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- > Grollier de Servière, Gaspard (1676-1745) - Recueil d'ouvrages curieux de mathematique et ...
Recueil d'ouvrages curieux de mathematique et de mecanique, ou description du cabinet de Monsieur Grollier de Serviere
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- RECUEIL
- DOUVRAGES CURIEUX
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- Kl A i HEMATIQUE ET MECANIQUE ,
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- DESCRIPTION DrT CABINET
- DE MONSIEUR
- GROLUbR DE SERVTE'vI:
- Avec des Figures en Taille douce
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- '• uROLLIF” DÉ SERVIERE
- Ancien Lieutenant Oolonel d’infanterie, fon petit Fils.
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- À LYON
- ChczD Â Y1D PORE Y Libraire jtuc Mercierc proche h mort
- qui ' Trompe,
- H DCC. XIX,
- i V E C & P P B - A ~
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- son altesse ROYALE,
- M ÜNSEJGNEÜR LE D ü C1
- D’ORLEANS,
- PETIT FILS DE FRANCE;
- REGENT DU ROYAUME
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- E P I T RE
- de donner des marques de leur zélé à
- VOTRE ALTESSE ROYALE,
- fi l’on ne pouvait lui offrir que des cho-fès proportionnées à la grandeur de fis lumières éjf à l’élévation de fin Rang.
- Maisje fiai MONSEIGNEUR,
- que toujours porté à me jurer ms hommages jür nos intentions:, vous recevez favorablement tous ceux crue ms cœurs vousprefentent, <2f c’ejl dans la jufte confiance que me donne une bonté fi. gtnereuje qu animé par desfentimens aujfi vifs que fineeres, fojè dedier à
- VOTRE ALTESSE ROYALE
- mon Livre, comme une preuve de mon rejpeôî. J’y jùis d autant plus encourage, que les matières que j’y traite peuvent
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- E P I T R E-
- vous être agréables ; Cf qiiil riy a que le defaut de mon ftile, qui puiffe les rendre indignes de vous être pre-fentées.
- Cefont des Ouvrages de Tour,des Horloges extraordinaires, Cf des modèles de machines inventez Cf exécutez par feu mon grand-pere, qui pour la plupart font regardez par les con-noifjèurs , comme des chefs dœuvre inimitables.
- Dez vôtre plus tendre jeunejfe
- MONSEIGNEUR , vous
- avez marqué beaucoup d inclination pour ces fortes d ouvrages ; Cf por un goût exquis qui vous eft naturel, vous avez fu difiinguer les véritables beautezdes Sciences Cf des Arts,
- y ...
- a H]
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- E P I T R E-
- avant même que d'en connaître les réglés.
- Vous avez cultivé avec foin ces favorables di/pofit ions,dans le s moment s de loifir que vous ont laiffèles travaux de la Guerre éfij des Etudes plus importantes ; (fy loin davoir perdu à de vains plaifirs ces tems de repos,
- VOTRE ALTESSE TOTALE
- les a fi utilement employez, qu’on peut dire avec vérité que tous fes jours ont été remplis,
- Quelfiijet dé admiration pour tout l’Univers y de voir un Prince doüèdes fiMimes qualitéz qui forment les Héros 3 fijf depofitaire du pouvoir fiiprê-me, décendre pour ainfi dire , de fia propre grandeur ,pour donner, un nou-
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- E PITRE-
- vel éclat à la gloire des Sciences des beaux Arts ?
- Car enfin, MONSEIGNEUR,
- vous ne vous contentez pas de protéger ceux qui tendent à leur perfection, vous leur donnez vous même des réglés ffi des modelles fur s pour y parvenir ; <fÿ vous les aide? autant par la fùperiorité de vos lumières, que vous les honnore? par celle de vôtre Rang.
- Après avoir developé aux Phyfi-ciens les fecrets de la nature : après avoir apris aux plus habiles,comment on doit demêler la vérité' au travers des replis trompeurs du cœur humain,
- on a vu VOTRE ALTESSE ROTALE donner des leçons aux
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- E P I T R E-
- favoris des Mufes, Cf prefider à leurs doux concerts ; Cf ces mêmes mains, fi accoûtumées à ceüillir les plus beaux Lauriers aux Champ de Mars, dont pas dédaigné les Inflruments des Arts Liberaux & mécaniques. Le pinceau que vous avez pris par amufement » di/pute le prix à ceux des plus habiles Peintres. Les Ouvrages de Tour que vous avez forme? en vous joüant, font admirez par les Curieux ; enfin rempli d'une connoijjànce parfaite Cf generale de tout ce que les Sciences Cf les beaux Arts ont d'eflimable , Cf choififfant ce qui s'y trouve déplus utile Cf de plus élevé, vous en faites encore aujourd'hui le fujet de vos récréations.
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- Que je ferais glorieux , M O N-SEJGNEUR , fi dans vos moments de loifir, le petit Ouvrage que j’ai l'honneur de vousprefenter, vous paroifioit digne de quelque attention ? Quoiqu’il ait du raportàceux dont je viens de parler, & que VOTRE ALTESSE ROYALE a choi-
- fis pour fe delajfer ; je ne fçai fi je dois efperer, qu’il aura le même honneur. Mais je m’efiimerai trop heureux, s’il peut lui prouver mon zélé. Elevé dans laprofejfion des Armes,Qpeu accoutumé a écrire > je no fer ois prétendre a vous plaire par mon ftile, çÿ
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- E P I T R R
- beaucoup moins a parler » comme il faudrait, des rares qualité f que vous reuniffez dans Vôtre Augufte Per-fonne.
- En effet comment pourrois-je donner à la poflerité une idée jufte de-tout ce que lintrépidité de vôtre courage , cÿ vôtre habileté dans le métier de la Guerre , vous ont fait exécuter de grand ; puifque témoin de quelques-unes de vos Victoires Retrouve que tout ce que j’en faurois dire , efi bien au deffous de ce que j’en, penfe.
- Comment pourrois-je dignement décrire les foins infatigables que VOTRE ALTESSE ROTALE
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- E P ï T R E
- fè donne pour nous rendre heureux «♦ cette activité 1 ces vives lumières » cette attention prévenante > qui lui font également pourvoir aux befoins des Peuples , à la gloire çjf à la fureté de lEtat, fjf aux droits du Souverain ? Ce font là de ces prodiges, que l'on voit, que h on fent ; mais qui font au deffus des expreffïons les plus fortes.
- Je dois donc > M O N S E I-G N EU R, prendre le parti de me taire fur tant de perfections ; content de les admirer , efperer que mes fentimensne vous paroitront pas moins vifs ni moins fineer es , quoiqu’ils ne
- ë îj
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- E P I T R E-
- s’expliquent que par un effort proportionne à mafoibleffe.Je fuis, avec
- le plus profond refpecl J
- MONSEIGNEUR,
- de Votre Altesse Rotjle,
- Le très-humbîe &très-obéïflànt fèrviteur,
- GROLLIER DE SERVI ERE*
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- X? c|&
- PREFACE
- DEUX raifons principales me font entreprendre la Defcription des Ouvrages curieux , qu’on voie à Lyon, dans Je Cabinet de feu mon Grand-Pere.
- La première, a pour objet la fatisfadrion ôi futilité du Public. . .«• "
- * La fécondé nfinterelTe uniquement ; elle regarde la -réputation-de ce Cabinet , qui me doit être chere , 'êc qui dans la fuite des temps pourroit diminuer de bon prix : foit par les accidens naturels & imprévus, qui détru.ifant les Ouvrages uniques dans leur efpece, en dérrurfent bien-tôt la mémoire : foit par la fauflè &: trop commune vanité des Plagiaires , qui s’attribuent impunément d'invention as ce qu’ils ont vu de merveilleux , lorfqu’on ne l’a pas donné au Public, fous Je nom des Autheurs véritables.
- La Defcription que je vais faire, peut feule renie-"dier aces inconvénients 5 ôc fuivant mon premier motif, elle peut aufli être utile, & faire plaifir à toutes les perfonnes curieufes. Ceux qui n’ont jpoinc vu ce Cabinet, prévenus fans doute par l’idée quen a le Pu-"blic, feront bien aifes defçavoir en quoi il confifte. Ceux qui l’ont déjà vu fe feront ün amufement agréable d’ en rapeller les idées; & les uns & les autres pourront tirer quelque avantage du grand nombre de Machines que j’expliqueray.
- Mgis avant que d’entrer dans Je détail de ces Ou,-
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- P R EF J € E.
- vrages curieux . ii eft l propos d’en donner une idee generale, de faire voir l’Ordre que je veux garder* pour ne pas confondre les matières * & de dire un mot de celui qui en eft l’Autheur.
- Lon voit dans ce Cabinet plufieurs pièces de Tour en Yvoire , qui font des Chefs-d’œuvres inimitables de l’Arc : des Horloges extraordinaires, dont les mouvements femblent fe perpétuer à l'infini : ôc des Ma-chines de differentes efpeces, qui concernent les Mathématiques ; furtout une des parties dececte Science, qui eft la Méchanique. fl y en a pour l’attaque, ôc pour la deffenfedes Places de guerres pour renter des furprifes, & pour les. prévenir „ pour des paflagesde Rivières : 6e generalemenc pour ce qui peut contribuer à la fureté des Troupes, ôc faire reüfïîr leurs en-treprifes contre l’Ennemi,
- On y voit d’autres Machines pour des élévations d’eau* pour la conftiudion des Ponts, des Maifons, des Moulins à eau, à vent & à bras ; ôc enfin pour tout ce qui peut être utile 6c commode au Public , ôc aux Particuliers. Voila en quoi confident les Ouvrages de Monficur Grollier de Serviere , dont la réputation eft depuis long-temps établie, non-feulement en France , mais encore dans toutes les parties de l’Europe les plus éloignées. Depuis plus de foixante ans, les Voyageurs attentifs à rechercher ce qu'il y a de merveilleux dans chaque Province, n’ont jamais manqué en paflant à Lyon , de demander à voir ce Cabinet ; ôc l’on peut dire que leur eunofité y a été pleinement fatisfaite. Feu Notre Grand Monarque
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- PRE F J C E.
- tOUIS XIV. ne fe conrenca pas de l’honorer une fois de fa Prefence : il y alla deux jours de fuite, fùi-vi d’une nombretîfe Cour. Plufeurs Princes étrangers, & des perfonnes de grande diffinclion ont marqué le même emprcfiement ; 6c tous ceux qui aiment à s’occuper des productions ingenieufes des Mathématiques, en font encore aujourd’hui charmez, 6c ne Ce ialfent point de l’admirer.
- Car enfin tous les autres Cabinets curieux, qu’on voit ailleurs, ne font pour l’ordinaire remplis, que de quelques pièces rares, ramaffées à prix d’argent; ôc qui ne (ont eftimecs que pir leur antiquité , ou parce quelles viennent des Pais éloignez, ou bien encore parce qu’elles font des productions extraordinaires de la nature. Les perfonnes les plus riches peuvent fe picquer d avoir les plus beaux de ces Cabinets; mais celui-ci ne tire fon éclat, que du génie 8c de î’a-dreflede Monficur de Servicre, qui a feul inventé, 8c exécuté tout ce qu’on y voit.
- Je vais donc partager la Defcription de fes Ouvra' ges en trois parties. La première, concernera les pièces de Tour : La fécondé, les Horloges • Latroi-berne* les Machines de Méchanique. Je fubdiviferay ces trois parties, fuivant les differentes efpeces que j’auray à traiter ; 6c autant qu’il fera, poffible, je met-tray à côté de chaque figure , l’explication de ce quelle repi'efentc afin d’en donner une intelligence plus facile & plus nette. Mais comme je ne dois pas m e-carter de l’idée de feuMonheur de Servicre , laquelle a été s, de laiffer deviner aux perfonnes curieufcs , les.
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- PREFACE.
- moyens dont il s’eft fervi, pour executer la plupart de Tes Ouvrages ; on ne doit pas trouver mauvais, que dans la première, & dans la fécondé Partie, laif. fant une libre carrière à ceux qui voudront, ou l’imiter , ou raifonner fur fes principes, je me reduife à une explication fimple des Pièces de Tour , & des effets des Horloges, fans déveloper l'Art qu’il a employé pour former les unes, 6e pour donner le mouvement aux autres, Le n’en uferay pourtant pas de même dans la troiféme Partie, qui elf celle dont le Public peut titer de l’utilité. Non-feulement je don-neray les Figures des Machines qui la compofent ; mais encore je les expliqueray le plus clairement qu'il me fera poffible; 61 je n’ôtiblieray rien de ce qui me pa-roîtra néceffaire, pour contribuer à l’execution des idées de cet iiîuftre Mathématicien ; dont il eft maintenant temps que je parle , fuivant ce que je me fuis
- Ce feroit affe&er une trop grande modcftie de pafler ici fous filence, ce qu’il y a à dire d’avantageux de lai 3c de fi Famille : mais comme il faut aufïi, que j’évite de me rendre; fufpect dans une matière » où je parois interefé ; je crois qu’à l’exception de quelques faits particuliers, je dois me contenter de raffembler ici, ce que differentes perfonncs en ont déjà écrit dans les Livres , qu’ils ont donné au Public; defquels même je raporteray les citations à la marge.
- il étoit delaMaiion des Grolîiers, qui eft cennuë entre les anciennes, 3c les plus nobles Familles de la
- Province
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- PREFACE.
- Province du Lyonnois. '«Maispournc point remonter dans fcn trop haut dans les fîécles qui l’ont précédé, & qui lui fournifloient en la petfonnede Tes Ayeux de grands exemples de vertu, je ne parleray que de fon grand- Gr£l‘e£th.s Oncle & de Ton Pere , dont la mémoire mérité d’être dans fin hi-conlervee a la poiterite. Lymi
- Le premier, eft ce fameux Jean Grollier Vicomte pJ^9jSs d’Aguify , qui fous le Régné de François premier ,avoir la plus belle Bibliothèque qui fut en France; 6e qui fcn Hificire par la faveur dont fon Roi î’honoroit, & qu’il em- ‘gJÛZF ployoit fi genereufement en faveur des gens de Lettres, a été comparé avecjuftice par les Hiftoriens , auMé-f”/'» *• cène du tetns d’Augufte.
- Le fecOnd,efl Antoine Grollier Baron deServiere, 'j*ques‘ qui donna de grandes marques de fa fidelité & de zélé, à Henry i V.dans ces rems malheureux de guerre civile , où la caufe de ce Roi ne fe trouva pas la plus meon-
- r \ i r a /• r i -
- forte a Lyon. Il y fut arrête Pruonnier, & mis parr«^ les Ligueurs au Chateau de Pierre-Epcifè : d’où ayant*^.1»™™ trouvé le moyen ds fe fauver, en defcendant le long aJj™ des murs du Donjon avec des cordons de foye, que Marie de Camus fa femme lui avoit apportez enfe- Fran.fois crée fous fon Vertugadin ; il alla en SuifTe, fe mettre a Dumaine, la tête des Troupes, que Moniteur de Sillery, pour^^LfïS^ lors Àmbaffadeur en ce Païs-là avoit levées.. On lui en confia le Commandement;, & il lesconduifitl fes c*/*»^*-dépens à l’Armée , qui étoit auprès de Melun» il alla leBsc.antîqi enfuite avec fon frere Imbert Grollier, Seigneur du^7; .Soleil , Chevalier de l’Ordre de Saint Michel, joindre
- Anteine
- aie Roi au Siège de Rouen ; & après s’être diftinguiT*Æ£w**
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- apudfleeenS
- XemgiSy^ 17. a Epiji. pag. 183.ex
- J C.ll . h ni !.
- Egriatic-Morery dans [on Xiiffîiontiai-re à la lettre G.
- De Rubis à la fin de [on Hijlcire de Lyon, en la Ireface du difsours qti’H a fait fur la mai-fan de Mc-dicis.
- Dufrene de Canay Ambajfa-deur à Ve-nife.
- P R E F À C B.
- en differentes occafions, ôc avoir confirmé au Service tous fes biens, qui étoient trés-confiderables, il mourut maiheureufement dans le tems que l’autorité de Sa Majefté étant affermie, il avoit lieu -d’efperer les recompcnfes dues à fon mérité, lllaiffahuit Fils fort jeunes * qui lorfqu'ils furent en âge , prirent tous des partis convenables à leur naiflance. L’un fut honore par le Roi du Prieuré de Saint Irenée prés de Lyon ; un autre qui avoit été reçu Chevalier de Malthe, eut en recompenfe des Services qu’il avoit rendus â fon Ordres une Commanderie conûderable , outre celle qui lui étoic échue par ancienneté.
- Nicolas Grollier des Ouvrages duquel nous parlons , ôc que nous nommons Monfieur deServiere, étoit un des cadets, il vint au monde à Lyon en l’année 155) 3.&1 aufïi tôt qu’il eut atteint l’âge de quatorze ans, il demanda de fuivre l’exemple de les .AnJ cctres, ô£ d’entrer dans le Métier de la Guerre. On lenvoya fervir en Italie -, de ce fut au Siège de Verceil, où les premières ardeurs de fon courage lui coûtèrent la perte d’un ceil , qu il eut emporté par un éclat |de canon. Uncoùp d’effai û cher, bien loin de le rebuter, ne l’empêcha point de le trouver dans toutes les autres actions de cette même guerre. Lorfqu’elle fut finie ; il alla fervir pendant quelque tems en Flandre, ôc dans les Troupes des Etats d’Hollande, qui étoient pour iors la meilleure Ecole de la Difdpline Militaire, üeiâ il palia en Allemagne au Service de I’tmpereur Ferdinand: Il s y acquit beaucoup de réputation, fur-tout â la bataille de Prague ; apres laquelle il fut ob^i-
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- F RF FACE.
- gê d'accompagner l’AmbafTadeur de ce Prince à Conf-tanti nople : il y demeura fix mois ; mais la guerre s’éranc rallumée en France, il revint auffi-tôt donner à ion Roi 6c à fa Patrie, les marques de fonzéle, ôc leur confacrer au péril de fa vie, les heureux talens avec iefquels il étoit né , 6c l’experience qu’il avoir ac« quife au Service des Princes Etrangers, il le fie avec tant de diftinétion, fur tout au Siège de Montauban, à ceux de Tonnins, de Britefte, de Sainte-Foy, de Negrepeliife j de Nimes,gc de Privas, qu’il fut fou-vent honoré des ioüanges de fon Roi.
- Parmi un grand nombre de belles adfions, qu’il fit pendant ia vie , 8c qui meriteroient toutes d'être écrites, je me contenterayd’enrapporterune,quifuf-hra pour faire connoître, Scia beauté de fon génie, ôc l’intrépidité de fon courage. Il étoit Premier Capitaine du Régiment d’infanterie d’Aigue-Bonne j ôc il le commande!t fur les bords du Rhône du côté de Tarafcon , lorfqu’il fut queftion de jetter du fecours dans la Ville de Beaucaire, affiégée par Monheur de Montmorency. Il fe prefentoit de grandes difficultés à furmonter : la place étoit bien bloquée du côté de terre : les Ponts de Communication de Tarafcon à Beaucaire étant rompus, il falloir paffer le Fleuve à la vue des Ennemis : ôc plus que tout cela, le Château étoit déjà au pouvoir des Affiegeans. Tous ces obftacles faifoient regardeiT’entreprife comme impof-fible ,lorfque Monfieur de Serviere, qui avoir eu ordre de tenter le fecours , ôc qui pour cela s’étoit approché f|e Tarafcon ? profita de quelques bateaux, qui par
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- PR E F'A C E.
- hazard fie trouvèrent à Ton bord ; ôe s’en fevrit tres-utilement pour faire conftruire une cfpece de Pon| volant j garni tout au tour de parapets faits de madriers. Au moyen de cette Machine , qu’il inventa fur le champ , & qu’il fit executer avec une extrême diligence , il fit paffer le Fleuve a tout fon Régiment; & malgré le grand feu , & les efforts extraordinaires que les Ennemis firent pour s’y oppofer , il fe jetta avec peu de perte dans la Place afbégée , 8c fut caufe qu'on en leva le Siège peu de jours après*
- Cette aéfion ne fut pas feulement applaudie parles bons Sujets de Sa Majefté ; elle fit encore beaucoup d’honneur à Mcnfieur de Serviere * dans l’Armée de Momfieur de Montmorency. Ce General n’oublia rien pour s’attirer unaufii bon Officier j il profita même pour lengagerdans fon parti, de ce qu’on le laif-f©it fans recompenfe après une affaire fi brillante ; 8c croyant avoir trouvé le moment propre a le gagner, il lui fit offrir des Emplois & desappointements beaucoup plus confiderables, que ceux qu’il avoit dans l’Armée du Roi: mais fa fidelité fut inébranlable;ôdl ne la fit pas moins admirer que fes autres vertus, par la belle réponfe qu’ilfic aces propofitions. Il dit , qu’en portant les Armes pour fon Prince , il ne s’artendoit qu’à l’honneur de le bien fervir, 8e à la fatisfadtion de remplir fes devoirs : que d’ailleurs il étoit trop fiaté de lefiiœe dont Monfieur de Montmorency Phonnoroit, pour ne pas chercher a l’augmenter, en refufant des choies, qu’il fçavojt bien lui-même , qu’il ne devoit pas accepter.
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- PREFACE.
- Quelque rems apres ayant été fait Lieutenant Colonel de ce même Régiment d'Aigue Bonne, il le trouva au combat de Veillane , à celui du Teiin, à ia Retraite de Guïers, aux Sièges de Turin , de Ca^alôe de Pignerol; & dans pîuûeurs autres occafions. On reconnut fi bien le génie fupérieur, qu’il avoir pour les Mathématiques, furtoutpour les Fortifications, Sc ia grande expetience qu’il s’étoit acquife , qu’on lui confia la conduite des Travaux dans la plupart des derniers Sièges, dont nous venons de parler, il fçuc allier avec tant d’éclat les fonctions d’un Commandant , à celles d’un excellent Ingénieur, qu’il s’acquit la répvnuon d’eftre un des meilleurs Officiers d’infanterie de fon te ms.
- Enfin après tant de travaux , comblé de gloire &; criblé de bleffijres, il fe retira du Service, pour goûter un peu de repos, s’étant occupé le refie de fa vie aux Ouvrages, dont je vais faire la Defcription , il mourut âgé de 93. ans, regrecé generalement de tout le monde.
- Ce Gentil-Homme,que la voix publique a placé parmi les Hommes llluftres de fon fiecle, feroit parvenu aux premiers honneurs de la guerre, s’il avoir eu autant d’ambition, que de valeur & de vertu. Mais comme il fuivoit Taulière maxime fi peu connue : qui veut, qu’un véritable honneile homme ne fa{fe parler en fà faveur quefes adtions, il ne voulut jamais demander aucunes grâces, & fc contenta de les
- mcriter.
- Les tnfans que Monfieur de Serviere a mis au
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- P R E FAC E.
- monde, n’ont pas moins hérité de ion génie que de fa modeftie. C’effc une juftice, qu’on ne peut s’empêcher de Jeur rendre ; fur tout à celui qui a rempli avec tant d’honneur la dignité de Grand-Prieur de l’Abbaye de Savigni, & qui eft mort depuis peu. il ne s’efc pas contenté durant fa vie, d’imiter les Ouvrages defon Pere \ mais encore il a enrichi fon Cabinet par des pièces de fon invention 3 qui ne méritant pas moins que les autres, de trouver place dans cette Delcription»
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- ^, <|. 4. f. v # I’ 4 4* ‘l* $ 4 4* 4* -$* cîj # <& # ^ %J $* £j # -f* «f'f’t-'#1
- TABLE DES CHAPITRES
- Contenus dans ce Volume.
- PREMIER
- OUvrages de Tour, page 1. Pièces de déiicatejfe, page 3» Planche I. & II. Figure défais 1. jufqu a 6.
- Pièces Excentr;ques.page 4. Planche III. IV. & V. Figure 7. jufqua 23.
- Pièces hors du rond, page.7 .Planche V I. jufqua Ri I. Figure 24. jufqu a 3 3.
- SECONDE PARTIE.
- Horloges invente's far Mcnjîeur de Servlere. page 9» Planche XIII. jufqua XXI. Figure 37'iffqua 45?.
- TROISIEME PARTIE.
- Modelle de machine pour différents ufages. page 2 3 ,
- Machine , que ton peut conffruire au bord d'une Riviere pour élever de teau au fommet d'une Tour, page 25. Planche XXII. Figure 50,
- O *
- E PARTIE.
- Autre machine qui peut fervir comme la precedente pour élever de teau d'une Rivière au fommet d'une Tour, page 16. Planche XXIII. Figure 51.
- Autre machine pour élever teau jufqu au fommet d'une Tour. page 27. planche XXIV. Figure 5 2.
- Autre machine peu dijferente des trois precedentes.pa.gz 2 8. planche XXV. Figure 5 3.
- Autre machine peu différente des precedentes, page 27. Planche XXVI. Figure 54.
- Machine pour fecher un Marais ou pour tirer teau et un endroit peu profond, page 29. Planche XXVII. Figure 5 5.
- Machine pour fecher un Marais, pour vuider un batardeau ou pour tirer de teau déun endroit peu profond, page 30. Planche XXVIII. Figure 56. ^
- Machine pour élever de leau a la hauteur du° diamètre d une grande raie, page 31. planche
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- TABLE
- XXIX. Figure j7.
- Machine pcrr élever de Ceaudéun Etang eu d'un Marais a- Lahau-tcu/ >-u . riVC-'c * / e Cv une gt a,}de rosie page 5 1. planche XXX. Figure jS.
- Machine peur életxr de Peau dune Riviere a la hauteur du dia-meîie à une grande roue, page 52. vUnci.e XXXI. Figure 52-
- Ju-*re Machin*pour élever de Cem dune Riviere a la hauteur du diamètre d une grande relie, page. 33. Planche XXXII. Figure 60.
- Machine pour élever de C eau dune Rivière a la hauteur du demi diamètre d'une grande rôtie, page. 34. Planche XXXIII. Figure 61.
- Machine pour élever de Ceau dune Riviere a la hauteur du demi diamètre d’une grande rôtie avec peu defert. p2ge 3 j. Planche XXXIV. Figure 62.
- Machine pour élever de Ceau par le moien de huit féaux qui font continuellement en mouvement pour puifer & pour fe vuider. page 3<$. Planche XXXV. Figure 6 5.
- Machine pour élever de Ceau par le moien de quatre faux qui font ceMÎnuellement -en mouvement. p.„ 37,Flanche XXXVI. Figure 64,
- Machine pour élever de Ceau par le moien de vingt féaux qui font toujours en mouvement. page 38. Planche XXXVil. Fi-
- ' d’r\6i-
- Machine peur élever de Ceau dune Riviere par le moien de plufleurs féaux attachée enfemhle en forme de chapeliet. page 3 <j.planche XXXV Ili. Figure 66.
- Machine pour élever de Ceau dune Riviere par le moien deplufeurs féaux attachées enfemhle enferme de chapeliet. page Ap.Planche XL. Figure 67,
- Machine qui en perdant les deux tiers de Ceau dune fource, êleve Vautre tiers a une hauteur convenable pour s en fervir a differents ufages page 41. Planche X LI. Figure 6 8.
- Machine qui avec* une partie de Ceau dune fource éleve Vautre, a une hauteur confderahle.1p2.gz 42. Planche XLII. Figure
- 6j.
- Machine pour élsver de Ceau dune Riviere avec des efpeces de cha-pellets.pzgc 44.Planche XLIlX. Figure 70.
- Machine pour élever de Ceau dé une Riviere a une hauteur confdera-hle , au moien des pompes afpi-r ante s & foulantes, page 4J. Planche X LIV- Figure 71.
- .Autre moien de fe fervir des pom-j>es afpirantes & foulantes, page
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- TABLE DES
- 46. & 47. Planche XLV.^ XLVI. Figure-q z.&j}.
- Machine pour élever de Ce au d'une Rîviere a une hauteur eonfi-derable , avec des pompes aspirantes & foulantes, page 47. Planche X L V11. Figure 74.
- Machine très fmple pour élever Seau £ un puis ou d'ui refervoir a une hauteur confiderable. pa* ge 48.. Planche XLIX. Figu-re 75.
- cMachine pour élever l'eau d'un refervoir a une hauteur médiocre ou pour fecher un marais ou pour vaider un batard-cSéau.pa-ge 45). Planche L. Figure 7 G.
- Machine pour élever l'eau d'une Riviere au moïen de la vis d’Archimede. page 50. Planche LI. Figure 77.
- Autre Machine peu differente de la precedente pour élever de Seau d'une Riviere avec la vis d'Archimede. page 3 1. Planche lu. Figure 78.
- Machine très fmple pour tirer facilement & avec abondance de Seau d'un puis quoiqu'il foit bien profond.page 5 1. Planche LIII. Figure 79. & 80.
- Machine trèsfi'mp’e pour tirer avec facilité les féaux d'un puis, page 5 3. Planche L IV. Figure 81.^82.
- Machine très commode pour tirer par la fenêtre d'une cuifine qui
- CH APITRES.
- ferait au premier ou au fécond étage Seau d'un puis éloigné de la mai fin. page 54. planche L V. Figure 8 3.
- Moulins a bras, page 35.Planche L VI. Figure 84.
- Moulins mis en mouvement par un bæuf ou par un cheval.page 5 6. Planche L V11. Figure 85.
- Moulins a vent, page 5 6. Planche L V111. Figure 8 6.
- Moulins portatifs que Son placefur une ch arrête & qui peut moudre du bled quant on fait marcher la charrete. page 57. Planche LIX. Figure 87.
- Brouette de nouvelle invention page 5 8. Planche L I X. Figure 88.
- Machine pour battre le mouton au moien du courant £ une Riviere. page 59. Planche LX. Figure 89.
- Machine pour transporter un grand
- hatfi/ZU *£ un Cfj.na.1
- Canal plus élevé fans être oblige' de le décharger & fans le fe-cour £une éclufe. pag;e 61. Planche L XI. Pigure 90.
- Machine pour faire monter les grands bateaux chargés fer une Riviere fans quil foit neceffeire de les faire tirer ni par des hommes ni par des animaux, page 6 2 .Planche L XI i. Figure 91.
- Machine pour faire avancer un bateau a force de rames avec beau-
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- TABLE
- coup de viteffe & fans y employer beaucoup de rameurs, page 64, Planche L X111. Figure yi.
- Machine peur faire monter un bateau contre le courant d'une Rivière fans le fecour de perfonne & fans voile .page é'j. planche LXIII. Figure 93.
- Modèle d'un pont de bois fait d'une feule arcade qui peut avoir 140. pieds de corde ou de longueur. page 67. Planche LXIV. Ft-gure 5? 4.
- Modèle à!un autre pont de bois fait d'une feule arcade* pag. 6 8. Planche LXIV. Figure y q.
- Differentes façons d'entailler des pièces de bois & de les affem-hier foltdement pour differents ujkges.pa.gc 6Ç).planche LXV. & L X VI. Figure <y 6. jufqua ior.
- Mcdele d'un ponton ou bat eau portât ifs pour jetter promptement un Pont fur une Riviere peu large. page 6y. planche LXVII. Figure 101.
