilà en quoi confifte laméchanique des ftores > mais il nous reftg quelque ehofe à dire fur la façon de les faire.
- 804. Pour rouler promptement le fil de fer qui eft gros comme le tuyau d’une plume de bout d’aile * & qui n’eft point recuit, 011 a un cylindre de bois A (fig. 22), retenu par deux poupées verticales j femblables à B * & qui porte à l’un de fes bouts une manivelle C D j ùn palfe un bout du fil de fer dans un trou qui traverfe le cylindre de bois * & pendant qu’un garçon tourne la manivelle , un compagnon tient le fil de fer enveloppe dans fon tablier j & eit tirant de toute fa force, il a foin que toutes les révolutions fe touchent bien exactement i comme on le voit fig. 20. De cette façon j le relfort à boudin èft fait très-promptement. Comme le fil de fer n’eft pas recuit, il fe déroule un peu quand on celfe de tirer le bout du fil de fer * ce qui donne la liberté de l’ôter aifément cfe delfus le rouleau de bois A {fig. 22). C’eft de cette façon que les pofeurs de Bonnettes font les relforts de rappel dont nous avons parlé plus haut.
- 805. Nous avons déjà dit qu’il n’était pas poilible détourner de gros fils de fer qui fulfent alfez longs pour faire un relfort de toute la longueur du ftore. Voici comme les ferruriers fe tirent de ce petit embarras. Ils font un nombre de bouts de relforts tels que fig. 20, ou Q_RS T ±fig. 18 , & ils les joignent les uns aux autres par des bouts de cylindres de boi à, fig. 21 ; ils font percés dans leur axe, & la broche A B les traverfe à l’aife ; les bouts de fil de fer qui forment chaque portion de relfort, font attachés à ces cylindres j comme on
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- ART DU S E R R U R 1 ER.
- a4*
- rie voit eh Y (fig. î8) ; il n’y a que le dernier bout qui eft attaché au morceau de bois K fermement aflujetti à la broche A B j mais il faut avoir l’attention de mettre toujours les bouts de reflbrts les plus longs du côté où eft l’œil de la broche, comme on le voit dans la figure : de cette façon le reifort à boudin eft prefque auffi bien étant formé de quatre pièces que s’il l’était ..d’une feule.
- Article IV.
- , Des orne mens qu'on fait aux dépens du fer.
- 806. Nous avons fuffilàmment Expliqué-, à l’occafion des grillés ornées* comment on releve des ornemens fur le tas & fur le plomb : ce qui tient à la •façon d’emboutir & de retraindre les métaux , dont on parlera exprelfément & très en détail lorfqu’il- s’agira de l’art du èhauderonnier. Nous avons de plus annoncé qu’on faifait des ornemens en relief fur le fer * & que cette opération tenait à fart du ci fe leur; que ces ouvrages faits fur le fer étant fort chers, -on prenait ordinairement le parti de les faire en fonte de cuivre qui ont le feul inconvénient d’être eXpofés à être brifés & volés. Cependant* comme les ferruriers font des ouvrages en fer qui font pris dans la pièce', revenant à Ce que les meiiuifiers appelle élégis, il eft bon de dire quelque chofe fur la façon de les-travailler. Je prends pour exemple une boucle on heurtoir,de porte cochere.
- 807. Pour faire les boucles de porte ^figitres 29 & 31, on choifit lé fer le' plus doux & le mieux corroyé. On le forge d’épailfeur, & le plus approchant ‘qu’il eft poffible du contour qu’on veut donner à la boucle ; on perfectionner-te contour avec la lime, ayant collé fur le fer un papier qui porte le delïm. On perce avec'le foret quantité de trous aux endroits où-doivent être les-ajours a a, figures % 8 & 30-; on emporte, avec le cifeau &le buriil, le fer qui' refte entre les trôus.du foret* & on perfectionne les ajoura avec des limes de différentes grolfetirs & figurés-, pourfendre les pièces comme on leS'Vokfigu-res 28 & 30. Il s’agit enfuite de former les reliefs tels qü’on les-voit figures 29^ & 31 : c’eft alors un travail de feulpteur & de cifeleur, qu’on exécuteavec des cifeaux, des gouges-, des grains d’orge* des hüriiis faits avec d’excellent acier, & auxquels 011 donne’ia meilleure trempe :• ces-outils.-font.ordinairement.faits*. avec de vieilles limes qu’on a trouvé très-bonnes. On pointillé & on martele les fonds avec des poinçons'; on fouille certains'endroits avec des forets de différente groffeur , ou des boutons d’acier taillés en limes, qu’on fait tourner à l’archet comme des forets. On fe fert auffi de fraifes & de limes auxquelles on» donne-différentes formes, fuivant les endroits où il faut qu-elles-travaillent. On finit le tout avec des cifelets & des mattoirs, & on polit lèsendroits?
- Tome EL Ii
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- qui doivent l’être avec des-pierres à l’huile- taillées dé* differente façons, ou-avec de l’émeri & de l’huile qu-’on perte-dans les creux avec un- morceau de bois appoint! ; on rend certaines parti es très-brillantes en les fourbiffant aveG des bruniifoirs. Enfin on travaille quelquefois à part certainesparties, comme l’écuffon de la figure 29 , & on les attache à la plac-e où elles- doivent être avec des rivures. On voit que ces ouvrages qui exigent beaucoup d’adreiTe, emploient beaucoup de tems & donnent bien de la peine. C’eft ce qui engage à, îubftituer dans beaucoup de circonftances la fonte de cuivre au fer. Si I’oil avait des rofefctes, ou d’autres orne mens à faire', qui feraient-des. répétitions: d’un même modèle , 011 pourrait les ébaucher avec uiieétarnpe qui ferait un. poinçon d’acier portant en creux l’ornement qu’on-veut faire en relief '
- 8c>8~ Les anneaux des clefsfigure*24& 25 ,.fe font Gomme nous venons, de l’expliquer ; mais fi l’on en avait un-grand nombre-à-faire d’une même forme, ou pourrait les étamper à froid avec un.coin & un balancier, comme on fait les clefs de-montres en Angleterre..-
- 809. A l’égard des pièces fig.zôh 27, les parties a a fefont* for le tôury & celles- b b avec la lime. Les ferruriers , fur-tout ceux qui- font de beaux ouvrages , font un grand ufage du-tour ; cependant nous nous abftiendronsd’en' parler en détail , parce que l’art du tourneur-fera traité à part. Quelques fer~ ruriers font parvenus à relever très-proprement- des moulures-délicates-for des parties droites, au moyen de rabots.peu différens de ceux des ébéniftes y & dans les parties creufes , ils ont monté for un fut femblable à un bouvets des* limes de différentes formes,; & c’eft laie cas où des ouvriers indüftrieuximaginent & font eux-mêmes des outils qui accélèrent l’ouvrage ou le-rendent! plus parfait.
- 810. J’ai amplement détaillé comment on faifait des moulures avec l’é-tampej mais on a quelquefois des appuis de rampe qui font de fi fortes pro-, portions qu’il ne ferait pas pofiibîe de les étamper d’un feul coup ;alors les-ferruriers les font de pîufieurs parties étampées chacune en particulier, qu’ils-: affemblent les unes avec les autres fi parfaitement quelles femblent ne faire-qu’un feul morceau : la plate-bande de la rampe delà compagnie des Indes peut être citée pour exemple ; la partie À, fig. 23, eft forgée à part ; on étampe féparément les parties B B & C C, enfoite la partie D, & on joint toutes ces* pièces avec des rivurçs prifonnieres, ou encore mieux des vis.
- Article V.
- Evaluation du poids des fers.
- 811» Il eft toujours avantageux aux ferruriers de connaître à quoi fê monte le poids des fers qui doivent entrer dans un ouvrage qu’ils font furie
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- point S’exécuter, non-feulement pour lavoir fur quel pied ils peuvent l’en* treprendre-, mais encore.pour s’appro-vifionncr de la quantité de fer dont ils auront befoin. Ces connaifîànces font encore utiles à ceux qui veulent faire exécuter un ouvrage de ferrurerie > fait pour faire leurs conventions avec les ferruriers, foit pour ne fe point engager au hafard dans des entreprifes trop Sifpendieufes. Suppofé donc qu’on ait une grille à faire, & qu’on foit convenu avec le ferrurier qu’on la lui paiera à tant le eent , on defire lavoir à l’avance combien les fers des grolfeurs portées dans le devis doivent pefer. Il cft Certain que tous les fers ne font pas, à -volume égal, exactement de même poids ; le fer Se güeufe eft plus léger que le fer forgé , d’où l’on peut conclure que le fer fera d! autant plus pelant qu’il aura été plus épuré de laitiern, & plus exactement corroyé. Cependant il eft d’expérience qu’on peut évaluer le poids du lbon 1er forgé entre '572 & ^6 livres le pied cubes il fuit delà qu’en fe don-nant la peine de réduire en pieds cubes tous les fers de diiférens échantillons , on parviendra à connaître le poids du fer qui entrera dans un ouvrage : mais les architectes ont befoin de moyens plus expéditifs , & ils en ont à choi-fnv> car indépendamment des tables calculées qu’on trouve dans plufieurs ouvrages d’archkeClure-pratique , fachant qu’un barreau d’un pouce en quarré & d’un pied de longueur pefe -quatre livres-, on en conclut qu’un barreau ^quarré ou méplat qui aurait 36 lignes quarrées de bafe , & un pied de longueur, peferait une livres & par une opération très-fimple, il eft aifé de connaître le poids des fers de toutes fortes de dimenlions. Pour cela on multiplie le nombre de lignes contenues dans chaque côté d’une barre de fer , l’une par l’autre, pour connaître fa bafe en lignes quarrées. Enfuite on divife le produit-dé cette multiplication par 36-J& comme l’on fait que 35barres d’une ligne de côté & d’un pied de longueur pefent une livre, il s’enfuit que ce qui vient au-quotient exprime la quantité-dé livres que pefe un pied de longueur cîu barreau fur lequel on opéré. On multiplie enliiite le poids d’un pied de longueur par le nombre de pieds de la barre tfntiere^ & fon poids eft connu*
- 812. Exemple. Une barre de quatre pieds de longueur & de douze lignes en quarré, a 144lignes quarrées de bafe, parce-que ï2 multiplié par 12, donne 144 s en divifant ce produit par 36, il vient 4 au quotient i ce qui-indique qu’un pied de longueur de cette barre pefe 4 livres > & que la barre pefe i€ livres.
- 813. M. Antoine , -architetfte, a vérifié que cette-méthode eft affez exaéle pour que fur plufieurs milliers de fer , on ne s’écarte du poids réel que de 1 y à 20 livres. La méthode que nous venons d’indiquer convient également aux fors quarrés, & aux fers méplats i & il eft aifé d’en faire l’application aux fers fonds, au moins avec une approximation fuffifante pour la pratique.
- .g-14. Pour connaître lafolidité d’une tringle ronde en lignes , il fautcom-
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- mencer par en mefurer la circonférence.Ott pourrait le foire avec un rubans, mais il vaut mieux la conclure du diamètre : ainfi, fi le diamètre delà tringle: eft de douze lignes on fera cette proportion : 7 eft à 22 comme 12 eft à * quatrième terme que l’on cherche 5 en multipliant 12 par 22 en divifant par-7 le produit de cette multiplication , on connaîtra que la circonférence delà, tringle eft de 37 lignes & f II faut enfuite multiplier cette circonférence-par la moitié du rayon qui eft trois lignes , & il viendra r r.3 lignes, quarrées, plus y pour la quantité de lignes contenues dans la bafe. Il faudra divifer cette fomme par 36, il viendra au quotient 3 ce qui indique qu’une longueur d’un pied de cette tringle pefe 3 livres 2.onces 2 gros y; laquelle.fommer on multipliera par la quantité de pied-s qu’elle aura de longueur..
- Explication des figures relatives au pofage des Jbnnettes..
- Figure, 1,2 ,.pl. XX, une broche pour percer les troua ou pourpaifer le fil-d’archal par les trous qui font faite.
- Figure. 13 , renvoi dont le mouvement eft parallèle au mur où il eft1 attaché.. On a auiïides renvois,tout pareils ,.mais dont la brancheB eft pluslongue quels branche D. 11 y en a encore d’autres * dont le mouvement eft perpendiculaire au plan du. mur fur lequel il eft attaché..
- Figure. 14, fonnette attachée à l’extrémité des reflbrts à boudin gy enkk eft un reiTort à boudin qui. rappelle le fil de fer pour vaincre les froütemens, des renvois. On voit en L\fig‘ 15 , un petit crampon qui fert de conducteur aux fils de fer.,
- b-à figure 16 repréfente le battant d’une perfienne; A B C D, le Bâti dé débattant i E F G ^endroits où l’on met les paumelles pour rendre ces battans ou-vrans & fermans j HI, renvoi à reifort pour tenir les battans fermés ;KK», les planches minces qui font placées entre les montans A B & C D, & qui por* tent à leurs deux bouts des petites broches qui entrent dans des trous percés, dans les montans. pour les recevoir j L L, fig. 1.6 & 17, menue tringle de: fer quarrée qui porte les pitons. N N , dans l’ouverture defquels entreT'extre*’-mité des petites pièces en S marquées P P ; l’autre bout de ces mêmes piece& terminé en une efpece de patte 00, fo cloue fur les petites planches : d’où ifi fuit que quand on leve le bouton, le bout arrondi des pièces en S tourne; dans les pitons N N, en même tems que ces pièces- foulevent le bord de toutes les petites planches K K, tant & fi peu que l’on veut : on met la moitié de ces pièces en S à droite , & l’autre moitié à gauche de la barre L L ^ comme on le voit fig. 16, afin que la tringle foit maintenue dans une pofi-tion convenable,.
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- A K T DU SERRURIER. ^3;
- jExplication des figures qui ] représentent- des fibres d'appartemens, & de& ouvrages >dont les ornetnens fiant-pris aux dépens du fer..
- Figure 18 ,.un grand, flore pour dçs croifées d’âppartemens;
- La figure rp en. eft. la coupe les mêmes, pièces font repréfentéês par les; mêmes lettres, AB, la broche fixe qui eft dans l’axe du*fiorej.ÇUE F,Je-tuyau de fer-blanc qui renferme les relforts à boudin,, & qui tourne; fur. fom axe quand en. abailfe ou quand on éîeve le coutil du flore y G», tampon, dubois qui eft attaché au tuyau de fer-blanc par des pointes.,, comme; onie:voitv-figure 19 j. c’eft à ce tampon que le bout 1 du, reffort à boudinQ_ eft. attaché i, l’autre bout de ce reffort eft attaché emV à.un tampon; repr.éfenté à part fig. 21 , qui tourne librement fur la broche'A B j en. V eft a.ufii attaché un bout du relfort R l’autre bout eft attaché au tampon X,, ainfi qu’un des; bouts du.reffort R;. l’autre bout eft attaché au tampon T,,ainfi qu’un des: bouts dn reffort T > l’autre bout de ce reffort eft attaché au tampon qui, eft; fixé par une goupille, à la barre AB. Le tampon H. eft attaché par des.pointes, au tuyau DF, ainfi que le tampon G:
- La figure 2Q repréfente un bout de reffort à boudin-.,
- La figure 22 fert à faire appercevoir comment on- fait très-promptement; ces refforts à boudin,.enles roulant fur un cylindre qu’on fait; tourner par. une manivelle..
- La figure 23 eft la coupe de la plate-bande de l’êfcalier de ln compagnie' des Indes ; les lignes, ponctuées font voir le nombre des, pièces dont cette, plate-bande eft, formée; A forme un quarré. B B,, deux pièces qui font étain*, pées féparément. C C,. deux autres pièces auffi étampées féparément ; & toutes ces pièces font fi exactement réunies par des, vis à la pièce D ». qu’elles femblent ne faire-qu’un morceau.
- Figure 28 , un morceau de fer ébauché & percé en a a pour faire fa, boucle de porte repréfëntée figure 6.
- La figure 30. eft un morceau de fer ébauché pour faire la boucle fig. 7.
- Les figures 24 & 25 font des clefs dont les anneaux font chargés a’orne-mens qu’on fuppofè avoir été ébauchés à l’étampe ; ce qu’on pourrait faire fi l’on en avait beaucoup à faire d’une même forte.
- Les figures 26 & 27 font des ornemens.faits fur le tour & à la lime.
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- •8==
- Vi M. T D U S E R R U K î E R.
- EXPLICATION D E -S 3P -L A -N QMES
- DES QUATRE PREMIERS CHAPITRES.
- , P L A îï C Ù E I.
- IL A vignette r'epréfent'e une boutique 'de ferrurier.
- Figure, i, groife enclume qüarrée fur fon billot : elle doitêtre àportée tfe la forge. B eft la table de cette enclume. ‘ _
- Oii Voit le maître-forgéron-quf tient avec des tenailles un morceau de fer touge fur P enclume-, & qui le forge avec un marteau à main. Devant luifont deux compagnons qui forgent avec un marteau à deux mains. Derrière le 'maître-forgeron eft une enclume à bigorne, qui eft encore auprès de la forge j'poür contourner le fer.
- Figures 13 & 14 , deux àpprentifs qui tirent le fouffiet. Auprès de l’appren--tif 13 , eft un petitfouffle't, pour chauffer de petits fers.
- Entre les deux apprentifs 13'8c 14* eft la forge. A eft le manteau de la cheminée, fous lequel eft le foyer.
- Figure 26, auge de pierre remplie d’eau.
- Figure 23, auge remplie de labié, avec une palette pour en répandre fur le ’fër chaud.
- Figure 2, enclume à deux bigornes-, unè plate* & l’autre ronde/.En b fur ïa tablé, eft une mortaife pour y mettre, fuivant le befoin, une tranche oti Une griffe. On voit un compagnon C, qui coupe-un morceau de fer avec un Cifeau à froid.
- ’ Figure 33 , compagnon qui fait une rivure fur l’étau D.
- Derrière les ouvriers, eft un établi pour les limeurs, & 011 voit en EF deux compagnons qui liment avec un carreau : à l’égard de ceux qui font au-bas de la viguette, figure 16, 'celui G arrondit la tige d’une clef, & celui H efi lime l’anneau.
- Bas de la planche.
- Figure ï-, gros étau à pied qu’on nomme étau de réfijldnôe.
- Figure 2, étau à patte. Il y a des’étaux à mains, dont les niOrdâhs fe:tefnii-lient en pointe-; ils fervent à limer des goupilles. , v .
- Figure 3 > a > ? ]jriies ou carreaux de différentes graiideurs.
- T igure 4, a a , > &
- Figure 5 , a b, limes plus petites, qtfërrées & à queuè de rat.
- Figures 6, 6, 6, 6,6, tenailles , les unes droites, les autres croches , poÈS:
- tenir le fer à la forge ou-fur l’enclume, & pour d’-autres ufages.
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- A R T- B ü S E R R ü R I E R; 2.55
- 6,.v-3 tenailles mmn\QO,s tricoifes;\e^ ferruriers ne s’en ferment pasqrdinai-remént j.les ferréurs (^40);en font un grand ufage,. ’ ! ! f* ‘
- & y.y pinces Qu.béqiiettes.. \ ,h ; '
- Figures 7, >.gros niarteaux qu’on nommç'-a devant ou travers , & qu’on mene à deux mains ., comme on le v,oit dans- la vignette. Figures ïo & 1 r , martiaux à main,..à panne droite ou-'de; travers?. Figure 12,.marteau d’étabjij.qui fert à bigorner ,.ou.qu’on porte en ville. ‘ ^
- Figure 13 ,.tifonniere qui fert à’ attifer la., forge/, palette -qui fert à fabjer le. fer, & à.dégorger la tuyère,.. ' ' '~ ' !"
- Figure iqi , éCouvette pour arrofer/le/ charbon-qui eft à. la forge s.& le raf-. fembler.Q !
- Figures 15,.1-7, ciféaiix & poinçons pour couper &.percer le fer à chaud.' Figures 16, i 6, 16', font des mandrins, de. différentes formée pour ouvrir les trous & forger defiiïs le fer au fortir de la forge, ' " Y t;î ; 1
- Figures ig-, 19 *2Q, mordàches; qu’on ferre jdans les mâchoires dès étaux, Figure-21 iForet avec fi.boite, ! 1 ‘ ’ " !
- Figures 22 5.23 >.pe.rcoires.{uu lesquelles oi\.pofé le.fer qu’ô.n.v.eut perçer à chaud'ou à froid:.
- Figure:2^ y efpece de mordache. de bois , pour, affujettir. les.: pièces qui font polies..
- Figure 2 y , palette que le ferruriçr met fiir, foir eftbmac pour- recevoir lé bout du foret qui'eft oppofé à celui qui perce Iorfqu’ïl perce feuL Figure 26, archet qui fèrç-àTaire tourner le forer.
- Figures 27-, 27-, griffes & tourne-à-gauche pour contournérle fer.
- Figure 28/, petite fourchette qu’on met, fur l’epclume pour contourner les petits, fers.,.
- Figure 29 , petite tranche.
- Figure1 o, morceaux de fer qu’on veut fôuder en goupille.
- Figure 31, deux morceaux de fer A & B , qu’on a forgés en flûte, ou qu’on a amorcés, pour les fouder enfembfe. Quand on a donné à l’un & à l’autre une chaude fùante, on les p'Ôfe fur la table d’Une enclume en les forgeant ils fe réunifient au point de ne faire qu’un fèul morceau. Quelques forgerons prétendent qu’il faut, en amorçant les pièces A & B , former des inégalités qui entrent les unes dans les autres.
- Figure 32, A & B ', parties, de defius & de défions d’une étampepour faire les boutons de ferrure. ' ' ‘
- Figure 3 3 ,, A & Bpetite étampe pour faire des vafes à la tète des fiches.'
- (240) En France les ferruriers ne pofent tile , & même nuifibfe à bien des égards, pas eux - mêmes leurs ouvrages, c’eft la nç fubfifte pas en Allemagne , en Suilîe, &J fonction des fërreurs. Cette diftinêtion inu- ailleurs,
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- & § T D U S.yE, R R UR / E IL
- Figuref 34^,.etampe pour faire des moulures fur des plates-bandes. „. ...
- Figure 35, la moitié d’une étampe pour arrondir les tigesjd’uiié efpagiip-îette j l’autre moitiéeftexadlementfemblable. ? .ÇL,r i ^ ’ "'i
- '. Figure 36, forte cifaillepour couper le fer a froid. Les ferruriers ne s’en fervent guere. i; f . > ,, A,,’,/ '
- !<!; _ f L A NC H j E I I. .
- ‘ Figure r, A-, perçoire. . • " >)( t rj ‘ . : ? . \’é
- . Figure 2,.F;, tranche enirnanchéedans uiie:hart. "\i .
- Figure 3,4-’ poinçons de différentes formes. , , ( r;.
- Figure f, inftrument pour percer ^jiomxné drille.,fib ^ foret monté dans là piece b a. c, meule de plomb qui en confervant le mouvement qu’on lui a donné, fert à faire tourner le foret, a b , arbre du drille, de > croifée du drille qui eft traverse par l’arbre. dû, t a> courroie qui entoure l’arbre; en appuyant les mains fur de, la courroie je déroule; en remontant, la traverfe de, la meule deplomb rqui a acquis une vîteife, roule la courroie dans unautre lèns fur l’arbre b a , & ainlî le foret: tourne continuellement de droite à gauche , & de gaucheJ;à.drojte?,:. • . ' . .. > ...
- Figure 6 , porte-foret, a b, deux branches de fer qui font jointes par un îreffort; la bride cd eft rivée fur la branche a en d. f eft une vis qui fert à rapprocher la branche a de la branche b pour appuyer plus ou moins le foret e. contre le ferg4. qu’on perce. .. .
- La figure 7 eft unautre porte-foret...^ d eft une plaq.ue.de fer qui tient lieu de. celle de bois que les ferruriers mettent fur leur poitrine-; le crampon C entré dans un trour qu’on fait à l’établi; le crochet c faifit quelque, chofe de. fixe. L’écrou, h de la vis a fert à paffer leforet contre la piece qu’on perce-, & on fait agir le foret gf, au moyen de l’archet fig. il.
- Figure 8,9, deux fraifes qui fervent à élargir l’entrée d’un trou ôù doit' entrer une tète de visqu’011 veut arrafer :,la fraife A eft ftriée la fraife B eft quarrée ; on les fait tourner avec l’arehet comme les forets. ! ., ’
- Figure 10 , é.crouou filiere. ' ,- ^1. ' : . .-.n, *.- .
- Figure 1 i(-,f untaraud pour faire des vis..& dès.éçrôüs. E, îèst pas dé^vïk." d, dcs.entaiil.es.qu’on faitpour loger les copeaux que le taraud emporté ; queL quefois ces enta'illesfont fi confidérables que la partie a. eft triangulaire : corn mi le taraud fert à -faire de groflésVis -, il'a une.tete.quarréec qui.pntfe dansfom,* vertur^auflitCp^iarrée d’uil le;vier:(^..ï2:3T;qu’on iior^pie tdiirfie^à-g^ucjie^fi l’on aftujettit l’écrou {fig. 10) dans une efpece d’étau {fig, j^);iidbjit.>ïiqus,; avo(n&y;dp'nudJla,defGriptiop?daHsde texte.. . .. <’ f ;
- Figure 13 , filiere brifée. La partie À porte là nidïtie d’un écrouV~&là partie B-l’âutré moitié. DE font des pièces de rempliifage, & toutes ces pièces entrent à couliffe dans les joues FG; un des côtés de lacouliife manque en f
- " Jii" . et*
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- rA R T BU S E R RIU R I E R.
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- . HI, pour pouvoir retirer les pièces qui y font renfermées. Au moyen de la vis C , on rapproche lapiece A de la piece B , à mefure que lavis fe ferme.
- Figure 14 , étau pour faire des vis & des écrous.
- 15 , ancre droite. AB , fa longueur. C, talon, morceau fer qui fait faillie pour empêcher que l’ancre 11e coule dans la bouche du tirant.
- Figure 16, AC , partie du tirant. B, l’ancre qui entre dans l’œil C. En D, eft un pli pour que l’œil C devienne vertical.
- Figure 17, deux barreaux deftinés pour faire une ancre en Y, & qui doivent être fou dés en C.
- Figure 1 g , ancre formée en Y. AB, partie droite. C, talon, pour retenir la barre dans le tirant. ED, deux branches qui fe renverfent pour former un Y.
- Figure 19, ancre formé en S.
- 2p, harpon terminé par un taloiuB.
- 20 , -v, harpon terminé par un fcellement A.
- 21, chaîne mouflée.
- 22, chaîne (impie.
- 23 , fentons qui s’accrochent les uns dans les autres , 8c qu’on noyé dans le mortier pour empêcher les cheminées de briques de léfarder.
- Figures 24, 25 , harpons de différentes formes. , j . .
- 26, équerre dont le fer ell plié fur le champ. -
- 27, brides coudées pour fortifier les pièces de charpente "entamées d’une partie de leur épaiffeur.
- Figure 283 boulon à' clav-ette.
- 29 , boulon à vis.
- 30, boulon à fcellement. > • >:
- - Planche III. - ;
- *
- Figure 1, étrier double à mettre fur les poutres pour foutenir les lambourdes.
- 2, guirlande pour lier les grandes pièces des vaiffeaux à l’avant & dans l’intérieur. ACB, talon delà guirlande. AB, CD, branches percées de trous aux^ndroits E. GH, arcboutant. ' - .
- Figure 3 , courbe de jottereaux , qui fe place en-dehors du vaiffeau. Elle fert à joindre l’éperon au corps du vailfeau. . .. - ' h-
- AB, branche qui s’attache iur les membres du vaiffeau.
- CD, branche qui porte fur l’éperon.
- F, renfort. ; a dur..-) nrjrt... . T . .-.v •
- GH , arcboutant. • r
- Figure* 4, courbe de-fate-pontsi AB, AC, branches qui font plates. ED . arcboutant. A, talon.
- Tome VI*
- Kk
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- *f8
- ART DU SERRURIER,
- Figure, f, la mëmepiece , dont les parties font féparées.
- 6, penture, ou rofe qui eft placée la plus près de la quille.
- 7 j ferrure- de bout de vergue à la franqaife.
- A, anneau qui embralfe la vergue.
- 5, anneau dans lequel pafle le boute-dehors.
- Figure 8, ferrure à l’anglaife. L’anneau B porte un rouleau e, fur lequel porte le boute-dehors, ce qui fait qu’on le manœuvre plus aifément.
- Figure 9 , ferrure du bout de la verge. Le boute-dehors palfe dans l'anneau I, & roule fur le rouleau K.
- Figure io, cheville à organeaux, fervant à tenir les canons en batterie.
- 11, cheville à clavette paifant dans le taille-mer & l’étrave.
- Planche IV. _
- Figure r ’ aflemblage de bandes de fer pour former les vitraux d’églife.
- AB montans ? i0^nts enfemble par une bande de fer plat EF, quitraverfe
- CD* tr verfes C e rnontailt’ & entame fur les traverfes, auxquelles elle eft ’ a J attachée par des clous rivés.
- HG repréfente le dedans de l’églife.
- EF, le dehors.
- < Pour retenir le panneau de verre , on rivait autrefois fur les traverfes & fur les montans, des crochets LLL qui tenaient lieu de feuillures.
- Figure 2. Pour faire concevoir comment on les arrête maintenant, a a repréfente un bout d’une des traverfes CD; b eft une broche taraudée; elle eft rivée fur la traverfe aa; cc eft une bande de fer mince percée de trous de diftance en diftance , dans lefquels entrent les broches b. On met le panneau de vitre entre a a 8e ce, 8e on les alfujettit en rapprochant cc 8e a a au moyen de l’écrou d.
- Figures 3,4, profil de moulures pour les plates-bandes.
- f , baluftrade (impie à hauteur d’appui, avec une porte au milieu. MNO, crampons pour la fceller dans la plate-bande de pierre de taille.
- I, pivot de la porte 8e fa crapaudine.
- K, lien fervant de bourdotiniere. On peut le faire plus folide, comme il eft repréfenté en AB , fig. 1
- Figure 6 8e 7, étampes ou chafles à tenons ou à pointes , ou fortes de clouieres.
- Figure g ,P, barreau terminé par un tenon en C, 8e^u-de(fous une mor-taife en Q.
- Figure 9,10, deux areboutans, l’un (impie, l’autre orné de rouleaux.
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- ART DU SERRURIER.
- Figure il , M, trous dont les côtés font parallèles comme ceux des traver-fes delà grille.
- ligure 12, N, barre percée fur l’angle.
- 13 , comment on rapporte un" lardon de fer doux à un barreau de fer aigre , pour faire un bon tenon. Quelques ferruriers 11e foudent point ce lardon , ils fe contentent de le ferrer dans la fente qu’ils ont faite au bout du barreau.
- Figure 14, grille qu’on met aux fenêtres , dont les montans font terminés en pointe, par le bout fupérieur DD. BB eft une traverfe. EE, autre traverfe dont les barreaux font'terminés par des fcellemens.
- Figure 1 f, lien fervant de bourdonniere aux baluftrades fimples à hauteur d’appui.
- Figure 16, grille de fenêtres , dont les montans font coudés en E E & F F. H K, un des barreaux de cette grille. O11 y voit i°. le tenon H. 2°. les deux plis E F. 3®. la pointe G. 40. une pointe ondoyante F.
- Figure 17, T T , V V,XXSYY, a a ,b b, d d, grille entrelacée, dont les montans paffent à certains endroits au travers des traverfes, & à d’autres endroits les traverfes palfent au travers des montans. La figure les repréfente dans l’inftant où l’on eft près de les ralfembler. On voit que les traverfes enfilent les montans T T, Y Y, depuis T T jufques en V V, & que depuis Y Y jufques en X, les montans doivent paffer au travers des traverfes. Au contraire, les mêmes traverfes comprifes en X X & Y Y palfent dans la partie de tous les montans comprife entre cc &dd3 & ces montans à leur tour enfilent les traverfes entre a a Se b b.
- Figure 18, AB, deux morceaux de fer roulé, qu’on alfemble quelquefois dans la pofition où ils font ici.
- Figure 19 , G G G G, paneau d’une baluftrade , ou d’un balcon, dont les ornemens font faits par les différens contours de fer.
- Figure 20, portion de rampe qui a un quartier tournant C C C.
- DDDD,rouleaux en anfe de panier.
- E, autre rouleau qui tient de l’anfe de panier. .
- F F, entretoifes.
- G G, montans.
- HH , rouleaux fimples avec des rouleaux en anfe de panier.
- I, rouleau en cul-de-lampe.
- K K, feuilles d’eau. .
- M, graines. -
- N, lien à cordon.
- Figure 21 , faux-rouleaux.
- 22, i i i, barres droites.
- Kk i]
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- ART DIT SERRURIER.
- ab cde, diverfes barres plus ou moins avancées à rouler.
- Figure 23 j £, forte de griffe pour faire entrer les barres dans les faux-rouleaux.
- Figure 24,'baluftrade en arcades , ornée de rouleaux & de liens.
- 2f,frife.
- 2j , b} maniéré de plier un petit rouleau fur la fourchette. Planche V.
- Figure 1 , deux barres préparées pour travailler les ornemens.
- , 1 2, morceau d’ornement pour une frife.
- 3 , maniéré de fouder trois barres pour faire un ornement où trois enroulemens partent d’une même origine.
- Figure 4, ornement fait avec les trois barres fig. 3.
- f , A, elpece de chaffe pour tenir coup dans les endroits où l’on fait une rivure, lorfqu’on ne veut pas y atteindre avec la maffe d’un marteau.
- Figure 6, fer étampé , propre à faire des liens à cordon.
- b, cifeau avec lequel on coupe le cordon.
- C 1, morceau de fer coupé podr faire un lien à cordon; il eft vu du côté de fou quart de rond.
- C 2 , le même, vu du côté plat.
- C 3 , autres pièces qui avec la précédente forment le lien à cordon.
- ; -C4, lien à cordon fini. . ‘
- C f , un lien à cordon recouvert. .. .
- '-••C 6, la couverture vue féparément.
- Figure 7 , petit infiniment qui fait l’office d’un compas à verge, pour prendre l’ouverture des angles ab c d de la figure 8-
- Figure 8 , bâti d’une rampe d’efcalier ; les montans 1,2, & 3 doivent être bien d’à-plomb. . ,
- Figure 9 , paneau quarré , pour mettre fur un palier.
- 10, le deffin de la figure'9 tranfporté pour lui donner la forme d’une lofange , lorfqu’on veut former une rampe.
- Figure 11, le même deffin tranfporté fur la Superficie d’un cylindre , pour le mettre à un quartier tournant.
- Figure 12 , feuille d’eau Simplement forgée & coupée de longueur, u 2 , feuille d’eau emboutie, vue du côté convexe, u 3 , feuille d’eau emboutie , vue du côté concave, u 4, feuille d’eau pliée en gouttière, u 5 , feuille d’eau cein-tréefurla bigorne. « 6, feuille d’eau qu’011 a commencé a onder. u 7, feuille d’eau qui a toutes fes ondes. J
- Figure 13 ,n, étampe à feuille d’eau. 12, coupe.de cette étampe./ 3 , poin-
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- ART DU SERRURIER,
- 261
- çon pour emboutir les feuilles d’eau dans l’étampe. t4 , autre étampe. t ç , étampe dans laquelle on plie le corps de la feuille d’eau en gouttière, t 6 , 17 , tas qui fervent à onder & à perfectionner les feuilles d’eau.
- Figure 14. A2, étampe pour les feuilles de palmier. A 3 , coupe des deux branches de cette étampe. A 4 , une des branches. B 2, feuilles de palmier limplemenù forgées & découpées. B 3 , les mêmes embouties. B 4 , feuilles de palmier montées fur une tige , où un rivet en tient plufieurs alfemblées. D 2 3 branches de palmier entortillées de feuilles de lierre. E 2, feuilles de lierre qu’on a commencé à forger. E 3 , deux feuilles de lierre foudées enfemble. É 4 , feuilles de lierre finies. E 5 , feuilles de lierre alfemblées. E 6, graine de lierre. E 7, tige autour de laquelle on a entrelacé des feuilles de lierre.
- Figures 1^1
- 16,. machines à percer.
- 17 > )
- N2 , elpece de mordache fort commode pour travailler les liens à cordon.
- Figure i8,TVX, trois pièces de tôle coupées pour compofer un rinceau.
- T2 V2 X2, ces trois pièces embouties & percées où elles doivent être jointes enfemble par des rivures. Y, rinceau fini 5 & compofé des trois pièces précédentes.
- Figure 19, E, taifeau fourchu parles deux bouts. FG, talfeaux fourchus par un bout & fendus par l’autre. H, taifeau terminé en pointe par les deux bouts. I, taifeau plat. K, taifeau à percer les petites pièces , que l’on appuie fur le bout K. AI, taifeau à percer les grandes'pieces : on le ferre dans l’étau, & 011 pofe la partie à percer vis-à-vis un de fes trous Quelquefois on fe fert de ces talfeaux pour faire de petits enfoncemens ; alors on prend un poinçon mouffe , & l’on ne frappe pas aifez fort pour percer le fer.
- Figure 20, N , piece de tôle coupée pour faire le milieu d’un fleuron. OO , côtés de ce fleuron. PQQ_, le fleuron relevé au marteau. RSS, différens revers du fleuron qui fe rapportent avec des rivures.
- Figure 21, ABC , vafe de fer formé des pièces fuivantes.
- 22, DD , piece garnie de divers étoquiaux dd3 qui font l’embafe on le focle du pied du vafe.
- Figure 23 , E, la piece précédente pliée. F, une des pièces des côtés du pied qui en forment la doucine.
- Figure 24, G, tige du vafe vue féparément. H, pied fini. I, virole qui fe met au-delfus. KK , fleuron placé au-deifus de la virole I. O, cordon qui fépare le corps du vafe defon couvercle.
- - Figure 2f. M, la partie qui fait le fond. N, une des petites lames qui s’aflem-blent fur le fond, & dont plufieurs enfemble forment le corps du vafe & fes godrons.
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- ART DU SERRURIER.
- Figure 26. L, le corps du vafe.
- 27. P, une des viroles qui compofentle cordon.
- 28- Q_i virole roulée qui eft entre deux viroles plates.
- Planche VI. 7
- Figure 1. AA EE FF, repréfente un couronnement de grille.
- 2. OPQR, les quatre pièces dont la confole eft; compofée, réunies par des rivures. R2, un des rinceaux de la confole. GH, partie inférieure de la confole E vue féparément. IKLL, les deux pièces GH féparées : L eft; l’endroit où elles fe rivent. MM, les deux pièces dont la partie fupérieure de la confole F eft compofée.
- Figure 3, cdefgh9 différens mattoirs.
- 4, équerre à deux branches fervanfc pour les portes cocheres ; le corps B fe prolonge tout du long de la traverfe d’en-bas , & la branche A/ remonte fur le montant ; elle eft attachée par des clous rivés , & quelquefois avec un crampon D. La figure ne repréfente que la moitié de la piece rompue en B.
- Figure ^ , pivot à enfourchement, ou à étrier , pour les portes des fermes. EE , fes branches. G, fon mamelon. F, la réunion de fes deux branches.
- Figure 6, crapaudine dans laquelle tourne le pivot des portes cocheres & autres.
- Figure 7, équerre qui porte un pivot C; la branche horifontale B de cette équerre palfe fous la traverfe d’en-bas de la porte, & la branche verticale A eft attachée fur PépailTeur du chardonnet; l’une & l’autre font attachées par des chevilles à clavette A. Figure g, la clavette eft marquée B.
- La figure 9 fait voir comme on arrondit le haut du chardonnet d’une porte de ferme pour entrer dans une bourdonniere qu’on voit figure 10.
- On fait de ces bourdonnieres en fer comme A, figure 11, qui reçoit le mamelon d’un gond à enfourchement B.
- Figure 12 eft une fiche à gond. AB CD fait voir comment les différentes parties qui la compofent s’ajuftent les unes avec les autres ; D eft l’aileron de la fiche qui entre dans le chardonnet; A, un gond avec fon boulon C qui traverfe le nœud E de la fiche & la bourdonniere B.
- Figure 13 , penture ordinaire.
- 14, penture appellée flamande, qui eft fort bonne, parce qu’elle embraffe l’épailfeur de la porte : celle-ci a une de fes branches en patte ; il y en a qui ont leurs deux branches droites; d’autres les ont de différentes figures, fui van t la forte de menuiferie où on les pofe. ' >
- Figure , penture dont la queue refendue en deux, fe prolonge haut & bas fur le bâti de la menuiferie; celle cotée B eft en S, & celle cotée A eft en patte.
- Figure 16, gond à patte.
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- Figure 17, gond à bois & à repos : le mamelon eft rapporté.
- - 18 5 gond à fcelîemenr coudé : le mamelon eft pris dans la piece.
- 19, gond à fcellement & à repos : le mamelon eft rapporté.
- 20, A, paumelle à pivot recourbé ; B , paumelle à pivot droit.
- 21, S, nœud de penture rivé fur une équerre.
- 22, L, fiche placée fur fon gond, & dont les vafes font finis. M * on voit ici comment le gond entre dans la fiche.
- Figure 23 , S, fiche à double nœud roulée & foudée ; T, fiche à trois nœuds ; V, les deux pièces aflemblées.
- Figure 24, fiche à chapelet. *
- , vilebrequin dont on a ôté la poignéd & la vis ; la première eft
- à côté.
- Figure 26, penture à charnière pour la fermeture des boutiques : les nœuds de la charnière font en A A.
- Figure 27, briquet qui 11e s’ouvre que dans un fens ; ils fervent ordinairement pour les tables à manger.
- Figure 28 5 les deux pièces qui compofent le briquet.
- 29 , le briquet vu dans un autre fens.
- 30, cette piece fert à réunir les deux pièces du briquet au moyen de deux broches.
- Figure 31, RR eft un morceau de tôle équarri & évidé pour faire une fiche à double nœud.
- Figure 32, couplet alfemblé.
- 33 , OP, étampe ou tenaille propre à faire les vafes beaucoup plus promptement que lorfqu’on les travaille à la main. On a coupé une de fes branches en O. P repréfente une des moitiés de fétampe & l’autre moitié eft dans l’autre branche.
- Figure 34, a b, verrou rond retenu par des^ crampons ee; fa queue c porte un auberon d qui entre dans la ferrure plate D. B eft un lacet fervant de gâche à ce verrou.
- Figure 35 , ab, verrou auarré, retenu par les crampons e; en d il y a un bouton pour l’ouvrir ou le fermer.
- " Planche VII.
- Figire 1, verrou quarré , dont le mouvement eft horifontal 3 mais fa platine A eft ornée , & le verrou eft reçu dans la gâche B.
- Figures 2,3, petit verrou ou targette. C eft le verrou avec fon bouton D. BB, les picolets qui fervent à l’attacher fur la platine AA 3 il ferme dans un crampon qui fert de gâche.
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- Figure 4 , gros verrou dont le mouvement eft vertical & qui eft attaché fur une platine.
- Figure 5 , verrou qui eft retenu par des crampons B. A, crochet fervant à le tenir ouvert. Ces verroux fervent à tenir fermé le bas des portes coçheres.
- Figure 6, verrou vertical & à queue. Il y a en c un relfort pour l’empêcher de defcendre par fon propre poids.
- Figure 7, une croifée garnie de fés volets brifés; mm , dormants rs, impolie j q q9 montant du milieu du chaflis à verre qui porte la noix, & fur lequel eft ferré l’efpagnolette ; en /' •eft la main de cette elpagnolette; cette elpagnolette eft à pignon , comme on le voit en 00.
- 815- Nous avons parlé précédemment des verroux verticaux qu’on nomme a rejjort, parce que pour les empêcher de retomber par leur propre poids, on met entre le verrou & la platine qui le porte, un petit relfort femblable à dd (fig- 9)- On peut fe rappeller que nous avons dit que, pour ouvrir les croifées fermées avec ces fortes de verroux, on était obligé de porter la main fiicceftivement fur le verrou d’en-haut & fur celui d’en-bas, pour les ouvrir l'un après l’autre, & de même pour les fermer : pour parvenir à ouvrir à la fois le haut & le bas , 011 a imaginé de faire le verrou d’en-haut à crochet g (fig- 8 ) ; & pendant quiavec la main k (fig. 9 ) , on fallait defcendre le verrou d’en-bas dans fa gâche, celui d’en-haut {figure g) s’engageait dans un crampon 5 8c en levant la main k (fig. 9), le verrou d’en-bas fe dégageait de fa gâche, & celui d’en-haut de fon crampon. r
- 816. On a produit le même effet au moyen des verroux à bafcule, fig. 10 ; les verroux a b, l’un montant, l’autre defcendant, dont le prolongement de la tige du defcendant eft repréfenté par KB,& celui du montant par IA, font rivés parles bouts I & K aux goupilles ik qui font fur l’évafement de la main CD ; au milieu de cet evafement eft un trou G dans lequel entre la broche qui eft au centre de la piece H rivée fur la platine E F ; on voit qu’en élevant la main D , les deux verroux fortent de leurs gâches, & qu’en abaif-faut cette main , les deux verroux rentrent dans leurs gâches ; ces verroux ont été très à propos nommés à. bafcule. On voit que les queues des verroux éprouvent un petit balancement, c’eftun fort petit inconvénient ; cependant on l’a évité parles verroux à pigno n figure 11. Appuyant furie bouton G , on abailfe dans fa gâche le verrou d’en-bas B ; mais en même tems , au moyen de la crémaillère D , 011 fait tourner la roue dentée E qui fait élever le verrou d’en-haut A.
- 8* 7- Tous ces verroux 11e peuvent faire revenir dans leur place les volets qui fe font déjetés, qu’autant que le bifeau du verrou peut prendre dans la gâche ou le crampon qui eft deftiné à le recevoir: c’eft pour, cette raifon qu’on taille toujours en chanfrein le bout des verroux >’& pour augmenter
- cet
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- bet effet ,*>n place les verroux de champ , les faifant étroits & fort épais dans le fens qui eh perpendiculaire à la croifée, au lieu que la forme ordinaire eft repréfentée par la figure 6.
- 818- On a continué à perfectionner les ferrures qui devaient fervir à ouvrir & à fermer les croifées s & au lieu de lever & de bailfer les queues des ver-roux , on a attaché une forte barre de fer ronde fur le battant du chaffis à verre qui portait la noix, & cette tringle de fer ronde y était retenue par des lacets reçus dans des collets femblables à b ( fig. 13) qui permettaient à la barre de tourner fur elle-même. On était alors bien près d’imaginer les efpa-gnolettes telles que nous les avons aujourd’hui ; mais accoutumé qu’on était aux verroux, on ne les a pas abandonnés tout de fuite. En employant cette tringle qui empêchait les chaffis de le voiler, on a cherché à faire mouvoir verticalement des verroux, lorfqu’on ferait tourner la barre ; on y a réuffi au moyen d’une vis qui avaitdes pas très-alongés, afin que le verrou parcourût plus de chemin dans la révolution d’un demi-tour. Enfin on a entièrement abandonné les verroux , & l’on a imaginé les efpagnolettes à agraffe* la barre fermement affujettie au montant du chaffis à verre par des lacets retenus par des pattes ou plus fréquemment par des vis , portait à fes extrémités deux crochets tels que celui qu’on apperçoit en r, fig. 12. En faifant tourner cette barre fur elle-même au moyen d’un levier appliqué vers le milieu, ces crochets ou agraffes prenaient dans le crampon, ou la gâche, ou dans une cheville de fer recouverte par la gâche , & le chaffis était fermé i en tournant en fens contraire le levier , les agraffes fortaient du crampon ou delà gâche, & on pouvait ouvrir la croifée. Par cette méchanique très-fim-ple , 11011-feulement on tient les croifées exactement fermées, mais de plus la barre empêche qu’elles ne fe déjettent, & les crochets font revenir les chaffis, qui malgré cela fe feraient déjetés.
- 819. D’abord ces efpagnolettes à agraffes ne fermaient que les chaffis à verrej on fermait les volets avec des verroux à relfort,des targettes, des loqueteaux à reffort, &c. puis on a pris le parti de mettre fur un des volets une fécondé efpagnolette, qui par fes crochets tenait ce volet fermé ; mais-cette efpagnolette portait deux longs panetons qui s’appuyaient, lorfque l’efi. pagnolette était fermée, fur l’autre volet qui par ce moyen était exactement fermé. Mais voilà deux efpagnolettes au lieu d’une, & les ferruriers ont employé leur induftrie pour faire enforte que les volets fuffent fermés par la même efpagnolette qui fermait les chaffis à verre.
- 820. D’abord ils ont imaginé de mettre fur la verge de l’efpagnolette un paneton qui s’appliquait fur un des volets „en voilà déjà un de fermé d’une façon bien (impie ; pour fermer l’autre volet, ce paneton , ou plutôt la verge de l’efpagnolette portait un pignon armé de trois ou quatre dents qui engre-
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- naient dans un autre pignon placé au bout d'un autre paneton; Cet engrenage déterminait le fécond paneton à s’appliquer fur l'autre volet qui fe trou-vait fermé. Tout cet ajuftement eft repréfenté par la figure. 12 , ainfi que les platines Z. ttuu font les lacets; x „ la main; 8c y % le crampon à patte qui la retient.
- 821. Les ferruriers ont encore beaucoup Amplifié ces efpagnolettes : car, figures 14, 1^,17, pour tenir les volets fermés, il fuffit de fbuder fur la verge de l’efpagnolette un petit paneton a > d’attacher fur un des volets une petite patte c ,fig. 1 f, & fur l’autre volet unç efpece de porte, b. On voit que toutes ces pièces étant placées bien exactement l’une vis-à-vis de l’autre» quand on tourne la verge de l’efpagnolette pour fermer la croifée, le paneton a de la verge palfe dans l’ouverture de la porte b ^ & appuie fur l’extrémité du paneton c, comme on le voit, figure 15; & les volets font auffi exactement fermés que les chafîis à verre » par un ajuftement bien firnple & très-folide. Aujourd’hui, l’on ne met plus de platine comme on en voit une en 4 au haut de la figure 1 ç ; on ferre les lacets & les agraffes immédiatement fur le bois, comme on le voit au bas de la figure 15.
- 822. Quand il n’y a point d’impofte aux croifées, les crochets, des efpa-gnolettes prennent dans les traverfes du haut & du bas dormant; mais quand il y a un importe comme à la figure 7, il faut, fi l’on veut affujettir les volets dans toute leur hauteur, faire enforte qu’ils s’étendent de toute la hauteur par-deifus l’importe. En ce cas on coupe l’efpagnolette à la hauteur de l’importe, comme on le voit fig* 17; la partie rt eft attachée par deux lacets depuis l’importe jufqu’au haut du dormant, & eft terminée au bout t par une entaille en enfourchement ; & l’extrémité s de l’efpagnolette qui répond à la hauteur de l’importe, eft taillée en tenon; lorfqu’on ferme le chaftis à verre, ce tenon 4 entre dans l’enfourchement e, & pour lors l’efpagnolette eft comme d’une piece. Quand on tourne la poignée de l’efpagnolette, les crochets qui font aux deux extrémités tournent aufti, & l’efpagnolette eft fermée. On peut, fi' l’on veut, mettre à la partie rt une àgraffe qui affujettifle les volets en cet endroit. Les crochets qu’on met fur les chaftis à verre pour retenir la queue de l’efpagnolette, ont une charnière vers le milieu , pour qu’ils puiffent fe coucher fur le chaftis à verre quand on ferme les volets.
- A l’égard des crochets Y qui font fur les volets fig. J 2, ils ne fe plient point.
- On voit fig. J 6 , un crochet à charnière.
- Figure 17, lacet pour affujettir les efpagnolettes fur la menuifèrie. Il vaut mieux qu’ils foient à vis , pour épargner le chaftis.
- Figure 18, autre lacet à vis.
- Figure 19, LL, fléau fervant à tenir fermés les deux hattans des portes
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- obères. N, boulon du fléau. OF, virole & plaque du boulon. M, les mains du fléau. R, verge qui tientl’auberon S» qui doit entrer dans une ferrure plate dont T eft f entrée.
- Figure 20. G, crémaillère où s’engage le bout I de la barre à crochet. Fig. 21 , lacet à fcellement qui fe voit en L,fig* 19 i retient la queue H de la barre HI ; & K eft un fort piton où entre le crochet I. Il eft bon que ce piton foit à vis & rivé.
- Figure 1%. Gètte figure montre comment au moyen d’un Verrou ou faux-pèné C> qui eft placé dans la gâche D, & qui eft poufle par le pêne de la ferrure A , on peut empêcher qu’on ne leve le crochet E de la barre, quand la ferrure eft fermée.
- Figure 23, fert à faire voir comment en mettant un paneton dans la gâche B, le pêne C de la ferrure coule delfus lorfque l’efpagnolette eft fermée, & empêche que ceux qui font en-dedarts de la maifon ne puiflent ouvrir l’elpagno-ïette lorfque la ferrure eft fermée-.
- Planche VIIL
- Figuré 1. AB , battant d’un loquet à bouton. A , la queue du battant. B , fa tète 5 au milieu de la ligne potnftuée FA* eft un œil, où l’on met un clou fur lequel tourne le battant. CC j crampon qui empêche le loquet de s’écarter de la porte-, de s’élever ou de s’abailfer trop : quelquefois on fait l’œil quarré » & on entre dedans une broche quarrée qui répond à un bouton qu’on tourne pour lever le loquet.
- D, bouton.
- E, tige de fer avec une partie en faillie » qui fert à foulever le battant quand on tourne le bouton.
- Figure 2. fl, mentonnet qui tient au chambranle * & qui fert à recevoir la tête du battant pour tenir la porte fermée. Figure 3 , T autre mentonnet qui fe fcelle dans l’embrafure.
- Figure 4 , garniture pour un loqüet à poucier. I, platine de ce loquet. K, branche qui fert de poignée, & qu’on tire pour fermer la-porte. L, la pièce qu’on abaifle avec le pouce pour leverle battant du loquet au moyen de l'a partie M, qui eft en-dedans de la chambre.
- Figure M!, loquet à vielle, Vu du côté qui eft appliqué contrôla porte; k platine PP tient lieu de paîâtre & d’entrée. MO, petite manivelle qu’on nomme la vielle. ©;, étroquiau-autour duquel1 elle tourne. M, petite garniture pour la clef.
- Figure.^ X', couverture fous laquelle doit êt-rejk viellb.
- Figure ^. e e+ eft une platine^ pliée au, milieu en gouttière ; elle eft attachée
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- contre la platine a a (fig. 8 ), & elle tient lieu de ce qu’on appelle dans les ferrures lefoncet; f eft une tige qui tient au loquet, & qui eft libre, étant ifolée dans la gouttière. Quand on fouleve la clef, elle appuie furie bout / de cette tige qui leve le loquet AB g. C eft le crampon qui limite le mouvement du, loquet.. D eft le bouton quiftert à ouvrir le.loquet quand on eft en-dedans de la chambre.
- Figure 9, cloifon qui tient lieu de garniture & qui oblige, pour lever le loquet , d’avoir une clef alfortie. • *
- Figure 10.. /?eft la tige où tient le paneton O. q > la clef forée comme cel’e d’une pendule, pour recevoir le bout de la tige qui eft quarré.
- Figure 11 , petite ferrure vue du côté qui eft appliqué contre la porte, i, le palatre. k A, le pêne. I, pied du. relfort qui a fes arrêts en m. n3 le foncet,. n~3 gorge du relfort. O, palâtre qui tient lieu de paneton à la clef.
- Figure 12.. K ,. le pêne féparé.. s s s, fes barbes. 111, fes encoches ; quand on tourne la clef, le paneton o (fig. 11) porte fur la partie convexe de la gorge du relfort n2 qui fouleve la partie ni ; les arrêts fejiégagent des encoches t3 jîg. 1 2 3; alors rien n’empëçhe que le pêne ne gÜlfe dans les picolets uu; & le paneton portant fur la barbe s qu’il rencontre, fait avancer le pêne. Quand le paneton a échappé. la gorge n2 du relfort., la partie m follicitée par la partie V, retombe à fa place , un arrêt prend dans une encoche t, ce qui fixe le .relfort dans fa lituation la porte eft fermée jufqu’à. ce que la clef revenant fur fes. pas produife les mêmes effets, en fens contraire pour retirer le. pên e en-de.dans; •& ouvrir la porte*.
- La figure 14 eft une efpece de verrou à relfort qu’on.nomme bec dé canne.. Fig. 13 , a a, le palâtre. b b, la cloifon. c c, le rebord où eft percée l’ouverture F4 pour le palfage du pêne G {fig-i4). d> étoquiaux.. KL ,. piece qui tient err quelque façon lieu de foncet, & qui fert à diriger la route du pêne. M , la vis qui l’attache au palâtre. GHI, le pêne qui eft coudé en équerre. NO eft une. entaille qui limite la cou.rle du pêne, étant embralfé par la piece KL.
- Figures 14 & 16. R S Q_, levier à deux branches , qui tourne fur le point S'.* & qui appuyant contre la partie HI du pêne j le fait rentrer en-dedans i cette-piece R S Q_, delfinée à part, préfente le côté qui regarde le palâtre.. O11 voit en tt. une. petite partie faillante qui empêche les branches de cette piece de frotter contre le palâtre ; le trou quarré qui eft au milieu S , reçoit la broche quarrée ( fig115 )<i la partie ronde Y entre dans le-trou A {Jîg. 13 ) y. la partie quarrée V {fig. 15 ) entre dans le trou quarré S {fig* 14 f, & la partie V Z entre, dans le quarré. du bouton X2. On apper.çoit. qu’en tournant un de ces boutons, on pouffe la partie Q_ou la partie R de la piece; R S.Q^ contre la partie H I de la queue du pêne& la tète G rentre- dans le palâtre, Pour le faire fortir, il eft.preffé enfensi contraire par. un relfort
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- à boudin p qui eft arrêté au centre des révolutions à une étoqniau. On doue une rofette fur la menuiferie à l’endroit où elle eft percée , pour recevoir la broche Z Y (fig- 15 }. On trouvera dans la fuite la maniéré dfe faire les palâtres, les étoquiaux , les refibrts & routes les pièces qui forment une ferre.
- Les autres figures de cette planche & des fuivantes, font expliquées dans le texte même des chapitres. V, VI, & VIL
- « :......................___________________
- TABLE DES MATIERES'
- Et explication deplujieurs termes qui font en ufage dans Part du ferrurieri
- Acera in, en allemand flahlavtig.. Un fer acérain eft celui qui participe de l’acier, & qui pour cette-raifon s’endurcit par la trempe. §. ig.
- Affinerie , en ali. Hammer. Attelier des grolfes forges, dans lequel on donne la première préparation au fer degueufe pour le purifier de fon laitier, rapprocher les parties de fer s, & les mettre en état d’être forgées.. 11.
- Aigre , en ail. h art. L e fer aigre eft celui qui fe romptaifémentà froid.
- Aileron d'une fche, en ali. Lappen eines Fifchsbandes, eft la partie d’une fiche qui entre dans le bois comme un tenon dans fa mortaife. 414.
- ÂLESOIR, en ail. Büchfenbohrer. Outil d’acier trempé, qui fert à agrandir & à calibrer un trou en le faifant tourner dedans, iyq.
- Amorcer , en ail. komen ou vorzeich-, nen. Les ferruriers fe fervent du terme iï'amorcer pour lignifier une entaille qu’ils font dans le fer avec une langue de carpe aux endroits qu’ils
- f veulent percer. 7/. Voyez fonder à chaud. i '•
- Ancre , en ail, Anker-, eft un barreau
- de fer, quelquefois droit, d’autres fois-contourné en S , en Y ou en X , qu’011 place fur un mur auquel on veut faire conferver fon à - plomb t l’ancre eft retenue par une chaîne ou un tirant. 171.
- Archet , en ail. Bohrer on Dnrchboh-rer. C’eft une bande, d’acier, aux deux bouts de laquelle on attache une corde de boyau , & qui porte un manche ; fon ufage le plus commuai eft pour faire tourner le foret. 148. Arçon. Voyez archet:
- Armature, en ail. Befchlag. On nâon~ né ce nom aux bandes de fer dont: on garnit les bornes qui font expo-fées à être endommagées par les voitures , ainfi que les feuils des portes cocheres, 2of.
- Arrêt du pêne,en ail. Anfatz der in dem Riegelfallt. C’eft un petit talon qui entre dans les encoches du» pêne ; pu quand le pêne porte ce talon , il entre dans une encoche qui " eft à une:gâchette j de quelque façon que ce foit, cet arrêt empêche le pêne de courir, yro. ' : <;Hi
- Artichauds, Schweinsfeder. Sorte de’ 5 - chardons qui fe mettent fur dés pi-
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- laftrés, des barrières, &e. Voyez chardons.
- Auberon ,en ail. Schliefihaaken. C’eft un petit morceau de fer en forme de crampon , rivé au moraillon qui entre dans une ferrure plate ou en bof-fe, au travers duquel paffe le pêne pour le fermer. 461.
- B
- BandaôÉ , en ail. Schiene. Lame de fet qu’on met fur les jantes de roue pour les fortifier : on en fait dans les forges de différentes largeurs, épaif-leurs & longueurs, pour fatisîàire aux voitures de différente force. 24» Barbes du pêne * en ail. Angriffe ani Riegel. On nomme ainfi de petites éminences ou parties en faillie qui font au-delfous du pêne * & dans lefi quelles doit s’engager le paneton de la clef pour faire avancer ou reculer le pêne, y io*
- Barre de fourneau, en ail. Ofenànke'r. Bande de fer plat, coudée fuivant la forme des fourneaux * & dont les extrémités font fcnduesà fcellementj fou ufage eft d’empècher que les briques ou carreaux qui forment le def-fus des fourneaux ne fe détachent» 199* .
- Barre de godet OU. de garniture, en ail. Tràgeijen zur Rinne. Bande de fer deftinée a fup porter les gouttiez res en faillie. Elle eft formée d’une bande-de fer plat d'une longueur fuBffante , terminée par unjj fcelle-men,t oq une potence portant à l’autre bout qne gâche de même fer rivée fur fe barrç. 195^
- Bascule,en i\W.’ Ziehjiauge, Levier retenu dans fon rçnjieu par une gou-. pi|)e qui eft ïivfe fe une platine »
- & qui porte à fes deux bouts deux verges de fer. Ces deux verges répondent par en-haut & par en-bas à deux verroux} & quand, au moyen d’un bouton j l’on hauffe ou l’on baiffe un des bouts du levier, les deux verroux s’ouvrent ou fe ferment à la fois. 7 ,
- Bâtarde , en ail. Vorfeile. On appelle lime bâtarde,celle qui tient le milieu entre les limes rudes & les limes fines. 114.
- Bateau , en ail. Sclnveller in Gejlalt eines Schifes. Les menuifiers en voitures, appellent brancard en bateaii une traverfe fous laquelle font les foupentes des berlines, & qui re-leve par les deujç bouts. 770.
- Battant d'un loquet, en ail. Schafft einer Klincke, eft un morceau dô fer attaché par un bout à la porte au moyen d’un clou , & qui par l’autre bout s’engage dans un mentonnet. Lorfque la porte eft fermée, il faut le foulever pour ouvrir la porte. 469* On dit aufli clinche.
- Beod’anè > en ail. Reifihaaken. Cifeau plus épais que large, dont on fe fert pour ouvrir les mortaifes. Il faut que le taillant du bec-d’âne foit de la largeur que doit avoir la mortaife*
- . 497.
- BeC-de-ganne, en ail. SchieJJende £W= le. Ce font de petites ferrures dont le pêne à demi-tour, eft taillé en chanfrein pour que la porte fe ferme en la pouffant. On donne particuliérement ce nom à de petites ferrures qui n’ont point de clefs, & qui s’ouvrent avec un bouton. 484,. Bequett.es,, en, ail. Dratzangè., Ce font de, petites pinces qui fervent pour contourner les petits fes,dans les garnitures. Il y en a de plates, &
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- d’autres dont les mordans font arrondis. 39.
- Besnarde , en al!, ein Schloff dus auf beyden Seiten fcbliejl, ferrure bef-narde. On nomme ainfi celles qui peuvent s’ouvrir avec la clef, foit îoit en-dedans , foit qu’on foit en^ dehors de la chambre. La plupart de ces ferrures n’ont point de broche. yzo.
- Bigorne, en ail. Horn. On nomme ainfi des pointes qui terminent les. deux bouts des enclumes. Çes pointes font ou quarrées ou rondes. On dit affez volontiers une bigorne pour fignifierüne enclume à bigorne. 33.
- Bigorneau, en ail. kleines Horn. Sorte de petite enclume à bigorne, ibid.
- Bigorner , en ail. rund fchmieden, C’eft forger un morceau de fer & l’arrondir en forme d’anneau fur la pointe de la bigorne, 36.
- Blanchi. Voyez pouffe.
- Boite , en ail. die Wînde, eft la partie d’une fiche dans laquelle entre la cheville qui tient lieu du mamelon d’un gond. 414.
- Borax. Sel qu’on apporte des grandes Indes : il eft pour la plus grande par^ tie formé d’un fel alkali de la nature de la bafe du fel marin ; mais il contient aufli un fel moyen d’une ef-pece particulière & acidulé , auquel on a donné le nom de fel fédaiif. Le borax a la propriété de fe vitrifier aifément & d’aider la fufion des métaux. 90.
- Boules, en ail. Kugeln. Les ferruriers nomment ainfi de groifes graines ou fpheres percées qui font traverfées par une rivure & placées entre deux pièces d’ornement pour détacher leur contour. 313.
- Boulons,en ail. Bolzen, Le boulon
- : R R U R T È R, %ÿi
- n’eft autre chofe qu’une groffe cheville de fer à très-peu près cylindrique. Quand quelque ouvrage eft retenu avec des boulons , 011 dit qu’il eft boulonné. Il y a des boulons cla-vetés , d’autres font rivés, il y en a même qui font à vis. 7$, Bourdqnniere , en allem. Angel La bourdomniere eft aux portes de ferme un arrondiifement qu’on fait au haut du chardonnet} on retient cette partie arrondie par un cerçle ou lien de fer. On fait aufti des bourdoit-nieres en fer, & ce n’eft autre chofe qu’une penture qui èr|trç dans un gondrenverfé. 281.
- Bout, en ail. ganze Scblüjfel, clefs à bout. Ce font celles qui ne font point forées, & dont la tige au bout eft; terminée par un boulon, yi^, Bouter, limé à bouter ; en ail. Stofl-feile. Ce font de petites limes qui fervent particuliérement à limer les panetons des clefs 5 mais elles ont encore d’autres ufages. fo, Bouterolle. La bouterolle eft une partie de la garniture. La bouterolle de la clef eft une fente qui eft au paneton auprès de tige. La bou> terolle de la ferrure eft une pièce dé fer qui doit entrer dans la fente de la clef, y [5. Voyeq rouet.
- Braser, en ail. lothen. C’eft réunir les deux pièces d’un morceau de fer rompu avec du cuivre jaune, ou delà fbudure de chauderonnier, ou de la foudure d’orfevre. 8?»
- Bride , en ail. ein Band. C’eft une ef-pece de lien qui fert à fortifier une piece de bois qui menace de s’éclater. 4.
- Briquet, en ail. Nufband. C’eft un petit couplet qui a deux broches, & qui ne s’ouvre que d’un côté. 419.
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- Broche, en ail. Stifft. Chevilles de fer ordinairement menues & plus ou moins longues. Elles fervent dans la ferrurerie à plufieurs ufages, & principalement pour retenir & affujettir plufieurs pièces les unes avec les autres. 7.
- Brunissoir,en ail. GerbJlahL Morceau d’acier trempé fort dur & poli : 011 s’en fert pour fourbir ou brilîanter le fer poli. Ce qu’on nomme riflard eft un brunilfoir. 117.
- Burin, en ail. Grabflichel. Efpece de cifeau qui fe termine en pointe ou comme un bec-d’âne étroit, mais qui eft affez dur pour entamer le fer. 12,2.
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- Cadenas , en ail, vorlcge Schlofl. On nomme ainfi des efpeces de ferrures qui ne tiennent point à la porte ou au coffre qu’on veut tenir fermé : les cadenas ont une anfe qu’on paffe dans un moraillon ; & quand les bouts de cette anfe font dans le cadenas , un pêne l’empêche de les en tirer quand on n’a pas la clef qui fert à l’ouvrir. 6
- Calibre , en ail. Lehre. C’eft tantôt une broche de fer, tantôt un trou dont on fe fert pour vérifier fi plu-iieurs trous font d’une même ouverture , ou fi plufieurs broches font d’une même grofïeur. Voyez calibrer. 126,67g.
- Calibrer. C’eft mettre un trou à un diamètre convenable, ce qui fe fait avec un aléfoir >011 calibre auffi un barreau de fer en le limant ou en le tournant jufqu’à ce qu’il foit à la
- groffeur qui convient. On calibre les vis avant que de les palier à la filiere, 129,6f 8-
- Canon, en ail. Rohr. On nomme le canon d’une ferrure à broche, une efpece de tuyau dans lequel entre la tige de la clef, & qui fert à la conduire j ordinairement on ne met point de (bouterolle à ces fortes de ferrures, f 17.
- Carillon , en allem. Knoppereifen ou Kraufeifen. On nomme aïnli de petits fers quarrés. Il y en a de différentes groifeurs & de différentes qualités de fer : paffé neuf lignes, on 11e leur donne plus ce nom , on les appelle fers quarrés. 21,124. Il vaut mieux dire quarillon.
- Cendreux , en ail. afchricht. Un fer cendreux eft celui qui étant poli pa-' raît piqué de petits points. 17.
- Cerise. Chauffer couleur de cerife, en ail. rotlmarm machen , eft conduire la chaude jufqu’à ce que le fer ait pris une couleur rouge(24i) que l’on compare à celle des cerifes. 68.
- Chaîne lignifie proprement un affem-blage de plufieurs maillons > mais en ferrurerie , on nomme de plus chai-nés, en ail. Schhinder , pour les gros fers de bâtimens des bandes de fer qui traverfent le bâtiment & abou-tiffent à des ancres. Il y en a de mou-fiées & de non-moufiées. 179.
- Chair. Quand en rompant un barreau de fer, il y a des flocons qui fe tirent, & qui ne fe rompent que difficilement, les ouvriers difent qu'il a de la chair , en ail. es fl fchiefricht. 16.
- Charbon, etuail. Kohlen. Les ferru-riers emploient du charbon de bois,
- (241) Il y a des gens qui ont prétendu avoir le fecret de conferver au fer refroidi cette belle couleur rouge qu’il a en fortant de la forge.* . 0
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- & ils eftiment celui qui eft fait avec du jeune chêne & cuit depuis deux ans. Ils emploient aufîi du charbon foftile qu’on nomme charbon de terre. Les endroits d’où l’on en tire le plus, font la Foffe en Auvergne, Braffac prés Brioude, Saint-Etiennc-en-Forez, le Nivernois, la Bourgogne, Concourfon en Anjou , les •environs de Mézieres & de Charle-ville ; & des pays étrangers , le Raynaut, le pays de Liege & l’Angleterre. Celui-ci eft le meilleur.
- Chardonnet , en ail. Dreher ou Lan-fer. On nomme ainfi un fort montant de bois qu’on met aux portes des fermes du côté des gonds. Il porte en-bas le pivot qui roule dans une crapaudine, & en-haut il eft taillé en cylindre pour qu’il puiffe entrer dans une bourdonniere. 196.
- Chardons, en alL Schveeinsfeder. Ce font des ouvrages de fer terminés par un grandnombre de pointes qui fe préfentent en tous fens, pour empêcher qu’on ne palfe à côté des grilles.
- Charnière-, enallem. Charnier. Une charnière eft compofée de nœuds ou charnons enfilés d’une broche rivée & garnie d’ailes comme les fiches. 4i(5.
- Charnons , en ail. Gelenhe. On nomme ainli les petits anneaux dans lef. quels entre une goupille, & qui par leur réunion forment une char* niere. Une partie des charnons eft attachée au couvercle d’une boite, •& les autres au corps de la boîte. Ibid.
- Chasse ,en ail. SetzmeiffeL Une chaffe eft un morceau de fer ou d’acier qui eft différemment contourné , & qui fert à river ou refouler le fer dans ies endroits où le marteau ne peut atteindre. Ainfi 011 place la chaffe fur le fer qu’on veut river, & on frappe fur l’autre extrémité de la 'chaffe : dans ce fens c’eft une efpece •de refouloir. Beaucoup de chaffes ont affez la figure d’un marteau s mais on donne à la panne différentes figures, comme en bifeau , en taillant , Sic. 46.
- Chaude. Les ferruriers difent donner une bonne chaude, ou une chaude Ruante , ou une petite chaude, pour exprimer les différens degrés de chaleur qu’ils donnent à leur fer (242). g , 67 & fuiv.
- Chauffer , en ail. wiïrmen. Les fer-ruriersfe fervent de ce terme pont lignifier qu’ils mettent leur fer à la forge pour lui faire prendre le degré de chaleur convenable pour le fonder ,1e plier ou le forger. On dit chauffer blanc-, en oW.iveifwarm ma* chen , & chauffer couleur de cerife , Rotkivarm machen. Le fer prend à la forge d’abord une couleur rouge & vive, alors on dit qu’il eft couleur de cerife $ enfuite ce rouge s’éclaircit & il paffe au blanc, alors il eft prêt à fondre. 68- Voyez chaude.
- Cherche-FOINTE , en ail. Reibeaab, efpece de poinçon qui a au bout op-pofé à fa pointe un talon pour aider à la retirer du trou, quand on fa en*» foncée à force ; il y en a de droites & d’autres un peu courbes,Son :dage
- (242) S’il ne s’agît que dê Forgèr le fêï, il fuffit de le chauffer blanc, ou couleur de cerife ; mais s’il faut le fouder, il lui faut une chaude plus forte ; il doit approcher de i'etafc de fulion, fa couleur.doit'être4éclatante comme le foleil.
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- eft de chercher le trou des ailes des fiches pour les pointer ou les arrêter par des pointes. 498.
- Chevetre. Voyez enchevêtrure.
- Chevillette , en ali. Corn , c’eft une petite broche de ter à peu près fera-biableàun clou qui n’aurait pas de tête. 197.
- Cisailles,en ail. Stockfchcre , grands cifeaux qui ont les lames courtes & les branches fort longues pour former un levier qui donne de la force à l’ouvrier pour couper les métaux. M1-
- Ciseau, en ail. Meijfel, inftrument qui 1ère à couper le fer. Les cifeaux pour couper à chaud, font les branchés j & ceux pour.couper à froid font le burin , le bec-d’âne & la langue de carpe. Les ferreurs emploient des cifeaux en bois taillés en bec-d’âne , & cifeau d’entrée. 130.
- Clef, en ail. Schlüjfel, inftrument de fer deftiné à ouvrir & à fermer les ferrures & les cadenas. Les clefs font formées d’un anneau qui fert à la faire tourner , & d’une tige ordinairement ronde, à l’extrémité de laquelle eft une partie évafée qu’on nomme le paneton , en ail. Bart, qui eft plus épais à la partie éloignée de la tige ; on la nomme lemufecm, en ail. die Reife. Le paneton eft refendu , évidé & percé, de forte que les gardes puiifent palfer dans les ouvertures ; il y a des clefs dont les tiges font percées , on les nomme/omj j d’autres ont la tige pleine , on les nomme à bout. 64p.
- Clinche , en ail. Drücker, c’eft un morceau de fer qui fert à foulever un loquet. 469. V. battant de loquet.
- Cloison, d’une ferrure. Voyez pa-lûtre.
- Clouiere , en ali. Uageleifen , c’eft un morceau de fer percé pour recevoir la tige d’un clou j & l’on forge la tête fur le haut de la clouiere , qui à cec égard tait l’office d’enclume. 4 y.
- Cloutiere. Voyez clouiere.
- Coin de reffort. en ail. Feder , c’eft un aifemblage depîulieurs feuilles d’acier qui toutes enfemble forment un retfortpour une voiture. z6y. Colcotar, en allem. Colcothar9 tête morte de la diftillation du nitre avec le vitriol de mars. Cette tète morte qui eft rouge , étant broyée très-fin , peut fervir à polir les métaux. 1 if.
- Conassiere, en ail. Fingerling, ou rofe de gouvernail: quelques-uns difent canajjiere y c’eft à proprement parler une penture qui s’attache fur le gouvernail, dans laquelle entre le gond ou croc qui eft attaché fur l’é-tambot, & le corps du vailfeau. 21 f.
- Contre-coeur, en ail. Ruchenblatt am Camiuÿ les barres de contre-cœur font deftinéesà empêcher qu’on ne rompe , en jetant le bois, le contre-cœur qui eft de fer fondu , St qui fe caffe ailément quand il eft chaud , 204.
- Coq_, en ail. Rohr, le coq en ferrure-rie comme en horlogerie, eft une elpecede crampon qui fert à attacher quelques pièces , les unes mobiles , les autres fixes. f2g.
- Corbeau, en ail. Kragflein, en terme d’architeélure , eft une pierre ou uti bout de loüveau. En termes de fer-rurerie, c’eft un gros barreau de fer quarré qu’on (celle dans les murs , k qui fait faillie fur le vif du mur pour foutenir une fabüere ou même une grolfe piece de bois. 200.
- CORDELIERE , loquet à la cordeliere>
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- ces loquets s’ouvrent nu moyen d’une efpece de clef avec laquelle on fouleve le battant : ils font principalement d’uiage dans les cloîtres. 4’T9-
- Cornette, c’eft un fer méplat qui fiert à défendre des eliieux les encoignures dus batimens. 27.
- Cokps de PENE. Voyez pêne.
- Corrompre le fer, en ail. das Eifen faul machsn , on appelle corrompre le fer , changer fa forme en le refoulant , en repliant les parties les unes fur les autres comme en zigzag Cette opération le rend plus caffant , au lieu que quand on le forge en long , ou en terme de ferrurier , quand on l’étire , on le rend de meilleure qualité. 12.
- Corroyer le fer, en ail. das Eifen auf-fehyo eifen , c’eft le battre à chaud quand il fort de la forge , l’étendre , le plier plufieurs fois fous le marteau en quelque façon le pé-
- trit pour le purifier & le rendre de meilleure qualité. 101.
- Côte de vache, c’eft une efpece de fer en verge , refendu par les couteaux ou efpatars des fenderies ; il eft rude , quarré, mal fait, de plu-fieurs grolïeurs, & fie vend lié en bottes. 23.
- Cou LÉ, fer coulé, en ail. gefehmohen Eifen ,• ce fer méplat fie vend en paquet, & ne paraît pas avoir été forgé > cependant il eft très-doux.
- Couleur-d’eau, en ail. blau anlau-fen. Quand on recuit le fer & l’acier poli (244),il devient d’un beau bleu,
- puis il prend une couleur brune; Sc quand on le fourbit avec la pierre de languine , cette couleur qui devient brillante s’appelle couleur d'eau. 118*
- Couplet , en ail. Band, forte de petite charnière dont on (ait uiage pour des ouvrages de fierrurerie légers. 7.
- Courbes , ce font, en termes (fie marine , de grandes équerres qui fervent à joindre les baux aux membres du vailfieau. Qn diftingue les courbes de faux-pont ou de pont, ou des gaillards. Les courbes de jottereaux fe pofent en-dehors-du vaijfeau , & fervent à lier l’éperon avec le corps du vailfieau. 207.
- Course du pene , en ail. lauf des liiegels , c’eft le chemin que la clef fait parcourir au pêne, foit pour le faire rentrer dans la ferrure , foit pour l’en faire fortir. yi8.
- Courson. On donne ce nom à un fer du Berry, très-doux; (a forme eft une malfe à pans irréguliers.
- Couverture, en ail. Decke , la couverture d’une ferrure eft une plaque de tôle qu’011 place parallèlement au palâtre , & qui cache toutes les parties de l’intérieur d’une ferrure. Plufieurs garnitures font attachées à la couverture, y 1 y.
- Crampon, en ail. Klober, c’eft un morceau de fer replié par les deux .bouts ; s’ils s’attachent à du bois , ils fe terminent en pointe ; s’ils s’attachent à un mur , les deux branches fe terminent par unfcellement.
- (24.O En paflant trop fouvent fous le marteau , le fer perd de fa qualité.
- (244.) Pour que le fer ou l’acier poli prenne la couleur d’eau , il ne faut pas le recuire ; il fuffit de le mettre fur les charbons , ou fur d’autre feu, fortant de la forge. On peut même faire cette opération dans des cendres chaudes.
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- Il y a de petits crampons qu’on appelle cramponnets ou picolets, 197.
- Cramponnet, forte de petit crampon. Quand on fe fert de ce terme à l’égard d’une ferrure, il eft fyno-nyme avec picolet. Voyez pïcolet. 484» f4°-
- Crapaudjne , en ail. Fjanne, morceau de fer ou d’acier au milieu duquel il y a un trou qui reçoit l’extrémité d’un pivot qui fupporte ou une porte ou un contrevent : fouvent ils fe mettent à bas dans un dé de pierre de taille : il y en a aufïi à queue qui s’attachent ou au chambranle ou dans l’embrafure y fui-vant ces circonftances on fait les queues ou à fceiienaent ou à pointe. 28t » 397-
- Cremaillere , en ail. Zahneifen , garniture de fer qu’on met en travers derrière les portes cocheres, & qui fert à leur donner telle ouverture qu'on veut, par le moyen d’une barre qu’on fait entrer dans leurs divers crans. Ce mot fe dit aufïi d’une certaine garde qui eft dans les ferrures. 462.
- Croc, en ail. îlaacken, partie de la ferrure du gouvernail qui eft attachée fur l’étambot, & fur le corps du vailfeau, & qui entre dans la penture appellée conajjiere ou rofe qui tient au gouvernail : le croc eft au gond du gouvernail ce que le mamelon eft aux gonds ordinaires. 217.
- Crochet, en ail. Haacken, c’eft une barre qui porte un croc à un de fes bouts, & à l’autre un œil qui entre dans un piton à vis ou à pointe.
- I! y en a de grands pour les portes cocheres, & de petits pour arrêter les ctoifées, portes , &c.
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- Dégorgeoir, en ail. Gebogenes Reilf^ haachen, efpece de bec-d’âne crochu dont les ferreurs font ufage pour vuider les mortaifes. 42p.
- Dégrossir, en ail. Ans dem gr'ôbjlen arbeijlen , c’eft la même choie qu’e-baucher. 104.
- Demi-laine, fer demi-laine, c’eft un fer méplat en bandes qui fert à ferrer les bornes & les leuils de portes. 26.
- Dent de loup, en ail. vorjlecker >_ c’eft une cheville de fer qui tra-verfe la foupente d’une berline, & aufti le treuil du cric qui doit la tendre. Ces chevilles rompent affez fouvent.
- Dépecer, en ail. au s einander jlie-gen , iOn dit que le fer ou l’acier fe dépècent, quand au lieu de fe pétrir, ils fe féparent en flocons ou en morceaux (24f). 76.
- Détaper, en allem. reinmachenW c’eft éclaircir le fer en ôtant le noir de la forge, la rouille ou la craffe qui le recouvrent, g6.
- Dormant, pêne dormant, en allem. Jiehende riegel, c’eft un pêne qui ne peut être mené que par la clef, & qui n’eft pas pouffé hors de la ferrure par un reffort. y2}. .
- Dosseret , en ail. Bogen, ou Ancker, c’eft une piece de fer qui embraffe le haut d’une fcie pour la fortifier 1 ce font aufïi. deux plaques de fer
- (24O Cela arrive lorfqu’on fait les chaudes trop fortes ; alors le fer ou l’acier fe brûle > <& il fe fépare en flocons ou en morceaux.
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- réunies par des clous , & qui renferment une lime fort mince pour lui donner du foutien. yo.
- Doublons, en ailrpaar weifezttfam-wengelegte Bleche, la tôle (246) fe fait & fe vend par doublons* c’eû-à-
- . dire,qu’ilya deux feuilles appliquées l’une fur l’autre, & qui fe tiennent feulement par un bout. 29.
- Douille, en ail.' Dille, c’eft une ef-. pece de bout de tuyau creux qui fert fouvent à recevoir un manche de bois. 2g-
- Drille, en ail. Remifpindel, inftru-ment qui fert à faire tourner le foret ; on s’en fert dans plufieurs arts, & on le nomme trépan. 146,
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- Ebaucher , fynonyme de dêgrojflr.
- Ecouvette , en ail. L'ofchwedel, forte de balai qui fert àra/fembler le charbon de la forge , & à arrofer le feu, 41.
- Ecru , en ail. roh Eifen, fer cru eft celui qui ayant été mal corroyé ou brûlé , eft mêlé de cralfe comme font fouvent les extrémités des barres.
- Embouti R, en ail. auftiefen-y c’eft battre la tôle à froid fur de petites enclumes qu’on nomme tas y & avec de petits marteaux lui faire prendre dif-férens contours, & la relever en boffe. 6.
- Embrassure, en ail. Vierpafs, c’eft une ceinture de fer plat qu’on met aux tuyaux de cheminée de briques , pour empêcher qu’elles ne fe fendent & fe léfardent. 4,186.
- Emeri ou Emeril, en ail. SchmirgeU
- c’eft une pierre métallique qui fe trouve dans prefque toutes les mines , mais particuliérement dans celles de cuivre, d’or & de fer, & dont les ferruriers fe fervent pour polir leurs fers. uy.
- Enchevêtrure, ouchevêtrej en ail. Trageband, Hangeifen , ce font- des barres de fer fur lefquelles pafent les fçlives qui aboutüfçnt fous les foyers. 199.
- ‘ Enclume , en ail. Ambos, groife pieçe de fer couverte d’une table d’acier qui fert à forger les métaux. Il y a de greffes enclumes quarrées, de groffes enclumes à une ou deux bigornes. 32. Voyez bigorne.
- Encoche, en ail. Einjlricb y o 11 appelle ainfi des entailles ou coches qui font à certaines ferrures fur le pêne ou fur la gâchette pour lui former un arrêt. yip, Voyez ajrrêç du pêne.
- Encolure , en ail. die erjle feheweif-fin g y c’eft la réunion de plufieurs
- - pièces de fer foudées les unes aux autres. On fait des encolures pour joindre les bras d’une ancre à la verge , pour fouder ies deux bran-ehes d’une courbe ou d’une guirlande. 20g.
- Enlever un pêne ou une clef y en ail. einen Riegel herunter hauern, c’eft , en terme de ferrurier, détacher une pièce d’un barreau pour en faire quelques ouvrages : c’eft dans ce fens qu’on dit enlever une clef ou une feuille de l'effort, y^g , <$4f.
- Enroulement, en ail. fcbnôrk , eft un contour qu’on donne aux fers, & qui le plus fouvent approche de
- (246) Dans les grandes forges d’Allemagne on appelle la tôle , Kobereifen ; les ouvriers en emportent le foir avec eux en quittant l’ouvrage ; c’eft ordinairement le,meilleur fer.
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- la volute. Les ferruriers les appellent rouleaux. 36.
- Entrée de la clef, en ail. Schlüjfelloch, c’eft l’ouverture qu’on tait a la couverture d’une ferrure ou au foncet, pour recevoir la clef ; on nomme auifi entrée , une piece de tôle ordinairement découpée qui eft ouverte pour recevoir la clef, & qu’on cloue fur le côté de la porte oppofé à la ferrure, y 12.
- Eçhjerre, en ail. Winckeleifen , 011 lait qu’une équerre ett formée de deux pièces de bois ou de. métal, qui fe réunilfant par un bout, font un angle pius ou moins ouvert. 20g.
- Espagnolette, en ail. Spagnolette, c’elf une barre de fer qu’on attache fur un montant d’une porte ou d’un chalîis à verre pour les tenir fermés , au moyen de crochets qui font au fout de cette barre , & qui prennent dans des crampons qui font au dormant lorfqu’on tourne la barre au moyen d’un levier qu’on nomme poignée ; il y en a de plu-fieurs fortes. 7 , 459 & fuiv.
- Esponton. On appelle grilles à efpon-
- t ton celles auxquelles l’extrémité des barres, au lieu d’être en pointe ou en flamme ondo'yante, eft terminée par des fers de piques. 280.
- Etampe , en ail. Gefenke , c’eft un morceau d’acier dans lequel on creufe des moulures , & qui formant comme un cachet, fert à les imprimer iur le fer rougi au feu. S, 119» ??4-
- Etau, en al!. Schraubejlock, forte de groife pince qui eft fermement arrêtée fur l’établidont on ferre les mâchoires avec une vis. Il fert à tenir ferme un morceau de fer qu’on lime , qu’on rive ou qu’on forge *
- il y en a de réfiftance , de petits qu’on nomme à patte, & de plus petits qu'on nomme étaux h main , d’autres à main qui 1e terminent en pointe, & qu’on nomme à goupil les. 47.
- Etirer le fer ou une barre, en ail. Jirecken, c’eft l’aionger fur l’enclume en le forgeant à chaud, & toujours du même fens : cette opération, quand elle eft bien faite,donne du nerf au fer qui en devient meilleur , T2 , 64p.
- Etoquiau , en ail. Stijft,. ce font de petites chevilles de fer qui fervent a porter , foutenir ou arrêter d’autres pièces plus confidérables ; les unes font quarrées, & d’autres rondes. 477.
- Etrier, en ail. Band , c’eft une bande de fer plat qui embrafle une piece de bois pour la fortifier, ou deux pièces de bois pour les unir enfem-ble. 196.
- F
- Fentôns , en ail. Stiibe ; ce font de petites tringles de fer fendues dans les fenderies, & qu’on noie dans les ouvrages en plâtre pour les empêcher de 1e fendre ; on en fait principalement ufage dans les tiges des cheminées. 4, 189.
- Fer, en ail. Eifen > c’eft un métal dur à fondre, mais dudile ; on en tire d’Allemagne], de Suede & d’Efpa-gne : les mines les plus abondantes du royaume font celles de la Champagne , de la Lorraine , de la Bourgogne. La Normandie, le Maine, le Berry, le Nivernois , la Navarre , & le Béarn, en fournilfentbeaucoup. Les fers les plus doux font ceux d’Allemagne & de Suede -, ceux d’Ef-
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- pagne font doux, mais fujets à être rouverains ries fers de Normandie dont aigres; ceux de Champagne & de Bourgogne ne font pas meilleurs : mais il y en a de doux entre ceux de Roche & de Vibray ; ceux de jVlont-miraii font doux ; il y en a dans le Nivernois de doux & de Fermes ; les meilleurs font ceux du Berry.
- Fer en feuilles. Voyez tôle.
- Fer A ROUET, en ail. Reifeifeni on nomme ainfi un morceau de tôle qu'on a coupé & préparé pour faire un rouet dans la garniture d’une ferrure. 687.
- Ferraille , en ail. Alteifen j on nomme ainlî des bouts de 1er neufs ou vieux, dont 011 fait des pâtés pour les mettre en maffes.
- Ferreurs, ouvriers qui pofentles ferrures fur les portes , les battans d’armoires, les croifées , &c. Leur travail fait partie du ferrurier. yoi. Feuille de ressort, en ail. Blatt von einer Feder $ c’eft une des lames qui forment un coin de reffort. Voyez coin de reffort. 775.
- Fiche a broche, en ail. Fifchbcmd mit dem Dôme , c’eft une elpece de gond qu’on applique aux volets , & dont tous les charnons font enfilés par une feule & même broche. 7.
- Fiche a vase , en ail. Fifchband mit einem Knopfe , ce font des efpeces de charnières qui ne font compo-fées que de deux charnons, & qui font terminées haut & bas par de petits ornemens faits en forme de vafie. Ibid.
- Fiches , en ail. Fifchbander, ce font des efpeces de charir'eres ou de gonds qui portent un aileron qu’on enfonce dans le bois comme un tenon. C’eft cette partie qui carac-
- térife la fiche ; il y a des fiches à vafe , à broche , & à gond, à nœuds, à chapelet, coudées, &c. 414.
- Fil d’archal, en ail. Eifendrat, c’eft du fer tiré par les trous des filières.
- Filiere , en ail., Schneideifen , c’eft une plaque d’acier trempé, dans laquelle il y a plufieuis écrous qui lèvent à faire les vis. 162.
- Fléau d'une porte cochere, en ail. Schlagbaum, c’eft une-barrre de fer quarré de quinze à vingt lignes de groffeur , percée dans fon milieu d’un trou rond pour recevoir un boulon à tète qui lui fert d’ef-fieu , qui eft arrêté fur l’un des battans de la porte, & qui prend, quand on ferme la porte, dans deux crochets nommés Récita à patte ou à queue. 461.
- Foncet, en ail. Dille, c’eft une plaque de fer attachée au palâtre d’une ferrure par deux pieds , & qui 1ère de couverture à une partie de la garniture. Quelques pièces de la garniture s’attachent fur le foncet. 481, f if , n<5.
- Forée, clef forée , en ail. gebohrter Schlüjfel, c’eft: une clef dont la tige eft percée pour recevoir une broche. y 12.
- Forer , en ail. Bnhren , c’eft percer le fer à froid avec un- inftrument qu’on nomme foret. 91.
- Foret, en ail. Bohrer, outil d’acier taillant par un bout & trempé dur : il traverfe une boite de bois ou une efpece de poulie autour.de laquelle eft roulée la corde d’un archet qu’on tire & qu’on pouffe pour faire tourner tres-vite le foret, ce qui perce le fer. 146.
- Forgé , en allem. gefehmiedet, le fer
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- forgé eft celui quiaété travaille fous le marteau.
- Fouillot , rejfort a foUilkt, c’eft utiô petite piece de fer montée par un bout fur un étoquiau, & qui fert à renvoyer l’eiFet d’un reflort. 741.
- Fourbir, en ail. polirent c’eft; brunit ou donner du brillant à un métal en refoulant fes parties avec un brunifloir, ou avec la pierre de fanguine. 117.
- Fourchu. Pêne fourchu. Voyez pêne.
- Fermeture , en ail, Verfchliejfung , ferrure à plufieurs fermetures j la fermeture eft proprement le pêne qui ferme une porte ou une armoire. Une ferrure à une fermeture 11’a qu’un pêne , celle à deux fermetures a deux pênes , &c. yig.
- Fraise, en ali. Sennkkolben, c’eft un outil d’acier de forme tantôt ronde , & d’autres fois conique, dont la fu-perfide eft ftriée comme une lime}
- ' il fert à augmenter le bord c&m trou où fe doit loger la tète d’une vis ou d’un clou ; il a d’autres frai-fes de forme très différente & qui fervent à former des dents ou des ftries. 1 y 8*
- Fraisil, Frasier ou Frasjl, en ail. Lofche, cendres ou cralfes formées par le charbon de terre & le fer, qui ayant perdu fon ph’ogiftique , eft •brûlé. C’eft en quelque faqon du màche-fer réduit en poudre. 70.
- G
- Gâche , eiî ail. Kramp, Schïiefîhappé, efpece de crampon qui fert à attacher les defcentes de plomb aux murailles» les gâches fervent aulïi à recevoir les pênes des ferrures , & quelquefois les vertoux. 202.
- Gâchette , en ail. Zuhaltmg, petite bande de fer qui fert comme de renvoi pour dégager les arrêts des encoches, y 10.
- Gardes d’une ferrure, en ail. Ja$ Gewirre in einem Schhjfe , c’eft la même chofe que garnitures j ce font, à l’égard d’une ferrure, des pièces placées dans l’intérieur d’une ferrure pour qu’elle ne puiffe être ouverte que par des clefs taillées & refendues relativement à fes gardes. fii*
- Garnitures , en ail. Emgerichte Be~ fatzung, ce font toutes les pièces de fer qu’on met dans les ferrures » & qui doivent entrer dans les fentes , entailles ou dents qu’on a faites au paneton de la clef. On leur donne différens noms » comme rateaux » bouterolles, rouets , planches , &c. Elles font la principale fureté des ferrures, à eaufe de la correfpon-dance qu’il doit y avoir entre ces pièces de fer, & les entailles du paneton de la clef. Changer les gardes d’une ferrure, c’eft changer ces pie-
- . ces. pu , 1,
- Gonds , en ail. Hafpen , efpece de crochets qu’on attache dans les em-brafures des portes ou des fenêtres pour recevoir les pentures , & dans î’peil defquels entre le mamelon du gond pour rendre les portes ouvrantes & fermantes. Il y a des gonds (impies, & d’autres à repos ; les uns à fcellenrent, à patte ou à pointe. On nomme quelquefois pe-tits gonds, de s crochets dont les uns fe terminent par une vis , d’autres, en pointe, & qui portent à leur autre extrémité une petite pomme j ce font des clous à crochets Faits avec foin. 7, 410,
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- Gorge de reJfort,en all.rundungan eine Feder, c’eft un coude qu’on fait prendre au reffort d’une ferrure pour que le paneton de la clef puiffe le fou le ver. y 40.
- Gouge, en ail. halbrunder Meijfel, efpece de cifeau qui fe termine en arrondiffement par le bout, & dont le tranchant eft quelquefois creufé en forme de gouttière. 131.
- Gougeon, en ail. Dobel, cheville de fer qui traverfe deux pièces qu’on veut joindre enfemble. Souvent ils tiennent lieu de mortaife. 321.
- GouGER,en allem. Vorhauen, c’eft commencer avec une gouge ou langue de carpe, le trou d’une piece qu’on veut percer au foret. On emploie encore cê mot dans un autre ïens dont nous aurons occafion de parler. i4f,6f2.
- Goulue, tenaille goulue den ail. runde Zange ; ce font des efpeces d’étam-pes qui fervent à faire de petits globes ou boutons dans les ornemens. 38-
- Goupille , en ail. Stijft, c’eft une petite broche de fer qui fert à arrêter les différentes pièces d’un ouvrage deferrurerie.
- Grésiller, en ail. brôckeln, on dit que le fer fe grefdle lorfqu’en le chauffant il devient comme par petits grumeaux j il y a des charbons fulFureux qui corrodent la fuperficie du fer & la grefilient. f g-
- Griffe, en ail. Sprenggabel, efpece de barreau de fer auquel on foude perpendiculairement deux chevilles de fer qui font comme deux dents. Leur ufage eft de fervir à contourner le fer en volute ou autrement. C’eft aulfi url petit inftrument de fer formé d’un barreau qui porte à Tome FL
- fes extrémités deux pointes recourbées à angle droit, & qui mettent cet inftrument en état de fervir de compas à verge. 177 , J2$.
- Grille, en ail. Gatter, ouvrage de ferrurerie, qui ferme un endroit fans en interrompre le jour : il y en a de fimples , d’ornées par les contours du fer ou par des entrelas, rinceaux, confoles, palmettes, &c. 272.
- Gros fers , en ail. flarkes Eifen} on nomme ainfi des fers qui n’ont été que travaillés à la forge , & qui fervent à la'lolidité des bâtimens. On les nomme auffi fers de bâtimens.
- Gueuse , en ail. Gans> gros lingot de fer tondu de figure triangulaire, tel qu’il fort des grands fourneaux fans avoir reçu aucune préparation. Le fer de gueufe eft impur, caffant, & ne peut être forgé. 11.
- Guichet. Voyez poutis.
- Guirlande , en allem. Winckeleifert, c’eft une efpece de courbe ou d’équerre placée horifoutalemcnt dans l’intérieur des vaillesux, & clouée lur les membres qui sont à cette partie. 20 8.
- H
- Harpon, en ail. Krampe, piece de fer plat qui fert à joindre & à affermir entr’elles les pièces de charpente, Si ces harpons répondent à une piece de bois, on les termine par un talon ; s’ils aboutiffent à un mur, on les termine par un fcellemetiL 4, 177» 183.
- Hart , en ail. Stiel-, morceau de bois de brin qu’on fend par le bout pour y introduire un poinçon , un cifeau, ou une tranche qu’on y retient au moyen d’une virole qui rapproche les deux parties qui ont été fenduesj N 11
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- la hartfert à emmancher les inftru-mens dont nous venons de parler , qui n’ayant ni œil ni douille,ne pour-raient pas être emmanchés comme les marteaux. 42.
- Hature, en ail. Kripfung ; les ferru-riers appellent hature une portion de fer qui fait une faillie en forme d’équerre, & qui aboutit à un verrou ou à la tête d’un pêne; ainli c’eft une efpece de verrou dormant. T61, s62.
- Hayve , en ail. Rippe ,Nafey c’eft une petite éminence pratiquée vers- le milieu' des panetons des clefs à bout, des ferrures belhardes, & qui fait une petite plate-bande en relief. 648.
- HoussETTE,en ail. Teutchefülle; on nomme ainfi de petites ferrures faites avec peu de précautions, & qui fervent à fermer les cadettes > les» boîtes de pendules, &c. f2j.
- Hure , en ail. Kopfj c’eft un morceau de bois qui porte une bonnette ou une cloche, & qui roule fur des.tourillons.
- J
- Jottereaux. Ce font des pièces de bois courbe 8 qui étant miles en-dehors de l’avant du vailfeau , fervent à foutenir l’éperon. On lie l’éperon au corps du vailfeau par des efpeces d’équerres de fer,formées d’une latte de jottereaux , d’une latte d’éperon & d’un arcboutant. 209. V. lattes.
- il
- Laitier , en ail. Eifenchlacke ; on nomme ainfi les fcories ou l’écume du fer qui nagent fur le métal dans les» grande fourneaux y il en relie auffi
- dans la gueufe, & on en fépare une _ partie à l’afïînerie. 11.
- Laminoir , en afl. Plattmühle , c’eft une machine compofée de deux rouleaux qui tournent en fens contraire , & qui réduifent à une épaideur précife une piece de métal qu’011 fait palier entre ces rouleaux. 248*
- Langue de carpe, c’ell un cifeau dont le tranchant alfez étroit elt arrondi ou en lolange. 151.
- Lattes , en ail. Latten > on nomme ainfl dans l’architecture navale des bandes de fer plat, telles qu’elles arrivent des forges. On donneauffi ce nom à des efpeces de membrures qui tiennent lieu de baux fous les gaillards. 2og.
- Liens, en allem. Bander ; ce font des morceaux de fer méplat, coudés ou ceintrés , qui fervent à retenir quelques pièces dans un alfemblage de charpente. On donne auffi ce nom à des pièces menues de fer qui fervent à joindre enfemble des orne-mens qu’on ne veut pas aflembler par des rivures. Il y a des liens (impies, & d’autres ornés de moulures qu’011 nomme à cordon. 514.
- Lime, en ail. Feile, c’eft un morceau d’acier trempé & ftrié qui fert à polir les ouvrages qui ont été travaillés à la forge. 11 y a des limes qu’on nomme carreaux, en ail.. Armfeile, demi* carreaux> en ail. halbe Armfeile > carrelets , en ail. Vorfeile, demi-rondes , en ail. Halbrimdefeile, à tiers-point , en ail. Dreyechigte feile, à potence , en ail. Bogenfeile , en queue de rat y en ail, Nagelszunge, & d’autres qu’on nomme limes douces, en ali. Schlichtfeile , qui ne fervent qu’à donner le dernier poli*
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- Linteau ; en ail. Sturtz ; c’eft une barre de fer qu’on pofe fur les jambages des portes & des croifées pour foutenir les ciavaux d’une plate-bande ou d’une arcade *, elle doit être groffe à proportion de fa portée & de fa charge. 204.
- Lintier. Voyez linteau.
- Lippe, en ail. Spitze; c’eft une partie dans les ornemens relevés fur le tas, qui eft plus renverfée que les autres. 67?.
- Loquets, en ail. Klincke, bande de fer qui fert à tenir les portes fermées' au moyen d’une piece nommée battant qui s’engage dans un menton-net,& de l’autre bout eft attachée par un clou fur la porte; les loquets ordinaires s’ouvrent en appuyant fur le poucier: il y a aufti des loquets dits a la cordeliere & à vielle, qu’011 ouvre avec une clef. 120, 468» 470. Voyez vielle & cordeliere.
- Loqueteau, en ail. kleine Falle ; petit loquet à reftort qu’on attache au haut des croifées à des endroits où la main ne peut atteindre , & qu’on ouvre en tirant un cordon qui eft attaché à fa queue, 482.
- Loupe , en ail.gereinigte Gans, efpece de globe de fer qui a été un peu purifié à l’aftinerie, & qui commence à être en état d’être forgé. Voyez la forge des ancres. 11.
- 1 M .
- Mâchefer , en ail. Ldfche ; ce font les fcories du fer & du charbon qui fe forment dans la forge. Il faut retirer le mâchefer fur les bords de la forge, fans quoi il empêcherait la chaude.
- rm
- Mains de ressort, en ail. bande an der Feder ; on nomme ainfi les principales parties de la cage qui reçoit les relforts doubles qu’on met aux carrolfes à fléché & de cérémonie. 787.
- Mandrin , en ail. Dont, morceau de fer qui fert de noyau fur lequel 011 forge des pièces qu’on veut rendre creufes. Il y en a de ronds , de quar-rés & de toute autre figure. 45,125.
- Manteau de cheminée, en ail. Schor-fleinmantel -, barreau de fer qui porte fur les jambages, & foutientles manteaux en maçonnerie des cheminées. 190.
- Mardelle. Voyez margelle.
- Margelle. C’eft une grande pierre taillée comme un bourrelet, & qu’011 pofe fur la fermeture d’un puits. On fait quelquefois les margelles de plu-fieyrs pièces , & alors on les aflùjet-tit enfemble par des crampons de fer. 204.
- Mars, nom que les chymiftes donnent au fer, & qui eft inconnuj errferru-rerie.
- .Marteau, en ail. Hantmer. On fait affez ce que c’eft qu’un marteau ; mais nous devons dire ici que les gros marteaux qui fe mènent à deux mains fe nomment marteaux à devant, en ail. Vorfchlager ; qu’il y en a de moins gros qu’on nomme à main , en ail. Schmidehammer ; & de plus petits qu’on nomme marteaux d'établi, en ail. Banckhanimer ; il y a auffi les rivoirs, en ail. Nieth-hammer ; demi-rivoirs, & p etit s-rivoirs ^ en ail. Folirhammer ; ils tirent leur nom de ce qu’ils fervent communément à river. 56.
- Marteler, enaliem. hammern\ c’eft Nn ij
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- former avec un cifeau, ou avec la panne d’un marteau, des filions fur la fuperficie du fer. 73.
- Mattoirs , en ail. Punzelhammer ; petits barreaux d’acier qui ont à leur extrémité différentes formes » & qui, au lieu d’un tranchant, font taillés à leur bout comme une lime j ils fervent à relever la tôle fur le plomb. 38*.
- Mentonnet, enallem. Klinckhackeni efpece de crochet qu’on attache dans l’embrafure des portes ou fur leur montant, pour recevoir le bout du battant des loquets. Il y en a à pointe & à facilement. 469.
- Méplat, en ail. Flach > les barres méplates lont celles qui font forgées plus minces que larges: 011 les ap-’ pelle auiïi du fer en bande.
- Mise, en ail. Wulji, Wurjl\ morceau de fer qu’on foude à quelque endroit d’un ouvrage qu’on veut fortifier. Il faut qu'elle foie bien amorcée , bien chauffée, nette de frafil & appliquée fur le fer chauffé fuant. 76, 208.
- Moderne. On a confervé la dénomination de ferrure moderne , à une ferrure qui eft fort antique. 757.
- Moraillûn, en ail. Amvnrf >picce de fer qui porte les. auberons. 5-27. Voyez au ber on.
- Mordache, enalL Klnppe-, efpece d’étau dont les deux mâchoires fe réu-niifent à. une charnière ou à un ref-fort.On les ferre en les plaçant entre les mâchoires d’un étau ordinaire. Pour ne point gâter les ouvrages finis, 011 les faifît dans une efpece de modarche de bois. Il y a des inor-duchés à chanfrein , à lien , à bouton j quelques-uns les nomment tenailles d’établi. 48.
- Moufle , en ail. Gabel $ chaîne, à mott* fe i ce font des tirans formés par plu-fieurs bandes de fer qui s’accrochent dans une efpece de porte qu’on a jugé à propos d’appeller le moufle : on emploie auffi ce mot pour lignifier un affemblage de poulies fervant à multiplier les forces. 178.
- Moule, en ail. Forme -, c’eft un creux dans lequel on coule du métal fondus mais les ferruriers appellent de ce nom une efpece de patron d’acier qui leur fert à découper des rofet-tes , des entrées de ferrures des platines , &c. 136.
- Moutons, en ail. Bockflnken ; les moutons des voitures font des pièces de charronnage qui s’élèvent à l’avant & à l’arriere des brancards s ils portaient autrefois les foupentes obliques i maintenant les moutons de l’avant portent le fiege du cocher* & ceux du derrière les areboutans» 770.
- Mufle, en ail. fehnaufè , on nomme ainfi des bandes de fer qui forment des efpeces de gouttières , & qu’011 place fous les bouts des refforts pour empêcher que par leur frottement ils n’ufent les parties fur lefquelles ils s’appuient. 789.
- Museau dune clef, en ail .Reif aufdem fchlüjfelbarte, c’eft un évafement qui eft au bout du paneton , & dans lequel font prefque toujours pratiquées les fentes qui doivent recevoir les dents des rateaux. 12.
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- Noirs , en ail. Schwarz. On appelle les ouvrages de ferrurerie noirs* ceux qui n’ont point été blanchis & polis à la lime.
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- Organeau , en ail .'Ring -, c’eft un terme de marins qui ne fignifie autre chofe qu’un gros anneau. 257. •
- P
- PaîllëUX , en allem. Unganz ; un fer paiüeux eft celui qui a de petites fentes qui font que la malTe entière 11’eft pas bien liée. 12.
- Palatre, en ail. Kajîen 5 efpece de boîte quarrée de tôle qui renferme le pêne, les reflorts, & tout ce qui conftitue l’intérieur de la ferrure ; un des côtés où eft percée l’ouverture du pêne s’appelle le rebord, en ail. Stulp : les trois autres , la cloifon , en ail. Umfchweif. f} 4.
- Palette , en ail. Bohrbrett -, on appelle palette a foret une piece de bois que l’ouvrier applique contre fon ventre, & fur laquelle eft attachée une bande de fer, percée de plusieurs trous pour recevoir le bout de l’ef-lieu du foret ; c’eft auffi une efpece de fpatule de fer qui fert à fablonner le fer. 40, 6yf. Voyez fablonnenx.
- Paneton, en ail. Barfy c’eft une partie de la clef ordinairement quarrée, qui tient au bout de la tigeoppolée à l’anneau où font pratiquées les fentes & les dents qui palfent dans les gardes ou garnitures de la ferrure j ce qui en fait le muleau : c’eft le paneton qui fait marcher le pêne. Il y a de ces panetons droits, & d’autres en S. yo , y 12. Voyez clefs.
- Panne , en ail. F'mne, fe dit du côté le plus mince du marteau oppofé à la tête. Il y a des pannes droites, des pannes de travers, & des pannes refendues. 36. . > 1
- Pâté, en ail. Katze-> les ferruriers ap-
- pellcnt/>é/<? des paquets de fer menu qu’ils joignent enfemble pour les réunir & les corroyer ; c’eft un moyen excellent pour fe procurer du fer doux.
- Paumelles , en ail. leichte Thürb'tinde, ce font des gonds qu’on met furies portes légères , & dont le mamelon entre dans une crapaudine attachée fur le chambranle. 394,409.
- Pele ou mieux pêne. Voyez pêne.
- Pene, en ail. Schlojfxiegel ; c’eft une efpece de verrou que la clef fait for-tir ou rentrer dans lalerrure, & qui fert à tenir la porte fermée. La partie qui for t de la ferrure s’appelle la tête du pêne , l’autre bout fe nomme la queue ; le corps du pêne eft la partie moyenne entre la tête & la queue ; il y a des pênes à deux têtes qu’on nomme pênes fourchus, d’autres qu’on nomme en bord. Ce dernier pêne ne fort pas de la ferrure, il coule fous le rebord , & entre dans l’auberon qui eft attaché au couvercle d’un coifre. 5*09, y2f.
- Pentes, en ail. Blinder, ce font des bandes de fer terminées par un 'œil ou anneau dans lequel entre le gond, & qu’on arrête fur la porte avec des clous. Leurufage eft de tenir les portes ouvrantes & fermantes. 7.
- Pentures. Voyez pentes.
- Perçoire, en ail. Lochring, les ferruriers nomment ainli tantôt un gros morceau de fer replié fur lui-mème, tantôt un gros canal de fer , &. quelquefois un parallélipipede de fer * percé de plufieurs trous. L’ufage de la perqoire eft de former un porte-à-faux quand on veut percer du fer* loit à chaud foitàfroid. 144.
- Persiennes, en ail. jaloufie-Laden ^ ce font des efpeces de contrevents
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- formés de chaffis de bois, entre les moncans defquels on met de petites planches minces & légères, dif'pofées en abat - jour, pour empêcher le foleil ou le grand jour de pénétrer dans les appartenons. On en fait auffi qui fe replient à peu près corn* t me les ftoreSi $oo. pERTUis,on nomme ainfi des ouvertures qui font faites au paneton , & qui font plus évafées que les fentes.
- < fQ-
- PlCOLETS , en ail. Studeln , crampons qui embraifent & aiîujettiffent le pêne d’une ferrure , & dans lefquels il a la liberté de gliffer & de couler aifément lorfqu’on veut le faire for-tir ou rentrer dans le palâtre. 484 , f4o.
- Piquer une ferrure, ein S ch lofs zeich-nen, c’eft tracer avec une pointe fur •' le palâtre l’endroit où doivent ré-, pondre les différentes parties qui par leur aflèmbîage forment la ferrures c’eft ce que les menuiliers appellent le trait., y 3 6.
- Planche j en ail. MittelpunBe, partie de la garniture d’une ferrure qui entre dans une fente faite au milieu du paneton d’une clef La planche porte plufieurs pièces de lâ garniture. On met des planches aux ferrures befnardes , qui ouvrent en-dedans & en-dehors de la chambre. :> C’eft auffi une-grande fente faite au milieu du mufeau,.&.qui s’avance . plus avant dans le paneton que les rateaux. ..r*;.
- Jlaner, en ail. richten „ c’eft drefler & unir un-métal en le battant à froid fur un tas. large & bien drefl’é avec un marteaadont :1a tête eft auffi fort . large & dreifée avec foin. 35^ Pqinçqn!, .en»ail. Diir-chfchlag, mor-
- ceau d’acier à peu près pointu, qui fert à percer le fer avec le marteau -, il y en a de ronds , de quarrés & de plats.
- Pointeau , en ail. Kàrner, c’eft un poinçon d’acier qui lert à percer des fers minces.il y en a auffi qui fervent de traqoir aux ferrurlers. 381. Pointer unefiche, en ail. ein Fifchband zufammenfetzen : c’eft mettre dans les trous des ailes d’une fiche , des pointes qui empêchent l'aileron de fortir de fou tenon. Quelquefois 011 dit pointer une fiche» pour lignifier la mettre en place^oo.
- Polis , en ailîpolirt, les ouvrages de ferrurerie qu’on fait avec le plus de foin, font polis à la lime douce & à l’émeri.
- Pomme » en ail. Vorfiriche mit einen Kopfe. Rat eau en pomme, ù’eft un rateauqui,au lieu de fe terminer par des parties minces, porte au bout des tiges des rateaux ordinaires , de petites pommes qui obligent de changer la forme des dents de la clef. 73 g.
- Potée d'étain* en ail. Zinnafche, c’eft une chaux d’étain qui étant broyée bien fin fert à polir les métaux. 1 r r. Poucier, enalî. Dauniendrücker. Lo~ quet à poucier eft une petite palette de fer fur laquelle on appuie le pouce pour foulever le battant des loquets ordinaires, afin de le dégager'du mentonnet quand on veut ouvrir i- la porte. 470. ;
- Poussés, en ail. Katzsngrau, on appelle les ouvrages de ferrurerie pouf fés ceux qui font finalement blanchis à la lime d’Allemagne fans être exactement polis. • *"
- Poutis , en ail. P for te, fynonymo de •''..guichet* ‘petite porte auprès dhme
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- grande, ou qui fait partie de la grande. 414.
- Prisonniers, on appelle rivure pru fonniere celle dont un des bouts de la rivure , au lieu d’ètre rivé fur une barre, l’eft dans un trou qu'011 tient plus large par le fond qu’à l’entrée.
- Quarré. Fer quarré eft celui dont la largueur eft égale à l’épaiiTeur. Celui qui n’a que douze à quatorze lignes en quarré fe nomme quarrillon; celui qui excede ces dimenfions fe nomme fer quarré.
- Quarrillon, en ail. Knoppereifen» Voyez fer quarré.
- QuEUfi DU pene. Voyez pêne.
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- Rancette , en ail. Rohrblech, eft une tôle commune qu’on emploie pour faire les tuyaux de poêle. 29.
- Rappointis. On nomme ainli de légers ouvrages tels que les clous , pattes , broches, chevilles , crochets * pitons, vis , &c. que les ferruriers emploient, mais qui font communément faits par les cîoutiers.
- Râteaux , en ail. Vorftriche, piece de la garniture qui eft aux ferrures les plus communes, ce font des morceaux de fer qui portent plulieurs parties faillantes dont les dents entrent dans les entailles qui font au mule a u de la clef, on donne aulîi ce nom aux entailles qui font creu-féex fur le mufeau, & qui forment
- * des dents, yiq ,'7q§.
- Ravaler Panneau d'une clef, en aîl. die liante richten , c’eft lui faire prendre une figure à peu près ovale
- de ronde qu’elle était i ce qui fefaiü avec un outil qu’on nomme revaloir , qui eft une efpece de mandrin. 6s 1.
- Ravaloir. Voyez ravaler.
- Rebord d'un palàtre. Voyez palàtrc.
- Recuire, en allem. aufglühen, c’eft chauffer du fer pour lui rendre fa du&ilité après l’avoir battu au marteau, ce qui le durcit ou i’écrouit? on donne aufti un recuit aux ouvrages d’acier lorfqu’ils ont été trempés trop dur. 91.
- Recuit. On donne un recuit au fer en le faifant rougir pour le rendre plus ductile, & à l’acier pour qu’il loit moins caftant. Ibid.
- Relever fur le plomb, en ail. aufdem Bleye treiben ; c’eft former avec des inftrumens qu’on nomme mattoirs 9 des filions ou creux qui font paroï-tre les reliefs plus faillans. 585
- Releveur. On appelle ainli des ouvriers qui s’occupent uniquement à relever des ornemens fur la tôle.
- Renfort, en ail. Starcke ; ce font des pièces de fer qu’on foude à d’autres'y à des endroits où ils ont befoin d’ètre fortifiés. 208 < .
- Renvoi des fonnettes, en aîl. WinckeU eifen > c’eft un triangle de fer ou de cuivre attaché à, un clou par un,de fes angles, & qui fert à tranfmettre le mouvement du cordon jufqu’àia fonnette.
- Ressort , en ail. Feder. On donne ce nom à différentes pièces de ferrure-rie dont le but eft toujours de produire quelque mouvement. Il y en a de doubles qui ont deux branches 5 il y en a qu’on nomme à chien t parce qu’ils agiffent fur une troifieme piece qu’on' nomme foui Ilot, comme le reftoit d’un chien de fufil, Le ref-
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- fort à boudin eft roulé par un de fes ' bouts en fpirale. On met aux voitu-.. res ,desrelforts qui font formés par un alfemblage de lames d’acier dont le gros bout le nomme le talon, & le bout mince la tète. Il y a des reiforts à écrevijje, à apremont, à la Da~ lefme , &c. f4i.
- Ressuer , faire rejfuer le fer , en ail. ausfchïveijfen, c’eft le décharger des
- - corps étrangers qui font dans la gueule, & fur-tout du laitier. Cette opération fe fait principalement à l’affine rie. n.
- Retraindre, en ail. Niederjlemmen ; c’eft une opération finguliere, par laquelle en frappant fur une piecede métal mince à coups de marteau, on la fait rentrer fur elle-même i c’eft le contraire èéemboutir. 361. Rifflard. Voyez brunijfoir. Rinceaux, en allem. Lauberzüge j
- - 'ce font des ornemens qui repréfen-. tent comme de grandes feuilles fort
- aîongées*& fort découpées par les .. bords. 4.
- Ringard, en' ail .'SchweifEehr- Wen~ Aejlange -, barre de fer> qu’on foude à un gros morceau de fer qu’011 ne pourrait manier avec les tenailles, & au moyen duquel on le porte à la forge ,& 011 le manie fur l’enclume,
- • 9T-
- Rivure, en ail. Vernietung, c’eft une efpece de tête faite à.l’extrémité d’une broche de fer pour l’aifujettir dans un trou où elle palfe. On fait Une rivure à l’extrémité des petites goupilles qu’on nomme rivure* t & . aulfi au bout de certains clous- que ; pour cette raifon on appelle clous rivés. 510.
- Roche ,/er de roche, demi -roche. Le fer qu’on nomme à Paris déroché,
- vient de Champagne. Je crois que ce nom lui vient de ce qu’on s’imagine qu’il eft fait avec de la mine en roche. O11 peut conlulter l'art des groffe s forges. Celui qui eft dit demi-roche eft plus doux que l’autre. Peut-être dans les forges mêle-t-on la mine en roche avec celle en grains.
- Rose de gouvernail. V. conajfere.
- Rouet , en allem. Reif, partie de la garniture d’une ferrure. C’eft une piece de tôle qui fait une portion de cercle & qui entre dans des fentes qui font aux côtés du paneton des clefs. On appelle auffi rouets dans une clef, les fentes qui font ouvertes fur les côtés du paneton, & dans laquelle entre le rouet de la ferrure, y 15.
- Rouleau , en ail, Scbwrkel, les fer-ruriers nomment ainfi du fer de quarrillon roulé en volute j & 011 110mme faux rouleau, un barreau auquel on a fait prendre ce contour , & qui fert à rouler les autres defTus. Voyez enroulement. 292.
- RouvERAiN, enall. rothbruchig, 1 qfer rouverain eft celui qui bouillonne à la forge , & qui fe bride aifément. Si 011 ne le ménage pas au feu , il fe divife en plufieurs parties.
- S
- Sablonner , en allem. fanden , c’eft jeter du fable fin fur le fer chauffé à la forge lorfqu’on veut fouder, ou dans d’autres occafions. 40.
- Sabot, en allem. Schuh , on nomme i fabot une piece de fer creufe pour recevoir le bout d’un pilotis, & qui fe termine en pointe pour mieux percer le terrein, & s’ouvrir un pallage entre les pierres. 2oy.
- Sanguine
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- à RT DU SERRURIER.
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- Sanguine , en ali. Blutflein , minéral en forme de pierre rougeâtre, dure ,’pefante, & par aiguilles longues & pointues. On la nomme suffi pierre hématite. On s’en fert pour polir les métaux. 94, 117.
- Sauterelle, en ail. Schmiege, fVin-kel.fajjin les ferruriers nomment ainli une fauffe équerre qui fert à prendre l’ouverture des différens angles. 32 p.
- Scellement, en ail. Mauerhaacken, c’elt une efpece d’enfourchement qu’on fait au bout d’une piece de fer qui aboutit à un mur, & qui doit y être fcellée ou en plâtre ou avec du mortier. 177.
- Scie , en ail. Sage} les foies de ferruriers font un feuillet d’acier mince ; elles font dentées & itriées fur les côtés : quelques-unes font montées fur un arçon; mais la plupart font fortifiées par un dofferet. 152.
- Serrure , en ail. Schlojl, c’elt une machine très - ingénieufe, qui eft formée d’une boite nommée palà-tre , d’un ou de plufieurs pênes , -& en-dedans de reiforts , gâchettes •& garnitures qui font qu’une Fer--rure ne peut être ouvertequ’avec la clef. C’en cette ingénieufe machine qui a donné le 410m de ferruriers à des ouvriers qui font beaucoup d’autres ouvrages en fer. yog.
- -'Sertir , en ail. einfajfen, c’elt réunir une piece à une autre par de petites levres qui font au bord du trou ou l’on ajufte la .piece. 736.
- 'Seuil , enallem. Sch^eUe , Sohifück , c’elt une grande pierre poiée. au niveau du pavé entre les jambages d’une porte. Elle eft fouvent garnie -de bandes de fer. 2oy.
- Tome yi*
- Souder , en ail. SchweiJJen , c’elt réunir deux morceaux de fer au point de n’en plus faire qu’un, en atten-driffant le fer au feu , & le frappant au marteau. Si, pour faire cette réunion, on emploie unefubf-tance étrangère qu’on nomme foiu dure, les ouvriers appellent cette opération brafer.
- Souder a chaud , en ail. zufammen fchweijfen , c’elt réunir enfemble deux morceaux de fer qu’on a auparavant chauffés, prêts à fondre, avec le marteau. Pour que la fou-dure foit bonne , il faut que les deux morceaux qu’on veut réunir loienc étirés en bec de flûte; c’elt ce qu’o-n nomme amorcer. <58 & fuiv.
- Soufflet, en aliern. Blasbalg, faux brancard d’une chaife de polte. 78p.
- Store , en ail. Springgardine , tuyau de fer-blanc dans lequel il y a un. relïbrt à boudin fur lequel on roule un morceau d’étoffe qu’on peut dérouler de deffus le tuyau pour fe garantir du foleil.
- Suante, en ail. jliejfend. On 'donner une chaleur filante, lorfque le-fer chauffé blanc commence à fondre,
- T
- Talon de rejjort, en ail. der Fuji an der Feder : cette expreffion fe prend en deux fens ; c’elt fouvent le gros bout d’un coin de reffort ; & aux re£ forts doubles des carroffes à fléché * une piece de fer placée entre les talons des deux reiforts , & qüi fert à les attacher à la caille par un boulon.
- , 788.
- Taraud, en ail. Scrauheubohrer, cylindre de fer couvert d’acier, dans O o
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- ART I)U SERRURIER.
- 2$o
- lequel'on a creufé des pas de vis v pour faire ou tarauder des écrbus.
- Targette ,en‘a!l. Fenjlernègél, forte de'petit verrou qu^on niet à de petits volet’s/431. ' '
- Tas ou Tasseaux ,en'all.'Un'terfatze, ce font de'petites enclumes', à la table defquelles on donne différentes, formes pour emboutir & relever le fer en boffe. qy.
- Tenaille , en ail. Zange, infiniment pour tenir le fer ou à la forge ou iur l’enclume ; il y en a de droites , de crochues & d’autres qui tiennent lieu d’étampès. 38.Voyez mordache. Tete du pene. Voyez pêne.
- Tige , en ail. Rohr , la tige d’une clef eft la partie droite qui s’étend’depuis l’anneau jufqu’au paneton.. Tirant, en ali. Zugband, c’eft un long barreau de fer qui traverfetout un bâtiment, & qui répond à une ou deux ancres , ou1 par un de' fes bouts , tantôt à une poutre & tantôt à un ,mur. On met des tirans aux cheminées pour empêcher que le ventne lesrenverfe. 171. TisONNJERES , en ail. EJJenklingen , on appelle ainli des efpeces de fourgons qui fervent pour attifer la for-e. Il y en a de droites & de coures. 40.
- Tôle ou fer en feuilles, en ail. B/ech, ce font des fers qui ont paffé fous le marteau des applatifferies. Les ferruriers en emploient beaucoup de différentes épaiffeurs j la tôlè de Suede eft la plus eftimée.
- Tombeau , en ail. Bauch, on appelle des grilles ou des balcons à tombeau celles dont le bas fait une faillie ou par un coude ou par un arron»
- diffement en foi me de confole. *
- Tourillon, en allero. Zapfen j gros ’mbrcéaVde fer roiid qui feit d?axe a plufieurs machines.
- Tourne-a-gauche,’en allém. ffîeud-eijhi. Les ferruriers prennent ce mot en deux fens ; c’eft quelquefois un tourne-vis , & d’autres fois un crochet qui fert a contourner le fer.
- Tourne-VIS. Voyez tourne-à-gauche.
- Tranche , en allem. Abfchrott ,• c’eft un cifeau qui fert à couper le fera chaud. On l’emmanche dans une hart. Il y en a de’pèrcées pour couper les fiches à chaud. 33.
