Commentaire de S. J. Frontin, sur les aqueducs de Rome
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- COMMENTAIRE
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- DE
- S. J. FRONTIN,
- SUR
- LES AQUEDUCS DE ROME.
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- DE L’IMPRIMERIE DE FIRMIN DIDOT ,
- Imprimeur du Roi et de l’Institut, rue Jacob, n° a4«
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- COMMENTAIRE
- DE
- S. J. FRONTIN,
- SUR
- LES AQUEDUCS DE ROME,
- TRADUIT AVEC LE TEXTE EN REGARD;
- Précédé d’une Notice surFrontin, de Notions préliminaires sur les poids<
- LES MESURES * LES MONNAIES, ET LA MANIÈRE DE COMPTER DES ROMAINS;
- SUIVI
- De la Description des principaux Aqueducs construits jusqua nos jours ; des Lois ou Constitutions impériales sur les Aqueducs, et d’un Précis d’hydraulique. Avec trente planches.
- PAR J. RONDELET,
- Architecte, Membre de la Légion-d’Honneur et de l'Institut de France, de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon, et de plusieurs autres Sociétés savantes, etc.
- A PARIS,
- CHEZ L’AUTEUR, ENCLOS DU PANTHÉON.
- M. DCCC. XX.
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- avertissement.
- Le Commentaire de Frontin sur les aqueducs de Rome n’avait pas encore été traduit en français. Dans l’Histoire de l’Académie des Sciences, il est dit : « Le io mars i685,
- « M. Thevenot apporta à l’académie une lettre de M. de « Louvois, dans laquelle il exprimait le désir que la com-« pagnie travaillât à la traduction de l’ouvrage de Frontin « sur les aqueducs de Rome, qui a paru jusqu a présent très-« difficile à entendre. Plusieurs personnes de la compagnie « au fait de ces matières, se partagèrent le travail, qui fut « entièrement achevé le 19 du même mois. On y fit un grand « nombre de remarques, et on lut le tout dans les assem-« blées ; après quoi on le remit entre les mains de M. Sedi-« leau, qui avait fait une étude particulière de cette matière,
- « et ensuite à M. Thevenot, pour y donner la dernière main « et le mettre en état de voir le jour. » Ce travail n’ayant pas été publié, toutes les recherches que j’ai faites à ce sujet n’ont pu me faire connaître ce qu’il est devenu.
- Pour le texte et la traduction que je donne, j’ai consulté outre l’édition de Poléni, celles de Joconde', de Philander, de Keuchenius; le manuscrit de la Bibliothèque-du-Roi, et enfin toutes les notes des savants recueillies par Poléni.
- Étant à Rome en 1783 et 1784* jai parcouru avec le Commentaire de Frdntin (édition de Joconde) et l’ouvrage de Fabretti, les restes des aqueducs de cette ville, jusqu’à près de quarante milles, ou quinze lieues. J’ai profité des recherches de J. B. Piranesi, qui se trouvent dans le premier
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- AVERTISSEMENT.
- volume de ses Antiquités romaines, et j’ai dressé une nouvelle carte des environs de Rome, d’après celles de Fabretti et celle de d’Anville sur les voies romaines, qui se trouve dans le trentième volume des Mémoires de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres, et enfin d’après le nouvel Agro romano de Nicolaï. Dans cette carte (pl. Lre) j’ai indiqué la situation des lieux que j’ai parcourus, j’ai tâché de faire sentir les mouvements du sol, qui va en s’élevant depuis Rome jusqu’aux sources de l’Anio ou Teverone; j’y ai indiqué les voies romaines antiques, ainsi que le cours des aqueducs, jusqu’à l’endroit où ils prennent leurs eaux.
- La 2e planche représente le plan topographique de l’ancienne Rome réduit d’après Piranési, divisé en régions, avec les grands édifices et les monuments pour servir à l’explication de la distribution des eaux, d’après Frontin.
- Enfin j’ai ajouté toutes les planches et les figures nécessaires pour faire connaître la forme, la disposition et la construction des aqueducs, châteaux-d’eau, réservoirs et piscines épuratoires, ainsi que les tuyaux de jauge ou modules dont parle Frontin et qui servaient à la mesure des eaux.
- Pour préparer les lecteurs qui n’ont pas fait une étude particulière des usages des anciens Romains, j’ai pensé qu’il était convenable de faire précéder le texte et la traduction d’une notice sur Frontin et de quelques notions préliminaires, pour mieux faire entendre les expressions employées par l’auteur, sur-tout celles dont il se sert pour évaluer les quantités, les mesures et les monnaies.
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- NOTICE SUR FRONTIN.
- Sextus-Jueîus-Frontinus, auteur du Commentaire sur les aqueducs de la ville de Rome et de plusieurs autres ouvrages, vécut sous les règnes des empereurs Vespasien, Titus, Domitien, Nerva et Trajan. Il était contemporain de Tacite, de Pline-le-Jeune, d’Elien-le-Tacti-cien et du poëte Martial, qui en ont parlé dans leurs écrits.
- Il paraît par ce que dit Frontin au premier paragraphe de ce Commentaire, qu’il était né à Rome de famille patricienne, puis-qu’en parlant de ceux qui avaient exercé la charge d’administrateur des eaux de Rome avant lui, il s’exprime ainsi : «Cette charge a « toujours été confiée aux personnages les plus distingués de notre « ville, civitatis nostrœ. »
- L’an de la fondation de Rome 8^3 et 70 de 1 ere vulgaire, il était préteur à Rome; mais il se démit de cette charge en faveur de Domitien César.
- Cinq ans après, il fut envoyé dans la Grande-Bretagne pour commander l’armée romaine à la place de Cerialis. Il dompta les Silures, peuple puissant et aguerri, cantonné dans un pays impraticable.
- Tacite dit, à ce sujet, que la réputation de Cerialis auquel Frontin succéda, était un pesant fardeau qui eût accablé tout autre, mais qu’il en soutint dignement le poids ; et que ce général aussi habile que les circonstances l’exigeaient, vint à bout de soumettre ce peuple.
- L’usage des Romains étant de ne confier le commandement des armées qu’à ceux qui avaient été consuls, il est probable que Frontin l’avait déjà été à cette époque.
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- IV
- NOTICE SUR FRONTIN.
- Elien clans la préfacé de son Traite' sur la milice des Grecs, dit qu’étant allé saluer l’empereur Nerva, dans le temps qu’il résidait à Formies, ce voyage lui procura l’occasion de passer quelques jours avec Frontin, personnage consulaire, très-profond dans la science des armes.
- Frontin fut consul pour la seconde fois, fan 85o de Rome et 97 de 1ère vulgaire. Ce fut l’année suivante qu’il fut nommé par l’empereur Nerva surintendant des eaux et des aqueducs de Rome. Il conserva cette charge sous l’empereur Trajan , avec lequel il fut consul pour la troisième fois; il fut ensuite nommé augure et mourut un an après, en l’an 101 de l’ère vulgaire.
- O11 lit dans une des lettres de Pline, que Frontin défendit par son testament de lui élever aucun monument, regardant cette dépense comme superflue : « Mon nom, disait-il, ne périra point, si « ma vie est digne de mémoire. » Ce fut Pline qui lui succéda dans la charge d’augure.
- On a de Frontin outre son Commentaire sur les eaux et les aqueducs de Rome, un ouvrage sur les stratagèmes de guerre, et un petit traité sur l’agriculture et les limites. Scriverius et Keuchenius, éditeurs des oeuvres de Frontin, y ont joint un traité des colonies; mais, comme il est question dans cet ouvrage, de plusieurs empereurs qui ne parvinrent à l’empire qu’après la mort de Frontin, tels que Sévère, Antonin et Commode, il est évident qu’il ne peut être de lui, mais d’un autre auteur du même nom, que l’on croit sicilien.
- Jacob Spon et Poléni font mention d’une médaille frappée à Smyrne en l’honneur d’un Frontin proconsul; sur le revers de cette médaille, on voit une nymphe assise, appuyée sur une urne et portant sur l’épaule une branche d’arbre. M. Galland, savant antiquaire , pense que c’est une médaille frappée par un autre Frontin proconsul, en l’honneur de Jupiter qui était adoré à Smyrne.
- Un autre savant désigné par Poléni sous le nom de Jacobus Facciolatus, prétend que dans le temps où vivait Frontin, les Ro-
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- V
- NOTICE SUR FRONTIN.
- mains ne portaient pas de barbe, et que cet usage ne fut rétabli que sous l’empereur Adrien; ce qui peut justifier l’opinion de M. Galland.
- Selon Poléni, le commentaire sur les aqueducs fut composé l’an de Rome 853, sous l’empire de Nerva, qui répond à l’an ioo de lere vulgaire, environ un an avant la mort de Frontin; mais cette opinion ne paraît pas probable, puisque cet auteur dit que ce fut vers le commencement de son administration qu’il composa son Commentaire , en 97 ou 98.
- Le seul manuscrit de cet ouvrage échappé aux temps de barbarie, fut découvert par un savant florentin nommé Poggio, dans la bibliothèque du monastère du Mont-Cassin. On prétend que les autres manuscrits qui existent ne sont que des copies de celui-là : la plus ancienne copie est celle de la bibliothèque du Vatican, faite par Poggio avant l’invention de l’imprimerie ; le manuscrit de la Biblio-thèque-du Roi est une autre copie que l’on attribue à Philander, l’un des commentateurs de Vitruve.
- La plus ancienne édition de ce commentaire est de Pomponius et de Sulpicius, imprimée sans date ni nom de lieu, avec un Vitruve, sous ce titre : Sexti Julii Frontini, <viri consularis, de Aquis quce in urbem influunt; libellus mirabilis. In-4°.
- La seconde édition est de 1496, parPolitien, imprimée aussi avec Vitruve. In-fol.
- Les autres éditions sont celles de i5i3, in-8°, revue et corrigée par Joconde;
- De i5a2 et i5a3, à la suite de Vitruve, imprimée à Florence par les héritiers de Philippe Junte, in-8° ;
- De i53o, à Bâle, in-4°, avec les fragments de plusieurs auteurs anciens ;
- De 1543, avec Vitruve imprimée à Strasbourg, chez Knoblochia-nus par Georges Macheropiæus, d’après celle de Joconde, in-4°;
- En i55o, avec une autre édition de Vitruve, revue et corrigée par Philander, chez le même libraire, in-8° ;
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- NOTICE SUR FRONTIN.
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- En i588, avec les Commentaires sur la republique romaine par Onuphrius Panvinius, et plusieurs fragments d’anciens auteurs imprimés à Paris, chez AEgidius et Nicolas Gillius, avec des notes par Jean Opsopœus, in-8°;
- En 1607, avec Végece et plusieurs autres auteurs anciens qui ont traite de l’art militaire, par Pierre Scriverius, de l’imprimerie de Plantin et Raphelengius, à Anvers, in-4°.
- En 1661, Robert Keuchenius a donné une édition complète des œuvres de Frontin, imprimée à Amsterdam, chez Jean Wæs-berge, in-8°.
- En 1697, le Commentaire de Frontin sur les aqueducs de Rome fut imprimé dans le Trésor des antiquités romaines , de Jean-Georges Grævius, tome iv, après la page 1624, d’après l’édition de Keuchenius.
- En 1722, l’édition la plus complète de ce Commentaire par Jean Poléni, fut imprimée à Padoue, chez Jean Manfré, avec des notes et des commentaires très-étendus, in-4° ;
- En 1788, une édition imprimée à Deux-Ponts, in-8°, avec les notes de J. F. Corradin de Allio, qui avaient paru à part en 1742, à Venise, in-4°;
- En 1792, une édition imprimée à Altona, par G. C. Adler, in-8°;
- Enfin une dernière édition, par Charles Baduel, imprimée en i8o5 à Pérouse , avec une traduction italienne , des notes et des figures par Balthasar Orsini professeur des beaux - arts et directeur de l’académie de dessin à Pérouse.
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- NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
- ARTICLE PREMIER.
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- Des Aqueducs.
- 1. Les aqueducs des anciens sont des canaux en maçonnerie, pour conduire les eaux selon une pente uniforme. Leur exécution exigeait quelquefois de les pratiquer sous terre, ou de les élever sur des substructions ou des arcades, pour maintenir l’uniformité de pente dans les endroits bas et les valions qu’ils avaient à traverser.
- 2. Les Romains qui avaient besoin pour la propreté et la salubrité d’une grande abondance d’eau, n’ont rien négligé pour s’en procurer; indépendamment des aqueducs de Rome, ils en ont construit dans presque toutes les grandes villes de leur empire.
- Denis d’Halicarnasse historien grec, qui vint à Rome du temps de Jules-César, dit que les ouvrages qui excitèrent le plus son admiration, furent les grandes voies militaires, les aqueducs et les égouts de Rome. Pline le naturaliste mettait ces grands ouvrages au nombre des merveilles de l’univers.
- 3. Frontin dans son ouvrage fait la description des neuf aqueducs qui existaient à Rome de son temps ; il indique pour chacun le lieu de la source d’où il tire ses eaux, sa distance de Rome ; la longueur des aqueducs, tant en canaux souterrains qu’au-dessus de terre, soit en substructions ou en arcades; la quantité d’eau qu’ils fournissaient, et comment elle était distribuée, le nom de ceux qui les avaient fait construire, et quelquefois les dépenses qu’ils avaient
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- NOTIONS PRELIMINAIRES.
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- occasionnées, et ce que produisait la vente des eaux aux particuliers, indépendamment des eaux publiques.
- 4- Il parle de l’administration et de la distribution des eaux, du nombre des hommes employés à l’entretien des aqueducs,* des lois, des sénatus-consultes et des ordonnances rendues pour leur conservation.
- ARTICLE IL
- Des mesures employées par Frontin.
- 5. Ces mesures sont le pas géométrique contenant 5 pieds romains ; le pied romain et ses subdivisions ; le quinaire et les différents autres modules qui servaient à évaluer les quantités d’eau.
- 6. Les savants et les métrologues ne s’accordent pas sur la grandeur du pied romain ; les uns lui donnent plus de 11 pouces du pied de Paris, et les autres moins : les raisons alléguées de part et d’autre n’ayant rien d’assez concluant pour faire adopter comme véritable la grandeur qu’ils proposent, j’ai pensé qu’il fallait préférer le pied antique gravé au Capitole, dont la longueur est de 10 pouces 11 lignes du pied de Paris, répondant à 297 millimètres des nouvelles mesures. Cette évaluation donne 1 mètre 485 millimètres pour le pas romain, et i485 mètres pour le mille.
- 7. Pour donner une idée de l’importance des aqueducs décrits par Frontin, nous allons indiquer la longueur de chacun, tant en constructions souterraines qu’en substructions et en arcades.
- Aqueduc de l’eau Appia.................. 11,190 pas romains
- Canal de l’eau Augusta, en supplément... 6,38o
- Aqueduc de XAnio Dieux.................. 43,000
- de la Marcia................... 61,710
- de la Tepula et de la Julia.... 15,426
- 137,706
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- NOTIONS PRÉLIMINAIRES. ™
- Ci................ 137,706
- Aqueduc de X eau Vierge..................... i5,5io
- de XAlsietina................... 22,17a
- d’une autre eau appelée aussi Augusta. 800
- de la Claudia...................... 4^,4o6
- du nouvel Anio................... 58,700
- Total des longueurs... 281,294 pas romains, ou 4i myriamètres qui répondent à g4 lieues de 25 au degré, ou 107 lieues de poste. Les trois quarts de cette longueur étaient en conduits souterrains voûtés ; et pour le surplus environ un tiers ou 8 lieues, était en arcades et le reste en substructions.
- Du pied romain et de ses subdivisions.
- 9. Le pied romain se divisait ainsi que le dit Frontin à l’article XXXIV, en 16 doigts ou 12 onces; mais pour bien entendre la manière de compter de Frontin, il faut être prévenu que les anciens Romains divisaient toutes sortes d’unités
- En demie..................................... appelée semis;
- tiers..................................... appelé triens;
- quart..................................... — quadrans;
- sixième................................... — sextans;
- douzième.................................. — uncia ;
- trente-sixième............................ — duella;
- quarante-huitième......................... — sicilicus;
- soixante-douzième........................ — sextula;
- Et enfin en deux cent quatre-vingt-huitième. — scripulum.
- Du Quinaire.
- 10. Le quinaire était un module ou tuyau de bronze, dont le diamètre était de cinq quarts de doigt. Ce module servait d’unité de mesure pour la distribution des eaux des aqueducs de Rome, du temps de
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- X NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
- Frontiu : comme le tuyau de jauge appelé' pouce-deau sert pour les eaux de Paris, et actuellement Y once deau pour celles de Rome.
- 11. Les autres modules dont parle Frontin depuis le n°37 jusqu’au n° 64 prenaient leur nom du nombre de quarts de doigt de leur diamètre : ainsi celui dont le diamètre était de six quarts de doigt, était appelé sextaire, et celui dont le diamètre était de dix quarts de doigt, était désigné sous le nom de dénaire; ainsi de suite jusqu’au vingténaire, dont le diamètre était de vingt quarts de doigt. Quant aux modules d’un plus grand diamètre, on les distinguait par le nombre de doigts carrés que comprenait la superficie de leur orifice.
- 12. Dans l’ouvrage de Frontin, la capacité du quinaire est évaluée par la superficie de son orifice, qui était de i doigt Cette valeur du quinaire prise pour unité, se divisait comme toute sorte d’unité, en demie, tiers, quart, sixième, douzième, seizième, vingt-quatrième, trente-sixième, quarante - huitième, soixante-douzième et deux cent quatre-vingt-huitième, comme on le voit indiqué dans la table suivante.
- NOMS DES SUBDIVISIONS DE L’UNITÉ, DU PIED ROMAIN, DU QUINAIRE, ET DE LEURS PARTIES. ÉVALUATIONS
- ALIQUOTES de l’Unité. de l'Unité en scripules. pour le pied romain en millimètres linéaires. en prenant pour Unité le Quinaire exprimé en millimètres carrés.
- ES LATIN- As Unité I 288 297,00 423,00
- Semis. ... Demie i/a i44 l48,5o 21 i,5o
- Triens.. . . Tiers i/3 96 99>°° 141,00
- Quadrans. Quart */4 72 74,25 105,75
- Sextans.. . Sixième , i/6 4» 49,5° 70,50
- Uncia. . . . Douzième 1/12 24 24,75 35,25
- Digitus. .. Seizième 1/16 18 18,56 26,44
- Semuncia. Vingt-quatrième 1/24 12 12,37 17,62
- Duella.... Trente-sixième i/36 8 8,25 11,75
- Sicilicus... Quarante-huitième 1/48 6 6,19 8,81
- Sextula... Soixante-douzième 1/72 4 4>i3 5,87
- Scripulum. Deux cent quatre-vingt-huitième. 1/288 X x,o3 1,47
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- NOTIONS PRÉLIMINAIRES
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- AUTRES FRACTIONS DE l’üNITE QUI NE SONT PAS AUIQUOTES.
- NOMS DES SUBDIVISIONS DE L’UNITÉ, DU TIED ROM AIN,
- DU QUINAIRE, ET DE LEURS PARTIES.
- EN LATIN.
- Quincunx. Cinq douzièmes........
- Septunx. . Sept douzièmes.......
- Bes......Huit douzièmes ou 2/3,
- Dodrans. . Neuf douzièmes ou 3/4 Dextans. . Dix douzièmes ou 5/6
- Deunx.... Onze douzièmes........
- As.......Unité..................
- FRACTIONS de l’Unité. ÉVALUATIO NS
- de l’Unité en scripules. pour le pied romain en millimètres linéaires. en prenant pour Unité le Quinaire exprimé en millimètres carrés.
- 5/l2 120 123,75 176,25
- 7/12 l68 173,25 246,75
- 8/12 192 ‘ 198,00 282,00
- 9/!2 2l6 222,75 317,2.5
- 10/12 240 247,50 352,5o
- II/I2 264 272,25 387,75
- I2/I2 288 297,00 423,00
- i3. Pour donner un exemple de la manière de compter de Frontin, nous allons citer ce qu’il dit art. XLII, à l’occasion du module appelé' octonaire, parce qu’il avait huit quarts de doigt de diamètre, c’est-à-dire deux doigts. Il évalue le périmètre de l’orifice de ce tuyau à six doigts un quart et une duelle ; en prenant le doigt pour unité comprenant 288 scripules, on a,
- pour le quart de doigt.... 72 scripules. pour une duelle.............. 8
- En tout............ 80 scripules ;
- C’est-à-dire 6 doigts 80 scripules, ou qui se réduisent à mais puisque le diamètre est de 2 doigts , le périmètre devrait être 2 x 3ÿ, qui donne 6 doigts y ou 82 scripules y, c’est-à-dire 2 scripules f de plus que ne porte le texte.
- i4- Frontin évalue la capacité de ce module à deux quinaires et demi, une demi-once et un sicilique; en prenant le quinaire pour unité
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- xij NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
- divisée en 288 scripules, on a, pour un demi-quinaire.. i44 scripules,
- une demi-once.... 12
- y ,
- un siciiique...... 6
- En tout....... 162 scripules ;
- ce qui donne 2 quinaires 'J*, qui se réduisent à Le calcul exact ne donne que 2 quinaires On trouve de semblables différences dans presque toutes les évaluations de Frontin, soit parce qu’il a négligé de petites fractions, soit par la faute des copistes qui ne les ont pas transcrites exactement. Cependant comme ces évaluations sont fondées sur des calculs, j’ai cru ne devoir mettre que les véritables résultats dans la traduction.
- 15. Le diamètre de l’orifice du tuyau quinaire étant d’un doigt et un quart, son périmètre sera 3 -h et sa superficie= i+t~,ou 1,227.
- Cette évaluation du quinaire se trouve confirmée par le calcul que Frontin donne, art. LXV de la section d’eau prise dans le canal de l’aqueduc de l’Appia, au-dessus du réservoir des Gemelles, en-deçà du temple de la Vieille-Espérance. Il trouva que cette section avait un pied j ou 28 doigts de largeur, sur 5 pieds de hauteur ou 80 doigts, produisant une superficie de 22^0 doigts carrés, qu’il évalue à 1825 quinaires : or , divisant 2240 par 1825 , on trouve 1 doigt ^ pour la valeur de la superficie du tuyau quinaire, comme nous l’avons ci-devant évalué.
- 16. Si Ton réduit en millimètres les mesures de cette section d’eau, on trouvera pour sa largeur 019 millimètres j, et pour sa hauteur i435 millimètres, produisant une superficie de 77182g millimètres carrés. Cette superficie étant divisée par 1825, donne un peu moins de 423 millimètres carrés pour la superficie de l’orifice du tuyau quinaire, qui servait à mesurer les eaux à Rome du temps de Frontin.
- 17. Lepouce-cL’eau, qui sert de mesure pour les eaux à Paris, est un orifice de 27 millimètres de diamètre , dont la superficie est de
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- NOTIONS PRÉLIMINAIRES. xij
- 5q3 millimètres ; d’où il résulte que le rapport de l’orifice du quinaire est à celui du pouce-d’eau, comme 4^3 est à 5^3; en sorte qu’à vitesse égale, 573 quinaires fourniraient 4^3 pouces d’eau.
- Recherche sur le quinaire, qui servait d'unité pour la mesure des eaux du temps de Frontin, et sur ses rapports avec l'once d'eau actuelle de Rome et le pouce d'eau de Paris.
- 18. Frontin dit à Fart. CXIII de son Commentaire sur les aqueducs de Rome, que les modules ou calices appliqués aux réservoirs ou cuvettes de distribution, devaient être placés sur une même ligne de niveau, parce qu’à orifice égal, celui qui est placé plus haut débite moins que celui qui est plus bas, par la raison que la plus grande charge fait que l’eau se précipite avec plus de vitesse dans le calice inférieur que dans celui qui est au-dessus. Cette observation de Frontin prouve qu’il avait reconnu que le plus ou moins de charge au-dessus d’un tuyau de jauge ou module, augmentait ou diminuait son produit.
- 19. Les résultats quil donne des produits ou capacités de chacun de ces modules, supposeraient que les centres des orifices étaient placés sur une même ligne de niveau, puisque ces capacités devraient être entre elles, abstraction faite des frottements, comme les superficies des orifices, ou comme les carrés de leur diamètre, ainsi que le démontrent les principes d’hydrodynamique; d’où il resuite, que si l’on parvenait à connaître quelle pouvait être la hauteur de l’eau au-dessus du centre des orifices des différents modules dont parle Frontin, on pourrait, d’après ces principes, déterminer la juste quantité d’eau que chaque module fournissait dans un temps donné.
- 20. La quantité d’eau que fournit dans un temps donné, un module ou tuyau de jauge quelconque, peut être considérée comme un
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- xiv NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
- cylindre dont l’orifice serait la base, et dont la longueur serait l'espace parcouru pendant le temps déterminé. En sorte que, connaissant la quantité d’eau et la surface de l’orifice, on trouvera la vitesse de l’eau en divisant la quantité par cette surface; et que si l’on connaissait la vitesse de l’eau et la superficie de l’orifice, on aurait la quantité en multipliant cette superficie par la vitesse.
- ai. Le tuyau de jauge de Paris pour la distribution des eaux, a un pouce de diamètre; il est placé de manière que le centre de son orifice est à y lignes de distance de la surface de l’eau du réservoir où il est adapté. Il produit dans cette situation 672 pouces cubes par seconde: ainsi si l’on divise cette quantité par la superficie de l’orifice de ce tuyau qui est de £ de pouce quarré, on trouvera que la vitesse est exprimée par l’espace parcouru de i4 pouces j par seconde.
- 22. Le tuyau de jauge appelé à Rome once-d’eau, a une once de diamètre et un palme ^ ou 15 onces de longueur ; il est placé de manière que le centre de son orifice est à i5 onces au-dessous de la superficie de l’eau du réservoir, et produit en une minute 44°5 onces; d’après les vérifications faites par M. de Prony, si l’on divise ce produit par la surface de l’orifice qui est de ^, on trouvera 3461 onces par minutes, ou onces j par seconde ou 39 pouces 8 lignes.
- a3. Il est bon de remarquer que la charge de l’once-d’eau de Rome est égale à la longueur du tuyau qui forme ce module, et que Frontin dit à l’art. XXXVI, que la longueur des modules de bronze qui servaient de son temps à la distribution des eaux de Rome, ne devait pas être moindre de 12 doigts; ce qui pourrait faire présumer que les centres des orifices de ces modules étaient placés, comme ceux de l’once-d’eau actuelle, à une distance de la surface de l’eau des réservoirs, égale à la longueur de ces modules, c’est-à-dire à 12 doigts. '
- 24- D’après cette hypothèse, le produit pour une minute devait être d’un pied et demi cube romain.
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- NOTIONS PRÉLIMINAIRES. xv
- 2,5. La valeur du quinaire pouvait aussi avoir été déterminée par une mesure de capacité des anciens Romains. Ce que Frontin dit à l’art. XXXIV semble justifier cette hypothèse. Dans cet article il s’exprime ainsi : « De même que les sextaires ont un certain rapport avec les cyathes; les muids avec les sextaires et les cyathes; les quinaires doivent en avoir un avec les autres modules. »
- Mesures de capacité des anciens Romains.
- 28. La plus grande mesure de capacité des anciens Romains était le culeus, qui contenait 20 amphores ou 20 pieds cubes romains; les autres étaient l’urne qui valait la moitié de l’amphore, le modius qui en valait le tiers, le conge le huitième; lesextaire, qui valait la sixième partie du conge, et le cyathe qui valait la douzième partie dusextaire.
- NOMS CAPACITÉS QUANTITÉS ET POIDS des Cubes d’eau répondant à chacune
- DES EN de ces capacités en
- MESURES. Doigts cubes. Pouces cubes. Cen- timètres cubes. Pintes. Litres. Livres romaines antiques. Livres romaines modernes. Livres eu Poids de marc. Xilogr.
- Amphores. 4096 i33i 26198 *7 JÎ 26,198 80 O 74t*96 53,512 26,200
- Urne 2048 665 *3 99 *8,99 40 37,148 26,756 i3,ioo
- Modius... i365;- 44V3 8733 o_LL 9 144 8,733 20 24,769 17,837 8,733
- Conge.... 5l2 1661 3275 a 179 J J9 4 3,497 IO O 9>a87 6,689 3,275
- Sextaire... 85i *7 H 546 2 7 1 3 S 4 o,58a * 1 1,548 x,i i5 0,546
- Cyathe.... 7 ÿ 4tH 4&t S 7 T*$ 0.048^ 0 TS 0,129 0,093 o,o455
- Observations.
- 29. Des recherches faites sur le pouce-d’eau en font remonter l’origine à l’époque où l’empereur Julien fit construire à Paris les thermes, dont les ruines existent encore rue de la Harpe. Le diamètre du
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- xvj NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
- module ou tuyau de jauge pour la distribution des eaux, fut fixé à une once ou un douzième du pied romain, répondant à 11 lignes du pied de Paris. Son produit sous une charge de 11 lignes, était d’une urne ou demi-pied cube romain, répondant à 665 pouces | du pied de Paris. Ce produit est à très-peu de chose près, celui du pouce-d’eau actuel, et de plus il se trouve justifié par l’application de la théorie à un module de 11 lignes de diamètre, sous une charge de 11 lignes qui donne en faisant les réductions convenables 673 pouces cubes d’eau, au lieu de 672 ou i4 pintes, d’après la manière de compter des fontainiers.
- Il est encore probable d’après les explications que nous venons de donner, que les Romains modernes ont voulu remplacer le quinaire par le module d’une once de palme, répondant au doigt rond de Frontin, dont le diamètre était le même que celui de l’once-d’eau actuelle, qui est d’un douzième de palme équivalant à un seizième du pied romain, mais qu’ils n’ont pas assez augmenté la charge, pour que l’once qui n’a qu’un doigt du pied antique, pût fournir autant que le quinaire, dont le diamètre était d’un doigt et un quart, les superficies de ces deux modules étant entre elles comme 16 est à 2.5.
- Ce n’est que depuis environ un siècle qu’on est parvenu à évaluer avec plus de précision le produit des tuyaux de jauge. Ce moyen n’était pas encore connu de Charles Fontana, architecte chargé de la direction des eaux de Rome, sous le pontificat de Paul V; puisque dans son Traité des eaux courantes imprimé à Rome en 1696, il propose pour trouver le nombre d’onces d’eau que fournit le canal d’un aqueduc, de placer à la tête ou sur le côté, une espèce d’encaissement portant une vanne mobile ajustée dans des rainures, et placée de manière que le haut de l’ouverture se trouve à i5 onces au-dessous de la superficie de l'eau du canal, ainsi qu’on le voit indiqué par les figures 1,2, 3 et 4 de la planche XII.
- Cette manière de mesurer les eaux, qui paraît fondée sur un an-
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- NOTIONS PRÉLIMINAIRES. xvij
- cien usage, pourrait bien avoir été celle employée par les anciens Romains : car Frontin dit, à l’art. XIX, que six des eaux dont il vient de parler, venaient se rendre dans des piscines couvertes, auprès du septième milliaire de la voie Latine, que c’est là que, suspendant leurs cours, elles déposaient leur limon; et que c’était à la sortie de ces piscines que leur quantité était évaluée par les mesures qui y étaient placées.
- Ces mesures pouvaient être des ouvertures ou pertuis rectangulaires formés en pierre, comme celui placé par Fontana pour les eaux tirées du lac Bracciano, par lequel l’eau sortait sous une charge de i5 onces, qui selon Fontana donnait une vitesse qui devait diminuer en raison du chemin quelle avait à parcourir pour arriver au château-d’eau, d’ou l’eau se distribuait.
- Nous avons déjà dit que Frontin, à l’art. LXV, en parlant de l’eau de l’Appia, qu’il mesura auprès des Gemelies, trouva que la masse d’eau coulante avait 80 doigts de hauteur sur 28 de largeur, produisant une superficie de 22Z[o doigts carrés, et que d’après ces dimensions elle devait fournir i8s5 quinaires. Il est probable que Frontin trouvait ce produit en faisant passer cette masse par une ouverture rectangulaire, dont le haut pouvait être à une distance au-dessous de la surface de l’eau du réservoir égale à celle du centre des orifices des modules adaptés aux cuvettes de distribution des châteaux-d’eau.
- Ce qui paraît confirmer cette hypothèse, c’est que si l’on divise la surface 1826, qui exprime en doigts carrés le nombre de quinaires évalués par Frontin, par la largeur du canal qui était de 28 doigts, on trouvera que la hauteur de l’ouverture devait être de 65 doigts; et comme la hauteur totale de l’eau était de 80 doigts, il en résulte que la charge ou hauteur de l’eau retenue par la vanne du pertuis de jauge, devait être de i5 doigts, répondant à i5 onces du palme romain. Ainsi la charge de fonce d’eau actuelle étant la même que celle du quinaire , leur produit devait être comme le carré de leur
- c
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- xviij NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
- diamètre, c’est-à-dire comme 16 est à s5, qui donne un peu plus de i pied | cube. Mais, comme le pertuis de jauge de Frontin était placé à environ 7 milles de Rome, cette quantité pouvait être réduite , à son arrivée à Rome, à i pied cube.
- Il résulte des calculs exacts que nous avons faits à ce sujet, que le produit du pouce-d’eau de Paris étant évalué à un demi-pied cube romain par minute, l’once-d’eau de Rome vaudrait un pied cube et un douzième, et le quinaire un pied cube et demi; en sorte que les produits de ces trois tuyaux de jauge seraient entre eux comme 6, i3 et 18 : c’est d’après ces rapports, que nous avons dressé les tables suivantes du produit des a5 modules et des aqueducs décrits par Frontin.
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- NOTIONS PRELIMINAIRES.
- XIX
- Première Table, des dimensions des produits des a5 modules
- décrits par Frontin.
- NOMS
- modules.
- Tuyau quinaire.............
- sextaire...........
- septénaire.........
- octonaire..........
- dénaire............
- duodénaire.........
- quinzénaire........
- vingténaire........
- Module de a5 doigts carrés.
- de 3o id.,
- de 35 id.,
- de 4o ici..
- de 45 /c/..
- de 5o id
- de 55 id..
- de 60 id..
- de 65 id..
- de 70 id..
- de 75 id.,
- de 80 id,.
- de 85 id.,
- de 90 id..
- de 95 id..
- de 100 id..
- de 1 20 id..
- DIAMÈTRES
- CAPACITÉ
- t B i 5 S £ Q 4, 3 S eÛ «5 3 *
- 0 a Q. =3 g S êj ‘i i - J s IZ cr rs a 5 B ^ î? S n ~j C a • T2 3 ° | "2 ** -f C ’ô* 5 C « g -c» C y, ^ " -t 5
- * 0 c* TJ s s
- l,a5o o,85a a3 1,000 i,384 3,000 216,000 60,000
- ï,5oo 1,037 28 i,368 *,894 4,104 395,488 82,080
- i,75o i,aaa 33 1,96» 3,715 5,883 423,576 117,660
- a,000 1,370 37 a,56i 3,546 7,683 553,176 153,66o
- a,5oo 1,704 46 4,000 5,538 12,000" 864,000 340,000
- 3,ooo a,07 4 56 5,760 7,975 17,280 1244,160 345,600
- 3,75o 3,59a 70 9,000 12,461 27,000 1944,000 540,000
- 5,ooo 3,444 93 16,000 a 2,154 48,000 3456,ooo 960,000
- 5,64o 3,888 io5 20,375 38,31I 6r,ia5 44oi,ooo 1222,5oo
- 6,180 4,a5g 115 a4,45o 33,854 73,35o 5a8i,aoo 1467,000
- 6,674 4.59a 124 28,524 39,495 85,572 6161,184 1711,440
- 7»134 4,888 i3a 3a,599 45,137 97,797 7041,384 i955,94o
- 7,54a 5,1-85 140 36,674 50,779 no,oaa 7931,584 2200,44°
- SI 00 q? 5,481 148 4o,416 55,961 121,248 8729,856 2434,960
- 8,366 5*74» 155 44,8a5 6a,o65 134,475 9682,200 2689,5oO
- 8,740 6,000 162 48,908 67,719 146,724 10564,128 9934>48o
- 9*096 6,35g 169 53,975 73,35o i58,9a5 11443,600 3l78,5oo
- 9*44o 6,481 175 57,049 78,99i 171,^47 i23aa,584 3433,94o
- 9.770 6,704 181 6i,ia4 84,633 183,373 13202,784' 3667,44(>
- 10,090 6,ga6 187 65,199 90,275 i95,597 14082,984 39it,9îo
- 0 c 7,148 i93 69,a74 95,918 207,824 14963,328 4i56,48o
- 10,70a 7*^7o 199 73,349 ioi,56o 220,047 10843,384 4400,940
- ”,998 7,555 304 77,44o 107,225 a3a,3ao 16727,040 4646,400
- io,a8a 7*74i aog 81,499 112,844 344,497 .17603,784 4889,940
- ia,358 8,639 a33 97v99 i35,4i4 a93,397 21124,584 5867,940
- PRODUIT
- pour a4 heures,
- C.
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- XX
- NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
- Deuxième Table, indiquant les quantités d'eau que fournissaient a Rome les neuf aqueducs décrits par Frontin.
- . QUANTITÉ PRODUIT PRODUIT
- NOMS POUR 24 HEURES
- DES
- AQUEDUCS. ë 'tÜD O W) « Qm - .3 H3 en quinaire, suiv. le calcul de Frontin. 3 •» £ s i s ^ ^ 0 « „ 3 es 8 S-s 0 * a n a 'l rf " Il éx< Z l-Lj „ 'eu 3 £» a en métrés cubes et millièmes.
- 841 7°4 1285 2526,923 5475 394200 273,750
- 1441 1610 4398 6089,538 i3i94 949968 659,700
- 2162 x935 469° 6493,846 14070 ioi3o4o 703,5oo
- 400 445 445 616,154 i335 96120 66,750
- 649 8o3 1206 1669,846 36i8 260496 180,900
- 752 a5t>4 25o4 3467,076 7512 540864 375,600
- 392 392 392 542,769 1176 84672 58,800
- 2855 i588 4607 6378,923 i38a 1 995112 6yi,o5o
- de Y Anio neuf. 3a63 4048 4738 656o,3o8 14214 1028408 710,700
- 12755 14029 24806 34345,383 744 » 5 5357880 3720,750
- 1
- Il résulte de cette table, que la quantité d’eau que fournissaient les neuf aqueducs de Rome décrits par Frontin, pouvait équivaloir à une rivière de 3o pieds de largeur sur 6 de profondeur, dont les eaux couleraient avec une vitesse de 3o pouces par seconde, c’est-à-dire avec une vitesse égale à celle des eaux de la Seine dans le temps de leur hauteur moyenne.
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- NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
- xxj
- ARTICLE III.
- De la valeur des monnaies des anciens Romains, comparées
- aux nôtres.
- MONNAIE DE CUIVRE.
- Les anciens Romains ne commencèrent à faire usage de monnaie que sous le règne de Servius, cent quatre-vingt six ans après la fondation de Rome. Leur première monnaie fut de cuivre; on prit pour base la livre de ce métal, et elle fut appelée as, par corruption du mot aes, par lequel on désignait le cuivre ou airain.
- Le prix d’un bœuf fut fixé à ioo as, et celui d’un mouton à io as; c’est ce qui fit donner à cette première monnaie le nom de pecunia, du mot pecus, troupeau.
- Les auteurs modernes ne sont pas d’accord sur la valeur de cette ancienne livre, relativement aux poids actuels. MM. le Blanc et de la Nauze l’évaluent à6i44grains, répondant à 3û6 grammes^; etPauc-ton dans sa Métrologie, à 6312 grains, qui valent 336 grammes. La livre romaine actuelle est de 6638 grains, ou environ35a grammes7.
- Dans les évaluations que nous allons donner, nous avons adopté celle qui fixe à 10 livres romaines le poids de l’eau que contenait le conge, dont la capacité était de j du pied cube romain, qui donne 6x63 grains ’ ou 327 grammes 7, pour l’ancienne livre romaine.
- En calculant la valeur de l’as, ou livre romaine, sur le taux de la monnaie de cuivre actuelle, qui est d’un centime pour deux grammes, on trouvera pour cette valeur 1 fr. 64 c. Ainsi le prix d’un bœuf évalué à 100 as aurait été de 164 fr. ; et celui d’un mouton, qui était de 10 as, de 16 fr. 4° c.
- Il résulte des relevés des marchés de Sceaux et de Poissy, que le
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- xxij NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
- poids d’un bœuf sur pied est moyennement de 325 kilogrammes, et qu’il se vend à raison de 90 centimes le kilogramme; ce qui porte sa valeur à 292 fr.' 5o c., c’est-à-dire près de moitié ou ~ de plus qu’il n’avait été évalué à Rome, qui ne porterait la valeur du kilogramme qu’à 62 centimes ; mais si l’on a égard aux droits qu’on perçoit sur la viande et à la plus grande valeur des salaires, on trouvera qu’ils peuvent donner cette différence.
- D’après les mêmes relevés le poids moyen d’un mouton est de 25 kilogrammes; il se vend sur pied à raison de 1 fr. 20 cent, le kilogramme; ce qui porte sa valeur moyenne à 3o fr. au lieu de 16 fr. 4° cent, que donnerait le prix de 1 o as romains à cette première époque. On voit que la différence de ces prix est à peu près en même raison que celle que nous avons trouvée pour le prix d’un bœuf.
- Quelque temps après, la valeur de l’as fut réduite à un sextans : ainsi en prenant le sixième de la livre romaine, qui est 1,64, on aura 27 7 centimes pour la valeur du sextans. On ne connaît pas bien l’époque où se fit cette première réduction de l’as, mais 011 peut croire que ce fut vers l’an de Rome 53y.
- Environ sept ans après la fameuse bataille de Cannes, Scipion réduisit l’as à une once de la livre romaine, ou à un douzième; ce qui porte sa valeur à environ i4 centimes.
- La troisième époque de la diminution de l’as est de l’an de Rome 56o (environ 194 ans avant l’ère vulgaire), par une loi de Papirius qui réduisit l’as à une demi-once ou £ de la livre romaine; ce qui porte sa valeur à environ 7 centimes.
- La quatrième époque de la diminution de l’as a été sous le règne de Néron, où il fut réduit à un quart d’once, ou au 48e de la livre romaine ; ce qui porte sa valeur à environ 3 7 centimes.
- Cette époque qui s’étend jusqu’au règne de Constantin, comprend le temps où a vécu Frontin, et suffit pour notre objet, qui est de donner une idée de la valeur des sommes dont il est parlé dans l’ouvrage de cet auteur sur les aqueducs de Rome.
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- NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
- xxiij
- MONNAIE DARGENT.
- Pline dit que ce fut l’an 485 de la fondation de Rome (environ 269 ans avant l’ère vulgaire), que l’usage de la monnaie d’argent y fut établi.
- On donna le nom de denier aux pièces de ce métal qui y furent frappées, parce que leur valeur fut fixée à dix as, dena œris, pesant chacun une livre romaine.
- Comme Pline ne dit pas quel était le poids de cette pièce d’argent, plusieurs auteurs, tels que Pancirole, Savot et Paucton, ont évalué le poids du premier denier à une once, ou ^ de la livre romaine, en sorte qu’une once d’argent devait valoir 120 onces de cuivre.
- Le denier se divisait en deux quinaires, valant chacun cinq as de cuivre.
- Le quinaire se subdivisait en deux sesterces, dont la valeur était de 2 as
- La livre romaine étant de 6163 } grains ou 327 7 grammes, le denier d’une once devait peser 513 grains 64, ou 27 grammes Ainsi, en prenant pour base le taux de la monnaie de cuivre actuelle, qui est d un demi-centime par gramme, les 10 as de cuivre équivaudraient a 3275 grammes, valant 16 fr. 37 c., c’est-à-dire environ trois fois plus, parce que le rapport de la monnaie de cuivre actuelle n’est que de 1 à 4o, au lieu de 1 à 120.
- L an de Rome 537 , le denier d’argent fut réduit a ~ de la livre romaine, et l’as à en sorte qu’à cette époque le rapport du cuivre à l’argent était toujours comme 1 est à 120.
- Depuis l’an de Rome 544 jusqu’à l’an 56o, le poids du denier d’argent fut réduit à ~ de la livre, et celui de l’as à ^, la valeur du denier étant fixée à 16 as. En prenant pour base de l’évaluation la monnaie de cuivre, on trouve que son rapport avec l’argent
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- xxiv NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
- devait être 7^, c’est-à-dire qu’une livre d’argent valait 112 livres de cuivre.
- Depuis l’an de Rome 56o jusqu’à l’an 586, le denier étant toujours ii de la livre d’argent, mais l’as étant réduit à ~ de la livre de cuivre de 16 as pour un denier, il en résulte qu’en prenant pour base la monnaie de cuivre, son rapport avec l’argent est j-$ pour cette époque.
- Depuis l’an 586 j usqu’au règne de Constantin, la valeur du denier romain fut réduite à ^ de la livre d’argent et l’as à ~ de la livre de cuivre, il en résulte que le rapport du cuivre à l’argent était comme 1 est à 64-
- MONNAIE DOR.
- Pline, liv. III, chap. III, en parlant de la monnaie d’or des Romains, s’exprime ainsi : Aureus nummus post annum LXIl percus-sus est quam argenteus, ita ut scrupulum valeret sestertiis vicenis ; c’est-à-dire : L’écu d’or a été frappé soixante-deux ans après la monnaie d’argent, et la valeur du scrupule d’or fut fixée à vingt sesterces. Il ajoute : Quod effecit in libras ratione sestertiorum, qui tune erant sestertios DCCCC; ce qui fait, en raison des sesterces qui avaient cours alors à la livre, c’est-à-dire, pour la valeur de Xaureus, 900 sesterces, et non de la livre d’or, comme l’ont pensé la plupart des auteurs et des commentateurs qui ont traduit ou interprété ces passages et qui proposent de corriger le texte : « Car, disent-ils, si le scripule d’or valait 20 sesterces, la livre qui contenait 288 scri-pules devait valoir 288x20, qui donne 5^6o sesterces au lieu de 900. » Mais ils n’ont pas fait attention que cette valeur de 900 sesterces est celle qui répond à chaque scripule , du poids de Xaureus, qui étant à la taille de 45 à la livre, devait peser 6 scripules ~ : car si l’on divise 5j6o sesterces, valeur de la livre d’or, par 6 scripules on trouvera 900 sesterces pour la valeur de chaque scripule,
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- NOTIONS PRÉLIMINAIRES. xxv
- Dans cette évaluation, le rapport de l’argent àTor est comme i àl7f-
- Il est probable que le poids des pièces d’or des Romains était, comme celui de leurs monnaies de cuivre et d’argent, une aliquote de leur livre.
- Ainsi les plus fortes pièces d’or qui nous sont parvenues^ pesant de
- 201 à 204 grains ou 9 scripules, pouvaient être à la taille de.. 32;
- Celles de 168 à 171 grains ou de 8 scripules, de.............. 36;
- Celles de i5o à 154 grains ou 7 scripules, de................ 4°>
- Celles de 6 scripules | ou 127 grains (c’est Xaureus de
- Pline), de........................................................ 4$;
- Celles de 6 scripules ou 128 grains, de......................... 48;
- Celles de 4 à 4 7 scripules, de.............................. 60 ;
- Celles de 3 scripules, de...................................... 96;
- Et celles d’un scripule, de.................................... 288.