- Autre modèle de ponton pour jetter un pont fur une Pàviere peu large. page 70. Planche LXVIil. Figure 105.
- Autre modèle de ponton pour paf fer le fjfé d'une place ajjîegee pourveu que l'eau dont il ef remply , foit dormante, page 71. Planche LXIX. Figure 104.
- Modèle d'un pont de corde pour fairepaffer a de C Infanterie une Riviere peu large, page 72» planche L X X. Figure 105.
- Machine pour furprenâre une place Ennemie qui aurait pour fof fe une Riviere peu large, page
- 73. Planche LXXI. Figure
- ic 6.
- Moïen de conflruire un pont de'.bâte aux pour paffer une Riviere en prefence de l'Ennemi , page
- 74. Planche LXXII. Figure 107,
- Mdien de confruire en peu de tems un pont depillotis peur une expédition militaire , page. 75.. Planche LXXIIÏ. Figure 108.-
- Mdien de confruire un efpece de F.adeatt fait avec des tonneaux pour paffer une Pàviere en prefence des Ennemis. page 7 6. Planche LXXIV. Figure 105»
- Autte façon de Radeau quel? on peut tranfpcrter âimonté fur une ch arrête jufques au lieu ou l'on veut s'en fervir.page 77 .Plan-che L X X V Figure 11 o.
- Moïen de confruire un pont avec des tonneaux peur paffer un canal ou une petite Riviere en prefence des Ennemis, page 78» planche LXXVII. Figure 111.
- Autre moïen de jetter un pont de tonneaux fur le feffe' dune place ajjtegee pour monter a l'ajfku pagej 9.Planche LXX YIII,.. Figure 1 1,2c.
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- DES CH
- Mac Vine pour jette? des grenades plus feuremens & beaucoup plus ioing qu’on ne peut les jet ter a-m la. main, page 80. Planche LXXIX. Figure i r 3.
- Moïens de découvrir les travaux des Ennemis, page 8 1. Planche L X X X. Figure 114.
- Claidas de nouvelle invention, page 8 4. Planche L X X XI. Figure 11 j.
- Baniere portative, page 8 5 .Planche L X X X11. Figure 116.
- Façon d'e'chele particuliers, page 87. Planche L XXX III. & L X X XIV. Figure 117.118. 1 19. & x 20.
- Machine faite en Brouette pour toi-Jèr au jujie la dijlance qu il y a d’un lieu en un autre page 90. planche L X X X IV. Figure
- 1 21.
- Autre Machine pour mefurer la dijlance des lieux page 92. planche L X X X V. Figure 111.
- ^PITRES.
- Pal litre d’une façon' particulière ér très commode pour les gens d’étude page 94. planche LXXXVI. Figure u3..
- Cha'fe on Fauteuil très commode pour les boiteux par le moten duquel on peut Je promener dans un aparîernent de pla'm pied, xt dans un Jardin fans le fi cours de perfonnes page y G. P’.aiche ' LX X X VI. Figure 114- '
- Mo'ien de tirer un paijage ou de copier un tableau fans favoir défi Jigncr, é“ fians voir ce que l on fais, page 97. Planche LX XXVII .Figure 125.
- Lampe tre's commode qui en éclairant beaucoup plus que les autres échauffe l’endroit éclairé J? ne fatigue pas la ve 'ùe. page 99. Planche L X X X V11. Figure î 16.
- Moïen facile de lever exactement un plan geometrail en perfpecii-'Ff.p.ioo. Planche LXXXVIIL Figure 127.
- APPROBATION.
- TAy la par ordre de Monfeigneur le Garde des Sceaux le Livre J qui a pour titre 5 Recueil ddOuvrages curieux de Mathématique & de Mechanique, ou Defcription du Cabinet de Monfieur Grollier de Ser-viere : Et je l’ai cru très- propre à exciter la curiofiré du Public, <& i donner des veues utiles. Fait à Paris ce 2 8. Janvier 1719.
- MASSIEU,.
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- PERMISSION SIMPLE.
- LOui S, fAR. IA CR ACE DE DlETT, Roi DE FRANCE ET DE NAVARRE , A nos Amez & Féaux Confcillers les gens tenans nos Cours de Parlement, Ma!* tre des Requêtes , Ordinaire de nôtre Hôtel , Grand Confeil , Prévôt de Paris, Paiilifs , Senefchaux , leurs Lieutenants Civils & autres nos Jufticiers qu’il apattiendra , Salut , nôtre bien amé leSieur Grouier de Servisse ; Nousaïantfait fuplier de lui accorder nos Lettres de Permilîion pour l’impreâîon a'un Recueil d’ouvrages curieux de Mut h matique & de Mechanijue en W RJiriptien du Cabinet du Sieur Grollier de Serviere avec des Figures entaille douce ; Nous avons permis & permettons par ces prefentes audit Sieur Groll ier , de faire imprimer & graver ledit Recueil en telle forme marge , caraéfere & grandeur que bon lut femblcra-, & de le faire vendre & débiter par tout nôtre Roïaume pcndantle teins de huit années confécutives, à compter du jour de ia date defdites Prefentes ; Faiiôns défcbfes à tous Imprimeurs, Graveurs , Libraires , Marchands en tailles douce & autres de quelque qualité & condition, cu'elles foient d'en introduire d’impreffion ou graveure étrangère dans aucun lieu de nôtre obéïiîànce , à la charge eue ces Prefentes feront enregiftrées tout au long fur le Regiftre de la Communauté des Libraires & Imprimeurs de Paris , & dans trois mois de la date d’icelles ; que la graveure ou impxefÈon dudit Livre fêta faite dans nôtre Roïaume & non ailleurs en bon papier, en beau caractères conformément aux reglemens de la Librairie . & qu’avant que de les expofer en vante , les manuferits imprimez ou graveure qui auroient fervi de copie à l’impreilion dudit Livre ou graveures defdites planches feront remis dans le meme état ou l’approbation y aura été donnéez ès mains de nôtre très-chers Féal Chevalier Gardes des Sceaux de France , le Sieur de ' oïer de Paulun, Marquis Dargenfon ; & «qu’il en fera enfuite remis deux Exemplaires de chacun dans nôtre Bibliothèque Publique, ou dans celle de nôtre Château du Louvre , & un dans celle de nôtredit très cher & Féal Chevalier Garde des Sceaux de France , & le Sieur de Voyer de Paulun Marquis Dargenfon . le tout à peine de nullité d-.s Prefentes du contenu defquelles , Vous mandons & enjoignons de faire jouir ledit Sieur Expofant ou fes ayans caulès pleinement & paifiblement fans foufftir qu’il leur feit fait aucun trouble ou cmpêchemens ; Voulons qu’à la copie defdites Prefentes qui fera imprimée tout au long au commencement ou à la fin dudit Recueil , foi foit ajoutée comme à l’Original ; Commendons au premier nôtre Huiilîer ou Sergents de faire pour l’çxecution d’icelles tous Aâes requis & necelTatres fans demander autre permiilîon , & nonobstant clameur de haro charte normande & i ettjes à ce contraires ; Car tel eft nôtre plaifir. Donne à Paris le huitième jour du mois de Février l’an de grâce mil fept cens dix-neuf ,& de nôtre Regce le quatrième.
- PAR LE ROI.tnfon Confeil.
- De saint Hïiairs,
- il ejl ordonné far l'Edit du P.oi de J 6$6. & Arrêts de fort C on fil , que tes Livres imprimez. en vertu des Privilèges de Sa Metjejié , ne fourrent être vendus que tar un L-ibrare ou Imfrimeur , règifiré furie régifire I V. de la Communauté des Libraires Ç? Imprimeurs de Paris , page 45 I. N 43 5. conformément aux Réglement & nttamrmnr à l'Arrêt du Confeil du 13 .Août 1703. Règifiré à Paris le 11. Mars 1715. Dïlavlne, Syndic.
- Mbssire Cafpard Groliier de Sertisri , Chevalier , Seigneur de Grandprécédé fon droit de Privilège & de Pcrmilfion de faire imprimer le Livre intitulé , Recueil d'ouvrage de Mathématique, ou Defcription du Cabinet de Monfîeur de Serviere à David Forey Libraire à Lyon, pour en jouir fuivaat les conventions faites entr’eux. Fa e à Lyon le premier Mars 1719.
- GROLLIER DE SERVIERE.
- Régif ré fer le Régifire I V- de la Communauté des Libraires & Imprimeurs de Paris s p3ge Ijï.conformément aux Réglement , notamment à t’Arrêt du Confeil «tu 33, Août 1703. A Parisien. Mars 1713. Dî 1aulne , Syndic
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- 1
- DESCRIPTION
- DES
- OUVRAGES CURIEUX
- D E
- M'. DE SERVIERE.
- PREMIERE PARTIE.’ Ouvrages de Tour,
- O ». s QjU e , par goût & dans les loifîrs dune douce retraite , on veut saddonner aux ouvrages des mains, pour fe délafTer de ceux de Fefpric, il iemble que Ton devrait choifir l’Arc du Tour. Il eft un des plus nobles, devenant tous les jours l’agréable amufement de plulieurs ,per formes diftinguées par leur rang & par leur mérité >
- A
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- % Defcriptlon du Cabinet
- D’ailleurs il a encore un avantage particulier, en ce qu’il eft 3e feul dont les principes n’ont rien de difficile ni de rebutant. On y goûte d’abord du plaifir : on en trouve dans les premiers ouvrages qu’il fait former 5 Sc lorfque par des difpofkions heureuses , on y eft une fois perfectionné , on y peut également faire briller fon génie 6c fon adreffe.
- Les Curieux recherchent particuliérement deux perfections dans les ouvrages de Tour. Ils les eftiment ou par raportà leur délicateftè , ou par raport à la fingularité de leurs figures. Toutes fortes de perfonnes, pourvû qu’elles aient le goût bon , peuvent juger des ouvrages qui ont cette première beauté , c’eft-û-dire, de ceux qui ont de la déLicatefie 5 mais pour connoître le mérité de ceux dont les figures font extraordinaires » il faut avoir quelque teinture de l’Art » 6c fçavoir au moins que le Tour ne forme naturellement que des ronds parfaits , qu’il ne les forme que fur un même centre » 6c que ce qu’on apelle centre du Tour, eft une ligne qui étant parfaitement horizontale» tourne fiir elle-même comme l’axe d’u-ne roue'. On voit par cette petite définition que les ouvrages de Tour font plus ou moins curieux,fhivantqu’ils font délicatement travaillez , fhivant que leur fuperficie eft opofée à la figure ronde, 6c fuivant que cette meme fuperficie a plusieurs centres.
- Les ouvrages de cet Art, dont Monfieur de Serviere a orné fon cabinet , s’y trouvent en grand nombre. Ils font prefque tous en yvoire , 6c quoi qu’ils foient tous diffèrens les uns des autres, je les réduirai à trois efpeces , fuivant la définition que je viens de faire. Je nommerai la première efpece, Pièces de déli-catefîè 5 la fécondé, Pièces excentriques, ou travaillées fur diffèrens centres 5 6c la troifiéme, Pièces hors du rond, c’eft-à-dirc, Pièces dont les figures font angulaires, ou ne font pas des ronds parfaits.
- Je ne fais cependant cette fùbdivifion, que pour donner quelque arrangement à la defeription que je vais faire 5 car on peut dire à la rigueur» que plusieurs des Pièces que je décrirai, auront tout à la fois la beauté de la délicateffe ? celle de l’excen-trique,6e celle de l’hors du rond.
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- De Air. de Servlere. 3
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- PIECES DE DELICATESSE.
- Planche!
- LA première Figure que je donne, efi: une efpece de Pyramide ou d’Obélifque d’yvoire , d’un pied & demi de longueur . dont la bafè a environ une ligne de diamètre , Se qui s’élevant jufques au fommot , toujours en rliminnanr . fe. réduit à la grolîeur d’un cheveu de tête. Toute l’étenduë de cette piece» eft ornée de plu (leurs petites figures de très bon goût.
- La deuxième Figure efi: une autre Pyramide,qui ne cedant en rien à la delicatefle de la première,s’élève en ligne fpirale, & d’une feule piece d’y voire forme une efpece d’efcalier, dont chaque marche a fon centre particulier , Sc tous difiFerens les uns des autres. La différence de ces centres, fait la principale beauté de cet ouvrage.
- La troifiéme Figure efi: un Dôme fait de plufieuss pièces très délicates , & foutenu par des piliers qui forment une Rotonde» dans laquelle il y a de petites Figuresprefque imperceptibles.
- i
- Planche II,
- La quatrième Figure efi: un Vafe d’y voire fi délicat & fi fin» que non feulement il efi: fort tranfparent, mais encore que les bords en font flexibles.
- Les Figures 5. êc 6. font des Etuis d’y voire » travaillez en forme d’ozier êc à jour.
- Je pour rois encore mettre ici beaucoup d’autres ouvrages de délicateflè,faits par le même Autheur5 mais comme ils ont du raport avec ceux que i’ai décrits » il eft allez inutile d en p arler.
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- Description du Cabinet
- <^5 ij> : t|5 êfy «|p fjii «je èjÿ èjÿ £j^
- PIECES EX C EN TRIQUES.
- LEs Pièces Excentriques font , comme nous l’avons remarqué, des ouvrages de Tour travaillez fur differens centres*
- Planche III.
- La lèptiéme Figure eft un Globe tait d’nne {éule boule dyvoï-re,qui elt percé de douze ouvermres,6c qui renferme une petite urne dont la groffeur remplit prefque tout l’efpace intérieur,. L’urne eft vuidée très délicatement, 6c ornée de plufieursmiou-lures : elle a deux bouchons à lès deux extremitez , qui la ferment à vis. Elle eft enfin aufli bien travaillée » que fi elle avoic été faite hors du Globe qui lui lèrt d’envelope. La beauté de cette piece confifteen la difficulté que l’on conçoit y avoir eu de la faire d’une lèuîe boule d’yvoire 5 de détacher <ie dedans le Globe > la matière de l’Urne 5 de la fixer pour la travailler , 6C enfin d’en avoir fait un ouvrage fi proportionné & fi parlait.
- La huitième Figure eft une Etoile à onze pointes 3. foutenuë fur un pié-d’eftal pentagone, orné de moulures : le tout fait dans un Globe lèmblableau precedent, de travaillé au Tour fur autant de centres differens, qu’il y a de pointes à l’Etoilej 61 c’eft ce qui fait qu'on n* peut s imaginer comment l’Auteur a pu exécuter cet ouvrage.
- La neuvième Figure nous fait voir un valè travaillé par dehors 6c par dedans hors du rond c eft-à-dire , en rofe ou goder on , avec des filets angulaires. Ce valè s’ouvre à vis par le tiers de la hauteur , 6c a été fait dans le Globe qui lui fert d’envelope, 6c d’une feule boule d’yvoire,.
- La dixiéme Figure nous reprelènte cinq Globes faits les uns dans les autres, d’une feule boule d’yvoire 5 Sc dans l’intérieur du plus petit,un vafe parfaitement bien travaillé.
- La onzième Figure eft une Etoile à douze pointes, faite dans
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- J)â Adr. de Serviere. ~j
- cinq Globes qui font percez chacun de douze ouvertures, & dé« tachez les uns des aucres.
- Planche IV.
- La douzième Figure fait voir cinq Tabatières faites dans un Glohp;. &de luauwv, Tsiiwa v,'"Wt*pent {I bien Ion elpa-
- <e intérieur ,qu’à peine peuvent-elles s y remu ex. i] a cependant fallu , pour les y travailler , partager en cinq parties la matière du dedans du Globe, fixer .ces parties les unes après les autres , Se d’angulaires quelles étoient, en former des Tabatières ' parfaitement bien faites 8c vuidées en dedans fort délicatement.
- La treiziéme Figure nous reprefente, dans Fétenduë de dix lignes, douze Globes faits les uns dans les autres. Le plus petit n’eft pas plus gros qu’une lentille , 8c il eft-percé de douze ouvertures comme le plus grand.
- La quatorzième Figure eft une Pièce à quatre angles égaux, qui renferme une efpece d’Etoile ou de chaulîe-trape , faite au Tour, 8c du même morceau de fon enveloppe.
- La quinziéme Figure fait voir cinq carrez ou cubes, fembla-bles à des Dez à jouer, faits les uns dans les autres.
- La feiziéme Figure eft un Globe fait dans un cube, ôi ce Gio-: be renferme un autre cube.
- Planche V,
- La dix-feptiéme Figure eft un Globe qui n’a qu’une feule ouverture , 8c même allez petite, dans lequel cependant on a travaillé une Boëte à portrait de trois pièces, dont le diamètre occupe prefque tout l’efpace intérieur, le Globe étant d’une feule piece fans être colé ni raporté. Il eft difficille de comprendre comment on en a pû détacher la matière de la Boëte, la fixer 8c la travailler au Tour dans cette envelope.
- La dix-huitième Figure eft une autre Boëte à portrait 3 faîte dans deux Globes, dont le plus grand a douze ouvertures , 8c
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- 6 îDefcriptîon âu Cabinet
- le plus petit une feule. Ce dernier a fa fuperficie extérieure travaillée hors du rond.
- La dix-neuviéme Figure eflune Urne travaillée hors du rond, dans un Globe qui n’a qu’une feule ouverture, 8c cette Urne en occupe prefque tout l’eîpace intérieur.;
- La vingtième Figure nous dépeint une autre Urne , qui étant faite dans un Globe qui ira qunànc ituic oarcn^.4., au me me d’enveJope à deux carrez ou cubes femblables à deux dcz à jouer, qui font faits l’un dans l’autre. Tout cet ouvrage cft, comme les précedens, d’une feule boule d’yvoire , fans pièces colées ni raportées.
- La vingt-uniéme Se la vingt-deuxième Figures nous reprefèn-tent des Globes ovales, dans le premier delquels percé de dix ouvertures , il y a une Etoile, 8e dans le fécond, percé d’une feule ouverture, il y a une Urne- Les ouvrages qu’on a faits dans ces deux envelopes , paroiflent aux connoifleurs beaucoup plus difficiles que les autres, parcequeîes Figures ovales ont toutes leur diamètre de differentes grandeurs , au lieu que les Globes parfaitement ronds les ont tous égaux. Ileffc fans doute bien plus aîfé de travailler au Tour ces fortes de pièces, quand elles ont leurs diamètres femblables.
- La vingt-troifiémc Figure reprefènte une fleur de Lys faite au Tour dans Un Globe.
- Quoiqu’il y ait dans ce Cabinet plu fleurs autres Pièces de cette efpece , comme elles ont du raport aux precedentes, je n’en fais point mention. Je dois feulement dire , que tous les Globes dont je viens de parler , 8e les ouvrages qu’ils renferment , font faits chacun d’une feule boule d’yvoire entière , 8e qu’ils font ornez de chapiteaux, 6c foutenus p>ar des tiges 8c par des baies qui ont leur beauté particulière. On y voit des Figures rampantes Amples 5 on en voit de mêlées avec des goderonsjde fpirales, 8c enfin de toutes les belles façons dont on a parlé , ou qu’on expliquera daiis la fuite.
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- De Air* de Servtere.
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- PIEGES HORS DU ROND.
- ON apelle Pièces hors du rond, comme nous l’avons déjà remarqué , celles qui ne font pas rondes, & donc la fuperfi-cie eft en goderon, en rofe , en angles , & en rampans.
- Quoique les Pièces de Tour, dont nous venons de parler, foienc très curieufes, elles cedent néanmoins à celles que je vais expliquer. Les premières furprennent les connoifleurs de l’Arc, parcequ’ils ont peine à comprendre les machines qu’il a fallu inventer pour les former, êc comment l’adrefle 6c la patience en ont pu venir à bout. Ceiles-cj q«y jv. «omme Pièces hors du rond, paroiffent encore plus difficiles, ôc ont encore l’avantage d’une proportion beaucoup plus exacte & plus gracieufe. On y voit regner les réglés d’une architecture exquile, qui prévient à la première vue de l’ouvrage , & qui le fondent parfaitement lorlqu’on l’examine en détail. C’eft principalement ici oii l’on peut avouer que fi Monfieur de Serviere s’eft attaché à faire des chofes difficiles, il ne s’eit point éloigné de ce bon goût général qu’on doit toujours avoir pour principe dans les ouvrages qu’on veut propofer aux curieux.
- Planche VI.
- La vingt-quatrième Figure eft une Urne d’yvoire de neuf pouces de hautéur fur cinq pouces de largeur. Toute fa fuperfî-cie e(l travaillée contre la nature des Tours ordinaires : ce que je nomme hors du rond. On y voit des figures de rofes, de goderons , d’angles Ôc de rampans, qui fefuccedant les unes aux autres avec beaucoup de proportion, font un effet admirable.Cette Urne eft vuidée fort délicatement ; elle s’ouvre environ par le tiers de la hauteur j elle eft travaillée en dedans de même façon qu’en dehors, en forte que les figures concaves ôc convexes des deux cotez fe répondent très exactement. Cet ouvrage eft par-
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- 8 jÔcfcription âu Cal mit
- fait dans fon epece, & fi parfait que l'emboîtage du couvercle, qui eft hors du rond, de même que le relie de la piece, fe fait de tout fens avec une juftelfe furprenante, & mieux que fi l’Urne fe fermoic à vis.
- %
- Pt ANCHIS VII. VIII. IX.
- Les Figures z 5. 16. & 27. font d’autres Urnes qui ne font differentes delà première, qu’en ce quelles font travaillées fur d’autres delfeins. Il faut remarquer qu’en la Figure 16. la piece A. doit être jointe à la piece B. Se qu’en la Figure zy.les profils CD, marquent les differents contours des fiiperfîcies extérieures & intérieures de ces Pièces.
- P 1, ATT C H £ X»
- La vingt-huitième Figure ell une Bocte à pans, dont les angles font très nettement executez»
- Planche XI.
- Les/Figures 3©. èc 3 r. font des Boëtes à portrait ou à tabac, dont F une eft.faite hors du rond5&: l’autre en ovale figuré.
- Les Figures 32, êc 33. font des Boëtes faites en cœur de en trefle.
- Les Figures 34. 35, & 36. PlancheY. font Aes Etuis ou porte- craïons. Le premier eft fait hors du rond. Le fécond eft fait en rampant fimple s & l’on voit au troifiëme le rampant joint à l’hors du rond.
- J’aurois encore beaucoup d’autres Pièces de cette troifiéme efpece à décrire , fi je ne craignois de donner dans une répétition inutile.
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- DESCRIPTION
- DES
- OUVRAGES CURIEUX
- D E
- M\ DE SERVIERE.
- mmnmmti
- SECONDE PARTIE.
- Horloges inventez, par Adr. de Serviere,
- E S machines que Monfieur de Serviere a inventées pour des Horloges, font très curieules 5 & quoique la plupart aient pour leur principe la vertu élaftique des reflors , la pefanteur des poids & l’écoulement -des eaux ou des fables, elles font cependant fi differentes de tout ce qu’on voit ailleurs en ce genre , & elles produifens de fi fur-
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- prenants effets, qu’on les regarde comme de petits prodiges db l’art, qui animant, pour ainfi dire, des corps inanimez , fem-blent en perpétuer les mouvements à l’infini.
- Planche XIII.
- La première Horloge eft un Dôme foutenù par fix ‘colomnes fur une baze fexagone, comme le marque la Planche XIII. Figure 37. au tour de ces colomnes qui forment une efpece de rotonde, il y a des fils de cuivredouble, pofoz parallèles entre eux, & en ligne fpirale, depuis le Dômejufqu’àla baze.Ces fils de cuivre font arrêtez aux colomnes avec de petites confoles, de maniéré qu’ils fervent de canal à une'baie de même métai.l, qui par fonpropre poids parcourant en defoendant toute leur étendue , arrive enfin dans un trou qui eft à 1 abaze de la rotonde. Auffi-tôt quelle y eft: entrée, elle y trouve un reffort dont elle fait lâcher la détente , Sc qui la repoufle toujours avec la même jufteffe de bas en haut dans le Dôme , èc précifement dans l’endroit où les-filsde cuivre parallèles, dont nous avons parlé, lui tracent le chemin qu’elle doit tenir en defoendant. Cette baie continue ce petit manège , jamais ,ars-ctci , A ijuc J a machinenc
- foit détraquée, St comme la baie n’employe pas plus de tems une fois qu’une autre à monter St à defcendre le long de la rotonde, &; queproportionnément à ce tems toûjours égal, on a fait les roues du cadran de cette horloge, elle lui fait marquer la fuite des heures avec beaucoup de jufteftè.
- La deuxième Horloge a beaucoup de raport à la première,, elle n’en différé qu’en ce que la petite baie après avoir, en défi Cendant , parcouru les fils de cuivre, au lieu d’être pouffée par un reffort, elle eft portée vifiblement dans le Dôme par un petit feau qui monte St qui defeend perpendiculairement le long de la rotonde. Ce petit foau reçoit a baie lorfqu’elle eft defeendue dans la baze, St la va enfuite vuider dans ie Dôme à l’entrée du petit canal qui eft formé par les fils de cuivre. Par ce moïen le manège delà baie continue toûjours êc il fort à regler le mouvement de l’horloge , & à lui faire marquer avec jufteftè les heures, à un cadran qui eft; à une des faces de la baze de la rotonde»
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- On voie par la Planche XIV. Figure 3 8.'que le corps de la troifiéme Horloge eft à peu prezcomme celui d’un tableau. Il y a fur la face plufieurs petits liteaux canelez , pofezles uns for les autres diagonalement en zig-zag : ces liteaux fervent de canal pour conduire deuxbaies de cuivre quiles parcourent alternativement l’une après l’autre , en defeendant par leur poids naturel. Lorfqu’une des baies eft arrivée à la partie inferieure du tableau elle entre dans i’épaiileur de fon cadre par un trou qui y eft pratiqué ,ôcdans le même moment elle en fait fordr l’autre baie, par une autre ouverture qui eft à la partie la plus élevée.Ces deux baies fc fuccedent continuellement l’une à l’autre fur les liteaux canelez, aumoïendes reftorts intérieurs qui les font monter-auili-tôt qu’elles font defeenduës, & qui les font fortir de l’interieur du. cadre, auffi-tôt qu’elles y font montées. Le mouvement de cette Horloge eft réglé par celui de ces deux baies, fuivant les principes que nous avons expliquez , ôc marque les heures fur un cadran qui eft placé au deftousdu tableau.
- La Figure 35». Planche XV. qui eft celle de la quatrième Horloge nous reprefente un Dôme en quarré long , élevé par huit colomnes fur une baze de même figure. Autour des quatre co-lomnes, qui font à vûë des grandes faces de cette efpece de cage , il y a des fils de cuivres doubles toujours parallèles, ôc qui étant attachez avec de petites conioles , ôc pofez diagonalement, fervent de canal à une baie, ôc laconduifent après plufieurs contours , depuis le Dôme jufques à la baze. Lorfque dette baie a parcouru les fils de cuivre , elle entre dans la canelure d’une vis d’Archimede , qui eft placéeentre les huit colomnes , ôc qui partage diagonalement la diftance qui eft depuis le Dôme jufqu’à la baze. Aufiî-tôt que la vis d’Archimede a reçu cette baie, la vis tourne, ôc par ce moïen elle éleve la baie vifiblement , jufques au Dôme , ou elle va reprendre le chemin tracé par les fils de cuivre. Dans cette machine vous ne perdez point la baie de vue, vous l’apercevez monter par la canelure de la yis d’archimede „ ôc defeendre parles fils de cuivre 5 ÔC par ces differents ôc continuels mouvements , elle fait (aller l’Horloge , dont les cadrans, pour les heures ôc pour les minutes, font auxfaces de la baze.
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- Planche XVI.
- La cinquième Horloge, eft.comme le reprefente la quarantième Figure , un Pupitre qui a environ un pied 6c demi de longueur à chaque face, 6c dont le dos efl: élevéd’un pied. Il y a lùr la furface inclinée de ce pupitre , de petits liteaux polèz diago-nalement en zig-zag , les uns fur les autres, de maniéré qu’ils peuvent conduire une baie:, qui par Ion poids naturel defcend julqu’au bas de la furface inclinée, où elle entre dans le corps de la machine par un trou qui y efl pratiqué. Auffi-tôt quelle y efl: entrée, on voit fortir par la partie la plus élevée du pupitre une fécondé baie, qui reprend le chemin delà première. Ces deux baies fe fuccedent ainfi continuellement l’une à fl’autre, avec beaucoup de juftelîe , & elles fervent de mouvement à ^Horloge qui a lès cadrans à une des faces du pupitre.
- Pour faire voir que l’artifice de cette machine tient peu de •place, on ouvre le pupitre en élevant Ion plan incliné , 6c l’on trouve que la moitié de Ion intérieur efl: vuide , 6c l’autre efl occupée par deux rangs de petits tiroirs remplis d’ouvrages curieux , indépendants de cette machine.
- La Figure quarente-uniéme, Planche XVI. qui eft celle de la lîxiémc Huiluge ,noustaie voir iur un plan horizontal, foute-nu par une colomne ,deux fèrpents l’un fur l’autre. Le fuperieur efl: élevé fur l’inferieur d’environ un demi pied. Et comme il efl arrêté par le milieu du corps, il peut bafculer de la tête à la queue. Lorfqu’il baillé la tête, on lui voit rendre une baie de cuivre que le fèrpent inferieur avale auffi-tôt le premier baillé en-fuite là queue qu’il joint à celle de l’inferieur b 6c par cette partie la baie rentre dans fon corps , d’où, elle efl: rejettée , comme la première fois, parla bouche dans celle du lérpent inferieur. Ce petic manège ne difeontinuë point, éC fait aller l’Horloge ,dont le cadran efl: placé fous le chapiteau de la colomne»
- La léptiéme Horloge , marquée par la Figure 42. Planche X V I I. confifle en une Boette cylindrique , qui étant pofée du côté de là'furface curviligne, fur un plan incliné, femblç s’y tenir immobile contre la nature des figures rondes,
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- qui roulent ordinairement avec précipitation tant quelles trouvent de la pente. Celle-ci, je veux dire la Boette en queftion, descend fur fon plan incliné imperceptiblement & avec mcfûre. Elle eft de cuivre 5 elle a environ cinq pouces de diamètre , 6c le plan fur lequel elle eft polee , à quatre pieds de longueur. Les heures font décrites fur l’epaiffeur de ce plan incliné 6c fur la circonférence de la Boëtte, laquelle a une éguille à deux pointes qui le tient toûjours perpendiculairement 6c qui marque l’heure courante en deux endroits differents 5 favoir , par fa pointe fnperieu-re elle marque l’heure fur la circonférence de la Boëtte ,6e par fa pointe inferieure , elle la marque fur le plan incliné. Cette Horloge n’a ni reffort ni contrepoids, La durée du tems quelle marche , eft proportionnée à la longueur de fon plan incliné, 6c elle ne reçoit foi? mouvement que par l’efïort que la figure ron-de fe fait , de fe tenir fur le plan incliné , 'contre fon penchant naturel. On en fait l’experience de cette maniéré. Lorfque la Boëtte eft fur le plan incliné , elle defcend imperceptiblement & avec mefure, en marquant les heures comme j’ai déjà dit 5 6c l’on entend le mouvement, de fon balancier , Mais aufîftôtque vous tirez la Boëtte de defïus fon plan incliné , 6c que vous la pofez fur un plan horifôntal , le mouvement de l’Horloge celle , & vous n’entendez pluslebruit de fon balancier 5 parcequepour lors la figure ronde étant dans fon état naturel, il nefe fait plus d’effort.