- Trappe,en ail. Schlageifen. Les ferruriers nomment ainfî une piece de fer plate qui s’engage dans les dents du cric des berlines, & fait l’office d’un linguet ou d’un encliquetage. 770.
- Tremie, en ail. Handband, on'appelle une bande de trémie, une bande de fer plat qui aboutit fur les folivës qui bordent le foyer , & foutient l’âtre fans craindre d’incendie. 199.
- Trépan, machine qui fert à faire tourner un foret qu’on tient dans une pofition verticale. 147. Voy. drille.
- TRlC0lSES,en %\\. gekrippte Zangen, ce font des efpeces de tenailles donc les mordans courbes ne pincent que par leur extrémité. 38.
- Tringles , en ail. Stabe-, barres de fer forgé en rond : les tringles paffent dans des anneaux qui foutiennent les rideaux. Il y a des tringles de fer noir, d’autres blanchies à la lime, & d’autres polies.
- Tripoli , en ail. Trippelerde, efpece
- , de craie ou de pierre tendre d’un blanc tirant fur le rouge, qui fert à polir les métaux, nf.
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- ART D U* S E R R, U R L EK
- Trusquin, en ail. Streiehmaas, outil qui fert à marquer les endroits où l’on veut ouvrir une mortaife.
- Tuyere, en ail. Rohr ; c’eft un canal de fer épais qui fert à conduire le vent du foufflet dans la forge.
- V
- Vase , en ail. Knopf, petits ornemens en forme de vafe qu’on met au haut & au bas des fiches qu’on nomme pour cette raifon fiches à vafe. 7.
- Vergettes , en ail. Win de if,en, petites verges de fer qu’on applique ordinairement fur les panneaux de vitres montés en plomb. 24?.
- Vielle , loquet à vielle. Les loquets à vielle s’ouvrent avec une clef qui fouleve une piece coudée en forme de manivelle, laquelle fouieve le battant du loquet i on en fait ufage pour fermer les portes des lieux d’aifance t &c. 476.
- r% \
- Vis, en ail. Schrauben\ ce font des morceaux de fer taraudés par un de leurs bouts, & terminés à l’autre par une tête, ou refendus en quar-ré. Il y a des vis de lit, de parquet, pour les glaces ,' pour les 1erfures » & des vis en bois qui n’ont point d’écrou.
- Vitrail , chafïis de fer avec des croi-filions auili en fer, qui reçoit des panneaux de verre montés en plomb. On ne s’en fert guere que dans les églifes & les bahliques. On dit au pluriel des vitraux. 241.
- Vitrau. Quelques auteurs emploient ce mot dans le même feus que le précédent ; mais il vaut mieux dire vitrail.
- Vrille , petit infiniment qu’on mene avec la main, & qui fert à percer des trous dans du ,bois. Les ferreurs en font quelquefois ufage.
- O 0 i)
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- a?s ART DU SERRURIER.
- 2? JB JL JE
- DES CHAPITRES
- CHAPITRE I. Introduction & principes généraux fur l'art du ferrurier.. page 3
- Article I. Han de Vouvrage, ibid.
- IL Qualités & dimenfions des fers , & choix qu'on doit en faire, pour diffé-rens ouvrages.. 6
- III. Détail de la boutique & des outils
- qui font les plus néceffaires aux fer-ruriers. 12
- IV. Des attentions qui font néceffaires pour faire chauffer le fer d la forge. 1 y
- V. De la maniéré de fouder d chaud.. 21
- VI. Sur la maniéré de brafer le fer. 23
- VII. Maniéré de recuire le fer & Cacier.
- 26
- VIII. Sur la façon de forger. 27
- IX. Maniéré de mener la lime. 29
- X. Sur la maniéré de polir le fer &
- l'acier.. 31
- XL Des omemens quon fait avec £'é-tampe. 3 3
- XII- Sur la façon de couper le fer. 3 f
- XIII. Maniéré de faire les omemens de
- ferrurerie découpés, 3 6
- XIV. Maniéré de percer le fer f d'y faire
- des vis & de le fraifer. 3 g
- CHAPITRE II. Des gros ouvrages en fer pour la folidité des bàti-mens.
- ÀRT. I. Des gros fers pour les bâtimens.
- ibid.
- IL Des guirlandes. j 1
- 1IL Des courbes de jottereaux. 5 3
- ET ARTICLES.
- IV. Des courbes de faux ponts, page f 3
- V. Des courbes de ponts. f 4*
- VI. Des ferrures de gouvernails. 5 f
- VII. Ferrures des bouts de vergues. 5 g
- VIIL ' Chevilles de différentes fortes. 60 CHAPITRE III. Des ouvrages de
- ferrurerie qui fervent à la fureté de ceux qui habitent les ma if on s..
- 61
- Art.. I. Des chaffîs à verre quon peut faire en fer. ibid.
- IL Des grilles fimples & fans ornemens.
- 64
- III. Des grilles ornées par les finis con-
- tours du fer, & des différentes maniérés de rouler le fer, ou d'en former des volutes que les ferruriers nomment des rouleaux , avec les différentes façons de les affembler. y2.
- IV. Des ornemens fimples qui fi font à tétampe , ou fur de.petits tas. 84
- V. Des ornemens de ferrurerie emboutis
- au marteau. 90
- VI. Maniéré de faire les ornemens relevés fur le tas , & finis fur le plomb. 94
- CHAPITRE IV. Des ouvrages de ferrurerie qui ont rapport à la fermeture des portes, des croifées 3 des armoires, & des coffres. 98
- Art. I. Des différentes fortes de pen-tures, paumelles , briquets, & fiches , ou charnières, qui rendent les portes battantes, ouvrantes & fermantes, ibid.
- IL Des ouvrages de ferrurerie qui fervent
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- ART DU SERRURIER,
- 293
- pour tenlf les portes & Les croifées ferr mées , tels que les verroux, les targettes y les espagnolettes , les crémones ,&c. page i o 8
- Des verroux-. 109
- Des croifées anciennes. 11i
- Changemens qu’on a faits aux croifées , & qui onc engagé à faire les verroux à reifort. ibid.
- Deux verroux liés par une barre de fer nommée crémone. 11% Des efpagnolettes à bafcule. 113 Des efpagnolettes à pignon, ibid. Des efpagnolettes à a.graffe & à pi-gnqn. 114
- Des efpagnolettes à agraffe (impie.
- 116
- Comment on fait les efpagnolettes pour fermer les volets aux crol-' fées qui ont un importe. 118 De quelques façons de fermer les contrevents. 119
- De la façon de faire les efpagnolettes. 121
- Art. III- De la fermeture des portes cocheres. 122
- IV. Des ferrures que les ferruriers emploient pour tenir les portes fermées, telles que les différentes efpeçes de lo-
- quets y & de becs de çanne. 4 2 f
- Des loquets (impies. 126
- Des loquets à vielle. 127
- Des loquets à la cordeîiere. 128
- Des loqueteaux à relfort. 129
- Des becs de canne. 130
- Art. V. Ouvrages de ferrurerie qui regardent le ferreur-, 133
- Des portes à pentures & à gonds.
- ibid.
- Maniéré de ferrer les fiches à nœuds ou à gonds. 136
- De la façon de mettre en place les efpagnolettes. page 139
- CHAPITRE V. Des ferrures de toutes-les efpeces, par 31. de Réaumur. ' 140
- Ap.T. I. Des ferrures en général. ibid.
- II. Détail des différentes parties qui com-
- pofent une ferrure. 141
- III. Diyifion des ferrures , & expofdon des parties qui font propres à chacune.
- 145
- IV. Idée générale de la maniéré de faire les, différentes pièces dont une ferrure efl compofée , de piquer la ferrure , & dé affembler toutes fes pièces. 14g
- V. Des ferrures auxquelles la tête du
- pêne fort du palâtre , pour entrer dans une gâche. 1^3
- VI. Des ferrurçs <iont le pêne refe renfermé dans le paldtre.. 16^
- VJI. De la ferrure en bafe & des cadenas.
- Ï.S4
- VIII* Maniéré détaillée de faire les ferrures , à ef-à-dire , de faire les pièces dont elles font çompofées, & de les affembler. igp
- De la maniéré de faire les clefs. 190
- IX. Des différentes fortes de garnitures.
- 20C
- Des ferrures forées. 201
- Des rouets (impies & bouterolles.
- ibid.
- Rouet en pleine croix. 203
- Croix de Lorraine. 2op
- Rouets à fauchions, foit en-dehors, foit en-dedans , & bouterolles à fauchions en-dehors. ibid. Rouets à bouterolles renverfés en-dehors ou en-dedans , foit à angle droit, foit à crochet. 106
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- Pleinés croix renverfées en-dehors ou en-dedans, fous un angle quelconque. page 207
- Des rouets & pleines croix hattées foit en-dedans Toit en - dehors.
- ibid.
- Rouet en N. 209
- Rouet en fût de vilebrequin, ibid. Rouet en H. 210
- Rouet en Y. 211
- Roueren S. ibid.
- Rouet en fond de cuve. ibid.
- Rouet foncé. 21g
- Planche foncée. 214
- Planche foncée en fût de vilebrequin. ibid.
- Planche foncée en fleur de lis. 217 Art. X. Des ferrures à bout. 217 Garnitures des ferrures befnardes.
- ibid.
- Pertuis en cœur, entrefle , pertuis quarrés, &c. 218
- Rateaux. 219
- Art. XI. Oii Von ex amine ce qii on peut fepromettre de fureté de chaque efpece de ferrure , félon la façon dont elle ejl garnie & attachée. 221
- CHAPITRE VI. De h ferrure des équipages, §? particuliérement des refforts. 226
- Art. I. Des ouvrages de ferrurerie qui appartiennent à la caijfe. page 227 IL Des ouvrages de ferrurerie qui appartiennent au train. . :• 228
- III. Des reforts. 23O
- Explication des figures relatives au chapitre fixieme ,dans lequel il s’agit des ferrures des éauipages. 239 CHAPITRE VII. Des renvois de fonnettes, & de leur pofe ; de la ferrure des perfiennes ; des fores pour les cabinets dl appartement ; & du travail de quelques orne-mens pris aux dépens du fer. 243 Art. I. Des renvois de fonnettes & de leur pofe. ibid.
- II. De la ferrure des perfennes. 246
- III. Des fores pour les croifées dlapparte-
- mens. 247
- IV. Des ornemens qu on fait aux dépens
- du fer. 249
- V. Evaluation du poids des fers. 2^0 Explication des figures relatives au po-
- fage des fonnettes. 272
- Explication des figures qui repréien-tent des Itores d’appartemens , & des ouvrages dont les ornemens font pris aux dépens du fer. 27?
- Explication des planches des quatre premiers chapitres. 274
- Fin de Van du ferrurier.
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- ch.a.p.1 Serrureries 1*1,1.
- 'tll& Jculp ,J_n
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- Fl.ll.
- kSerrurerie
- C/icL^.J et Z.
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- r.-fog
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- via?MU J 2
- Z ‘dvyj
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- kS &r rureri^
- PL.VI
- CJzap.HT
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- DU CHANDELIER
- Par M. Duhamel du Monceau.
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- ART
- DU CHAND £ L X £ R(0.
- •« =5fr*----1...— »•
- 1. C^N appelle communément chandelles, des flambeaux formés de fuif & d’une meche de coton : car on nomme bougies les chandelles de cire ; & les chandelles qui font faites avec de la réfine, ne font d’ufage que dans les provinces où les bois de pin font communs.
- 2. La graiffe des animaux , qu’on nomme fuif ( 2 ), quand elle a été fondue & clarifiée ( 3 ), eft donc la matière qui fert principalement à faire les chandelles, & cette raifon doit nous engagera commencer par dire quelque chofe des différentes graiffes. J’aurai feulement l’attention de ne m’étendre fur cette matière, que le moins qu’il me fera poflible.
- 3. Entre les graiffes des animaux, les unes font fluides comme les huiles ; d’autres , qui prennent un peu plus de confiftance, font néanmoins incapables d’acquérir une certaine fermeté en fe refroidilfant ; d’autres font plus feches ; & par degrés on parvient à en trouver de fi feches , qu’elles font trop caffantes pour être employées feules à la fabrique des chandelles qu’on doit brûler l’hiver.
- 4. Les graiffes ont donc des qualités différentes fuivant Pelpece d’animal qui les fournit. Mais dans le même animal on trouve des graiffes différentes , fuivant les parties d’où on les retire > & la qualité des graiffes varie encore
- ( 1 ) Cet art {fut publié par 1YI. Duhamel en 1764. Il fait partie du premier volume de la traduction allemande, donnée par M. de Jufti en 1762.
- ( 2 ) En allemand , Talk.
- ( } ) Le fuif différé de la graiffe , en ce Tome VI,
- qu’il a plus de confiftance, & Te trouve principalement aux reins & autour des irt-teftins. Voyez l’Encyclopédie, au mot diatu delier. 11 femble que la diftinétion adoptée par M. Duhamel, eft plus conforme à Ti*« fage.
- rp
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- ART D ÏÏ CHANDELIER,
- fuivant les alimens dont les animaux ont ufé. Il ne fêta pas hors de propos d’entrer à ce fujet dans quelques, détails..
- Qualités différentes des graiffes de différent animaux..
- f. La graiffe des poiffons & de la plupart des oifeaux aquatiques ne fe fige pas : elle refte coulante comme de l’huile. Celle de cheval eft très-molle & prefque coulante. La graille de bœuf prend plus de çonfiftance » néanmoins elle refte fort grade. Celle de: mouton & de bouc eft la plus feehe de toutes celles qui entrent dans le commerce. Elle l’eft même trop, puifque les chandelles de pur fuif de mouton font très-caflantes quand il fait froid. La graiifo de bœuf, au contraire,eft trop molle & trop grade\ c’eftpourquoi on mêle enfemble ces deux grailles pour avoir des chandelles fermes & fufEfamment feches, fans être caftantes l’hiver.
- 6. Comme dans la fabrique des bonnes chandelles il ne doit entrer que de ces deux efpeces de graiffes., nous ne parlerons pas des, fraudes de quelques mauvais chandeliers qui emploient des. grailles de moindre prix, qu’ils achètent des écorcheurs, des charcutiers, ou cette graphe molle qui fe fige fur l’eau où l’on a fait cuire les tripes., & qu’on connaît fous, le nom de petit
- fiîf C * ) •
- On trouve dans différentes parties chm même animal, des graiffes de qualité différente.
- 7. Cette différence eft fur-tout très-fenfible dans, les porcs. Les moins attentifs ont remarqué que le lard ne relfemble point au fain-douxj & en y prêtant plus d’attention , on trouverait dans cet animal trois, quatre ou un plus grand nombre de graiffes affez différentes les unes des autres, fuivant les parties d’où on les aurait tirées.
- 8. Les différences qu’on remarque dans les graiffes des porcs exiftent,
- • quoique moins fenfiblement, dans les autres animaux. Par exemple , la graiffe
- qui enveloppe les reins, eft ordinairement plus ferme que celle qu’on retire de l’épiploon ou du méfentere , ou d’autour des boyaux qu’on nomme raties ; & ces graiffes font affez différentes de celle qui refte attachée aux mufcles , & quife vend avec la viande. Pour les fabriques de chandelles, on n’emploie que la graiffe qui enveloppe les reins, & celle des inteftins, qu’on fond enfemble
- V
- (* ) II eft ordonné aux bouchers de fon- fendu de mêler avec leur fuif de bœuf & dre féparément le fuif de mouton & celui de mouton , aucun fain, oing , flambarts, de bœuf > & de tout teins il leur a été dé- fuif de tripes, ou autres graiffes.
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- ART DU CHANDELIER.
- 229
- {ans diftinélion. Ainfi l’on peut fe difpenfer d’avoir aucun égard aux petites différences que nous venons d’indiquer, & fe contenter de diftinguer, avec les chandeliers , deux efpeces de graiffes, celle du bœuf & celle du mouton ( 4 ); bien entendu que, fous la dénomination de graiflede bœuf, on comprend celle de vache & de taureau, quoique la graiife de bœuf foit plus molle que les deux autres ; de même que, fous la dénomination de graijjè de mouton, eft compüife la graiife des béliers, des brebis , même celle des chèvres & des boucs ( f ). On tire des provinces méridionales , de la graiftè de bouc qu’on emploie pour la pharmacie,
- La nature des alrnens influe fur la qualité des graiffes„
- 9- On fait que le lard des porcs nourris de glands, eft fi fec que les rôtit Feurs le trouvent trop caftant pour piquer les viandes fines. Le lard des porcs nourris de grain, eft de la meilleure oonfiftance. Mais quand on leur donne pour nourriture des fubftances huileufes , comme le marc des noix dont on a exprimé l’huile, leur lard eft fi mou, qu’il en coule une graiife liquide qu’on peut comparer à de l’huile. Cette remarque ne regarde pas directement la fabrique des chandelles, puifqu’on n’y doit point employer de graiife de porc ; mais j’ai cru qu’elle ferait très-propre à faire appercevoir combien les différentes nourritures qu’on donne aux animaux influent fur la qualité de leur graiife ; & quoique ce 11e foit pas toujours d’une façon aufti fenfible que dans le lard des porcs, elle exifte néanmoins dans les autres animaux. Les chandeliers s’apperqoivent, & 011 convient aflez généralement, que la graiife des animaux qui font nourris de fourrages fecs & nourriflans, eft meilleure que ceïïe des mêmes efpeces d’animaux qui n’ont vécu que d’herbes vertes. Je n’ai point fait d’obfervation pour m’aftiirer de ce fait; mais il s’accorde avec ce que tout le monde a pu remarquer fur les animaux vivans. Si 011 engraifle un cheval avec des plantes vertes, avec des navets, avec du fou, ou de l’orge qui a fervi à faire de la bierre, fa graifte fera molle en com-paraifon de celle d’un cheval qui aura été nourri avec du grain, du foin fec & de la paille.
- 10. Quoi qu’il en foit de ces petites différences, 011 emploie les graiffes telles qu’elles fe préfententj on convient feulement que les grailles des animaux qu’011 tue l’hiver , font de meilleures chandelles que celles des animaux qu’on tue pendant l’été. Je ne crois pas que cette différence dépende principale-
- ( 4 ) On doit fondre féparétttent le fuif proportion que l’on jugera convenable, cfe. mou ton & celui de bœuf. Un peut en- ( <; ) Plufieurs chandeliers préfèrent le fuite mélanger Tune avec l’autre, dans la fuif de chevre & de bouc, à tous les autres.
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- ment des alimens dont les animaux ont ufé, niais plutôt de ce que dans les tems chauds, le fang dont les graifles fraîchement tirées des animaux font imprégnées, fe corrompt promptement; il s y forme des vers, & ces fuifs contrarient une mauvaife odeur qui rend les chandelles très-défagréables : d’ailleurs les fuifs d’hiver font plus fecs que ceux d’été.
- 11. Nous nous fommes peut-être déjà trop étendus fur la nature des graif-fes, notre intention n’étant que de les confidérer relativement à l’art du chandelier ; ainfi je me hâte de parler de la préparation des fuifs.
- De la maniéré de fondre les graiffe s de bœuf & de mouton pour en faire du fuif propre à faire des chandelles.
- 12. Je dois prévenir que cet article ne regarde point précifément l’art du chandelier , puifqiï&;ce font les bouchers (*) qui font dans l’ufage de fondre les grailfes, au moins dans les grandes villes ( 6 ); car dans les petites villes des provinces, où les bouchers ne tuent pas aflez pour que leurs grailles piaffent les indemnifer des frais qu’exigent leurs fontes, ils les vendent, au fortir de l’animal, aux chandeliers qui ramaflent les grailfes de plufieurs bouchers, Si les fondent pour leur propre ufage. Mais quand cette première préparation fe ferait toujours par les bouchers, nous ne ferions pas pour cela difpenfés d’en parler , puifque c’eft un préliminaire abfolument nécelfaire pour la fabrique des chandelles.
- ( * ) Il eft défendu aux bouchers de la ville de Paris de vendre leur fuif en branche.
- ( 6 ) Une feule raifon peut engager la police à permettre aux bouchers de fondre les grailles des animaux qu’ils tuent : c’eft que ces graifles fe corrompent aifément, & qu’elles rifqueraient de fe perdre, fi les bouchers ne trouvaient pas des acheteurs. Au contraire, il y en a une foule qui devraient porter à laifler ce foin aux chandeliers La graille eft la principale matière de leur fabrique ; il leur importe d’être bien allurés de fa bonne qualité ; & ils ne fautaient l’être tant qu’ils ne la fondront pas eux-mêmes. Il' eft aifé de juger fi le fuif eft bon , lorfqu’il eft encore en branche ; on peut diftinguer fans peine de quel animal il vient : mais il n’y a aucune marque certaine pour décider fi le fuif n’a pas été altéré. La police a beau faire des réglemens, ils feront inutiles, tant qu’on ne pourra pas
- convaincre les trompeurs. Cependant une fraude légère peut nuire beaucoup à la qualité des chandelles. Les bouchers n’ont aucun motif d’éviter la fraude ; la bonté des chandelles ne touche point à leur intérêt; au lieu qu’il importe aux chandeliers de vendre de bonne marchandife , s’ils veulent en avoir du débit. D’ailleurs, la fonte des fuifs détourne les bouchers de leur occupation principale ; & l’établi d’un chandelier eft tout difpofé pour cette opération. Toutes ces raifons font croire que la police de Paris a mal vu , lorfqu’elle a défendu aux bouchers de cette grande ville de vendre leur fuif en branche. Il eût été avantageux de leur ordonner précifément le contraire , excepté le feul cas où leur graiffe rifquerait de fe gâter, faute d’acheteurs. Liberté, voiJà le mot qu’il faut répéter à chaque page , lorfqu’on traite de la police des arts.
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- Soi
- 13- La converfion des graiffes en fuif confifte à féparer la partie vraiment graiffeufe dès membranes & du tiffu cellulaire, où elle eft renfermée, auffi bien que du fmg avec lequel elle eft mêlée au lortir de l’animal. Peut-être qu’outre cette réparation de la graiife d’avec les fubftanees étrangères, la fonte diffipant un peu de fon humidité , lui donne de la fermeté , & l’empè-che de fe corrompre; car la graille en branche devient très^puante, & il s’y forme des vers : ce qui n’arrive pas au fuif. Etl’on fait que le beurre perd con-fidérablement de fon poids, quand on le fait fondre pour le çonferver.
- 14. Quand les bouchers ont tiré des bêtes qu’ils tuent, la fubftance adb peufe, ou la graiife renfermée dans fes membranes, ils la portent au féchoir A. (phi, fig. 1 ) , où ils l’étendent fur des perches, afin que l’air la frappant de toutes parts , elle foit moins expofée à fe corrompre que fi on la mettait en tas : d’ailleurs cette graiife qui, au for tir de l’animal, était chaude, fe refroidit & fe fige , le fang & les membranes fe deffechent; ce qui eft avantageux pour l’extraction du fuif.
- 1 $. Lorsqu’on a ramalîe une certaine quantité de cette graiife deif .chée , qu’on nomme du fuif en branche. (7), on la porte dans des mannes au hachoir {pi. 1,fig. 2).
- 16. Comme les parties graiffeufes font contenues dans les cellules mem-braneules, elles en fortiraient difficilement, fi l’on ne commençait pas par rompre ces cellules : c’eft ce qu’on fait en coupant le fuif en branche en petits morceaux gros comme des noix, avec un fort couperet ou hachoir ,fur une forte table, femblable à celles fur lefquelles les bouchers coupent leur viande.
- 17. A mefure que le fuif en branche eft fuffifamment haché, on le met dans des mannes femblables à celle marquée B , & on le jette dans une grande chaudière de cuivre E (pl. I, fig. 3 ), dont le fond fe termine comme un œuf, afin que les faletés fe raiïèmblent dans la partie la plus baffe.
- ig. Cette chaudière eft montée fur un fourneau de brique , de façon qu’elle ne foit chauffée que par le fond, où il y a toujours un bain de fuif qui l’empêche de brûler , & afin que le feu n’agiffe point fur les bords de la chaudière , où le fuif qui s’y attache pourrait fe rôtir. Autour des bords de la chaudière, le fourneau a une bordure de maçonnerie affez large, qui eft inclinée vers la chaudière, afin que le fuif qui tombe deffus s’écoule, & retombe de lui-même dans la chaudière.
- 19. Au bas du fourneau il y [a des degrés pour élever l’ouvrier , & le mettre à portée de remuer le fuif, & de le tirer de la chaudière, -comme je l’expliquerai dans un inftant.
- (7) Le fuif en branche eft celui qui eft encore enfermé dans fes membranes, tel qu’on l'a tiré des bêtes.
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- 20. Sur la bordure du fourneau E il y a quelques trous remplis de plâtre en poudre, dans lequel les ouvriers mettent leurs mains pour les dégraider ; fans quoi ils ne pourraient pas tenir fermement les outils dont ils fe fervent, parce qu’étant enduits de graille, ils s’échapperaient.
- 21. La graifle fe fond peu à peu dans la chaudière » & un ouvrier a foin de la remuer fréquemment , pour empêcher qu’elle ne brûle , &pour qu’elle forte des cellules membraneufes dans lefquelles elle était renfermée.
- 22. Quand elle eft bien fondue, on la tire de la chaudière avec de grandes cuillers de cuivre L qu’on nomme puifelles , & on la verfe dans de grandes poêles de cuivre M O , où elle doit fe refroidir. Mais pour féparer le fuif des parties membraneufes , on le pade dans une banatte N, qui eft un panier d’ofîer cylindrique, adez à claire-voie pour que le fuif fondu puide couler , & adez ferré pour que les parties membraneufes ne puident paspader avec le fuif. Quelques bouchers ont des banattes de cuivre percées de trous comme les paifoires ( 8 )•
- 23- Les uns plongent la banatte dans le fuif de la chaudière , & ils le puifent dans la banatte, même pour le verfer dans les poêles M -, mais la plupart pofent fui* les bords de la poêle M un chevalet O , qui eft un adem-blage de quatre morceaux de bois en forme de civiere, fur laquelle repofe la banatte dans laquelle on verfe, avec une puifelle, le fuif pêle-mêle avec lés membranes, qui reftent dans la banatte, pendant que le fuif épuré tombe dans la poêle-.
- 24. Comme , pour la facilité de ce travail, il faut que la poêle , fur laquelle eft établie la banatte, foit à portée de la chaudière ; & comme il faut que le fuif refte quelque tems dans les poêles, pour fe purifier & pour fe refroidir, avant que d’être verfé dans les moules, on tire du fuif de la grande poêle avec des puifelles, pour en remplir des poêles moins grandes , qui font à quelque diftance de la chaudière.
- 2y. Le luif perd dans les poêles une partie de fa chaleur; & ilfe précipite au fond quelques filetés que la banatte n’a pas retenues»
- 26. Avanï que le fuif foit figé , 011 le puife dans lés poêles avec le pot P % où une puifelle L, pour le verfer dans des Futailles Q_î dont on a pris la tare, afin de favoir ce qu’elles contiennent de fuif ; ou bien avec 1 ecuelle 011 remplit les jattes ou mefures de bois S , qui doivent eontenir cinq livres & demie de fuif; & quand il eft refroidi, 011 a des pains hémifphériques
- ( g ) Cèttê fécondé efpècê de bafiattes, Tes & les ordures fe fépatentmieux. S’il en eft fins contredit préférable. Les banattes coûte davantage .pour faire fabriquer des d’ofier boivent beaucoup de fuif. D’aiL uftenciles de cuivre, on s’en trouve dé», leurs, les trous d’une paffojre de cuivre dommage parleur durée, étant tous égaux, les parties membraneu-
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- que les bouchers vendent aux chandeliers : c’eft ce qu’on nomme le fuif 4e place ( * ), qui eft plus eftimé que celui qu’on tire en barriques des provinces ou des pays étrangers (9),
- 2,7. Le fédiment qui refte au fond des poêles, fe nomme de la boutée. Il m’a paru qu’elle était formée, i°. des faletés terreufes qui étaient mêlées avec le fuif en branche : 2°. du fang qui s’eft cuit dans la fonte du fuif: 3°, de quelques fragmens de membranes qui 11’ont pas été retenus par la banatte, le tout mêlé avec du fuif. On met cette boulée à part ; 8c quand on en a ralfemblé une certaine quantité, on la glaj/è, c’eft-à-dire , qu’on la met dans la chaudière, & que par une chaleur modérée , le fuif fe fond , & fe porte à la furfaçe, où on le ramafle. Le fédiment fe vend comme le creton, mais plus cher, parce qu’il eft plus chargé de graiife.
- 28- On apperçoit maintenant qu’il eft avantageux que le fuif fondu fpit mis dans de grandes poêles , où il puilfe refter long-tems en fufion : 11 le refroidiifement fe f.iifait trop promptement, la boulée 11e fe précipiterait qu’imparfaitement, & le fuif relierait impur.
- 29. Il nous refte à parler de ce qui eft retenti par la banatte. On fe rappellera aifément que ce n’eft autre çhofe que quantité de membrane^ imbues de fuif, qu’il s’agit de retirer en faifant pafler le marc fous une forte preife.
- 30. La preffe V ( pl, I, fig, 4 ) eft formée par les jumelles l’arbre de deftous b a la mai ^ le feau d, des hauifes e3 le mouton/, la lanterne g, la vis h, & l’écrou i,
- 31. Pendant que le marc qui eft dans la banatte eft chaud, on le verfe dans le feau d: on met par-deifus plus ou moins de hauifes e , fuivant que le feau eft plus ou moins rempli de marc 5 on tourne la vis pour faire appuyer le mouton f fur les hauifes e, d’abord avec un levier qu’on engage dans les fufeaux delà lanterne g; enfuite, pour ferrer plus fortement, on roule un cable d’abord fur la lanterne, puis fur un cylindre vertical i & par le moyen des leviers, la preilion devient très-forte. Le cylindre ou le treuil vertical n’eft point reprçfenté dans la figure, pour éviter la con-
- ( * ) L’expreïïîon de fuif de place vient de ce qu’il a été ordonné à différentes fois aux bouchers de porter tout leur fuif, ou , par tolérance, des montres , à une halle ou une place indiquée par la police , où les bouchers doivent faire la vente de leurs fuifs aux chandeliers.
- (9) Il femble qu’on pourrait donner à ce nom de fuif de place , une étymologie plus
- générale. C’eft comme fi î’on difait, fuif piarchand. Une ville où fe fait un grand commerce, s’appelle une place de cofiu rnerce. L.es négocians la nomm.ent la place. Il y a beaucoup de papier fur la place. De mjême ils défignent les marchandifes fabrî-qué.es dans le lieu même, des marchandifes de place , pour les diftinguer des marchant difes étrangères.
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- fution, & parce que Ta polîtion s’imagine aifément. À mefure que l’on prefle, le fuif fort par les trous du feau , il coule dans la mai ^, & par l’anche ou gouleau il tombe dans uhe poêle k qui le reçoit. Ordinairement ou met fur cette poele un tamis de crin pour arrêter les immondices qui pourraient s’échapper par les trous du feau. Quand le fuif eft égoutté, & quand la preife eft refroidie , on remonte l’écrou , on ôte la cheville, & le feau s’ouvre en deux, à caufe de la charnière m ; alors on tire les hauifes e, ainfi que le marc qu’on nomme pain de cretons , qu’on vend pour faire de la foupe aux chiens de meute & de baife-cour, & nourrir des volailles.
- 32. Le fuif qu’on reçoit dans la poêle k , eft fur - le - champ verfé dans les futailles ou dans les moules, comme celui qui a palfé dans la banatte.
- 33. Il fuit de ce que nous venons de dire, que les fuifs font des grailfes d’animaux, fondues , dégagées de leurs membranes & dépurées : ainfi l’on diftingue les fuifs par le nom des animaux qui les ont fournis.
- 34. Le fuif de mouton eft eftimé le meilleur par les chandeliers 5 il doit être fort blanc, fec, caftant, & un peu tranfparent.
- 35. Le fuif de bœuf eft plus gras que celui de mouton ; il doit être nouveau, fans mauvaife odeur, & d’un blanc tirant un peu fur le jaune.
- 36. Les bouchers de Paris fondent leurs fuifs, tant de bœuf que de mouton, dans des jattes. Leur fuif qu’on nomme de place, eft plus eftimé que celui de Llollande, d’Irlande & du Nord , qui vient dans des barriques ( 10). Les chandeliers redoutent fur-tout les fuifs qui ont été falés, parce qu’ils font pétiller les chandelles ; & il eft expreflêment défendu aux; bouchers de Paris d’introduire du feldans leurs fuifs : ce qui ferait inutile , car le fuif bien fondu & dépuré n’eft fujet ni à fe corrompre, ni à être mangé par aucun infecte ( 11 ).
- 37. Pour faire de bonnes chandelles, on mêle parties égales de fuif de mouton & de fuif de bœuf ( 12)3 il eft défendu d’y mêler du beurre
- (ro) Le fuif eft toujours meilleur à être confervé dans l’endroit où il a été fondu. En Hollande, le fuif qu’on y fond ferait trouvé meilleur que celui de Paris , fi l’on s’avifait d’y en porter. La raifon en eft très-fimple. Le fuif qu’on tranfporte eft toujours plus vieux , tandis que celui qu’on a dans le lieu même eft nouveau. Le vieux fuif ne fert plus à faire des chandelles , il n’eft bon qu’à faire du favon.
- (11) L’expérience contredît ce que notre auteur avance ici, que le fuif bien fondu & dépuré n’eft fujet ni à fe corrompre , ni
- à être mangé par aucun infeéte. Â mefure qu’il vieillit , il tombe dans un état de diflo-lution -, on y remarque un changement fen-fible ; fon goût change , il a une odeur fade & défagréable, il perd fa fermeté & fa con-filtance; en un mot, on ne faurait l’employer à faire de bonnes chandelles. D’ailleurs , les rats & les fouris attaquent le fuif le mieux fondu ; & quoique ce ne foient pas là des infeétes, leurs atteintes n’en font pas moins dommageables au propriétaire.
- ( 12 ) il n’eft pas abfolument décidé que cette dofe foit la meilleure poflîble. Deux
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- ni aucune autre graiffe, particuliérement celle du cochon, qui coule, répand une mauvaife odeur, & fe confume fort vite.
- 38- Le petit fuif, ou fuif de tripes , qui eft la graiffe qui fe fige fur le bouillon où l’on a fait cuire les tripes , n’eft pas propre à faire de bonnes chandelles. On le fait fondre avec d’autres grailles , pour le vendre aux favonniers & aux hongroyeurs, ou pour remplir des lampions & des terrines d’illuminations. On verra dans la fuite que les chandeliers ont obtenu de la police d’introduire, dans les chandelles qu’ils font Oliver, un peu de ce petit fuif 5 mais cette tolérance eft abufive.
- 39- Le fuif de bouc fe tire de Provence & de Languedoc , par Lyon & Nevers. Il doit être fec, tramparent & fort blanc ; il eft préférable à tout autre pour allier avec la cire ; & c’elt peut-être de ce fuifqu’eft venu le terme de bougie.
- Sur les meches.
- 40. Les fubftances animales fe grillent au feu, & forment un charbon ; mais leuiyflamme 11’eft que paflagere, & elles 11e confervent point le feu. C’eft par cette raifon que tous les fils de cheveux, de crin, de foie , de laine & de poil de chevre, 11e valent rien pour faire des meches : il faut employer à cet ufage des fubftances végétales. Ce fait eft fingulier; cation fait qu’on peut faire des meches aux lampes, avec le lin incombuftible, qui ne brûle pas, mais qui attirant l’huile, & la divifant en petits blets , lui permet de s’enflammer & de brûler. O11 fait auffi des meches aux lampe? à Pelprit-de-vin , avec du fil d’argent trait : néanmoins la laine déjà grafle par elle-même , & qui fe charge très-bien des huiles où elle trempe, ne retient point la flamme , apparemment parce qu’eu fe grillant, le charbon ne permet pas à l’huile , ou à la graille qu’elle contient , de fe tenir allumée; & fur-le-champ la laine étant réduite en un champignon, il ne refte point T comme dans le lin incombuftible , des pores capillaires qui portent le fuif fondu jufqu’à l’extrémité de la meche. Mais on peut faire des meches avec différentes fubftances végétales. Du bois réfineux & bien fec, des écorces de différens bois ont quelquefois fervi de meches à de grolfes torches ; il y a même des copeaux de pin fort chargés de réfine , qui brûlent comme un flambeau ; & dans les pays où il y a beaucoup de pins , les payfans s’en fervent à cet ufage. Le papier roulé & la moelle des joncs fournilfent de
- parties de fuif de mouton contre une de fuif de bœuf, que l’on a cru devoir préférer le de; bœuf feraient probablement de rneil- mélange à parties égales. On prétend queL leures chandelles. C’eft parce quelesbôu- le fuif de vache bien' fec a befoin d’une cheries fournirent beaucoup plus de fuif- moindre quantité de fuif de môuton.
- Tome TI. Q_q
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- fort bonnes meches pour les lampes. On fait avec le chanvre, des meches, pour des flambeaux & les terrines de fuif; niais les meches de fil ne vaudraient rien pour les chandelles. Le chanvre & le lin ne fe confirmant pas. auffi promptement que lefuif, les meches faites de ces fubftances. fe recourbent, & il faudrait continuellement redrelfer la rneche ou la couper , fans quoi elle tremperait par fon extrémité dans lefuif de la chandelle, qui coulerait infailliblement. Le coton eft donc la feule fuhftance qu’on emploie pour faire de bonnes meches , & la perfection des. chandelles dépend beaiu coup de la bonne qualité du coton qui fert à faire les meches.
- 41. Il y a en général deux efpeces de coton : l’un eft produit par une plante annuelle; il eft nommé par Ray & Tournefort, xylon, five gcjfipium hir.bace.um : l’autre eft produit par un arbriifeau qu.e les mêmes auteurs ont nommé xylon arboreum (13).
- 42. La plupart des cotons qui viennent du Levant, font de la première efpece. Us font três-blancs & très-fins ; mais leurs filamens ne font ni fï-forts ni fi longs que ceux du coton qui vient fur des arbriiièaux , & qu’on nous, apporte de l’Amérique méridionale.
- 43. Il ferait déplacé de nous, étendre ici fur la defcription des, plantes qui fourniifent le coton, fur leur culture , fur la façon d’éplucher le coton fur les préparations qu’on lui donne pour le filer, ou pour le conferver
- (iO Le coton eft produit par trois fortes de végétaux :.un arbre , un arbriffeau , & une plante annuelle. Le cotonnier en arbre forme lui féuî' une cîafîe particulière , dans laquelle on diftingue plulieurs efpeces , par exemple , le capock, la ouatte ; & d’autres , dont quelques-uns n’ont qu’une laine courte, qui ne peut être filée, mais, que l’on emploie à faire des matelas, des doublures, &c. Ces arbres font fort communs aux Indes orientales & en Amérique ; plu-fieurs font d’une grandeur furprenante. Vers l’ifthme de Darien , on fait des'canots d’un feul cotonnier, capable'de porter plu-fieurs perfonnes. La production de ces arbres entre peu ou point dans notre commerce en Europe.
- Le cotonnier arbriffeau eft très-différent de celui-là. Il croit auffi en Amérique, fur-tout dans l’Amérique méridionale , aux Antilles & dans d’autres isles voifines. On le IrouYe eft Egypte,, en. Arabie ,_en Chypre,.
- Il croit très - rapidement, quelquefois de plus de dix-huit pieds dans l’efpace d’une année. Il n’a point de branches. C-’eft le coton de cet-arbriffeau que nous avons en Europe.
- Enfin la troifieme efpece, ou le cotorr. nier plante , n’eft qu’une herbe que l’on? feme en été, qui porte des fleurs & des fruits, & qui paffe. Il n’a qu’environ trois, pieds de haut ; on le trouve prefque partout , dans le Levant, àMalthe-, en Sicile & ailleurs. Pour les manufactures, on préféré le coton de cette plante à celui qui-vient de l’arbriffeau ; & l’on peut douter que le dernier foit préférable pour les meches, comme l’affure 1YL Duhamel. Sans doute qu’il eft plus fort, mais on ne voit pas que cette qualité faffe rien à la chofe ; elle lui' eft commune avec le fil de lin,ou de chanvre, que notre auteur rejette avec beaucoup de raifon. En Allemagne , toutes les meches font faites avec, du coton plante,.
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- «il laine, enfin fur les différens emplois qu’on fait du coton. Il fuffit de dire, qu’en le confidérant comme marchandifes , il y en a de bien des qualités différentes-, fuivant le degré de maturité qu’on lui a laifle acquérir fur la plante, fuivant le foin qu’on a apporté à l’éplucher , & fuivant les altérations qu’il a fouffertes dans le tranfport. Quoi qu’il en foit, les chan-deliers tirent ordinairement de Marfeille leur coton tout filé & en éche-veaux. Il doit être blanc , bien fec ; il faut examiner s’il n’a pas été mouillé d’eau de mer, & fur-tout s’il efl bien net, ou, comme difent les chandeliers* point poivre , c’eft-à-dire, chargé d’ordures ; car les moindres faletés forment de petits charbons qui , tombant dans le baifm de fuif fondu, s’amaffent auprès de la meche, & la chandelle coule ou pétille. Le coton filé le plus fin forme les plus belles meches ; parce qu’il n’y a que le beau coton & celui qui ett bien net, qu’on puilîe filer fin. Mais ordinairement les chandeliers n’emploient pas des cotons filés aulîi fins que les ciriers; pourvu qu’ils foient bien nets , blancs & fecs, cela leur l’ufïit. Néanmoins j’ai vu des chandelles faites avec de très-beau coton* qu’il 11e fallait prefque pas mou-cher ; elles répandaient une belle lumière * & elles ne coulaient pas.
- 44. La première opération , qui fe fait par des femmes * eft de devider les écheveaux de coton pour les mettre en pelotes : quelquefois elles fe fervent d’un -dévidoir ordinaire , mais fouvent elles emploient des dévidoirs qui n’ont qu’une croifée, avec des chevilles qui entrent dans les bâtons de la croifée. Ces dévidoirs > que les chandeliers nomment tournâtes, étant plus légers que les autres * fatiguent moins le coton.
- 45. Les devideufes alfemblent ordinairement deux ou trois fils de coton, en formant les pelotes, qu’elles font à peu près du poids d’une demi-livre } quelquefois les fils font doubles & triples dans les écheveaux même : alors prenant les deux ou trois bouts, on les dévidé à l’ordinairej mais fi les écheveaux font formés avec un fil fimple 4 il faut que la devideufe ait une tournette qui porte deux ou trois croifées , pour devider à la fois deux ou trois écheveaux. Ces croifées pofées les unes au-deifus des autres fur un même pivot, tournent indépendamment les unes des autres»
- 46. Il s’agit enfuite d’aflembler les fils pour former les meches, & de les couper de longueur. Pour cela, il faut avoir un panier aux pelotes A (/?/. I,fig. f ) , avec fon efeabeau & un couteau à meche B , qu’011 nomme aufii banc à couper les meches. Ordinairement les chandeliers mettent leurs pelotes dans un fas ou boilfeau fait d’une ferche 5 au milieu de laquelle elt attachée une peau percée de trous comme un crible, afin que les ordures tombent par les trous, & qu’elles ne s’attachent point au coton.
- 47. Pour fe former une idée du couteau à meche, il faut imaginer une forte table. On en a qui ont pour pieds deux madriers montans a retenus
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- par une traverfe c; mais fou-vent elles ont quatre forts pieds, comme les tables ordinaires. Sur cette table s’élève verticalement à un des bouts une lame tranchante ou un couteau d , qui eft folidement aflujetti à la table , & dont le tranchant regarde la face de la table oppofée à Pouvriere. De plus une broche de fer e eft fixée verticalement fur une piece à coulilfe/; de forte qu’en tirant cette piece/, on éloigne la broche e de la lame d, ou bien on rapproche les deux pièces en enfonçant la coulilfe. Comme la longueur des meches cit fixée par la diftance qu’il y a de la lame à la broche , il eft évident qu’au moyen de la piece à coulilfe, on peut établir la longueur des meches , ainfi qu’on le juge convenable pour l’cfpece de chandelle qu’on fe propofe de faire s & quand la coupeufe a fixé, fuivant fes intentions, la diftance convenable entre la broche e & la lame d3 elle aifujettit la piece à coulilfe par une vis dont la tète eft o, fur le côté de la table en i : fouvent aufli la tète de la vis eft en-delfous.
- 48. La coupeufe s’aftied vis-à-vis la table qui porte le couteau ; & ayant mis , comme nous venons de l’expliquer, la lame & la broche à une diftance proportionnée à la longueur qu’elle veut donner aux meches, elle prend & unit enfemblc les bouts de deux, trois ou quatre pelotes qui font dans le panier, pour fe décharger de leurs fils, à mefure qu’on forme des meches. Suppofant que la meche d’une chandelle des huit à la livre doive être formée par vingt-quatre brins de coton, & que dans les pelotes il y ait trois fils réunis , il faudra mettre quatre pelotes dans le panier i leurs fils réunis feront douze brins, dont on fuppofe que la meche doit être formée.
- 49. L’ouvriere ayant réuni les douze brins qui partent des quatre pelotes , elle les paife derrière la broche avec fa main droite, & elle les rapproche jufqu’à la lame. Alors elle faiftt le faifceau de fils qu’elle tient de la main gauche , & tenant le faifceau avec les deux mains, elle l’appuie fortement fur le tranchant pour le couper ; alors les douze fils qui répondent aux pelotes reftent dans fa main gauche, pendant qu’elle tient avec fa main droite la meche compofée de vingt-quatre fils. Il faut prendre garde qu’un des bouts ne foit pas plus long que l’autre, ou , comme difent les ouvriers, que la meche ne foit barlongue. Sur-le-champ l’ouvriere pofe cette meche entre la paume de fes deux mains , & les Faifant glifler l’une fur l’autre, elle la tord un peu pour empêcher que les fils de coton ne fe féparent, & pour former autour de la broche l’anfe du lumignon, qu’on nomme le collet de la meche. Aufli-tôt elle jette cette meche ainfi tortillée de fou côté fur le bord de la table, fans la tirer de la broche.
- fo. La main gauche de l’ouvriere n’ayant pas quitté les fils qui répondent aux pelotes, elle les prend de la main droite ; elle les paife derrière la broche i elle les rapproche de la lame pour les doubler, elle les coupe,
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- elle les tord entre fes deux mains, & elle les rejette encore de fon côté de la table : ce qu’elle répété jufqu’à ce qu’il y ait fuffifamment de meches pour garnir une broche ou baguette. C’eft ordinairement feize pour les chandelles des huit à la livre ; douze pour des quatre 5 quinze pour des fix ; dix-fept pour des dix; vingt pour des feize. Alors l’ouvriere qui fait des huit, prend ces feize meches , elle les arrange à plat à côté les unes des autres : li elle apperçoit quelque filament de coton qui fe i’épare des fils , elle le détache; ayant raffemblé le bout de toutes les meches , elle les ébarbe, comme nous le dirons dans la fuite ; puis mettant une de fes mains fur ces meches auprès du collet, elle plie les feize meches , & elle les renverfe vers le dehors du banc : ce qui forme de quoi garnir une broche. L’ouvriere continue à couper fes meches; elle les rejette en-dedans ou de ibn côté, comme elle avait fait d’abord, pour ralfembler la quantité de meches qui convient pour garnir d’autres broches ou baguettes à chandelles; ce qui s’appelle une brochée. Quand la broche verticale du coupoir eft pleine de meches , il faut, pour la décharger, tranfporter ces meches fur les baguettes de bois, qu’on nomme broches à chandelles. Ces broches doivent être faites avec des baguettes de bois léger, un peu plus menues que la broche du coupoir, bien unies dans toute leur longueur, & elles doivent fe terminer en pointe par une de fes extrémités , pour l’introduire plus aifément dans l’anfe des meches. * < '
- 51. On tire à la fois de la broche de fer une branchée ou les feize meches qui doivent charger une baguette ou broche à chandelles , lorfqu’on fait des huit à la livre, 8c on pafle adroitement la broche de bois dans les aillés qui ont été formées par la broche de fer. L’ouvriere ayant ainfï déchargé la broche de fer du coupoir, en garni fiant des broches à chandelles, elle recommence à couper d’autres meches; & li elle fè propofe de faire des meches pour des chandelles des douze à la livre, elle deffinera dix-huit meches pour chaque broche à chandelles : car plus les chandelles font menues, plus on met de meches fur les broches ou baguettes, qui ont toujours deux pieds & .demi de longueur.
- Il eft bon de remarquer, i°. que quand on fait des meches pour les chandelles moulées, on ne les diftingue point par nombre de feize , de dix-huit, &c. comme on le fait pour les chandelles plongées : on emplit la broche du coupoir en rejetant toutes les meches d’un même côté de la table, & 011 décharge la broche, en tranfportant les meches fiir des baguettes menues qu’011 remplit en entier; mais , afin que les meches n’en fortent pas, on lie avec les deux meches des bouts toutes ces meches , qui font fl près qu’elles fe touchent l’une contre l’autre: ce qui forme un gros paquet de meches qu’on porte à l’endroit où font les tables à moules , comme nous l’expliquerons dans la fuite.
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- 53. 2°. Comme la lame du coupoir effiloche le coton, on raflemble* comme nous Pavons dit, une quantité de meches , par exemple, ce qu’il en faut pour garnir une broche à chandelle 5 & avec de bons & forts cifeaux, on ébarbe les meches , en coupant tous les brins qui excédent les autres. Cette opération n’eli importante que pour les chandelles plongées , afin qu’il ne fe ralfemble pas de fuif au-delà de la longueur de la meche.
- 54. 30. Nous Pavons déjà dit, la bonté des chandelles dépend autant de la perfection de la meche que de celle du fuif Un coton fille & mal filé , qui eft d’inégale grolfeur, rend les chandelles fujettes à couler & à pétiller. Il faut fur-tout bien prendre garde que quelque fil de coton ne fe iëpare des autres, c’eit un des plus grands défauts que puilîë avoir une chandelle j & c’ell pour éviter cette féparation, ainfi que pour former l’anfë de la meche autour de la broche, que l’on tord le coton entre les deux mains à chaque meche qu’on vient de couper.
- f f. 40. La grolfeur des meches doit être proportionnée à celle des chandelles ; une meche trop menue 11e produit point de lumière, & fait couler le fuif, une trop groifie fait que la chandelle 11e dure pas : comme elle ne fe confume pas auifi vite que le fuif, il faut la moucher à chaque inftant. Avec de beau coton , & en tenant les meches un peu menues , 011 peut faire des chandelles qu’on ne fera pas obligé de moucher plus fréquemment que la bougie. L’habitude guide les chandeliers à déterminer la grolfeur des meches ; car ils ne le peuvent faire par le nombre des fils, leur grolfeur n’étant jamais allé? exactement déterminée. Comme on fait des chandelles de même poids, par exemple , des huit à la livre, les unes plus courtes, les autres plus longues, les courtes font néceflàirement plus grolfes que les longues : on augmente proportionnellement fil grolfeur des meches ; ainfi les meches pour les courtes ont deux, trois ou quatre fils déplus que celles pour les longues. Pour s’adurer fi les meches font d’une bonne grolfeur , quand on en a coupé de quoi garnir cent broches des huit, ce qui fait feizer cents meches, on les pelé 5 & fuivant l’u.fage le plus commun , leur poids doit être de vingt onces par cent (14)5 ce qui fait deux livres & demie pour les fcfze çents meches (15)?
- (14) U y a ici manifeftement une faute d’imprelhon. L’once comprend huit gros. h vingt gros , ou deux onces & demie pour .cent meches, on aura deux livres & demie pour les feize cents meches.
- 1 (15) M. xle Julti fe plaint ici dans une note, que la police n’ait pas porté fon attention lur uue denrée dont il fe çon-
- fomme par-tout une"fi grande quantité. Peu importe aux chandeliers que les chandelles brûlent vite ; plus 011 en brûle, & plus on en vend. Mais il importe au bien public que la fabrication des chandelles atteigne toute la perfection & l’exadtitude pollibles, pour que la dépenfe des familles ne foit pas augmentée , & que la graillé ne fe perde pas
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- ^6. f°. Tl y a cette grande différence entre les chandelles plongées & l'es moulées, qu’en faifant celle-ci , le lumignon ou Panfe formée par la broche du couteau à fneches , efl fouvent en-bas , au lieu qu’aux chandelles plongées cette anfe eft toujours en-haut. Néanmoins il faut que la meehe des chandelles moulées foit foutenue verticalement dans l’axe du moule , comme je l’expliquerai dans la fuite; mais il convient de prévenir, dans cet article où il s’agit des meches, qu’011 attache celles des chandelles moulées à la partie du moule qui eft en-haut, avec un brin de fil qui tient lieu de Panfe, dans laquelle on paffe la baguette des chandelles plongées , & qui 11e peut pas fervir à cet ufage pour les moulées ; parce que, comme je l’ai dit, cette anfe eft fouvent en-bas ,; & que quand on les mettrait en-haut, les fils de coton qu’on réunit pour former les meches , font d’1111 trop gros volume pour être reçus par le crochet qui doit les tenir dans Paxe du moule. Voici comme on attache ce brin de fil au bout de la meehe oppefé au lumignon.
- Ï7- On coupe de petits bouts de fil d’environ deux pouces de longueur# (pl. II, fig. 6}. Les chandeliers achètent ordinairement des tifferands les
- fans nécelfité. Cette confidération eft encore plus frappante , pour les pays où l’on eft obligé de tirer une grande partie des fuifs de l’étranger. Si l’on excepte la Ruftie , la Pologne, l’Irlande, la Suide & les Provinces.Unies , c’eft le cas de prefque tous les états de l’Europe. On obferve que les chandeliers font généralement les meches trop groffies. Les chandelles plongées des douze à la livre, ont plus de meehe que de fuif. Ajoutez à cet abus celui de mêler toute forte de mauvais fuif, & de mettre une trop grande quantité de fuif de mouton. A tous ces égards, il n’y a point dejregles dans la plupart des pays ; ou s’il y en a , elles ne font point obfervées. Il n’eft pas furprenant que l’on trouve prefque par-tout de man-vaifes chandelles , qui fe confument avec une rapidité étonnante. J’ai vu des chandelles des huit à la livre, faites avec deux, parties de fuif de mouton bien purifié , & une partie de fuif de bœuf frais ; mais dont la meehe étaitrîhfihïment plus mince qu’on ne la fait d’ordinaire : elles duraient de 13 à 14 heures, & répandaientdans la chambre
- une lumière très-fuffifante. 11 faut convenir qu’il eft difficile de donner des réglés fixes fur la qualité des meches, parce que le coton eft d’une fineffie très-inégale. Quand on preferirait le poids des meches , ce ferait à pure perte ; elles pourraient avoir le poids d’ordonnance , & cependant être très-mau-vaifes , parce que le coton ferait filé gros , <%,inégal. D’ailleurs il ne ferait pas aifé de convaincre les chandeliers d’avoir contrevenu à J’ordonnance touchant le poids des meches ; il n’y a guere de moyen de les re~ pefer après coup. On peutendireautantdes réglemens fur la qualité du fuif. ]1 refteun. moyen de tenir les chandeliers en réglé, c’eft de leur preferire le tems que devra durer une chandelle d’un poids donné, dans une chambre bien fermée & exempte de vents coulis! Si la police, après avoir fait faire un affiez grand nombre d’expé* riences, prenait ce principe pour bafe de fes réglemens, elle pourrait fans fcrupule mettre à l’amende les chandeliers dont les-chandelles ne brûleraient pas affiez Isngy tems.
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- fils qu'ils coupent au bout de leurs pièces de toile , & qu’on nomme panne. Ces bouts de fils , qui ne font bons qu’à cet ufage , leur coûtent beaucoup moins que du fil en écheveaux. On lie enfemble les deux bouts de ce^-fil pour en faire un anneau b ; enfuite repliant cet anneau, comme on le voit en c, on palfe dans les anfes d & le bout de la meche qui eft oppofé au coilet de la meche qui doit former le lumignon, ainfl qu’il eft repréfenté en f ; & en ferrant le nœud coulant du fil dans lequel on a pâlie la meche , elle fe trouve terminée par une anfe de fil g, dont on connaîtra l’uiage lorfi. que nous parlerons des chandelles moulées. Il eft nécelfaire, pour les chandelles plongées, que l’anfe du collet de la meche forme le lumignon ; parce que c’eft dans cette anfe qu’on paffe la baguette ou broche de bois qui fert à les plonger, comme nous l’expliquerons : mais à Pégard des chandelles moulées , le feul avantage qu’il y ait à faire enforte qiiSTfaufe de la meche forme le lumignon , eft de pouvoir les lier par paquets, les placer fur des cdons, ou les attacher à des* étalages , pour les expofer à Pair.
- 58- Plusieurs chandeliers négligeant ce petit avantage , forment le lumignon de leurs chandelles moulées avec l’extrémité de la meche qui eft oppofée à l’anfe 3 de forte que l’anfe fe trouve engagée dans le fuif au gros bout de la chandelle. Cela ne les difpenfe pas d’attacher un anneau de fil au bout de la meche ; car l’anfe de la meche ferait trop groffe pour entrer dans le crochet du culot : mais ils ajuftent ce fil plus aifément que par la méthode que nous 1 avons expliquée ; car ayant plié en deux l’anneau du fil b (pl. 1I9 fig. 6 ) comme on le voit enjz, on palfe cet anneau ainfi plié dans l’anfe de la meche k , comme on le voit eu il, & la meche fe trouve terminée par deux boucles de fil qu’on palfe dans le crochet du moule, comme nous le dirons dans la fuite. Cette difpofition du fil au bout de la meche eft plus tôt faite que celle qui eft repréfentée en efg; & quand la chandelle eft jetée en moule & figée, on retire aifément ces fils qui fervent plusieurs fois.
- Ï9. 6°. Le coton filé au Levant, & qu’on nomme coton-ba^a , eft bien moins tors que celui qu’on file en France; pour cette raifon il le raccourcit moins quand on le plonge dans le fuif. Lorfque les chandeliers emploient du coton filé en France, prévenus que le fuif en s’introduilant entre les fibres du coton qui fonttrès-tortillées , produit un raccourciifement plus confidérable, ils tiennent leurs meches un peu plus longues , & cela va à un travers de doigt fur une meche pour les huit. Indépendamment de l’inconvénient qui réfuîte de ce raccüurcilfemeht, les chandeliers veulent que le coton loit mollet, & pour cette raifon il doit être peu tors.
- 6o. 70. Les meches des lampions fe font avec ces bougies qu’on appelle rcLtdt cave. On en coupe de petits bouts qu’on pique dans une pointe qui eft foudée au fond du lampion. On ôte la cire à f autre bout pour former le lumignon
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- gnon qu'on frotte quelquefois avec un peu de térébenthine , pour qu’ils s’allument plus aifément.
- 61. 8°. Les meches des terrines (i 6) font faites, comme celles ctes flambeaux de poing, avec de l’étoupe de lin que les cordiers commettent ( * ) mollement. On les imbibe d’une compolition de fuif & de térébenthine, on, les tord un peu entre les mains, on les coupe par bouts, & on aflujettit ces bouts au fond des terrines avec un peu de terre glaife.
- 62. Presque tous les chandeliers prétendent qu’il eft avantageux de tremper les meches des chandelles dans de l’elprit-de-vin , & qu’au moyen de cette précaution on eft difpenfé de les moucher aulîi Peuvent : mais comme cette liqueur s’évapore fort vite, je ne conçois pas qu’il puifle en relier une grande impreliîon fur la meche. D’autres veulent qu’on imbibe les meches des lampions avec de l’eflence de térébenthine : il peut bien en relier une légère impreffion fur la meche ; mais je 11e fais pas ce qui en réfulte. Communément on imbibe les meches des terrines.avec un mélange de fuif & de térébenthine, comme on l’a dit plus haut
- Maniéré Remployer le fuif pour en faire des chandelles.
- 63. Il y a en général deux efpeces de chandelles, ou plutôt deux façons de faire des chandelles. Les unes fe font en plongeant les meches dans le fuif fondu , & les autres fe jettent en moules. Les 'premières fe nomment d&s chandelles plongées ou à la broche (17) : les autres s’appellent des chandelles moulées (r 8). Nous décrirons féparément ces deux façons de faire les chandelles ; mais auparavant il eft à propos de parler de quelques opérations qui font communes à Tune & à l’autre.
- 64. Nous avons dit qu’on livrait le fuif aux chandeliers dans des futailles , ou en pains fondus dans des moules qu’on nomme mefures ou jattes. Gomme le fuif de bœuf doit être féparé du fuif de mouton, le chandelier commence par pefer fes fuifs, pour les allier enfemble , & les mêler à la dofe qu’il juge convenable pour faire de bonnes chandelles. Conformément aux réglemens , il conviendrait de mêler ces deux fuifs par égale portion: les chandelles K-’en feraient que meilleures , h le fuif de mouton y dominait; mais les chandeliers font obligés d’employer plus de fuif de bœuf que de fuif de mouton , parce que les boucheries fournillènt moins de fuif de mouton que de finfde bœuf
- (16) Les terrines font de grandes lam- uns fur les autres.
- -pes de terre. (17) En allemand , gezogene Lichtcr.
- 1 ( * ) Commettre , en terme de cordier , (ig)'En allemand , gcgojj'ene Lichtcr. c’^il rouler pW-fienrs fils eu cordons les
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- 6<). On peut faire avec du faif de bœuf des chandelles fort blanches ; mais elles font plus graifes, & elles ne durent pas autant que celles où l’on met beaucoup de fuif de mouton, qui de plus répandent une très-belle lumière. Mais les chandelles de fuif de mouton font fujettes à fe caifer & àfe gercer l’hiver, quand le froid durcit les fuifs. C’eft fous ce prétexte que , quoiqu’il foit défendu par desréglemens de police aux maîtres chandeliers d’employer, dans la fabrication de leurs chandelles, ni graiife de cochon, ni beurre, ni petit fuif , qui 'eft le fuif de tripes, on toléré pendant l’hiver l’alliage de petit fuif à la quantité de huit à dix pour cent.
- 66. Les chandeliers ont de plus avancé que les chandelles où l’on mettait du petit fuif éclairaient mieux. Si cela eft, c’eft parce qu’elles fe condiment plus vite ; & il eft certain, au moins pour l’ufage ordinaire, que le fuif de bœuf fufïit pour rendre celui de mouton moins caftant. Ainfi il y a lieu de penfèr que ces prétextes que les chandeliers ont employés pour obtenir la tolérance des petits fuifs, font illufoires , & purement fondés fur des vues d’intérêt. Mais d’autres raifons particulières & plus légitimes peuvent engager les chandeliers à varier ces mélanges. Par exemple, li un fuif de bœuf était gras & mou, on pourrait, le corriger en y mêlant une plus grande proportion de fuif de mouton ; & un fuif de vache bien fec, peut fe pafter d’ètre allié avec une auid grande quantité de fuif de mouton.
- 67. Quoi qu’il en foit, après que les fuifs ont été pefés, fuivant les proportions que le chandelier juge convenables, on les dépece.
- 6 8- Cette opération conlifte à couper en petits morceaux le fuif qui eft en gros pains ou en groftes mottes} Ie. pour qu’il s’arrange mieux dans la chaudière où on doit le fondre ; 2q. parce qu’une groftè mafte de fuif étant long-tems à fe fondre , elle courrait rifque de fe brûler, ou au moins de fe noircir.
- 69. On porte donc les pains de fuif, ou les gros morceaux qu’on tire des futailles , fur la table à dépecer {pi. I, fig. 6 ) , qui a fur la face de derrière & fur celle des côtés, des rebords de fix à fept pouces de hauteur, pour empêcher' que les morceaux de fuif ne tombent. Quelquefois le rebord s’étend tout autour de la table, excepté que fur le devant, dans la largeur d’un pied, il n’y a point de rebord pour laifterle jeu du couteau.
- 70. Sur cette table eft attachée à charnière une grande lame tranchante qu’on nomme un dèpeçoir, & qui reftemble aux couteaux avec lefquels les boulangers coupent leur pain en gros quartiers. A mefure que le fuif eft haché, ou , comme difent les chandeliers , dépecé, on le met dans des corbeilles, pour le porter à la chaudière, qu’on nomme la poêle au fuif ou à chandelle. C’eft une aifez grande chaudière de cuivre (pl.I,fig. 9 ), quia un rebord aftez large. Je crois qu’il fert à renverfer la flamme du bois qui brûle fous la poêle, pour qu’elle 11e mette point le feu au fuif, & à écarter la fumée qui pourrait brunir
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- leftuif. Les ouvriers difent que ce rebord fert encore à retenir le bouillon du fuif, & à empêcher qu’il ne fe renverfe; mais le luif ne doit jamais bouillir.
- 71. CETTe poêle eft établie fous une cheminée à hotte, & eft pofée fur un trépied dont la grandeur eft proportionnée à celle des poeles, comme la grandeur des poêles eft proportionnée à la quantité de chandelles qu’on fe propofe de faire.
- 72. Dans quelques fabriques , on fond le fuif dans des chaudières montées fur des fourneaux.
- 73. On met donc le fuif dépecé dans les poêles dont nous venons de parler; à mefure qu’il fe fond , 011 le remue avec un bâton ; de tems en tems on l’écume. En mettant le fuif dans la poêle (19), quelques chandeliers lui donnent ce qu’ils nomment le filet, c’eft-à-dire, qu’ils verfent dans la poele une ro-quille , ou pour les grandes fontes un demi-feptier, & jufqu’à une pinte d’eau pour les chandelles moulées. Ils prétendent que cette eau précipite les faletés des fuifs ; mais qu’il ne faut point ajouter cette eau au fuif qu’on deftine aux premières plongées , parce que la meche fe chargeant d’humidité , elle pétillerait. Comme on clarifie avec plus de foin le fuif pour les chandelles moulées que pour les plongées, on donne le filet en plus grande quantité pour les chandelles moulées. Si l’on donnait le filet quand le fuif eft fondu, on le ferait gonfler, & il pourrait fe renverfer. Le fuif ne doit jamais être aifez chaud dans la poêle pour bouillir ; mais l’eau du filet, qui eft au fond , excite un frémiifement qui peut faciliter la précipitation des particules étrangères qui faliffent le fuif. D’ailleurs cette eau qui tombe au fond de la poêle empêche que le fuif ne brunilfe dans la fonte (20).
- 74. Dans quelques e/lais que j’ai faits , il m’a paru qu’il n’y avait aucun inconvénient à fondre le fuif fur beaucoup d’eau (21), pourvu qu’en verfant
- (19) Si on mettait l’eau dans la poêle lorfque le fuif eft déjà fondu, il fe gonfle, rait , & pourrait fe renverfer,
- (20) Telle eft probablement l’unique rai-fon de ce procédé. Sans cette eau , on ne faurait empêcher que le fuif ne bruniffe au fond de la poêle, On a beau modérer le feu avec le plus grand foin , il en faut toujours beaucoup pour une fi grande quantité de fuif-, de façon que la partie inférieure court toujours riîque de brunir. Quant aux particules étrangères, elles fe précipitent d’el-les-mêmes , & par leur propre poids.
- (si) M. de Jufti ne trouve pas conve-
- nable que l’on fonde le fuif fur beaucoup d’eau. Ses raifons font très-fenfées, L’eau dans laquelle on a fondu du fuif, éprouve divers changemens ; elle devient trouble , elle contracte un goût étranger, qui prouve que certaines particules du fuiffe mêlent avec elle. Et il eft très-probable que ce font celles qui donnent de la fermeté au fuif. Par conféquent, il ferait à craindre qu’un fuif mêlé de beaucoup d’eau , ne devint trop mou : à peu près comme le fuif des tripes , qui n’eft fi mollaffe que parce qu’il a été fondu avec beaucoup d’eau.
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- le fuif dans l’auge ou moule, on ne verfat pas de l’eau avec.le fuif, afin qn’ea plongeant, le bout des chandelles ne trempe.pas dans l’eau, au lieu de tremper dans le fuif ; & je crois que , pour les chandelles moulées , il ferait avantar geux de mettre beaucoup d’eau dans la poêle, pourvu qu’on élevât proportionnellement le robinet de la caque ou tinette, afin que l’eau ne. coulât point avec le fuif dans les burettes.
- 7v Ensuite , fi le fuif eft’ deftiné à faire des chandelles moulées , les chandeliers le vuident dans une cuve de bois qu’on nomme caque ou tinette (22), le verfant fur un fis ou gros tamis garni d’une toile de crin fort ferrée-, afin de retenir une partie des faletés qui-pourraienty être mêlées.
- 76. Quand la caque elf pleine, on lui mctfon couvercle, & le fuifrefte en fonte plus ou moins de tems, fuivantla chaleur de l’air ; de forte qu’à moins qu’il ne finie très-froid, il eft encore en état d’ètre travaillé l’hiv.er au bout de huit, dix & douze heures-; & Tété il peut refter dans la tinette vingt-quatre heures. Il efi: bon qu’il féjourne quelque tems & au moins quatre ou cinq heures dans ce vafe, pour fe dépurer , & donner le tems aux corps étrangers de tomber au fond ;.car le fuif nefe clarifie que par la précipitation des-ordures : c’eft pour cela que lorfqu’il fait très-froid , on prévient que la tinette 11e fè refroidi de trop promptement, en mettant auprès d’elle quelques poêles de feu , ou en la plaçant auprès de la cheminée ; car, comme je viens de le dire , il efi très-avantageux, pour les chandelles moulées , que le fuif ne fe fige, que très-lentement, puifque c’eft le feul moyen qu’on emploie pour le. dépurer ou le clarifier.
- 77. Au bas de la caque ou tinette, il y a un gros robinet de cuivre, ou plus, fouvent de bois , pour tirer le fuif lorfqu’on veut travailler ; mais on a foin, qu’il foit à deux ou trois pouces du fond , pour que les faletés qui fe précipitent ordinairement en aifez grande quantité, ne coulent point avec le bon fuif.
- 78- Comme le grand froid & les grandes chaleurs font contraires à la fabrique des chandelles, on a coutume d’établir cet. attelier dans des caves. Ainfi- 011 forme les meches , on dépece le fuif, on le fond même au raiz-de-chauffée, pendant que les tinettes & tous les uftenciles , tant pour les chandelles plongées que pour les moulées , font dans des caves où le fuif fondu fe rend par des tuyaux de cuivre qui traverfent la voûte. Au moins cette difpo-fition d’attelier eft-elle la plus commode ; car il n’eft guere pofîible de faire de-belles chandelles dans des dalles baffes quand il gele bien fort, & encore moins lorfqu’il fait fort chaud. En général, la vraie faifonpour faire debelles ehandei les , eft depuis la fin d’oétobre jufqu’au mois de mars.
- (22) En allemand , Talkbûtte.
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- 79. Pour les chandelles plongées , on ne met point repofer le fuif dans les caques- ou tinettes,.au fortir de la poêle; 011 le verfe fur le tamis de crin pour remplir les auges ou moules. Peut-être ferait-il mieux que le fuif des chandelles plongées fe fût aulît dépuré dans les tinettes ; mais ce n’eitpas fufage. Il eft vrai que Popération en deviendrait plus longue , & probablement le fuif fe refroidirait trop pour les premières plongées.. D’ailleurs ii fe dépure un peu dans les auges ; & les chandeliers font moins attentifs à la dépuration du fuif pour ces chandelles , parce qu’ils ont la reifource de faire les dernieres plongées avec de très-beau fuif. Comme celui-ci doit être moins chaud que pour les premières plongées ,il a le tems de fe dépurer, & la bordée fe précipite au fond.
- 80. Après avoir expofé la fonte du fuif, qu’on peut regarder comme un préliminaire, qui, à quelques différences près que nous avons fait remarquer, convient également aux chandelles plongées & aux chandelles moulées , je vais parler féparément de ces deux façons de faire les chandelles.
- Des chandelles plongées, qu'on nomme aujji chandelles à 4a broche, ou à la baguette , ou chandelles communes.
- , 81. En général ces chandelles fe font en plongeant à diverfes reprifes dans le fuif fondu , les meches de coton qu’on a paifées dans des broches, de bois , comme nousd’avons expliqué à l’article des meches. C’eff pour cette raifon qu’on les nomme plongées, & les ouvriers difent feuvent par corruption plingees.
- 82. L’auge-,/>/. /, 7%. 7, que les chandeliers appellent mal-à-propos le moule, & qu’on nommait autrefois l'abyme, eft un vaiifeau de bois ordinairement de noyer, bien affemblé & de figure prifmatique, repréfentant en quelque façon une trémie de -forme quarrée. Les deux grands côtés.a , qu’on nomme les .-joues , ont deux pieds de hauteur dans œuvre ; & l’ouverture b n’a que dix pouces de largeur fur trois pieds de long. Cette auge prifmatique qui le termine en-bas prefque par un angle, repofe fur un évafenient qu’on nomme le fabot , qui lui forme un pied pour qu’elle ne renverfe point quand on la pofe par terre, ou lorfqu’on la met fur une banquette-c qui l’éleve de fix pouces , & que l’on nomme la tablette du moule. Je donnerai dans la fuite une defeription plus détaillée de ce vaiifeau : il fuftit pour le préfent qu’on en ait une idée générale.
- 83- Puisque les chandelles dont il s’agit, fe forment d’abord-par le fuif qui pénétré la meclie & enfuite par celui qui s’attache au fuif refroidi, juf qu’à ce que les chandelles aient acquis leur groffeur , il eft évident que fi le fuif était trop chaud, la couche qui relierait fur la chandelle ferait fort mince :
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- (Tailleurs elle ferait tachée, ou, comme difent les chandeliers, tavelée (23); la chandelle femblerait faite de favon marbré, dont les taches feraient pâles; de plus, on prétend que les chandelles faites avec du fuif trop chaud, deviennent farineufes en vieilliiiànt. Au contraire, fi le fuif était trop froid, il s’attacherait par grumeaux, ce qui défigurerait la chandelle , & elle n’aurait pas toute la blancheur dont le fuif eft fufceptible; il faut donc que le fuif ait une chaleur moyenne , mais qui n’exige pas une grande précifion. Les chandeliers reconnailfent que le fuif n’eft pas trop chaud quand il commence àfe figer au bord du moule, où il forme une pellicule dentée fort mince. Et fi en travaillant, le fuif fe refroidit trop , ils verfent dans le moule du fuif chaud qui lui rend le degré de chaleur convenable. Mais pour que tout le fuif qui eft dans le moule foit au même degré de chaleur & de liquidité, ils le remuent , ils l’agitent, ils le bralfent avec un bâton qui a quinze à vingt pouces de long & un pouce & demi de diamètre , qu’on nomme, à caufe de fou ufage, mouvette, ou mouvoir.
- 84. Pour les dernieres plongées , 011 nétoye le fond du moule en en grattant le fond & les angles avec la mouvette. Si à l’extrémité de ce bâton il s’attache du fuif figé , qui eft ordinairement rempli de faletés qui fe font anraf-fées au fond de l’abyme, l’ouvrier le met dans une écuelle qu’il a à portée , en grattant la mouvette avec une truelle de cuivre, tout-à-fait femblable à celle dont fe fervent les maçons : cette truelle fert encore à ratifier le fuif figé qui refte attaché aux bords , fur les joues de l’abyme, ou fur les tables , eu un mot, par-tout où il fe trouve du fuif refroidi & figé.
- 8L Dans quelques provinces on tient un peu de feu fous le moule, pour empêcher le fuif de fe refroidir; mais il vaut mieux fuivre la méthode que nous venons d’indiquer ,pour que la boulée tombe au fond, & que le fuif fe clarifie.
- %6. Pour être en état de rapporter tout de fuite & fins interruption le détail des différentes plongées qu’011 donne aux chandelles, je vais décrire l’établi où on les met fe refroidir toutes les fois qu’on les tire du fuif.
- 87. Cet établi eft une grande cage de menuiferie (/>/./, fig. 10, 11 ) qui eft plus ou moins longue, fuivant la grandeur de l’attelier. Sa largeur, pour être proportionnée à la longueur des broches , eft de deux pieds dans œuvre : il eft bon qu’elle 11’ait au plus que cinq pieds de hauteur, & elle eft garnie devant & derrière par des tringles de bois, qui font à 18 pouces les unes au-delfus des autres , plus ou moins , fuivant la longueur des chandelles ; car pour que le fervice foit commode , il faut que quand l’étage fupérieur eft garni de chandelles, 011 puifife palier defifous & par - deffus la traverfe une
- (2}) En allemand ,Jprungliçht.
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- broche chargée d’autres chandelles: c’eft fur ces traverfes qu’on pofeles broches chargées de chandelles.
- 88* En - BAS eft une auge de bois b, qu’on nomme l’égouttoir, qui fert à recevoir les gouttes de fuif qui tombent des chandelles qui fortent de l’a-byme ; mais il en tombe ordinairement fort peu, excepté à la première plongée.
- 89. On fait auili des établis plus petits, où l’on ne peut mettre que trois étages de chandelles : il y en a qui n’ont que deux étages (pi. / ,fig. 11).
- Maniéré de faire les plongées.
- 90. L’abyme (/’/. I, fig. 7 ) étant prefque rempli de fuif fondu alTez chaud pour qu’il ne fe fige point aux bords, l’ouvrier prend à la fois dix ou douze broches chargées de meches : les meches doivent être également efpacées dans toute la longueur des broches; & prenant ces broches à poignée, il les enfonce dans le fuif pour les en bien imbiber ; il les retire enfuite en partie, & il les appuie lùr le bord de l’abyme.
- 91. On fait cette première plongée dans du fuif chaud , pour qu’il pénétré bien le coton des meches (24) : mais aux autres plongées , il iaut que le fuif commence à fe figer au bord du vafe. Le chandelier reprend enfuite les broches qu’il a appuyées fur le bord de l’abyme , deux à deux , ou trois à trois ; il examine fi les meches font bien dfthibuées dans la longueur des broches ; & pour que les meches d’une broche 11e touchent pas celles d’une autre , l’ouvrier a foin , en prenant les broches , de mettre toujours un de fes doigts entre deux broches. Si l’ouvrier ne prend à la fois que deux broches , l’une eft entre le pouce & l’index , & l’autre entre l’annulaire & le doigt du milieu. S’il
- (24) M. de J'ufti fait ici une remarque qui peut s’appliquer à tous les arts & à tous les métiers. Les manipulations & les divers procédés des ouvriers font ordinairement les meilleurs , & les plus commodes poffi-bles. Une longue expérience les a inilruits à cet égard ; mais fi on leur en demande la raifon , elle eft toujours fort mauvaife. Comme leur travail eft purement méchani-que, ils ignorent pour l’ordinaire la véritable raifon de ce qu’ils font, ou ils ne fa-vent pas l’expliquer allez clairement. Pour appliquer cette obfervation generale au cas dont il s’agit , il ne parait pas que la raifon pour laquelle on fait la première plongée dans du fuif très.chaud, foit celle que notre
- auteur indique. Au moins on peut dire qu’il importe peu à la qualité des chandelles que le fuif pénétré bien le coton des meches. Si elles n’ont pas été fuffifamment pénétrées dans la fabrication , elles le font allez îorf-qu’on les brûle : à mefure qu’une goutte de fuif fe fond , elle s’eleve dans les fils de coton comme dans des tubes capillaires. Mais ce qui fait qu’on doit chauffer fortement le fuif de la première plongée, c’eft qu’il eft plus fluide , plus coulant ; la meche y pénétré plusaiiement, elle fe drefle. Au contraire , fi le fuif était plus épais , la meche fe courberait en y entrant , comme on le remarque dans quelques chandelles , où l’on a négligé cette précaution.
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- .en prend trois, il place l’une entre le pouce & l’index , l’autre entre l’annulaire & le doigt du milieu, & la troifieme entre le doigt du milieu & l’annulaire (/>/„ I y fig. 16). Il fecoue un peu les broches'pour que les meches fe féparent les unes des autres ; & pour les enfoncer dans le fu if-, Ce qu’on nomme plonger, il les couche/ vivement fur le fuif ; & leur donnant un mouvement circulaire, elles s’y enfoncent ; puis, pendant qu’elles font dans le fuif, il donne aux broches de petites fecouifes vives.pour féparer les meches qui auraient pu fè toucher; car fi deux meches imbues de fuif fe refroidiffaient étant collées l’une à l’autre , on aurait peine à leur fâire prendre la direélion qu’elles doivent avoir, ou au moins , on emploierait bien du tems à les redreifer.
- 92. L’ouvrier retire les meches imbues de fuif; il les laiffe égoutter : & quand le fuif e fl; un peu figé , il les replonge , & fur-le-champ il les retire & les met égoutter à l’établi. Comme ces meches font dégouttantes de fuif, on a foin , pour ne pas perdre le fuif qui tombe, d’approcher l’abyme tout auprès de fétabli, & de mettre une planche qui réponde du moule à l’établi pour recevoir les gouttes : avec ces précautions, il n’y a point de fuif de perdu.
- 93. C’est cette première trempe qu’on nommeplôngeure (2f), qni etc la plus difficile, & qui exige le plus d’adrelfe. Quand elle eft faite , on met les •broches hir les traverfes de l’établi-, pour que le fuif achevé de le figer ; on a feulement i’attentiomde les placer aux étages les plus bas ; non-feulement parce que c’eft de cette première plongée qu’on a faite dans du fuif chaud, qu’il dégoutte du fuif, mais encore parce que , fi par hafiard iltombait fur ces chandelles quelques gouttes de fuif des étages fupérieurs , -il" n’y- aurait pas grand mal-, puifque ces chandelles font -bien -éloignées d’ètre finies ; au lieu que ces gouttes endommageraient celles qui font prêtes à être finies , & qu’on place pour cette r-aifon au haut de l’établi.
- 94. Les meches ayant refié alfez de tems fur l'établi pour que leur fuit foit fuffilamment elforé où raffermi, on leur donne la fécondé plongée qu’011 nomme retournure (26), Comme les iiieches imbues de fuif ont pris un peu de confiffance, elles s’enfoncent aiiément dans le iuif; on les y plonge une ou deux fois dans toute leur longueur; puis on les y plonge encore à deux ou trois reprilès, jufqu’à la moitié , au tiers , ou au quart de leur longueur, pour que le fuif qui coule & s’amnffe toujours en trop grande quantité vers le bas , fe fonde dans le fuif de l’abyme , & que la chandelle fe décharge en tenant quelque tems le bas-des -chandelles'dans le fuif fondu (27). Ainii ces
- (2O En allemand , tûucfièn« tante. On voit très-foiiverifides chandelles
- ’ (26) En allemand . das zweyte'Zug* plongées , qui-font le double plus épàiffes
- (27) Cetce manipulation eit très-impor- par en-bas que par enhaut. On conçoit que
- demi-
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- demi-plongées ne font pas pour augmenter la grolfeur des chandelles-parle bas , mais pour empêcher qu’elles n’en prennent trop : cela s’appelle, en termes d’art j ravaler ; ce qui fait appercevoir, que il dans les plongées entières on tenait long-tems les chandelles dans le fuif fondu , elles perdraient de leur grolfeur, au lieu de fe charger de nouveau fuif. Quand en ravalant, le fuif du moule n’eft pas alfez chaud pour faire fondre celui des chandelles, ou les promene a droite & à gauche dans le fuif de l’abyme , pour augmenter Paétiori de ce fuif fur celui de la chandelle.
- 9 J. Quand les chandelles retournées ou plongées deux fois, ont été égouttées & enïuite elfuyées fur le bord du moule , on les remet à l’établi ; car il faut toujours que le fuif foit bien refroidi avant de donner une nouvelle plongée. A cette plongée, ainfi qu’à toutes celles qui fui vent, excepté les deux dernieres, il faut que le fuif foit prêt à fè figer ; non-feulement pour que les chandelles s’en chargent en plus grande quantité, mais encore parce qu’il elf bon que la fuperneie en foit raboteufe ; les couches en adhèrent mieux les unes aux autres.
- 96. Lorsque le fuif de la fécondé plongée eft fuffifamment durci, on donne la troilieme qu’on nomme retnife (28) » & on replace les chandelles à l’établi ; ce qui s*obferve de même à toutes les plongées : avec cette différence , qu’à la fécondé & à la troifieme trempe, 011 plonge les chandelles dans toute leur longueur feulement deux fois5 au lieu qu’aux autres, on les plonge trois fois, fans compter les dernieres trempes dont nous avons parlé plus haut, & qui fervent à ravaler. Toutes les fois qu’on retire les chandelles du fuif pour les porter à l’établi , 011 ne manque pas de les lailfer s’égoutter un ini-tant, & d’elfuyer le bas des chandelles fur le bord du moule. Avec ces précautions, il 11e s’égoutte de fuif que des meches qu’on tire du fuif pour la première fois.
- 97. On imagine aifement qu’il faut donner plus de plongées aux greffes chandelles, qu’à celles qui font menues ; mais on 11e peut fixer le nombre des plongées-, même pour des chandelles d’une grolfeur déterminées car, fuivant k chaleur & la qualité des fuifs, les chandelles s’en chargent plus ou moins , & en général elles s’en chargent toujours plus l’hiver que l’été j mais quand elles font parvenues à peu près à leur grolfeur, on donne les deux dernieres plongées î l’une fè nomme meureprès (29), & l’autre achever.
- 98. Les chandeliers conna'iifent par habitude, quand leurs chandelles ont
- fi la bonté d’une chandelle dépend delà trop mince,,pour l’inférieure;&au contraire, Julie proportion entre la meche & le fuif; £28) pn allemand , der dritte Zug. elle ne peut plus s’y trouver lorfqu’ellés (29) Ou, comme dit l'Encyclopédie, font fous cette forme. Si la meche eft affor- mettre prête j en allemand , das vorkt&tc tieà la partie fupérieure, elle eft beaucoup cintaudien.
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- pris la grofleür qu’elles doivent avoir; neanmoins ils ne négligent pas de Ven alfurer en en pelant quelques-unes avant d’achever & de coleter.
- 99. Quelques chandeliers prétendent que, pour la première trempe que l’on nommeplongeure} il eft mieux d’employer du pur fuif de bœuf, difant qu’il imbibe mieux la meche que le fuif de mouton : car ils prétendent que les chandelles éclairent mieux quand les meches font bien pénétrées de fuif, & que c’eft pour cette raifon que les chandelles plongées éclairent mieux que les moulées, dont la meche eft peu pénétrée de fuif ; mais la plupart des chandeliers fe contentent, comme je l’ai dit, défaire les premières plongées dans du fuif un peu chaud.
- 100. On peut douter qu’il foit aufli important que le penfent les chandeliers , que la meche foit très-pénétrée de fuif; car comme le fuif, avant de brûler, fe fond & fe raflèmble dans le baflin de la chandelle , le fuif fondu doit pénétrer la meche; & plufieurs raifons indépendantes de celle-là peuvent faire que les chandelles plongées répandent plus de lumière fies meches d’ailleurs en font plus grolfes : le fuif le plus commun brûle plus vite, & fait une plus, grande flamme que le beau fuif de mouton.
- 101. On fait ordinairement prefque toutes les plongées avec du fuif commun, excepté les dernieres, où l’on emploie le plus beau fuif pour couvrir l’autre ; & ces chandelles paraiifent aufli feches & aufli belles que fi elles avaient été faites en entier avec du beau fuif: mais c’eft une fraude dont on s’apper-çoit bien à l’ufage ; car ces chandelles fe confument bien plus vîte’que celles, qui font faites entièrement de beau fuif. Si les premières couches étaient faites avec de très-mauvais fuif, on pourrait encore découvrir la fraude en les. rompant.
- IQ2. Quand les chandelles ont été achevées, il 11e refte plus qu’à les eo-leter , ou à leur former le colet : ce quife fait en les plongeant dans le fùifplüs avant qu’on n’avait fait à toutes les précédentes plongées , afin que la portion, de la meche qui fe fépare pour former l’anfe qui embraflè la broche, fe cou*-. vre d’unpeij de fuif; ce qui forme comme deux lumignons : & c’eft cequ’oiL nomme coleter ou combler (30)..
- 103. Nous avons déjà averti qu’il fallait placer les chandelles achevées à* l’étage le plus élevé de l’établi, pour qu’elles ne fojent point expofées à rece«~ voir quelques gouttes.de fuif,. fur-tout des meches qui fartent du fuif pour la-premier e fois*.
- 104. Quoique les abymes ne foient pasafle2 larges pour que deux oil-vriers puiflent plonger en même tems , fouvent ils travaillent deux à une même* abyme ; parce que l’un plonge pendant que l’autre portefes broches à l’établi* le qu’il en rapporte de nouvelles.
- Qo) En allemand, das Daiht nchum
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- 10$'. On juge bien que, par les plongées réitérées dont nous venons de parler, le bas des chandelles doitfe terminer en pointe, & néceflairement il s’y amafle du fuif qui excede la meche par en-bas. La meche ne fe prolongeant donc pas jufqu’au bout du fuif, la chandelle finirait de brûler avant que tout le fuif foit confumé 5 & cette portion de la chandelle, où il 11’y aurait point de meche, étant dans la bobeche du flambeau ,.1e romprait très-aifé-ment. O11 remédie à cet inconvénient, en retranchant cet excédent de fuif : ce qui de plus applatit le bout de la chandelle. Ce retranchement fe fait beaucoup mieux & plus promptement avec un infiniment (/>/. I,fig. 8) 3 qu’on nomme rognoir, ou rogne-cul, qu’01111e le ferait avec une lame tranchante. Ce rognoir eft formé d’une platine de cuivre a b, qui a des rebords dans toute fa longueur , avec un goulot vers b : fous cette platine eft établie une poêle de tôle quarrée c, qu’on remplit de charbons allumés. Quand la platine eft bien chaude, l’ouvrier prend cinq ou fix, ou un plus grand nombre de broches garnies de chandelles, qu’il ne tientpoint entre fes doigts , comme quand il veut plonger j il fupporte les baguettes fur le plat de fes mains : car le f uif étant refroidi, il n’y a plus à craindre que les chandelles fe touchent ; au contraire, il faut qu’elles foient près à près , en mettre à la fois un bon nombre dans le rognoir. Le chandelier appuie l’extrémité inférieure des chandelles fur la platine de cuivre, allez échauffée pour faire fondre le fuif qu’011 veut retrancher. Ce fuif fondu coule par le goulot dans une poêle qui eft placée pour le recevoir.
- 106. L espece d’entonnoir e, qui eft placé fur le pied , & qu’on nomme la trémie, fert à empêcher que le corps des chandelles ne reçoive beaucoup de chaleur de la platine ; & la partie inférieure fert à entretenir les chandelles dans une polition verticale. Au moyen de ce petit fourneau, on rogne très-promptement & beaucoup plus proprement l’extrémité des chandelles , que il on les coupait avec un couteau.
- ro7- Le travail de rogner eft très-pénible ; car l’ouvrier reçoit les vapeurs du charbon & du fuif, qai fatiguent beaucoup fes poumons.
- iog. Quand les chandelles fout finies , on les enfile dans des pennes ou ficelles , & on en forme des livres pour le débit ; ou bien on pafle dans le lumignon des grofles chandelles , des aiguilles de fil de fer, pour en former des aions (pl. I, jig. 12) , & les mettre en étalage ; ou enfin on les palfe dans de longues baguettes pour les expofer à l’air, puis 011 en fait des paquets de papier , comme nous l’expliquerons à la fuite du détail qui regarde les chandelles moulées.
- 109. Comme les cordonniers travaillent plufieurs autour d’une même table , ils ontbefoin de chandelles qui éclairent beaucoup : pour cela , 011 leur en fait qui ont deux meches; mais ce n’eft que deux chandelles réunies par
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- plufieurs couches^ de fuif. On prend donc:deux chandelles qu’on a mifes prés, & avant que le fuif foit durci on- les applique l’une contre l’autre. Elles fe collent ; mais elles fe fépareraient aifément, fi enfuite on ne les plongeait pas. deux ou trois fois dans le fuif, pour que les deux chandelles, étant couver-* tes par une enveloppe commune de fuif, ne faifent plus qu’une feule, chandelle qui a deux meches^, & qui eft applatie, au lieu d’être ronde comme les autres chandelles. ' . .
- ^ * i ' Des chandelles moulées.
- tiô. On a vu* dans l’article précédent, que les chandelles plongées prennent peu à peu leur groifeur à mefure que le fuif fondu dans lequel on les trempe, s’attache au fuif figé qui couvre la meche. A chaque plongée la chandelle augmente en groifeur , de l’épaiilêur d’une couche de fuif On va voir que les chandelles moulées fe font d’un feul jet, parce que le fuif fondu étant retenu dans l’intérieur d’un moule , on peut verfer tout d’un coup la quantité de fuif qui eft néceffaire pour faire une chandelle de telle ou telle groifeur ; de forte que quand ce fuif eft refroidi & figé, la chandelle fort de fon moule, ayant la groifeur & le poids qu’on veut lui donner ; & déjà l’on conçoit que chaque moule ne peut fervir qu’à faire des chandelles d’une groifeur déterminée. Ainfi, il faut des moules pour faire des chandelles de quatre à la livre, d’autres pour en faire de cinq , d’autres pour de huit, Sic.
- 11 r. Nous ne répéterons point comment on coupe les meches , comment on dépece le fuif, comment on le fait fondre dans la poêle , comment il fe dépure dans la caque ou tinette, & en paifant par un tamis; à quel point on le laiife refroidir : toutes ces chofes ayant été précédemment expliquées, il fuffit de les rappeller; car jufques-là toutes les manœuvres font à peu près les mêmes pour les chandelles moulées, & pour celles qui font pjongées. Mais il faut décrire avec foin les moules, puiîque de leur perfection dépend celle des, chandelles.
- 112. On peut faire des moules avec du cuivre , du fer-blanc, du plomb & de l’étain (31): ceux qu’on emploie dans les grandes fabriques , & qui font réputés les meilleurs , font faits avec de l’étain allié de quelques autres métaux. Ceux qui les vendent, prétendent que des moules qui feraient faits avec de l’étain fin, ne feraient pas fi bons. Peut-être cette prétention eft-elle fauife, mais il fuffit que les chandeliers foient contens des moules qu’on fait avec
- Dans une addition qui fe trouve à „ ces chandelles en était bien plus unie. „ îa fin de cet art , M. Duhamel ajoute le On en fait aufifi de verre. Ils font allez corn, cryftal. “ On nia afiuré , dit-il, qu’en muns en Suide & en Allemagne ,& ils le „ Italie , on jetait les chandelles dans des feraient fans doute bien davantage , û cette „ moules de cryftal, & que la fuperficie de matière était moins fragile.
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- de Pétain commun, pour qu’on doive s’en fervir préférablement à d’autres qui feraient beaucoup plus chers. D’ailleurs tous les métaux alliés font plus fermes que les métaux purs : l’étain pur eft très-mou , à moins qu’il n’ait été battu, ce qu’on ne peut faire aux moules à chandelles. Ainfi, indépendamment de l’économie , il peut y avoir de l’avantage à faire les moules avec un étain allié.
- 113. Les moules font donc des tuyaux de métal, dont le diamètre intérieur-& la longueur font proportionnés à la grolfeur & à la longueur qu’011 veut donner aux chandelles. Mais, pour donner une idée plus précife de ces moules i nous les diftinguerons (pi. II, fig% 7 ) en trois parties : favoir , la tige aK le colet b , qui ne fait qu’une piece avec la tige, & le culot c e.
- 114. La tige a du moule eft un tuyau qui,, pôur faire des fix à la livre ,, a environ dix pouces de longueur, non compris le. colet, qui l’alonge d’un demi-pouce. La circonférence intérieure de ce tuyau du côté du colet eft de vingt-Xept lignes & demie-, & du côté du culot, de trente lignes. On fait ainfi le moule un peu plus large d’un bout que de l’autre , pour qu’il fait de dépouille y ou afin.que la chandelle en puiflê fortir plus aifément.
- 115. Ce tuyau eft terminé à fonboutle plus menu , par un rétrécilfement en forme de cône b, qui forme en-dedans une doucine. Cette partie qui n’eft point féparée de la tige, fe nomme Le colet; il eft percé au fommet ou à la pointe du cône, d’un trou qui.doit être aifez exactement de la même groffeur que la meche, qui doit y palfer un peu à force.
- 116. A l’autre extrémité du tuyau qui forme la tige du moule, eft 'un évafement d , où lé tuyau augmente de diamètre pour recevoir la partie cylindrique c du culot : ce renflement fert à retenir les moules dans les trous de la table, comme nous l’expliquerons dans un inftant.
- I ry. Le culot eft une efpece d’entonnoir dont la douille eft fort large, le pavillon aifez petit : il eft donc formé par un-tuyau aifez courte, qui entre dans le renflement d de la tige ; de forte qu’intérieurement il ne doit point y avoir de reifaut de la tige a , «au tuyau du culot c.
- II S- Le pavillon ou l’évafement du culot-e n’exige aucune précifiqn, mais le crochet/en demande beaucoup. Quelquefois c’eft une (impie languette, qui eft foudée par un de fes bouts au bord intérieur du pavillon e du çulofc -, & cette languette porte à fa pointe un petit crochet qui doit répondre bien exactement à l’axe de la tige-, parce que ce crochet foutenant un des bouts dé la meche, pendant que l’autre pafle parie trou :dn colet, la meche ne ferait pas dans le-milieu de la chandelle , fi le trou du colet, ainfi que le crochet du culot, n’étaient pas exactement dans i’axe de la tige:
- 119. Souvent, pour donner plus de folidité au crochet, il termine l’extrémité d’une petite plaque triangulaire qui eft foudée à l’intérieur du pavillon du culot, comme on le voit en/,// 7,12.
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- 120. Pour fe fervir des moules, il fautles placer dans une fituation exac£ tentent verticale , de forte que le colet foit en-bas & le culot par en-haut: e’eft ce qu’on fait au moyen des tables à moules dont nous allons parler. ’
- 121. Une table à moules eft formée par une planche de deux pouces &' demi ou trois pouces d’épailfeur. Comme il ne faut pas que la file dès moules foit interrompue, le delfus de la table n’eft foutenu que par fes deux extrémités , au moyen de deux madriers verticaux d, qui repofent fur une efpece de foclee , qui eft formée par une forte femelle (pl. II, fig. 3 ).
- 122. Le delfus de cette table eft percé de quantité de trous qui font à peu près de la grolfeur des moules qui entrent dedans , jufqu’au renflement de la tige : ainfi chaque table ne peutfervir que pour une feule efpece de moule.
- 123. Quoique dans la vignette on n’ait repréfenté ( pl.II ,fig. 3 ) que
- trois rangs de moules fur chaque table , 011 en met fouvent quatre , deux de chaque côté, & on ménage un elpace au milieu, où l’on jette les culots, à mefure qu’on les détache des moules : dans ce cas 011 fait la table de deux pieds de largeur j on voit même des tables encore plus larges, qui font percées pour cinq ou fix rangs de moules. Les chandeliers fort attentifs à la perfection de leur ouvrage, remettent les culots fur les moules, aüfli-tôt qu’ils ont coupé les chandelles, afin qu’il 11e tombe aucune faleté dans le moule ; car rien n’exige tant de propreté que la fabrique des chandelles. Quand toutes les chandelles font coupées , ils reprennent les culots les uns après les autres, pour en faire fortir le fuif avec un petit morceau de bois, &fur-le-champ ils les remettent à leur place. »
- 124. Au-dessous de la table eft établie une auge qui s'étend de toute fa longueur, & qui déborde la largeur de la table. Elle eft deftinée à recevoir le fuif qui pourrait fe répandre par accident ; car il n’en doit point couler par le trou du colet. Cette auge eft formée de deux planches qui fe réunilfent par leurs bords & forment un angle ou une gouttière. On Papperçoit en /, pl. IIs fig. 3. f '
- 125. Ce détail des inftrumens qui fervent à faire les chandelles moulées , deviendra encore plus clair quand nous donnerons Implication des figures. Mais l’idée que nous venons d’en donner, fufïît pour mettre en état de concevoir les manœuvres des chandeliers.
- 126. Les moules étant arrangés fur les tables , comme on le voit dans la vignette (pl. I,fig. 3 ), ou au bas de la planche, fig. 14, & comme nous venons de l’expliquer, il s’agit d’abord de mettre les meches en place. On fe rappellera quelles font toutes de la même grolfeur pourTefpece de chandelles qu’011 veut jeter en moule, parce qu’elles ont été faites avec un même nombre de fils, & que la longueur a été déterminée par la diftance entre la broche de fer & le couteau.
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- J 127. On fe rappellera encore qu’on a ajufté à Tun des bouts de chaque meche , une anfe de fil fg, ou i l ,fig. 6.
- 128- Pour tendre la meche dans l’axe du moule , de façon qu’une de fes extrémités réponde au trou du colet, & l’autre au crochet du culot, le chandelier fait defcendre dans l’intérieur du moule, & il palfe parle trou du colet, un fil de fer qu’on nomme Y aiguilla à meche (pl. II ,fig. 9 ). Elle porte à celle de fes extrémités qu’on tient dans la main, un grand anneau qui l’arrête fur le doigt index, & à l’autre bout un petit crochet profond pour bien failir le fil, & peu evafé , pour qu’il puilfe paffer aifément par le trou du colet.
- 129. L’ouvrier fait defcendre dans le moule l’aiguille qu’il tient de fa main droite ; & quand elle fort par le trou du colet, il accroche avec fa main gauche l’anneau de fil qui elt à l’un des bouts de la meche ; puis, au moyen de l’anneau de fil, il élève avec fa main droite l’aiguille & la meche qui y eft attachée.
- 130. QuA'kD cet anneau eft à la hauteur du crochet du culot, il a l’adrefte de conduire l’extrémité de l’aiguille de façon qu’il paffe l’anneau de fil dans le1 crochet de la languette du culot > alors baillant un peu l’aiguille, il la dégage de l’anneau de fil ; enfin, avec fa main gauche il tire un peu en-bas la meche qui fe trouve alors bien tendue dans l’axe du moule. La grande habitude des ouvriers leur fait exécuter ces petites opérations avec une promptitude qui furprend.
- 131. Quand tous les moules font garnis de meches, & qu’on les a drefies bien verticalement dans les trous de la table , il ne relie plus qu’à les remplir de fuif, ou, comme difent les chandeliers , à jeter les chandelles ( 31 ). Pour cela il faut que le fuif foit bien épuré dans la tinette, & qu’il s’y foit refroidi au degré convenable ; car fi l’on jette le fuif trop chaud , les chandelles ont peine àfortirdu moule ; ou, fi elles en fortent, elles font tachées, ou tavelées, pour employer l’exprefiion des ouvriers. Quand on apperçoit que la furface du fuif commence à fe figer aux bords qui touchent la tinette, on prend, pour jeter, un petit pot à fuif, ou une burette de fer-blanc qui reffbmble à un arrofoir à bec à (pl. //, fîg. 4). On remplit de fuif ce pot par le robinet c dont nous avons parlé , qui eft trois ou quatre pouces au-delfus du fond de la caque ou tinette, afin que les faletés qui fe font précipitées reftent dans le vaif-feau, & qu’elles ne fe mêlent pas avec le fuif dont on doit faire les chandelles.
- 132. Au moyen du bec de la burette, les moules fe rempliifent aifément, & promptement ; car le fuif ne peut s’écouler par le trou du colet, qui eft exactement lermé par la meche. Toutes les fois que la burette eft vuide , le chandelier , avant de la remplir de nouveau fuif, revient à tous les moules qu’il a remplis;, & faifilfant le culot de la main gauche, il tire avec fa main droite
- (3. En allemand , die Lkhter giejjen,
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- le bout de la meche qui fort par le colet; & cela parce que quelques m'eches pouvant être dérangées par le fuif qu’il a verfé -, il faut qu’il remédie àcetté inflexion avant que le fuif foit figé.
- 133. Quand le fuif eft en partie refroidi} il eft bon de verfer encore un peu de fuif dans le culot.
- 134. On attend que le fuif foit refroidi, figé & même durci dans le moule, pour en tirer les chandelles en élevant le culot.
- I3f. Il y a des chandeliers qui les coupent à raz du tuyau du culot 5 mais d’autres , pour ménager l’anneau de fil qui attache la meche au crochet du culot, cherchent dans le fuif cet anneau avec un petit crochet de fer. S’il eft double, ils le dégagent du crochet du colet s & tirant une des anfes avec le crochet qu’ils tiennent à la main , ils dégagent tout le fil de la meche, & le confervent pour fervir une autre fois. Alors le fuif contenu dans le culot n’étant plus foutenu ni par le fil ni par la meche , il fe rompt fort net au raz du culot, fans qu’on foit obligé de le couper.
- 136. Voilà la chandelfe moulée entièrement achevée : il nous refte cependant enCorè à expliquer quelques articles qui n’ont pu être inférés dans le détail de cet art.
- Articles détachés, qui ont rapport à Part ~du chandelier.
- 137. i\ Nous avons dit qu’il reftait au fond de la tinette où le fuif-s’eft refroidi, ainfi que dans les abÿmes des chandelles plongées, une certaine quantité de fuif mêlé de filetés. Pour retirer le bon fuif qui fe trouve mêlé avec cette lie , lès chandeliers font fondre tout ce qui refte dans la tinette * au-deifous du robinet ; 'ils le verfène dans des moules qui, pour bien faire , devraient êtrè étroits & profonds 5 ils font enforte qu’il fe refroidiife lentement, afin que les immondices fie précipitent au fond, & que le bon fuif fur-nage. Quand ces. pains font refroidis , ils emportent les faletés avec un couteau , & ils les vendent à bas prix à ceux qui font de la Cire pour les fouliers > mais le fuif qui fe fige au-deifus du moule entre dans les fontes pour les chandelles.
- 138. 2°. ÔN lait que les chandelles plongées -, ainfi que les moulées\ font toujours jaunes , quand elles font nouvellement faites. Elles acquièrent de,la blancheur en vieiliiflant. Les chandeliers qui ont des jardins, procurent plus •promptement cette blancheur à leurs chandellesi, en! les prelfant dans de lon-•gues baguettes qu’ils pofient fur des-tréteaux, pour les expofer à la rofée, au foleil, en un mot au grand air, pendant quelques jours : mais il eft néceifaire que l’endroit où l’on place ainfi les chandelles foit à l’abri de la poufiiere-, de la fumée, de la pluie & du grand vent ; & on ferait plus de tou que de bien
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- faux chandelles, fi on les expofaitàun foleii très-chaud. Pour obvier à tous -ces inconvéniens, on établit, fur les tréteaux qui Supportent les chandelles, une efpece de toit fait avec des perches légeres , fur lequel on étend des toiles, -cirées-, lorfque les circonftances du tems exigent qu’en couvre les chan-'•delles. Après tout, cette blancheur n’eft que fuperficieile s & s’il y a delfous -du fuif-jaune-, fa couleur perce bientôt la couche blanchie artificiellement , -qui ett très-mince.
- 139. J’ai connu un chandelier, qui, ayant une blanchiflerie de cire, s’a-vifa de grêler ou mettre en ruban fes fuifs, comme on fait la cire qu’on veut -blanchir , & il les étendit de- même fur des toiles. Effectivement fes fuifs devinrent très-blancs; mais comme ces chandelles étaient fujettes à couler, il abandonna cette pratique.
- 140. Quand les chandeliers ne font point preffés de vendre leurs chandelles-, il eif mieux de les renfermer dans des caiifes garnies de papier, ou dans des armoires bien fermées : elles y acquièrent peu à peu une blancheur qui eft plus durable que celle qu’on leur a fait prendre àTair.
- 141. 3°° Nous avons dit que les chandelles nouvellement faites n’étaient jamais-fort blanches , mais qu’elles acquièrent de la blancheur en vieilliflant; de forte que deschandelles de deux ans font extrêmement blanches pour peu qu’elles aient été faites avec de bon fuif : malheureufement ces chandelles anciennement faites coulent & répandent une ma-uvaife odeur. Jefoupconne que ce défaut vient de ce que la grailfe perdant peu à peu une partie de fou flegme , elle devient plus aifée-à fondre, fans pour cela qu’elle fe eonfume plus promptement. Le baffm de ces chandelles fe remplit de fuir fondu, qui, s’accumulant en trop grande quantité , fe renverfe : ce qui fait qu’elles durent beaucoup moins. Cette conjecture acquerrait un degré de vraifemblance, -s’il était prouvé que les chandelles perdent1 de leur poids en vieilliflant ; mais les chandeliers prétendent qu’elles augmentent plutôt de poids que d’en diminuer. Indépendamment de tout raifonnement, le fait eft certain, les chandelles nouvellement faites n’ont.jamais la blancheur qu’elles peuvent acquérir en les gardant : de plus, le fuif n’ayant pas acquis toute fa dureté, elles font grades elles fe confument fort vite.
- 142. Les chandelles qu’on n’emploie que quatre , cinq ou fix mois après qu’elles ont été faites , font plus 'blanches , plus feches, & elles durent plus long-tems. Quand on ne fait ufage de ces chandelles qu’à la fin de l’année , elles acquièrent encore de la blancheur & de la féchereflè ; mais elles deviennent farineufes, fur-tout fi le fuif a été coulé trop chaud, ou fi elles ont été faites pendant l’été. Quelquefois elles coulent ; mais quand les chandelles font bien faites, avec de bon fuif, le principal défaut qu’elles ont en vieilliflant, c’eft de fentir mauvais,
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- 143. 4e. Je ne puis dire précifément combien doit durer une chandelle d’une certaine groffeur. Pour faire exadement ces comparaifons , il faudrait que les meches fuffent abfolument femblables, tant pour la groffeur que pour la qualité du coton ; ce qui 11’eft pas aifé. L’état de l’air influe encore beaucoup fur la durée des lumières ; la moindre agitation l’abrégé, ainfi que la chaleur i le froid & le mélange de vapeurs étrangères & fulfureufes avec l’air, fait qu’elles brûlent moins vite ; enfin la différente qualité des fuifs influe beaucoup fur la durée des chandelles: ainfinous ne pouvons donner que des à-peu-près peut-être affez éloignés du vrai. Prévenus de cela, nous harfade-rons de fixer la durée des quatre à la livre, à dix à onze heures ; celle des fix, à fept à huit heures j & celle des huit, à cinq heures & demie ou fix heures : bien entendu qu’on fuppofe ici que les meches ont la groffeur que les chandeliers leur donnent communément.
- 144. 50. Les fuifs fe faliiîènt & jauniffent en reliant long-tems à l’air j ainfi quand les chandelles ont relié quelques jours dans le jardin , ou quand le fuif effc bien raffermi, il les faut conferver dans des lieux frais & fees, & les tenir dans des armoires exadement fermées , ou dans des caiffes qu’on double en-dedans de papier gris s le mieux eft même de les envelopper dans du papier gris par paquets d’une, deux , quatre, ou cinq livres: voici comme on fait ces paquets.
- 14^. Lorsque les chandelles font pefées dans des balances , dont un des plateaux ell figuré comme une gouttière dans laquelle on couche les chandelles de toute leur longueur, mettant toutes les meches d’un même côté, on étend fur une table une feuille de papier gris , de façon qu’un des angles de la feuille de papier regarde celui qui fait le paquet ; il couche les chandelles fur ce papier, parallèlement au côté de la table qui eft devant lui > il prend la moitié des chandelles qu’il renverfe pour les bechevéter, afin que le paquet foit d’une égale groflêiir à fes deux extrémités ; il roule & enveloppe les chandelles dans cette feuille de papier, & ayant plié les deux bouts, il affujettit le tout avec une ficelle qui forme une croix fur le paquet.
- 146. Pour le débit, les chandeliers affemblent les petites chandelles par livre, enpaffantune ficelle ou une penne dans l’anfe des lumignons, & ils pendent cès faifeeaux de chandelles à leur étalage. A l’égard des groffes chandelles moulées ou plongées, ils paffent une aiguille ou un gros fil de fer dans l’anfe des meches, pour les pendre fur des aions (pl. 7,fg. 12).
- 147. 6°. Les chandeliers mêlent quelquefois dans leur fuif fondu , de l’alun de roche, pour hâter la clarification & raffermir leur fuif. Effectivement, dans quelques effais en petit, il m’a paru que le fuif où je mêlais de l’alun, était plus ferme ; mais , fi l’on en emploie une trop grande grande quantité, les chandelles pétillent. Quelques chandeliers prétendent que i’alun
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- fert uniquement à clarifier le fuif, & que fi l’on n’a pas le tems de laiiier le fuif fe clarifier de lui-même , on avance la précipitation des faîetés, en mettant de l’alun dans le fuif : en ce cas, ils font fondre deux ou trois livres d’alun dans un feau d’eau, & ils emploient cette eau pour donner le filet. Quelques-uns prétendent que de l’eau de chaux bien claire produit encore un bon elfet, mais que tous ces mélanges occafionnent beaucoup de déchet
- 148. J’ai fait quelques effais fur la clarification du fuif ; & quoique q’ait été fur de trop petites quantités pour en faire des chandelles , je crois devoir les rapporter en peu de mots.
- 149. i°. J’ai verle des blancs d’œufs dans du fuif fondu, & enfuite je l’ai paffé par un linge , & je l’ai coulé dans un vafe de verre. La fuperficie de ce fuif était très-blanche & fort luifante j mais le deifous du petit pain était d’un jaune clair comme le mafiicot, & il y a eu beaucoup de déchet.
- 1 fo. J’ai jeté de la crème de tartre , pulvérifée très-fin, dans du fuif fondu : il s’eft précipité fous le pain de fuif une matfere grife, & le fuif était blanc & fec. C’eft cette matière qui m’a le mieux réufii.
- 15 x. 3°. Au lieu de crème détartré, j’ai jeté dans le fuif fondu-de l’aîun de roche en poudre : ce mélange a paru faire allez bien ; néanmoins le fuif parailfait comme tavelé, peut-être parce que je l’avais jeté trop chaud dairs le moule, ou parce que la dofe d’alun était trop forte.
- if 2. 40. Ayant donné le filet avec de l’eau de chaux très-forte, le fuif m’a paru fort blanc -, mais il avait une mauvaife odeur.
- 1 f 3. f \ Comme M. Beauvais-Rafeau, officier de milice des colonies , m’avait aifuré qu’il avait blanchi & donné de la fermeté au fuif avec du jus de citron , j’ai mis du fuif coupé par fort petites lames dans de l’elprit de vitriol faible, dans du verjus, & dans du vinaigre diftillé.* cette derniere liqueur m’a paru donner un peu de fermeté & de blancheur au fuif j le verjus n’a pas fi bien fait ,& l’acide vitriolique fa jauni.
- ï >4. 6Q. J’ai mêlé avec'du fuif, tantôt un peu de belle térébenthine, <Sç tantôt de l’effence de térébenthine. La térébenthine s’elf bien alliée avec le fuif, & je crois qu’on pourrait elfayer ce mélange à différentes dofes. Au refte, je ne propofe ces eflais que pour engager des chandeliers zélés pour la perfection de leur art, à les tenter : car j’ai averti que je n’avais pas fait des chandelles avec ces difierens fui fs, & je ne les ai pas fuivis plus loin, parce que je penfe qu’on n’en peut retirer quelque utilité qu’eu les faifanfc eu grand dans les fabriques.
- 155. 70. Les chandeliers font quelquefois des chandelles cannelées, pour donner en préfent à leurs pratiques. Comme elles fe jettent en moule pré-cifément de même que les chandelles ordinaires, la différence confitte uniquement dans la forme du moule $ ainfi nous remettons à en parler dans l’ex-*
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- plication des. figuras. Ififuffit d.’avertic ici,que ces. chandelles, qu’on nomme chandelles des rois, font fou vent bigarrées de différentes couleurs».
- 156. Le fuif prend'très-bien, la teinture du, verd-de-gris , Gelle de l’or-canette, du bois d’inde-, de l’indigo, &c„. Si l’on veut fe contenter de colorer fuperficiellèment les chandelles , on paffe , avant que leur fuif foit entièrement raffermi-, & au fortir du moule, quelques traits de ces., fuifs colorés & fondus fur la fuperficie ;. ou ,.fi l’on veut que la teinture foit répandue dansda fubftance du fuif, on remplit de petites mefiires avec des fuifs. de différentes couleurs, pour en faire des jetées quife trouvent dans le moule les unes fur les autres.
- i Ÿ7- 8°- On diftingue les différentes efpeces de chandelles , foit,moulées *. foit plongées 3 ou par le nombre, qu’il en faut pour faire une livre , ou par les ufages auxquels-on les. emploie le plus ordinairement. Ain fi l’on vend des chandelles, moulées des quatre à la livre: ce. font les plus groffes.. Au-delious ,. ce font des cinq,, ou. des (ix ,.ou des.huit, ou des dix : les plus petites que l’on faffe en moulées font des. douze ; mais dans.la plupart dei ce? efpeces , il y. en a de longues & de. courtes..
- 158- Dans les chandelles,.plongées , il y en a des quatre , des fix,.. des. huit,.des dix., des douze ,, des.feize des.- vingt-quatre, &. d’autres encore dont il faut un plus grand nombre pour faire une, livre. Plufleurs de celles-là fie-.divifent encore, comme les moulées ,.en longues.& en courtes..Outre cela, on fait des chandelles à deux mèches qu’on nomme de. cordonnier ; d’autres groffes-& à une.meche , qu’on nomme de jdvetier; d’autres greffes & courtes, qu’011 nomme de brodeur ; d’autres petites & menues., qu’on appelle de carrierÿ d’autres longues & menues, qu’ou nomme de veille , &c„.
- 159. 9°. Quand les moules font bien faitsles chandelles qu’on en tire ont allez exactement le poids qu’on defire j. niais on ne peut pas parvenir à cette précifiou pour les chandelles plongées.. Comme, dans chaque fabrique -la longueur des meches eft affez exactement déterminée pour chaque forte., de chandelles, les ouvriers ne courent point de rifque. de. fe tromper fur la longueur des chandelles 3 mais quant à la groifeur., ils .ne font guidés que par. le coup-d’œiî, qu’une.longue habitude rend allez exad. Quoiqu’on pefe quek ques chandelles avant de les finir, il n’y. a point de chandelier, qui ne convienne1 qu’il 11’arrive qu’à peu près au poids qu’il fe. propofe de donner à< fes chandelles plongées. Cette petite différence ne. peut produire, d’inconvénient que» pour le petit détail 3 car pour les provifions, on doit acheter, les. chandellea au poids, 8c. non pas au nombre-.
- ï6o. io°. Voici une table où nous marquons ,.pour les differentes efpeces. de chandelles : ift. la longueur des meches : 2°. le nombre de fils de coton qui forment leur groifeur : 30. la groffeur ou la.circonférence de ces différentes efpeces de chandelles auprès du colet & au bas.
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- 1^1:. Je préviens que toutes ces dimenfions font bienTtijettes a erreur ? mais ce font des., à-peu-près qui d’abord pourront/guider , & qui enfùite. feront re&ifés par des épreuves 3 d’autant que les chandelles qu’on prend chez un marchand, n’ont jamais exactement la même, longueur ni,la mëme_ groffeur q.ue celles qu’on acheté chez un autre*.
- Longueur Nombre Circonf. | Circonfé-
- ESPECES DE CHANDELLES. des des fils de. c-.uprh du j rence en
- meches. coton, colet. j- bas.
- } / Moulées des 4. .. . . .. . . pouces. lignes. lignes.
- des 4 . ... 12' 34 '29'- 3-ï;
- des 6. . . . . ,. .. Il| 30. 28 29;
- des 8- . « » . . IO-- 22" 24.. 2f;
- des io. .. . ... . . I/O. 16 24 24;
- des 12. . . . . .
- Plongées des 4 à 2 meches édites de
- cordonnier. .... iof:; m 30 37,
- des 4.à une-, meche , dites > gros
- de favetier. .... iï. 36) 33-'
- des 6” longues. . . 11 22 27 29
- des 6 courtes. .. . 8f 34 31- 34
- ; des 8 longues. 10,| 38 24 26
- des 8 courtes. . . . 8 2/n 20- ! i 30
- des 10 longues. . . . 9k 16 22 • 1 i-Ç
- ; des 10 courtes.. . . 7l 'à 8 18. 28 ; 28
- des 12 longues. 8l à 5?, : 12 18 I 23
- des 1-2 courtes. . . . 7 16 24 24
- des 16 longues., . . ... 8 12. 3 8 21
- des lA courtes. . . ... 6l ï6 2 T. 24
- des 24. ... . ... . . j 6l- 8: I.-7- 19-
- ; des 8 , dites de veille, . . ï4 8
- des 10 , dites de veille. i-3-î 8
- des 16, dites. de veille. 12 8-. v J
- des g., dites de brodeufe. .. 7 1 I i
- des ï2, dites de brodeufe-, . 61 * 1
- ïüswshhbbs! BhhmSi
- 1:62. ii°. On fait alfez communément en Angleterre des chandelles avec-du. blanc, de baleine * & on en a,fait auüî en France. Ces chandelles ne fen-.
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- tent point mauvais i elles répandent une très-belle lumière, & elles éclairent bien. Ce qui diminue de leur prix , eft qu’on les fait avec du blanc de baleine rance qui n’eft plus bon pour la médecine.
- 163. On pourrait auifi faire des chandelles avec du beurre de cacao, s’il avait plus de confiftance, & s’il était moins cher. On a apporté de Cayenne des chandelles fort grades, faites avec un fuif végétal qu’on retire des fruits d’une efpece de mufcadier nommé aouarouffî : mais cette grailfe prend en vieillilfant une allez mauvaife odeur ; elle n’eft jamais d’un beau blanc , & elle eft fort gralfe. Enfin on a propofé de mêler de la cire avec le fuif. Je crois bien que les chandelles en feraient meilleures * niais leur prix en ferait beaucoup augmenté.
- Des marques qui peuvent faire àiJHngiter les bonnes chandelles des
- mauvaife s,
- 164. Il finit prêter beaucoup d’attention à la mechej & quoiqu’on ne puiflc en examiner que le lumignon, il faut voir, autant qu’il eft poftible, fi le coton en eft blanc & net , s’il eft filé fin & également , fi tous les fils paraillént bien raifemblés en faifceau, & files meches ne font ni trop groffes ni trop menues ; car la perfe&ion des meches influe au moins autant que la qualité du fuif fur la bonté des chandelles.
- id<j. Il faut enfuite eifayer de connaître fi le fuif eft de bonne qualité ï Ce qui confifte à être blanc , lùifant & fec. Il ne doit avoir qu’une légère odeur de fuif : les fuifs qui font gras au toucher, qui ont une odeur de corruption ou de grillé, ainfi que ceux qui fonC bruns ou jaunâtres, ou qui ont un œil roux, 11e valent rien. La fuperficie des chandelles moulées doit être luifante, & n’ètre point farineufe : les chandelles plongées ne font jamais auffi luifantes que les moulées 3 mais elles doivent être prefque cylindriques. C’eft un défaut à ces fortes de chandelles, d’être fort groffes par le bas & très-menues par en-haut. Comme la plupart des chandelles plongées font fourrées de mauvais fuif, qu’on couvre aux dernieres plongées avec du beau fuif, il faut rompre une chandelle , ou enlever avec un couteau une portion du fuif de la fuperficie, de Pépailfeur de deux ou trois lignes , afin d’examiner fi le fuif intérieur eft plus bis & plus gras que celui de deffus.
- 166. Pour bien juger de toutes ces chofes, il eft bon de comparer les chandelles qu’on veut acheter, avec d’autres qu’on aura reconnu être de bonne qualité ; mais le plus fur eft d’en faire la comparaifon en les allumant. Pour qu’elle foit exacfte, il faudra prendre des chandelles de même poids , & fur-tout de même groffeur : il faudra, autant qu’il fera poffible , que les meches foient pareilles : on les>'brîilera dans un même lieu, où l’air ne foit point agité. Pour comparer la vivacité de leur lumière, 011 fera palier la lumière
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- de l’une & de l’autre par une fente d'un demi pouce de largeur, qu’on fera dans une planche, & qu’on recevra fur un carton blanc à une petite dif-tance l’une de l’autre ; la blancheur des parties éclairées fera juger de la vivacité de la lumière, Enfuite o.n divifera par pouces une certaine longueur des chandelles, & celle qui fe confumera plus lentement fera réputée être de meilleur fuif. On examinera auffi fi Ton fera obligé d’en moucher une plus fouvent que l’autre : j’ai vu d’excellentes chandelles qui brûlaient çomme la bougie , & qu’il ne fallait prefque pas moucher. Enfuite lie les ayant pas mouchées trop court, on les tranfportera d’un lieu à un autre, fans trop les agiter , pour connaître fi l’une coule plus que l’autre : enfin on les fouf-flera dans deux chambres féparées ; car il y a des chandelles qui en fumant répandent une très-mauvaife odeur, au lieu que l’odeur des excellentes chandelles eft peu déplaçante.
- 167. Q_uelq_ues particuliers font depuis peu parvenus à donner une grande perfection à la fabrique des chandelles, & j’en ai vu qui approchaient beaucoup de la bougie j mais comme j’ignore en quoi confident les préparations qu’ils ont données au fuif, je ne puis dire autre choie, finon que les meches font faites d’aufiibeau coton que celles des meilleures bougies (33)t
- (33) M. Duhamel ajoute dans un poft-feriptum placé à la fin de cet art : cc La „ plus belle chandelle moulée que j’aie „ vue , vient de Bernay , en Norman, ,, die, fabriquée par le fieur Hubert des ,5 Cours 11 y a quelques années que les chandelles de Nancy ont acquis de la célébrité ; elles fontfermes , d’un blanc bleuâtre , qui fans doute eft artificiel ; les mèches en font égales, la lumière eft uniforme, elles ne répandent aucune odeur, je fuis forcé de convenir que j’en ai vu depuis peu d’une qualité bien inférieure. Ainfi , lorfqu’une manufacture a acquis une certaine vogue , les ouvriers fe négligent, ou la-fraude abufe d’un nom connu , pour vendre de mauvaife marchandée.
- On a donné la recette de chandelles qui durent quatre jours & quatre nuits. Je la rapporte ici fans l’avoir éprouvée. Faites fondre de bon fuif: jetez-y de la cire pour le purifier , 8c retirez-Ie du feu , faîfant trois fois la même opération. Le fuif étant ainfi bien purifié , verfez-en deux onces dans un vafe de terre, pour le faire fondre de nouveau, & y ajoutez une once de cire filançhc, & une once de térébenthine. Vous y mettrez auffi de vieux bois pourri , féché & ta? mifé, & réduirez le tout en confiftance molle , en le roulant fur une table avec les mains. Lorfqu’il commencera à s’endyrcir, mettez-y une petite meche dç moelle de jonc, & formez-en une chandelle. Y.difh ecoti de Ckomel. édit, de Conuraj.
- ;S’
- EXPLICATION DES PLANCHES,
- Planche I,
- JE*igure 1. A, féchoir. Le féclioir eft ordinairement placé fur une foupente nu bout de l’attelier. On y voit des perches a a qui font attachées aux folives avec.
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- des cordes, & c’eft fur ces perches qu’on étend les graiffes fangüinoléiïtes qui fortent de l’animal : il faut que le fé-choir foit percé de grandes fenêtres-, pour que le vent le traverfè de toutes parts.
- Figure. 2 , hachoir. C’eft une table de cuifine C, fur laquelle on met le fuif en branche au fortir du féchoir ; & un garçon boucher le coupe par morceaux avec un fort couperet D qu’on -nomme haakoir.il met la grailfe ainll coupée dans une manne B , pour la porter à la chaudière.