- Observation.
- Il faut remarquer qu’il se trouve, pour chaque métal employé à la fabrication des monnaies romaines, une pièce principale dont les autres ne sont que des subdivisions ou des multiples. Ces pièces sont *.
- L’as pour la monnaie de cuivre;
- Le denier pour la monnaie d’argent;
- Et le nummus aureus, pour la monnaie d’or.
- C est ce qui m’a déterminé à dresser les tableaux suivants qui in* diquent leurs valeurs à différentes époques ; j’y ai ajoute celle du sesterce , parce qu’il en est souvent question dans les anciens auteurs.
- d
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- xxvj NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
- TABLES
- de la valeur des principales monnaies romaines a différentes époques, c est-a-dire depuis leur origine jusqu au règne de Constantin, en prenant pour base celle de la monnaie de cuivre actuelle.
- Première époque. Depuis l’an de Rome 186 jusqu’à l'an 537 (environ jusqu’à l’an 217 avant l’ère vulgaire), le rapport de la valeur du cuivre à l’argent étant comme 1 est à 120 :
- DÉSIGNATION DES PIÈCES. TAILLE, 0 V QUANTITÉ à la livre. en Jcripulei. POIDS ea grain#. en giaramea. VALEUR.
- As I 288 6i63 f 327,5 fr. 1,64
- Denier d’argent. . 12 24 513 6 27,3 l6,40
- Le petit Sesterce.. 48 6 128 4 6,8 4,10
- Sesterce.
- Les savants et les commentateurs distinguent deux espèces de sesterces : l’une, désignée par le mot sestertius, était une petite pièce d’argent qui valait le quart du denier romain ; l’autre, appelée grand sesterce, désigné par le mot sestertium, était une expression de compte pour désigner mille sesterces ou 25o deniers romains. Ainsi decem sestertii n’indiquait que dix sesterces, tandis que decem sestertia en valait dix mille.
- Quand les Romains indiquaient la somme par des mots, l’adverbe numérique mis avant le mot, nummum quadrigies sestertium, équivaut à quadrigies centena millia sestertiorum, ou quatre millions de sesterces. Quelquefois l’adverbe seul exprime la somme aussi complètement que si elle était écrite en toutes lettres : decies ou vigesies représentent decies ou vigesies centena mûlia sestertiorum, c’est-à-dire un ou deux millions de sesterces. Mais, comme le denier romain
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- NOTIONS PRÉLIMINAIRES. xxvij
- a changé de valeur à différentes époques, les valeurs du sestertius et du sestertium ont dû suivre les mêmes variations.
- Ainsi, pour cette première époque, le petit sesterce d’argent étant évalué à 4 fr- io c., le grand sesterce devait valoir 4xoo fr.
- Dans les tables suivantes, nous indiquerons la valeur du petit sesterce pour chaque époque.
- Seconde époque. Depuis l’an 537 jusqu’à 547 (environ 207 ans avant l’ère vulgaire). Le poids de las réduit à 2 onces, et celui du denier réduit à ~ étant diminués en même proportion, le rapport du cuivre à l’argent est toujours comme i est à 120.
- DÉSIGNATION BBS PIÈCES. TAILLE, 0 U QUANTITÉ à la livre. en scripulej. POIDS en grains. en grammes. VALEUR.
- As de cuivre 6 QO 1027,0 54, 6 fr. 0,273
- Denier d’argent... 7* 4 82,6 4,55 3,73
- Le petit Sesterce.. aSB Z 20,65 1,14 0,68
- Troisième époque. Depuis l’an 547 jusqu’à l’an 56o (environ iq4 ans avant l’ère vulgaire). Le poids de l’as réduit à une once, celui du denier à Vécu d’or ou nummus aureus à la valeur à poids égal de ces trois métaux se trouve comme 1, 112, 1920; ce qui donne, pour le rapport de l’argent à l’or, comme 1 à 17 7.
- DÉSIGNATION des pièces. TAILLE, 0 U QUANTITÉ à la livre. en scripules. POIDS en grains. en grammes. VALEUR.
- As 12 0,24 5i3, 0 27,300 fr. 0,1366
- Denier 84 3,43 ?3, 8 3,900 2,186
- Le petit Sesterce. .. 336 0,86 18,45 °)97^ 0,544
- Aureus 45 6, 4 136,97 7,277 69,97
- d.
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- XXVI IJ
- NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
- Quatrième époque. Depuis l’an 56o jusqu’à 586 (environ 168 ans avant l’ère vulgaire); pendant laquelle l’as a été réduit à le denier à %, et l’aureus à ^8. Le rapport des monnaies de cuivre, d’argent et d’or, est à poids égal, comme i, 56, 700.
- DÉSIGNATION DES y IÈCES. TAILLE, 0 U QUANTITÉ à la livre. ru scripulrs. POIDS en grains. en grammes. VALEUR.
- As de cuivre 24 12 256,3/4 13,640 fr. 0,0682
- Denier d’argent.... 84 3,3/7 73,37 3,900 1,0912
- Le petit Sesterce. . . 336 0,6/7 18,09 °,975 0,2728
- Aureus 48 Gfo 128,39 6,82 23,80
- Cinquième époque. Depuis l’an 586 jusqu’au règne de Néron, 907 de la fondation de Rome (environ i53 ans de l’ère vulgaire); l’as ayant été réduit à j d’once ou de la livre; le denier à Jj, et l’aureus à Le rapport des monnaies de cuivre, d’argent et d’or, est à poids égal, comme 1, 64, 768.
- DÉSIGNATION DES PIÈCES. TAILLE, O ü QUANTITÉ à la livre. en scnpules. POIDS en grains. en grammes. VALEUR.
- As de cuivre 48 6 127,14 6,82 fr. o,o34
- Denier d’argent. .. . 96 3 63,57 3,4i 1,09
- Le petit Sesterce. .. 384 0,75 i5,S9 o,85 0,27
- Aureus 44 6,6/11 x 40,00 7,44 28,48
- SixiÈxME époque. Depuis le règne de Néron jusqu’à celui de Constantin (environ 3o6 ans de lere vulgaire).
- L’as étant toujours ^ de la livre romaine, le denier d’argent et
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- NOTIONS PRÉLIMINAIRES. xxix
- l’aureus le rapport des monnaies de cuivre, d’argent et d’or, est à poids égal, comme r, 64, 768.
- DÉSIGNATION DES PIÈCES. TAILLE, 0 n QUANTITÉ à la livre. en soripules. POIDS en grains. en grammes. VALEUR.
- As de cuivre 4» 6,00 127,14 6,82 fr. o,o34
- Denier d’argent.. . . 96 3,ao 63,57 3,41 1,088
- Le petit Sesterce. .. 384 0,75 15,89 o,85 0,272
- Aureus 45 6,4 136,97 7,277 27,85
- Septième époque. Des monnaies romaines, sous le règne de Constantin et de ses successeurs, pour servir à l’interprétation des lois et constitutions impériales de ces empereurs, sur les aqueducs, que nous avons ajoutées au texte de Frontin, pour faire suite aux lois et sénatus-consultes qu’il donne dans son Commentaire.
- A 1 époque où Constantin transféra le siège de l’empire romain à Constantinople, l’an 3^8 de 1ère vulgaire, l’argent était extrêmement rare; en sorte qu’une livre d’argent valait 120 livres de cuivre, tandis que, d’après le taux de la monnaie actuelle, il ne faut que 4o livres de cuivre pour une livre d’argent. La proportion de l’argent a lor était moindre qu’actuellement, puisqu’il ne fallait que i4 livres^ d’argent pour une livre d’or, tandis que le taux actuel est de 16 livres d argent pour une livre d’or. - ,
- Les principales monnaies étaient, pour le cuivre l’assarion, à la taille de 48 à la livre; le sesterce de cuivre, ou tétrassarion, à la taille de 12 à la livre; le denier d’argent de Néron, à la taille de 96 & la livre; le lepton, a la taille de 68 * à la livre; le miliaresion, a la taille de 60 a la livre ; le sohdus ciureus, sou d’or, nomismaf à la taille de 72 à la livre.
- Doù il résulte qu’à cette époque, le rapport à poids égal, des
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- XXX NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
- monnaies de cuivre, d’argent et d’or, était comme i, 64, et
- DÉSIGNATION TAILLE, POIDS
- DES PIÈCES. VALEUR.
- QUANTITÉ à la livre. en scripules. en grains. en grammes.
- 48 12 6,0 128,40 5i3,6o 6,80 27,30 fr. o,o34 o,i36
- Le Tétrassarion.... 24,0
- Le Denier de Néron. 96 3,o 63,57 3,41 1,09
- Le Lepton 4,0 85,60 4,55 1,48
- Le Miiiaresion 60 4,8 102,71 5,45 1,75
- Le Solidus aureus.. 7a 4 85,6 4,55 35,34
- OBSERVATION.
- Afin de réunir tout ce qui peut servir à comparer les valeurs des anciennes monnaies des Romains avec celles des monnaies de France, j’ai pensé qu’il pourrait être intéressant de placer à la suite des tables précédentes un double tableau des différentes monnaies qui avaient cours en 1790, et des nouvelles monnaies actuellement en usage en 1820,
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- NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
- xxxj
- Table des monnaies de France, avec leur poids en grains et en grammes, et leur valeur en livres, sous et deniers, et en francs et centimes.
- Le gramme de cuivre est évalué à un demi-centime.
- Le gramme d’argent, à 20 centimes.
- Le gramme d’or, à 3 fr. 20 centimes.
- NOMS POIDS VALEUR DÉSIGNATION POIDS VALEUR
- DES ESPÈCES EN LIVRES, DES ESPÈCES EN FRANCS
- en en SOUS , en en et
- EN I79O. GRAINS. GRAMMES. ET DENIERS. EN 1820. GRAINS. GRAMMES. CENTIMES.
- Or. Or.
- liv. s. d. fr. c.
- Le double louis 288 I 8,3o 43, OO, O Pièce de 40 francs. . . 235^ 12 7 40,
- Le lonis 144 24, OO, O Pièce de 20 francs... . “7? 6Ï 20,
- Argent. Argent.
- Ëcu de 6 livres 552 29,3 O O O «T Pièce de 5 francs.... 470 f 25,00 5,
- Écu de 3 livres 276 14,65 3, 00, 0 Pièce de 2 francs.... 188L 10,00 2,
- Pièce de 24 sons.... 110} 5,84 1, 4, 0 Pièce de 1 franc. ... 94| 5,00 1,
- Pièce de 12 sons. ... 55L 2,92 0, 12, 0 Pièce d’un demi-franc. 47 TT 2 \ 0, 5o
- Pièce de 6 sous 47 f 1,46 0, 6, 0 Pièce d’nn quart de fr. 1 1 4 0, 2 5
- Cuivre. Cuivre.
- Le sou 219
- Le demi-sou io5 5,8» 0, 1,0 0, 0, 6 Le demi-décime 1887 10 0, 05
- Le liard. . . . 53
- Le denier... . 18 0,96 *7 3
- JSillori. 0, 0, 1 B Mon
- Pièce de 2 sous La pièce de 1 fr. 5o c.. 192 1° i 1, 5o
- Pièce de 18 deniers. . 35,o La pièce de 75 centim. 96 57T 0, iS
- Petit sou ao - a 10 centimes en billon. 37 7 2,0 of 10
- Le rapport de la monnaie de cuivre , d’argent et d’or, Le rapport du cuivre de l’argent et de l’or est, pour
- était, à cette époque, comme 1, 5o , et 768. cette nouvelle monnaie, comme 1, 40 et 640.
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- SEXT. JUL. FRONTINI
- DE
- AQUAEDUCTIBUS URBIS ROMAE
- COMMENTARIUS.
- COMMENTAIRE
- DE
- SEXT. JUL. FRONTIN,
- SUR
- LES AQUEDUCS DE LA VILLE DE ROME
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- SEXTI JULII FRONTINI
- DE
- AQUAEDUCT1BUS URBIS ROMAE
- COMMENTARIUS.
- I. Ljüm omnis res ab imperatore delegata intentiorem exigat curam ; et me seu naturalis sollicitudo, seu fides sedula non ad dili-gentiam modo , verum ad amorem quoque commissæ rei instigent ; sitque mihi nunc ab Nervâ Augusto, nescio diligentiore, an aman-tiore reipublicæ imperatore, aquarum injunctum officium, tum ad usum, tum ad salubritatem, atque etiam ad securitatem urbis per-tinens, administratum per principes semper civîtatis nostræ virose primùm ac potissimùm existimo, sicut in cæteris negotiis insti-tueram, nosse quod suscepi.
- II. Neque enim ullum omnis actûs certiùs fundamentum credi-derim (i), aut aliter quæ facienda quæque vitanda sint, possedecernir aliudve tam indecorum tolerabili viro; quàm delegatum officium ex adjutorum agere præceptis (quod fieri necesse est,,quotiens impe-ritia præcessit, et adjutorum decrevit usum ) ; quorum etsi neces-
- (i) Dans l’édition de Joconde on lit : Quant quæ facienda quæque vitanda sintpossc decernere; et il supprime aut aliteri qui se trouve dans le manuscrit du Mont-Gassin.
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- COMMENTAIRE
- DE
- SEXT. JUL. FRONTIN,
- SUR
- LES AQUEDUCS DE LA VILLE DE ROME.
- I. Tout ce qui nous est confié par l’empereur, exige qu’on s^en occupe avec le plus grand soin ; mais moi je me sens naturellement disposé, autant par devoir que par goût, à bien m’acquitter de la nouvelle fonction dont l’empereur Nerva (2), prince aussi zélé que bien intentionné pour les intérêts de la république, vient de me charger en me confiant l’administration des eaux de Rome, tant pour l’usage, que pour la salubrité et la sûreté, fonction qui a toujours été exercée par les premiers citoyens de l’état. J’ai pensé que le meilleur moyen était, comme je l’ai fait dans d’autres circonstances, de bien connaître l’objet de mon entreprise.
- II. Je ne crois pas, en effet, qu’il y ait de moyen plus sûr pour bien juger de ce qu’il convient de faire autrement ou d’éviter ; ni qu’il y ait rien de plus honteux pour un administrateur que de n’agir que d’après les conseils de ses agens; ce qui doit nécessairement arriver toutes les fois que le chef, faute d’expérience, est obligé d’avoir recours à ceux
- (a) L’empereur Gocceius Nerva succéda à Domitien Néron, le dernier des Césars, •l’an de l’ère vulgaire 98 et de Rome 849 ; il a régné environ seize mois.
- I
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- 4 S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- sariæ partes , sunt ad ministerium tamen ut manus quædam et instrumentum agentis. Quapropter ea, quæ ad universam rem pertinente, contrahere potui, more jam per multa mihi officia servato, in ordinem, et velut in unum corpus deducta, in hune Gommen-tarium contuli , quem pro forma administrationis respicere possem. In aliis autem libris, quos post expérimenta et usum composui (i), antecedentium res acta est : hujus Commentarii fortassè pertinebit, et ad successorem utilitas ; sed cum inter initia administrationis meæ scriptus sit, imprimis ad meam institutionem regulamque proficiet.
- III. Ac, ne quid ad totius rei pertinens notitiam prætermisisse videar, nomina • primiim aquarum, quæ in urbem Romam influunt ponam; tum per quos quæque earum, et quibus consulibus, et quoto post urbem conditam anno, perducta sit ; deinde quibus ex locis, et a quoto milliario duci cœpisset ; quantum subterraneo rivo, quantum substructione, quantum opéré arcuato ; postea alti-tudinem cujusque, modulorumque rationem, et ab illis érogationes ; quantum extra urbem, quantum intrà unicuique regioni, pro sua modo, unaquæque aquarum serviat; quot castella publica, privata-que sint; et ex his quantum publicis operibus, quantum (2) mune-ribus, (ita enim cultiores (3) appellantur) ; quantum lacubus, quantum nomine Cæsaris, quantum privatorum usui beneficio principis detur ; quod jus tuendarum sit earum ; quæ id sanciant penæ ex lege, senatûs-consultis et mandatis principum irrogatæ.
- (1) Antecedentium, comme Jocontle.
- (2) Muneribus, mot par lequel on désignait quelquefois les spectacles de la ville de Rome.
- (3) 11 paraît que ces eaux étaient appelées cultiores, parce qu’elles étaient les plus soignées.
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- 5
- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN.
- qu’il devrait diriger, et qui, bien que nécessaires, ne peuvent être regardés que comme les mains et les instrumens de l’administrateur. C’est pourquoi j’ai suivi la même méthode que dans plusieurs autres de mes fonctions, en rassemblant par ordre tout ce que j’ai pu recueillir sur cet objet, réuni en un seul corps dans ce Commentaire, pour me servir de guide dans mon administration. Dans les autres ouvrages (4) que j’ai composés, j’ai profité de l’expérience de mes prédécesseurs : je souhaite que celui-ci puisse être de quelque utilité à mon successeur ; mais, comme il a été fait au commencement de ma gestion, il me servira sur-tout de règle dans mon administration.
- III. Et afin de ne pas paraître avoir rien négligé de ce qui peut appartenir à mon objet, je vais d’abord faire l’énumération des différentes eaux qui arrivent dans la ville de Rome ; j’indiquerai par qui chacune a été amenée, sous quel consulat et en quelle année, à compter de la fondation de Rome; j’indiquerai l’endroit ou chacune de ces eaux a été prise, à combien de milles de distance, et, pour chaque aqueduc, les parties en conduits souterrains, celles en conduits au-dessus de terre, celles qui sont élevées sur des arcades, et la hauteur à laquelle chacune de ces eaux arrive; la proportion des modules qui servent à les mesurer et à les distribuer, tant hors de la ville qua l’intérieur dans chaque quartier; le nombre des châteaux d’eau, soit publics, soit particuliers; la quantité d’eau qu’on tire de chacun pour les travaux publics ; combien il s’en distribue pour les spectacles ( celles-ci sont surveillées avec le plus d’exactitude) ; combien pour les viviers, ou grands réservoirs; combien au nom de César; combien pour l’usage des particuliers, au bénéfice du prince ; par quel droit elles sont régies; les lois, les sénatus-consul tes et les ordonnances des princes à ce sujet; enfin les peines infligées à ceux qui y contreviendraient.
- (4) Stratagèmes de guerre et Traité des limites.
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- DE AQUAEDUCTIBUS
- URBIS romae.
- PARS PRIMA.
- IV. Ab urbe conditâ per annos ccccxli contenti fuerunt Romani •usu aquarum, quas aut ex Tiberi, aut ex puteis, aut ex fontibus hauriebant. Fontium memoria cum sanctitate adhuc exstat, et coli-tur : salubritatem enim ægris corporibus afferre creduntur, sieut C. Ammaranius Apollinaris meminit.
- Nunc autem in urbem influunt aquæ Appia, Anio vêtus, Marcia,, Tepula, Julia, Virgo, Alsietina, quæ eadem vocatur Augusta, Claudia , Anio novus.
- AQUA APPIA.
- ’ V. M. Valerio Maximo, P. Decio Mure coss., anno post initium samnitici belli xxxi, aqua Appia inducta est ab Appio Claudio Crasso censore, cui postea Cœco fuit cognomen, qui et viam Appiam, a porta Capena usque ad urbem Capuam, muniendam curavit. Col-legam habuit C. Plautium, cui ob inquisitas ejus aquæ venas Venocis cognomen datum est. Sed quia is intra annum et sex menses, decep-tus a collegâ tanquam id idem facturo, abdicavit se censura, nomen aquæ ad Appii tantum honorem pertinuit : qui multis tergiversa-
- (i) 441 ; c’est-à-dire 3io ans avant l’ère vulgaire.
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN.
- 7
- DES AQUEDUCS
- DE LA VILLE DE ROME.
- PREMIÈRE PARTIE.
- IV. Depuis la fondation de Rome jusqu’à l’an 44i (0? les Romains se contentèrent, pour leur usage, des eaux qu’ils tiraient du. Tibre, des puits, ou des fontaines. Ils avaient pour ces dernières une vénération qui subsiste encore. Elle est fondée, selon Ammaranius Apollinaris, sur la vertu qu’on leur attribuait de rendre la santé aux malades.
- Les eaux qui arrivent actuellement dans Rome sont, î’Appia, l’Anio vieux, la Marcia, la Tepula, la Julia, l’Eau vierge, l’Alsiétina (qui est aussi appelée Augusta), la Claudia et le nouvel Anio.
- EAU A P PI A,
- V. Cette eau fut conduite à Rome sous le consulat de M. Valerius» Maximus^et de P. Decius Mus (2), trente-un ans après le commençe-ment des guerres samnites, par les soins d’Appius ClaudiusCrassus, alors censeur, et qui, dans la suite r fut surnommé Y Aveugle. C’est le même qui fit construire la voie Appia, depuis la porte Capêne jusqu’à la ville de Capoue. Il eut d’abord pour collègue C. Plautius, surnommé Venox, à cause de ses recherches pour découvrir les veines de cette eau; mais ce dernier abdiqua la censure au bout de
- (a) 442 de la fondation de Rome, selon Varron , et 3i2 ans avant J. C.
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- 8 S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- tionibus extraxisse censuram traditur, donec et viam, et hujus aquæ-ductum consummaret.
- Coneipitur Appia in agro Lucullano, viâ Prænestinâ, inter millia-rium vu et vin, diverticulo sinistrorsùs passuum dcclxxx. Ductus ejus habet longitudinem à capite usque ad salinas, qui locus est ad portam Trigeminam, passuum xi millium clxxxx; sub terram passuum xi millium cxxx ; suprà terram substructione, et arcuatione proximè ad portam Capenam passuum lx. Jungitur ei ad Spem-
- Veterem, in confinio hortorum Torquatianorum et.......ramus
- Augustæ ab Augusto in supplementum ejus additus, imposito cog-nomine respondeuti Gemellarum. Hic viâ Prænestinâ ad milliarium vi, diverticulo sinistrorsùs passuum dcccclxxx, proximè viam Colla-tiam, accipit fontem, cujus ductus usque ad Gemeilas efficit, rivo subterraneo, passuum vi millia ccclxxx.
- Incipit distribui Appia sub Publicii clivo ad portam Trigeminam, qui locus appellatur Salinœ.
- ANIO VETUS.
- VI. Post annos xl, quam Appia perducta est, anno ab urbe con-ditâ cccclxxxi , Man. Curius Dentatus, qui censuram cum L. Papyrio Cursore gessit, Anionis, qui nunc dicitur vêtus, aquam perdu-cendam in urbem ex Manubiis de Pyrrho captis locavit, Spurio Carvilio, L. Papyrio coss. iterùm. P6st biennium deindè actum est
- in senatu de consummando ejus aquæ opéré.......... Tum ex
- senatus-consulto duumviri aquæ perducendæ creati sunt; Curius qui eam locaverat, et Fulvius Flaccus. Curius intrà quintum diem
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTÏN. 9
- dix-huit mois, trompe par son collègue qui lui avait promis d’en faire autant, et Àppius eut seul l’honneur de donner son nom a cette eàu. On accusa encore Appius d’avoir usé de plusieurs subterfuges pour prolonger sa censure jusqu’à ce qu’il eut achevé cet aqueduc et la voie Appia.
- L’eau Appia est prise dans le champ de Lucilllus, entre le septième et le huitième milliaire de la voie Prénestine, en allant par un sentier à gauche dont la longueur est de 780 pas. Son aqueduc, depuis son origine jusqu’aux Salines ( lieu situé près la porte Trigémine), est de 11190 pas, dont 11100 en conduits souterrains; le surplus, tant au-dessus du sol qu’en arcades, est de 60 pas jusqu’à la porte Capêne. Au bout des jardins Torquatiens, près la Vieille-Espérance, Auguste réunit à ces eaux une partie de celles du ruisseau qui porte son nom.... C’est probablement pourquoi on donna au point où ces eaux se réunissent le surnom de Gemelles. La source de ce ruisseau est vers le sixième milliaire, en suivant un sentier à gauche, jusqu’à 980 pas. L’aqueduc de l’Appia reçoit encore les eaux d’une autre source qui est proche la voie Collatia, et qui arrive aux Gemelles par un conduit souterrain, dont la longueur est de 638o pas.
- L’eau Appia commence à se distribuer au bas de la descente de Pu-blicius, près de la porte Trigémine, à l’endroit appelé les Salines. (1)
- ANIO VIEUX.
- VI. Quarante ans après que l’Appia eut été conduite à Rome, vers l’an 481 de sa fondation, Man. Curius Dentatus, qui exerçait la censure avec L. Papyrius Cursor, sous le second consulat de Spurius Cor-vilius et de L. Papyrius, entreprit de conduire à Rome l’eau appelée actuellement le vieil Anio, en y employant une partie du butin fait
- (ï) Le cours des aqueducs, les voies ainsi que les bornes milliaires dont parle Frontin, sont indiqués sur la carte des environs de Rome, pl. ire, et dans la pl. 2 qui indique l’arrivée de ces eaux à Rome et leur distribution dans la ville.
- 2
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- 10 S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- quam erat duumvir creatus, decessit : gloria perductæ pertinuit ad Fuivium. Concipitur Anio vêtus supra Tibur xx milliario extrà portam
- Raranam, etc...(i) ubipartent dat in Tiburtium usum. Ductus
- ejus habet longitudinem, ita exigente libramento, passuum xliii mil-lium : ex eo rivus est subterraneus passuum xlii millium dcclxxviiii ; substructio supra terram, passuum ccxxi.
- AQUA MARCIA.
- VII. Post annos cxxvn, (2) id est anno ab urbeconditâ dcviii, Ser. Sulpitio Galba et L. Aurelio Cottâ coss., cum Appiæ Anionisque, ductus vetustate quassati, privatorum etiam fraudibus intercipe-rentur, datum est à senatu negotium Marcio (3), qui tum prætor inter cives et peregrinos jus dicebat, eorum ductuum reficiendorum et vindicandorum. Et quoniam incrementum urbis exigere videba-tur, ampliorem modum aquæ, eidem mandatum à senatu est ut curaret quatenùs alias aquas, quas posset, in urbem perduceret, per ampliores ductus. Rivis hic, et opéré supra terram, in Capito-lium eam aquam duxit (4), cui ab authore Marciœ nomen est.
- Legimus apud Fenestellam, in hæc opéra Marcio decretum sester-
- 11) On trouve dans les manuscrits du Mont-Gassin et d’Urbin , que cette porte est désignée par BR a,..nam. Les éditions imprimées portent Raranam; Nardini prétend qu’il faut lire Romanam; mais Poléni observe qu’alors au lieu de supra Tibur il faudrait lire citra Tibur.
- {2) Dans l’édition de Joconde on trouve : anno -vigefimo primo post annum cxxvij ;
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. n
- sur Pyrrhus. Cette entreprise ayant été interrompue pendant deux ans, on proposa au sénat de l’achever. Pour y parvenir, on créa un duumvirat, composé de Curius, qui avait commencé l’entreprise, et de Fulvius Flaccus; mais Curius étant mort cinq jours après sa nomination, ce fut Fulvius qui eut la gloire de terminer cet aqueduc. Le vieux Anio est pris au vingtième milliaire d’une ancienne voie au-delà
- de Tibur, hors de la porte.........où une partie de ces eaux est
- distribuée pour l’usage des Tiburtins. La longueur de cet aqueduc, pour soutenir le niveau de ses eaux est de 43ooo pas, dont 42779 en conduits souterrains et 221 en substructions au-dessus de terre.
- EAU MJ RC IA.
- VIL Cent vingt-sept ans après, c’est-à-dire le 608e de la fondation de Rome, Ser, Sulpitius Galba et L. Aurelius Cotta étant consuls, les aqueducs de l’eau Appia et de l’Anio vieux se trouvant ruinés par les temps, et les eaux détournées parla fraude de quelques particuliers; Marcius, qui était alors préteur et juge des différends entre les citoyens et les étrangers, fut chargé par le sénat de faire réparer ces aqueducs, et de revendiquer les eaux détournées. Mais comme l’agrandissement de Rome paraissait exiger une plus grande quantité d’eau, le sénat lui ordonna en outre de faire des recherches pour parvenir à amener de nouvelles eaux dans la ville par des conduits d’une plus grande dimension; ce qu’il fit en amenant au Capitole, par des conduits élevés au-dessus de terre, cette eau qui fut appelée Marcia > du nom de son auteur.
- On lit dans un écrit deFenestella, que pour cette opération il fut ac-
- mais, comme ces mots ne se trouvent ni dans le manuscrit du Mont-Cassin ni dans celui d’Urbin , je les ai supprimés, comme Poléni.
- (3) Dans Joconde on lit : M. Titio; et dans Poléni : Marcio.
- (4) Dans Joconde : Reipublicœ causa tertio milliario .fabrorum duxit.
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- Ifi S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- tium iiijetoctogies ; (i) sed quoniam ad consummandum negotium non sufficiebat, spatium præturæ in annum alterum est prorogatum (2). Eo tempore decemviri, dum aliis ex caussis libros sibyllinos inspi-ciunt, invenisse dicuntur non esse aquam Marciam, sed Anionem ( de hoc (3) enim constantiùs traditur) in Capitolium perducendam ; deque eâ re in senatu à Lepido pro Collegâ (4) verba faciente, actum Appio Claudio, Q. Cæcilio coss., eandemque post annum ni à L. Len-tulo retractatam, C. Lælio, Q. Servilio coss., sed utroque tempore vicisse gratiam Mardi Regis ; atque ita esse in Capitolium aquam per-ductam-
- Concipitur Marcia via Valeriâ, ad milliarium xxxvi, diverticulo euntibus ab urbe Româ dextrorsùs inillium passuum ni. Sublacensi autem, quæ sub Nerone principe primiim strata est, ad milliarium
- xxxvi sinistrorsùs intrà passuum cc.........(5) statim........ colore
- perviridi. Ductus ejus habet longitudinem à capite ad urbem pas-suum lx millium et mdccx et semis : rivo subterraneo passuum liiïi millium ccxlvii semis : opéré supra terram passuum vii millium cccclxiii; ex eo longiùs ab urbe pluribus locis, per P. R. vallis opéré arcuato passuum cccclxiii ; propiùs urbem à vii milliario, substructione passuum dxxviii ; reliquo opéré arcuato passuum vi millium cccclxxii.
- (1) Sestertium iiij et octogies i comme dans Poléni, en sous-entendant centena-mil/ia, c’est-à-dire 8,400000 sesterces.
- Dans le manuscrit du Mont-Cassin : sestertium mine octoginte; dans celui d’Urbin : sestertium nunc octingente; dans l’édition de Joconde : sestertium iiij et octingenties; dans la ire édition : sestertium mille et octogenties.
- (2) Dans Joconde on lit : Statuit senatusprçeturam in alterum annumprorogari.
- (3) Dans Joconde : non constantiùs, au lieu de enim constantiùs,
- (4) Dans Joconde : collega.
- (5) Dans Joconde : lntra spacium passuum ducentorum jînita substructionibus pene
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN.
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- cordé à Marcius, par un décret, une somme de 8,4oo,ooo sesterces. (6) Et comme le temps de sa préfecture ne suffisait pas pour achever cette entreprise, elle fut prorogée à un an de plus. A cette époque, les décemvirs ayant eu occasion de consulter les livres des sybilles , trouvèrent, dit-on, que ce n était pas leau Marcia, mais le vieil Anio qui devait être conduit au Capitole ( car telle est l’opinion la plus accréditée). Lépidusfit, au nom de son collègue, un rapport au sénat sur cette question, Appius Claudius et Q.Cæcilius étant consuls. La même question fut reproduite trois ans après par L. Lentulus, sous le consulat de C. Lælius et Q. Servilius. Mais à l’une et l’autre époque, ce fut le projet de Marcius Rex qui prévalut : c’est ainsi que l’eau Marcia fut conduite au Capitole.
- L’eau Marcia est prise à l’extrémité d’un sentier de 3ooo pas qui rencontre la voie Valeria au 36e milliaire à droite et au 36e à gauche de la voie dite Sublacensis, qui fut pavée la première fois sous le règne de Néron. Cette même eau conserve pendant l’espace de 200 pas
- ........une couleur verdâtre. La longueur totale de cet aqueduc,
- depuis son origine jusqu’à la ville de Rome, est de 61,y 10 pas et demi : la partie sous terre est de 54,247 pas et demi ; celle sur terre, de 7,453; dont 453 pour les parties en arcades, à quelque distance de la ville, en plusieurs endroits ou il se trouve des vallées; plus proche de la ville, à compter du 7e milliaire, 628 pas au-dessus de terre; le surplus en arcades forme une longueur de 6472 pas. (7)
- statim stagnino colore prœviridi. Dans le manuscrit du Mont-Cassin : Intra passuum
- ducentorum fontin......sub........bus petrei......statim......stagy urio......colore
- perviridi. Dans le manuscrit d’Urbin : Intra passuum ducentorum fontin...............
- sub.......busprete.......statim.......stagnino.......colore perviridi.
- (6) A cette époque, la valeur du sesterce répondait à i3 centimes ~ de la monnaie actuelle; ce qui ferait, pour les 8,4oo,ooo sesterces, 1,142,400 francs. Voyez, dans les Notions préliminaires, la table des monnaies de la sixième époque.
- (7) Voyez, pour la forme des arcades, la pl. 4, %. 3.
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
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- AQUA TEP U LA.
- VIII. Cn. Servilius Cæpio, et L. Cassius Longinus, qui Ravïlla appellatus est , censores, anno post urbem conditam dcxxvii , M. Plautio Hypseo (i), Fulvio Flacco coss., aquam quæ vocatur Tepulay ex agro Lucullano, quem quidam Tusculanum credunt, Romain et in Capitolium adducendam curaverunt.
- Tepula concipitur via Latinâ, ad x (2) milliarium, diverticulo euntibus ab Româ , dextrorsùs millium passuum 11 ; atque indè rivo suo in urbem perducebatur. (3)
- AQUA J U LIA.
- IX. Postea M. Agrippa, ædilis post primum consulatum, impera-tore Cæsare Augusto II, L. Volcatio coss., anno post urbem conditam dccxix, ad milliarium ab urbe xii, viâ Latinâ, euntibus ab Româ dextrôrsùs millium passuum duum (4), alteriùs proprias vires collegit, et Tepulæ rivum intercepit, acquisitæque ab inventore nomen Juliæ datum est : ità tamen divisa erogatione ut maneret.Ze-pulœ appellatio.
- Ductus Juliæ efficit longitudinem passuum xv millium ccccxxvi : scilicet opéré supra terram passuum vii millium ; ex eo in proximis urbis locis à vu milliario substructione passuum dxxviii; reliquo opéré arcuato passuum vi millium cccclxxii.
- AQUA CRABRA.
- Præter caput Juliæ transfluit aqua quæ vocatur Crabra; liane
- (1) Dans le manuscrit du Mont-Cassin : Hypsaponi; dans ceux d’Urbin et de Joconde : Hipsapone.
- (2) Dans Joconde on Ut : xj milliarium.
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN.
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- EAU TÉPULA.
- VIII. L’an de Rome 627, sous le consulat de Plotius Hypseus et de Fulv. Flaccus, les censeurs Sn. Servilius Cæpio et Cassius Longinus, surnommé Ravïlla, firent conduire à Rome cette eau appelée Tépula, depuis le champ de Lucullus, que quelques-uns croient faire partie du territoire deTusculum, jusqu’au Capitole.
- L’eau Tépula est prise auprès du 10e milliaire de la voie Latine, par un sentier à droite en revenant de Rome, dont la longueur est de 2000 pas; de là elle est conduite dans son propre canal jusqu’à Rome.
- EAU J U LIA.
- IX. Dans la suite, César Auguste étant consul pour la deuxième fois avec L. Volcatius, l’an de Rome 7,19, M. Agrippa alors édile, après son premier consulat, recueillit d’autres eaux auprès du 12e milliaire de la voie Latine, par un sentier de deux milles à droite, en venant de Rome, et les conduisit dans l’aqueduc de la Tépula, à qui l’inventeur donna le nom de Julia; mais comme la Tépula coule dans un canal séparé, elle conserve son nom dans la distribution.
- L’aqueduc de l’eau Julia a de longueur i5,426 pas, dont 7000 au-dessus de terre ; savoir, 528 pas pour les parties les plus proches de la ville, à partir du 7e milliaire; le surplus, en arcades, est de 6472 pas.
- EAU CRABRA.
- Indépendamment de la source de l’eau Julia, on en trouve une
- (3) Dans Joconde on lit : Perduccbatur Jidiœ post mixta.
- (4) Dans Joconde : xij ; et dans Poléni : duum, comme dans les manuscrits. 1
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- x6 S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- Agrippa omisit (i), seu quia improbaverat (2), seu quia Tuscu-lanis possessoribus relinquendam credebat : ea namque est quam omnes villæ tractûs ejus per vicem in dies modulosque certos dispen-satam accipiunt. Scd non eadem moderatione aquarii nostri partem maximam (3) ejus semper in supplementum Juliæ adjudicave-runt (4) : nec ut Juliam augerent quam hauriebant largiendo, com-pendii sui gratià. Exclusâ ergo Crabrâ, et totâ jussu imperatoris redditâ Tusculanis , qui nunc forsitan non sine admiratione eam sumunt, ignari cui (5) caussæ insolitam abundantiam debeant (6). Julia autem revocatis derivationibus, per quas subripiebatur modum suum, quamvis notabili siccitate servavit. Ëodem anno, Agrippa ductus Appiæ, Anionis, Marciæ penè dilapsos restituit, et singulari cura compluribus salientibus aquis instruxit urbem.
- AQUA FIRGÔ.
- X. Idem, cum jàm tertiùm consul fuisset, G. Sentio et Q. Lücretio coss., post annutn xm, quam Juliam deduxerat, Virginem quoque in agro Lucullano collectam Romam perduxit : dies, quo priinùm in urbe responderit, y iduum Junii invenitur. Virgo appellata est, quod quærentibus aquam militibus, puella virguncula venas quas-dam monstravit ; quas secuti qui foderant, ingentem aquæ modum invenerunt. AEdicula fond apposita hanc originem picturâ ostendit.
- (1) Dans Joconde on lit : Hanc Agrippa emisit.
- fa) Dans Joconde : Seu quia usum.
- (3) Maximam ne se trouve pas dans Joconde.
- (4) Dans Joconde : Juliæ 'vindicaverunt.
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN.
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- autre appelée Crabra, que le même Agrippa abandonna, soit qu’il en désapprouvât l’usage, ou qu’il jugeât à propos de la laisser aux habitants de Tusculum, qui en étaient en possession. En effet, cette eau se distribue chaque jour alternativement par des modules déterminés , dans toutes les maisons de’ plaisance des environs ; mais, depuis , nos fontainiers n’usèrent pas de la même modération, ils en revendiquèrent toujours la plus grande partie pour servir de supplément à la Julia; moins pour en augmenter le volume, que pour la distribuer largement à leur profit. C’est afin d’obvier à ces abus, que l’empereur a tout-à-fait interdit l’usage de la Crabra, et l’a rendue aux Tusculans, qui, peut-être, ne jouissent pas sans étonnement de cette abondance d’eau, ignorant à qui ils la doivent. D’ailleurs, la Julia, augmentée par la rentrée des dérivations furtives qui en détournaient une partie, a recouvré son volume, qu’elle conserve même dans les temps de sécheresse. La même année, Agrippa rétablit les aqueducs presqu’en ruine de l’Appia, de l’Anio et de la Marcia ; et, par un soin particulier, il se plut à établir plusieurs fontaines jaillissantes dans la ville.
- EAU VIERGE.
- X. Agrippa sortant de son troisième consulat, sous celui de C. Sentius et Q. Lucrétius, treize ans après avoir conduit la Julia, recueillit l’eau Vierge dans le champ de Luculius, et la fit conduire à Rome. Le jour où cette eau commença à couler dans Rome, fut le 5e des ides de juin (7). Cette* eau est appelée Vierge, parce que ce fut une jeune fille qui en indiqua quelques veines à des soldats qui cherchaient à découvrir une source. Ceux qui fouillaient ayant suivi ces
- (5) Dans Joconde : Ignari cujus.
- (6) Dans Joconde : Abundantiam habeanl.
- (7) Ce jour répond au 9 juin.
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- Concipitur ergo viâ Collatinâ ad milliarium vm, palustribus, locis ; signino circumjecto, continendarum scaturiginum caussa, adjuva-tur(i) et cum pluribus aliis acquisitionibus, venit per longitudinem passuum xiv millium cv. Ex eo rivo subterraneo passuum xii mil-lium dccclxv : supra terram per passus mccxl ; ex eo substructione rivorum locis compluribus passuum dxl ; opéré arcuato passuum dcc; acquisitionum ductus rivi subterranei efficiunt passus mccccv.
- AQUA ALSIETINA, vocatur etiam AUGUSTA.
- XI. Quæ ratio moverit Augustum, providentissimum principem, producendi Alsietinam aquam, quæ vocatur Augusta, non satis per-spicio, nullius gratiæ, immo etiam parùm salubrem, et nusquam in usus populi fluentem; nisi forte cum opus naumachiæ aggrede-retur, ne quid salubrioribus aquis detraheret, hanc proprio opéré perduxit, et quod naumachiæ cœperat superesse, hortis subjacen-tibus et privatorum usibus ad irrigandum concessit. Solet tamen ex eâ in Transtiberinâ regione, quotiens pontes reficiuntur, et à cite-riore ripa aquæ cessant, ex nécessita te in subsidium publieorum saiientium dari.
- Concipitur ex lacu Alsietino, viâ Claudia, milliario xim, diverti-culo dextrorsiis passuum vi millium d. Ductus ejus efficit longitudinem passuum xxn millium clxxii ; opéré arcuato passuum ccclviii.
- (a) Appelé aujourd’hui lac Martignano.
- (i) Dans Joconde : Jdjuvatus.
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- veines , trouvèrent une très-grande quantité d’eau. On voit dans le petit temple érigé auprès de la source, une peinture qui représente cette origine.
- L’eau Vierge prend sa source près de la voie Collatine et du 8e mil-liaire, dans des lieux marécageux. On a renfermé dans une enceinte de briques revêtues de ciment les différents bouillons de cette source. Elle est augmentée par d’autres veines, et arrive à Rome par un aqueduc, dont la longueur est de i4,io5 pas ; la partie souterraine en comporte 12,865; celle au-dessus de terre 1240, dont 54o en plusieurs endroits en substructions, et 700 en arcades; de plus i4o5 pas pour les canaux souterrains qui amènent les accroissements dans cet aqueduc.
- EAU ALSIÉTINA appelée aüssi AUGUSTA.
- XI. Quelle raison détermina Auguste, prince d’ailleurs si pré- . voyant, à faire conduire dans Rome l’eau Alsiétina, qu’on appelle aussi Augusta? j’ai peine à la concevoir : cette eau n’ayant aucun mérite, et même étant peu salubre, ne coulant enfin nulle part pour les besoins du peuple, à moins que l’on ne dise que son intention fut de ne point détourner les eaux plus salubres, dans le temps qu’il fit construire sa naumachie, à l’usage de laquelle il destina particulièrement l’Alsiétina, dont il abandonna le surplus pour arroser les jardins du voisinage, et à d’autres usages des particuliers. Cependant, lorsque dans les quartiers au-delà du Tibre on répare les ponts, et que les eaux manquent sur la rive en-deçà, on est forcé communément de recourir aux eaux de l’Alsiétina, au défaut des autres.
- L’eau Alsiétina est tirée du lac de ce nom (2), situé aux environs du 14e milliaire de la voie Claudia, en suivant un sentier adroite, de 65oo pas. Son aqueduc a de longueur 22,172 pas, dont en arcades 358. (3)
- (3) Cette partie est indiquée dans la pl. n° 2 par les n01 i3 et 14.
- 3.
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- ao S. J. FRONTINI COMMENTARIUS
- ALI A AUGUSTA.
- XII. Idem Augustus, in supplementum Marciæ, quotiens siccitates egerent auxilio, aliam aquam ejusdem bonitatis opéré subterraneo perduxit usque ad Marciæ rivum quæ ab inventore appellatur Au-gusta. Nascitur ultra fontem Marciæ, cujus ductus, donec Marciæ accedat, efficit passus dccc.
- AQUA CLAUDIA.
- XIII. Post hos, C. Cæsar, qui Tiberio successit, cùm parum et publicis usibus, et privatis voluptatibus septem ductus aquarum suffîcere viderentur, altero imperii sui anno, M. Aquillio Juliano, P. Nonio Asprenate coss. , anno urbis conditæ dcclxxxviiii , duos ductus inchoavit; quod opus Glaudius magnificentissimè consum-mavit dedicavitque, Sullâ et Titiano coss., anno post urbem condi-tam dccciii , kalendis augustis. Alteri nomen, quæ ex fontibus Cæ-rulo et Curtio perducebatur, Claudiæ datum; hæc bonitate proxima est Marciæ. Altéra, quoniam duæ Anionis aquæ in urbem Huere cœ-perant, ut facilius appellationibus dignoscerentur, Anio novus vocari cœpit ; alias omnes præcedit : priori Anioni cognomentum veteri adjectum.
- XIV. Claudia concipitur via Sublacensi, ad milliarium xxxvm, di-verticulo sinistrorsùs intrà passus ccc : ex fontibus duobus amplissimis et speciosis; Cœrulo, qui à similitudine appellatus est, et Curtio. Ac-cipit et eum fontem qui vocatur Albudinus, tantæ bonitatis, ut Marciæ quoque adjutorio, quotiens opus est, ita sufficiat, ut adjectione suî
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN.
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- AUTRE EAU appelée AUGUSTA.
- XII. Auguste, pour suppléer à la Marcia dans les temps de sécheresse , conduisit, par le moyen d’un canal souterrain, une autre eau d’une égale bonté jusque dans l’aqueduc de la Marcia. Cette nouvelle eau fut appelée Augusta, du nom de son auteur. Elle prend sa source au-dessus de celle de la Marcia, à laquelle elle se joint par un canal de 800 pas.
- EAU CLAUDIA.
- XIII. Après ces aqueducs, il ne s’en construisit pas d’autres jusqu’au temps de C. César (1), qui succéda à Tibère. A cette époque, les ^ept aqueducs existants ne paraissant pas suffisants pour fournir aux besoins publics et au luxe des particuliers, César commença la construction de deux autres, la seconde année de son règne, sous le consulat de M. Aquillius Julianus et P. Nonius Aspréna, l’an de Rome 789. L’empereur Claude les acheva, dans la suite, avec beaucoup de magnificence, et les consacra aux usages publics, sous le consulat de Sulla et de Titianus, l’an de Rome 8o3, aux calendes d’août (2). La première de ces eaux, qui fut tirée tant de la fontaine Cœrulea que de la fontaine Curtia, fut nommée Claudia : après la Marcia, c’est la meilleure des eaux de Rome. L’eau de l’autre aqueduc fut appelée nouvel Anio, afin de la distinguer de celle qui portait déjà ce nom, qui prit alors celui d’Anio vieux, comme étant plus ancienne.
- XIV. L’eau Claudia est prise proche la voie Sublacensis, vers le 38emilliaire, en allant par un sentier à gauche, de 3oo pas. Les deux fontaines dont elle tire son origine, sont très-belles et abondantes :
- (i) Caligula.
- (2) Au commencement d’août.