- La huitième Horloge marquée par la Figure 43. Planche XVII. eft peu differente de la précédente , on a feulement ajouté au bout inferieur du plan incliné , pin fleurs autres plans horifontaux qui s’élèvent auffi-tôt que la Boëtte cylindrique eft arrivée fur eux , 6c qui s’inclinent au même degré que le premier , par ce moïen en multipliant ces fortes de plans inclinez 6c horifontaux. Le long de la muraille d’une grande fale eu d’une galerie , on peut avoir une Horloge qui marchera fans y toucher pendant plufieurs mois de fuite , 6e plus ou moins félon que les plans feront longs ou multi pliez.
- La neuvième Horloge marquée par la Figure 44. Planche X V 1 I I. eft faite fur le même principe que les deux précédentes. Son plan incliné en fait toute la différence*
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- Il_ eft pofé en ligne Ijpirale au tour de flx coiomnes qui fupor-tent un Dôme , 8c qui forment une efpece de Rotonde. La Boette cylindrique a deux cercles inégaux fur le/quels elle roule imperceptiblement, 8c fur lefquels elle defcend le long du plan Ipiral incliné , qui de fon côté eft inégal, de maniéré que là partie la plus élevée qui eft toujours la plus prez des coiomnes , répond au plus petit cercle de la Boette 3 8c fa partie la moins élevée répond au plus grand cercle. Ces inégalitez font faites exprez, afin que la Boette cylindrique, en defcendant, fuive avec jnfteflè les contours <Li plan fpiral, ce qu’elle ne ferait pas û les cercles 8c les cotez du plan fpiral étoient égaux entre eux. Cette Horloge marque les heures pendant une fe-maine entière, 8c pourroit les marquer plus long-rems , ft Ton donnoit plus détendue à fon plan incliné. Je dois obferver, que lorfque dans ces trois Horloges , les Boettes cylindriques font parvenues au bout inferieur de leur dernier plan incliné , il ne faut faire autre choie'que les tranlporter au bout fuperieur du premier plan, avec attention cependant de les y mettre précisément far l’heure courante.
- L’Horloge dixiéme qui nous eft dépeinte par la Figure 45.' Planche XIX. eft faite au mo'ien d’un fable , nommé communément Sablier , qui tourne aulïl-tôt qu’il eft écoulé , 8c qui fait marquer la fuite des heures comme les autres Horloges. Le fable eft d’une heure jufte 5 la cage a un axe qui le fait tourner comme une aiguille de cadran fur la face d’une Boette , fem-blabie à celles de nos pendules ordinaires. Ses bouteilles ont chacune un faux fonds mouvant , qui peut fe lever 8c s’abaiflèr un peu , au moïen d’une petite peau très-fine, pliflee en cour-caillet, ou appeau de caille. Lorfque le fable de la bouteille fu-perieure eft écoulé dans la bouteille inferieure, le faux fonds de cette derniere , fur lequel tout le fable repofe , lé baillé : 8c comme il apuïe alors fur une baze qui répond, dans l’interieur de la Boette , à un contrepoids moins [pefant que n’eft tout le fable, cette baze fait la balcuie dans le moment que les derniers grains de fable tombent 3 8c faifanc en même tems lâcher une détente, les reftorts qui font dans l’interieur de la Boette , agiflént &font tourner le fablier. Alors la bouteille vuide , qui étoit en haut, fe
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- trouve en bas, 8c la bouteille pleine Te [trouve en haut : par-là l’écoulement du fable recommence 8c continue toujours fans interruption. Chaque fois que ce fabletourne, il fait faire à meme tems un douzième de tour au cercled’un cadran qui eft caché dans l’intérieur de la Boette, 8c dont les douze heures, les unes après les autres, paroifient à une petite ouverture pratiquée au deftiis du chapiteau du fable. Cette ouverture ne laifïe voir que l’heure courante 5 8c le plus ou lemoins de fable qui fè trouve dans la bouteille fuperieure , peut marquer les quarts 8c les demies de l’heure.
- L’Horloge onzième eft faite fur le même principe que la precedente. Je ne répéterai pas ce qu’elles ont de commun 5 je me contenterai d’en faire remarquer les différences. Le fable ou fa-blier de celle-cy , au lieu davoir des bouteilles avec des faux-fonds , les a entières, chacune d’une feule piece, 8c feuiblables à celles des fables communs. Mais pour que l’écoulement de fon fable pujife la faire tourner comme la precedente , fes bouteilles font unies enfèmble avec une petite peau fort mince , faite en tuvau 8c plifsée en appeau de caille. La cage danslaquelie elles font placées , ne les faifit que par le milieu de leur tuyau de peau , 8c ne foutenant jamais que la fuperieure , elle ne gêne point l’inferieure, 8c la laide pendre à diferetion. De cette maniéré les véritables fonds de ces bouteilles apuyent fur la petite baze qui doit faire agir les refîors intérieurs : 8c comme ils la chargent plus ou moins, félon la quantité de fable qu’ils contiennent , il la font bafculer chacun à leur tour , auffi-tôt que tout le fable eft écoulé , 8c font par ce moïen tourner le fable, 8c marquer la fuite des heures. Voïez la Figure 45.
- La douzième Horloge marquée par la Figure 46.PlancheXX. eft un Globe eelefte fur la circonférence duquel les heures font décrites, 8c qui tourne fur la tête d’un Atlas qui le porte, pour faire marquer l’heure courante à une aiguille fixe. Les mouvements de cette Horloge font cachez dans l’interieur du Giobejils le font tourner imperceptiblement. De maniéré que ce n’eft pas l’aiguille qui va chercher les heures, mais ce font les heures qui tiennent fucceflivement chercher l’aiguille»
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- Planche XXï.
- La Figure 47. nous reprefente une Horloge dont les heures font décrites horizontalement, tout le long d’une grande corniche , Si perpendiculairement tout le long d’un pilier. On voit une petite figure de fôuris, qui marque les heures en parcourant la corniche, Si une autre figure de lézard , qui les marque en montant le long d’un pilier.
- L’Horloge quatorzième dont il efHnutilc de donner la planche , a fôn cadran en ovale , au lieu de l’avoir parfaitement rond comme les autres, & fôn aiguille s’allonge ôc fe racourcit Si fuit toujours exactement Iesdifferens diamètres de l'ovale en marquant les heures. Il y a au deflous de ce cadran , Si dans le milieu de fon pié-d’eftal 5 une niche de laquelle on voit fortir en faillies, des figures qui marquent les differens jours de la femai-ne. Ces figures forcent fucceffivement les unes après les autres, de l’interieur du pié.-d’eftal , Si leur changement fe fait régulièrement tous les jours à minuit , au moïen des relTorts de l’Horloge.
- L’Horloge 15. dont je ne donne pas non plus la figure , eft faite au moïen d’un refèrvoir de fable , qui s’écoulant par une ouverture toûjours égale, remplit de petites loges qui font à la circonférence de la grande roue,qui dirige l’éguiîle des heures. Si comme la pefànteur du fable altéré l’équilibre de la roue , Si que les petites loges fe vuident d’elles-mêmes dans un autre refervoir , ' quand elles approchent de la ligne perpendiculaire à fôn axe, l’écoulement continuel du fable la fait toujours tourner d’un mouvement égal.,On réglé cette Horloge de même que les fables ordinaires , en faifant l’ouverture de l’écoulement du fable plus ou moins grande , félon la finefîé du fable , & félon le tems qu’il faut pour remplir chaque petite loge. Le mouvement de cette Horloge ne s’entend point 5 ainfi elle feroit très commode pour les chambres de certains malades qui s’inquiec-tent du moindre bruit.
- L’Horloge feiziéme marquée par la Figure 48. Planche XXL a fon mouvement fèmbla^le à celui des pendules fimples Si ordinaires
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- dînaires ;fon cadran feul en eft different, Il n’a point d’aiguilles, mais à leur place il a deux cercles inégaux, dont le plus grand marque les heures , 6e le plus petit les quarts , les demies , 6e les trois quarts. Ces cercles font cachez dans l’intérieur de la machine, & ils ne font paroître par deux ouvertures , que l’heure courante. Ce qui rend cette machine très commode , c’efr que les caractères qui dénotent les differentes heures , font taillez à jour far ces cercles, 6e peuvent par confequent s’apercevoir -même pendant la nuit, au moïen d’une lampe que l’on place derrière la machine, 6c dont la lueur ne paroît qu’à travers les petits vuides qui les forment. Par ce moïen cette Horloge a les mêmes avantages que les pendules à répétition nouvellement inventées , 6c elle n’en a pas lesinconvenîens qui-font d’être très-cheres, & de fe détraquer fouvent à caufe de la multiplicité des rouages qui les compofent. Il n’y a que les aveugles qui puif-ient préférer ces dernieres à celle que nous propofons ici 3 car -outre l’utilicé qu’on peut tirer en fanté & en maladie d’une Jam-pe allumée dans fa chambre pendant la nuit, il eft auiïi facile & aufïï commode de lever fon rideau pour voir l’heure à travers ces cercles , que de tirer un cordon pour la faire répéter fur le timbre des pendules.
- La Figure49. Planche XXI. qui nous-reprefente l’Horloge dix-feptiéme eft un plat d’étain fur le bord duquel les heures font gravées comme fur un cadran. Après avoir rempli d’eau ce plat, l’on y jette une figure de Tortue de liège ,qui va chercher l’heure courante pour la marquer avec ffon petit mufeau. Lorf-qu elle l’a trouvé , elle s’y arrête 3 fi l’on veut l’en éloigner, elle y retourne auffi-tôt 5 ôc fi on l’y laiffe , elle fuit imperceptiblement Les bords du plat en marquant toujours les heures. Cette machine eft d’autant plus furprenante, qu’il ne paroît rien qui faffe. agir cette Tortue fur l’eau, 6c qùi la détermine à aller plutôt d’un côté que d’un autre. Pour faire voir même qu’il n’y a point dç lieu affecté pour, la faire arrêter, que l’endroit où l’heure courante eft décrite, on prie les perfonnes curieufes qui veulent lavoir , de placer à leur fantaifîe le plat , de le tourner Sc de le .retourner pkifieurs fois de differens fens 3 malgré tout cela la Tortue va toujours avec la même régularité fur l’heure quelle doit marquer. C
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- Je ne mers pas ici les Figures des Horloges a eau que l’on voie dans ce Cabinet, parce qu’elles n’ont rien dans leur extérieur qui diffère de celles qu’on- voie communément ailleurs. Leurs meuvemens font faits de façon qu’on peut s’en fèrvir très utilement dans les lieux où l’on a des fources d’eau à fa difpofition.. Ils confident en des Typhons ou en de petits féaux , qui recevant l’écoulement de l’eau par des ouvertures toûjours 'égales vn’emploient pas plus detems une fois qu’une autre à fe remplir ëc d fie vuider > Se qui à chaque fois qu’ils fè vuident, font avancer d’un cran les roues. Ainff tout le miftere, pour regler ees Horloges , ne confifte qu’en la divifion de ces mêmes roués, qui doit être proportionnée au tems que les petits féaux mettent à fe remplir & à fè. vuider,
- ]e joins à: la fin de cette partie, de petites machines qui pa-roîtronc peut-être aux Savans ne pas mériter autant que les autres , d’être décrites. Je ne le fais auffi que pour fuivre la. régie que je me fuis preferite , de ne rien omettre , autant que je le pourrai , de tout ce qu’on voit dans ce Cabinet y & je dois dire que Monfieur de Serviere n’avoie inventé celle-ci que pour les perfonnes quin’aïant aucune intelligence ni de l’art du Tour, ni des Mathématiques, vouloient cependant voir fès ouvrages.. Ces fortes de perfonnes , qui l’emportent en nombre fur les autres s ne trouvent de beauté qu’en ce qui frape leur préjugé y & faute de connoître les difficultez d’une Pièce curieufè, ils ne font point touchez de fbn véritable mérité , &: loiient très fou-vent ce quelle a de plus commun. C’eft donc pour s’acommo-der à la fphere de leur genie, & pour donner uneefpece de fà-tisfaction à leur curiofité , que nôtre grand Mathématicien, auffi eomplaifànt qu’habile, à joint à fès ouvrages ces fortes d’amu-fements.
- Laplûpart des Pièces de Tour que j’ai expliquées, font renfermées dans des armoires qui étant placées en égale diftance les unes des autres, garniflènt prefque toute l’étcnduë de la grande Sale , que nous nommons le Cabinet de Monfieur de Serviere. Au milieu de cette Sale & fur une table qui eft affez éloignée de ces armoires, il y a une petite cheville d’yvoire: dans, un trou , èç suffi-tôt qu’onl’en a tirée, les portes des as>
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- moires s’ouvrent toutes à la fois, 6c font un changement de décoration très gracieux , au moïen d’un grand nombre de médailles dont elles font garnies.
- Dans un des bouts de cette Sale , il y a une porte d’où l’on voit fortir une figure de Mort, de la hauteur humaine qui fe promene 6c qui fie retire fuivaat qu’om le lui ordonne.
- A côté de cette porte il y a encore un miroir dont îa glace difparoiflant aufii-tôt qu’on en touche le cadre , fait voir une tête de mort en peinture, 6c un moment après une autre tête en relief qui fait desgrimaces 6c des cris qui furprennent.
- D un autre côté il y a une armoire qui ne s’ouvre pas en mê-TOetemsque celles dont nous avons parlé, 8c dans laquelle on Voit |en relief un Château 6c des jardins , qui parodient multipliez au moïen de plufieurs glaces de miroir qui font tout au Cour, 6c quireflechifient les objets. L’on referme 6C l’on ouvre par quatre differentes fois la porte de cette armoire,8c à chaque fois on y trouve des objets nouveaux >àla fécondé fois, c’eft-à-dire , après le Château ce font grand nombre de pièces d’or 8C d’argent. Alatroifiéme ce font des fleurs 5 & enfin à la quatrième c’eft une reprefèntat-ion d’une collation en relief. Tous ces difïèrens changemens fe font en fermant la porte de l’armoire., 8c par le feul mouvement de la clef de la ferrure.
- Sur une table ordinaire 6c bien polie, on met une figure d’Amazone qui s’y promene en difïèrens fens 3 qui leve fon fabre 8c fon bouclier , comme-fi elle vouloir combattre, 8c qui tourne la tête de tous les cotez. Il y a auffi. une autre figure de Souris, qui marche fur les bords de la même table , §c qui en fuit auffi exactement les contours que fi elle avoir des yeux pour s’y conduire.
- Dans une bouteille faite en cataffe., qui n’a qu’une ouvertu-reaflèz étroite on voit un Chrift de bronze fur une croix, avec tout les inftrumens de la paffion. Cet ouvrage remplie tout l’in-terieur de la bouteille..5 8c.fî_ l’on croit comprendre qu’avec adreflè 8c avec beaucoup de patience, on en a pû. faire entrer les parties les unes après les autres , & les y coler proprement, on ne fauroit concevoir comment on y a pû introduire la figuré de ce Chrift qui eft d’une feule pièce , 6c dont les bras font
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- tendus. Il paroît encore une autre difficulté plus grande au bouchon de la bouteille qui fert de cimier à la croix 5 II eft du ne feule piece de büis , il occupe prefque tout l’efpace du cou* de la bouteille 5. il y eft cependant traverfé en dedans d’une cheville dont les deux bouts le débordent beaucoup 6c qui ont chacun double clé & double contre-clé. On n’a pû mettre la. cheville dans la mortaifedu bouchon, qu’après que le bouchon a eu bouché la bouteille,nides clez Sc les contre-clez dans les trous qui font aux deux bouts de là cheville -, qu’après que la cheville a„eu traverfé la mortaifedu bouchon , ce qui paroît comme irn-poffible à caufé qu’entre le bouchon & le cou delà bouteille,il n’y a pas un efpace fuffifant pour y faire paffer la cheville , les clez 6c les comre-clez, pas même leplns petit-outil, ni par con-fequent lès pîùs- petites pinces. Toutes ces difficultez font dire aux perfonnes qui veulent en rai former qu’il faut-qu’on ait fou-£ié , je veux dire , qu’on ait fait la bouteille par deffùs l’ouvrage 5 mais on revient bien-tôt de cette idée en faifànt attention que le grand feu neceflàîre pour rendre lé verre flexible auroit brûlé tout.cet ouvrage 6c fur tout la cheville 5 à moinsqu’on ne voulut admettre qu’on a eu le fecret d empecher l'activité du feu5 cequin’éft pas. "
- Dans d’autres bouteilles faites en bocal', 011 voit des chandeliers à bras ou candélabres, des étoiles 6c d’autres figures differentes qui ne fùrprennent pas moins que la precedente 6c qui fent fburenués par de femblables bouchonsr
- Deux petites pièces de bois toutes deux de differente efpece* Fune de Bois de poirier , i autre de noyer 5 l’une de bois droit, l’autre de bois couché. La première qui eft faite en cheville traverfe la deuxième qui a un trou , fans qu’on puiffe comprendre comment elle y eft'fentrée, pai-£e-qu’à fes bouts elle a deux boutons qui ne font-ni-colez ni ajoutez , 6c qui cependant paroif-fent ira voir pTr paffer par le trou de la féconde piece de bois , qui eft, .de même que la première, d’un feub morceau , fans être ni colé ni ajoûté;
- On v.'voit une autre petite pièce dè bois de figure quarrée ,. qui n’étant pas ajoutée, non plus que les precedentes, eft cependant traverfée par une grande boucle de cuivre qui. eft elle mê*-aie d’une feule piece fans être foudée..
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- Lorfqu’on a fuffifamment vû l’Horloge dix-feptiéme on fait faire à la Tortue de cette Horloge une experiencede fympathie qui n’eft pas moins agréable que la première. L’on met fur le bord de fon plat un cercle autour duquel à la place des heures du cadran l’on voit les Infcriptions de toutes les inclinations ou paffions dominantes des hommes.. Sous chaque Infcription il y a de petites loges qui renferment des compofez chimiques, qui font propres, ou pour mieux dire , qui font convenans à L’humeur qui forme l’inclination marquée par fon Infcription. Ou placé fur le dos de la Tortue un autre compofé que je nomme commun , Se qui eft fympatiquë & antipatique aux premiers dont je viens de parler , fuivant l’impreffion qu’il eft capable de recevoir par l’attouchement que lui font les differentes perfonnes. Ainfi lorfqu’on veut , avec cette, machine , connaître fa paflion dominante , on n’a qu’à toucher du bout du doigt le compofé commun delà Tortue , on lui imprime par cet attouchement l’humeur qui dominant en. nous s’exhale continuellement de nos corps en corpu feules , Sc aufli-tôc la Tortue fe met en mouvement fur l’eau Se va chercher le compofé particulier qui nous convient Se lorfqu’elle l’a trouvé , elle s’arrête, Se l’Inf-cription qu’elle marque avec fon petit mufèau nous aprend nôtre paffion dominante. La preuve que le hazard n’a point de parc à l’effet de cette machine feroit inutile par l’aveu fincere que nous devrions faire de nos pafîîons .mais comme fouvent on ns fe rend point juftice fur un pareil article où nôtre vanité & nôtre amour propre trouvent trop à fournir , 011 ne demande à personne de convenir du jugement de la Tortue 5 mais pour faire voir quelle eft confiante dans fa decifion , on la. fait toucher par plufieurs perfonnes les unes après les antres Se dans des tems differens ces mêmes perfonnes ont beau 3a retoucher in-diftinctement une deuxième une troifiéme fois Se davantage s’il eft neceffaire, ce petit animal a l’opiniâtreté de donner toujours à chacun la même paffion..
- Je mets au. nombre de ces petites curiofitez les ouvrages d’O-ptique qu’ôn voit dans ce Cabinet. Ce font des Lunettes à longue vue pour toute forte d’éloignement, même pour les Aftres, des Engyfcoges Se des Microfcopes, avec lefquels on fait plu--
- C iij
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- zi 1Oefcriptîon du Cabinet
- fieurs expériences très particulières , Sc entr’autres celle de la circulation du fang. Des verres convexes qui reprefentent au naturel dans une chambre obfcure les objets extérieurs s des Lanternes qu’on apelîe magiques , qui font voir des figures extraordinaires : des prifmes ou trigones qui peignent les objets de differentes couleurs 5 des verres taillez à facettes qui les multiplient 5 d’autres qui raffemblent plufieurs portions de figures qui étant feparées les unes des autres femblent ne lignifier rien , ôc qui étant réunies par le moïen de ces verres compofent un tous bien proportionné.
- On y voit encore des Miroirs de métail concaves qui grofiîf-fent les objets & qui brûlent les matières les plus folides, en raf-femblant dans un point les raïons du Soleil 5 des cylindres au fit de métail poli qui reduifént à de juffes proportions des traits difformes qu’on diroit indifféremment tracez. Des Tableaux qui ne font proportionnez que lors qu’on les regarde par un point ; d’autres qui reprefentent des figures différentes fuivant les cotez d’où, on les regarde ôc enfin la diffeclion de l’œil humain très exactement détaillée.
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- DESCRIPTION
- DES
- OUVRAGES CURIEUX
- D E
- Mr. DE SERVIERE.
- TROIS E ME PARTIE.
- Modèles de machines pour differents ufages\
- ’ E X P LI QU E dans cette troisième Partie les machines que Moniteur de Serviere a inventées. Elles-fontcomme j’ai déjà dit , en lî grand nombre ôc pour tant d’ufages differents qu’on peut regarder {oit Cabinet comme un précis de toutes les Mathématiques , & con--venir que cçtte fciençç la plus utile dç toutes pour les befoins»
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- &4 Defcription du Cabinet
- de la vie, a , pour ainfi dire, de l’obligation à ce Savant Homme, puifque non feulement il en a perfectionné les connoiffances de pratique que nous en avions 5 mais qu’il les a encore augmentées très confiderablement par des productions nouvelles qui ne font dues qu’à fon genie. U a admirablement fuivi dans l’inven -tion 6c dans la conftruétion de fes Machines cette belle 6c noble fimpiicité qui eft infeparable des ouvrages de la nature , où l’on découvre qu’entre les differens moïens que ion auteur avoic pour parvenir aux mêmes fins ^ il a toujours choifi -le chemin le plus court 6c le plus facile.
- Je propofe d’abord des modèles de machines pour l’élévation ôc pour la conduite des eaux. Cet article que l’on devrait proprement nommer de l’hydraulique eft d’une grande utilité , doit pour arrofer des terres aridçs , 6c les rendre plus fertiles, foit pour l’agrement 6c la décoration des Jardins où l’on veux faire des fontaines jalliflàntes , foie enfin pour tous les difïèrens artifices qui ont pour principe de leur mouvement la chute, la rapidité 6c l’écoulement des eaux.
- Je propoferai enfuite les autres Machines qui concernent les Moulins, les Ponts , la conftruclion des maifons 6c lart militaire 6c c.
- Autant que je pourrai je métrai cnfemble les Machines qui auront quelque raport les unes aux antres , afin d’en abréger les explications 6c de les rendre plus fenfibles , 6c afin d’en faciliter le choix à ceux qui voudront les mettre en ufàge, fui van t les differentes fituations des lieux où ils en auront befoin.
- MA CH FNE
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- P)e Adr. de Serviere. 15
- MACHINE QJVE UON PE VT
- conftrmre au bord d'une Riviere pour élever de Veau au fommet d'une Pour.
- Planche XXIL Fi gu r.e 50.
- SUr le bord d’une Riviere l’on peut conftruire en malTonerie ou en charpente la Tour A. dans laquelle l’on place plulîeurs refervoirs fur deux rangs 8c les uns fur les autres , de maniéré que les refervoirs du premier rang marquez B. partagent la dif-tance qui eft entre ceux du fécond rang C. tous ces refervoirs font garnis chacun de deux grandes cuil eres E. qui étant fuf pendues par leur gros bout avec des cordes ou avec des chaines de fer F. peuvent fe bailler 8c s’élever afin de puifer l’eau dans le refervoir qui leur efl inferieur Se la vuider par leur manche qui eft fait en canal dans celui au bord duquel elles font attachées à charnière. Les cordes F. qui fufpendent toutes ces cuillères font entortillées par leur bout fuperieur aux tambours G. H. du grand arbre /.qui eft placé horifontalement 8c à pivot au fommet de la Tour 8c qui répond par les cordes .K, aux deux cordes L. M. de l’axe de la grande roue N. - -
- Le courant de la Riviere faifant tourner la grande roue N. au moïen des ailes ou obes qu’elle a à fa circonférence , les deux coudes L. M. de fon axe fe baillent 8c s’élèvent alternativement, 8c comme les cordes K. par lefquelles ils répondent au petit tambour G. font entortillées en deux fens oppofez, fuivant que ces cordes fe baillent ou s’élèvent ils font tourner l’arbre de different fens.
- 11 en eft de même des cordes F. qui étant aulîi entortillées a contre fens les unes des autres fur les tambours G. H. qui tournent toujours, comme nous venons de voir , tantôt d’un côté,
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- ^6 Defcription du Cabinet
- tantôt d’un autre , font élever & bailler les cuillères qu elles? tiennent fufpenduës ,fuivant quelles font entortillées oudevui-dées fur les tambours.
- Ainli il y a toujours à chaque refervoir une cuillère qui s’élève & une autre qui fe baide} une qui puife l’eau & l’autre qui-lavuide. Les premièrescuillères , c’eft-à-dire, les plus balles portent l’eau du premier refervoir qui eftau niveau de la.Rivière au fécond refervoir 5 les deuxièmes cuillères la portent au-troifiéme 5 les troidémes au quatrième 5 ainli des unes aux autres .juiqu’au dernier refervoir quieft placé aufommetde la Tour.
- Les cinq Machines luivantes-aïant beaucoup de.raport avec celie-cy, je ne répéterai point dans la defeription que j’en vais faire ce qu’elles ont de commun entre elles, je me contenterai de renvoier le Lecleur à l’explication que je viens de donner 3 ce: qui fuffira. avec,la, vuë.des Figures pour les faire comprendre..
- 4? # # : <§> 4= # ##
- AVTRE MACHINE QV 1 PE VT
- fer dît comme la precedente pour élever de l'eau, d'une Riuiere au fommet dune Tour,
- Planche XXIII. Figure ju
- LA grande roue A. na pas fon axe coudé comme dans la precedente Figure , mais à fa place elle a la féconde roue B. dont la moitié feulement de la circonférence eft garnie de dents fur champ, Gette moitié de roue que nous nommons liir champ engrenne alternativement & l’une après l’autre les deux lanternes C. D. de l’arbre perpendiculaire E. en forte que cette demi roue fur champ peut faire tourner cet arbre fur fes pivots en deux. fens contraires 3 c’eft-à-dire, tantôt à droit .tantôtà gauche. Cet arbre a encore à fon bout fuperieur les deux tambours F. G. autour de chacun defquelsfont entortillées à contre fens l’une de I autre les cordes H. I. di K, L. les cordes H.-I. répondent paries
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- De tiïMr. de Serviere. 2.7
- fpoiilles M.N. aux cuillères des refervoirs du premier rang de la Tour & les cordes K. L. repondent par les poulies O. aux cuillères des refervoirs du fécond rang.
- Ainfi lorfque le courant de la Riviere fait tourner les deux roues A. B. qui font fur le même axe , elles font tourner en deux fens contraires l’arbre E. au moïen, comme nous l’avons remarqué , des deux lanternes C. D. & par confèquent elles font tourner de la même maniéré les deux tambours F. G, lefquels tambours fuivant qu’ils entortillent ou dévuident les cordes H. I. & K. L. leur font élever ou baifïèr les cuillères de chaque refer-voir &: par-là leur font porter de l’un en l’autre l’eau de la Rivière jufqu’au fommetde la Tour. Voyez l’explication de la Figure precedente.
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- ^V7RE MACHINE POVR ELEVER de l'eau d'une Riviere jufquau fommet dune
- 7'our.
- ï> L ANCHE XXIV. P I G U A E y%.
- TAU defliis des refervoirs A. B. C. D. E, Sc F. l’on place les j[\longues pièces de bois G. à chaque bout defquelles les cuillères H. font fufpenduës. Ces longues pièces de bois que nous nommons leviers .diant leur point fixe en I. où elles font attachées avec des chevilles mouvantes & étant liées enfemble par leurs deux bouts avec les mains de fer K. font obligées de îuivre entre-elles les mêmes mouvements, en forte que lorfque le premier levier G. s’élève ou fe baiffe , il fait en même tems lever ou bai de r les quatre autres. Ce premier levier G. efl mis en mouvement au moïen de la main de fer L. qui répond à l’axe coudé M. de la grande roué N. Ainfi lorfque le courant de la Riviere fait tourner cette grande rc-uë , les coudes de fon axe s’élevant & febaiffant alternativement, ils font bafculer continuellement-
- D ij
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- 2. S Defcription du Cabinet
- les cinq leviers, Se par là ces leviers font élever Sc bailler les cuiüeres H. qui leur font fufpenduës, Se ils leur font porter l’eau des refervoirs des uns aux autres jufqu’au fommet de la Machine. Voïez l’explication des deux precedentes Figures.
- r&tM $r<ft5!St
- 'autre machine p e v
- differente des trois precedentes, Q? que ton peut conftruire au bord dune Riuiere pour élever de Veau au femmet Tune Tour.
- Planche XXV. Figure 53.
- LEs cuillères A. de cette Machine qui puifont l’eau dans les refervoirs qui leur font/inferieurs,Se qui la vuident dans ceux aufouels elles font attachées , font fufpenduës par leur gros bout à des leviers femblables à ceux de la precedente Figure. Ces leviers que nous marquons ici B. bafoulent tous enfemble au mo-ïen de la corde C. D. de la grande poulie E. Se de l’axe doublement coudé de la grande roue E. les bouts G. des leviers B. font pafléz, comme la Figure le reprefente, dans des anneaux marquez H. qui font attachez par égale diftanceà la corde C. T), de les deux bouts de cette corde £0ut attachez avec foc anneaux I. E. aux deux coudes de l'axe de la grande roue F. en forte que lorfque cette grande roue tourne , fon axe doublement coudé fait alternativement tirer Sc lâcher les deux bouts de la corde C. D. Sc lui fait par là lever ôc baiffer continuellement les leviers F. Sc par confequent les cuillères A. qui par ce moïen portent l’eau d’un refervoir à l’autre jufqu’au fommet delà Tour, [Voïez l’explication des trois precedentes Figures.
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- P<? Mr* de Serviere*
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- A V q R E MACHINE REV differente des precedentes pour élever de l'eau dune Rtvtere jufqu au femmet drune grande qom\
- Planche XXVI. Figure 54,
- DAns cette Machines les cuillères A. font Amplement fuf-penduës par les cordes B. C. quipalfentpar les poulies D. E. & qui font attachées avec des anneaux aux deux coudes de l’axe de la grande roue F. en forte que lorfque cette grande roue F. tourne les deux cundes de fou axe tri eue Ôe lâchent alternativement les deux cordes B. C. & leur font par là élever & bailler les cuillères A. qui puifont l’eau & la vuident dans les difïerens re. forvoirs, & des uns aux autres jufqu’au fommet de la Tour. Voïez les deforiptions des cinq precedentes Machines.