- Figure 3 , grande chaudière de cuivre-montée fur un fourneau de briques ; E, les rebords du fourneau font inclinés vers la chaudière, pour que le fuif qui tombe deffus, coule dans la chaudière -; G , trous-qu’on pratique fur le rebord pour y mettre du plâtre en poudre, dont les ouvriers frottent leurs mains .pour que la grailfe ne les empêche pas de manier leurs inftrumens : H, bouche du fourneau par laquelle on met le feu & le bois : I, fourgon pour attifer le feu : F, degrés pour élever l’ouvrier qui travaille à la chaudière : MM-, poêles de différentes grandeurs, dans lefquelles on laiffe raffeoir le fuif au fortir de la chaudière : O , chevalet pofé fur les bords de la grande poêle : N-, bannatte ou .panier dans lequel on verfe la grailfe fondue pour la féparer des membranes. On voit un ouvrier qui verle la grailfe fondue dans la bannatte avec une grande cuiller L qu’on nomme puifelle : P, pot pour tranfvafer le fuif fondu : Q_, futaille où 011 le verfe quand on veut le tranfporter au loin : S , moules de bois ou jattes, dans lefquelles on verfe le fuif fondu. V
- Figure 4. Wprelfe dans laquelle on exprime le fuif qui refte parmi'le marc que la bannatte a retenu : aa, les jumelles : b, l’arbre de deffous : c, la mai dans laquelle fe raffernble le fuif exprimé ( 34) , d’où il coule par le gouleaü dans la poêle K : d s fe au dans lequel on niet ce qui fort de labarmatte (35)°
- (3 4.) Cette pîece eft creufée : fes rebords 'fervent à retenir le fuif qui coule par les trou s du feau,
- (jç) Le ieau eft formé intérieurement par deux pièces de fer battu , creufées en gouttière, il y a des bandes percées de trous, & d’autres qui font pleines. Ces deux gouttières font placées à côté l’une de l’autre, , pour former un -cylindre-creux : de plus il y a de part & d’autre des endentes .qui engrainent Les -unes dans -les -autres. Cette cage cylindrique de fer battu ne pourrait pas réfifler à l’effort de la predion , fi elle n’était pas fortifiée par des frettes de fer forgé, qui la foutknnent vis-à-vis toutes
- les zones où il n’y a point de trous. Elles fe joignent à charnières & font enfilées pat des broches de fer ; mais la broche de la partie poftérieure du feau , ne devant point fortir de la place , elle eft rivée ; au lieu que la broche qui eft à la partie antérieure eft terminée en-haut par un anneau, que l’on peut voir figure 4. Quand on a preffé te fuir & remonté la vis , on tire la-broche pair l’anneau ; & les frettes de fer forgé , ainft que’la cage cylindrique de fe-r-battu , s’ouvrent en tournant furies charnières qui font à la partie poftérieure ; ce qui donne la fo» cilité de retirer le creton éHes lmufles.
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- e > hauffes ou rondelles de bois qu’on met fur le marc : f, le mouton qui appuie fur les hauifes : g, la lanterne avec fes fufeaux 5 elle fert à faire tourner la vis h dans l’écrou i. On voit dans la vignette un ouvrier qui commence à preifer, en engageant un levier dans les fufeaux de la lanterne. Pour augmenter la preffion, on roule un cable fur la lanterne & 011 établit un treuil vertical vis-à-vis la preife j mais cela n’eft pas repréfenté.
- Figure f, couteau à meche : aa, les pieds de la table : b b, le deifus de la table : c , traverfe qui aifujettit les pieds : d, lame du couteau dont le tranchant regarde le côté b de la table : e, broche de fer qui s’élève, ainfi que la lame , perpendiculairement fur la table : /, piece à couliife qui fert à éloigner ou à approcher la broche c de la lame d, fuivant la longueur qu’on doit donner aux meches : h, bouton qui fert à faire mouvoir la piece à couliife ; 011 le nomme le nœud : i, boulon à vis qui fert à aifujettir la piece à couliife i la tète de ce boulon eft fouvent fous la piece à couliife : l, paquet de meches coupées qu’on nomme brochée, parce qu’à chaque paquet il y a la quantité de meches qu’il faut pour garnir une broche ou baguette. A, le panier aux pelottes, pofé fur fon efeabeau.
- Figure 6, dépeqoir : aa, la table à dépecer : le derrière & les côtés font garnis de rebords b b b ; c, pain de fuif qu’011 coupe par morceaux , ou qu’on dépece : d, couteau à dépecer, ou dépeqoir. On voit en c, fig. 8, la charnière qui le joint à la table ; 8c en /fon manche que l’ouvrier tient, comme on le voitfig. 3 : mais fouvent il manie le couteau d’une main, & il préfente le fuif de l’autre. Quelquefois , au lieu de la charnière du dépeqoir , il y a au bout de la lame un crochet qui entre dans un anneau qui tient à la table : g eft le panier où il met le fuif dépecé.
- Figure 7 , moule à plonger. Le moule à plonger ou l’abyme eft un vafe de bois de figure prifmatique, qui doit être aifez exactement joint pour contenir le fuif fondu : a en repréiènte un des grands côtés ; ils fe nomment les joues du moule ; elles s’éloignent l’une de l’autre par le haut : b repréfente l’ouverture du mouîe : d, les petits côtés qui font triangulaires, 8c qu’011 nomme les têtes du moule ; ils s’élèvent à plomb. Il y a à chaque tète une poignée de bois qui fert à tranfporter commodément le mouîe : e repréfente le pied ou fabot du moule qui eft formé par une forte piece de bois bordée d’une moulure en forme de dourine, afin que le fuif qui tombe deifus, coule dans l’auge de la tablette. On a foin de couvrir le moule d’un couvercle, pour empêcher qu’il ne tombe des ordures dans le fuif fondu.
- Figure g, rogne-cul : il eft compofé d’un pied de menuiferie. Sur le fond, 011 met une cage de tôle quarrée c, dans laquelle 011 place le feu : un chaftîsg porte une platine de cuivre a b dont les bords font relevés, & qui porte un gouleau du côté A C’eftfur cette platine échauffée par le feu qui eft dans la Tome VL V v
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- cage de tôle c, qu’on pofe l’extrémité inférieure des chandelles. Ordinairement , au lieu de tenir la baguette comme il eft repréfenté, le chandelier en repofe un nombre fur le plat de fes deux mains, ee eft une eipece d’entonnoir ou trémie de bois, qu’on pofe fur les bords du pied, pour garantir de l’adion du feu le corps dés chandelles.
- Figure 9, D, cheminée à hotte, fous laquelle on fait fondre le fuif : a , poêle portée par un trépied b: c, couvercle de la poêle. Une poêle qui contrent ïoo livres de fuif, a deux pieds de diamètre , iur treize pouces de hauteur.
- Figures 10 & iï repréfentent des établis qui font formés par un afletn-blage de menuiferie. Les traverfes a a fervent à fupporter les broches ou baguettes parleur extrémité : b b eft l’égouttoir ou une auge de bois qu’on place an-delfous de l’établi. A la figure 10, l’étage le plus haut n’eft pas garni de chandelles , comme il l’eft à la figure 11.
- Figure 12 repréfente des aions ou des chandelles en étalage : & au bas une table pour faire les paquets.
- Figure 1 3 , broche à chandelles chargée de feize meches plongées une fois , pour des chandelles de huit à la livre. Ces broches ont deux pieds fîx pouces de longueur.
- Figure 14, même broche, qui ayant été retournée, eft plus chargée de fuif.
- Figure 1 j 5 même broche dont les chandelles en font à la grolfeur ordinaire.
- Planche II.
- Figure 1, <2, chaudière pour fondre le fuif, montée fur un fourneau de brique : b , la tinette ou la caque de bois cerclée de fer, élevée fur un efcabeau, pour qu’011 puilfe placer fous le robinet c la burette d & le jalot e, pour recevoir le fuif qui pourrait fe perdre en rempliifant la burette : /, un gradin pour élever l’ouvrier, afin qu’il puilfe puifer avec le pot à fu iî g,fig. y , le fuif de la chaudière, pour le verfer fur le tamis h.
- Figure 3 , quatre tables à moules : a 3 le delfus des tables où les moules font rangés fur trois files : b, ouvrier qui jette des chandelles en moules avec la burette qu’il a remplie de fuif fondu au robinet de la tinette : c, la longueur des moules qu’on voit par le delfous de la table : </, madriers verticaux qui forment les pieds des tables : e, fortes femelles de bois qui foutiennent les pieds & qui forment comme des focs : /, auges ou égouttoirs qui font deftinés à recevoir le fuif qui tomberait par quelque accident de delfus les tables.
- Figure 4, burette pour jeter les chandelles s elle aune anfe par laquelle on la porte , un gouleau qui prend d’en-bas, & qui s’élève obliquement jufqu’à la hauteur de ce vaiifeau ; ce gouleau eft commode pour remplir les moules : il eft bon que l’ouverture foitun peu diminuée par en-haut, pour empêcher que le fuif ne fe renverfe quand on jette.
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- Figuré. 6 fert à indiquer comment on ajoute un anneau de fil au bout de la meche : a , penne ou bout de fil de trois à quatre pouces de longueur, fes deux bouts étant réunis par un nœud on k l’anneau b : c indique comment on le replie pour former les deux anfes de, dans lefquelles on pafle l’extrémité de la meche, comme on le voit en/; & en ferrant le nœud coulant, la meche fe trouve terminée par une anfe de fil ; ce qui eft repréfenté en g. D’autres chandeliers agiffent autrement: ils plient en deux l’anneau b, comme on le voit en h; 8c en le paffant ainfi plié dans l’anfe de la meche k, ils ont les deux anneaux i l, dans lefquels palfe le crochet du culot : m, cailfe de bois dans laquelle on met les pennes ou bouts de fils coupés.
- Figure 7 repréfente un moule à chandelles : a a , la tige : b, le colet : d, renflement de la tige qui doit recevoir la partie c du culot. Cette partie c fait comme la douille d’un entonnoir : e en eft la partie évafée ou le pavillon.
- Figure 8 repréfente la même chofe, avec cette différence que le culot e elt mis en place fur la tige : on ne voit point fon tuyau c, fig. 7, parce qu’il entre dans l’évafement d de la tige.
- Figure 9 repréfente l’aiguille qui fert à pafler la meclie dans le moule : b b, la longueur de l’aiguille : cc, la longueur de la meche. On voit en a le crochet de l’aiguille où eft pafle l’anneau de fil qu’011 attache au-bas de la meche : au bout b qui eft ici en-bas, l’aiguille eft ordinairement recourbée pour former un demi-anneau qui embralfe le doigt index; mais 011 n’a pas pu repréfenter toute la longueur de l’aiguille.
- Figure 10 eft une coupe longitudinale de la figure 8 3 pour faire voir d’abord, comment le tuyau c du culot e entre dans l’évafement d de la tige a, & encore comment la meche eft tendue dans l’axe du moule : g, le lumignon ou l’anfe de la meche qui palfe par le trou du colet b : h h, la meche placée dans l’axe du moule : i, l’anfe de fil qu’on attache à la meche , & qui palfe dans le crochet f du culot : l’efpace k k eft rempli par le fuif qui forme la chandelle.
- Figure 11. Quand le fuif eft refroidi, on tire la chandelle du moule, en élevant le culot ; c’eft ce qu’on a repréfenté par la figure 11 : aa, la chandelle : b, fon colet : g, fon lumignon : c, le tuyau ou la douille du culot : e , l’évafement ou le pavillon du culot : on a fuppofé la chandelle rompue au raz de la douille du culot.
- Figure 12 repréfente un moule pour faire ces chandelles cannelée^ qu’011 nomme chandelles des rois : e, le pavillon ou l’évafement du culot : c, le tuyau ou la douille du culot : f9 la lame de fer triangulaire qui porte le crochet qui doit foutenir la meche. Il faut remarquer ici que le crochet eft fupporté par un triangle de métal, qui eft foudé à l’intérieur du pavillon e du culot; à la figure 10, le crochet eft à l’extrémité d’une broche recourbée, a a, tige du moule : on l’a ouvert dans la moitié de fa longueur, pour faire voir comment
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- Je moule eft relevé en-dedans d’arêtes qui forment les cannelures : b, le co-iet: </,l’évafement de la tige pour recevoir la partie c du culot. Ces chandelles font ordinairement fort longues i mais on a raccourci le moule pour le faire tenir dans la planche.
- Figure 13 , chandelle cannelée tirée du moule.
- Figure 14 eft deftinée à faire voir comment les moules font placés fur leur table : a, une portion du defTus delà table : a b , l’épaiffeur de cette table. Les lignes ponctuées marquent les trous qui font faits dans cette table pour recevoir les moules. On voit que les tiges c entrent dans ces trous, fans réfiftance, jufquau renflement d qui repofe fur la table.
- Figure 1 f, une terrine : la meche a qui eft d’étoupe imbibée de fuif & de térébenthine, eft retenue au fond de la terrine par une petite motte de glaife. On remplit ces terrines avec du petit fuif prefque pur : il fe confume affez vite i mais il répand une lumière vive.
- Figure 16, lampions : ils font faits de fer-blanc, &il y en a de différentes formes : a, godet du lampion : b, queue par laquelle on attache le lampion. On voit au miliemdu godet une meche, qui eft un bout de bougie, dite rat de cave, qui eft retenue par une pointe foudée au fond du godet.
- ------- - —».
- EXPLICATION de quelques termes propres à Part du chandelier.
- A
- Abyme. Voyez moule.
- Achever , c’eft faire l’avant-derniere plongée.
- Aiguille a meche , en ail. Dachtna-del, eft un fil de fer qui porte à un de fes bouts un crochet. Sonufage eft d’enfiler la meche dans les moules à chandelles.
- Aions, endroits où les chandeliers pendentleurs chandelles dans leurs boutiques.
- B
- IBÉcheveter; ce terme eft en ufage dans plufieurs arts : c’eft mettre foit des chandelles , foit des fagots, des bottes de paille, &c. moitié dans un fens, & moitié dans un autre j c’eft-
- à. dire, bout pour bout : ainfi dans un paquet de douze chandelles , les mèches de fix chandelles répondent à l’extrémité oppoiee des fix autres.
- Boulée , craffe du fuifqui fe précipite au fond des vafes remplis de fuif fondu.
- Broche -, les chandeliers appellent broche à chandelle , en ail. Lichtfpiel ce qu’on nomme communément baguette : c’eft effe&ivement une baguette groffe comme le petit doigt, & de deux pieds & demi de longueur, qui porte les meches des chandelles plongées.
- Le couteau à meche porte aufli une broche de fer qui s’élève verticalement, & quifert à former l’anfe de la mechs.
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- ART DU CHANDELIER.
- C
- Caque ou Tinette, en ail. Zobel, c’eft: un baquet de bois cerclé de fer, dans lequel on laide fe repofer & fe rafleoir le fuif fondu quieftdeftiné pour les chandelles moulées.
- Chandelle* cylindre de fuif, dans l’axe duquel eft une meche de coton qu’on allume pour s’éclairer. On diftingue les chandelles d’abord en moulées & en plongées, qu’on nomme aufîi à la broche ou à la baguette , en ail. Steckenlichter. Les unes & les autres fe diftinguent encore par le nombre qu’il en faut pour former une livre : il y en a des quatre , des fix , des huit, &c. Les différentes chandelles fe diftinguent encore par l’ufage le plus commun qu’on en fait : ainfi on dit des chandelles de cordonnier , de favetier, de brodeufe , de carrier , de veille, &c. Les chandelles qu’on nomme des rois, font cannelées.
- Colet , s’il s’agit d’une chandelle, c’eft la partie qui eft tout auprès du lumignon : s’il s’agit des moules, c’eft la partie conique qui eft oppo-fée au culot, & qui forme le colet de la chandelle.
- Coleter ou combler , en ail. rich-ten, c’eft donner la derniere plongée aux chandelles à la broche.
- Couteau a meche , en ail. Dachtmef-fer, coupoir ou banc à couper les meches. C’eft un inftrument avec lequel on coupe les meches de la longueur qu’on veut.
- Creton, ce font des pains formés par les membranes dont on a retiré le fuif par la prefle. On en nourrit les chiens & la volaille.
- Culot, en ail. Tricher, forte d’en-
- 34*
- tonnoir qui fait partie des moules à chandelles.
- D
- Depecer le fuif, c’eftcouper les pains de fuif par morceaux avec un couteau à charnière, fur une table qu’on nomme à dépecer, en ail. Stukeltafel.
- E
- Etabli , c’eft un bâtis de menuiferie qui porte des traverfes fur lefquelles on pofe les baguettes chargées de chandelles au fortir du moule , pour que le fuif fe refroidiife, ou, comme difent les chandeliers , s'ejjore.
- a
- Glacer la boulçe * c’eft la faire fondre pour en retirer le bon fuif, qui fe portant à la fuperficie, y forme comme une glace.
- H
- Hachoir , en ail. Hackmejfer, grand couteau ou couperet qui fert à couper par petits morceaux le fuif en branche.
- J
- Jatte , vafe de bois où les bouchers jettent leur fuif fondu.
- L
- Languette, morceau de cuivre qui eft foudé dans le culot des moules: fon extrémité forme un crochet qui foutient les meches dans l’axe du moule.
- M
- Meche, en ail. Dacht, Tocht, faifceau de fils de coton qui eft dans l’axe de la chandelle, & qui fert à entretenir le feu.
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- A R.T D ü CHANDELIER.
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- Mesure. Voyez jatte.
- Mettre près , c’eft une des dernieres plongées.
- Moule , en ail. Lichtformen, les chandeliers donnent très - à- propos ce nom à deux tuyaux de métal dans lefquels on verfe le fuif pour faire les chandelles moulées. '
- Ils appellent auffi moule une auge de bois qu’on remplit de fuif, pour faire les chandelles plongées} mais ce nom eft impropre >puifqu’un réfer-voir ne peut être un moule’: c’eft pourquoi nous avons fouvent employé le terme à'abyme, qu’on donnait autrefois à ce vaifleau.
- Pennes , bouts de fils que les tiflerands coupent à l’extrémité de leurs pièces de toile. Les chandeliers les achètent à bon marché, pour faire uneanfe de fil au bout des meches de leurs chandelles moulées , ou pour lier par paquets d’une livre les' petites chandelles.
- Petit suif , ou suif de tripes , en al-lem. Kalàaunentalg, c’eft la grailfe qui fe fige fur le bouillon où l’on a fait cuire des tripes.
- Plonger, en ail. eintaucheiu tremper les meches ou les chandelles commencées dans du fuif fondu : les ouvriers difent plmger.
- Plongeure, ou plingeure, c’eft la première plongée ou plingée.
- PoelE, en ail. Pfanne , grande chaudière de cuivre : on n’emploie le terme de chaudières que pour celles dans lefquelles les bouchers font fondre leurs graifles, ou quand elles
- font montées fur un fourneau de maçonnerie. s
- Presse , lorte de prefloir pour exprimer le fuif qui refte engagé dans les membranes, & le leparer du creton.
- Puiselles, grandes cuillers qui ont un long manche de bois: elles fervent à tranfvafer le fuif d’un vaifleau dans un autre.
- R
- Ratis , graifle ,qu’on retire des intef-tins:cemot vient, je crois , de ce qu’on ratifie les inteftinspour avoir cette graifle.
- Remise , en aW.dritterZug, c’eft ainfi qu’on nomme la troilieme plongée.
- Retournure , en ail. der zweyte Zugy c’eft la fécondé plongée.
- Rognoir ou Rogne-cul, fourneau qui fert à retrancher au bas des chandelles le fuif qui excede la meche > & à applatir cette partie.
- S
- Sabot , focle ou pied de l’abyme qu’on nomme communément le moule
- . qui eft une auge prifmatique qu’011
- . remplit de fuif.
- Sain , grailfe des inteftins du cochon, qu’il eft défendu de faire entrer dans
- 1 le fuif.
- Suif , graifle fondue & dépurée : néan-moinson appelle fuif en branche la graifle renfermée dans fes membranes , & qu’on a expofée à l’air , pour deflecher le fang & la lymphe.
- Suif de tripes. Voyez petit fuif.
- T<
- Table a moules , forte table percée de trous, dans lefquels on pafle les moules.
- Trempe eft fynonyme de plongée.
- Fin de Part du chandelier.
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- ART
- D’EXPLOITER LES MINES
- D E
- CHARBON DE TERRE
- Par M. Morand, médecin.
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- P L O l T
- E R
- MINES
- DE CHARBON DE TERRE.
- PREMIERE PARTIE.
- Dü CHARBON DE TERRE, ET DE SES MINES.
- « ..=s*e=- - »•
- INTRODUCTION (i).
- l.XLn’eft perfonne qui ne connaifle de vue ou de nom le charbon de terre. Son ufage eft prefqu’indiipenfable pour mettre le fer en œuvre, & dans les
- (i) Cette première partie des mémoires fur le charbon de terre, a été publiée par M. Morand en 1768, & inférée par M. Schreber dans le dixième volume de fa traduction allemande, qui a paru en 1772. On verra par les notes que j’ai empruntées de ce favant, & par celles que fai ajoutées moi. même , combien les connaifîànces minéralogiques des .Français different de celles des Allemands. On fentira à chaque page la pauvreté de notre langue, qui manque de mots pour exprimer des idées différentes ; & le défaut de précifion qui en réfui te. On rend fynonymes des mots qui ne le font Tome VL
- pas, & de là beaucoup de confufion. Le terme de charbon fojjîle peut défigner le genre général. Le charbon ligneux ûèkgnçrdL celui qui par fes fibres peut être regardé comme reffemblant au bois, & qui quelquefois eft véritablement du bois pénétré d’un fuc bitumineux. Le charbon pierreux, ou de pierre, eft celui qui eft en maffe dure , amorphe. Le charbon terreux , diverfement mêlé , reffemble à de la terre liée & endurcie par le bitume, ordinairement moins dur & plus friable. Le charbon bitumineux eft plus noir , luifant, fou vent femblable à de la poix ou du jais. Le charbon fijfile eft par
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- DU CHARBON DE TERRE
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- autres travaux qui demandent du Feu. Tout le monde fait] qu’il dédommage complètement l’Angleterre du bois qui lui manque , & que beaucoup d’endroits de l’Allemagne pour leur chauffage, pour leurs manufactures, pour tous leurs befoins, préfèrent, par une économie bien entendue, le charbon de terre (Stein-Kohlen) au bois qu’ils pourraient tirer des forêts dont ils font environnés.
- 2. La portion la plus nombreufe du peuple'de Liege, jufqu’aux femmes & aux enfans, vit dans les mines de charbon qu’ils nomment houillieres, 11e fubfifte que par la houille, & ne connaît point d’autre feu que celui de cette matière répandue de tous côtés fous leurs pieds.
- 3. Appelle dans ce pays il y a plusieurs années, je fus invité par l’académie à faire quelques recherches fur ce foffile. Il elt naturel de croire que, ne pouvant faire un pas fans voir des houillieres , de la houille & des houilleurs , rien ne devait être plus aifé que de répondre aux defirs de ma compagnie. Je m’en flattais moi-même 3 & me repofant fur cette facilité , j’allais tous les jours vifîter les paires ( on nomme ainfi les endroits où fe ramalfe la houille jufqu’au moment de la vente ) 5 je m’occupais à examiner le charbon de terre au fortir de la mine, à chercher les houilleurs qui me paraiifaient les plus intelligens, à les queftionner fur tout ce qui pouvait fournir matière à quelque obfervation d’hiftoire naturelle.
- 4. Je ne tardai pas à fentir l’infuffifance de cette méthode dans mes recherches. Tout montems fepalfaità développer les idées d’ouvriers qui pour la plupart ne s’embarraflent que de remplir leur tâche, à entendre des explications ordinairement inintelligibles , fouvent défeétueufes, quelquefois même contradictoires, à refpirer la pouffiere de la houille , fans connaître fa nature.
- f. Je pris le parti de lire les ouvrages écrits fur cette matière; ce qui 11e me fut pas difficile : jufqu’à préfent ceux qui en traitent uniquement font eu très-petit nombre. Dans trois mémoires de M. Triewa!d, que j’aurai occa-fion de citer plus fouvent dans la fécondé partie de mon ouvrage , 011 trouve un détail très-bien raifonné fur l’explication du charbon de terre : ces mémoires ont été traduits & publiés en français dans le journal économique. Ce même journal a fait plufieurs fois connaître le charbon de terre fous différentes vues d’utilité. M. de T'illy, intérefîe dans les mines d’Anjou, a raflem-
- lames ou feuilles minces , femblable à l’ar- a été liquide , comme le pétrole, & le naph-doife. Les charbons minéralijes font plus tre , & qui a pénétré , lié & changé les par-ou moins mêlés de divers minéraux qui ties ou terreftres, ou pierreufes, ou ligneu-s’y manifeftent, comme les pyrites, le fou- fes, ou végétales , ou fehifteufes, V. dièi. fre , quelquefois l’alun. Mais tout charbon des fojjîles , par M. Bertrand , art. charbon foffile renferme effentiellement un bitume , fojjile. que les allemands nomment Bergfett, qui
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- blé dans line brochure de 131 pages, les moyens ufités pour l'exploitation de ce foflîle. Ces auteurs femblent avoir eu pour objet d’encourager quelqu’un à développer les manœuvres particulières au travail des mines de charbon. Quelques obférvateurs Anglais fe iont bornés à décrire toutes les cir-conftances qui le peuvent déceler ou accompagner (2).
- 6. Ces derniers m’ont d’abord indiqué la route que je devais fuivre pour concourir au but que fe propofe l’académie dans la defeription des arts & métiers. La connaiffance & l’exploitation du charbon de terre y tiennent dTentiellement. Comme naturalise, il me fuffifait d’examiner le charbon de terre, abftraction faite du travail néceflaire pour enlever cette fubltance de fit mine ; c’elt le premier objet que je me propofai. En conféquence je partageai mon tems à viiiter les magalîns de houille , & à voyager dans les tailles ; on appelle ainfi les chemins ou les ouvrages fouterreins qui réfultent de la taille de la veine.
- 7. Développer les ufages techniques des différentes contrées où l’on exploite le charbon, détailler fon exploitation, & les avantages politiques & économiques qui en réfultent : tel fut le fécond objet que je crus avoir à remplir comme phyficien & comme citoyen.
- 8. Je 11e me fuis pas diiïimulé l’importance de l’entreprife ; plus d’une fois elle m’a infpiré la plus grande défiance ; & fi j’ai eu le courage de la fuivre, je n’ignore pas combien je fuis éloigné de 11e rien laifler à defirer: mais j’ai dû. elpérer qu’en faveur des difficultés attachées à un travail de cette nature , qu’en confidération de la maniéré entièrement neuve dont je l’ai envifagée, pour laquelle on reconnaîtra que les écrits antérieurs, dont j’ai fait ufage, ne m’ont été que d’un faible fecours ; j’ai cru, dis-je, pouvoir efpérer qu’a-près l’accueil favorable fait à l’introdu&ion que je lui en ai préfentée en 1761 (*), le public uferait d’indulgence pour les défe&uofités qui fe rencontrer ont dans cet ouvrage (3).
- 9. Soutenu par cet elpoir dans mes premiers efforts, j’avais prolongé de
- ( 2 ) On trouvera dans- la traduction de M. Schreber plufteurs autres auteurs que M. Morand ne cite point, ou n’a pas lus, & qui ont parlé des charbons fofliles dans différentes vues. Et puifque l’écrivain Français voulait lire les ouvrages écritsfur cette matière , pourquoi n’a.t-il pas cherché à fe les procurer? Il en aurait trouvé plufieurs dans le dictionnaire des fojjïles, que nous venons d’indiquer , & un ample catalogue dans la bïbliotheca lapid, de Gronovius. C’eft en réunifiant les recherches des dif-
- férentes nations, qu’on peut parvenir à perfeétionner les arts, comme les fciences. Une feule nation n’a pas tout vu , tout imaginé , tout pratiqué.
- (*) A la rentrée publique de l’académie , du 14 novembre, & remife à M. Parent, premier commis de M. Bertin, alors con-trôleur-général.
- ( 3 ) Pour perfeétionner fon ouvrage , il eût été à^fouhaiter que M. Morand eût connu & confulté les auteurs Allemands & Anglais, qui ont écrit fur cette matière.
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- DU CHARBON DE TERRE
- plufieurs mois mon abfence de Paris, afin de vifiter le pays de Liege , d’Aix-la-Chapelle, de Charleroi, & pour conférer avec tous ceux chez lefquels j’ai cru trouver les connaiiîances néceflaires (*) : mais deux perfonnes- recommandables àplufieurs égards , doivent entr’autres avoir part ici aux marques publiques de ma reconnaiflànce : feu M. le vicomte des Androuin, ancien capitaine de dragons au régiment de Flavacourt, feigneur de Hodelin- Sart, d’Epigny,de Villers-fur-Lefle, bailli de Charleroi; & M, le chevalier d’Heufy, confieiller privé de S. A. S. l’évèque prince de Liege, ancien bourguemeiire de la ville, & Ton miniftre envoyé auprès du roi.
- io. Le premier, vieillard aimable & refpectable, n’a befoin que d’être nommé. L’avantage quTa retiré une de nos provinces enfcere,de Ion expérience confommée dans tout ce qui concerne la liouillerie, eft alTez frappant, comme on le verra dans la treizième fe&ion de cette première partie, pour lui mériter le titre de bienfaiteur du Haynaut Français. Sans lui j’eulïe peut-être renoncé à une entreprife qui m’avait déjà coûté bien des foins inutiles. On conçoit que fouvent les houilleurs les plus habiles font incapables de tranf. mettre des idées qu’ils ne doivent qu’à un long ufage, & prefque jamais au raifonnement. Une très-grande partie des inftrudions que j’avais à grande peine obtenue d’eux, ou bien était reliée tronquée & indigefte, ou n’avait pu être dégagée du voile ténébreux & groflier qui les enveloppait. Je n’en étais pas encore à fàifir fans interruption la férié des objets ; je ne pouvais par con-fëquent donner ni forme, ni arrangement avantageux au petit nombre d’idées nettes que j’avais pu recueillir. Un féjour de peu de durée chez feu M. le vicomte des Androuin, dans fa terre de Hodelin-Sart près Charleroi, a îuflfi pour jeter le trait de lumière fur l’enfemble d’objets fi prodigieufement variés,
- 11. M. le chevalier d’Heufy,homme d’état dans fa patrie, recherché en toute occafion à ce titre par fes concitoyens, accueilli tout récemment par notre miuilf ere , porté par goût à communiquer les connaiiîances précifes qu’iî a fur toutes les matières propres à faire fleurir les états, m’a accordé obligeamment fur mon travail des conférences fuivies, d’après lefquelles on peut compter pour l’exaélitude de tout ce qui a trait à la houillerie du pays de Liege.
- 12. C’est ainfi que, guidé préalablement par des notions puifées dans la nature même que j’avais été fuivre dans l’intérieur des houillieres, & par celles que m’ont fournies les houilleurs les plus au fait, j’ai pu tirer parti du petit nombre (4) d’écrits relatifs à mon fujet ; je me fuis infenfiblement trouvé en
- (* ) A Liege, MM. de Bury, pere & fils, écrit fur cette matière , va bien au-delà de A Aix-la-Chapelle , M. Blaife. cent, dans l’ouvrage de Gronovius, cité
- ( 4. ; Le catalogue des auteurs qui ont ci-deflus.
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- ET DE SES MINES>
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- état de le faifir fur toutes les vues poffibles^d’en comparer les différens rapports , d’embraffer enfin cette matière dans toute fon étendue , & de tracer au moins une grande ébauche.
- 13. Je préfente la houille fous deux faces générales, comme branche "très-variée de l’hiftoire naturelle, & comme branche importante de commerce.
- 14. Sous la première confidération , je regarde ce foffîle comme le plus fln-gulier de tous, après les fubftances métalliques. Répandu qu'il eft plus ou moins profondément dans toute la malle du globe , j’en traite toutes les dépendances dans le plus grand détail.
- if. Sa compofition, fa nature, fes différentes efpeces & variétés, les météores aqueux, aériens & ignés qui accompagnent cette fubftance dans les entrailles de la terre, où ils gênent finguliérement la pourfuite des ouvrages, font traités comme appartenant à la phyfîque.
- 16. Je viens enfuite à le confidérer feuî& en particulier dans fes mines s en décrivant la maniéré dont il eft difpofé, je donne non feulement la fît nation, la difpofîtion, la figure, les dimenfions , mais encore la direction, la marche & les limites des bancs de houille.
- 17. Le corps de cet ouvrage, dont je 11e publie aujourd’hui que la première partie, étant elfentiellement l’hiftoire du charbon de terre & de fes mines , le pays de Liege étant d’autre part celui fur lequel je m’étends le plus, parce qu’il fait, pour ainfî dire, la bafe de mon ouvrage , j’ai adopté les termes de houille, les dénominations de houillene , dont on y qualifie la chofe & le métier. J’ai appellé ( fur-tout quand je donne la géographie fouterreine de ce pays ) bures (5) , les folles ou puits des mines ; bonus , houilleurs , ceux qui en entreprennent l’exploitation, ou qui s’adonnent aux travaux de houillerie; ce qui n’empêche pas que * lorfque je décris les mines d’autres pays , je 11e faffe ufage des termes qui y font reçus , en les comparant avec ces premiers s fuivant les circonftances.
- 18. N’ayant pu me difpenfer, dans les détails particuliers du pays de Liege , de nommer la plus grande partie des villages où fe fouillent différentes efpeces de houille, j’ai cru néceflaire de donner un plan topographique des environs de fa capitale , pour y retrouver la plupart des endroits que jç défîgne. La partie de cette carte qui repréfente le côté gauche de la Meufe, toujours occupé en tems de guerre par l’ennemi, n’a été levée par aucun ingénieur Français : j’ai été obligé de m’adreffer à un arpenteur de Liege, & M. le chevalier d’Heufy a eu la complaifance de me donner fes avis pour que cette partie 11e fût point fautive.
- 19. Quant à la carte de la rive droite de la Meufe, on ne peut douter de
- (?) En allemand , die Schachtc , ou Stollen in dm gruben.
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- fa fidélité. M. le duc de Choifeul, dont la protection eft affinée à toute efpece de travail qui fe rapproche des vues du bien public, dont ce miniftre eft animé, a daigné contribuer à cette perfection de mon entreprife. Par fon ordre, il m’a été communiqué du dépôt des plans une carte de cette partie des environs de Liege, fur laquelle eft copiée celle numérotée i, dans laquelle font exprimés les fauxbourgs de cette ville, d’où partent les principaux cordons des mines, dont la cité eft comme le centre.
- 20. J’Ai feulement fubftitué à i’orthographe-franqaife celle du pays ; je m’y fuis conformé dans mon ouvrage, & elle eft la même que celle qui a fervi à la carte de Kints, d’après la matricule de l’Empire.
- 21. La carte numérotée 2, qui l’accompagne, renferme généralement toute l’étendue du terrein qu’occupent les mines de charbon autour de Liege, & qui manque dans la carte précédente.
- 22. La defcription d’une fouille de charbon du pays de Liege depuis la fuperficie jufqu’au dernier banc de ce foifile , forme un article non moins in-térelfant, dans lequel font compris, i°. l’examen du fol extérieur des houil-lieres & de leurs environs ; ce qui donne occafion de parler des indices que les minéralogiftes donnent communément pour reconnaître fi un terrein recelé de la houille ; 2°. les lits de terre, les pierres qui forment la malfe de fa couverture, qu’il faut percer avant de parvenir au charbon j l’ordre dans lequel ces couches font rangées, leur nature, leur confiftance j 30. les matières pierreufes qui font décidément étrangères à toute la malfe environnante des veines. Je qualifie de cette maniéré les entalfemens de quartiers de roches , qui poftérieurement à leur formation & à celle des veines , fe font éboulées dans les endroits où011 les trouve en fouillant une mine, & qui forment un des principaux obftacles à l’exploitation.
- 23. OUTRE l’avantage de cette efpece de géographie fouterreine pour faire connaître toute la charpente des mines de houille, on voit qu’elle indique de plus tant les fubftances. qui fervent de minière au charbon, & celles qui entrent généralement dans fa compofition, que celles qui Pavoifinent, ou qui s’y font mélangées par quelque accident que ce puifïè être.
- 24. Cette diverfité d’objets que j’ai décrits dans la première partie, 11e peut être regardée comme inutile ni indifférente , toute étrangère qu’elle pa-raiife au premier coup-d’œil. Les Tranfacftions philofophiques ne contiennent aucun mémoire touchant le charbon de terre, qui 11e foit traité fur ce premier plan, lequel, ainfi que je l’ai dit plus haut, n’eft que la connaiffance de la chofe, & point du tout celle de fon exploitation. Le célébré M. Lehmann , dont la mort récente eft une perte difficile à réparer, a donné, en fuivant une route à peu près femblable, un excellent ejjai fur Vhifioire naturelle des couches de la terre. On doit convenir avec cet auteur, qu’il ferait à fouhaiter que cette
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- méthode fût appliquée à toute la minéralogie. En effet, quoique ces couches, auxquelles feules il eft impofïîble d’atteindre, ne foient que l’encroûtement du globe , & ne compofent qu’une très-petite partie de l’épaiffeur de la terre, puif-qne les mines les plus profondes ne defcendent pas à la huit-millieme partie de fon diamètre, il y en a cependant affez ( c’eft la remarque expreffe d’un auteur illuftre par fon génie & fon pinceau ) pour reconnaître un ordre que nous ne feupçonnions pas, & des rapports généraux que nous n appercevions point au premier coup-déœil (*). Pour l’objet dont il s’agit en particulier, il eft évident qu’une defeription , & s’il était pofîible , une connaiffance complété des matières répandues dans un terrein que l’on veut fouiller pour trouver une veine * eft un préliminaire qui tient effentiellement à ce qu’on recherche , & qui rendra par la fuite fa découverte & plus fûre & plus facile.
- 2f. C’EST par ces raifons qu’après avoir traité dans le plus grand détail poffible tout ce qui peut, en ayant rapport à la minéralogie en général, être appliqué aux charbons de terre, ou houilles du pays de Liege, je tranfporte le leefteur en Angleterre & en Allemagne. A la faveur de deferiptions tirées d’ouvrages eftimés , je lui fais connaître les mines de charbon qui fe trouvent dans ces contrées, en lui rappellant à chaque fois les notions générales que je lui ai préfentées en détail pour un feul pays , afin de le mettre à même de rapprocher ces deferiptions les unes des autres, dp comparer tant ces mines que les termes adoptés par les ouvriers de ces pays divers.
- 26. Je lui fais parcourir la France relativement au même objet, en pafïant en revue , non feulement les provinces de ce royaume universellement connues pour riches en charbon, mais encore plufieurs d’entr’elles où on en a tiré en différens tems : ce qui y conftate fuffifamment l’exiftence de cette matière. Ce tableau, par lequel je termine la première partie de mon ouvrage, eft, pour quelques-unes de ces mines, éclairci ou circonftancié dans plufieurs points, félon qu’il m’a été pofîible d’avoir communication ou de mémoires furs, ou d’échantillons ; il fixera fans doute l’attention du public Français. Le nombre des mines qu’il y trouvera , lui donnera au moins de l’étonnement, fur-tout lorfqu’il jetera les yeux fur les cartes phyfiques que j’y ai jointes : elles ont été , ainfi que celles du pays de Liege , foumifes féparément à l’examen de l’académie. Elles font un travail particulier qui tient à un plan général de géographie & de minéralogie phyfique , mafe en même tems fe rapportent uniquement à l’hiftoire des mines de charbon de terre de France : enforte qu’elles peuvent être détachées en faveur de ceux qui voudraient fe les procurer feules & indépendamment de l’ouvrage.
- 27. Je ne dois pas laiffer ignorer la part qu’a eue M. Buache à’cette por-
- (*) Hifioire du cabinet du roi , tome I, dife. 2 , hijioirc & théorie de la terre.
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- tion auffi intérelfante que difficile de mon ouvrage. Les vues qui font particulières à cet académicien far la continuité des chaînes de montagnes, fur renchaînement de la charpente qui traverfe les continens, qui foutient les parties de notre globe, fur la liaifon de quelques pays avec d’autres (*q), pa-raiifent de jour en jour s’accorder avec ce que les minéralogilîes découvrent d’une partie de la compofîtion intérieure de la terre, au point de ne plus pré-fencer, ainfî que le fallait modeftement l’auteur, un commencement de fyjlême (a), mais un acheminement à une plus grande connaiffance du globe. Lorfque M. G'uertard fit drelfer la carte minéralogique de la France & de l’Egypte, qu’il a publiée en 1746, il fut frappé d’une finguliere correfpondance entre ce que fes recherches lui avaient appris fur la dilfribution & la dire&ion des couches qui féparent la France de l’Angleterre, & les principes que M. Buache s’était déjà formés , & dont il a depuis donné le développement, fur la géographie naturelle intérieures M. Buache avait établi ces principes fur des réful-tats généraux d’obfervations faites fur les éminences, les profondeurs , les irrégularités de la forme de la terre. M. Guettard, fans juger ce premier eifai de fon confrère applicable au fien, obferve que ce géographe qui avait con-couru à fon travail, fava.it fouvent juger d'avance ce qiûil devait avoir vu , & que prefque toujours fes obfervations fe trouvaient conformes à fes idées (b).
- 38. De quelque maniéré que l’on envifage le charbon de terre, ou comme îîaturalifte qui eft fondé à le foupçonner diftribué dans toute l’étendue du globe , dont il compofe une très-grande partie, foit comme politique qui voit de quelle utilité doit être la connaiflance de fon exiftence dans tel ou tel endroit ; ce foffile peut fournir tout feul une carte neuve dans fon genre & importante dans fon objet ; je n’ai donc pu mieux faire que de recourir à des confeils & à des lumières , pour lefquels le phyficien & le naturalise doivent être prévenus avantageufement. Audi les travaux particuliers auxquels M. Buache s’eft livré pour rendre ces cartes claires, n’ont pas fans doute peu contribué à leur mériter le fufïrage de l’académie , qui les a jugé utiles & dignes d’être publiées fous fon privilège (e).
- ( * ’) Èjfjfai de géographie phyfque, où l’on propofe des vues générales fur l’efpece de charpente du globe , compofée de chaînes de montagnes qui traverfent les mers comme les terres ; avec quelques confidé-rations particulières fur les ditxérens baf-fms de la mer, & fur fa configuration intérieure : par M. Buache. Mémoires de l’academie royale desfeiences de Paris , année î752, .page 399.
- (à) Voyez page 415 du mémoire cité précédemment.
- (ô) Mémoire §«? carte minéralogique fur ïa ftructure & la fituation des terreins qui traverfent la France & l’Angleterre , par M. Guettard. Mcm. de Facad. royale des fdences de Paris, ann. 1746 , page 364.
- (fi) Elles fe trouvent chez M. Buache , premier géographe du roi, quai de l’Horloge du palais.
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- 29. La carte numérotée 3 , portée fur une feuille du format de l’ouvrage > contient les principales rivières qui parcourent les provinces de France, & les chaînes de montagnes qui traversent toute l’étendue de ce royaume, conformément au plan phytique donné en 17^2, par M. Buache. Subdivifée par généralités, dans lefquelles font indiqués les bourgs, villages ou hameaux où fe trouvent les mines de charbon de terre ; cette carte n’a pas feulement le mérite d’aider la curiofité du ledeur, en abrégeant fes recherches géographiques : fon ufage s’étend encore, quant à cette premier^ partie, à faire voir d’un feul coup-d’œil cette nouvelle richeife de la France, &à démontrer fur ce point une abondance à laquelle il 11e paraît pas qu’on ait jufqu’à pré-fentfait beaucoup d’attention j mais en continuant de rendre compte de mon ouvrage, je ferai voir, lorfquej’en ferai à la fécondé partie , Futilité plus générale à laquelle elle s’étend.
- 30. Les plans 4, Ç, 6, 7, contiennent le détail de quelques provinces fur un plan géographique d’une échelle beaucoup plus grande , pour exprimer d’une maniéré fenlible toutes les mines qui y font près les unes des autres.
- 31. Quoique dans la partie des mines de charbon de terre , le vocabulaire ne parailfe pas en lui-même fufceptible de trop de variantes , il ne laiife pas que d’avoir fa difficulté , & elle 11’eft pas toujours auffi aifée à furmonter qu’on pourrait le croire d’abord 5 les expreffions des ouvriers ne font jamais uniformes que dans un feul & même pays5 paife-t-on dans un autre? ( Fût-il le plus voifin) le langage du métier, formé de termes apportés par des ouvriers étrangers qui y ont été attirés, quelquefois de différens pays, eft confondu dans l’idiome particulier au pays ; ces termes n’ayant prelque rien confervé de leur première origine , s’altèrent quelquefois au point de n’ètre plus reeon-nailfables. Cette complication dans la nomenclature forme une efpece de langue qui toute corrompue, toute barbare qu’elle foit,doit cependant être regardée comme la clef du métier, dont ne peuvent fe paifer ceux qui voudraient interroger ou comprendre les ouvriers. On s’appereevra aifément que je me fuis appliqué à familiarifer le ledeur avec le langage des mineurs, dans chaque pays où je le tranfporte, & que j’ai cherché à mettre les uns & les autres à portée de s’entendre. C’eft auffi dans cette intention que Fhiftoire des mines de chaque pays eft précédée d’un vocabulaire, lorfque les ouvriers ont aifez de ces termes.
- 32. On fait encore que les Suédois & les Allemands ont enrichi Fhiftoire du régné minéral d’une langue toute particulière pour défigner les fubftances qu’ils connailTent (6). Les Latins ne font point pauvres fur cet article > mais
- (6) Cette nomenclature iratnenfe ,intro- comme dans la botanique, eft un grand duite dans la minéralogie & l’oryCtologie, obftacle aux progrès des feiences. Plus Tome FL Y y
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- DU CHARBON DE TERRE
- ils l’ont embrouillé, en donnant à quelques fubftances des noms impropres , ou par lefquels différens auteurs ont aulfi mal-à-propos déligné d’autres minéraux: cette efpece de langue mélangée n’en eft pas moins de conféquence pour les travaux des mines & pour la géographie fouterreine , ce qui m’a déterminé à la donner au public dans le courant de l’ouvrage. Puis, afin de faciliter les recherches de ceux qui feraient dans le cas de le confulter , j’ai fait fuivre la table des matières d’une lifte alphabétique des fubftances, quelles qu’elles puiflent être , qui fe rencontrent dans les fouilles de charbon de terre. On y trouvera la plupart des noms fvnonymes employés par les naturalistes , ou ufités parmi les ouvriers en différens pays, pour défigner la même fubf-tance ; & au moyen de la page de renvoi, ce catalogue pourra fervir de dictionnaire minéralogique, favorable pour l’intelligence des auteurs d’hiftoire naturelle, ou pour la leéture des ouvrages en langues étrangères, qui traiteraient de cette matière, ou même de toute autre efpece de mines.
- 33. Le leéteur doit préfumer que, malgré tous mes foins * la difficulté de l’orthographe de la plupart de ces mots , quelquefois différens feulement en-tr’eux par cela , doit avoir occafionné des fautes dans le cours de l’impreffion ; mais j’avertis que je n’ai rien oublié pour rendre du moins cette efpece de dictionnaire correét ; & afin qu’à cet égard il tienne lieu $ errata, j’en ai profité, de même que de la table des matières, pour réparer quelques fautes elfen-tielles, ou quelques omiffions qui pourraient intérelfer la curiofité du lecteur.
- 34. La fécondé partie de l’ouvrrge , qui n’eft retardée que par les gravures , traite du charbon de terre comme branche de commerce. La première condition pour le débiter eft , qu’il foit exploité 5 c’eft-à-dire, qu’il faut aller chercher les veines au travers de toute la charge terreufe & pierreufe, qui les précédé ou qui les fépare les unes des autres, en détacher le charbon , .& l’amener du fond des houillères jujqiûau jour. Le fimple expofé de la première partie fait juger que ces opérations doivent toujours être traverfées par des difficultés plus ou moins fuffifantes pour forcer quelquefois de varier , fuf-pendre ou même abandonner les travaux. Cette fécondé partie eft donc def-tinée à détailler tout ce qui eft pratiqué , tant pour prévenir ces obftacles en les reconnaiffant, que pour y remédier , & les furmonter, s’il eft poffible ; à indiquer encore les moyens de chajjer les ouvrages ; c’eft-à-dire, de fe faire route dans la mine , de fuivre la veine , de la retrouver quand elle eft intcr-
- d’une fois M. Bertrand s’en eft plaint dans fon dictionnaire des fofliles. 11 ferait à fou-haiter que ceux qui écrivent fur ces matières , convinrent entr’eux des dénominations fixes à employer uniformément, en
- donnant des définitions exa&es des objets. Bientôt, comme les Chinois , celui qui voudra étudier l’hiftoire naturelle , fera obligé d’employer la moitié d’un teins précieux , pour fe familiarifer avec les mots.
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- rompue, ou perdue , de tranfporter le charbon de terre hors de la mine, &c.
- 3S- JE fuis cette fubftance dans fes magafins,pour donner connaitfance des différentes mefures des charbons , des prix de leur vente en différens pays. Après avoir décrit les outils, les inftrumens, uftenciles & machines relatives à toutes les différentes manœuvres nécelfaires pour les travaux de l’exploitation, leurs prix établis conftamment depuis plufieurs années dans le pays de Liege , y feront joints.
- 36. Les loix, coutumes, police de houillerie au pays de Liege, où elles font, que je fâche, les plus étendues, & forment une jurifprudence dans laquelle on a pourvu à tout; ces loix entrent auffi dans l’exécution de cette fécondé partie.
- 37. Les réglés fuivies en Angleterre pour la conduite & l’entreprife des ouvrages dç houillerie, font enfuite examinées dans le même ordre; la plus grande partie de ce qui a trait à ce royaume, eft le fruit des voyages dans lefquels M. Jars a été employé par le miniftere dans les mines des pays étrangers.
- 38- Les defcriptions des mines de charbon de terre & celles de leur exploitation dans quelques pays que ce foit, pourraient avec raifon n’être regardées que comme des tableaux fecs & ftériles , fi elles étaient féparées du détail des utilités fans nombre dont peut être cette fubftance ; ce point mérite donc de notre part d’être démontré en grand & de la maniéré la plus fenfible.
- 39. Comme les différens ufages du charbon de terre dans lesufines, fonderies, forges, clouteries, & autres manufactures métalliques (7), dans les raffineries , les falines , les verreries, les tourailles , les braderies , fours à briques, à chaux (8), &c. tiennent immédiatement à la defcription de chacun de ces arts, dont quelques-uns font déjà publiés, & d’autres le feront par la fuite; je m’en tiendrai à une fimple énumération de quelques charbons de terre, mentionnés dans la première partie, pour indiquer la qualité propre à chacun de ces ouvrages, leurs ufages différens , foit en mêlant enfemble plufieurs fortes, foit en y joignant quelques parties de bois. Je laiffe aux favans qui fè font chargés ou qui fe chargeront de décrire l’art en entier, les détails qui concernent le choix du charbon , & la maniéré de l’y employer.
- 40. Si je me permets néanmoins de parler de quelques maniérés remarquables de l’employer pour quelques ouvrages métalliques, je m’occuperai par préférence à confidérer ce foffile relativement au chauffage; j’inlifterai
- ( 7 ) Voyez ce que j’ai ajouté précédem- (8) Voyez ce que j’ai dit fur l’ufage de la nient fur l’emploi des charbons foffiles dans houille dans les fours à briques & à chaux, les fonderies de fer , tome II de cette col- tome IV de cette collection, leétion , pag. 697 & fui y.
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- particuliérement fur tous ces avantages, comme moyen économique, qui n’eft un préjugé que pour les feuls Français, principalement dans la capitale. Je m’étendrai fur tout ce qui a rapport aux préparations qui font d’ufage à Liege & ailleurs, pour brûler cette matière dans les âtres de cheminées & dans les poêles ; reffource immenfe pour les hôpitaux, pour les communautés, les grands atteliers, &c.
- 41. Je n’ai pas même négligé d’inftruire de quelques ufages particuliers auxquels peut fervir le charbon de terre , en en féparant l’efpece de poix minérale qui lui eft alliée ; ni de ceux que l’on peut faire de la cendre de ce folfile, après qu’il a été employé au feu , &c.
- 42. Je donne une idée de l’exploitation de quelques mines de France, fur-tout celles du Forez, de l’Auvergne, du Bourbonnais, dans lefquelles on fouille plus abondamment ce foffile i j’indique en général, d’après l’expérience , la qualité de la plus grande partie des charbons qui en proviennent. Ce qui eft connu fur l’exercice de ce commerce en France, par les réglemens far l’exploitation des mines ou carrières de charbon , fur les prix de vente$ les frais de tranfport, occupera un article dans cette fécondé partie.
- 43. On trouvera une facilité linguliere dans les ipéculations que de nouvelles exploitations pourraient faire naître en rapprochant cet article de ce que nous avons dit de femblable pour lès autres pays , •& les comparant en~ femble. Le fpéculateur y acquerra des vues fages & économiques, qui le convaincront que nos mines de charbon peuvent être d’un produit important pour l’état. Il doit auiïi avec le tems en réfulter des idées utiles fur la négligente maniéré dont les Français confiderent les mines en général : ils n’attachent au charbon de terre prefque d’autre valeur que celle de fervir uniquement pour 1 ufage des ouvriers ; les yeux fermés fur l’expérience heu-reufe des autres pays , fur le prix exorbitant des bois, avant-coureur de leur difette, & fur la néceftité de les ménager, ils fe comportent en tout, ou comme fi le charbon de terre manquait dans ce royaume, ou comme s’il ne fe trouvait que dans1 quelques provinces ( 9 ).
- 44. Cette efpece de difcrédit eft d’autant moins réfléchi, que la France ne le cédant point à cet égard à différentes contrées de l’Europe, poffede tout ce qui peut faire valoir ce don défia nature :des hommes experts dans l’hydraulique & dans1 lés méchaniques , très-capables par conféquent de furmon-ter les difficultés de l’exploitation ; grand nombre de rivières navigables ; les
- ( 9 ) On peut faire la’même obYervation les avait déjà fait ce reproche à fes com-fur d’autres pays.^Ge n’eft que depuis1 peu patriotes. Peut-être a-t-il contribué à l’em-qüe l’on fait ufage dans le pays de-Vaud du ploi que l’on en fait aduellement dans la charbon foftile, qui s’y trouve en plufieurs verrerie établie à Paudé, près de Laufanne, «ndruits. L’auteur du dictionnaire des foffi-
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- chemins , objets de l’admiration & de l’enyie des étrangers, qui rendent les communications & les tranfports fi faciles (*). Que pourrait encore délirer un état, pour profiter avec abondance de cette nouvelle richelfe?
- 45. La carte marquée 3 , divifée par provinces ou par généralités, fertici à montrer celles qui deftituées, quant à préfent, de charbon de terre, peuvent en tirer de leurs voifins par la.communication des rivières. De cette façon fe préfente un débouché qui eft également profitable pour les provinces qui en ont, & pour celles qui en manquent.
- 46. Enfin , je me fuis en tout attaché à ce que les détails que comportent les principaux chefs de mon ouvrage, y foient traités d’une maniéré convenable au but que je me fuis propofé. Faire ouvrir les yeux fur cet objet, y exciter le propriétaire d’une mine, en lui donnant un tableau clair de tous les ufages auxquels le charbon de terre eft applicable, & qui lui alfurent un bénéfice immenfie ; mettre fur la voie les entrepreneurs & les ouvriers, en marquant à chacun leur tâche & leur befogne; tel eft ce but, & il eft fans doute conforme au vœu de tout bon patriote. En un mot, je n’ai rien négligé de ce que j’ai cru propre à infpirer l’idée de mettre en valeur les mines de charbon de terre que nous avons en France, & à préfenter un fyftème de bonne adminiftration : c’eft de là que dépendront la découverte d’une bien plus grande quantité de mines de charbon que celles auxquelles on fe borne, & l’accroilfement frappant des avantages attachés à cette partie de commerce.
- 47. Pour les apprécier, il fuffit de jeter les yeux fur les arts qui fleurirent à la faveur du charbon de terre, & de confidérer un inftant les endroits où ce négoce fait naître & entretient les autres branches. Je 11e choifirai qu’un exemple dans chaque.
- 48. Nos ferruriers, ces artifans fi utiles pour la fureté domeftique, pour la folidité de nos édifices , auraient-ils ,fans le charbon de terre , porté dans la décoration des jardins & des palais, le goût & 1 intelligence qui y régnent : c’eft à l’aide de cette fubftance, qu’ils font devenus rivaux du charpentier & du menuifier, de ce dernier fur-tout, dont les ouvrages feraient de peu de valeur, fi l’art du ferrurier ne les affermilTait. Voilà pour les arts.
- 49. Le Forez & l’Auvergne ne doivent prefque ce qu’ils font qu’à l’abondance de charbon qu’ils fourniifent pour lufage de ces artifans. Lefeul commerce de cette matière en Angleterre n’emploie pas moins de quinze cents vaiifeaux de cent jufqu’à deux cents tonneaux, & entretient un corps innom-
- ( * ) Avantages de la France par rapport de-Bretagne, par rapport au commerce & au commerce & aux autres fources de la autres fources de la puijfance des états 5 puiffance des états, §. III de l’ouvrage in- traduit de l’anglais du chevalier Joh. Nic-titulé : remarques fur les avantages & les kolls. Leyde, 1754 C’eft un ouvrage
- désavantagés de la France & de la Gran- de M. Plumard de Dangeul.
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- brable de matelots. Le.pays de Liege ne tire la plus grande partie de fon bien-être que du charbon de terre. Que fervirait à ce pays, femblable par fes productions à l’Angleterre, la quantité de minéraux de toute efpece que recele fon territoire, s’il ne fournilfait pas en même tems une matière aulïi favorable que la houille, pour les traiter à peu de frais ? Sans cette matière, ce pays n’eût inconteftablernent pas eu pour la fabrique des armes cette célébrité, dont il a été feul en polfefïîon pendant une longue fuite d’années ; ce qui a enrichi ou occupé une autre portion de fes habitans prefque auffi confîdéra-ble que celle qui eft employée aux mines de charbon.
- 50. Qu’il me foit permis d’ajouter en palfant une remarque elfentielle : les divers travaux qu’exige un feul hure, fuffifeut pour occuper plus de cinquante perfonnes de tout âge & de toutfexe. Toutes les dépendances de l’exploitation de ces mines font vivre une très-grande partie du menu peuple dont les environs de Liege fourmillent, de maniéré que plus de vingt mille âmes qui n’ont d’autres moyens de gagner leur vie que le travail des mines, le tranf-port ou la vente de la houille, deviennent utiles au pays, que cette même multitude furchargerait,fi elle était dans une inaction forcée. Quelque vif que foit le froid , il n’oblige jamais l’ouvrier de ce pays d’interrompre fon travail. Le pauvre 11’y fuccombe point dans l’hiver aux atteintes d’une faifon plus rigoureufe, & toujours plus fatale à l’indigent qu’à tout autre.
- 'ji. Nous ne devons pas plus que ce pays craindre la difette d’ouvriers, s’il eft d’ailleurs facile d’y fuppléer : en effet, un métier auquel dans ce pays s’adonnent volontairement tant de bras, peut remplacer plus utilement les peines ordonnées contre les gens défœuvrés & autres, que. les loix condamnent uniquement à perdre leur liberté pour toujours , ou pour un tems limité. U11 très - petit nombre de confidérations de cette nature, mais qui feraient déplacées ici, ne peuvent manquer de frapper un miniftere éclairé, fingulié-rement occupé depuis quelques années de grandes vues fur le commerce. L’importance de la matière une fois développée ou connue, l’intérêt perfon-nel fera pour le poffeffeur d’un terrein de mine & pour ceux qui font néceifai-res à l’exploitation, une raifon puiffante de fe féconder mutuellement, & de fe, déterminer à chercher de nouvelles fources de richeffe & d’induftrie. L’homme en place favorifera , protégera le travail & l’exportation du charbon de terre, par des encouragcmens, des libertés, des franchifes. La cherté du bois ne fera plus un malheur ajouté à la néceiïité de fe chauffer : le combufti-ble moins coûteux & plus confommé qui peut lui être fubftitué, donnera à des familles entières un fecours efficace contre l’oifîveté & l’indigence. Pendant ce tems nos forêts fe rétabliront, nos conftrucfteurs en grand trouveront en France les bois néceffaires à leurs travaux j de là la diminution de prix dans la main-d’œuvre ; de là tous les avantages réels & décidés que procure une jufte balance dans laj valeur des chofes néceffaires & utiles.
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- PREMIERE SECTION.
- Du charbon de terre, examiné à b œil nu\ en particulier de ceux qui font
- dufage en Angleterre.
- f2.\./N peut définir le charbon de terre,, une fubftance minérale inflammable, de couleur noire ou approchant, plus ou moins folide, plus ou moins friable, tantôt compacte , tantôt feuilletée, dont la partie eilentielle eft une portion indéterminée de matière bitumineufe.
- 53- Les naturalises le nomment en latin, carbo fofjîlis ,feu lithantrax. Li-thantrax , feu carbo fcfjîlis. Bitumenfumo, odore trifi, colore atro. Bitumen fchijli folidum , lithantrax. Lithantrax offianarum , carbopetrnus , parce qu’il s’allume, brûle comme le charbon, & fert aux mêmes ufages.
- 54. Dans beaucoup de pays , on l’appelle vulgairement houille, en latin huilez , hyllæ ; dénominations que Ducange dérive d’un ancien mot faxon , qui lignifie charbon, d’où on peut tirer une étymologie plaufible du nom de celui (*)'auquel on attribue dans le pays de Liege la première découverte de Cette matière (10).
- ff. Les molécules dont la houille eft compofée, font des grains dont le noir varie affez dans fes nuances ; ils font quelquefois éclatans, argentins, brillans comme du cryftal, quelquefois ternes, & d’un noir matte comme le jaïet. M. Briffon ni moi, n’avons pu , à l’aide du microfcope, y découvrir ce
- (*) Cet homme eft appelle prudhomme le houilleur, ou le vieillard charbonnier, hullofus Plenevallium , c’eft-à-riire , littéralement , le charbonnier ou forgeron de Ple-nevaux, village à deux lieues & demie de Liege , audeffus de Séret.
- (io) Le charbon de terre eft auffi appelle en France , charbon de pierre. Cette équivoque eft afiez commune dans le Languedoc & dans les provinces méridionales. Dans le nord du royaume il porte plus communément le nom de houille, Sa couleur noire & fon aptitude à faire du feu , qualités qui lui font communes avec le charbon de bois, lui ont fait donner le nom de charbon. Cependant ce n’eft pas avec le charbon de bois que cette fubftance a de l’analogie,
- mais avec le bois même. D’ailleurs on trouve dans le fein de la terre un charbon proprement dit, qui porte le nom de charbon fojjile, & à qui celui de charbon de terre conviendrait bien mieux qu’à la houille. Enfin la houille , telle qu’elle fort de terre , n’eft point un charbon; mais elle peut, comme le bois , être convertie en charbon : enforte que pour défigner cette derniere matière, il faudrait l’appeller charbon de charbon de terre : ce qui répandrait de l’obfcurité dans le difeours, au lieu que le nom de charbon de houille n’a pas cet in. convénient. Voyez inftruélions fur l’ufage delà houille, publiées par ordre des états de Languedoc, parM. Venel. Lyon, 1775, zn-8%
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- qui a été apperçu par M. l’abé de Sauvages (*), qui leur donne une figure cubique : je ne ferais pas éloigné de croire que ce phyficien a pris, pour grains cubiques, les efpeces de fêlures longitudinales & tranfverfales qu’af-feéle le charbon de terre, lorfqu’il fe calfe, de même que cela fe voit dans le bois quon étouffe pour lé réduire en braife (ri).
- <)6. Les feuls morceaux d’après lefquels on pourrait porter un jugement fur la forme de ces molécules, & peut-être même fur leur arrangement primitif, font ceux où le charbon a touché quelque corps étranger, quelque portion du toit ou du plancher, fans avoir abfolument été gêné ou trop comprimé. Dans ce point de contaél, on reconnaît des couches grenues dont les molécules ne font pas entièrement unies enfemble , mais féparées fuperfi-ciellement par des traits diftinéts, entre-mêlés de façon à repréfenter un très-joli ouvrage de palfementier (pl. I, fig. r ).
- f7. Les molécules dont ce foftile eft çompofé en général, paraiifent angu-leufesjmais leur difpofition diverfifiée à l’infini, empêche qu’on ne puilfe aifément en reconnaître la figure. Dans quelques charbons ( c’eftle plus petit nombre ), ce ne font que des grains agglutinés enfemble , ne préfentant qu’une maife qu’on prendrait pour un grès noir, coupée par intervalles par une matière terreufe, folide , qui n’ell point charbon. D’autres font diftinc-tement arrangés par couches , fort brillans , tantôt très-minces, tantôt formant des bandes épailfes , dans la compofition defquelles il en entre de plus petites, toutes fort brillantes , & agréables à l’œil ; ces bandes, dans quelques charbons, font en tout fens. Quelquefois ces lits font formés de filamens dif-pofés droit les uns contre les autres, & chaque lit eft féparé par une petite couche de matière qpi n’eft pas charbonneufe. Tantôt ce font des faifceaux de filets plus ou moins déliés, difpofés en tout fens, & formant des maflifs anguleux. Ces filets femblent dans quelques-uns être entre-mêlés, & comme tricotés.
- 58- Quelques morceaux de charbons ne paraiifent compofés que d’é-cailles appliquées les unes fur les autres, & placées en différens fens. Enfin la tète de ces maffes , ou labafe , eft quelquefois faupoudrée d’une poufliere fu-ligineufe très-fine , qui tache les doigts , comme le noir de fumée, ou comme le charbon de faule. Au lieu de cette matière, on trouve à quelques - uns, un enduit très-brillant, comme d’une matière quia été liquéfiée (12). Il en
- O Suite du mémoire contenant des ob- molécules cubiques, mais on ne les déceu-fervations lithologiques, pour Jervir à vre pas dans tous.
- rhijîôire naturelle du Languedoc. Mè-tnoi- (12) Le charbon de pierre s’allume quel-
- res de Vacademie, ann. 1747 , page 705. quefois de lui-même à l’air ; c’eft lorfqu’il
- (n) Il y a certainement des charbons eft pénétré d’un mélange de bitume & d’a-foiïües, où l’on apperçoit à la loupe des lun, C’eft là une des caufes des tremble-
- eft
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- eft enfin qui reffemblent affez à une fcorie (*), tantôt impure, tantôt vitrifiée,
- <9. Les efpeces fans nombre de charbons de terre, qu’on pourrait ramalfer dans un même canton, & dans divers pays, & qui font comprifes fous ce nom en général, loin d’être propres à fournir 1111e définition exaéte de cette matière , ne la rendent que plus difficile. Dans les feules différences que l’œil apperçoit, il fe préfente des variétés confidérables, qui fans doute 11’y ont jeté que. dé la confufion, en donnant lieu , foit à différentes opinions fur la nature & fur l’origine de cette fubftance, foit à quantité de dénominations , par lefquelles on a voulu défigner quelques-unes de ces variétés dans une même mine.
- 60. Il ferait donc à fouhaiter qu’on pût comparer enfemble tous ces charbons auxquels on a appliqué des noms particuliers ; en attendant qu’011 ait acquis la collection qui eft néceffaire pour remplir cet objet, je donnerai une notice raifonnée des différens charbons de terre , qualifiés de noms particuliers , que je me fuis occupé à ramaffer depuis plufieurs années.
- 61. Je commencerai par les efpeces générales , d’ufage à Londres : on fait qu’en Angleterre lafcience de ces mines eft portée plus loin qu’en Allemagne ; cm n’y compte que trois efpeces de charbons.
- 62. Le charbon commun, common coal, qu’on nomme charbon de poix , £ qu’ils appellent >pitch kohl, charbon Mile ) ; Jlone coal, charbon de pierre ; pit coal, charbon de mine \Jeacoal, parce qu’il vient par mer à Londres j communément charbon de Newcajlle, parce que c’eft particuliérement de la province de Newcaftle qu’011 apporte dans les provinces méridionales du royaume, & fur-tout à Londres, tout le charbon qu’on y confomme. Il eft cependant à obferver qu’il y en a une grande quantité , non feulement dans le Northumberland , mais encore dans le Cumberland, & que le charbon de Somerfetshire , de Gloceftershire, ainfi que beaucoup d’autres, font de cette même efpece.
- 63. Elle eft deftinée pour le feu des cuifines de Londres , & c’eft prefque le feul chauffage employé à tous les ouvrages métalliques d’Angleterre. C’eft aufti celui qui eft connu prefque généralement fous le nom de charbon de poix , ou charbon de forge , ou charbon de maréchal.
- 64. M. Zimmerman, qui ne diftingue que deux prinsipales efpeces de charbons de terre, relativement à la nature de ce foffile (**), appelle charbon de poix , ou charbon de forge ( parce qu’on les emploie principalement pour les ouvrages de forge ) tous ceux qui font fermes & compacts dans leur texture,
- mens de terre. Voyez Bertrand, mém. hift. ( * ) Spuma ferri : récrément martial. &? phyfques fur les tremblemens de terre. Laitier, en ail. Schaum.
- Peut-être que ces particules brillantes ont (** ) Mémoirefur les charbons de terre. cté liquéfiées par une caufe femblable. Journal e'conom, du mois d’avril 1751.
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- d’une belle couleur noire, ou d’un brun noirâtre ; ayant une furface luifante & noire comme de la poix, lorfqu’on les caffe. Ils font pefàns en comparai-fon des autres, doux , fans donner de fcories, & renferment beaucoup de matières combuftibles.
- i . La fécondé efpece de charbon > qui eft celui dont les gens de condition chauffent leurs appartemens , & qu’on apporte en très-petite quantité à Londres , eft le fcotch coal, charbon d’Ecoffe ; il eft formé en bandes féparées par des couches plus petites , mais plus marquées & plus diftin&es, à caufe de leur éclat. Il fe leve en grofles nvaffes bien folides, d’une texture fine , & ne s’effeuille point en tranches fi luifantes : il eft entièrement bitumineux, brûle librement', 011 faifant un feu clair ,& tombe en cendres.
- 66. La troifieme efpece , qu’ils appellent the culrn , fe trouve dans le Gla-
- morganshire, & dans d’autres endroits de cette province. C’eft un charbon fort léger, d’une texture plus lâche, & moins pefante , compofé de filets capillaires , difpofés par paquets qui paraiffent rangés en quelques endroits » de maniéré à repréfenter dans beaucoup de parties des feuillets alfez étendus , très-liiTes & très-polis , qui pour la plupart affe&ent une forme circonfi. crite en portion de cercle , avec des traits, ou des nuances divergentes. Ce charbon eft peu ou prefque point fuîfureuxi il brûle librement, fait un feu vif, ardent , & âpre. -. ...
- 67. Dans la Cornouaille, il eft d’un très-grand ulage, particuliérement pour la fonte des métaux , à laquelle on l’applique de préférence.
- 6$. On trouve dans le Lancashire & le Cheshire, une efpece de charbon qu’on n’apporte pas à Londres , mais dont je ferai mention ici, parce qu’elle paraît plus propre qu’aucune autre à faire connaître la nature & la compofi-tion de ce foifile : c’eft le kennel ou candie coal ; communément il fert de pierre à,marquer, de même que ce qu’on appelle dans les mines d’Angleterre » le charbon du toit (*) ; il a une verge & deux pouces d’épaiifeur > il s’élève en greffes maffes très-foîides , d’üne texture extrêmement fine, & d’un beau noir luifant comme le jaïet.
- 69. Ce charbon ne contient aucune portion pyriteufe ; il eft fi pur & fî doux qu’on peut le tourner & le polir, pour faire des plateaux d’encriers , des tablettes , & quantité d’autres bijoux. La tabatière (pi. I, fig. 2 ), faite: avec un morceau de ce charbon, laiffe appercevoir des couches concentriques , conome on en trouverait dans;un tronçon de bois. Le feu du kennel coal, eft clair & blanc comme la flamme d’une bougie , d’où peut-être lui vient fon nom, candie coal, à moins que ce ne foit le nom d’un endroit de
- (*.) On trouvera la defcription de ce charbon du toit, à l'article où il fera parlé du toit & àüjfbl des veines, . ,
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- l’Écoffe, Cannel, où ce charbon eft connu & nommé paro£te< ùcatscharbon perroquet, ;:i . , . •
- 7o. Le kennei coal brûle librement, & fe réduit en cendres ; le charbon qu’on exploite au nord de la province do Ley cêfter, quû l'on dit tenir de la nature d’un bitume durci, pourrait être de,cette efpece. ; j .
- 71» Soit que ces quatre charbons doivent réellement être diftingués en* tr’eux, à raifon de leur qualité, ou qu’ils foient les bancs les plus conlidérables dans les mines ; il parait qu’on peut comprendre dans cette-divifion toutes les autres efpeces qui en général ne fout réputées que des-.* -couches de peu de conféquenGe, ou l’encroûtement des autres. Cependant quelques-unes des ces couches, remarquables vraifemblablement.par des qualités fenlibles, ont obtenu des noms particuliers, ufités feulement parmi les ouvriers de .mines. O11 auraoccafion de connaître ces variétés dans la fuite de cet ouvrage, notamment par la defeription des couches de charbon de terre de Meildip au co'mté de Sommerfet, & de celles du comté de Stafford. .
- SECONDE SÈ CT 1 0 N. ’ '
- Comparaifon de la houille avec le charbon de bois foffile.
- 72. IL’examen de différentes houilles, ou charbons de terre, ne permet pas de douter que ce foffile ne foit une concrétion de matière bitümineufe, qui s’eft féparée des entrailles de la terre, & qui s’eft diverfement réunie, durcie, confondue avec des fubftances terreufes ou pierreufes,falines, pyri-teufes, métalliques, ou même avec des débris de végétaux qu’elle a rencontrés ; on eft à portée d’en reconnaître fréquemment des traces à la limple vue, & fur-tout des dernieres fubftances.
- 73. Ces idées tirées de la feule infpeétion dû charbon de terre, fembleraient
- exiger qup l’on s’arrêtât ici à fou origine & à fa formation ; que l’on examinât fi c’eft un^foffile natif ou étranger au globe -.mais je m’en tiendrai, fur ces points de difeuffion qui mèneraient trop loin, à renvoyer à des auteurs qui les ont le plus approfondis , & à comparer les charbons de terre avec les bitumes folides. J’obferverai feulement en paffant, que cette compofition du charbon de terre eft fenfible dans quelques efpeces , ou dans quelques variétés 5 que d’ailleurs , outre les impreffions de plantes , affez communes'dans le toit de ces mines , on rencontre fréquemment dans leur voifinage', ou dans les fouilles qu’entraîne leur exploitation , des portions de bois ; & même des arbres entiers. '1 r ’’ '
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- 74. Auprès de Luxembourg, à peu de diftance des mines de charbon de terre , dans un pays abondant en fchiftes, on trouve beaucoup de bois pétrifiés.5 • • <
- . M. l’^bbé de Sauvages fait mention, dans les mémoires de l’académie (*), de fragmens de bois pierreux, fortement iricruftés du côté de l’écorce d’un ou deux pouces de charbon de terre, dans lequel s’était fait cette pétrification. Il eft très-ordinaire de trouver au-deflus des mines de houille, du bois qui n’eft point du tout décompofé ; mais à mefure qu’on le trouve enfoui plus profondément, il eft fenfiblement plus altéré ( 13 ). A Brull près de Cologne & de Bonn, M. de Bury , fameux houilleur de Liege , en faifant fouiller dans un vallon , trouva une efpece de terre houille qui n’était autre chofe que du bois qui avait été couvert par une montagne de terre.
- 76. Il y a plufieurs mines dans lefquelles on 11e peut méconnaître des troncs & des branches d’arbres (14) qui ont confervéleur texture fibreufe, compa&e, comme on en trouve à Querfurt, dont la couleur eft d’un brun jaunâtre. Dans la pl. /, fig. 3 , j’ai fait repréfenter un de ces morceaux de bois, tiré par M. Darcet (<0 de la mine de charbon de terre qui eft près le Wentercaftle (£): il eft plus dur, plus ferré & plus noir que celui qu’on rencontre dans toutes les autres minés des environs ; il appartenait à un tronc dont le diamètre était bien égal à celui d’un grand mât de vaiffeau de 400 tonneaux : ce tronc était implanté dans Pargiîle , tout-à-fait à l’extrémité & hors de la mine 5 la partie fupérieure était du vrai charbon de terre abfo-
- (*) Mémoire fur différentes pétrifications, tirées des animaux & des végétaux, ann. 174? , page 419.
- (15) J’ai vu dans le cabinet d’hiftoire naturelle de M. Bertrand, un morceau de bois pétrifié, qui était très - reconnaiflable & très-bien confervé. M. Schreber en poffede un morceau qui vient du canton de Zurich.
- (14) Il faudrait réfifter au témoignage de fes propres yeux, fi l’on prétendait nier que ce bois bitumineux ne fût du bois. Il conferve fouvent fon écorce , fes branches $ fes racines. On obferve que ce bois conferve les marques d’une forte compreffion ;
- & cette circonftancé"démontre que ce bois, avant fa minéralifation , a été pénétré de quelque eau fouterreine , & expofé à une putréfaction plus ou moins confidérable.
- Les quartiers qui font plus près de la fuper-
- ficie, ayant été peu ou point imprégnés de bitume, éprouvent très-peu de changement. Le bois a dû être amolli par l’eau , avant fa minéralifation : fans cela , on ne conçoit pas que le bitume eût pu pénétrer de fi grofifes maffes. D’ailleurs on n’a pas de peine à voir dans chaque morceau de bois minéralifé , qu’il y a fubi un changement avant d’être imprégné des fucs lapidifiques. De là les diverfes courbures & les dérange-mens dans la fubfiance même du bois lapi-difié; de là l’exfoliation de celui qui fe trouve pénétré d’un quartz cryftailin extrêmement fin , qui fe trouve près de Halle & ailleurs.
- (a) Doéteur régent de la faculté de médecine de Paris, médecin des camps & armées du roi.
- (h),, Château du prince landgrave de Helfe , à deux petites lieues de Caifel.
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- liraient femblable à celui de la raine, tandis que la partie de deffous de ce même tronc était encore bois , & ne fautait pas en éclats comme celle de deflus : mais elle fe fendait , & la hache y était retenue , comme elle a coutume de s’arrêter dans le bois.
- 77. Outre ces troncs d’arbres épars, ces débris de bois qu’il n’eft pas rare de trouver quelquefois en affez grande quantité dans les environs des mines de charbon de terre, comme ailleurs, il eft des endroits où l’on 11e connaît pas de ces dernieres mines, & où l’on rencontre à une grande profondeur des amas de bois foifiles , difpofés par bancs, féparés les uns des autres par des lits terreux , & qui préfentent en tout des foupçons raifon-nables d’un paffage de la nature ligneufe à celle delà houille, d’une vraie tranfmutation de bois en charbon de terre ; c’eft ce que le Allemands appellent Holtsfkohlen. Devant la ville d’Afcherleben, il s’en trouve qu’on nomme charbon de bois bran (*). E11 France , on trouve de ces charbons foifiles (if) près d’Alais, dans le fond de quelques ravines (**).
- Article premier.
- Mine de charbon de bois foffile de France.
- 78- Entre Bourg-en-Breffe 8c Lons-le-Saunier, à un quart de lieue environ & au couchant de Cuizeaux , au bas de cette chaîne de montagnes qui régné depuis Lyon jufqu’à Strasbourg, fur la grande route qui conduit de l’une de ces deux villes à l’autre , M. Fontaine, penfionnaire vétéran de l’académie des fciences ,a rencontré une de ces forêts fouterreines, dont il .a fait apporter à Paris une grande quantité prife au hafard, que nous avons été chargés, M. Macquer &moi, d’examiner.
- 79. Nous y avons reconnu deux fubftances différentes l’une de l’autre. La première eft décidément du bois qui s’eft confervé en terre dans fon état naturel; il s’y en trouve dont la couleur tire fur le brun; d’autre eft entièrement noir; d’autre n’a éprouvé aucune altération dans l’affemblage des fibres qui compofent le corps ligneux , dans les nœuds qu’elles produifent, dans leur poids & dans leur couleur : le parenchyme de l’écorce, quia été pourri,
- C ) EJJai d'hiftoire naturelle des couches de la terre, par Lehmann, tom. 111, p. ç 1.
- (1 ç") Il ferait plus exadt de les appelier des bois fojjlles. Ce font des bois plus ou moins imprégnés de matière biturnineufe. On peut les regarder comme une matière moyenne entre la vraie houille & le bois or-
- dinaire.
- (**) Mémoire contenant des cbfervations de lithologie, pour Jervir à Thifloire naturelle du Languedoc , par M. l’abbé de Sauvages, mém. de l’acad. des fciences , ann. 1746 , pag. 720.
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- eft remplacé dans ces morceaux de bois foffile par une matière fablonneufe qui tient fortement au bois, dont il eft recouvert. Ces morceaux, dont lp corps ligneux eft dans fon intégrité , brûlent bien, & fe convertirent au feu en un bon & véritable charbon végétal.
- 80. Il s’y trouve des portions quifont encroûtées d’une aifez grahde quantité d’un maftic groffier, imparfait & très-mèlangé, auquel ces morceaux font très-adhérens, & dont on a de la peine à les détacher. Dans plufieurs échantillons , on trouve des portions dont les fibres ligneufes font interrompues dans leur continuité , & réduites en une matière charbonneufe , quife détruit fous les doigts , en les tachant comme fait'le charbon de fau-le.
- 81. Nous y avons rencontré un morceau très-curieux dans les changemens qu’il a fubis : les fibres ligneufes y font encore fenfibles dans leur difpofi-tion; mais la totalité a contrarié une minéralifition complété; toutes les extrémités de l’enfemble de ces fibres font noires, brillantes comme le jaïet le plus poli, ainfi qu’on le voit dans quelques caifes de légères couches de bon charbon de terre; le morceau eft extrêmement pelant, comme les morceaux connus de bois pétrifiés.
- 82. La fécondé fubfiance eft purement terreufe , & formée en grandes maf-fes, de couleur noirâtre, très-pefmte, très-compacle dans fa totalité, au point de ne pouvoir être brifée que difficilement, même avec l’inftrument. Néanmoins une courte macération dans l’eau, défunit alfez promptement les molécules qui la compofent fans aucun ordre régulier, & alors ce n’eft plus qu’une terre femblable à la terre fangeufe & bourbeufe qui fe trouve dans les marécages.
- 83- Elle eft remplie d’une quantité prodigieufe de débris de coquilles, dont le plus grand nombre appartient à une feule & même efpece de limaçons fluviatiles & univalves. Si l’on enleve cette portion teftacée d’un morceau qui n’a pas trempé dans l’eau, la matière qui s’y eft moulée, fe trouve enduite d’un vernis noir très-brillant, dont on retrouve de tems en tems dans le refte de ces maflés, de petites lames très-minces, mais bien diftinctes & bien fui vie s.
- 84. Nous avons remarqué à prefque tous ces morceaux une partie qui en différé eflentiellement : elle eft très-peu mélangée de coquilles , & tire davantage fur la couleur noire. Elle fait corps avec elle , de l’épailfeur de quelques pouces, & eft fcnfiblement formée par couches qui font gercées profondément , & éclatée dans une étendue confidérable, comme cela fe voit fur l’écorce malade des gros arbres. Nous jugeons auffi que cette couche eft végétal^ comme la première ftubftance que nous avons décrite ; que c’eft fou écorce qui a perdu fi contiguïté avec le corps ligneux , & qui tient à cette fécondé fubft-tance coquilliere : les endroits où ces lames font caffées lailfent appercevoir
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- des filets diftinéls & bienfuivis d’une fubftance lifle, polie, noire, brillantes entièrement femblable à du jaïet.
- Article IL Minas de charbon de bois fojjile en Allemagne,
- 8f. Dans plusieurs endroits de l’Allemagne (16), entrautres à Saa!fe!d7 près de Heiligenbronn, de Gonderfdori & de NCaldaubach, au pays de Dil-lembourg, & en plusieurs endroits du voifinage, ainll que dans la Wétéra-vie, au-deifous du village de Bettenhaufen, dans un terroir tout dépourvu de bois , on a découvert de ces mines de bois f'oflile, connu fous le nom de Holt^-kohlen.
- 8<L Les contrées où on en trouve font pour la plupart hériifées de montagnes éloignées de près de fept lieues de la Lahn , & de 12 ou 1 s lieues du Rhin, & il n’y a pas d’autres fleuves plus proches dans ces environs.
- 87. Ces charbons de bois font couchés fous terre, de la hauteur d’un degré jufqu’à dix , diftribués non par veines , mais par laves , par bancs, & par couches, comme les vrais charbons de terre : les montagnes qui les renferment , 11e font pas efearpées , mais font en pente douce, & l’on y découvre les charbons de bois, tantôt au pied , tantôt vers le milieu , tantôt au fommeü de la montagne. Ceux de Breitfcheid au pays de Dillembourg, font fitués fur la plaine du fommet, quoiqu’à environ deux, trois, quatre , jufqu’à cinq lachters fous terre (*). Ceux de Hoen, pays de Naflau, font élevés de neuf lachters au-deifus de la riviere. Ceux de Bach, même canton, fe trouvent au pied de la montagne , tout près de la riviere.
- 88- Les mémoires de l’académie royale des fciences de Paris (**), font mention de cette derniere mine du pays de Naflau ; j’en donnerai ici la deL cription, en faveur de ceux qui voudraient comparer ces mines avec celles de charbon de terre. Ce mémoire a été dreflé fur les lieux , par ordre du dé-
- (i6')La Saxe poffede fur-tont une grande abondance de ce bois bitumineux , & delà terre bitumineufe qui le forme. On y trouve de vaftes contrées qui repofent toutes fur les forêts fouterreines. AI. Schre-ber , à qui ce pays eft parfaitement connu, allure que c’eft le cas de toutes les terres fituées entre la ville de AleifTen, Alten-bourg , Géra, Naumbourg , Sondershau-fen , Langenhaufen, Zerbft, Torgau , &c.
- On fait allez que leipflck & fon territoire font fur une mine cie ce charbon de bois. Ce {offîle était déjà connu dans le fiecle paffé. En 1674, on publia à Altenbourg». une difiertation fous ce titre : Biiimien lignant fcJJilc bituminofum , dejeriptum à D. Matthia Zccharia Filtingcr, in.g°.
- (*) Lachtcr, mefure de fept pieds.
- (**) Obfervaticw de phpjique generale, ann. 1750, pag. j-ç,.
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- fnnt prince d’Orange, à la requête de M. Allamand, prôfeffeur de philafophie à Leyde, qui a bien voulu m’en communiquer la copie. ^
- Article III.
- Difpojition des bancs de Holtz-kohlen dans lamine de Hoen y & de Stockliaufenà
- comté de Najjau.
- 89* cc Les mines de Holt^-kohlen , OU charbon de bois fojjile, trouvées aux „ différens endroits du pays de Naffau , & aux environs, font à Hoen , & à „ Stockhaufen, fur le territoire de Hadamar, àMarienberg; à Bach, dans le „ territoire de Beilftein, & à Breitfcheid, au pays de Dillembourg. Les qua-„ tre premiers endroits font éloignés l’un de l’autre d’une demi ou trois n quarts de lieue jufqu a une lieue -, le dernier endroit eft éloigné des premiers » de quatre jufqu’à cinq lieues. La mine de ces charbons, en plulieurs en-„ droits, coiffifte en deux ou trois , même quatre bancs nommés dont „ les inférieurs font ordinairement les plus riches.
- 90. „ A Hoen, toutes les couches font à peu près- delà hauteur de deux lach-„ ters (*) , le bande plus fupérieur eft épais de quatre pieds : il eft couvert „ d’une argille bleue, de l’épailfeur d’un pied. Delfous eft une autre couche de „ Holtz-kohlen, d’environ trois pieds ; cette couche eft furmontée d’une ar-„ gille bleue, jaune ou noire, d’un ou d’un pied & demi. Suit une troifieme „ couche de Holtz-kohlen, d’environ deux pieds ; celle-ci eft couverte d’ar-„ gille comme les autres ; & on parvient à la quatrième couche de Holtz-„ kohlen , qui 11’a qu’un pied d’épaiffeur ; elle eft enduite d’une mince cou-3, verture d’argille, laquelle eft fuivie du toit, nommé suffi le pendant, formé 33 par une argille ferme & blanche, ou par une terre fablonneufe.
- 91. „ A Bach, les couches font iituées comme les précédentes, à la pro-„ fondeur de deux pieds fous la furface de la terre, avec cette feule différence, „ que celles-là font au milieu, celles-ci au pied de la montagne où elles fe ,3 trouvent.
- 92. ,3 Quand , en cet endroit, on eutpercé le lit fur lequel repofe la cou-3,3 che la plus baffe appellée Sohle (**) , à la profondeur de quelques lachters ,• 3, & que l’on eut trouvé qu’il y avait encore fous cette femelle d’autres cou-33 ches, on jugea qu’elles augmenteraient à mefure que la montagne s’élève ; 33 & ayant ôté une partie de la furface, on avança plus avant en terre, & 33 l’on trouva en effet les couches de la hauteur de huit pieds, devant la Rufche.
- 93. „ Les couches ou bancs de Holtz-kohlen, augmentent ordinairement
- (**) Semelle, ou couchant du charbon.
- (*) Ou quatorze pieds.
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- „ à proportion avec la hauteur intérieure des montagnes ; de forte néan-„ moins que cet aGcroiffement fe renferme entre un & deux degrés ; & lorf. j, qu’on y avance par lefiolle (*) jufques fous la ligne horifontale de la mon-„ tagne, ces couches vont en diminuant par les mêmes degrés que la mon-„ tagne approche de fes pentes extérieures, de maniéré qu’elles donnent fur 3, la femelle de l’autre côté de la montagne: cependant ces Holtz - kohlen. „ avancent dans les montagnes régulièrement comme les autres couches , „ & ne s’y trouvent que rarement dilperfés fans ordre, & par tas.
- 94. „ On n’a pas'encore trouvé la fin de ces couches, de maniéré à pou-„ voir reconnaître jufqu’où elles s’avancent : 011 n’a pas encore trouvé non „ plus où elles donnent fur la femelle, parce qu’il faudrait des ftolles plus pro-„ fonds, & plus difpendieux.
- Article IV.
- De la manière dont on tire les Holt%-Kohlen.
- 9f. „ On n’a encore tiré ces charbons que par des ftolles ,fans pouffer les 3, travaux par des galeries dans les montagnes. On les a cherchés par des „ ftolles (17) avancées fur la face ou la pente de la montagne, autant que les „ terres ont pu fe foutenir; mais comme les couches ne font pas bien ap-„ puyées , & que pour la confervation des mines il faut laiffer plufieurs piles ,3 de charbon pour le foutien de la montagne, 011 a commencé les travaux 3, à Bach en levant la furface de terre, qui 11’a en cet endroit que deux lachters „ d’épailfeur , fur la première couche des Holtz-kohlen.
- 96. „ On a poulie enfuite un ftolle dans la montagne fur les charbons à „ environ cinq jufqu a dix lachters de profondeur, 8c l’on a pris les charbons „ tels qu’ils fe trouvaient devant le ftolle.
- 97. „ Pour continuer, il faut avancer le ftolle; & après l’avoir couvert „ de pierres , on continue d’enlever la furface de la terre jufqu’aux char-„ bons, & 011 prend de haut en bas les charbons jufqu’àla femelle de la ftolle;
- „ & eu continuant toujours de lever la furface & de remplir le vuide par „ derrière, on pourluit la recherche des charbons autant que l’on peut avan-„ cer les ftolles, fans trop grande difficulté, qui fe renc'ontre en ôtant la 3, furface, dont l’épailfeur augmente toujours ; & lorfqu’il n’y a plus moyen
- (*) FofTe , ou menée fouterreine. La fuite du difeours fait voir qu’il 11’entend
- (17) En allemand, Rofdien ; ce ne font ici que des Fofl'és ouverts par en-haut, & pas des galeries fouterreines , comme le dé- creufés fur au aü]travers des bancs de char-fignerait le mot allemand , Stollen , que bon de pierre, notre auteur juge'-à propos de conferver.
- Tome VL,
- A a a
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- de la lever, il faut alors tirer les charbons hors de la montagne, par ëii-,5 haut, & établir des fckachts ou puits.
- Article V.
- Nature des Holt^-kohlen,
- 98. » Ces charbons font de différentes efpeces 9 & diftingués autant par „ leurs couleurs que par leurs propriétés. Il y en a de durs comme du bois, „ bruns ? mêlés de foutre fubtil. D’autres font tout noirs , mais moins durs » ,3 & pénétrés d’un foufre affez groflier.
- 99. „ On préféré ceux de la première efpece, à caiife de leur foufre fubtil, ,j qui fait qu’ils brûlent mieux, & fans répandre tant de mauvaife odeur. 3, La derniere efpece eft moins bonne à brûler, & a une odeur exceffive de « foufre.
- 100. „ Quand ces charbons font amenés à l’air, ils fechent dans une heure 33 de tems, fans changer beaucoup , & fans diminuer de poids : mais quand „ on les expofe trop long-tems au foleil, fans les mettre à couvert, ils com-3, mencent à fe fendre en morceaux ; en moins d’uti an ils fe-confument d’eux-33 mêmes, en fe réduifant en poudre : tandis qu’au contraire , la pluie & 33 l’humidité ne leur font rien, brûlant également bien, fecs ou humides.
- iôi. ,3 Ils font pefans, propres pour le ménage de ceux qui demeurent 33 à la campagne, où leur mauvaife odeur eft plus fupportable ; car en com-„ muniqüant beaucoup de chaleur, ils font en même tems d’une aifez longue 33 durée.
- 10%i „ Les autres charbons, que l’on appelle communément charbons de 3, bois y font au Contraire de peu d’ufage , tels qu’iis fortent de la terre : mais 33 quand ils font à demi brûlés , comme on fait pour le vrai charbon de bois, ,3 ils deviennent très-propres à l’ufage des ferruriers ; & jufqu’ici je n’ai trouvé J, entr’eüx d’autre différence, linon que les charbons foffiles font plus tôt 3, colifumés par le feu du fouffiet, & qu’ils laiifent plus de craiTe.
- 103. „ Lorsqu’on a brûlé à demi ces charbons foffiles, comme on le pra-33 tique à l’égard des Vrais charbons de bois ,011 a remarqué qu’ils ont dimi-33 nué d’une troifiemè partie de leur poids & de la moitié de leur quantité. „
- Î04. Quelques auteurs mettent ces fubftances ou bois foffiles au nombre des vrais charbons de terre ; ils ne leur donnent pas d’autre nom : & lorf. que George 'Willing diftingue ceux-ci en charbon de jour, en charbon de toit, & charbon de poix, il fait de la fécondé efpece une defcription qui, relativement à fes couches, à fa furface, à la femelle, fe retrouve exactement dans les charbons de Wefterwald. Il remarque que ces charbons de toit ou de bois,
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- font affez fouvent changés, dans les endroits les plus profonds, en véritables, bons & gros charbons de terre ou de poix (*).
- 105. Quoi qu’il en foit, il eft évident que ces elpeces de mines de charbons foffiles, appelles quelquefois indiftinétement charbons Je terre, ne doivent pas être confondus avec les mines dont il s’agit ; elles ont à la vérité enfem-ble beaucoup de rapport, parla couleur , l’odeur de leur fubftance, par leur difpofition régulière en bancs, par les terres argilleufes interpofées entre chaque banc , par les fels alumineux qu’011 en tire , en les failànt bouillir , ou qu’on obtient de leurs cendres, principalement après les avoir laide quelque tems expofés au foleil ; enfin par le maftic bitumineux, qui dans les charbons de bois foiîîles fe trouve mêlé à une fubftance vraiment végétale : mais ils en different auffi par des caractères efléntiels : leur bitume eft toujours plus fec & moins gras que celui des charbons de terre, Steen-kohlen; les matières terreufes ou végétales enveloppées ou pénétrées par ce bitume, n’ont point été altérées ; elles 11’ont pris aucune configuration , aucune nature qui leur foit étrangère ; enfin il eft d’obfervation confiante, que ces charbons de bois foffiles , Hok^-kohlen , fe rencontrent plus près de la fuperficie, que les charbons de terre , qui font en général enfouis plus profondément, dont les couches fe trouvent toujours dans une pofition telle que fes bancs occupent la partie la plus baffe & la plus inférieure du terrein, & les bancs fchifteuK occupent la partie du milieu.
- 1 q6. Quelques auteurs penfent que ces amas de bois fofliles peuvent conduire à trouver du charbon de terré ; que fi ces holtz-kohlen ne font pas encore houille, c’eft qu’ils ne font pas affez profondément en terre pour que le bois ait été déoompofé jufqu’au point néceffaire, qui fait le vrai fteen-
- (*) Traité fur la génération des me' taux & des minéraux, par George Willing , pag. 28 , feét. 28,
- Il y a ordinairement trois fortes de ces charbons , charbon de jour, Tag Kohlen ; charbon de toit, Dach Kohlen ; charbon de poix , Pech Kohlen.
- La fécondé efpece, qui s’anoblit dans les montagnes , & devient un charbon gras de la troifieme efpece , appellée charbon de poix, contient un foufre groffier ; ils font mieux coagulés de fels, mêlés d’une argille plus épurée ; leur corps en eft d’autant plus durable & ferré ; ils font différens félon la différence de l’argille dont ils font compôfés : quand celle-ci eft jaunâtr* , lé
- charbon devient brun & femblableau bois pourri dans la terre, ce qui le fait aufli ap-peller charbon de bois. L’argille entre bleue & blanche , fournit des charbons plus bruns , & qui tirent fur le noir. Quand l’ar-gille eft noire, & de couleur de fer, le charbon fera aufli noir. Ces charbons de toit, Dach-Kohlen , font aflez propres à l’ufage des maréchaux, & autres : pour les rendre meilleurs & plus durables au feu , on leè pile , & on les pétrit avec une argille bien imprégnée de bons fels ; leur femelle eft ordinairement compofée d’une pierre argil-leufe , grade, & quelquefois fablonneufe , félon la nature des montagnes.
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- kohîens mais cette prétention ne paraît nullement fondée , fi l’on fait attention qu’il fe rencontre affez fouvent du bon & vrai charbon de terre très-peu avant en terre, & quelquefois même affez près de la furface, comme on le verra dans la fuite.
- 107. Il paraît plus naturel de chercher la caufe qui a empêché ces charbons de bois foffiles de devenir vrais charbons de terre dans les différentes fubf-tances terreufes, falines ou bitumineufes, dans lefquelles ils fe font trouvés, & qui ne font point de nature propre à opérer cette minéralifation , ou même qui l’empêchent. C’eft effentiellement par cette partie bitumineufe qu’011 peut rapprocher les holtz-kohlen des fteen-kohlen ou charbons de terres c’éft par cette partie conftituante commune, qu’ils donnent à l’analyfe les mêmes produits.
- Article VI.
- Analyfes de charbons de bois foffiles*
- 108. D’après "Wallérius (*) les charbons foffiles donnent à la diftillation une liqueur phlegmatique , un efprit fulfureux très-acide , une huile ténue, femblable à celle du naphte, une huile plus groflîere qui reffemble au pétrole, laquelle tombe au fond de la précédente, & paffe à la diftillation lorfqu’oti donne un feu violent, un fel acide femblable à celui dufuccin, êt une terre noire qui refte dans la retorte, quin’eft plus inflammable & qui 11e donne plus de fumée (ig).
- 109. M. Monti ( æ) prétend que non feulement l’huile des charbons foffiles a, comme on en convient, un rapport décidé avec l’huile de fuccin, mais encore que la réfine qui provient de fa diftillation , eft femblable à celle du gaïac, & peut être, comme elle, appliquée aux ufages' de la médecine. ^
- iiq. Quant au fel volatil qu’011 obtient par la diftillation des charbons foffiles, à la derniere violence du feu , (b) “ il eft aufli femblable à celui „ du fuccin, qui eft un fel volatil acidulé, faifant effèrvefcenee avec les M alkalis ; mais on ne peut nier qu’il n’y ait aufli un fel urineux. „
- (*) Introduction à la minéralogie , par “Wallérius, traduite par le baron d’Holbach, tom. I, page 360.
- (18) On voit par cette analyfe , que les charbons fofliles font formés par du naphte ou du pétrole, qui ayant rencontré des couches de limon ou de marne , les'a pénétrées. Une vapeur fulfureufe &pafiagere eû venue s’y joindre, & la matière s’eft durcie. Souvent de l’alun diflout s’elf uni à ces ubftances St leur a communiqué de nou-
- velles qualités. 'Wallerii minerai, p. jEJJais de chymie de Ph. Berger , tom. L Triewald, hijl. de Vacad. royale de Suède, 1740. Joh. Junclteri conjpeclus chemiæ, tom. II , p. 44. Scheuchzer, itin. Alp\ tom. II, p. 471. Shübe,pharmac.Jpagyr. lib. III. Bertrand , difi. desfojjîles, au mot charbon fojjile.
- (a) Comment. Bononienf. tom. III.
- (b) Note de Wallérius', à la page 33 des tentanuna chymica de Hyerne.
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- T T T. Je joins ici l’anaîyfe que nous avons faite , M. Macquer & moi, du charbon de bois foliile de Cuizeaux. L’exiftence d’un bitume y eftincontefia-ble j il s’allume aifément au feu , ainfi que le bois foffile , dont il eft une dépendance ; il donne une flamme bleue, en jetant d’abord une odeur de foufre abfolument pareille à celle de quelques charbons de terre. À cette odeur qui fe développe promptement, en fuccede bientôt une autre , qui eft une elpece d’odeur de fuccin très-pénétrante , & d’autant plus furprenante qu’elle devrait fe dilliper promptement, attendu la petite quantité de bitume qui eft confumée.
- 112. Le feu prompt de cette matière n’eft pas fi vif que celui du charbon de terres elle s’y éclate en petites parcelles, & ne peut pas fouffrir l’eau.
- 113. Ayant voulu l’eflayer par comparaifon avec les effets du charbon de terre pour la forge , nous avons trouvé que la foudure 11e prend que par fils, encore très-difficilement > 8c d’une maniéré pénible pour l’ouvrier.
- 114. La maffe foliacée qui refte après avoir éprouvé l’aélion du feu, donne une vraie fcorie, feulement plus légère que celle du charbon de terre , entremêlée d’une chaux rougeâtre fcorifiée à la furface.
- 115. Les portions qui contiennent beaucoup de coquilles , après avoir paffé au feu, font effeuillées comme certaines argilles , & feraientauffi compares, fans cette matière teftacée, dont elles font femées.
- 116. Un morceau de cette maffe foliacée, jeté dans l’eau , y a fifflé comme ferait un morceau de chaux médiocrement vive. L’eau s’eft couverte d’une fleur ou pellicule pareille à celle qui couvre les eaux de chaux ordinaires. Après quelques heures , cette eau a pris une couleur verdâtre approchante de celle du foie de foufre préparé avec l’eau de chaux. Voyez \examen chymi-que de ce charbon, fect IV , art. 5 , page 27. Une fpatule d’argent y ayant été plongée, s’eft noircie; & tant les alkalis que les acides en ont précipité, les uns une terre calcaire , les autres un véritable foufre. Aucun des moyens connus n’a pu y faire reconnaître de l’alun & du vitriol.
- 117. Quoiqu’il ne fût pas befoin d’expériences chymiques pour y découvrir la terre calcaire , nous avons cependant mis un morceau de cette fu bilan ce terreufe dans l’acide nitreux affaibli ; i’argille, ainfi que le bitume, y font demeurés intaéls. La partie calcaire s’y eft diffoute, & elle a été précipitée avec un alkali fixe.
- 118- Enfin nous avons mis une livre de cette matière dans une bonne cornue de grès , & ayant porté le feu par degrés jufqu’à faire rougir cette cornue pendant une bonne heure, nous avons obtenu en trois portions différentes quatre onces de liqueur , & tout au plus demi-once d’huile analogue à celle que fourniffent plus abondamment les charbons de terre.
- 115?. Les liqueurs étaient en différens degrés, alfez fenfiblement alkaîines
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- a?4 D U C H A R B O N D E T E R R E
- pour vôrdir le fyrop violât; cependant, en y verfant de l’alkali fi;ce ou de la chaux vive, il fe développe une odeur urineufe plus forte & plus abondante : ce qui montrerait que cet alkali volatil, foupçonné par l’aétion du fyrop violât, y eft en grande partie fous la forme ammoniacale.
- 120. Le rélidu de la diftillation pefait près de douze onces ; nous l’avons calciné dans une cuiller de fer, & il s’y eft comporté précifément comme la maife reliante de la combuftion à la forge, & y a préfenté les mêmes phénomènes.
- 121. Si l’on ne peut établir une comparaifon abfoîument fuivie entre les mines de charbon de terre & ces amas de bois fofîiles, confervcs par du bitume , on ne doit pas davantage mettre au rang des charbons de terre quelques fubftauces terreufes, combuftibîes , qui donnent au feu la même couleur , la même odeur. Libavius s’eft déterminé, fur ces relfemblances , à compter parmi les charbons de terre, la terre appellée communément terre de Colonie , parce qu’elle vient de cette ville, plus connue cependant fous le nom de terre d'ombre (19) , timbra obfcnre fiifca. Cette terre d’un brun foncé , qui eft une efpece de dépôt ocreux, ordinairement noirâtre & un peu bitumineux, 11e fe rencontre pas uniquement à Cologne. Aux environs de Theu, dans le marquifat de Franchimont, au pays.de Liege , on en trouve un lit de quatre pouces d’épailfeur entre des rochers. Les aéles de l’académie de Stockholm , tom. II, page 88 > renferment une analyfe très-détaillée de cette terre de Cologne, qui eft appellée par Wormius creta umbrià.
- 122. Pour la terre combuftible , nommée en Écoffe mojje earth , peat turf, dont il eft parlé dans les tranf. phil. ce n’eft pas une houille ( 20 ).
- (19) La terre d’ombre, en ail. Umber-trde , elt une terre fort légère, qui s’enflamme au feu tant foit peu , & qui à cet égard eft congénère avec les terres bitumi-neufes. Elle répand une odeur forte & devient blanche après avoir été calcinée à un feu violent. On en trouve en Italie qui eft d’un brun clair. Celle de Salberg en Suede eft de la même couleur; celle de Cologne eft d’un brun foncé. Voyez Libavius, fingul. part. III, pag. 1030. Bertrand, diéïion. desfojjtlcs , au mot ombre.
- (20) La tourbe, en ail. Torff, Rafen-torf, Torferde, eft un aflemblage de di-verfes plantes & racines, diverfement altérées. On pourrait à quelques égards ranger Ja tourbe parmi les fubftances bitumifteu-
- fes , en vertu de la facilité avec laquelle elle s’enflamme ; mais elle diffère des charbons fofîiles , 1 v. par fon lieu natal. Elle fe tire des marais , au lieu que les charbons de terre fe trouvent par veines ou par lits fur les. collines. 2°. La contexture filamenteufe des tourbes fert encore à les .diftinguer du charbon, qui eft compare, par feuilles. Voyez Deggeri diJJ'ert. phyfîca de turfis, Junckeri, confp. chemin thcorct. pracl. tom. II, tab XLVIII, de cefpite infiamma-bili, turf a, pag. 39 & feq. Halæ , 1718, in-40. Journal des Javans , tom. XLIV , 1704, p. 171, 172. Journal econom.de Paris, mars & avril 1758. Traite‘des tourbes , par Charles Patin, Paris, 1663 , in-4.». Bertrand, diéî, des fojjtles, au mot tourbe.
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- .Jim,.
- TROISIEME SECTION.
- Fitrallele entre les bitumes folides, & le charbon de terre.
- 123. Quant à la clafle à laquelle on peut rapporter le charbon de terre, tout concourt à le faire ranger dans celle des bitumesJblides. Ce nom eif donné à des matières inflammables & concrètes , qui ont féjourné dans les entrailles de la terre, & qui font impénétrables à l’eau.
- 124. L’histoire naturelle de plufieurs mines, telles que celles de Goslar, des carrières d’alun , d’ardoifes , des mines de fel commun, de fel gemme, & de plufieurs eaux minérales, qui contiennent du bitume , fait connaître qu’il y a quantité d’efpeces différentes de ce fofïile répandues dans le globe (*). Les anciens naturalises font mention d’un aflfez grand nombre, fur lefquels ils étaient partagés de fentimens ; la plupart de ces fubftances, telles que l’ampelitis , la pierre de Thrace , le fpine , & plufieurs autres, 11’étant aujourd’hui connus que par les deferiptions qui en font reftées , l’obfcurité n’a fait qu’augmenter.
- I2<>. Ce que Ton peut dire, c’eft que les anciens regardaient les houilles de Liege , qu’ils appellaient terra ampelis, comme une efpece d’ambre 5 quelques-uns ont pris la pierre de Thrace pour le charbon de terre ; d’autres, pour une efpece de jaïet. On les paffera ici en revue , afin d’en rendre la compa-raifon plus aifée.
- 126. La terre médieamenteufè, appellée terre ampdite ou pierre noire; en ail. fvart^-Steen of aarde ; par les Latins ,fuccinum nigrum , ampelitis. Agricol. terra ampelitides , terra pharmacites ; pharmaciùs , terra bituminofafijjïlis ,’Waî-lerii, tom. I,pag. 3 5:9 , eft une terre opaque, feche, folide , qui fe trouve dure dans quelques endroits, plus tendre dans d’autres. Elle 11’eft pas fufible, mais elle eft facile à s’enflammer , & en brûlant donne une flamme vive , blanche & brillante ; elle eft noire comme de la poi;x, d’un brillant doux, & d’une teinte qui n’eft pas aufîi foncée ni aufii brillante que le jaïet : elle ne fermente pas avec l’eau-forte 3 elle repréfente de longs charbons 3 elle eft aifée à fe fendre par éclats : lorfqu’elle eft broyée, elle fe fond aifément, fi on y met de l’huile. Ce qu’on appelle pierre noire ou pierre à marquer, craie noire (**) ,
- Cl Ele'm. de chymie, fuivant les pr inc. (**) FiJJilis molli or , friabilis ^piciorius;
- de Becker, de Stahl, traduit du latin de nigrica, creta nigra , creta fuliginca. Juncker, par M. de Machy , tome IV, V/orm. Craie de fuie , en angl. lilack kad. page 2 $ 2. ’vsadt. zwarte kryte.
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- DU CHARBON DE TERRE
- qui fe trouve dans quelques parties de l’Angleterre, & à la Ferriere près'.d’Alençon en France , en ell une efpèce (21 ).
- 127. Il y a de ces pierres noires , dont la dureté eft fiipérieure à celle du jaïet, qui reçoivent le poli, & pourraient être employées à différens ouvrages d’ornement: on pourrait croire que celles-ci font Vampditis, & que les autres qui lui reffembleiit, mais qui font plus tendres, font celles qu’on a appellées ampditides.
- 128- Ces propriétés, ou du moins quelques-unes, rapprochent Vampditis du lapis hybernus (*), delà pierre que Wormius nomme pnigites (**), qui ell décrite par Pline & par Diofcoride ; enfin on trouve dans les propriétés de ces différentes pierres ampelites & ampditides, de l’affinité avec l’eipece de charbon de terre d’Angleterre, qui peut être poli, fculpté & gravé , fur lequel je reviendrai en fuivant la comparaifon que j’en fais avec les fubftances folides.
- 129. Le jais, geeft, jaïet, gagathes Dioscoridis , pangitis Strabonîs , gagathes, & fuccinum nigrum ofjicinarum , gagas , objidianus lapis ; gemma Sa-mothracea P LIN 11. Bitumm durijjimum , lapideum nigmm. Waller, tom. I, page 363 , G, Berg-iWachs, gagathj en anglais agaat-jleene, en fuédois jordbeck , eff une fubffimce dure , feçhe , luifante , d’un beau noir, brûlant comme de la poix, en donnant une fumée épaiffe (22).
- 130. Cette matière fe trouve en Angleterre, dans les mines de charbon,’ d’où l’on peut préfumer qu’elle tient de la nature de ce dernier. Il y en a auffi à M0011, en baffe^Normandie, à trois lieues de Littry, où il y a une mine de charbon de terre (23),
- (21) L’ampelite , en ail. Berg-bech-erde, eft une terre bitumineufe , qui brûle d’autant moins qu’elle a été plus defleebéeau fpleil, & qui répand une odeur très-forte. On en trouve près de Grenoble , qui fe coupe aifément comme la tourbe , & brûle mieux , lorfqu’eüe eft fraîchement tirée. C’eft la gleba gratianopolitana , de Wor-mius. On trouve de cette tourbe bitumi-neufe près de Zurich. Bruckmann , magna-lia Dei, pag. ç 7. Il y a aufti une terre bitu-nftneufe , qui fe leve par feuilles , comme le charbon de terre, ou l’ardoife ; c’eft Vampditis d’Agricola. Vampditis de Diofcoride eft auüi dur que le jaïet. On en trouve en Angleterre, qui reçoit un beau poliment, & dont on fait divers ouvrages. Voye-z Terra mufai regii Drefdenjzs,’D. Chrift. Gotdieb , Lipfia g 174.9-5 pag. 74^**-
- C) Tegula lujbernica , Irish Slatë, pierre d’Irlande, Le célébré Fifller la fait entrer dans une poudre compofée , réfolutive.
- (**) Pnigites offie. Terra pnigites. Aldo-vrand. en angl. black aerth ; en holland. zwarte aerde. Terre noire.
- (22) Le jaïet fumage pour l’ordinaire dans Beau ; il prend du poli & de l’éclat. Lorf-qu’on le frotte, il répand la même odeur que le charbon de pierre ; comme le fuccin, il attire la paille. On le confond fouvent avec i’agathe noir, qui n’eft point inflammable , qui eft plus pefanc, & qui a quelque tranfparence.
- (23) On en trouve en Allemagne, en Suede & en quelques endroits de l’Angleterre. Le Dauphiné fournit du jaïet. 11 y en* a en Languedoc, à la Baftide du Peyrat, dans le diocefe de JVIirepoix. On en trouve
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- 131. D’après la defcription des anciens, leur jaïet reflemble à du bois pourri ; 011 trouve en effet de cette matière , dont l’intérieur reflemble fort à une écorce de bois. Wormius ne regarde le jaïet que comme une efpece Sampditis, qui n’en différé-que par la dureté. Ce même auteur prétend que le diamant de Samo-Thrace de Pline (<0, n’était pas autre chofe que le jaïefc poli & travaillé ; ainlî que la pierre de Thrace de Nicandre , & la pierre d’E-* thiopie nommée verre objîdien & pierre obfidienne, dont parle le même Pline (b).
- 132. Dans la province de Stafford, en Angleterre, on croit que le charbon de terre eft cette pierre obfidienne des anciens : toutes ces différentes opinions 11e peuvent être éclaircies que par la vue de ces matières, dont la plupart font inconnues.Tout ce que l’on peut en dire, c’eft que pour ce qui eft du verre obfidien , ceux qui croient que c’était un charbon de terre, font abfolument dans l’erreur. La pierre obfidienne gravée, antique trouvée à Rome en 1760, & deux autres petits bijoux de cette matière, qui fe voyaient dans le riche cabinet de feu M. de Caylus, font d’une matière vifant à la diaphanéité, 8c ont peut-être été vitrifiés ; ils ne paraiflentguere différer d’une améthyfte claire tirant fur le noir.
- 133. L’ampelitis & le jaïet ont entre eux cette différence , que Varr,~ pelais ne fait point de flamme, à moins qu’elle ne foit aidée par des fouffiets , & que fon feu ne donne point d’odeur bitumineufe , au lieu que le jaïet s’allume au feu en répandant une odeur de bitume.
- 134. Le lapis thradus officinarum (c) était une fubftancebitumineufe, dure, fragile , très-inflammable , ayant au feu une odeur défagréable. En voici la defcription : ( d) Si lapis uratur candenti thradus igné, &pojl madefiat aqua, jlagrabit totus, & idem mox oleo affufo penitus rejlinguitur.
- 13^. On dit que, quoiqu’elle fe trouvât quelquefois dans la riviere de P011-to , elle fe rencontrait auffi dans les entrailles de la terre, d’où il eft vrai-femblable qu’elle avait été entraînée: d’ailleurs cette pierre bitumineufe eft ordinairement alliée avec un fel vitriolique , qui s’effleurit quelquefois fur fa furface (24). Voye^ fes diiférens noms dans le catalogue alphabétique.
- 136. Le Stinkingveïn , ou la veine puante, qui eft un charbon d’une odeur fulfureufe & dont la dureté le rend propre aux ufages méchaniques , paraît à cet égard n’ètre pas différent de la pierre de Thrace; ainfi que 1 zfpinus oujpilus des anciens 9 autre efpece de bitume folide, qui étant expofé
- à Poupidou , à Lorau , à Larclavet, dans le Thracian Stone.
- Vivarez & le Gevaudan. (d) Màthiol. ex Galeno.
- . (p ) Gemma famothracca. Lapis objt- (24) Ou plutôt cette fubftance contient dianus. ' ^ des particules vitrioliques , qui fe décom-
- (ù) Liv. XXXVI, c. 26. pofent par l’aétion de l’air , & fe réunifiant
- (c) En holl. Thracierft Stemen angl. enferable , forment du vitriol.
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- BV CHARBON DE TER R E
- en monceaux au foleil, s’enflammait, fur-tout lorfqu’il était mouillé, & qui pourrait être le fpin coal, dont il fera parlé à fart. III de lafeélion u.
- 137. N’en ferait-il pas de même de l’afphalte (>25)? afphaltos, bitum&n judàicum offîcinarum ; bitumen nigrum crajfim ; afphaltum.
- * 138. Sa pureté fait qu’il fumage dans l’eau ; on en a vu des morceaux
- de deux pieds de longueur & de largeur, très-noirs, aifez durs pour être fufceptibles de poli. L’afphalte eft luiiant, d’un noir pourpre , & donne une odeur forte , dans laquelle on démêle quelque chofe d’approchant du fuccin. La matière qui relie dans la retorte après la diffcillation du fuccin, ne diffère prefque point de l’afphalte du commerce, que l’on eft porté à préfumer ma^ tiere factice ; cependant on ne peut pas nier que ce bitume ne foit natif des entrailles de la terre. Hermann dit en avoir trouvé dans une isle du cap de Bonne-Elpérance. Voyeç le catalogue alphabétique.
- 139. Parmi quelques charbons de terre, il en eft qui, à l’odeur près, ref-femblent fort à l’afphalte , quant à la pureté & au coup-d’œil, comme il en eft qui different peu du jaïet; comme aufli l’on voit du jaïet que l’on pourrait à la vue confondre aifément avec l’afphalte & quelques charbons de terre.
- 140. La matière bitumineufe qui fe tire dans le voifinage de Wirtemberg, fort relfemblante à du fuccin qui n’aurait paifé que légèrement au feu, & qu’on appelle fuccin, paraît tenir un milieu entre le charbon de terre & le jaïet, & n’ètre qu’une efpece de houille. On a des preuves de cette grande affinité du charbon de terre avec le jaïet ; c’eft un charbon foffile de Vienne en Autriche, fur lequel on reconnaît une couche de bitume très-pure, femblable à du beau jaïet, ou à du kennel coal, placée entre deux couches de charbon de terre.
- 141. Les ouvrages dont j’ai parlé, que l’on fait avec le kennel coal (pl. I, fig. 2 ) , repréfentent à la vue, la matière reftante dans la diftillation du fuccin. Ce charbon d’Angleterre, qui eft extrêmement pur , confidéré brut,
- ( zç ) En allemand , Bergpech, Juden-pech , Erdharz ; en fuédois ,,, Judenbech. L’afphalte eft une forte de bitume folide , un limon vifqueux, gluant, terreftre , coagulé par le foleil. Lorfqu’il eft pur , il fur-nage dans l’eau ; il eft brun & grenelé lorfqu’il y a de la terre. Tel eft celui que nous avons dans le comté de Neuchâtel , aux environs de Couvet, dans le Val-de-Tra-vers. Celui de Chavornex, dans le bailliage d’ïverdun , canton de Berne , eft plus fa-blonneux. Le bitume judaïque nage fur les «ami de la mer Morte. Il y a dans la Chine
- plufieurs lacs femblables. On en trouve dans les mines de Dannemarc , qui , lorfqu’il eft diftillé, dépofe une matière épaifle. Voyez bibliot. italiq. tom. I, page 112. Voyez encore , Eirini de Heirins , prof, en grec & dodt. en méd. dijfertation fur Vaf phalte, ou ciment naturel, découvert de. puis quelques années au Val-de.Travers , dans le comté de Neuchâtel, avec la maniéré de remployer, tant fur la pierre que fur le bois ; & les utilités de l'huile qu'on en tire. Paris, fous Rome, 1721. Bertrand , difl. desfojjiles, au mot afphalte.
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- îorfqii’onle caffe au hafard, fait voir à la furface de fes fragmens, dont un côté eft concave & l’autre convexe , comme le Jîlex , des traits difpofes en rayons divergens, ainlî qu’on en remarque dans plufieurs bitumes folides, tels que le jaïet, le foufre vif ou natif, tranfparent , l’afphalte, l’orpiment" rouge", même dans le goudron folide, dans cette matière réfineufe qui rélfe au fond du vaiffeau après la diftillation de la térébenthine, & qu’on nomme coLophom , ainfi que dans les onguens folides, dans l’emplâtre de cérufe, l’emplâtre diapalme , le diachyLum (impie, & tous autres , après la cuite defquels on ne mêle pas une grande quantité de matières liantes ou pulvérulentes.
- 142. C’est abfolument le même effet que dans les cailloux & dans les dendrites de Cavereaux près d’Orléans, dont chaque portion défunie iaiffe appercevoir fur les furfaces , par lefquelles elles fe tenaient, une portion de cercle convexe & une autre portion de cercle concave. Entre les charbons de terre que j’ai ramatîés de quantité de pays, cette particularité* ne s’ob-ferve bien que dans le kennd coal, fur d’affez grandes furfaces j & dans une efpece de houille graffe de Liege , tirée de la foife appellée dd nouve pair, c’eft-à-dire , La nouvelle paire, fur la hauteur de Montegnee , à un endroit nommé Verd-bois. Ces facettes y font très-multipliées , mais dans des efpaces d’un pouce au plus.
- 143. Il 11’y aurait donc point d’abfurdité à avancer que tous ces différens' bitumes , tant ceux qui font connus aujourd’hui, que ceux qui ne le font plus, font des efpe ces de charbons de terre (26), n’y ayant entr’eux d’autre différence finon que le charbon de terre , proprement dit, eft celle de ces iubftances qui eft plus groifiere , moins dure & moins dénuée de parties terreufes : ce font ces parties terreufes qui, en divifant le bitume du charbon de terre , empêchent qu’il 11e puilfe, comme les autres bitumes, fe liquéfier au feu & s’allumer fi promptement ; mais aufix e’eft, de toutes les matières com-buftibles de ce genre, celle qui conferve le feu plus long-tems & plus fortement.
- 144. Quoi qu’il en foit, les matières terreftres qui altèrent le bitume des charbons de terre, ne font pas, du moins dans quelques efpeces, celles qui s’y trouvent en plus grande quantité. Le coup-d’œil eft fuffifant pour porter quelquefois ce jugement fur la quantité du mélange de matières terref-tres avec les autres parties du charbon de terre , & fournir des idées fur les
- (26) Le bitume eft le genre, & le char- olea , eft plus épais. La malthe, enlat. bon de terre l’efpece. Voici comment on maltha\ en ail. Bergthe.cr ; en fu'éd. Berg* peut claGifier les différentes fortes de bitu- tiara, eft molle. 4.0. L’afphalte eft folide. mes. i°. Le riaphte,en ail. Bergbalfam , ç°. L’ampelite eft affez pure. 6.V Le lithan-
- eft le. plus liquide. 2Q. Le pétrole , petro- trax eft Affile. 70. Le jaïet eft.très-dur.
- IcUm , en ail. Bergôhl, en fuëdois Berg-
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- parties conftituantes de cette matière ; mais une expérience de M. Zimmermann femble en être la preuve (*) : il dit que deux onces de charbon de terre brûlé jufqu’à calcination , perdent une once , fix gros & feize grains; qu’elles donnent par la leffive fèpt grains de fel fixe ; qu’il n’eft foluble ni dans l’huile, ni dans l’eau, ni dans l’efprit-de-vin. Cette expérience conduit naturellement à examiner les parties que le feu détruit dans le charbon de terre; au point de ne s’y plus retrouver , lorfqu’il a été brûlé.
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- Q.U A T RIE M E SECTI.O N.
- !' ‘ Des matières combujlibles alliées au charbon de terre.
- 14?. 3Le charbon dé terre, confidéré quant aux parties qui ne réfiftent point au feu , préfente eifentiellement une matière qui eft par elle-même inflammable. Eft-ce uniquement du pétrole , ou une autre efpece de bitume, comme l’a prétendu M. Berger ? Eft-ce la pyrite que la vue fait appercevoir dans tous les charbons de terre? Eft-ce le foufre que plufieurs naturaliftes alfurent ne s’y trouver jamais ?
- 146.CES recherches étrangères à l’article de l’exploitation, nous mèneraient trop loin; je me contenterai de palier en revue les parties conftituantes du charbon de terre.
- ; Article premier.
- Des pyrites•
- 147. Parmi les matières les plus frappantes à la vue, lorfqu’on viftte les mines de charbon de terre , 011 peut mettre les pyrites , auxquelles on doit attribuer les différentes exhalaifons inflammables , ou non inflammables, qui font fi communes dans toutes les mines.
- 148. La pyrite eft connue parmi les naturaliftes fous les noms de lithos 'pyrites , lapis pyrites , pyrita , lapis igniarius, lapis ignifer, lapis lucis , 0:1 français , pierre-à-feu, parce qu’expofée à l’air, ou mouillée, elle s’échauffe ; 'ou parce qu’elle étincele quand onia frappe avec un corps dur (**). On lui a auffi donné les noms de mondique , pierre-à-feu , pierre d? arquebufade.
- (*) Fondement de la chymie pratique nera difformi, pallide flava , nitente, Py~ ' théorique , page 1252 ; ouvrage allemand , ritesJu/phurcus rudis. Pyromachus vcte-2 vol. ruai; en ail. Kiejs, Kupfcrjleiti, Kupfcrcrzi
- C*) Sulphur ferro miner al fatum , mi- en holl. Vuur-Jieem Voy. le catal, alphaby
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- ET DE SES MINES.
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- 149. On donne le nom de pyrite en général à toute fubftance minérale, pefante, brillante & cryftallifée , dont les principales parties conftituantes font d’une part, ou le foufre ou l’arfénic; & de l’autre , ou le fer ou le cuivre.
- 150. Le plus communément, ainfi que le remarque M. Henckel (27), les pyrites font martiales & accompagnées d’une pierre calcaire ; leur couleur eft rougeâtre, jaunâtre , changeante comme la gorge de pigeon : la plupart ont une alfez grande facilité à fe déliter à l’air, & enfuite à fe détruire; il y en a de plus ou de moins blanches : la pyrite du charbon de terre parait être celle qu’on nommz pyrites Jlavus , que les Allemands appellent fchweffel-Kiefs , pyrite de foufre.
- if 1. Dans quelques provinces de France on a confervé à ces pyrites, ou aux charbons qui en contiennent, le nom allemand de Kiefs. Il fe trouve des charbons qui n’en montrent qu’une forte d’enduit fur la furface ; tel eft en particulier celui que les Anglais appellent la queue de paon. C’eft en général à cette matière qu’il doit fes teintes plus ou moins fortes, variées comme l’iris, ou de couleur d’or, qui fe remarquent dans plusieurs variétés. Les repréfentations d’animaux, & le tableau original dont Munfter (a) donne la defeription, d’après des charbons d’une mine de Saxe, n’ont point d’autre origine.
- if2. D’autres fois ces pyrites font en maffes irrégulièrement figurées & arrangées , mêlées avec beaucoup de fehifte , de mica (b) : on trouve des efpeces de veines avortées de charbon , qui iont prefque entièrement pyriteu-fes , & qui par cette raifon font verdâtres, jaunâtres, bleues, violettes ou pourpres, donnant les couleurs changeantes de la queue de paon , ou de la gorge de pigeon ; les houilleurs Liégeois les appellent bouxtures. On verra à l’article des charbons de Liege, ce que c’eft que cette efpece ; tous ceux qui font de naturepyriteufe conièrvent, îorfqu’ils ont palfé au feu, les couleurs jaunes , rouges, bleues & violettes, qui les rendaient agréables à la vue.