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- M S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- nihil ex qualitate ejus mutet. Augustæ fons, quia Marciam sibi suf’fi-cere apparebat, in Claudiam derivatus est, manente nihilominus præ-sidiario in Marciam, ut ita demùm Claudiam aquam adjuvaret Augusta, si eam ductus Marciæ non caperet. Claudiæ ductus habet, longitudi-nem passuum xxxxvx millium ccccvi ; ex eo rivo subterraneo, pas-suum xxxvi millium ccxxx : opéré supra terram, passuum x millium clxxvi ; ex eo opéré arcuato in superiori parte pluribus locis, passuum m millium lxxvi’; et propè urbem à vii miliiario substructione rivorum per passus dcix opéré arcuato passuum vi millium ccccxci.
- ANIO NOVUS.
- XV. Anio novus via Sublacensi ad milliarium xxxxn, in suo rivo excipitur ex flumine ; quod, cum terras cultas circà se habeat soli pinguis et indè ripas solutiores , etiam sine pluviarum injuriâ limo-sum et turbulentum fluit : ideoque à faucibus ductus interposita est piscina limaria, ubi inter àmnem et specum consisterez et liquaretur aqua. Sic quoque quotiens imbres superveniunt, turbida pervenit in urbem. Jungitur ei rivus Herculaneus, oriens eâdem via, ad milliarium xxxviii (i), è regione fontium Claudiæ, trans flumen viamque; naturâ purissimus, sed mixtus gratiam splendoris sui amittit. Ductus Anionis novi efïieit passuum lviii millia dcc. Ex eo rivo subterraneo passuum xxxxvim millia ccc ; opéré supra terram, passuum ix millia cccc; et ex eo substructionibus aut opéré arcuato superiori parte pluribus locis passuum n millia ccc (2), et propiùs
- (1) Dans Jocontle : xliij.
- (a) Ibidem : locis passus xij mil. dccc.
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. s3
- ce sont les mêmes qui viennent d’être citées, l’une sous le nom de Cœrulea, à cause de sa couleur bleuâtre, et l’autre sous celui de Curtia. La Claudia reçoit encore dans son cours l’eau de la source appelée Albudina, qui est d’une si grande bonté, quelle peut, au besoin, être mêlée avec la Marcia, sans altérer en rien sa qualité. Mais comme la Marcia paraissait se suffire, on détourna l’eau Augusta dans l’aqueduc de la Claudia. Néanmoins le réservoir de l’Augusta était disposé de manière quelle pouvait fournir à la Marcia, quand celle-ci en avait besoin (pl.6, fig. ire); de même quelle suppléait à la Claudia, lorsque la Marcia pouvait s’en passer. L’aqueduc de la Claudia a de longueur 46,4o6 pas, dont 36,23o en conduits souterrains, et en conduits au-dessus de terre i o, 176 ; savoir, en arcades, pour les parties les plus élevées, en plusieurs endroits 3076, et pour la partie plus proche de la ville, à partir du 7e milliaire, 609 pas en substructions, et 6491 en arcades. (3)
- NOUVEL ANIO.
- XV. Le nouvel Anio est dérivé du fleuve du même nom, auprès du 4^e milliaire de la voie Sublacensis : comme il coule dans un terrain gras, et à travers des champs cultivés, il délaie facilement les terres dans son cours, de sorte que, dans les temps de pluie, ses eaux sont troubles et chargées de limon. C’est pourquoi, à l’embranchement de l’aqueduc, on a interposé une piscine épuratoire, où se repose l’eau du fleuve pour se clarifier avant d’entrer dans le canal de l’aqueduc. Malgré cette précaution, toutes les fois qu’il pleut, cette eau est encore trouble quand elle arrive dans la ville. On y a joint le ruisseau appelé Herculaneus, qui prend sa source sur la même voie, auprès du 38e milliaire. Vis-à-vis les sources de la Claudia, de l’autre côté du fleuve et de la voie, ses eaux sont très-pures; mais elles perdent, par ce mélange, tout l’avantage de leur
- (3) Voyez, pour la forme de ces arcades, la pl. 3, fig. i.
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
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- urbem à vii milliario substructione rivorum passuum dcix; opere arcuato, passuum vi millia ccccxci. Hi sunt arcus altissimi, sub-levati in quibusdam locis cvim pedes.
- XVI. Tôt aquarum tam multis necessariis molibus pyramides, videlicet otiosas compares (i), aut cætera inertia, sed famâ cele-brata opéra Græcorum?
- XVII. Non alienum mihi visum est longitudines quoque rivorum cujusque ductûs etiam per species operum complecti : nam cum maximâ hujus officii pars in tutelâ eorum sit, scire præpositum oportet, quæ majora impendia exigant.
- Nostræ quidem sollicitudini non suffecit singula oculis subjecisse ; formas quoque ductum facere curavimus, ex quibus apparet ubi valles, quantæque ubi flumina trajicerentur, ubi montium late-ribus specus appliciti ; majorem assiduamque perterendi ac muniendi ii exigant curam : hinc ilia contingit utilitas, ut rem statim veluti in conspectu habere possimus, et deliberare tanquam assistentes.
- XVIII, Omnes aquæ diversâ in urbem librâ proveniunt. Inde fluunt quædam altioribus locis, et quædam erigi in eminentiora non possunt : nam et colles si sint, propter frequentiam incendiorum excreverunt rudere (2). Quinque autem aquarum altitudo in onir
- (1) DansJoconde : comparer».
- (2) DansJoconde:rudenbusexcreverunt.
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. a5
- limpidité. L’aqueduc du nouvel Anio a une longueur de 58,700 pas; savoir, 49i3oo en conduits souterrains; 9400 en ouvrages au-dessus de terre, dont tant en substructions qu’en arcades pour les parties élevées, en différents endroits a3oo pas, et plus près de la ville, à partir du 7e milliaire, 609 pas en substructions et 6491 en arcades. Les arcades de cet aqueduc sont les plus élevées ; leur hauteur, en certains endroits, est de 109 pieds. (1) •
- XYI. Comment comparer à des constructions si considérables, et d’une telle importance pour une si grande quantité d’eau, ces pyramides inutiles de l’Égypte, et ces ouvrages fastueux des Grecs, beaucoup trop vantés?
- XVII. Il ne m’a point paru hors de propos d’indiquer la longueur des conduits de chaque aqueduc, en distinguant la manière dont ils sont construits. Car le principal objet de cette administration étant la conservation des aqueducs, il faut que celui à qui elle est confiée, connaisse les dépenses qu’ils peuvent exiger.
- Notre attention ne s’est pas bornée à visiter chacun de ces aqueducs , nous en avons fait faire des modèles, ou l’on voit les vallées et les fleuves qu’ils traversent ; les conduits appliqués aux flancs des montagnes, qui demandent l’attention la plus grande et la plus assidue, pour les consolider et les désobstruer. Ces modèles ont l’avantage de nous présenter les objets comme si nous étions sur les lieux, et de nous aider ainsi à délibérer sur ce qu’il convient de faire.
- XVIII. Toutes les eaux dont nous avons parlé arrivent dans Rome à différentes hauteurs. Les unes parviennent aux endroits les plus élevés, et les autres ne peuvent pas y atteindre : car si ce sont des collines, elles se sont accrues des décombres produits par les fré-
- (1) La fig. 1, pl. 9, représente une partie de l’aqueduc du nouvel Anio.
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- nem partem urbis attolitur : sed ex his aliæ majori, aliæ leviori pressurâ coguntur. Altissimus est Anio no vus; proxima Claudia; tertium locum tenet Julia; quartum Tepula; debinc Marcia, quæ capite etiam Clandiæ libram æquat. Sed veteres humiliore directurâ perduxerunt, sive nondùm ad subtile exploratâ arte librandi ; seu quia ex industriâ infra terram aquas mergebant, ne facile ab hosti-bus interciperentur, cum frequentia adhuc contrà Italicos bella gere-rentur. Jam tamen quibusdam locis, sicubi ductus vetustate dilapsus est, omisso circuitu subterraneovallium, brevitatis caussâ, substruc-tionibus, arcuationibusque trajiciuntur.
- Sextum tenet libræ locum Anio vêtus, similiter suffecturus etiam altioribus locis urbis, si ubi vallium submissarumque regionum con-ditio exigit, substructionibus arcuationibusque erigeretur. Sequitur hujus libram Virgo, deinde Appia, quæ cum ex urbano agro perdu-cerentur, non in tantum altitudinis erigi potuerunt. Omnibus humi-lior Alsietina est, quæ Transtiberinæ regioni, et maxime jacentibus locis servit.
- XIX. Ex-his sex, via Latinâ intrà vu milliarium contectis piscinis excipiuntur, ubi quasi respirante rivorum cursu , limum deponunt :
- (2) Voyez planche 7, fjg. 6. (4) Ibid. fig. 7.
- ( 1 ) Voyez planche 7, fig 6. (3) Ibid. fig 7.
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- quents incendies. Au reste, on distingue cinq hauteurs différentes, au moyen desquelles les eaux se distribuent dans toutes les parties de la ville, selon qu’elles sont poussées par une plus grande ou une moindre charge. La plus élevée est le nouvel Anio (i); celle qui en approche le plus, est la Claudia (2) ; la Julia est au troisième rang (3); la Tépula au quatrième (4); après elle est la Marcia (5), quoique à son origine elle soit aussi élevée que la Claudia. Les premiers Romains conduisaient les eaux à une moindre élévation ; soit quils n’eussent pas encore porté l’art de niveler à sa perfection ; soit que, par prévoyance, ils aimassent mieux enfouir les conduits, de crainte qu’ils ne fussent coupés par l’ennemi, dans un temps où ils étaient souvent en guerre avec leurs voisins. Mais actuellement, lorsqu’un de ces conduits se trouve ruiné par le temps, au lieu de s’assujettir au circuit qu’il suivait sous terre, on soutient son niveau par des substructions ou des arcades, pour traverser les vallées et abréger son cours.
- L’Anio vieux est au sixième rang (6), par rapport à la hauteur de ses eaux ; il pourrait aussi parvenir aux endroits les plus élevés de la ville, si son niveau était soutenu par des substructions et des arcades , selon que les vallées et les quartiers qu’on Voudrait lui faire parcourir, pourraient l’exiger. Immédiatement au-dessous, se trouve le niveau de l’eau Vierge (7), et après, celui de l’Appia (8). Ces deux dernières étant tirées des campagnes de Rome, n’étaient plus susceptibles d’être portées à une si grande hauteur. La moins élevée de toutes est l’Alsiétina ; elle se distribue dans les quartiers au-delà du Tibre, et dans les lieux les plus bas.
- XIX. Six de ces eaux viennent se rendre dans des piscines couvertes, aux environs du 7e milliaire de la voie Latine (9). C’est là que,
- (7) VVez planche 7, fig. 9. (8) Voyez planche 7, fig. 1 o.
- (9) On a indiqué, par les fig. 5, 6, 7 et 8 de la pl. 5, et par la fig. 4 de la pl. 6, les plans et les coupes de quelques-unes de ces piscines, d’après ce qui en reste.
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- modus quoque earum mensuris ibidem positis initur. CJna autem ea-rum Julia, Marcia, Tepula (quæ intercepta, sicut suprà demonstra-vimus, rivo Juliæ accesserat, nunc à piscinâ ejusdem Juliæ modum accipit, ac proprio canali et nomine venit ), hæ très à piscinis in eosdem arcus recipiuntur. Summus his est Juliæ , inferior Tepulæ;
- deindè Marciæ, quæ ad libram collis Viminalis.........conjunctim
- infra terram euntes (i) ad Viminalem usque portam deveniunt; ibi rursùs emergunt. Priùs tamen pars Juliæ ad Spem-Veterem excepta castellis Cœlii montis diffunditur. Marcia autem parte sui post hortos Pallantianos, in rivum qui vocatur Hercuianeus, dejicit se, per Cœ-lium. Ductus ipsius, montis usibus nihil ut inferior subministrans, firiitur suprà portam Capenam.
- XX. Anio novus et Claudia à piscinis in altiores arcus recipiuntur, ità ut superior sit Anio. Finiuntur arcus earum post hortos Pallantianos, et indë in usum urbis Fistulis deducuntur : partem tamen suî Claudia prius in arcus, qui yocantur Neroniani, ad Spem-Veterem transfert. Hi directi per Cœlium montem, juxtà templum divi Claudii terminantur. Modum quem acceperunt, aut circà ipsum montem, aut in Palatium Aventinumque, et regionem Transtiberinam dimittunt.
- (i) D’après la note de Poléni.
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- suspendant leur cours, elles déposent leur limon; c’est aussi là que leur quantité est déterminée par les mesures qui y sont placées. Il faut observer que trois de ces eaux, savoir, la Julia, la Marcia et la Tépula, sont conduites dans un même aqueduc en sortant des piscines. La Tépula, qui avait été détournée, comme nous l’avons dit plus haut, pour être reçue dans le canal de la Julia, tire actuellement son volume d’eau de la même piscine que la Julia, d’où elle est conduite dans son propre canal et sous son nom. A la sortie de ces piscines, ces trois différentes eaux sont reçues dans un même aqueduc. La plus élevée est la Julia; au-dessous est la Tépula, et plus bas la Marcia, qui arrive à la hauteur du mont Viminal. Ces eaux coulent ensemble sous terre, jusqu’à la porte Viminale, où elles reparaissent de nouveau, à l’exception d’une partie de la Julia, qui se répand dans les châteaux d’eau du mont Cœlius , auprès du temple de la Vieille-Espérance. Quant à la Marcia, elle se réunit au ruisseau appelé Her -culaneus, un peu au-delà des jardins de Pallante. Son conduit n’est d’aucune utilité pour les habitants du mont Cœlius, parce que sort niveau est plus bas. Il se termine au-dessus de la porte Capène.
- XX. Les eaux du nouvel Anio et de la Claudia passent, des réservoirs qui leur sont destinés, au-dessus des arcs les plus élevés; de manière que l’Anio coule dans le conduit supérieur. Ces arcades se terminent derrière les jardins de Pallante. De là les eaux sont conduites par des tuyaux dans différents endroits de la ville. Cependant la Claudia porte une partie de ses eaux jusqu’à la Vieille-Espérance, par un conduit qui passe au-dessus des arcades Néroniennes (2). Ces arcades, qui traversent le mont Cœlius, viennent finir auprès du temple de Claude. Le volume d’eau que fournit cet aqueduc, se distribue, partie aux habitants du mont Cœlius, partie à ceux des monts Palatin et Aventin, et le surplus dans le quartier au-delà du Tibre.
- (2) Voyez, pl. 3, fi g. 2, l’élévation de ces arcades.
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- XXI. Anio vêtus citrà iv milliarium (i)...........à Latinâ in La-
- vicanam inter arcus trajicit : et ipse piscinam habet; indè intrà n milliarium partem dat in specum qui vocatur Qctavianus, et per-venit in regionem vis» Novæ ad hortos Asinianos, undè per ilium tractum distribuitur. Rectus vero ductus secundum Spem-Veterem veniens, intrà portam Esquilinam, in altos rivos per urbem de-ducitur.
- XXII. NecVirgo, nec Appia, nec Alsietina conceptacula, id est piscinas, habent. Arcus Virginis initium habent sub hortis Luci-lianis, finiuntur in campo Martio , secundum frontem septorum. Rivus Appiæ sub Cœlio monte et Aventinoactusemergit, utdiximus, infraclivumPublicii. Alsietinæ ductus, postnaumachiam, cujuscaussâ videtur esse factus, fmitur.
- XXIII. Quoniam auctores cujusque aquæ, et ætates, prætereà ordines et longitudines rivorum et ordinem libræ persecutus sum,
- non alieni.......... modi mihi videtur etiam singula subjicere et
- ostendere quanta sit copia, quæ publicis, privatisque non soliim usibus et auxiliis, veriim etiam voiuptatibus sufficit ; et per quot castel la* quibusque regionibus deducatur; quantum extra urbem, quantum intrà urbem ; et ex eo quantum lacubus, quantum mune-ribus, quantum operibus publicis, quantum nomine Csesaris, quantum privatis usibus erogetur. Sed rationis existimo, priusquàm nomina quinariarum centenariarumque, et cæterorum modulorum, per quos mensura constituta est, proferamus, et indicare quæ sit
- (i) Dans Joconde : intra no....via qua a latina.
- (a) Portiques élevés dans le Champ - de - Mars par Lépide et terminés par
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- XXI. En-deçà du 4e milliaire , l’Anio vieux traverse de la voie Latine à la voie Lavicane sur des arcades; il a aussi une piscine épuratoire auprès du 2 e milliaire, d’où une partie de ses eaux est portée dans le canal appelé Octavien> et arrive au quartier de la voie Neuve, auprès des jardins d’Asinius. C’est dans ce dernier trajet quelle se distribue. Mais la partie droite de l’aqueduc passe devant le temple de la Vieille-Espérance, et arrive en-dedans de la porte Esquiline, d’où elle est conduite, par des canaux élevés, dans la ville.
- XXII. Ni l’eau Vierge, ni l’Appia, ni l’Alsiétina, n’ont de ces sortes de réservoirs appelés piscines. Les arcs de l’aqueduc de l’eau Vierge ont leur commencement au-dessous des jardins de Lucilianus, et finissent auChamp-de-Mars, en face des Septes (2). Le canal de l’eau Appia, qui passe sous le montCælius etl’Aventin, reparaît, comme nous l’avons dit, au bas de la descente de Publicius. L’aqueduc de l’Alsiétina se termine derrière la naumachie, pour l’usage de laquelle il paraît avoir été construit.
- XXIII. Après avoir parlé en général des aqueducs, de leurs auteurs, du temps où ils ont été construits, de leurs longueurs, de leurs différents degrés d’élévation, j’ai jugé à propos de parler de la quantité d’eau qu’ils fournissaient, et de faire voir combien ces eaux étaient abondantes pour suffire, non-seulement aux usages et aux besoins du public et des particuliers, mais encore à leur luxe. Je vais actuellement indiquer dans combien de châteaux-d’eau elles arrivent, et dans quels quartiers de la ville ces châteaux sont placés ; la quantité d’eau qui se distribue tant dans la ville que hors la ville ; combien il s’en délivrait pour les réservoirs, les établissements et les ouvrages publics; combien au nom de l’empereur, et enfin combien pour l’usage des particuliers.
- Agrippa, sous lesquels se rassemblait le peuple romain pour les comices. Voyez pl. 6, fig. A,B, C,D.
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- eorum origo, quæ vires, et quid quæque appellatio significet; pro-positaque régula, ad quam ratio eorum et initium computatur, os-tendere quâ ratione discrepantiainvenerim, et quam emendandi viam sim secutus.
- XXIV. Aquarum moduli aut ad digitorum, aut ad unciarum men-suram instituti sunt. Digiti in Campaniâ et in plerisque Italiæ locis ; uncia in Apuliâ.... observatur. Est autemdigitus, uteonvenit, sexta-decima pars pedis, uncia duodecima. Quemadmodiim autem inter unciam et digitum diversitas, ita et ipsius digiti simplex observatio non est. Alius vocatur quadratus, abus rotundus. Quadratus tribus habet diametri digitum unum et trientem digiti ; capit quinariam, et quartisdecimis suis rotundo major ; rotundus tribus undecimis suis quadrato rninor est, scilicet quia anguli deteruntur.
- XXV. Posteà modulus nec ab uncia, nec ab alterutro digitorum originein accipiens, inductus, ut quidam putant, ab Agrippa; ut alii, à plumbariis per Vitruvium architectum, in usum urbis, exclusis prioribus venit appellatus quinario nomine. Qui autem Agrippam auctorem faciunt, dicunt, quod quinque antiqui moduli exiles, et velut puncta, quibus olim aqua ciim exigua esset, dividebatur in unam fistulam coacti sunt. Qui Vitruvium et plumbarios, ab eo quod plumbea lamina plana, quinque digitorum latitudinem habens, cir-cumacta in rotundum, hune fistulæ modulum efficiat. Sed hoc incertum est; quoniam cùm circumagitur, sicut interiori parte attra-hitur, ita per illam quæ foras spcctat, extenditur. Maxime probabile est, quinariam dictam à diametro quinque quadrantum, quæ ratio in sequentibus quoque modulis usque ad vicenariam durât; diametro per singulos, adjectione singulorum quadrantum crescente : ut in
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- Mais je pense qu’auparavant il est nécessaire d’expliquer les noms des modules appelles quinaires, centenaires, et autres qui servent à constater la mesure des eaux ; d’indiquer quelle est leur origine, leur capacité, et pourquoi ils sont ainsi appelés ; quelle est la règle adoptée, et la proportion d’après lesquelles on les calcule ; enfin de montrer par quel moyen je suis parvenu à découvrir les erreurs et à les corriger.
- XXIV. Les modules des eaux s’évaluent par doigts ou par onces. Dans la Campanie et dans plusieurs autres endroits de l’Italie, on compte par doigts, et dans la Pouille par onces. On sait que le doigt est la seizième partie du pied romain, et que l’once en est la douzième. Mais, de même qu’il y a une différence entre l’once et le doigt, il s’en trouve dans le doigt lui même. Dans l’usage, cependant, cette différence n’est pas aussi simple : car on distingue le doigt carré et le doigt rond; le doigt carré est plus grand que le doigt rond, de trois quatorzièmes, et le doigt rond plus petit que le doigt carré, de trois onzièmes, à cause des quatre angles qu’il a de moins, (i)
- XXV. Dans la suite, on a fait usage d’un module qui ne tire son origine ni de l’once, ni des deux espèces de doigts. Il y en a qui pensent que ce module fut établi par Agrippa ; d’autres l’attribuent aux plombiers de Rome, qui renoncèrent aux premières mesures pour adopter celle qui est indiquée par l’architecte Vitruve, sous le nom de quinaire. Ceux qui font Agrippa auteur du module, disent qu’il fut nommé quinaire, parce qu’on réduisit en une seule mesure les petits modules anciens appelés points, d’après lesquels on distribuait les eaux lorsqu’elles étaient en petite quantité, et qui furent jugés insuffisans. Ceux qui attribuent cette mesure à Vitruve et aux plombiers de Rome, disent qu’on l’appela quinaire, parce que ce module est censé fait avec une lame de plomb de cinq doigts de largeur tournée en rond
- (i) La planche XI fait voir les dimensions des différens modules et tuyaux dont il est question ici.
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- senariâque sex scilicet quadrantes in diametro habet; et septenariæ, quæ septem ; et deinceps incremento usque ad vicenariam.
- XXVI. Omnis autem modulus colligitur aut diametro, aut peri-metro, aut areæmensurâ; ex qüibus et capacitas apparet. Differentiam unciæ, digiti quadrati, et digiti rotundi, et ipsius quinariæ, ut faci-liiis dignoscamus, utendum est substantiâ quinariæ, qui modulus et certissimus et maxime receptus est. Unciæ ergo modulus habet dia-metri digitum unum et trientem digiti; capit quinariam plusquam quinariæ octavam ; hoc est, sescunciam quinariæ, et scripula tria, et bessem scripuli. Digitus quadratus, in rotundum redactus, habet diametri digitum unum et digiti sescunciam scripuium; capit quinariæ dodran-tem, semunciam, sicilicum. Digitus rotundus habet diametri digitum unum; capit quinarke septüncem, semunciam, sextulam.
- (1) J’écris seripule, au lieu de scrupule, qui désigne une subdivision de la livre de médecine, parce que, dans ses évaluations, Frontin, par le mot scripuium, ne désigne pas un poids, mais la 288e partie de toutes sortes d’unités.
- (2) On démontre en géométrie que la superficie d’un cercle est égale au carré' de son rayon multiplié par 3 ÿ; d’où il résulte que, pour avoir le diamètre d’un cercle de même superficie qu’un carré, il faut prendre le double de la racine de cette superficie divisé par 3 ce qui donne pour le diamètre du tuyau rond c doigt-1 2 3^, ou 37 scripules; savoir:
- Pour une once.... 24 Pour la demie.. . . 12 Etpourunscripule. 1
- En tout....... 37, comme le trouve Frontin.
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- en forme de tuyau. Mais ce serait une mesure douteuse, parce qu’en courbant une lame de plomb, la partie intérieure se contracte , tandis que la partie extérieure s’alonge. Il est bien plus probable que le quinaire fut ainsi appelé, de ce qu’il avait cinq quarts de doigt de diamètre, d’autant plus que cette manière de compter existe depuis le quinaire jusqu’au vingtenaire, en ajoutant successivement un quart de doigt au diamètre pour chaque module qui suit immédiatement : ainsi le sextaire a six quarts de doigt de diamètre, le septénaire sept, et de même pour les autres, jusqu’au vingtenaire.
- XXVI. Chaque module peut se classer, ou par la mesure de son diamètre, ou par celle de son périmètre, ou enfin par la superficie de son orifice, d’où résulte son rang et sa capacité. Pour donner une connaissance plus facile de la différence qui existe entre l’once, le doigt carré, le doigt rond, et le quinaire lui - même, nous nous servirons, pour les comparer, de ce dernier module, comme étant le plus certain et le plus généralement adopté. Ainsi, le diamètre du tuyau d’une once étant d’un doigt et un tiers, sa capacité sera d’un quinaire et un peu plus d’un huitième de quinaire, c’est-à-dire d’une once et demie plus trois scripules (i) deux tiers. Le doigt carré, réduit en rond, de meme superficie, a de diamètre un doigt plus une once et demie et un scripule (2); sa capacité est de dix onces et demie plus
- Les capacités étant entre elles comme les carrés des diamètres des tuyaux, celle du module d une once sera à celle du quinaire comme le carré de 1 doigt j est au carré de 1 doigt j, comme le carré de 16 est au carré de i5, et enfin comme 256 est à 225, dont la différence, qui est 3i , est plus grande que le huitième de 225; qui représente le tuyau quinaire qui se divisait en 288 scripules; ce qui donne la proportion 2 25:256 :: 288:327 et, prenant 288 pour unité, on aura, pour la capacité du tuyau d’une once, un quinaire 39 qui ne diffère presque pas de 39 j.
- L’once vaut.... 24 scripules;
- La demie...... 12
- Plus.......... 3f
- En tout... 39 f.
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- XXVII. Cæteriim moduli, qui à quinariâ oriuntur, duobus gene-ribus incrementum accipiunt; et unum cum ipsâ multiplicatur : id est eodem lumine plures quinariæ includuntur; in quibus, secun-dum adjectionem quinariarum, amplitudo luminis crescit. Est autem ferè nunc in usum; cuin plures quinariæ impetratæ, ne in viis sæ-piùs convulneretur una fistula, excipiuntur in castellum, ex quo singuli suum modum recipiunt.
- XXVIIÏ. Alterum genus est, quotiens non ad quinariarum neces-sitatem, fistula incrementum capit, sed ad diametri sui mensuram; secundùm quod et nomen accipit, et capacitatem ampliat : ut putà, quinaria, cum adjectus est ei ad diametrum quadrans, senarium facit ; nec jàm in solidum capacitatem ampliat : capit enim quinariam unam, et quincuncem, sicilicum; et deinceps eadem ratione quadran-tibus diametro adjectis (ut supra dictum est), crescunt septenaria, octonaria, usque ad vicenariam.
- XXIX. Subsequitur ilia ratio quæ constat ex numéro digitorum quadratoruin qui area, id est lumine cujusque moduli continentur, à quibus et nomen fistulæ accipiunt. Nam quæ habet areæ, id est luminis in rotundum coacti, digitos quadratos viginti quinque, vice-numquinum appellatur ; similiter tricenaria et deinceps per incrementum digitorum quadratoruin, usque ad centenum vicenum.
- (0 Les capacités étant comme les carrés des diamètres des tuyaux , celle du quinaire doit être à celle du sextaire comme a5 est à 36; et en prenant 288 pour la capacité du quinaire, on aura la proportion 25:36 :: 288:4t4vjj ce qui donne, pour le sextaire, un quinaire 126 scripulesT^ ; ce qui ne fait que 77 de scripule de plus
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- un sicilique. Le tuyau rond d’un doigt de diamètre fournit sept onces et demie plus un sextule de quinaire.
- XXVII. Au reste, les modules qui tirent leur origine du quinaire, reçoivent leur accroissement de deux manières. La première, en raison du nombre de quinaires, c’est-à-dire à la reunion de plusieurs quinaires fournis par le même orifice dont la grandeur augmente par l’addition des quinaires. Actuellement, cette réunion a presque toujours lieu : lorsqu’on délivre plusieurs quinaires, on les reçoit dans un seul tuyau, à partir du château-d’eau, où l’on fixe pour chacun la quantité qui lui est accordée, afin de ne pas dégrader trop souvent la voie publique par des tranchées.
- XXVIII. L’autre genre d’accroissement ne s’évalue pas par les quinaires que le tuyau peut fournir, mais par la mesure de son diamètre, de laquelle il tire son nom et sa capacité (1) : ainsi, en ajoutant un quart de doigt au diamètre du quinaire, on a le sextaire, dont la capacité n’augmente pas en raison de cette dénomination, car elle ne donne qu’un quinaire cinq onces et un sicilique. L’addition d’un doigt de plus donne successivement les septénaires, octonaires, jusqu’au vingtenaire.
- XXIX. Les modules au-dessus prennent leur nom du nombre de doigts carrés que contient la superficie de leur orifice. Ainsi le module dont l’orifice est de vingt-cinq doigts carrés, est appelé vingt-cinquième. Il en est de même du trentenaire, en Suivant toujours l’augmentation du nombre de doigts carrés, et ainsi de suite, jusqu’au cent-vi n gtenai re.
- que le calcul de Frontin.
- Quinaire............ 288
- Cinq onces.......... 120
- Sicilique............. 6
- En tout.. .. 4*4
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- XXX. In vicenariâ * fistulâ, quæ in confinio utriusque rationis posita est, utraque ratio penè congruit. Nam habet secundüm eam computationem, quæ in antecedentibus modulis servanda est, in dia-metro quadrantes viginti, cum diametri, ejusdem digiti quinque sint : et secundùm eorum modulorum rationem, qui sequuntur ad eam, habet digitorum quadratorum exiguo minus viginti.
- XXXI. Ratio fistularum quinariarum usque ad centenumvicenum, per omnes modulos ita se habet ut ostendimus; et omni genere inita constat sibi : convenit et cum his modulis,-qui in commentariis invic-tissimi et piissimi principis positi et confirmati sunt. Sive itaque ratio, sive authoritas sequenda est, utroque commentariorum moduli præ-valent. Sed aquarii cum manifestæ rationi pluribus consentiant, in quatuor modulis novaverunt ; duodenaria et vicenaria, et centenaria et centenumvicenum.
- XXXII. Et duodenariæ quidem nec magnus errer, nec usu fre-quens est : cujus diametro adjecerunt digiti semunciam, sicilicum; capacitati quinariæ quadrantem. In reliquis autem tribus modulis plus deprehenditur. Vicenariam exiguiorem faciunt diametro digiti semisse; capacitate quinariis tribus et semuncia, quo modulo plerum-que erogatur. Centenaria autem, et centenumvicenum, quibus assidue accipiunt, non minuuntur, sed augentur. Diametro enim cen-tenariæ adjiciunt digiti bessem, et semunciam ; capacitati quinarias x,
- (1) Car si on multiplie carrés de 5 par on trouve 19 doigts ou i85 scripules f.
- (2) Le diamètre du duodenaire devait être de 3 doigts „ et sa capacité de 5 quinaires ~~ (art. XL1V). Les fontainiers lui donnaient t8 scripules, ou ~ de doigt de plus ; et comme les capacités des tuyaux sont entre elles comme les carrés de leur diamètre, celle de ces deux modules devait être comme le carré de 3 est au carré de 3,t> ® Peu (ie près, comme 24 est ® 25.
- La capacité du duodenaire étant 5,76quinaires, on ala proportion 24:25::5,76:6,
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- XXX. Dans le tuyau vingtenaire, qui sert de limite aux deux: manières de compter, elles donnent presque le même résultat : car, d’après la règle établie pour les premiers modules, ayant vingt quarts de doigt de diamètre, il serait appelé vingténaire et, d’après la seconde , son orifice ayant cinq doigts de diamètre, sa capacité sera d’un peu moins de vingt doigts carrés, (i)
- XXXI. La proportibn'des tuyaux quinaires jusqu au cent-vingte-naire se détermine, dans tous les cas, comme nous venons de l’expliquer; elle est conforme aux modules consignés dans les registres et approuvés par nôtre auguste prince. C’est pourquoi, soit qu’on veuille s’appuyer de la règle ou de l’autorité, on doit retrouver les modules portés aux commentaires. Cependant, quoique les fontai-niers s’assujettissent presque toujours à cette règle, ils s’en sont écartés dans quatre modules, qui sont le duodenaire, le vingtenaire, le centenaire et le cent-vingtenaire.
- XXXII. Ainsi, pour le duodenaire, dont l’usage n’est pas fréquent, l’erreur n’est pas considérable : les fontainiers ont ajouté au diamètre une demi-once et un sicilique de doigt (2); ce qui augmente sa capacité d’un quart de quinaire. L’erreur est plus grande dans les trois autres modules : ils donnent au diamètre du vingtenaire, dont on fait souvent usage, un demi-doigt de moins (3) ; ce qui diminue sa capacité de trois quinaires et une demi-once de quinaire. Quant au centenaire et au cent-vingtenaire, dont ils se servent continuellement,
- c’est-à-dire que le module des fontainiers fournissait de quinaire de trop, ou un peu moins d’un quart.
- (3) Le diamètre du vingtenaire devait être de 5 doigts, et son produit de 16 quinaires. Les fontainiers ne lui donnant que 4 7 doigts, les produits de ces deux modulés devaient être comme le carré de 5 est au carré de 47, comme 25 est à 20 4 , comme 100 est à 81 ; ce qui donne la proportion 100:81 :: 16: t2-~, ou 12 quinaires 2767 scripules; ce qUi donne une différence de 3 quinaires 11 ^scripules, c’est-à-dire 7 scripule de moins que Frontin.
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- semissem, semunciam, sicilicum. Centenumvicenum diametro adji-ciunt digitos très, septuncem, semunciam; capacitati quinarias lxv* dodrantem, sicilicum,
- XXXIII. Ita dum aut vicenariæ, quâ subinde erogant, detrahunt, aut centenariæ, et centenumvicenum adjiciunt, quibus semper acci-piunt, intercipiuntur in centenariâ quinariæ x semicem semunciam sicilicum; in centenumvicenum quinariæ lxv dodrantem sicilicum; quod cum ratione approbetur, re quoque ipsâ manifestum est. Nam pro vicenaria, quam Cæsar pro quinariis sexdecim assignat, non plus erogant quam tresdecim ; et ex centenaria quam ampliaverunt, æque certum est illos non erogare nisi ad arctiorem numerum : quia Cæsar, secun-
- (i) j de doigt............................ 19a scripules.
- \ once.......... ...................... 1 a
- M ••• En tout ... 20 quinaires. 7 quinaire 7 once x sicilique 204 scripules. 144 scripuïes. ia 6
- En tout 10 quinaires , 162 scripules.
- (3) ... ... 3 doigts.
- 7 onces 168
- ~once ...., 12
- En tout 3 doigts. 180 scripules.
- (4) ... ... 65 quinaires.
- 7 quinaire 216
- 1 sicilique 6
- En tout 65 quinaires................... aaa scripules.
- D’après les registres, le diamètre du centenaire devait être de n doigts 81 scri*
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- ils ne diminuent pas leur capacité, mais ils l’augmentent : car ils ajoutent au diamètre du centenaire deux tiers de doigt et une demi-once (i) ; ce qui porte sa capacité à dix quinaires et demi, une demi-once et un sicilique de trop (2) : au diamètre du cent-vingtenaire, ils ajoutent trois doigts sept onces et demie (3), qui donnent un excédant de soixante-cinq quinaires trois quarts et un sicilique. (4)
- XXXIII. Ainsi, tandis que d’une part ils diminuent la capacité du vingtenaire, dont ils se servent peu, ils augmentent celle du centenaire et du cent-vingtenaire, dont ils font usage tous les jours; ils interceptent donc à chaque centenaire, 1 o quinaires et demi une demi-once et un sicilique, et pour chaque cent-vingtenaire, soixante-cinq quinaires trois quarts et un sicilique(5) ; ce qui peut se prouver par le fait et par le calcul : car, pour le vingtenaire fixé par César à 16 quinaires, ils n’en distribuent que treize. A l’égard du centenaire, dont ils ont
- pules, et sa capacité était fixée à 81 quinaires et demi. Le diamètre du module des fon-tainiers étant augmenté de 204 scripules, se trouvait être de 11 doigts 285 scripules. Le centenaire était ainsi nommé, parce que la superficie de son orifice était de 100 doigts carrés : or la superficie de l’orifice d’un tuyau de 11 doigts 285 scripules est de n3 doigts carréset comme les produits des orifices sous une même charge, sont comme leur superficie , on a la proportion 100: n3'iui,i24 ” 8i^:92iui,68 scripules; ce qui donne, pour la différence, 10 quinaires 212 scripules, au lieu de loqui-naires 162 scripules que trouve Frontin, c’est-à-dire 5o scripules déplus que Frontin.
- Le cent-vingtenaire devait avoir 12 doigts 104 scripules de diamètre (art. LXIII). Sa capacité était fixée à 97 quinaires 7. Les fontainiers augmentaient le diamètre de ce module de 3 doigts 180 scripules ; ce qui le portait à i5 doigts 284 scripules, donnant, pour la superficie de son orifice, 200 doigts-j-j, tandis quelle rie devrait être que de 120 doigts; ce qui donne la proportion 120:200^:: 977: i63-^, c’est-à-dire i63 quinaires 155 scripules^, ce qui fait 65 quinaires 227 scripules 7, au lieu de 65 quinaires 222 scripules que trouve Frontin.
- (5) Dans la plupart des exemplaires imprimes, on lit : 25 quinaires 244 scripules pour l’augmentation du centenaire, et 84 quinaires 3o scripules pour celle du cent-vingtenaire ; mais comme ces quantités sont indiquées en caractères différents du texte, on peut penser quelles ont été suppléées par des copistes qui n’ont pas compris l’ar-ticle précédent avec lequel elles sont contradictoires.
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- dam suos commentarios, cum ex quaque centenaria explevit quinarias lxxxi , semissem ; item ex centumvicenum quinarias lxxxxvii et dodrantem (tanquam exhausto rnodulo), desinit distribuere.
- XXXIV. In summâ moduli sunt xxv : omnes consentiunt et ra-tioni, et commentariis, exceptis his quatuor quos aquarii novaverunt. Omnia autem quæ mensurâ continentur, certa et immobilia congruere sibi debent; ita enim universitati ratio constabit. Et quemadmodum (verbi gratiâ) sextarii ratio ad cyathos, inodii vero et ad sextarios, et ad cyathos respondent, ita et quinariarum multiplicatio in am-plioribus modulis, servare consequentiæ suæ regulam debet : alio-quin, cum in erogatorio rnodulo minus invenitur, in acceptorio plus, apparet non errorem esse, sed fraudem.
- XXXV. Meminerimus, omnem aquam, quotiens ex altiore loco venit, et intra breve spatium in castellum cadit, non tantum res-pondere rnodulo suo, sed etiam exsuperare : quotiens vero ex hu-miliore, id est minore pressurâ, longius ducatur, segnitiâ ductûs modum quoquc deperdere : ideo secundum hanc rationem aut one-randam esse erogationem, aut relevandain.
- XXXVI. Sed et calicis positio habet momentum : in rectum
- (1) Le sextairc valait 12 cyathes ; le modius ou muid, 16 sextaires et 192 cyathes.
- (2) Un module peut produire moins que la concession , parce que le diamètre de l’orifice est trop petit, ou parce qu’il est trop près de la surface de l’eau.
- (3) C’est-à-dire sous une moindre charge. Il semble résulter de ce raisonnement, que, du temps de Frontin , on avait un moyen de vérifier la quantité d’eau autre-
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- augmenté le diamètre, il est également certain qu’ils ne s’en servent que très-peu, parce que César vient de consigner dans ses registres, que chaque centenaire fournirait 81 quinaires et demi; de plus, le cent-vingtenaire fixé à 97 quinaires trois quarts, est supprimé comme inutile.
- XXXIV. On compte en tout vingt-cinq modules : tous sont conformes à la règle et aux registres, excepté les quatre que les fontai-niers ont introduits. \Ainsi tous ceux dont la mesure est juste doivent s’accorder entre eux d’une manière certaine et invariable, pour qu’il en résulte une règle générale. Par exemple, de même que les sextaires (1) se rapportent aux cyathes, ainsi l’accroissement des quinaires, dans les modules au-dessus, doit suivre une règle uniforme qui établisse le rapport du quinaire avec les autres modules. D’ailleurs, lorsqu’on trouve que le module de distribution fournit moins que ne porte la concession, il est constant que ce n’est pas une erreur, mais une fraude (2).
- XXXV. Nous nous souviendrons que toute eau qui part d'un lieu plus élevé, et qui parcourt un moindre espace avant d’arriver au château-d’eau, fournit une quantité d’eau plus grande que ne comporte son module ; et que toutes les fois quelle part d’un lieu moins élevé (3), et quelle est amenée de plus loin, le cours de l’eau se ralentissant, elle fournit moins que son module. C’est pourquoi il est quelquefois à propos d’augmenter ou de diminuer la charge d’un module pour qu’il fournisse la quantité requise.
- XXXVI. La position du calice influe aussi sur la dépense d’eau :
- ment que par la superficie de l’orifice du module qui le fournissait, peut-être en recevant cette eau dans une mesure qui devait être remplie dans un temps donné, indiqué par des clepsydres ; c’est-à-dire qu’on parvenait à fournir la quantité d'eau en un temps donné, en plaçant le calice plus ou moins éloigné de la surface de ,l’eau, du canal ou réservoir qui la fournissait.
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- et ad libram collocatus modum servat : ad cursum aquæ oppositus, et devexus ampliùs rapit : ad latus prætereuntis aquæ conversus, et supinus, nec ad haustum pronus, segniter exiguum sumit. Est autem calix modulusæneus, qui rivo vel castello induitur, huicfistulæ applicantur : longitudo ejus habere debet digitos non minus xn : lumen id est eapacitatem quanta imperata fuerit. Excogitatus videtur quoniam rigore æris difficiliore ad flexum, non timeri potest laxari, vel coarctari formulas modulorum.
- XXXVII. Qui sunt omnes xxv subjecti, quamvis in usu xv, tantum frequentes sint, directam ad rationem de quâ locuti sumus; emendatis quatuor quos aquarii novaverant : secundiim quam et fîs-tulæ omnes, quæ opus facient, dirigi debent ; aut, si hæ fistulæ ma-nebunt, ad quinarias, quas capient, cornputari.
- XXXVIII. Qui non sunt in usu moduli, in ipsîs est adnotatum, et unciœ ergo modulus habet diametri digitum unum et trientem digiti : capit quinciriam et plusquam quinariœ octavam, hoc est sescunciain’quinariæ, et scripula tria, et bessem scripuli. Digitus quadratus in longitudine et latitudine æqualis est. Digitus quadra-
- (1) Pour l’explication, voir la planche VI, fig. 5, et (a) 99 lignes, ou o,2a3.m!lli-(3) Un peu plus du huitième.
- Une once | vaut........... 36 scripules.
- Scripules................. 3 f.
- En tout.... 39 j scripules.
- Le 8e du quinaire n’est que 36 scripules.
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- étant placé perpendiculairement et de niveau ( 1 ), il débite ce qu’il doit ; si sa direction est opposée au cours de l’eau, et qu’il soit incliné en dehors, il débite trop; s’il est appliqué au côté et tourné selon le courant, et qu’il soit incliné en-dedans, il recevra peu d’eau, elle y coulera lentement, et il débitera peu. Au reste, le calice est un module de bronze adapté au conduit ou au château-d’eau, pour recevoir les tuyaux de distribution : sa longueur ne doit pas être de moins de douze doigts (2) ; la grandeur de la lumière> ou orifice, doit être conforme à la quantité qu’il sera ordonné de délivrer. 11 paraît que l’on a imaginé d’employer le bronze à la formation du calice, à cause de sa roideur qui le rend très-difficile à ployer ; de manière qu’on n’a pas à craindre que les orifices des modules puissent être élargis ou resserrés par fraude.
- XXXVII. On compte en tout vingt-cinq modules différents, mais quinze seulement sont en usage, établis d’après la règle dont nous avons parlé ; dans ce nombre ne sont point compris les quatre modules introduits par les fontainiers. C’est d’après cette règle que doivent être faits les tuyaux de toutes sortes de conduites, et que l’on doit calculer les quinaires que peuvent fournir celles qui sont en place.
- XXXVIII. Dans l’énumération que nous allons faire, nous indiquerons ceux qui ne sont pas d’usage. Ainsi le module d’une once qui a un doigt et un tiers de diamètre, fournit un quinaire et un huitième (3), c’est-à-dire une once et demie et trois scripules deux tiers de quinaire. Le doigt carré a sa longueur égale à sa largeur (4).
- (4)11 s’agit, dans ce calcul, de trouver le diamètre d’un orifice circulaire de même superficie que le doigt carré. Nous avons déjà dit que la superficie d’un cercle est égale au carré du rayon multiplié par 3 ÿ; d’où il résulte que si l’on divise le doigt en 288 parties ( comme les anciens Romains divisaient toutes sortes d’unités), la superficie du doigt carré sera de 82944 de ces parties. Cette quantité étant divisée par 3 y, donnera 26391 , dont la racine 162,4 indiquera le rayon de l’orifice que l’on cherche, et 3^4,8 pour son diamètre. Enfin, si de cette expression on ôte 288, qui est celle du doigt réduit en scripule, on aura 1 doigt
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- tus, in rotundum redactus, habet diametri digitum unum, et digiti sescunciam, scripulum; capit quinariæ dodrantem, semunciam, sici-licum. Digitus rotundus habet diametri digitum unum ; capit quinariæ septuncem, semunciam, sextulam.
- XXXIX. Fistula quinaria diametri digitum unum, quadrantem; perimetri digitos très , deuncem , scripula m : capit quinariam unam.
- XL. Fistula senaria diametri digitum unum semissem; perimetri digitos quatuor; bessem, semunciam, scripulum : capit quinariam unam, quincuncem, sicilicum.
- XLI. Fistula septenaria diametri digitum unum, dodrantem; perimetri digitos y, semissem : capit quinariam unam, deuncem, semunciam. In usu non est.
- 36 scripulesau lieu de i doigt 37 scripules que lui donne Frontin : la différence n’est que de 7 de scripule ; ce qui prouve l’exactitude de la mesure du diamètre indiquée par Frontin. Sa capacité, selon Frontin , serait de 234 scripules.
- Pour 9 onces........ 216 scripules.
- Pour |............. 12
- Pour un sicilique.. . 6
- En tout... :?34 scripules.
- Le calcul exact donne 234 scripules 7, ou 7 de scripule de plus.
- (1) Le doigt rond, selon Frontin, fournit 184 scripules de quinaire, et, par le calcul, 184 t scripules.
- Pour 7 onces............. 168
- 7 once.............. 12
- 1 sextule............ 4
- Comme le calcul........ 184 scripules.
- (2) Son diamètre étant de 7 de doigt, lepérimètresera^ X y-, qui donne 3^
- équivalant à 267 scripules f de doigt. La fraction indiquée dans le texte est de
- 11 onces, qui valent.......................... 264 scripules.