- 44444444444444444444444444444441
- MACHINE POVR SECHER un marais ou pour tirer l’eau d'un endroit peu profond»
- Planche XXVII. Figure
- LEs grandes cuillères A. B. qui doivent puifor l’eau dans le reforvoir c. 6e l’élever dans le reforvoir Z>. font attachées par le bout de leur manche avec des chevilles de fer mouvantes au bord du reforvoir D. elles font fulpenduës par les leviers E. F. à leur bout F. avec les mains G. H- & ces leviers dont le point fixe eft en K.font tirez à leur bout E. par les deux autres mains
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- 30 Description âu Cabinet
- L. M. ces deux dernieres mains étant attachées avec des afie neaux aux deux coudes N. O. de l’axe de la rouë P. font élever bailler les leviers E. F. èc par confequent les cuillères A. B, lorfque la rouë P. tourne 5 6e l’on fait tourner cette rouë à force de bras ave c une manivelle que l’on place au bout de l’axe du. pignon Qj_
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- oAVTRE MACHINE POVR fecher un Marais,pour 'vuider un batardeau ou pour tirer de l'eau d'un endroit peu profond.
- Pian c hi YY VHL Figure 56-
- LEs quatre grandes cuillères Â. qui doivent porter l’eau des refervoirs B. au refervoir C. font attachées pour cet effet comme celles de la precedente Machine parle bout de leur manche au bord du refervoir C. 6c elles font fulpenduës par leur gros bout avec les quatre barres de fer mouvantes D. à la grande baf. eu le E. F. qui afen point fixe en K. 6c qui eft garnie comme la Figure le reprefente des trois contrepoids G.H.I.
- Pour mettre en mouvement la bafcule E. F. & en même terns les quatre grandes cuillères qui lui font fulpenduës, cette baf cule a à fes deux bouts les cordes L. M. que deux hommes tirent à force de bras , de la même manière que l’on tire les cordes des cloches. Suivant ce mouvement les quatre cuillieres A. de deux en deux ne cedant de fe bailler & de s’élever alternativement depuis les refervoirs B. julques un peu au dellus du refervoir C. elles puifent 8c vuident abondamment & en peu de tems l’eau que l’on s’eft propofé d’élever.
- Il faut obferverqueles contrepoids G. H. I facilitent beaucoup l’execution de la Machine,& qu ils lui.fervent de balancier pour maintenir en mouvement la bafcule Ê. F, Voyez F explication de la,precedente Figure.
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- De Mr. de Serviere. 31
- «|j 1^1 «âjij ^fj ^ <ÿ. ^ èjp : èjj> ^jt «ÿ. ^jp i^b ^1 ^ ^1 é^> ^jp ^ îg> ; ^ ^jp
- MACHINE POVR ELEVER DE l'eau dame Riviere à la hauteur^ du diamètre d une grande roue.
- Planche XXIX. Eigîîô 57.
- LOn doit conftruirela grande roue A de plulîeurs piecesde bois, comme la Pigurelereprefente, & placer tout au tour de fa circonférence les caillés marquées B. qui étant faites en et pece de triangle fervent elles mêmes d’ailes à leur roue pour la faire tourner , 6c n’embarrallént point le mouvement que les courans de la Riv-iere lui donnent,.
- Ces cailles B. ne font' ouvertes qu’à la partie marquée C. où elles ont chacune un petit canal qui débordé environ de deux pouces. Lorfque la roue tourne, les cailles B. qui palfent dans la Riviere s’empliffent d’eau , mais comme elles ne font ouvertes qu’à leur partie C. 6c que cette partie C. en fuivant la roue eft toujours la première qui s’élève , elles confervent l’eau qu’elles ontpuilé dans la Riviere jufqu’àce qu’elles foient parvenues a au fommet de la Machine. Alors au moïen du petit Canal 6c de ce que leur embouchure fe baillé, elles vuident l’eau dans le re-lervoir marqué D.
- 4? ^ $ 4? # 4? # # # $ # # # $ # # 4^ $ ‘l’ $ # 4?
- s|j <|j âjÿ éfy èjp ^jp ; èjp <ÿ> t|i tjjp: é|> <|s <3^ ^jp ^jj> djp èji : <|p «|S ^jp èjp ^p ^p i|p ^
- MACHINE POVR E'LEVER
- de tenu d'un Etant ou d'un Marais à la hau-
- teur du âtametre dîme grande roue.
- 6
- Planche XXX, Figure jST
- IL fautconftruireîa grande roue A. de plulîeurs pièces de bols 6c allez folidement pour qu’on puidé faire entrer dans fon in-
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- j,v ^Defcription du Cabinet
- teneur le bœuf B, ou quelqu’autre animal. Il faut auffi placer au tour de la circonférence de cette roue & de fes deux cotez les feaux marquez C. qui font fofpendus par le tiers de leur hauteur avec des anfes de fer , comme la Figure le reprefente. Ainfï à mefure que le bœuf B. qui marche dans la roue s’éloigne de la ligne perpendiculaire de fon axe , il la fait tourner ôc les feaux C. qui paflènt dans l’étang s’étant remplis d’eau , l’élevent en fuivant la roue jufqu’au fommet de la Machine & la vuident dans les refervoirs D. E. ces feaux le vuident au moïen de ce qu’ils rencontrent au bord des refervoirs D. E. de petits crocs qui arrêtant leurs bords les font bafculer.il faut remarquer qu’ils portent toute l’eau qu’ils ont puifë dans l’Etang fans en rien répandre jufqu’au fommet de la Machine , parce que la maniéré dont ils font fofpendus leur fait toujours parfaitement copferver leur équilibre.
- MACHINE P OV R E' L E V E R
- l'eau à'une Rivtere à la hauteur du diamètre
- d'une grande roué,
- O
- Planche XXXI. Figure 5p.
- IEsfoaux B. .font attachez aux jantes de la grande roue A.
- „ avec des chevilles de fer qui font mouvantes & qui les fof-pendent par la partie qui eft la plus près de leur emboucheuré, en forte que quoique la roue A. tourne, ces feaux par leur propre pelanteur fe tiennent toujours dans leur équilibre , & ne vuident l’eau qu’ils ont puiféeen palfant dans la Riviere^ue dans le refervoir C.
- En voïant la Figure on comprend aïfément que la grande roue A tourne au moïen des ailes quelle a à fa circonférence & du courant de la Riviere, & que les bords du reforvoir C. font baf-culet les feaux B. pour vuider l’eau dont ils font remplis, iorf-
- qu’ils
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- De AAr. de Serv'ierel \\
- qu’ils font parvenus au fommet de la machine»
- L’on joint à la Figure les defleins des féaux B. détacher de la roue & en different fens afin de faire connoître la maniéré de placer leurs chevilles de fer qui doivent rraverfer les jantes de la roue & erre arrêtées par de bonnes goupilles.
- «|? <$> rt> rb r±? r-e rl? 4? 4? 'f? & 4? £ $ 4’f’ $ 4’ 'v S
- £^t iji 6jji t|i ^ ^ c|i t|i «|> ^ji t|i i|j éfr e|> «|> iijt' s|» i|i r
- vq R E MACHINE POUR
- élever de te au d'une Rivtere a la hauteur du diamètre dune grande touë.
- Planche XXXIL Figure <So.
- DAns la prefente Machine les féaux B. font proprement des caiffes fermées de tous cotez à l’exception d’un trou qui eft pratiqué pour quelle puifïènt fe remplir d’eau en pafiant dans la Riviere & la vuideren pafiant au deflus du refer voir c.
- De cette maniéré il n’efi pas befoin que fes féaux 5. foient attachez aux ]anrf:s do la mn-ë Â. a-rcc «les chovilles mouvantes, comme dans la Machine precedente , il ne faut que les attacher fnnplement avec de bons doux ou avec des liens de fer , ôc toute l’attention qu’on doit avoir , c’effc de pratiquer leur trou du côté du refervoir C. & à la partie qui fe doit élever la première iorfque la grande roue A. tourne» Il refte encore à obferver qu’afîn que les féaux B. puifiènt fe remplir entièrement par leur ouverture, Il eft necefiaire de leur pratiquer on petit tuyau qui leur communique de l’air quand ils font enfoncez dans la Rivière. La Figure fait fuffifamment connoître que les aîles de la grande roue la font tourner au moïen du courant de la Ri-viere.
- E
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- ^Defcription du Cabinet
- 4’44,44?4?4?4,4?4?4,4?4>4,444?4?4?44?444*#44,4,#4>4*
- 'MACHINE F O V R ELEVER Vem dune Riviere a la hauteur du demt diamètre d'une grande roue\
- o
- Planche. XXXIII. Figure 6r.
- 1L faut conftruïre les jantes de la grande roue A. de maniete J[ qu’elles foient creuiès en dedans éc qu’étant feparées les unes des autres /elles foient autant de. cailles qui puiflènt fe remplir d’eau en paffant dans la Riviere; A cet effet on leur procure une ouverture en B. c’eft-à-dire, à la partie de chaque jante qui s’élève la première lorlque la roue tourne , &£ pour leur faire élever l’eau ou l’on fouhaite, on leur pratique encore à chacune une autre ouverture en C. où l’on place des tuyaux qui s’étendant le long des rais de la roué Sc enfuite le long de fon axe aboutilîènt au relèrvoir z>. ou ils vuident i’eau de leurs jantes, à mefure qu’elles s’élèvent. a.u delïusA du demi diamètre de la. roue.
- Le courant de la Riviere faifant tourner la roue A. au moïen des ailes quelle à fa circonférence , fes jantes fe fuccedant continuellement les unes aux.autres, elles puifent l’eau delà Riviere & la portent avec abondance à la hauteur qu’on s’eft propofée, e’eft à-dire , au refervoir D, qui eft à la hauteur du demi diamètre de la grande roue A,
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- 2)<? Mr. de Serviere,
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- MACHINE POV R E' LE VE R DE l'eau d une Riviere a la hauteur du demi diamètre d'une grande roue avec peu d'effort.
- Planche XXXIV. Figure 6*.
- LA plupart des Machines precedentes ne peuvent fèrvir que dans les lieux où il fe trouve des Rivières dont les courans font rapides 5 mais celle que je propofe ici peut s’exécuter dans les ruifleaux les plus lents-.
- Elle ne confifte qu’en une feule roue que Ton doit faire de pîufieurs pièces de bois & que l’on doit fufpendre lùr fon axe avec attention qu’elle y foit en tout fens parfaitement en équilibre , ce qui ne lera pas difficile , pourveu que dans là conftruc-tion on n’emploïe que des pièces de bois de même grofTeur Sc de meme qualité & qu’après l’avoir fufpenduë fur fen axe, on aye foin de charger fes parties les plus legeresà proportion de celles qui feraient trop pefantes.
- Enlîiite il faut placer dans Finterieur de cette roüe les huit tuyaux de plomb ou d’autre métail marquez chacun B. C. D.E. en forte qu’ils s’étendent en ligne Spirale depuis leur embouchure B. jufqu’à leur décharge E. c’eft-à-dire , depuis la circonférence de la roue jufqu’à fon axe au longduqnel ils fe doivent recourber.
- La roue efl mife en mouvement par les courans de la Riviere au moïen des ailes qu’elle a à fa circonférence , & lorfqu’elle tourne, les parties S. C. de fes tuyaux palîénc fucceffivement les unes après les autres dans la Riviere & fe remplirent d’eau par leur emboucheurc B. mais comme leur emboucheure B. en fui-vant la roue s’élève toujours la première , l’eau ne pouvant plus forcir par où elle eh entrée, eft obligée de s’écouler le long des w-vaux en s’aprochant toûjours du centre de la roue, ou pour
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- j g Defcription du Cabinet
- mieux s’expliquer , lorfque la partie B. C. qui a puifé l’eau s’élève , 1 eau pafie dans la partie C. B. & quand la partie C. B. s’élève à Ton tour , l’eau qui l’occupoit pâlie dans la partie B. £,.d’cii enfin elle fe vuide par la décharge E. dans lerefervoir F.
- Cette Machine eft très ingenieufement inventée 5 elle eft faite fuivant. le principe certain dont tous les Mathématiciens conviennent , qui eft » que l’équilibre d’une roue ne peut être altéré qu’à proportion que le poids quelle éleve s’éloigne de k ligne
- perpendiculaire à Ion axe.
- L’eau- que la roüë A. éleve depuis fa circonférence jufqu’à fou centre, eft fi bien conduite par la difpofition Ipiraîe de fes tuyaux,qu’elle ne s’écarte que très peu , comme on peut le remarquer ,*de la ligne perpendiculaire à fon axe. Ainfi l’on doit convenir que fon équilibre n’étant pas beaucoup altéré, le ruiilèatx
- le plus lent peut la faire tourner.
- MACHINE POVR E'LEVER
- de leau par le moïen de huit féaux3qui font continuellement en mouvement pour put fer & pour fe vuider.
- Pianchp X X Y V. F 1 r, rr r f. 6 j.
- LEs huit féaux marquez A- puifent l’eau dans les refervoîrs B. & la portent dans les quatre refervoirs C. qui font au Commet de la Machine. Ils ont des anfes- de fer- faites comme la Figure les reprefente, en forte que les crochets qui font au bord des refervoirs C. les peuvent ffaire bafculer pour y vuider leur eau. Ils font fufpendus par les cordes Z>. E. 6c dirigez par les cordes F. qui étant extrêmement tendues èc palTées dans les anneaux pratiquez à leurs anfes, les émpechent de varier, lorfqu’ils montent,ou qu’ils defeendent.
- Les-cordes qui fufpendenc les féaux font attachées de deux
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- De 2\dr. âe Servtere. 3 7
- en deux aux quatre tambours G. èc y font entortillées à contre fens les unes |des autres, de maniéré que quand les tambours tournent, fi les cordes D. y font entortillées , les cordes F. y font devuidées, les féaux des cordes qui font entortillées montent & les féaux des cordes qui font devuidées defcendent- Cela étant expliqué, ils ne s’agit plus que de voir comment les tambours G. peuvent tourner tantôt dans un fens , tantôt dans un autre, pour faire monter Se defcendre alternativement Se continuellement les féaux des cordes qui leur font attachées.
- A l’égard de cela je dis, que les courans de la Riviere font tourner la grande roue H. an îmïcn Jcj ailes cju’clle a à fa circonférence, Seeîfmême tems les deux autres roues I. K. qui font fur le même axejees deux roues I. IC. fontdentées fur champ l’une contre l’autre ,à la moitié feulement de leur circonférence, &de maniéré que la partie dentée de la roue I. ne répond pas à la partie dentée de la roue K, ainfi lorfque la Machine eft en mouvement la lanterne Z.tourne tantôt par le moïen de la roue I. tantôf par le moïen de la roue Id.c’eft-à-dire qu’après que les dents delà roue L qui engrenne les fufeaux de la lanterne L. ont fait faire trois tours à la lanterne L. dans un fens,les dens de la roue K. lui font faire trois autres tours dans un fens different,
- La Lanternez, fait de même tourner en deux fens differents & au moïen de l’arbre perpendiculaire M. la roue dentée fur champ N. Sc par confequent les quatre autres lanternes 0, & leurs quatre tambours G.
- MACHINE POVR E' LEVE R
- de l'eau par le moïen de quatre féaux fqui font continuellement en mouvement.
- Planche XXXVI. Figure £4,
- CEtte Machine eff faite fur le même principe que la precedents 3 mais elle eft beaucoup plus ftmple. Elle n’a quç
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- quatre (eaux marquez A. qui puifent l’eau dans les refervoirs B-Sc qui la portent dans les refervoirs C. Ils font fufpendus 6e dirigez dans la route qu’ils doivent tenir,comme ceux que je viens d’expliquer , 3c ils font mis en mouvement de la maniéré fuivante.
- Les trois roues D. E. F. étant fur le même axe fuivent le même mouvement , les courans de la Riviere les font tourner en-femble au moïen des ailes qui font à la circonférence de celle qui eft marquée D. 3c les deux autres roues E. F. étant, comme je viens dé le dire , dentées fur champ l’une contre l’autre & à la moitié feulement de leur circonférence, font tourner tantôt dans un fèns , tantôt dans un autre la lanterne G. 8c par conséquent l’arbre H. 3c Son çrand tambour I.
- O
- Les cordes qui fufpendent les féaux A. paffent par les poulies K.L. 3c font entortillées en different fens autour du grand tam-bour I. auffi félon le fens que le grand tambour tourne ,les cordes des féaux font devuidèes ou entortillées autour du tambour. Lorfqu’elles font entortillées , leurs féaux s’élèvent pour vuider leur eau dans les refervoirs C. 3c lorfqu’elles y font devuidèes , leurs féauxfébaiffènt pour puiferdans les refervoirs B.
- 4444*4444’44444:444444444444;4444 4 4
- MACHINE POvR E' LEVE RD E
- l eau par le moïen de vingt féaux }quifont toujours en mouvement.
- Planche XXXVII. Figure 65.
- POur peu que l’on faffe attention à îa Figure de la Machine que je propofeici, on comprendra aifément qu’elle eft faite fur les mêmes principes 3c par les mêmes moïens que les deux precedentes. Ainfi je renvoie les Lecteurs aux deferiptions que je viens d’en faire; 5e je me contente de dire que les féaux marquez A- B. après avoir puifé l’eau dans les refervoirs C.D. l’élevent dans les refervoirs E. F, 3c qu’ils continuent fans ceflé à monter
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- .. & à d efcendre.foivant que les cordes qui les fufpendent, font entortillées ou devuidées fur les grandes poulies ou tambours marquez G.
- L’on remarquera encore qu’il faut beaucoup plus d’effort dans le principe du mouvement de cette Machine,que dans ceux des deux precedentes , parce que celle-cy éleve à la foix dix féaux pleins d’eau , au lieu que les autres n’en élevent que deux ou quatre au plus. C’eft à. l’habileté de ceux qui entreprendront d’exe-cuter ces Machines,de bien proportionner l’effort qui leur eftne-ceffaire à celui qu’ils peuvent emploiera
- tj^i àti
- MACHINE POVR E'LEVE R
- de tenu d une Rîviere parle moïen de ylujteurs féaux at tache fenfemble en forme de chapelets.
- Planche XXXVIII. Figure 66.
- LEs féaux marquez A. qui doivent porter l’eau du refervoir B. au refervoir c. font unis enfemble en forme de chapelet par une double ehaine,fabriquée de maniéré que la jonction de les brins qui font longs & égaux eff faite à charnière dans toutes fon étendue,8equelle efltraverféede diflance en diftance par des plaques de fer..
- Les féaux A. font attachez à ces plaques de fer* avec des chevilles mouvantes 8e fort courtes , afin qu’ils y puiffent tourner îorfqu’ils font arrivez au bord du refervoir C. où ils doivent trouver le crochet D. qui les fait bafculer pour vuider leur eau. Cette double chaine a fon bout inferieur qui trempe füfEfamment dans le refervoir B. afin que fes féaux puiffent s’y remplir. Elle c(l faf-penduë par le tambour E. ainfî à mefure que ce tambour tourne, les féaux A\ défilent les uns après les autres fur fa circonférence fùperieure,& par-là vuident leurs eaux dans le refervoir C.
- A1 egard du tambour E, on conçoit aifémenc qu’il efl mis em
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- mouvement,parce que la roue de champ F. qui eft à fon axe, réu pond par la lanterne G. par l’autre roue de champ H, Sc par la féconde lanterne I. à la grande roue K. que les courans de la Rivière font tourner.
- Guoiquil ny ait point ici de fianche XXXIX, il ne manque rient & les Figures ne laijfent pas de Je Juivre dms leur ordre. Cette méprijc vient du Graveur qui a mis le nombre XL, immédiatement aptes le XXXVIII.
- MACHINE POVR ELEVER de l'eau d!une Riviere par le moïen de phificurs féaux attachez* enfemhle en forme de chapelet.
- Planche XL. Figure 67.
- C"sEtte Machine a beaucoup de rapport à la precedente 5 mais ^ elle eft beaucoup plus (impie. Ses féaux marquez A, qui doivent puifer l’eau dans le refervoir S. Sc l’élever au refervoir Ç. font fimplément attachez à la double chaîne qui |les unit en forme de chapelet, de cette double chaine eft fufpenduë par le tambour D. qui étant fait comme la Figure le reprefènte,reçoit dans de petites cellules l’eau de chacun des féaux, lorfqiuls font arrivez à la plus haute partie de fa circonférence, Sc la vuide par des efpeces de canaux pratiquez le long de fon axe dans le refervoir c,
- A la partie inferieure de cette double chaine, on y voit le fécond tambour E. qui a fa circonférence en exagone, dont les cotez font précifément de la longueur des brins de la chaine, en forte que lorfque le tambour E tourne,il fait en même tems tournera double chaine 2c par confequent le premier tambour T>, U. par-là oblige les féaux A. qui en paffant dans le relarvoir B. b 'ibntremplisd’eau-jde s’élever jufqu’au fommet de la Machine SC de fe vuider, comme nous avons dit, en défilant au tour du tambour D. Le
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- Le tambour E. étant paffé dans l’axe de la grande roue F. on conçoit aifément qu’il doit fuivrele même mouvement que cette roae, & que les courans de la Riviere font tourner celle-cy au rnoïen des aîles qui font à fa circonférence.
- MACHINE QV1 EN FERDANT
- les deux tiers de H au d'une four ce, éleve l'autre tiers d une hauteur convenable pour s'en fervtr à differents ufages.
- Planche XLI. Figure 68.
- U deffous de la four ce A. II faut creufêr le puis B. &c lui k donner pour le moins fx pieds de plus de profondeur, que vous ne voulez donner de hauteur à vôtre élévation d’eau jc’eft-à-dire, qu’il faut que le point de la déchargé de vôtre fource A. loit plus disant de la fur face de l’eau de votre puis que du refer-voir C. où vous voulez faire vôtre élévation. Les deux féaux D. & E. font fufpendus aux deux bouts de la corde F. qui pafle dans la grande poulie G. l’anle de ces féaux leur efl: attachée avec des chevilles mouvantes par le milieu de leur hauteur ,en forte qu’ils paillent facilement bafculer pour fe vuider lorfqu’ils font pleins. LefeauD. qui éfHa moitié moins grand que l’autre, doit élever l’eau propofée, Pour cela il doit être dirigé par deux cordes tenduës,qui paflant dans deux anneaux pratiquez à fcnanfe,font attachées ôc au defîus du refèrvoir Ôcau bas delà fource. Quoique ces féaux fbient de differente grandeur ,êc qu’il fêmble que le grand pefe plus que le petit , cependant lorfqu’ils font vuides, le petit feau D. au moïen du plomb dont il efl chargé doit être plus pefànt que le grand feau E. Ces deux féaux dans cette dif-pofition que l’on comprendra mieux par la vue de la Figure que parce difcours, reçoivent l’eau de la fource^. par les deux pe~
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- tits canaux qui répondent à leur emboucheure. Auiîi-tôc qu’ils font pleins, le feau E. chargé d’une fois plus d’eau que l’autre èc devenu à fontour par-là plus pefant ,defcend dans le puis B. 6c au moïen de la poulie G. 6c de la corde F. fait élever le petit fèau Z>. jufqu’au refervoir C. Alors les deux féaux trouvant des crochets qui les. font bafculer le vuident, à favoir le petit dans le refervoir c. 6c le grand au fonds du puis. L’on comprend ai fendent qu’ils ne font pas plutôt vuidez qu’ils viennent reprendre leur première lituation, parce que, comme j’ai déjà dit , lorf-qu’ils font vuides, le petit eft plus pefant que le grand, 6c que par tout il faut que le fort emporte le foible.
- Il y a au deffus 6c au delïous de la poulie G. qui eft dentée fur champ,des balanciers qui font leur jeu au moïen des petites lanternes H. 6c qui aident beaucoup à entretenir le mouvement des féaux, fbit lorfqu’ilsmontent, foit lorfqu’ilsdefcéndent.
- L’on peut auffi comme la Figure lereprefènte , empêcher que î’eau de la fource ne fe perde , lorfque les féaux font en mouvement, au moïen du robinet I. qui s’ouvre 6c qui fe ferme par les petits contrepoids K. 5c L. à mefùré que le grand feau monte ou defcend. Il faut remarquer que le contrepoids K. eft plus pefant que le contrepoids Z,, ôc qu’il faut les proportionner l’un ôc l’autre au plus de pefànteur que le petit feau vuide a fur le grand.
- MAC A IN E QV l AVEC V N E partie de l'eau d'une fource éleve E autre d une hauteur conÇiderable.
- Planche XLII. Figure 6$.
- DE même que dans la precedente Machine l’on creufè ici le puis A. au deflous de la fource B. 6c l’on a attention de le faire auffi profond qu’il y a de diftance dépuis la déchargé de la
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- foutez jufqu1a l'endroit où 1’ on veut élever l’eau. Enfuite après avoir conftruit une Tour de bois ou de maflonnerie au défiés du puis, 6c après avoir placé les refervoirs C. 6c D. l’un à la déchargé de la fource, l’autre au fommet de la Tour , l’on fufpend les deux chapelets de féaux marquez E. F. 6c G. H. au grand tambour I. le chapelet des féaux E. F. étant la moitié moins grand que l’autre, eft placé perpendiculairement fur le reférvoir z>. 6c y doit puifér l’eau, 6c le grand chapelet des féaux G.H. eft placé de maniéré que fes féaux peuvent recevoir l’eau de la déchargé du refervoir D. 6c la vuider lorfqu’iis font arrivez au fonds du puis.
- A mefure que les féaux G. fe remplifîént , le poids de l’eau qu’ils reçoivent les fait defeendre; 6c comme ils font un peu plus grands que les féaux E. 6c par confequent plus pefans , quand les uns & les autres font remplis, ils font élever ceux-ci,qui s’étant remplis d’eau en paflànt dans le refervoir D. la vont vuider au refervoir C.
- Pour que les féaux G. qui font proprement les contrepoids qui mettent en mouvement la Machine, puiflént faire tourner le tambour î. 6c que ce tambour en tournant puiflé élever les féaux E. lorfqu’iis font pleins, 6c puiffe les faire défiler fuccefîivemenc les uns apres les autres , il faut que la circonférence du tambour foit à pan au lieu d’être ronde , 6c que les brins dés chaînes des féaux foient de la longueur de ces pans ,en forte que ces chaînes puiflènt non féulementbien embrafler le tambour , mais que les angles de fes differens pans empechenc que les chaînes ne glïffent autour de fa circonférence..
- A l’égard des féaux E. 6c G. ils doivent être de differente figure , fuivant les deux differens ufages où on les emploie. Les fceaux E. qui doivent porter l’eau au refervoir C. reffemblent à descaiflêsferméesdetous cotez,St n’ont qu’une petite ouverture pratiquée à la partie qui s’élève la première, 6c à laquelle il y a un petit canal comme la Figure le reprefente , 6c les féaux G. ne font differens des féaux ordinaires, qu’en ce que leur embouchure doit être plus large en tout fens que leur fonds, afin que l’eau delà décharge du refervoir D. puiflé y tomber plus facilement, 6c pour que les deux chapelets de féaux ne fé dérangent
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- pas de la place qu’ils doivent tenir fur le tambour I. on doit garnir le tambour de trois efpeces de cercles, un dans le milieu pour ieparer les deux chapelets Se un à chaque bout du tambour 5 ge de cette maniéré fans cependant gener ces deux chapelets-, om les empechera de s’écarter ni à droit ni à gauche. L’on pour-ra. faire defcendre l’eau élevée au refervoir C. par le .tuyau K. & ja conduire où Ton voudra s’en fervir-.
- MACHINE POVR E L E VE R
- de Veau* d'une Riviere avec, des efpeces de chapelet s*
- Flanche XLIII. Figure 70*.
- AYant pofé perpendiculairement les deux gros tuyaux A. Sc B. de maniéré que le tuyau A. trempe dans l’eau du refervoir c. & puiflè fe décharger dans le refervoir D. Se que le tuyau. B. trempe dans beau du refervoir D. Se fe décharge dans- le refervoir E. l’on fait pafler dans cestuyaux les pièces F. SeG. qui font attachées enfêmble à une égale diftance les unes des autres avec, des chaines que nous nommerons chapelets.
- Ces pièces F. de G. doivent ocuper le calibre de' leurs tuyaux, fans cependant y pafler avec peine 5 Se ce s deux chapelets1 faits de la forte étant continuellement tirez-de bas en haut au moïen des fourchettes H. Se I. prennent l’eau quelles trouvent*,! la partie inferieure de leur tuyau,Se la portent à leur partie fu-perieure où ils là déchargent par le petit canal K. favoir l’eau du tuyau A. fe décharge par îe canal K. dans le refervoir D. Se l’eau du tuyau B. fe décharge par un fèmblable canal K. dans le refervoir E.
- La vue de la Figure fait comprendre comment les fourchettes H. Se /. font miles en mouvement, pour tirer les chapelets de bas en haut5êc pour tes faire continuellement paflèr dans, lesta-
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- yaux j & pour peu que l’on y faflè attention, on remarquera que les fourchettes H. 8c I. doivent fuivre le mouvement des effieux M. autour defquels elles font attachées, & que ces effieux doivent tourner lorfque les courans de la Riviere font tourner la grande roue 0. qui a des ailes à fa circonférence, parla raifoa que ces effieux M. répondent à jla grande roue O. par les lanternes P. JL E. 8c par les roues de champ S. T. F. 8c que les fu. féaux & les dents de ces lanternes 8c de ces roues de champ s’engrennent toutes enfemble3en forte que Tune ne fauroit tourner lans faire tourner les autres.
- L’on peut auffi faire les pièces F. 8c G. d’une autre maniéré, par exemple , en olives comme la Figure r. on en quarrez comme la Figure Z. enfin fuivant la proportion de leurs tuyaux ou de leurs canaux,Sc les unesôc les autres peuvent fervir à élever l’eau, foie que les tuyaux foient placez perpendiculairement comme ceux marquez A. IL pour faire une élévation confîderahle , foit qu’ils foient placez diagonalement pour tirer Amplement l’eau d’un marais ou d’un étang*
- MACHINE P O V R E* L E V E P
- l'eau P une RtAere d une hauteur confîderahle au moien des pompes afpirantes & foulantes.
- Planche XLIV. Figure 71.
- LE s courans de la Riviere font tourner la grande roue A. qui ,a des ailes à fa circonférence , 8c cette roue par fon axe coudé fait haufïér 8c bailler à chaque tour quelle fait les pièces ou mains de bois B. C. D. qui le repondent entre elles par leffieu E. 8c 'qui font attachées par les anneaux de fer F. Par ce moïen les quatre pompes G. G. 8C H. H. font continuellement rnifos en mouvement,lorfque l’axe coudé de la roue tire de bas en haut les pièces de bois S. C. celles marquées c, font enfoncer les ma-
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- 4 6 Defcription du Cabinet
- les des pompes G. dans leurs modioles, 6c faifant lever en meme rems les males des pompes H- elles leur font afpirer l’eau du re-fervoir T. dans leurs modioles, 6c lorfquecec axe coudé tire de haut en bas ces mêmes pièces de bois, les deux males des pompes qui fouloient l’eau, l’alpirent, Scies deux autres ^qui l’afpi-roient, la foulent.