- if 3. Sur ce que les eaux qui filtrent à travers les mines de Champagné en Franche-Comté ont ces mêmes teintes, des ouvriers de Bâle ont emporté de ces morceaux pyriteux, nommés à Champagné quiffes, pour effarer de teindre des toiles en indienne ; ce qui ferait peut-être poilible, fi l’on en juge par une expérience de M. Deslandes , confignée dans les mémoires de l’académie (c).
- (27) Dans fapirytologie, ou hifloire ' des ordinairement le mica blanc , appelle ar-pyrites. gent de chat, mica alba , mica argentea,
- (a) Cofnograph. L. V, p. m. 117s'. argent um félin m. Argyrolithos..
- {b) Taie en petites lames, au lieu d’être (c) HiJK de l'acad. des Jciences , 1713, en grandes maffes. Argirites Kundmanni, page i2. en l'uéd. Schirnmer > en ail. Giimmcr. C’eft
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- If4. De îa cendre de houille infufée dans de l’eau-de-vie, & mêlée avec de la limaille de fer, produit une teinture noire qui s’éclaircit à mefure qu’elle s’échauffe ; lorfqu’elle commence à bouillir, elle prend une couleur plus douce que le gris-de-fer ordinaire. M. Deslandes donna à de la laine crue cette agréable teinture, & aucun ouvrier ne la put imiter.
- iff. Plusieurs auteurs penfent que le mother-biflus, avec lequel on teignait les laines, & dont Pline fait mention (28) » était de la cendre de charbon de terre, ou de la tourbe confumée ; ce qui eft affez conforme à ce qu’on trouve dans Agricola, delà propriété des cendres du charbon de terre pour colorer en noir les poils & les cils , attribuée auffi à Vampelitis } dont on pourrait rapprocher quelque efpece de charbon de terre.
- if6. Quoiqu’on trouve par-tout des pyrites, M. Henckel prétend qu’il y a entre elles & les charbons de terre une forte d’affinité (*). Mais fans difcuter ce fentiment, je ne traiterai ici que des expériences qui ont rapport au foufre, comme fubftance qui peut fe trouver dans les charbons de terre.
- Article II.
- Du foufre.
- if7. Ce compofé d’acide vitriolique & de phlogiftique , le foufre (**), ne fe trouve point dans tous les charbons ; plufieurs phyficiens prétendent même qu’on n’y en trouve jamais: il eft cependant fenfible dans quelques-uns*, & attendu que l’on ignore les changemens qui arrivent au foufre dans les entrailles de la terre, il eft permis de le foupconner dans les charbons qui ne le lailfent pas appercevoir , puifque les pyrites font les feules fubftances qui fourniffent le foufre commun. Il eft même vrai de dire que la plupart du tems, lorfqu’on taxe un charbon de terre d’être plus ou moins fulfureux , il faut entendre qu’il eft plus ou moins pyriteux. En effet, le charbon eft conftamment, fenliblement ou infenfiblement, pyriteux ; & il eft certain que les charbons de terre ne contiennent point de foufre naturel. Le favant traducteur de Henckel obferve même que, s’il y a quelques charbons qui en contiennent, il leur eft entièrement étranger, & qu’il y eft communément fous la forme d’une pyrite , que l’on fait être la vraie matrice du foufre. if8* Ie ferait donc évidemment faux, comme l’avance très-bien M. Ku-
- (28) On ne trouve point ce mother.bijhis de l’anglais, dans Pline , & l’on ne voit pas où M. Mo- (*) Origine de îa pyrite.
- rand a puifé cette anecdote. Tout ce qu’on (**) Sulphur, en holl. Soîpher. Lcven-
- peut foupconner, c’eft que çe mot eft tiré dige Zwavel.
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- lella (*0, de prétendre qu’il ne fe trouve du foufre dans aucun charbon; dans celui de Zwickaw en Saxe , il fe manifefte en quantité , foit par la nature des vapeurs qui s’en exhalent, foit par la maniéré dont il brûle. Cet auteur ajoute qu’il ne faudrait pas non plus conclure que les charbons, au milieu defquels palfent des filons , qui ne donnent que des pyrites fulfureu-fes , doivent par conféquent avoir auffi du foufre : ce qu’il eft aifé de voir dans le charbon de Wetin.
- 159. Dans la mine de Witeharen, province de Cumberland, au-deffous de Moresby, où les mines de charbon font les plus profondes , les côtés du fchifte qui forme l’enveloppe des veines de charbon, fe font trouvé entièrement incruftés de foufre (é).
- 160. On trouve dans les mémoires de l’académie des fciences , deux expériences fur le charbon de terre d’Angleterre , d’après lefquelles il paraît qu’il contient du foufre (c). Les différentes analyfes du charbon de terre, dont on donnera un extrait dans cette première partie , feront voir que tous les charbons ne contiennent pas de foufre. Foye^ fes différens noms dans le catalogue alphabétique.
- Article III.
- Des fels accompagnant le charbon de terre.
- i<?i. Le charbon de terre contient fenfiblement, en quantité plus ou moins grande, différens fels natifs, c’eft-à-dire , qui réfultent de la décompofition des pyrites. Ils font tous fels neutres , de l’efpece de ceux qui font formés de l’union de l’acide vitriolique & d’une terre crétacée , ou qui font le produit de l’acide du foufre uni avec une terre métallique.
- Alun.
- 162. Plusieurs charbons fe décompofent à l’air , s’y réduifent entièrement en une poufliere d’un gris de cendre qui prend la forme de fils déliés,
- (a) Effctis & expériences chymiques , Berlin, 1756, où l’on trouve un examen chymique du charbon de terre; ouvrage allemand , que j’aurai fouvent oc-cafion de citer. J’en dois la traduction à la complaifance de M- de Machy , connu par fes travaux chymiques, & par le plaifir qu’il trouve à fe communiquer volontiers. Les
- defcripticns ou définitions chymiques que l’on trouvera en note dans plufieurs endroits de cet ouvrage, font abfolument telles que cve chymifle les énonce dans fes cours particuliers.
- (ù) Tranfacücns philojbphiqves, aan,
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- {c) Ibid. ann. 1713 , page 12,
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- DU CHARBON DE TERRE.
- dont on peut tirer de l’alun (a)-, d’autres en préfentent des marques fen-fibles à leur furrace extérieure.
- 163. Beaucoup d’auteurs obfervent que, dans les endroits où il y a du charbon de terre , il le rencontre auffides terres aluniineufes : il parait que le plus ordinairement la houille, comme toutes les pierres combuftibles , eft alumineufe ; on en trouve de ce genre près de Commothau en Bohème (29), & dans beaucoup d’autres endroits. Wallérius en a fait une efpece qu’il appelle lithctnthrax aluminaris (b).
- 164.. Bruckmann (c) cite une efpece de charbon de terre de Nordhaii-fen, dont 011 tire de l’alun. D’après M. Hellot, la mine de charbon de terre de Laval dans le Maine , eft de cette efpece (d).
- 16). L’analyse que je donnerai des eaux des houillères de Liege, prouve que le charbon de terre de Liege eft alumineux. Dans plusieurs mines j’ai trouvé une grande quantité d’alun formé en crylfaux fur les pierres fchifteu-fes du toit, & attaché aux fentes des pierres qu’ils appellent grès. Tout le territoire de Liege, ouvert pour des mines de houille, l’eft également pour des terres d’alun, dont les mines font appelîées alunnures. Sur la rive droite 011 en trouve au-delfous de Vile , à Argenteau , dans les environs deRamioulle : fur la rive gauche, il y en a à Chokier, à "Warfufce, à mi-côte fous le château > à Ingis , à Flémal & à Huy. Le tout comprend une étendue de huit lieues de pays , des deux côtés de la Meule , depuis Huy jufqu’à Vifé, occupée aulli par les bures à houille, comme on le verra par l’état qui en fera donné. L’alu 11-niere de Chokier eft côtoyée par une veine de charbon à Roijje, qui eft à quinze ou vingt toifes de là.
- 166. La pierre quifert de matrice à l’alun du pays de Liege, eft un fehif-te (0 cendré, allez femblable à quelques portions fehifteufes du toit ou
- (a) Alumcn , en angl. common Alum , en holl. gemeen Alain , en ail. gcmcincr Alawn. Sel;? neutres, dont la nature invariable peut touffrir quelque différence extérieure , félon les terres ou pierres dont ils font extraits.
- (29) La plupart des charbons de terre contiennent des particules alumineufes ; c’eft ce que prouve le goût des eaux qui coulent dans ces mines. Quelquefois même palun fe répare & fe développe, comme le prouve M. de Linné , dans Ion voyage ai Rççinic, Schonifçhe Reifc, page 1,62. On tire avec avantage l’alun qui fe trouve dans
- ces terres bitumineufes, comme M. Morand le dit un peu plus bas de celles de Liege. Hofmann. obferv. p/ujjico-chem. L. 111 , obj. 8. Le charbon de Commothau , dont notre auteur parle ici, n’eft point un charbon de pierre ; c’eft un un charbon de bois foflile, fort chargé de particules alumi-neufes.
- (b) Tome II, page }oç.
- (c) EpiJîoU itincraricz , pag. 20, n. 13.
- (d) EjJai fur les mines.
- (c) FojJUispinguis , in aere dcflruflibilis, acccnfbilis. Alumcn lapide fijjîli miner ali-fatum. FijJilis ahiminofusy FiJ/ilis alumi-
- du
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- ET D E S'ES MJ N ES. v • 3**
- du plancher des veines de houille, niais plus fec ; en fe calfant il Tait voie la plupart des chofes qui ont été obfervées dans le kennei-coal & dans les bitumes folides, de éàqon qu’il 11e différé peut-être de l’autre que par le défaut de bitume & par la furabondance d’alun. La pierre de porc ( 3 r ) qui fe trouve ordinairement dans le voifinage des mines d’alun, fournit une huile fembîable à celle qui par la diftillation vient du charbon de terre ; elle relfemble au pétrole, & a une odeur forte. Voyc^ le catalogue alphabétique , & WaUerius, pag. 121 , tom. 1.
- VitrîoL
- 167. Les terres argilîeufes contiennent prefque toujours du vitriol martial j on verra que les différentes terres qui couvrent les veines de houille, font argilîeufes \ auffi piufieurs charbons de terre renferment-ils unacide vitrio-lique ordinaire, qui eü; le même que celui de l’alun. Lorfqu’un monceau de terre alu mine ufè a été long-tenis expofé à Pair, le vitriol (*) qu’il contient (32) fe montre en plulîeurs endroits de la furlace en formant un très-joli coup-d’œil, & fe travaille à part, avant d’en tirer l’alun. De la décomposition- à l’air des pyrites & de la houille, réfultent le vitriol &Talun» -
- 168- Bruck.ma.nn fait mention {**) d’un vitriol verd , fait par M. Meyer apothicaire à Ofnabruck, avec des charbons de terre de la mine de Berghlo'b, & il ajoute que l’expérience en a été répétée. On pourrait ajouter au charbon' alumineux dont je viens de parler, une efpece qu’on nommerait lithamhrax vitriolica.
- naris. Waller. Terre argilleufe (?o) , qui doit fon état feuilleté à la préfence ou à i’aétion d’un acide vitriolique.
- (?o) En allemand , tonigte Erde.
- (} 1) En allemand , Schweinjtein, Stink* fie n : bitumen fuiUum L.
- (*) VitrioLum. C/ialcantum. Atranmi-tuin.
- ( 32 ) Le vitriol eft un fel métallique, formé par un acide fulfureux , qui diffout les métaux folubles par leur action.: tels font le cuivre , le fer & le zinc. Le vitriol de cuivre , en ail. blnu Vitriol, en fuédois Elàjlen , eft de couleur bleue. On le trouve dans les mines , ou en cryftaux , ou en fta-îuétites , ou en fleurs. Le vitriol de fer, ou, comme l’appelle M. Morand , vitriol de mars , en ail. grimer Vitriol, en fuedois, Kopper ko II, eft de couleur verte. C’ell ce qu'on, appelle c g m mu né ment de la c.oupe-Tome VI,
- roje. Le vitriol de zinc , -en ail ’weijjer Vitriol, en fuédois , brants Vitriol, eft de couleur blanche. Il paraît fous la même forme que les précédons. Enfin on appelle vitriol mixte, ou hermaphrodite, celui qui contient des particules de plufieurs métaux. Celui de Hongrie , par exemple, contient du cuivre & du fer. On trouve des terres vitrioliques, .décompofées -& tombées en poudre par l’eftèrvefcence ou la fo-lution. La pierre atramentairc eft un vitriol minéralifé en pierre. Les pyrites font formées par un foufre vitriolique. Cet acide fulfureux entre dans les eaux & dans les plantes, comme dans les minéraux. V. Ber® trand , diclionn desfoJJUcs, au Riotvitriol. junckeri confpeUus chem. tom II,,p £41..
- C*) Epifiolœ itintraria, epift, 84, p. x 9,
- n*. 7 & 8.
- Ccc
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- JD U C H /ER B 0 N > D E TERRE
- • 169. Dans- la mine de Champagne en Franche-Comté, on trouve furies; charbons une grande quantité d’efflorefcence faline, que les ouvriers prétendent être de l’alun j mais en ayant dilfous à la chaleur la plus douce, dans une demi-once d’eau, environ un gros qui m’avait paru avoir un goût ftipti-que , vitriolique, martial ; ce gros a donné à l’eau- la couleur de folution de vitriol, de maniéré qu’après la filtration, il n’eftrefté qu’un fort mince précipité noir r-terreux. Verfé furda noix de galle, il a fur-le-champ donné une-teinte violette, qui s’eft enfuite foncée en noir tendant au pourpre mêlé de bleu, comme la noix de galle la donne à l’encre. L’huile de paître a produit une couleur verdâtre très-foncée , comme la donne le fer précipité du vitriol martial par l’alkali fixe (33.)
- c '
- Sel de Glauber 9 fil marin , fil ammoniac*
- 170. Il fuit de plufieurs expériences , que beaucoup de pyrites vitrioliques; ne donnent pas moins par la décomposition un fel marin, ou la bafe de ce fel, une terre, qui fe vitrifie, un fel de Glauber cryftallifé. D’ailleurs, M. Hellot a fait voir du fel de Glauber tiré du vitriol verd d’Angleterre,. fans y avoir ajouté aucune matière étrangère.
- 171. Le fel marin, que quelques chymiftes foupconnent par-tout où il y a du fel de Glauber, fe trouve par les mêmes raifons dans le charbon de. terre*
- 172. A Nicolaï en Siléfîe, c’eft le fel marin £*) qui domine dans, le charbon de terre 3 les pierres & les terres qu’on tire de la mine de cet endroit r fè trouvent même quelquefois couvertes d’une grande quantité de fel gemme (**)„ ou de fel marin.
- 173... D’après ce que rapporte Libavius, que les anciens Zélandais avaient avec les Efpagnols un commerce ouvert du fel qu’ils tiraient de leurs charbons-de pierre, & qu’ils préparaient pour leurs ménages , il n’y a pas lieu de douter que le charbon de terre de Zélande contient du fel marin ( 34). Dans la mine
- (33) Le vitriol de mars, qui fe trouve dans les bois bitumineux , allez communs dans différentes provinces de Saxe, eft chargé d’alun. Voyez Schreberi lithographia Halmjis, pag. 20. Les charbons de pierre , qui donnent par la décompofition un vitriol de mars pulvérifé, font toujours mêlés de petits cailloux, & ce font eux proprement qui produifent ce vitriol.
- (7) En angl. Sait, en holl. Zout.
- (**) En holL Stem , en angl. Soi g cm».
- Zout, en ail. Stein-Saltz.
- (340 Les habitans de la Zélande tirent leur fel de l’eau de mer , par le moyen du; charbon de terre* C’eft ce qu’a voulu dire Libavius , & non ce qu’a entendu M. Morand. On obtiendrait de bien mauvais fel ^ fi on voulait le tirer du charbon de terre j, & l’on ferait bien furpri's de voir des peuples entourés de la mer, recourir à. un pa* rtil expédient*
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- ET DE SES MINES
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- du charbon de terre près de Neucaftle, on trouve du fel ammoniac (a). On pourrait faire une queftion, à laquelle des fubftances bitumineufes, pyriteufes, fulfureufes, le charbon de terre doit-il davantage fa nature combuftible? L’examen de la qualité plus ou moins inflammable, de difterens charbons, que je remets à la fécondé partie de cet ouvrage, fatisferai je «rois, à tout ce que l’on peut demander à ce fujet{35). '
- Article IV.
- De la matière bitumineufe du charbon de terre.
- 174. Le charbon de terre contient particuliérement une efpece de réîîne terreftre (£) , qu’on pourrait comparer.au naphte ou pétrole , félon Ion degré de pureté, & de canfiftance. Cette poix minérale eft vraifemblablement la bafe du charbon de terre , puifqu’elle concourt le plus à fon inflammabilité, & qu’elle rend plus ou moins gralfe , plus ou moins feche, plus ou moins com-buftible , la terre avec laquelle elle eft mêlée.
- I7f. Il 11’y aurait point d’abfurdité à croire que c’eft cette portion bitumineufe qui , lorfqu’on touche le plus légèrement poffible un morceau de houille, grailfe les doigts li facilement, & qui eft particuliérement fenfible dans Pelpece de charbon qu’à Liege on nomme charbon gras , appelle par-tout ailleurs charbon de forges.
- 176. On peut de même préfumer que c’eft félon qu’il s’y en trouve plus ou moins dans quelques charbons de terre , que les uns font flamme & fe collent en brûlant, tandis que d’autres ne font pas de flamme & 11e fe collent point.
- 177. Dans la mine de Champagne en Franche-Comté, on tire de l’huile du charbon qu’on en exploite.
- 178. Cette même matière bitumineufe , qui exifte inconteftablementdans le charbon de terre, qu’on reconnaît dans plufieurs mines fous diflèrentes formes, 11’y eft point toujours dans un état égal de conliftance & de fie cité; il eft des endroitsjoù cette fubftance liquéfiée devient une efpece de guhr (c) on&ueux & réfineux, qui coule des montagnes : on voit de ce pétrole liquide
- La réponfe à cette queftion n’elt Wallérius , tom. I, page $4.}. pas fort difficile. Le charbon de pierre n’eft (6) Bitumen fegne , craJJ'itm , nigrum. pas compofé d’un foufre réel; l’on n’y Maltha. lledria terrejiris Waller, tom. I, trouve pas toujours du caillou. page
- (a) En h 011. Ammoniac Zout, en angl. 'c) Pleurs de mines, ou une exhalaifon
- Sal Armoniack, qui, peut fe rapporter au des galeries , & qui s’y attache. Mcdulla fel ammoniac des volcans. Minéralogie de Jiuida.
- Ccc ij
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- D £ Bzo x B Z TZRRE
- \3frS
- en Auvergne ,, où ijl'efffappeüé p?ge9 ce quQfiguifie poix liquide. Dans îes tranfacüonsphiloJbphiqws(’> M. Lifter fait mmitiojlid’ttne ligueur minérale trou* ^vée dans. une.mineidei (;*}.. > *, •, n . . > •>, »
- L|:s:^aux qui;t;%Yvei-f®iU6 les miîies de charbon de terre,'en tiennent quelquefois emafïçz.grandq quantité pour y ètteffenfibles >j comme on le fera obferver à l’article des eaux des'hmlilleîes;. v , /, •,. , a
- A „* I T I C L E ' V. charbon, dç terre x ço.njidtri chymrquemenA.
- rgo» 'Les variétés fenfibles'.qui f®’trouvent dans l’hlliage du charbon de terre,, tendent uéceffairement à en faire adopterdes différences,fans nombres que l’on a- délignées dans plusieurs pays fous des noms particuliers. '
- i&r.. Je remarquerai avec M. Zimmerman (**) , qu’on n’a peut-être pas fait atfezc d’attention.à, ces différences lorfqu’on a voulu établir une opinion fur la nature & fur la formation de ce foffilea Chaque naturalifte ayant décrit & examiné l’efpece de charbon de, terre qu’il‘a eue fous fes yeux, ce 'qui a été avance, p pur une,sefpeeq n’a pu: le fou tenir pour une autre, & a'donné lieu à la variété; d’opinionls que. l’on trouve:entre ceux qui en ont écrit/ 7
- 182. Le charbon de terre, traité par la diffillation, offre des différences coniidérables dans les produits. En confultant les auteurs qui ont fait part de leurs travaux en ce genre, la plupart annoncent, dans ce foffile, i°. une double huile une cqi]i eit fubtile 5iune autre pefante & noire j 2*. un efpritj 3°. un fel concret 5,4°. enfin, un: réjidu terreux maisdJs ne font pas d’accord fur la nature de cette huile & de ce fel, ni même de la terre.
- 183. Quelques-uns vont jufqu’à avancer qu’en dilfiliant le charbon de terre on en tire les mêmes produits que de la vraie réfine des arbres 5 ce qui a induit le lavant traducteur de Henckel à regarder ce fofîile comme un décompofé d’une matière ligneufe qui contient, outre une fort grande quantité de terre. , une matière graffe de la nature des huiles végétales, ou des corps réfineux. Il femble en généra!, que les bitumes ont un très-grand rapport avecjes huiles végétales, épaifiies par les acides.
- 184- Pour ce qîii efl de l’huile du charbon de terre , celle qui eft la plus groifere , qui pafle eh fécond , a fadeur & la couleur qu’aurait la première après y avoir dirions un peu de foufre minéral ; elle noircit les vafes d’argent comme ferait le baume de foufre , ou la folution de ce dernier qui ferait faite
- ; 3 666 , Rum. 8 . art.. 4;,, Journal economique, du mois d’avril 1751,
- JJemoiie J or ie charbon de terrev page 57*»-u. V. - '
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- E T n E SES MINES. ,
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- dans de Vhuile ( a\ A Liege » dans les tems de pluie , la fuie qui a été lavée dans les cheminées, donne abfolument la même odeur que cette fécondé huile.*
- 18^. Ll? fel des charbons de terre a été pris par quelques auteurs pour une efpece de falpêtre (O ; Par d’autres , pour un fel marin > il en eft qui le prétendent fel acide , femblable à celui du fuccin.
- ig 6. Les uns regardent la terre qui fert de bafe à la houille, comme une terre fchifteufe ; les autres, comme une terre argilleufe : la décifion de ce point fuivra naturellement de la connaiifance exadte que j’eifaierai de donner de la matrice de ce foifile , & de toutes les matières au milieu defquelîes il a coutume de fe trouver.
- 187. Je donnerai ici l’abrégé de quelques analyfes qu’ont données de cette fubftance , des chymiftes accrédités: ce qui formera, pour cette partie, le tâbleau chymique du charbon de terre, d’autant plus remarquable que ces analyfes appartiennent à des charbons de différeras pays.
- 18 8* L’examen chymique du charbon de terre d’Ecolfe ( c ) a fait voir dans huit livres de ce charbon , treize onces d’une liqueur, ou d’un efprit ; une once de fel volatil, fix onces d’huile de couleur noire tirant fur celle £ - yruft de ronce, d’une odeur du pétrole, appellé pétrole noir; fix ibtes & demie de réfidu , ou de caput mortuum.
- 189- L’esprit approche pour l’odeur, de l’efprit defuiej ilaprefque la même faveur d’amertume ; fa couleur eft: rouife (d),
- 190. Le fel qui accompagnait l’huile , étant d’une couleur fafranée , telle qu’eft ordinairement celle de l’efprit de fel, d’une odeur forte , d’un goût femblable à celui de l’efprit de fel ammoniac. Le fel volatil de ces charbons avait toutes les marques d’un fel urineux. Les folutionsde mercure & d’argent y annonçaient un foufre caché, d’où l’auteur conclutque ces charbons abondent en un fel urineux, quoique lié par un acide qui y eft mêlé au moyen de beaucoup d’huile (e) & d’un peu de fel fixe, lequel, à proprement pa:v 1er, n’eft ni lixiviel, ni alkalin , mais qui eft un compoféde fel marin, de foufre commun & de terre.
- (a) Eicmcns de chymie ,fuivcmt les principes de Bccher & de Stahl, traduits du latin par M. de Machy , tom. IV , p. 229.
- (li) Sal nitrutn ojjïc. fal petra. GeofFr. Hali nitn/m , en fuéd. Sal-petre , en angl. Salpeter , en ho!!. Sal niter , en ail.
- {c) Je. chini Eoîmicnf. tom..11, p. 79. Tentamen IV, de fale volâtili urinqfo , in regno miner ali, par M . Urbain Hierne. dj M. Rouelle regarde auffi'les produits
- du charbon de terre comme à peu près î^s mêmes que ceux de la fuie, à l’acide près, qu’il ne trouve pas dans les charbons de terre.
- (è) L’acide du charbon de terre eft laiteux , parce qu’il contient un peu d’huile; mais après l’avoir reèiifié ,on 'trouve qu’ii a toutes les propriétés de l’acide vitrioliqué. Eléniens de chymie de Jun.ck.er , Irad. t. 1V p. 230.
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- D ü CHARBON DE TERRE
- 191. La terre noire qui refte dans la retorte , efl; une légère char-bormeufe (aX
- 192. Les charbons d’Angleterre, de Siléfie & de Wettin, traités à feu nu & fans intermèdes, éprouvés par diîférens menftrues (£)-, ont donné un eipt'it de nature alkaline volatile (c), une huile ténue & fluide, femblable au pétrole, une petite quantité de fel ammoniacal, dont l’alkali fixe dégageait une odeur urineufe , pareille à celui dont M. Hierne fait mention.
- 193. Le foufre naturel ne s’y eft pas montré, mais bien un efprit acide vitrioîique, une fcorie martiale, une terre argilleufe brûlée, & quelque bafe martiale ( 3 6),
- (a) C’eli d’après cette derniere fubftance que plulieurs attribuent au charbon de terre une origine végétale : M. Rouelle ob-ferve que ce charbon léger brûle à l’air libre, en étincelant, comme le charbon de bois, fans donner de la flamme , ni de la fumée.
- (Û) EJJais expériences chymiques , par M. Kurella, imprimés à Berlin , en allemand , 173$, in-8°.
- (c) Le célébré M. Henckel , dans les ephémcridcs d’Allemagne , prétend avec plufleurs autres chymiftes, qu’il exifte dans les charbons de terre un alkali volatil minéral : ce qui donne lieu à M. Rouelle de penfer que le bois a été décompofé.
- La vapeur qui s’élève de l’effervefcence que produit l’alkali volatil du bitume des charbons de terre avec les acides , a l’odeur du pifafphalte de Pologne ; ce qui le fait regarder par M. Rouelle comme un produit du charbon de terre.
- (36) M. Schreber ajoute ici dans une note, l’examen chymique du charbon de pierre anglais, comparé avec celui qui fe trouve aux environs de Zwickau & de ÏJrefde, Cet examen a été fait par M. Meh-ner, fecretaire des mines à Stenau , dans le cercle de Neuftadt. Il peut répandre beaucoup de jour fur l’article qu’on vient de lire.
- i°. Il a mis fur un plat, fous la mouffle , huit quintaux, poids docimaftique, de charbon d’Angleterre. Il commença à l’inftant à donner un feu clair, il enfortit une vapeur
- noire & épatfle , & il fut couvert d’une cendre d’un blanc jaunâtre, laquelle , parfaitement brûlée au bout de quatre heures, pefü vingt-quatre livres.
- 2°. Sur douze livres de cette cendre , je répandis un peu d’efprit de vitriol, je le laiflai environ douze heures dans un lieu chaud, & après avoir filtré cette extraéfion, j’y verfai peu à peu de la leflive forte , ce qui me donna un très-beau précipité bleu, du poids de près de deux livres. On peut conclure de là que le charbon de pierre renferme du fer.
- 3°. J’ai concafle huit loths, ou trente-deux quintaux , poids docimaltique v de ce charbon en petits morceaux de la grofleur d’une noifette, placés dans un creufet, avec environ un demi loth de fer-blanc. Le creufet était couvert de maniéré qu’il ne pouvait y tomber du charbon , mais l’air y pénétrait librement. Au bout de deux heures , le charbon de pierre n’était pas confirmé, quoique placé dans un fourneau excité par un foufflet ; on trouva dans le creufet une mafle fpongieufe d un gris noirâtre, qui avait une forte odeur de foufre. Elle avait perdu un loth & demi de fon poids. Le fer-blanc était attaqué & couvert d’une écorce mince : leur poids avait augmenté d’un huitième,
- 4°. Sur douze livres de cette poudre j’ai verfé de l’eau bouillante. Après l’avoir laifle repofer chaudement, je l’ai filtrée au travers d’un papier gris , y mettant un peu de
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- ET I)E SES MINES,
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- 194. Le charbon de Wettin a été aufïî analyfé en particulier par le célébré Hoffman (*), dont on peut confulter les ouvrages (37),
- galles noires : la liqueur devint à l’inftant d’un verd noirâtre.
- J’ai mis dans une retorte d’argiile une demi livre de charbon de pierre , gros comme des feves : je l’ai luttée exactement pour qu’il n’en fortit aucune vapeur. Dans les commencemens, le feu étant très-doux, on vit s’élever quelques vapeurs aqueufes. Elles furent fuivies de vapeurs jaunâtres, qui s’élanqaient comme un torrent fur la partie inférieure du récipient de verre , & q.ui femblaient réunies à une fubftance jaunâtre & fluide. Enfin l’on vit paraître une huile noire & très-pefante. Le feu foutenu & conftamment augmenté pendant trois heures , ne pouvait pas être pouffe plus loin. Après que le tout fut refroidi , il fe trouva dans le récipient une fubftance fluide, très - pénétrante , & de couleur brune, avec une huile noire. La première pefait trois quarts d’once; la fécondé était fi épaiffe qu’il n’y eut pas moyen de la détacher du récipient.
- Les charbons de pierre de Zwickau & de Drefde , fournis à la même expérience , rapportée fous le n®, 1 , ont donné le même réfultat. 11 y a peu de différence entre la cendre de l’une & de l’autre efpece de charbon, quant au poids & à la couleur. Le charbon d’Angleterre donne trois livres de cendres par quintal ; & après des épreuves réitérées , celui de Zwickau en a donné deux livres, & celui de Drefde huit livres. Les particules martiales, annoncées par la
- fécondé & la quatrième expérience, ne font rien à la chofe, en tant qu’elles ne proviennent pas de quelques petits cailloux. On trouve du fer dans tous les charbons de pierre ; mais aucun ne contient autant de petits cailloux , qui s’appercoivent aifément à la vue, que celui d'Angleterre» Dans les expériences que l’on vient de lire,, on avait eu î’attentîon de les trier avec foin» Dans la troifieme expérience, le charbon de Zwickau & celui de Drefde n’avaient pas une odeur de foufre fi forte que celui d’Angleterre» Enfin , dans la cinquième expérience, le charbon d’Angleterre donnait un peu moins d’huile que celui de Zwickau»
- O) Fred. Hoffmanni operumJhpplem* pars altéra.
- (57) Scheuchzer a fait l’analyfe chymi-que des charbons de pierre qui fe trouvent à trois lieues de Zuric, entre Horg & Kâpfnach. En les diftillant par la retorte,. il y a trouvé un efprit fulfureux , d’une, couleur rouge, & un mucilage réfineux, foluble dans l’efprit de vin. Une matière-grafle furnageait en forme de peau. Cet efprit de charbon fait effervefcence avec1 l’efprit de nitre. Avec la folution de fucre de faturne , diftillé dans le vinaigre , il fe. fait une précipitation d’une matière grife ^ avec le vinaigre diftillé , il fe forme une poudre brune ; avec le fel de tartre , il ne paraît aucun changement. Voyez Scheuch-zeri itin. Alpin, tom, II, pag. 470 & feqP
- «W®
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- 392 DU CHARBON DE TERRE
- CINQUIEME SECTION.
- Des météores qui accompagnent le charbon de terre.
- 19 f. O u T R E les différentes matières que nous venons de remarquer dans la houille , ce minéral eft toujours accompagné, comme tous les autres folîiles , de deux phénomènes qui menacent à chaque inftant la vie de ceux qui font employés à l’exploiter. Ces deux phénomènes, oppofés l’un à l’autre, font l’eau & le feu.
- 196. Personne n’ignore qu’il fe trouve fous terre, dans des profondeurs de plaideurs centaines de toifes , des réfervoirs innnenfes d’eau, qui montent & qui s’élèvent quelquefois avec rapidité : il n’eft donc pas étonnant, pour peu qu’011 fe promene autour d’une houillère , d’appercevoir quantité de ruiifeaux qui fortent de ces mines. Il ne fera pas hors de propos de parler de ces eaux , relativement à leur nature & à leur qualité; remettant à l’article de l’exploitation ce qui a rapport à la maniéré de s’en garantir dans les ouvrages.
- Article premier.
- Eaux des houillères,
- 197. Les fources qui coulent des houillères font de différente nature : il en eft qui font abfolument dégagées de toutes parties étrangères , c’eft-à-dire, qui n’ont entraîné avec elles aucune des fubftances qu’elles ont traverses, ou qui ne viennent que des couches de terres lîtuées au-deffus des bancs de charbon ; ce font des eaux douces , bonnes à boire.
- 198. Dans le quartier de Liege appellé Piernafe, eft une fontaine nommée fontaine dd Haie , qui fort de la montagne de la citadelle, & qui donne une eau qu’on prétend très-fine & la "plus pure du pays ; c’eft une eau de cette efpece.
- 199. Lorsque les fources viennent du fond des houillères , il eft naturel de préfumer qu’elles tiennent des hétérogénéités dues aux charbons de terre. Elles font donc quelquefois bitumineufes j 011 en verra des exemples dans le détail des mines de différons pays, & elles peuvent alors être d’un bon augure pour la qualité du charbon. Cependant il 11e ferait pas jufte de conclure de la qualité ferrugineufè ou bitunrineufe de ces eaux, qu’elles peuvent être un ligne certain de la préfencc du_charbon de terre dans leur voiiinage, puifqu’il eft beaucoup de fources de ce genre , qui font évidemment très-é’oi-
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- gnées des mines de houille. Dans la fontaine du Pego, auprès de Serrât en Languedoc, voifine de mines de charbon de terre, le pétrole nage fur les eaux. Dans les eaux minérales d’Iouzet & de S. Hippolyte , même province, le bitume du charbon de terre fe manifefte au goût & à l’odorat. Dans plusieurs endroits de la mine de Champagne, il coule des eaux dont la furface eft couverte d’iris ; on voit la même chofe autour de plufieurs autres houillères , ce qui annonce le partage de ces eaux au travers de fybüances minérales différentes, dont elles fe font chargées , de maniéré qu’elles deviennent prefque médicinales.
- 200. Le plus communément les eaux des houillères font vitrioliques ; mais le vitriol martial qu elles tiennent en diifolution, eft lui-même altéré par dilférens mélanges, par diiférens aecidens ; & ces eaux en font Pâturées à dilférens degrés , dans lefquels on remarque une grande & continuelle variation : celles qui coulent dans les arums, qui l'ont des canaux fouterreins de décharge , quoique mal-faines, font prifes par quelques perfonnes à de£ fein de fe purger.
- 201. On prétend que les eaux médicinales de Mari mont ne font autre chofe que des eaux de houillères : les analyfes qu’on connaît de ces eaux, n’y font voir aucun acide fixe, tel que celui dont font compofés l’alun & le vitriol, aucune efpece de félénite ni de terre calcaire (a).
- 202. Par l’examen que j’ai fait des eaux qui Portent des houillères, on pourra juger de la parité qui doit être admife entre elles «Scies eaux de Ma* rimont.
- 203. Il n’en eft pas entièrement de même des fources minéra-es de Saint-Amand, près de Tournay & de Valenciennes. M. Geoifroy qui les examina en 1698 s M. Boulduc, dont l’analyfe eft inférée en extrait dans le volume des mémoires de l’académie pour la même année (b) , n’y ont reconnu aucun indice ni d’acide ni d’alkali j mais le foufre & le bitume fournis par le charbon de terre qui abonde fur-tout dans les environs de S. Arnaud , paraidênt être les principes dominans dans ces eaux & dans leurs boues minérales ( ).
- 204. L’eau de la fontaine qui coule d’un rocher fur le grand chemin de Mas de Bonac en Languedoc , laide à la bouche une amertume mêlée d’une
- (a) Anàlyfe des eaux mine'rales qui fe trouvent au château royal de Marimont en Haynault, par Servais-Aiigufte de Vil-lers, profelTeur en médecine de l’univerfité de Louvain. Louvain, 1741.
- DiJJertatio medica de aquis rnineralibus fontis Marimontenfs , autfore Henr. Jo• feph. Rega. Lovanii, 1740.
- Tome FL
- (b) Mémoires de Vacad des fciences, ann. 174?, p. 1 , fur les eaux minérales de S. Arnaud en Flandres , par Al. iV.orand , pere.
- (c) Mémoires de l'académie de* fciences, ann. 1746, pag. 720, 721 j ann. 1747, pag. 711.
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- forte acidité, qu’elle contracte en traverfant les. mines de charbon qui font au-delfus de la fource.
- 20f. Pour reconnaître le Tel de ces fortes d’eaux, j’ai traité l’eau qui. fert à faire jouer la machine à feu, & j’en ai examiné les réGdus par les moyens chymiques les plus Amples j j’ai réitéré ce travail à Paris avec M. de Machy.
- Examen des eaux des houillères du pays de Liege (38)»
- 206. Eau commune , dans une bouteille tenant cinq gros quarante & un grains. Le firop violât n’y produiAt aucune altération, non plus que l’eau de chaux.
- 207. L’eau qui coule naturellement dans les houillères, a laiifé un dépôt blanchâtre, talqueux, infipide, & comme verni d’une matière ondueufe, qui eft la petite portion d’eau-mere d’alun, que laiflènt ces fortes d’eaux, comme 011 le verra incelfamment.
- 208. Eau de la machine à feu , froide ou non évaporée. Odeur très-légé-rement fétide. A juger par le moyen que j’ai employé au défaut d’aréometre pour reconnaître fa pefanteur, il ne paraît pas qu’il y ait à cet égard beaucoup de différence entr’elle & l’eau commune. Le Arop violât l’a verdie. L’eau de chaux lui a donné une. teinte d’opale foncée , faifant à la furface une pellicule d’iris comme fur les eaux putréAées. L’efprit de vinaigre n’y a caufé aucun changement, pas même développé d’odeur. L’huile de tartre a fait précipiter un dépôt affez pefant, fans néanmoins altérer l’état louche de l’eau. L’alkali volatil a produit un dépôt comme muqueux, d’une couleur jaunâtre. L’eau mercurielle lui a donné une couleur blanchâtre, comme ferait une goutte de lait verfée dans beaucoup d’eau. Je dois avertir que l’eau mercurielle était faite félon le codex de Paris.
- 209. I. Après deux fois vingt-quatre heures, l’alkali volatil a préfenté les mêmes phénomènes, à l’exception que le dépôt était plus abondant, floccu-kux & comme tenace. 2. La liqueur où l’on avait verfé l’alkali ou l’huile de tartre , ayant repris fa limpidité, il s’eft trouvé au fond un dépôt légèrement flocculeux qui paraiifait blanc à travers le verre, & fale en le conAdérant à travers la liqueur. 3. Après vingt-quatre heures de dépôt, la liqueur où l’on avait verfé Peau mercurielle, s’eft éclaircie en faifant iris à la furface,' & laif-fànt quelques petits grains pelotonnés d’un précipité dont la couleur était blanc-fale.
- 2iïo, L’eau évaporée, ou chauffée par la machine à feu, donnait une odeur
- (38) Cet examen paraît trcs-imparfait à propre à faire connaître ♦omme il faut la AS. Schreber, qui ne juge pas qu’il foit nature de ces eaux.
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- niarquée, approchante de celle que donne la poudre détoimée, ou le foie de foufre. Elle a la même pefànteur que l’eau pompée du fond de la houillère, qui n’a pas été évaporée par la machine à feu. Le firop de violette l’a verdie. L’eau de chaux a diiîipé fon odeur, & elle a -pris une teinte d’opale très-légere en donnant quelques flocons. L’efprit de vinaigre développe davantage l’odeur d’hépar, fans faire naître de précipité. L’huile de tartre a produit un dépôt peu abondant, fans néanmoins que la liqueur perdît fa couleur louche. Lalkali volatil, ou l’efprit de fèl ammoniac fait avec la chaux, a montré à peu près le même phénomène. L’eau mercurielle y a fait allez de dépôt, pour que fur la fin l’eau devint louche. D’ailleurs elle y a préfenté pareil phénomène que dans l’eau froide de la machine à feu, mais un peu plus foncé.
- 2i i. Après avoir repofé vingt-quatre heures , les parois du verre fe font trouvées garnies d’un dépôt pareil à celui qu’a formé l’eau froide qui tombe fur la machine à feu , à rabondance près. L’alkali volatil, au contraire , n’a donné qu’une terre fale , comme ferait celle qui refte après la diftipation fpon-tanée d’un alkali volatil. La liqueur étant éclaircie, le dépôt s”eft trouvé légèrement jaunâtre , un peu plus abondant.
- 212. Une livre cinq onces de l’eau chaude delà machine à feu ayant été foumife à l’évaporation, a donné trois grains d’un dépôt grifàtre. On s’en eft procuré une plus grande quantité en évaporant plufieurs mefures pareilles de cette eau.
- 213. Ce dépôt fait eflfervefcence avec les trois acides minéraux-. Il paraît abfolument de la même nature que le banc de terre, commun dans ces mines, qu’ils nomment bifmaye, & nous le diftinguerons ici fous le titre de n°. I , ou craie alumineufe. L’un & l’autre ont été éprouvés par les mêmes acides, en prenant trois dofes du dépôt produit par l’évaporation, & trois dofes de bi(l maye,mis chacun dans un verre & fa tu rés avec les trois acides minéraux, dont aucun n’a fourni d’odeur de foufre : ils ont donné les phénomènes fui-vans. L’acide vitriolique agit violemment fur le dépôt qui a réfiilté de l’évaporation , ainfi que fur la bifmaye. L’acide nitreux diifout pareillement l’un& l’autre avec une violente effervefcençe ; la folution devient jaunâtre un peu plus foncée dans le n°. 1 , & le dépôt eft à peine fenfible. L’acide marin les diifout aufîi, avec cette différence qu’il développe de la bifmaye une odeur teftacée finguliere : fa diifolution eft légéremment iàfranée & fans dépôt. La diflolution du 11“. 1, ou de la craie alumineufe, eft louche , & fournit un léger dépôt. Les deux dilfolutions ont befoin d’être étendues pour devenir claires ; & quoiqu’il y ait furabondance d’acide, ils n’en dépofentpas moins une très-grande quantité de leur poids} le n9. 1, ou la craie alumineufe, fous
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- la forme d’une poudre grife j & le n*. 2, ou la bifmaye , fous la forme d’une poudre très - blanche ( * ).
- Article IL
- Vapeurs & feux qui s'exhalent de la houille ; action de ces météores fur les houilleurs à fourrage.
- 214. Quoique les exhalaifons ordinaires dans les mines de charbon de terre ne puiffent être réputées différentes de celles qui fe forment dans tous les fouterreins, & aient une caufe commune dépendante d’un air ftagnant toujours dangereux, il eft naturel d’en dire ici un mot par rapport aux moyens dont je parlerai à Farticle de l’exploitation, & que l’on eft indifpenfablement obligé d’employer, foit pour fe garantir de ces exhalaifons, foit pour les détruire autant qu’il eft poftible, foit pour remédier aux effets qu’elles pro-duifent.
- 215:. M. Lifter en diftingue quatre fous le nom général de damps ou vapeurs„ La première efpece qui a lieu au fommet des mines de Derbyshire , eft nom-méethepeas bloom damp , exhalaifonfleur depots , à caufe de la reffemblance de fou odeur avec la fleur de cette plante.
- 216. Qn prétend qu’elle a toujours lieu dans l’été, mais qu’elle n’eft point mortelle. L’origine qu’on donne à cette vapeur eft ridicule ; 011 l’attribue à une quantité de chèvrefeuille qui couvre les prés, dont le fol contient de la pierre à chaux.
- 217. La fécondé eft nommée/Æe fulminating damp , exhalaifon fulminante. Elle eft fréquente dans les mines de charbon de terre particuliérement ; à la feule approche d’un corps allumé, elle prend feu , produit la lumière, d’un, éclair, ou de poudre à canon détonnante.
- 218. La troifteme nommée the common damp , exhalaifon ordinaire. Celle-ci caufe une difficulté de refpirer, & rarement produit des effets plus graves, à moins qu’on n’y ait été expofé affez long-tems pour qu’elle conduife à l’éva-nouilferaent > car alors il {urvient de violentes convulfions. On reconnaît la préfence de cette exhalaifon à la flamme de la chandelle qui. commence à tourner orbiculairement * & dont la lumière diminue par degrés, jufqu’à ce qu’elle s’éteigne entièrement.
- 219- La quatrième elpece d’exhalaifon eft appellée the globe damp , exhalai-fon englobe, parce qu’elle a la forme d’un ballon qui ferait fuipendu au haut de la voûte. Les ouvriers font dans l’idée que celle-là, qu’ils regardent comme
- O Voye? ci-après les expériences fur la marie & fur la bifmaye, fed. VI, art. x.
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- pouvant à la longue dégénérer & devenir mauvaife, eft due à l’exhalaifon de leurs corps & de leurs chandelles i qu’elle fe ramafle en-haut fous une forme ronde , & s’y maintient enveloppée par une pellicule de l’épaiifeur d’une toile d’araignée. Ce globe venant à s’ouvrir, étouffe ceux qui fe trouvent dans fon vpifinage : auffi, lorfque les ouvriers apperçoivent cet amas, ils le crevent avec un bâton muni d’une longue corde , en s’éloignant le plus qu’ils peuvent. Lorfque cette opération eft achevée, ils purifient l’air en allumant du feu.
- 220. J’observerai feulement que l’on doit réduire ces exhalaifons à deux elpeces. L’une n’eft qu’un fimple brouillard épais i les Anglais l’appellent auffi b ad air, mauvais brouillard. Dans toutes les mines d’Allemagne elle eft nom-niêe fchwaden, vapeur fouterreine. Les Liégeois la nomment crowin , fouma , pouffe,poutture, moufette , dérivée fans doute de mephitis , exhalaifon : c’eft ce follet fouterrein que les anciens minéralogiftes regardaient comme un mauvais génie habitant les mines, & que quelques-uns appelaient cobolt; d’autres, vapeur minérale, vapeurpejülentielle.
- 221. La pouffe eft plus abondante lorfque les travaux ont été interrompus quelques jours 5 & comme c’eft parmi les houilleurs une obfervation de fait, ils n’entrent point dans les mines fans avoir pris des précautions pour s’af-furer s’ils peuvent s’y expofer en fureté. On verra que la fortie ou la concentration de cette vapeur a beaucoup de rapport avec la fumée des cheminées, qui fort ou refoule félon le vent qui foufïîe.
- 222. Dans les grandes chaleurs de l’été, ce brouillard eft quelquefois fi fort que l’on eft obligé d’interrompre les ouvrages. On allure que c’eft dans le tems delà fleur des grains qu’il eft plus abondant, ou plus fréquent ; qu’il eft des mines qui y font plus fujettes que d’autres : les houilleurs prétendent que ce font les mines gralfes & fulfureufes. Cette opinion fe rapporte avec celle de M. Triwald qui en donne l’explication dans un mémoire fur cette vapeur, inféré dans ceux de l’académie de Stockholm ( * ) , & que je réferve pour l’article de l’exploitation, comme y ayantune relation plus directe.
- 223. Si l’on recherche les effets de la moufette , on remarque, quant aux chandelles, qu’elle les éteint > & quant aux hommes, qu’elle eft alfoupilfante, fuffocante & ftupéfiante. Ces effets s’opèrent quelquefois fi rapidement, qu’ils caufent une mort fubite, fans qu’on ait eu la moindre annonce d’incom-jnodité. On a cependant vu des ouvriers qui ne donnaient aucun ligne de vie, & qui en font réchappés lorfqu’on les a expofés au grand air : il y a tout lieu de penfer qu’il ne faudrait pas avoir demeuré long-tems dans la mine.
- 224. M. Triwald a eu le courage de l’éprouve): lui-même.La lumière s’éteignit dans fa main j fon corps s’appefantiiîait, le fommeil s’emparait de lui3
- '(*) Année 1740. - ;
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- on le ramena au grand air qui le rétablit fur-le-champ ( a. ). M. le Monnier Je médecin, a fait les mêmes expériences dans les mines de charbon de terre de4a compagnie royale d’Auvergne, paroiffe de Braflàc ( A).
- 22j. Je ne m’étendrai pas davantage pour le moment fur la pouffe, & fut les phénomènes qu’elle préfente: je renvoie le lecfteur aux détails intéreifans qui fe trouvent à ce fujet dans les tranfaélions philofophiques ( c ), dans les mémoires de M. Triwald (d), dans ce qu’en ont dit MM. le Monnier & l’abbé de Sauvages ( e ).
- 226. Lorsque je traiterai de la partie de l’exploitation qui renferme les moyens de garantir les mines & les ouvriers de cette vapeur, on verra que les idées générales de phyfique fuffifent pour en faire connaître exactement la nature, & pour indiquer affez fûrement la maniéré de la corriger, ou d’en diminuer les effets. Je remarquerai feulement qu’elle a beaucoup de rapport avec la vapeur dubois de charbon allumé , à celle du vin qui fermente , & qu’elle préfente les mêmes effets que l’on obferve dans les mines de fel gemme de Pologne , ainli que ceux de la vapeur de la grotte de Chien en Italie, dont 011 peut voir des détails très-curieux dans un mémoire de M. l’abbé Nollet.
- 227. On peut & on doit encore comparer fes effets à ce qui fe paffe dans la machine pneumanique , lorfqu’on en a pompé l’air. La pouffe agit ordinairement de la même maniéré fur toute forte deffeu ; c’eft à quoi les ouvriers recon-naiffent la préfence de cette vapeur : fon action eft telle que la chandelle qui eft éteinte, ne donne pas la moindre fumée, & qu’un charbon qui a été fournis à la moufette, revient fans aucun veftige de chaleur. On trouvera à l’article des mines de charbon de terre de Languedoc, un détail fur cette vapeur, tiré d’un mémoire de M. l’abbé de Sauvages.
- 228. La fécondé efpece d’exhalaifon qui accompagne Ordinairement la houille, eft vraifemblablement la même que la moufette dont il vient d’être parlé : elle en différé en ce qu’elle eft lènfible & inflammable avec détonation , d’où les Anglais l’appellent très-bien dampfire, exhalaifoti qui s'enflamme. Non feulement 011 l’entend quelquefois pétiller dans les fentes des mines, dans lefquelles elle eft gênée & comprimée, lorfqu’elle cherche une iffue ; mais même en reftant quelque tems à l’arrivée des denrées, c’eft-à-dire, des blocs de houille, hors des bures, on reconnaît facilement que cette fubftance recele de ces exhalaifons, qui fonttrès-difpofées à fe dégager ; elle fiffle & mule) Mémoires de Tacad. de Stockholm, Ann. 1676 , n°. 130. Ann. 1694 ,n\ 20g.
- ann. 1740. Ann, 1708,^318. Ann. 1729 , n«. 411.
- (b) Ohferv. d'hift. nat. faites dans les Ann. 1753 , n*\ 429. Ann. ... n°. 442 H. provinces méridionales de la France. Suite col. n*. 1 , art. 2.
- des mémoires de ïaead. ann. 1740. (d) Année 1750.
- (c) Ibid. ann. 166s > n®. 3. Ann. 1667 , (e) Mém. dcüacad, des feiemes , ans.
- n«. 26. ld. ng. 136. Ann. 1675 < n<?. 119, 1748, pag, 7°?--
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- gît dansîes;tas de charbons. Quelques auteurs aflurent, quoiqu’il n’y en ait pas d’exemple au pays de Lïege , que dans l’été, quand il fuccede un beau iolbil après la: pluie, on a vu des amas de houille s’enflammer quelquefois.
- 229. M'. Duhamel * dans les mémoires de l’académie des fciences (*), remarque quelle charbon de terre brûle fouvent à fond-de-cale dans les vaifleauX qui l’apportent, lorfque leur traverfée eft longue, & que le gros tems ne permet pas d’ouvrir les écoutilles : il cite un exemple curieux de cet embrafe-ment fpontané.
- 230. Les pyrites, les Tels vitrioliques & alumineux, alliés aux charbons de terre, offrent dans ces-tas de charbons les mêmes phénomènes que les couches d’ardoife qui contiennent de l’alun , lefquelles s’enflamment ipontanéé-meut & dans les mêmes;circouftances-(**).
- 231. ct ia. Ce feu s’allume dans l’intérieur; & ce' qui eft fâcheux; c’eft „ qu’il a fouvent duré aflez long-tems dans le tas , avant qu’on s’en apper-„ çoive à. l’extérieur. 2°. Oïine peutpoint éteindre ce feu , à moins que de 5> pouvoir inonder entièrement tout le tas. 3*. On 11’apperçoit la flamme qui „ fe dégage que pendant la nuit; dans le jour on ne voit que1 de la fumée. „ 4<). L’odeur qui en part eft très-pénétrante ; elle eft acide & fulfureufe': ce-„ pendant elle 11’eft pas la même que' ©elle du foufre ordinaire ; elle reflemble „ à celle de la fumée des charbons de terre : quand 011 tient le nez directement „ au-deflus , elle ôte la refpiratiom, & faittoufler. fP. Par cette inflammation, 33 il fe forme une grande quantité de fleurs de foufre à la furface du tas ; elles „ ne different en rien des fleurs de foufre ordinaire, linon qu’elles 11e font 3, point d’un li beau jaune; elles font d’un jaune pâle & impur. 69. Avec les 3, fleurs de foufre', il s’attache fur les côtés une matière grafle qui brûle 3, très-aifément, & qui répand une odeur fulfureufe & arfenicale.
- 232. « Cette matière fe feche & devient friable à la chaleur; mais elle at-33 tire fortement l’humidité de l’air, elle devient blanche & vifqueule; elle eft „ d’un goût amer , dégoûtant & prefqueanétallique. 79. Par cet embrafement J, 1 e glacies maria fe calcine & fe réduit en une elpece de chaux foîuble dans 3, l’efprit urineux ; & quand on filtre la' diffolution , il fe dépofe fous la forme „ d’une terre d’un rouge pâle; mais l’efprit urineux donne un fel blanc d’un „ goût amer & doucereux. 8°- Enfin, par l’embrafement la mine d’alun eftré-„ duite en une terre d’un brun rouge foncé, qui n’eft propre à rien qu’à pein-3, dre les murailles à l’extérieur
- 233. Près de Schmiedberg en Saxe, un eipace confidérable de terrein
- (*) Année 17 <; 7, pag. 2 , & pag. 1 ço. Mémoire fur les eaux minérales de Freyen*
- (**) Traitéphyf- d’hijh. nat. de minera. Wald , pag. 339. logie de métallurgie, par M. Lehmann.
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- vifriolique & alumineux s’alluma ( 39) ; cet embrafement fut précédé d’une grande chaleur qui avait été fuivie d’une pluie douce.
- 234. Dans un champ près d’Aix-la-Chapelle, voilîn de l’endroit d’où l’on tire la pierre calaminaire , on trouva en creufant un puits , une fource remplie de pyrites vitrioliques. En continuant la fouille, 011 aboutit à une cavité d'où Üfortit du feu. Schwederiiborg qui rapporte ce fait( *) , obferve qu’à peu de diftance de là il y avait trois montagnes , dont une contenait du charbon de terre i une autre contenait de la pierre à chaux rouge, violette & grife j & la troilieme contenait de la pierre calaminaire.
- 23 f. A demi-lieue de Kyrkaldy en Ecode, dans une grande plaine appellée Difert-moor, prés du bourg d’Yfart, oud’Yfert, le charbon de terre qui y abonde, brûle prefque fpontanéément. On en voit fortir quelquefois des flammes pendant la nuit, & une fumée noire dans le jour, ffr
- 236. Ceux qui habitent les environs de cette plaine, difent qu’aux approches des grands orages , on entend dans les trous & dans les cavernes, des bourdonnemens & des lifflemens eifrayans, & qu’il en fort beaucoup de flammes ; ce qui fait qu’on ne tire pas toujours ce charbon fans danger.
- 237.. Il y a quantité d’exemples de ces embrafemens fpontanés du charbon de terre dans les mines dé diftërens pays. Sur un monticule qui fert aujourd’hui de belveder au jardin de l’abbé du Val-Saint-Lambert près Liege,onvoit encore les veftiges d’un pareil embrafement qui s’eft produit au-dehors, & qui s’eft confervé long-tems fous terre,
- 238- Par. rapport à la relfemblance de cette vapeur minérale avec ce qu’on nomme vulgairement feu follet* les Anglais lui donnent auffi le nom de wildefire, feu fauvage. Dans les houillères fituées entre Mons, Namur, Char-leroi, & ailleurs , 011 l’appelle terrou, feu brifou. A Liege on le nomme feu gvllleux , feu grieux.
- 239. La matière de ce feu fpontané fera ici confédérée dans l’intérieur des mines , c’eft-à-dire , non développée, & uniquement fous la forme d’exhalai-fon prête à devenir fulminante & à s’enflammer,
- 240. Pour 11e point ni© départir du plan que je me fuis propofé de pafler légèrement fur les recherches qui ne tiennent pas elfentiellement à la connaif. fance pratique de la matière que je traite , je ne m’arrêterai pas à rechercher la nature du feu grieux, que les uns attribuent à la partie bitumineufe de la houille, que d’autres attribuent aux vapeurs fulfureufes j je me conten-
- ($ 9) Le même phénomène a eu lieu près en 1768 , par M. Chriftian Frédéric Koch » de Wettin, & près de Plauitz, dans le in-tf. Leipfic & Zwickau.
- Yogtland. On peut en voir les détails dans. (*) Qper. minerai, de cupro. .. une dilfertation allemande , publiée exprès
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- ferai d*obferver que cette derniere opinion ne pourrait fe foutenir, fi l’on admettait avec plufieurs phyficiens que rarement, ou même jamais, le char-bon de terre ne Te trouve uni avec du foufre natif; mais il n’y aurait point d’abfurdité à penfer que les unes & les autres , favoir, les matières bitumi-neufes •& fulfureufes, donnent origine à cette exhalaifon.
- 241. Les houilleurs favent connaître qu’ils en font menacés, & qu’elle va s’allumer, par l’elfet très-naturel qu’elle produit de repoulfer l’air de l’endroit où elle vient : aufli, dès qu’ils s’en apperqoivent, ils fe hâtent d’éteindre leurs chandelles.
- 242. Ils favent même le prévoir aflez jufte, lorfqu’autour de leurs lumières il fe forme des étincelles bleuâtres , comme il s’en fait eu jetant quelque fel ou quelque poufliere feche fur une flamme,
- 243. Dans les houillères où l’air circule librement, on ne s’en inquiété pas, & il fert de divertiflement aux ouvriers. Inftruits que la mine eft bien airée, ils guettent ces vapeurs qu’ils entendent pétiller & qu’ils voient fortir fous la forme de fils blancs ; ils les faillirent avant qu’ils arrivent à leurs chan*i déliés , & les écrafent dans leurs mains.
- 244. Ce feu grieux prélente une grande différence dans l’inflammabilité ; il eft des houillères dans lefquelles il y aurait danger de mort fi on entrait fans lumières.
- 24î- Dans d’autres houillères qui font très-foufreufes, & où cet accident eft très-fréquent, l’ouvrier uniquement éclairé par l’art & par l’induftrie , y entre, y travaille dans la plus profonde obfcurité. L’expérience leur a montré le danger d’y travailler avec des lumières.
- 246. Du côté de Seret & de Jemeppe, les houillères font fi fujettes au feu grieux, qu’il faut éloigner les chandelles de l’endroit où l’on travaille, & avoir autant l’œil à fa lumière qu’à fon ouvrage, pour éviter que cette vapeur ne prenne feu , & ne fe communique dans les gralles. On en a plus d’un exemple dans quelques mines; l’air comprimé par l’efpace étroit produit une explofion comme la poudre à canon , étouffe, brûle les ouvriers , & emporte en fortant de la mine tout ce qu’il rencontre : le feu s’y conferve quelquefois , ce qui oblige d’abandonner l’exploitation. M. Triwald (*) a été, en 1724, témoin d’une de ces exploitons à une mine près de Neucaftel, où d’un feul coup trente-un ouvriers & dix-neuf chevaux furent tués. Dans ces fortes de cas, tout ce défordre purifie l’air par la grande agitation qu’il y a produit ; & s’il n’a pas caufé dans la mine de dérangement qui s’oppofe à la pourfuite des travaux, il n’y a plus de danger d’y defcendre jufqu’à ce qu’il fe foit formé de nouveau feu grieux.
- O Mémoires de Vacadémie de Stockholm, année 1740,
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- 247. C’est par cette même raifoii que, quand les ouvrages ont été interrompus , cette matière qui n’a pas été mife en mouvement par les allées &, venues des houilleurs, par les manœuvres de leur métier, fe ramaffe & fe développe par le défaut de courant d’air i ce qui préfente des moyens auffi. fimples que faciles pour fe précautionner du feu grieux en générais c’eft-à-dire, dans les mines qui n'y font pas extrêmement fujettes, ou dans lies tems où l’on prétend qu’il eft moins ordinaire.
- 248. Dans le pays Liégeois , les houilleurs prétendent que les hures dans îefquels le feu grieux elt plus fréquent, font ceux qui font limés le long de la Meufe, & que cette vapeur eft plus à craindre, plus commune, lorfqu’il fait chaud.
- 249. En Angleterre , l’opinion eft que les mines 11e font jamais fujettes à cette exhalaifon inflammable & fulminante , avec plus de fréquence & plus de violence que pendant l’hiver, lorfque le tems eft nébuleux, froid, & qu’il fait un grand vent.
- 250. Les mines où il y a beaucoup d’eaux, font auffi, à ce qu’il paraît par quelques exemples , celles où cette vapeur fulgurante eft plus difpofée à fe marquer , & plus fréquente. Ce n’eft pas fur ce feul article qu’on eft arrêté par les allégations incertaines & fouvent contradidoires des ouvriers: 011 rencontre cette même difficulté dans la conduite qu’ils tiennent.
- 2f r. Je crois feulement nécelfaire d’obferver, & la chofe paraît toute fîm-ple à imaginer, que la nature des charbons ajoute quelque chofe à la difpo-fition du local ; que plus les charbons font purs & compads, moins leurs mines ont de ces vapeurs: ce qui fe trouve fondé fur les houilles appellées eu Angleterre kannd-caal, qui font plus difficiles à s’enflammer.
- Article III.
- Des effets que produit à la longue V air des mines de charbon de terre fur la famé des houilleurs.
- 2Ç2. L’air des mines de charbon de terre doit donc avoir différons effets & différentès qualités , félon que l’acide fulfureux, ou vitriolique, pénétrera par la refpiration dans la poitrine ; par la falive , dans l’eftomac; par les vaif-îeaux inhalans , dans toute l’habitude du corps ; ou félon que cet acide fera un acide pur, qui ne produira qu’une légère irritation fur les fibres de l’ef. tomac, ou félon que fon acrimonie 11’agira que légèrement fur la trachée-artere & fur les poumons.
- On obferve (* J que dans les endroits où il y a un efprit de vitriol
- (*) AA. chem. Holmiaif, tome II, psg. 158. Obfervationes de falubritate acidivitrio» lia acfulphurei.
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- fufureux répandu dans l’air en grande quantité, comme à la grande mine de cuivre de Falhum, il fe trouve des gens fort pauvres, des femmes fur-tout, qui vivent jufqu’à cent ans , ou cent dix ans ^quoique plufieurs foient très-éloignés d’un genre de vie propre à conferver la fanté, & qu’au contraire ils foient grands mangeurs , ufant de boilfons fortes, de vins brûlés & autres liqueurs : ce qui ferait préfumer que cet acide excite leur appétit.
- On trouve parmi les houilleurs, des gens qui pouffent leur carrière auiTi loin que dans d’autres métiers : i’Ëcofle fournit l’exemple d'un homme actuellement vivant dans la cent trente-deuxieme année de fon âge, qui fouille depuis quatre-vingts ans les mines de charbon de terre de Darkeithprès d’Edimbourg.
- Si l’on confidere fimplement l’atmofphere qui réfulte de cette fubC* tance minérale, comme chargée des parties fines & intégrantes du foufre bien combiné , on conçoit qu’alors , loin d’ètre mal-fain à refpirer , il peut être fà-ïutaire & très-favorable dans certaines phthifies pulmonaires, en portant fur les ulcérés des poumons un baume déterfif & defficcatif naturel ; ce que l’art imagine tous les jours dans la pratique fous différentes formes. Un médecin Anglais a avancé que jamais cette maladie n’attaque ceux qui emploient le charbon, dont le chauffage (*) en général n’eft pointmal-faifant.
- 2<j6. On trouve dans le journal de médecine de janvier 1763 , une obfer-Vation de M. Clapier, dodeur en médecine, qui tendrait à prouver ce qui vient d’ètre avancé : un artifan de la ville d’Alais, attaqué d’une phthifie pulmonaire caradérifée, fut entièrement guéri en allant refpirer l’air d’une mine de charbon de terre.
- 277. D’après les mémoires de l’académie de Stockholm, ceux qui habitent les endroits ou l’on travaille le foufre à Dylte en Néricie , & dans la paroiffe d’Axberg près d’Orebro , capitale de la même province de Suede, ceux qui font occupés dans le même attelier à la diftillation des pyrites , à la purification du foufre, & non à la cuite du foufre , ne vivent pas fi long-tems $ mais ils font rarement incommodés de toux, de difficultés de refpirer, 8c d’autres maladies de poitrine.
- 2^8- Ceux qui travaillent dans les houillères où l’air n’eft pas bien vif, contractent une refpiration difficile, que les médecins appellent ajlhmamon-tannin , peripneumonia montana ( ** ) , qui paraît un afthme convulfif dépendant de l’altération de l’élafticité de l’air.
- O De carbonibus fojjïlib. & eorum va- traite' des maladies auxquelles les ouvriers pore non adco noxio. Objerv. phyJico-chU qui travaillent aux mines, & aux fonde-micar. fclcB. obferv, XXIV. Hoffman. ries, font expofés, pag. 459.
- (**) 'Pyritologie de Henckd. Précis d’un
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- 249. Du relie un ne voit pas que les houilleurs de Liege foient fujets a aucune maladie particulière qui puiffe contredire la qualification de bon métier , qu’ils partagent avec les autres métiers de la cité & banlieue.
- 260. Par ce que l’on a vu des exhalaifons ordinaires dans quelques mines * joint aux différences de charbons , & aux attentions qui concernent l’airage des houillères, on fentira que le moyen qui a réuffi à l’artifan de la ville d’Alais r n’efl: pas indifférent* qu’il peut & doit fouffrir des précautions particulières , relatives à la nature des charbons dans lefquels il domine des principes diiférens, dans lefquels il y aurait du plomb, ou quelqu’autre minéral nuifible.
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- SIXIEME SECTION.
- Des Jîgnes qui peuvent faire reconnaître > d la fur face d'un ter rein , qtHf renferme du charbon_
- 261. près avoir examine le charbon de terre en lui-même da'ps toutes, les parties qui le compofent ordinairement, il efl important de confidérer les, lignes qui peuvent être l’annonce de cette matière, & enfuite la façon dont elle fe trouve placée dans le fein des montagnes.
- 262. M. Triwald, dansfon mémoire intitulé y théorie complété de; tout ce qui regarde le charbon de terre (40) > dont je ferai ufage à la fécondé partie de cet ouvrage , établit plufieurs marques qui font tirées des vapeurs que le charbon de terre répand dans fes environs, des racines des plantes qui croiifent au-deifus des veines de ce fofiîle, des eaux qui s’écoulent des coteaux voifins. des houillieres, de leur infpeélion , de leur évaporation. Une efpece de fchifte remarquable par des empreintes, très-exades de feuilles de plantes s eft auflî ( lorfqu’on en rencontre quelque part ) regardée comme une marque qu’îî y a du. charbon de terre dans le voifinage.
- 263.. La plupart des naturaliftes femblent avoir adopte tous ces indices. Bromel (*) penfe que, lorfqu’on veut chercher une mine de charbon de terre ,, on doit fur-tout prendre garde aux endroits où fe trouvent beaucoup d’ar-doifes noires,.mêlées defoufrej ou ceux dans lefquels ulie matière grafl'e fe fait fentir en terre avec une odeur fulfureufe. Enfin plufieurs auteurs ob~
- (40) Mémoires de F académie royale des beim , 17 68, pag. $9 & fuiv.
- Jciences de Suède y part. I , pag. 122. Me- Lithographia Suecana*.
- dicus j vom Buue anf Steinkohleti, Man-
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- fervent qu’où il y a du charbon de terre, il le rencontre auflî des fources d’eau faîée, & même des terres alumineufes (*). Je ne crois pas néceffaire d’entrer dans une grande difcufîîon pour démontrer l’infulïifance de ces indices : quant à ceux qui font abfolument extérieurs & fùperficiels , quoique-donnés prefque tous pour être d’une grande confidération, on fent qu’ils doivent être très-équivoques.
- 264. Il eft dit quelque part que dans le Lancashire, proche Vigan , on rencontre la fubftance minérale qui indique le voifinage des mines de charbon de terre ; mais c’eft tout ce qu’on en annonce,
- 26S- Dans le pays de Liegeles houilleurs ou borins les plus expérimentés difent qu’il n’y a point de marque allurée d’une mine de charbon ; la feule notion qu’ils ont que les veines de ce minéral ne fe trouvent que dans quatre lieues de pays en largeur, détermine à faire une fouille dans un terrein que l’on fait en donner : auffi l’exploitation eft pour l’ordinaire entamée avec allez d’incertitude pour le fiiccès, & beaucoup de bures font abandonnés faute de principes alfez conftans pour régler la conduite & le raifonnement dans cette première entreprife. E11 effet, la difpofition & les productions du terrein, fur lequel font ouverts les bures de houilles , & que parcourent les veines de ce minéral, ne parailfent nullement capables de guider fur ce point : en vain examine-t-on la fuperficie du fol, pour tirer quelque induétion favorable à la recherche d’une mine de charbon de terre -, on n’y voit rien* ( quoiqu’il puilfe influer fur ce qui croît dans fes environs) on n’y voit , dis-je , rien de particulier qui puilfe être attribué à ce voifinage; & s’il exifte des indices de charbon de terre, on peut affiner qu’ils n’appartiennent point à la fuperficie.
- 266. Quelques terres, ou quelques pierres , qui fe trouvent plus communément avoiliner le charbon de terre , & qu’on pourrait à ce titre regarder comme indices de cette matière, ou comme des fujets de compter raisonnablement fur la rencontre d’une veine de houille , n’approchent que par accfi dent de la furface du fol aifez pour fe montrer au jour , ou pour en biffer voir quelque éclat.
- 367- Il en eft de même d’une terre légère, tendre, noire, ou tirant fur cette couleur, qu’ils nomment thiroulle , teroulle, que l’on a coutume de ranger parmi les indices de charbon,de terre , & dont il fera parlé en fa place.
- 26%. On peut dire que c’eft la feule matière qui garantillè allez fûrement l’exiftence de la houille dans un endroit où elle fe trouve ; mais ce n’eft pas plus un figne certain que quand le hafard, au commencement de l’ouvrage, fait tomber fur l’extrémité d’une veine qui vient fe terminer à la fuperficie
- (*) Kurella, examen chimique du charbon de terre, feét. j.
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- fous la forme de teroulle. Outre qu’elle ne fe trouve pas fréquemment à la furface -, lorfqu’elle fe rencontre dans un terrein dont on a déjà tiré de la houille , il eft encore douteux ( quoiqu’elle annonce le voiiinage d’une veine ) qu’011 ne profondera pas un bure inutilement, cette teroulle n’étant quelquefois que la tète ou l’extrémité d’une veine qui a été travaillée, puis laiifée : ce qui fait qu’après avoir chaifé les ouvrages à un certain point, on tombe fur les vieilx hommes, ou les vieux ouvres, c’eft-à-dire, fur les anciens ouvrages.
- 2,69. Tout ce que l’on peut dire, c’eft que la préfence de la houille, plus ou moins enfouie dans le fein de la terre, ne nuit pas à la fertilité du quartier où elle fe trouve. Glauber foupqonne que le pétrole & les mines de charbon de terre qui fe trouvent abondamment aux environs du Mein & du Rhin , concourent à la bonté des vins de ces cantons (41).
- Defcription du fol du pays de Liege.
- 270. A confidérer le fol extérieur du pays de Liege dans la banlieue de cette capitale, la nature ne peut être taxée d’ètre avare de fes bienfaits. Des courans d’eau ruiifelent de toutes parts,augmentent la fertilité des endroits qui leur donnent paifage, & rendent la terre auifi riche à fa furfice qu’elle l’eft dans fon intérieur: par-tout le fol répond aux foins du cultivateur, & procure l’abondance, foit fur le fommet des montagnes qui forment l’enceinte où la ville de Liege eft aftîfe, foit dans les vallons qui partagent ces montagnes en prairies, que parcourent les petites rivières de Weze & d’Ourte , avant de venir fe décharger dans la Meufe, au-deims de cette ville.
- 271. On conçoit, d’après cet expofé, que fi les mines de houille ont à leur furface, ou près de la fuperficie, des indices qui les décelent, ces indices font très-aifément confondus, pour ne pas dire perdus, dans la foule de ri*-cheffes que la nature y étale. Du moins eft-il certain que cette diverfité qi i fixe & qui toujours étonne le premier coup-d’œil, ne lignifie rien pour aider à juger s’il y a de la houille dans un terrein de cette efpece.
- (41') Si l’auteur a épuifé fon fujet, il réfuite de ce qui eft dit dans cet article, qu’il n’y a point de réglé fiire pour découvrir les lieux où il y a des charbons de terre. La tarriere pour fonder le terrein eft la voie la moins équivoque, & fon rapport eft toujours alluré. Les mines de charbon fe trouvent ordinairement dans les endroits mon-tueux ; il faut, quand on en cherche, vifi-ter premièrement les collines abruptes, &
- les lieux où il s’eft fait des éboulemens» C’eft là que fe manifeftent quelquefois les couches de charbon. On reconnaît,outre cela , les lieux qui en produifent, aux mêmes indices qui décelent les métaux. L’air eft chargé de vapeurs ; les racines des végétaux indiquent quelque chofe de bitumineux ; les eaux font chargées d’ochre jaune, ou laiflent un fedimcnt noir. Bertrand , dici. des fojjîles.
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- 273. Ce qui fe remarque enfurte prefque au milieu de toutes les productions utiles & agréables répandues fur le fol extérieur, c’eft une pierre fchif. teufe ou fchijio'uü , qui fe trouve en il grande quantité , qu’elle paraît former une partie du fol du pays de Liege : on ne peut faire un pas qu’on ne marche deffus, ou qu’on 11e l’apperçoive de tous côtés autour de foi. Amoncelée fur la cime des montagnes, dont elle eft comme la bafe & le foutien , elle forme fur leurs pentes des murailles hériifées de feuillets aigus & tranchans, Amplement appliqués les uns fur les autres, que le tems & l’air féparent en détail comme des non-valeurs , ft l’on peut parler ainfi.
- 273. En avançant vers le fond de la terre, on trouve encore du fchifte en quantité , approchant davantage de la nature de l’ardoife. Des yeux vulgaires le prendraient pour un autre rebut; mais le connailfeur éclairé, ou guidé par l’intérêt, ne s’y méprend pas : il reconnaît d’abord que la nature déploie en fecret iaricheffe & fa profufion dans ce fchifte. Efpece de parafite obfcur , cette pierre formée dans le fein de la terre, s’y eft engrailfée de veines de bitume 5 elle y eft imprégnée de fucs que l’art fait en extraire pour nos befoins ; elle cache dans fa texture des fels acides unis avec des fubftances métalliques, des terres fulfureufes, des terres abforbantes. L’alun, le foufre y font enfemble formés par un feul & même acide diverfement combiné, différemment uni avec des principes phlogiftiques & terreux. En un mot, ce fchifte dans quelques endroits eft vitriolique 5 dans d’autres il eft alumineux j ailleurs il eft fulfureux (*), & accompagné ou avoifiné , non feulement de différentes terres ou pierres calcaires & vitrifiables, mais encore de métaux (**) , de toutes fortes de matières , la plupart inflammables , comme on la vu, auxquelles il fuffit prefque d’ètre entaifées pour s’échauffer, même pour s’embrafer, au moyen d’une décompofition particulière.
- 274. Mais ce qui eft principalement à remarquer dans ce fchifte , relativement à notre objet, c’eft qu’il a un rapport très-évident avec le charbon de terre , auquel fouvent il fert de bafe & de couverture , dont il peut être regardé comme la matrice. Comme il.tient par-là effentiellement à ce foffile , je renvoie fa defcription détaillée à l’article où je traiterai des veines de char--'bon de terre, dont il’ devient alors un indice certain.
- O A Prayon, au-defTus de Chaud’-Fon- près de Huy , & dans le Limbonrg , on tire taine , on fabrique du foufre & de la cou- de la calamine , Calmejen, Calamy Steen: perofe , ainfi qu’à Engis. à Prayon , près de la Rochette, on travaille
- (**) A la Malfieux , dépendant d’Engis, une mine de plomb.
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- SEPTIEME SECTION.
- Matières terreufes & pierreufes communes dans les houillères du pays
- de Liege.
- 27^. 3LcE fonds du fol & du territoire de Liege , tel que je viens d’en donner une idée, eft, comme par-tout, entrecoupé de bancs de marnes (a), de craies (£), d’argilles (c) de différentes eipeces, arrangés par couches5 de bancs de pierres différemment placés refpe&ivement les uns aux autres fur les bancs de houille. Je me fuis d’abord occupé de ces différentes matières , pour confidérer leur état, leur nature & toutes les circonftances qui leur font propres.
- 276. Les houilleries fans nombre que l’on exploite dans les environs de Liege, ne pouvaient m’aider en rien dans le deffein que je me propofais avant tout, de faire l’examen de ces matières. Les bures, c’eft-à-dire, les puits d’une mine abfolument en train, font en plusieurs endroits étayés de gros bois, de grandes planches ou autres, pour foutenir les terres5 & dans les parties où de diftance en diftance on n’a pas jugé cette précaution nécef-faire, la pouffiere du charbon que l’on y monte continuellement, détrempée par les eaux qui égouttent de tous côtés, donne aux terres qui font à nu ,
- (a) Marga off Mergel, en ail. S'tein-mart, en holl. Mer g in de Steenen. On donne ce nom en général à toute terre capable d’améliorer le fol ; c’eft le plus fouvent ou une argilie calcaire , ou une argille fa-bleufe (42).
- ( 42 ) L’argille fablonneufe n’appartient point au genre des marnes. On ne peut donner ce nom qu’aux terres compofées de particules argilleufes , calcaires & gyp-feufes. Le fable ne peut point changer l’argille en marne , puifqu’il fe trouve mêlé plus ou moins dans toutes les efpeces d’ar-gille.
- (b) Subftance calcaire, qui a perdu par des infiltrations tout ce qui pouvait lui don-ner de la confiftance.
- (c) Jlrgilla, en angl. Clayy en holl. Kley% Lera , Lttten. Terre réfultante de la def-
- truélion humide des fubftances animales & végétales ; elle eft vifqueufe, duèlile, fe durciflant, fe liant 8c prenant corps au feu ; elle ne fe diflbut point par les acides (4J).
- (4?) L’argille ne fe difloutpas vifiblement par les acides, avec une ébullition ou un bruit fenfible, comme cela arrive à la craie, ou à la terre calcaire , qui eft prefque toujours mêlée de marge. Cependant les acides en féparent une certaine quantité. qui fait environ un troifieme du tout, & qui eft la partie eflentielle de l’alun , comme l’ont montré les expériences de Margraff; le relie eft une terre pyriteufe. Par confé-quent l’argille fe difiout en partie dans les acides, elle fe décompofe même entièrement ; & c’eft précifément ce que M. Morand nie en termes exprès.
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- 3a teinte de la marchandife qui y paffe fans ceffe, & il n’eft pas poftible d’y arien, diftinguer.
- 277. Il m’a fallu faire la perquifîtion de quelque bure nouvellement entrepris. Lorfque c’eft un petit bure, fes côtés , ou mahirs, ne font point plan-chéiés , les terres fe foutiennent d’elles-mêmes ; toute la malle qui défend inutilement la houille contre les recherches des hommes , y paraît à découvert; on peut en fuivre les couches fort diftin&ement, avec cette différence néanmoins que, pour s’enfoncer dans le fein de la terre par un avalerejje, on n’eft ni fi commodément, ni fi à Ton aife, que pour descendre dans un bure» ainfi qu’on le verra dans la fécondé partie de cet ouvrage.
- 278- Je fus informé qu’on en commençait une entre le fauxbourg Sainte-Walburge & le quartier dit Hovêmont, à un quart de lieue de la ville. La montagne fur laquelle elle eft , eft une des plus confidérables dépendances de la chaîne qui accompagne le cours de la Meufe de ce côté. Son fbmmet eft terminé en une furface très-étendue, dont l’expofition par rapport au foleil eft au midi ; fa pente, eu égard à la hauteur, n’eft pas abfolument roide.
- 279. C’est à cet endroit nommé aujourd’hui /e bure ou la. fojfe Filo£, que }’ai examiné la pofition des couches de terre qui fe trouvent le plus communément avant les veines de houille : les bancs de pierre couverts par les terres 11e font pas, à beaucoup près , fi nombreux ; & avec le fecours des échantillons que je me fuis procurés, on peut compter.fur l’exa&itude de l’état que je. vais expofer de ces matières terreufes & pierreufes.
- 2go. On fait que ces matières peuvent être confidérées fous différens points de vue, & fe divifer à l’infini, félon que l’on voudra avoir égard à leurs couleurs , à leurs ufages , leurs confiftances , leurs mélanges , leurs effets dans le feu, ou qu’on les envifagera relativement à leur origine. Laiffant à, part toutes ces divifions , je les examinerai relativement à leur fituation.
- 28 r. Les matières placées au-deffus &au-deffous des bancs de houille (44), 8c dont la plupart font difpofées par lits qui occupent une étendue confidé*. rable en profondeur & en fuperficie, feront ici diftinguées en deux efpeces, à raifon de l’union plus ou moins intime de leurs parties. Je les comprendrai fous la qualification générale de couverture terreufe, & de couverture pierreufe.
- 282. Celle qui fe préfente le plus communément fous Xhumus, eft formée par des lits différens, dont la plus grande partie font des terres (a)
- (44) Ces lits de diverfes matières , pla- (a) Terre; nom générique d’une fubC. cées autour des charbons de pierre , font tance très-commune & très-abondante appellées par les mineurs Allemands, Stem- dans le régné minéral , & dont le caradere kohlcngcbirge. Lorfqu’ils font au-deffus de général eft d’être en molécules peu liées, la veine , ils difent qu’ils font im hatigen- rarement homogènes, quelle qu’en foit den -, au-deffous, ils font im liegendeti. d’ailleurs la nature.
- Tome FI.
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- apyres(<z), calcaires (b), & vitrifîabîes (0(45) : j’ai tâché, autant qu’il a été poftible, de les ranger dans leur vraie claiie , à l’aide de très-légeres épreuves.
- 283- La couverture pierreufe, qui pour l’ordinaire vient après la précédente, qui dans les montagnes eft la dominante , admet au-deflus d’elle peu de couches terreufes , & comprend des pierres vives , dont la bafe eft com-pofée des mêmes fubftances que la couverture terreufe, intimement liées enfemble, des rocs fauvages & rebelles (J) , qui réftftent aux inftrumens, & qui different encore entr’eux par leur dureté.
- 284. Je ferai une clafle particulière des pierres qui ne fe trouvent point étendues delà même façon que ce que] appelle la couverture pierreufe ; c’eft-à-dif-e, qui ne formant point des couches & des lits, font fituées en maniéré de piles & de montans ( 46 ). On peut, fans les rencontrer, pénétrer dans toute la rnaffe d’une montagne, & fuivre même les travaux.
- Article premie r.
- Couverture terreufe, ou état des différentes terres dans Vordre où elles fe rencontrent communément fur les bancs de houille dans le pays de Liege.
- 285. Sous la couche, pL //, appellée terre labourable, terre de jardin , terre franche, & par les Latins humus, qui 11’eft pas un véritable foftile (47), fe
- (a) Apyres, refrailaires : mots génériques pour défigner les fubftances pierreufes qui réfiftent fans intermede au plus grand degré de feu connu : on donne ordinairement ce nom auxargilles ,.mais il ne convient à aucune terre.
- (b > Calcaire , calcinable : alkaline , plutôt alkalefccnte , terre très-peu liée , qui fait effervefcence avec tous les acides , & qui, loin de fe vitrifier, rend opaques les maftes vitrifiées où on la fait entrer.
- (c) Vitrifiable ^ fujible : efpece de terre dont les molécules font anguleufes , dures, ne faifant pas effervefcence avec les acides, & plus ou moinsaifément convertie, par le feu violent & aidé de quelque fondant, en une mafle tranfparente.
- (4ç) Cette diftribution des terres & des pierres eft empruntée , non point de la nature , mais des écrits de ceux qui ont voulu fe contenter de mots, au lieu des connaît
- fances exa&es qui font dues aux modernes. Pour montrer combien cette diftinâion eft inexaéte, que l’on fe rappelle la facilité avec laquelle fe vitrifient différentes efpe-ces que l’on a nommées apyres, par exemple , l’asbefte. 11 faudrait donc placer Pat belle parmi les fubftances vitrefcibles, & au contraire la pierre calcaire parmi les apyres , parce qu’elle ne fe vitrifie que difficilement , ou point du tout.
- (d) Appellées win rock par les Anglais. C (46) C’eft ce que les mineurs Allemands appellent Stcinwànde.
- > (47) fa terre franche ou terreau eft com-pofée par la diffolution , la pourriture ou la décompofition des fubftances des autres jegnes, fubftances animales, végétales , minérales , quelquefois encore mêlées du limon de la mer. "Woodvard prétend qu’avant le déluge , tout le globe était couvert de cette terre noire & féconde, & que
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- ET DE SES M.I N ES.
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- rencontre une terre jaune qu’on nomme ar^ée, c’eft-à-dire f argille, pl. //„ n. 1, & qui a fept pieds d’épaiffeur : elle s’attache un peu à la langue, & lie fermente point avec Peau-forte : c’eft un limon très-doux, qu’on pourrait comparer à une argille très-délavée, femblable à la terre dont on fait de la brique ( a), à la terre pourrie ( b ) , à la terre cimolée (c) , à la terre d’ombre , nettoyant fort bien l’argent : elle doit cette propriété à une partie de fable très-fin qui^y eft mêlé.
- 286". La troifieme couche , 11*'. 3 , appellée communément awjlere, ne fermente pas non plus avec l’eau-forte. Elle tient moins fenliblement à la langue que l’arzée , avec laquelle elle fe trouve prefque confondue, jufques-là que les houilleurs regardent ces deux terres comme une feule & même couche. C’eft une terre martiale d’un goûtauftere , qui ne différé de la premier© qu’en ce que la proportion du fable s’y trouve plus abondante ; elle eft tenace, ne durcit point au feu, & parait être une fubftance argilleufe délavée, pareille à celle dont on fait le mortier à gâcher, entièrement la même que celle dont on garnit des fours.
- 287. Vient enfuite un fable fec (</), n*. 4, dont la plus grande partie eft en poufîiere, & d’autres fois dont les grains font en maffe ou pelotonnés : il eft fouventmèlé avec quelques débris des couches au milieu defquelles il eft placé ; ce qui fait qu’il n’eft pas abfolument d’une couleur uniforme, &
- c’eft de là que venait la fertilité du globe ancidiluvien. L’air, les pluies, les neiges , & les divers météores peuvent d’une année à l’autre changer la fertilité de ces terres. Scheuchzer aflfure qu’on trouve au fommet des Alpes , où la fubtilité de l’air , les vents & le froid ne permettent à aucune plante de croître , un terreau noir, qui parait pur & homogène. Il lui attribue trois propriétés. iQ„ D’avoir plus d’élafticité qui le rend plus fufceptible d’extenfion, 2°. De rfêtre point du tout vitrifiable. j°. De paraître au microfcope compofé de parties égales. Voyez oryditographia Helvctica , pag. 99 & fuiv.
- (a) Argitla tejjlilaris, feu figulorum. Argïlla latcritia , en angi. Klay , en holl. Kley. Lcr a, en fuédois Krukmackar-kr. T arrange-1er. Terre - glaife. Terre à potier (48). Argille ferrugineufe tenant fable.
- (48) En allemand , Topfererde, Thon. Il y a des argilies jaunâtres , rougeâtres,
- noirâtres , verdâtres, dont la couleur vient des particules minérales , & fur-tout martiales , qu’elles contiennent. Dans le feu elles la perdent ; en verfant de l’eau-forte deffus , elles deviennent blanches.
- (6) Ordinairement c’eft une argille entièrement privée defon gluten,
- (c) Marge argillacca , pinguedinem im. bibens , calore indurabilis. Cimolia alba. Killoia. Molliujcula. Lcucargilla Plinii. Terre de faïance , terre à pipe. Argille blan. che, qui ordinairement abonde en terre calcaire.
- (d) Arma. Grus. Sand. F[yf and. On appelle ainfi l’amas de différentes maffes dures , détachées accidentellement de maffes folides , vitrifiables & autres , & qui font fufceptibles de fc recombiner en forme folide. Suivant la groffeur de fes molécules , on le nomme gravier ,Jàbu* lum.
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- que, félon la proportion de ce mélange, il fermente un peu plus ou un peu moins avec Peau-forte. Ce ftdble forme un lit d’environ trois toifes d’épaif. fèur » & en couvre un cinquième dont la matière eft blanche comme de la craie j on l’appelle bifmaye ou faiffe maye : par la calcination elle fe convertit én partie en chaux vive ; l’acide vitriolique agit fortement fur cette terre avec un fifflement & un bruit pareil à celui que ferait le même acide fur de la craie ou fur de la chaux.
- 288- A proprement parler, la bifinaye , n°. f , eft le commencement de la couchefuivante, quiett d’une claffeparticulière, relativement à faconfiftance moyenne , n’étant ni lî dur , ni fi compacte que les pierres, mais ne lailfant pas d’en approcher, & n’étant prefque plus terre. Ils lui donnent les noms de blanke maye , grife maye , adaille maye, vraie maye. Ils l’appellent auffi mariey craie, n". 6. C’elt une marne crétacée, ou plutôt une véritable craie (a), fort blanche, employée à blanchir les murailles, & que l’on mêle avec la chaux dont on fe fert dans le pays pour la maçonnerie , qui fe fait avec une pierre grife très-compaéte (b) : c’eft elle quife trouve mêlée dans l’eau de la machine à feu, & que j’ai nommée craie alumineufe ; elle eft fi abondante qu’elle fé dépofe en lits fort épais, dans les endroits où fe déchargent les eaux de la machine à feu. La marie a ordinairement 7,8 s 10,12 toifes d’épailfeur, y compris la bifmaye , n°. f , particuliérement dans la contrée de Liege nommée Hesbaye. Mais ce n’eft pas par-tout de même ; elle ne fe trouve même pas dans toutes les fouilles 5 on ne la connaît point dans celles de Charleroy. La marie refte en grande partie indifloluble dans l’acide vitriolique i & après y avoir fait une effervefcence confidérable , elle s’en précipite. Les acides nitreux & marin la dilfolvent en entier j mais elle ne cryftallife pas avec ces acides. On commence à cette couche à trouver l’eau ; elle eft fujette à en donner en très-grande abondance, ce qui gène beaucoup dans l’exploitation. La fontaine la plus eftimée de Liege pour la bonne eau, eft une eau de marie, dont il a été fait mention. La marie eft ordinairement mêlée de beaucoup de filex ( c ) diverfement figurés, auxquels ils donnent le nom de fiein, nq. yt mais ces pierres à fuûlfe trouvent particuliérement fur la tète d’une couche
- (a) Crcta cohœrensfnlida. Creta argentan a. Craie blanche , différente par fa foli-dité , de fautre efpece appellée creta non faxofa, creta rara, mollis. Kentman. bn angl. Cheik, en ail. Krcide, en holl. Kryt. Craie friable.
- (b) Dans le voifinage des houillères de Liege , on trouve beaucoup de carrières de pierres à chaux. Les Anglais appellent cette
- pierre Limeftone, en ail. Zechfiein^en holî, Kalckfleen.
- (c) Pierre à fufil, caillou , en angl. Flint% en holl. Regel, en ail, Riefcljlcin. Concrétion folide, demi-tranfparente, faifant fet* avec le briquet, compofée vraifemblable-ment des mêmes parties conliituantes que le quartz, & finguliérement remarquable par fa maniéré de fe caffer.
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- qu’ils appellent par cette raifon fiêniere, n°. 8, & qui eft un détrimentTa-bleux, mêlé avec des débris de terre ocreufe & crétacée. Lafléniere ne fermente point avec l’eau-forté, qui y relie très-colorée , à raifon d’une portion de fer , & elle précipite une partie blanchâtre , qui n’eft autre chofe qu’une portion de marie indilfoluble , qui fous une croûte fuperfîcielle de fléniere, fournit aux filex une enveloppe très-épaifle, & dont ils paraifTent être une décompofition , conformément à l’opinion de quelques naturalilles.
- 289- Au relie , le flcin ou flény ne fe trouve point généralement : dans le comté de Namur, il ne s’y en trouve pas ; mais dans les foffes de Freine, d’An-zin, du vieux Condé , dans leHaynault français, on en rencontre entre la marie & le roc. Sous la marie fe préfente quelquefois tout de fuite le premier banc de houille. D’autres fois on trouve au-delfous une efpece de terre lavée» gralfe , glaifeufe , graveleufe , pl. II , n*. 9,appellée dielle, ordinairement placée à la fuperEcie de la terre, & qui ne fe rencontre que dans quelques endroits.
- 290. Quelquefois elle eli alliée avec une terre d’ocre (a), & alors elle eft d’une couleur jaunâtre mêlée; il s’en trouve qui eft prefque entièrement exempte de ce mélange, de façon qu’elle eft reconnailfable pour être une gla-ife (A), très-bonne à enlever les taches ; elle eft li £ne qu’elle retient les eaux de la fuperficie , qui s’imbibent en terre : aulïi peut-elle être employée à faire des digues pour retenir les eaux. C’eft cette glaife que l’on mêle avec les charbons, pour leur donner une confiltance propre à être formés en boulets appellés hochets, en forme de briques. Cette glaife combinée avec l’acide nitreux, fait une violente effervefcence. Quoique la dielle foitfouvent éloignée des couvertures pierreufes qui fuecedent aux couvertures terreufes, elle peut néanmoins être regardée comme la première croûte des pierres qui fe trouvent au-delfous; 011 en trouve de femblables dans les premiers bancs des plâtrieres.
- 291. Elle eft remarquable par des malfes qui s’y rencontrent, dont il y en a de plus grolfes que le poing, qu’on nommz pierres de dielle, O, O, O, O c’eft mal-à-propos quant à leur conliftance, mais cependant elles rendent la dielle très - difficile à percer quand on en rencontre. Ces pierres d’argille,, lapides boroori} font un bol (c) durci, doux, tendre au toucher , tenant fort à la langue; on y apperçoit eu alfez grande quantité des corps de forme annu-
- la) Ocra. Ochra. Aldovr. en holl. geel (b) Argille imprégnée d’acides auxquels Oker. Ocre rouge. Huit kryta. Gyttia, en elle doit fa confiltance. angl. Te II ow oker , en holl. Gecl oker. Eu- (c)Argilta pinguis , en fuéd. J'ordqfîer. bricafabrilis* Ocre. R ubrique. Terre mar- Efpece d’argiile , linguliérement empreinte tiale jaune, dépofée de pyrite , ou de vi- de fubûance ferrugineufe & fort délavée,, txiol martial décomposé.
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- laire , de la grandeur d’un écu dv3 trois livres > ils font de la même nature que la dieile, & y font fortement enchàffés.-
- 292. La dieile a environ un pied ou huit pouces d’épailfeur ; d’autres fois elle en a bien davantage. Du côté de S. Nicolas & de S. Gilles, elle a feptou huit toifes d’épais -, elle a quelquefois jufqu a douze toifes de profondeur , y compris un lit qui lui eft particulier, mais qui ne fe rencontre pas conftam-ment : ce lit, n°< 10 , qui appartient directement à la dieile, eit une terre bo-laire durcie, qui commence à devenir glaifeufejon l’appelle en terme de houillerie tourteau de. derle, tortay daille, ou tortay de dieile; ce qui proprement lignifie gâteau de dieile, du nom de tortay que l’on donne à un petit pain formé en gâteam
- 293. Dans la Hesbaye ce lit parcourt une grande étendue de terrein j dans les houillères fituées du côté du nord , il n’a qu’environ un pied d’épailfeur : c’ell à peu près fon épaiffeur ordinaire, qui quelquefois eft un peu plus coii-iidérable.
- 294. Là dieile fe termine à une efpece de pierre tendre, ou de terre graffe qui fe défunit où fè délite à l’air. Cette matière nommée aga£, n". n , paraît être un dépôt régulier qui s’eft arrangé par lits : c’eft une terre marneufe (*) de couleur bleuâtre, fenfiblement feuilletée , mêlée de beaucoup de parties talqueufes} tenant à la langue, & qui n’éprouve aucune aétion de la part des acides , lefquels ne foiit que s’imbiber dans fa fubftance.
- 295. L’agàZ ne fe trouve que dans quelques endroits, tels que les montagnes où font les vignobles, à cinq ou fix pieds de profondeur, même à la fuperneie ; elle eft propre à l’engrais des vignes (49) ; l’épailfeur de fon lit eft d’une demi-toife 04 d’une toife 4. on la trouve quelquefois fur la pierre j quelquefois le charboii de terre fe préfente delfous l’agaz,de maniéré que cette fubftance forme le fol de la veine, qui alors eft particuliérement nommé en patois le deie delvône»
- 295. Au-dessous du tortay de dieile, ou au-delfous de la marie(quand la dieile & le tortay manquent) vient la derniere terre alfez femblable à l’agaz * & que l’on nomuie èraw ; quelquefois elles fe trouvent placées l’une fur l’autre ; tantôt l’agaz manque , tantôt c’eft la craw.
- 297. La craw, n°. 12, a cinq toiles d’épailfeur, & lié différé des terres qui fe rencontrent à la furface, qu’en ce que fa plus grande profondeur a donné plus de ftnelfe à fes parties.
- (*).Marga in acre ddiqiiefccm ,pîngnc-fade ns.
- (49) 4 cet égard , comme pour fes autres propriétés, cette terre paraît alfez fenïbla-
- bié à l’ardoife , dont les vins de la î\lofeïlè doivent avoir le goût , pour être bons, & qui fert en effet d’engrais aux vignes de ces quartiers là, après avoir été fufée. t
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- 298. Elle eft graffe , tendre au toucher, fechc & de couleur bleuâtre : ç’eft un humus lavé , une efpece de marne, propre à polir les métaux : 011 peut s’en fervir pour engraiifer les terres. Elle fait une grande ehérveicençe dans l’eau* forte. O11 pourrait la comparer à la terre argilleufe fine déliée, qui aççom-pagne les filons des mines, & que les Allemands nomment Befleg(fj
- 299. Cette terre qui ne fe trouve pas dans les mines des environs de Char-leroy, fe nomme autrement boujjin5 eife&ivement elle parait tenir la même place & avoir la même qualité que çe que l’on nomme dans les carrières boujjin , bourjinon peut la regarder comme une efpece de pierre tendre qui fe forme dans les endroits où la terre s’eft amalfée en quantité fur la pierre. La craw, ou le boudin , eft pour les houilleurs l’annonce qu’ils font tout près de la veine.
- 300. Dans tous les environs de la chauffée S. Gilles, tirant après le quartier nommé lu Neuville, derrière Sainte-Véronique, on rencontre fous la crawjoufous le fable, un lit de cailloutage, nommé dans le pays gravier; mais qui eft véritablement un amas de cailloux femblables à peux qui fe trouvent fur les bords de laMeufe. Il y en a quelquefois feize pieds d’épaiifeur,
- 30t. D’autres fois fous la cravr fe retrouve de la marie & d’autres couches pierreufes, dont je vais parler, après avoir remarqué qu’il eft quelque* fois arrivé de rencontrer parmi ces terres des débris de bois & des arbres en-talfés , plus ou moins altérés. Voye^ fection fécondé, §. 73.
- 302. Dans ce quartier du fauxbourg d'Avroy, on en a rencontré à lapro* fondeur de dix-huit pieds, en profondant un puits de mine.
- Article ÏL
- Couverture pierreufe , ou état des différentes pierres , dans tordre où elles fe trouvent
- fur les bancs de houille,
- 303. Aux couches terreufes dont je viens de donner fénumération, fue* cedent des maifes de pierres , entre lefquelles je crois néceifaire d’établir une diftinélion qui eft elfentielle , quant à lafituation différente qu’elles occupent dans les houillères.
- 304. Les unes font fituées dans l’intérieur des mines , de maniéré qu’elles y produifent des efpeces de piles ou de murailles qui peuvent n’ètre pas rencoru-trées dans les ouvrages, quoique les ouvriers en foient quelquefois très-près,
- (*) Ils appellent fouvent l’argille , Let- plus fou vent placée fur les lits des pie.r> ten , Mergely Marne, quoique cela foit dif- res ; elle eft moins dure , & parait moins férent. formée que celle à qui elle eft attachée^
- Cr) C’eft une couche particulière , le d’où on l’appelle auffi fauJJ'e pierre.
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- DU CHARBON DE TERRE
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- J’en parlerai dans un article féparé, après avoir fait connaître les pierres qui forment ce que j’appelle couverturepierreufe, parce qu’elles s’étendent en fuper-ficie dans un efpace confidérable : ce qui fait qu’en fouillant un puits de mines , on ne peut éviter de rencontrer ces bancs pierreux.
- 305. Cette couverture pierreufe fe trouve à différentes profondeurs , ainü qu’011 peut en juger, & ainü qu’on le verra par les détails particuliers de quelques mines de charbon de terre.
- 306. Les pierres qui la compofent different entre elles par leur dureté ; celles où cette qualité eft plus marquée , font comprifes en général , quelque part où elles fe trouvent, de quelque maniéré qu’elles foient placées , fous la dénomination de grès (a).
- 307. Néanmoins la première couverture folide qui fe préfente avant ce grès, ç’eft-à-dire , après les lits de terre , eft un très-beau fehifte bien ferré.
- 308* Je ne m’arrêterai point à décrire cette pierre, désignée tantôt fous le nom à'arjaletre, tantôt fous le nom de faujje ardoife (è), ou ardoife grojjiere (50), parce qu’elle 11’a pas la même qualité que l’ardoife véritable , mais qui du refte paraît dans plufietirs de fes parties très-peu différente de l’ardoife, fou-tient avec elle une comparaifon entière, fi ce n’eft qu’elle ne peut pas être employée aux mêmes ufages économiques. Comme il fera fouvent queftion de ce fehifte dans la fuite de cet ouvrage, je me contenterai derappeller ici, que de même que l’ardoife qui fe trouve fouvent avec le charbon de terre, ce fehifte a aufft un rapport décidé avec ce foilile ; que les premières foncées des carrières d’ardoife fe rapprochent, 011 ne peut davantage, des couches qui fervent de couverture aux veines de charbon de terre : on y rencontre de même des dendrites, des empreintes végétales, des pyrites. Elles contiennent plus ou moins départies grades, inflammables, qui dans les incendies donnent plus iujet de craindre pour les maifons couvertes d’ardoifes, que pour celles qui font couvertes de tuiles (c).
- (a) Le grès , ou ce qu’orrdoit appeller grès , eft un fable très-délié , qui doit fa çonüftançe pierreufe à une matière animale ou végétale.
- (b) FiJJîlis , folidus durijjimus , in lanieL las non divifbilis. FiJJîlis rudis. FiJJîlis inu-tilis. Schiflus diffîculter feindendus. Wal.
- Lapis fchijtus folidus. En fuéd. Skifer.
- En angl. Shiuer. Sprack Hallan. Ces bluffes ardsifes , quoique pierres feuilletées , fe caftent comme la pierre à fuftl.
- (ço) La faufte ardoife, que nous pouvons appellçt ardoife diarbonncufe, eft
- noire, fans feuilles, ne convenant avec l’ardoife proprement dite , que par fes particules fiiamenteufes ; elle eft tendre ; on peut s’en fervir comme de crayon. Calcinée à feu découvert, elle devient blanche ; dans un vaiffeau couvert, elle confervs fa noirceur. Cette fubftance pourrait aufli s’appeller marne noire folide, ou terre bitu-mineufe durcie. Les Allemands l’ont nommée quelquefois Kohlftein, charbon de pierre, d’autres foisfehwarze Kreidc> craie noire. Wallerii mineralogia.
- (c) Voyez l’art de tirer des «arriérés la
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- ET LE SES 'WÎ^NES: ~ 417
- 309. Quoiqu’une bafe calcaire entre quelquefois dans la compofitiôn des Ichiftes, l’eau-forte n’a aucune aélion fur la fubftance de celui-ci ; il rougit & fe calcine promptement au feu en s'effeuillant ;J comme c’eft la fùbftauceUâ. moins dure de toutes celles qui fe'rencoritrent'dâns la fuite'd’une-fouille, oa lui donne le nom' de' "moindrepierre (/n°. 13 ,pllJH) j’cependant (à eonfiftance, ainfi qu’on l’obferve'dans toutes les pierres' énfôuies eit - terre, dévient plus décidée à mefure qu’elle elt fituée à une plus gràndë'profondeur ,'& que l’oii approche de la houille qui quelquefois fe’trouve immédiatement fous ce fchilfe.
- 310. D’autres fois, au lieu de'liouille’jà cehlit fôhïfteux fuccede une e£
- pece de roche grife^dont l’épailleur va quelquëfois à une oü deux toifes, ce qui n’eft jamais réglé 5 tantôt elle fe met en pelote, tantôt elle eft interrompue tantôt elle fe trouve fousTarzéé, tantôt elle vient mourir à'Cair comme les veines.- • 't:"r! ’ r ~‘! r>: -:j jii' ’-r -
- 311. Cette roche que l’on nomme généralement la pierre, fait feu contre
- l’àçier, & eft inattaquable par les acides : on remarqué parmi cette pierre quelques variétés. 1
- 3*2. LES plus communes1 (à) font difpofées par feuillets quaftizeux (^2) \ mêlées de paillettes luifantes de mica, très-étroitement liées'les’unes aux autres ; ce qui fans'doute les fait auffi nommer grès,à caufe du brillant.il s’en trouve de très-difficile'à'réduire en grains, & qui pourrait fëtravailler.
- 313. Une autrejdp’ece fort tendre eft employée à polir les canons de fufiî: celle-là fe rencontre , fur-tout dans les veines appelléès chagnelays, au village de S. Nicolas , & dans fes environs, de même qu’au village de Flémàlle.
- 314. Enfin , ce grès préfente une autre variété , dont les grâins'font très-peu liés çnfemble ; c’eft une pierre-morte (F) qui ne fe lfépare poinf par feuillets , & qui eft très-friable; elle éft,connue dans leHaynault ,où on l’appelle quarelle pourrie : elle eft femblable à (un granit décbmpofé. On fait que le granit (J) fe trouvé mêlé avec le fehiftë, qu’il femble être un paflàge à l’ardoife, & qu’il conduit ordinairement à des pierres noires ou; à du charbon de terre.
- .vil.., i , . . : 1 ;
- pierre d’ardoife , de la fendre1 & de la tailler, par M. de Fougeroux (çi)’.
- (ç 1) Voyez auffi les notes que j’ai ajoutées à cet art, qui fait partie du quatrième volume de cette collection.
- ‘ (a) KiJJel. Sued,"Pierre compofée , très-commune dans les mines , allez ordinairement cryftallifée en pointes de diamans , faifant féu avec l’acier.
- (ç2^ Quoique ces 'carkétêres paraiffent1 Tome VI,
- infuffifan.i, pn pourrait fuppofer que ce grès eft iâ'pierre que les minéralogiftes Allemands ont appellée grauer Hornjîein.
- ! (bf Ou èffietfrie ; en ail. Aufgeivittert. Pierre altérée ou décompofée par l’air, & dont les grains étant peu liés enfemble , font tendres;,- . , y
- (c) Pierre ) compofée dë mica, de fable' & d’argille. . . '
- Ggg
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- 3if. Telles font les différences qui fe remarquent dans ce que les houilleurs nomment pierre ou grès, après lequel vient la première veine qui.eft fépa-lée d’une fécondé veine par un autre banc de pierre micacée , auquel fuc-cede unetroifieme veine j de maniéré que les veines de charbon font féparées les unes des autres dans le fond de la mine, par des bancs de fchifte, qui leur fervent d’enveloppes, & par des bancs de grèsjc’eft toujours une pofition fàcheufe pour l’exploitation, lorfqu’une veine eft diretftement fous cette roche: en général, toutes les pierres ne font point par-tout unies les unes aux autres j celle-ci fur-tout eft fujette à donner fous fes feuillets, ou par des breches, ou par des fentes dont il fera parlé dans la fécondé partie, une grande abondance d’eaux, incommodes pour la pourfuite des ouvrages. Au refte, on n’en trouve pas par-tout, & lorfque ce grès fe rencontre , la veine de houille en eft ordinairement féparée par un banc de moindre pierre.
- 316. Cet arrangement des bandes de terre & des lits de pierre, qui precedent les veines de charbon , n’eft pas le même par-tout. Il eft des endroits où ces couches font placées dans l’ordre que je viens de décrire j ce qui néanmoins n’eft pas ordinaire, étant rare qu’il n’en manque point dans la plupart. D’autres fois l’argille nommée par les Liégeois ar%ee,e{i fuivie de fable y de la craw, d’un autre lit de fable, d’un lit de cailloux & de la pierre. Tantôt fous la craw fe trouve de la pierre, tantôt de la marie, & encore de la pierre ,. fouvent des bancs de mica, enfuite de la pierre, puis enfin la veine. Il en eft où dès la fuperficie on rencontre la pierre fans difcontinuer jufqu a la veine. Dans d’autres il ne fe trouve que l’arzée, puis la pierre. Dans d’autres , l’a-gaz feulement, puis la pierre ; & aifez communément ce lit terreux eft placé fur le grès , quand cette pierre fe rencontre. Sous l’arzée quelquefois vient la marie , enfuite la craw qui eft jointe à la pierre. Il arrive encore que le fable, nommé aufii mer gel, forme le lit fuperficiel, au-deifous duquel vient U gravier qui eft pur caillou ,jufqu’à la pierre, & cela fans aucune réglé.
- 317. Cependant , lorfqu’on approche de la rivierre de Meule, le premier Ht qui fe rencontre, eft la terre franche, fous laquelle le trouve le gravier mêlé quelquefois de fabled’autres fois rempli de cailloux.
- À R T ï C L E Iïïv De Venveloppe des Veines de houille*
- 318» Vient enfin la vraie couverture du charbon de terre, laquelle eft toujours^ contiguë aux veines de ce foffile, qui non feulement les couvre mais les àecompagne' par-tout dans leur marche fupérfeurement & inférieurement, en lui fervant d’enveloppe : cette enveloppe eft aux charbons de terre,
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- «c que dans les mines de cuivre du Canada, dans les mines d’antimoine de Mercœur en Auvergne , & ailleurs, l’on nomme ponte9 la ponte, ou L'éponte; termes qu’avait adoptés feu M. Hellot.
- 319. Dans les mines de charbon de terre, c’eft un banc de fchifle ou faufle ardoife, de la nature des fubftances dont tout le terrein efl compofé, mais que l’on pourrait prononcer avoir avec la houille une analogie & une affinité plus décidées que toutes les autres terres, ou pierres qui ont été rencontrées avant de parvenir à la houille. Après le charbon de terre, c’efl ce qu’il y a de plus remarquable dans ces mines ; il n’y a pas de houille fans ce banc fchifteux-, Ton épaiffeur qui varie confidérablement, va quelquefois jufqu’à fix ou fept toifes environ : elle efl: le produit d’un nombre infini de couches entafTées, & plus ou moins ferrées les unes contre les autres, compofées comme les talcs (a), les mica & d’autres pierres Galcaires , de lames plus ou moins tendres , plus ou moins dures , plus ou moins caffantes , plus ou moins liées ; toujours entre-mèlées de matières pyriteufes.
- 320. Ce dernier minéral s’y trouve ramaffé en blocages de pierres de la groffeur de noyaux de pèches, qu’ils nomment petits doux , pour les diftin-guer de ceux qu’ils nomment gros doux, dont ils ne different que par le volume.
- 321. Ce font des marrons pyriteux, tels qu’en général on en trouve affez fréquemment dans les lits de mines par coudies (b). Ceux-ci ont pour écorce & pour bafe une fubftance fchifteufe } torréfiés, la couleur bleue de la flamme y annonce une partie fulfureufe : l’eau-forte réagit puiffamment fur la partie métallique ; expofée de nouveau à l’adtion immédiate du phlogiftique, elle prend la couleur du cuivre de rofette , qu’elle conferve obftinément affez long-tems.
- 322. Le mélange varié de toutes les matières qui font confondues dans ce lit, donne l’explication de ce que ces fchiftes tiennent plus ou moins des propriétés qui les feraient appartenir à la clalfe des pierres calcaires, ou à celle des pierres vitrifiables, & de ce qu’il efl: fouvent difficile de décider fi elles font l’une ou l’autre.
- 323. En les examinant feulement à l’œil, ces couches réunies préfentent de diftance eu diftance des différences fenfibles ; fur-tout, comme l’a obfervé feu M. Antoine de Juffieu (c), dans les parties qui avoifinent plus ou moins le charbon de terre.
- (a) Talgeflcn , pierre fpéculaire. Efpece de gyps ( ), dont la combinaifon plus
- intime , ne permet pas de la décompofer auffi facilement que lui.
- (çj) Ou plutôt, comme l’a très-bien rendu M. Schreber, dans fa traduction allemande , efpece de pierre argiüeufe. -
- (b) On appelle ainfi , ou minerpar dépôts toutes les mines placées entre deux couches d’autres terres, & qui en fuivent la direction.
- (c) Mémoires de Vacadémie royale des Sciences, ann. 1718.
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- 324. Les lits de fchifte qui*en font éloignés* font tantôt verdâtres, tantôt d’un gris cendré ; quelques-uns font d’un beau noir, .remarquables pâr la quantité de pouffiere pyriteufe, par des màlfes de pyrites dont ils font femésr
- 32$. Ceux;.qui approchent du corps de laqjveine., font" noirs, luifans , lilfes, polis, releyés par un éclat approchant, du vernis bitumineux de la houille ; ils font même réputés charbons de terre, fe trouvant toucher directement la veine decharbon : ils different encore entre eux par une qualité plus ou moins inférieure, félon qu’ils ont prêté paflage à quelque portion bitumi-nèufe, charbonneufe ou pyriteufe. Il ne ferait pas impqffible, en. portant attention dans l’examen de( ce'banc vù de front, de reconnaître la plupart des fçhiftes dont on a fait des elpeces ou des variétés (*); mais fuis admettre dans ces diiférens lits dont eft conipofé ce banc, des efpeces diftincles qui pourraient ,11’ètre qu’arbitraires & jeter de la confufion dans fa defcription, il ne fera confidéré ici que dans les parties qui approchent ou qui touchent la veine , que les houilleurs désignent par des noms particuliers , & qu’il eft utile de connaître pour l’exploitation.
- ( 326., Paur entendre clairement ce qui va fuivre, il eft neceifaire d’avoir toujours égard à la pofition de ce banc, comme enveloppe d’une veine, de maniéré qu’il.s’en trouve conftamment un banc~ au-deffus & un'fécond banc siu-deifous.-; ; .
- * '327- Envisagé de'cette façon,il eft aiféde concevoir que celui de ces bancs fchifteux qui eft placé fur une veine, touche cette veine par fa partie inférieure, qui pour la veine, & pour l’ouvrier qu’on y fuppoferait travaillant, devient le fomrnet ou la tète ; 8ç, qu’au contraire dans le banc fchifteux qui fe trouve au-delfous de la veine, c’eft la partie ou la couche fupérieure de ce banc qui fert d’appui & d’aflife à la veine , & qui eft directement fous le pied de l’ouvrier, >• i; c .
- r 328- La première table qui porte fur une veine , eft un banc de 4, f ,
- 7, 8 pieds d’épaiifeur, fujet néanmoins à s’enfoncer confidérabiement & à donner beaucoup d’eaux par des fentes & même par des ouvertures très-gran-i des.;En tant qu’elle ^occupe la>partie fupérieure ,, elle fe nomme communément la couverture de la veine, ou le, toit de la veine, parce qu’elle lui en tient lieu,.excepté dans les veines roijjes, comme on le verra à l’article de l’exploitation.
- 329. Sa confiftance moyenne la rend facile à être mife en poudre, St cette poudre eft noire; le morceaurqui a été ratifie parait d’une couleur pâle, approchant de celle d’un métal luifant, comme le molibdena (^4) , & peut fans aucune façon ni apprêt fervir de crayon. •... : ^
- (*) FiJJUis friabilis nigricans -y friabilit Voyez Waüerins. fttfeus i friabilis cincrais., rudis rlameUis (54). C’eft un minéral qui contient toti-zonfpiaiisïrudis, lamellis non confpicuis, jours du plomb, mêlé avec du fer & une
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- 330. Les alentours des atteliers font couverts d?amas de ce fehifte qui a été employé aux feux des bures d’airage, Les feuillets innombrables dont cette maife eft formée, font tous détachés les uns des autres ; ayant pris au feu une couleur blanchâtre & jaunâtre , ils confervent cependant leur couleur noire Il 011 les calcine à feu couvert, & fe vitrifient lorfqu’ils font expoies à un feu violent.
- * 331. Lé fécond lit fur lequel eft aftis le banc de houille , eft moins foncé en couleur & moins dur que le toit ce ne font pas cependant deux matières différentes ; c’eft un vrai fehifte martial, dont les tables plus ou moins éloignées du charbon, faifant plus ou moins corps enfemble, préfentent des couches diftineftes dans leur épailfeur : il a , félon le terrein où il fe rencontre, plus ou moins d’épaifietir 5 cela va quelquefois à quarante pouces: ordinairement il a TépaiiTeur de l’efpace qui fe trouve d’une veine de charbon à une autre veine.
- 332. Comme dans les travaux il fert de plancher, 011 l’appelle aufîi le plancher ou le fol (*) : dans les mines de Charleroy 011 l’appelle le mur. Dans les environs de Liege on l’appelle communément dde ou la dice d’une veine , en obfervant que tout ce qui fe trouve fous une veine de charbon eft alfez généralement appellé de ce nom 3 c’eft-à-dire , que cette deie , ou cette diée , eft: quelquefois formée par l’aga, d’autres fois par ce qu’ils nomment craw, ou par les autres matières qui fe trouvent fur le banc de houille , lefquelles alors peuvent être regardées comme le falband (**) des mineurs Allemands.
- 333. Quand la deie de la veine tient abfolument de la nature du fehifte, la portion qui porte fur le plancher ou fol eft moins fenfiblement difpofée par feuillets 3 elle paraît différente de toute la maife des lames qui compofent l’enveloppe de la veine 3 les houilleurs l’appellent pierre. Lorfqu’ils trouvent cette pierre fur le plancher, ils difent qu’elle eft toujours l’annonce certaine du charbon 3 cette portion qui touche le plancher, ainfi que la partie du plancher qui tient direélement à la houille, eft inattaquable par les acides.
- 334. En examinant un peu attentivement cette pierre 5 on y remarque
- une circonftance que je croirais être ce qui décide les houilleurs à tirer cette induélion. !
- 335. Plusieurs points de fa fubftance font marqués de teintes pyriteufes, verdâtres 8t interrompues , mêlées confufément de petites lames de couleur
- forte de mica. En fuédois & en allemand , l’enveloppe ou de l’écorce du filon : d’au-Bleyertz. très fois ils expriment par ce mot fai-
- C) Dans les mines de Holtz.kohlen, Sc~ band .33), la difpofition ou l’arrangement melle. * des pierres en général.
- (**) Salband, fofiile placé entre lefilon (33) Cette derniere lignification du mot & la roche dure; ce qui donne l’idée de falband eft inconnu en Allemagne.
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- DU CHARBON DE TERRE
- blanche, qui pénètrent cette pierre affez avant. Je n’ai point fait cette remâiS que fur toutes les autres parties de cette enveloppe fchifteufe. Ces taches, fur lefquelles l’eau-forte fait effervefcence , font nommées par les houilleurs Liégeois hitte d’aguejfie , qui veut dire fiente de pie , ou hitte d'aronge y fiente d’hirondelle.
- 336. Un dernier renfeignement, immanquable pour eux, du voifinage de la matière que l’on cherche , fe trouve dans la portion de ce banc fchifteux , fituée entre la veine & le toit, immédiatement avant la veine. Ce font des impreffions répétées à l’infini, de plantes de même genre , dont fe trouve ordinairement chargée une grande partie de ce banc, dans une épaiiTeur affez confidérable , excepté dans les mines dont les couches font horifontaîes.
- 337. Je ne crois pas devoir paifer ici fous filence une remarque qui vient à l’appui de celle de Swedemborg (*) & de plusieurs naturaliftes , d’après laquelle il ferait poflible de tirer quelque indu dion fur la nature de ces fchiftes ; e’eft que la plupart, & principalement ceux qui font chargés d’empreintes , étant fciés deviennent rouges , ou tirant fur le rouge , comme le minium factice, dans les parties qui ont éprouvé le frottement de l’acier ; que d’autres acquièrent en peu de tems cette couleur rougeâtre , plus ou moins chargée , approchante de celle que prend le papier bleu plongé dans une folution' d’aluh, de fel ammoniac, de couperofe. Dans quelques-uns, cette couleur confondue avec celle qui eft naturelle à ces fchiftes, les ferait prefque regarder comme une hématite ( 56 ) (**).
- Article IV.
- Accidens à remarquer dans £ enveloppe fupérieure & inférieure des veines de houille.
- 338 Si le fol & le toit frappent la ciiriofité des nuturaliftes , auxquels cette enveloppe du charbon offre des repréfentations agréables , elle n’attire pas moins l’attention des ouvriers, puifqu’elle leur préfage , fur-tout quand elle eft chargée des tableaux dont il vient d’être fait mention , qu’ils font près de toucher le charbon. Mais cette enveloppe a encore cela de remar^ quable pour les houilleurs , qu’eue eft fujette en différens points de fon épaif-lèur, à différens accidens qui lui donnent un rang diftingué parmi la quantité de matières terreufes plus folides, qui fervent de couverture à la houille;
- (*) Emmanuel Swedetnborg , de fcrro. rius ,ferrum miner alifatum minera figura--(56) L’hématite, en ail. Blutfiein , eft ta , rubra , aut tinclura rubente. «
- une mine de fer minéralifé dans une giebe (**) Hœmatitcs niger , tritura rubens. figurée, rouge, ou qui étant écrafée de- Waller. Trichrus. Hématite, En anglais , vient rouge. C’gft la définition de Walle- Bloodfione. En holl. Bloed-Jken. "
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- il fera aifé de juger qu’il n’efl pas inutile de faire entrer dans fa defcriptiou-ses divers aocidens. Ces accidens, fâcheux pour l’exploitation à laquelle ils apportent du retardement (*) , fe réduifent à deux. Les premiers qui fe r$-marquent dans quelque veines, confident dans des portions affez étendues du toit ou plancher, ramalfées en tourbillons , qui dans des endroits étant devenues plus dures & plus ferrées , forment des efpeces de pierres différentes en apparence, de la fubftance à laquelle elles appartiennent, qui n’affeélent point une figure déterminée , & qui réfiftent aux inftrumens * jufqu’à les brifer, comme feraient les autres matières pierreufes dont il a été parlé. Ces maffes particulières font nommées au pays de Liege, krouffe (57) , d’un terme général, qui dans le patois lignifie boffe, d’où les bolfus font appelles krouffieux. Dans le Haynault elle font nommées brouillages. Ordinairement ces krouffes n’ont pas une grande étendue j cependant elles couvrent quelque,-fois toute la veine, & fuivent même affez conftamment fon pendage ; alors on Jes nomme kreins ; on en a répréfenté un morceau, pl. 1 >fig. 4. Il s'en rencontre qui s’étendent à douze , vingt toifes , & encore au-delà.
- 339. Il eff aifé de fentir que ces boffes, épaiffes quelquefois de plufieurs pieds, produifent fur la veine de houille des changemens qui varient félon la maniéré dont elles font placées fur la veine : fi elles excédent le niveau du toit, elles rendent la veine un peu plus petite, au point d’en faire perdre une partie, de l’arrêter dans fon étendue, ou de l’interrompre entièrement jfur-tout s’il fe rencontre une de ces krouffes dans le banc fupérieur & une autre dans le banc inférieur. Alors ces deux nœuds s’approchant l’un de l’autre, ferrent la veine placée entre eux, la font perdre5 mais on la retrouve à deux pieds, à une ou deux toifes environ , fuivant l’épaiffeur de la krouffe. Lorfque ces krouffes nè féparent pas la veine en entier , qu’elles n’en empêchent pas la continuité, on les appelle communément dory.
- 340. Leur couleur & leur nature ne different point du baiie fupérieur ou inférieur, dans lequel elles fe trouvent. On voit clairement que ces accidens appartiennent à cette partie de la mine qui enveloppe le charbon de terre 3,
- (*) M. Triwaîd, dont on trouve dans les ades de l’académ. de Suede plufieurs mémoires concernant la pratique de l’exploitation des mines de charbon , a fait de ces obftacles , ainft que de ceux qui vont être traités à l’article fuivant, l’objet d’un mémoire particulier ; année 17?9, tom. I. Ce morceau intéreffant a été publié en fiançais, dans le,, journal économique de mai, 1752, page 60 , fous ce titre : théorie
- complété de tout ce qui regarde le charbon de terre.
- (57) On pourrait les nommer en allemand Vber/agen ; mais l’ouvrier qui ne distingue pas auffi exadement que lefavant,. confond prefque toujours les termes*. M. Schreber remarque que les mineurs étrangers font des diflindions plus fubtiles que les Allemands, & expriment ainfi. ma plus grand nombre d’idées- ’
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- D U ;e H A RB 0 N LE T E R R E\
- ce font, pour ainfi dire, des maladies ou des jeux de pierres furvenus dans le corps même de la couverture, dont la fubifance toujours reconnaiffable m’efl point dénaturée, mais n’a confervé ni fon organifation, nifa difpofîtion uniforme.
- 341. Il eflune fécondé efpece de ces accidens; c’eftune forte d’extravafà-
- lion, ou de cette même matière fchifteufe qui enveloppe le charbon, ou des autres matières placées quelquefois au-deifus de la couverture ,Jefquelles font retenues en malfes & étroitement enclavées dans l’enveloppe : ce qui fans doute leur a frit donner dans le pays de Liege le nom de klavais ; on les.appelle aufîi koumailles. On les trouve cependant quelquefois, niais plus rarement1’, dans ce’ que les houilleurs Liégeois nomment grès: ce qui ne peut être que dans les mines où la veine eft direéleraent placée fous ce rocjde maniéré que la nature, la couleur de ces .concrétions qui ont acquis plus ou moins de confiltànce, font différentes à raifon de la différence du lit de terrefttué àu-delfus de la couverture, ou de la couche même de la couverture, dont ils font une efpece d’épanchement. Si ce font des extravafations de la craw , fous laquelle' vient quelquefois le charbon de terre, ces klavais ou koumailles tiendront deda-nature delà cravr ; comme ils tiendront de la marie , de Pagaz ; de la moindré pierre & du grès, félon que le charbon fe trouvera fous différentes couches. Au fnrplus, ni les klavais, ni les koumailles 11e font attai quables par les acides. ‘
- 342. Cette courte expofition frit voir que ces nœuds & ces engorgemens qui font tous des dérangemens delà matière du toit ou du plancher, 11e difr. ferent réellement entre eux qu’en ce qu’ils font les uns ou les autres plus ou moins compa&es * qu’ils font des épanchemens , ou de la moindre pierre, ou de l’agaz, ou de la craw, ou du fchifte. Elle fait voir encore que leurs effets fur une veine de houille doivent varier à raifon de ces circonftances, ou à raifon de la prefîion des klavais &des koumailles dans un ou deux points de la veine; & que les krouffes influent fur elle d’une façon d’autant plus décidée , que leur dureté , leur volume, leur étendue & leur poids font augmentés par la faillie qu’elles font au-delà du niveau du toit ou du plancher.