- Plus 3 scripules.... 3
- En tout........ 267 scripules ;
- c’est-a-dire 7 de scripule de moins que le calcul. Sa capacité, qui sert d’unitc pour
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- Le doigt carré, réduit en rond, a de diamètre un doigt, plus une once et demie et un scripùle de doigt ; il fournit neuf once» et demie et un sicilique de quinaire. Le doigt rond (i) a un doigt de diamètre ; il fournit sept onces et demie et un sextule de quinaire.
- XXXIX. Le module appelé quinaire (2) a de diamètre un doigt et un quart; son périmètre est de trois doigts onze onces et trois scri-pules de doigt. Il fournit un quinaire.
- XL. Le sextaire (3) a un doigt et demi de diamètre; son périmètre est de quatre doigts huit onces et demie et un scripùle de doigt. Il fournit un quinaire cinq onces et un sicilique.
- XLI. Le septénaire (4) a de diamètre un doigt neuf onces ; son périmètre est de cinq doigts et demi. II fournit un quinaire onze onces et demie. Il n’est pas d'usage.
- la mesure des eaux, est d’un quinaire.
- (3) Le calcul donne son périmètre - X — = — = 4d {, qui valent, d’après la manière de compter de Frontin, 2o5 scripules f. Le texte donne, pour la fraction
- 8 onces, qui font............................ 192 scripules.
- Une demi-once. ... 12
- Un scripùle......... 1
- En tout.... 2o5 scripules ;
- c’est-a-dire - de scripùle de moins que le calcul.
- D’après la théorie, les capacités des tuyaux étant entre elles, à vitesse égale j comme les carrés de leurs diamètres, celle du sextaire sera à celle du quinaiie comme 36 est a 25; ce qui donne, pour la capacité du sextaire, 1 quinaire 7-, ou 126 77 scripules de quinaire. Le texte donne, pour la fraction —,
- Cinq onces, valant............ 120 scripules.
- Un sicilique.................... 6
- En tout.............. 126 scripules;
- c’est-à-dire ~ de scripùle de moins que le calcul.
- (4) Son périmètre sera ^ X y=~ = 5 doigts 7, comme le texte. Sa capacité est de
- 1 quinaire^4 = 276 scripules Le texte donne, pour cette fraction, n onces7, qui valent 276 scripules, c’est-à-dire H de moins que le calcul.
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- XLII. Fistula octonaria diametri digitos duos ; perimetri digitos sex, quadrantem, duellam : capit quinarias du as, semissem, se-munciam, sicilicum.
- XLIII. Fistula denaria diametri digitos duos, et semissem; perimetri digitos septem, dextantem, sicilicum : capit quinarias quatuor.
- XLIV. Fistula duodenaria diametri digitos très ; perimetri digitos vjiii, quincuncem, scripula n : capit quinarias y, dodrantem. In usu non est. Alia apud aquarios habebat diametri digitos très, se-munciam, sicilicum; capacitatis quinarias sex.
- XLV. Fistula quinumdenum diametri digitos très, dodrantem; perimetri digitos xi dodrantem, duellam : capit quinarias vim.
- (1) Le diamètre de ce module étant-de 2 doigts, son périmètre sera 2 X ~~=y = 6d ^ = 6d 82 y scripules de doigt. Le texte donne,
- Pour la fraction j de doigt... 72 scripules.
- Une duelle.............. 8
- En tout....... 80 scripules ;
- c’est-à-dire 2 scripules y de moins que le calcul.
- Le calcul donne, pour sa capacité, 2 quinaires77= 161 scripules Le texte donne, pour la fraction, ~quinaire. . 144 scripules.
- Une demi-once*.. 12
- Un sicilique..... 6
- En tout.... 162 scripules ; c’est-à-dire yy de scripule de plus que le calcul.
- , ... 10 aa 220
- (2) Son diamètre étant de 10 quarts de doigt, son penmelre sera — X —ou 7 doigts j = 246 scripules
- Le texte donne, pour la fraction 10 onces... 240scripules.
- Un sicilique.... 6
- En tout.... 246 scripules ; c’est-à-dire y de scri-
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- XLII. L’octonaire (i) a deux doigts de diamètre; son périmètre est de six doigts un quart et une duelle. Il fournit deux quinaires et demi, une demi-once et un sicilique,
- XLIII. Le denaire (2) a de diamètre deux doigts et demi; son périmètre est de sept doigts, dix onces et un sicilique. Il fournit quatre quinaires,
- XLIV. Le duodenaire (3) a trois doigts de diamètre ; son périmètre est de neuf doigts, cinq onces et deux scripules de doigt. Il fournit 5 quinaires j. Il n’est plus d’usage. Les fontainiers en avaient adopté un autre dont le diamètre était de trois doigts, une demi-once et un sicilique ; sa capacité était de six quinaires.
- XLV. Le quinzenaire (4) a de diamètre trois doigts trois quarts ; son périmètre est de onze doigts trois quarts et une duelle. Il fournit neuf quinaires.
- pule de moins que le calcul. Le calcul donne sa capacilé de 4 quinaires, comme le texte.
- (3) Le diamètre de ce module étant de 3 doigts, son périmètre sera de 9 doigts^, ou 5 onces 3 scripules Le texte donne 5 onces 2 scripules, c’est-à-dire 1 scri-pule y de moins que le calcul. Sa capacité est de 5 quinaires ou 219 scripules. Le texte ne donne, pour la fraction, que ce qui ne donne que 216 scripules, c’est-à-dire 3 scripules de moins.
- Le module adopté par les fontainiers, dont le diamètre était de 3 doigtsdevait fournir, d'après le calcul, 6 quinaires, comme l’indique le texte.
- (4) Le périmètre de ce module, qui avait 3 doigts | de diamètre, devait être de 11 doigts fj-, ou 226 scripules f. Le texte donne, pour la fraction, un dodrans, ou
- 9 onces , qui valaient............................. 216 scripules.
- Une duelle, qui valait....... 8
- En tout... . 224 scripules ; c’est-à-dire 2 scripules - de moins que le calcul.
- Le calcul donne sa capacité de 9 quinaires, comme le texte.
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
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- XLVI. Fistula vicenaria diametri digitos v, perimetri digitos xv, bessem, semunciam. Capit quinarias, xvi. Apud aquarios habebat diametri digitos mi semissem. Capacitatis quinarias xii , deuncem, semunciam.
- XLVII. Fistula vicenumquinum diametri digitos v, septuncem, semunciam, sextulam, scripulum; perimetri digitos xvii, bessem, semunciam, sicilicum. Capit quinarias xx, trientem semunciam. In usu non est.
- XLVIII. Fistula tricenaria diametri digitos vi, sextantem, sextulam ; perimetri digitos xvim, quincuncem. Capit quinarias xxim, quincuncem, duellam.
- (1) Le calcul donne le périmètre de ce module de i5 doigts y ou 2o5 scri-pules j. Le texte donne pour cette fraction 8 onces y, qui valent 204 scripules, c’est-à-dire 1 scripule y de moins que le calcul. Sa capacité est de 16 quinaires, comme l’indique le texte.
- Le module substitué par les fontainiers, qui n’avait que 4 doigts 7 de diamètre , produisait, d’après le calcul, 12 quinaires 273 scripules |.
- Le texte donne, pour la fraction,
- 11 onces, qui valent... . 264 scripules.
- Une demi-once............ 12
- En tout.... 276 scripules j ce qui fait 2 scripules j de plus que le calcul.
- (2) Le calcul donne pour le diamètre de ce module, 5 doigts ou 184 scripules 7. Le texte donne 5 doigts, 7 onces et demie, une sextule et un scripule, qui valent 5 doigts i85 scripules; ce qui fait f de scripule de plus que le calcul. Pour le périmètre, le calcul donne 17 doigts ou 207 scripulesÿ.
- Le texte donne, pour cette fraction , 8 onces7 et un sicilique qui valent 210 scripules, c’est-à-dire 2 ~ scripules de plus que le calcul. La capacité de ce module est de 20 onces A, ou io4rr scripules. Le texte donne 20 onces.
- 4 Onces....................... 96 scripules.
- Une demi-once................. 12
- 108 scripules ; c’est-à-dire 3 scri-
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. 5i
- XLYI. Le vingtenaire (i) a cinq doigts de diamètre; son périmètre est de quinze doigts, huit onces et demie de doigt; il fournit seize quinaires. Les fontainiers en avaient adopté un autre dont le diamètre était de quatre doigts et demi, et la capacité de douze quinaires, onze onces et demie.
- XLVII. Le module de vingt-cinq doigts carrés (2) a de diamètre cinq doigts, sept onces et demie y une sextule et un scripule de doigt ; son périmètre est de dix-sept doigts, huit onces et demie et un sicilique de doigt. Il fournit vingt quinaires, quatre onces et demie de quinaire, Il n’est pas d’usage.
- XLVIII. Le module de trente doigts (3) a de diamètre six doigts, deux onces et une sextule ; son périmètre est de dix-neuf doigts, cinq onces de doigt. Il fournit vingt-quatre quinaires, cinq onces et une duelle de quinaire. _
- pules ~ de plus que le calcul.
- (3) Le diamètre du module de trente doigts carrés de superficie se trouve, par le calcul, de 6 doigts 5i scripules 7.
- Le texte donne, pour la fraction,
- 2 onces........ 48 scripules.
- 1 sextule...... 4
- 5 a scripules;
- c’est-à-dire environ j de scripule de plus que le calcul.
- Par le calcul, le périmètre est de 19 doigts 120 scripules et, par le texte, de 19 doigts 120 scripules, c’est-à-dire - de scripule de moins que par le calcul.
- Pour la capacité, le calcul donne 24 quinaires 125 scripules j.
- Le texte donne, pour la fraction ,
- 5 onces......... 120 scripules.
- Une duelle...... 8
- 128 scripules;
- c’est-à-dire 2 ~ scripules de plus que le calcul.
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- XLIX. Fistula tricenumquinum diametri digitos vi, bessem, scri-pula ni ; perimetri digitos xx, deuncem, semunciam, sicilicum. Capit quinarias xxviii , semissem, sicilicum. In usu non est.
- L. Fistula quadragenaria diametri digitos vit, sescunciam, sex-tulam; perimetri digitos xxn, quincuncem. Capit quinarias xxxii, septuncem, sextulam.
- LI. Fistula quadragenumquinum diametri digitos vu, semissem, semunciam, duellam; perimetri digitos xxm, dodrantem, duellam. Capit quinarias xxxvi, bessem. In usu non est.
- LU. Fistula quinquagenaria diametri digitos vii', deuncem, semun-ciam, sicilicum; perimetri digitos xxv, semunciam, sicilicum. Capit quinarias xxxx, dodrantem.
- LUI. Fistula quinquagenumquinum diametri digitos vm, trien-tem, sicilicum, sextulam; perimetri digitos xxvi, quadrantem, semun-
- (1) Le diamètre du module de 35 doigts carrés est, par le calcul, de 6 doigts ig3 scripules. Le texte donne 6 doigts ip5 scripules, c’est-à-dire 2 scripules de plus. Son périmètre est, par le calcul, de 20 doigts 276 scripules Le texte donne 282 scripules, c’est-à-dire 5 scripules 7 de plus que le calcul. Le calcul donne sa capacité de 28 quinaires 146 scripules 7, et le texte 28 quinaires i5o scripules ; ce qui fait 3 scripules 7 de plus que le calcul.
- (2) Pour le module de 4o doigts, le calcul donne son diamètre de 7 doigts 4o scripules, comme le texte. Son périmètre , par le calcul, est de 22 doigts 125 scripules. Le texte ne donne que 120scripules. Sa capacité, selon le calcul, est de 32 quinaires 167 scripules. Le texte donne 32 quinaires 172 scripules.
- (3) Le calcul donne, pour ce diamètre, 7 doigts—|, c’est-à-dire 7 doigts 7 une
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. 53
- XLIX. Le module de trente-cinq doigts carrés (i) a de diamètre six doigts, huit onces > trois scripules de doigt; son périmètre est de vingt doigts, onze onces 7 et un sicilique. Il fournit vingt-huit quinaires 7 et un sicilique de quinaire. Il n est pas d’usage.
- I
- L. Le module de quarante doigts (2) a de diamètre sept doigts, î once 7 et Une sextule de doigt ; son périmètre est de vingt-deux doigts, cinq onces : il fournit trente-deux quinaires, sept onces et une sextule de quinaire.
- LI. Le module de quarante-cinq doigts carrés (3) a de diamètre sept doigts et demi, une demi-once et une duelle ; son périmètre est de vingt-trois doigts trois quarts et une duelle. Il fournit trente-six quinaires deux tiers. II 11’est pas d’usage.
- LIÎ. Le module de cinquante doigts (4) a de diamètre sept doigts, onze onces et demie et un sicilique de doigt; son périmètre est de vingt-cinq doigts, une demi-once et un sicilique de doigt. Il fournit quarante quinaires trois quarts.
- LUI. Le module de cinquante-cinq doigts carrés (5) a de diamètre huit doigts un tiers, un sicilique et une sextule de doigt; son
- demi-once et une duelle, comme le texte. Pour le périmètre, 23 doigtsc’est-à-dire 3 scripules de plus que le texte ; et pour la capacité, 36 quinaires , c’est-à-dire un scripule de moins que le texte.
- (4) Le calcul donne, pour ce diamètre, 7 doigts 757 , comme le texte; et, pour le périmètre, a5 doigts 777, c’est-à-dire 4 scripules de plus que le texte. Pour sa capacité, le calcul donne 4° quinaires 777 ; ce qui fait 7 scripules de plus que le texte.
- (5) Le calcul donne, pour le diamètre de ce module, 8 doigts 7^, comme le texte; pour son périmètre, 26 7®^, c’est-à-dire 2 scripules de plus que le texte. Pour la capacité, le calcul donne 6 scripules de moins, c’est-à-dire 44 quinaires — , au lieu
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- dam. Capit quinarias xxxxim, dodrantem, semundam, duellam. In usu non est. 4
- LIV. Fistula sexagenaria diametri digitos vin, bessem, semundam, duellam, scripulum; perimetri digitos xxvn, quîncuncem, semundam. Capit quinarias xxxxviïi , dextantem, semundam, sex-tulam.
- LV. Fistula sexagenumquinum diametri digitos viiii, undam, sex-tulam; perimetri xxvm, semissem, semundam, sidlicum, sextulam. Capit quinarias lii , deuncem, semundam. In usu non est.
- LVI. Fistula septuagenaria diametri digitos viiii, quincuncem, duellam; perimetri digitos xxvmi, bessem. Capit quinarias lvii, semundam.
- LVII. Fistula septuagenumquinum diametri digitos viiii, dodrantem, sidlicum; perimetri digitos xxx, bessem, duellam. Capit quinarias lxi , undam, duellam. In usu non est.
- LVIII. Fistula octogenaria diametri digitos x , semundam, duel-
- (t) Le calcul donne, pour le diamètre, 8 doigts c’est-à-dire i scripule de plus que le texte; et, pour le périmètre , 27 doigts — , c’est-à-dire 2 scripules de
- plus que le texte. Le calcul donne , pour la capacité, 48 doigts ; ce qui fait 4 scripules ~ de moins que le texte.
- (2) Le calcul donne 9 doigts environ j de scripule de moins que le texte ;
- pour le périmètre, 28 doigts c’est-à-dire un peu plus de 2 scripules de plus
- que le texte; pour la capacité, 52 doigts —f, au lieu de
- (3) Le calcul ne donne , pour le diamètre de ce module, que 9 doigts ~, au lieu de 9 doigts — que donne le texte; et, pour le périmètre, 29 doigts au lieu
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. 55
- périmètre est de vingt-six doigts, trois onces et demie de doigt ; sa capacité est de quarante-quatre quinaires, neuf onces et demie et une duelle. Il n’est pas d’usage.
- LIV. Le module de soixante doigts (i) a de diamètre huit doigts, huit onces et demie, une duelle et un scripule de doigt; son périmètre est de vingt-sept doigts, cinq onces et demie. Il fournit quarante-huit quinaires, dix onces et demie et une sextule de quinaire.
- LY. Le module de soixante-cinq doigts carrés (2) a de diamètre neuf doigts, une once et une sextule de doigt; son périmètre est de vingt-huit doigts, six onces et demie, un sicilique et une sextule. Sa capacité est de cinquante-deux quinaires, onze onces et demie. Il n’est pas d’usage.
- LVI. Le module de soixante-dix doigts (3) a de diamètre neuf doigts, cinq onces et une duelle ; son périmètre est de vingt-neuf doigts deux tiers. Il fournit cinquante-sept quinaires et une demi-once de quinaire.
- LVII. Le module de soixante-quinze doigts (4) a de diamètre neuf doigts trois quarts et un sicilique ; son périmètre est de trente doigts deux tiers et une duelle. Sa capacité est de soixante-un quinaires, une once et une duelle. Il n’est pas d’usage.
- LVIII. Le module de quatre-vingts doigts (5) a de diamètre dix
- de 7g doigts Sa capacité est de quinaires 7fg. Le texte donne qui-
- naires
- (4) Le calcul donne, pour le diamètre de ce module, g doigts comme le texte; et, pour le périmètre, 3o doigts — , c’est-à-dire 4 scripules de plus que le texte. Le calcul donne, pour la capacité , 61 quinaires et le texte, 61 quinaires -3S’S ; ce qui lait 6 scripules de plus.
- (5) Le calcul donne io doigts—y, comme le texte. Pour le périmètre, le texte donne 31 doigts —j} et le calcul, 3i doigts ~~•. Pour la capacité, le texte donne 65 quinaires et le calcul, 65 quinaires
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
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- lam, sicïlicum; perimetri digitos xxxi, bessem, duellam. Capit quinarias lxv, sextantem, sicilicum.
- LIX. Fistula octogenumquinum diametri digitos x, trientem, se-munciam, duellam ; perimetri digitos xxxii, bessem, sextulam. Capit quinarias lxviiii, quadrantem, sextulam. In usu non est.
- LX. Fistula nonagenaria diametri digitos x, bessem, duellam, scri-pulau\\ perimetri digitos xxxm, septuncem, duellam, sicilicum. Capit quinarias lxxiii, trientem,
- LXI. Fistula nonagenumquinum diametri digitos xi ; perimetri digitos xxxiiii, semissem, semunciam, sextulam. Capit quinarias lxxvii, quincuncem. In usu non est.
- LXII. Fistula centenaria diametri digitos xi, quadrantem, sicilicum, sextulam : perimetri digitos xxxv, quincuncem, sicilicum, sextulam. Capit quinarias lxxxi, quincuncem, semunciam, duellam. Apud aquarios habebat diametri digitos xi, deuncem, semunciam, sicïlicum, sextulam; capacitatis quinarias lxxxxii, duellam, sicilicum.
- (1) Le diamètre de ce module, d’après le texte, est de io doigts et, d’après le calcul, de io doigts Pour périmètre, le texte donne 32 doigts fjf, comme le calcul. Pour la capacité, le texte donne 6g quinaires-^, et le calcul, 69 qui-, naires
- (2) Par le calcul, on trouve, pour le diamètre, 10 doigts 201 scripules A; et le texte donne 10 doigts 200 scripules. Le calcul donne son périmètre de 33 doigts 181 scripules; et le texte, de 33 doigts 182 scripules. Sa capacité est, suivant le texte, de 7 3 quinaires et, d’après le calcul, de y3 quinaires 27 scripules.
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- doigts, une demi-once, une duelle et un sicilique de doigt; son périmètre est de trente-un doigts j et une duelle. 11 fournit soixante-cinq quinaires, deux onces et un sicilique.
- LIX. Le module de quatre-vingt-cinq'doigts (1) a de diamètre dix doigts, quatre onces et demie et une duelle ; son périmètre est de trente-deux doigts deux tiers et une sextule. Sa capacité est de soixante-neuf quinaires un quart et une sextule. Il n’est pas d’usage.
- LX. Le module de quatre-vingt-dix doigts (2) a de diamètre dix doigts deux tiers, une duelle et trois scripules ; son périmètre est de trente-trois doigts, sept onces, une duelle et un sicilique. Il fournit soixante-treize quinaires un tiers.
- LXI. Le module de quatre-vingt-quinze doigts (3) a de diamètre onze doigts ; son périmètre est de trente-quatre doigts et demi, Une demi-once et uiie sextule. Sa capacité est de soixante-dix-sept quinaires, cinq onces. Il n’est pas d’usage.
- LXII. Le module de cent doigts (4) a de diamètre onze doigts un quart, un sicilique. et une sextule ; son périmètre est de trente-cinq doigts, cinq onces, un sicilique et une sextule; il fournit quatre-vingt-un quinaires, cinq onces et demie, et une duelle. Le centenaire adopté par les fontainiers avait de diamètre onze doigts, onze onces et demie, un sicilique et une sextule. Sa capacité est de quatre-vingt-douze quinaires, une duelle et un sicilique.
- (3) Le diamètre de ce module, d’après le texte, est de n doigts, et, d’après le calcul, de io doigts 285 scripules. Son périmètre, d’après le texte, est de 34 doigts 160 scripules, et, par le calcul, de 34 doigts 155 scripules. La capacité, d’après le texte, est de 77 quinaires 120 scripules, et, par le calcul, de 77 quinaires 109 scripules.
- (4) Le texte donne 11 doigts 81 scripules, comme le calcul. D’après le texte, son périmètre est de 35 doigts 126scripules, et, par le calcul, de 35 doigts 129 scripules. Il fournit, d’après le texte, 81 quinaires 148 scripules, et, d’après le calcul, 81 quinaires i3i scripules.
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- JLXIII. Fistulacentenumvicenumdiametridigitosxn, trientem, duel-lam; perimetri digitos xxxviii , dextantem. Capit quinarias lxxxxvii, dodrantem, sicilicum, sextulam. Àpud aquarios habebat diametri digitos xv, deuncem, sernunciam, duellcim. Capacitatis quinarias clxiii , sentissent, sernunciam, sextulam : qui modus duarum centenaria-rum est.
- Le centenaire des fontainiers avait, d'après le texte, u doigts 286 scripules. Sa capacité était, d’après le texte, de 92 quinaires 14 scripules, et, d’après le calcul, de 92 quinaires 3o scripules.
- (1) Le diamètre de ce module est de 12 doigts j et une duelle par le texte, et, par le calcul, de 12 doigts io3 scripules. Son périmètre, d’après le texte, est de 38 doigts 240scripules, et, d’après le calcul, de 38 doigts 242 scripules. Sa capacité,
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. 59
- LXIII. Le module de cent vingt doigts (1) a de diamètre douze doigts un tiers et une duelle ; son périmètre est de trente-huit doigts, dix onces ; il fournit quatre-vingt-dix-sept quinaires trois quarts, un sicilique et une sextule. Celui adopté par les fontainiers avait quinze doigts, onze onces et demie et une duelle, de diamètre. Sa capacité est de cent soixante-trois quinaires et demi, une demi-once et une sextule, qui est celle du module de deux cents doigts.
- d’après le texte, est de 97 quinaires 226 scripules, et, d’après le calcul, de 97 quinaires 214 scripules y* Le diamètre du tuyau des fontainiers avait, selon le texte, i5 doigts onze onces et une duelle, c’est-à-dire i5 doigts 284 scripules; et, pour sa capacité, i63 quinaires 160 scripules. Cette capacité serait celle d’un module de 200 doigts et 33 scripules, ou 200 doigts et de scripule.
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- DE AQUAEDUCTIBUS
- URBIS ROMAE.
- PARS SECUNDA.
- LXIV. Persecutüs ea quæ de modulis dici fuit necessarium, nunc ponam quemmodum quæque aqua, ut principum Commentariis comprehensum est, usque ad nostram curam habere visa sit, quan-tùmque erogaverit; deindè quem ipsi scrupulosâ inquisitione, præunte Providentiâ optimi diligentissimique principis Nervæ, invenerimus. Fuêre ergo in commentariis in universo quinariarum xn millia, dcclv : in erogatione xiv millia, xvm ; plus in distributione quam in accepto, computabantur quinariæ mcclxiii.
- Huj us rei admiratio ( cùm præcipuum officii opus in explorandA fide aquarum, atque copiâ crederem) non mediocriter me convertit ad scrutandum quemadmodùm ampliùs erogaretur, quam in patri-monio, ut ita dicam, esset. Ante omnia itaque capita ductuum inetin aë>gressus sum; sed longe, id est circiter quinariis xmillibus, amplio-rem quam in Commentariis modum inveni : ut per singulas de-monstrabo.
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN.
- fii
- DES AQUEDUCS
- DE LA VILLE DE ROME.
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- SECONDE PARTIE.
- LXIV. Dans le livre précédent j’ai expliqué ce qu’il était nécessaire de savoir sur les modules ; je vais indiquer dans celui-ci la quantité d’eau que fournit chaque aqueduc, pour combien elle est portée dans les registres de l’État, et comment elle a été distribuée jusqu’au temps où nous en avons été chargé, et enfin combien nous en avons trouvé par la recherche la plus scrupuleuse qui en a été faite, sous les auspices de Nerva, prince très-bon et très-soigneux. La quantité totale des eaux portées dans les registres était de douze mille sept cent cinquante-cinq quinaires. Cependant il s’en distribuait quatorze mille dix - huit ; en sorte que la distribution surpassait la quantité consignée dans les registres, de douze cent soixante-trois quinaires.
- Cette différence m’a d’autant plus étonné, qu’il me paraissait que le principal devoir de l’administrateur chargé de la surveillance des eaux devait être d’en constater la véritable quantité. De-là j’ai senti la nécessité de rechercher moi-même comment il pouvait se faire qu’on distribuât plus d’eau qu’on n’en possédait, C’est pourquoi, avant tout, j’entrepris de mesurer les eaux à la tête des aqueducs. La quantité que je trouvai est bien plus considérable que celle portée dans les registres; l’excès est d’environ dix mille quinaires, ainsi que je vais le démontrer par les détails qui suivent.
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- LXV. Appiæ in Commentariis adscriptus est modus quinariarum dccgxxxxi ; ad caput inveniri mensura non potuit, quoniam ex duo-bus rivis constat : ad Gemellas tamen, qui locus est intrà Spem-Veterem, ubi jungitur cùm ramo Augustæ, inveni altitudinem aquæ pedes quinque, latitudinem pedis unius, dodrantis : fiunt areæ pedes octo, dodrans; centenariæ xxii et quadragenaria, quæ efficiunt quinarias mdcccxxv : ampliiis, quam in commentariis habent, quinariis dcccclxxxiiii. Erogabat quinarias dcciv; minus quam in Commentariis adscribitur, quinariis cxxxvii; et adhuc minus quam ad Gemellas mensura respondet, quinariis mcxxi. Intercidit tamen aliquanturn è ductûs vitio, qui, cùm sit depressior, non facile manationesostendit, quas esse ex eo apparet, quod in plerisque urbis partibus prœbita aqua observatur, id quod ex eâ manat : sed et quasdam fistulas intrà urbem illicitas deprehendimus. Extra urbemautem, propter pressu-ram libræ, quæ fit infra terram ad caput pedibus l, nullam accepit injuriam.
- LXVR Anioni veteri adscriptus est modus in Commentariis quinariarum mccccxxxxi. Ad caput inveni iv millia, ccclxxxxviii, præter eum modum, qui in proprium ductumTiburtium derivatûr. Amplius quam in Commentariis est quinariis h millibus, dcccclvii. Eroga-bantur antequàm ad piscinam veniret quinariæ cclxii : modus in piscinâ, qui per mensuras positas initur, efficit quinariarum n millia, ccclxii ; intercidebant ergo inter caput et piscinam quinariæ mdcclxxïV. Erogabat post piscinam quinarias mcccxi.viii ; ampliùs
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- COMMENTAIRE DE S. J. F RO N TIN. OJ
- LXV. L’eau Appia est portée dans les registres à huit cent qua-rante-un quinaires. Cette quantité n’a pas pu être vérifiée à la tête de l’aqueduc, parce que celle qui s’y trouve provient de deux canaux différents. Cependant, m’étant transporté aux Gemelles, lieu situé en-deçà de l’Espérance-Vieille, où l’Appia se joint au ruisseau de l’Augusta, j’ai trouvé que le volume d’eau qui coulait dans l’aqueduc avait un pied trois quarts de largeur sur cinq pieds de hauteur; ce qui forme une superficie de huit pieds trois quarts, qui, réduite en doigts carrés, donne deux mille deux cent quarante, qui font dix-huit cent vingt-cinq quinaires, c’est-à-dire neuf cent quatre-vingt-quatre de plus qu’il n’est porté dans les registres. De ces eaux on en distribuait sept cent quatre quinaires, c’est-à-dire cent trente-sept de moins qu’il n’est porté sur les registres, et onze cent vingt-un quinaires de moins que ne donne la mesure prise aux Gemelles. Cette différence peut provenir un peu du défaut de l’aqueduc, qui, étant un des plus bas, rend son écoulement moins sensible; mais on peut l’évaluer par ce qu’il s’en distribue dans plusieurs endroits de la ville. Le surplus de la différence peut être l’effet de quelque dérivation; ce qui nous le fait croire, c’est que nous avons découvert dans la ville certains tuyaux qui n’avaient pas été autorisés. Mais hors la ville, la profondeur du niveau de l’eau, qui à son origine se trouve à cinquante pieds au-dessous de terre, l’a garanti de toute fraude.
- LXVI. L’Anio vieux est porté dans les registres pour i44i quinaires ; cependant j’en ai trouvé à la tête de l’aqueduc 4^98, sans y comprendre la quantité dérivée par le canal des Tiburtins, et qui est destinée à leur usage. Ainsi la quantité mesurée surpasse celle portée au registre, de 2967 quinaires. Avant que cette eau arrive à son réservoir, il s’en distribue 262 quinaires; celle qui parvient au réservoir, évaluée par les mesures qui y sont posées, est de 2362 quinaires; de sorte que la quantité qui se perdait entre la tête de laque-
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- quam. inCommentariis conceptionis modum significari diximus, qui-nariis clxviiii ; miniis quam recipi in ductumpotest ut jam posuimus, quinariis mxiv : summa quæ inter caput et piscinam, et post pisci-nam intercidebat, quinariarum n millium, dcclxxxviii. Quod errore mensuræ fieri suspicarer , nisi invenissem ubi averterentur.
- LXVII. Marciæ in Commentariis adscriptus est modus quinariarum il millium clxii : ad caput mensus inveni quinariarum iv millia dclxxxx, ampliùs quam in commentariis est, quinariis n millibus dxxviii. Erogabantur, antequàm ad piscinam perveniret, quinariæ lxxxxv; et dabantur in adjutorium Tepulæ quinariæ lxxxxii ; item Anioni quinariæ clxiv; summa, quæ erogabatur ante piscinam, quinariæ cccu. Modus qui in piscinâ mensuris positis initur, cum eo qui circà piscinæ ductum eodem canali in arcus excipitur, efficit quinariarum n millia dccccxxxxiiii. Summa quæ aut erogatur ante piscinam, aut quæ in arcus recipitur, quinariarum m millium, cclxxxxv : ampliùs quam in conceptis commentariorum positum est, quinariis mcxxxiii ; miniis quam mensuræ ad caput actæ efficiunt, quinariis mcccxcv.
- Erogabat post piscinam quinarias mdcccxl; minus quam in Commentariis conceptionis significari diximus quinariis ccxxvii; miniis quam ex piscinâ in arcus recipiuntur, sunt quinariæ mciiii. Summa utraque, quæ intercidebat, aut inter caput et piscinam, aut post piscinam , quinariarum n millium cccclxxxxviiii, quas, sicut in cæteris, pluribus locis intercipi deprehendimus. Non enim eas cessare mani-festum est, et ex hoc quod ad caput præter eam mensuram, quam comprehendisse nos capacitate ductûs posuimus, effunduntur ampliùs ccc quinariæ.
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN.
- duc et le réservoir était de 1775 quinaires. Il s’en distribuait, après le réservoir, i348 quinaires, et en tout 169 quinaires de plus qu’il n’en était porté dans les registres, d’après ce que nous avons dit; et ioi4 de moins que le réservoir n’en peut fournir à l’aqueduc, ainsi que nous l’avons ci-dévant prouvé. La quantité totale qui se perdait entre la tête de l’aqueduc et le réservoir, depuis le réservoir montait à 2788 quinaires. J’aurais pu attribuer cette différence à une erreur de mesure, si je n’avais découvert où elles étaient détournées.
- LXVII. L’eau Marcia est portée dans les registres à 2162 quinaires; mais, en la mesurant à la tête de l’aqueduc, j’ai trouvé 4890 quinaires ; ce qui fait 2^28 quinaires de plus qu’il n’est marqué sur les registres. Avant d’arriver au réservoir, il s’en distribuait 95 quinaires , de plus 92 quinaires qui étaient donnés en supplément à laTépula, et 164 quinaires pour l’Anio. De sorte que la totalité des eaux qui se distribuaient avant le réservoir, était de 351. La quantité qui arrive au réservoir, d’après les mesures qui sont posées, jointe à celle que reçoit le canal depuis le réservoir jusqua l’endroit où ce même canal est élevé sur des arcades, est de 2944 quinaires. La somme des eaux tant distribuées avant le réservoir, que reçues dans l’aqueduc en arcades, était de 3295 quinaires; ce qui fait 1133 quinaires de plus qu’il n’est porté dans les registres, et 1395 de moins que la mesure trouvée à la tête de l’aqueduc.
- Après le réservoir, on en distribuait i84o quinaires; c’est-à-dire 227 quinaires de moins qu’il n’est porté dans les registres, et iio4 aussi de moins que le réservoir n’en fournit à l’aqueduc en arcades. Ainsi la totalité des eaux qui se perdaient, soit depuis la tête de l’aqueduc, jusqu’au réservoir, soit depuis le réservoir, était de 2499 quinaires, qui étaient interceptés en plusieurs endroits que nous avons découverts, comme dans les autres aqueducs. Car il est évident que l’on ne peut attribuer cette perte à la diminution de la source, puisque, outre la mesure que nous avons constatée, que peut contenir l’aqueduc, il s’en répand plus de 3oo quinaires.
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- LXVIII. Tepulæ in commentariis adscriptus est modus quinaria-rum cccc. Hujus aquæ fontes nulli sunt : venis quibusdam constabat, quæ interceptæ sunt in Juliâ. Caput ergo ejus observandum est à piscinâ Juliæ ; ex eâ enim primùm accipit quinarias clxxxx; deindè statim ex Marciâ quinarias lxxxxii; prætereà ex Anione novo ad hortos Epaphroditianos quinarias clxiii. Fiunt omnes quinariæ ccccxxxxv; ampliiis, quam in Commentariis, quinariis xxxxv, quæ in erogatione comparent.
- LXIX. Juliæ in Commentariis adscriptus est modus quinariaruin dcxxxxlx. Ad caput mensura iniri non potuit, quoniam ex plu-ribus acquisitionibus constat ; sed ad vi ab urbe milliarium universa in piscinam recipitur, ubi modus ejus manifestis mensuris efficit quinarias mccvi : ampliùs quam in Commentariis quinariis dlvii. Prætereà accepit propè urbem, post hortos Pallantianos, ex Claudia quinarias clxii. Est omne Juliæ in acceptis quinariæ mccclxviii : ex eo dat in Tepulam quinarias clxxxx; ërogat suo nomine dccciii. Fiunt, quas erogat, quinariæ dcccclxxxxiii : ampliiis, quam in commentariis, habet quinarias cccxxxxim ; miniis, quam in piscinâ habere posuimus, ccxm; quas ipsas, apud eos, qui sine beneficiis principis usurpabant, depreliendimus.
- LXX. Virgini in commentariis adscriptus est modus quinariarum dcclii minus. Mensura ad caput inveniri non potuit, quoniam ex pluribus acquisitionibus constat, et leniore rivo intrat; propè urbem tamen ad milliarium vu in agro, qui nunc est Cesonii Commodi, ubi velociorem sanè cursum habet, mensuram egi, quæ efficit quinariarum il millia diiii : ampliiis, quam in Commentariis, quinariis mdcclii. Omnibus approbatio nostra expeditissima est. Erogat enfin omnes, quas mensurâ deprehendimus, id est duo millia diiii.
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. 67
- LXVIII. L’eau Tépula est portée dams les registres à 4oo quinaires. Cette eau ne provient d’aucune source, mais de quelques veines interceptées de la Julia. Il est donc à propos de remarquer que son origine vient du réservoir de la Julia, dont elle reçoit d’abord 190 quinaires, et bientôt après 92 de la Marcia, et enfin 163 quinaires de l’Anio neuf, auprès des jardins d’Epaphrodite ; ce qui fait en tout 446 quinaires; c’est-à-dire 46 quinaires de plus qu’il n’est porté aux registres, mais qui se retrouvent dans la distribution.
- LXIX. L’eau Julia est portée dans les registres pour 649 quinaires. Je n’ai pas pu la mesurer à la tête de l’aqueduc, parce qu’elle se compose de plusieurs eaux recueillies ; mais la totalité de ces eaux vient se rendre dans un réservoir situé auprès du sixième milliaire, ou son volume, constaté par des mesures apparentes, se trouve de 1206 quinaires, c’est-à-dire 55y de plus que dans les registres. Outre cette quantité, la Julia reçoit auprès de la ville, après les jardins de Pallante, 162 quinaires de l’eau Claudia. Ainsi toute l’eau reçue dans l’aqueduc de l’eau Julia monte à 1368 quinaires : de cette quantité, il en passe dans l’aqueduc de l’eau Tépula 190 quinaires ; il s’en distribue, sous le nom de Julia, 8o3 quinaires, et en tout 993; c’est-à-dire 344 de plus qu’il n’est porté aux registres, et 2i3 de moins que la quantité constatée au réservoir. Nous avons découvert ces 2i3 quinaires chez ceux qui les avaient usurpés, sans la permission du prince.
- LXX. L’eau Vierge est portée dans les registres à 752 quinaires. Il ne m’a pas été possible de la mesurer à la tête de l’aqueduc, parce qu’elle est formée de la réunion de plusieurs eaux recueillies et reçues dans un canal où elle coule très-lentement; cependant auprès de la ville, vers le septième milliaire, dans un champ qui appartient aujourd’hui à Césonius-Commode, où elle a un cours plus rapide, l’ayant mesuré, j’ai trouvé qu’elle fournissait 2Ôo4 quinaires, ce qui fait 1752 de plus qu’il n’est marqué dans les registres. Cette quan-
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- S. J. FRONTINÏ COMMENTARIUS.
- LXXI. Alsietinæ conceptionis modus nec in Commentariis ad-scriptus est, nec in re præsenti certus inveniri potuit; cum ex lacu Alsietino, et deindè circà carejas ex Sabatino, quantum aquarii tem-peraverunt, habeat. Alsietina erogat quinarias ccclxxxxii.
- LXXII. Claudia, abundantior aliis, maxime injuriæ exposita est. In commentariis habet non plus quinariis n millibus dccclv : cùm ad caput invenerim quinariarum iv millia dcvii; ampliiis quam in Commentariis mdcclii. Adeo autem nostra certior est mensura, ut ad vu ab urbe milliarium, in piscinâ, ubi indubitatæ mensuræ sunt, inveniamus quinarias ni millia cccxii; plus quàm in Commentariis cccclvii : quamvis et ex benefîciis antè piscinam eroget, etplurimùm subtrahi deprehenderimus, ideoque minus inveniatur, quam reverà esse debeat quinariis mcclxxxxv. Et circà erogationem fraus apparet, quæ neque ad Commentariorum fidem, neque ad eas, quas ad caput egimus mensuras, neque ad illas saltem ad piscinam, post tôt injurias convenit. Solæ enim quinariæ mdccl erogantur : minus, quam commentariorum ratio dat, quinariis mcv; minus autem, quam mensuræ ad caput factæ demonstraverunt, quinariis h millibus dccclvii; minus etiam, quam in piscinâ invenitur, quinariis mdlxii. Ideoque cum sincera in urbem proprio rivo perveniret, in urbe miscebatur cum Anione novo, ut confusione facta, et conceptio earum, et ero-gatio esset obscurior.
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. 69
- tité peut être facilement vérifiée par tout le monde , car la distribution donne autant que les mesures prises, c’est-à-dire a5o4 quinaires.
- LXXI. La quantité de l’eau Alsietina, prise à son origine, n’est pas consignée dans les registres, et je n’ai pas pu, jusqu’à présent, la constater d’une manière certaine, parce que cette eau, mêlée par les fontainiers, provient en partie du lac Alsietinum, et en partie de de celui appelé Sabatinum, aux environs de Carejas. L’Alsiétina distribue 392 quinaires.
- LXXII. L’eau Claudia, plus abondante que les autres, est beaucoup plus exposée à la fraude : elle n’est portée dans les registres que pour 2855 quinaires, tandis que j’en ai trouvé 4607 en la mesurant à la tête des aqueducs; ce qui fait 175a. quinaires de plus qu’il n’est porté dans les registres. Mais la quantité que nous avons trouvée dans le réservoir situé vers le septième milliaire, est encore bien plus certaine, parce que les mesures y sont évidentes. Cette quantité est de 3312 quinaires, c’est-à-dire 4^7 de plus que dans les registres. Quoiqu’il s’en distribue avant le réservoir plusieurs quinaires par la libéralité de Y empereur, et que nous ayons découvert qu’il s’en détournait un plus grand nombre, il est étonnant qu’on en trouve 1295 quinaires de moins qu’il ne doit s’en trouver réellement. Quant à la distribution, la fraude paraît en ce qu’elle ne s’accorde ni avec la quantité portée sur les registres, ni avec celle que nous avons trouvée à la tête des aqueducs, ni enfin avec la quantité qui arrive au réservoir après tout ce qui en est détourné : car il ne se distrfliue que 1760 quinaires ; ce qui fait 1 io5 de moins qu’il n’est porté dans les registres, et 2857 de moins que ne donne la mesure prise à la tête de l’aqueduc, et enfin 1662 quinaires de moins qu’il ne s’en trouve au réservoir. C’est pourquoi, bien que cette eau arrivât pure à Rome dans son propre canal, les fontainiers la
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- Quod si qui forte me acquisitionum mensuris blandiri putant, ad-monendisunt; adeo Curtium, et Cœrulum fontes, aquæ Claudiæ suf-ficere ad præstandas ductui suo quinarias, quas significavi iv millia dcvii, ut prætereà mdc effundantur. Nec eo inficias, quin eæ quæ superfluunt non sint propriè horum fontium : capiuntur enim ex Augustâ quæ inventa in Marciæ supplementum, diim ilia non indi-get, adjicitur fontibus Claudiæ, quamvis ne hujus quidem ductus omnem aquam recipiat.
- LXXIII. Anio novus in Commentariis habere ponebatur quinarias iii millia cclxjii. Mensus ad caput reperi quinarias iv millia dccxxxviii; ampliùs, quam in conceptis Commentariorum est, qui-nariis wcccclxxv : quarum acquisitionem non avide me amplecti, quo alio modo manifestiùs probem, quam quod in erogatione ipso-rum Commentariorum major pars earum continetur? Erogantur enim quinariarum iv millia ccxi, cum alioquin in eisdem Commentariis inveniatur conceptio non ampliùs, quam iii millium cclxiii. Prætereà intercipi non tantum dxxvïi, quæ inter mensuras nostras et erogatio-nem intersunt, sed longe ampliorem modum deprehendi ; ex quo apparet, etiam exuberare comprehensam à nobis men^suram. Cujus rei ratio est, quod vis aquæ rapacior, ut ex largo et celeri flumine excepta, velocitate ipsâ ampliat modum, ^
- LXXIV. Non dubito aliquos annotaturos quod longe major copia actis mensuris inventa sit, quam erat in commentariis principum ;
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. 71
- mêlaient avec l’Anio-neuf, de manière que, de ce mélange, il résultait que la quantité de chacune et la distribution devenaient plus embrouillées.
- Mais si, par hasard, quelqu’un croyait être en droit de me blâmer de ce que j’ai compris dans mon évaluation les eaux recueillies, il est bon de l’avertir que les sources désignées sous les noms de Cœ-rulea et de Curtia, suffisent seules pour amener à l’aqueduc de l’eau Claudia les 4607 quinaires dont j’ai fait mention, et en outre un superflu de i5oo quinaires qui se répand hors de l’aqueduc. On ne peut pas nier que les eaux qui s’écoulent ne proviennent réellement des mêmes sources, car elles sont tirées de l’Augusta, destinée à venir au secours de la Marcia; ce qui n’empêche point que, lorsque celle-ci peut se suffire, l’eau Augusta ne serve de même pour la Claudia, quoique ce soit le même conduit qui la fournisse.
- LXXIII. L’Anio-neuf n’est porté dans les registres qu’à 3263 quinaires; cependant, en le mesurant à la tête de l’aqueduc, j’en ai trouvé 4738, ce qui fait ^5 quinaires de plus que dans les registres. Je n’ai point cherché à exagérer ce surplus; je vais encore le prouver d’une manière plus évidente par ces mêmes registres, où la distribution de la majeure partie de ces eaux se trouve portée. Car on trouve, d’une part, qu’il se distribue few quinaires, tandis que, d’une autre part, on voit que la prise d’eau n’est que de 3263. Outre cela, il en est intercepté non-seulement 527 quinaires, qui forment la différence entre les mesures prises par nous, et la distribution, mais une bien plus grande quantité que j’ai découverte ; d’où il résulte que la quantité que nous avons trouvée, bien loin d’être trop forte, aurait besoin d’être augmentée. La raison de cela est que la force de l’eau fait qu’il s’en débite davantage par la vitesse quelle acquiert, comme si elle sortait d’un fleuve large et rapide.
- LXXIV. On remarquera sans doute que, d’après nos mesures, on trouve une quantité d’eau beaucoup plus considérable que celle
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- S. J. FRONTINI COM M E N TARI U S.
- HZ J
- cujus rei caussa esterror eorum, qui ab initio parùm diligenter unius-cujusque fecere æstimationem. Ac ne metu æstatis , aut siccitatum in tantiim à veritate eos recessisse credam, obstant. ....... quod
- ipsis......mensuris Julio mense banc uniuscujusque copiam, quæ
- supra scripta est, totâ deinceps æstate durantem exploravi. Quæcum-que tamen est caussa, quæ præcedit; illud utique detegitur, x mi Ilia quinariarum intercidisse : dùm bénéficia sua principes secundum modum Commentariis adscriptum tempérant.
- LXXV. Sequens diversitas est, quod abus modus concipitur ad capita, alius nec exiguo minor in piscinis, minimus deindè dis tri -butione continetur. Cujus rei caussa est fraus aquariorum , quos aquas ex ductibus publicis in privatorum usum derivare deprehen-dimus. Sed et plerique possessorum, e quorum agris aqua circum-ducitur, indè formas rivorum perforant; undè fit, ut ductus publici hominibus privatis vel ad hortorum usum itinera suspendant.