- Le jeu de ces pompes ne difcontinuë jamais quand la roue A. eft en mouvement ; ôc l’eau qui eft entrée dans leurs modioles n’en pouvant plus forcir à cauib des foupapes dont elles font garnies, cette eau étant foulée eft obligée de chercher une illiië, 6c comme elle n’en trouve que par les tuyaux K. elle y eft pouf-fcc , 6c quand une fois elle y eft introduite , elle n’en peut plus lôrtir à eau le des foupapes qu’on a pratiquées à l’entrée de ces tuyaux. Outre ces foupapes miles à l’entrée des tuyaux K , on y en peut encore adjouter d’autres de diftance en diftance, s’il eft necefîaire,& fur tout fi ces tuyaux font fort longs. On peut auflx placer les tuyaux, ou perpendiculairement comme la Figure le reprefente,ou bien diagonalement le long d’une colline félon que la fituation des lieux le demande, 6c de l’une 6c de l’autre maniéré ces tuyaux K. conduiront au refervoir L. ou à la hauteur que vous voudrez y l’eau que les pompes foulantes y élevent.
- La fameulè Machine de Mariy eft faite fur la même Idée que celie-cbêc quoique les rouës Scies pompes y {oient beaucoup plus multipliées , tout s’y réduit au même principe.
- L’on peut encore fc fervir très utilement de ces pompes af-pirantes 6c foulantes,même dans les lieux où vous n’avez point de Riviere 6c où les eaux font dormantes, comme pour élever l’eau d’un Etang ou d’un Puits,ou pourlécher des Marais ou pour vuider des batardeaux. Dans ces fituations au défaut de la rapidité des courants des Rivières , on y peut fupléer par les moïens marquez aux Figures fuivantes 6c dont la vuë pourroit jfufEre fans qu’il fut befoin de les expliquer.
- •i
- Planche XLV.
- es
- [e me contenterai donc de dire qu’à l’égard de la Figure 7 2. deux pompes font miles en mouvement par un ou deux
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- De n$Wr. de Serviere. 47
- hommes qui à force de bras font tourner la manivelle du pignon A- qui engrenne les dens delà grande roue B, L’axe doublement coudé de cette grande rouë au moïen des pièces de bois C.D. fait continuellement lever & bailler les males des pompes F. F. 8e leur fait fouler 8e afpirer l’eau, qui eft obligée par les raifons dittes ci-dedus, de monter par le tuyau G. au refer voir H.
- Planche X L VI.
- A l’égard de la Figure 75. les deux grandes rouës A. B. faites en forme de balancier,font mifes en mouvement à force de bras par deux hommes qui tirent les cordes attachées en c. D. de même qu’on tire les cordes des cloches. Ces rouës ont l’axeS. triplement coudé , Se à chaque coude duquel les males des trois pompes de la Machine font attachez. Ainfi toutes les fois que cet axe tourne , fes coudes font élever 8e bailfer les trois males, 8e après leur avoir fait afpirer l’eau du puis F. 'dans les modio-les G. ils y foulent l’eau 8c la font élever par le tuyau H. dans le refer voir K.
- MACHINE P O V R ENLEVER l eau d’une Riviere a une hauteur confîdera-hle avec Jix pompes afpirantes & foulantes.
- Planche XLVII. Figure 74-
- TE Rondeau ou la Riviere A. fait tourner la grande rouë B.
- ^ qui contient en fon edïeu les deux autres rouës C. 8c D. dentées fur champ à la moitié feulement de leur circonférence 8c l’une au contraire de l’autre ,8e qui a au bout de fon efiieu le coude E. lorfque les deux rouës C. 8e T>. font mifes en mouvement elles font tourner tantôt d’un côté tantôt de 1 autre les deux lanternes F. 8c G, 8e delà même maniéré les deux autres
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- 4 B Defcription du Cabinet
- lanternes H. Sc I. en icrte que ces deux dernieres lanternes font élever Si abailîer alternativement les cremaillers K. èc L. qui fervent de manche aux males des quatre pompes M. N. A l’é-gard du coude £. à chaque tour de la roue S. il fait auffi élever & abailîer les males des deux autres pompes 0. P. par la raifon que ces deux males étant joints enfemble par le lien de fer ^ font tirez de bas en haut au moïen de la poulie R»
- Ces lîx pompes ne difcontinuant jamais leur jeu quand la grande roue B. tourne , elles introduifent l’eau qu’elles afpirent dans les deux canaux S. T. 6c Télevent à la conduite de ces deux canaux jufqu’au refervoir V
- Quoiqu'il ny ait -point ici de planche XLVIII. U ne manque rien €? les Figures ne laifjent pas de fe fuivre dans leur *ordre. Cette meprife vient du Graveur qui amis le nombre XLIX. immédiatement apres le XL Pli.
- MACHINE UK ES SIMPLE POVR élever l'eau d'un puis ou à!un refervoir à une hauteur conjiderable.
- Planche XLIX. Figuae 7 y.
- Es deux pignons A. & B. qui font maffifs faits en bois ou en métail occupent tout l’efpace de la caille ovale ,C. D. dans laquelle cependant ils doivent tourner librement & s’engrenner l’un dans l’autre. La caille C. V. doit être folidement faite ôc ne doit être ouverte que dans la partie inferieure D. comme le marque la Figure, èc à l’endroit E. où il y a feulement un trou de la grolîèur du tuyau F. qui doit y être placé. Toutes les autres parties delà caille doivent être bien jointes bien luttées. il faut mettre cette calife dans le puis ou dans le refervoir
- dont vous voulc
- vous fervirjk l’y arrêter folidement & de faç
- on
- qu’elle y foie toujours couverte d’eau. Enfuite vous mettrez au
- pignon
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- *De Air. de Serviere. 2$
- pignon À. Taxe coudé G. qui répond au fécond axe coudé H par fa piece de fer X. & qui eft: obligée de fuivre le mouvement de ce dernier , par la raifon que la piece de fer 7. eft faite en coulis, comme la Figurefe reprefenre, 6c ne peut le mouvoir qu autour de la cheville fixe TC. ce qui fait que fes deux bouts font toujours 6c en tout léns un femblable mouvement. Ainfi le coude H. qui eft le même que celui de l’axe de la grande roue L. venant à tourner, il faut quel’axe coudé G. tourne auffi, 6c par confequent non feulement fon pignon A. mais auffi le pignon B.
- Lorlque ces deux pignons tournent, beau qui fe trouve entre leurs dens à la partie marquée D. de la caillé ovale C. D. s’y con-ferve jufqu’à ce qu’elle y foit arrivée à la partie C. 6c qu’elle y foit comprimée par la continuelle augmentation d’eau que l’entre deux des dens des pignons y aportent. Alors l’eau qui ne peut contenir dans cette partie de la caille , étant ainfi comprimée 6c ne pouvant reffortir par où elle eft venue, elle entre dans le tuyau F. &c y monte fucceffivement jufqu’à l’endroit où vous la voulez élever.
- La vue’ de la Figure fait voir,qu’on fait tournef à force de bras la grande roue L. 6c par confequent fon axe coudé H. 6c les pignons A. 6C B. au moïen de îa manivelle M.
- # $ # $ <§• #’f’$ $ $
- «jjti ijjji ;
- MACHINE POVR N LEVE R
- l'eau d'un refermoir à une hauteur médiocre ; ou pour fecher un marais 5 ou pouf evuider un ba-\ tardeau.
- Planche Li Figure 76.
- LE principal artifice de cette Machine coftfifteen une efpece de vis couverte , ou vis d’archimede pofée diagonalement fùr fon effieu , dont le bout inferieur eft dans l’eau du refervoir
- G
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- A. 8c dont le bout fuperieur aboutit au refervoir B, qui eft celui
- où vous voulez élever l’eau.
- Au tour de la longue piece de bois C. que nous nommerons effieu , il faut entortiller les tuyaux de plomh ou. d'autre métail s. marquez Z>. & E. qui auront leur emboucheure dans le. refervoir A. 8c leur déchargé un peu au defïus du refervoir B.
- Lorfque cette vis d’archimede tournera dans le lèns qu’il convient , les parties de. les tuyaux.qui tremperont dans, le refervoir A. s’y rempliront d’eau par leur emboucheure 3 8c comme en tournant , leurs emboucheures qui auront puifé l’eau s’élèveront les premières fut.leur effieu , l’eau quelles auront puifée, s’élèvera, îucceffivement de.leur partie inferieure a leur partie fuperieure, 8c enfin fera portée au défais du refervoir B. & s’y vuiclera par leur décharge.*
- L’on fera tourner cette vis au moïen de la grande roue F. qui eft au bout fuperieur de l’effieu C. 8c qui fera mife en mouvement à force de bras en tirant la corde. G.', comme on tire les cordes des cloches».
- MAC H1 N E:- FO V R E'LEVE R de l‘eau d'une Riviere au moïen de lavis d’ar-cknmede, _
- i - Planche LI. Figure 77;.
- LA force: des courans delà Riviere A. faifant tourner IL grande roue B. 8c en même tems la roue dentée fur champ C. qui eft à fon même effieu- , celle-ci fait fuivre le même mouvement aux deux-lanternes D. 8c E. ala fécondé roue dentée fur les deux champs F. 8c aux lanternes des deux vis d’archimede G. 8c H. 3 8c par ce moïen les deux, vis d’archimede en tournant doivent > félon ce que nous avons expliqué dans-l’article precedent, élever l’eau du refervoir 7. jufqu’au refèr— yoir K. Mais il faut cbferver que la roue dentée fur fes deux-
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- .champs F. Failant tourner les deux vis d’archimede en deux fens opofez , il faut entortiller de même en deux differens fens fur leurs effieux -, les tuyaux de plomb qui compoiènt les deux vis d’archimede -, afin que, comme on le fouhakte, elles puiflent élever l’eau dii.refervoir I*
- t^O t|fr (^!â cjj£j ojjj x?jb s^j éj^i s^ï s^p c^C? c^u £jjp (?jjj ^
- sA VT R E MACHINE P E v
- differente de la precedente ,pour élever de te au dune Rivière avec la vis à' arc h ime de*
- Planche LU, Piguxe 78.
- VOici deux façons differentes de conftruire la vis d’archime-de. Celle marquée A. étant toute couverte peut élever une plus grande quantité d’eau , que l’autre marquée B. Mais auffi il faudra un plus grand effort pour la métré en mouvement. La Rivière fàt/âne tourner l* .gr-wd/».**'>»*£ c- Sz 1* ••*»»«» champ
- D. qui eftau même effieu, celle-ci au. moïen de la lanterne E, & de la fécondé roue de champ F. fait tourner les deux vis d’archimede A. &LB. & leur fait élever l’eau de la Riviere jufqu au refervoir G. d’où. c-n la pourra conduire par des canaux à l’eru droit où l’on veut s’en fervir.
- On auroit encore propofé ici beaucoup d’autres nioiëns pour métré en ufàge les pompes alpirantes & foulantes Sc ces vis d’aaü chimede , &même peur multiplier celles-ci les unes fur les autres, afin de leur faire élever l’eau à une hauteur plus confide-rable, mais comme ce que nous aurions à dire là-deiîus, revient aux mêmes principes que nous avons déjà expliqués pour les Machines precedentes , il eft inutile d’en faire la répétition. Les curieux pourront apSiquer à leur fantaifie les principes de mou«î vement que j’ai donnés,& pour peu qu’ils aient de l’intelligence dans les mecbaniques, ils pourront facilement ajouter ou diminuer à ces idées, lèlon qu’ils le iouhaitteront, ou félon que
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- 5 b Defcrïption du Cabinet
- h Imiation des lieux le demandera.
- II faut remarquer que dans la Figure on laide une partie de la roue d’archimede A. decouverte , pour en faire mieux remarquer la conftructioii.
- 4’14? 4 : 4’4 4’ 4*4-441414-41444 4444 44 44 4 4 4
- ’M J CHIN E TR ES SIM RLE pour tirer facilement &'avec abondance âeleat* dunpui5yqHoiqti.il fbit bien profond.
- P l a n c. h E LII I. Figure 75.. 6c 8a.
- AUx deux bouts d’une chaîne iuffiîâmment longue vous attachez le feau A. & le léau £. qui' doivent être d’une, égale grandeur êe cette chaîne, paflant comme dans une poulie, dans les lîx fourchettes attachées à l’eflieu C. elle peut faire monter ou defeendre chacun de fes féaux félon le côté que l’eflieu tourne , làns que le £*»" «-empli d’eau puiflé par. la pelanteur emporter le leau vuide ,-par la raifon que les chaînons de la chaîne forment des efpecesde nœuds,êc que ces nœuds empechent la chaîne de couler, furies fourchettes*
- Pour faire tourner l’eflieu C. l’on place à lés deux bouts les grandes roues £>. E. qui lui fervent aufli de balanciers pour, le maintenir en mouvement, êc ces deux grandes roues étant tirées de haut en bas à force de bras avec des cordes lémblables à celles des cloches, qui leur font attachées à. un point de leur circonférence , elles tournent continuellement. Et faifantde même tourner leur eflîeu c. celui-ci fait monter le feau plein d’eau ,.êc fait defeendre le feau vuide..
- Si l’on veut lé lérvir pour cette Machine d’une corde en place d’une chaîne de fer , il faudra pour empecher la corde découler fur les fourchettes, la faire croilér au moïen des deux poulies êc s* comme la Figure 80, lç reprelente»
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- De Mt\ de Servierel
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- 4^4’4?:$44,4j,44,<44'4,4,4’<&4,4’4?:4!4!’4,4?<4<44’4?<44!4!<&
- «f> c|i o|L- c|s <|> ; <ÿ> <|> i|> éfy Îfc ^ ^p <jjb ^ njp «^ «jp ^ «3jp ^ <jt> t|, «|, ejb <g> <|, «ÿ, ^
- MACHINE <t R h' S SIMPLE pour tirer avec plus de facilite les féaux d'un puis.
- Planche LIV. Figure 81.&82.
- L’On voit par la Figure que la prefente Machine a deux mo-ïens joints enfèmble , qui fervent à diminuer l’effort necef-faire pour faire tourner l’effieu A, Iorfqu’il doit entortiller la corde B. chargé du feau rempli d’eau.
- Le premier moïen confîfte en la roue dentée c. qui efl à un des bouts de l’effieu A. 6c qui félon les proportions qu’elle a avec le pignon D. 8c avec la manivelle de l’axe du pignon, peut diminuer plus ou moins l’effort qu’on doit emploïer.
- Le fécond moïen fe voit dans le contrepoids H. qui fc trouvant élevé au point I. quand le feau eft au fonds du puis , descend à mefure que le feau monte , parce que la corde à laquelle ileft fufpendu, étant attachée au point K.èc paffant parles poulies L. M. N. & O. eft entortillée au tour de l’effieu A. à contre fens de la corde B. 6c comme ce contrepoids fait effort en def-cendant pour devuîder fa corde de defîùs l’effieu , cet effort fert à faire entortiller l’autre corde B. 8c par confequent ce fécond moïen aide l’effieu A. à tourner dans le fens qu’il convient pour tirer le feau du puis.
- Il faut remarquer qu’on ne fait palier la corde du contrepoids H. par les points K. M. 8c N. que pour éviter de faire defcendre le contrepoids H. d’une hauteur plus confiderable. Autrement il lui faudroït autant de dîflance depuis fon point d élévation juf-qu a fon point de repos , qu’il y en auroît depuis l’effieu A. jusqu'au fonds du puis. Ce qui ne laifferoit pas d’avoir fés incon-veniens.
- Je donne encore ici un autre moïen pour puifèr l’eau d’un puis avec deux féaux , mais comme il eft très fimple, la vûë de la Figure 81. fufïira fans qu’il foie neceffaire de l’expliquer.
- G iij
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- "Dcfcription du Cabinet
- MACHINE TR £’S COMMODE
- pour tirer par la fenêtre d'une cuifme , qui fe-roit au pre?nier ou au fécond étage , l'eau d'un puis éloigné de la maïfon,
- Planche LV. Figure Sj.1
- A Près avoir tendu le plus ferme quil fera poffiblc la corde A, depuis le point B. qui eft au delîusde la fenêtre julques au point O qui eft auprès du puis , Se après avoir fait pafler dans la corde A. la poulie D. de maniéré qu’elle y puille librement rouler de haut en bas , & de bas en haut , vous paflèrez la corde F. -qui eft celle du feau , dans la fécondé poulie E. qui eft toû-jours jointe à la première D. comme la Figure 1© reprefente. Ec vous la pafïèrez encore dans la troisième poulie G.
- De cette maniéré à mefure que vous lâcherez la corde F. vôtre lèau au moïen des deux poulies Z>. E. qui le fuivront defcen-dra diagonalement de la fenêtre jufquau deflusdu puis où la poulie D, trouvera un nœud à la corde A. ôc s y arrêtera avec celle marquée E. Alors en continuant de lâcher la corde F. le feau enuciA dans le puis & y dc/cendra perpendiculairement pour y aller puifer l eau s & quand il aura puifé, ôc que vous tirerez la corde F. le feau remontera de la même façon , c’eft-à-dire perpendiculairement depuis le fonds du puis jufquau nœud de la corde A. & diagonalement, en ramenant les poulies V. E, depuis le nœud jufqu’à la fenêtre*
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- De zPldr. de Scrutere.
- SS
- MOV LIN *A BRAS,
- Planche LVL Figure 84,
- LE principe du mouvement de cette Machine confifle pour ainlî dire , en la grande bafcule A. B. C. qui êft fufpenduë par Ton axe D, de maniéré qu’elle peut faire fon jeu , c’eft-à-dire, s’élever 8c fe bailler à tnefure que deux hommes , à force de bras , tirent les cordes JE, J’, comme l’on a coutume de tirer les cordes des cloehes/L’axe D. eff traverfé par la pièce de bois G. aux deux bouts de- laquelle les manches des cliquets H. èc /.font attachez, avec des chevilles de fer mouvantes. Ces deux cliquets font polèz for la roue faite en rocher K. fie la font tourner l’un après l’autre' félonies mouvemens forcez que labafcule leur imprime 5 ils fe foccedenc merveilleufement bien dans cette ma-nceuvre > car lorfque la bafcule baiiTe fon point A. le cliquet H, fait tourner le rocher 5 & au moment que le point A. celle de s’a-baiffer , le point C. fe baillé , &C le cliquet I. pouffe à fon tour la rouë. Ainli tant que le jeu de la bafcule A. B. C. continue, il fait tourner dans un feul fons la roué' K, & de ces deux- mouvement -contraires, il en fait faire un réglé..
- La rouë RE taillée en rocher, eft encore dentée fur champ 5 Sc-comme fes dens engrennent les fulèaux de la lanterne L, celle-ci foit fon mouvement, bc fait tourner la meule du Moulin.
- Il faut remarquer que l’on charge la grande bafoule avec dm plomb, ou avec des pierres, à fes points A, B.C, afin de la maiiv tenir plus facilement en mouvement,
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- 4? 4? 4? 4 4 4 4 # 4 4 4 $ 4’ 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 4 *
- 4 t|i i|> t^jb c|i (|i C^i <3^ <^ï ;g> ^ dji <|j tfy (j|i i^> t^fck «ÿ, i|i «|ï âjji ^ ^ ^ ^
- MOV LIN Ml'S EN MOVVEMENT
- par un bœuf ou par un cheval.
- Planche LVII. Figure 85.
- Après avoir confirait bien fôlidement la grande roue A. 5c le refte de la Machine que la Figure reprefente > l’on fait entrer dans la grande rouë A. un bœuf, qu’on a auparavant inftruic à y marcher.
- Lorfque le bœuf renfermé dans cette rouë fait les mouvemens neceffaires pour marcher , il ne change pas de place, mais il en fait changer à la rouë , ou pour mieux dire à la partie de la circonférence fur laquelle il appuyé fes pieds, par la raifon qu’eu égard a la proportion qu’il y a entre fa pefanteur 8c l’effort ne-celfaire pour donner le mouvement au Moulin , il ne fauroic s’éloigner ae la ligne perpendiculaire à l’axe de la rouë dans la» quelle il eft renfermé fans, la faire tourner.
- Ainfî cet animal en continuant de cette maniéré de faire tourner la grande rouë A. celle-ci communique fon mouvement à la rouë dentée fur champ B. qui eft: au bout de fon axe , Se par confequenc fait auffi tourner la lanterne C, 8c la meule du Moulin.
- 444444;444444444$:?44444 4444444444
- MOV LIN A VE NE.
- Planche LVIIï. Figure Î6.
- CE qui embarrafte dans la plupart des Moulins ordinaires, c’eft d’en prcfenter les ailes au côté d’où vient le vent 5 8c
- comme
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- De Air. de Servierel 57
- comme les vens changent ou fe contrarient fôuvent, cet embarras n’eft pas peu confiderable, mais on peut y remedier de la maniéré dont celui-ci eft conftruit 5 puifque fes aîles ne changent jamais de difpofition , 5c qu elles font faites de façon , qu elles tournent à tout vent.
- Les ailes de ce Moulin marquées A. font toutes pofées hori-fontalement fur l’axe perpendiculaires. 6c les toiles de chacune de ces ailes font tendues à des chaffis C. 6c leur font attachées à charnière, en forte qu’elles peuvent s’ouvrir ou fe plier, ou pour mieux dire, en forte que par leur difpolîtion ou perpendiculaire ou horizontale , elles peuvent refîfter au vent, ou lui ceder.
- On comprendra facilement par la vûë de la Figure , que de quelque côté que le vent vienne , les aîles de ce Moulin font faites de forte , que le vent même les fait ouvrir 6c plier félon qu’il efl neceffaire quelles refiftent , ou qu elles cedent , pour faire tourner la machine.
- Il eftauffi facile de voir, de quelle maniéré les aîles A. pouf-fées par le vent, font tourner la meule du Moulin, puifque ces aîles 6c la meule ont l’axe B. qui leur eft commun , 6c que les unes ne peuvent pas tourner fans l’autre.
- ^ ^ ^ ^ ^ ^ ’t’^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ f* î
- M0VL1N FORD JDI F QV E L'ON
- fl ace fur une charrette } & qui moût du blé» quand on fait marcher lar charrette.
- Planche LIX. Figure 87.
- LEs deux roues de charrette marquées A. 6c la petite roue dentée fur champ B. étant fôlidement attachées à l’eflieu C. ne fauroient tourner les unes fans les autres. Ainfi quand la charrette marche , ces trois roués tournent enfemble, aufîî bien que leur effieu 5 6c la roue de champ B. faifânt tourner la lanterne D> fait en même tems tourner la meule du Moulin, qui eft au bouc de fon axe. H
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- 5 S Defcription du Cabinet
- L on doit r emarquer que l’eflieu c. eft attaché aux brancarsdc la charrette avec des bandes de fer, qui en l’envelopant de tous cotez lui laiflent cepandant la liberté de tourner 5 ôique les clous des bandes des roues A. doivent avoir la tête fort grolle , êi taillé en pointe de diamans , afin que par la refiftance qu’ils feront a couler fur le pavé Si fur le terrain, les roues puifient tourner plus facilement.
- B RQV ET? E DE NOvVELLE
- Invention.
- Planche LIX. Figure 88.
- LEs Brouettes ordinaires aïant leurs rouê's au bout de leur caifie , il arrive que ceux qui s’en fervent ont deux forces de peines. Ils ont la peine de porter tout le fardeau dont elles font chargées } 5i la peine de les poulier. Mais celle Jw nouvelle invention que je propofe ici, Si que je marque A. aïant là rouë B. dans le milieu de là caifie, la rouë B. porte elle feule tout le fardeau , qui le trouve alors partagé par égale portion fur f>n effieuj Si le manœuvre qui s’en fèrt n a plus d’autre peine que celle delà pouflèr > encore cette peine qui eft la moindredes deux que nous avons remarquées, eft diminuée par la partie du fardeau qui eft en avant.
- Cette méthode de placer la rouë dans le milieu de la brotiet-te, r’eft fit jette à aucun inconvénient, car l’on pratique dans le milieu de fa caifie une ouverture fùffilàmment grande , pour laifier tourner librement la rouë , Si l’on couvre cette ouverture en forme d’étui avec les petites planches<7. & pour ce qui eft de la place qu’occupe l’étui c. on peut y remedier, en faifànt la caifie plus grande qu’à l’ordinaire,
- Avec les brouettes a. ]e foutiens que vous ferez le tranfport des terres, ou de quelqu autres matériaux que ce fort en moins
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- de tems , & avec moins de monde qu’ ii ne'vous en faudrait en vous fêrvant des brouettes ordinaires $ c’eft-à-dire , que fi pour faire tranfporter une quantité de terrain propofëe avec lesbroüet-tes ordinaires, il vous y faut employer vingt hommes pendant vingt jours , il ne vous faudra pas pour cette même manoeuvre emploierpius de quinze hommes pendant quinze jours , en vous fervant des brouettes A. ce qui fe trouve un avantage de plus de moitié furies frais &C d’un quart fur le tems. On conviendra facilement de cette proportion, pour peu qu’on fafle reflexion , que puifque le manoeuvre qui fe fert delà brouette A. n’a plus la peine de:porter le fardeau dont elle eft chargée , on peut augmenter confiderablement le fardeau, fans que cepandant il en foit plus fatigué. Ainfi aïant fait la caifle de ces brouettes plus grande que celles des brouettes ordinaires, ce qui eft très facile , on les peut charger d’une plus grande quantité.de matériaux. L’on compenfe par là l’eflrart qui eft ménagé parla ficuation de la roue B. Sc pour lors à chaque voïage que le manoeuvre fait , il porte une plus grande quantité de terre fans cependant avoir plus de peine.
- MACHINE POVR BATTRE LE Mouton au mo'ien du courant dune Riviere.
- Planche LX. Figure 89.
- E’ Ntre les deux bateaux A. & B. folidement attachez l’un à «.l’autre avec les poutres C. l’on place la grande roue. D. quia des aîîes à fa circonférence, afin que les courans de la Riviere la puiflfent faire tourner ; & qui a fon axe coudé en fa partie E.
- L’on dreflè fur ces deux bateaux la Machine duMouton, comme la Figure le reprefente -, & qui n’eft differente de celles que l’on fait ordinairement pour cet ufage, qu’en ce que celle-ci a la roue F. Scie tambour G, ces deux pièces F. & G. font attachées au même eflîeu H,
- H ij
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- ( o T) efcri piton âu Cabinet
- A l’égard des cordes de cette Machine, celle du Mouton que nou s marquons I. a à l’un de les bouts le crochet K. 6c paflant par les poulies L. M. vient s’entortiller au tour de la roue F. 6c la corde N. étant entortillée par un de fes bouts au tour du tambour G. eft attachée par l’autre au coude E. de l’axe de la grande roue D. cette machine étant dilpofée delà forte lorfque vous voulez vous en fervir , 6c que les courans de la Riviere font tourner la grande roue D. le coude E. de fon axe fuit Ion mouvement 3 6c dans le cercle qu’il décrit en s’abaiflant depuis lôn plus haut point d’é-levation jufqu a fon point le plus tas » il tire la corde N. 6c fait faire par conféquent un tour au tambour G. & un tour à la roue F. 6c la roue F. en faifant ce mouvement entortille autour de fa circonférence la corde /. & lui fait fuffifamment élever le Mouton G.
- Aufli-tôt que ce Mouton eft à la hauteur neceflaire le crochet K. fe lâche , comme nous allons l’expliquer, Sc ce Mouton en tombant avec rapidité produit fon effet fur le pilotis qu’il doit enfoncer. Après avoir vû la manœuvre que fait le coude E. en s’abaif-fant j il faut expliquer que lorfqu’il s’élève depuis le point le plus bas du cercle qu’il décrit en tournant jufques à Ion plus haut point d’élévation, il lâche la corde N. & comme le crochet K. eft
- chargé d'un plomL , £* t-ï ’oA rl„„ Ui velv LaJ vu knnr # 1 1 rlg/*
- cend par fon propre poids 5 6c par là faifant detortiller la corde /. de deffus la rouë F. il fait entortiller la corde N. au tour du tambour G. 6c remet la Machine en état de fe relever , comme la première fois avec fon Mouton , lequel il racroche au moment qu’il lui tombe deffus.
- Ainfi la grande rouë continuant à tourner , les diffèrens mou-vemens delà Machine continuent aufli 6c à chaque tour que cet-;te grande roue fait,le Mouton s’élève 6c tombe une fois fur Ion pilotis. Il refteroit à dire comment le crochet K. fe décroché du Mouton lorfqu’il eft élevé , 6c comment il le racroche lorfqu’il .eft en bas 5 mais la vue de fa figure pour peu qu’on l’examine, ffoit fufEre pour le faire connoître. J’ajouterai lêulementque le manche de ce crochet a une boucleà laquelle un des bouts de la petite corde f. eft attachée 5 6c comme cette petite corde attachée par Ion autre bout à un point fixe , fe trouve tenduëlorfque
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- -le Mouton eft à la hauteur neceffaire, elle tire le manche du crochet , èc lui fait lâcher prifè.
- Ce qu’il y a de très particulier dans cette Machine, c’elt que -fans l’aide d’aucun manœuvre, elle produit continuellement Ion effet , au lieu que toutes celles qu’on a inventées jufques ici pour ce même ufage , ont befoin d’un grand nombre de perfbnnes pour les faire agir. Celle-ci pourroit travailler nuit &. jour fans difcontinuer, èc paroît n’avoir befoin de main d’homme, que pour la changer d’un pilotis à un.autre.
- ^ <|> «ÿ> .$> ify <|> èp «|» ^ <|> ^ ^
- MACHINE POVR TRANSPORTER
- un grand bateau d'un Canal a un autre plus élevé , fans être obligé de le décharger & fans le fecours à'une Eclufe.
- Planche LXI. Figure <?o.
- LE grand bateau A. étant arrivé au bout du Canal B. il s’agit de l’élever au Canal C. pour cela on a pratiqué le glacis D. ôc les plateformes E. des deux cotez du Canal C.
- Dans chacune de ces plateformes il y a une efpece de cabef-tan compote de l’arbre F.de la lanterne G. de la grande roue dentée fur champ H. ôc de l’effieu de cette roue.
- Les cordes de ces deux cabeftans étant entortillées au tour des effîeux des roues H. après avoir paffé par les poulies I. T. fc joignent par les deux poulies K. K. êê vont aboutir au crochet L. foli--dement attaché à la grande roulette M.
- Cette grande roulette M. étant faite comme la Figure la repre-fente , 8é de la grandeur precifement du bateau , on l’enfonce dans le Canal B. pour la placer par deflous le bateau ,enfuiteaïant attaché au crochet L. les deux cordes dont nous avons parlé , il me relie plus qu’à faire agir les cabeftans, ce qui fe fait de cette maniéré.