- 343. Comme d’ailleurs l’épaiffeur & la confifiance du fol ou plancher ne font pas les mêmes dans toute fa marche, elle s’affaife néceffairement fous cette charge dans quelques parties, & donne jour aux eaux par les fentes & les ouvertures, quelquefois confidérabîes , qui enréfultent.
- Article V.
- Des failles.
- 344. A ces engorgemens, qui font des défeciuofités du .toitou du fol de
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- la couverture, il Faut ajouter d’autres obftacles qui ont avec ces noeuds un rapport commun, quant aux effets qu’ils produifent fur les veines de charbon & fur leur enveloppe. Mais ils en different en ce qu’ils font d’un volume plus conlidérable; auffi arrètent-ils prefque en totalité, ouféparent-iîà quelquefois les veines de houille.
- 34f. Je les range dans une claffe indépendante de la couverture pierreuie, parce que ces obltacles ne font pas couchés fur les bancs de houille , comme la plupart des roches appellées ci-devant couvertures pierreufes. Ces rocs font des jetées, portées dans tout cet enfemble en maniéré de montans, de colonnes , de piles droites ou penchées qui traverfent profondément l’intérieur des houillères , en ayant une tendance oblique vers ie centre de la terre.
- 346. Afin de n’avoir plus à revenir aux matières qui environnent ou qui avoilinent la houille, il elt à propos de parler ici de ces piles, appellées failles dans le pays de Liege.
- 347. Pour l’ordinaire la faille s’incline tant foit peu vers le centre de la terre, biaife quelquefois dans fa marche, mais ne fe releve jamais. Lorfqu’elle s’élève du fond, elle tend toujours à la fuperficie, & y paraît quelquefois à découvert, comme celle qui fe voit dans le chemin allant de Tileu à Ougraye, entre Jemeppe & Scleffin, laquelle prend du quartier de la Fontaine-Saint-Lambert , va paffer derrière S. Laurent, devant S. Gilles, & defcend dans le fond du chemin de Tileu, où elle forme un grand banc qui fe montre au jour, après avoir parcouru plus de trois quarts de lieue. Il y a un de ces inaffifs à Hovémont', que l’on nomme la grande faille, à caufe de l’étendue confidérable de fa marche, dont on peut juger par le détail que je joins ici.
- 348. Rive gauche de la Meufe, elle commence du côté de l’abbaye de Vi-vegnis, s’alonge du côté de la riviere jufqu’à Herftal, Sainte-Walburge, Ans & Moulin, S. Laurent, Sainte- Marguerite, Glain, S. Nicolas, vers S. Gilles, Avroy , Val-Benoît, Tileu, Jemeppe, Flémalle, Pas S. Martin, s’arrête contre la roche de Chokier du côté du nord , s’étend à S. Gilles, Roufoffe,
- .Montegnée , Berleur, Grâce, Hologne, Mous, Souhon, & même au-delà du côté d’amont, ou couchant : ce qui donne quatre lieues de longueur, ou tout au plus fix lieues par des contours.
- 349. Au côté droit de la riviere, elle commence un peu au-deffous de Vifé, s’avance fur Houfie, Tegnée, Saive, Jupille, Benne, Fléron, Queue-de-bois, Grivegnaye, Cheinaye, Angîeur, Ougraye, Seret, Yvot.
- 3fO, Ces rocs de quinze ou vingt toifes d’épaiffeur, plus ou moins, 8c très-communs dans quelques endroits, paraiffent n’avoir jamais un cours réglé; il y a des failles verticales, d’obliques, d’horifontales ,de perpendiculaires : elles produifent par conféquent diderens effets furies veines qu’eiîes touchent, ou qu’elles approchent, qu’elles ferrent quelquefois en s’étendant Tome FU Hhh
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- plus ou moins , en traverfant différemment le terrein d’une mine , depuis la furface de la terre jufques vers le centre, plus ou moins à plomb, depuis Je levant jufqu’au couchant. Elles traverfent la-veine elle-même , la troublent eonféquemment, la partagent, la compriment, la dégradent, la mafquent, ou la mettent même en défaut.
- 3fi. Soit par rapport à l’efpece de dérangement que ces maffifs occasionnent-dans les veines, ou par rapport aux effets qu’ils produifent les uns fur les autres , &à leur dire&ion; on en diftingue plulieurs efpeces. Dans le pays de Liege il y en a qui allant du levant au couchant, coupent toutes les veines qui marchent un peu inclinées horifontalement. Lorfque les veines font plates,la faille fe trouve toute droite comme une muraille.
- 352. Il y a enfin des failles qui font fortir les veines des bornes dans lesquelles elles étaient contenues -, mais pour l’ordinaire elles coupent alors en tou tiens, & la veine de houille qu’elles rencontrent, & la fuite des pierres qui accompagnent ce fofîile.
- 3f3-ON fent aifément que, félon l’épaiffeur & le local du plancher ou du toit qui eft rencontré par la faille, félon la fituation qu’elle occupe ; la partie de la veine qui s’en trouve la plus voifine, fe relient toujours de ce voifinage. La preffion qu’elle éprouve de la part de cette pierre, la dérange dans fon or-ganifdtion, altéré la qualité du charbon, y produit un déchet confidérable, jufques-là que le charbon, écrafé , pour ainfi dire , brouillé par ce poids étranger, fe trouve tenir de la nature d’un rocher pelotonné ; il fe calfe en petits morceaux comme s’il avait palfé au feu ; & M. Triwald (*) penfe que les charbons colorés comme l’arc-en-cieî, doivent cette fingularité au voifinage de ces haies de pierre. e
- 3^4. Comme en total ces failles dénaturent conftamment du plus ou du moins le charbon, félon que la faille l’approche plus ou moins, il eft très-raifonnable de foupçonner qu’il y en a une dans les environs d’un charbon fur lequel on apperçoit un changement confidérable.
- 3ïL Ces pierres qui parailfent avoir occupé leur place poftérieurement à celle des bancs de houille , fi l’on en juge par le dérangement qu’elles produifent fur eux, font dans leur étendue d’une nature différente. Peut-être auffi n’eft-il pas bien prouvé que ces failles foient des roches de l’efpece qu’on nomme en termes de mines roches entières, c’eft-à-dire, qui foient pleines dans toutes leurs parties , & que ce foit le même maflif qui fe continue dans un efpace de terrein auffi confidérable. Les ouvriers Anglais , comme on le verra dans la onzième feétion où il fera traité des mines de charbon des pays étrangers, appellent ces efpeces de montagnes fouterreines, ridge: mot qui
- (*) Seconde partie du mémoire déjà cité, tom. I, pag. in.
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- Agnifie chaîne , & qui donne de cette fuite de pierres engagées les unes dans les autres, la véritable idée qu’on doit s’en former. -~
- 3 5 <5. Dans la plupart des autres pays , on eft allez uniformément dans l’opinion que ces piles font un même rocher continu ; mais en examinant des échantillons donnés pour être des morceaux défaille, il s’en trouve dont Por-ganifation eft différente : ce qui dépend abfolument des matières que la faille avoiiine, comme lorfqu’elle traverfe Amplement des bancs de terre, ou des bancs de rocher , intermédiaires à la houille , ou bien même qu’elle traverfe une veine de charbon & l’éponte tantfupérieisre qu’inférieure,
- 3S7« Toutes ces failles ne font, à bien confidérer , que des fragmens de roches, ou terres pierreufes éboulées dans les vuides delà terre. De plufieurs échantillons de faille que j’ai ramaffés, il s’en elt trouvé de la nature d’une terre bolaire qui a acquis une confiftance telle que ces pierres brifent les outils qui les rencontrent : calcinés ou non , ils ne font aucune effervefcence avec les acides.
- 3ï8- D’autres portions de faille qu’ils nomment grès-faf, ne reffemblent en rien aux fragmens dont je viens de parler ; elles paraiffent plutôt de la nature des kreins, les acides s’y imbibent promptement & facilement, fans y produire aucune effervefcence ; c’eft un chifte délavé qu’ils regardent comme la partie de la faille la plus enfoncée en terre. La pierre dure que les ouvriers appellent grès, eft auAi quelquefois une faille,
- 359. Enfin, il y a de ces maflifs qui ne tiennent rien du premier; c’eft un véritable fehifte comprimé , qui éclate au feu en décrépitant, & fe divife par feuillets; les acides n’y font aucune effervefcence. Il a une couleurluifante, noire comme le charbon, & fe trouve auiïl tout près de ce minéral ; ce qui fait qu’ils appellent cette faille véritable faille. Ils reconnaiffent cette véritable faille à des taches blanches marbrées, femêes non feulement fur l’extérieur de cette maffe, mais qui pénètrent dans fon intérieur, & qui font de la même nature que celles dont j’ai parlé, qui fe trouvent dans le plancher, appellées hitte cTaguejfe , ou hit te cTaronge.
- 360. Les inconvéniens que la faille fait naître font en grand nombre : il fuftira d’obferver ici qu’outre que ces maflifs empêchent les veines de ..commencer & de finir à la fuperfieie de la terre, ils rendent encore l’exploitation de la mine très-difficile, par l’intelligence & l’expérience qu’ils exigent dés ouvriers pour retrouver la veine , lorfqu’elle eft interrompue ou détournée par ces troubles. Enfin , ces maflifs font des roches fendues, c’eft-à-dire, remplies de vuides & de fentes, par lefquelles cette pierre eft fujette à donner de l’eau, foit de fa propre fubftance qui, quoique fort ferrée» paraît aifée à s’imbiber dans quelques-unes de fes' parties, ioit par les écartémens ; les
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- efpeees de breches qu’elle produit dans la portion du fol, ou dans la portion du toit contre laquelle la faille vient porter ( )•
- 361. Les manœuvres qui conviennent aux difficultés réfultantes de ces dérangemens occafionnés, ou par les failles , ou par les kreins , ou par les koumailles, par les dorys, ou les autres brouillages, feront expliquées dans la fécondé partie de cet ouvrage, qui traitera de l’exploitation.
- 362. Je vais maintenant entrer en matière furies veines de houille, dont }’ai décrit les fubftances environnantes & les enveloppes i je m’attacherai à confidérer les veines dans toutes leurs particularités, comme la profondeur à laquelle elles font enterrées, leur épailfeur, la qualité de la fubftance qui les forme dans leur étendue, &c. De ces circonftances il en eft.de principales, e£ fèntielles à connaître avant tout ; favoir, leur direction & la maniéré dont elles font placées dans cette malfe énorme de couches accumulées les unes fur les autres.
- HUITIEME SECTION.
- Des veines de houille, & de leur tnarche.
- 3^3 JCommunément on trouve la houille diipofée par bancs, par lits, oa couches. Ces veines ne font jamais exactement droites elles fe continuent dans-une longueur confidérable, toujours en s’abymant infenfiblement,.s’élevant & s’enfonçant alternativement dans leur marche,. fuivant lapente du ter-rein qui leurfert d’affife; s’élevant lorfquele terrein s’élève, & s’abaiffant de même que lui > avec cette particularité, que fi le terrein a une pente de plus de dix degrés, le banc de houille ne s’élève que de cette quantité , &fe trouve par
- Notre auteur femble étreperfuadé que les failles font plus anciennes que les veinés de houille. La chofe eft incontefta-ble,du moins quanta la plupart Ce font des quartiers de roc, détachés des montagnes d’alentour, qui fe font plantés dans les veines encore tendres. Cette hypothefe eft inconteftablement confirmée dans l’ouvrage allemand de M. Délius, conseiller du colîeger des mines, de P origine des montagnes, lie là les variations des yeines de houille, & pfu-
- fieurs autTes phénomènes qui s'expliquent très-fimplement d’après ces principes , en fuppofant que tous ces changemens font arrivés dans les mines, avant qu’une partie des veines ait été pénétrée desfucs bitumineux & changée par là en charbon de pierre. 11 faut dire cependant qu’il y a des failles qui fe font manifeftement formées dans les cavernes de la mine de houille ; telles font, par exemple , ces failles.qui font de la nature de l’asdoifeù
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- conféquent plus avant fous terre. Ces veines paflènt même par-defïbus les rivières, & il eft de fait que celles qui fe trouvent dans ce voifinage, ainfi qu’aux environs de la mer, fe baiffent vers ces régions ; qu’elles femblent même fe précipiter brufquement, ou s’enfoncer par degrés imperceptibles,, à proportion qu’elles font plus ou moins éloignées de Peau.
- 364. En même tems les veines que l’on fouille de l’autre côté d’une riviere , d’une montagne , ou d’autres veines, répondent exactement aux autres j les mêmes couches de terre , les mêmes bancs de pierre accompagnent les unes & les autres -, le charbon s’y trouve par-tout de la même efpece : de maniéré que fi l’on pouvait fuivre une veine dans toute fon étendue-, 011 trouverait toujours la même continuité. Ce fait a été plufieurs fois vérifié par les fondes,qui ont fait reconnaître les mêmes terres à plus de quatre cents pieds ; mais les eaux qui s’amaffent dans le fond des fouilles qui ont une certaine profondeur , ou l’impoffibilité de donner à la mine.l’air néceffaire, empêchent qu’on 11e puiiTe atteindre le pied d’une telle veine.
- 365. Tout cela donne lieu depréfbmer que ce font d’un côté & d’un autre les mêmes veines qui ont fuivi leur train par-deffous une riviere , pour aller dans la montagne fituée de l’autre côté: ce qui compofe les veines nommées: par les Allemands gegzn trümme ; en français, vénules oppofizs.
- 366. On ferait fondé à conclure de la marche de ces bancs , que les veines de houille dont abondent le pays de Liege & le territoire d’Aix-la-Chapelle ,, ne prennent point naiffance dans ces cantons , mais qu’elles font des relc~ vcigts les unes des autres ; que de même celles du pays de Liege, & de Charleroi, de Namur en particulier, ne font point des veines principales de leur canton -, que ce font les unes ou les autres qui fe font relevées. La difcon-tinuité obfervée dans-les veines de quelques-uns de ces quartiers, rend, cette préfomption alfez probable ( 59 ).
- 367. Les bancs de houille partent du centre de la terre, en commençant de leur extrémité, c’eft-à-dire, de cette partie inférieure qu’011 ne peut atteindre, & viennent en montant, comme difent les houilleurs ,pres du jour, ou autrement mourir, tantôt près de l’agaz , tantôt près de la craw, comme ou l’a vu feét. VII, art. premier.
- 368. On connaît rarement l’une & l’autre de ces extrémités d’une veiive appellée in dillin élément, lorfqu’elle eft unique, réte ou foppe-, c’eft-à-dire, le-pied de la veine, ou la portion enfoncée bien avant, & la tète qui vient à la îurface de la terre, ou, félon l’exprefïion du métier, près du jour„
- 369.. Mais une veine fe termine de différentes maniérés 5 quelquefois elle
- O9) Tout ceci manque de clarté. L’an- nîenfe, mais allez peu fondée , comme cm teur parait .avoir adopté une théorie ingé- vaie voir immédiatement*
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- DU C H A RB, Û'N JJ E TERRE
- 4.3a
- finit én s’amiiiciffant , en devenant très-petite & de peu de conféquence ; alors on la nomme airurede veine. Quelquefois elle fe partage» comme cela fe voie dans les autres mines » en ventiles £ ou vrais Cordons minces , nommés par les Allemands tramner4 lefquels. fe réuniffent à un filon .principal'} me qu’Àgricola nomme venue ramofiz » veines qui jettent plufieurs rameaux, & les ' Allemands , fiacketi gàngh, filons branchas: Tantôt elle va en fë perdant tout-à-fait dans la pierre par de petites branches, que les houilleurs Liégeois nomment crins de la veine, & à Charleroi cheveux,
- 37Û. Si l’on confidere une veiiie dans l’étendue de fon trajet ( 60 ), 011 ob-ferve qu’elle garde une direction particulière} c’eft Ge qu’on nomme allure d'uneveim* * . n;.< * .imum <« < ;
- Allure dés veines, : - j
- 571. Quëlques veines que l’oii exploite, oii remarque quelles vont toutes , au moins dans certains endroits » en montant de l’eft à l’oueft.
- 373. Lorsqu’elles vont du nord au midi, les houilleurs appellent cette allure un caprice depietres, & entendent fans doute par cette façon de s’exprimer , que ce n’eft qu’un écart accidentel : il eil en effet occafionné pan quelque faille 5 mais 011 obferve que la veine revient toujours à fon allure propre', c’eft-à-dire, qu’elle reprend fon vrai cours du levant au couchant.
- 373. La direction des veines ne fe juge que'par leur fituation perpendiculaire » ou inclinée à l’horifon, défignée en général par le nom dependage.
- Pendage des veinés» •
- 374- Lorsque là Veillé de houille , dans une partie de fon trajet, garde unë pente douce , prefque parallèle à l’horifon, de maniéré qu’elle femble plate., on l’appelle une veine plate ; cette marche appellée planure, plature , s’exprime en dilànt que la veine va en petite. V oyez pl. III, num. ï. Et toute eipece d’in-clinaifon plus marquée , tenant encore de la pente horifontale, quoiqu’elle s’en éloigne, & qui en tout n’eft*pas encore autant marquée que le ferait l’inclinai fort de la diagonale d’un quarré (61 ), fe nomme pendage de plature* Voyez pl. III ,nünu 2 b 3,4; '
- 375. Les veines en planurë, oïl à péndagé de'plature, cheminent de cette façon, jufqu’à ce qu’elles aient infenfibîement defeendu environ trois cents ou quatre cents pieds 5 quoiqu’on en connaiife qui ne fe forment en plature
- M ^ * t
- (60) Ü fémblè qüé fon confond ici le s’écarte pas de 45 degrés de la fuperficie
- Uajet d’Üné veiné, avec fa chute. horifontale. m.
- (61) 11 ferait plus clair*de dire qu’elle né . 1 , t - n -
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- *' ET DE SES MT N'ES. ~ 43 ï
- qu’ati-cleffbus de fèpt cents pieds. Enfuite elles remontent, ce qu’on Appelle relèvement de pendage (pi. III, Ut. R, num. 4) quife change en une inclinaifon oppofée à la marche horifontale , & forme la fécondé efpece de pendage, dont il fera parlé dans un moment, non comme continuité ou fuite de celui dont il s’agit, mais comme tète ou foppe d’une nouvelle veine,
- 376. Les platures ont ordinairement une extrémité qui va du côté du midi en montant dans Vaga^ » à moins qu’elles 11e foient arrêtées par une faille, £)u côté du nord elles fe foulevent encore jufqu’à ce qu’elles finiflpnt,
- 377. Il faut fe rappelîer à l’occafion de la faille, toutes les fois qu’il en fera parlé, que toute veine qui rencontre cet obftacle pierreux y finit, & que fa marche eft dérangée d’une façon particulière, pl. III, num, I. La partie de la veine qui s’y termine eft toujours pendage de plature. Au-delà, la veine fe trouve ri happée ou renfoncée, foit un peu plus haut, fôit un peu plus ba$ ; de façon qu’elle reprend partie à pendage de plature, partie à pgndage dg roijje. Il y a cependant des veines qui vont en pendage de plature, depuis la faille jufqu’à la fuperficie.
- 378. Les veines qui defeendent à plomb de là fuperficie au ceiitre de la terre, ou qui fe préfentent au jour à peu-près à pique ( car jamais les veines de houille ne font exactement droites ), forment le fécond pendage. Leur fi tua-tion prefque perpendiculaire à l’horifon , les fait nommer perpendiculaires ; en terme de houillerie , roijfes. Il eft des pays où on les nomme roijfures, droit roijfes , drejf 'ant, droiture (pl. III, num. $ ). Dans les houillères que font exploiter les religieuses de Robermont, les veines font de cette efpece , mai§ peu confidérables.
- 379. Toutes les veines roiffes, ou celles dont la pente eft plus inclinée vers la, perpendiculaire que ne le ferait la diagonale d’un quarré, font nommées veines à pendage de roijfes , & tendent de l’orient à l’occident , ayant la tête au midi, le pied au feptentrion pour l’ordinaire, & peuvent avoir jufqu’à trois lieues de longueur. Après avoir parcouru un long eipace de terrein en roiffe, c’eft-à-dire, après un enfoncement beaucoup plus confidérable que les autres, elles fe replient pour l’ordinaire en pente de plature, quife jiomme plature de roiffe ; enfuite elles redeviennent roiffes ; après ce pendage (pl. III , num. f , P P ), elles fe relevent en montant, ou fe précipitant encore en-bas*, & continuent leur marche de cette façon , jufqu’à ce qu’elles reviennent à la fuperficie, fi elles ne font pas arrêtées par une faille.
- 380. Quelques-unes , avant de s’être beaucoup abymées en terre, reprennent d’abord un pendage de plature qui, au lieu de les remettre en roiifes, les releve vers la fuperficie. D’autres veines roiffes, lorfqu’elles font prêtes à faire leur plature, vont petit à petit gagner le centre de la terre , en prenant beaucoup plus de pendage & s’écartant davantage de la ligne perpendicu-
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- D U C'HrA'R B 0 N D E\ TER R E.
- laire, fans être cependant horifontales ; on les nomme veines obliques’\ ce qui répond aux filons défignés par les mineurs de quelques pays fous le nom de touleges.
- 381. Toutes les autres différences de pendages ne confident que dans une plus grande déclinaifon de la ligne perpendiculaire & de la ligne horifontale : elles n’ont été diftinguées que par rapport aux manoeuvres que chacune d’elles exige, & dont on verra l’ufage dans la partie pratique de cet ouvrage ; enforte que pour expliquer d’une maniéré qui foit plus à la portée du le&eur, ce qui vient d’ètre exprimé en termes du métier, le tout peut fe réfumer de la maniéré qui fuit : Etant fuppofé un quarré dont la furface de la terre fait la ligne horifontale, & tirant dans ce quarré cinq lignes, entre autres, dont la troifieme ferait la diagonale parfaite ; alors les veines ou mines , en partant de la ligne;horifontale , peuvent la longer par une pente infenfible , puis par une pente plus marquée , enfuite par la vraie diagonale, & s’en écarter de plus en plus en fe rapprochant de la perpendiculaire. Les mêmes pentes pourront , dans l’efpace donné du quarré, être interrompues , varier dans leurs degrés,, être plus ou moins marquées; fe trouveront la quitter, foit pour devenir plias parallèles à rhorifon, & enfuite plus tendantes à la ligne diagonale, ou.biçn fe rapprocher davantage de la perpendiculaire, pour redevenir enfuite* parallel.es à l’horiion, & former des zigzags bien ou mai tracés (6z).
- Artiç le premier.
- Des veines de houille , çonjidérées dans leur Jillage en fuperfiçie & en profonde*?.
- 382. Au moyen de la marche qui vient d’ètre décrite, les veines acquièrent par les pendages qui fe fuccedent les uns aux autres, un prolongement qui occupe, tant en fuperfiçie qu’en profondeur, un efpace de terrein, tantôt plus, tantôt moins confidcrable. En fuperfiçie, le fiUage des veines , fi l’on veut bien me paflêr ce terme, par comparaifon avec la trace uniforme que l’on remarque fur lg furface des eaux après le palfage d’un bâtiment, c’eft-à-dire, la longueur fuperficielle du terrein qu’elles parcourent ordinairement, eft de deux çents toifes du levant au couchant : il y en a même dont cette étendue en longueur eft du double, & va à deux ou trois lieues.
- 383- Pour ce qui eft de leur Jillage. en profondeur, ou de leur enfoncement en terre, il faut avoir préfente la différente compofition de la couverture ter-3reufe & pierrçufe, On a vu, feef. VII, art. 1 & 2, que dans la couverture
- (6?) Beaucoup de geqs trouveront peut-être ce réfumé plus ofcfcur que le difeours qu’il devait écl.airçir, ^ ;
- terreufe
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- E Z DE SES MI N\E S. y . 435
- terreufe & dans la couverture pierreufe, il manque tantôt un lit, tantôt un autre; que la pofition du banc de houille varie beaucoup ; que quelquefois il eft fous l’un ou fous l’autre de ces lits terreux ou pierreux, fous la marie, fous la craw, fous la moindre pierre,, fous le grès d’autres fois, fans rencontrer ni agaz, ni dielle, ni marie , à la,Superficie de la terre. Enfin il eft' clair que la pente du terrein iillonné par les veines., doit entrer pour quelque chofe dans la différence de la profondeur à laquelle fe trouve la houille.
- 384- Par-tout autour de Liege, dans les fauxbourgs même, lesfoppds des veines approchent très-près de la fuperficie , les uns à une toife près, d’autres davantage ; au point qu’il en eft qui fe montrent au jour,, comme difent les houilleurs, avec toutes les couches qui les accompagnent. Cette terminaifon d’un banc de houille à la furface eft ordinaire dans les endroits où les veines font pofées en roijfes.
- 38Dans les endroits où il n’y a pas beaucoup de terre, les veinesfoppené au rocher : mais dans les cantons où les veines fe trouvent du côté du nord, comme à Herftal, à Sainte-Walburge , à Ans , à Glain, à Montegnaye , les veines font très-enterrées, & viennent mourir fous la craw.
- 386. C’est dans le canton de Saint - Nicolas, près de Saint-Gilles, que font les veines de houille les plus confidérafles à cet égard , c’eft-à-dire, pour leur profondeur. On:peut regarder ce quartier comme le centre, où la maîtrefle. tige des veines qui, vont fe terminer vers le nord , les unes plus courtes , les autres plus longues, à proportion de leur profondeur : il s’y en trouve les unes fur les autres jufqu’au nombre de vingt-quatre, dont il en eft de fi profondes qu’elles ne peuvent être exploitées. J’en remets le détail particulier à l’article premier cle la dixième feétion ; j’obferverai feulement que ces dernieres, qui font les plus enterrées , fe lèvent toujours vers le nord \ & font toujours moins enfoncées que dans le quartier Scjiint-Gilles,
- 387- Ce trajet des veines de houille, de puis leur foppz jufqu’à leur pied, n’eft pas toujours continu ; il eft quelquefois interrompu à plufieurs reprifes,, ou comme prêt à s’interrompre: c’eft ce qui a donné lieu de diftinguer les veines en veines réglées ou régulières , & en .veines irrégulières.. ,,.7^
- # :i'i .il: : y 1 , : j
- Vdn.es régulières & veines irrégulières* ,, /.
- 388. On apelle veines réglées ou veines régulières, les, rameaux qui en confer-vant toujours une même direction du levant au couchant, bouillent fans interruption , c’eft-à-dire, contiennent de la houille dans toute leur longueur, .y 3 89.0.Nmqmme veines irrégulières , toutes celles-qpi avapt d’être parvenues à la craw ou à l’agaz, auxquelles la plupart memisiit./opper, manquent de tems ,en tems, foit quem.etteàuterruption ait pour caufe la rencontre d’une Tome VI. I i i
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- 434 D U CH A B: B 0 M DE TERRE
- faille, ou d’une krouffe , fôit'qùe ce dérangement ne vienne d’aucun des- obstacles qui font-particuliers'au falband fupérieur ou inférieur , comme kreins 9 koumailles, ou autres brouillages, lefquels d’ailleurs n’empêchent point que quelques veines d'rrégülief es-ne prennent un pendage régulier, mais qui interrompent ce que j appelleleurfilage^ ^ ;
- 390. Les veines dont l’irrégularité dépend de ces troubles, font ordinai-^ rement femées de petits clous , pareils à ceux qui jfe rencontrent dans l’enveloppe de la veine, & dont j’ai parlé dans la feptieme feétion, art. 3.
- 391. La nourriture interceptée, pour ainfi dire, par ce manque de continuité, entraîne dans le corps de la veine une autre défeéluofité : les veines irrégulières en effedne font pas également-pleines dans leur'étendue ? de distance en diftance ,ieur épailfeur varie beaucoup , ce que les houilleurs expriment ep difant que ces veines font maigres à ans leur étendue. Le charbon pour lés forgerons, que les Liégeois nomment charbon a ufine, ou à ufuine , eft le plus fujét;à fe former en veines irrégulières. Peut-être pourrait-on faire plüfieurs clalfes de'ces Veines. La première comprendrait les veines dont 1 Qjî.lla-ge elt interrompu de diftance en'diftance, & qu’on nomme cha-Al^V'IldTeçoiide ferait de 'celles dont les amâs ou Uës’diftânces d’interruption font moins ’ confidérableS ,/& ‘quifont âppellées'bouya^; ordinairement elles foiit'Wfez près de la füperficié 1: cevne font quelles petits houilleurs >(*) qu& travail lent des mines-1,‘ dotit la fouille n’exige pas-une'exploitation en forme* Ces ' minés d:e' ’hôùya^de fe trouvent, que dansdes cantons où il y a beaucoup de failles & de kroûffes j on voit que celles-ci 'font des mines formées ou am’alTé.es^'pa^-fraii^prtV' *4üi *&rit en pétit'ee que font eh-grand celles que les Anglais fiovciinéxiîfchoa'dïïles Allemands Seïffen^werck ou Stockwerck , les Français mihis'én Marrons ou miries'en maj/es^tesLarirts minera cumulata, lefquelles font plutôt des blocs ’immenfës de charbon rempliflaht 'de grands vuides dans le fond de la'terre j & dont'on verra des exemples dans les mines d’Allemagne & de France.
- 39a. On pourrait faire une eîaffe particulière dès veines irrégulières , dans: laquelle ferait eompfifeia' fécondé efpece de roiife V dont j’ai parlé ci-d’eifus , dont la planure fe change tout d’un coup en un. pendage de roiife, qui reporte la veine au jour : ce qui forme un fillage à peu près demi-circulaire , que les houilleurs expriment en difant que ces veines font leur retour fur elles-mêmes ; elles 'courent de cette maniéré du côté de Bainedans le bailliage d’A-mèrcœùr. ‘( 63 ) • ' ’ ;
- " O'T^.e par î'èquéf ûn{,dîftifl!guè fcèùx- J plQÿés dlans l’intérieur; On.les nomme auift qui ne [s’adonnent 'qu’aiix'oùvrages exté- fcgratteurs,
- Vieurs des’ bures, d'avec. ceux: qui font em* .(6 3) Lorfque la; veine s'élève en remonte
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- ET DE SES MINES.
- Article II.
- Circonfiances générales à remarquer dans, les vèims de fnouille.
- 393. Le plus communément, il y a jufqu’à quatre veines les unes fur les autres conftamment entre deux bancs de fchifte ; chaque veine eft encore fèparée finie de l’autre par les bancs pierreux dont on a fait mention , quelquefois allez près l’une de l’autre. L’extrémité d’une veine fupérieure s’appelle naye. L’extrémité de celle qui eft placée au-delfous fe nomme foyou de la veine.
- 394. Elles font prefque toutes parallèles \ il n’eft cependant pas rare qu’elles s’écartent ou s’approchent plus ou moins les unes des autres, en lailfant entr’elles des diftances extrêmement variées, & toujours rempliés par des maifes (a) d’autres fubfhmces pierreufes, outre Yéponte fupérieure & inférieure. Cet intervalle qu’il y a entre deux oupîufieurs veines, fuppofées les unes au-delfus des autres, fe nomme dans l’exploitation ftampe (b). Il y â quelquefois double Hampe : elle elt communément de huit, quinze, vingt pieds i pîusfouvent& prefque toujours , depuis une , deux, jufqu’à fept toiles : cela varie à l’infini, félon les quartiers que les veines parcourent.
- 395. L’ÉPAISSEUR des veines qu’on appelle aulîi hauteur des veines , eft après leur profondeur ce qui les fait eftimer le plus ; on défigne cette dimenfion par poignées & par nombre de poignées (c). Une veine , dit-on, a quatre à cinq poignées ; elle eft réputée belle quand elle en a neuf j elle l’eft encore davantage quand elle vient jufqu’à douze : celles qui ont cette hauteur 11e font cependant pas les plus profitables.
- 396. L’épaisseur des bancs de houille n’eft,point,à beaucoup près, la même par-tout: il eft des pays où les veines n’ont fou vent que neuf, douze* feize pouces d’épaiifeur j dans d’autres, 011 en rencontre qui ont une toife & même plus ; vraifèmblablement ce font des mines en majfe.
- 397. Dans le pays de Liege, il y en a qui n’ont qu’un demi-pied d’épaiflèur, & qui ont prefque toutes leur cours du levant au couchant : il s’en trouve même qui n’ont pas allez de hauteur pour faire les voies, c’eft-à-dire, les chemins, & chaffer les ouvrages. Cela n’empêche pas néanmoins qu’011 ne les exploite par des manœuvres particulières , que l’on fera connaître dans la
- tant aulîi haut qu’elle était defeendue , les font nommées par les Allemands Gefchui« mineurs Allemands difent : derFtôtz mâche te , couches mèle'es.
- cïne Miïide. Ce cas eft différent du pend âge (b) Ce mot ftampe eft employé aulîi en
- de roijfte. générai poiir fignifier la profondeur. t
- (a) Les couches difpofées par lits de (c) On trouvera à la fin de ia feétion X , manier.e qu’il fe trouve une maffe d’une art. 2 , un tableau des.mefures ufitées,à autre fubftance foifiie entre chaque lit, Liege.
- I i i i)
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- féconde partie de cet ouvrage. En général-, chaque banc a depuis demi-pied d’épaiffeur jufqu’à cinq. Dans quelques quartiers une veine de quatre pieds eft nommée daignée. Une veine de cinq-pieds eft appellée cinq-pieds. A Je-mepp.e on trouve des veines qui ont fept pieds de hauteur : félon qu’elles en ont plus, on'ies nomme grandes veines ; félon qu’elles en ont moins , elles font appellées' veinettesé'i ' ~'1.'
- ** 398-Enfin lé banc de charbon, dans les furfaces par lefquelles il eft appliqué au toit & au fol, eft lifte, poli, luifant comme un miroir ; les parties de houille qui ont été intimément rapprochées parla compreflion que la veine a ioufterte fupé.rieurement ou inférieurement, forment une croûte mince tout-’à-faft différente dü refté de lamaffe entre-mêlée de quelques légères couches de matière,.charbonneufe, arrangée en rézeau, comme je l’ai déjà remarqué. C’eft entre ces deux croûtes, délignées dans quelques pays fous le nom $ écaille füpérieure & écaille inférieure, qu’eft ram allée la houille, autrement dite charbon de terre, & diftinguée parM. Zimmermann en charbon de poix, dont on a donné la définition , fedion I (*), & en charbon d’ardoife, le plus commun de tous, qui eft celui-ci, nommé ailleurs charbon du toit, ou le toit des autres (**). Leur texturé'eft calîante & diftindement feuilletée j ils ne font pas fi noirs que la première efpecé ; ils ont un luifant clair , demandent un feu découvert & léger, & laiffént beaucoup de fcories : c’eft pour cela qu’ils font exclus des 'forges , & qu’on les emploie uniquement pour les befoins du ménage.
- 399. Les différentes qualités particulières au charbon, donnent enfuite quelquefois le nom à la veine qui les produit.
- 400. Quelques-unes, par exemple, telles que la plupart des veines fituées
- 'du côté de'là'Meufe, au-deifus de Liege, qnfdonnent des charbons appellés ^charbons gras , font nommées veines graffes. Celles qui font au-deftous de cette ville, font plus communément des veines maigres. Dans quelques houillères, comme dans tout le quartier S. Gilles , à Montegnaye , à Ans , il fe trouve des bancs de houille qui donnent un charbon très-folide, & qu’on appelle dure veine. J
- 401. La dure veine eft plus ou moins profonde, félon les endroits où elle eft fituée: dans lav foffe-aux-champs du côté de Glain , dont les bancs font d’environ deux pieds d’épaiffeur, elle eft à trente toifes de profondeur ; à S. .Gilles., elle eft à cent toifes.
- 402. Le charbon qui vient de la dure veine eft toujours une houille graffe
- (*) Lithantrax durior.\ Schiftus carbo- bon de terre. Charbon foffile friable Voyez namn-.fWaller, charbon foffile dur , ou fection I, §. 6%,'Voy. le méni. de M. Zim-«harbon de pierre. ' raerniann. Journal économique d’avril,
- C*) Lithantrax fragilior. Waller, char- x?5i,pag. $7.
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- ETBE SES MI JV E S:
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- fujettc au on nomme ainfi une efpece d’arête pierreufe de deux doigts environ d’épais , qui traverfe horifontalement le banc de houille , le fuit toujours , & le coupe dans fa longueur.
- 403. Cette réparation qui eh très-fenfible, & qui eft delà même nature que toutes les argilles durcies , répandues dans les houillères , ne fe trouve pas dans toutes les veines de houille; fouvent elle eh au milieu de la veine, & 11e fe met ordinairement que dans celle de l’efpace dont je parle.
- 404. Quelquefois il fe trouve deux nerfs dans une même veine 5 mais le fécond eh placé vers le fol : il eh d’une couleur moins noire, & ne fe continue pas comme l’autre ; ces nerfs fe détachent de la houille que l’on veut employer, i 405". A Charleroy, où les houilleurs regardent cette nervure comme ce qui donne la nourriture à la houille, ils l’appellent veine.
- 406. La houille grade eh encore entre-coupée plans fes couches par des feuillets abfolument de la même nature que le nerf', mais de quelques lignes d’épailfeur feulement, & que l’œil apperçoit aifément. Ce corps étranger ne peut pas en être féparé auifi facilement que le nerf; quand la houille qui en contient eh au feu, elle répand une mauvaife odeur que lui donne vraifem-‘blablement ce petit nerf, appellé à caufe de cela poulture ou pouteure.
- 407. Outre ces différences particulières de la qualité d’une veine dans toute fon étendue , le charbon qu’elle donne fe trouve auili avoir des qualités relatives à la place qu’il occupe, dans les foppes , dans le milieu de la veine, & en approchant ces différens points de la veine.
- 408- La houille qui fuit immédiatement les foppes de veine, eh d’abord pure houille, tantôt plus, tantôt moins dure : quelquefois c’eh tout charbon formé en banc bien épais, qui a acquis toute fa qualité ; & comme on remarque qu’un même banc de pierre devient plus folide & d’une nature plus homogène , à mefure qu’il fe trouve plus enfoncé en terre, de même le banc de charbon eh d’autant meilleur qu’il eh éloigné de la furface, tandis qu’au contraire dans la partie qui remonte au jour, il femble dégénérer de plus en plus , d’abord en charbon maigre, enfuite en faux charbon ; puis à fon extrémité appellée foppe ou tête, en une matière terreufe, friable, noirâtre, nommée tantôt houille morte , tantôt tiroulle ou têroulle.
- 409. C’est toujours fous cette forme que les veinesië préfêntent à la fu-perficie j mais ces deux dénominations de houille morte, de tiroulle, ne doivent pas être employées indihinclement : les obfervations luivantes fuffiront pour donner à ce fujet un éclaircilfement précis.
- De la tiroulle ou têroulle.
- 410. Le plus ordinairement, quand les veines foppem au jour, cette fub£
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- DU CHARBON DE TERRE
- tance en pouffier noirâtre , plus ou moins grenu, inférieur pour la qualité à tout ce qui provient d’une houillère , foit houille, foit charbon, defcend fur la veine ; c’eft pour cela qu’elle eft communément, lorfqu’elle fe rencontre , réputée un indice du charbon. C’eft, à l’examiner attentivement, une véritable foppe ou tête, c’eft-à-dire, l’extrémité la plus élevée d’une veine , confondue dans cette portion commençante ou finiffante, avec les fubftances pierreufes, argilleufes , ou autres qui l’avoiiinent, ou qu’elle traverfe , qui n’ont retenu rien, ou qu’une très-modique quantité de molécules de houille. Si elle tient quelque portion de houille, elle n’eft pas entièrement de rebut ; & quoiqu’elle foit privée de fon bitume dans fa plus grande partie, il s’y trouve des différences marquées, defquelles il réfui te des téroulles plus ou moins fortes , plus ou moins faibles , comme on le verra loriqu’il lèra quef-tion des houilles & des charbons d’ufage.
- 41 r. La téroulle de Liege , éprouvée dans le creufet, s’y allume auffi paisiblement que le ferait de la poudre de charbon un peu humeété, & elle s’éteint aufffftôt que le creufet eft hors du feu, fans laiifer de cendre, comme la houille & le charbon.
- 412. L’acide nitreux ne fait aucune effervefcence avec cette fubftance ; l’eau lui donne une confiftance de pâte très-friable j en l’étendant avec beaucoup d’eau & la faifmt bouillir, l’eau fe colore très-iégérement, & ne donne par l’évaporation ni fel, ni fubftance particulière remarquable.
- 413. Ces expériences, quelque fuperficielles qu’elles foient, fe trouvent, à plufieurs égards, répondre à celles qui ont été frites fur la téroulle de Ma-arimont dans le Haynault impérial i avec cette différence à laquelle on ne croit pas devoir s’arrêter ici, qu’on a trouvé dans cette derniere un fel alkali volatil , & un fel de la nature du fel de Glauber, dont l’exiftence réelle parait douteufe aux auteurs même de ces recherches ( * ).
- De la houille morte.
- 414. Il arrive cependant quelquefois que cette fubftance fe montre au jour fans émaner de la veine, quoiqu’elle vienne à fa fuite. Elle eft extrêmement différente de tout ce qui fa précédée, elle n’en eft qu’une fauffe trace fans en être une vraie continuité : ce ferait donc improprement qu’on l’appellerait téroulle; ce n’eft qu’une mine morte & Jlérile. Le nom de houille morte, qu’on ne lui donne cependant que lorfque cette partie de la veine finiffante fe rencontre dans l’agaz , lui convient davantage, 11’étant ni terre ni charbon ,
- {*) Voyez le fupplément aux traités des feiïeurs Rega & Devillers. Louvain, 1742, «aux de Alarimoat par les docteurs & pro- p. 45. & 5ç.j
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- ET DE SES MINES.
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- quoiqu’elle parailfe tenir des deux. C’eft une faillie térouîîe différente de la vraie, avec laquelle on voit qu’il ne faut pas la confondre, en ce que celle-ci participe aiTez des qualités de la houille pour pouvoir être de quelque ufage; Si que l’autre, favoir, la houille morte , n’eft abfolument d’aucune valeur.
- 415. Depuis les foppes de veine, à commencer de la tiroulk qui conduit pour l’ordinaire à du faux charbon , communément en pouffer , enfin te , à mefure que la veine s’enfonce, à un charbon bien gras , bien conditionné & d’un bon chauffage , puis à de la houille, pure, qui conduit de nouveau dans l’extrémité oppofée de la même veine à de la teroulle , on remarque une gradation que les houilleurs ou borins regardent comme confiante ; ce qui a donné lieu à cette expreif 011 : en avançant dans les travaux , nous verrons comment la veine Je fera du fond, C’eft ( pour parler toujours le langage du métier ) en chaf~ fant, en dejcendant, qu’fis forment leur jugement fur la qualité de la veine , qui* au dire des houilleurs, dépend de la profondeur à laquelle elle eft enterrée* Généralement ils font tous d’accord & alfurentque les veines de charbon font régulièrement plus riches , plus abondantes , plus épailfes , à mefure qu’elles; s’éloignent de la fuperficie. M. de Genfane prétend que cette idée , reçue dans; les mines de toute efpece, efl une erreur; que cette réglé n’a lieu que pour certains filons, & que e’eft tout le contraire dans d’autres. Cette remarque-d’un homme confomtné dans la matière des mines, peut être importante; je ne fais que l’expofer ici * en obfervant qu’à cet égard il y a deux choies avouées par les houilleurs î la première , c’eft que plus les veines approchent de la furface, moins elles font compactes ; la fécondé , que dans le pays de Liege, où il y a plus de cent bures , on va chercher les plus profondes , & c’eft; toujours la couche la plus enfoncée qui eft la veine capitale, c’eft-à-dire, la principale & la plus forte : celles qui font au-deffus, 11’ont quelquefois que cinq à flx pouces d’épailfeur, & font abandonnées comme ne pouvant* dédommager des peines du travail*
- ZdjU,
- NEUVIEME SECTIO N.
- Du charbon de terre eonfidérê dans fes particularités extérieur es ~
- es maffes confidérables ,.ramaffées d’une façon très-particuliere’dans. lefein de la terre en veines diverfement placées, plus ou moins continues * en veines plus ou moins enfoncées , en bandes plus ou moins dures, plus ou moins épaiifes , plus ou moins mélangées des matières quilles avoifinent*
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- I) U C H AR B'O N DE TERRE
- de celles qui font entrées dans la première formation de la houille, préfeitteitù des variétés relatives fans doute à ces différentes circonftances, lefquelles peuvent avoir contribué à rendre une houille de telle ou telle nature.
- 417. Comme certainement les diftincftions, bien ou mal établies, de diffé» rentes elpeces de houilles portent fur la plupart de ces circonftances, fen-fibles pour- les ouvriers, c’eft ici la vraie place de parcourir fommairement -celles de ces particularités qui peuvent, par quelque rapport avec les qualités des houilles, éclaircir les différences que les ouvriers ont adoptées.
- 41g. La qualité de tout charbon de terre , à bonté égale , parait effentiel-lement tenir à la partie de la veine plus ou moins éloignée des foppcs, & de la fuperficie de la terre dans laquelle il eft placé. On a vu que les veines font régulièrement plus riches & plus abondantes, félon qu’elles font plus ou moins-enfoncées : il en eft de même du charbon j en examinant tout un filon de houille'-•dans un trajet auffi fuivi que faire fe peut, l’œil du naturalifte décide que généralement le charbon paraît tendre à la fuperficie de la terre , que le charbon des extrémités d’une veine eft plus terreux & moins fait que celui du centre. Les épreuves pyrotechniques démontrent qu’il n’a pas., à beaucoiip près, la même force : l’expérience des houilleurs.prononce encore que le plus, enfoncé, réputé communément le meilleur & le plus parfait, eft pour l’ordinaire le plus, folidej c’eft-à-dire, que la confiftance de la houille qui annonce un charbon plus ou moins formé, fe trouve être en proportion de la profondeur à laquelle le charbon eft enterré. Que ce foit préjugé ou opinion fondée, on eft par-tout d’accord fur ce point, c’eft-à-dire, for le rapport confiant de la confiftance de la houille à fa profondeur , & fur celui de fa profondeur à fa confiftance. Cela paraît allez naturel à croire : M. le Mon-nier le médecin , obferve que ce n’eft qu’à une grande profondeur que fe trouve à ftraffac en Auvergne (*) le plus beau charbon, dont fans doute on a voulu défigner la perfection par le nom de puceau, qui pourrait répondre à l’exprelfion ufitée dans les mines, de mine-vierge (**); comme on appelle mercure-vierge celui qui eft dégagé de terre ou de toute matière étrangère, Bç qui fe raffemble en certains endroits dans le fond des mines.
- 419. Ceperldaslt le puceau, tel qu’il eft décrit par M. le Monnier, en mottes feches, fragiles, légères , brillantes, fembîe contredire l’idée reçue de la confiftance de la houille relative à la profondeur, & donner du poids à ce qu’avance M. de Genfane; à moins que l’arrangement du charbon de terre qui à Braifac eft difpofé en maffes & non en veines, ne faffe une exçeption & une différence, comme-l’obferve ce phyficien.
- 'O Voyez les obfèrvations d'hiftoire- à la fuite de la méridienne de Paris. .naturelle:'faites dam les provinces meri- (**) En allemand , Gedicgen. dionales de la France, ann. 1739, p. 195, 420.
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- 420. On conçoit aifément qu’après la place qu’occupent plus ou moins profondément en terre les charbons de terre, la nature, l’efpece des différentes matières qui réunies enfemble ont formé les veines do ce foifile , influent néceffairement fur fa qualité, en fe rappellant les principes conftituans de la houille, feét. IV. Il eft évident que, félon que la bafe combnftible de la houille s’eft trouvée en plus ou en moins grande quantité dans la veine , la maife de houille avec laquelle cette bafe bitumineufe s’eft incorporée, préfente davantage le caractère d’un charbon bien ou mal conditionné, plus ou moins pur, plus ou moins gras, plus ou moins compad, plus ou moins fcc, plus ou moins maigre : de là des variétés qui ne font point abfolimient imaginaires.
- 42r. En effet, en confidérant même aflez légèrement tous les charbons de terre qu’on peut raffembler, on eft autorifé à préfumer que leurs différences ne confident réellement que dans le degré d’imprégnation de matières bitumi-neufes ou pyriteufes , qui font jointes aux matières terreufes , pierreufes, végétales &falines, & que toutes les modifications des parties conftituantes du charbon produifent les efpeces ou les variétés que l’on peut admettre.
- 422. On trouve dans ce réfumé de la compofition de la houille les charbons de terre appellés par les grecs lefquels furnagent l’eau ; la terre qui les
- accompagne étant affinée, épurée & confumée, ils font peu ferrés , clairs & légers : d’autres qui s’éclatent aifément par feuillets, font mous ; d’autres enfin >Æ>h'ç font pierreux & plus durs : dans quelques-uns, les matières bitu-mineufes & pyriteufes fe font exactement combinées avec les fubftances argil-leufes, ou autres, les ont altérées de maniéré que le tout enfemble eft réduit en ce qu’on appelle en général charbon de terre , fans qu’011 y puiffe appercevoir aucune trace de ces dernieres.
- 423. D’autres fois ces matières 11e font pas réunies en affez grande quantité pour altérer les différentes fubftances dont le charbon de terre conferve quelquefois des veftiges j ni même pour changer la nature du bois, qui paraît pour ÏÛ plus grande partie entrer dans la compofition des charbons de terre. Sur la plupart d’entre eux on apperçoit diftinctement une couche luifante &filamen-teufe comme du bois confumé, qui refte aux doigts.
- 424. Si les charbons de terre reftent long-tems expofés à l’air , il leur fur-vient des altérations auffi variées qu’il eft de charbons d’efpece & de nature-différentes , & dont quelques-uns peuvent déceler en général leur qualité in-trinfeque.
- 42 f. Il en eft quîfe décompofent à l’air & tombent en efflorefcence ; dans quelques-uns l’humidité de l’air, ou celle qu’y ajoute la pluie, ainfi que le principe acide qui exifte toujours fous une forme quelconque dans le charbon , y développe à la furface une poufliere rougeâtre d’une odeur & d’un goût ferrugineux ; ce font les parties ^martiales , qui dans ces charbons 11e font Tome TI. K k k
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- DU CHARBON DE TERRE
- pas intimement unies à la fubftance bitumineufe & à la terre vitrifiable, & qui ayant été difloutes par cette légère macération, fe font converties en une ehaux jaunâtre., qui eft une efpece de rouillure de fer ou de fafran de mars, excepté dans les charbons qui font très-gras.
- 426. La plupart des charbons de terre, lorfqu’ils ont relié quelque tems 4ans l’eau, laiifent échapper cette efpece de rouille qui fumage fous la forme d’une pellicule on&ueufe, avec les mêmes couleurs que l’on remarque fur les eaux minérales ferrées.
- 427. Quelques-uns fe couvrent à leur furface d’un enduit qui fait corjas avec la portion à laquelle il tient, où il fe fait diftinguer par une légère incruf-tation émaillée, de couleur de turquoife , ou comme l’écume de verre.
- 428. Il en eft qui perdent infenfiblement beaucoup de leur poids, & l’on eft alfez communément dans l’idée que les charbons de terre expofés long-tems à l’air libre , deviennent à la longue moins propres à entretenir le feus il s’en trouve néanmoins qui relient inta&s & folides à 1 air. Les gens de.journée qui travaillent les hochets, dont on parlera tout à l’heure, les mettent au folei! pour les fécher j ils prétendent, lorfqu’il furvient une pluie d’orage qui les lave , que les hochets font meilleurs mais cela vient peut-être de ce que la pluie, en enlevant de la dielle3 a mis davantage à découvert la pouffiere de houille (64)
- Article premier.
- Des houilles & charbons de terre du pays de Liège en particulier (65).
- 429. Tout ce qui eft compris dans une veine que l’on exploite, eft appelle en patois de Liege haie, vulgairement houille. Ce mot néanmoins fe prentJ
- (64) Certaines houilles font difpofées a s’échauffer lorfqu’on les garde en tas. Cette propriété doit engager ceux qui ont des houilles en magafin , à examiner fi elles s'échauffent, & à prévenir les accidens qui pourraient refulter de là. Ces aveidens font très-rares , à la vérité ; peut-être l’embrafe-ment d’un tas de houille n’eft-il jamais arrivé : cependant il convient d’y faire attention. Voyez Venel, injhutfiorujhr Vufage de la houille, page 69. Urbain Hierne , alla chcmica Holmcnfnim, tom. 1. HiJJoire de Vacad. royale de Suède , ann. 1740.
- (65) Un auteur moderne, M. Venel , doéteur-médecin de la faculté de Montpellier, dont j’ai déjà cité l’ouvrage, range
- toutes les efpeces de houille, ou de charbon de terre, &us trois claffes , en les envifa» géant comme aliment du feu. « 11 s’en trouve , dit-il, qui donne une flamme vive & abondante , mais qui n’tft pas capable d’im fort embrafement ; d’autre qui brûle avec une flamme moins vive, mais qui fondent long-tems l’état d’embrafement vif: il en eft enfin qui brûle difficilement, avec peu de flamme , & un embrafement faible, & qui néanmoins fe confume bientôt.,, C’eft principalement la fécondé efpece, qui s’appelle houille graffe Si forte, & qui réunit éminemment toutes les qualités d’une bonne houille.
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- ailes fréquemment pour la houillepure, c’eft-à-dire, celle qui fuccede dans la veine à un charbon bien conditionné, laquelle parait formée de grains très-fins, arrangés vifiblement par couches, & que les borins paraiifent diftinguer du charbon proprement dit: car lûrfqu’ils veulent parler d’une veine riche & abondante , ils difent, cetteveine houille bien; entendant par-là qu’elle eft plus abondante en houille qu’en charbon ; en patois, qu’elle eft plus kauchteufe. En confé-quence le prix courant de l’un & de l’autre eft différent, ainfi qu’on le verra quand il fera queftion des houilles & des charbons, comme faifant partie du commerce.
- 430. Dans l’idée commune, la houille eft tout ce qui fe maintient en maf-fesvolumineufes, d’uneconfiftance approchante d’une pierre tendre, & que l’on appelle ailleurs charbon de pierre , qui s’allume plus difficilement, quoique gras.
- 431. Le refte, qui n’eft ni fi dur, ni fi compadt, qui 11e peut s’enlever de la houillère en gros quartiers , que l’on nomme autrement charbon de terre , s’allumant plus aifément, parce qu’il eft plus tendre, eft ce qu’ils appellent charbon,
- 432. Des ouvriers accoutumés à ne juger que par l’extérieur & au premier coup-d’œil, n’ont pas dû diftinguer autrëment ce foffilej mais à cette divifion fort vague & fort générale, la première fans doute qui ait pu fe préfenter à leur idée, afuccédé une divifion mieux raifonnéequi porte fur la propriété réelle du charbon , non pas de s’allumer aifément, comme fait le charbon de terre ou la houille , ni de s’allumer plus difficilement, comme fait le charbon de pierre ou charbon, mais fur la propriété qu’ont les uns ou les autres de donner un feu & une chaleur plus ou moins nourrie, & de degrés d’intenfité différente.
- 433. Pour exprimer les qualités qu’ils ont jugées dans les uns ou dans les autres, ils ont qualifié les charbons du 110m de charbons forts , de charbons faibles ou doux; ils désignent différentes efpeces de houilles fous les noms de houilles fortes , de houilles douces, de houilles feches.
- 434. La diftindtion générale de houille grajfe ou chaude & de houille maigre , de charbon fort, & de charbon faible, eft celle qui paraît devoir être uniquement fuivie , étant affez certaine pour que l’habitude permette de ne pas fe tromper à la fimple vue , lorfqu’il s’agit de diftinguer le charbon gras à fà couleur d’un noir matte, à fa pefanteur, &à fon œil poudreux ; d’avec le charbon maigre qui eft plus léger, plus fec, & dont la couleur eft plus lui-fante,un peu argentine. Ce fera la divifion que je fuivrai, comme la plus propre à éviter la confufion. D’ailleurs' elle fait retrouver , pour les qualités, les trois efpeces de charbon qu’ils îeconnaiffent, favoir :
- 435. Le charbon, nom que les borins femblent en général confacrer par-
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- DU CHARBON DETERRE
- ticuliérement à tout charbon fervant aux forges , nommé par eux charbon a. ufuim, qui eft une de leurs principales fortes, ainli qu’à tout charbon propre à être employé au chauffage dans des foyers qui feront décrits à part. Les elpeces moindres qu’ils admettent font à l’ufage des maréchaux & des cloutiers» Enfuite ceux pour cuire les briques & pour calciner les pierres à chaux. Ces trois charbons vont être traités, & je terminerai cet examen par celui de latéroulle ou la tiroulle, qui vient après les charbons d’ufagepourle feu*
- Article IL
- De la houille grajfe , m patois krâffe hoie ; ou houille chaude x chaude h oie.
- 436. Cette houille préfente à l’œil des variétés diftiinftes ; il en eft qui ont affez de reffemblance avec le charbon d’Ecolfe : c’eft un compofé de bandes épaiffes, formées de plus petites très-billantesréunies enfemble t les molécules de ces bandes font lamellées , & à facettes rayonnées comme les caffes du kennel-coal î les bandes font feulement féparées d’efjface en. elpace pat une matière charbonneufe manquée. Voye£ première feétion , §. 68.
- 437. D’autres fois la houille graffe n’eft qu’une maffe brute, formée , de grains affemblés fans ordre : le tQut pourrait être comparé à un granit ferré & uni, noirci au feu, ou même à un morceau de fuie liquéfiée, puis refroidie: & calcinée.
- 438. Tantôt la houille graffe eft corapofée de maffes irrégulièrement difpofées par couches en tout fens : ces couches & ces maffes le trouvent fouvent mêlées de matières femblables à des portions de bois réduites en charbon. Toute la hauteur qui dépaffe la chauffée de Liege fur Tongres à Haffelt, allant vers le midi, & les fonds d’Avroy , Scleffein, Jemeppe,. Seret * Ougraye, en donnent de cette efpeee.
- 439. La houille du Bure-aux-femmes , d’après laquelle on a exprimé le peu-dagej, num. 3 ,pl. III, & que quelques uns regardent comme tenant de la grade* & delà maigre, eft viliblement difpofée par lits d’un demi-pouce, mais en dé-fordre. C’eft une très-bonne houillefaifant un très-beau feu, qui en tout tient davantage de la houille graffe , les braffeurs s’en fervent indiftinélement: comme telle.
- 440. La houille graffe eft celle que l’on emploie communément à Liege dans les foyers : pour cela on la moule dans des formes en boulets appelles hochets.
- 441. Ces hochets laiffent, après qu’ils font confumés, des.efpeces de charbons en braife appelles krahay x qui chauffe encore jufqu’à fon entière def. truélion.
- 443. Si Fon conûdere cette eipece de houille dans fon état brut, c’eft-à-
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- ET DE SES MINE S.<
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- tfîro, fans être apprêtée, elle paraît compofée de petites bandes très-1 uilàntes, appliquées les unes fax les autres, formant ensemble dans quelques parties des couches d’environ quatre lignes d’épaiffeur en tout lêns : on y diftingue des facettes lilfes & fillonnées, pareilles à celles qui font en grand dans les cafles du kennel-coal : c’eft fur un morceau de cette houille qu’on a figuré le pendage, num. ^ ,pl. III.-
- 442. Lorsqu’on l’emploie, elle eft remarquable par les circonftances fui-vantes: elle fe colle allez aifement au feu en s’enflammant, parce qu’elle eft plus bitumineufe que la houille maigre , ce qu’on a fans doute voulu exprimer en l’appellant krdjfe haie, houille graffe : elle rend beaucoup plus de chaleur que la houille maigre, ce qui l’a fait appeller chaude haie, & fe réduit pour la plus grande partie en poulîlere grifatre comme la cendre de bois , mais graveleufe.
- 444. De tout cela il fuit que d’une part fon feu ferait trop ardent pour l'es ouvrages des maréchaux ferransj & d’une autre part, que cette houille eft trop graffe pour que ces ouvriers puiffent s’en fervir à travailler leur fer. Les braffereis & les grolfes verreries font les principales manufactures qui les emploient,
- Article IIL De la houille maigre , de la clutte.
- 44f. La houille maigre eft plus faible que la houille graffe, & efttrès* propre aux feux des tourailles : elle eft prefque généralement en ufage pour les feux domeftiques, fur les deux rives, de la Meufe, depuis Liege jufqu’en Hollande.
- 446. Elle différé de la houille graffe en ce qu’elle donne moins de chaleur : les braffeurs peuvent la mêler avec cette derniere; elle dure au feu plus long-tems qu’elle 3 & lorfque fon peu de bitume eft confumé, elle fe réduit en braife ou krahais, qu’on allume fans qu’ils donnent d’odeur, & prefque finis qu’ils donnent de fumée : ee qui les rend plus propres pour les tourailles que les krahais de la houille graffe.
- 447. La houille d’Ans , dont un morceau a fervi à repréfenter le pendage » num. 4, pl. III, paraît être formée de petites molécules friables, qui femblent n’avoir pu s’arranger par couches faute de bitume 3 c’eft une houille qui paraît appartenir à la claffe dont il s’agit.
- 448- La bonne houille maigre fe trouve communément dans les environs de Herftal, & de Vivegnis 3 celles de Houffe & de Cheratte, leur font en général très-inférieures.
- 449. Dans ces quartiers & dans quelques autres delà rive droite, on ex-
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- exploite une efpece particulière de ce charbon, qu’on nom mpclutte', 8c qui pour l’ordinaire effc d’une qualité très-faible. C’ell un charbon tenant de la nature du charbon tendre & de la téroulle , compofé de grands faifceaux de fibres difpofées en tout fens , qui fe croifent de toutes les maniérés. *
- 450. La clutté chauffe affez bien , dure allez long-tems , faiiant un petit feu bleu comme les bouxtures , & donne plus de cendres î mais lorfqu’elle brûle, il ne faut pas y toucher, parce qu’elle tomberait en pouffiere, comme font les houilles maigres.
- 4SI* On en fait des hochets qu’on emploie dans des foyers ouverts, 8c dans les poêles ; ils font de deux tiers plus petits que les hochets de houille gralfe, & ils font communément appellés cluttes ; mais ce n’ell qu’un hochet ou boulet fait avec la houille maigre, comme celui de houille grade.
- Article IV.
- Des charbons forts; du charbon à ufuine (*) ; du charbon foufreux.
- 4f 2, Ces charbons qui font fujets à le former en veines irrégulières, ( voyei la huitième fe&ion, art. 1 ) font d’une couleur noire plus décidée & plus frappante que ceux qui font appellés charbons faibles.
- 4^3. Sous les doigts ils parailfent onélueux, ce qui annonce beaucoup de bitume ou poix minérale., & leur fait fans doute donner^par quelques houilleurs le nom de charbons gras. Voye£ la quatrième fe&ion, art. 4.
- 454. On en trouve qui font diverfement compofés : les uns font des maffifs de filets très-mats & très-groffiers î d’autres font régulièrement arrangés par lits très-minces, formés de filamens difpofés perpendiculairement à côté les uns des autres : ces lits font de proche en proche féparés par de petites couches de terre charbonneufe. Voyez la pl. III, num. 2.
- 45f. Les charbons forts, quels qu’ils foient,font toujours excellensj ils pénètrent d’abord & également les parties du fer, les rendent propres à recevoir toutes fortes d’impreffions , réunifient même les parties qui ne feraient pas aflez liées ; encore eft-on fouvent obligé d’arrêter fia trop grande aélivité en jetant de Feau défiais.
- 4<)6. On voit clairement, par la qualité &par les effets de ce charbon,
- (*) JJf ne, ufuine, nom très-ufité dans Feftus emploie pour fignifier le lieu où l’on le pays de Liege pour fignifier en génér .1 brûle les corps morts , & par lequel Pline toute grande fabrique où l’on fait çhaufLr exprime un èndroit où l’on forge les mé-de grands fourneaux. Ce mot, qui ne fc taux'. Forgeron fe dit en latin faberfer-trouve dans aucun didtionnaire français , rarius, oy mallcator ad uflinam. dérive fans doute du latin uflrina , que
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- qu’il ne peut pas plus être employé par les maréchaux ferrans que la houille graife.
- 4f7. Celui qui eft nommé à ufuine, n’eft guere employé que dans les verreries aux gros verres, les alluneries, foufreries , les manufadures de fer, les forges à marteau & les fenderies, où l’on a befoin d’un feu d’une grande violence, capable d’échauffer les barres & de les rendre propres àpaffer par les fentes.
- 4f8* Il fe trouve cependant parmi ce charbon de forgerons, des efpeces qui tiennent un milieu entre le charbon fort & le charbon faible.
- 459. En général, les Liégeois regardent ce qu’ils nomment charbon fort, comme de la meilleure efpece & qualité , parce que , félon eux , il contient plus de foufre.
- 460. Ils diftinguent dans cette forte une efpece dont ils font communément le mélange avec des charbons faibles j ils lui donnent le nom de charbon foufreux ; étant dans l’idée qu’il contient plus de foufre que le charbon appellé proprement charbon fort. Voyeç la quatrième feétion, art» 2»
- Article V.
- Dis charbons faibles ; des charbons de brique ; des charbons de four. ,, .
- 461. CETTe efpece préfente à la vue deux variétés * il en eft qui font com-pofés de couches régulières , brillantes, difpofées en tout fens : d’autres 11e paraiffent qu’un amas de grouppes & de faifeeaux.
- 462. Du côté de la Hesbave , dans tous les environs deHombroux , d’Aï-leur , le charbon eft particuliérement de cette nature.
- 463. On a vu que le charbon faible eft toujours un charbon des extrémités d’une veine : il contient, félon les houilleurs , beaucoup moins de foufre que les charbons forts : aufTî ne peut-il fervir feul qu’aux cloutiers, aux maréchaux ferrans , aux petites forges, pour lefquelles on a befoin d’un feu plus doux & moins vif.
- 464. Pour les autres ouvrages qui demandent de la chaleur , on y fupplée en y mêlant plus ou moins de charbon de la plus forte qualité , comme dans les fenderies,où ce charbon faible ne pourrait échauffer ou pénétrer les groffes pièces : fi tout au plus on pouvait y parvenir avec ce charbon, il faudrait pour cela plus de tems ; il en réfuîterait qu’une partie du fer ferait à fon degré de chaleur , tandis que l’autre ne ferait point encore affez pénétrée & pendant que l’on ferait obligé de chauffer une partie , l’autre rifquerait de brûler : de plus ce charbon , comme tous ceux qui contiennent une plus grande quantité de terre, chargerait le fer d’une matière étrangère qui empêcherait la réunion de fes parties.
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- DU CHARBON D E' T E R R E
- - Son. ulage ordinaire eft pour les briqueteries & les fours à chaux, oà
- le feu trop violent des charbons forts pénétrerait trop promptement les parties de la-terre’ & delaipierre -, lès diviferait & les détruirait ; on l’appelle communément'pair cette raifo ncharbon de Inique ou charbon de four, qui eft toujours , oo'mme celui de maréchal', un charbon menu, nommé en terme de houiilerie del fouau(fy.' *- ' '
- 466. Parmi les charbons faibles il faut ranger celui que les'houilleurs nomment à*jufte titre charbon tendre, dont ils fè fervent de même pour les fours à chaux & pour cuire la brique; on en trouve dans la fofle appellée Sainte-Anne. Il eft compofé par couches très-minces , brillantes à l’œil; mais bn ne petit en! manier un morceau qu’il ne fe défuniffe dans toutes fes parties, & ne tombe en pièces feulletées , puis en poufiiere.
- 467. GoMme ’éê dernier tient du charbon & de la téroulle, que même il lui "équivaùtV'éii ÿ mêlant un peu plus de terre giaife qu’à la vraie téroulle, les houilleurs l’appellent encore charbon mixte.
- 458- Après ce charbon vient celui qu’ils nomment faux charbon, efpece très-maigre qui eft toujours en pouffier, fi ce n’eft dans les houilles faibles ou maigres , où il eft quelquefois en roafle.
- 469. Au détail des charbons d’ufage pour le feu , fuccede la tiroulle ou la téroullè. Nous n’avons parlé de cette fubftancé qu’en général, comme indice de charbon de terre, fedtion VI, & comme foppe de veine, fection VIII, art. 2: nous achèverons de la faire connaître ici par fes propriétés.
- • • 470. Les Liégeois paraiffent qualifier de ce nom tout charbon de l’efpece la plus faible ; leur téroulle à brûler dans les foyers & dans les poêles , n’eft pas autté chofe, & On pourrait regarder comme téroulle le charbon clutte. Voyez art. 3 de cette fedtion.
- 47ïdLa téroulle proprement dite, s’extrait dans le$ petits burtais, furies hauteurs. Malgré fon peu de valeur, on en tire.parti, en les réduifant avec très-peu de diellè eh boules delà groffeur d’une iavonnette, pour être employée par lès femmes du commun dans leurs chauffrettes : ces efpeces de hochets de tiroulle ne donnent qu’une petite lueur bleue, lente, & très-douce. !T ; ? J - h
- 472* On en trouve dans le bailliage d’Amercœur , du côté de Baine, dans les bois de la Roehett’e , à la rive droite de la Meufe, des rivières d’Ourte & de Weze, n’y en ayant à la rive gauche que du côté du Val-Benoît, à S. Gilles & aux Tawes derrière la citadelle.
- ! 473. Il ne faut^as oublier qu’il s’en trouve de différentes efpeces pour la force ; celle de Liege doit être- diftinguée de celle qui fe trouve dans le Lira-bourg, qui y eft employée pour le feu dans les grillages & dans les poêles.
- G) Appelle à Maitricht gcmuL
- Article
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- ET DE SES MINES. 449
- Article VI.
- De quelques houilles & charbons du pays de Liege Us plus ejlimês, & de ceux qui font de la plus mauvaife qualité,,
- 474* De la compofition différente du charbon de terre, du mélange de matières qui peuvent s’y rencontrer dans les proportions inégales, fe&ion IX, comme font les argilles fous différentes formes, les pyrites, les fels, les bitumes, fection IV, il doit réfulter, outre les charbons que je viens de décrire, qu’il y en a encore d’une qualité fupérieure .& d’autres d’une qualité abfolument inférieure. Aufii dans les efpeces générales , les houilleurs diftin-guent-ils par des noms particuliers celles qui font le plus eftimées , & celles qui font de la plus mauvaife qualité.
- 47^. La. matière d’une belle & riche veine qui a une bonne hauteur, telle que des veines appellées veinettes , ou qui eft entièrement exempte d’alliage de parties qui réfiftent à faction du feu , fe nomme krufny.
- 476* La veine krufny a douze poignées d’épaiffeur, & eft compofée de lames à facettes , difpofées en toutfens; quelquefois par bandelettes, laiffant de teins en tems appercevoir fur leurs furfaces des portions pyriteufes &fé-îéniteufes.
- 477- On en trouve de cette elpece aux extrémités des fauxbourgs S. Laurent, de S. Gilles & de Sainte-Walburge , fur la hauteur, & généralement où il y a de la houille graife. Celle que l’on exploite à Hovémont, à portée du fauxbourg Sainte-Walburge, eft auflî veine de krufny. Voyez la carte des environs de Liege.
- 47§. Il s’en trouve une autre de ce genre, mais plus vers la fuperficie de ia terre, & qui à l’œil paraît avoir la même texture que le krufny ; elle a quatorze ou quinze poignées de hauteur; on la nomme veine cerijîere; le charbon qu’elle donne s’appelle fiercy ou tiercy.
- 479. Plusieurs veines , & allez communément cette derniere, font traverses par une couche de quatre doigts d’épaiffeur, qui tantôt appartient au corps de la veine, tantôt appartient au toit, tantôt au deie; cela 11’a point de réglé.
- 480. Il n’eft pas befoin de l’examiner avec beaucoup d’attention pour l’apprécier: entre-mêlée d’amas fchifteux, dont les lames appliquées lâchement les unes furies autres, confervent un mauvais poufiier de houille, elle tient plus du fenifte que du charbon de terre , & eft prefque entièrement abandonnée aux pauvres fous le nom de briha
- 48i- Il 11’y en a jamais qu’une couche, & elle fert de leparatioii à un lit de très-peu d’épaiiîèur, de maniéré à pouvoir être regardée comme une cfpece Tome VL L 11
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- D U C H A R BON DE TERRE
- 4fo
- de nerf, dont les lames ne font pas auffi rapprochées les unes des autres.
- 482. Lorsque les charbons de terre font comme pierreux & chargés de
- pyrites, on les appelle bouxtïires. Gette efpecé des plus chétives, fi on peut même les ranger parmi les houilles ou charbons ^.remarquable par fa dureté, fa pefanteur, aifez commune dans les houillères du pays de Liege, fur-tout dans quelques-unes, h’eft qu’un minéral ignoble, dans lequel la houille a été remplacée par un amas confus de pyrites, ou jaunes, ou argentines , ou couleur de rouille, mêlées avec de la pierre ou de l’argille dure , alfembléesquelquefois;en rognons , quelquefois en gâteaux ronds ou applatis, d’autres fois arrangés par feuillets ; ils pourraient être apeilés dmfa py~ ritacea. . > s-\\ . ' >
- 483. Outre la mauvaife qualité de cette marcafjite, il eft aile de concevoir que ces bouxtures doivent comprimer , déranger & dégrader de toutes fortes de maniérés la veine qui les renferme, & celles qui l’avaifinent.
- 484. Lorsqu’on fournet à Padlion du feu une bouxture, on reconnaît aifé-ment fa compofition ; if n’y en a qu’une très-petite portion qui fe confume i elle rougit & fe couvre d’une petite fiamme bleue, violette, en répanda-nt une odeur de foufre très-forte:, qui fuffoque j ce même morceau tiré du feu relie rouge ctrès-long-tems, conferve même la chaleur ; toute fa maflè,qui avait une dureté confidérable, fe trouve réduite en une terre rougeâtre d’une couleur mêlée, comme le mâche-fer ; & on reconnaît que ce n’e'ft abfolument qu’une glaife dans laquelle les pyrites ont été fortement pétries.
- 485* Du côté de Jemeppe, il le trouve encore une efpece de mauvaife veine de charbon, dont le deie eft extrêmement tendre, & le fépare en même tems qu’on en détache la veine j on l’appelle pour cela mavafs deie.
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- ET DE SES MINES,
- 4Ï1
- «*=............
- DIXIEME SECTION.
- Etendue de terrein qu'occupent les houillères dans U pays de Liege.
- 486. ICklles font les différentes elpeces , qualités & variétés reconnues dans le pays de Liege par les borins : l’effet qu’elles produifent lorfqu’elles font mifes au feu, vrai guide pour décider de leur fupériorité & de leur bonté relatives ; Pimmenfe quantité que l’on conforme de cette matière dans ce pays , ont pu feuls fixer l’accord aifez général que l’on trouve fur ce point parmi ces ouvriers, ainfi que la grande habitude où l’on y eft depuis environ cinq à fix cents ans, d’exploiter ces mines fur l’un & l’autre bord de la Meufe.
- 487- Le terrein qu’elles occupent dans une étendue de plus de fix lieues de longueur à droite & à gauche de cette riviere, fur à peu près autant de largeur, comme on le verra par l’état qui va fuivrç, préfente une vingtaine de bures que l’on travaille à l’aide de chevaux s il y a environ neuf ou dix de ces bures très-confidérables , & une quantité d’autres qui font moindres, que l’on travaille avec des tours à bras.
- 488- A la rive droite de la Meufe, elles commencent du côté de Ramay, defcendant vers le Val-Saint-Lambert, Seret, où elles s’étendent le plus fur la droite 3 Ougraye , le long de la Meufe'3 Thierneffe, Angleure , Baine , fur la hauteur 3 Robermont 3 & fe terminent dans les environs de Cheratte.
- 489. Le fécond état appartient à la rive gauche, où les houillères commencent du côté d’Amplin , & vont toujours en devenant meilleures 3 c’eft-. à-dire , à mefure qu’elles defcendent fur Chokier, Flémalle, Jemeppe, remontant alors à Tileu,S. Gilles, S. Nicolas, Ans, à Herftal, où elles paffent dans les environs d’Oupeye & Vivegnis.
- 490. C’est ainfi que tout le territoire de Liege fournit non feulement la capitale & fes environs pour les ufuines, les brafferies & le chauffage, mais encore la province de Hesbaye qui eft confidérable 3 une partie de la Cam-pine , fins parler de ce que l’on mene par terre à Louvain , à Malines, & de ce qui en eft emporté chaque année en Hollande fur le cours de la Meufe, que l’on fait monter à une plus grande quantité que celle qui fe confomme dans le pays.
- 491. Afin de mettre le lecfteur à portée de juger de l’abondance de ces mines dans le pays de Liege, dont elles peuvent fans contredit être regardées comme une des principales richeffes, je vais faire fuivre l’énumération qui a précédé, d’un état de tous les bures ouverts dans les environs de Liege, & j’indiquerai ceux qu’on,y exploite dans d’autres cantons du même pays.
- ' ^ Lllij
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- 4W
- B ü C BARBON DETERRE
- Article premier.
- Etat de tous les bures & mines Je houille des environs de Liege y avec leurs noms & celui des endroits
- oà elles fe trouvent.
- Rive droite de la Meuse.
- NOMS DES BURES*
- 3. Folie >Bonne-Efpérance
- 2. Haute Clair
- g. Flairante Vône(*)
- 4. Chaîne Siii'ot
- f. Chauthier ;
- 6. Francœur.
- 7. La neuve Houillère
- 8. Guiermont, Gailiarmont 5>. Aux Piefroufe
- jo. Folie Sainte-Anne
- 31. Fo0e Difteppe J2. Romzéa jg. Du Capitaine 14. De la Rochette
- if. Pougnée d’or
- 16. L’Elpérance ou fbfle Quitiflê
- 17. Folie desc Maires.
- 18. Thiernelfe vis-à-vis le Val-
- Benoît'
- 39. Gourmette-.
- 20. Hubert.Louis.
- 21. Marie Catherine
- 22. Marie Micha Ghapa.
- %g. Honay
- 24. Sépulcre..
- 2f. Sotteler..
- 26. BriTon.
- 27. Bâton Donay,-
- 28. Matthieu Renard
- 29. Dumoulin. go. GilleCon.
- 91. Jarbinet.
- EXPLOITATION. aux bras
- aux chevaux, avec machine à vent, aux bras, aux bras.
- aux chevaux, & machine hydraulique, aux bras aux bras aux bras aux bras aux bras
- aux bras aux bras aux bras aux chevaux
- aux bras aux chevaux
- Petits bures aux bras
- SITUA TI ON.
- Vis-à-vis le monaftere des dames de Robermont.
- Village de Jupille.
- Au deiius de la précédente à Sevelette. Bois de Breux>près te château de Gail-lardmont.
- Village dcBaine.
- Joignant la précédente.
- Près Aley haut.
- Au-deflus du village de Chefnayer Au-deflus de Chefnée.
- Dans les biens de 1» maifon de Gail-lardmont.
- Près le village de Fléron.
- Près de Fléron.
- Près Veaux, fous Chivremont. Au-delïusdu château de laRoehette^ dans la forêt.
- Au-deiïus de la précédente.
- Serret.
- Serret.
- Serret.
- aux bras.
- f-Yvot
- (*) Puante Veine.
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- ET DE SES MINES.
- Rive gauche.
- 4Ï3
- NOMS DES BURES.
- 1. Fofle, Lambermont
- 2. Bufly q. Bufly
- 4. Du greffier Bufly y. Folle Makay
- 6, La Beaume
- 7. Del Vigne
- 8- De la Feuille d’or 9. Delbouc
- EXPLOITATION. aux chevaux aux bras aux chevaux
- aux bras aux bras aux bras aux bras aux bras
- SITUATION Flémalle bafle.
- Entre Flémalle bafle & Souhon,
- A Flémalle bafle.
- A Flémalle.
- A Jemeppe.
- A Jemeppe.
- A Jemeppe.
- Au bois de Mrc Rôle, haut.de Jemeppe. Au village de Grâce,
- 11. Al Male baretre
- 12. Del Vignette 15. Rigu
- 34. Du Bois IJ. De l’Efpérance 1<5. Dé bleu Mantay 37. Moltardy J8- DéBonni 39. Goffin Daniel
- 20. Vi Filleux
- 21. Damave
- 22. Du petit Filleux
- 2^. Del Veie Pair 24. Del Nouve Pair
- 2f. Dé Coquay
- 26. Bouda
- 27. Petite Potte
- 28. De Pery
- 29. Del Pelotte 90. Beur à Kafs
- 51. Fofle du lieutenant Bury
- 52. Jacques Brafleur 99. Du bailly Planchar 94. J’affame
- 9y. La petite eau aux champs
- 96. Gilkin
- 97. De La Fontaine 98- Fralette
- 99. Dé Croupet 40. Bourgrave
- aux bras aux bras aux bras aux bras aux bras aux bras
- aux bras aux bras aux bras aux bras aux bras
- aux bras aux bras ,
- avec machine à feu aux bras aux bras aux chevaux y avec machine à vapeur aux chevaux
- aux chevaux
- aux bras' aux bras aux bras aux bras aux chevaux aux bras aux bras aux bras aux bras aux chevaux.
- A Grâce.
- A Grâce.
- A Grâce,
- A Grâce.
- A Grâce,
- Au Berleur, hauteur du village de Montegnaye.
- Près de Berleur.
- Hauteur de Montegnaye,
- A Montegnaye.
- Hauteur deMontegnaye,
- Hauteur de Montegnaye , au lieu nommé Chantrain.
- Haut, de Montegnaye, près la chauffée. Haut, de Montegnaye , au lieu nommé Verdbois.
- Au Verdbois.
- Au Verdbois.
- Proche l’abbaye de Saint-Gilles,
- Hauteur du bois de Saint-Gilles, quartier d’Avroy.
- Entre l’abbaye de Saint - Laurent & l’églilè de Glain.
- En Giain.lès-Liege.
- En Glain-lès-Lieg.e,.
- An s.
- Hauteur dJAn-s,
- Hauteur d’Ans,
- Hauteur d’Ans,
- Hauteur d’Ans,
- Hauteur d’Ans,
- Proche le fauxb, Sainte-'Walburge.
- A Sainte-Walburge.
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- •m
- DU CHARBON DE TERRE
- Rive gauche.
- NOMS DES B U RES.
- 41. Bonnefiii
- 42. Na motte
- 45. La Bacneure
- 44. Le grand Beur
- 4f. Pierre Gille
- 46. Beau Temps
- 47. Des Maitres del Fofle de Ha-
- rem me
- 48. Filoz (*)
- 49. Pechi
- fô. Henri Pireme f r. Novelle Fofle f 2. Beur Creyr 54. Darimont J4. Tibiet
- ff. Beur des Maifes del Brouck f6. Le Vertger 5-7. Une Fofle f8* Krompire
- y9. Des Maitres du Cerifier 60. Koute Joie
- oi. Es Paradis 62. La Fofle
- 6]. La Fofle
- 64. La Fofle des Dames religieu-fes de Vivegnis 6Y* Des Maitres Naiveurs
- 66. Des Meilleurs des Beur
- 67. La Fofle
- EXPLOI T AT 10 N. SITUATION.
- aux chevaux,
- & machine à vapeur aux chevaux aux chevaux, avec machine à vapeur aux chevaux
- aux bras aux chevaux
- A Hovémont.
- Près Herftal.
- A Biernamont.
- Fauxbourg de Vegnis,près Iamaifoii des freres célites.
- Au deflus des Tawes.
- Près la ruelle de Wotem.
- Au-deflus des Tawes.
- aux bras
- aux bras aux bras aux bras aux bras aux bras
- aux bras aux bras aux bras aux bras aux bras aux bras
- aux bras aux bras
- aux bras.
- Sur la pente de la montagne de la cita-delle.
- Sur la montagne Paradis.
- Sur le jardinage de Paradis.
- Près le chemin de Biernamont.
- Près le chemin ci-deflus.
- Près le chemin qui va de Milmortes à Liege.
- Près le château de Bouhtay.
- Même canton que ci-deflus.
- Près la cenfe appellée Malax.
- Près la Préaile.
- Près le chemin deshaies del Brouck.
- Au-deflous des prairies de la Commune près du chemin Thierdemont.
- Commune.
- Dans la campagne des Monts, jurif-di&ion de Herftal.
- Dans la campagne des Monts.
- aux chevaux
- Près la cenfe Ponthier.
- aux bras aux bras aux bras
- Près le bois Ponthier.
- Village d’Oupeye.
- Près la maifon Zollet, dans une cam-pagne proche Oupeye.
- (*) Le premier banc , à la fin de 1761 , finiflait à dix-fept toifes de la furface de la terre,
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- ET LE SES MINES.
- 4ff
- 492. Des différentes mines dé houille du pays de Liege qui viennent d’être indiquées , la plus riche eft celle qu’011 appelle Hidelette^ nom de la première veine, dont les foppes font toujours fous legayon. Elle eh fituée entre le monaf-tere des chanoines réguliers de Saint-Gilles & la chapelle Saint-Nicolas , rive gauche de la Meufe ; & fert de centre à toutes les veines de ce canton , qui eft entouré par la riviere. Elle a quarante toifes de profondeur, & s’étend du côté du midi jufqu’à la Faille, & vers le feptentrion jufqu’à la chauffée de Glain & jufqu’aux fauxbourgs de Liege j enfin du côté du couchant, les montagnes de Saint-Laurent, de Saint-Gilles, de Tileu & de Jemeppe, lui fervent d’enceinte. Voyez la carte.
- 493. Parmi les veines qui la sompofent, il en eft quelques-unes qui ne méritent point d’attention 5 d’autres font irrégulières quant à leur volume dans leur étendue ; c’eft-à-dire , qu’elles n’ont pas la même épaiffeur. En voici ré-numération.
- Noms des veines.
- Diflances de Cune à l'autre.
- Epaiffeur.
- 1 Hidelette (a) ............
- 2 Pauvrette.................
- 3 Trovée, ..................
- 4 Chagnay...................
- ) Monsloige, ...............
- 6 Baume,....................
- 7 Beffeline.................
- 8 Moyen (ti) ...............
- 9 Grande Veinette (c), . . .
- 10 Domina , ou grande Vena , .
- 11 Serifiere,................
- 12 Crufny, ..............
- 13 Roüere (d), Rofy, . . .
- 14 Peftay,.....................
- 1 f Grande veine ......
- (a) Elle contient une étendue de cinquante ou foixante journaux.
- (b) Celle-ci, de même que la fuivante , Occupe toujours plus de terrein avant de revenir à la furface de la terre, au quar-tier S. Nicolas.
- (c) C’eft la plus riche de toutes celles qui fe rencontrent dans ce terrein : auffi eft-
- £ toifes. ... j poignées.
- 10 . 8
- 10 . 6
- 9 • 5 f
- 8 . 2
- 10 . 6
- 1 . 6
- 12 . 3
- 12 . 10
- 12 . 4
- 12 . 10
- 12 . 16
- 6 . 8
- 16 . 9
- 16 . 13
- elle prefque épuifée, ainfi que les veines fupérieures, auxquelles on s’eft plus attaché.
- (d) De la couleur de rofe que donne le feu de ce charbon qui eft très-bon à brûler ; cette veine a foixante^quatre toifes de profondeur.
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- DU CHARBON DE TERRE
- 4f«
- Noms des veines* Diflances de tune à Vautre. EpaiJJeur.
- 16 Charnaz prez ( * ), 11 tod"es* . i -• 4~ poignées.
- 17 Maray, .... . . . f . . . . • 9
- 18 Quatre-pieds, . . . . . 8 • . . . . 10
- 19 Cinq-pieds» . . . . . 10 ... . 6
- 20 Kutay, . . . . . . . s • . • • . 6
- 21 Veinette, . . . ... 6 . - . . • ï
- 22 Belfeline, . . . ... ï • • • • . 6
- 23 Dure veine, . . . . . 7 ... . - 9
- 24 Mona
- Sï Gaufmain. .
- 26 Ma va fs Deie.
- A RTICLE IL
- Indications des mines de houille dans quelques cantons des environs de Liege,\
- 494. Dans le pays de Limbourg, on trouve de l’elpeçe de houille appelîée Üroulle. Voyez fed. IX, art. 6.
- 494. Dans la feigneurie de Soiron à FoJJe, il y a un bure.
- 496. Ces mines l’ont très-abondantes à Hervé; elles fournirent non feulement ce bourg & fes cnyirons, mais encore la ville de Verviers. Le pays de Limbourg fe fournit auffi, de même que les Flamands , aux mines deSaivelette, dont j’ai parlé, hameau dépendant de Saive près Belaire, au-delfus de Jupille, & où les houilles tiennent un peu de celles qu’on nomme grades.
- 497. Dans la jurifdiction de Tkeux, près du bourg de ce nom, 011 a depuis quelques années travaillé à une mine de tèroulle.
- 498. Dans la Hesbaye, on tire de la houille à Warfufie, fur la hauteur près de la Meule, venant de Iehay à Liege, de même qu’à Drégimont fur la chauiîée de Verviers.
- 499. Près le village de Bois , & dans fes environs , province de Condroz, on exploite plusieurs mines dont le charbon eftun charbon tendre.
- 500. Au territoire de Famés, à deux lieues de Mons.
- 501. A Montigny , & dans quelques villages des environs, fur la Sambre., il y a plufieurs houillères que l’on confond avec celles de Charleroi, dont la baife ville eftpays de Liege.
- V) Les bouxturcs y font très-communes.
- Mefurts
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- ET DE SES MINES. 457
- Mefures d'ufage dans la houillerie.
- 502. Le pouce vaut dix lignes. Une poignée, quatre pouces environ» "hauteur verticale du poing fermé, furmonté du pouce. Le pied , dix pouces. La toife du côté de Liege, de Serret, fix pieds de Liege; de l’autre côté de la Meufe, fept pieds ou vingt-une poignées. La verge diiïere à raifon de la toiTe. La petite verge eft évaluée à feize pieds quarrés; la grande verge, à vingt petites verges.
- ONZIEME SECTION.
- Des mines de charbon de terre dans d’autres pays.
- T03. ^^uelque circonftanciés que foientles détails dans lefquels ons’eft engagé précédemment fur le charbon de terre en général, puis enfuite fur celui de Liege en particulier ; comme ces derniers fur-tout fe bornent à çe qui eft connu & requ dans un feul pays, ils peuvent être regardés comme infuffi-fans pour donner une jufte idée des mines de houille, dans le point de vue où l’on fe propofe de rendre applicable à d’autres endroits tout ce quia trait à cette matière. Il eft vraifemblabie que cette fubftance eft répandue dans toutes les parties de l’univers ; il en eft peu où l’on ne foit alluré de l’exiftence de ce minéral.
- 504. Les mémoires de l’académie royale de Stockholm démontrent que cette partie , Tune des plus feptentrionales de l’Europe , ne manque point de charbon de terre. En Suede les troubles pierreux font nommés furjets , fuper* jecüo.
- 50?. La partie méridionale de ce royaume, appellzzSund Gothie, on Gothit méridionale, quelquefois Scanie , Schone ou Schoncn , polfede à Hellîmbourg (*) une mine de charbon , dont la veine la plus profonde n’a qu’un fixieme ou deux quarts d’aune d’épailfeur (**) , au lieu de quarante-cinq pieds que lui donne l’auteur de cet article dans l’Encyclopédie.
- 505. A Gioerarpemolla, près de cette derniere ville, le falband de charbon eft une pierre calcaire.
- (*) Mine de charbon de terre, décou. mines. Année 174.1. Vol. Il, p. 2$7. verte dans la province de Scanie par M. (**) L’aune de Suede revient à peu près Bentzelftierne confeiller du college des à la demi.aune de France.
- Tome Kl» „ . Mmm
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- 4S8
- DU CHARBON DETERRE
- Ï07. A Bofrup les bouches fupérieures laiflent appercevoir fenfiblement un tiflu ligneux, & on y trouve une terre d’ombre folide (*) , mêlée avec le charbon.
- ^08. Dans la partie orientale de ce royaume, appellée la Wejlrogothk y à Moetlorp, dans une mine d’alun , on trouve du charbon de terre argilleux.
- ^09. Quelques morceaux du charbon de cet endroit faifant partie de la riche collection de M. Davila, préfentent un refte de nature ligneufe au point que dans quelques-uns on croit reconnaître le tifTu du hêtre. (66)
- 510. L’Amérique feptentrionale a trois principales mines de charbon dans l’isie Royale ou le Cap -Breton.
- 511. La première eft dans la baie Indienne, dans un endroit nommé Cape-charbon. La fécondé eft dans la baie des Efpagnols, à deux lieues au nord de la baie Indienne. La troifieme eft dans la petite isle Bras-d’or j & elle a cela de particulier, qu’on a cru que fon charbon contenait de l’antimoine (**) > mais des recherches ultérieures font préfumer que ce n’eft qu’une pyrite blanche, quoique l’antimoine puiflè fe trouver dans le voifinage des mines de charbon : le toit de ces mines, eft auift chargé d’empreintes.
- 512. L’Amérique méridionale, en polfede dans le pays de Cumana (67)..
- 513. Un nombre infini de cantons de l’Allemagne & de la Grande-Bretagne , doivent à cette production de leur foi l’état brillant de leur commmerce „ foit par les propriétés du charbon pour le feu, foit par l’exportation qui s’en fait au-dehors.
- S14. La SuiiTe , dans plufieurs endroits du Vallais. A Lutry ('68 3 > can-
- (*) Cette terre bitumineufe, appellée quelquefois momie végétale, dont il.a été parlé feét..II, art. 6 , eft tantôt folide , tantôt friable, & fe trouve dans beaucoup d’endroits ; il s’en ' rencontre derrière les bains de Freyenwald, dans un endroit nommé le Trou noir.
- (66) Il y. a dans le vafte empire de Ruffie des mines de houille actuellement connues. Telle eit cefle de Novogorod , qui a été décrite très-exaétement par M. Mode!,, confeiller aulique. Cet auteur a comparé le charbon de Novogorod avec celui d’Angleterre. Voy. Chymifchc Nefànjiunde p, 75 & fuiv. On en a aulli découvert-plufieurs en Sibérie.
- (**) Stiëium. Platy ophtalmon. En holî. ‘Spif-glai. Spits-glar. Antimonic» En ail. Antimony.
- (67) Le-Japon a du charbon de pierre
- dans la province dé Tsikufen. Un accident y mit le feu du tems de Kâmpfer, ce qui: occafionna un grand incendie. Voyez ftijl. du Japon , in-12 , tom. I, page 167.
- (68) C’eft la même mine que l’on ex-ploite actuellement, & qui fert à la verrerie de Paudé , bailliage de Laulànne. On y calcine auflî de la pierre à plâtre, pour faire-dugyps. La même mine fe retrouve près de Bochat, près de Corfier. Elle a été découverte cà & là. Le charbon tantôt plu&, tantôt moins dur, approchant ou de la pierre ou de la terre, fe trouve par couches, qui n’ont jamais beaucoup d’ëpailfeur. En général ce charbon eft chargé de parties dé-foufre , ce qui le rend moins utile pour les. forges ; mais en prenant les précautions né-ceffaires, on pourrait l’y employer avec beaucoup de fruit.
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- ton de Berne. Dans le Pays-de-Vaud (69), à Benrond » près Laufanne ( 70 ). Dans le canton de Zurich, près de Schinberg & de Thaï, où il s’emploie à cuire la chaux (71).
- SI M. Scheuchzer (*) fait mention d’une mine fituée dans des endroits bks à Horgen , près le bourg de Kapfne ou Kapfnach. Elle eft compofée de trois veines , dont la première a deux pouces d’épaiffeur; la fécondé, trois pouces ; la derniere, huit pouces : le charbon en eft pyriteux & vitrioîique (**), fe-mé de débris de coquilles. La première veine eft féparée de la fécondé par un banc de pierre & de terre noirâtre, ainli que la fécondé de la troifieme. La première eft placée fous un lit de terre noirâtre. La derniere porte fous une couche de marne pleine de coquilles ; & l’obfervateur a reconnu que, fur la croupe de la montagne voifine, les diiférentes couches de la mine s’y continuent en bon ordre dans toute ià longueur.
- f 16. De ce que cette fubftancefe trouve dans tant de pays, il réfulte qu’il eft poiïible de rendre complété l’hiftoire naturelle de ce fofîile , qui doit rendre plus faciles les moyens de rechercher, de découvrir & d’exploiter une matière qui ne peut manquer de fe rencontrer par la fuite des tems, dans beaucoup d’autres endroits , & qui néceffairement deviendra un objet’ de la plus grande considération de la part des gouvernemens,
- 517. Je ne me permettrai que l’ébauche de cette entreprife , en donnant ici une courte notice des mines de cette efpece qui fe trouvent en Angleterre & en Allemagne; elle fera accompagnée des différentes defcriptions des couches qui les forment dans ces pays étrangers , telles qu’elles ont été données par des physiciens & par des naturaliftes. Ces morceaux.rapprochés les uns des autres dans l’eifai que je publie aujourd’hui fur cette partie, donneront une connaiflance aufli exaéte & auffi entière qu’il eft pofïlble de l’avoir juf. qu’aujourd’hui, de ces mines, de la nature, delà qualité des fubftances tër-
- (70) C’eft la même veine que je viens d’indiquer. >
- ^71) Dans la partie méridionale du can-i ton de Glaris , fur les cimes des hautes, Alpes, nommées Sand & Limn.ern, le charbon de pierre s’annonce par une odeur très-forte de pétrole.
- (*) Itintris éiplni dejcriptîo , au El or t Joh Jac. Scheuchzero, med. D. mathcJL profejjore Tïgurino.
- C*) Voyez l’anal y fe de ces charbons dans le même ouvrage.
- mieux tous la première coucne,
- M m m ij
- (69) A Frienisberg, à deux lieues de Berne , eft auffi une mine de charbon abandonnée, quoiqu’elle pût être d’un grand fe-cours. 11 y en a encore fur la montagne d’An-zinde, dans le mandement de Bex ; à Gy-risberg près de Berthou ; à Caftelen , à Brut-telen , à Mullithal, dans le Hasliland , à Nydau, à Vynau, près d'Arbourg & ailleurs. Tous ces charbons ne paraiflent pas également bons ; mais en ouvrant les mines , & en faifant des bures profonds , on trouverait probablement quelque chofe de
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- leufes , pierreufes & autres , qui aVoifinent le charbon de terre dans le feim des montagnes.
- Article premier.
- Angleterre.
- fi g. Le pays le plus remarquable fans contredit pour l’abondance des mines de charbon de terre, c’eft la partie méridionale de l’isle de la Grande-Bretagne appellée Angleterre. Cette partie de cent dix lieues environ dans fa plus grande longueur , & de cent lieues dans ià plus grande largeur, peut être abfolument regardée comme un amas prodigieux de charbon de terre, dont les mines y font, appellées indes noires , par comparaifon avec les pré-cieufes productions qui font propres à cette partie de l’Afie. Les provinces eu Sbires, dans lefquelles il s’en trouve en plus grande quantité, font le pays de Sommerfet, aux environs de Bath, particuliérement du côté de Briflol. Le Glocefier ( dans les parties méridionales ), où le toit des mines eft chargé des mêmes empreintes qu’à Saint-Chaumont dans le Lyonnais en France. Le Cumberland, où tout le. terrein eft mine de charbon & plomb à crayon (a).: les mines de cette province à Wkehaven, au-deffous deMoresby , font les plus profondes que l’on connailfe. Le Lancashiredans le. voilinage.de la montagne nommée Rajidl-chille , à l’entrée de Lancajîre, où le charbon eft employé au chauffage & à faire des bijoux, comme on fait du kennel-coal ; àColne, dont le charbon eft mêlé de pyrites fort dures. La province de Darby dans la partie du nord. Lt'Hottingham. Le NorthumberlaivL à l’orient, où fe voient des. mines dont le puits, a cinquante toifes de profondeur (b), A Newcajlle fur la où la mine, dont la couverture eft comme dans celle de Stafford &
- d’Eêoffe de la pierre à bâtir, préfeute une. fingularké remarquable ; il s’y trouve un fel que l’on dit être ammoniacal. Voye£ la quatrième feétion, art. Selon IVL Geoffroy (c)> c’eft un fel marin fublimé par la violence des feux louterreins, donnant à la cryftallifation des cryftaux cubiques qui annoncent toujours le fel commun & qui font bien différens du fel ammoniac ordinaire. LyYorckShire dans tout le pays de Richemont. Le Shrop Sbire. La province de Leyœfer, principalement dans les quartiers du nord , où le charbon tient de la nature d’un bitume durci. Enfin le comté de Durham , où ce; foftile fe trouve fi près de la furfâce de la terre, que les roues des voitures.
- (à) Nigrica fabrili?. Mer. Pin. 2i8« lignes. Le pied , onze pouces trois lignes. Lkunbunxnigr.um. ofif. Worm. Majfa nigra La verge , yard, deux pieds neuf pouces. ad ptiigtjthcm refererula. Voy.. Sam. JOaL neuf lignes de France. La brade ,fathom ^ pharmac. pag. 22. fi-x pieds. La toife eft la même choie..
- {b) Le pouce d’Angleterre, eft de huit (c) Mat. medic. Tom, L
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- Je mettent à découvert » & que les habitans de ce canton en ont allez de ce qui fe préfente au jour pour leur ufage, celui de leurs voifins, & même pour s’en faire un de leurs meilleurs revenus.
- 519. Les tranfaclions philofophiques contiennent des defcriptions fort cir-conftanciées de ces mines ; je n’ai pu rien faire de mieux que de choilir celles qui fe rapportent le plus avec la méthode que j’ai fuivie dans la defcription des houillères du pays de Liege, ou qui font les plus intéreiîantes par quelques particularités : ainli toute cette feétion eft extraite de cette fameufe col-leétion. Pour y mettre un certain ordre , je préfenterai d’abord un profpedus général qui épargnera les notes , & facilitera la leéture fuivie de ces morceaux détachés.
- TABLEAU général des mines de charbon ddAngleterre > des matières qui s'y rencontrent le plus ordinairement , des particularités les plus remarquables dans les veines de ce pays, &c.
- 520. Toutes les couches au milieu defquelles fe trouve le charbon de terre, font entre-mêlées de lits formés de fubftances terreufes peu compactes ( voyei la feptieme feétion , art. 1 ), & de fubltances pierreufes qui les féparent de diltance en diftance. Voye\ la feptieme feétion, art. 2.
- 521. Les terres font pour la plupart glaifeufes oumarneufes, c’eft-à-dire , du genre des crétacées, & tenant plus ou moins des argilles.
- Marnes > argilles , nommées en général par les Anglais klays.
- f22. Les naturaliftes en ont établi beaucoup d’efpeces, quê les agriculteurs Anglais ont réduites à fix. Comme la plupart de ces marnes fe rencontrent , ou peuvent fe rencontrer dans les fouilles de charbon de la Grande-Bretagne ou d’autres pays , il peut être utile d’en donner ici l’énumération T telle qu’elle fe trouve inférée dans les notes dont le lavant M. le baron d’Holbach a enrichi la traduction qu’il a publiée de la minéralogie de M. jean-Gotfchalk Wallerius (72)..,
- (72) Cette cîaffiHcation des marnes n’eft pas celle de Hili. Cet auteur célébré la di-vife en fept claires , qu’il ne diftingue non plus que parla couleur ; fur quoi l’on doit obferver que cette méthode doit être équivoque , parce que la même marne qui fert aux mêmes ufàges , fe montre fouvent fous differentes couleurs, à raifon de fes diffé-
- rentes propriétés. Voici les fept elaffes de Bill. i°. Marne blanchâtre , the rohitt marie. Il en diftingue de dix fortes, parmi kfquelles il met la ftalaélite crétacée & les craies blanches. 2». Marne bleuâtre, the biueish marie ; elle fe décompofe à l’air..
- Marne jaunâtre, jellow marie ; elle, tient un jeu du fer. 4”, Marne rougeâtre y
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- f 23. Cowjlu marie, quitire fur le bran & qui eft mêlée de craie. Stone mark J marie - pierre» S taie marie , marie vieillie. i'Vtfg faible , de cou-
- leur bleue, qui eft comme pourrie, & que la pluie ou la gelée décompofent facilement (a).
- 524. Peat marie, Twing marie, qui fe trouve dans les montagnes, de couleur brune, d’un tiifuferré & compaél, très-graffe au toucher. Claye marie, de couleur bleue ou rougeâtre, reiTemblante à l’argille, mais entre-mêlée quelquefois de pierre calcaire. Steel marie , ou marne dure , qui fe trouve communément dans les galeries des mines , & qui fe partage en cubes. Paper marie, qui fe trouve dans le voifinage des charbons de terre, femblable à des morceaux de papier gris, d’une couleur quelquefois plus claire : les def-captions connues des mines de charbon n’en font point mention, du moins fous ce nom ; mais en voici d’autres dont il eft fou vent queftion dans les defcriptions des terreins qui avoifînent le charbon en Angleterre, favoir , le malm ou loam , terra mifcella, terre partie glaifeufe & partie fablonneufe , c’eft-à-dire, tenant de la glaife & du fable dans une égale proportion ( b).
- f2f. Le clunch, argille ordinairement tirant fur le bleu ; j’en ai un morceau dont la conliftance eft pierreufe, d’un grain très-fin & fufceptible de poli : le favant auteur des notes ajoutées à la tradu&ion des expériences phyfiques deHauksbée, dit que cette argille bleue & fine eft celle que Wallerius dans fa minéralogie, tom. I, p, 31, défigne fous cette phrafe , argilla piaf ica parti-
- the rend mark : le naturalifte Anglais place ici cinq efpeces , parmi lefquelles il compte la craie ronge, qui appartient plutôt aux ocres martiales, 5 ®. Marne brune, the brown marie : ici fauteur place la terre à foulons. 6°. Marne verdâtre, grun marie. 7®, Marne noirâtre, the black marie. La divifion de M. le baron d’Holbach , ne me paraît pas plus exacte que celle de Hill. Je préféré la diftinction de Wallerius, adoptée par M. Bertrand , diél. desfojjîles. Cet auteur range aulfi les marnes fous fept clalTes ; mais il fe réglé fur leurs propriétés : i\ La marne à porcelaine, en ail. Porcellai-nerde.^AXe. eft tendre,blanche,douce au toucher , légère. 20. La terre à pipes , en allemand , Pfeiffenthon, ïfeijfer Thon. Cette terre eft de même douce au toucher. 5°. La marne crétacée, en ail. Kreidemer-gel: elle fe durcit à l’air. 4°. La marne à
- foulon, en ail. Walkerthon ,* elle eft blanche ou grifâtre , elle fe dilfout dans l’eau, & y fait de l’écume comme le favon. s** La marne qui fe décompofe, en ail. Mergel ; c’eft celle qu’on emploie ordinairement pour fertilifer les terres. 6\ La marne pé-trifiable, en ail. Steinmergel ; il y en a de fablonneufe, de topheufe & de figurée. 7®. La marne vitrifiable, en alh Giefmer-gel , Gieffand. Elle fert à faire des moules & des creufets pour la fonte des métaux.
- (a) Cette efpece fe rapporte allez à l’agaz.ou agai. Voyez fetft. VII, art. 1.
- ' (b) Cette efpece pourrait fe rapporter aux deux premières couches qui forment communément les premiers lits de la couverture terreufe du pays de Liege. Voyez feét. IV, art. t.
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- cutis fubtilioribus, dont on fe fert en Angleterre pour faire des tuiles qui font extrêmement dures.
- S 26. Dans le Camdridge-Shire, le clunch eft une argille blanche, dure, contenant du fable, ou de petites pierres rondes. Voyez l’abrégé des tranfaciions philofophiqièes de Lowthorp , tom. II, p. 455.
- 527. Le cow-shot elt encore une marne , ou terre marneufe, tantôt dure, nommée alors cow-thot Jîone, tantôt moins folide. Il s’en trouve une efpece dans les mines de charbon d’Yorck-Shire, connue fous le nom de cow-shct clay ; elle eft favonneufe & feuilletée. Voyez le même abrégé qui vient d’être cité. Ils ont une autre efpece de marne douce qu’ils appellentgubbing. Enfin, une troifieme très-rare , dont il fera parlé à fa place.
- f28* Ceux qui feront curieux de connaître la variété prodigieufe des terres répandues dans le voifinage des mines , peuvent confulter le détail inféré dans le volume de l’année 1679 , des tranfaBionsphilofophiques, fous le titre, énumération des différentes matières quon trouve en creufant le charbon de terre dans le comté d’Yorck, communiquée par M. Maleverer d’Arncliffe au do&eur Martin Lifter, du college des médecins & de la fociété royale , num. 2fO, art. 25 & on trouvera fur ces fubftances minérales, tant celles qui font répandues dans le fol de la Grande-Bretagne, que celles qui font connues ailleurs , des éclaircilfemens trës-intéreifans dans le traité d'hift. naturelle de M. Hill (a}.
- Cliffs, Rocks. Pierres.
- 529. Les matières pierreufes qui fe trouvent dans les mines de charbon d’Angleterre , & qu’on appelle en général rocks, cliffs ( b ) , thorny cliffs, font en général d’une roche défignée fous le nom de jand Jlone, freé jlone ( c ) qui eft une efpece de grès ordinaire, dans lequel fe font appercevoir de petits cailloux qui font comme cimentés enfemble dans du fable. (74)
- f 30. Il s’y trouve encore un roc très-dur, appellé rockJlins jlone ( d'), des
- (a) A general Hiflory , or neiv and accu-rate deferiptions ofthe animais , vegeta-bles, and minerais , &c. Lond. in-fol. *797-
- (b) On verra par la fuite que ce mot cliff a dans les mines de charbon de la Grande-Bretagne différentes lignifications.
- (c) Saxum arenarium, Saxumpetrofum ar enaceo-filiceum. Saxum petrofum arena-ccum. Waller. Ammites. Pierre fablon-neufe. En hollandois Zand-fecn. Morzel-JteenXn).
- (73) En ail. Sandftein.
- (74) Cette pierre d’un grain doux , & de couleur gris-blanche, communément employée à paver les maifons & les baffes-cours , doit être différente des baving-fo<-ne , & prend vraifembîablement le nom de pierre de taille , parce qu’elle eft employée à plufieurs ufages des bâtimens. Note de Tautcur.
- {d) Rocher en peloton , connu en général dans les mines fous le nom de roche fauvagç.
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- roches de pierres à paver, d’où elles portent le nom paving jlont, cmpenam & des efpeces de cailloux qui fe trouvent en couches entières, & non en maf-fes détachées comme les cailloux ordinaires j ils les nomment whin rock Ça) ; dans quelques parties de l’Angleterre on les nomme chéri, ou whern.
- Bats ou rubbish, couches mhices, ardmfes charbonneufes.
- ?3i. Toutes les mines de charbon qu’on connaît en Angleterre font formées de beaucoup de lits compofés de couches diftindes, mais dont un grand nombre font trop terreufes, ou fchifteufes , ou n’ont pas allez d’épaifleur pour être profitables , ce qui fait que dans plufieurs cantons on fe contente de creu-fer avec des beches, & qu’on ne s’engage dans l’exploitation que îorfqu’on a atteint la maîtrefle ou principale veine, à laquelle on s’attache feulemenH négligeant abfulument toutes les autres de peu de conféquence , qui fervent de féparation aux couches des mines de charbon. Les experts, pour les mines de charbon, appeliés en Angleterre viewers, confondent ces lits, de quelque nature qu’ils foient, fous le ternie générique bat (75). Dans quelques endroits on les appelle rubbish , qui lignifie rebut , fretin : les ouvriers paraiffenjt même comprendre fous ce nom tout charbon groilier, ou quia peu d’épaif-feur ; & à cet égard on pourrait le regarder comme le brihaz des Liégeois. Voyez fed. IX, art. 6.
- 532. Les bats font quelquefois ferrugineux, ou même de bonnes mines de fer. Allez ordinairement ils font noirs , liés enfembîe par une matière qui leur eff propre, & dont le grain paraît marneux ; il en eft qui forment des lames entre mêlées d’une fublfance argilieufe pareille à celle des ardoifes que l’on a vu , fed. VII, art, 3, être la fubltance dominante dans les couches de charbon.
- 533. AL Mendès da Colla, dans fon hiftoire naturelle des faillies (b), donne la defcription fuivante de deux efpeces de ces fchiftes. Schiflus niger, shah, la/s, shïver, Lithantrax flerilis nigra Jquammcfa. Shorts , nat. hijl. of the minerai Wai ers of Engl and, vol. I, p. 2f, 27, 33 , & pajjim alibi. Black S haie , a fort of JiateJlone , phil. tranjacl. num. 407. Nouvel abrégé des tranf philof. de M. Mar dns, vol. VII, pag. T 90. Schiflus rdgricans friabïlis , fcriptura alba. Linn. lyft. nat. p. 154, luira. 3. Fiffdis mollior. Fifjüis friabilis. Waller, fpecies 70. Ardefia Eiflebenjium molliornigricans Jienckelii. Ephem. nat. cur. tcm. V, /7.32g.
- (a) Pierre fabionneufe difperfée indif- bon. Note de P auteur. t'n bernent & ifoloe corame des pierres (b) Natural hiflory of fojjils. Vol. I, î.yé'tées. Voyez fedion Vil, §. ;.66. parc. 1. London , *>1-4“ , 1797 , pag. 167 ,
- (7O C’eft plutôt: le fchijtus terreftris num. 3. çgjfoncirius, qu’un bon & véritable char-
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- Ï34. C’est une terre fchifteufe grofliere, de couleur noire foncée, inégale & terne à fa furface; elle eftmédiocrement dure, & plutôt légère que pelante ; d’une texture ferme & ferrée, qui la rend impénétrable à l’eau ; fi l’on y trace des caractères, ils font blancs.
- 535. Cette efpece appellée communément s haie dans; le Derbishire, eft formée de beaucoup de couches depuis le day ou la lurface de la terre, juüqu es dans la profondeur ; la couche qui eft près le day, eft toujours plus tendre que celle qui eft ta plus enfoncée , au dire des houilleurs { colliers ), qui alfurent qu’elle fe trouve plus ou moins dure, plus ou moins compacte, feloil que les couches qui l’avoifinent font plus ou moins folides, plus ou moins tendres. Sa texture varie, comme fa confiftance, en proportion de la profondeur à laquelle elle eft placée; de façon que la même couche, dans le point qu’elle approche delà furface de la terre, acquiert quelquefois une conter* ture très-feuilletée : mais fi on la fuit dans fon enfoncement en terre , on remarque qu’elle devient plus dure , & prend une forme de plaque. Elle eft quelquefois femée de loupes ou nœuds, qui tiennent de fa fubftance : ce qui varie félon la couche fupérieure ou la couche inférieure ; parce que fi lafupérieure eft pierre à chaux, elle devient plus feche, plus dure, plus caftante, & fe délite à l’air ; fi elle eft deflus une couche de biàd, qui eft plus maffive & plus coriace , elle eft plus terreufe & plus tendre. On la trouve aufli en couches très-larges dans les cantons de ce royaume qui renferment du charbon, 8c généralement au-deflus du charbon.
- 536. Ce fchifte expofé à l’air s’effeuille d’abord , enfuite fe décompofe au moyen des Tels dont il eft généralement très-imprégné, qui s’effleuriifent : il eft trop tendre pour faire feu avec l’acier, & prend en brûlant une couleur cendrée.
- 537. La fécondé efpece de fchifte de M. da Cofta eft nomrûk&fckijhis ter-rejlris niger carbonarius, p. i<£g, nuffl. IV. Fijjilis Jim lamellis niger, quoadpart icu~, las tantum cumjijjîlibus conveniens, fijjilis carbonarius. 'Waller, fpcc. 6J, p. 13m Schijlus fijjilis vulgaris nigricans Jriabilis. Append. ephem. tiafc. curiof. tom. VI, p. 133, nnm. 2. Defchifto , ejus indole atqm genejï meditationes Theoph. Lang. Celui-ci eft fort terreux , de couleur de jaïet 5 doux , poli, & brillant à là fur-face: tantôt fa texture eft ferme, tantôt elle eft friable & lâche, jufqu’au point de fe divifer facilement en lames. Ce fchifte eft pelant & d’une moyenne confiftance ; cependant l’eau ne le pénétré pas , & étant ratifie il donne une poudre noirâtre. Il eft trop tendre pour faire feu avec l’acier; en brûlant il prend une couleur d’un rouge pâle & blanchâtre, reftemblant exactement* à cela près qu’il eft feuilleté, à un morceau de terre à pipe feche.
- 538- Ce fchifte fe trouve dans les terreins d’où fe tire le charbon en Angleterre , & eft toujours placé fur le charbon, particuliérement dans le Sommer-Tome FI. N 11 n
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- shire & dans PYorckshire. Dans fès caffes, il fait voir entre les lames dont il eft formé, des empreintes très-diftincftes & très-agréables : dans les fchiftes les plus mous &les plus friables, comme dans ceux de Sommershire, on rencontre plus fouvent les expreflîons de lafougere, du rofeau & des plantes graminées j mais dans les fchiftes qui font plus durs , & qui ne s’éclatent pas fi facilement en feuillets, comme ceux de d’Yorckshire & du pays de Galles., les impreiïions font très-rares : elles forment des réfeaux , des écailles & des ouvrages en nœuds, & ils font marqués de deflins de plantes inconnues. Cette efpece fe trouve fur le charbon dans plulîeurs parties de l’Europe & d’Angleterre ,& eft toujours chargée d’empreintes,
- * ' ?39.Tous les fchiftes qui fe rencontrent dans les mines de charbon de quelques endroits de l’Europe > ne font que des variétés de celui-ci, de même que celui que les Anglais appellent bind y qui eft le fchijîus terrejlris carbonarius cceruleo-cinereus de M. da Cofta, p. 167 , num. 3 , qui au toucher a la même douceur, & à l’œil la même apparence feuilletée, que l’agaz, ou l’agai, & la craw des Liégeois. Voyez fecft. VII, art. 1.
- ; ^40. Toute elpece defchifte qui fe trouve dans ces mines eft nommée ardoife charbonneufe, & peut fervir de pierre à marquer. On en trouve de différentes couleurs > mais ce qu’on nommefchijlus carbonarius y ardoife charbonneufe, eft toujours un fehifte gras, dont plulîeurs bitumes folides , inconnus, aujourd’hui, font peut-être des elpeçes, Voyezfedt. III, §. 12,6.
- f 41. Il y en a une elpece qui fe rencontre fréquemment, délîgnée dans les. minesfous le nom de tileJlone , pierre de, tuile, elpece de grès feuilleté d’un rougeJbrun, mêlé avec un fable ferrugineux, & fe divifant en écailles minces: ce qui fait penfer à M. Definarets ^que le tile jlone ferait bien nommé; grès ardoifé (*).
- ^42. C’est au milieu de cette maffe aulîî confufe que variée, que les veines de charbon fe prolongent dans une étendue confidérable de terrein d’une> façon qui leur eft particulière ,. en maniéré de grandes bandes nommées parles Anglais flreack * lefquelles ont une direction régulière communément de l’eft à l’oueft, que les Anglais expriment par le mot driefy manege , ou allure ( voyez feft. VIII, p. 64 ), dans une inclinaifon qui conftitue le pendage (76) des veines j ce qu’ils nomment clijf y clift, penchant, pente y o,u defeente (77X
- (*) Voyez fes notes fur la defeription (77) Proprement, le mot cliff fignifié-d’une mine de charbon du comté de Staf- penchant, defeente ; ce qui eft fort diffé-fort, volume II des expériences phyfques rent du pendage. Il femble que notre au* de Hauksbée. teur a confondu les idées. <
- (76) En ail. Donlagc der Flôtze. .
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- Cliff, clift. P end âge des veines.
- ?43- Les veines, ainfi qu’il a été dit fedion VIII, §. 374, s’élèvent ou penchent fi infenfiblement, qu’011 n’apperçoit que difficilement leur décli-naifon de la ligne fiorifoncale : les unes ne s’enfoncent que d’une bralTe, dans une étendue de dix'jufqu’à trente braffes ; d’autres dans l’étendue de cinq pieds , déclinent d’un ou même de deux pieds 5 d’autres même s’élèvent préf-que à-plomb du centre* de la terre à la fuperficie.
- Ï44- Ces pendages font défignés par des noms particuliers ; ils appellent la première efpece fiat broad coal, parce que la veine ne s’élève ou ne fe penche qu’en pente douce. Ils appellent la fécondé efpece hanging coal, charbon pendant.
- Enveloppe des veines.
- 1 ,
- ?4f* Le charbon confidéré dans fon épaiffeur préfente deux parties; fa-voir, le faite & l’affife de la veine : le toit ou fommet (78), nommépitch, ordinairement roof of the coal, eft un roc noirâtre & dur : il reffemble beaucoup par fa couleur au malm ; mais en-delfous il eft d’un gris-rougeâtre, variant dans fa folidité , plus dur en quelques endroits que le malm; d’autres fois fi dur, qu’il faut faire jouer la poudre à canon pour le brifer. Par-tout où l’on rencontre ce rocher , nommé par les mineurs cliff ^ on eft fur de trouver du charbon de terre , dont il fuit l’allure & le pendage, devenant de plus en plus noir à mefure qu’il avoifine le charbon de terre. Voyez fedion VII, art. 3 , §. 32f. Le détail des mines d’Angleterre fera voir que dans ce pays cette partie du toit qui touche le charbon, eft nommée différemment dans plü-fieurs cantons. Aifez communément fon épaiffeur eft de trois pieds.
- f46. Dans une mine du comté de Cumberland filoignée delà mer de vingt verges , le plancher ou fol (79) eft nommé the fileof the coal ; dans quelques mines il s’appelle bottom, qui veut dire le fond; dans d’autres ils le nomment fioor, fondement. Voyez fedion VII, art. 3 , §. 3 3 2.
- ^47. A Witeharen (fi) il s’eft trouvé un accident trop fingulier pour n’être pas mentionné ici ; la couverture compofée d’un roc noir , épaiffe de fix pouces , enfoncée en terre à la profondeur de vingt-quatre braffes, était fendue régulièrement en quarré 'd’environ fix pouces de diamètre, de maniéré qu’elle paraiffait compofée d’autant de pièces rapportées.
- (78! En ail. das Bach. (*) Tranfatfions philofophiqu.es, ana/
- (79) En ail. die Solde. 1765 , num. 439, pag. 109.
- Nn‘11 ij
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- BU CHARBON DE TER RB
- Tête des veines (go)...
- f4g. L’extrÈmite ou la tête dtes veines;, qui vient fe montrer au jour ave a les couches qui les accompagnent, eft nommée cropping of the coal, ou_fim~ plement crop, & dans les parties feptentrionales baffeüngi.;
- 549. La fubftance quelles donnent dans cette extrémité eft bien un vrai, .charbon, mais faible & trèsrfriable'. Voyez fetftions V, VI y & feétion VIII art. 2. C’eft peut-être auflï ce qu’ils nomment quelquefois day coal 3 charbon.' du jour 9 charbon de La furfoce.
- Trapa, gags, dikes, ridges, rubbles. Obfoactes s troubles pierreux*.
- 5fo. L’étendue que les veines parcourent en longueur fireack ( gi )> leur manege, drift ( 82) 5 leur pendage , clifo($3)3 les veines elles-mêmes fe trouvent dijïeremment altérées & dérangées par les.pierres qui les approchent plus ou moins 5 qui les, relferrent & les dégradent de différentes maniérés.
- 551. Les ouvriers Anglais délignent en général ces. dérangemens fous le?
- nom de trop > dikes ,qui revient alfez à l’expreffion franqaife digue., pour lignifier fans doute l’obftacle qu’oppofent. à la marche ou à. la continuité des, veines ces jetées pierreufes formées la plupart par le quelquefois par le,
- whin rock y & qui font d’autres fois de la nature du free Jlone eu fond Jlone. ,
- 552. Relativement aux dégradations que ces dikes produisent fur le charbon de terre, ils en diftmguent deux elpeces qui le rapportent avec celles reconnues au pays de Liege. Savoir i°. les dikes qui appartiennent au toit ou; au plancher delà veine , qui portent fur fa tête, ou. compriment le planchers, ils le nomment traps gags. 2*. Ceux qui,appartiennent, pour ainli dire , au xorps de la montagne }.-qui déparent en entier toutes les bandes dont elle eft; compolée, & par eonféquent les., veines de charbon, qui s’y renGontrentî, ceux-là font nommés rubbles , ridges..
- 553. Les -gags ou traps qui preftent la veine en-bas, c’eft- à-dire, qui lai
- dont enfoncer plus qu’elle n’aurait fait libelle n’avait pas été dérangée de fai direcStion naturelle , fe nomment down gags , traps. down, down dikes , c’eft— i-dire parois qui fontenfoncer. .. .
- 5 $4- qui. éleyent la veine plus qu’elle ne femblait: devoir s’élever-,,
- fg nomment ups gags , ups dikes.,
- 555. Les troubles (84) qui n’appartiennent point à la couverture des;
- (go) En ail. Schweifdcr Flutzc. , (8?) En ail. Donîege.
- (8 0 En ail. das Streichen. (84) En ail, Stciravàndé.
- (Si) En ail. Richtung\ . ,
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- ET DE SES MINES.
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- veines, mais qui ne font pas moins contraires & à leur continuité & à l’exploitation , font des roches brifées , accumulées en défordre, de maniéré à former une fuite plus ou moins vafte, plus ou moins volumineufe , qui coupe-& fépare en profondeur tout le terrein d’une mine.
- On les nomme tantôt ridges, c’eft-à-dire, chaîne de pierre, quoique ce mat lignifie aulli fcmmet ; tantôt rubbles, rubbish , c’eft-à-tlire, ruines , décombres , débris, ce qui rend allez bien l’idée qu’on doit fe former de ces troubles , qui font abfolument ce que les houilleurs Liégeois;appellenty^’/A-îà raifon fans doute de ce qu’elle fait manquer ou faillir la veine, du vieux mot faille qui voulait dire faute , manquement. Voyez {èeftion VII, art.
- Sf 7- Il paraîtrait cependant ;que ces rubbles ne font quelquefois que des brouillages dans un des lits de terres& qui le trouvent par intervalles dans les mines.
- Article IL
- Des cotiches de charbon de terre de Mendip y dans le. comté le Sommcrfet Ça).
- ^ $ 8- Fres de Ckevr magna & dans toutes les mines de ces contrées, les veines' ont une. pente oblique, approchante^ de celle que l’on a coutume de donner •aux toits des bâtimens, & quiau rapport, des ouvriers 9 eft de vingt-doux: pouces fur une bradé.. ’ ,
- ÿ?9. Ce pendage n’eft perpendiculaire- ouhorifontal , quelorfqu’ii eft interrompu par une ridge, chaîne pierreufe , eompofée en partie d’argille, en-partie de roc , & que l’on pourrait regarder comme l’effet de quelque violente fecoude,,laquelle en féparant &. en confondant les veines, a produit: jdes vuides dans lefquels s’eft fait cet empilement de roches (b).
- 5<5o., Dans les mines de Stowy., comme dans celles de Faringdone ,,\a veine; court vers le nord-oueft , & le puits eft du côté du fud-oueft : mais plus on avance vers cette partie, plus la veine s’incline de ce côté5 & c’eft tout le* contraire lorfqu’on pouffe la fouille du côté dm nord-eft. Si les ouvriers, en.' avançant les travaux, viennent à rencontrer uneridge Tils remarquent que lai veine au-delà fe trouve plus baffe :: c’eft au point que la veine coupée par la. ridge devient fupérieure, & fe trouve am-deffus de la tête des ouvriers, lorL-qu’ils font au-delà de cette chaîne de.pierre. Au contraire, quand ils continuent leurs ouvrages au-travers de la ridge , en dirigeant la fouille vers'le: nord ,-ils difent que la veine s'enfonce, ce qui ftgnifie qu’ils la trouvent fous, leurs pieds (cf l)ans les terreins bas ou dans les vallées , la fuperficie eft em
- (m) Traduction' d’une lèttrede M. Jean mini, 360 , art. 4.