- LXXVI. Ac de vitiis ejusmodi nec plura, nec meliora dici possunt, quàm àCœlioRufo dicta sunt in eâconcione, cui litulus est, de aquis. Quæ nunc nos omnia, simili licentiâ usurpatâ, utinam non per offensas probaremus : irriguos agros, tabernas, cœnacula etiam, corruptelas denique omnes perpetuis salientibus instructas invenimus. Nam quod falsiâ titulis aliæ pro aliis aquæ erogabantur, etiam sunt leviora cæteris vitia. Inter ea tamen quæ emendationem videbantur exigere, numerandum est, quod ferè circà montem Cœlium, et Aventinum ac-cidit; qui colles, priusquàm Claudia perduceretur, utebantur Marciâ
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- portée dans les registres de l’état. Mais il faut observer que cette erreur provient de ceux qui, dans l’origine, ont fait l’évaluation de chacune de ces eaux avec peu d’exactitude. Je ne croirai même pas que ce soit par la crainte des sécheresses de l’été, qu’ils se sont si fort éloignés de la vérité : car mes expériences s’y opposent, puisque la quantité de chacune des eaux, qui a été ci-devant rapportée, résulte des mesures prises dans le mois de juillet, et successivement pendant tout le reste de l’été. Mais enfin, de quelque cause que provienne l’erreur, il n’est pas moins vrai qu’on a découvert dix mille quinaires d’eau qui se perdaient, et que c’est toujours d’après les registres que les empereurs modifient leurs libéralités.
- LXXV. Il y a dans la mesure des eaux cette différence, c’est que le volume qui arrive à la tête de l’aqueduc, n’est jamais le même que celui qui parvient au réservoir, lequel se trouve toujours moindre et encore plus petit dans la distribution ; ce qui provient de la fraude des fontainiers, que nous avons surpris à détourner les eaux des aqueducs pour l’usage des particuliers. De plus, la plupart des propriétaires des champs voisins des aqueducs percent les canaux : de là vient que les eaux destinées au public sont détournées pour l’usage de quelques particuliers, et qu’elles se trouvent arrêtées dans leur cours pour arroser des jardins.
- LXXVI. A l’égard de toutes les fraudes qui se commettent en ce genre, on ne peut rien dire de plus, ni de mieux que ce qui a été rapporté par Cœlius Rufus, dans le discours sur les eaux, qu’ila prononcé devant le peuple. Il serait bien à desirer que nous nç fussions pas dans le cas de prouver, sans citer personne, tout ce qui est encore usurpé à présent par de semblables licences. Nous avons trouvé des eaux interceptées pour arroser des champs, pour alimenter des tavernes, des salles de festins, et enfin des lieux de débauche : car, quant à celles qui se distribuent sous de faux titres, ou les unes
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
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- et Juliâ : sed postquam Nero imperator Claudiam, opéré arcuato altiîis exceptam, usque ad templum divi Claudii perduxit, ut indè distribueretur, priores non ampliatæ sed omissæ sunt. Nulla enim castella adjecit, sed iisdem usus est quorum, quamvis mutatâ aquâ, vêtus appellatio mansit.
- LXXVII. Satis jàm de modo cujusque, et veluti nova quadam ac-quisitione aquarum, et fraudibus, et vitiis, quæ circà eas erant, dic-tum est : superest ut erogationem, quam confectam, et (ut sic dicam) in massam invenimus, immo etiam falsis nominibus positam, per nomina aquarum, uti quæque se habet, et per regiones urbis dige-ramus. Cujus comprehensionem scio non jejunam tantum, sed etiam perplexam videri posse : ponemus tamen quam brevissimè, ne quid velut formulæ officii desit iis, quibus sufficiet cognovisse summa, licebit transire leviora.
- LXXVIII. Ut ergo distributio quinariarum xiv millium x et vm,
- ita et... *....quia omnes quæ ex quibusdam aquis in adjutonum
- aliarum dantur; et bis in speciem erogationis cadunt, semel in com-putationem veniunt.
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- pour les autres, ce ne sont que de légers abus auprès de ceux dont nous venons de parler. Cependant, entre les abus qui paraissaient exiger une plus prompte reforme, il faut citer celui qui avait presque toujours eu lieu aux environs des monts Cœlius et Aven tin : ces collines, avant qu’on y conduisît la Claudia, faisaient usage de laMarcia et de la Julia ; mais, après que l’empereur Néron eut amené la Claudia, par un aqueduc en arcades très-élevées, jusqu’au temple de Claude, pour que de là elle fut distribuée, les premières eaux ne se trouvèrent point augmentées, mais perdues. Il ne fit point construire de nouveaux châteaux pour recevoir la Claudia, il se servit des anciens qui conservèrent leur nom, quoiqu’ils ne reçussent plus la même eau. ^
- LXXVII. Nous avons assez parlé des abus et des fraudes, ainsi que de la quantité d’eau recouvrée, que l’on peut regarder comme une nouvelle acquisition; il nous reste à exposer comment se faisait la distribution, que nous n’avons, pour ainsi dire, trouvée qu’en masse et même inscrite sous de faux noms. Nous allons parler de chacune de ces eaux séparément, et indiquer la quantité qu’elle fournit, et les quartiers de la ville ou elles se distribuent. Je conviens que cette énumération pourra paraître non - seulement ennuyeuse, mais encore difficile à comprendre. Cependant nous la ferons le plus brièvement qu’il nous sera possible, pour servir de renseignement aux employés de cette administration ; quant à ceux à qui il suffit de connaître le résultat, ils pourront passer plus légèrement sur les détails.
- LXXVIII. Mais, comme le résultat des produits des aqueducs ci-devant indiqué, surpasse celui des i4oi8 quinaires inscrit dans les registres : on pourrait croire que cela vient de ce que les eaux qui viennent en supplément de quelques-unes se trouvent comptées deux fois dans la distribution, et une seule dans le compte général. Nous allons en donner le détail.
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- Ex his dividuntur extrà urbem quinariarum iv millia lxiii : ex quibus nomine Cæsaris quinariæ mdccxviIi ; privatis quinariarum 11 millia cccxxxxv. Reliquæ intrà urbem ix millia dcccclv distribue-bantur in castella ccxlvii : quibus erogabantur, sub nomine Cæsaris, quinariæ mdccvii semis; privatis, quinariarum m millia dcccxlvii; usibus publicis, quinariarum iv millia cccci : ex eo castris x et ix quinariæ cclxxix; operibus publicis lxxxxv, quinariarum n millia cccci; muneribus xxxix; quinariæ ccclxxxvi; lacubus dlxxxxi, quinariæ MCCCXXXV.
- Sed et hæc ipsa dispensatio per nomina aquarum et regiones urbis partienda est.
- LXXIX. Ex quinariis ergo xiv millibus x et vm, quam summam erogationibus omnium aquarum seposuimus , dantur nomine Appiæ extrà urbem quinariæ tantummodo v, quoniam humilior oritur ; et à rnetitoribus reliquæ quinariæ, dclxxxxix ; intrà urbem dividebantur per regiones 11, vm, ix, xi, xii, xm, xiv, in castella xx : ex quibus, nomine Cæsaris, quinariæ eu; privatis, quinariæ clxxxxiiii; publicis, quinariæ cccliv : ex eo, castris, 1, quinariæ m; operibus publicis, xiv, quinariæ exxm ; muneri 1, quinariæ 11; lacübus lxxxxii, quinariæ ccxxvi.
- (1) Dans le total des gg55 quinaires qui restaient, Frontin a négligé la demie, ainsi qu’il l’a fait dans plusieurs autres calculs.
- (a) Voyez l’art. LXV.
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. 77
- De toutes ces eaux il s’en distribue, hors de la ville, 4<>63 quinaires, dont, au nom de César, 1718, et 2345 aux particuliers. Les 9955 quinaires (1) qui restaient étaient distribués dans l’intérieur de la ville, au moyen de 247 châteaux-d’eau, desquels il se distribuait,
- savoir :
- Au nom de César................................................... I7°7 7 quinaires.
- Aux particuliers.................................................. 3847
- Aux usages publics............................................ 44°1
- Total............. 9955 7
- dont, pour les ixe et xe camps, 279 quinaires; pour 95 établissements publics, 2401 quinaires; pour 39 spectacles, 386 quinaires; pour 591 pièces d’eau , 1335 quinaires.
- Il s’agit maintenant de distinguer, dans cette dispensation générale des eaux, celles qui sont fournies par chaque aqueduc particulier, et d’indiquer les quartiers de la ville dans lesquels elles se distribuent.
- LXXIX. Des i4oi8 quinaires auxquels nous avons fait voir que se portaient toutes les distributions, on comptait, pour celles qui se distribuaient hors la ville, sous le nom de Y eau Appia, cinq quinaires seulement, parce qu’à sa naissance, elle est la plus basse de toutes. Les 699 quinaires restants étaient distribués dans la ville, par les mesureurs publics, dans les quartiers, 11, vm, ix, xi, xn, xiii et xiv, au moyen de vingt châteaux-d’eau. Il s’en distribuait :
- Au nom de César..................................................... i5i quinaires.
- Aux particuliers.................................................... xg4
- Pour les travaux publics.............................................. 354
- Total............. 699 (a)
- Sur cette dernière quantité, il s’en distribuait :
- Pour un camp............................................................ 3 quinaires.
- ~ Pour 14 établissements publics........................................ I23
- Pour un théâtre......................................................... 2
- Pour 92 pièces d’eau................................................. 226
- Total
- 354
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
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- LXXX. Anionis veteris erogabantur extra urbem, nomine Cæsaris, quinariæ civ; privatis, quinariæ cccciv : reliquæ quinariæ mcii, semis, intrà urbem dividebantur per regiones 1, m, iv, y, vi, vu, vin, ix, xii, xiv, in castella xxxv : ex quibus, nomine Cæsaris, quinariæ lx; usibus privatis, quinariæ cccclxxxx ; publicis, quinariæ dlii : ex eo çastris 1, quinariæ l; operibus publicis xix, quinariæ clxxxxvi; muneribus ix, quinariæ lxxxviii ; lacubus lxxxxiv, quinariæ ccxviii.
- LXXXI. Marciæ erogabantur extra urbem, nomine Cæsaris, quinariæ cclxix ; privatis, dlxviii : reliquæ quinariæ mlxxxxviii intrà urbem dividebantur per regiones 1, m, iv, v, vi, vu, vm, ix, x, xiv, in castella li : ex quibus, nomine Cæsaris, quinariæ cxvi ; privatis, quinariæ dxliii; usibus publicis} quinariæ ccccxxxix; castris iv, quinariæ xli ; operibus publicis xv, quinariæ xli; muneribus xn, quinariæ civ; lacubus cxiii, quinariæ ccliii.
- (1) Voyez l’art. LXVI.
- (a) Voyez l’art. LXVII.
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. 79
- LXXX. L’aqueduc de l’Anio-vieux fournissait, hors la ville :
- Au nom de César..................................*............ 104 quinaires.
- Aux particuliers.............................................. 4o4
- Total.......... 508
- Le surplus, montant à 1102 \ quinaires, était distribué dans l’intérieur de la ville , dans les quartiers 1, m, iv, v, vi, vu, vm, ix, xii et xiv, au moyen de 35 châteaux-d’eau ; savoir :
- Au nom de César.................................................... 60 quinaires.
- Aux particuliers.................................................. 49°
- Pour les travaux publics.................•.................... 552
- Total........... 1102 (1)
- De cette dernière quantité :
- Pour un camp....................................................... 5o quinaires.
- Pour 18 établissements publics................................... 1 96
- Pour 9 spectacles................................................. 88
- Pour 94 pièces d’eau.............................................. 218
- _ Total........ 552
- *
- LXXXI. L’aqueduc de l’eau Marcia distribuait, hors la ville, savoir :
- Au nom de César............................................... 269 quinaires.
- Aux particuliers.................................................. 568
- Total........... 83 j
- Le surplus, montant à 1098 quinaires, se distribuait dans l’intérieur de la ville, dans les quartiers 1, ni, iv, v, vi, vii, vin, ix, x et xiv, au moyen de 5i châteaux-d’eau; savoir :
- Au nom de César............................................... 116 quinaires.
- Aux particuliers.................................................. 543
- Aux usages publics................................................ 439
- Total........... 1098 (2)
- Sur cette dernière quantité, il s’en distribuait :
- Pour 4 camps...........................................'...... 41 quinaires.
- Pour i5 établissements publics................................... 41
- Pour 12 spectacles................................................ 104
- Pour ii3 pièces d’eau............................................. 253
- Total. ........ 4^9
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- LXXXII. Tepulæ erogabantur extra urbem, nomine Cæsaris, qui-nariæ lviii ; privatis, lvi : reliquæ quinariæ cccxxxi, intrà urbem dividebantur per regiones iv, v, vi, vii , in castella xiv : ex quibus, nomine Cæsaris, quinariæ xxxiv; privatis, quinariæ ccxlvii; usibus publicis, quinariæ l : ex eo castris i, quinariæ xn ; operibus publiais iii, quinariæ vii; lacubus xm, quinariæ xxxi.
- LXXXIII. Juliæ fluebant, ^2xtrà urbem, nomine Cæsaris, quinariæ lxxxv ; privatis, quinariæ cxxi : reliquæ quinariæ dlxxxxvii intrà urbem dividebantur per regiones n, iii, v, vi, vm, x, xii, in castella xvii : ex quibus, nomine Cæsaris, quinariæ xvm ; privatis, clxxxxvi; usibus publicis, quinariæ ccclxxxiii : ex eo castris iii , quinariæ lxix; operibus publicis x, quinariæ clxxxii; muneribus iii, quinariæ lxvii; lacubus, xxvm, quinariæ lxv.
- (i) Voyez l’art. LXVIII.
- (a) Voyez l’art. LXIX.
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. 81
- LXXXII. L’aqueduc de l’eau Tepula distribuait, hors de la ville,
- Au nom de César................................................ 58 quinaires.
- Aux particuliers................................................ 56
- Total.......... Ix4
- Le surplus, montant à 331 quinaires, se distribuait à l’inte'rieur de la ville, dans les quartiers iv, v, vi, vu®, au moyen de i4 châ-teaux-d’eau, dont :
- Au nom de César.................................................. 34 quinaires.
- Aux particuliers................................................ 247
- Pour les besoins publics........................................ 5o
- Total........ 331 (1)
- Des derniers 5o quinaires, il s’en distribuait :
- Pour un camp..................................................... 12 quinaires.
- Pour 3 établissements publics................................... 7
- Pour z 3 pièces d’eau............................................ 3i
- Total........... 5o
- LXXXIII. L’aqueduc de l’eau Julia fournissait hors de la ville; savoir :
- Au nom de César.................................................. 85 quinaires.
- Et pour les particuliers........................................ 121
- Total.......... 206
- Le surplus, montant à quinaires, e'tait distribue' à l’inte'rieur de la ville, dans les quartiers n, m, v, vi, vin, x et xne, au moyen de 17 châteaux-d’eau, dont :
- Au nom de César.................................................. 18 quinaires.
- Aux particuliers................................................ 196
- Pour les besoins publics...................................... 383
- Total.......... 597 (2)
- Des 383 derniers quinaires, il s’en distribuait :
- Pour 3 camps..................................................... 6g quinaires.
- Pour 10 établissemens publics................................... 182
- Pour 3 spectacles................................................ 67
- Pour 28 pièces d’eau............................................. 65
- Total........' * 383
- il
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- $2 S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- LXXXIV. Virginis nomine exibant extra urbem quinariæ cc : re-liquæ quinariæ n miilia ccciv intrà urbem dividebantur per regiones vii, ix, xiv in castella xvm : ex quibus, nomine Cæsaris, quinariæ dxlviiii; privatis, quinariæ cccxxxviii; usibus püblicis, mccccxvii: ex eo muneribus n, quinariæ xxvi; lacubus xxv, quinariæ lxi; ope-ribus püblicis xvi, quinariæ mcccxxx : in quibus per se Euripo, cui ipsa nomen dédit, quinariæ cccclx.
- LXXXV. Alsietinæ quinariæ ccclxxxxii. Hæc tota extra urbem consumitur : nomine Cæsaris, quinariæ ccliv; privatis, quinariæ
- CXXXVI1I.
- LXXXVI. Claudia et Anio novus extra urbem proprio quæque rivo erogabantur ; intrà urbem confundebantur. Et Claudia quidem extra urbem dabat : nomine Cæsaris, quinarias ccxvn ; privatis, quinarias ccccxxxix. Anio novus, nomine Cæsaris, dccxxxi; privatis, ccccxiv : reliquæ utriusque quinariæ m miilia dcccxxiv intrà urbem dividebantur per regiones urbis xiv, in castella lxxxxii : ex quibus, nomine Cæsaris, quinariæ dcclxxix; privatis, quinariæ mdcccxxxix; usibus püblicis, quinariæ mccvi : ex eo castris ix , quinariæ civ;
- (1) Voyez l’art. LXX.
- (2) Il est probable que, par le mot Euripe, Frontin a -voulu désigner un canal d’eau courante placé au-devant des gradins d’un cirque , qui devait être celui de Flaminius, situé dans la ix° région.
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- COMMENTAIRE DE S. J. F R ON T IN.
- LXXXIV. L’aqueduc de l’eau Vierge fournissait hors de la ville 200 quinaires; le surplus, montant à 23o4, se distribuait, a l’inté-rieur de la ville, dans les quartiers vu, ix et xive, au moyen de
- 18 châteaux-d’eau ; savoir :
- Au nom de César.................................................. 549 quinaires.
- Aux particuliers.................................... ......... 338
- Pour les besoins publics........................................ 1417
- Total.......... a3o4 (1)
- Des 1417 quinaires, il s’en distribuait,
- Pour deux spectacles.............................................. 26 quinaires.
- Pour 25 pièces d’eau.............................................. 61
- Et pour 16 établissements publics.............................. i33o
- Total.......... 1417
- Dans cette quantité sont compris 4^o quinaires pour XEuripe. (2)
- LXXXV. L’aqueduc de l’eau Alsietina fournit 392 quinaires. Toute cette quantité se distribue hors de la ville ; savoir :
- Au nom de César. ..................................................... 254 quinaires.
- Et aux particuliers................................................... i38
- Total............ 392 (3)
- LXXXVI. La Claudia et le nouvel Anio étaient distribués hors de la ville, chacun par leur canal particulier; à l’intérieur ils étaient réunis. Ainsi la Claudia fournissait, hors de la ville,
- Au nom de César.................................................... 217 quinaires.
- Et aux particuliers.............................................. 4^9
- Total............ 656
- Le nouvel Anio en distribuait,
- Au nom de César.................................................. 731 quinaires.
- Et aux particuliers................................................ 414
- ' Total........ ii45
- (3) Voyez l’art. LXXI.
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
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- operibus publicis xvm, quinariæ dxxii; muneribus xii , quinariæ lxxxxviiii; lacubus ccxxvi, quinariæ cccclxxxi.
- LXXXVII. Hæc copia aquarum, ad Nervam imperatorem usque computata ad hune modum describebatur. Nunc providentiâ dili-gentissimi principis, quidquid aut fraudibus aquariorum interci-piebatur , aut inertiâ pervertebat, quasi nova inventione fontium aderevit, ac propè publicata ubertas est. Tùm et sedulâ deindè parti-tione distributa, ut regionibus quibus singulæ serviebant aquæ plures darentur ; tanquam Cælio et Aventino, in quos sola Claudia per arcus Neronianos ducebatur. Quo fiebat ut, quoties refectio aliqua intervenisset, celeberrimi colles sitirent, quibus nunc plures aquæ, et imprimis Marcia reddita amplo opéré, à Cælio in Aventi-num usque perducitur. Atque etiam omni parte urbis lacus tàm novi quàm veteres, plerique binos salientes diversarum aquarum acce-perunt ; ut si casus alterutram impedisset, alterâ sufficiente non de-stitueretur usus.
- LXXXVIII. Sentit hanc curam imperatoris piissimi Nervæ prin-
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. 85
- Le surplus de ces eaux, montant à 3824 quinaires, était distribué à l’intérieur de la ville, dans xiv quartiers, au moyen de 92 châ-
- teaux-d’eau ; savoir :
- Au nom de César................................................. 779 quinaires.
- Aux particuliers................................................ 183g
- Et pour les besoins publics..................................... 1206
- Total.......... 3824
- Des 1206 derniers quinaires, il s’en distribuait:
- Pour 9 camps...................................................... 104 quinaires.
- Pour 18 établissements publics.................................... 522
- Pour 12 spectacles................................................. 99
- Et pour 226 pièces d’eau........................................ 481
- Total.......... 1206
- LXXXVII. Telle a été jusqu’au temps de Nerva la manière dont cette grande quantité d’eau était comptée et inscrite dans les registres. Maintenant, par un effet de la prévoyance du prince le plus zélé pour le bien public, toutes les eaux interceptées par la fraude, ou qui se perdaient par négligence, étant recueillies, sont comme de nouvelles sources qui ont tout-à-coup procuré l’abondance. Ainsi, les eaux distribuées avec plus d’exactitude, ont permis d’augmenter de beaucoup la quantité affectée à chaque quartier ; particulièrement celles destinées aux monts Cælius et Aventin, dont les habitants ne recevaient que la seule eau Claudia par les arcs Néroniens : d’ou il arrivait que toutes les fois qu’il y avait quelques réparations à faire à cet aqueduc, l’on manquait d’eau sur ces célèbres collines, où l’on vient de conduire à grands frais plusieurs nouvelles eaux, sur-tout la Marcia, par un aqueduc considérable, qui va d’une colline à l’autre. On se ressentit aussi de cette abondance dans toutes les autres parties de la ville; les lacs ou réservoirs, tant anciens que nouveaux, reçurent pour la plupart deux cours d’eau, afin que si, par accident, l’un des deux était arrêté, le service ne fût pas interrompu.
- LXXXVIII. Rome jouit aujourd’hui de cette abondance par les
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- cipis sui regina et domina orbis in dies, quæ terrarum dea consistit, cui par nihil, et nihil secundum : et magis sentiet salubritas ejusdem æternæ urbis, aucto castelloruin, operum, munerum, et lacuum numéro; nec miniis ad privatos commodum ex incremento benefi-ciorum ejus diffunditur. Illi quoque, qui timidi illicitam aquam du-cebant, securi nunc ex beneficiis fruuntur. Ne pereuntes quidem aquæ otiosæ sunt : alia jàm munditiarum faciès, purior spiritus ; et caussæ gravioris cœli, quibus apud veteres urbis infamis aër fuit, sunt remotæ. Non præterit me deberi operi novæ erogationis ordinatio-nem : sed hæc cüm incremento adjunxerimus, intelligi oportet, non esse ea ponenda, nisi consummata fuerint.
- LXXXIX. Quid, quod nec hoc diligentiæ principis, quam exac-tissimam civibus suis præstat, sufficit, parùm præsidiis ac volupta-tibus nostris contulisse sese credentis, quod tantam copiam adjiciat, nisi eam ipsam sinceriorem jucundioremque faciat? Operæ pretium est ire per singula per quæ ille, occurrendo vitiis quorumdam, uni-versis adjecit utilitatem. Etenim quando civitas nostra, cum vel exigui imbres supervenerant, non turbulentas limosasque aquas ha-buit? Nec quia hoc universis ab origine naturæ est, aut quia istud incommodum sentire debeant quæ capiuntur ex fontibus , imprimis Marcia et Claudia ac reliquæ quarum splendor, à capite integer, nihil aut minimum pluviâ inquinatur, si putei exstructi objecti sint.
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- soins paternels de l’empereur Nerva son prince. Cette reine de l’univers, qui s’élève comme une divinité au-dessus de toutes les villes de la terre soumises à sa puissance; enfin, cette ville éternelle dont rien n’approche, et à qui rien ne peut être comparé, sentira encore mieux, par la suite, tout ce qu’il a fait pour lui procurer la salubrité, en augmentant le nombre des châteaux-d’eau, des lacs, des eaux destinées aux ouvrages publics, aux spectacles, comme aussi aux particuliers qui retirent le même avantage de ces bienfaits répandus par-tout. Ceux mêmes qui ne jouissaient qu’avec crainte d’une eau furtivement détournée, en jouiront actuellement par la faveur du prince. Les eaux qui se perdaient ne sont plus inutiles : déjà on jouit d’une plus grande propreté, d’un air plus pur, et les causes de l’intempérie qui chez les anciens faisait regarder l’air de la ville comme infâme, sont détruites. Je sais bien que j’aurais dû indiquer ici le détail des ouvrages pour la nouvelle distribution; mais nous ne l’avons pas fait, parce qu’il ne peut être bien connu que lorsque toutes les dispositions seront achevées.
- LXXXIX. Mais que dirons-nous, en voyant qu’il ne suffit point au zèle de Nerva, de nous préparer tant de nouvelles jouissances, et que ce prince, aussi généreux qu’attentif, croit avoir peu contribué à nos besoins et à nos plaisirs, en nous procurant une si grande abondance d’eau, s’il ne s’applique à la rendre plus pure et plus agréable? Il ne sera pas inutile de reconnaître, en détail, avec quel soin ce prince, tout en prévenant certains abus, a rendu par-tout les eaux plus utiles : car, après les moindres pluies, notre ville n’était-elle pas obligée de se servir d’eaux troubles et limoneuses ? Il ne faut pas croire cependant que ce soit un défaut naturel à toutes les eaux : car, si cela était, il se feraitaussi sentir à celles qui tirent leur origine des fontaines, sur-tout laMarcia, la Claudia, et autres, dont la limpidité est parfaite à leur source, qui ne sont pas,ou presque pas troublées par la pluie, si on dispose dans leur cours des puits où elles déposent ce qui aurait pu ternir leur pureté.
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- XC. Duæ Aniones minus permanent limpidæ : nam sumuntur ex flumine, ac sæpè etiam sereno turbantur; quoniamAnio, quam-vis purissimo defluens lacu, mobilibus tamen cedentibus ripis, au-fert aliquid quo turbetur, priusquam deveniat in rivos. Quod in-commodum non solùm hybernis ac vernis, sed æstivis imbribus sentit, quo tempore exit gratior aquarum sinceritas, et exigitur. Alter quidem ex his, id est Anio vêtus, cum plerumque librâ sit in-ferior, incommodum intrà se tenet.
- XCI. Novus autem Anio vitiabat cæteras : nam cum editissimus veniat, et imprimis abundans ; defectioni alîarum succurrit. Impe-ritia vero aquariorum, deducentium in alienos eum specus frequentiiis quàm explemento opus erat, etiam sufficientes aquas inquinabat, maxime Claudiam ; quæ, per multa millia passuum proprio ducta rivo, Romæ demùm cum Anione permixta, in hoc tempus perdebat proprietatem : adeoque obvenientibus non succurrebatur, ut pleræ-que accerserentur per imprudentiam non uti dignum erat aquas par-tientium : Marciam ipsam splendore et rigore gratissimam balneis, ac fullonibus, et relatu quoque fœdis ministeriis deprehendimus servientem.
- XCII. Omnes ergo discerni placuit,tàm singulas ità ordinari,ut in primis Marciapotui tota serviret, et deinceps reliquæ secundùm suam
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- XC. Les eaux fournies par les deux aqueducs de l’Anio sont celtes qui conservent le moins leur pureté, étant tirées d’un fleuve qui souvent est trouble dans les temps sereins, parce que l’Anio,‘quoique découlant d’un lac dont les eaux sont très-pures, a ses rives formées par des terres légères qui, en se détachant, fournissent toujours de quoi les troubler avant d’arriver aux endroits ou elles sont prises par les aqueducs. Cet inconvénient se fait sentir non-seulement en hiver et au printemps, mais après les pluies d’été, saison pendant laquelle la limpidité de l’eau est naturellement plus agréable, et mérite d’être conservée. L’un de ces aqueducs, c’est-à-dire celui de l’Anio-vieux, a toujours ses eaux troubles, parce qu’il les prend à un niveau moins élevé.
- XCI. Mais celui du nouvel Anio, qui est le plus élevé et sur-tout le plus abondant, altérait la pureté des autres eaux, lorsqu’il venait à leur secours dans les temps où elles ne pouvaient pas suffire. Ainsi, la maladresse des fontainiers faisait qu’en introduisant cette eau dans les autres aqueducs plus souvent qu’il n’était besoin, ils troublaient les autres par ce mélange, et sur-tout la Claudia, laquelle, après avoir coulé pendant plusieurs milles dans son propre canal, arrivait enfin à Rome mêlée avec l’Anio; ce qui dès-lors lui faisait perdre sa première qualité. Par-là, les eaux supplémentaires remplissaient mal leur véritable destination, puisque la plupart étaient amenées par l’imprévoyance de ceux qui étaient chargés de la distribution, qui n’y apportaient pas tous les soins convenables. Ce qui le prouve, c’est que nous avons découvert que la Marcia même, la plus agréable des eaux par sa limpidité et sa fraîcheur, était détournée pour l’usage des bains et des foulons, et, si l’on en croit certains rapports, pour les plus sales emplois.
- XCII. Tous ces abus déterminèrent l’empereur à classer les eaux de la manière suivante : la Marcia fut placée au premier rang et réservée
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- quæque qualitatern aptis usibus assignarentur, sicut Anio vêtus plu-ribus ex caussis quo interior excipitur minus salubris, in hortorum rigationem, atque in ipsius urbis sordidiora exiret ministeria.
- XCIII. Nee satis fuit principi nostro cæterarum restituisse copiam et gratiam, Anionis quoque novi vitia excludi posse vidit. Omisso enim flumine, repeti ex lacu qui est super villam Neronianam subla-censem, ubi limpidissima est, jussit. Nam cum oriatur Anio suprà Trebam Augustam, seu quia per saxosos montes decurrit, paucis circà ipsum oppidum objacentibus cultis, seu quia lacûs altitudine, in quo excipitur, velut defæcatur, imminentium quoque nemorum opacitate inumbratus, frigidissimus simul ac splendidissimus eo per-venit. Hæc tàm felix proprietas aquæ omnibus dotibus æquatura Marciam, copia vero superatura, veniet in locum deformis iilius ac turbidæ; novum authorem irnperatorem Cæsarem Nervam Trajanum Augustum, præscribente titulo.
- XCIV. Sequitur ut indicemus quod jus ducendæ, tuendæque sit aquæ ; quorum alterum ad cohibendos intrà modum impetrati bene-ficii privatos ; alterum ad ipsorum ductuum pertinet tutelam : in quibus dum altiùs repeto leges de singulis perlatas, quædam apud veteres aliter observa ta inveni.
- Apud antiquos omnis aqua in usus publicos erogabatur ; et cautum ità fuit : ne. quis. privatus. aliam. ducat, quam. quae. ex. lacu.
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- tout entière pour la boisson, et les autres furent ensuite assignées, chacune suivant sa qualité, aux usages auxquels elles étaient propres; ainsi le vieil Anio qui, par plusieurs causes, n’était pas assez salubre pour les usages intérieurs, fut destiné à l’arrosement des jardins et aux usages les plus sales de cette même ville.
- XCIII. Ce n’était pas assez pour notre prince d’avoir rétabli l’abondance et la pureté des principales eaux, il trouva qu’il était encore possible d’épurer le nouvel Anio ; c’est pourquoi il ordonna que cette eau, au lieu d’être prise dans le fleuve même, fût tirée du réservoir qui est au-dessus de la maison de plaisance de Néron appelée subla-censis où cette eau est extrêmement claire. Car le fleuve Anio prenant sa source au-dessus de Treba Augusta, ville autour de laquelle on trouve peu de terres cultivées, ses eaux s’épurent, soit en parcourant des montagnes pierreuses, soit en se reposant dans le réservoir élevé dans lequel elles sont reçues; et, comme pour y arriver elles sont ombragées par l’épaisseur des forêts quelles traversent, elles y parviennent avec une fraîcheur et une limpidité parfaites. Cette propriété si précieuse va procurer à la ville une eau égale en bonté à la Marcia et qui, outre cela, la surpassera par son abondance. La postérité apprendra par l’inscription, que Rome doit ce nouveau bienfait aux soins de l’empereur Nerva Trajan.
- XCIV. Nous allons actuellement indiquer les lois établies tant pour la conduite que pour l’administration des eaux; les unes ont pour objet de restreindre les particuliers à la juste mesure qui leur a été accordée; le motif des autres est d’assurer la conservation des aqueducs mêmes. En remontant à l’origine de ces lois, j’ai trouvé qu’il y en avait de particulières dont nos ancêtres s’étaient écartés en certains cas.
- Anciennement il ne se distribuait d’eau, que pour les besoins publics. Il fut fait à ce sujet une loi dont voici les propres termes :
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- humum. accedit. (hæc enim sunt verba legis), id est quæ ex laeu abundavit : eam nos caducam vocamus. Et hæc ipsa non in alium usum quam in balnearum aut fullonicarum dabatur; eratque vecti-galis statuta merces quæ in publico impenderetur; aliquid et in domos principum civitatis dabatur, concedentibus reliquis.
- XCV. Ad quem autem magistratum jus dandæ vendendæve aquæ pertinuerit, in iis ipsis legibus variatur. Interdùm enim ab ædilibus, interdùm à censoribus permissum invenio : sed apparet quotiens in republicâ censores erant, ab illis potissimùm petitum ; cum ii non erant, ædilium eam potestatem fuisse. Ex quo manifestum est quanto potior cura majoribus communium utilitatum, quam privatarurft vo-luptatum fuerit; cum etiam ea aqua, quam privati ducebant, ad usum publicum pertineret.
- XCVI. Tutelam autem singularum aquarum locari solitam invenio ; positamque redemptoribus neoessitatem certum numerum circà duc-tus extra urbem, certum in urbe servorum opificum habendi ; et qui-dem ità , ut nomina quoque eorum, quos habituri essent in minis-terio per quasque regiones,in tabulas publicas deferrent ; eorumque operum probandorum curam fuisse penes censores aliquando et ædiles ; interdùm etiam quæstoribus eam provinciam obvenisse, ut apparet ex S. C. quod factum est C. Licinio et Q Fabio coss.
- XCVII. Quantoperè autem curæ fuerit, ne quis violare ductus, aquamve non concessam derivare auderet ; cum ex multis apparere
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- Défenses sont faites à tous particuliers de détourner d’autre eau que celle qui tombe du réservoir a terre, c’est-à-dire celle qui s’écoule lorsqu’il est trop plein, et que nous appelons eau tombante. Cette même eau n’était cédée que pour l’usage des bains et des foulons ; on avait affermé, pour cela, un droit qui était versé dans le trésor public. Cependant une partie était accordée aux principaux citoyens de la ville, et le surplus aux concessionnaires.
- XCV. Ces mêmes lois varient sur le magistrat à qui appartenait le droit d’accorder ou de vendre les eaux; car je trouve que ce droit était attribué tantôt aux édiles et tantôt aux censeurs. Mais il paraît que toutes les fois qu’il y avait des censeurs dans la république, il était principalement revendiqué par eux, et lorsqu’il n’y avait pas de censeurs, ce pouvoir dépendait des édiles. Ce qui prouve évidemment combien nos ancêtres s’occupaient avec plus de zèle des besoins communs que du luxe des particuliers, c’est que l’eau même conduite par les particuliers, était destinée à l’usage public.
- XCVI. Quant à l’entretien des aqueducs de chacune de ces eaux, je trouve qu’il était ordinairement affermé, et que les fermiers publics étaient obligés d’avoir un certain nombre d’esclaves ouvriers employés aux aqueducs extérieurs et d’autres pour ceux de l’intérieur de la ville. Il fallait de plus, que le nom de chacun de ces ouvriers, l’ouvrage dont ils étaient chargés et le quartier où il devait être fait, fussent inscrits sur des tablettes publiques. Le soin d’approuver ces ouvrages, était confié tantôt aux censeurs, tantôt aux édiles, quelquefois même cette commission était donnée aux questeurs, comme il paraît par le sénatus - consulte qui fut fait sous le consulat de C. Licinius et Q. Fabius.
- XCVII. Mais, pour montrer jusqu’à quel point ils portaient leur surveillance pour empêcher que personne n’osât endommager les
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- potest, tum ex hoc, quod circus maximus ne diebus quidem ludo-rum Circensium, nisi ædilium aut censorum permissu, irrigabatur. Quod durasse etiam postquam res ad curatores transiit sub Augusto, apud Attejum Capitonem legimus. Agri vero, qui aquâ pubjicâ contra legem essent irrigati, publicabantur : mancipiorum etiam, si cum eo qui adversùs legem fecissent, multa dicebatur. In iisdem legibus adjectum est ità : ne. quis. àquam. oletato. dolo. malo. ubi. publicè.
- SALIET. SI. QUIS. OLETARIT. SESTERTIORUM X MILLIA. MULTA. ESTO. Ole-
- tato videtur esse olidam facito ; cujus rei caussâ ædiies curules jube-bantur per vicos singulos ex iis, qui in unoquoque vico habitarent, prædiave haberent, binos præficere quorum arbitratu aqua in pu-blico saliret.
- XCVIII. Primus M. Agrippa post ædilitatem quam gessit consu-laris, operum suorum et munerum velut, perpetuus curator fuit; qui jàm copia permittente, descripsit quid aquarum publicis operibus, quid lacubus, quid privatis daretur : habuit et familiam propriam, aquarum quæ tueretur ductus, atque castella et lacus. Hanc Augustus, hæreditate ab eo sibi relictam publicavit.
- XCIX. Post eum Q. AElio Tuberone, Paulo Fabio Maximo coss. in re, quæ usque in id tempus, quasi potestate acta, certo jure eguisset, senatûs-consulta facta sunt, ac lex promulgata. Augustus quoque
- (i) Dix mille sesterces, répondaient, à cette époque, à 1460francs.
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- aqueducs, ou en détourner l’eau qui ne leur était pas accordée, il suffit, entre autres, de dire qu’aux jours des jeux appelés Circenses, le grand cirque où ils se célébraient, ne pouvait etre arrosé que par les ordres des ediles ou des censeurs : nous lisons dans l’ouvrage d'Attejus Capiton, que cet usage dura jusqu’au temps d’Auguste, où ce soin fut confié aux administrateurs des eaux. Ainsi les champs qui, au mépris de la loi, étaient arrosés avec l’eau destinée au public, étaient confisqués. On prononçait même une amende contre les fermiers publics qui avaient favorisé cette contravention. Dans les mêmes lois on trouve encore que : Il est défendu a qui que ce soit de corrompre Veau qui coule pour le public ; si quelqu’un est convaincu de V avoir fait de dessein prémédité, quil soit condamné à dix mille sesterces (i) d’amende. Par le mot oletato, il faut entendre, communiquer une mauvaise odeur. Pour assurer l’exécution de cette loi, les édiles curules avaient ordonné d’établir dans chaque canton deux citoyens choisis parmi les habitants ou les propriétaires du lieu pour surveiller les eaux publiques.
- XCVIII. M. Agrippa, à la suite de l’édilité qu’il exerça après son consulat, fut chargé le premier de la surveillance perpétuelle des aqueducs, que l’on regardait comme ses propres ouvrages, les ayant fait rétablir à ses frais. Les eaux étant devenues abondantes, il fit le détail de la quantité qui serait employée aux ouvrages publics, pour les réservoirs, et combien il en serait distribué aux particuliers. Il établit à ses frais une famille d’esclaves pour la conservation des eaux, et l’entretien des aqueducs, des châteaux-d’eau et des réservoirs. Auguste ayant hérité de cette famille, la céda au public.
- XCIX. Après lui, sous le consulat de Q. AElius Tubéron et de Paulus Fabius Maximus, l’administration des eaux, qui jusqu’alors avait été régie par une autorité particulière, n’était assujettie à au-
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- edicto complexus est, quo jure uterentur qui ex Commentariis Agrip-pæ aquas haberent, totâ re in sua bénéficia translatâ. Modulos etiam, de quibus dictum est, constituit; et rei continendæ, exercendæque curatorem fecit Messalam Corvinum; cui adjutores dati Posthumius Sulpicius Prætorius et L. Cominius Pedarius : insignia eis, quasi magistratibus concessa, deque eorum officio, senatûs-consultum factum , quod infrà scriptum est.
- SENATUS-CONSULTUM.
- C. «QUOD. Q. AELIUS.TUBERO. PAULUS. FABIUS. MAXIMUS.COSS. V.F.(i)DE. IIS. QUI. CURATORES. AQUARUM. PUBLIC ARUM. EX CONSENSU. SENATUS. A CAE-SARE. AUGUSTO. NOMINATI. ESSENT. ORDINANDIS. D. E. R. Q, F. P. D. E. R. I. C. PLACERE. HUIC. ORDINI. EOS. QUI. AQUIS. PUBLICIS. PRAESSENT. CUM. EJUS. REI. CAUSSA. EXTRA. URBEM. ESSENT. LICTORES. BINOS. ET. SERVOS. PUBLI-COS. TERNOS. ARCHITECTOS. SINGULOS. ET. SCRIBAS. ET. LIBRARIOS. ACCEN-SOS. PRAECONESQUE. TOTIDEM. HABERE. QUOT. HABENT. II. PER. QUOS. FRUMENTUM. PLEBEI. DATUR. CUM. AUTEM. IN. URBE. EJUSDEM. REI. CAUSSA. aliquid. AGERENT. CAETERIS. APPARITORIBUS. iisdem. praeter. quam. LICTORIBUS. UTI. UTIQUE. QUIBUS. APPARITORIBUS. EX. HOC. S. C. CURA-TORIBUS. AQUARUM. UTI. LICERET. EOS. DIEBUS. X. PROXIMIS. QUIBUS. S. C. FACTUM. ESSET. AD. AERARIUM. DEFERRENT. QUIQUE. ITA. DELATI. ESSENT. IIS. PRAETORES. AERARII. MERCEDES. CIBARIA. QUANTA. PRAEFECTI. FRU-MENTO. DANDO. DARE. DEFERREQUE. SOLENT. ANNUA. DARENT. ET. ATTRIBUERENT. IISQUE. EAS. PECUNIAS. SINE. FRAUDE. SUAS. FACERE. LICERET. UTIQUE. TABULAS. CHARTAS. CAETERAQUE. QUAE. EJUS. CURATIONIS. CAUSSA.
- (i) Ces lettres initiales V. F. sont interprétées par les commentateurs verbafa-cientes, et celles D. E. R. Q. F. P. D. E. R. I. C., par De. Eâ. Re. Quid. Fieri. Pla-ceret. De. Eâ. Re. Ita. Censuerunt.
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- cune loi, il fut fait à ce sujet des sénatus-consultes, et on promulgua une loi. Auguste même confirma par un êdit le droit de ceux que les registres d’Agrippa faisaient jouir d’une certaine quantité d’eau; ainsi il transmit libéralement tout ce qu’il avait reçu. Il établit aussi les modules dont nous avons parlé ; il nomma Messala Corvinus pour exercer la charge d’administrateur des eaux et faire observer les lois. On lui donna pour adjoints Posthumius Sulpicius Prætorius, et L. Cominius Pedarius ; on leur accorda les mêmes marques de dignité qu’aux magistrats ; on détermina l’étendue de leurs fonctions par un sénatus-consulte, ainsi qu’il suit.
- SÉNATUS-CONSULTE.
- C. « Les consuls Q. AElius Tubéron et Paulus Fabius Maximus, ayant fait un rapport sur Vorganisation des curateurs des eaux publiques y nommés de l'avis du Sénat par César-Auguste (2), ont demandé au Sénat, ce qu'il lui plaisait d'ordonner a ce sujet ; sur quoi il a été arreté : Que ceux qui sont chargés de l'administration des eaux, lorsqu'ils sont hors de la ville pour cause de leurs fonctions y aient deux licteurs, trois esclaves publics, un architecte pour chacun d'eux, des greffiers, des expéditionnaires, des huissiers, des crieurs en nombre égal a celui accordé aux fonctionnaires qui distribuent le blé au peuple. Lorsqu'ils exerceront leurs fonctions dans la ville, ils auront, a l'exception des licteurs, le meme cortège. De plus, l'état des appariteurs accordés aux curateurs des eaux, par le présent sénatus-consulte, sera, dans les dix jours de sa promulgation, par eux présenté au trésor public ; et ceux compris dans cet état recevront par an, du préteur du trésor, les memes salaires et rations qu'accordent et délivrent les préfets chargés de la
- (2) Lan de la fondation de Rome 743, l’an 11 avant l’ère vulgaire.
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- OPUS. ESSENT. IIS. CURATORIBUS. PRAEBERI. Q. AELIUS. PAULUS. FABIUS. COSS. AMBO. ALTERVE. SI. IIS. VIDEBITUR. ADHIBITIS. PRAETORIBUS. QUI. AERARIO. PRAESINT. EA PRAEBENDA. LOCENT. »
- CI. Itemque, cùm yiarum curatores frumentique parte quartâ anni, publico fungebantur ministerio, ut curatores aquarum judiciis vacent privatis, publicisque. Apparitores, et ministeria, quamvis perseveret ad hue ærarium in eos erogare, tamen esse curatorum vi-dentur desiisse inertiâ, ac segnitiâ non agentium officium. Egressis autem urbem duntaxat agendæ rei caussâ,' Senatus præsto esse lie-tores jusserat : nobis circumeuntibus rivos, fides nostra et autho-ritas à principe data pro lictoribus erit.
- Cil. Cüm perduxerimus rem ad initium curatorum, non est alie-num subjungere, qui post Messalam huic oflicio ad nos usque præ-fuerint.
- Messalæ successit, Silio et Planco coss., Attejus Capito:
- Capitoni, C. Asinio Pollione, C. Antistio vetere coss., Tarius Rufus :
- Tario, Servio Cornelio Cethego, L. Vitellio Yarrone coss., M. Coc-cejus Nerva, diyi Nervæ avus, scientia etiam juris illustris :
- (i) Agrippa succéda à Messala, sous le consulat de Q. AElius Tuberon et Paulus
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- distribution du blé ; cependant ils pourront recevoir la totalité en argent, pourvu que cela se fasse sans fraude. En outre , il sera fourni auxdits curateurs les tablettes, le papier et tout ce qui est nécessaire a l’exercice de leurs fonctions. A cet effet, les consuls Q. AElius et Paulus Fabius sont priés tous deux, ou l’un à défaut de l’autre, de se concerter avec le préteur du trésor, pour affermer ces fournitures. »
- CI. Il fut de plus arrêté que les administrateurs des eaux vaqueraient aux jugements publics et particuliers, de leur compétence pendant la quatrième partie de l’année, temps auquel les administrateurs chargés du blé et des chemins exerçaient leurs fonctions. Quoique cet usage soit tombé en désuétude par la négligence ou l’inaptitude des administrateurs, le trésor public n’a pas discontinué de payer les appariteurs et les autres employés qui devaient y assister. Mais ce n’était que dans le cas ou les fonctions des administrateurs des eaux les appelaient hors de la ville, que le Sénat avait ordonné qu’ils seraient précédés de licteurs. Quant à nous, en parcourant les aqueducs, notre conscience et l’autorité dont le prince nous a revêtu, nous tiendront toujours lieu de licteurs.
- CIL Puisque nous avons remonté jusqu’à l’origine des administrateurs des eaux, il ne sera pas hors de propos de faire connaître ceux qui ont rempli ces fonctions depuis Messala jusqu’à nous, (i)
- A Messala succéda C. Attejus Capiton, sous le consulat de Silius et de Plancus; (An de Rome, 766; ère <vulg., i3.J
- A Capiton succéda Tarius Rufus, sous le consulat de C. Asinius Pollion et de C. Antistius-l’ancien ; (An de Rome, 776; èrevulg., 2$. J A Tarius succéda Marcus Cocceius Nerva, célèbre jurisconsulte et aïeul de l’empereur Nerva, sous le consulat de Servius Cornélius Céthégus et L. Vitellius Varron ; (An de Rome, 777; ère vulg., 2l\.)