- H iï} ,
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- 6i cDefcription du Cabinet
- Au rnoïen des barres pa'flees en croix Mans l’arbre F. quatre hommes ou plus, s’il efl neceflaire, le font tourner 8c en même tems font tourner la lanterne G. la grande roue H. 8c fon effieu. Par là les cordes acrochées à la grande roulette qui fliporte le bateau , étant entortillées au tour de l’eflieu des roues H. elles tirent le bateau-hors du Canal A. 8c le font infenfiblement monter par le glacis D. jufques un peu au deflùs du niveau de l’eau du Canal c. d’où par fbn propre poids il defcendparun autre petit glacis dans le Canal C. où il quitte facilement fa grande roulette. M.
- L'on comprend facilement qu’avec cette Machine, il n’eft pas neceflaire de décharger le bateau A. pour le faire monter d’un Canal à l’autre 5 ce qui efl: très commode 8c abrégé beaucoup le tems de la navigation.
- machine povr faire
- monter les grands bateaux chargez, fur une Ri-ruierei fans qu'il [oit m ce (taire de les faire tirer ni par des hommes ni par des animaux»
- Planche LXII. Figure 51.
- L A quantité d’hommes, de chevaux ou de bœufs qu’il faut pour remonter les grans bateaux chargés fur les Rivières, caufent des frais exceflifs , 8c que l’on pourroit cependant épargner en le fèrvant de la prefente Machine. Elle eft très Ample 8c peut également produire fon effet fur toutes fortes de Rivières 8C de Fleuves, foit que les courans foient doux 5 foie qu’ils foient rapides. Pour faire remonter les bateaux, on n’employe ici que les eflfors même des courans des Rivières 5 8c ce qui efl: dans i’u-fage ordinaire le grand obftacle à furmonter, efl: ici le mobile de l’execution qu’on fè propofè.
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- De Mr. de Servîere. 6$
- Sur les bords de la Riviere où vous fouhaitez faire remonter vôtre bateau A. vous enfoncez de diftance en diftance ,6c à refus de mouton , de folides pilotis , comme ceux marquez B. à chacun defquels il doit y avoir une bonne boucle de fer , pour y acrocher quand il eft neceflaire , la grande poulie C.
- L’on attache à l’ordinaire au bateau chargé A. la corde D. que l’on nomme maille , 6c après l’avoir paffée par la grande poulie C. on attache fon autre bout à la poupe du fécond bateau vuide E. ces deux bateaux ainfi attachez l’un à l’autre 3 aïant-leur point fixe ou folide à la poulie de renvoi C. refteroienc fur la Riviere fans avancer ni fans reculer s’ils étoient d’égale grandeur , ou pour mieux dire, fi l’un 6c l’autre prenoient également d’eau j 6c certainement celui fur qui lescourans de la Riviere feront plus d’effort, fera remonter l’autre. Suivant ce principe incontefta-ble , toute l’attention pour faire remonter le bateau A. doit être à trouver le muïen de faire prendre au bateau E. une plus grande quantité d’eau que n’en prend naturellement le bateau^, dans l’idée de cette Machine, ce moïen eft très fimple 6c très naturel. Il nesconfifte qu’en la piece F. que nous nommerons aile , 6c qui peut félon le befoin s’abaifter dans l’eau, ou s’élever, comme la Figure le fait voir.
- Cette aile F. prend plus ou moins d’eau , félon qu’elle eft plus ou moins enfoncée dans la Riviere 5 61 tous les efforts que les courans de la Riviere font fur elle repondent à fon bateau E. auquel elle eft attachée. Ainfi aïant conftruit cette aîle F. félon les proportions qu’elle doit avoir pour faire prendre à fon bateau £. plus d’eau que n’en peut prendre le bateau chargé A. lé bateau E. quoique beaucoup plus petit que le bateau A. lorfqu’il aura fon aile E. abaifîee dans la Riviere, fera obligé de décendre Sc de faire par conféquent au moïen de la poulie C. remonter le bateau chargé A. jufqu’au pilotis , où fera la poulie C. 6c lorfque le bateau A. fera remonté au pilotis B. on l’y attachera 5 6c il y ref-tera , en attendant qu’on aïé porté la poulie C. au fécond pilotis; ce qui ie peut faire facilement, 6c avec affez de vitefîé, en cecte maniéré.
- On commence alors par élever de l’eau l’aîle F. enfuite les .hommes qui font dans le bateau E. ie .remontent avec aifànce
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- iufqu’au pilotis B. en tirant la corde D. à force de bras, ou même, jfi l’on veut, avec un cabeftan. Audi-tôt qu’ils y font arrivez , ils décrochent la poulie C. Scia portant par terre jufquau fécond pilotis B. ils l’y acrôchent, 8c commencent à s’en fervir , pour y remonter premièrement le bateau E. 8c enfùite pour que le bateau E. en redécendant, comme nous l’avons expliqué, fafle remonter le bateau chargé A. de cette façon avec peu de perfbnnes* peu d’embarras, 8c avec bien moins de depenfe, on fera remonter fur les Rivières, les plus gros bateaux chargez ; 8c dans les endroits ou l’on ne trouvera pas de pilotis , l’on y pourra fupléer au moïendedeux ancres, qui ferviront l’une après l’autre.
- MACHINE P O V R FAIRE avancer un bateau a force de rames, avec beaucoup de vitefe > Çf fans j emploier beaucoup de rameurs.
- Planche LXIIÏ. Figure 572.
- IL faut placer aux deux cotez de vôtre bateau , les deux rouc*$ A. 8c B. que l’on aura garnies de plufieurs aîles , comme la Figure le rèprefénte. Enfuite lorfque vous voudrez faire marcher vôtre bateau , vous ferez tourner à force de bras par deux ou par quatre hommes au plus, les roués au moïen de leurs manivelles, Les aîles fe fuccedant continuellement les unes aux autres fur la furface de l’eau , 8c faifànt des efforts continuels, elles feront avancer le bateau avec beaucoup de viteflè.
- Si la force des quatre hommes ne fufKt pas, pour l’execution de cette idée , l’on pourra facilement y fuppléer en ajoutant à l’axe des manivelles un pignon , 8c à l’axe des roues A. 8c B. de .fécondés roués dentées, les dens de ces fécondes roués feront engrenées par celles des pignons 5 8c par là l’on diminuera de
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- De
- çPkfr. de SerNere. 6$
- beaucoup l’effort, que demanderoient ici les manivelles , pour faire tourner les grandes roues A. b. & en même teins leurs aîles.
- ^ s§> 'f3 !f>
- ^§> c|» iji <jj& sjf> iÿ> i*jj> ï|> éjp : ^ ^ ^ ^ ^ ^ «jj^ à|> igj <jjp -éfe ; ^ ^È,
- MACHINE P O V R FAIRE remonter un bateau contre le courant â*une Rivière ? fans le fecouis de per forme y Cf fans ‘voile.
- Planche LXIII. Figure ^3.
- A Ux deux cotez du bateau A. l’on place les deux roues B. Jl“V & C. qui ont des ailes autour de leur circonférence , èc qui ont leur axe doublement coudé , comme en d. Se en E. chaque coude de ces deux axes, pafle dans de groflcs boucles, qui font au bout des longsharpins ou fourchettes recourbées F. G.
- Lorfque le bateau en cet état eft for l’eau , la rapidité des courans de la Riviere fait tourner les roues B. ôc C, à caufe des aîlesqu’elles ont à leur circonférence 5 & ces roues en tournant, faifant faire differens mouvemens aux coudes de leur axe, les longues perches ou crocs F. G. foivent ces mouvemens & par là produifont l’efïèt propofé, 6c que nous allons expliquer.
- Les courans de la Riviere allant du côté que marque la fléché H. SC faifànt tourner les roues B. & C. dans le fons qu’on doit fc figurer 5 à chaque tour que ces roues font, les coudes de leur axe marquez T). 6c E, pouffent tantôt leurs harpins au fonds de l’eau & tantôt les retirent. Ainfl l’on comprendra facilement, que lorfque ces harpins font pouflèz au fonds de l’eau for le terrain, ils doivent neceflairement pouffer à leur tour le bateau, & le faire remonter contre les ’ courans j & que lorfque ces memes harpins font retirez par le mouvement focceflîf des coudes, ils s’avancent de quelque diflance en fè traînant for le terrain du fond de l’eau , ou leur pefanteur les retient, 6c ils s’a van-
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- cent toûjours, comme on peut le remarquer , en remontant la Riviere. De cette maniéré il y a toûjours de chaque côté du bateau un harpin qui fait effort, & qui butte contre le terrain , 6c contre le batteau , ôc un harpin qui s’avance au fonds de l’eau contre le courant 5 lorfque le harpin J.fait effort Je harpin G. s’avance , & lorfque celui-ci à fon tour fait effort, le harpin F. s’avance de même.
- La rapidité des courans de la Riviere continuant à faire tour*' ner les roues B. C. le manege des harpins F. G. continue auffi, Sc fait par confequent remonter le bateau. Il eft vrai qu’il peut fe rencontrer ici des inconveniens. L’inégalité des fonds de la Riviere , & de la qualité du terrain feroit', par exemple, un obftacle 5-mais auffi on ne propofè cette Machine , que comme une idée qui peut conduire les curieux à l’execution d’une plus parfaite, en fuivantle même principe, qui de lui même peut-avoir quelque chofê de bon.
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- DIFFERENTS MODELLES
- DE PONTS DE BOIS-
- MODE LL E D’VN PONT DE
- bois fait <£ une feule Arcade, qui peut avoir 140. pieds de corde ou de longueur.
- Planche LXIV. Figure 94,
- A vue du modelle de ce Pont peut fuffire pour en faire connoître l’artifice , fans qu’il foit befoin d’autre explication. Ainfi je me contenteray de dire qç’ii faut que les naiffances de fon arcade foient bien folides j je veux dire , qu’il faut que le terrain des bords de la Riviere, Fur lefquels l’arcade doit buter , foit de part & d’autre de rocher ou qu’il foit fortifié par une bonne maffonnerie.
- Suivant la largeur dont on voudra faire ce Pont, on compo. fera fon arcade de trois, de quatre, ou de cinq rangs de poutres, qu’on fera butter les unes contre les autres, comme on le voit à celles marquées A. B. C. Se fur chacun de ces rangs compofezde trois poutres , on mettra deux autres poutres fomblables à celles Z). & E. qui étant plus longues que les premières, fe butteront parjle milieu de l’arcade. Toutes ces differentes poutres ferons liées enlèmble de toutes parts par des bandes Se des chevilles de fer, Se par de bonnes traverfos , en la maniéré que le modelé le reprefente , Si les traverfçs des cotez étant fortifiées par
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- 68 . Description du Cabinet
- d’autres pièces de bois qui les croifent, elles pourront encore'fer-vir non feulement de garde fou au pont, mais elle fervirontencore pour foutenir fou couvert, fi Ionfouhaitte y en faire un.
- Ofy ëfy Sfÿ tji éj^t ijjjï <S^> <3|i êfy Sfy : Hp cjjji. ^Jjï ^jji efy
- MO BELLE DVN A VL RE PONT
- de bots ,fatt aune feule arcade.
- Planche LXIV. Figure <15.
- Suivant ce mode!le le Pont que je propofë peut être horifon-tal, quoiqu’il n’aye qu’une arcade > 6c par confequent fes avenues feront plus aifées, que celles des Ponts ordinaires. Les principales pièces qui fervent à fa conftruélion , font les quatre marquées A. B. 6c les deux marquées C. D. celles marquées A. g, doivent avoir leur apui fixe 6c folide aux deux bords de la Rivière aux joints A. A. êc doivent butter l’une contre l’autre aux joints B. B. où elles entrent dans des entailles pratiquées au bout feperieur des pièces c. T>. enforte que l’on peut regarder ici les pièces c. D. comme les clefs de l’arcade, ou de l’eipece de voûte formée par les poutres A. B.
- C es pièces de bois C. D» font perpendiculaires, 6c liées l’une à l’autre par leurs deux bouts à la diftance de la largeur du Pont, an moïen des traverfes E. F. 6c ces derdieres traverfes , c’eft-à-dire , celles marquées F. font entaillées dans les pièces C. T>. 6c fervent à appuïer les poutres G. H. que l’on peut placer hori-fontalement, 8c fur lefquelles l’on doit mettre les planches du Pont.
- Il faut que toutes ce s differentes pièces feient felidement af-iemblées avec de bons liens de fer 5 ôt fi l’on ne trouve pas des poutres allez longues pour faire les pièces A. B. on en peut joindre deuxenfemble par leur bout, 6c les fortifier par de bonnes «nvelopes de bois, 6c par des bandes de fer.
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- De Mr. de Serviere.
- P L AN C H E L X VI.
- LaFigure 96. 97.58. 99. 100. 6c 101. nont pas befoin d’ê-tre expliquécsjce font differentes façons d’entailler des pièces de bois, 6c de les aftèrr.bler folidemenc , pour fervir à conftruire des Ponts, ou pour faire les cintres des grandes voûtes, ou bien pour faire des planchers dans de grands apartements.
- Parmi le nombre des modelles que je propofe ici s les curieux pourront choifir ce qui conviendra le mieux à la fituation des lieux, 6c à la nature des bois qu’ils auront à emploïer.
- MODELEE D'VN PONTON ou bateau portatif, pour jetter promptement un Pont fur une Riviere peu large.
- Planche LXVII. Figure 102.
- L’On peut fe fervir très utilement de cette machine , pour-veu que la Riviere que vous voulez faire pafler à vos trou» pes, n’aïe pas plus de 40. à 45. pieds de largeur. Elle confîfte au ponton A. qui eft garni des trois portions de pont marquées B, c. 6c D. Ces trois portions de pont , font unies enlèmble par les charnières E. 6c F. de maniéré que par là il fe forme une ef-pece de pont levis double , que l’on peut élever 6c abaifler félon les befoins par les cordes G. 6c au moïen des poulies doubles, qui font aux bouts fuperieurs des pieds droits H.
- La portion de ce pont marquée C. qui Ce trouve celle du milieu , peut au moïen du pivot I. fe mettre en deux fens fur le ponton. Elle y eft en long, pour occuper moins de place , lorf-que le ponton eft en marche : 6c on la place en travers fur le ponton , lorfqu’on veut former le pont. Les deux autres portions B. 6c D. fe replient l’une fur l’autre > ôc toujours fur celle marquée
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- 7 o Defcription du Cabinet
- C. Sc à cet effet les charnières de la porcion marquée D. font plus élevées que celles de là portion marquée B• Toutes les pièces de ce pont, Ôc celles que l’on peut y ajoûter , pour le rendre plus folide , de même que le ponton ou bateau A. font chargées fur une charetteà quatre roues, qui eft faite à cec ulàge, comme la Figure la repreiente , ôc fur laquelle on peut facilement transporter la Machine d’un lieu en un autre.
- Lorlqu’on veut s’en fervir, il n’y a qu’à jetter le bateau A. à l’eau, l’arrêter au milieu de la Riviere avec des ancres, ou autrement 5 ôc après avoir drefle les pieds droits H. ôc après avoir pafte dans les poulies les cordes G. on éleve, ôc on abaiffe les portions de pont B. ôc D. ôc l’on forme un pont de la largeur delà Riviere.
- Toute cette manœuvre fe fait en fort peu de tems. Ainlî Ton peut avec cette Machine dérober facilement fa marche , & Ja conftruétion d’un pont 5 ôc y faire palfer des troupes pour fhr_ prendre les ennemis, ou pour telle autre expéditionque l’on jugera à propos.
- AVERE MQDELLE DE P O NEONS, pour jetter un pont fur une Riviere peu large4
- Planche LXVIII. Figure 103.
- LEs bateaux qui compofent le pont que je propofe ici font fait ôc garnis à-peu près comme celui de la precedente Figure. On peut en mettre plus ou moins à l’eau , félon la largeur de la Riviere 5 ôc on les place avec des ancres à une diftance les uns des autres, proportionnée à la partie de pont, dont chacun en particulier eft chargé 5 c’eft-à-dire , que le bateau A. doit être éloigné du bord de la longueur du pont-levis B. ôc que le bateau C. doit être éloigné du premier de la longueur de la portion de pont marquée £>. Sc ainft les uns des autres. Tous ces difxerens
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- Defcription du Cabinet 71
- "Fateaux étant placez dans la largeur de la Riviere, êc le trouvant chacun folidement arrêtés avec des ancres dans l’endroit où ils doivent être , ilne relie plus pour former le pont que d’en élever les differentes parties, êc puis les abailîer, comme nous l’avons dit dans la precedente Machine 5 & pour que ce pont foie plus folide, on met à chaque bout des portions qui le compofenc, 'des crochets de fer qui les lient en femble.
- Si les portions de pont, dont nous venons de parler, de qui font faites en efpeces de pont-levis, font trop pefantes, Sc qu’on ne paille pas facilement à force de bras les élever ôc les abailîer, félon qu’on le louhaitte -, on pourra fe fervir de la Machine marquée E. que l’on placera au fonds des bateau , ôc qui facilitera beaucoup cette manoeuvre.
- ^ fi <$• 4 # # # 4 ^ ^ ctu # 4*t*‘t1^## I
- UvTR E MODE ILE D E PONEONS3 ^ pour pajîer le fojfé d'une place ajjlegée , pourveu que l'eau dont il e(l rempli foit dormante.
- Planche LXXI. Figure 104.
- DAns les fieges des places, où lalituation ne permet pas d’écouler l’eau des fofïez , ni de les combler commodément, l’on peut mettre en ufage la prefènte Machine , au moïen de laquelle on pourra palferle folle , pour aller attacher le mineur , ou pour monter à l’alfauc.
- Les bateaux ou pontons que je propofe pour cet effet font garnis de roulettes, comme la Figure les reprefente 5 & dans Je tranfport qu’on en fait ,on les met de deux en deux l’un fur l’autre.
- Lorfqu’on veut s’en fèrvir , on les affemble à la tête de la tranchée ; enfuite à mefure qu’on les met à l’eau , on les attache bout à bout les uns aux autres, &c l’on les pouffe du côté de l’ef-carpe où l’on veut qu’ils aboutifïènt, Les premiers bateaux mis
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- jl Defcriptton du Cabinet
- à l’eau , font pouffez par les féconds, les féconds par les "troifié-mes , ainfl fucceffivement ils forment un pont fur le roffé de la longueur neceffaire.
- Les roulettes dont ces bateaux font garnis ,ne fervent pas feulement pour les tranfporter d’un lieu à un autre 5 elles aident encore beaucoup, lorfqu’on veut les mettre à l’eau, ou lors qu’on veut les en retirer 5 pourveu neanmoins qu’on pratique un glacis à la décente du foffé > ce qui n’eft pas difficile.
- Et ce glacis une fois fait ,les ouvriers que vous emploierez à la conftruclion de ce pont , pourront travailler dans la tranchée '-'à couvert du feu des affiegez , & pourront fans fe beaucoup ex-pofer pouffer , même en plein jour , leur bateau à l’eau 5 fur tout s’ils (ont favorifez par un feu fuperieur de la part des af-fiegeans.
- Cependant il eft plus à propos de profiter de Fobfcurité de la nuit pour faire cette manœuvre 5 parce qu’alors 1 ennemi y peut apporter moins d’obftacles > ôe que même le pont étant fait pendant la nuit , on eft en état au point du jour de Surprendre l’ennemi, ou d’agir avant qu’il aïe le tems de rompre vôtre pont.
- MO D ELLE D'V N PONT DE
- corde ,pour faire pajfer n de l Infanterie une t Tjiere peu barge.
- Planche LXX. Figure 105.
- S’il s’agit de paffer une Riviere peu large pour une occafion prefîè, & qu’on n’y puiftè pas tranfporter commodément^ les agrets qui font necefïàires à la conftruftion dés ponts ordinaires on pourra Ce Servir de l’idée que je donne ici , laquelle ne demande pour être executée, que la précaution de porter avec foi les deux groftès cordes ou cables marquez A. Si B. tout le refte
- IG
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- De Mr. de Serviere. 7 5
- fc trouvera facilement fur les lieux , puifqu’il y a peu d’endroits * où il n’y aïe à portée quelque maifors, St que la démolition d’une feule fournira iufHfammenc tout ce dont on a befoin. Les poutres St les folives de la maifon qu’on démolira ferviront à faire une ou deux efpeces de radeaux , qui feront le même effet, que le bateau marqué C. St qui fou tiendront les cordes 4, B. on trouvera aufîi dans ces pièces dequoi faire les pieux D. E. St le cabef-tan F. St les ais des planchers, ferviront à faire les planches du pont , qui font celles que l’on marque G.
- En voïant la Figure , on comprend affez , comment on attache les cordes A. St B. aux pieux D. St E. comment elles font foute-nuës par Je bateau ou le radeau C. St encore comment on peut faire qu’elles foient bien tendues avec le cabeftan F. Ain fi pour-veu qu’on aye la précaution, comme nous l’avons dit, de porter avec foi les grofles cordes yl & S. on pourra facilement St en peu de tems conftruire le pont propofé.
- ^ 4*5 î^ï & «9» rfi î^î r$S 5^ ?!* S*.
- MACHINE POVR SV RP RE N DRE une place ennemie , qui auroit pour fo@è une Ri-viere peu large.
- Planche LXXI. Figure 106.
- A Quelque lieu au deflusde la place qu’on veut furprendre, l’on fait conftruire fecrettement un ou plufieurs bateaux femblablcs à celui marqué A. on garnit chacun de ces bateaux des deux ponts-levis marquez B.StC. St de la grande efchelle ou efcalier Z>. le tout, folidement attaché au bateau, St fouteau par les pieds droits E. au bout fuperieur defquels il y a des poulies. Le bateau étant en cet état, le pont-levis B. levé perpendiculairement, & le pont-levis C. baille de même perpendiculairement , on le fait defeendre pendant la nuit jufqu a l’endroit de l’enceinte de la place,que l’on a reconnu propre à tenter l’entre-prife. K
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- 74 ‘Description du Cabinet
- L’on arrête en cet endroit au milieu de la Rivière le bateau A> avec des ancres -, enfuite au moïen du Tour ou petit cabeftan F. & des cordes G. qui paiTent dans les poulies des pieds droits F. l’on abaifte le pont - levis B. fur la contrefcàrpe , & l’on éleve le pont-levis C. fur le rempart où ce dernier s’attache par les crochets de fer H. De cette maniéré l’on peut jetter en peu de tems autant de ponts fur la petite riviere qui lertde folle à la place , que l’on aura conftruit de bateaux lemblables à celui marquée. & les troupes chargées de cette expédition, que Ton aura fait approcher de la place, pourront facilement y être introduites, êe furprendre l’ennemi au point du jour, avant qu’il aïe le tems de fe reconnoitre..
- ^
- cjjp cjjï djjj c^> «jjp ^ cSjjj cjjji ^
- MOYEN DE CONSTRUIRE VN
- pont, de bateaux » pour pœjfer une Riviere en pre-fence des ennemis.
- Planche LXXI„I. Figure 107.
- LE long du bord de la Riviere où vous êtes les Maîtres, vous pouvez à la faveur d’un brouillard ou de la nuit, faire conf-truire fans être inquietté , vôtre pont de bateaux, comme la Figure A. B. le reprefente 5 ôc de diftance en diftance devant chaque bateau, vous plantez les gros pieux C. autour defquels on entortille de longues cordes , attachées par un de leurs bouts aux bateaux. Au bout B. de vôtre pont , l’on pratique uneelpece de pont-levis D. quia à les cotez , lorlqu’il eft levé, des parapets crenelez à l’épreuve du moulquet.
- Vôtre Machine étant en cet état, lorlqu’au point du jour vous voulez vous en fervir , vous mettez dans les bateaux du pont, des Moufquetaires d’élite, autant qu’il y en peut contenir 5 & furtout dans celui où eft attaché le pont-levis T>. vous mettez encore un ou deux hommes, ou plus s’il en faut à chaque corde des pieux. Enfuite pour traverfer la Riviere ^vousqettés vôtre pont-
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- De Mr. de Serviere. 75
- tout entier , Sc tout à la fois ,de la manière dont je vais l’expliquer.
- Les hommes qui font aux pieux C. lâchent petit à petit les cordes qui y font entortillés, & les lâchent à mefure que le courant de la Riviere fait éloigner de vôtre bord le bout du pont marqué B. ôc comme toutes les parties de ce pont , font bien attachées les unes aux autres fur les bateaux ,Sc que ces bateaux font tenus également en raifon par les cordes des pieux , qui ne font lâchées ; qu’à propos 5 le pont, comme il eft facile de le voir par la Figure , traverfe tout à la fois & tout entier la Riviere -, & dans le moment qu’il l’a traverfée , les Soldats cachez dans les difïerens bateaux en fbrtent; abattent le pont-levis D. fur le bord où font les Ennemis, & fans leur donner le tems de fe reconnoî-tre, ils les chargent brufquement ,• & font bientôt fôutenus par les autres Troupes , qu’on envoie facilement à leur fecours au moïen de ce pont.
- ijp éjh t|i i|i c|j c|i «i|> ijjt> éfy tjb d|> iÿ> ^
- MOYEN DE CONSERV l RE EN feu de tems un font de ftloîis four une exf e dation militaire.
- Planche LXXIII. Figure io§.
- L’On peut fe fervir du moïen que je propofe ici, dans les endroits où l’on 11e peut pas avoir allez de bateaux pour con-ftruire un pont, & où cependant l’on peut trouver fuffifâmmenc de bois pour faire des pilotis.
- Les pilotis A. font aflembîez de deux en deux , par les travér-fes faites enefpeces de chaffis B.èc paüent librement danslestrous qui font pratiquez aux bouts des traverCes. Ces pilotis doivent être armez , s’il eft poffible, à leur bout inferieur de pointes de fer, êc garnis aune hauteur convenable d’unrebord de plateaux, qui les empeche d’enfoncer dans le fable plus qu’il n’eft neceliai-
- K ij
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- 7 6 Defcription du Cabinet
- ic. Ils doivent auffiêtre percez de plu fie urs trous de diftance , ea diftance à leur bout fûperieur,comme la Figure le reprefente.L’on préparé de cette maniéré plus ou moins de ces pilotisjlèlon la longueur dont le pont doit être , 6c félon qu’on louhaitte le faire fblide 5 6c pour placer ces pilotis, il faut au moins un bateau , fur lequel vous les chargez ,. & les portez à l’endroit delà riviere , où l’on doit les enfoncer. Le bateau y étant arrivé , l’on drefle les traverfes 6c les pilotis, 6c l’on enfonce ces derniers à force 6c jufqu’à refus de maillet 5 enfuiteon palïê dans les trous pratiquez à leur bout fuperieur , des chevilles de fer qui fupportent les traverfes B. 6c l’on place fur ces traverfes les poutres , qui forment les arcades du pont...
- MOYEN DE CONSYlK V1R £ V NE efpece de radeau fait avec des tonneaux , pour pafier une Riviere enprefence des Ennemis.
- Planche LXXIV. Figure 1057.
- IL y a des occafions dans la guerre,ou faute d’avoir des bateaux pour palier les Rivierés , ou fc trouve embarraffé , ou bien l’on ne fçauroit tenter certaines entreprifes de confequence , qui reuffiroient, fi l’on ne manquoit pas de ce fecours.
- Dans ces cas de neceffité, l’on peut fc fervir du radeau que je propofe ici, pour la conftruétion duquel on trouve prelque par tout ce qui lui eft neceffaire , c’eft à-dire, quelques pièces de bois 6c des tonneaux. Ce radeau marqué A. eft compofé des tonneaux vuides B. qu’on a eu foin de relier, 6c de bien boucher de tous les cotez , 6c qu’on a aflèmblé 6c attaché avec des cordes aux pièces de bois c. lefquelles font faîtes en forme de grillé , comme la Figure le reprefente. Si l’ennemi eft de l’autre côté de la Riviere & qu’il foit en état de difputer le debarquement
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- aux Troupes que vous mettez fur ce radeau 5 vous y ajoutez les petits pont- levis crenelez D. qui fervent de parapet 5 au travers desquels vos Soldats font feu , êc qui les couvrent julqu’au moment qu’ils les doivent abaiftèr pour prendre terre.
- Vôtre radeau étant conftruit de cette maniéré 8c garni des gouvernails JE. vous 1’attachez à un des bouts de la longue corde F. qui eft arrêtée par ft>n autre bout à un point fixe au milieu de la Riviere avec un ancre ou de quelqu’autre façon. Ainfit le radeau aidé de fès gouvernails peut facilement traverlèr d’un bord à l’autre , au rnoïen du courant de la Riviere, à la façon des ponts volants.
- Le feu de vos Soldats 6c celui de l’artillerie que vous pouvez avoir fur vôtre bord , favorilèront le debarquement. Vous ferez paffer tout à la fois une troupe allez confiderable pour forcer les Ennemis 5 6c même fuivant les befoins, vous pourrez jetter à l’eau plufieurs de ces machines qui en abordant enlemble feront un plus grand effort.
- 4? ^ ^ ^ ^ ^
- cjjï tfjjï cjjp ^3
- A VT R E FACONDE R A D E AV
- que, l’on peut tranfporter démonté fur une char-rette jufqu au lieu ou l’on veut s’en fervir.
- 'Planche LXXV. Figure iio.
- C^E radeau eft compofé comme le precedent de plufieurs pie-À ces de bois ou folives , 6c de quelque tonneaux vuides 8c bien reliez. Les folives A. font taillées de façon qu’en les aflèm-blant les unes avec les autres, elles forment unee/pece de grille de la grandeur dont vous fouhaittez faire le radeau êc de la Figure dont en la reprefente ici. Cette grille fe monte 6c fc de-monte facilement. Lors qu elle eft démontée, on en peut charger toutes les pièces fur la charrette B. 6c lorfquelle eft montée, on la rend folide avec de bonnes chevilles de bois ou de fer,
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- Defcription du Cabinet
- dont on garnit i’aflemblage de fes parties. Dans les differens entredeux de cette grille , fur tout dans ceux qui font a fos extre-mitez , l’on y attache avec des cordes les tonneaux c. & comme ces entredeux de grille en forme quarrée font de la longueur des tonneaux, mais moins large que leur diamètre , toute la grille porte environ fur le tiers de la circonférence des tonneaux 5 6c cette partie de circonférence ne débordant pas l’épailfeur desfo-lives A. rien n’empeche qu’on ne puide plancher la grille à fon côté foperieur avec les plateaux D.
- On peutauffi ajouter les bandes ou garde-foux E. aufquels on attachera le gouvernail F. 5c les rames G. Enfoite aïant jetté à l’eau ce radeau, on s’en fervira félon les befoins, ou pour faire palier la Riviere à un détachement des troupes, ou pour tranf-porter d’un lieu en un autre ee que l’on voudra, avec autant de fureté 5c de facilité, qu’on le feroit fur un bateau.
- Quoiqu'il ri y ait point de Planche L XX F L il ne manque rien > & les Figures fe fuivent dans leur ordre. Cette meprife vient du Graveur, qui a mis le nombre L XXVII. a la Planche qui devoit être marquée L XXVI.
- MOT EN DE CO N STR V J R E VN
- pont avec des tonneaux , pour pa{?er un canal) ou une petite riviere , en prefence des ennemis.