- Strachey , au do&eur 'Welfted. Voyez les (b) Voyez fedi. VIT,y § 3<; ç. tr.anfaâiQiisphilofophiques, année 1719 , (c) Voyez fect VIII, 373; •
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- D U "O-H yf-Rty 0 N 1)‘E TERRE
- général d’on fol rougeâtre j à èimroirdëux pieds dé‘profondeur V* il' dégénéré en malm ou loam ; fouvent il couvre un roc rougeâtreJfree^Jlone, qui a quatre, ?cinq , même douze ^ quatorze toifes de profondeur. Alors on'rencontre une roche dure, d’abord grilatre,-enfuite d’une couleur brune ou noirâtre, ap-^pelléecoalclives-, coiidïe'-en pente &'réglée* comme le charbon': niaise dans cette pàrti'efon ne'réncontre jafnais le-frèeÿlone 'dans le charbon, comméra Newcajile, comme :darisf?le St'affbrdshindba'côiififtaiice de’ ces couches varie beaucoup : il en efEdans'qUelques endroits , qui1 font un peu plus dures que le malm ; il ’s-en trouve d’autres qu’dn eft obïige dè faire éclater par le fecours delà poudre à canon. Elles ne diiFefént'pasrriôin’s' ëntr’elles par la‘couleur, -qui vers le top eft rougeâtre ou grife’,'& délient noire foncée à'mefure qu’elle ‘approché’du'éhàrhon-dëfterfé. Quand lës; ouvriers appérçoiVent* cette couleur noire , ils font fur s de ne pas tarder à rencontrer le charbon fil arrive feulement quelquefois qüé ce premier charbon n’eft pas encore d’une qualité qui puiffe les dédommager. .
- <61. A Bis hop Simon près d e'Stowÿ, la première veine eft appellée Jlinking vein , ou veine puante. Le charbon en eft dur, mais d’une odeur fulfureufej il oft bùrt poiîr les irfages méchànique'S^Voyez feeftion III', §. 1367 11" 562.J E'kviRb^ àJ' éin^ bradés5 demie, quelquefois 'mais rarement à fëjpt brades de'ce premier' banc,'fe préfeiite une" fecoiide',vemenôn iïydara-niable, pierreufe, qu’on nomme cafl heady ca-th ead.3 teie de ciidt Ca) , ayant 'deux pieds d’épaiïfeiir. ' ' J’ :'vî. ' ”*lf ' .-q *\U {
- 1 ; 5<5'3. A cinq ou fept brades à peu près au-deifous de cette fécondé veine , Te trouve le tarée coal vein, la triple veine, ainli nommée'parce qu’on y apper-'çdiir’diftinclement troiS‘Jefpecés;: entre' la jifémièrë(y& la .fécondé couche qui la compofent, Je remarque'un lit' pierreux d’un où'deux pieds d’épais ; mai» Ta féconde & la troifieme parai dent'appliquées l’une fur l’autre, fans interpo-fîtioii de matière quelconque. En tout il a trois pieds'd’épaiifeur (b).
- ^64. A Huit ou dix bralfes du tHrée coalde présente la veinepéacok oupeaw vein, ainfi nommée des marques ;en forme d’yeux, diverfifiées de plufieurs couleurs, quroriient la furface de ce charbon (c), dont le fommet clijf eft entre-
- .. . < . ) ! ' , ' '-r ’ . é - J : . =:! • -‘1 -U .
- (a) Les'ouvriers‘ont peut-être voulu "exprimer rpaf ce nom' la durèté de cette couche, qui n’eft point par-tout de mau-vaife qualité (8-0.
- i (85) La plupart .n’eft qu’une mafle ap-pîatie d'iron-fione, minera fcrrijaxea.
- (b) Cette triple veine , ou veine de trois charbons , prendpeiit-être encore Ton nom de fou épaifteuréquL.eft de. trois .pieds,
- comme àLiegè une veine de cinq pieds eft appellée cinq-pieds. Voy. feéV. VIII, art/2. Comme auffi dans la mine'qui eft à l’occident de Dudley , il fétrouve une Veine dite charbon depie.d., ..... .
- (c) La defeription de ce charbon qui eft fouvent nommé dans les minés: îd’Ângle-terre , a ’befoin d’être éclaircie fur ‘deux .points, aCette partie ou la Jurface du
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- E T DE S E SM I NES.
- A7l
- mêlé de coquillages foflîles & d’impreflions de fougères ; ce qui effc conftam-ment un indice de cette veine qu’on cherche toujours à environ quinze brades au no rd-eft de la première mais f cecliff qui fépare le péavr vein cîu thrée coal, eft fujet à donner del’eau (a ). :- • aï.
- 56f. A la profondeur d’epviron cinq ou iix bra'ifes fous le peaw-vein, on parvient à la veine de charbon de forges,fmith coal, qui eft dur & de l’épaiifeur d’une verge.
- j66. A peu près à la même profondeur fe trouve la veine coquillere, shelly rein ; & au-deffous , une de dix.pouces d’épais, laquelle eft d’une qualité ft .médiocre , qu’on, 11e la travaille pas : on croit que cette derniere porte fur une autre veine. . a
- 567. A Faringdone , environ à quatre milles des mines de Suttone, on trouve les mêmes veines , ou du moins des veines qui conviennent en tout avec celles de ce dernier endroit.* mais comme Faringdone eft à quatre milles an fud-eft de Suttone , les veines y font un mille & un tiers plus profonds, & fuivent un cours régulier. , >
- 5:68* Cependant, comme de fait le puits n’a à peu près que l'a meme profondeur, les veines qui s’enfoncent en un ou plufieurs endroits , & qui acquièrent une profondeur en tout égale à celle qu’on obferve dans les. autres mines, donnent lieu de préfumer qu’il y a dans le voilinage un trap (b) qui occafionne cet enfoncement.
- 569. Entre Faringdone & High Littleton, les mêmes veines paraiffent
- tenir un cours régulier. Dans ce dernier endroit les plus enfoncées d’entre elles donnent le meilleur charbon, au lieu qu’à Faringdone le charbon le plus enfoncé eft de moindre qualité ( - .. i
- 570. D’un autre côté les mêmes veines fe retrouvent dans la paroiffe de Stanton-Drew, à un mille au nord-eft des mines de Stonon * avec cette différence , que dans ce dernier endroit elles fe détournent un peu, en le dirigeant
- peaw-vein n’eft que le joint des lits hori. dont le faux éclat imite les couleurs d’une fontaux. 2°. Pour ce qui eft des marques queue de paon; il s’en trouve de pareils agréables quïlui ont fait donner fon nom dans les-raines de charbon de beaucoup de il paraît d’après ce qu’on a vufeétion IV, pays, foit dans le vorfinage des troubles article premier ; feétion VII, article ; * pierreux-, fort ailleurs ; ou il pourraitn’ê* &'ce que l’on verra à l’article des mines tre regardé que comme une variété parti* de Stony Eafton , & de celles de Buckin- culiere du charbon commun* gamshire, où il fera queftion de ce peaw* (à) Voyez feét. VII, art. 4.
- vein, que ce ne font pas toujours de véri- (b)Voyez art. 1 , §, $;i.
- tables yeux de plume de paon qur y font (c) Voy. feeft. IX , fur la qualité du char-repréfentés, mais que ce n’eft quelquefois, bon relativement à fon enfoncement en? & peut-être alfez fouvent, qu’une forte terre* . . :
- teinte jaune , comme dorée & changeante, - ,
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- D U~ C It A RB O N' D E TERRE
- 47*
- prefqùe vers le nord, & rencontres comme elles y font par une rUge, elles fe plongent ducôté de l’eft. ~ -jl./.:. fi ! " ' - ••• *-m m.
- - -571. La furface; de la- mine 'de Stanton elt tm mélange de malm rougeâtre ; mais immédiatement au-deifus , elle dégéiiere en irongntte ( a')-, ou en ' tileflotte ( b y, couleur 'grife r qui ëft uïravant-coureiif ducoulclives7 du
- refte*elles font femblables aux mines de Stowy. 'v v '*> - -r
- f72. Daï*s la même parodie de Stanton-Drew, en tirant vers l’oueft, il y a une autre mine de charbon en exploitation $ mais les veines en font, à tous égards-,-différentes de-la précédente ;l leur direction ou leur cours ett au fol cil de cinq heures ( oudans 1 azimut dé cinq heures du matin), comme ils s’expriment 5 elles tendent au foleilde cinq heures dufoir, c’eft-à-dire, qu’elles -courent à peu près du iiord-eft au füd-oueft. .;i^ ù'v r . .‘i
- 573. Quoiqu’il y ait dans cette mine’pliïfieurs veines, on n’en travaille que trois. La fupérieure, épaiffe d’environ trois pieds , produit un charbon menu , propre à la cuiifon de la chaux, d’ou on l’appelle lime coal ( c').
- 574. La fécondé, placée à environtrois braffesau-deffus de la première,
- eft épaiffe de deux pieds & demi, & donnemn charbon propre aux feux des cuifines.* 1
- ' f7f. La veine la plus inférieure eft à peu près à la même profondeur au-dedans de la précédente, elle n’a que dix pouces d’épaidéurj le charbon qui en provient eft dur & bon.
- 576. A Clutton, à environ deux milles de ces dernieres, & dans la même
- drift, c’eft-à-dire , vers le fud-eft quart iud, on trouve les mêmes veines. Le fol eff dans ce quartier d’une couleur rouge à la profondeur de dix & quelquefois quatorze bradés : du refte il ne différé point de celui des mines de Stanto-n-Drew. v < 1
- 577. À Burnet, Queen-Charlton & Brifteton, 011 connaît quatre veines qui fe dirigent prefque vers le nord, & par conséquent la drift fe trouve 4 peu près eft & oueft. Le fol eft formé d’une terre rouge jufqu’à la profondeur de quatre ou cinq bradés. A Brifteton la première ou la fupérieure de ces quatre veines a depuis trois jufqu’à (îx pieds d’épaiffeur ; à Charlton & à Bur-net, elle eft un peu moins coiilîdérable. La fécondé, nommée pot-vein*fe trouve à fix bradés: au-deflbus de la première : elle a dix-huit pouces d’épaidéur, & contient un charbon dur ( hardy- La troifieme, qu’ils appellent trench-vein , fe trouve à fept'bradés au-dedous de la précédente 5 elle a depuis deux pieds & demi jufqu’à trois pieds d’épaiffeur, & toute d’un charbon fol'ide. La quatrième, que l’on eftime fe trouver à fept bradés au-dedous de la précédente, fe
- (a) Fer commun, ou mine de fer en (6) Voyez §. Ç41.” - j
- grains. (c) Voyez fè#.’? ,art.
- nomme
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- ET D E SES MINES.
- 47?
- nomme rock-vein : ce nom lui vient d’une couche de plus de vingt pieds d’é-pzris , qui lui fert de couverture y la fubltance de cette couverture elt le paving Jione, appelle aufii penant.
- ?78- La couche de charbon dite rock-vein y n’eft jamais exploitée par le même puits ypit, que les veines précédentes; & ce puits a deux cents verges plus en tirant vers le fud , ou, comme ils s’expriment, to lan<L
- SI9* Toutes les veines de ces contrées ont le même pendage oblique , couvertes chacune de leur clive, qui fuit la pente de la veine : elles s’enfoncent ou s’élèvent d’environ vingt-deux pouces par brade, & font accompagnées des mêmes bancs de terre, de' marne & de roche ; mais leur drift^ leur épaiff Leur, leur qualité font différentes.Comme le charbon fe tire en général dans les vallées , on remarque pareillement que les montagnes qui fe trouvent entre ces mines, obfervent aufiî quelque choie de régulier par rapport aux différentes couches de terre & de pierre qui les compofent ; car dans ces montagnes , celles qui fe trouvent entre ces différentes mines, toutes les couches de pierres & de marnes ont un cours horifontal. Ce qui forme la cime , eit un tuf mêlé avec une terre jaunâtre fpongieufe & avec de l’argille (<z),puis des lits de lyas ou Lime Jione.
- 58o. A huit ou dix pieds de profondeur environ, & fix pieds au-deffous du lyas , à travers des marnes jaunâtres, on trouve dans plulîeurs couches une terre bleue approchante de la marne, qui a environ trois pieds d’épaiffeur : elle en couvre une autre de couleur blanchâtre & de trois pieds d’épaiffeur.
- î8i. Le lit qui lui fuccede elt une marne d’un bleu foncé , qui elt molle, grailé & favonneufe ; l’épaiffeur elt de fix pieds ( b ), dont fix pouces font une couche de mareuffîtes ( c ).
- S82. Ayant obfervé les couches (<0 de pierres, d’argille, de marne » qui compofent les collines fituées dans cette partie , oiife rencontre aufii une terre jaunâtre , fpongieufe, placée au-deffous d’une marne noire (e) , j’ai reconnu les mêmes fubltances au-deffus du fol & de cette couche de terre rouge légère, mould, que l’on a vu former la fuperticie des vallées dans lefquelles le trouve le charbon; & comme cette terre rouge fuperficielle fe change en marne , la même vers le nord-ouelt du même canton & du côté de ’Wmfort, ou elle elt éloignée des couches de charbon, devient une ocre ronge, dont
- (a) Ce tu F eft nommé Jlony arable.
- (b) Vraifembiablement c’eft le cow-shot marie. Voyez § 527.
- (c> Salfur ferro mineralifatum , forma cryfîallifata Jîarchajita. Cryjlalli pyri-tacei. Drufa pyritacea. Waller.
- {d) Delcription des couches de charbon Tome VL 3
- de terre , par M. Jean Strachey. Tranfac-lions philojbphiques, an. 1729, num. 991, art. 1. Ce qui fuit en eft une traduction.
- (e) Efpece rare & peu connue ; près de Cellerfeld au Hartz, il s’y en rencontre une dont Bruckmann fait mention, Epiftol. itinerar, 44.
- O o o
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- B U CHARBON DE TERRE
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- on fe fert principalement pour marquer les moutons, & que l’on emploie auiïi à la place de l’ocre d’Efpagne, dans la préparation des toiles pour les peintres. On s’en fert aulïi fréquemment pour fophiftiquer le bol d’Arménie ( * ).
- 583- Maïs je ne fâche pas qu’il fe trouve du charbon de terre à l’oueft ou au fud des collines de Mendip. Les mines de ce charbon me paraiflènt fe. terminer du côté du nord-eft à Cotfwold , & aux collines de craie des dunes de M'dtleboroügh* dans le Wiltshire & aux plaines de Salisbury, capitale de la même province, du côté de l’efl & du fud-eft.
- 584. Les interruptions formées par une ridge ou ruble arrêtent la continuité $es veines, & tantôt les font élever, trap up } tantôt les font abaiuïer ou enfoncer , trapd^wn.. Ces mbbles n’ont pas quelquefois plus dhin pied d’épais* d’autres fois s’étendent à plufieurs milles.
- Article 11 L
- Staffordshire*
- 585. Dans les mines de cette province ,1e deffus des couches de charbon eft formé par le free Jîom.
- 5g6. Il s’y rencontre aufli une autre pierre nommée par les ouvriers fif& Jloney comme s’ils voulaient l’appellerde feu. L’examen du morceau qui m’en a été envoyé , 11e peut fournir à l’explication de ce nom j. c’eft une efpece de grès qui, frappé avec l’acier, 11e donne des étincelles que dans quelques* parties, & qui doit fa confiftance à une très-petite quantité d’argille. Il s’en trouve de différentes par les grains plus ou moins fins : elle eff quelquefois enduite d’une mince écorce fpathique. Le nom qu’elle porte, qui la ferait confondre avec la pyrite, le JiUx , lui vient de ce qu’on l’emploie communément à garnir les âtres , & même les chambranles de-cheminée.
- 587. A la vue il reifemble à la craw des Liégeois. Voy.fedb VII, art., r. Il
- O M. Mi 11, dans Tes notes phyflques & critiques du traite des pierres de Théo-phrafte , obièrve que l’ocre rouge eft aufli. commune & aufli bonne en Angleterre que Tocre jaune ; que l’une & l’autre fe trouvent tantôt en couches entières, tantôt dans les fentes .perpendiculaires des couches d’un autre genre ; qu’il s’y en rencontre d’une couleur admirable & d’une finelle extrême. 11 lait mention d’un morceau.
- venant de la forêt de Dean au comté dès-Gloceûer , qui égalé prefque celui que les peintres eftiment tant, & dont ils font un fl grand ufage fous le nom de rouge indien , terra perjtca, terrepcrjique,• au point qu’à Londres il (è débite fous le même-nom, indian red , quoique plus pâle,, mais d’une contexture plus belle : ce qui fe rapporte avec l’ocre de "Winfort, & ferait croire que c’eii le même.
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- ET DE SES MINES. 47?
- en différé par fa pefanteur qui eft plus confidérable, & par fa confiftance qui approche davantage de celle d'une pierre.
- 588- Outre les différentes efpeces de charbon déiîgnées dans les milles qui vont être décrites , il y en a une efpeGe très-dure, que l’on y croit être la pierre obfidienne des anciens '(*).
- S 89- Dans la partie feptentrionale de cette province appellée Moore Lande, le charbon eft dur, luifant & léger, mais il fe coupe facilement par pièces ; c’eft peut-être la même efpece nommée à Charlton & à Burnet trench-vein,t
- $90. Defcription des différentes couches de terre , pierre , charbon > trouvées dans une mine de charbon à Voccident de Dudley , dans le comté de Stafford} par M. Feltiplace Bellers, delà fociété royale (**).
- EPAISSEUR.
- ÿisis.
- ï. Affilie jaunâtre , immédiatement au-deifous de la terre végétale. 4 IL Affdle tirant fur le bleu, . . . . . . $
- IIÏ. Affile tirant auffi fur le bleu , mais plus compacte & plus ferme , appellée clunch par ceux qui travaillent aux mines ; elle eft pour eux un indice certain du voiîinage du charbon : on y trouve des empreintes de plantes, minerais plantes. . . . . .24
- IV. Affilie de même couleur que la précédente, mais dont les molécules‘étaient plus tendres & moins ferrées. . . . .9
- V. U11 banc àe pierre grife d’un,grain fin : elle fervaitde bafe immédiate
- à la couche précédente ; cette efpece ne fe trouve que dans quelques mines feulement. . . . . . . . » 4
- VI. Affdle allez femblable à celle du num. 1 , excepté qu’elle était
- plus blanche. . . . . . . . . .21
- VII. Un banc de roc dur & d’une couleur grife; on y remarquait quel-
- ques empreintes de végétaux, dont les traits n'étaient pas dif-tinds............................... •.......................7f
- V11L Clunch tirant fur le bleu & compad, affez femblable à celle décrite au num. lit. On y trouve auifi des minerais plantes. . . f
- Cette couche qui eft affez femblable à celle indiquée au numéro XIII, que l’on verra, n’a pas été prife..................r
- (*) Voyez fedion HT. phyjiqucs de Hauksbée, fécondé édition
- (**) Voyez les tranfactions philojophi- augmentée de remarques par M. Defma-ques, an. 171,2, num. .5 3 6, art. xi. Ce mor- rets. Celles que j’y ai ajoutées, quoique -ceau a été inféré en français dans le fécond de peu de conféquence , ne m’ont pas fem* volume de la tradudion des expériences blé inutiles.
- O o o ij
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- 47 £
- DU CHARBON DE TERRE
- n i pieds.
- IX. Bcnch coal, charbon en banc. ...... i
- X. Slipper coal (a) , charbon moins noir & moins luifant que le précédé nt. . . . . . . . . . . .3
- XI. Spin coal, charbon plus noir & plus luifant (f). . . . 4
- XII. Stone coal, charbon de pierre aifez femblable à celui que l’on appelle cannal-coal. . . . . . . . . . 4
- Ces quatre derniers lits étaient féparés les uns des autres par des bats de l’épailfeur d’un écu de fix livres (c'j, en tout, . .1
- XIII. Subitance noire appellée dun-row bat, c5eft-à-dire, lit ou fuite, de
- terre dure. .......... I
- XIV. Mine de fer grife , dure, appellée dun-row 5 banc gris ; iron-flone, pierre de fer en grena illes (df
- XV. White-row , banc blanc , quoique bleuâtre; bat bleuâtre , dans la-
- quelle le trouve Yiron-fione, femblable à celle de la couche qui fuit................................
- XVI. Mine de fer noirâtre dure, formée en petits grains (e), qui
- étaient féparés par une fubdance blanche , d’oii elle eit appellée par les mineurs white-row grains y banc blanc graineles, ou ircn-fone, pierre de fer. . . . » . . . . . .1
- XVII. Mine de fer grife, dure, tachée de blanc, appellée midrow -grains,
- banc grainele mélange (f). .......
- XVIII. Gublin-bat, liibitance fÜIile noire (g). ....
- fo.
- 3
- %
- {a) ct Efpece de charbon rempli de 33 trous ; il prefente une niafle fpongieufe , a, ouverte comme une pantoufle ( voyez ci-33 deflous ), allez femblable à la mine de 33 fer percée de trous, nommée mine à >, tuyau „.
- {b ) Voyez fecft. III.
- (c) Voyez §. ; r.
- (d) Argille brouillée ferrugineufe, très-pefante, mêlée confufément de lames Ipa-theufes très-epaiiïés , qui font effervef-cence avec les acides. Elle fe rencontre dans, quelques petites couches , & eft toujours marquée d’impreüions végétales : elle eft de la même nature que le cath-eard.
- (e) Minera ferri nigricans. Mine de fer noirâtre en grains. “ Elle eft compofée de 33 petits grains femblables à la dragée ou 33 petit plomb ; on peut les leparer à coups 33 de marteau. . . . Ces grains- font tantôt
- 33 grands , tantôt petits ; on l’appelle quel» „ quefois pour celagrainele. „ Wallerîus r pag. 46?.
- (../) Minera ferri griféa punchilis mi-cans. Mine de fer cendrée, remplie de points brillans, Waller, pag, 464.
- (g) M. Defmarets foupçonne que c’eftfa terre bitumineufe feuilletée , décrite par Waller, efpece 20; , p.^Q, vol. I, Terra bituminojd fijjîlis. Arnpelitis Agricolæ*. Pharmacitis. Voyez fe<ft. 111 du préfent ouvrage. « Elle fe divife par Couches & „ par feuillets, comme les charbons, de ,3 terre & l’ardoife. Elle eft dure dans cer-33 tains endroits, & plus tendre dans; 33 d’autres : outre cela, vu l:a proximité „ des couches de mines de fer qui avoifi-33 nent celle dont il eft queftion , elle peut „ contenir de la mine de fer noirâtrefeuiU. ,3 letéaminer a ferri nigricans laindlofca.
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- E T D E SES MINES.
- fieis.
- XIX. Gublin-iron fione, mine de fer dure, noirâtre , tachetée de
- blanc (a). . . . . . . . . .
- XX. Bat, fort reifemblant au num. XVIII. . .
- XXI. Cannoc ou cannoc-iron-Jlone, mine de fer dure , grifè.
- XXII. Bat , un peu plus dur que le num. XX.
- XXIII. Ruble-irorujlone , pierre de fer en débris ou en grains ; mine de
- fer gris-foncé , & dure ('b). . .
- XXIV. Table-bat, fe trouvant immédiatement au-delfous .du précé
- dent lit. . . . . .
- XXV. Foot-coal, charbon de pied, charbon groflier (c). .
- XXVI. Bat, noire, calîante & brillante. ....
- XXVII. Heathen-coaL . . .
- XXVIII. Subftance aflez femblable au charbon de terre ordinaire, &
- que les mineurs nomment bat, peut-être à caufe qu’il ne brûle pas bien (d). ..........
- XXIX. Bench-coal, charbon en blanc. .
- XXX. Bat, dont la profondeur eft égale à celle de toutes les couches
- précédentes, lavoir , de 180 pieds & demi, au-delfous duquel eft encore un bau . . . . . . . . .
- 417'
- î0•
- 9
- 6
- 6
- 6
- Total.
- i8o 6
- 3, Cette mine fe divifeauffi par feuillets, 33 & elfe eft compofée de lames très-aifées ,3 à diftinguer. Voyez Waller, page 464. 33 Ainfi l’on peut confidérer cette couche 33 XIX comme une mine de fer, dansla-33 quelle la terre bitumineufe feuilletée 33 eft abondante: ce qui fera applicable 33 aux fubftances des numéros XX , XXII ,3 & XXIV. „
- (a) Minera ferri nigricam, puniîulis micans. u C’eft la mine de fer noirâtre 33 pleine de points \brillans de "Wallerius. 33 Elle eft, dit cet auteur, remplie inté-
- ,3 rieurement de pailles & de raies luifaiv ,3 tes ; il s’y trouve des paillettes brillan-,3 tes qui varient pour la fineffe. ,5 P. 46?»
- (6) Voyez ce que l’on entend par le mot rubble.
- (r) L’épaifleur de ce charbon parait fournir l’explication du nom qu’il porte» Voyez feét, VIII , art. 2.
- {d) Ce que j’ai dit pag. 94 , explique la raifon pour laquelle les ouvriers l'appelaient ainfi , bat, défignant toujours une couche mince : une brique ou pièce de bri» que eft nommée brkk-bat.
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- DU CHARBON DETERRE
- 471
- -Ç91. Etat des couches qui compofent la mine de charbon de terre de Wedneyf* bury (a) , à trois milles depofle de Lichfield} communiqué par M. Godefroy de yiÜetanéufe , 21 mars 176^.
- •verges.
- 1. Brick-kiln-clay , terre à brique. . i .
- 2. Wratch ou rotten-jlone ^ pierre pourrie.- . %
- 3. IVhite-jlackey clunch (b), marne feuilletée &
- blanche. ....................................6
- 4. Thin-coal, charbon maigre , léger, bon à
- . brûler......................................11
- f. Black-rock , roc noir........................
- 6. Black-bat, plus foncé que le num. 3... 6
- Y Short-earth, terr-e'courte ou maigre. . .
- . \ Bluc-clay , clai bleue.....................
- ' ' y White-clay , clai blanche................
- * Iron-Jlone, pierre de fer..............
- -g. Veinqu’on enleve avec la pique.
- 9. The benchs , e’eft un bat dur &noir. . .
- ïo. Hard-bat 3 bat dur. . ... . .
- I1. Heathen-coal, bon pour le feu..............
- 12. Tablc-bat^c), bat feuilleté............... \
- 13. White-clunch , tendre , environ ....
- 14. Fl'ackey-rock (d) , pierre feuilletée, environ I \
- 15. White-cuttinh rock, fe taillant aifément (/) ,
- environ .....................................21
- l6. Fire-jlone. ..................................2
- 17, Bind feuilletée'(y")..........................
- Ig. Whet-ftone ypierre à aiguifer, environ
- 19. Clunch (g) , mêlée de bind....................7
- '•pieds, .pouces.
- 2k
- 2
- ï
- IO
- I
- 6
- rt l
- a
- (a) On n’ufe pas pour le chauffage d’au, tce charbon que de celui-ci à Birmingham, Waliall, Willenhaü ,NVolver, Hampton , Bidfton , & autres endroits.
- {b) Elle eft blanche feulement par coin-paraifon ; elle eft dans un état plus pierreux, & relfemble au numéro 14, mars plus douce au toucher.
- (c) Noire , luifante & crevaflee ; elle va en pente , donne de l’eau qui porte fur la couche faisante , num. 13.
- (d) Les acides n’y produifent aucune eftervefcence, il ne fait point feu avec le briquet. C’elt une argille très-folide , qui happe légèrement à la langue, & qui eit femée de mica 3 à l’œil elle eft très-fem-blable au grès des Liégeois. Voyez feét VU, art. 2.
- (c) Efpece de ridge pofée perpendiculairement.
- (j) Voyez art. 1 de cette fecïion.
- {g) Ce clunch eft plus doux que le n. 13.
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- , ET B B S'ES Mt N'ES. 47?
- verges. pieds. pouces.
- 20. Grey-rock, roc gris-, environ’ . . I
- 21. Clunch 8
- 22. Gubbing, marne douce (h). . . . 2|
- 23. Tough-peal. . . . . '. 6
- 24.- SJieep-skin, environ . . f . . . * 2
- 2$. Blachrbaty bat noir. . . ; . . ) , 1
- 26. Chance-coal, premier charbon; . . ȕ
- 27. Clunch . 2|
- 2&. Main-coal, maffe principale de charbon,
- compofée des lits qui- fuivent : 30^
- r. 28. Premier plancher, nommé bright-peal {i}. . 1 ' a
- IL 29. Rough-jloor. !
- HL 30. Topp-slipper (JC) parting 3T
- IV. 31. Topp-slipper. .
- V. 32. Gey-clay parting, environ . . . j 3-
- VI. 33. Geys-coal geais (/) , charbon. . . 1 4
- VIL 34. The-lamb. _i %
- VIII. 3 5-. The kitts. . . . '. . . . . 1 %
- IX. 36.- The benchs. . 2
- X. 3 7: The corns ou bratjls. I
- XI. 38. Bottom-slipper ccal, femelle du fond. 3 4.
- XII. 39. Bottom-coalbat-coal, demi-verge, fa voir
- rubbifeh. ....... »
- XIII. 40. Slips-coal, charbon mêlé, brouillé. Æ *
- XIV. 41. Sione-coal parting. . . ... . . .. 2
- XV. 42. Stone-coaL ^charbon de pierre. . . 4
- XVI. 43. Springs-coal: .... . 2
- xvii: 44. Slipper-Jlonei . ...... 1
- XVIII. 45V Slippers. . 4
- XIX. 46. Humphry s-black bat. . .... 4
- XX. 47. The Humphry s. ....... f
- ‘ Cette mine en couvre une autre par même gradation, commençant par FiroiT-ftone , enfuite une terre légère, puis un bon charbon de trois-quarts de verge,
- ( h ) Le morceau que j’ai de cette matière , refifemble fort à l’agai ou ag z des Liégeois j c’eft une argille pierreufe & très-pefante, mais qui n’eft pas feuilletée, (i) Appellé charbon de dix verges.
- (k) En prenant dans la lignification littérale ce mot slipper , qui donne d’abord un-feus fingulier & qui n’en donne, aucun > il
- eft vraifemblable que ce mim.. ^ôV&les: autres appel lés de méme,fonc réputés la» femelle , une couche ou un charbon qui fert d’aflife nommée à Liege Joipar les: Allemands Sholl.
- 11 ) Lapis gagates. Chatlet. En angb Jet* Voyez leétiou III.
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- 48q DÜ.CHA&BON D E T E R R E
- . Article I-V.
- \ ~ ~ .... Buddnghamshire.
- ~%91. A fix milles au nord de Stony Eaton , il y a fix différentes mines de charbon , dont,quelques-unes renferment des particularités remarquables*qui font inférées à la fuite d’obfervations faites dans les mines de charbon du comté de Sommerfet (a) : voici en quoi elles confident.
- ^93- La couche qui fe rencontre ordinairement fur le charbon , dont j’ai donné à part une connaiffance fuffifants , eil jonchée d’une infinité d’empreintes de plantes de plusieurs efpeces (h).
- S94-. Au-dessus de ce cliff eft placée communément une autre couche, femée dans toute fon étendue de marcajjfit.es arborefcentes (c). Les marchands l’appellent thorny-clift, ce qui pourrait fe traduire en français par pierre hcrbo-rifée , cru mot à mot, roche repréjentant des buijjons,
- S9Ï- On trouve dans ce quartier des veines plus fulfumifes les unes que les autres ; on y en trouve une où ce minéral eft répandu en fi grande quantité dans fes joints , qu’elle en eft comme toute dorée. Les marchands lui donnent , à çaufe de fon brillant, le nom de veine à queue de paon (d).
- 596. Enfin dans une de ces mines on a trouvé jufqu’à deux ou trois cents pelant d’une excellente mine de plomb (e), en anglais lead (86), formé fur une veine ; & la fubftance de ce charbon était femblablement teinte de jaune par le foufre, ce qui a été regardé comme une fingularité qu’011 n’avait pas encore obfervée dans ces mines (/),
- trouve dans la mine de Bishop Sutton.
- (e) Plumbum, en allem. Blty , en holl. Lood, en fuéd, Bly.
- (86) C’eft fans doute la mine de plomb fpathique, qui eft: blanchâtre, grifâtre , ou jaunâtre , femblable à du fpath. Henckei l’appelle quelquefois marne de plomb , en ail. Bleyjpath. Quelquefois elle eft foftile, on la nomme alors ardoife de plomb , mU ncra plumbifp athacea fijjîlis.
- if) Les Anglais, plus réfervés que les Liégeois quand il s’agit de défigner par des noms la qualité fulfureufe, grade oq maigre du charbon , en ont un qui pourrait être le même que celui dont il eft queft tion : je le placerai, ici afin que les curieux aient fur cela tout ce qu’il eftpoffîblede raftéiubler ; c’eft le fat coal, ou char-’
- (a) Obfervation faite dans les mines de charbon du comté de Sommerfet par M. Jean de Beaumont. Hoock colleBian, num. 1 , art. 2, p. 61 , & dans l’çxtrait de Lowthorp. Vol, II, p. 45g.
- (b) L’obfervateur donne à çette couche le nom de hranched c/zft, qui littéralement lignifie caillou charge de defins en ramage , comme on a vu que les houilleurs de Charleroi le nomment caillou Jicuri. Voyez fect. Xll , art. 4.
- (c) Cette expreilion anglaife , que nous avons confervée, me parait fignifier que eette couche eft pyriteufe & femée d’im, preiüons de plantes.
- (d) Voyez fur les charbons colorés, feét. ÏV, article premier , fect VU, article s , & pe qui en a été dit au ibjet de celui qui fe
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- E T DE SES MIMES.
- L K N C A S H I R E
- 48 f
- ^97. Cette province maritime d’Angleterre, le long de la mer d’Irlande abonde en mines de charbon; il y en a piufieurs dans lés environs deWigan ; la fuperficie eft d’une terre communément blanchâtre, couchée fur une pierre feuilletée , qui couvre un roc dur fous lequel le rencontre une pierre métallique (n) ,.très-compaéle & d’un bleu foncé (b).
- 198- Vient enfuite une nouvelle couche’de pierre bleuecompa&e, quoique tendre. Par intervalles on trouve fous cette pierre une malfe que les ouvriers appellent devils pape, en français taon du diable. C’eil imepyrite cuivreufe en filonsqui différé des pyrites en rognons, en ce qu’elle décrépite au feu , & qu’elle a befoin d’un fondant pour donner fon métal. Outre ce que je viens d’en dire pour la ranger dans la dalle à laquelle elle appartient, j’ai obfervé que cette fubftance était lufceptible de recevoir des empreintes à fa fuperficie. Un des morceaux qui m’ont été procurés par M. Godefroy de Villetaneufe, laiffe appercevoir dans plufieurs defes furfaces qui font très-liffes & très-polies, une couche très-mince, marquée diftinélement de bandes ftriées.
- 599. C’est principalement dans les mines de cette province & dans celle du Cheshire, que fe trouve le plus beau charbon de l’elpece appellée kannel-coal, dont il a été parlé dans la première fe&ion, & qui fe rencontre aufl* parmi d’autres charbons dans quelques cantons de l’Angleterre. Il eft affeas remarquable par fa nature , par fa différence d’avec les efpeces ou les variétés nombreufes que l’on connaît maintenant, pour que l’on* profite de l’occafioa de s’y arrêter en particulier.
- 600. Il s’en trouve proche Haigh, une mine dans laquelle les ouvriers donnent le nom de black-baft, à une pierre d’ardoife noire , que Woodward obferve être 1 q fchiflus terrejlris , niger, carbonarius , ou une variété qui ne différé qu’en ce qu’elle eft plus dure & moins feuilletée (c). Foye^ la neuvième fèdtion, art. 1.
- 601. La mine dont je vais donner l’état, qui m’a été communiqué par M. Godefroy de Villetaneufe, eft à un mille de 'Wigan ; elle a foixante-feize verges de profondeur.
- bon gras : nom. qu’ils donnent au charbon fujet à prendre feu dans la mine, vraifem-blablement par la quantité de pétrole qu’il contient : ils ne font cependant pas ufage de- ce charbon, qui n’eft qu’un bat ou cciuche de peu de valeur. Voyez ce qui a été dit, feeft. IV, art. 2', fur le foufre du charbon de terre.
- Tome FI,
- (fl) On n’a pu s’aflurer fi elle eft bien Garadérifée , ou fi c’eft uniquement d’après fa couleur qu’elle eft appellée métallique.
- (6) La partie du toit qui approche la veine, eft nommée dans cette province black baft.
- (c) Woodward , Cat. b. a. iog.
- pPp
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- 485 DU CHARBON DETERRE
- Mine de canne! ou canole-coal. (a)
- 602,. De la fuperficie au roc, fon épaifleur eft depuis trois jufqu’à huit verges. Le roc a deux pieds d’épais ; il eft couché fur la pierre métallique bleue foncée, qui a quarante-fix verges d’épailfeur. Deftbus le préfente un common-coal, dont la veine a cinq pieds d’épailfeur. A trente verges au-deffous eft placé le cannel-coal, dont l’épailfeur eft d’une verge & deux pouces.
- 603. Ce charbon appellé par M. Hill ampelites (£)-, “ eft un foflile dur, » fec , opaque , inflammable, qui fe trouve par veines continues & étendues , „ d’une ftructure fine & lifFe, qui fe eaife facilement en tous feus, qui eft fort „ légère , très-dure , non fufible » mais très - inflammable * & qui donne en. „ brûlant une flamme blanche, vive & éclatante.
- 604. „ Il a déjà été obfervé que plufieurs auteurs ont jûlqu’ici confondu « le jai avec la fubftance ci-delfus : cependant la dureté de celle-ci qui eft plus. 5> confldérable, & la circonftance de former des lits continus , n’y eût-iL „ entre elle & le jai d’autre différence, fufïiraient pour les faire diftinguer, la
- dernier caraétere étant fi eflèntiel au folfile dont il s’agit ici, qu’il faut faire x de lui & du jai deux ordres diftérens de fofîiles..
- 6b „ U ampelites , quoique de beaucoup inférieur au jai à plufieurs. égards , eft cependant un très-beau foifile ; c’eft un corps d’une fubftance „ très-dure,. compacte, d’une contexture ferrée, unie. & régulière j & cepen-dant, malgré fa dureté, il eft finguliérement léger. Sa furface eft alfez douce: „ & unie, quoiqu’il le lbit moins au toucher que le jai. Il fe trouve par cou-,3 ches ou lits, qui ont fouvent douze pieds d’épailfeur &plus, & qui font. „ fujets à être coupés ou interrompus par des cavités , les unes perpendicu--5> laires, les autres horifontales, aux parois des plus grandes defq.uelles on 33. trouve fouvent du Jpar cryftallifé, & dont îe.s“pluspetites fe trouvent rem-35. plies de fubftance de même nature, qui forment alors des veines blanches.
- d’une alfez belle apparence. Cette fubftance eft fort dure,,1e eaife également.
- „ en tous fens, & les calibres en font alfez lilfes, & ont quelque choie de-,3 brillant lorfqu’elles font nouvellement faites. Elle eft d’un fort beau noir 33 mais ce noir n’eft ni auffi foncé , ni aulfi luifant que dans le jai ; & quelque' 33 mince qu’elle foit, elle n’a aucune tranfparence. Elle 11e fermente pas. avece ,3 l’eau-forte..
- (fi) Qu’on ne s’étonne pas dfe voir ce mot rate deferiptions of tlie animais rvegeta±-écrit de plufieurs maniérés ; les ouvrages blés, andminérales ,of the differents partis anglais que 'j’ai confultés , paraiflent avoir ofthe world ,• by John. Hill. Lond. 1748, prefque chacun] une façon de l’orthogra- in-fol. art. des fojjilcs Jimples. injîanima*. phi’er., blés, premiereCuite*.
- (b) \Ageneral Hiftory or nevo and ac.au
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- 481
- ET DE SES MINES.
- €06. ~ Vue au microfcope, elle paraît d’un tiffu uniforme & régulier; w & fi on l’examine avec plus de foin, on la trouve formée d’une infinité „ de petites lames fortement adhérentes les unes aux autres, & parfemées „ d’un grand nombre de petites taches d’un plus beau noir & plus luifantes „ que tout le refte, qui font vifiblement formées par une matière bitumi-*> neufe plus pure en ces endroits que dans le refte de la maffe. Ges taches ,> font répandues par - tout uniformément.
- 607. „ On trouve Yampelites dans plusieurs cantons de l’Angleterre ; mais „ le plus beau nous vient du Lancashire & du Cheshire. Pour l’ordinaire il » eft fitué à une grande profondeur. Il donne un feu très-vif, s’enflamme » violemment pendant un court efpace de tems, forme enfuite un feu rouge » & ardent qui dure long-tems , & fe réduit enfin en une cendre, grife qui j, eft en petite quantité, la plus grande partie de cette fubftance s’étant difiipée » pendant la déflagration. Outre cet uiàge ,Yampelites eft fufceptible d’un » très-beau poli; & dans les pays où on le trouve, on le travaille au tour, „ & 011 en fait une infinité de bijoux , des tabatières , & autres chofes fem-j, blables, qui fe prêtent à toute la délicatefle du tour, & font extrêmement
- brillantes lorfqu'elles ont reçu la derniere main. „
- * Northumberland.
- £08. De tous les endroits de la Grande-Bretagne qui renferment du char* bon de terre, les environs de Newcaftle font ceux qui en fournilfent le plus communément pour les feux de Londres & ceux de la plus grande partie du royaume; il s’y en débite par année fix cents mille chaldrons (*), & il en part tous les ans deux mille vailfeaux qui fè chargent à Scheals : cette ville doit autant fon aceroiffement à fon port, qu’au grand trafic qui s’y fait du charbon de terre. Une defcription circonftanciée du charbon de Newcaftle, dont j’ai parlé dans la première feéiion, ne fera point déplacée ici : la voici telle que la donne M. Hill dans fon hijloire naturelle.
- Ncwcajlle coal, charbon de Newcaflle. Lithantrax lucida, friabilis. III.
- 609. cc Ce charbon friable &luifant, d’une texture douce 8c égale, eft „ plus léger que toutes les autres efpeces, & tient un milieu entre le kannel-„ coal & Yampelites. Sa furface eft irrégulière & inégale; il nous arrive ordi-„ nairement en mafles larges & épailfes, qui ne font pas abfolument applaties,
- „ & qui ont différentes formes,
- (*) Contenant 36 boifleaux.
- Ppp ij
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- 4H
- B ü V H A RB O N D £ T ERRE
- 610. ^Dans la mine, il eft difpofé par grandes couches%rrangées irrégu-
- fièrement par lames : il fe détache de la mine en pièces qui affectent natu-
- „ tellement une configuration large & plate, plutôt qu’aucune autre, mais 3, qu’elles ne confervent pas long-tems, parce qu’elles font fi fragiles qu’elles 35 fe féparent tranfverfalement : fa furface «ft douce, polie, très-brillante, 35 d’une couleur noire foncée & éclatante j fous les doitgs, il eft moins ï, rude qu’aucun autre, il fe rompt avec une aifance allez grande.
- 611. “ Il ne fait point dfeffervefcence avec l’eau-forte 5 examiné au mi-% crofcope , il paraît irrégulièrement feuilleté , d’un tiffu ferré & d’un très-w grand brillant : il s’enflamme très-aifément, mais ne s’en réduit point pour 3> cela plus promptement en cendres.
- i,, 6 I2.wOn tire ce charbon de plufieurs endroits., & eft différent en qualités 5, le meilleur eft connu parmi les marchands fous le nom de fanfield moor, 33 parce qu’on le tire des marais de Fanfield» Celui-là eft fec, léger & d’une a, belle couleur argentine. n
- 613. La fécondé efpece de la meilleure qualité eft le charbon de Heam , appel! é de même charbon de Newcafle , qui fe coagule au feu comme le fanfield. Ils en ont un dans, cette.province nommé crow: coal* qui fe trouve aufii dans: le Cumberland.
- 614. Le deffus de la veine, nommé pon-top*, eft encore une bonne efpece^ de meme que le deffous appellé top ; qui Pun & l’autre font l’écaille fupé-rieure & l’écaille inférieure du charbon , charbon de toit. Voyeç §§.
- & 398. Le clift, nommé dans les mines de Birmingham branched clifty marqué dç phytotypolithes y de tiges, ou de feuilles de plantes qui eft un indice de'.charbon, eft nommé dans cette province plate , ainfi qu’à Durham. D’après les remarques de M. Jean Strachey, inférées dans les tranfacllons philofophiques , année 1724 , n°. 391, art. 12, pag. 396, les mines ,fituées: à Widrington près Berwick qui confine à l’Eçoffe , font compofées d’un lit d’argille de quatre verges d’épais, qui peuvent'être évaluées à douze pieds. Au - deffous vient un lit de charbon d’environ fix pouces , qui ner mérite aucune attention. Suit un lit de pierre de taille ; puis une couche de pierre dure ,.plus dure que le grès , appellée whin. Vpye^ l’art.jpr-emièr de cette feétion. Au - deflous eft un lit de terre-glaife de deux braffes d’épaif-leur. Plus bas,, une pierre blanche tendre, après, laquelle fe préfentë la veine de charbon qui a trois pieds neuf pouces d’épais. Les veines de ce quartier courent vers le fud-eft, & leur inclinaifon eft d’une verge fur vingt. Le charbon en eft menu (fmall) , -& de la. même nature que celui- de Newcaftle:* que l’on txanfporte à Londres i mais il lui. eft. inférieur en qualité* f '
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- ?, •* ,E T DIE SES M I N. ES.'., il ' ***
- P A Y 6 D E G A L L E .S.
- Walles coal, charbon de Galles. -Lithanthrax lucida, durior. IL ^ Hilly page 417.
- CiS- K La province de .Galles eft .remarquable en .ce-,que “ le charbon s, dur, luilànt, qui fe vend quelquefois, à [Londres .fous le nom de charbon 95 d?Ecojfe, & que l’on eftime beaucoup * parce que c’eft celui qui donne.le « moins de fumée, vient de la province de Galles : auffi, quoiqu’il s’en trouve 95 de femblable dans d’autres parties, de l’Angleterre, il .eft connu dans .quel-33 ques-unes fous le nom. de. charbons de, Galks-.\\\. eft derme, compare d’un » tiifu ferré, uni & régulier. Il eft très-pefant: fa furface.eft au toucher allez „ lilfe & polie. O11 l’apporte d’ordinairéi à Londres ..en mor ceaux plats v drré* ,3 .guliers, & peu volumineux. Dans la ! mine',: il eft difpofé. par couches, très-« larges & très-épaiifes > fa texture, écailleufe, fait qu’en Je .frappant, ou en 33 le caifant, il fe divife naturellement >en feuillets.
- - 616. „ C’est l’efpece la plus .dure de, touk les .charbons,ifans néanmoins m l’ëtr.e autant que;l’ampelites: " <1 /.• ... . '
- 617. „ Quoique les feuillets qnicompofent fa malfe nefoient pas régu-53' liéremènt alfemblés dans une direction .horifontale, il Le fépare plus aifé-» ment dans cette direction que dans aucune autre : lorfqu’ibeft nouvellement ,3 brifé, il eft d'un luilant très-éclatant & d’un très-beau noir foncé.
- 618- ,3 II ne fait pas effervefeence avec l’eau-forte : examiné au microfcope, 33 fon tilfu feuilleté parait II nu qu’il.ern eft remarquable , étant un compofé „ de nombreufes molécules fortement jointes, eiifemble, dont chacune com-33 parativement eft beaucoup plus mince & beaucoup plus fine : le microfl n cope y., fait ..cependant diftinguer .quelques parties de ces. molécules très-33 minces , qui font infiniment plus pures, plus noires , plus luifantes que le ,3 refte.de.la maflè. .. . .. .
- .619. „ Il .s’enflamme.promptement au feu , donne une flamme vive,éela-,3 tinte , ne fe.confume pas li, vite.q.ue le charbon d’Ecolle, & prefque fans » fumée rilneibrûle pas, tout à la fois, de maniéré à Le réduire en cendres „ 33 ,mais if fe réduit en fcpries. • •
- 6,20. }3j.Ce charbon eftübien connu.poür neipas donner de fumée , que y3 dans .quelques parties .de l’Angleterreemgénéral dans le pays de Galles, 33 on l’emploie fans le brûler au préalable, pour préparer le malt
- C) Nom.donné, àu.gram^germé i avec lequel onbralïe;les;4iiréreEtes bkïes*' j}
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- 485 D U C H~A R B 0 D ~E T B R R E
- A ï R T ï CLE V.
- • - J Ecojfe.
- •\' LL •
- 621. L’Angleterre n’eft féparée de l’EcolTe que par les montagnes de Chèviot, & ce royaume a environ cinquante-cinq lieues de long fur vingt dç large : il va de pair avec la partie 'méridionale d’Angleterre, pour le charbon de terre. Les troubles pierreux, connus ailleurs fous le nom de dickes, y font appelles gags.
- 622. Près d’Edimbourg on voit la mine de Darkeith. Dans le comté de Lenox, une autre prèskle Dunbarton ou Dumbritton, aux environs delà riviere1 de Clyde. Dans le territoire de la province de Fife. Dans la partie orientale ide la province de Sterling. Dans le Sutherland, le territoire de Dor-•noch, la capitale, & la campagne de Brora, à l'occident de ce chef-lieu, font remplis de mines de charbon , dont on fe fert principalement pour cuire le fel. Dans la province appellée Lïddesdale.
- * 62 3. La plus grande partie du charbon qu’on exporte d’Ecolfe fe tire d au-
- près de Limington ; ce qui fait que dans beaucoup d’endroits on le nomme Limington eoal, . '
- 624. C’est celui dont 011 fait communément ufagé à Londres & dans d’au** très provinces d’Angleterre, quoique ce nom foit donné à d’autres efpeces* Voyez F examen chymique de ce charbon, fedionlV, art.
- Scothcoaly charbon d'ÉcoJfe. Lithanthrax durior, fordide nigrefçens,
- ‘ MM, ly page 417,
- 1 j / i
- 62f. cc Celui-ci d’un noir foncé eft dur & compacte , d’un tiflu modéré-* „ ment ferré ; il eft alfez lourd, naturellement groffter, rude 8c poudreux à là „ furfacei fes morceaux forment ordinairement des malfes plates, quoiqu’il „ foit difpofé dans la terre par couches étendues & continues : mais la texture „ étant feuilletée, il fe rompt en malfes feuilletées , quand on le détache'de „ la mine , & fe calfe plutôt horifontalement que dans tout autre fens, ne le „ faifant cependant jamais d’une façon unie & régulière. Au toucher il eft £ rude, fa couleur eft d’un noirîfoncé : mais il il’eft point partout entière-» ment luifant i & lorfqu’il eft ! calfé, il a moins de luftre que toute autre 35 efpece de charbon. • ; . j* : . . : •
- 626. „ Le charbon d’Ecolfe ne fait aucune effervefcence avec les acides : „ fi on l’examiné au microfcope*, il parait irrégulièrement' feuilleté , brillant, 95 & d’une texture compade , allez ferrée ; il eft linguliérement luifant > il n prend feu aifément, & brûle vivement, donnant une flamme blanche écla-
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- ,3 tante s il fe réduit promptement en cendres, & non en fcories, c’omme J, fait le charbon commun : propriété qu’il tient de ce qu’il a plus de bitume 53 pur, & de ce qu’il s’enflamme uniformément dans toutes fes parties ; dif-,3 férent en cela du commun-coal, dont les malfes s’éteignent ayant d’être à ,3 moitié confumées, tandis que celles du charbon d’Ecolfene s’éteignent pas w qu’elles ne foient entièrement détruites. „
- Defcription de différentes couches qui £ on rencontre dans les mines de charbon de-terre 3 qui fe trouvent en Ecojfe ; par M. Jean Strachey (d).
- 627. En Haddingtonshire , près de Tranent, dans l’eft Lothiane, la veine de charbon fe porte, comme celles de “Widrington, dont on a parlé §. 614 , vers le fud-eft avec la même déelinaifon ; mais à Baldoe , parodie de Campfy , à trois milles de Kilfyth, elle va versde nord-eft, ainli qu’à Madef-tone près de Falkirk, bourg de la province de Sterling, à dix lieues d’Edimbourg, 8c la proportion en eft la même; les couches de terres & de minéraux font à peu près les mêmes dans ces quartiers. Elles ont, félon l’élévation; & Pabailfement du terreinune , deux ou trois braflès d’argille. On trouve-enfuite onze bralfes d’ardoife ou de coal clives. Une bralfe de pierre à chaux d Au-delfous de cette couche, deux bralfes d’ardoife,, de terre & de pierre.. Enfin , la couche de charbon (b).
- 62$. Toutes ces mines ont cela de commun, que les galeries en général n’ont pas befoin d’être étayées, 8c ont toutes des fondemens folides, Supportés par des piliers de charbon qu’011 a foin d’y lailfer.
- 629. A Baldoe, le lit de charbon a communément quarante-cinq pouces d’épailfeur, & en fe portant de là vers l’eft ; on yr trouve dans l’étendue de quelques milles, en tirant vers l’eft, fur le penchant des collines , l’extrémité ©u la tête de la veine appellée crop, mêlée avec de la pierre à chaux : ceux à qui ces mines appartiennent, tirent de ces corps, fitués au-delfous de la première couche de terre, ce qu’il leur en faut pour leur ufage feulement, parce; que la matière ne dédommagerait pas de la dépenfe , 8c que d’ailleurs il n’y ai aux environs aucun débouché pour le commerce.
- 630. Du côté du nord-oueft & du nord, on rencontre vers le penchant des collines, des veines/de fpar (y) & de plomb, dont la direction eft vers le nord-eft, & la fituation perpendiculaire au lit de charbon qui fe trouve.
- (a) Tranfallions pfiilqfophiques, arm. nommer le charbon hanging coal, oirdela
- 372Ç, nutn. $91, art. i. Suite des mémoires', troiiieme efpece.,. Voyez fèct. XI, art. i». de Sommershire. (c) Spath. Spar. Sparthum. Marmor
- (b) Prefque toutes les mines d’Ecofle. • metallicum. Glarea Brukmanni. Selenites*. ®nt leurs, veines dans le pendage qui fait.
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- DU CHARBON B E -T E R R E
- dans lès terreins les plus élevés, & qui font par conféquent au-deffus de ce -lit, mais dont l’obliquité , lorfqu’i-l s’en trouve , tire vers le fud-eft.
- 63 i. A Aiicheiiclaùgh, à fix milles à l’eft de Killyth , il y a une mine de charbon qui aftix-huit pieds d’épailféur-s elle a-un pied d’inclinaifon'fur trois, & eft'ttâverdeè par des-fouroes qui s’dppofent- à l’exploitation (*)': d’ailleurs, comme il n’y a dans les environs aucun marché, on ne trouverait pas à fa dédommager des frais.
- 632. ' A Madeftone , le lit de charbon eft épais de quatre pieds & demi. &
- eft à plus de trois verges- &, demie.de profondeur ; on le fait.tranfporter hors de la mine fur le dos de jeunes filles, comme il fe pratique en plusieurs autres endroits. “ * 1
- 633. Auprès dé Tranent on travaille trois differentes veines. La plus profonde eft à environ dix-huit verges au-deflbiis de la fuperficie de la terre, & la couche de charbon a 'quatre pieds & demi d’épailféur. Le charbon qu’on en tiré, appellé fplemy coal, eft dur , petit, donne un feu clair & vif, & ie trouve à dix verges au-deftous de la principale veine, qui eft de neuf ou dix pieds d’épais, & dont le charbon eft'fort gros : le fol en eft dé frie Jione , pierre de taille. Je n’ai point eu d’occafion de faire- aucune 'obfervation fur la couche fupérieure, finon qu’elle a environ quatre pieds d?épais-f &’ que 1q> charbon 11’en eft ni li dur, ni aulft gros que le précédent.
- U R L A N D E.
- 634. L’Irlande ne manque pas non plus de charbon de terre. Outre cinq ou lix endroits remarquables à cet égard1, la feule mine du village nommé Idof, province de Leinfter , au comté de Caterlagh, qui eft!la première qu’011 ait découverte en Irlandè, eft fi abondante qu’elle fournit toute la province. Le charbon de maréchafs’y trouve répandu en grande quantité à lafurface.
- 63 S- Les charbons de la mine d’Idof font très-pefans, produifent au feu le même effet que le charbon de bois, en jetant une petite flamme, & rendant néanmoins une'grande chaleur ; mais ils ont de plus l’avantage de refter en cet état fept ou huit heures de téms; (87).
- (*) Serait-ce la même raifon qui5donne- (87) Ontrouve dès détails fur le chât-
- rait à un charbon de la mine de Wedref- bon d’Irlande , de la mine de CaJHe-cour-bury , comté de Stafford, le nom de fprings ber, dans le nouvcllijie économique & litté-çoal, comme fi l’on difait baigné par les raire.. Ce- morceau a été traduit en ails-mm. Voyez page 479 , nujn. 4L mand en 1762 , & cité;par M, Schreber.
- 5 #. .. ... ,
- DOUZIEME
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- ET DE SES MINES.
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- DOUZIEME SECTION.
- A llemagne.
- 636. Çifferens cantons de'l’Allemagne abondent en mines de charbon de terre. Il s’en trouve un précis très-curieux dans la préface du troiiieme volume de Lehmaun (88)-
- 637- Dans la haute Saxe, aux environs de Marienbourg, province de Mifnie. Dans le territoire de Drefde (89), de Pyrna , de Zwickaw, de Frey-berg. Dans le duché de Magdebourg, près de Hall & de Wetre, La Thu-ringe , à Mansfeld, à Qiiedlimbourg. La principauté d’Anhalt, à Bernbourg. Le cercle du haut Rhin, à Ay près Calîèl, où le premier lit de terre fitué immédiatement fur la veine de charbon, eft tout femblabîe à la craw des Liégeois. En baffe Saxe , dans le duché de Magdebourg, dans celui de Brunfwick, dans le voilînage des eaux minérales àHelmftad. Dans le duché de Meckelbourg, à Plaveu. En Bohème, aux environs de Tœplitz, prefque dans le même quartier où l’on trouve l’étain minéralifé dans le lpath ( a) , qui eft très-rare. A Hansdorf, comté de Glatz.
- 638* La Siléùe, à Gablau , à Rothenbach & à Gottsberg, au duché de Schweidnitz, où il fe trouve une variété du fchiflus terrejlris, niger, carbona-nus, mentionnée par Woskman (£).; à Reichenftein, où il y a une mine d’or ( c ) , à deux lieues de Glatz.
- 639. La Franconie, où il elt à.remarquer que du côté qui eft vers Nuremberg oc Altdorf (90) , parmi des couches horifontales de charbon & de pierre à chaux., il le trouve du marbre qui eft un amas de cames de tellines (e),
- (88) Lehmann n’a donné qu’une idée de la géographie fouterreine de- plufieurs provinces des états de S. M. le roi de PruiTe, Cet auteur nomme en puffant quelques provinces riches en mines de charbon.
- (89) Voyez Schultens Gcrfanken ùber dm Urfprung und über die Nutzung der b c'y Drefden befindlieken Stein - kohlen , Drefden, 1769.
- ( a ) Lapides fpathacei , Jiannifcri Waller, p. ç ço , tom. 1.
- {b) Silefia fubterranea.
- Tome TI.
- (c) ÂUHjLm. En ail. Gold. En holl. Gond.
- (90) Ces contrées font partie du haut Palatinat. On a trouvé par-ci par-là du charbon de pierre principalement dans l’évêché de Bamberg, où eft une mine de charbon près de Steinwielèn. On en tranfporte le produit dans toutes les provinces voifi-nes. U y a près d’Altdorfun bois foftile bitumineux ; de même non loin de Sch'irding, où l’on en tire de l’alun.
- {d) Chamitcn.
- (e) Tellmufchdn. Tellinitâs. .
- Q-qq
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- D ü CH A RB 0 N DE TERRE
- de bois pétrifiés (a), de cornes d’Ammon (b), d’étoileîr(y), de bélemnites (tfy* <540. Haut Palatinat, autrement nommé palatinat de Bavure.à cent pas de la fource des eaux minérales de Suitzbach.
- 641- ^As Palatinat Rappelle aufîîpalatinat du Rhin, àBazharach, comté de Spanheim, & à Trimerftein , dans le Tonnersberg , c’eft-à-dire , montagne du tonnerre. ‘ 1
- 642. AKirn, chef-lieu d’un comté du même nom, diftant de Creutznach de fix lieues, & où le charbon eft pyriteux.
- 643. Comme les defcriptions que je vais donner d’après M. Lehmann (y)* de quelques mines de charbon de terre d’Allemagne, fe bornent à indiquer lits par lits les couches minérales dont elles font compofées, il fera à propos afin d’aider la comparaifon que l’on peut établir entre ces mines & celles qui: ©nt été décrites , de tracer d’abord une géographie fouterreine des mines de charbon d’Allemagne fur le même plan que j’ai fuivi pour celles de Liege & d’Angleterre.
- 644. Notice raifonnêe des principales JubJlances minérales tes plus ordinaires dans les mines de charbon dé Allemagne y indiquées par les noms généralement em ufage parmi les mineurs.
- Thon-erden. Terres argilleufes..
- Thon. Leimen. Ziegel erde. Terra laterida. Glaife.
- Düng-erde. Mergel. Marga. Marne.
- Letten. Leime. Thon. Argilles & terres durcies.
- 64s. Les terres argilleufes qui fe trouvent profondément en terre, ou qui font mêlées avec les minéraux, font appellées par les Allemands d’un terme générique letten, qui lignifie plus particuliérement argille.
- 646.. Il en eft une de texture feuilletée , d’un noir luifant & femé de pyrites , feuerjlein , à laquelle ils donnent le nom de lochen.
- 647- Quand l’argille accompagne les filons, ce qui eft le plus ordinairer elle eft appellée bejleg, enveloppe : la plupart des mineurs la regardent alors, comme indice de la qualité de la mine, vraifemblablement parce qu’elle eftr colorée.
- 648. Ces terres, glaifes, marnes, argilles , peuvent être conlldérées dans; les différences qu’elles préfentent, quant à leur pureté, & quant à leur con-fiftance.
- (ci) Eoltzverjleintes. Pierre de lumière.
- (b) V(rjldnte dmmonj-hôrner. (e) Oeuvres métalliques de M. Jeati!
- U) Stern Sol en. AJlcnen. Gotlob Lehmann , publiées en trois vq1u>
- (d) Enholl. Æbfehos. En ali. Ludijidn, mes..
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- . E T DE SES MI N'E S.
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- 649. En même tems qu’elles s’éloignent quelquefois de lâ confiftanceeer-reufe qui leur eft propre, au point-d’approcher.quelquefois davantage de> l’état de pierres qui retiennent alors le nom de,pierres marneufes,,pierresargiL-Leujès , ou.pierres déargïlie , thonichte ‘fiein ,j kLeyfchlag.; û\q%\ fervent de bafe ài la plupart des matières folides qui font répanduesfoaflsles. mines de charbon;,
- 650. Elles font fur-tout lafbafe°de L’ardoife.'quii.paraitiayoir été formée dans fou origine, par une fubftancev , qu i.n’eft'nLpierreà chaux, 11b Ipath, ni caillou ,& qui s’eft arrangée par couches.'
- 1. Le kneifs, ou la pierre de kneifs,des Allemands n’eft communément qu’une elpece d’ardoife., mais dont les parties font fi intâmément; liées qu’elle n’eft point feuilletée comme le fchifte. Au moyen de-ce;mêlange intime, elle* a une couleur plus foncée : le quartz, le mica'fbérile:, 1 e grès;,.qui!folit unis; avec elle , forment une roche d’un gris noirâtre, dû en plus grande partie au mica: il y en a cependant de:gris, de verdâtre; quand les ouvriers rencontrent cette pierre, ils efperent trouver bientôt une mine de bonne qualité. Toute pierre de l’efpece nommée par les Latins Lapis fijJUis ^o\x français ardoife ou fchijie, commune dans les mines de charbon ,. eft nommée ! en. aile.-manéfchieffer-j celles qui ont une dureté décidée,Se nomment fchieffèt fteinfy i)*, 6<)2. Il faut rapporter à cettesclalfe les pierres.calcairescfeuilletées, donfci on trouve quelques efpeces dans: plufieurs mines de charbon,lqui: rie.man-.; ^uent jamais de s’y faire obferver lorfqu’on vient à'les.frotter. Parce qu’ai ors elles répandent une mauvaife odeur, les Allemands les nommentfiinck-fchief* fer ' • « , : ' '
- 653. M. da Cofta, dans fon hiftoire naturelle, la défigne» fbusdenom, de. fchifius fufco-cinereus , lapis fætidus dictas.: IXq tom. I,'p. xI:7^. Schifius fnfius , fragilis, fætidus. Lapis felinus , quiferro attritus urinant felium redolet. Groiiovr. Supcll. lap. p. 10, 1T. 7 & 8- ' é -
- 6s4. Le tufebe ou marbre noir (f) ^ & d’autres pierres font connues des lia-. turaliftes pour avoir cette propriété qu’ils tiennent de parties bitumineufes, très-ténues. Voyez le mémoire de AI. Guettard fur la minéralogie de l’Auvergne (**)„ .
- . - .. >}
- (9i> Cette diftindion eft bien loin d’être fer que s’il tournait fur le bois; Deux de
- généralement adoptée. ces pierres fe paient à la carrière, fix gro-
- (92) On connaît une efpece de pierre fé- fchen. tide, qui n’eft point un fchifte; c’eft une (*) Marbre noir compade. Minéralogie pierre de roc d’un grain très-compade , & de Wallerius , tome I, pagk 91. Voy. auiïi
- très-dure. On en trouve dans le comté de fijjilis ,friabilis, nigricans , §, j 98-/
- Hohenftein, près deTettenhorn ; les meû- (**) Mémoires, de /’académie royale des niers s’en fervent pour la mettre fous l’axe fciencçs, année 1759. des meules. Cette pierre n’ufe pas autant le • .. .. - .iyn . • 4
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- Outre les mines en'lits qui fe rencontrent quelquefois
- parmi ces couches, les argilles ou bandes fchifteufes font elles - mêmes plus ou moins métalliques , quelques-unes font légèrement ferrugineufes > toutes les fubftances qui ne soutiennent ce métal qu’eifpetite quantité, font nommées par les Allemandseifenmye. j " 1 ..;o r! oc.- ..o
- ‘ 6s6: Celles qui fourniffent un fer de bonne qualité, acquérant par cet état décidément métallique-, une fôlidité qui les fait approcher de la confié tance de pierres, reqoivent le nom de eifen ftein.
- 6$'7*r!D'E-toutes les argilles différemment modifiées qui fe trouvent dans les mines-de. charbon, celles qui doivent fixer davantage l’attention relativement à l’exploitation, font celles qui approchent ou qui touchent le charbon, en-delfousi.nous enparlerons. à l’article du falband.1 .
- • Steiivfels. Stem* Pierres, rocs , matières folides*
- 6?8- Les fhbftances mameules, glaifeules ,argilleufes, dont il vient drêtre parlé mélangées avec de. vraies fubflanees pierreufes, forment des rocs très-compaétés «S; très-durs. en général, toute roche ramaiiée en peloton dans Les. mines , & qui furpaffe en dureté les. autres pierres répandues dans la montagne ; eflnappeliée, kriave.l ± knaver(a): y c’eft la même chofe que le roc vif, autrement dit' roche fauvage y roche fourde ou Jîérile, placée au-deffous de la terre végétale., où elle forme quelquefois des maffes confidérables qui tra-verfent & écrafent le filon. Le knaur, félon M. Henckel (é) , eft un compofé de- quartz blanc mêlé de mica gris.
- , 6^9. Les matières pierreufes communes dans les mines de charbon , feront; ici rangées en trois claffes : la première renfermera celles qui ne font pas éloignées de la furface 5 la fécondé comprendra celles qui approchent le charbon dé terre i & la troifieme, celles qui apportent, quelque dérangement dans les. veines de charbon.
- -660. Les pierres qui compolènt ce que l’on pourrait appeller Vécorce, c’eft-à-dire, qui occupent la partie la plus extérieure de lamaffe d’une montagne* reqoivent diiférens noms.
- , . Le roc dur fitué fuperfrciellement (bus la terre franche, & revêtu d’une-
- croûte., très.-folide, fe nomme rauwakc , & n’eft qu’un tuf très-dur ,faxum are-narïumx tophus (c) diclum. Da Colla, tom. I, p. 13 5.. Celui qui fè trouve dans:
- (a) Les carriers le nomment Brudiftein. Le tuf préfente des variétés allez nombreu-(jb) Pyritologie, ch. V. fes ; tantôt il eft graveleux ou fableux ; tan-
- (c) Tofus y tophus , parus. En allemand, tôt il eft ocreux , même ferrugineux ; tan> Toff-Jlein, tn. fuéd. Mom , mot générique tôt il eft compacte, & peut-être de la na?. pat lequel on défï^ne toute pierrç poreufe» ture du. caillou, de la pierre à bâtir , &.c*.
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- cette même place & qui eft etftre-mêlé d’un roc tendre, eft appelle kermm ou crête. La pierre tendre & feuilletée qui fépare le roc inférieur taut-à-£dt dur d’avec la terre franche, eft nommé g^nfs ; elle forme communément une couche fuivie fous le gazon.
- 662. La fécondé ciaffe renferme des pierres de différens genres, des pierres calcaires , calck Jlein, des grès ,fandJlein , de toutes couleurs , ou des pierres' fahlonneufes , rogen jlein (93) , dont les plus groffieres & qui font martiales , font connues fous le nom Aq rother greber fand, fable rçuge greffier ; celles qui font composées d’un fable plus délié , font nommées klaerer rother fand.
- 663. Dans toutes ces roches on en remarque un très-grand nombre délî-gnées fous le titre de roche grife ou pierre grife, faxum commune grifeum ( a) ÿ compofées ordinairement de fpath , de quartz & de mica , & qui ne different entr’elles que par celle de ces trois fubltances qui s’y trouve en plus grande quantité, mais qui contenant ordinairement un fpath gris ou blanchâtre „ reçoivent le nom de roche ou pierre grife , félon la remarque du commentateur Wallerius (£)*
- 664~ Celle de toutes ces pierres qui a le-plus befoin d’un éclairciffement , c’eft celle nommée par les Allemands hornfchlag, & communément hornfein ; par les Latins , corneus, lapis acerofus (c).
- 66On eft dans lufagedans les mines d’appel 1er ainfi toutes les pierres qui ont une tranfparence comparable à celle de la corne ; ainfi les bancs de pierre àfufil(^)dans les craies, les cailloux épars dans les couches ou de fable ou de terre, font confondus fous cette dénomination générale par les ouvriers. Ils donnent même quelquefois mal-à-propos ce nom à des lits qui font calcaires & argilleux.
- 666. Les naturaliftes défignent la pierre cornée par le nompetrojïlex opacus , niger , pierre déroché opaque noire de Wallerius , que M. Henckel (e) compare au caillou, & qu’il nomme avec quelques autres naturalifies-,pierre de corne,. à caufe de là couleur. Mais ce nom ne convient réellement qu’aux pierres: vitriftables, faifant feu avec le briquet, & qui comme le filex fe rompent par éclat, de maniéré qu’une portion éclatée, préfente une furfaee concave, & l’autre portion fait appereevoir une furfaee convexe : elles ne différent-des cailloux que parce qu’elles font enmaffes qui ont une certaine étendue,.
- (9?) 11 eft probable que M. Morand a 1er. en fuéd. Grajlen voulu parler ici delà pierre calcaire , nom- (b) Minéralogie,
- mée clans quelques mines , roth Gcfîein. Ce ’(c) En fuéd. Bornberg, Ecindfein. qu’on appelle proprement Rogenfiein, rnar- (et) Silex. Fcuerjlein , Kiefeljhin , Waz? mor hammïtes Linn. eft une fubftance très- kdjltin , Riefelfein différente , qui tient à la clafîè des jafpes. (c) Pyritologie , p. 2ig,
- (a) Saxum mixtum. Pctramixta.-Wal.
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- DU C H A R B a N DEr TE R R E
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- tandis que le caillou eft en mafles marouflées.
- 667. Les uns & les autres peuvent être plus ou moins gerfés,plus ou moins colorés, ce qui fait que la pierre de corne comprend fous elle les chal-cédoines , les cornalines , les agathes, les jafpes & autres pierres de couleurs vives & qui prennent le poli, enfuite les fiUx dont le tiifu eft plus groflier & la couleur moins belle.
- 668- On trouve auffi un autre genre de cette pierre nommée particuliérement roche de corne (94), dont il y en a de plus ou moins dures , de plus ou moins luifantes ; mais elle a cela de particulier , qu’elle eft arrangée par couches , ou par feuillets dilpofés perpendiculairement & fur le tranchant (*).
- Inclinaifon des veines.
- 669. Dans ces montagnes par couches , les veines de charbon font , comme ailleurs, placées diverfement, plus ou moins fuperficiellement, plus ou moins approchantes de la ligne perpendiculaire ou horifontale.
- 670. Quoique dans les defcriptions particulières que je vais donner , cette inclinaifon des veines de houille ne foit pas exprimée , le lecteur fera bien aife de connaître la maniéré dont on défigne en Allemagne Pinclinaifon de tous filons de mines, laquelle fans doute peut être appliquée aux veines de charbon de terre, &je donnerai un précis de la nomenclature allemande relativement aux filons de mines en général.
- 671. A l’article de’s mines de houille du pays de Liege , j’ai eu recours, pour rendre fenfibles les diffère us degrés d’inclinaifon des veines, fedf. VIII, à la fuppoiition d’un parallélogramme, dont la diagonale fervant de me. fure moyenne, déterminait les degrés d’inclinaifon fupérieure ou inférieure à cette diagonale. Les Allemands , & vraifemblablement les Anglais, voye^ fed. XI, article 2, emploient, pour faire cette même eftimation, une machine
- ( * ) Minéralogie , ou description gc'ne'-rale des fubjlances du régné minéral, par M. Jean Gotschalk ÏVallerius, Tom. I, p. 2S9-
- (94) La pierre de corne , en latin , lapis corneus, en ail. Hornfelsjiein, eftcompofée de particules fi petites, qu’on ne faurait les difcerner à l’œil. Dans fa fracture elle n’offre aucune figure déterminée. Les pierres font afiez dures, point grades au toucher. Elles réfiftent à l’adion du feu , qui les rend feulement un'peu friables ; elles font
- du nombre des réfradaires, amorphes , à particules indifcernables. Quelques auteurs ont confondu cette efpece avec une pierre de roche opaque, brune , vitrifiable. Ce qui diftingue les pierres de corne, des pierres de roche , des jafpes groffiers , des fchiltes, des laves, c’eft l’épreuve du feu. Toutes les pierres de corne font réfradaires, elles femblent pénétrées d’un fuc qui en lie les parties, & les défend de l’adion du feu. Voyez Bertrand, ditt. des fojjiles , au mot corne, pierre.
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- ET LE SES MI N F S.
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- qu’ils nomment boujfole manudL ( 9? ) (*) » divifée d’une part en deux fois douze heures , & de l’autre en degrés, comme l’eft tout cercle ; & ils jugent cette inclinaifon par les heures, en difant heures du matin pour les veines qui vont depuis une heure jufqu’à fix, & heures du joir pour celles qui vont depuis fix jufqu’à douze , indépendamment des degrés d inclinaifon , qui fe mefurent par les degrés ordinaires du cercle : ainfi ils appellent filon debout celui qui court depuis douze heures jufqu’à trois.
- 671. Ceux qui ont leur cours depuis trois heures jufqu’à fix , s’appellent filons du matin ou du levant (96), ceux qui ont leur cours depuis fix jufqu’à neuf heures, s’appellent filons du foir ou du couchant (97) : enfin les filons dont ' le cours eft depuis neuf heures jufqu’à douze , fe nomment filons inclinés,
- 673. Selon les mineurs Allemands, un filon eft de cette efpece lorfqu’ileft incliné du cinquantième jufqu’au vingtième degré. Le filon couché eft celui dont rinclinaifon eft au-deffous de vingt degrés (98). Celui dont l’inclinaifon eft moindre que de cinq degrés s’appelle filon horifontal (99). Le filon qui eft incliné depuis le quatre-vingt-dixieme jufqu’au quatre-vingtieme degré, s’appelle filon perpendiculaire ou droit (100). Et dans la langue allemande on appelle donlegig un filon dont l’inclinaifon eft depuis le foixantieme jufqu’au quatre-vingtieme degré.
- 674. Le mot gang s’applique à tout ce qui a diredement rapport à la veine, Ainfi les Allemands expriment indiftindlement par ce mot la veine elle-même, ion allure , fa marche & ce qui l’accompagne.
- 67f. Dans quelques auteurs fur la minéralogie, on trouve cependant î’expreftion dos flrichen des gangs, pour défigner la maniéré dont les veines courent & s’étendent.
- 676. Ils nomment les extrémités des veines cliififte , & en particulier la tète des veines das aufgehen des gangs. Les veines perpendiculaires font nommées bleywage Unie. Celles qui approchent de l’inclinaifon horifontale, lie-pendes , couchées. Celles qui font horifontales, flot{. Celles qui font obliques , quergang, donlegig.
- Salband. Enveloppe des veines.
- 677. Il n’eft aucune des matières qui ont été mentionnées ci-devant, qui ne puifïe fervir d’enveloppe aux veines de charbon; tantôt c’eft une roche fablonneufe, tantôt c’eft une glaife; quelquefois c’eft une fubftance fpatheufe 5
- (9.9) En ail. Handcompafs. (97) En ail. Spathgànge.
- O Voyez dans Lehmannn Fuf'age de (98) En ail. Flôtz.
- cette machine, dont on renvoie la def- (99) En ail. Schvpcbender Gang,
- cription à la fécondé partie. (J00) En ail. Perpenditulàrer, ou
- (96) En ail. Morgengângercr Gang.
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- quelquefois mèmp les pierres cornées entrent daiis fa compofition. Ert général, cette enveloppe eft nommée falband, mot par lequel les mineurs Allemands entendent fouvent la difpofition & l’arrangement des pierres en générai.
- 678. Communément le charbon eft dans une enveloppe ardoifée, c’eft-à-dire, glaifeufe ou fchifteufe, qui eft ce que l’on nomme en minéralogie fijjilis carbonarius, feél. VII, art. 3 ; feéh XI, art. 1. Les Allemands le nomment kohlen-fchieff'er. La portion qui occupe le faîte de la veine eft nommée dach, toit. Le lit fur lequel porte la veine eft nommé fohle 9 femelle.
- 679. Dans leur épailfeur, le toit ou le fol donnent conftamment à remarquer que la partie qui approche le charbon eft femée d’imprelfions de fougères , & que félon que ce falband fchifteux eft plus ou moins éloigné du charbon, il prend une couleur bleue, bleuâtre ou noirâtre.
- 680. La couche argilleufe de ce genre la plus remarquable, eft une efpece d’argille noire , grade au toucher, que les Allemands nomment wegveifer, guide, enfeïgne, montre le chemin. M. Lehmann remarque que ce lit qui participe de la nature d’un mauvais charbon, & qui annonce qu’on n’eft environ qu’a deux ou trois verges (*) du charbon de la bonne efpece, n’eft pas partout de la même forme, de la même nature , ni de la même épailfeur ; tantôt ç’eft un plan fans auçnne trace ni empreinte étrangère : tantôt il eft plus épais , ou plus mince , ayant quelquefois à peine un pouce d’épailfeur , qui en augmentant infailliblement, va jufqu’à trois ou quatre pouces ; tantôt on le trouve compacte, dur & cendré, quelquefois tirant fur le noir, divifé par lames caftantes ; tantôt il eft de nature calcaire, tantôt de nature argilleufe , quelquefois interrompu par une efnece d’ardoife plus bleuâtre, dont il fera fait mention dans un inftauts d’autres fois portant un lit de marrons pyriteux*
- Dérangement des veines provenant des défecluofitès du fol ou du toit.
- De quelque nature que foit le falband, ou la fubftance fervant de couverture au charbon , elle eft quelquefois femée dans fon étendue de noeuds , de brouillages , qui en excédant le niveau de fon épailfeur, nuifent au. corps de la veine , au point non feulement de la comprimer , mais encore d’en interrompre la continuité , & de la faire perdre dans un trajet allez conlidérable.
- 682. Les matières mêlées avec ces efpeces de loupes argilîeufes , font de différentes efpeces.
- 683. Les pierres mollaftes & comme pourries, qui produisent cet effet,
- (*) Ou lachter, trois aunes & demie de Drefde. L’aune vaut deux pieds j élis n’eft: pào la même par tout.
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- font nommées faulen, Quelquefois elles font d’une fubftance Ipatheufe* quartzeufe, &c.
- 684. Outre les marrons pyriteux en blocages ou en couches, auxquels elle elï fuiette à fournir un lit ( voyei fetft. VII, art. 3 ) , elle eft elle-même quelquefois enfoncée par une autre efpece d’ardoife bleuâtre , blaue fchiejfer*
- Fall, (prung, interruption de la marche des veines. Sauts des veines,
- 68 S' Il n’eft point de montagne qui, lorfqu’on vient à pénétrer dans là profondeur , ne préfente des veftiges d’aifailfemens & de bouleverfemens conlidérables : les intervalles qui fe font formés alors , ont été remplis par des matières de dilférente nature, détachées & brifées en grandes maifes, de maniéré à former dans l’intérieur de la mine des efpeces de montagnes accidentelles, proportionnées pour l’étendue en hauteur, épailfeur & largeur , à la même étendue de l’excavation qui s’était produite. Ces chaînes pierreufes ( 101) font appellées en langue du pays, par rapport à l’elfefc qu’elles produifent, fprung, fall; d’où peut-être les Liégeois ont fait le mot faille, V7yei fe&. VII, art ? , & fed. XI, §. 556.
- 686. Les dérangemens qui réfultent de ces roches ou de ces montagnes fouterreines, ont été expliqués. Les Allemands les appellent wechfele, changement. On. rappellera ici en peu de mots , dans les mêmes termes dont fe fert le lavant auteur (*) de qui j’ai emprunté le fond de ce morceau, ce qui arrive aux veines de charbon quand elles rencontrent un fall.
- 687. “ Une veine qui courait horifontalement, venant à être arrêtée par „ un obftacle pierreux, s’enfonce de quelques toifes; & de l’autre côté de „ cetobftaçle, la même couche continuée fait un faut, & remonte ainfî que 5, le terrein qui eft au-delfus, de maniéré cependant que la veine & les dif-„ férens lits qui l’accompagnent, confervent leur parallélifme ; & les autres 33 lits retombent plus bas qu’ils n’étaierft. »
- Efpeces de charbons dèjignées par les Allemands fous des noms particuliers.
- 688- Pour ce qui eft des efpeces de charbons de terre , 011 ne trouve délignés dans leur langue que le fiein-kohlen } ou charbon de pierre en général, qui' comprend fous lui le charbon de jour, tage-kohlen (102) 5 le charbon de toit,
- (101) On les nomme plus ordinairement page 45 7.
- Stdnwan.de, Steimeàmme , Ueberlagen. (102) Ce n’eft pas proprement un char-
- (*) Voyez Y art des mines , ou introduc- bon de pierre , c’eft un foilîle bitumineux , tion aux connaijfances néceffairespour l’ex- dont nous avons parlé ci-devant fous le nom ploitation des mines métalliques , tom, III, de charbon de terre. Erdkohle.
- Tome VL R r r
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- dach-kohlen ; le charbon de poix,pech-kohten ; les charbons bitumineux mois , weich jlein-kohlen ; les charbons bitumineux durs , pech flein-kohlen.. Ils ont tin charbon qu’ils appellent fchwefel-kohlen , charbon de foufre, parce que te charbon en brûlant île donne pas d’odeur de bitume , mais une odeur de foufre.
- 689. Cette efpece mauvaife pour la forge employée toute feule , mais bonne pour cuire la chaux, tombe en cendres de couleur de rofe à mefure qu’elle brûle : c’eft le crow-coal du comté de Cumberland’ & de Northum-berland. Voye^ fed. XI, art. 4.
- 690. Les defcriptions qui fe trouvent dans le troifieme volume des ouvrages; métalliques de M. Lehmann Ça), achèveront de mettre le phyficien & le naturalifte au fait de la matière que nous traitons.
- ARTICLE PREMIER:
- M I S I E, CERCLE DE L E I F S. I C K»
- Lits qui accompagnent les couches de charbon de terre des mines de Wîttin (b)\>.
- 691. Terre végétale, demi-verge d’cpaifleur (b\ Sable rouge:, deux julqu’à trois verges. Glaife rouge un quart de verge. Subjlance roitge , fept à huit verges.. Ardoife brune , argilleufe , efpece d’ardoife ne faifant point efferveL cence avec les acides » deux verges. Ardoife argilleufe d’un brun clair, deux ou deux verges & demie. Mélange de glaife , de charbon de terre, d’ardoife,. Une demi-verge. Très-bon charbon de terre, mêlé de pyrites fulfureufes (c)\ 'ce lit a une demi-verge d’épaiifeur. Banckberge, roche argilleule pefante (’d) » huit à neuf verges. Lit de charbon mêlé d’une argille graife noire'; douze ou quatorze verges. Sol fur lequel porte ce lit de charbon : c’eft une roche compacte , grife, compofée d’argille pour la plus grande partie,. avec une petite portion de terre calcaire & de mica ; fix verges. Ardoife noire, parlemée de-pyrites fulfureufes , efpece de charbon de terre d’une mauvaife qualité , que l’on nomme wegweifer .Torfqu’on le rencontre, on n’eft ordinairement qu’à deux tiers de verge du charbon de la bonne efpece. Lit de charbon de terre d’une: très-bonne qualité ; huit à neuf verges. Sol fur lequel eft porté le lit précé^
- (a) Intitulé : ejjdi d'une hifloire natu* ture du charbon de Wettin eft toujours; relie des couches de la terre. formée par le fchifhis terreflris niger , car-
- (Jb) Dans l’endroit nommé Schachtberg. bonarius. Voyez ce qui a été dit des char-(c) La verge eft de fept pieds de Drefde. bons de SiléGe & de 'Wettin , confidéïéi (1d) Schweffelkies. chymiquement, feét. IV, art. y.
- (e) Langiu*, 1. c. obfexve que la couver*
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- dent; c’eft une roche argilleufe, grife & compacte, mêlée de beaucoup de mica ; deux verges. Ardoife d’un gris noirâtre, dans laquelle on trouve quelquefois- des empreintes de plantes ; une verge ou un quart de verge. Lits de très-bons charbons de terre ; fept ou huit verges. Lochen, fubftance argllleufe feuilletée , d’un noir luifant , femée de pyrites fulfureufes ; deux pouces. Mélange de charbon de terre, de pyrites fulfureufes, d’ardoife, de fpath ; deux pouces.
- Suite des lits qui accompagnent les mines de charbon de terre de Loebegin , à peu de dijlance de Wettin (a).
- 692. Terre végétale; une ou deux verges d’épailfeur. Glaife comme à Katzenthal ( b) ( c’eft une glaife mêlée ) ; deux ou fix verges. Sable rouge comme à Wettin ; une verge ou une verge & demie. P ierre noir feuilletée, grade au toucher, argilleufe ; une verge & demie. Pierre appellée pierre grife; c’eft une pierre calcaire grife , d’une odeur fétide quand 011 la frotte, mais pas il pénétrante que celle de la pierre puante ordinaire; une verge & demie. Dans ce lit de pierre grife on trouve deux fortes de pierres qu’on nomme improprement cailloux gris, cailloux rouges. Les premiers font une pierre calcaire , grife , mêlée avec un fpath blanc féléniteux , faifant effervelfence avec les acides. Les féconds font une roche rougeâtre & ferrugineufe, qui eft entre-mêlée d’un fpath féléniteux, rouge, qui ne fait pas une fî forte effervefcence que la première ; deux à trois verges. Roche bleue , folide, roche grife compofée d’argille & de terre calcaire ; elle eft fort épailfe, mais inégalement : elle s’en-tre-mèle & fe coupe fouvent avec la couche fuivante. Roche rouge, c’eft une terre purement calcaire, qui tire un peu fur le gris, & non fur le rouge. Le guide (c), efpece d’argille noire, gralîè au toucher , entre-mêlée de charbon de terre comme à Wettin. Pierre argilleufe, noire ; deux à trois verges d’épailfeur. Autre à peu près de même nature Çd) ; une demie jufqu’à un quart. Charbon du toit, ou écaille fupérieure , efpece de charbon de terre gras au toucher & luifant ( e). Quart£, lit d’une fubftance fpatheufe, féléni-teufe, & non quartzeufe, dans lequel on trouve quelquefois du charbon de terre ; mais quelquefois cette fubftance coupe & fait perdre le charbon : elle
- „ caire , entre-mêlés de pyrites fulfureu. „ fes : ces corps fe rencontrent en géné-„ ral affez fréquemment dans les lits des w mines par couches. „
- (e) C’eft celui qu’on appelle quelquefois charbon dé ardoife. Voyez fed. Viil, art. %.
- R r r i)
- (à) Dans cet endroit il y a deux mines.
- (b) Ou vallée des chats , près Rothem-bourg.
- (c) C’eft ce qu’on nomme à 'Wettin Xuegioeifcr.
- (jd, “ On trouve fouvent des mafles déta-y chees ou des marrons d’une terre cal-
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- joo
- Te trouve aufïî aflez Couvent dans le charbon du toit. Charbon de terre gras ^ de cinq huitièmes de verge d’épaiifeur. Sckramberge, elpece de charbon de trois à quatre pouces. Ecaille inférieure 9 charbon qui n’a prefque pas d’épaif. feur ; un tiers de pouce (æ). Sol blanc , efpece de roche calcaire grife; une demie ou trois quarts de verge. Roche bleue, ardoife noire , pelante , grade, luifante ; depuis trois quarts de verge jufqu’à trois verges. Pierre cubique d’un gris clair , compofée d’argille & de terre calcaire , qui eft placée dans ce lit en forme de coin. Cette pierre cubique eft de plufieurs efpeces ; ou c’eft une pierre calcaire pure, ou c’eft un mélange de terre calcaire & d’argille j on peut en diftinguer lix ou huit efpeces : fa couleur eft grife.
- 693. cc Ces couches ont quelque chofe de particulier , & peuvent être 35 plutôt regardées comme un bloc immenfe de charbon à caiife de iagran-35 deur, que comme des couches ; cependant fes diiî’érens lits prouvent qu’011 35 doit ranger cette mine dans le nombre des mines dilatées : c’eft un amas j, de couches qui ont été extrêmement dérangées ; on peut fur-tout le re-35 marquer dans les derniers lits qui font d’une pierre formant des efpeces 3, de coins ; c’eft cependant une mine par couches, comme 011 le voit par 35 tous les lits qui la compofent, qui font un mélange d’argille & de terre 3, calcaire.
- <694. Suite des couches qui fe trouvent derrière Nordkaufen dans le comté de Hohenjlein , prés dThlefeld , de Newfladt, de Sachfverfen , dlOferode 3 de Wiegersdorf, Rudigsdorf, 6* qui environnent tout le Hart^f jufqu auprès du comté de Mansfeld (b).
- 1. Terre végétale.
- 2. Lit de pierre puante, pierre calcaire de couleur grife qui, quand on la frotte, a l’odeur d’urine de chat > ce lit a environ fix verges d’épaiifeur.
- 3. Pierre de gyps (c) , qui dans ce pays occupe la place de pierre à chaux5 l’épailfeur de ce lit varie depuis quatre jufqu’à fix, dix, vingt & trente-verges. Près d’Ellrich , d’Ober-fàchiVerfen , de Nieder-fachfwerfen , il y a des montagnes entières de cette pierre, qui ont jufqu’à trente verges de haut.
- 4. Rauwake, roche brute dans le pays ; vrai tuf : il a douze verges & vingt pouces d’épaiifeur.
- (a) Voyez fe<ft. VIIT, art. 2. appelle terres ou pierres gypfeufes , celles
- (b) Cette defcription eft de M. Leh. qui fe changent au feu en plâtre, qui ne fe
- mann , hijioire naturelle des couches de la diffolvent dans aucun acide, & qui réfifi terre. T. III, p. 30$. tent plus long-tems que les vrais gyps à
- (c) Gt/pfum. Marmor fugax Linn. Oa la vitrification.
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- T- Zeck-flùn, pierre à chaux commune, qui fait efFervefcence avec les acides : elle a ordinairement deux verges d’épailfeur.
- 6. Ober-faule, pierre calcaire remplie de fable & mêlée d’argille : elle a ordinairement une demi-verge d’épailfeur. - - q
- 7. Uberfchufe, glaife durcie qui n’a' communément qu’un pouce d’épailfeur.
- 8. Fâule délié ; mélangé confus-de terre calcaire &-argilleufe, quia les trois
- quarts d’une verge. ’ • ’’>' 1 '
- $. Le toit, pierre feuilletée ou ardoife grife, compofée d’argille & de pierre à chaux : elle a feize pouces. • ,
- 10. Mittel-berg, ou roche moyenne; efpece d’ardoife qui eft uniquement,
- ou du moins en grande partie*,- compofée d’argille : elle:eft noire comme les ardoifes qui contiennent du cuivre ; mais elle tient très-peu dé métal : elle a fix pouces d’épailfeur. ’ 0 elle : .if . .> .'* ';;p i: .i ; .,v ,,
- 11. 'Kamfchale , ardoife noire*qui1 contient-très-peu de cüivre elle 11’a qu’un pouce d’épailfeur. >; )
- 12. Mittel-fchiefer, ardoife moyenne elle a le coup-d’œil de celle} qui eft riche
- en métal, quoiqu’elle n’en contienne que très-peu : fort épailfeureft: de quatre poucès. _• - ' •'> > -'-‘b ^n'î ofLv,-; • vA,\.l .-2
- 13. Bonne ardoife cuivreufe^ qui ^contient beaucoup dè' métal : elle,; îfaqukm
- pouce d’épailfeur. ?i ' ' î’ô >»*' . '* rr;;p q ci 0;- n »
- 14. Elle eft accompagnée de flôt(-eh^e * ou mines en., lits * qui font aufli com-* pofées en partie d’une efpece d’ardoife riche en métal, mais qui ne font
- aufli alfez fou vent qu’un grès verdâtre, mais fort chargé de cuivre : ce
- ' lit a un:pouce d’épailfeur. Il faut pbfèrver ici que'fouvent ,..au lieu des ar* vdoifes cuivreufes de lamine en lit y on rencontre une efpece de pierre
- • qui paraît fe fuivrè comme un filon-; lejfpath en fait la plus grande partie ; elle çft >placée perpendiculairementcontient des mines jaunes de cuivre, très-pures & très-compades. O11 y trouve aufli du-cobalt Cd) 5 (104)
- (a) Cuprum, En holl. Koper. En allem. Kupffer.
- ' {bÿ Cobalturri'. Cadmia vitri cœrulei. En ali. Zaftor *( 1 o ? ). [
- ’* (103) Le ’zaffre n’eft point un foifile c’eft une calcination du cobolt arfenical, Lorfque ce cobolt a été délivré par la fubli-mation de fa partie- arfenicale’, la portion minérale , la plus fixe , refte au feu. On pile cette matière , & on la calcine: on réittre cette opération , & ùn la paffe au travers d’un crible fin-. Cette poudre fe nomme, Co-boltsmehl. On mêle une partie de cette fa-
- # * * 1 r -d f • 1). # • / 4,« J ’ f
- nnè avec deux parties' de cailloux réduits en poudre fine ; on les humeéte , & on les met dans des' tonneaux, où ils fe durcif-fent préfque Comme des pierres C’eft ce que les Hollandais appellent. Zafflor.
- ( 104) Le ; cobalt, en, ail. , en fuéd. , en angl. Cobolt, eft un demi-métal, dur , mais friable , & d’une nature prefque terreufe, La couleur en eft pâle ; dans la fradure il reffemble à du métal. Il ne s’enflamme point au feu . il n’y donne point de fumée. Si le feu eft violent, il entre en fufion. V GefT-ner p de cobolto. Brandt, mineralogia 9
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- foa
- ainfi que de la mine de plomb (a)-, cette efpece de lit eft nommé wechfel ou changement, parce que l’ardoife y eft changée en une efpece de roche finguliere; joint à ce que fa polîtion, au lieu detre horifontale, eft deve* nue perpendiculaire.
- If. Horn-Jiein, pierre cornée : pierre improprement nommée ainfi par les ouvriers des, mines : .elle .eft compofée d’un mélange de terre calcaire & argilleufe & d’un fable greffier ,|entre-mèlé de pierres de moyenne grandeur : elle a communément une demi-verge d’épailfeur ( h).
- I*- Letten-fchmit^, argille bleue qui a deux, quatre & quelquefois jufqu’à’
- , huit pouces d’épailfeur., tJ .... ,
- 17. Zarte todte j mort fin, roche compofée d argille, de terre calcaire, de mi-f ca, de talc & de fable, & qui parait, entièrement rouge à caufe des parties ferrugineufes qu’elle contient : elle a une verge.,d’épailfeur.
- I'g. Wahre rothe todte , le vrai rouge mort : roche rouge très-compaéle compofée de terre calcaire, de gravier, de cailloux , &c. & qui eft très-ferru-gineufe : fon épailfeur eft de vingt, trente, quarante, cinquante & même *. de foixanteiverges * .n- ,. ...
- 19. La roche : roche feuilletée dure , compa&e , rouge 8c ferrugineufe , qui
- ne fait point ëffervefcence ayeç les acides., 8c qui eft de la nature du jafpe ou de la pierre cornée; on y trouve de la mine de fer par marrons ou par morceaux détachés ; mais elle eft difficile à'fondre & peu riche : cette roche prend le .poli, & elle a fix, huit.& même.^feize, verges d’épaif. feur (d). .......... .i) ; .,r • .
- 20. Gravier grojjier., pierre-rouge, ferrugineiïfe,. mêlée de gravier : fon épaifi
- feur eft de trois-quarts jde verge. > n h • ;
- 21. Le fabltrouge qui fe trouve au-delfoüs, eft ftemblable audit qui précédé, c excepté que le grain en eft'plus fin y ce, lit a une verge d’épailfeur.
- 22. Ardoife rouge , compofée-d’une argille mêlée de fer : fon épailfeur eft ordinairement de quatre , fix, jufqu’à huit verges.
- tom. I ,'pag. 4*7 Swedenborg \ de ferro. De jufti, von halben Met allen. Tranfaùil philof. ann. 1727, num 376.
- • (a) Ce ferait peut-être une blende ou une faüfle galene \pfeudo-galena.
- (b) C’eft vraifemblablement le corneur fàlidus , granulis comparu Waller.
- (c) “ C’eft ce lit qu’on avait' jufqu’à prêtent regardé comme le dernier amas des couches , ou comme la bafe furla*
- ,j quelle 'tous-les ^autres lits étaient api
- „ puyés; mais .mes obfervations m’ont „ fait connaître qu’il fe trouve encore au» w 'delfous de Ce-dernier différens lits qui „ appartiennent proprement aux lits de „ charbons qui font au-delfous de ceux „ d’ardoife ; ces lits font ceux qui fui* „ vent, „
- (d) Cette :defcription,porte à croire que c’eft une roche de corne cryftallitée, de l’efpece que les Allemands appellent Sàarl* ... . ;
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- 23. Pierre couleur de foie, compofée d’argille, mêlée’d’une très-petite pot-, tion de fer ; ce lit a fix ou huit verges.
- 244 Pierre bleue de charbon ; ardoife de fix à dix verges d’épailfeuE ‘
- O11 trouve enfuite le toit, ou ce qui fertde couverture aux charbons de terre; c’eft une pierre argilleufe grife, dure & compadte^ qui a'depuis un huitième jufqu’à un quart de verge d’épailfèur. . *
- 26. Charbons de terre qui dans cet endroit ont un quart dè verge d’épailfèur.
- 27. Ardoifes bleues ; vraies ardoifes, mais dont la couleur eft plutôt noire que bleue: on y trouve fouvent des empreintes des fleurs de Fafler prncox py-
- ~ rendicus ,flore cœruleo , foliofalicis : Fépaifleur de ces 'àrdoifes eft d’un quart de verge. ' i; ' ’ • !
- 28- Hom-fleinpierre cornée pierre feuilletée noire, extrêmemement dure » qui a fix, dix & même quinze toifes d’épailfèur. '
- 29. Le fol, ou la. bafe des charbons : lit compofé d’argille, de pierre calcaire, de fable & de cailloux > il a depuis fept jufqu’à"dix toifes d’épailfèur.
- 30. Le rouge mort: ce dernier lit touche immédiatement à la montagne à filon j iliert d’appui aux’charbons : il eft corhpofé de terre calcaire & de terre argilleufe, mêlées de fable: la couleur eft rouge à caufe de la portion de
- • ber qui S’y trouve : fouvent çelit à jufqu’à trente verges d’épailfèur. On y rencontre communément des pierres arrondies , de la groifeur d’un œuf de
- '• f poule ou d’oie: elles font de la même fubftançe que le refte du lit> mais elles s’en détachent aifément.
- 31. Enfin, laJ roche de la montage à filon , ou montagne primitive.
- La figure f, pt. /, copiée d’après M. 'Lelimàiin1, torn. Iü ,-p. 314, montre feulement comment ces lits font placés les uns fur les autres. ....1
- Duché de Brunswick.
- 69 f. Suite des lits des mines de charbon de terre àMorsleben & à Wefensleben# ":i près de Helmfladt.
- 1. Terre végétale. j . 1
- 2. S ubfiance jaune&brune, compofée d’un fable argilleux & ferrugineux; une
- verge d’épailfèur. ;
- 3. Argille grife, dans laquelle 011 ne remarque rien de calcaire ; trois à quatre verges.
- 4. Subflance fablonneufe , grofliere , véritable grès ; trois verges.
- 5. Subfiance ferrugineufe d’un briin .d’ocre, mêlée de fable , d’une verge & un quart d’épailfèur : on trouve dans ce lit des marrons dun grès ferrugineux*
- ^' compaéU gros comme des œufs d’oie. ' . . '
- 6. Grès d’un gris-clair; deux à trois vergés» *“ •" ’ • ‘ 1 "
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- 7. Roche, qui eft un mélange d’argille & de fable pur i une demi-verge, on deux verges.
- 8. PierrefablpnneufebX&ue^calcaire, feuilletée & mêlée d’argille, ayant cinq huitièmes jufqu’à,trois quarts de verge.
- 9. Roche d’un blanc clair: argille grife, durcie , feuilletée} une verge &
- demie. • >
- 10. Roche fablonneufe blanche, pierre formée par un mélange d’argille & d’un peu de terre calcaire } ellerfert de couverture aux charbons , & les charbons y tiennent: elle a une verge & demie. A la place on trouve fouvenfi
- , xtne glaife blanche, qui pour lors devient le toit des charbons , & qui eft?
- ^communément de trois huitièmes jufqu’à une dëmi-verge (a).
- JI. Lit de charbon deterrede i’épaiffeur de dix jufqu’à dix-huit verges. .
- 12. Pierre fur laquelle pofe le charbon} c’eft une ardoife d’un gris noir, ayant une verge trois quarts.
- 13.. Autre lit femblable & noir: c’eft une glaife noires gralfe,..feuilletée , ayant une verge trois quarts.
- 14. Roche fablonneufe grife, quieft un fable lié par l’argille qui fe rencontre au-delTous du fol. , .• . • ;• y
- If. Second lit dq charbon de quatre à cinq-verges d’épabfeur ,& d’une très-bonne efpece (f). .
- 16. Sol, fur lequel repofe cette fécondé couche de charbon, & qui eft une glaife noire, gralfe , feuilletée , ayant une verge d’épailfeur.
- 17. Roche grife, fablonneufe, qui eftun mélange d’argille & de terre calcaire,
- femée de pyrites fulfureufes , d’une demie jufqu’à deux, verges d’é-paiiieur. -
- ART I CL E SECOND.
- Westphalie.
- 69^. Dans la partie qui eft à S. M. le roi de Prulfe, il y a des mines de charbon àBochlorft, à Sneiker , à Ibenbuzenj dans le cercle de "Weftphaîie, BerghloJb du côté d’Olhabruck, voyez fedion IV, article 3} & quantité d’autres endroits en ont de très-riches. Il ne fera ici queftion que des parties de ce qu’on nomme provinces de Wcflphalie., lefquelles avoifinent le pays de Liege, afin de rapprocher le ledeur de la France par les Pays-Bas.
- (a) Dans cette partie de l’Allemagne, bonariut cæruleo-cinereus. Da Cofta , hift. comme en Siléfie, en Angleterre & dans nat. of foftils. XII.
- plufieurs'pays de l’Europe , le toit du char- (b) . Voyez fed. VIII, art, 1 , des veines bon eft formé par lefchiftus terreftris car- irrégulières.
- Pays
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- ET DE SES MINES. fof
- Pays OU duché JüLIERS.
- 697. Les houillères de ce territoire font toutes près de Juilback, & s’étendent du côté du nord au pays du même nom. Les veines y prennent leur train du nord-oueft au fud-oueft.
- 698* Aux environs de Stolberg, dépendance de l’éle&eur Palatin, où il y a une fonderie confidérable de cuivre, il fe trouve une mine de charbon dont la ville d’Aix-la-Chapelle , qui n’en eft qu’à une lieue, tirait beaucoup avant ^ue cette fonderie fut transférée à Stolberg ; mais il ne s’en confomme actuellement que très-peu , feulement par quelques fondeurs & quelques maréchaux. Ce charbon eft moins folide, plus léger & plus bitumineux que celui d’Aix. On trouve près de ce même endroit des pierres de grès pour les moules dans lefquels on coule le laiton. Voyez Swedemborg.
- 699. A Efchweiler, bourg fur la route d’Aix à Cologne, par Dueren, la veine eft en planure, & donne un charbon de l’elpece nommée clutte au pays de Liege. Voyez fed. IX, art. 3.
- Territoire AlX-LA-CHÀPELLE.
- ’ 700. La connaiffance des couches de ce quartier & de leur düpofition l ferait très-intéreffante par le parallèle qu’elle donnerait lieu défaire avec les lits qui forment le fol du pays de Liege , dont il y a peu qui fbient inconnus ; mais les fouilles de mines de charbon 11’y font pas en affez grand nombre pour fournir à cette comparaifon ; on mettra feulement le leCteur à même de prendre une idée de la compofition du fol des environs d’Aix-la-Chapelle, par un fimple énoncé des fùbftances que les naturalittes peuvent y remarquer: favoir, des terres argilleufes de différentes couleurs félon leur mélange.
- 701. La terre à pipe. La terre à brique. Une vraie terre à foulons, qui eft une marne (a). Différentes terres bolaires, qu’il eft aifé d’appercevoir dans plufîeurs chemins de traverfe, qui font marqués de la couleur de ces bols. M. Lucas , médecin Anglais, auteur d’un effai fur les eaux £ Aix-la-Chapelle), prétend qu’il s’y en trouve de femblables au bol d’Arménie (b). Plusieurs ocres j une jaunâtre, une qui eft brune, & une qui approche de la terre-d’ombre pour l’apparence extérieure. La marne. La craie en différens endroits
- (*) V. Waller; argilleà foulons (105), p. 54 , & marne à foulons (106) , p. 4.J , tom. I.'
- (i°0 En ail. JPalckerthon.
- Tome FI*
- (io6)Enall. Walckermergel.
- (**) Voyez le chap. II de ce traité , traduit par M. Okean, médecin de l’armée. Liege, 1762.
- S s s
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- DU CHARBON DE TERRE
- à l’oueft d’Aix-la-Chapelle. Autour de la ville, fur-tout au nord & au fud-oueft, on trouve des couches de fable de toutes couleurs, mêlé de coquilles de mer ,1aplupart du genre des bivalves, en partie confervées, en partie pétrifiées. La pierre-de-taille, ou pierre de fable; une de couleur brune, fablonneufe & comme pourrie ; une autre, partie fablonneufe , & partie tal-queüfe. L’ardoife commune. Du grès ordinaire & des pierres à aiguifer de différentes efpeees. La pierre à chaux commune, de couleur grife. Deux'eipe-ces de pyrites. I. Globuli pyritacei pallide-favi, 2. G lobulipyritacei nigricantes ; feu minera martis folaris hajjia. 'Wal. tom. I, p. 283- Voyez la nature de ces pyrites , feéb V, art. 2. Un marbre dur, pefant, de couleur bleue, veiné de blanc, fervant à faire la chaux & à décorer les bâtimens.
- 702. M. Lucas, dans l’ouvrage qui vient d’être cité , a trouvé aux environs du Lousberg , montagne voifine de la ville , <c une pierre de couleur de bri-„ que, tirant fur le pâle, d’un tilfu lâche , léger, d’une confiftance fablon-„ neufe, qui étant frottée, donne une odeur forte, femblable à celle que l’on „ diftingue dans une étable à cochons.,, Il la nomm q lapis arenofa -latericei fere coloris , haram porcinam redolens.
- 703. Tous ceux qui font un peu inftruits dans les arts ou dans l’hiftoire naturelle , favent qu’une des principales produ&ions du territoire d’Aix-la-Chapelle eft la calamine ou pierre calaminaire , cadrnia fojtfîUs Agric. Cadmia lapidofa (107) Schrod (*). L’endroit où on la fouille eft nommé dans le pays Calmeberg, en français, montagne de Calamine, ou Calmine. On peut conful-ter fur cette fubftance minérale l’article de Sxvedemborg , inféré à la fuite de Cart de convertir le cuivre rouge ou cuivre de rofette en laiton ou cuivre jazine, publié en 1762 par AI. Gallon, colonel d’infanterie, correfpondant de l’académie royale des fciences ; & les notes fur 'Wallerius , tom. I, p. 1 $4.
- 704. Le charbon dont 011 fe fert le plus à Aix-la-Chapelle, eft tiré d’une houillère nommée la Tute, fituée au nord-eft dans fes dépendances à environ une lieue. J’ai reconnu que le toit & le fol de ces mines font formés par un fchifte
- (107) On aurait dû conferver le nom de cadmie , pour défigner la croûte fémi-métal-lique qui s’attache aux parois des fourneaux où l’on fait la première fonte de certains minéraux. On aurait alors nommé calamine , cette pierre ou terre naturelle qui , mêlée avec le cuivre , change la mine rouge en laiton. Cette pierre varie par la couleur : elle eft jaune , brune , ou rougeâtre. La calamine folTile reflèmblc à la cadmie des fourneaux, i°. parce qu’elle contient du zinc ; a9, parce qu’elle rend jaune le cuivre
- de rofette; ; parce qu’elle a pour bafe une terre alcaline ; 40. parce qu’elle fait effer-vefcence avec les acides. Bertrand , diiî. desfojjiles.
- (*) Zinci minera terrea , colore flavef-cente, velfufco. Lapis cala minaris, Cadmia officinar uni Waller, pag.497, tem, I, & page 4Ç4. Cadmia fojjl/is, aliis lapis (.alaminaris Worm. En angl. Calamcfen , Calaminar-Jione. En ail. C'a l/n en, CcJme/i-fein. En holl. Calamint - Jîeen , Calamy~ Jïeen
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- qui pourrait fe rapporter au fijjilis friabilis cinereus de Wallerius , p. 13$. M. Lucas prétend qu’on y rencontre , de même qu’aux environs de Spa, le lapis hyb&micus. Voyez feét. III, §. 128.
- 7o?. Le charbon qui provient de cette mine n’eft pas fi gras que celui de Liege, & par conféquent n’eft pas fi propre pour les maréchaux & les fondeurs : mais il eft très-bon pour les ufages ordinaires. Ses grains lont très-ferrés : il eft plus pefant, plus compaéle, plus fec que celui de Liege ; il brûle lentement, ne donne que peu de flamme & de fumée, comme celui de Kilkenny en Irlande , dure long-tems, fournit une grande chaleur, & eft d’un très-beau chauffage. Les bancs de houille des mines d’Aix-la-Chapelle ont jufqu’à quatre cents toiles de trajet.
- Pays J’outre-Meuse (*).
- 706. Dans le duché de Limbourg , nommé pays d'outre- Meufe, territoire de Rolduc, ou Rode-le-Duc, la mine de Haemlich donne le charbon qui eft du meilleur ufages elle s’étend au pays de Juliers jufqu’à Bademberg, où elle s’appelle la vorte.
- ARTICLE TROISIEME.
- Pays-bas Autrichien.
- 707. Les fubftances minérales que l’on connaît dans le comté deNamur, font, à Andenne , la terre à faïance , ou terre à pipe, de même que près de Huy vers le.Condroz. Une terre noire, forte, liffe & lavonneufe, que l’on emploie à faire les creufets pour la calamine, & quife trouve àNanines près de Geronfart.
- 708- Les environs de l’Andenne, de Velaine, de Hayemonet, de Terne-au-grive, donnent aufiî de la calamine; fa couleur tire fur le rouge , & eft différente de celle du Limbourg, qui eft trop graife, niais plus douce , plus
- (*) Il n’y a pas de pays des environs de la Meufe, qui ne puiflé être ainfi nommé par rapport, au bord oppofé , qui eft à fon égard de l’autre côté de la Meufe, Le quartier delà ville de Liege, fitué à la droite de cette riviere , dont un bras forme une petite isle , eft nommé outre-Meufe. Dans les annales des Pays-bas & du pays de Liege, de même-que dans les anciens traités , la partie du pays *cle Liege & du Limbourg fltuée entre l’Ourte , la Meufe
- 8c le pays de Juliers , eft nommé pays de par-delà , fous - entendant Meufe; à la fuite des tems, on a dit pays d’outre-Meufe. Les Efpagnols & les Hollandais, dans le traité conclu pour le partage des trois quartiers de Dalem , Faulquemont , Hertogenrade , ou Rolduc , fe font exprimés de cette façon qu’ont adoptée les fou-verains des Pays-bas & du pays de Liege, parce que la majeure partie de leurs états étaient en-deçà de la Meufe.
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- pelante, & d’un jaune pâle. Dans le comté de Namur, cette fubftance tirée de la fuperficie, eft d’une aufti bonne qualité que celle qui s’exploite plus en profondeur. M. Gallon, colonel d’infanterie, çorrefpondant de l’académie royale des fciences , indique les différences de la calamine de Namur d’avec celle du Limbourg, fa difpofition dans la terre , &c. (a).
- 709. Tous les environs de Charleroi, tant du pays de Liege que du comté de Namur, font remplis de houillères, comme à Chatelineau, route de Charleroi, à Namur, à Fontaine-l’Evèque , à Jumet (b) , vers le couchant dans les bois : quelques mines de ce dernier endroit ont jufqu’à quatre cents toifes de profondeur, perpendiculairement. La partiç du toit chargée d’empreintes , eft nommée dans cette province caillou fleuri.
- 710. A Durmy il y a deux ou trois veines 1 le charbon eft defelpece qu’ils appellent charbon fort.
- 711. Dans les bois de Soleilmont, le charbon eft tendre & approchant de la téroulle. Celui des bois de Flerus, à une lieue & demie de Charleroi, quoique tendre & mauvais, fert pour cuire la chaux & la brique.
- 712. Du côté de Namur, & dans les mines de Charleroi, la plupart des veines 11e font pas réglées : les houilles en font léchés & maigres, excepté cependant celles des mines des fauxbourgs de Charleroi, qui font d'une bonne qualité ; & celles d’Hodelin-fart, appellé par abréviation le Sart, dit tant de Charleroi d’une demi-lieue au couchant, dont la veine eft régulière. Toutes celles 'qui font dans ce canton font très -fujetes au feu tirou. Voyea fedtion V, art. 2.
- 713. Aux environs d’Andenne, tirant vers Namur, do côté de la Meule, on trouve du charbon de terre difpofé en maife , dont la fuite manque à tout inftant : on l’emploie aux briqueteries & à cuire la chaux.
- 714. A Gillis, au levant de Charleroi, il y a beaucoup de veines qui, félon la maniéré de parler des houilleurs , font leur retour fur elles-mêmes , dont j’ai fait une clalfe particulière, fedlion VIII, art. 1, laquelle peut fe rapporter aux veines roiffes, fedion VIII, §. 377, ou aux veines irrégulières-, §. 391. Le charbon en eft d’une bonne elpece, & d’une qualité plus forte que celui du Sart, quoique coupé par des veines de brihaz , fedion IX, art. 6, ainli que celui de Viviers, village diftant de Charleroi d’un quart de lieue. On ne trouve pas de brihaz à Hodelin-fart.
- 71 f. Le. langage de houillerie. de cette province n’y eft pas différent de celui
- (à) Voyez Yart de convertir le cuivre dans cette colleftion. rouge en cuivre de rofette, en laiton ou (&) Ces deux endroits font du pays de tuivre jaune. 1762 (108). liege»
- (iog) Cet art n’a pas encore été publié
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- ETBE S E SMI N E S.
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- du pays de Liege, auquel elle confine. La houille la plus enfoncée y eft de même réputée la meilleure, la plus parfaite, &, comme ils difent, houille -marchande; la homlle menue dans les fonderies des environs eftappellée jpiure de houille. Spiure en wallon fignifie éclat.
- 716. Il y a plus de fept cents ans que le Haynault impérial connaît le charbon de terre. Cette matière ne s’y trouve que dans le pays Montois, depuis Quievrain diftant de Valenciennes de deux lieues & demie, & de Condé d’environ deux petites lieues , jufques vers Marimont > ce qui fait fept lieues de longueur : le terrein où fe trouvent les veines', a environ deux lieues de large.
- 717. Les feuls environs de Mons font fi riches en mines de houille, qu’on y a vu plus de cent vingt bures en exploitation, lefquels ont pendant îong-tems fuffi à la confommation de toute la province, tant de la partie qui eft au nord, que de celle qui eft au raidi.
- 718. La veine de charbon y eft toujours enfermée entre deux bancs de roc très-dur, qui dans quelques endroits de eette partie des Pays-bas nefe trouve' pas fi profond en terre ; quelquefois on trouve ces rochers à dix, douze pieds de la fuperficie : onpenfe aifément que c’eft une grande avance pour l’exploitation. Il s’en faut de beaucoup qu’il en foit par-tout de même : au levant de Quievrain, frontière du Haynault impérial, les rochers commencent à s’enfoncer au point qu’à Blan-midderon , comptoir de la reine , qui n’en eft qu’à une lieue, on les trouve à plus de vingt toifes de profondeur.
- 719. Ils font féparés du fol par des lits très-épais de terres marneufes, de pierres blanches très-poreufes. A vingt toifes de profondeur 011 commence à trouver la téroulle. La plupart des bures ont environ trente-cinq ou quarante toifes de profondeur. La veine n’a jamais plus de trois à quatre pieds d’épaif-feur, & autant de large. Lorfque les ouvriers ont percé le banc de roc qui la couvre, & qui a rarement plus de trois à quatre pieds d’épailfeur, ils font obligés d’être continuellement fur leurs genoux pour travailler, & quelquefois couchés fur une épaule ( 109).
- 720. Les veines vont toujours en pente, & continuent de marcher dans e§fte inclinaifon jufqu’à cent cinquante toifes de profondeur ; après quoi elles remontent. Du côté de Quievrain les veines ont jufqu’à deux cents pieds de profondeur. Les mines principales de charbon du pays Montois font à la Louviere près de Mons, du côté du grand Roeux. A Sarlonchamp près la Louviere. A Ouday, & dans les petits environs contigus. Folfe Gatte, du côté d’Autreps. ( Autreps eft entre la riviere d’Anneau &le bois de Rampe-
- Ci 09) Les Allemands nomment cette ma- M. Lehmann, GeJchichtC dcr Flqtzgcbirge, fliere de travailler Krumhôlzer arbeit. pag. 17g.
- Yoyez-enla defcription dans l’ouvrage de
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- fro DU CHARBON- DE TERRE
- mont. ) Foife Breze du côté d’Autreps. FolTe de la grande Veine fur Etonge. FolTe Hanat, du côté du moulin d’Etonge. Foife Tappe , à Tons fur Etonge. FolTe Veine à lAune , du côté du moulin du Bolfu. Foife Carlier, du côté du moulin du Boffu, qui eft près de l’hôpital ruiné, à la porte S. Guillain, chemin de Valenciennes à Mous. Foife Bibée, fur la campagne d’Hornée , à la porte de S. Guillain. Foife Builfon. A Blaton,'village à deux lieues environ de Coudé. A deux lieues de Mons;,‘'territoire de Vames , pays de Liege, on tire à plus de foixante & quinze toifes de profondeur de la houille de très-bonne qualité. Marimont, maifon de plaifance de S. A. le prince Charles, à trois lieues & demief de Mons.
- 721. La houillère de cet endroit eft dans le parc j fes veines vont du levant au couchant, entre deux bancs de roc aifez dur, que les houilleurs difent tous être approchant de la nature du grès , un peu moins gris que l’ardoife , tirant davantage fur la couleur cendrée.
- 722. J’en ai remarqué de deux elpeces 5 l’une feuilletée , femblable à celles que l’on trouve dans toutes ces mines du pays de Liege , feéti'011 VIÎ , art. 2 \ l’autre d’uifgrain plus;fin, qui pourrait être propre à aiguifer, comme celle des houillères de'fil Nicolas & deFlémalle aü pays de Liege , §: 313.
- ’ 723. Quelques portions du toit (ont ftriées fuperficiellement. Les veines de cette houillereont quatre , fix, huit ou dix paumes d’épailfeur (*) : celles qui vont jufqu’à huit font les plus riches lorsqu’elles font alfez dures pour pouvoir s’exploiter en grandes malfes & donner du charbon de pierre. Celles qui ne peuvent fe détacher en gros morceaux, ainfi que tout charbon friable , font nommés fiffi-
- 724. En général, le bharbon de Marimont ne donne aucune odeur en brûlant, & ne fe réduit pas en cendres- : il eft eftimé autant que celui de Owday.
- 72^. A demi-quart de lieue du château de Marimont, il y a une fécondé foife appellée fojje de l'Olive, dont la veine a huit paumes d’épailfeur. Mais cette veine eft féparée dans fon milieu par un nerf déplus d’un pouce d’épaif-feur, qui quitte difficilement la couche de houille à laquelle il tient ( fecftion VFII, art. 2 ). Ce nerf eft traverfé de tems en tems dans fon épaiffeur par un filet très-délié de houiilé.en miettés'qui viennent à l’appui de la comparaifon que j’ai faite du nerf a.Vec le brihaz. Voyez §. 480.
- 726. La houille de la foife de l’Olive eft plus dure que celle du parc de Marimont,'& moins! bonne. '
- 0e) Huit paumes font plus de fept pieds.
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- TREIZIEME SECTION.
- FRANCE.
- 727. Il a été facile de remarquer, par tout ce qui a précédé, qu’il y a plu-fieurs efpeces de mines de charbons. Les unes donnent de lamine par rognons ou par pelotons , qui font des efpeces d’écarts, n’ayant entr’eux aucune iorte de communication : les autres donnent de la houille par bouillons, c’eft-à-dire, par intervalles , quelquefois ramalfée en grands blocs qui çompofenÇun terrein en entier. Voyez §. 391.
- 728- Les mines de charbon de la fécondé claife font compofées de celles dans lefquelles on obferve femiblement un ordre, un arrangement particulier: la matière de ces mines eft difpofée en veines d’une épaiifeur plus ou moins considérable, & qui fuivent entre deux couches particulières , comme dans un fourreau, une direction , une marche réglée , &c.
- 729. L’extraction du charbon dans les mines en rognons ou ,en bouil-
- lons , n’eft point compliquée de fouilles régulières , de manœuvres induf. trieufes *, tandis qu’au contraire la fécondé efpece de mines comporte indif-penfablement dans la maniéré de les travailler, une efpece d’art établi par l’ufage & par l’expérience, relativement tant à la diredion , à la pente réglée qu’adedent les veines de ces mines, qu’à leur enveloppe, qu’il faut connaître dans toutes fes circonftances. ,,*
- 730. Les mines de charbon les plus conlidérables en France, ou dont 011 tire une plus grande quantité de matière, celles d’Auvergne,'du Forez & du Bourbonnais, font de la première claife, & 11’ont pas befoin de ce qu’011 appelle proprement exploitation : ce qui n’empêche, pas que celles de la fécondé cîalfe n’y foient en très-grand nombre^De là vient qu’on ne connaît dans ces detnieres , excepté les houillères du Haynault Français , que fort peu de termes pour défigner les fubftàhces terreulès & pierreufes , foit celles qui précèdent le charbon, foit celles qui, par le retardement qu’elles entraînent dans les manœuvres , ont un rapport particulier à l’exploitation.
- 731. En conféquence, les mines qui vont être paflées en revue, ne donnent point matière à un vocabulaire de houillerie, femblable à celui dont j’ai fait précéder la defeription des* mines d’Angleterre & d’Allemagne.
- : 732. Pour fuppléer àiu défaut dé pe tableau de comparaifori , je réfumerai d’abord fous un point de vue génétal les principales matieres^que lion a vu compofer l’écorce & le no)rau des montagnes par couches,- dans lefquelles
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- fia f)li CHARBON DE T f! R R F.
- fe trouve le charbon de terre; & en indiquant enfuite dans chaque province les mines qui y font, je ferai connaître les expreffions ou les dénominations qui font ufitées relativement à ces fubftances, dans leur état ordinaire , ou dans leurs défeétuofités, ou relativement aux derangemens qu’elles produifent dans la marche des veines. x
- 733. Du refte les travaux de M. Guettard ne peuvent manquer par la fuite de jeter du jour fur cette partie de l’hiftoire naturelle, tant particulière que générale, pour laquelle je renvoie le leéteur aux différens mémoires que ce favant a donnés à l’académie des fciences pour quelques provinces du royaume.
- Récapitulation fommaire & générale des matières qui fe trouvent dans toutes les mines de charbon de terre.
- 734. Les matières qui fe trouvent dans le voifinage des charbons de terre, ou entre-mêlées avec fe s couches r varient à l’infini; on y trouve non feulement du foufre , du bitume , des pyrites , des fels , dont j’ai traité en particulier dans la neuvième fe&ion, mais encore des pierres argilleufes , fcliif-teufes, des ruches quartzeufes, ipatheufes, fablonneufes , féléniteufes ( 110) ou gypfeufes.
- 73 f. La pierre à chaux s’y rencontre dans fes différens états ; l’efpece de ce genre dont le luxe emprunte une partie de fa magnificence pour la décoration des édifices , & dont on fait le plus de cas pour la propriété qu’elle a dç prendre le poli; le marbre véritable (R accompagne les couches de charbon , comme on le voit du côté de Nuremberg en Franconie, à Langeftein , où il fert de toit à ce foffile.
- 736. Mais de toutes les pierres contenues dans les montagnes de charbon de terre, il paraît que les plus communes font dés pierres reffemblantes à des granités décompofés.
- 737- Les naturalises ont obfèrvé que le granité (b) fe trouve fouvent mêlé avec le fehifte ; que c’eft une forte de paflage àl’ardoife, qui conduit
- (11 o) La félénite efl une des pierres calcaires ; le plâtre qn’on en fait ne feche pas fi promptement. Il y en a de la blanche, de la jaune & de plufieurs autres couleurs. On en trouve dans la plupart des montagnes de Suifle.
- (a) Marmbr. Marmclzflein. Dans le feu & dans'les acides il produit le même effet que la pierre à chaux : d’où il.fuit que l’un
- & l’autre font des produits de terre crétacée , ou calcinable , ou même plutôt de terre du.genre des marnes. Le marbre n’eft donc qu’une pierre calcaire diverfement colorée & fufceptible de poli : cette dernière propriété fait que dans plufieurs pays les chaux grifes font appellées marbres.
- (J)) En Cayenne il fe trouve une efpece de granité nommé griffon.