- Fabius Maximus. (An de Rome 743, selon Varron, et avant l'ere vulgaire, 11.J
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- Haie successit, Fabio Persico, L. Vitellio coss., C. Octavius Lænas :
- Lænati, Aquillio Juliano et Nonio Asprenate coss., M. Porcius Cato :
- Huic successit posteà, Servio Asinio Celere.....Quintiliano
- coss., A. Didius Gallus :
- Gallo, Q. Veranio et Pompejo Longo coss., Cn. Domitius Afer :
- Afro, Nerone Claudio Cæsare IV et Gosso Cossi F. coss., L. Piso :
- Pisoni, Verginio Rufo et Memmio Regulo coss., Petronius Turpi-lianus :
- Turpiliano, Crasso Frugi et Lecanio Basso coss., P. Marius :
- Mario, L. Telesino et Suetonio Paullino coss., Fontejus Agrippa :
- Agrippæ, Silio et Galerio Trachalo coss., Albius Crispus :
- Crispo, Vespasiano III et Coccejo Nerva coss., Pompejus Sylvanus :
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- Sylvano, Valerio Messalino cos., T. Arapius Flavianus :
- Flaviano, Vespasiano V, Tito III coss., Acilius Aviola :
- Post quem, imperatore Nerva III et Verginio Rufo III coss., ad nos cura translata est.
- CIII. Nunc quæ observare curator aquarum debeat, et leges, senatusque consulta ad instruendum eum pertinentia, subjungam. Circà jus ducendæ aquæ in privatis, hœc observanda sunt, ne quis sine litteris Cæsaris, id est, ne quis aquam publicam non impetra-
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. ioi
- A celui-ci succéda C. Octavius Lænas, sous le consulat de Fabius Persicus et L. Vitellius ; (An de Rome, 787; ère vulg., 34 J
- A Lænas succéda M. Porcius Caton, sous le consulat d’Aquilius Julianus et de Nonius Asprenas; (An de Rome, 791 ; ère vulg. 38.) A celui-ci succéda ensuite A. Didius Gallus, sous le consulat de
- Servius Asinius Celer..et de Quintilianus ; (An de Rome...J
- A Gallus succéda Cn. Domitius Afer, sous le consulat de Quintus Veranius et Pompeius Longus; (An de Rome, 802; ère vulg., 49-J A Afer succéda L. Pison, sous le consulat de Néron, consul pour la quatrième fois, et de Cossus fils de Cossus; (AndeR.,$i?>\ èrev.,6 o.J A Pison succéda Petronius Turpilianus, sous le consulat de Vergi-nius Rufus et deMemmiusRegulus; (AndeRome, 816; ère vulg., 63.J A Turpilianus succéda P. Marius, sous le consulat de Crassus surnommé Frugi et de Lecanius Bassus ; (An de Rome, 817; ère vulg., 64 J A Marius succéda Fonteius Agrippa, sous le consulat de L. Tele-sinus et de Suétone Paullinus; (AndeRome, 819; ère vulg., 66. J A Agrippa succéda Albius Crispus, sous le consulat de Silius et de Galerius Trachalus ; (An de Rome, 821 ; ère vulg., 68.J
- A Crispus succéda Pompeius Sylvanus, sous le troisième consulat de VespasienetlepremierdeCocceiusNerva; (AndeR., ^2^\èrev., ji.J A Sylvanus succéda T. Ampius Flavianus, sous le consulat de Valerius Messalinus; (An de Rome, 826; ère vulg.,
- A Flavianus succéda Acilius Aviola, sous le cinquième consulat de Vespasien et le troisième de Titus; (An de Rome, 827 ; ère vulg., 74 -J C’est après Aviola, sous le troisième consulat de l’empereur Nerva et le troisième de Verginius Rufus, que l’administration des eaux nous a été confiée. (An de Rome, 85o; ère vulg., 97.)
- CIII. A la suite de ce tableau, nous allons indiquer ce qui doit être observé par l’administrateur des eaux, les lois et les sénatus-consultes qui établissent leurs fonctions. A l’égard du droit qui règle la conduite des eaux chez les particuliers, il consiste à empêcher qu’il ne s’en dis-
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- tam, et ne quis ampliiis quam impetravit, ducat. Ita enim efficiemus, ut modus, quem acquiri diximus, possit ad novos salientes, et ad nova principis bénéficia pertinere. In utroque autem magna cura multiplici opponenda fraudi est. Sollicite subindè ductus extra ur-bem circumeundi, ad recognoscenda bénéficia : idem in castellis, et salientibus publicis faciendum; ut sine intermissione diebus noctibus-que aqua fluat, quod senatûs quoque consulto curator facere jubetur ; cujus hæc quoque verba sunt :
- SENATUS-CONSULTUM.
- CIV. « QUOD. Q. AELIUS. TÜBERO. PAULUS. FABIUS. MAXIMUS. COSS. V. F. DE. NUMERO PUBLICORUM. SALIENTIUM. QUI. IN. URBE. ESSENT. INTRAQUE. AEDIFICIA. URBI. CONJUNCTA. QUOS. M. AGRIPPA. FECISSET. Q. F. P. D. E. R. I. C. NEQUE. AUGERI- PLACERE. NEC. MINUI. NUMERUM. PUBLICORUM. SALIENTIUM. QUOS. NUNC. ESSE. RETULERE. II. QUIRUS. NEGOTIUM. A SENATU. EST IMPERATUM. UT. INSPICERENT. AQUAS. PUBLICAS. INIRENTQUE. NUMERUM. SALIENTIUM. PUBLICORUM. ITEMQUE. PLACERE. CURATORES. AQUARUM. QUOS. S. C. CAESAR. AUGUSTUS. EX. SENATUS. AUTHORITATE. NOMINAVIT. DARE. OPERAM. UTI. SALIENTES. PUBLICI. QUAM. ASSIDUISSIME. INTERDIU. ET NOCTU. AQUAM. IN. USUM. POPULI. FUNDERENT.
- In hoc senatûs-consulto crediderim adnotandum, quod Senatus tam augeri, quam minui salientium publicorum numerum vetuerit. Id factum existimo, quia modus aquarum, quæ his temporibus in
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. io3
- tribue point sans une permission du prince, de manière qu’aucun particulier ne puisse jouir de l’eau publique qui ne lui aurait pas été accordée, et que personne nen conduise plus qu’il n’en a obtenu. Par-là nous parviendrons, avec la quantité que nous avons dit avoir été recouvrée, à former de nouvelles fontaines, et à donner lieu à de nouveaux bienfaits du prince. Dans l’un et l’autre cas, il est nécessaire d’opposer aux fraudes de tous genres une surveillance active; i\ faut de temps en temps visiter avec soin les aqueducs hors de la ville pour reconnaître les concessions. On en fera de même par rapport aux châteaux - d’eau et aux fontaines publiques, afin que les eaux coulent jour et nuit, sans interruption. Tel est le devoir imposé à l’administrateur des eaux par le sénatus-consulte dont suit la teneur ;
- S ÉNATUS-CONSULTE.
- CIV. « Les consuls Q. AElius Tubéron et Paulus Fabius Maxi-mus, ayant fait un rapport sur le nombre des fontaines établies par M. Agrippa dans la ville et dans Vintérieur des édifices attenants h la ville, conclurent par demander au Sénat, ce qu il lui plaisait d'ordonner a ce sujet ; sur quoi il a été arreté : Que le nombre des fontaines publiques ne serait ni augmenté, ni diminué} et que celles qui existent seraient enregistrées. Il est en outre ordonné a ceux qui sont chargés de ce soin par le Sénat, de surveiller les eaux publiques, et de constater le nombre des fontaines. Que les administrateurs des eaux nommés par César - Auguste, et confirmés par le Sénat, seraient tenus, d'après ce sénatus-consulte, de veiller a, ce que les fontaines publiques coulent très - exactement pendant le jour et la nuit pour l'usage du peuple. »
- J’ai cru remarquer le motif qui avait déterminé le Sénat à défendre, par ce décret, tant d’augmenter que de diminuer le nombre des fontaines publiques. Je pense que ce motif est que l’eau Claudia et
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- urbem veniebant, antequàm Claudia et Anio-novus perducerentur, majorem erogationem capere non videbatur.
- cv. Qui aquam in usus privatos deducere volet, impetrare eam debebit, et à principe epistolam ad curatorem adferre. Curator deindè beneficio Cæsaris præstare maturitatem, et procuratorem ejusdem officii libertum Cæsaris protiniis seribere. Procuratorem au-tem primus Ti. Claudius videtur admovisse, postquàm Anionem-novum et Claudiam induxit. Quid contineat epistola villicis fieri quoque notum debet, ne quando negligentiam, aut fraudem suam ignorantiæ colore défendant.
- Procurator calicem ejus moduli, qui fuerit impetratus, adhibitis libratoribus, signari cogitet, et diligenter intendat mensurarum quas supra diximus, modum; et earum notitiam habeat : ne sit in arbi-trio libratorum interdiim majoris luminis, interdiim minoris, pro gratiâ personarum, calicem probare. Sed neque statim ab hoc libe-rum subjiciendi qualemcunque plumbeam fistulam permittatur ar-bitrium : verùm ejusdem luminis, quo calix signatus est, per pedes quinquaginta, sicut senatus-consulto quod subjectum est, cavetur:
- SENATUS-CONSULTUM.
- CVI. « QUOD. Q. AELIUS. TUBERO. PAULUS. FABIUS. MAXIMUS. COSS. V. F. QUOSDAM. PRIVATOS. EX. RIVIS. PUBLICIS. AQUAM. DUCERE. Q. D. E. R. F. P. D. E.R.I.C. NE. CUI. PRIVATO. AQUAM. DUCERE. EX. RIVIS. PUBLICIS. LICERET. UTIQUE. OMNES. II. QUIBU5. AQUAE. DUCENDAE. JUS. ESSET. DATUM. EX. CAS-TELLIS. DUCERENT. ANIMADVERTERENTQUE. CURATORES. AQUARUM. QUIBUS. LOCIS. INTRA EXTRA. URBEM. APTE. CASTELLA. PRIVATI. FACERE. POSSENT.
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. io5
- le nouvel Anio, n’ayant pas encore été' conduits à Rome, l’eau qui y arrivait par les autres aqueducs n’était pas susceptible d’une plus grande distribution.
- CV. Celui qui désirera jouir de l’eau publique, devra en obtenir la permission du prince, par une lettre qu’il remettra à l’administrateur des eaux. D’après cette lettre, l’administrateur s’empressera d’effectuer la concession faite par César, et il écrira tout de suite à l’affranchi de César qui lui est adjoint. Il paraît que ce fut T. Clau-dius qui sollicita le premier un adjoint après avoir amené le nouvel Anio et la Claudia. Il faut aussi faire part aux fermiers de la lettre du prince, pour qu’ils ne puissent pas colorer leur fraude ou leur inexactitude du prétexte de l’ignorance.
- L’adjoint aura soin de désigner aux niveleurs le calice qui convient à la quantité accordée : pour cela il faut qu’il consulte ce que nous avons dit plus haut sur le mode des mesures, pour savoir les distinguer, et ne point laisser au caprice des niveleurs la liberté d’adopter un calice dont l’orifice soit tantôt plus grand, tantôt plus petit, selon qu’ils s’intéressent aux personnes. Sur-tout il ne doit pas être permis d’adapter immédiatement au calice un tuyau de plomb d’un diamètre quelconque; mais il faut que jusqu’à cinquante pieds, de distance l’orifice du tuyau soit le même que celui du calice, ainsi qu’il est prescrit par le sénatus-eonsulte qui suit ;
- SÉNATUS-CONSULTE.
- CYI. « Les consuls Q. AElius Tubéron et Paulus Fabius Maxi-mus ayant rapporté au Sénat, que certains particuliers tiraient immédiatement des canaux publics l eau qui leur avait été accordée ; ils demandèrent au Sénat ce quil lui plaisait d'ordonner à ce sujet; sur quoi il a été arreté : Qu aucun particulier ne pourrait tirer Veau des canaux publics ; que tous ceux qui auraient obtenu une portion
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- 106 s. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- EX. QÜIBUS. AQUAM. DUCERENT. QUAM. EX. CASTELLO. COMMUNEM. ACCE-PISSENT. A. CÜRATORIBUS. AQUARUM. NE. CUI. EORUM. QÜIBUS. AQÜA. DA-RETÜR. PUBLICA. JUS. ESSET. INTRA. QUINQUAGINTA. PEDES. EJUS. CASTELLI. EX- QUO. AQUAM. DUCERENT. LAXIOREM. FISTULAM. SUBJICERE. QUAM. QUI-NARIAM. »
- In hoc senatus-consulto dignum adnotatione est, quod aquarn non-nisi ex castello duci permittit, ne aut rivi, aut fistulæ publicæ fréquenter lacerentur.
- CVII. Jus impetratæ aquæ neque hæredem, neque emptorem, neque ullum novum dominum prædiorum sequitur. Balneis, quæ publicè lavarent, privilegium antiquitiis concedebatur, ut semel data aqua perpetuo maneret; sic ex veteribus senatus-consultis cognosci-mus, ex quibus unum subjeci : nunc omnis aquæ cum possessore instauratur benefieium.
- SENATUS-CONSTJLTUM.
- CVIII. « QUOD. Q. AELIUS. TUBERO. PAULUS. FABIUS. MAX1MUS. COSS. V.F. CONSTITUE OPORTERE. QUO. JURE. INTRA. EXTRAQUE. URBEM. DUCERENT. AQUAS. II. QUIBUS. ATTRIBUTAE. ESSENT. Q. D. E.R. F. P. D. E. R. I. C. UTI. IIS. USQUE. MANERET. ATTRIBUTIO. AQUARUM. EXCEPTIS. QUAE. IN. USUM. BALI-NEORUM. ESSENT. DATAE. AUT. AUGUSTE NOMINE. QUOAD. IIDEM. DOMINE POSSIDERENT. ID. SOLUM. IN. QUO. ACCEPISSENT AQUAM. »
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. 107
- d’eau seraient obligés de la tirer du château-d’eau ; que les administrateurs des eaux seraient tenus d indiquer aux particuliers les en-dî'oits , soit au dedans, soit au dehors de la ville, ou ils pourraient placer convenablement leurs châteaux -d’eau, desquels ils conduiraient Veau qui leur aurait été délivrée en commun au château public par les administrateurs ; qu enfin il ne serait pas permis a ceux qui auraient le droit de jouir des eaux publiques, de se servir, pour conduire Veau du château où ils la reçoivent, de tuyaux dont le diamètre soit plus grand que le quinaire, jusqu a cinquante pieds de distance de ce château.
- Une chose digne de remarque dans ce sénatus-consulte, c’est qu’il défend de tirer l’eau obtenue d’autre part que du château-d’eau, afin que les canaux et les tuyaux publics ne fussent pas exposés à être fréquemment endommagés.
- CVII. Le droit de concession d’eau 11e peut être transmis ni à l’héritier, ni à l’acquéreur, ni enfin à aucun nouveau propriétaire des domaines : encore aujourd’hui le titre de concession est renouvelé avec le possesseur. Mais quant aux bains publics, de tout temps ils ont joui du privilège de conserver perpétuellement les eaux qui leur étaient une fois accordées, comme on peut en juger d’après les anciens sénatus-consultes, dont il suffit de transcrire le suivant.
- SÉNATUS-CONSULTE.
- CVIII. « Les consuls Q. AElius Tubéron et Paulus Fabius Maxi-mus, ayant fait un rapport au Sénat sur la nécessité de fixer V étendue du droit de ceux auxquels il était permis de conduire des eaux, tant au-dedans qu au-dehors de la ville, ont demandé au Sénat ce qu’il lui plaisait d’ordonner a ce sujet; sur quoi il a été arreté : Quà l’exception des eaux destinées aux bains publics, ou concédées au
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- CIX. Cüm vacare aliquæ cœperunt aquæ adnunciatur, et in Com-mentarios redigitur qui respiciuntur ut petitoribus ex vacuis dari possint. Has aquas statim intercidere solebant, ut medio tempore venderent aut possessoribus prædiorum, aut aliis etiam. Humaniùs visum est principi nostro, ne prædia subito destituerentur, triginta
- dierum spatium indulgeri, intrà quod ii ad quos res pertineret.....
- De aquâ in prædia sociorum datâ nihil constitutum invenio : perindè tamen observatur ac jure cautum,.ut dùm quis ex iis qui commu-niter impetraverunt, superesset, totus modus prædiis assignatus flueret; et tune demiim renovaretur beneficium, eùm desiisset quis-que, ex iis quibus datum erat, possidere. Impetratam aquam alio quàm in ea prædia in quæ data erat, aut ex alio castello quàm ex quo epistola principis continebit, duci palàm est non oportere ; sed et mandatis prohibetur.
- CX. Impetrantur autem et eæ aquæ quæ caducæ vocantur, id est quæ aut ex castellis effluunt, aut ex manationibus fistularum : quod beneficium à principibus parcissimè tribui solitum; sed fraudibus aquariorum obnoxium est, quibusprohibendis quanta cura debeatur, ex capite mandatorum manifestum erit quod subjeci.
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONT1N. 109
- nom d'Auguste, toute concession d'eau serait maintenue tant que les memes possesseurs jouiraient du terrain pour lequel Veau leur était accoi'dée. »
- CIX. Dès quune concession devenait vacante, on l’annonçait pm bliquement, et il en était fait mention sur les registres que l’on consulte, afin de pouvoir céder une partie de ces eaux vacantes à ceux qui en sollicitent. Les administrateurs avaient coutume d’interrompre la distribution de ces eaux aussitôt que le droit de concession expirait, afin de le vendre soit aux nouveaux possesseurs des domaines, soit à d’autres ; mais il a paru moins rigoureux à notre prince d’accorder une prorogation de trente jours, pour ne pas priver tout à coup les domaines d’une eau necessaire, et donner le temps aux intéresses de faire les démarches convenables.Je ne trouve aucune
- loi concernant les eaux concédées pour des domaines possédés en société; cependant on observe, et il est de droit, que, tant qu’il reste un membre de la société qui a obtenu en commun, il jouit de toute la quantité assignée aux domaines; et ce n’est que lorsqu’il ne reste plus aucun sociétaire, que la concession a besoin d’être renouvelée. Tout le monde sait qu’il ne faut pas, et que même il est défendu par les ordonnances, de conduire l’eau obtenue autre part que dans le domaine pour lequel elle a été accordée, et qu’elle ne doit pas être tirée d’un autre château-d’eau que celui désigné dans la lettre du prince.
- CX. Il se fait aussi des concessions pour les eaux appelées tombantes, c’est-à-dire qui proviennent du superflu des châteaux-d’eau, ou du suintement des tuyaux. Cette faveur est très-rarement accordée par les princes; mais, comme cette distribution favorise les fraudes des fontainiers, elle exige la plus grande surveillance pour les empêcher ; ce qui est expressément recommandé par les ordonnances dont voici un extrait.
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- uo s. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- CXI. CADUCAM. NEMINEM. VOLO. DUCERE. NISI. QUI. MEO. BENEF1CIO.
- aut. priorum. principüm. habent. nam. necesse. est. ex. castellis.
- ALIQUAM. PARTEM. AQUAE. EFFLUERE. CUM. HOC. PERTINEAT. NON. SOLUM. AD. URBIS. NOSTRAE. SALÜBRITATEM. SED. ETIAM. AD. UTILITATEM. CLOA-CARUM. ABLUENDARUM.
- CXII. Explicitis quæ ad ordinationein aquarum privati usûs per-tinebant, non ab re est quædam ex iis, quibus circumscribi saluber-rimas constitutiones in ipso actu deprehendimus, exempli caussâ, attingere. Ampliores quosdam calices, quam impetrati erant, positos in plerisque castellis inveni ; et ex iis aliquos ne signatos quidem. Quotiens autem signatus calix excedit legitimam mensuram , ambitio procuratoris, qui eum signavit, detegitur : cùm vero ne signatus quidem est, manifesta culpa omnium, maxime accipientis deprehen-ditur, deindè villici.
- In quibusdam, cum calices legitimæ mensuræ signati essent, statim amplioris moduli fistulæ subjectæ fuerunt : undè acciderat, ut aqua non per legitimum spatium coercita, sed per brèves angustias ex-pressa, facile laxiorem in proximo fistulam impleret. Ideoque illud adhuc, quotiens signatur calix, diligentiæ adjiciendum est; ut fistulæ quoque proximæ per spatium, quod senatus-consulto comprehen-sum diximus, signentur. Ità demiim enim villicus, cùm scierit non aliter quam signatas collocari debere, omni carebit excusatione.
- CXIII. Circà collocandos quoque calices observari oportet, ut ad lineam ordinentur; nec alteriùs inferior calix, alteriùs superior po-natur. Inferior plus trahit ; superior quia cursus aquæ ab inferiore
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. ni
- CXI. Je 'veux qu aucune eau tombante ne soit recueillie, si ce n’est par ceux qui en ont obtenu le privilège 'de moi ou des princes mes prédécesseurs : car il est nécessaire quune certaine partie de Veau qui s’écoule des châteaux-d’eau soit destinée non-seulement pour la salubrité de notre ville, mais encore au besoin de laver les cloaques,
- CXII. Apres avoir fini d’expliquer ce qui concerne l’administration des eaux à l’usage des particuliers, ce ne sera pas s’éloigner du sujet que de dire un mot, par exemple, de certaines fraudes que nous avons découvertes nous-mêmes, par lesquelles on élude les plus sages réglements. Dans la plupart des châteaux-d’eau, j’ai trouvé des calices d’un diamètre plus grand que ne portait la concession ; et parmi ces calices il y en avait qui n’étaient pas même marqués : or tout calice marqué qui excède la mesure légitime, atteste clairement la cupidité de l’adjoint qui l’a contrôlé; mais lorsqu’il ne l’est point, c’est évidemment la faute de tous, d’abord de ceux qui reçoivent trop, ensuite des distributeurs.
- Dans certains châteaux-d’eau, le contrôle des calices était bien juste; mais on y avait adapté tout de suite des tuyaux d’un plus grand diamètre, d’oii il arrivait que le volume d’eau qui sort du calice, n’étant pas maintenu pendant la longueur prescrite, mais pendant un très-petit espace, remplissait facilement le tuyau plus large que le calice dès son origine. C’est pourquoi, toutes les fois que l’on marque un calice, il faut encore avoir la précaution de marquer aussi le tuyau qui doit y être adapté, jusqu’à la distance fixée par le sénatus-consulte cité. Au moyen de cette précaution, le distributeur, qui saura qu’il ne peut adapter d’autres tuyaux que ceux marqués, demeurera sans excuse.
- CXIII. Quant à la manière de placer les calices, il faut encore observer qu’ils soient rangés sur une même ligne, et que l’un ne soit pas posé plus bas et l’autre plus haut, car le plus bas débite plus
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- rapitur, minus durit. In quorundam fistulis ne calices quidem positi fuêre : hæ fistulæ solutæ vocantur, et, ut aquario libuit, laxantur, vel coarctantur.
- CXIV. Adhuc ilia aquariorum intolerabilis fraus est, translata in novum possessorem aquâ, foramen novum castello imponunt, vêtus relinquunt quo venalem extrahunt aquam. In primis ergo hoc quo-que emendandum curatori crediderim : non enim solùm ad ipsarum aquarumcustodiam, sed etiam ad castelli tutelam pertinet, quod sub-indè et sine caussâ foratum vitiatur.
- CXV. Etiam ille aquariorum tollendus est reditus quem vocant puncta. Lunga ac diversa sunt spatia per quæ fistulæ totâ meant urbe, latentes sub silice. Has comperi per eum qui appellabatur à punctis, passim convulneratas omnibus in transitu negotiatoribus præbuisse, peculiaribus fistulis, aquam : quo efficiebatur ut exiguus modus ad usus publicos perveniret. Quantum ex hoc modo aquæ servatum sit, æstimo ex eo quod aliquantum plumbi sublati ejus modi ramis re-dactum est.
- CXVI. Superest tutela ductuum, de quâ priusquàm dicere inci-piam, pauca de familiâ, quæ hujus rei caussâ parata est, explicanda sunt. Familiæ sunt duæ, altéra publica, altéra Cæsaris. Publica est antiquior; quam ab Agrippa relictam Augusto, et ab eo publicatam diximus : habet homines circiter ccxxxx. Cæsaris familiæ numerus
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. ii3
- d’eau et le plus haut en fournit moins, parce que le cours de l’eau se précipite avec plus de force dans le tuyau inférieur. Dans quelques autres châteaux, on a posé des tuyaux sans calice ces sortes de tuyaux sont appelés libres, parce qu’ils peuvent être élargis ou resserrés , au gré du fontainier.
- CXIV. Il y a encore une fraude bien répréhensible de la part des fontainiers : c’est de percer un nouveau trou au château-d’eau, lorsqu’une concession passe en d’autres mains, et de vendre à leur profit l’eau de l’ancien trou qu’ils ne suppriment pas. La répression d’un pareil abus doit sur-tout fixer l’attention de l’administrateur des eaux; car il est de son devoir de veiller non-seulement à la garde des eaux, mais encore à la conservation des châteaux, qui seraient bientôt dégradés si l’on pouvait y percer arbitrairement de nouveaux trous.
- CXV. Il faut enfin ôter aux fontainiers l’espèce de profit qu’ils appellent jcwrcto : car, en parcourant la longueur des différentes branches de tuyaux placés sous le pavé, qui circulent dans toute la ville, je les ai trouvées percées de toutes parts par celui qu’on appelait pointeur. L’eau qui provenait de ces points était délivrée en passant, par des tuyaux particuliers, à tous ceux qui voulaient s’arranger avec lui; d’oii il résultait une diminution considérable des eaux destinées aux besoins publics. Je juge de la grande quantité d’eau qui était détournée de cette manière, par celle qu’a ramenée la suppression qui a été faite de quelques ramifications de tuyaux de cette espèce.
- CXVI. Il nous reste à parler de la conservation des aqueducs. Mais, avant d’entamer cette matière, il faut que nous disions un mot des familles employées à leur entretien. Ces familles sont au nombre de deux : l’une appartient au public, et l’autre à César; celle qui dépend du public est la plus ancienne. Nous avons dit que cette famille fut
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- est cccclx i quam Ciaudius, cùm aquas in urbem perduceret, construit.
- CXVII. Utraque autem familia in aliquot ministeriorum species deducitur; villicos, castellarios, circitores, silicarios, tectores, alios-que opifices. Ex bis aliquos extra urbem esse oportet ad ea quæ non sunt magnæ molitionis, maturum tamen auxilium videntur exi-gere. Omnes in urbe circà castellorum et munerum stationes, opéra quæque urgebunt ; inprimis ad subitos casus, ut ex quàm pluribus regionibus in quam nécessitas incubuerit, converti possit præsidium aquarum abundantiùs.
- Tàm amplum numerum utriusque familiæ, solitum ambitione aut negligentiâ præpositorum in privata opéra diduci, revocare ad ali-quam disciplinam, et publica minîsteria ità instituimus, ut pridiè quid esset actura, dictaremus, et quid quoque die egisset actis com-prehenderetur.
- CXVIII. Commoda publicæ 'familiæ ex ærario dantur; quod im-pendium exoneratur vectigalium reditu ad jus aquarum pertinentium.
- Ea constant ex....... quæ sunt circa ductus, aut castella, aut mu-
- nera, aut lacus; quem reditum propè sestertiorum ccl millium
- (i) La valeur du sesterce, à cette époque, étant de 17 centimes de la monnaie actuelle, les 25oooo sesterces répondraient à 4^5oo francs.
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. u5
- léguée par Agrippa à l’empereur Auguste , qui la céda au public ; elle est composée de ^4° hommes, environ. Le nombre de ceux de la famille de César est de 46o. Cette dernière fut établie par Claudius, dans le temps qu’il amena de nouvelles eaux dans la ville.
- CXVII. L’une et l’autre familles sont 'composées de différentes classes d’agents, tels que les contrôleurs, les gardiens de château, les inspecteurs, les paveurs, les faiseurs d’enduit, et les autres ouvriers. Quelques-uns de ces ouvriers doivent être logés hors de la ville, afin d etre à portée d’exécuter tout de suite les ouvrages qui, sans être considérables , exigent beaucoup de célérité. Tous les autres auront leurs logements aux environs des châteaux - d’eau et des spectacles, et se tiendront toujours prêts à opérer, sur-tout pour les cas imprévus, afin qu’on puisse, lorsque la nécessité l’exige, retirer l’eau de plusieurs quartiers pour la conduire dans celui qui a besoin d’un secours plus abondant.
- Pour parvenir à rétablir l’ordre parmi un si grand nombre d’hommes qui composaient l’une et l’autre famille, et qui, soit par la cupidité, soit par la négligence des surveillants, avaient coutume d’être détournés pour travailler à des ouvrages privés, nous avons réglé le service public de manière que nous prescrivons la veille ce qui doit être fait le lendemain, et qu’il se tient un registre des ouvrages de chaque jour.
- CXVIII. L’entretien de ces familles est payé par le trésor public, qui se trouve défrayé de cette dépense par la rentrée des impositions provenant, du droit des eaux. On a trouvé, par ce que payaient les domaines , jardins et edijices situes aux environs des aqueducs, châteaux-d’eau, spectacles et réservoirs, que cet impôt produisait près de deux cent cinquante mille sesterces (i). Ce revenu, souvent aliéqé et qui variait beaucoup, fut dans ces derniers temps versé dans les coffres de Domitien ; mais l’équité de l’empereur Nerva
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- alienatum ac vagum, proximis vero temporibus in Domitiani iocu-los conversùm, justitia divi Nervæ populo restituit; nostra sedulitas ad certam regulam redegit, ut constaret quæ essent ad hoc vectigal pertinentia loca. Cæsaris familia ex fisco accepit commoda ; undè et omne plumbum et omnes impensæ ad ductus et castella et lacus pertinentes erogantur.
- CXIX. Quoniam, quæ videbantur ad familiam pertinere, expo-suimus, ad tutelam ductuum, sicut promiseramus, divertemus : rem enixiore cura dignam, cum magnitudinis romani imperii id præci-puum sit indicium. Multa atque ampla opéra subindè nascuntur quibus ante succurri debet, quàm magno auxilio egere incipiant : plerùmque tamen prudenti temperamento sustinenda ; quia non sem-per opus aut facere, aut ampliare quærentibus credendum est. Ideoque non solùm scientiâ peritorum, sed et proprio usu curator instructus esse debet, nec suæ tantum stationis architectis uti, sed plurium advocare non minus fidem quàm subtilitatem, ut æstimet quæ re-præsentanda, quæ differenda sint; et rursiis quæ per redemptores effici debeant, quæ per domesticos artifices.
- CXX. Nascuntur opéra ex his caussis : nam aut vetustate corrum-puntur, aut impotentiâ possessorum, aut yi tempestatum, aut culpâ male facti operis, quod sæpiùs accidit in recentibus.
- CXXI. Ferè aut vetustate, aut vi tempestatum partes ductuum la-
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. 117
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- vient de le faire rentrer dans le trésor public. Le désir de remplir nos fonctions avec exactitude nous a fait établir une règle certaine pour connaître les endroits qui sont sujets à cet impôt. La famille de César était entretenue aux dépens du fisc ; c’est aussi de là que se tiraient tout le plomb et toutes les dépenses relatives aux aqueducs, aux châteaux-d’eau et aux réservoirs.
- CXIX. Après avoir fait connaître tout ce qui concerne les familles attachées à l’entretien des aqueducs, nous allons, comme nous l’avons promis, reprendre ce qui a rapport à la conservation de ces mêmes aqueducs ; ouvrages dignes du plus grand soin, puisqu’ils sont un des principaux témoignages de la grandeur du peuple romain. Ces aqueducs sont sujets à beaucoup et à de très-grandes réparations, que l’on doit tâcher de prévenir en faisant à-propos les ouvrages nécessaires pour les maintenir en bon état : car il ne faut pas toujours s’en rapporter à ceux qui demandent à faire ou à augmenter l’ouvrage. C’est pour cette raison qu’un administrateur doit non-seulement se guider par la science des gens habiles, mais encore par sa propre expérience. Il ne doit pas se contenter de consulter les architectes du département dont il s’agit ; il doit en appeler plusieurs autres, qui soient aussi recommandables par les talents que par la probité, afin que, d’après leur avis, il puisse juger des ouvrages qu’il est à-propos de presser ou de différer, et enfin connaître ceux qui doivent être faits par les fermiers et ceux qui sont du ressort des familles d’ouvriers.
- CXX. Les réparations à faire sont occasionnées, ou par la vétusté, ou par la cupidité des propriétaires des champs, ou par la violence des tempêtes, ou enfin par le vice d’un ouvrage mal fait ; ce qui arrive assez fréquemment dans les constructions nouvelles.
- CXXI. C’est ordinairement la vétusté et la violence des tempêtes
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- S. J. FRONTINI COMMENTARÏUS.
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- borant, quæ arcuationibus sustinentur, aut montium lateribus appli-catæ sunt; et ex arcuationibus eæ quæ per flumen trajiciuntur : ideo-quë hæc opéra sollicitâ festinatione explicanda sunt. Minus injuriæ subjacent subterranèa, nec gelicidiis, nec caloribus exposita. Yitia autem ejus modi sunt, ut aut non interpellato cursu subveniatur eis, aut emendari nisi ayerso non possint, sicut ea quæ in ipso alyeo fieri necesse est.
- CXXII. Hæc duplici ex caussa nascuntur; aut limo concrescente qui interdùm in crustam durescit, iterque aquæ coarctatur, aut tectoria corrumpuntur, undè fiunt manationes quibus necesse est Iatera rivo-rum et substructiones vitiari.
- Pilæ quoque ipsæ topho exstructæ sub tàm magno onere labun-tur. Refici quæ circà alveos sunt rivorum, æstate non debent, ne intermittatur usus tempore quo præcipuè desideratur. Sed vere vel autumno, et maximâ cum festinatione, ut scilicet ante præparatis omnibus quàm paucissimis diebus rivi essent. Neminem fugit per singulos ductus hoc esse faciendum, ne si plures pariter avertantur desit aqua civitati.
- CXXIII. Ea quæ non interpellato aquæ cursu effici debent, maxime structurâ constant, quam et suis temporibus, et fidelem fieri oportet. Idoneuin structuræ tempus est à kalendis aprilibus in kalendas no-
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- qui dégradent les aqueducs, sur-tout ceux qui sont soutenus par des arcades, ou qui sont appliques aux flancs des montagnes. Les parties des aqueducs en arcade qui souffrent le plus, sont celles sous lesquelles passe un fleuve. C’est pourquoi il faut apporter à l’exécution de ces ouvrages beaucoup de soin et d’activité. Les canaux souterrains souffrent moins, parce qu’ils ne sont exposés ni aux gelées, ni aux grandes chaleurs. Les dégradations de ces sortes d’ouvrages peuvent quelquefois se réparer sans détourner le cours de l’eau ; et quelquefois il est absolument nécessaire de l’interrompre, lorsque, par exemple , c’est le canal même qui a besoin d’être rétabli.
- CXXII. Les réparations à faire aux canaux sont occasionnées, tantôt par le limon qui s’attache à leurs parois, et qui forme, avec le temps., des concrétions dures et épaisses qui obstruent le passage de l’eau ; tantôt ce sont les enduits qui se dégradent, et donnent lieu à des fuites d’eau qui endommagent nécessairement les murs des canaux et la maçonnerie qui les supportent.
- Il faut éviter de construire .en tuf les pieds-droits qui soutiennent les aqueducs, parce qu’ils s’écraseraient sous un si grand fardeau. Il faut aussi éviter de réparer pendant l’été les canaux endommagés, afin de ne pas interrompre la distribution de l’eau dans la saison où son usage est le plus necessaire. Il vaut mieux choisir, pour ces réparations, le printemps ou l’automne, en observant d’y apporter la plus grande célérité, et de préparer d’avance tous les matériaux nécessaires , afin de n’interrompre le cours des eaux que pendant très-peu de jours. Il est aisé de concevoir qu’il faut user des mêmes précautions pour chaque aqueduc, et ne pas travailler a plusieurs à-la-fois , de peur de priver la ville d’une trop grande quantité d’eau.
- CXXIII. Les ouvrages qui peuvent s’exécuter sans détourner le cours des eaux, principalement les constructions en maçonnerie, doivent être faits solidement et dans la saison la plus convenable,
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- vembris, ità- ut optimum sit intermittere eam partem æstatis quæ nimiis caloribus incandescit : quia temperamento-cœli opus est, ut ex humore commode structura combibat, et in unitate corroboretur. Non minus autem sol acrior, quàm gelatio præcipit materiam : nec ullum opus diligentiorem poscit curam, quàm quod aquæ obsta-turum est. Fides itaque ejus per singula, secundum legem notam omnibus, sed à paucis observatam, exigenda est.
- CXXIV. Illud nulli dubiumesse crediderim, proximos ductus, id est, qui à vu milliario, lapide quadrato consistunt, maxime custo-diendos : quoniam et amplissimi operis sunt, et plures aquas singuli sustinent, quos si necesse fuerit interrumpere, major pars aquarum Urbem destituet. Remedia tamen sunt et his difficultatibus : opus in-choatum excitatur ad libram deficientis ; alveus vero plumbatis ca-nalibus per spatium interrupti ductûs, rursùs continuatur. Porro quoniam ferè omnes specus per privatorum agros directi erânt, et difficilis videbatur futuræ impensæ præparatio , ni alicujus constitution succurreretur, simul ne accessu ad reficiendos rivos redemp-tores à possessoribus prohiberentur, senatus-consultum factum est, quod snbjeci :
- SENATUS-CONSULTUM.
- CXXV. ce QUOD. Q. AELIUS. TUBERO. PAULUS. FABIUS. MAXIMUS. C0SS. Y. F.
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- c’est-à-dire depuis le commencement d’avril jusqu’aux premiers jours de novembre. Il est cependant à-propos de les suspendre pendant les chaleurs excessives de l’été, parce qu’il faut une température modérée, pour que toutes les parties de la maçonnerie se pénètrent de l’humide nécessaire, afin de former un corps solide : car un soleil trop ardent est aussi nuisible au mortier que la gelée. Au reste, il n’y a pas d’ouvrage qui demande autant de soins que celui qui est fait pour contenir de l’eau ; c’est pourquoi il faut exiger que chaque partie soit exactement faite selon les règles de l’art que tous les ouvriers connaissent, mais que peu observent.
- CXXIV. Il est certain que ce sont les parties d’aqueduc les plus proches de la ville qui demandent à être surveillées avec le plus de soin, c’est-à-dire celles qui sont comprises depuis la pierre carrée qui forme le septième milliaire; parce que ce sont les plus considérables; que la plupart conduisent plusieurs eaux à-la-fois, et que si l’on était obligé d’en interrompre le cours, la ville de Rome se trouverait privée de la .plus grande partie de ses eaux. Il y a cependant des moyens d’obvier à ces inconvénients. Avant de commencer l’ouvrage, il faudra établir au niveau de la partie du canal à restaurer, et dans la longueur de la partie d’aqueduc qui se trouve interrompue, une espèce de canal provisoire avec des tuyai^p de plomb, au moyen duquel l’eau continuera à couler. Enfin, comme la plupart des conduits souterrains traversaient les champs des particuliers, l’on éprouvait des difficultés pour l’approvisionnement des matériaux ; afin d’empêcher, à l’avenir, aux propriétaires d’en défendre l’accès aux entrepreneurs chargés de rétablir ces canaux, on fut obligé de venir au secours de ces derniers par une loi ; c’est ce qui donna lieu au sénatus-consulte qui suit :
- SÉNATUS-CONSULTE.
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- CXXV. « Les consuls Q. AElius Tubéron etPaulus Fabius Maximus,
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- I22 S. J. FRONTINI GOMMENTARIUS.
- de. rivis. specubus. fornicibusque. juliae. marciae. appiae. tepulae.
- ANIONIS. REFICIENDIS. Q.D.E.R.F.P.D.E.R.I.C, ÜTI. CUM. II. RIYI. FORNI-CES. QUOS. AUGUSTUS. CAESAR. SE. REFECTURUM. IMPENSA. SUA. POLLICITUS. SENATUI. EST. REFICERENTUR. EX. AGRIS. PRIVATORUM. TERRAM. LIMUM. LAPIDEM. TESTAM. ARENAM. LIGNA. CAETERAQUE. QUIBUS. AD. EAM. REM. OPUS. ESSET. UNDÈ. QUAEQUE. EÔRUM. PROXIME. SINE. INJURIA. PRIVATORUM. TOLLI. SUMI. PORTARI. POSSINT. VIRI. BONI. ARBITRATU. AESTIMATA. DA-RENTUR. TOLLERENTUR. SUMERENTUR. EXPORTARENTUR. ET. AD. EAS. RES.
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- OMNES. EXPORTANDAS. EARUMQUE. RERUM. REFICIENDARUM. CAUSSA. QUO-TIENS. OPUS. ESSET. PER. AGROS. PRIVATORUM. SINE. INJURIA. EORUM. IT1-NERA. ACTUS. PATERENT. DARENTUR. »
- CXXVI. Plerumque autem vitia oriuntur ex impotentiâ possesso-rum, qui pluribus modis rivos violant. Primùm enim spatia, quæ circà ductus aquarum ex senatus-consulto vacare debent, aut ædi-ficiis, aut arboribus occupant. Arbores magis nocent, quarum radi-cibus et concamerationes et latera solvuntur : deindè vicinales vias, agrestesque per ipsas formas dirigunt; novissimè aditus ad tutelam præ-cludunt : quæ omnia sei^tus-consulto, quodsubjeci, provisa sunt.
- SENATUS-CONSULTUM.
- CXXVII. «QUOD. Q. AELIUS. TUBERO. PAULUS. FABIUS. MAXIMUS. COSS. V. F. AQUARUM. QUAE. IN. URBEM. VENIRENT. ITINERA. OCCUPARI. MONU-MENTIS. ET. AEDIFICIIS. ET. ARBORIBUS. CONSERI. Q. F. P. D. E. R. I. C. AD.
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN.
- ayant fait un rapport au Sénat sur les réparations a faire aux canaux, conduits souterrains et voûtes des aqueducs des eaux Julia, Marcia, Appiaf Tepula et Anio, ont demandé au Sénat ce qu'il lui plaisait d'ordonner à ce sujet ; sur quoi il a été arreté : Que les réparations des canaux, conduits souterrains et voûtes qu Auguste César a promis de faire a ses frais} seraient faites ; que tout ce qui pourrait être tiré des champs des particuliers, comme la terre, la glaise y la pierre, la brique, le sable, les bois et les autres matériaux nécessaires, après avoir été estimés par des arbitres, seraient cédés y enlevés, pris et transportés sans que personne puisse s'y opposer. Que, pour le transport de ces matériaux et la facilité des réparations, il serait pratiqué j toutes les fois que le besoin l'exigerait, les chemins ou sentiers nécessaires au travers des champs des particuliers, en les dédommageant. »
- CXXVI. La plupart des dégradations des aqueducs proviennent de la cupidité des propriétaires des champs, qui endommagent les canaux de plusieurs manières : d’abord les espaces qui devraient rester libres le long des aqueducs, d’après le sénatus-consulte, se trouvent occupés ou par des édifices ou par des arbres. Ce sont sur-tout les arbres qui nuisent le plus aux aqueducs, parce que leurs racines s’insinuent dans les joints des murs et des voûtes, et les désunissent. Ensuite on dirige les chemins vicinaux et ruraux sur ces mêmes aqueducs; enfin on intercepte tout accès à la surveillance. C’est pour obvier à tous ces inconvénients, que le sénatus-consulte que nous plaçons ici a été rendu :
- SÉNATUS-CONSULTE.
- CXXVII. « Les consuls Q. AElius Tubéron et Paulus Fabius Maxi-muSj ayant parlé au Sénat sur ce que les chemins qui devaient régner le long des aqueducs qui amènent l'eau dans la ville se trouvaient
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- i*4 S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- REFICIENDOS. RIVOS. SPECÜSQUE. PER. QUAE. ET. OPERA. PÜBLICA. COR-RUMPUNTUR. PLACERE. CIRCA. FONTES. ET. FORNICES. ET. MUROS. UTRA-QUE. EX. PARTE. YACUOS. QUINOS. DENOS. PEDES. PATERE. ET. CIRCA. RIVOS. QUI. SUR. TERRA. ESSENT. ET. SPECUS. INTRA. URBEM. ET. EXTRA. URBEM. SI. CONTINENTIA. AEDIFICIA. UTRAQUE. EX. PARTE. QUINOS. PEDES. YACUOS. RELINQUI. ITA. UT. NEQUE. MONUMENTUM. IN. HIS. LOCIS. NEQUE. AEDIFICIUM. POST. HOC. TEMPUS. PONERE. NEQUE. CONSERERE. ARBORES. LICERET. SI. QUAE. NUNC. ESSENT. ARBORES. INTRA. ID. SPATIUM. EXCIDERENTUR. PRAETERQUAM. SI. QUAE. V1LLAE. CONTINENTES. ET. IN-CLUSAE. AEDIFICIIS. ESSENT. SI. QUIS. ADVERSUS. EA. COMMISERIT. IN. SIN-GULAS. RES. POENA. H-S (i) DENA. MILLIA. ESSENT. EX. QUIBUS. PARS. DIMIDIA. PRAEMIUM. ACCUSATORI. DARETUR. CUJUS. OPERA. MAXIME. CON-VICTUS. ESSET. QUI. ADVERSUS. HOC. S.-C. COMMISISSF.T. PARS. AUTEM. DI-MIDIA. IN. AERARIUM. REDIGERETUR. DEQUE. EA. RE. JUDICARENT. COG-NOSCERENTQUE. CURATORES. AQUARUM. »
- CXXVIII. Posset hoc senatus-consultum æquissimum videri, etiam si ex rei tantum publicæ utilitate ea spatia vindicarentur ; multo magis, cùm majores nostri, admirabili æquitate, ne ea quidem eri-puere privatis, quæ ad modum publicum pertinebant. Sed cùm aquas perducerent, si difficilior possessor in parte vendendâ fuerat, pro toto agro pecuniam intulerunt, et'post determinata necessaria loca, rursùs eum agrum vendiderunt ; ut in suis finibus proprium jus tain res publica quàm privata haberent. Plerique tamen non con-
- (i) H-S est l’expression du sesterce dont la valeur, à cette époque, répondait à o,23 cent, de la monnaie actuelle j ce qui donne, pour les dix mille sesterces, 23oo francs.