- Planche LXXVII. Figure iii.
- QUr lebord du Canal du côté où vous êtes les maîtres 3 6c fur Cj'fon terrain que vous avez pris foin de former en glacis vous faites conftruire le pont A. de la longueur neceifaire, c’eft-à-dire, auffi long que le Canal eft large.
- Vous compofez ce pont i°. des longues pièces de bois ou pou-tres.E. C. qui font affemblées avec les traverfes D. èc les montans
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- 2. 20. des tonneaux F. qui font placez dans les entredeux des poutres B. Sc qui y font attachez par les efpeces de pivots marquez (7. 30. des planches H. qui font clouées for les poutres c.ôc 40. du pont-levis I. qui eft crenelé, 8c que l’on place au bout de la Machine du côté qui regarde l’Ennemi.
- Les tonneaux F. font attachez au poutres B. avec leur pivot G. en forme de rouleaux , afin qu’on puiflè jetter avec plus de facilité toute la Machine dans le Canal , lors qu’il en eft tems 5 8c le pont-levis I. que l’on fait à l’epreuve du moufquet , fort à couvrir les Soldats qui font for le pont , jufqu’à ce qu’on juge à propos de l’abbattre, pour palier, & pour charger l’Ennemi.
- Lorfque cette Machine eft conftruite , 8c que vous voulez vous en fervir, vous la pouffez d’un bout de Canal à l’autre , au mo« ïen des cordes IC. L. M. 8c au moïen de la poulie N. 8c du cabestan o.
- Toutes ces cordes étant difpofées, comme la Figure le repre-fente , celle marquée K. étant attachée par un de fes bouts à un ancre , qui eft fixe au milieu du Canal 5 8c celle marquée M. qui paffè par la poulie N. étant attachée au bout P. du pont , 8c entortillée au cabeftan 0. l’on fait tourner à force de bras le ca-beftan ; 8c à mefore qu’il tourne, 8c qu’il entortille la corde M. il pouffe le pont dans l’eau, ôc lui fait traverfer le Canal.
- ^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ 4 ^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ 1
- AvTRE MOTEN DE JE^^ER un font de tonneaux Jur lefojîé d'une place affie-gêe pour monter à l’ajfant.
- Planche LXXVIII. Fi gu al ïiî.:
- LE corps de cette Machine étant fomblable à celui de la precedente , je n en répété pas l’explication. Je dis feulement, qu’on peut s’en fervir dans les ffeges des places , qui ont leurs foffez pleins d’eau , 6c qu’on le conftruit for le bord de la con-
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- 8 o Defcription du Cabinet
- trefcarpe , lorfqu’on s’en eft rendu ie maître , 6c lorfqu’on s y eft logé. 11 faut autant que Ton peut tacher de dérober la con-nôiflance de ces ponts volans aux afîîegez ; 6c pour cela, de même que pour y travailler avec plus de fureté, l’on doit couvrir la large tranchée où vous les conftruifez par des blindages 6c par de bons épaulements.
- Aufli-tôt quelabreche eft pratiquable, 6c que vôtre pont eft en état d’être jetté à l’eau, vous le faites poufler à force de bras dans le foffé 5 ou vous l’y faites jetter de îa maniéré, d@nt je l’ai expliqué dans l’article precedent ; 6c l’aïant pouffé jufqu’au pied de la breche , vous y abattez le pont-levis î. 6c fans perdre teins vous faites monter à l’aflaut.
- MACHINE POVR JETTE R DES Grenades plus feurement > &* beaucoup plus loin quon ne les peut jetter avec la main.
- Planche LXXIX. Figure H3.
- DAns le terreplein d’un baftion, ou du long la courtine, du côté que les alîiegeans font leur attaque , on peut placer plu fleurs de ces Machines propres à jetter des grenades j qui étant très fimples coûteront peu à conftruire, 6c ferviront cependant beaucoup , pour interrompre ou pour retarder les ouvrages des Ennemis.
- Cette Machine n’eft proprement qu’une bafcule, qui eft garnie à fôn bouc a. du crochet B. 6c d’une cuillère capable de contenir une ou deux grenades, ou davantage fi l’on veut j 6c qui eft encore garnie à Ion bout C. d’une caillé, que i’on peut charger de terre ou de pierres, plus ou moins , félon qu’il eft necef-faire. Cette bafcule eft placée fur le pivot d. entre les deux piliers droits E.F»
- Lorfqu’on
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- J)e N'îr. ûe Serviere. 8-x
- Lorfqu’on veut fe fcrvir de cecce Machine . l’on abbaiiïe le pointé, de la bafeuie jufqu’au gros piquet quarréG. cequi le fait facilement, malgré le poids dont la caille c. eft chargée > au moïen delà corde H, 5c du Tour à manivelle I.
- La bafeuie étant dans cette fituation , c’eft- à-dire , qualî ho'-rifontale , Ion crochet B.s’arrêce aune detente qui eft pratiquée au piquet G. quand il y eft arrêté , on détache la corde H. qui devient inutile, 5c qui pourrait empêcher l’execution de la Machine j ôc l’on garnit la cuillère A. de les grenades , enfuite on met le feu aux fufTées de ces mêmes grenades 5 5c là ns perdre teins, on lâche la detente du piquet G. Alors le crochet B. ne retenant plus le bout A. de la bafeuie, elle fait lôn jeu en liberté, c’eft- à-dire, que le bout C. de la bafeuie étant conlîderabîement plus chargé que le bout A. celui-ci fait avec vthemencc le trajet depuis le point G. j’ufqu’au point K. où il eft arrêté par l’efpece d’arbalete de corde marquée L. Ainlî par cè mouvement lembla-bie à celui des frondes, le bout A. de la bafeuie jette les grenades qui font dans fa cuillère , plus on moins loin félon que la caifte c. eft plus ou moins pefante 5 Se les jette certainement bien plus loin qu’on ne les petit jetter avec la main.
- En fuppofant que les grenades que l’on veut jetter aux Ennemis , ont été faites dans des moules d’égale grandeur , quelles font chargées de la même quantité de poudre, 5c quelles font par confèquent toutes de même poids, je dis qûe cette Machine 'les jettera toûjours très durement dans le même endroit , parce-que fon effort fera toûjours égal ,5c que foivant ce principe in-conteftable , aïant pris vos mefures pendant le jour , vous pouvez incommoder les Ennemis pendant toute la nuit fans les voir* Sc vous les empêcherez d’avancer leurs travaux. Si par les épreuves que vous ferez pendant le jour, vous voyez que vos grenades ne vont pas aflez loin , vous chargez d’avantage la caille C. de la bafeuie. Si elles vont trop loin , vous la déchargez 5 ce poulies Faire aller, ou plus à droit, ou plus à gauche, vous braquez facilement vôtre Machine, en faifant changer déplacé aux pieds droits E. F. Ainli aïant remarqué pendant le jour où eft la tête de la tranchée des Ennemis, & les endroits,où vous jugez qu’ils doivent faire quelque ouvrage, vous y jetiez pendant toute la nuit des grenades, 5c vous les empechez de travailler. L
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- 8 à Defcrïptlon dt& Cahinet
- MOYEN DE DEC0VVR1R LES
- travaux des Ennemis%
- Planche LXXX. Figure i 14»
- DÀns une place affiegée , Iorfque les Ennemis Ce font rendus maîtres du chemin couvert , &de tous les dehors, de qu’ils ont ruiné par leurs canons vos flancs de vos parapets , vous ne feauriez fans beaucoup de rifque, découvrir les Ouvrages qu’ils font pour pafler le fofle. Comme il eft cependant très important que vous en foïez informé, vous êtes fouvent obligé de fàcrifîer de bons fiijets pour les envoïer à la decouverte. Ces bons fujets font toujours rares, fur tout à la fin desfleges 5 de comme il faut qu’ils s’expofent à tout le feu des parallèles des affiegeans, pour s’acquiter de leur commiflion , il arrive fouvent , ou qu’ils y font tuez, ou que la peur les empeche de voir les objets tels qu’ils font, ou de le donner le tems de les fuffifamment examiner 5 ils vous font de faux rapports} de fl leurs raports font fidelles, il faut convenir qu’ils vous coûtent très cher. C’eft donc pour Ce pre-cautionner contre les inconvenîens de cette fltuation, que Mon-fleur de Servierea imaginé la prefente Machine.
- Du long le rempart du côté de l’attaqne l’on creufe les puis fecs marquez A. dans lefquels on place les deux arbres ou on-gues pièces de bois B. C. de maniéré que la piece B. foit fôlide-ment arrêtée par fon bout inferieur, au terrain du fonds du puis, & par fon bout fuperieur , aux croifées E- de que la féconde piece de bois c. foit libre, de puiflè s’élever de s’abaiflèr à coulis tout le long de la première s ce qui Ce fait au rnoïen de ce que la piece c. eft garnie à fôn bout inferieur , du eurféur D. de ce qu’elle paiïè librement dans l’ouverture du milieu de la croifée E. de au moïen de ce qu’elle eft tirée de bas en haut parla corde G. qui eft attachée à fon bout inferieur >de qui pafîant par la
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- Defmptkn du Cabinet S 3
- poulie TJ. eft tirée elle-même à force de bras par des Soldats.
- Au bout fuperieur de la piece de bois C, l’on place la guerite T. que l’on a fait à l’epreuve du moufquet , ôc dans laquelle on fait encrer l’Ingenieur, qui veut découvrir les travaux des Ennemis. En élevant comme j’ai déjà dit, à force de bras la piece de bois C. on eleve en même tems l’Ingenieur dans là guerite , 8c la piece de bois C. écant longue , on l’éleve fuffifamment 5 pour qu’il puiflè découvrir prefque toute i’étenduë du fofTé. Quand il eft élevé au plus haut point, il regarde à loifir fans beaucoup rif-quer , ce qui fe paile, à travers les petits crenaux de fa guerite, qui le garantit des coups de moufquet 5 & lorfqu’il a fuffifam-ment examiné toutes chofes, il fait le lignai dont on eft convenu, & on le defeend , en lâchant la corde G. l’on peut fe fèrvir de cette machine, autant de fois qu’il eft neceffaire d’avoir des nouvelles des Ouvrages des affiegeans 5 8c celui qui s’en fert , ne rif-que que le canon j ce qui n’eft pas la centième partie du rifque , auquel il s’expoferoit , s’il avoir à craindre le feu de la mouf-queterie. D’ailleurs les Ennemis n’étant pas precifement informez de l’endroit où font conftruits vos puis, ils nont pas leurs pièces de canon braquées contre la Machine, lorfqu’elleeftélc-vée 8c qu’elle paraît 5 8c quand il les auraient, il faudrait que le Canonier fut bien habile 8c là piece bien jufte pour donner dans le petit efpace de la gne.rtte . & de l’arbre qui la foutient.
- L’on peut ajouter à cette machine le contrepoids K. qui en facilitera l’execution, à caufe que fa corde étant attachée au bout inferieur de la piece de bois C. 5c paflant par la poulie L. tirera toûjours de bas en haut la piece de bois c. de cette maniéré un ©u deux hommes fuffiront pour la faire agir.
- L
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- Defcription du Cabinet*
- #4?4?44?,*44?4*4?4?444?4-4?4?#4>4‘44?4,4,4’4,4’4?4’4,44i
- CLAÏDAS D'VNE NQVVELLE
- invention.
- Planche LXXXI. Fi&ïïie nj:
- }E nomme- Claydas,. ce que dans les places de guerre on spellê communément barrières , ou portes treilliffées. des ouvrages avancez , & des coupures , que l’on pratique au glacis, pour en-, trer dans le chemin couvert 3 ou pour en fortir. Le Claydâs A. que je propofe ici, n’eft different de ceux, dont on fe ferc communément , qu’en ce qu’il eft garni de la fraife B. de laquelle je précens qu’on peut tirer une grande utilité. Car elle éloigne l’Ennemi } au lieu, que les Claydas qui n’ont point cette .fraife , ne couvrent pas plus les affiégeans , que les affiégez , quand iis font attaquez, Se que les Soldats qui veulent les enfoncer, y font leurs efforts.Âlors ceux qui s’attaquent dé près-à.-près . de qui n’ont entre deux , qu’un Claydas fimple , n’en tirent pas plus d’avanta-ge les uns que les autres. Ainfi un des ^points effentiels dans la defence de toutes fortes de fortifications étant de.rctenir le plus que l’on peut l’Ennemi à une certairiediftance , de de lui donner à cette, diftance où il peut effuïer tous vos coups ,. des obftacles . à furmonter 5 la fraife que je propofe d’ajoûter au Claydas, retiendra l’Ennemi à la diftance requife , & pendant qu’il s’occupera à la rompre à coups de hache, les affîegeans lui feront effuïer leur feu , de même leurs coups de pique de dehalebarde.
- Afin que la fraife B. de ce Claydas*n’embarrafle point le-paffage , lorfqu’il eftqueftionde l’ouvrir 5 on pratique une entaille horifôntale dans le glacis des deuxt cotez du paflàge' 5 &, comme le Claydas s’ouvre à deux bâtant, les deux portions de. fes fraifcs trouve leur place dans ces entailles} de le chemin refte suffi libre , qu’avec des Claydas ordinaires 5 &,celui-ci s’ouvre de fe ferme suffi promptement de avec la même facilité . que les. ; autres.
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- De zSMr. de Serviere.
- «5
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- BARRIERES PORTATIVES.
- Planche L X X XIL Figüie i i 6.
- LOrfqu’on fait la guerre dans des païs de montagnes, ou dans des lieux coupe2 de hayes vives, 6c de foflez larges 6c profonds , il fe rencontre bien des occafions , où les Ennemis ne peuvent vous attaquer que de front ,6c par un féal chemin.
- Dans ces ùtuations merveilleufes pour la defenfîve , h l’on fait mettre à profit tous les avantages , l’on difputera long-temsle terrain malgré la fuperiorité du nombre des Ennemis > 6c parmi les difïèrens moïens qu’on peut mettre en ufàge pour febien défendre , on pourra fe lervir des Machines que je propofe ici, Elles font compofees de plufieurs barrières palifladées 6c frai-fées , fembiâbles à celle marquée ^. Icfquellcs vous placez dans la largeur du chemin , par où lés Ennemis viennent à vous. Elles font confiâmes de maniéré qu’elle peuvent fe lever 6c -s’abaiflér fur l’efpece de chafîis B. félon que vous en-avez befôin.
- Lorfqu’il efl’queftîon de -lever ces barrières , elles font foute-mues droites au moïen des barres c. qui leur font attachées par un de leurs bouts avec des boucles de fer , 6c qui les buttent par leur autre bout contre le chafîis B. oùil y a des entailles pour Jes retenir 5 6c s’il faut abbaifîér ces barrières fur leur chafîis , on le fait facilement, en ôtant les barres C. qui les foutenoient, A l’égard de la frarfé D. elle eft compofée, comme l’on voit, de plufieurs demirpallifîades attachées par leurgros bout avec des chevilles de fer mouvantes, au milieu 6C dans les entredeux des grandes paliilàdes E. en forte que lorfijue les barrières font: élevées, ces demi-palifïàdes fe baifîént d’elles-mêmes horizontalement , 6c prefentent leur pointe du côté de l’Ennemi. Elles font foutenuës dans cette fituation par la traverfé F. qui retient leur gros bout. Mâis lorfqueles barrières font abaifiees, ces de-
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- 8é Defcription du Cabinet
- mi-pallifladcs D. trouvent leur place » & fe rangent dans les en* tredenx des grandes palliiTades £.
- Comme on a garni de roulettes les chaffisS. furlefquets ces barrières repofent, ont peut avec des chevaux ou a force de bras les faire avancer ou reculer 5 Se lorfqu il eftneceflfaire3on les range non feulement , comme nous avons déjà dit , dans la largeur du chemin , mais encore on en met plufieurs rangs de diftance en diftance 3 les uns derrière les autres, 6e plus ou moins felon la longueur du terrain que Ion veut dif-puter.
- Tous ces diiferens rangs de barrières ainfi rangez , on les laifle d’abord abaiffées, tant pour en ôter la connoiffance aux Ennemis , que pourlailferle chemin libre. Enfuite lorfque les Troupes que vous avez en avant , font attaquées 5 s il arrive quelles foient preffées de fe retirer, elles panent fens^embarras par deflus le premier rang de vos barrières. Aufli-tot qu elles y ont pafle , elles les élevent Se par ce^molen elles forment dans l’inftant un retranchement, qui arrête , pour ainli dire , l’Ennemi fur le cul. Vous vous défendez avec avantage derrière ce premier rang de barrières. Si vous y ctes forcez , vous venez faire la même manoeuvre au fécond rang , du fecond au troifiéme , Se fucceffivement des uns aux autres. Et par cemo-ïen, ou vous rebutez l’Ennemi qui veut vous pourfuivre 5 ou du moins vous lui faites acheter bien cher le terrain que vous lui cedez 5 Se vous donnez le tems à vos Troupes de fe retirer en bon ordre.
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- jy.ire
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- De M*. de Servtere.
- 8?
- FAÇON D'ECHELLE EARTL
- cultere.
- Planche LXXXIII. LXXXIIÏI. Figure 1x7,
- 118. 115. & 120.
- LÀ Figure 117. reprefente un modelle d’eehelle quon peut emploïer à differens ufàges. Ses échelons A. B. font attachez les uns aux autres à une diftance convenable avec les cordes G. Ils ont chacun leur bout de groflèur 6c de figure differente. Leurs gros bouts A. font creufèz 5 6c leurs bouts b. font terminez en cheville. De cette maniéré ces difïerens échelons peuvent s’em-boitter les uns dans les autres , 6c former enfemble la longue perche D. à l'extremité fuperieure de laquelle, il y a le grand crochet de fer E.
- Cette perche T>. étant de la longueur neceflaire pour atteindre à l’endroit où vous voulez monter, vous y pouvez facilement arrêter fon crochet E; Enfuite vous n’avez qu’à tirer fon bout inferieur , c’eft-à-dire, le premier échellon 5 vous deboite-reztous les autres, 6c vous trouverez que vôtre perche D.fe changera en échelle.
- Ces fortes d’échelles font très commodes ; elles font d’autant plus propres pour des expéditions lecrettes, quelles font très légères , 6c qu’on peut les renfermer démontées dans un fac, 6c les porter , fans qu’il parodie que vous portez une échelle.
- Les échelles reprefentées parla Figure 118. font d’un excel-lens ufage pour furprendreune ville.
- Chaque grande échelle femblable à celle marquée^. eflrcom-pofée de plu fleurs portions , ou pour mieux dire de plufleurs petites échelles , qui en forment enfemble une foffifàment grande pour atteindre du folle au rempart. Suivant ce que l’on voit par la Figure , ces portions d’échelle que je marque 3. ont leur
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- SB cDefcriftton du Cabinet
- bout inferieur plus large que leur bouc fuperieur , afin quelles puilfent s’aflembler les unes dans les autres 5 & pour que cet af-fembiage foitjufte,toutes les extremitez de leurs branches font entaillées de façon qu elles emboittent les derniers échellons prolongez des unes, de les premiers échellons des autres. Ces diffèrens emboitages font garnis de petites bandes de fer , qui les fortifient fuffifamment, de qui rendent la grande échelle encore plus foiide, que fi fes branches étoient d’une feulepiece.
- Au bout fuperieur de la grande échelle , il y a des roulettes C. qui facilitent le naoïen de la drelier contre le mur de l’efcar-pe j de l’on ajoûte aufli les crampons T>. à fon bout inferieur,, afin que lorfqu’elle eft dreffée, de qu’on y monte deflfus , elle ns puifie pas reculer.
- S’il s’agit de le fervir de cette Machine pour furprendre une place ennemie j il faut avant toutes chofes être informé au jufte de la hauteur de l’éfoarpe, c’eft-à-dire, de la hauteur deia muraille du remparc, ce qui eft très facile à favoir.
- Suivant cette hauteur vous faites conltruire fecrettemenr plus ou moins de ces petites échelles B. pour former la quantité des grandes échelles A. dont vous jugez que vous avez befoin. Enfuite vous difiribuez’aux Soldats que vous emploïez à cetts expédition ces portions d’échelles, qui font peu longues, de par confequent peu pelantes de peu embarrafiantes. Âinfi chacun ;<de ces Soldats porte facilement fa portion d’échelle avec fon armes de lorfqu’ils font arrivez au pied du mur fils alîemblent auffî. tôt les portions de- leurs échelles 5 de les aïant dreliées, en moins d’un demi quart d’heurè ils font en état d’efcalader la place,avant que l’Ennemi puillè s’y oppofor 5 fur tout fi l’on peut ménager bien fècrettement cette entreprife , de fi pour l’executer on fait profitér.de l’obfcurité de la nuit.
- L’on voit par la figure 115?. un moïen de monter avec beaucoup de facilité le long d’unecorde , pour entrer pendant la nuit dans une place de guerre, ou pour s’introduire par les fenêtres dans un apartement élevé.
- Si vous avez quelque correfpondancedans l’endroit où vous voulez monter, on pourra vous jetterla corde A. qu’on aura fondement arrêté par fon bout fuperieur 5 fi vous n’y avez point de
- correfpondance
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- De A4r, de Serviere. 89
- correspondance , vous y pourrez jetter à force de bras le grapin 5. qui s y acrochera folidemenc , fùrtout fi c’eft fur le terrain du parapet d’un rempart.
- ^ En jettanc ce grapin de bas en haut, vous l’accompagnerez d’une petite ficelle, qui ne l’empechera pas de s’élever, & de fuivre l’impulfion de la main. Cette petite ficelle doit être fort longue, 8c doit palier dans la boucle du grapin 5 afin que lorf-qu’il eft une fois bien.acroché , elle y puiflè faire paffer la grofîè corde A. qui eft attachée à un de fes bouts .• ce qui fc fait, comme on le peut comprendre aifément , en la maniéré fuivante. On tire la ficelle par fon bout C. non feulement jufqu a ce que la grofte corde A. qui eft attachée à fon bout D.foit élevée juC-qu’au grapin 5 mais encore jufqu a ce que la corde A. aye toute pafie elle-même dans la boucle du grapin. Alors le gros nœud qui eft au bout E. de la groftè corde ,* l’empeche de couler d’avantage dans la boucle, & i’y arrête fblidement.
- La groffè corde A. étant par un de ces deux moïens bien arrêtée dans l’endroit , ou vous voulez monter , vous y enfilez la pieee F. laquelle eft une efpece de tenaille, qui a au bout de fes branches les étriers G. H. ôc qui ferre ou lâche la corde , félon qu’il en eft befoin. Enfuite après avoir pafie vos pieds dans les étriers G. H. vous empoignez avec vos deux mains la corde a. le plus haut que vous pouvez 5 8c vous étant élevé au point où vous l’avez empoignée , vous attirez avec les pieds & en vous racourcifïànt les tenailles F. Ce premier mouvement étant fait, vous vous fervez de vos pieds qui font toujours dans les étriers pour ferrer les tenailles 5 & comme plus vous vous appuyez fur ces étriers , plus les tenailles ferrent 8c mordent fortement la corde 5 vous vous y laiftèz porter entièrement. Vous lâchez de vos mains la corde & l’aïnrn- mi peu plus haut, yous re-
- faites la même manœuvre 3 enfin en continuant, comme jè viens de l’expliquer, ces deux mouvemens , c’eft-à-dire, celui de vos mains, 8c celui de vos pieds , vous montez infenfiblemenc tout le long de la corde , fans beaucoup de peine , fans embarras ,8c même fans autre danger , que celui qui pourroit vous arriver , fi la corde ne fe trouvoit pas allez folidemenc attachée au lieu où tous voulez monter.
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- La Figure i 20. cfl: un moïen très {impie & très commode pour s’écouler le long d’une corde , & décendre d’un lieu même fort élevé fans peine ôt fans fe faire aucun mal aux mains. Aïant pris la piece de bois A. canelée fur fa fuperficie en ligne Loir aie , à laquelle vous avez attaché avec la corde C. le bâton b. par le milieu de fa longueur 5 vous faites palier la grolfe corde 11 dans les contours canelez de cette piece A. Enfuite vous étant mis à cheval fur le bâton B. vous empoignez la corde D. du long, de laquelle vous devez décendre. Ainli comme vous êtes ful-pendu à la piece A. ôc que cette piece ne fàuroit couler du long de la corde,à caufe du frottement quelle y fait, qu’à mefure Sc à proportion que vous lâchez la corde 5 vous vous trouvez ablo-Jument le maître, non feulement de décendre très doucement, fi vous le fouhaitez , mais encore de vous-arrêter où vous" voulez.
- On peut ajouter au bout' lùperieur de la piece A. une autre piece de bois marquée E. percée par le milieu, & garnie d’une peau qui vous garentic les doigts, vous pouvez vous apuyer de la main gauche fur cette piece E. tandis que de la main droite vous lâchez , ou vous retenez à vôtre fantaifie la corde D, mais cette piece ajoutée me parole alfez inutile.
- 4? 4° & r£ 4? # # 4? # rP 4* # # ^ $r!’ 4’ 4? 4 4 4 4 4 4* 4° 41 # I
- MACHINE FJIEE EN BROVETTE four tôt fer au jufie la àtflance qu'il y a dun; lieu en un autre.
- Plancha L XXXIV. F I G U R. E I 2 I.
- LÀ maniéré ordinaire de toifer’eft affèz embarraflànte 5 if faut emploïerau moins trois perfonnes, & il faut ou une grande. habitude,ou une grande aplication à celui qui toife,pour ne pas tomber dans des erreurs de. calcul.- Celle que je propose ici par la- broüçtte A. n’a aucun de. ces inconveniens ; unç-
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- feule perfonne avec Ton fecours peut mefurer avec beaucoup de régularité des diftances très conftderables , fans aucun travail d’efprit, 6c fans lavoir même aucune réglé d'arithmétique. La Machine feule fait toutes les operations neceflaires, 2c pourveu quelle foit faite par un habile ouvrier -, & quelle doit conduite en droite ligne j elle pourra mefurer des millions de toifes fans aucune erreur. A la vérité elle ne peut fèrvir , que pour une des dimensions qui eft la longueur , 6c fon ufage eft plutôt pour mefurer les diftances qu’il y a d’un lieu à un autre , que pour toifer des travaux.
- La grande roue B. fur laquelle toute la broixette J. s’appuie lorfqu’elle eft en marche a quatre pieds juftes de circonferencej, & les autres trois roues C.D. E. font dentées & divifées fur leur champ en plutieurs degrez. Les degrez de celle notée C. marquent les unitez de pied , & les imitez de toife, Et enfin les de-grez de celle notée E. marquent les centaines, fi l’on veut même , les mille. Toutes ces différentes roues repondent les unes aux autres par des pignons communs , qui ont plus ou moins de dents, félon qu’il eft neceflaire j en forte que toutes les 60. fois que la roue B. tourne , elle fait faire un tour à la roue C. -, que celle-ci toutes les fois qu’elle fait un tour , fait avancer d’un degré celle notée D. & qu’enfin celle notée D. à chacun de fes tours, fait aufii avancer d’un degré la derniere rouë E.
- L’on obferve les devrez ou differentes divifions des trois roues C. D. E. au nioïen de trois éguilles fixes , que vous voïez dans la Figure, 6c qui lont attachées aux branches de la broixette. C es éguilles ne changeant jamais de place , dénotent la quantité de degrez , que les roues ont fait 5 ou encore mieux la quantité de pieds Sc de toifes,que la brouette a parcouru depuis le point,d’où elle eft partie.
- Pour mettre cette Machine en execution , vous faites rouler vôtre brouette ^ après avoir vu fi les trois éguilles font bien fur les premiers degrez des roues. En fuite vous n’avez autre choie à obferver , que de la conduire exaclemeut en ligne droite , depuis le point d’où vous partez jufqu’à celui où vous voulez aller 5 ôc quand vous y êtes arrivé , vous regardez vos éguilles : alors elles vous marquent prççjfément & très jufte , la quantité de pieds &c
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- Cfh Description du Cabinet
- de toifes que vous avez parcourue,iàns que vous vous {oyez donné la peine de les conter.
- & & &&&&&&&&&&& W *¥ V W ^ ^ L¥ ^ V *$* ^ ^
- AVERE MACHINE POVR MESURER
- la âijiance des lieux.
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- Planche LXXXV. Figure
- LA prelente Machine eft faite pour le même u (âge que la precedente 5 mais elle eft beaucoup plus fimple & plus commode, & par deftus cela elle a un avantage particulier que j’expliquerai.
- La roue A tourne entre les deux branches de fer J. qui font plates 5 &. qui étant unies enfemble au pointe font faites en fourchettes. Ces branches ont une vis au point de leur union C. que vous pouvez faire entrer, quand vous le fbuhaitez, dans une ecrouë que l’on a pratiquée au bout.de vôtre canne} en forte que quand vous l’y avez ajuftée , vous pouvez faire rouler devant vous en marchant la roue A. encore plus facilement, que vous ne feriez rouler la brouette dont on a parlé» •
- Pour que cette manoeuvre puiflè venir aux mêmes fins de la Machine precedente , vous ajoûtez à une des branches B. la boette D. dont la furface plate, qui eft celle que vous voïez , a deux fortes de divifions fur deux cercles faits en cadran. La première divifion qui forme le plus grand, cercle, marque les imitez des pieds ôc des toiles ; 5c la féconde qui forme le plus petit cercle , marque les dizaines , les centaines & les.milie-de toiles. Cette elpece de cadran a auffi deux éguilles de differente grandeur. La plus grande doit marquer fur le gtand cercle les unirez , 6c la plus petite doit marquer fur le petit cercle les dizaines, les centaines 5c les milles. Ces deux éguilles avancent fur la circonférence de leurs cercles, à-mefnre que vous faites rouler devant vous la roue A 5& à proportion des pieds & des soîies qiiQ.yous lui faites parcourir i & lçs mouvçraens qui les
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- font ainiî avancer, viennent principalement de Taxe de la roue A. comme nous l’allons expliquer.
- L’axe de la rouë A. étant coudé au point F. tire à chaque tour que fa rouë lui fait faire, la branche F. & ce mouvement iê communique en meme temsà la grande éguille , & fucceffi-vemenc à la petite, comme il eft facile de le remarquer par le de-velopement de la beëtte B. quirenferme tout l’artifice.
- Ce developement fait voir que la branche F. répond par l’anneau G. & par les detentes£/.au cliquet/. & qu’à chaque fois-que ce cliquet agit, il fait avancer d’un cran le rochec JT. qui dirige immédiatement la grande éguille. Il fait encore voir que le rochet K. répond mediatement par les deux roues L. M. & par leurs pignons à la petite éguille , 62 que les div liions des dents des roues L. M. & de leurs pignons , font proportionnées au chemin , qu’il faut que la petite éguille falfo fur ion cadran , pour marquer les dizaines de tour que l’on fait faire à la rov.ë-A. , ou pour mieux dire , tous les tours que la grande éguille fait 5 ce qui doit être la même choie.