- ordinairement
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- ET DE SES MINESk
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- ordinairement à des pierres noires , ou à du charbon de terre; &, félon la remarque de M. Triwald (æ), les charbons foffiles fè trouvent communément dans le voifinage des carrières d’une efpece de grès & des pyrites, aux mêmes endroits que l’ardoife alumineufe.
- 738- Outre les parties propres au charbon, comme diverfes fubftances minérales terreufes, pierreufes , falines & fulfureufes quelconques, on y trouve auifi des fubftances demi-métalliques & des fubftances métalliques. On a vu, dans la douzième fedion, art. 2 , que le cobolt (b) fe rencontre parmi les couches du comté de Hohenftein. J
- 739. Le fol du pays de Liege eft aufii abondant en calamine qu’en houillle; cette matière particulière fe trouve fur la rive droite & fur la rive gauche de la Meufe , au-delfous de Huy, dans les bois d’Ampfain, du côté de Hom-bray , & ailleurs. Voye.1 fedion VI, §. 273 , à la note. Selon M. de Genfanne, les charbons de terre, les terres alumineufes & les fables nués diverfement, entrecoupés de petites veines couleur de lilas, font des indices de la calamine (c).
- 740. Les fubftances métalliques les plus ordinaires dans les mines de charbon , font de nature martiale: tels font les ocres, pierres d’aigle (</), 'geodes (e), marrons, marcaffites & pierres ferrugineufes.
- 741. Non-seulement on découvre dans le charbon de terre une bafo martiale , mais la mine de fer elle - même fe rencontre dans les couches qui accompagnent ce foilile : l’eipece qualifiée minera ferri faxea , y eft très-commune ; 011 en a vu dans les mines d’Angleterre quantité d’autres. Onzième fedion. M. Wood avait retiré d’un charbon de terre, de très-bon fer qu’il
- en italien , pietra d'aquila ; en efpagnol, pietrade Yagla. Les étites font des pierres ferrugineufes , au-dedans defquelles il y a une cavité, qui eft tantôt vuide, tantôt pleine. Elles fe font fermées d’une matière d’abord molle, qui s’eft agglutinée peu à peu, en lailfant une cavité intérieure, dans laquelle fe trouve ou de la terre, ou une petite pierre, ou même de l’eau , qui s’eft confervée depuis la formation de la pierre.
- (e) Ætites terra inclufa Pierre d’aigle bâtarde. En angl Bajiard Eaglejlone. Ea holl. Harjiart arendJlein. Suéd Jodhaltig. .Concrétion globüleufe quelconque, dont l’intérieur eft parfemé de cryftaux quart, zeux ou fpathiques, félon la circonftance.
- Ttt
- () Mémoires de l’académie des fcîen-Ces de Suede , ann. 174p , pag. 100.
- () Cbbaltum officinar. Cadmia metal-lica Worm. Cadmia metaUaris, aliis cobaltum metaüicis Schw. En ail. Cobalt. en holl. Kobalt.
- . (c) Quatrième volume des mémoires pré-
- fentés & lus à l’académie, pag. 16;.
- (d) Ætites. Lithotomi camtate latente donati. En angl. Eagle-Jione. En holl. Arend-Jlein. (m) Efpece de mine de fer argilleufe ou fableufe , ceconnaiflable à ce que fon intérieur contient une matière différente.
- (110 En allem. Adlerjlein ; en danois, Hiamajlreen ; en polonais, Kamienorle ; Tome VU
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- DU CHARBON DE TERRE
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- préfenta au roi d’Angleterre. Enfin, l’on fait qu’il eft des mines de fer rangées entre des lames d’ardoife & de charbon fofliie.
- 74?. Il ,en eft de même du. cuivre, qu’il eft allez commun de trouver mêlé avec le fer. Swedemborg obferve qu’on rencontre des veines martiales & jcuivreufes dans les mines de charbon, principalement dans celles du comté de Stafford (a).
- 743. Le charbon de la mine de Hartna près, de Chemnitz en Saxe, contient un très-beau verdet (&), & donne dans quelques effais trente-fix livres de bon cuivre de rofette, & cinq onces & demie d’argent (c) par quintal..
- .. 744. On pourrait croire avec M.. Kurella (d) , que la plupart des fchiftes cuivreux; (e) font une efpece de charbon de terre, ou du moins qu’il a déjà-été mêlé avec beaucoup delbufre & une bonne partie d’arfenic. (f). Ce chy-mifte fonde fou opinion fur ce qu’un fchifte cuivreux placé fur un têt, fous, la mouffle , pour le griller à un feu affez violent , s’allume non feulement & répand une.ftamme brillante qui dure long-tems, mais encore fur ce qu’alors. il fort par fois de çe fchifte une matière bitumtneufe. La liqueur que ce fchifte a donnée à M. Kurella par la diftillation avait la même odeur que celle qu’il a obtenue du. charbon de terre...
- 74^. Dans l’état des, matières rencontrées en perçant un-puits de miiie ,. dans le comté d’Yorck, il eft fait mention d’une fubftance placée entre un banc de charbon & un lit de cowshot-ftone, que l’ouvrier défigne dans ces termes,. Good muai for fowing. Foye1 année i689»-n0..2?o , art. 2.
- ...746. A la proximité des mines de charbon, du Nivernois,. on trouve âe-l’antimoine ,, de même que très-près de celle fituée au-deifous du défert des, Pignedes, en Languedoc; félon les obfervations de M. l’abbé de Gua.
- 747, M. Kurella fait mention d’une collection de minéraux ,. dans laquelle' il a vu un morceau de charbon de terre qui laiffait appercevoir une veine' entière d’argent pur. Dans le charbon de Heffe on trouve des morceaux d’argent natif ( 112). La mine de charbon deRicheftain en Siléfie,, contient de: l’or. Onzième fe&ion , §, 63$..
- (a) Emman. Swedemborg regnum fub~-terraneum , Jive minérale. De vena & lapide cupri. ClaiT. 2 , tom. 111. Drefd. & Leipf
- (b) Verd-de-gris. En-angl. Verdigrife.
- Jùtpffergrun. Kèper roeft.' En holl. Spaans, groènl ' ‘ •, ' • 1, ' ’ ','
- . (c)'Argcntum. en angl. Silver. en allm. Silbcr. en holi. Zilvcr.-, (d) Eflais & expérienfes. chymiques. in-8®. paragr.. 7.
- (e) Aline de cuivre dans une pierre feuilletée , ardoife cuivreufe, ou mine de cul» vre en ardoife. Cupritm in lapide ftijjïli* if) Ce qufconftituerait une pyrite arfe-nicalei
- - (112) On peut voir dans l’ouvrage de Lehmann fur la matière des métaux , von den Mctallmüttcm, pl. I, ng. 2 , la figure d’un morceau.de charbon, renfermant de l’argent natif.* l’argent fe trouve dans., le. c.abinet de. M. le confailler Eller. L’aca-
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- ET DE SES MINES,
- 748. Le mélange de plomb dans les mines de charbon fous differentes for" mes, particuliérement fous la forme terreufe , fablonneufe , rare dans nos mines de charbon de France & d’Allemagne ( 113 ), ne paraît pas letre également ailleurs, particuliérement dans la Grande-Bretagne , félon la remarque de M. Trivpald, confirmée par ce que nous avons dit d’une des mines du Buckingham-shire, onzième feétion, art. 4 5 de celles de Baldoë en Ecoffe* art. 4.
- 749. L’étain (a), aufli rare que le plomb dans d’autres lubftances minérales, fe rencontre dans le charbon de terre. Douzième fedion , §. 637.
- 750. On ne peut douter enfin que le charbon de terre 11e fympathife avec tout ce qu’on appelle métal parfait (£).
- Subjlances terreufes qui fe trouvent dans le voijinage des charbons de terre.
- 7f T. A examiner les différentes matières moins compades que les précédentes, qui forment les montagnes où font renfermées les mines de charbolî de terre , on reconnaît qu’elles font prefque toutes des terres argilleufes & glaifeufes ; fubftances que l’on fait varier à l’infini dans leur couleur, & être toujours compofées j quand même elles ne le feraient pas vifiblement.
- 752. Leur couleur, differente delà blanche, doit toujours être attribué© à Bexhalaifon minérale de quelque foflile qui n’eft pas éloigné de ces couches. M. J. Ambr. Beurer a remarqué avec plufieurs autres phyficiens, que le fiicciit foflile fe trouve toujours dans des terres bleuâtres , confondu avec du bois foflile, du charbon de terre, de la mine de vitriol, & fouvent avec d© l’alun (c).
- 753. Ces terres ne varient pas moins dans leur confiffance; car en même
- tems qu’elles contiennent toujours de l’eau dans une certaine quantité, au-delà de laquelle elles ne peuvent en recevoir davantage, elles ÿ deviennent impénétrables îorfqu’elles ont fouffert de la compreflion, ainfi que'le démontrent quelquesfchiftes, & deviennentfufceptibles d’acquérir parla chaleur une dureté décidée. ’
- demie'des mines , fondée à Freyberg, pof-fede une pierre pareille, comme le rapporte M. le prof. Brunigh, dans fa nouvelle.édit. de la minéralogie de Cronjkdt, page 18Ç.
- (n?) On en trouve fréquemment dans les mines de Wettin & de Dôlau.
- (a) Stannum. Plumbum album.
- (f) Nom que l’on donne à tous ceuit que l’art n’a encore pu décompofer, comme l’or, l’argent. <
- (c) Extrait,d’une lettre écrite à M, P, Collinfon , de la fociété royale , fur la nature du fuccin. Tr anfallions philofophb. ques, ann. 1743, num. 468*
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- Des différentes m atières qui fervent de. couverture aux charbons de terre..
- 754. II. a été facile de remarquer par la description de la couverture ter-reufe ( feptiem.e fedion, art. i ), & de la couverture pierreufe ( art. 2, des veines du pays de Liege ) , ainfi que par les détails des couches qui couvrent çe foffile dans plusieurs pays (onzième & douzième feétions ) que tous les lits ou les bancs., au-deffus ou au-deffous defquels il eft placé, ne pré-fentent abfolument aucun ordre dans, leur arrangement j de façon que le charbon peut indiftindlemen.t fe trouver, & le trouve réellement fur toutes çjpeces de couches. Malgré cette irrégularité dans ce mélange de matière,, confirmée par les lithologiftes de differens pays , conftatée par la fuite des obfërvations de M. Strachey dans les mines d’Ecoffe & de Northumberland ». il eft de ces fubftances qui ont cela de particulier, qu’elles fe.mblent fe rencontrer par-tout où il y a dü charbon de terre, fe trouvent même le plus, ordinairement fur la, tête de fe.s veines., & fervent d’indices de. leur v.oi-finage.,
- 755.. Telles font les, gîaifes & argilles, appeîlêes dans les houillères dé Liege. agai ou agay ^ çraw, fe<ft. VII, art. i ; celles de la couche qui porte fur la mine de charbon.d’Ay près de Caffel, feeft. XII;. celles que les Allemands nomment quelquefois /c#*/2, fecft. XIIi ce que lesAnglais nom--ment elunch^ femblable à celles qu’ils nomment tile-Jione, fed. XI. Toutes fubftances qui. ne. font différentes, que par leur couleur,, leur mélange & leur: degréde folidité..
- 75.61. Les unes ou les autres , en fourniflant au charbon une elpece d’étui ou de fourreau qui le fuit dans toute fa marche,, rompent le poids énorme de roches quife trouvent placées, au-deffus > mais pour peu que cette enveloppe, foit altérée dans, fon étendue,. ou inégale dans la portion dé lès furfaces qui touchent immédiatement la veine, elle ne lui préjudicie pas moins que les, matières contre lefquelles elle lui fervait de rempart. Il eft inutile de rap-peller ici les dégradations que produit dans le corps de la veine la compreilion-réfultante des nœuds qui excédent le niveau de l’intérieur du falband fupé-rieur ou inférieur, ni l’interruption qu’elles occafionnent dans la continuité: de la veine, &c. Ces circonftances ont été détaillées' aufli amplement qu’il-était néceffaire ,.fe<ft. VII ,.art. 4* XI, art. i;feét. XII,§;_68l.
- 757. Parmi le nombre prodigieux de matières différentes fous lefquelles le charbon de terre le rencontreindiftinélement dans les-montagnes, on ne peut s’empêcher, dé remarquer fur-tout cette fubftance qu’on appelle fchijiey ffshijlus fifflis *glaife durcieplus, ou moins fenfiblement feuilletée., félon qu’elle eft mêlée avec de la véritable ardoife ; toujours bitumineufe s & tirant: plus ou moins fur le noir j qui enfin, varie à l’infini.felon fes diiférens. mê.--
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- langes , ou félon qu’elle eft voifine ou éloignée du charbon de terre. Voyez fed. VII, art* 3 5 fed. XI, art. 15 & fed. XII, §. 678.
- 758- Quelque part que fe trouve le fchifte,- fur-tout celui qui tient de la nature de l’ardoife y ou qui en conftitu-e une véritable , il eft toujours plus ou moins imperceptiblement bitumineux > l’efpece d’affinité qui s’entrevoit d’abord entre le fchifte &.le charbon de terre, ceiTe d’être conjedure , enfaifand attention que les naturaliftes, ainfi que tous les houilleurs, regardent pref. que unanimement ces fchiftes comme des avertiffemens du voifinage du charbon de terre. Les dénominations employées en Allemagne, le guide > wegweifer y en Languedoc, gardes du charbon, pour désigner ce fchifte, ne peuvent avoir leurfource que dans l’expérience. En effet, toutes les defcriptions-de ces mines font voir que le fchifte fe trouve conftamment, ainfi que la véritable ardoife, dans.le voifinage du lithantrax , dont il accompagne ou fépare les couches, plus généralement que toutes les fubftances nombreufes enfermées dans le fein des montagnes..
- 7Ï9- Quant à ce que l’on avance ici fur cette efpece d’homogénéité plus; ou moins parfaite,, elle eft telle que ce fchifte n’eft pas toujours entièrement^ à négliger y ou pour l’attention qu’il peut, mériter lorfqu’il fe rencontre dans des fouilles , ou. pour les ufages auxquels il peut être appliqué..
- 760. En Allemagne.il eft alfez.commun de trouver le charbon de terre fous-les carrières d’ardoifes.. Dans l’ardoiferie de Mansfeld,- on trouve un vrai bitume - qu’on appelle fchieffer-jlein (114) , même des morceaux de bois, & une matière abfblument femblable au lithantrax , laquelle expofée à la pluie s’enflamme de même: ajoutez à cela l’emploi que l’on fait de ces fchiftes pour entretenir, du. feu dans, les bures d'airage , &pour d’autres ufages communs des-houillères..
- 761.. Dans les ardoifiêres d’Angers, on apperçoit dès veines & dès filons qui tiennent de l’ardoife & du charbon de terre : par la diftillation on en retire un fel volatil huileux,; comme on en obtient du charbon de terre & du fuc-cin (*)..
- 762. Les détails dans lefqueîs je fuis'entré fur cette couverture des mines de houille dupaysde Liege , fect. VII, art. 3 , les nœuds,les drufenpyriteux auxquels elle eft. fujette, & qui dérangent ion organifation, font, à peu de-chofe. près y dans cette enveloppe ce qu’on appelle chat dans les carrières;
- (114) M. Sclireber femblè révoquer en de M.Guettard fur les ardoifieres d’Angers doute l’êxiftence de-ce bitume dans l’àr- dans lès mémoires de l’académie royale des; doifiere de Mansfeld. fciences, ann. 1757.
- (*) Art de tirer , de fendre & de tailler ( 11 ç) Voyez le quatrième volume de-
- les carrières de pierres d’ardoife, par M". de cette édition, fougeroux (n 5 .) Voyez aufli le mémoire.
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- DU CHARBON DE TERRE
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- d’urdoifes , & démontrent qu’elle a beaucoup de chofes communes avec ce qu’on nomme Vardoife.
- 763. Toutes ces couches ardoifées quelconques ne font confiammerit que des argilles ou fchiftes variés, nommées différemment, ou en tant qu’elles forment le toit, le fol ou la bafe des veines , ou en tant qu’elles font char-bonneufes , bitumineufes, métalliques, pyriteufes, &c.
- 764. Après ces couches diverfifiées qui entrent, pourainfi dire, dans la compofition des montagnes de charbons & qui leur appartiennent elfentielle-ment, la pierre ou terre ampelite & le jaïet qui 11e font point rares dans nos provinces, qui foutiennent une comparaifon affez fuivie avec le charbon de terre ( fe&ion III ) , méritent d’avoir une place dans cette récapitulation générale.
- 76$. L’ampeliTE connu en France, n’eftpas abfolument la mèmefubftance que celle qui était défignée fous ce nom parles anciens : c’eft néanmoins un vrai bitume, mais fec & friable, difpofé par écailles plus ou moins liées en-femble , de manière qu’il s’en rencontre de dur & de tendre. Celui qui eft particuliérement en ufage fous le nom de pierre noire, vient d’auprès de Sée^ ou Sais en balle Normandie , où il fetire delà cour d’un curé qui s’en fait un revenu. Les ouvriers s’en fervent comme de pierre à marquer , ainfi que de plufieurs autres de ce genre , qu’ils nomment indiftindlement craie noire par rapport à la trace qu’elle faille, comme la craie blanche , fur les corps folides. V. feét. I. Dans quelques endroits on l’appelle auffi terre à vigne, parce qu’elle tue les vers qui montent aux vignes.
- 766. Le jaïet, non moins commun en France que ne l’eft dans quelques mines de charbon de terre de la Grande-Bretagne celui que l’on y range parmi les charbons de terre fous le nom de kennel-coal, feét I, feck XI, art. 4, eft une fubftancefolide, dont la première bafe eft plus fupérieurement dans l’état de minéralifation propre aux bitumes, 8c par conléquent qui eft plus dénuée* de parties terreufes. Voyez fetft. III.
- 767. L’entiere reflemblance du jaïet avec le kennel-coal, confirmée par les effets de l’un & de l’autre dans le feu & fous la main du tourneur, où tous deux s’éclatent & s’émiettent comme le grèspou/ou le marbre pouf, nous permet d’envifager le jais, de même que le kennel-coal, au moins comme un analogue du charbon de terre : ce qui déterminera à indiquer à part les endroits où l’on connaît ce bitume, foit qu’il fe rencontre dans des provinces où l’on ne connaît pas de charbon de terre, foit qu’il fe trouve dans le voilinage de ce s mines.
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- Provinces de France 3 dans lefquelles on connaît des mines de charbon de terre.
- 768- D’après la quantité de charbon de terre qui eft importé tous les ans-à Paris par le canal de Briare, pour nos maréchaux, nos taillandiers, ferru-riers & autres ouvriers de ce genre, perfonne n’ignore que ce fofïile fe trouve particuliérement dans l’Auvergne , dans le Forez & dans le Bourbonnais ; mais ces trois provinces, pour être les feules qui en fournirent pour le préfentà la capitale, ne font pas les feules, à beaucoup près , dont le fol en contienne.
- 769. La preuve fera inconteftable dans le pouillé par lequel je vais terminer cette première partie , à laquelle il eft lié naturellement. On ne doit pas le regarder comme chofe de pure curioftté ; il fe trouve lié aufîi avec la fécondé partie de cet ouvrage , dans laquelle cette matière traitée par rapport au commerce , fera confidérée en particulier dans fes propriétés & dans fes-qualités , comme matière propre à concourir aux moyens fuggérés depuis long-tems par des citoyens aufti diftingués par leur zele patriotique que par leurs lumières r pour obvier à la confommation effrayante de bois de toute efpece. Des ouvra-, ges (a) que tout le monde a entre les mains, ont annoncé les expériences utiles que leur fage prévoyance leur a fait entreprendre avec fuccès, foitr pour naturalifer des arbres étrangers ,.foit pour conferver ceux dii royaume,^ en décidant les terns fixes où 011 doit les couper dans les circonftances les plus avantageufes-, &c. (b).
- 770. L’introduction du charbon de terre dans nos foyers n’eft pas, comme 011 peut-le prelfentir, fi étrangère à ces vues économiques , puifqu’elle offre à la France une reffource utile contre le dépériffement de fes forêts qui commencent à ne pouvoir plus fuffire à nos cheminées. Ceux qui favent que dans l’Auvergne dans le.Forez principalement ,-1’iifage du charbon de terre n’eft pas reftreint aux célébrés manufactures dont il fait le fbutien, que les habitans des environs de S. Etienne en particulière fans aller au loin chercher des exemples que nous avons près de nous ) y trouvent encore les avantages d’un chauffer commode & peu difpendieux y ceux-là , dis-je , affurés de:
- (a') Voyez le mémoire intitulé : Flexions fur l'état des bois du royaume & fur les précautions qu'on pourrait prendre pour en empêcher le dépériffement & les mettre en valeur , par M de Réaumur. Mém. de lacad. roy. desfcienc. an. 1721.
- p. 284-
- Difcours fur la néceflité de perfectionner la métallurgie des forges pour diminuer la confommation des bois , &c. par î/b le marquis de Courtivron. Mémoires*
- dè V'acad. royale des fciences, ann. 1747 , page 287-
- {b) Mémoires fur laconfervation £«f le rétabliffement des forêts , par M. de Buf-fon. Mém. de l'acad, royale des fciences , an. 1739, p. 140-
- Diclionnaire encyclopédique, au mot bois, en citant les mémoires dé M de Buffon fur la culture , l’amélioration & la^ confervation des bois*
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- Fexiftence du charbon de terre dans la plus grande partie de nos provinces," reconnaîtront qu’il eit facile de fe mettre à l’abri d’une difette dont le danger femble tôt ou tard inévitable (a).
- 771. Pour indiquer les endroits de notre France où l’on connaît actuellement du charbon de terre, je conferverai la divifion géographique par provinces , en commençant par celles qui font limitrophes du pays étranger par lequel j’ai fini la fedtion précédente (E). Je profiterai toutes les fois que je le pourrai, de mémoires qui auront rapport à quelques endroits en particulier , faifant le tour delà France, commençant par le Cambraifis, finilfant par la Normandie & PIsle-de-France : ce qui comprendra le Cambraifis, la Lorrain,e, l’Alface , la Franche-Comté, la Bourgogne, la Brefle, le Lyonnais, la Provence, le Languedoc, la Guyenne, le Rouergue, leLimoufin, l’Auvergne, le Forez, le Bourbonnais, le Nivernois, la Touraine, l’Anjou , le Maine, la Bretagne, la Normandie, l’Isle-de-France.
- Partie françaife du DUCHÉ DE LUXEMBOURG.
- 772. A Signy & à Montalibert, duché de Carignan, un Liégeois a entamé Une mine de charbon qu’il a abandonnée faute de pouvoir fournir aux frais. O11 prétend qu’à Prémoy, près Montmédy, 011 a tiré de la houille qui faifait un très-bon feu.
- Haynault Français.
- 773. Ce n’eft que depuis la réunion de cette partie méridionale du Haynault au domaine delà couronne, que cette branche importante de commerce fleurit dans cette province. Elle en a l’obligation à feu M. le vicomte des An-drouins, que les échecs ordinaires dans toute efpece d’entreprife, n’ont pu détourner de hafarder fes talens & fa fortune pour l’utilité de fa patrie. En vertu d’une permiflion particulière & d’un arrêt du confeil, il commença fi heureufement fes recherches au village de Frefnes , qu’en 1717 il y découvrit
- (a) Uoannis Philïppi Büntings Sylvafub-terranea , ou différente utilité des veines Çe? mines de charbon de terre , leur exploitation emploi pour le bonheur des hommes , & fur-tout des endroits où il n'y a pas beaucoup de bois. In-12 , 8 feuilles en langue allemande. Halle, 1699. Quelque foie cet ouvrage, je ne Lis que citer le titre relativement aux vues d’utilité qu’il annonce, n’ayant pu le découvrir dans
- aucune de nos bibliothèques.
- (b) Feu NI. Hellot, dans la tradu&ion de Schlulter, que j’aurai occafion de citer, n’a pas cru devoir exclure de l’état qu’il a donné des mines de France, celles du charbon de terre : on verra de combien j’ai augmenté cet état ; le ficn n’en tient qu’une trentaine, que j’ai marquées d’un aftérifque.
- du
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- •du charbon de terres cette mine fut inondée par une fau.rcc, & les intérêts en abandonnèrent la pourfuite. Le vicomte des Androuins ne perdit points courage ; une nouvelle tentative favorilée par le confeil de Sa Majelté, 11e fut .pas tout-à-fait fans fuccès; en 1723 on trouva du charbon, mais qui ne convenait qu’à la cuilfon des briques & delà chaux. L’efpoir d’une réuflite plus marquée 11’était donc point chimériques l’exillence du charbon de terre dans ce voilinage était aulÜ indubitable que la ruine des entrepreneurs avait été prochaine. La confiance que s’était acquife le vicomte des Androuins par la tprobité, fou tint leur courage , & couronna leurs travaux recommencés fur Anzin, près la porte de Valenciennes, nommée la porte Notre-Dame, ou la porte de Tournai. En 1734, on rencontra du charbon de terre qui fut jugé par les elfais convenir à toutes fortes d’ulages, & être pour le moins égal en qualité à celui de l’étranger. On peut voir dans le journal économique de 175 2 (*) les détails de ces travaux , qui doivent rendre la mémoire de M. des Androuins immortelle dans le Haynault.,..
- 774. Cette découverte a donné lieu à celle de toutes les autres mines qui font aujourd’hui très-nombreufes dans ce quartier, depuis Haine-Saint-Pierre, jufqu’à Mous & au-delà s favoir : à Frefnes , où le charbon de terre eft en plature & s’effeuille par lames : il fe tire gros & menu indiftindement: On y compte trois foffes, la première appellée Dur-fin, la fécondé foffe de la Pâture , la troifîeme foffe Saint-Lambert. A Anzin, près Valenciennes, où il y a trois petites veines plates Tune fur l’autre, courant eft-pueft. Les autres foffes de ce voifinage font une dite foffe d’en-haut, & une autre foffe d’embas À Raifmes, au nord d’Anzin, Mouton noir , Comble, Pied, la Croix, &Midy„ Il y a environ deux ans qu’011 a découvert une nouvelle mine de bon charbon dans le jardin de madame duPérolle, près Notre-Dame du S. Cordon.
- 77V Les houillères du vieux Condé font celles appellées/o^é des trois Arbres, gros Caillou, Sainte-Barbe, S. Roch , du bon Carreau ; au bois de Condé le Caniftere, le Chêne. S. Vaaft au midi. Pied fur S. Vaalt. Bois de Bonne-Efpérance. Le charbon de cet endroit, au fortir de la mine , n’a rien de ce noir que l’on fait être particulier à ce foffile ; c’eft plutôt une couleur brune, qui fe diffipe à la longue, mais que l’on y démêle toujours. Les veines de cette province ont du nord au midi environ deux lieues. Elles font d’une très-bonne qualité à l’extrémité du côté du midi, mais petites & irrégulières. Celles qui font à l’extrémité du côté du nord, font d’un charbon fec. Ce n’eft qu’au milieu de cette largeur de deux lieues qu’on en trouve d’abondantes & d’un bon produit. Généralement, leur direction efi; del’eft à l’oueft; quel-
- (*) Sous ce titre, journal des travaux couverte & l’exploitation des mines de char-faits dans le Haynault Français pour la dé* bon de terre. Mois d'août, pag. 82.
- Tome TI. V v v
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- DUCHARBON DE TERRE
- ques-unes ont leur pendage à l’horifon, tantôt plus , tantôt moins incliné...
- 776. On donnera ici l’état des matières qui ont été reconnues dans, la* -fouille d’Anzi-n. Le journal économique du mois de feptembre 1756a rendu* public ce détail (a) y mais la facilité que j’ai eue de juger des fubftances qui: y font nommées , me permet d’y ajouter plus de précifion.
- 777, A trois toifes de profondeur-, fous des pierres ou marks blanches, fe.
- rencontre d’abord une terre qu’on appelle bleu mark, qui a neuf pieds d’épaif--feur. Cette fubftance glaifeufe porte fur une pierre grife,fous laquelle nm trouve un lit de marie que l’on emploie à faire les boulets. Voyez fedion IX ^ art. 2. La marie couvre un banc de terre grife de huit à neuf pieds d’épaif-feur, & plein de coupes, à laquelle fuccede un troifieme bleu marie féparé comme les précédens d’un quatrième bleu marie ; il couvre un lit de glaife.-qu’ils appellent dieve, & quelquefois,/narle ; elle différé des autres maries par • fa couleur qui eft verdâtre; elle eft impénétrable à l’eau, & a onze toifes d’é-paiffeur environ. Ce lit de dieve eft fuivi d’une autre couche de huit pieds; d’épaiifeur, formée d’üné terre verte.,, pefante, fans coupes, féparée de la dieve par de petits cailloux roulés, qu’ils,nomment des paillettes (ffl). Le tout forme trente-quatre toifes de couverture terreufe depuis la furface jufqu’à la . tête des rochers qui commencent fous la dieve.
- 778. Les houilleurs du Haynault Français diftinguent fix rochers qu’ils; délignent par leur place , de premier roc ou première pierre, fécond roc ou faconde pierre, &c.’ iefquelles font toutes femées de mica blanc , font , dans quelques; parties , feu contre l’acier,. &reiremblent beaucoup au frefflone.âes Anglais,, & à ce que les Liégeois appellent grès. Ces rochers ^quoique durs, fe détrern--peut peu à peu par le féjour des eaux, & alors s’éboulent fort aifément. 1
- 779. La quatrième pierre qui compofe la couverture pierreufe, eft la feule * qu’ils défignent par le nom particulier de.coirelle, quarelle; laquelle ne femble-point-différente des autres.
- - 780. Lorsqu’on a traverfé ces rochers, on parvient aux veines de charbon : le premier fe rencontre à cinquante-huit toifes de profondeur.
- - 781. L’extrémité d’une veine nommée-à Liege téroulle(voyez fe&ioni VIII, art. 2 ), eft appellée par les houilleurs de cette province affleurement / lorfque cette trace n’eft pas continue à la veine ( voyez fection VIII, art. 2 ils lui donnent le nom d ''affleurement volant. Ces veines qui viennent fopper aui
- (à) Intitule, fuite du journal des tra- rencontrer une terre remplie dé petits vaux faits dans le Haynault français pour cailloux , à moins qu’elle n’aboutilTe à;une la découverte & l’exploitation, des mines autre. Voyez fa métallurgie, ou Y art de de charbon de terre , p. s purifier les métaux , traduit de l’efpagnol.,
- (6) D’après Aiphonfe Barba, c’eft une imiz, Paris , 1751 , 1. vol. c, 2.5. très-mauvail'e marque dans une mine de
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- jour', reviennent aux filons que dans les mines métalliques du Tirol & d’Ak lemagne on nomme coureurs de jour (a). Le plancher de la veine, qui y eft déligné fous le nom de mur, 8c le toit font de la même nature ; leur épailfeur eft d’environ deux ou trois pouces.
- 782. Ces deux couvertures, fupérieure & inférieure, font fujettes aux obftacles pierreux dont il a été parlé fe&ion VII, art. 4, 8c qui portent le nom général de crins.
- 783- Le charbon hors de la houillère eft diftingué en deux efpeces générales. Celui qui eft brifé , qui ne fe tire qu’en parcelles , fe nomme menu char-bon ou charbon de forge, parce qu’on l’emploie à la forge; de maniéré même qu’on l’appelle quelquefois fpécifiquement forge, d’où ils appellent celui qui eft mêlé de petits nerfs pierreux, connus parmi les ouvriers de cette province Lous le nom de gailUites ou gai le t s, forge galleteufe ; on le nômme auffi charbon léger.
- 784* CE charbon appellé forge galleteufe, eft oppofé à la fécondé efpece dite gros charbon, qui eft celui qui refte en gros morceaux. Il fe vend au poids; ce qui donne peut-être l’explication du mot charbon de poids, fous lequel il eft îconnu dans cette province & dans plufieurs autres. La portion de ce gros ^charbon qui fe tire en petites maffes, eft appellée charbon en boule (b).
- Lorraine (/}.
- 78 T* * A Hargarthen, à trois lieues au fud-eft de Sar-Louis, il y a une mine dont le charbon, renfermé dans une matrice fablonneufe , eft entremêlé de galene (d).
- 786- Ce métal s’y trouve fous différentes formes ; on y rencontre non feulement la mine de plomb la plus ordinaire, qui varie feulement dans l’arrange-ment & dans la grandeur de fes cubes, mais encore la mine de plomb favonneufè
- (a) Dans les mines métalliques, les ülons qui donnent de la mine au jour font rarement avantageux.
- {b) Attenant Mortagne , dernier polie Français dans le Tournaifs, entre Condé & Tournai, fur le bord de I’Efcaut, il v a une jnine de charbon au village de Flines , Flandre Walloue.
- (c) Dans le voifinage de Tatt-vceiler , petit village fur'le chemin d’Otteweiler, Lorraine Allemande , à une lieue & demie de Sarbruck , il s’en voit une près de laquelle on trouve, une efpece d’ardoife &
- une mine d’alun. Etat des mines , par M. Hellot.
- M. Davila , dans fa magnifique collection, avait un morceau de pierre de cette mine , remarquable par lefalpêtre qui s’y effleurit en quantité ; ainfi qu’un échantillon de mine de plomb terireufe blanche d’Artaunfinden à Tuttweiler , terra plumbaria alba , efpece de marne faifanfc effervefcence avec l’eau-forte , & tenant plomb.
- (d) Plumbum particulis cubicis. Galena fragrnentis micantibus. Galene à facettes.
- V v v ij
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- DU € HA RB 0. N D\E^ TER R E
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- à-parties'plus vifibles, regardée comme rare par M. Henckel. On voyait un échantillon de-chaque, provenant de cette mine, dans le cabinet de M. Davila;
- 787. Dans les folfés de Nanc y, vieille ville, il fe trouve une ardoiûere «ntre-mêlée d’un banc de charbon de terre. & d’un banc de jaïet.
- P A Y S M E: S S I. N.. »
- 788- Hors la ville de Metz,. près des glacis de la porte de la ville nommée-forte des Allemands, on trouve du charbon > mais en général le charbon de Lorraine n’eft pas eftimé..
- Haute A l s a c e (E).
- 789. Val de Vîllers, qui Çigm&Q villepres de Villers , à deux lieues de Schei--lejlat, dans un endroit furnommé laLey..
- 790.. *' A Saint-Hippolyte fur les confins de f Alface, au pied du mont de Volge, à une XizsxQ.àQ Schelefiat ; cette mine donne deux fortes de charbons,.
- F R A N G H E - C O M T É.
- 791. La mine de Champagné (£) eft très-abondante, & les ouvriers eft!*. ment qu’elle ne pourra pas- être épuifée de quinze-ou vingt ans.
- 792. Le charbon eft d’une fi bonne qualité qu’on vient en chercher de Klingental, manufacture royale d?armes blanches , en Alface, qui en eft éloigné de trente à trente-troislieu.es , quoiqu?il y ait une mine de charbon à dixr lieues de cette manufacture^
- " 793* Parmi les charbons de Champagné' on en trouve, ainfi que dans, “beaucoup d?autres mines, qui font chatoyans, c’eft-à-dire, dont les écailles-bleues ou vertes, comme dorées, ou de couleurs mêlées, tantôt diftinCtes, tantôt féparées, le font paraître moucheté de maniéré à pouvoir être comparé au charbon queue de paon des Anglais. Voyez feétion XI, art. 2. On, pourrait le nommer lithanthraxvariegamm,Uthanthrax lieliotropium.
- (a) En baffe Alface font les mines de on en tire à l’alambic deux-huiles différent Lampertjloch proche Haguenau , qui don- tes feulement par leur épailfeur, que l’on, nent un véritable afp-halte; la première emploie depuis quelques années à quantité, couche de ces mines forme une maffe ter- d’ufages.
- reufe , feche-, extrêmement compade ; la, (6) Près de Ronchamp , prévôté de Fau-feconde eft la même fubftarice quirne dif- cogney , à deux lieues de Bcffort : elle eft fere de la première que parce qu’elle eft dépendante de l’abbaye princiaire de Lure. plus graffe, plus molle, & que les grains LesAllemandsécrivent&prononcentZu6&. qui la.composent ne font pas liés enfemble; ders.
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- ET LESES MINES.
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- 794. La découverte de la mine de Lure a donné lieu à une autre tout près dans une monticule couverte de beau bois 5 elle appartient à M. le baron de. Reinach & à M. Dandelot. Le charbon s’y trouve fous une épaiffeur de trente toifes de roches feuilletées,,
- 79 5" - A lïx lieues de Saint-Hîppolyte, attenantMorteau , près le mont'Jura, qui iéparela Suilfe de la Franehe-Comté, M. de Genfanne fait mention d’une mine de charbon de terre de très-bonne qualité , mais dont on 11e fait point d’ufage : il y a- aux environs-beaucoup de terres alumineufes. M.- de Gen~-fanne, d’après fon opinion fur les indices delà calamine, & qui demande^ confirmation , préfume qu’il fe trouve de ee minéral dans ce quartier ; le ter-rein lui parait être de la même qualité que celui d’où l’on tire de la calamine: près d’Aix-la-Chapelle ( a ). Le même phyficien a reconnu auffi des annonces de l’exiftence du charbon de-terre près de Salins* Aux environs de Lons-le-Saunier iiy en a une grande quantité..
- 796’. A quelque diftance de là , tout près du village de Sainte-Agnès, 011 trouve une couche de matière foifile , qui parait être la même que celle dont j’ai fait mention art. 1 de la fection II. C’eft une mine de holtç-kohlen, 0u de charbon de bois foftile,. qui vraifemblablement eft la continuation de celle de Cuizeaux. cc M. de Genfanne en a obfervé des morceaux de cinq pieds de 3, long fur flx pouces de diamètre ; ils 11e font pas ronds, mais ovales & un s, peu applatis : leur écorce eft très -bien confervée, & reifemble à celle du „ chêne : la partie ligneufe, fi on peut l’appeller ainfi, eft d’un brun noir & 33 reifemble fort au jaïet. Lorfque ces tronçons ont été un certain tems à-s, l’air, ils fe caftent tranfverfalement ; & la calfure qui eft très-luifante, laifte 33 voir très-diftincftement les cercles de croiftance comme ceux que l’on voit. 3, au bout d’unfapin qu’on a fcié ; avec cette différence feulement, qu’au lieiu M de cercles ce font des ovales concentriques. „
- Bourgogne(^).
- 797. Dans le comté d’Epinacq , entre Autun & Baune , à trois lieues de> diftance de l’un & de l’autre, près de Noie, la mine de charbon eft fort peu-enfoncée. La première veine qu’on y a découverte, eft une plature de fept pieds d’épaifteur, & donnant du charbon de.bonne qualité : c’eft ce qu’en; rapporte le.j.ournal économique de feptembre 175.6, p. 66. A Guerfe, fei-
- (a) Mémoire- fur l’exploitation- des (A) On a prétendu avoir trouvé du char-mines d’Alface & du comté de Bourgogne ; bon de terre dans le Maçonnais ,aux envL-quatrieme volume des mémoires préfentés rons de Cluny. à l’académie royale.des fcienc.es,
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- X26 DU C H A rCB 0 N DE TERRE
- gneurie dépendante de Marigny, paroiffe de Banci, il y a une carrière de pierres meulières (<z), & une mine de charbon, qui n’ont pas été exploitées* Marigny eft fitué à une demi-lieue du mont S- Vincent, à fix lieues de Cha-rolles , à une lieue du grand chemin de Dijon à Charolles.
- 798- Meillonaz, à une lieue & demie de Bourg en Brefle , à demi- lieue de Tréfort, de Jaflérou & de Ceyferia.
- 799. Le charbon de terre eft la feule richeffe de quelques cantons du Lyon-, nais, en particulier du territoire de Gravenand, de celui de Mouillon. La matière y eft fi abondante, que fix àfept puits fuffifent aux befoins de la province, d’où il s’en exporte encore par les ports du Rhône, Givors, Condrieu &S. Rambert.
- 800. On diftingue dans ces mines deux efpeces générales de charbon de terre. On donne le nom de charbon peyra, qui vraifemblablement veut dire charbon de pierre , à l’efpece de charbon qui, lorfqu’on l’attaque dans la mine, fe détache en maifes confidérabîes, comme on détacherait des pierres dans une carrière. Il eft luilànt à l’œil, léger au toucher, & fonne clair quand on le frappe.
- 801. On a donné le nom de charbon menu au charbon tendre, qui, à la différence du précédent, ne peut fe détacher comme lui en gros morceaux , mais ne s’enleve qu’en moindres portions, ainfi que ferait de la terre dont les parties ne fe foutiennent pas affez pour pouvoir être enlevées en bloc : ce qui pourrait avoir donné lieu à la fauffe dénomination de charbon de terre. O11 l’appelle auffi charbon de maréchal & de forgeron,
- 802. Enfin, ils ont une troifieme efpece de charbon qu’ils nomment charbon grêle; on appelle ainfi celui qui eft entre-mèlé de cette arêtepierreufe dont il a été fait mention fedion VIII, art. 2, que les houilleurs Liégeois appellent nerf. Dans le Lyonnais on le nomme gorre (b ) ; & les mines qui y font fujettes, font appellées veineufes; il s’en trouve qui font prefque moitié gorre, moitié charbon.
- 803. Les endroits d’où l’on tire le charbon de terre dans le Lyonnais, font : à Sainte-Foix l’Argentiere , S. Genis Terre noire , S. Martin la Plaine j S. Paul en Yareft, Rivedegiez fur la petite riviere de Giez.
- 804. * S. Chamont, ou S. Chaumont furie Giez, eftaufli connu, non feulement par la mine de charbon qui s’y trouve , mais encore par les recherches lavantes que feu M. Antoine de Juifieu a faites fur les empreintes dont l’enveloppe de cette mine eft chargée (c).
- (a) Voyez le mémoire très-curieux de amincit la veine , eft appellée par les houil-M. Gnettard , fur ces pierres, la deferip- leurs de Charleroi veine. tion de leurs carrières, &c. Vol. de l’acad. (c) Voyez les mémoires de l’académie royale des fciences, ann. 17,-8. royale des fcienccs , ann. 1718 , p. 387*
- (b'j Cette nervure qui altéré toujours 6c
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- ET DE SES MINES.
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- So^o. Ce fchifte feuilleté, qui forme le fol & le toit du charbon dans cet endroit,-, eft apy.ell kfchalkt, nom qui différé peu de celui que donnent les Anglais à l’ardoife charbonneufe de ces mines,shall. Voy. lèét. XI, art. I.
- D A U P H I N É (rf).
- 806. Dans l’état général du commerce de l’Europe , le haut & le bas Dauphiné font mis au nombre des endroits de la France qui ont du charbon de terre (A).
- 807. Dans les montagnes voifines- de Briançon dans le haut Dauphiné , on a ouvert depuis plusieurs années une mine de charbon de terre pour l’ufage des troupes du roi.
- 808. * Entre Cézanne & Seftriches , dans le même endroit où l’on trouve la craie de Briançon, à trois lieues de cette ville.
- 809. * A Ternay, élection de-Vienne,.dans le bas Dauphiné, on avait en 1747 des indices d’une mine de charbon, fituée au bout d’une plaine feche & aride qui fe termine par un vallon, dans le haut duquel elle a été attaquée.
- P R O V £ N C E ( O-
- 810. Près d’Aubagne , à Pépin , route de Marfeille. Les montagnes de la Provence ont auiïi de ce s mines. On en apperçoit fur les collines du cap Couronne au fort de Bouc, principauté de Martigues.
- Lan guedoc (d)..
- 811. On connaît à Crameau ou Caramos près d’Alby , dans le haut Lan--
- (a) Chorier, dans fon hiftoire du Dauphinefait mention d’une efpece de minéral folide, commun dans cette province , dont il y avait des mines abondantes à la Croix-Haute, paroifTe dont dépend la terre de Lux , & dans une partie de fon territoire. 11 ajoute qu’on venait depuis quelques années d’ouvrir auprès de Vienne une mine de ce minéral connu fous le nom de trabmch, dont le commerce était très-avantageux. 11 ne refte plus dans cette province aucune trace de ce vernis minerai , qui fans doute était du genre dont on a parlé, pag. ç 24, note a ; à moins que ce
- ne foit la pierre de Périgueux.
- (Z>) Voyez le dictionnaire du commerce, article du Dauphiné £«? de Ja généralité. L’année derniere on a découvert dans un endroit nommé Aq/c, une couche très-épaifle de mauvais jaïet.
- (c) Jaïet, dans les territoires de Pey--nier, Mazaugues , Forcalquier, & les dépendances de là Sainte-Baume , au terroir de la Roque
- (dj A l’endroit nommé la BaJUde del Peyrat, il y a eu cinq mines de jaïet * auxquelles il y a eu jufqu’à trois cents hommes employés ; une autre à Aulîbne ; & à deux
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- 528 DU CHARBON DE TERRE
- guedoc, des vèinesde charbon, fur lesquelles il ne m’eft rien parvenu d’in-térelfant.
- 812. Les obfervations lithologiques du Languedoc , par M. l’abbé de Sauvages (a), contiennent des détails intéreffans fur les mines de charbon qui fe rencontrent dans.le bas- Languedoc. Nous croyons faire pîailir au lecteur on inférant ici tout ce morceau.
- 813. „ Ces mines régnent dans différens endroits de la chaîne de monta-„ gnes qui s’étend depuis Andufe jufqu’à Villefort (b) & au village de Ver-„ gougnoux (c).
- 814. „ Les principales & celles qui en fournilfent à prefque tout le Lan-„ guedoc, font aux environs d’Alais, fur la rive droite du Gardon, & du „ chateau des Portes, entre le Gardon & laCaze. Elles affectent toujours les „ endroits dont le terrein ou les rochers font une efpece de grès d’un grain „ quartzeux, grifâtre, irrégulier dans la forme & dans fa groffeur, & dont •jj on pourrait quelquefois fe fervir pour des meules à aiguifer. On trouve „ dans leur voifinage des geodes & des pierres d’aigle.
- 815. ,j Les mines des environs d’Alais (d) font ordinairement par vei-„ nés , refferrées entre deux rochers au fond d’un vallon. Le charbon y „ paraît entaffé fans aucune diftinction de lits : lorfque les veines aboutiffent « à la fuperficie , le charbon elt altéré dans fa couleur & dans fa confiftance» 33 jufqu’à une toife de profondeur : on ne tire d’abord que de la terre noi--39 ràtre. A mefure qu’on creufe , le grain devient plus ferme , d’un noir plus ,3 foncé & plus luifànt : c’eft le charbon dont on fe fert pour les fours à ,3 chaux (e).
- 8x6. ,3 Ces mines font toujours accompagnées de deux efpeces de fchif-33 tes , connus parmi les mineurs du pays fous le nom de fjfe, qui femble-33 rait être un dérivé ou une corruption du latin fiffilis. La première efpece „ de jfiffe, qu’on appelle aufîi les gardes du charbon, parce qu’elle lui eft im-33 médiatement appliquée, & qu’elle l’accompagne par-tout, elt 1.11e pierre „ bitumineufe, mince, tendre & noire; elle ne différé de l'ampelitis ordi-„ naire , que parce qu’elle eft pliée ou ondée , & qu’elle a fouvent le poli ,3 & le luifant du jaïet travaillé. ’
- iieues des paroifles de Campenes & de Baf- (c'i Ce qui fait une étendue d’environ fener, jurifdidion de Goujeac , des mines dix lieues en longueur, de bitume, dont on tire du goudron, & (ci) AL Hellot indique quatre mines de dont on fait de l’afphalte. charbon dans le marquifat d’/liais , & deux
- (a) Mémoires de l’académie-royale des au marquifat des Portes, fciences , ann. 1747 , page 700. (e) J’ai un morceau de charbon des mi-
- (b') Non loin de la fource de la riviere nés d’Alais , qui eft pyriteux. de Chafefac.
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- ETBE SES MINES.
- ï'z*
- §17. „ Au-dessous de cette première fiffe, on en trouve une autre dont s, les couches font plus nombreufes & plus applaties ; c’eft une ardoilè feuil-33 letée (a) , tantôt noire , tantôt rouife, & toujours fort groiliere 5 elle fe 33 diftingue principalement de la première par les empreintes végétales (é)-
- 8 r8- „ Quoique nos mines de charbon foient à l’abri des eaux pluviales, „ elles ne laiffent pas quelquefois d’ètre humedées par des fources bitumi-33 neufes (c) , aulli anciennes peut-être que les mines, & qui font plus fré-3, quentes à mefure que les mines font plus profondes. Les ouvriers des mines 33 en font fouvent incommodés ; mais ils alfurent qu’en revanche il n’y a 33 pas de meilleur charbon que celui qui eft dans le voilinage de pareilles „ fources (d). „
- 819- En traitant ( cinquième fedion, art. 2 ) des météores qui s’obfer-vent dans les mines de charbon, j’ai renvoyé , pour les détails phyliques qui concernent les vapeurs fouterreines des houillères, aux mémoires de M. l’abbé de Sauvages & de M. le Monnier, médecin : ces morceaux ne feront point étrangers aux provinces dans lefquelles ont été faites les obfervations. Le ledeur curieux de s’inftruire pleinement de cette partie des mines , peut auiîi recourir aux mémoires de Vacadémie royale des fciences de Suede , tome I9 page 252 (e) , & au premier volume de l'art des mines, ou introduction aux connaijjances nécejfaires pour l'exploitation des mines métalliques , par M. Leh-r manu (/).
- 820. cc Les mineurs ont à combattre quelque chofe de plus dangereux qui ,3 les force fouvent à abandonner entièrement un puits ou une galerie, & 5, à fouiller ailleurs : c’eft une mouffette ou un mephitis , que les ouvriers du 33 pays appellent la. touffe. La toulfe de ces mines de charbon eft une exha-„ laifon probablement très-chargée de parties volatiles de foufre & de bitu-„ me, qui 11’eft fenlible ni à la vue, ni à l’odorat : elle s’élève à différentes 33 hauteurs , du bas des puits ou des galeries : lorfqu’on y plonge une lu-33 miere, elle s’y éteint prefque fubitement. La vapeur femble fe terminer,
- (a) Dans le pays des environs de Béziers, l’ardoife eft appellée laoufa \ celle qui eft plus tendre & friable fe nomme laoufil.
- (b) Les fchiftes des mines de charbon qui font à S. Jean de Vaüerifde, doyenné de Saint-Ambroife, dont l’auteur ne parle pas, font remarquables par cette même circonftance.
- ( c ) Ou vraifemblablement devenues telles en traverfantles mines de charbon. Voyez fect. V, art. 1.
- ( d ) Ce charbon pourroit fe rapporter à
- Tome VE
- celui de la mine de Wedneysbury dans le Staffordshire , & à celui d’Écolfe nommé Jprings-coal.
- (e) Des exhalaifons mortelles qui fe trouvent fouvent dans les mines de Sten? kol, par M. Martin Triewald.
- (/) Traité des mouffettes ou des exhalaifons pernicieufes qui fe font fentir dans les fouterreins des mines, traduit du latin de Zacharie Theobald, & enrichi de remarques par M, Lehmann.
- Xxx
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- DU CHARBON DE TERRE
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- r}î fans nuances par le haut & fur les côtés, puifqu’ime lampe allumée» pofée w dans certains endroits, ne foufffe aucune diminution dans fa lumière:
- on ne fait que tourner la lampe fur elle-même, ce qui fait trois ou quatre pouces de différence fur la place qu’occupait la lumière, & elle s’éteint. 82r. ,, Lorsque la touffe ne s’élève que fort peu au-delfus du fol, les ouvriers n’en font autrement incommodés que par un goût d’amertume qu’ils fenteut à la bouche ; mais lorfque cette exhalaifon gagne la charbonnière , ils fentent un grand effoufîiemeiit, ils ipâiiifent, ils perdent la ref. piration , & ils y perdraient la vie, s’ils ne fuyaient au plus vite , & s’ils n’étaient promptement fecourus.
- 822. „ La touffe qui fe rencoigne commiinément au fond d’un puits ou d’une galerie, ou dans quelque trou, marque toujours, félon les charbonniers., un fond de charbon dans les endroits d’où elle fort ; car il ne s’en éleve jamais de ceux qui font traverfés à deux ou trois pieds de profondeur par un rocher ou par une couche de terre.
- 823. „ Ce n’elf au relie que dans le tems des chaleurs que la touffe fe manifefte ; elle commence vers le mois de juin , & elle dure jufqu’à la fin de feptembre } de plus, il elt rare d’en trouver même en été dans les mines qui font expofées au nord. Tcmtfemble indiquer que ces exhalaifons ne font excitées par aucun feu fouterrein, qui les ferait élever en toute faifon , mais feulement par la chaleur du foleil 6c de l’athmofphere. Les charbon-niers'fe délivrent de la touffe lorfqu’ils peuvent pratiquer des foupiraux au haut de la mine, ou percer des contre-galeries ; ils établirent de cette façon un courant d’air qui diffipe l’exhalaifon à mefure qu’elle s’élève. „
- 824. Dans le bas-Languedoc, la pierre-à-fufil efi connue dans les Ceven-Ties, fous le nom d"'aubefoux. A une lieue de Vigan, on trouve cinq mines* IParoiife de Nefiez , dans les environs de Pézénas, entre cette ville & Clair-mont , on a ouvert une mine qui n’eft pas éloignée d’endroits où il y a eu des (volcans (a). Au même endroit il y a une montagne où l’on trouve des cailloux tranfparens. * Gabian , près la fourcc du Tongue , au bas-Languedoc (b). Le mont Condour , près de Bcujfague, renferme du charbon de terre, des mines de plomb & d’azur.
- 824.* Sai-nt-Bülis dans le Qiiercy, a auffi des mines. On en trouve aux environs :de Montauban.
- 826. Dans le Rouergue (c), il y en a à Cranfac * ou Carenfàc, entre
- (à) Voyez le mémoire de M. Montet fur tm grand nombre de volcans éteints qu’on trouve dans le bas - Languedoc, inféré dans le volume de l’académie royale des feiences pour l’année 1760 , pag. 466.
- (7ô On v trouve aufli un bitume gras, dont on fait du goudron.
- (c) A Lavilanet , & à Levan, diocefe d§ IVlirepoix , jaïet.
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- ET DE SES MINES.
- Marlillac & Albin , près la petite riviere d’Elle, peu éloigné d’une mine d’alun & des eaux minérales. Le vafte terrein appartenant au marquis de Bournaze!, dans la communauté de Cranfàc> n’eft, pour ainli dire, qu’une mine de charbon.
- 827. On en trouve à Feumi
- 828- A Severac-le-Caftel, fur une montagne, au bord de l’Aveiro, on a découvert depuis peu une mine de charbon de terre qui eft très-remarquable : il fuftit de voir ce charbon pour reconnaître qu’il eft très-riche en vitriol martial (a) s il eft d’ailleurs très-pyriteux, fort fchiiteux & un peu cuivreux» Pîufieurs excellens chy milles l’ont analyfé.
- 829. Dans la haute-marche de Rouergue, il y en a à Mas de Bonac, éledion de Milhaud ou Millau.
- 830. En avril ij6<; , onena découvert dans le bas-Limoufin, au village de Lafmais , paroifle de Bofmoreau, dépendant de l’ordre de Malthe , à une lieue de Bourganeuf, paroide du palais. Dans les environs d’Argentai, élection de,Brive. Dans les environs de Meymac , éledion de Tulle : c’eft la feule dont on faflè une extradion abondante. Paroifte de Varets , à peu de di£ tance de Brive , il y en a une de bonne qualité, mais que l’on croit peu xiche.
- 831. Tout le fol de l’Auvergne fe relient de la matière foflile inflammable," qui en compofe prefque généralement la malle : on y trouve beaucoup de (b) pierres - ponces ( 116) , de pierres noires , femblables à celles des carrières de Volvic; par-tout on retrouve des traces de bitume. Tout ce détail curieux fe trouve renfermé dans les obfervations de M. Guettard & de M. Du-tour fur la minéralogie de l’Auvergne (O; mais c’eft particuliérement dans h. Limagne que les mines de charbon font très-abondantes,
- (a) Ce charbon n’eft pas le premier que l’on ait connu de cette efpece; celui de la mine de Berglob ( fed. IV, art. 3 ) en eft un exemple.
- (.b) J? or us igneus lapidis lithanthracis. Waller, pumcx En fuéd. Kcijlein Pierre légère & poreufe . dont le tiffu eft quelquefois foyeux, & qui doit fon état à des volcans.
- ( 116') La pierre-ponce , en ail. Bimjlei'n , eft poreufe, légère ; une partie de fa fubf-tance femble avoir reffté au feu , tandis que l’autre a été défunie par l’sdion d’un feu fouterrein, il y en a de la blanche , dç
- la jaunâtre , de la brune, & de la noire On trouve ces pierres-ponces près des mers, où elles ont etc pouflees par les vagues, ou près des volcans. Une foule d’exemples prouvent que ces pierres fortent du fe nd des mers & du fein de la terre , par les volcans & parles tremblemer.s de terre. Voy. hifioire de I’acüd. repaie des faïences de Paris, ann. 1708. Di ci. de commerce, (be Savary. Bertrand, menu jur Us tniable* mens de terre.
- :c) Voyez les mémoires de Tccadcn.it royale des Jeknces pour l'année 1755;.
- Xxx i)
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- BU CHARBON DE TERRE
- Basse Auvergne ou Limagne («).
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- 832. Le charbon dans cette province n’eft pas difpofé par veines ; ce font des mines en mades , dont on a vu la définition (huitième fe&ion, art. 2, & treizième fedtion ) ; elles font traverfées de tems à autre par des bandes fchifteufes qui ne fe continuent pas.
- 833. Au village de Lampres, paroiffe de Champagnat, bureau de Mauriac» à cinq quarts de lieue de Bort, il y en a une mine qui eft ouverte depuis long-tems..
- 834. Il s’en rencontre beaucoup le long de la Dordogne du côté de Bort * placé au confluent de la petite riviere appellée Rue ; mais elles y font très-négligées, & donnent peu de bénéfice. Les endroits remarquables par cetts production , font ceux qui fuivent :
- 83 v Sauxillanges , à fept lieues de Clermont du côté du fud; Salverre , Charbonnière , * Sainte -Fleurine , Lande - fur-Alagnon , Frugere , Anzon ,, Bofgros , * Gros-Menii , * Foiîè, Ja Roche.
- 836. Ces trois dernieres fourniifent à Paris} mais celles qui font les plus connues, & dont le rapport eft le plus étendu , ce font celles des environs de Braiiager , village dépendant de Braflàc , près Brioude , fur l’Ailier , à neuf lieues de Clermont-Ferrand..
- 837- Il y a cinq mines , dont le charbon eft de différente qualité. Une appellée les Lacqs , qui tire à deux puits. La fécondé, la Mouillure, deux puits. La troifieme, Chambill&ve, un puits. La quatrième, les Gourds, un-puits. La cinquième , la Roche , un puits.
- 838- U y en a encore pluiieurs autres , comme les mines de la Mêchècote3
- la Leuge , la mine Rouge , la Barate & VOrme, mais dont le charbon ne s’envoie pas à Paris ; il n’cft propre qu’à cuire la chaux, d’où on l’appelle vul-ga i r e m e n t chauffrie. . .
- 839. M. Guettard, dans fon mémoire fur la minéralogie cle l’Auvergne (b) g indique entre Fontanes & la Motte un terrein de peu d’étendue, dont la* fuperficie eft d’une terre noire , mêlée de fragmens de charbon de terre.
- 840. L’exhalaison la plus commune dans les mines de charbon,.appellée par les Liégeois fouma , mouffette , & par les Anglais b ad-air , c’eft-à-dirmauvais brouillard ( fed. V, art. 2 ) n’eft pas inconnue dans les mines: d’Auvergne 5 cette vapeur y a été obiervée par M. le Monnier, médecin. *
- (a) Au-deffous de Montpenfier, mine de l’Auvergne , la deferiptien de cette monti-bitume, cle même qu’entre Clermunt & cule & du puits de Pege, pag. 5 92. hlontferrand , fur une monticule nommée (b) Mémoires de Vacadémie royale des: Coüelle ; on peut, voir dans le mémoire fciences, année 175.9, que je viens de citer fur la minéralogie de.
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- E T B E S E S Ml N E S.
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- dont nous rapporterons ici les propres ternies publiés clans les mémoires de l’académie royale des fciences (a).
- 841. “ Dans les grandes chaleurs de l’été, les culs-de-facs, les puits de „ defceute & les galeries font fouvent remplis dune vapeur appellée la „ pouffe, & qui devient quelquefois funeite aux ouvriers qui travaillent aux „ mines. Elle n’y régné jamais avec tant de violence que dans les plus gran-„ des chaleurs , & alors il faut abfolument ceffer les travaux de la mine > on 99 y courrait rifque de la vie.
- 842. 9, La nature & le cours de la pouffe préfentent des phénomènes bien ,9 linguliers ; elle s’élève de cinq à fix pieds dans les culs-de-facs , elle paffe 93 rarement deux pieds dans les galeries, fouvent elle rampe à terre, & s’é-33 leve à peine de iix pouces. Un mineur me conduifit une fois dans un coin 93 au bas d’un puits, où il ne paraiifait pas y avoir de pouffe : il ht un trou 9, qui avait à peine neuf pouces de profondeur, il en fut auffi-tôt rempli. 93 Elle n’abandonne pas ordinairement le parterre des galeries 1 mais j’ai été 33 fort furpris d’en trouver une lame épaiffe d’un pied & demi, qui traver-3.3 fait une galerie, enforte que le haut & le bas de cette galerie étaient ab-33 fl>Jument vuides de cette pouffe.
- 843. „ Elle ne préfente rien à la vue , au toucher , ni à l’odorat ; elle n’eiï 3, point inflammable * on n’apperqoit non plus aucune humidité. On 11e défi. ,9 cend jamais dans les mines fans avoir pluheurs lampes allumées : auffi-tôü J, que la lampe elt dans un endroit où il y a de la pouffe, elle s’éteint comme 33 elle ferait fi 011 la mettait fous le récipient de la machine pneumatique. » La vivacité & la promptitude avec laquelle la lampe s’éteint, fait juger de a, la force ou de la qualité de la pouffe 5 & en promenant cette lampe fuc-,3 ceffivement en différens endroits , 011 détermine fon étendue & fa direction-93 O11 a grand foin, quand quelqu’un defeend dans les puits, de regarder 93 avec attention la lumière de la lampe que tient celui qui defeend, & 011 „ ne manque pas de retirer la corde aulli-tot qu’on l’apperçoit s’aüaiblir 3, ou s’éteindre. Ceux qui vont dans les galeries dans les teins où on craint 93 la poulie, portent toujours une lampe en avant; & dès qu’elle s’éteint, ils ,3 ceffent d’avancer, & viennent la rallumer à d’autres qui font fixées d’efi 99 pace en efpace pour cet ufiige. „
- 844. Le phyficien dont nous communiquons en entier les obfervations ( réfervaut pour la fécondé partie de cet ouvrage les expériences qu’il a faites pour mettre les ouvriers à l’abri de ces inconvéniens ) cc regarde cette vapeur » comme du genre de celles qui ont la propriété de fixer & de détruire l’é-3j laflicité de l’air, telles que celles qui s’élevaient des caves du boulanger
- , ( a ) A la fuite de la méridienne de Paris, année 1740.
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- DU CHARBON DE TERRE
- de Chartres, dont il eft parlé dans Vhijhire de C académie, année 1710 js telles que font encore celles qui s’élèvent du charbon de bois allumé, qui iiJiïbquent ceux qui en brûlent dans des lieux étroits & bien fermés: enfin, celles de la vapeur d’une chandelle, d’une meche de fou lue & d’une infinité d’autres matières qui tuent fur-le-champ les animaux qu’on y renferme. Du moins la conformité des eitets delà pouffe avec ceux que produit la vapeur des matières dont je viens de parler , fembîe autorifer ce fenti-ment: cependant je ne faurais diiîimulér que l’air dans lequel fe trouve la pouffe, m’a paru avoir autant de reilort que celui qu’on refpire dans la mine ; cary ayant mis mon baromètre , j’ai trouvé la hauteur du mercure dans la pouffe de vingt-fix pouces huit lignes fept douzièmes , tandis qu’au haut du puits de la forge il n’était fufpendu qu’a la hauteur de vingt-fix pouces fix lignes fept douzièmes»
- 84Ï- „ De plus , le thermomètre qui au haut du même puits de la forge* était dans l’air libre à vingt-deux degrés au terme de la congélation, n’était plus qu’à feize un douzième au fond de la mine & dans la poulie : ainfi la plus grande élévation du mercure dans le baromètre, & le plus grand abaiifement du thermomètre , prouvent que l’air dans lequel liage la. pouffe , elf plus denfe que l’air extérieur,
- 846. „ Voici maintenant les expériences que j’ai faites pour détruira cette vapeur; elles font fondées fur une conjecture qu’elle détruit Délai-ticité de l’air. J’ai fait defeendre un bon réchaud de feu avec une bouteille de vinaigre ; j’ai fait mettre ce réchaud dans lin eul-de-fae où il y avait beaucoup de pouffe ; & comme le feu s’en éteignait rapidement, je me preffai de verfer quelques cuillerées de vinaigre, qui achevèrent de l’éteindre, & ne difTiperent point la pouffe : elle me parut, quand j’y mis la lampe , prefqne auifi vive qu’avant que j’y euife fait mettre le réchaud. Je remontai à terre, &je fs allumer de groifes mottes de charbon que j’enfermai dans une cage de fer ; je fis aufîi rougir à la forge line douzaine de gros cailloux , & je pris des morceaux de toile à faire des Pacs, avec une bonne provifi m de vinaigre. Dès que je fus arrivé en-bas avec tout^et appareil j j’allai à un endroit où il y avait de la pouffe : après avoir fait l’eifai avec la lampe , j’y jetai deux ou trois de mes pierres enveloppées dans de la toile imbibée de vinaigre : il s’éleva aufîi-tôt une vapeur épaiffe d’une odeur forte de vinaigre, que j’eus foin d’entretenir en y verfant quelques autres cuillerées. Quand ie remis la lampe , fa lumière fe conferva très-vive 8c, fans s’éteindre. JVlai faire la même expérience à divers endroits ; elle me réuffit de même, & j’en chafiais la pouffe affez promptement : mais ail bout d’une heure & demie , quand je vins à l’endroit où j’avais fait la jj première expérience , je trouvai qu’elle commençait à revenir » & le leJ^
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- ^ demain il y en avait autant que la veille ; avec cette différence feulement,’ „ qu’elle parailfait moins vive. J’ai projeté du tartre en poudre fur des ,, charbons ardens que j’avais mis dans la pouffe; la fumée qui s’en eft éle-„ vée a détruit la pouffe : mais elle eff pareillement revenue au bout d’un „ certaintems. Je crois qu’on trouvera toujours cet inconvénient, quelque s, matière qu’on emploie pour diliiper cette vapeur : {avoir, qu’on chaffera „ bien celle qui eff préfente, mais qu’on ne pourra pas empêcher qu’il en „ revienne d’autre à la place. Comme je n’avais pas dans ce village quantité „ d’autres chofes que j’aurais pu éprouver, je m’en fuis tenu à ces expék. 55 riences. „
- Fore z.
- 847* Fe charbon de terre eff connu dans cette province depuis fort longu tems. Guillaume & Jean Blaeu (a) remarquent près de Saint-Etienne de Furen ou de Furand, trois montagnes qui jetaient du feu. L’une de ces montagnes y eff appellée mine ; l’autre, viale; & la troifieme , où fe trouvent des charbons de terre, bute. Ce volcan, entretenu fans doute par ce foilile bitumineux, a produit fur la fur fa ce de ce quartier des changemens confia dérables.
- 848- Deux petites butes qui fe voient attenant Fougerolles > 11e formaient autrefois qu’une feule montagne ; un embrafement fouterrein l’a féparée en, deux , lorfque le charbon qu’elle renfermait a été confumé.
- 849- Les mines de charbon du Forez fe trouvent particuliérement dans la partie fituée au midi, nommée le haut ForeLa nature du pays , qui eff montagneux, exempte l’exploitation de cette matière de l’alfujettiifement & des précautions que l’art des mines exige ordinairement dans ces fortes, d’ouvrages ; ces montagnes percées dans le flanc, donnent tout ffmp^ement ilfue aux eaux qui embarralferaient les fouilles, & facilitent l’extraétion du charbon.
- 8^0. Dans les fonds on ne peut pas s y prendre de la même maniéré; mais le charbon y eff fi abondant qu’on ne s’attache qu’à enlever celui qui fe préfente fiiperficiellement, & qu’on eu refte là quand les eaux commencent à gagner; & en général, une fouille eff dans ce pays abandonnée prefque au même tems qu’el'e eff entamée. Le nombre des mines dont on tire ’e charbon par des puits , eff fort peu confidérable ; il s’extrait par des lolfes qu’on prolonge horifontalement en fui van t les veines. Il s’en rencontre plulieurs les unes fur les autres , & plus ou moins enfoncées : quelques-unes font
- (ay Le théâtre du monde, ou nouvel atlas. Amfterdam. cio id CXLVII. Part. II ? page 29.
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- prefque à la furface ds la terre ; il en eft dans lefquelles on n’arrive au charbon qu’après avoir creufé jufqu’à vingt-deux toifes, mais celles-là font rares. Leur marche eft en planure, ou à pendage deplatnre.
- 8f 1. Les mines de charbon de terre du Forez , vulgairement appellées carrières, font très-abondantes autour de Saint-Etienne, dont le territoire peut être regardé comme le centre des mines de cette province. Elles em-bradent une longuéur de terrein d’environ fix lieues du levant au couchant, occupant un vallon dont la plus grande largeur , c’eft-à-dire , du midi au nord, ne vas pas à une lieue.
- 852. Les matières pierreufes ou folides ne paraiffent dans cette province être diftinguées qu’à raifon de leur fituation, au-deifus ou au-deifous des veines. Les ouvriers appellent le faîte ce qui forme le banc du ciel , c’eft-à-dire, le deifus de la veine , & ils nomment coulé la partie fur laquelle porte la veine. Les elpeces de petits nerfs qui fe trouvent mêlés avec la veine , s’appellent gor ( voye^i'ed:. VIH, art. 2; voye{ aufli §. 802) : nom qu’ils donnent communément aux matières qui forment la croûte ou la fuperficie des mines dont ces nerfs font un mélange.
- 853. Dans les environs de Saint-Etienne, entre cette ville & le village de Saint-Rambert, on connaît une carrière de charbon à Montfalfon. Les plus remarquables carrières de charbon des environs de Saint-Etienne, font : Au Treuil, qui eft le feul endroit de tout le pays où l’exploitation fe fait par un puits. A Monthieu , où il y a deux foifes. A Terre-noire., une foife. A Saint-Jean de Bonmfond. A Villars , où il y a deux foifes. Au Bois Montjier, deux foifes. A Roche la Molière , trois foifes. A la Béraudiere, deux ou trois foifes. A la Rica Marie, trois foifes. Aux environs de Chambon, fur le chemin de Saint-Etienne , où il y a eu pendant long-tems un incendie fouterrein, trois foifes. A Firmini, deux ou trois foifes. A Saint-Germain l'Erpt, deux ou trois foifes. * Crémeaux, huit mines, Dans le bas Forez , nommé Rouannais , il y en a une à Saint-Didier, diftant de Beaujeu d’une lieue.
- Bourbonnais.
- 8V4- La mine de cette province, qui fournit Paris depuis plus d’un fîecle, eft dans la terre de Fins, paroiife de Chatillon , généralité de Moulins, à quatre lieues environ de cette ville. Il y a dans cet endroit quatre puits de mine. Le journal économique defeptembre 1756, p. 66, dit que les veines font de droiture & ont cinq pieds d’épais ; elles foppent à la fuperficie du fol , & s’enfoncent au-delà de quarante toifes en terre.
- 8ïv Depuis quelque tems on a ouvert, à une demi-lieue plus près de Moulins que celle de Fins, une mine de charbon. L’endroit où elle eftfttuée
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- eft dans une terre appellée Noyant, fur la route de Limogels. Le charbon de cette mine eft eu beaux morceaux très-folides, féparés feulement de diftance endiiiau.ce par des feuillets considérables d’un très-beau fpath.
- Niyernois.
- 8 TCelles-ci font Situées autour de Decize, généralité de Moulins, dans une montagne fur la Loire, où il y en a deux en exploitation. Avant d’entrer dans aucun détail, j’obferverai qu’on rencontre dans cet endroit une fubftauc© minérale & un demi-métal, favoir, dans le voiünage du charbon une mine d’antimoine folide (117) , renfermée dans une ocre fulfureufe: il s’envoyait un échantillon dans le cabinet de M. Davila.
- 8ï7- A Decize 011 trouve auili une efpece d ^ alahafrites , ou de pierre à plâtrt clair & tranfparent, marqué défibrés ondoyées; il a une légère teinture de rouge, comme l’alun de Rome, & il conferve cette couleur après qu’il a été calciné»
- 8ï8- Les deux efpeces de mines, dont il a été parlé fe&ion VIII, art. 1 l’une régulière, & l’autre irrégulière , ou par fragmens , peuvent s’obferver à Decize. On connaît jufqu’à quatre ou cinq veines régulières, les unes au-deifus des autres , courant parallèlement ou de front, ayant depuis dix jufqu’à vingt toifes de diftance les unes des autres latéralement.
- 8?9« Communément elles viennent fopperaujour, ou depuis deux jufqu’à Six pieds à la furface, fuivant la Situation du lieu : on dit alors que le charbon fouffle ou prend vent ; mais il n’eft bon que lorfqu’on parvient à fon enfoncement de quatre ou dix toifes de profondeur, félon la richelfe de la mine , ou la qualité du terrein.
- 860. Leur enveloppe eft communément de deux à cinq pieds d’épaiSTeur,7 quelquefois de la même épailfeur que la veine ; elle eft auSIî plus ou moins compacfte & formée de deux lubftances : l’une eft une terre douce, entre-mêlée de bandes qui augmentent fon épailfeur particulière; on la nomme heaume; on y remarque des couches fur lefquelles font imprimés des débris de fougère , on les nomme aufli fougères. Ces deflîns y font regardés, ainli que l’eau teinte en jaune , comme une preuve certaine que la veine n’eft point éloignée» & que le charbon eft de bonne qualité.
- (117 )L’antîmoine, en lat, antimonium , Jîibium , en ail. Spiefglafs , eft un minéral flrié , fragile , volatil au feu , & qui entre en fulion après avoir rougi : fa couleur eft d’autant plus blanche , qu’elle a moins de foufre. L’antimoine foflile eft en pierres de Tome FI.
- différentes groffeurs , qui approchent allez du plomb minéral, à la réferve que les glèbes d’antimoine font plus légères & plus dures que celles du plomb. Celui qu’on vend a été fondu.
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- ' 86r. La fécondé matière qui compofe l’enveloppe des veines n’eft pas tei% reufe, c’eft: une efpece de grès comme pourri ; on l’appelle grès. Il ne fe rencontre pas toujours, mais le charbon eft conftamment placé entre deux beau-mes, ou entre une beaume & du grès ; la heaume au-delTous de la terre , toujours îa première, & au-deffus du charbon. Les veines deDecize font pour l’ordinaire àes pLanures. Quelques-unes ont jufqu a deux pieds de pente par toile, d’autres un peu plus. Leur épailfeur eft depuis deux jufqu’à cinq pieds.
- 862. Les mines amoncelées en mailés, ou en bouillons (<0, appellées veines irrégulières, c’eft-à-dire, qui ne font pas entièrement continues, font mêlées de beaume & de grès, tantôt de l’un, tantôt de l’autre feulement, mais communément entre ces deux fubftances (b). La qualité du charbon n’en eft; pas d’une moindre qualité , û d’ailleurs la veine eft; d’une bonne elpece.
- ' 863. Le charbon du Nivernois eft; très-pyriteux, à en juger par les efflo-ïefcences qui fe produifent à la fuperfticie 5 c’eft; la raifou pour laquelle il eft; très-fujet à prendre feu fpontanément dans les magafins ou il refte long-tems .naifé , faute de confommation. Voyez fed. IV.
- 864. A deux lieues deDecize, au-delfous des deux mines précédentes, fur le même côté , & en fuivant le cours de la Loire, à Druy, il y a auifi une mine de charbon, mais qui n’eft pas exploitée.
- Généralité de Tours.
- 86f. Dans l’éledlion de Saumur, on voit une mine de charbon à * Saint-Georges de Chatelaifon ; l’étendue du terrein où fe trouvent les veines, eft; d’environ une lieue de longueur, & d’une portée de fufil de largeur. Il y en a suffi dans la paroilfe déConcourfon*, province de Poitou ; * à Saint-Aubin de Lugnié, * à Chaudefonds, * à Chalonne. On prétend que tout le charbon de terre de cette province donne cinq grains d’or par quintal. M. Heîlot remarque très-bien que cela ne lui eft: pas particulier j 011 en a vu un exemple à la feûionXIII.
- 866. Les veines de Y élection de Saumur ont environ cinq pieds d’épailfeur fur trois pieds de large , & font accompagnées latéralement d’une terre noire caillouteufe. Dans cette partie, c’eft-à-dire, fur les côtés de la veine, le charbon eft d’une moindre qualité que celui du milieu. La fuite en eft quelquefois interrompue par des kreins qui s’étendent plus ou moins, & qui varient de
- , (ûô Les Efpagnols appellent ces mines parmi lefquels fe forment les mines, ou la Jbmbrcro. * pierre qui touche immédiatement les vei*
- (b) Les Efpagnols donnent aux rochers nés, le nom de caxas, chambre, boite,
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- même dans leur épaiifeur: ce qui fait que quand les ouvriers en rencontrent,' ils abandonnent l’ouvrage pour aller travailler ailleurs , à moins qu’ils ne pré-» fument que ce trouble n’a que peu d’épaiifeur.
- 867. La téroulle conduit à dix-huit pieds de profondeur, à une efpece charbon qui n’eft pas encore de bonne qualité, & qu’ils nomment houille, mais qui eft un indice du bon charbon que l’on atteint à quinze ou vingt brades, & qui devient toujours meilleur à mefure qu’on avance davantage.
- Anjou.
- $68- * Montjean fur Loire. * Noulis. Doué, élection de Saumurv Maine.
- 869. Feu M. Hellot, en traitant de l’eifai des mines d’alun (a), fait expreffé-ment mention d’une mine de charbon de terre près Laval : je l’ai donné, d’après ce témoignage, pour exemple des mines qui fourniifent un charbon alumineux. Elle était fituée dans les landes de Rochalas, près laBaconniere, à trois lieues de Laval ; mais elle a été abandonnée.
- Haute Bretagne.
- 870. A Nord, fur la petite riviere d’Ordre, près Saffri. A Vieille-Vigne,1 fur la petite riviere d’Oignon, près de Montaigu , confins du Poitou. La mine la plus connue dans la Bretagne eft à Montrelais ou Chapelle-Montrelais. Zlommée quelquefois mine d?Ingrande.
- 871. Ce terrein, qui n’eftpas embarrafte de rochers, renferme plufieurs bancs de charbon 3 dans certains endroits on compte jufqu’à cinq à fix veines > fans quelques autres qui ne méritent pas les frais de l’exploitation. Ces veines font, à peu de chofe près, parallèles , & à peu près dans la direction du nord-oued au fud-oueft. Elles font toutes prefque roiifes : leur inclinaifon eft de foiXante & quinze à quatre-vingt degrés; leur épaiiTeur eft depuis un pied & demi jufqu’à trois pieds & demi; elles foppent à cinq ou fix pieds delà fuper-ficie. Je me fuis alfuré de ces circonftances par M. de Borda, de l’académie royale des fciences, & ingénieur ordinaire du roi. Le charbon y eft entrecoupé la plupart du tems par ces bandes de fchifte groffier, appellées dans les houillères de Liege nerfs > dans celles de Charleroi veines ; dans le Lyonnais a
- (u) Effai des mines & des me'taux, ou Schlutter , augmenté par M. Hellot, de de la fonte des mines, des fonderies , &c. l’académie royale des fciences. Paris, 1750, traduit de l’allemand de Chriftophe-Ândré in-4 , tom. I, ohap. 20 , p 260.
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- dans le Forez , gorre. Elles font plus ou moins épaiffes, plus ou moins étendues : & dans les mines de Montrelais elles font nommées , comme dans le Haynault français, caillettes.
- 872. On y appelle indiftindtement krein toute défeéluofité, toute efpece de nœud qui fe fait remarquer dans le fol ou dans le toit, dont ces efpeces de ioupes rendent l’épaiffeur inégale. Voyez leél. VII , art. 4. La continuation d’une veine après une interruption, comme on a vu qu’il en fument à l’oc-çafion d’une faille, ou autre obftacle qui féparç en entier une veine, eft nonv méerelui. Voyez fed. VII, art. y.
- Basse Normandie;.
- 873* La mine de charbon de cette province eft à Littry ( a ), peu éloigné' du chemin de Bayeux à Saint-Lo^ derrière la forêt de Cerify : elle a 6ela de particulier , que le charbon eft fous, un lit de mine de fer. Il eft à propos d’être averti à ce fujet que la Normandie eft une des provinces de France , dans laquelle il fe trouve une plus grande quantité de mines dë fer. Elles occupent pour la plupart une alfez grande étendue de terrein. Généralement elles font très-fuperficielles, & n’annoncent aucun ordre dans leur difpoiition.
- 874. A deux lieues de Caen, près de l’abbaye de Fontenay-fur-fOrne, il s’en trouve une qui à l’extérieur ne paraît pas différente de celles qui abondent-dans la province, & qui cependant eft très-particuliere.
- 87f. Le roc dur, connu dans toutes les mines de charbon, & que les houiU leurs. Liégeois nomment grès , dont j’ai donné la defcription , fe<ft. VII, art. 2* qui eft une pierre graveleufe ou un granité décompofé , de l’efpe.ce appellée par M. Guettard pierres de fel ou falieres (Æ), eft nommé- dans la mine de Littry coi-reüe ou quçirelley de même que dans les houillères du Haynault français* Voyez §.779.
- 876- Feu M. Hellot, d’après les expériences qu’il avait faites furle char-bon de Littry, penfait qu’il ne cede en rien à celui d’Angleterre 5 fur quoi je crois.dev.oirrenvoyerici àlafedion VIII, art. 2,&à la fed. IX, où il a été obfervé que dans le trajet d’une veine, le charbon eft non feulement d’une nature différente, mais encore, que dans l’épaiffeur de la veine les couches elles-mêmes font variées (fect .IX) : de maniéré qu’on y rencontre plufieurs fortes de charbons. Delàilfuitclairementquefil’onveut bien juger d’une mine , il faut çn voir les magaftns ,.ou une très-grande maffo Ce n’eft que de cette façon qu’il
- (ax A trois lieues de là , clans un endroit chemin de Caën à Saint-Lo. appelle Mooti , fur la rivière cl’Elle, on (b) Mémoires de l'académie royale des trouve du jaïet ; & des carrières d’ardoife à fcicnccs, année 17,6 J , page go.
- Planquery, à peu de difhnce dii grand-
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- ëft pofïîble de juger de la quantité de matières hétérogènes dont la mine eft plus ou moins furchargée, tandis que ces morceaux pris au hafard, ou choi-iis à la main , peuvent induire en erreur.
- 877. Un de nos lithographes, à qui nous devons beaucoup pour les progrès de cette partie de l’hiftoire naturelle , dans un de fes mémoires fur la minéralogie des environs de Paris (a), indique des mines de charbon ouvertes du côté de Valognés : c’eft à l’occafion de malfes globuleufes, prefque fphé-riques, de marbre noir, de plus d’un pied de diamètre, faifant partie du cabinet de S. A. S. M. le duc d’Orléans, & qui ont été données pour venir de ces mines de charbon.
- 878- Un féjour de fix mois, que j’ai fait en 175.6 à Valognés pour le fervice des hôpitaux militaires des camps de la Hougue & de Cherbourg, 111’a mis à même de connaître particuliérement, non feulement la prefqu’isle du Cotentin , dont Valognés eft avec la ville de Carentan l’endroit principalmais aulîi tous les petits quartiers qui lui font contigus. Je puis affurer qu’il n y a en bafle Normandie d’autre mine de charbon que celle de Littry, dont le même auteur fait mention dans le volume de 1763,de maniéré à faire penfèr que les environs de Valognés ont auffidu charbon.
- P I C A R D I E.
- 879. * Dans la partie feptentrionaîe, & fpécialement d'ans le Boulonnais (by , on découvrit en 1739 une mine de charbon de terre dans la paroiffe d’Ardingheim proche Boulogne. * Une autre dans la paroilfe de Rethi, dont le charbon eft très-bon pour les briqueteries , les fours à chaux , & Pufage des maréchaux.
- Isle-de-F ran c e (c).
- ggo. En 1740 y près du couvent des chartreux de Noyon, à environ un
- () “Volume de Pacadémie royale des fciences de Paris pour l’année 1764, page 506.
- () A une portée de fufil de Marfaux en Champagne, près de Courtagnon , village connu de tous les naturaliftes & de tous les amateurs, on voit deux puits de 200 pieds de profondeur , dont on allure avoir tiré un peu de houille.
- • (e) M. Hellot, page 2 de fon état des min^s du royaume , dit que, près de Vil. Jiersdur-Morin , haute Brie, à une lieue de
- Grecy , on a tiré du vrai charbon de terre ; qu’on en a remarqué des indices à Baze-mont près de Mantes-fur-Maudre, au-def-fous de [Vlantes-la-Jolie , autrement appelle Mantes - fur - Seine, & au- village de Boifle , plaine de Meulan-fur-Seine , fur la même côte de la paroiffe de Flins. G’eft en. effet une tradition du pays très-ancienne. 11 y. a une douzaine d’années qu’une compagnie y fit une fouille, jufqu’à environ’ 600 pieds de profondeur. Parmi les différentes couches que j’en examinai, j’y re«-
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- quart de lieue de la riviere d’Oife , fur les confins de Picardie, on découvrit une mine de charbon de terre. La fociété qui exploite le charbon de terre à Valenciennes, après avoir examiné celui de Noyon , obtint un brevet pour -le faire exploiter ; les dhartreux en ont enfuite obtenu le privilège exclufif, dont iis ne font point ufage, A Candor, fuivant la même chaîne de montagnes , il y en a auili.
- 881- Tout nouvellement on vient d’en trouver dans une terre de M. le marquis d’Eftourmel, nommée Fretoy, à deux lieuos & demie de la riviere d’Oife. La mine effc fituée à peu de diftance d’une fource d eau ferrugineufe, très-abondante, près d’une pente alfez roide , qui a au moins quatre-vingt pieds de hauteur. Les fubftances terreufes qui précèdent la veine, & dont M. Sage m’a procuré des échantillons , font: une marne grife de Cix pouces d’épailfeur , pareille à celle décrite à l’article des houillères du pays de Liege , où on la nomme dielle, dtrle. Voyez fection VII, art. i. Une argiile ocreufe, de la nature du tortay de dielle des Liégeois.
- 882. La couche fchifteufe qui couvre le charbon de terre, a à peu près trois pieds d’épailfeur ; elle devient plus compa&e à mefure qu’elle eft enterrée plus profondément.
- 883* Parmi ces couches on en trouve une femblable à celle qui eft connue près de la ville de Laon en Picardie , citée dans la rejlitution de Pluton, comme terre d’ambre jaune , dont M. d’Argenville (a) fait mention par rapport aux parcelles de mauvais fuccin qui y font mêlées, & qui, au rapport de M. Hellot, ne différé pas de celle qui a été trouvée (b) cc en 1733 & en 1734 aux côtes dites les marais fous le chaîner, dépendant de la paroilfe de S. Mar-,j tin-la-Garenne : quelques morceaux en furent éprouvés avec fuccès par j, le maréchal du lieu. „ Cet elfai donna vraifemblablement lieu à la fouillé qui fut faite en 174S 5 maisy cette tentative n’a eu aucune fuite.
- S8-L Le même fa van t, dont je donne le texte, a regardait comme la même 5, une terre pyriteufe, trouvée en 173 f dans la faifanderie de l’Isle-Adam,
- „ en faifant conftruire un puits. Cette terre brûlait, & par la diftillation a ,ÿ donné la même liqueur inflammable qu’on retire du charbon de terre. „ 88L Quoique les terres bitumineufes, fulfureufes ou vitrioliques, n’aient
- marquai une argiile jaune & feche, une couche de craie , des coquilles d’huîtres & de cames, des pyrites, une terre noirâtre légère , d’un tiiTa lâche , mêlée de cryftaux de vrai gyps ; cette terre en s’allumant d^nne une odeur de tourbe ; elle Ce con-ume lentement, & laill'e des cendres du plus bel ocre rouge qui fe puiffe.
- (a) F.numeratio foffilium qua in omnibus Gall'us. provinciis repcriuntur tenta-mina. Parif. 17,1, pag. 11.
- (b) Fonte des mines, des fonderies , &c. traduit de l’allemand de Chriftophe-André Schlutter, iy^-o, in - 4 , tome I, page 3. Par Al. Hellot,
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- avec îa houille rien de commun que leur origine, qu’elles ne foient pas plus un indice du charbon de terre , que les eaux minérales ferrées, les vapeurs qui s’exhalent de l’intérieur des mines au-dehors , les racines des plantes qui croiflent fur leur fuperficie, & autres dont l’infufKlànce eft évidente ( voyez, fecf. V, art. I , & fedtion VI ) : cependant cette terre combuftible, mêlée dans les couches de la mine de charbon de Fretoy , fera examinée ici dans un certain détail, comme compofant une étendue de terrein confidérable, & ne fe trouvant pas feulement dans les environs de Noyon.
- 886- La feule vue de ces deux terres décide qu’il n’y a abfolument entre elles aucune différence : j’avais fait venir beaucoup de celle de Laon; il parait qu’elle eft abondante dans les environs de cette ville, car il s’en trouve non feulement à l’abbaye du Sauvoir, au bas de la montagne de Laon , mais encore à Morgny qui en eft à trois lieues , à Pinon diftant de cette ville de quatre lieues, à Celf ere , à Foucoucour, au village de Beaurain fitué au fud-eft de Noyon (a). Cette couche s’étend donc fort au loin, & vraifemblablemenç du côté de Saint-Quentin.
- 887- Sa couleur eff plutôt brunâtre que noire, on n’y apperçoit abfolument aucun veftige du régné végétal. Le charbon de terre provenant de la houillère de Bonne-Elpérance près de Coudé, a, lorfqu’il eft nouvellement forti de la mine, le même coup-d’œil brun, qu’il conferve long-tems après. J’en ai reconnu deux efpeces ; l’une très-compacte, difficile à brifer & à mettre en morceaux, quoique gercée dans fa malle. L’autre plus terreufe, qui fe trouve placée dans l’eau , formant une veine diftin&e de la première.
- 888- Celle-ci foumife à l’action du feu , y devient rouge comme un charbon ; tirée du feu , elle fe dérougit affez promptement, exhalant une odeur fubtile de foufre jufqu’à ce qu’elle foit refroidie, & alors elle eft devenue abfolument femblable à un morceau de brique cuite, bien folide, dans lequel on diftingue les différentes molécules qui entraient dans fa compo, fition.
- 889- La fécondé fe réduit en poudre au foleil, à l’air & à îa gelée. Elle prér fente des effets différens dans le feu ; il lui faut plus detems qu’a l’autre pour rougir , elle conferve fa chaleur l’efpace de plus d’une demi-heure, en exha-r lant pendant ce tems une odeur très-marquée d’hepar juIphuris , & finit par fe réduire en terre , dont le goût eft fenfiblement vitriolique , & dont la couleur lie rouille fale annonce la nature de la pyrite qu’elle contenait.
- 890. M. Sage, connu par pluffeurs mémoires intéreffans fur la chymie , a
- (d) Celle de Bauraîn eft défignée dans compagnie avait fait, dans une étendue de II. d’Argenville page 10. deux lieues en circuit, des fouilles qui
- M. Ikllot rapporte qu’en 1736, une n’ont eu aucune iuit.e avantageuk.
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- examiné avec beaucoup de foin la terre de Baurain ; il en a communiqué l’an-î liée derniere à l’académie l’analyfe que l’on peut, fans héfiter, appliquer à la terre de Laon, & qui démontre que cette fubftance eft martiale, fulfureufe & vitriolique; ce dernier principe y domine au point que la cendre de cette terre donne près de vingt livres de vitriol par quintal (i 18).
- jPrécis fervant d'éclairciffement fur les imprejfions curieufes qui fe remarquent dam l'enveloppe des veines de houille ( n9).
- 891. En parcourant les defcriptions
- (i ig) Un auteur allemand , qui s’eft distingué par de grandes vues fur la fcience économique, a pouffé plus loin fes obfer-vations fur I’ufage du charbon de terre. M. Schreber cite une annonce, publiée dans les papiers publics de Leipfic, dont il donne l’extrait fuivant.
- cc La difette des bois , qui fe fait fentir dans toute l’Europe, empêche l’exploita-M don des mines, & renchérit les peaux que l’on tanne avec l’écorce de certains „ arbres. C’elt ce qui a engagé un amateur „ de l’hiftoire naturelle, à chercher un „ moyen que l’on pût fubftituer au bois „ dans l’exploitation des mines, & dans 3, la préparation des cuirs. Il a trouvé ce w moyen dans le charbon de pierre , mêlé 33 dans une proportion déterminée , avec ,3 certains végétaux , & employé fuivant ,3 les réglés de la phyfique.
- „ i<?. 11 a réufli à ôter au charbon de 33 pierre cet acide fulfureux , qui en rend j, I’ufage incommode , qui le rend incapa-,3 ble de fervir à la fonte des mines, & j, fur-tout des mines de fer. Le moyen ,, qu’on emploie pour cela , ne détruit pas j, le phlogiftique , il le développe , il le 3, rend plus aétif, il ôte au charbon toute 33 odeur défagréable , & le rend propre à ,, tous les travaux du feu , fans le rendre ,3 plus cher, parce que les opérations par ,, lefquelles il paffe , en tirent plufieurs 33 produits qui fervent :
- „ 39. A gonfler & à tanner en peu de
- que Bon a fait entrer dans cet ouvrage,
- „ tems toute forte de cuirs, de même qu’ils 3, font impénétrables à l’humidité, plus j, qu’aucun autre cuir des fabriques les „ plus renommées.
- „ $Q. Il en tire une matière qui peut fer-„ vir comme la poix & le goudron , mieux „ que ce qu’on tire du bois.
- ,3 40. Ce qui relie après ces opérations , „ peut fervir à la fabrication du falpêtre.
- 3, Les matériaux appartiennent au régné ,3 minéral & végétal ; ils fe trouvent abon-,3 damment dans la plupart des lieux, & 33 ils y font à très-bon marché. La maniéré ,3 de les employer eft fimple , facile, & à jj la portée de tout le monde, j,
- M. Schreber donne cette notice des mines de charbon , qui fe trouvent en Boheme : dans le diftricl de Egeri, près de Muthbach, où l’on tire auiïi de l’alun; dans le cercle d’EIlenbogen, près de Kô-nigsberg , près d’EIlenbogen , & près de Carlsbacl ; dans le cercle de Satz, près de Comothau, dont nous avons parlé ci-def-fus , on y dre de l’alun ; près d’Eydlitz, dans la feigneurie de Rothenhaus; près de Neudorff , dans la feigneurie d’Eifenberg , appartenant aux princes de Lobkowitz ; on y tire de l’alun : près de Litfchkau , dans le comté de Bredau ; près de Mohr, dans la feigneurie de Feinshunden , appartenant aux comtes de Thun , à peu de diftance de Caaden ; près de Ferwentz , de Wito-prefs , de Fohlorad , dans la principauté de Schwarzenjbergj dans le çercle de Lcitme»
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- on doit fe rappeller qu’un très-grand nombre de ces mines, au milieu d’une multiplicité prodigieufe de ftibftances minérales, renferment des empreintes curieufes qui font alfez diftinctes & allez remarquables pour avoir mérité de la part des ouvriers des dénominations particulières : ceux d’Angleterre les délignent par les exprelîions branched- clift, arborefcents - marchafjus , thorny-clift (*) ; ceux du comté de Namur appellent les pierres qui ont cette üngu-larité , caillou fleuri, &c. Voyez le catalogue alphabétique, page 562.
- 892. Il eft atfez vraifemblable qu’une partie de nos le&eurs, en remarquant qu’il eft très-ordinaire de rencontrer de ces delïîns fur la partie des mines qui ièrt de toit aux veines, ait déliré quelque détail à ce fujet ; on s’eft contenté, à tous les endroits où il s’en trouve , d’en faire mention , après avoir prévenu en général que ces efpeces de delfins ou gravures, nommés par les natura-liftes phytotypolithes , pbytobiblions (120) , lorfqu’on les rencontre en faifant
- •ritz, près delà ville deBrix , près de To-plitz , feigneurie de Clare ; près de Bilen , appartenant aux princes de Lobkovitz ; près de Schwatz , terre de l’archevêché de Prague ; près de Dux , feigneurie des comtes de Waldftein ; près de la ville d’Aulïig; près de Grofs-Briffen , feigneurie des comtes de Hartih ; près de Kulm , feigneurie des comtes de Thun ; près Peurlfen , de Czernowez , de Groffgell; dans le cercle de Caurzim , près de la ville de Prague , dans un bien de campagne appartenant à M lefecretaire Merker ; près de Libotz ; près de Hlampetin , où l’on tire de l’alun ; près de Sckolan, terre du chapitre de Saînt-George , de Prague. Dans le cercle de Berau , près de Przclap, terre du chapitre de la cathédrale; près de Schebracken, terre du domaine ; près de Horzowitz , terre des comtes de Werben. Dans le cercle de Ra-konitz , près de Pieglitz , terre des princes de Furftenberg : dans le cercle de Pilfen, près de la ville de Pilfen ; près de Ilroinz , où l’on tire de l’alun. Dans le cercle de Czafslau , près de Petfchkau , feigneurie de Koch, Dans le cercle de Bechin -, près deChotitz , feigneurie de Frauenberg, du domaine des princes de Schwarzenberg.
- On fe fert du charbon, de pierre, pour chauffer les appartenons, pour cuire le pain , pour braffer la bierre, pour fabriquer Tome VL
- l’aîun. Les ferruriers & les maréchaux en font aufîi un grand ufage. La verrerie de Horzowitz l’emploie avec fuccès.
- (*) Le fens que nous avons donné à ce mot, dans les mines de Buckingham-shire , fect. XI , art. 4 , nous a été fuggéré par la phrafe dans laquelle il le trouve employé. Nous devons avertir que par cette expref. bon , thorny-clif, qui littéralement veut dire rodier épineux, il pourrait fe faire qu’on entendît quelquefois les crins, les koumaillcs, les dorys , & autres nœuds qui fe rencontrent quelquefois dans le toit, feét. VII, art. 4.
- (120) On trouve dans les carrières de tuf, d’ardoife , ou de charbon , des pierres chargées de différentes efpeces de feuilles d’arbres & d’autres plantes, très-bien con. fervées , & très-reconnaiffables. Quelques-unes , fur-tout celles dans les pierres fifli-les , doivent leur origine à des inondations qui les ont couvertes de limon. Celles qu’on rencontre dans le tuf, paraiffent avoir une origine différente. Elles fe forment de la même maniéré & en même teins que le tuf. Les eaux dépofent les particules calcaires & limonneufes, qui fe joignent, s’agglutinent , & s’endurcilfent, en conlervant l’empreinte des végétaux, qui l'ont furve-nus pendant leur formation.
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- une fouille, annoncent le voifinage du charbon de terre. L’expérience, à la«-quelle dans les arts on ne contefte jamais l’avantage fur les raifonnemens & fur les vraifembiances les plus démontréesexclut abfolument, pour la partie des mines de charbon de terre, les lignes dont il a été parlé fedion VI, que la plupart des auteurs ont voulu adapter aux mines de charbon de terre. Les indices qui font la matière d’un chapitre de l’ouvrage curieux de Gabriel Plattes (a), ne font pas davantage marqués au fceau de l’expérience : les feuls, & véritables lignes qu’un terrein renferme du charbon de terre, & même de la bonne qualité de cefolïile, font, à la fuperficie,. la vraie téroulle (voyez fec-tion VIII, art. 2 ) ; & plus avant dans les mines, les empreintes fur lefquelles, nous allons nous arrêter iei, afin d’achever d’inltruire le ledeur des circonf tances particulières à la lingularité dont il a dû néceflairement être frappé 3. & qui plu? d’une fois a peut-être diftraitfon attention..
- 893- Une chofe remarquable, dit M. Lehmann (b)c’efi: qu’on ne trouve des empreintes de plantes & de fleurs, que dans les lits d’ardoifes qui accom--gnent les mines de charbon.
- 894. M. l’abbé de Sauvages , dans le mémoire que j’ai eu occalion de citer plulieurs fois,. contenant des obfervations lithologiques pour fervir à l’hif-. toire naturelle du Languedoc , vol. de l’académie , année 1747, fait la même* obfervation ; avec cette circonftance, que ces phytobibLipns ne fe rencontrent pas dans d’autre terrein (c), ni dans les endroits de ce terrein trop éloignés des mines de charbon j qu’enfin ces fortes de pierres ne font jamais mêlées, avec le charbon, qu’elles 11e foient placées immédiatement après la première fîjje (d), qui non plus que le charbon 11’a conftamment aucune de ces empreintes.
- (a) Découverte des tréfors fouterreins & de toutes les mines des métaux & minéraux, depuis l’or jufqu’au charbon de terre, avec des réglés pour les trouver dans tous les pays du monde, les fondre & les affiner, &c. Londres, en anglais, 3739 , in-4. C. Il, page 47. Cet ouvrage de 60 pages a été fouvent imprimé à Londres.
- (b) Eflai d’une hiftoire naturelle des couches de la terre, fection VH , des autres pierres qui fe trouvent dans les couches de la terre , & par lits.
- (ci Ces empreintes ne font cependant pas fi particuliérement affe&ées aux veines de charbon de terre , qu’on ne les
- trouve aufli aux environs des mines de-cuivre & dans les ardoifieres , dans lefquelles les plus anciens naturalises en ont obfervé. Une fuite d’ardoifes très-curieu-fes , ramaffées autour d’Angers , par M. de Montigny , de l’académie royale des fcien-. ces, appuie inconteftablement ces obfer-. vations, 11 eft vrai que les plantes qui y. font empreintes , font d’un genre différent. Voyez à ce fujet le mémoire, de M. Guet-. tard fur les ardoifieres d’Angers, vol. de-l’académie royale des feiences pour l’année 17S7-
- (d) On a vu les differens noms donnes en Allemagne, en Angleterre, à cette'* pierre appellée aufli dans les houillères de
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- #9v On eft certain, par les obfervations réunies de plufieurs naturaîiftes, l°. que les impreftîons qui fe rencontrent dans un endroit font toujours des impreftîons déplantés étrangères au fol dans lequel elles fe trouvent (121) : 2°. que le plus grand nombre de ces plantes eft connaiiîable pour être d’une des familles les plus élégantes ( qu’on me paife Pexpreffion ) & les plus délicates dans la difpofition régulière, dans la ftrudture de fes feuilles (122), je veux dire, les fougères, les polypodes , les capillaires , dont les fe me ne es même que l’on fait être fymmétriquement arrangées fur le dos des feuilles, fe retrouvent quelquefois empreintes dans les lames fehifteufes.
- 896’. On y reconnaît cependant quelquefois, & prefque auflî fréquent-' ment, le glaieul, la prèle , le rofeau , le caillelait, l’airelle. Les mémoires de l’académie de Berlin renferment une differtation de M. Lehmann fur les fleurs de Yajïer, mentionné fed. XII, art 2. Il eft encore très - ordinaire d’y remarquer des empreintes de côtes de feuilles de palmier, de branches ou de tiges d’arbres étrangers , même du bois qui 11’a éprouvé que peu d’altération, mais qui ont tous le même caractère de plantes , que confervent ces fehiftes, de ne pouvoir être applaties fans fe rouler. Voye1 fed. II, §. 74 & fuiv.
- 897. Ces tableaux font frappans par le brillant également répandu fur leur champ qui eft d’un poli achevé, & furies empreintes même ; & il n’eft befoiiî d’être ni connailfeur, ni amateur , pour les examiner avec plaifir.
- 898* De quelque pays que l’onpuiifefe procurer ces dendrolythes fehifteux des mines de charbon, ils préfentent conftamment la même uniformité dans la maniéré dont les plantes y font gravées ou imprimées.
- 899. Chaque lame fehifteufe donne le relief de plantes toutes différentes £ & couchées en divers fens les unes fur les autres, quelquefois croifées par d’autres efpeces différentes appliquées fur elles. Voye1 les mémoires de l’académie royale des fciences (*) , année 1718 , page 287. (123)
- Namur crayon , fans doute à caufe de fa couleur, ou de la propriété qu’elle peut avoir quelquefois de fervir de pierre à marquer: fect. VII, art. 5.
- (x 21) Cette affertion eft beaucoup trop générale. On trouve aflez fouvent dans les carrières d’ardoife, des empreintes de plantes qui croiffent dans le lieu même.?
- (122) Ou plutôt, le plus grand nombre de ces plantes eft de celles qui ont pu le mieux réfifter à la corruption, à caufe de répaifleur de leurs fibres , & de la folidité de leur contexture.
- (*) Examen des caufes des impTeJJions
- des plantes marquées fur certaines pierres des environs de Saint- Chaumont dans le Lyonnais, par M. de Juifieu l’ainé. Voyez auflî les obfervations phyfco - méchani• quesfur differensfujets, fsfc, traduites de l’anglais de M. Haucksbée , par feu M. de Brémond, de l’académie royale des fciences , revues & mifes au jour , &c. par M. Defmarets ; zn-*2, tom. II, page 2544, remarques & additions fur les empreintes des végétaux que préfentent les pierres des minières de charbon.
- (123) Les empreintes font noires, lorf-qu’elles fe trouvent dans de l’ardoife» Z22 ij
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- 900^ Une Angularité qui n’a pas. échappé au célébré académicien , dont je île fais qu’extraire les obfervations , c’eft que les deux lames fchifteufes ne repréfentent chacune fur leurfuperficie interne par laquelle elles fe touchent, qu’une feule face d’une feuille de plante en relief d’un côté , & en creux de l’autre côté qui lui eft oppofé.
- 901. Je ne m’arrêterai point à l’explication qu’a donnée de ce phénomène M- de Juflîeu ; je crois feulement pouvoir ajouter que dans l’examen des différentes, caufes qui y ont concouru, on doit avoir égard à la nature du fchifte , argille compofée qui doit fon exiftence à une forte de décompofition des végétaux , feét. VII, art 3 , & fed. XIII i à la qualité du pétrole ou du bitume du charbon de terre , fect. IV, art. 4 l& fur-tout à celle du vitriol, acide commun à cette fubftance, fecft. IV, art. 3 .,On ne doit point non plus perdre de vue l’efpece de plantes qui s’en trouvent empreintes & répétées à l’infini fur ce fchifte, ce font toujours, les mêmes appartenantes à la famille des plantes,nommées parM. de Linné cryptogames, ou d’autres qui croiffent dans des endroits bas,, plus, mobiles & plus fujets aux changemens , qui 11’aiment que les endroits humides, dont les fibres , malgré cette circonf. tance , font ligneufes & dures , qui par. l’analyfe chymique donnent prefque les mêmes principes, ftyptiques , beaucoup d’acide & beaucoup de terre, enveloppés dans, une huile confiftante j un genre: enfin de plantes que l’on pourrait dire avoir une forte de convenance avec les terres ou, les eaux martiales , puifqu’où il y a de ces.eaux & des plantes aftringentes , on trouve une terre martiale noire, qui eft une terre réfultgnue d’une, décompofition de pyrites.tombées en efflorefccnce..
- 902. Enfin pour rapprocher toutes les circonftances qui appartiennent à l’hiftoire des mines de charbon de terre, & à ces empreintes la plupart du tems végétales, je placerai ici deux remarques qui ne s’éloignent aucunement du fujet.
- 903. Il eft facile, en v-ifitant beaucoup de ces mines fM. Strachey l’a aiiftï obfervé dans une mine de Sommerfet-shire ) (*) , d’obferver que cesphyto-typolites, quels qu’ils pui/fent fe rencontrer, 11e fè trouvent pas feulement dans la partie fchifte,ufe dutoit des charbons.
- M. Schreber rapporte qu’on a trouvé près de Z.wickau , dans une argille blanche , pétrifiée , des empreinte-s d’un beau verd pâle ou plus foncé , qui eft devenu rouge au feu. On aurait cru qu’elles étaient fa&ices, fi on ne les avait pas vues dans la fubftance ïttême de la pierre qu’on venait de cafter. Il y a communément un peu d’ocre, martial dans les figures qui repréfentent les
- fibres-des plantes ; mais on ne l’apperçorfc que quand les empreintes font fraîches. On en trouve auffi des veines éparfes dans la pierre. Cette couleur verte n’eft donc pas un refte de celle de la plante pétrifiée.. puifi que la pierre en eft pénétrée en d’autres endroits , où il n’y a point d’empreintes..
- J * é Tranjaétions p/ulofophiques, année 1719 , num. 3 6.
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- 904. Les pierres appellées à Liege grès, ailleurs rocs ou pierres, en font chargées d’aufii exactement & aufii bien deflînées ; je crois cependant qu’en les examinant attentivement, on peut y reconnaître une trace fuperficielle de bitume, ou que c’ell toujours cette fub fiance-graffe qui a favorifé P empreinte.
- 90^. M. Vannier, doéteur en médecine de l’univerfité de Montpellier, parmi une très-belle fuite de ces empreintes des mines de charbon d’Alais & de Saint-Jean de Valerifcle en Languedoc, conferve un grès micacé , venant de ce dernier endroit, lequel efl gravé d’une grande portion de fougere.
- 906. Quelqjjes bouxtures du pays de Liege, le devils-pape ou teton du diable de la mine de Wigan en Angleterre, fur lefquels s’apperqoivent quelquefois de ces empreintes, démontrent ce que l’on avance. Les mines de charbon ne font pas propres à conferver feulement des traces végétales,
- 907. La. mine de Bishop-Sutton en Angleterre-, dans laquelle fe trouvent des coquilles, d’où la veine prend fon nom shelly-vein ( fed. XI, art. 2 ) , le mémoire de M. Jelfop (a) , & quelques empreintes rares fingulieres, ne permettent pas de douter que ces mines nepréfentent auflî des veftiges de parties animales, M. Lehmann , dans fonelfai d’une kijloire naturelle des couches de la terre (b) , rapporte que, près d’Ardesheim , principauté de Halberftadt, cercle de baife Saxe, la couche qui fert de toit au. charbon de terre , fe montre à la furface , & que c’ell comme à l’ordinaire une couche de pierre calcaire 'remplie de-coquillages pétrifiés, parmi lefquels fe trouvent les encrinites qui
- font fi rares (O-.
- 908. Quiconque aurait le-loifir de refter long-tems dans dès cantons où l’on exploite des mines de charbon, y ferait certainement dans ce genre des. découvertes, defquelles il pourrait réfulter un éclairciffement fur des révolutions fingulieres, vraifemblable.ment très-anciennes , puifqu’on n’en trouve aucune trace dans l’hifloire , & vraifemblablement des plus confidérables, puifqu’à en juger par les velliges. confervés dans, ces pierres ,, de corps qui 11e font pas connus &qui n’exilient plus,, on ne peut douter qu’il n’y ait eu dan? ces révolutions beaucoup d’efpeçes perdues, .
- 909.On fe rappellera fans doute que les fchiftës qui approchent la veine, font décidémenPcharbonneux ou bitumineux , que ces différentes qualités les rendent propres à-fuppléer à- la houille lorfqu’on veut ménager le bon charbon. C’eft dans ces ardoifes fchifieufes qui ont paffé au feu , qu’il faut aller voir 8c la compofition dans ces lits-argilleux du toit & du plancher de la houille, &
- (a) Hiftoire des fubftances minérales (c) Encrinus , en ail. Lien-fîtin. IK’ft à
- trouvées dans les mines de charbon de propos d’obferver que ce n’eft point du terre & de fer. Tranfattions philofophi- tout .l’empreinte de Ycncrinus, ou Ilium ques, année 167? , mon. 100, art. 1. lapidwn, niais celle du caput Mcdi-tfa,
- (b) Préface du troiüeme volume , p, 49.
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- toutes les empreintes qu’ils pourraient renfermer. Le feu les a privés de leur couleur, de ce brillant d’or ou d’argent bruni, de cette fleur qui les rendait il agréables à l’œil: elles ont perdu l’efpece de fuie charbonnée & bitumineufe qui tenait étroitement liées & collées les unes fur les autres cette immenfité de lames dont elles font compofées , & qui fans cela ne fe féparent jamais également ; mais ces monceaux de fchiftes jaunis & diverfement colorés, félon les parties bitumineufes, charbonneufes ou autres, qui ont été détruites an feu, repréfentent aifez bien dans leur entaifement autour des houillères une forte de bibliothèque de vieux parchemins échappés à unincendie. C’eft là qu’il faut confulter ces fchiftes ; l’enfemble des feuillets forme des livres de botanique très-précieux par leur ancienneté, un véritable herbier, où les plantes fe trouvent appliquées & imprimées avec la même exadlitude que l’on a coutume d’en apporter lorfqu’on les difpofe pour faire un herbier.
- 910. On trouve plusieurs de cesphytomorphyfes dans.: les ouvrages de quelques favans (*) ; mais ceux de nos leéteurs qui n’en auraient pas d’idée, ne me fuiront point mauvais gré de ce que je viens d’en dire ici, afin de leur rendre fenfible tout ce qui a précédé. G’eft aufli dans cette vue que j’ai fait un choix d’empreintes des mines du pays de Liege & de Montrelais, que je mets fous les yeux, dans quelques figures.
- EXPLICATION DES FIGURES.
- Figure. 1, morceau de houille, dont les molécules font féparées fuperfb ciellement par des traits diftinéts.
- Figure 2, tabatière faite avec un morceau de houille nommée en Angleterre 'kennel-coal.
- Figure 3, bois foifile, tiré d’une mine de houille près de Wentercaftel, à deux lieues de Caffel. '
- Figure 4, phytotypolythe, tiré du cabinet de M. de Bomarre.
- Figure 5 , impreffion de bandes parallèles, trouvées dans les houillères de Liege. Les autres figures font fiaffifamment expliquées dans le texte.
- (*) Voyez Silejîa fubterranea. Volck-mann. Saxonia fubterranea iüuflrata. ZVlylius, Lithographia Hatideburgica. Her-
- barium diluvianum Scheuchzer. Hifloria lapidum figuratorum. Langius. Rudera diluvii tejies. Ruttner.
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- ET DE SES MINES.
- ff*
- -! .............^ -V
- TABLE DES MATIERES,
- ITt des termes relatifs aux veines de charbon de terre dans les mines.
- £ Nota. Les mots ufités en Angleterre font défignés par an. En Auvergne, ar. En Hollande , holl. En Allemagne , ail En Haynault, hay. En Efpagne, ejp. Dans le pays de
- Liege, lie. Lyonn. lyoti. En Languedoc Ecofie, ecof. 2
- A
- Àccidens dans le toit. Sol du charbon. Nœuds de plufieurs efpeces, lelon la nature de ce qui forme le delfus ou le deflous de la veine , $•3*8.
- Acide du charbon de terre, igf. Vi-triolique. 177.
- Afeaissemens du toitréfultans de fa compofition qui eft comme feuilletée , & des nœuds qui s’y forment.
- 343- Tr . , ,
- Affleurissement, 781. vraie teroul-le. 410. Volant. 781. Faufle téroul-le. 4iy.
- Air des mines, ^ya, Ses effets. 2fj. N’eft point contraire à la fanté. ibid. Courant à'air , fes avantages dans-? les mines. 247.
- Airage des houillères, diminue les exlralaifons des mines. 260.
- Airure de veines. 369.
- Alkali volatil,efprit du charbon.192.
- Allure. Le train , marche, dire&îon des veines. 471. Drift, f42.
- Analyse chymique des charbons de' bois foflile. 10g. Du charbon deter-
- : re d’Angleterre. 192. D’Ecoffe. 1 gg-De Siléfie. 192. De Wettin. ibid.
- Appui du charbon de terre. Rouge mort. 694.
- Arrangement ou difpofition des lits de pierre. Voyez Jalband. 332.
- long, tEn 4Saxe , fax. En Suede, fu. Eiï
- Arrête pierreule. Voyez nerfi gorreÿ caillette. 402.
- Asthme , auquel font fujets les houil^ leurs,dépend du manque d’élafticité de l’air. 2f8*
- Ausgehen des gangs,ail. Tête des:
- veines. 676.
- Avaleresse.277.
- Avant-coureur du charbon, coaU clives tile Jione. y 71.
- B
- Bancs de houille. Flets, ail. Bench, an» 694. Leur épaiffeür ou hauteur, largeur différentes. 397.
- Bandes qui compofent le charbon, L7-
- Base, femelle, fol, couchantduchar-bon. 94. ,,
- Bafe conftituante.du charbon. 420.
- Basseting. Crop. Cropping, an, Sop-pe , lié. y48- . - . ;
- Beaume , couverture .des charbons.
- fah c.- -f.- '
- Beaume defoufre, la fécondé huile du charbon entta quelque propriétéf* .84- î . h > r a. '
- Bitume^ caufe de la maniéré differente dont le charbon de terre fe con*--fumeau feu. 174. Rapport du bitu* me avec les huiies végétales. 183.
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- tfz H U C H A R B Q
- Bleywag. Linie, an. Perpendiculaire.
- *' 676.
- Blocages de pyrites dans le toit. 320. Borins , lié. houilleurs.
- Bottom. an. Plancher au fol d’une veine, y46-. Cod. y90.
- BoûLe ( charbon en ). 784.
- Boulets , hochets, briques de houille grade. Maigre ou cluttej dèté-Toulle. 440 & fuiv.
- Boussole manuelle. 671.
- Bouyaz, mine en marrons, en roi-gnons ou par tas. Sombrero, en efp. Mine en chapeau. 391.
- Branchus , filons. Flacken-gangh, ail.
- ,l6?- t
- Breches du fchifte qui forme le toit. ?ïfv
- Brihaz. 480. Rubbish, an. 73 ï. BRissou.Terrou. Feu. 738» Brouillages, Krouifes.Dory.Kreins.
- ,6§i.
- Brouillard mauvais. Bad-air, an. 220.
- Bures , lié. folTes, puits de mines de houille. 276. Etat des bures du pays de Liege. 491.
- Burtays, lié. petits bures d’airage.
- ,I47;; . :i ?'i € *: ' ‘
- Calamine , calmine. 70$. Calami-- 11e deLiege^zyq , à lariotetDu Lim-bourg, de Namur. 707. Indice de calamine, félon- ’M. de Genfanne. 79f-
- Calmeberg. 705.
- Calcinée , mine. oH.n .k. -<f. Capital, filon. Couche la plus enfonTr •jcée. 41 y. ' • '• ' ' - " v*--u * A
- Caprice de pierres; 172." - *-
- Carrières d’ardoife, de charbon de .terre , bu mine de Vofvic. 8?r* ** Caxas , efp. Voyezfalband.
- Cendre charboivde terre fe réduifant
- N HE TERRE
- en cendres. if4»
- Cerisiere j veine donnant du Jiercyl
- 478- . „
- Chagnelays , veinés aiiifi nommées au pays de Liege. 51g.
- Chahay , efpece de veine irrégulière . du pays de Liege. 391.
- Chaîne pierreufe , faille, dgf. Changemens , Wefchel, ail. 694. Charbon de terre , Pentreprife de ion exploitation toujours incertaine. 263.
- Charbon de chauffage. 4?f. Commun , pour cuire la chaux. ïbid. Appelle chaufjine. 838* Pour cuire la brique. 43f.
- Charbon de cuisine , de Forge ou de maréchal, Schmitz-kohlen. 45f. Cheminées de Liege ( odeur de fuie des). 184.
- Cheveux , crins d’une veine. 369. Chode hoïe , lié. houille chaude ott gralfe. 436.
- Cliff , Clift, an. rocher, pente. Ï41. Coal. 5*46.
- Clous (gros& petits) dans la veine.
- 32°.
- Cliïffte , ail. Extrémité d’une veine. 6764
- Clütte , ou houille maigre. 4477. Colliers , an. Borins , houilleurs » marchands de charbon. f3f. Colophone. Se caife de même que le cannel-'coal. 141.
- Combustible, quelle eft la partie ; oombuftible du charbon de terre»
- ‘ 147. *
- Combustion de la houille, yf. Concrétions. Voyez klavais, kou-' mailles. 341.
- Configuration des molécules de houille. y8-
- Consistance du bitume de charbon.
- *78#
- Confiance
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- ËT B E SMS MINES: m
- Conjijlcmce du charbon. 418. Convulsif, afthme, peripneumonia montant* , ajlhma montannm. 2y8* Couches du charbon , leur difpofi-. tion. f 7. Du charbon de bois foffi-le. 93. Schifteufes, forment ordinairement l’enveloppe du charbon de terre, q 18. Mines par couches , ou par dépôt, fujettes aux marrons py-riteux. 321.
- Coulé, en auvergnac. 8f2.
- Coureurs de jour, veines qui viennent mourir à la fuperficie. 781. Course des veines. 363.
- Couverture des veines, pierreufe & terreule, variée à l’infini. 3 iy. Couverture fchilteufe du charbon de terre, ou enveloppe fupérieure & inférieure: fa compofition. 518. Crevasses , fentes des pierres, de la ‘ couverture, des veines & de leur enveloppe, donnent de l’eau, 3iy. Crins, cheveux d’une veine. 559. Crop , cropping , bafleting, an. Sop-pe. f48.
- Croupe du charbon. Cropping of the coal. ibid.
- Cuisine ( charbon pour la ). 63. Cuivre mêlé avec les mines de charbon. 7 45.
- Cumulata minera, mine en mafîe. 391.
- D
- Dach, ail. Toit des veines de charbon. 678*
- Daignée , veine de quatre pieds ,
- . ainfi nommée à Liege. 397.. Day-coal , an. Charbon du jour ou de lafurface. ^49.
- Damp , an. Cobolt, ail. Vapeur, exhalaifon. 2iy. Common, exhalaifon ordinaire. 218* Fire, qui s’enflamme. Fulminating, exhalaifon fulmi-Tome VU
- nante. Globe. 219. Peas-bloom, fleur de pois. 21 f.
- Décomposition despyrites,des fchif: tes. 272.
- Deie, diée d’une veine, nom qu’à Liege on donne en général à toute matière placée fous une veine. 29p.
- Dépôt ( mine par ) ou par couches.
- ?*i.
- Dérangement des veines, interruption par des écoulemens. 344.
- Descente, pente des veines, clifF, clift, an. y43-
- Dike , an. Sprung, fall. ail. Digue , jetée de pierres. 24f.Gag, parois, muraille, fur jet, faille, yyo. Down, digue qui fait enfoncer les veines, ff?* Cp, parois qui fait élever la veine, yy4.
- Diée. Voyez deie.
- Direction des veines. 371. Drief.
- ^, .
- Disposition , arrangement des pierres , falband. 332.
- Distillation du bois fofFile. iog.Du charbon de terre. 182.
- Down-dike , down-gag. y^3.
- Dressant, droiture, veine perpendiculaire. 378.
- Drift, ang. manege, train, allure de veine. y 42.
- Droit , roifle ou roiflure, lié. Veine, 377*
- Droiture, dreflfant, roifle. ibid.
- Drusen , ail. Drufe, bofle , noeuds de différente efpece dans les veines de charbon, tant dans le toit & dans le fol , que dans les veines elles-mêmes. 482.
- Dure veine , lié. Parce que le charbon en eft très-folide. Rock vein, an. y 7 8-
- A a a a
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- DU CH A RB O. N < DE TE R R E
- E
- Eaux des houillères, de différente nature, tantôt pures , douces & bonnes à boire ; bîtumineufes ; rni-v nérales j vitrioliques j ne font pas ' des indices du charbon de terre. i97&fuiv.-
- Ecaille du charbon , partie la plus 5 extérieure de la furface du charbon. 398. ''
- Ecorcf dés montagnes. 660, Embrasement fpontané du charbon.
- ' 228. Dans les houillères. 2^4. Ses veftiges à Liege. 241. Dans le'Forez. 847. Hors des houillères. 863.. Dans les vaiffeaux. 229.
- Empreintes fur le toit.
- Enfoncée, lié. Veine rihoppée.Renfoncée. y; r. t
- ENFONCEMENTVtrap. f84* ' ‘
- Engorgemkns , loupes, noeuds dans le’toit & dans le fol des veines. 542. Engrais (terre propre à 1’ ). 298. Enveloppe des veines , vraie couverture des veines. 318. Sill. Bot-tom. Floor. an, f4f.
- Epaisseur des bancs de houille, np-pellée à Liege hauteur des veines. 2Ç>y. Différente, va quelquefois à plus d’une toife. 396. A fept ou huit paumes. 723. Plufieurs verges. 691. Et cependant ne conjlituent point pour ce'a une mine en maffe, comme il eft dit 196.
- Eponte, ponte, nomuflté dans plufieurs mines métalliques pour figui» jàer l’enveloppe des veines. 518. Que les Espagnols déiignent par celui de caxas , boîte, chambre. Ertzte, frets, ail. Mine en lit. 6yyv Esprit du Gharbon de terre, produit de fa dilfillation. De fel ammoniac, femblable pour le goût au phlegme
- qui accompagne l’huile du'charbon
- ' de terre. De fuie , a beaucoup d’analogie avec l’efprit du charbon do terre. 1 go & fuiv. •
- Etendue des veines. 364. •*
- Examen chymique du charbon .de terre. 180. Des eaux des houillères de Liege. 206.
- Exhalaisons minérales qui fe forment dans les mines de charbon , leur caufe. 214. Fleur de pois. 21 f . Fulminante.;2i7.
- Expériences fur le charbon de terre» d’Angleterre. 160.
- Explosion dans les mines de charbon. 24 6,.
- Extravasation des matières qui fè-trouvent fur le toit des veines de charbon. 541..
- Extrémité des veines. Soppe, liég*. Cropr an. Aufgehen, ait. 629.
- F
- Facettes qui fe remarquent fur quelques charbons. 142.
- Failles , montagnes fouterreines qui: occafionnent une interruption dans-les veines , différemment nommées;
- ' “en Allemagne &. en Angleterre. Différentes à raifon de leur étendue, de-leur direction, &c. Véritables qui-fe trouvent très-voifines du charbon. Leurs inconvéniens. Defcrip-tion de deux grandes failles. 544 &. fuiv.
- Faite, fommetdè^veine. Pitch.,Roof.. an. y4;.
- Fall. Sprung, ail. Interruption. Voyi, faille. 144.
- Fanfield-m.orr , efpece de charbonr de Newcaltle. 609*
- Fentes dans le toit des veines, y60..
- Fessi , en Haymuli. Charbon, friables 725,. V
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- ET DE SES M I N'E S. •
- Feux qui s’exhalent de la houille. Bri-fou , térou, grieux ou grilleux. Volage. Wild -fire. Damp- fire. Feu-follet. 228 & fuiv.
- Fiente de pie, d’hirondelle, en patois de Liege , bitte d'aronge , bitte d'à-guejj'e, tache dans le toit des veines, indice du voifînage du charbon. 55P & fuiv.
- Filets, quelques charbons parailfent compotes de faifceaux de filets, fj.
- Filon ( montagne à), ou montagne primitive. 694.
- Filon , expreiîion ufîtée pour les filons métalliques, adaptée aux veines de charbon de terre. 672.
- FlRE damp, exhalaifon qui s’enflamme. 228. Wild,ïe\x volage, au feu follet. 258-
- Fixe ( fel ) Te trouve en petite quantité dans le charbon de terre. 190.
- Flacken-ganch, ail. Filon branchu. 369. '
- Flamme ( charbon faifant ) & fe collant au feu. i?6.
- Flat-broad-coal, an. Veine plate.
- . .. '
- F LEETz-ertzte , mine en lit. .
- Fletz, ail. Banc. Bench,rm.