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. ' ia5
- interceptés par des monuments, des édifices et des plantations d’arbres, ont demandé au Sénat ce quil lui plaisait ordonner a ce sujet; sur quoi il a été arreté : Que , pour faciliter les réparations des ca naux et conduits, sans lesquelles ces ouvrages publics seraient bientôt dégradés, il leur plaisait qu’il y eût de chaque côté des fontaines, murs et voûtes des aqueducs, un isolement de quinze pieds. Quant aux conduits qui sont au-dessous de terre, et aux canaux qui sont dans l’intérieur de la ville, où se trouvent des édifices, il suffira de laisser un espace libre de cinq pieds de chaque côté. De sorte qu’a l’avenir il ne sera plus permis de construire des monuments ni des édifices, ni de planter des arbres qu’à cette distance. Les arbres qui existent actuellement dans cet intervalle seront arrachés, à moins qu’ils ne soient renfermés dans quelques domaines ou dans quelques édifices. Que si quelqu’un contrevient en quelque chose à ce qui vient d’être prescrit, il sera condamné à une amende de dix mille sesterces, dont la moitié sera donnée comme récompense au dénonciateur, après qu’il l’aura convaincu du fait dont il t’accuse ; l’autre moitié sera remise dans le trésor public : ce sont les administrateurs des eaux qui connaîtront de ces délits, et qui les jugeront. »
- CXXVIII. La sagesse de ce sénatus-consulte, en revendiquant ces espaces libres afin de protéger des monuments d’une si haute importance, ressortira encore davantage, lorsqu’on saura avec quelle religieuse équité nos ancêtres se sont appliqués à ne point frustrer les particuliers au bénéfice du public : car, lorsqu’ils établirent des aqueducs, s’ils rencontraient un propriétaire qui fît quelques difficultés pour vendre la partie de son champ dont ils avaient besoin, ils l’achetaient tout entier, et revendaient le surplus, afin d’établir, d’une manière certaine, le droit des limites? des particuliers, et celui de la république. Malgré cela, la plupart ne se sont pas contentés d’anticiper sur ces limites , ils ont porté leurs prétentions jusque sur les aqueducs, en perçant les parois des canaux pour y adapter des
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- tenti occupasse fines, ipsis ductibus manus attulêre per.latera
- passim, tàm ii qui jus aquarum impetratum habent, quàm ii qui quantulâcumque beneficii occasione ad expugnandos nunc abutuntur. Quid porro fieret, si non universa ista diligentissimâ lege prohibe-rentur, pœnaque non mediocris contumacibus intentaretur ? Quæ subscripsi verba legis :
- CXXIX. « T. QÜINCTIUS. CRISPINUS. COS. POPÜLUM. JURE. ROGAVIT. POPULUSQUE. JURE. SCIVIT. IN. FORO. PRO. ROSTRIS. AEDIS. DIYI. JIJLII.
- A.D.P........JULIAS. TRIBUI. SERGIAE. PRINCIPIUM. FUIT. PRO TRIBU.
- SEX. L. F. VARRO. QUICUNQUE. POST. HANC. LEGEM. ROGATAM. RIVOS. SPE-CUS. FORNICES. FISTULAS. TUBULOS. CASTELLA. LACUS. AQUARUM. PUBLI-CARUM. QUAE. AD. URBEM. DUCUNTUR. SCIENS. DOLO. MALO. FORAVER1T. RUPERIT. FORANDA. RUMPENDAVE. CURAVERIT. PEJOREMVE. FECERIT. QUO-MINUS. EAE. AQUAE. EARUMVE. QUA. IN. URBEM. ROMAM. IRE. CADERE. FLUERE. PERVENIRE. DUCI, POSSINT. QUOYE. MINUS. IN. URBE. ROMA. ET. IN. IIS. AEDIFICIIS. QUAE. URBI. CONTINENTIA. SUNT. ERUNT. IN. HIS. HOR-TIS. PRAEDIIS. LOCIS. QUORUM. HORTORUM. PRAEDIORUM. LOCORUM. DOMI-NIS. POSSESSORIBUSVE. AQUA. DATA. VEL. ADTRIBUTA. EST. VEL. ERIT. SALIAT. DISTRIBUATUR. DIVIDATUR. IN. CASTELLA. LACUS. IMMITTATUR. IS. POPULO. ROMANO. C. MILLIA. DARE. DAMNAS. ESTO. ET. QUI. CLAM. QUID. EORUM. ITA. FECERIT. ID. OMNE. SARCIRE. REFICERE. RESTITUERE. AEDIFI-CARE. PONERE. ET. CELERE. DEMOLIRE. DAMNAS. ESTO. SINE. DOLO. MALO. ATQUE. OMNIA. ITA. UT. QUICUNQUE. CURATOR. AQUARUM. EST. ERIT. AUT. SI. CURATOR. AQUARUM. NEMO. ERIT. TUM. IS. PRAETOR. QUI. INTER. CIVES. ET. PEREGRINOS. JUS. DICIT. MULTA. PIGNORIBUS. COGITO. COERCITO. EIQUE. CURATORI. AUT. SI. CURATOR. NON. ERIT. TUM. El. PRAETORI. EO. NOMINE. COGENDI. COERCENDI. MULTAE. DICENDAE. SIVE. PIGNORIS. CAPIENDI. JUS. POTESTASQUE. ESTO. SI. QUID. EORUM. SERVUS. FECERIT. DOMINUS. EJUS. H-S. CENTUM. MILLIA. POrULO. DET. SI. QUIS. CIRCA. RIVOS. SPECUS. FOR-
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN.
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- tuyaux libres. Ce notaient, pas seulement ceux qui avaient obtenir le droit des eaux qui se rendaient coupables de cet abus, mais encore ceux qui, à la faveur de quelques petites concessions, en abusaient pour s’emparer des eaux publiques. Que serait donc devenue la propriété commune, si tant d’abus n’eussent été réprimés par une loi extrêmement sage, et si l’on n’eût point porté des peines sévères contre les coupables ! Nous avons transcrit ici le texte de cette loi :
- CXXIX. ce Le consul T. Quinctius Crispinus ayant convoqué légalement le peuple, et le peuple étant assemblé dans le Forum, auprès du temple du divin César, la 'veille du jour qui précède les ides de juillet, la tribu Sergia, à qui il échut de parler la première, fit choix de Sextus Varron, fils de Lucius, pour donner son suffrage sur la loi suivante. Quiconque , après Vacceptation de cette loi, aura, par mauvaise intention et a dessein, percé, rompu, ou tenté de percer ou de rompre les canaux, les conduits souterrains, les tuyaux, châteaux - d’eau, réservoirs dépendants des eaux publiques, ou qui aura fait pis, pour diminuer le cours des eaux ou de quelques portions, et les empêcher de se répandre, de couler, de parvenir et d'être conduites dans la ville de Rome, ou même qui aura entravé la distribution dans les édifices de Rome et dans ceux qui sont attenants a la ville, ou le seront à l’avenir; dans les jardins, les domaines de ceux h qui Veau est ou sera accordée ou attribuée. Enfin celui qui empêchera que Veau ne jaillisse, ne soit distribuée, divisée dans les chdteaux-d1eau, envoyée dans les réservoirs, quil soit condamné à cent mille sesterces d’amende envers le peuple romain ; et celui qui, sans mauvaise intention, aurait fait, a Vinsu de l’administrateur, quelques-unes de ces choses, qu’il soit condamné à refaire, rétablir, reconstruire, replacer sur-le-champ ce qu’il a dérangé, ou â démolir ce qu’il a fait. Ainsi quiconque est ou sera administratéur des eaux, ou, ci son défaut, le préteur chargé de juger les différends
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- ,28 S. J. FRONTINI COMMENTARIUS.
- nices. fistulas. tubulos. castella. lacus. aquarum. publicarum. quae.
- AD. URBEM. ROMAM. DUCUNTUR. ET. DUCENTÜR. TERMINATÜS. STETERIT. NEQUE. QUIS. IN. EO. LOCO. POST. HANC. LEGEM. ROGATAM. QUID. OPPONIT. MOUT. OBSEPIT. FIGIT. STATUIT. PONIT. COLLOCAT. ARAT. SERIT. NEVE. IN. EUM. LOCUM. QUID. IMMITTIT. PRAETERQUAM. EORUM. FACIENDORUM. REPO-NENDORUM. CAUSSA. PRAETERQUAM. QUOD. HAC. LEGE. LICEBIT. OPPORTE-BIT. QUI ADVERSUS. EA. QUID. FECERIT. ET. ADVERSUS. EUM. SIREMPS. LEX. JUS. CAUSSAQUE. OMNIUM. RERUM. OMNIBUSQUE. ESTO. UTIQUE. UTI. ESSET. ESSEQUE. OPORTERET. SI. IS. ADVERSUS. HANC. LEGEM. RIVUM. SPECUM. RU-PISSET. FORASSETVE. QUOMINUS. IN. EO. LOCO. PASCERE. HERBAM. FOENUM. SECARE. ...... CURATORES. AQUARUM. QUI. NUNC. SUNT. QUIQUE. ERUNT.
- CIRCA. FONTES. ET. FORNICES. ET MUROS. ET. RIVOS. ET. SPECUS. TERMINATES. ARBORES. VITES. VEPRES. SENTES. RIPAE. MACERIA. SALICTA. ARIJN-DINETA. TOLLANTUR. EXCIDANTUR. EFFODIANTUR. EXCODICENTUR. UTIQUE. RECTÈ. FACTUM. ESSE. VOLET. EOQUE. NOMINE. IIS. PIGNORIS. CAPTIO. MUL-TAE. DICTIO. COERCITIOQUE. ESTO. IDQUE. IIS. SINE. FRAUDE. SUA. FACERE.
- LICEAT. JUS. POTESTASQUE. ESTO. ,.QUOMINUS. VITES. ARBORES. QUAE.
- VILLIS. AEDIFICIIS. MACERIISVE. INCLUSAE. SUNT. MACERIAE. QUAS. CURATORES. AQUARUM. CAUSSA. COGNITA. NE. DEMOLIRENTUR. DOMINIS. PERMI-SERUNT. QUIBUS. INSCRIPTA. INSCULPTAQUE. ESSENT. IPSORUM. QUI. PERMISSENT, CURATORUM. NOMINA. MANEANT. »
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- (i) La valeur du sesterce, à cette époque, étant à o,a3 centimes de la monnaie actuelle, les iooooo sesterces répondraient à a3ooo francs.
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- COMMENTAIRE DE S J. FRONTIN. 129
- entre les citoyens et les étrangers, est autorisé a prononcer Vamende, la tradition des gages ou la contrainte personnelle. Or le droit et la faculté de prononcer Vamende, de percevoir les gages, ou d'ordonner là contrainte personnelle, appartiendrait à l'administrateur des eaux, ou, dans son absence, au préteur. S'il arrive qu'un esclave cause quelqu'un de ces dommages, son maître paiera cent mille sesterces (1) au profit du peuple romain. Si quelqu'un forme une clôture auprès des canaux, des conduits souterrains, des voûtes, des tuyaux des châteaux-d'eau, ou des réservoirs dépendants des eaux publiques qui sont ou seront conduites, à l’avenir, dans la ville de Rome, a l'exception de ce qui sera autorisé par cette loi, il ne pourra rien opposer , , ni construire, ni obstruer, ni planter, ni établir, ni poser, ni placer, ni labourer, ni semer, ni rien faire de ce qui est défendu par la loi dans l'espace qui doit rester libre, à moins que ce ne soit pour 'le rétablissement des aqueducs. Tout contrevenant à cette loi éprouvera contre lui le recours de cette meme loi établie pour la garantie
- commune aux intérêts publics et particuliers.......Ainsi il sera
- tenu de rétablir les choses endommagées dans l'état oit elles étaient
- et comme elles doivent être............ Si, au mépris de cette
- loi, quelqu'un venait à rompre ou percer un canal, un conduit souterrain, ou seulement faire paître l'herbe, couper le foin dans le lieu
- oit ils se trouvent.......Les administrateurs des eaux publiques
- actuellement en exercice, et ceux qui le seront a l'avenir, auront soin de ne souffrir aux environs des sources, des voûtes, murs, canaux et conduits souterrains, aucuns enclos, arbres, vignes, buissons, haies f murs de clôture, plantations de saules, ni de roseaux; ils sont autorisés à faire enlever, arracher, déraciner ceux qui s'y trouvent, en se renfermant avec équité dans le texte de la loi, qui leur donne le droit et le pouvoir de prononcer l'amende, de recevoir
- des gages, et d'ordonner la contrainte personnelle.Quant aux
- vignes et aux arbres renfermés dans les métairies, les édifices..., ou murs de clôture que les administrateurs des eaux ont reconnus nôtre
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- S. J. FRONTINI COMMENTARIUS
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- HAC. LEGE. NIHILUM. ROGATOR. QUOMINUS. EX. IIS. FONTIBUS. RIVIS. SPECÜBUS. FORNICIBUS. AQUAM. SüMERE. HAURIRE. IIS. QUIBUSCUMQUE. CURATORES. AQÜARUM. PERMISERINT. PRAETERQUAM. ROTA. CALICE. MACHINA. LICEAT. DUM. NEQUE. PÜTEÜS. NEQÜE. FORAMEN. NOVUM. FIAT. EJUS. HAC. LEGE. NIHILUM. ROGATOR.
- CXXX. Utilissimæ legis contemptores non negaverim dignos pœnâ quæ inteuditur ; sed negligentiâ longi temporis deceptos le-niter revocari opportuit. Itaque sedulo laboravimus, ut quantum in nobis fuit, etiam ignorarentur qui erraverant. Iis vero qui admoniti ad indulgentiam imperatoris decurrerunt, possumus videri caussa impetrati beneficii fuisse. In reliquo vero opto ne exeeutio legis ne-cessaria sit, cum oftlcii fidem etiam per offensas tueri præstet.
- FINIS COMMENTARII.'
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- COMMENTAIRE DE S. J. FRONTIN. i3i
- pas dans le cas d’étre démolis, il faudra que la permission de les conserver soit inscrite et gravée sur ces clôtures, ainsi que les noms des administrateurs qui les ont accordées.
- Par cette loi, il ri est point dérogé aux permissions données par les administrateurs, a qui que ce soit, de prendre ou de puiser de Veau , dans les fontaines, canaux ou conduits souterrains, pourvu quon ri y emploie ni roue, ni calice, ni machine, que Von ne creuse aucun puits, et quon ne perce aucune nouvelle ouverture.
- CXXX. Il n’y a pas de doute que les contempteurs d’une loi aussi utile ne méritent les peines qu’elle inflige. Mais il a fallu user de douceur envers ceux qu’une longue négligence avait induits en erreur. C’est pourquoi nous avons, autant qu’il a été en notre pouvoir, fait en sorte que ceux qui étaient en contravention ne fussent pas connus. Quant à ceux qui, après avoir été avertis, ont eu recours à la bonté du prince, nous pouvons assurer que nous avons été cause du bienfait qu’ils ont obtenu. Mais, au reste, je souhaite que l’exécution de la loi ne soit pas nécessaire : car le devoir de ma place m’obligerait à la défendre sans craindre de blesser les intérêts des particuliers.
- FIN DU COMMENTAIRE.
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- LEGES SI VE CONSTITUTIONES IMPERIALES
- AQUAEDUCTIBUS
- TAM
- ROMAE VETERIS QU A M NOVAE,
- URBIS SCILICET CONSTANTINOPOLITANAE.
- Imp. Constantinus A., ad Maximilianum, cos.
- A-Qüarum possessores, per quorum fines formarum meatus trans-eutit, ab extraordinariis oneribus volumus esse immunes, ut eorum opéra aquarum ductus sordibus oppleti mundentur, nec ad aliud superindictæ rei onus hisdem possessoribus adtinendis ; ne circa res alias occupati repurgium formarum facere non curent. Quod si neglexerint, amissione possessionum multabuntur. Nam fiscus ejus prædium obtinebit, cujus negligentia perniciem formæ conges-serit. Prætereà scire eos opportet, per quorum prædia ductus com-meat, ut dextra lævaque de ipsis formis quindecim pedibus inter-missis arbores habeant : observai!te tuo officio, ut si quo tempore
- (i) Pour compléter la jurisprudence des Romains, sur la conservation et l’administration des aqueducs et des eaux, nous ajoutons ici, ainsi que l’a fait Poléni, aux sénatus - consultes rapportés par Frontin , les lois ou consti-
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- LOIS OU CONSTITUTIONS IMPÉRIALES
- SUR LES AQUEDUCS
- TANT
- DE L’ANCIENNE ROME QUE DE LA NOUVELLE,
- C’EST-A-DIRE DE LA VILLE DE CONSTANTINOPLE, (i)
- Lempereur Constantin Auguste, a Maximilien, personnage
- consulaire.
- Les possesseurs des fonds traverses par les conduits des eaux seront exempts des charges extraordinaires, sous la condition de faire nettoyer ces conduits quand il en sera besoin; leurs obligations se borneront là, de peur que d’autres soins ne leur fassent abandonner ce curage. Que s’ils le négligeaient, ils en seraient punis par la perte de leurs fonds : car le fisc s’en emparerait, en réparation du dommage causé aux aqueducs par leur défaut de soin. Il faut de plus qu’ils sachent que, dans les fonds traversés par les aqueducs, il doit y avoir, de chaque côté des conduits, un espace de quinze pieds, sans arbres (2). Il est en conséquence du devoir de votre charge, de
- tutions impériales rendues depuis lui jusques et compris celles de l’empereur Justinien.
- (2) Ainsi qu’il en est déjà parlé art* CXXVII du Commentaire de Frontin.
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- i34 LEGES SIYE CONSTITÜTIONES IMPERIALES.
- pullulaverint, excidantur; ne earum radices fabricam formæ cor; rumpant.
- Dat, xv kal. jun. Gallicano et Symmacho coss.
- Imppp. Valentinianus, Valens, et Gratianus, A A A.; Fortunatiano, C. R. P. (i)
- Aquæductus, qui Daphnensi palatio usum aquæ præstat, quorum-dam aviditate tenuatur ad potis majoribus fistulis, quàm ex imperiali largitate meruerunt. Consensu igitur omnium in tribus locis concep-tacula reparentur, et singulorum nomina, modusque servandus ta-bulis adscribatur : et si ultrà licitum aliquem usurpare constiterit, per singulos obolos (2) libræ unius auri dispendiis ingravetur : et si tenore sacri rescripti aliquis certum modum aquæ meruisse noscetur, non prius eidem accipiendi potestas aliquatenùs tribuatur, nisi adito rectore, ex ipso conceptaculo quantitatem quam meruit, possit adi-pisci.
- Dat. iii kal. novemb. Antiochiæ* Yalentiniano N. P. et Victore > coss.
- Imppp. Gratianus, Valentinianus, et Theodosius y AA A.;
- Clearcho, P. V. (3)
- Summas quidem domus si lavacris lautioribus præsententur, binas non amplius aquæ uncias, aut, si hoc ampliùs exigent ratio digni-
- ( i ) Les lettres C. R. P. paraissent être les initiales des mots comiti rerumpriçatarum,
- (2) Il y a lieu de croire que le mot obolos n’est pas ici une division de monnaie, mais de mesure d’eau r qui répond probablement à celle exprimée par uncias, p. 140.
- (3) P. Y., præfecto urbi.
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- LOIS OU CONSTITUTIONS IMPÉRIALES. i35
- faire arracher ceux qui pousseraient en deçà, afin que leurs racines n’en dégradent pas la construction.
- Donné le xv des calendes de juin, sous le consulat de Gallicanus et de Symmachus. (4)
- Les empereurs Valentinien, Valens, et Gratien, Augustes; à Fortunatien, ministre du domaine prive\
- Le volume d’eau fourni au palais de Daphné, est diminué par l’avidité de quelques particuliers qui puisent à l’aqueduc par des tuyaux d’un diamètre plus grand qu’il ne leur est accordé par la munificence impériale. Nous voulons, en conséquence, suivant le vœu général, qu’on rétablisse des réservoirs en trois endroits, et que les noms de chacun, avec les conditions de sa jouisssance, soient inscrits sur des registres. Quiconque, à l’avenir, serait convaincu d’avoir tiré plus d’eau qu’il ne lui en est accordé, paiera une livre d’or (5) par chaque obole de la valeur du dommage. Si, en vertu d’un rescrit impérial, on obtient une certaine quantité d’eau, on ne pourra entrer en jouissance qu’en s’adressant au gouverneur, qui fera tirer du réservoir la quantité accordée.
- Donné le m des calendes de novembre, à Antioche, sous le consulat du jeune prince Valentinien et de Victor. (6)
- Les empereurs Gratien, Valentinien, et Théodose, Augustes; a Cléarque, préfet de la ville.
- Les plus grandes maisons , quelque somptueux que soient les bains quelles contiennent, ne pourront obtenir plus de deux onces
- (4) An de Rome io83, selon Varron, et de lere vulgaire 33o.
- (5) La valeur de la livre d’or, sous Constantin et ses successeurs, était de 1048 fr. de la monnaie actuelle.
- (6) An de Rome 1123, et de lere vulgaire âjo.
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- i36 LEGES SIVE CONSTITUTIONES IMPERIALES.
- tatis', suprà ternas neutique possidere : médiocres vero et inferioris meriti domus singulis et semis contentas esse decernimus. Si tameri hujuscemodi balneas easdem habere claruerit; cæteros vero, qui mansionum spatio angustiore sustentantur, ad mediæ unciæ usum tantum gaudere præcipimus. Neque obreptionem cuiquam patere : ità ut quod tibi paret officium, sex librarum auri multâ feriatur, nisi prodiderit usurpantes; et is, qui fefellit, careat impetrato.
- Dat. x kal. jul., Constantinopoli, Antonio et Syagrio coss.
- lidem A A A., Cjnegio, P. P. (i)
- Ad portûs et aquæductûs instaurationem, omnes certatim, facta operarum conlatione, instare debent : neque aliquis ab hujuscemodi consortio dignitatis privilegiis excusari.
- Dat. xv. kal. februar., ' Constantinopoli, Richomere et Clearcho coss.
- Imppp. Valentinianus, Theodosius, et Arcadius, A A A,;
- Pane ratioy P. V.
- Si quis de cætero vetiti furoris audaciâ florentissimæ urbis com-moda voluerit mutilare, aquam ad suum fundum ex aquæductu pu-blico derivando, sciât eundem fundum fiscalis tituli proscriptione signatum privatis rebus nostris adgregandum.
- Dat. vin...., Constantinopoli, Timasio et Promoto coss.
- (1) P. P., prœfecto preetorio.
- (2) Les six livres d’or répondent à 6288 fr. de la monnaie actuelle.
- (3) An de Rome n35, et de l’ère vulgaire 382.
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- LOIS OU CONSTITUTIONS-IMPERIALES. i3;
- d’eau, ou, si leur importance en exige davantage, jamais plus de trois. Pour les maisons ordinaires et de peu d’importance, elles devront se contenter d’une once et demie ; encore faudra-1-il, pour cela, qu elles aient des bains du même genre que ci-dessus : car les autres, qui n’occupent qu’un très-petit espace, nous ne leur accordons pas plus d’une demi-once. Afin de prévenir toute surprise, l’officier qui vous est subordonné encourra une amende de six livres d’or (2), s’il ne dénonce pas les usurpateurs; et celui qui a trompé sera déchu de ce qu’il aura obtenu.
- Donné le x des calendes de juillet, à Constantinople, sous le consulat d’Antoine et de Syagrius. (3)
- Les mêmes Empereurs, a Cynégius, préfet du prétoire.
- Tous doivent à l’envi s’empresser de concourir au rétablissement des ports et des aqueducs, et personne ne peut faire valoir, pour s’en dispenser, les prérogatives de sa dignité.
- Donné le xv des calendes de février, à Constantinople , sous le consulat de Richomer et de Cléarqùe. (4)
- Les empereurs Valentinien, Théodose, etArcadius, Augustes; a Pancratius, préfet de la ville.
- Si quelqu’un, malgré nos défenses, avait la témérité d’attenter aux droits de cette florissante cité, en dérivant sur son fonds les eaux de l’aqueduc public, qu’il sache qu’on plantera sur ce fonds les enseignes du fisc, et qu’il sera dévolu à notre domaine privé.
- Donné le vin...., à Constantinople, sous le consulat de Timasius et de Promotus. (5)
- (4) An de Rome 1187, et de lere vulgaire 384.
- (5) An de Rome 1142, et de 1ère vulgaire 389.
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- i38 LEGES S I VE GONSTITUTIONES IMPERIALES.
- Iidem A A A., Albino, P. V. Rom.
- Eos qui aquæcopiam vel olim, vel nuric per nostra indulta me-ruerunt, ejus usum aut ex castellis, aut ipsis formis jubemus elicere, neque earum fistularum, quas matrices vocant, cursum ac solidi-tatem adtentare. (i)
- Dat. v. kal. sept., Romæ, Timasio et Promoto coss.
- Impp. Arcadius et Honorius, AA. ; ad Africanum, P.V.
- Quicumque ex aquæductu magis quàm ex castellis aquæ usum pu-taverit derivandum, etiam id, quod priùs jure beneficii fuerat con-secutus, amittat. In eum vero pro couditione personæ conveniet se-verissimo supplicio vindieari, qui adversùs statuta hujus sacri ora-culi, avidæ cupiditatis noluerit frena cohibere ut privatis indulti meatus mensura famuletur.
- Dat. PP. iv kal. jun. Constantinopoli, Olybrio et Probino coss.
- lidem AA., Asterio Com. Or. (2)
- Usum aquæ veterem longoque dominio constitutum singuliscivibus manere censemus, nec uliâ novatione turbari : ità tamen, ut quan-titatem singuli, quam veteri licentiâ percipiunt, more usque in præ-sentem diem perdurante percipiant : mansura pœna in eos, qui ad
- (j) Cette loi et la suivante se trouvent réunies dans le Gode Justinien. (2) Com. Or., comiti Orienti.
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- LOIS OU CONSTITUTIONS IMPÉRIALES. i3<>
- Les mêmes Empereurs, à Aïbinus, préfet de la ville de Rome.
- Nous ordonnons que ceux auxquels notre bienveillance a accordé anciennement ou récemment le droit de prendre de l’eau, la tirent des châteaux-d’eau ou des conduites mêmes ; nous leur défendons d’interrompre le cours ou d’attenter à la solidité des tuyaux appelés matrices.
- Donné le v des calendes de septembre, a Rome, sous le consulat de Timasius et de Promotus.
- Les empereurs Arcadius et Honorius, Augustes; à Africanus,
- préfet de la ville.
- Quiconque prétendrait tirer l’eau qu’il est autorisé à prendre, plutôt de l’aqueduc que des châteaux-d’eau, perdra le droit, qui lui aurait été précédemment accordé. En outre, afin d’assurer le service des concessions faites aux particuliers, on doit punir des peines les plus sévères, eu égard à la qualité des personnes, ceux qui, contre la teneur de notre présent rescrit impérial, ne mettent pas de frein à leur avide cupidité.
- Publié le iv des calendes de juin, à Constantinople, sous le consulat d’Olybrius et de Probinus. (3)
- Les mêmes Empereurs 3 a Asterius, comte *d’Orient.
- L’eau dont l’usage est ancien et établi sur une longue possession, doit, suivant nos intentions, être conservée à chaque citoyen, sans être interrompue par aucune innovation; de manière, toutefois, que chacun continue à percevoir, suivant le mode usité jusqu a ce jour,
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- (3) An de Rome 1148, et de lere vulgaire 395.
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- i4o LEGES SI VE CONSTITUTIONES IMPERIALES.
- inrigationes agrorum yel hortorum delicias, furtivis aquarum mea-tibus abutuntur.
- Dat. kal. novemb., Cæsario et Attico.coss.
- Iidem AA., Messalæ, P. P.
- Ex forma, cui nomen Augusta est, quæ in Campania sumptu pu-blico reparata est, nihil privatim singulorum usurpatio præsumat, neque cuiquam posthac derivandæ aquæ copia tribuatur. Si quis autem meatum aquæ ausus fuerit avertere, quinque libras auri ærario-nostro inferre cogatur. Quidquid etiam ob eam fraudem ex rescri^to fuerit elicitum, vel qualibet arte tentatum, inritum habeatur.
- Dat. v. kal. jan., Med., Theodoro V. C. coss.
- Iidem AA., ad Flavianum, P. V.
- Ne quis Claudiam , interruptis formæ lateribus atque perfossis, sibi fraude elicitam existimet vindicandam. Si quis contra fecerit, earum protinùs ædium et locorurri amissione multetur. Officium prætereà, cujas ad sollicitudinem operis hujus custodia pertinebit, hac pœnâ constringimus : ut tôt librarum auri inlatione multetur, quot uncias Claudiæ nostræ conniventiâ ejus usurpatas fuisse con-stiterit.
- Dat. vi. id. noveiùb,, Med., Stilicone et Aureliano coss.
- (1) An de Rome i i5o, et de Vère vulgaire 397.
- (2) Cinq livres d’or répondent à 0240 fr. de notre monnaie actuelle.
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- LOIS OU CONSTITUTIONS IMPÉRIALES. i4i
- la quantité qui lui a été anciennement accordée. Nous maintenons la peine portée contre ceux qui, pour 1 arrosement de leurs champs ou l’agrément de leurs jardins, s’approprient des dérivations frauduleuses.
- Donné 4e jour des calendes de novembre, sous le consulat de Cæ-sarius et d’Atticus. (i)
- Les mêmes Empereurs , a Messala , préfet duprétoire.
- Qu’aucun particulier ne s’arroge de droit sur l’aqueduc nommé Augusta,;situé dans la Campanie, et qui a été réparé aux dépens du trésor public; et que la permission d’en tirer de l’eau ne soit donnée à l’avenir à qui que ce soit. Si quelqu’un osait détourner le cours de l’eau, qu’il soit tenu de payer cinq livres d’or (2) à notre trésor. Tout rescrit surpris, toute manœuvre pratiquée pour frauder notre disposition, sera sans effet.'
- Donné le v des calendes de janvier, à Milan, sous le consulat de Théodore. (3)
- Les mêmes Empereurs, a Flavianus, préfet de la ville.
- Que personne ne pense pouvoir impunément s’approprier par fraude l’eau Claudia, en rompant ou perçant les parois de son canal; car les contrevenants seraient aussitôt punis par la confiscation de leurs bâtiments et terres. En outre, celui qui est chargé de la conservation de cet ouvrage ne peut manquer à son devoir, sous peine de payer autant de livres d’or, qu’il aura été détourné d’onces de nôtre eau Claudia par sa connivence.
- Donné le 6 des ides de novembre, à Milan, sous le consulat de Stilicon et d’Aurélien.
- (3) An de «Home 115a , et de 1 ere vulgaire
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- i4a LEGES SIVE CONSTITUTIONS IMPERIALES.
- Impp. Theodosius et Valentinianus, AA. ; Cjro, P. P.
- Si quis per divinam liberalitatem meruerit jus aquæ, non viris clarissimis rectoribus provinciarum, sed tuæ præcellentissimæ sedi cœlestes apices intimare debebit : condemnatione contra ilium, qui preces moderatoribus insinuare conatur, quinquaginta librarum auri, et contra universos ad ministratores * qui rescriptum per subre-ptionem elicitum suscipere moliuntur, proponendâ : apparitoribus nihilominùs eorumdem virorum clarissimorum provinciæ modera-torum, animadversionibus pro vigore tui culminis subjugandis : et amplissima tua sede dispositura, quid in publicis thermis, quid in nymphæis pro abundantiâ civium conveniat deputari, quia bis personis, quibus nostra serenitas induisit, ex aquâ superfluâ de-beat impertiri.
- Iidem AA., Cyw, P. P.
- Omnis servitus aquæductûs Hadriani, sive domorum, sive posses-sionum, sive suburbanorum, sive balneorum, per divinos affatus intimâtes in quolibet judicio, vel per usurpationem impertitos; pe-nitùs exprobretur. Maluimus etenim prædictunf aquæductum nostri palatii publicarum thermarum ac nymphæorum commodkatibus in-servire. Et decernimus hanc dispositionem modis omnibus in poste-rum servari ; nemini lioentiâ tribuendâ ab eodem aquæductu precibus oblatis usum aquæ petere, vel eum audere perforare ; scientibus his qui quâlibet ratione putaverint. ad jbujusmodi emolumentum acce-dere, vel officio, si ausus fuerit instruere, vel miniis instructis pre-♦
- (1) Les 5o livres dor répondent à 52400 fr. de la monnaie actuelle.
- (2) Cent livres d’or répondent à 104800 fr. de la monnaie actuelle.
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- LOIS OU CONSTITUTIONS IMPÉRIALES. i43
- Les empereurs Théodose et Valentinien, siugustes ; à Cjrus,
- préfet du prétoire.
- Si quelqu’un obtient de la libéralité impériale le droit de prendre de l’eau, ce n’est point aux très - illustres gouverneurs de province, c’est à votre siège suprême que les ordres souverains doivent être notifiés. Celui qui chercherait à faire insinuer sa supplique par-devant les gouverneurs, encourrait une amende de 5o livres d’or (i) ; peine également applicable à tous administrateurs qui tenteraient de s’attribuer la mise à exécution d’un rescrit subreptice. Les appariteurs desdits très-illustres gouverneurs nen sont pas moins soumis aux peines que votre sévérité leur infligera. C’est à votre décision suprême à régler la quantité d’eau qu’il convient de consacrer pour le service des thermes et des nymphées, en raison du nombre des citoyens, parce que le superflu doit être distribué à ceux que notre faveur a gratifiés.
- Les mêmes Empereurs, à Cjrus, préfet du prétoire.
- Nous annulions pleinement toute servitude établie sur l’aqueduc d’Adrien, au profit des maisons, terrains, jardins ou bains, même par rescrits'du prince insinués dans une juridiction quelconque, ou fondés sur un long usage : car nous avons mieux aimé que ledit aqueduc ne fût consacré qu’au service de notre palais, des thermes publics et des nymphées ; et nous entendons que la présente disposition soit observée à l’avenir sans restriction. Il ne sera en consé quence permis à personne de solliciter un rescrit pour obtenir de l’eau de cet aqueduc, ou d’en percer audacieusement les conduits : notre volonté étant connue, celui qui oserait faire une pareille tentative, tout officier qui se permettrait d’instruire l’affaire, ou d’obéir au rescrit qui serait surpris, seraient condamnés à payer au fisc une amende de cent livres d’or (2). De plus, nous ordonnons que non-seu-
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- i44 LEGES SIVE CONSTITUTIONES IMPERIALES.
- cibus parère, centena pondo auri multæ nomine fîscalibus rationibus se esse inlaturos. Super his Sancimus, sulcum publicum aquarum nullis intrà decem pedes arboribus coarctari, sed ex utroque latere decempedale spatium integrum inlibatumque servari ; prætereà de plumbeis fistulis ducentibus ad thermas quæ Achilleæ nuncupantur, quas providentiæ tuæ magnificentiâ factas fuisse cognovimus, eam-dem formam servari censemus.
- Etenim raemoratas fistulas thermis tantiim et nymphæis, quibus eminentia tua deputaverit, volumus inservire : facultate præbendâ tuæ sublimitatis apparitoribus circumeundi sine formidine domus , suburbana, balnea ad requirendum, ne qua deceptio, vel suppres-sio, vel insidiæ contra publicam utilitatem à quoquam penitùs ad-tententur.
- Iidem x AA., Eutichiano, P. P.
- Ad reparationem aquæductûs hujus almæ urbis omnia vectigalia quæ colligi possunt ex universis scalis hujus inclytæ urbis, et ex ope-rariis, qui zizaceni dicuntur, ad refectionem ejusdem aquæductûs procedere : illo videlicet observando, ut nemo eorum, qui jus aquæ possident, quâcumque descriptione sustineat. Nam exsecrabile vi-detur domos hujus almæ urbis aquam habere venalem.
- Imp. Zeno, A., Adamantio, P.V.
- Hac lege sancimus, ut si quis amplissimam præfecturam guber-nans, aurum aquæductui deputatum ad aRerum quodlibet opus, non aquæductibus vel aquæ publicæ competens, exstruendum, vel curandum putaverit convertendum : de suis facultatibus eamdem summam aquæductûs titulo repensare cogatur. Separatus vero area-
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- LOIS OU CONSTITUTIONS IMPÉRIALES, i45
- lement le canal des eaux publiques ne soit resserré par aucun arbre dans un espace moindre de dix pieds, mais, en outre, que de chaque côté cet espace de dix pieds soit entièrement libre et vacant.
- Nous jugeons à propos d'étendre ces dispositions aux tuyaux de plomb que votre prévoyance a fait établir pour conduire les eaux aux thermes d’Achille : car nous voulons que lesdits tuyaux soient exclusivement consacrés au service des thermes et des nymphées auxquels votre grandeur les a destinés. Nous autorisons en conséquence les appariteurs de votre excellence à parcourir sans crainte les maisons, les jardins, les bains, pour rechercher les fraudes, les suppressions et les entreprises quelconques qui pourraient être dirigées contre l’utilité publique.
- Les mêmes Empereursy a Eutichianus, préfet du prétoire.
- Les tributs perçus dans les différents comptoirs de la ville, et ceux payés par les ouvriers dits zizacéniens, pour être affectés à l’entretien de l’aqueduc de cette superbe ville, le seront aussi au rétablissement de même aqueduc. On aura soin sur - tout de n’exiger, à cet effet, de ceux qui jouissent du droit de prendre de l’eau, aucune rétribution : car il serait odieux que l’eau de cette ville auguste fût vénale.
- Lempereur Zénon Auguste, a Adamantius, préfet de la ville.
- Nous ordonnons, par la présente loi, que si le magistrat revêtu des éminentes fonctions de préfet, se permettait de détourner les fonds destiné aux dépenses des aqueducs, et de les employer à la construction ou à l’entretien d’un ouvrage quelconque, étranger aux aqueducs et au cours de l’eau publique, il soit obligé de fournir, à ses
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- i46 LEGES SIVE CONSTITUTIONES IMPER I AIJES.
- rius aurum suscipiat gloriosissimorum consulum liberalitate, vel ex aliis titulis ad aquas publicas pertinentibus collectum, vel posteà colligendum.
- Idem A. y Sporatio.
- Diligenter investigari decernimus, qui publici ab initio fontes, vel cùm essent ab initio privati, postquàm publiée usum præbuerunt, ad privatorum usum conversi sunt T sive saeris apicibus per subrep-tionem impetratis , ac multo ampliiis si auctoritate inlicita , nec ap-petito colore sacri oraculi, hujusmodi aliquid pertentatum fuisse dignoscitur : ut jus suum regiæ civitati restituatur, et quod publicum fuit aliquando, minime sit privatum, sed ad communes usus recurrat : saeris oraculis, vel pragmaticis sanctionibus adversùs commoditatem urbis quibusdam impertitis, jure cassandis : nec longi temporis præ-scriptione ad circumscribenda civitatis jura profuturâ.
- Idem A. ? Pontio,
- Decernimus, ne quid à quâcumque personâ quâlibet dignitate præ-dita contra munuscularios aquæductus, vel fontes publicos, qui ad aquæductus confluunt, pertentetur. Sed et si quis clam vel palàm auctoritate confisus de iisdem paralogiis, vel fontibus aquam trans-duxerit, vel clandestinis insidiis forte subripuerit publicis aquæduc-tibus, eam restituere compellatur.
- Hoc etiam præcipimus, ne in posterum à quolibet juxta eosdem aquæductus plantari qualescumque arbores possint, ne ex stirpibus labefactentur parietes aquæductûs, quod antiquis etiam constitutio-nibus interdictum esse dignoscitur : scientibus universis, quod in posterum super hujusmodi commissis suburbanum vel prædium, vel
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- LOIS OU CONSTITUTIONS IMPÉRIALES. i4?
- dépens, une somme égale pour les aqueducs. Au surplus, un caissier particulier touchera les sommes que la libéralité des consuls, ou tout autre titre relatif aux eaux publiques, aura affecté aux susdites dépenses.
- Le même Empereur, a Sporatius.
- Nous ordonnons de rechercher avec soin les fontaines publiques d’origine, et celles qui, ayant été primitivement privées, devinrent ensuite publiques, et sont revenues depuis à la possession des particuliers, soit qu’on ait obtenu, à cet égard, des rescrits subreptices, soit, bien plutôt encore, que, sans titre et sans se couvrir du prétexte d’une décision impériale, on se soit permis une telle usurpation ; nous voulons, afin de rendre à cette royale cité ce qui lui appartient, que ce qui a été public ne demeure privé, mais que l’usage en soit restitué à tous : tout rescrit impérial, toute pragmatique sanction, obtenus par des particuliers contre l’intérêt général des citoyens, demeureront en conséqiience sans effet ; et la longue possession même ne pourra établir contre les droits de la ville aucune prescription.
- Le même Empereur, a Pondus.
- Nous défendons à toutes personnes, de quelques dignités quelles soient revêtues, de rien entreprendre contre les filets d’eau, ou les fontaines publiques qui grossissent les aqueducs de leurs eaux. Quiconque, clandestinement ou publiquement, et comptant sur son crédit, amènerait de l’eau desdits filets et fontaines, ou s’en procurerait par des manoeuvres frauduleuses, serait tenu de la restituer aux aqueducs publics.
- Nous défendons, en outre, à tout citoyen de planter à l’avenir, le long desdits aqueducs, des arbres quelconques, et ce dans la crainte que les racines n’en dégradent les murailles : on connaît, à cet égard, la prohibition portée dans les anciennes constitutions. Tout le monde saura qu’à l’avenir, en cas de contravention aux dis-
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- i48 LEGES SIVE CONSTITUTIONES IMPERIALES.
- balneum, yel aquæ mola, vel hortus, ad cujus usum aqua publica fuerit deriyata ; vel si quid ex his juxta aquæductum positum ad eum pertinet, qui plantavit arbores aquæductibus noxias, ad quemoum-que pertineat locum, vel hominein, vel domum, proscriptionis titulo subjacebit, et fisci juribus vindicetur : nulli super hujusmodi pœnâ nec per sacros apices venia tribuenda.
- Universos autem aquarios, vel aquarum custodes, quos hydrophy-lacas nominant, qui omnium aquæduetuum hujus regiæ urbis custodes deputati sunt, singulis manibus eorum felici nomine pietatis nostræ impressi signari decernimus, ut hujusmodi adnotatione ma-nifesti sint omnibus; nec à procuratoribus domorum, vel quolibet alio ad usus alios avellantur, vel angariarum, vel operarum nomine teneantur. Quod si quem ex iisdem aquariis mori contigerit, eum nihilominùs, qui in locum defuncti subrogatur, signo codem notari præcipimus : ut militiæ quodammodo societati, excubiis aquæ custo-diendæ incessanter inhæreant, nec muneribus aliis occupentur.
- lmp. Justinianus A. P Servio, P. P.
- Divinam dispositionem ab inclytæ recordationis principe Theo-dosio super bis qui aquam sibi de publicis aquæductibus seu fon-tibus præberi desiderant, promulgatam, bac etiam lege in suâ fir-mitate durare sancimus; quatenùs nemo vel in hac sacratissimâ civitate, vel in provinciis, sine divinis apicibus de sacro epistolarum scrinio more solito edendis, et judicio tuæ celsitudinis, vel aliis, quorum interest, intimatis vel intimandis, aquam de publico aquæ-ductu seu fonte trahere permittatur : his quicumque jussa nostra violaverit seu violare concesserit, denarum librarum auri condem-natione, aliaque gravissima indignatione feriendis.
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- LOIS OU CONSTITUTIONS IMPÉRIALES. 149
- positions ci-dessus, tous terrains, héritages, bains, moulins à eau, jardins, pour l’usage desquels l’eau publique aurait été détournée tous ceux qui borderont l’aqueduc auquel le propriétaire aura nui par ses plantations, sans avoir aucune considération pour le terrain , le domaine ou la personne du propriétaire, seront compris dans la proscription et dévolus au fisc, sans qu’on puisse en aucune manière obtenir remise de ladite peine, même par rescrit du prince.
- Nous voulons que tous les gardiens des eaux, connus sous le nom dhydrophylaces, auxquels est principalement confié le soin des aqueducs de cette cité royale, soient marqués de notre nom impérial sur la main. Par-là ils seront reconnus de tous, et ne pourront être employés à d’autres usages par les intendants de nos maisons, ni par qui que ce soit ; ils ne seront point tenus des corvées et travaux publics. Que si l’un de ces gardiens vient à mourir, celui qui le rem-placera sera marqué du même signe. Us formeront ainsi une espèce de corps de milice incessamment sur pied, pour la garde qui leur est confiée, et ne pourront être distraits pour d’autres emplois.
- L’empereur Justinien Auguste, a Servius} préfet du prétoire.
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- La décision rendue par l’empereur Théodose de glorieuse mémoire, relativement à ceux qui veulent obtenir de l’eau des aqueducs et fontaines publiques, est par nous expressément maintenue, en ce sens, que personne, soit dans cette auguste cité, soit dans les provinces, ne puisse avoir la permission de tirer de l’eau d’un aqueduc ou fontaine publique, sans un rescrit impérial obtenu dans la forme ordinaire, et insinué à notre tribunal suprême ou chez tout autre magistrat compétent. Quiconque aurait enfreint nos ordres, ou en aurait autorisé l’infraction, encourrait une amende de dix livres d’or (1), et s’exposerait à toute notre indignation.
- (1) Les dix livres d’or répondent à 10480 francs de notre monnaie actuelle.
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- i5o LEGES SIVE CONSTITUTIONS IMPERIALES.
- Formula comitivœ formarum Urbis ; auctore Magno Aureho
- Cassiodoro, V. C.
- Quamvis romuleæ fabricæ conlatæ sibi vix possint præcipuæ reperiri ( quia totum in admiratione nascitur exquisitum, quod ibi cernitur esse fundatum ), tamen interesse arbitramur, quod utilitas necessaria gratificat, et quod pulchritudinis tantum caussa commendat. Trajani forum yel sub assiduitate videre miraculum est. Capitolia celsa conscendere, hoc est, humana ingénia superata vi-' disse. Sed numquid per ea vivitur, aut corporis salus aliqua indè delectatione recreatur? In Formis autem Romanis utrumque præci-puum est, ut fabrica sit mirabilis et aquarum salubritas singularis. Quod enim illuc flumina quasi constructis montibus perducuntur, naturales credas alveos soliditates saxorum : quando tantus impetus fluminis, tôt sæculis firmiter potuit sustineri. Cavati montes ple-rumque subruunt, meatus torrentium dissipantur, et opus illud ve-terum non destruitur, si industria suffragante servetur. Respiciamus certè, aquarum quantum romanis*mœnibus præstat ornatum. Nam thermarum ilia pulchritudo quid esset, si dulcissima quædam æquora non haberet? Currit aqua Yirgo sub delectatione purissima, quæ ideo, sic appellata creditur, quod nuliis sordibus polluatur : nam ciim aliæ pluviarum nimietate terrenâ commixtione violentur, hæc aerem perpetuo serenum purissimè labens unda mentitur. Quis possit talia sermonibus idoneis explicare? Claudiam per tantam fastigii molem sic ad Aventini caput esse perductam, ut, cinn ibi ex alto lapsa ceciderit, cacumen illud excelsum quasi imam vallem inrigare videatur. AEgyptius Nilus certis temporibus crescens per campos jacentes superducto diluvio aere sereno turbulentus exæstuat : sed quanto pulchrius est, Claudiam romanam per tôt siccas montium summitates layacris ac domibus liquores purissimos, fistularum ube-
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- LOIS OU CONSTITUTIONS IMPERIALES. i5i
- Formule pour conférer la charge de surveillant des aqueducs de la ville ; rédigée par Magnus Aurelius Cassiodorus, gouverneur de la ville.