- Ainfi ayant que de vous fervir de cette Machine , vous voïe'2 ft vos éguilleslonc fur le premier degré des unirez, enfuite vous n’avez d’autre attention,qu’à conduire exactement en ligne droite vôtre rouë A. depuis le point d’où vous partez,jufqu’i celui où vous vouiez aller 5 & vos éguilles d’elles mêmes marqueront le nombre de tours ,que fera vôtre rouë A. , c’eft-à-dire , que comme la circonfereuce de vôtre rouë A. vous eft connue , vos éguilles vous marqueront exactement le nombre de toifes & de ne vous lui aurez fait parcourir , fans que vous aïez eu la peine de les compter.
- A l’égard de l’avantage particulier que cette Machine a fur la precedente, je diray qu’il confifte en la boëcte D. détachée du refte des pièces dont nous venons de parler, c’eft-à-dire, desbranches F. 8c B. & par confequent de la rouë ^
- Cette Boette que je fupofe être faite comme celle dés montres de poche ordinaires fe met dans vôtre gouifer. Vous attachez à fon anneau G. un ruban , que vous faites palier fous vos cal-qons, & que vous faites repondre à vôtre jarretlere 5 en force qu’à chaque pas que vous faites, i’extenfton de vôtre jambe tirée
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- l’anneau G. & fait par là agir le cliquet T. Se par confequent tout l’artifice qui eft renfermé dans la boëtte. Par ce moïen vous étant formé l’habitude de faire vos pas égaux , Se connoiflanc leur valeur, vous pouvez tirer le plan d'une place Ennemie, fans qu’on s’en aperçoive, & en prefence même des Officiers qui y commandent j car en vous promenant avec eux lur les remparts, vous tirez vôtre prétendue montre,& en faifant femblant devoir quelle heure il eft , vous regardez à quel degré font vos. éguilles. Enfuite IViant remife dans fon lieu , & y accrochant auffi-tôt le ruban en queftion , vous marchez fans vous embar-rafler d’autre chofe , que d’aller en ligne droite 5 & lorfque vous êtes arrivé au bout du terrain que vous avez voulu mefiirer , vous décrochez vôtre ruban 5 Se les éguillesa de vôtre boëtte demeurent dans la fituation où elles fe trouvent, jufqu’à ce que vous puiffiez les regarder ou en vôtre particulier , ou ibus le même pretexte dont vous vous êtes déja fervi,
- 4?4?4?4?4?4?4,4,4,4?4?#4,4?4’4?4?4>4>4,4?4?4?4>4?4,4!4?4;,4?'$?ff P V P 1 T R £ D’vNE FJ C\ ON
- particulière Qf très commode pour les gens d’étude.
- Planche LXXXVI. Figure 123,
- DAns le livre que Rame! y a donné au public , on voit une Machine pour le même ufige 5 mais elle eft beaucoup plus compofée , plus embarraftànte , Se par confequent plus difficile à executer , &plus fujette Aie détraquer j an lieu que celle que je propofe ici, eft des plus fimples.
- L’une Se l’autre peuvent fervir aux peribnnes, qui s’attachent à l’étude , Se qui compofènt 5 principalement à ceux qui font incommodez de la goûte j car par le moïen de cette Machine , vous pouvez fans changer de place Se fans bouger de vôtre fauteuil , lire fucceffivement piufieurs livres les uns après les autres
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- & bien loin d’avoir la peine de les aller chercher, ou de vous les faire apporter , vous les faites facilement venir à vous.
- Les deux grandes rouës-A. B. font folidement attachées l’une à l’autre par Taxe C. qui les fait tourner enfemble fur les pieds droits D. Entre ces deux grandes roues , 6c au tour de leur circonférence , il y a les tablettes ou pupitres E. qui y font retenus par les efpeces d’axes coudez F. Ces fortes d’axe coudez font mouvans dans les grandes roues, en forte que lorfque les roues tournent , le poids des pupitres les tient toujours dans la même fituation , 6c les empêche de bafculer ôc de perdre leur équilibre.
- Avant que de travailler,vous rangez fur les pupitres E. tous les Livres dont vous jugez que vous aurez befoin. Enfuite vous étant placé dans le fauteuil G. vous lifez le Livre qui fe prefente d’abord à vous 5 Se lorfque vous en voulez un autre , vous le faites facilement venir à la place du premier , en tournant avec la main les grandes roues A. B-.
- Si vos Livres fe rencontrent de differente grandeur ou grof-leur , Se que tous les plus pefans fe trouvent rangez d’un côté s Se les plus légers de l’autre 3 le fort emportant le foible, vôtre Machine bafculera toujours , Se vous ne la pourrez pas contenir commodément dans la fituation que vousfouhaitterez. Ainfi pour obvier à cela on pourra ajouter l’arrêt H. qui entrera dans les petites entailles de la grande roue A. Se qui la retiendra au point convenable,tant que vous ne voudrez point changer de Livre 5 mais qui lui laifferacependant là liberté de tourner, lorfque pour le lâcher , vous appuyerez le pied fur la detente I.
- A la place de la Machine que nous venons de décrire, vous pouvez ranger vos Livres au tour d’une grande table ronde , que vous ferez contraire , de maniéré quefon deflus puiffe tourner fur un pivot 5 ce qui fe fera facilement, en plaçant le pivot au centre de vôtre table fur un de fes piliers , 6c en gàrnifiant les autres piliers qui foutiennent fa circonférence de petites roulettes. Par ce moïen qui efi; très fimple, lorfque vous aurez fuffifam-mentlfi le Livre , qui fera devant vous , 6c que vous en fouhai-terez un autre, vous le ferez facilement venir à la place dn premier , en tournant la table avec la main.
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- Defcription du Cabinet
- CHAISE OV FAvTEVI L 7R E( S commode pour les boiteux 3 ou pour ceux qui ont la goûte aux jambes j & par h moïen duquel on peut Je promener dans un apartement de plein pied, ou dans un Jardin ,fans le Je cours de per~ fonne>
- Planche LXXXVII. Figure 124.
- COmmele fauteuil A. repole tout entier fur les cinq roues B. B. C. C. 6c T>. l’on remarquera que non feulement il doit marcher de toute neceflité, iorfque fes roues tournent; mais qu’il doit encore avancer ou reculer , 6c aller à droit ou à gauche, fe~ Ipn les differens tèns que les roues tiendront entre elles dans leur mouvement.
- Cependant pour l’execution de cette Machine , dans l’état que la Figure la reprefente , il ne faut donner le mouvement qu’aux deux principales roues B. B. Car les deux C. C. ne fervent proprement que pour foutenir en équilibré le fauteuil ; 6C la ton dion de celle marquée Z>. 11’eft que pour le faire tourner plus exactement.On donne le mouvement necedaire aux deux roues principal escn cette maniéré.
- Ces roues B. B. étant dentées fur champ , repondent par leur pignon E. 6c par l’arbre , ou le long effieu F. aux manivelles G. Ainti Iorfque vous êtes afîis dans le fauteuil A. 6c que vous tournez avec vos mains les manivelles , vous faites neceflairement tourner les roues B. 6c par confeqnent vous faites marcher le ‘auteüil. Si vous fouhaitex aller en avant 6c en droite ligne, /ous tournez également 6c en même terns vos manivelles ende-lors. Si vous fouhaitez reculer auffi en droite ligne , vous es tournez en dedans 5 c’eft-à-dire , dans un feus tout op-
- poté
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- pofé au premier. Si c’eft à droit ou à gauche que vous voulez aller , vous tournez inégalement vos manivelles , St plus ou moins félon qu’il eft neceifaire 5 St enfin lî vous voulez tourner fur un point , vous n’avez qu’à tourner les mêmes manivelles à contre feus l’nne de l’autre , je veux dire, l’une en dedans , èc l’autre en dehors.
- Vous pourrez ajoûter au fauteuil les autres commodîtez qui font en ufage pour le fervice des malades 5 comme de brifèr fon doffier pour lui donner plus ou moins de pente , ôtd’y pratiquer une petitetable, un pupitre St un marchepied 3 & pourveu que cette Machine foit executée par un bon ouvrier,ôt qu’on y obier-ve les jolies proportions qui doivent être entre les roues B.les pignons C. St les manivehes G. vous n’aurez befoin que d’un très petit effort, pour la faire marcher 3 St vous le pourrez même faire avec deux doigts. L’invention de la roue D. eft une des pièces des plus cuneufes de cette Machine, St là difpofition 1ère de beaucoup , pour en faciliteri’execution.
- J 4 4 4’ 4 4 4°444444 4 4° 414 4 44 44444 4 44444#
- MOTC N DE TIRER V N PAYSAGE, ou de copier un Tableau , fans favoir dcjjiner5 Gf fans voir ce que l'on fait.
- Planche L X X X VII. Figure np
- \ J Ous placez la toile, ou le papier fur lequel vous voulez tra-V vaiîler, vis-à-vis le païfàgc , ou vis-à-vis le tableau , que vous vous êtes propofé de deffiner } St vous l’attachez dans une firuarion perpendiculaire fur le chaffis A. qui eft garni de la grande réglé B. cette réglé B. eft fufpenduë par les petites ficelles c. kiquelîes après avoir paffé par les poulies D. E. fe réunifient, pour pafier enfemble par la double poulie F. St pour repondre au contrepoids G. qui eft placé à cou lifte derrière le chaffis 5 en forte que le contrepoids tire toujours de bas en haut la réglé, comme
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- $8 T)eferîfilon àîi Cabinet
- on peut le voir par le revers du chaffis.
- De cette maniéré la réglé B, peut facilement selever, fe baif-fer, êc parcourir toutes les parties de vôtre toile , ou de vôtre papier 5 mais elle ne s’y peut mouvoir qu’horifontalement 5 ce qui effc eftèntiel à remarquer. Elle eft garnie à un de fes bouts de la pointe ou éguille H. êè dans fon milieu du craïon & porte craïon /. lequel parle moïen d’un petit reilort, peut s’avancer plus ou moins, félon qu’il eft neceilaire , pour marquer plus ou moins fort fur vôtre papier les traits des Figures que vous def-finez.
- Vous ajoutez à cette Machine la pinule K. que vous pouvez placer à vôtre fantaific , plus ou moins près du chaffis A. 8eque vous pouvez de même, ou élever, ou bailler au moïen de ion foutien L. qui vous laifte la liberté de placer la pinule e» difte-rens fens.
- Enfin aïant difpofé , comme nous l’avons déjà dît, vôtre Machine vis-à-vis des objets que vous voulez deffiner, Sc aïant arrêté vôtre pinule au point, où. il convient qu’elle refte pendant tout le tems que vous travaillerez! en fermant un ceïl , vous regardez avec celui qui eft ouvert au travers de la pinule K. &: tenant de la main droite le porte craïon I. & par confcquenc la réglé B. vous faites parcourir fûcceffivement à fa pointe H. tous les principaux traits des objets prGpofèz. Et comme en fupofant toû-jours que la réglé ne peut 1e mouvoir qu’horifontalement, vôtre craïon fait fur le papier le même chemin que la pointe H. fait fur les traits des objets propofez} vous les faites marquer à vôtre craïon , & par ce moïen vous les defîînez fur vôtre papier , ou fur vôtre toile , d’autant plus jufte 8c plus regulierement , que les réglés de perfpeétive ne fàuroient jamais être mieux obier-vées. Après avoir examiné cette Machine, on conviendra qu’avec fon fecours on peut deffiner un païfâge,ou copier un tableau, fans favoir deffiner, &C même fans voir ce que l’on faitjpuifque vous ne regardez jamais vôtre craïon , & que toute vôtre attention doit être à faire fuivre regulierement à vôtre pointe H, les. principaux traits des objets propofez;:
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- LAMPE 7 RE S COMMODE, qui en éclairant beaucoup plus que les autres, échaufe iendroit éclairé 3 & ne fatigue pas la meus.
- Planche LXXXVII. Figure 126.
- TOut l’artifice de cette lampe confifte en la piece B. qui eft d’étain, ou de quelqu’autre métail qu’on voudra , pourveu qu’on le puiffe polir.
- Cette piece B. eft une demi-ellipfe , ou figure parabolique qu’on a pris foin de faire avec les plus juftes proportions, 8c dont on a poli la furface intérieure, le mieux qu’il a été poffible. On place dans fon foyer , je veux dire , dans le milieu intérieur de la Figure parabolique, le lumignon de la lampe que je marque A. En forte que comme les raïonsde lumière qui en partent, 8c qui tombent fur les cotez intérieurs , fè reflechiflent toujours en ligne parallelle à l’axe de la Figure parabolique ; iis éclairent l’endroit qui répond à fon ouverture, beaucoup plus qu’ils ne feraient fans cette refiexion 5 8c fe réunifient fi bien , qu’ils y échaufent l’air fenfiblement à plus d’un pied 8c demi de diftance.
- Âinfi en fe fervanc de cette lampe dans fon cabinet pendant l'hiver, 8c la plaçant fur fa table de maniéré qu’elle éclaire le livre que vous liiez , ou le papier fur lequel vous écrivez 5 vous reffentez aux mains allez de chaleur , pour n’avoir pas befbin d’allumer du feu à vôtre cheminée 5 fur tout fi vôtre cabinet eft: petit , 8c qu’il foit bien fermé, 8c fi vous avez pris les précautions neceflaires pour vous garentir du froid au corps, à la tète 8c aux pieds 5 ce qui eft affez facile.
- Outre l’avantage que cette lampe a , d’éclairer plus que les autres, 8c d’échauffer 5 elle a encore celui de conferver la veue, 8c l’on en conviendra facilement, en faifant reflexion que le lu-
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- mignon d’une lampe ou d’une bougie, eft ce qui fatigue le plus les yeux , lorfqu’on travaille la nuit 5 de en faifant attention , que fùivant Iadifpofiticn où cette lampe doit être, lorfque vous vous enfèrvez , il y a toujours un des cotez de la demi-ellipfe , qui vous cache Ion lumignon A, de qu’il n y a que les objets fur lef-quels vous travaillez , qui foient éclairez.
- Nota , que C. eft l’endroit où l’on met l’huile 5 Z). eft un petit canal qui communique l’huile au lumignon 3 E. cftun tuyau pratiqué dans la demi-ellipfe , pour y faire paffer la fumée de la lampe.
- MOIEN FACILE DE ? ! R E R
- exactement un plan géometral en perfpective% fans avoir recours-aux réglés ordinaires > qui font iongues & embarrayantes.
- Planche LXXXVIII. Figure 127:
- DAns le milieu du tableau A. pofé perpendiculairement ,1’onf place la réglé de fer B. qui partage horifontalement fa fur-face , de que l’on y attache par fes deux bouts avec les vis C. C. de maniéré cependant qu’il refte une diftance d’environ une ligne entre la fùrface du tableau de la réglé de fer. Cette diftance eft neceflàire pour que les deux curfeurs D.-E.dont la réglé de fer eft garnie, puiflent s’y- mouvoir librement. Enfuite l’on attache le fil F. par un de fes bouts au curfeur D. de l’aïant fait paffer dans un trou pratiqué au curfeur E. on le charge à fon autre bout d’un poids , afin qu’il foit toujours bien tendu. On attache encore deux autres fils aux deux curfeurs, fçavoir , le fil G. au curfeur Z», de le fil H. au curfeur E. Ces deux derniers fils font chargez , de même que le premier , chacun d’un poids, de. fe croifent pour paffer dans les petites poulies 7. K. de pour former les angles D.K. L. de E. I, N. ces poulies l. E. font pofées à volonté fur la ligne ho-
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- rifontale S. rï. qui doit être parallèle à la réglé B. le point/, efl: confideré comme le point de vue , Sc celui K. comme le point de diftance.
- Vôtre Machine étant en cet état, l’on place dans la partie inferieure du tableau , le papier fur lequel eil defïïné le plan hori-fontal propofé 5 & l’on met dans fa partie fuperieure, c’eft-à-dire, au deflus de la réglé de fer , le papier blanc, fur lequel on veut tracer le plan en perfpective. L’on cole proprement Je bord de ces deux papiers fur le tableau ,afin qu’ils s’y tiennent bien tendus,
- Énfuite pour en venir à la pratique, aïant difpofé Jes deux cur-fèurs fur leur réglé, de maniéré que le fil/, tombe perpendiculairement fur l’angle P. du plan horifontal, je veux dire , fur un de lès angles , qui fe trouvera dans la partie la plus inferieure du tableau 3 & de maniéré que le curfeur D. foie diftant du curfeur E. de la huitième partie de l’efpaee qui fe trouve depuis le curfeur £.ju (qu’à l’angle f. l’on enfilera la petite perle M. au fil /. 5c l’on arrêtera cette petite perle folideinent, Sc precifement à l’endroit du fil, qui répond à l’angle P. l’interfection des deux fils G, H. vous donnera d’abord l’angle P. du plan en perfpective qu’on cherche, & qui eft celui qui doit reprefenter l’angle P. du plan géometral 5 8c pour avoir la reprefentation perfpective des autres angles du plan géometral , l’on 11’aura qu’à difpofèr les curfèurs D. E. fur la réglé B. de façon que la petite perle M. reponde fucceffivement à chacun de ces angles 5 5c toujours l’inter-fection des fils G. //.donnera à chacun fon point particulier. Enfin en pourra facilement perfectionner les angles que l’on cherche , 5c par confequen: tout le plan en perfpective , en tirant des lignes qui uniront ces differens points , fuivant que le plan géo. métrai l’indiquera.
- f 1 n.
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- table
- Des Matières par ordre Alphabétique
- A
- AM A zone, Figure d’Amazone qui fait diffe-xents mouvements 6c qui Te promene fur une table polie, page 15?.
- Armoires dont les portes s’ouvrent par machines.page 18. 6C 15?.
- B
- BAteau , Machines pour faire monter les grands Bateaux fur une Riviere. page 6z.Sc (?3.Planche lxii Figure 91.
- Bateau , Machines pour faire avancer un Bateau avec beaucoup de vitelTè. page 64. Planche lxiii. Figure
- 91-
- Bateau,moïende faire remonter un Bateau par le courant de l’eau, page 65. Planche
- lxi ti. Figure 93.
- Bateau propre a furprendre une place Ennemie, page 73. Planche lxxi.Figure 106.
- O
- Barrière portative, page 85. Planche lxxxi.Figure 116
- Bois, differentes maniérés d’en--tailler des pièces de bois 6c de les aflembler folidement pour pluileurs ufages. page 69. Planche lxv. 6c lxv r. Figure 96. jufqu’a 101.
- Bouteille de verre danslefquel-les font renfermés plu heurs ouvrages, page 19.6c zo.
- Brouette de nouvelle invention page 58. Planche lix. Figure 8 8.
- C
- CÂnal , Machines pour tranfporter un Bateau d’un Canal a un autre Canal plus élevé, page 61 .Planche lx 1. Figure 90.
- Claidas de nouvelle invention,
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- TABLE DES MATIERES
- page 84. Planche xxxxr. Figure 115.
- Cylindres de metail. page 22. D
- DElicatesse , pièces de delicatefle.page 3.Planches I. II.Figure 1.2. 3.4. 5. 6c 6.
- Deffèin , maniéré de deflîner , .très juftes ôc très particulière, page 5)8.Planche lxxxvi. Figure 1 25.
- E
- ECheles pour efcalader un rampart.page 87.Planche lxxxii. 6e lxxxiii. Figure X 17. 118. I 19. ÔC I 20. Elévations d’eau , au moïen de plufieurs culieres. page 25. i<j. 27. 28. 29. 6c 30. Planche xxii. jufqu’a xxvm . Figure 30. julqu’a 56. Elévation deau a la hauteur du diamètre d’une grande roue page 3 1. 3 2. 6c 33. Planche
- XX IX.XXX.XXX I .&XXXI I. Figure 57. 58. 55). 6c 60. Elévations d’eau a la hauteur du demi diamètre d’une grande roue, page 34. 6c 35. Planche xxxin.Sc xxxiv. Figure 6 1.6c 6 2.
- Elévation d’eau au moïen de
- plufieurs féaux, page 3<>.ju£ ques a 44. Planche xxxv. jufqu’a xl 11. Figure 63. jufqu’a 69.
- Elévations d’eau avec des efpe-ces de chapelet, page 44. Planche xl 111. Figure 70.
- Elévations d’eau au moïen des pompes afpirantes Sc foulantes pag. 45.jufqu’a 48.Planche xl 1 v. jufqu’a xlv 11 Figure 71. jufqu’a 74.
- Elévation d’eau très fimpîe. page 48. Planche xlix. Figure 75.
- Elévation d’eau au moïen delà vis d’archimede page 4.9.50. 6c 5 1. Planche l. l 1,6c lu. Figure 76. 77. & 78.
- Etoiles, pièces de Tour en forme d’étoile renfermée dans des Globes, page 4. 5. 6c 6, Planche 11 1. iv. 6c v. Fi. gure 8. 11. 14. 6c 2 1.
- Excentrique , pièces de Tour excentriques, page 4. 5. & 6. Planche 111. iv.6c v. Figure 7. julqu’a 23.
- F
- FAuteuil très commodes pour les boiteux, page 96. Planche lxxxvi. Figure
- ll4~ ,
- Fleurs de lis , piecede tour en forme de fleurs de lis travaillée
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- PAR ORDRE AL
- vaillée dans un globe page 6. Planche v. Figure 13.
- G
- GLobes , pièces de Tour, plufieurs globes faits les uns dans les autres , ôc qui fervent d’envelope a differentes Figures. page 4. 5. 6c 6. Planche 111. IV. 6c V. Figure 7. jufqu’a 13. Grenades, moïen de jetter des Grenades, page 80. Planche lxxix. Figure 113.
- Guerite , moïen de lever une guerite pour découvrir les affiegeants page 81. Planche lxxx. Figure 114.
- H
- HOrloges dont les mouvements font réglés par la chute d’une ou de plufieurs baies de cuivre, page 9. 10. 11. 6c li.Planchexïi i.xiv. xv. ôc xvi. Figure 37.jufqu’a 41.
- Horloges au moïen d’une Figure ronde qui defeent im* perceptiblement fur des plans inclinez, page 12.13. & 14. Planche xvii. 6c xvm. Figure 42. 43. 6c 44.
- 1 Horloges par le moïen d’un fable qui fe tourne de lui-mê-
- P H A B E Tx QUE.
- me lorfqu’il eft écoulé, page 14. 6c ij. Planche x 1 x. Figure 45.
- Horloge par le moïen d’un globe celefte qui tourne lur la tète d’un Atlas, page ij. Planchexx. Figure 46. Horloge par le moïen d’une Figure de fouris 6c de lézard
- O .
- qui courent les heu res le long d’unecorniche 5c d’un pilier, pag. 1 é.Planche xx1.Fig.47. Horloge fans éguille. page 16.
- Planche xxi. Figure 48.
- H01 loge de la Tortue, page 17.
- Planche xx 1. Figure 45». Horloge a eau. page 18. Horloge des paffions. page 2 r. Hors du rond , pièces de Tour travaillées hors du rond page 7. 6c 8. Planche vi. jufqu’a x 11 . Figure '24. jufqu’a
- 33-
- L
- LAmpe très commode pour ceux quitravaillent.pag. 57. Planche lxxxvi i. Figure 126.
- M
- Miroir de metail. page 12. Mort. Figure de more qui fe promené dans une Chambre, page 151.
- O
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- TABLE DES MATIERES
- Moulins a bras, page 5 5. Planche lvi. Figure 84.
- Moulins mis en mouvement par un bœuf ou par un cheval, page 5 6. Planche tv 11. Fi-gure 85.
- Moulins a vent, page 56.Planche xvin.Figure 86.
- Moulins portatifs, pag. j7.Plan-che lix. Figure 87.
- Mouton, machines pour battre le mouton, page 551.Planche lx. Figure 89*
- C
- OPtiqüe , differentes machines qui concernent foptique, page %i Ofîer , pièces de Tour travaillées en formé dofîer. page 3. Se 8. Planche 11, &£ xi. Figure 5. 6. ôt 29.
- Ovales, pièces de Tour , globes en ovales qui renferment differentes Figures page 6. Planche v. Figure 21.& 22.
- P
- P En. spe c t r v e , moïen très cour& très facile pour tirer un plan geomctral en pérfpeéUve page 100. Planche lxxxvi 11. Figure 127. Pont d’une feule arcade, page 67. Planche xxiv. Figure
- 34~
- Pont » modèle d’un autre pont fait d’une feule arcade, page 6 8. Planche lxiv. Figure 95-
- Pont de corde pour faire paffer a de l’infanterie une Rivière peu large, page 7 2. Planche lxx. Figure 105.
- Pont de bateaux pour paffer une Riviere en prefence des Ennemis, page 74. Planche lxx 11. Figure 107.
- Ponc de pilotis, page 75. Planche lxx î 1 ï . Figure 108.
- Pont confirait avec des Tonneaux. page 78. Planche' lxx vu. Figute-'in.
- Pont fait avec des tonneaux * pour paffer le fofsé d’une place affiegée. page 79. Planche lxx v 111 .Fig. 112.
- Ponton pour paffer une Riviere peu large, page 69. Planche l xvi i, Figure 102. /
- Ponton pour paffer une Riviere plus-large. page 70.Planche lxvi ii. Figure 103.
- Ponton pour paffer le fo fsé d’une place affiegée. page 7U Planche ixix. Figure 104.
- Portraits, pièces de Tour, boë-te a portraits de pluffeurs pièces travaillées dans des globes page 6. Planche v. Figure 17. & 18.
- Puis , moïen de tirer facilement de leau d’un puis page
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- PAR ORDRE ALPHABETIQUE
- 52.53. Se 54.Planche lx 11. liv. & lv. Figure np.ju£ qu’a 83.
- Pulpicre commode pour ceux qui compofent. page 94.
- Planche txxxv. Figure 123.
- R
- RAdeaij fait avec des tonneaux. page 7 6. Planche lxxiv. Figure 10p. Radeau portatif, page 77 .P laa-cbe lxxv. Figure 110. Rampant, piece de Tour, travaillée en rampant page 8. Planche x. Figure 35.6c 36.
- S
- S Pi RALE , piece de Tour travaillée en ligne fpi-rale , page 3. Planche I. Figure 2.
- T
- TAbati exe,piece de Tour, plufieurs tabatières travaillées dans des globes.page 5.Planche iv. Figure 12. Toifage , differentes maniçres detoifer. page 90. Planche xxxxiv. Figure izj. & 122.
- Fin de la Fable des Matières.
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- Ale moire pour Jervir au Relieur.
- LE S Planches N°. i. 8c me page.
- 2. doivent être placées à la troifié.
- La PlancheN®. 3. doit être placée a la page 4.
- La Planche N°. 4. doit être placée a la page 5.
- La Planche N0. 5. doit être placée a la page 6.
- La Planche N°. 6. doit être placée a la page 7.
- Les Planches N0. 7. 8. 10. 11. 8c 11. doivent être placée a
- la page 8.
- La Planche N'°. 13. doit être placée a la page 10.
- Les Planches No. 14. & 1 j. doivent être placées a la page xi, La Planche N®. 16. doit être placée a la page 1 2.
- Les Planches N0. 17. 8c 18 . doivent être placées a la page 13. La Planche No. 151. doit être placée a lapage 14.
- La Planche No. 20. doit être placée a la page 1 5.
- La Planche Npr 2 ï . doit être placée a la page 16.
- La Planche No. 22. doit être placée à la page 2j.
- La Planche N0. 23. doit être placée à la page 16.
- La Planche N°. 24. doit être placée a la page 27.
- La Planche N°. 2 5. doit être placée a la page 2 8.
- La Planche N°. 2 6. doit être placée à la page 29.
- Les planches No. 27. 8c 28. doivent être placées a lapage 30. La Planche No. 25). doit être placée a la page 3 1.
- Les Planche No. 30.Sc 31. doivent être placées a la page 3.2.
- La Planche N°. 3 2. doit être placée a la page 3 3.
- La Planche N°. 33. doit être placée a la page 34.
- La Planche N«. 34. doit erre placée a la page 3 5.
- La Planche N0. 35. doit être placée a lapage 3G.
- La Planche N°. 56. doitêtre placée a la page 37.-La Planche N°- 37. doit être placée a la page 3 8.
- La planche N°* 3 8. doit être placée a la page 3^.
- La Pfcanche N©. 40. doit être placée a la page 40.
- La Planche N®. 41. doit être placée a b page 41.
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- La Planche No. 42. doit être placée a la page 42.'
- La Planche N°. 43. doit être placée a la page 44*
- La planche N°. 44. doit être placée a la page 45.
- La Planche N°. 45. doit être placée a la page4^.
- Les PlanchesNo. 46. & 47. doivent être placées a la page 47. La Planche No. 45). doit être placée a la page 48.
- La Planche N°. 50. doit être placée a la page 45).
- La Planche N©. 5 1. doit être placée a la page 50.
- La Planche N°. 5 2. doit êcte placée a la page 51.
- La Planche No. 5 3. doit être placée a la page 5 2.
- La Planche No. 54. doit être placée a la page 53.
- La Planche N©. 5 5. doit être placée a la page 54.
- La Planche N©. 56. doit être placée a la page j La Planche N°. 57. doit être placée a la page 56.
- La Planche No 5 8. doit être placée a la page 57.
- La Planche No. 59. doit être placée a la page 58.
- La Planche N°. 60. doitêtre placée a la page 59.
- La Planche N°. 61. doit être placée a la page 61.
- La Planche N©. 6 2. doit être placée a la page 6 2.
- La Planche No. 63. doit être placée a la page 64.
- La Planche No. 64. doit être placée à la çage 67.
- Les Planches N©. 65.66.& 67. doivent etre placée a la pag.69. La Planche N0.68. doit être placée a la page 70.
- La Planche N©. 69. doit être placée a la page 7 1.
- La Planche NV 70. doitêtre placée a la page 7 2.
- La Planche No. 71. doit être placée a la page 7 3.
- La Planche N0. 7 2. doit être placée a la page 74.
- La Planche N0.7 3. -doit être placée a la page 7 5.
- La Planche N©. 74. doit être placée a la page 76.
- La Planche No. 75. doit être placée a la page 77.
- La Planche N°. 77. doit être placée a la page 78.
- La Planche N0. 7$. doit être placée a la page 79.
- La Planche N°. 79. doit être placée a la page .80.
- La Planche N°. 80. doit être placée a la page 82.
- La Planche N. 8doit être placée a la page 84,
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- La Planche N®. $4. doit être placée a la page $t, La Planche N°. 8 5. doit être placée a la page 94. La Planche N°.8£. doit être placée aîâ page 9^. La Planche N°. 87. doit être placée a la page 97. ' La PlancheN°. 88, doit être placée ada page ioo.
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- ERRATA Ou FAUTES D’IMPRESSION.
- AVcrtiiTemenf page io. ligne y fur une bazefexagene , liiez baze exagone.
- Page 15. ligne 14. aux deux cordes L, M. liiez , aux deux coudes
- L. M.
- Page 54. ligne 7.comme la Figure loreprefente,{\(czle reprefente. Page 68. ligne 10. ÔC ii.au joint A. A. au joint B. B. liiez m point A. A. au point B. B.
- Page 84. ligne 5). ne couvre pas plus les ajjiegeants que les ajfiegez quint ilsfont attaque^ liiez ne couvre pas plus les ajjiegez que les af Jîegeants quand les premiers font attaquez,.
- Page gg. ligne 4. & dont a poli, liiez dr dont on a poli.
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