- Floor , an. Fondement, fond, plancher , fol d’une veine.
- Flotz ,all. Veine horifontale.
- Fond , fol, plancher d’une^ veine.Sill. Bottom, an. f46.
- Fontaine def Hall, à Liege , eft une eau de marie, .bonne à boire. 198. Du Pego & d’Iouzet, bitumineufe. ibid.
- Forge (charbon de) porte beaucoup de noms. 65.
- Fosse , menée fouterreine. Stolle, ail. 6L
- Front d’une veine, foppement. Fuligineuse, pouiiiere qui le rernar-
- W
- que à la furface de quelques charbons de terre. p8°
- G
- Gag , trap , dike, faille. Down , qui fait abaifler une veine. Up-gag, qui fait élever une veine, ffo & fuiv.
- Galeteuse, forge, ou charbon léger , ou charbon de forge mêlé de gaillettes. 784.
- Gangh , mot qui dans les minés a différentes lignifications parmi les Allemands. 674. F lac ken , filon-brandi u. 369. Stricben, courte, train's extenfion des veines. 67p.
- Gardes du charbon, fifs. 8*6*
- Geshutte, ail. Couche mêlée. 394 , à 1 an ote.
- Globe-damp, an. Exhalaifon des roi-nés. 219.
- Goudron (bitume gras dont on fait du ). 824, à la note.
- Grains du charbon , différens. fj.
- Grande veine, veinette, lié. 397.
- Granit , fa définition. Très-commun aux environs des mines'de charbon de terre, & eft un paflage à l’ardoi-
- fe. 814.
- Gralle , lié. Galerie des mines de charbon. 246.
- Grasse ( veine ), lié. Donnant un charbon gras. 400.
- Grieux , grilleux ( feu ). 2?8.
- Griffon , granit de Cayenne. 757.
- Guide , Wegvreifer, ail. Efpece de mauvaife ardoifé charbonneufe, indice du voifinage du bon charbou. 680.
- H
- Hanging-coal , an. Charbon pendant. f44.
- Hauteur des veines, expreflion ufi-tée à Liege pour lignifier l’épailfeur.
- Aaaa ij
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- 116
- D U * C H A R B ON DE TERRE
- Heures du jour, maniéré d’exprimer l’inclinaifon & la dire&ion d’une veine. Ainfi une veine qui va par les trois heures, eft une veine qui court nord-eft & fud-oueft, & par
- • conféquent eft perpendiculaire à l’horifon. 671.
- Hiver , tems des vapeurs. 249.
- Hochets, briques, boulets, houille à hochets i de houille grade, maigre, clutte; detéroulle. 440 & fuiv.
- Houage, fillage des veines, longueur de terrein que parcourent les veines en profondeur, en fuperficie. 382.
- Houille grade, krufny. 436.
- Houillères , collworks, an. Grades, fulfureufes, fujettes au feu. 246.
- Houilleurs , colliers, an. fif. Petits. ?9r*
- Huile du charbon de terre. Vegetale. Rapport des huiles végétales avec les bitumes. 182 & fuiv.
- ï
- Impression dans le toit des veines. n8- •
- Incendie fouterrein du charbon de terre. 23 3.
- Inclinaison des veines, appellée à Liege pendage. 374. En Angleterre cliff, clift. ^43. Différemment exprimée par les Allemands. 670.
- Indices du charbon de terre, y en a-t-il '< 261 & fuiv.
- Indices des gags, félon M. TrLewald ». charbons colorés. 373.
- Inférieure ( écaille ) du charbon. 692.
- Inflammation des couches d’ardoi-fes alumineufes. Des pyrites vitrio-liques. 230 & fuiv.
- Interruption des veines, faille. 344. En anglais, trop 3. ri âge, dike. En
- ' Ecode, gag. fyo. En allemand ,/aÆ-fprung. 68 f.
- •Intervalle d’une veine à l’autre 3 ftampe, lié. 394.
- Irrégulière ( veine). 387.
- J
- Jetée de pierres qui coupent les veines. Faille. 344.
- Jour ( charbon de ) , dach kohlen. 104. Day-coal. ^49. Coureurs de jour, veines qui viennent fopper à la fuperficie. 781. Près du jour » charbon qui vient mourir. 367.
- Kannel, kennel, cannel ou cannol » kandle-coal, ampelites, charbon très-pur. 68- Son cara&ere edentiel. Mine de ce charbon. 5:99. '
- K&ucheteuse , lié, Veine plus abondante en houille qu’en charbon.
- 429-.
- Kilkenny ( charbon de ), en Ecode. 70 y.
- Erahay , lié. Charbon de terre en braife. 441.
- Krasse hoie, houille grade. Chode hoie. lié. 436.
- Krowin , lié. Pouffe, fouma , poutu-re, mouffette, cobolt, vapeur minérale , vapeur peftilentielle. Bad-air. an. 220.
- Krusny , lié. Charbon d’excellente
- te qualité. Veine. 47y.
- L 1 .
- Laitier , feorie, récrément martial * [puma ferri ,• quelques Gharbons ref-femblent à une feorie. fg-
- Lames (charbon difpofépar). 774.
- Lachter , mefure de fept pieds. 680, à la note.
- Liegendes, ail,. Veines dont i’iucljU
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-
- ET DE SES M I N E S.
- 5 57
- naifon approche de l’inclinaifonho-rifontale. 6j6.
- Limington-coal, efpece de charbon d’Eeoffe. 623.
- Lisiere- d’une Veine. Salband ,’n//.
- 332. -
- Lits ( mine en).îFletz-er2te1,:n//. 6ff.
- Loupes argilleufes. 682.
- Lyonnais ( province du ). On a oublié dans le nombre des endroits où il y a du charbon de terre, de citer Sainte-Foix-l’Argentiere.
- '• - '• M .j .. ; ‘ .
- Mache-FER. Voyez laitier. ' >:
- Maigre , faible ( charbon ). 461.
- Maîtresse tige , ou veine principale. 364.
- Manege, allure, train des veines. 571.
- Marbre, fe trouve dans les mines de charbon. 7 3y. Noir, appellé tufebe. 6y4. e • ' r
- Marché des veines, différé félon la pente du terrein. 363.
- Maréchal (charbon de).Delfouaie, lié. 63.
- Marimont (eaux minérales de). 201.
- Marrons (mineen). 591.
- Masse ( mine en ). ibid.
- Massif de pierres, faille , &c. 344.
- Mauvais brouillard. Bad-air , angl. Krowin , lié. 220.
- Mavass-deie , mauvaife veine dont le toit eft fort tendre. 48y.
- Menée fouterreine, foie, en allemand Jolie. 93.
- Métalliques ( charbon pour les ouvrages ). Charbon commun ou charbon de poix. 63.
- Mine d’alun, abonde dans les terreins où il y a du charbon de terre. 162.
- Mine d’or, eft quelquefois voifine du charbon de terre x ou mêlée avec ce
- fofïile. 638-
- Minera cumul ata. 391.
- Minéral, fubftance qui indique le voifinage dujcharbon de terre. 264. Liqueur trouvée dans une mine de
- v. charbon. 162. Sel alkali volatil exift tant dans les charbons de terre. 192. Vapeur , exhalaifon, 21 y.
- Minérales (eaux) font-elles des in-.dices du charbon de terre?Participent quelquefois des principes dis charbon de terre. 199 & fuiv.
- Minium fadice. Quelques fchiftes vi-fant à la nature de l’hématite , étant fciés, donnent une poudre rouge femblable au minium fadice.
- Mixte,-/». ( charbon faible, tendre). 467.
- Molécules de la houille , leurs coït-figurations. J7. ,
- Montagne à filons. Primitive, Fax
- , couches. 694. Soqterreine , faille. ? 44*
- Montanaperipneumonw, aftlime coiiw vulftf. 2yg.
- Montbar en Bourgogne, oublié à F article de cette province. 797. M. de Buffon y a trouvé du charbon de terre à une grande profondeur.
- Mgqn, en baffe-Normandie, on y trouve du jaïet. 150.
- Morte ( mine ), ou ftérile , houille morte. 414.
- Mother-bistus , ce que c’était, iyy.
- Mouffètte, krowin, pouture, pouffe. 220.
- Mourir au jour ( veine qui vient). 1&7-
- Muraille, parois de pierres, dite* mur yhay. Plancher, fol d’une veine. 341.
- N
- Nature du charbon 5 ce qui empêche
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-
-
- DU C H A RR-0 N DE TERRE
- ff8
- qu’on ait pu jufqu’à préfent établir une opinion -fur ce point, igo. De la mouffette. 220.
- Naye,'extrémité d’une veine fupé-rieure.393: - .J J
- Nerf. Caillette, ha. Goney en patois lyonnais.4.02. ’ v ?.
- Nceud, drufen. 4gi‘ ' « -r* " '1
- Nomenclature des mines de charbon en Angleterre. f22. Des mines en Allemagne. 644.
- Noueux (fchiftes), krouffes, kreins, dorys, koumailles1. g3 g.
- Noyau des montagnes. 752.
- .. ... " 9,. , ; -! -.r: ')
- Oblique ( !veine ). Tonlege. Quer-gang , ail. 380.
- Orange ( principauté d’).Voyez P/o-Ime, Piolens ou Pïoulene Or. Mine d’-or mêlée avec le charbon de terre, ou voifine des houillères. 638. , , : t
- Origine végétalede charbon de terre parait avoir cette origine. 191. Ouvriers de mines de charbon , nommés à Liege houilleurs9-borins $ - par les Anglais , colliers. ' n >
- P ï' : '
- Parties conftituantes du charbon. r4f-
- •Pendage des veines , inclinaifon , pente. 374. ClifF,’cllfr-. 747. Maniéré de l’exprimer parmi les mineurs Allemands. 570.. ! ' • - •
- Pendage de pîature. 974. De roiffe. V 7. :i!
- Pendant ( charbon ). f44. Les Allemands nomment auifi pendant le toit du charbon.
- Pente des veines, ou .pendage, 574. Perîprtefimohui mont anal 278. - '
- Perpendiculaire ( veine), roitfe, dreifauc. 577.
- Pestilentielle ( vapeur). Bad-air, an. 220. t >
- Peyr!a , lyo. Charbon1 de pierre, goo.
- PHENOMENES de la mouffette. 22?.
- Phlegme accompagnant 'l’huile de charbon de.terre eib le même .que i’efprit de Tel ammoniac. 190.
- Phthisie , n’attaque jamais les houilleurs. 2ff.
- Pieds (veine de quatre), veine dè.cinq pieds. 397.
- Pierre. 333. Morte, quoireîle, coi-reile pourrie. 314. Gypleufe. 694, Ponce , eh Auvergne. 43T. ~ ?.;
- Pierreuse ( chaîne ). !Dike, faille. 38i. .
- Piles ( rochers en). Faille, dike. 2gr.
- Piolene , Piolens ou PiouJene ^ principauté d’Orarage,-entre Orange & 'Mornas ; il y a des mines de charbon qui s’exploitent fort aifément ; ce charbon ne conte pas cinq fols le quintal,& elt employé dans la manufacture d’Orange à chauffer les fourneaux : oublié.
- Pitch, UM.'Pitch -coal. Charbon de poix, faite, toit. f4y. >
- Plancher , m ur. Si 11, an. 3 32.
- Puanure, plature, plate veine,//?.
- ? 74-
- Plate veine, ibiâ.
- Poids du charbon,idiminue à l’air. 424. Charbon de poids , pourquoi on l’appelle ainfi. 784,
- Poignée , mefure de Liege. 49p.,
- Poix , charbon!de poix. Pitch-coal, ait•
- 62. '
- PoN-top, an. Deffus de >Ia veine.614.
- Ponte , éponte. Salband. 31g.
- Pousse c,-moulïêite. 220. 7 '
- Poussière fulignieufe. y8; v .1 ; •
- -Pôuture; Poutaure, poutenure, pe-
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-
- i’T d:e! S e s m iwEs.
- tit nerf, lié. 406.
- Primitive] ( montagne ). $94. . 1:
- Principale ( veine )•, maitrdTe tige.
- ' 4if. i « ’.i .
- 'Principes^ conftituans du charbon de terre. 422. . *>s
- Produits de ta dUtillation:du charbon de terre. 182.
- Profondeur des veines, Rampe. 394* Sillage des,.veines en profondeur.
- «IV4I8. ; s. - i Hli':
- Puante (veine), Stinkin-wein,:an.
- ' f<5i. ..iw’d
- Puceau, charbon d%Au vergue. 41g.
- Pyrites * très-communes dans les mines de charbon. 147.
- a
- : . • . «:
- Qualité du charbon de terre. 406 & fuiv.
- Querganch. Tonlege, allem. Veine oblique. 676.
- R
- Ramassée ( mine)r^9i. ' . :t:; I
- RamoJ'a venœ. 309.
- Réglée , régulière (veine). 387.
- Regratteurs, petits houiileurs.729.
- Relai , faut d’une-veiné. 872.
- Relèvement de pendage. 377.
- Renfoncée ( veine ), rihoppée. 577.
- Riche ( veine ), quelles font Ies/vei-
- • nés les plus riches; 418- T :
- RlDGE, an. le preud'en différens fens ; ù%ni&e' faite , fommet} mais pour l’ordinaire ett employé par les'Anglais pour délîgner une chaîne pier-reufe qui reviendrait alors à ce que les Liégeois appellent faille. 344. 1
- Rihoppée. ( veine ). 577’. ^
- Roc, Rock. Cliff, anl Pierre. 729. Vein. f7g- , . -T
- Roches entières, 376. Fendues. 560.
- ifsf
- Sauvages, fourdes, {ferries. <^jg. Rognons ( mine en ) ou par tas. 727. tRülsSE , lié. ( veine en ). 377.
- Roof. Sile. Sill. Eottom. Floor. an, 1 Plancher , fondement des veines. - 74<S-
- Rouille ou rouillure de fer. 426. Rubble, rubbich , fe prend par les .. Anglais .eiî différens fens,' fignifie tantôt un charbon de qualité irifé-^j-riéure , tantôt il paraîtrait défigner ce que les Liégeois appellent faille. * ou cequ’ils nomment kreinsl 338:
- .? >: • >•', .v ' ' M . . î
- ' , s
- Safran de mars. 427.
- Salband , eft pris par les Allemands' en différens fens. 332.
- Saule ( charbonde). Quelques charbons de terre paraiffent laupoudrés-de poulîiere fuligineufe, que l’on pourrait comparer au noir de fumée,-ou au charbon.de faule. 78.
- Saut des veines, relais. 872.
- Schàcht , ail. Bure. Pittfchaft, §mg, puits, foffe.
- Schoad , fragment de veine, mine par fragmensi, mine-tranfportée, mine ramaiîée à la fur face , minera cumulât a. Nom que les Anglais donnent aux mines en malfe , apellées parles: Allemands Seiffcn - veerck , Stocks werck. 391.
- Scorie. Slagg , en fuédois. 64.
- Sec ( charbon ). 777.
- Seiïfen-werk , mine en malfe. 391. Sel du charbon de terre , toujours fef neutre. 161. Ce qu’ils deviennent , dans d’an al y fe chymique. 190. Dc& eaux des houillères de Liege eftalu-^ ruineux. 206.
- Semelle du charbon. Plancher r Sol»
- r- • '.....................
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- DU C II A RSB 0 N D E T ERRE
- f6o
- Signe , ou indice du charbon. 199. .Siercy , charbon, tiercy, lié. 47 g. Sill , toit, feuiï, plancher , fol. Silè, . fond. . • . .
- Sillage, prolongement^ d’une? veine en fuperBcie ou en profondeur. 382, Slagg, fu. laitier , fcoriemâche-fer. Slipper, an. fpi. - <
- Sohle itall. couchant, femelle d’une . veine. 92. . , •/ jômfU
- Sol d’une veine, bafe des charbons. $12. jf.i uu:
- Sombrero j les Efpagnols?--appellent ainli les mines par tas. Voy. bouyaz. Sommet d’une veiiie. 927. Les Anglais nomment cette partie de la veine fit ch. , r * * '
- Soppe de veine. Cropp.* Gropping.
- 168.
- Souffle ( charbon qui ) ou qui prend venc.j faufle tèroulle,* ou houille morte. 414.
- Soufre , le charbon de terre en contient-il de naturel? ,iy7. Charbon de foufre. 588- - ' > •'<
- Soyoux d’une veine*,' lié. -Extrémité d’une veine qui fe trouve placée au-delfous d’une autre.'^9^.i Spiure de houille , houille menue.
- 7if. :
- Sprung-fall , mot dont fe fervent les Allemands pour exprimer les rnadifs pierreux qui coupent les veines. Voyez faille.
- Stampe , lié. intervalle d’une veine à l’autre. 594. .. !
- Stérile (mine ) ou morte.*414. Stinking vein, veine puante, charbon fulfureux. f5i. ' .
- Stock-wer.çk, ail. Mine,en malfe.
- *891- -i'-À V ' U »
- Stolle , ail. Folfe ou menée fouter-reine. ,,, , *; . "
- Streack, an. Bande., veine de char-
- bon. f 42.
- Strichen des gang', courte exten-.! fion desiveines. 67J. • -- j • a
- Substances , métallique, demi-métal-0* lique vfulfureufe ,'indiquent - elles le charbon ? 261. '
- Superficie ( fillage des veines en).
- 181.
- Supérieure , écaillé du charbon, ou .'.ucharbon du toit.!692. ->
- Suie des cheminées de Liege, fou .» odeur dans les tems de pluie. 184. Suie liquéfiée, refroidie^ quelques échantillons de houille ’gralfe ref-< femblent à un morceau de fuie de cette efpece„437. - ..... .
- Sulfureux, ou soufreux (charbon) , efpece de charbon fort des Liégeois, qu’ils mêlent avec ceux qu’ils appellent foibles. 460. Steen-king-vein, veine puante, f 61. Surjet,'fu. Trouble pierreux. Faille.
- Tendre , foible. Charbon mixte. 466. Terou, brifou , feu. 238..
- Teroulle , tiroulle, peut être indice . de charbon de terre. 267.
- Terre ; du charbon de terre fervant de bafe à la houille , fchilfeufe ou . argilleufe. 186.
- Terreuse (couverture) des veines , compofée de lits , tantôt plus , tantôt moins nombreux. 316. -1
- Tête de veine, foppe. Cropp. Crop-- ping. 56g.
- Tige ( maitrefle ) de veine. i Toise de Namur, vaut cinq pieds. Torp de veine, ponte, éponte. SupJ 118. Charbon du toit, pu le toit des
- . autres. 68. ......* ^ *•
- Touffe, moulfette, fouma. 220?
- Toulege,
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- ET DE SES MINES.
- 1SI
- ToutEGE, æ//. Veine oblique. Quer-
- gang- ?8o.
- Tourbillons -» troubles pierreux dnns l’éponce fupérieure & inférieure des veines, yyo.
- Træmner, allem. Veinules minces. Gegen. Veinules oppofées.
- Train des veines, allure, manege, 37i.
- Trench-vein , an. 777.
- U
- Up-gac. Voyez trap , dike.
- Urineux [ lel ]. Le fel volatil du charbon a toutes les marques d’un fel urineux. 190.
- Usine ou Usuine ( charbon à ). y 42. V
- Vapeur des mines de charbon. Diffé’-rente félon les faifons, félon le local des houillères. Maniéré de la reconnaître. Sou analogie avec la vapeur du charbon de bois allumé, avec celle du vin qui fermente , avec celle de la Grorte-du-chien en Italie, avec celle de la machine pneumatique. 214 & fuiv.
- Variétés & différences de charbons. 421. De houilles. D’où elles peuvent dépendre. 422 & fuiv.
- Végétale (huile). La partie graffe du charbon de terre, félon quelques naturalises, efl; de la nature des huiles végétales; le terme heclria, donné par les Grecs à la poix minérale, fournit la même idée. Voyez fur le naphte de Gabian, le mémoire de M. Douillet à Beziers, J7f2. L’afphalte de Hagucnau a été auiii le lu jet d’une dilfertation latine, qui a pour titre : Jo. Theoph.
- Tome VI.
- Hoeffels hijloria balfami mineralis alfatici ,fci/icet petrolei vallis S an clé Lcimbevtï. Argent. 1734.
- Végétales (traces), indices delà veine, fe trouvent par-tout dans les houillères. 421.
- Veines , gangh , ( charbon de terre difpofé en ). Airure de veine. Allure , direction des veines. 363 & luiv.
- Veinette , krufny , tiercy. 475%
- Veineuse , lyon. minefemée d-e petits nerfs. 802.
- Venajssin [ comté ], à Saint-Didier, petit village à portée de Venalque , charbon de terre, mais on 11’eii fait pas ufage.
- Vent, charbon qui prend vent', ou qui fouille. 8f9-
- Venules , træmner , filons minces. Oppofées , gigen-træmner.
- Vierge [mine], mine pure, charbon puceau. 418.
- Volage [ feu 1. Wild-fire Volant, affleurement. Faufle,té-roulle.
- Volvic , en Auvergne [ carrières de ]. 85 1. On en peut voir la defeription dans le mémoire de M. Guettard , fur quelques montagnes de la France , qui’ont été des volcans. Mémoires de Tacadémie des fciences , pour l’année 17y2. Elle préfente une comparaifon intérelfante, avec une montagne du voifmage de Gabian, mentionnée dans un mémoire de AI. Rivierc, fur quelques fmgutarités du terroir de Gabian, & principalement fur la fontaine de pétrole qui y coule. Voyez I"hifoire de lafocieté royale de Montpellier, totn. I, p. 220. Par M. Bouillet.
- Vorte , houillère de Haemlick ,rpays de Juiiers. 706.
- B b b b
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- DU CHARBON DE TERRE
- w
- "Wecshel, aïï. Changement. 694. .'Wegweiser, efpece de mauvais charbon. Guide. 691.
- Witeharen, province de Cumberland, Les mines de cet endroit, dont il eft parlé §. f47, ont cent trente brades de profondeur.
- CATALOGUE ALPHABETIQUE
- Des différens charbons de terre, 0? des fubflances minérales quife rencontrent en les exploitant > ou dans leurs environs ; augmenté des divers noms que les ouvriers de différent pays donnent aux uns & aux autres 3 0? des termes qu'ont employé les naturalises 6? les cbymifies, tant pour les définir que pour les diftinguer.
- A
- bdrucken, Krauter » en allemand. Branchetclift , en anglais. Phytoty-polithe.
- Acerofus lapis. Horn-ftein, ail. Saod-ftein , en fuédois.
- Achat. Achates. Agate.
- Achates immatura. Petrofilex.'Whern. Chert , an.
- Adaille maye, grife maie ,blanke maie, en liégeois.
- Adler-ltein , aü. Lapis Mites.
- Ærarius lapis. Pyrites.
- Ærde> en hollandais. Terre. Erde, ail.
- Earth, an. Jord , fu.
- Ærugo avis. Verdigrife , an. Spaans-grœn, holl.
- Ætites lapis. Pierre d’aigle. Bâtarde.
- Geode. Terra inclufa.
- Aftryck. Impreflions. Stenar med af-trycKaf oerter, fu.
- Agaatfieen yhoü. Jet, an. Berg-wachs, ail. Jaïet.
- Agate. Agaat, holl. Achat, ang.
- Agaz. Agay, lié.
- Aigle (Pierre d’). Bâtarde, ou geode. Aiguifer ( Pierre à ). Meule.
- Air-bad. Mauvais brouillard. Damp ,
- ang. Vapeur humide,
- Alabafirites. Marmor Agricol. Gypfe blanc. Pierre à plâtre.
- Alaun. ail. fu. Alun. holl. Alum. ang»
- Albschos. Luch-ftein. ail. Relemnites,
- Alkalefcente (terre), calcinable.
- Alkaline ( terre ). V oyez calcaire.
- Alkalischer fpath. ail. Spatum cale a-reum.
- Alum, ang. Gemeiner alaum , ail. Ge-meen al vin , holl.
- Alumineux ( charbon de terre).Craie. Pyrite. Schifte. Terre.
- Alun jord ,fu. Terra alumïnaris. Ski£. ver, fu. Yiffilis aluminaris.
- Aluniere. Mine d’alun.
- Ahin gemeen , holl. Alun commun.
- Ambre noir des boutiques. Cagas... Jays. Jaïet.
- Arnmites. Saxum arenavium. Sand Polie. ang. Pierre fablonneufe , grès ordinaire.
- Animochryfos. Stérile aureum. Mica jaune.
- Ammoniack Zout, holl. Salmiack, fel ammoniac ; des volcans.
- Ampelite. Ampeiïtis, Terre.
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-
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- ET DE SES MINES.
- Ampelitides.
- Antimoine. Platy opthalmon. Spiefs glas , ail. Spitz glas Ju. Antimony, an.
- Apyres. Pierres, terres réfra&aires.
- Aquilinus lapis. Pierre d’aigle.
- Arable jloni. ang. Elpece de tuf grouet-teux.
- Arboreficent marcafite. ang.
- Ardéfia. Slates. Shiver , ang. Skifer, fin. Ardoife. Eislebenfium.Hybernica tegula. Irish slate. ang.
- Ardoifie. Lapis fijjilis, ficififilis. Schifii fipecies ar défia di&a. SchielFer, ail. Shale. Bas. Shiver. ang. Ley, holl. Argilleufe. Bleuâtre. Blaue fchielïer geburge, ail. Bleue. Vraie ardoife avec empreintes. Brune. Charbon du toit. Charbonneufe. Fijjilis car-bonarius. Shiflus terrejlris bitumino-fns. Bind, ang. Coal clives, ang. Commune.Cuivreufe.Faulfe. Feuilletée. Filfe. Grife. Grife noire fur laquelle porte le charbon. Grife-noi-râtre. Grofïiere. Arjalêtre. FauflTe ardoife. Métallique. Moyenne. Mit-tel fchiefFer, ail. Noire. Pierre d\ Pyriteufe.Kupfer hiecken , ail. Roche bleue. Rouge. Tendre. Laoulil. Vitriolique. Kupfer hiecken, ail.
- Arena. Sand, ail. Flyfand ,ang. Mer-gel. Verraria. Jarnfand.
- Arenaceum, arenarium fiaxum. Sand-ftone ouFrée-ftone, an. Sand-ftein, ail. Zand-fteen. Morzel-ftein, ail.
- Arend Jleeu. Adler-ftein, ail. Ætites.
- Argent. Silfver , fin. Charbon conte* nant de l’argent. De chat. Natif. Pur.
- Argentaria terra. Argilla jijhdaris, cimolio alba. Terre à pipe , terre de faïance.
- Argentea mica. Argyrites Kundmanni.
- ^9
- Argentum fielium. Schinmer, fin. Mic* blanc.
- Argilla JiJhilaris.Ore liqneficens. Bolut. Jord ajler. Pinguis. Plajiica. Tejfiu* laris fieu fiigulorum. Tarninge 1er » fin.Terre à brique. Terrre à pottiers.
- Argille, Clay, an. Kley, fin. hol. Let-ten, ail. Potter’s clay. Clunch, an. Bleue. Letten fchmitz. A brique.La-teritia. Brown clay , an. Brouillée. Calcaire. Couleur de foie. Ferrugi-neufe. Feuilletée. Lochen. A foulon. Grife. Durcie feuilletée.Roche d’un blanc clair. Noire , guide du charbon. Pierre d’argille. Ocreufe. A potiers , creta jigularis. Pyriteuîe. Rouge. Sableuie.
- Argillenx ( charbon de terre ). Mine de fer, ou fableufe. Voyez pierre d'aigle. Loupes. Marga. Pierre. Couverture des charbons.Toit. Roche. Sable. Subftance. Terre.
- Argyrites Kundmanni. Mica. Glim-mer, ail. Skimmer,/«.
- Argyrodamas. Talck , ang. holl. fin. Talch, ail. Talc.
- Argyrolithos. Lapis glacialis. Sélénite.
- Arjalêtre. Faulfe ardoife. Schifte.
- Arma. Sabnlum. Grus,/h.
- Arménie ( bol d’).
- Armoniackfiait. Sel ammoniac.
- Arqiiebiijkde ( pierre d’). Fever- ftein, ail. Vuur-ftein , hol. Fire-ftone , an. Mondique. Pierre à feu, lapispyri* tes. Pyrita. Lapis ignifier.
- Arfienic. Arfenick, an.
- ArJ'enicale ( pyrite ).
- Arzée, lié. Argille.
- Alphalte. Jews pitch, an. Joden lym , holl. Juden pech, ail. LMine d’af-phalte.
- AJiérien. Stern folen, ail. Etoile.
- Atraimntavilis lapis, vitriolum lapide miner alifiatum.
- B b b b ij
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-
-
- DU CHARBON DE TERRE
- 5^4
- Ajramentofa pyrites. Pyrite qui contient du vitriol tout formé.
- Atramentum. Chalamthum. Vitriol.
- Aubezous, en languedocien. Pierre à fufil.
- Aurum ( Jierile ). Aurum felium. Mica jaune.
- Avojiere, lié. Subltance argilleufe.
- Azur ( mine d’).
- R
- B.aerg beek.fu. Jews pitch , an. Bitu-men judatcum, al'pha Ite.
- Baerg beeks jord. Terra bituminofa.
- Baerg fetrna , Ju. Bitumen.. hait. Sal gemme.
- Baergolja , fu.. Oil of petre , of earth, an.. Aard olie. Steen olie , holl. Pétrole.
- Baft ( Black ) , an. Pierre d’ardoife noire. Plate , an.. Caillou fleuri.
- B.anck berge , ail.. Roche argilleufe..
- Barnjieen, holl. Aniber.Barnlteen, holl. Succinum.
- Bafs. Shale. Slate,/?w. Ardoife.
- Bajfets coal- Charbon qui le trouve en Yorck shire.
- Bajtard eagle Boue,, an. J ord haltig ,. Ju. Balter adler-lfein , ail. Geode..
- Bat, au. éclat, couche mince. Coal, ou bottom, an. Charbon grolfier..
- Beaume.
- Beck , Jit. Bitume.
- Belemnites. Belemniti. Lapides lyncis.
- Bsnch, au. Banc. Coal, an. Charbon en banc.
- Berg ( Horn ). Sand ftein , ail.. Corneus lapis.
- Beige ( banck ) , ail. Roche argilleufe.
- Berge beck,)/!. Jord beck. Afphake. Mutel, ail. Roche moyenne.. Saltz ail. Sel gemme. Wachs. Jaïet.
- Berck lalz. oal niter ,, ail. Nitrum.
- Bernjlen. Amber, fu. ail. Bernfldrr, Agite in , ail. Succinum. .
- Bejieg. Letten, ail.. Clunch , an. '
- Bimmjlein. Keiitein , Ju. Fumex.
- Binde,Ju. Rind, an. Schijtus terrejlris ,, carbonarius cœruleo chier eus. Clunclï mêlé de binde. Feuilleté.
- Bis maye. Faufl’e rnaye, lié.
- Bitume , Ju. Beck, ail. Peck. Poix minérale. Bitumen. Durci. Solide.
- Bitumen durijjimum , lapideum , ni-grum judaicum , lapide Jijjili mine-rahjatum. Charbon, holfile. Ni-grum, craffwn.Segne.Schijli Jolidunu
- Bitumineux (charbon ). Pierre. Pille. Source d’eaux. Terre feuilletée.
- Blackleed wads , an. Nigrica fabrilis» Craie* noire. Plomb à crayon. Bafr.
- Blanche maye. Grile maye, lié. Vraie maye.
- Blao 1er a , fu. Argilia plafica.
- Blaitm ( Gemeiner), ail. Alum, an» Alun commun..
- Blattes fehieffer geburge , ali. Ardoife. bleuâtre.,
- Bleuden, ail. Faufle galene. Blende, fu..
- Bleue. Marie, hay.
- Bley, ail. Lood, holl. Lead , an. Bljt„ Ju. Plomb.
- Bleyertz , ail. Si fu. Molybd&na..
- Blocages de pyrites.
- Blocaille. Rubble. Rubbish , an.
- Bloed-Jieen , holl. Hématites ojf. Hématite..
- Blood iione , an. Lapis hématites,.
- Elut lie in , ail. Hématite.
- Bly, Ju. Plomb. Erts ,)w. Molybdœnm>. Glantz ,///. Galeua. Jord ,Ju. Terrât plumbaria.
- Bois. Charbon de bois brun. Follîlei., Lignam bituminojum fojjile. Amas, de bois foliile. Débris de. Pétniüéi. Pierreux.
- Eoluire., terre..
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- E T DE SES El I N E S.
- Bot. Jordartsr ,fu. D’Arménie. Durci; Borbori lapides. Pierres d'argille.Tho-nifchte ftein, ail. Pierres de dielie-Bottom , holl. Goal, an.
- Bouillon, charbon en mine.
- Bouljîn. Bourfm. Faude pierre. Craw. Kravv.
- Bouxture. Mauvais charbon pyriteux. Boyaz. Charbon. Voyez cbabay , table des matières. .
- Boyfaltz. Bàtfaltz. Merfaltz , alL Sal marinum.
- Branches clifc, an. Plate. Thorny clift. Marcalice arborefent» an. Caillou fleuri.
- Br anches-fer si. Minerais plantes. Brazili. Elpece de charbon.. Corns, an. EribazAié.
- Brick batt, an.
- Bricklin clay., an. Terre à brique. Brique , terre à. Ziegel, ail. Terra la-teritia.
- Broad. Flar broad coaî. Veine plate. Brouillages. Ki ouïtes.
- Brucb itein. Knauer. Knaur. KnaveL ail.
- Brute ( roche Vrai tuf. RauVack, ail.
- Byrn JJein , ail. Gag a thés.
- C
- Cadmia metallica. Calamine. Pierre cala mi naire. Üjjidnarum. Vitri cœru-Ici. Ko hait, bot!. Z-tflir, ail. Cobalt. Caillou. Pierre a fulil. Aubezou, lang. En couches. Fetrofilex. 'Whern. Chert,a?;^.
- Caillou fleuri. Gris rouge. Petits caii- . Io.ijx roulés, caillettes. Gatllectes. Tranfparens. . '
- Calanteflen , an g. Calmen ftein, ail. Calamine.,
- Cahiminiüre^ terre pierre. Calaminax
- floue , ang. Calamint fteen, calamy fleen , holl.
- Calamine. Cadmiafojjilis Alârovand. Cadmia lapis.
- Calamint fleen, calamy fteen, holl. Calamine.
- Calamita alba. Leucargilla Blin. ArgiD la flflularis. Terre a pipe.
- Calcaire, pierre. Calck ltein , ail. Pierre puante. Subltance. Terre calcaire , ou alkaline. Marrons de terre.
- Calcarius lapis ojflcin. Saxmn calca-rium. Marmor rude Linnai. Lime’ ftone , ang. Zech ftein, ail. Pierre à chaux.
- Calckflein.Kalek fteen, holl. Zech ftein» ail. Lime ftone ,ang.
- Calmen, ail. Voyez Calamine.
- Calx martis. Crocus.
- Cames.
- Candie. Kennel. Cannel. Canole. Canal coal. Peacock.
- Cannel. Canole. Candie. Coal, ang.
- Canole. Cannel. Candie. Coal.
- Cannoc , ang. Mine de fer. Ironftone»
- Capparoja [ marcajjita. ] Pyrites.
- Cap ut Meduft.
- Carbo fojjilis Thophrafl. Petrœus. Carbon de terre, en patois d'Avignon, Charbon de terre, t arbon d’euble , même patois , charbon de laule, par la reilemblance du charbon de terre avec le bois de faule.
- Çajl head. Cat head , ang.
- Ctmentarius lapis. iNavacelle. Pierre à bâtir.
- Cendrée , mine de fer.
- Ceratoïdes. Cornu ammonis lapidea.
- Chalcantbum. Atramentum. Vitriolum,
- thalcedoine Chalcedonier, ail.
- Chalk, ang. Kreide , ail. Kryte, holl..
- Chamiten. Chamites. Chamiti.
- Chance coal. ang.
- Chapeau^ mine.. Sombrero,, en efpaguoE
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-
- DU CHARBON DE TERRE
- $66
- Charbon de bois fofîile.D’ardoife ou du toit. De bois brun. De faule. En bouillons, en boule. Bouyaz. Dur. Faux. Maigre. Feuilleté. Feffi, ou charbon friable. Lithantrax fragi-lior. Fofîil dur. De fouaye , lié. De maréchal ou forgerons. De galles. De jour. TagekohJen, ail. Léger. En malle. Menu. Small, ang. De maréchal ou de forgeron, voyez fouaye. De perroquet. Peyra , ou de pierre. De pied. De pierre.Houille, voyez ce mot à fa place. Pierre bleue. Puceau. Sec. Du toit. Ecaille fupérieure du charbon. Charbon d’ardoife. Veine de trois , ou triple veine. Alumineux. Ammoniacal. Ar-gilleux. Bitumineux. Pyriteux.Sou-freux , de foufre. Sulfureux. Vitrio. lique.Contenant antimoine. Argent. Cobalt. Cuivre. Etain. Fer. Or. Plomb. Peyra. De pierre. De poix , ou de poids. De terre. Kohl. Koh-len, ail. Kol, fu.Col, faxon, Coal, an. Carbon d.’eubfe , patois d'Avignon. Terreux. Pourles briqueteries. Des cloutiers. Des forgerons ou des maréchaux. Schmit kohlen , ail. Smith coal, ang. Des fours à chaux. Lime coal. Chauiîine. Des maréchaux. Du toit. A ufuine. Voyez la table des matières.
- Charbonneux. Ardoife. Fijjiliscarbon a-rius. Kohl fehieffer, ail. Binde , ang. Argille. Wegweifer, ail.
- Chat [argent de],Katzen filber,«//. Mica. Tète de. Cath ead , ang. Caft head.
- Chatz , nœuds dans les ardoifes.
- Chaux, charbon à cuire la. Lim coal. ang. Chauiîine, en ativergnac. Kalk lieen, holl. Zechlfein , aü. Lime ftone , ang. Grife. Marbre*
- Chert. "Whern. Whin rock, ang.
- Cailloux.
- Chode hoie, lié. houille chaude. . Cimolée, terre. Leucargilla.
- Cimolia alba. Argilla JiJlularis. Terre à pipe. Terre de faïance. Terre cr-molée.
- Cis. Ciltras, lang. Rocher de granit. Clay , ang. Argilla nojlras jigulina. Brickiln, ang. Argilla lateritia. Cowshot, ang. Marie, paper marie, ang. Potters, ang. Terre grade. Voyez argille.
- Çliff. Clift, ang. Roche. Branched,
- . ang. Caillou fleuri. Plate , ang.
- Thorny , ang.
- Clive coal, ang. Roche.
- Clous, gros , petits.
- Cluffte , ail. ClufFt , pu. Roc.
- Clunch, an. Marne feuilletée. Mêlée de bind. Blanche. Bleue.
- Clutte, lié. houille maigre ou foible. Coal, ang. Charbon. Ballet, an. Bencb. Bat. Bottom. Brazils, ou corns. Fiat broad. Candie. Chance. Clives. .Common. Corns.. Brafils. Crow. Culm. Day. Fat. Foot. Geys. Hea-then. Kannel. Kitt. Lime. Main. Newcaftle. Parotte. Pit, Sea. Small. Slipper. Slips. Smith. Spin. Splinty. Springs. Scoth. Stone. Thin. Wal-les.
- Cobalt. Cobaltum. Cadmiavitri cœrulei. Cockle shells. Shelle vein , ang. '>
- Coirel/e, quarelle, hay. Grès, lié. Pourrie.
- Col, fax. Kol,fu. Kohlen,^. Coal, an. Charbon.
- Combuftible, terre.
- Common, aluni, ang. Coal. ^ Folîîle i pitch, ang. Joden lym , fu. Pifla-phalte. Voyez bitume. *
- Corns, brazils, ang. ‘ -J
- Concrétions bitumineufes* Globuleu-fes, geodes.
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- ET DE SES MINES.
- Copper , ang. Koppar , fu. Kupfer , ail. cuprum , cuivre. Dres, mine de cuivre.
- Coquillage, coquilles, shells, ang.
- Coquïlliere, marne. Veine.
- Cornaline , fardonyx , holl. zardus , carneool.
- Corne d’ammon , sheer horn.
- Cornée , pierre, Hotnftein , ail.
- Corueus joli Jus.
- Cos , oder Schliff, ail. Voyez grès.
- touches mêlées, Gefchutte , ail. Minces. Schilteufes.
- Couperofe, an. copperas s holl. koper-rood.
- Couverture des veines, pierreufe’, fchifteufe , terreufe.
- Cows-hot, ang. terre marneufe. Clay. Stone.
- Cowjlu marie, ang.
- Craiv , kraw, bouflin , bourfin , lié.
- Craie , chalk , ang. Kreide, ail. kryde, holl. creta. Alumineufe. De Briançon. Friable. Noire, pierre noire, pierre à marquer. Kanel coal.Ampe-litis. De fuie , crayon noir, creta fuliginea.
- Crayon. Noir. Toit de veine à Namur. Umbria Wormii, terre d’ombre.
- Creta , terra calcaria, craie. Argen-taria. Figularis , argilla figulina, argille à potiers. Fuliginea, craie de fuie. Lreta umbria Wormii, terre d’ombre.
- Crétacée , marne, chalky clay , ang.
- Crijlalli pyritacei, drufa pyrit. mar-chajita.
- Crijlaüifée , roche de corne, Shorl,#//.
- Crocus , calx martis, fafran de mars.
- Crow coal, ang.
- Cubique , pierre , plusieurs efpeces.
- Cuivre , koper , holl. fu. copper, ang. KupiTer, ail. cuprum. De rofettte.
- Cuivreux, ardoile. Charbon. Grès.
- S 67
- Minerais verd , tenant cuivre. Paos, efp. Pyrite. Schifte. Veine.
- Culm coal, ang.
- Cuprum officinarum, æs veneris. Koper, hoil.fued. Kupffer, ail. Copper, ang. In lapide fcijjili, mine de cuivre en ardoife, ou ardoile cuivreufe.
- D
- Da&ylus idæus, belemnites.
- Dailie, tortai, lié. terre bolaire durcie.
- Deie, diée, d’un veine , lié. Mavafs.
- Demi-métallique, fubftance.
- Dendrytes.
- Dendrolythe fchifteux, phytobiblion.
- Derle , dielle , lié. efpece de glaife.
- Dewils pape , ang. pyrite cuivreufe.
- Diable [ téton du ] , dewils pape, pyrite cuivreufe en filons.
- Diaboli Jlercus, Teuffels dreck , ail. Bitmnen fegne , crajfum , nigrum, maltha , kedria terrejlris, poix minérale. Voyez huile végèt. table des matières.
- Dielle , derle, lié. pierres de, lapides borbori. Tourteau de. Tortai d’aille, tortay del dielle , lié.
- Diere , dieve , en hayn. marie.
- Dike, ang. Gag, écojf. Faille, AV. Surjet. Down , gag, dovn dik, ang. ,
- Dilatée, mine.
- Dory , lié. efpeces dekrouifes.
- Dreck [teutièls] ail. maltha, kedria terrejlris.
- Drufa, drus, ail. nœuds, grouppes, pyritacea, marcaliite.
- Duck Jleen , Ju. top h Rein , ail. mom , tophtis, bonis, vrai tuf.
- Dueng erde, margel, ail. mar g a, marne.
- Dun ro-vp, ang. lit, banc gris ou , fuite de.
- Dun. row batt, iron ftone , ang. mine
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- <6S DU CHARBON D, ET ER R E
- ferrugineufe grife, très.dure.
- Dur, charbon, hir.d coai, ang. bat..
- Durcie, terre, letcen , leime,’thou, alL
- Dure veine, lié. Voyez houille maigre,
- Dy , fu. mylla, fu. ietten, ail. lime ,
- i mud, ang. argille , limon, limus.
- E ‘
- (ï
- Eagle floue, ang. œtites. Bâtard.
- Earth, ang. terre j blac’k, ang. zwarte aerde ,'holl. terre noire. Pnigites ojfic.
- Eaux des houillères. Bitutnineufes. Ferrugineufes. Minérales. Vitrioli-ques.
- Ejfeurie, morte ( pierre) utvitrad .fu.
- Ek (meliwer), gediegen eifen , ail. mine de fer.
- Eifen , ail. jern ,fu. ferrum, glimmer , ail. mica ferrugineux. Voyez fer.
- Eifen ertze, aü. minéraux ferrugineux. Gedigen, aü. Stein, ail. Mine de bon fer.
- En.crinite , encrinus, lilium lapideum , pierre de lis.
- Erde [damm], ail. Humus. Dueng. Thon, Ziegl , terra lateritia. Oehi, aU. pétrole.
- Erden , en allemand.
- £rtz , ail. [ Flaetz. ] [ Kupfer ], pyrite. [Roth ] ..mine de fer.
- Efpagne [ ferret d’] , pierre fanguine, pierre hématite , an. blood-Rone , hall, bîoed-iteen.
- Etain, tenu, fu. Zinn , ail. tin , an. Jlannum, plmibum candidum.
- Ethiopie ( pierre d’ ) , pierre obfi-dienne,
- Etoiles, Stcrn-folen , ail. aftérien.
- Eubfe [carbon d’J , en patois â'Avignon. Voyez charbon de terre.
- F -
- Fabrilis, nigrica, plumbum nigrum offcinarum. Worm. en koll. zwarte kryt , an. blak lead , craie noire.
- tFacetfies [ galene à ].
- Faiance [ terre Ide ], cimolia alba.
- Fat coal, an: charbon gras.
- Faule, en ail. Pierre calcaire. Déliée. Ober , fupérieure.
- Fauffe, galene, blende , fu. Maye ou bifmaye , lié. Pierre, bouiiiii , bour-lin , craw , tiroulle.
- Faux [ charbon ] ou maigre , lié.
- Felinus lapis. Stinck fchieffer , ail.
- Felsjlein. Stein , aü. pierre , roc.
- Fer, iron , an. Eifen, ail. yfer, holl. jaernyfu. mines de fer commun, par marrons.
- Feret d’Efpagtie, pierre hématite Swar-taktig , fu. hœmatites niger tritura-rubens.
- Ferrugineux, couleur de fer. Mine. Dun row , iron ftone , an. fire floue. Eaux. Grès, roche, fable.
- Fejjï,en hay. charbon friable, veine tendre.
- Feuerjiein, Kiflelftein , aü. Kegel, holl. Silex.
- Feu , pierre à feu, lithos pyrites.
- Feuilletée [argille], lochen. Giaife , fol des charbons. Grès. Tille ftone , an. Marne , clunch. CoWs-hot-clay, an. Pierre. Roche. Toit.
- Figulina argiïïa ,terre à potier.
- Filon , lifez veine ignoble, dégénérée. Pyrite en filon.
- Fin , tnorfin, zatte todte , aü.
- Fire floue, «//.pierre à fufil, pierre à feu.
- Fijfe , long, fchifte.
- 1-ijJilis, aluminaris, alun , skifvcr ,fii. ÇarbouuriitSi ardoifc charbonneufe.
- Bind/
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- ET DE SES MINES.
- binde. Cornent. Friabilis. Loes skif-ver, Jued. Nigricans, lithantrax, lapis, ardoife. Sine lamellis. Moliior, jriabilis , pi&orius. Nigrica , creta nigra. Phignis , in aere dejtruclibi-lis, accenjibilis ,fiolidus , durij]imus, lamellas non divijibilis, fijjius in-ntiiis, JchiJtus difilculter fcindendus. "Waller. Lapis JchiJlus fiolidiis, ardoife groftiere, faillie ardoife, arja-lètre. Terra bitnminofa, ampelitis. Voyez charbonneux.
- Fijhtlaris argilla , pipelera , /h. terre à pipe.
- Fiverjlein , Kiefel, a//, kies, /&. pyrite, filex.
- 'Flag marie, ftone marie, marie faible.
- Fiat broad coal, a//. charbon large & plat.
- Flaetz, ail. bengh, mz. banc , lit»
- Flein, aw. ( pierre de ; flint, flinta Ju. flenny, lié. filex.
- Flenniere , lié.
- Fleuri (caillou), chargé d’empreintes. Krauter abdrucken , ail. bran-ehed clift, an. phytotypolithe.
- Flins, rock, ail. Stone. Pierre à fufil, filex, aubelou , lang.
- Flint, flinta ,fiu. haille flinta ,/h. flint, flint ftone, an. caillou, pierre à feu, filex.
- Flos œris , ærago , verdigrife, en angl. fpaans groen , koper roeft, en holl. Kupfter groen, ail. Verdet.
- Fluor , Flufs , ail. Drufen , aü. Spath nm.
- Flyjand, fand , fin. an. grus , mergel, labié menu, arena.
- Foible. Voyez charbon, table des matières. Marie , flag marie , an.
- Follet fouterrein. Voyez vapeur , table des matières.
- Foot coal, an. Foot col) ail, charbon Tome VL
- ^9
- groftier.
- Forge, galleteufe, hay.
- Forgerons ( charbon des ) , charbon gras. Smith coal,an. Schmidt koh-îen, aü.
- Fort (charbon ).
- Fojjile (bois). Charbon. Bitume. Pitch common , an. Beck , joden lym ,fiu. Pech , ail. Sel, rock fait, an. gegra-ben Saltz , Saltzftein, ail. Sal gem, en anglais.
- FoJJUis ( muria ) , Tel commun.
- Fouaye , lié. charbon menu , charbon de maréchal.
- Fougere ( imprefîion de). Branches ferns, an. Caillou fleuri.
- Foulon ( argille à). Marne, terre, fui-lers earth , clay, an.
- Foui air, an. fou ma, krowin , lié. Voy. mouffette , table des matières.
- Free Jione, fand ftone, an. pierre de fable , pierre de taille.
- Fugax (marmor). Gypfium> pierre à plâtre.
- Fuliginea creta , craie de fuie, crayon noir, pierre noire.
- Fullers eard, clay.
- Fufible ( terre) , ou vitrifiable.
- Fufil, pierre à fufil, ou d’arquebufade, flins ftone , an, filex, aubofou , en lang.
- G
- Gag a s, obfidianus lapis, agaat fteen , holl. jaïet.
- Gagates dioficorïdis, bitumen durijji-niuni, lapideum, nigrurn , pangitis Strabonis.
- Caillette, hay. caillou roulé.
- Galena. Fragmentis micantibns, galene à facettes. Pfeiido. Blende ,fiu.
- Galene à facettes , plumbum particulis cubicis. Galena fragmentis micantï» bus.
- C c c c
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- DU CHARBON DE TERRÉ
- ?7 o
- Galletetife ( forge ) , hay%
- Galmeje-jord ,Ju. Terra calaminaris.
- Gang, ail.
- Gangue, lignifie quelquefois en générai , roche propre à la mine, oppofée au knaver.
- Garde du charbon , fi {Te, charbon de mauvaife efpece. Wegweifer, ail.
- Geburge, b aue Schiefter , ail. efpece d’ardoife bleuâtre,
- Gediegen , ail. vierge, charbon puceau.
- G edi eg en Eifen , mine de fer.
- Gediget filfver, fu, argent natif.
- Geel oker , ho il. Ocher , ail. ochra , an.. Ochra officinarum, ocre.
- Gegraben. Saltz, ail. rock fait, ang. Saltzftein , ail. Sel gemme.
- Gemahlt Jiein, ail. Lapis engraphus. Ly-thomorphns. Phytomorp hy fe.
- Gees , jays, jaïet,.jet, an. Bergwachs. Agaat fteen, holl. Gagates Juccinum nigrum.
- G.elb- berg, Oker , gilb Erde , allem. ocher , an. ocra , fu. S il Goftarienbs Kentman. Ocra Aldrovandi. Gyttia. Ocre.
- Gemen alvin, holl. gemeiner blaum, fu. alun.
- Gemeiner blaum , fu. aluni, an. alun commun.
- Gemma famothracea Plinii. Pierre oh(i-dienne , verre oblidien. Voyez jaïet.
- Gemme 11 s fal, fal gemma., fal fojfile , fal montanum ; rock fait, an. Gegraben faltz, Saltz ftein, ail. fal gemm, en ang,
- Gemm, ail. roche.
- GemuU téroulle.
- Geodes, fu. jordhaltig , pierre d’aigle bâtarde.
- Geftein, Weeek ftein , allem. Weth ftone , an. Grès, pierre à aiguifer.
- Geys coal, an.
- Gilb Erde, ail. Voyez ocra.
- Gilb hart, hilbe dur. Voyez réfractaire. Oker, aü. Voyez ocra.
- Gipp fait. Argyrolithos , lapis fpecula-ris , glacies maria , félénite.
- Gyttia., rod kryda ,fn. Ocra ruhra.
- Glacies Maria , lapis fpecularis , fé-îénite.
- Glaife, pierre, dielle. Blanche. Toit du charbon. Bleuâtre, bleue marie 3 durcie. Uberfchufs, ail. Feuilletée. Sol des veines. Jaune mêlée. Noire. Sol des charbons. Rouge. Terre à potier.
- Glarea Bruckmanni. Spar, fpathum, felenites.
- Glas ( ma rien ) ,/«. talc.
- Glas ( fpies ) , ail. glats fpits, fu. antimoine.
- Glimmer ( Erden ) , ail. fu. terrez mi-cantes , mica.
- Globe , damp, an. Vapeur, exhaîaifon. Voyez table des matières.
- Globnlcufe ( concrétion ), geodes.
- Globuli pyritacei, pallide jïavi. igri-cantes, Jeu minera martis folaris ha];'a.
- Gold, an. ail. goud , holl. guM ,.fu. or.
- Gorre, gor , en lyonn. & en auvergn*
- Gond , holl. gu lu , Jù. go!d , an. ali or.
- GraineJée(mlnc de fer). Voyez minera fervi.
- Grains ( Midrow ) , an. pierre ferrugi-neufe.
- Grains [White row], an. iron fton,1 en angL
- Graug hmmer , week fteen , greis ge-Itcin, Sand ftein , ail. weth ftone, a»., pierre à aiguifer. Voyez pierre de meule.
- Granit [rocher de], Cis , fiftras .lang.
- Graphinm album, terra ca!caria, Krey le , ail. Voyez creta, voy. craie.
- Graojlen , fu. Saxum mixtum. Voy es iijerre grife.
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- ET DE SES MINES.
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- Granes eifen ertz, 'ail. Minera ferri grifea , punchilis micans , mine de fer cendrée.
- Gras [ charbon ]. Houille. Terre. Pot-ters clay , an. Voyez argille.
- Gravel, iand,«/7. Saud, tiyfand,/n. grus , margel, iàble.
- Graveleux [rocher], granité déc-om-poié, pierre de i’ei , de faliere , -de îâlindres , coirelle, quarelle , grès.
- Gravier ,fabulum. Groiiïer. Pierre fer-rugineule.
- Grés , iaf, lié. Faille.
- Greis gejïein, weeck fteen, grang, limnier, ail. Wech (loue, grind ftone , an. pierre à aiguifer.
- Grêle [charbon].
- Grès, Sand hein, edi. fire ftone. A aiguifer, Greis geftein , weeck fteen , grang limmer, ail. Grind ftone , weth ftone, ang. Ardoif’e, tile ftone , an. pierre de tuile. Cuivreux. Dur. Fel ,all. grès dur. Ferrugineux. Feuilleté.Tile ftone. Marrons de. Pierres de.
- Grès ordinaire. Saxum arenarium. Saxum filiceum. Pierre de. Pourri. Quartzeux. Saf. Verdâtre. Cuivreux. Véritable.
- GrindJlone , a/2. Weth ftone, an. Cos aquations. Meule à aiguifer. Voyez grès.
- Grife [ maie] , blanke maie, adaille lié. Pierre, roche.
- Gritte ( iron ) , an. fer commun.
- Grober ( rother Sand), ail. fable rouge.
- Groen fpaans , fu. verdigrife ,an.Æru-go œris , verdet, verd de gris.
- Grofjiere , fauife ardoife. Arjalètre, fchifte.
- Grouetteux , pierreux , tuf.
- Gntn { Kupftcr ) , fpa-n groen , en ail. fpaans groen , kopcr roeft , en holl. Verdigrife, cm. Spak, ail. Voyez
- verdet, verd de gris.
- Grus. Sabulum, arena , voyez arenot.
- Gubbing , an. marne douce.
- Gublhi bat, an.iron ftone, an. Minera ferri nigricans, punchilis micans.
- Guhr , ail. meàulla fluida.
- Guide , argille noire , charbon de mau-vaife efpece. Wegweiler , ail. filfe, lang.
- Guld , fu. gold , ang. ail. goud , holl. or, katt. Argyrites Kundmann. Or de chat. Mica jaune.
- Gypfe, gypjum , marmor fugax Lin-n&i. Tarras plaider, ang. Pleyfter, holl. Gips , ail. Blanc ftrié, pierre à plâtre. Alabajtrites, marmor Agricole. Pierre de. Pierre à plâtre, à parget, felenites.
- Gyttiu, holl. roed kryta, fu. Oker gel b berg, ail. ocher, ang. okra /a, ocra.
- H
- Hématites, bloedfteen,B!utftem , a//, bloot ftone , ang. Voyez fchijlus.
- Haeje flinta, fu. Petro-filex , achates immatura.
- Haeli, fu.faxum. Voyez roche.
- Halfmetaller,fu.femi~metallum, demi-métal.
- H ali nitrum, falpeter, falpêtre.
- Haliig (jord), fu. Ætites terra inclufa, pierre d’aigle bâtarde , geode.
- Hardcoal, ang. charbon dur.
- Hars tert, arend fteen , holl. haltig (jord),/h. pierre d’aigle bâtarde, geode.
- Harte gilbe, ail. gilbe dure, réfractaire. Voyez table des matières.
- ILead cajl, cath eade , ang. veine de charbon de médiocre qualité.
- Heathen coal, an.
- Heliotropia, variegata lithanthrax.
- Hématite , pierre , pierre ftmguine C c c c ij
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- DU CHARBON DE TERRE
- m
- ferret d’Efpagne.
- Hiecken ( Rupfer), allem. pyrite fui fu-reux, cuivreux.
- Hitte d’aguelfe , lié. D’a ronge , lié.
- Hochets (houille à), lié. houille à boulets.
- Holtz kohlen , ail. bois pétrifié.
- Holtz verjieintes, ail. bois pétrifié.
- Horn ber g ,fu. corneus. Schlag , Horn ftein , ail. pierre de corne, Skifver,, fu. corneus fijjfüi s , Shorl, ail.
- Houille, hoie , lié. kauchetay, lié. clut-te , lié: houille maigre ou faible. Forte. Maigre. Dure veine. Seche. Pure. Seche, maigre. Morte. Ti-roulle , téroulle. Voyez houille, table des matières. Foyers à hochets.
- Hoye, lié. Voyez houille.
- Huit talck , fu. talck, au. holl. Talch ,, ail. talcum offcinarum , alias Jiella terra , argyrodamas , talc.
- Huila, hilla, houille , hoie , lié.
- Humus, Tamm erde, ail. terre franche..
- Hibernica tegula , lapis hyberniais, irish llate , an. pierre d’Iflande.
- Hybernus lapis , irish date , an.
- Hylla. Huila. Hoye, lié. Houille. Voy. houille.
- J
- Jafpe, an-. Jafper, ail. Jafpis , holl. Jaf-pis ( edel gefteente ).
- Jaern Ju, Iron , an. Eifen , ail. Yfer holl. Verrum. Fer.
- Jaern fand, fu. Arenaferrea.
- Jaïet. Jays. Geeft , an. Jet.
- Jews pitch, an. Jnden pech , ail. Bitume de Judée. Afphalte. Fijfelaum.
- Joden leym, holl. Je ws pitch, an. Aft phalte. Bitume de Judée. Jord beck. Berg beck, fu.
- Jord^ fu. Marie, anglais. Mcrgel , all. Voyez marga.
- Jord arter. Letten. Clay, an. ail. Lent. Argilla. Bolus.
- Jord becki, fu. Berg beck , fu. Bitume de Judée. Afphalte. Pix montana.
- Jord'' ( galmaje ) , fu. Terre cal a miliaire. Voyez calaminaire.
- Jord haltig, fu. Harstert, holl. Aren fteen, allem. Ætites terra inclufa. Pierre d’aigle bâtarde. Geode.
- Jour ( charbon de ). Tage kohlen , ail.
- Judcn pech, berg pech. Ërd pech , ail. Bitumen judaïcum.Pix montana. Afphalte. Bitume de Judée..
- I
- Igniarhis lapis. Ærarius lapis. Vuur lie en, ail. Kies. Voyez pyrite. Silex. Lapis corneus.. Saxum cornutum. Silex cretaceus.
- Ignifer lapis.
- Ignoble ( minéral ).
- lluana terra. Cimolia alba. Terre à pipe.
- Indçs noires. Mines de charbon.
- lndianred, an. Rouge indien. Terre perfique. Terraperfica. Voyez ocre rouge.
- bmnalura achates. ’Whern. Chert. "Whin rock, an. Petro-filex. Voy. filex.
- Inflammable ( terre ).
- Irish shlate, an. Lapis hybernus. Pierre d’Irlande.
- Irlande-( pierre d’). Hybernica tegula.
- Jron , an. Yfer, holl. Eilen, ail. Jaern,. fu. Ferrttm. Fer. Ginnoc.. Canec iron ftone, an. Mine de fer dure,. grife.Gritte, an. Fer commun.Gub-bin. Iron ftone , an. Minera fer ri: nigricaus, piin&ulis micans. Stone (cannoc), an. Mine de fer..
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- ET DE SES MINES.
- K
- Kaïck, ai. Spar. Sax. Tarras. Plaifter, ayi. Piayfter, holi. Gypfum. Marmor fugax Linnæi. Gypfe. Steen , holi. Lime ftone, an. Pierre à chaux. Sten , fu. Pierre à plâtre.
- Kalk fait, holi. Kalk ften. Natrum.
- Kamm. Koc , ail. Shal. Ardoife.
- Katt guld , fu. Argyrites Kunâmanni. Or de chat. Mica jaune.
- Katzen golâ, an. Or de chat. Mica blanc. Argent de chat.
- Kauchetay , lié. Houille.
- Kedria terrejlris. Maltha. Bitumen fegne , crajfum , nigrum. Teufels dreck, ail. Stercus dtaboli. Pixmon-tana. Voyez huile végétale, table des matières.
- Kegel, holi. Riefel ftein , ail. Flein. Fiint, an. Silex.
- Keijlein , ail. P or us igneus lapidis li-thanthracis. Pumex.
- Kennel coal. an. Voyez coal.
- Kryjchlag. Thonifchte ftein, ail. Ef-pece de pierre d’argille.
- Kiefel ,fu. Voyez filex.
- Kiefs,Ju. Kifs. SchwefFeLkeis, ail. Fy-rites fulfureus. Ballar, fu. Globuli pyritacei. SchewefFel, ail. Pyrite de î'oufre.
- Kiefs. KifTe, ail. Fifte.
- Killoia molliufcula. Çimolia alba. Terre1 cimolée.
- Eiffel flein, ail. Fever ftein. "Wackel ftein. Riefel ftein. Silex.
- Kittz^an.
- Klaerer. Rother fand, ail. ; f ,
- Klavay, koumaille, lié. ' . , .
- Klaye , an. Voyez ciay.
- Kley , holi. Clay , an. Lera ,/h..Letten* Argilla.
- Kleys fahlag, ail. Efpece de pierre mar-ueufeou argiileufe.j
- m
- Klippa. Haell. Saxunt. Voyez roche. Klufft, ail. Roc.
- Knaver , ail. Roche ftérile, fourde , fauvage , appeilée quelquefois en générai gangue.
- Enaur. Knavel. Knaver, ail. Roc vif. Roche fauvage.
- Knaufl, ail. Lapis. Pierre pelotonnée. Pierre en marrons.
- Kaol ,fu. Kohl. Kohlen , ail. Coal, an.
- Charbon d’eubfe.Charbon de terre. Kobalt, an. Kobalt, holi. Cobaltumojf. Kohl, ail. Charbon de terre. Kohl-fchiejfer. FijJilis carbonarius. , Kohlen. Kohl, ail• Kaol , fu. Coal,an. Charbon d’eubfe. Charbon de terre. Peck ftein , allem. Charbon bitumineux dur. Schwefel. De foufre ”, Welch, ail. Charbon bitumineux mou.
- Koper bood, holi. Copperas, an. Cou* perole.
- Koumaille. Klavay, lié.
- Krauter abdrucken, an. Branched clift. Minerais plante. Arboreicent. Mar, caftte. Thorny clift, an. Phytotypo-lithe. Phytobiblion. Caillou fleuri. Krmv, lié. Fire ftone.
- Iireide, ail. Graphium album. Voyez creta. Schwartz, ail. Black lead, an. Anipelitides. FijJilis mollior , friabi-_ lis , pi&orius. Nigrica. Creta nigra.. Kreins. Creins, liégeois. Brouillages de pierre.
- Kroujfes, dory , lié. Noeds. Kruhmahar 1er. Tarninge 1er,/h. Argilla teffularis , feu jignlorum. Argilla lateritia. Voyez argilla.
- Kryt, holi. Kreide , ail. Chaîk, angl. Çreta officinar. Craie. Witte, holi. Terra argent aria. Cimolia alba , hippiatris & veterinariis. Terre à pipe, de faïance. Zwane, holi. Ocra; nigra. Nigrica fabrilis. Craie noire..
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- Krita, fu. Kreide, allem. Kryt, holl.
- Chalk,a?z. Creta. Huit,/h. Roed , '-fil. Gy ttia, an. üchra uativa , [eu fil goslarienfis. Ocre rouge.
- Rul, danois. Kohlen. Ko-hl, ail. Voy.
- . Charbon de terre.
- Kuppjfer, ail. Koper, holl. Copper ,
- . an. Cup'rum. Voyez cuivre. Ertz. Pyrite. Grun. Koper roeft. Spaans groen , holl. Verdet. Hiecken. Stein„ Marcha]]}ta ccipparofa. Pyrite.
- Kyfel, oder kyfel Itein , ail. Feur Rein. Kefel. Silex.
- Kysling ( ein )ail.
- L
- Lamb, an. Charbon.
- Laoufa , lang. Ardoife.
- Laoufil, lang. Ardoife tendre & friable.
- Lapides borbori. Keyfchiag , ail. Pierres d’argille. Pierres de dielle.
- Lapideum ( iiiium ). Encrimus. Pierre de lys.
- Lapis acerofus. Lapis corneus. Horn-itein , ail. SaodRen. Hornoberg.
- Lapis ærarius. Marcajfita capparofa. Pyrites. Arenofus latericei fers coloris. B'elemnites. Belenniiti. Lapides lyncis. Cernentarïus. Pierre à bâtir. Navacelle. Corneus. Saxtim corv.u-tum. Lapis acerofus. Eugraphus. 'Li-thomorphits. Voyez, hrauter àbdrit* ken. Felimis , qui ferro attritus uri-nam feliuni redolet. Fi.ljïlis. Scijjilîs.
- Schijli fpecies. Voyez ardoife. Hématites. Ferret d’Efpagne, Pierre fanguine. Hibernas. Tegula hib'er-nica. Iguiarius. îgnifer. Knaulè. Kuaur. Kuavel. Bruehftein , allem. Lucis.Vuur Reen ,-holl. Fever Rein, allem. Fil© Rone , an. Pierre à feu. Pierre à Fu fi I. Mondique. Lyncis. Dacïylus Idœus. Bslemnites. Thun-
- der bolts , vulgo y an. Luchs Rein-; ail. Los Reen. Lochs Reen , holl.
- >Obfidianus. Verre obfidien. Pierre d’Ethiopie. Pyrites. Ignifer. Jgnia-rius. Voyez:pyrite. Sardius five car-neolus boet, Cornelian , an. Voyez fijfilis joli dus. Scijfilis. Ar défia. -Slateléy, ‘an. Ardoife.' Spath a cens. Stannifer. Sp ecularis.Glacies mariât. "Sel'enites. Stannifer fpathaceus. Suil-lus. Thracius. Thracian ftone, an. Thracierfe fteen , allem. Pierre de Th race.
- Lateritia ( argilla ). Tejfularis , feu fi-gulorum.
- Lateritia terra. Ziegel , ail.
- Lauz , lang. Talk- haell, fu. Rocher talque ux.
- Lave de volcan. Grès bleu.
- Lead, an. Bley , ail. Lood , holl.Plum--bum ojficinarum.Plomb.Black wads. Higrica fabrilis. Craie noire.
- Leimy ail. Leim-en. Argilla. Voyez li-mus.
- "Leimen. Leim, ‘ail.
- Lera, fu. Jordarter pfu. Letten , ail.
- Clay , au. Kley , holl. Argilla. Bolus. Letten , ail. Terre ondlueufe, tenace. Argille. Limon. Schmitz. Argille bleue.
- Leucargilla Plinii. Killoia molliufculct.
- Xerre à pipe. Argilla fflularis. Levendige. Zwnfel. Solpher, hollan. Soufre.
- Ley , holl. Slate. Shiver, an. Skifer-j fu. SchiefFer , aU. Ardefia. Ardoife. Lignum bituminoj'um fofjile. Stenhær~ dadt yfu. Holtz kohlen , ail.-Lilium lapideurn. Enbrïmls. Encrinite* Pierre de lys. \
- Linïe\ 'an.' Chaux. 'Voyez clay. Mud #
- an. Limon. Voyez limus.
- Lime coal, an. Charbon pouFcuire la chaux. Stone. -Lyas, an. Zech Rein*
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- ETBE SES MINES.
- ail. Kalck fteen , holl. Pierre à chaux.
- Limmer ( grang ). Week (feen , ail. Greis geltein , ail. Wcth (tone , cm.
- Limon. Argille. Limus. Letten, allem. Myl la ,/«. Dy , «//.
- Limus. MyMa. Dy. Letten- Leim. Lei-men , ail. Limon. Argille.
- Liusgrao jaern maint, J'u. Minera fer-rigrifea. Voyez mine de fer.
- Lys ( pierre de ). Encrinite. Encrinus. Liliumdnpideum.
- Lithanthramas. Anthramas. Liîhan-thrax. Voyez charbon de terre.
- Lithanthrax, feu car‘bo fojjilis* AUtmi-naris. Durior, fordidg nigreficens. Scoth coal. Charbon tPEcolTe. Durior. Schijlus carbon.arius. Charbon foifde dur, ou charbon de pierre. Ffijilis bituminofius. Bit amen lapide jijjili miner afifatum..Charbon foiiile. Fragilior. Waller. Heliotropia. Lu-eidafriabilis. Charbon de Newcal-, tie. Lucida durior. Chai bon de gai-. les. Sterilis, nigra^fijuammofa.Schif-tus niger. Variegata. Heliotropia. Vitriolica..
- Lithomorphofus. Engraphus lapis. Ge~ maahchldtein. Voyez Krauter ab-drucken.
- Lithotomi cavitate latente donati. Ætï-tes. Eagle (tune , an. Arend Hein s ho II. Pierre d’aigle.
- Lomn. Malm, an. Terra?nifcella.Mrd\[n,, ju. Minera.
- Loch en, a II. Subftance argilleufe feuilletée.
- Load, holl. Lead , an. Bl'ey , ail. Plnm-bum officinarum. Voyez lead.
- Loes shifver , ail. Fijj.lis friabilis.
- Lojleen. Lochfteen, holl. lapis lyncis. Thunder bolts vulgo , allem. Voyez bêlemnite.
- Luch jlein , allem. Albschos. Pierre de lynx. Bêlemnite.
- Lumber fions ( wbite ) , an. CimoliaaL ba. Tabaco pipe clay.
- Lumière ( pierre de ).
- Lutra. Sten rnarga, ail. Sijoe skums Ju. Mar g a officinarum.
- Lyas, an. Chaux. Pierre à chaux. Lime ftonc.
- Lym (joden). Cpmmon. foffil pitch* Piffàphalte.
- Lyncis lapis. Voyez bêlemnite.
- Lytes pyrites. Voyez pyrite„
- M.
- Maye (blanke). Grife mave. Adailîa. maye. Vraie maye. Marie. Craie. Fauiïe. Bifmaye. Vraie. Voyez blanke maye.
- Main coal, an. Veine roaitrefle, principale , capitale,
- Malm, Ju. Minera. Loam. Malm 5 an. Terra mifcella.
- Maitha. Kedria terrefiris. Bitumen feg-ne, crajfum, nigrum. Te u fi e l s d r c ck, ail. Stercus diaboli. Poix minérale. Pix montana. Voyez huile végétale,7 ti.ble des matières.
- Marbre* an. Marble , ali Marmer , holl. Marmel (teen , allem. Marmor. Bleu dur. Imparfait. ZecklKin, ail. Pierre molle. Noir. Tufebe. Pierre à chaux grife. Kalck , ail. Marmor rude.
- Marcafite arboreficent, an.
- Marchafi'er ,fu. Marcafite , an. Mar-ch a fa a. Marcaüite. Capparofa.V oy. pyrite.
- Marchafite. Mine morte. Bouxture.
- Maréchaux ( charbon de ). Schmit kohlm ail. Flommel.
- Margaofficin.Lutra. Stein marck. Sjoe skum * fu. Marna. Marie.
- Margel, ail. Mergel, fit. Voy. marne.
- Marien glas 3 ail. Glacies maria. V oy. talc.
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- Marin (fei ), ou commun. Muriafof-fiiis.
- Mari Clay, «w. Marie. Argiüe, marga.
- Marie. Marga. Bleue. Kraw , lié. A boulets. Chalky clay, an. Marne crétacée. Clay-marl, an. Cowshot, an. Faible. Paper mari, an. En grof-fes pierres. Tenant plomb. Stone-marl. Steel mari. Flag mari, an.
- MarmelJleen. Spar kalck, aü. Marbre.
- Marmor. Spar kalck.AlabaJirites.Gyip-fe blanc. Fugax. Gyps. Pierre à plâtre. Metallicum. Rude Linnœi. L'alca-rius lapis. Saxum calcarium. Pierre à chaux.
- Marne. Margel, aü. Marna. Moulme. D’acier. Marne dure. Steel mari, an. Blanchâtre. Propre à engrailier les terres.Chalky mari. Chalky clay, an. Bleue foncée. Coquillere. Crétacée. Chalky mari. Chalky clay. Douce. Gubbing , ang. Feuilletée. Clunch, ang. A foulon. Jaunâtre. Noire. Savonneufe. Cowshot clay, anglais.
- Marneufe. Pierre. Terre.
- Marquer ( pierre'à ). Kannel coal, an. Ampelis. Crayon. Ardoife chnrbon-neufe. Voyez fchijlus carbonarius. Voyez ardoife charbonneufe.
- Marrons ferrugineux.Mine de fer par. De grès. Pyriteux. De terre calcaire. Rouge mort.
- Martiale. Ocre. Pyrite. Schifte.Terre. Awftere , lié. Vitriol.
- Maffe pyriteufe. Teton du diable. De-vils pap , an.
- Medulla fluida. Guhr. Ert fafft, aü.
- Medufz { capnt').
- Melhver eh. Mine de fer. Voyez minera ferri.
- Merge inn. De fteen , holî.
- 'Mergel ,fti. Marne , lié. Sable.
- Métal. Mecaller, fii. Demi. Parfait.
- Métallique. Cadmie. Voyez, calamine. Cobalt. Cobaltum. Cadmia vitri cœ~ rulei. Zaffir, ail. Demi. Pierre. Schifte. Subdance.
- Meules à aiguifer. Grind ftone. 'Weth ftone, ang. Greis geftein. Week fteen. Ganglimmer. Schleifs ftein , ail. Voyez grès.
- Menliere ( pierre ). Lapis molaris. Mo-ien fteen, holl.
- Mica. Terra micans, fuéd. Skimmer. Blanc. Argent de chat. Jaune. Or de chat. Argyrites Kundmanni. Ferrugineux.
- Micacée ( pierre ).
- Micans (terra). Mica. Schimmer, ail.
- Midrow ( grains ). Minera ferri gri-fea, pun&ulis micans. Mine de fer cendrée.
- Mine ,fu. Malm. Mynen , holl. Minera. D’antimoine folide.De charbon. Indes noires. De cuivre, en ardoife. Ardoife cuivreufe. Cuprum in lapide fcijjîli. De cuivre très-pure. Dilatée. Minéralifée en roche.
- Mine de fer. Ek meliwer. Gedigen ei-fen, allem. Roth ertze. Grife-dure , ou banc gris. Dun row, an. Iron ftone, an. Voyez cannoc. Par marrons. Noirâtre & pleine de points brillans. Minera ferri nigricans , pun&ulis micans. Gublin iron donc,
- an. A tuyau.
- Mine morte, ttérile. Par dépôt , par couches. De plomb. Vierge. Voyez charbon puceau.
- Minera, fu. Malm. Mynen, holl. Gru-
- be, ail. Y oyez mine.
- Minera ferri grifea , pun&ulis micans. Mine de fer cendrée.
- Minera ferri nigricans. Mine de fer noirâtre, grainelée. Lamellofa.Marti s folaris Hajjia. Globuli pyritacei nigrantes. Nigricans, pun&ulis micans,
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- E T \ DE: SES, Ml,N ES. 57?
- cms. Gublin iron fton, an. Saxea. Minera zinci terrea. Voyez calamine. Minerais de plomb. Saroche , efp.. Minéral. Fontaine , fource. Ignoble. Plant. Branched clift. Thorny ciif. Arborefcent marcafite , an. Krauter abdrucken , allem. Phytotypolithe. Caillou fleuri. Poix. Maltha. Ster-cus diaboli. Teu fiels dreck, allem. Kedria terrefiris. Bitnmen fegne , craffum , nigrum. V oyez huile végétale , table des matières. Vapeur. Suc minéral. Ert. Safit, ail.
- Mifcella tarra.Malm.Loam, an.Marne. Mijjpickel. Miflputl Ju. Arfenicumpy-riticofüm. Pyrite arfenicale. Mijfputl. Mifipickel, fu.
- Mittel berg, allem. Roche moyenne.
- Schieifer, ail. Ardoile moyenne. Moindre ( pierre ) , lié.
- Molarislapis. Molen fteen, hoü. Grin-de ftone. Mill-ftone. Weth ftone, an. Cos aquaticus. Pierre meuliere. Mollafle. Voyez grès.
- Molen fteen, holl. Pierre de meule. Mollafie. Pierre pourrie. Faille, allem.
- Wratch. Rotten ftone, an. Molybdena. Waflér bley. ReilTbley, ail. Plumbum fcriptorimn, Bleyertz, ail. fu.
- Mom ,fu. Sugftein. Keiztein. Topf-ftein ,fu. allem. Bimm-ftein. Porus. Tofus. Ptimex.
- Momie végétale. Terre d’ombre. Terra umbria. Cretaumbria.
- Mondique. Mundick , an. Fever-ftein.
- Vuur fteen, holl. Pyrite. ?
- Montanum [ fal J. Sal fojjïle. Salgemmez.
- Sel gemme. "
- Mort fin. Zarte todte, allem. Roche rouge.
- Morte [ mine ] , ou fté'rile. Marcaflite.
- Pierre. .
- -Morzel fie en , allem. Sand. ftone y an. <- Tome Fit <* ’ ' »
- Saxum arenarium. Grès ordinaire. Voyez grès.
- Mother bifius.
- Mould, an. Red Thruptomi&hes. Trup-tomichtes nigra. HUI. >
- Moullage.Voyez piene de meule. j
- Moulme. Mergel, fu. Marna, liégeois. Sable.
- Moulmepartie terreufe , grade, mar-neufe, fouvent feuilletée, des filons de mine. Voyez terra mifcella.
- Mud, an. Mylla ,fu. Dy, fu. Limon. Voyez limas.
- Muria[foffllis]. Sel commun. Fojfllis pura. Sel gemme.
- Mylla, fu. Dy Ju. Mud , an. Limus. Mynen, holl. Malm, fu. Grube, allem* Minera. Mine. Koper, holl. De cuivre.
- N
- Naphte. Naphta. Bitnmen. Voyez pè» trole. .
- Natif [argent]. Gediget filfver, fu. Navacelle. Lapis cimentarius. Pierre à bâtir.
- Nigrica. Creta nigra. Cretafuliginea. FiJJilis mollior , friabilis , pi&orius. Fabrilis. Plumbum nigrum officina-mm. Mafia nigra, ad pnigytem re-ferenda. Craie noire. Black lead,a«. Plomb à crayon.
- Nitrum [ fal fi Berkfaltz, ail. Salpêtre. Nœuds.Dsuien , alL Noire [ marne J. Ampelitis. Ampeli-tides. ’ ^.
- Noueux [fehifte]. Drufen fehifteux. Vayez dmfa.i- I b O
- !
- Cher faille t ail. Pierre calcaire. Voyez faille.
- Obfidien [ verre ]. Pierre d’Ethiopie. Pierre obfidienne. Lapis obfidianus. Dddd
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- Ÿ7S IM7 e H A R b 0
- Ocher, an. Ockra, fit, Gyttia, holl. Ocra.
- Ockra sfit, Oker. Gelb berg, aU.Gyt-tia, holl. Ocra.
- Ocra Aldrovandi. Gy-ttia.
- Ocranigra. Zwart kryt, ho. Schwartz •i kreyde , aü. Rigrica fabrilis. Craie noire. Rouge. Terre pedique. Ter-- ra perfica. Rouge indien. Sulfu-> reufe.
- Qcrenfe [ argille ],
- Oehl Jlein, ail.
- Oker, ail. Gelb berg, ail. Ocher, an.
- ' Ockra ,fu»• Gyttia, holl. Ocre. Gilb. Gilb erd, ail. Yellow, ail. Rubrique.
- Oilofpetre , an-. Roek oih Steen oly.
- Peter oly, holl. Naphte, pétrole. Oly [ peler ] , ail.
- Oly [ileen] , hollï Pétrole.
- Ombre [ terre d’]. Momie végétale. Opaque. Pierre de roche opaque noire. Oppianus [ lapis ]. Objtdianus. Voyez pierre obfidienne.
- Or. Guld , Ju. Gold , ail. Gold, an.
- Go ud , holl. Aurum. Mine d’or , •' gold' grube, ail. De chat* Mica jaune. Argyrites Kandmanni.
- Orjlen , Ju. Wolf ftein, allem. Lapis. • fui lias.
- - •: ; P
- JPacos, hay. Minerais vert tenant cuivre.
- Langitis Strabonis. Gagathes &-fucci-num nigrum ojficinarmn,
- Laon [ queue de, veine de]..'Peacok veine. Peaw vein , an. .. < ô Lap [ devils]. Pyriteeqivreufe. T/ Laper mari, an. '
- Larfait [ métal ].
- Leat mari. Twing mari, an,
- Larott coal, en êcojfais.
- LéivingJione. Penant, an.
- Lebble floue. Pibblé , an. Caillou. Voy. caillou»
- N DE T ER RE
- LechJlein kohlen. Pech kohlen , allem. Charbon de poix , charbon bitumineux dur.
- Lech, rrZCPitch. Tar, an. Poix. Bitume. Voyez bitume. Kohlen, allem• Charbon de poix.
- Lege, auv. Poix liquide.
- Lelotte, Roches en pelottes. Pierre pelotonnées. Pierres en marrons. Lapides knaujl,
- Tenant. Pavingftone , an. Pierre à paver.
- Perroquet ( charbon ). Parott coal , êcojfais.
- Lerfica {terra). Terre perfiquc. Rou-? ge indien.
- Lejülentielle (vapeur). Fowl air*««. Leter oly , holl. Voyez pétrole.
- Leur a mixta.. Saxum. mixtum, fu.. Gra* otten.
- Pétrifié [ bois].
- Pétrole.' Oil of petrei Rock oil, au. .. ..Steen oly, holl. Oleum petra. Liquide. Pege , auv.
- Letr-oly , holl. Rock oil, an. Naphta. Pétrole.
- Letroflex. Achat es immatura. Whern « chért, an. Opacns niger.. iLeyra [ charbon ].
- Lfeijfer thon , ail. Leucargilla Llinvu Argilla.fijhdaris. Terre à pipe. Lharmacitis. Terra ampelitis. Terre à vigne.
- Lied [charbon de].
- Lhytobiblion.'
- Lhytomorphyfe,.Vhytomorphus.. Lapis éngraphns. Gerralte. r Lhytotyp.cdithe.
- Lick. Pitch , an. Pech , ail. Poix.Kohl,
- ' ail. Charbon dé poix.
- Lierre. Roc. Stein. Stein fels, allem. Klyft , Ju. Clifft. CiifF. Rock-, an. Voyez marl-fione. D’aigLe. D’aigle ; bâtarde. Geodes, A aiguifer. Weth ftone, wh A feu. D’agaihe noire,
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- E T I) E SES M I N E S.
- 57*
- ’Scwartzer agat ftein. Aid ftein, ail. Voyez gagathes. D’ardoife. Slate ftone, an. D’ardoiie noire. Schijlus terrejtris niger, carbonarius. Black baFc, an. D’argille. Kleyfchlag , ail. Argilleufe. Couverture du charbon. A bâtir. Navacelie. Lapis cementa-rius. Bitumineufe. Fifie, lang. Blanche. Bleue. Calaminaire. Calcaire Ober faule , ail. Charbon de. Stein kohlen , allem. A chaux commune. Zech ftein. Kalck fteen, ail. Lime Bone, an. Cornée. Horn Bein, ail. Couleur de foie. Cubique.De dieile. Lapides borbori. Eifteurie. Morte. Utvittard , fuéd. D’Ethiopie. Pierre oblidienne.Faulfè. Bouzin. Bourfin. Bouliin , lié. Craw. Kraw. De fer en grenailles. Iron Bone, an. Ferru-gineufe. Feuilletée. Lapis fi)Jilis. Ardoife grife. Toit. Noire. Horn ftein. Horn fchlag, ail. De Fiein. Flin, an. Flinta,/h. Silex. A fulil. Aubefou , lang. De grès. Voy. grès. Grife. Roche grife. Saxum commune gr if enm. Grife puante. Gypfeufe, ou degypfe. Voyez gypfe. Hé matité. Bioed fteen, holl. Blood Bone, an. Blut ftein, ail. Hématites offcina-rum. Lapis hœmatites. De Kneifs. De lynx. Lofteen ,/k. Lochfteen. Luch Bein, ail. Thunder boîts, an. vulgo pierre de lynx. De lis. Encri-nite. Encrhms. Lilium lapidetim. De lumiere.Bélemnite. Alblchos. Luch-ftein, ail. Pierre de lynx. Marneufe ouargilleufe.Kley fchlag.Tonifchte ftein , ail. A marquer. Kannel coal, an. Ampélite. Crayon. Ardoife char-bonneufe. Schijlus carbonarius. Métallique bleue. Meirliere. Moullace. Voyez lapis molaris.Mxcncêe. Moindre. Molle, Morte. Effleurie. Utvittard , fu. Noire. Feulletée. Craie noire. Craie de fuie. Creta.fuligi-
- nea. Obfididnne. Gemma famothra-cea. Lapis obfidianus. Verre obft-dieti. Pierre d’Ethiopie. A paver. Paving Bone. Penant, au. [ Dans quelques endroits on nomme ainft les gros cailloux ].A plâtre. Gypfum. Ponce. Pimp Ben,J'u. Keis Bein, ail. Pumex. Parus igneus lapidis lithan-thracis. De porc. Stink Bein. Saw ftein , ail. Ornfteen,/h. Lapis Juil-lus. Poreufe. Pourrie. Rotten Bone. "Wratch , an. Puante. Voyez pierre de porc & pierre grife. De roche opaque noire. Rouge. Gravier greffier. De fable, ou pierre de taille. Frée Bone, an. Saod Ben , fu. Sa-blonneufe. Rogen Bein, ail. Am-mites. De falindre. De Tel. Sanguine. Voyez pierre hématite. Schifteu-fe. Schiftoïde. De lei. De falindre. De faiiere. Rocher graveleux. Qua-relle. Coirelle. Spéculaire. Talc. De taille. De fable. Frée Bon , an. Tendre. De Thrace.Thracian Bone, an. ThracierceBeen, ail. De tuile. Tile ftone , an. Efpece de grès. Vive.
- Pierreux. Bois. Couverture pierreufe des veines.
- Pimp fieu, fu. Kreis Bein , ail. Pumex. Pierre ponce.
- Pipe [terre à]. Tabaco pipe clay, an. Cimolia alba. Argilla jijiularis. Leu-cargilla.
- Pipleratfu. Terre à pipe.
- Pijfaphalte. Corn mon foftîl pitch , an. Joden lym, holl. Juden. Peck, ail.
- Pijfœleum indicum officin. Hill. Pilla-phalte.
- PU coal^an. Charbon fofiileou charbon de mine. Stone coal. Charbon de pierre. Voyez coal. . ) ,
- Pitch. Tar, an. Poix, coal, an. Charbon de poix, Common foflile. ;Jo-den lym, holl. Pilfaphalte, JeNyg J Dd d d ij . . v
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- pô D ü V H A R B 0 TV ' D E TERRE
- pitch,««. Bitume de Judée! Afphalte. Fix montcma. Afphaltum judaïcum. Plants, an. [ minerais ],
- Plajïica [ argilla ] particularis fubtilio- ribns.
- Plâtre [ pierre à ]. y
- Plate. Mette!. Black bafc, an. Caillou fleuri.
- P la t'y ophtalmon. Spifs glafs, ail. Spits gias , Ju. Antimony, an. Siibium. . Antimoine.
- Plomb t an. Lead , fn. Bly, ail. Bley, hoü. Lood. Plumbmn. Charbon contenant plomb. Marne tenant plomb. -, Terra phimbaria alba. Mine fa-. vonneufe , terreufe blanche. Minerais de plomb. Saroche , efp. Plumbum album ( Jlannum ). Voyez plomb. Nigrum ojjicinarum, Nigrica fabrilis. Black leadwads, an. Parti-culis cubicis , fragmentis micantibus. Scriptorium. Molybdæna.
- Pnigythes ( terra ) , Zwarte aerde.
- holl. Terre noire.
- Poids ( charbon de )„
- Poix ( charbon de ). Pitch coal. Poix liquide. Voyez pétrole. Poix minérale. Kedria. Maltha. Bitumenfegne. Ponce ( pierre ). Keiftein » ail. Pimp fteen ^fu. Ponts igneus lapidis lithan-tracis. Pumex.
- Porc (pierre de ). Saw ftein , ail. Lapis fuillus. Voyez pierre puante. Poreufe ( pierre ) blanche.
- Porus. Tophus. Toff ftein. Sug ftein. Zei ftein , allem. Pumice ftone , an. Igneus lapidis hthantraeis. Pumex. Voyez pierre ponce.
- Potiers clay, ««.Terre grafle. Voyez. ' argüle.
- Pouf C grès marbre ). Pierre. Wracth.
- Rotten ftone , an. Quarelle, hay. Terre. Mine pourrie » éventée.
- Pouri (grès).
- Pouxture, lié. Petit nerf.
- Pfisudogalèna. Stérile nigrum. Blemie.
- Puante ( pierre ). Voyez pierre de porc. Veine , an. Stinking veiru Voyez fchijlus.
- Puceau. ( charbon ). Mine vierge.
- Pumex. Keiften , allem. Voyez pierre pouce.
- Pure bouille, lié.
- Pyrita fitliceus. Silex igniaritts. Laph comeus. Saxtim cornutum. Pyritacei globuli.
- Pyrite. Kies. Vuurftein, ail. Ærarïm-laph. Alumineufe. Des ardoifes. Ar-fenicale. Cuivreufe. Devils pap, an. En filon. Devils pap , au. jaune. Pyrites jlavus. De ioufre. Sulfureu-fe. Schweftel keis , alL Vitriolique. Atramenteufe.
- Pyriteux. Argille. Charbon. Marrons* Terre.
- a
- Quarelle coîrelle, hay. Grès , lié g. Pourrie.
- Qjmrtz} fu. Kiflel.
- Qiiartzeux. Grès. Roche. Spath. Feliï lpath.
- Qiteux. Pierre naxienne, fchleiflFfteiu* Voyez cos.
- Qitijfie. KieTs, Kifle, aïL R
- Rawach, aü. Roche brute. Tuf dur.
- lie ad ( indian ), an. Terra perficav Terre perfique.
- Rebelle [filon] qui change fa dire&ion. Voyez roc_
- Refra&aire. Apyre * non calcinable., Harte. Gible, alL
- Reis bley. Waffer bley, ail. Phimbum fcriptorium , molybdæna.
- Refine terreftre, minérale. Voyez table des matières.. Huile végétale.
- Riefelfiein, ail. Wackeî ftein, «//. Ke-gel , holl. Fiein. Flin, an. Silex.
- Roc. kliffi Rock, m/.-Stein. Stein fels». .«». Blanc» Feuilleté. Fragmens de.
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- ET DE SES MINES,
- fSf
- Rubbish, an. Gris. Grey, an. Noir. Rebel , fauvage. Sauvage, rebelle. "Whin, an. Voyez Knaver.
- Roche. Argilleufe.Banck berge, allem. Mort fin. Blanc, clair. Argille grife durcie. Feuilletée. Bleue. Ardoife noire. Brute. Vrai tuf, allem. Rau-wack. De corne. Cryftallifée. Shori. Entière. Fendue. Ferrugineufe. Feuilletée. Grife. Pierre grife. Sa-xu.m commune grifeum. Voy. Kneifs. Moyenne. Placée fous la terre. Gémis , allem. En peloton. Knaur. Rouge. Zart, todte, ail. Rougeâtre. Ferrugineufe , fablonneufe , blanche. Couverture des charbons. Sauvage. 'W’hin rock, an. Knaver , ail. Appellée auffi quelquefois en général gangue. Sourde. Sauvage. Knaver, ail. Whin rock. Stérile. Sourde. Talqueufe. Laufe, lang. Talo haell, fu. Thorny clift, an. Verdâtre. Kncifs , ail.
- Rocher. Graveleux. Pierre de fel. Coi-relle.
- Rock. Kliff. Stone , anglais. Stein fels. Stein , ail. Roche. Flins ftone, an. En peloton. Oil, an. Pétrole. Saltz. Sal commune. Muria. Whin, an. Roche fauvage.
- Rogen Jlein, ail. Pierre fablonneufe. Amnites. Couverture des charbons. Grès.
- Roignans de mine, ou extra-filons. Roft ( Koper ) , fu. Verdi grife , an. Spaans groen , hall. Ærugo œris. Verdet. Verd de gris.
- Rofette ( cuivre de ).
- Rofy, Veine , lié.
- Roth ertze, ail. Mine de fer.
- Rothe todte , ail. Vrai rouge mort. Roter gvober fand, ail. Pierre iablon-neufe grolfiere.
- Rother [ klaerer ] fand, ail.
- Rouge mort. Lit calcaire & argilleux.
- Appui des charbons.
- Rouge [ glaife ]. Indien. Terre perfi-que. Sable.
- Rovo, an. Banc continu. Suite. Row batt, an. White, an. Pierre ferru-gineufe.â
- Rubble, an. Décombres. Iron ftone 9 anglais.
- Rubbish, an.
- Rubrique. 6V/Plinii. Yellow oker, ail.
- S
- Sable. Grus. Mergel. Flyfand , fuéd. Sandyfu. an. Gravel, an. Argilleux. Ferrugineux. De mer. Pierre de fable ou pierre de taille. Rouge. Grof. fier. Rothen grober fand , ail.
- Sablonneux. Grès. Marie en greffes pierres. Pierre. Rogen Hein. Roche. Roche blanche. Couverture des charbons.
- Saf ( grès ), lié.
- Safran de mars. Crocus. Çalx martis.
- Safangl. Sait. Sel ammoniac. Sal-miack.
- S al gemmeus. Sal gemm, ail. Rock fait. an. Gegraben laltz. Saltz ftein , ali. Salfojfile. S al montanum.Sal gemnue.
- S al nitrum offic. Salpetra. Berck faltz , allemand.
- Salière [ pierre de ].
- Salinâre. Pierre de. Rocher graveleux.
- Salmiack. Ammoniac zout, holl. Sel ammoniac.
- Salpêtre. Salpeter, holl. ail. Saltz niter, ail. Hali nitrum. Schw. Saltpetre, anglais.
- Sait, an. Zout, holl. Saltz , ail. Sel.
- Saltz berck. Nitrum. Stein. S al g em-mæ. Salfofjile. S al montamim.
- Samothracea {gemma). Pierre d’Ethiopie. Pierre obfidienne.
- Sand, ail. an. Fly fand, fu. Gravel. Mergel, an. Arena. Klaerer rother, ail. Rothen grober , ail. Sten , Ju. Lapis acerofus. Horn ftein, ail. Stone
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- DU CHARBON DE TERRE
- fSs
- Frée ftone, anglais. Saxum aréna-rium.
- Sanguine. Voyez pierre. Hémathite.
- S ardus. Sarda. Carneolus officinarutA. Zardus. Carneool, holl. Cornaline.
- Saroche 9 efp. Minerais de plomb.
- Sauvage, fourdè ( roche ). Knaver.
- Savonneux. Marne. Plomb. Terre.
- Smv Jiein , fu. Lapis fuiiltts. Pierre de porc.
- Saxum, fu. Haell. Klippa. Voy. roche. Arenarium. Sand ftone, an. Grès ordinaire. Arenarium. Tophus dic-tum. Calcarium.Marmor rude. Pierre à chaux. Voyez chaux. Commune grifeum. Pierre grife. Roche grife. Cornntum. Lapis corneus. Silex crétacé us. Mixtum. Petra mixta. Pe-trofum arenaceo filiceum. Grès ordinaire.
- Schallet. Schifte feuilleté.
- Scheurts, fu. Shorl, ail. Corneus cryf-talli fat us-.
- Schiejfer , ail. Lapis fojjilis. Blave ge-buïge. Efpece d’ardoife bleuâtre. Kohl, ail. Fijjtlis carbonarius. Mit-tel, ailem. Ardoife moyenne. Stein. Lapis fijfilis. Stinck.
- Schimmer ,fu. Silber katzen, ail. Mica. Terra micans.
- Schijte, fu. Skifver. Faufle ardoife. Ar-jalètre. Lapisfchijlus folidus. Alumineux. Bancs de. Bitumineux. Cuivreux. Avec empreintes. Martial. Noueux. Sulfureux. Vitriolique.
- Schifteux ( charbon ). Schifteufe, pierre-.
- Schifoule pierre.
- Schijius aluminofus. Tiff lis ahtminUris. Alumen lapide fijjlli mineralifatum. Carbonarius. Carbonarius cæruleo cinereus. Bind , an. Bi mie, fu. Fuf-co cinereus, lapis fætidus di&us. Fuf-eus fragilis fætidus. Hæmatites. Niger. Lithanthrax Jïeriiu. Migra
- fquammofa. Terre fris niger carbonà-.-vins. Black balt. Pierre d’ardoife noire. Voyez ardoife.
- Schlag ( kley ), ail. Efpece de pierre d’argille.
- Schlag ( horn). Hornftein , ait. Pierre de corne.
- Schleijf fein , allem. Lapis naxius cos. Pierre à aiguifer. Pierre naxienne,, Voyez cos.
- Schmitz ( letten ). Argille bleue.
- Schramberge, ail. Charbon.
- Schrifs ( uber ), ail. Glaife durcie.
- Schwadeu , fax. Fouma , lié. Vapeur fuffocante.
- Schwartz ert. Aaget ftein tracierce ftein, ail. Thracian ifone, an. Tra-dus lapis. Pierre de Thrace. Bern-ftein , ail. Gagas. Succin. Kreide*. Ampélitide. V. craie noire. Crayon.
- Schwefel, ail. Brim ftone, an. Kohlen. Charbon de foufre. Kies , an. Pyrite de foufre.
- Schweijfg, ail. fulfureux , voyez charbon, Jchife.
- Schweins Jiein, ail. lapis fuillus.
- Sdjjilis lapis , fchijii fpecies. Voyez Jchife i, ardoij'e , slate , sh'ale.
- Scoth coal -, limington coal, an. charbon d’Ecoife. Lithanthrax durior> fordide nigrefeens.
- Script or ium ( pltmbum ). Molybdœna. ]
- Sea coal, an. charbon de Newcaftle. Lithanthrax lucida friabilis.
- Sel, zout, holl. fait, an. Saltz , ail. anï-moniac. Commun, marin, muria. Foftile. Gemme, rock fait, an. Saltz ftein, ail. De glauber. Marin, fèl commun, muria. Sublimé, neutre-.
- Selcnite , Urgyrolithos , gipp fait, ang. lapis fpecularis ,glacialis , fpeculum afini.
- Séléniteux, gypfeux ( fpatli ).
- Semi-metallum , demi- métal -, half nié-taller j fu.
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- ET DE SE
- SiWe,shiver , bafs, an. SchicfFer, ail. ley, ho II. Jchijius niger, voy. ardoife,
- Sheep j skiu , an.
- Shelly, an. coquillages.
- Shells cockle ,an. coquille de pétoncle.
- Shiver, s.hrale , slate, bafs, an. Voyez ardoife.
- Shorl, ail. corneus cryjlallifatus.
- SU goslarïenfis , Kentm. Ochra nativa. Ochra ofjicinarum. Voy. ocre, ocra.
- Silber katzen , ail. argent de chat, mica blanc, argentea mica, argyri-tes Kundmanni , argent uni felium.
- Silex , an. fl.ein , flint, ho IL Kegel, ail. riefel ftein. Voyez cretaceus, lapis corn eus , igniarius, cretaceus., j'axum cornutum , pyrita filiceus, petro-fi-lex. achates immaturq. "Whern chert, pierre fufiliere.
- Silfver , fu. Silber , ail. hiver, ang. argentum.
- SiHcens [pyrita] , voyez lapis corneus, Jilex cretaceus,. filex igniarius , pierre fufiliere.
- Sh al 1er Jlen , fuéd. Ætites aquilinus lapis.
- Skifver, fuéd. ffijilis. Voyez ardoife , fchijle. Loés , voyez ffi lis fri abi lis.
- Skimmer, fu. mica.
- Skin (sheep ) , an.
- Skym (sjoe), fu. lien marga, lutra. Voyez marie.
- Slate , au, SchiefFerftein , ail. voy. ardoife. Schiiie , irish , an. Tegula hy-bernica, lapis hybernicus. Stone, an, pierre d’aidoife.
- SUpper coal, an. (toile, an. topp., an.
- Slips coal, an.
- Smith.coal., an. charbon de forgerons.
- Smiths hohlen , ail. voyez charbon des maréchaux.
- Solpher , leven lige zwafel ,holl. brim itone , an. fwafvei ,fu. foufre, fui-fur.
- Soufre, fulfur. Charbon de. Fleur de.
- S MINES. m
- Naturel, levendige zwafel, holl. Pyrite de. Voyezjfchweiel.
- Soufreufe (houille).
- Sources d'eau.
- Sourde ( roche ), K.naver, ail.
- Souterrein ( follet ). Voyez exhalaifonl table des. matières. Vapeur, table des matières.
- Spaansgroen ,fu. vert grece, an. verd de gris.
- Spaans grma , verd et.
- hpangrun, verd et.
- Spar, fpath, fluor, flufs. Spatum, mar~ mor metallicnm. Drufen, Ivalck, ait. Gypfum. Voyez gopfe. Quartzeux , feld ipacli, ail. leléniteux.
- Spath. Gris ou blanchâtre.
- Spathacei (lapides), jtanniferi., zinn fpath ,fii.
- Spathum, calcareum, alkalifcher fpath. üpacitm friBione fœtidum, pierre porc.
- Spéculaire ( pierre ) , fpeculum afini » taie. Voyez félénite.
- Spéculum a fini, voyez talc , fiélénite.
- Spiefi glas, ail. fpitz glas, Ju. Anti* mony, an. filatyophtqlmon, jlibium^ antimoine.
- Spilus., fipinus, bitume folide.
- Spin coal, an.
- Spits glas,, fil. Voyez antimoine.
- Sp’entycoal, an. charbon d’Ecofle.
- Sprai.k hallan , fuéd. arjaiecre. Lapis, J ih fins fiolidus,
- Sprich halls ,fu. fichiflo'ides faxum.
- Springs coal, an.
- Stale marie, ang. marie pourrie , fteel marie, ang. marne d’acier, ou dure.
- Stanum, plumbum album. Terni , fin. Zinn , ail. tin , au.
- Steen,, holl pierre (agaat), holl. Berg-waehs, qü. jet, ang. Voyez jaïet. Blood , hématites. Caiament, cala-my, holl. Chalcedonier iteen^ holl. chalcedonijtf^* chalcedoinc. Kaickj
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- DU CHARBON DE TERRE
- m
- pierre à chaux. Marniel, hall, marbre , rnarmor. Moler, morzel, free ftone , fand ftone, ang. Sand ftein , ail. zand fteen , faxum arenarium. Qly, voy. pétrole. Hornftein, pierre cornée. Tracierfe, aü. tracian ftone, an. lapis thracius. Week , ail. voyez marbre imparfait. Weth, pierre à aiguifer. Voyez meule. Zout ,holl. fel gemme. Stenhaerdadt,/h. Holtz kohlen, ail. Lignum bituminofum fojjlle.
- Steeru foleu , afterien , ail. étoile.
- Steganium nigrum, friabile, alumino-Jiim, quod lapis hybernions aucïo-rum. Hiil. Voyez lapis hyberniciis.
- Stem ( adler) , ail. lapis œtites, pierre d’aigle ,arend ,aquilinus lapis. Born, bernftein , byrnftein ,gagates. Calk. Calmen. Voyez pierre calamine. Ge-mahlte, fu. lapis engraphus, litho-morphus. Eilèn, ail. Eels, aü. roc. Fiver, Kiefel, ail. pyrite. Horn, ail. pierre cornée. Mart, ail. Riefel, ali. filex. Rogen, ail. Sand , ail. grès. Schieffer , ail. vrai bitume. SchieilF, allem. Cos. Voyez pierre à aiguifer. Schwarzert, aagat. Lapis thracius. l oft', morne , fu. tofus, tophus, po* rus. Tug, Zeiftein, Topflf ftein. Wackel, aü. Riefel ftein, Kegel, ho U. flint, an.filex. Weecks , pierre molle. Marbre imparfait, 'Wolf, ail. orften , fu. Lapis fuilîus. Zech , Kalek ftein, pierre à chaux commune.
- Stolla terra, talcus fojfilis, talc , fu.
- Stenar mod, aflyeck ,Ju. Voyez phi to-typolithe.
- Stcnf hardadt ) , fu. lignum bitumino-JitmfojJile , Kalek, ail. voyezgypfe, fait. Holtz kohlen, ail. Kol,fu. charbon de terre , marga ,fu. Sjoe sku m, fu. voyez marie. Sandt,fi. Cos , voy.
- grès, pierre à aiguifer.
- Stercus diaboli, Teufteis dreck , aïïem. poix minérale.
- Stérile , ( mine ) , roche. Knaver.
- Stem folen , afterien , ail. étoile.
- Stibium , platyophtalmon , antimoine.
- S tin h Jlein, ail. lapis fuillus.
- Stinking vein , an. veine puante , flairante vone, lié.
- Stone , an. blood , hématite, brim, an. lolpher, holl. Calaminar, Cannoc iron ,an. Coal , an. charbon de pierre. Pit coal, charbon de mine. Eagle, an. Ætites lapis. Voyez pierre d"aigle. Bâtarde , geodes. Fire , peldon, an. Fiins, rock, roc. Fiée , fand ftone , an. pierre de fable, pierre de taille. Gublin iron , an. Minera ferri nigricans, pun&ulis micans. Iron , an. pierre de fer en grenailles. Lime, pierre à chaux. Lumber (whit), an. cimolia alba , terra iluana , terre à pipe. Marie, an. Paving, penant, voyez pierre à paver. Pebble , pib-ble, an. caillou, rotten wratch , pierre pourrie. Rubbie iron , ang. Sand ftone , an. Sand ftein, zand fteen, morzel fteen, holl. faxum are-naceum. Slate , an. pierre d’ardoife. Voyez ardoife. Slip per, an. Thra-cian , an. thracierfe fteen. Tile,an. pierre de tuile. Wetc, an, vaitje lien, fu. pierre à aiguifer. Ware, an. V oyez fin t.
- Stony arable, an. tuf pierreux labourable.
- Strié, gypfe blanc, pierre à plâtre. Alabajlrites, rnarmor Agrycolæ.
- Succinum nigrum, ampélite. Nigrum ojfcinarum.
- SuiÜus ( lapis ) , ornften, wolf ftein , fu. Stinck ftein , aü.
- Sulphur, brim ftone , an. fwafvel ,fu. folpher, holl. fouire.
- Sulfureux
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- ET DE SES MINES,
- Sulfureux ( charbon ). Pyrite, Schwe-fel kies, aü. terre , blandning , fu.
- Swafel.fu. levendige zwnve!, (olpher, ho fl. brini donc , an. fulphur , fou-fre. blandning,//* terra fulphurea.
- Srvart mylla, hoil. Ta ram erde, aflem.-rnould, an, humus.
- Swart grae, jarn malm, fu. minera ferri nigricans.
- Swartz Jleen ofaard, ampelitis.
- T
- Tabaco -pipe clay, an. argilla fiftida-ris, leucargilla cimolia alba, terre à pipe.
- Table-batt, an.
- Tage kohlen , ail. day coal, an. charbon de jour.
- Taille ( pierre de ) , ou pierre de fable, frée itone, an.
- Talc , argyrodamas, talgeften. Pierre fpéculaire. Talcum , talctis fojjilis, talcum, alias Jlella terræ.
- Talgejlen , huit talck, fu. talc.
- Talk haell, fu. Jaxum talciferum, la u-fe, lang.
- Talqueufe[_ pierre , roche ], talkhaell, fu. laufe , lang. terre.
- Tamm erde, ail. mould, an. voy. humus -, terre franche.
- Tarninge 1er, krukmakar 1er , fu. argilla tejfularis.
- Tegula hybernica, irish slate, an. lapis hybernicus, pierre d’Irlande, voyez jleganium.
- Telle mufcheln, ail. tellenite.
- Tenn^fu. tin, pewter, an. tinn , ail, jlannum , plumbum candidum, étain.
- Téroulle, tirouiie, voyez table des matières.
- Terra, aerd, lioll. Erde, Erden, ail. earth, an. jord, fu. Aluminaris,' alun jord, /zz. Ampelitis ,pharmaci-tis, terre à vigne. Argentaria, rûuo-lia alba. Tabaco pipe clay, a», terre Tome Kl.
- citnolée. Bituniimfa fifjilis> ampe-lite. Fijfe. Calcaria, creia, craie, voyez ce/ Je/ex; wo/;. îluaun, cimolia alba, terre à pipe. Lateritia, ZiegeL erde , ail. AU c an s, voy. wzzcu. Loairu au. mifcella. On pourrait lui comparer cette partie que dans les mines de France on appelle moulme, donc' la vraie couleur varie fuivant les métaux qu’elle renferme. Perfca, indian red , au. rouge indien , terre perfique. Pharmacitis , ampelitis, voyez pierre marquer, & pierre. uozre. Plumbaria alba, marne tenant plomb. Pnigytes Aldrovandi, zwar-te aerde ,a//, black earth, au. terre noire. Umbra, creta umbria, morale végétale. Vegetabilis, fwart mylla, /jo//. tamm erde, ail. mould, auj-. Voyez humus. ^
- Terre abforbante, alumineufe, am-pelite, médicamenteufe, terre à vigne, ampelites. Argilleufe. Bleue. Bolaire. A brique. Calaminaire, cal-maje jord ,/k voyez calmefen ; coal. De charbon. Steen kohlen, Kohl, ail. charbon d’eubfe ,charbonnière, citnolée, white lomber ilone, au. cimolia alba. De Cologne, voy. terre d'ombre. Combuftible. Durcie. A foulon. A finance , argilla tejfularis. À pipe, argilla fijlularis. Voy. terre cimolée. Flenniere. Glaife, ou glai-feuie. Grafle , argille , potters clay, an. Argilla lateritia. Terre à brique, brickiln clay , an. voyez clay. Let-ten ,gypfeufe. Marneufe, lera. Martiale. Médicamenteufe. Ampelitis, turfamontana, terre à vigne. Noire. Voyez ampelitis, pnigytes. D’ocre, ocreufe. D’ombre , tendre, momie végétale. Perfique, rouge indien , terra perfca. A pipe , terre de faïan-ce, cimolia alba. A potiers, voyez E eee
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- DU CHARBON DETERRE
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- argille.Chy, pourrie. Pyriteufe. Sa-vonneufe noire. Sulfureufe,. bland-ningy fut. A vigne, terre médica-menteufe, pharmacitis, ampelitïs, turf a montana. Vitriolique noire..
- Terreux (charbon).
- Téton du diable, devil’s pap,\vitch’s pap , an. téton, de forciere, çafle , mâche-fer.
- Teujfels dreck , fer eus diaboli. Maltha, kedria terré fris > poix minérale , voyez kedria.
- Thon, argilla , voy. argille..
- Thon erden, leiraen, glaife, terre ar-gilleufe.
- Thonichte fleïn, lapis argillofa.
- Thorni cliff^an.
- Thunder bpl'ts, an. vulgo , luchftein ». lofteen, holl. bélemnite.
- Thracius lapis ,. thracian ftone, ang. tracierce fteen , holl.
- Trubtomichtes rubra,. Hill. red trup-tomicthes, mould , an.
- Tilt fone,an. pierre de tuile, grès feuilleté, ou ardoife.
- Tin pewter, an. Tinn ,.«//. tenu , fu.
- Tiroulle, téroulle ,//>'. houille morte, Voyez table des matières, fiannum plumbum ca.ndi.dumétain.
- Todte (wahre rothe ). Vrai rouge mort,zarte, mort hn.
- Toffflein, Zeiftein, Sug ftein. Topbus-porus , pumice-ftone. Pumex.
- Tofus, tophus-porus , fu. mom , tuf. Pierre choqueufe.
- Toit( charbon de ) , ou toit des autres. Tage kohlen, day coal ,.an.
- Tortay d'aille, tortay de dielle, lié.
- Tourbillons ,. Whern chert, an. cailloux.
- Tourteau de derle, tortay d’aille , lié.
- Trabnech, vernis minéral.
- Trench vein, an.
- Trouble, an. embarras , obftacle. Voy.
- kroufe , kreiii , klavais,koumaille,
- lié. Failles, rubbles, rubishs, ang. gravas » gravois, platras, par com-paraifon avec les matériaux réful-tans d’une démoiiton. Voyez aufti la table des matières.
- Tuf, fu. mom. Porus.
- Tuile [pierre de], tile ftone, rm.,grès; ardoife, ou feuilleté.
- Tiving marie, peat marie » an..
- Tufebe, marbre noir.
- Tujau [ mine de fer à T.
- Uber fclrnfs , glaife durcie,
- Umbra [ terraJ , momie végétale , terre d’ombre.
- Umbrià [creft*]', terre d’ombre.
- Ut vitrad, fu. pierre morte , pierre; effleurie.
- V
- Vaetjefeu , fu. wethftone , an. pierre à aiguifer.
- Variegata [ lithanthrax charbon,. Queue de paon.
- Veeh fieen , pierre molle, marbre imparfait.
- Végétale [momie ]. Creta umbria , ter* raumbria., terre d’ombre.
- Verdet , verd de gris, verdigrife, an. verdi gréafe,. vert greece, fpaans. groen,M
- Véritable grès.
- Vernis minéral, trabnech.
- Verre obfidien, pierre obfidiënne ». pierre d’Ethiopie..Gemma famothra-eea.
- Versfein , ammons borne, sher horn », corne d’ammon.
- Vicktrilis jord\ fu. Voyez terre vitriolique.
- Vierge [ mine ] gedîegen , charbon puceau.
- Vigne [terre à], terre ampéllte , terre médicamenteufe, pharmacitis, tur-fa montana.
- Vitrifiablt, fulîble.
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- ET DE SES MINES.
- 58?
- Vitriol [mine de]. Martial.
- Vitriolique [ardoile]. Kupfer hiecken, charbon , pyrite , ichiite , terre.
- Vitrum mofcoviticum, ruthenicum, voyez félénite. Voyez talc. Obfidia-mim, gemma famothracea. Voyez pierre obfidienhe.
- Vive [pierre ].
- Voue, lié. Grub , ail. vein 3an. veine. Flairante», lié. puante veine. Stin-king vein, an. rock vein , veine qui touche la pierre.
- Voûté [minerais], ou libre. Voyez minera cumul ata , voyez aufîi table des matières.
- Vraie ardoife bleue avec empreintes. Maye , blanke maye , grife maye , adaille maye, marie, craie, en lié. Rouge mort, wahre tothe todte, Tuf, roche brute, rawack.
- Vutir Jleen, Kies, ail. cafle, mâchefer. Voyez pyrite.
- W
- WackelJlein , Riefel ftein 3all. Regel, holl. flein flint, filex.
- JVads black lead, an. nigrica fabrilis, plomb à crayon. Voyez plumbum fcriptorium.
- Wahre rothe todte, vrai rouge mort.
- Wafch ( berg ) , jaïet.
- Wajfer bley , Reisbley , Bleyert 9 fit. Plumbum fcriptorium, molybdena.
- Weeck jlein 3 pierre molle, marbre imparfait.
- Wegweifer , ail. charbon de mauvaife efpece. Guide , garcfê du charbon , fi lfe.
- Weich flein kohlen , ail. charbon bitumineux tendre.
- WetJleen, vaetje ften, fu. wett ftone, an. Voyez pierre à aiguifer.
- Wherle, whirle, whin, whern ehert,
- tourbillon, an.
- Whern chert, an. caillou.
- Whet Jlon3 an. vaetje ften,/h. pierre à aiguifer.
- Witché s pap. Voyez teton de fbrciere.
- White clunch, row, an.
- Whiu, rock , an. roche fauvage.
- Wolfjlein, orften, ail. lapis fuillus, pierre de porc.
- Wratch, rotten ftone, pierre pourrie»
- Y
- Tellow oher, rubrique.
- Tr lande Jleen, lapis hybernicus, t égala hybernica. V.Jleganium nigrunu Z
- Zaffr , cadmia vitri cærulei, cobaltum.
- Zand Jleen. Voyez arenarium faxum»
- Zarte todte , mort fin.
- Zech Jlein , Kalck ftein , ail. lime ftone , an. pierre à chaux commune.
- Zeijlein , topf ftein, tugftein, mom, fu. tophus porus.
- Ziegel erde , terra lateritia.
- Vinci, minera terrea, colore jlavef-cente vel fujco. Lapis calaminaris9 cadmia officinarum Waller. Cadmia fojfilis, aliis lapis calaminarisWotm.
- Zinlïum, cujus minera lapis calamina-ris 3 Hill.
- Zinn fpath, zin ften , fu.Jlannum fpa« thi, lapis jlannifer, fpataceus.
- Zout, holl. Saltz , ail. lait, an. ammoniac , holl. falmiac. Steen , Saltz-ftein. Gemmen faltz, ail. rock fait, an. fal gemm, an. Sal fojjile, falmon-tanum 3 fal gemma.
- Zwarte (aerde ) , holl. noire ,pnigites, terre noire. Kryt, black lead wads. Nigrica fabrilis, craie noire.
- Zwavel levendige, folpher, en holL brimm ftone , an. fwafvel, fu. fou-fre, foufre.
- E e e e ij
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- 188 DU CHARBON DE TERRE * =====---- g^============== -------,.
- T -A 33 JL Æ
- DES SECTIONS ET ARTICLES.
- INTRODUCTION. page 34f SECTION PREMIERE. Du char-'bon de terre, examiné à l’œil ntt, en particulier de ceux qui font d’ufage en Angleterre. 359
- SECTION IL Comparaifon de la . houille avec le charbon de bois . fofjïle. s 62
- ART. I. Mine de charbon de bois feffile de France. 36^
- II, Mines de charbon de bois foffile en A llemagne. 3 67
- HL Difpofîtion des bancs de Hof-koh-len , dans la mine de Hoen 6* de Stok-haufen , comté de Naffau. 3<<8
- IV. De la maniéré dont on tire les Hol£-
- kohlen. 3 69
- V. Nature des Hof-kohlen. 370
- VL Analyfe des charbons de bois foffi-
- les. 372
- SECTION III. Parallèle entre les bitumes folides & le charbon de terre. 37f
- SECTION IV. Des matières cora-buflibles alliées au charbon de . terre. 3 80
- Art. I. Des pyrites. ibid.
- IL Du foufre. 382
- TU. Des fels accompagnans le charbon de terre. - 383
- Alun. ibid.
- Vitriol. t 387
- Sel- de glanber, fel marin, fel ammoniac- 386
- IV. De la matière bitumineufe du charbon de terre. 38?
- V. Du charbon de terre confédéré chymi-
- quemev.t. 38S
- SECTION V. Météores qui accom-
- pagnent le charbon de terre. 393
- Art. I. Eaux des houillères. ibid.
- Examen des eaux des houillères du pays de Liege. 394
- II. Vapeurs & feux qui s'exhalent de la
- houille ; action de ces météores fur Un houilleurs a Vouvrage. 396'
- III. Des effets que produit à la longue
- Pair des mines de charbon de terre fur la fanté des houilleurs. 403
- SECTION VI. Des figues qui peuvent faire reconnaître à la furface-d’un terrein, qu’il renfermer du charbon. 404
- Defcription du fol du pays de Liege.
- 406
- SECTION VIL Matières terreufes pierreufes, communes dans les houillères du pays de Liege. 408-
- Art. I. Couverture terreufe , ou état des différentes terres dans l’ordre où elles fe rencontrent communément fur les bancs de houille, dans le pays de Liege. 41Q
- II. Couverturepierreufe , ou état des différentes pierres , dans l’ordre oit elles fe trouvent fur les bancs de houille. 41 y
- III. De l’enveloppe des veines de houille„
- 4r8
- IV. Accidens à remarquer dans Venve-
- loppe fupérieure & inférieure des veines de houille. 422
- V. Des failles. 424
- SECTION VIII. Des veines de
- houille , & de leur marche. 428 Allure des veines. 430
- Pendage des veines. ibid.
- Art. I. Des veines de houille , confédérées dans kurfillage en fuperjîcie & en
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- ET DE SES MINES.
- 58 9
- profondeur, 432
- Veines régulières & veines irrégulières. 43 3
- II. Circonfances generales à remarquer dans les veines de houille. 43 f
- De la tiroulle ou téroulle. 43 7 De la houille morte. 438
- SECTION IX. Du charbon de terre, confidéré dans fes particularités extérieures. 439
- Art. I. Des houilles & charbons de terre du pays de Liège en particulier 442
- II. De la houille grajje , en patois kraiî’e
- hoie 3 ou houille chaude 3 en patois chode hoie. 444
- III. De la houille maigre ; de la clutte.
- 445
- IV. Des charbons forts ; du charbon à ufuine ; du charbon foufreux. 446
- V. Des charbons faibles ; des charbons de brique ; des charbons de four. 44y
- VI. De quelques houilles & charbons du
- pays de Liege , les plus efîmes , & de ceux qui font de la plus mauvaife qualité. 449
- SECTION X. Etendue de terrein qu'occupent les boitiller es dans le pays de Liege. 450
- Art. I. Etat de tous les bures & mines de houille des environs de Liege , avec leurs noms , & celui des endroits où elles fc trouvent. 452
- II. Indication des mines de houille dans quelques cantons des environs de Liege.
- 456
- Mefures d’ufage dans la houillerie. 477 SECTION XL Des mines de charbon de terre dans d'autres pays.
- 457
- Art. I. Angleterre. . 460
- Tableau général des mines de charbon d’Angleterre ; des matières qui s’y rencontrent le plus ordi-
- nairement; des particularités les plus remarquables dans les veines de ce pays, &c. 461
- Marnes, argiiles, nommées en général parles Anglais clays. ibid. Clilfs, rocks. Pierres. 463
- Bats, ou rubbish, couches minces, ardoifes charbonneufes. 464 Cîilf, clifft. Pendage des veines. 467 Enveloppe des veines. ibid.
- Tête des veines. 46g
- Traps, gags, dikes , ridg’s , rub-blesj obftacles, troubles pierreux. ibid.
- Art. II. Des couches de charbon de terre de Mendip , dans le comté de Sommer-fa. 4(r9
- III. Staff ord-shire. 4,7 4
- Defcription de différentes couches de terre, pierre , charbon, trouvées dans une mine de charbon à l’occident de Dudley, dans le comté de Stailcrd 3 par M. Felti-place Bellers , de la fociété royale. Etat des couches qui compofent la mine de charbon de terre de Wedneysbury , à trois milles de polie de Lichfield, communiqué par M. Godefroy de Villeta-neufe, 21 mars 1703. 478
- Art. IV. Buckingham-shire. 480 Lancashire. 481
- Mine de cannel ou canole-coal. 482 Northumberland. 483
- Newcaftle coal, charbon de New-caflle. ibid.
- Pays de Galles. NEalles coal, charbon de Galles. 487
- Art. V. Ecojfe. 486
- Scoth coal, charbon d’Ecoffe. ibid. Defcription des différentes couches que l’on rencontre dans les mines de charbon de terre qui fe trouvent en Ecoiiè, par i\I. jean Strachey. 487
- Irlande. 488
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- *90 Dü.CHARBON DE TERRE.
- SECTION XII. Allemagne. 489
- Notice raifonnée des principales fubltances minérales les plus ordinaires dans les mines de charbon d’Allemagne, indiquées par les noms généralement en ufage parmi les mineurs. 490
- Stein-fels, Stein; pierres, rocs, matières folides. 492
- Inclinaifon des veines. 494
- Salband, enveloppe des veines. 49* Dérangement des veines, provenant des défeéluofités du fol ou du toit. 495
- Fall, Sprung, interruption de la marche des veines s faut des veines. 497
- Eipeces de charbons défignées par les Allemands fous des noms particuliers. ibid.
- ART. I. Mijhie , cercle de Leipjick. 498 Lits qui accompagnent les couches de charbon de terre des mines de NCettin. ibid.
- Suite des lits qui accompagnent les mines de charbon de terre de Lœbegin, à peu de diffance de NC ettin. 499
- Suite des couches qui fe trouvent derrière Nordhaufen, dans le t comté de Hohcnftein près d’Ih-lefeld., de Newftadt, de Sachf-werfen, d’Ofterode, de NCie-gerfdorf, Rudigfdorf, & qui environnent tout le Hartz , juf-qu’auprès du comté de Manf feld. yoo
- Duché de Brunfwick. Suite des lits des mines de charbon de terre , à Morsleben & à Wefensleben, près de Helmftadt. yo:$
- ART. II. Weflphalie. 504
- Pays ou duché de Juliérs. yoy Territoire d’Aix-la-Chapelle, ibid. Pays d’outre-Meufe. yo7
- Art. III. Pays-Bas Autrichiens, ibid.
- SECTION XIII. France. 511
- Récapitulation {brumaire & générale des matières qui fe trouvent dans toutes les mines de charbon de terre. y 12,
- Substances terreufes qui fe trouvent dans le voifinage des charbons de terre. yiy
- Des différentes matières qui fervent de couverture au charbon de terre. y 16
- Provinces de France dans lefquel-les on connaît des mines de charbon de terre. y 19
- Partie françaife du duché de Luxembourg. yao
- Haynault français. ibid.
- Lorraine. yaj
- Pays Meffin. Haute Alface. Franche-Comté. ya4
- Bourgogne. yaf
- Dauphiné. Provence. Lang. ya7 Baffe Auvergne ou Limagne. fj2 Forez. y^y
- Bourbonnais. 4 y 36
- Nivernois. y 3 7
- Généralité de Tours. y^8
- Anjou. Maine. Haute Bretagne.y 39 Baffe Normandie. y 40
- Picardie. Isle-de-France. y4i
- Précis fervant d’éclairciffement fur les impreihons curieufes qui fe remarquent dans l’enveloppe des veines de houille. y44
- Table des principales matières & des termes relatifs aux veines de charbon de terre dans les mines.
- , JT1
- Catalogue alphabétique des dit férens charbons de terre & des febffances minérales qui fe rencontrent en les exploitant, ou dans leurs environs ; augmenté des divers noms que les ouvriers de différens pays donnent aux uns & aux autres , & des termes qu’ont employés les naturaliffes & les chymiftes, tant pour les définir que pour les diltinguer. f6z
- F I N du tome VI.
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