- A comparer entre eux les édifices de Rome, à peine, il est vrai, trouverait-on matière à préférence ( tant sont reconnus dignes d’admiration tous les ouvrages qui s’y offrent aux regards ! ) : nous croyons cependant devoir mettre une différence entre ceux dont l’utilité fait le prix, et ceux qui se recommandent seulement par leur beauté. Le forum de Trajan est un prodige pour ceux même qui le voient tous les jours. Le Capitole offre aux yeux de ceux qui en franchissent le sommet, le chef-d’œuvre du génie humain. Mais est-ce là ce qui fait exister? est-ce là ce qui contribue en rien au bien-être, à la santé du corps ? Les aqueducs de Rome, au contraire, se font également remarquer par leur structure admirable et par la salubrité particulière de leurs eaux. En effet, ces montagnes artificielles qui y amènent les eaux, feraient croire leur lit naturel composé des rochers les plus durs , pour avoir pu soutenir pendant tant de siècles l’impétuosité si rapide du courant. Les flancs creux des montagnes s’écroulent le plus souvent, le lit des torrents se perd et s’efface ; mais cet ouvrage des anciens ne se détruira pas, tant que l’industrie veillera à sa conservation. Considérons présentement l’ornement que Rome tire de ses eaux. Ces thermes magnifiques, que seraient-ils sans ce nouvel Océan qui en fait le charme? On voit courir avec une délicieuse pureté l’eau Vierge, ainsi appelée, sans doute, parce qu’elle est à l’abri de toute souillure : car tandis que les autres, par l’excès des pluies, reçoivent dans leur sein un limon impur, celle-ci, dans son cours limpide, semble nous annoncer en tout temps un ciel serein. Avec quelles expressions peut-on décrire de semblables merveilles? Ces immenses travaux qui, conduisant l’eau Claudia au sommet du mont Aventin, l’y font retomber en cascade, pour arroser cette cime élevée, comme une
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- i5a LEGES SIVE CONSTITUTIONES IMPERIALES.
- ribus emisisse? et ità æqualiter fluere, ut numquam se possit desiderata subducere? Ille enira dùm recedit, limus est : dùm venit in-speratè, diluvium. Quis ergo famosum Nilum urbis nostræ fluminibus non æstimet esse superatum, quando ille incofas suos aut veniendo terret, aut recedendo destituit ?
- Veriim hæc non superflua commemoratione narravimus, ut possis advertere, qualis à te diligentia perquiratur, cui pulchritudo tanta committitur. Quâ de re per indictionem illam, comitivam tibi for-marum sub magnâ deliberatione credidimus : ut summo studio nitaris efficere, quod tantis ac talibus rebus videris expedire. In primis noxias arbores, quæ inferunt fabricarum ruinas, dùm sunt quidam mœnium importabiles arietes, censemus radicitùs amputari : quia nulla læsio removetur, cujus origo non tollitur. Si quid autem con-ficiente senio fuerit demolitum, pervigili celeritate reparetur : ne crescente deféctu augeatur nobis caussa dispendii. Ductus aquæ for-tuna tua est, dùm incolumis eris, si ilia solidaveris : tantumque apud nos proficis, quantum te illi studuisse probaveris. Agat ergo peritia fidesque tua, ut et constructio fabricæ inlibata permaneat, et aquæ distributio nullâ se custodum venalitate subducat.
- FINIS LEGUM SIVE CONSTITUTIONUM.
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- LOIS OU CONSTITUTIONS IMPÉRIALES. i53
- profonde vallée. Le Nil d’Egypte, dans ses crues périodiques inondant les plaines inférieures, roule sous un ciel serein l’agitation de ses flots troublés. Combien il est plusbe au de voir l’eau Claudia à Rome, à travers les arides sommets des montagnes, apporter aux bains et aux habitations l’onde limpide qui s’échappe de ses canaux féconds, et couler si également, quelle ne trompe jamais l’espoir de ceux qui l’attendent! Le Nil au contraire se retire-t-il, c’est du limon; survient-il inopinément, c’est un déluge. Qui donc pourrait douter que les eaux de notre ville ne l’emportent sur ce Nil fameux, dont la crue subite inspire l’effroi et dont la retraite produit le dénuement!
- Ce ne sont pas là de vains discours : notre but est de vous faire sentir quelle sollicitude on a droit d’exiger de vous, en vous confiant de tels chefs-d’œuvre. En conséquence, après une mûre délibération, nous vous conférons, par la présente, la charge de surveillant des aqueducs, pour que vous employiez tous les efforts de votre zèle à maintenir en bon état ces monuments si grands et si beaux. Sur-tout, nous vous le recommandons, que ces arbres nuisibles qui dégradent les constructions, espèces de béliers lancés contre les murailles pour les détruire, soient coupés jusqu’à la racine.: le mal n’est détruit, si la cause n’en est extirpée. A l’égard de ce qui tomberait de vétusté, faites-le réparer promptement, de peur que la dégradation en s’étendant ne nous occasionne une augmentation de dépense. Votre charge fait votre fortune pour votre vie, pourvu que vous assuriez la conservation des aqueducs. Nous regarderons comme nous étant personnels tous les soins que vous y donnerez. Nous comptons donc sur votre habileté et votre zèle, pour que les constructions ne reçoivent aucune atteinte, et que la distribution des eaux n’éprouve, par la vénalité des gardiens, aucune interruption.
- FIN DES LOIS OU CONSTITUTIONS.
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- EXPLICATION
- DES FIGURES DES PREMIÈRES PLANCHES
- Qui ri ont pus été citées dans le Commentaire de Frontin.
- Planche III.
- Dans cette planche la figure ire représente deux des arcs en pierre de taille de l’aqueduc de l’eau Claudia, dont les dimensions sont indiquées dans la table suivante.
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- Cependant les largeurs des arcades ne sont pas toutes égales; les plus étroites n’ont que 18 pieds romains, et les plus larges ont 27 pieds 7 ; leur largeur paraît varier en raison de leur élévation.
- Les arcs en brique représentés par la fig. 2, sont ceux construits par Néron pour conduire la même eau près du temple de Claude,
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- EXPLICATION
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- actuellement l’église de Saint-Etienne-le-Rond, en suivant la direction indiquée dans le plan de Rome antique, pl. II, par les n05 32, 33, 34 et 35.
- DIMENSIONS en
- PIEDS romains. PIEDS de Paris. mètres.
- Largeur entre les piles • 27,00 24,75 8,02
- La largeur du canal est de 2,9 2,66 0,86
- Sa hauteur, jusqu’à la naissance de la voûte, est de.. 5,8 5,32 1,72
- Le cintre de la voûte est de 1,8 i,65 o,53
- L’épaisseur des piles est de 7>8 7,i5 2,32
- Planche IV.
- Dans cette planche, les figures i et 2 représentent des arcades ' que Fabretti croit être les restes de l’aqueduc de l’eau qu’il nomme j4lexandiina, parce qu’il suppose qu’elle fut conduite à Rome, par l’empereur Alexandre Sévère.
- La figure ire représente les arcades qui se trouvent dans la vallée marécageuse de Pantano. Le canal est représenté dans le profil de cette partie d’aqueduc; sa largeur est de 2 pieds }, ainsi que l’épaisseur des murs de chaque côté.
- A différentes distances on a pratiqué, au-dessus, des ouvertures carrées de 2 pieds romains. Au-dessus du cintre des arcades règne un filet saillant en brique.
- La figure 2 représente deux rangs d’arcades avec des revêtements en brique , soutenues par des piles carrées dont chaque face est de g pieds romains ; l’intervalle entre ces piles, formant l’ouverture des arcades, est de 12 pieds romains. Les cintres de ces arcades sont formés par de grandes briques de 2 pieds de hauteur.
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- DES FIGURES.
- Dans cette partie, le canal a de largeur 2 pieds 7; et sa hauteur jusqu’à la naissance de la voûte, est de 4 pieds 7. Le cintre de la voûte est de 1 pied 7, et l’épaisseur des murs de chaque côté est de 2 pieds7; ce qui donne, pour l’épaisseur de l’aqueduc, 5 pieds.
- La figure 3 et son profil représentent un des arcs de l’eau Marcia, dans l’endroit appelé Sette bassi, vers la cinquième borne de la voie Latine.
- Le canal a de largeur 2 pieds { romains; sa hauteur est de 5 pieds 7. L’épaisseur des murs de chaque côté, est de 1 pied La face extérieure de ces murs marquée B, est en pierre collatine de couleur rouge; la partie C, entre les arcades, est en pierre jaune de Tivoli, appelée sperone; le surplus de l’ouvrage est en pierre di gabino, d’une couleur plus foncée.
- Planche V.
- Dans cette planche, les figures ire et 2e représentent le plan et la coupe d’un réservoir antique joint à une citerne qui se trouve hors de Rome, auprès de la ma Appia, dont la construction est en blocage revêtue à l’extérieur, de petits moellons de tuf, et à l’intérieur, d’un ciment très-dur, avec'des arrondissements dans les angles et le fond en cuvette. La voûte, qui est en partie détruite, est en arc de cloître avec deux lunettes sur chaque face. Son plan AB CD diffère peu d’un carré; sa longueur dans œuvre, prise au milieu des faces, est de 29 pieds 10 6Ue de Paris, sur 28 pieds 8° 6lis. L’eau y arrivait par les deux angles B et Dr au moyen de tuyaux dont il ne reste plus que les trous, pour passer dans une citerne EFGH, close, dans laquelle nous n’avons pas pu pénétrer. Il faut remarquer que, pour augmenter la résistance des murs contre la poussée de l’eau, on a établi de trois côtés, des contre-forts dont la longueur est proportionnée à la hauteur de ces murs, et qui sont reliés en plan
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- i58 EXPLICATION
- par des arcs de cercle qui augmentent la résistance des murs dans ces intervalles.
- Les figures 3 et 4 représentent le plan et la coupe d’un autre réservoir de 16 pieds i° 9Us de Paris de long, sur 12 pieds 20 de large, terminé par une voûte en berceau, soutenu de trois côtés par des murs élégis par des niches, et du quatrième côté par deux dosserets de chacun 5 pieds 8° de face et 2 pieds de saillie. D’ailleurs il était construit comme celui représenté par la figure précédente , c’est - à - dire avec des revêtements de petits moellons à l’extérieur et maçonnerie de blocage, et enduits de ciment à l’intérieur. On a pratiqué au centre d’une des niches une ouverture demi-circulaire, qui paraît plutôt être faite pour donner de l’air à l’intérieur, que pour la sortie de l’eau qui y entrait par un tuyau de plomb dont il reste le trou par où il passait.
- Comme l’objet de ces réservoirs était d’épurer l’eau, je pense que le tuyau AB, par lequel l’eau entrait, se déchargeait au fond du réservoir, et que celui C, par lequel elle sortait, était un peu au-dessous de la superficie ; en sorte que le limon pouvait se déposer au fond, de manière que celle qui en sortait pouvait être claire.
- La figure 5 représente une des piscines épuratoires dont parle Frontin à l’art. XIX, et Fabretti à la pag. 126; elle se trouve vers le septième milliaire de Rome.
- Cette citerne est construite en pierre très-dure et en maçonnerie réticulée; elle se trouve à gauche de la route qui conduit à Marino, auprès de l’endroit appelé Mezza <via.
- La figure 6 indique le plan d’une ancienne citerne à deux étages, qui paraît être l’une des piscines épuratoires citées par Frontin, art. XXVIII, placée près du septième milliaire de la. voie Latine.
- AA indique l’aqueduc de l’eau Marcia, qui servait aussi pour les eaux Tepula et Julia.
- B est un puits carré qui servait à transmettre dans l’étage du bas
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- DES FIGURES.
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- de la citerne l’eau qui arrivait par l’aqueduc, d’où elle s’élevait par son niveau, dans l’étage supérieur, en passant par l’ouverture carrée marquée G, pratiquée dans la voûte de la citerne inférieure.
- La disposition triangulaire CDEF des murs de cette citerne a probablement été déterminée par l’élévation des parties environnantes, qui ne permettait pas de placer ailleurs le puits de communication marqué B.
- La figure 7 représente le plan d’une piscine épuratoire, citée par Fnbretti, pag. 120, située vers le quatrième milliaire de la voie Latine, auprès des arcs de l’aqueduc des eaux Marcia et Claudia; elle est une des mieux conservées de celles que j’ai eu occasion de visiter.
- CDEFG est le plan de la citerne inférieure divisée en trois parties.
- H, partie du milieu close de toutes parts, dans laquelle arrivait l’eau du puits B.
- 7, trou rond dans la voûte, par lequel l’eau s’introduisait dans la citerne supérieure.
- I, partie qui paraît avoir été séparée de la grande pièce supérieure après coup, parce qu’on remarque une ouverture dans le mur DE.
- K, autre partie séparée pour recevoir une portion d’eau qui était conduite dans le village voisin par des tuyaux de grès dont le diamètre était de 8 onces, et dont l’embouchure, correspondante au point marqué L, était à la hauteur d’une ouverture ou émissaire placé au haut de la face méridionale marquée DE.
- 1 a; 3,4; 5, 6, indiquent trois murs qui divisent la citerne supérieure en quatre parties. 6, 6, 6, 6, sont des ouvertures dont le seuil est à une même hauteur au-dessus du pave, par lesquelles l’eau qui s’élève de la citerne inférieure par l’orifice marqué 7, se distribuait dans les divisions de la citerne supérieure. L’orifice circulaire marqué 7, a 3 pieds 7 de diamètre.
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- EXPLICATION
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- AA, fig. 8, indique l’aqueduc des eaux Marcia, Julia, et Tepula. La largeur des arcades est de 16 pieds romains; celle des piles est de 9 pieds, et leur épaisseur de 5 pieds.
- B est une espèce de puits de io pieds en carré, qui reçoit les eaux de l’aqueduc pour les porter, par le moyen d’un conduit souterrain, dans la piscine.
- Dans la figure 9, qui représente une coupe sur la longueur de cette citerne à deux étages, on voit que la partie inférieure est divisée en trois parties voûtées, A, B, C, dont les murs sont en maçonnerie réticulée, reliées par de grandes briques.
- D, ouverture percée dans le haut du mur de pignon de la division C, du côté du puits.
- E, autre du même côté dans le mur de pignon de la division A.
- F, ouverture dans une des divisions de la citerne supérieure, du côté de l’aqueduc, par laquelle l’eau épurée passait pour rentrer dans l’aqueduc. Le seuil de cette ouverture est élevé de 6 pieds au-dessus du pavé.
- G, autre ouverture dont le seuil est plus bas d’un demi-pied romain, et au même niveau que celle marquée 6 dans le plan, fig. y.
- H, orifice d’environ 2 piedsrevêtu en briques, par lequel l’eau montait de la partie inférieure de la citerne, marquée B, à la partie supérieure.
- IK, ligne qui indique le niveau auquel s’élevaient les eaux dans la citerne supérieure, constatée par une légère incrustatiou.
- Planche VI.
- Frontin, à l’art. XIV, dit : « Comme la Marcia paraissait se suffire, on détourna l’eau Augusta dans l’aqueduc de la Claudia; néanmoins le réservoir de XAugusta était disposé de manière quelle pouvait fournir à la Marcia quand elle en avait besoin, de même
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- DES FIGURES. 161
- qu’elle venait au secours de la Claudia, lorsque la Marcia pouvait s’en passer.*
- La figure ire représente la disposition que pouvaient avoir ces canaux.
- AB, conduit de l’eau Marcia, dans lequel elle coulait.
- EF, coupe de la partie postérieure du canal de l'Augusta, plus élevé que celui de la Marcia.
- CD, ouverture par laquelle l’eau Augusta entrait dans le canal de la Marcia.
- GP, mur arrivant à la même hauteur que la partie supérieure du canal de la Marcia, de manière que quand l’eau Augusta ne montait pas jusqu’en G, elle ne pouvait couler que dans le conduit de la Marcia.
- GO, ouverture qui introduisait l’eau du canal de XAugusta dans celui de la Claudia, indiqué par RS, de manière que l’eau^ne pouvait y couler avant d’avoir surpassé le mur GP.
- D’où il résulte que toutes les fois que le conduit de la Marcia n’était pas plein, celui de XAugusta pouvait l’augmenter en versant son eau par l’ouverture CD. Mais lorsque ce conduit était rempli, il ne pouvait plus recevoir XAugusta ; alors l’eau surabondante venant à surpasser le mur GP, elle coulait dans le conduit de la Claudia par l’ouverture GO. .
- La figure 2 indique un des réservoirs où l’eau s’épurait dans son cours.
- A, canal supérieur duquel l’eau sortait par l’ouverture B pour entrer dans le réservoir inférieur C.
- D, ouverture par laquelle l’eau, après avoir déposé son limon, continuait son cours vers Rome, suivant la direction DE.
- La figure 3 est tirée de la traduction de Vitruve par Perrault, liv. VIII, chap. 7, qui la donne pour expliquer un passage où il est question de la distribution des eaux arrivant par les aqueducs.
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- Dans cette figure le réservoir ABC reçoit par l’ouverture P l’eau qui vient de l’aqueduc, et la distribue par les tuyaux ABC dans les réservoirs DE, HI et F G.
- Perrault croit que le tuyau K conduisait les eaux aux bains ; que le tuyau L les conduisait aux pièces d’eau et aux fontaines jaillissantes , et celui M aux maisons particulières. Selon lui, lorsque les eaux venaient avec plus d’abondance qu’à l’ordinaire dans le réser-voir ABC, et haussaient par conséquent dans ceux DE, F G, ces réservoirs les rejetaient dans celui du milieu, au moyen des tuyaux EF, plus élevés que ceux K et M.
- La figure 4 représente une piscine épuratoire formant deux étages, que Fabretti pense avoir servi pour l’eau Vierge ; cependant Frontin dit, à l’art. XXII, que ni l’eau Vierge, ni 1 'Appia, ni XAlsietina, n’avaient de piscines épuratoires.
- AA indique le conduit de l’aqueduc qui amène l’eau dans la partie B de l’étage supérieur.
- C, ouverture par laquelle l’eau descendait dans la partie D de la citerne inférieure.
- E, porte par laquelle l’eau est transmise de la partie D dans celle marquée F.
- G, ouverture par laquelle l’eau remontait dans la partie supérieure marquée H, pour être portée dans la partie de l’aqueduc marquée II, après avoir déposé son limon.
- K, porte pour nettoyer le limon déposé sur le sol de cette citerne inférieure.
- Figures 5 et 6. Frontin, à l’art. XXXVI de son Commentaire, dit, en parlant de la position du calice ou tuyau de jauge qui servait a la distribution des eaux, que sa position peut influer beaucoup sur son produit : i° étant placé perpendiculairement a la face du réservoir et de niveau, il débite ce qu’il doit ; 2° si sa direction est opposée au cours de l’eau, et qu’il soit incliné en dehors, il débite trop; 3° étant appliqué aux faces latérales, tourné selon le courant
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- et incliné en dedans, il recevra moins d’eau, elle coulera lentement et débitera peu.
- Soit, fig. 5, le plan d’un réservoir abcd, placé à la suite d’un canal, il est évident que les tuyaux i, 2 et 3, placés dans un plan horizontal, et perpendiculairement aux faces ac, ab et cd, débiteront ce qu’ils doivent relativement à leur position ; et que les autres, quoique dans un même plan, mais incliné à la direction de l’eau, débiteront plus ou moins : ainsi les tuyaux 4 7 5, 7 et 9 débiteront moins que les tuyaux 1,2 et 3, parce qu’ils sont moins opposés au courant de l’eau; et les tuyaux 6 et 8 débiteront plus, parce qu’ils sont plus opposés au courant que les tuyaux 2 et 3.
- Relativement aux modules ou calices placés dans un même plan vertical, fig. 6, il est évident que le tuyau a b étant placé de niveau, le centre des orifices intérieurs et extérieurs étant à une même distance bf de la surface de l’eau du réservoir, la vitesse de l’eau, en sortant par l’orifice a, sera, pour des tuyaux de jauge qui n’ont pas beaucoup de longueur, sensiblement égale à la vitesse de l’eau qui entre par l’orifice b, laquelle est due à la hauteur bf. Ainsi on peut dire que le tuyau débite ce qu’il doit. Quant au tuyau bd incliné en dehors, l’orifice extérieur d étant plus bas que l’orifice b, par lequel l’eau entre, sa vitesse sera augmentée en raison de la plus grande charge bc : ainsi il débitera plus que le tuyau ab. Pour le tuyau cb incliné à l’extérieur , l’eau perd en remontant une partie de sa vitesse due à la charge bg, en sorte que la vitesse de l’eau n’est due qu’à la hauteur fg; c’est pourquoi l’eau y doit couler lentement, et il débite peu, ainsi que le dit Frontin.
- La figure 7 indique la manière dont pouvaient être disposés les tuyaux appliqués aux réservoirs de distribution, pour conduire les eaux à leur destination.
- Figure 8. Formes de différents tuyaux de plomb, trouvés dans des fouilles ; extraits de la Roma vêtus, d’Alexandre Donat.
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- EXPLICATION
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- La figure g indique le plan ABCD d’une partie des portiques appelés Septi Julii, sous lesquels le peuple romain s’assemblait pour les comices. Cet édifice, ainsi nommé parce que dans sa largeur il contenait sept rangs de portiques, avait été commencé par Jules César, continué par Lépidus et terminé par Agrippa. Tous les piliers sont en pierre de taille dite travertine. Ce plan et les coupes fig. io et n sont faits d’après la planche XLYII du quatrième volume des Antiquités romaines de Piranési, et les restes qui se trouvent dans les caves du palais Pamphile au Cours.
- En visitant ces restes j’ai trouvé que ni les piliers, ni leurs intervalles, ne sont d’une mesure uniforme; mais que le résultat moyen pour les piliers pouvait être évalué à 5 pieds \ romains, et les intervalles à 20 pieds. Les murs extérieurs et les dosserets qui répondent aux piliers, ont aussi chacun 5 pieds 7; en sorte que la largeur entière de ce monument, prise des nus extérieurs des murs de face, devait être d’environ 200 pieds romains, ou 183 pieds 4° de Paris. Sa longueur, d’après Piranési , pouvait être d’environ sept fois sa largeur; ce qui ferait i4oo pieds romains , ou 1288 pieds 4° de Paris.
- La figure 1 o est une coupe sur la largeur.
- La figure 11 est une coupe d’autres vestiges qui se trouvent près de Sainte-Marie, in Via lata.
- Planche VIL
- Dans cette planche, les figures 1, 2 et 3 sont faites pour indiquer la manière actuelle de distribuer les eaux à Paris, par le moyen dun module ou tuyau de jauge de même diamètre; et celles 4, 5 et 6, pour indiquer la manière de distribuer les eaux a Rome, en se servant des modules de différents diamètres, comme il en est question dans le Commentaire de Frontin.
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- La figure ire fait voir la disposition des tuyaux de jauge, appelés à Paris pouces - d’eau, tous de même diamètre et ranges sur une même ligne de niveau.
- Dans le plan figure 2, on a indiqué la distribution des cases dans lesquelles l’eau est versée, en raison de la quantité de pouces-d’eau à distribuer.
- Le profil figure 3 indique la manière dont l’eau arrive dans la cuvette de distribution, qui se trouve partagée en deux parties par une cloison longitudinale AB qui ne touche pas le fond, en sorte que l’eau qui arrive dans la première partie, agitée par sa chute, remonte dans la seconde en passant par l’ouverture B, et se maintient calme à la surface; chaque tuyau de jauge, par ce moyen, fournit toujours une même quantité d’eau.
- Dans la figure 4, les tuyaux de jauge sont aussi rangés sur une même ligne de niveau passant par leur centre ; mais ils sont de différents diamètres, en sorte qu’en supposant les superficies de ces orifices comme exprimant les quantités d’eau à distribuer, l’expérience a fait connaître que le tuyau n° 4 débiterait un dixième de plus que quatre tuyaux semblables au n° 1, parce que le frottement qui retarde la vitesse est en raison des périmètres. Ainsi le tuyau vingtenaire, dont le produit est évalué à 16 quinaires, devait débiter environ de plus que seize tuyaux quinaires; et le centenaire, dont le diamètre était de 10 doigts duquel le produit devait être de 81 quinaires, aurait produit 7 quinaires de plus qu’un pareil nombre de tuyaux quinaires, en supposant ces modules disposés comme l’indiquent les figures 4i 5 et 6.
- La figure 7 exprime le plan d’un émissaire situé près les vestiges des trophées de Marius, et que Fabretti pense être de l’eau Marcia. Cependant il résulte des nivellements faits par Piranési, que ce ne pouvait être que l’eau Julia, l’eau Marcia étant beaucoup trop basse pour arriver à ce point. Quoi qu’il en soit, A indique le canal par
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- 166 EXPLICATION
- lequel l’eau arrivait; B est un ma.ssif de maçonnerie servant à diviser en deux parties la masse d’eau ; CEG, canaux par lesquels les eaux arrivant en D se divisaient pour aller à leur destination.
- Frontin, à l’art. XVIII de son Commentaire, dit que les eaux des aqueducs arrivaient à Rome à cinq hauteurs differentes, d’où elles se distribuaient dans tous les quartiers de la ville : i° la plus élevée était le nouvel Anio; 2° la Claudia; 3° la Julia ; /±°\a.Tepula; 5° la Mar cia, quoique à son origine elle soit aussi élevée que la Claudia; 6° l’Anio-vieux; 70 l’eau Vierge; 8° l’eau Appia, et 90 XAlsietina.
- Il résulte des nivellements faits par Piranési, et depuis par plusieurs autres, que le fond du canal de l’Anio-neuf à la Porte-majeure est plus élévé de 2i3 palmes que le sol du quai du long du Tibre, près l’embouchure de la Cloaca Maxima.
- HAUTEUR EN
- PUHE S pieds MÈTRES.
- romains. de Paria.
- ( Anio-neuf, de 2l3,125 i46,52 47^2
- Fxg. 8 : < Le'fond du canal de la Claudia est,
- \ au-dessus du même point, de.... 212,708* 146,23 47)42
- / Le fond du canal de la Julia 178,125 122,46 39)7x
- Fig. 9 : ] de la Marcia 168,125 n5,58 37,48
- ( de la Tepula 171,465 117,88 38,23
- Fig. 10: le fond du canal de l’Anio-vieux.... 112,917 77,63 25,17
- Fig. 11 : de l’eau Vierge.... 46,792 32,17 io,43
- Fig. 12 : de XAppia 37,542 25,81 8,3 7
- Par de semblables nivellements, on a trouvé que le sommet du mont Esquilin était élevé
- au-dessus du même niveau, de 197,708 135,92 44?o8
- Du mont Palatin, de 176,00 121,00 39,24
- Du mont Capitolin, de.J 145,00 99>68 32,3i
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- DES FIGURES. 167
- M. Scharbruk, qui a cherché à connaître la hauteur des collines de Rome au-dessus du niveau de la mer, par des opérations barométriques, a trouvé pour la hauteur du montEsquilin 37 toises, ou 222 pieds de Paris. Mais comme, selon M. Scharbruk, le quai du Tibre est plus élevé de 86 pieds que le niveau de la mer, il en résulte que cette hauteur se réduit à i36 pieds, comme le donne le nivellement.
- M. Scharbruk trouve la hauteur du mont Palatin, de 33 toises 5 pieds, ou 2o3 pieds, dont ôtant 86 pieds, il reste 117 pieds au lieu de 121 que donne le nivellement.
- L’opération barométrique donne la hauteur du mont Capitolin de 3i toises7, ou 189 pieds, qui se réduisent à io3 pieds, au lieu de 99 f, trouvés par le nivellement au-dessus de la mer.
- , Nous avons réuni dans le tableau suivant les résultats des opérations barométriques de M. Scharbruk, pour mesurer les hauteurs des collines de Rome.
- Du mont Aventin................
- Du mont Capitolin..............
- Da mont Cœlio..................
- Dn mont Palatin................
- Da mont Esquilin..............
- Dn Monte-Mario.................
- Le temple de la Sibylle, a Tivoli.. Le sommet de Castel-Gondolfu...
- HAUTEURS,
- l’iHÈl
- I. ES opérations barométriques de Scharbruk,
- an .dessus du niveau de la mer :
- Pieds.
- 156 189 19a 203 222 45o 642 6i5
- Mètres.
- 5o,SS
- 61,29
- 62,27
- 65,83
- 72,00
- 145,94
- 208,21
- 19946
- Palmes.
- 226.91
- 274.91
- 279.27
- 295.27
- 322.91
- 654.54 933,82
- 894.54
- réduite au-dessus du sol du quai du Tibre :
- Pieds.
- 70
- xo3
- 106
- 117
- x36
- 364
- Mètres.
- 22,70
- 34,4°
- 34,37
- 37,94
- 44,10
- zi8,o5
- Pal,
- IO 1,82
- 149.82 I 54,l8 I70,lS
- 197.82 529,45
- HAUTEURS,
- d’a r & à s
- DES NIVELLEMENTS DE PlRANÉsi, au-dessus du sol du quai du Tibre :
- Pieds.
- 998
- 121
- i36
- Mètres.
- 3a,32
- 39,24
- 44»io
- 144,97
- 176,00
- 197182
- Le temple de la Sibylle, à Tivoli, est élevé au-dessus du niveau de la mer, de 107 toises, 642 pieds, ou 208 mètres 22 centimètres.
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- 168
- EXPLICATION
- De la pente des canaux des aqueducs des Romains > et de leur élévation au - dessus du point de leur arrivée.
- Les Romains ont donné aux canaux de leurs aqueducs beaucoup plus de pente que nous.
- Vitruve fixe cette pente à \ pied sur ioo; ce qui revient à ou 4 lignes j par toise.
- Scamozzi réduit cette pente à ~, ou i ligne 4 par toise.
- D’après plusieurs opérations faites sur les canaux des anciens aqueducs de Rome, j’ai trouvé que la pente moyenne depuis Rome jusqu’aux piscines épuratoires situées vers le septième milliaire, était de 1 ligne 4 par toise, ou 1 ligne pour le pas romain ; et que de là à leur source, la pente moyenne était d’environ 2 lignes par toise, ou 1 ligne ~ par pas romain : ainsi pour le nouvel Anio, sa pente, depuis son point d’arrivée à la Porte-majeure jusqu’au septième milliaire , où était sa piscine épuratoire, serait de 4 pieds io° 4lig' ; et de là jusqu’à la source, éloignée de 51700 pas romains, de 538 pieds 6° 6,ig‘, et en tout de 543 pieds. Le fond du canal de cet aqueduc à la Porte-majeure , étant de 2Z2 pieds 6° 3,ig au-dessus du niveau de la mer, il en résulte que sa prise d’eau serait à 768 pieds 11° ilig’, c’est-à-dire à 124 pieds plus haut que le temple de la Sibylle à Tivoli, que Scharbruk a trouvé de 642 pieds au-dessus du niveau de la mer, par des opérations barométriques.
- L’eau Julia est conduite à Rome par un aqueduc de 15426 pas romains, qui est le même que celui de la Tepula, mais dans un canal séparé, au-dessus de celui de la Tepula, parce que le point de sa prise d’eau est plus élevé. Le fond du canal de la Julia', à la porte Saint - Laurent, est élevé, d’après les mêmes calculs, de 191 pieds au-dessus du niveau de la mer. Et le fond du canal de la Tepula est plus bas de 4 pieds i°; en sorte que son élévation au-dessus du niveau de la mer, se réduit à 186 pieds ii°.
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- DES FIGURES.
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- L’aqueduc de la Marcia a, jusqu’à son arrivée à Rome, 61710 pas romains de longueur, dont 7000 jusqu’à sa piscine; ce qui devrait porter sa prise d’eau à 775 pieds au-dessus du niveau de la mer , c’est-à-dire à 7 pieds plus haut que celle du nouvel Anio. Cependant elle n’arrive à Rome que 31 pieds plus bas que le nouvel Anio ; ce qui forme une diminution de 38 pieds , par ce que dit Frontin à l’art. XVIII. La Marcia n’arrive à Rome qu’au-dessous de la Tepula, quoique à son origine elle soit aussi élevée que la Claudia. Les premiers Romains conduisaient les eaux à une moindre élévation, soit parce qu’ils n’avaient pas encore porté l’art de niveler à sa perfection; soit parce qu’ils aimaient mieux enfouir les conduits, pour qu’ils ne pussent pas être coupés par l’ennemi, dans ün temps où ils étaient en guerre avec, leurs voisins.
- La longueur de l’aqueduc de l’Anio-vieux, depuis sa prise d’eau jusqu’à son arrivée à Rome, était de 43ooo pas romains ; il avait une piscine épuratoire vers le deuxième milliaire.
- On peut évaluer sa pente moyenne à 1 ligne j par pas romain ; ce qui donne, pour la hauteur de la prise d’eau, au-dessus de son arrivée à Rome, environ 4o° pieds, et 564 pieds au-dessus du niveau de la mer.
- La longueur de l’aqueduc de l’eau Vierge était, selon Frontin, de i4i°5 pas romains; ce qui donne, en calculant la pente du canal à raison de 1 ligne j par toise, ou 1 lighe par pas romain, 97 pieds H° 5Iig pour la hauteur du point de départ sur celle d’arrivée.
- Ce dernier point étant plus élevé que le niveau de la mer, de 118 pieds i° iolig , il en résulte que la hauteur de la source de l’ancienne eau Vierge était à 216 pieds t° 3llg au-dessus du même niveau.
- La longueur de l’aqueduc de l’eau Appia était, selon Frontin, de 11190 pas romains, lesquels, à raison d’une pente d’une ligne par pas, donnent pour la hauteur du point de départ au-dessus du point
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-
-
- f
- I
- 170 EXPLICATION
- d’arrivée, 77 pieds 8° 6,ig, et 189 pieds 5° au-dessus du niveau de la mer.
- La longueur de l’aqueduc de l’eau Alsietina était, selon Frontin, de 22172 pas romains. En calculant la pente de son canal à raison de 1 7 ligne par pas romain, on trouve 229 pieds 110 61!« pour la hauteur du point de départ au-dessus du point d’arrivée.
- Pour la naumachie près la Villa Spada, elle pouvait être à environ 10 pieds plus bas que l’arrivée de XAppia; ce qui porterait la hauteur du point de départ à 34o pieds au-dessus du niveau de la mer.
- La figure i3 est une coupe ou profil tiré des Antiquités romaines de Piranési, pour indiquer la manière dont Y q&xl Marcia était introduite dans le canal Herculéen, à l’endroit indiqué dans la planche II, n° 22.
- A, conduit de l’eau Tepula.
- B, conduit de la Marcia.
- C, double revêtement pour renforcer le conduit.
- D, réservoir.
- E, embranchement d’une partie de la Marcia.
- F, ouverture par laquelle l’eau descendait dans le réservoir au-dessous.
- G, autre embranchement répondant au canal H, par lequel l’eau entrait dans le canal Herculéen I.
- L, sol moderne de Rome.
- M, ruines qui encombrent le réservoir.
- N, sol antique de Rome.
- Planche VIII.
- Dans cette planche, les figures 1 et 2, tirées de Fabretti, représentent l’élévation et le plan de la porte Saint-Laurent à Rome, qui paraît être l’ancienne porte Tiburtine.
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- DES FIGURES.
- 171
- La figure 3, tirée de Piranési, représente la même porte en perspective, d’une manière plus exacte et plus conforme à ce qui existe.
- Dans cette figure, la lettre A désigne le canal de la Julia; B, celui de la Tepula, et C celui de la Marcia.
- DEF, ravalement fait pour placer les inscriptions en supprimant le fronton.
- Dans la figure 4i G représente le plan des arcades qui supportent cet aqueduc jusqu’à la porte Saint-Laurent, dont le plan est marqué I.
- H indique le réservoir de l’eau Marcia.
- K, dans le plan figure 4 et l’élévation figure 3, indique lin reste de construction de l’aqueduc Julia.
- L, figures 3 et 4i revêtements en brique pour fortifier l’aqueduc.
- N.
- Planche IX.
- Dans cette planche, la figure ire représente une vue des restes d’un aquedu'c qui se trouve dans l’ouvrage d’Alberto Cassio, tom. Ier, pag. 155, et qu’il croit être de l’eau Claudia et du nouvel Anio. Ces restes existent à Ponte-Lupo, à près de 20 milles de Rome.
- Ils jse composent de trois grandes arcades construites en pierre de taille, dont deux sont feintes, et celle du milieu ouverte. Sa lon-0aeur est de 45o palmes; et son élévation, de i4b palmes au-dessus du lit du torrent appelé Aqua-rossa.
- La figure 2, tirée de la planche XII des Antiquités romaines de Piranési, représente une vue de l’arc de Claude, pratiqué dans l’aqueduc de ce nom.
- A indique cet arc; B est un revêtement fait au-devant des arcades de l’aqueduc qui se réunissent à ce monument.
- C, nouveau conduit construit par les modernes, à 5 palmes au-dessus de l’ancien.
- D, conduit antique renfermé dans le mur.
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- i7a EXPLICATION DES FIGURES.
- La figure 3 est un fragment du canal de l’Anio-vieux, pratiqué dans les murs de Rome, et construit en pierre péperine, et revêtu à l’intérieur d’un fort enduit de ciment. Il est tiré des Antiquités romaines de Piranési, tom. Ier, planche IX.
- La figure 4 est un monument de l’aqueduc d’Antonin, sous lequel passait la voie Appia.
- Dans cette figure , A est le canal pratiqué dans le monument ;
- B, les arcades auxquelles il se raccordait ;
- C, autres ruines.
- (Tiré des Antiquités romaines de Piranési, planche XIX, tom. Ier. )
- Planche X.
- L’objet de cette planche est de faire connaître la position , les dimensions et les produits des vingt-cinq modules dont parle Frontin.
- Le n° i est pour indiquer les positions qu’ils pouvaient avoir sur une même ligne de niveau, passant dessus ou dessous le périmètre de leurs orifices ou par leurs centres. C’est cette dernière position qu’ils paraissent avoir eue, d’après le texte de Frontin et le calcul de leur produit ; c’est pourquoi on l’a désignée par des hachures.
- Le n° 2 indique la grandeur réelle de ces orifices ;
- Le n° 3 est une table indiquant leur diamètre, leur superficie et leur capacité ;
- Et le n° 4 indique les trois positions par rapport au cent-vingtepaire.
- FIN DE L’EXPLICATION DES FIGURES.
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- TABLE
- DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE VOLUME.
- Avertissement; Notice sur Frontin; Notions préliminaires.
- Avertissement?............................................. Pag- j —ij
- Notice sur Frontin. Découverte du manuscrit de son Commentaire, et différentes éditions qui en ont été données........................ iij—vj
- Notions préliminaires.................................................. vij
- Art. i. Des aqueducs................................................ ibid.
- Art. 2. Des mesures employées par Frontin........................... viij
- Du pied romain et de ses subdivisions.. . ........................ ix
- Du quinaire................................................ ibid.
- Recherches sur le quinaire , et sur ses rapports avec Fonce d’eau. xij
- Mesures de capacité des anciens Romains........................... xv
- Observations sur le pouce - d’eau de Paris, et sur la manière de mesurer les eaux.............................................. ibid.
- Table des produits des vingt-cinq modules qui servaient à la distribution des eaux du temps de Frontin.,....................... xix
- Autre table indiquant la quantité d’eau fournie à Rome par les neuf
- aqueducs que décrit Frontin.................................. xx
- Art. 3. De la valeur des monnaies des anciens Romains comparées aux
- nôtres. Monnaies de cuivre.................................. xxj
- Monnaie d’argent............................................ xxiij
- Monnaie d’or................................................. xxiv
- Tables de la valeur des monnaies des anciens Romains, depuis leur
- origine jusqu’au règne de Constantin....................... xxvj
- Table de la valeur des monnaies de France en 1790 et 1820........ xxxj
- Commentaire de S. J. Frontin.
- PREMIÈRE PARTIE.
- Texte et traduction du Commentaire de Frontin...................... j
- Frontin nommé administrateur des eaux de la ville de Rome par l’empereur Nerva................................................... 3
- Description des neuf aqueducs qui amenaient les eaux à Rome de son
- temps..................................................... g
- Eau Appia; longueur de l’aqueduc ; lieu où il commence........... ibid
- Anio-vieux...........................
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- TABLE
- 174
- Eau Marcia....................................................Pag. 11
- Eau Tepula, eau Julia, eau Crabra....................................... i5
- Eau Vierge.............................................................. 17
- Eau Alsietina........................................................... 19
- Eau Augusta, eau Claudia.............................................. 21
- Nouvel Anio............................................................. 23
- Paragraphe XV11I. Des hauteurs différentes auxquelles les eaux arrivaient. 25
- — XIX. Piscines épuratoires............................................. 27
- — XX. Nouvel Anio et Claudia...................................... 29
- — XXI. Anio-vieux...................................................... 3i
- — XXII. L’eau Vierge et XAlsietina n’ont pas de piscines épuratoires.. . ibid.
- — XXIII. Quantité d’eau fournie par les aqueducs.................. ibid.
- — XXIV. Modules servant à mesurer les eaux........................ 33
- — XXV. Du quinaire.................................................. ibid.
- — XXVI. Manière dont les modules peuvent se classer............... 35
- — XXVII. D’où les modules tirent leur nom......................... 37
- — XXVIII. Autre manière de compter.................................. ibid.
- — XXIX.' Modules au-dessus du vingtenaire......................... ibid.
- — XXX. Comparaison , pour le tuyau vingtenaire, des deux manières
- de compter les produits............................................. 39
- — XXXI. Proportion des tuyaux depuis le quinaire jusqu’au cent-
- vingtenaire...................................................... ibid.
- — XXXII. Duodenaire.........:................................J . . . . ibid.
- — XXXIII. Fraudes pratiquées par les fontainiers chargés de la distri-
- bution des eaux..................................................... 4*
- —- XXXIV. Proportions entre les vingt-cinq modules..................... 4^
- — XXXV. Principes relatifs aux quantités d’eau fournies en raison de
- la position et de la distance du point de départ............... ibid.
- ___ XXXVI. De la différence des produits, en raison de la position
- des calices...................................................... ibid.
- ___ XXXVII. Des modules en usage pour les distributions.................. 4$
- ___ XXXVIII. Énumération des modules................................... ibid.
- — XXXIX—XL. Du quinaire ; sextaire..................................... 47
- ___ XLI —XLV. Tuyaux septénaire, octonaire, denaire, duodenaire et
- quinzehaire.................................................... 47"49
- — XLVI —XLVIII. Tuyauxdevingtjde vingt-cinq et trente doigts carrés. 5i
- — XLIX — LIII. Tuyaux de trente-cinq, quarante, quarante-cinq, cin-
- quante et cinquante-cinq doigts carrés.............................. 53
- — LIV—LVIII. Tuyaux de soixante, soixante-cinq, soixante-dix, soixante-
- quinze et quatre-vingts doigts carrés............................... 55
- — LIX—LXII. Tuyaux de quatre-vingt-cinq, quatre-vingt-dix, quatre-
- vingt-quinze et cent doigts carrés. ..........*................ 57
- ___LXIH. Tuyaux de cent vingt doigts...................................... 59
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- DES MATIERES 175
- SECONDE PARTIE.
- Paragraphe LXIV. De la quantité d’eau qui se distribuait, et de celle portée
- sur les registres........................................Pag. 61
- O O
- — LXV. Détail pour l’eau Appia............................................... 63
- — LXVI. — pour l’Anio-vieux.......................................... ibid,
- — LXVII. — pour la Marcia................................................ 65
- — LXVIII. — pour l’eau Tepula............................................. 67
- — LXIX. — pour l’eau Julia........................................... ibid.
- — LXX. — pour l’eau Vierge.......................................... ibid.
- — LXXI. pour YAlsietina................................... 69
- — LXXII. — pour la Claudia............................................ ibid.
- — LXXIII. — pour l’Anio-neuf.............................................. 71
- — LXXIV. Résumé des quantités.................................... ibid.
- — LXXV. Différence dans la mesure des eaux....................... 73
- — LXXV J. Fraudes des fontainiers................................ ibid.
- — LXXVII—LXXVIIL Observations sur les fraudes, et de la manière
- dont se fait la distribution................................. 7»
- — LXXIX—LXXXVI. Détails de la distribution pour YAppia, l’Anio-
- vieux, la Marcia, la Tepula, la Julia, l’eau Vierge, YAlsietina, le nouvel Anio et la Claudia.............................. 77*83
- — LXXXVII. Résultats des mesures prises par les ordres de l’empereur
- Nerva pour faire cesser les abus et les fraudes.............. 85
- — LXXXVI IL Avantage de ces mesures pour la ville de Rome........ ibid.
- — LXXXIX. Continuation du même sujet............................. 87
- — XC —XCI. Observations sur les eanx de l’Anio - vieux et sur le
- nouvel Anio..................................................... 89
- — XCII. Classement des eaux pour l’usage, en raison de leurs qualités. ibid
- — XC1II. Dispositions faites pour épurer les eaux du nouvel Anio.. . . 91
- — XCIV. Indication des lois pour la conduite et l’administration des eaux. ibid.
- — XCV. Variation de ces lois, au sujet du magistrat à qui appartient
- le droit de vendre les eaux........... ...................... 93
- — XCVI. Entretien des aqueducs.................................... ibid.
- — XCVII. Surveillance des eaux........................................... ibid.
- — XCVIII. Agrippa en fut le premier administrateur.................. 95
- — XCIX. Qui lui succéda.......................................... ibid.
- .— C. Premier sénatus-consulte............................................... 97
- ___ Cl. Fonctions et droits des administrateurs.................... 97
- ___Cil. Indication de ceux qui ont rempli les fonctions d’administrateurs
- des eaux depuis Messala jusqu’à Frontin....................... ibid.
- — CIII. Des lois et sénatus-consultes qui règlent les fonctions de ces
- administrateurs....................................................... 101
- — CIV. Second sénatus-consulte....................................... io3
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- 76 TABLE DES MATIÈRES.
- Paragraphe CV. Formalités à observer par ceux qui veulent obtenir des
- eaux......................................................Pag. io5
- — CVi. Troisième sénatus-consulte............................... . . . ïbid.
- — CVI1. Le droit de concession ne peut être transmis sans les formalites
- prescrites.................................................... J07
- — CVIII. Quatrième sénatus-consulte............................... ibid.
- — CIX. Formalités à observer lorsqu’une concession devient vacante.. . 109
- — CX. Concessions des eaux appelées tombantes....................... ibid.
- — CXI. Ordonnance à ce sujet......................................... 111
- — CXII. Fraude des fontainiers...................................... ibid.
- — CXIII. Manière de placer les calices.............................. ibid.
- — CXIV. Autre fraude des fontainiers................................... n3
- — CXV. Abus à réformer............................................ ibid.
- — CXVI. Entretien des aqueducs; familles qui y sont employées..... ibid.
- — CXVII. Composition de ces familles................................... n5
- — CXV1II. Leur paiement par le trésor public........................ ibid.
- — CX1X. De la conservation des aqueducs............................... 117
- — CXX. Des réparations.............................................. ibid.
- — CXXI. De leurs causes............................................ ibid.
- — CXXII. Des réparations à faire aux canaux........................... 119
- — CXXIII. Des constructions en maçonnerie........................... ibid.
- %
- — CXXIV. Les parties des aqueducs les plus près de la ville sont celles
- qui doivent être surveillées avec le plus de soin............. 121
- — CXXV. Cinquième sénatus-consulte.................................. ibid.
- — CXXVI. Causes de la plupart des dégradations des aqueducs........... 123
- — CXXV1I. Sixième sénatus-consulte.................................. ibid.
- — CXXVIII. Observation sur ce sénatus-consulte...................... 125
- —• CXXIX. Loi à ce sujet................................................ 127
- — CXXX. Observation sur la loi....................................... i3i
- Lois ou Constitutions impériales sur les aqueducs de l’ancienne et de la
- nouvelle Rome, ou Constantinople, depuis Constantin jusqu’à Justinien../.................................................... 133-i53
- Explication des figures des premières planches qui n’ont pas été citées
- dans le Commentaire de Frontin............................... 155
- De la pente des canaux des aqueducs des Romains................... 168
- FIN DE LA TABLE.
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